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eAcquired woitl tbe assistance oftbe
Ahis Xupiolk Mhases
Fund
JOHN CARTER BROWN LIBRARY --- Page 3 ---
A --- Page 4 ---
d A --- Page 5 ---
DISSERTATION
No 302.
SUR LA FIE EVREJAJAUNE
DE SAINT-DOMINGUE;
Presentée et soutenue d la Faculté de Médecine de Paris,
le 31 août 1815, pour obtenir le grade de Docteur en
médecine -
PAR LOUIS-ANDRÉ BEAUJEU, natif de Toulon,
Département du Var; ;
Chirurgien-Major des hôpitaux militaires ; ancien Elève de l'Ecole
navale de Santé du port de Toulon; Chevalier de la Légiond'Honneur.
Implebo numerum 2 reddargue tenebris.
ViRG., Eneid., 1. 6.
A PARIS,
DE VINPRIMERIE DE DIDOT JEUNE,
Imprineur de la Faculté de Médecine,rue des Maçons-Sorbonne, n13,
1815.
SRDA ANR --- Page 6 ---
FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS.
M. LEROUX,DorEx.
M. BOURDIER.
M. BOYER.
M. CHAUSSIER,
M. CORVISART.
M. DEYEUX.
M. DUBOIS.
M. HALLÉ.
M. LALLEMENT, Ezaminateur.
M. LEROY, Ezaminateur.
M. PELLETAN, Examinateur.
M. PERCY, Examinateur.
Professeurs. M. PINEL.
M. RICHARD, Ezaminateur.
M. SUE.
M. THILLAYE,
M. PETIT-RADEL, Président.
M. DES GENETTES.
M. DUMERIL.
M. DEJUSSIEU,
M. RICHERAND.
M. VAUQUELIN,
M. DESORMEAUX.
M. DUPUYTREN.
Par délibération du 19 frimaire an 7, l'École a arrêté que les opinions
émises dans les dissertations qui Iui sont présentées, doivent être considérées
eomme propres à leurs auteurs; qu'elle n'entend leur donner aucune approbotion ni improbation.
-e S --- Page 7 ---
A
M 0 N PER E.
Comme U12 témoignage bien senti de piété filiale et de
reconnaissance.
L, A. BEAUJEU.
WADA
- --- Page 8 ---
0AEOANT --- Page 9 ---
AVANT-PROPOS
LA fièvre jaune, qui a moissonné à Saint-Domingue presque toute notre armée pendant
les années 1802 et 1803, a été le sujet de tant
de bons ouvrages, de tant de bonnes thèses,
queje dois être effrayé de la tàche quejer m'impose en traitant de cette maladie. Cependant
malgré tous les obstacles qui s'offrent à moi, je
céderai au désir d'écrire ce que j'ai vu, ce que
j'ai observé pendant un séjour assez long dans
cette colonie.
Je suis loin de pouvoir proposer quelque
chose de bien satisfaisant sous le point de vue
thérapeutique ; mais Si T'expérience acquise par
rapport aux moyens quej'aivu mettre en usage
par les médecins dont j'ai constamment suivi
pose en traitant de cette maladie. Cependant
malgré tous les obstacles qui s'offrent à moi, je
céderai au désir d'écrire ce que j'ai vu, ce que
j'ai observé pendant un séjour assez long dans
cette colonie.
Je suis loin de pouvoir proposer quelque
chose de bien satisfaisant sous le point de vue
thérapeutique ; mais Si T'expérience acquise par
rapport aux moyens quej'aivu mettre en usage
par les médecins dont j'ai constamment suivi --- Page 10 ---
vj
la pratique, peut suggérer quelques idées à
ceux que le sort conduira dans le pays, mon
but sera rempli.
a --- Page 11 ---
DISSERTATION
SUR LA FIEVRE JAUNE
DE SAINT-DOMINGUE.
Théorie de la maladie.
LA fièvre jaune est connue sous différentes dénominations qui dérivent des circonstances oùt cette fièvre a été observée : les unes
sont tirées des lieux oû elle règne habituellement, ou des individus
qui en sont attaqués ; de là les noms defieure de Siam 2 de Boulam 9
de la Barbade, de Kendal, des matelots. Les autres lui ont été
données d'après les symptômes les plus graves qu'on a observés,
ou d'après la nature qu'on lui a supposée ; d'où viennent les
noms de typhus ictéroides, yphus tropicus > synoque ictéroide,fèvre
putride rémittente-jaune des climats chauds : fièvre maligne des Antilles 3 et enfin vomissement noir. De nos jours, on l'appelle le plus
ordinairement.fRèure, jaune ou typhus d'Amérique.
La fièvre jaune varie considérablement d'intensité selon les localités, , le tempérament de chaque individu, et l'énergie de ses
forces , l'àge, le sexe, l'influence quoique peu marquée des saisons - l'entassement d'un grand nombre de personnes dans le
même lieu, les privations éprouvées, et surtout en raison des
affections morales qui occupent les hommes quis s'expatrient.
