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Az0c
CNS
Habr Carfer rolun
fifmry
Ormt Aniversity
T
A --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(16)
verture des malles du courier. Par cette précaution, le
comité étoit inftruit des paquets adreflés au gouvernement & du lieu de leur départ. Par cette opération,le
départ des couriers étoit retardé ; le commerce en
fouffroit, & P'Affembléc pouvoitrépandre les écrits qui
favorifoventferprojets. M. le Gouvereurgenéral, confprmément à VOS inftructions, fait la prociamation de
la continuation de PAffemblée, par une majorité qui
n'étoit qu'apparente : il compte auffi, comme pofitifs;
les fuffrages conditionnels, & quoiqu'il connût parfaisementles cabales & les intrigues de P'alfemblée & de
fes agens, il fe croit obligé de prononcer la continuation d'une aflemblée aufi dangereufe; mais il déclare
formellement, qu'inviolablement attaché aux intérêts
de la Nation, ilne permettra l'exécution d'aucun décret de Paflemblée générale de la partie françoife de
Stint-Domingue, qu'autant qu'ils auront reçu la fanction. Plufieurs paroilles font connoitre, d'une manière
bien exprimée, leurs principes, leur adhéfion à vOS décrets. Leurs arrêtés vous feront remis.
Malgré le voeu des paroiffes quin'étoient pas dansles
principes de T'affemblée; malgré les réclamations de la
province du nord, cependant clle décrète encorel'établilfement des municipalités, fur un plan combiné par
elle & éloigné du mode des municipalités du royaume,
Le Gouvemeurgénénlqui, voyoitavec -
douleurlaffemblée s'égarer pour ne pas adopter vos principes, publie
uneinterprétation de vos décrèts des 8 &28 8Mars, dont
ilne veut ni ne peut s'écarter, & renouvelle fa profeffion'de foi: cet hommel loyal, ce brave militaire ne
tendoitrien changer à VOS décreis; il annonce ce
fent,
Rua
cequ'iléprouve en'les méditant, ce qu'il croit que
toathommehonnéte doltf@ntir.L.afkmbice le dénonce
comme ufurpateur du pouvoir légiflatif: l'accufe d'attenteral'autorité de cette augufte allemblée;le déclare
9.ay ayrs a las wmque X
convaincu --- Page 5 ---
DISCOURS
Prononcé à PAssemblée Nationale,
le 2 octobre 1790, au nom de
Assemblée générale de la partie
Jrançoise de Saint-Domingue. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
DISCOUR S
Prononcé lAssemblée Nationale,
le 2 octobre 1790, au nom de
PAssemblée générale de la partie
françoise de Saint-Domingue.
MEssiEuns,
CEUX quisedévouentau bonlieurdel leirrs
concitoyens doivent être préparés à tous les
événements. L'assemblée même des repré.
sentants del la nation n'a pas été à l'abri des
revers; ellel les a supportés avec
et c'est ainsi qu'elleamérité l'admiration courage;
du
monde.
Nous aussi, nous avons. vu luire tour-àtour des jowrs'heureux etmalheurenx. Dans
la bonne comme dans la mauvaise fortune,
A 2
ouentau bonlieurdel leirrs
concitoyens doivent être préparés à tous les
événements. L'assemblée même des repré.
sentants del la nation n'a pas été à l'abri des
revers; ellel les a supportés avec
et c'est ainsi qu'elleamérité l'admiration courage;
du
monde.
Nous aussi, nous avons. vu luire tour-àtour des jowrs'heureux etmalheurenx. Dans
la bonne comme dans la mauvaise fortune,
A 2 --- Page 8 ---
(4)
nous avons conservé un front modeste, un
coeur calme et une bouche pure.
Nous allons vous entretenir de la plus florissante des colonies. Qu'ilnous soit permis
de vous transporter au milieu denotre isle,
de placer sous VOS regards nes cités, nos
campagnes, notre industrie; et que, par
un heureux élan de VOS imaginations et de
VOS coeurs, la cause de Saint.Domingue soit
jugée surles lieux même.
La partie françoise de Saint-Domingue
comprend plus de trois cents lieues de côtes: quarante mille habitants blancs, vingt
millehommes de couleur et cinq cents inille
negres composentsa population. Sonsol Iproduit en abondance le sucre, le café, l'indigo
et le coton. Dix villes principales et un plus
grand nombre de bourgs reçoivent les produits de la culture et les transmettent à plus
de mille vaisseaux qui fréquentent annuellement nos rades. On vante notre hospitalité,
et ceux qui nous connoissent n'ignorentpas
que l'humanité nous est chere.
Tel Lest notre pays : ilméritoit d'être heureux, et il a constamment gémi sous lejoug.
Nulle loi fixe ne lc régissoit; les ministres --- Page 9 ---
(5)
de la marine le considéroient
patrimoine; les
comme leur
généraux et les intendants
syabandomnoienta tous leurs
Tout d'un coup l'assemblée caprices.
formée, les murs de la Bastille nationales'est
ont été renversés, 2 et nous avons tressailli
nous avons
d'alégresse:
la nation espéré que les régénérateurs de
étendroient leurs
nous et adouciroient
regards jusqu'à
notre sort.
Operfidie! un mémoire est présenté, dans
lequel on affirme que tout
pernicieux,
changement est
que notre intention est de demeurer sous l'ancien
ennemi imortel
régime ; et c'est notre
quile signe. M. dela
ne se lasse pas de nous
Luzerne
il nous avoit
persécuter : général,
fait
opprimés; ministre, il nous
encore sentir sa désastreuse influence.
