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--- Page 2 --- --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DES COLONIES,
ET PARTICULIÈREMENT
DE CELLE
DE SAINT-DOMINGUE --- Page 6 ---
comme contrefait tout exemplaire
On doit regarder
revêtu du sceau de
de cet ouvrage qui ne serait pas
comme il se voit ici.
l'auteur
-
$ --- Page 7 ---
DES COLONIES,
ET PARTIGULIÉREMENT
DE CELLE
DE SAINT-DONINGUE;
( MÉMOIRÉ
HISTORIQUE ET POLITIQUE,
OU L'ox TROUVERA :
1o Un Exposé impartial des causes et un Précis historique des guerres civiles qui ont rendu cette dernière
colonie indépendante;
2° Des Considérations sur les moyens de la rattacher
à la méiropole, d'y ramener une paix durable, d'en
rétablir et accroitre la prospérité.
PAR LE COLONEL MALENFANT,
Sous-Inspecteur aux Revues, Chevalier de la Légion d'honneur, ,
Propriétaire à Ssint-Domingue, ex-Délégné da Gouvernement
français à Surinam.
A PARIS,
Chez AUDIBERT, lib., ruedelaColembe,n. 4, en la Cité,
Et au Cabinet de lecture, rue de PEcbiquier, no 42.
AOUT 1814. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
PREFACE.
après la publication de la
Qumottsjours
planteurs de Saintpaix, plusieurs grands
Domingue, mes amis, vinrent me témoila crainte qu'ils ont conçue de voir
gner
engagé dans de fausses
le gouvernement
de cette COmesures pour la réoccupation
lonie : ils voudraient empécher de prévaloir les conseils de certains colons, qui
n'écoutant qu'un intérêt avengle, et mettant de côté les leçons de T'expérience,
disent hautement que le seul moyen de
reconquérir cette ile, d'y ramener l'ordre
est d'y envoyer une armée
et la prospérité,
tous les muformidable, et d'exterminer
làtres et les nègres.
Ces colons propriétaires savent qu'en
aul général LeI'an 1O, j'ai présenté, destiné à l'éclairer
clerc, un Mémoire
dont il avaitle commandans l'expédition
la doudement ; ils n'ignorent pas que
ement que le seul moyen de
reconquérir cette ile, d'y ramener l'ordre
est d'y envoyer une armée
et la prospérité,
tous les muformidable, et d'exterminer
làtres et les nègres.
Ces colons propriétaires savent qu'en
aul général LeI'an 1O, j'ai présenté, destiné à l'éclairer
clerc, un Mémoire
dont il avaitle commandans l'expédition
la doudement ; ils n'ignorent pas que --- Page 10 ---
(5)
les
me paraissent
ceur et la persuasion
pour faire
meilleurs moyens à employer
les
la domination française
rentrer sous
devenus indépenmulâtres et les noirs
n'excluent
dants; moyens qui, au besoin, ultérieur de la
l'emploi
pas et justifient
le dire, mises à exéforce. Mes vues, j'ose
rattaché à
eussent
cution à cette époque,
colonie :
cette importante
la
la métropole
trompé voulait
mais le gouvernement les résultats la
guerre. On en connait belle armée, et des
France y a perdu une
de Saint-Domin-
(1) On peut juger de Vimportance colonie importés en France
par les produits de cette
gue
terré ( cassoen 1789- millions de livres pesant de sucre
de café,
de sucre brut, 250 millions bois d'acamade), 250 millions
de coton ; en
million d'indigo, 2 8 millions 20 mille cuirs de boeuf.
1 pour 2 millions de francs; les Hollandais et les
jou, En ffrande, par les Anglais, de livres pesant de sucre brut,
'Américains : 50 millions millions 500 mille livres de comillions de café, 5
à 25 millions de
exportés se montaient
ton. Les sirops
Fenvoi de
francs. les pertes que la France éprouve par
et en
Voici de Leclerc : Il sortait de IIOS millions fabriques, de francs;
T'armée territoriaux, pour65 à 79
produits --- Page 11 ---
(ij)
sommes énormes; un grand nombre de
colons propriétaires, la
ont
vie; et ceux qui
survécu, presque tout espoir de
un terme à la spoliation dont ils
voir
sont victimes,et à la misère qui
pèse sur cux.
Quelqures armatenrs de
sur leurdemande,
Nantes, à qui,
jc communiqnai ce Mémoire, m'invitèrent à le
une autre
présenter, sous
forme, au ministre del la
et même à le faire
marine,
rent la
imprimer : ils en jugèpublication utile, dans un
où notre situation à
moment
l'égard de Saint-Docependant les nègres esclaves étaient les
nus; ils ne buvaient jamais de vin : cette neuf-disièmes
était faite par les blancs, les
consommation
claves chefs, les
mulâtres, , les nègres esdomestiques. Par le
propose, , les noirs ayant une
régime que je
feront sortir, pour leur
portion sur les produits,
lions dc francs en SuS. consommation, 150 à 200 milLa population blanclie élait de trente
sur ce nombre on comptait trois mille mille individus;
mille enfants. Celle des mulâtres
femmes ct trois
six mille, dont dix mille
et nègres libres, trenteenfants ; mulâtres,
hommes; le reste femmes et
mille des deux sexes. quarterons esclaves, douze à quinze
On avait déclaré en 178g cing cent mille
comme ces déclarations se faisaient
noirs; mais
par têtc inposée à
ait de trente
sur ce nombre on comptait trois mille mille individus;
mille enfants. Celle des mulâtres
femmes ct trois
six mille, dont dix mille
et nègres libres, trenteenfants ; mulâtres,
hommes; le reste femmes et
mille des deux sexes. quarterons esclaves, douze à quinze
On avait déclaré en 178g cing cent mille
comme ces déclarations se faisaient
noirs; mais
par têtc inposée à --- Page 12 ---
iv) )
semble plus critique que
mingue leur
Bonaparte.
celle ou s'est trouvé
de talent
conscience de mon peu
La
à me refuser
littéraire m'a d'abord porté
dans tout
leur demande : je sais que,
à
de forme nuit considéraécrit, le défaut
Considérant ensuite
blement au fonds.
publique,
d'administration
qu'en matière
d'importance aux
on doit attacher moins
dans un ouchoses; et que,
mots qu'aux
la clarté de l'expresvrage de ce genre,
amis du bien et
sion suffit aux sincères
jamais les enfants ni
sols et 5 livres, on ne déclarait
- cinq ans. Lé
qui avaient passé quarante à deux cent
Jes nègres
deux .classes se montait
nombre de ces
noire à sept cent mille
mille; ce qui porte la population ce que j'ai vu, par ce qui
avant 1789 : et sij'en juge par: ont plus que remplacé
m'a été rapporté, 2 les naissances la guerre ct les maladies:
occasionnées par
vingtles pertes
à Ssint-Domingue
Chaque année on importait qu'on tirait des côtes d'Afrihuit à trente mille esclaves, lereste en femmes et négrites. huit
que; vingtmille màles, des habitations : sucreries,
Voici le nombre trois mille ; indigeteries., quinze
cents ; caféyères, 2 neuf cents 5 plus, deux cents habicents; cotonneries, ,
des légumes pour la consomtations ou lon ne fait que
mation des villes. --- Page 13 ---
(x) 0e
intéressées à la question
aux personnes suis décidé à pablier mon
agitée; je me
et les chantravail, avec les angmentations
m'ont dictés une réflexion
gements mûre que et la différence des temps.
plus
la partie raisonnée
J'ai fait précéder
d'un Précis historique
de mon ouvrage
civiles de Saint-Dodes premières guerres
mingue. Ces guerres ont pris leur origine
-dans la différence des opinions politiques
ont divisé les habitants d'une même
qui
éloignaient
couleur, dans les préjugés qui
les différentes castes les unes des autres;
dans la non observation des règlements et
les abus introduits dans Tadministration
intérieure de la colonie. Ila fallu faire connaitre les causes du mal, avant d'en indiquer le remède.
ce
La plupart des faits dont se compose
récit, je les rapporte comme témoin ocilaire. Cetitreàla croyance du lectenr, je me
suis efforcé de Yappuyer des plus grandes
d'impartialité. Cette impartialité a
preuves dà
coûter à un homme quin'ajamais
été peu d'aucune faction dans la colonie, qui
la colonie. Ila fallu faire connaitre les causes du mal, avant d'en indiquer le remède.
ce
La plupart des faits dont se compose
récit, je les rapporte comme témoin ocilaire. Cetitreàla croyance du lectenr, je me
suis efforcé de Yappuyer des plus grandes
d'impartialité. Cette impartialité a
preuves dà
coûter à un homme quin'ajamais
été peu d'aucune faction dans la colonie, qui --- Page 14 ---
(w)
mis le pied dans une société pon'a jamais
a eu le rare avantage de
pulaire, et qui dans les différents partis
conserver sesamis
qui ont divisé les blancs. noirs a été en
La liberté donnée aux
sujet de déclamations
France un grand
du gonvernement:
contre les commissaires conduite en ce point ne
on verra que leur
mais
réfléchie et systématique,
fut pas
forcée d'événements implutôt la suite
prévus.
cette époque,
Quoi qu'il en soit, depuis
cette COla force a résolu, du moins pour débattue
lonie, la question si long-temps Vouloir reentre lintérêt et Thumanité. c'est, à mon
mettre les noirs sous le jong, vouloir arc'est
avis, tentér Timposibles larmes à la philosoracher de nouvelles
phie et à la religion.
aujourLe véritable état de la question les COd'hui est donc de proposer, assorti pour aux cirlonies, un mode de régime
les droits
constances, qui paisse accorder des cultiavec la liberté
des propriéaires
des moyens d'y invateurs, et de trouver --- Page 15 ---
(ij)
troduire ct d'y faire adopter ce nouvean
régime. On obtiendra le premier point, 1° en
accordant, par une loi, des droits poliaux hommes de couleur ; 2° enl
tiques établissant, aussi par une loi, un code de
culture dont l'article fondamental assuaux cultivateurs une part dans les
rera
produits.
faire
Quant aux mesures à prendre pour
adopte ce mode de régime par la population coloniale, il suffira de le consacrer
unc loi générale et applicable à toutes
par
en faire la
les colonies, et d'envoyer, pour
promulgation sur les lieux, des commissaires précédés d'une grande réputation
d'honneur et de probité. Il 2 n'y a que de
appuyées de la papareilles précantions,
role royale des Bourbons, qui puissent
faire cesser la méfiance invétérée dans le
cceur des mulàtres et des noirs; méfiance
la conduite perfide de Leclere
justifiéc cruautés par inouies exercées par ce nouet les
vean Pizarre.
On trouvera à la fin de cet ouvrage un
commissaires précédés d'une grande réputation
d'honneur et de probité. Il 2 n'y a que de
appuyées de la papareilles précantions,
role royale des Bourbons, qui puissent
faire cesser la méfiance invétérée dans le
cceur des mulàtres et des noirs; méfiance
la conduite perfide de Leclere
justifiéc cruautés par inouies exercées par ce nouet les
vean Pizarre.
On trouvera à la fin de cet ouvrage un --- Page 16 ---
( viij )
de code de culture, tel queje pense
projet être décrété. Je ne crois pas qu'il
qu'il doit
article susceptible de
contiène un seul
à cincontestation. Je T'ai communiqué il a eu
quante propriétaires cultivateurs; n'ai trouvé de
T'assentiment de tous : je
contradicteurs que parmi les partisans
de T'esclavage, ou ceux qui n'ont
aveugles idée ni des cultures, ni de l'esprit
aucune
qu'il a pour lui l'exdes noirs. J'ajouterai
pour le prinpérience. Il est awjourd'hui,
à Saint-Domingue.
cipe, mis à exécution excellent.
Toussaint l'avait trouvé
et sur
J'ai fait un chapitre sur Cayenne sur les
le Sénégal : les considérations
Guyannies qu'il renferme, purahront,jiec
père, anssi neuves qu'utiles. rédigé avec la
J'achevais mon ouvrage,
commandent les circonstances,
hàte que
tombé sous la main un écrit
lorsqu'il m'est
ayant pour titre:
de M.Edoward Bryand, de Saint-DoHistoire des révolutions
depuis 1790 jusqien 1794mingue,
fait assez bien connaître
Cet historien arrivées parmi les blancs;
les révolutions --- Page 17 ---
(ix)
d'une manière assez impartiale
il parle
du brave coloncl Mauduit,
de l'assassinat
II SC trompe lorsqu'il
mon compatriote.
est venu avec dcs I
avance que M. Ogé
M.
est démunitions et des armes :
Ogé
seul. Il a été aussi mal instruit sur
barqué
de lincendie du Cap, et sur
les causes
d'autres événements.
regarde son
Mais c'est en lisant ce qui
gouvernement, qu'on reconnait sa partialité anglicane : elle ne garde quelquefoisaucune retenue. Comment, par exemà la diplomatic la dénople, emprunter
secrête, pour
mination de négociation
la tentative de séduction à prix
désigner de général à général, comme
d'argent,
le colonel anglais
celle que s'est permise
Withelocke à l'égard du général Lavaux;
brave Français répondit à cette infame
ce
n'eàt
proposition par un cartelquel'anglais
garde d'accepter.
brigands
M. Edouard Bryand appèle
tous ceux qui ont osé combattre et vaincre
; il nomme honnêtes
ses compatriotés
tous ceux qui se
gens ct bons Français,
de général à général, comme
d'argent,
le colonel anglais
celle que s'est permise
Withelocke à l'égard du général Lavaux;
brave Français répondit à cette infame
ce
n'eàt
proposition par un cartelquel'anglais
garde d'accepter.
brigands
M. Edouard Bryand appèle
tous ceux qui ont osé combattre et vaincre
; il nomme honnêtes
ses compatriotés
tous ceux qui se
gens ct bons Français, --- Page 18 ---
(x)
sont réunis sous la bannière deGeorges III.
voilà la
L'intérêt de son gouvernement, C'est
seule règle de morale qu'il connaisse.
infernale manière de penser qui a
cette.
fait jeter dans les fers et périr misérablement tous lès Français qui n'ont pas
voulu voir dans les Anglais des amis et
J'ai portéma part de cette
des protecteurs. m'en gloritie. Heureusepersécution, je
et le général anment que des émigrés,
honoglis Williamson, par une exception véritable
rable pour lui, ont eu, sur la
d'autres principes
gloire et sur Thonneur,
et le général
que le sieur Edouard Bryand
White.
n'a pas osé donner
Cet écrivain anglais
dont il
des détails sur la conspiration.
parle page 181 de son ouvrage.
Voici la vérité sur: cette conspiration.
avaient promis de prendre la
Les Anglais
du Roi de France, et d'arcolonie au nom
colons
borer le pavillon blanc; quelques
crédules, qui ne connaissent pas comme
moi toute la perfidie du gouvernement à leur
britannique, se sont laissé entrainer --- Page 19 ---
(x)
service. Dans le mois de janvier 1795, les
Français se plaignirent de l'inexécuticn
des promesses qu'on leur avait faites : on
arrête les plaignants au
Port-an-Prince, et
vingt-cinq sont passés par les armes: : c'étaient tous gens honnêtes et modérés.
Un brigand mulàtre, nommé
qui avait trahi tous les partis, Lapointe,
en 1791, égorgé blancs et noirs qui indistinc- avait,
tement, voulant plaire aux Anglais, dénonceles blancs, les mulâtres et des
.de Saint-Marc, de
nègres
TArcaye, etc., qui,
disait-il, voulaient faire arborer le pavillon francais : il en fait arrêter et fusiller
plus de deux cents; et, de sa
main, il tranche la tête à douze propre à bord
de son brick, en criant vive Georges III.
Pourquoi donc ce loyal et impartial
Bryand ne fait-il pas mention de cette affaire? pourquoi oublie-t-il de parler de
la proclamation du général anglais Maitland, du mois de mars 1795,qui désavoue
ce crime atroce commis sous son
et voue à la vengeance des nations pavillon, l'exécrable férocité de Lapointe?
ter et fusiller
plus de deux cents; et, de sa
main, il tranche la tête à douze propre à bord
de son brick, en criant vive Georges III.
Pourquoi donc ce loyal et impartial
Bryand ne fait-il pas mention de cette affaire? pourquoi oublie-t-il de parler de
la proclamation du général anglais Maitland, du mois de mars 1795,qui désavoue
ce crime atroce commis sous son
et voue à la vengeance des nations pavillon, l'exécrable férocité de Lapointe? --- Page 20 ---
(xij)
ose dire en note : M. La- -
M. Bryand servis: ce mot excuse tout
pointe nous a
Passassin les
avec
à ses yeux. Partageait-il
guinées de son maitre?
Ce Lapointe a été l'espion des Anglais,
celui de Bonaparte. I est anjouret depuis
Selon M. Edouard
d'hui à la Jamaique.
illivrait
Bryand, c'était un brave homme : Nous
des pays florissants.
aux Anglais
nous défenétions, nous, des brigands;
dions la France, notre patrie.
verra
M.. Bryand, s'il lit, cet ouvrage,
trouvé un militaire français qui
quils'est
T'affrense politique de son
a su dévoiler
depuis 1790
ministère à Saint-Domingne,
jusqu'en 1814 [ (ier avril.). :
actuel
Puisse le gouvernement colonies anglais ! c'est le
ne plus se mèler de nos
de bonheur à
gage de sécurité et
premier
quand ils rentredonner aux propriétaires
ront sur leurs habitations.
Paris, le ier juillet 1814- --- Page 21 ---
DES COLONIES,
ET
PARTICULIERENENT
DE CELLE
DE,
SAINT-DONINGUE
CHAPITRE PREMIER,
historique de la guerre de SaintPrécis
Exposé des causes qui ont
Dominguefait donner la liberté aux esclaves.
