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E 211 --- Page 3 ---
DES MOYENS
DE CONSERVER LASANTE
DES BLANCS
ET DES NÉGRES,
AUX ANTILLES Ou CLIMATS CHAUDS ET HUMIDES
DE L'AMÉRIQUE
Contenant un Exposé des causes des maladies
à ces climats et à la traversée, relativement propres à la
différence des positions, des saisons, et des températures; ; les procédésàsuivre, soit pour les éviter,
soit pour les détruire,
Er le Traitement en particulier de quelques maladies communes
chez les Nègres, telles que le Pian, le Mal d'eftomac, & la
Lepre.
A SAINT-D OMINGUE;
Et se trouve A
P A R I S,
Chez MÉQUIGNON l'aîné, Libraire, rue des Cordaliers 3
prés des Ecoles de Chjrurgie.
M. DCC. LXXXVL
AVEC PE R M IS SIO N. --- Page 4 ---
@
Pa
a --- Page 5 ---
DES
M OYENS
DE CONSERVER LA SANTÉ
DES BLANCS
ET DES NEGRES,
AUXANTILLES OU CLIMATS CHAUDS ET HUMIDES
DE L'AMÉRIQUE --- Page 6 --- --- Page 7 ---
DISCO 0e U R S
PRELININAIRE
SUR les effèts de la traversée
d'Europe
aux Ancilles,
Le premier effet qu'on obferve
auflitôt qu'on eft
prefque
pofition
embarqué, c'eft l'indifde mer. dree font nomme des communément mal
femens
naufées & des vomiftermine. que le mouvement de la mer déCet effet n'a pas également lieu
toutes les perfonnes, ni dans
fur
efpèces de bâtimens,
toutes les
quoique
expofés au gros tems ou à la également mauvaife
mer.L'habitude de la mery rend
jet. La difpofition ou le
moins sfuauffi plus ou moins
tempérament rend
fions du mouvement. fufceptible On
des imprefplus fujet dans les premiers y eft beaucoup
gros tems que
A --- Page 8 ---
2 MOYENS DE CONSERVER
dans les feconds; les tempéramens mous
& fenfibles en font plus affedtés que les
autres, &les femmes plusqueles hommes.
Plusle bâtiment fur lequel on fe trouve
eft grand; plus les mouvemens paroiffent
faire d'imprefion fur les entrailles. On
eft plutôt pris du mal de mer fur un navire
que fur un bateau, fur un vaifleau
les
un
ec
fur
navire, quoique cependant
couffes foient beaucoup plus vives &
dans un
BIOs
fatiguantes
petit bàtimentque
un grand. Le roulis, qui eft le mouvement
fait le bâtiment d'un de fes
bords l'autre, eft beaucoup plus dur
& fatigue beaucoup plus, que le
eft le mouvement que fait le
FESE
qui ment d'une de fes extrémités à l'autre :
cependant il occafionne beaucoup moins
le mal de mer,
ne fait le tangage
duF les entrailles l'effort
qui réuni paroit de toute porter la mafle du bâtiment. Nous
avons éprouvé & vu éprouver dans quelfecouffes de tremblement de terre, un
ques tiraillement d'eftomac femblable à celui
parlequelle mal de mer commence, quoiles fecouffes n'euffent été ni fortes ni
que longues. Le mouvement d'une voiture produit fur quelques perfonnes un effet pareil à celui du mal de mer.
,
ne fait le tangage
duF les entrailles l'effort
qui réuni paroit de toute porter la mafle du bâtiment. Nous
avons éprouvé & vu éprouver dans quelfecouffes de tremblement de terre, un
ques tiraillement d'eftomac femblable à celui
parlequelle mal de mer commence, quoiles fecouffes n'euffent été ni fortes ni
que longues. Le mouvement d'une voiture produit fur quelques perfonnes un effet pareil à celui du mal de mer. --- Page 9 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 3
Quand le mal de mer dure peu de
tems 1 qu'il n'a lieu que dans le commencement de la traverfée, qu'enfuite le
s'habitue aux mouvemens du bâtiment, corps
il eft plutôt falutaire que nuifible : l'eftomac fe nettoie, le corps fe fortifie, & on
fe porte mieux après qu'auparavant. Ordinairement il conflipe;je lai vu arrêter
des dévoiemens qui étoient devenus habituels, & qu'on regardoit comme incurables.
Les mouvemens dela mer fortifient les
entrailles, et rendent plus libre la circulation du fang dans les vaiffeaux du basventre. Les habitans des iles qui, exténués par des maux de nerfs, par des
obfitrudions au foie & àla rate s
en France pour y chercher leur
paffent
la trouvent fouvent dans le bâtiment guérifon,
ils s'embarquent.
où
Toutes les maladies ne font cependant
pas fufceptibles d'être guéries par la mer;
Hnyaquecellesquit ifont l'effet d'une forte
d'état convulfif du genre nerveux 2 ou
celles qui proviennent de l'affoibliffement
&del'embarras des vifcères du
mer
quela
détruife pour l'ordinaire. bas-ventre, Mais
les maladies au contraire qui font l'effet
de l'échauffement des humeurs, d'une
Aij --- Page 10 ---
4 MOYENS DE CONSERVER
acrimonie dans le fangou dans lalymphe,
dans lestraverfées,
ne peuvenrquesiesnerd nous avons eu occafion de le voir.
comme Lorfque dans les premiers huit jours,
ou après les premiers gros tems, les malades, plutôt que de fe trouver mieux,
empirent, il y a à préfumer que la mer
ne leur fera pas falutaire. Les mouvemens
dela merf fortifient; mais auffiils échauffent
& ne peuvent convenir à celui qui péche
Téchauffement & l'acrimonie.
par
&
On a ordinairement plus d'appétit,
on mange davantage en mer qu'a terre 9
fur-tout après qu'on a vomi; donc la chaleurintérieure augmente, ainfi quel'adtion
des organes.
eft
à fortifier les
Tout ce qui
propre
nerfs de l'eftomac, a détruire le fpafme,
ou à détourner lirritation fpafmodique
furune autre partie, eft
à prévenir,
ou à calmer & même à
le mal de
EEEITE
Les
le fafran furmer.
antifpafmodiques, foit extérieutout, foit intérieurement,
le bon
rement fur le creux de l'eftomac;
air,l'exercice, la difipation tant du corps
que de l'efprit; l'odeur du vinaigre ou
d'autres chofes fortes & agréablessles mafticatoires âcres qui irritent la bouche,
comme de tabac, de pirèthre, de poivre,
à
le mal de
EEEITE
Les
le fafran furmer.
antifpafmodiques, foit extérieutout, foit intérieurement,
le bon
rement fur le creux de l'eftomac;
air,l'exercice, la difipation tant du corps
que de l'efprit; l'odeur du vinaigre ou
d'autres chofes fortes & agréablessles mafticatoires âcres qui irritent la bouche,
comme de tabac, de pirèthre, de poivre, --- Page 11 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
de piment; toutes ces chofes conviennent 5
pour prévenir ou guérir le mal de
qui dévient toujours
mer,
il dure trop long-tems. très-fatiguant quand
Nous n'avons jamais été à portée
voir une forte de colique qu'on dit de
jourd'hui être particulière aux
au-
& qui eft attribuée à l'infalubrité vaiffeaux, des
nations de la peinture, attendu
émaferve cette colique
chez qu'on n'obfeulement. Il eft que
lés officiers
prouvé quel les émanations trés-poflible, & même
del la
produifent cet effet,
peinture
en mer qu'à terre où Pair cependant eft moins moins
nouvelé, Nous avons navigué fur des rebâtimens marchands qui étoient
ment peints, mais oi, à la
nouvelleétoit fobre & laborieufe. vérité, la vie
C'eft une opinion affez généralement
çue, que le changement
fubit
remat eftlacaufede
trop
de clidies
prefque toutes les malaquel'on voit en mer. C'eft en effet un
principe certain en médecine,
le
grand nombre des maladies ont leur que plus
dans l'infalubrité de
fource
fait auffi
ce quirend l'atmofphère. Mais on
faine
l'atmofphère mal
s
oUE
leur de
pas quelques degrés de chale
plus ou de moins ; c'effhumidiré,
croupiffement & l'infedion de l'air.
Aij --- Page 12 ---
6 MOYENS DE CONSERVER
L/alternative du grand chaud au. grand
froid caufe bien des maladies; mais pour
cela il faut une forte de furprife, ce qui
arriver dans un bâtiment;
ne peut il jamais faut ordinairement douze ou
auquel
paffer du grand froid au
quinze jours pour
grand chaud. rarement des maladies furterre
Onvoit
l'alternative du chaud &
produites du froid, lorfqu'en par
même tems règne la
féchereffe, fion en excepte des pleuréfies
& d'autres inflammations, mais quin'ont lieux
Les
point le caraétère épidémique.
font
ies plus fujets aux maladies malignes, libre, & les
ceux où l'air n'a pasun cours
l'eau de
plaines très-plates, qui iconfervent!
ia pluie: fi la chaleur furvient avec lhumidité, l'air s'infeéte & produit des épidémies malignes. Sur mer, Gl'air quelqueil eft au moins
fois manque d'agitation,
toujours libre; il ne peut y. avoir en pleine
malfaifantes.
mer d'exhalaifons néanmoins que le chanIl eft certain
gement de climat apporte du changement
dans la conftitution des tempéramens ;
même tems
mais ce changementropencen Aluides,
les
fur les folides & les
puifque du même
uns & les autres eprouventleilet
au
agent ; léquilibre ne fe détruit point,
moins
fois manque d'agitation,
toujours libre; il ne peut y. avoir en pleine
malfaifantes.
mer d'exhalaifons néanmoins que le chanIl eft certain
gement de climat apporte du changement
dans la conftitution des tempéramens ;
même tems
mais ce changementropencen Aluides,
les
fur les folides & les
puifque du même
uns & les autres eprouventleilet
au
agent ; léquilibre ne fe détruit point, --- Page 13 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. J
moins d'abord; les fonéions fe font tou- 7
jours, & la' fanté fe foutient. Il faut
lestemperamensfbiente natureliement
pétulans &
dler
. des
bien fanguins, pour qu'à bord
de bâtimens, où l'on ne fetrouve à portée
faction, prefque aucun excès, la feule raréoccafionner déterminée des
par la chaleur, 2 puiffe
chemens
hémorrhagies ou des
; c'eft ce que nous
épaneu occafion d'obferver.
n'avons pas
La raifon eft d'accord
tous ceux
lavecl'expérience:
de long cours, quis'embarquenty officiers & matelots, pour un voyage
également
font
ment de expofés aux effets du changefont
climat; mais les uns & les autres
expofés à d'autres caufes de maladies
toutes différentes:les
les uns fur les autres matelots, à
quilogent
toujours de fécher l'entre-pont, leurs hardes obliE
fur
corps, & qui ont une nourriture
beaucoup plus mal faine, font
plus fujets aux maladies.
beaucoup
des L'obfervation apprend, & les journaux
mies navigateurs & les
font foi, que les épidémencé
mortalités ont toujours comfur les par les équipages, & ne
bâtimens - 9 que lorfque la règnent
grande quantité de monde
trop
furcharge &e
Heteraurop@enat.en mal faines;
Aiv --- Page 14 ---
8 MOYENS DE CONSEBVER
loriqué les mauvais tems obligent de
que fe tenir renfermés dansle bâtiment, & de
refpirer continuellement un air putride &
infect, &quile devient d'autant plus,
en
échauffé &
AEI
fe trouve de plus
de beaucoup de
chargé de la
POSESE
perfonnes; que quand une navigation plus
celle à lalongue & plus périlleufe que l'ennui &
quelle on s'attendoit, a porté
la confternation dans le coeur de léqui-
& des foldats ; que quand enfin l'eau
page & les alimens manquent,ou font COIrompus. Il eft fort rare de voir le fcorbut fe
declarer dans les parages des Antilles,
ainfi que dans les traverfées que l'on fait
pour sy rendre. Nous ne l'avons jamais
fur deux fujets, un blanc
vu aux iles
furvenu au blanc à la
& un noir.
Traot
fuite d'une fièvre maligne; le noir l'avoit
contraété dans la traverfée d'Afrique en
Amérique. Nous favons que le mauvais
air des bâtimens négriers, toujours furchargés de monde, Y rend cette maladie
fort commune, quoique par fa les nature clielle foit beaucoup plus rare dans
mats' chauds que dans les climats froids.
Le fcorbut nous a donc paru dépendre
d'une double diffolution du fang, féreufe
noir.
Traot
fuite d'une fièvre maligne; le noir l'avoit
contraété dans la traverfée d'Afrique en
Amérique. Nous favons que le mauvais
air des bâtimens négriers, toujours furchargés de monde, Y rend cette maladie
fort commune, quoique par fa les nature clielle foit beaucoup plus rare dans
mats' chauds que dans les climats froids.
Le fcorbut nous a donc paru dépendre
d'une double diffolution du fang, féreufe --- Page 15 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
&
putride, 9 & différer de la diffolution
rement féreufe qui conftitue le
pu-
& la maladie d'Amérique
chlorofis
mal
qu'on nomme
nières d'eftomac, il
en ce que dans ces derdité: il différe n'y a aucun mélange de putriauffi des fièvres
tielles, en ce
dans celles-ci peitilen- la diffolution paroit abe
dans le plus haut purement putride &
degré, fuivant ce
Dela rapportent ceux qui ont vu ces
nous
mguE
penfons que le fcorbut
appelle froid, & qui s'approche infenfi- qu'on
blement par nuances de celui qu'on nomme
chaud, eft celui qui tient davantage à la
le première efpèce de diffolution,
chaud au contraire tient plus 5 à & la
conde,
ec
Ce que nous avançons ici n'eft pas de
pure théorie. Voici l'oblervation.
but Nous froid avons vu ce qu'on appelle le fcorexifter fans fiévre, fans beautiment coup de chaleur 2 caraétérifé par un fendes
plutôt de froid que de
par
Epulies, des
chaud,
coups de
Echymofes le
en manière de
fefles& des verges cuiffes, long des lombes, des
noirs fur les mufcles 9 par de grands placards
qui devenoient
desjambes & desbras,
par de fauffes en même tems fort durs;
anchylofes, fur-tout dans les --- Page 16 ---
10 MOYENS DE CONSERYER
genoux; par des douleurs profondes dans
toutes les extrémités inférieures, quiaugmentoientle foir;par des douleurs extragrdinaires dans les régions lombaires, & s'é.
tendant lelong des cuiffes; fouvent par des
hydropifies des jointures ; quelquefois
des
côtes
R
led détachement cartilagesdes
vec la portion offeufe, détachement qui
commence par une tumeur dans l'endroit
del Funion, qui fe raffermit quand le fcor
but guérit 2 & finit enfin par Fhydropifie, ou une défaillance fubite en manen allant à la garde-robe, ou en
geant 9
s'habillant. Al l'ouverture des cadavres, nous avons
toujours trouvé le fang infiltré dans le
tiffu cellulaire de la peau & des mufcles;
la membrane extérieure de tous les vifcères du bas-ventre ordinairement noire 8c
macérée, tandisqueles autres étoient blanches;le cceur flafque & prefquevide,lelang
dans les gros vaiffeaux noirâtre et diffous 5
& les cadavres exhalant une odeur
fétide, & nauféabonde. Ceux
RESEE
plaint leplus de maux de reins 2 avoient le
tiffu cellulaire des envirors de ces organes
extrêmement noir; les eaux des hydropiques étoient toujours fanguinolentes & les ;
la fynovie étoit rouge 8grumeleufe,
le cceur flafque & prefquevide,lelang
dans les gros vaiffeaux noirâtre et diffous 5
& les cadavres exhalant une odeur
fétide, & nauféabonde. Ceux
RESEE
plaint leplus de maux de reins 2 avoient le
tiffu cellulaire des envirors de ces organes
extrêmement noir; les eaux des hydropiques étoient toujours fanguinolentes & les ;
la fynovie étoit rouge 8grumeleufe, --- Page 17 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. II
cartilages chez
des jointures fouvent érodés
ceux fur-tour qui avoient des
pilies des articles : ; chez ceux dont les hydrotilages des côtes étoient
Carrencontroit une matière noire. vacillans, on y
Dans le fcorbut
nous avons
chaud, au contraire,
prefque toujours vu de la
fiévre, plus ou moins de
ou moins de rapidité dans chaleur, & plus
fuivant qu'il approchoit
fes progrès,
de la nature des fiètres plus ou moins
plutôt des pétéchies
peftilentielles; ;
Nous avons vu cette que des échymofes.
cipèce beaucoup
contagieufe & avec un
de
plus
ture beaucoup plus
degré
pourrivent la fuite du
& être foude Ja
RT
efpèce.
première
Après la mort, les cadavres étoient
auffitôt corrompus & météorifés, & ne
caractère préfentoient de la par-tout que les effets & le
la lividité des pourriture; ; la molleffe &
le fang plus noir chairs, & une grande fétidité,
dégagé,
contenant plus d'air
beaucoup moins
que dans l'efpéce précédente. d'engorgement
Telles font les obfervations
avons faitesfurle fcorbut dans les que nous
oùt nous avons refté
hôpitaux
que nous en avons vu long-tems. de produit à Le la peu
mer, --- Page 18 ---
MOYENS DE CONSERVER
nous a fait connoitre qu'iln'étoit pas beaucoup différent de celui que nous avions
obfervé dans les hôpitaux de Paris.
ae eR
s G
T
2 A
6 a --- Page 19 ---
ZA SANTÉ DES
BLANCS, &c. 13
DE Leffet du climat fiur les
tempéramens, G des moyens dy remédier
dé l'éviter.
O1z
I fuit de ce que nous avons
que l'air aux Antilles a moins de avancé, reffort
ET France, fon adtivité ne venant
l'agitation où il fe trouve:
que
chaud' & humide depuis le mois qu'il de eft
jufqu'en novembre, moins chaud
juin
humide depuis novembrej
&
quelquefois
jufqu'en
jufqu'en mars;
AiEs
tempéré en février, mars ; & ordinsirement
& fec en mai,
avril; chaud
température varie &-quelquefois enj juin : que fa
port à la faifon, mais non-feulement
difpofition des
encore
PERaL L
les gorges abritées lieux; ileft très-chaud dans
jours frais & humide par dans les montagnes, les
toutoujours humide dans les lieux lieux élevés;
plus fec dansles endroits dénués aquatiques; de
& de rivières: : que, fuivant les heures fources
jour, la température change
du
le matin & le foir, fouvent à encore. ; frais
depuisle mois de novembre incommoder,
jufqu'au mois
encore
PERaL L
les gorges abritées lieux; ileft très-chaud dans
jours frais & humide par dans les montagnes, les
toutoujours humide dans les lieux lieux élevés;
plus fec dansles endroits dénués aquatiques; de
& de rivières: : que, fuivant les heures fources
jour, la température change
du
le matin & le foir, fouvent à encore. ; frais
depuisle mois de novembre incommoder,
jufqu'au mois --- Page 20 ---
I MOYENS DE CONSERVER
d'avril, tandis qu'il fait toujours fortchaud
dans la force du jour : tout d'un coup c'eft
une plaie d'orage aflez froide & qui tombe
par feaux; la nuéepaffée, c'eft un foleil qui
deffèche tout-à-coup.
Nous avons encore obfervé que les aliwens du pays étoient grolliers, peu nouriffans, & de nature froide tendante à l'acide;
qualité qu'on ne corrige fouvent que trop
par la quantité de drogues âcres qu'on
fait entrer dans les affaifonnemens. Nous
ajouterons encore que tout travail eft dur
& fatiguant aux iles; que les occafions de
chagrin & de défefpoir y, font très-fréquentes, ainfi ique celles de divertiffement,
d'excès & de débauche.
Celui qui arrive aux iles a d'abord le
fang raréfié & difpofé à l'inflammation,
tant par la chaleur du climat que par la
fatigue du voyage. Le principe vital s'irrite facilement al'abord d'une chaleur fubite. Mais l'effet fecondaire de cette chaleur, eft le relâchement qui fuccède à
la tenfion. Les folides ne tardent pas à fe
détendre, à fe relâcher, & à perdre de
leur aétion. Les fucs qui ont été raréfiés,
fe diffolvent & dépériflent. Les organes
bientôt affoiblis 3 les fucs demeurent plus
eruds,plusaqueux, ceq qu'on appelle moing --- Page 21 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
animalifés. Cependant la chaleur humide 15
entretenant toujours un mouvement de
pourriture, rend la bile plus
mais d'autant moins adtive, que abondante, les fucs
d'ou elle émane ont eux-mémes
tivité, Delà ces conftitutions
peu d'acfibles,
molles, fen2 pituiteufes & bilieufes que nous
voyons aux îles. La bile dans
de fanté, malgré fon abondance, l'état
que foiblement fur les organes, laiffe n'agit fouventflagnerles humeurs
& n'empêche, dans aucun dinslesentrailles, la
ration d'une quantité de age,
généque dans le cas de maladie, vers. Ce n'eft
humeur a été échauffée
la quand cette
altérée par les paflions par de fièvre, ou
nous l'avonsvue contragter une Tame, acrimonie que
infigne & corrofive:
Mais cette confitution, quoique
rale, n'eft pas égale dans toutes les géné- faifons, dans tous les lieux, & chez toutes
lesperfonnes. Nous
vu
les faifons chaudes avonsdéja & humides
dans
3t étoit
plus bilieufe,, ainfi que dans les
chauds &
lieux
fons fraiches marécageuxs &
que dans les failes lieux fort élevés, humides, dans les ainfi que dans
elle étoit
montagnes,
faifons & SLs lieux pituiteufe ; que dans les
fecs & chauds, elle
faifons, dans tous les lieux, & chez toutes
lesperfonnes. Nous
vu
les faifons chaudes avonsdéja & humides
dans
3t étoit
plus bilieufe,, ainfi que dans les
chauds &
lieux
fons fraiches marécageuxs &
que dans les failes lieux fort élevés, humides, dans les ainfi que dans
elle étoit
montagnes,
faifons & SLs lieux pituiteufe ; que dans les
fecs & chauds, elle --- Page 22 ---
16 MOYENS DE CONSERVER
devenoit plus sèche & plus inflammatoire, fraiquand la fécherefle régnoit avec la
Cheur.
A légard des perfonnes, les Européens
qui arrivent viennent la plupart avec un
fang riche, avec une fibre forte & roide
lachaleur parvient bientôt à relâcher,
que
cela tout-à-coup
mais quine perd pas pour
fa première force & fa première vigueur.
Ce n'eft qu'avec le tems & après
fieurs
les folides & les
.RE
années, que
par l'aGion conftante d'une atmofphère
chaude & le plus fouvent humide, par le
changement des alimens, ou par l'effet
des maladies, perdmmabolieatlarne
mière conftitution, fe créolifent, comme
l'on dit, & que le tempérament fe met
àl'uniffon du climat.
eft
Auffitôt qu'on eft débarqué, on
expofé à l'acion de P'air de terre, qui eft
différent de celui de mer : & a celle
de la chaleur qui eft auffi plus grande à
terre qu'en mer. Ils'enfuit néceffairement
une révolution dans l'économie animale,
d'autant plus fenfible que les fujets ont
été plus échauffés & plus fatigués par la
mer; révolution qui, fuivant les circonftances, peut être ou falutaire ou pernicieufe.
Il --- Page 23 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 17
lly a enfuite la propenfion à fe laiffer
alleraux abus & aux excès des chofes dont
ils ont été privés fur mer. Deli,chez les
arrivans, des maladies qui tiennent à la
nature inflammatoire de leur tempérament, & que la nature du climat rend
bientôt putrides.
