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CRel
DISCO URS
JUSTIFICATIF
De PHILBERT-FRANCOIS ROUXEL
BLANCHELANDE, ancien Gouverneur des iles Françoifes fousle-Vent de I'Amérique. --- Page 4 ---
aoti
1Y
AVIS
APRès avoir éprouvé, pour le
de mon affaire, le délai de deux jugement ceflions
du Tribunal Criminel, contre le texte
précis des Loix., j'avois enfin
la
certitude qu'on prononceroit, définitive- acquis
mert fur mon fort, le Vendredi 15 Mars.
C'eft du fond des prifons de
que je lis dans le Journal (du TAbbaye 12 Mars) 3
que la Convention vient d'ordonner la
formation d'un nouveau Tribunal, pour
connoitre, non-feulement des délits anti-,
révolutionnaires qui pourroient être commis après fon établiffement , mais
on doit renvoyer toutes les. procédures auquel
a
non encore.j jugées. J'ignore fi ce Décret
éloignera de nouveau la décifion de mon
affaire, s'il peut ou doit la comprendre.
Mais comme ce Difcours renferme ma
juftification 2. & que je fuis incertain fi
je le prononcerai Vendredi 2 comme je
m'en étois flatté 2 je me détermine à le
rendre public. Il ne m'eft pas pofible de
différer davantage à mettré fous les
de mes compatriotes le tableau de yeux ma
conduite. --- Page 5 ---
DISCOU JRS
JUSTIFICATIF
De Philiber-François RoUxEL BLANCHELANDE, ancien Gouverneur des iles
Françoifes fous-le-Vent de fAmérique;
Prononciparlai, devantle Tribunal Criminel
du Département de Paris, le 25 Mars
2793, au momomiferejegéfur les diverfes
scaglationsqsibifonr) tfaites dans'le Décret
d'accufation rendupar la Convenzion Nationale,le 30 Novembre 2792.
MAGISTRATS du Peuple,
& vousmes COMPATRIOTES,
Je vais vous tracer T'efquiffe de la fituation
politique de Saint-Domingue, & de ma conduite
pendant J'ai T'adminiftration qui m'en a été confiée,
régi deux ans cette Colonie au milieu des
troubles & des difcoides civils. J'ai réuni &
employé &
tous mes. moyens pour opérer le-bien,
empêcher la plupart-des mauxqui ménaçoient
cette-malheureufe contrée,
J'y ai trouvé deux faétions quila
& fe fervoient tour à tour des divers déchiroient, avantages
qu'elles obtenoient pour s'accabler. Des. blancs
A
'adminiftration qui m'en a été confiée,
régi deux ans cette Colonie au milieu des
troubles & des difcoides civils. J'ai réuni &
employé &
tous mes. moyens pour opérer le-bien,
empêcher la plupart-des mauxqui ménaçoient
cette-malheureufe contrée,
J'y ai trouvé deux faétions quila
& fe fervoient tour à tour des divers déchiroient, avantages
qu'elles obtenoient pour s'accabler. Des. blancs
A --- Page 6 ---
(2)
s'oppcfoient avec autant d'opiniâtreté
d'injuftice au progrès naturel de la révolution que Franils epile, touchant les hommes de couleurs
de ne vouloient pas recohnoitre en; eux le libres-; droit
nées prendre à
partà Péledtiondes Affemblées deftiCependant reprélenter laraifon Funiverfalité des Citoyens.
tation de la Colonie devoit leur difoit être que formée la repréfenles Citoyens libres qui Phabitent, & par tous
de quelque couleur qu'ils fuflent, devoient que tous,
conféquent prendre part à la formation par des
Affemblées droits
deftinées à exercer pour eux leurs
d'initiative, Sous Pancien
un Edit de 168xavoitdonnéaux. régime même
les droits dont jouiffoient alors Affranchis'tous les autres Citoyens, Il leur fembloit donc qu'ils devoient
jouir, en même tems que lcs blancs, des
veaux droits dans lefquels la révolution de nou- la
France faifoit rentrer les uns & les autres: Cette
queftion toutefois préfentoit plufieurs
Un fimple Affranchi-dont le
difficultés.
ou tous les deux, étoient.
pere ou la mere,
voit-il jouir de laplénitude des encore Efclaves, deou devoit-il être reftraint dansl'exercice droitspolitiques, des feuls
droits civils qu'il tenoit'de fon affranchifiement?
mnais au lieu de difcuter paifiblement ces diverfes
queftions, de inettre de côté des préjugés mal
fondés, de les réfoudre au. plus grand
det tous, en cédant, comme il le falloit, d-avantage au
grès rapide des lumières & de l'efprit
prcces Blancs ne s'occuperent que des moyens public, d'y
apporterla plus grande réfiftance.
Deleuricoté 2 des hommes de couleur s'étoient
ilégalement armés pour obtenir par la violence
çe que les' Loix balançoient à leur accorder; is
préjugés mal
fondés, de les réfoudre au. plus grand
det tous, en cédant, comme il le falloit, d-avantage au
grès rapide des lumières & de l'efprit
prcces Blancs ne s'occuperent que des moyens public, d'y
apporterla plus grande réfiftance.
Deleuricoté 2 des hommes de couleur s'étoient
ilégalement armés pour obtenir par la violence
çe que les' Loix balançoient à leur accorder; is --- Page 7 ---
(32
furent mémefoupgonnés d'avoir foulevé des atteTers pour parvenir plus vite à leur but. C'étoit
défendre. J la plus belle & la meilleure des caufes
par les moyens les plus illicites & les plus défaftreux.
Déjà les Citoyens armés avoient
uns contre lesautress dés armées avoient marchéles été
Inemupiatrsacasonre étoità fon comble,
COULÉ... L'anarchie
C'eft dansces circonftances
plein d'amour
pour ma : Patrie 9. fort de la que, pureté de mes intentions, & confultant plutôr mon zèle &mon
ardent defir de faire le bien quie les talens néceffaires. pour Topérer,je pris les rênes de ce
vernement.
gou-
- Je marchai fur les traces de Peynier mon
déceffeur: fa conduite lui avoit mérité de P'AC pré
femblée nationale des
éclatans de
fatisfaction; & pour les rendre jamais mémoelle
ET
rables,
les configna dans fon Décret du 12
Octobre 1790. On y lit que. ce
a rempli g'oricufemene lés devoirs Gouvernuurigéniral attachés à
fonîlions.
Jes
Je me fuis acquitté des miens avec la plus fcris
puleufe dans exactitude. Dans mes démarches comme
tous mes écrits, je n'ai jamais perdu de vie
cette exhortation à-la-fois touchante & fublime
des Repréfentans de la France auxbons
de Saint-Domingue (1).
Citoyens
< L'Aflemblée nationale ne connoît
>> langage & les détours d'une
point le
>> cieule: elle ignore, elle méprife politique fur-tout artifi- les
Mars (1) Voyez 1.s Infrucions annexécs au Décret du
179a.
A 2
s, je n'ai jamais perdu de vie
cette exhortation à-la-fois touchante & fublime
des Repréfentans de la France auxbons
de Saint-Domingue (1).
Citoyens
< L'Aflemblée nationale ne connoît
>> langage & les détours d'une
point le
>> cieule: elle ignore, elle méprife politique fur-tout artifi- les
Mars (1) Voyez 1.s Infrucions annexécs au Décret du
179a.
A 2 --- Page 8 ---
(4 )
2 moyens de captiver. les peuples autrement
> par la juftice. Attachement réciproque, avans que
>> tages communs, inaltérable fidélité :
voilà,.
Peuple des' Colonies, ce qu'elle vous
>> & ce qu'elle vous demande. La Nation promet Fran-
>> çoife éprouve deptis long-tems ce
peut
>> attendrende vous ; nous ne vous demandons qu'on
>> point d'autres fentimens ; nous comptons. fur
>> eux avec certitude, & nous voulons qu'ils
9), foient chaque.jour-r mieux mérités & plus
>>
juf
tifés de notre part. Nous vous recomman-
>> donsên ce moment une tranquillité profonde;
>> unegrande union entre vous, une grande célé2 rité dans les travaux qui doivent
>>
préparer
votre nouvelle exiftence.. Ces confeils font
>> eflentiels à votre_bonheur ; ils' le font à votre
> stireté, Nedonnez pointautour de vousl'exem-
> ple d'une divifion, d'une fermentation conta-
>> gicufe. Vous avez plus que d'autres befoin de
>: paix, & vous n'avez plus befoin de vous
> agiter pour conquérir ce que lAffemblée Na-
> tionale a. réfolu, de vous propofer dès le
>> premier moment oùt vous avez été l'objet de
> fes délibérations ->.
Cependant le préjugé fi funefte à cette Iile,
que des hommes blancs conferverent contre des
hommes d'une autre couleur que la leur, &,
dans l'origine, la' prife d'armes, les démarches
illicites & les demandes prématurées de ceux-ci,
amenerent, au mois' d'Août 1791,1a révolte
des efclaves, qui, après avoir étéles inftrumens
- de.l Fun & de l'autre parti, finirent par réclamer
pour eux-mêmes la liberté & l'égalité des droits
politiques, foit qu'ils defiraffent véritablement
en faire la' conquéte, 2 foit que leurs chefs &c
'armes, les démarches
illicites & les demandes prématurées de ceux-ci,
amenerent, au mois' d'Août 1791,1a révolte
des efclaves, qui, après avoir étéles inftrumens
- de.l Fun & de l'autre parti, finirent par réclamer
pour eux-mêmes la liberté & l'égalité des droits
politiques, foit qu'ils defiraffent véritablement
en faire la' conquéte, 2 foit que leurs chefs &c --- Page 9 ---
(5).
ceuxquiles faifoient mouvoir, les euffent
à élever cette prétention, pour jetter le coloris portés
d'une infurrection légitime & d'une réfiftance
naturelle à l'oppreffion fur les pillages, les incendies & les meurtres barbares auxquels ils fe
porterent.
C'eft ainfi que ces, blancs,donti'opision n'étoit
pas favorable aux hommes de couleur; ces Ciroyens de couleur, qui vouloient obtenir par
l'infurreétion les droits dontla révolution ne leur
avoit encore permis que de concevoir l'efpérance de les obtenir, quoique divifés entr'eux,
s'accordoient néanmoins pour renverfer le Gouvernement. Poury parvenir, ils attaquerent ficceffivement les divers Chefs civils & militaires,
occupés de l'exécution littérale & paifible des
Décrets nationaux, comme le feul moyen raifonnable & licite de fauver" la Colonie.
Chaque faétion confervoir-Tefpérance de fubftituer aux Agens de l'autorité métropolitaine les
hommés de fon parti, les plus capables d'affurer
le fuccès de fes entreprifes. Elles eurent foin de
les couvrir du voile révolutionnaire. A-les entendre, ces blancs vouloient le maintien des
Loix exiftantes 7 tandis qu'ils ne s'occupoient
que de conferver l'ancien régime en ce qu'il
pouvoit avoir de défavorable aux! hommes de
couleur : ceux-ci vouloient jouir à l'avance
des Loix qu'ils réclamoient avec juftice, maisqu'ils auroient di fe borner à folliciter, en employant des moyens. honnêtes & permis; & les
efelaves, mis en mouvement par les uins &
les autres, quitterent leurs atteliers, s'armerent par
en 1791; & las, à la fin, de fe battre
des'
intérêts qui n'étoient paslesleurs, finirent pour par déA 3
-ci vouloient jouir à l'avance
des Loix qu'ils réclamoient avec juftice, maisqu'ils auroient di fe borner à folliciter, en employant des moyens. honnêtes & permis; & les
efelaves, mis en mouvement par les uins &
les autres, quitterent leurs atteliers, s'armerent par
en 1791; & las, à la fin, de fe battre
des'
intérêts qui n'étoient paslesleurs, finirent pour par déA 3 --- Page 10 ---
(6)
clarerqu'ils Yon@katandf-oangatini1 leur liberté.
Les Agens du Pouvoir exécutif ne cherchoient
qu'à modérer la chaleur de ces différens partis,
&à les retenir dans les bornes des Décrets.
Telf futl'efprit qui fe développa fucceffivement
dans les deux tenues d'aflemblées
des
trois Provinces de cette Colonie. générales
La premiere qui ait eu lieu depuis la Révoi
lution, nommée dans le-Décret qui la
& annulle fes adtes, Alemblée de Saint proferit, - Marc
fournit le fpeétacle de 85 de fes membres arrêtés 2
dans leurs entreprifes par le Pouvoir exécutif,
s'emparant du. vaiffeau le Léopard,
fe rendre
en France, oir ils ont été retenus pour - tems
à la fuite de FAffemblée Conftituante long &
par elle, Cette affemblée faétieufe fe fignala jugés dès
fon origine par fa haine contre l'ordre public &
lesagens chargés delen maintenirg'de-la fon
fition conftante aux démarches du Pouvoir oppo- exécutif; de-là la fabrication & l'émifion d'un faux
Décret, quirévoquoit celui dans lequel l'Affemblée Nationale avoit comblé de fes juftes éloges
Peynier, mon prédéceffeur au gouvernement de
Saint-Domingue, le régiment du Port-au-Prince
& tous ceux qui s'étoient élevés contre l'Afemblée de Saint-Marc, dans le deffein d'annuller,
par cet infâme moyen, la Loi qui prononçoit la 2
diffolution de cette Affemblée, tellement monftrueufe,
les Légiflateurs de la France ont
fippofé aSte le Décret rendu pour la diffoudre,
qu'elle devoit déjà Pêtre, f fait n'a dié, porte
cette Loi; de-là l'affaffinat du Colonel
& mon départ du Port-au-Prince pour Mauduit, le
ou je traniportai le fiége du gouvernement Cap, ; un
crime de plus n'eût rien coûté, Si.je n'eufle pris
de cette Affemblée, tellement monftrueufe,
les Légiflateurs de la France ont
fippofé aSte le Décret rendu pour la diffoudre,
qu'elle devoit déjà Pêtre, f fait n'a dié, porte
cette Loi; de-là l'affaffinat du Colonel
& mon départ du Port-au-Prince pour Mauduit, le
ou je traniportai le fiége du gouvernement Cap, ; un
crime de plus n'eût rien coûté, Si.je n'eufle pris --- Page 11 ---
été
& la Colonie toute
ce
des
parti,Taurois fe trouvant alors foumife aux chefs la
entiere, n'eût confervé de fes rapports avrec
faétieux, cenx
fes befoins 8c une politique
France que lui auroient que
pas permis d'éloigner
infidieufe ne de-jà les chocs violens entre. les
tout-d-coup; de ; Couleur libres & les Blancs; entre
citoyens les Efclaves &. la majorité des citoyens: Blancs;
de -là les projets dé fciffion, d'undépendance, de livrer nos
& les vocuix fortement prononcés
Colonies à TAngleterre: auxquels je travaille
Dans les Mémoires
dans tousfes points mon
enet
juftifier
je ferai connoître les.obitacles
Saint-Domingue.
moment de la révolte
qu'on m'a élevés lorfqu'au voulus inftruire la France des
des Efclaves, je Colonie. Les lenteurs & les
malheurs de cette
Coloniale.a a mis à remretards que T'Affemblée de tous. fes devoirs, la réfiftance
plir ce premier
follicitations, &
qu'elle oppofa à mes preffantes
à en informer
la fcélérité qu'elle mit aut Angloife). contraire En effet, deux
la Jamaique (Colonic
avifo étoit
jours s'étoient à peine écoulés tandis qu'un qu'elle. pafa
déjà parti pour cette ifle ?
en expédie-.
vingt-quatre jours France. à décider Un
de cette nature,
un
ia
arer
roit ileft pour conftant n'a pas befoin qu'on naitre T'acquand
de fes réflexions , feul, il les fait :
compagne
toutes.
Nationale s'imagina, mais envain.
L'Affemblée mal dans fa racine, en' brifant tous
avoir coupéle
Affemblée Coloniale, diteles Aêtes del la premiere Celle qui lui a fuccédé, maitrifée
de Saint-Marc.
marché fur
par les mêmes faéieux. 7 a maniere toujours incertaine. &
ies traces, d'abord d'une
A 4.
es réflexions , feul, il les fait :
compagne
toutes.
Nationale s'imagina, mais envain.
