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3 Baubryn DISCOU RS
PRONONG C És dans la séance de PAssemblée
générale de la partie française de St-Domingue,
: le 3 décembre
1791.
Discouns de M. DE MIRBECK, comissaire
national civit.
M E S SIE U n S,
LAn nation française nous a enyoyé vers vous pour vous exprimer.
un voeu qui doit être aussi le vôtre : celui d'une union iutime et
parfaite entre vous et la mère-patrie.
DEs rapports d'affinité, de mocurs et de parenté, des convcnances réciproques, 3 et un grand intérêt commun doivent vouS
porter à cimenter par des liens indissolubles, cette union qui doit
être éternelle, si vous voulez retrouver et vons assurer , à jamais,
le bonheur et la tranquillité que vous avez perdus dans les orages
de la révolution.
DE notre côté, nous emploicrons tous les moyens que la
nation a mis dans nos mains pour parvenir à un but si désirable.
Puisse le bon accord, qui doit régner entre nos opérations ct
les vôtres, procurer à la Colonie et à Ja France lcs avantages
incstimables qui doivent en résulter.
Uxs communication franche ct ouverte de nos sentimens, de
nos opinions et de nos travaux, nous conduira infailliblement à
d'heureux résultats.
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LES circonstances dirigeront nos efforts mutuels, et nous
comptons que yotre zèle, pour le bien public, sera égal au nôtre.
Nous ignorions, à notre départ de France, l'excès des maux
efiroyables qui vous Ont accablé, et l'assemblée nationale les
ignoroit également ; nous les avons seulement appris à notre
arrivée en cette colonie; nons avons frémi d'horreur au récit que
vous nous en avez fait, et vous avez été témoins de la vive et
profonde douleur qu'ils nous ont causé.
Nos dépêches pour en informer l'assemblée nationale et le roi
sont parties hier.
Nous ne doutons pas de l'effet qu'elles produiront dans la
métropole : elle viendra surement à votre secours; vous pouvez
y compter.
MAIS, en attendant, vous ne sauriez trop vous tenir en garde
contre les perfides, séductions de vOS enneinis.
SONCEZ que votre mésintelligence est leur dernier espoir ; ils
feront les plus grands efforts pour jetter au milieu de vous
des sources de divisions, et exciter par cette coupable manceuvre,
de nouveaux troubles et de nouveaux malheurs.
C'EST à votre sagesse de les prévenir : vous y parviendrez en
éclairantsans cesse, et en déconcertantleursintrigues ténébrenses.
NE souffrez pas que des étrangers viennent souiller les tribunes
de ce temple par des motions inconsidérées.
NE souffrez pas, non plus, qu'elles éclatent an-dehors, et
qu'elles aillent troubler vOS entretiens domestiques.
.
coupable manceuvre,
de nouveaux troubles et de nouveaux malheurs.
C'EST à votre sagesse de les prévenir : vous y parviendrez en
éclairantsans cesse, et en déconcertantleursintrigues ténébrenses.
NE souffrez pas que des étrangers viennent souiller les tribunes
de ce temple par des motions inconsidérées.
NE souffrez pas, non plus, qu'elles éclatent an-dehors, et
qu'elles aillent troubler vOS entretiens domestiques.
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Vous avez besoin du calme, de la paix, pour bien vous organiser, et pour donner à la formation de vos lois toute l'attention
qu'elle exige,
AInis de toutes les lumières de la France, éclairés par vos
propres intérêts, vous établirez facilement les bases du code, le
plus propre à assurer votre félicité.
QUANT à nous, Messieurs, notre premier devoir est dl'agir de
concert, avec M. le Gouverneur général, représentant le roi dans
cette colonie, 2 pour y rétablir l'ordre 2 la paix > la tranquillité
publique. C'est l'objet principal de la mission qui nous a été
confiée par les représentans de la Nation et par Sa Majesté;
nous ne négligerons rien pour remplir un ministère aussi auguste :
c'est une dette sacrée que nous avons contracté envers la patrie,
et nous l'acquitterons malgré les obstacles qui nous environnent:
s'ils' étoient insurmontables, nous saurions mourir avec vous.