Les Créoles au contraire,
2 ainfi
ceux qui font déja créolifés, ont la abre
naturellement molle, &, par cette même
raifon, les nerfs très-fenfibles. Ils ont peu
de force, mais beaucoup de véhémence;
la vivacité fe trouve à côté de la
& l'activité près du découragement. langueur, La 2
molleffe & la foupleffe mufculaire fe trouvent réunies à la tenfion nerveufe : le
corps & l'efprit font aptes à tousles exercices, fpécialement ceux des Créoles; mais
ils font incapables de fe fixer & de réfifter
long-tems au travail: ordinairementavides
des plaifirs; mais abfolument
fi l'ame fe tourne du côté de apathiques, la trificfe.
Leurs humeurs, qui tendent à la diffolution, & qui tendent plutôt à Faigre qu'a
T'alkalefcence, 2 ont cependant un degré
d'acrimonic queleur donnent tl'air
alimens falés, & peut-être auffi les falin,les affections nerveufes. Elles font dans l'état de
fanté moins près de la purréfagion,
parce
B
irs; mais abfolument
fi l'ame fe tourne du côté de apathiques, la trificfe.
Leurs humeurs, qui tendent à la diffolution, & qui tendent plutôt à Faigre qu'a
T'alkalefcence, 2 ont cependant un degré
d'acrimonic queleur donnent tl'air
alimens falés, & peut-être auffi les falin,les affections nerveufes. Elles font dans l'état de
fanté moins près de la purréfagion,
parce
B --- Page 24 ---
18, MOYENS DE CONSERVER
que nos fucs font d'autantplus éloignés sde
cet état, qu'ils font peu animalifés: mais
auffi elles font plus prèsde la diffolution féreufe, parce quel leur agrégation eft moins
parfaite. Outre qu'aux iles les tempéramens font pituiteux, bilieux, mous &c
fenfibles,ilyab beaucoupplus deperfonnes
sèches que de graffes, furtout celles qui
ont les nerfs tres-irritables. La peau eft
ordinairement douce 2 molle & blanche.
Les femmes font pâles. On ne voit guères
de tempérament fanguia que chez les enfans qui, dans ces climats, fur-tout dans
leslieux fains & fecs, croiflentres-.promptement.
La fortune apporte encore des différences dans les tempéramens, à caufe dela
manière de vivre. Les perfonnes riches qui
n'éprouvent ni mifère, ni chagrin, 2 ni inquiétude, &
vivent à leuropéenne,
c'eft-à-dire - ufent de bons alimens &
s'amufent, ontle tempérament plus fort &
plus fanguin que ceux qui ont des peines
de corps & d'efprit : 2 & quife nourriffent
mal, c'eft-à-dire des alimens du pays. Leur
fang eft mieux coloré, plus rutilant, &
tend davantage à l'inflammation. Toutes
les humeurs font en général mieux conf
tituées;la bile eft plus adtive;les embarras --- Page 25 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 19
3" fe forment ont davantage le caraéère
Tinflammation; les fièvres bilieufes
tendent beaucoup plus à la pourriture,
& ont des fuites béaucoup plus funefes
chezles autres où toutes leshumcurs
Co lentes & muqueufes, le
féreux
& la bile peu adive. Chez ceux-ci fang ce font
lesmaladies chroniques quifont à craindre;
mais ils font exempts des fèvres putrides
malignes. Parmiles Nègres, les feuls
à ces fortes de fièvres font les fujets
domeftiques qui font bonne chère. Nègres Ceux
qui boivent beaucoup de taffia font fouvent attaqués d'inflammations au
au bas-rentre, ou à la
fôie,
font toujours fort dangereufes poitrine, 3 & lesquelles difficiles
à guérir.
La fortune & l'aifance cependant n'empêchent pas les perfonnes riches de tomber
tout-à-coup dans une forte d'anéantiffement d'eftomac; maladie qui confifte dans
une dépravation des digeftions qui deviennent de plus en plus difficiles, avec
une forte de foibleffe & d'anéantiffement
dans toutesles parties du corps. Cette maladie, qui eft très-commune aux iles, vient
fouvent à la fuite d'une indigeftion inême
légère : fouvent, dans les premiers
le malade ne s'en apperçoit paslui-méme; jours,
B. ij
iffement d'eftomac; maladie qui confifte dans
une dépravation des digeftions qui deviennent de plus en plus difficiles, avec
une forte de foibleffe & d'anéantiffement
dans toutesles parties du corps. Cette maladie, qui eft très-commune aux iles, vient
fouvent à la fuite d'une indigeftion inême
légère : fouvent, dans les premiers
le malade ne s'en apperçoit paslui-méme; jours,
B. ij --- Page 26 ---
MOYENS DE CONSERVER
20 font fes amis qui l'en avertiffent. Les
ee
dontles nerfs font fort fenfibles
perfonnes fujettes que les autres. Nous
y font plus
des affeétions vaporeufes
ne parlons molleffe pas & l'abus des plaifirs occaEmsene la chez les femmes riches aux iles.
On fait que c'eft la même chofe par-tout. toujours
inné conferve
Le tempérament
lindans la confitution un caractère que
fluence du climat & l'effet des maladies
bien de la
à effacer. Un homme
ont
des peine
bien conftitués,
quinait avec
organes
fanguin
forts & robuftes, un tempérament d'abord cette
eonféquent, conferve
conflitution par
dans sfon enfance. S'il eft aifé &
fe nourriffe bien, cet état fe foutient
débauche
1c la jeuneffe, pourvà quela
ne le détruife pas. Nous avons la feule remarqué caufe
qu'aux iles la débauche étoit conftitutions
du dépériflement des bonnes l'échauffement &c
chez les jeunes Créoles:
de
étoit
RraEtLaccar
leur tempérament,
fanguin quil & les
devient fec, pituiteux,
aupararant, maux de nerfs les accablent.
Les maladies que peut effuyer un jeune
un
fanguin,
hoinme né avec
tempérament même effet : elles alne produifent pas ce
fa conftitution;
tèrent bien pour un temps --- Page 27 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 21
mais fes organes 2 doués d'une force
que la nature y a pofée elle-même dès la
tôt première le
conformation, reprennent biende
deffus, & le tempérament, au bout
quelque tems, fe rétablit dans fon
mier érat.
preNousfommesbiené éloignésder regarderce
tempéramentcommed Nous
commun dans lesiles.
obferverons
conftitution ne foit point que, quoique cette
le climat, & qu'elle
analogue avec
font doués dans le cas mette ceux qui en
des maladies
d'effuyer fouvent
poitrine,
inflammatoires, fur-tout. à la
cependant elle fe foutient beaucoup mieux chez les Créoles que chez les
Européens qui arrivent. Les organes des
premiers, accoutumés aux
la chaleur, fe prétent
impreffions de
fes effets ; les maladies beaucoup mieux à
bien le caraéère de leur qu'ils font ont
conftitution, &
exigenti un
ils fe
taitencietanalogasimainc ils
squand
mnénagent,
ne font
aux maladies
les
pas plus fujets
fibre forte, elle que eft
autres : s'ils ont la
Les
en même tems fouple.
tempéramens bilieux & fecs, qui fonz
plus communs aux iles, 2 l'ont au contraire
plus tendue.
Les Européens, ainfi que les Créoles
qui ont paffé un certain tems en France,
B iij
enti un
ils fe
taitencietanalogasimainc ils
squand
mnénagent,
ne font
aux maladies
les
pas plus fujets
fibre forte, elle que eft
autres : s'ils ont la
Les
en même tems fouple.
tempéramens bilieux & fecs, qui fonz
plus communs aux iles, 2 l'ont au contraire
plus tendue.
Les Européens, ainfi que les Créoles
qui ont paffé un certain tems en France,
B iij --- Page 28 ---
22 MOYENS DE CONSERVER
& qui ont un tempérament fanguin, 3
éprouvent de grandes révolutions en arrivant en Amérique, fur-tout s'ils donnent
dans les excès où la nature de leur tempérament les porte naturellement. Autrement l'aétion lente de la chaleur & des
autres agens influe infenfiblement, attaque
a peu leur confitution
chez les Européens 9 jufqu'à
RT
Rremt
faire difparoitre - 2 ou au moins la mafquer
entièrement. Si, dans la fuite, les fièvres,
le chagrin & l'inquiétude sy joignent, le
tempérament s'altère au point que les fu-
- jets tombent dans un état cachedtique qui de
les oblige de faire un nouveau voyage
France, s'ils veulent éviter une fn prématurée &languiffante. Les Créoles bien
conftitués, & qui n'ont pas forti du pays,
n'éprouvent pas ces révolutions. Ce qui
prouve encore le changement fingulier
le climat des Antilles apporte dans
la que confitution du fangenlerendantr moins
abondant, plus féreux & moins fougueux: ;
c'eft
nous avons vul beaucoup de
avoir
en France à des
Rapcus
UE fujets
rhagies, foit du nez, foit dela poitrine, &c.
& ne s'en être plus reffentis après un certain tems de féjour aux iles: c'eft encore
le moins de force & la pâleur terne qui --- Page 29 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
font aif@mentreconnoltre
lile, c'eft-à-dire,
celuiqui fecréoNous ne
quis'habitue au climat.
prétendons pas néanmoins
cer que les hémorrhagies ne
avanriver aux iles; nous y en avonsyu puiffent de toute arelpèce, produites par
ment, & la rupture TerotomTengorge des
il paroit toujours que celles vaiffeaux; mais
fionnées en France,
quifont OCCaquantité d'un fang par une trop grande
beaucoup moins
trop louable, font
La maladie la fréquentes en Amérique.
plus ordinaire chez les
femmes, & fur-tout chez les demoifelles
ne font pas mariées de bonne
38 la
heure,
ne caufe fuppreffion des règles; ; mais elle
fordres point aux iles les mémes déFrance: les
en font 2eti les feules pâles couleurs
Les conftitutions font fuites.
plus fortes & plus fanguines ordinairement dans les
endroits les plus fains,
les lieux fecs, bien
c'ef-à-dire, dans
élevés, &
fe trouvent aérés, moyennement
chaleur du Rui des côtes fitués entre la
humide du haut des
& la fraîcheur
Quandle
montagnes.
à beaucoup tempéramenti de molleffe tfanguin eft joint
il dégénère bientôt
dans la fibre, 9
aux iles en tempéraB iv
fanguines ordinairement dans les
endroits les plus fains,
les lieux fecs, bien
c'ef-à-dire, dans
élevés, &
fe trouvent aérés, moyennement
chaleur du Rui des côtes fitués entre la
humide du haut des
& la fraîcheur
Quandle
montagnes.
à beaucoup tempéramenti de molleffe tfanguin eft joint
il dégénère bientôt
dans la fibre, 9
aux iles en tempéraB iv --- Page 30 ---
24 MOYENS DE CONSERVER
ment bilieux : s'il a trop de rigidité, il
devient atrabilaire.
Les tempéramens bilieux fe rencontrent fréquemment chez les perfonnes qui,
quoique riches & fe nourriffant bien,
ont du chagrin & de linquiétude, &c
habitent les lieux bas & marécageux. 8t
obferve chez ces derniers un mélange
de bile & de phlegme, & pour l'ordinaire
des obftructions habituelles au foie & à
la rate > qui impriment furl leur vifage une
paleur terne & jaunâtre 2 qu'on connoît
aux iles fous le nom de couleur à patates 2
(ce font des racines que l'on mange dans
lepays), & qui diftingue les habitans des
paletuviers près de la mer ; tandis
ceux des montagnes fraiches & trop QuC
mides ont une couleur pâle & font bonffis,ce qui indique un tempérament trop
pituiteux. Ceux des montagnes sèches &
arides fe reconnoiffent à une température
sèche, & à un teint bafané & noirâtre qui
indique le tempérament. atrabilaire.
De tous les tempéramens, ceux qui
réuffiffent le mieux aux îles, font les fecs
& les pituiteux, pourvu que l'eftomac foit
bon, qu'il ne s'y amaffe pas trop de crudités, & que l'agicn : des vaiffeaux foit
allez forte pour entretenir entre les par- --- Page 31 ---
L A SANTÉ DES BLANCS &c. 25
ties du fang un degré de cohéfion qui iles
empèche de tomber en diffolution. Ces
fortes de conflitutions qui ne font point
fougueufes, fe Jivrent rarementaux excès,
& fupportent aifément toutes les viciffitudes, & fur-tout les impreffions de la
chaleur.
Mais fi le tempérament phlegmatique
efta accompagné de foibleffe des
de l'eftomac
organes, 9
fur-tout, > les fucs font mal
élaborés, & abondent en crudités; le
eft d'une texture plus foible, la bile PE
peu adtive. C'eft le tempérament le plus
ordinaire chez les nègres et les pauvres
font depuis long-temps dans le pays 5
n'ont
9e
point à craindre les maladies vives, fanguines ni putrides : mais un Européen quipaffe avec un pareiltempérament,
tombe bientôt dans un état de cachexie, &
finit par périr au bout de quelques années,
d'obitructions & d'hydropifie. Les Créoles
vivent long-temps avec ce tempérament.
Les tempéramens bilieux font ceux qui
réuffiffent le moins aux ifles, et ceux qui
demandent le plus de ménagement. Ceux
qui font bilieux & fecs, ont beaucoup à
craindre des premiers effets de la chaleur,
& fur-tout de l'abus des plaifirs auxquels
leur semnptinneariniininedinend Ceuxqui
ir au bout de quelques années,
d'obitructions & d'hydropifie. Les Créoles
vivent long-temps avec ce tempérament.
Les tempéramens bilieux font ceux qui
réuffiffent le moins aux ifles, et ceux qui
demandent le plus de ménagement. Ceux
qui font bilieux & fecs, ont beaucoup à
craindre des premiers effets de la chaleur,
& fur-tout de l'abus des plaifirs auxquels
leur semnptinneariniininedinend Ceuxqui --- Page 32 ---
26 MOYENS DE CONSERVER
font humides, ont plus à craindre pour les de
fuites : la bile qui augmente par fouvent T'effet des
la chaleur humide, détermine
ordinaifèvres bilieufes, qui deviennent
rement malignes; : il fe forme fréquem- dans les
ment des engorgemens de bile
vifcères, dans le foie fur-tout; & les perfonnes bilieufes, auxiles, ont prefque tou- des
jours le foie obftrué. Sous le vent de
iles, c'eft-à-dire, au bas de la côte
l'oueft, dans d les
oùl les montagnes
mettent à l'abri RrOEL vent, & concentrent
la chaleur, la bile domine beaucoup, mais
ne tend point à la pourriture 2 maladies comme
dans les lieux bas & humides; les
occafionne font des obftruaions
qu'elle
& des abicès.
au foie, des inflammations nés dans un
Les Provençaux, quoique habitués à la
climat plus chaud, &- plus habitans de la
chaleur que les autres cependant plus
France, s'accoutument
difficilement aux iles; nous penfons que
c'eft à caufe de leur tempérament caractère naturellement bilieux, & de leur
fort
fenfible quileur fait toujours prendre leur
à coeur les différens événemens qui
arrivent.
iles, dontl l'état eft de
travailler Tout homme,auxi à l'ardeur du foleil, à la pluie 2 --- Page 33 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c
ou dans Thumidité des bois,
révolution beaucoup
éprouve une
prompte
celui dont plus la grande & plus
travailler
profeffion eit de
couvert.
uer
que la culture de la C'eft terre par cette raifon
praticable parles bras des paroit être imles Nègres nés dans le
Blancs, & que
climat femblable, &
pays, ou dans un
jeuneffe à ce travail, accoutumés réuflifent dès leur
mieux que les pauvres Blancs qui, beaucoup
Spsemensaccontunesant travail en quoique
ne le fupportent qu'avec
France,
lorlqu'ils veulent fe
peine aux iles,
à défricher des bois. mettre à terraffer ou
d'anciens foldats & d'anciens C'eft ordinairement.
tés dans le
matelots respays, qui s'occupent de ces
exercices, dant
auxquels ils ne réfiflent pende rhum quelque tems,
par la
ou de uAte
quantité
mais au bout de
qu'ils boivent ;
voit bientôt tomber quelques années, on les
chexie, être
dans un état de caattaqués d'obfiructions,
culièrement à la rate, & fuccomber fous partipoids de la mifère,
le
jours affez bien foutenu, quoiqu'ils-euffent les
touleurs premiers états. Nous
fatigues de
vu les foldats & les matelots avons toujours
leur fanté, & n'avoir
conferver
ladies particulières
que quelques ma2 tant qu'ils ont été
it bientôt tomber quelques années, on les
chexie, être
dans un état de caattaqués d'obfiructions,
culièrement à la rate, & fuccomber fous partipoids de la mifère,
le
jours affez bien foutenu, quoiqu'ils-euffent les
touleurs premiers états. Nous
fatigues de
vu les foldats & les matelots avons toujours
leur fanté, & n'avoir
conferver
ladies particulières
que quelques ma2 tant qu'ils ont été --- Page 34 ---
28 MOYENS DE CONSERVER
fages,& qu'ils n'ont pas refté dans de
mauvais ports & de mauvaifes garnifons. les
Mais les ports les plus affurés pour abrivaiffeaux font ceux qui font les plus
tés, où la mer eft plus tranquille, & dont
le fond eft de vafe, les
mal fains par les
conféquent. Les grands Eus font dans
lieux prefque inaccefibles, 2 fur les monleur fituation eft
tagnes, & par conféquent mal fains, les miplus faine. Dansleslieux
libres réuflices nationales de Mulâtres
de
fiffent aflez 9 parce que ces fortes
gens
font habitués à refpirerlair des marécages.
Le réfumé de tout ce que nous avons des
dit, eft que l'influence du climat
Antilles, & des chofes non naturelles, 2
les humeurs de ceux
caufe, dans
qui
arrivent, une turgefcence plus ou moins eft
grande, fuivant
leur tempérament
plus ou moins dra & fanguin;
cette
la maeft une
1"5
turgefcence
difpofition
ait
ladie, mais qu'il eft fort rare qu'elle caufes
fi d'autres
e fon effet par elle-même, la mettre en jeu;
fecondaires ne viennent du climat eft de reque l'effet fecondaire
;
làcher les folides, & d'affoiblirles organes
force aggrede diminuer parconféquentla
du fang & l'agivité des humeurs,
gative de les laiffer plus crues, plus lentes, & --- Page 35 ---
A SANTÉ DES BLANCS, &c.
rioins animalifées; qu'ainfi le
ment national cft mou,
températeux & bilieux, mais fenfible, pituiment étoit dansle cas d'avoir que ce des tempéravers d'autres tempéramens
nuances
ceux qui
oppofés; qué
le pituiteux réfiftoientleplus, & le
aux ilés, étoient
le moins étoit le fecsque bilieux; celui quiréfifoit
& enfin
tempéfamens forts & fanguins
queles
foin de beaucoup de
avoient beNous allons
ménagement d'abord.
taildes
maintenant entrer dans le déprécautions & des
pour conferver la fanté, moyensàprendre
& Quand les paffagers arrivent aux iies,
douce, qu'ils débarquent, fi la traverfée a été
il eft fort comme elle l'eft
rare que la feule ordinairement, révolution 5
qu'ils éprouvent
truire] -
puiffe par elle-même dédécidée. lequilibre, Mais
& produire une maladie
il arrive
lorfqu'on a été fort échauffé quelquefois que
verlée longue &
par une trafoi le germe d'une fatigante, on porte en,
paroiffe affez bien fe inaladie, quoiqu'on
révolution de la terre le porter, &
la
veloppe.
diflipe ou e dédoit fentir Quand la
on eft dans ce cas 7 on
prendre les
néceffité où l'on eft de
Autrefois plus les grandes précautions.
paffagers qui arrivoient
arrive
lorfqu'on a été fort échauffé quelquefois que
verlée longue &
par une trafoi le germe d'une fatigante, on porte en,
paroiffe affez bien fe inaladie, quoiqu'on
révolution de la terre le porter, &
la
veloppe.
diflipe ou e dédoit fentir Quand la
on eft dans ce cas 7 on
prendre les
néceffité où l'on eft de
Autrefois plus les grandes précautions.
paffagers qui arrivoient --- Page 36 ---
MOYENS DE CONSERVER
maladie particuaux iles étoient prisd'une
lière qu'on nommoit mal de Siam, parce
qu'on croyoit que les premiers qui en
avoient été attaqués venoient de Siam,
& que cette maladie en avoit été apportée. C'étoituneforted ede fièvre colliquative,
très-aigue, commençant par un grand mal
de tête; elle étoit accompagnée de prof
tration de forces, de défaillances & de fyncopes: ce qui faifoit fon caraéère rendoit c'étoient le
les hémorrhagies ; le malade
les voiesildevencitpaune,
fangpartoutesl & périfloit dans deux ou troisjours. Cette,
maladieyquiétoire contagieufe, fut d'abord
traitée
d'abondantes faignées, mais
fans aoeRee plusheureuxt moyennant
Tufageinséricurdesa acides, & leur application extérieure. Ce que nous avançons ici
n'eft que fur le rapport des autres; cette:
maladie n'exiftoit plus à notre arrivée aux'
Antilles. Quelles ont été fes caufes qui!
probablemenr n'ont été
paflagères ?:
Quelles. ont été celles de dbc extincion?
Les caufes de cette maladie exiftoient-elles dans:
daris le pays? fe rencontroient-elles
les bitimenszouétoitce danslatmofphère
qu'on traverfoit dans la route ?
Cette maladie ne paroiffoir point provenir des parages que l'on traverfoit,puf --- Page 37 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c..3t
que les-bâtimens, après avoir traverfé les
mêmes S parages s en étoient éxempts,
ils avoient. une autrelo deflination.
caufes né
D
:
Srre
pouvoient pasr" non
réfider : dans l'intérieur du bâtiment"; plus
puifque d'autres bâtimens conftruits, ars 5
més & avitaillés de même, 2 ne-Péprou:
voient pas, quandils alloient en d'autres
endroits : enfinr elle n'étoit pas endédans le pays, puifqu'elle eine pres
qu'aux arrivans, en
aeter
s
fortant des bâti.
mens; & quand, d'autres l'avoient, ce n'étoit que par. le. moyen de la contagion.
Mais ce qui paroit éclaircir la difficulté,
c'eft que cette maladie n'a régné que
dant le tems qu'on 1a mis à défricher PES
terres baffes & marécageufes des bords de
la mer; qu'elle eft devenue plus rare à
mefure qu'elles fe font defféchées 5 &
s'eft enfin éreinte, quand elles
Ro'te été prefque entiérement, Ces exhalaifons, qui ne faifoient rien à ceux' 'qui
y étoient habitués, ( comme nous voyons
encore que, dans les lieux mal fains, il
meurt beaucoup moins de ceux qui y demeurent habituellement 2 qué de ceux
qui ne font qu'y paffer ou y arriver), faififfoient les Européens accouttmés à un
air tout différent, déja échauffés par la
s'eft enfin éreinte, quand elles
Ro'te été prefque entiérement, Ces exhalaifons, qui ne faifoient rien à ceux' 'qui
y étoient habitués, ( comme nous voyons
encore que, dans les lieux mal fains, il
meurt beaucoup moins de ceux qui y demeurent habituellement 2 qué de ceux
qui ne font qu'y paffer ou y arriver), faififfoient les Européens accouttmés à un
air tout différent, déja échauffés par la --- Page 38 ---
MOYENS DE CONSERVER :. :
traverfée, 32.
