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DISCOURS S
Prononcé le 20 juin 2790, par M. LACOUR, Préfident du Comité
paroiffial de Baynet, Lorfque la paroiffe alloit délibérer fur la
confirmation de PAlemblée générale de la partie françaife de
Saint-Doningue.
MessrEURs ET CHERS CONCITOYENS,
J'AI dans CC moment une miffion bien précicufe à remplir ; & fi
je gardois un coupable filence , je ferois indigne de la confiance &c
de l'eftime que vous m'avez accordées ; mais fi
Péloquence qui me
manque pouvoit être animée par le fentiment qui me pénètre 2 je
remplirois parfairement le but que je me propofe.
Dans ce moment, mes chers Concitoyens, il s'agit de VOS
& précieux intérêts 5 II S agit d'affurci 11U5 propriétés d'une manière grands
inaltérable, de fixer invariablement les trois claffes d'hommes
habitent Saint-Domingue, de nous procurer de bonnes lois, de fortir qui
del'oppreffion tyrannique del'ancien régime,d'acquérir notre liberté,
& de jouir des fruits de la régénération qui nous eft offerte le Roi
& la Narion françaife.
par
II refte à favoir fi vous voulez manquer le moment
CCS biens ; il refte à favoir fivous préfércz
d'acquérir tous
refte à favoir fi
l'efclavage à la liberté ; il
vous préférez le joug cdieux de l'ancien régime aux
lois fages & bienfaifantes qui feront confenties par vous 5 il reftc à
favoir enfin fi, en faifant le ferment d'être fidelles à la Nation, à la
Loi & au Roi, vous voulez perdre Ic beau nom dc Français; CC titre
fi cher à nos coeurs 9 que pour le conferver nous verferions jufques
à la dernière goutte de notre fang.
à la liberté ; il
vous préférez le joug cdieux de l'ancien régime aux
lois fages & bienfaifantes qui feront confenties par vous 5 il reftc à
favoir enfin fi, en faifant le ferment d'être fidelles à la Nation, à la
Loi & au Roi, vous voulez perdre Ic beau nom dc Français; CC titre
fi cher à nos coeurs 9 que pour le conferver nous verferions jufques
à la dernière goutte de notre fang. --- Page 6 ---
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eft offert par la Nation & le Roi, & voilà
Voilà lc bien qui vous
allez détruire.
le bien que vous allez confirmer ou que vous
dounotre choix ne fera pas
Sans doute, mes chers Concitoyens,
teux : nous fommes Français!
mais ceux qui nous tiennent
Mais les ennemis de notre bonheur 2
fatellites ont emfi long-temps fous le joug, mais tous leurs
depuis
de la calomnie, & ont employé toutes les rufes
bouché la trompette
de l'infernale difcorde, 2 pour nous emde l'enfer, toutes les trames
pécher de jouir du bonheur qu'on nous préparc.
Tardifs à
fur T'aveuglement des peuples-!
C'eft ici que je gémis
vifs à ajouter foi à la Carendre des hommages à la vertu 7 toujours
adoptant
lomnie ils fervent d'autant mieux leurs ennemis, qu'en
s'ôtent
toujours les moyens d'être heureux !
leurs perfidies, ils
pour
l'Affemblée générale de la
Voilà la pofition cruelle oû fe trouve
douloureufe
françaife de Saint-Domingue 5 voilà la fituation
partie
recommandables, qui ont
dans laquelle fe trouvent ces Citoyens les liens de l'amour & de la
abandonné les intérêts les plus chers,
de leurs
aller
de notre bonheur! Et pour prix
nature, pour
s'occuper uavaux 2 11s font en butte à la calomnie la plus
facrifices & de leurs
infidieufe
affreufe, à la plus noire des perfidies, à la plus
politique.
le croiriez-vous ? ce fénat augufte éprouve
Eh! généreux Citoyens, 2
votre confiance !
le chagrin d'ignorer encore s'il a confervé
Jc viens de vous prouver 2 par leur travail que j'ai mis fous VOS
n'ont ceffé jamais de la mériter : c'eft précifément pour
yeux, avoir mis qu'ils trop dc zèle à vous fervir 2 pour avoir trop juftifié votre
la
grande fomme de bonheur pof
confiance, en vous procurant plus
fible, qu'ils ont animé nos oppreffeurs.
voient fans indignation que nous
Croyez-vous, 7 Citoyens 2 qu'ils
allons être fouftraits à leur empirc, pour être déformais fous l'empire
facré des lois P croyez-vous qu'ils ne font pas au comble du défefvoient que le pouvoir légiflarif intérieur de Saint-,
poir 1 lorfqu'ils
Domingue eft reconnu & avoué, par l'Affemblée nationale , appar-
, qu'ils ont animé nos oppreffeurs.
voient fans indignation que nous
Croyez-vous, 7 Citoyens 2 qu'ils
allons être fouftraits à leur empirc, pour être déformais fous l'empire
facré des lois P croyez-vous qu'ils ne font pas au comble du défefvoient que le pouvoir légiflarif intérieur de Saint-,
poir 1 lorfqu'ils
Domingue eft reconnu & avoué, par l'Affemblée nationale , appar- --- Page 7 ---
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tenir aux Repréfentans de la Colonie? Ce pouvoir légiflatif intérieur
leur eft confié ; ( en un mot, tout ce qui peut entrer dans la com-
> pofition du gouvernement le plus propre à affurer le bonheur &
> la tranquillité de la colonic. >
C'eft précifément cC bonheur & la tranquillité de la colonie
font T'objet dc leurs inquiétudes ; ils voudroient
qui
opérer une révolution, pour diffoudre l'Affemblée générale.
