--- Page 1 --- --- Page 2 ---
1E
Mabi Carter rown
Litmry
Bmmn Ainitrerstity
ibraitie CHADENAT T
PARIS 11 ustiis, ti.le, --- Page 3 --- --- Page 4 ---
-
(16)
V.
Le pouivoir exécutif fera paffer inceffamment à St:
Domingue, par les moyens les plus économiques dont ies
trois cents charpentiers ou autres ouvriers la nation.
frais de tranfport feront fupportés par
ioAe
NATIONALE
DE FIMPRINERIE --- Page 5 ---
- - - w
DISCO URS
SUR
LA COLONIE DE
St-DOMINGUE,
PRONONO C
A L'ASSEMBLÉE
NATIONALE,
PAR M.
VIÉNOT-VAUBEANG,
Député du Département de Seine
et Marne,
Le 24 Mars 1792 ;
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE
NATIONALE.
M ESSIEURS,
Je défendrai lassemblée
cherai les moyens
coloniale, et je' cherages pour faire
qui me paroltront les plus
Colonies,
jouir les hommes de
> n". 23.
couleur,
A --- Page 6 ---
(2)
des droits de citoyen. On
.c'est-à-dire nos frères,
nombreux et l'assemblée
a dénoncé un parti
forcoloniale comme auteurs d'une conspiration
rendre la colonie indépendante. On y
mée pour
de vouloir donner Sainta joint l'accusation
Les faits seuls doivent
Domingue à T'Angleterre.
devoir vous imvous servir de guides , et votre
la loi de les examiner attentivement.
pose
d'accusations slus à la tribune deDeux volumes
d'étendne dans la réponse ;
manderoient un peu
combien vOS instans sont
mais je n'oublierai pas
d'abord des idées
précienx. On vous a présenté
à
sur Saint- Domingue, 2 plus propres
générales
égarer qu'à éclairer votre jugement. dettes des COOn vous a parlé sans cesse des
ne
on_n'en a pas cherché les causes; on
lons;
fléaux sont attavous a pas dit -par quels
des frais imqui exigent
quées ces possessions établir les ouragans 2 les tremmenses pour les
qui si souvent
blemens de terre, les sécheresses,
longues
détruit tl'espoir des colons ; les guerres
ont
des obstacles insuret ruineuses qui opposoient
; les immontables, à la sortie des productions
tels
l'historien
pêts injustes et vexatoires, 2
que craint de dire
philosophe des, deux Indes n'a pas
souS le nom de mèrc, demandoit
que la patrie,
lieu de le nourrir.
Eeu colon du sang, au
si différent de la méTout dans les Colonies est
détruit tl'espoir des colons ; les guerres
ont
des obstacles insuret ruineuses qui opposoient
; les immontables, à la sortie des productions
tels
l'historien
pêts injustes et vexatoires, 2
que craint de dire
philosophe des, deux Indes n'a pas
souS le nom de mèrc, demandoit
que la patrie,
lieu de le nourrir.
Eeu colon du sang, au
si différent de la méTout dans les Colonies est --- Page 7 ---
V
(3)
tropole, qu'il est impossible à celui
pas des idées précises de
qui- n'en' a
avec les meilleuresi
>
ne pas errer, même
intentions, dans ses
sur ces pays éloignés. Le
jugemens
toutes les canses
philosophe,qui sait comme
sont dépendantes les unes
autres dans tout systême social, cherche
des
dans la situation, le sol, les
avec soin
ce que le
productions du pays,
caractère, ou la conduite de ses
tans, tient de. toutes ces
habiest étranger. Par
choses, et ce qui leur
dettes des colons, exemple s une des causes des
les guerres produisent en
rique des effets différens de
AméEurope. Comme le
ceux qu'ils ont en
destiné à
superflu seul en Europe est
l'exportation 2 le manufacturier
cultivateur n'y sont privés
la
et le
commerce extérieur. Mais, par
guerre que du
dans les
guerre anéantit les ventes, les
Colonies, la
lation. J'en
achats, la circuexcepte les deux dernières
la dernière guerre.
années de
Le temps ne me permet pas de suivre M.
dans le portrait
Brissot
qu'il a tracé des colons de
Saint-Domingue. J'observerai seulement
sont trompeuses ces peintures
combien
bitans d'un
générales des hapays, suivant un systême
fait, dans leqnel on classe leurs
qu'on s'est
vices, et dontl'effet
vertus et leurs
assemblée
inévitable est de
de funestes
remplir une
long-temps ses regards préventions s en; arrêtant
sur un tableau dont toutes
A 2 --- Page 8 ---
(4)
les parties sont d'accord ; qui séduit l'imagination
son ensemble 3 et entraine facilement l'espar
prit même le plus attentif.
d'accuM. Brissot, en commençant ses pages
sations, confond sans cesse deux choses très-différentes. Il joint l'accusation d'avoir voulu doncelle d'avoir
ner la - Colonié à TAngleterre, à
voulu qu'elle jouit du droit de se constituer.
Livrer la CoCependant rien n'est plus opposé.
; eût été. un crime infâme 5
lonie aux Anglois
mais vouloir que la
digne du dernier supplice 5
Colonie régisse elle-même ses affaires intérieures,
laissant à la métropole les lois du commerce
en
vouloir asseoir le systême colonial sur
extérieur ;
deux bases, ce n'étoit ni commettre un crime,
ces
ni former une trahison.
les CoSuivant les factieuz, dit M. Brissot,
lonies seules: devoient prononcer sur leur régime
intérieur, sur leurs lois particulières, sur le sort
de leirs habitans.
telle étoit la deIl est vrai, Messieurs, que
ils
mande des colons ; lils en formoient le voeu ;
l'espérance 2 parce qu'ils connoisen concevoient
de la métropole et
soient l'intérêt bien entendu.
colonies. Que n'ont-ils eu la sagesse de fordes
alliance fraternelle avec les hommes'de
mer: une
d'un commun accord les
coulenr, et de tracer.
bases de leur constitution !
sort
de leirs habitans.
telle étoit la deIl est vrai, Messieurs, que
ils
mande des colons ; lils en formoient le voeu ;
l'espérance 2 parce qu'ils connoisen concevoient
de la métropole et
soient l'intérêt bien entendu.
colonies. Que n'ont-ils eu la sagesse de fordes
alliance fraternelle avec les hommes'de
mer: une
d'un commun accord les
coulenr, et de tracer.
bases de leur constitution ! --- Page 9 ---
-
y
(5)
Seroit-ce à M, Brissot à trouver leurs desirs
leurs projets sicoupables, lui quiécrivoit
,
Les colonies ont ZL72 intérêt dianétralement en 1789:
à celui
opposé
V
dela France ; la France et les Colonies
sont trop dloignées 3 et ont des rapports intérieurs
trop. différons > pour être gouvernés par le même
systéme.
M. Brissot reproche sur-tout aux colons
voulu, pour les lois
d'ayoir
relations
intérieures, ne conseryer de
qu'avec. le roi, qui devoit,
les lois faites par l'assemblée coloniale. sanctionner
derai d'abord si ce pouvoit être
Je demandesirer à
un 'crime que de
des
Saint-Domingue ce qui faisoit le bonheur
çolonies anglaises, etla prospérité de
terre. Ce plan, qui paroît aujourd'hui si T'Anglenable à M. Brissot,, n'est
condamle discours de M,
pas moins blâmé dans
Garran. C'étoit cependant le
systême du célèbre Turgot 2 dont les
doivent être de quelque. poids dans
opinions
d'hommes instruits.
une assemblée
de M.
C'étoit aussi, en 1789, celui
Brissot,qui s'exprimoit ainsi pendant
agitoit dans l'Assemblée
qu'on
nombre on admettroit les constituante., en quel
mingue.
députés de Saint-DoC Les colons ont les mêmes droits
> 'mais ils doivent les
que nous; ;
exercer
>> une assemblée générale de. ailleurs, que dans
3> mingue et toutes les autres France. Saint-DoColonies franguises,
A 3
C'étoit aussi, en 1789, celui
Brissot,qui s'exprimoit ainsi pendant
agitoit dans l'Assemblée
qu'on
nombre on admettroit les constituante., en quel
mingue.
députés de Saint-DoC Les colons ont les mêmes droits
> 'mais ils doivent les
que nous; ;
exercer
>> une assemblée générale de. ailleurs, que dans
3> mingue et toutes les autres France. Saint-DoColonies franguises,
A 3 --- Page 10 ---
(6)
1*
de la France, doiventappar5> étant trop éloignées
'>> tenir à un autre systême que la France : elles
doivent
à elles-mêmes ; elles doi-
>>
s'appartenir
une assemblée semblable
>> ventavoir dansleursein
nationale et des assemblées
) à notre assemblée
,
-
semblables ànosassemblées provinS particulières
du
représente-.
