--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DE
S-DOMINGUE,
MOYEN FACILE
DAUGMENTER LINDEMNITE
DUE AUX COLONS DE S'.-DONINGUE EXPROPRIÉS.
PARIS,
MPRIMERIE DE GOETSCHY. RUE LOUIS LE CBAND. N*
1825. --- Page 6 ---
TOAMME --- Page 7 ---
ETC.
DE SUINT-DOMINGUE,
LE dernier Maréchal de Noailles s'intéreshomme de
qui avait trouvé
sait à un
bien,
de
les dettes de l'Etat
un moyen
payer
aucun sacrifice des contribuasans exiger
bles. Cet excellent citoyen, recommandé
facilement aul Mipar le Maréchal, parvint
nistre des Finances, qui se fit rendre compte
loua le zèle de l'auteur , et
du projet, 9
difficultés à l'exétrouva seulement quelques
cution. Le théoricien en conclut qu'il n'avait
son idée. Il venait d'apas assez développé
Méchever une note aussi étendue que son
moire, dans laquelle, selon T'usage, il répondu Condait victorieusement aux objections
trôleur-Général des Finances,.quand il apprit
le Duc de la Vrillière était venu informer
que
le Roi avait accepté
le Controleur-Généralqe
démission, et lui permettait de se retirer
sa
court chez
dans sa terre. L'homme au projet
t --- Page 8 ---
*
Maréchal de Noailles, et lui demande s'il
le
du Ministre dissait quel est le successeur
grâcié.
le Maréchal, C mais, a
( Non>, répondit
sûr, c'est un très-honnéte et très-habile
coup
fera bien les affaires du Roi ;
homme, qui
mon
il est fort de mes amis, 2 et même un peu
parent. >
Je connais M. de Villele de vue, pour
traversant, un jour, , la salle des
Pavoir aperçu
ou
Pas-Perdus de la Chambre des Députés, je
mes pas, et où il n'a pas perdu les
perdais
très-honnéte et très-habile
siens. Je le croisun
fait fort bien les affaires du Roi, 2
homme, qui
encore accepté sa
puisque SA MAJESTÉ n'a pas
démission. C'est, dans les circonstances prémoi de n'être pas
sentes, 2 un avantage pour
le mal que disent de lui les journaux
son ami;
voudrait
indépendans, et la Congrégation qui
les Ministres dans sa dépendance, , ne
mettre
d'étre,
me va pas au coeur. Je n'ai pasthonneur
de M. de Villèle,
même un peul, parent
Je pnis, donc, en toute stretéde conscience,
louer les actes de son administration 7 qui me
conformes auxintérêts de la France.
paraissent
dont la RocheN'étant point de ces hommes
lui les journaux
son ami;
voudrait
indépendans, et la Congrégation qui
les Ministres dans sa dépendance, , ne
mettre
d'étre,
me va pas au coeur. Je n'ai pasthonneur
de M. de Villèle,
même un peul, parent
Je pnis, donc, en toute stretéde conscience,
louer les actes de son administration 7 qui me
conformes auxintérêts de la France.
paraissent
dont la RocheN'étant point de ces hommes --- Page 9 ---
< leur louange blimes, $
foucauld a dit, que
par
je brave Tépithète demisoreriaiprodigue
certains écrivains qui ne sauraient pardonner
à un Ministre de ne pas les évaluer ce qu'ils
s'estiment.
mettre bien à l'aise Jésuites,
Au reste, pour
et autres
Congréganistes, Ultras, Républicains,
ennemisdel la Charte,je vais faire ma profession
de foi politique : elle pourra servir de texte
leur plaira de m'adresser,
aux injures qu'il
d'avance
auxquellesj je vais essayer de répondre
par des raisons.
Libéral dans
Je suis Royaliste, cest-à-dire,
politique que LoUrs XVIII a donnée
l'acception
Déclaration datéc de Saintà ce mot par sa
liberté comme
Ouen, le mai 1814. J'aime la
tout homme de bien qui sait qu'elle est
l'aime
licence
le Ciel l'est
aussi éloignée de la
que
et
sait que l'auteur de tout
de la Terre, qui
fait le moyen de développer la perbien en a
fectibilité dont il a doué sa créature priviléEnfin, je suis Libéral dans le sens que
giée.
attachait à cette manière d'être
Louis XVIII
fidèle à son Roi, dans le sens que
Français
a juré aux
CHARLES X y attache, puisqu'il
des
des autels de celui qui dispose
pieds --- Page 10 ---
trônes, 2 de maintenir la Constitution donnée
à la France par son prédécessenr.
Avantd'être Libéraldela façon de Louis
il m'était démontré
le
XVIII,
que
meilleur des gouvernemens était une monarchie dans laquelle,
par une sage distribution des pouvoirs qui régissent la société 1 la puissance du souverain
est fondée sur la liberté des sujets.
Je n'ai jamais cessé un seul moment,
ne cesserai
, et je
jamais d'être fidèle à la Dynastie
des Bourbons. Tout Français
doit, ce me semble, voir avec un juste orgueil le trône de
belle patrie occupé
sa
par une race essentiellement Française et esséntiellement
Royale (1).