& qui fouvent y donnoient
encore lieu par les excès auxquels ils fe
livroient en débarquant. Onn'apasvufouventcette maladie àla Bafe-Terre-Guadeloupe qui eft un endroit fec: elle étoit
tres-fréquente au fort. royal de la Martinique, & à. Saint-Pierre.
dix-huit mois
il faut aux iles environ
moins
ou deux ans, fuivant la plus ou
grande roideur de la fibre, pour quele
tempérament fe fafle an.climat. C'eflpar
fautuferde
conféquent dans ce tems.qu'il
plus de précautions, 13 en: évitant tous.les siA
excès.
tiom
Les excès les plus nuifibles aux iles,
fur-tout pour les arrivans d'Europe, qui
ont les humeurs échauffées, & par cette
raifon une pente plus forte vers les plai- des
firs, font ceux des femimes,du vin,
la danfe &
con0 liqueurs, de
dujeu, de la par table:
féquent des: veilles, ceux
marche
d'autres fe livrent trop tôt à une
forte, ouà un travail pénible, ou
au foleil & aux
dentir
fent fans précautions à la
& au ferein. Il
jures de lair,
pluie
ia auffi fes
ya l'excès des précautions qui
inconvéniens.
lieu
Il eft - aifé de concevoir que fi, au arride fe repofer & de fe rafraichir, en
vant, --- Page 39 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
vant, pendant une quinzaine de
trois femaines, on fe livre à fes jours ou
du côté des femmes, de la danfe plaifirs;
veilles:ces
ou des
excèsqui échauffent &
en même tems, déterminent des épuifent
inflammatoires d'autant
maladies
d'autant plus
plus violentes &
déja échauffées promptes font
9 que les humeurs
raréfaction &
plus fufceptibles de
lides étant déjà d'engouement; érétifés
& que les fopuifement, l'adion
& abattus par l'éfuccomber
vitale eft dans à le cas de
Il eft
auflitôt que l'érétifme tombe.
encore d'autant plus difficile de
ter remède à ces fièvres,
porde deux principes tout-à-fait que provenant
linflammation &
différens,
guère poffible de Tépuifement, il n'eft
à lautre: les
remédieràl'un fans nuire
moyens propres à tempérer
linflammation ne. font pas
ver les
propres à releleverles forces, forces comme ceux propres à rene calient pas
tion. On eft fouvent obligé de Tinfamma- s'en
aux grands foins, c'eft-à-dire à
tenir
d'afliduités de la part de ceux qui beaucoup
( la plupart des malades.
gardent,
fles, faute de ces foins
périflant aux
pas du
qui ne dépendent
Médecin), aux boiflons
tes, &aux lavemens de même tempérannature ; les
C
les forces, forces comme ceux propres à rene calient pas
tion. On eft fouvent obligé de Tinfamma- s'en
aux grands foins, c'eft-à-dire à
tenir
d'afliduités de la part de ceux qui beaucoup
( la plupart des malades.
gardent,
fles, faute de ces foins
périflant aux
pas du
qui ne dépendent
Médecin), aux boiflons
tes, &aux lavemens de même tempérannature ; les
C --- Page 40 ---
MOYENS DE CONSERVER
faignées devantêtre tras-modérées,icaufe
de Tépuifement.
échauffe
L'abus du vin & des liqueurs
& enflamme le fang, précifément dans un
tems qu'il auroit befoin d'être rafraichi.
Si les tempéramens font vifs & fanguins,
il réfulte de ces excès, des maladies inflammatoires tres-dangereufes. Le vin
& les liqueurs, quoique néceffaires
Ctes
modérément, comme cordiales & fomaquand le fang péche par la difchiques, folution, & les folides par le relâche- a
ment, font fouvent pernicieufes pour dif- un
arrivant qui a la fibre forte & le fang
pofé à l'inflammation, l'influence du climat a
Si, après que du
le vin
changé la nature
Ront
& les liqueurs prifes
ASLES
devenues néceffaires 9 il ne s'enfuit pas
cela que leur abus ne puiffe nuire,
Kenens fi l'habitude n'y a pas rendu infenfible, comme il arrive chezlesivrognes
de profeflion. On a toujours à craindre
les effets de la raréfadion du fang, &
celui de T'agacement des nerfs. Ceux qui
donnent dans l'ivrognerie font : fujets, 2
comme en France, au tremblement, à la
paralylie, & aux maladies du foie. L'excès
de mollefie & d'oifiveté ne peut que pré- --- Page 41 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &tc. 35
venir les maladies qui ont coutume d'attaquer les débarquans : mais, à la
le tempérament s'affoiblit
Jongue,
que f on prenoit un exercice beaucoup modéré; plus
il devient vaporeux & languiffant; l'action
mufculaire s'affoiblit, tandis que la fenfibilité nerveufe augmente & devient pref
que infupportable. Ce genre de vie, d'un
autre côté, irrite ies
mine à tomber dans les paflions, excès 2 dont & déternous
venons de parler.
Si la vie oilive eft pernicieufe, l'abus
du travaill'eft encore plus; & il eft d'autant plus à craindre, qu'on eft plus nouvellement
débarqué, 2 qu'on a le
&
les humeurs plus échauffés & plus difpofés fang
à Tinflammation.
Les voyages à pied font caufe de la
perte de beaucoup de nouveaux débarqués. Beaucoup de gens, en arrivant aux
iles, font chargés de lettres de recommandation pour des' perfonnes fouvent
éloignées du lieu de leur débarquement;
d'autres ont des affaires, & font le plutôr
poffible les démarches néceflaires, d'autant que la vie étant plus difpendieufe
qu'en France, 2 bien des gens ne fe foucient pas de refter long-tems dans les
auberges à dépenfer rleur argent; d'autres
Cij
nouveaux débarqués. Beaucoup de gens, en arrivant aux
iles, font chargés de lettres de recommandation pour des' perfonnes fouvent
éloignées du lieu de leur débarquement;
d'autres ont des affaires, & font le plutôr
poffible les démarches néceflaires, d'autant que la vie étant plus difpendieufe
qu'en France, 2 bien des gens ne fe foucient pas de refter long-tems dans les
auberges à dépenfer rleur argent; d'autres
Cij --- Page 42 ---
36 MOYENS DE CONSERVER
viennent pour faire la pacotille, & courent
à pied & le
chargé pour vendreleurs
marchandifes AMIEAST les habitations. Comme
ordinairementle gain qu'ils font ne répond
pas à l'idée qu'ils s'en étoient faite, ils joignent l'abflinence à la fatigue, fe paffent
fouvent du néceffaire, afin de profiter du
gain qu'ils peuvent faire : cette manière
de vivre les échauffe, & finit par les exténuer. C'eft ainfi qu'on voit périr aux iles
Jes deux tiers des Européens qui viennent
avec une pacotille médiocre; tandis que
l'autre tiers, c'eft-à-dire ceux qui ont
été élevés dès l'enfance à ce genre de fobriété & de fatigue, réuffit & fait fortune. Nous avons obfervé que la mifère,
le chagrin, l'ambition & la débauche faifoient périr aux iles beaucoup plus d'Européens que les fèvres du pays.
Trois chofes font à éviteraux iles pour
checeux qui voyagent tant à pied
val: le
foleil, la pluie &
ferein
1e
grand
du foir. Quoique le vent qu'il fait continuellement rende la chaleur fupportable,
cependart l'adtion immédiate du foleil eft
toujours plus forte qu'en France;! les fleurs
aprèsle lever du foleil n'ont plus d'odeur;
les coups de foleil très communs font
caufe qu'il fe fait des raréfactions fubites --- Page 43 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
dans les humeurs, qui déterminent des 37
vres
fie-
& d'infolation, des maux de - tête violens,
acides quiépuifent &
parles fueurs. Les boiffons
nade, le aftringentes jus de
> comme la limodel'eau & une
pomme de
d'acajou avec
les effets de la goute
rhum, modèrent
croyons
chaleur; mais ce que nous
de vin encore plus convenable, c'eft un
peu
avec beaucoup d'eau.
Il eft dangereux de fe laiffer mouiller
parla pluie en Amérique; c'eft
ment ce
les fièvres ordinaire- du
fur-tcut on laiffe fécher fur
pays. s
FER
&fon
foi fes habits
linge; ; & encore plus fi
froide, comme font les pluies c'eflunepluie
furviennent
d'orage, qui
après un foleil fort chaud &
quand on eft en fueur.
Il eft d'ulage dans le pays d'offrir
voyageurs qui ont effuyé cet
aux
un peu de rhum ou d'eau de événement,
coup réveille le
vie; ce petit
T'aéion des vaiffeaux, genre nerveux, relève
piration. Mais
& rétablit la tranfon fe met à fa quand volonté on a un bon parafol,
de la
à l'abri du foleil &
pluie.
Le tems où le foleil eftle
à
eft celui où il
plus craindre
paffe au zénith : il y
comme l'on fait, deux fois l'année paffe $
les tropiques & l'équateur. Les
entre
apoplexies
Ciij
petit
T'aéion des vaiffeaux, genre nerveux, relève
piration. Mais
& rétablit la tranfon fe met à fa quand volonté on a un bon parafol,
de la
à l'abri du foleil &
pluie.
Le tems où le foleil eftle
à
eft celui où il
plus craindre
paffe au zénith : il y
comme l'on fait, deux fois l'année paffe $
les tropiques & l'équateur. Les
entre
apoplexies
Ciij --- Page 44 ---
38 MOYENS DE CONSERVER
font alors communes ; elles font fanguines
fanguins, & féreufes
chezles tempéramens
talors
chezles autres: il faut par conféquent
beaucoup plus de ménagement.
Dans tous les pays chauds & humidesle
ferein du foir eft nuifible. L'humidité condenfée dans l'air par la fraicheur, les vade la terre
ne font plus dilatées
peurs
foleil, tendent & rela
ali
par
préfence
fur la
tombent vers la terre, s'appliquent elles
peau, la pénèrrent & la refferrent; ainfi
bouchent les pores, s & déterminent de la tranfles maladies que la fuppreffion
piration a coutume de produire. il réfulte néDe l'excès du travail,
ceffairement les mêmes inconvéniens
fur-tout fi
3UR
de celui de la marche, il échauffe les arriun travail en plein air:
vans & exténue les autres. Les premiers feconds
doivent beancoup fe rafraichir;les du vin &
doivent fe foutenir par Tufage
des analeptiques convenables.
& dont
Un autre genre de travail,
celui
l'abus eft encore auffi nuifible que
Il
du précédent 2 c'eft le travail d'efprit. & de
a aux iles beaucoup de fenfibilité
y tenfion dans les nerfs, mais peu de force.
L'étude, la fimple leure même eft fatià caufe de la chaleur. Ceux qui par
gante --- Page 45 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
état font obligés de s'en faire une Occu- 39
pation continuelle, font encore plus fujets
lettres, qu'en France aux maladies des gens de
trailles: 3 aux maladies du foie & des endies,
il faut, pour prévenir ces malaentreméler l'étude de beaucoup de
difipation : & la rendre le plus agréable
qu'ii eft poffible.
Celui qui étudie n'a pas toujours des
objets agréables dans
tout le monde fait combien Timagination font ; &
cieufes aux iles les peines d'efprit, perni- l'inquiétude & le chagrin. Les paffions font
font toujours d'autant plus fortes, que les nerfs
de Jeur plus force fenfibles; eltes agiflent en raifon
& de la difpofition
trouvent. Ces paffions qui, àr motifs qu'elles
affeGtent davantage l'homme d'étude égaux,
celuiquitravaille du corps ou
que
l'homme d'efprit que T'homme quis'amufe, ordinaire,
précipitent dans la mélancholie, & la mélancholie fait des progrès rapides aux iles.
Les paffions de l'ame influent toujours
beaucoup aux iles fur la fanté. Il eft
de voir les perfonnes gaies &
rare
être malades; mais il ne faut contentes
dant que cette gaieté de caraétère pas cepenà abufer des plaifirs. Nous n'avons porte
colère trés-dangereufe
vu la
que pour les arriCiv
,
précipitent dans la mélancholie, & la mélancholie fait des progrès rapides aux iles.
Les paffions de l'ame influent toujours
beaucoup aux iles fur la fanté. Il eft
de voir les perfonnes gaies &
rare
être malades; mais il ne faut contentes
dant que cette gaieté de caraétère pas cepenà abufer des plaifirs. Nous n'avons porte
colère trés-dangereufe
vu la
que pour les arriCiv --- Page 46 ---
MOYENS DE CONSERVER
40 vans. Ce n'eft pas cependant que nous les
penlions qu'elle foit fans danger chez
autres; : nous avons vu chez des Créoles & à
la colère déterminer au bas - ventre
la poitrine, des maladies inflammatoires L'ennui eft
dont ils ont été les viétimes. fur-tout aux iles
très-pernicieux par-tout
natureloù une monononiegenéraleyp defire porte fon pays,
lement. Celui quizennuie rebutant de l'endroit
ne voit plus que le humeurs fe ralentiffent
oû il fe trouve; les
forme fouvent des
& fe dépravent; il fe
vaiffeaux & au
concrétions dans les gros
dans
cceur, 8 les fujets finiffent par périr fuite
le marafme ou dans la bouffiffure,
de T'obftruation des vifcères.
Nous avons déja dit qu'on mangeoit excite
beaucoup aux iles; l'air falin & vify
Tappétit t: il faut cependant favoir fe rend modérer ; le relâchement de l'eftomac y celles
les indigeftions communes, fur-tout & les maude veau, 9 de porc & de tortuc, fréquentes.
vaifes digeftions encore plus
forCe font les mauvaifes digeftions dans 1: fuite
ment la faburre qui devient vermineufes fi
le principe des maladies
des fièvres
fréquentes dans tous les ages,&
putrides: Pour éviter ces maladies, il faut manger --- Page 47 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 41
modérément, boire à fes repas du vin
avec moitié eau, & prendre à la fin' un
doigt de vin pour donner un aiguillon à
l'eftomac.
Les vivres du pays ? quoique grofliers
& peu nouriffans, 2 & même les falaifons,
ne font
auffi mauvais qu'on fe l'imagine. Il Et cependant affaifonner les racines & le poiffon de mer, dont on fait
beaucoup d'ufage, avecdes chofes propres
à les faire digérer. Les falaifons & ces
ingrédiens peuvent bien rendre lalymphe
un peup plus âcre: mais comme'les couloirs
font toujours très-libres, > cette acrimonie
fe dépure
les fueurs & par les urines;
&, malgré Ne préjugé, nous n'avons pas
vu beaucoup de monde s'en trouver incommodé 9 & en général nous avons
vu le fcorbut, qu'on dit être produit par
ces alimens, beaucoup moins fréquent aux
âles qu'en France, quoique la plupart des
Américains prétendent l'avoir tous, &
qu'il fait partie de leur conftitution. On
prend aux iles pour fcorbut la fimple érofion des gencives, caufée par une falive
âcre, mais fans épulies ni pourriture, ni
aucun autre figne qui cara@érife le fcorbut.
A Saint - Domingue on appelle diarrhée
fcorbutique une forte de diarrhée le plus
, beaucoup moins fréquent aux
âles qu'en France, quoique la plupart des
Américains prétendent l'avoir tous, &
qu'il fait partie de leur conftitution. On
prend aux iles pour fcorbut la fimple érofion des gencives, caufée par une falive
âcre, mais fans épulies ni pourriture, ni
aucun autre figne qui cara@érife le fcorbut.
A Saint - Domingue on appelle diarrhée
fcorbutique une forte de diarrhée le plus --- Page 48 ---
42 MOYENS DE CONSERVER
fouvent mortelle, qui attaque les Nègres,
&qui eft l'effet de la langucur & du marafme. Enfin un dernier abus dont on ne fe
doute pas s & qui eft auffi fort nuifible, eft
c'eft l'abus des précautions: cet abus
celui des perfonnes raifonnables & fenfées
qui, préférant de conferver leur fanté à
fatisfaire leurs plaifirs, ont écouté, & fuivent trop à la lettre, les avis que leur
ont donnés,avant de partirde France, I
ceux
qui ne connoiffent pas le pays; & font qui
croient que, 2 parce que les Antilles
fous la zone torride 2 I tout y, eft bouillant, que le fang bout dans les veines,
qu'on doit être décidément vigtime du
climat, fansles plus grandes précautions,
& fi on ne fe rafraichit exceffivement de
& pendant long-tems ; qui confeillent faite
défemplir les vaiffeaux par la faignée
interdifent T'ufage dui vin
en arrivant, qui
fortifier, & qui
& de tout ce qui peut
de limoconfeillent beaucoup de bains,
nade, & de boiffons rafraichiffantes. Puifdifent-ils, la nature n'a pas mis de
que,,
brûlantes, il n'y
vin dans ces contrées
mis au coneft
néceffaire; elle y a
satet beaucoup de citrons & d'oranges,
le remèdeà côté du mal: mais
elle a placé --- Page 49 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
ils ne font pas attention que la canelle 43
& les autres aromates échauffans
vent aufi; ils ne font
s'y trouplus que le climat a beau pas attention être
non
qu'il
chaud,
finiffent elidempérience que les tempéramens
par devenir languiflans &
& que le régime qu'ils confeillent froids,
s'étendre
ne peut
que jufqu'à un certain point.
Ceux en effet idonnent dans cet
évitent à la Rendie les maladies
abus,
toires & de raréfaction,
inflammanairement les autres
caufent ordichez ceux
Cadie
arrivent; mais le fréquent ufage des Aat
domeftiques & tièdes fur-tout, celui des
limonades & autres boiffons
dent point à détruire l'aGtion acides, de
ne tarils n'ont pas d'indigeftions
l'eflomac:
qu'ils fe ménagent; mais les marquées, parce
viennent mauvaifes, la faburre digeftions de-
& au bout de trois ou
mois s'amaffe,
déclare une fièvre
quatre
il fe
putride.
Nous réfumons des
& des
faits que nous venons d'avancer, principes
conferver fa fanté aux iles, il faut que d'abord pour
choifir le lieu le plus fain autant
eft
poffible;
qu'il
c'eft-à-dire, un lieu où
ne foit point arrêté d0e ou
le vent
la chaleur ne foit 9 fi par conféquent
fort
pas grande, qui foit
fec, pas
cloigné de la mer, & qui ne
.
Nous réfumons des
& des
faits que nous venons d'avancer, principes
conferver fa fanté aux iles, il faut que d'abord pour
choifir le lieu le plus fain autant
eft
poffible;
qu'il
c'eft-à-dire, un lieu où
ne foit point arrêté d0e ou
le vent
la chaleur ne foit 9 fi par conféquent
fort
pas grande, qui foit
fec, pas
cloigné de la mer, & qui ne --- Page 50 ---
44 : MOYENS DE CONSERVER
foit
voifin des paletuviers ni des mapas fe tranquillifer & fe rafraichir en
récages:
fans donner cependant dans
débarquant,
dont nous venons
T'excès de précautions
verres.
de parler; de tems à autre quelques
d'orangeade avec l'orange amère ou aigre;
bains dans une rivière bien couquelques lante, bien nette & bien pure, , fans néanmoins s'en faire une habitude: éviter tous
les excès dont nous avons parlé: : fert ne
fortir jamais qu'avec un parafol qui
le foleil ou pour la pluie; ne point
pour
le ferein du foir;
refter dehors pendant heure, & fe lever
fe coucher de bonne
de la fraiavant le foleil, afin de profiter
cheur & de la falubrité de l'air du matin:
fe
ne point dene point trop
fatiguer,
meurer non plus dans TinaBtion;fesercice aux
modéré du cheval eft très-falutaire de
iles: éviter de fe mouiller, & changer la
auffitôt qu'on a été trempé par
linge
la
les habitans aux
pluie ou
fueur;
du linge
îles font dos l'ufage de préfenter ils font
arrivent, quand
aux étrangers qui
& l'efmouillés: fe tenir le corps propre éviter
prit gai le plus qu'il eft pofible; affections triftes
les pallions, fur-tout les
d'efde Y'ame,, les trop fortes contentions les évéprit; favoir fe réfigner & prendre --- Page 51 ---
LAS SANTÉ DES BLANCS, &c.
nemens comme ils
dérément, & ce qui viennent: fait le : manger moufer enfin de
plus de plaifir:
& être modéré toutcequ'il eft permis d'ufer,
fur tout. Ce font là les
règles de conduite que nous avons à
ner pour conferver fa fanté dans fon inté- dongrité.
Il eft d'ufage aux fles de fe vêtir
à la légère, & d'être
trèspetite vefte de toile de prefque toujours en
nière de fe
coton. Cette mafe
de mettre, qui échauffe moins &
charge
moins d'eau
expofé a la
quand on eft
vénient
pluic, les
a cependant un incon-
& dont la pour
Européens quiarrivent,
tumée
peau n'eft pas encore accouaux impreflions du foleil.
ces vêtemens foient blancs les Quoique
paffent encore à travers, & s font rayons
Cas
dans le
d'un d'incommoder, fi on n'eft pas muni
parafol. C'eft pourquoi nous
qu'il convient, fans fe
de croyons
mens inutiles &
charger
vêtepas fe mettre fi fort incommodes, à la
2 de ne
arrivant. D'ailleurs,
légère dès en
quoiqu'on foit
vêtu, on eft bientôt couvert de peu
peu quel'on s'exerce: : fi on
fueur
Rone à un vent frais,
paffe enjours dès
l'on ceffe comie de il arrivetoufueur qui 9ete refroidit
fe remuer, la
glace la peau. Il y
de croyons
mens inutiles &
charger
vêtepas fe mettre fi fort incommodes, à la
2 de ne
arrivant. D'ailleurs,
légère dès en
quoiqu'on foit
vêtu, on eft bientôt couvert de peu
peu quel'on s'exerce: : fi on
fueur
Rone à un vent frais,
paffe enjours dès
l'on ceffe comie de il arrivetoufueur qui 9ete refroidit
fe remuer, la
glace la peau. Il y --- Page 52 ---
46 MOYENS DE CONSERVER
a des perfonnes prudentes qui, pour éviter ces fortes de refroidiffemens, & les
maladies qui en font les fuites, 2 portent
fous leur chemife un gilet de ferge qui
boit la fueur, & la conferve dans une forte
d'état de vapeurs qui n'a pas le même inconvénient que quand elle eft ramaffée en
eau. La chaleur qu'il fait aux iles engage à
coucher prefque nuds. Les lits de plume
font exclus : on fe fert de matelas de
coton qui font durs, mais frais; on couche
auffi dans des hamacs. Nous avons obfervé
que l'habitude où l'on eft aux iles de fe
tenir le jour dans des hamacs interrompt
les digeftions, 2 les rend mauvaifes, & par
cette raifon paroit être une caufe de maladie, & fur-tout d'obftruétions qui proviennent prefque toujours primitivement
d'un vice de l'efiomac. --- Page 53 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
DES Caufes des Maladies, 6 des
Moyens de les éviter.
Stl foibleffe du
tempérament ou la
faglishumaineadija faiteéderauxcaufes
extérieures dont nous avons parlé, alors
il doit exifter dans les folides ou dans les
fluides un vice qui dérangela fanté, foit
que le fujet s'en apperçoive, foit qu'il ne
s'en apperçoive pas encore.
Il n'eft point entré dans notre
traiter des maladies
plan de
lement
organiques, mais feudesindifpolitions qui mènent à ces
maladies, des maladies
principes des maladies. fimples, Nous
ou des
imprimé à la Guadeloupe I'Hiftoire avons déja
pays 2 & nous avons donné nos
du
tions à ce fujet beaucoup
obfervaà la Société Royale de Médecine, plus en détail
Nous avons vu ci-devant quel'effet des
caufes extérieures tendoit au relâchement des folides, à l'affoibliflement des
organes,&
nousTspauraifemer(fe on veut
paffer ce terme) du fang & des
humeurs.
