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B2 --- Page 2 ---
paba
CDE
Habit Carler Brount
fibraru
Bmmn Hnitersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DE S
M OYENS
D E
CONSERVER LES ANTILLES
ALAFRANCE,
Si nous avons une guerre Maritime.
Par J. B. BOYER-FONFREDE,
Députt de la Gironde.
A PARIS;
Chez la veuve LEJAY, Imprimeur de la Régie Nationale
- de I'Earegintrement ct des Donmines, ruc Sainto-Croix,
auix Capucins de Ja chaussée d'Antin.
AEAM
1793. --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
CITOYENS,
DEs fléaux qui peuvent affliger les peuples indus. -
trieux, le plus grand de tous est célui d'une guerre
maritime ; le commerce alimente et soutient les guerres de terre ; les guerres maritimes coupènt toutes
les veines au commerce; les guerres sur le continent
fournissent souvent des germes féconds à l'émulation
et au travail ; elles ne dévastent que quelques points
A sur la terre ; les guerres maritimes amènent l'inertie
dans tous les travaux, transforment le paisible navigateur en corsaire intrépide 2 substituent la passion
du brigandage aux efforts de l'industrie 2 attaquent
ainsi la morale publique 2 promènent la discorde d'un
pôle à l'autre 2 et finissent par embràser les deux
mendes. Tel est, Citoyens > l'avenir qui menace notre Patrie, et que nous sommes appellés à conjurer.
Envain l'intérét 2 la politique 2 l'accord même de
quelques.uns de nos principes, des témoignages éclatans de fraternité sembloient avoir détruits ces vieilles
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(4)
haines que des ministres appelloient nationales, que
d's intérêts commerciaux mal entendus avoient inspirées, et qui trop long temps, pour leur malheur 2
diviserent deux peuples généreux.; les Anglais avoient
abdiqué un moment ces préjugés destructeurs ; on
assure que les mendes d'un ministre artificieux les
ont réveillées ; on assure qu'il nous faudra bientôt
compter parmi nos ennemis, ceux que nous voulions
compter parmi nos frères 3 on assure que le Gouver-.
nement anglais, renonçant aux bénéfices du. traité de
1786 2 traité dans lequel les intérêts de -la France
furent indignement sacrifiés-, veut, pour satisfaire la
noble rage de. quelques lords,,et de quelques évé
ques,.comprometre la, prospérité du conmerce et des
manufacturcs de la Grande-Pretagns. Eh, bien A notre
audace doit s'accroitre avec le nombre de: nos enne-.
mis. La liberté a donné à la France de nouveaux
Turenne et de noureaux Villars > elle fera paroitre
aussi des Duguaytrouin et des Jean : Bart. Point de
laches foiblesses, ni.de timides considérations ; point
de médiation. Armons nos, vaisseaux ; nos inttépides,
marins ont tous la méme ardeur, le méme courage;
quc les vainquears de Gemmap et de Spire, et nos
paxillons scront victorieux-sur. les mers. comme nos
2)
drapeaux dans les plaines de. la Belgique. Mais pourQuu: faucil que les,: négociuns de deux peupies 2 doat,
de
laches foiblesses, ni.de timides considérations ; point
de médiation. Armons nos, vaisseaux ; nos inttépides,
marins ont tous la méme ardeur, le méme courage;
quc les vainquears de Gemmap et de Spire, et nos
paxillons scront victorieux-sur. les mers. comme nos
2)
drapeaux dans les plaines de. la Belgique. Mais pourQuu: faucil que les,: négociuns de deux peupies 2 doat, --- Page 9 ---
(s )
lex commerce avoit entrelacé les fortunes et les échanges, fassent succéder l'ardeur de se nuire, de se
détruire au paisible .trafic. qui enrichissoit les deux
états ; c'est pour tous deux une diminution de travail et d'aisance, et les vrais intérêts des nations n'exigeroient-ils pas qu'au milieu des hostilités meurtrièrcs qui les déchirent, la politique laissât, de part
et d'autre, un libre cours aux liaisons du commerce ;
et s'il faut que les peuples renoncent à ce bienfait
que la philosophie de l'Assemblée législative avoit
offert à. leurs espérances 2 je vais du moins tâcher
de découvrif quel est ic genre de protection le plus-"
efficace que vous devez porter aux Antilles.