MAIS éloignons des idécs funestes que repoussent également
les probabilités physiques ctmorales, et livrons-nons sans crainte
au doux espoir qui doit nous soutenir ct nous animer dans CC
jour de consolation ; nous espérons qu'il sera le terme de vos
infortunes et des dangers qui vous environnent encore.
Qux les inimitiés cessent, que les esprits s'appaisent, se réunissent, et les dangers disparoitront tous. C'est le voeu des bons
citoyens, c'est le nôtre, et nous vous conjurons, Messieurs, de
l'exancer.
NE craignez pas que les ennemis de la constituntion osent co1trarier ce voeu si respectable ; ils savent que le roi a juré d'exécuter
l'acte constitutionnel qr'il a accepté. Sa Majesté en a exppliqué lcs
motifs dans une lettre qui ne laisse plus aucun prétexte aux malintentionnés et aux séditieux,
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le voeu des bons
citoyens, c'est le nôtre, et nous vous conjurons, Messieurs, de
l'exancer.
NE craignez pas que les ennemis de la constituntion osent co1trarier ce voeu si respectable ; ils savent que le roi a juré d'exécuter
l'acte constitutionnel qr'il a accepté. Sa Majesté en a exppliqué lcs
motifs dans une lettre qui ne laisse plus aucun prétexte aux malintentionnés et aux séditieux,
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Quoi qu'il en soit, s'ils avoient la témérité d'exciter de nouveaux troubles, de nouvelles alarmes, de nouvelles insurrections,
ils seront repoussés ct anéantis parla plus formidable puissance de
l'univers 5 par plusieurs millions d'homines si votre sureté l'exige.
Discours de M. ROUME, commissaire national civil.
M E SSI EU R S,
Dintovts, en vertu de la volonté nationale, par le meilleur
et le plus grand des rois, notre mission nous impose le devoir
de maintenir l'ordre ct la tranquilité publique dans la colonie de
Saint-Domingne.
Cr ne sont plus des pachas environnés de janissaires , que
la France vous envoie; ce sont trois de vos frères, trois citoyens qui
viennent sans ostentation, , vous parler le langage de la vérité,
partager vOS travaux 2 VOS dangers, et fixer avec vous le bonheur de
la colonie : c'est une émanation de tous les pouvoirs nationaux
qui se confond dans Saint-Domingne 9 à l'effet de le coordonner,
comme partie intégrante avec le reste de l'Empire français. La
puissance des commissaires qui paroissent devant vous 9 n'cst
soutenue d'aucun apparcil extérieur qui puisse inspirer de la
crainte; mais cette puissance est irrésistible, puisqu'elle n'est
pas moins garantie par la volonté de 25 millions de VOS frères
d'Europe 7 que par la loyanté de nos frères à Saint-Domingue.
LE patriotisme dont la colonicà fourni dc sinombreux exemplcs,
dès son origine, et jusqu'à ce jour 7 nous assuroit un prompt
succès, lorsque nous sortimes de la mère-patrie.
PoURQUor faut - il qu'à notre arrivéc, nos coeurs soient
navrés de la plus amère douleur!
puisqu'elle n'est
pas moins garantie par la volonté de 25 millions de VOS frères
d'Europe 7 que par la loyanté de nos frères à Saint-Domingue.
LE patriotisme dont la colonicà fourni dc sinombreux exemplcs,
dès son origine, et jusqu'à ce jour 7 nous assuroit un prompt
succès, lorsque nous sortimes de la mère-patrie.
PoURQUor faut - il qu'à notre arrivéc, nos coeurs soient
navrés de la plus amère douleur! --- Page 9 ---
(5)
SAINT-Dunixous, qui contribupit si eflicacement, et qui, en
dépit des scélérats, résolus à l'anéantir, contribuera toujours i
la prospérité comme à la gloire de la France, n'offre en CC
moment qu'an théâtre d'horreurs et de désoiation.
MAIS CC ne scra plus impunément que les Français seront
outragés, mêine dans les parties lcs plus distantes du centre de
l'empire; et vous verrez bientôt paroitre des légions de vengeurs,
quiextirperont de votre sol , les brigands. ct les traîtres qui oseroient
encore commetire Qul provoquer de nouveai forfaits.
