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V
- --- Page 2 ---
- VH
-
Asoc
3labur Carfer irolun
Lilminy
Braut, Matuersity
s6 --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(38 )
-
l'ennemi le plus acharné de
Quoiquil en soit 2 tenu une autre conduite. Mais
la France n'eût pas cesse d'écouter les chefs de ce
que Tassemblée
dans les plus fausses
comité, qui l'ont précipitée d'éçouter cet homme opimesures; qu'elle cesse éncore, a renié le peuple,
nidtre,
si jeune
hauted'abord défendu ; qui préché
SUqu'il
N EST QU'UN
Si
ment aujourd'hui QUELA LIBENTÉ donne la mesure
PERFLU. 1 Un pareil blasphéme on
de son ame; avec ce principe, peuittyranniser on n'a
les hommes; on ne les La gouverne liberté jamais; est le bien de
jamais leur confiance. des biens po:r tousles hommes;
tous, , le premier
bien avant et au-dessus
quiconque met un autre digne d'en jouir, ne Ta
de la liberté; n'est pas
jamais connue. le rendant commun à tous qu'on
C'est en
cette fraternité qui est la
pourra par-tout amener de la
générale, du bonheur
base la plus sûre
paix
des nations. Les
individuel et de la prospérsté libres ont droit l'assemhommes de couleur
y : elle doit donc les
blée nationale l'a reconnu remplir cet objet, elle
en faire jouir ; et pour envoyer et des comnisdoit rappeler les troupes, des
nationales. Alors
saires patriotes, et
et gardes les iles resteront attaTanarchie disparoltra,
chées à la France.
caractères assurent
Messieurs, - Trois grands
le succès d'une révolution. 1 Intelligence
1 Courage
préparer.
-
m
la concevoiretla
la maintenir. Vous
cuter. - Volonté forte pour l'intelligence et le
avez jusqu'à présent maintenant déployé votre volonté
courage; déployez Taffaire des colonies, lé fcud
son maintien. Dans heureuse
qu'il vous
vous met dans cette
roussir. position, 1 Ayez donc la
suffit de vouloir pour
force de vouloir. --- Page 5 ---
DISCOURS
SUR LES COLONIES
ETLATRAITE DES NOIRS,
Prononcé le 26 Fevrier 1790, par M:
MOSNERON DE LAUNAY,
Député du Commerce de Nantes près
PAfemblée Nationale 9 a la Société
des amis de la Conflitution.
MESSIEURS;
QUATRE objets ont été préfentés, hier, a
T'Allemblée Nationale., par les Députés de
Manufacture & du Commerce de Ftance, &
par les Dépusés des Citoyens de Bordeaux,
réunis à eux.:
Le premier, eft la fuppreflion du priyilége exclufif de l'inde.
A
DE LAUNAY,
Député du Commerce de Nantes près
PAfemblée Nationale 9 a la Société
des amis de la Conflitution.
MESSIEURS;
QUATRE objets ont été préfentés, hier, a
T'Allemblée Nationale., par les Députés de
Manufacture & du Commerce de Ftance, &
par les Dépusés des Citoyens de Bordeaux,
réunis à eux.:
Le premier, eft la fuppreflion du priyilége exclufif de l'inde.
A --- Page 6 ---
-
(2) )
Le fecond, la fuppreflion du privilége exclufif du Sénégal. eft la confervation du régime
Le troifieme,
fauf les modiprohibitif dans nos Colonies,
fications néceflaires. eft la continuation de la
Le quatrieme ?
