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Aob
Jabit Carter rolit
Cilry
Brmmt lliuersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
J 2442
comme un jour de triomphe & de gloire Les
des atis de la liberté fonc les feuls livres
opinions
les noms de ces hommes y font en vénération. recherchés, &
Un gouvernemenr militaire ne convient point a SaintDomingue; il ne peut même étre confié à un feul: il
pelleroir l'ancicn régime. Le pouvoir pourroit lui devenir rapfumnefle, & peut étre dangereux à la République. Il faut à
Saint-I Domingue la conftitution & une autorité fupérieure,
compofée de plufieurs, comme elie l'a toujours été
la revolution ; il faut, de France à Saine-Domingue, depuis des
rapports fiéquens. C'eft un des moyens d'y érablir la
Votre commiflion des colonies, jaloufe de réparer les paix. taux
fyftémes qui vous ont été préfentés jufqu'à ce jour, &
gérés par les foins des comte-rérolutiounaiter, des fugrateurs, s'eft occupée des lois organiques; & notre collègue con(piEfchafferiaux doit foumertre incelfamment au Confeil un
enfemble de légiflation propre à fixer la profpérité & la
tranquillité.
Alors, repréfenrans, vous pourrez dire que les colonies
font fauvées. que la paix & le bonheur y règnent.
verrez
Vous
alors fi les Anglais fe joueront des principes français & de la liberté. C'eft par elle que doit s'écrouier leur
paiffance dans cette partie du monde, & vous aurez l'honneur & la gloire d'avoir vengé I'humanité,
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
Brumaire 2n 6. --- Page 5 ---
a
CORPS LÉGISLATIR
CONSEIL DES
CINQ-CENTS.
DISCO U a R S
PRONONCE
P AR SON THON
A X,
Sur la ficuation actuelle de
fur les principaus événemens Sainr-Domingue, 6
dans certe ile depuis la fin de qui fe Jore palfés
qu'en mefidor de l'an 5 de la Roréal dn 4, T4R
Républigic,
Séance du 16 plaviofe an 6.
Crroriss
REPxESINTANS;
ENvoYé au Corps légiflatif
la
bonheur Domingue, dont 3 je rangerai au nombre Par des colonie courts de Saint:
j'ai joui, celui où
inftans de
je viens au milieu des
A
6
dans certe ile depuis la fin de qui fe Jore palfés
qu'en mefidor de l'an 5 de la Roréal dn 4, T4R
Républigic,
Séance du 16 plaviofe an 6.
Crroriss
REPxESINTANS;
ENvoYé au Corps légiflatif
la
bonheur Domingue, dont 3 je rangerai au nombre Par des colonie courts de Saint:
j'ai joui, celui où
inftans de
je viens au milieu des
A --- Page 6 ---
fondateurs & des confervateurs de la République ; leur
faire le tableau de ma conduite dans cette jle, & de la
fituation aétuelle de cette intéreflante poffeflion.
C'eft aujourd'hui, citoyens collègues, l'anniverfaire de
la déclaration de la liberté générale des noirs, de ce
décret qui replaça dans leurs droits CCS malheureux arrachés à toutes les affeétions de la nature par la farouche
cupidité.
Si cette époque me retrace des fouvenirs attendriflans
& perfonnels, elle m'en rappelle de bien glorieux
la
Convention nationale ; cette affemblée d'hommes Dont ics
vaftes conceptions préparèrent les triomphes de la liberté
publique & Taffranchillement général de Punivers. En brifant les fers des noirs > elle apprit à tous les opprimés
qu'elle n'étoit terrible
pour "les oppreffeurs 5 & quel
que foit le jugement 2" la poftérité à fon égard * il lui
refte un monument a jamais durable, dont l'envie ne peut
aitérer la pureté, c'eft la haine profonde, éternelle, de
toutes les ariftocraties qu'elle détrôna.
Cette haine étend fa profcription à tous les hommes qui
concoururent à fes immenfes travaux. Faut-il donc s'étonner f'jai été en butte aux traits aflaflins de la calomnie,
f, à cette tribune, l'afyle de la liberté des opinions 2
bannie alors du refte de la République, on a ofé faire un
crime aux amis de la liberté d'avoir défendu ma caufe!
Ne craignez
cependant qu'aigri par les perfécutions. >
j'aille, en RetilInT contre mes diffamateurs, vous preffer
de lancer fur eux le jufte châtiment. qu'ils méritent. Loin
de moi l'idée de nourrir les haines, 9 d'exafpérer les efprits, d'entretenir la fermentation dans un pays depuis trop
long-temps en proie à la difcorde civile, qui, julquà
prelents. n'a connu de la révolution que fes fureurs, Sc
qui mérite de jouir de fes bienfaits!" Si j'ai à dire des
vérités dures fur, quelques hommes liés avec les royaliftes
qui vouloient vous profcrire avant le 18 fruétidor, je parlerai avec tout le ménagement qu'exigent les circonftances,
its, d'entretenir la fermentation dans un pays depuis trop
long-temps en proie à la difcorde civile, qui, julquà
prelents. n'a connu de la révolution que fes fureurs, Sc
qui mérite de jouir de fes bienfaits!" Si j'ai à dire des
vérités dures fur, quelques hommes liés avec les royaliftes
qui vouloient vous profcrire avant le 18 fruétidor, je parlerai avec tout le ménagement qu'exigent les circonftances, --- Page 7 ---
toitte
trop l'impartialité qui doit carafétifet un
du defit loug-remps biàlant inftruit à l'école du
homme
Ce n'ett
du bien public.
malheur, &
ma
nte
je les ne fuis ni point accnfés ni juflification que je vous
ennemis de la révolution legilement dénoncé: mais préfente 3
portance à mna
ont mis la
comme
vent retenti
perte , comme cette tribune plas grande imdes
d'infames
a trop foun
éclnirciffémens
déclamations, , je dois
on a ofé vous
publics les foupgons & les dilliper par
Les colonies environner.
alarmés done
fons le poids de françaifes la
avant la révolution
les intondanss
plus dure oppreflion.
languilfoiene
commis, fe
une nuée de commandans Les gouverneurs, 9
colons de toutes difpuroiene les à qui dévoreroient la militaires & de
l'ancien monde à la liberté couleurs. La même voix fubftance des
nouvean , &1 le
fit entendre fes accens qui appeloir
rique comme renverfement de la Baftille
dans le
verfelle. Les en France le fighal de devint ent Amécarde avec Européens habitans des Antilles linfarredion tiniavantages de tranfport; la liberté: 5 mais ils voulurent
prirent la COa
Jeur, de l'egalité
Ils repoufferene les pour eux feuls les
fort des
politique ; ils
homines de counoirs; &
refinferent
chaînes dont le mndirquilts brifoient avec d'améliorer le
pofoient, dans une gouvernement allemblée les avoir
courage les
ment les fers des
coloniale, de chargés, river is proaufi barbare que cnikcivateurs, C'eft dans
érernelle
de tous les maux coptradichoire qu'il faur cette conduite
jufte ambition de qui ont délolé Saint chercher -
Torigine
de l'autre
conquérir les droits de T'homme Domingue. La
guerres civiles Tobflination les
à les refufer, ont caufé d'un coré,
Fhiftoire faffe
plus tertibles & les
Tune des
mention.
plus fanglantes dont
Repréfentans,
tion, lorfque vous pourrez-vous faurez
contenir votte
m'a attribué les
que Saint-I
julte indignatemps avant malheurs, étoit
Domingue 5 dont Oft
mon arrivée dans entièrement dévafté
cette ile ? Linfurrecion longa
*z
ination les
à les refufer, ont caufé d'un coré,
Fhiftoire faffe
plus tertibles & les
Tune des
mention.