Ce n'est pas ici le lieu d'examiner. si jamais les
vrais principes sur lesquels devroient étre établis les
rapports. entre la Métropole et les Colonies ont, cté
respectés ; si tour-à-t tour les intérêts opposés des
marchands et des colons. , l'ignorance du Gouvernement, et la versatilité des administrateurs n'ont pas
soumis les Colonies à des réglemens destructeurs de
toute prosperité 5 nous avois tôujours voulu avoir
des sujets , et non des alliés au-dclà des mers 5 c'est
lorsque nous y-aurons rétabli la paix et l'ordre, que
nous nous occuperons de l'espèce dc licn qui doit
les attacher à la France,
C21
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(6)
Toutes les Colonies Européennes ont été désolées
et par. les fureurs des Aibustiers ou des hardis navigateurs qui les découvrirent ou les fondèrent, et par
l'intoléranee des prétres qui bientôt les y ont suivis,
(car il y avoit de l'or dans ces nouvelles régions ),
et par l'absurdité des réglemens prohibitifs 3 toutes
ces causes. 2 contrariant la nature, y ont arrété l'industrie et l'agriculture dans leurs développemens, et ne
leur ont permis de marcher qu'à pas lents vers la
splendeur et la prospérité. Le même esprit qui ré.
gnoit dans le conseil des, despotes, ne doit pas domniner dans une assemblce d'hommes libres ; et c'est
sur-tout, Citoyens, cn changeant notre systême commercial avec les Colonies, en associant > pour ainsidire 2 la nouvelle Angleterre au partage de leurs
produits, que nous assurons d'un côté leurs subsistances, et que de l'autre nous rendrons vaines, et
par lintéréts et par les faciles secours de ces nouveaux alliés, les entreprises des puissances maritimes
qui voudroient nous ravir ces précieux domaines.
Les Antilles doivent avoir des rapports avec la
nouvelle Angleterre 2 c'est le voeu de la nature ;
nous devons être liés avec elle par un traité de commerce ; c'est à la fois le voeu de nos convenances
et celui de nos principes. A la ligue des rois, il faut
de l'autre nous rendrons vaines, et
par lintéréts et par les faciles secours de ces nouveaux alliés, les entreprises des puissances maritimes
qui voudroient nous ravir ces précieux domaines.
Les Antilles doivent avoir des rapports avec la
nouvelle Angleterre 2 c'est le voeu de la nature ;
nous devons être liés avec elle par un traité de commerce ; c'est à la fois le voeu de nos convenances
et celui de nos principes. A la ligue des rois, il faut --- Page 11 ---
(7)
libres. Peut - être les
epposer la ligue des peuples
accoutumés à
clameurs de quelques commerçans 2
leur routine pour des principes 2 et leurs
prendre
d'économie politique,
habitudes pour des axiomes
à cette idée se faire entendre ; je suis aussi
vont-elles
je suis aussi d'une yille commerçante 5
commerçant, vrais intérêts que je veux aussi déet ce sont ses
avanJe connois tous les
fendre dans cette assemblée.
ont
dans la balance de
tages que les Antilles
procurés
qui les possedent. Elles ont
l'Europe aux peuples
valu à leurs denaugmenté"Teurs jouissances ; elles ont
débouchés; elles ont accru la masse
rées de nouveaux
celles de
de leurs exportations 2 et par conséquent
et de leur travail. La population a dû
leur produit
: c'est
avec les moyens de' subsistances
augmenter
attachés à la
parce que je connois tous ees avantages
des Isles Américaines, que je vous propose
possession
les conserver à la France.
le seul moyen qui puisse
dans lcs vues qu'il vous a développées ,.2.