Parce que les lois ne feront plus des fyftèmes de métaphyfique,
que les peuples ne favent pas commenter; ; parce que tout fera arrangé
pour notre bonheur , ils s'en affligent.
Parce que nous aurons la loi écrite devant nos yeux; 2 &
nul
ne pourra nous faire injuftice 2 fans répondre de fon jugement, que ils
font défolés.
Parce aue nul ne Dourra exercer d'autorité defpotique, fans en
le pouvoir arbitraire.
Dalafi
cer tous les abus
Sofin
qu'on va dé7a
6 qui en fera la fuitc.
eyracis
S lâches, comme la liberté eft
lotea s
tre fc déploic, parce que la loi
va être terraffé. Notre éncrgie
s'accroîtront. , & nous verfeine plus grande fomme de richefles. La Nation Il duyauc yu 11us protège 2 qui nous foutient &
qui nous a communiqué fon génic, fait bien que ce n'eft qu'en jouiffant de leurs droits que les peuples font heurcux.
Je ne fuis donc point inquiet, Meflicurs & chers Concitoyens,de
VOS délibérations 3 dès que nous n'avons qu'un voeu 2
&
qu'une ame 2
que nous fommes pénétrés d'amour & de reconnoiffance
l'Affemblée générale 2 vous allez confrmer cette augufte Affemblée pour
par un verbal authenrique 8 folennel. Ehlje vois déjà votre impatience ; mais fouffrez , Meflieurs, que je vous arrête cncore un moment, pour que je vous faffe part des juftes hommages que je rends
3 dès que nous n'avons qu'un voeu 2
&
qu'une ame 2
que nous fommes pénétrés d'amour & de reconnoiffance
l'Affemblée générale 2 vous allez confrmer cette augufte Affemblée pour
par un verbal authenrique 8 folennel. Ehlje vois déjà votre impatience ; mais fouffrez , Meflieurs, que je vous arrête cncore un moment, pour que je vous faffe part des juftes hommages que je rends --- Page 8 ---
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eft offert par la Nation & le Roi, & voila
Voilà le bien qui vous
vous allez détruire.
le bien que vous allez confirmer ou que
choix ne fera pas douSans doute, mes chers Concitoyens, notre
teux : nous fommes Français!
mais ceux qui nous tiennent
Mais les ennemis de notre bonheur 2
leurs far S ont emdepuis fi long-temps fous le joug, mais tous
rufes
de la calomnie, &c ont empl
bouché la trompette
de l'infernale difr
smde l'enfer, toutes les trames
pécher de jouir du bonheur qu'on nous p'
C'eft ici que je gémis fur l'aveugle
rendre des hommages à la vertu 7 to
ils fervent d'autant mieux lei
lomnie 7
le
leurs perfidies, ils s'ôtent pour toujours
Voilà la pofition cruclle où fe trouve l'A.
françaife de Saint-Domingue 5 voilà la i1.
partie
recomman.
dans laquelle fe trouvent ces Citoyens liens de l'ai.
abandonné les' intérêts les plus chers, 2 les
aller s'occuper de notre bonheur! Et pour pr.
nature, pour & de leurs uavaux 7 Ils font en butte à la calomnie
facrifices à la plus noire des perfidies , à la plus infidieufe politiq
affreufe,
croiriez-vous P ce fénat augufte éprouve
Eh ! généreux Citoyens, 2 le
encore s'il a confervé votre confiance!
le chagrin d'ignorer
leur travail que jai mis fous vOs
Je viens de vous prouver. 2 par
n'ont ceffé jamais de la mériter : c'eft précifément pour
yeux, mis qu'ils de zèle à vous fervir ? pour avoir trop juftifé votre
avoir trop
la
fomme de bonheur pofconfiance, en vous procurant plus grande
fible, qu'ils ont animé nos oppreffeurs.
voient fans indignation que nous
Croyez-vous, 9 Citoyens 7 qu'ilis
allons être fouftraits à leur empirc, pour être déformais fous l'empire
facré des lois ? croyez-vous qu'ils ne font pas au comble du défefvoient que le pouvoir légillatif intérieur de Saintpoir , lorfqu'ils
& avoué, T'Aflemblée nationale 2 apparDomingue eft reconnu
par
fible, qu'ils ont animé nos oppreffeurs.
voient fans indignation que nous
Croyez-vous, 9 Citoyens 7 qu'ilis
allons être fouftraits à leur empirc, pour être déformais fous l'empire
facré des lois ? croyez-vous qu'ils ne font pas au comble du défefvoient que le pouvoir légillatif intérieur de Saintpoir , lorfqu'ils
& avoué, T'Aflemblée nationale 2 apparDomingue eft reconnu
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tenir aux Repréfentans de la Colonie? Ce pouvoir légilatif intérieur
leur eft confié ; < en un mot, tout ce qui peut cntrer dans la com-
> pofition du gouvernement le plus propre à affurer le bonheur &
>> la tranquillité de la colonic. >
C'eft précifément ce bonheur & la tranquillité dc la colonie
font l'objet dc leurs inquiétudes ; ils voudroient
qui
opérer une révolution, pour diffoudre l'Affemblée générale.