Crn'est plus chez les Romains qu'il fant apprendre à ne jamais
désespérer du salut de la patric, notre glorieuse révolution n'est
qu'un enchainement de miracles, par lesquels nous avonssurpassé
Jes peuples si vantés dans les annales du monde.
MAIS, Messieurs, que nos sentimens magnanimes ne nous
aveuglent pas sur notre position désastruse ; ct considérons qu'il
nous seroit impossible de rétablir le calme. ct Ia tranquilité, si
la confiance ne renaissoit entre les bons citoyens ; il n'est pas
moins nécessaire aussi qu'il règne l'accord Ie plus parfait entre
les grands ponvoirs qui se trouvent actuellement dans l'ile.
MISSIEURS de l'Assemblée coloniale,qui, parl'énergie que
vous déployez, justifiez si gloriensement, et le choix de vos
concitoyens, ctles ponvoirs qne lecorps conatituantvoniaddlégués,
dans son décret du 24 septombre dernier, accepté par le roi le 28,
nous vous conjurons, au nom de la nation, de la loi et du roi,
d'employer et de nousindiquerlce mpyens que vOS connoissances
locales vous donnent:'a agissant de concertavec vous, ,nousréunirons
d'opinion les bons citoyens; nous déjouerons les projets sinistres
qni sC formeroient ; etàl'arrivée des secours que nous attendons,
il ne nous restera plus qu'à punir des briganids.
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28,
nous vous conjurons, au nom de la nation, de la loi et du roi,
d'employer et de nousindiquerlce mpyens que vOS connoissances
locales vous donnent:'a agissant de concertavec vous, ,nousréunirons
d'opinion les bons citoyens; nous déjouerons les projets sinistres
qni sC formeroient ; etàl'arrivée des secours que nous attendons,
il ne nous restera plus qu'à punir des briganids.
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SI la nécessité du salut public, ou d'autres circonstances extraordinaires vous ont fait prendre des arrêtés dont vous vous seriez
abstenu, si vous eussiez été plus calmesdans vos délibérations, vous
les annullerezde vous même , dès qu'il vous sera possible d'en faire
larévision ; mais, si d'un côté vous trouvez dcs choses que vous voudriez n'avoir pas faites, de l'autre, la France admirera, dans la
suite de vos travaux, la persévérance, la générosité et l'intrépide
courage qui vous caractérisent ; elle y verra combien ses régénérateurs onteu raison d'étendreles droits des assemblées coloniales audelà des limites de la constitution décrétée pour le royaume.
PA R l'effct de ces droits, non seulement Saint - Domingne
pourra beauçonp influer, soit par ses députés aux législatures,
soit au moyen de ses rapports avec. le commerce et les manufactures
de la France 2 sur les décrets nationaux; tandis que lorsqu'il
s'agira del'état des personnes, et des suites locales qui en dérivent,
les lois relatives à ces objets < seront faites par l'assemblée colo-
>> niale, actuellement existante, et celles qui lui succéderont,
2> s'exécuteront provisoirement avec l'approbation du gouverneur,
>> pendant l'espace d'un an 3 et seront portées directement à la
> sanction absolue du roi >>.
EN vain des personnes égarécs voudroient-elles s'opposer à
l'exécution de cette loi constitutionnelle, les troubles et les dissentions qui s'ensuivroient, postérieurement à la publication dans
lile, de l'amnistie accordée par la loi du 28 septembre dernier,
seroient punis selon leur nature et d'après la loi.
MAIS, Messieurs, vous respectez trop l'opinion de la France 3
l'intérêt du roi, et la réputation de la colonie > pour que vous
n'accordiez pas 3 dans votre sagesse s aux personnes libres qui
réclament des droits, tout ce qui pourra être compatible avee
dissentions qui s'ensuivroient, postérieurement à la publication dans
lile, de l'amnistie accordée par la loi du 28 septembre dernier,
seroient punis selon leur nature et d'après la loi.