Par ses ordres, on rend une
qui nous défend de nous
ordonnance
du nombre de
assembler au-delà
alors
cinq. M. du Chilleau étoit
gouverneur; il n'a commis
seule faute 7 et l'a bien effacée que cette
duite postérieure. Les
par sa conconçus
projets qu'il avoit
pour notre prospérité sont
sans exécution : le bien
demeurés
lui a été
qu'il a voulu faire
imputé à crime; et on nous a pri-
de nous
ordonnance
du nombre de
assembler au-delà
alors
cinq. M. du Chilleau étoit
gouverneur; il n'a commis
seule faute 7 et l'a bien effacée que cette
duite postérieure. Les
par sa conconçus
projets qu'il avoit
pour notre prospérité sont
sans exécution : le bien
demeurés
lui a été
qu'il a voulu faire
imputé à crime; et on nous a pri- --- Page 10 ---
(6)
vés deson administration paternelle. Homme vertueux! votre nom sera toujours cléri dans nos climats. Puissiez-vous y aller
recueillir les témoignages de notre reconnoissance, et jouir d'un spectacle digne
d'une ame telle que la vôtre!
Cependant trois assemblées s'élevent en
même temps, l'une dans la partie du nord,
l'autre dans celle de l'ouest, et la troisieme
dans celle du sud; ces trois assemblées reconnoissent la nécessité de former une assembléc générale.
Le ministre la Luzerne fait passer à SaintDomingue un plan de convocation : ceplan
n'avoit point été soumis à l'assembléc nationale; il heurtoit tous les droits des citoyens : il est unanimement rejeté.
Un plan de convocation est arrêté par la
colonie elle-même. Les cinquante-deux paroisses y nommentleurs députés au nombre
de deux cents douze. La ville de Saint-Marc
est indiquée pour le lieu des séances de l'assemblée générale.
Au mois d'avril 1790, 1 cette assemblée
commence ses travaux; et sentant la nécessité de lutter perpétuellement contre le pou- --- Page 11 ---
(7)
voir arbitraire, elle se déclare
saufà déterminer le mode de perimanente;
permanence.
Ensuite elle cede aux veeux de la
en confirmant
colonie,
provisoirement le Conseil
Supérieur du Cap, et en s'occupant de la
réforme de quelques abus judiciaires.
derniere
Cette
opération excite les murmttres de
ceux qui sont intéressés à l'ancien ordre de
choses; il commence donc à exciter
classe de mécontents
une
: mais elle est peu
nombreuse, etla coalition des amis du bien
public est prédominante,
L'assemblée sent la nécessité
concert avec le
d'agir de
gouverneur ; elle l'invite à
se rendre dans son sein, et elle le
avec tous les égards qui sont dis
reçoit
sitaires d'une autorité
anx dépolégitime.
M. de Peynier est un homme
nature lui a rofusé les dons du foible; la
mains sont
génie ; ses
incapatles de tenir les rênes de
T'administration. Il gémit lui-méme du fardeau quilaccable, il suit
conseils de ceux
aveuglément les
qui l'entourent; il n'est
pas difficile d'égarer sa tête, et de le
dans un perpétuel état d'ivresse.
placer
Sa rénnion avec l'assemblée
générale déA4
lui a rofusé les dons du foible; la
mains sont
génie ; ses
incapatles de tenir les rênes de
T'administration. Il gémit lui-méme du fardeau quilaccable, il suit
conseils de ceux
aveuglément les
qui l'entourent; il n'est
pas difficile d'égarer sa tête, et de le
dans un perpétuel état d'ivresse.
placer
Sa rénnion avec l'assemblée
générale déA4 --- Page 12 ---
( 8)
concertoit les projets des hommes mal intentionnés ; on le fait partir subitement, on
aigrit son esprit et l'on ne néglige rien pour
lui faire lever l'étendard contre les représentants du peuple.
L'assemblée songe à déterminer sa compétence. Des pouvoirs illimités lui ont été
confiés ; mais elle sent qu'il est un terme
devant lequel elle doit s'arrêter. En CC moment elle reçoit le décret de l'assemblée nationale du 8 mars et les instructions du
28; ; ces décrets lui servent de flambeaux et
dirigent sa marche.
Celui du 8 mars reconncissoit l'impossibilité de nous appliquer la constitution qui
avoit été décrétée pour les provinces de
France, et en tête de laquelle étoit écrite
la déclaration des droits de l'homme. Il
reconnoissoit que nous avions besoin d'une
constitution différente, et nous invitoit à la
proposer.
En conséquence Tassembl.egénérale pose
lcs bases de la constitution qni doit être propre à la colonie. Le 28 mai elle réclame une
portion du pouvoir législatif pour décréter
ses loix domestiques et intérieures. Nous --- Page 13 ---
(9)
expliquerons bientôt les motifs de cette réclamation, et nous prouverons
peut être
qu'elle ne
rejetée sans inconséquence et sans
injustice.
Les instructions du 28 mars vouloient
quel'on convoquât de nouveau les paroisses
pour s'assurer de leur voeu, et
ne restât point d'incertitude
pour qu'il
sur l'existence
légale de notre assemblée. Cette
étoit superfue; elle étoit d'un
épreuve
dangereux
exemple, et néanmoins nous nous
sons de nous y soumettre.
empresLes paroisses sont convoquées;
invitons à énoncer
nous les
lonté,
franchement leur vOet nous leur observons
convient
qu'il ne nous
pas de ne posséder qu'une confiance douteuse.
La très grande majorité confirme
assemblée et
notre
rations.
approuve entièrement ses opéPourj juger des dispositions des habitants de
Saint-Domingue, il faut
rir les divers procès-verbaux
parcousés en cette
quifurent drescirconstance : on verroit de
quelle maniere ils sont conçus, et on
roit se conyaincre qu'il n'est
pourpas facile d'é-
ient
qu'il ne nous
pas de ne posséder qu'une confiance douteuse.