Quoique mon objet en publiant mes idées
sur un acte récent de Padministration de M. de
(1) Henri IV réunissait en sa personne les
des trois races de nos rois. Nous autres Libéraux droits
1814, nous croyons que, du jour de la mort
de
Henri IV a été roi légitime de France d'Henrilll,
tains croient à un
: les ultramoninterrègne qu'ils font durer jusqu'à
l'abjuration de notre grand roi. M. l'abbé La
qui nous a promis de nous
Mennais,
prètre, pourrait aussi
apprendre ce que c'est qu'un
nous dire Jaquelle de ces deux
doctrines est la plus conforme au principe de la
mité.
légiti-
royons que, du jour de la mort
de
Henri IV a été roi légitime de France d'Henrilll,
tains croient à un
: les ultramoninterrègne qu'ils font durer jusqu'à
l'abjuration de notre grand roi. M. l'abbé La
qui nous a promis de nous
Mennais,
prètre, pourrait aussi
apprendre ce que c'est qu'un
nous dire Jaquelle de ces deux
doctrines est la plus conforme au principe de la
mité.
légiti- --- Page 11 ---
soit de me borner à en examiner les
Villèle,
classes d'individusqu'elle
conséquences pourles
serainécesje
intéresse plus particnliérement,
la
sairement entrainé par le sujet à considérer
des
de vue d'intérêt pumesure sous
points
vérités d'un orblic, et à présenter quelques
écriélevé, afin de répondre à quelques
dre
inconstitutionvains quil'ont attaquée comme
nelle dans sa forme.
TOrdonet
dis : que
J'entre en matière, je
du
avril 1825, qui a accordé aux
nance
Tindépenhabitans actuels de Saint-Domingue
aux conditions
dance de leur gouvernement
dans
cette Ordonnance, est sage
stipulées par
le Nouveaulétat où la Révolution a placé
de
qu'elle est conforme aux intérêts
Monde;
en ce
la France; etqu'elle est constitutionnelles
la cession du droit de Souveraiqui concerne
si le prix de cette cession 2
neté; mais, que
anciens Colons en
abandonné par le Roi aux
dusétait la seule qu'ils
forme d'indemnité,
serait une violasent recevoir, POrdonnance
manifeste du droit de Propriété : et, certion
être dans la
tes, un tel résultat ne saurait
volonté du Roi, ni dans les intentions de son
ministre. --- Page 12 ---
je ne suppose aux écrivains
qui ont blâmé
l'émancipation de
motifs
Saint-Domingue, que des
qu'ils ne craindraient
veux croire
pas d'avouer. Je
que, frappés de
cette colonie était dans
l'importance dont
la balance de notre
commerce avant la
Révolution, ils n'avaient
pas perdu tout espoir de la vair
nouveau sous le
prospérer de
cienne
gouvernement de son anmétropole. Leur erreur est donc
sable; mais il eût été à désirer
excusion de leurs regrets n'eût
que lexpresdune satire
pas les caractères
personnelle, qui semble
plutôt par, leur haine cantre le
inspirée
par leur amour pour la France. Ministre, que
Il faut avouer
que, par la manière dont
TOrdonnance
Royale est rédigée, les
des denx
organes
Oppositions ont du se trouver un
peu embarrassés. Les uns étaient
prouver le
obligés d'apfond, et les autres la forme d'une
mesure qu'ils étaient. décidés à
qu'elle avait été conseillée
blâmer, parce
C'est un
par M. de Villèle,
inconvénient de lesprit
la liberté serait
departi; mais
eu danger, si l'esprit de
venait à s'éteindre dans
parti
un: gouverneme.t représentatif.
De tous les reproches adressés
dans les jour-
peu embarrassés. Les uns étaient
prouver le
obligés d'apfond, et les autres la forme d'une
mesure qu'ils étaient. décidés à
qu'elle avait été conseillée
blâmer, parce
C'est un
par M. de Villèle,
inconvénient de lesprit
la liberté serait
departi; mais
eu danger, si l'esprit de
venait à s'éteindre dans
parti
un: gouverneme.t représentatif.
De tous les reproches adressés
dans les jour- --- Page 13 ---
naux à M. de Villele au sujet de TOrdonnance
de Saintbomingue, un seul
d'émancipation discussion; cest celui d'inmérite quelque
aux lecconstitautionnalité, qui a paru grave
des Débats. Ils ont attribué
teurs du journal
dont Téducation pocet article à un écrivain
litique est trop avancée pour que T'on puisqu'il eût hazardé
se raisonnablement supposer
semblable assertion. Il est bien plus vraiune
vient d'un jeune homme quia
semblablequ'elle
imiter le style de cet écrivain cécru pouvoir
car, en ces malèbre, et qui en a approché;
tières, il n'ya quele style de Montesquieu qui
Je ne dirai pas pourquoi, de
soit inimitable.
l'on ne m'accuse de faire aussi une
peur que
Les sautres critiques publiées
satire personnelle.
dans les journaux sont plutôt des épigrammes
des réflexions politicontre le Ministre, que
contre TOrdonnance Royale.
ques
à M. de Villèle
Par exemple, on a reproché
d'être Gascon. Mais dépend-il de lui de ne pas
Têtre? Si le Ciel leut voulu, il serait Normand,
et on lui en ferait également un reproche.
On lui a reproché de sortir des rangs royaa voulu lui
listes. Si c'est une injure qu'on
dire, cela signifirait, tout au plus, qu'il ya
--- Page 14 ---
IO
ont la prétention d'être plus
des gens qui
veut
le soit
royalistes que CHARLES X ne
que
son Premier Ministre.
du
aussi
à M. le Président
On a
reproché
Conseil de s'entêter à garder une place qu'on
long-temps, de quitter.
lui conseille, depuis
cela prouve? que c'est une place
Quest-ce que
de bien,
dans laquelle on peut faire beaucoup
tant d'aspirans, et que M. de Villèle
puisquilya
persiste à ne pas la céder.