Les observations ont constaté que les hommes forts-, d'un leinpérament bilicux et sanguin 3 à passions violentes, élaient toujours
A
-
TA
le tempérament de chaque individu, et l'énergie de ses
forces , l'àge, le sexe, l'influence quoique peu marquée des saisons - l'entassement d'un grand nombre de personnes dans le
même lieu, les privations éprouvées, et surtout en raison des
affections morales qui occupent les hommes quis s'expatrient.
Les observations ont constaté que les hommes forts-, d'un leinpérament bilicux et sanguin 3 à passions violentes, élaient toujours
A
-
TA --- Page 12 ---
(8)
les premières viclimes; que les femmes et les enfans y élaient
moins sujets; ct qu'en général toute tension d'esprit y prédisposait
d'une manière particulière, de même que l'abus des liqueurs fortes
et celui des plaisirs vénériens.
On a observé de la différence dans l'apparition des symptômes
essentielsde cette maladie. Les vomissemens bilieux etnoirâtres, ainsi
que l'ictère, manquent dans quelques circonstances ; d'autres fois
ils se développent dans la première période.
On distingue trois états dans la fièvre jaune : le premier est celui
plus ou moins durable d'irritation ou d'inflammation
violente, accompagné assez fréquemment de spasme nerveux. Cet état continue chez la plupart des sujets jusqu'au troisième jour ; assez rarement le voit-on se prolonger au-delà de ce terme. Le second état
est celni de dissolution, dans lequel les humeurs perdent lunion de
leurs élémens et cessent d'être contenus dans leurs vaisseaux, état
qui ne peut se terminer que par l'évacuation de ces humeurs nuisibles au mouvement vital. Cet état se prolonge le plus ordinairement jusqu'au septième jour, et, si à cette époque tous les symptomes alarmans s'exaspèrent, on a l'idée du troisième état, qui est
bientôt suivi de la mort. Si att contraire
de
quelques-unes ces
crises , que l'on voit rarement dans les Antilles, et qui ne sont cependant pas sans exemple 1 surviennent, on peut compter sur
la cessation des symptômes fâcheux : alors la canvalescence commence; mais elle est toujours très-longue, > et d'antant plus pénible,
que le plus petit écart de régime suflit pour causer une rechute
mortelle.
Par suite de tous les signes observés, cette fièvre, dans l'ordre de
la classilication nosologique, doit se trouver à côté de celles avec
lesquclles elle a le plus de rapport, telles que la fièvre ardente Ol1
le causus d'HIPPOCRATE, les rémittentes bilieuses , dont la fièvre
jaune, sa deuxième période, parait être le masimum; ct les fièvres
gastro-elynamique et mévingo-gastrique de M. le professeur Pinel,
N
- Rr
cette fièvre, dans l'ordre de
la classilication nosologique, doit se trouver à côté de celles avec
lesquclles elle a le plus de rapport, telles que la fièvre ardente Ol1
le causus d'HIPPOCRATE, les rémittentes bilieuses , dont la fièvre
jaune, sa deuxième période, parait être le masimum; ct les fièvres
gastro-elynamique et mévingo-gastrique de M. le professeur Pinel,
N
- Rr --- Page 13 ---
(9)
Des causes.
La principale cause de cette maladie à
pense, l'influence de cette chaleur brâlante Saint-Domingue, est, je
qui s'en trouve d'autant plus troublée
sur notre économie,
exposé est plus soumis à diverses
, qué l'individu quiy est
tétedesquelles je place lesl lieux bas autres et causes prédisposantes, en
n'exerce pas seulement ses
marécagenx. La fièvre jaune
dans toutes les
ravages dans cette colonie ; on la connaît
et enfin dans Antilles, au Mexique, au continent
plusieurs autres pays oû, pour n'avoir d'Amérique, 2
démiquement, elle n'en a pas moins
régné qu'épila saison la plus chaude. Selon toujours choisi, pour s'établir,
et écrit sur cette maladie, les plusieurs médecins qui ont observé
émanations
en seraient la première cause. Mais délétères de certains lieux
leur observer que la fièvre
ne me serait-il pas permis de
péens qui faisaient choix jaune a atteint quelquefois les Eurodes lieux les plus
par état ou tout autre motif, étaient
sains, comme ceux qui,
d'oà ils font naître la cause de
obligés de rester dans les lieux
casion de l'observer
cette fièvre ? En effet, on a eu OCpendant les années 1802 et 1803 à
mingue, , et j'ai été moi-même témoin
Saint-Dopas toujours de la fièvre
qu'un lieu élevé n'exemptait
colonie les mieux situées jaune. A Jérémie, l'une des villes de la
, et où je fus, en 1803,
transportde malades, cette
accompagner un
le reste de la colonie : seulement fièvrey exerçait ses ravages comme dans
moins grave qu'aux
je erus m'apercevoir qu'elle était
dividus
Cailles-Saint-Louis, et
affectés, . proportion gardée du nombre qu'ilyavait des
moins d'inla garnison. A
hommes formant
élevé, on y comptait Jacquemel, autre ville sur la côie, mais sur un lieu
Mole
presque autant de victimes que de malades.