5> ciales. La sanction
gouverneur
>> roit la sanction du roi.
alors M. Brissot' ; le systême
> Voilà, ajoutoit
> qui tôt ou tard sera adniis pour les colonies 9
c'est celui qne
la force des
> parce que
prescrit
est
dans Te tourbillon
S choses. Il
impossible que
>> qui entraîne tout vers la liberté, des colonies
restent senles attachées à des
>> considérables:
sont à. deux mille lieues d'elles 2. et
>p corps qui
se laisser
par eux ? 5
53 consentent à
gouverner
Mais d'on vient', Messieurs' : , cette différénce
extrême entre deux opinions qui né sont séparées
deux années ? En 1791 M: Brissot fait un
que par colons d'avoir voulu le systême de goucrime aux
ilregardoit comme seul bon en 1789:
yernementqu'il
cétte différênce vient, sans doute, de ce qu'il considéroit alors les choses en élles-mêmes et sépaSes raisonnemens étoient fonrées des personnes.
théorie fondée elle-même sur la nadés sur une
de la
ture des choses 3 mais aujourd hui, fatigué
des colons a reconnoître les
-longue opposition
droits des gens de couleur 3 croyant avoir reconnu
E
crime aux
ilregardoit comme seul bon en 1789:
yernementqu'il
cétte différênce vient, sans doute, de ce qu'il considéroit alors les choses en élles-mêmes et sépaSes raisonnemens étoient fonrées des personnes.
théorie fondée elle-même sur la nadés sur une
de la
ture des choses 3 mais aujourd hui, fatigué
des colons a reconnoître les
-longue opposition
droits des gens de couleur 3 croyant avoir reconnu
E --- Page 11 ---
w
(7)
un: système suivi d'indépendance
que, sans s'en
absolue, il attaappercevoir, les droits des colonies
pour rétablir ceux des hommes de couleur.
comme ces derniers jouiront
Mais
droits de
inévitablement des
être
citoyens, , comme le moment ne peut en
éloigné, c'est attaquer les droits des mulâtres
eux-mêmes 3 comme colons s que
droits des colonies. Vouloir
d'attaquer les
dépendance
les tenir dans une
entière, c'est, suivant les
mêmes de M. Brissot vouloir
principes
tique,
une chose impoliinjuste et impossible. Pour
conserver à-la-fois les droits des
moi, je veux
ceux de tous les colons
colonies, quisont
, sans distinction de
leur; ceux de la
couêtre
métropole, qui ne doivent pas
tyranniques et irréfléchis. Je ne
sonder les inténtions
veux point
je n'accuserai
pour découvrir des crimes ;
personne . le temps n'est pas
d'ailleurs, où les trames ténébreuses
éloigné
formées, seront dévoilées,
qui ont pu être
la tendre
et je n'oublierai jamais
sollicitude que des
de malheureux
législateurs doivent à
concitoyens : malbeureux
circonstances, malheureux
par les
peut-être
jugés. Ah ! la sagesse
parleurs prélent ; elle écarte d'elle répugne à tout moyen viotout
à calmer les
ressentiment, cherche
passions, au-lieu de les
sente avec bonté une main
aigrir, et prérable à des hommes
protectrice et secouIl est dans
aveuglés, mais malheureux.
l'Opinion prononcée par M. Brissot,
A 4
ux
circonstances, malheureux
par les
peut-être
jugés. Ah ! la sagesse
parleurs prélent ; elle écarte d'elle répugne à tout moyen viotout
à calmer les
ressentiment, cherche
passions, au-lieu de les
sente avec bonté une main
aigrir, et prérable à des hommes
protectrice et secouIl est dans
aveuglés, mais malheureux.
l'Opinion prononcée par M. Brissot,
A 4 --- Page 12 ---
(8 - )
sur laquelle il m'est impossible
une allégation
d'exprimer assez mon étonnement.
Après avoir dit que les factieux, qui avoient
la nouvelle du-décret du 15 mai opéespéré que
totale; désespérés de voir cette
reroit une révolte
voulurent exciter de nouvelles
attente trompée,
d'appeler les Anterreurs pour avoirile prétexte
glois dans l'isle, s il ajoute : € une révolte d'esétoit donc nécessaire; il falloitren fabriS claves
A quer une >.
inconcevable ésti bien
Une accusation aussi
de la'
dans la, bouche d'un représentant
grave
quand ill'a faite s il en avoit
Nation!S Sansdoute,
les
des
évidentes. Quelles sontsous
yeux
preuves
elles, Messieurs ? Nous allons les examiner.
Blanchelande n'a pas
M. Brissot avance queM.I
dans la
marché sur le-champ vers les révoltés,
crainte
la révolte finissant trop-tôt, on ne
que des députés à la Jamaique et aux
pàr envoyer
Etats-Unis, pour demander des secours.
Suivant lui , l'assemblée générale a excité la
révolte des nègres pour avoir un prétexte d'aples Anglois, et elle n'a pas voulu 7 parla
peler
cette rémêie raison 7 éteindre sur-le-champ
volte.
demande toute votre attenIci, Messienrs, je
T'asemblée-gé
tionF Je vous prie d'observer que
néralé s'est formée à Léogane dans les premiers
-
des secours.
Suivant lui , l'assemblée générale a excité la
révolte des nègres pour avoir un prétexte d'aples Anglois, et elle n'a pas voulu 7 parla
peler
cette rémêie raison 7 éteindre sur-le-champ
volte.
demande toute votre attenIci, Messienrs, je
T'asemblée-gé
tionF Je vous prie d'observer que
néralé s'est formée à Léogane dans les premiers
- --- Page 13 ---
W
(9)
jours d'août ; qu'elle a arrêté, le 10
réuniroit au Cap; et s'est séparée
, qu'elle. se
le 25 dans cette ville. Je, demande pour se. rendre
possible
comment il-est
qu'une assemblée réunie à Léogane de
toutes les parties de la colonie, composée de
priétaires qui laissent sur leurs habitations pro- des
femmes et des enfans, se trouvent
d'accord pour former le - projet de livrer, su-le-champ SaintDomingne: aux. Anglois,
pour
cnbrerhelerlesniges
appelerles Anglois ; et pendant quinze jours
qn'ils sontrémnis, réussissent tellement dans cet
abominable dessein
la
> que la révolte éclate dans
plaine du Cap, c'est-d-dire à 60 lieues de Léogane, ou ils étoient'
août,
assemblés,et y éclate le 22
c'està-dire, trois jours avant celri de leur
réunion au Cap? Quoil!.ceux qui avoient
cette révolte ont
excité
l'imprudence de traverser les
quartiers où elle éclate, des sucreries
ét quatre d'entre eux sont massacrés incendiées;
dantan Cap! Ce
en : se renprojetdé faire révolter les
présentoit des suitcs si terribles à
nègres,
des colons, qu'il faudroitles
l'imagination
les
preuves les plus évidentès, plus convaincantes, pour croire
l'ont foimé. Mais ici stout s'accorde à
qu'ils
cette supposition. D'abord leur
détruire
viduel,
éloignement indipuisqu'ils venoient de
de la colonie
touteshles parties
; ensuite , quand ils sont
réloignement de 60 lieues du
réunis, 2
quartier on com-
colons, qu'il faudroitles
l'imagination
les
preuves les plus évidentès, plus convaincantes, pour croire
l'ont foimé. Mais ici stout s'accorde à
qu'ils
cette supposition. D'abord leur
détruire
viduel,
éloignement indipuisqu'ils venoient de
de la colonie
touteshles parties
; ensuite , quand ils sont
réloignement de 60 lieues du
réunis, 2
quartier on com- --- Page 14 ---
(10)
mnence la révolte; la route et l'instant qu'ils. prenau
enfin le massacre
nent pour se rendre
Cap,et
certainement
de quatre de leurs collègues , qui
seroient
ainsi, - s'ils avoient pu
ne se
pas exposés
ils diriprévoir que les quartiers par lesquels
leur route, alloient être en proie à la dégeoient
vastation.
attentif de
Non, il est impossible à un esprit
sentir l'absurdité de cette accusation.
ne pas
que c'est le 22 août,
Et remarquez, Messieurs,
l'assemblée coloniale fat réunie, que
avant que
du Cap pria M. Blanchel'assemblée provinciale
de diverses
lande d'être présent à la déclaration
la
blanches et de couleur, arrêtées
personnes,
veille
des patrouilles, et qui déposèrent qu'il
par
de
dirigé particuexistoit un projet
conspiration
lièrement contre la ville du Cap.
dit M. Brissot, les membres
C Arrivés au Cap,
leurs inten-
>> de cette assemblée ne cachent plus
du
On presse les fortifications
> tions hostiles.
3 Ltoit-ce les
5 Cap. Eh ! qu'avoit-on à craindre
? Non. On craignoit, au
> puissances étrangères
assez tôt
ne parussent pas
>> contraire,. qu'elles
cette scission >>.
>> pour, favoriser
de
Je le demande, Messieurs, est - il possible
les faits ? Quoi ! les membres
dénaturer davantage
réunion de
de l'assemblée- générale, après une
à Léogane 2 arrivent au Cap à traquinze jours
Cap. Eh ! qu'avoit-on à craindre
? Non. On craignoit, au
> puissances étrangères
assez tôt
ne parussent pas
>> contraire,. qu'elles
cette scission >>.