Pintention d'apOn a supposé au Ministre
le
l'indemnité des Colons à soutenir
pliquer trois
cent. Il y a un peu de malprix des
pour
à cet
adresse à avoir énoncé des soupçons
faut
avertir son ennemi
égard; il ne
jamais
le
Ton épie ses mouvemens ; ce n'est pas
que
de le faire donner dans les embuscades.
moyen
est de vouloir
Mais le Dada des journalistes
passer pour prophètes.
que lon
Nous arrivons au reproche grave
du 17 avril, et qui mérite
fait à lOrdonnance
me
jabrégerai autant qu'il
une discussion, que
sera possible.
le droit de souveraineté
On a prétendu que
des trois
être aliéné sans le concours
"ne peut
branches de la puissance législative.
que
de le faire donner dans les embuscades.
moyen
est de vouloir
Mais le Dada des journalistes
passer pour prophètes.
que lon
Nous arrivons au reproche grave
du 17 avril, et qui mérite
fait à lOrdonnance
me
jabrégerai autant qu'il
une discussion, que
sera possible.
le droit de souveraineté
On a prétendu que
des trois
être aliéné sans le concours
"ne peut
branches de la puissance législative. --- Page 15 ---
II
Quand on fait de la politique pour les jourest
le temps, et l'on trannaux, on
pressé par
les
che les questions les plus graves sans
apSi le jeune publiciste qui a écrit
profondir.
dans le Journal des Débats sur TOrdonnance
s'était donné le temps d'y réfléchir, il
Royale,
consdans une monarchie
aurait aperçu que,
le droit de céder une
tituée comme la nôtre,
un traité, est une
portion de territoire, par
de la couronne; qu'elle est la conprérogative
nécessaire du droit de faire la guerre
séquence
roi, privé de cette prérogaet la paix; qu'un
tive, ne serait plus qu'un ministre responsable, ou, tout au plus, le Président électifd'une
répnblique.
donner
poids à son assertion,
Pour
quelque
du Journal des Débats devait établir
Técrivain
entre la cession de la souveraiune différence
d'une
de territoire à un prince
neté
portion
révoltés.
étranger, et celle faite à des sujets
n'a
osé avancer, par la raiC'est ce qu'il
pas
n'y a pas de différence.
son toute simple qu'il
les
La France était-elle en état de guerre avec
Les ad.
habitans actuels de Saint-Domingue?
versaires de T'émancipacion ont dejà répondu
d'envoyer une
à cette question, en proposant --- Page 16 ---
armée pour faire la conquête de la colonie.
f'Orlonnance Royale est, dans le fait, un
traité de paix et de commerce, dans
une forme
quia maintenu la dignité de la couronne.
Le publiciste du Journal des
Débatsa mieux
aimé, à-propos de T'émancipation de Saint-Domingue, parler de la rançon du Roi JEAN. Je
lui demanderai quelle analogie il
tre
aperçoit enTémancipation de
Saint-Domingue et la
rançon du Roi JEAN. Il est incontestable
pour payer la rançon d'un roi
que
faudrait lever
prisonnier, il
uin inpôt, ce qui exige le concours des trois branches de la
lative. Mais,
puissance légisici, c'est le Roi qui
prix à la cession de son droit de impose un
souveraineté
sur Saint-Domingue. Le Roi
d'Angleterre a reconnu Pindépendance de PAmérique
Septenfrionale:etlesAnglis ont aussieuxun roi constitutionnel, dont ils reconnaissent les
gatives comme une barrière
préroaux envahissemens de la partie démocratique de leur
titution. On voit que le publiciste du consdes Débats veut tout
Journal
simplement dire que le
Ministre s'est mis dans le cas d'être accusé
la Chambre élective devant celle des par
Pairs.
Examinons donc si, dans les circonstances
terre a reconnu Pindépendance de PAmérique
Septenfrionale:etlesAnglis ont aussieuxun roi constitutionnel, dont ils reconnaissent les
gatives comme une barrière
préroaux envahissemens de la partie démocratique de leur
titution. On voit que le publiciste du consdes Débats veut tout
Journal
simplement dire que le
Ministre s'est mis dans le cas d'être accusé
la Chambre élective devant celle des par
Pairs.
Examinons donc si, dans les circonstances --- Page 17 ---
la mesure adoptée est sage et conprésentes,
forme aux intérêts de la France.
années qui ont suivi le
Dans les premières
d'envoyer
retour du Roi, on a beaucoup parlé
à Saint-Domingue pour reune expédition
de
mettre cette colonie sous le gouvernement
la France. La colonie était alors gouvernée par
l'un noir, et l'autre mulâtre; le
deux chefs,
nègre avait pris le titre d'empereur, et régnait
le mulâtre était
despotiquement sur ses sujets;
composéc de nègres et
chef d'une république
été facile de traide mulâtres. Il eût, je crois,
ter à cette époque avec le chef républicain,
des modifications dans le système
et, par
nécessaires, on pouvait rencolonial, devenues
de la partie deSaint-Domintrer en possession
gouvernait, et forcer Tempereur
gue qu'il
trône d'ébène.