Saint-Nicolas, , qui passe dans la colonie
Le
sain, fut aussi le tombeau de bien des
pourl'endroit le plus
fièvre. Plusieurs causes il
militaires atteints de cette
, est vrai, concouraient
pager cette cruelle maladie ; mais doit-on en
partout à proconclure que les éma2
- - A
OP
y comptait Jacquemel, autre ville sur la côie, mais sur un lieu
Mole
presque autant de victimes que de malades.
Saint-Nicolas, , qui passe dans la colonie
Le
sain, fut aussi le tombeau de bien des
pourl'endroit le plus
fièvre. Plusieurs causes il
militaires atteints de cette
, est vrai, concouraient
pager cette cruelle maladie ; mais doit-on en
partout à proconclure que les éma2
- - A
OP --- Page 14 ---
10)
nations délétères et un air humide en sont les principales causes ?
On sait qu'elle est plus commune dans les lieux bas , humides
et, resserrés par des montagnes ; mais toujours dans ces, lieux-là
est-ce la chaleur qui est la cause détérminante de la maladie ; du
moins c'est ce queje pense.
Pour expliquer ensuite les symptômes fâcheux et compliqués
de cette maladic, que l'on joigne à ces deux causes les abus de
régime auxqueis se livrent ordinairementl les nouveaux débarqués
la terreur que leur inspire cette maladie, et lors d'une expédition
l'entassement d'un grand nombre de troupes dans un petit espace 2
et on aura l'idée des causes d'une fièvre qui est le plus grand fléau
des Antilles.
La fièvre jaune est endémique aux Antilles, et quelquefois épidémique, 2 et quant à sa nature contagieuse, ellen'a pas toujours été
reconnue par les médecins qui ont observé cette maladie. Par
exemple , M. GILBERT (Histoire médicale de Parmée française à
Saint-Domingue ) parait ne pas croire à sa contagion ; quelques médecins des Etats-Unis partagent son opinion. M. Cailliot 3 au contraire (Traité de la fiéore jaune), s'avance pour l'aflirmative, et
il donné à ce sujet les meilleures observations possibles > qui se
trouvent consignées dans son excellent ouyrage. M. BAILLY (1 Traité
du typlus d'Amérique) croit à sa contagion 1 et l'annonce par le
détail de faits irrévocables. Au milieu de cette diversité d'opinions,
je crois pouvoir oser dire que chaque observateur a eu raison
pour celle qu'il a avancée , et cela par rapport aux différentes
circonstances où la fièvre jaune a été observée. Je me contenterai
donc de présenter quelqunes cas dont j'ai été témoin, m'abstenant
ainsi de' traiter un sujet qui est beaucoup trop au-dessus de mes
forces 2 et qui jusqu'ici a occupé tant de savans medecins.
Pendant les ravages de cette fièvre aux Cailles-Saint-Louis 7 j'ai
vn un assez grand nombre d'employés aux hopitaux ne point être
atteints de cetle maladie ; à Jérémie et au Môle Saint-Nicolas, j'ai
fait la même observation : parmi tous ces individus, plusieurs en
1 2
C
m'abstenant
ainsi de' traiter un sujet qui est beaucoup trop au-dessus de mes
forces 2 et qui jusqu'ici a occupé tant de savans medecins.
Pendant les ravages de cette fièvre aux Cailles-Saint-Louis 7 j'ai
vn un assez grand nombre d'employés aux hopitaux ne point être
atteints de cetle maladie ; à Jérémie et au Môle Saint-Nicolas, j'ai
fait la même observation : parmi tous ces individus, plusieurs en
1 2
C --- Page 15 ---
(11)
avaient déjà été atteins long-tempsavanttaniveodelaernée; d'autres,
et c'était le plus grand nombre, ne l'avaient pas encore éprouvée.
Plusieurs chirurgiens furent, ainsi que moi, occupés du soin des
autopsies cadavériques ; malgré cela, nous n'éprouvàmes cette maladie que; plusou moins de temps après, et seulement alors que l'état
de blocus de la place où nous noustrouvions nous eit mis dans le dénuementle plusabsulu de presque loute close. A celte époque, res-"
serrés en très-grand nombre, dans un espace peu considérable, la maladie prit un caractère d'intensité, tel que 3 de 4,000 hommes, nous
fimes bientôt réduits à quelques centaines;et parmi tous ces individus soumis aux causes générales ceux qui par état se trouvaient le
plus à portée de ressentirles effels de la contagion, sielle eut existé,
ne furent pas les premiers atteints de cette fièvre. Je dois au moins
conclure de là, ou que l'habitude de vivre au milieu des malades
avait atténué les effets de la contagion , ou que la fièvre jaune 79
dans les lieux oit j'ai recueilli CES observations, 3 s'est comportée seulement à la manière des maladies épidémiques.
Symptimes particuliers.
