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A3ob
Habit Carter arolun
Lilraru
Bonntl liversity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
3. --- Page 5 ---
CORPS
LEGISLATIE
A oncaz CR
DES CINQ - CENTS.
CONSEIL
O
U R S
D IS SC
DELAHAXE,
Ds J.C.G.
Sur Paffaire des Colonies.
Séance du 11 prairial, an V.
CITOYENS LÉGISLATEURS,
a Ce feroit trop préfumer de mes forces fi je me à préfentois
tribune avec le fol efpoir de rien ajouter l'impreffion
à cette
taite dans vos efprits le difcours lumineux de
profonde qu'a Vaubianc : il a tracé dans un cadre étendu les
mioncollegue les hommes & les chofes fous les couleurs &- les
faits,
font
la vérité a guidé fa plumc; 5
E
ports qui leur
propres;
A
2. --- Page 6 ---
a - a
quence & l'énergie ont préfidé à fa diétion : : il a tellement
remué ce champ. vafte d'iniquités, & il a porté fi loin ia
conviction, quila lailTé peu de chofes à dire à ceux qui
doivent parler après lui fur cette matière. Cependant, citoyens, depuis fi long-temps on nous cache la vérité; def long-temps on imprime, on colpoite, on - diftribue
fe menfonges jur l'état des colunies, qu'on ne peut trop
déblayer ces maffes informes fous lefquelles On fe plait à la
dérober. Un gouvernement trompé, l'infuence d'un miniftre
trop confiant dans les rapports que lui font des brigands; des
rapports faits à cette tribune, puifés dans cet arfenal d'impoltures, diftribués avec profulion fans réfutation, ont
dans cette
affaire a l'opinion
des coups
rt
grande
publique
neftes, dont il eft temps d'arréter les effers. C'eft dans cet
efpoir que je viens vous préfenter quelques réflexions qui
ont encore échappéa mon collègue Vaublanc.
Citoyens légiflateurs, il me femble que, dans la grande
affaire des colonies, le Corps légiflatif doit marcher à pas de
géant, plutôr en franchiflant qu'en renverfant les obftacles
qui font fur fa route. S'il y parvient, il comprimera fuffifamment toutes les efpèces d'agitarions auxquclles on peuc
principalement attribuer les calamités qui ont ravagé la plus
belle partie du monde.
On conviendra fans doute de ces trois chofes: 1°. qu'il
faut conferver les colonies fi précieufes, fous le raprort de
la marine, du commerce 8c des finances ; 20. qu'il taut
affurer la liberté de leurs habitans, fans diftineion de couleurs 5 3°. qu'il faur réparer, autant que pofible, les défaftres qu'elies ont épronvés : il ne s'agirplus que d'en trouver
les moyens, & c'eft dans leur choix que confifte toute limportance de la queftion. Le Corps legiloif a donc encore *
s'occuper d'un des plus grauds fujets de politique que la révolution françaife ait offitts à la méditation des hommes.
Je ne m'arrêrerai point à tracer le tableau épouvantable de
tous les maiheurs dont les colonies ont été victimes, ni i
faftres qu'elies ont épronvés : il ne s'agirplus que d'en trouver
les moyens, & c'eft dans leur choix que confifte toute limportance de la queftion. Le Corps legiloif a donc encore *
s'occuper d'un des plus grauds fujets de politique que la révolution françaife ait offitts à la méditation des hommes.
Je ne m'arrêrerai point à tracer le tableau épouvantable de
tous les maiheurs dont les colonies ont été victimes, ni i --- Page 7 ---
rechercher les caufés qui les ont produirs. Ces malhenrs font
excellifs, &c il n'appartient qu'i Thiftoire de les peindre avec
impartialité; fans doute les colons ont eu des torts, ne foc ce
celui de s'être divifés au commencement de la révoluque tion. Sans doute aulli les hommes de couleur otit commis des
crimes, & de grands crimes. Ils ent poulle au-deli de toutc8
mefures le retlentiment des privations que les préjugés, ces Ils
defpotes du monde, leur ont fait long-temps endurer. de
auront à fe reprocher de s'être armés de torches flamme & & poi- le
gnards, & d'avoic porté prefque par-tout la
lefpoit
fer. Sans doute,enfin les noirs ont été exafpérés par ils icnt
de jouir d'une liberté, pour hommes, laquelle mais afurément: à laquelle ils ne
nés, comme tous les autres
L'aveugle qui tea
devoient être appelés que par degrés.
l'éclar
couvre la lumière, ne peut en fupporter
que peuà-peu.
J'abandonnerai donc tout Thiftorique de ce qui s'eft paffé
jufqu'à linftallation du nouveau gouvernement trait de françaiss feu les
mon collégue Vaublanc vous a peint en
de Laveau
crimes de Sonthonax & Polverel 2 l'interrègne le renvci de Sondepuis le départ de ces proconfuls &
ici de
thonax 5 & je penfs d'ailleurs ga'il ne s'agie point & ceux
refonler le pale, ce font les malheurs follicitude préfens des 164
à venir qui doivent feulement occuper la de
à lagillareurs d'un grand empire, Je partirai
l'époque
guelle le Direétoire exécutif a envoyé aux colonics les commiffaires qui dans ce moment Y exercent toute la puiffance.
J'obferverai feulement que ce Pinchinna dont à parlé mon
collègue Tarbe, eté un des principaux auteurs des premicrs.
troubles de Saint-Domingue; : qu'alors il étoit d'accord avec
Sonthonax: : mais ce dernier à fa dernière miflion craignit fon
influence, & le mit hors ia loi.
Or, c'eft dans cette pofition que j'examinerai d'affurer quels font ia
les meilleurs moyens de conferver les colonies,
liberté-de tous leurs habitans, & de réparer les anciens déx
A a
parlé mon
collègue Tarbe, eté un des principaux auteurs des premicrs.
troubles de Saint-Domingue; : qu'alors il étoit d'accord avec
Sonthonax: : mais ce dernier à fa dernière miflion craignit fon
influence, & le mit hors ia loi.
Or, c'eft dans cette pofition que j'examinerai d'affurer quels font ia
les meilleurs moyens de conferver les colonies,
liberté-de tous leurs habitans, & de réparer les anciens déx
A a --- Page 8 ---
faftres : on fent qu'il eft néceffaire pour cela de bien fixer
l'étar actuel des choles.
Depuis l'exiftence du gouvernement confiturionnel, les
colonies offrent cet appérçu : une parrie en eft envahie par
les Anglais, & chaque jour ils agrandilfent leur domination:
les blancs font prefque tous expattiés, ou maflacrés; beaucoup ont fui en Amérique feptentrionaie > beaucoup font
déportés en France, en proie à tous les genres de misère.
Lesthommes de couleur ont ett bien de la peine à ne pas être
victimes de la colèrequ'ils ont infpirée aux noirs contre les
blancs, & fi On1 ne leur fubvient , ils périront également
fous leurs coups; c'eft avec la plus grande difficulré qu'ils
parviennent à faire oublier la différence légère qui les diftingue des Africains. Tel a été le fyftème machiavélique conftamment fuivi. par Sonthonax dès fa première million,
divifer pour régner. D'abord il atma les nègres & les' mulâctes contre les blancs, en impatant à ceux-ci des crimes
dont ils ne fureut jamais coupables, cn leur prétant même
ceux que lui & fes complices faifoient commettre à delfein 1 :
ainfi le Port-au Prince eft bombardé, le Cap eft incendié,
les blancs font égorgés, leurs maifons pillées & briilées,
beaucoup fe précipitent dans les flors, quelques-uns échappent à la rage des nègres & des mulâtres, dc s'accrochent à
queiques bâtimens qui iles afrachent à une mort certaine : entendez Sonthonax, ce font les auteurs de tant de maux, les
ennemis de la colonie, de la liberté des nègres. C'elt ainli
cet homme déja couvert de crimes, fe" jultific l'avance
3. tous ccux qa'il doit commettre de nouveau.