MAIS, Messieurs, vous respectez trop l'opinion de la France 3
l'intérêt du roi, et la réputation de la colonie > pour que vous
n'accordiez pas 3 dans votre sagesse s aux personnes libres qui
réclament des droits, tout ce qui pourra être compatible avee --- Page 11 ---
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la tranquilité du pays, aussitôt qu'elles en seront dignes par leur
soumission à la loi, et par leur zèle pour vous seconder contre
les brigands.
QuANTàn nous, chargés de faire exécuter les lois ,jamais nous ne
nous en écarterons ; néanmoins 3 nous nous empresserons de
favoriser, par notre médiation près de l'assemblée coloniale, les
demandes raisonnables des réclamans, lorsque par leur soumission
àla loi, et leurs offres pour s'employer. au rétablissement del'ordre
et de la tranquillité publique, , ils nous auront antorisés àle faire.
Nous vous prions, Messieurs, de coopérer avec nous, pour
assureraux différentes autorités établies et à établir pardes élections
doit
en les retenant dans
populaires 3 l'énergie qui leurappartenir,
les limites qui doivent les circonscrire.
Nous vous prions, Messieurs ; de continuer à correspondre
avec M. le Général, aussi cordialement qu'il nous paroit que vous
le faites ; et nous vous promettons 3 ainsi qu'à la colonie 3 que
nous ne serons pas moins soigneux d'entretenir avec lui l'harmonie
nécessaire au rétablissement et au maintien de l'ordre et de la
tranquillité publique.
Nous vous prions, Messieurs, d'employerla confiance que vous
devez avoir chez vos concitoyens, pour les convaincre qu'il est
urgent de faire cesser dans Pile, les troubles et les dissentions qui
y ont lieu, afin de parvenir à l'union , ala concorde et àl'oubli
du passé; vous et nous devons leur répéter, sans cesse 3 qu'ils ne
peuvent être heureux que sous l'empire absolu de la loi, et que
l'anarchie est pire encore, s'il est possible, 2 que le despotisme.
Nous nous joindrons à vous, Messieurs, toutes les fois qu'il
s'agira, d'exprimer aux corps militaires, de terre et de mer, la
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afin de parvenir à l'union , ala concorde et àl'oubli
du passé; vous et nous devons leur répéter, sans cesse 3 qu'ils ne
peuvent être heureux que sous l'empire absolu de la loi, et que
l'anarchie est pire encore, s'il est possible, 2 que le despotisme.
Nous nous joindrons à vous, Messieurs, toutes les fois qu'il
s'agira, d'exprimer aux corps militaires, de terre et de mer, la
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satisfaction qu'ils mériteront de la nation et du roi, tant parleur
obéissance aux lois, quc par lcs services qu'ils rendroient à'la
colonie.
Nous promettons à la colonie de nous occuper continnellement
de soi bonheur; et nous vons prions d'inviter en son nom, au
vôtre et att nôtre, les membres de votrei assemblce qai enl sont absens, à y revenir au plutôt, afin de lui doniner toute l'influence
qu'elle doit avoir suri l'opinion piblique.
VOLLA, Messieurs, les objets que nois vons présentons, comme
étant d'une utilité majeure,'le peu de temps qni s'est écoulé dcpuis notre arrivée, ne nous permet point encore d'en sai voir davantage; nous y suppléerons toutes les fois qu'il y'aura lieu, del le
faire. Mais nous vous assurons, et il nous est impossibled'ens douter, que si ces choses s'effectuent promptement, l'ordre et la tranquillité seront parfaitement rétablis, avant que. les secours que
vous avez demandés en France n'arrivent dans l'ilc.
DIScoURS de M. DE SAINTLEGER, commissaire
national civil.
M E'SSIET U R 8,
Axrat, comme mcs collégucs, d'un zèle ardent pour remplir
l'importante mission que la nation et le roi nous ont confié, je
me bornerai dans CC moment à vous prier d'en agréer l'assurance,
et d'employer avec nous les mncsures les plus efficaces pour faire
renaître la confiaace entrc. les citoyens, mettre fin aux maux qui
désolent la colonie, et y rétablirla paix etlat tranquillité publique.