>> pour, favoriser
de
Je le demande, Messieurs, est - il possible
les faits ? Quoi ! les membres
dénaturer davantage
réunion de
de l'assemblée- générale, après une
à Léogane 2 arrivent au Cap à traquinze jours --- Page 15 ---
- a
(11)
vers des incendies, voient
gues massacrés;
quatre de leurs collè3 trouvent la ville dans l'alarme
inspirée par les dépositions des blancs
IAtres arrêtés ; et toutes les
et des muprennent en arrivant sont dictées précantions qu'ils
tions hostiles! et on en conclut par des intenles puissances
qu'i/s attendent
dtrangeres! Ah! j'aime à
qu'in de mes collègues n'a
croire
il a écrit une telle
pas réfléchi quand
Vous
supposition ?
ne croyez pas qu'on ait
sans desseins hostiles!
fortifié le Cap
défense du côté de la Mais cette ville étant sans
mille
terre, et n'ayant que trois
hommes,muples, pourcontenir
noirs, et beancoup de blancs
quinze cents
n'eût-il pas été insensé de mal-intentionnés,
tout, toutes les
ne pas prendre, avant
précautions
mettre à l'abri d'être
possibles pour la
S'ils eussent
attaquée par les révoltés?
pénétré dans cette
ment onverte, c'en. étoit fait de place entièrela colonie ; au-lien
cette partie de
que tant qu'elle étoit
servée, > on pouvoit espérer de
constocès un plan d'attaque
combiner avec
première chose à faire
contre les rebelles. La
Cap du côté de la
étoit donc de fortifier le
d'un
terre 3 et de le mettre à l'abri
coup- de-main. Aussi
champ les défilés da
occupa-t-on sur-lemorne
on
qui touche le
plaça un poste et une batterie de
Cap;
couvrir le chemin de la
canon pour
Petite-Anse, et l'on em-
constocès un plan d'attaque
combiner avec
première chose à faire
contre les rebelles. La
Cap du côté de la
étoit donc de fortifier le
d'un
terre 3 et de le mettre à l'abri
coup- de-main. Aussi
champ les défilés da
occupa-t-on sur-lemorne
on
qui touche le
plaça un poste et une batterie de
Cap;
couvrir le chemin de la
canon pour
Petite-Anse, et l'on em- --- Page 16 ---
=
(12),
bossa. deux bâtimens pour battre sur les chemins
Ton entoura la ville
et intercepter les passag ages, chevaux de frise.
d'ine palissade solide et de
contre
Le 22 août, on dénonce une conspiration révolte
on apprend la
le Cap. c Le 23, dites-vous;
ateliers, de nègres.
5 de quelques
- s'imaginentqu'on
ct" Cenx qui comnotisentiesales,
éteindes troupes à ces ateliers pour
> va envoyer
la
la
mais, avec cette précaution,
S dre
révolte;
2 révolte auroit fini.trop tôt >.
donc
La révolté auroit fini trop tôt ! Mais est-il
d'imaginer que des colons. ayent ainsi expossible
eux-mêmes, contre leurs propriétés,
gité contre
le plus terrible de
leurs femmes, leurs enfans,
fini
tôt !
tous les fléaux ? La révolte auroit
trop fermeté
Maispourquoi passez- vous sous silence la
de M. Odeluc, membre de l'assemblée
conrageuse
coloniale, qui se rend, le 23 même, accompagné
de la maréchaussée, sur l'habitation Galifet,s'emdes chefs, et les conduit à la ville, qui
pare
hommes armés
repart sur-les champ avec vingt
l'ordre, et
rétablir le. calme et maintenir
pour
massacré dans, cette seconde expédition
qui est
aussi membre de l'assemavec M. d'Averoult,
blée généralc?
L
que l'asAinsi, Messienrs, M. Brissot vous.dit arrêter
semblée-g générale n'a rien fait le 23 pour,
le
la révolte; ; et deux de ses membres ont péri
hommes armés
repart sur-les champ avec vingt
l'ordre, et
rétablir le. calme et maintenir
pour
massacré dans, cette seconde expédition
qui est
aussi membre de l'assemavec M. d'Averoult,
blée généralc?
L
que l'asAinsi, Messienrs, M. Brissot vous.dit arrêter
semblée-g générale n'a rien fait le 23 pour,
le
la révolte; ; et deux de ses membres ont péri --- Page 17 ---
>
- -
(13)
même jour, en faisant bien:
leur
plus que le devoir ne
ordonnoitirl vous dit que
nérale a fomenté la
l'assemblée-géde cette
révolté; et le troisième jour
révolte, six de ses membres en
étéles victimes! Quelle
avoient
prenve plus:forte veut
que non - seulement ces
on,
l'avoient
courageux colons ne
pas excitée, mais encore
soient à tous les périls
qu'ilss'expoMais
pour l'arrêter?
ces deux expéditions de M. Odeluc
pas les seules
cne sont
précautions qui furent prises le
jour que M. Brissot peint dans
23,
tale. Le matin de
une inaction toce même jour, M.
envoya une compagnie du
Blanchelande
l'habitation Noé,
régiment du Cap sur
où la révolte avoit
et il invita les dragons
commencé,
pagner. Le même
patriotes à les y accom-
/ ciale
jour aussi, 3
envoya des
Tassemnblée-provintaires
troupes à cheval et dès
au Haut du Cap. Cette
volonHaut du Cap,a
dénomination, le
croit peut-être peut-être trompé M. Brissoti;. il
tandis
que c'est une partie de la ville,
que c'est un quartier couvert de
habitations.
superbes
<C Pourquoi,
dites-vous, M.
>> lien d'alier droit anx
Blanchelande; an-
> se
à
rebelles , s'occupa-til à
barricader, se
n fortifiée >t Je
fortifier, dans une ville
vous l'ai dit
déja
ville n'étoit
tout-à-lheure : cette
plus
Fortiliéeque du.côté de la
grande imprudence eût été de mer; ctla
marcher aux
ier couvert de
habitations.
superbes
<C Pourquoi,
dites-vous, M.
>> lien d'alier droit anx
Blanchelande; an-
> se
à
rebelles , s'occupa-til à
barricader, se
n fortifiée >t Je
fortifier, dans une ville
vous l'ai dit
déja
ville n'étoit
tout-à-lheure : cette
plus
Fortiliéeque du.côté de la
grande imprudence eût été de mer; ctla
marcher aux --- Page 18 ---
(14)
avant d'avoir mis le Cap à l'abri de
ennemis,
toute surprise du côté de la terre.
Messieurs, à Phorrible situation des
Songez,
habitans du Cap : 15,000 hommes dangereux
la ville; cette ville ouverte du côté de la
dans
- la
couverte d'esclaves révoltés ; et
terre ;
plaine
la défendre!
3,000 hommes seulement armés pour
Transportez-vous par la pensée dans cette ville.
Quet est celni qui eût dit: Marchons aux révolnos femmes et nos enfans aux
e tés ; abandonnons
renferment nos
ennemis secrets et nombreux que
murs?
Onreproche à M. Blanchelande et à l'assemblée
arméles mulâtres ; mais, dans ces
de n'avoir pas
napremiers momens, 2 la défiance n'étoit-elle pas
à-la-fois les mulâtres et les
turelle ? on craignoit
crime d'une
petits blancs. Qui oseroit faire un
telle crainte P Mais, à entendre M. Brissot 2 il
ait été fortlong-temps sans les armer,
semble qu'on.
l'offre faite
tandisque le troisièmejour on accepta
les mulâtres de s'armer pour la défense compar
mune. (1)
dans son cabinet,
Ah! qu'il est aisé, tranquille
la conduite tenue dans une sicrnelle
de critiquer
falloit
position ! qu'il est aisé de dire ce qu'il
falloit éviter! Mais n'y a-t-il pas
faire, ce qu'il
à vouloir ainsi juger rigoutrop de présomption
9 Voyez P'arreté du 25 aott.
le troisièmejour on accepta
les mulâtres de s'armer pour la défense compar
mune. (1)
dans son cabinet,
Ah! qu'il est aisé, tranquille
la conduite tenue dans une sicrnelle
de critiquer
falloit
position ! qu'il est aisé de dire ce qu'il
falloit éviter! Mais n'y a-t-il pas
faire, ce qu'il
à vouloir ainsi juger rigoutrop de présomption
9 Voyez P'arreté du 25 aott. --- Page 19 ---
-
(i5) )
reusement des malheureux dans un
est inconnu, et au milieu d'événemens pays qui nous
qui s'accumuloient à chaque instant ? désastreux
çoit la terreur
Qui ne condu
que devoient répandre dans: la ville
Cap ces hommes, , ces femmes, ces
qui s'étoient échappés de leurs habitations enfans,
diées 3 et qui venoient se jeter. dans
incenpour éviter le fer.des assassins P Peut-on ses murs
crime à M. Blanchelande de
faire un
licitations
s'être rendu aux solde
tourné de se
déTmetuegoapepuienet
mettre en.d campagne? Qui ne voit
combien il étoit nécessaire de maintenir la
grande harmonie entre le
plus
et dans des événemens général et l'assemblée?
aussi
loin du danger, de
imprévus, 3 sied-il,
duite de
juger despotiqnement la conceux qui avoient sous les yeux, autour
d'eux, l'incendie, le meurtre, la
Pour avoir une
dévastation ?