Nous avons vu auffi que les
caufes conjointes des maladies, principales & qui dé-
& nous avons donné nos
du
tions à ce fujet beaucoup
obfervaà la Société Royale de Médecine, plus en détail
Nous avons vu ci-devant quel'effet des
caufes extérieures tendoit au relâchement des folides, à l'affoibliflement des
organes,&
nousTspauraifemer(fe on veut
paffer ce terme) du fang & des
humeurs.
Nous avons vu auffi que les
caufes conjointes des maladies, principales & qui dé- --- Page 54 ---
48 MOYENS DE CONSERVER
rivent des premières, étoient la faburre
de T'eftomac, les matières vermineufes &
putrides, la propenfion àla fonte bilieufe,
lalenteur &lépaillifement de lalymphe,
fon acrimonie, & fouvent Tépuifement
du fuc nourricier : que. chez les arrivans
c'étoit la raréfaction & l'inflammation du
fang qu'on avoit à combattre , quand on
Tavoit point
l'exaltation de
ne
prévenue, fubit des forces.
la bile, & lépuifement
de maladies
Tant que ces principes
bien ne
demeurent ifolés, l'homme peut
pas fe trouver dans fon affiette naturelle:
mais néanmoins les fonétions fe font toujours ; & fi la fanté n'eft point parfaite,
au moins la maladie ne fe déclare pas.li
faut pour cela qu'une autre caufe, un embarras dans une partie, 2 un mouvement
extraordinaire dans - le fang vienne achever
de troubler l'ordre, & produire un dérannotable dans les fonêions : fougement
ce défordre arrive,
vent même, avant que
la nature feule en détruit le germe.
On doit donc éviter tout ce qui peut
les
accroître ces mauvaifes difpofitions,,
accumuler ou les mettre en jeu ; c'eftà-dire, changer de régime & de manière
de vivre, éviter les excès en tout, & ne
point --- Page 55 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, 8c. 49
points'expofer à la fuppreflion des évacuations de la
Ceuxqui Botnd nés dansle pays, ou quiy
font habitués, prévoient les maladies de
plus loin, 2 parce qu'elles font moins vives
d'abord, & queles caufes n'en fontpas aufi
foudroyantes chez eux que chez les arrivans.
Chez les premiers 2 c'eft un vice
altère infenfiblement les folides & 9e
fluides; chez les derniers,, la maladie
nait pour ainfi dire de l'excès de fanté,
d'un lang'trop abondant, trop louable &
trop travaillé, de l'agion trop forte des
organes, difpofitions qui déterminent ordinairement les maladies fans beaucoup
d'avant-coureurs : ce font le plus fouvent
des hémorrhagies, desépanchemens fanguins, des inflammations vives, foit particulières, foit générales, qui fe décident
tout-à-coup.
Mais ces maladies qui font l'effet de
la pléthore vraie, ne font pas communes
aux iles, même chez les arrivans, parce
que la'traverfée qui a échauffé le fang, 2
nel'a pas toujours rendu ni plus abondant
ni plus louable. Les plus communes &
Ies plus à craindre chezles arrivans, 3 font
celles qui proviennent de la raréfadion
D
, foit générales, qui fe décident
tout-à-coup.
Mais ces maladies qui font l'effet de
la pléthore vraie, ne font pas communes
aux iles, même chez les arrivans, parce
que la'traverfée qui a échauffé le fang, 2
nel'a pas toujours rendu ni plus abondant
ni plus louable. Les plus communes &
Ies plus à craindre chezles arrivans, 3 font
celles qui proviennent de la raréfadion
D --- Page 56 ---
50 MOYENS DE CONSERVER
du
ou d'une fauffé pléthore que
l'abus NrgA plaifirs détermine.
Ces maladies qui ne fe prévoient pas
de fort loin, comme font celles qui proviennent d'un vice formé à la' longue, 2 ont
malgré cela quelques fignes avant-coureurs.
Un homme 2 après s'être diverti, ne
pas être tranquille fur fa fanté, quand
RAS fe trouve fatigué, échauffé & affoibli,
lorfqu'il reffent des picotemens par tout
le corps, une ardeur brûlante dans l'intérieur, & une agitation qui ne luipermet
de prendre du repos; qu'il a des maux
Ber tête; que fon teint & toute fa peau s'enflamment : fans être médecin, il craint
une fièvre inflammatoire, 2 & fent luimême la néceffité de recourir aux bains
& à tout ce qui peut calmer l'agitation de
fon fang; mais fouvent il eft trop tard,
& la maladie fe déclare avant qu'il ait eu
le tems d'en affoiblir la caufe.
Ces fignes annoncent toujours un fang
âcre & échauffé, 2 dépouillé d'une partie
de fon véhicule, 2 & circulant irrégulièrement, une perte de'la force mufculaire, 2
& une grande.agitation dans les nerfs : une
augmentation dans cet état, ou la moindre
des scaufes déterminantes, comme unefup- --- Page 57 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
prelfion de
5T
fe forme, décide tranfpiration, la
un embarras qui
maladie.
Les bains froids font ce
plus indiqué
y a de
pour tempérer 3c0
calmer
chaleur, 3
le
Tagitation nerveufe, &
ton. Mais quand les humeurs rappeler
tragé un certain
ont conque l'eftomac eft pefa de d'acrimonie faburre
2 ou
riencea apprendqu'ils
,l'expé-
& que fouventle
déterminentla fièvre,
le bain.
premier accès prend dans
Une petite faignée détend &
rend la circulation plus libre & relâche,
gulière ; mais nous avons vu auffi plus réquand la maladie étoit trop
la déterminoit. Ces
proche, ac
employer
moyens font bons à
n'ell
quand la difpofition à Ia maladie
Ce pas encore pouffée trop loin.
fans crainte qu'on Beue employer en tout tems, 2
mens d'eau
révolution, font les lavefroide, les boiffons
rantes, 2 aigrelettes
tempéaigre, la limonade 2 comme T'orangeada
cuite, & celles
préparer avec tous les fruits qu'ox
S
pays, infufés & exprimés à froid aigrelets dans
l'eau, & auxquels on ajoute un
nitre purifié; ou bien l'eau der veau ou peu de
de poulet acidulée.
celle
Quandles nerfs font dans une agitation
Dij ?.
lavefroide, les boiffons
rantes, 2 aigrelettes
tempéaigre, la limonade 2 comme T'orangeada
cuite, & celles
préparer avec tous les fruits qu'ox
S
pays, infufés & exprimés à froid aigrelets dans
l'eau, & auxquels on ajoute un
nitre purifié; ou bien l'eau der veau ou peu de
de poulet acidulée.
celle
Quandles nerfs font dans une agitation
Dij ?. --- Page 58 ---
MOYENS DE CONSERVER
excellive, 52
8c telle que le malade ne puiffe
avoir de repos, les bains d'eau & de lait
convenir
dégourdis font ce qui pourroient
le mieux.
éviter les bains de
1l faut dans ces cas
de
mer dont la propriété eft de difcuter', d'afortifier & d'échauffer; mais non pas
doucir, ni de rafraichir. Quand la chaleur
8 la foibleffe font confidérables, il convient d'aciduler les bains avec le jus'de
bains ainfi acidulés calment & .
citron : ces
& rendent la cirrafraichiffent davantage,
Nous
culation plus douce 8c plus régulière.
de
avons vu dans les diverfes efpèces
du
dont les unes
fièvres putrides
pays, froides, le jus
font chaudes & les autres
de citron calmer la chaleur dans les unes,
& la rappeler dans les autres, & généralement rendre le pouls plus régulier.
la mollefle du tempéOn connoit que
caufe de maladie,
rament elt devenue
au-delà
c'eft-à-dire, qu'elle eft pouffée
fanté
de ce qu'elle doit être pour que la devient
fe conferve 2 quand la paleur
fe
morte 8c plàtreufe; quand à cette pâleur fe
joint la bouffiffure; quand la perfonne
trouve dans une foibleffe accablante qui
lui rend à charge toute efpèce d'exercice. ne
Si cet état continue, les fonaions, qui --- Page 59 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
fe font plus que
pas a
& lentement, ne tardent
s'altérer,
on voit bientôt desindigeftions fréquentes, des digeflions difficiles & mauvaifes, des embarras dans les
vifcères : la cachexie & la
féreufe dans les humeurs font décompofition une
de cet état.
fuite
Les moyens de remédier à cette molleffe font le changement d'air, s'éloigner de Phumidité & de la chaleur; chercher un air plus vif, 'un exercice
une nourriture sèche & en même inodéré,
fucculente, boire de bon vin
tems
& lel boire pur à la fin du repas. modérément, Nous
obfervé qu'un petit verre de bon vin avons de
Rota, de Malaga ou d'Alicante
mieux à la fin du repas,
9 valoit
quantité de vin ordinaire, qu'uneplus fur-tout grande
il eft
quand
l'eftomac, médiocre, 9 parce que, dans ces cas, 9
quia befoin d'être
l'eft pas affez par une petite réchauffé, ne
vin
quantité de
ordinaire, 9 & qu'une plus
tité donne fouvent des
grande
aigreurs
noncent
ne
Nous
pas que l'eflomac fe
avons vu
ELIE
alors de bons effets d'un
peu d'eau de vie prife avec du fucre, à
jeun, élixirs & après le repas ; ainfi que des
ftomachiques, comme celui de
sus & autres. Nous avons guéri
Gabeaucoup
D iij
réchauffé, ne
vin
quantité de
ordinaire, 9 & qu'une plus
tité donne fouvent des
grande
aigreurs
noncent
ne
Nous
pas que l'eflomac fe
avons vu
ELIE
alors de bons effets d'un
peu d'eau de vie prife avec du fucre, à
jeun, élixirs & après le repas ; ainfi que des
ftomachiques, comme celui de
sus & autres. Nous avons guéri
Gabeaucoup
D iij --- Page 60 ---
MOYENS DI E CONSERVER
d'obftructions 54
entretenues par le relâcheen faifant faire ufage à
ment del'eftomac, derhum avecdufirop.
nos malades d'un peu
tenfiondans
On connoitune trop grande
la
les Sagretntrnl
molléffe dont nous venons de parler; parce
Aintafeacerdencmnent
queles perfonnes contra@tent un tempéraplus fenfibles,
s'affeétent de
ment vaporeux 8 trifte, toujours tout en
tout 2 & voient prefque chofe
pouls,
noir. La moindre
dérangeleur fans auqui devient fouvent intermittent fur-tout fi c'eft
cunes caufes apparentes, 2 la fenfibilité nerle chagrin quia augmenté à des
veufe. Elles font fujettes
dans palpitations le tems
& à des défaillances, fur-tout difficilement,
des chaleurs. Elles digèrent & des tenfons dans
ont des borborygmes
fouvent de
le bas-ventre, 2 accompagnés & fouvent d'un
points en diverfes parties, dans les
inengouement de matières
des gros malasellins, qui en impofent pour des tremblediesdu foie.Ily a quelquefois & de la tête, avec une
mens de membres
cet
iles fous le nom de
EfERCAAeEE
état, qu'on connoit aux &
eft affez comdéfaillance d'eftomac, qui
fecs
mun, fur-tout chez les tempéramens fans
& bilieux ou pituiteux, maigriffent --- Page 61 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
beaucoup fouffrir, & fondent à vue d'ceil. 55
L'exercice modéré convient dans cet
état; un air nit trop fec ni trop humide,
mais qui foit vif8c frais; beaucoup de diffipation; la fociété; les bains froids à la
rivière dans. une eau bieu courante; les
lavemens d'eau froide & les
dont nous avons confeillé fomachiques dans le
cas précédent, à l'exception Fulage des
liqueurs
Durement/fpisitucules, dans le
qui feroient encore
cas de porter le trouble dans le
du fyitème nerveux. J'aivu de fort bons effets
vin de Malaga & de l'ile de
ayant été dans le cas de faire cette Palme, obfer- 2
vation fur moi-même.
Quand le fang & les humeurs
en partie crues, & que leurs molécules refftent
tendent conftamment à fe défunir faute
d'une alion organique fuffifante dans les
vaiffeaux; que la partie lymphatique ef
lente, , épaiffe & muqueufe; & que le
malgré la diffolution féreufe dans fang, 1
il fe
laquelle
trouve, paroît d'abord noirâtre &
boueux dans les veines, caufe del la foibleffe de la circulation, & enfuite, au bout
d'un certain tems de cette difpofition trèsprochaine à maladie, clair fans confifflance, & femblable au vin clairet, comme
il eft chez les Nègres attaqués de l'efpèce
muqueufe; & que le
malgré la diffolution féreufe dans fang, 1
il fe
laquelle
trouve, paroît d'abord noirâtre &
boueux dans les veines, caufe del la foibleffe de la circulation, & enfuite, au bout
d'un certain tems de cette difpofition trèsprochaine à maladie, clair fans confifflance, & femblable au vin clairet, comme
il eft chez les Nègres attaqués de l'efpèce --- Page 62 ---
56 MOYENS DE CONSERVER
demaladie de diffolution appelée mal d'eftomac; quand les humeurs font enfin tombées dans cet état connu dans le pays fous
eft une forte
le nom d'apauvriffement, qui
de cachexie: on a à craindre Thydropifie,
les obfructions de la rate, les diarrhées
féreufes qui fouvent ne finiffent qu'avec
la mort, les apoplexies féreufes, & enfin
le mal d'eftomac.
Ce vice vient chez les femmes de lafuppreffion des menftrues : chez les hommes,
c'eft ordinairement du chagrin, de la mifère, de l'excès du travail & de l'ennui.
Il eft facile de reconnoître une perfonne
tombée dans cet état, à lap pileur,àl la moldu couleffedes chairs, alanéantiffement
& fouventàlal bouffiffure des pieds &
rage, du vifage; à la pâleur de toutes les parties
de la bouche : elle a quelquefois des envies
fantafques pour manger certaines chofes
mauvaifes. Quand cet état eft pouffé ueR
loin, il eft fans reffources 2 parce que
molleffe des parties entretient la mauvaife
conftitution des fucs, & la mauvaife conftitution des fucs la molleffe des parties.
Ce font les mêmes moyens à employer
contre le relâchement, à la réferve
qe: bains froids. Il convient d'évacuer la
furabondance deshumeurs crues & féreufes --- Page 63 ---
LASANTÉ DES BLANCS &c.
svecleshydinagogues, en même tems
augmente le ton
les cordiaux qu'on & les
fomachiques :le ler. eft un
mède dans les cas de diffolution. excellent reà Le fang a une difpofition
fe changer en bile, quand particulière le fond du
tempérament eft naturellement bilieux
quand le chagrin affeéte un
;
fanguin, & qui ufe de bons tempérament
fur-tout; ou lorfque la chaleur alimens, &
gras
dité agiffent de concert fur ce même T'humipérament:c'eft enfin le plus fouvent temiles une fuite du relâchement des
aux
& de l'abus des purgatifs. Dans les organes, hèvres
jaunes, tère, c'eft ou qui tiennent au même caracl'effet des miafmes particuliers
quiinfedent le fang; mais ceci eft un état
dans purement pathologique qui n'entre
notre Traité.
point
On connoît aifément que le
fe
charge de matières
fang
leur
bilieufes, par la ccujaune ou terne que prend le fujet,
tion parce qu'ils'en fait une; plus grande excréhuméur par les premières voies, que cette
foiblitl'action regorge fouvent, dérange & afLa bouche des organes de la digeflion.
les
devient amère & échauffée;
& yeux font jaunes; le vifage eft
jaunêtre; ; on fe trouve dans une efpèce rouge
aifément que le
fe
charge de matières
fang
leur
bilieufes, par la ccujaune ou terne que prend le fujet,
tion parce qu'ils'en fait une; plus grande excréhuméur par les premières voies, que cette
foiblitl'action regorge fouvent, dérange & afLa bouche des organes de la digeflion.
les
devient amère & échauffée;
& yeux font jaunes; le vifage eft
jaunêtre; ; on fe trouve dans une efpèce rouge --- Page 64 ---
58 MOYENS DE CONSERVER
de mal-aife avec foif& dégoût; ;on a quelquefois des friffons, des envies de vomir,
& même des vomiffemens bilieux. C'eft
fièvres
ainfi que commpnecmntemagintnlile les faifons chaudes & hubilieufes dans
mides.
alors cet
Bien des perfonnes regardent
état comme une marque d'échauffement,
& prennent un bain froid. La répercuffion de
qu'il caufe ne manque prefque eft de jamais même
déterminer la fièvre. Il en
la bile eft déja en
des purgatifs, quand
quantité. Tout ce
peut
trop grande
la fièvre déclare,
en
Eata
faire
attendant que
rec'eft de garder en bon air le plus grand
de Taire diète, de prendre beaucoup
pos,
&laxatives: des
de boiffons rafraichiffantes
la limonade
tifannes de tamarins, de caffe,
de vicuite, de l'eau d'orge avec un REIO fontles
naigre, ou dela crêmederartre,
remèdes qui conviennent.
& ces
Quand, malgré ces précautions
enmoyens, la fièvre fe déclare, on peut
bile n'eft pas jointeà une
core, lorfquela inflammatoire dans le fang,
difpofition
(laquelle eft affez rare fi ce fontdes fujets
long-tems aux iles,
nés ou habitués depuis
n'ait pas été
& que la faifon précédente
exceflivement sèche), quandlalanguen'el --- Page 65 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c
pas d'abord enflammée, & que cette fèvre 59
Helemursguhangmitemse tierceoudoubletierce: onpeut, dis-je, ilfaurmèmeaufftôt, & avant qu'elle ait pris un caradère,
c'efi-àdire, qu'ellefoit tdevenue
ce qui arrive rarement avant le continue,
profiter du tems
s.jour, s
core
quelerétimenteipsse faire vomir
endécidé,pour
avec
ment, appliquer les vélicatoires, ménage- &
prendre da
faire
la fiévre eft arrêtée: quinquina; on purge après que
parcette méthode, on
pourra le plus fouvent prévenir des fièvres
putrides malignes, ,longues & très-dangereufes. Nous ne parlerons point de ces ne-
"NCTomtaaat On
trouvera extraordinaire que nous
prefcrivions bilieufe
du quinquina dans une fièvre
avant d'avoir purgé; tandis
l'expérience
que
adminiftré apprend, 2
le quinquina
la
ainli, quand T5 y. a encore de
faburre, , change la fièvre intermittente
en fièvre continue, fans qu'on
favoir comment. Mais
puiffe trop
a appris auffi que cette méthode l'expérience réuffiffoit nous
aux iles dans les cas que nous avons déterminés. Il y a apparence que l'iffue
donne aux humeurs par les véficatoires, qu'on
dépure la maffe de la portion altérée
le quinquina ; fouvent même on fe dif- par
penfe de faire vomir,
encore de
faburre, , change la fièvre intermittente
en fièvre continue, fans qu'on
favoir comment. Mais
puiffe trop
a appris auffi que cette méthode l'expérience réuffiffoit nous
aux iles dans les cas que nous avons déterminés. Il y a apparence que l'iffue
donne aux humeurs par les véficatoires, qu'on
dépure la maffe de la portion altérée
le quinquina ; fouvent même on fe dif- par
penfe de faire vomir, --- Page 66 ---
60 MOYENS DE CONSERVER
L'expérience apprend encore d'ailleurs,
exifte aux iles, & fouvent en Europe,
efpèces de fièvres tres-dangereufes,
qu'on ne parvient à guérir qu'en adminifd'abord le
à très - haute
trant
quinquina dela route ordinaire.
dofe, & en s'écartant
& cardialTellesfontles fièvres fyncopales
giques.
obfervé
dans les cas où
Nous avons
que
les fontes bilieufes venoient de beaucoup
de fenfibilité dans les nerfs de l'eftomac
fur-tout, & de laperte du ton des vifcères,
la
de males purgatifs, que vomiffoient quantité les matières bilieufes que
étoient pernilades fembloient indiquer, la maladie ; tandis
cieux, & entretenoient
cordiaux donque le quinquina joint aux
fouvent,
nés à petites dofes, & répétés
arrêtoit les évacuations. Nous en avons à
qu'on a mife
vu périr par l'opiniatreté les purger. Nous en
vouloir conftamment
avons vu d'autres qui ne pouvoient plus
rien pren dre, &
vomiffoient des quantités éto nnantes matières bilieufes, au
point de faire craindre pourla vie chaque
foisqu'il ls prenoient une cuillerée de dans bouil- la
lon, fe trouver hors de cet état
même journée que nous leur faifions cuillerée avaler de. tems en tems une demi- --- Page 67 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 61
de bon vin de quinquina aromatifé avec
la canelle.
Dans l'extrême chaleur & l'extrême féchereffe, la bile devient exaltée, sèche, 2
rougeâtre & volatile; elle détermine fouvent, dans les lieux fecs &c chauds fur-tout,
des inflammations au foie qui font fort à
craindre, des fièvres de nature érylipélateufe, - ayant, 2 à caufe de Térétilme, quelque chofe quiles fait reffembler au caufus,
mais qui ne font ordinairement ni longues
ni dangereufes : ce font les fièvres dejuillet. On connoit cet état de la.bile, par
une chaleur plus grande / dans tout lecorps,
des picotemens. 3 l'altération, la rougeur @
& la féchereffe de la langue; ; les yeux deviennent rouges & jaunes en même tems.
Les lavemens à l'eau froide conviennent
beaucoup alors 1 : il faut de la' tranquillité,
des bains, 2 des boiffons froides & acides,
T'ufage des fruits acides du pays, du coroffol, del l'acajou & des grenadines ; manger
moins qu'à l'ordinaire.
Quand les orages amèneot des pluies
qui viennentjoindre l'humidité dla grande
chaleur, les humeurs deviennent moins
sèches; la bile eft plus jaune ou plus verdâtre, moins chaude & moinsexalrée, mais
plus difpoféc à la pourriture : les maladies
froides & acides,
T'ufage des fruits acides du pays, du coroffol, del l'acajou & des grenadines ; manger
moins qu'à l'ordinaire.
Quand les orages amèneot des pluies
qui viennentjoindre l'humidité dla grande
chaleur, les humeurs deviennent moins
sèches; la bile eft plus jaune ou plus verdâtre, moins chaude & moinsexalrée, mais
plus difpoféc à la pourriture : les maladies --- Page 68 ---
62 MOYENS DE CONSERVER
cette humeur font moins at'a
que produit
& plus dangereufes
dentes, plus longues précédente, parce
que dansla température
& tendent à
qu'elles font plus putrides,
une plus grande malignité. amaffent cette
Le teint de ceux qui
& n'eft
efpèce de bile devient plus jaune, faifon
auffi enflammé que dans la
prèpas
devient jaune & l'apcédente; diminue lalangue ; il fe déclare quelquefois
pétit
de matières bilieufes qui
un dévoiement la maladie. Ceux qui iont des cauprévient!
font rarement attaqués de
tères établis, bilieufes, moins
la fupces maladies
ne s'arrête ou ne
imadict
puration. Quand les fignes qui annoncent l'augmentation de la bile fer manifeftent, il convient del'évacuer; mais il vaut mieux
lâchent
Ruc
ce foit par des minoratifs qui
le foie,
plement le ventre & dégagent iirritent
que par des purgatifs plus forts qui chercher à
& font des révolutions. Il faut matières
s'oppofer à la produétion de ces
bilieufes, en foutenant leton des organes,
& en ufant de bon vin trempé d'éau. & des
Dans F'arrière-faifon des pluies
chaleurs, lorfque Phumidité agit depuis
furles humeurs,leur propenfion
long-tems versla bile eft encore plus grande - 2 & cette --- Page 69 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 63
humeur devientbeaucoup plusputride; les
maladiesqui en dépendent deviennent auffi
très fréquentes, & fe terminent plus tard;
le danger augmente toujours à mefure
qu'on s'avance dans la faifon des pluies.
