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N724
DEUXIÈME APPEL
A L'OPINION PUBLIQUE,
Par MARTIAL BESSE, Général de
Brigade (1).
narga
D.xs une diattibe virulente que Montbrun
vient de lancer contre moi, en réponse à l'appel
que je fis à l'opinion publique en messidor
dernier, , il m'zccuse d'avoir altenté disa réputation
en rappellant des atrocités dont la justice Pa déjd
vengé; et pour détruire zine calomaie, J dont il me
déclare Vauteur, il promet de me- démasquer, en
faisant connaitre la' moralité de Phomme, que la horde
disespèrée de ses assassins a attaché a sa poursuite,
et publie", 1 à cet effec, dcux traits qut ont signalé
ma conduite administrative et militaire,pendant queje
commandas Larroxdissement de Jacmel, à SaintDomingue:
S'il suffisait de récriminer pour se disculper,
Montbrun m'atirait ouvért : un vaste champ. A
T'horrible tableau qu'il a fait de ma conduite
administrative et militaire à Saint - Domingue,
(1) ny a long-temps que j'aurais publié ma nouvelle défense,
sije n'eusse été obligé de recucillir à la Commission de la marine
ct des colonies; les pièces qui scrvent à l'établir.
A --- Page 4 ---
RPJCE
P
(2 )
Joproscrai.l.abiead plus horrible encore de'la.
sienne , et à l'instruction prés, que ses secrétaires
possèdent.il fautl l'avouer, à un plus hautdegré que
les miens, je trouverais, dans le parallèle que je
ferais de sa moralité avec la mienne, un moyen
plus que suffisant pour le vaincre. On ne serait
pas peu étonné d'entendre, dans la bouche de
Montbrun, les mots de délicatesse , de désintéressemen!, d'humanité, après avoir vu de quelle manière **
il professait ces vertus pendant son administration
dans les Colonies : et.sije déroulais, aux yeux de
la France étonnée 2 la série des crimes consignés
dansles annales de la révolution des St.-Domingue,
que l'orgueil, l'ambition, la vengeance et la soif.
de l'or ont fait commeuwelfindignatiod publiqne
ne.t tarderait pas à poursuivre Thomme déhonté, ,
quia l'audace de se ranger dans la classe des accusateurs Ou des témoins quz doivent servir à révélcr les,
épouvantables Jorfaits., dont la plus belle, la
riche, et Eune des plus heureuses contrécs de Lunivers, plats
a été couverte; mais mon intention n'est pas de
suivre, la marche que Montbrun a prise dans la
lutte. polémique où je me. trouve engagé. Je ne
m'écarterai pas, comme lui, de la question, et
n'abandomnerai pas ma défense pour me répandre
en invectives sje me bornerai à repousserles traits
envenimés de la calomnie, dont les auteurs et les
complices del la ruine de St.-Domingue, cherchent
à m'atteindre, pour effacer ou pallier leurs torts ;
etje laisserai, aux juges de la grande affaire des
Colonies, le soin de découvrir les vrais coupables,
lorsque la vérité sera parvenue à se faire jour à
travers les ténébres épaisscs dont les cnnemis de
la chose publique cherchent depuis long-temps à
l'obscurcir.
On doit se rappeiler que le sujet qui me fit
complices del la ruine de St.-Domingue, cherchent
à m'atteindre, pour effacer ou pallier leurs torts ;
etje laisserai, aux juges de la grande affaire des
Colonies, le soin de découvrir les vrais coupables,
lorsque la vérité sera parvenue à se faire jour à
travers les ténébres épaisscs dont les cnnemis de
la chose publique cherchent depuis long-temps à
l'obscurcir.
On doit se rappeiler que le sujet qui me fit --- Page 5 ---
(3 )
prendre la plume, à T'époque du jugement rendu
en faveur de Montbrun, fut la citation faite de
moi dans ledit jugement, relativement à l'accusation portée contre lui, d'avoir livré aux Anglais la
ville du Port - Républicain n; ci-devant Port-au-.
Prince.
-
Montbrun paraissait s'être lavé de ladite inculpation, en se déchargeant sur mhoi, de sa responsabilité. Il étoit de mon honneur dé repousser lé
soupcon que devait faire naitre l'induction. naturelle. à tirer de cette partic du jugement, avec
d'autant plus de raison, 9 que Montbrun avait déja
répandu dans le public, par la voie d'un journal
dévoué aux, partisans de la faction., que le 18
fructidor a anéantie (1), l'assertion calomnicuse
d'une connivence criminelle, entre Sonthonax et
moi, pour livrer Ic. Port-an-Prince aux Anglais.
Je prouvai donc, dans mon Appel 00 à T'opinion
publique, par faits ct pièces auchentiques,. quie je
n'avais contribué ni pu contribuer ent tien à la
livraison du Portau-Prince, et que c'était à tort
quc Montbrun avaitjeté sur moi, dans sa défense,
la responsabilité de cet. evenement.Jelui I rappellai
en même temps la sommation queje lui avais déjà
faite, d'exiber les pieccs écriles qu'il avait offert
d'administrer, pour prouver à PEurope cntiére,
Laccord fait entre Sontkonax êt le général Withlok,
de lui liorer lc Port-au-Prince, par Pentremise de
Martial Besse et ses agens négociatcurs, sous pcine
de passer pour faussaire, imposteur, digne du
mépris des gens de bien, de l'exécration des amis
dc la vérité et de la liberté.
(1Journal de la Marine et des Colonies 1 rédigé par Chotard,
Clausson ct Daubonneau, ennemis les plus prononcés du systéme
actuel ct du Gourernement, compris dans la prescription du
18 fructidor an V.
A 2
Besse et ses agens négociatcurs, sous pcine
de passer pour faussaire, imposteur, digne du
mépris des gens de bien, de l'exécration des amis
dc la vérité et de la liberté.
(1Journal de la Marine et des Colonies 1 rédigé par Chotard,
Clausson ct Daubonneau, ennemis les plus prononcés du systéme
actuel ct du Gourernement, compris dans la prescription du
18 fructidor an V.
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€ 4 )
Apiès ce nouveau défi donné à Montbrun de
produire aucune pièce écrite,signée
de ma main, quijustifiarsa calomnicuse ouapprouvée assertion,
ct les preuves incontestables de la part active
avait eue dans la perte de la capitale de Saint- qu'il
Domingue (s'il est yrai qu'elle doive être
aux chefs qui la' commandaient), j'avais imputée lieu de
croire que, jaloux de conserver Destime et l'intérei
le public ét les
1tt
-
particuliers s'étaient cmpressés de
prodiguer, Montbrun aurait mis au grand
les prétenducs bièces écrites, qui, en me vouantà jour
la vindicte gé 1érale, devaiént confirmer, dans
T'esprit public, la justice de la décision qui avait
consacré son innocence. Mais qucl a été mon étonnement, lorsquej'ai vu Montbrun, se démenant
dans un cloaque d'ordures, essayer de"se' tirer
d'affaires en escobardant, et me supposant des
crimes pour faire oublier ceux qu'on' Tui impute.
Fort d'un jugement rendu sans contradicteurs
(lés intéressés se trouvant à deux mille lieues de
lui), et sur un défaut de. formes dans lcs
à charge, produites contre lui, Montbrun se pièces croit
dispensé de répondre ad remr, et trouvé plus commode de récriminer 9 en vomissant des injures et
de nouvelles calomnies contre moi.
Mais, outre que l'opinian publique ne saurait
être enchainée par la décision qui a déclaré sa
conduile digne d'éloges et' à Pabri de tout soupçon,
il ne pent Sc dispenser de répondre cathegoriquement à la sommation que je luiai faite, crd'avouer
quéc'est à tort et méchamment qu'il a fait déverser
sur moi le soupçon qui planait sur sa têtc, sans
encourirle risque d'être entaché, dans cette même
opinion publique, qui n'admet pasles subterfuges,
de calomnic ct d'imposture 1 et de voirinfirmer,
par ce.tribunal anquel jai fait appcl, la partic
pent Sc dispenser de répondre cathegoriquement à la sommation que je luiai faite, crd'avouer
quéc'est à tort et méchamment qu'il a fait déverser
sur moi le soupçon qui planait sur sa têtc, sans
encourirle risque d'être entaché, dans cette même
opinion publique, qui n'admet pasles subterfuges,
de calomnic ct d'imposture 1 et de voirinfirmer,
par ce.tribunal anquel jai fait appcl, la partic --- Page 7 ---
(5).
du jugement qui l'absout, en me montrant coupable.