juste idée de cette situation,
rappelez-vous,
les
Aaoh-eatneemas
par
petits blancs à M. de
marcher pour la cause
Blanchelande, de
leur accordât les deux commune, 2 pourvu qu'on
tiers du
fait sur les babitations
pillage qui seroit
incendiées?. Peut-on lui
reprocher d'avoir, sur la demande de l'assembléegénérale, non sur ses ordres
M. Brissot,
3 comme le dit
supprimé la proclamation aux noirs,
quand on voit, 10 jours
>
clamation,
après, cette même proquoique modilice, 9 portée par douze
dragons, causerla mort de septd'entre
eux, assas-
pourvu qu'on
tiers du
fait sur les babitations
pillage qui seroit
incendiées?. Peut-on lui
reprocher d'avoir, sur la demande de l'assembléegénérale, non sur ses ordres
M. Brissot,
3 comme le dit
supprimé la proclamation aux noirs,
quand on voit, 10 jours
>
clamation,
après, cette même proquoique modilice, 9 portée par douze
dragons, causerla mort de septd'entre
eux, assas- --- Page 20 ---
(16)
sinés par les nègres, que cette proclamation rappeloit à leur devoir?
d'avoir deOn reproche à l'assemblée générale
Etatsmandé des secours à la Jamaique et aux
Unis. Cet envoi à Philadelphie cache une
dit M. Brissot: La dépèche de Philadelruse,
Pabsurdité, devoit couphie, dont on connoissoit
une
vrir celle de la Jamaique. Ici se présente
frappante. Vous dités que l'on sentoit
réflexion
l'absurdité de la dépêche de Philadelphie; qu'elle
couvrir celle de la Jamain'étoit faite que pour
traiter comme Etat inquero onn'a donc pas voulu
et dès-lors
dépendant avec les Anglo-Américains: ;
dernière accusation, qui a été faite depuis,
cette d'elle-mème. Il seroit absurdement contratombe
envoyant à la Jamaidictoire de prétendre qu'en
n'écrivant
pour se donner aux Anglois, et
que
pour couvrir la démarche couà Philadelphie que
on eût pris le ton
pable faite à la Jamaique,
traitant avec les
d'une colonie indépendante ell
détruit
Etats-Unis : l'une des deux accusations
nécessairement l'autre.
coloniale deroit
Je conviens que l'Assemblée
des
de l'entremise du général auprès
se contenter
mais, dans sune circonstance
puissances étrangères ;
telle conduite est ceraussi extraordinaire, une
Si la cortainement excusable par sa publicité.
eût été sccrète, elle porteroit un
respondance
caractère
épendante ell
détruit
Etats-Unis : l'une des deux accusations
nécessairement l'autre.
coloniale deroit
Je conviens que l'Assemblée
des
de l'entremise du général auprès
se contenter
mais, dans sune circonstance
puissances étrangères ;
telle conduite est ceraussi extraordinaire, une
Si la cortainement excusable par sa publicité.
eût été sccrète, elle porteroit un
respondance
caractère --- Page 21 ---
- -
caractère qui légitimeroit (17), les
çons; mais au contraire,
plus violens soupl'Assemblée
précantion de Iui donner la.
prend la
cité, Elle arrête
plus grande publique ces
en
faites
commun
réquisitions, qui seront
par elle et le
précédées d'une proclamation génimal,ferone
gente nécessitéde
qui constate Purcelte ressource
Etoit-ce un moyen de donaer eztruordinaire. la
Anglois, que de faire les
colonie aux
mun avecle général? Et réquisitions en comd'ailleurs,
giner que cette asseiblée fat
peut-on imacroire qu'une telle
asseza absurde pour
à la
négociation devoit se traiter
Jamaique et non à Londres?
pas envoyé des émissaires
Nauroit-elle
Anglois auroient ils donné en Angleterre, et les
jet de faire révolter les
les mnains à ce propropres colonies
nègres pour exposer leurs
au danger de la
courir ainsi le risque de
contagion, et
perdre leurs propriétés
pours'emparerdeSt Domingue? Suivant
sot lui-même,
M. Brisles provinces de HAsembide-générale l'Ouest
savoit que
horreur d'un tel
et du Sud auroient eu
voit,
projet. Mais, si elle le sacomment une telle certitude
toit - elle pas ? Comment
ne l'arrédémontré
ne lui avoit-elle pas
l'impossibilité de ce
ble P ou, comment ne l'avoit-elle projet coupaà le former en
pas déterminé
secret, et non
selon M. Brissot,
ouvertement P Mais
cette dépèche à la
Discours par 12.
Jamaique
Pienot-Faublanc. B
auroient eu
voit,
projet. Mais, si elle le sacomment une telle certitude
toit - elle pas ? Comment
ne l'arrédémontré
ne lui avoit-elle pas
l'impossibilité de ce
ble P ou, comment ne l'avoit-elle projet coupaà le former en
pas déterminé
secret, et non
selon M. Brissot,
ouvertement P Mais
cette dépèche à la
Discours par 12.
Jamaique
Pienot-Faublanc. B --- Page 22 ---
(18)
été
d'une autre du 16 aott, seavoit
précédée
Ce n'est là qu'une allégation
crette, particulière. moindre
sur un
qui ne peut faire la
impression
impartial, puisqu'elle est dénuée de toute
juge de preuve, et je suis convaincu que M.
espèce lui-même, seroit faché qu'on y donnât
Brissot,
plus d'importance qu'elle n'en mérite.
C'est lui seul qu'elle pourroit embarrasser, si
lui demandoit la preuve d'une telle accusation.
on
les
noires et rouges ! J'avoue ,
Mais
écharpes
Mossieurs, qu'il m'est difficile d'imaginer comment de tels indices peuvent être donnés comme
de trahison. Si elles avoient été priune preuve
motif avoué, il seroit moins exSCS sans aucun
cherchât à en deviner l'intentraordinaire qu'on
un
tion 3 mais comment se le permettre, quand choix
les raisons? Si le
arrêté public en expose
dicté
le sentides couleurs n'avoit pas été
par
douloureux des malheurs publics, on n'aument
au ruban ordiroit pas préféré le crêpe lugubre
naire. L'arrêté décide que ces écharpes ne seront
les séances et dans le
portées que pendant
de l'Assemblée
combat, afin que les membres
dans les occasions critiques 2
soient reconnus
les
qu'ils sont résolus de partager
périls
parce
Les membres de l'Assemavec leurs concitoyens.
tous dans la
blée, au nombre de 200, presque
dans ces jours
force de l'âge e, se regardoient,
vouée à
autant comme une troupe
de péril,
pes ne seront
les séances et dans le
portées que pendant
de l'Assemblée
combat, afin que les membres
dans les occasions critiques 2
soient reconnus
les
qu'ils sont résolus de partager
périls
parce
Les membres de l'Assemavec leurs concitoyens.
tous dans la
blée, au nombre de 200, presque
dans ces jours
force de l'âge e, se regardoient,
vouée à
autant comme une troupe
de péril, --- Page 23 ---
W
la défense de la ville du (19)
assemblée délibérante
Cap, que comme une
et nuit,
; ils étoient armés jour
toujours prêts à combattre. Voilà
quoi les écharpes leur
pourM. Brissot veut
l'on parurent nécessaires.
lens
de que
conçoive les plus viosoupgons
ce que le général et
coloniale ont gardé,
l'assemblée
les parties de l'onest ditil, un longs silence envers
volte ctoit
et du sud, de ce que la réconnue le 27'à la
l'étoit pas le 28 à
Jamaique 5 et ne
de ce silence
Léogane. Il croit que la raison
étoit la connoissauce
du patriotisme du sud et de
qu'on avoit
il faudroit,
l'ouest. Pour être
juste,
avant de condamner, être sûr
que le général et l'assemblée coloniale
de donner les avis
ont négligé
de
convenables; mais il est facile
prouver le contraire. M.
2 septembre
Blanchelande, dès le
9 avoit donné des ordres
venir du Port-au Prince 300
pour faire
d'artillerie : l'assemblée
hommes ct 4 pièces
coloniale
août, 1e c'est-à-dire le deuxième
arrêta 9 le 23
qu'il seroit
jour de la révolte,
envoyé des paquebots dans toutes
parties de la colonie, et qn'il seroit
les
municipalités. Celle des
écrità toutesles
Cayes loi répond anssitôt.
le mois
dernier, ces motions
BEE
blée coloniale même
faites dans l'assemqui avoient
contre les ofliciers de
tenu des
marine
excès
propos sur la
les
on
auxquels
s'est
révolntion,1
porté contre eux dans le
B2
é des paquebots dans toutes
parties de la colonie, et qn'il seroit
les
municipalités. Celle des
écrità toutesles
Cayes loi répond anssitôt.
le mois
dernier, ces motions
BEE
blée coloniale même
faites dans l'assemqui avoient
contre les ofliciers de
tenu des
marine
excès
propos sur la
les
on
auxquels
s'est
révolntion,1
porté contre eux dans le
B2 --- Page 24 ---
(a0)
doivent vous avoir convaincus $ Messieurs,
Cap,
de la colonie étoit autant attachée
que cette partie
celles de l'ouest et du sud; ;
à la révolution, que
à la lettre de quelques capiet l'on peut opposer
écrite contre
taines de la marine du commerce >
de la
coloniale dans les premiers jours
l'assemblée
Tadresse'd'autres capitaines
révolte des nègres 3
lue dans la séance du 17
de cette même marine,
colo-
€c
novembre. Témoins, dientitsifessenblé- les ciniale de l'inquiétude que conçoivent
>>
, de la viile du Cap, à cauise des principes
> toyens
publiquement plusieurs
> alarmans que professent
PEole, la fréet matelots du vaisseau
s officiers
et le Bricq le Cerf, ils s'empres-
>> gate la Didon,
leurs sentimens,
> sent de
emmitseratsuentyee)
au bon ordre et à la sûreté
>> à l'effet de coopérer
le pouret de concourir, antantqu'ils
> publique, bonheur de la colonie >.