Tour le monde connait les terribles effets de
de Saint-Domingue : des milliers
la révolution
les uns la vie, les
d'habitants y ont perdu,
leur fortune. Cependant personne en
autres
sait au juste la cause de tous ces
Frauce ne
parce que la vérité a
malheurs. Pourquoi?
de
manqué d'historien exempt
préjusqu'ici d'intérêt, d'esprit de parti. Maintenant.
jugés,
sont plus calmes, que Ics Bourque les esprits
la durée de la
bons de retour garantissent --- Page 22 ---
(2)
un noble exemple, ils impaix, et que, par
de conposent à tous les Français T'obligation de la
courir de bonne foi à la restauratiou
patrie, je ne craindrai point de proclamer
peut enfin être entendue.
cette vérité, qui
ont déMilitaire mutilé dans les guerres qui
vasté la plus belle des colonies françaises,
dirai franchement tout ce que je sais de
je relatif aux troubles qui l'ont agitée. Impartial dans le récit de ses malheurs, j'espère me
montrer non moins zélé pour sa prospérité,
les moyens de rétablir et
que jindiquerai
d'accroître.
la majeure partie des Français
En 1789,
de la liberté. Le talent
adopta les principes
Jequel ils furent proclamés et développés
avec
nationale, répandit et
au sein de P'Assemblée l'enthousiasme auquel la
accrut rapidement
disposé
philosophie avait depuis long-temps
Une partie de la classe privilégiée
les esprits.
des changements qui
ne vit pas sans chagrin
et ses prérogalui enlevaient ses priviléges naissant des entives. La révolution eut en
cherchèrent à l'étouffer. Qnelquesnemis qui
d'entre eux crurent qu'ils y parviendraient
uns
devait entrainer
les maux qu'elle
en aggravant
iasme auquel la
accrut rapidement
disposé
philosophie avait depuis long-temps
Une partie de la classe privilégiée
les esprits.
des changements qui
ne vit pas sans chagrin
et ses prérogalui enlevaient ses priviléges naissant des entives. La révolution eut en
cherchèrent à l'étouffer. Qnelquesnemis qui
d'entre eux crurent qu'ils y parviendraient
uns
devait entrainer
les maux qu'elle
en aggravant --- Page 23 ---
(5)
à sa suite: : ils concurentle dessein
le commerce, de soulever
de détruire
effet les esclaves des
et d'armer à cet
colonies. Ils communiquérent cette idée à quelques
Jeur classe à
personnes de
de
Saint-Doringue, en les
coopérer à leurs projets.
pressant
Ces vues ne pouvaient être louables,
qu'elles n'avaient point
puisni des
P'assentiment du roi,
princes : le coeur
du
Louis XVI et son esprit généreux
bon
eussent pas permis de faire judicieux ne lui
aussi violents. J'aime à
usage de moyens
croire
sont accusés de les avoir
que ceux qui
pouvoir arrêter à
employés, pensaient
esclaves,
leur gré - le mouvement des
et qu'ils ont éprouvé de vifs
d'avoir eu recours a des
remords
mesures qui ont porté le mesuresaussi atroces;
la misère et la mort même carnage, Fincendie,
nombre de familles
au sein d'un grand
tion.
ennemies de la révoluAinsis'égare un zèle mal
Ces'e ennemisde la révolution, dirigé!
ses partisans, ont été accusés d'autres disent
fait passer à
en 1790 d'avoir
Saint-Domingue M.
ron propriétaire,
Ogé,Auarted'un ordre
lieutenant-eolonel, décoré
étranger. Il arriva au
tobre 1790,
Cap le 17 OCétait seul,
par un bâtiment américain : il
sans armes et sans munitions,
quoi- --- Page 24 ---
(4)
accusé du contraire. 11 arriva à la
qu'on l'ait
à M. Chavanne et
Grande Rivière, se joignit
et réautres hommes' de couleur,
à plusieurs
eux, Pexécution du
clama, de concert avec
roi,
sanctionné parle
décret du 8 mars 1790,
aux hommes
accordait les droits politiques
qui couleur nés de pères et mères libres.
de
instigateurs de la démarche
Les meneurs,
malheureusement
de M. Ogé, connaissaieut
des blancs,
tropbienlesprit des neufdixièmes
enthousiastes de la révolution,
qui, quoique
des
contre les
étaient trop imbus
préjugés
dehommes de couleur pour souffrir qu'ils disleurs égaux. Cette pomme de
vinssent le funeste effet qu'on s'en était procorde eut
cause des troubles et
mis : elle fut la première
frandes malheurs de cette belle possession
çaise.
des gens de couEn effet, la réclamation
du
Jeur fut à peine connue, que les patriotes firent
réunis en assemblée provinciale,
Cap,
battre la générale, et marsonner T'alarme,
pièces de
chèrent contre M. Ogé avec cinq
trois cents soldats et soixante dragons
canon,
du Cap, et quatre à cing cents
du régiment
hommes de milices patriotiques.
d'une force si formidable,
A T'approche
cette belle possession
çaise.
des gens de couEn effet, la réclamation
du
Jeur fut à peine connue, que les patriotes firent
réunis en assemblée provinciale,
Cap,
battre la générale, et marsonner T'alarme,
pièces de
chèrent contre M. Ogé avec cinq
trois cents soldats et soixante dragons
canon,
du Cap, et quatre à cing cents
du régiment
hommes de milices patriotiques.
d'une force si formidable,
A T'approche --- Page 25 ---
(5)
M. Ogé et ses amis se retirèrent dans
espagnole. l1s furent réclamés
la partie
Tassemblée
à l'instant par
provinciale, auprès du gouv crneur
cspagnol don Garcia, qui eut la barbarie
violer leura
de
livra
asile.Auméprise du droit des
ces
géns,i1
infortunés; et, le 9 mars 1791,
quatre, en vertu de jugement, furent vingtà mort : vingt-deux furent
exécutés.
et Chavanne furent
pendus; ; MIM. Ogé
surla
rompus vifs, et
roue. L'assemblée
expirérent
exécution una
provinciale mità cette
elle crut donner appareil quien combla la cruauté:
un grand
tant en
exemple cn y assiscorps, en entourant l'échafaud et en
repaissant les yeux d'un spectacle
repoussé par la nature et aboli
horrible,
d'après la demande de la sensi.le en France,
toinette (1).
Maric-AnLa sévérité dont on usa envers
ces malheu-
(1) Le matin du jour dc
demanda un
T'exéeution, M. Vincent
sursis, en
Ogé
les plus grands
représentant qu'il pouvait rendre
les plus grands services, et qie sa mort occasionnerait'
La barbarie dont malheurs : on ne voulut point
lâtres
on usa envers lui
l'écouter.
des provinces de l'Ouest et du souleva-tous les mufluence du colonel Mauduit,
Sud; ct, sans l'inpartics de la colonie auraient qui les caima, ces deux
sastres que celle du Nord. éprouvé les mênes dé- --- Page 26 ---
(6)
les mulàcontint pendant quelque temps elle fitprenreux étaient restés au Cap:mais de couleur et
tres qui
à tous les hommès
Elle
dre les armes libres detousles quartiers.
àt tousles nègres!
une haine implacable
dans leurs coeurs
qui acjeta
soi-disant patriotes,
contre les blancs,
décrets qui leur étaient
ceptaient avec joie les
avec une sorte de
tavorables, mais rejetaient semblaient tant soit peu
fureur tous ceux qui
celui du
Jeurs droits, et notament seule saudiminuer
Y'exécution pouvait
15 mars, dont Les agents du sonvetements des
ver la colonie.
par les assemblées avaient
vexés purlepataisteren des hommes qui
colons, accneillirent communs.
de
avec eux des ennemis
que l'assemblée
Cest de cette époque donnèrent) le nom
Saint-Marc et ses adhérents parce qu'ils s'éd'aristocrates aux mulâtres, des agents du roi,
défensenrs
et aux gens
aux
tuentmsatrédles
planteurs
qu'ils s'étaient unis
qu'on fit de changequi ine voulaient pas
sages dans la colonie.
que
ments sais comment on a pu s'imaginer tout à atJe ne
quiavaicnt
les hommes de couleur, auraient pu être aristendre de la révolution, ne les eussent immotocrates, si les patriotes les colons eussent voulu
Si
Jés à leurs preéjngés.
agents du roi,
défensenrs
et aux gens
aux
tuentmsatrédles
planteurs
qu'ils s'étaient unis
qu'on fit de changequi ine voulaient pas
sages dans la colonie.
que
ments sais comment on a pu s'imaginer tout à atJe ne
quiavaicnt
les hommes de couleur, auraient pu être aristendre de la révolution, ne les eussent immotocrates, si les patriotes les colons eussent voulu
Si
Jés à leurs preéjngés. --- Page 27 ---
(7)
se dépouiller de ces préjugés, s'ils
à exécution le décret du 15
eussent mis
sent rapprochés des
mai, qu'ils se fusdaient pas
mulâtres qui ne demanmieux, on n'aurait éprouvé
insurrection dans la colonie : les
aucune
par eux, auraient aisément
blancs, aidés
etlile eût continué à
contenu les nègres,
tranquillité.
jouir de la plus grande
Il u'est pas moins inconcevable
triotes, qui voulaient la liberté, que les pavoulussent point regarder les
Tegalité, ne
leur comme leurs
hommes de coumaiparniceneciquid égaux. Cependant il y en
élevés, d'un
énientires-riches, bien
préférables à commerce certains agréable et sàr, enfin
cordonniers
blancs > qui,
ou tailleurs, avaient la quoique
de se croire les
sotte vanité
Condés.
égaux des Bourbons et des
Enfin le coup terrible qui devait
cendie et la mort dans toute
porter l'inle 22 août 1791 dans Ja
l'ile, fut frappé
Les
partie du Cap.
choisis eschavesfesn-Francohe les
et Biassou furent
par
ennemis de la révolution
commencer l'insurrection. Ces deux
pour
sassinérent tout ce qu'ils
chefs asplaine du Nord : ami rencontrèrent dans la
sous le fer de ces
ou ennemi, tout tomba
brigands, qui se nommaient --- Page 28 ---
(8) XVI. Ils avaient ardétenseurs de Louis
décorés de
les
blanche, sétaient
sous
boré la cocarde
et marchaient
la croix de Saint-Louis Leur troupe, peu nombreuse
blanc.
le d'abord, drapeau se grossit pen-a-peu. entre eux les
Cette insurrection rapprocha d'opinions : ils se réublanes jusque-la divisés
contre les révolnirent au Cap et marchèrent
tout noir
Dans leur rage ils regardèrent
tés.
parlalenomcomme eiikreeserat souvent ils troucar, quoique
bredesrebelles:
et attachésaleurs
vassent des esclanespaisble faisaient néanmoins aucune
ateliers, ils n'en
indistinctement
différence etles massacraient
perséeutés
se voyant
,
Alors ces malheurens, ils attendaient protection,
par les blancs dont côté par les noirs révoltés les
excités d'un antre
la violence pour
qui employaient josqu'à d'autre parti à prendre
faire soulevér, n'eurent camarades: Mais ce
de se joindre à léurs
traitements des
que
les mauvais
la
ne fut que d'après conduite des esclaves dans partie ils
blancs : la
qu'en général
de Youest et du sud, prouve Vintention de s'ind'eux-mèmes
n'ont jamais blancs eussent eu plus demodésurger. Si les
et Biassou ne fus
ration, jamais Jen-Francois les' habitations. On
à incendier
sent parvenus
n'eurent camarades: Mais ce
de se joindre à léurs
traitements des
que
les mauvais
la
ne fut que d'après conduite des esclaves dans partie ils
blancs : la
qu'en général
de Youest et du sud, prouve Vintention de s'ind'eux-mèmes
n'ont jamais blancs eussent eu plus demodésurger. Si les
et Biassou ne fus
ration, jamais Jen-Francois les' habitations. On
à incendier
sent parvenus --- Page 29 ---
(9)
avu desateliers combattrelest
dre les flammes
brigands et éteinqu'ils avaient allumées. Ces
chefs organisèrent des compagnies d'incendiaires et d'assassins, avec ordre d'égorger les
cultivateurs qui tâchaient d'arréter les
du feu.
progrès
Les blancs firent plusieurs sorties, mais elles
n'eurent pas le résultat qu'on en attendait; soit
qu'elles fusscnt mal combinées, soit que les
chefs n'inspirassent pas de confiance, elles ne
firent qu'augmenter le nombre des insurgés.
Ceux-ci avaient à leur tête plusieurs blancs,
quirecevaientdes. secours des Espagnols. Cette
deruière circonstance, qui CSL
ble, est prouvée par la lettre suivante très-remarqua- trouvée
r le 27 septembre 1791, sur l'habitation Gallifet après un combat où les nègrés furent
chassés.
( Je suis faché que vous ne m'ayiez
( venu plus tôt que vous manquiez de pas pré-
(( tions : si jel'avais su, , je vous en aurais muni-
( voyé et vous recevrez
enincessamment. ce
4 secours, ainsi que tout ce, que vous me
( manderez
dequand vous. défendrez les
(r du roi )).
intérêts,
Signé Dor ALONZO.
Que pouvaient alors faizo guelques. milliers --- Page 30 ---
(10)
mille noirs ard'hommes contre cinquante
les Espaguols et par quantité
més, soutenus par
de blancs?
ont encore contribué aux
Une des causes qui
c'est le peu de condésastres de la colonie,
du Cap montrait
fiance que la. garde nationale ce
citer
ses chefs. Je ne veux sur point le
pour seul fait, qui suffira pour convaincre
qu'un
excès de déraison pouvaient se
lecteur à quel
Le colonel du réporter les patriotes exaltés.
posa un
giment du Cap, M. de Cambefort,
y fut
dansla plaine du Nord. La mortalité
camp
: on l'attribua à ce colonel en
tres-considérable:
avait fait empoisonner
disant hautement qu'il servait à Tusage du camp.
l'eau d'un puits qui
nègres me l'ont
On a su depuis, et plusieurs sucrier de Phabitation
certifié, que le premier
avait jeté dans ce
on était campé
sur Jaquelle
ustensiles de la sucrerie
même puits tous les
ustensiles étaient
afin deles sauver : comme ces l'eau dans lanombre et en cuivre,
en grand
devint malfaisante
quelle ils restèrent plongés
eu OCet funeste à ceux qui en firent usage.J'ai aux Etatscasion de voir M. de Cambefort des accuUnis : cet officier était inconsolable patriotes avaient
Lasoeratrement encore assurer qu'il
portées contre lui. Je puis
é
sur Jaquelle
ustensiles de la sucrerie
même puits tous les
ustensiles étaient
afin deles sauver : comme ces l'eau dans lanombre et en cuivre,
en grand
devint malfaisante
quelle ils restèrent plongés
eu OCet funeste à ceux qui en firent usage.J'ai aux Etatscasion de voir M. de Cambefort des accuUnis : cet officier était inconsolable patriotes avaient
Lasoeratrement encore assurer qu'il
portées contre lui. Je puis --- Page 31 ---
(11 )
très-dévoué aux intérêts des colons,
m'a paru
ct doué de vues tres-plilantropiqnce mulâtres et les nèMalgré Ja haine que les
deconservaient contre les blancs
gres libres
lincendie du 25 août
puis ia mort d'Ogé, malheurs causés par Ja
1791 Jes Gr gémir des
la perrévoltc des esclaves. Ils sollicitèrent leur acmission d'aller les combattre : on la
corda, on les arma et ils se joignirent mêmes aux
blancs ; mais quelque temps après ces
acréclamé les droits queleur
homes ayant décret du 15 mai, et ayant trouvé
cordait le
hauteur etla même
daus les blancs la même
leur demande, passèrent
obstination à rejeter
presque tous parmi les insurgés.
Jes chefs
jusqu'oà
Voici un fait qui prouve
Les
le défaut de politique.
blancs portaient
leurs trarévoltés demandèrent à reprendre
qu'on leur ferait gràce : on
vaux à condition
du 23
leur répondit, par une accordait proclamation la grâce aux
septembre 1791, qu'on
Jeurs babitations
nègres qui rentreraient sur tous leurs chefs,
livreraient
à condition qu'ils
les auteurs de la réet qu'ils déclareraient fut cause que V'insurvolte. Cette restriction
: les chefs, qui
rection ne fut point appaisée
n'en
furentles seuls à lire cette proclamation, --- Page 32 ---
(ia)
doute part à leur troupe qu'en l'infrent sans
ils voulurent. Aussi ceux
terprétant comme Jendemain chercher la répouse
qui allèrent le
victimes de l'imprudes rebelles furent-ils seulement se sauvèdence des blancs : trois
rent, six furent tués.
du Nord
Depuis cette epegetianrection terrible.
devint de jour en jour plus événements se pasTandis que ces tristes
les esclaves
saient dans la province du Nord,
de POuest et du Sud continnaient
de la partie
travaux. Voici les causes
paisiblement leurs;
de cette tranquillité.
villes, où la popuDans les trois grandes considérable et conduite
lation blanche était
la révolution , les.
par des gens exaltés pour furent chassés : ils remulâatres, moins forts 7
dans les hourgs,
fluèrent dans les plaines et du pouvoire1l
où aleur tour ils s'emparérent des villes traitèrent
en résulta que les blancs les économes d'ales gérents et
Jes planteurs, J'avoue qu'ils étaient moins pasristocratesPrévoyant d'ailleurs
sionnés que les citadins. leurs propriétés,
détruirait
que la révolution fàt faitaucun changemeut
ils déstraientqu'il ne
dans la colonie. le bésoin de la tranquillité
La nécessité et
l
où aleur tour ils s'emparérent des villes traitèrent
en résulta que les blancs les économes d'ales gérents et
Jes planteurs, J'avoue qu'ils étaient moins pasristocratesPrévoyant d'ailleurs
sionnés que les citadins. leurs propriétés,
détruirait
que la révolution fàt faitaucun changemeut
ils déstraientqu'il ne
dans la colonie. le bésoin de la tranquillité
La nécessité et --- Page 33 ---
(13)
engagèrent les grands plauteurs à accorder
par des concordats les droits que les mulâtres
réclamaient. Malgré cet
jugés subsistèrent dans arrangement les prémais ils furent
l'esprit des blancs :
hommes de
contraints de se lier avec les
couleur pouréviterle
des noirs, qui, dans
soulèvement
taient déjà réunis
quelques quartiers, s'édes deux
aux mulâtres. Par l'union
couleurs la culture continua d'être
flofissante dans ces deux provinces.
En vertu de ce concordat, les hommes
couleur rentrèrent an
de
demeurèrent armés Port-au-Prince ; ils y
que-les habitants et casernés en attendant
cédé à
de cette ville eussent acT'arrangement pris à la Croix-desBouquets le II septembre
Le 21 novembre, les 1791.
quatre sections du
Port-au-Prince. s'assemblèrent. 4
Trois de
sections acquiescèrent à l'union des
ces
et des blancs ; mais la quatrième
mulâtres
elle était dominée
s'y refusa :
nonniers,
par la compagnie des ca- lcomposée de Maltais, de Génois et
d'ouvriers, 2 tous ardents patriotes,
chef un matelot canonnier
2 ayant pour
Dans cet intervalle, nommé Proloto.
Pistolet,
un musicien 2 nommé
nègre, eut dispute avec un
nier : celui-citita son sabre ; le nègre canonle dé- --- Page 34 ---
(14)
de cette action,
sarma. Les patriotes indigués était de l'armée
s'emparent de ce noir, qui
font juger subito et le pendes mulâtres, 2 le
Les
réverbère de la municipalité.
dent au
irrités rencontrent un canonnier
mulâtres
nommé Cadeau : cing font feu surlui. Al'insbat la
on court aux armes,
tant on
générale,
ils sont dison marche contre les mulâtres,
; les. soldats d'Artois et de Normandie PI
persés
et en tuent plusieurs : nous
les poursuivent
d'hommes. Dans Jeur
perdons une douzaine
le feu à plusieurs
fuite les vaincus mettent
Tentrée
dans le haut de la ville et à
maisons
dit-on, des horde la plaine ; ils exercent,
Robert.
contre les malades de Phopital
reurs
dans les plaines de la
De la ils se réfugièrent
où ils
Croix-des-Douquets et de Léogane,
vécurent en paix avec les planteurs. Quantaux
ils restèrent tranquilles et continuènègres,
rent leurs travaux.
le feu prit à
Le Jendemain 22, au matin, d'instants
maison de la ville, et dans peu
une
furent invingt-sept islets du Port-au-Prince
cendiés. Par esprit de vengeance les patriotes
accusèrent les négociants d'avoir
canonniers mis le feu à leurs maisons pour s'exempter
leurs dettes en France. Depuis
de payer
les planteurs. Quantaux
ils restèrent tranquilles et continuènègres,
rent leurs travaux.
le feu prit à
Le Jendemain 22, au matin, d'instants
maison de la ville, et dans peu
une
furent invingt-sept islets du Port-au-Prince
cendiés. Par esprit de vengeance les patriotes
accusèrent les négociants d'avoir
canonniers mis le feu à leurs maisons pour s'exempter
leurs dettes en France. Depuis
de payer --- Page 35 ---
(15)
cette époque, le Port-au-Prince fot
par les mulitres ct
bloqné
eux.
toujours en guerre avec
Daus le Sud, ceux-ci furent chassés
Cayes et se réfugièrent au Platon sous le des
mandement de Rigaud.
comCependantlay paroisse deJérémic, toute composée de chauds patriotes, ayant
tous les hommes de
chasséou tué
couleur, ne vonlut
signer le concordat. Ils armèrent
point
leurs
une partie de
esclayes, et se défendirent contre les
nègres libres, les mulâtres, et même, dans la
suite, contreles troupes dcs commissaires,
furentbattuesaue campdes Rivaux.I Depuis qui
affaire, ils restérentisolés et
cette
l'époque où ils allèrent chercher tranquilles jusqu'à
les
en 1793.
Anglais
Les blaucs du Port au-Prince
n'avoir plus de communication 7, fatigués de
formèrent,
avec Ja plaine,
une compagnic de noirs domestiques, connue sous le noi d'Africains. Ces'
esclaves montrèrent, pour la première escombien ilssont
fois,
intrépides et audacicux, lorsqu'ils sont commandés par des blancs. Excités
par leurs chefs, ils firent la chasseaux mulâtres
avec une ardeur qui tint de la férocité. Ils violèrent les droits de la
guerre en commeitant --- Page 36 ---
(16)
mille cruautés; c'étaient des combats à mort;
terribles effets des troubles civils!
Cependant la municipalité, retenue pendant
l'espoir de voir les muquelques temps par
la crainte du
lâtres se réunir à elle, et par
la
d'ailleurs
soulèvement des esclaves, voyant
Beauvaiset Pétion, se décida
ville bloquée par
En
enfin à marcher sur la Croix-des-Bouquets.
conséquence, il sortit un corps de deux mille
hommes, deux tiers gardes nationaux, et un
de Normandie et d'Artiers des régiments
tois, de plus la compagnie des Africains.
Leio mars 1792, on se rendit a la Croix-desBouquets sans éprouverl la moindrerésistance. à
Les mulâtres s'étaient presque tous retirés
Les noirs csclaves
I'Arcaye, ou au Mirbalais.
étaient tranquilles.