L'Affemblée mal dans fa racine, en' brifant tous
avoir coupéle
Affemblée Coloniale, diteles Aêtes del la premiere Celle qui lui a fuccédé, maitrifée
de Saint-Marc.
marché fur
par les mêmes faéieux. 7 a maniere toujours incertaine. &
ies traces, d'abord d'une
A 4. --- Page 12 ---
timide; mais avec affutrance (8) & à
puis le retour dans la Colonie des découvert, 85.
dedins,membresdel la
Léopardepuis le difcours d'ouverture FORURAREHIONAS de P'Aflemblée de
Saint-Marc, jufqu'au procès-verbal de
de la feconde Affemblée
clôture
le même efprit, les
Coloniale, on voit régner
les aétes de l'une memespetentions: & de l'autre c'eft ainfi
Sue démarches en
Affembléc,
diétoires, leurs arrêtés apparence les
les plus contraune explication sûre
plus oppofés de-là trouvent
innombrable de dénonciations &chacille;
cette foule
fans
non pas fans objet, de lettres
motifs, de mais
tions menfongeres, de libelles anonymes, affreux
reladansles lieuxpublics; & de perfécutions colportés exercées
par PAffemblée Coloniale contre les
de l'autorité légitime dans la Colonie, dépofitaires &
tous ceux qui s'y firent remarquer par leur contre modération & leur foumifion aux loix. Toutes ces
chofes ne permettent pas de douter dup
& très-exaétement fuivi contre la plan conçu
de la France fur fes Colonies; & dans fouveraineté ce
devoit néceffairement entrer les
plan
des faétieux contre moi,
dénonciations
C'eft en vain quej'ai cédé à tout ce qui m'a été
demandé de jufte &i de raifonnable, fans
favorifer aucun parti, Ce n'eft point là ce jamais
vouloit: mon feul crime aux yeux de mes qu'on ennemis, ou plurôt des fachieux, fous le, poids defquels j'ai enfin fuccombé, puifqu'ils font
parfeconde (1), Plufieurs Aflemblée, des regardés quatre-v vingt-cinq furent réélus à la
tifme 2 & obtinrent d'elle un comme Arrêté, martyrs de leur patriode feroit plus de 500,000 livres qu'ils avoient portant fait quel'emprunt à Dunkerque
fupporté parla Colonie,
de mes qu'on ennemis, ou plurôt des fachieux, fous le, poids defquels j'ai enfin fuccombé, puifqu'ils font
parfeconde (1), Plufieurs Aflemblée, des regardés quatre-v vingt-cinq furent réélus à la
tifme 2 & obtinrent d'elle un comme Arrêté, martyrs de leur patriode feroit plus de 500,000 livres qu'ils avoient portant fait quel'emprunt à Dunkerque
fupporté parla Colonie, --- Page 13 ---
(9:)
venus à me faire charger des fers deftinés aux,
coupables, c'eftd d'avoir été Gouverneure de SaintDomingue, & obligé par les loix de l'honneur'
de répondre à la' confiance de ma nation, en
m'oppofant aux projets de fciflion & d'indémais, dont
PAatta
l'exécution étoit impoffible tant
qu'ils 1 ne fe feroient pas emparés du Gouverne- 2
ment. 1
- Cette efquifle de la fituation politique de la
Colonie, eft fufceptible de beaucoup de développemens: ; les bornes de ce difcours ne me
mettent pas de les' donner. 2 mais on les trou- pervera., ainfi que leurs preuves, auffi multipliées
qu'évidentes, dans les rapports faits à la Convention Nationale par fes Commiffaires, Mirbeck, Saint-Léger & Roume, & tout récemment
dans les Mémoires publiés
les Militaires déportés de Saint -
à
de
ces.mêmes
Tinftigation
fcaleatr
faétieux 9 & qui, à leur arrivée en
France, ont été trainés de cachots en cachots,
détents comme moi à PAbbaye, mais auxquels
cependant la Convention nationale, mieuxéclairée qu'elle ne l'a été lorfqu'on l'a fait prononcer fur mon compte 2 a rendu une éclatante
juftice par fon Décret du 4 Février dernier
quoique ces chefs Militaires lui fuffent dénoncés 2
comme coupables des mêmes délits que
& parl les mêmes Commiffaires, au rapport moi, defquels je fuis maintenant en, état d'accufation.
En 1792, j'ai été attaqué deux fois. Au
de Mars, on tenta de m'affaffiner. Au mois mois de
Septembre, à
on réuffit à porter les Commiflaires
me faire fubir Finterogatoire fur
pofe Faccufation qui m'amene au Tribunal.des lequel re-
noncés 2
comme coupables des mêmes délits que
& parl les mêmes Commiffaires, au rapport moi, defquels je fuis maintenant en, état d'accufation.
En 1792, j'ai été attaqué deux fois. Au
de Mars, on tenta de m'affaffiner. Au mois mois de
Septembre, à
on réuffit à porter les Commiflaires
me faire fubir Finterogatoire fur
pofe Faccufation qui m'amene au Tribunal.des lequel re- --- Page 14 ---
(to)
Magiftrats du peuple, & me procure la' confo*
Jation de juftifier ma conduite aux yeux de mes
compatriotes.
Dans les procès - verbaux de l'infurredion
arrivée au Cap; la nuit du 26 au 27 Mars
on voit les defleins des faétieux au moment 1792, d'être
accomplis, Relesdangersimminense quej'ai courus.
Cefoulevementn'etoir, pasfeulementdirigé contre
moi; car à cette même époque 2 dans d'autres
lieux, & à un grand éloignement les uns des
autres, il fe paffa d'autres événemens dont lob
jet étoit le même. Au Port-au-Prince on força
le Commandant & totts les Officiers de la
nifon à fuir cette ville ; aux Cayes Douence garfut obligé d'en abandonner le commandement;
nulle part on ne vouloit: dépendre d'aucun
pouvoir fubordonné à ceux de la Métropole.
Les Commifireanationaux eux-mêmes, prêts
d'être affaffinés frouverent leur falut
-
dans. la
fuite, * ; ils s'embarquerent précipitamment, &
revinrent en France, K Je fus, dit Mirbeck,
( dans fon rapport à FAffemblé légiflative)
> au moment d'être affaffiné, ainfi. que le Gés
> néral (c'eft de moi donti il parle), &z M. Cam-
>> befort, Colonel du Régiment du Cap: le fignal
>> étoit donné: nous dimes notre falut a la
> préfence d'efprit des Aides- de :
& à
>> la contenarce ferme des braves militaires camp,
>>
qui
fe rangerent devant l'Hôtel du Général. Le
>> lendemain lundi, à la fuite d'une
>> parée à deffein la même
orgic pré2
troupe fe
>> chez le Général, & le força de fe rendre porta avéc
>> elle à la Municipalité, pour y répondre aux
>> accufations intentées contre Jui, Il'fe tranf-
> porta avec le V cortege affaffin à l'Affemblée
contenarce ferme des braves militaires camp,
>>
qui
fe rangerent devant l'Hôtel du Général. Le
>> lendemain lundi, à la fuite d'une
>> parée à deffein la même
orgic pré2
troupe fe
>> chez le Général, & le força de fe rendre porta avéc
>> elle à la Municipalité, pour y répondre aux
>> accufations intentées contre Jui, Il'fe tranf-
> porta avec le V cortege affaffin à l'Affemblée --- Page 15 ---
(H fubit )
deux heures
5: Coloniale, & y, humiliations, ,. jufgu'a les horreurs
- > du matin, toutesjes eft poflible d'imaginer,.
>> & les angoiffes qu'il
La
civile
> La nuit fut très - orageufe.
guerre à fon.
> étoit allumée , le défordre paroiffoit:
> comble *. n'étendroist pas davantage le récit
Citoyens, je.
G les dénonciations
de cette affreufejournée,
d'écouter 2 aus
les Commiffaires fe font permis leur débarqueexamen ,, & peu abfolument de jours après femblables à celles
ment , n'étoient
furent
qui, quelques mois auparavant dans, : une jugées aflemn'être. que d'atroces calomnies, 2 puifqu'elle étoit
blée populaire de la 8r repréfentative, réunion totale de la Municipar
compotée. lité du Cap. , & des Affemblées Coloniale &
Provinciale.
néceffaire à
Cette comparaifon me paroiffant
de
ma défenfe, j'efpere que vous me permettrez
vous faire connoitre Féxtrait T"Affemblée du proces-verbal Colode cet événement, dreffé par
niale elle - même - 2 & imprimé dans le tems 'me fera au
Cap François. Jel l'abrégerai autant qu'il votre attenpofible, 9 maisje vous prie de porter
tion fur fon réfultat.
J'en ai produit une expédition manufcrite 2
revêtue de toutes les formalités néceffaires pour
la réndre authentique & légale.
Le 26 Mars 1792, un raffemblement très-nom- former
breux fe porte à la Municipalité, fortant la y. Municimoi; en
RE
palité, des plaintes il fe contre porte fur la place. du Champ de
Mars , devant mon logement.
Commif
L'Affemblée Coloniale m'envoye fix
ultat.
J'en ai produit une expédition manufcrite 2
revêtue de toutes les formalités néceffaires pour
la réndre authentique & légale.
Le 26 Mars 1792, un raffemblement très-nom- former
breux fe porte à la Municipalité, fortant la y. Municimoi; en
RE
palité, des plaintes il fe contre porte fur la place. du Champ de
Mars , devant mon logement.
Commif
L'Affemblée Coloniale m'envoye fix --- Page 16 ---
faires
- 12 )
: il m'accompagnent a Ia Maifon,
mune.
comLa municipalité dreffe un procès - verbal des
réclamations qui iviennentdelui êtrefaites contre
moi.] Eile fe tranfporte à PAffemblée Coloniale
pour les lui tranfmettre. L'Affemblée Provinciale
S'y réunit. J'arrive à cette Affemblée , accompagné des fix Commiffaires qui s'étoient
chez moi, & de deux Officiers
rendus
Je
municipaux.
m'exprime en ces termes :
4 Vous me voyez, Meffieurs, au milieu
> vous avec la confiance
de
5 préfentans du
que je dois aux' Repeuple. Je prie
>> les demandes que le peuple a qu'on à former entende
>> fuis prêt à y fatisfaire >,
: je
: On délibere. On arrête
voeu fir chaque chef des
j'énoncerai mon
que les ciAnciitor
toyens avoient faites à la Municipalité: la premicreétoitmon la feconde,
embarquement fubit pour France;
9 qu'il fe féroit dans le même bâtiment
femblée qui porteroit en France les Commiflaires de PAC
terois Coloniale ; & la troifieme que je ref
dans la Maifon commune julqu'a mon
départ, gardé par un nombre fuffifant de gardes
nationales, pour pouvoir prévenir ou
mon' enlèvement.
empêcher
Je prends alors la parole, & je dis :
K Si la dignité de ma place me
> me juftifier, je le ferois fir Ie permettoit de
>> ne doiscompte de ma conduite champ; la mais je
>> ma confcience eft nette
qir'à Nation: :
>>
2 je n'ai rien à me,
reprocher ; je fitis prêt à correfpondre au voeu
>> du peuple, & à partir
France, avec le
>> regret feulement de quitter pour la Colonie
>> un moment auffi périlleux, & où mon dans atta-
dignité de ma place me
> me juftifier, je le ferois fir Ie permettoit de
>> ne doiscompte de ma conduite champ; la mais je
>> ma confcience eft nette
qir'à Nation: :
>>
2 je n'ai rien à me,
reprocher ; je fitis prêt à correfpondre au voeu
>> du peuple, & à partir
France, avec le
>> regret feulement de quitter pour la Colonie
>> un moment auffi périlleux, & où mon dans atta- --- Page 17 ---
5). chement pour le
public me fait un
U3,
>> devoir de refter à'mes fonétions >.
Interpellé
le Préfident d'énoncer mon
voeu fir le pomhad chef; je réponds : K que le
>> voeu général fera toujours ma loi >, On alloit paffer à la queftion relative au e
troifieme chef, loriqu'un membre fe. leva, &
dit, que la pétition fur laquelle on délibéroit
n'étoit quie le voeu-d'une partie des citoyens du
Cap, 33
6 qu'elle n'étoit pas lignée.
Cette motion excita- de violens murmures.
un grand tumulte: enfin. les galeries ayant mani- 2
fefté leury voeu, on arrêta que jeferois libreaufein
de ma famille, jufqu'au momént de mon départ.
A une heure du matin, on leve la féance; on.
en dreffe procès-verbal; on lepréfente à ma lignature : mais je déclare que je ne crois pas devoir
figner.
Lelendemain, nouvelle féance: les Affemblées
coloniale & provinciale & la Municipalité font
réunies. L'on déclare informe la pétition, de la
veille; l'on me requiert de continuer l'exercice
des fonétions qui m'ont
la
étéconfiées 2 au nom de
Nation, &l'on merend perfonnellement garant
& refponfable des événemens qui réfulteroient
de mon départ pour France, foit de mon propie
mouvement, foit par un fentiment qui comprcmettroit l'autorité de fon Repréfentant dans la
Colonie.
J'entre à l'aflemblée; & ce
I femens des galeries annoncent jour,les mon arrivée. applaudifLe Préfident m'adreffe uin' difcours analoguc
la'circonflance. En voici quelques paffages.
< Le. voeu qui vousa étén manifefté, n'étoir
>> celui des Citoyens; mais celui qui doit vous pas
it par un fentiment qui comprcmettroit l'autorité de fon Repréfentant dans la
Colonie.
J'entre à l'aflemblée; & ce
I femens des galeries annoncent jour,les mon arrivée. applaudifLe Préfident m'adreffe uin' difcours analoguc
la'circonflance. En voici quelques paffages.
< Le. voeu qui vousa étén manifefté, n'étoir
>> celui des Citoyens; mais celui qui doit vous pas --- Page 18 ---
5) : fixer, M.le Général,
celui des
>) tans
Sras
de la totalité du
qui Repréfen5) manifefté en ce moment. peuple, L'Affemblée vous: eft
>> loniale, dans cette circonftance,
co-
>> devoir; elle efpere que vous vous remplit fon
5 fon voeti,
rendrez a
Vous ne facrifierez point le
> d'une colonie qui fixe les regards &
fort
s de la France, au. jufte mécontentement lintérêt
9 inftant d'effervelcence a pu vous
qu'un
>> Ce dévouement, la Colonie l'attend occafionner, de votre
>> patriotifme, M. le
vous en
>
la récompenfe dans Général, votre coeur & dans trouverez
>> titude des Repréfentans de cette. ifle
lag gra-
>
L'Affemblée efpere donc, M. malhewreufe, le
>> que le fouvenir de ce qui s'eft
Général,
>> préfentera plus à votre
paffé, ne.fe
>>
ayant fourni Poccafion mémoire, dé renouveller que comme
> elle & vous une union fincere &
entre &
>> de vous donner l'affurance de fes durable, fentimens
>> que tous les Citoyens qui
>> tagent strement.
Dans l'expreffion l'entourent, par-
>>
je viens devous tranfmettre,
deceux
>> aum P'organe de l'Allemblée je metrouve
>> Nord & de la Municipalité du provinciale du
>> voyez reunies dans le fein de Cap, que vous
Un Secrétaire de PAffemblée PAlemblée >.
Nord monte enfuite à la
provinciale du,
-
ture de Parrétéfuivant tribune, &, donne lecde cette même journée. qu'elle avoit prisle matin
K L'Aflemblée provinciale
> affeétée des fcènes quife font douloureufement paffées hier dans
>> la falle dés féances de la
du
>>
& dans lés galeries de l'Afemblée Municipalité
Cap
>> déclaré nulle, incontlitutionnelle, coloniale,
>> aux autorités légitimes quir régiffent attentatoire la Colonie,
iale du,
-
ture de Parrétéfuivant tribune, &, donne lecde cette même journée. qu'elle avoit prisle matin
K L'Aflemblée provinciale
> affeétée des fcènes quife font douloureufement paffées hier dans
>> la falle dés féances de la
du
>>
& dans lés galeries de l'Afemblée Municipalité
Cap
>> déclaré nulle, incontlitutionnelle, coloniale,
>> aux autorités légitimes quir régiffent attentatoire la Colonie, --- Page 19 ---
(35)
>> 6 contraire au vau genéral de la
du
> Nord, la' pétition informe que province Ci-
* toyens ont fait parvenir à l"Aflemblée queiques colo-
> niale : contre M. le Lieutenant, aui
ment général, dansi un moment
gouverne-
->) quel'excès dur malheur
d'etfervefcence 1
>> une
peutfaulfarepurdonser
premiere fois. Elle Finvite, elle le
>> d'ufer de tous fes droits pour la
requiert
>
de la Colonie &le rétabliffement confervation, de la
Au milieu de cette fcène attendriffante paix >.
Dépité s'étant permis de
, un
m'inculper 2 je déclarai
que je né pouvoist tenir davantage ma place dans
PAffemblce, étant accufé par un de fes membrès
auffi publiquement; &j'en démandai juftice.