>> ront, au
donc pas le paCes marins ne soupgonnoient
s'acoloniale, puisqu'ils
triotisme de l'assemblée
circonstance; ; et ils
dressoient à elle dans cette
noire
effrayés de voir porter l'écharpe
n'étoient pas membres, qui,1 le jour même, firent
et rouge à ses
nationales aux équipages
distribuer des cocardes
de la Martinique.
des trois vaisseaux de la station
ces
sans doute, de ce que
On doit être étonné,
encore ; mais l'on
équipages ne la portoient pas
coloniale de son empressedoit louer l'assemblée
circonstance; ; et ils
dressoient à elle dans cette
noire
effrayés de voir porter l'écharpe
n'étoient pas membres, qui,1 le jour même, firent
et rouge à ses
nationales aux équipages
distribuer des cocardes
de la Martinique.
des trois vaisseaux de la station
ces
sans doute, de ce que
On doit être étonné,
encore ; mais l'on
équipages ne la portoient pas
coloniale de son empressedoit louer l'assemblée --- Page 25 ---
w
(21 )
ment àleur faire arborer ce signe de la
:
révolution.
Non, le tort des colons n'est
pas d'avoir
conmu tout le prix de la liberté : dans
métemps, ils,ont
tous les
peints l'historien sn.l'epprécier, et c'est ainsi que les a
des.deux Indes. Leur faute, leur
malheur est der n'avoir pas voulu en partager les.
fruits avec ceux qu'un long préjugé mettoit
dessous d'eux.
auM. Brissot dit queles députés de l'assemblée
loniale étoient à la Jamaique le
CO27 août, et que
hirpremière nouvelle qui arrive en France
arrive que par un bâtiment anglois,
2 n'y
le 25 septembre. Il est indubitable parti du Cap
devoir duque le premier
général et de l'assemblée, étoit de donneravis, par des avisos successifs, des malheurs de
la colonie. Mais
vire le
pourquoi ne pas parler du naPaquebot national, expédié le 9
quinze jours après le commencement de septembre, la
S'il a eu une longue traversée de plus de 60 révolte?
s'il n'est arrivé qu'à la même
jours,
missaires
époque que les compartis plus de vingt jours
n'est certainement
après lui, ce
pas l'assemblée coloniale
faut en accuser.
qu'il
J'avouerai, Messieurs, qu'il est
mer la lettre écrite
possible de blaau ministre du roi
terre 3 mais sa publicité au Cap et à la d'Anglem'empéche de la trouver aussi
Jamaique
coupable que le
B 3 --- Page 26 ---
(22)
M. Brissot. Tout ce que l'on peut repropense cheràl l'assemblée coloniale, est fortement atténué
deux considérations que: l'on ne doit jamais
perdre par
de vue : l'une , que ses séances étoient
publiques ; et l'autre 3 que tous ses arrêtés étoient
soumis à l'approbation du général. Il me paroit
évident que si elle avoit formé l'abominable projet de donner la colonie aux Anglois, toutes ses
et
auroient été
démarches apparentes
pabliques
concertées de manière à éviter le plus léger blâme,
négociation secrète auroiticonduit
tandis qu'une
Mais vous-ne
son projet vers un succès coupable.
connoissséz aucune trame secrète; et tout ce que
blâment les accusateurs de cette assemblée - ses
démarches, ses lettres, ses arrêtés, ses ordres,
tout est public : ce n'est pas-là
ses negociations,
sil'on
le caractère de la tralison. Qu'on, l'accuse,
d'injustice envers les gens de couleur,maisvent,
ne l'accuse pas de trahison sans en apporter
qu'on
aucune prenye.
illégales; mais s'il
On luii impue des arrestations
cst des circonstances où la nécessité ne permet
à la lenteur des formes de la loi,
pas de recourir
étoit-elle
la situation de Saint Domingue n'en
pas
une ? Le directoire de Quimper n'a-t-il pas obtenu
pour avoir arrêté, quoique
vos applaudissemens
de
illégalement, le sieur Tardy ? La municipalité
Bordeaux n'a t-clle pas mis un embargo sur les
.
illégales; mais s'il
On luii impue des arrestations
cst des circonstances où la nécessité ne permet
à la lenteur des formes de la loi,
pas de recourir
étoit-elle
la situation de Saint Domingue n'en
pas
une ? Le directoire de Quimper n'a-t-il pas obtenu
pour avoir arrêté, quoique
vos applaudissemens
de
illégalement, le sieur Tardy ? La municipalité
Bordeaux n'a t-clle pas mis un embargo sur les --- Page 27 ---
- 2
a
(23)
navires bordelois aussi-tôt
décret du 15 mai?
après la nouvelle du
Au reste > Messieurs
qu'emprunte la conduite de s quelque justification
de l'horrible situation
l'assembléc coloniale
voit, à Dieu
dans laquelle elle se troufier
ne plaise que je cherche à la
d'avoir tenu des
justiles prisons!Vous passagers un mois entier dans
devez vous faire rendre un
particulier de leurs
compte
pétitions, et statuer
plaintes et leurs
sur.leurs
fondées
demandes, si elles vous
; mais je les écarte de
paroissent
que je ne justifie dans
mon sujet 2 parce
coloniale,
ce moment l'assemblée
que du reproche
la colonie aux
d'avoir voulu livrer
Anglois.
Quant à la dénomination
reprochée avec raison, des d'assembléc générale
vellement arrivées
lettres officielles nouet déposées au
cent que l'assemblée coloniale
comité, 3 annonce titre
a elle-nême
pour prendre celui
lui
changé
tous les décrets.
qui
est donné par
Norf, Messieurs, elle n'a
dessein de livrer la
point médité l'infame
tice, il est de
Colonie. Il est de votre
votre grandeur de
justels complots,
ne croire de
que lorsque vous en
ves positives. Vous
avez des preuhaîne de la patrie, croyez trop diflicilement à la
YouS qui la chérissez.
B 4 --- Page 28 ---
(24)
la conscience de votre propre
Vous avez trop
de délits
force,. pour vous agiter à la poursnite
aucune preuve. Mais ici, ce
dont on n'spporte
votre clémence,c'est votre justice que
n'est point
coeur même de M.
je réclame : j'en appelle an
invite à porter
Brissot, du jugement qu'il vous
l'assemblée coloniale. Après avoir parlé
contre
l'Assemblée constituante sur. la
de la décision de
ii ajoute : Le
conduite de celle de Saint-Marc,
loin d'ablame étoit juste ; mais la. forme dioit
le caractère de la justices cette asscmblée
voir
entendue. Celle que je défends ne l'a
ne fut pas
? ainsi M. Brissot lui- nême
pas été davantage
seriez injustes si vous.
doit conclure que vous
entendue, sans les
la condamniez sans l'avoir attendre des comlumières que vous devez
enmissaires civils, sans avoir reçu les papiers
ramène en France les
voyés par la frégate qui
et qui,
officiers de la station de la Martinique,
détrès-reculée de son
à en juger par l'époque
doit avoir relâché dans quelque port.
part,
de la Colonie
Il est trop vrai, et les députés
dissimulé ; il est vrai qu'au prene l'ont point
d'un complot formier moment de la découverte
la France
mé contre le Cap, les. philantropes,
entière ont été accusés par des esprits égarés,de
ruine des colons ; qu'on a pris la coyouloir la
étrès-reculée de son
à en juger par l'époque
doit avoir relâché dans quelque port.
part,
de la Colonie
Il est trop vrai, et les députés
dissimulé ; il est vrai qu'au prene l'ont point
d'un complot formier moment de la découverte
la France
mé contre le Cap, les. philantropes,
entière ont été accusés par des esprits égarés,de
ruine des colons ; qu'on a pris la coyouloir la --- Page 29 ---
a
(25)
carde blanche, la cocarde
noira; qu'on a invo
quéles Anglois;qu'ona blasphéiné la patrie: mais
ce délire violent.n'en a été que moins durable; et,
comme toutes les passions extrêmes, bientôt Ce
ressentiment injuste a fait place à la froide raison.