Les symptomes précurseurs de la fièvre jaune sont en général
nuls ou bien peu marqués; mais ceux de la maladie même s'annoncent bientôt avec toute leur plus grande violence, et je les diviserai en trois périodes, que l'on ne doit pas confondre, quoiqu'elles soient si courtes, , qqu'à peine le médecin a-t-il le temps de
les saisir. Ces périodes sont aussi plus ou moins régulières : la
première s'annonce par un grand mal de tête, borné au-dessus des
orbites ets'étendant parfois sur l'épicrâne; des frissons irréguliers
suivisd'uné chaleurviolene,seche. et âcre;des douleurs aux lombes
etaux-extrémités. Le malade se plaint quelquefois d'une très forte.
chaleur intérieure, qui parait se concentrer dans toutes les grandes
cavités, mais plus fréquemment vers la région épigastrique. Les
extrémités inférieures conservent peu de chaleur; la respiration
a -
orbites ets'étendant parfois sur l'épicrâne; des frissons irréguliers
suivisd'uné chaleurviolene,seche. et âcre;des douleurs aux lombes
etaux-extrémités. Le malade se plaint quelquefois d'une très forte.
chaleur intérieure, qui parait se concentrer dans toutes les grandes
cavités, mais plus fréquemment vers la région épigastrique. Les
extrémités inférieures conservent peu de chaleur; la respiration
a - --- Page 16 ---
(12)
donne un air trèset l'expiration
devient pénible 3 entrecoupée, la
et les lèvres, et qui dechaud, cqui dessèche la langue, gorge
la
àl la
; la soif est inextinguible;
vient un empêchement déglntition; épigastrique annoncent des vodouleur et la tension de la région
; la langue,
missemens qui ne sont d'abord que bientôt, symptomatiques ainsi que les dents et
d'abord rouge et sèche, se couvre tarde à
au noir;
les lèvres, d'un enduit jaunâtre qui ne
pas passer
en couleur ; le sommeil est interromles urines sont rares et hautes
intermittent. Cet
le pouls fort, dur et précipité, quelquefois
se terminer
pu, durer du premier au troisième jour : je Paivu
état peut
heures de durée.
après douze ou vingt-quatre
la cessation des signes de cette
La seconde période s'annonce des par forces. L'aspect de la figure est
vive irritation et la prostration
la face est moins
alors celui que présente une fièvre pernicieuse; la respiration est toucolorée ; le pouls devient petit et précipité; âcre ; un enduit fuligineux
jours diflicile, et la chaleur toujours
les dents et les lèvres;
très-épais couvre de plus en plus la langue, fournissent une matière vales vomissemens, ,. sans être plas c'est forts, de la bile pure, tantôt une subriable par sa couleur; tantôt
Ces matières irritent
stance noire qui exhale une odeur hépatique. aucune espèce de
vivement l'estomac, et cet organe ne peut garder
alvines vala soif soit urès-forte. Les déjections
liquide, quoique leur nature et leur couleur; ; d'abord liquides,
rient beaucoup par
les teintes variées de jaune,
fréquentes et glaireuses, , elles prennent du
trouve mélé:les
même sang s'y
de vert et de noir, quelquefois
dans la première période; de
urines sont encore plus rares que
Le
très-fortes douleurs se font sentir sur la région hypogastrique. cérébral, qui
ordinairement, tranquillité parfaite de T'organe
Le
plus
des douleurs; quelquefois état de stupenr.
n'est plus le siége
des rèves fâcheux et fatigans; la
sommeil est interrompu par
mieux à cette
couleur jaune, d'abord peu sensible ) se prononce
alarmans sont quelquefois accompaépoque. Tous ces symptômes
D'après le grand nombre
gnés de délire tranquille ou phrénétique.
A T
qui
ordinairement, tranquillité parfaite de T'organe
Le
plus
des douleurs; quelquefois état de stupenr.
n'est plus le siége
des rèves fâcheux et fatigans; la
sommeil est interrompu par
mieux à cette
couleur jaune, d'abord peu sensible ) se prononce
alarmans sont quelquefois accompaépoque. Tous ces symptômes
D'après le grand nombre
gnés de délire tranquille ou phrénétique.
A T --- Page 17 ---
(3)
de malades que j'ai été à portée de voir, cette
fréquemment duré du
période a le plus
La troisième
troisième au cinquième ou septième jour.
période n'est en quelque sorte que la deuxième accompagnée des signes ataxiques ou
Le pouls est tantôt vibrant, tantôt faible, adynamiques plus manifestes,
face
, petit et
la
hippocratique; ; les vomissemens plus
intermittent;
vaise nature; la prostration des forces fréquens et de plus mautions alvines sont infectes
est excessive; les déjecvent
et involontaires; les urines sont
supprimées, et d'autres fois elles coulent
soude la volonté. Les hémorrhagies
sans le concours
toutes les ouvertures : le
surviennent, et elles ont lieu par
muscles et les tendons sang qui s'en échappe est noirâtre. Les
timent
sont agités par des soubresauts, et tout.
parait se perdre. Si tous les
senvient bientôt sur les diverses parties symptômes du
persistent, il surqui s'étendent et donnent à la
corps des taches livides
pas vu de glandes parotides, ni peau un aspect gangréneux. Je n'ai
laire.
aucun autre engorgement glanduCes trois périodes ne sont pas toujours
avec la même exactitude que je les ai
marquées ou observées
succession rapide des
rapportées : 1.° à cause de la
cause des crises
symptômes chez certains individus; 2." à
dant le plus grand avantageuses nombre qui font avorter Ia maladie. Cependes sujets m'a
états d'unè manière assez sensible. J'ai toujours présenté ces trois
de militaires périr dans la violence vu un assez grand nombre
période.
des symptômes de la première
Autopsie cadavérique.