Christophe à descendre de son
Les hommes de parti auront peine à conceTémancipation de Saintvoir que japprouve
comme
Domingue, et que, cependant,) jedonne
qu'il était facile, même
mon opinion positive,
de débarquer une armée à Sainten 1825,
des
de la coDomingue ct de s'emparer
ports
savent que T'objet de
lonie. Les hommes qui
doit toujours être la conservation,
la conquète --- Page 18 ---
qu'il était inutile de s'emparer des
penseront
l'inde la colonie, si l'on ne mettait pas
ports
à l'abri des dévastations des
térieur du pays
négres.
l'on dira que les nègres
Je sais bien que
retirés dans l'intérieur ne pouvaient pas
continuer de faire long-temps la guerre ; que
leurs armes et leurs munitions eussent été
bientôt épuisées. On ne réfléchit pas que leur
la
terrible est la torche. Pour conarme plus
de
contre un noyau
server Saint-Domingue
déterminés à mener la vie de soldats
negres
révoltés, il eût falla
débandés et d'esclaves
sur chaque propriété
placer un corps-de-garde
les
rurale. Et, d'ailleurs, ne suffisait-il pas que
seraient retournés sur les plantanègres qui
crus! libres pendant trente ans,
tions, se fussent
i tous les excès qui les avaient
pour se porter
à laquelle
conduits à la liberté, si la discipline,
il eût fallu les assujétir, avait paru trop risenlement à quelques-uns d'entr'enix.
goureuse
faire une réfléxion bien
On ne veut pas
à essimple; c'est que T'existence des colonies
d'Africlaves tient à ce que le nègre importé
était esclave avant d'être vendu, et que
que
naissait dans la colonie, y naiscelui qui
avaient
pour se porter
à laquelle
conduits à la liberté, si la discipline,
il eût fallu les assujétir, avait paru trop risenlement à quelques-uns d'entr'enix.
goureuse
faire une réfléxion bien
On ne veut pas
à essimple; c'est que T'existence des colonies
d'Africlaves tient à ce que le nègre importé
était esclave avant d'être vendu, et que
que
naissait dans la colonie, y naiscelui qui --- Page 19 ---
de magie qui donsait esclave. De la, l'espèce
nait à la couleur blanche l'empire de Topinion,
faisait que trois ou quatre Blancs doret qui
les portes ouvertes,
maient en toute sécurité,
où il y avait quatre ou cinq
sur une propriété
travail
ou moins
soumis à un
plus
cents negres
bien dapénible, mais qui le leur paraitrait
Du moment que T'on a
vantage aujourdhui.
qu'on les a armés
excité les nègres à la révolte,
maitres, qu'on leur a mis la torcontre leurs
été détruite, et le
che à la main, la magie a
le forverrait
dans le maitre qui
nègre ne
plus
homme qu'il peut
cerait à travailler, qu'un
ruiner et égorger.
l'abolition de la traite et
Je ne parle pas de
d'autres causes qui ne laissent aucun espoir
raisonnable de rendre à Saint-Domingue une
qui justifiàt la tentative de reconimportance
quérir cette colonie pour la conserver.
été l'effet de la révolution qui s'est
Quel a
affranchi
dans la condition du nègre
opérée
contre la
la révolte de Saint-Domingue
par
trente ans qu'ila cessé de traFrance? Depuis
la culture du sucre a
vailler pour un maitre,
café réduite à un
été abandonnée, et celle du
était avant la révolution. Un
tiers de ce quelle --- Page 20 ---
journal (1) qui aurait voulu que M. de Villèle
traitât avec Haiti de puissance à
porté la quantité de sucre
puissance, a
Haitiens à six cent
frabriqué par les
quatre-vingt-donze mille livres pesant. Il a trahi bien innocemment le
cret de ses amis; il ignore
selution il avait
qu'avant la Révoy
un assez grand nombre de sucreries sur chacune desquelles on
autant de sucre qu'il s'en
fabriquait
fabrique maintenant
dans toute la république d'Haiti.
même
Selon le
journal, il se récolte en ce moment sur
le territoire Haitien
trente-cinq millions de
livres pesant de café; et avant la Révolution il
s'en récoltait
quatre-vingt-dix-neuf millions.
Les habitans actuels de
Saint-Domingue se
gouvernant eux-mèmes récolteront en café,
en coton, etc., etc., de quoi payer le
qu'ils ont donné pour obtenir le droit de prix
se
gouverner; mais les Haitiens ne seront
une nation riche,
jamais
puissante, ni même libre.
Le nègre travaillera pour des chefs
mulâtres; il travaillera
nègres OM
moins, et il sera moins
heureux qu'il ne l'était sous le
gouvernement
(1) Le Courrier Frangais.
ue se
gouvernant eux-mèmes récolteront en café,
en coton, etc., etc., de quoi payer le
qu'ils ont donné pour obtenir le droit de prix
se
gouverner; mais les Haitiens ne seront
une nation riche,
jamais
puissante, ni même libre.
Le nègre travaillera pour des chefs
mulâtres; il travaillera
nègres OM
moins, et il sera moins
heureux qu'il ne l'était sous le
gouvernement
(1) Le Courrier Frangais. --- Page 21 ---
de la France. Voila la différence qu'il y aura
et Haiti.
entre Saint-Domingne
Il ne faut pas sc dissimuler que Timportance
colonics n'est plus la même. Les révoludes
sur le continent
tions qui se sont opérées
adopté par
Américain, et le système politique
changent entièrement les rapT'Angleterre,
monde avec le nouveau. Ce
ports de Tancien
vraisenblablement, ces considérations
sont,
la mesure de l'émancipaqui ont déterminé
eût été d'une
tion de Saint-Domingue, qu'il
de retarder plus longpolitique imprévoyante
dans les intérêts
temps. Elle était indispensable
du commerce Français.
TOrdonLa différence de tarif stipulée par
avril, en faveur du pavillon frannance du17
exclusif.