Une chofe qui étonne la France, qui étonnera la poftérité,
c'eft que le Direétoire exécutif ait cnvoyé dans les colonies;
y exercer la plénitude des pouvoirs fuprèmes, des
Eentula fameux, connus, les ims par leurs crimes, les autres
par leur immoralité. Je veux qu'il ait été trompé dans fes
choix par les hommes gui l'environnoient, &: qui, depuis
huit ans, travailient à la ruinc des colonics; par un miniftre
France, qui étonnera la poftérité,
c'eft que le Direétoire exécutif ait cnvoyé dans les colonies;
y exercer la plénitude des pouvoirs fuprèmes, des
Eentula fameux, connus, les ims par leurs crimes, les autres
par leur immoralité. Je veux qu'il ait été trompé dans fes
choix par les hommes gui l'environnoient, &: qui, depuis
huit ans, travailient à la ruinc des colonics; par un miniftre --- Page 9 ---
l'efprit de parti a toujours guidé fur cet objet. Mais ne
au Di:cétoie exécurif de lire la lifte de ces
pas
RUELT
hommes, dont le nom elt un ontrage à la nature?-& ne
pouvoit-Ipas donner fa confiance à.desl Français quin'etoient l'oPas fous le poids du fourçon? C'eft Sonthonax, auquel
pinion publique attribae la plus grande partie des défordres c'eft
arrivés avant l'inftallarion du nouveau gouvernemnent; les
Raymond, homme de couleur, dont Picafcibilité contre
blancs ett bien connue, & qui y joint le fentiment extrème
de la vengeance: il fe rappellera toujours les quinze mois
de détention qu'il a pallés auprès du tribunal révolutionnaire la
de Paris; c'eft Leblanc, homme attaché de tout temps à
police de cette grande cité, & qui étoit plus fzit pour être
chef
être délégué fuprême de la
un
d'efpion, que
tout le monde connoit.
République; c'eft un TLCE, que
D'abord, ne peut- on pas fe plaindre du Direétoire exécutif pour avoir fait un parcil choix ? Je fuppofe que les
commifaires ne méritent pas tout ce que débite T'opinion publique fur leur comptesje fuppofe même toutes les qualités
& toutes les vertus oppofées aux défauts & aux vices qu'on
leur impute.
Mais, dans tous les cas, le Direétoire exécutif devoit-il
choilir précifément les hommes les moins dignes d'une fi
grande million? Devoit-il préférer à tant d'honorables Français dont la réputation eft vierge, qu'on me palfe ce terme,
des hommes qui ont la leur entachée, at1 moins, par tous
les préjugés,
routes les préventions ? Devoit-il choilir
ceux qui font Rer moins faits pour ramencr les efpiits à la
conciliation. pour attenner les haines, pour diminuer les
maux qui affligent les colonies?
Malgré toute mon intention de ne dire rien de taxatif,je
cependant de foupçonner dans ce choix
ne penx m'empécher
& cette opinion fe
u efprit de combinaifon dangereux; fur les inftruétions
le
fortifie lorfque je jette les yeux
que
Directoire cxécutifa données i fes délégués.
A 3
ramencr les efpiits à la
conciliation. pour attenner les haines, pour diminuer les
maux qui affligent les colonies?
Malgré toute mon intention de ne dire rien de taxatif,je
cependant de foupçonner dans ce choix
ne penx m'empécher
& cette opinion fe
u efprit de combinaifon dangereux; fur les inftruétions
le
fortifie lorfque je jette les yeux
que
Directoire cxécutifa données i fes délégués.
A 3 --- Page 10 ---
Larticle tO lour enjoint de réclamer, aufficôt leur arrivée,
T'abolition de l'eiclavage, & cette proclamation eft recommandée à leurs vertus, a leurs talens.
Certes, le Direétoire exécutif a beancoup pris fur lui en
fc permetrant de concraricr auili violemment l'opinion
blique, qui 'ne reproche que dcs crimes à Sonthonax
Rhoume, &
M:
cui accufe les autres de vengeance, d'immoralité, & de toutes les paflions funcftcs. Quelles peuvent donc
être les vertus d'un agent de police, par exemple,
fes fonétions, a contraété Phabitude de faire abnégation qui; Pas
ion ame toute entière? I! ne s'agit pas encore d'examiner
quelles font les vertus qu'ils ont monarées dans l'exécution
de ces inftruétions.
Caricle 14 porte qu'il ne fora confervé fous les armes,
que le troupes néceflaires pour chafler les Anglais de lile.
11 me femble qu'l falloir aufi faire confidération de la
rection due aux blancs, notoirement expofes aux violences prodes noirs, exafpérés contre enx par les hommes de couleur.
On devoit d'autaut plus faire cette confidération, que, dans
Particie 26,00 pale laveu que les facultés du raifonnement
fonblent nulles chez les negres; & l'on fent allez ce qu'elt
pour de tels hommes la proclamation de leur liberté, lorfqu'on be prend pas la précaution d'en contenir les écarts
par'une force impofante.
J'anois trop à citer de Ces fameufes inftrucions, je
me borne à dire, fans héfiter, qu'slles offrent en général
le plan de fxctiler les blancs qui reftent encore dans les
colonies, Chagueligne offre le téimoigmage d'une follicitude
particuliere en faveur des noirs, & rien, abfolument rien,
Pour les blancs,
L'article 25 enjoint anx délégués de faire un cadaftre
ginéral de toutes les habications appartenantes à ia nation,
de Fenvoyer au minfre de la marine, ainfi que l'état des
habitations dcs individes préveuus d'emigration, de réta-
fxctiler les blancs qui reftent encore dans les
colonies, Chagueligne offre le téimoigmage d'une follicitude
particuliere en faveur des noirs, & rien, abfolument rien,
Pour les blancs,
L'article 25 enjoint anx délégués de faire un cadaftre
ginéral de toutes les habications appartenantes à ia nation,
de Fenvoyer au minfre de la marine, ainfi que l'état des
habitations dcs individes préveuus d'emigration, de réta- --- Page 11 ---
4 biens nationaux,. & de Ics
blir le plus promptement
mettre en vente.
filence
dans les
Qui dès-lors ne fent pas blancs? le but du On fait donc gardé tout pour
inftructions à l'égard des ceux-ci. N'eft-ce pas provoquer
exciter les noits, contre maiheurs? N'eft-ce pas nécelliter
hautement de noaveaux afin de mulciplier les domaines
de nouvelles émigrations
nationaux ?
finanExifte-til une compaguie
Quel eft donc ce fyftème? deffein d'envahir les pioptiétés des
cière qui ait conçu le -des crimes qu'ils commandent aux
colonies, à la taveur
ceux-ci, non fous le joug d'un
noirs, pour enfaite remettre d'un efclavage politique, cclui qui
efclavage légal, mais
des bras, & le dénuieréfulte de la mifere, par la concurrence compléter ce fyitême aboment de fobfiftances? C'eft pour
de déclarer
minable que l'on vous propofe au fer aujourdhai & à la famme, qui ont
émigrés les colons échappés
ami de la France. Ils
été chercher un afyle dans un pays un
les biens qu'ils
de rellituer jour
tremblent,) Jes ufuipateurs,
le
fe font appropriés fans en payer prix.
bizarre de philofophilines
Quel eft donc ce mélange focial,
contient l'article 27à
de politique & d'ordre dit-on, doit que être préféré aul blanc,
( L'homine de couleur,
reconnn que celui-ci ait des
s q.oijuil foit genéralement Le noir doit avoir la troifième place dans
>> talens fuxpéricurs.
