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Ageb
Habit darter ibrolun
Cilinry
Erun lhinersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
CORPS LEGISLATIE
me
CONSEIL DES CINQ - CENTS.
DISCOU d RS
DE VILLARETJOYEUSE,
Député du Morbihan ;
des Colonies & les moyens
Sur Pimportance
de les pacifier.
Séance du 12 Prairial an 5.
REPRESENTANS DU PEUPLES
L'HONNEUR que vous m'avez fait de me nommer le devoir membre de
de votre commilion des colonies défiançe 2 m'impofe m'euffent fans
vaincre la timidité 3 la jufte
qui illuftrée chaque
doute toujours éloigné de cette tribune,
jour par tant de talens.
a --- Page 6 ---
Vous avez penfé probablement que des connoifances
locales, quinze ans de féjour dars ces contrées éloignées,
& tente ans de pratique dans lu marine, pcuvoient en
cctte circonfarce, fuppiéor à Phabitude de la parole: Puille
votre indelgence foutenir mes premiers pas duns une carridre, fi nouvelle pour moi !
il importc peit êure que je le déclare ici peur ceux
indignes de croire à la vertu 2 cherchent toujours
:
l'intésêt privée ly motif & la rezle Res opinions humaincs.
Je fuis dans une pofition oi limpartialite n'eft
même
un mérite 2 tant cile eft facile : Car n'ai dans
colonies
Ee
je
aucure efpèce de proprié.é.
Mais de plos hau:cs confidérations fe préfentent en foule
à - ma penféc. Notic commercc, notre marine, nos Anahces
fe rattachent par tous les' liensà à-lexiftence & à la profpésité
de nos colonies. Ce foht les dévaftateurs & les bourreaux
de nos colonies qui ont ruiné les cinquante mille familles
qui, dans nos principaux ports,, languiflent faute de iravail;
re font eux qui ont enlevé à nos matelots ces movens
d'inftruétion qui les rendoient les rivaux & les vainqueurs
des marins anglais 3 ce font eux qui ont defléché ces canaux
lefquels la vie &. la. richefie arrivoieut à grands Rois
Ken Nantes, Bordéans, Roten," le Havte'8 Lorient, &
de là fe répandoient dans les veines de la France entière.
Rappeiez - vous , cn elet, les innombrables avantages
que nous retirions de nos colonies 5 rappelez VOLtS que par
elles, depuis 70 ans, notre numéraire avoit été prelque
donbié. En 1726, iln'étoit porté quitreize cents@millions.
Il s'élevoit a deux milliards deux à frelie 48Hons en
1785 & 1786. Faut-il s'en étonner ? chaque année limportation & Texrornation.dedeuiin@gieuplendeovéyicut.jesan: millioes; 4:
la métropole envovoit, tous lcs ans; pomtr 8 mildons, de
marchandifes dent 40 miliions d'objets map/nctixés. Lilc
feule de Saint-Domingue rendgit à laFrance pius-gue quatre
de fcs plus belles provinces. Que Ic genie 6ral, mhultipl
fon gré les gêncs & les entraves quil ciée
inspôts
dgs
edeuiin@gieuplendeovéyicut.jesan: millioes; 4:
la métropole envovoit, tous lcs ans; pomtr 8 mildons, de
marchandifes dent 40 miliions d'objets map/nctixés. Lilc
feule de Saint-Domingue rendgit à laFrance pius-gue quatre
de fcs plus belles provinces. Que Ic genie 6ral, mhultipl
fon gré les gêncs & les entraves quil ciée
inspôts
dgs --- Page 7 ---
mette jufque fiar l'air que refpire Un
indirechsm quilica combleroit - il un pareil déficit
peuple libre : comment de femblabics retlources ? Jamais
comment reurplaceroit-il été plus nécefiaires :
ne vous
cependant clles n'autont dc la liberté eft