Ilic fit un grand tumulte, L'Affemblé réclama
Pimprobation de Finculpation qui venoit de
m'être faite : cela fut arrêté, & le Préfident
fit la déclaration folemnelle, Ceft alors
m'en
lieu
qu'ar midesapplaudifemensjer prononçai ce difcours:
4 je vais reprendre mes foncions; & fidele
>> la loi, comme ci-devant, je me propofe de la à
>> faire exécuter ponétuellement. Jinvite
>> femblée àfecharger de faire rentrer les FAL
>. de ligne dans le devoir; &je lui annonce troupes,
>> je ne peux. agir qu'autant que l'autorité que
>> m'eft confiée, fera réconnue & refpectée >>. qui
Citoyens, fi ce récit n'étoit pas appuyé de.
preuves authentiques & légales, vous ne pourriezjamais croirequelesr smêmes factieux,
de P'Affemblée coloniale, après avoir auffi membres coinplettement échoués au mois de Mars, font
venus au mois de Septembre de la même parà
cette même Affemblée coloniale année, à m2
aux Commiffaires du
aoter
délégués à Saint-Domingue. Pouvoir exécutif
oyens, fi ce récit n'étoit pas appuyé de.
preuves authentiques & légales, vous ne pourriezjamais croirequelesr smêmes factieux,
de P'Affemblée coloniale, après avoir auffi membres coinplettement échoués au mois de Mars, font
venus au mois de Septembre de la même parà
cette même Affemblée coloniale année, à m2
aux Commiffaires du
aoter
délégués à Saint-Domingue. Pouvoir exécutif --- Page 20 ---
Vous ferez également (16) affligés s& furpris de voir
fur
ces Commiffaires m'interroger juridiquement dont les faétieux,
ces mêmes lieux communs
s'étoient fervis jufqu'alors 2 non - feulement
contre moi, mais auffi contre la premiere avilie & com- mémiffion nationale qu'ils avoient Mirbeck qui fut -
connue ; contre le Commiffaire Commiflaire Saint-Léger,
forcédefortirduc Cap;le & leur collegue Roume dont
du Port-aui-Prince; les ;
dans fes mains : enfin,
ils briferent
pouvoirs à contenir votre indignation en
vous aurez transformer peine
en délits toutes les abfurles dités, voyant toutes les calomnies, qui avoient été mifes
à leur jufte valeur, quelques mois auparavant,
de la maniere la plus folemnelle. voilà les faits! & c'eft
1 Cependant, Citoyens,
été mandé le
dans ces circonftances, que yai
les
de la même année
rocranit
Septembre
exécutif,
par leur rendre des
faires du Pouyoir
nationale' pour & le ci-decomptes dont 'Affemblee exécutif s'étoient exclufivant Chef du Pouvoir
J'abandonnai
fément réfervés la connoiffance.
8,
fans balancer les droits, les prérogatives,
en cela, les devoirs de ma place ; & me livrant.
au feul befoin de confondre. mes calomniateurs, véritable
je me rendis chez eux, pour y, fubir un j'en fortis
interrogatoire, qui dura fept heures:j
juftifié. J'étois loin d'imaginer alors qu'à mon débarquement en France, j'apprendrois par mon, arreftation & celle de mon fis,queles) librement Repréfentans réclamer
de la Nation, dont je venois
avoient
la juftice contre mes calomniateurs.,
mon fort; &
AUMRRO
noncéfur
qu'lunDéerer même d'avoir été en-,
lancé contre moi, avant
tendu,
, qui dura fept heures:j
juftifié. J'étois loin d'imaginer alors qu'à mon débarquement en France, j'apprendrois par mon, arreftation & celle de mon fis,queles) librement Repréfentans réclamer
de la Nation, dont je venois
avoient
la juftice contre mes calomniateurs.,
mon fort; &
AUMRRO
noncéfur
qu'lunDéerer même d'avoir été en-,
lancé contre moi, avant
tendu, --- Page 21 ---
(J 17.)
tendu, mé forcéroit, à comparcitre devant Unk
Tribunal criminel !: :
L'embarras de, motiver un aéte daccufation,
même-après le Décret qui Pavoit ordonné, m'a
retenu vingt-trois sjoursnufseret. Mais quelque,
injufte que foit le" traiteiment rigoureux: quie
jéprouve, je fuis inculpé,je vais me juftifier.
Le rapprochement, des diverfes adtions d'un,
homme, étant le plus sûr moyen de le bien con=
noître & de le juger fans prévention, il ne fera.
pas inutile amajuitification, de la faire précéder
d'un récit fuccinét de ma conduite civile & mis
litaire, depuis P'àge oût j'en fuis devenu comps
table à mès concitoyens.
Né à Dijon en 1735, mon pere, Lieutenant- des blefColonel, y mourut en 1740, couvert
fures qu'il avoit reçues pour la défenfe de TEtat.
Ille fervit pendant plus de quarante ans.. Il laiffa
fept enfans fans fortune, dont cing flles. Dès ma
dexieneanmenfenbaifal lemétierdemes
- Pendant le cours de mes longs fervices,
RS
eu diveries occafions de fignaler mon zèle. Je
n'ai jamais rien follicité; je n'ai jamais étéà la
Cour, dont mon peu de fortune & la marche
fucceffive & lente de mes grades m'ont toujours
éloigné : je n'y euffe paru qu'un Offcier général
de fortune.
L'embarras feul du Miniftere
remplacer
au Gouvernement de MBIELEEL Peyniers
qui, depuis fix mois, follicitoit fon rappel, fit
jetter les yeux fur moi. Je n'étois connu dMiniftre la Luzerne que pour-aroir feryi fous: fes
ordres, & par-le fouvenis qu'il avoit.confervé
de quelques fuccès à la guerre.
- -
Je puis. citer quinze campagnes de guerve, &
B
de fortune.
L'embarras feul du Miniftere
remplacer
au Gouvernement de MBIELEEL Peyniers
qui, depuis fix mois, follicitoit fon rappel, fit
jetter les yeux fur moi. Je n'étois connu dMiniftre la Luzerne que pour-aroir feryi fous: fes
ordres, & par-le fouvenis qu'il avoit.confervé
de quelques fuccès à la guerre.
- -
Je puis. citer quinze campagnes de guerve, &
B --- Page 22 ---
les deux années
(18)
au milieu que je viens de paffer à SaintDomingue, tion
des orages de la révolu
J'ai qu'éprouve cette Colonie.
aux Mles-du-vent. commandé en chef dans trois Colonies
En 1780, j'ai défendu Saint. - Vincent
750 hommes, contre 4000 hommes de
avec
Angloifes. Ceft pour cette aétion
troupes
Brigadier hors de rang.
qu'on me fit
de En 1781, je reçus le brevet de Gouverneur
enlever Tabago, cette après Ifle avoir fortement contribué à
noître ce fervice rendu à TAngleterre à P'Etat. & pour reconnique, J'ai commandé en chef à l'ille de la DomiEnfin &jy fiis refté juiqu'à la paix.
Lieutenant au-mois de Juillet 1790, je fus nommé
Domingue, au Gouvernement général de SaintDans ces différens
ces lieux divers, j'ait commandemens; 2 & dans
réunir le fuffrage des toujours eul le bonheur de
confiance des habitans. Militaires, l'eftime & la
Au commencement de la révolution
compatriotes de la ville de
3 mes
de Canton, au
Chaufin, chef-liett
rerent du plus Département touchant
du Jura, 2 m'honoVenir & de leur confiance témoignage ils
de leur fouCommandant des Gardes 3
me nommerent
ce titre julqu'à Forganifation nationales.Faic confervé
A leurs inflances réitérées, des Municipalités,
de Maire, dont j'ai rempli les j'ai accepté la place
fix mois, à la fatisfaction fonétions pendant
réunion des Affemblées
publique. Lors dé la
Préfident, & le premier primaires,je des
fus nommé
ge Chaufin, Un agent du
Electeurs de celle
defpotifmen'a pas-de
ant des Gardes 3
me nommerent
ce titre julqu'à Forganifation nationales.Faic confervé
A leurs inflances réitérées, des Municipalités,
de Maire, dont j'ai rempli les j'ai accepté la place
fix mois, à la fatisfaction fonétions pendant
réunion des Affemblées
publique. Lors dé la
Préfident, & le premier primaires,je des
fus nommé
ge Chaufin, Un agent du
Electeurs de celle
defpotifmen'a pas-de --- Page 23 ---
pareils aêtes à produire ; cependant j'ai à me
S
difculper des accufations calomnieufes qui ont
déterminé le Décret d'accufation rendu par la
Convention Nationale, tellement prévenue alors
contre moi par mes ennemis, que lorfqu'il a été
portésTérois encore fur mer ; qu'à mon arrivée
à Paris, elle n'a daigné m'entendre, ni directement ni par l'organe de fes Comités, & fans
qu'on ia cût articulé aucun grief. La preuve en
eft confignée dans le'Journal des Débats du 8 Novembre Cet aéte 1792. d'accufation a pour bafe ce même
interrogatoire que les Commiffaires m'ont fait
fubir à Saint-Domingue, & dontj'avois lieu de
croire que j'étois forti pleinement juftifié. Non
feulement ma confcience devoit me confirmer
dans cette
mais les Commiflaires euxmêmes m'en OaSDeNTT Paffurance, lorfque deux
joursa aprèsje emerendis chez eux, en.obtemperant
a linvitation qu'ils m'en firent.
Ils m'apprirent 44 que, les conclufions du pro-
>> cès-verbal qu'ils venoient de dreffer étoit que
>> jeme rendifie librement en France, à la fuite de
> PAffemblée Nationale, pour lui rendre compte
> de ma conduite 2. un mois après mon arrivée
> à Paris, & prendre fes ordres >. Ils m'ajouterent : < qu'ils n'avoient trouvédans la dénon-
> ciation de PAfemblée Coloniale, fur laquelle
> ils m'avoient interrogés,8 fur - tout d'après
> mes réponfes, aucun motif capable de déter-.
>> miner à me mettre en état d'a.reftation.; ;
>> j'étois libre de partir, - & qu'ils ine
PLEE
>> de le faire le plutôt polfible >
fur la
Dès le 3 Oétobre 1792, je m'embarquai
frégate la capricicufe, qui mità la voile le lende:
pain,
B %
Coloniale, fur laquelle
> ils m'avoient interrogés,8 fur - tout d'après
> mes réponfes, aucun motif capable de déter-.
>> miner à me mettre en état d'a.reftation.; ;
>> j'étois libre de partir, - & qu'ils ine
PLEE
>> de le faire le plutôt polfible >
fur la
Dès le 3 Oétobre 1792, je m'embarquai
frégate la capricicufe, qui mità la voile le lende:
pain,
B % --- Page 24 ---
- 20 5
à Rochefort.
Le 13, Novembre je débarquai
Les
Dès cet inftant a commencé ma captivité.
corps populaires fe font emparés de mon fils &
de moi; ils nous ont fait conduire en criminels
jufqu'à Paris,, out le Miniftre de Pintérieur m'a
fait. enfermer à PAbbaye.
J'ai paffé vingt-trois jours au fecret; & cen'eft
qute.le IO Décembre dernier, - 2 qu'on m'a fait
comparoitre devant le Préfident du Tribunal criminel, pour fubir Vinterrogatoire qui; fuivant
la Loi, rgt3. avoir lieu dans les vingt-quatre
heures, Sa violation à mon égard m'a privé pendant ce long intervaile du bonheur de revoir
mès parens & mes amis 2 de recevoir les
confolations fi douces & fi néceffaires quem'ont
procuré les témoignages de leur eftime & de
leur douleur. Enfin elle m'a ôté les moyens de
travailler plutôt à juftifier ma conduite auxyeux
de mes concitoyens, & ceux qui me connoiffent
favent combien j'ai dû fouffrir de ces retards.
C'eft ici le lieu d'obferver que fi mes calomniateurs. de. Saint-Domingue n'ont pu réuffir a
me ravir ma liberté dans le lieu des délits qu'ils
m'ont fuppofés & où doivent fe. trouver les
aêtes & les Prcmoietse qui pouvoient les conftater, eft
ce ne peut être qu'a force d'intrigues qu'on de la
à la fin parvenn à furprendre la religion à m'en
Convention nationale, en la portant
priver ayant même 12012 débarqaement en France.
me
néceffaire de prévenir
I Il
paroit également excédé les
ni
que, loin d'avoir jamais
pouvoirs
abufé de Pautorité qui m'étoient confiés, j'ai
facrifié les droits de la plaice que Yoccupois:
toutes les fois qu'il ne s'eft agi que de" maintenir
Punion entre les divers agens-de P'autorité publique & la paix parmi les citoyens,
priver ayant même 12012 débarqaement en France.
me
néceffaire de prévenir
I Il
paroit également excédé les
ni
que, loin d'avoir jamais
pouvoirs
abufé de Pautorité qui m'étoient confiés, j'ai
facrifié les droits de la plaice que Yoccupois:
toutes les fois qu'il ne s'eft agi que de" maintenir
Punion entre les divers agens-de P'autorité publique & la paix parmi les citoyens, --- Page 25 ---
(a)
Un Gouverneur à Saint-Domingue étoit le
reprdfentantimmediat du ci-devant
voir exécutif. Comme tel, il profidoit les
feils fupérieurs de la Colonie.
He
I1 y avoit voix
délibérative. L'Intendant étoit Préfident né. de
ces Cours. Lorlque PIntendant &c le Gouverneur fe réunifloient, cela formoit à SaintDomingue la répréfentation du Confeil durcidevant Chef du Pouvoir exécitif, L'on y difcutoir, préparoit & rédigeoit les Ordonnaices,
Déclarations- &c Réglemens de haute police, 2
& leur exécution fuivoit immédiatement leur
enregiftrement dans les Cours auxquelles ces
aétes étoient adreflés. Il n'y avoit que la partie
dés, finances qui fût fous ladminiftration direéte
&cféparée de PIntendant. Le Gouverneur, étoit,
chargé d'une furveillance générale., qui le mettoit dans le cas de donner des 'ordres au. civil
comme aul militaire. Enfin, il ne devoit compte
dé fes opérations qu'au ci-devant Chef du
-
voir exécutif, par P'organe du Miniftre de f"E
Marine.
: Les loix nouvéllés ont plutôt étendu
reftraint fes fonthionss par les Décrets, Ttue
cution provifoire des loix & autres aêtes de Pau-:
torité publique, doit immédiatement fiivre la
fanétion du Gouverneur: ; il n'eft plus queftion
de leurenregifirement dans les-Tribunaux comme
d'un obftacle capable de l'arrêter, mnais le droit,
de les approuver définitivement eft réfervé à la
Légiflature françoife & au ci-devant Chef du
pouvoir exécutif. La fanétion du, Gouverneur
ne reçoit d'exception qu'à l'égard des loix qui
toucheroient aux rapports extérieurs entre la
Métropole & fes Colonies, celles-ci ne peuvent
B3
ifirement dans les-Tribunaux comme
d'un obftacle capable de l'arrêter, mnais le droit,
de les approuver définitivement eft réfervé à la
Légiflature françoife & au ci-devant Chef du
pouvoir exécutif. La fanétion du, Gouverneur
ne reçoit d'exception qu'à l'égard des loix qui
toucheroient aux rapports extérieurs entre la
Métropole & fes Colonies, celles-ci ne peuvent
B3 --- Page 26 ---
(s)
recevoir d'exécution, même provifoire; avant
d'avoir été confacrées par la volonté nationale.