L'ouverture des cadavres des individus morts de la
a Ie plus ordinairement
fièvre jaune
Le
présenté ce qui suit:
cerveau, ordinairement dans l'état naturel,
quefois des traces d'engorgement dans
2 presentait queltrouvait parfois son tissu un
ses sinus ; comme aussi on
peu mollasse.
L'estomac a souvent présenté ses tuniques enflammées
evec des
sorer V F Rs -
mes de la première
Autopsie cadavérique.
L'ouverture des cadavres des individus morts de la
a Ie plus ordinairement
fièvre jaune
Le
présenté ce qui suit:
cerveau, ordinairement dans l'état naturel,
quefois des traces d'engorgement dans
2 presentait queltrouvait parfois son tissu un
ses sinus ; comme aussi on
peu mollasse.
L'estomac a souvent présenté ses tuniques enflammées
evec des
sorer V F Rs - --- Page 18 ---
(14)
points gangréneux; et, dans quelques cas, les tuniques étaient
d'une épaisseur double : cette altération de l'estomac s'étendait
quelquefois jusqu'au duodénum, qui renfermait souvent une matière noire fort puante.
Le coeur fléuri, pâle, etd'une consistance molle ; l'oreillette gauche
vide, la droite souvent gorgée de sang noir et de caillois. Le foie
assez souvent dans l'état naturel, a cependant.présenté des engorgemens volumineux dans toute sa substance, et des dépôts dans
certains cas : la matière quiles formait était sanguinolente. La vésicule du fiel, assez généralement vide fournissait quelquefois une
petite quantité de bile; ce viscère s'est, dans quelques cas, trouvé
d'un volume énorme, et gorgé d'une bile épaisse de diverses couleurs.
La rate a laissé voir, mais rarement, des taches noires et livides.
*La vessie, contractée sur elle-même, laissait ordinairement apercevoir dans son intérieur des points enflammés; elle contenait parfois un liquide noiratre, fétide et sanguinolent.
Prognostic et terminaison.
Le danger de la fièvre jaune étant toujours relatif à l'intensité
de la vie organique de celui qui en est atteint, à l'àge, au sexe,
aux diverses affections de l'ame, et au lieu plus ou moins salubre
qu'habite l'individu malade le prognostic sera d'autant plus fàcheux à porter, que le malade sera plus sanguin, qu'il sera de
lage de vingt à quarante ans , qu'il aura le moral plus affecté,
qu'il aura commis plus d'excès de régime, qu'il aura plus abusé
des jouissances de la vie, qu'il sera plus faible, et enfin qu'il habitera des lieux malsains.
En général, si la jaunisse parait de bonne heure, ou la stupeur,
on en angure mal. Les taches livides,qui se montrent quelquefois,
sont le plus souvent une annonce de mort. Plus la peau reste dans
Péuat de sécheresse, plus il y a à craindre.
affecté,
qu'il aura commis plus d'excès de régime, qu'il aura plus abusé
des jouissances de la vie, qu'il sera plus faible, et enfin qu'il habitera des lieux malsains.
En général, si la jaunisse parait de bonne heure, ou la stupeur,
on en angure mal. Les taches livides,qui se montrent quelquefois,
sont le plus souvent une annonce de mort. Plus la peau reste dans
Péuat de sécheresse, plus il y a à craindre. --- Page 19 ---
(15)
Lorsque le vomissement continue, que les matières rejetées sont
toujours de couleur noire, gue l'urine reste supprimée, et le
hoquet survient, on ne doit plus compter sur le malade. L'état que du
pouls, autant que j'ai pu m'en assurer, est peu propre dans cette
fièvre à faire porter un prognostic certain, tant il offre de variabilité dans chaque individu et dans chaque période de la maladie :
il reste quelquefois régulier jusqu'à quelques heures avant Ia
mort.
Si la stupeur diminue, si l'ictère disparait, si les envies de vamir
sont moins fréquentes, , si la peau s'humecte, si enfin les douleurs
fixées vers T'appareil digestif s'aflaiblissent, on pourra concevoir
des espérances.
Le temps le plus propre à la cure de cette maladie est celui
s'écoule de son invasion jusqu'au
qui
calme qui suit
cinquième ou septième jour. Le
quelquefois cette époque est le plus souvent trompeur.
La fièvre jaune se termine le plus fréquemment la
premier au
par mort du
cinquième, ou septième jour; le plus grand nombre de
malades périt du premier au cinquième. Ce dernier
pent espérer. La convalescence est ordinairement jour passé, on
nible : la moindre rechute
longue et pépeut causer la mort.
Traitement.