La très grande majorité confirme
assemblée et
notre
rations.
approuve entièrement ses opéPourj juger des dispositions des habitants de
Saint-Domingue, il faut
rir les divers procès-verbaux
parcousés en cette
quifurent drescirconstance : on verroit de
quelle maniere ils sont conçus, et on
roit se conyaincre qu'il n'est
pourpas facile d'é- --- Page 14 ---
(10)
garer ceux dont ils sont l'ouvrage. Ces procès-verbaux annoncent que nous avons été
calomniés; mais que les calomniateurs ont
été reconnus, que la pureté de nos intentions n'est pas mise en doute, et que l'on
ajouteroit à nos pouyoirs, s'il étoit possible.
Cette confirmation est un coup de fondre
pour le pouvoir exécutif: On avoit eu un
moment l'espoir de nous fatiguer : O1i avoit
fait voter contre nous le régiment en garnison dans la ville du Port-au-Prince, et CC
premier attentat en présageoit de plus atroces.
Le pouvoir exécutifétoit secondé parime
corporation qui sé décoroit du nom d'assemblée provinciale du nord. Cette corporation affectoit de nous livrer la guerre; : nous
allons la faire connoître et nous serons assez
vengés d'elle.
Dans le principe de la révolution, c'est.
à-dire, vers la fin de 1789, il existoit véritablement unenssembléeprovinciale du nord;
less 26paroisses del la dépendance yavoientdes
dépatésquiexprimoientle Yoeu général:mais --- Page 15 ---
(11)
depnis plusieurs mois cette assemblée n'est
qu'un fintôme; plus de 20
gnées de sa
paroisses, 2 indiconduite, ont fait scission avec
elle, et ont déclaré ne vouloir
dre qu'avec l'assemblée
correspongénérale.
Le Cap et quelques paroisses voisines
n'osent pas secouer lejoug,
qui
semblée provinciale ; à peine composentl'ast-on quelques cultivateurs:
y distingue-
; les négociants y
dominent, ainsi que les hommes attachés
pouvoir judiciaire.
au
Telle est cette assemblée qui
si
parle arrogamment; qui, fiere de siéger au milieu
d'une ville populeuse et
contre les
abusée, se révolte
représentants dela colonie, envoie
des ordres au gouverneur et fait des
ces à Tessemblée nationale
mena
elle-même.
L'assemblée générale avoit
indulgent
jetté un ceil
sur ces premiers écarts; elle
siste à croire qu'il n'est
perpas impossible de
ramener l'assemblée provinciale à des principes d'union et de fraternité et nomme
tre commissaires
qua.
pour se rendre
d'elle.
auprès
Ces commissaires parlent: le
les entend est sur le
peuple qui
point d'être détrompé
à Tessemblée nationale
mena
elle-même.
L'assemblée générale avoit
indulgent
jetté un ceil
sur ces premiers écarts; elle
siste à croire qu'il n'est
perpas impossible de
ramener l'assemblée provinciale à des principes d'union et de fraternité et nomme
tre commissaires
qua.
pour se rendre
d'elle.
auprès
Ces commissaires parlent: le
les entend est sur le
peuple qui
point d'être détrompé --- Page 16 ---
12 )
et se prépare à nous rendre justice.
L'assemblée du Cap frémit devoir son trône
ébranlé; elle ameute tous ses partisans 9
et décerne dcs lettres-de-cachet contre ceux
quivenoient publier des vérités qu'elle craignoit d'entendre.
A cette époque, Saint - Domingue voit
reparoitre le colonel Mauduit, connue par
des propos insensés ct par sa haine contre
la révolution. Il arrivoit de Nice, il étoit
plein des instructions qui lui avoient été
données; son premier soin est d'outrager
l'assemblée par des lettres que celle-ci se
contente de faire insérer dans les papiers
publics et auxquelles elles ne daigne pas
faire de réponse.
Le colonel cherche tous les moyens de
s'assurer de ses soldats. Lc vin est prodigué. ,les orgies se succedent, les nuits sont
consacrées à des exhortations homicides 7
on effraie les citoyens par l'appareil des
armes 7 de nombreux canons menacent le
Port - au - Prince, et les gardes nationales
sont insultées.
Au milieu de ces orages 2 l'assemblée
poursuit paisiblement ses travaux; les mu- --- Page 17 ---
(13)
nieipalinés'dabilisent de
formément à vOS décrets toutesparts 1 conmodifications
et avec quelques
locales. Vous aviez
la nécessité de ces modifications apperçu
les aviez
et vous
autorisées; mais le
les condamne, etles
gonvernement
connues.
municipalités sont méL'assemblée tente un dernier effort
opérer son
pour
rapprochement avec M. de
nier; elle charge des conmissaires Peyde lui
exposer l'état alarmant de la colonie,
les malheurs que va entraîner la
et
ils ne recneillent
discorde;
qu'un refus
et sont témoins des
hantain,
fait pour la destruction préparatifs que l'on
de leurs
triotes.
compaLes représentants de
se lassent point
Saint-Domingue ne
le
encore; ils esperent
14 juillet pourra être un jour de récon- que
ciliation; ils demandent que le
fasse prêter serment aux
gouvernenr
célebre avec le reste de
troupes et qu'il
la liberté
l'émpire le jour de
françoise. Le gouverneur déclare
que le serment ne sera pas
vre des plus misérables prêté, 2 et se couIl allegue qu'il n'a point excuses.
reçu les ordres
-Domingue ne
le
encore; ils esperent
14 juillet pourra être un jour de récon- que
ciliation; ils demandent que le
fasse prêter serment aux
gouvernenr
célebre avec le reste de
troupes et qu'il
la liberté
l'émpire le jour de
françoise. Le gouverneur déclare
que le serment ne sera pas
vre des plus misérables prêté, 2 et se couIl allegue qu'il n'a point excuses.
reçu les ordres --- Page 18 ---
(14)
du ministre, 2 comme s'il étoit dispensé de
remplir son devoir, parcequ'un ministre
pervers néglige le sien ! Il allegue' que
le serment demandé est d'être fidele à la
nation, au roi, à la loi et à la partiefrançoise de Saint Domingue; comme si cette
addition n'étoit pas convenable pour un
pays qui a des loix particulieres ; comme
sila premiere partie du serment n'excluoit
pas toute. fausseinterprétation; enfin comme
s'il n'avoit pas dû adopter au moins cette
premiere partie.