plus fanglantes dont
Repréfentans,
tion, lorfque vous pourrez-vous faurez
contenir votte
m'a attribué les
que Saint-I
julte indignatemps avant malheurs, étoit
Domingue 5 dont Oft
mon arrivée dans entièrement dévafté
cette ile ? Linfurrecion longa
*z --- Page 8 ---
éclata prefque en mèine temps dans les trois provinces de
l'ile. Au mois d'août de l'année 1791, les noirs efclaves de la
partie du Nord fc révoltèrent en mafle: ils égorgeoient habiincendioient les
& les
les propriétaires, 9
plantations bouleverfées de
tations. Les campagnes furent. ravagées,
à
fond en comble; & les hommes libres, pour échapper
la fureur des Africains, futent obligés de fe retrancher
dans les villes du Cap,. du Fort-I Dauphin, du Port-dePaix & du Môle. Les mois de feptembte, d'octobre & de
novembre, furent marqués par les mêmes excès de la
des hommes de couleur de l'Oueft & du Sud, fous le
P2
de la revendication de leurs droits. Déja les villes du
texte Port-au-Prince & Jacmel avoient été réduites en cendres;
& tout cela s'eft fait, non-feulement avant ma première à
arrivée à Saint-Domingue, mais même antérieurement;
la miflion des premiers commiflaires civils , Mirbeck ,
Roume & Saint - Léger. Cette vérité a été reconnue cans le
les débats imptimés, & j'ai pour garant de mesaflertions
témoignage des' hommes les plus purs que la Convention
nationale ait eus dans fon fein, des tepréfentans qui compofoient la commiflion des colonies , cette commiflion qui a
prononcé entre moi & mes anciens accufareurs. noir & de couleur
Si donc il eft prouvé que le peuple
rede Saint-Domingue a pris les armes dès 1795 pour eft
les droits imprefcriptibles de la nature > s'il
couvrer
cette
lérat des perfonnes étoit déja
reconnu qu'à
des époque armes fi les continuels fuccès des
fixé par le fort
> leur affuroient dès- lors la
fur les, opprelleurs
opprimés jovillance.de CeS mêmes droits - > de quel front oferoit-on
d'avoir été l'auteur des maux qui
me taxer aujourd'hui la guerre de la liberté > puifque j'étois
ont accompagné bien éloigné de prévoit le rôle, trop
alors en France 5
malheuteufement célèbre pour mon repos, que depuisjai
joué dans les colonies. Ceft le 17 feptembre 1792 que de
je fuis arrivé à Saint-Domingue; & comme je viens
CeS mêmes droits - > de quel front oferoit-on
d'avoir été l'auteur des maux qui
me taxer aujourd'hui la guerre de la liberté > puifque j'étois
ont accompagné bien éloigné de prévoit le rôle, trop
alors en France 5
malheuteufement célèbre pour mon repos, que depuisjai
joué dans les colonies. Ceft le 17 feptembre 1792 que de
je fuis arrivé à Saint-Domingue; & comme je viens --- Page 9 ---
vous le dire, il y avoir plus d'un an
colonie étoit décidé.
que le fort de cette
faits Je ne vous remettrai point fous les yeux le
qai fe font pallés
tableau des.
feroir
pendant ma
I
fatiguer. votre attention
première miflion : ce
bornes que je me fuis
, dépalfer moi-mème les
de fairs gai déja vous font prefcrites s que de voûs entretenir
calomnieufes
connus 2 d'accufations
nationale.
par un décret folemnel de la Convention déclarées
parle Au Directoire commencement de pluviô(e de l'an 4,je fus nommé
exécutiflan de fes agens
à
Dotningue : deux vailfeaux de
particuliers Saintcents hommes de
ligne s trois
fix
mille francs
troupes, 3 cinq a fix généraux, frégates,
taires & financiers d'argent comptant ; tels font les moyens cinquante milichaller les
qu'on mit à notre
Anglais de
difpofition, pour
colonie du chaos où l'abfence Saint-Domingue des
& tirer enfin cette
plongée.
autorités civiles l'avoit
lâmés Nous dans' parimesde la rade Rochefort, & le 23 floréal nous
du Cap. Je m'attendois
mouilpays tranquille, les efprits réunis, les
à trouver le
refpedtées, Au lieu du
autorités françaifes
la paix, je n'y vois que fpectacle les
touchant de l'union & de
gouverneur général &c Fordonnateur apprèts de la guerre civile. Le
par une troupe de bandits furieux. Le avoient éré incarcérés
campé étoir avec un parti de mulâtres à commandant du
en révolte ouverte contre fon fept lieues de la
mées enchef
E:
hommes préfence alloient en venir aux légitime; ; les arde couleur & des noirs étoit mainss le fang des
jours plus tard, & c'en étoit fait de la prêt à couler. Deux
parties de Saint - Domingue
colonie, les trois
nemis de la France,
paffoient fous le joug des enDeux hommes de couleur,
noient le Sud & l'Oueft de Rigaud & Beauvais, gouvergénéral européen. Villate, lile; le Nord feul obeilloit à un
feul & de chaffer le
qui avoit conçu le projer de régner
gouverneur, avoit dirigé Finfurection.
A 3
toit fait de la prêt à couler. Deux
parties de Saint - Domingue
colonie, les trois
nemis de la France,
paffoient fous le joug des enDeux hommes de couleur,
noient le Sud & l'Oueft de Rigaud & Beauvais, gouvergénéral européen. Villate, lile; le Nord feul obeilloit à un
feul & de chaffer le
qui avoit conçu le projer de régner
gouverneur, avoit dirigé Finfurection.
A 3 --- Page 10 ---
Bien loin de le défendre, il méconnur fes
donna des gardes pour s'affurer de fa perfonne. ordres, Il fit 3 & lui
voyant les généraux noirs embraffer le
plus;
de la France, il fit prendre les armes a parti la durepréfentant
buer des cartonches, & ordonna par écrit de garnifon, diftriles libérateurs de fon prifonnier. Il écrivit marcher contre
une circulaire à tous les commandans militaires en même de la temps
nie pour leur ordonner de
colocorrefpondre avec lui feul, Jeur
annonçant qu'il rempliffoit déformais les fonctions du
néral en chef Laveaux.
géLe plan d'indépendance étoit tellement organifé,
la
municipalité du Cap
quie
de la partie françaife invita, à
par une adreffe, toutes celles
taie
envoyer des députés dans la
pour s'y réunir en affemblée coloniale.
capiDaprès des délits aufli graves j'aurois
fans doute
livrer lcs auteurs au glaive de la loi, Le
étoit
en
les
tt
conftant,
faire difpofitions du code pénal précifes; j'étois autorifé à les
juger par une commifion
& cette commif
fion 3
miliaire;
compolée de leurs ennemis, les eût mfailliblement fait
fufiller. Eh bien ! au lieu de faire juftice des coupables
j'ai provoqué l'indulgence de la commifion du
>
ment ; elle s'eft bornée à éloigner des hommes gonverne- ne
voient plus demeurer dans la colonie fans danger qui
pour
f
tranquilité fition
pablique, à les envoyer en France a la
du Direétoire exécutif. Eft-ce donc là une difpocruelle & fanguinaire ? eft-ce donc là la conduired'un mefure
d'un ennemi de ia conftitution & de la patiie :
tyran,
Cependant à peine Villate & fes complices arrivent en
France, qu'ils font accueillis par mes ennemis. Les aflaffins du gouverneur général font transformés en victimes de
la tyrannie. Vaublanc lcs défend avec chaleur à cette ttibune; il unit leur caufe à la fienne : il fofft
aient
été arrétés par ordre des agens du Directoire, qu'ils exciter
l'intérêt de mes perfécureurs.
pour
Encore, s'il avoit été permis de douter des crimes de ces
malhcureux ! f l'accufation eûr été fondée fur des indices
emis. Les aflaffins du gouverneur général font transformés en victimes de
la tyrannie. Vaublanc lcs défend avec chaleur à cette ttibune; il unit leur caufe à la fienne : il fofft
aient
été arrétés par ordre des agens du Directoire, qu'ils exciter
l'intérêt de mes perfécureurs.
pour
Encore, s'il avoit été permis de douter des crimes de ces
malhcureux ! f l'accufation eûr été fondée fur des indices --- Page 11 ---
émanées purement teftimoniaux ! mais c'eft fur des
Villate des accufés eux mêmes! Les ordres preuves écrites;
font lignés de fa main; la circulaire donnés par
annoncée eft avouée de fes
que je vous ai
la commiflion des colonies. auteurs; Et
ces pièces font dépoléesa
conjuration du crime contre cependant, dans cette étrange
prend la place de l'acculé! Tinnocence, c'eft
c'eft le juge qui
qui eft factifié à la vengeance des l'agent du gouvernement
A Dieu ne plaile, repréfenrans, confpirareurs !
tage que donne la vidoire,
que profitant de l'avanticn contre les conjurés! Le , j'ellaie malheur de provoquer une réaccoupable, le rend facré à mes
Je qui frappe même le
montrer de quels méprifables yeux. ne vou'ois que vous
perdre, & quel étoit le nocud moyens funefe on fe fervoit pour me
de la faction que vous avez terraffée qui uniffoit les chefs
ceux de fes complices
j'ai
le 18 fructidor, avec
Lembarquement de que Villate frappés &
en Amérique.