çais, est, en réalité, un privilége
droits de douane sont réduits pour notre
Les
sont
les
pavillon à la moitié de ce qu'ils
pour
Le seul commerce qui pourautres pavillons.
celui de la France,
rait tenter derivaliser avec
de
anglais, dans les articles
serait le commerce
franmanufacture anglaise. Mais les négocians
qu'en achetant en Angleçais n'ignorent pas
anglaise, on
terre les produits de manufacture
leur remet le droit d'accise (Drasback). La --- Page 22 ---
différence du tarif existe, donc, tout entière
faveur du commerce français, même sur les
en
articles de manufacture anglaise.
achevera de montrer de
Une remarque qui
quel avantage est pour le commerce de France
TOrdonnance du 17 avril, est celle-ci. Quand
françaises payaient un droit
les marchandises
n'était
le
anglais
de 12 pour cent,
pavillon
soumis qu'à un droit de 7 pour cent; et,malgré
les négocians français encette différence,
/
Il faut, donc, qu'il
voyaient à SaintDomingue.
ait des productions ou des produits sur lesy
différence de 50 pour cent dans le
quels une
n'empètarif, en faveur du pavillon anglais,
chait
le commerce français d'envoyer à
pas
Saint-Domingue, sans craindre la concurrence
anglais. Mais par le nouveau tadu commerce
de
rif, le commerce français a un avantage
cent sur les marchandises qu'il enII pour
TOrdonnance du 17 avril 1825,
voyait avant
Cette
et de 6 pour cent sur toutes les autres.
différence, je le répète, équivaut à un privilége exclusif.
lOrdonnance
Il me reste à prouver que
constitutionnelle en ce qui condu 17 avril,
serait une viocerne le droit de souveraineté,
anglais. Mais par le nouveau tadu commerce
de
rif, le commerce français a un avantage
cent sur les marchandises qu'il enII pour
TOrdonnance du 17 avril 1825,
voyait avant
Cette
et de 6 pour cent sur toutes les autres.
différence, je le répète, équivaut à un privilége exclusif.
lOrdonnance
Il me reste à prouver que
constitutionnelle en ce qui condu 17 avril,
serait une viocerne le droit de souveraineté, --- Page 23 ---
si les cent cinlation de celui de propriété,
colons
millions cédés par le Roi aux
quante
lc montant de leur inEXPROPRIÉS formaient
demuité.
se
Les anciens colons de Saint-Domingue
d'un capital de DEUX MILtrouvent dépouillés
cédée par le Roi, représente
LIARDS. La somme
à et demi
année seulenent de revenu 7
une
Les colons se trouvent EXPROPRIÉS
pour cent.
d'Haiti,
la Révolution, par la constitution
par
Y'Ordonnance du
qui les a dépossédés, et par
Haiavril, qui a reconnu le gouvernement
tien.
le Roi et accordée
L'indemnité proposée par
aux émigrés expropriés par
par les Chambres
en facst-elle une préférence
la révolution,
de français?
veur d'une classe particulière
cesserait d'être un acte de justice.
alors, elle
consacré le principe, que
La législature qui a
Révolution
expropriés par la
les émigrés
a aussi consaavaient droit à une indemnité,
aux
qu'il est dà une indemnité
cré le principe,
Et nous
de Saint-Domingue.
colons expropriés
ont
aussi nous avons été fidèles; nos propriétés
nos familles ont été massacrées;
été envahies,
aussi longavons défendu le sol français
nous --- Page 24 ---
temps que nous avons espéré pouvoir le conserver à la France; et lorsque
le défendre
désespérant de
plus long-temps, seuls, contre les
assassins de Louis XVI et les bourreaux des
émigrés, nous avons appelé à notre secours la
seule puissanceq qui eûtles
moyensdepréserver
Saint-Doningnedune ruine totale, nous avons
expressément stipulé, dans tous nos traités,
que la colonie ne cesserait
pas d'être française;
qu'elle continuerait d'être gouvernée
lois
par les
françaises; et qu'à la paix elle serait rendue à nos Bourbons. Et
le prix de tant de
Texpropriation serait
fidélité, de tant de sacrifices! Non; cela ne se peut
vons
pas. Nous n'apoint à redouter cet excès
d'injustice et
d'ingratitude.
Nous sommes reconnaissans de l'abandon
que le Roi nous a fait de la somme
tenue
qu'il a obpour la cession de son droit de
raineté. Le Roi a fait
souvepour nous tout ce qu'il
pouvait faire: il a voulu avoir l'initiative d'un
acte de justice; ce sentiment est digne d'un
Bourbon.Mais parce que le Roi n'a punous rendre toute la justice qui nous est die, la France
se croirait-elle dispensée d'être
juste? Et les
représentans d'un grand Peuple, appelés à con-
de la somme
tenue
qu'il a obpour la cession de son droit de
raineté. Le Roi a fait
souvepour nous tout ce qu'il
pouvait faire: il a voulu avoir l'initiative d'un
acte de justice; ce sentiment est digne d'un
Bourbon.Mais parce que le Roi n'a punous rendre toute la justice qui nous est die, la France
se croirait-elle dispensée d'être
juste? Et les
représentans d'un grand Peuple, appelés à con- --- Page 25 ---
voudrontsommer mna aadedejaaiserigsvese de laisser inils donner au monde le scandale
la justice du Roi? Non, ils ne peucomplète
voudront pas... Nos
vent le vouloirs ils ne lc
Roi iles
malheurs sont venus del la France, et le
de
autant qu'il était en sa prérogative
a réparés
de la France, 1
le faire: : cest anx représentans
profitera des avantages de Témancipation
qui
à satisfaire à ce qui mande Saint-Domingue,
à la justice qui nous est due.