Au lieu de réunir toas les citoyens, il
seme la discorde entre eux, et favorise la
formation d'une compagnie de volontaires
qui arborentdes couleurs distinctes. Al'ombre d'un serment patriotiqne, cette compagnie serta aveuglémentaumaintien du pouvoir
arbitraire. Il ne faut pas s'en : étonner;
puisqu'en parcourant la liste de ceux qui
la composent, on n'y trouve que des noms
d'hommes employés dans les bureaux du
commerce , ou attachés au gouvernement,
ou membres dcs corps judiciaires.
Le jourapprochoit où les complots formés
contre les citoyens devoientéclater. Oncherche de nouvcau à gagner les foldats. On --- Page 19 ---
(15)
leur fait préter un serment ténébreux
on craint que le patriotisme des
(1),
de France ne leur en
régiments
cit leurs
impose 9 on endurà
coeurs, et l'on prépare leurs bras
verser du sang françois.
Deux officiers sont envoyés à S.
pour tenter le détachement
Marc(s),
garnison et en obtenir le
qui y est en
même
Les soldats qui montrent de la serment.
reçoivent l'offre de leur
résistance
touche
congé et d'une carjaune; les deux officicrs
noncés et se hâtent de faire
sont déretraite.
Dans une telle conjoncture,
1 T'assemblée
générale se voit forcée d'ôter à ses
mis le pouvoir de faire le mal. Elle ennenonce le licenciement des
proconvertit en
troupes, et les
gardes nationales soldées,
tant la sagesse de la ville de
imi.
avoit ainsi usé à
Paris, qui en
l'égard des gardes françoises, et qui.avoit obtenu
de l'assemblée
l'approbation
nationale,
(1) Le serment porte qu'ils ne reconnoitront
l'assemblée, ni les municipalités,
ni
pendus.
sous peine d'être
(2)Saint-Marce cestâtrentelieuesd
sdufortauPrince.
et les
gardes nationales soldées,
tant la sagesse de la ville de
imi.
avoit ainsi usé à
Paris, qui en
l'égard des gardes françoises, et qui.avoit obtenu
de l'assemblée
l'approbation
nationale,
(1) Le serment porte qu'ils ne reconnoitront
l'assemblée, ni les municipalités,
ni
pendus.
sous peine d'être
(2)Saint-Marce cestâtrentelieuesd
sdufortauPrince. --- Page 20 ---
(16) )
Ce quine doit pas être ignoré, c'est que
les deux régiments de Saint - Domingue ne
font point partie de l'armée 9 et ne sont
point comptés parmi les troupes de ligne ;
ils sont uniquement à la solde de la colonie
et : 1 ne peuvent être destinés qu'à sa police
intérieure.
Saint-Domingue étoit depuis plusieurs
mois dans la plus extrême disette de farine:
le gouverneur étoit convenu de cette disette,
et avoit annoncé qu'il ne savoit commenty
remédier : toutes les paroisses gémissoient
et réclamoient du pain. Votre décret du 8
mars et les instructions du 28, autorisoient
l'assemblée générale à statuer sur les subsistances. Elle permetd'introduire, dans tous
les ports des farines de la nouvelle Angleterre.
On s'est récrié sur cette permission : on
l'a présentée comme un signe d'indépendance, et cependant elle n'intéresse en attcune façon la métropole; Depuis 1784, et
en vertu d'un arrêt du conseil d'état, les
villes du Cap; du Port - au - Prince et
des Cayes jouissoient de la faculté de recevoir des bâtiments anglo -. américains. --- Page 21 ---
(17 )
Qu'arrivoit-il ? les
ports
négociants de ces trois
accaparoient les denrées de
nécessité, et les vendoient à
premiere
raire. Ainsi les
un prix usupoint du bénéfice cultivateurs ne profitoient
exclusif
de la loi. Le
des trois ports les tenoit privilége
et c'est ce privilege
à la gêne,
rale a voulu détruire. que T'assemblée généLes cris des négociants
agents du pouvoir exécutif. encouragent les
29 au 30 jnillet, le
Dans la nuit du
tête d'un
colonel Maudoit, 2 à la
de-garde détachement, va attaquer le
national du
corpspromet à ses soldats le Port-an-Prince ; il
trop fideles à exécuter pillage, et les trouve
Dans
ses ordres.
quel instant cette horrible
a-t-elle-lien ? L'Aviso le Serin exécution
xiveraux
le
venoit d'ari
Cayes; nom de la
sur les paquets dont il
Luzerne, écrit
étoit
paru d'un sinistre
chargé, avoit
croient devoir les augure, Les citoyens
des
intercepter ; deux gartions patriotiqnes à
en portoient des expédiSaint-Marc, et les
été envoyés à leur adresse. originaux avoient
Les paquets contenoient des
fuisantes du
lettres bienmonarque, qui invitoit tous
B
oit d'ari
Cayes; nom de la
sur les paquets dont il
Luzerne, écrit
étoit
paru d'un sinistre
chargé, avoit
croient devoir les augure, Les citoyens
des
intercepter ; deux gartions patriotiqnes à
en portoient des expédiSaint-Marc, et les
été envoyés à leur adresse. originaux avoient
Les paquets contenoient des
fuisantes du
lettres bienmonarque, qui invitoit tous
B --- Page 22 ---
(18))
ses sujets à l'union 5 qui conimandoit au
gouverneur d'entretenir la paix et d'étouf
fer tous les germes de discorde.