> la hiétarchte fociale.
tient fon exiftence de Ia
Ainfi le Direétoire exécurif, qui foin de recommander
conftitution républicaine, l'exécution quia grand de cette conftitution fans
la liberté de: nègees, fe
de clafler les bommes
diftndon. de couleurs,
permet
en
que rous
felon leur couleur, loriqu'ona a devant reconnu la loi, principe quelle que fae
les hommes étoient éganx dela liberté & de la
leur efpèce. Ecc'eft 2u nom
reconnois PATE ici
Fic que font ridigdes CGS infutchionstJe
A 4
'exécution quia grand de cette conftitution fans
la liberté de: nègees, fe
de clafler les bommes
diftndon. de couleurs,
permet
en
que rous
felon leur couleur, loriqu'ona a devant reconnu la loi, principe quelle que fae
les hommes étoient éganx dela liberté & de la
leur efpèce. Ecc'eft 2u nom
reconnois PATE ici
Fic que font ridigdes CGS infutchionstJe
A 4 --- Page 12 ---
8.
fluence funefte du minifire de la marinc, qui
imprime le cacher de la profcription fur ie front par-tout des
blancs.
Quel eft enfin le fens myftérienx de cette dernière invitation qu'elles contiennent encore ? < Il faur
>> vernement des agens du Direétoire à Saint- que le gou9> foit l'époque oik feront expiés envers
Domingue,
>>
outrages
Phumanité tous les
qu'elle a reçus. > On n'entend
cette
meurtrière expreflion, C'elt l'anathème
que trop
blancs. Les
d'extermination des
des noirs, doivent outrages que l'humanité a reçus par
etre expiés ;& l'on fait ce que c'eft l'efelavage
expiation, dans le fens fur-tout des commillaires qu'une
l'exécurion de ces inftructions étoit confiée L'expiation auxquels des
crimes'commis par lelévite d'Ephraim ne fut peut-être recommandée avec plus de ferce. Les effets n'ont pas démenti pas
cetteinvitation fiaternelle.Perfonne
& il ne
ciavage,
faut pas être de fmdnwenoypeowrefef la fociété des amis des
noirs pour en fentir totte l'horreur. Montefquieu., dans fon
E/prit des lois, n'a pas eu le courage d'en traiter férieufement. Rouffean feul, dans fon apre auftérité. ofé dire
qu'elle devoit être placée à côté de la liberté, Tel eft fon
expreflion dans le Contrat Jocial. Mais enfin Cct
étoit le produit d'un grand préjugé, non
efclavage
Français, mais même des peuples anciens pas les feulement des
Ne fait-on pas que le gonvernement français plus policés.
les
encourageoit
colens, auxquels on fait un crime aujanrd'hui de leur
induftrie, de leur foumiffion, de leur" amour même
la mère patrie 2 puifqu'il faut leur fairee expier des crimes pour (1)?
de (1) Mon collègue Vaublanc vous a
les
ces malheureux Français de
rappelé
vertus, les talens
tion cherche à atteindre encore. S.int-Domingue, Jl vous a cité
que la proferiphommes dont le gouvernement lui-même a fait parmi choix, eux & plnfieurs
fentaur yeux de toute la France la diflinétion dont ils font qui juftiIleneft bien d'autres encore, & entre ceux - la
honorés.
fatisfaction pluficurs qui, bravant_les
j'en défigne avec
perfécutions, confacrent fans
s
ais de
rappelé
vertus, les talens
tion cherche à atteindre encore. S.int-Domingue, Jl vous a cité
que la proferiphommes dont le gouvernement lui-même a fait parmi choix, eux & plnfieurs
fentaur yeux de toute la France la diflinétion dont ils font qui juftiIleneft bien d'autres encore, & entre ceux - la
honorés.
fatisfaction pluficurs qui, bravant_les
j'en défigne avec
perfécutions, confacrent fans
s --- Page 13 ---
€
Mais s'il falloir allar puifer danslantiquicé 5 Sparte, Achènes
& Rome eurent des efclaves : ils en confactérent le droit
& certes, cette erreur partagée de nOS jours a
RoarL des noirs, qu'on reconnoit avoir à peine les facultés
du raifonnement, n'eft point un crime qu mérite une CX-
-
piation fanguinaire par l'extermination des blancs.
J'ai fiégé dans la falle occupée maintenant par le Confeil
des Anciens, & j'yv vois encore les images de Solon, delicurgues, de Caron, le butte même de Bratus. Ces grands
hommnes eurent des efclaves: donc ils outragérent Thumanité; & O11 ne pardonneroit pas aux Français d'avoir partagé leurs préjugés ! & c'eit le gouvernemént d'un peuple
libre qui en provoque T'expiation 1 Ah ! je ne fais fi la mort
commandée n'elt pas un plus grand forfait que l'efclavage
ordonné.
Non affurément: ce n'eft pas fans de puiffantes raifons
que je foupçonne dans le choix des délégués du Direétoire
exécutif, envoyés aux colonies 2 Pexécution d'un complor
finitre, & je fais que la conduite de ces délégués eft
d'ailleurs parfaitement conforme à cette crnelle idée.
Illeur étoit défendu d'exercer leurs pouvoirs que rJunis,
& ils les ont exercés féparément renouvelant dans ies
colonies les fcènes affreufes des proconfulats de la Convention
nationale.
Le pillage, l'anarchie, > les affaffinats 2 tous les Aéaux
font porrés au comble depuis leur arrivée, & les émigrations
augmentent chaque jour.
Plus de trente mille noirs font armés aux environs du
Cap, n'ayant d'autre objet que de torcer les ateliers à
faire du fucre pour les agens des délégués & leurs proteéteurs.
ceffe leurs veilies à éclairer la France for les maux de leur patrie, incérêts
& n'ont pis pei contribué a répondre la lumière fur les
qui lient eflentiellament les colonies à ln métropole. A 5
Difcours deJ.C.G. Delahaye.
noirs font armés aux environs du
Cap, n'ayant d'autre objet que de torcer les ateliers à
faire du fucre pour les agens des délégués & leurs proteéteurs.
ceffe leurs veilies à éclairer la France for les maux de leur patrie, incérêts
& n'ont pis pei contribué a répondre la lumière fur les
qui lient eflentiellament les colonies à ln métropole. A 5
Difcours deJ.C.G. Delahaye. --- Page 14 ---
1o
Les Anglais, au lieu de perdre du terrein, s'reron
diffent chaque jour davantage > 5 & il femble que les delégués ménagent de longue main une grande crife s pour
avoir la direétion d'une plus grande puillance.
Il feroit trop long de détailler tous les faits de leur abominable adminiftration; & il eft plus court de fixer un
inftant les diverfes prociamatious quilsont faites. Onjugera
de leurs projets & des calamités qui en ont pu réfulter..
Quoique mon collègue Vaublanc ait démontré avec avanxage l'atrocité de ces artêtés, il entre dans mon fujet de
me répéter à cet égard, & d'en citer qui lui font échappés.
Arrêté du 15 prairial, an 4cc Ils'agit de
des propos dangereux 5 & voici
commelesaclegués Acmnit aufli nfagede l'art. des confidérans:s
ce Confidérant que ces propos ne peuvent être tenus que par
5> de vils propriétaires d'hommes, , barbares ennemis de la
> patrie 5 qui > regrettant un régime d jamais profrit,
3> brilent de replonger dans l'efelavage nos frères les cul-
> tivateurs. >>
e Peut-on appeler plus viclemment le meurtre fur les
blancs? N'y avoi- il pas des manières plus douces de réprimer les prétendus propos? Et l'on fait d'ailleurs de quel
danger il eft de févir contre ce qu'on appeie des propos.