que
M. de Villèle
Il ne peut être DOUTEUX que
Chambres de fermer une plaie
proposera aux
malgré les
saignante de la Révolution,
encore
faits le Roi. Son Ministre ne
sacrifices qu'a
nombre des
certainement pas au
précompte
de la cauronne le droit dexproprier.
rogatives
le
Ce Ministre sait que par une mesure qui,je
conforme aux intérêts de la
répète, est sage,
conen ce qui
France, et constitutionnelle
il
la cession du droit de souveraineté;
cerne
cette mesure nous somsait, dis-je, que par
renoncer
et il ne voudra pas
mes EXPROPRIÉS,
le
de satisà la gloire d'avoir trouvé
moyen
faire le voeul du Roi, ( de fermer la dernière
> plaie de la Révolution. )
M. de
faut déjà rendre à
Une justice qu'il --- Page 26 ---
Villèle, c'est qne la marche qu'il a suivie
parveuir à conuaitrer'ÉresDur
pour
DU SUPFLÉMENT
D'INDEMNITÉ Dû AUX ANCIENS COLONS DE SAINTDURINGLE, est sage. Il eût été
une
difficiledeformer
commission qui, sous le rapport des intentions, offrit plus de garanties aux Colons
EXPROPRIÉS : mais j'avoue qu'en lisant la liste
des noms respectables qui
composent la commission, je me suis involontairement
pelé ce que le prince de T*** disait de
rapcesseur : ( C'est l'homme de
son sucnait le mieux la Crimée.
France qui con-
> Je ne crois pas m'aventurer en avançant qu'à l'exception de M. le a
marquis de Marbois et de M, Flanet, MM. les
commissaires ont peu de connaissances locales
sur Saint-Domingue : et c'était,
connaissances locales
surtout, ces
qui étaient nécessaires
pour atteindre le but que le Ministrea dà avoir
en consultant. Ce but n'a pu étre que de cher.
cher le meilleur mode de
répartir avec
les cent cinquante millions
justice
et de connaitre
que payera Haîti,
à-peu-près l'étendue DU SUPPLÉMENT D'INDEMNITÉ Dù AUX ANCIENS COLONS.
J'ai déjà dit, et personne,
je crois, ne contestera que la différence de tarif
faveur du
stipulée en
pavillon français, est, en réalité,
Ministrea dà avoir
en consultant. Ce but n'a pu étre que de cher.
cher le meilleur mode de
répartir avec
les cent cinquante millions
justice
et de connaitre
que payera Haîti,
à-peu-près l'étendue DU SUPPLÉMENT D'INDEMNITÉ Dù AUX ANCIENS COLONS.
J'ai déjà dit, et personne,
je crois, ne contestera que la différence de tarif
faveur du
stipulée en
pavillon français, est, en réalité, --- Page 27 ---
exclusif obtenu pour le comun privilége J'insiste sur ce point; et voici
merce français.
pourquoi.
de France était créanL'ancien commerce
Si les COcier des colons de Saint-Domingue.
comme les émigrés, le capital
lons recevaient,
de
dont ils ont été dépossédés
des propriétés
et dont ils se trouvent
fait par la Révolution,
Y'Ordonnance du
aujourdhui EXPROPRIÉS par
avril 1825, il serait de justice rigoureuse
fàt admis à réclamer les
que le commerce
Mais il ne peut être
avances qu'il a faites.
le
de
de payer aux colons
capital
question
T'Etat ne
être entièreleurs propriétés :
peut les indemenvers eux; il ne peut
ment juste
Il est impossible d'apniser qu'imparfitement
d'une
le commerce créancier au partage
peler
dans tous les cas. Il y
indemnité insuffisante
créand'indemniser le commerce
a un moyen
que le colon
cier, dans la même proportion
dans un moment.
exproprié : je Tindiquerai
être admis au
Le seul créancier qui doive
est le créancier co-propartage de Tindemnité,
a vendu le
c'est-à-dire, celui qui
priétaire,
a, dans tous
sol. Cette classe de créanciers,
toutes les
les temps, dans tous les pays, dans --- Page 28 ---
circonstances, joui d'un privilége
la nature de la créance.
qui tient à
Si le commerce créancier des colons
le commerce qui doit
était
de
profiter de la différence
tarif stipulée en faveur du
çais, il n'aurait
pavillon franpoint à se plaindre de ne recevoir, comme indemnité,
que lavantage d'un
privilége exclusif, Mais, comme ce n'est
le commerce créancier des colons
pas
tera seul de ce
qui profiprivilége, il est juste de l'indemniser. Un moyen qui ne diminuerait
Tindemnité, déjà
pas
insuffisante, du colon
prié, est certainement
expropréférable.
Dans l'état de désordre et de confusion
des troubles de
né
difficile
Saint-Dominique, il est trèsde répartir Imdemnité
les
que recevront
colons, sans froisser quelques intérêts
particuliers. Le mode qui me parait le
facile à établir, et offrir le moins
plus
niens, serait une
d'inconvé
répartition par tête de nègres, auxquels on donnerait une valeur différente, d'après le genre de culture
étaient
auquel ils
employés. Par ce moyen, la valeur du
sol, celle des établissemens
dispendieux de la
fabrique du sucre, et enfin, la valeur des cultivateurs esclaves,se trouveraient
combinées.