fa faétion rendic la paix à la
des principaux chefs de
de l'ordre permit enfin
partie du Nord. Le retour
de réformes &
aux agens du Direétoire de s'occuper
du
d'amélioration dans les différentes
gouvernement. On organifa les
branches
ctiminels; on nomma des
tribunaux civiis &
communes j Onl forma des juges-de-paix dans toutes les
rendit les biens à ceux des adiminifrations manicipales; on
malveillance avoient mis au nombre propriétaires des
f'errear ou la
s'occupa férieufement des cultures.
enfin OI
Slgar
Ce" dernier objet, ayant notre
foins du général Lavaux,
arrivée, éroit confiéaux
des Ancicns, & de
anjourd'hui membre.dn Confeil
la
l'ordoanateur Perroud. Je dois
louange de ces deux citoyens,
direà
relever un grand nombre
qu'ils font parvenus à
Cap, & dans les montagnes d'habirasions de la
dans la plaine du
La confiance dans la commifion partie du Nord.
département marchoit à grands
étoir telle, que ce
habitans de l'Ouef & do Sud, pas. courbés vers fa reftauration. Les
quc leurimpofcien: Rigauda
fous le joug de fer
quelques sautres chels malatres,
A 4-
relever un grand nombre
qu'ils font parvenus à
Cap, & dans les montagnes d'habirasions de la
dans la plaine du
La confiance dans la commifion partie du Nord.
département marchoit à grands
étoir telle, que ce
habitans de l'Ouef & do Sud, pas. courbés vers fa reftauration. Les
quc leurimpofcien: Rigauda
fous le joug de fer
quelques sautres chels malatres,
A 4- --- Page 12 ---
nous preffoient de les faire jouir du bienfait des lois fransaifes; nous nous hâtâmes d'y envoyer une délégation formée de trois hommes connus par un patriotifme
&c
éclairé ainfi que par leur ardent amour pour la liberté, fage Ils
avoient pour inftruction, 1°. de maintenir l'égalité
entre tous les citoyens, fans diftinétion de couleur; politique 20, d'or
ganifer les adminiftrations municipales; 3°, de rechercher
les dilapidateurs de la fortune publique- & de les forcer à
rendre compte ; 4°. de ne pas oublier, 3 dans les
à accorder de la part du gouvernement, les fervices récompenfes rendus
par les hommes qui avoient concouru à la confervation du
territoire français, & à le garantir de l'invafion anglaife.
A peine les délégués de la commifion font-ils nommés,
Rigaud & les chefs qui fervoient fous fes ordres fe
Scaftese à Léogane pour délibérer fion les
&c
fi on reconnoitroit les agens particuliers du Diredtoire recevroit, exécutif. Sur les repréfenrations de quelques- uns d'entre
on fe décide pour l'afirmative, & les délégués arrivèrent. cux,
Ils trouvèrent les municipalités avilies ; leurs fonctions fe
bornoien: à tenir les regiftres de l'étar civil. Les commandans militaires, tous hommes de couleur, s'arrogeoient tous
les ponvoirs des anciens lieutenans de roi; ils régloient arbitrairement tout ce qui étoit relacif aux cultures & aux
culrivateurs. Cette partie importante des reffources
ques étcit la proie de ces hommes fans pudeur & publi- fans
moralité.
Les blancs étoient aux hommes de conleur Ce
ceux-ci étolent aux blancs fous l'ancien régime : que les
Européens étoient réduits à la condition des affranchis. Lc
fort des noirs n'avoir pas changé: on laur infligeoit les
mêmes fupplices qu'autrefois, &la batbarie des nouveaux
maitres furpafloit de beaucoup celle des anciens.
Les délégués com mençèrent par organiier les adminiftrations manicipales. Les juges-de-paix furent établis, & Oll
Jeur confia la poiice des atcliers. Un régine uniforme &
doux remplaça cclui du biton, des chaines & des cachots.
irs n'avoir pas changé: on laur infligeoit les
mêmes fupplices qu'autrefois, &la batbarie des nouveaux
maitres furpafloit de beaucoup celle des anciens.
Les délégués com mençèrent par organiier les adminiftrations manicipales. Les juges-de-paix furent établis, & Oll
Jeur confia la poiice des atcliers. Un régine uniforme &
doux remplaça cclui du biton, des chaines & des cachots. --- Page 13 ---
Les arbres de la liberré furent 9
Des autels à la patrie farent dreiles, plantés fur les habitationss
leur propriétires ou gérens devoient réunir où les chaque décade les
- Des infpirer Tobéilfance aux lois.
cuitivateurs pour
réformes auffi falutaires ne
dominatzurs; ils attendoient
plaifoient guères aux
fion favorable de fe refiaifir du avec inpatience une OccaLarteflation de Lefranc,
Ponvoir qu'ils avoient ufarpé,
prévenu d'un projer
commandant de Saint - Lonis,
ne laifsérent
a'afaflinst, leur en offrit ine
C'éroit le Pas 10 €chapper, fructicdor
qu'ils
tifié à Lefranc le nandat de l'an 4- A peine 2-t-on noaux armes. Plufieurs de fes d'anér, qu'il s'échappe en crianr
forts ; il; y articent une fouie complices de
le faivent dans les
fut couleur qui s'y tendent de la ville noirs & d'hommes de
en vain
Ia
& de ia carpagne, Ce
le pardon 3 Lefranc, délégation fi lon promir une amnifie & même
chefs de la révolte faifoient évacuoit, les forts, fi les
ateliers leurs rrôp crédules
rerirer & rentrer dans les
dirent qu'ils ne pouyoient fe auxiliaires : les rebelles
néral Rigaud, &
rerirer qu'à l'arrivée da réponchef légitime. Tls fc qu'ils formerent ne récomnoitloienr que lui gele titre de confeil
en confeil permanent
ainfi
populaire féanr au
Trus
qu'au 13 vendéminire de l'an fort i'Ilet... C'eft
repréfentation nationale avoient leur 4, les ennenis de la
Lepelletier,
direétoire à la fedion
le Cependant fang des les partis n'étoient encore
ajourné jufqu'a citoyens n'avoit Pas coulé, & qu'en tout préfence fembloit *
campagne.
Tapparition du général Rigaud, alors
Le 14, au matin, on
en
la ville avec fon armée, Il apprend qu'il eft aux
de
avec lui Tépouvante, le y entre fur les dix heures, portes &
Eorgeut, pillent les amis carnage de la & la mort. Ses fatellites
Françus réceminent venus de
Frince;, & c'étoit les.
particulièrement défignés
IEurope qu'on leur avoir
Diftours de Sonthonax. pour victimes, Biencôt la ville
A 5
alors
Le 14, au matin, on
en
la ville avec fon armée, Il apprend qu'il eft aux
de
avec lui Tépouvante, le y entre fur les dix heures, portes &
Eorgeut, pillent les amis carnage de la & la mort. Ses fatellites
Françus réceminent venus de
Frince;, & c'étoit les.
particulièrement défignés
IEurope qu'on leur avoir
Diftours de Sonthonax. pour victimes, Biencôt la ville
A 5 --- Page 14 ---
des Cayes préfente le fpedacle d'une ville prife d'affaut.
Le bruit de la moufqueterie, les cris perçans des malheureux égorgés Par les ordres de
glacent de
terreur
Rigaud,
les blancs qui s'étoient réfugiés chez lcs délégués.
Ce général les fait venir chez lui: là, fur les cadavres
fanglans de leurs frères allaflinés, on les force de ligner
une adreffe dans laquelle ils le fapplient de s'emparer du
gouvernement.
( Nous citoyens français, difent-ils, habirans de la
so ville des Cayes, réunis en ce moment dans la maifon
>> du général Rigaud ; confidérant qu'il n'y a
>>
pas
un noment à perdre, 211 milien des gémillemens plain32 tifs de nos femmes & de nos enfans, nous fignons tous
>> in-tividucliemant la prière que nous adrellons au général
5> Rigaud, de prendre en main les rênes du gouverne-
>) ment, &c...
Alors O1l avoit lieu de croire que l'ambition de Rigand
fatisfaite arrêteroit le cours des affalinats; que, > content
de régner, il empécheroit des crimes devenus inutiles, &
ga'il voudroit jouir tranquillement de fa viétoire. Vaine
elpérance ! les brigands a fa folde profitent de la nuit du
14 au 15 pour piller les maifons des blancs entaffés chez
lui, & conduire aul fort
y, être fulfillés ceux gue la
profcription avoit défignés Frat le titre de partifans de la
fadion françaife.