L'article V de Cet arrêté porte cette autre difpofition :
La confitution françaife ayant hantement & formellement
déclaré la liberté de tous les hommes qui vivent fous fon
empire, tout homme qui, i Saint- Domingue, fors convaincu d'avoir diz qu'un homme peut ètre la propriécé 6leF
clave d'un autre komme J eft déclaré en rebellion contre la
conftirution, traitre à la patrie, & pani comme tel fuivant
la rigueur des lois.
Peut-on quelque chofe de plus atroce ? Comment s'af-
françaife ayant hantement & formellement
déclaré la liberté de tous les hommes qui vivent fous fon
empire, tout homme qui, i Saint- Domingue, fors convaincu d'avoir diz qu'un homme peut ètre la propriécé 6leF
clave d'un autre komme J eft déclaré en rebellion contre la
conftirution, traitre à la patrie, & pani comme tel fuivant
la rigueur des lois.
Peut-on quelque chofe de plus atroce ? Comment s'af- --- Page 15 ---
1a
furer que les propos ont été tenus ? Le ton, le gefte, Ies
modes différens du langage, tout cela cn fair le véritable
fens; & qui en dépofera? Les noirs qui n'entendent point
le français, les hommes de couleur qui veulent exterminer
les blancs ? Plus je lis ces arrêtés s ces proclamations, plus
je les trouve atroces.
Du 13 juin 1793.
Deftitution de Galbault, fous prétexte qu'il a lailfé ignoexécutif
étoit
Configné à
rer au Gonfeil
qu'il
Polvere! propriétaire. &c Sonthonax, 8c
bord la.gabarre la Normande par
de
deftitué, en tant que de beloin, de la place
gouverneur
pour caufe d'incivifme.
Proclamation deflits,
alloue aux procureurs des commnnes demi pour cent 9ut le produit net des habitations
féqueftrées, pour les indemnifer des frais & peines de la geftion deidits biens, & demi pour cent aux receveurs comptables.
Du 2 juillet 1793.
Proclamation qui déclare traîtres à la Fatric les perfonnes
les deftitue & les met hors de ia loi. Elle
y défignées, qui
des indiviordonne > dans le délai de huitaine, l'infcription &
de
dus non libres qui veulent profiter de l'amniftie, jouir
la liberté que leur accorde la proclamation du 20 juin.
Arrêté qui confifque, au profit de la Répablique, , tous
métaux, infirumens, planches & bois échappés à lincendie
du
& menace de traiter comme pillard quiconque
Cap J
tenteroit de fe les approprier.
Du: 20 juillet 1793Proclamation qui déclare émigrés tous les citoyens qui
ont fui de la colonie fans autorifation ni permiflion, & leurs à
propriétés J tant mobilières qu'inmobiliaxes, appartenis
la République.
A 6
pablique, , tous
métaux, infirumens, planches & bois échappés à lincendie
du
& menace de traiter comme pillard quiconque
Cap J
tenteroit de fe les approprier.
Du: 20 juillet 1793Proclamation qui déclare émigrés tous les citoyens qui
ont fui de la colonie fans autorifation ni permiflion, & leurs à
propriétés J tant mobilières qu'inmobiliaxes, appartenis
la République.
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Du 27juillee 1793.
Proclamation qui déclare Amnaud, Villers,
indignes de la confiance pablique, incapablcs Ducoudray, de
aucunes fonctions; ordonne leur déportarion de ladice remplir COlonie, & leur eajoint d'en fortir daus huit jours.
Et fi aucuns d'eux, après
éroient trouvés dans la colonie, dit la leurembarquement, proclamation, ordonnons à tOuS
dépofitaires de la force pablique, invitons tous les-bons citoyens de courir fus, & de les faifir niorts ou vivans.
Duz9 acit 1793.
Proclamation concernant la liberté gencrale pour la partie
du nord.
Les hommes naiffent & demeurent libres &
en
droits : voili, citoyens, l'évangile de la France; il égaux elt
que temps gu'il foic proclamé dans tous lcs
plus
la Répul" que,
départemens de
Envoyds par la nation en qialité de commiffaires
à Saint Domingue, notre miflion étoit d'y faire exécuter civils
loi du 4 avril, de la faire régner dans toute fa force, &d d'y la
prérarer graduellement, fans déchirement & fans fecouile,
faffanchilfeament général des efclaves.
A notre arrivée, nous trouvâmes un fchifme
table entre les blancs 5 qui, tous divifes d'intérét &c éponvannion, ne s'accordoicnt qu'en un feul point, celui de d'opituerà jamais la farvitudedes negres, & de proferire perpélemenr tour fylieme de liberté, & même
égaleur fort. Pour déjonce les
d'amélioration de
Jes
mab-intentionnès, & pour rallirer
ciprits, tous prévenns par Le crainte d'un mouvement
fubir, nous déclatimes que nous pentions
éioit néceflaire à la culture,
que l'efelavage
Nous dilions vrai, citoyens 5 Tefelavage alors étoit effen-
itudedes negres, & de proferire perpélemenr tour fylieme de liberté, & même
égaleur fort. Pour déjonce les
d'amélioration de
Jes
mab-intentionnès, & pour rallirer
ciprits, tous prévenns par Le crainte d'un mouvement
fubir, nous déclatimes que nous pentions
éioit néceflaire à la culture,
que l'efelavage
Nous dilions vrai, citoyens 5 Tefelavage alors étoit effen- --- Page 17 ---
tiel, autant à la continuation des travaux qu'i la confervation des colonies. Saint-Domingue étoit encore au pouvoir
d'une horde de tyrans féroces , qui préchoient publiquement
la couleur de la peau devuit être le figne de la puifOned ou de la réprobation.
Aujourd'hui les circonftances font bien différentes ; les
négriers & lesanthropophages ne font plus. Les uns ont péri
viétimes de leur
impuiffante, les autres ont cherché
leur falat dans la Rte & dans l'émigration ; ce qui refte de
blancs eft ami de la loi & des principes français; la majeure
partie de la population eft formée des hommes du 4 avril,
de CCS hommes à qui vous devez votre liberté.
Du 27 décembre 1793.
Proclamation de Sonthonax > qai défend à toutes perfonnes, de quelque fexe qu'elles foient, d'aller coucher en
iade, & d'y tenir leurs effets ou marchandifes, à peine de
confifcation, & d'être traitées comme émigrées, & livrées
à la cour martiale.
Du premier mars 1794.
Proclamation de Sonthonax, qui condamned la peine de
mort tout citoyen qui fera trouvé fans paffe-port hors des
murs du Port-au-Prince, & tout foldat convaincu d'avoir
vendu fes armes.
Arrêté du 15 prairial an 4.
Confidérant que ces propos ne peuvent être tenus que par
ces vils proprictaires d'hommes, barbares ennemis de la
patrie, qui, regrettant un régime à jamais profcrir, brûlent
de replonger dans l'efclavage nos frères les cultivateurs.
Les articles de cet arrêté font des infractions aux lois,
& des fources de divilion perpéruelle.
Difcours de J. C. G. Delahuye.
A7
prairial an 4.
Confidérant que ces propos ne peuvent être tenus que par
ces vils proprictaires d'hommes, barbares ennemis de la
patrie, qui, regrettant un régime à jamais profcrir, brûlent
de replonger dans l'efclavage nos frères les cultivateurs.
Les articles de cet arrêté font des infractions aux lois,
& des fources de divilion perpéruelle.
Difcours de J. C. G. Delahuye.