Traite des Noirs.
iention pallfagere des
Je ne ferai qu'une
deux premiers objets: du monopole de l'Inde eft
La queftion elle étoit au moment d'être décidée
épuifée: faveur du Commerce libre, lorfque la réen
Il n'eft
permis de
volution a commencé. Commérce de taet ne recepenfer
le
de l'Affemblée Nationale,
vra, de 2: étoit fagelle fur le point d'arracher,, par la
ce force qu'il de la raifon, au defpotifme de l'ancien &c de
pouvernenient Le Comité d'Agriculture Nationale doit inCommerce de T'Affemblée
Il
cetlamment faire fon rapport doit dire
des motifs qu'on
AERE
fans doute, fous le régime de la liberté.
flus, Directeurs de la Compagnie du Sénégal
Les
répondu à l'Adreffe des Depun'ont pas encore concernant la fuppreflion de
rés du Commerce exclufif. Ils retardent cette réponleur privilége n'ignorent queleur défaite ne
fe,
quilss
reatit gagnent du tems,
utats ètre éloignée,
fixée pour
& comme il n'y a qu'une époque ils
du Sénégal,
jouillent,
faire les armemens leurs rétards, d'un privilége depar l'effet de Je fais qu'ils demanderont des
venu odieux.
Mais ont-ils dédommagé
dédominagemens.
ufif. Ils retardent cette réponleur privilége n'ignorent queleur défaite ne
fe,
quilss
reatit gagnent du tems,
utats ètre éloignée,
fixée pour
& comme il n'y a qu'une époque ils
du Sénégal,
jouillent,
faire les armemens leurs rétards, d'un privilége depar l'effet de Je fais qu'ils demanderont des
venu odieux.
Mais ont-ils dédommagé
dédominagemens. --- Page 7 ---
(3)
& les citoyens qu'ils ont chaffés par le
lintrigue ? Les pertes & la monopole
honnètes Citoyens ont été
ruine : de ces
pas ofé s'élever contre les ignorées : ils n'ont
nombreux monopoleurs puillans, contre les
vilége du
qui ont obtenu le
roillent Sénégal; : toutes ces différences
aujourd'hui devant la
ERE
berté, 2 &
raifon & la liTopprelleur ne demandera plus le
dédommagement forcé
de la reftitution
de faire du patrimoine
quil fera
ufurpé, fans que le
public qu'il avoir
à fon tour, pour lui demanderle public ne fe préfente à
ment de I'ufurpation de fa propriété, diedommage
Je faisencore,
que la Compagnie Melieurs, du Sénégal. s'eft qu'on vous dira
dépenfes locales de cette
chargée des
dépenfes montent à
Colonie, > & que ces'
avoit donné le droit à 252, l'ancien 000 liv. Mais qui
de vendre ainfi les différentes gouvernemene
merce de la Nation à une parties du Comticuliers ? Le Commerce d'une. aflociation de parpartient poinr au gouvernement, Nation il n'aptient à perfonne en particulier. p
de tout le monde &
C'eft le
la
EE
gouvernement, , eft de veiller feule à la: fonétion du
tion du bien commun. La
confervafaite par le gouvernement, dépenfe doit être
les
paient lesimpôts,cei parce que lorfquequ'on ET défendra,
a.condition
la portion de leur qu'on fortune les protégera, &
Tirtat à la fireté & à
qu'ils facrifienr,
qui leur refte. Je ne crains Taugmentation donc
de ce
fieurs,. que lesa adverfaires de la Nation pas, Meffaffent
A 2
ule à la: fonétion du
tion du bien commun. La
confervafaite par le gouvernement, dépenfe doit être
les
paient lesimpôts,cei parce que lorfquequ'on ET défendra,
a.condition
la portion de leur qu'on fortune les protégera, &
Tirtat à la fireté & à
qu'ils facrifienr,
qui leur refte. Je ne crains Taugmentation donc
de ce
fieurs,. que lesa adverfaires de la Nation pas, Meffaffent
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-
(4)
valoir ce moyen d'économie ; car j'oferois
dire à l'Afemblée Nationale que la propriété
publique ne lui eft confiée
pour le bonheur
public & qu'elle s'éçarte du: tous les principes, quand, fous un miférable précexte d'économie de 252,00c# , a elle livre la propriété publique à des particuliers.
dans la
J'entre maintenant : 2 Mellieurs,
difcuflion des deux autres objets , par quelques réfexions furce qu'un des préopinans vous
a dit dans vorre féance d'avant-hier. Il vous
a.peint le commerce comme un brigandage,
& le Conmerçant comme: un homme odieux,
fifant de la tromperie. un art qui lui eft propre-8 s'enrichillant à proportion des Thoa fait dans cette fanefte fcience.