On lit dans le Décret du.28 Mars 1790,
les fonétions attribuées aul ci-devant Roi,f
CaSit
provifoirement exercées dans la Colonie, par un
Gouverneur quil le repréfentera.
l'inftallation
Qu'en conféquence, le choix &
des Officiers qui font à fa nomination,
bation néceffaire à l'exécution des arrêtés
EAPIE
affemblées adminiftrativés, 9 & les-autres aêtes qui
exigent célérité, doivent être provifoirement attribués à ce Gouverneur, fous la réferve_pofitive
de l'approbation du ci-devant Roi.
it
Que dans les Colonies 2 comme en France,
eft le dépofitaire fuprême du pouvoir exécutifs
quetous les Officiers'de police, d'adminiftration,
les forces militaires, doiventle reçonnoitre
leur chef, &
tous les pouvoirs attribués la
TT7
Royauté dans 2e Conflitution frangoile, ne peuvent
être exercés provifoirement que par ceux qu'il en a
chargls, & définitivement que par lui.;
Je n'entends point ici faire
je ne veux
non plus critiquer ni l'ancien
le nouvel
tOaPAN
pas ordre de chofes. J'ai dû les faire connoître
qu'on sûtt que dans Pun, comme dans
je n'étois pas feulement chargé de fimples
NE
tions d'exécution fervile, > & d'autant plus quil
n'exifté pas même encore aujourd'hui de loix qui
modifient ni reftraignent. les pouvoirs & les
fonéions des Gouverneurs, & qu'ils font à l'égard du pouvoir exécutifde la République, dans
la'méme pofition oûr ils étoient placés vis-à-vis
du pouvoir royal,
Qu'on veuille bien fe réporter à lépoque de
lement chargé de fimples
NE
tions d'exécution fervile, > & d'autant plus quil
n'exifté pas même encore aujourd'hui de loix qui
modifient ni reftraignent. les pouvoirs & les
fonéions des Gouverneurs, & qu'ils font à l'égard du pouvoir exécutifde la République, dans
la'méme pofition oûr ils étoient placés vis-à-vis
du pouvoir royal,
Qu'on veuille bien fe réporter à lépoque de --- Page 27 ---
concevra fans
mon
(12
adminitration,
Combieri
être mon embarras!
rRis
quel d'obftaclesa dût vaincre pour éviter les plus grands
maux, & de difficultés à furmonter pour annon- opérer
le
de bien que j'ai fait! Chaque jour le
KFs de nouveaux orages, & préfageoit
fe
eus
finiftre avenir. Les événemens J'obfervois pretloient, tout. Chaque
çaufes fe multiplioient:
faififjour je traçois le récit de ma conduite; le je tableau
fois toutes les occafions d'en mettre des ordres
fous les yeux du Miniftre. Je follicitai d'affurer la marche
& des inftruétions capables
réponfe:
de mes opérations, je abandonnéa ne reçus,aucune moi-même,
Pon fembloit m'avoir conffituante, quoique preffée de
L'Affemblée furl'état politique des hommes
traiter la queftion voulut rien
de pofitif.
de couleur, ne
prononcer loi
Ce n'eft que le 4 Avril refhitué 1792, enfin qu'une ces citoyens fage,
jufte & néceflaire a
les affranchis
dans leurs droits, fans diftinguer nés de peres & de
perfonnellement, des hommes incertitude les Remeres libres. Mais dans quelle n'ont-ils
été, & ne
préfentans de la France
pas dans la Conous ont-ils pas tenus fur ce fujet n'avoit pas un
Ionie? Cette importante queftion les efprits depuis la
feul inftant ceffé d'agiter
& ce ne fut
convocation des Etats-Généraux, P"Affemblée nationale
le 15 Mai 1791, que alors Pexercice des droits
REun: Elle accorda de diverfes couleurs, mais
politiques aux feulement hommes otilsferoient iffus de peres
dans le cas libres, & jamais ce Décret n'eft
& de officiellement meres
dans la Colonie. Lorfque la
arrivé
la fermentation devint
nouvelle en parvint,
Municipaextrêmes Aflemblées provinciales, B.4:
P"Affemblée nationale
le 15 Mai 1791, que alors Pexercice des droits
REun: Elle accorda de diverfes couleurs, mais
politiques aux feulement hommes otilsferoient iffus de peres
dans le cas libres, & jamais ce Décret n'eft
& de officiellement meres
dans la Colonie. Lorfque la
arrivé
la fermentation devint
nouvelle en parvint,
Municipaextrêmes Aflemblées provinciales, B.4: --- Page 28 ---
(24)
lités, Gardes nationales, tout Çe qui à SaintDomingue formoit ou repréfentoir le peuple,
s'indigna, &cj'eus) lieude craindre queles hommes
de couleur du Cap qui étoiént au( nombre de
douze cens, ne fuffent égorgés. La fituation de
la Colonie, à cette époque, étoit épouventable,
Je portai des paroles de paix; elles eurent Peffet
que je m'en étois promis ; lc peuple de SaintDoningue fe borna a des repréfentations; ; je lui
accordai le tems de les faire; je les tranfmis à la
France; & PAflemblée conflituante, flottant
alors dans la même incertitude où elle avoit été
plongéejulqu'au 15 Mai 1791 (1), rendit le 24
Septembre de la même annéc, un Décret qui
détruifit en quelque forte lc premier, puifquil
fut officiellement envoyé dans" nos
tandis que l'autre ne Tajamais été, & Colonies. que loin 2
d'accorder aux hommes de couleur les droits
politiques, il remettoit aux Affemblées colc-
(3) L'article 4 des inftrudtions annexées au Décret du
28 Mars 1790, porte que << toutes. les perfonnes âgées de:
>> 25 ans, propriétaires ou domiciliées; jottiront du droit de
> fuffrage qui confitue la qualité de citoyen: adlif>,
Quoi de plus obfcur que ces exprellions pour nos Colonies! les hommes de couleur les interpréterent en leur
faveur; felon eux, il leur fuffifoit d'établir leur âge, leurs
propriérés & leur domicile; felon les iblanes, il.eût fallu
que cet article eût parlé fpécialement des hommes de coutJeur libres; qu'il eût décidé s'il fuffifoit d'être affranchi, ou:
s'il étoit néceflaire d'être né de peres & de meres libres. Et,
je dois dire icique TAffemblée nationale a fait attention à
ces oljetlions, car ellea a fuppofé dans fon Décret du 15
Mai 1791, que celui du 28 Mars 1790, avcit rangé tout
homme libre dans' la claffc des citoyens actifs, tandis
vérfication faite furle texte 2 Çe mot libre n'a véritablement que,.
pas été omployé,
toit néceflaire d'être né de peres & de meres libres. Et,
je dois dire icique TAffemblée nationale a fait attention à
ces oljetlions, car ellea a fuppofé dans fon Décret du 15
Mai 1791, que celui du 28 Mars 1790, avcit rangé tout
homme libre dans' la claffc des citoyens actifs, tandis
vérfication faite furle texte 2 Çe mot libre n'a véritablement que,.
pas été omployé, --- Page 29 ---
(25)
leur fuccédemiales, exiftantes & à celles qui
4. fans
roient, à prononcer fur cette queftion,. dit cette loi,
> qu'auicun Décret antérieurs,
exercice du
> puiffe porter obftacle au plein aux Affemblées
> droit conféré par le préfent
>> coloniales.>
fut à fon
1 Ce Décret du 24 Septembre 17915 dont je
tour annullé par celui du 4 Avril,1 ilrétabliffoit 1792, celui
viens de Parker.Nondgulement: révoqué de fait par Tenvoi
Mai de celui 1791 at mois de Septembre, & même
e
PAffemblée nationale crut néde droit, puifque
de nouvéau, quoique
ceffaire" de s'expliquer Mai l'eût déja fait fur Pétat des
celui du a couleur & nègres libres. Mais il fut
an-delà citoyens de celui du
Mai, puifqu'il confacre fans
1 hommes de couleur
les. droits politiques d'aucuns, d'eux,, tandis que, le preexception
mier ne les avoitreconnus
Sdtunthonmalibre,
& nés de peres & meres libres. de-Mai
que
Ainfi ce n'eft qu'au mois
& confacre 1791, les
TAffembléc nationale reconnoit des hommesde coul-.
droits politiques. d'une portion
leur. Au mois de Septembre fuivant, elle confere
aux. Affemblées coloniales le droit d'agiter cetta
même quieflion & de la réfoudre la définitivement, révocation du
ce qui entraine nécefairement
premier Décret.
revenant contre
Et par celui du 4 Avrib1792; elle déclare que lès
celui du mois de Septembre, libres, fans aucune
hommes de couleur & nègres ainfi
les colons
reftridion, doivent jouir,
que
blancs; del'égalité des droits politiques. lesloixm'avoient
Voilà dans quelle incertitude
placé.
la réfoudre la définitivement, révocation du
ce qui entraine nécefairement
premier Décret.
revenant contre
Et par celui du 4 Avrib1792; elle déclare que lès
celui du mois de Septembre, libres, fans aucune
hommes de couleur & nègres ainfi
les colons
reftridion, doivent jouir,
que
blancs; del'égalité des droits politiques. lesloixm'avoient
Voilà dans quelle incertitude
placé. --- Page 30 ---
fis Parmi Ies moyens (36) reftés à ma
choix de ceux qui ne pouvoient difpofition, bleffer >
opinions que je favois
#
cherchai avec le même
à en France, Je
mettre les
ne
AET,
intérêts locaux qui
pas compro.
cialement confiés.
m'avoient été ipé
Teleft leplan de conduite
Celle que Tar tenue eri
que je me fuis traicé,
circonflances me l'ont approche autant que lès
dans le temnsTapprobation permis, 2 & elle a obtent
Qu'on life ma
des Miniftres.
verra gue jen'ai correfpondance jamais négligé avec de les entx, on y
franichement paffé; d'entrer & loyalement de tout ce informer qui s'eft
ner toits les éclairciffemens dans tous les dérails, de leur don:
de quelque utilité; on y verra qui pouvoient être
ma condtite, ils me
que, fatisfaits de
loir les titres que j'aia promettoient de faire va-
(Ce font Ies exprefions acquis dont aux ils graces fe
de FEtat.
Cependant, dès le mois de Janvier font fervise)
connoiffant Pimpofibilité,
1792, rebien atrs gré de la
pour & moi, de faire le
la Colonie, je demandai Métropole desintéreffés dans
Rur ceffé depuis de le folliciter, mon néanmoins rappel. Je n'ai
qu'à la fin de Septembre de la méme cene
qute Desparbès arriva pour me
année,
Penidant ces neuf mois, les remplacer. crimes les
atroces, mis dans s des cruautés fans exemple fe font plus
les provinces de POueft & du com-" &c
partictlierement & du
dans les villes du
Sud,
foient Môle, fans que les Corps populaires Port-aut-Prince
jamais oppolés, > & fans
s'y
pofible de réprimer ces affreux qu'il m'ait été
J'ai maintenu fans ceffe le bon défordres,
ville dir Cap,fouvent ébranlé
ordre dans la
par les mal-intens
les
atroces, mis dans s des cruautés fans exemple fe font plus
les provinces de POueft & du com-" &c
partictlierement & du
dans les villes du
Sud,
foient Môle, fans que les Corps populaires Port-aut-Prince
jamais oppolés, > & fans
s'y
pofible de réprimer ces affreux qu'il m'ait été
J'ai maintenu fans ceffe le bon défordres,
ville dir Cap,fouvent ébranlé
ordre dans la
par les mal-intens --- Page 31 ---
tionnés. Ceft à la d2a du Pcuvoir exécutif,
à faprudence 2 àla bonne contenance dest troupes
de ligne, fur-tout du régiment du Cap & au vrai
patriotilme de certains corps. de troupes natio:
nales, que lon doit la tranquilité dont elle
a joui,
Au commencement de la révolte des Negres,
je parvins; fecondé de Cambefort, colonel du
Régiment di Cap, à arrêter le maflacre des Citoyens de couleur, 2 dont dix-fept venoient d'être
fufilliés & égorgés publiquement, par des Blancs,
dans les rues du Cap, lorfque nous partimes, ce:
Colonel & moi, à cheval 2. venant de vifiter
des poftes extérieurs.
moyens & le
J'ai fait la
d'après mes
micux qu'il SPRt été poflible,
J'ai cmpêché les Efclayes en révolte d'étendre:
leurs ravages, au moyen d'un cordon de quinze
lieues de longueur, qui, vu le peu de monde
quej'avois, a mgkbcmesktigtuonela communication de la Province du Nord avec celle de
l'Oueft. Cette opération a fouftrait fes nombreux.
Habitans à la barbarie des Efclaves révoltés.
J'ai de même oppoié une barrière impénétrable
aux' Révoltés dans les Paroiffes du port de Paix,
de Jean Rabel, du port à Piment & des Mouf
tiques, dans. le deflein d'intercepter auffi leur
dans la Province de POueft 2 & leur
E avecl la bande innombrable des Révoltés
dans le Nord, ce quiauroit tout perdu; & cependant mes moyens étoient d'une foibleffe à
épouvanter,, 8cles contrariétés étoient inouies.
Au mois de Juin dernier 1792, fecondé du
çommiffaire civil Roume, j'ai rétabli au Portau-Prinçe Pordre & la çontiance qui en étoient
dans la Province de POueft 2 & leur
E avecl la bande innombrable des Révoltés
dans le Nord, ce quiauroit tout perdu; & cependant mes moyens étoient d'une foibleffe à
épouvanter,, 8cles contrariétés étoient inouies.
Au mois de Juin dernier 1792, fecondé du
çommiffaire civil Roume, j'ai rétabli au Portau-Prinçe Pordre & la çontiance qui en étoient --- Page 32 ---
(28.).
bannis depuis
mois : j'ai réunis sles citoyens
blancs & ceux ' couleur qui en ayoient été
chaffés.
: J'ai, promulgué toutes les loix qui me font,
parvenues officiellement & notamment celle du
4Avril, qui ftatue furl'état politiquedes citoyens
de Couleur & Négres libres. J'ai mis.autant d'empreffement à la faire connoître, que j'éprouvai
de fatisfaétion lorfque je la reçus. Jel Pai fait exécuter par-tout, & elle l'étoit depuis deux mois,
quand les commiffaires envoyés à cette occafion.
font arrivés.
Enfin je n'ai, ceffé de m'occuper nuit &
du bien public, &cfijen'eufle étép perpétuellements jontr
contrarié & mal fecouri, ". parce que tout le
monde ne le défiroit pas, j'aurois. eut de plus:
grands fuccès.,
- Né conciliant &p porté naturellement
ja fait tous les facrifices qui dépendoient àlapaix, de moi
pour parvenir à ce but.
Ce récit, citoyens, me paroit contenir ma
juftification. Les preuves de fa vérité font confignées dans tous mes écrits, 2 dans mes proclamas
tions, & dans les autres pièces produites
mha défenfe : je: dirai donc peu. de chofes pour fur..
chacune des accufations dont on a compoféle
décret qui m'a foumis au jugement que. vous
allez rendre,
Ces accufations" peuvent fe réduire à deux;
la premiere, d'avoir attenté à la: liberté individuelle en ordonnant, en ma qualité de repréfen-.
tant du, pouvoir exécutif, l'arreftation d'un citoyen hors du cas déterminé parla loi; enleremettant enfuite à un' tribunal fans pouvoirs,&
d'avoirautorifé des déportations illégales.
compoféle
décret qui m'a foumis au jugement que. vous
allez rendre,
Ces accufations" peuvent fe réduire à deux;
la premiere, d'avoir attenté à la: liberté individuelle en ordonnant, en ma qualité de repréfen-.
tant du, pouvoir exécutif, l'arreftation d'un citoyen hors du cas déterminé parla loi; enleremettant enfuite à un' tribunal fans pouvoirs,&
d'avoirautorifé des déportations illégales. --- Page 33 ---
(29 . 2 )
L'autre, d'avoir éié contraire aux décrets des
15. Mai 1791 & 4 Avril 1792, qui accordent
aux citoyens libres de couleur les droits politiques. Ma réponfe au premier chef d'accufation eft
auffi courte qute fimple, Ce n'eft pas moi qui ai
ordonné l'arreftation du citoyen Borel, dont il
eftici queftion; : 2 elle eft de Grimouard, commandant du vaiffeau le Borée;de Grimouard, accufé
comme moifur ce fait' par lAflemblée Coloniale
& les faétieux du Port-au-Prince, mais que la
Convention nationale n'a
jugé coupable,
puifqu'il vient d'être mis à Pis têted'une de nos
flottes. Je n'entrerai point. dans le détail des motifs quiy donnerent lieu;, je ne dois vous.préfenterici queles points véritablement effentiels;
& au moment ou vous allez prononcer fur mon
fort, il vous fuffit-de cette réponfe. Cependant citoyens, 2 mon défenfeur va mettre fous les yeux
desMagiftrats, plufieurspièces authentiques dont
il réfulte que cette arreftation fut de la part de
Grimouard, une chofe jufte, néceffaire & conformeàlaLoi.