Onfep préferve fouventdes fièvres bilieufes
de cette faifon, en faifant ufage tous les
matins d'un
de vin de quinquina,
détruit le Yaria fébrile à mefure qu'il qui fe
forme, & qui empêche la formation des
matières bilieufes. On fait auffi une efpèce
d'élixir fébrifuge qu'on prépare avec le
rhum & le quinquina qu'ony fait infufer: 1
ces remèdes préfervatifs font néceffaires
dans les quartiers bas & humides,
des paletuviers,oh les fièvres bilieufes près font
toujours très-fréquentes.
Quand le tems fe rafraichit, 9 que les
matinées &les foirées deviennentfiraiches,
& que les pluies continuent, c'eft-à-dire
depuis novembre jufqu'à la fin de décembre,la bile eft toujours trés-abondante,
fon acrimonie
augmente, 5 ainfi que fa
propenfion à la putréfadtion; mais elle eft
encore moins chaude & moins volatile
fa chaleur eft tempérée par la piruite
domine auffi. Les maladies pituireufes dut
fréquentes;les fièvres tiennentducaradière
catarrhal &c bilieux, elles font beaucoup
eft-à-dire
depuis novembre jufqu'à la fin de décembre,la bile eft toujours trés-abondante,
fon acrimonie
augmente, 5 ainfi que fa
propenfion à la putréfadtion; mais elle eft
encore moins chaude & moins volatile
fa chaleur eft tempérée par la piruite
domine auffi. Les maladies pituireufes dut
fréquentes;les fièvres tiennentducaradière
catarrhal &c bilieux, elles font beaucoup --- Page 70 ---
64 MOYENS DE CONSERVER
elles prennent un caractère
pluslongues;e tard, vers le feptième jour:1 l'iaère 2
plus
danscelles des faifons préquis'annonçoir
cédentes au feptième jour, quelquefois furlafin de
avant, ne vient abfolument les malades que
reftent
lamalidieyquelguelois
la fin.
toujours blancs & pâles jufqu'à la bile foit d'aQuoique dans cette faifon active
bord mois chaude & moins
quedans des
les faifons précédentes, dans le cours beaumaladiesellecontra@er uneacrimonie
plus infigne, prend dans beaucoup
coup
d'un verd
de cas une couleur arugineufe, touche.
bleuâtre, & brûle tout ce qu'elle être très-réC'eft dans ces cas qu'il faut svomitifs; c'eft à
fervé furles purgatihscless
vue
la fuite de cest remèdes quenousl'avons même
prendre cette nature, quelquefois des coliques moren fanté, & déterminer bien fe
d'évatelles. Il faut donc
cette garder bile, c'eftcuer, quand on foupçonne dans cette faifon
à-dire, quand le fujet
en fort; que
eft dans le chagrin, ou irritation qu'il
confidéles nerfs fent dans une
fans que
rable; qu'il y a des vomiffemens, des
cela il paroiffe fur la langue
fignes
pour de faburre; qu'ily ya descoliques d'eftomac,
& qu'on voit régnerl les maladies dépendantes de cette forte de bile. Il faut employer
beaucoup --- Page 71 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 65
beaucoup du
d'acides, & entretenir la liberré
voies bas-ventre. La faburre des premièrcs
indique naturellement la
cependant il feroit
purgation,
ger dans les cas dont itsimprnadenrdepud nous
y a toujours un échauffement parlons, ou il
Quoique dans
confidérable,
Cas ordinaires les prefque tous les autres
purgatifs & les vomitifs
plus foiblement qu'en
CCCE du relâchement
Europe, en
naturel de la
cependant nous avons vu
de fibre,
fonnes périr
l'effet des beaucoup
vomitifs
purgatifs & PAta
mal à
notnes
ces fortes de cas, il en eft réfulré propos. des Dans
flammationsdel
intôt fuiviesde gangrène. henteatpaénisanties Nous
accidens arriver notamment far avons vu ces.
médecins & chinurgiensqui,
plufieurs
par les fuccès & le
trop enhardis
des vomitifs & des
peu d'inconvéniens
dies des Negres, s'éroient purgatifs dansles malales remèdes qu'ilss'étoient. Lempotonnéspar
prudemment. Il convient adminiftrésimd'attendre & de s'en tenir beaucoup; à des boiffons mieux
tempérantes 9 aigrelettes &
ventre: : telle eft une légère eau qui lâchent
de tamarins, la tifane de feuilles decaffe de &
néficier s à laquelle on ajoute le fuc cacitron ou d'orange aigre, de l'eau de véau de
E
les malales remèdes qu'ilss'étoient. Lempotonnéspar
prudemment. Il convient adminiftrésimd'attendre & de s'en tenir beaucoup; à des boiffons mieux
tempérantes 9 aigrelettes &
ventre: : telle eft une légère eau qui lâchent
de tamarins, la tifane de feuilles decaffe de &
néficier s à laquelle on ajoute le fuc cacitron ou d'orange aigre, de l'eau de véau de
E --- Page 72 ---
66 MOYENS DE CONSERVER
dans laquelle on fait fondre de la crême
de tartre. D'ailleurs, quand la chaleur des
entrailles. entretient la. faburre des pre
mieresvoies, lesr rmfakhuitamndsermisenr
ordinairement par. eux-mêmes une
diarrhée falutaire & quelquefois
TAHE
Les matièresv vermineufes, &les versdans
les inteftins, fe rencontrent très-fréquem2l ment aux iles, & font fouvent la caufe
déterminante, des fièvres, ou en, font une
complication ; mais ce n'eft C'eltun pas ordinaire, effet ou
ment chez les arrivans,
de - la moldes alimens propres au pays,oud d'alivité -
leffe de la fibre, ou du peu
qu'a
la bile dans fon état naturels ce ne
qu'après
a
être
que
parconféquent
:
affeété la conftitution, que les svers
a - déja s'engendrer. UTI
JoU -
Petvent Outre les vermifuges ordinaires -
fournitle commerce dBurope,ceux
L
frouve dansl le pays fontle Amaroubs.les
racines de citronniers qui paffent aullipour une
fébrifuges,. celles d'épineux jaune,.
forte de fémen-contra. Ily, a a-Saint-Do- a la
mingue la, liane à vers qu'on joint,
liane à médécine; T'huile dé palma-chiils dans
qui eft auffi un
convenable à la dole
de cas,, quon.donne
reet
beaucoup
à bouche, & d'une ou
de trois çuillerées --- Page 73 ---
-
LA SANTÉ DES BLANCS; &c.
d'une & demicauxerfans ;les
tron; pilées au nombre de huit grainesde ou
cideux cuillerées d'huile, foit
neuf,dans
de palma-chrifti On fe fert encore d'olive, foit
du vent, du Brinvillier, foit en
aux iles
en fimple décoéion. Ce remède firop, eft véri- foit
tablement un poifon qui doit être trèsménagé. On donne une cuillerée dé
de Brainvillier avec autantde jus de citron firop
qui eft regardé comme fon correétif : on
fait en prend plufieurs. jours de fuite, & on
enfuite prendre de Phuile de
chrifti pour purger. Son effet eft de palma- dif
foudre la partie rouge du
de former
des concrétions dansles oreillettes fang, du
& dansl les ventricules, & d'occafionner coeur
toutes les membranes de l'intérieur fur
infiltration d'un fang noirâtre &
une
Ceux qui en ont pris font incommodés diffous. de
vertiges, & d'une forte de tiraillement de
Taeil dans T'orbite, pendant fon féjour dans
l'eftomac. On devient froid.
Ilyades habitans qui fe fervent du duvet qu'on ramaffe fur le pois à gratter : on
T'enveloppe avec du
faire des bols qu'on
avaler firop pour en
aux
E
fans qui ont des vers ; ce remède en fait enrendre beaucoup. Il y en a qui
fon ufage, parce que, lorfqu'on craignent touchie
E 1j
forte de tiraillement de
Taeil dans T'orbite, pendant fon féjour dans
l'eftomac. On devient froid.
Ilyades habitans qui fe fervent du duvet qu'on ramaffe fur le pois à gratter : on
T'enveloppe avec du
faire des bols qu'on
avaler firop pour en
aux
E
fans qui ont des vers ; ce remède en fait enrendre beaucoup. Il y en a qui
fon ufage, parce que, lorfqu'on craignent touchie
E 1j --- Page 74 ---
68 MOYENS DE CONSERVER
à ce duvet, il entre dans la peau,& OCcafionne un prurit qui eft quelquefois
fuivid'éryfipele; mais ily a apparence que
même effet n'a
lieu fur les ence
n'entend pas
pas parlerquil
trailles, puifqu'on
occafionne d'accidens.
La faifon des vers eft la faifon humide;
c'eft, fuivant la remarque du pays, celle
ou fleuriffent les cannes. C'eft par conféquent dans cette faifon qu'il faut être
plus en garde contre les vers, & qu'on
doit particulièrement faire ufage par pré: à
caution des remèdes reconnus propres
les détruire. Nous voyons, par ce que nous fecvenons de dire dans cette troifième
les maladies du pays font toution, humorales, que
bilieufes, putrides & pijours tuiteufes, & que leurs caufes matérielles
font l'amas de la faburre, celui de la bile
& de la pituite : que la tendance plus ou
decés humeurs versl'échauf,
moins grande
fait
fement 2. la pourriture ou Y'acrimonie,
différer les maladies d'une faifon, ou d'un
lieu, d'avec celles d'un autre ; & que
les
fe
ELRE
conféquent
règles à maladie, pour
confiftent
dans ces difpofitions faburre des premières voies 9
à évacuerla
bilieufes 2
& à donner iffue aux matières
ou moins de ménageen employant plus --- Page 75 ---
%
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
ment & de circonfpeation, fuivant
conflances quenous. avons
les cirpofer à la formation & à detailléessasop- la
ces mêmes humeurs dans le pourriture de
tendent le plus, en
tems Où elles y
propres à foutenir le employant ton
les moyens
à détruire le levain
des organes : &
peu de vin de quinquina, fébrile, tels qu'un
feuilles de
une tifanne de
qu'on le caneficier; ; & à éviter, autant
peut, les caufes
qui peuvent mettre enjeu les déterminantes caufes
difpolantes, 2 & déterminer la
prételles que le grand foleil, la
maladie 2
indigeflions.
pluie, 2 & les
Outre les effets de l'abus dans les chofes
non-naturelles contre
être en garde, il
lefquelles il faut
taines chofes
y a encore celui de cerOn peut fe contre nature, les poifons.
tuitement, fans trouver empoifonné for-
&
qu'il y ait de la faute de
perfonne; ceté des
on peutl'être par la méchanNègres.
Ilyades alimens qui
parleur nature quief empoifonnent, foit
foit par la manière dont toujours ils font vénéneufe 2
Quand la farine de manioc eft mal préparés.
qu'on n'en a pas bien exprimé fon faite,
néneufe, ou qu'on n'en a
eau vé.
la mauvaife qualité
pas affez épuifé
par l'alion du feu, il
Eiij
perfonne; ceté des
on peutl'être par la méchanNègres.
Ilyades alimens qui
parleur nature quief empoifonnent, foit
foit par la manière dont toujours ils font vénéneufe 2
Quand la farine de manioc eft mal préparés.
qu'on n'en a pas bien exprimé fon faite,
néneufe, ou qu'on n'en a
eau vé.
la mauvaife qualité
pas affez épuifé
par l'alion du feu, il
Eiij --- Page 76 ---
MOYENS DE CONSERVER
70 réfulte au moins des indigeftions et
en
qui vont quelquefois, jufdes cardialgies
qu'à faire périr les malades; rendre quoiqu'il la aule
a t des habitans qui, pour les
du mouton plus tendre, de les empoifonnent, avec
immédiatement avant
égorger, cela
de l'eau de manioc, fans que pour d'effets
lepoifon faffe d'effets, ou au moins
de
bien fenfibles fur ceux qui mangent les anicette viande. Cependant certaine 2 quand
- 2
maux en avalent une
quantité.
fans qu'il paroiffe
ils périfentfurlechamp,
fur leurs enaucune trace inflammatoire feulement que la
trailles; on interne s'apperçoit de l'eftomac eff plus
membrane
macérée, & qu'elle fe déblanche, comme facilement. Les fpiritache & fe déchire
tueux & certaines chofes aftringentes, celles de
comme les feuilles de roucou,
du
pois d'angole, font les contre-poifons vin &la thériaque
manioc. Les cordiaux,le
& dans les
réuffiffent dans les coliques le manioc qui
cardialgies occafionnées par
n'a
été affez cuit.
fans être vé1E des fubftances qui, troublent cenéneufes par elles-mémes, animale quand elles fe
pendant léconomie enfemble. Quand les Nègres
rencontrent même les Blancs ont mangédes cannes
ou --- Page 77 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, 8c. 71
*fucre, & qu'enfuite ils boivent du tafia,
il en réfulte prefque auffitôt des . le
2 produites par
rag
très-inquiétantes, d'une forte de gaz: ces coliques 2
gement réfiftent à prefque tous les remèdes
qui
cèdent auffitôt qu'on a fait
ordinaires 7
de leffiveprendre au malade un mélange
& d'huile.
fe trouvent em-:
€ Beaucoup de perfonnes
il faut
poifonnées pardes mauvais poiffons;i nomme
fe défier fur-tout de celui
de la
Sardine Dorée, de la
,
lcame
la
elle eft , fort graffe, & quelVieille quand
Le Grosjean eft
quefois de la Carangue.
conftamment un poifon, ainfi queleColite
Il faut auffi éviter les crabes qui
à corne. dans les lieux ou il fe trouve
font' pris
On
ordinairedes mnancenilliers.
éprouve en le faiment le poiffon que Pon faitcuire, fant bouillir avec une cuiller d'argent;
loriqu'elle feternit, on lejette.
de
a L'effet de prefque tous_les le poifons vertige &c
ce genre, c'eit d'occafionner & la Bécune
des fuffocations. Le Grosjean & des vomifcaufent auffi des cardialgies donnent le délire 8c
femensiprefque tous
L'effet fefont périr dans des convulfions.
condaire, loriqué le malade ne
c'eft un
& des
ROES
d'abord,
vertige Eiv
ette.
de
a L'effet de prefque tous_les le poifons vertige &c
ce genre, c'eit d'occafionner & la Bécune
des fuffocations. Le Grosjean & des vomifcaufent auffi des cardialgies donnent le délire 8c
femensiprefque tous
L'effet fefont périr dans des convulfions.
condaire, loriqué le malade ne
c'eft un
& des
ROES
d'abord,
vertige Eiv --- Page 78 ---
72 MOYENS DE CONSERVER
dansl'occiput, qui deviennenthabitselles
le fang paroit s'épaillir; le pouls devient
tres-embarraffc & lent; le malade a des
palpitations de coeur & des intermittences
dans le pouls, & finit fouvent dans une
forte d'état comateux. Quand le malade
réfifle à ces maux, il lui refte ordinairement une infeétion dans les humeurs,
des affections de
ERAE
produit
; il ne
a certains
lèpre
IrTe
fymptômes
foutenir le conta€t I de leau froide
peut fans éprouver des picotemens confidérables.
chofe qu'on doit faire, c'eft
de fretr vomir le malade, & de lui faire
prendre beaucoup d'eau chaude & d'huile;
delui faire enfuiteavaler de l'eau de mer:
lui netce remède,
purge beaucoup,
zoieles CEASHIT Les Nègres font prendre
de J'eau de mer avec de l'eau de vie;
d'autres, du jus d'une racine
ron
nomme
les
Bend
mange,& qu'on
patates. les
effets fecondaires de ce poifon,
fpiritueux, les ftimulans & les fudorifiques
conviennent, fur-tout ceux qui font de
la claffe des antifpafmodiques. On fe fert
de la décoaion de racine de coroffolier,
& de celle d'acajou rouge, c'eft-à-dire de
celuidont on fait des meubles. Nous ayons
C --- Page 79 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
quelquefois terminé les derniers
au moyen des bois fudorifiques, accidens
ILy a beaucoup de fubftances vénéneufes aux iles, dont on dit
fe
vent les Negres pour empoifonner que leurs ferLa maîtres, leurs femblables, ou les beftiaux.
prévention, a à la vérité, fait fouvent
prendre pour poifon ce qui eft maladie
naturelle; mais il n'en eft pas moins vrai
cependant qu'il arrive des accidens. La
plupart des poifons qui font
aux Nègres confiftent en certaines particuliers racines
qui caufent à peu près l'effet des champignons vénéneux, &
laiffent
toujours furla langue
prefque
ches noires quine s'efacent Nègres, des tale mancenilier à petite
jamais;ou c'eff
férentes formes,
dofe, & fous difpar l'eftomac
qui peu à peu fait
ou la poitrine. Mais la périr
part profitent du peu de foin & de
prudence de leurs
Bsc
farlenic & du maitres, pour avoir de
les poifons les plus verd-de-gris. ordinaires. Ce font là
ly en a auffi
le
quisempoifomnent, fans
vouloir, avec des pommes de
nilier, & des amandes de médicinier, manceil croyant eft fort manger de bonnes chofes; mais
avec des rare cependant que cela arrive
pommes de mancenilier; parcer
de foin & de
prudence de leurs
Bsc
farlenic & du maitres, pour avoir de
les poifons les plus verd-de-gris. ordinaires. Ce font là
ly en a auffi
le
quisempoifomnent, fans
vouloir, avec des pommes de
nilier, & des amandes de médicinier, manceil croyant eft fort manger de bonnes chofes; mais
avec des rare cependant que cela arrive
pommes de mancenilier; parcer --- Page 80 ---
74 MOYENS DE CONSERVER
à leur forme
leur goût ne répond. pas
d'ailleurs
# à leur odeur ; il fe trouve hériffé d'épeu" de chair, & un noyau mais il fufpines qui en. éloigne bientôt; en avoir toute
ft d'y avoir mordu pour
repofé fous
la bouche bràlée 2 ou d'avoir
un - mancenilier, Wyaharnenl-esues
de pluie qui ont lavé fes feuilles, brûlée & pour enêtre enflé & avoir la. peau
flammée, comme fi c'étoit un éryfipèle:
L'eau de emer, dans tous les cas extérieurs, On
êft : le contre-poifon du mancenilier: intéla fait prendre auffi pour les cas
vu
rieurs ; mais nous n'en avons jamais des
Ies bons effets : ayant empoifonné
chiens en leur faifant avaler quelques ils n'en
gouttes de lait du mancenilier,
leur
font: point revenus, quoique nous
euffions fait boire del'eau de mer. Cepoitrès-corrofif E s n'agit
fon, quoique bout d'une heure &
E
Pet près au ordinaire de' voir des arriIl'eft plus
des amandes de mévans attrapés avec
n'offrent rien que
dicinier , parce qu'elles Elles font vomir exd'agréable au goit. les malades même pécefivement, &
mangé. Il
riffent sils en ont beaucoup
de
faut, comme. dans tous' les poifons de
cette efpèce, faire avaler beaucoup --- Page 81 ---
-
LASANTÉ DES BLANCS, &c. 75
Jait & d'huile, calmer l'irritation de l'eftomac par T'application extérieure du jus
de citron, & lufage des calmans : on fait
couler par bas ces fubftances nuifibles en
faifant prendre de l'eau de mer.
Le vinaigre réuffit dans la plupart des
poifons qui affeétent les nerfs, qui ont
une propriété affoupiffante, & qui caufent
le vertige.
Le jus de citron & les forts acides réfiftent à l'effet du Brinvillier & des autres
poifons de ce genre.
Il y a des gens qui, par gaillardife,
avalent beaucoup de piment. Cette graileur irrite
ne extrémement âcres, qui
& échauffe l'eftomac, détermine des cardialgies, des hoquets, 7 & quelquefois des
vomiffemens que l'eau froide & la limonade fur-tout 1
arrêtent fouvent. Il pourroit
fe faire que l'eau-de-vie opérât le même
effet. Quand on fait ce qu'on appelle
de la chiquetaille, c'eft du piment haché
quel'on confit dans du vinaigre,. Il arrive
que fi on s'en eft frotté les mains, il en
réfulte une chaleur brûlante, &. une douleur femblable à l'effet des véficatoires.
L'huile n'y fait rien; l'eau y. fait peu de
chofe: ce qui arrête fur lé champ l'effet
des fels volatils de cette drogue, c'eft
'on appelle
de la chiquetaille, c'eft du piment haché
quel'on confit dans du vinaigre,. Il arrive
que fi on s'en eft frotté les mains, il en
réfulte une chaleur brûlante, &. une douleur femblable à l'effet des véficatoires.
L'huile n'y fait rien; l'eau y. fait peu de
chofe: ce qui arrête fur lé champ l'effet
des fels volatils de cette drogue, c'eft --- Page 82 ---
76 MOYENS DE CONSERYER
de fe laver les mains avec de l'eau-de-vie:
- Il y a peu d'animaux nuifibles aux
Antilles: i n'y a. guère que la Martinique & Sainte-Lucie
produifent des
ferpens du genre de # vipère, & qui
font au moins auffi dangereux. Ces animaux, qui ont fouvent jufqu'à fept à huit
pieds de'long, fe roulent fur eux-mêmes,
& s'élancent de côté à la diftance des
deux tiers de leur longueur, & enfoncent /
dans la peau les crOcs creux. & percés
qu'ils ont fur les côtés de leur gueule:
le poifon une fois infinue, la partie enfle
prompementslenfure gagne rapidement devient
toutes les parties du
qui
des
en - même tems jaune ;
furvient
CTT
foibleffes & des fueurs froides, & le bleffé
fuipérit plus ou moins promptement,
vant qu'il a été piqué plus ou moins près
du cceur, par un animal plus ou moins eft
fort, & plus ou moins irrité : la mort
prompte quand la piquure fe rencontre
fur un gros vaiffeau. des
dont on
Dy a dans le pays
plantes
fe fert contre la piquure de ces animaux; à
autrefois le traitement étoit abandonné
des Nègres qui fuçoient la piquure, la
frottoient de quelques herbes dont ils
failoient fecret 3 & faifoient boire au ma- --- Page 83 ---
LA SANTÉ DES BLANCS,
lade des remèdes intérieurs.