Kersaint, 2
de la perte possible des Colpparlé trop légèrement
nies 5 il a avancé trop légèrement qu'elles n'étoient,
qu'un pesant fardeau pour la France,
en cet instant,
leur
il n'a pas songé aux millions de citoyens que
ruineroient ; il n'a pas assez songé que leurs
perte
triplé de valeur, et ayant été importés
produits ayant
ils nous ont donné encore de puissans
en France,
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(8)
moyens d'échange'avee hosvoisins, ct ont contrarié
la dégradation des chariges que néanmoins la multiplication des signes aggrave chaque jour 5 et croyezvous que,1 pour lutter contre cette baisse des changes,"
le rève des conquêtes de T'Asie et de PAmérique dont
Kersaint a égayd votre imagination 1 vous - fut d'un
secours aussi efficacc que la possession desIslesà sucte?
Kersaint proposoit aussi 1 il y a huit mois , d'abandonner nos érablissemens dans l'Inde, ct d'en protriber le combierce et même. ies denrées 5 il n'ignore
pas cependant, que chez un-peuple amolli par les
jouissances du luxe, c'est une bien foible digue
qu'une. prohibition. A quoi veut-il donc que.nous
employions nos marins et nos vaisscaux, et: notre
population de 25 millions d'hommes ? N'est.ce donc,
comme il lc dit, > qu'un stérilc honneitr", et non pas
un avantage réel, que le commerce qui forme des
marins pour la Patrie ? On n'equipe pais 'un vaisseau
comme on forme un bataillon. lci, l'ardéur et le
courage' suppléent à une paifaite discipline 5 mais sur
les mers, l'ardeur et le courage ne peuvent suppléer
à l'expérience ; la théorig y' est peu de chose 2 sans
une pratique acquise; on ne lutte pas aussi facilement
avec les orages et les tempétcs 2 que contie les bataillons de la Prusse et de T'Autriche.
Rappellons-nous, Citoyenis, que nos loix répubh.
ci, l'ardéur et le
courage' suppléent à une paifaite discipline 5 mais sur
les mers, l'ardeur et le courage ne peuvent suppléer
à l'expérience ; la théorig y' est peu de chose 2 sans
une pratique acquise; on ne lutte pas aussi facilement
avec les orages et les tempétcs 2 que contie les bataillons de la Prusse et de T'Autriche.
Rappellons-nous, Citoyenis, que nos loix répubh. --- Page 13 ---
(5)
caines feront de la profession des armès celle de tous
les citoyens, et non plus celle d'une classe particulière. La justice devicndra aussi un devoir de tous 3
et' non pas une profession de quelques uns ; et enfin,
le métier des prétres menera si peu à la fortune, gue
je' doute que beaucoup de citoyens industrieux s'y
dévouent. Quelle carrière sera donc ouvertc à tous
les citoyens ? L'agriculture et le commerce ; nous
devons donc les protéger ; nous ne voslons pas réguer par le" fer ; nous nc voulons pas que la faim
33 12:977
erlé brigandage donnent Ia loi à notre Patrie 5 lun et
lautie suivent le défaut de travail qu'amène la cessation du commerce ; et un peuple d'oisifs est bientôt
un peuple de) brigands.
- Il faut, donc, o Citoyens 2 repousser cette idée de
l'abandon, utile des tolonies ; idée qui, pour. le dire
en passant,a déjà jetté la terreur. et le. décourage.
ment dans toutes nos villes maritimes 3 elles ont Vu
se creuser devant elles un vuide immcnse > qui alloit
engloutir ct leurs créances et leurs capitaux. L'indispensable nécessité de conserver ces riches établissemens 2 est senti par tous' ceux qui connoissent nos
rapports ; quet puissant appas cette résolution désespérée n'offriroit-elle pas à ce ministre artificieux qui
nous poursuit depuis long-temps par ses intrigues, et --- Page 14 ---
(10)
gui veut nous poursuivre par ses flottes
ce pas là donner
? Ne seroit.
aux.