Quant à ce qui me regarde dans cetteaffaire,
je dois yous dire que je n'arrivaià Saint-Marc,
que le lendemain de l'arreftation de Borel & de
fes compagnons: ; je les fis transférer dit bâtiment
où ils étoient détenus, dans les prifons du lieu,
) en les remettant immédiatement entre les mains
de la Juftice; & en celaj je n'ai point fait une démarche arbitraire, carileft dans l'ordre des foncfions exécutives de faire transférer les détenus,
dans les lieux défignés à cet effet,
J'ai fait une démarche commandée par la néceffité, car il y avoit impoffibilité phyfique de
transférer dit bâtiment
où ils étoient détenus, dans les prifons du lieu,
) en les remettant immédiatement entre les mains
de la Juftice; & en celaj je n'ai point fait une démarche arbitraire, carileft dans l'ordre des foncfions exécutives de faire transférer les détenus,
dans les lieux défignés à cet effet,
J'ai fait une démarche commandée par la néceffité, car il y avoit impoffibilité phyfique de --- Page 34 ---
réfiftera Tindignation (302
nifeftée, Tout Saint-Marc publique, hautement ma
cris, vengeance contre Borel, demandoit à grands
comme l'ennemi le plus acharné des qu'il regardoit
couleuir & de tous ceux des' blancs citoyens de
avoient été favorables; comme
qu'il leur
tous les maux &d des cruautésinmouies l'auteurse enfin de
tibonite a été le théêtre.J Je ne vous dont lAr
point de ces horreurs. Elles fort entretiendrai
en feroit déchirant & trop long. frémir; le récit
J'ai fait une demarehecommandée
nité, car j'ai fauvé ia vie à Borel & à par fes l'huma
gnons, en prehant toutes les
compas
fibles pour affurer leurs
précautions poc
lation.
jourspendant cette tranf
fans Cen'cfipoint moigualvréBorelan un tribunal
pouvoirs, arrêté, car je n'ai point renvoyé
page
& dans lequel
léquie
à tel ou tel Tribunal:jelaiau Borels'étoit dontraire trouvé,
à la Juftice, pour qu'il fite procedé felor les dénoncé
ce font làles termes defordre quej'ai
Loiz:
donc. renvoyé les détenus par-devant donné.Jai les
qui en devoient connoitre, C'étoit à eux Juges
clamer contre cette prétendue
de reTribunal, C'étoit à lui dé reconnoitre incompétence du
ordre ne lui étoit pasadreffé,
que mor
Maisfi j'airemis Borel &cfes
les mains de la, Juflice, c'eft compagnonseatre leur
qui n'eft pas moi, avoit ated légale & arreflation,
c'eft
j'en fus/pécialemene
méritée;
de pir & d'Union, féanta requis par le Confeil
Quant à la compétence du Saini-Marc, Tribunal
n'ai pas nommé pour prendre
que je
cette affaire, mais enfin quidevoit connoiffance la
de fi
Borel & fes compagionsn'cufient,
prendre,
pas étéremis en
compagnonseatre leur
qui n'eft pas moi, avoit ated légale & arreflation,
c'eft
j'en fus/pécialemene
méritée;
de pir & d'Union, féanta requis par le Confeil
Quant à la compétence du Saini-Marc, Tribunal
n'ai pas nommé pour prendre
que je
cette affaire, mais enfin quidevoit connoiffance la
de fi
Borel & fes compagionsn'cufient,
prendre,
pas étéremis en --- Page 35 ---
(3:) après leur détenliberté environ quinze
été, non pas deftitué
il eft vrai qu'il
Tentires
tion;
mais, mis en vacance par un
de fes fonêtions,
ce Tribunal I
arrêté LTAG-ASCALPRIES réintégré dans fes fonétions,
avoit été Confeil depuis,, de Paix & d'Union, ,8z ce Confeil
par le
autorité légale &c
puifque
étoit une
avoient été librement populaire, élus par les
les membres en dequatorze Paroiffes, 8 que la forRepréfentans mation en avoit étéa approuvée par les Commiffaires nationaux civils, autorifés à cetégard, par
la Métropole (1):
me furent faites, de
Enfin les réquifitions qui Griinouard, entre les
remettre Borel, arrêté par du 22 Juin 1792. Et dès
mains de la Juftice, font
deux CommifuiresderA
le 6 Juillet fuivant,
femblée Coloniale étant venus au Port-au-Prince
inviter le Commiffaire national & moi,
pour à lui rendre fa liberté, ces deux autorités concourant de concert au rétabliflement de la paix
& de Punion entre tous les citoyens, nous nous
rendimesà ce voeu.
Borek
En : cela, nous commimes une faute; mérité de
avoit été légalement arrêté; il avoit
Pêtre : on nousavoit porté contre lui desplaintes fort
régulieres, on avoit articulé des griefs
ils Stlet appuyés de procès-verbaux
graves; authentiques; on nous avoit requis de les dé:
noncer à la Juftice ; nous l'avions fait. Nous Mais n'a
vions plus le droit d'en fufpendre le m'a. cours. fait un
cette faute n'eft pas celle dont on
(:) Voyez le Rapport du Commiffaire du Roume au
Miniftre fur cet objet, contenu dans fa lettre' rJuillet
1792.
ulieres, on avoit articulé des griefs
ils Stlet appuyés de procès-verbaux
graves; authentiques; on nous avoit requis de les dé:
noncer à la Juftice ; nous l'avions fait. Nous Mais n'a
vions plus le droit d'en fufpendre le m'a. cours. fait un
cette faute n'eft pas celle dont on
(:) Voyez le Rapport du Commiffaire du Roume au
Miniftre fur cet objet, contenu dans fa lettre' rJuillet
1792. --- Page 36 ---
(:32)
chefd'accufation, & cependant cette affaire n'en
fournit point d'autres:
Il me refte un mot à dire ftr les déportations
illégales dont on m'accufe, le voici::
Jen'en ai jamais ordonné.
Ileft vrai qu'au Port-au-Prince plufieurs ci-.
toyens ont été déportés; ilsavoientété délignés
comme perturbateurs & dangereux pour le
Mais c'eft le commidaire national
elt
public.
qui en a donné l'ordre. C'eft-la Municipalitédu
Port-au-Prince qui l'a exécuté. Je n'y ai-contribué en rien. On ne pouvoit donc fous aucun. rapport, en faire un chefd'accufation contre moi.
Citoyens mes Juges," j'ai la preuve de ce que
Tavance; on mettra fous VOS yeux une lettre du
II Juillet 1792, que j'ai eu leh bonheur de me
procurer, par laquelle le Commiffare-Civil rend
compte au Miniftre de la Marine, & del'accord
quia a régné entre lui & moi, relativementà Pafa
faire de Borel, &c des déportations- : qu'il-a. feul
ordonnées. Voicifes expreflions.
> J'ai pris fur moi de faire embarquer des pars ticulierss,je lai fait extra-) judiciairement : -
95 fans cette mefure, il eût été impoffible de ne
9 pas verfer" des flots de fang. Néanmoins je fais
9> quej'aiagi contreles loix écrites, 8cje mefouce
nationaled &leroi
> metsàtout quel'Affemblée
confolé
5 ordonneront de'moi. Je feraitoujours
2> par le fouvenir de n'avoir pas vu couler une
3 feule goutte de fangau Port-au-Prince,
>> M.le Général va fe rendre à Jérémie, avec
> deux vaiffeaux de l'Etat, pourfaire publier la
>). Loi du. 4 Avril, que l'on y a refulée. Il fera
libertéles
de couleur
>>
en
quiy
mettre détenusà bord d'un citoyens bâtiment >.
.
9 font
Et
oujours
2> par le fouvenir de n'avoir pas vu couler une
3 feule goutte de fangau Port-au-Prince,
>> M.le Général va fe rendre à Jérémie, avec
> deux vaiffeaux de l'Etat, pourfaire publier la
>). Loi du. 4 Avril, que l'on y a refulée. Il fera
libertéles
de couleur
>>
en
quiy
mettre détenusà bord d'un citoyens bâtiment >.
.
9 font
Et --- Page 37 ---
-
(s)
Et plus haut : > M. Blanchelande m'a partfe de
5 conduire en tout avec beaucoup dejufice, >.
> popularité,d de fang froid & d'humanité les
- Enfin citoyens, dans Finterrogatoire que
Commifaires: m'ont fait fusriSamiaiomiognes PAffemblée Colod'après une dénonciation de de quelques foldats
niale; il eft fouvent délit queftion conftaté & en vertu de
'qui ont été rendus pour par leur
2 renvoyés en
Francerjen jugemens ne penfe pas quece ETSEA ce qu'on me
reproche & ce qu'on qualifie de déportations drbitraires. Au furplus je n'aini pu,ni du empêcher &:
Texécutionde ces jugemens. LaPolicegénérale biendansPordre
indibnibutiondistroures mais étoient n'avois pas le droit de
m'immifcer de mes pouvoirs; -dans la police je intérieure des corps,
encore moins celui d'empécher que des Pautorité hommesju- qui
ges coupables nefulfent punis. Quand
m'étoitconfiée a étéréclamée ponrfexécutionde faifant
fait mon devoir en en
ces jugemens,Tai coantirmetasmere
ufageymais de vue, être refponfable de cesjugemens en eux*
mêmes, que je n'ai ni fendus, ni provoqués ni
autorifes. Plafieurs autres foldats ontéréembarqués pout
France, comme malades, &ne pouvant fupportet
les chaleurs dit climat. On a1 prétendu que parmi
-
ces foldats il s'en trouvoit de bien portans. Ce
n'eft probablement pas là encore ce qu'on commeil nommera des déportations arbitraires; mais crois uitile
en eft parlédansles pièces ce produites,je fait ne fauroit me rède dire, d'abord, tient que auffi à la police intérieure dés
garder; régimens; qu'il que totis les foldats embarqués nélont
été que fur des états dreffés par lescommandans C
parmi
-
ces foldats il s'en trouvoit de bien portans. Ce
n'eft probablement pas là encore ce qu'on commeil nommera des déportations arbitraires; mais crois uitile
en eft parlédansles pièces ce produites,je fait ne fauroit me rède dire, d'abord, tient que auffi à la police intérieure dés
garder; régimens; qu'il que totis les foldats embarqués nélont
été que fur des états dreffés par lescommandans C --- Page 38 ---
des corps & fur des certificars (34)
rurgiens legalement charges deMédecins d'en conftater &ChiERsARormeaMn.
le bea
Cependant il eft. à ma
répondre de cesfaits.,
que ces foldats étoient connoifance perfonnelle
ont regardé leur
malades, & que plufieurs,
tour àla vic.
retour en. France comme un re..
des D'ailleurs chaque: fois que les
corps m'ont remis les états des commandans,
voyés en France, foit pour délits, hommes ren-:
ladies; ils y. ont toujours joints, & foit les pour ma-,
verbaux de Jeursjugemens, & les
procès-.
Médecins & Chirirgiens, J'ai adreflé certificats le
des.
Miniftres avec une fimple lettre
toutaux:
ont exaétement accufé la
d'avis;ils m'en
ainfiqu'on ena agi dans tous réception, & c'eft,.
P J'ai ordonné le départ
les tems.
lons des
& 48".
pour France,des batail..
mandie 21 Artois, régimens, ci-devant Nor-:
Prince.a avec le Commiffaire lorique je fus' au Port-an-.
me,. pour y rétablir l'ordre national & la civil, Rou-.
curer à la Loi du 4 Avril 1792, fon paix, &.
abfolue. Cet ordre n'a
fon
ReRLERE
l'égard. dub bataillon deNormandie: reçu.
exécution qu'à:
Parcequilimipuoindela. méfiance je Pai donné
conleur,quia avoient
aux citoyensde
ne, rentreroient
formellemento déclaré qu'ils:
qu'il yeroit; que point les. Blancs au, Port-au -Prince tant
ment fonéloignement,
demandoient égalecue nous pitmes nous. Sequece Aatter, le n'eft qu'à ce prix
moi, de faire exécuter. le décret du commiffaire &
bataillon. étoit d'ailleurs
4Avril. Ce
fence. de tous fes officiers déforganife, par Pab-,
par zun arrété de LAlemblée renvoyés Coloniale en Frances:
voit être. utile;il étoit à
; ilne
craindre, & ce qui Eot
loignement,
demandoient égalecue nous pitmes nous. Sequece Aatter, le n'eft qu'à ce prix
moi, de faire exécuter. le décret du commiffaire &
bataillon. étoit d'ailleurs
4Avril. Ce
fence. de tous fes officiers déforganife, par Pab-,
par zun arrété de LAlemblée renvoyés Coloniale en Frances:
voit être. utile;il étoit à
; ilne
craindre, & ce qui Eot --- Page 39 ---
(33)
che toute difficulté, j'avois reçu di ci-devant
roi, l'ordre pofitifde-faire éntrer en France, ces
deux bataillons, Cet ordre eft-daté de Paris, le
14 Février 1792. Il'eft accompagné d'une lettre
d'enzoi du Miniftre, 2 qui porte las même date.
Il eft, donc rigoureiulement démontré, que ceux
quej j'aid donnésen conféquence n'ont rien d'arbi-.
traire. Je pouvois borner ma défenfe à ce" feul
mot, sj'avois Lordre ; le voila! Mais il eft plus fa-
: tisfaiant pour moi de vous en avoir fait connoitrel lajuftice & la néceffité,
Je cenclus de cette difeufion,
jen'aijamais
ordonné de déportations aotidter
Je paffe aux inculpations qui me font faites,
d'avoir été contraire aux Décrets des 15 Mai
179182 LAntippydiacepimen citoyens
libres de couleur ies droits politiques,
On.m'accufe d'avoir écrit que je ne me.
rois jamais à l'exécution du premier, s'il mepar- prètevenoit ofliciellement..
1.Je.n'ai dit.ni écrifnulle part,
je ne.
me prêterois jamais:à fon exécution; quie mais jai
dit & écrit que fi.ce: Déeret arrivoit officiellement, à l'époque ouj'en parlois, 8ovul'agitation.
qui régnoit dans ce moment,7vesfufpuridair le,
promalgation dé la Colonie, pour 7 de congert -
avec les Repréfentans
prendre toites les mefitres: capables
d'ongager LAliemblée nationale d retirer, oz
I ce Décret. Je. démontrerai dans: l'inftant, modifier &clon.
doit fe rappeller d'avoir déjà vu que cette mefure étoit alorsindi@penfable.
2f. Jamais Ce Décret n'eft arrivé cficiellement.
dans la. Colonie. S'il me fit parvenu; fi, d'après
es refpecueufes obfervations des Ciroyens 8cles,
C 2
: capables
d'ongager LAliemblée nationale d retirer, oz
I ce Décret. Je. démontrerai dans: l'inftant, modifier &clon.
doit fe rappeller d'avoir déjà vu que cette mefure étoit alorsindi@penfable.
2f. Jamais Ce Décret n'eft arrivé cficiellement.
dans la. Colonie. S'il me fit parvenu; fi, d'après
es refpecueufes obfervations des Ciroyens 8cles,
C 2 --- Page 40 ---
miennes, Péxécution (acl. en
été néanmoins or
da. donnée, lui
j'euffe employé tous mes efforts
procurer. Ainfi, loin d'avoir
pour
la défobéiffance à cette Loi
provoqué &
jamais eu ce caraétere pour la. fuure, qui n'a
les efprits. déterminés à la ColoniesTat calmé
tant au peupie de Saint-Domingue rébellion, le en tems. prometfaire pour que fes repréfentations fuffent nécefdues. S'il étoit poffible qu'on en
enten- dirois
qu'uneintention pour lavenir, même doutâat,jed
ne fauroit, dans aucun. pays de la criminelles
tuer un délit. Ici,l'on ne voit que terre; la
conftition d'une intention, que les
manifeftaT'arrivée officielle de ce même Evonnenee
ordres fupérieurs &
Décret,
aes
lement
précis, > pouvoient
en
a
tances changer moi, mais auffi les circonfqui Pavoient fait naître.
accueillies 3°, Ces repréfentations ont été reçues & bien'
par PAfflemblée conftituante. Ce
cret du. 15- Mai fut remplacé par celui du Dé- 24
sitablement Septembre, dont j'ai déja parlé. Ila annullé véce.
à un - certain nombre premier, puifque, loin d'accorder
droits
il d'hommes de couleur les
coloniales politiques, le droit de a flatuer conféré fur aux Affemblées
& desautres,
le fort des uns <
&crévoqué tous les Décrets antésiemrsiquipouvoient 4".
contrarier cette. difpofition.
Enfin, ma conduite, à cette époque, a été
approuvée de
Part toutela Golonie : ceux deshommes
couleur, qui devoientjouir de cettel Loi,8
feuls, par conféquent, auroient pus'en &qui
m'en ont fir gré: Ils m'affurerent
4 plaindre,
> fure que javois prife (ce font que leurs cette ine-
>> fions), calmeroit infailliblement les expref-
>> que leur avoient fifcité les circonftances alarmes.. fà-
époque, a été
approuvée de
Part toutela Golonie : ceux deshommes
couleur, qui devoientjouir de cettel Loi,8
feuls, par conféquent, auroient pus'en &qui
m'en ont fir gré: Ils m'affurerent
4 plaindre,
> fure que javois prife (ce font que leurs cette ine-
>> fions), calmeroit infailliblement les expref-
>> que leur avoient fifcité les circonftances alarmes.. fà- --- Page 41 ---
(37)
55 cheufes ohils fe trouvoient > (1).Silon Miniftre con- de
filte la lettre
jécrivis alors lui au rends de tout
la Marine, & ece compte que je combien il étoit.
ceci, on y verra clairement menaçoit ceux
inftant de conjurer le Décret P'orage
; que le feul
même que
Ttar
étoit de donner un cours légal
moyen" d'yréuffir 7
aux plaintes, au défefpoir, quelqu'infenfé c'étoit quit auffi
fûit, du Peuple de Saint-Domingue; maniere d'appai4a plus douce 8z même Funique les
de
ferla fermentation, fans altérer rapports
la Colonie avec la Métropole. circonftance +
extrême6 J'ai dû enfin, dans cette & calmer les efprits, &
ment difficile, la raffurer civile d'éclater. Si, pour. parempêcher venir à ce but, guerre Tai été forcé de donner, comme
des paroles de paix, la promeffe de fiufpendre dans
ce moment la promulgation de ce Décret jufqu'à
l'audition des murmures qu'il faifoit naitre 2
heureux de l'avoir atteint 2 je ne puis
l'idée de' m'en faire a moi-même un
ERDCTS
a loin de-là à.la violation de mes devoirs! Je
L connoiffois, 8cj'ai toujours fu les remplir.
Eh "depuis quand, dès repréfentations font-elles
donc regardées comme défobéiffance? Elles ne
le furent jamais dans les tems même du plus
violent delpotifme. Les Affemblées fuccellivesde DéFrancé n'ont-elles pas toutes retiré plufieurs Celui-la
crets fur de femblables repréfentations? ?
même ne le fut-il pas? Ets'eft-on avifé, 5 jufqu'a
moi, de regarder comme ooupables les hommes
(1)Voyez les Piéces, no. 32, de mon premier Mémoire
imprimé à Saint-Domingue.