il elt G
le régine
TacaA
y tronrpcz, pas,
harnonie avec la dignité de la nature
beau, f bien en
trop cher! Il fera fans
humaine. qu'il ne. peut être payé
qite pendant longues I
doute diigendieus parmi nous 2 la
de la reconnoifiance
aurons à
Faame
annécs, nous
armécs, acquitter qui, à force de prodiges &c
envers ces intrépides donné le fcepire du continent & la
de courage, nous ont
paix. Gardons-nous de croire que nous priflions ncus paffer la
lcurs
font indifpenfables pour
de nos colenies :
produits leurs denrées font devenues
reftauration de nos finances;
néceffité. Nous fiaticpour nous des befoins de premicre les fybarites de.nos villes,
rions nous da vain cfpoir que
fe foumettroient à la prique les en fans gâtés de notre luxe aimerions - nous mieux
yation du iicre & du café
ou aller les acheter,
lesleuc laulerupporter par les étrangers,
Mais alors, que
à grands feais, à Londres,, à Hambourg? qui nous étoit
deviendroit cêtte balance du commerce
au
fi favorable 2 qui nous donnoit en produit
amparavant
&
augmentant fans cefle
moins 80 millions par an 2
qui,
- tout l'induftrie,
pa:mi nous les capitauix 2 centaploit nos par terres. , & doubloit
vivifoit nos manulactures. 2 engraiffoit
nos moiffons mêmos?. avions des colonies, c'étoit avec'Tescédant
Quand de noys notre culure & de nOS manufaétures quie nous
même
denrées.
nous payons à T'Europe
payions leurs
Aujourdhui autrefois. Ce n'eft qu'avec notre or
CC qu'elie nous" payoit
des colonies anglaifes:
que nous payons les productions ainfi à mefure que nous enrichifnous nous appauvnifions
n'y feroient rien 5 la CUfons nos ennemis. Les prohibitions A-t-on calculé combien
pidité renverle toutes les barcières. éconlement firccellif de
d'années nous pourrions tenir à.cct
A 2
payions leurs
Aujourdhui autrefois. Ce n'eft qu'avec notre or
CC qu'elie nous" payoit
des colonies anglaifes:
que nous payons les productions ainfi à mefure que nous enrichifnous nous appauvnifions
n'y feroient rien 5 la CUfons nos ennemis. Les prohibitions A-t-on calculé combien
pidité renverle toutes les barcières. éconlement firccellif de
d'années nous pourrions tenir à.cct
A 2 --- Page 8 ---
notre numéraire : Voulez- vous enfin connoitre tottte l'importance de vos colonies,, comparez l'état de VOS ports tel
qu'il étoit en 1788, avec ce quils font aujourd'hui.
Que ne puis-je aufli porter VOS regards. fur cette magnifique rade du Cap! que ne puis-je vousy montzerlestrois cents
"navires que jy ai fouvent vus, & qui en faifoient la gloire
& Fornement! que ne puis-je vous montrer trente à quarante
mille matelots 2 impatiens de fc précipiter vers ces contrées
pour y partager le bonheur qu'on y goûtoit de toutes parts !
Car je dois vous l'afirmer, citoyens repréfentans, depuis
quatre ans les plus fauffes idées ont été sépandues en France
fur la fituation de Saint - Domingue avant la révolution :
rien n'égaloit l'opulence de cette ile, fi ce n'eft la jaloufic
qu'elle infpiroit à nos rivaux, & Ia tranquillité &. la fatisiaction de fes habitans." Ç'eft à tort qu'on a voulu la peindre
comme l'empire de quelques farouches tyrans conduifant
avec une verge de fer des troupeaux d'eiclaves. Non : le
joug y étoit aufi léger qu'il peut l'être.