En vain , pour m'intimider, donne-t-il. à ma
réclamation.le titre de dénonciation du tribunal qui
Pajuge, et suppose-t-il, dans ma démarche unL
délit dontla poursuite aypartientafaueridt) puhlique:
Ce n'est point contre la, décision du tribunal que
jei me suis élévé , mais bien contre la mauvaise foi
et la peridie de i'homme qui, pour se justifier,
a cherché à compromettre ma réputation. Au.reste,
mon opinion sur le mérite du jugement qui décharge Montbrun dés accusations portées contre
lui, est indépendante, ,ct ma réclamation sur ce
qu'il peut avoir de. défavorable à ma réputation,
est. fondée sur le droitqu'a. tontcitoyen, de.relever
une. eireur. qui lui cst préjudiciable. 20E
Inaccessible à la crainte que Montbrun voudrait
m'inspirer , je ne me rétracterai pointi je réclameraisans cesse la réparation qui m'est due, pour
le soupçon qu'il a voulu jcter sur, moi; et confiant
dans lajustice de ma cause et dans mes moyens de
défense. je. continucrai de prendre , pour juge, le
public impartial. auquel Montbrun n'a pu faire
perdre de vue T'objet principal de nos démélés;
en se portant contre moi sur des faits individuels,
étrangers à sajustification.
Je prouverai, quant à ces faits, que Montbran,
habile dans la tactique des imposteurs, a été
obligé d'employer la fraude et l'artifice pour tirer
parti contre inoi d'une picce qui, présentéc dans
son enticr, n' offre, pour résultat, que la preuve
de mon zèle pour les intérêts de la République et
dc mon attachement à ses principes.
Je veux parler d'une lettre rapportée par Montbrun, dans son dernier libelle; lettre dont il a
tiré Je plus grand parti, pour peindre l'un des
AS
la tactique des imposteurs, a été
obligé d'employer la fraude et l'artifice pour tirer
parti contre inoi d'une picce qui, présentéc dans
son enticr, n' offre, pour résultat, que la preuve
de mon zèle pour les intérêts de la République et
dc mon attachement à ses principes.
Je veux parler d'une lettre rapportée par Montbrun, dans son dernier libelle; lettre dont il a
tiré Je plus grand parti, pour peindre l'un des
AS --- Page 8 ---
(6)
deux traits, entre mille , qui ont signalé ma conduite
administrative et militaire à Saint - Domingue ;
lettre à laquelle il a cherché à donner la plus
grande importance par l'attache des représentans
du peuple LAVEAUX, PÉTINIAUD et VERGNIAUX,
dépurés de Saint-Domingue au Corps législatif,
mais dont la certification était fort inutile, puisqu'clle faitpartic des pièces réunies à la commission
de la Marine et des Colonies. Cette lettre, par la
défection insidieuse qu'en a faite Montbrun, pour
en defigurer toutés les phrases ,: pour en confondre tous les sens , pour apprêter une espèce
de condamnation sur un ramas de mots incohérens , prête 1 en effet, ainsi tronquée, une
idée peu favorable à mes principes : mais en la
rétablissant toute entière, sa contexture sincère et
véritable confirmera l'insigne mauvaise foi de
Montbrun, et la faiblesse de ses moyens. La
voici tellé qu'cllé se trouve consignée à la commission de la Marine et des Colonies.
Jacmel, le 24 octobre 1793,
an II dela République française.
MARTIAL BESSE, Lieutenant T Colonel
d'infanterie et Commandant général de
Larrondissement dejacmel,
A SONTHONAX, Commissaire civil de
la : Republique, au Port-Republicain.
c J'ai remis, au Commissaire du Pouvoir cxccutif, toutés les pièces relatives àux' effcts provenabt du batéau TEspoir ; la vente s'est montée à
onzc mille et quelques cents livres; cette somme
a été versee dans la caisse de la République.
sJe ferai l'achat du corsaire, lorsque le commettant aura réçu Je pouvoir de le vendre; c'est Çc
SONTHONAX, Commissaire civil de
la : Republique, au Port-Republicain.
c J'ai remis, au Commissaire du Pouvoir cxccutif, toutés les pièces relatives àux' effcts provenabt du batéau TEspoir ; la vente s'est montée à
onzc mille et quelques cents livres; cette somme
a été versee dans la caisse de la République.
sJe ferai l'achat du corsaire, lorsque le commettant aura réçu Je pouvoir de le vendre; c'est Çc --- Page 9 ---
(7 )
que nous attendons de jour cn jour ; il nous sera
d'une grande utilité.
>Jai reçu les deux passe-ports que vous m'avez
envoyés; les deniers en seront verses dansla caisse
l'ordonne.
militaire, : comme votre proclamation
Cette mesure est bien sage ; elle nous procurera
des moyens.
me demandent des
79 Plusieurs particuliers
passe-ports pour la nouvelle Angleterre;je vous en
ferai la demande à mesure qu'ils se présenteront ;
je vous fais passer les noms de ceux qui se présentent dans ce moment, avec mes observations à
CC sujet ; vous voudrez - bien donner vOs ordres
qu'ils me parviennent de suite,afin de proEoer des navires qui vont partir.
>je m 'occupe tous lesjours des moyens d'avoir
des fusils et de la poudre; jai déjà donné commission à un capitaine qui est parti et qui m'a
promis de m'cn apporter.
J'ai encorc un second capitaine qui m'a promis
de m'apporter autant de fusils que j'en pourrais
avoir besoin, avec de la poudre; il exige une
portugaise de chaque; j'ai tombé d'accordavec lui.
Il cst encore dans ce port; mais il partira sous peu,
et son retour ne scra pas long: jc lui ai demandé
quatre mille fusils. maintenant des moyens à pouvoir nJe m'occupe de suite les fusils ct poudre qui me
payer
seront apportés; car il faut payer cCs marchands'
généreusement, pour lcs réespédier au plus vite :
voilà mon projet; ; je le crois avantageux à la
République, Ses ennemis ne cessent leurs persécutions, en cherchanta nous ôter toute faculté,
la guerre jusqu'à extinction ; il
en. faut prolongeant donc faire payer les frais de la guerre à nos
ennemis, ci la faire à leurs dépens.
A 4
ils ct poudre qui me
payer
seront apportés; car il faut payer cCs marchands'
généreusement, pour lcs réespédier au plus vite :
voilà mon projet; ; je le crois avantageux à la
République, Ses ennemis ne cessent leurs persécutions, en cherchanta nous ôter toute faculté,
la guerre jusqu'à extinction ; il
en. faut prolongeant donc faire payer les frais de la guerre à nos
ennemis, ci la faire à leurs dépens.
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8 1
55 Tous les prisonniers quej'ai dans les fers, à
Jacmel, et qui ont des moyens de payer, je leur
fais rançonner, aux uns, 25 portugaiscs, aux
autres, 50, 60, So et 100, s'il cst possible; ; de
la,jeles fais conduire à bord, pour partir de suite
pour lal Nouvelle - Angleterre ou Saint-Thomas.
J'ai établi chez moi une caisse dans laquelle les
fonds sont versés ; jusqu'à CC que vous en aycz
autrement ordonné (1). Il y a déjà en caisse une
somme de trente et un mille cent quatre-vingtonze livres , j'espére qu'elle s'augmentera de jour
enjour. Voilà sur quoi je compte pour payer les
poudres et fusiis qu'on m'apportera. Je vous demanderai si vous ne trouvez pas à propos que je
demande, aux trois paroisses de mon arrondissement, un don patriotique qui sera employé pour
lc muême achat; voilà un moyen d'avoir des fusils
et des poudres 7 sans épuiser les fonds de la
République. Le port de Jacmel est des plus favorables pour le moment; j'espère qu'avec les mesurcs que je prends, nous en tirerons un grand
avantage.