Ce crime de tous n'a été celui de
ce qui est bien remarquable
personne; et,
2 ce qui doit vous.
frapper, Messieurs, l'assemblée coloniale elle-méme fut accusée, dans ces heures de
délire, de
passion et de
partager le crime dont on accusoit les
hommes de couleur; et quatre de ses membres
qui publivient une proclamation, furent
suivis et insultés , et eurent néanmoins le pour: bon- 1e
heur de sauver des mulâtres qui alloient être
sacrés.
masAprès avoir entendu la défense d'une assemblée
qui vous écrivoit que son dernier
dernier voeu seroient
soupir et son
pour la patrie, vous
noncerez avec impartialité, vous écouterez prosensibilité émue par de longs et cruels malheurs. votre
Eh! tous tant que nous sommes, législateurs,
lons, hommes de couleur
CO-
, tous Français, , tous
citoyens, dans ces jours que la nature a
par de si. grands
marqués
changemens en faveur de l'humanité, que le premier, que le plus fort de tous
nos sentimens soit celui de la fraternité, de l'indulgence; soyez grands comme la libérté, nobles --- Page 30 ---
(26)
comme l'égalité, Appuyés sur cès deux bases inébranlables de la Constitution, l'ame
sement affectée de ces crimes
douloureula nature , l'oeil fixé
qui ont outragé
sur ces belles plaines
ravagées par des esclavcs que la philosophic
condamne en fremissant, plaignez les maîtres
plaignez les esclaves : les uns' et les autres
les victimes, d'an
sont
préjugé que la sagesse ne
détruire en un iristant: hâtez-vous de
peut
les blancs et les hommes de couleur réconcilier
ensuite du plaisir de voir le sort des noirs pour jouir
lioré. Parlez avec la dignité de la
amé- la
grandeur des représentans da la
raison,
Nation, et vous
imposérez 'aux passions et aux
Je
vous
préjugés.
en conjure, 3 Messieurs, pour votre
pour le bien que vous voulez faire
gloire ,
: que chacun
puisse, sur cette matière importante, énoncer li
brement son opinion, sans être interrompu
les clameurs de la prévention. Par
par
faut-il
les
quelle fatalité
que
questions relatives aux Colonies
ayent toujours, dans cette enceinte,excité la discorde > divisé les patriotes P Les colons ne sontils pas membres aussi de cette grande famille à
laquelle vous ne voudriez donner que les bornes
de l'univers ? Cherchons
tranguillement le remède; et si, dans cette seconde partie de mon
discours,je contrarie des plans formés, des
nions prononcées,
opiqu'il me soit permis de rap-
faut-il
les
quelle fatalité
que
questions relatives aux Colonies
ayent toujours, dans cette enceinte,excité la discorde > divisé les patriotes P Les colons ne sontils pas membres aussi de cette grande famille à
laquelle vous ne voudriez donner que les bornes
de l'univers ? Cherchons
tranguillement le remède; et si, dans cette seconde partie de mon
discours,je contrarie des plans formés, des
nions prononcées,
opiqu'il me soit permis de rap- --- Page 31 ---
2 26 2
(27)
peler à mes collègues que ce n'est point un
effort que d'écouter ceux qui sont de notre grand
et quevnotre devoir nous oblige à donner avis,
notre attention à ceux qui pensent
toute
de nous.
différemment
Nous voulons tous ,
que les hommes
de couleur
Messieursy
jouissent des droits de
le voulons
citoyen ; nous
par justice 2 par politique même : mais
ques moyens devons-nous employer P
Jein'examinerai pas sile décret dui 24
est Ou n'est pas constitutionnely
septembre
j'examinerai ses
dispositions en elles mêmes. Il est bien essentiel
quetous les membres de l'Assemblée
idée juste et exacte : je réclame-leur en avent une
Les
attention.
quatre bases du systême colonial sont le
régime extérieur, l'état des
l'état
personnes non
politique des hommes de couleur libres;
libres
et
l'organisation intérieure des
nègres
toutes sont réservées
coloniesi: :
l'état des
aux législatures, excepté
Il
personnes non libres et de couleur.
est nécessaire de
en deux
séparer ce dernier article
parties ; et je vous prie d'oublier
tant ce quiregarde les hommes de
un insnous sommes d'accord sur la nécessité couleur,puisque de
noissance de leurs droits.
la reconQuant à qui concerne l'état des
libres, 3 rappelez-vous le décret du personnes 13
non
ainsi
mai
conçu : C L'Assemblée
1791,
>> comme article
nationale décrète
coustitutionnel, qu'aucune loi --- Page 32 ---
(28 1 )
S sur l'état des personnes non libres, ne pourra
faite
pour les coloa être
par.le. Corps légisiatif
>. nies, que sur la demande formelle et sponianée
> des assemblées coloniales >.
l'Assemblée, constiCette promesse a paru à
nécessaire
les colonies ;
tuante
pour tranquilliser
Messieurs
l'est effectivement:
et croyez, 2
qu'elle
hommes de couleur eux-mêmes en
croyez queles
sentiront la nécessité aussitôt que la jouissance
des droits de ciloyen reportera leur attention.toute
ieur cultureet leur
entière sur leurs propriéiés,
sûreté.-On auroit tort de penser que cette clause
ôteroit
d'améliorer le sort des esclavous
l'espoir
la
ves. On vous a dit des choses très-fausses sur
conduite des blancs à leur égard; on a rejelé sur
les crimes d'un petit nombre d'hommes fétous,
défie
de nier un fait positif
roces ; ct je
personne
la
qui peint les moeurs générales : c'est que
pludes maisons situées au milieu d'une vaste
part
où sont les cases des nègres, ne sont pas
prairie
même de serrures
environnées de murs,n'ont pas
aux portes, et que le maître y dormoit tranquille,
cette
et ces précautions qu'un
sans
inquiétude
barbare auroit rendues indispensables.
régime
donc être strs que les colons euxVous pouvez
des lois bienfaisantes, parce
mêues provoqueront
leur intérêt le commande. Mais je suppose
que
: ne sera-t-on pas maître
qu'ils ne le fissent pas
prairie
même de serrures
environnées de murs,n'ont pas
aux portes, et que le maître y dormoit tranquille,
cette
et ces précautions qu'un
sans
inquiétude
barbare auroit rendues indispensables.
régime
donc être strs que les colons euxVous pouvez
des lois bienfaisantes, parce
mêues provoqueront
leur intérêt le commande. Mais je suppose
que
: ne sera-t-on pas maître
qu'ils ne le fissent pas --- Page 33 ---
D w
(29)
alors de prendre les mesures que T'humanité
commander ?
pourra
Faut-il donc se hâter sans cesse en
?
Une sage lenteur n'est-elle
législation
pas preférable P Et s'il
n'y a qu'une chose à réformer à la loi du 24
tembre, pourquoi ne pas se borner à cette seule sepréforme, que réclament les circonstances P
Qu'il me soit permis de vous rappeler
flexion frappante de l'auteur
une réprofond de l'écrit,
Qu'est-ce que le Tiers-Eiat, dont le
être cité à cette tribune
de
génie doit
été méconnu
peu
jours après y avoir
: C Tant que le
>>
philosophe n'excède
point les limites de la vérité, ne l'accusez
> d'aller trop loin : sa fonction est de
pas
>> but. Le devoir du
marquer le
législateur, au
>>
contraire de
l'administrateur, est de graduer Sa
>> vant la nature des difficultés. Si le marche sui-
>> n'est au but, il ne sait où il est. Si philosoplie
>> trateur ne voit le but, il ne sait où il l'adminisIci, Messieurs, le but est bien
va >>.
philosoplie ; personne ne sent
marqué par la
bien il est
de
plus que moi comdigue
vous de l'atteindre.
ne le perdant pas de
Mais, en
vue, en voulant fortement
y arriver, vous devez graduer votre marche
vant la nature des difficultés,
suiVoyez quelles précautions lentes prend le grand
Rousseau pour conduire les Polonois à la liberté!
D'après ces principes, vous devez penserg qu'étant --- Page 34 ---
I (30)
forcés
les circonstances de toucher à une loi
par
de l'Agénérale faite pour toutes VOS possessions
mérique, de l'Asie et de l'Afrique, vous ne devez
faire que les changemens que demundent les
y circonstances, et respecter les autres dispositions,
rien n'est plus dangereux que les innoparce que
descolonies: nous en faisons
vations dans lerégime
la triste expérience. Il est nécessaire, au moment ou
l'ordre se rétablira, que les nègres soient persuasort dépend entièrement de leurs maîdés queleur
blancs ou hommes de couleur. Vous ne detres 3
de rétablir la subordivez négliger aucun moyen
nation; et celui que j'indique est un des plus certains. C'est T'humanité en pleurs qui vous demande
le rétablissement de la subordination.
D'autres considérations générales doivent vous
détermineràla circonspection quejevousdemande.