Les habitants du Portau-Prince étoient
occupés à entendre la lecture de ces lettres;
ils espéroient que le calme alloit renaitre et
s'abandonnoient à la plus douce joie lorsqu'ils furent surpris et assassinés.
On a jetté dans le public des relations
mensongeres ; on a prétendu qu'il ne s'agissoit que de dissiper un attroupement
nocturne. Mais pourquoi a-t-on marché
sans être requis légalement ? Pourquoi at-on trafné des canons chargés à mitraille ?
Pourquoi a-t-on fait feu sur des citoyens
sans défense ? Pourquoi la mnusique a-t-elle
célébré le massacre qui venoit de se commettre ? Pourquoile lieutenant-colonel écrivoit-il, CC malheurensement nos canons n'ont
CC: pu se pointer assez haut >? Pourquoi le
commandant de la partie de l'ouest marquoit-il à l'un de ses complices, 9 5> Nous alCC lons nous débarrasser de toutes les muni-
< cipalités; nous venons de commencer par
CC ler Port - au - Prince 9 et nous irons enC suite de ville enville >. --- Page 23 ---
Le lendemain le (19)
proclamation
gonverneur publie une.
qui dissout le
vite les citoyens à demeurer comité; ; il inpromet sa protection.
paisibles etleur,
celle d'un homme
Quelle protection que,
deuil
qni venoit de
toutes les familles!
remplir de
la ville est
En peu d'heures
déserte; des enfants, des
mes, des vieillards
femfuient un. lieu
remplissent les routes et,
d'asyle.
qui ne peut plus leur servir,
Quand ces affreux événements
nus, la fureur des'
sont con-.
ble : les habitants de paroisses est à Son comtibonite veulent
Saint-Marc et de l'Ar.
sur le champ
secours de leurs freres ; ils marcher au
plier l'assemblée de ne
viennent supforfaits
pas laisser de tels
impunis et le cri de
le seul qu'ils fassent
vergeance est
entendre.
Enfin le dernier
criminelle des
coup est frappé; la plus
semblée
proclamations ordonne à l'asgénérale de se
fausses
dissoudre, les plus
inculpations lui sont
etle feu sont préparés
faites, et le fer
Tous les liens
contre elle.
duit entre
que le contrat social introceux qui commandent et
qui obéissent venoient d'être
ceux
rompus : la
B 2
assent
vergeance est
entendre.
Enfin le dernier
criminelle des
coup est frappé; la plus
semblée
proclamations ordonne à l'asgénérale de se
fausses
dissoudre, les plus
inculpations lui sont
etle feu sont préparés
faites, et le fer
Tous les liens
contre elle.
duit entre
que le contrat social introceux qui commandent et
qui obéissent venoient d'être
ceux
rompus : la
B 2 --- Page 24 ---
- 20 )
résistance à l'oppression devenoit nécèssaire ; le gouverneur est destitué, et si cette
destitution n'est pas légitime, la liberté n'est
qu'une chimere, et il faut tendre les mains
aux anciennes chaînes.
- Les paroisses accourent de toutes parts
pour protéger leurs représentants, et jurent
de verser jusqu'à la derniere goutte de leur
sang dans une si noble querelle. La partie
du nord ne se montre pas la moins empressée à défendre la cause commune, et
voit avec horreurla conduite de l'assemblée
provinciale, qui forme contre nous une armée.
Le vaisseau le Léopard est signalé : d'abord il est pris pour ennemi, et l'on croit
qu'il est chargé des assassins du Port-auPrince. Mais bientôt la vérité est reconnue;
nous apprenons que le Léopard n'a pas voulu seconder des desseins meurtriers,
que
son capitaine l'a lâchement abandonné, que
le brave Santo - Domingo le commande,
qu'il est prêt à tout faire pour la patrie.
Malgré tous les obstacles que l'on seme
sur la route, des nouvelles de la partie du
sud nous parviennent; c'est sur-tout dans --- Page 25 ---
(2 21)
ce quartier que l'indignation
coeurs; une
remplit tous les
les
cealidtenhadsnodhaticente tontes
paroisses 7 et déja un corps
d'hommes armés s'avance
nombreux
Prince.
sur le Rort-auTelle est notre position,
Vincent, commandant
lorsqne M. de
et arrivé à douze
les troupes du Cap,
Marc,
lieues de la ville de
nous fait sommer de
Saintet nous donne sa
nous dissoudre
nous peut se retirer parole que chacun de
tation.
en paix sur son habiCette sommation étoit une bravade.
Vincent ne pouvoit
M. de
à raison des difficultés parvenir jusqn'à nous
avoit à vaincre. Nous naturelles qu'il y
des forces bien
avions à lui opposer
faire et sa
supérieures. Que pouvoient
devant
frégate et son armée
le Léopard et les nombreux patriotique
qui nous
citoyens
environnoient, 9 qui
F'avantage du lieu, et dont
possédoient
à peine contenue.
Timpatience étoit
Nous frémissons d'allumer
civile ; chargés
une guerre
d'opérer le salut de nos
constituants, nous ne voulons
les
cipiter dans un abyme de
pas
prémaux, et nous
B3
ient
devant
frégate et son armée
le Léopard et les nombreux patriotique
qui nous
citoyens
environnoient, 9 qui
F'avantage du lieu, et dont
possédoient
à peine contenue.
Timpatience étoit
Nous frémissons d'allumer
civile ; chargés
une guerre
d'opérer le salut de nos
constituants, nous ne voulons
les
cipiter dans un abyme de
pas
prémaux, et nous
B3 --- Page 26 ---
22 )
déclarons que nous allons nous sacrifier
seuls ; nous les invitons à regagner leurs
foyers, que justice leur sera rendue, 7 et
que nous allons la réclamer au milieu de la
A
nation même.