&c. 77
on fe fert communément de l'alkali Aujourd'hui
til,qui réuffit toujours quand il eft volaniftréà tems, à moins que l'animal admiinfinué fon venin
n'ait
une groffe veine
immédiatement dans
remède n'a pas le fanguine tems : auquel cas le
Ily a dans
d'agir,
des' (corpions prefque font toutes les Antilles
qui
d'un
on en eft
gris de perle:
par ces
quitte 2 quand on a été piqué
une couple animaux, de
pour avoir la fèvre
noir de Sainte-Lucie jours. Mais le fcorpion
fait
ment fion n'y remédie.
promptene
etar
jamais vu, & nous ne connoifons l'avons
traitement dont on fe fert.
pas le
Ily a encore dans prefque
Antilles une forte d'infecte
toutes les
du genre du
gris à peu
$
bête à mille fcorpion, & qu'on nomme près
tité de fes pieds, à caufe de la quantête deux pattes. Cet animal a vers la
dans,
elpèces le
de ferres ou de mordans la par
moyen defquels il infinue
grande douleur peau un venin qui caufe une
donne auffi une fièvre avec de chaleur, 2 &
nature feule guérit
24 heures. L
Il y a à
ces accidens.
qu'on nomme Sunt-Domingse un infedte
Taraignée-crabe, dont l2
fes pieds, à caufe de la quantête deux pattes. Cet animal a vers la
dans,
elpèces le
de ferres ou de mordans la par
moyen defquels il infinue
grande douleur peau un venin qui caufe une
donne auffi une fièvre avec de chaleur, 2 &
nature feule guérit
24 heures. L
Il y a à
ces accidens.
qu'on nomme Sunt-Domingse un infedte
Taraignée-crabe, dont l2 --- Page 84 ---
78 MOYENS DE CONSERVER fièvre d'une
piguure occafionne auffi une
ou deux fois 24 heures. long-tems les AnOn' a cru pendant
n'y
tilles à P'abri de la rage,. parce qu'on
avoit pas encore vu d'animaux enragés; ily en a
mais depuis 1776 jufqu'en 1778 Ala Guadeeu prefque continuellement.
d'abord
loupe les chiens furent attaqués l'avoit déja
d'une rage mue 3 comme on
mais fans
vu pluficurs années auparavant, mue a fucd'autres fuites. Acette fureur; rage beaucoup de
cédé la rage.avec été mordus & font péris de
beftiaux ont
auffi
la rage : nous avons vu maladie, périr tant plufieurs Nègres
perfonnes de cette
que Blancs: de chiens qui avoient été
Beaucoup
del la rage mue;
mordus ne périffoient furieux que & mordoient
d'autres trouvoient. dévenoient On nous a parlé d'un
ce qu'ils
avoir été enrage, & avoir
chien qui, après
autres animaux,
donné la rage à plufieurs
& n'en
avoit fini par fè: trouver guéri, quelqué
étoit pas mort , excepté que Je n'ai pas
temps après il. seft perdu.
un
vu ce fait.Jai été coniulté pour chien Negre
qui-avoit été mordu par un
bout qui Fat
roiffoit enrage; mais ce chien au
tranquelques jours parut guéri, ce qui --- Page 85 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 79
quillifa le Nègre pour le moment. Mais
quelques jours après, le chien mourut
à peu près dans les accidens de la rage,
Environ trois femaines après la morfure,
la plaie du negre,qui s'étoit guérie, fc
rouvrit; il fe plaignit d'une douleur. vive
qui s'étendoit depuis le bras mordu juf
qu'à la nuque ; il délira enfuite,, & deg
vint hydrophobe. Ce futalors qu'on me
confulta 2 çar je n'ai point vu le malade. Commeje n'avois plus d'efpoir de le'
guérir
le mercure
feillai Ser lui faire boire fculement, une 14
je conchopine de
vinaigre en deux ou trois fois.: le malade
fud
fe
beaucoup& - :
trouva, guéri. Ne
Tayant pas yu, jignore f les récits
m'a faits étoient bien, fidèles,
qu'on
lade étoit réellement
2 & fle mahydrophobe. C'étoir
loin de chez moi; Ty fus deux jours apres,
&j je le trouvaiau travail.
Ser lui faire boire fculement, une 14
je conchopine de
vinaigre en deux ou trois fois.: le malade
fud
fe
beaucoup& - :
trouva, guéri. Ne
Tayant pas yu, jignore f les récits
m'a faits étoient bien, fidèles,
qu'on
lade étoit réellement
2 & fle mahydrophobe. C'étoir
loin de chez moi; Ty fus deux jours apres,
&j je le trouvaiau travail. --- Page 86 ---
80 MOYENS DE CONSERVER
Des Pians.
aux iles, une maladie
N appelle pians,
très-contagieuqui confifte en des puftules
fes, croûteufes & humides, ou fimplement
sèches & écailleufes, de nature pforique, aux
endémique en Aftique, & particulière
Nègres établis en Amérique. comme l'on
Cette définition fuppole,
voit, deux efpèces de pians; la première; de fecs
humides; la feconde,
de cronteux&
& écailleux. humides, ou gros pians, conLes pians
de la groffeur du
fiftent en des puftules
élevées,
bout du doigt ou du d'unecrodte pouce, crevaffée
jaunatres, couvertes
ichoreux, mais
qui laiffe échapper un pus
en très-petite quantice. font folitaires; font res
Ces puftules qui
parties du corps,
pandues furlesdiférentes dans les endroits ouilfe
mais fpécialement abondante tranfpiration, s &
fait une plusodeur un
forte,
où cette humeur a une
peu aux envicomme aux cuiffes, aux pieds, au venrons des parties de la génération,
&c. Mais où il en paroitl tle plus,eeft
tre, entre les orteils.
&
Cette maladie eft trèscontagieufe, fon --- Page 87 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 8t
Ton prétend dans le pays qu'elle fe commengtopefinrumeicdnd
après avoir fucé le venin de mouches,qui, la
vont enfuité l'inoculer à des contagion,
n'en font point affe@tés. Si le
qui
ulcère, foit aux
a un
gr
c'eft
jambes, 9 foit aux
par cet ulcère que fe fait
lation, 2
les
Tfeae
ces
parce que
Negres ont toujours
de parties découvertes; c'eft la marque
fefclarage, & c'eft auffi
la maladie fe manifefte. L'ulcère par-là que
plus putride, & s'étend
devient
fes chairs & de fes bords; par les l'érofion de
viennentr mollatles,commep
chairs deefpèce de morve
pénétréesd'une
matière ichoreufe. jaunâtre, et fuintant une
Ses bords deviennent
mous, jaunâtres 9 avec un
ou un gonflement qui s'étend engorgement dans le tiffu
cellulaire des environs, mais fans
de douleur ni de changement de beaucoup
la peau. Onappelle communément couleurà
cères méres-pians. Il s'élève
ces ulpuftules en différentes
enfuite des
petités & sèches dans'le parties du corps,
mais qui ne tardent pas commencement, à s'étendre & à
prendre le cara@ère que nous avons décrit.
Quand la contagion fo fait
le
contaét d'un
par
fimple
nifte, alors la pianifte maladie avec un autre piafe déclare à peu
F
de beaucoup
la peau. Onappelle communément couleurà
cères méres-pians. Il s'élève
ces ulpuftules en différentes
enfuite des
petités & sèches dans'le parties du corps,
mais qui ne tardent pas commencement, à s'étendre & à
prendre le cara@ère que nous avons décrit.
Quand la contagion fo fait
le
contaét d'un
par
fimple
nifte, alors la pianifte maladie avec un autre piafe déclare à peu
F --- Page 88 ---
82 MOYENS DE CONSERVER de
- près comme la gale, par Tapparition du
Orpuftules fur diverfes parties
corps, ont
dinairement une des premières qui devient
paru s'étend beaucoup plus, d'un & écu de
quelquefois de la grandeur
fix livres; c'eft éncore ce qu'on ulcères, appelle fi
mères-pians. Dans la fuite, lcs
le Nègre en a 2 prennent auffile caraétère l'endroit
pianifle. C'eft ordinairement par
ou s'eftfaite Tinoculation, que commence Lorfla première éruption des s'eft puftules. faite par, le,
que la communication vénérien, c'eft par les par:
commerce
commence la,
ties de la génération cette que voie eft très-ordimnaladie; & comme
auflide voir les,
naire, ileft très-ordinaire
de
parties delagénération couvertes
Cette, circonftance & quélque
emE
e.
avec les puf-,
blance des pufules planiftes fait
cette
tules vénériennes, ont médecins regarder &. des
maladie, par : - la plupartdes
chirurgiens 2 comme. un fymptôme de,
vérole. Cependant elle a un caractère
différent de. CEUE
ticulier, dela vérole. ouabfolument Ces puftules n'ont nila mème,
rénitence, ni la même dureté, nila même,
blancheur ou la même rougeur que celles,
de la vérole; elles font molles, jaunâtres S,
& croûteufes. Le vice pianifte ne fe mani-. --- Page 89 ---
LASANTÉ DES BLANCS,
fefte pas furles ulcères comme
&ic. 83
en rendant leurs chairs plus dures levénérien, &
blanches, lardées d'une efpèce de
fuifeufe, & leurs bords
S.eS
blancs;
plus durs & plus
&accompagnés duneeipécedepel.
qui s'étend affez au loin
XOEECIrEE
ulcères
fur les chairs. Les
d'ailleurs pianiftes n'ont rien de tout cela :
cette maladie ne produit
comme le vice vénérien, une foule
dens
aipeai
différens, & qui fe fuccédent les
aux autres. Elle fe borne à des
uns
à des douleurs dans les
puftules &
T'humeur eft
aponévrofes quand
jamais
répercutée : nous ne l'avons
les enfans guère vue attaquer lesos, que chez
qui avoient nouveau - nés, & chez ceux
nérienne. en même téms la maladie vén'a
Celui qui contrae les
jamais autre chofe
des
pians:
ou des douleurs.
que
puitules
rienne Les pians, 2 comme la maladie vénétragtent & beaucoup d'autres , fe con-:
encore par hérédité.
d'une
L'enfant
Négreffe ou d'une Mulâtreffe
pianifle naît avec les
des
& des puftules à la bouche pians, &
aphthes.
de la génération, des
aux parties
les OS vers les.
gonflemens daris
ças où les
jointures; c'eft le feul
fymptômes foient variés, &c
Fij
Les pians, 2 comme la maladie vénétragtent & beaucoup d'autres , fe con-:
encore par hérédité.
d'une
L'enfant
Négreffe ou d'une Mulâtreffe
pianifle naît avec les
des
& des puftules à la bouche pians, &
aphthes.
de la génération, des
aux parties
les OS vers les.
gonflemens daris
ças où les
jointures; c'eft le feul
fymptômes foient variés, &c
Fij --- Page 90 ---
84 MOYENS DE CONSERVER
maladie
femblable à la véoù la
obferver paroiffe
iles un enrole. Il faut
qu'aux vérolés apporte
fant qui naît de parens les
de
rarement, en naiffant,
fymptômes
fa maladie; ce n'eft que très-long-tems d'enaprès: jai même vu naître chez beaucoup qui la mafans de pères mal fains,
ladie ne s'eft jamais manifeftée. les enfans conNous avons obfervé que
traftoient plus facilement le pian
les
I
les adultes, les filles que
garçons,
tempéramens mous & foibles plutôt
les Blancs n'y
MALSOE
les autres ; & que
expolaffent de
pas fujets, quoiqu'ils Nous s'y avons entendu
toutes manières.
& à Saint-Doparler à la Guadeloupe Blancs quiles avoient
mingue de quelques maladies n'ont
été confeus; mais ces
pas des
tatées : peut-être a-t-on pris Il m'eft puftules fouvénériennes pour des pians.
des
vént arrivé qu'on m'ait préfenté être puf des
tules vénériennes qu'on croyoit
pians. On doit confidérer les puftules pianifles
comme confécutives:
comme primitivesou quand elles fe manifeftent
ptimitives, la communication du TURCT
de tems le après lieu
où s'eft faite la com-
& dans
confécutives, par
quand l'érupmunication; --- Page 91 ---
DES BLANCS, &c. 8;
LA SANTÉ
l'introtion fe fait très-long-tems
s'eft déja
duétion du virus, & après
x
dépofé fur les aponévrofes, &
a OCdes
pians,
Er
calionné
douleurs; quand
déja fortis, ont été répercutés, & enfin repa- ils
roiffent une feconde fois; quand des humeurs
paroifient, après que la mafle
eft déja infeétée.
l'effet d'un
Il arrive fouvent que par des bains froids
mauvais traitement, ou par le vice pianifte
pris inconfidérément & fe retire 2
dans les
la peau 2
fur les
plus profondes,
EER
eNA
& font
alors les puftules difparoiffent dans les bras, les
place à des douleurs & fur le devant de
cuiffes & les reins,
douleurs
la tête : c'eft ce qu'on nomme
pianiftes ou pians rentrés. Quandles n'exiftent pians
font bien fortis, ces douleurs douleurs
point. Nous avons vu de ces
exifter très-long-tems, c'eft-à-dire, pendant fept à huit années; & enfuite, de après
avoir mis les malades dans un état lan-
& près de périr, céder aux remèdes
gueur a faire reparoitre les pians.
propres On achète quelquefois des Nègres
à la réferve de
R
paroiffent fains, attribue d'abord au maunuation qu'on
ont reçu: ces Nègres
vais traitement qu'ils
F iij
de ces
exifter très-long-tems, c'eft-à-dire, pendant fept à huit années; & enfuite, de après
avoir mis les malades dans un état lan-
& près de périr, céder aux remèdes
gueur a faire reparoitre les pians.
propres On achète quelquefois des Nègres
à la réferve de
R
paroiffent fains, attribue d'abord au maunuation qu'on
ont reçu: ces Nègres
vais traitement qu'ils
F iij --- Page 92 ---
86 MOYENS DE CONSERVER
fe plaignent de douleurs
perfiflent On
à la fin les
Sm
toujours 2 & qui
fait
qu'ils avoient eu des
qu'on
n
après fait
afin de pouvoir les
avoit
rentrer,
cette malavendre. Il faut obferver
Négres s'en
die venant
EN
d'Afrique.,
avant d'être
trouvent . fouvent attaqués de certains
amenés aux iles, ainfi que
fymptômes de lèpre; & que les capitaines
qui les amènent font ce qu'ils péuvent,
dans la traverfée, pour les faire rentrer leurs
en dedans, afin de pouvoir débiter
Nègres.
affinité nonLe pian a une certaine mais encore
feulement avec la vérole,
avec les autres maladies de la
la
& les
Laes
comme la lèpre,
gale
que fes
Il reffémble à la lepre, parce
elles
puftules entraînent quelquerois avec viennent
l'infenfibilité; que celles qui
versles jointures peuvent en impoferpour maladie, &
certains fymptàmes de cette
foit
qu'enfin le vice, quandilefto dégénéré, ioit
fon
par un mauvais traitement,
ge, vériunion avec le vénérien, produit fur-tout le
tables fymptômes de lèpre 7
pian fec dont nous parlerons. la nature &
Il reffemble à la gale
piale fiège de fes puftales. Eer puflules --- Page 93 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 87
niftes, ainfi que les ploriques,
naitre du corps muqueux, & fc paroiffent borner
dans deux cette partie; peut- être même ces
vices réfident-ils dans Thumeur
confitue ce corps. Mais il en diffère qui
le prurit qui n'accompagne pas le par
comme la gale; par les puftules du pian
pian qui font toujours plus élevées gros
celles de la gale, quine fontj jamnais
que
cards ni fi nombreufes, & qui parplale vifage, tandis que les puftules atraquent
femblentle refpecter.
ploriques
Ilreffemble aux dartres humides & crodteufes par la reffemblance de fes crottes
des chairsq qu'elles recouvrent; maisle &
eft circonfcrit, &, comme nousl'avons piar
folitaire, ce quene font pas les dartres dont dit,
nous parlons.
Nous ne le croyons
une
die purement critique C5
malacomme la petite vérole. Nous dépuratoire, n'avons
jamais vu l'invafion des pians fe faire
autrement que fe fait celle: de la gale.
L'éruption de lagale fe fait fans
roiffe aucun mouvement
qu'il
rieur
critique
ERE
quila détermine, excepté
quefois, dans des cas
fe
à la
9PE
déclare,
fuite
AhNe
d'une fièvre maligne,
unééruption cutanée qui eft une vraie gale
Fiv
acomme la petite vérole. Nous dépuratoire, n'avons
jamais vu l'invafion des pians fe faire
autrement que fe fait celle: de la gale.
L'éruption de lagale fe fait fans
roiffe aucun mouvement
qu'il
rieur
critique
ERE
quila détermine, excepté
quefois, dans des cas
fe
à la
9PE
déclare,
fuite
AhNe
d'une fièvre maligne,
unééruption cutanée qui eft une vraie gale
Fiv --- Page 94 ---
88 MOYENS DE CONSERVER
qui exiftoit depuis long-tems dans lintérieur. D'autres fois on voit, à lafuite des
mêmes maladies, 9 paroitre des fymptômes
vénériens, dont on ne fe doutoit plus depuis long-tems. Il en eft de même du vice
-
il exifte dans la mafle
pianifte , quand
vu ni
des humeurs. Nous n'avons jamais
entendu dire qu'aucun Nègre fût guéri naturellement des pians au bout d'un certain
tems, quoique nous en ayons vu de trèsanciens. Nous ne pouvons par conféquent
regarder cette maladie comme purement
dépuratoire, & comme pouvant fe terminerd'elle-méme parle fimplerégime-Nous
ne diffimulerons point cependant qu'il
la Ente
a quelques raifons qui pourroient
regarder comme de la nature de la petite
vérole. Des Hollandois & des Anglois nous
ont dit aux iles, qu'à Surinam on la regardoit comme telle, & même qu'on l'inoculoit, parce
regardoit comme
une néceffité de T.eer une fois dans la
vie. Mais ce qui nous feroit croire
dont on. nous a
n'eft
31:
le pian
parlé
pas
même que le nôtre, c'eft qu'on nous a
dit qu'on inoculoit les Blancs, & nous
n'avons jamais vu à l'Amérique aucun
Blanc qui l'ait contragté. Pour ce qui eft
de ne l'avoir qu'une fois dans la vie, nous --- Page 95 ---
LASANTÉ DES BLANCS &c.
avouons que c'eft auffi notre
nous n'avons aucune connoiffance oblervation;
Negre ou une Négreffe ait eule
qu'un
feconde fois, après avoir été bien pian & radi- une
calement guéri. Ordinairement les
tans prennent
habipendant le traitement, pour foignerleurs pianiftes,
des
ont déja eu cette maladie, & Négteffes nous
qui
pas vu que ces Négreffes l'aient n'avons
tractée de nouveau. Nous
concette opinion
avons contre
du
prefque tous les chirurgiens
torife pays. à Comme il y a une règle
aune payer
quand les pians qui font
radicalement OcRer on foutient, contre
T'opinion générale, que le pian eft un
fymptôme de vérole qui
fe
ter de nouveau.
peut
contracroître Nous avons fouvent vu aux îles
des pians que nous traitions difpafrictions mercurielles.Nos
par les
enfermés, comme c'eft pianiftes étoient
bout de trois femaines Tufage; mais au
paroiffoientbien
ou un mois qu'ils
foient. J'ai traité guéris, les pians reparoifparl le mercure des
qui ont récidivé ainfi, & m'ont
pians de
recommencer plufieurs fois le obligé
mais je n'ai jamais vu de pians traitement; récidiver
après fix mois de
- on avoit employé guérifon, les
fur-tout quand
fudorifiques,
toient
bout de trois femaines Tufage; mais au
paroiffoientbien
ou un mois qu'ils
foient. J'ai traité guéris, les pians reparoifparl le mercure des
qui ont récidivé ainfi, & m'ont
pians de
recommencer plufieurs fois le obligé
mais je n'ai jamais vu de pians traitement; récidiver
après fix mois de
- on avoit employé guérifon, les
fur-tout quand
fudorifiques, --- Page 96 ---
90 MOYENS DE CONSERVER caufes
d'autres
Nous ne connoiffons pas
des pians que la contagion: 5
: nous voyons
quelquefois certains vices des humeurs
de fimples, dégénèrent en virus vraiqui,
; mais nous n'avons jament contagieux fe déclarer, fans qu'ily
mais vu le pian
ait eu auparavant de miafime il contagieux. ait dans
Il faut que, malgré cela, y particulesNègresune caufe predifpofante dans le Blanc,
lière, quine fe rencontre pas
dans
ou du moins qui ne sy rencontre fi Re
la même proportion, puifque Blancs bant
n'eft pas une maladie dontles très-rare parmi
exclus, elle eft toujours
chez
eux, tandis qu'elle eft très-commune que
les premiers. Il faut par conféquent humeur qui ait
chez ceux-ci il exifte une
avec
une analogie bien plus particulière
la nature de ce virus. dit
le vice piaNous avons déja
qu'il
à
nifte étoit particulier
peau,
à
n'affeétoit que cette feule pattie 2
moins qu'il ne fût répercuté, & qu'alors
il fe portoit furles parties aponévrotiques Nous avons
& fur les gaines des tendon's.
encore fait obferver que les parties étoient qui
étoient tle plus affeétées des pians,
&
celles où ily avoit le plus de chaleur, abonoù il fe faifoit une tranfpiration forte. plus On pourdante & d'une odeur plus --- Page 97 ---
DES BLANCS, 8c. 91
LA SANTÉ
le vice pianifte
roit donc préfumer que affinité avec les
auroit une. plus grande humeur lubréfucs de la peau, avec cette tifu cellulaire non
fiante qui remplit le les parties tendigraiffeux, & quienduit
qu'elle n'en a
neufes & aponévrotiques, Au refte ce que nous
avec aucune autre. n'eft que notre manière
avançons ici, chacun eftmaître de penfer
d'être affectés;
il ne doit en réfulter auà faf facon, quand
la pratique.
cune conféquence pour
Le pian fec, ou petit pian , qu'on appelle auffi pian caraibe, nous ne favons vi
pour quelle raifon, ne T'ayant point des
confifte en
pufchez les Caraibes, 2
écailleufes & trèstules milliaires fèches,
toute T'habitude
nombreufes, qui couvrent
du corps des Nègres. reffemble affez à
Cette efpèce de pian
n'y
la petite gale fèche, excepté qu'il
ou
de
elle réffemble
a point
prurit; avec laquelle
encore plus P la lèpre,
d'affielle paroit avoir beaucoup plus
de
nité que n'en a la première efpèce
pian. Beancoup plus rare que cette première 2 elle nous a paru être dans un premier la fuite
degréde la lèpre, & produire maladie, fans
divers fymptômes de cetté
qu'il fit befoin, comme dans la pre-
che, excepté qu'il
ou
de
elle réffemble
a point
prurit; avec laquelle
encore plus P la lèpre,
d'affielle paroit avoir beaucoup plus
de
nité que n'en a la première efpèce
pian. Beancoup plus rare que cette première 2 elle nous a paru être dans un premier la fuite
degréde la lèpre, & produire maladie, fans
divers fymptômes de cetté
qu'il fit befoin, comme dans la pre- --- Page 98 ---
92 MOTENS DE CONSERVER
mière efpèce, que d'autres caufes particulières vinffent changer fa nature.