M. de
Le maire de Ja Croix-des-Douquets,
chévalier de Saint- Louis, ancièn
Jumicourt, d'artillerie, auquel les patriotes en
capitaine s'était retiré à leur approche aux
voulaient ,
Grands Bois.
les gérents, les écoLes grands planteurs,
dans la plaine,
nomes, craignant un mouvement
à la Croix-des-Bouquets pour
se réunissaient
la uuit; le matin ils retournaient
y passer
chez eux avec des patrouilles.
ix-des-Douquets,
chévalier de Saint- Louis, ancièn
Jumicourt, d'artillerie, auquel les patriotes en
capitaine s'était retiré à leur approche aux
voulaient ,
Grands Bois.
les gérents, les écoLes grands planteurs,
dans la plaine,
nomes, craignant un mouvement
à la Croix-des-Bouquets pour
se réunissaient
la uuit; le matin ils retournaient
y passer
chez eux avec des patrouilles. --- Page 37 ---
(17)
La compagnic des
et
gardes nationaux
Aricains, quelques
cursious
se permirent de faire des insur les habitations, et
raudeurs, voler les
d'aller, en mapoules et les cochons des
nègres: : ilu'en fallut pas davantage
ces derniers les ennemis déclarés pour rendre
Africains.
des noirs
A la nouvelle de la marche des
mulatres se rassemblérent,
blancs, les
ques milliers de
s'unirent à quelnègres, marchèrent sur la
Crois-des-Bouques, le 28 mars 1792, à trois
heures dn matin. Ils surprirentles
naux qui, fiers de leur nombre gardes natioet de leur belle
tenue,avaient la folle confiance de croire
n'oserait les attaquer.
qu'on
Les blancs des plaines, réunis
sous le nom de dragons,
en cavalerie
mais les gens de couleur, occupaient le bourg;
qui ne leur
aucun mal, se conteutèrent de les tenir voulaient
servation, tandis qu'ils
en oble côté
attaquérentavee vigueur
occupé par la garde nationale.
été écrasée sans le commandant
Elle eût
la veille avait été informé de Philibcrt, qui
ses nègres : il fit des dispositions cette attaque par
l'ennemi. Le choc fut terrible. qui continrent
sauvèrent la garde
Les Africains
dragons
nationale ; le courage des
ramena l'ordre dans les rangs. Les
--- Page 38 ---
( - 18 )
attendirent T'ennemi de pied
tronpes de ligne
d'Artois soutinrent leur
ferme; Normandie et
ancienne.répatation.
furent atLes canonniers du Port-au-Prince
sans exemple par
taqués avec un acharnement commandés par un
les mulâtres et les noirs,
Ils se battirent
petit nègre, nommé Hyacinthe.
et tin
froid
courage héroique.Les
avec un sang
d'armes étaient si enranoirs, quin n'avaient pas faire tuer sous les pièces
gés, qu'ils venaient se
Leur aveuglede 24, qui les foudroysient. osaient mettre
ment était si fort que plusieurs leurs camale bras dans les canoss, en criantà ben li. On metrades, weni, weni, moi tins victines de leur
tait le feu, et ces noirs étaient
passait au
Leur chef Hyacinthe
imprudence.
portée du pistolct, tenant
milieu des balles,a fonet de crin de cheval,
à sa main un petit vitesse en criant aux noirs:
qu'il remuait avec
c'est d'iau (c'est de
Én avant, c'est d'iau,
peur.
Yean) qui sort des canons, pas contre gagnes la garde
Les nègres étaient si furieux tous blancs du
nationale, qu'ils criaient, tuyes blancs de la plainePort-au-Prince ; sauves
qu'ils étaient
s'apercerant
Les sgardesnationauxs
des mulâtres et
l'unique objet de Vanimosité retourner dans
des noirs, ne demandèrent qu'à
c'est d'iau (c'est de
Én avant, c'est d'iau,
peur.
Yean) qui sort des canons, pas contre gagnes la garde
Les nègres étaient si furieux tous blancs du
nationale, qu'ils criaient, tuyes blancs de la plainePort-au-Prince ; sauves
qu'ils étaient
s'apercerant
Les sgardesnationauxs
des mulâtres et
l'unique objet de Vanimosité retourner dans
des noirs, ne demandèrent qu'à --- Page 39 ---
(19)
leurs foyers : cette circonstance
faire une
nous obligea à
retraite sur le Port-au-Prince.
ces troubles, aucune habitation
Malgré
diée,
ne fut incenpas un blanc ne fut assassiné,
case ne fut pillée. Les noirs
pas une
500 hommes, les mulâtres perdirent environ
nationale 80, les
très-peu, la garde
dragons 10.
Après cette affaire, Hyacinthe se rendit
ordre au presbytère, où il fit bénir
en
par le curé, après lui avoir demandé sa troupe
tion. Le père Thomas
l'absoluse montra docile à tout
ce que le vainqueur voulut, et resta
avec une douzaine de blancs
tranquille
giés chez lui.
qui s'étaient réfuHyacinthe se trouva ainsir maître de la
Les noirs le
plaine.
regardaient avec admiration,
2 et se
Eatrronehneraa
ses soldats, c'est-à-dire,
désarma
remirent leurs fusils
que trente des siens
: les autres n'avaient
des serpes et des bâtons.
que
Hyacinthe, totalement étranger à l'art de la
culture, ordonna à tous les commandeurs
venir le trouver sur Thabitation
de
> dit: ( Je suis votre
Santo, et leur
> comme tel.
les capitaine ; regardez-moi
Que
noirs
> travaux : le premier qui
reprènent leurs
remuera sera pendu. --- Page 40 ---
20)
que du soin de planter
x qu'on ne s'occupe
) des wivres. )
serait
lui
qu'il
Eoseuae
des-Bouquets, en
annonçant de gendarsous ses ordres comme capitaine de nègres,
merie- Il se choisit une vingtaine
connaissait braves, ets'en fit une garde.
qu'il
rentrés avec l'armée
Quelques planteurs
rassurés par
s'en sauvèrent,
au Port-au-Prince,
quiallaient au marles nègres des habitations, rendre chez eux.
ché, et qui les invitaient à se
fuiteinspira dela défiance aux canonniers
Leur
ils
que les nègres
et aux patriotes : répétaient
Ils allèrent
s'entendaient avec les planteurs.
à l'afdire qu'ils ne tiraient pas sur eux
jusqu'à
que les chafaire de la Croix-des-louquetss ceux-ci étaient
peaux de paille que portaient
eurent la
de ralliement : les dragons
le signe
de quitter cette coiffure pour
condescendauce
calmer les esprits. hommes de couleur se disPendant que les
blancs du Port-au-Prince
posaient a chasser.les réunis à eux, le mulâtre
et ceux de la plaine
daus les
Lapointe tentait la même expédition
du Boucassin et des Vases, où cepenquartiers habitants des deux couleurs vivaient
dant les
Cet homme, qui avait
en bonne intelligence.
dragons
le signe
de quitter cette coiffure pour
condescendauce
calmer les esprits. hommes de couleur se disPendant que les
blancs du Port-au-Prince
posaient a chasser.les réunis à eux, le mulâtre
et ceux de la plaine
daus les
Lapointe tentait la même expédition
du Boucassin et des Vases, où cepenquartiers habitants des deux couleurs vivaient
dant les
Cet homme, qui avait
en bonne intelligence. --- Page 41 ---
(21)
été obligé de s'expatrier pour éviter de subir
un jugement à mort pour cause
sous les liens duquel il était depuis d'assassinat,
profité du désordre
1788, avait
trer dans ses
révolationnaire il
pour rende
foyers ; était même venu à bout
se faire nommer maire de l'Arcaye. Il n'usa
de son pouvoir que pour se livrer aux sinistres
projets que lui suggérait sa méchanceté : sa
conspiration contre les blancs suffirait
donner une idée de la perfidie de son pour
tère. Pour exécuter son plan, il prétendit caracdans les montagnes de Mateux il avait que
insurrection de nègres. Il invita les y blancs une
la plaine à se réunir aux hommes de
de
et à marcher contre les
couieur,
Deux cents
prétendus révoltés.
dragons montent à cheval le 22
mars, et se rendent aux Mateux; mais ils n'y
rencontrèrent point la compagnie des mulâtres. Ils y trouvèrent seulement deux
fils de M.
jeunes
Gamaut, propriétaire de couleur,
qui se réunirent à eux. Ily avait à peine
quatre heures que ces dragons étaient dans vingt- les
montagnes, 2 lorsqu'on leur apprit
les
du Boucassin étaient
que
noirs
insurgés. Il ne leur fut
pas difficile de voir qu'on ne les avait attirés là
que pour ôter leurs secours à la
pour faire
plaine, et
égorger tous ceux qui déplaisaient à --- Page 42 ---
( 22) )
Lapointe. Ils se débandèrent et se rendirent
chacun chez eux. En approchant de leurs
foyers, la plupart d'entr'eux furent bientôt
confirmés dans leurs soupçons sur l'auteur de
: la
leur ft voir'claice mouvement
prudence leur était tendu et le sort
rement le piége qui restaient isolés. Ils se renquiles attendait s'ils
était
dirent au bourg de PArcaye : Lapointe
entouré de trois à quatre cents hommesde couleur.
blancs des Vases s'étaient réunis
Quelques
capitaine général,
chez M. de Chanteloup,
procureur de Thabitation
brave et intrépide,
l'ennemisccret. Ce
Mérot, dont Lapointe était
avait été attaqué dans la nuit par
gentilhomme
mulâtres : il ne dut
des esclaves et quelques
celui
sut
son salut qu'à son courage et à
qu'il
à
blancs,
inspirer par son exemple quelques
qui l'aidèrent à soutenir l'assaut:
Au Boucassin, les blancs, au nombre de
étaient assemblés chez M. Garesché.
trente,
ils le durent à
S'ils ne furent pas attaqués, mulàtre, qui
M. Beaulieu, très-brave et loyal
lcs aida à s'embarquer pour le Port-au-Prince.
M.de Chanteloup, apprenant que les blancs
avait éloignés dans les montagnes étaient
qu'on
par son exemple quelques
qui l'aidèrent à soutenir l'assaut:
Au Boucassin, les blancs, au nombre de
étaient assemblés chez M. Garesché.
trente,
ils le durent à
S'ils ne furent pas attaqués, mulàtre, qui
M. Beaulieu, très-brave et loyal
lcs aida à s'embarquer pour le Port-au-Prince.
M.de Chanteloup, apprenant que les blancs
avait éloignés dans les montagnes étaient
qu'on --- Page 43 ---
(25) )
descendus au bourg de l'Arcaye, s'y rendit à
l'instant avec une trentaine de dragons.
Ils'avance vers Lapointe, qui était à cheval
ct entouré de ses jeuues mulâtres, et Jui crie :
( C'est vous qui êtes l'anteur de cette insur-
) rection ; c'est vous qui avez sonlevé les es-
> claves contre moi, contre les blancs,
> auraienttous été égorgés dans les
qui
> s'ils ne fussent descendus
montagnes,
sans ordre, et ne
) fussent revenus ici.
A ces mots, Lapointe se trouble, palit, se
croit déjà mort. Le mulâtre Prosper cria, Canonniers, à vos canons ; mais, M. Leroux et
plusieurs autres s'opposèrent à l'exécution de
cet ordre, qu'un autre plus funeste aurait infailliblement suivi. Ces propriétaires de couleur gémissaient de la conduite de Lapointe à
l'égard des planteurs avec lesquels ils vivaient
depuis quinze mois en bonne amitié, et qui les
traitaient sans fierté, mémeavant la révolution.
C'est à ces braves gens, tous
M. de
mulatres, que
Chanteloup et les autres durent la vie.
Tous les blancs qui accompagnaient Chanteloup, n'étaient pas plus de cinquante, et, quoique braves 2 ils auraient succombé sous le
nombre.
Après cet évènement, ces blancs fugitifs se --- Page 44 ---
(24)
voyant en trop petit nombre pour résister,
s'embarquerent, les uns pour le Port-auPrince, sur les premières barques qu'ils renfut le brave chevacontrèrent: : de ce nombre
lier de Chanteloup; les autres prirent la route
de Saint-Marc, où, le 24 mars, ils furent tous
Le même jour, ceux qui eurent la
égorgés.
sur leurs habitations
faiblesse de se rendre
éprouvèrent le même sort.
Les blancs du Bourg, et ceux de la Paroisse
restèrent tranquilles
quiavaient pu y parvenir,
quelques jours ; mais bientôt, s'apercevant
nombre et au milieu
qu'ils étaient en trop petit
funeste résolude leurs ennemis, ils prirent la
retirer à Saint-Marc. Le 28 mars,.
tion de se
partirent avec Lapointe pour
quarante-quatre rendre. A l'entrée de la ville, ils furent ars'y
demanda à Lapointe s'il les conrêtés; on
d'eux; il dit qu'il n'en
naissait et s'il répondait
connaissait que deux (1), qu'on laissa passer.,
furent fusillés le même jour par le
Les autres
mulâtre Gautier.
fitarrèter
Deretourde: Saint-Marc,Lapointe
connaissait tous; c'étaient des habitants del la
Paroisse ()Illes oùt il est né, et dont il s'était fait nommer
maire.
demanda à Lapointe s'il les conrêtés; on
d'eux; il dit qu'il n'en
naissait et s'il répondait
connaissait que deux (1), qu'on laissa passer.,
furent fusillés le même jour par le
Les autres
mulâtre Gautier.
fitarrèter
Deretourde: Saint-Marc,Lapointe
connaissait tous; c'étaient des habitants del la
Paroisse ()Illes oùt il est né, et dont il s'était fait nommer
maire. --- Page 45 ---
(25)
Ies noirs qui avaient son secret, les ft fusiller
et ordonna aux autres de rentrer et de travailler, ce qu'ils firent pour son compte. Il s'empara de toutes les denrées qu'il
le produit peut être évalué à vendit, et dont
Peu de jours
plusicurs millions.
après son attentat contre les
blancs, le 12avril, un Bordelais, nommé Gerbaut, qui s'était voué à sa cause et
était
agent dans les montagnes, vint qui
son
àl l'Arcaye. Lapointe le fit
avec confiance
après il fut fusillé,
arrêter, et unel heure
ainsi que quelques
et plusieurs noirs esclaves.
mulâtres
C'est par cette politique que ce mulâtre
a imposé : il brisait de suite les
en
ses crimes. Plus de cent
instruments de
été égorgés dans les
cinquante blancs ont
montagnes et dans les
nes par ses agents.
plaiToacalereweenscmen, forcèrent M.le
gouverneur de Blanchelande à se rendre du
Cap: au Port-au-Prince. Ceg gouverneur
les esprits; ; il arriva au mois de juin ramena
mulâtres rentrèrent isolément
1792. Les
blancs
dans la ville, les
se rendirent dans la plaine du Cnl-deSac, où Hyacinthe les reçut avec
du Boucassin et des Vases
joie. Ceux
ordres de
restèrent sous les
Lapointe; ; M. le chevalier de
teloup ne voulut
Chanjamais se trouver sous Son --- Page 46 ---
(a6)
commandement. Il partit pour les Etats-Unis,
est mort.
où cet intrépide et loyal Français joie des
Lapointe ne vit pas sans la plus grande à ses
des chevaliers de Saint-Louis
planteurs,
et monterla garde à sa porte. Cependant
pieds
fond ce Lapointe, personne
tous connaissaientàf volonté seule aurait anéanti
n'était sa dupe; une
et on
de ce malheureux,
le pouvoir imaginaire luil On fut assez lâche pour
trembla devant
à son gré et selon
encenser le brigand qui,
les orages.
ses intérèts, excitait ou calmait
decommandant des canonniers,
Proloto,
on l'embarqua
manda à retourner en France; et on le noya
être conduit à Saint-Marc,
pour
fut faussement
M. de Blanchelande
en route.
action : elle ne doit être impuaccusé de cette
à qui elle ne fut pas
tée qu'aux conducteurs, n'était pas un homme
commandée. Proloto
il avait la tête ardente et limaginaméchant; mais il était plus humain que beaution exaltée,
coup d'autres.
à M. de BlancheHyacinthe se présenta faire diner avec lui: il relande, qui voulut le
esclave,
fusa cet honneur en lui disant qu'un
comme luinedevait se trouver auprès
un nègre
le servir. 11 dede son gouverneur que pour
et remplit en
manda la permission de remplir
homme
commandée. Proloto
il avait la tête ardente et limaginaméchant; mais il était plus humain que beaution exaltée,
coup d'autres.
à M. de BlancheHyacinthe se présenta faire diner avec lui: il relande, qui voulut le
esclave,
fusa cet honneur en lui disant qu'un
comme luinedevait se trouver auprès
un nègre
le servir. 11 dede son gouverneur que pour
et remplit en
manda la permission de remplir --- Page 47 ---
(27 )
effct cette modeste fonction.
Quelle leçon
cC Lapointe, qui, cej jour-là était invitéà pour
diner
avcc le gonverneur, et mangeait
crime était
avec lui! Le
assis, et la vertu debout (1).
(1) Lapointe a joué trop de rôles, ce caméléon
trompe trop de monde pour que je lc couvre du
a
teau de la charité.
manSon père était un mulâtre de
une négresse esclave
l'Arcaye, sa mère
Il
; on soigna un pen son éduncation.
passa en France en 1785; il aborda à
avec un
Nantes ; il eut
Nantais, une querelle dans laquelle il ne
tra pas plus de courage que d'adresse. Ilvint à
monacheter une charge dans la
Paris pour
tenir. Il
Louveteric; ; il nc put l'obrepassa en 1787 à l'Arcaye, laissant considérablement de dettes en France. Retiré dans
bien dans les
un petit
de
montagnes du Boucassin, il en contracta
nouvelles. Un marchand à qui il devait vint
mer son compte; Lapointe lui dit des
réclafusil et le tua. Pour
injures, prit son
dans la
échapper à la justice, il se sauva
partie espagnole ; il fut jugé par
condamné à être pendu, et le fut en
contumace,
Dans les premiers
effigie.
parti parmi les
troubles, , il se signala et SC fit un
mulâtres de son quartier. Un air d'impudence et d'audace, joint à de l'esprit
gagna les jeunes mulâtres. Il
naturel, lui
mandant de la
se fit nommer comSans
garde nationale et maire de
fortune 1 ayant toutes les
l'Arcaye.
tin, il résolut, en
passions d'un liberquartier,
1791, de chasser les blancs de son
commc on vient de le voir. Il sut,
par une
, , il se signala et SC fit un
mulâtres de son quartier. Un air d'impudence et d'audace, joint à de l'esprit
gagna les jeunes mulâtres. Il
naturel, lui
mandant de la
se fit nommer comSans
garde nationale et maire de
fortune 1 ayant toutes les
l'Arcaye.
tin, il résolut, en
passions d'un liberquartier,
1791, de chasser les blancs de son
commc on vient de le voir. Il sut,
par une --- Page 48 ---
(28) )
Telle était la position de la colonie lorsque
civils Polverel, Sonthonax et
les commissaires
M. de Blanchelande et même Juperfidie tromper
il était chaud et ardent
mecourt. Avec les royalistes,
jacobin.
Avec les Jacobins 2 il était enragé
royaliste.
de Montbrun il fit arrêter tous les proSous les ordres
les envoya en
priétaires et procureurs de son quartier,
prison et s'empara de leurs biens.
Il sut capter l'esprit de Polverel.
venait de
Sonthonax du Cap, où celui-ci
Au retourde
des noirs, il lui dénonça la plus
décréter la liberté
et même beaucoup de mugrande partie des blancs, étaient les ennemis de cette
lâtres, en lui disant qu'ils
il lui dit avoir
des Anglais;
liberté et grands partisans
les contenir. Le crébesoin de troupes de ligne pour il lui confia deux cents
dule commissaire fut sa dupe :
noirs
de Provence et d'Artois, cent grenadiers
hommes
armé et de l'argent
de la légion lEgalité, un bâtiment laissa partir son
Le perfide Lapointe
pour se défendre.
brick au mois de janvier
monde, S 'embarqua sur son
il se rendit à Saint1794; et au lieu d'aller à l'Arcaye,
anglais,
Marc, oà il était attendu par un commissaire les autres
il livra la ville de concert avec
auquel
Les grenadiers du quatrième
mulâtres et les blancs.
commandés par
régiment et du quarante - huitième, versaient des
désespérés d'une telle trahison,
M. Millet,
rendre leurs armes aux colarmes, et ne voulant pas
les jetèrent dans la
lons et au commissaire anglais,
Les noirs se
pour la Jamaique.
mer en s'embarquant
était attendu par un commissaire les autres
il livra la ville de concert avec
auquel
Les grenadiers du quatrième
mulâtres et les blancs.
commandés par
régiment et du quarante - huitième, versaient des
désespérés d'une telle trahison,
M. Millet,
rendre leurs armes aux colarmes, et ne voulant pas
les jetèrent dans la
lons et au commissaire anglais,
Les noirs se
pour la Jamaique.
mer en s'embarquant --- Page 49 ---
(29) )
Ailhaud, avec six mille hommes de
moitié de ligue, moitié de
troupes,
volontaires, débarquèrent au Cap le 15 septembre
1792.
frent jour au travers de leurs
dans les
ennemis , se sauvèrent
montagnes et retournèrent au Port-au-Prince.