Anglais, qui se croient
payés de leurs trésors'
trop
le
quand ils peuvent en racheter
sacrifice par l'acquisition d'une branche
velle d'industrie
nou2 un prétexte de plus à
que la guerre qu'ils vont nous faire
croire
nationale ? Ne
est une guerre
mettriez-vous pas ainsi aux
térét mercantile de
prises l'ind'un
quelques négocians, avec les restes
csprit public déjà
asservie ? Et
presqu'éteint dans cette Isle
sommes - nous donc si
venus à ces temps désastreux
promptement re.
ot le pavillon
trembloit et n'osoit
français
voguer devant celui de la
Grande-Bretagne ?
Mais si vous pouvez protéger
sont au reste d'une
vos Colonies 5 qui
facile défense, par queljues flottes
pouvez-vous 7 de méme, dans le cas d'une
s
maritime, pourvoir à leurs
guerre
visionnemens
subsistances,et aux approdes troupes que vous y entretenez ?
Jc pourrois d'abord,
Ciroyens > reporter vos regards au
temps des guerres passées;le ressouvehir
sastres des
salutaire des dé.
guerres maritimes de 1744 et 1756 ; celui
des deux premières années de la
l'admission
guerre de 1778, ou
des neutres dans nos Colonies
prohibée,
ayant été
l'effroyable disette des subsistances y'
nouvella toutes. les infortunes
rede la guerre précé-
pourrois d'abord,
Ciroyens > reporter vos regards au
temps des guerres passées;le ressouvehir
sastres des
salutaire des dé.
guerres maritimes de 1744 et 1756 ; celui
des deux premières années de la
l'admission
guerre de 1778, ou
des neutres dans nos Colonies
prohibée,
ayant été
l'effroyable disette des subsistances y'
nouvella toutes. les infortunes
rede la guerre précé- --- Page 15 ---
KI )
cette expérience du passé vous
dente ; ces malheurs,
éclaireroient peur l'avenir.
téméraires et.exclusifs du commerce
Les engagemens
Tapprovisionnement des Colofrançais compromirent
qui étoient
nies, celui de leurs troupes, et des.fottes
dans leurs rades ; enfin, , après deux ans la prohibition
et les Colonies jouirent jusques à la
fut révoquée,
paix des douceurs de l'abondance.
a
Commerce français n'a donc pu, en temps de
Le
des
guerre, pourvoir seul aux approvisionnemens
s lorsqu'on le tente, les
Colonies; et, cependant,
récoltes avoient été bonnes, la.sortie des grains n'édes emmagasinemens immenses
toit point prolubée,
devoient point étre faits pour des armées nomne
breuses ; la France n'étoit point réduite à la coûteuse
ressource d'en tirer de l'étranger; elle étoit dans
l'abondance. Ce qui échoua alors, pourroit-il réussir
aujourdhui ? Pouvez-vous, d'ailleurs, permettre l'exportation des farines, lorsque vous en faites acheter
de nos frontières ? Et enfin, si, passant,
en dehors
inexplicable, par-dessus tous
par une inconséquence
les obstacles, vous vouliez affamer la métropole, pour
alimenter les, Colonies; ne seroit.ce pas traiter les
ennemis
frères, que de leus
Çolons en
plutôt qu'en --- Page 16 ---
(12)
envoyer des farines dont-le prix seroit à celui des
farines que peut leur fournir la Nouvelle-Angleterre
comme So sont à 30. Ah! cessons, Citoyens, de traiter les Français d'outre-mer, et de quelgue couleur
qu'ils soient, en étrangers; attachés à un sol fertile,
ne Ics condamnons pas à la misére au" milicu des
richesses; permettons-leur de s'approvisionner de subl
sistances à. la Nouvelle. Angleterre 3 c'cst ainsi que
vous inspirerez aux Colonies cet attachement que la
confance inspire aux enfans pour leurs pères. Ce n'est
pas la crainte, c'est l'amour qui commande au' loin.