99 Je ne suis nullement étonné de la conduite
des révoltés de Saint-Marc, qui se portentà toutes
sortes de crimes. Ce'n'est plus-le rappel des commissaires civils par la convention qui les a fait
révolter; mais bien l'égoisme, 9 l'aristocratie de la
peau , l'envie de faciliter une contre-révolution ;
voilà le beau conseil de paix et d'union. Qu'ils
tremblent ces scélérats ! les armes dc la République sauront les réduire.
>J'ai élargi Baldy des prisons 7 sous les conditions qu'il me ferait la reinise de sa croix dc
(1)Jefus obligé de recevoir ce dépôt 3 attendu que le trésorie
paycur nc voulait s'cn charger qu'après T'astorisation du Com.
missaire civil,
une contre-révolution ;
voilà le beau conseil de paix et d'union. Qu'ils
tremblent ces scélérats ! les armes dc la République sauront les réduire.
>J'ai élargi Baldy des prisons 7 sous les conditions qu'il me ferait la reinise de sa croix dc
(1)Jefus obligé de recevoir ce dépôt 3 attendu que le trésorie
paycur nc voulait s'cn charger qu'après T'astorisation du Com.
missaire civil, --- Page 11 ---
(g)
Saint-Louis ; c'est celle qne vous trouverez sous
cC pli.
9) Les, Garraud persistent toujours dans leurs
projets ; ils se sont mis sous la banniére espagnole : beaucoup d'émigrés sont avec eux : avec
cent ct quelques Espagnols : leur nombre s'augmente tous les jours. Aussi-tôt Texpédition de
Léogane finie, j'irai leur rendre une visite.
27 Tout va au mieux dans mon anondissement;
je dois des cloges à Merillac, commandant par
intérim à Baynet, sur la conduite ferme qu'il vient
de tenir dans cet endroit. Un corsaire anglais
avait mis à terre du monde pour s'emparer de
piusieurs effets et denrées des émigrés qui étaient
déjà à bord ; il les a repoussés avec tant de courage, qu'il les a contraints de SC rembarquer,apres
leur avoir. tué quinze hommes. Salut ct respect.
Martial Besse. 0) 99
Montbrun ayant extrait le premier et le huitième alinéa de-cette lettre qui comporte) environ
douze alinéas 9 examinons quelle valeur peuvent
avoir CCs deux seuls paragraphes et quel genie
de délit on a cru pouvoir y pressentir.
J'ai remis au commissaire etc. 1 etc., 1 premier
alinéa. (Voycz plus haut. ) 1 7
Ce bateau , l'Espoir où l'on a trouvé des effets
dont la vente se montait à onze mille et quelques
cents livres , était un navire pris sur plusicurs habitans dejacmel,qui émigraient. Les ordresétaient
positifs ; et il convenait d'obéir à la commission
civile comme à la streté de la Colonic; de prévenir autant qu'il était possibic toute démarche
(1) Cette lettre est officielle et se trouve a la Comnission de
la Marine ct des Colonies.
'Espoir où l'on a trouvé des effets
dont la vente se montait à onze mille et quelques
cents livres , était un navire pris sur plusicurs habitans dejacmel,qui émigraient. Les ordresétaient
positifs ; et il convenait d'obéir à la commission
civile comme à la streté de la Colonic; de prévenir autant qu'il était possibic toute démarche
(1) Cette lettre est officielle et se trouve a la Comnission de
la Marine ct des Colonies. --- Page 12 ---
10 )
funeste on nuisible de la part. des ennemis de
la République.
Quant a la somme de onze mille et quelques
cents livres provenant de la vente des effets du
bateau, Montbrun rend au moins quelque justice
à ma délicatesse, puisqu'ilp publie que cette somme
a été versée dans la caisse de ia République :
voilà une annoncc d'autant plus précieuse, qu'elle
servira, dans le paragraphe csuivant,à repousser unc -
attaque à pcu près du inême genre.
J'ai suivil l'intention du commissaire' Sonthonax,
auqucl j'avais fait part de Tarrestation: de ce batcau; il me mandait par sa lettre du 7 décembre
1973.
66 Vous remcttrez toutes les pièces concernant
T'arrestation du bateau TEspoir, au commissaire
du Pouvoir exécutif, qui ordonnera la vente du
bâtiment et dcs effets.des émigrés au profit de la
République.; ; les deniers en seront versés àr la
caisse de Jacmel,, (1).
- Ainsi le commissaire 1 par sa lettre , reconnait
les individus de TEspoir comme émigrés, les déclare tels , puisqu'il ordonne la confiscâtion et la
vente dc leurs effets ; et ma : propre lettre n'est
qu'une obéissance aux ordres de l'autorité sulettre
Montbrun
ne sais à
prême, 9
que
mutile,je
quel desscin;voilà des ordres bien positifs; comme
subordonné $ T'on a dà y souscrire ; siMontbrun
suspecte quelqu'un , Ce ne peut être certainement
que Sonthonax ou la Commission.
Dans le deuxième paragraphe , qui s'exprime
Cr) Voyez lc proçès-verbal aux piècc justificatives,, sous le
naméro 1 * oû ils àvoucat s'émigrer.
un
ne sais à
prême, 9
que
mutile,je
quel desscin;voilà des ordres bien positifs; comme
subordonné $ T'on a dà y souscrire ; siMontbrun
suspecte quelqu'un , Ce ne peut être certainement
que Sonthonax ou la Commission.
Dans le deuxième paragraphe , qui s'exprime
Cr) Voyez lc proçès-verbal aux piècc justificatives,, sous le
naméro 1 * oû ils àvoucat s'émigrer. --- Page 13 ---
(11)
ainsi : Tous les prisonniers quej'ai dans les fers,
haut.), c'est en vain que Montetc. 79 ( Voyez plus
brun prétend reconnaitre ces prisonniers pour
arbitrairement enlevés de
des citoyens français La Commission les avait déclarés
lcur domicile.
loix
établit à
émigrés 4 ou rebelles aux
qu'elle voulaient null'époque de la révolution ; ils ne
de
jement reconnaitre ces loix régénératrices la Réla Métropole ; en révolte ouverte contre sûreté
publique , ils ne pouvaient obtenir de
dans un. pays dans lequel ils ne cessaient de conspirer, et dontils méprisaient les loix; si la Colonie
était coupable de ces mesures de police, Montbrun
devait donc s'en prendre à la Métropole qui transmettaitàses Colonies le modèle de leur conduite,
il ne devait pas chercher à sanctifier des hommes
souvent assassins,
la Comsouvent dépravés 1
que
mission faisait retenir comme prisonniers.
de
Montbrun a d'ailleurs bien mauvaise grace
blâmer un subordonné des-agens dugouvernement,
pour avoir détenu par: leurs ordres quarante cinq
mal-intentionnés dans les prisons de Jacmel,lorslui Montbrun en, détenait huit cents ct plus
que
il faisait
dans celles du Tonthipabliesn,-exgmas
éprouver les traitemens les plus durs et les plus
inhumains.
55 L'on faisait payer aux uns, vingt-cing On portu- les
gaises 1 aux autres cinquante > etc. 1 etc.
faisait partir pour la nouvelle Angleterre, sans
passeport. 99
se
A cette époque où une guérre désastreuse l'on
fesait sur' tous les points de la Colonie, où
avait à établir sous lcs auspices de la Commission
une liberté qui fut si chérement acquise, il était
à présumer que l'épuisement général où Ton était
réduit par la cessation des cultures et la ruine du
- les
gaises 1 aux autres cinquante > etc. 1 etc.
faisait partir pour la nouvelle Angleterre, sans
passeport. 99
se
A cette époque où une guérre désastreuse l'on
fesait sur' tous les points de la Colonie, où
avait à établir sous lcs auspices de la Commission
une liberté qui fut si chérement acquise, il était
à présumer que l'épuisement général où Ton était
réduit par la cessation des cultures et la ruine du --- Page 14 ---
(12 )
commerce, allait précipiter la Colonic dans les
plus affreuses calamités : la Commission autorisa
cette espèce d'imposition qui devait remplir la
caisse militaire ; elle Ta mit en partie sur les personnes cu plutôt sur les passeports délivrés pour
les pays neutres : et malgré la publication de Montbrun, tous les passeports furcnt exactement délivrés.