SAINT-DOMINGUE cst une section trop importante de l'Empire
français, et les Français dc la iétropole et dcs colonies sont main-
ié, je
me bornerai dans CC moment à vous prier d'en agréer l'assurance,
et d'employer avec nous les mncsures les plus efficaces pour faire
renaître la confiaace entrc. les citoyens, mettre fin aux maux qui
désolent la colonie, et y rétablirla paix etlat tranquillité publique.
SAINT-DOMINGUE cst une section trop importante de l'Empire
français, et les Français dc la iétropole et dcs colonies sont main- --- Page 13 ---
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tenant liés par des noeuds trop indissolibles, pour que vOS frères
d'Europe ne s'empressent pas de voler à votre secours. Mais en
attendant les forces que nous receyrons sous peu, ne négligcons
rien pour procurer à cette colonie le soulagementle plus prompt
anx maux qu'elle éprouve, en donnant à ses différens ressorts politiques la force qu'ils doivent avoir, et en les empèchantde réagir
an-deli des limites que la loi lcur a fixées; en maintenant Pharmonie qui doit cxister cntre vons, M. le Général ct Nous; eil
faisant enfin reparoitre le bonheur dans cette colonicintéressante
à tant de titres, et qui possède, parmi ses habitans, un si grand
nombre d'hommes d'un mérite transcendant.
DISCOURS de M. DEMUN, président de PAssemblee
générale de la partie française de Saint-Domingue.
MESSIEURS LES CONMISSAIRES NATIONAUX CIVILS,
Voes avez été convainens de la joieinfinie que votre présence
a répandu dans cette ville, la plus importante de la partie française de Saint-Domingue. L'expression ingénue de tous lcs coeurs,
ne peut avoir manqué son effet heureux, sur des ames sensibles
accoutumées déjà aux doux élans dc la liberté: que ne pouvezvous être également téinoins et convaincus de tous les scntimens
qui vont se réunir aux nôtres, des acclainations qui vont s'élever
de toutes les parties de cette colonie , qui vous attendoit depuis si
long-temps, qui vous desiroit avec tant d'ardeur!
MAIS, si le mouvement éclatant de la satisfaction générale a
aà vous frapper d'une éinotion profonde, combien plus fortement
encore auriez-vous été affectés, si vous aviez pu vous appercevoir
pouvezvous être également téinoins et convaincus de tous les scntimens
qui vont se réunir aux nôtres, des acclainations qui vont s'élever
de toutes les parties de cette colonie , qui vous attendoit depuis si
long-temps, qui vous desiroit avec tant d'ardeur!
MAIS, si le mouvement éclatant de la satisfaction générale a
aà vous frapper d'une éinotion profonde, combien plus fortement
encore auriez-vous été affectés, si vous aviez pu vous appercevoir --- Page 14 ---
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dn contraste extrême qui's'est offert avec tant de rapidité, entre
cette allégresse que nous avez inspirée, etla douleur inexprimable
oi nons étions plongés, ctque chaque jour voyoit accroitre..
Le tableau de nos malheurs est affrenx! La révolte effrénée, l'incendie et le carnage ont ravagé nos campagnes, désolé nos fainilles, déchiré 110S cocurs des coups les plus rigoureux. Cette cité,
que la prospérité et les plaisirs embellissoient de tout leur éclat,
n'est plus qu'nn séjour de larmes et de désespoir : un crêpe funéraire nous enveloppe; la jeunesse la plus brillante de courage et de
patriotisme est tombée sous les coups assassins de nos infâmes
brigands, ou moissonnée impitoyablement par les maladies les
plus funestes. On ne peut faire un pas, dans cette ville infortunée,
sans trouver ccs barrières désolantes qui semblent dire au public,
et qui lui disent, en effet..
arrête..
respecte les derniers
momens de ces vertueux citoyens qui t'ont sacrifié jusqu'a leur
existence..