Malgré la multiplicité des moyens employés pour le traitement
de cette maladie, tous les praticiens font l'aveu
n'en
sur l'eflicacité desquels on
qu'il
est pas
puisse compter. M. le docteur Cailliot
(Traité de la fièvre jaune, chap. 9, pag.
c Tous les moyens que l'art
286)s'exprime ainsi:
peut opposer à cette terrible maladie,
lorsqu'elle a fait des progrès 3 ne sauraient la faire
à
peine peuvent-ils suspendre ou modérer son travail rétrograder ;
teur: > triste vérité que les faits confirment tous les désorganisajours, et
doit, en corrigeant les inductions que l'on est trop disposé tirer qui
de succès partiels, borner les prétentions des médecins ! à 4
-gn
'art
286)s'exprime ainsi:
peut opposer à cette terrible maladie,
lorsqu'elle a fait des progrès 3 ne sauraient la faire
à
peine peuvent-ils suspendre ou modérer son travail rétrograder ;
teur: > triste vérité que les faits confirment tous les désorganisajours, et
doit, en corrigeant les inductions que l'on est trop disposé tirer qui
de succès partiels, borner les prétentions des médecins ! à 4
-gn --- Page 20 ---
(16)
M. Bailly, ex-médecin en chef de l'armée de Saint-Domingue,
dit, dans son Traité dua typhus d'Amérique (chap. 9, pag. 472):
c Le but de toute médecine, de toute discussion médicale c'est le
traitement. Dans les cas ordinaires 3 O1l peut, en quelque sorte,
l'assujettir à des règles fixes ; mais, pour les maladies qui frappent
la vitalité dans sa source, le praticien tâtonne ; et,' s'il est de
bonne foi, il avoue que son art est infiniment limité. >
Rien ne prouve mieux la vérité de cette assertion que l'incertitude oû l'on est sur la nature de la fièvre jaune; que la variélé
des méthodes curatives, et la multiplicité des médicamens employés
pourla combattre. Ici le mercure , lal le quinquina ; ailleurs ce sont
les acides; beaucoup vantent les purgatifs , d'autres les vésicatoires
et les frictions; chacun a son spécifique ; chacun publie des merveilles sur sa panacée ; et, au milieu de ce conflit d'opinions l'observateur se trouve égaré comme un voyageur pendant une nuit
obscure etorageuse.
D'après l'autorité de ces deux observateurs, qui n'ont rien omis
en traitant de la fièvre jaune, il s'ensuit que cette maladie a le
plus souvent résisté aux efforts de la nature et de l'art; que la
plupart des remèdes administrés le plus sagement possible, soit
pour apaiser l'irritation, soit pour évacuer les humeurs, soit pour
combattre l'état adynamique ou ataxique, ont toujours êu peu
de succès : cependant, malgré cette ficheuse vérité, on doit d'autant plus s'occuper du choix des moyens, que ce choix est diflicile,
et qu'enfin, si à force de recherches et de soins, on parviént à retirer quelques malades du trépas, le médecin a dignement rempli
sa tàche.
L'invasion de cette maladie s'annonçant par une irritation générale, la Gièvre est ordinairement forte et continue, les douleurs
vers la tête et l'estomac violentes. Il est alors nécessaire de faire
usage des boissons délayantes et de tous les moyens propres à diminuer l'irritation générale, sans trop affaiblir le système ; on
emploie avec avantage le petit-lait, les limonades cuites, les dissoAY
le médecin a dignement rempli
sa tàche.
L'invasion de cette maladie s'annonçant par une irritation générale, la Gièvre est ordinairement forte et continue, les douleurs
vers la tête et l'estomac violentes. Il est alors nécessaire de faire
usage des boissons délayantes et de tous les moyens propres à diminuer l'irritation générale, sans trop affaiblir le système ; on
emploie avec avantage le petit-lait, les limonades cuites, les dissoAY --- Page 21 ---
(17)
lutions de tartrite acidulé de potasse, l'eau de tamarin, le nitre
et le camphre en bols; ; les bains de pieds, les demi-lavemensacides
et quelquefois laxatifs, souvent répétés; les applications émollientes
sur la région épigastrique. 3 et les frictions avec le jus de citron
sur toutes les parties du corps, , particulièrement sur les extrémités.
Les frictions acides, dit M. le docteur Cailliot ( ch. 9, p. 297),
appliquées de bonne heure à toute la surface du corps 2 pénètrent
par les innombrables bouches des vaisseaux absorbans; elles semblent atteindre les miasmes encore flottans, les neutraliser, et
faire ainsi avorter la maladie.
Les vomitifs sont en général peu indiqués; cependant il est des
cas où il est nécessaire. d'en faire usage ; mais alors on choisit
l'instant de l'invasion de la maladie et le moment où les douleurs
et lirritation générale n'existent point encore, ou sont très-légères.
On se décide pour l'ipécacuanha, préférable, sous plusieurs rapports aux préparations antimoniales.
Dans les violens maux de tête, les bains de pieds sinapisés, êt
les applications froides et acides sur toute la surface crânienne;
dans le cas de chaleur brilante de la peau, d'ardeur d'urine, , les
immersions, les aspersions, les bains d'eau froide produisent de
bons effets, en diminuant l'action du système vasculaire ct celle
du système hépatique.
Quand les vomissemens se déclaraient dans cette période, ce qui
arrivait le moins fréquemnment, on faisait usage de l'esprit de nitre
dulcifié (alcohol niuique), des potions dans lesquelles entrait la
liqueur minérale d'Hoffinann, et quelquefois le sel de tartre (carbonate de potasse) avec le suc de citron.