U 3
jamais dans les tems même du plus
violent delpotifme. Les Affemblées fuccellivesde DéFrancé n'ont-elles pas toutes retiré plufieurs Celui-la
crets fur de femblables repréfentations? ?
même ne le fut-il pas? Ets'eft-on avifé, 5 jufqu'a
moi, de regarder comme ooupables les hommes
(1)Voyez les Piéces, no. 32, de mon premier Mémoire
imprimé à Saint-Domingue.
U 3 --- Page 42 ---
publics, quiont
(38)
ies pétitions? 2 donneau peiple : le tems de faire
à Javois eu lieu de craindre le
gens de coulear-tsoprobarione
maflacre des
née, &c que je viens de vous qu'ils m'ont donune preuve certaine.. Les
rappeler, en eft
force contre moi, en exhalant Adtenuidavuientavee mes
faveur des hommes de
fentimens en
les connoiffoient, fe réunirent couleur à : les blancs qui
tres, exclus Par cette Loi de l'exercice eux : des les mula
politiques qu'elle n'accordoit
droits
eux nés de pere &de mere
qu'à çeux d'entre
auffi leurs juftes plaintes. libresy Enfin firent entendre
toutes parts par une multitude d'adreffes je fus prefié de
melfages, de déclarer ce gueje ferois fi ce, & de
arrivoit ofhciellement: : on vouloit me Décret
dreà promettre une réfiflance formelle aux contrainqui. pourroient venir de France.
ordrès
de m'engager en aucune maniere, Jerefufaid'abord en,
à ces preflantes follicitations,,
répondant
lumentfabordonné aux
que; j'étois. ablotropoles mais la méfiance, déterminations les
de laMé:
dangers. croiflant Par. ce
menaces & des
éroit prudent de ne pas refus,.je jugeai qu'il
fance nationale par. mon compromettre opiniâtreté: la puifs
gu'il étoit impodible de réfifter à la, violence je-crus du
torrent;que du foin de, je ne devois plus être Occupé
ramener &c de. conferver à la'
patrie des.enfans
hicnec
prêts aha
Jugeant ce Décret fur la feule méconnoitre, annonce & qui
eurent,: deftrudif des, promedes
qu'ils en
mens qu'ils trouvoient. ou
& des de engage.
dans les précédens,
feignoient trouver
pendance avec une énergie s'exprimoient qui tenoit firr -leur indé
lence, en même temsiqu'ils
de-la vioD
Pabandonngicatas
. conferver à la'
patrie des.enfans
hicnec
prêts aha
Jugeant ce Décret fur la feule méconnoitre, annonce & qui
eurent,: deftrudif des, promedes
qu'ils en
mens qu'ils trouvoient. ou
& des de engage.
dans les précédens,
feignoient trouver
pendance avec une énergie s'exprimoient qui tenoit firr -leur indé
lence, en même temsiqu'ils
de-la vioD
Pabandonngicatas --- Page 43 ---
-.
(39)
plaintes les plus ameres contre TAffemblée na
tionale. Iln'étoit plus poffible de douter
* fuffent réfolus à repouffer à main a:mée, qu'ils & fes ne
Décrets, & ceux qu'elle auroit chargés de lès'
faire mettre à exécution.
e
C'eft dans cette circonftance 5
j'écrivis en
:ces termes aut Miniftre de la
Juillet N4AE
le3
1792:
<
Jugez, Monfieur, quelle doit être ma
> pofition: :i il ne m'appartient pas de
>> les Décrets, 2 ET MON DEVOIR EST commenter DE LES
>> FAIRE EXÉCUTER; ; mais je fuis réfolu à verfer
19> la derniere goutte de mon
plutôt
de
)
répandre celui de mes Concitoyens fang,
& que
>>
freies:
de-mes
3N >Je faisdes voeux pour que la retraite des Déi
> putés des Colonies, de l'Affemblée nationale
39 & les réclamations du Commerce aient fait
>> retirer ce Décret fatal ; je defire
moins
>>. Afemblée nationale daigne
qu'au
>
Finterpréter e
> Tai-cru, Monfieur 1 devoir vous rendre
>> compte de cette premiere impreffion : ferai
>> exact dans la fintej journaliere de ma je corref-
>> pondance, Je ferai mes efforts pour
>> la paix, Out plutôe pour empécher entretenir dic
>> Jang. Maisla pofition de la Colonie P'effufion vous
>> nonce combien I mes moyens feront
an-
>> fiur-coue après la réunion inévitable de foibles, tous lès
>. blancs en un faul parti, QUI NE SERA
>> : CELUI DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE, PLUS
>: En un mot,
:
Monfieur, j'ai tout-lieu
> craindrero que-'c ce Décret, s'i1 n'eft au
'de
: modifié, ne foit l'arrêt de mort de moins
2 I milliers. d'hommes, &ne devienne également plufieurs
--- Page 44 ---
* funefte'au Petit nombre te) ) de
2 a pour objet de favorifer *, cetix même qu'it
Peut-on trouver dans cette lettre un C feul
fation ghi puiffe, non pas juftifier 2. maise excufer laccu- mot
qui m'a été faite 2
fermentation Pour mieux. connoitre encore à quel
dè
lire
les efprits étoient
1e point
ce qui s'eft paffé dansla féance portés, 2. il faut
Provinciale du Nord,le 29 Juillet." del'Affemblée.
Ony donne leéture d'une Délibération
Diftrick, contenant des projets de
d'un:
prendre dans cette circonftance orageufe. précautionsa
Ony
alertmsCrete des
Patriotiques, 2 fur la diftribution des Troupes.
corps, en cas d'une prife d'armes inatendue. différens.
Onvoit un Membredemanderd
une Aflemblée de tous. les Chefs qu'on convoque.
pour délibérer fur le parti qu'il patriotiquess convient de
prendre dans la crife aétuelle,
mandant Un autre, del la queleRepréfentante du Roi, leCom
de Ligne & de Province, Marine, foient &les Chefs des Troupes
dans-le fein de PAffemblée, invitésà à fe rendre
Aflemblée Enfin l'on arrête qu'il y aura le lendemain une.
civils & militaires extraordinaire; feront que tous les Chefs,
conçerter fur les y
appelés 2 afin de fe
prendre dans la circonitance moyens & les précautions dà
nie
fe trouver au premier. critique oà la Colo-.
. To Députés
moment. :
tion, & c'eftalors m'apporterent cette Délibéra- -
vinciale la lettre
je lui mande que f le Procret
Dé..
SnicRinrE
la m'arrivoit dans cet infane ,j'en fufpendrois
feroit promulgation, pas promulgué; ce qui n'eft pas dire qu'il ne
s-carjelui adreffai ien méme
& les précautions dà
nie
fe trouver au premier. critique oà la Colo-.
. To Députés
moment. :
tion, & c'eftalors m'apporterent cette Délibéra- -
vinciale la lettre
je lui mande que f le Procret
Dé..
SnicRinrE
la m'arrivoit dans cet infane ,j'en fufpendrois
feroit promulgation, pas promulgué; ce qui n'eft pas dire qu'il ne
s-carjelui adreffai ien méme --- Page 45 ---
Ca) écriteauMinitre
tems copie de celle quejavois dont. je viens, Citoyens,
les du même mois, quelques pallages, & dans
de vous faire connoitre mes vrais fentimenss
laquelle font e confignés Loix,
Obéiffance- abfolue aux
repréfentations & le.defir d'àfranches loyales & refpe&tueufes, eftefion de fang.
mener à leur exécution, fanse
étoirnécefVous voyez, Citoyens, tems , combienil & au lieu qui me-fate
faire de fe reporter au
facrée de-1 tenir la
foient alors 1 une viens obligation de vous rendre compte. Air
marche dont je
lai
obfervés
refte, comme je vous Décret précédemment n'a
été envoyé offinon-ieulement maisi ce il a été de faita pas annullé par celui
ciellement,
effets de la contrainte qu'elle
RAE
a donc redouté les
fubite du
pouvoit mettre à Pexécution
les
affez
ERA
n'en feroit-ce pas
pour juttifier & la
d'en
tions que jai faites à ce fujet,
promelfe fut arrachée
fufpendre la promulgation, qui me
par la force des circonftances. l'Aflembléel Nationale ,ddliTrois mois après,
dont ce Déctet fut la
bérant fur les événemens
caufe, loin d'improuver ce que j'avois n'avois faitspar- plus.
tageoit encore des craintés que & je les lettres des
Son. Décret du 24 Septembre,
la
Miniftres, en me T'adreffant, en contiennent.
preuve. N'eft-il pas étonnant & douloureux pour mot
qu'on me faffe aujourd'hui un chef-d'accufation homme. ami
de ce que tout homme fage,. fait tout à ma place! Si
de lhumanité eût. également être accueillie, il falloit:
cette accufation pouvoit
Provinciale du
donc accufer auffi & l"Affemblée Jillet 1791a
Aord, dont la Délibération du 29
T'adreffant, en contiennent.
preuve. N'eft-il pas étonnant & douloureux pour mot
qu'on me faffe aujourd'hui un chef-d'accufation homme. ami
de ce que tout homme fage,. fait tout à ma place! Si
de lhumanité eût. également être accueillie, il falloit:
cette accufation pouvoit
Provinciale du
donc accufer auffi & l"Affemblée Jillet 1791a
Aord, dont la Délibération du 29 --- Page 46 ---
néceffité la démarche (42 )
Garde nationale de qu'on me réproche, &ch
Peuple de Saint-Domingue, Saint-Domingue & tout le
Décret fouleva à cette
que Fannonce de ce
Conftituante elle-mème, époque, & l'Affemblée
faire de fubftituer à cette' puilqu'elle Loi fon ajugé nécefSeptembre! Enfin, PAffemblée Légiflative Décret du 24
puifqu'elle a pareillement cru devoir
auffi,
bien ce Décret du 15 Mai par celui. du 4 Avril remplacer
différent du premier > puifqu'il
1792,
droits politiques de tous les hommes reconnoit fans les
doit aucune exception, tandis que l'autre ne libres les
qu'à un certain nombre d'hommes' de accor- couJeurs, qu'à ceux feulement qui feroient nés de
pere & de mere, libres, ce
excita
-
mations de ceux: qui n'y éroient qui
les-récla-
&ces réclamations étoient légitimes pas & compris, fondées,
puifqu'ony-a eu égard,
Ilinc me refte plus à difcuter qué le chefd'accufation relatifà mon oppofition
Loi du 4 Avril 1792, dont je
prétendue àla
( de vous. faire connoitre les: difpofitions. viens, Citoyens,
Cette accufation eft ainfi conçue :
K II paroit, porte Taée
> Gouverneur général (en d'accufation, parlant
que ce
> approuvéun Arrêté del lAflemblée de moi) a
> de Saint-Domingue, du 27 Mai de Coloniele
> (1792), dont le préambule
cette année
>>. le. feurdans la Colonie; à. l'occafion tendoità allumer
> du 4 Avril dernier, en ce
de la Loi
>>
Corps Légifanifin'avoit qu'il y.étoit fuppofé
>> 11 décréter. >
pas eu le droit
dans Ciroyens,ma l'acte.mème réponfe de
&.ma juftification font
que dans lesi Proclamations PAffemblée Coloniale : ainf
que jai-cru devoir
le. feurdans la Colonie; à. l'occafion tendoità allumer
> du 4 Avril dernier, en ce
de la Loi
>>
Corps Légifanifin'avoit qu'il y.étoit fuppofé
>> 11 décréter. >
pas eu le droit
dans Ciroyens,ma l'acte.mème réponfe de
&.ma juftification font
que dans lesi Proclamations PAffemblée Coloniale : ainf
que jai-cru devoir --- Page 47 ---
(8) vais vous donner. lefure de
firea ce fijetaJe contre ' moi pour foutenir
ces pièces produites
&jei Crmnmneriemgoyeaemt
cette aecufation, de, défenfe,
autré mayen'
vous ner foyez pas trop étorinés
-: Mais pour que des faits avec T'até d'accufadu peu de rapport
tion,je dois vois-prévenir: la Convention déclaroit qu'il
I°.. Que lorfque moià accufation fur ce fait,
yavoit lieu contre aucune des deux pièces fur lefelle ne poflédoit
quelles elle repole. PAffemblée 1 Coloniale, par cet ade
émâné 120, Que d'elle le 27 Mai 1792, loin de provoquer déclare
la détobéiffance à Jall Loi dul 4 Avril, Ae
formellement qu'elle s'y: foumet.
les
3'.Et pour éviter toute confufion, exd
Coloniale, pour
Attr
Arrérésdel l'Aflemblée
cutoires 2 avoient befoin de mon approbation;
&
conféquent de : ma fanction; diclaration mais T
salrs dont il-s'agiti in'étant qu'une,
à la
fes fentimens, & une promelfe de da Joumilfior
Loi nationale, & émanée de
Légilature;
n'étoit pas du nombre de ceux pour lefquels ilm'a
étoit nécellaire ;
mon epmatatiansjformell fourni Toccafion de faireune Proclafeulement mation. Deux jours après le Décret m'arrivas devoir,
& je le promulguai fur-le-champ d'une sje feconde crus Proaccompagner. L'un fa publication & Pautre. de ces aêtes ne mériclamation. teroient que des éloges , fi la fatisfattion que
Thomme de bien éprouve: loriqu'ita remplitous
fes devoirs avec eficacitér ne devoit pas luifafire. cette
* Loin de trouver dans ces défobéidance Proclamations à la Loi
provosation direôte à la
remate
dontonn'apas somgidemtacaubryvomys
crus Proaccompagner. L'un fa publication & Pautre. de ces aêtes ne mériclamation. teroient que des éloges , fi la fatisfattion que
Thomme de bien éprouve: loriqu'ita remplitous
fes devoirs avec eficacitér ne devoit pas luifafire. cette
* Loin de trouver dans ces défobéidance Proclamations à la Loi
provosation direôte à la
remate
dontonn'apas somgidemtacaubryvomys --- Page 48 ---
C44)
pirer. euerez, :.
du Citoyens; que chaque' mot tend à inf
refpeét pour cette Loi
tendue 2 hélas ! depuis trop
bienfaifante,at à
tous les Citoyens autour.d'elle, long-tems; & à affurer rallier fon
empire par l'oubli de toutes les divifions intef
tines,
Je vais vous donner leéture de ces piéces.
1.Délibération del'Aflemblée
dans fa féance du 27 Mai, 1792. colonialc,prife
K L'Affemblée coloniale de la
5 de Saint-Domingue, dès les partie Françoife
> de fa formation, a annoncé premiers momens
: des 5, 6 &c' 14 Septembre
par fes arrêtés
> tions ou elle. étoit d'accorder dernier, les difpofi2 couleur tous les droits
aux hommes de
> tice & l'intérêt des Colonies politiques que la juc
* leur concéder.
permettoient dé
>> L'Aflemblée nationale conftituante
> flatué ces droits par un Décret du , ayant
>> 1791, PAffemblée coloniale déclara 15 Mai
> arrêté du 20 Septembre
par fon
>> s'oppoferoit point à l'exécution fuivant, de qu'elle ne
>> dès linftant qu'elle feroit officiellement cette Loi,
9 mulguée; & qu'elle s'occuperoit à
% l'état de
odibter
cetix qui n'étoient point
> fes difpofitions.
compris dans
d >>. Depuis cette époque, PAffemblée
> confituante, par fon Décret.
nationale
> du 24 Septembre 1791,
conftitutionnel
5 28 du même mois, comme accepté le par le Roile
> la Conftitution
complément de
> femblées coloniales Françoife, a délégué aux Af
aétuellement
9 à celles qui leur fuccéderont, le droit exiftantes de &
noncer. exclufivement fur l'état pelitique prcs des
d >>. Depuis cette époque, PAffemblée
> confituante, par fon Décret.
nationale
> du 24 Septembre 1791,
conftitutionnel
5 28 du même mois, comme accepté le par le Roile
> la Conftitution
complément de
> femblées coloniales Françoife, a délégué aux Af
aétuellement
9 à celles qui leur fuccéderont, le droit exiftantes de &
noncer. exclufivement fur l'état pelitique prcs des --- Page 49 ---
(45)
libres; PAffems
S> hommes de couleur &c.negres cen'elt que dans un
* blée, convaincue calme & de que tranquillité que les Loix
P: état de être faites, &
peuvent s'exé-
>>
doivent
également. qu'elles qu'il importoit
>> cuter; hommes convaincue de couleur & negres libres,
3 aux
fur-leurs droits
>> la-Loi qui prononceroit être
l'effet
la
E
* tiques, ne pht
fuppofée s'emprefla de dé-
& de # révolte,
# contrainte fon arrêté du Novembre dernier,
9 clarer par ftatueroit fur Atd politique des hom9. qu'elle de couleur & negres libres, dès linftant-
> mes. auroient mis bas les armes.