Au! Messicurs, c'est vous qui venez nous consoler, s'il est possible, de tant d'afflictions et de désastres : vous avez fait aussi
les plus grands sacrifices : vous vous êtes éloignés de ce sénat auguste qui fera l'étomnement et l'admiration de tous les siècles à
venir: : vous vous êtes éloignés de Ce peuple de philosophes, qui se
fera des amis et des émules de tous les peuples de l'univers : vous
avezquitté toutes les délices de la France : vous vous êtes arrachés
des bras de vOS parens les plus chers, pour venir, dans une saison
orageuse, au-delà des mers, et sous un ciel brulant, nous porter
l'assurance précieuse du tendre intérêt que prennent à nous l'assemblée nationale, le roi et le peuple français; pour ramener
parmi nous la paix et la concorde qui nons avoient si cruellement
abandonnés; et pour nous faire jouir, enfin, des bienfaits de cette
régénération sainte qui vivific déjà nos frères d'Europe, et que
alous avons tant mérité par la pureté, la constance de nOS sentimens, et par l'étendue de nos malhcurs.
ieuse du tendre intérêt que prennent à nous l'assemblée nationale, le roi et le peuple français; pour ramener
parmi nous la paix et la concorde qui nons avoient si cruellement
abandonnés; et pour nous faire jouir, enfin, des bienfaits de cette
régénération sainte qui vivific déjà nos frères d'Europe, et que
alous avons tant mérité par la pureté, la constance de nOS sentimens, et par l'étendue de nos malhcurs. --- Page 15 ---
(11 )
Our, Messieurs, tant de soins et de sacrifices de votre part seb
ront couronés du succès qui leur cst di. Vous triompherez des
opinions, des ressentimens, 9 des projets insensés quinous dévorent:
vous sonderez les plaies brilantes de cette contrée mnalheureuse :
vous connoitrez les ressorts secrets et perfides qui nous conduisent,
depuis si long - temps, par les chemins les plus douloureux, vers
l'abime affrcux oit nous sommes plonsés : vous fixerez les vérités;
vous peserez les vraisemblancesy Tous verrez d'un côté les abus,
de l'autre les victimes ; et vous jugerez quelle est la main
sacrilége, quelle est la coalition barbare qui a repoussé si constammentl les réformations bienfaitrices que nous annonçoit, que
nous avoit formellement promisc la constitution de l'Empire
français.
LES désastres dont nous somnes couverts, et quivous ont. frappés
d'autant de douleur que d'étonnement, pourront jetter quelques
entraves sur votre route bienfaisante : mais, si vous trouvez des
intentions perverses, vous trouverez aussi des sentimens généreux.
L'assemblée provinciale du Nord vous offrira le zèle, Ies talens et
le patriotisme les plus distinguds/Tordre judiciaire, qui a gémi
saus doute le premier du torrent malfaiteur qui l'entrainoit luiinême, s'cmpressa d'accélérer, de toute son influence, l'adoption
et le succès de cettelégislation sublimequi a fait le couronnement
najestueux de la régénération française, et qui assure à jamais
la confiance, lcs propriétés, la vie et T'honneur de tous ceux qui
lui sont soumis.
Lrs militaires citoyens ont donné les preuves les plus éclatantes
de toutes les vertus guerrières et ciyiles.
LE chef qui les commande, et qui réunit à cette fonction importante le caractère auguste de représentant du chef du pouvoir
l'adoption
et le succès de cettelégislation sublimequi a fait le couronnement
najestueux de la régénération française, et qui assure à jamais
la confiance, lcs propriétés, la vie et T'honneur de tous ceux qui
lui sont soumis.
Lrs militaires citoyens ont donné les preuves les plus éclatantes
de toutes les vertus guerrières et ciyiles.
LE chef qui les commande, et qui réunit à cette fonction importante le caractère auguste de représentant du chef du pouvoir --- Page 16 ---
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exécntifsuprème, distingué par ses talens et ses services, a reçn de
la nature la plus vive sensibilité, gage presque infaillible du desir
de l'ordre, de l'union et de la paix.
LEs citoyens militaires, 2 ces généreuses troupes patriotiques,
ont tout sacrifié pour la patric et l'honneur.
o -
LE commandantgénénf a quia réuni leurs suffrages, ne
ncgligera rien pour se montrer digne de lui-même, digne d'u
no qui a illustré la France, et que la France régénérée a iminortalisé.