Telle était la conduite de tous'les militaires
chargés de l'exécution de cette mesure générale ;
Montbrun lui-même l'a exécutée et fait exécuter
avcc toute la rigueur possible
Sonthonax , dans une lettre déposée à la Commission de la Marine et des Colonies, m' 'écrivait
en, ces termes, le 29 décembre 1793:
Tapprouve, 3 au fond 2 les sommes que vous
faites payer aux prisonniers ; vous suivrez sur
l'article des passeports;! la décision que vous trouverez sous ce pli. 25
Nous Léger-Félicité Sonthonax, Commissaire
Civil de. la République 2 etc.
Port-Républicain , le 29 décembre 1793.
Vu, 1°, notre ordonnance du 24 novembre
dernier, portant création d'une caisse de, remplacemens militaires pour servir à l'équipement et à
l'armement de la légion de TEgalité;
-
3a9. Une lettre à nous adressée par Martial
Bessc , commandant général de Tarrondissement
dejacmel, par laquelle il nous prévient qu'il arcn
main une soinme de trente et un mille, cent quatrevingt-onze livres, formée de plusicurs dépôts par- --- Page 15 ---
(19)
tiels faits par des individus qui partent pour la
Nouvelle-Angletere ;
59 Attendu la nécessité de nommer un receveur
5 de la caisse militaire à Jacmel;
99 Ordonnons à Belliot, receveur des octrois à
Jacmelyd'en remplir les fonctions,a la charge par
lui de se conformer rigoureusement aux dispositions' de notre proclamation. du 24 novembre dernier. Il récevra. pour. indemnité de sa nouvelle
recette, deux pour cent jusqu'à cinquante mille
livres,et un pour cent pour toutcs les sommes
au-déssus.
95 MartialBesse, commandantgeneral de l'arrondissement de Jacmel, versera dans lcs mains dudit Belliot, les sommes qu'il a été obligé de recevoir
en dépôt de: la part des individus,qui partent pour la
Nomuel-dngicterre.
53 Le proçés-verbal de versement desdites sommes sera dressé par le préposé de l'administration;
il servira de décharge audit Martial Besse, et, ledit
Belliot sera : chargé en recette, par le même acte,
des sommes qui lui auront été remises.
>5 La'présente ordonnance sera enregistrée a la
Commission intermédiaire. Signé 2 Sonthonax.
Parle-commisaire civil-, Gault, secretaire-adjoint
de la Commission. 99
Le18 janvier 1794 jran Sje mandai au. commissaire Sonthonax : cJ'ai reçu vos dépêchcs du
29 décembre 1793, , avec vos ordonnances qui,y
étaient jointes ; elles ont'été mises à exécution de
suite. J'ai faiteremise à Belliot des sommes que
j'avais eues en dépôt; elles se sont montées a
39,321 liv. 295
L'on trouvera çi-joint le reçu de Belliot.,
de la Commission. 99
Le18 janvier 1794 jran Sje mandai au. commissaire Sonthonax : cJ'ai reçu vos dépêchcs du
29 décembre 1793, , avec vos ordonnances qui,y
étaient jointes ; elles ont'été mises à exécution de
suite. J'ai faiteremise à Belliot des sommes que
j'avais eues en dépôt; elles se sont montées a
39,321 liv. 295
L'on trouvera çi-joint le reçu de Belliot., --- Page 16 ---
(1 14)
Au nom de la République.
Aujourd'hui , le premier janviér mil sept cent
quatre vingt quatorze et le deuzième de la République Française, nous officiers deladministration
au département de Jacmcl, soussignés;.
de l'ordre exprès du commis99 En conformité
saire civil Santhonax, en datte du 29 du mois dernier, qui prescrit le versement des fonds reçus
de plusicurs individus qui s'expatrient de la Colonie par Martial Besse, commandant général de
Tarrondissement 1
de Jacmel , dans les mains de
Belliot, receveur de la caisse militaire dudit licu,
sommcs transportés chez ledit Martial Besse,avec
ledit Belliot, où nous - avons effectivement fait
compter et verser la somme de trente ncuf mille
trois cent vingt et une livres , provenant de divers
dépôts, pour dons patriotiques faits par différentcs
personnes 1 de laquelle dite sommc avons saisi
Belliot en sadite qualité , Jequel s'en est charge
et cn a valablement déchargé Martial Besse.
59 Fait quadruple à Jacmel,les jour., mois etan
que dessus 2 en la maison dudit Martial Besse,
le
3 avec ledit
qui a signé
présent proçès-verbal
don;
Belliot, et nous officiers de Fadministration,
acte. Signé, Belliot, Martial Besse et Simonet. 29
Le Commissaire Sonthonax : dans. sa lettre
du 16 déccmbre 1773-( (u. s.), ajoute :
ct Ci-joint deux passe-ports pour la NouvelleAngleterre, sous la condition fixée par ma proclamation du 24 novembrc; l'argent sera appliqué
RetasecAildosprees dcla troupe franche
de Jacmel. Vous ne délivrerez CCS passe - ports
sur lc récépissé du receveur dcs octrois 3 qui
justifiera que
du versement des sommes payées. 11
: dans. sa lettre
du 16 déccmbre 1773-( (u. s.), ajoute :
ct Ci-joint deux passe-ports pour la NouvelleAngleterre, sous la condition fixée par ma proclamation du 24 novembrc; l'argent sera appliqué
RetasecAildosprees dcla troupe franche
de Jacmel. Vous ne délivrerez CCS passe - ports
sur lc récépissé du receveur dcs octrois 3 qui
justifiera que
du versement des sommes payées. 11 --- Page 17 ---
(15 )
Cette ordonnance portait d'abord, cqu'il serait
créé une. caisse des remplacemens militaires, pour
servir à l'équipement et à T'armement de la legion
de T'Egalité. 97
f DXNCO
Voyez les piecesjustifeatives (N", 2). .
Dans une autre lettre , en date du 28 janvicr
1794. il me répondait : 66 J'ai reçu, avec votre
lettre du 18,'le bordereau de la cassie inilitaire,
qui se trouve conforme avec les quittances que
vous m'avez envoyées. 97 (Il y avait alors à ia
caisse militaire', une somme de 62,315 liv.)
J'ai rempli exactement cette partie de Tordonnance, ainsi que le témoignent les' bordereaux de
recette déposés à la commission de la Marine et
des Colonies.
hedyi -
7 Oà tendent donc Ics déclamations de Montbrun? Comment peut-il puiblier tant d'assertions
mensongères ? Quie devient sa" sagacité 7 lorsqu'il
calomnie un citoyen sans preuves et dans une
parfaite ignorance dès ordres supérieurs qui le
fcsait agir.
Mais voici une circonstanice où son'impradence
éclate d'une manière encore plus forte, our les:
conseils de ceux qui l'égarent se manifestenude
la manière la plus lumineuse. 9
aoipo
Il ose assurer, avec un ton décisif,s que sur un
seul convoi de trente-deux prisonniers partis de
Jacmel, en janvier 1714744) seize disparurent en:
chemin. a1 sans que Martial Besse, pressé de
s'expliquer sur cet événement; en ait voulu faire
connaître les particularités ! x9
Quoique je n'eusse pas dà m'abaisser au/ point
de satisfaire à un interrogat fallacieux, je vais
(1) C'est le, 8 décembre 1793, 2 et non en janvier, comme ledit
Montbrun.
iers partis de
Jacmel, en janvier 1714744) seize disparurent en:
chemin. a1 sans que Martial Besse, pressé de
s'expliquer sur cet événement; en ait voulu faire
connaître les particularités ! x9
Quoique je n'eusse pas dà m'abaisser au/ point
de satisfaire à un interrogat fallacieux, je vais
(1) C'est le, 8 décembre 1793, 2 et non en janvier, comme ledit
Montbrun. --- Page 18 ---
( 16 )
m'expliquer néanmoins, et certes mon adversaire
aurait pu s'éviter une nouvelle confusion.