A force de protection ct de bonheur, faites leur haîr
tout joug étranger; et qu'elles se joignent à vous
pour repousser toute invasion. Je sais qu'il y a des
rebelles à Ia Martinique et a la Guadeloupe; mais
cette rébellion est encore un dcs crimes de hotre
ancien gouvernement; mais elle est bien plus le crime
des hommes corrompus arrivés de Coblentz pour
ailer aux- Antilles 5 et chargés-aux Tuileries de présider à la dévastation de ces régions lointaines, que
celui de ces cultivateurs opulens 5 qui gaguent tont
àl la paix, qui risquent tout par la résistance, et qui
sont exposés à. perdre par la dévastation d'un moment, et le fruit des travaux de leur vie , ct jusques aux espérances de l'avenir.
omite
Trois ports sont 2 depuis 1784. ouverts à Saint-
ailer aux- Antilles 5 et chargés-aux Tuileries de présider à la dévastation de ces régions lointaines, que
celui de ces cultivateurs opulens 5 qui gaguent tont
àl la paix, qui risquent tout par la résistance, et qui
sont exposés à. perdre par la dévastation d'un moment, et le fruit des travaux de leur vie , ct jusques aux espérances de l'avenir.
omite
Trois ports sont 2 depuis 1784. ouverts à Saint- --- Page 17 ---
(13 )
Domingue, et un dans chacune deslilesdu.Vont,aux
vaisseaux de la Nouvelle-. Angleterre. Ils ne devroient
introduire, par cette voie, que des bois de char-,
pente, des charbons, des poissons salés, du riz et
d'autres : salaisons; cependant depuis dix-huit mois 2
sur-tout, ils y apportent en contrebande une énorme
quantiré. de farines ; et certes, telle est la bisarrerie
de cette loi, que' vous devez regarder sa violation
comme un bienfait; car VvOs Négocians. ne portant
plus, depuis cette époque, de subsistances dans les
Colonies., sans cette infraction à la loi prohibitive,
ces contrées qui, sous les influences d'un soleil ar"
dent., produisent tout ce qui est superfu, et rien
de ce qui est nécessaire à la subsistance de Phomme,
"eussent été en proie à la famine. Quelle législation
est donc celle qui place la'famine à côté de la sounission à la loi n Quelle administration immorale 2
que celle qui fait de là contrebande un bienfait ! et
quelle humiliante reconnoissance" ne devez - vous pas
à la nouvelle Angleterre, de ce qu'elle abien voulu violer
vos loix ? Cessons enfin de laisser la vie des hommes
e
au hasard d'un trafic privilégié; déchirons cette prohibition homicide >. digne pendant du code nir ; ne
craignez pas les réclamations du Commerce 5 les négocians français ont aussi une ame. Ouvrons donc
tous les ports des Colonies aux vaisseaux de-la- nou- --- Page 18 ---
(14)
welle Angleterre, et que le superfu de. ce pays 7 si
heureux pour la liberté., si riche par ses récoltes de
bled, aille en paix porter la sccurité et l'abondance
aux Antilles. Indépendamment de Ces motifs d'humanité, rien n'est plus conforme aux vues d'une polirique judicieuse 2 que d'intéresser, dans les circonstances présentes, la nouvelle Angleterre à la conserxation et à la prospérité de nos Colonies.
Ces établissemens ont trop long-temps divisé les
mations. Ah ! qu'ils les rapprechent 3 qu'ils les lient
plutôt pour leur mutuel avantage. Nous faisons une
guerre de prohibition au lieu de faire une guerre d'industrie. Chaque nation, en conspirant pour détruire
findustrie de 6a rivale, détruit elle-méme la sienne;
le commerce qui devoit lier les nations les a divisées;
et.ce vain desir d'une prospérité exclusive n'a entrainé qu'une ruine commune.