LA marine de l'Etat sera toujours digne de la hautc confiance
que la Nation lui a départie, et la marine du commerce ne le
cédera jamais, ni en patriotisme, ni en vertus.
M ESSIRURS S de T'Administration sc réuniront avec ardeur
à tous les bons patriotes 3 pour la prospérité de la chosc publique,
dont les finances sont la sève indispensable, sans laquelle tout
corps politique ou civil languitet meurt.
L: clergé enfin nous accordera tous les seconrs'qui peuvent
dépendre de la morale et de la religion.
Notrs ne vous entretiendrons point, Messieurs, 7 des ressources
indubitables que vous présente le département du Sud.
Nous ne vous entretiendrons point des lumières ct du civisme,
de la fermcté inchranlable de l'assemblée provinciale de l'Oucst,
Nous ne vous donnerons qu'une idée rapide de cet amour pour
la nation française 7 de ce zèle pur et ardent qui ont distingué
la portion la plus nombreuse de cetinfortuné Port-an-Prince, dont
foflupur
ne vous entretiendrons point, Messieurs, 7 des ressources
indubitables que vous présente le département du Sud.
Nous ne vous entretiendrons point des lumières ct du civisme,
de la fermcté inchranlable de l'assemblée provinciale de l'Oucst,
Nous ne vous donnerons qu'une idée rapide de cet amour pour
la nation française 7 de ce zèle pur et ardent qui ont distingué
la portion la plus nombreuse de cetinfortuné Port-an-Prince, dont
foflupur --- Page 17 ---
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le souvenir seul nous arrache les soupirs les plus profonds, les
larmes lcs plus abondantes.
MAIS nous nous reposerons avec assurance sur cettei idée vraie
etflatteuse, qu'il cst, dans toutes les parties de cctte colonie, des
hommes dignes d'être Français.
Nousvons dirons que, si l'on ne rencontre pas ici une philantropie exagérée par lignorance des convenances et les localités,
on y trouve des ames douces, 2 des esprits sages > qui desirent
accorder la philosophie avec elle-même, et qui se sentent assez
de constance pour se diriger vers lc bien 7 par des routes inénagécs
et stires.
Nous espérons, Messieurs, que lorsque vous aurez reconnu
toutes ces vérités, vous vous empresserez, 2 avec satisfaction, de
les' raconter à la France; d'effacer les impressions calomnieuses
quel'erreuronl la méchancetéont répandues, avec profusion, contre
des Insulaires injustement outragés, contre une colonie trop peu
connue.
Vousdirez à la nation française, à son roi si chéri, etsi digne
de l'être, que vous avez retrouvé à Saint - Domingue, des frères,
des amis : qu'àl'instant oùt vous avez paru sur nas bords infortunés,
tous les coeurs 7 ou du moins presque tous les coeurs. e ont volé
vers vous : vous leur parlerez pent-être en particulier de l'assemblée qui a lebonheur de vous posséder dans son sein : vous leur
peindrez sa fidélité, sa soumission > son amour.. - Puissiez-vous
leur dire que les ennemis du bien public ont disparu de devant
vous, comme les vapeurs malfaisantes disparoissent aux rayons du
soleil! Puissiez-vous leur dire bientôt, que vous avez ramené la
paix ct la concorde dans ces climats désolés ! Que vous avez rendu
à lcurs occupations intéressantes 2 et sous l'influence de la régénération française, des compatriotes fidèles, qui ne vivent que pour
indrez sa fidélité, sa soumission > son amour.. - Puissiez-vous
leur dire que les ennemis du bien public ont disparu de devant
vous, comme les vapeurs malfaisantes disparoissent aux rayons du
soleil! Puissiez-vous leur dire bientôt, que vous avez ramené la
paix ct la concorde dans ces climats désolés ! Que vous avez rendu
à lcurs occupations intéressantes 2 et sous l'influence de la régénération française, des compatriotes fidèles, qui ne vivent que pour --- Page 18 ---
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la mere-patrie, qui n'aspirent qu'à se réunir à elle, et qui ne
desirent de prospérité que pour la partager avec la France, ct
augmenter sa gloire et So11 bonheur!