Cette conduite valut à Lapoiute l'estime de tous les
colons , et le grade de colonel au service
mais malgré cela il était mulâtre la
d'Angleterre;
toujours visible.
7 pcau de grif élait
Pour plaire à ses protecteurs 2 et faire oublier
blancs sa conduite
il
aux
précédeute 1 inventa, en janvier
1795, une conspiration contre les blancs, signala les
mulâtres du Boucassin comme en élant les auteurs et les
fit arrêter. Il fit fusiller les familles Leroux, Gamaut
dix autres riches propriétaires; il fit périr de même et
plus intimes amis, ceux qui lui étaient le plus
ses
et entre autres son ami Prosper, commandant dévonés,
nonniers. Pour mettre le comble à
de cases forfaits; il annonça qu'il avait ordre de faire
brick des blancs, des mulâtres embarquer sur son
Port-au-Prince.
2 des nègres pour le
A moitié chemin il met le brick en
panne; il appèle SCS victimes l'unc après l'autre, leur
fait passer la tête par un sabord; là, les bras
sabre à la
nuds 3 un
main, 1 il coupe lui-mème la tête à
blancs, quatre mulatres et quatre
quatre
d'avoir servi
nègres, en expiation
sous le pavillon tricolor, et au nom du roi
Georges. Il fit expédier les autres par ses amis. Le
néral anglais Maitland fut si indigné d'un crime si hor- gerible, commis sous son pavillon , qu'il fit une procla-
passer la tête par un sabord; là, les bras
sabre à la
nuds 3 un
main, 1 il coupe lui-mème la tête à
blancs, quatre mulatres et quatre
quatre
d'avoir servi
nègres, en expiation
sous le pavillon tricolor, et au nom du roi
Georges. Il fit expédier les autres par ses amis. Le
néral anglais Maitland fut si indigné d'un crime si hor- gerible, commis sous son pavillon , qu'il fit une procla- --- Page 50 ---
I 50)
Les anciens chefs militaires étant suspects,
la plupart renvoyés en France, et
furent pour
du
l'armée se trouva sous le commandement
général Rochambeau.
comme nous l'avons
Les mulâtres auxquels,
refusé tout droit politique, aussidit, on avait
se joil'arrivée des commissaires,
tôt après
les
gnirent à leurs troupes ct abandonnèrent
révoltés.
contre ce bourreau, , qui se retira au Boucassin.
mation
Edouard Bryand, dans son ouvrage qui
Pourquoi M.
les
n'a-t-il pas parlé
me tombe à linstant sous yeux, servait ses comde cet événement?c'est que Lapointe de faits controuvés.
patriotes. Cet ouvrage. est rempli
en
des Anglais, Lapointe se réfugia
A Tévacuation
Il écrivait
il résolut de revenir en France.
Angleterre;
madame Olive de Nantes; ses lettres
souvent à sa sceur,
de
Comme. elles ne parlaient que
furent interceptées.
et de ramener l'esclavage 2
plans contre les Anglais
France. Ce misérable y
lc ministre Fouché l'appela en
de
d'estimables colons , et une parente
fut reçu par
de s'unir à cet homme
Yarchi-chancelier ne rougit pas
abominable.
d'obscur huissier du port de
Un nommé Collet qui,
à être juge
Paix, était parvenn par ses basses intrigues aux Anvendu comme Lapointe
aux Cayes, dévoué,
le miglais, sut si bien servir son digne patron, 1 les que colonies.,
nistre crut à la sincérité de leur projet sur
colons , et une parente
fut reçu par
de s'unir à cet homme
Yarchi-chancelier ne rougit pas
abominable.
d'obscur huissier du port de
Un nommé Collet qui,
à être juge
Paix, était parvenn par ses basses intrigues aux Anvendu comme Lapointe
aux Cayes, dévoué,
le miglais, sut si bien servir son digne patron, 1 les que colonies.,
nistre crut à la sincérité de leur projet sur --- Page 51 ---
(51)
Les patriotes furent
de voir les mulâtres irrités, et murmurèrent
de
réunis anx blancs venus
France, et protégés par eux.
En arrivant, les délégués firent
mation par laquelle ils
une proclatie générale. Jeanaccordaient une amnisvoulurent
-François et Toussaint ne
combattre. pas se rendre; Rochambeau alla les
Polverel arriva pour'la
au Port-au-Prince le
première fois du Cap
20 octobre
reçu avec enthousiasme
1792. lly fut
fit un discours dans
par tous les blancs. Il
triotes
Jequel il rappela aux
que ceux de France n'avaient
papréjugés de couleurs,
point de
au bonheur de la
contraires à la raison et
colonie. Il leur dit
qui passaient pour aristocrates
que ceux
étaient les plus
Bonaparte leur fit donner deux cent
aller espionner soit aux
mille francs. pour
Le sieur Collet voulut être Etats-Enis, soit à la Havanne.
à Lapointe, et se sauva à la caissier : il donna 50,000 fr.
restant. Lapointe
Trinité avec les 150 mille
était en 1805; il est s'embarqua pour Philadelphie, où il
voilà votre
aujourd'hui. à la Jamaique. Anglais,
voilà ton colonel, votre major-général ! Fouché
protégé!
s
Il disait un jour au Port-an-Prince
a Un nègre m'a appelé mulâtre, devant dix blancs:
jambe. >> Aussi les blancs
je lui ai fait scier la
leur, et les nègres n'osaient T'appelaientils. lui
citoyen de couparler. --- Page 52 ---
(5a )
sensés,puisqu'ils vivaienten bonneintelligence
de couleur. Eusuite il partit pour
avec les gens commissaire Ailhaud était reles Cayes, (le
avoir fait.de vifs retourné. en France), après
s'être permis"
proches à la manicipalité pour
sans
d'entrer en armes à la Croixides-Bouquets
y avoir été appelée. de (1) La Salle resta gouverM. le marquis
ses
neur. Ce général se fit aimer; son esprit,
manières plurent; mais l'esprit public reçut de
d'un chevalier
une fàcheuse impulsion
réunià
Saint-Louis, nommé Borel, parce que,
les
blancs saliniers, il avait combattu
quelques
à P'Artibonite et à la
mulàtres avec vigueur Forcé de céder, il s'était réfuCrète-à-Pierrot.
avec unc cinquantaine
gié au Port-au-Prince
de ses intrépides compagnons. le nombre des
Ces individus augmentèrent tous dans la
exaspérés et se mirent presque recevait la racompagnie des canonniers, qui
tion et même une solde de la municipalité.
commandant de Ja garde
Borel se fit nommer
de Canationale, place vacante par le départ
nèradeux ainé, qui s'était retiréavec soixante 11 n'avait
gres dans P'Amérique septentrionale.
(1) Mars 1792.
de ses intrépides compagnons. le nombre des
Ces individus augmentèrent tous dans la
exaspérés et se mirent presque recevait la racompagnie des canonniers, qui
tion et même une solde de la municipalité.
commandant de Ja garde
Borel se fit nommer
de Canationale, place vacante par le départ
nèradeux ainé, qui s'était retiréavec soixante 11 n'avait
gres dans P'Amérique septentrionale.
(1) Mars 1792. --- Page 53 ---
(55) )
aucun droit à cette place. Iln'était
militaire;
pas même
malgré sa croix de
il
était incapable de commander Saint-Louis,
une compagaie,
Quoiqu'il en soit, il devint bientôt maitre
la ville.
dans
A peine en place, il domina tout le monde.
M. le marquis de La Salle voulut faire valoir
ses droits; mais il fut humilié
le força par ses tracasseries par Borel, qui
au-Prince
à quitter le Portet à retourner avec son
près des commissaires,
état-major
Borel, resté maitre de la ville, voulait
de la plaine. II y avait du sucre
l'être
: c'était bien
attrayant pour ce grand patriote et ses amis.
Quelques milliers de barriques de sucre
Quelle conquête !
Iln'était cependant pas aisé d'aller avec
armée au Cnl-de-Sac. M. de
une
chevalier de Saint-Louis, Jumecourt, autre
était maire de la
Croix-des-Bonquets. D'unautre côté on se
pelait la violente semonce que le
rapavait faite aux officiers
commissaire
municipanx pour's'être
permis d'entrer à main armée sur le
de la même paroisse;
territoire
n'ignorait
Jumecourt, en outre,
pas que Borel était son ennemi, aitsi
que tous lcs patriotes.
Le Cul-de-Sac ct lcs Mornes
jouissaient
--- Page 54 ---
(34)
les
partabiotleactie
d'une tranquillité parfaite son influence sur
vité de Hyacinthe, et par
cullivateurs.
maître de ses canomniers; ;
Borel était bien comnaissantlat paix dont
la dernière
et se rappelant
ainhsgaieniemalse
joniseait la plaine
ne montrait
bataille de la Creisede-honqsen,
disposition hostile.
d'artilaucune M. le comte de Boutillier, retraite capitaine de M. de La
lerie, était devenu, par la
des troupes
commandant temporaire intègre et
Salle, C'était un homme sage, obéi.
de ligne.
estimé. Il n'aurait pas
proginéralement mienx, M. Borelfiquelqwesn
Enattendant
les Africains et quelmenades militaires avec
nationale dans une
compaguies de la garde
de la paroisse
ques de la plaine dépendante César, il était au
partie
Nouveau
sépare les
du Portau-Piince. Rubicon. La rivière qui
mais la
bord du
était facile à franchir; aurait
deux paroisses de Ja Creisalec-banqsen trouver
monicipalité cet attentat. Comment
réclamé contre
Polverel. Hyacinthe
on craignait
la
de la
un préteste?
de partie
ordonné aux nègres
tout
avait
Vorcau-brincede faire
plaine atappantienau des blancs, et de ne
souffrir de la part
eux. Ils furent obéismouvement contre
aucun
du
était facile à franchir; aurait
deux paroisses de Ja Creisalec-banqsen trouver
monicipalité cet attentat. Comment
réclamé contre
Polverel. Hyacinthe
on craignait
la
de la
un préteste?
de partie
ordonné aux nègres
tout
avait
Vorcau-brincede faire
plaine atappantienau des blancs, et de ne
souffrir de la part
eux. Ils furent obéismouvement contre
aucun --- Page 55 ---
(55) )
sants ; car des soldats africains,
Borel sur quelques
envoyés par
poules, et les noirs le habitations, y prirent des
souffrirent
Borel voyant ses projets
patiemment.
autre marche. Il fallait troubler manqués, prit une
plaine, la faire
le repos de la
c'est i quoi il travailla. insurger et arrêter Jumecourt:
deux Africains du
A cet cffet, il envoya
montagnes du
corps de Philibert dans les
pays Pourri, et sur la lisière
pagnole. Ils allèrent tronver des
esrons qui résidaient dans
nègres marle chefse faisait
cette partie et dont
appeler Mademoiselle,
africain, indépendant de Hyacinthe.
nègre
firent un mouvement
Ces noirs
Parisien. A cette
insurrectionnel au fonds
tisans crièrent
nouvelle, Borel et ses parde-Sac,
que tout était en feu dans le Cullorsque tout y était tranquille.
voir Jumecourt, la
qui n'avait point envie de
visite de Borel à main
recevait part Hyacinthe
armée, et qui saque ce
pas
Mademoisellenénit
dangereux, 7 persuada aux blancs de
point s'inquiéter. Il ordonna
ne
la plaine n'allàt au
qu'aucun colon de
Port-au-Prince.
contre cet arrêté, dont
Borel cria
sur les habitants de la ville l'exécution les
attirerait
mêmes
que ceux qui avaient accabléla
malheurs
Les canonniers
plaine du Cap.
répétaient que les aristocrates --- Page 56 ---
(56)
égorger les patriotes.
viendraient
mais
de ia plaine sortir du Pon-su-Pince pas
On voulait
dit qu'il ne marcherait
M. de Boutillier par Ja menieipolit.qu Polverel.
sans être commandé la loietlondire de
sur
de son cotérappela planteurs sont mandés
Pendant ce tempsles dix de leurs meilleurs
Phabitition Santo, avec les nègres d'Afrique
combattre
disujets, pour Malemoiselle. Hyacinthe
cotmandés par
n'avait besoin que
la bande de ce
( que
toule
cdatimetlergeu
sait de son fouet, pour tuer
( que cette in-
>
)) Il répétait
linsti-
> chef de marrons. d'autre cause que
n'avait
et des Africains ; que
) surrection
des canonniers
seraient
> gation
heures ces nègres
)) daus vingt-quatre
soumis ou pendas.
Hyacinhe,
> ou M.delemeceuri pensait comme
projets
tous ceux qui mnerorsietke d'une
ainsi que
savaient que Taparition les
de Borel, et allait encore faire insurger
nouivelle armée
avaient été demanCependant ceux qui de deux cents;ils
noirs. rendirent au nombre
de Santo.
dés, se
batailie dans la Savane
en
ils étaient
se rangérent
de queldroiti d'en faire
ses ordres. I les menaça
tous; ;
RPSmen
venus sans
et voulut les renvoyer
pendre plasieurs,
Les blancs de la plaine,
Jumecourt s'y opposa.
ait encore faire insurger
nouivelle armée
avaient été demanCependant ceux qui de deux cents;ils
noirs. rendirent au nombre
de Santo.
dés, se
batailie dans la Savane
en
ils étaient
se rangérent
de queldroiti d'en faire
ses ordres. I les menaça
tous; ;
RPSmen
venus sans
et voulut les renvoyer
pendre plasieurs,
Les blancs de la plaine,
Jumecourt s'y opposa. --- Page 57 ---
(57 )
au nombre de cent cinquante cavaliers,
compris les mulâtres, étaient aussi à Santo. y
Sur ce nombre, unc trentaine crurent voir
plus que de l'irrésolution dans la conduite de
Jumecourt. La crainte s'empara d'eux; et,
textant une patrouille à faire, ils se rendirent préau Port-au-Prince. Borel les accueillit
transport.
avec
Cette désertion ne changea rien aux
de Hyacinthe : ( Il répond de tout sur projets
)) offre son père, sa mère,son
sa tête;
frère, sa femme
) en otage; assure que toute la bande de
> demoiselle sera à ses pieds dans
Ma-
> heures. Il répond de la plaine, si vingt-quatre les
) niers et les Africains n'y entrent
canonpas. ))
Lelendemain, 2 février 1795, Borel annonce
que des membres de la municipalité de la
Croix - des -Bouquets demandent la
de ligne : cela s'était fait secrètement troupe
une lettre de quelques municipaux,
par
taientle maire Jumecourt. Borel
qui détesà la tête de la garde
veut marcher
nationale, et dans un
quart d'heure tout est prèt. Il part sans l'ordre
de la municipalité : la troupe de ligne seule
avait été demandée et commandée
pour sortir.
On se met en route avec huit pièces de
canon, dix-huit cents hommes d'infanterie,
> --- Page 58 ---
(5 58 )
sont augmentés par une
cent dragons, , qui
les mulâtres:
partie de ceux de la plaine et par
des gérents et des propriétaires
une partic
restent sur leurs habitations.
Bouquets.
L'armée arrive à la Croix-des-1
Borel se rend à la municipalité; il embrasse
Jumecourt.1 Hyacinthe, toujours soupconneux, fonds
retire avec une vingtaine de noirs au
se
aux lieux où étaient les
des Varreux, opposé renvoyé les deux cents
insurgés, après avoir
cultivateurs dans leurs ateliers.
Aucun nègre de la plaine ne prit parti ; tous
à Jeurs travaux. L'armée se rend à
restèrent
noirs se trouvent à la grande
Peyra; quelques
s'ils eussent été
case : on les charge comme
Onles
des ennemis. C'étaient des domestiques. cachés. On
égorge, même ceux qui s'étaient
attendre
passela nuit sur cettehabitation, pour
les vivres et les munitions du Port-au-Prince, en'
de Borel à se mettre
que la précipitation
d'emmener.
marche n'avait pas permis
nationale préQuelques braves de la garde
dans les
tendent qu'il y a des noirs embusqués
bordent le camp: ils vont y mettre
cannes qui
fait des
ils réle feu. On leur en
reproches;
pondent que ( c'estles seul moyen d'empècher
>) les esclaves d'incendier, parce que, voyant
-au-Prince, en'
de Borel à se mettre
que la précipitation
d'emmener.
marche n'avait pas permis
nationale préQuelques braves de la garde
dans les
tendent qu'il y a des noirs embusqués
bordent le camp: ils vont y mettre
cannes qui
fait des
ils réle feu. On leur en
reproches;
pondent que ( c'estles seul moyen d'empècher
>) les esclaves d'incendier, parce que, voyant --- Page 59 ---
(59 )
)) que les blancs n'attachent point
)) tance à leurs propriétés, ils n'iucendieront d'impor-
)) point. ))
Cette politique,
sait
tries-patriotique , ne plaipas beaucoup aux propriétaires, aux procureurs, ni aux gens sages de la garde nationale. Quelques colons allèrent en patrouille
visiter leurs
plantations : tous les noirs
rurent tranquilles. Entre midi et une
paapprit, par un nègre ou un dragon heure, on
convoi qui portait des vivres et
7 que le
à
qu'on attendait
Peyra, venait d'ètre attaqué entre Santo et
Gouraud; ; que les munitions,les vivres avaient
été pris, et que l'escorte avait été égorgée. A
cette nouvelle, Borel et ses compagnons crient
àla trahison. On accuse Jumecourt d'avoir fait
assassiner, par les nègres, les cent cinquante
hommes de l'escorte; ; on allait les tailler en
pièces, sans les dragons et les grenadiers de
Provence et d'Artois, qui les prènent sous leur
protection.
La garde nationale, sans pain, se croyait
coupée du Port-au-Prince : à l'entendre, il
avait cent mille nègres sur Ies derrières.
y
A cette nouvelle, M.I le comte de Boutillier,
qui commandait l'armée, la fit
rétrograder sur
Santo, et fit camper à la Savane d'Oublon. On --- Page 60 ---
(40) )
la nuit en carré, la cavalerie au centre.
y passa
tranquille; ou voyait vingt
Tout paraissait
minuit, quelques closucreries rouler. Vers
firent entendre : l'alarme se mitaussitôt
ches se
mais bientôt ce bruit sinistre
dans le camp;
Jesignal
cessa, ce qui fit juger qu'il n'était pas heures
d'un mouvement concerté. Entre trois
heures, toutes les cloches
et demie et quatre annoncèrent le travail : les plande la plaine
étonnés; mais il n'en
teurs n'en furent point habitants de la ville, qui
fut pas de même des
très-méconétaient fort disposés à la terreur,
à
d'ailleurs d'avoir passé la nuit exposés
tents
fut extraordinaire et quileur avait
un froid qui
de
semblé peu propre à faire un apprentissage
bivouac. le
parut, et l'armée se mit en
Enfin, jour
m'ordonna de
marche sur Santo. M. Boutillier
marcher en a vantavec ma compagnierfavancai A trois
de la plaine d'Oublon.
à une demi-lieue
portées de fusil de la barrière Santo, j'aperçus
trois ou quatre cents nègres qui me firent signe
d'aller à eux. Je: marchai seul à leur rens'avancèrent vers moi. Ils
contresquatrenigres armés de flèches courtes et de deux
étaient
J'allais causer.avec eux, lorsfusils de chasse.
cri. Je
tout-à-coup ils poussent un grand
que
trois
de la plaine d'Oublon.
à une demi-lieue
portées de fusil de la barrière Santo, j'aperçus
trois ou quatre cents nègres qui me firent signe
d'aller à eux. Je: marchai seul à leur rens'avancèrent vers moi. Ils
contresquatrenigres armés de flèches courtes et de deux
étaient
J'allais causer.avec eux, lorsfusils de chasse.
cri. Je
tout-à-coup ils poussent un grand
que --- Page 61 ---
(4r)
me retourne; c'élait la tête de la cavalerie de
l'armée.