Ee
quil norable Membre a cru que le trafic de l'ufure
&c.de-l'agiorage étoient ce commerce 5 fi c'eft.
dans lAvare de Molière qu'il a pris le modèle du Cominerçant, certes il a eu raifon;
mais. T'honorable Membre ignore que l'ufure
&cl'agiotage font: incompatibles avéc-le commerce ; qu'ils en font les Aéaux &c en horreur
qu'ils 'ne fe pratiquent dans
aux Commerçans; de nas villes maritimes:& manufac-.
aticune turjeres: S'ilavoit vu les Bourfes de ces villes;
s'il-avoit été témoin de la. promptirude: avec:
laquelle fe.. traitent les plas grandes affaires, même
fans. intervention, fans écritures, > &cun
fans fe donner de parole ; s'il fsvoit que ces
négociations font facréés, & qu'un Négoziant
qui les violeroit feroit méprifé; s'il-avait refcoafnleé les Commerçans étrangers &le
eres: S'ilavoit vu les Bourfes de ces villes;
s'il-avoit été témoin de la. promptirude: avec:
laquelle fe.. traitent les plas grandes affaires, même
fans. intervention, fans écritures, > &cun
fans fe donner de parole ; s'il fsvoit que ces
négociations font facréés, & qu'un Négoziant
qui les violeroit feroit méprifé; s'il-avait refcoafnleé les Commerçans étrangers &le --- Page 9 ---
(5)
pect religieux qu'ils ont pour les Commerçans Français; s'il avoit réfléchi enfin que 2
fans cette bonne-foi inaltérable 2 toute relation commerçiale cefferoit, je ne doute
qu'il n'eut rendu plus de juftice aux
ECE
m erçans.
Le Commerçant, Mellieurs, eft le lien in
difpenfable de tous les peuples & de toutesles
clafles de la fociété. Sans lui iln'y auroit point
de fociété; les individus refteroient épars fans
aucune aggrégation. Il encourage le cultivateur
-en lui affurantla vente des produits de fon fol;
il crée de nouvelles valeurs en façonnant les
matières premières; il augmente la richeffe
publique en les exportant chez les Nations
étrangères, & en leur impofant un véritable
tribut. Il bâtit,les villes, il les embellit en y
appellant les arts; il appelle toutes les connoiffances humaines en amenant l'abondance ;
enfin, Meflieurs, il appelle la liberté qui eft
fon élément, & qui eft le fruit des connoiffances humaines.
Le Commerçant, Meflieurs, eft le meilleur
ami du peuple; il eft le dépofitaire & le diftributeur de fon travail; ; il l'enrichit par fcs
inventions & fon induftrie, 8c il le confole
dans fes malhetrs; il le ramene.au travail &c
à la paix par le befoin de vivre ; il verfe ainfi
un baume falutaire fur les déchiremens politiques. Il n'y a aucun défaftre que le commerce ne puiffe réparer, aucun vuide qu'il ne
puiffe combler; mais loriqu'il n'eft pas efficacement protégé, le vuide fe creufe en un
A3
it par fcs
inventions & fon induftrie, 8c il le confole
dans fes malhetrs; il le ramene.au travail &c
à la paix par le befoin de vivre ; il verfe ainfi
un baume falutaire fur les déchiremens politiques. Il n'y a aucun défaftre que le commerce ne puiffe réparer, aucun vuide qu'il ne
puiffe combler; mais loriqu'il n'eft pas efficacement protégé, le vuide fe creufe en un
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a
(6)
abime fans fond, & les défaftres font à leur
comble. L'aliment du peuple eft perdu s la
fource de la finance. fe defféche, & la dillolution devient prochaine & inévitable.