> qu'ils difpofitions bienfatfantes n'ayant pas eu
n.Ces
avoient le droit d'en atten*
# le. fuccès qu'elles s'étoit déterminée à employer
> dre,1 T'Affemblée
lui reftoit, pour ramener
> le dernier
couleur qui & negres libres àlor
>> les hommes
Largen
& àla raifon : en conféquence, elle avoit
s dre
définitivement fur leur
# arrêté de prononcer - & fa décifion eût remplil'efet
# état politique fans bleffer les convenances
s de fes promelies,
* locales >.
qu'elle avoit nommée pour
>, La Commiffion.
fur les objets foumis à
99 lui préfenter un plan avoit fait fon rapport;
> fon pouvoir legalatif, avoit prononcé. fur le fort
> déjà PAfemblée &, depuis plufieurs jours, la
? des efclavess. étoit ouverte fur. l'état politique.des
-99, difcuffion hommes de. couleur & nègres libres 2 lorfque
a été inftruite 2 d'abord. par les
2> PAflemblée
enfuite par une lettre de fes
n papiers publics, auprès de PAflemblée nationale
9>. Commiflaires TAflemblée nationale logilla
P) & du Roi, rendu,. que
le 24 Mars dernier.. un
P tive: aveit
it ouverte fur. l'état politique.des
-99, difcuffion hommes de. couleur & nègres libres 2 lorfque
a été inftruite 2 d'abord. par les
2> PAflemblée
enfuite par une lettre de fes
n papiers publics, auprès de PAflemblée nationale
9>. Commiflaires TAflemblée nationale logilla
P) & du Roi, rendu,. que
le 24 Mars dernier.. un
P tive: aveit --- Page 50 ---
(46)
M Décret qui 'prononce fur Tétat
* hommes de couleur & negres politique des.
>> ce Décret avoit été fanctionné libres, & que
s. Avril fuivant.
par le Roi les
>- Quoique ce Décret foit
s contraire aux difpolitions de diamétralement la loi
*, tionnele du 28 Septembre.
conftitu-
*: l'affemblée coloniale. ne voulant 1791, néanmoins
9> mettre, par la réfiftance, le falut pas des compro-
> Saint-Domingue, qu'il
reftes de %
> à la France, puifque fon importe. commerce de conferver
9 tance de fix millions d'hommes
& lexif-
>> tierement fur leur
repofent en+
> pas non plus mettreeno confervation; la ne Voulant
9 a ler droit de, faire, avec oppofition la décifion loiqu'elle
> émanée de PAfemblée nationale,
qui'eft
9 deice conflit d'autorité pourroient parce que
> divifions & des
naitre des
défordres, qui
> la ruine de cettel malheureufe Colonie, accéléreroient 21
>.. L'Aflemblée déclare- qu'attendu la connoif 41
> fance certaine qu'elle a. du Décret de
>> blée nationale légiflative, du 24 Mars l'Affem-
>> fanétionné par le Roi, le Av vril
dernier, elle
>> s'abflienede prononcer
politique fuivant, des hom-
>> mes
SAPTAA
de coileur & Negres librès, 6
RE-
>>
QU'ELLE
CONNOFFLANECESITE DESES
>> VOLONTÉ
SOUMETTREALA
EHPAOESRIEMAMORES DU
>> lofqu'elle lui fera officiellement notifiée. Roi,.
> L'Aflemblée. a arrêté
la préfente déclas
>>. ration fera imprimée; invtic M. le Lieutenant
>> au Gouvernement général à la faire
9> dans toute la Colonie; à l'adreffer à publier toutes
>> les Affemblées
adminiftratives 9 quidemeurent
9: chargées de la notifier aux. Municipalités de
? lcursarrondifemens & linviteen outreà faire
qu'elle lui fera officiellement notifiée. Roi,.
> L'Aflemblée. a arrêté
la préfente déclas
>>. ration fera imprimée; invtic M. le Lieutenant
>> au Gouvernement général à la faire
9> dans toute la Colonie; à l'adreffer à publier toutes
>> les Affemblées
adminiftratives 9 quidemeurent
9: chargées de la notifier aux. Municipalités de
? lcursarrondifemens & linviteen outreà faire --- Page 51 ---
( 47)
- une Proclamation pour ordonner aux Hommesi
>> de couleur & Negres libres. de rentrer dans
>> lordre, s de fe réunir aux
>> . Paroifles
Blancs dans leurs
relpectives, pour faire ceffer larévolte: -
>> des Efclaves.
> L'Affemblée nomme MM.
:
Gaurlt,
5> Cadufch, Favaranges, Dumas & Gauvain Brulley ;
>> Commiflaires aupred-M.ipliesomam: au
s
> vernement
à l'effet de lui
gou-
> : la prefente déclaration. géneral,
remettre's
>> Fait & arrêté en féance. 2 les jours
> & ans que deffus. Signé Lux,
"2 mois"
>>
Préfidents de
Rons.Viec-Premuens: Gouin,
>> din &c Michel, Secrétaires,
Lafuge, Bou-:
>> Collationné Poitevin, Garde des Archives>.
Je ne puis, Citoyens, vous laiffer ignorer le,
que le Commifaire ' National civil
Porté de cette
dans
Re
à la
piece
fon rapport,
Convention, en date du 29 Janvier,
fecond de la République.
Tan,
Son patriotifme n'a point été fufpeaé; - il nous: :
démontrelui-môme quil étoit impoffible
le
fut, en nous apprenant 4
qu'il
>. miffion il ne falloit pas avoirles qu'à l'époque de fa:
>> juiqu'alors, pour s'être chargéd d'un préjugésadmis;
>> pendant du pouvoir exécutif,
emploi avoir dé-:
)
>) autorifé par le Roix.
fansy
été:
Eh bien, Citoyens, voici comment ce Républicain, qui, dans ce rapport; n'a pas diffimulé
fes propres fautes, s'exprime relativement: à cette:
délibération prife le 27 Mai par PAflemblée Coloniale.
:
<- Cette Affemblées, dit - il, ramenée
5 fuite des événemens, & fans doute auffi par la"
par
du pouvoir exécutif,
emploi avoir dé-:
)
>) autorifé par le Roix.
fansy
été:
Eh bien, Citoyens, voici comment ce Républicain, qui, dans ce rapport; n'a pas diffimulé
fes propres fautes, s'exprime relativement: à cette:
délibération prife le 27 Mai par PAflemblée Coloniale.
:
<- Cette Affemblées, dit - il, ramenée
5 fuite des événemens, & fans doute auffi par la"
par --- Page 52 ---
> fes propres
7 A des
>
cutal
d'elle, effaça d'un feul traitt tous ptincipes les torts dignes
>> avoit eu 3 & facrifiane au falut de la qu'elle Colo-
> nic,. comme à Jon refped pour
> Nationale, fes préjuges, fes principes LAfemblée & fes
>> C paffions, elle déclara, le. 27. Mai
fe
>>
qu'elle
A foumettroit à la Loi du 4 Avril. Il, eft certain
92.. que la moindre répugnance exprimée par
52 en cette occafion, eût donné fource à un elle,
> rent de fang, qui, du Cap, fe feroit
tor-
> fur toute la-futrface. de la Colonie >. répandu
2°. Voici la Proclamation dont la délibéras
tion que je viens de faire connoître m'a fourni
l'occalion,
K Citoyens Blancs, de la partie
de
> Saint - Domingue, Hommes de Françoife Couleur &
>> Negres libres 2 VOuS tous, habitans de cette
>> trop malheureufe Colonie: aflez, &
5y tems VOS cruelles diffentions ont troplong- la.
>> flamme & la dévaftation dans VOS riches porté
> fcffions, la mort & le deuil au fein de pof vos
3 familles 9.
: > La deftruétion, lincendie, le
ont
>X mis cette contrée, jadis fi florifante, carhage, à deux
** doigts de fa pérte, Elle n'offre déjà plus, fur
> L. unegrandep partie de fa furface,que desruines&
>. des monceaux de cendres; le refte eft
à
prêt
éprouver un fort aufli funefte.
>, . La perfidie de vos cnnemis , cés infâmes
% auteurs de vos maux, qui ont foufllé & ne
9A ceffent d'alimenter le feu de la difcorde parmi
>). vous 2 l'a emporté jufqu'à préfent fur les
> confeils de la raifon, 2 fur. mes preffantes &
b fréquentes fcllicitations. Animés du feul
s defir de fatisfaire leurs Paffions avides &c
>> féroces 2
perfidie de vos cnnemis , cés infâmes
% auteurs de vos maux, qui ont foufllé & ne
9A ceffent d'alimenter le feu de la difcorde parmi
>). vous 2 l'a emporté jufqu'à préfent fur les
> confeils de la raifon, 2 fur. mes preffantes &
b fréquentes fcllicitations. Animés du feul
s defir de fatisfaire leurs Paffions avides &c
>> féroces 2 --- Page 53 ---
(40)
5 > féroces, les cruels orit fafciné vos yeux. ; ils
ont abufe du beau nom de la régénération de
> l'Empire; ils l'ont fait fervir de
>> exciter & prolonger parmi vous Prétexte les haines pour
> &c les vengeances pour vous porter: aux excès
>> les plus coupables ? comme fi le défordre &
>> le.crime devoient jaillir d'unef fource
>. &1 pouyoient produire un inftant de
> ils ont femé dans vOs
ASE:
efprits la crainte. & la
>> défiance contre toutes les autorités
9 ils vous ont fait oublier, en Ln
légitimes; que, nous
>> Jommes LOILS freres 6 Frangois, que, mots nous deyons
> tous être Lnis 6 Joumis à la Loi.
> Au milieu du choc des intérêts & des
> nions qui vous divifent, tandis que les Efclaves opi-
>> révolréscontinuent de ravager vOS
>> encore un pas.,. encore un fuccès campagnes, de la
>> des, monftres qui vous égarent & la ruine part
>> de la Colonie eft confommée fans > retour.
> Arrêtez-vouis, braves. Colons, & vous
>> hommes de Couleur & Negres libres, fur
>>
ie
bordde Tabimeque vous
>>
crenieadevospropres
mains, & qui ne peut mânquer de finir
> vous engloutir tous également.
par
>> tandis qu'il peut en êtrc tems Réfléchiffez, encore
>> les fuites affreufes de vos querelles inteltines; 2 fur
K écoutez enfin je vous en conjure, pour la
> derniere fois, h voix, trop long-tems mécon-
> nue du repréfentant de votre Roi. (Icije dois
préyenir de nouveau mes auditeurs 2 que i'itois
a cette - époque le, repréfentant du ci-devant Roi :
que je ne pouyois parler & agir qu'en fon nom ;
que j'ezxergois. provifoirement dans la Colonie les
fondions attachées à la royauté dans toute la
Erance, Yous 72e pourrier donc 2 cinong Jans
ix, trop long-tems mécon-
> nue du repréfentant de votre Roi. (Icije dois
préyenir de nouveau mes auditeurs 2 que i'itois
a cette - époque le, repréfentant du ci-devant Roi :
que je ne pouyois parler & agir qu'en fon nom ;
que j'ezxergois. provifoirement dans la Colonie les
fondions attachées à la royauté dans toute la
Erance, Yous 72e pourrier donc 2 cinong Jans --- Page 54 ---
une extréme injuflice, (5o) bien
Étre choqués des expreffions eloignie dont de vos caeurs,
alors atégard d'une des
je me fervois
tituées;
premieres autorités confj'obéifois aux loix auxquelles
Joumis a cette époque. Sije n'avois a nous étions
que quelgues palfages de cette Proclamation vous citer
paferois Jous plence ces mots de
, je
que la République doit efracer Roisde rayauté
vous ayant annoncé, Citayens, par-tour ; mais s
faire connoitre cette piéce telle que j'allois vous
dans la forme que jai di lni donner qu'elle exife, &
o elle a paru 2 je ne puis en rien dansle temps
comme je n'aurois pas le droit
rien retrancher, s
Je vais done, Citoyens
d'y
Juppleer.
oije parle du Roi, 6 continuer > reprendre cette phrafe
a vous lire de cette
ce qui me refe
>> vous en conjure Proclamation.) la voix
> Ecoutez,je
>> connue du repréfentant de trop long-tems mé-
>> Roi fi bon, fi fenfible, & votre dont Roi, de ce
97 ternel eft fi cruellement &
fi le coeur pa-
>> déchiré par votre
depuis long-tems
>> heurs,
méfintelligence & vos mal-
> Voici le moment, ou
de
5) à fes tendres follicitudes jamais, à
mettre fin
> rendant le repos à Ia Colonie. votre égard, en
* L'Affemblée Nationale voulant
>> hâter ce moment fortuné
fans doute
>> titudes fur l'état politique des qui fixera les incer-
> leur & Negres libres, & fera hommes de Cou-
>> & les défordres
ceffer les troubles
>> nion à
auxquels les divifions
ce. fujet, 9 ont
d'opi-
#> lieu jufqu'à
malheureufement donné
2> ment, le préfent 2 a prononcé définitive-
>> tante
24 Mars dernier , fur cette imporqueflion, par un Décret
>. fanctionné le 5 Avril fitivant, Cette qute le Roia
Loi, dont
> leur & Negres libres, & fera hommes de Cou-
>> & les défordres
ceffer les troubles
>> nion à
auxquels les divifions
ce. fujet, 9 ont
d'opi-
#> lieu jufqu'à
malheureufement donné
2> ment, le préfent 2 a prononcé définitive-
>> tante
24 Mars dernier , fur cette imporqueflion, par un Décret
>. fanctionné le 5 Avril fitivant, Cette qute le Roia
Loi, dont --- Page 55 ---
a l'exiftence eft
(51 )
>
pofitive, ne peut tarder à m'être
envoyée, 2 & l'Aflemblée
l'a
>>
Coloniale
reçue de Francep par fes Commiffaires.
déjà
>> En conféquence cette Afemblée
> l'Arrêté fage dont je me hâte de vous a pris
> part, d'après l'invitation qu'elle
faire .
> Elle connoit la Loi, elle la
m'en 6 a fait.
> de sly foumettre aiffitôt relpede, promet
> guée. Teleftlexemple qu'elle Jera promul-
>> tel eft le devoir
que vousavez à fuivre;
>> fentans.
que VouS diétent vos Repré-
>> L'Affemblée Nationale a décrété
>> tems que trois nouveaux
en même,
> feroient inceffamment Commiflaires civils
>> forces 9 afin
envoyés avec des
> &de rétablir d'affutrerlexécution l'ordre & la
de cette Loi,
>> Françoife de Saint-1 Domingue. paix dans la partie
>> En attendant que ces.
9 tuent, quel prétexte vous dilpofitions s'effec-
> Blancs, & vous, hommes refteroit-il, de Couleur Citoyens
> libres, pour continuer vos'aétes de & Negres
>> les uns contre les'autres? La,
violence
>> Nation entiere va être
volonté de la
> publiée. Celle de la Colonie, légalement énoncée connue &
> Repréfentans, eft d'y obéir.
par vos
> S'ils firfpendent toute délibération
> caufe de vos débats, fiufpendez donc auffi fur la
> hoftilités, Au nom de la Patrie en
vos
>> dont chaque jour aggrave les
danger, &
> refpeéivement bas les armes, plaies 9 mettez
>). niffez les pour-m marcher
9 ou plutôt réu-
>> ennemis,
contre vOs véritables
2 pour diffiper les
* révoltés.
attroupemens des
> Que la confiance la plus
2 le befoin de faire ceffer des entiere, fondée fur
maux qui vous
D 2
auffi fur la
> hoftilités, Au nom de la Patrie en
vos
>> dont chaque jour aggrave les
danger, &
> refpeéivement bas les armes, plaies 9 mettez
>). niffez les pour-m marcher
9 ou plutôt réu-
>> ennemis,
contre vOs véritables
2 pour diffiper les
* révoltés.
attroupemens des
> Que la confiance la plus
2 le befoin de faire ceffer des entiere, fondée fur
maux qui vous
D 2 --- Page 56 ---
(32) )
5> font communs, préfide à cette réunion.
>> du'n moins des malheureufes
Tirez
*, vous ont fait, par erreur, circonftances vos qui
>> contre vOs freres ,
effayer de les forces
>>
affez pour êtresûrs del Tavantage
eftimer
>> . combattrez fous les mêmes lavidoire, lorfque vous
> ces généreux champions, qui, drapeaux. Telsque
>> un) moment ennemis, oublient aprèsa avoir été
> bat la caufe qui
après le com-
>> eux les doux liens tlaprowoque, d'une amitié & ferrant entre
> fe prêtent mutuellement fecours, filun fraternelle,
>> eft attaqué, & favent que leurs bras d'eux
9> font invincibles,
réunis
>. Le fort de' cette Colonie va donc
> être entre vos mains, & ne dépend déformais
> de la conduite que vous allez tenir. plus que
> Jur-toue > chefs des partis
Cofvois >
>> re/ponfables des évènemens. oppofés La France , qui ferez
>> alesyeux ouverts fur vous: ; elle
entiere
*> doutet pas, de nouvelles infradions vengeroit, n'en
>> Hâtez-vous de rendre la paix à cette afes Loix,
>> Colonie: hâtez-vous de réparer les infortunée
> lui ont fait VOS funeftes divifions, maux que
>, Ce font les voeux que je forme fans
9. pour la profpérité de ce pays. S'ils ont ceffe
>> impuiffans juiqu'à cejours je me flatte encore été
9). quils vont être exaucés; je me flatte
>> confolation de vous voir heureux,
que la
>> calamités, nemefera pas plus
après tantde
> J'ai befoin de cette
long-tems refufée.