Dans la matinée, les délégués : qui jufques-la avoient
été refpectés, virent violer leur afyle; ; on fe porte à la
maifon qu'ils occupoient 5 leurs archives & leurs effets font
mis au pillage, Inutilement fe plaignent-ils de ces enlèvemens : Rigaud leur répond en leur figniliant qu'ils font
fes prifonniers, & que leurs papiers feront examinés par
une commiflion.
Cependant les affaflinats & les fufillades continuent fix
jours entiers fans que Rigaud, qui avoit la force armée à
fa difpolition, fit le moindre effort pour les arréter. Tous
lcs hommes qui, par leurs talens ou leur énergie, pouvoient
utilement fe plaignent-ils de ces enlèvemens : Rigaud leur répond en leur figniliant qu'ils font
fes prifonniers, & que leurs papiers feront examinés par
une commiflion.
Cependant les affaflinats & les fufillades continuent fix
jours entiers fans que Rigaud, qui avoit la force armée à
fa difpolition, fit le moindre effort pour les arréter. Tous
lcs hommes qui, par leurs talens ou leur énergie, pouvoient --- Page 15 ---
/
lui porter ombrage, étoient
commiffaire du Dircdoire près impitoyablement la
facrifiés. Le
de
municipalité, des membres
Tadminilitation, des officiers diftingués
noillances dans le inérier de la
par leuis conPius de deux cen:s viétimes
guerre, ont été immolés.
heureufes, & le
ont péri dans ces journées nalprendre a Saine-Lonis, carnage r'a ceffe aux Cayes que pour rechef.lien du commandement
Lefranc : quinze malheureux
du nombre
de
étoit une femme de
bianes,
ciefquels
par fes ordres, & devane foixante-quinze fa
ans, ont été maffacrés
A Acquin il ordonne les mêmes porte. exécutions
trouve un militaire, ami de
: mais il y
une réfiftance
Ihumaniré, qui s'honora par
dansle
ferme, en refufant de tremper fes mains
fang européen. C'eft le capitaine Beutier,
deconlenr, à qui je me piais à rendre,
> homme
la juftice qu'il mérite. Je luis foldat de devant la le Confeil,
dic- il à Lefianc, & nonl le bourreau de
République,
H met les prifonniers fous fa
mes concitoyens,
fervés. flavoir à peine
fauve-garde, & ils font confecours,il parviene à maintenir cinquante foldiats, &, avec ce foible
il rétifte à Lefranc
l'ordre dans fon quartier ;
pr:écé des
lei-même, il conferve la vie & la
mée
habitans; tandis que Rigaud, à la têre d'une pro- arlai nombreufe, accoutumée à lui obéir, fort de
que
donne fa popularité, laiffe
l'influence
& pilier dans toute l'étendue de fon tranquillement égorger
prendre aucune mefure répretlive, fans commandement,. même
fans
ter les affallins à celfer leur affrcufe boncherie. daigner inviLe but de tant de maffacres étoit.d
la
activité de la conftitution, qui avoit d'empècher été
mife eR
méme de la révolte. Rigaud défend la
proclamée ie jour
primaires. De fon autorité
tenue des allemblées
ptivée, il deftitue les
paix, tous les commiffaires da Direétoire
juges-detoutes les communes en érat de
Les arbres exécurif; de il mer
font arrachés, les autels de la fiége, parrie
la liberté
de la délégation méprifés, les
renverfés, les arrétés
lées aux pieds.
lois de la République fouRigand 2 pour couvrir fes crimes, elfaie de
A 6
u
ptivée, il deftitue les
paix, tous les commiffaires da Direétoire
juges-detoutes les communes en érat de
Les arbres exécurif; de il mer
font arrachés, les autels de la fiége, parrie
la liberté
de la délégation méprifés, les
renverfés, les arrétés
lées aux pieds.
lois de la République fouRigand 2 pour couvrir fes crimes, elfaie de
A 6
u --- Page 16 ---
négocier avec les Anglais, Plafieurs ofliciers français, prifonniers à la Jamaique & aul môle Saint-Nicolas, ont vu
fes agens avouer pabliquement la mifion dont ils étoient
charges. Une correfpondance d'émigrés, & une lettre du
commandant pour le roi d'Angleterre au Port-au-Prince,
interceptées
la committion, ne laiffent aucun doute à
cet égard. H fair publier officicliement l'une & l'autre; &
Rigaud, furveillé auiourd'hui par les
qui font
encore en
patriores,
grand nombre dans le dépar:ement, eft dans
P'impelibilité de confommer fon crime.
Rigand, en négociant avec l'Anglererre, ne perdoir
de vue ia France. Il failoit, Cil cas de hefoin, fe ména- pas
ger dcs appuis amprès du gouveinement ; il falloit far-tout
ic lier avec les agens du miniflère britannique dans le Confeil des Cing-Cents. Sous le nom de la manicipaliré des
Cayes, il envoya à Paris deux commiflaires, T'un blanc,
& l'autre homme de couleur, pour rendre compte des événemens. Leur premier foin à leur arrivée a étode
contre
protefter
les fignatures que Pigand, le poigpard fur la poitrine, leur avoit extorquées. Forcés de rendre hommage à
la vérité, ils ont fait imprimer leur récit des événemens
des Cayes dans le même iens que je viens de vous les raconter.
Eb bien! citoyens collègues, malgré l'évidence des faits
qui accufent Rigaud , maigré les preuves matérielles qui
réfiltent des actes qu'il avoue * malgré les dénonciations
portées cantre lui par les mêmes hommes qu'il a eu foin
de munir de lettres de créance, il trouva à cette tribune
des prot. éteurs intéreffés qui me chargeoient des crimes
qu'ila cemmis. Depuis an an je fignale Rigaud comme
l'alfaffia des Européens; j'envoie foigneufement au gouverrement toutcs les pièces quiconftatent les faits; & c'eft moi
qui fais repiéfenté, par Vaublanc fon défenfeur, comme
couvert du fang innocent qu'il fit répandre. Etrange etiet
de l'avcuglemont des paflions révoluitionnaires, quis fans
égard pour les preuves morales cu Févidence phylique,
uis an an je fignale Rigaud comme
l'alfaffia des Européens; j'envoie foigneufement au gouverrement toutcs les pièces quiconftatent les faits; & c'eft moi
qui fais repiéfenté, par Vaublanc fon défenfeur, comme
couvert du fang innocent qu'il fit répandre. Etrange etiet
de l'avcuglemont des paflions révoluitionnaires, quis fans
égard pour les preuves morales cu Févidence phylique, --- Page 17 ---
traveftit tour-d-tour les viétimes en bourreaux , & las
bourreaux en viétimes! ! Des attentats inouis font
aux Cayes, & la délégation du gouvernement y eft commis indcomnue; les dépèches de la commiflion interceptées, fcs
couriers maffacrés ; des agens du gonvernement, fes plus
intrépides défenfeurs, prefque tous venus de France a
fuite des commiffaires, périffent par les ordres de
la
& des mains des hommes de couleur fes farellites. Rigaud, Comment ofoit-on m'attribuer ces faits, quand mes amis
font frappés du fer allafin, quand ils fuccombent feuls
fous les coups de ceux qui me calomnient
feuls ?
comment a-t-on pu me peindre comme l'auteur aujourd'hui des maffacresdu Sud, moi qui depuis quinze mois n'ai ceffe
lever la voix contre les vrais coupables ?
d'éPendant les dix-huir mois qu'a duré ma feconde
fion , quatre individus ont fubi la peine capitale
mif
gement d'une commifion militaire; & ces hommes par judes noirs, chefs de l'infurrection du Port de
éroient
me cite un feul Européen qui ait péri par ma Paix. faute Qu'on
mes ordres!
ou par
- Je fuis loin cependant de vouloir
dans
profeription générale la maffe des hommes envelopper de
ube f
f'ambition & la cupidité en ont égaré
couleur;
un malheur qui leur eft commun avec quelques-ons, les
c'eft'
les noirs, mais dont on ne peut accufer ceux qui blanes, font reftés avec
fidèles. Lorfqu'il y a des ctimes commis, ce n'eft
Ja couleur de l'individt, c'eft le caur
faut
pas
Si Rigaud fut un tigre furieux, Bentier qu'il
accufer.
généreux gouverneur de Bayonne qui, fous nous le rappelle ce
glant de Médicis, refufa de fe fouiller du règne fanproteftans.
meurtre des"
Les malheureux événemens du Sudinfueren:
temp: furla tranquilliré de la parciedu Nori. En poir quelque
de l'an 5, les noirs de la montagne dut Port-de-Paix vendemiaire
gérent 9 &1 ceux de la partie de IEA recommencerent s'infur- leuts'
incurfions; mais des mefires fages & vigourcnfes eurent
Difcours de Sonthonax.