Sans doute, 3
l'efclavage eit toujours un outrage à la nature humaine ;
mais du moins il étoit adouci parla politique & par l'intérêt
particulier Jui-même. Les noirs n'étoient pas auffi étrangers
que ie croient beaucoup de gens, à la profpérité qu'ils faifoient naître; ils avoient une abondante nourriture, un lo-,
gement propre 8c comnode, des hôpitaux prêts à les recevoir en cas de maladie ; leurs enfans étoient élevés avec
foin dans la maifon paternelle, jufqu'au moment où ils
étoient capables de fupporter le travail;' & certes, ce travail n'étoit pas excellif; ils étoient enfin, je trancherai le
mct, beaucuup plas heureux que la piupart de Tos payfans
fous Tancien rezime. Mais Theureufc concorde & la paix
embelliffoient alors & fécondoient ces contrées. J'ai vu encore.en *TOR les vafles campagnes de Saint - Domingue
couvertes de tiches moiflons. J'ai vu plufieurs villes coniparabler A nos villes d'Europe, & près de dix mille habitarione dont in plupart offroient un plus bean coup d'ail
qte nes plus grands villages. La population de cette colonie
fous Tancien rezime. Mais Theureufc concorde & la paix
embelliffoient alors & fécondoient ces contrées. J'ai vu encore.en *TOR les vafles campagnes de Saint - Domingue
couvertes de tiches moiflons. J'ai vu plufieurs villes coniparabler A nos villes d'Europe, & près de dix mille habitarione dont in plupart offroient un plus bean coup d'ail
qte nes plus grands villages. La population de cette colonie --- Page 9 ---
étoit, à cette époqué, d'environ quaranie mille blancs, trente
mille gens de couleur & qitatre cent mille efciaves.
Saint-Domingue jouitloit encore, dans les premiers mois de
cette année, 2 d'une certaine tranquillité: il ne me fut cependant
pas difficile de voir que l'orage fillonnoit la nue 2 que T'horizon étoit chargé de tempètes, &
bientôt la foudre éciateroit, Jc l'annonçai au miniftre MRPE la marine, peu de jours
après mon arrivéc dans cette ile, & mes prédidtions ne fe
vérifièrent que trop tôt : la guerre civile entra dans l'ile
avec les ditientions politiques ; les partis s'embrasèrent des
feux du climat &c en vinrent aux mains ; le fang n'a pas
cefle depuis de couler par torrens,
Le rapporteur de votre commiflion vous a peint les horteurs dont Saint-I Domingue a été le théitre; il vous les a
retracées avec cette vigueur de pinccau & ce talent qui,
lepuis long-tempe l'ont fait compter parmmi nos meilleurs
prateurs : je ne recommencerai pas cé qu'il a fi parlaitement
chevé,
Les maux vous font connus, iis font à leur comble; mais
quels en feront les remèdes ? J'avoue que ceux qui vous ont
té jufqu'ici préfentés par les différens opinans, ne m'ont
cas paru efficaces.
Le premier 2 fans doue, & Je plus preffant, cft le rappel
u Robefpierre des Antilles & de fcs complices. Comment
lonc l'opérerez-vous ? Vous contenterez - vous de rapporter
a loi du 4 pluviôfe, qui autcrife le Direatoire à envoyer
es commiffaires dans les colonies : la Confitution vous
onne inconteflablenient Ce droit; vous devez l'exercer dès
e moment. Mais une fois cette loi rapportée, le Dircétoire
e pourra envoyer d'autres agens, Tant micux, mille fois
ant mieux, diza unc foule d'entre vous, & je fcrai de leur
vis. Mais, dans cet interrègne, 2 par qui fera gouverné SaintDomingue ? fous quclle autorité ploieront les partis qui la
échirent? : ne verra-t-on pas fe renouveler avec plus de
treur les combats entre les couieurs, ou même entre les
ifférentes armées noires? la colonic toute entière ne deDifoxrs de Villaret-Jeyeufe,
A8
ant mieux, diza unc foule d'entre vous, & je fcrai de leur
vis. Mais, dans cet interrègne, 2 par qui fera gouverné SaintDomingue ? fous quclle autorité ploieront les partis qui la
échirent? : ne verra-t-on pas fe renouveler avec plus de
treur les combats entre les couieurs, ou même entre les
ifférentes armées noires? la colonic toute entière ne deDifoxrs de Villaret-Jeyeufe,
A8 --- Page 10 ---
la proie de T'Anglais Oll d'une
viendra-t-elle pas rapidement
asarchie encore plus complète.