- Nous partons dénués de tout 7 mais nous
partons au milieu des regrets publics. Dans
lc cours de notre traversée, 9 nous ne nous
sommes occupés qu'à tracer l'hommage de
nos respects envers le Roi, de notre juste
confiance envers l'assemblée nationale, de
notre attachement envers les François nos
freres.
Après trente-sept jours 3 nous touchons
au port de Brest. 7 on nous accucille comme
les victimes du plus pur patriotisme - 1 on
nous prodigue les soins les plus touchants
de T'hospitalité et l'on se plait à nous faire
oublier les fatigues d'un long voyage. Non,
vous ne vous êtes point trompés, généreux
citoyens d'une ville qui nous sera toujours
chere! ! ce sont de bons François que vons
avez reçus.dans votre sein, et il étoit digne
de vous de ne point croire à la calomnie.
Tels. sont les faits. Ils ont été étrangement
déligurés, et une prévention coupable a en: --- Page 27 ---
(23)
traîné tous les esprits.
Au-liermême où
sommes admis en cet instant et ot nous
n'aurions jamais dà paroître,
noas
pure a été
une voix imapplaudie. Ici cing hommes
aprés nous . avoir chargés des
(1),
plus noires
conleurs, vous ont adressé une
fide et ont réclamé
priere perpour nous votre indulgence.
Que les envoyés du
lomnient,
despotisme nous canous y consentons; ; mais qu'ils
n'intercedent point en notre faveur
cessent sur-tout de
: qu'ils
nous appeller leurs
res; ; car nous ne le sommes
frecessent de nous offrir leur
point : qu'ils
la rejetons et nons les
amitié; Car nous
conscience et à
abandonnons àleur
l'ignominie de leur rôle:
Trois grandes vérités résultent de
nous venons de vous
ce que
mons ici votre
exposer. Nous réclaattention toute
nous défions qui
entieré, et
teinte à ce
que ce soit de porter atquenous allons dire.
(1) M. de Chitry, l'un de ces
signé le décret du 28
cing hommes, a
Mauduit.
mai.. - Ilest oncle du colonet
B 4
abandonnons àleur
l'ignominie de leur rôle:
Trois grandes vérités résultent de
nous venons de vous
ce que
mons ici votre
exposer. Nous réclaattention toute
nous défions qui
entieré, et
teinte à ce
que ce soit de porter atquenous allons dire.
(1) M. de Chitry, l'un de ces
signé le décret du 28
cing hommes, a
Mauduit.
mai.. - Ilest oncle du colonet
B 4 --- Page 28 ---
(24)
I. Nous représentons Saint- Domingue.
Vous voyez devant vous les députés de
la presque totalité des paroisses; ; vous voyez
l'assemblée générale; vous voyez la colonie
elle-même. Dans quelque endroit
les
que
événements aient pu nous conduire, nous
avons conservé notre caractere; et ce n'est
pas lorsque nous avons la magnanimité de
venir au sein dela nation, que: nous pouvons
l'avoir perdu.
Oui, nons sommes l'assemblée générale;
et nous serions trop dignes de mépris, si
nous pouvions penser que la proclamation
d'un gouverneur a pu opérer notre dissolution, si nous ne savions pas nous roidir contre l'autorité arbitraire, si nous n'étions
pas
capables de soutenir nos droits. Reconnoftre
que M. de Peynier a pu dissoudre notre assemblée, c'est reconnoître que le pouvoir
exécutif pent dissondre la vôtre.
Oui, nous sommes l'assemblée générale,
et la réclamation d'un petit nombre. d'hommesintéressés à la conservation des abus ne
doit pas l'emporter sur le voeu de la majo- --- Page 29 ---
(25)
rité. La volonté seule de
nos
peut nous enleverle titre
constitnants
Saint. -
dereprésentants de
Domingue, et nulle antre
dans le monde ne
puissance
peut
ver de ce même titre. S'il légalement nous priJa coustitution
en est autrement,
françoise est renversée
temps du despotisme
et les
sont revenus.
II. Nos opérations sont
avouées par nos
constituants.
Mais il s'en fautbien
soient tentés de nous quenos constitnants
ravir leur
puisque nos opérations
confiance,
eux. Les procès verbaux sont avouées par
font foi; ils démentiront que nous avons en
été avancé de
tout ce qui vous a
contraire : vous
lirez
preuve et de Tattachement
y.
la
leur
de nos
pour
mere patrie, et de leur paroisses
dans T'assemblée
confiance
formelle
générale, et de l'adhésion
qu'elles donnent à ses
Nos opérations sont avouées ceuyres.
stituants, et il ne faut
par nos conconstituants aient
pas croire que nos
donné une
avengle : ils sont éclairés
approbation
ils ne cedent
à
surleurs intérêts,
pas une précipitation insen-
de nos
pour
mere patrie, et de leur paroisses
dans T'assemblée
confiance
formelle
générale, et de l'adhésion
qu'elles donnent à ses
Nos opérations sont avouées ceuyres.
stituants, et il ne faut
par nos conconstituants aient
pas croire que nos
donné une
avengle : ils sont éclairés
approbation
ils ne cedent
à
surleurs intérêts,
pas une précipitation insen- --- Page 30 ---
(26)
sée, ni aux déclamations de quelques hommes qui mettent à profit l'erreur publique,
et établissent leur fortune sur la destruction
de toute loi et de tout ordre : ils ont rigoureusement examiné notre conduite et nos
travaux, et ce n'est qu'après le plus mûr
examen qu'ils nous ont accordé leurs suffrages.