A 7
règne fanproteftans.
meurtre des"
Les malheureux événemens du Sudinfueren:
temp: furla tranquilliré de la parciedu Nori. En poir quelque
de l'an 5, les noirs de la montagne dut Port-de-Paix vendemiaire
gérent 9 &1 ceux de la partie de IEA recommencerent s'infur- leuts'
incurfions; mais des mefires fages & vigourcnfes eurent
Difcours de Sonthonax.
A 7 --- Page 18 ---
bientôt terminé la révolte. C'eft le général
qui a l'honneur d'avoir fini cette
Desfourneaux
de l'armée vendéenne de
guerre contre les refles
Jean - François,
lors de
paix avec "Efpagne, avoit palfé fous les qui, du
la
de Rouvray , émigré à la folde de
ordres
comte
courant de ventôle, & en moins de l'Angleterre. Dans le
montagnes de Valiere, de Sainte-Suzanne quinze jours > les
Rivière, ont été entièrement
& de la Grandeles culivateurs réunis
balayées, les brigands défarmés,
A
paifiblement dans leurs ateliers.
dater de cettc pacification de la Vendée de SaintDomingue, la culcure a fait des progrès rapides. Une
darmerie provifoire, organifée dans toures les
gena réprimé le vagabondage; & l'amour du travail communcs, étoit telJemenr gravé dans les CCEUTS, que les noirs
des
habitations incendiées
dépendans
&c
relevoient eux - mêmes les bârimens
détruits, venoient enfuite au Cap folliciter les
& les propriétaires de cette villed d'employer leucs fonds capitaliftes àl'exploiration des terres. Plus de cent quatre vingts fucreries
en activité, Les fermages en nature fe montent à
font
6 millions; ce qui, avec la part des
près de
de faifance-valoir & les bénéficrs da cultivateurs, les frais
duit brut des cultures à près de vinge-cinq fermier, porte -le prode fucre pour la province du Nord feulement. millions pelaut
cunemis > étrangers ou nationaux
Amis ou
cette vérité,
3 tous conviennent de
L'encouragement des cultures produifit la reftauration du
commerce, L'état des mouvemens de la rade du
depuis le mois de prairial an 4, jufqu'à celui de Cap, s
an 5,. prouve que plus de deux cents bâtimens fruétidor
étoient employés à limportation des marchandifes neutres d'Eu-.
Iope & à T'exportation des denrées coloniales. Les relevés
de la douane du Cap portent à IO millions par trimeftre la
fomme des unes & des autres. Les droits d'ockroi fur
fortie des marchandifes fc montent à près de 150,000 liv. Ja
par mois, le tout argent des Colonies. Vous voyee par la,
citoyens collégucs, qu'il fc fait aujourd'hui plus de com-
étoient employés à limportation des marchandifes neutres d'Eu-.
Iope & à T'exportation des denrées coloniales. Les relevés
de la douane du Cap portent à IO millions par trimeftre la
fomme des unes & des autres. Les droits d'ockroi fur
fortie des marchandifes fc montent à près de 150,000 liv. Ja
par mois, le tout argent des Colonies. Vous voyee par la,
citoyens collégucs, qu'il fc fait aujourd'hui plus de com- --- Page 19 ---
merce au Cap Français, qu'en aucun autre des grands
de la Répoblique en Eurspe.
ports
Les progrès inouis de la culture & du commerce ont
fait rétablir les maifons incendiées en 1793. Un
envoyé aul Direétoire par la commiliion du gouvernement, plan
ou les maifens rétablics font marquées d'une coudeur
ticulière, attefte que les deux tiers au moins de la paidu Cap fout conftruits. Le fermage des maifons louées ville
pour le compte de la Répablique s'élève à 600,000 liv.
Au nombre des caufes divetfes qui ont
la reftauration de Saint-Domingue, je dois mettre produit fur-tout les
armemens en courfe. Lcs mers du
du
ont été couvertes de bâtimens légers, golfe
Mexique
canons jufqu'a vingr, qui ont défolé & portant prefque depais détruit deux le
commerce anglais. Les braves marins qui les commandent
renouvellent aux Antilles les miracles des anciens Aibuftiers. Avec de fimples chaloupes, armés de fails & d'efpingoles, ils enlèvent à l'abordage dos bâtimens
de la groffe artillerie. Il n'y a pas huit mois que portant l'avifo
anglais le Port-Royal, armé de dix canons du calibre de
quatre & quarante hommes
commandé
un lieutenant de la marine royale, d'équipage, a été
appelé Michel Meilban,
pris par un FuEeS
monté fur une mauvaife
n'ayant que deux
fnam
armés de piftolets & de fabres. efpingoles Ce & fait vingt hommes
croyable fila procédure de condamnation paroitroit inniftte de la marine n'en garantiffoit
envoyée au mi-
'l'els font, en peu de mots ) les heureux pas l'authenticité. réfultats de
miffion; ics Anglais repouffés & tenus en échec dans ma les
places que la trahifon leur avoir livrées, leur commetce
intercepté ou détruit, la Vendée de Saint-Domingue
fiée, s les cultures vivifiées, la ville.du
paci- le
commerce colonial encouragé, voili les Cap actes rebiric, à
oppofer à mes ennemis en réponfe à toutes
que j'ai
nies. Ces faits font avoués
leurs calomont été proclamés dans
par tous mes détracheurs; ils,
cette enceinte par de nombreux
ahifon leur avoir livrées, leur commetce
intercepté ou détruit, la Vendée de Saint-Domingue
fiée, s les cultures vivifiées, la ville.du
paci- le
commerce colonial encouragé, voili les Cap actes rebiric, à
oppofer à mes ennemis en réponfe à toutes
que j'ai
nies. Ces faits font avoués
leurs calomont été proclamés dans
par tous mes détracheurs; ils,
cette enceinte par de nombreux --- Page 20 ---
melfages du Diredloire, tous approbatifs de ma conduire.
Si quelques incrédules vouloient encore douter du commencement de profpérité dont jouit la colonie, s'ils refufent de ctoire aux heureux effets de la liberté des noirs,
qu'ils lifent eux-mêmes les aveux de mes dénonciateurs; fait
qu'ils fe donnent la peine de parcourir le rapport
Barbé-Marbois att Confeil des Anciens, , le 28 ventôfe
par dernier, fur les eomptes rendus par le miniftre de la
marine.
les
& les
qui tourmentent
c Malgré
agitations difoit Marbois), orages la liberté y a jeté
5> Saint-Domingue (
ètre atra-
) de fi profondes racines, qu'elle ne peut faura plus conduire la
> chée de cette terre. Lhomme libre y
voulu
l'efclave n'a
n'a jamais
>> charrue
jamais pu,
forme des
à terme ne répugne
>) manier. g
engagemens
> point aux infitutions tépublicaines...
utiles de
font une fois introduits
>> Si les atts
l'Europe
>) dans lcs colonies, on ne peur calculer avec quelle il eft rapi- re2> dité ils en favoriferoient la reftauration. Déja
les affranchis, foit
fe mettent aux
s)
gages
connu que dont ils ont été les qu'ils efclaves, foit qu'ils de-
>> de ceux
dans les produits, ainfi que nos
>> viennent co-partageans travailler utilement pour le
a
propriévignerons, peuvent
& que poar ètre maintenu,
>> taire & pour eux-mèmes, befoin de la févétité des châtimens. Le
) l'ordre n'a cloche pas fe fait entcndre à des heures fixes, &
9) fon de la
autrefois les nègres aux travaux. Mais
3) appelle les comme animer, le bruit du fouet n'eft pas nécef39
y
eft faite, le fuccès n'eft plus donteux >.
>> Emce l'éprenve
collègues,
C'eft de la bouche de mes ennemis, citoyens homme,
quela vétité fefait entendre fur la caufe des noirs:cet
qui,, certes, n'a pas partagé mes opinions politiques, conduite qui à 9
dans le rapport que je viens de citer, biâme ma des noirs
Sainte-Dommgue, eft forcé d'avouer que la liberté
fait le bien des Antilles; que les Africains, cultivateurs, 5
a
travail avec
fans
le fouct terrible
fc livrent au
ardeur,
que
oyens homme,
quela vétité fefait entendre fur la caufe des noirs:cet
qui,, certes, n'a pas partagé mes opinions politiques, conduite qui à 9
dans le rapport que je viens de citer, biâme ma des noirs
Sainte-Dommgue, eft forcé d'avouer que la liberté
fait le bien des Antilles; que les Africains, cultivateurs, 5
a
travail avec
fans
le fouct terrible
fc livrent au
ardeur,
que --- Page 21 ---
d'un féroce conduétenr les appelle à l'ouvrage. L'épreuve cf
frice, s'écric-t-il, cn s'adreflant aux colons propriétaires, le
Jiveces n'eft plus douteux.