A7 --- Page 18 ---
I
A R T 1 I C L E P R E M I E E.
Tout citoyen qui dira, dans les marchés ou ailleurs,
la libercé n'eft pas irtévocablement rendue; que
du
Trnmsade
gouvernement français cft de remettre aux fers des hommes qui n'auroient jamais dû en porter, fera faili fur le
champ, & condait chez le juge-de-pair, qui, fur la dépclition de deux témoins qui attefteront avoir entendu lefdits
propos 2 les enverra en prifon ; tous les bons citoyens font
invités à arrêter cclui ou ccix gui tiendroient de pareils
propos.
Moyen de divifion qui tond à profcrire de nouveau les
blancs épars fur cette colonie.
I I.
Toncindivida, convaincu d'un fembiable délit, fera condamné à la prifon pendant trois, fix OuI neuf mois, &
gu'ala fin des treubles intérieurs, fuivant l'exigence des jof- cas.
Moyen qui n'a fervi qu'd fc débarraffer des blancs
étoien: en très - petit nombre.
qui
IIL
Les perfonnes condamnfes
de tels faits àli
re pourront reccvoir aucun
des
du prifon,
-
Z.taure
8cc.,
perfonnes dchors,
&après un mois - elles feiont obligées de fo
leur travail.
nourrir de
Qnelle atrocité! quelle infamic! Quelle loi a aurorifé de
pareils actes? Etoit-ce ainfi quc l'on vouloit concilicr Jes
elprits?
I V.
Comme les citoyens qui difent que les citoyens noits font
indignes de l liberté, ne pouvent fo
de rels dic
cours qu'en hainc dos lois de la Franco, permettre quifécabliftenr;
mois - elles feiont obligées de fo
leur travail.
nourrir de
Qnelle atrocité! quelle infamic! Quelle loi a aurorifé de
pareils actes? Etoit-ce ainfi quc l'on vouloit concilicr Jes
elprits?
I V.
Comme les citoyens qui difent que les citoyens noits font
indignes de l liberté, ne pouvent fo
de rels dic
cours qu'en hainc dos lois de la Franco, permettre quifécabliftenr; --- Page 19 ---
que leur bet eft de femer des méfiances, &:c.; tout homme
convaincu d'avoir répanda de telles calomnies, fera défarmé
& declaré incapable de fervir la République ; il lui fera défendu de porter des armes de quelque nature qu'ciles
foient,&c.
V.
La conftitution françaife ayant hautement &c, formellement déclaré la liberté de tous les hommes qui vivent fous
fon empire, tout homme qui, à Saine-Domingne > fera
convaincu d'avoir dit qu'un homme peur étre la propriéré
& l'efclave d'un autre hamme, eft déclaré en rebeltion
contre la conftitation, traitre à la patrie, & puni comne
tel, faivant la rigueur des lois.
Voilà bien le comble de l'atrocité & de l'arbitraire, &
ce qai a achevé la ruine de ia colonie, Çn la dépeuplant
des blancs qui avoiont échappé aux pillages, au meurtre,
l'incendie, & à toutes les machinations machiavéliques enfantées parles cominilzires.
Dans la proclamation du 15 prairial an 4, la commiffion paric ainti aux migres: Voulez-vous enfin n'étre point
trompés par des vampires qui voudroient encore fe nourrir
de votre lanz & de VOS fuenrs, fachez comprer & calculer, afin qu'ils ne puiffen: jamais vous tromper fur les
daits que doivent vous donner votre activité & votre pto- induftrie.
Elle tend à fomenter les haines des noirs contre les
blancs.
Du 2 preirial an 4.
Proclamation quii defitue Villatte, & ordonne de courir
fus, & dels faitic mott ou vif, fous pcine de defobdiffance
à nos ordies.
Arritd du 5 frultidor,
Confidérant qu'une foule d'hommcs dangereux fements
jamais vous tromper fur les
daits que doivent vous donner votre activité & votre pto- induftrie.
Elle tend à fomenter les haines des noirs contre les
blancs.
Du 2 preirial an 4.
Proclamation quii defitue Villatte, & ordonne de courir
fus, & dels faitic mott ou vif, fous pcine de defobdiffance
à nos ordies.
Arritd du 5 frultidor,
Confidérant qu'une foule d'hommcs dangereux fements --- Page 20 ---
parmi nos frères les noirs, des idées contraires à leurs
véritables intérêts, 8cc.
A R TI I-C L E P R E M I E R.
La partie du nord de Saint-Domingue eft en danger.
I I.
Tous les citoyons non mariés, depuis dix-huit ans jufqu'à vingt-cinq, qui ne font pas attachés à la culture, ou
employés dans les bureaux de la commniflion ou de l'adminiftration, font mis en réquifition.
III I.
Les citoyens
ne fe rendront pas aux ordres du général en chef,
autres
en feront
ge
généraux, lorfqu'ils
requis, s'ils ne peuvent donner des preuves d'abfence légitime, feront déclarés traitres à la patrie, traités comme
tels, & jugés par un confeil de guerre.
I V.
Il eft enjoint aux autorités civiles & militaires, fous leur
refponfabilité, de faire arrêter tous prévenus d'émigration s
de les interroger fur-le-champ, & d'en rendre compte à la
commiflion dans les vingt-quatre heures qui fuivront leurs
arreftations.
Le
thermidor feulement, les commiflaires font
clamer : conftitution, pour défigner le nombre des ECc
teurs qui doivent nommer Ics députés aul Corps légiflatif.
Arrêté du 22 prairial.
Confidérant
les perfonnes réfidantes en pays neutres,
fans ordre,, mdiede ou permiflion exprefle du gonvernement français, font aflimilées par la loi aux émigrés,juf-
ingt-quatre heures qui fuivront leurs
arreftations.
Le
thermidor feulement, les commiflaires font
clamer : conftitution, pour défigner le nombre des ECc
teurs qui doivent nommer Ics députés aul Corps légiflatif.
Arrêté du 22 prairial.
Confidérant
les perfonnes réfidantes en pays neutres,
fans ordre,, mdiede ou permiflion exprefle du gonvernement français, font aflimilées par la loi aux émigrés,juf- --- Page 21 ---
2 ce qu'il en foit autrement ordonné, arrête cC qui
Les fondés de procuration des perfonnes réfidantes cn
pays neutres, fans ordre, million ou permidion du gouvernement, feront exclus du bénéfice de l'arrècé de la comlmiflion, du 30 Aoréal dernier, &c.
Jc m'arrête dans les exemples
je pourrois vous donner d'une multitude de mpaSEA aupli perfides, aufli
tyranniques quc celles que je viens de rappeler. Pobferverai que dans aucune il n'eft rien dit pour alfurer la liberté des blancs contre les eutreprif.s des noirs..
Je pcux aflirmer que dans touges les opérations des dé.
légués du Directoire exécutif, on voit évidemment
le plan eft de former une grande confifcation de propriétés que
foncières des.colonies, foit par la mort des colons, foit
par leur émigration forcée.
Si le gouvernement actuel entre dans cette combinaifon,
il n'eft pas éronnant affinément qu'on ne parvienne jamais
à obtenir de lui des tenfeignemens policifs & vrais fart
l'état des colonies. Ah ! il auroit bien raifon de dire
les chofes y. vont bien: cui, fans doute, pour le VEts
de la combinaifon.
Je n'ai point intention de provoquer lopinion pablique
contre le DireStoire exécutif, je le crois trompé par les
hommes qui l'entourent. Je meiappelle trop fous quels aufpiccs il a été infallé, & quelle intluence perfide il a eu
à fccouer peu-à-peu, fans qu il foit parvenu encore à en
être débartalle tout-à-fait. Ses inftructions refpirent évidemmenc l'efprit de cette funcfc influence, & je me perfnade qu'il les défavoucroit maintenant f la chofe étoir
pollible.