Je viens 2 Meflieurs, au troifieme motif
concernant T'adminiftratiou des Colonies s &
leur régime intérieur. Les Commerçans ne
s'oppofetont jamais à ce
les Planteurs difpolent de leur régime abiteue pour leur plus
grande félicité. 1 faut que tous les Français
foient libres & heureux.
Quant au. régime extérieur fi improprement
appellé prohibirif, & qui n'eft qu'une convention nationale, voici à mon fens à quoi fe
réduifent toutes les difputes qui fe font élevées à ce fujet. La Nation a par l'aéion des
Commerçans contraété une fociété avec Planteurs. Ceux-ci fortant de fon fein avec leurs
bras & leur courage 9 mais fans facultés pécuniaires,fe font adrefTés à leurs freres qui poliédoient les capiraux. Ils font convenus > Pun
de fournir les avances d'argent, d'uftenfiles, 3
de fecours, fous la fanétion & la proteétion
immédiate de la Nation 5 l'autre de s'expatrier, & de travailleravec conftance : le réfultat de cette tranfaction a été en faveur des
deux parcis qui fe font enrichis mntuellement,
& fimultanément en faveur de la Nation
en la rendant fupérieure dans fon Commerce
avecl T'étranger, & en donnant la vie à un
à une foule
de
EC
ple nouveau,
prodigieufe l'impôt & font la
fommateurs qui fupportent
plus. grande fource de la finance. II convient
expatrier, & de travailleravec conftance : le réfultat de cette tranfaction a été en faveur des
deux parcis qui fe font enrichis mntuellement,
& fimultanément en faveur de la Nation
en la rendant fupérieure dans fon Commerce
avecl T'étranger, & en donnant la vie à un
à une foule
de
EC
ple nouveau,
prodigieufe l'impôt & font la
fommateurs qui fupportent
plus. grande fource de la finance. II convient --- Page 11 ---
(7)
donc 2e > Meflieurs 2 que la Nation fournifle
exclufivement les Colonies de tout ce qu'elle
peut fournir, & que les revenus de ces Colonies lui appartiennent: Quelques-unes de ees
fournitures font plus cheres > à la vérité,
fournitures
cette cherté,
MALE
les
étrangeres ;
fieurs, tient à bien des caufes qu'il eft impoffible de vous développer ici, Notre infériorité
dans l'Inde, le défaut de protedtion fur les
côtes d'Afrique 2 la douceur & la richeffe de
notre climat, la gêne dont nos Manufaétures
& notre Commerce font encore entourés, font
les principales. Il a été adreffé à mon frere >
mon collégue ici, & à moi, un ouvrage
manufcrit fur la tyrannie des Fermiers &
fur les cent mille 8c une manieres dont ils
les
& les Manuont tourmenté
Commerçans
faéturiers. Cet ouvrage d'une érudition
en ce
& d'ailleurs bien
Edg
digieule
genre
inextricable. L'Afdonne le fil de ce labyrinthe
femblée Nationale en en ordonnant l'impreffion porteroir un jour lumineux fur cette partic
de notre Commerce, & fur les moyens de le
proréger.
Si la diminution de nos Pècheries 2 nos pertes dans le Continent Américain, la cellion
impolitique & volontaire de la Louifiane doivent apporter des modificationsàla Convention
Nationale, ces modifications doivent ètre réglées dans des Conférences froides, longues,
méthodiques, tenues entre des hommes fages
& éclairés choifis dans les deux partis, & ayane
Teur sonfiance. Les Planteurs n'oublieront pas
A 4
proréger.