Qu'il clt glorienx, ciroyens
cet
à vos principes! C'efti vous, dollBgnes c'cft ala Convenrion hommage nationale, rendu
de qu'apparrient l'immortel honneur d'avoir affranchi les efclaves
PAmérique. l'une des C'elh par votre coutage, par vorre énergie,
grandes faunilles du genre humain, réduite
Bts condicion des bétes de fomme > va jouir des droits
du citoyen. C'eft par vous, enfin, que cette
du monde, déformais civilifée, va onvrirde nouvelles quatrième fources partie
de profpérité 2u commerce national. Ainfla
d'accord avec la philanthropie, ont d'avance fanétionné politique,
ouvrage.
votre
En vain, pour affoiblir le mérite des
fervices
vous avez rendus à Thamanité, viendroit grands - Onl vous que
des hommes férocesqui ont fouillé la liberté
parler
des ingeats qui fe font fervis de fes bienfaits parleurs les crimes 3
contre la France : vous avez promis. ati monde pour
tourner le fol
des Antilles feroit fertilifé par des mains
que les
noirs , cultivateurs, iravailleroient, & ils libres; ont tenu que votre
parole: mais vonsn'avez pas pu garantir qu'iln'yauroit
eux, ni ambitieux, ni traitres. C'eft le fort des révolutions patmi
de produire de tels hommes, & TEurope, fur ce
donné l'exemple à l'Amérique.
point,
Il me refte à vous parler de mon départ de Saint-Doàce mingue, fi diverfement interpréré 5 des écrits qu'on attribue,
cule fujer, à TeulfainrOnremnnere & fur tont, de la ridiCeltici, inculpation d'indépendance dont on a ofé me charger.
Je fnis fitr-tout, , queje réclame totte votre attention.
dernier parti ibrement de Scint-Domingue le 7 fructidor
peur me rendre à mnon polte au
je ne connoiffois alors ni mon exchufion par Corps la faétion légillarif; Vaublanc, ni na réintégration difinitive par une loi
neuf mois, mon départ avoit été ajourné parciculière. à canfe des
du Sad & du
Pat
Port-de-Pix, & fur les vives inf
A
out, , queje réclame totte votre attention.
dernier parti ibrement de Scint-Domingue le 7 fructidor
peur me rendre à mnon polte au
je ne connoiffois alors ni mon exchufion par Corps la faétion légillarif; Vaublanc, ni na réintégration difinitive par une loi
neuf mois, mon départ avoit été ajourné parciculière. à canfe des
du Sad & du
Pat
Port-de-Pix, & fur les vives inf
A --- Page 22 ---
tances de mes collègues, qui, n'ayant pas le courage de refter
fans moi à leur polte, me déclarètent pofitivement qu'ils
abandornoient la Colonie fi je m'en cloignois.
La reftauration du commerce & des cultures, la réédification de la ville du Cap, enfin la paix la plus profonde
ayant fuccédé aux orages, aux dévaltations & aux dangers de toute efpèce, je crus pouvoir fonger à retourner
en France.
Ce fut dans ces circonftances que j'eus connoiffance
d'un complot tramé par des prètres & des émigrés, &
dont Toariflam-"Oaverture étoit linftrument, pour fe défaire de la commiffion du gouvernemént, J'en fus averti
par platicurs commandans militaires noirs , & notamment
par un oficier de marque européen, dont la fûreté perfonnelle exige que je vous taife le nom : c'eft par écrit
qu'il s'elt ouvert à moi; j'ai remis copie de fa lettre au
Direétoire cxécutif : il en réfulte que non-feulement on
mais
ne veut pas des agens aétuels de Saint-Pomingue;
encore qu'on rejeite d'avance cenx qu'on enverroit à la
paix. Je dois cette jufltice à Toaflaint - l'Ouverture: : c'eft
que par lui-même il eft incapable de concevoir de pareils
projets; & je fais, à n'eu pouvoir donter, que s'il.n'avoit
pas été oblédé, travaillé au-deli de toute imagination, il
n'cûc jamais confenti à fe fouiller du crime de rebellion.
Fair pour être gouverné, fon fort cit d'etre fonmis à une
impalfion étrangère. Sa confcience fuperititieufe & peu
éclairée l'a jeté dans la dépendance des prètres contrerévolutionnaires, qut, à Saint-Domingue, comme en France,
faififfent tous les moyens de renverfer la liberté.
Aux pretres fe font joints les émigrés qui étoient réunis
avec lui lorique,
rtant la cocarde blanche, il fervoit
l'Efpague contre I France, fous les ordres & comme
général en fecond de l'armée vén léenne de Jean-François,
Lis ptincipaux font, un abbé icalien appelé Marcini 2 qui,
dans la partie efpagnole, étoit fon aumonier : Sainave
émigeé pris par les républicains far un coriaire anglais
fe font joints les émigrés qui étoient réunis
avec lui lorique,
rtant la cocarde blanche, il fervoit
l'Efpague contre I France, fous les ordres & comme
général en fecond de l'armée vén léenne de Jean-François,
Lis ptincipaux font, un abbé icalien appelé Marcini 2 qui,
dans la partie efpagnole, étoit fon aumonier : Sainave
émigeé pris par les républicains far un coriaire anglais --- Page 23 ---
faifant la courfe contre les Français ; Baillon de Libertat,
qui, pendant la double guerre que nous avions
pagne & FAngleters, a parcouru fuccellivement avecl'E(-
villes de Sainr Domingue, dont l'ernemi étoit toutes les
fellion; le prètre Lantheaume
en
Tels font les
> aujourd'hui fon LEER
principaux fripons
le
rent. Tant que les déclamations
fédaifent & légades
des Vcublane 3
SaLI
Fillaret-Jy yeufe, des Bour.lon (de
percé dans. la colonie, l'afcendant de la TOife), n'ont pas
en échec les
commiflion a tenu
fiance du
confpirateurs : on favoit qu'elle avoit la confir re(pectée. gouvernement, & c'en étoit aflez pour qu'elle
Mais une fois que les conjurés fe font cras affurés
appui dans le Corps légillarif, ils ont
d'un
forcé du Diteétoire à l'égard de fes
profité du fommeil
aux yeux de l'Ouverture
agens pour me préfenter
publique & par le Corps légiflatif, comme pourfuivi par Fopinion
mon gonvernement, & fuccombant comme abandonné de
de la diffamation.
d'avance fous le poids
Hatex vous, lui difoit-on fans ceffe,
il eft proferit en Europe : arréter-le
de faifir Sonthonax,
de fair, G vous aurey bien mérité avant de la qu'il ait le temps
ainli que Vaublanc, dans une féance
République. C'eft
difoit : QU'ATTENDE2-YOUS
trop mémorable, vous
TOUssAINT- L'OUVERIUKE POUR FRAPPER SONTHONAX a
POINGS LIÉS,
vous LE LIVRERA PIEDS ET
Cependant il héfiroit
ner, s on lui dépècha des encore, > lorfques pour le détermiturier génois de nation, Erats-Unis une cfpèce d'aventudifant officier de la marine portant la cocarde cfpagnole, fe
de l'émigré
royale, lui apportant, de la parc
de France Garemntenaeareten qai achevèrent de le
des paquets venanc
nemi.
jeter dans le parci enRaymond, incertain & lâche, ne
l'exploitation des fucreries affermées s'accupant que de
crur conferver fa vie & fon or, en me pour livrant fon- à compse >
Bourdon
-A
officier de la marine portant la cocarde cfpagnole, fe
de l'émigré
royale, lui apportant, de la parc
de France Garemntenaeareten qai achevèrent de le
des paquets venanc
nemi.
jeter dans le parci enRaymond, incertain & lâche, ne
l'exploitation des fucreries affermées s'accupant que de
crur conferver fa vie & fon or, en me pour livrant fon- à compse >
Bourdon
-A --- Page 24 ---
(de rOife ), & en roulant fur moi tout le poids des Acaax
révolutionnaires gui Ont défolé Saint-Domingne. ll n'héfita pas à fe déshonorer par ce honteax marché ; & ma
perte fut réfolue.