Nos opérations sont avouées par nos constituants. Et quels sont ceux dont nous nous
honorons d'être les mandataires s? Ce sont
des cultivateurs qui ne peuvent avoir que
le bien public en vue, qui ne sont point
agités par des passions tumultueuses, 2 et
pour qui la pratique du devoir est facile.
Certes, l'estime de tels hommes est glorieuse, et nous nous féliciterons toute notre
vie de l'avoir obtenue.
IIL Nos opérations sont une conséquence
des décrets de l'assemblée nationale.
Comment nos paroisses n'auroient-elles
pas confirménos opérations, puisque cellesci ne sont qu'une suite de décrets de l'assemblée nationale? Cette troisieme vérité --- Page 31 ---
27 )
est frappante, et un court
va la faire briller dans
développement
tout son
(
Le décret du 81 mars' et lesi
jour.
28 avouent
instructions du
que nous avons besoin d'une
constitution particuliere, etnous
à la réclamer.
autorisent
<Demandez s écrivoit
e l'abbé de Montesquiou,
M.
(C ce que vous
demandez tout
croyez utile à votre
CC le Roi etl'assemblée
colonie,
( vitent >.
nationale vous y inHé bien ! c'est ce que nous
Nons avons
avons fait.
profité de la faculté
étoit
qui nous
accordée, et que l'on ne pouvoit nous
refuser; nous'avons: réclamé la constitution
dontnous avons besoin, en rédigeant notre
décret du 28 mai, décret consenti à
mité
l'unanipar tous les membres de l'assemblée
générale, décret soumis à
de T'assemblée
Tacceptation (1)
roi.
nationale et à la sanction du
er (1)On nous dit que le mot
respectueux. En ce cas nous ne acceptation est peu
valeur des termes : nous
connoissons pas la
la faculté d'accepter
croyons en Amérique que
comprend
n'avons pas l'idée d'une
cellederefuser; nous.
acceptation forcée.
'unanipar tous les membres de l'assemblée
générale, décret soumis à
de T'assemblée
Tacceptation (1)
roi.
nationale et à la sanction du
er (1)On nous dit que le mot
respectueux. En ce cas nous ne acceptation est peu
valeur des termes : nous
connoissons pas la
la faculté d'accepter
croyons en Amérique que
comprend
n'avons pas l'idée d'une
cellederefuser; nous.
acceptation forcée. --- Page 32 ---
- 28 )
Nous nous sommes hâtés de vous. faire
parvenir ce décret; mais quel a été son sort?
il ne vous en a pas même été donné lecture,
et ila été enseveli dans un profond oubli,
tandis que de lui seul dépendoit la tranquillité de SaintDomingue; ce n'est que depuis
peu de jours que l'on a osé vous en parler,
etquel'on a témérairement prétendu que ce
décret étoit un crime.
Ne nous auroit-on tendu qu'un piege, et
n'auroit-on voulu connoître notre voeur que
pour nous accuser del'avoirmis en évidence?
Quoi! un grand pays s'est rendu criminel,
en désignant la loi qui lui est nécessaire,
et sans laquelle il ne peut pas exister., ou
ne peut avoir qu'une existence périlleuse? 3
Que contient enfin le décret du 28 mai?
Nous reconnoissons que les rapports communs et les loix commerciales doivent être
déterminés par l'assemblée nationale. :
Nous demandons à être investis d'une por
tion du pouvoir législatif 9 pour faire nos
loix intérieures et domestiques, et nous les
soumettons à la sanction du roi. - Nous
ne réclamons l'exécution provisoire que
pour ces castrès urgents, et où l'attente
estimpossible, --- Page 33 ---
-
(29)
Il faut que notre maniere de voir
pas destitnée de tout
ne soit
Blin, l'un de ceux
fondement, car M.
qui siegent au
vous, a vu et pensé comfne
milieu de
Blin, dans un discours
nous-mémes. M.
pourtant bien
trop peu connu, et
digne de
que notre
l'être, 2 vous explistatuer à position, et ce qu'il convient de
notre égard.
En effet, il nous faut des
qu'elles soient faites
loix, il faut
or nous avons
par vous ou par nous :
pas vous en pensé que vous ne voudriez
occuper : lo.
miers décrets étoient
Parceque vOS prene vouliez
un lien sacré que vous
seuls
pas rompre. 20, Parceque ceux-là
peuvent faire des loix,
intérêt direct et doivent
qui y ont un
elles. 30, Parceque
être gouvernés par
il faut
pour faire de bonnes
connoitre
loix,
le pays auxquels elles parfaitement le peuple et
Onr ne cesse de
sont destinées.
ter qu'une assemblée répéter qu'il ne doit exis.
pire, c'est une
législative dans l'emexister
erreur. Il. peut et il doit
autant d'assemblées
que l'intérét du
législatives
car cet intérêt
peuple le commande;
est la loi
leurs,
suprême ; d'ailSaint-Domingue ne demande
qu'une
connoitre
loix,
le pays auxquels elles parfaitement le peuple et
Onr ne cesse de
sont destinées.
ter qu'une assemblée répéter qu'il ne doit exis.
pire, c'est une
législative dans l'emexister
erreur. Il. peut et il doit
autant d'assemblées
que l'intérét du
législatives
car cet intérêt
peuple le commande;
est la loi
leurs,
suprême ; d'ailSaint-Domingue ne demande
qu'une --- Page 34 ---
(30))
délégation du pouvoir; dont la plénitude
est dans le sein de' l'assemblée nationale.
Il ne demande cette: délégation de pouvoir.
parcequ'il est convaincu que l'assemblée
nationale ne sauroit l'exercer elle- même :
Ainsi la suprématie du principal corps lés
gislatif n'est point blessée.
Il est un dernier motif que nous ne de-.
vons pas dissimuler. On nous a fait longtemps trembler pour nos propriétés ; une:
secte impolitique ct ennemie a placé les
Antilles sur le penchant de l'abyme, elle
nous a déclaré une guerre perpétuelle. Le
décret du 8 mars ne lui a paru qu'une foible barriere, et à sa tête se, trouvent des
membres de l'assemblée nationale.