La saignée, recommandée par quelques auteurs, , et rejetée avec
raison par un grand nombre d'observateurs, ne m'a pas paru améliorer l'état des malades : il est cependant des cas où elle doit
être pratiquée ; mais alors doit-on bien faire attention à la constitution du sujet, pour ne pas favoriser le développement de l'ady5
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ur minérale d'Hoffinann, et quelquefois le sel de tartre (carbonate de potasse) avec le suc de citron.
La saignée, recommandée par quelques auteurs, , et rejetée avec
raison par un grand nombre d'observateurs, ne m'a pas paru améliorer l'état des malades : il est cependant des cas où elle doit
être pratiquée ; mais alors doit-on bien faire attention à la constitution du sujet, pour ne pas favoriser le développement de l'ady5
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namie ; lorsqu'on s'y détermine, on pratique de préférence celle
du pied.
Dans la seconde période, que l'on peut rapporter à la fièvre adynamique et quelquefois ataxique, de tous les remèdes dont j'ai déjà
parlé, on ne conserve que ceux que l'on peut allier aux excitans
toniques, que l'on emploie tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. A
cette époque, le quinquina à grandes doses, : qui est conure-indiqué
dans la première période, est administré avec avantage ; et si, par
suite du spasme intestinal, le malade le vomit, on ajoute à chaque
dose une vingtaine de gouttes d'élixir thébaique ; mais si, malgré
cela, lc malade contnue à le vomir, on l'administre en lavement, et
même sOuS forme topique sur la région hypogasurique. Dans ce
dernier cas , on fait bouillir le kina dans du gros vin rouge, et
on en imbibe les compresses dont on doit se servir, et que l'on renouvelle plusieurs fois dans la journée.
Ouure ce médicament, j'ai vu employer avec quelques succès
et selon les variélés de la maladie et son degré d'intentour à tour,
l'éther sulfurique le musc , l'alcali volatil, la
sité, le camphre ,
serpentaire de Virginie, lélixir parégorique ou anodin, les eaux
spiritneuses et aromatiques, et, comme moyen auxiliaire, les vins
généreux, surtout ceux d'Espagne, de Portugal, de Madère, et
à défaut, ceux de Bordeaux.
Pour modérer les vomissemens, on administre la potion de Rivière, la liqueur min. anod. d'Hoffinann; on fait des fomentations
la
avec l'éther sulfurique. l'opium , Phuile
sur région épigastrique
volatile de menthe, et le camphre. Quoique ces divers moyens
n'arrêtent pas toujours lcs vomissemens, il n'en procurent pas
moins quelques instans de repos au malade, à la faveur desquels
On administre les remèdes propres aux autres symptômes.
Dans le cas d'impuissance absolue des organes moteurs et de
faiblesse générale des sens externes, les épispastiques, les sinepismes, les frictions faites avec l'alcohol ou le vinaigre camphré;
les frictions sèches, au moyen d'une brosse que l'on promène sur
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cs vomissemens, il n'en procurent pas
moins quelques instans de repos au malade, à la faveur desquels
On administre les remèdes propres aux autres symptômes.
Dans le cas d'impuissance absolue des organes moteurs et de
faiblesse générale des sens externes, les épispastiques, les sinepismes, les frictions faites avec l'alcohol ou le vinaigre camphré;
les frictions sèches, au moyen d'une brosse que l'on promène sur
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toutes les partics du corps, réveillent assez fréquemment les forces
vitales.
La suppression spontanée de l'urine étant l'accident le plus Ordinaire de la fièvre jaune, il est urgent d'allier de bonne heure
les stimulans aux délayans 1 et particulibrementà la crème de tartre, au nitre et aux acides végélaux. On peut faire usage d'une
simple eau nitrée rougie avec unc troisiène ou quaurième partie de
vin, ou, à défaut, excitée avec une cuillerée de rhum.
Les hémorrhagies qui surviennent nécessilent l'emploi des médicamens asuringens , tel que l'alun , que l'on peut ajouter par cinc
on six grains à chaque dose de quinquina : on supplée à l'alun par
quelques gouues d'eau de Rabel. J'ai vu prévenir cet accident avec
l'oplum 3 que l'on donnait à assez forles doses, lorsqu'on s'était assuré, par les premières prises 2 que le malade en supporterait lusage. On arrivait ainsi insensiblement jusqu'à douze et quinze
grains ; ct dans quelques cas, j'ai vu son administration à doses
rapprochées, poussée jusqu'à vingt grains, sansque l'on ait Cu sujet
de s'en repentir. Iln'en est pas moins vrai cependant que la possibilité d'administrer ainsi l'opium s'est présentée rarement ; et l'on
doit être en général très-circonspect sur l'usage de ce médicament,
qui ne convient pas également et à tous les sujets et à tous les cas
d'hémorrhagic. On ne doit en contnuer l'emploi qu'alors quel'on
est bien convaincu que ses effes seront satisfaisans, chose que l'on
peut seulement présumer.