1o. Ccs trente-deux prisonniers étaicnt convain-,
cus de trame avec les Anglais, Ct chargés de faire.
livrer la ville de Jacmel. Ccs trente - deux, ou
plutôt vingt-neuf prisonniers, commc l'attestent
l'ordre et le procès-verbal, devaient être traduits
au Port-Republicain ou résidait la commission
civile,et Montbran, Comunandant du départcment. L'Officier qui,à la tête d'un détachement.
lcs conduisait, fut rencontré par une troupe de,
Leoganais(lcogane était au pouvoir des Anglais),
qui firent feu, et tuèrent un de nos soldats. : les.
prisonniers SC révoltérent, ,ce qui força le commandant d'ortlonner à sa troupe de les arrêter; morts,
ou-vifs. Alors un combat s'engagea; quinze dcs
prisonniers furent tués, et quatorze. S évadèrent.
Ces hommes,sur lesquels l'on s'appitoye beaucoup plus que sur les malheureux Republicains,
n'étaient que les - artisans et les émissaires de la.
faction Anglaise, comme je Tai déjà dit.
29 Les instructions de la Commission civile
nous fesaieut un devoir d'arrêter lc, cours, des
troubles y qui, dans - les environs deJacmel, menaçaieut les propriétés,, comme. la tranquillite du
pays. Le Commissaire, Sonthonax dit dans scS insr
tructions S. du 13 novembre. 1793: D 63
66 Des troubles intérienrs, fomentés par les cnnemis de Ja liberté iet de l'égalité - déchirent le
quartier de Jacmel, des Cayes - Jacmel et de
Baynet ; des projets de trahison contre les intérêts de la République française 1 font tout
craindre pour cette partic de la Colonie.
99 Instruits des désordres qui règnent dans cette
dépendance, des cxcès et des mcurtres qui y ont
été
3: D 63
66 Des troubles intérienrs, fomentés par les cnnemis de Ja liberté iet de l'égalité - déchirent le
quartier de Jacmel, des Cayes - Jacmel et de
Baynet ; des projets de trahison contre les intérêts de la République française 1 font tout
craindre pour cette partic de la Colonie.
99 Instruits des désordres qui règnent dans cette
dépendance, des cxcès et des mcurtres qui y ont
été --- Page 19 ---
(17)
été commis; voulant arrêter les progrès d'une
guerre civile prête à s'y allumer, bieu convaincu
des talens militaires et du républicanisie dc
Martiale Besse, Lientenant-Colonel d'infanteric.,
nous l'avons nommé Commandant militaire a
Jacmiel.
19 Il parcourra les divers camps ou postes de son
arrondissement: ; il juterrogera les citoyens surles
causes des désordres et des meurtres qui ont été
commis; il cherchera à découvrir les factieux qui
portentles citoyens à là désunion. et à la désobéissance; si lcs circonstances exigent une réunion
de force, ct qu'il soit nécessaire de marcher contre
les ennemis de la République, Martial Besse commnandera les expéditions: à mesure qu'il parviendra
à counaitre les auteursdes crimes; illes fera arrêter
sur-le-champ; sans avoir égard à la distinction
des couleurs : il les fera conduire, sous bonne et
sûre garde, dans les prisons du Port-Républicain; il
nous rendra compte, sans délai, des ordres
d'arrestation qu'il aura donnés.
>, Point de composition avec la loi et avèc l'autorité nationale. Si, pour faire respecter les lois de
la République ct les ordres de ses délégués,, il se
trouve dans des circonstances qui exigent des
secours, il nous en préviendra de suite, 2e et nous
lui ferons parvenir ceux dont il pourra avoir
besoin 79. Signé SONTHONAX,
En écrivant,au Commissaire, én date du S décembre 1793, jc lui mandai : J'envoie DclilleBressolles, avec. un détachement de quatorze
hommcs, pour conduire, au Port-Repeblicain,
vingt-neuf prisonniers que j'ai fait arrèter pour
cause de tramcs combinécs à Jacmel 1, pour le
livrèr aux Anglais, comme vous l'avez vu dans
B
besoin 79. Signé SONTHONAX,
En écrivant,au Commissaire, én date du S décembre 1793, jc lui mandai : J'envoie DclilleBressolles, avec. un détachement de quatorze
hommcs, pour conduire, au Port-Repeblicain,
vingt-neuf prisonniers que j'ai fait arrèter pour
cause de tramcs combinécs à Jacmel 1, pour le
livrèr aux Anglais, comme vous l'avez vu dans
B --- Page 20 ---
(18 )
les états que je vous ai déjà envoyés. (Voyez
les pièces justificatives de l'ordré donné à DelilleBressolles, commandant le détachement, en date
du 8 décembre 1793 (N9.3).
Comme Léogane est situé entre le.Port-Républicain etJacmel, et qu'il en forme Tintermédiaire,
on avait négligé, après que Léogane fut tombé
au pouvoir des Anglais, de placer des colonnes
mobiles entre les deux places précédentes ; les ennemis de la République profitant de cette faute,
orgeaient à loisir les patriotes 9 pillaient et désolaient les campagnes ; ce ne fut même qu'à dix
lieues de Jacmel que se fit la rencontre dont il
est ici question.
Alors le citoyen Sonthonax m'écrivit en réponse, le 11 décembre 1793 : 66 Delille-Besssolles
m'a remis les dépèches dont vous l'aviez chargé;
la rencontre d'une patrouille de Léogane, dans sa
route, ne lui a pas permis de conduire les prisonniersàleur destination: d'après son procès-verbal,
quinze d'entr'eux ont été tués, les autres ont disparu dans les bois 99.
Voyez le procés-verbal du Commandant du
détachement, aux pièces justificatives ( No,4).
Bien loin donc que cette conduite fût désapprouvée par la Commission, comme elle l'a été
par Montbrun, c'est que le citoyen Delille, conducteur des vingt-neuf prisonniers, fut bréveté
presqu'aussitôt par Sonthonax, du titre de capitaine de la gendarmerie, et qu'il obtint ensuite
le commandement du Grand-Goave. Ses brevets
existent à la Commission dc la Marine et des
Colonies.
Si la passion ne jettait pas loin des bornes de
toute prudence Montbrun, certes, il n'eût pas
fallu tant de détails pour expliquer un fait trés-
'est que le citoyen Delille, conducteur des vingt-neuf prisonniers, fut bréveté
presqu'aussitôt par Sonthonax, du titre de capitaine de la gendarmerie, et qu'il obtint ensuite
le commandement du Grand-Goave. Ses brevets
existent à la Commission dc la Marine et des
Colonies.
Si la passion ne jettait pas loin des bornes de
toute prudence Montbrun, certes, il n'eût pas
fallu tant de détails pour expliquer un fait trés- --- Page 21 ---
( 19)
simple et tres-ordinaire; il sérait sans doute à
désirer, que dans des aflaires plus sérieuses et des
accusations plus graves, le citoyen Montbrun eût
pu opposer, à des faits palpables, des renscignemens aussi péremptoires.
Je passe à la discussion du dénoncé qui termiue l'apologie de Montbrun, et je conclus.
e6 L'un des mandats de Martial Besse, dit-il,
sur le citoyen Simonet, officier, d'adaninistration,
(12.juin 1794) prouve avec quel talent, indépendamment de son logement, de douze rations de
bouche, etc., il savait élever à 50,000,liv. les
appointeméns de Commandant de Jaemel.,
Je remplissais deux fonctions 2 à cette époque,
qui n'étaient point incompatibles. Le 29 mars
1794, je priai le Commissaire civil de me faire
savoir quel traitement m'était alloué, tant pour
la place dé Commandant général de l'arrondissement de Jacmel, que pour mon grade de Colonel:
Voyez,aux pièces justificatives, ma commission
de Commandant de Tarrondissement de Jacmel,
(No, 5.)
Le secrétaire de la Commission répondit,
les appointemens du grade de Colonel étaient que de
15,000 1.; et ceux de Commandant de Jacmel, de
10,000 ; Ce qui ne forme enh total que 25,000 1.,
argent dés Colonies - , ou 16666 1. tournois : au
lieu de 30,0001., comme dit Montbrun.