le Di
Je conviens, d'un autre côté, que pendant
lumières
un meiileur
& plus
de
reétoire n'aura pas
fyfemc des dangers à le charges
iur les colonies, je'n'apperçois que
de nommer d'autres agens qui ne vaudront peut - étrc pa
mieux
ceux dont les crimes vous ont été fi éloquemmien
Riendi à cette tribune ; les précautions mêne 2 & le
notre collègue Tarb
conditions d'éligibilité propofées par
Vous re
ne mc raffurent pas entiérement, à beaucoup prés.
commanderez au Directoire de choilir de Houscauxagen*) parm
des hommes connus par leurs talens & leurs vertus 3 mais ceu
lont déja fi indignement trompé en lui furprenant
qui nomination de Sonthonax & de fes complices, ne le tromp
ront-ils pas encore? nouvelle commiffion qu'il faut envoye
Cc n'eft pas une T'ignorance des localités & d'un pays
à Saint-Demingue: du
encore ; l'ivrefe d'un fi gran
différent
nôtre, J'égarera
pazagé à de G énormes diftarces entre cinq in
pouvoir,, dividus, les divifera bientôt. Avez-vous oubiié que la guer
de la Vendée ne fit que fe rallumer davantage pendant déibérer qu' &
multiplia les proconfuls, qui employoient à à la fageffe &c
K difputer, le temps deftiné à agir? C'eft
Tefprit ferme & conciliateur d'un général habile, revêtu
grands pouvoirs, & entouré d'une force impofante, que yo
avez dû Pextinétion de ce grand volcan politique. la Ve
Ce que VOLIS avez fait avec tant de fuccès pour
déc, pourquoi ne lc tenteriez-vous pas pour Saint-Domingu: e
Saint - Domingue eft auffi une Vendée à reconquérir;
cft dévaitée par le double Aléau dc la guerre civile &
la guerre étrangere; Ce n'eft que Far la force des arines
Tl'énergie méiée à la douccur &à la clémence, que vo
par
à la foumettre. Là règne aufi, parmi lcs no
parviendrez les mulâtres lc fanatifme de la licence, comme le fai
&
dans n0S
tifme nobiliaire & religieux régnoit
départemne
de l'Oueft.
par le double Aléau dc la guerre civile &
la guerre étrangere; Ce n'eft que Far la force des arines
Tl'énergie méiée à la douccur &à la clémence, que vo
par
à la foumettre. Là règne aufi, parmi lcs no
parviendrez les mulâtres lc fanatifme de la licence, comme le fai
&
dans n0S
tifme nobiliaire & religieux régnoit
départemne
de l'Oueft. --- Page 11 ---
X
J'oferai le dire, citoyens ropréfentans, &c je vous pric de
attentivement cette allertion : jufqu'a la paix générale,
peler
puille convenir à
iny a qu'im régime qui mettre les malheureux ieftes
cn a
EDMATES
il n'y
qu'iun qui puilfe des'
il n'y en a
blancs à labri des poignands
nègress
délendre ceux-ci de leurs propres fureurs:
TE
qui puille
de l'incendic les débris des
en a qu'un & qui des puille habitations; préferver il n'y en a qu'un qui puiffe
proprièés obliger lcs noirs à reprendre leurs travanx 5 iin'y en a qu'un eft
qui pniffe les réaccoutumer, non pas à l'efclavage qui
irrévocablement détruit, & quc vOus nc rétablirez jamais 2
mais à la fubordination & à l'obéiffance; il n'y en a qu'un
puifle arrêter les progrès des Anglais, toujours maitres
d plis bcaux quartiers de cette colonic: c'eft le régime
militaire. Saint-Domingue eft une place alliégéc; il faui donc
la déclarer en état de fiége pendant la guerre, s militaires. & remettre Si
ainfi tout le pouvoir entre les mains des chefs
n'avoit
un genéral aufli fage & aufi ferme que Rochambeau
eu les mains liées par les commifaires; fi, pour prix
E fes confeils & de fon zèle, il n'avoit pas été arbitrairement defitué par eux, la paix feroit peut-être aujourd'hui
rétablie dans Saint-Domingue.