Si la diminution de nos Pècheries 2 nos pertes dans le Continent Américain, la cellion
impolitique & volontaire de la Louifiane doivent apporter des modificationsàla Convention
Nationale, ces modifications doivent ètre réglées dans des Conférences froides, longues,
méthodiques, tenues entre des hommes fages
& éclairés choifis dans les deux partis, & ayane
Teur sonfiance. Les Planteurs n'oublieront pas
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(8 )
dans ces Conférence qu'ils nG fupportent aucun
impôt & que leur propricté eft franche 5 ils
n'oublieront pas qu'une acquifition territoriale
dans nos Colonies eft un moyen prompt &
sûr de s'enrichir, & que ce moyen eft tout au
plus en France un moyen de conferver. On ne
Te reprochera
ia fortune mutuelle desdeux
partis ; car fi R" Commerçant s'eft enrichi, le
Colon a eu les mèmes fuccès. Les Colonies
valent trois milliards, elles doivent environ
quatre cent millions, le Planteur a donc gagné
dans cette fociété deux milliards fix cent millions. En derniere analyfe ce font les Narions
étrangères qui ont fupportéles frais de ces établiffemens par les denrées que nous avons
exporté chez elles. Quelques individus ont
péri dans cc grand mouvement : des Planteurs
ont trouvé la'mifère & la mort dans ces terres
bralantes; des Commerçans fe font ruinés;e
font les frottemens indifpenfables d'une macline vafte & compliquée dont les produits
font immenfes. Ceci répond d'un mot à ceux
qui difent que la traite des Noirs détruit les
marelots. Je ne ferai pas le calcul des accidens
attachés à toutes lcs opérations de la fociété, 2
il effraie T'imagination, mais je ferai une'réflexion qui me femblejufte & confolante. C'eft
que les fociétés qui ont le plus multiplié ces
accidens, en multipliant leurs opérations, > ont
obrenu la plus grandé populatisn & ia plus
grande richeffe. Quand la Hollaude, qui expire
ious lc defporifine de h Pruffe & de l'Angletcrre
fc la
ne fera plus, elle
qai
partagent, -
ie T'imagination, mais je ferai une'réflexion qui me femblejufte & confolante. C'eft
que les fociétés qui ont le plus multiplié ces
accidens, en multipliant leurs opérations, > ont
obrenu la plus grandé populatisn & ia plus
grande richeffe. Quand la Hollaude, qui expire
ious lc defporifine de h Pruffe & de l'Angletcrre
fc la
ne fera plus, elle
qai
partagent, - --- Page 13 ---
(s)
fera propofée alors comme un fujet d'étonnement en ce genre. A Batavia, à Ceylan, aux
Moluques 2 en Afrique, à Surinam, elle a
lutré contre les dangers du climat le plus deftruéteur, &c fa population eft prodigieufe.
Je viens, Meilieurs, à la traite des Noirs.
Jen'en parlerai fous aucun de fes rapports.