Tous ces noirs se mirent en bataille derrière un petit talus qui borde un chemin
duisant à Ségur. Lorsque la cavalerie convée, nous
futarrichargedmes ces malheureux,
presque tous sans armes, ne tinrent
Nous qui,
reprimes le convoi et la pièce de pas.
était dans le bois.
canon qui
Vers midi, on nous annonça
multitude de noirs se
qu'une
disposaient à nous
nous marchâmes à leur rencontre à la attaquer; Savane
d'Oublon. Ces prétendus ennemis
en une centaine de nègres qui consistaient
mée pour le pillage.
suivaient l'arNous en tuâmes une
douzsine, que nous pimes joindre avec nos
chevaux.
La garde nationale n'a
tiré
fusil dans
pas
un coup de
cettefameuse campagne.
Nous n'avons pas tué trente noirs
gazettes ont cependant dit
: les
tué plus de
que nous en avions
quinze cents.
Nous rentrâmes dans la ville le même
J'enyoyai mon noir à
jour.
retrouver,
Gouraud : il vint me
et me rapporta que mes
et M. Gouraud avaient été
économes
case à
cachés dans une
nègres, et qu'ily avait à Gouraud deux --- Page 62 ---
(42)
du
dont l'un était Souchèreblancs
convoi,
avaient trouvés
Rivière, que mes arroseurs
dans les cannes.
sortit du
Quatre ou cinq jours après on
Port-au-Prince; on forma deux camps, un
l'autre à Beaugé; mais Borel ne fut
à Santo,
Jumecourt était en
point de cette expédition.
prison : c'était tout ce qu'il voulait, n'ayant
enlever les sucres de la plaine.
pu
de Gouraud ne sont pas, sortis; les
Les noirs
travaillé : les unes
habitations d'alentour ont
éclairer
assez bien, les autres très-peu. Pour
m'a brûlé quinze pièces de cannes.
la ronte, on
nous ne fàmes
Pendantnotre séjour à Santo,
;nous eûmes seulement, le 12 mars,
pas attaqués;
Thabitation Digneron,
une pelite affaire sur
comcontre une bande de nègres d'Afrique
Guimbeau. Ces noirs tinrent un
mandés par
mais ils se sauvèrent, et
peu daus le moulin; ;
nous ne pûmes en joindre que quelques-uns. étions
Hyacinthe m'a dit depuis que nous
qu'un jour il avait résolu d'ensi confiants,
de blancs de la plaine, qui
lever beaucoup
des cours des
allaient jouer dans une case près
mais, qu'ayant appris,que M. Ladouc,
nègres; de Santo et moi y, allions, il n'avait
procureur
de craintequ'en
pas voulu exécuter son projet,
u daus le moulin; ;
nous ne pûmes en joindre que quelques-uns. étions
Hyacinthe m'a dit depuis que nous
qu'un jour il avait résolu d'ensi confiants,
de blancs de la plaine, qui
lever beaucoup
des cours des
allaient jouer dans une case près
mais, qu'ayant appris,que M. Ladouc,
nègres; de Santo et moi y, allions, il n'avait
procureur
de craintequ'en
pas voulu exécuter son projet, --- Page 63 ---
(45)
nous défendant, nous cussions été blessés ou
tués. Si ce noir eût été insurgé, jamais
n'eussions pu retourner au Port-au-Prince. nous
Le 18 mars, 2 le camp de Beaugé fut vivement attaqué par des nègres
mandés
d'Afrique, compar ce même Guimbeau. Les brigands
furent repoussés : les Africains de Philibert
sauvèrent encore une fois Ja garde nationale.
II faut rendre justice à Philibert : il tenait
ses Africains du Port-au-Prince bien
ment. Ces noirs étaient les plus fidèles sévèredes blancs.
amis
Les mulâtres, sous les ordres de Beauvais,
firent partie de notre artnée ; ils se mantrèrent
avec courage et dignes d'être commandés
un tel chef.
par.
Telle était la position de la plaine,
Polverel et Sonthonax se présentèrent quand
et par mer pour faire rentrer le
par terre
La Salle dans
marquis de
son commandement. A cette
nouvelle, les gardes nationales se rendent sans
ordre au Port-au-Prince, quittent les
de Beaugé et de Santo, et laissent les camps blancs
ddc la plaine au milieu des nègres.
Les grenadiers du quatrième
Provence étaientavecr
régiment de
nous:ils recurentl'ordre
desejoindre àl l'armée des commissaircs.
Quel- --- Page 64 ---
(44)
centaines de soldats d'Artois ne voulurent
ques
ils depas rester à Santo : ils prétendirent qu
où se trouvaient se rendre au Port-au-Prince,
vait leur drapeau. Ils se mirent en ronte avec
pièces de canon. A moitié chemin, ils
quatre
leurs camarades de Provence qui
tronvèrent
leur firent enteadre raison, et dirent aux plus
fallait obéir aux ordres des commutins qu'il
empècheraient de passer.
missaires, etqu'ilsles d'Artois n'eussent jamais tenu
Ces braves
ne leurs avaient
cette comdaue,sidempanines
ditqu'ils devaient rejoindre leur drapeau.
pas Enfiu, ils revinrent tous à Santo.
entrer
Les Lemmmemepiteirgites
Ils marchaient
par Léogane et par Y'Arcaye. mille hommes
sur deux colonnes de cinq
blancs,
chacune, dont six à sept mille étaient
les autres mulâtres libres.
vintoffrir ses services aux agents.
Hyacinthe
l'inIls le blamèrent de n'avoir pas empêché les
surrection. Il se défendit en disant que
blancs n'avaient pas voulu écouter ses avis,
avoit travaillé, et qu'il
que partout sa plaine Ensuite de cette conversaétait resté neutre.
à Santo. Il marcha avec
tion il vint nous voir
Tout fut trandix nègres au fonds Parisien.
six
après qu'il eut fait pendre cinq ou
quille
.
Hyacinthe
l'inIls le blamèrent de n'avoir pas empêché les
surrection. Il se défendit en disant que
blancs n'avaient pas voulu écouter ses avis,
avoit travaillé, et qu'il
que partout sa plaine Ensuite de cette conversaétait resté neutre.
à Santo. Il marcha avec
tion il vint nous voir
Tout fut trandix nègres au fonds Parisien.
six
après qu'il eut fait pendre cinq ou
quille --- Page 65 ---
(45) )
noirs de la bande de Mademoisclle. Le
regagna ses
restc
montagnes, 9 et ne lcs quitta
Le II avril,je fus député
Ja
plus.
palité de Ja
par
municidu
Crois-des-Bonqucis, près de celle
Port-au-Prince, pour l'engager à ne
combattre contre les commissaires. Les pas
nonnicrs mc reçarent avec des sentiments Ca- de
joic, parce qu'ils crurent que je venais me
ranger sous leur bannière. Je fis tout
empécher qu'on en vint aux mains ; mais pour le
bossu Borel, frère du commandant de la
nationale, me dit : e Ta place est avec garde
)) Nos boulets sont
nous.
rouges ; nous ne tirerons
) pas. les premiers; mais nous nous
>) Que les commissaires
défendrons.
entrent seuls, et
)) leurs
avec
> leur
Sr-as5-iNs
dis-je, ceux du Port-au-Prince
) avez vus combattre parmi
que vous
vous, vous ne
> vez pas leur refuser l'entrée de la
pou-
>
ville.-
Qu'ils y entrent sans armes et
)) me
isolément,
répondirent-ils. >
Le 12 avril, après de longs
ils promirentd'ouvrir. leurs
pourparlers,
la
portes i mais quand
troupe blanche fut arrivée sous le feu de la
batterie Saint-Joseph, ils dirent qu'ils
des
voyaient
mulâires, ce qui était faux; c'étaient des
dragons de l'Arcaye. --- Page 66 ---
(46)
réLa Salle fit un mouveient
Le général
et la frétrograde: alors le vaisstaul'-dmérica firent feu.
gate la Fine, qui étaient embossés, mille cinq cents
Ces bàtiments tirèrent quatre
huit boulets
de canon. La frégate reçut
en
coups
à fleur d'eau, le vaisseau
de vingt-quatre
mirent le feu; maisil
reçut deux rouges qui y étaient sur le pont,
fut éteint. Les commissaires main.
à la
ayant une longue-vuc Borel fut tué au fort Sainte-Claire
Le bossu
toucha un caisson, et fit
par un boulet qui
sauter dix-huit canonniers.
crainte
circonstance força ceux quela
Cette
Le commandant
avait retenus à se montrer. lui
un mal à la
Borel était retenu chez francs, par que le promille,
jambe : soizante-siz de la Crohse-descbou
cureur de la commune
guérirent
quets, M. Robiou, lui envoya,.le la force de donner
subitement et lui rendirent
11 se
nouvelles preuves de son patriotisme.
de
trois cent cinquante à
renditaJaequemel: lavec compris la compaguie
quatre cents des siens, y
fut bientôt abandes Africains. Cette troupe
qui s'embardonnée par Borel et par Philibert, Elle revint au Portquèrent pour la Jamaique. désarmée : les noirs reau-Prince, où elle fut
tournèrent chez leurs maitres.
lui rendirent
11 se
nouvelles preuves de son patriotisme.
de
trois cent cinquante à
renditaJaequemel: lavec compris la compaguie
quatre cents des siens, y
fut bientôt abandes Africains. Cette troupe
qui s'embardonnée par Borel et par Philibert, Elle revint au Portquèrent pour la Jamaique. désarmée : les noirs reau-Prince, où elle fut
tournèrent chez leurs maitres. --- Page 67 ---
(47 )
Les commissaires entrèrent
Prince, le 14 avril
au Port-autorités. Les
1795, et y reçurent les augrands planteurs (1) firent rentrer
(1)J'étais du nombre de la
chez lcs commnissaires le 15avril députation qui se rendit
Parmi ces
1795.
députés se trouvaient dix ou douze
propriétaires 51 plusieurs sontici,
grands
riche
entr'autres M.
planteur et procureur alors de la
Robiou,
communc de la
Crois-des-Bouquets, , etc.
Nous fames reçus par Sonthonax. Polverel
pas ; il était indisposé.
ne parut
Lcs habitants de la
tre le but de faire leur Crois-des-Bouquets visite. le
avaient, oumissaires de
2 désir de prier les comnommer officier, chef de la
M. Vanzou, , petit propriétaire.
geadarmerie,
Les preuves de bravoure qu'il avait données
quelques affaires contre les
dans
la confance des
nègres, 5 lui avaient mérité
planteurs.
Voici mot-à-mot ce que nous dit
R Des hommes
Sonthonax :
qui SC disent patriotes ont
général de La Salle à quitter cette
obligé le
été forcés d'y entrer par la force des ville; nous avons
dépendu de nous d'empécher
armes ; il n'a pas
rensement,
l'effusion du
Heuily a eu peu de victimes. Nous sang.
les noirs vont se remcttre aux
espérons que
quillité sera rétablie dans les travaux, , et que la tran-
> II nous en coûte
campagnes.
faire partir
la beauconp d'être contraints de
pour
France et pour
hommes dévoués à la
l'Amérique des
révolution; mais leurs préjugés
de nous d'empécher
armes ; il n'a pas
rensement,
l'effusion du
Heuily a eu peu de victimes. Nous sang.
les noirs vont se remcttre aux
espérons que
quillité sera rétablie dans les travaux, , et que la tran-
> II nous en coûte
campagnes.
faire partir
la beauconp d'être contraints de
pour
France et pour
hommes dévoués à la
l'Amérique des
révolution; mais leurs préjugés --- Page 68 ---
(48) )
les émissaires de
dans le devoir les noirs, que
avaient commencé à mettre en mouveBorel
en faisant
ment dans la plaine du Cul-de-Sac,
défendait de leur donner
une proclamation qui
ils sont eause de tant d'éyénements,
sont si violents,
craignons de les voir renouveler.
que nous
voit avec plaisir que les habitants
> La commission
de lunion avec les
ont senti le besoin
des campagnes
obtenir la tranquillité. *
hommes de couleur, pour
lui dit: ( Nous
Alors le marquis de la Tremblaye
entendu dire que M. de Vanzou partait pour
avons
Ce Monsieur est un homme bien utile;
les Etats-Unis.
le savons, réil s'cst battu contre les nègres7-Nous
pond Sonthonax. >
dans
M. de la Tremblaye ne parlait pas.
Voyant que
la parole, et je dis à Sonle sens convenable , je pris
autant de courage que
thonax: cM. de Vanzou a montré des efforts qu'il a
d'humanité. Nous avons été témoins
sans son inarracher àl la mort des noirs qui,
faits pour
la garde nationale
été fusillés 2 lorsque
fluence: , eussent cadavres de blancs, nus , mutilés,
vit plus de cent
à la barrière Santo.
vous nous dites; ;M.Vansou
> Nous savons tous ce que mais il est trop facile. Sa
est un très-brave homme;
lcs Etats-Unis.
tête est trop ardente. I1 partira pour
seront
mois il reviendra; les esprits
Dans quelques
ferons, un vrai plaisir de
plus calmes, et nous nous
désirons le boncéder à votre recommandation; ; nous rallicz-vons aux
heur de la colonie ; MM. les colons,
la barrière Santo.
vous nous dites; ;M.Vansou
> Nous savons tous ce que mais il est trop facile. Sa
est un très-brave homme;
lcs Etats-Unis.
tête est trop ardente. I1 partira pour
seront
mois il reviendra; les esprits
Dans quelques
ferons, un vrai plaisir de
plus calmes, et nous nous
désirons le boncéder à votre recommandation; ; nous rallicz-vons aux
heur de la colonie ; MM. les colons, --- Page 69 ---
(49 )
plus de cinquante
ciété popalaire fut coups de fouct (4). Là 50fermée.
Trente colons de la ville,
une quarantaiue
commissaires; vous
pères, et vous serez troaverez en nous des amis, des
Nous
heureux. >
sortimes. A peine
licr, que M. de la
famnes-notis au bas de l'escaun beau coquin pour Tremblaye étre s'exprima ainsi : a Voila
le fils d'un cordonnier notre ani notre
Qu'importe
! le beau. - frère de pèrc...
qu'il soit fils d'un
Brissot!.
sommes tranquilles, lui
cordonnier, si nous
homme d'Athènes ctait fils répondit-on? d'un
Le plus grand
meme, qui êtcs si dévot,
cordonnier; et vousChrist, qui était fils d'un que direz-vous de Jésuss Votre marquis de charpentier ?
les noirs, vaut-il mieux Borel,quiest ? Les
venu faire soulever
les patriotes, ferment le club; commissaires déportent
fassent? Le Père éternel
que faut-il donc qu'ils
rait pas les ésprits. On descendrait en fera
ici, qu'ilne changePerdue, et que nous serons tons tant, que la colonie sera
Qu'on juge d'après cela dc égorgés. >
patriotes; et dans quelle
T'espritdu parti opposé aux
ont dà se trouver avec les position quelques hommes sages
commissaires ou
colous. e (1)Cette proclamation ranima un
la leurs ageuts!
Les noirs reçurent
peu confiance des
Cette Indulgenice des
cinquante coups de fouct.
lèurs cceurs vers les commissaires à leur égard tourna
nous, nos pères. Les cultures délégués; ils les appelaient papa
qu'alors les cultivatéars
furent florissantes. Onvoii
n'étaient pas bien exigeints.
--- Page 70 ---
- 50 1e )
exald'Artois, étant reconnus trop France,
de soldats
et
en
:
tés, furent embarqués dénonciation renvoyés contre eux,
sans la moindre
les commisleur apprendre, 9 disaient à
leurs
pour
et perdre
saires > it étre patriotes
préjugés de couleurs.
eurent
Personne ne fut puni; quelques-ns afin d'y
les Etais-Unis,
des passe-ports temps. peir
lorsque le
rester quelque étaient dans cet état,
Les choses
arriva en mai 1793 au Cap,
général Galbaud
9 en remplacement
de gouverneur,
fut bientôt
en qualité
Galbaud
d'autant
du général d'Esparbès. Colons : il en fut
entouré par les
à Saintqu'il était propriéaire
tout
mieux reçu,
écoutait avec plaisir
et qu'il
des envoyés.
Domingue, Jui débitait au sujet n'eût pas été
ce. qu'on sila haine des blancs
refroiCependant
amitié eût été plus que
ce
si grande, cette
de 600,000 fr. que
die par la contribution habitants de cette ville :
général leva sur les étaient détestés de presmais les commissaires
quils faisaient
tous les bilinaypriaecel ils avaient donné des
que
auxquels
haine était si
aux mulâtres,
Cette
et des épauletucs.
qu'on ne recegrades
fut décidé au Cap
forte, qu'il batiments bordelais.
vrait plus Jes
netorantfonehee
Lexcomsisairese
de 600,000 fr. que
die par la contribution habitants de cette ville :
général leva sur les étaient détestés de presmais les commissaires
quils faisaient
tous les bilinaypriaecel ils avaient donné des
que
auxquels
haine était si
aux mulâtres,
Cette
et des épauletucs.
qu'on ne recegrades
fut décidé au Cap
forte, qu'il batiments bordelais.
vrait plus Jes
netorantfonehee
Lexcomsisairese --- Page 71 ---
(51)
et se rendirent au Cap; ils
juin : ils étaient escortés y arrivèrent le TO
ligne.ct
par des troupes de
parlesdragons du
arrivéeleg général Galbaud 16-d'Orléans. 3 leur
nement et montra sa
se rendit au gouverdifférente de
commission. Elle était bien
du
ce que prétendaient les Colons
Port-an-Prince, qui disaient
T Que cC nouveau
hautement :
)) torité
gouverneur avait une ausupérieure à celle des
)) gouvernement
délégués du
> raient
français, et que ceux-ci serenvoyés., > Les délégués,
cesser ces bruits
voulant faire
qui se
dirent au général Galbaud: répétaicnt au Cap,
))
: ( Nous
pas, Mousieur, tout ce
se
n'ignorons
( ment à votre mission qui débite relative-
) lement
: nous n'y ferions nulattention, bien
( connaissez nos
persuadés que vous
)) pendant nous pouvoirs et les vôtres ; ce-
)) une question. sommes forcés de vous faire
n-Je m'e 'empresscrai
) général.
d'y répondre, dit le
> - Avez-vous instruit le
)) France,
gouvernement de
))
lorsqu'il vous a nommé
neur, que vous êtes
gouver-
>
propriétaire à SaintDomingue2-Non,je je n'en
A cessité.-Nous
ai pas vu la né-
)) obligés de
sommes bien fachés d'ètre
> être
vous dire que vous ne pouvez
employé dans la colonie. Il
y a une
: --- Page 72 ---
(5a) voici (en-lui préformelle à ce eojet;la
- 9 loi
constituante
le décret del Vassemblée
retourD sentant
roi.) Vous pouvez
parle
de nouveaux
> isanctionné France, et demander
vous
) ner en
cela nous ne pouvons
sans
)) pouvoirs, (4)."
rien à répon-
> reconnaltre Galbaud n'ayant
plaisir: Il
Le général
avec
dre, dit qu'il se remharquerait
le fit sur la flâte la Normande. hantementiasl habiSon départicy murmurer! de l'injustice des comtants, qui sep plaignaient
missaires envers CC général. malheur, pour le Cap
Je ne sais par quel rade. Dans cet intervalle,
cette Aûte resta en
Jes individus qui
du Pore-awPrince France apprenarrivèrent été destinés à aller en muldtres- Ces
avaient connaltre les droits des
à celles
dre à
unirent leurs rumeurs trannouveaux venus ville. Les envoyés étaient
des blancs de la
entourés des troupes
et
au
régiment
a
du seizième
quilles gouveroemetty
de ligne, des dragons
des mulatres.
un oflicier de maDans cette circonstance, sur le quai avec un
de querelle
rine se prend
: c'6ne pouvait être gouverneurs :
(1) Un propriltaire chicane de la part des commisaires, ordres.
tait unc mauvaise Galbaud était sons leurs
puisque le général
envoyés étaient
des blancs de la
entourés des troupes
et
au
régiment
a
du seizième
quilles gouveroemetty
de ligne, des dragons
des mulatres.
un oflicier de maDans cette circonstance, sur le quai avec un
de querelle
rine se prend
: c'6ne pouvait être gouverneurs :
(1) Un propriltaire chicane de la part des commisaires, ordres.
tait unc mauvaise Galbaud était sons leurs
puisque le général --- Page 73 ---
55 )
officier mulàtre. L'officier retourne à
-
plaint qu'un mulitre l'avait insul:é. bord, se -
voulut descendre à terre, embosser L'éqhipage le
surle palais-du
vaisseau
commissuires. Le gouvemnement, occupé par les
rendit au
capitaine, plus prudent, se
gouvernement, accompagné de
ques officiers de marine, réclama
queljure faite: par un mulâtre et
contre l'inpunition exemplaire. Les
en demanda une
dent qu'ils puniront le mulâtre commissaires réponqu'ils doivent l'entendre
s'il a tort, mais
cier. Cette
en présence del'offiréponse est regardée comme
insulte: (( Quoi, dit un officier de
une
)) vous voulezqu'tn officier
lamarine,
) d'un mulâtre! Avant
se présente en face.