Je crois déja entendre les objedtions. On aliéguera peutêtre la Confitution. La Conftitution eft dans mon COeLtr 5
fais qu'elle doit être notre règle uique: mais la Conftije
à la mefure que je réclame. Ne
tution ne Soppole point employée, cette mefure, dans cclles de
l'avons-nous pas déja
menacées
l'ennemi ou
nos propres places qui ont été
par
des troubles inteltins : N'avons-nous pas vu , pendant
par
toute l'année demière, huit à dix de nos départeprefque de la ci-devant Bretagne & de la ci-devant Normandie
mens étatde
Quelques-unes des principales viiles du.
en
font-elles fiéee? encore.? Comment donc ne pourtionsmidi n'y
pas ce
nous nous permettons même
nous pas aux Antilles
que
lintérêt général le
dans lc fein de la République, de lorfque la Conftitution, ne nous,
commande? La lettre & T'elprit
'année demière, huit à dix de nos départeprefque de la ci-devant Bretagne & de la ci-devant Normandie
mens étatde
Quelques-unes des principales viiles du.
en
font-elles fiéee? encore.? Comment donc ne pourtionsmidi n'y
pas ce
nous nous permettons même
nous pas aux Antilles
que
lintérêt général le
dans lc fein de la République, de lorfque la Conftitution, ne nous,
commande? La lettre & T'elprit --- Page 12 ---
autorifent-ils pas d'ailleurs à Créer pendant ia guerre dans'les
colonics un régime particulier ? La preuve en eft que pendant la guerre la Conftitution les prive de toute ailemblée
pablique, de toute repréfentation, & de tout droit de leurs
ionétionnaires publics. Une fois CC principe admis 2 j'en fais
découler, comme d'une fource féconde, tous les
confervateurs de nos colonics.
moyens
A fon arrivée dans ces contrées > avec des pouvoirs étendus, tels à-peu-prée
ceux que Hoche a eus pour finir
la guerre de la TETRE & avec des forces impofantes, le
général choifi par le Direétoire pourra faire une
mation pour ordonner à chacun de fe remettre en proclade fes propriétés, & aux nègres de reprendre jouiffance leurs travaux. Il promettra & garantira à tous liberté, falaire honnête, amniftie & proteétion, pouryu qu'ils rentrent à l'inftant
dans leurs ateliers, 2 ou ils feront, non pas fous les caprices
& le fouet d'un maitre, mais à l'ombre de la loi. Il commandcra un défarmement général dans tous les lieux qui ne
font pas menacés par les Anglais 2 il remettra Jes armes dans
des nains. sires, dans ceiles des hommes qui ont le plas
d'intérêt au retour de l'ordre & de la tranquillité, Si les
armées noires, égarées par des chefs ambitieux, par des fiuggeftions perfides ou par des habitudes perverfes, refufoient
de fc rendre à la voix de la perfinafion, la force feroit dé.
ployée contre eux, comme elle l'a été contre les Vendéens
& les Chouans infoumis. Les moyens doivent être les mémes,
vigueur & clémence.
Au refte, il ne m'appartient pas de tracer ici les inftructions que le Pouvoir exécutif devroit donner au générai
auroit fa confiance : j'ai feulement voulu vous
ma penlée 2 & vous faire entrevoir tous
SEERs
les avantages qui
pourroient réfulter des vues que je propofe pour la pacification de Saint- Domingue. Si ce plan étoit habilement cxécuté, la culture feroit de fuite remife en aétivité. Les nègres,
foumis à une police févère, mais jufte, reprendroient l'habitude du travail, 2 perduc aul milicu du tumulte des camps
'ai feulement voulu vous
ma penlée 2 & vous faire entrevoir tous
SEERs
les avantages qui
pourroient réfulter des vues que je propofe pour la pacification de Saint- Domingue. Si ce plan étoit habilement cxécuté, la culture feroit de fuite remife en aétivité. Les nègres,
foumis à une police févère, mais jufte, reprendroient l'habitude du travail, 2 perduc aul milicu du tumulte des camps --- Page 13 ---
& des produits du pillage ; la colonie renaltroit pen-l-peu
de fes cendres & de fes ruines ; & pendant cet apprentilage
de la liberté fagement donnée aux nègres, vous prépare- des
riez des lois propres à concilier leurs intérêts avec ceux l'étendue
propriétaires, & à les faire jouir à la paix de toute
des droits que peut Jeur aflurer la Conftitution. Et qu'on
fera
de ramener
ne
vienne point prétendre quil
impofible hommes abrcuvés
au devoir & au refpect des delanarchie propriétés ces
leur a appris
trop long-temps des poifons
qu'on fera
à confondre avec la liberté. Non, rien ne
impotible dif
de
françaifes bien choifi & bien
avec un corps Ne difoit-on troupes pas aufli il y a trois ans que nulle
cipliné.