Ilne faut pas se dissimuler que toutes les colonies, 2
et sur-tout Saint-Domingue, fatiguées par quatre
tourmentées par une révolulois contradictoires,
tion dont les effets sont bien plus terriblesdans ces
éloignés, où tant de causes rendent le mnoinpays
funeste, craindront, si vous révodre ébranlement
la loi du 24 septembre, de vous voir encore
quez
à leur
faire bientôt après, de nouveaux changemens
régime ; et cette crainte éloignera la confiance qui
aux colons le courage de vivre
seule peut inspirer
leur vie,
au milieu des hommes qui ont menacé
is contradictoires,
tion dont les effets sont bien plus terriblesdans ces
éloignés, où tant de causes rendent le mnoinpays
funeste, craindront, si vous révodre ébranlement
la loi du 24 septembre, de vous voir encore
quez
à leur
faire bientôt après, de nouveaux changemens
régime ; et cette crainte éloignera la confiance qui
aux colons le courage de vivre
seule peut inspirer
leur vie,
au milieu des hommes qui ont menacé --- Page 35 ---
w
(31) )
et de rétablir des manufactures
confiance qui seule
incendiées ; la
peut rappeler de la NouvelleAngleterre cette foule de familles
réfugiées; la confiance
qui s'y sont
des
qni seule peut
Français de continuer à
empêcher
la certitude
faire, comme j'en ai
s des spéculations 2 des
pour établir des habitations dans
entreprises s
des isles
gnoles, entre autres à Porto Rico.
espaEn un mot, sans l'espoir de la stabilité
coloniules, point de
des lois
rité. Ainsi, soit
coniiance, point de prospéque le décret du
soit constitutionnel, soit
24 septembre
nez
qu'il ne le soit pas,
l'engagement de ne pas le
prepas même discuter ses
révoquer, de ne
tages, que vous n'ayez incorvéniens et ses avantoutes les colonies.
parmi vous des députés de
En effet, s'il est révoqué, dans
ne jetez-vous pas les colonies
quel embarras
frique, celles de
de l'Asie et de l'Al'Amérique qui l'auront
promulgué, fait
reçu,
leur constitution cxécuter, qui auront commencé
et qui, denx
intérieure en vertu de ce
ou huit mois
décret,
révocation ! Songez
après, en recevront la
tielle, isolée
que ce n'est pas une loi
; que par sa nature elle
partoutes les autres lois, leur
embrasse
que sa révocation
sert de base; ensorte
sordres.
peut causer les plus grands déConsidérez,
Messieurs, ces provinces éloignées, --- Page 36 ---
-
(3a )
d'après les principes dont nous. sommes redevables
plus
à la philosophie: ces principes, quine peuvent de
donnent aux colonies le droit
être combattus,
devez
elles-mêmes; et vous ne
pas
se gouverner
les droits des colonies sont aussi
perdre de vue que
ceux des homnies de couleur.
droits
Le décret du 24 septembre reconnoit les
colonies; et à moins de rejeter les seules bases
des
régime colonial, vous ne pouradmissibles pourle
retrancher de ce décret que le seul article qui
riez aux-blancs le droit de statuer sur l'état des
donne
personnes de couleur.
loi blessoit la souveOn a prétendu que cette
nationale ne
raineté nationale. La souveraineté
à faire
blesse
elle-même > , en renonçant
se
point
sontà deux mille lieues
des lois pour des pays qui
un
d'elle. Ce seroit exercer envers les colonies
intolérable, que de les priver de régir
despotisme leurs affaires intérieures. Beaucoup
elles-mêmes
dans le décret du 24 sepde personnes ne voient,
bommes de coutembre', que linjustice faite aux
oublier ses autres
lenr. Il ne faut pas cependant
en
qui tranquillisent les colonies,
dispositions,
des bases fixes pour lenr constitution.
posant
si
la théorie de
Ce que j'avance est vrai, que dans l'écrit de
ce décret se trouve toute entière
M. Brissot, imprimé en 1789.
dit que les colonies doivent s'apparAprèsayoir
tenir
ans le décret du 24 sepde personnes ne voient,
bommes de coutembre', que linjustice faite aux
oublier ses autres
lenr. Il ne faut pas cependant
en
qui tranquillisent les colonies,
dispositions,
des bases fixes pour lenr constitution.
posant
si
la théorie de
Ce que j'avance est vrai, que dans l'écrit de
ce décret se trouve toute entière
M. Brissot, imprimé en 1789.
dit que les colonies doivent s'apparAprèsayoir
tenir --- Page 37 ---
(33)
tenir à elles-mèmes,
assemblée-générale qu'clles doivent avoir une
nationale,
semblable à notre assemblée
ilajoute ces mots
cc Lesi impôts seroient arrêtés, remarquables :
> dans
les loix consenties
32 verneur Tasenbiée-généirale, la sanction du
représenteroit la
gou-
>> colonies ne s'imposeroient sanction royale ; les
>> pres dépenses, leurs
que pour leurs pro-
> ne devroient
propres dettés 5 et lesimnpôte
>
loniales. Les étreappliqués colons
qu'à ces dépenses CO-
>> part à la dette
ne prendroient pas plus de
> lande n'en
générale de la France, 7. que l'Irprend à celle de
39 Elles ne conserveroient FAngleterre.
>> France que pour
de rapport aved la
> tions, et
l'exportation de leurs
pour
produci
>
l'importation des
étrangères. Le double
marchandises
> concerté entre
systême devroit en'être
l'Assemblée
>> et les colonies, de
nationale de France
> pressif
manière à n'être
pour ces dernières,
point op-
>> Etre gouverné de loin,
> c'est s'exposer à être
continue M.
mal
Beissot,
> personnels
gouverné. Les intérêts
etintérieurs de la
33 être bien
colonie ne
jugés, et par
peuvent
>> être jugés que par
conséquent ne doivent
>> au-dehors
elle; et elle ne doit
que les intérêts du
discuter
Il est
dehors >.
moins de impossible, mots
3 Messieurs ,
un systême colonial d'exprimer en
phique et plus politique
plus philosoDisc. pai 21,
dclafois, que ne l'a fait
Vienosfaubluac
C --- Page 38 ---
-
(34)
alors M. Brissot. Ce systême est tout entier dans
le décret du 24 septembre.
Sans doute, Messieurs , ces principes sont anssi
les vêtres et vous vous rappellerez ces paroles du
célèbre Turgot : Sage et heureuse sera la Nation
consentira à ne voir dans ses
qui, la première,
des
alliées, et non plus
colonies que
provinces
sujettes de la métropole.
Vous vous conformerez à ces principes s quand
discuterez avec les représentans des colonies
vous
colonial; mais quelles que doiles bases dus systême
vent être alors vOS déterminations, 3 tranquillisez
les colonies ; qu'elles soient sûres
aujourd'hui
de leur constique vous ne vous occuperez pas
tution avant d'avoir parmi vous leurs représentans.
Faites attention, Messieurs 9 que toutes VOS
colonies sont tranquilles excepté St.-Domingue;
de concert, des mesures pour
elles prennent 2 des hommes de couleur ; elles se
établir les droits
Si l'on
conforment au décret du 24 septembre.
avoit tenu la même conduite à St.-Domingue,auriez-vonsrévoqué écette loi ? non, sans doute. Ainsi
aboliriez une loi faite pour toutes les
donc, vous
dans une seule elle ne produit
colonies > parce que
vous en attendiez. Ce n'est-làniune
paslelfer que
grande vue, ni une yue sage.
Ah! la sagesse est plus ayare de loix; elle ne
les droits
Si l'on
conforment au décret du 24 septembre.
avoit tenu la même conduite à St.-Domingue,auriez-vonsrévoqué écette loi ? non, sans doute. Ainsi
aboliriez une loi faite pour toutes les
donc, vous
dans une seule elle ne produit
colonies > parce que
vous en attendiez. Ce n'est-làniune
paslelfer que
grande vue, ni une yue sage.
Ah! la sagesse est plus ayare de loix; elle ne --- Page 39 ---
-
(35 )
les entasse pas ainsi à côté des
côté des évènemens les
circonstances, 3 à
plus imprévus.
Le décret du 24
mal
septembre ne prodnit aucun
par lui-même. Ne le révoquez point
connoître le voeu des colonies
sans
enfin cette initiative
; qu'elles exercent
mettre
qu'on ne cesse de leur prodepuis trois ans. Ce sont les
causent le mal, réprimez-les
passions qui
le faut. Soyez
; domptez-les, s'il
fermes, sévères même mais
tans. Je dis -
;
consconstans; car les Assemblées
nales se
natiosuccédant, se remplaçant, ne font
même assemblée - , puisqu'elles
qu'une
lonté générale.
représentent la VOSaint-Domingue seul est accablé
civile. Ne faites une loi
par une guerre
les autres colonies
que pour St.-Domingue:
sont tranquilles; laissez-les
s'organiser en vertu de la loi qu'elles
rien ne renferme de plus
exécutent;
lution
grandes causes de dissoque l'instabilité des loix.
ce seroit; cing loix
Voyez quelle pitié
Craint-on
contradictoires en trois ans!
qu'en renfermant à St.. -
l'exécution des mesures
Domingue
de couleur, il
prises pour les hommes
n'y ait pas d'uniformité entre ces
mesures et celles qui seront prises
les
Vent ? On peut les étendre à
par
isles du
toujours avec la
ces colonies, mais
cuper de la loi du promesse rassurante de ne s'ocdéputés des colons 24 septembre que lorsque les
seront parmi vous.
C 2 --- Page 40 ---
(36)
Lal loi du 24 septembré est-elle réglementaire ?
vous pouvez prendre le parti que je propose.