)
votre. arrivée, il
pendu. - Cc sont ces-injustices
etit-été
)) conduits à
qui nous ont
) notre devoir Saint-Domingue, et nous ferons'
)) ne se renouvèlent en nous opposant à ce qu'elles:
plus
) Polverel. >
désormais, répondit
Aprés divers autres propos, les officiers
marine se retirèrent très-irrités
de"
tous ces discours à leur bord. etrapportérent Alors
met en mouvement dans la rade:
tout se
des vaisseaux sont mis
: les capitaines
matelots; les
en arrestation par les
déportés du
mélent. Les habitants de Port-au-Prince la ville
sienfaits 5 on prépare les cartahues sout sàtispour pendre --- Page 74 ---
(54)
Galbaud descend à
les 1 délégués. Le général
terre à quatre beures du soir. Ainsi commença,
terribles
Haibmstererentuns
de la guerre civile dont nous traçons lc' précis.
attendent de pied ferme ;
Les commissaires
dcs troupes de lignc est consignée
une partie
L'escadron du seizième
dans ses casemnes.
les mulâtres
chargeles ennemis avec vigueur,
acharnement coutre les mase battent avec
tclots ; la nuit mnet fin au combat.
Ala pointe du jour, le combat recommence.
Jues commissaires envoient le secrétaire-généPolverel, escorté de douze draral, le jeune
de
des paroles pais.lls
gons d'Orléans, , porter
conduits à bord,
sont cernés par les matelots :
les
Ils ne doivent Jeur salut
on veut
égorger.
; sans lui, ils étaient
qu'au capitaine du vaisseau;
pendus dans lc même monient.
César Galbaud, - 2 frère du général, quis'était
d'une hauteur, foudroyait le gouveremparé
avec fureur par les munement: il est altaqué
la fin,
Jâtres ; il se défend avec courage;à
accablé
le nombre, il est fait prisontier
par
se retirent
avec sa troupe. Ceux quié écheppent,
du côté dela mer. Ils enfoncentles maisons (1),
le général Galbaud sut que son frère
(1) Aussitôt que
au gouverélait prisonnier, il envoya un pariémientaire
d'une hauteur, foudroyait le gouveremparé
avec fureur par les munement: il est altaqué
la fin,
Jâtres ; il se défend avec courage;à
accablé
le nombre, il est fait prisontier
par
se retirent
avec sa troupe. Ceux quié écheppent,
du côté dela mer. Ils enfoncentles maisons (1),
le général Galbaud sut que son frère
(1) Aussitôt que
au gouverélait prisonnier, il envoya un pariémientaire --- Page 75 ---
(55) )
les boutiques, pillent, volent,
cequ'ils trouventde
massacrent tout
mulâtres et de mulatresses,
s'emparentdntrésor, enfoncentlénorme caisse
de fer qui le contient, se
et se fusillent
disputent les sacs
entre cux pour posséder les Diasnement pour proposer son échange contre le fils de
Polverel. Sonthonax dit que c'était au père qu'il fallait
s'adresser. Polverel met la main sur ses
iustant sans parler. <Non, dit-il,
yeux, reste un
tant des paroles de
mon fils a élé pris porprisles
paix à des révoltés; Galbaud a élc
armes à la main contre les délégués de la
mon fils nc peut être échangé contre
France :
pent périr; je sens tout ce qu'a dc
un coupable. Il
mais j'en fais lc sacrifice à la
pénible ma position;
Sonthionax et plusieurs république. N
cismc, l'engagent à faire blancs, frappés d'un tel stoicet échange. <J'adore
ne m'en parlez plus. D) Il ne put retenir
mon fils;
Galbaud resta en
ses larmes. César
États-Unis. Ils
prison ? et Polverel fils arriva aux
sont lun et l'antre en France, tous deux
militaires, je crois.
Ceg qu'ilya de surprenant, c'est que les
sultèrent pas un seul blanc; ; ils e
brigands n'in-'
blayer la ville, et d'aller dans la 'cimpressèrent de dévivres pour ces mêmes blancs
plaine chercher des
un incendie, quin'eit
qu'ils avaient ruinés par
brisé les chaines des peut-être pas eu lieu s'ils n'eussent
leurs
nègres prisonniers : mais c'étaient
amis, leurs compagnons
saient qu'à les
d'armes, et ils ne penqu'on soit allé lcs délivrer en entrant au Cap. Il est faux
chercher.
ville, et d'aller dans la 'cimpressèrent de dévivres pour ces mêmes blancs
plaine chercher des
un incendie, quin'eit
qu'ils avaient ruinés par
brisé les chaines des peut-être pas eu lieu s'ils n'eussent
leurs
nègres prisonniers : mais c'étaient
amis, leurs compagnons
saient qu'à les
d'armes, et ils ne penqu'on soit allé lcs délivrer en entrant au Cap. Il est faux
chercher. --- Page 76 ---
(56.) )
dispersées dans la rue. Les uns
tres qu'ils ont
batteries qui dominent.
se.l portent ensuite aux canons. Les autres vont
la mer, et enclouensles
et une. partie des
à Parsenal, jétent la poudre
farines, dans, le port.
les.chefs. nègres. inDu côté de la plaine,
entrent dans la,
surgés, qui bloquoient le Cap, mille, courent aux
ville au nombre de trois à cinq ceuts noirs
prisons, délivrent quatre. les commissaires
prisonniers de guerre, que chaine. Ils mettent le
avaient fait mettre à la
d'une main,
feu à la geole; pillent, volent
monceau
incendient del l'autre, et ne font qu'un
de ruines de cette belle et puis:
de cendres et
sante cité,
lèvent Vancre. Plus de trois
Les vaisseaux
des victimesdela quecents bâtiments chargés d'un officier de marine,
relle d'un mulâtre et chercher un asile aux,
quittent ia rade et vont des secours auprès
Etats-Unis: Ils trouveut, des. suges Amérides agents de Ja, république, qui accucillirent
cains et des sensibles quakers,
toucher
indistinctement tous ceux qui purent
ce
Tous n'eurent pas
cette terre hospitalière. la Fine périt ayant à son
bonheur : la frégate
de ces malheureux:
bord plus de sept cents
le même sort;
D'autres navires ont éprouyé --- Page 77 ---
(57 )
Au départ de la floue, les
pitent en torrents surlarsenal. brigands se. précidansla nuitp parles
Lag gudeenvoyée
deux pièces de commissairesles reçoitavec
encombrée de canon à mitraille: : la rue est
cadavres. Ceux
se rendent près des délégués. qui échappent,
tègent parleur influence
Ces agents proheureux
sur les noirs les malflammes, blanes, qui, fuyant à travers les
s'étaient réunis
les casernes des soldats près d'eux, ou dans
Quatre à
d'Europe,
la mer, Jes cin cents cadavres sont jetés à
seuls à SC requins les dévorent, et sont les
réjouir d'une si
terrible catastrophe.
affligeante Ct si
Peu de temps après il
tion des délégués,
parut une proclamalibres lous les noirs par laquelle ils rendaient
et combattre
qui voudraient s'enrôler
blique.
sous les drapeaux de la répuCette mesure en attira un
mais dès qu'ils furent
grand nombre;
grande
armés et
une
partie se sauva dans les vêtus,,
où ils continuérent la vie de
mentagnes,
Après ceueproclamation, brigands.
au Port-au-Prince.
Polverelse rendit
la culture était
Touty était tranquille, et
les
très-florissante. De Jà il visita
Cayes, en septembre 1793.
ler
blique.
sous les drapeaux de la répuCette mesure en attira un
mais dès qu'ils furent
grand nombre;
grande
armés et
une
partie se sauva dans les vêtus,,
où ils continuérent la vie de
mentagnes,
Après ceueproclamation, brigands.
au Port-au-Prince.
Polverelse rendit
la culture était
Touty était tranquille, et
les
très-florissante. De Jà il visita
Cayes, en septembre 1793. --- Page 78 ---
( 58 )
il confia le gouvernemenr
Avant de partir, J'Ouest à u mulàtre adde la province de nommé Montbrun, quiy
d'un réjebantcommanbant chef de hataillon
étiit venu comme
Cet homme, élevé en
giment de la Gironde.
de
à Saint-Domingue,
France et propriétaire le plus grand bien,
qui les blancs attendaient persécuteur- Il les
se moutra leur plusindigne même les offidésarma tous 2 sans marchaudc. excepter Il les fit inciers de la marine les
du Port-aucarcérer, et jeta dans prisons blancs, arrivés de
Prince plus de cinq cents
de son département.
fit
tous les quartiers intervalle que Polverel
Ce fut dans cet
des Cayes, par ladatée
donner
une proclamation Sonthonax n'avait pu
quelle, disait-il,
n'était pas libre
nègres, vu qu'il
eux
la lihertéaux
avoit été forcé par (1)-
lui-mème, et qu'ily
et éoigné du
aux Cayes
à son
(1) Polverel > tranquille f'exprimer ainsi
théâtre de la révolte, pouvait il laissa son collègue avec huit enaise. Après l'incendie,
de ligne, ct sept à
viron mille biancs de troupes
cents Colons de toute espèce. parla conduite de ceux
sans poudrc,
était destinée
Le Cepsetronvaits faitjeter à la mert toule celle toutes qui les farines.
qui avaient défcuse de la colouie, et presque eu de position plus
àl la
quily ait janiais
Je ne crois pas
, pouvait il laissa son collègue avec huit enaise. Après l'incendie,
de ligne, ct sept à
viron mille biancs de troupes
cents Colons de toute espèce. parla conduite de ceux
sans poudrc,
était destinée
Le Cepsetronvaits faitjeter à la mert toule celle toutes qui les farines.
qui avaient défcuse de la colouie, et presque eu de position plus
àl la
quily ait janiais
Je ne crois pas --- Page 79 ---
(59)
( Cette circonstance,
ajoutait-il, l'obligeait,
critique que celle o s'est trouvé Sonthonax
blancs, après l'incendic du Cap.
avec lcs
Les Espagnols, après s'ètre emparés du fort
voulaient faire marcher
Dauphin,
ct exterminer les blancs etle Jean-François sur celle ville,
que Jean-François,
commissaire. Plus instruit
qui nc savait nilire ni
saint, en sa qualité de
écrirc, Tousfermeté;i il chercha à major-général, s'y opposa avec
gagner le général
çois, en Ini disant qucyg 'il écoutaitles noirJean-Franterait l'armée et sc baltrait
les Espagnols, il quitC'està ce digne noir que les pour blancs blancs.
Il fit dire à Sonthonax
doivent leursalut.
Colons élait de donner que le seul moyen de sauver les
décida
la liberté générale : voilà ce
Sonthonax. Il en fut sollicité bien
qui
blancs restés au Cap que par les nègres de plus par lesa
M. Artau était le plus riche
cette ville.
Domingue. Il possédait les
propriétaire de Saintville;la comédic élait
plus belles maisons de la
sa propriété. Il avait mille
eselaves-onvriers, et une habitation.
nègres
Ce colon vints solliciter. Sonthonax de
aux
donnerla liberté
nègres, parce qu'il savait par ses noirs
mcsure pouvait seule mettre les blancs
que cette
tiens cela de lui et de dix autres
en sureté. Je
Colons.
Cap. C'estacebrave Il
homme qu'ou doit le
organisa SCS ouvriers et ses autres déblayement du
foniller les
noirs. Il fit
teips. Cc décombres ct réparer le Cap en très-peu de
colon, riche planteur et
point élé à l'abri de la calomnie. c'est proprictaire, n'a
un ami de
unl scélérat, c'est
Sonthonaz, disent quelques bons et
patriotes colons.
palients
ons.
Cap. C'estacebrave Il
homme qu'ou doit le
organisa SCS ouvriers et ses autres déblayement du
foniller les
noirs. Il fit
teips. Cc décombres ct réparer le Cap en très-peu de
colon, riche planteur et
point élé à l'abri de la calomnie. c'est proprictaire, n'a
un ami de
unl scélérat, c'est
Sonthonaz, disent quelques bons et
patriotes colons.
palients --- Page 80 ---
(69)
malheurs qui étaient arrivés
éviterd les
> pour
licues de cette'ville, ignorait
Polverel, à cent vingt
doute les observations
passait; et ce sont sans
da Sud, qui lui
ce quis'y colons libres de toute conleur,
y rédes
au jour. Sonthonax
firent mettre sa proclamation plutôt dans un mortier
'en disant qu'on le pilerait telle action.
pondit de le faire revenir sur' une
disaient les colons'
que Le scélérat.. le brigand.. entendu dire à cing cents).
retirés aux États-Unis (Jel'ai sangeette liberté donnée
Je le répète à ccs colons, que forts > tous les Elancs de
à des hommes alors Ics plusi
auraient été égorgés:
fétait,
Ssint-Doningse des colons réfugiés à Philadelphie de
Une partie
année, 2 la mort du yran; de ce
le 21 janvier de chaque assistait au service
Eouis XYI; l'àutre parlie et-les autres traitaient aussi
les uns
Favait
bon roi : néanmoins
de scélérat. : . Polverel celle de
Sonthonax de brigand.. était moins forte que
aussi sa part; mais elle
si" détesté des blancs,
: celni-ci n'était pas
le
Il
son
collegue
donné la liberté premier.
parce qu'il n'avait pas
s'il eût reponssé les mueût même été aimé de tous, même adorés tous les deux
làtres, et'ils eussent été alors ils anraient été eoms'ils les ewissent fait égorger ; de braves gens.
blés de millions ct cités comme
je fus,
au
Pontcan-Paineii
A Tarrivée des Anglais
tronvaile payeur
blessé, conduit en prisou.Jy demandai s'il était vrai"
quoique
M. Daval ; je lni
des millions :
de Ja guerre,
cussent envoyé
élait exact
que les commisnaires.
Polverel
calomnie, me répoudicil; nc les touchait
( C'estune
Sonthonax
àrecevoir ses appointements,
aves gens.
blés de millions ct cités comme
je fus,
au
Pontcan-Paineii
A Tarrivée des Anglais
tronvaile payeur
blessé, conduit en prisou.Jy demandai s'il était vrai"
quoique
M. Daval ; je lni
des millions :
de Ja guerre,
cussent envoyé
élait exact
que les commisnaires.
Polverel
calomnie, me répoudicil; nc les touchait
( C'estune
Sonthonax
àrecevoir ses appointements, --- Page 81 ---
(6r)
> dans la pluine du Nord, à
cngager les prepas;lorsqu'il avait besoin d'argent, il
Il lui est même du. >
envoyait un bon.
Arrivé à la Jamaique , j'cus occasion de
vent le commissaire Anglais, M.
voir soum'instruire d'un fait.
Innes , je le priai de
a Le navire le Réparateur, de
capilaine Sercès et le Yengeur Bordeaux, lui dis-je,
Américain, ,
Barney,sont partis du Port-au-Prince
capitaine
ils avaient des Caisses à bord. Ces deux en décembres793;
conduits à la
navires ont été
Jamaique. Au
tait que cès caisses étaient Port-sit-Prince, on débidu Réparateur,
pleines de piastres ; et à bord
dats me disaient, prison-ship, les matélots et les sollorsque j'étais sur ce bâtiment : mon
commandant, si nous avions tout l'or
de Sorthonax et de Polverel ont
que ces coquins
nous serions bien
chargé sur ce navire,
riches. >
M. Inncs me répondit : a Les caisses trouvées
sont ici, hous les avons ouvertes ellès
à bord
plies de papiers, de picces de
;
étaient remmations. ) -lin'yavaitdoncy comptabilité, de proclaJ'étais, lui dis-je,
point d'argent, pas un sou.
j'ai toujours fait
procureur de quatre sucreries;
des
beaucoup de sucre depuis l'arrivée
commissaires, 3 etje n'ai jamais payé un sou
position, , pas même la réquisition d'ûne
d'imsucré, >
barrique. deC'est d'après cela que je ne pouvais me
que les commissaires eussent trente millions persuader
le disait. Tristes effets de la
comme on
de ma ruine et de celle de tous prévention! les
vous étes cause
colons. --- Page 82 ---
(63)
eux - mêmes à une
à concourir
et empè-
>) priètaires scule pouvait les sauver
il fit'ou-
> mesure qui
En conséquence
les
> cher la révolte.n
où tous
un registre
esvrir au gouvernement signer la liberté de Jeurs
habitants allèrent
(1)-
claves. Cette liste a été imprimée noirs a été décomme la liberté des
Voilà
crétée à Saint-Doningue, les nègres restèrent
Après cette liberté, du Sud et de POuest,
dans la partie
toutes les hatranquilles
le travail sur
et ils continuèrent
beaucoup de procubitations ; mais, comme
avaient
de gérents et de propriétaires restaient,
reurs,
Monibrun, ceux qui
été arrètés par violences de cet adjudant-comcraignant les
dans les quartiers qui
mandant, se sauvèrent
Les nègres
d'ètre livrés aux Anglais.
venaient
abaudonnées continuèrent
de ces habitations ordres des commandeurs;
les travaux sous les
point de blancs pour
mais peu-à-pen, n'ayant à planter des vivres;
les guider, ils se mirent
des Anglais.
ont fait jusqu 'à Parrivée les blancs
ce qu'ils
les habitations où
Sur toutes
blanc qui aie refusé de signer la
(1) Je-snis le seul
liberté des noirs.
livrés aux Anglais.
venaient
abaudonnées continuèrent
de ces habitations ordres des commandeurs;
les travaux sous les
point de blancs pour
mais peu-à-pen, n'ayant à planter des vivres;
les guider, ils se mirent
des Anglais.
ont fait jusqu 'à Parrivée les blancs
ce qu'ils
les habitations où
Sur toutes
blanc qui aie refusé de signer la
(1) Je-snis le seul
liberté des noirs. --- Page 83 ---
(65)
étaient restés, les noirs
nuèrent
reprirent et contitranquillement leurs travaux.
Southonax quitta le Cap le 15'1
Il laissa au milicu des ruines le novembre.
vaux,avec quelques centaines général Larope, des mulâtres et des
desoldats d'Euenrôlés.
nègres qui s'étaient
Jean-François et Toussaint, nègres,
mandaient une armée protégée
comgnols. (La guerre entre Ja France par les Espaétait déclarée.) La partie du Nord et l'Espagne
la ville du Cap était sans
étaità eux;
par les terribles effets pondre, de
sans vivres,
juin 1793.
l'affaire du 20
Le géuéral Lavaux, par son
vité et par celle de l'ordonmateur étonnante actiganisa une garde nationale de
Péroud, orter contre
noirs, pour luttellement Jean-Erancois et Toussaint. Il se fit
aimer des
sa bravonre et
nègres, 2 par sa politique,
s'acquit l'estime son humanité, qu'à la fin il
et la confiance des
C'est à ce général
rebelles.
Toussaint. Il le fit qu'on dut la rentrée de
de brigade.
colonel, ensuite général
La défection de Toussaint fit
François ne fut plus redoutable que Jeancelui-ci ne voulut
: néanmoins
jamais se ranger sous les --- Page 84 ---
(64)
mais il resta assez
drapeaux de la répmblique;
avec
en Espagne,a
tranquille. 1l est aujourd'lui des cordons de
7 et chargé
a
son état-major
, m'a-t-on dit,
cette cour. Il commande
Orau.
s'est montré très-humain
Ce chef insurgé
envers les blancs
au fort Dauphin en 1794,
: il s'opposa
que les Espagools égorgeaient cruauté, et il fut près de
à cette
les
avec vigueurd
espaguol qui fusillait
tirer sur! le régiment
Colons.