Je n'oublicrai pas de rappcier au Confeil les perfides
manceuvres cue les agens du gouverkemcnt à Saint-Do-
quelle intluence perfide il a eu
à fccouer peu-à-peu, fans qu il foit parvenu encore à en
être débartalle tout-à-fait. Ses inftructions refpirent évidemmenc l'efprit de cette funcfc influence, & je me perfnade qu'il les défavoucroit maintenant f la chofe étoir
pollible.
Je n'oublicrai pas de rappcier au Confeil les perfides
manceuvres cue les agens du gouverkemcnt à Saint-Do- --- Page 22 ---
ont
mingue
employées pour fe ménager l'impunité. Dans
fon rapport du 5 ventofe dernier, fur Pillégalité des nominations faires 2ll Cap. Doulcet a retracé parfaite en ent
les complots des commitfaires, leur connivence avec Laveau pour se faire élire au Corps légiflarif, & venir fouiller cette enceinte de leur préfence. Voilà donc le réful:at de
leur amour exclufif po r les noirs, pour des peuplades incivilifées. Voilà le réfultat de leur haine pour les blancs,
pour des Français!
Mais enfin, je crois qu'il faut obtenir la deftitution des
commiflaires du gouvernement 2 envoyés aux colonies, &c
qu'ils doivent être mis en arreftation. pour être leur conduite plus attentivement examinée. Il me paroit à moi
qu'ils doivent fubir l'accufation. Iis font coupables de tous
les crimes de tyrannie. Ce font eux qui, depnis l'exiftence
du nouveau gouvernement, font caufe de tous les malheurs
arrivés dans les colonies ; ils ont augmenté la néceflité cè
lc quarrier de Jérémie a été de fe placer fous le gouvernemcrt anglais. C'étoient Sonthonax &: Polverel qni avoient
forcé les babitans de ce quartier à nc voir leur falut que
dans l'arrivée des ennemis de la République. Tls ont, ces
délégués, cxcité davantage le pillage & le maffacre.
Pour leur inputer tous les maux qui font arrivés aux
colonies, iT n'eft hefoin que de jeter les yeux fur Jeurs arrérés. Ce font là dcs témoins irrécufables, dcs témoins qui
font convaincants. 11 cf évident qu'ils les ont rédigés ainti
d'après le grand fyftemne de profcription prononcée contre
Jes blancs, pour envalir Jes proprictés coloniales; & js
n'héfite pas à recarder tous ceux qui voudroient les excu
fer, ou les jufifer, comme intéretles dans la compagnis
qui veut; par tous les crimes potibles,s'cmparer de toutes
les propriétes coloniales.
C'eft la caufe des noirs que je plaide ici : je defire qu'il
foient libres; : mats je detire aufli qu'ils ne reftent pas ef
claves de la mifère. En génétal, ils n'ont pas les moyen
iales; & js
n'héfite pas à recarder tous ceux qui voudroient les excu
fer, ou les jufifer, comme intéretles dans la compagnis
qui veut; par tous les crimes potibles,s'cmparer de toutes
les propriétes coloniales.
C'eft la caufe des noirs que je plaide ici : je defire qu'il
foient libres; : mats je detire aufli qu'ils ne reftent pas ef
claves de la mifère. En génétal, ils n'ont pas les moyen --- Page 23 ---
N
foncières 19
; ils feront toujours oblid'acheter des propriétés
qui veuient
gés de travailler à gage. Quatre fpécalateurs durs encore envers eux
devenir Jeurs maitres, feront plus
ceite aumitacion
n'étoient les colons. Loin de nous
que
n'eft beau que d'un côté. Erutus
flupide
tout ce qui
dans Thiftoire, avoit
aulli, beri les vertus font proclamées
des
fortes
accablé les habirans de lile de Chypre
fes plus efclaves:
ufures; & il maltraitoit encore excellivement mais il lachéBrutus haifloir la tyrannie dans les autres, & fcs débiteurs.
rifloit dans fa perlonne envers fes concitoyens
Ainfi, denc le premier pas à faire pour toucher aul but de
la reftauration des colonies, eft de rappeler les commiffaires
actuels.
mérite la plus f6Le fecond qu'on doit faire encore. >
des
rieufe attention. Quel fera le mode du gouvernement à
des nouveaux comuniflaires y
colonies, indépendamment à concilier les efprits, que ceux qui
envoyèr, plus propres ? La conftution répubicame doit-elle
doivent êtte rappelés
etre proclamée,
être mife en activité? Je penfe qu'elle eydoit mais
en
comme devant être la loi du pays,
queletecution des allemblées
doit être fufpendue , all moins pour la tenue
primaires & éleétorales.
devoir être commune à tous
Cette opinion me paroit
la
Il eft impofible que population
les hommes impartiaux. choix convenahles Quels légiAareurs enactuelle falle des
Des Sonthonax, des noirs feniement
verroit-elle parminous? ?
les mains &c les vetefameux par leurs brigandagen.dont de fang; d'infignes
temens feroient encore dégouttans
les CE
confuls de la Convention nattonale, rejetés par
blées éleétorales de Frauce.
D'ailleurs, à qui confier dans les 'colonies les adminidrations & les tribunaux : La population actuelle feroit-eile dans fes
des choix raifonnables ? Le Direttoire exécutif, raifonnement.
inftructions, refufe aux noirs les facultés du
brigandagen.dont de fang; d'infignes
temens feroient encore dégouttans
les CE
confuls de la Convention nattonale, rejetés par
blées éleétorales de Frauce.
D'ailleurs, à qui confier dans les 'colonies les adminidrations & les tribunaux : La population actuelle feroit-eile dans fes
des choix raifonnables ? Le Direttoire exécutif, raifonnement.
inftructions, refufe aux noirs les facultés du --- Page 24 ---
Ils choifiront des homtes de parti, des exterminateats
d'habitude, des tyrans qui leur feroient fentir la verge
conftitutienneile plus fortement qu'ils n'ont jamais fenti le
fouet de l'eiclavage.
Non : l'ordre focial ne peut fe rétablir dans les colonies
avec les forces teulcs de la conftitution. Elle ne peut être
mife dans encadtivité parfaite que quand les calamités feront
réparées. Il faur enfin commencer à proréger les-blancs par
la paifiarce des lois; & la puitlance des lois eft nulle otl
plucôr finefte dans les mains de CeUX qui ont intérét d'en
abufer. Il faut mettre un terme au long cours d'afialinats
dont les blancs font viéimes.
La préfence des Anglais dans une partie de Saint-Domingue, ies troubles auxquels les colonies font en proie, 3
les quatre convallions que Tordre focial y 2 éprouvées, tout
commande la melure lage d'envoyer dans les calonies des
commitlaires prucens, impartiaux & écla rés; une force
armée impofante quiy rétablile le calme à l'aide des vrais
plopriéraites. Voili le feulmoyen d'arracher cottematheurcufe
contrée à l'anarchie qui Ja dévore. Ek! qui plus qee les
colons doivent infpirer l'intéret & la confance?
Efpérons que le gouvernement fera de bons chois; &
fans doute fa tefpontabilicé lai cn indigoera allez la nécullité.
Qu'ii foit donné à fes agens des inftrudions raifonsables,
propres à ramener l'ordre, le travail & l'abondance.
Lapaix qui vient d'ètre arrerécavec prefque tourel'Furope;
met à la difpolition dn goavernement des troupes en quantiré
furfifanre. Qa'une force armée refpeétable accompagne les
commiffires qui ferent envoyds, alin de proreger la liberté
de tous les habirans des colenies, noirs, blancs d mulitres,
fans excepcion de conleur. Voili le fecond pas qu'il faut
fairc.