les cent à cent cinquante mille
force ne réprimeroit jamais
avoient.
anarchiftes qui, pendant la tyrannic révolitionnaire, &. à vivre
été accoutunés à dominer par-tout en France,
font
de brigandage & de vexations ? La loi a parlé; que faifeurs
devenus tous ces prédicateurs de grouppes, tous ces d'ind'infurredions, tous ces gardiens de fcellés, cette foule
quifiteurs révolutionnaires ? Ils ont repris chacun leur métier,
la
pailibles, & même
& font, pour plupart, aujourd'hui
honteux de leurs excès.
bientôt auffi dans leurs
Commandez, & les nègres feront
vexation &c
atteliers, où la loi les protégera contre toute
Ils fentiront
lintérêt de la Francé,
contre toute tyrannie.
que
l'emploi de leurs
leur intérêt propre, réclament également
puiffe
bras,, & quil faut bien qu'ils travaillent pour qu'on
lcs nourrir. Ils fe réconcilieront avec les anciens propriétaires, & des
&: ceux-ci fe les attacheront par de bons traitemens
bienfaits. Les colonies font, dans notre politique moderne, des manulactures exploitées aul profit de la métropole: elles exige-,
ront fans doute "encore long-temps un régimé particulier de
leurs atteliers; mais Ce régime peut n'avoir rien
pour contraire à la Conftitution. N'avons-nons pas aufli un régimc particalier fur nos Rottes, dans nos armées? n'y exiftetil pas une police mille fois plus févère que dans nos
de bons traitemens
bienfaits. Les colonies font, dans notre politique moderne, des manulactures exploitées aul profit de la métropole: elles exige-,
ront fans doute "encore long-temps un régimé particulier de
leurs atteliers; mais Ce régime peut n'avoir rien
pour contraire à la Conftitution. N'avons-nons pas aufli un régimc particalier fur nos Rottes, dans nos armées? n'y exiftetil pas une police mille fois plus févère que dans nos --- Page 14 ---
villes? les pcinics n'y forit-eiles pas plus fortes en railon de
finites terribles que pourroit y cntainerfimpunité du moindre
délici en fora de même pour un pays oû trente à qua.
rante mille blancs auront à diriger quatre à cing cent miile
negres.
T1 eft LII dernier moyen auxiliaire de ceux que j'ai déja
indiqués pour la reflauration de nos colonies; il ef ptovoqué par la juftice aitant que par la politique: c'elt le
zappel de tous cour des clons qui, depais que la guerro
civile a éclaté, ont abandonné Saine-Doringue. Je 1c, fera
pas au Confeil l'injure de fappofer qu'i ait pu fonger un
inflantà lcs sunir d'avoir fui une mort certaine, & d'avoir
ifafpedt de Jours' propriétés embrafées, cherché une retraite
momentanés dans des pays plus tranquitles. Le Direéoire
a fars doute déja fenti lui-même le icardale da meffage
qu'il vous a adreffe à cê fajet. CA inellae, citoyens.r repréfeuntans, jaime à le croire, cft une farpife q'ii jui a été
faite; il eft l'ouvrage de quelques agens très-fabaltemes
jaifant un. demnicr effort pour étendre un voile oficjeux fur
ies forfaits de Sonthonax, & qui ont cherché à faire fanctionrer par le Corps légifarif la proicription prononcée
d'avance contre des milliers d'infortunés. dont le crime cit
de ne pas s'étre laillé brâier avec leurs habitations.