Lavaux, que je luiai
Toussaint aimait tant
Dieu, c'est Laentendu dire : ( Après bon été envoyé avec
vaux. > Si ce général avait
était
>
au lieu de Leclerc, tout
5000 lommes,
mais... .
sauvé. On la répété à Bonaparte, accorder une al1Bonaparte n'a pas daigné distingué par sa condience à ce général,
sà naissance,
duite à Saint-Domingue , par
les talents
et par
par son désintéressement, président des Cingqu'il a montrés comme
Cents.
trouvé, dans une si maiCe général s'est
qu'on était
vaise position à Sainc-Domingue, avec déux carobligé d'aller au fourrage
touches.
offrirent 500,000 liv. pour
Les Anglais Jui
order une al1Bonaparte n'a pas daigné distingué par sa condience à ce général,
sà naissance,
duite à Saint-Domingue , par
les talents
et par
par son désintéressement, président des Cingqu'il a montrés comme
Cents.
trouvé, dans une si maiCe général s'est
qu'on était
vaise position à Sainc-Domingue, avec déux carobligé d'aller au fourrage
touches.
offrirent 500,000 liv. pour
Les Anglais Jui --- Page 85 ---
(651)
leur livrer le
dinne telle Port-de-Paix : il fut indigné
Whitelocke. bassesse de la part du colonel
Cc rôle de séducteur,
d'un mititaire, mérita le
indigne
camarades : Whitelocke mépris de tous mes
trouver dans un
croyait sans doute
Français, le mulâtre
te, sou ami, ou un traitre de
Lapoinlettre que lui écrivit le
son - espèce. La
ponse à sa
général Lavaux en réservée.
proposition, mérite d'être con-
(( Vons avez voulu,
> aux yeux de mes
dit-il, me déshonorer
>) assez vil, assez soldats, en me supposant
infame
)) pour un présent. C'est pour trahir ma foi.
)) vous me devez
un affront pourlequel
une satisfaction
)) ctje la demande au nom de
personnelle,
)). donc aucune action
Thonneur. Avant
) un combat singulier, générale, je vous. offre
)) s'ensuive de lun de jusqu'à ce que la mort
> votre choix les
nous deux; je laisse à
armes etla
)) bat,a pied ou à cheval. Votre manieredu com-
> nemi, sous le rapport de la qualité d'en-
) donnait pas le droit de
patrie, ne vous
) personnelle;
me faire une insulte
ct, comme
> mande satislaction
particulier, je ded'une
)) faite par un individu.n injure qui m'a été
Voila I'homme que
Bonaparte a persécuté,
--- Page 86 ---
( 66 )
ont eu contre
Je sais que quelques mulâtres : nalhesrewenent
M.Lavaux des préventions a eu des chefs ambicette espèce d'hommes devaient gouverner,
tieux, qui ont cru qu'ils et humilier les noirs.
commander les blancs de leurs préjugés!
Puissent-ils être revenus d'eux une grande quanVoila ce qui a éloigné amis, cequi a irité Toustité de colons leurs de noirs contre eux.
saint, et beaucoup des hommes de couleur
La majeure partie sur les noirs, que les
ont autant de préjugés
des colonies
blancs et surtout les patriotes
en ont envers eux.
c'est ce que ces
Ce qui est inconcevable, les mêmes idées
deux classes dhommes,ayanl pu s'accorder.
n'ont jamais les blancs, quoisur Yesclavage, d'occasions,
sont réunis;
Dans beaucoup leurs opinions, se
de
que divisés par ils n'ont voulu se relâcher
mais jamais
droits sur les mulatres.
Jeurs prétendus à son anivée au PorcauPrince, détenus par
Sonthionax, les blancs qui y étaient en incorft élargir er-miême Jumecourt ;
volonMontbrua,
dans Artois, comme nenacepora une partie le temps que les Anglais sur leurs
taires, pour
les autres
raient la place, et renvoya démarche déplut à Monthabitations. Cette
ils n'ont voulu se relâcher
mais jamais
droits sur les mulatres.
Jeurs prétendus à son anivée au PorcauPrince, détenus par
Sonthionax, les blancs qui y étaient en incorft élargir er-miême Jumecourt ;
volonMontbrua,
dans Artois, comme nenacepora une partie le temps que les Anglais sur leurs
taires, pour
les autres
raient la place, et renvoya démarche déplut à Monthabitations. Cette --- Page 87 ---
(67) )
brun, qui regardait ces blancs
des mulatres.
comme ennemis
du
Quelques jours après l'arrivée
commissaire, la cour martiale
rent nommé Pélou, natifde
jugea un géfut guillotiné ; les
Rouen; ; ce blanc
tacle
nègres, effrayés d'un
nouveau pour eux, firent un si grand specque Montbrun, qui entourait
cri,
put l'entendre sans être ému. Le l'échafaud, ne
Sonthonax fit enlever la
lendemain,
jamais servi depuis.
guillotiné. Elle n'a
Le 17 mars 1794, Montbrun fit
dant Ja nuit (à l'insu du colonel entrer penDesfourneaux, commandant de la d'Artois >
compagnie de mulâtres et de
place,) une
voués. Il marcha à leur tête nègres à lui dédes blancs , et canonna les contre la caserne
qui y étaient tranquillement soldats d'Artois,
dormis. Une partie de sa
couchés et endans la ville, et
troupe se répandit
égorgea tous les blancs
rencontra. Le gouvernement fut
qu'elle
sans le courage et
cerné ; et,
Pintrépidité de
neaux, le commissaire aurait
Desfourvint le délivrer à la tête de péri. Ce général
d'Artois qu'il rassembla des quelques soldats
serne et dans les rues où ils postes, de la caz
désordre pour échappera
se sauvaient en
brun.
l'artilleric de Mont- --- Page 88 ---
(68)
devant la prison , Sonthonax cette
En passant
ouvrir Jes portes : sans
donna ordre d'en de blancs qui y étaient enprécation, le peu
les risques d'ètre
détenus couraient
core
dicta
égorgés. Monbrun, à la tète de ses révoltés, retiré à une
qui s'était
la Joi à Sonthonax, les blancsau fort Sainteheure du matin avec
Claire.
le colonel DesfourA la pointe du jour, suivi des marins blancs
neaux avec sa troupe, des mulatres canonniers
et de la compagnic allèrent solliciter Soncommandés par Pétion, Montbrun qui eût
thonax de marcher sur
exterminé, que
été d'autant. plus facilement noirs de la plaine, était
Hyacinthe, le chefdes mille nègres au secours
arrivé avec plus de six blancs. C'est a ce noir
commisaire ct des
doivent Jeur salut.
du
de la ville
Jincenque les habitants
sans doute
Sonthonax * se rappelant consentir à la prodie du Cop, ne voulut faite pas : il préféra rentrer
qui lui fut
la meroi
position
et se mettreà coloscul au Gouverneinent, 11 donna un: congé au les
de Montbrun.
et une penisioanan tous
nel Desfourmeaux, la
Alors ils se sausortir de place.
qui
blancs pour
ainsi que les navires
vérent à Léogane,
que les habitants
sans doute
Sonthonax * se rappelant consentir à la prodie du Cop, ne voulut faite pas : il préféra rentrer
qui lui fut
la meroi
position
et se mettreà coloscul au Gouverneinent, 11 donna un: congé au les
de Montbrun.
et une penisioanan tous
nel Desfourmeaux, la
Alors ils se sausortir de place.
qui
blancs pour
ainsi que les navires
vérent à Léogane, --- Page 89 ---
(69)
purent quitter la rade. (Cette
livrée aux
ville.avait été
Anglais au commencement de
vier 1794, par le mulâtre
janlec et Tibi, blancs
Labussonière, Sanchercher les
: ces derniers étaicnt allés
Anglais à la
A leur atrivée dans Jamaique.)
heureux
cette ville, ces malfugitifs furent obligés de
avec Ics Anglais;
les
prendre parti
refusait toute
pour
y forcer, on leur
nouriture. Ceux qui eurent le
coursgederésister, furent jetés daus les
prison de la Jamaique, oi, à force de schipstraitements, on est parvenu à en enrôler mauvais
ques douzaines. Saus M. le marquis de la quelRoche-Jaquelin, ces braves Français eussent
péri.
tous
On ne peut pardonner à Sonthonax Ja
blesse qu'il montra dans cette
faieût fait marcher contre
occasion : s'il
eût été abandonné Montbrun, 2 cet homme
par sa troupe noire. Elle
edrdiédétrompéc par Hyacinthe, tout
aux blancs. Il ne refléchit
dévoué
rible crise
pas dans cette terque celle du que cetteaffaire n'était pas la méme
nègres aimaient Cap. Tous les blancs , tous les
mulâtres
Sonthonax, ct beaucoup de
attachés. commandés par Pétion Jui étaient
Montbruu, qui élait ennemi de Desfour- --- Page 90 ---
(70)
ft croire
redoutait Sonthonax,
neaux, et qui
dans la ville,le 16 mars,
à ceux quilintroduisit la perte de ce dernier, et
qu'on avait conjuré voulait désarmer la légion
que Desfourneaux casernée et vivait en bonne
Egalité, qui était
d'Artois. Pour
avec le régiment
Montbrun
intelligence la défiance de cette légion, côté de la caexciter
du
plaça trois de ses complices ft tirer à minuit trois
Jeur
serne des blancs,et) desnoirs. Cenx-ci,qui
coups de fusil sur- celle
tous sous les armes
étaient prévenus et presque insinué qu'on voulait
qu'on leur avait
la caserne des
parce leur ôter, firent feu sur
Les
les
attaqués.
blancs, dout ils se croyaient réveillés par
soldats d'Artois tous endormis, sur leurs arimprévue, sautent
celte attaque
à demi-nus, ripostent
mes : les uns, quoique les antres enfoncent les
au feu avec vigueur; dans la ville, où ils
panneaux, et se sauvent venait à leur secours.
trouvent leur colonel qui été tué, cC que déeàt
Si le commissaise
qui n'aimait pas
sirait peut - ètre Montbrun,
: les blancs
on eût dit aux nègres
tous
Sonthonax 7
lemoyen de lesfaire
T'ont assassiné. C'était but
se proposait.
et voila le
qu'on
de
égorger,
n'ayant plus que Yapparence
Sonthonax, secrètemnent des passe-ports
Yautorité, donnait
colonel qui été tué, cC que déeàt
Si le commissaise
qui n'aimait pas
sirait peut - ètre Montbrun,
: les blancs
on eût dit aux nègres
tous
Sonthonax 7
lemoyen de lesfaire
T'ont assassiné. C'était but
se proposait.
et voila le
qu'on
de
égorger,
n'ayant plus que Yapparence
Sonthonax, secrètemnent des passe-ports
Yautorité, donnait --- Page 91 ---
(71)
aux blancs, pour se rendre à
agents de Montbrun
Léogane : Ics
cn arrêtèrent
uus, entr'autres M. Goy,
quelquessieurs autres, qui furent propriétaire, et pluramenés en
malgré ces passe-ports.
prison
A cette nouvelle, Polverel arrive des
reçoit
Cayes,
très-froidement son collègue,
dit-on, Montbrun,
embrasse,
faire arrêter
, pousse l'injustice
M. Gau,
jusqu'a
taire-général du
propriétaire et secréproches à Sonthonax Gouvernement. Il fit mille red'avoir fait sortir
son Jumecourt, l'ennemi,
de pridangereux qui fût parmi. les disait-il, le plus
faire
Anglais. 11 fit
quelques. autres arrestations tant de
que de mulâtres et même de
blancs
brun se porta à Bizoton avec nègres. Montnoires et le peu de blancs quelques troupes
au Port-au-Prince.
qui étaient restés
Le 30j juinles Anglais se présentèrent
pour sommer la ville. Le
encore
aborder : les commissaires parlementaire lui
ne put
firent
qu'on n'admettrait point de
répondre
Montbrun ful attaqué à Bizoton parlementaire.
glais; il les repoussa
par les Anpagné d'une pluie ; mais un orage, accomextraordinaire,
Anglais le moyen de s'introduire procura aux
Deux traîtres allèrent les
dans le fort.
prévenir, ils entrè- --- Page 92 ---
(7) I
Monbrun pensa, comme
la barrière.
de
rent par
c'était un détachement
il était nuit, que
de la légion noire, qui
quelques compagnies dela pluie. 11 étaitdans cette
reutraient à cause
Anglislui dit: Vous
pensée, lorsqu'und officier Montbron, armé de sonétes mon prisonnier. la cervelle. Cette surprise
espingole, lui brûle désordre dans sa troupe;
néanmoins mit le
ainsi que Jui,
elle se crut trahie etse sauva,
mais les
atl
Portau-Prince. le faire arrêter ;
Polverel voulut
les deux commissaicirconstances forcèrent
en évacuant la
sur Jacquemel:e
res à se retirer
aux noirs d'y metire
ils défendirent
se jetèplace, furent obéissants : plusienrs
le féu. lls
où ils attendirent les Anrent au fort Robert, des coups de canon.
glais; et leur tirèrent
restés dans la ville,
Les blancs qui étaient
les unsà bord
snoirs, se sauvèrent,
craignantlesr
les autres en plus grand
des navires marchands,
d'oi ils dépaterent
nombre au fort St.-Joseph, 1, solliciter de venir
vers les Anglais pour les libérateurs arriCes facheux heures du soir.
promptement
à trois
vèrent le 5 juin 1794, fut Ja première à enMontalembert
La légion
tout ce qui se rencontra
trer : elle tira sur
dans les rues.
à bord
snoirs, se sauvèrent,
craignantlesr
les autres en plus grand
des navires marchands,
d'oi ils dépaterent
nombre au fort St.-Joseph, 1, solliciter de venir
vers les Anglais pour les libérateurs arriCes facheux heures du soir.
promptement
à trois
vèrent le 5 juin 1794, fut Ja première à enMontalembert
La légion
tout ce qui se rencontra
trer : elle tira sur
dans les rues. --- Page 93 ---
(75)
Un officier de cette légion se
fort, où plus de deux cents blancs transporta au
denoirs s'étaient refugiés.
et beaucoup
Dérenger, muni d'une Cet officier, nommé
liste,
appeler M. Goy, M.
commença par
la sortie da fort il Gau, et trente autres. A
coup de pistoletà eut la barbarie de tirer un
d'une main de chacun d'eux en Jes poussant
disant
dessus la rampe du
:
fort, etleur
Tarpeienne. Riépublicatin,fair le saut de la roche
heureux
C'est ainsi que trente-deux malde Montbrun propriétaires ou antres, déjà victimes
et de Polverel, furent
par cet officier, qui m'avait été
assessinés
par M. Gouraud et à quij'avais recomnandé
tugaises et un cheval
prété dix porquatre mois. S'il m'eàt pour émigrer il y avait
épargné plus
trouvé,ilne m'eût pas
qu'un autre.
Tous eussent péri de cctte manière
général anglais White,
sans le
fort Saint-Joseph la
qui envoya de suite au
de
compagnie des canonniers
Léogane, avec deux de SCS
pour mettre fin au carnage. II aides-de-camp, fit le 6
clamation contre cet attentat.
une prosion qu'il y fait de
Malgréla profesjustice et
généraln'a pas mon - ;
d'humanité,ce
moi fut des plus barbares. estime: sa conduite envers
blessé et me trainais à
J'étais horriblement
peine : cependant il me.
--- Page 94 ---
(741)
aux
et aux fers, sans égard
fit mettre en prison
Toutine et plus de
démarches de mes amis, service. M. le général
à leur
trente personnes
de son injustice:
Williamson, m'a dédommagé qu'on rencontre
c'est un de ces braves Anglais cettenation.
très-souventy parmi les militairesde mais le maitre
L'infâme Bérenger se sauva,
victimes:
vengea ces malbeureuses
dans
del'univers
J'assassin se noya
à Jérémie,
en fuyant
la rivière de Voldrogue. del'Arcaye et HyaLes Anglais, les blancs service, prirent sous
cinthe, qui resta à leur blancs, et oul se fit
tous les
Jeur protection
loyalement la guerre.
furent-ils rendus a
A peine les commnisaires de France une corvette
Jaequemel,quil arriva Chambon. Il était porteur
commandée par M.
en Fance.llss'emd'ordres quiles rappelaient de porter leur tête
barquèrents avec la certitude féroce Robespierre
Péchafaud. La mort du
leurs
sur
ils avaient
Amis des Girondins,
c'est à Ja
les sauva. Maintenant ils sont morts,
principes.
de les juger.
par Rigaud
postérité fut arrêté à Jacquemel
où il
Montbrun
en France,
mis aux fers. Il est repassé
commanet
se faire nommer
a su par ses intrigues Trompette à Bordeaux.
dant du château
s avec la certitude féroce Robespierre
Péchafaud. La mort du
leurs
sur
ils avaient
Amis des Girondins,
c'est à Ja
les sauva. Maintenant ils sont morts,
principes.
de les juger.
par Rigaud
postérité fut arrêté à Jacquemel
où il
Montbrun
en France,
mis aux fers. Il est repassé
commanet
se faire nommer
a su par ses intrigues Trompette à Bordeaux.
dant du château --- Page 95 ---
(75)
Hyacinthe a été du plus grand
colons en restant avec les
secours aux
Anglais : s'il eût accompagné les commissaires, jamais les cultivateurs n'auraient travaillé, et les
sent pas resté trois
Anglais ne fusjours au
eût suivi
Port-au-Prince. Il
Sonthonax; ; mais il détestait Polverel
ctMontbrun.
Sa résidence près des Anglais Jui fit
une partie de son influence. Les
perdre
ont tendu un
mulâtres lui
piège, en lui
dez-vons
le
indiquant un renpar moyen de quelques noirs : il
s'yrendit, fut saisi et fusillé (r). Ainsi
jeune chef, âgé de vingt-deux
périt ce
blancs, il ne fut jamais
aus. Ami des
l'ennemi des
cependantilsnel l'aimaient
mulâtres; ;
Ah! muldtres!
pas... il était nègre.
(1) Je dois faire connaitre ce petit
d'une superbe figure ; mais
Hyacinthe. Il etait
d'environ
très-petit 2 très-rablé ct âgé
vingt-deux ans.
Il était esclave de M:I Ducoudrai,
au-Prince.
négociant au PortGc petit noir alla voir son maitre
M.de
après avoir servi
mort; Beedebnde3.Dwcndrel lui dit: c
Les pourquoi m'as-tu quitté le jour de Jetecroyais ?
blancs ont voulu me tuer,
Tincendie
bon blane, j'étais mort. MM. T... répondit-il; L...
sans un
laient me passer leurs
Ch.. VouIl dit à son maitre baionnettes au travers du corps. >
qu'il avait sauvé de l'incendie
petit noir alla voir son maitre
M.de
après avoir servi
mort; Beedebnde3.Dwcndrel lui dit: c
Les pourquoi m'as-tu quitté le jour de Jetecroyais ?
blancs ont voulu me tuer,
Tincendie
bon blane, j'étais mort. MM. T... répondit-il; L...
sans un
laient me passer leurs
Ch.. VouIl dit à son maitre baionnettes au travers du corps. >
qu'il avait sauvé de l'incendie --- Page 96 ---
(76)
parti avec
Philibert: tavait aussi pris
oà
Le brave
voir à la Jamaique,
les Anglais: il vint me
son haj'étais
lesl larmes aux
suis lié, me dit-il,
iiite
bit rouge: Je
Trop coufiant dans
yeux, il n'est plus temps. comme Hyacinthe
les noirs, il a aussi péri victime de sa bonne
une trahison; ; il a été
encore aimé de
par
qu'il était
et il
foi, en croyant mulâtres Texécraient
Les
ses Africains:
: il était aussi féroccenvers
les payait de retour Olonais envers les Espaeux que le.fibustier
tués pareux
gnols.Deux de Rsafereaoaiemndiey encore leur pardonMateux. Il ne pouvait
et d'ètre
aux
l'esclavage des nègres
ner de vouloir
Philibert
envers eux
flibusgnelallsa.Cen
plusdurs
dans le genre du
était un philantrope
de la mort
était le seul coupable
tier. Lapointe
mais dans ce maudit pays,
de ses deux frères; ;
effets ; qu'il les
sacs de gourdes , et bien des de la Charbonquatre cachés dans un trou à la montagne lui remit des objets que
avait Il alla les chercher, et il
nière. maitre croyait bràlés ou perdus. ensuite il fut en
son
de M. Ducoudrai la liberté 5
Il reçut rendit les plus grands services. les noirs
plaine ctil autorité y était d'autant plus grande, quel été le proSon
idolatric, mais il a toujours
Vaimaient avec
et
tecteur des blancs. aurait été le chefde la colonie,
S'il eût voulu, il Toussaint nc Ta jamais été.
plus puissant que
il
nière. maitre croyait bràlés ou perdus. ensuite il fut en
son
de M. Ducoudrai la liberté 5
Il reçut rendit les plus grands services. les noirs
plaine ctil autorité y était d'autant plus grande, quel été le proSon
idolatric, mais il a toujours
Vaimaient avec
et
tecteur des blancs. aurait été le chefde la colonie,
S'il eût voulu, il Toussaint nc Ta jamais été.
plus puissant que --- Page 97 ---
(77)
si un blanc lue un mulatre, tous les
sont coupublesssic'ostum: muldtre 'blancs
blanc, lous les muldtres
qui tue un
sont criminels. Les
nègres sont tués parl les deux partiset ilsdisent:
Negre, c'est toujours
doit
nigresyo connais, yo
mourir; ce qui veux dire : (C Les
nègres seront toujours des nègres, ils panvres
d'autre espoir que mourir. ))
n'ont
Rigaud et Pétion, chefs des
fait la guerre aux
mulâtres, ont
refusé leurs millions. Anglais avec honneur et ont
Malgré les colons blancs
.etdecouleur,
plus dedonze
eestenmomatomet
millenoirs enrégimentés etayant
pour auxiliaires les Espagnols, ,les Anglais n'ont
pu gagner un pouce. de terrain. Ils ont au
traire perdu. Léogane et toute la côte du con- Sud.