Mais n'allez pas croire 1 Citoyens, que ces liaisons
nouvelles diminuent les rapports de nos Colonies
avec la Métropole > ni qu'elles censomment moins et
des produits de votre sol ) . et de ceux de votre industrie. Quelques principes d'abord, et quelques faits
ensuite vont vous le prouver.
Le doubleavantage qui nous rend la possession des
nations les a divisées;
et.ce vain desir d'une prospérité exclusive n'a entrainé qu'une ruine commune.
Mais n'allez pas croire 1 Citoyens, que ces liaisons
nouvelles diminuent les rapports de nos Colonies
avec la Métropole > ni qu'elles censomment moins et
des produits de votre sol ) . et de ceux de votre industrie. Quelques principes d'abord, et quelques faits
ensuite vont vous le prouver.
Le doubleavantage qui nous rend la possession des --- Page 19 ---
(15)
c'est qu'elles versent en France
Antilles précieuse 2
quantité de denrées qui sont ensuite ne
une grande
c'est que, d'un autre côté,
portées dans Tétranger ;
consomment nos vins, nos huiles , et tous les
elles
objets de nos manufactures.
les Colonies puissent consommer une
Pour que
quantité de nos denrées, il faut qu'elles soient
grande
car nos vins, nos huiles, nos toiles ct nos
riches,
être consommés par des peuplades
draps ne peuvent
qu'elles soient riches. 2 il faut qu'ellee
appauvries ; pour
de productions 5 pour
récoltent une grande quantité
récoltent cette grande quantité de producqu'elles
tions, il faut que les colons et leurs ateliers puissent
des subsistances à des prix modérés 3
se procurer
il faut qu'une
pour que ces prix soient modérés,
coneurrence pour la vente des objets de pregrande
s'établissent dans leur marché : es
mière nécessité
s'établisse, il fautque les
pour que cette concurrence
de la nouvelle Angleterre
cultivateurs et navigateurs
aux Antilles le surabondant de leur
puissent porter
exclusif de la Mérécolte. Le Commerce absolument
a
les Colonies, tend donc à diminuer les
tropole avec.
d'industrie et d'exploitation. Si les produits
moyens
moindres, la consommation des objets contre
sont
lesquels ils auroient été échangés doit donc diminuer --- Page 20 ---
(15)
aussi; et c'est ainsi qu'en croyant favoriser une. branche
particulière par un privilège exclusif, vous les arrêtez
toutes dans leur développemeat. L'effet de nos loix
commerciales doit donc être de tendre graduellement
à relâcher les liens de ce monopole 3 et certes, c'est
aujourd'hui que votre intérêt, votre situation politique, la justice ct l'humanité, tout vous en fait un
devoir : ce grand bienfait est le seul moyen de Çonserver les Colonies, et même le seul moyen de les
ramener à l'obéissance ; ils sont bien simples ceux
qui pensent que, dans l'état actuel des choses, ce
n'est que par la Métropole que doivent être approvisionnées les Colonies et que c'est par la force" seule
qu'elles peuvent étre ramenées sous le joug de ses
loix.