uliers. Le mode qui me parait le
facile à établir, et offrir le moins
plus
niens, serait une
d'inconvé
répartition par tête de nègres, auxquels on donnerait une valeur différente, d'après le genre de culture
étaient
auquel ils
employés. Par ce moyen, la valeur du
sol, celle des établissemens
dispendieux de la
fabrique du sucre, et enfin, la valeur des cultivateurs esclaves,se trouveraient
combinées. --- Page 29 ---
mode aurait, en outre, sur les négres un
de
ntile de ne pas
effet moral, qu'ile est, pentètre,
assurer la tranquilité intérieure
négliger, pour
et resserrer les
de la nouvelle république,
nouveaux liens que lOrdonnance Royale
entre Haiti et la France. Les
vient d'établir
ils le devenègres se croiraient libres. comme
lorsque Taffrmelissement.
naient autrefois,
vendu
le maitre, devait receaccordé ou
par
voir la sanction du Roi.
deux élémens
Ily avait à Saint-Domingue
la
de production. I 1 la terre, et les esclaves qui
cnltivaient. Les esclaves se sont révoltés et se
déclarés libres; ils se sont formés en
sont.
de nation, et ont établi un gouvernecorps
du sol.
ment, qui s'est dé laré propriétaire
ce nouvel ordre de choses.
Le Roi a sanctionné
Ainsi, les anciens propriétaires de Saint-Dose tronvent EXPROPRIÉS par la Révomingue
lntion, et par la cession que le Roi a faite
épargner à la France une guerre dispenpour dieuse et inntile. Le Roi est parvenu à procurer à la France une partie de l'indennité qui
est DUE aux anciens colons; il a encoreassuré
un privilège exclusif, et
au commerce français
à lindustrie française u nonvel aliment. --- Page 30 ---
Mais la somme que le Roi a obtenue
prix de la concession
pour
qu'il a faite, ne suffit
pas pour indemniser les anciens colons
PRIÉS. La France qui profitera de
EXPROtion de
l'émancipaSaint-Dominguee et de la reconnaissance
des nouveaux États de l'Amérique
Espagnole,
qui en est la conséquence, doit fournir le
plément d'une indemnité due à des
suptaires que l'on a EXPROPRIÉS
propriépour lui
gner une guerre dispendieuse. L'indemnité épardes
émigrés a été portée à un milliard, et elle n'avait pour la France d'autre
avantage que la
justice rendue à une classe de sujets fidèles,
et de rassurer une autre classe assez
injuste
envers le Roi et la législature
craindre
pour
qu'un droit maintenu par notre loi fondamentale ne fàt pas inviolable.
Quel est l'émigré qui ne recevra en idemnité
qu'uneannée de son revenu?jele demande
encore une fois : La loi d'indemnité en faveur
des émigrés est-elle une consécration du droit
de propriété, ou bien est-elle une préférence
accordée à uneclasse particulière de Français
Si l'on fait une différence entre les émigrés
et les anciens Colons, il faut avoir le
de l'avouer; et nous essayerons de courage
prouver
é qui ne recevra en idemnité
qu'uneannée de son revenu?jele demande
encore une fois : La loi d'indemnité en faveur
des émigrés est-elle une consécration du droit
de propriété, ou bien est-elle une préférence
accordée à uneclasse particulière de Français
Si l'on fait une différence entre les émigrés
et les anciens Colons, il faut avoir le
de l'avouer; et nous essayerons de courage
prouver --- Page 31 ---
fidélité, nos malheurs et notre couque notre
sur la même
mageal les supporter nous placent
de diffénous ne connaissons
ligne : jusqu'ici
celle-ci:
entre les émigrés et nous, que
rence
et nous ne le sommes
lls ont été indemnisés,
croire
il est difficile de
que.
pas. Et certes,
année, les mèmes
dans le cours de la même
ont prononcé que les émigrés
hommes qui
dont ils
recevraient Téquivalent du capital
déclarent que les anavaient été EXPROPRIÉS,
le onciens colons ne doivent recevoir que
du capital dont ils ont été EXPROPRIÉS.
zième
féliciter de voir un assez
Nous devons nous
nombre d'émigrés appelés à prononcer
grand
trouver des
sur notre sort. Aurions-nous pu
d'apprécier les sacrifices
juges plus capables
nous avons faits à la légitimité.
que
parler ici au nom de tous
Je crois pouvoir
mes malheureux compatriotes.
deux
I. Que T'on donne aux anciens Colons
c'est-à-dire, trois cent
années de leur revenu,
cinquante millions.
2.0 Que les CENT CINQUANTE MILLIONS que
la
d'Haiti, soient versés
doit payer république
au Trésor Royal.
5." Qu'à ces CENT CINQUANTE MILLIONS appar- --- Page 32 ---
tenant aux anciens colons
EXPROPRIES par
TOrdonnance du 17 avril 1825, il soit
la somme de DEUX CENTS
ajouté
créé dix millions
MILLIONS, et qu'il soit
cinq cents mille francs de
rentes à TROIS POUR CENT,
pital de
représentant un caTROIS CENT CINQUANTE MILLIONS. Le
Ministre des finances serait autorisé à
DEUX MILLIONS CENT
émettre
MILLE FRANCS de rente
chaque année, pendant les années 1826,
1828, 1829 et 1830, pour étre
1827,
anciens Colons
répartis aux
qui auraient justifié de leurs
titres à l'indemnité, à raison d'un
cinquième
par chaque année.
Les cent cinquante millions versés
anciens Colons
par les
au Trésor Royal, représentant
sept millions cinq cent mille francs de
auxquels il faut ajouter le million
rente,
accordé annuellement aux Colons indigens, FEtatn'aurait
à payer que deux millions de rentes,
dissimuler auxyeux de
pour
lajustice et del la postérité,
F'EXPROPRIATION des anciens Colons de SaintDomingue.