Mais toutes cès mefures feroient imparfaites fans un
grand acte de juftice envers les colons expatries. On parle
avernement des troupes en quantiré
furfifanre. Qa'une force armée refpeétable accompagne les
commiffires qui ferent envoyds, alin de proreger la liberté
de tous les habirans des colenies, noirs, blancs d mulitres,
fans excepcion de conleur. Voili le fecond pas qu'il faut
fairc.
Mais toutes cès mefures feroient imparfaites fans un
grand acte de juftice envers les colons expatries. On parle --- Page 25 ---
.
à
des colonies
d'émigrés; & fans doute il y en a mais l'égard les caraétères de
comme à l'égard de la métropole :
les mêmes. Il eft
Témigration ne forit certainement St colonies ont forcé
conftant que les troubles excelifs leur falut dans la tuite; &c
beaucoup de blancs à chercher
être comparés avec
les défaftres des colonies ne doivent pas
en France.
la fermentation que la révolution a occafionnée ont occafionné
On peut dire gu'ici ce fout les citoyens émigrés qui qui fe font fouftraits
S'il eft des
cette fermentation. le 31 mai, il eft des émigrés qui,avant la
à la terreur après allés foulever toute l'Europe contre
cette
font leurs liaifons avec les ennemis qui ont
Ee Ce font
& fait établir les
fomenté les guerres civiles de la Vendée,
échafauds, révolutionnaires. de même des colons qui, en généMais iFn'en eft pas
les agens du gouvernement
ral, ont été perfécurés par ils ont été menacés de l'inPrefque dans tous les temps, commilfaires Polverel & Soncendie & du mallacre. Les
de la fuite; & en
thonax ne leur ont laillé que T'efpoir n'ai qu'à citer les arrêtés des
preuve de toutes ces vérités, je évideminent, ont pour objet
pouveaux commillaires qui, afin d'exécuter le grand iyf
de multiplier les émigrations ,
coloni:les.
tème de confifeation des proptiétés
de la révoluLes colonies fe font trouvées, dans le La cours révoite des nègres
tion, dans des circonftances affreufes. août
Elle At fair dans
eut lieu à Saine-Domingne en les habitans 1791.
n'étoicnt pas
les Etats-Unis d'Amérique tous, & ceux-li n'ont qui
quitter
proptes au métier des armes ; du
qui pu ne s'acdes
goaverneut,
la colonie qu'avec paffe-ports les formalités légales, concordoient qu'apres avoir rempli & de la sûreté publiques
fervatrices des droits des créanciers, chercherons des émigrés
eft-ce parmi ceux-là que nous
coupables ?
s'étendoit dans la
A mefure que la révolte des nègres
nombre SEc
vince du Nord, il a dû fe trouver un grand
-
ier des armes ; du
qui pu ne s'acdes
goaverneut,
la colonie qu'avec paffe-ports les formalités légales, concordoient qu'apres avoir rempli & de la sûreté publiques
fervatrices des droits des créanciers, chercherons des émigrés
eft-ce parmi ceux-là que nous
coupables ?
s'étendoit dans la
A mefure que la révolte des nègres
nombre SEc
vince du Nord, il a dû fe trouver un grand
- --- Page 26 ---
dividus qui, réduits dans des quarticrs éloignés,la fcule
rfource de leurs torces perfonnelles, onr fai vers les côtes,
fe font jetés fur les navires americains qui les couvroient,
&i ont facrifié les reftes de leurs reffources pour fe faire
traufporter far une terre holpicalière; ceux-ci font partis
fans pafle-ports. Seroit-ce parmi cux qu'un voudroit nous
faire trouver des crimincis fugirits?
Quant à ceux dont la fanté épuifée dans les camps exi
geoit un changement de climat, & dont la fortune amoindrie par les malheurs de la colonie ne permettoit pas un
déplacement aufli coûceux que celui de Saint-Domingue
en France,, leur feroir-il imputé a crime d'avoir obtenu la
permillion de fe retirer fur le continent américain ?
Lorfque ces didtateurs fanguinaires, inveftis des pouvoirs
les plus étendus, & ne trouvant dans leurs taculrés morales
quele penchant à détrure, délignérent tous les propriétarres
colons comme autant de victines à immoler à leur derifoire philantropie ; alors, dis -je, l'émigration dans ies
Etats-Unis d'Amérique ne devint-eile pas un parti forcé ?
Eren acténuant même l'atrocité de la conduite de Sonhonax
& Polverel, par la feppolition que l'anique objet de leur
féroce couduite étoit de chaffer, par la terreur, les anciens
propriétaires poar les faire rempiacer par les nouveaux, &c
s'approptier les rcvenus des abiens; en nc laiflant à ceux là
pour lor dans le Partage que l'illalion & l'ivrefle de leur
nouvelle exiftence : pourroit-on trouver dus coupables dans
ces malheureux dépouillés qut fe foumettent a leur prof
cription.
Sous ce régime de terreur, des flots de propriéraires agricoles abandonerencles champs qu'avoit f long temps vivifiés leur indufiric, pour aller chercher dans les Etars-Unis
d'Amérique une iarcré que leur désioient les millionnaires
trop fidiles dungnurernemenr homicide; jufque-1 1à les villes
eroient reflics des afyles plus fûrs que las campagnes, & clles
s'étoient moins dépeupices; Pincendie & le maffacte du
terreur, des flots de propriéraires agricoles abandonerencles champs qu'avoit f long temps vivifiés leur indufiric, pour aller chercher dans les Etars-Unis
d'Amérique une iarcré que leur désioient les millionnaires
trop fidiles dungnurernemenr homicide; jufque-1 1à les villes
eroient reflics des afyles plus fûrs que las campagnes, & clles
s'étoient moins dépeupices; Pincendie & le maffacte du --- Page 27 ---
1O
Port-au-Prince & du Cap (les deux plus grandes cités dont 'des
colonies) vinrent compléter la tâche de deftruction
s'étoient chargés Polverel & Sonthonax.
Parmi les hotreursqui ont fignalé, dans'le COITS de notre
révolution, Tinfuence de cette race facrilège devenue fidèle ati- de
jourd'hui l'exécration de tous les partis, la main
T'hiftorien préfentera comme une forte d'épouvantail, qui
P'incendie comfera peut-êire utile aux générations futures, d'une
partie
plet d'une ville immenfe 2 le maffacre fortunes de cette grande foule de
de fes habitans, & la ruine des
dont linduftieufe actinégocians colons Ou métropolitains, fois
confommateur & le manafacvité, en fervant à la
'le les moyens d'cxiftence aul profit
turier, multiplicit en France
&c faifoit de ce bel empire
de plufieurs millions d'individus, & de P'admiration de fes rivaux.
Tobjet de la jaloulic
: Eh quoi! lorfque pourfuivis; dans l'enceinte étroite d'une
ville, par les Aammes qui dévoroient leurs proptiérés, milice &par d'afle fer dont les commiffaires avoient armé cette
aflins qu'ils fondoyoient, les malheureux Saint-Dominguois fe trouvoient
fc font jetés confufement fur les navires qui
dans la rade da Cap, pour aller chercher refuge confidérer en Amérique, feroit-il bien pollible qu'on prétendir les à leurs decomme des fujets infidèles qui auroient manqué principe
voits de citoyens? Quel fentiment de juftice, > quel
k'humanité ou de politique avoueroit un décret qui prive- du
roit les reftes de cette colonie, naguère fi Boriflante, de faire
krifte droit de tenter, avec une courageufe conftance,
revivre, fous un régime plus raifonnable, un érabiffement
deux fiècles d'induitrie avoient formé, & que cinq
que années de délire & d'anarchie ont plus qu'anéanti?