Cette maladie eft, 9 de même
l'autre 2 fufceptible d'être
TLE
alors elle détermine les mêmes douleurs;
mais il faut obferver que cette davan- efpèce
altère plus la fanté, & deffèche
tage que l'autre.
dans
On ne voit guère ce pian que
&
les endroits où la lèpre eft commune, être
l'on voit beaucoup de lépreux en
affeatés; c'eft ce qui nous le fait regarder eff
comme une forte de lèpre : il
auffi
beaucoup plus difficile à guérir quelepian
humide.
du
eft toujours
Le prognoflic
pian des caufes partificheux, lorfque, 2, par
d'autres
culières, il dégénère en
humide, fymptômes : nous parlons du naturellement. pian
puifque le fec dégénère
à
Comme ces fymptèmes appartiennent les mêmes diffila lépre, ils préfentent Nous allons les
cultés pour la guérifon.
détailler. Quand le vice pianifte eft très-ancien,
qu'il a été plufieurs fois répercuté alors ou
irrité par un mauvais traitement :
ce ne font plus des puftules pianiftes de
qu'ilproduit; c'eft ou. une forte
pian --- Page 99 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
fec qui fe répand fur tout lel
bienlhumeurfe
scorps; ou
dépofe vers les jointures,
&cycaufedesdépôts & des
ou elle fe fixe furles tendons, sulebresrongeanss &
des efpèces de noeuds, d'oir s'enfuit produit néceffairement leur rétradion; ou elle donne
naiffancea une forte de dartre fans
& que communément on nomme dans prurit, le
pays dartres rouges. Ce font des taches
plus ou moins grandes & plus ou moins
nombreufes, de couleur de feuilles mortes, glabres, fans élévation, ni enfoncement, ni afpérité, & qui affeGtent ordinairement la figure ronde ou ovale : ces:
taches font regardées dans le
un premier degré de lèpre, pays comme
vent un Nègre les porte toute quoique fav vie, fans fouétreattaqué d'autrea accident qui
la lépre. Il faut obferver
caraltérife.
tômes ne font
que ces fymppians
pas toujours l'effet des
rentrés; 2 ils font
fouvent
core celui de la lepre contraéée plus
endiatement par la contagion, ou par la immé- naiffance, ou enfin par certains alimens
nous avons parlé.
dont
Onvoit encore fe déclarer à la
des
dartres écailleufes fouvent
peau
& avec plus ou moins d'infenfibilité; univerfelles,
tumeurs ou excroiffances en diverfes des
par-
ymppians
pas toujours l'effet des
rentrés; 2 ils font
fouvent
core celui de la lepre contraéée plus
endiatement par la contagion, ou par la immé- naiffance, ou enfin par certains alimens
nous avons parlé.
dont
Onvoit encore fe déclarer à la
des
dartres écailleufes fouvent
peau
& avec plus ou moins d'infenfibilité; univerfelles,
tumeurs ou excroiffances en diverfes des
par- --- Page 100 ---
MOYENS DE CONSERVER 1
94 ties, comme au front, aux oreilles, &c.
fymptèmes qui caractérifent encore davanla lépre.
le
i ne faut pas croire cependant que forpian produife fréquemment toutes ainfi, ces il fe
tes de maux; loriqu'il dégénère feul de ces
borne ordinairement à un
font
fymptômes, & ces changemens ne
fréquens dans le pian humide, à moins
pas le vice vénérien ne s'y joigne; il
que
Phumeur répercutée fe
arrive plutôt à
les douleurs dont nous
borne
à la
mteade
avons parlé; douleurs qui épuifent dans le-mafin les fujets, & les font périr
rafme.
fe
au
-
Quand le vice vénérien joint pian,
il en réfulte prefque toujours des tumeurs
dans le tiffu cellulaire vers les jointures: vacilces tumeurs font d'abord: dures 7
lantes, reffemblent à de petites glandules, im-
& font fans douleurs; on les appelle Elles
proprement, dans le pays, nodus.
groifient peu à peu, & finiffent, & après deun certain tems. 2 par douloureufes s'échauffer : la
venir adhérentes &
peauchange de couleur & devient rouge; puis imla tumeur abcède, mais c'eft toujous font
parfaitement, &à peu près comme
les glandes. La glandule en fuppuration --- Page 101 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
ne fe fond point, il refte un
s'étend en largeur dans le tifu noyau
fous la peau, &
ramte
proche comme fait gagne celui du de proche en
bords de l'ulcère toujours
cancer; les
dus fe déchirent & s'érodent gonflés & ten-
& l'ulcère s'agrandit.
peu à peu,
Le fond eft une, chair
dure, rouge, luifante &
fongueufe s
de filamens blanchâtres & fenfible, lardée
fuppuration eft ichoreufe & jaunâtres; fort
; la
bords font fongueux& élevés dans âcre; les
endroits, affaiflés & érodés en
certains
fent dans toute la circonférence d'autres; on:
reté & une tenfion dans le tiffu une dufous la
cellulairel
changé dceotl quoiqu'elle n'ait pas encore
mal tait coulcur, ce qui annonce.quele
cère ne tend toujours, des. progrés, & que lul-i
point àfa guérifon.
le Quand c'eff par le vice vénérien
pian eft aigri, & qu'il
que
lepre, c'eft prefque toujours dégénère en
meurs & les ulcères. ; les par les tudont. nous avons . déja parlé ne lymptômes
céres qu'après. Nous avons 2
vu de ces fortes viennent d'ul.
que à parvenir, fe
parbeaucoup de foins, pref:
embarras cicatrifer; mais enfuite un nouvel
rouvroit qui fe formoit au même endroit,
toutesles cicatrices 2 & détruifoit
, & qu'il
que
lepre, c'eft prefque toujours dégénère en
meurs & les ulcères. ; les par les tudont. nous avons . déja parlé ne lymptômes
céres qu'après. Nous avons 2
vu de ces fortes viennent d'ul.
que à parvenir, fe
parbeaucoup de foins, pref:
embarras cicatrifer; mais enfuite un nouvel
rouvroit qui fe formoit au même endroit,
toutesles cicatrices 2 & détruifoit --- Page 102 ---
MOYENS DE CONSERVER
mois l'ouvrage de plufieurs andans un
fe déclaroientles fympnées; & bientôt dont nous avons parlé.
tômes de lèpre le pian ait été traité méthoQuoique & quele vice foit réellement
diquement, détruit, il eft encore dans le cas d'avoir certaines fuites, quand la dépuration
de l'humeur altérée n'a pas été fufffante:
ces.fuites font ce qu'on appelle des guides crabes, des crabes courantes s
EL lota.
ulcères
Les
font de petits des
naiffent à racine des ongles
as
E
& les déchauffent: ces petits ulcères, fon- qui
d'une excroiffance
font accompagnés & femblable à une guigueufe, rouge,
& très-iengne, font très - douloureux
nbles, parce qu'ils font de continuellement l'ongle qui y
irrités par la préfence
devient un corps étranger.
Souvent même, f on n'emporte
ils deviennent rongeans,
LE
l'ongle,
carient &
trent jufqu'à la phalange fantfauterlongle quils
Samuiemiymanlonigred affez facilement.
d'abord , ils fe guérilent fouvent fuites de
Les ulcères,, qui font de
de
pians, quand un refte
dépuration
Thumeur fe fait par cette voie, tant peuvent intéauffi provenir d'autres caufes, sieures, --- Page 103 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
ricures qu'extérieures, & ne font
tout particuliers à
point du
Nègres.
T'Amérique, ni aux
On appelle crabes de
ou glandules formées fous petites la
tumeurs
plante des pieds, dans fon tiflu peau de la
piderme, & produites
fous l'épôr qui s'eft fait en cet toujours endroit par un démeur pianifle, foit
de T'hualtérée
les
qu'elle ait été affez
plus faire par récidiver remèdes. pour ne pouvoir
nelait
les pians, foit
pas encore été, Ces
qu'elle
tems de pluie, fe gonflent, crabes, dans les
piderme épais & dur dela foulévent l'édes Negres,
plante du pied
fortir à travers T'entr'ouvrent, fous la forme & paroiffent
de chair fongueufe
d'une mafle
fort fenfible,
2 dure, 2 luifante, &
&
qui empêche de
par conféquent de travailler. marcher, La
des pluies paffée
faifon
s'affaiffe d'elle-méme, 2 cette chair fongueufe
trou quife
2 rentre dans fon
referme, 2 & la crabe
pour gonfler & fortir de
difparoit
tour des pluies.
nouveau au reIlye en a qui s'imaginent
cette maladie. intérieurement devoir traiter
dorifiques, afin d'endétruire la par les fucale; mais fi les
caufe radiment
pians ont été réellelocale détruits, eft
la maladie qui n'eft
toujours guérie radicalement, que
G
2 rentre dans fon
referme, 2 & la crabe
pour gonfler & fortir de
difparoit
tour des pluies.
nouveau au reIlye en a qui s'imaginent
cette maladie. intérieurement devoir traiter
dorifiques, afin d'endétruire la par les fucale; mais fi les
caufe radiment
pians ont été réellelocale détruits, eft
la maladie qui n'eft
toujours guérie radicalement, que
G --- Page 104 ---
98 MOYENS DE CONSERVER
quand, au moyen d'un cauftique, on a détruit dans la peau ce qui failoit le germe
de la crabe.
courantes des fiffures,
On nomme crabes
viennent aux
ou fentes dartreufes , qui
mains & aux pieds, & qui font accompa- de
d'une fécherefle & d'une tenfion
gnées
occafionnent une fenfation
la peau qui
n'annonce
fort défagréable. Cet accident
un vice bien détruit, & n'eft point
pas
au pian. Nous avons vu des
particulier être
à la fuite d'anBlancs en
attaqués vénériennes traitées &
ciennes maladies
dégénérées. Nous n'avons pas eu occafion..
de fuivre le traitement de ces maladies
s'adouciffent par les bains de leflive,
qui ou d'eau de mer; mais nous penfons que
intérieur qui leur convient
le traitement
unis aux adoucifferoient les fudorifiques
fans, tels que le lait & les mucilagineux.
C'eft ce que nous avons confeillé à ceux
qui nous ont confulté : comme nous n'avons pas revu les malades, nous igno- & fi
rons fi nos confeils ont été fuivis, 2
on s'en eft bien trouvé.
de
Les lothas font de petits placards
dartrespurement farineufes, & prefque fans
prurit, qui viennent en diverfes parties
du corps, & dont beaucoup de Nègres
font attaqués, fur-tout ceux qui ont eu --- Page 105 ---
LASANTÉ DES BLANCS, &c.
les pians. Ces dartres
différentes
peuvent venir de
fuppofent caufes; mais comme elles ne
qu'il foit affezr jamais rare aucunes fuites , quoiT'ordinaire
qu'elles guériffent,
on ne s'en inquiète
pour &
on-n'y fait aucun traitement. point, Ceux
veulent les guérir, les frottent
qui
poudre à canon & du jus de citron. avec de la
Le prognoftic des
des pians humides, CRarAu nous parlons
celui de la gale
pas plus fâcheux
dlar parles remèdes > quand leur ils font trai-
& qu'on ne les fait qui
contienment,
pas dégénérer par des
imprudenceso il varie
sou parun mauvais traitemtent:
rences d'ailleurs relativement aux diffénous en
r Le pian que local
avons faites.
cile à guérir,
ou primitif eft trés-fafur-tout s'il n'y a encore
SEr huméurs quelques puftules: comme la maffe
on le
n'eft pas encore infedée,
guérit par la fimple
Quand la mafle des humeurs cautérifation. eft
alorsil n'eft plus local;d dans ce cas infectée, il
récent, & moinsi il en
plus eft
il eft difficile à
Raroir@rlapesosplun
il eft ancien, guérir: plus au contraire
foit dégénéré ni nous ne fiuppofons pas qu'il
a à la
répercuté, & plus
fuperficie du
ilyen
facile à guérir,
corps, 2 plus il eft
Gij
humeurs cautérifation. eft
alorsil n'eft plus local;d dans ce cas infectée, il
récent, & moinsi il en
plus eft
il eft difficile à
Raroir@rlapesosplun
il eft ancien, guérir: plus au contraire
foit dégénéré ni nous ne fiuppofons pas qu'il
a à la
répercuté, & plus
fuperficie du
ilyen
facile à guérir,
corps, 2 plus il eft
Gij --- Page 106 ---
10O MOYENS DE CONSERVER +
Il en eft de cette maladie à peu prés
comme. de la gale : : on ne
en déil PSR entièretruire le vice que quand
qu'il
ment à l'extérieur; car, pour le traitement peu
en refte dans Tintérieur,
emploie
eft toujours manqué , quoiqu'on
des remèdes intérieurement. font femblables
Les douleurs de la pianifles rentrée : elles ne
aux effets
gale de remédes 9 tant
cèdent à aucune elpèce
queles pians ne reparoiffent pas au dehors, des
& elles font encore en cela différentes traidouleursvénérienncsy quipeuventétret
le vice vénérien
tées & guéries, quoique dans les humeurs.
réfide intérieurement
ont été longLes
pianifles qui
paltules
&
ont reparu, 2
tems répercutées, quien.fn
font plus difficiles à guérir, & demandent
de précautions & un traitement plus les
Den que les autres , au moins dans
préparations. Le pian fec eft très-difficile
à guérir.
des
ainfi
Le traitement
pians,
celui de toutes les maladies
b.SE
dont on ne connoit pas le principe, c'eft ne
s'établir fur des indicationss
peut
& l'obfervation
dirigent:
T'expérience
connoitre
nous
Ae
L'obfervation
ayant
le pian, de même que la gale, ne
que --- Page 107 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. IOI
dans pouvoit fe guérir tant que le vice reftoit
l'intérieur, que la peau étoitle feul
organe excrétoire par ou'le levain
devoit être chaffé hors du
la pianifte
mière indication
corps, preporter le virus à la par conféquent eff de
appris que le moyen peau. le L'expérience a
étoit la fleur de foufre;
plus efficace
appris en même
; mais elle a auffi
tems que ce moyen avoit
fesinconvéniens, folution
& que dans lecas de dif
du fang, il la
il ne faut donc Temployer pouffoir vivement:
le fang reft bien conftitué, & s'en que quand
dans le cas
abftenir
l'efpèce de contraire, maladie ou quand on craint
Negres, & qu'on
commune chez les
appelle Mal d'effomac:
Onavua auffi de bons
au dehors,
effets, pourpouffer
9 de T'ufage du bouillon de
raumont, de celui de limaçon fluviatile gi- dit
pays,' qu'on appelle communément cauclaux, de tifânne d'écorce de
dont on fe fertauffi dans mapou la ou
tite
de bouillon &
srte
de chair POc
requin, de bouillon de
ou jaunes, qu'on appelle petitslézards anolis dans verds les
Sles, de l'eau feconde de chaux faite
des coquilles appelées lambis.
avec
Il fuit de-là que les
zemèdes pour les pians préparations doivent être aux abG iij
qu'on appelle communément cauclaux, de tifânne d'écorce de
dont on fe fertauffi dans mapou la ou
tite
de bouillon &
srte
de chair POc
requin, de bouillon de
ou jaunes, qu'on appelle petitslézards anolis dans verds les
Sles, de l'eau feconde de chaux faite
des coquilles appelées lambis.
avec
Il fuit de-là que les
zemèdes pour les pians préparations doivent être aux abG iij --- Page 108 ---
IO2 MOYENS-DE CONSERVER
folument différentes de celles qu'on f.it
avant les remèdes antivénériens. Dans
ceux-ci il faut rafraichir, tempérer., relâcher de 2 ou purger plufieurs fois: pour
les pians, au contraire , tous ces pré- le
paratifs ne tendent qu'à faire rentrer
venin au dedans, ce qu'il faut éviter;
ponffer au dehors, échauffer indications par confé- à
quent, font les premières
remplir.
traite des
On obferve que lorfqu'on
pians trop récens, nous ne parlons. & R
de ceux qui ne font que primitifs
caux, on ne peut terminer leur guérifon,
les moyens
fi on n'emploie auparavant
il arrive
propres à les pouffer au dehors;
éteinalors que les puftules, après s'être reffort
tes 1 teparoilent, ou qu'il en
traid'autres, & qu'on continue ainfi un
tement qui exténue le malade par falongueur, fans pouvoir le guérir. font affez anLors donc que les pians
fuiciens & aflez fortis, on choilit,
vant fon expérience, le fpécifique
le
convenable, Jufqua
NE
paroit
plus
de deux fortes, ou
fent on en connoit
le foufre,.
même de trois, le mercure,
& les fudorifiques. & même le mercure en
Le mercure,
le
ufité
fridions, eft le fpécifique
plus --- Page 109 ---
SANTÉ DES BLANCS, &c. 103
LA
les médecins & les chidans le pays par regardant encore le pian
rurgiens qui,
vénérien, ou au
comme un fymptôme
moins cherchantale faire regarder.comme du remède
tel, continuent de fe fervir
regardé en France comme le vrai fpéci- dont
fique de la maladie vénérienne, &
ils ont étudié Tufage. Ils ont, à cet effet,
foit chez eux, foit chez les habitans, 2 un
endroit, qu'on nommel la petité cafe,
petit ou ils tiennent renfermés les Nègres
pianiftes,, ainfi que les vérolés, avec leur une
deux
pour les fervir: ils
ou
Négrefles des fricions mercurielles penadminiftrent
& les mettent enfuite
dant fix femaines,
du Coà l'ufage de la tifanne les fudorifique effets de ces redex. Voiciquels font
les
mèdes : il faut obferver qu'on prépare
malades, comme ileft d'ufage de préparer Au
en France pour les grands remèdes.
la falivation
bout d'environ quinze jours
eft
eft établie, & une partie des puftules
déja éteinte ; l'autre partie eft bientôt beaucoup diminuée, & comme devant
difparoitre. La même chofe arrive quand
même la falivation ne feroit pas encore
établie. On continue le traitement, & au
bout de quelque tems onl s'apperçoit que
les puftules loin de diminuer augmentent, Giv
Au
en France pour les grands remèdes.
la falivation
bout d'environ quinze jours
eft
eft établie, & une partie des puftules
déja éteinte ; l'autre partie eft bientôt beaucoup diminuée, & comme devant
difparoitre. La même chofe arrive quand
même la falivation ne feroit pas encore
établie. On continue le traitement, & au
bout de quelque tems onl s'apperçoit que
les puftules loin de diminuer augmentent, Giv --- Page 110 ---
104 MOYENS DE CONSERVER
& qu'il en reparoit d'autres : malgré cela
on continue le traitement pendant quarante jours, & au bout de ce tems on adminiftre pendant trois femaines des fudorifiques plus forts qui terminent la cure. Les
difparoiffent alors, & le malade fe
pians
d'autres fois il
trouve quelquefois guéri,
& c'eft
nel'eft pas ; les pians reviennent,
ce qui fait la difficulté entre les chirurgienis &, les habitans qui veulent qu'on
leur garantilfela guérifon de leurs Nègres.
Heft fort rare que ceux qui n'adminiftrent
point de fudorifiques à la fin parviennent
à guérir la maladie fans retour. I
Plufieurs aujourd'hui ayant reconnu
l'infuffifance des friétions 2 emploient le
fubliméala méthode de Vanfwieten, mais
à une dofe beaucoup plus forte que ne le
prefcrit l'auteur, & ils yjoignent! la tifanne
fudorifique avec les mucilagineux. Nous
obferverons, en paffant, que, quoique
nous ayons vu aux Antilles plufieurs perfonnes tuées par ce remède donné à trop
haute dofe a ?. & continué trop long-tems,
nous ne lui avons - cependant point vu
produire les mêmes ravages qu'en France.
Eft-ce la molleffe &cuneirritabilité moindre
dans la fibre mufculaire de leftomac? c'eft
ce que nous ne favons-pas. Il en eft. de --- Page 111 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. 105
même de tousles autres remèdes irritans.
Le fublimé nous a paru faire plus -
d'effet & mieux convenir que les frictions.
les dragées de
On a encore employé
mais fans
Keifer & d'autres mercuriaux, Outré 2
le mernn fuccès bien marqué.
que
être le vrai fpécifique
cure ne paroit pas même dans la maladie
du pian, & que, fon effet eft beaucoup plus
vénérienne,
l'inconborné qu'en France, il a encore
dans
vénient de ne pouvoir être employé & ces
les cas de diffolution du fang; chez
casfe rencontrent tres-fréquemment nous avons vu
les Nègres. Cependant
fon ufage
des chirurgiens parvenir par
&
feul, avec le tems & la patience s.
beaucoup de circonfpedion 9 à guérir auffr
des pianiftes. Mais nous avons vu
guéris, conces Nègres, quoique
C'eff
Rimndien tous des crabes aux pieds.
à quoi nous avons prefque toujours re- le
connu les anciens pianifes guéris d'autres par mémercure, ou maltraités dont le par traitement n'a.
thodes, c'eft-à-dire
V
pas été affez fuivi.
d'habitans quitraitent
Ilya a beaucoup leurs Nègres ; il y, en a qui,'
eux-mêmes
du-fublimé, s'en fervent
connoiffantlufage
quoique
C'eff
Rimndien tous des crabes aux pieds.
à quoi nous avons prefque toujours re- le
connu les anciens pianifes guéris d'autres par mémercure, ou maltraités dont le par traitement n'a.
thodes, c'eft-à-dire
V
pas été affez fuivi.
d'habitans quitraitent
Ilya a beaucoup leurs Nègres ; il y, en a qui,'
eux-mêmes
du-fublimé, s'en fervent
connoiffantlufage --- Page 112 ---
106 MOYENS
quelquefois avec DECONSERVER une efpèce de
mais le plus fouvent à leur
fuccès,
Ils y joignent la tifanne
défavantage.
compofent avec les bois fudorifique qu'ils
commerce, ou ceux que produit fudorifiques le du
mssondinairementis
pays;
racinedegrand dracuntium, lexzemplacentp par la
pareille parcelle del'aloès ainfiquelafalfela plupart s'en tiennent pitre:cependant
fiques, & n'emploient aux feuls fudorinitle pays, c'elt-à-dire que les deux ceux que fourvenons de parler, le
le dont bois nous
fer, le bois arada
gayac,
de
acaiou. II y a encore lacoma, le
& le tendre
branda, & le picannier de grand & le petit
remèdes pouvant être
montagne. A
Ces
nous ont, paru mieux réuffir employés verds,
altérés que l'on apporte fecs, & fouvent que même ceux
de France.
ainfi La fleur de foufre nous a paru être,
du que de la gale, le vrai fpécifique 9
le font pian. Les Nègres guéris par fon moyen
eft fort beaucoup rare qu'ils foient plus radicalement, & il
bes dans la fuite. Ce remede attaqués de crabord au dehors, couvre la pouffe d'atules pianiltes, qui enfuite peau. fe de
d'elles-mémes fans
Rauler
remédes. Ceci eft qu'il foit befoin d'autres
conforme aux prin- --- Page 113 ---
SANTÉ DES BLANCS, 8cc. 107
LA
avons avancés. Par cette
cipes que raifon, nous fi les fudorifiques ne font
même
auffi efficaces que le
pas des fpécifiques
plus que le
foufre, ils le iont toujours leur effet eft de
mercure 2 parce que lls conviennent même
pouffer à la pean. où nile merçure ni le
feuls dans les cas
c'elt-àfoufre ne peuvent être tend employés, à la diffolution.
dire lorique le fang les
un commenQuand il y a chez
Nègres Mal d'eftocement de la maladie appelée le mercure
mac 2 tout le monde fait que été témoins
diffoutle fang.& nous avons dans ces cirdes mauvais effets du foufre, contraires
conflances. Les fudorifiquesau
fur-tout ceux qui ont fermenté, augmens
tent le ton des folides, & raccommodent
la texture du fang, des remèdes particuLes Nègres ont
du pays, & qu'ils
liers tirés des plantes font pas ceux qui
tiennent fecrets,: moins. cene J'avoueral que je leur
réuflifient-le
enfympai vu guérir des pians dégénérés abandonnes,
tômes dek leprey. que Javois:
de,
ainfi
plufieurs: autres; perfonnes ede
Tart. N a cependant de Imprudence- de
fe fier à toute. efpèce de remèdes.
Nègres. - aot i0
: TO1
un
Depuis peu de tems on a découvert
fecrets,: moins. cene J'avoueral que je leur
réuflifient-le
enfympai vu guérir des pians dégénérés abandonnes,
tômes dek leprey. que Javois:
de,
ainfi
plufieurs: autres; perfonnes ede
Tart. N a cependant de Imprudence- de
fe fier à toute. efpèce de remèdes.