J'étois député au Corps légiflatif; il ne s'agifoit
de m'inviter à me rendre au pofte, pour lequel javois que
opté, lors de mon élection. Le 3 finétidor , mon collègue,
fir figner, par Touffaint - l'Ouverture, une adreffe dont
voici le contenu :
ToefhinfOnverure S général en chefde Saint-Domingue >
au citoyer Sonthonax s repréfentane du peuple & commifaire délégué aux iftes Jous le vent.
ci Privés depuis
des nouvelles du gouver5>
long-tempe
nement français > ce long filence affecte les vrais amis
92 de la République. Les ennemis de l'ordre & de la li-
>> berté cherchent à profirer de l'igne:ance où nous fommes
D pour faire circuler des nouvelle:, dont le but eft de
) jeter le trouble dans ia coionie.
>> Dans ces circonftances, il eft néceffaire qu'un homme
3> infruit des événemens, & qui a été le témoin des
22 changemens qui ont produit fa reftauration & fa tran92 quilliré, veuille bien fe reudre auprès du Diredtoire
9) exécutif pour lui faire connoitre la vérité,
92 Nommé député de la colonie au Corps légillatif, des
> circonflances impérieufes vous firent t:n devoir de refter
3> quelque temps encore au milieu de nous : alors votre
>> influence étoit néceffaire ; des troubles nous avoient
>> agités, il falloit les calier. Aujourd'hui que l'ordre 2
> la paix, le zèle pour le rétabliffement des culcures, 9
3 nos fuccès fur nos cnnemis extérieurs & leur impuiflance,
59 vous permettent de vous rendre à VOS fonétions 2 allez
>) dire à la France ce que vous avez vil, les
prodiges
dont vous avez été témein 5 & foyez roujours le défenfeur
; des troubles nous avoient
>> agités, il falloit les calier. Aujourd'hui que l'ordre 2
> la paix, le zèle pour le rétabliffement des culcures, 9
3 nos fuccès fur nos cnnemis extérieurs & leur impuiflance,
59 vous permettent de vous rendre à VOS fonétions 2 allez
>) dire à la France ce que vous avez vil, les
prodiges
dont vous avez été témein 5 & foyez roujours le défenfeur --- Page 25 ---
V
3> de la caufe facrée
>> fommes les éternels que. vous avez embraffée, dont nous
foldats. Salut & refpdt
Signés TOUssAINT- L'OUVERTURE.
la Cette adreffe fut préfentée à la fignature des
garnifon du Cap; ils refusèrent
officiers de
les hauts cris contre Touffaint
unanimement. On jeroit
de mauvaifes
: comme on lui foupçonnoit
dernières extrémités, intentions, on alloit fe porter conire lui aux
linfiurrection de.la lorfque, pour éviter' Teffufion du fang,
malfacre des
plaine, Iincendie des propriétés & le
naires publics propriéraires de la
, j'annoncois à tous les fonétionpour me rendre en France commune du Cap, que j'allois partir
la
au Corps légillatif.
de Cependant, bande de fcélérats
l'elprit de
qui s'étoient emparé
fa lettre, s lui en Touiaine-Mouverue, diéta une
alarmée des effets de
feconde,
mière; en voici les exprellions
interprétative de la pre-
:
-
Tsafunc-tOaerturt,
général en chef de
Domingue, cil ciroyen
P'armée de Saintcommilfaire délégué Sonhonax, le
repréfentana du peuple
vent,
par gouvernement aux iles Jous le
e Ciroyen commiffaire,
s Le veeu du
)) vous pour le peuple de Saint-Domingue s'étoit fixé
à
repréfenter au Corps
fur
que nous vous avons
légiflarif. Dans la lettre
3> notre alfentiment
écrite 3 nous avons voulu
x
ennemis de la liberté particulier à la volonté générale. joindre Si les
32 dites-leur
s'obftinent encore à vous
>
que nous avons protefté de rendre pourfuivre,
impuifans, &
nos
leurs efforts
32 perfévérance, que
moyens font notre
9> par nos vertus & notre amour du travail & de courage, l'ordre. > notre
33 nous
notre attachement à la
C'eft
92 vous répondrons à leurs calomnies Repablique, que
avez vu dans la colonie,
; &, d'après ce que
vous avez déjà fenti qu'il
-
ur
s'obftinent encore à vous
>
que nous avons protefté de rendre pourfuivre,
impuifans, &
nos
leurs efforts
32 perfévérance, que
moyens font notre
9> par nos vertus & notre amour du travail & de courage, l'ordre. > notre
33 nous
notre attachement à la
C'eft
92 vous répondrons à leurs calomnies Repablique, que
avez vu dans la colonie,
; &, d'après ce que
vous avez déjà fenti qu'il
- --- Page 26 ---
>> vous étoit aufli facile de défendre notre caufe que de.
)) terraffer nos ennemis. >>
Raimond lui-même configna dans un arrêté que mon déaffligeoit tous les amis de la liberté & de Phumanité
Se la colonie.
Raimond avoit raifon : tous les fondionnaitespablice, civils
& militaires, vmtent en corps me témoigner leurs
fur mon abfence de la colonie. Tous les capitaines des
eESE
mens neutres, tous lesnégocians étrangers, me témoignèrent,
par une adrefle, combien ma préfence en Amérique leur
étoit chère, combien elle avoit fervi à ramener le crédit
ébranlé & à confolider la confiance dans le gouvernement.
La municipalité vint, envitonnée du peuple & en fon nom,
me déclarer que n201 départ annoncé caufoit les plus grands
murmures 5 que le mécontentement augmentoit d chaque inftant > & que l'unique moyen pour moi de prévenir des
malheurs étoit de refter cans la colonie jufgu'a ce que les
nouvelles d'Europe me permi(jent de la quieterfans dangerpour
la chofe publique.
Le peuple étoit conflerné de mon déport ; on ne parloit que de s'y oppofer. Pour tromper fa vigilance, je m'embarquai de grand matin le 7 fructidor, accompagné de
mon collègue, 2 qui me quitta fur le bord de la mer,
après m'avoir ferré dans fes bras & inondé de fes
larmes.
Je ne prévoyois guère alors tott ce que ces adreffes
patriotiques, ces tendres embraffemens, cachoient de perfidie. Pouvois- je imaginer qu'un homme qui fe difoit
celui
fut le
mon ami, osât dénoncer, diffamer
qui
fen ; qu'il ne m'eft embrafié qule pour m'étouffer > pour
me poignarder par derrière ? Je me fuis joué des attades colons contte-neralaticnnits : je tronvois tout,
Rempae que des princes détrônés. > qne de grands enfans
à qui javois arraché le hochet fanglant de l'efclavage 3
ne me pardonnallent pas tant de zèle & de dévonement:
mais Raimond, homine de couleur; Raimond, pour les
'eft embrafié qule pour m'étouffer > pour
me poignarder par derrière ? Je me fuis joué des attades colons contte-neralaticnnits : je tronvois tout,
Rempae que des princes détrônés. > qne de grands enfans
à qui javois arraché le hochet fanglant de l'efclavage 3
ne me pardonnallent pas tant de zèle & de dévonement:
mais Raimond, homine de couleur; Raimond, pour les --- Page 27 ---
le droirs voir duquel ai
j'ai bravé mille morts & tous les
fait à
nombre de mes afladlins!
outtages;,
tant de perverfité: le ciel
Non, je ne fuis
crime en l'acculant à mon tour! Je me garde d'imniter Eoz
mords, fi un cceur affez
Fabandonne à fes rede la reconnoiffance en eft corrompu pour brifer les liens
On a ofé m'accufer de encore rèver fufeeptible.
nies & le mallacre général des lindépendance des coloimputation fur une prérendue Européens. On fonde cette
ribue avec Touflaint: l'Onvertute. converfation qu'on m'at2
J'ai
rapfodie, 3 vile production de
lu cette miférable
n'ai que deux mots à y
l'intrigue & de l'impofture. Je
perfirementincapabe de répondre, tenir le
c'eft que Tonffaint eft
ne m'a jamais acsufé de
hangage
luipréte. On
& cependant, dans certe fupidité, ni
baffeffe
ridicule
d'ame; ;
comme u écolier fous la férale, converfation 2 on me peint
faifant rappeler à l'ordre
fon , débitant des fottifes, & fe
Quel elt le fonctionnaire par
pédagogue.
indices authi foibles
qu'on peut accufer fur des
quel eft Thomme que ceux qu'on articule contre moi?