Lorsque les symptômes nerveux marqueni quelque prédominance , le musc, , porté à une dose convenable peut avoir de trèsbons effets ; on peut le donner de vingt-cinq à trente grains : c'est
un des meilleurs antispasmodiques qu'offre la matière médicale.
Mais peut- on toujours compter sur ce médicament, quand on
pense que sa cherté l'expose à de grandes falsifications? Après le
musc, on peut employer les éthers, et suriout l'éther sulfurique;
inais, pour en obtenir quelque effet, on doit aussi l'employer à
fortes doses.
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à une dose convenable peut avoir de trèsbons effets ; on peut le donner de vingt-cinq à trente grains : c'est
un des meilleurs antispasmodiques qu'offre la matière médicale.
Mais peut- on toujours compter sur ce médicament, quand on
pense que sa cherté l'expose à de grandes falsifications? Après le
musc, on peut employer les éthers, et suriout l'éther sulfurique;
inais, pour en obtenir quelque effet, on doit aussi l'employer à
fortes doses.
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Une attention bien essentielle pour la cure de cette fièvre, est
de renouveler le plus souvent possible l'air des salles, vu qu'il
s'y méphitise promptement, surtout dans les. Antilles. Ilsuffit pour
cela d'établir un courant d'air, et de produire de l'oxygène par les
divers moyens qui sont tous à la connaissance du médecin.
A la fin de la scconde période, la médecine doit changer son
mode d'action. A cette époque, ou le malade entre en convalescence, ou tous les symptômes s'exaspèrent. Dans le premier cas 2
tous les soins doivent tendre à ramener insensiblement les forces
vers tous les organes plus ou moins affaiblis, avec la précaution
d'être sévère surle régime , car le plus petit écart peut causer une
rechute. Dans le second cas , les ressources de la thérapeutique sont
à peu près nulles : le malade offre alors l'aspect du plus grand
désordre dans toutes ses fonctions, et la mort vient bientôt terminer
un tableau si déchirant.
Traitement proplylactique.
Le traitement prophylactique est pour ainsi dire nul, Les meilleurs précautions échouent presque toujours devant le fléau des
Antilles; ce qui me porte à penser que le but du médecin doitp plutôt être de rendre la marche de la mnaladie moins fâcheuse par l'application bien raisonnée des lois générales et particulières de Thygiène, que de chercher vainement des préservatifs que l'on n'a pu
trouver jusqu'ici.
Je terminerai en citant un passage de l'ouvrage de M. le docteur
Bailly (p. 585), qui renferme tout ce que l'on peut dire à ce sujet, et qui donne la mesure de la confiance que l'on doit accorder
à quelques préservatifs quiont été vantés à diverses époques.
C Il importe de prévénir les ames pusillanimes, afin qu'elles ne
laissent pas surprendre leur bonne foi. II n'y a point d'antidote
connu contre la fièvre jaune : je ne sais s'il y en aura jamais. Les
maladies qui dépendent d'un virus particulier, tonjours le même, --- Page 25 ---
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peuvent bien être soumises au pouvoir d'un spécifiquie ; mais pour
une fièvre qui est autant l'effet de l'influence atmosphérique et des
autres agens de la nature que de la contagion immédiate 7 nous
croyons à peine que la science des hommes puisse, dans les siècles
futurs les plus reculés, imaginer un moyen pour garantir de ses
atteintes : ceux mêmes qui s'asservissent à de minutieuses pratiques,
sont plus exposés que les autres 3 parce qu'ils ont plus de pusillanimité. D'ailleurs l'action de fixer sans cesse l'attention sur soi
établit une espèce de susceptibilité nerveuse qui rend plus apte à
la maladie ; et si c'est un médecin qui se déshonore par ce genre
de faiblesse, il avoue d'une part une misérable idée de ses
etil contribue de l'autre à imprimer plus fortement la terreur talens dans 3
l'amedes malades, qui étudientles actions etl les gestes de celui qui,,
par son ministère, est appelé à les rassurer. N
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tablit une espèce de susceptibilité nerveuse qui rend plus apte à
la maladie ; et si c'est un médecin qui se déshonore par ce genre
de faiblesse, il avoue d'une part une misérable idée de ses
etil contribue de l'autre à imprimer plus fortement la terreur talens dans 3
l'amedes malades, qui étudientles actions etl les gestes de celui qui,,
par son ministère, est appelé à les rassurer. N
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HIPPOCRATIS APHORISML
I.
Incipientibus morbis, si quid movendum videatur, move; vigentibus vero, quiescere melius est. Sect. 2, aph. 29.
II.
Naturarum aliae quidem ad aestatem : aliae vero ad hyemem benè
aut malae constitutae sunt. Sect. 5, aph. 2.
III.
Morbi autem quilibet fiunt quidem in quibuslibet anni temporibus; nonnulli vero in quibusdam ipsorum potiûs et fiunt, et exacerbantur. Ibid., aph. 19.
IV.
In febribus, circa ventrem aestus vehemens, et oris ventriculi I
dolor, > malum. Sect. 4, aph. 65.
V.
In morbis acutis, extremarum partium frigus, malum. Sect.7,
aph. 1.
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