Discouns de M. JOUBERT, président de PAssemblée
provinciale permanente du Nord de Saint-Domingue.
MESSIEURS LES COSIMISSAIRES NATIONAUX CIVILS.
Avaxr que vous eussicz fait connoitrele caractère auguste dont
vous êtes revêtus, vous aviez déjà des titrcs à l'amour et à la
reconnoissance des habitans de cotte province infortunéc, qui
n'oublieront jainais la sensibilité que vous avez manifesté en
apprenant leurs malheurs.
Lr premier mouvement de.vos cceurs vous a porté au milieu
de leurs représentans les premières paroles que vous y avez
proférées, , ont été des paroles de consolasion et de paix ; cctte
conduite, vraiment fraternelle de votre part, prouve que vous êtes
dignes de la mission importante dont la nation et le roi vous ont
chargé, et annonce que vous la remplirez avec succès.
Nos maux sont affreux, mais ils ne sont pas sans remède! et
la province du Nord, cette riche portion de la première colonie
du monde, teinte du sang d'une partie de ses habitans, incendiée
de toutes parts, et presque ensevclic sous SCS ruines, pcut encore
renaitre de ses. cendres.
DiJA, sans doute, nos frèrcs d'Enrope, aussi intéressés que
nous mêmes à ne pas laisser tarir l'une des principales sources
de leurs richesses, sont armés pour notrc défense , et prêts à nous
donner de puissans secours; ; mais quelque prompte que puisse
être leur arrivée, nous aimons à croire que vous les préviendrez;
et qu'avec la seule force inorale dont vous êtcs investis, vous
rétablirez bientôt l'ordre et la tranquillité publique.
èrcs d'Enrope, aussi intéressés que
nous mêmes à ne pas laisser tarir l'une des principales sources
de leurs richesses, sont armés pour notrc défense , et prêts à nous
donner de puissans secours; ; mais quelque prompte que puisse
être leur arrivée, nous aimons à croire que vous les préviendrez;
et qu'avec la seule force inorale dont vous êtcs investis, vous
rétablirez bientôt l'ordre et la tranquillité publique. --- Page 19 ---
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C'EST en abusant du nomn sacré de la nation puissante qui vous
envoie, et du roi citoyen qui vous a choisis, que des hommes I
perfides ont soulevé nOS csclaves, et armé une partic des gens de
couleur libres, contre leurs bienfaiteurs et leurs pèrcs.
C'EST en supposant de faux décrets en faveur des premiers;
c'est en suggérant dcs prétentions cxagérées aux seconds, qu'ils
sont parvenus à leur faire commettre les crimes les plus atroces.
Il n'est pas de puissance humaine qui puisse réparer les maux
qu'ils nons ont fait, qui puisse nons les faire oublier; ; mais votre
présence peut en arrêter le cours, en déconcertant les projets de
de nos ennemis secrets; ct c'est l'effet que nous en attendons.
ALORS l'assemblée générale de la partic française de SaintDomingue, législative pourtout Ce qui peutconcerier) les esclaves,
ct l'état politique des hommes de couleur et nègres libres, investie
d'ailleurs du droitimprescriptile de préparerles plans du régime
intérieur de la colonie, et dénoncer à cet égard le veu général de
ses habitans, autorisée enfin à faire toutes demandes et représentations sur Ce qui sera relatif au régime extérieur, travaillera sans
relâche sous VOS yeux, sous ceux del la nation entière, à nous donner
une constitution solide, qui ne différcra de celle de la mère-patrie
qu'autant. qu'il sera nécessaire, pour qu'clle puisse se concilier
avec la nature du sol, avec celle de ses productions, et ayec l'existence politique de la colonie.
En coopérant à CC grand ceuyre, vous cencourerez, Messieurs,
à préparcr le bonheur de Saint-Domingue , et vous acquerrez
des droits à la reconnoissance éternelle dc ceux qui Thabiteront.
Au Cap, chez DUFOUR DE RIANS, imprimeur de l'Assemblée
générale de la partic française de Saint-Domingue. --- Page 20 ---
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