Il nous faut des lois, et nos législateurs
ne doivent point se jouer de nous, ils
doivent poser d'une main ferme les bases
de la constitution qui nous est
propre 1
et * sans laquelle il n'est point de colonies. Maintenant 2 c'est à vous d'examiner dans votre sagesse si nos législateurs
doivent résider en France ou dans notre
isle. Mais tant que nous n'aurons pas une
législâtion invariable, nous ferons entendre
nos plaintes, 2 et nos plaintes seront justes. --- Page 35 ---
(31))
C Sur ce quiconcerne le droit de
ne répétons pas ce que nous
sanction,
écrit à Saint -
avons dit etauriez
lire Domingue, et ce que vous
pu
dans notre
duc ardcneidis@maietinute développement
entre vous et nous n'avoit communication
ceptée, tandis
pas été interque nos ennemis
tous les passages libres.
trouvoient
Voila donc CC décret du 28 mai,
quel on a élevé la chimere
sur lependance. Combien
de notre indénient sont
ceux qui nous calomméchants et absurdes ! Ils nous
snpposent quelques motifs sans
croient
doute; ils
que notre intérêt personnel
guide, et ils n'imaginent
nous
voulions commettre
pas que nous
un crime inutile.
quiconque a quelque notion
Or,
lonie, sait
sur notre COparfaitement que ne
que des denrées de luxe,
produisant
foible population
n'ayant qu'une
objets de
blanche, manquant des
d'être
premiere nécessité, elle a besoin
annexée à une grande
sait que l'amour du
puissance; il
gravé dans tous les nom françois y est
bitants ont mille fois coeurs, et que ses hatisme.
signalé leur patrio-
crime inutile.
quiconque a quelque notion
Or,
lonie, sait
sur notre COparfaitement que ne
que des denrées de luxe,
produisant
foible population
n'ayant qu'une
objets de
blanche, manquant des
d'être
premiere nécessité, elle a besoin
annexée à une grande
sait que l'amour du
puissance; il
gravé dans tous les nom françois y est
bitants ont mille fois coeurs, et que ses hatisme.
signalé leur patrio- --- Page 36 ---
(32 )
Il n'est qu'un cas où Saint - Domingue
pourroit se livrer à l'espoir de l'indépendance, c'est celui où il gémiroit sous un
joug intolérable, où ses prieres seroient
constamment rejettées, où il arriveroit au
terme de sa patience : dlors, peut-être, ses
habitants romproient les noeuds qu'ils ont
long - -temps chéris ; ils ravageroient leurs
propres champs etacheteroientla liberté par
le sacrifice de leurs richesses. SaintDomingue, tel qu'il est aujourd'hui, est bien facile à subjuguer; mais s'il consentoit à être
pauvre, il deviendroit dès lors invincible.
Nous vous devons la vérité, nous ne la
tairons pas, le moment actuel est de la
plus haute importance: ; vous pouvéz affermir à jamais les liens qui unissent notre
contrée au reste de l'empire ; vous pouvez
la reténir dans les donces chaînes de I'at
tachement et de la reconnoissance, et ce
sont les seules qui puissent être fortes et
durables.
Il est possible que nos constituants et
nons ayons erré; ; mais une immensité de
mer nous séparoit de la France ; mais notre
éloignement ne nous a pas permis d'être --- Page 37 ---
(33 )
tlirigés par vos lumieres; maisnos intentions
furent toujours pures. Ah! sur-tout
gardezvousd'approuiver les assassinats
ces hommes qui ont violé
commis par
tous VOS
et tous les droits des
décrets
citoyens. Cette
bation seroit un flambean lancé
approde notre isle
au milieu
malheureuse; le
ses habitants seroit à
désespoir de
conseils du
son comble, et les
désespoir sont toujours furnestes.
Nous n'avons arrêté
l'indignation de nos
concitoyens qu'en leur promettant
de votre part. Si, au lieu de cette justice
qu'ils attendent, ils recevoient le justice
glant outrage, rien ne seroit
plus sancapable de les
contenir, et la force seule seroit
Daignez considérer qu'ils
invoquée.
deux cents mille
peuvent armer
bras. - - Ils se
e
pent-être.
mais
perdroient
à la France!
quelle plaie seroit faite
Ne précipitez rien, nous vous
de la tranquillité de notre
répondons
tuants daigneront
pays, nos constiécouter nos
nos prieres seront plus
conseils, et
puissantes
armes. Ne précipitez rien
que des
: une grande COQ --- Page 38 ---
(34)
lonie s'est jettée dans VOS bras; tous les mon
ments que. vous lui donnerez ne seront pas
perdus, et les bénédictions du peuple se;
ront votre récompense.
FIN,
De l'inprimerie de DiDoT FILS Absré2 rue Pavée; --- Page 39 ---
R A P P R
T
SUR LES AFFAIRES
DE SAINT-DO MINGUE,
FAIT
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
AU NOM
DU COMITÉ DES COLONIES,
Les II & 12 Ottobre, 1790.
PAR M. : B A R N AV E.
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
Messisuas,
VOTRE Comité des Colonies m'a chargé de
mettrc fous VOS yeux la fruation des affaires de
A
R A P P R
T
SUR LES AFFAIRES
DE SAINT-DO MINGUE,
FAIT
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
AU NOM
DU COMITÉ DES COLONIES,
Les II & 12 Ottobre, 1790.
PAR M. : B A R N AV E.
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
Messisuas,
VOTRE Comité des Colonies m'a chargé de
mettrc fous VOS yeux la fruation des affaires de
A --- Page 40 --- --- Page 41 ---
E771
L05ld
V2
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