Nègres. - aot i0
: TO1
un
Depuis peu de tems on a découvert --- Page 114 ---
i08 MOYENS DE CONSERVER A
remède qui agit contre le vice pianifte
même dégencré en lepre, & contre les'
fymptômes venériens, fur-tout ceux qui
attaquent la peau;c'eftlel bois d'une plante
ligneufe du genre de l'acacia, & qu'on
nomme aux iles du vent baba & lianne à
coeur, & Saint-Domingue cceur de faintthomas s caconne maron. Cette plante qui
eft rampante; & quigrimpe fur les arbres,
feuille
comme celle dela
a une
découpée
fauve,
viorne, & porte une grande egouffe
recourbée en manière de fabre, longue
d'environ trois pieds & même de quatre,
bordée des deux côtés d'une forte, de
bourrelets , & féparée pat cloifons qui
contiennent chacuné une' groffe graine
couleur maron, , ovale & applatie , d'environ deux pouces delong fur un de large,
& faite en manière" de coeur. Cette plante
eft vivace-, &
parvenir à la groffeur & fe
de' la: cuiffe; Pent 9 bois eft tendre
très-facilement, laiffe échapper une
coupe rouffe ou blanche, quia une forte
gomme d'aftriction, mais beaucoup moindre que
le bois qui eft de deux efpèces, favoir, le
blanc &le rougeâtre: Le bois blanc a trop
de force, détermine des accidens, & peut .
même paffer pour un poifon pris à une
certaine dofe. Ses effets font d'occafjonner --- Page 115 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
dcs vomiffemens, des contradtions I09
les mufcles, 2 & unei irritation dans le dans
nerveux, : qui va julqu'a porter le genre
dans les idées, & à rendre infenfé trouble
dant plufieurs jours; peut-être cet pen- état
dureroit-il, fion en continuoit l'ufage
long-tems, ou fi on en prenoit
tage : il caufe
RELEluS
dans les mufcles auffi une tenfion fingulière
tractions dans les du bas-ventre, & des réLe bois
tendons des extrémités.
mais il a rouge produit les mêmes effets,
à un Negre beaucoup moins de force. On doit
venu d'Afrique à la grande
terre-Guadeloupe, remède.
la connoiffance de ce
On prend, fuivant ce
livre 1 du bois frais de
Nègre, demiqu'on coupe
petits l'efpèce rougeâtre,
fait bouillir Sesp trois morceaux, &qu'on
mune, jufqu'à réduéion pintes de d'eau comboire dans la
deux pintes,
fcomur le marc dans journée; de
on fait reune feconde
l'eau pour faire
lade foit dans tifanne, le cas de au boire cas
le mapintes
de deux
phire
jour.
On ec & on panfe les affedions
rieures, c'eft-à-dire les ulcères,
exté-
& les gonflemens, fi c'eft
les dartres
vénérien, avec la même décolion lepre ou, mal
plante pilée. a
ou la
deux pintes,
fcomur le marc dans journée; de
on fait reune feconde
l'eau pour faire
lade foit dans tifanne, le cas de au boire cas
le mapintes
de deux
phire
jour.
On ec & on panfe les affedions
rieures, c'eft-à-dire les ulcères,
exté-
& les gonflemens, fi c'eft
les dartres
vénérien, avec la même décolion lepre ou, mal
plante pilée. a
ou la --- Page 116 ---
:
IIO MOYENS DE CONSERVER
Lorfque ce remède, pris à trop forte
dofe, caufe les accidens dont nous avons
parlé,. on y. remédie
les bains d'eau
& delait, &l'ufage dul lears intérieurement;
n'en admimais les perfonnes prudentes onces aux
niftrent d'abord que quatre
adultes, deux onces aux enfans.
Ceremède qui a beaucoup d'aftriétion,
paroit cependant ne point agir comme defréperculif: il pouffe au dehors, puis
fèche; il fait reparoitre les anciennes
norrhées, & les arrête enfuite; ilarrête Ss
fleurs blanches, & réuffit ipécialement
diffiper les gonflemens ou excroif-
.pour fances que produit la lèpre 2 ainfi que
céux
levice vénérien occafionne quelquefois que aux grandes lèvres & au prépuce.
Ce remède s'emploie fous toute efpèce
de forme contre les affections les pituiteufes; mains de
mais il eft mal placé dans
tout le monde.
atr
ca --- Page 117 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. II1
Remarques Jur quelques obfervations
touchant les Antilles.
Les Antilles font fituées entre le tropique du cancer & la ligne équinoxiale,
par conféquent fous un climat fort chaud,
mais que les vents régnans tempèrent &
rendent fupportable.
On appelle iles du vent celles
ençore dans les vents alifés qui fouflent qui font
tous lesjours régulièrement dela partie de
l'eft,
huitou neuf heures dumatin,
jufqu'à
ou
heures
fTCh
fept
du foir. Les fles
appelle fous le vent font celles qui,
fituées
2e
plus à l'oueft, fe trouvent
au-delà de ces vents réguliers d'efl.
Les iles font en général beaucoup plus
longues fort
larges; celles du' vent font
forotere & dirigées à
près du nord
au fud:elles reçoiventle eventd'ef peu
dansleur
largeur, qui par conféquentlesbalayed &les
rafraichit davantage. La mer eft
à l'eft qu'à l'oueft, & il
plus agitée
nairement plus. de refcifs. s'y Dans trouve la ordiil règne une chaine de montagnes plupart fort
hautes & inhabitables, qui les fépare en
es; celles du' vent font
forotere & dirigées à
près du nord
au fud:elles reçoiventle eventd'ef peu
dansleur
largeur, qui par conféquentlesbalayed &les
rafraichit davantage. La mer eft
à l'eft qu'à l'oueft, & il
plus agitée
nairement plus. de refcifs. s'y Dans trouve la ordiil règne une chaine de montagnes plupart fort
hautes & inhabitables, qui les fépare en --- Page 118 ---
112 MOYENS DE CONSERVER
la
de l'eft ou du vent,
deux parties, partie ou fous le vent. Il eft
& celle de l'oueft
de
l'air
clair que du côté du vent ou
l'elt,
eft plus vif le long de la côte, quilyeft
auffi plus fec &
falin; qu'il eft
à une certaine
le
humide & plus
lt
tion dans la montagne, à caufe des nuages
& de la fraicheur
qui viennent s'y bnfer,
contraire,
naturelle des lieux
moins
dans la côte de l'oueft,
- eft
ERTL
vif, plus étouffé, moins falin, 'plus dans chargé les
d'exhalaifons terreftres; & que
hauteurs il eft plus vif, plus frais qu'a les
la côte, & moins humide que dans
lieux élevés regardant left.
Dans beaucoup de ces montagnes, qui
desvolcans, ou oufont primitives,ilya dont le cratère eft au
verts Ou ércints,
humidité
fommet; il y a une grande voit des
nuages ; on y de riquentratienmentie fourniffent à beaucoup
étangs qui
defcendent par
vières ou de torrens, qui
cafcades au bord de la mer; Thumidité élévay. eft au point, qu'à une certaine de la moufle,
tion il ne croît plus que Ces montagnes,
& que tout en eftcouvert. de foufre, de fer & de
qui font remplies
minérales chaupyrites, filtrent des eaux.
fulfureufes,
des & froides, la plupart ferrugineufes --- Page 119 ---
DES BLANCS, &c. 113
LA SANTÉ
il y en a
ferrugineufes ou vitrioliques; cuivreufes & d'alumiquelques-unes de
neufes, mais elles font rares.
des
L'eau qui defcend en abondance douce, lémontagnes eft ordinairement fulfureufe; celles
gère, &le plus fouvent
font mauqui ne fortent que des plaines
vaifes, pefantes, & féléniteufes. & celles
Les iles qui font fort petites,
qui font plates, ou dont les montagnes
font
élevées, n'ont pas de rivières,
& même peu peu ou point de fources.
Celles qui font petites, élevées, qui
n'ont ni plaines, ni gorges, nivallons, orfont les plus faines de toutes; comme elles
dinairement la terre y eft mauvaife,
ne font habitées que par des hommes que
à endurcir leur temla néceffité oblige
&
éloigne
pérament par le travail, qu'elle
du luxe & de la molleffe.
la
Les îles fous le vent ont à peu près
même difpofition, mais moins régulière:
dans les montagnes, des volil y a auffi,
du
de l'aimant,
cans, des pyrites,
fer,
& des eaux minérales. n'ont
la même
Les grandes Antilles
pas affemblage
difpofition ; elles paroiffent un enfemble:
deplufieurs petites iles réunies
des
le payse eft coupé en plufieurs fens par
H
Les îles fous le vent ont à peu près
même difpofition, mais moins régulière:
dans les montagnes, des volil y a auffi,
du
de l'aimant,
cans, des pyrites,
fer,
& des eaux minérales. n'ont
la même
Les grandes Antilles
pas affemblage
difpofition ; elles paroiffent un enfemble:
deplufieurs petites iles réunies
des
le payse eft coupé en plufieurs fens par
H --- Page 120 ---
114 MOYENS DE CONSERVER
montagnes, des gorges, des vallons, des
tres-étenduesiony rencontre dans
plaines les plaines, & les montagnes baffes, du
du fpath calcaire, des pétrificaquartz., ,
tions. On
voit auffi des terres allez étennouvellement y
forties de deffous les
dues,
eaux; les unes reçoivent encore quelquefois la mer quand les marées font fortes;
les autres font devenues trop élevées &
éloignées pour que la mer puiffe les
trop atteindre; mais font encore trop falines
pouvoir produire, & fe couvrent
pour. d'une croûte de fel après les inonencore dations des pluies; les autres un peu plus
loin, & quele tems a faturées & rendues
plus douces, font très-fertiles ; au-delà
encore on en trouve d'une fécondité ordinaire ; & enfin, à mefure qu'on sélève, ufées
on en rencontre d'autres qui l'ancienneté font
& devenues ftériles, tant par
les
de la culture & du rapport, que par
dégradations des pluies. des iles il
des en-,
Dans la plupart humides & ya mal fainss
droits marécageux, &
l'on nomme
couverts d'arbres,
que
font ceux:
paletuviers: les plus pernicieux
le
où l'eau de la mer croupit 9 ceux qui d'eau
font moins font les paletuviers
douce. --- Page 121 ---
LASANTÉ DES BLANCS, &c. I16
Nous avons dit que les iles du vent
fe trouvant dans les vents alifés, la brife
y étoit réglée de la partie de l'eft, depuis
huit heures du matin en été, neuf heures
en hiver, jufqu'à fix ou fept heures du e
foir : mais depuis la fin de novembre
jufqu'en mars, le vent s'approche beaucoup du nord 9 & devient fouvent
plein-nord ; alors il eft beaucoup plus
froid & plus nuilible. Dans cette même
faifon ii fouffe affez ordinairement de
terre pendant la nuit: ce vent eft encore
froid & mal fain. La faifon la plus chaude,
qui eft auffi celle des orages, eft depuis
la fn de maijufqu'au commencement de
novembre. Ce qu'on appelle l'hivernage,
ou la faifon des
eft depuis la
mi-juillet, jufqu'à ERALL la
II tonne
aux fles du vent à toute heure du jour
& de la nuit.
A. Saint-Domingue les vents font différens; ils foufflent de terre, 2 & ce font
les plus mous, depuis quatre heures du
matin jufqu'à dix. 'Il fait calme & fort
chaud depuis dix heures jufqu'à midi.
A midi le vent fouffle de la mer jufqu'à
fept à huit heures du foir. C'eft le calme
Saint-
:
de dix heures à midi, qui rend à
Domingue la chaleur plus incommode
Hij
de la nuit.
A. Saint-Domingue les vents font différens; ils foufflent de terre, 2 & ce font
les plus mous, depuis quatre heures du
matin jufqu'à dix. 'Il fait calme & fort
chaud depuis dix heures jufqu'à midi.
A midi le vent fouffle de la mer jufqu'à
fept à huit heures du foir. C'eft le calme
Saint-
:
de dix heures à midi, qui rend à
Domingue la chaleur plus incommode
Hij --- Page 122 ---
118 MOTENS DE CONSERVER
naturellequ'à la Guadeloupe, quoique
ment l'air y foit moins chaud. Le tems
de la plus grande chaleur à Saint-Domin- la
eft depuis le mois de mai jufqu'à
EL de feptembre que les fraicheurs commencent, tandis qu'à la Guadeloupe ce
n'eft qu'a la mi-novembre. Il tonne en
mai dans les montagnes: 5 mais ce n'eft
qu'en juin
les orages fe font reffentir
au bord de fim mer. Dans les premiers tems,
c'eft fur les deux heures après midi; ils
retardent enfuite peu à peus de manière
oftobre c'eft fur les huit ou neuf
qu'en heures du foir : ils durent ordinairement
deux heures, & jamais il ne tonne le
matin. C'eft vers la mi-oltobre que les
finiffant font place à ce qu'on
orages les nords, qui font de fort vents
appelle de nord qui amènent la pluie, & qui durent jufqu'en décembre, & font trés-frais.
Ily, a dans toutes les Antilles fix mois
de fécherefle & fix mois de pluie affez
ordinairement 2 quoique cependant les
années fraîches font fouvent fans aucun
fec, &les années fèches ont quelquefois
fept à huit mois de fec. Le fec commence
à la fin de décembre ou janvier, quelquefois fevrier ou mars 2 & dure jufqu'en
août.
juin ou juillet, quelquefois --- Page 123 ---
SANTÉ DES BLANCS, &c. 119
LA
vu aux iles du vent le therNous avons
en août
momètre monter au 300 degré,
Nous Yavons vu defcendre
& feptembre.
dans les mois de
à 15 & à 14 degrés,
font ordécembre, janvier et fevrier, qui
dinairement les mois les A plus froids,
du bord de la mer feuleNous parlons
ment, et non de la montagne.
On mange beaucoup aux iles,
& falin. Dans les
RST
Vair y eft vif
à fix
par jour 3
ger femmes font cinq
repas
On
du pain;
& font tres-vaporeufes. de manioc, ou caflave >
mais la farine
EES
font la principale nourriture - 9 non-feu- : des
lement des nègres 2 mais encore Le
Blancs créoles, fur-tout des femmes,
boeuf falé, & la morue, 9 font la feconde
nourriture, avec le poiffon. On préfère
la falaifon I la viande fraiche, parce que n'a
celle-ci, qui eft mollaffe & blafarde, Taftrès-peu de fucs & de goût; on
que faifonne
cette raifon de beaucoup de
par
La volaille eft recherfel & de piment. le dindon & le pigeon.
chée, fur-tout
& des
La boiffon des Negres
pauvres de
eft l'eau; celle des riches eft le vin
Bordeaux, qui eft fort bon & n'eft
limonade
ds
cher. On boit beaucoup de
la chala journée ; on y eft excité par
Hiij
ès-peu de fucs & de goût; on
que faifonne
cette raifon de beaucoup de
par
La volaille eft recherfel & de piment. le dindon & le pigeon.
chée, fur-tout
& des
La boiffon des Negres
pauvres de
eft l'eau; celle des riches eft le vin
Bordeaux, qui eft fort bon & n'eft
limonade
ds
cher. On boit beaucoup de
la chala journée ; on y eft excité par
Hiij --- Page 124 ---
120 MOYENS DE CONSERVER 1
leur. On boit auffi à midi & le foir
du rhum, qui eft.l'eau de vie de fucre
qu'on a laifié vieillir; ; les pauvres boivent
du tafia qui eft l'eau devier nouvelle. Nous
expliquerons dans la fuite cé que nous
penfons de
de ces boiflons.
L'ufage des AMtStS eft très-fréquent; on
neles prend que froids. On ne porte prefdes habillemens de toile;l'ufage
que
de ce côté. On
eft ac ne pas fe gêner
eft prefque toujours armé d'un parafol,
contre la
ou contre le
Peotit
fert ou
travaillant pluie
à la terre font
Les Nègres
:
prefque toujours nuds jufqu'à à laceinture caufe de la
cet ufage n'eft pas mauvais
obfervé
pluie & de la fueur. Nous avons
ce n'étoit
le contaet de la pluie
que le
pas caufoit la maladie, ni
fur
corps qui
tant.
même le féjour des hardes mouillées
que la pluie continuoit, mais feulement
le defféchement de ces mêmes hardes furla' peau.
: --- Page 125 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c. I2I
Du Mal d'Eflomac.
Crqwon appelle aux iles mal d'eftomac,
eft une leucophlegmatie générale, ou bien
une forte de confomption univerfelle dans
laquelle tombent fouvent les
accompagnée de lépuifement des Nègres,
d'ou fuit néceflairement
forces;
laborieufe &
une refpiration
afthmatique, dans la marche,
far-tout lorfqu'il faut monter;
qui a fait nommer ces maladies fymptôme mal
tomac. On le diflingue en deux
d'ef
mal d'eftomac humide qui eftle efpèces:
mun,c'eft
plus comlaleucophlegmatie; & mald'eftomac fec, c'eft la confomption.
Nous n'entrerons pas. dans de
détails fur les caufes de cette maladie grands
en général, fe. réduifent au
qui,
la mifère; ; fur le
chagrin & à
connoit par la définition diagnoflic, qui fe red'en donner; ni fur le que nous venons
eft toujous fâcheux & mortel, prognoftic, 5 qui le
mal eft invétéré: nous nous
quand
traitement.
arrêterons au
a Le régime doit être nourriffant & to-:
nique, plus fec qu'humide. La viande eft
préférable au poiffon; elle eft moins pi-
ifère; ; fur le
chagrin & à
connoit par la définition diagnoflic, qui fe red'en donner; ni fur le que nous venons
eft toujous fâcheux & mortel, prognoftic, 5 qui le
mal eft invétéré: nous nous
quand
traitement.
arrêterons au
a Le régime doit être nourriffant & to-:
nique, plus fec qu'humide. La viande eft
préférable au poiffon; elle eft moins pi- --- Page 126 ---
122 MOYENS DE CONSERVER
tuiteufe, & engendre moins de glaires
cette maladie.
at
abondent toujours dans
la
pirer le plus qu'il eft poffible
gaieté de
aux malades; ; leur fournir des moyens d'air s'il
confolation; leur faire changer eft le plus
eft poflible; choifir celui Le qui fel & les fafec, V'air falin fur-tout. contraires, pourlaifons ne leur foientfaines. fontpoint Leur faire prendre
vu qu'elles modéré; ne les point fatiguer;
un exercice de manger de la terre. L'emles empêcher
elt le moyenle
barquement dans unbateau différens
plus fàr pour remplir ces
objets.
coutume de traiterleurs
Les! shabitansont boiffons fermentées qu'ils
Nègres par des Ces boiffons font ordinomment grapes. tout-à-la-fois toniques, ftinairement
On les nomme
mulantes & purgatives. d'eftomac, tifannes
encore tifannes à mal
fait
qu'on en
prendre
à trois coups, dans parce la matinée. Le fer en
trois coups
la bafe, 9 & on y fait
fait prefque toujours
infufer desbois & des plantes fudorifiques fon écorce;
bois de fer ou
&p purgativeailel du bois Savonnette, celle de gayac ;
celle
nomme fureau
la racine du faururus,qu'on celle de lherbe à fous
à mal d'eftomac;
de
marqués, de l'herbe puante, gingembre, &c. --- Page 127 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
Tous ces médicamens ,.quoique indi- 123
qués, réuffiffent dificilement,
laplupart du tems ils font mal parce que
& qu'on omet toujours la
adminifirés,
à la cure, 9 celle
principale la
chofe
mal; c'eft-à-dire, déloigner le
caufe du
D'un
chagrin & la mifère.
autre côté le mal d'eftomac,
tous les degrés, ne demande
dans
même traitement. Si le mal d'efiomac point eft le
fec, il ne faut pas infifter fur les
gatifs niles remèdes chauds; il
purles adouciffans aux apéritifs. fautjoindre C'eft dans
T'humide que les purgatifs font les
néceffaires; ; encore précipitent-ils la plus
quand la maladie eft ancienne, & mort, le
malade eft épuifé. Il vaut alors que
avoir recours à ceux qui font
mieux
apéritifs & cordiaux. Tel eft l'élixir fimplerfent
fait avec le mâchefer la
qu'on
rofle, le fucre
cannelle, le géfucre.
brut, & l'eau de vie de
Nous avons obfervé l'efficacité
de vie de gayac dans
de l'eau
cette maladie.
adie eft ancienne, & mort, le
malade eft épuifé. Il vaut alors que
avoir recours à ceux qui font
mieux
apéritifs & cordiaux. Tel eft l'élixir fimplerfent
fait avec le mâchefer la
qu'on
rofle, le fucre
cannelle, le géfucre.
brut, & l'eau de vie de
Nous avons obfervé l'efficacité
de vie de gayac dans
de l'eau
cette maladie. --- Page 128 ---
124 MOYENS DE CONSERVER'
De la Lèpre.
LA lépre eft une maladie contagieufe
de la peau, 5 dont Térofion, ftéatomateux la flupéfac- de
tion & Tépaififement faire le caracla lymphe 2 paroiffent auffi chez les lépreux
tère. On remarque
fur la partie rouge
une acrimonie qui agit
chez les fcordu fang, à peu près comme
Lutiques. décrirons
cette maladie
Nous ne
connue point dans le pays.
qui n'eft que
de traitement
Nous ne Eegr point
n'en connoût pas jufaffuré,
qu'on
feulement
SES Nous rapporterons nous a fait voir de
ce que Texpérience
plus conftant à cet égard. de praticiens aient
Quoique beaucoup maladie comme une vérole
vegardé cette cependant le mercure 9 fous
dégénérée;
être adminiftré,
quelque forme qu'il puiffe moins inutile.
eft toujours nuilible, ou au
adouciffeOna a cependant remédede vu quelques Vanfwiéten,
mens opérés parle
ainfi que du merjoint aux fudorifiques, l'acide
mais onn'ajacure joint à
végétal;
mais vu de cure. --- Page 129 ---
LA SANTÉ DES BLANCS, &c.
Nousavonsobfervé quele mercure, 125
ces formes, réufliffoit mieux dans les fous
où la lèpre provenoit d'un vice
cas
vénérien joints enfemble, comme pianifte-& il arrive
fouvent; mais qu'il. aigriffoit
les autres efpèces, J'ai entendu prefque toutes
deux lépreux
parler de
lons de
guéris au moyen des bouilferpent de la Martinigue,, mais
jen'aijamais été à portée d'en faire l'effai.
Ce qu'il y a de mieux à
font les tifannes faites
employer, ce
plantes
avec lès bois &c
foin. L'écorce fiudorifiques, de
mais préparées avec
de fer, le bois
gayac fraiche, le bois
fort bons.
arada, le bois à pian font
Nous avons vu de fort bons effets d'une
tifanne faite avec huit onces du
la lianne, appelée Ceur de
bois de
ou Baba (plante dansle
Saint-Thomas des
On fe fert de
genre
acacia).
& non de celle l'efpèce à bois qui a le bois rouge,
blanc, qui eft
violente; bouillir
& attaque les nerfs; on la
dans
EE
réduire à deux trois à pintes d'eau qu'on fait
On fait boire petit feu.
dans la journée, cette tifanne au malade
deux mois. Ce remède pendant fix femaines ou
mais extraordinairement pouffe à la peau,
il agit auffi comme
par les urines;
tonique, & épuife la
de celle l'efpèce à bois qui a le bois rouge,
blanc, qui eft
violente; bouillir
& attaque les nerfs; on la
dans
EE
réduire à deux trois à pintes d'eau qu'on fait
On fait boire petit feu.
dans la journée, cette tifanne au malade
deux mois. Ce remède pendant fix femaines ou
mais extraordinairement pouffe à la peau,
il agit auffi comme
par les urines;
tonique, & épuife la --- Page 130 ---
E786
Ocl- 27120
8344d
126 MOYENS DE CONSERVER, &c.
pituite: combiné avecles boisfudorifiques,
il convient plus généralement.
Ilagit fpécialement, lorfqu'il eft queftion de combattre des tophus & des excroiffances lépreufes.
Nous ne nous étendons pas davantage
fur les maladies en particulier, ceci n'éméditant fimplement qu'une aitiologie
cale pour les iles de l'Amérique, & nous
réfervant de traiter ailleurs plus en détail
des maladies particulièresà ces contrées.
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