L'on a. du observer déjà que Montbrun ajoute
toujours quelque nombre de plus â ses caleuls,
comme il ne cesse de modifier tout ce quia
port àl la vérité. Ilest bien plus étonnant encore rapMontbrun s'élève contre l'usage des doubles em- que
plois, si universel, cet époque, dans les Colonies, lorsque lui-même touchait, avec tant de
B 2
1. tournois : au
lieu de 30,0001., comme dit Montbrun.
L'on a. du observer déjà que Montbrun ajoute
toujours quelque nombre de plus â ses caleuls,
comme il ne cesse de modifier tout ce quia
port àl la vérité. Ilest bien plus étonnant encore rapMontbrun s'élève contre l'usage des doubles em- que
plois, si universel, cet époque, dans les Colonies, lorsque lui-même touchait, avec tant de
B 2 --- Page 22 ---
20 )
modestie, les émolumens d'Adjudant-genéral et
de Commandant del l'Ouest.
Montbrun se trompait encore de la manière
la plus grave, lorsque, rappellant cC mandat du
12 juin 1794, ilassurait queje tonchais le traitement de Colonel, plusieurs mois avant mes fonctions. Mon brevet, qui repose dans mon portefeuille, est daté du 12 février 1794; il n'existe
donc ni erreur, ni inadvertancc, et se trouve
même encore à la Commission de la Marine et
des Colonies.
Il se trompait d'une manière bien plus grave
encore, lorsqu'il affirmait que ce brevet, qu'il
m'ordonne d'exiber, est signé dcs Commissaires
civils (et de lui Montbrun);ce fait, continue-t-il,
sera aisé à vérifier. J'ai montré cette pièce à tous
ceux qui ont youlu l'examiner, etil aété impossible de suivre la moindre trace de là signature
de Montbrun; Ce qui lui sera également aisé d
vérifer.
(Voyez la pièce sous le No. 6.)
Quant aux douzé rations debouche, Montbrun
sait parfaitement qu'on accordait, à St.-Domingue,
huit rations aux Colonels, et une augmentation
de la moitié aux Officiers-Commandans de places,
au - dessus de cC qui leur revenait pour leur
grade; en: consequence, j'aurais dû recevoir douze
rations, nombre égal à celui qu'il recevait luimême; mais la vérité est que je n'en touchais que
six, suffisantes àr mes besoins ; les six autres étaient
attribuées à trois Officiers que j'avais l'avantage
d'avoir de service près de moi.
Je gémis d'être descendu jusqu'à CCS circonstances futiles : il est dégoitant de les combattre,
de les discuter en détail : un adversaire a au moins
cet avantage, qu'en enyeloppant tous CCS petits
, nombre égal à celui qu'il recevait luimême; mais la vérité est que je n'en touchais que
six, suffisantes àr mes besoins ; les six autres étaient
attribuées à trois Officiers que j'avais l'avantage
d'avoir de service près de moi.
Je gémis d'être descendu jusqu'à CCS circonstances futiles : il est dégoitant de les combattre,
de les discuter en détail : un adversaire a au moins
cet avantage, qu'en enyeloppant tous CCS petits --- Page 23 ---
(01)
faits sous une masse commune, ils peuvent présenter à l'esprit du vulgaire des idées de rapinc,
de subversion, et d'un grand délit; mais lon
voit qu'élagués, réduits à leurisolement, et détachés de la masse centrifuge, ces pièces de marqueterie ne peuvent plus présenter qu'une image
sans couleur et sans objet. Mais comment donner
quelque confiance à ce débordement incroyable
d'injures et de calomnies, lorsque tout SaintDominguc se plait encore a célébrer cette époque
si glorieusc, où les brave de cette Colonie conservèrent, 9 par leur zèle, leur constance et leur
fidélité , cette portion précicuse des terres de
l'Occident.
Au moment où les autorités de St.-Domingue
me confièrent lc commandement deJacmel, cette
ville était sur le point de tomber au pouvoir de
T'Etranger. La perversité des Anglsis et l'intrigue
des Espagnols, y fomentait, tous les jours, des
désordres ; corrompu 1 séduit par l'or de ces
hommes. d'Europe.Jacmel, plein d'ivresse, n'attendait que le moment où ses murs ne renfermeraient plus que des traitres ct des conspirateurs.
* Ma présence déconcerte toutes les mesures de
Ja lâcheté; l'honneur national se réveille dans les
ames des citoyens égarés ; l'ordre se rétablit par
l'évacuation des fauteurs de la tyrannie et du brigandage ; la sûreté de tout le territoire dc Jacmel
repose à jamais sur la défaite des brigands de
TAngleterre, et je conserve à la République une
cité qui depuis n'a plus trahi ses sermens. Avant
mon cntrée dans Jacmcl, la haine des institutions
républicaines avait saisi tous lcs esprits;je ramène
la confance etl'union : les manceuvres ct les trésors
de l'ennemi avaient acheté les villes de Léogane,
Saint-Marc et T'Arcahaye ; je conserve, à force de
sur la défaite des brigands de
TAngleterre, et je conserve à la République une
cité qui depuis n'a plus trahi ses sermens. Avant
mon cntrée dans Jacmcl, la haine des institutions
républicaines avait saisi tous lcs esprits;je ramène
la confance etl'union : les manceuvres ct les trésors
de l'ennemi avaient acheté les villes de Léogane,
Saint-Marc et T'Arcahaye ; je conserve, à force de --- Page 24 ---
22 )
courage et de vigilance, une faible cité voisine,
qui devait nécessairement succomber sous les
efforts puissans de ses rivales ; les magasins de la
République étaient épuisés, la caisse et ses ressources avaient disparu ; je rappelie l'aboadance
là ouse trouvaitla misère et la nudité;ctje laisse,
dans les coffres publics, 1 les moyens de subvenir
largenent à toutes les dépenses; le commerce
enfin et la culturc avaient fui cette tcrre , que nulle
protection ne pouvait rassurer ; je redonne, à ces.
deux filles de la félicité publique 3 leur splendeur
ancienne; ct j'ose me flatter, sans orgueil, que
c'est à mes soins et au zèle de mes
la
concitoyens, 9
que République doit cncore aujourd'hui f'heureuse et constante prospérité de cette brillante partie
de Saint-Domingue.
Pourquoi mon accusateur bénévole vient - il
ici me forcer à révéler de lugubres vérités? A-t-on
besoin de ces preuves écrites que l'on réclame, et
dont on parle sans cesse, lorsqu'il est impossible
à Montbrun de nous lancer même un criminel
desaveu P Quilse ressouvienne donc de ces tems
de desastre et de subversion; ; de cette fatale année
1793, où l'or voyait, avec effroi, passer par succession sous le pouvoir de l'ennemi, toutes les
contrées qui obeissaient à son commandement;
il dénature tous les faits pour trouver dcs délits, ,
pour rendre complices de ses propres désordres,
des citoyens iutégres et pléins de fidélité ; mais
avons-nous besoin du mensonge pour présenter à
l'aide d'un tel appui ces dépiorables événemens
qui ont eu lieu en présence dc tant de citoyens :
cette reddition de tant dc villes auxquelles il
commpandait, et quit tombérent l'une après l'autre,
etcommne de concert, dans les mains de l'étranger;
telles sonties Gonaives, le Minchalais,"Aughahays,
,
des citoyens iutégres et pléins de fidélité ; mais
avons-nous besoin du mensonge pour présenter à
l'aide d'un tel appui ces dépiorables événemens
qui ont eu lieu en présence dc tant de citoyens :
cette reddition de tant dc villes auxquelles il
commpandait, et quit tombérent l'une après l'autre,
etcommne de concert, dans les mains de l'étranger;
telles sonties Gonaives, le Minchalais,"Aughahays, --- Page 25 ---
(23 )
Saint - Marc, Léogane et le Port - Républicain.
A-t-il le courage de taire cette vérité, Jorsqu'au
milicu de cette défection générale, lorsque dans
Jacmel, sauvé par ma vigilance et mon courage,
il vint y chercher une retraite, ct encore de nouvelles richesses..
. .
Je ne m'étendrai pas dans une nouvelles disgression pour réfuter la turpitude de délation qu'il
élève sur sa misère et ma fortune;je le prends à
témoin du contraire, etje ne réponds que par CC
mot.