Lorfque toutes les opinions me paroiffent réunis, il me femble convenable & jufte de refpecterl'affentiment quel les amis des Noirs donnent
à cc Commerce. > parce qu'ils fentent enfin
les
fe gouvernent 8c obéiffent à
c
Empires
loix impérieufes quelmernle(jnapproare pas
(1) Je demandois, il a quelques femaines, à un
Minifre, qui a I f'admiration de I'Europe >
& dont je refpeéte encore les vertus, proteétion pour
la traite des Noirs, Il me dit que la morale exigeoit
que toutes les Puiffances de l'Europe s'entendiffent pour
fupprimer ce trafic. Je lui répondis qu'il avoir deux
morales, cclle des particuliers, & celle 12 Érats. Que
la premiere ne fouffroit aucune cxception, & que ce
nc pouvoit être que pour obéir à fes loix, que la
convention européenne fercit fignée; mais qu'alors les
Anglais devoient ceffer d'opprimer les Indiens, & leur
rendre le domaine qu'ils ont envahi; qu'ils devoient
ceffer de vuider les boues de Londres dans la nouvellc
Hollande, qui appartient aux Naturels; qu'ils devoient
ceffer de corromprc & d'enivrer' les Sauvages de
la Californie & des ilcs Sandwich; que ces veitueux
États-Unis qu'on nous vante tant, devoient ceffer
d'acculer les Sauvages aux glaces du pôle, & de s'emparer dc leur terrein, qu'ou met en vente au Palais
Royai. Il y. auroit un gros livre à faire fr cette mo:
rale de PEuropc, que lc trop vertueux Miniftre voudroit circonfcrire dins les limites' étroiss de la morale
les Sauvages de
la Californie & des ilcs Sandwich; que ces veitueux
États-Unis qu'on nous vante tant, devoient ceffer
d'acculer les Sauvages aux glaces du pôle, & de s'emparer dc leur terrein, qu'ou met en vente au Palais
Royai. Il y. auroit un gros livre à faire fr cette mo:
rale de PEuropc, que lc trop vertueux Miniftre voudroit circonfcrire dins les limites' étroiss de la morale --- Page 14 ---
(1)
Je leur dirai feulement qu'ils ont été
toujours. quand ils ont cru que la traite Frantrompés,
d'une manière dure & cruelle.
çaife fe faifoit
fa douceur naturelle
Le Français porte par-tout traite n'eft faite avec
& caracériftique, aucune la traite Françaife.
plus de ménagement font logés Rbee nos navires comme
Les Nègres dans les vaiffeaux de guerre , quelles Matelots
mieux que
quefois moins mal,& forrd'uncombatal prelquetonjourss foumis all
le prifonnier que le
fainement & abonvainqueur. Ils font nourris
Efclaves dans
damment. Je leur dirai que les douceur & hunos Colonies font foignés avec
des maîtres
manité 5 & que toute l'artention desinftrumens deleur
fe porte à la confervation ifolé les faits, & de ces faits
culture. Mais Onl a
des
on en a fait des régles; on a découvert & on a dit
tigres en horreur dans nos Iles, les modèles
que ce que ces monftres Efclaves. étoient Je n'irai pas
deladmimifitration matière, des
à moins que vous
plus loin fuf cette
feroit le
de
ne le défiriez, & alors ce
fujet Thonneur quelquelqu'aurres réflexions que j'aurois
de vous offtir dans une autre féance.
des
Je ne m'occuperai dans ce moment que
troubles qui agitent nos Colonies.
d'un Citoyen. Cequi eft bon & jufte dans toujours la confcience quand
d'un pere de famille, ne convient & comme pas Ta dit éneron gouverne un grand célebres Empire: Membres de T'Affemblée
giquement un dee plus d'un homme d'État doit être cn
Nationale, la morale
chiffres. Note ajoutée.
de vous offtir dans une autre féance.
des
Je ne m'occuperai dans ce moment que
troubles qui agitent nos Colonies.
d'un Citoyen. Cequi eft bon & jufte dans toujours la confcience quand
d'un pere de famille, ne convient & comme pas Ta dit éneron gouverne un grand célebres Empire: Membres de T'Affemblée
giquement un dee plus d'un homme d'État doit être cn
Nationale, la morale
chiffres. Note ajoutée. --- Page 15 ---
(Ir)
MEssirtas,
fièvre Le Pallage de T'efclavage à la liberté eft
ardente qui donne des
une
quefois un délire furieux. Le tranfports travail & quelles intérèts, de toutes les
de tous
politique eft comparable paflions dans le corps
viciées & en fermentation au travaildes humeurs
main. Mais la dépuration fe dans le corps hudans l'un comme dans l'autre fait peu-a-peu
rétablit > & la circxlation
s l'équilibre fe
feaux qu'une longue &
Parcourt des vaifobftrués. Cette agitation grave maladie avoit
dont l'iffue doit être
terrible ehapparence,
hous allarmer
heuretife, ne doit
en France. Elle s'exerce point
l'enclave de
dans
aucune farce l'Empire > intra fines imperii, &
troubler fa marche érrangére & ou ennemie ne peur
fa période. Mais,
l'empêcher d'accomplir
ainfi dans nOS Ifles Meffieurs, à facre il n'en eft pas
iille lieues de diftance.