4.° Que les créanciers qui ont vendu le sol
soient appelés au partage de l'indemnité,
qu'ils sont co-propriétaires,
parce
5.o Que l'on indemnise les négocians
qui
rente,
accordé annuellement aux Colons indigens, FEtatn'aurait
à payer que deux millions de rentes,
dissimuler auxyeux de
pour
lajustice et del la postérité,
F'EXPROPRIATION des anciens Colons de SaintDomingue.
4.° Que les créanciers qui ont vendu le sol
soient appelés au partage de l'indemnité,
qu'ils sont co-propriétaires,
parce
5.o Que l'on indemnise les négocians
qui --- Page 33 ---
avance des fonds aux anont jusqu'en 1790
que
Colons, dans la même proportion
ciens
qu'on leur paye deux
les Colons, c'est-kdire,
cent des sommes
années d'intérêt à cinc pour
indemauraient avancées; que cette
qu'ils
droit modéré qui serait
nité soit prise sur un
lesquels,
Ientariopedoisiapontes d'llaiti,
être assimilés aux
dans aucun cas, ne peuvent
Que
venant des colonies françaises.
produits
ordinaires qui ont avancé
les créanciers
1793,
des fonds aux anciens Colons depuis
de leurs avances alisoient payés en entier,
mentaires.
com6 Que l'on nomme une coinmission
qui aient résidé
posée d'anciens propriétaires
de fixer
dans la colonie, et qui sera chargée
l'indemnité. Ils sont les
le mode de répartir
vérité des déintéressés à s'assurer de la
plus
les troubles de la COclarations de ceux que
Ils sont les
lonie ont privés de leurs titres.
de fixer la valeur du negre en
seuls capables
il était emraison du genre de culture auquel
sol.
de la combiner avec la valeur du
ployé, ,et
difficile qu'on ne pense.
Ce travail est moins
doit avoir le recensement
Le gouvernement
pas
des nègres; et, certes, on ne soupçonnera --- Page 34 ---
de négligence lintendant
qui a administré la
colonie avant les troubles
qui en ont privé la
France.
On doit aussi avoir des cartes exactes des
différens quartiers de la colonie. Des Colons
qui y auraient résidé, pourraient vérifier les
abornemens,jugere de la naturedu sol, etc., etc.
Ils pourraient expliquer à quelques
taires, pourquoi leurs
propriénègres ne leur rapportaient, l'un dans Tautre, que 350 fr. derevenu,
tandis que les nègres de leurs voisins leur
en
rapportaient huit, neuf cents, et mille.
7-"Qu'aussitôt que le montant de l'indemnité
sera fixé, et qu'un mode de répartition
dequel la valeur du nègre se trouve combinée par
avec celle du sol aura été établi, on
les anciens
liquide
propriétaires assez heureux
avoir leurs titres en règle.
pour
Tel est le plan que me suggérent la reconnaissance que nous devons déjà au Roi,
l'intérêt du commerce créancier de Saint-Do:
mingue; - enfin, le sort de mes infortunés
compatriotes qui ont donné tant de preuves
de fidélité et de
résignation;. - et j'ajouterai,
l'intérêt des Ministres du Roi. Ils doivent désirer de prévenir une discussion
qui ne pour-
propriétaires assez heureux
avoir leurs titres en règle.
pour
Tel est le plan que me suggérent la reconnaissance que nous devons déjà au Roi,
l'intérêt du commerce créancier de Saint-Do:
mingue; - enfin, le sort de mes infortunés
compatriotes qui ont donné tant de preuves
de fidélité et de
résignation;. - et j'ajouterai,
l'intérêt des Ministres du Roi. Ils doivent désirer de prévenir une discussion
qui ne pour- --- Page 35 ---
le coeur de Sa Majesté, troubler
rait qu'afliger
fermer
et lui ravir Tespérancedef
sa conscience,
Cest parce
la dernière plaie de la révolution.
du Roi,
les crois dignes de la confiance
que je
nom de tout ce qui est
que je les conjure, au
s'exposer à
cher à ses fidèles sujets, de ne pas adminisconfondre les actes de leur
entendre
des hommes qui se
tration avec les décrets
de la
battre monnaie sur la place
vantaient a de
un instant
révolution 5 Qu'ils ne perdent pas
le crime inexpiable du 21 janvier
de vue, que
terrible du premier
ne fut que la conséquence dans la carrière répas que firent les factieux
L'EXPROPRIAvolutionnaire, L'EXPROPRIATION.
les
menace toutes les légitimités. Que
Ttox! qui
des droits du trône et de
gardiens héréditaires
la
libertés, que les députés envoyés par
nos
solliciFrance pour veiller avec une jalouse
du droit sacré de propriété,
tude atl maintien
rétentir dans
les amis des Ministres fassent
que
et
le temple de la loi le mot FXPROPRIATION,
auxquels on a, peut-étre,
ces Ministres,
mais que leurs endes erreurs à reprocher,
mêmes n'oseraient accuser de vouloir
nemis
Le
renverser le trône, reculeront épouvantés,
innocent versé pour légitimer L'EXPROsang --- Page 36 ---
PRIATION leur criera : (
propriété, si
Respectez le droit ide
vous ne voulez attirer sur
patrie tous les fléaux
votre
que laJustice
serve aux peuples
Divine réqui osent
ce droit sacré, dont elle
porter atteinte à
de la
fit la base de l'ordre,
paix, du
sociétés
bonheur, et de la durée des
humaines. )
FIN. --- Page 37 --- --- Page 38 --- --- Page 39 ---
E825
D278s --- Page 40 ---