Aucun citoyen de la colonie n'a encore oublié
ce commerce scandaleux, où il trafiquait publiquement de tant d'or, par le moyen de ses magasins,
de ses guildives, de ses mulets nombreux (1). Les
détails sont fàcheux quand il s'agit de dérouler
la vie privéc d'un individu. J'en ai dit assez à
cet égard pour décider l'opinion.
- Je pense avoir suffisamment repoussé de stupides déclamations ; je nè dois plus répondre aux
détracteurs d'une mauvaise foi trop évidente ; et
si de nouvelles injures s'efforçaient de troubler la
paix dont il m'est permis de jouir après tant
de travaux,je n'aurais à opposer à linjustice de
leurs clameurs que le silence du plus louable mépris; mais si des attaques un peu trop acérées,
s'cfforcaient encore de ternir une réputation dont
je fais gloire 3 alors j'en appellerais aux décrets
vengeurs d'un tribunal, et la redoutable décision
des lois 9 aiderait à la juste vengeance d'un
citoyen indignement offensé.
Faris,tc 25 Fructidoran VI.
Le Général de Brigade, MARTIAL BESSE.
(r)- Monbrum.vendait de
quinze portugaises en or, ou 16501., la
barrique tafia; telles étaient les conditions qu'il savait
auix besoins publics,
impasce
je fais gloire 3 alors j'en appellerais aux décrets
vengeurs d'un tribunal, et la redoutable décision
des lois 9 aiderait à la juste vengeance d'un
citoyen indignement offensé.
Faris,tc 25 Fructidoran VI.
Le Général de Brigade, MARTIAL BESSE.
(r)- Monbrum.vendait de
quinze portugaises en or, ou 16501., la
barrique tafia; telles étaient les conditions qu'il savait
auix besoins publics,
impasce --- Page 26 ---
. 24)
No. 1.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Martial Besse, , Liexlenant-Colonel d'infanterie et Commandant-Général de PArrondissement de Tacmel.
M'étant parvenu queplusicurs citoyens s'étaient
embarqués à bord du bateau l'Espoir; commandé
par Vaillant, sans être munis d'ordres 3 j'ai de
suire expédié une goelette, en y envoyant un détachrment commandé par Delille-Brésolies pour
alierà la poursuite du bateau qui, avait déjà enT
voyé son cannot laveillepour en prendre d'autres.
Le dit Delille s'étant saisi dudit bateau, est venu
dans cetterade, oi il m'aremis les dénommés suivans ; Vaillant, capitaine, Talvy , Loulong, pilote
côtier 2 Julien 7 Montgendre , matelots 2 Lestage $
Barrouin et Henry affricains, avec plusieurs chefs
et cassettes appartenants aux dits susnommés.
L'an mil sept ccnt quatre vingt treize, le vingtun novembre et l'an deux de la République française , à midi précis 1 sont comparus devant nous
les dénommés ci-dessus arrêtés à bord du bateau
1Espoir, commandé par ledit Vaillant, sur la côtede Fer. où il étaitàattendre d'autres citoyenspour
les embarquer et pour faire route pour Saint-Thomas , sans être munis d'aucuns passeports ni expéditons pour le dit lieu ; le dit capitaine n'étant
pourvà que d'une expédition de cabotage pour
Baynet,leur ayant demandé s'ils faisaient directcment route pour Saini-Thomas: ; ils ont répondu
que ccla était leur destinée, ayant différens eflets
qui sont. une cassette contenant des bijoux et
linge appaitenans au citoyen Talvy 3 un portefcuille appartcnant au capitaine Vaillant et lcs cxpé.
aucuns passeports ni expéditons pour le dit lieu ; le dit capitaine n'étant
pourvà que d'une expédition de cabotage pour
Baynet,leur ayant demandé s'ils faisaient directcment route pour Saini-Thomas: ; ils ont répondu
que ccla était leur destinée, ayant différens eflets
qui sont. une cassette contenant des bijoux et
linge appaitenans au citoyen Talvy 3 un portefcuille appartcnant au capitaine Vaillant et lcs cxpé. --- Page 27 ---
(25)
ditions du dit bateau I'Espoir, plus une cassette
appartenante aussi au même plus deux malles
appartenantes au citoyen Talvy portant de plus
pour suscription Picard de Taliy', une idem à
Vaillant portant pour suscription Vaillant , une
id. à Loulong portant pour suscription Loulong,
uneid. à Lestage portant pour suscription Lestage,
une malle qu'on nous a dit appartenir à Vinctte,
six caisses de genièvre dont quatre remplies de
hardes 9 deux caisses de vin rouge, un paquet de
marchandises à Vaillant portant pour suscription
Vaillant, sur lesquels avons apposés nos scellés et
avons remis le tout, dans les magasins de l'administration et à sa charge jusqu'à ce qu'il en soit
autrement ordonné par les commissaires nationaux
de la Rébublique, délégués auxi isles françaiscs de
l'Amérique sous le vertt. :
Ordonnons en outre que T'Amirauté de cette
ville se transportera demain au mnatin à bord du
bateau TEspoir, à i'effet d'y apposer lcs scellés, tant
sur le bateau , qu'objets en évidence ; et ont les
citoyens ci-dessus signé,al'exception dcs citoyens
Barrois et Montgendre qui ont déclaré ne savoir
signer,de ce requis; ct ontsigné avec nous etnotre
secrétaire. Signé Vaillant, Picard de Talvy, Loulong , Lestage , Lille-Bressolles et Martial Besse.
Et plus bas est écrit, par le citoyen commandant.
Signé Anglesay,sccrétaire de la place. MartialBesse.
Pour copie conforme à l'original déposé au SCcrétariat militaire. Anglesay, secrétaire de la place.
Nola. Conformément à lordonnance ci-dessus,
ilfindiecn@proct-vebal etinventairedes cffets trouvés à bord du bateau T'Espoir : ce procès-verbal se
trouve avec les autres pièces a la Commission de
la Marine et, des Colonies.
le citoyen commandant.
Signé Anglesay,sccrétaire de la place. MartialBesse.
Pour copie conforme à l'original déposé au SCcrétariat militaire. Anglesay, secrétaire de la place.
Nola. Conformément à lordonnance ci-dessus,
ilfindiecn@proct-vebal etinventairedes cffets trouvés à bord du bateau T'Espoir : ce procès-verbal se
trouve avec les autres pièces a la Commission de
la Marine et, des Colonies. --- Page 28 ---
(96)
No, 2.
A nom de la République Française.
cs Nous) Leger-Félicité Sonthonax, commissaire
civil de la République, etc.
95 Considérant qu'une multitude d'individus de
tout âge et de tout sexc sollicite des passe-ports
pour la nouvelle Angleterre , et que le desir d'émigrer ne peut être attribué qu'a la peur, à l'état
de maladic, ou mêmc à l'opposition connue de
quelques-uns aux progrès des principes français ;
29 Considérant qu'il ne peut qu'être dangereux
pour l'ordre public ou pour le succès de la révor
lution à Saini-Domingue, de retenir des hommes
ennemis de leur pays ou impuissans pour le
défendre ;
99 Considérant que les dépenses que néccssite
la guerre,doivent êtrcs supportées par l'universalité
des citoyens de tout âge et de tout sexe ;
99 Considérant que ceux qui prodiguent journellement leur sang pour la défense des principes
sacrés de la liberté et de l'égalité, doivent recevoir
du Gouvernement une subsistance sûre ct une
indemnité quelconque pourlcur généreux dévouement ;
57 Considérant quc le service militaire est obligatoire pour tous les citoyens, et que sila protection est duc aux propriétés des absens,cc ne peut e
être que sous la condition du remplacement dc
limpôt particulier qui en ticnt lieu;
29 Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:
ART. I. 92 Tout homme au-dessus de douze
ans, , quelque soit d'ailleurs son sge 7 qui voudra
se retirer a la nouvelle Angleterre, pour cause de
maladie ou pour aflaire particulière > fournira au
aire est obligatoire pour tous les citoyens, et que sila protection est duc aux propriétés des absens,cc ne peut e
être que sous la condition du remplacement dc
limpôt particulier qui en ticnt lieu;
29 Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:
ART. I. 92 Tout homme au-dessus de douze
ans, , quelque soit d'ailleurs son sge 7 qui voudra
se retirer a la nouvelle Angleterre, pour cause de
maladie ou pour aflaire particulière > fournira au --- Page 29 ---
(27 )
secrétariat de la Commission civile, un récépissé
du trésorier de la Cologie, qui constate qu'il a
versé ou fait verser dans la caisse généralc une
somme de 1050 livres argent des Colonics, et ce 2
par forme de remplacement du service militaire.