; elles font à deux
grande injure à venger, L'Anglererre & qui
quia une
bonhenr que dans nos humiliations n'apperçoit de
pertes, épie avec unejaloufe
& dans nos
tions de nos Colonies, elles atrention les diffenment, nous n'en
les excite fourdeles
pouvons douter, elle muliplie
mécontentemens & les mécontens
fite de la queftion de la liberté des ; elle proallarmer les Plaiteurs fur leur
Noirs,
déterminer à recourira
propriété, & Eter
impoflible de ne
leur proteétion. Il eft
la queftion de pas croire, Mellieurs, quec'eft
T'abolition de Tatrafichifemenr la traite
des Noirs & de
qui a été une des plus
les
pouvons douter, elle muliplie
mécontentemens & les mécontens
fite de la queftion de la liberté des ; elle proallarmer les Plaiteurs fur leur
Noirs,
déterminer à recourira
propriété, & Eter
impoflible de ne
leur proteétion. Il eft
la queftion de pas croire, Mellieurs, quec'eft
T'abolition de Tatrafichifemenr la traite
des Noirs & de
qui a été une des plus --- Page 16 ---
(12.)
gandes caufes ; ou du moins un des' plus grands faroudes troubles. On vifite avec une
prétextes
abordent : on
che curiofité nos vaiffeaux feroit quily tcriminelle dans
exerce une circonftance inquifition tL les
& furles
touteautre
on violele
EfFEASTEEE
cquipagesyenfin trouverle germe de la révolte des
gnant dy
plus innocens font interclaves. Les difcoursles funciteà ceux qui les ont teprètés dans un fens
leur vie leur
nus, & plufieurs caffation ont déja payéde de la Jurifdidtion du
imprndence. Confeil du Portau La Prince, dans la partiedu Cap,
d'autre motif connu. Peut-être les Plann'a pas auroientils artendu paifiblement que PAC
teurs femblée Nationale les eut délivrés du régimedur avoit
les
fi on ne les
& arbitraire quil opptime, infidieufes &c
pas inquiétés par des fuggeftions fortunes. Ilconcoupables fur leurs vies &leurs
moment
vient, Meflieurs, de ne pas perdre un les ramener
raffurer les Planteurs & pour
pour fentimens d'amour & d'attachement qu'ils
aux doivent à la mere-Patrie. Il faut ôter tout prétex- ilfaut
te aux ennemis étrangers Narionale & intérieurs, décrete que la
donc que des l'Afemblée Noirs fera continuée comme par le
traite
pallé.
la déclaration des droits de
Ici j'apperçois
ce Décret. Cette déclal'homme Meflieurs, qui repouffe eft un fanal lumineux
ration,
de
Ret
éclairera toutès les décifions T'Affemblée objer; mais
tiouale qui auront la France pour dire
c'eft un
j'aurai le courage de vous relations que extérieures
ccueil placé dans toutesnos
l'Afemblée Noirs fera continuée comme par le
traite
pallé.
la déclaration des droits de
Ici j'apperçois
ce Décret. Cette déclal'homme Meflieurs, qui repouffe eft un fanal lumineux
ration,
de
Ret
éclairera toutès les décifions T'Affemblée objer; mais
tiouale qui auront la France pour dire
c'eft un
j'aurai le courage de vous relations que extérieures
ccueil placé dans toutesnos --- Page 17 ---
(13)
& maritimes. Ii eft néceffaire de tourner ce
danger contre lequel nos navires & la fortune
publique fe briferont. En renvoyant à Ja ptochaine légillature, en ajournant indéfiniment,
en difant qu'il n'y a lieu à délibérer; en ufant
de ces palliacifs on ne calmeroit pas les inquiétudes des ports de mer, on donneroitde nouvelles
armes dans les Colonies aux ennemis de l'Etat,
qui interpréteroient défavorablement ce décret.