Parce que les lois ne feront plus des fyftèmes de
que les peuples ne favent pas commenter; 5 parce que tout métaphyfique, fera arrangé
pour notre bonheur , ils s'en affligent.
Parce que nous aurons la loi écritc' devant nos yeux, &
nul
ne pourra nous faire injuftice 2 fans répondre de fon jugement, que ils
font défolés.
Parce quc nul ne pourra exercer d'autorité defpotique. , fans en
être refponfable à la loi, cela indigne le pouvoir arbitraire.
Je ne finirois pas, fije voulois tracer tous les abus qu'on va détruire, & fi je favois peindre la félicité qui en fera la fuite.
La fervitude eft faite pour les ames laches, comme la liberté eft
faite pour les grands caraétères. Le notre fe déploic, parcc que la loi
va nous protéger, parce que l'arbitraire va être terraffé, Notre énergic
augmentera nos travaux 7 nos cultures s'accroitront. 2 & nous verferons dans lc fein de notre mère patric une plus grande fomme de richeffes. La Nation françaife qui nous prorège 9 qui nous foutient &
qui nous a communiqué fon génic, fait bien que ce n'eft qu'en jouiffant de leurs droits que les peuples font heureux.
Je ne fuis donc point inquiet, Mefficurs & chers Concitoyens,d de
vOS délibérations 5 dès que nous n'avons qu'un voeu , qu'une ame >
& que nous fommcs pénétrés d'amour & de reconnoifance
l'Affemblée
pour
générale 2 vous allez confirmer cette augufle Affemblée
par un verbal authentique & folennel. Ehlje vois déjà votre impatience ; mais fouffrez , Meflieurs, que je vous arrête encore un moment, pour que je vous fafle part des juftes hommages que je rends
érations 5 dès que nous n'avons qu'un voeu , qu'une ame >
& que nous fommcs pénétrés d'amour & de reconnoifance
l'Affemblée
pour
générale 2 vous allez confirmer cette augufle Affemblée
par un verbal authentique & folennel. Ehlje vois déjà votre impatience ; mais fouffrez , Meflieurs, que je vous arrête encore un moment, pour que je vous fafle part des juftes hommages que je rends --- Page 10 ---
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de la colonie qui ont fait éclater leur patriorifme d'une
aux paroiffes
elles, que fatisfaifantes pour nos vermanière auffi honorable pour
tueux Repréfentins. Citoyens de Saint-Marc, nos chers frères, nos
vous, généreux tendre dévouement & ma refpetueufe reconamis, recevez mon
fidelles & les zélés défenfeurs de nos
noiffance, d'être les gardiens
Repréfentans. moins généreux Citoyens des autres paroiffes, qui
vous 2 non
avez fuivi un fi noble exemple 2 agrécz mcs hommages refpeétueux.
Uniffons-nous tous, braves Citoyens, &c armons-nous d'une barre
éleatriféc de notre patriotifme 5 8, à l'exemple dcs héros parifiens 2
allons entourer le temple de l'augufte Affemblée générale, pour en
écarter la foudre qu'on voudroit faire éclater fur. elle.
le ferment d'être fidelles à la Nation 2 à la Loi
Et en renouvelant
la
de T'honneur & de la
& au Roi, jurons 2 fur l'autel de liberté,
patrie, de maintenir & de proréger 3 jufques à nos derniers foupirs,
l'Affemblée générale de la partic françaife de Saint-Domingue.
Signe, LA ICUUR, Préfident du Comité
de la paroife de Baynet.
A SAINT- M ARC,
DE I RIMERIT D FASSINILES GENIRAIE --- Page 11 ---
E XT R AI T
DES REGISTRES
DU CONSEIL SUPÉRIEUR
JD E SAINT- JD O M INGUE.
Du vingt-un juin mil Jepe cent guatre-vinge-dix.
AuroUaD'Hur feize juin mil fept cent quatre-vingtdix, la cour étant affemblée en la manière accoutumée,
&aprés avoir procédé àla réception deplufietirs huiffiers;
confidérant que le nombre de ces miniftres fubalternes
de la juftice, établis dans la fénéchauffée de cette
eft trés-confidérable, & que l'on en compte julqu'àtrente- ville,
un, en y comprenang ceux. de l'amirauté, qui par arrêt
rendu le douze janvier mil fept cent
ont étd autorifés à exploiter à la fénéchauffée quatre-vingtquatre, :-confidérant qu'il n'exifte aucun réglement qui en fixele nombre, --- Page 12 ---
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