C'eft à moi plus qu'à perfonne à élever la voix en lour
faveur, parce que je fuis le témoin du courage & du dévouement avec lelquels ils cherchèrent à prévenir les défaltres de la colonie. Je les vois encore épuifés de fain,
de foif, de fatigue,. & toujours combattant en héros
repoaffer des armées noires qui venoient briler le Cap. L
vois Sonthonax contemplint l'incendie qui dévoroit cette
ville, avec autant de piailir que Néron en goûtoit aul fpectacle de Rome embrafée. Coux pour qui j'implore vorre
humanité, font ceux qui ont échappé à ces Aammes; ce
font leurs femmes, leurs files, qai, après avoir erré fur run
fable Brilant, à travers les rochors, pourfaivies par les
nègres, venoient à moi bord chercher uin afyle & des
contemplint l'incendie qui dévoroit cette
ville, avec autant de piailir que Néron en goûtoit aul fpectacle de Rome embrafée. Coux pour qui j'implore vorre
humanité, font ceux qui ont échappé à ces Aammes; ce
font leurs femmes, leurs files, qai, après avoir erré fur run
fable Brilant, à travers les rochors, pourfaivies par les
nègres, venoient à moi bord chercher uin afyle & des --- Page 15 ---
11'
alimens; ce font clles que j'envoyois chercher fitr le rivage,
éplorées, semblant d'éprouver le fort de' celles de leurs
compagnes qui avoient été enievées par les nègres 2
& qui étoient devénues le jouet & les viétimies de leur
brutalité. En vous propolant de les déclarer émigrées aindi
que leurs époux, O1l n'avoit pas caiculé l'époque à laquelle
ce metlage feroit difculé dans le Conieil. Citoyens repréfentans, venez aul fecours des colonies eil leur rendant
leurs habians, cil rendant les.culivateurs à leurs aticliexs.
Préparez la reftauration denotte marine cn fauvant nos coloniess brifez le jong affreux dont Sonthonar les a accablées.
Le 9 thermido: n'a pas cncore brillé pour elles; elles ont
encore leurs armées revolutionnaires, leur démagogie &
leurs tyrans. Qac ces tyrans tombent avjourdhui à votre
voix. J'appuie le projer de Vaablanc : mais je demande
qu'en rapportant de fuite-la réfolution par laquelle vous avez
autorifé le Direétoire à enyoyer des commiffaires à SaintDomingue, vous déclariez cette ile en état de fiége jef
qu'à la paix; que vous décrétiez une amnifie générale
pour tous les noirs qui rentreront dans leurs attcliers, le
rappel de tous les culons, l'envoi d'unc force impofantes. 1 /
& que le général qui ira commander à Saine-Domingue foit
chargé à fon arrivée d'annoncer ces meluires par une proclamation.
Je demande en outre que la défenfe d'envoyer des
miflaires à Saint-Domingue, foit étendue à
HIELAELSREE
& à celle de la Réunion. Je faifis cette occalion pour leur
voter des remerciemens, de ce qu'elles ont fir fe conferver
pour la France, & repouffer de leur fein les Aéaux de SaintDomingue. Elies peuvent déformais être tranquilles : leur
exiftence & leur profpérité font fous la fauve-garde de
votre fagcffe.
a
DE LIMPRIMERIE NATIONALE
Frairial an 5, --- Page 16 --- --- Page 17 ---
R A PPO R T
ET
PROJET DE RÉSOLUTION
PRÉSENTÉS AU CONSEIL DES CINQ-CENTS
PAR C H. TARB É,
DÉPUTÉ DU DÉPARTEMENT DE L'YONNE,
AU.NOM DE LA COMMISSION DES COLONIES,
SUR les moyens de rétablir P'ordre à S. Domingue.
Séance du 16 prairial an V.
CITOYENS REPRESENTANS,
La commiflion que vous avez chargée d'examiner les
diverfes mefures qui vous ont été propofées pour le rétabliffement de T'ordre à Saint - Domingue, ne s'eft point
diflimulé que la natute de VOS forctions vous la.foit peu
de moyens d'v contribuer aétivement, puilque toutes les mefures d'adminiftration & de gouvernement appartiennent exclulivement au Pouvoir exécutif,
A --- Page 18 --- --- Page 19 ---
C
E797
L133 2 --- Page 20 ---