Ilfaut donc décréter que TAfembléc Nationale
n'entendfaire aucune application defes décrets aux
Colonies, & que leur commerce, ainfi que toutes
les branches qui en dépendent,. feront exploités
comme par le pafe, Jauf à s'expliquer fur leur
régime intérieur 6 extérieurs quand elles auront
manifefé leur vou.
Ce n'eft pas tout 2 Meflieurs, les Décrets
de PAffemblée Nationale penvent arriver dans
nos Colonies au moment où la fermentation
fera telle 2
les bons efprits ne pourront
plus la Taanlinie au moment où les Anglais
auront tout difpofé pour l'infurreétion. Je crois
donc néceffaire de pourvoir à ce danger, &
d'envoyer un efcadre capable, non d'arrèter
l'organilation intérieure de la Colonie, mais
d'empècher que nos ennemis ne la dérange &
ne s'emparent de nos poffeflions, en augmenrant le défordre à deflein.
Ceft, Meflieurs, au nom des finances que
la perte de VOS Colonies ruineroit fans reffource, au nom de fix millions d'hommes
qui en vivent, & que le défefpoir porteroit
à tous les excès; au nom de'la mendiciré que
ter
l'organilation intérieure de la Colonie, mais
d'empècher que nos ennemis ne la dérange &
ne s'emparent de nos poffeflions, en augmenrant le défordre à deflein.
Ceft, Meflieurs, au nom des finances que
la perte de VOS Colonies ruineroit fans reffource, au nom de fix millions d'hommes
qui en vivent, & que le défefpoir porteroit
à tous les excès; au nom de'la mendiciré que --- Page 18 ---
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(14)
voulez détruire, & que vous ne pouvez
vous
efficacement que par le traval des
combattre
& des mannfactures;. c'eft au
ports de mer
marine militaire, nécefnom mème de votre de l'Empire, & à fa confaire à la dignité l'étendue de trois cent lieues
fervation c'eft dans enfin au nom de la révolution
de côte;
devez attacher tousles Citoyens,
à laquelle vous
intérèts, queje vous conpar les plas puiffaus dans la plus prompte & la
jure de prendre confidération, les divers objets
plus fcrieufe
du Commerce; réunis aux
que les Dépurés
ont foumis à T'AC
Citoyens de la Guyenne, I
femblée Nationale.
T'hon-
& jaurai
Je me réfume, Mellieurs, de faire décreter par
neur de vous propofer
l'Affemblée Nationale.
1°. La fapprefion du Privilege de la Compagnic des Indes.
de la Com2°. La fupprefion dn privilege
pagnic du Sénégal.
;°. Que PAfemblée Nationale n'entend faire
de fes Décrets aux Colonies,
aucune application leur commerce, ainf que toutes les bran-
& que
exploités comme
ches qui en dépendent 2 feront
leur régime
par le pafe, , fauf à s'expliquer elles Jur auront maniintérieur & extérieur, quand
fefté leur veeu.
4o. Que le Roi fera fupplié de pourvoir ef
fcacement à la fareté des Colonies. --- Page 19 ---
a
EXT T R AIT
DU PROCÈS E VERBAL
DE L'ASSEMBLÉE
DEs CITOYENS : LIBRES ET PRo-.
PRIÉTAIRES DE COULEUR DES
ISLES ET COLONIES FRANÇOISES 3
confliruéefous le titre DE COLONS
AMÉRICAINS. --- Page 20 --- --- Page 21 ---
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