>> le; poids de mes follicitudes, d'en pour
>>
voirl la
REe
lité,
PRTS
diffiper des. fouvenirs douloureux.
> Saters à me perfuader qute les
> couleur &cNègres libres,
Hommes de
* tifier les cfpérances
semprefferont lar
de juf
que Nation & le Roi
que la
>> calamités, nemefera pas plus
après tantde
> J'ai befoin de cette
long-tems refufée.
>> le; poids de mes follicitudes, d'en pour
>>
voirl la
REe
lité,
PRTS
diffiper des. fouvenirs douloureux.
> Saters à me perfuader qute les
> couleur &cNègres libres,
Hommes de
* tifier les cfpérances
semprefferont lar
de juf
que Nation & le Roi --- Page 57 ---
*
(s)
ont fondéfurleur patriotifine, leiri foumiffion
>> &c leur dévouement; qu'ils n'héfteront
>> à fc réunir de bonne-foi à tous cetix qui
>>
R
firent de fauverles débris de
>
& de contribuerà fa profpérité Saint-Domingue, future; &
-
5> loin d'avoir. à diffiper des rebelles armés contré que
> la loi, il ne me, reltera que la fatisfaction d'an-
>> noncer à l'Affemblée nationale & au Roi, le
> fuccès des mefures cu'ils ont adoptées
le:
>> falut &c la: confervation de cette précieufe pour
> portion de FEmpire françois.
>> En conféquence, nous ordonnons aux hom5s mes de Couleur & Nègres libres, de rentrer'
>> dans Fordre, & de fe réunir aux Blancs dans
> leurs paroides refpedives,pour faire ceffer la
>> révolte des efclaves >,
Au Cap,ce28Ma1:792
Sigré BLANCHELANDE.
Voici la feconde proclamation dont j'accompagnaila promulgation de cette Loi du 4 Avril,
au, momentméme ou elle m'arriva,
. : Je ne vous préviendrai plus, citoyens, que
c'eft au nom du ci-devant roi que ly parle: je
vous ai déja cbfervéque les Loix m'avoient
demanière à
placé
ne pouv ir agir, qu'au nom dés autorités réunies del PAffemblée Nationale & du cidevant roi.
*
wJ'ai annoncé hier à tous les habitans de ia
partie Françoife de Saint - Domingue, par la
Proclamation dont j'ai accompagné P'envoi de'
PArrêté de l'Affeinblée Coloniale, du-272 fir
Finvitation qui m'en a été faite par cette Afembléegr qu'ili.e exiftoit une Loi concernant l'état
D3
pouv ir agir, qu'au nom dés autorités réunies del PAffemblée Nationale & du cidevant roi.
*
wJ'ai annoncé hier à tous les habitans de ia
partie Françoife de Saint - Domingue, par la
Proclamation dont j'ai accompagné P'envoi de'
PArrêté de l'Affeinblée Coloniale, du-272 fir
Finvitation qui m'en a été faite par cette Afembléegr qu'ili.e exiftoit une Loi concernant l'état
D3 --- Page 58 ---
politique des homimes (54) de couleur &
libres, laquelle venoit
Negres
& ne pouvoit tarder d'êtrexendue de m'être
en Frances
ciellement.
envoyde offi-.
A
Cette: Loi, décrétée
nale,le 28,Mars dernier, par ;8 T'Affemblée fanéionnée NatioRoile 4 Avril fuivant, vient en effet
par le:
venir, fur
avec ordre de Sa Majefté del deme par-;
le champ, & d'en maintenir lapromulguer
Elle déclare
Ies hommes l'exécution. de couleir
Negres libres
&
jouir, 5 ainfi
atents
lons. blancs, de l'égalité des droits que les Co-:
détermine les mefures convenables à politiques; cette
polition, ainfi qu'au rétabliffement de
dif-!
de la : paix; elle prononce
l'ordre &.
de trois Commiflaires
pour cet effet l'envoi:.
fuftifanse. &
civils, dune force.armée.
Gardes
compofée en. grande partie de
nationales, avec des fecours
pour fubvenir-mux befoins.de la.Colonic. pécuniaires
nationale Aprèsla déclaration authentique de la volonté
conformer, 7: & après l'ordre formel du Roi des'y
Citoyens blancs, de
Pourrions-nous pourrions-nous refitfer de nous Sainn-Dominges y foumettred,
çois, & que nous cublier avons que juré nous d'être fommes FranNation, à la Loi & au Roi? C'eft tine fidèles à la
paflive que cette Loi demande: le devoir obéifance
donne, & votre propre intérêt Féxige
Porfement. Cette Loi contrarie à la vérité impérieunions accréditées, mais eile nous offre des opide ralliement devenn indifpenfable un point
ferver de fa deftruétion entière cette pour préColonie. Confidérez P'état
infortunée
ment &. de fubverfion oùt d'anarchie, ce pays eft d'épuifeguelqnes jours encore, & fa ruinc.alloit infaillis réduit; ;
& votre propre intérêt Féxige
Porfement. Cette Loi contrarie à la vérité impérieunions accréditées, mais eile nous offre des opide ralliement devenn indifpenfable un point
ferver de fa deftruétion entière cette pour préColonie. Confidérez P'état
infortunée
ment &. de fubverfion oùt d'anarchie, ce pays eft d'épuifeguelqnes jours encore, & fa ruinc.alloit infaillis réduit; ; --- Page 59 ---
blement être confommée (55 fans )
nionde tous les partis, franche, retour; une fétis
qte la Loi la prefcrit, peut le fauver. fincère, & telle
C'eft fur-tout votre civifme, votre
braves & loyaux Colons, que
générofité,
moment, att nom du meilleur des j'invoque, du en ce
tendre des peres. Il vous invite, Rois; plus
à'rendre la paix & le bonheur à ceite par ma voix,
reufe contrée, par uné foumiffion parfaite malheu- à
Loi quivous eft adreffée. Vous ne
la
le coeur paternel de cel bon Roien déchirerez pas
rendre à fon
refufantdevous
a
invitation. Et fi votre ftireté
fonnelles de
celle de vos femmes, de vos
pervOs propriétés, vos intérêts les
enfans,
enfin vous preferivent cette démarche, plus chers
d'avance qu'un motif plus
2 je fais
fentiment plus délicat de refpeét pur & encore, d'amour qu'un firffit
pour. vous y déterminer.
Et vous, Hommes de couleur
que cette
&Negres libres,
Loisecoanoir@gancanx) Blancse sendroits
politiques, de
vous vous montrerez
de
CC droit, par une exaéte obéiffance dignes aux jouir
& vous n'oublirez jamais ce que doivent à Lois, leurs
peres, à leurs bienfaiteurs, des enfans fenfibles &c
reconnoiffans!
Ainfi, de ce moment, qu'une réconciliation
loyalé réunifierous les partis; que toute hoftilité,
souteinjtro,route & inflammatoires menace, ;1 toutes voies irritantes
formé fans les ordres cefient; des alttorités que tout attroipement
nelles, &cqui auroit un autre but conftitutionou faire cefer la révolte des efclaves, que fe d'afrêter
Pinftant même; que chacun rentre
fépare a
dans fes foyers, ou fe rende dans les camps paifiblement établis
potriaflucascommung Telles font les intentions"
souteinjtro,route & inflammatoires menace, ;1 toutes voies irritantes
formé fans les ordres cefient; des alttorités que tout attroipement
nelles, &cqui auroit un autre but conftitutionou faire cefer la révolte des efclaves, que fe d'afrêter
Pinftant même; que chacun rentre
fépare a
dans fes foyers, ou fe rende dans les camps paifiblement établis
potriaflucascommung Telles font les intentions" --- Page 60 ---
de L'affemblée nationalé; (56) tellès font celles d'un
roi , qui ne defire gue le bonheur dé tous les
François, &ct telsfontles ordres queje vousadrefle
en leur nom, & en vertu des pouvoirs
me
font confiés.
qui
Jaime à croire que tous les habitans de cette
colonie vont Je ranger enfin Jous les autorités
légitimes. Je me perfuade que lamour déla
excitera leur empreffement à exécuter ce patrie commandement, & leur fera dévancer, par LL12 de
vouement Jers bornes à la loi 2 & par une réunion franche, ipontanée, Parrivée des commiffaires civils, & celle de ces' zélés patriotes,
s'arrachant de leurs foyers, tràverfent les mers qui
avec un courage héroique, pour voler au fecours de la colonie; enforte que toutes les forcès
mationales,rmafienbies fous les mêmes
n'auront plus à être dirigées que contre drapeaux; Pennemi
commun, dé manièreà detruire, en peu de temps,
jufqu'au moindre germe de la révolte, &
f'Aflemblée Nationale & le, Roi auront la
faction
Calic
d'apprendre, que les mefutres
leur fageffe, pour le jalut de ce pays, ont eu
fuccès. qu'ils ont dû
sarE
en attendre.
Mais, fi par malheur il en étoit autrement, 2
je dois prévenir que le bras de l'autorité va étre
févèrement armé contre guiconque oferoit -
pofèr ozi fisfeiter quelque empéchement a Pexi- opcution légale. qui m'ef: commife. Il m'eft
de l'annoncer: Je detire &cj j'eipère; que je enjoint naurai
pas la douleur d'être obligé d'employer, à ce
finiftre
les forces dont le commandement
m'eft TALEN
Au Cap, ce 29 Mai 1792.
Signé BLANCHELANDE
tre
févèrement armé contre guiconque oferoit -
pofèr ozi fisfeiter quelque empéchement a Pexi- opcution légale. qui m'ef: commife. Il m'eft
de l'annoncer: Je detire &cj j'eipère; que je enjoint naurai
pas la douleur d'être obligé d'employer, à ce
finiftre
les forces dont le commandement
m'eft TALEN
Au Cap, ce 29 Mai 1792.
Signé BLANCHELANDE --- Page 61 ---
()
Citoyensvoilà près de fix mois quejefisprive
demalibertélen voila quatre que jepafentermé
dans les prifons.
del'Abbaye lje n'ai point
mérité ces traitemens humilians &i rigoureux. Ce
nuanposmirneieataiioite charger defers &clivrer
CettAlemblescolosiale
en criminel devoit àlajuftice. fixer fes regards & qui mérite toute
2e animadverfion. Ce font les meneurs de cette
Affemblée & les faétieux qu'elle. renfermoit dans
fon fein qu'on auroit du décréter d'accufation.
Elle eft la caufe premiere, la caufe principale de
tous les maux de Saint-Domingue. Inftituée
avec
la
de cette
rCUL
amener
fageffe régénération des abus
le tems
lonie, par T'anéantiffement
que
introduit dans toutes! sles inftitutions deshommes;
appelée à remplir le plus faint des miniftères,
celui de préparer la Conftitution
pouvoit
convenir davantage aut caraétère de 1 habitans,
à leurs intérêts préfens & futurs ; à pourvoir par
des réglemens fages, aux befoins du moment, au
lieu de tout bouleverfer, fans s'occuper de rien
remplacer, elle femble n'avoir mis d'importance
qu'a ufurper, dans cette feétion dela France, la
même puiflance, les mêmes droits, qui n'appartiennent qu'auxi Repréfentans de la Nation entiere.
Elle a paralifé chaque partie de PAdminiftration en difpofant direêtement des fonds publics :
en tirant fans-ceffe fur France.
dans
Elle a fupprimé les) Etats-Majors sdesplaces
le tems précifément oût ces officiers auroient pu
rendre à la Colonie, les plus fignalés fervices.
Elle n'aj jamais eu egadatsicpréfontstiote que
javoisle droit delui faire, & c'eft fans fuccès que
j'ai rempli ce devoir auprès d'elle.
Dans tous les tems je l'ai preffée, je l'ai folli-
en tirant fans-ceffe fur France.
dans
Elle a fupprimé les) Etats-Majors sdesplaces
le tems précifément oût ces officiers auroient pu
rendre à la Colonie, les plus fignalés fervices.
Elle n'aj jamais eu egadatsicpréfontstiote que
javoisle droit delui faire, & c'eft fans fuccès que
j'ai rempli ce devoir auprès d'elle.
Dans tous les tems je l'ai preffée, je l'ai folli- --- Page 62 ---
citée verbalement & (48) par écrit, de
T'étatpolitique des hommes de Couleur prononcer fur
libres, Si elle l'eût fait, comme elle & Negres
droit, dès le mois de Septembre
en avoit le
mes de Couleur, alors fe fuffent 1791, les hompour rétablir T'ordre parmi les jointsaux Blancs,
réunion eût empêchéles aflaffinats Efclaves, &. cette
qui ont été commis, & les malheurs, fans nombre,.
vitables de tant de crimes,
fuites incQu'on life le Journal de fes
verra les débats & les motionsles Séances ! On
res contre tous les
&
plus
CRLOLZ
confiance & de Pautorité agens de les la dépofitaires de la
la Colonie, contre les Commiffaires Métropole dans
civils, dont elle a contrarié ou
nationaux
tions, & détruit Fautorité, touchant dirigé les la opéramifion
Hethaoenradatisss libres de Couleur,
en faveurdesciroyens
Légiflative,
contre l'Affembléc Nationale
dontellaof@comtofert
s'arrogeant fcs pouvoirs dans plufieurs lautorité, en
tances. , enfin contrela France entiere, circonfauroit
dont elle
fa puifiance. ERgman/lubaneamenbidiy n'eût craint
Jai du, citoyens, vousdémontrerc
deux tenues d'une aflembléc.
combien les
lonie qui ont eu fuccelfivement générale dela Ccrendues coupables. La premiere, lieu, s'dtoient
nom d'Aflemblée de
connue fous le
long-tems dans l'opinion Sms-Nlace,eljegee dcs
depuis
celle qui lui a fuccédé éprouve perlonnes le même éclairées;
cela eft jufte & elle a dis s'y attendre. Accufée! fort:
d'avoirfuivi des faéteux Fimpulfion de la première ou plutôt
dans les
qui, f'ont fubjuguéc, & notamment
rapports faits à la France,
miffaires Mirbeck, .
Saint-Léger
pari fes Com-
&cRoume, les 26
lace,eljegee dcs
depuis
celle qui lui a fuccédé éprouve perlonnes le même éclairées;
cela eft jufte & elle a dis s'y attendre. Accufée! fort:
d'avoirfuivi des faéteux Fimpulfion de la première ou plutôt
dans les
qui, f'ont fubjuguéc, & notamment
rapports faits à la France,
miffaires Mirbeck, .
Saint-Léger
pari fes Com-
&cRoume, les 26 --- Page 63 ---
(59)
derniersilfufft
Mai & 2 Juin 17922 &cagJanvier font mérités,
pour. réconnoitre fi ces émanésd'elle. reproches Cependant
deles comparerauxkades accufe, même furla foi de témoignages
authentiques, lorfqu'on
il eft confolant d'avoir à préfenter
-TSLTASIEer devoirfacréje
doisdoncvous dire quel'une &clautre. Affemblée, hom-
&cfur-tout la feconde, poffédoient plufieurs
mest très-vertueux: & beaucoup de bons citoyens,
en vousles nommant,la
EETATASR
potenudhemjdgmmntienone douce fatisfaétion, maisje ne voudrois ometplus
& le nombre en eft G
b
tre le nom d'aicun d'eux,
grand, qu'ilsfurent AdpemiaNaenrens du
des amis de l'ordre.
fous la qualification parti fuccès; ilfe flatta plus
Ileut quelquefoisde d'obtenir. grands la
il tint
d'une fois,
prépondérance; aux
conftamment tête aux mal-intentionnés;
agitateurs, aux ambitieux, &cloin defe plaireau
milieu des ruines de T'Edifice Social & des malheurs publics, comme il arrive à ceux
chent leur fortune ou leur
refpeda
LETRES
toujours dans fes opinions, tout ce qui pouvoit Si
fervir d'obitacles aux défordres de Panarchie. infruc:
les efforts de ces hommes de bien furent furent toutueux, c'eft que la fageffe & la vertu
joursen minorité furla terre.
démontrer
Mais c'eft trop m'attacher à vous
lacaufede moninfortune préfente : ma confcience
rien ; la calomnie feule me pourne me reproche comme ma conduite publique,
fuit. Ma vie privée
Jattends avec férepouffent toutes fes attaques. la juftice dont
curité, deslumières. sde mesJuges,
leur intégrité me répond.
A PARIS, de MImprimerie deN. H.NTox,ruc-Mignan.: 1793. --- Page 64 ---
C 793
08-12
HTd --- Page 65 --- --- Page 66 ---