qu'on oferoit condamner public, revêta de fonctions
fir de femblables
émninentes,
parcoure mes éerits; qu'on examine
preuves? Qu'on
refpondance, mes longs débats
mes adtes, ma cor4
lighe, un feul mot > qui puiffent avec.les faire colons : eft-il une
doctrine Une dangereufe pour les droirs de la foupçonner une
fimple dénégarion de ma
mérropole?
poir détraire cette abfurde
part fuffiroit fans doute
un moyen plus diredt, c'eft impotation le
; mais il me refte
lui-mème gue j'invoque contre Jui, rémoignage C'eit
de Touffaine
maire, ou dans le commencement
fer la fin de fri-
(dit-il), que je lui ai
le de nivôfe de l'an 5
Honie indépendante. S'il propofé eft
projer de rendre la Coeu Tinfamie de lai faire de vrai qu'a -cette époqte j'aie
le 29 frimaire écrivoir-il
pareilles ouvertures >
99 compte
au miniftre de la marine pourquoi
a nous
beancoup far les chefs civils &
: aJe
gouvernçnt, far le commifaire
militaires qui
Sonthonar, en què
-S
de nivôfe de l'an 5
Honie indépendante. S'il propofé eft
projer de rendre la Coeu Tinfamie de lai faire de vrai qu'a -cette époqte j'aie
le 29 frimaire écrivoir-il
pareilles ouvertures >
99 compte
au miniftre de la marine pourquoi
a nous
beancoup far les chefs civils &
: aJe
gouvernçnt, far le commifaire
militaires qui
Sonthonar, en què
-S --- Page 28 ---
> mes frères mettent toujours la plus grande confance, saif
N que moi. ))
Pourquoi le 13 pluviofe fuivant s'exprime-t-il plus fortement encore en s'adreffant au même miniftre ? < N'allez
x pas croire (1 lui éctit-il), comme chercheront à vous
32 linfinuer ceux qui font parcis de la colonie >
les
>2 citoyens Sonthonax & Raymond trabiffent les
Trens
D de la France. L'harmonie qui règne aujourd'hui dans la
> colonie, & qui eft le fruit des travaux des agens de la
>> France > me porte à defirer que le commiffaire Sons thonax refte parmi nous 3 au moins jufqu'à la paix, &
22 qu'il foit toujours revêtu de l'autorité nationale. Le falut
>> de Saint- Domingue, , fon entier rérablillement & fa
> profpérité exigent que le Direétoire ne lui permette
>2
retourner; mon attachement à la
E
de.s'en
> mour de ma patrie & de mes frères, m'obligent lui
E
3> en faire la demande. Veuillez, je vous en prie, citoyen
>
miniftre, l'appuyers, & foycz perfuadé
comme étant
la
n'ai fait
s> le. plus intéreflé à la caufe de
je
dARcr
cette demande qu'après avoir bien fenti la néceflité
2 qu'elle foit accordée, & les malheurs qui pourroient réx, fulter du départ de cer homme eftimable.
Voyez, citoyens collegues, comme l'iniquité fe ment à
elle- même, conme la calomnie déchire fon malque de
fes propres mais. C'eft le 13 pluviole c'eft quarantetrois jours après que je lui ai propofé l'indépendance,
Tonffaint demande au miniftre de la marine & au
Tatec
toire exécutif de conferver dans mes mains l'autorité nationale jufqu'à la paix ! Peut - on imaginer une pareille
contradidtion ? De deux chofes l'une : ou il a trompé le
gouvernement par fa dernière accufation, en me chargeant
d'un crime que je n'ai pas commis; ou bien fes lettres au
miniftre démontrent que lorfqu'il les écrivoit, il étoit mon
complice, Dans luu &c l'autre cas, quelle foi ajouter à fes
affertions ?
Certes, f quelqu'un pouvoir être foupçonné de favo:
on imaginer une pareille
contradidtion ? De deux chofes l'une : ou il a trompé le
gouvernement par fa dernière accufation, en me chargeant
d'un crime que je n'ai pas commis; ou bien fes lettres au
miniftre démontrent que lorfqu'il les écrivoit, il étoit mon
complice, Dans luu &c l'autre cas, quelle foi ajouter à fes
affertions ?
Certes, f quelqu'un pouvoir être foupçonné de favo: --- Page 29 ---
rifer le fyltême d'indépendance, ce feroit fans doute
dont la vie politique n'a été qu'une révolte continuelle celui
contre la France. Touffaine - l'Ouvercure a été l'un
chefs de la Vendée de Saint. - Domingue. Par
des
de ces mêmes émigrés qui l'entourent
l'impullion
ganifoit en 1791 la révolte des noirs aujourd'hui, & le mafficre il des orblancs propriétaires. En 1793 & 94 il commandoit
méc des brigands aux ordres du roi catholique & il l'arpaffé au fervice des républicains
,
n'a
tions de paix lui ont appris
que lorfque les négociabefoin de lui.
que l'E(pagne n'avoit plus
Les émigrés & les prètres ne font
les feuls
aient contribné à égarer
fa coalition pas
gaud, dont il
avec
RE
blâmoit hautement
crimes dans fa coravec
OCLETIO
refpondance d'hui la
moi, prouve évidemment
eft
dape de fes fuggeftions. Voyant
défendu aujour-:
par Vaublanc, il m'a cru
Nipur
trier des
perdu; ils'eft lié avec le meurFrançais, en m'imputant fes
Dans' ces
perfidies.
circonflances, citoyens
prendre far les colonies? Celui de collègues la
? de quel la parti
dération & de la juftice. En parcourant fageffe, les
moglantées de leur hiftoire
pages enfanconvaincre
révolationnaire, vous 2vez dû vous
que tous les partis ont eu des torts
ques; de que des hommes de toutes les couleurs ont commis réciprogrands crimes; ; que plufieurs généraux, au lieu de faire
refpecter la métropole & fes agens, n'ont fait
fulter &cles trahir. Tantôr ce font les affemblées que les inqui prociament l'indépendance; ; tantôt des chefs coloniales
par des voies différentes, marchent au même but. militaires,
Faut-il s'étonner que l'oubli de
les ambitieux à fecouer le joug ; & s'il F'Enrope exiftoic enhardiffe dans
térieur de la République un feul
l'indant un an feulement, fû: privé de dépattement qui, penles deux pouvoirs qui conftituent correfpondance avec a
croyez - vous ga'il demeurât long- notre fidele gouvernement à
:
l'indivilibilité de l'empire? Eh
lunité, à
depuis cinq a118 eRtanTt
AU
.
er le joug ; & s'il F'Enrope exiftoic enhardiffe dans
térieur de la République un feul
l'indant un an feulement, fû: privé de dépattement qui, penles deux pouvoirs qui conftituent correfpondance avec a
croyez - vous ga'il demeurât long- notre fidele gouvernement à
:
l'indivilibilité de l'empire? Eh
lunité, à
depuis cinq a118 eRtanTt
AU
. --- Page 30 ---
tiers VOS colonies font fans loi, fans correfpondance fuivie
avec la métropole. Dans ma première
les
de la France ont été quinze mois fans million, recevoir de agens
velles: dans la feconde , j'en ai attendu vainement nou- depuis le mois de brumaire de l'an 5 , jufgu'en fruétidor
dernier. La diftance des lieux, le dépériflement de notre
marine, les erbarras que les diverfes factions
fc font
mélées des colonics ont fulcités au Diredtoire, qui ne lai ont
pas permis de faire pour ces contrées lointaines tout cC
a droir d'attendre du patriotifme & des lumières de
membres. Si les colons
Em
fe font livrés à des écarts repréhenfibles s' n'eft-ce pas à l'ignorance , à l'abfence des
lois, qu'il faut s'en prendre, platôr que de les accufer
d'intentions perfides? Je ne connois qu'une feule claffe
d'hommes dont les délits foient inexccufables ;ce font les
alfaflins : pourfuivons - les
où ils fe trouveront;
mais faifons grace aux etmure égarés s que le délire de
la
civile a précipités dans dcs erreurs
pour les
LLbeaee
Antilles la loi bienfaifante funeflesspro- de
avec
la feule modification contenue dans le décret l'amniftie, du 3
brumaire, qui a terminé la feflion de la Convention nationale.
Quant à moi, je déclare quie je renonce 2 pour ce
me concerne, au.bénéfice de cette falutaire mefure; & qui
demande que les agens du Direétoire dans les colonies, je
contre lefquels il pourroir y avoir lieu à accufation, en foient
formellement exceptés. Content, fatisfait du bien que doit
produire l'indulgence paternelle de la métropole envers
fes colonies le fpeétacle du bonheur public me fera oublier
pour jamais les perfécutions & les perfécuteurs.
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
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