Si l'ile de la Guadeloupe n'offre pas un tableau auffi
ffrayant que celle de Saint Domingue, Yes habitans crrans
jpicthui hors de leurs proptideas, n'en font pas moins des
Erres plus dignes de la prorecton du gouvernement fanbais, que faits pour êtte les. objets de fon refientiment.
deux fiècles d'induitrie avoient formé, & que cinq
que années de délire & d'anarchie ont plus qu'anéanti?
Si l'ile de la Guadeloupe n'offre pas un tableau auffi
ffrayant que celle de Saint Domingue, Yes habitans crrans
jpicthui hors de leurs proptideas, n'en font pas moins des
Erres plus dignes de la prorecton du gouvernement fanbais, que faits pour êtte les. objets de fon refientiment. --- Page 28 ---
L'expérience du palfé nous a appris que les colonies à
fucre font deltinées à être alternativement conquifes par la
puiflance maritime la plus forte. La : milice d'une colonie
françaife, qui a fervia repouffer l'invafion, devient, fous le
ferment d'allegeance, au nouveau fouverain, un (ûr garant
contre toute entreprafe nouvelle, même de la
du gouvernement auquel la colonie a échappé; & t en elt de
méme dans les iles anglaifes.
C'eft de là qu'eft forti CC droit des gens, exercé depuis
près d'un fiècle dans les colohies à fucte, & dont Mffer a
été de conferver, malgré-la conquéte, à chaque individu
fa propriéré,u lieu del'en déponiller, comm: cela fe pra
tiqua au commencement de lérabliffement des colunies
Saint-Chriftophe en eft une preuve frappaute.
Onferappellequ'an cemmencement dur regnedeLouis) SXIV,
les colons de cette fle, forcés d'abandonner leurs propridtés, furent fixer l'induftrie à la Martinique.
Or, feroit-il bien jufte d'imputer à crime aux Guadeloupiens leur fuite; etix quiont vu fsfilerimgityablement,
Par ordre de Victor Hugues, , tous ceux de leurs com,atriotes qui lui ont été dénoncés comme ayant porté les
armes pour les Anglais?
Ileft plusque tempsque ces excèsprennent fin. Le délire qu
a Ea égarer nos prémiers légiflareurs, lorfque la conftitution
étoit environnée de dangers, eft aujourd'hui dillipé, & l
ccluffe de puillance de la République françaife, ainfi que
notre gouvernement, n'ont befoin, pour fe confolider, que
de l'adoption de ces principes d'imumaniré & de juftice,
feuls établir invariablement ia tûreté a: dédans,
a
peuvent
refp:et au dchors, & rappeler à fon caraétire primnitif 1
nation qu'on s'eft fait leng temps un jeu d'égarer.
Ainfi totis Jes colons qui fe font retirés en Amérique
ceux qui 4 reftés dans leurs fiyets, n'ont pu réfitter
l'invafion des Anglais, ne font point émigrés. C'eft le dé
ice,
feuls établir invariablement ia tûreté a: dédans,
a
peuvent
refp:et au dchors, & rappeler à fon caraétire primnitif 1
nation qu'on s'eft fait leng temps un jeu d'égarer.
Ainfi totis Jes colons qui fe font retirés en Amérique
ceux qui 4 reftés dans leurs fiyets, n'ont pu réfitter
l'invafion des Anglais, ne font point émigrés. C'eft le dé --- Page 29 ---
fefpoir, c'eft la violence des circonftances qui les a maitrifés;
& dès-lors ils doivent rentrer dans tous leurs droits de citoyens français.
Cette mefure eft fage, politique & jufte. Ils ont été
malheureux ; & le cccur dans les hommes qui ne font
au profit des infortunés.
E
vicieux 2 s'attendrit toujours la
abandonnés à leurs
noirs dont on connoit
fenfibilité, leurs anciens maîtres.
penchans naturels, reverront avec plailir contribueront à l'exLcs Français du quartier de Jérémie,
des
feront affurés d'être bien
pulfion
Anglais, 2 lorfqu'ils
revus par le gouvernement & leurs concitoyens.
Ce grand aéte de retour fur les plus épouvantables calamités fervira eflentiellement à diminuer l'âcreté des huà adoucir les plaies ; il facilitera les opérations des
meurs ,
nouveaux délégnés du gouvernement.
Les noirs devenus libres, mais rentrés fous Phabitude de
leurs travaux, jouiront de tous les avantages de l'ordre focial.
Les colonies reprendront leur ancienne iplendeur : la marme
trouvera des facilités pour fe reftaurer.
La juftice & Phumanité ne feront pas feandaleufement
outragées.p par le fpectacle révoltant d'une poignée d'Euro-
& frippons, fubftitués fans bourfe délier
péens , intrigans des
coloniales. On ne verra
aux propriétaires de ceux-ci poffellions
& là dans l'ancien *
plus les enfans,
épars tandis si
leurs biens font
monde, mendiant l'aumône >
que
de leur
poffédés par les valets de ceux qui étoient chargés
éducation.
J'appuie les propofitiens qui vous ont été faites par mon
collègue Vaublanc.
Je demande en ontre, 1°. que la commiffion s'occupe
des moyens de rétablir l'ordre & la paix dans les colonies,
foit en autorifant le Direétoire d'y envoyer de nouveaux
commiffaites intéreflés à la confervation des hommes & des
propriérés, dont la probité & les talens foient un ffr garant --- Page 30 ---
de leur bonne conduire, accompagnés, s'il en eft befoin,
d'ne force armee impofante > fous les ordres d'excellens
gencraux; 2°. de. vous propofer des mefures pour rappeler
au fein de la République tous les colons réfugiés, & ceux
qui, re.tés dansles colonies, fe trouvent, par l'invalion, dans
les places occupees par les Anglais.
C Je demande de plus, qu'il foit fait un melfage au Direéteire, pour lui demander compte des mefures qu'il a
prifes pour faire payer ies fecours' que vous avez accordes
aux colons réfugiés, déportés eneFrance, qui, au mépris
de vorre loi, éprouvent tous les obftacles pollibles, & n'ont
pas touché CeS fecours depnis quatre mois, quoiqu'ils languilent dans la plus affreufe mifère, quand ils font
prietairss d'une grande fortune; vous aurez rendu
aux
iot.ior
principes & à l'humanité.
DE LINPRIMERIE NATIONALE,
Prairial, an V.
que vous avez accordes
aux colons réfugiés, déportés eneFrance, qui, au mépris
de vorre loi, éprouvent tous les obftacles pollibles, & n'ont
pas touché CeS fecours depnis quatre mois, quoiqu'ils languilent dans la plus affreufe mifère, quand ils font
prietairss d'une grande fortune; vous aurez rendu
aux
iot.ior
principes & à l'humanité.
DE LINPRIMERIE NATIONALE,
Prairial, an V. --- Page 31 ---
N a
CORPS LEGISLATIE
CONSEIL DES CINQ m CENTS.
DISCO U R S
PRONONCÉ
PAR Ci. TARBÉ,
DÉPUTÉ DU DÉPARTEMENT DE LYONNE,
Sur Pétat actucl de la colonie de Saint-Domingue.
Séance du 11 prairial, an V.
CITOYENS REPRESENTANS,
JE commenceà croireque nous sommeslibrès, puisqu'il
a été enfin pe:mis de dévoiler à cette tribune SIX la lougue ans la
suite de crimes, sous lesquels gémit depuis
colonie de Saint-Domingue,
A
Pn --- Page 32 --- --- Page 33 ---
E797
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