Est-elle constitationnelle f vous le pouvez encore;
non pas pour toutes les colonies, mais pour celle
dont l'état épouvantable vous fait un devoir de
la sauver, à quelque prix que ce soit.
Au moment où elle touche à sa destruction
totale, vous intervenez avec la puissance nationale, vous comnandez, au nom de la loi suprême,
le salutpublic ; vousl'arrachez à une perte presque
ceriaine sans ébranler les colonies par une loi
>
nouvelle. La loidu 25 mai ayant reconnu les,droits
des hommes de couleur, nulle puissance humaine, nisur-humaine, ne pouvoit les leur ôter.
Anssi Assemblée constituante n'a point voulu les
en priver par la loi du 24 septembre; elle a voulu
seulement donner aux assembiées coloniales le
ponvoir de fixer le mode, les conditions. Dans'
cet état de choses, au milieu des réclamations
faites d'ua côté, des promesses annoncées de
l'autre, une guerre affreuse vous décide a prendre
la termine. Vous remplissez un
un parti qui
devoir:
Ainsi, Messieurs S j'approuve le projet de décret de M. Gensonné, en demandant senlement
qm'il né regarde que St.-Domingue, et que vous
respectiez l'heureuse tranquilité des autres COlonies.
, les conditions. Dans'
cet état de choses, au milieu des réclamations
faites d'ua côté, des promesses annoncées de
l'autre, une guerre affreuse vous décide a prendre
la termine. Vous remplissez un
un parti qui
devoir:
Ainsi, Messieurs S j'approuve le projet de décret de M. Gensonné, en demandant senlement
qm'il né regarde que St.-Domingue, et que vous
respectiez l'heureuse tranquilité des autres COlonies. --- Page 41 --- (37)
J'appuie fortementl'exiension des ponvoirs qn'il
demandepourles commissaires, afin qu'ils
informer contre les auteurs des troubles, pussent
duire devant vous
et tiaceux qui auront exécuté des
projets coupables contie la tranquillité de la COlonie.
La sévérité 1 est nécessaire
; vous devez Ja déployer par-tout ponr assurer la prospérité de l'empire, en
dans
même-temps que vous serez
vos soupçons etintègres dans circonspects
Mais; il est encore,
vosjugemens.
ration de la
Messieurs, une considéplus
toute
grandeimportances,
votre atiention. La loi
etquimérite
ne sera
que vous allez faire
pas dans la colonie avant trois
Cause du temps
mois 3 à
que prendront les préparatifs des
secours et des forces qui devront être
Il est possible
envoyés.
paix soit enfin que, pendant cet intervalle, la
Vous
rétablie par un heureux accord.
pouvez d'autant plus
du 8 février, écrité à
l'espérer, qu'une lettre
un négociant de
annonce que M.
Nantes,
Saint-Léger, un des commissaires, est arrivé au Port-au-Prince;
avec les hommes de
qu'il a traité
couleur; 3 que les deux
se rapprochent
partis
déja; que les bataillons
ét de Normandie ont consenti
d'Artois
des
à ne plus sse mêler
dissentions, et qu'on a les
rances de voir enfin
plus grandes espéune
des droits des hommes reconnoissance absolue
de conleur, opérer le
rétablissement de la paix. --- Page 42 ---
( 38 )
Si cet heureux espoir s'est réalisé, et que des
arrangemens quelconques, pris mutuellement,
aient eu leur exécution., et consolidé le retour de
de la loi
Yordre, voudriez - vous que-lexécution
vous allez faire puisse porter de nouveaux
que
de discorde, en faisant fermenter encore
germes
auxmal-intentionnés de
les passions,et fournissant
d'amenerdé nouveaux troubles?
nouveaux moyens
Neseroit-il Ipas prudent d'autoriser, par une dispoles commissaires à ne pas
sition particulière s
mettre la loi à exécution, si une reconnoissance
et directe des droits des hommes de cougénérale leur les avoit satisfaits, si des mesures avoient été
et exécutées pour les en faire jouir, et si la
prises
paix régnoit à leur arrivée.
de
cette obJe vous prie 9 Messieurs,
peser
servation, et de considérer qu'il est digne de
dans cette grande affaire toute
vous d'apporter
la circonspection et toute la prudence possible.
la nouvelle du décret arrivera
Remarquez que
avant qu'il n'y
à Saint - Domingue long-temps
officiellement, et qu'autant elle est
soit apporté
fermenter les
capable par elle-même de faire
autant la nouvelle de la mesure
Meclailor
sions,
est
à rappronelle que je vous propose 3
propre
cher les esprits.
Mais si les commissaires ne trouvent pas la COlonie dans cet heureux état, je desire qu'ils se
conduisent néanmoins ayecbeancoup de prudence.
avant qu'il n'y
à Saint - Domingue long-temps
officiellement, et qu'autant elle est
soit apporté
fermenter les
capable par elle-même de faire
autant la nouvelle de la mesure
Meclailor
sions,
est
à rappronelle que je vous propose 3
propre
cher les esprits.
Mais si les commissaires ne trouvent pas la COlonie dans cet heureux état, je desire qu'ils se
conduisent néanmoins ayecbeancoup de prudence. --- Page 43 ---
A -
( 39 0e )
Toutes les passions sont en mouvement à SaintDomingue. Les haines sont au dernier
Elles se tairont sans doute devant la loi degré,
être soutenue par la force. Mais
prête à
commandée
une réunion
peut produire des effets
Ces hommes qui combattent
funestes.
avec tant d'acharnement, quis'accusent mutuellement de leurs
se verront-ils tranquillément
maux,
droits dans les mêmes
exercer les mêmes
Je voudrois
assemblées ?
donc, avant de faire
de la loi, faire un dernier
agir l'autorité
effort
les coeurs et calmer les
pour rapprocher
les
esprits. Je voudrois que
commissaires, porteurs de la loi, fussent autorisés, par une disposition particulière, à
tous les moyens de douceur et de
employer
réunir les blancs et les hommes persuasion de
pour
faire concourir
couleur, les
de la
volontairement au rétablissement
tranquillité publique, les rassembler sous
mêmes
les
drapeaux, leur faire partager les mêmes
fatigues pour soumettre les
le bon ordre.
brigands, et rétablir
Ainsi, les haines seroient calmées
par des services
mutuels; on verroit des concitoyens, des compagnons
regardoit comme ses
d'armes,dans ceux qu'on
à se réunir
ennemis; etl'on se disposeroit
fraternellement dans des assemblées
primaires.
Que des hommes choisis
Domingue la
exercent donc à St.-
fonction sacrée de
avant de déployer
pacificateurs,
l'appareil de la loi. Qu'ils ar- --- Page 44 ---
(40)
rivent dans ce pays malheureux sur des vaisseaux
chargés des secours que vous destinez à vos frèfassent parler la raison, la justice, au
res; qu'ils
du
et du roi; qu'ils parlent
nom
corps législatif
avant de parler en magistrats ; et des
en pères dont le caracière sensible saisit si rapiFranguis,
de la génédement tout ce qui porte l'empreinte
rosité, ne résisteront pas à tant de moyens réude
à tantde motifs de reconnoisnis
perswasion,
sance; ct. tel homme qui périroit aveugle, pour
soutenir l'empire du préjugé, si l'on employoit
la force, laissera tomber les armes deses mains,
et sentira son coeur altendri, renoncer à tout projet de résistance.
du
de M. GenJe conclus à l'adoption
projet
St.-Domingne seul, à,ce que les
sonné pour
comnissaires emploient les moyens de persuasion
de douceur avaut de faire exécuter la loi : je
et
PAssemblée discute séparément la
demande que
etsi
nature des pouvoirs des commissaires,
l'Assemblée nationale O1 lc roi doivent les nommer.
Je demande enfin qu'un article du décret dise
l'Assemblée nationale ne s'ocpositivement que
cupera de la loi du 24 septembre que. lorsqu'elle
aura les députés des colonics parmi ses membres,
et je reserve de proposer un article additionnel
gui demandera quelque développement.
Sorar - DA - NEFAC
snatasOace
DE PIaPRIMERIE NATIONALE
e que
etsi
nature des pouvoirs des commissaires,
l'Assemblée nationale O1 lc roi doivent les nommer.
Je demande enfin qu'un article du décret dise
l'Assemblée nationale ne s'ocpositivement que
cupera de la loi du 24 septembre que. lorsqu'elle
aura les députés des colonics parmi ses membres,
et je reserve de proposer un article additionnel
gui demandera quelque développement.
Sorar - DA - NEFAC
snatasOace
DE PIaPRIMERIE NATIONALE --- Page 45 ---
a
R É FL E
XIO N - S
POLITIQUES
sRUmmOeLeimLuemNanes
DE LA PARTIE
FRANÇOISE
DE
SAINT-DONINGUE
Publiées par les commissaires des.
couleurde Saint-Marc et de
citoyens de
de cette colonie, auprès de plusieurs paroisses
nale et du roi.
l'assemblée natioA PARIS,
DE
IIMPRIMERIE DU PATRIOTE
Place du Théâtre Italien. FRANGOIS,
JUIN 1792, L'AN 4me DE LA
LIBERTÉS --- Page 46 --- --- Page 47 ---
E710
LyCIs --- Page 48 ---