Des hommes intéressés ne disoient.ils pas nuss', lors
de l'arrêt du 3o août 1784, et de l'ouvertnre des ports
qui le suivit de près, que le. comerce de France
étoit anéanti. Eh , bien ! jamais il n'a prospéré comme depuis cette époque. Les négocians anglois ne
disoient-ils pas aussi, lorsque la nouvelle Angletetre
brisa le joug odieux : qui lei étoit imposé par les
marchands et les manufacturiers de la Grande-Bretagne, que les ports de la Tamise alloient être déserts, R
et quc, pour le plus grand bien de la citd de Londres, il falloit que l'industrie des 13 Etats-unis fat
anti. Eh , bien ! jamais il n'a prospéré comme depuis cette époque. Les négocians anglois ne
disoient-ils pas aussi, lorsque la nouvelle Angletetre
brisa le joug odieux : qui lei étoit imposé par les
marchands et les manufacturiers de la Grande-Bretagne, que les ports de la Tamise alloient être déserts, R
et quc, pour le plus grand bien de la citd de Londres, il falloit que l'industrie des 13 Etats-unis fat --- Page 21 ---
(1y)
enchainée j-ch, bien ! jamais les relations commerciales des Isles Britanniques avec les Elats-Unis;n'ont
été aussi multipliées , ni aussi lucratives que depuis
que l'intérét des deux peuples les a ramenés à cette
proportion naturelle que la liberté établit nécessairement par-tout,
Cette loi, ou plutôt ce principe de justice que
vous consacrerez., doit, étre, je le répète, aussi
avantageux à la France qu'à .ses Colonies $ il sera,
sur-tout, aussi avantageux à la Francc, si, par une
réduction de droits bien entendus, vous forcez les
armateurs de la Nouvelle-Angleserre a à importer enf
€
France les"*denrées qu'ils auront exportées des Antilles. Les produits de ces Isles apportis par'des vaisseauxfrançais, paient 1 à leur entrée dans nos ports,
.
un dioit de trois pour cent; c'est la une injustice
que voushr réparerez un jour; câr loisque toutes les
battières-qui séparoient les départemens ont été brisées, vous' ne. luisserez pas .subsister celles çui sépa-*
rent les Colohies de la Métropole. Des denrées de
méme espèce, portées par rdès vaisseaux étrangers,
paient des droits beaucoup plus. forts; réduisez-les
également à 3 pour 100 pour Jès denrées des Colonies importées en France-par les vaisseaux de la Nouveller Angleterre; lalors vos. Colories seront approw --- Page 22 ---
(18) )
visionnées, leurs denrées reviendront à votre
de
enttepôt
Frânce; ; et les produirs de votre sol
manufactures
et de vos
trouveront encore un nouveau débouché
dans les' achats que feront dans
ricains.
vos ports les Amé.
Je propose donc d'envoyer à la
terre deux Négociateurs
Nouvelle-Angle.
-de
chargés d'y conclure un traité
commerce, appuyé sur les bases que je viens d'é.
tablir; ils devront exiger aussi
que les Armateurs
Français éprouvent une faveur
tion de droits
égale, et une réducsemblable, dans les ports de la Nouvelle- Angleterre.
Ne doutons pas, Citoyens, que le
des États.Unis n'accède à
sage Congrès
ces ouvertures. Il doit éviter
alors que toutes les Antilles ne deviennent
il s'y opposera. La
Anglaises;
justice est mise à la place de
l'arbitraire; le monopole, ce tyran de
les
disparoît;
vastes
lindustric,.
conceptions de la liberté remplacent l'étroit systéme des réglemens et de la fiscalicé;
vous donnez des loix à des Colons
heureux, et non
pàs à des coeurs ulcérés, et à des régions
dévastées,
plus encore par vos prohibitions que par la révolte
vous aimez la gloire, et c'est la seule
;
qui soit digne
de vous ; et, rassurés enfin sur le sort de l'Améri.
;
vastes
lindustric,.
conceptions de la liberté remplacent l'étroit systéme des réglemens et de la fiscalicé;
vous donnez des loix à des Colons
heureux, et non
pàs à des coeurs ulcérés, et à des régions
dévastées,
plus encore par vos prohibitions que par la révolte
vous aimez la gloire, et c'est la seule
;
qui soit digne
de vous ; et, rassurés enfin sur le sort de l'Améri. --- Page 23 ---
(19)
que, ; c'est en Asie, c'est dans l'Inde, dans le centfe
de la puissance et du crédic de l'Angleterre 2 que vous
pourrez porter toutés vOS forces 5 et peut- être cette
guerre entreprise par le génie d'un visir hypocrite 7
contre le génie de la liberté , se terminera-t-elle par
T'affranchissement de toutes les Colonies Européennes: --- Page 24 ---
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