32 Lefemmesncscropramatiesquau paiement
d'une_somme de 1000 livres 3 argent des Colonies.
IL 2 Lcs déportés de la Colonie seront tenus
de faire le même payement; ils ne pourront être
embarqués ni élargis des prisons s'ils ne justifient
du payement des sommes fixées par la présente
proclamation, chacun. suivant son sexe.
II I. 39 Les sommes versées au trésof de la Colonie pour cause de congé pour la nouvelle Angleterre ou de déportation 7 seront exclusivement
employées à l'armement et à l'équipement des
légions franches de T'Oucst, sans que,sous aucun
prétexte , on puisse lcs détourner pour un autre
service.
IV.Il sera à cet effet tenu , parlc trésoricr de
la Colonie, des registres et une caisse séparce pour
les sommes versées pour cause de déportation ou
de conge pour la nouvclle Angleterre.
V. 11 Les payemens sur ladite caisse ne pourront s'effectuer que sur les ordonnances du commandant de la province de T'Oucst, approuvecs
par les commissaires civils.
V I. 99 Le trésorier général sera tenu de nous
fournir chaque jour le mouvement de la caisse
contenant l'éiat des sommes reçues et celui des
sommes depensces 1 avec les noms de ceux : au
profit de qui les ordonnances auront été tirecs.
37 Scra la présente ordonnance imprimée et publice,allichée et enregistrée à la Commission in- --- Page 30 ---
(2S )
termédiaire 2 aux municipalités et aux tribunaux
de la province de T'Ouest.
>9 Requérons le Gouverneur général par interim ;
de tenir la main à son exécution.
21 Fait au Port- Républicain , le 24 novembre
1793, l'an troisième de la République française.
Signé, Sunthonax.
97 Par Ic commissaire civil de la République,
signe, Muller,secrétaire ad hoc de la Commission
civile.
Ne. 3.
Au nom du Peuple Français.
Martial Besse, , Licutenant-Colonel d'Infanterie
s
et Commandant Général de T'arrondissement de
Jacmel.
Ordre au citoyen Delille d'avoir à se rendre an
Port-Républicain avec un détachement de quatorze hommes queje luiai confiés ," pour escorter
et conduire dans les prisons du Pott-Républicain
ving: neufprisonniers ;
A la charge par lui d'avoir à se présenter pardevant le commissaire civil de la République.
Jacmel, lc 8 décembre 1793,an 2 de la République Française. Signé, Martial Besse.
No. 4.
Au nom de la République.
Après les ordres à moi donnés par le citoyen
Marial Besse, commandant militaire de l'arrondissemeut de Jacmel, de prendre le commandement de quatorze hommes pour conduire au PortRépublicain vingt neuf prisonniers ; étant parti
de Jacmel le S du courant, à onze heures du matin * n'ayant pu me rendre que sur T'habitation
3,an 2 de la République Française. Signé, Martial Besse.
No. 4.
Au nom de la République.
Après les ordres à moi donnés par le citoyen
Marial Besse, commandant militaire de l'arrondissemeut de Jacmel, de prendre le commandement de quatorze hommes pour conduire au PortRépublicain vingt neuf prisonniers ; étant parti
de Jacmel le S du courant, à onze heures du matin * n'ayant pu me rendre que sur T'habitation --- Page 31 ---
( 2 39)
du citoyen Piron ; en étant parti le 9, à six heures
du matin, pour continuer a me rendre à ma destination, m'étant rendu jusqu'à la première passe
de la riviére des Citronniers, ayant rencontre une
patrouille ennemie, m'ayant crié qui vive 7 j'ai
répondu détachement républicain dc Jacmel, clle
m'a fait une décharge de plusieurs coups de fusil
et m'a blessé à mort un affricain nommé Azor,
qui a été mourir à trois ou quatre cents pas de
l, et blessé un mulet que jai laissé sur l'habitation Perrot entre les mains de l'affricain Louis,
de l'affricain Adam et de l'affricaine Louise ; j'ai
riposté Fde plusienrs coups de fusil, mes prisonniers se sont révoltés de suite et ont pris la fuite ;
ç'a m'a forcé d'ordonner à ma. troupe de les
arrêter morts:ou vifs, dont quinze ont été détruits
et le reste s'est évadé ; n'ayant pas. jugé à propos
de continner la même route de crainte de tomber
dans quelque embuscade des réveltés de Léogane,
j'ai rétrogradé et fait une autre route pour me
rendre à ma destination."
Fait et clos sur les lieux, ce 9 décembre 1793
lan II de la République française, en présence du
détachement, lesquels ont signé, ceux qui le
savaient. Pierre Mistigny, H. Mathurin, JeanBaptiste Lefèvre, Théodore ; Lille - Bressolles;
Commandantdu détachement (1).
No., 5.
NOUS LEGER - FÉLICITÉ SONTHONAX,
Commissaire civil de la République,
Etant nécessaire de pourvoir à la place de
Commandant militaire a Jacmel, vacante par le
rappel- d'Agé qui en était pourvu ;
(1) Cette pièce sc trouve àla Commission de la Marine et des
Colonies. --- Page 32 ---
( So )
Connaissant le zèle , le civisme et les taleris
militaires de Martial Besse, Lieutenant- Colonel
d'infanterie;
Le nommons etcommettons Commandant militaire. par intérim, de la place de Jaemel; pour en
remplir les fonctions ctjouir des honneurs, prérogatives et appointemens attachés à ladite place.
Chargeons le Commandant de la garde nationale de Jacmel; de le faire reconnaître en cette
qualité.
Ordonnons à Martial Besse de prendre le commandement général sur les troupes des Cayes-de:
Jacmel, et de Baynet, lorsqu'elles seront réunies
pour une expédition.
Ordonnons T'enregitrement des présentes aux
Municipalités de Jacmel, des Cayes-de-Jacmel et
de Baynet.
Fait au Port - Républicain 1 le 13 novembre
1793, l'an II de la République française.
Signé S.O - NTHONAX.
Signé GAULT, Secrétaire - Adjoint de la
Commission civile.
No, 6.
NOUS LÉGER - FÉLICITÉ SONTHONAX,
Commissaire civil. de la Republique, etc. 9
Voulant récompenser les services rendus à la
République par le Lieutenant - Colonel Martial
Besse, Commandant général de Tarrondissement
de Jacmel;
Le nommons et commettons Coloncl d'infanterie, pour jouir des honneurs, prérogatives et
S.O - NTHONAX.
Signé GAULT, Secrétaire - Adjoint de la
Commission civile.
No, 6.
NOUS LÉGER - FÉLICITÉ SONTHONAX,
Commissaire civil. de la Republique, etc. 9
Voulant récompenser les services rendus à la
République par le Lieutenant - Colonel Martial
Besse, Commandant général de Tarrondissement
de Jacmel;
Le nommons et commettons Coloncl d'infanterie, pour jouir des honneurs, prérogatives et --- Page 33 ---
( 31 )
appointemens attachés à ladite place, et commander en cette qualité, dans les lieux que nous
jugerons à propos de lui assigner.
Fait au Pon-Répnblicain, le 12 février 1794:
l'an III de la République française.
Signé SONTHONAX.
Signé GAULT, Secrétaire-Adjoint de la
Commission.
Je certifie et j'atteste l'existence des picces cidessus, conformes aux originaux déposés à la
Commission de la Marine et des Colonies.
MARTIAL BESSE.
ERRATA, Page 6, ligne 21, au lieu d'octobre, lisez
décembre.
De IImprimerie de J. BAILLIO, place du Palais-.
Égalité, au grand Balcon, --- Page 34 --- --- Page 35 --- --- Page 36 ---
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