Voyant qu'ils ne pouvaient plus se maintenir
dans la colonie, apiès avoir tout tenté
Rigaud, del Pétion et de Toussaint
près de
duirc,.ilsonténacucle)
pour les sépar une politique attachée Port-at-Prince, à
etc. Mais
ils ont semé la guerre civile cegouverement,
et Rigaud. Le premier
entre Toussaint
comme noir, a chassé le protégé mulâtre. par eux, et
Cette guerre a fait périr plus de noirs
toutes les guerres précédentes.
que
des prodiges de
Us'y est fait
valeur ; ce n'était pas une
guerre, mais une extermination; ; la rage était --- Page 98 ---
(78)
les blesdans des siéges on mangeait
telle, que
sés plutôt que de se rendre. sous Toussaint.
La colonie était florissante
sur
étaient heureux et tranquilles
Les blancs
travaillaient. Leclerc,
leurs biens, les nègres
trouver le Mexisemblable à Cortès, a cru y
le sort du
Toussaint a éprouvé à peu près mort de faim
que.
Montézuma, il est
malheureux cachot à Yile d'Elbe.
dans un
être foreédécrigelagoere
Jenevoudraispase
: ma plume ne
de' 1803 de Saint-Domingue aussi épouvaniables.
tracer des crimes
le soin
pourrait
acteurs dans cette guerre
Je laisse aux
des obstacles
Si on éprouve
les .dede ce tableau. dans cette colonie, on
pour rentrer
aux noyades,
aux perfidies,
se
vra aux horreurs, dont quelques hommes des
aux crimes atroces, envers des noirs,
sont rendus coupables mème, dont ils n'avaient
mulâtres etdes blancs avant leur arrivée.
aucun sujet de plainte Thumanité et pour B
Quelle honte pour
Je finis.
n'auraient pris le PortJamais les Anglais
étaient résolus
au-Prince, si les blancs qui été forcés, le 17
de le défendre, n'eussent ville; et si, en arrivant
mars, de quitter cette
décidés à aider les
ils ne se fussent
à Léogane,
mème, dont ils n'avaient
mulâtres etdes blancs avant leur arrivée.
aucun sujet de plainte Thumanité et pour B
Quelle honte pour
Je finis.
n'auraient pris le PortJamais les Anglais
étaient résolus
au-Prince, si les blancs qui été forcés, le 17
de le défendre, n'eussent ville; et si, en arrivant
mars, de quitter cette
décidés à aider les
ils ne se fussent
à Léogane, --- Page 99 ---
(79)
Anglais dans leur expédition
tale; démarche à
contre la capipar la
laquelle les uns furent
force, les autres
portés
Montbrun(s).
par leur haine contre
Voilà quelles sont les causes de
de cette cité, de celle du
l'incendie
et de la prise de la
Cap, de la liberté
capitale de l'Ouest, et de
l'évacuation des Anglais.
(r) Desfourneaux, qui commandait au
ce, fut aussi conduit à
Port-au-Prinfut reçu avec de grandes Léogane sur un brick de l'état. Il
Anglais qui
démonstrations de joie par les
comaissaient sa haine coutre
s'imaginaient le voir marcher
Montbrun, et
missaires. Deux jours
avec cux contre les comgénéral anglais qui l'avait après son arrivée, dinant avec le
jai une grâce à vous
invité, il lui dit: ( Général,
Donnez-moi
demander. Parlez,
votre parole d'honneur
général.
corderez.. Foi d'Anglais,
que vous me l'acbien! je vous demande, je vous le promets. - Eh
et à mes
que vous m'accordiez, 1 à moi
aides-de-camp, un
Unis. )) Aces mots, F'Anglais passe-port pour les Etatsà propos
confondu vit
compté sur la défection du qu'ilavait mal
il lui tint
général
parole, 9 et lni dopna, outre
français;
promis,les témoignages
ce qu'il lui avait
sait pas se démentir. d'estime dàs à l'honneur qui ne --- Page 100 ---
80)
CHAPITRE 11.
anglais sur SaintOpinion du gourememtent
sur PezpéDomingue, et de son influence
dition du genenllecbre
cabinet britamniquea diIu est pronvé que le colonial, lors de sa paix
vigé notre système mais avant d'entrer en mamanière
avec Donaparte; faire connzitre de quelle
tière, je vais leur a été livrée, et rapporter
cette colonie
été témoin.
des faits dont j'ai
la face de Y'Europe enOui, jele proclamea anglais que Saint-Dotière, c'est au ministère
c'est a Jui que les
mingue doit tous ses maux, qui les ont apet crédules Francais, doivent recupides
colonie. dès 1793,
pclés dans cette
dont ils ont été les vicprocher lcs malheurs de cette ile florissante.
times, et Ja perte
du môle SaintLes Anglais s'e Yemparerent les blâmer d'aNicolas en 1795. On ne peut il était utilealeurs
voir pris ce portimponaet. ne suis point injuste, 7
opérations miliaires.Je mais depuis cette épola guerre a ses droits ;
apet crédules Francais, doivent recupides
colonie. dès 1793,
pclés dans cette
dont ils ont été les vicprocher lcs malheurs de cette ile florissante.
times, et Ja perte
du môle SaintLes Anglais s'e Yemparerent les blâmer d'aNicolas en 1795. On ne peut il était utilealeurs
voir pris ce portimponaet. ne suis point injuste, 7
opérations miliaires.Je mais depuis cette épola guerre a ses droits ; --- Page 101 ---
(s 8r )
que, c'est à enx que les tranquilles
résidant cli France et oux
colons,
devables de la
Etats-Unis, sont reperte de leur fortune.
Lcs Anglaisme diront: :jamaisnons n'aurions
cherché à nous emparer de Saintsi des colons ne fussent venus Domingne,
de les
nous solliciter
protéger contre les commissaires : Lous
nous serions bornés à garder le môle (1). Je
répondrai : il est vrai que des colons
allés vous prier, vous
(2) sont
supplier même de chasser les délégués ; mais vous ne deviez
vous annoncer comme les
point
Louis
protecteurs de
XVII; nous dire, que vous
cette colonie en son
preniez
nom'; et, tout en faisant
ces promesses, ne jamais montrer le pavillon
blanc, mais bien les griffes de
naire léopard.
A
votre.sangui-
(1) On sait que les Anglais n'aiment
plaines et les grandes terres : les points pas beaucoup les
sont ceux qu'ils capturent plus volontiers. qui dominent
Capde cBonne-Espérance,
Gibraltar, le
Malte, etc. ; le Môle avait
eux le même avantage.
pour
(2) Quels étaient ces colons 2 Sanlec et Tibi de Léogane, fils de banqueroutiers confiseurs à
anulâtre, Lapointe, qui avait été
Nantes; un
Port-au-Prince en 178;! voilà les pendu colons en effigie au
vous solliciter. Ils voulaient des
qui allèrent
en avez-yous donné?
guindes : combien leur
--- Page 102 ---
82)
parut en face du
Le 51 décembre 1795,11 Elle mouilla. On
Port-au-Prince une frégate. dans la nuit elle
était Française;
crut qu'elle
de Léogane,
disparut avec Sanlec et Tibi,qui,
étaient venus la joindre.
peu, ne
Sonthonax arrivant du Cap depuis
les mulâtres, nommés
pouvait imaginer que
de l'ouest par Polcommandants des places
fidèles,
seraient des traitres. 11 les crut
verel,
confiance dans des hommes qui
et montra dela
les
attachés à la
semblaient devoir être
plus
France.
vint de I'Arcaye au
Le mulâtre Lapointe
que - le: grec
Plus perfide
Port-au-Prince.
les blancs,
Sinon, il dénonça au commissaire
mulâtres de Saint-Marc,
-et même quelques
et des Vases,
du Boucassin
de FArcaye,
(1).
comme amis des Anglais
gagna la confiance de
(1) Voici comment ce Lapointe Ce commissaire passa à
revenait du Cap.
à
Sonthonax.qui
vint l'y recevoir. Il se rendit
Saint-Marc. Lapointe mulâtre. A son arrivée dans
TArcaye, escorté par ce
de couleur, esclave de
ce bourg, un jeune demande homme à lui parler. Le commisT'habitation Poix,
homme tout troublé, lui dit:
saire voyant ce jeune ami2-Je suis un malheu-
( Qu'avez- vous, , mon Il tombe à genoux, et laisse
)
n reux, répoudit-il.
Sonthonax.qui
vint l'y recevoir. Il se rendit
Saint-Marc. Lapointe mulâtre. A son arrivée dans
TArcaye, escorté par ce
de couleur, esclave de
ce bourg, un jeune demande homme à lui parler. Le commisT'habitation Poix,
homme tout troublé, lui dit:
saire voyant ce jeune ami2-Je suis un malheu-
( Qu'avez- vous, , mon Il tombe à genoux, et laisse
)
n reux, répoudit-il. --- Page 103 ---
(83 -
)
Le facile Sonthonax lui donna
d
des
homimes et d'argent. A
secours
l'eut-il quitté qu'il alla
peine ce brigand
livrerà un commissaire
britannique les soldats
d'Europe qu'on lui
échapper un poignard. (
) siner2 Je
Quoi! vous vouliez
vous
m'assasentre comme un furienx, pardoune. D A linstant
avec
Lapointe
( Scélérat, tu as voulu
quatre ou cinq mulâtres.
> père, le délégué de la assassiner notre ami, notre
> donné, répétait Sonthonax. république! - Je lui ai pars'écrie Lapointe. Le jeune
Point de pardon ! >
celui- ci lui imposa silence mulâtre voulut parler, mais
couleur, qui n'étaient
; les autres hommes de
trainent, et vont le pas du complot, indignés, l'enla bouche.
fusiller, sans lui permettre
Lapointe ne le quitta
d'ouvrie
latre,qui élait abattu par les
pas; et lorsque ce muce nouveau Mahomet, ouvrait remords et parla perfidie de
> Veux-tu tc taire,
la bouche, on lni criait:
assassiné le 20 novembre scélérat! > Ce jeune homme fut
PArcaye au Boucassin. 1793, à midi; sur la route de
Ce né futqu'apres la livraison de
thonax a su que ce mulâtre avait Saint-Marc que Sonconnu la vérité sur cette affaire. été fusillé, et qu'il a
parmi tous les blancs du
Cependant personne
On le disait
Port-au-Prince ne
R C'est un hautement, et mes amis' me lignorait.
grand malheur
ce'
répétaient :
> n'ait pas été tué. Ce que coquin de Sonthonat
> mérite son sort. >. mulâtre a manqué son
il
maison
Iy a à Paris un commis conp,
Corvoisier et Benoit, qui
de la
peut attester ce fait.
, et qu'il a
parmi tous les blancs du
Cependant personne
On le disait
Port-au-Prince ne
R C'est un hautement, et mes amis' me lignorait.
grand malheur
ce'
répétaient :
> n'ait pas été tué. Ce que coquin de Sonthonat
> mérite son sort. >. mulâtre a manqué son
il
maison
Iy a à Paris un commis conp,
Corvoisier et Benoit, qui
de la
peut attester ce fait. --- Page 104 ---
(84)
qu'il devait déavait confiés, et les quartiers et où les culfendre, quartiers très-florissants, à leurs travaux,
tivateurs étaient tous occupés
leur eût donné la liberté (1).
quoiqu'on
la ville de Léogane fut
Peu de temps après
le mulàtre
Lapointe gagna
livrée aux Anglais.
le commandant
Labuissonnière, qui dirigea
ar-
(2). Deux cent - cinquante Anglais
Gréfin
colons, à quelques exceptions près, pardonnent
Les
atroces, les forfaits les plus épouvanles crimes les plus
leur dit : Les nègres sont faits
tables, à tout blanc qui colonies ne peuvent exister sans
pour être. esclaves; les cette raison que les hommes les
esclavage. C'est pour
philosophes,sont traités
plus vertueux, les plus grands
de, scélérats, etc.
cette manière de voir,
Je leur ai mille fois reproché
que nous soyons
mais c'est inutilement. < Voulez-vous que ces déclamaréduits à la misère? >> Cela prouve
au-
>,
de leurs cocurs; ctc'est pourallers
tions ne partent pas
je me suis étudiéà trouver
devant de leurs craintes convenir que à tous les blancs et aux
un moyen qui puisse
noirs.
Polverel leur avait fait accroire
(1) Par politique, venus le solliciter de leur donner
que les maitres étaient les faisait tenir tranquilles, et
la liberté. Cette croyance
les avait attachés à leurs patrons.
Labuissonnière,
avait gagné le mulâtre
su
-
(2) Lapointe et qui avait une grande influence
maire dc Léogane,
-
devant de leurs craintes convenir que à tous les blancs et aux
un moyen qui puisse
noirs.
Polverel leur avait fait accroire
(1) Par politique, venus le solliciter de leur donner
que les maitres étaient les faisait tenir tranquilles, et
la liberté. Cette croyance
les avait attachés à leurs patrons.
Labuissonnière,
avait gagné le mulâtre
su
-
(2) Lapointe et qui avait une grande influence
maire dc Léogane,
- --- Page 105 ---
85 )
rivèrent, Sanlec et Tibi à leur tète. Tel
le nombre de soldats
était
Léogane;
anglais qui entrèrent à
cependant, à enteudre leurs
sans, ils avaient plus de douze mille partiarrivés à la
Hessois
Jamaique : c'était avec cette force
imposante qu'ils devaient
bonheur dans la colouie. ramenerf'ordre et le
Le 2 février, les vaisseaux
anglais T'Europe,
le jeune Gréfin, mulâtre, commandant
fut avcc beauconp de peind
de la place. Ce
dc cc jeune homme.
qu'il obtint le consentement
A peine les Anglais furent-ils
voyant qu'ils n'étaient deux entrés, , que Gréfin,
dit qu'on
que
cent cinquante hommes,
Il
l'avaittrompé. Ces murmures le firent
était le filleul de
arrêter.
parrain. Ce brave Lapointe : il fut réclamé par son
jeune homme lui ft des
d'avoirtrahi Ia république.
reproches
mars 1794, sur. la place de Lapointe le Git fusiller le IO
T'Arcaye.
Cej jenne Gréfin; que je connaissais
rut en héros, en disant à ses amis beaucoup, mouD vous fera tous périr; c'est
: ( Oui, Lapointe
> c'cst un traitre. J'ai trahi la mon parrain, mon oncle;
> sort. Vive la
France , je mérite mon
était chef d'escadron. république!, A l'instant il fut fusillé, U
après,
Il ne s'est pas trompd : un an
Lapointe 9 croyant complaire aux
égorgea plus de soixante. mulâtres, ainsi
Anglais -
chapitre précédent.
qu'on Tavaan --- Page 106 ---
(86 )
bâtile Sceptre, quatre frégates et quelques rade du
ments légers mouillèrent en grande
se
Port-au-Prince. Un canot parlementaire
Deux officiers de marine ct
rendit au rivage.
un de terre furent conduits au gouvernement.
furent introduits dans la grande
Cesenvoyés de
de mille blancs. Sonsalle, au milieu
plus
eut
thonax parut. La foule était si grande qu'il
de la peine à parvenir jusqu'à eux. demanda
Un des Anglais prit la parole, et
Le comà Sonthonax un entretien particulier.
missaire répondit : K Des Anglais ne peuvent
avoir rien de secret à me dire.Je ne peux,
))
public: parlez
>) messieurs, vous éconterqu'en
tout le monde, sinon vous pouvez
> devant
bord. )) L'officier de ma-
)) retourner à votre
sommer de la
rine dit alors : ( Je viens vous
cette
de lui rendre
> part du roi d'Angleterre,
sous sa protection.
> ville, qu'il prend
est
Votre roi, dit Sonthonax en sonriant,
mais je ne suis pas disposé,
> bien généreux;
ici présents, à
tous les Français
) non plus que
Les cinquante-deuz
)) Jui remettre cette place..
sont-ils aussi
> bdtiments qui sont en rade,
? >) L'Anglais répon-
)) sous cette protection
avec la France 9
dit:Noussommes en guerre
étions, forcés
ils sont de bonne prise. Sinous
qu'il prend
est
Votre roi, dit Sonthonax en sonriant,
mais je ne suis pas disposé,
> bien généreux;
ici présents, à
tous les Français
) non plus que
Les cinquante-deuz
)) Jui remettre cette place..
sont-ils aussi
> bdtiments qui sont en rade,
? >) L'Anglais répon-
)) sous cette protection
avec la France 9
dit:Noussommes en guerre
étions, forcés
ils sont de bonne prise. Sinous --- Page 107 ---
(87 )
d'abandonner la place, ils seraient
e7z cendres, reprit Sonthonax. Vive réduits
mblique! vive Sonthonaz!s
la Résemblée.
s'écria toute l'asCcs paroles partirent
de tous les
spontanément du coeur
montrèrent Français, de toute couleur, et déà ces Anglais que ce n'était
avec leur escadrille qu'ils
pas
le Port-au-Prince.
pourraient prendre
Mort aux
criait-on ?
traltres s s'éOn était indigné de la conduite de
et du commandant de
Lapointe
Léogane.
Sonthonax invita les trois
se rafraichir. Ils
parlementaires à
une santé à la acceptèrent; alors il proposa
république, les
rent ; ils proposèrent à leur Anglais y buroi Georges. Sonthonax
tour un toast au
( Les
s'y préta avec grâce.
républicains ne doivent
> de boire à la santé des
pas s'cmpresser
)) d'Angleterre
rois, dit-il. Celui
> raison me gouverner un peuple libre, cette
porte à le faire avec
Un pareil discours, si
plaisir. ))
paru devant le tribunal Sonthonax eût compas manqué d'être le révolutionnaire, n'eût
capitale.
sujet d'une accusation
Avant de partir 2 les Anglais
tendre sur les malheurs
voulurent s'équ'entrufuerait tne ré- --- Page 108 ---
(88)
messieurs,
sistance inutile. ( Soyez tranquilles,
cent
d'un mot j'aurai
> dit le commissaire,
L.éogane, Saint-
) mille soldats, et sous peu le Môle, verI'Arcaye, Jérémie,
>) Marc,
national. ))
)) ront flotter le pavillon
à bord de leur
retournèrent
Les Anglais
l'avait fait remplir de
chaloupe. Sonthonax
de légumes, de
dindes, de poules, d'aeufs,
fruits, etc. Ils partirent.
J. Fordécrivit
Le lendemain, 2 le comodore laquelle il le
une lettre au commissaire 7 par
allait la
sommait de rendre la ville, ou qu'il
bombarder et Ja réduire en cendres.
Sonthonax répondit :
le comodore ,
( Monsieur
sont a leurs postes."
) Nos canonniers
SONTHONAX."
Le commissaire,
à être attaqué : mais, à la
On s'attendait
disparu. Quelle leçon
pointedujour, toutavait commanderont aux iles!
pour les Français qui
Jui attira tous
Cette conduite de Sonthonax
colons me traiter
les coeurs. Dussent quelques cournslui offrirmes
descélérat, de brigand, je
avec cette ardeur d'un vraiFrançais,
services,
de
ne peut
d'un Breton qui, en temps guerre,
voir sans frémir le pavillon britannique.
à la
On s'attendait
disparu. Quelle leçon
pointedujour, toutavait commanderont aux iles!
pour les Français qui
Jui attira tous
Cette conduite de Sonthonax
colons me traiter
les coeurs. Dussent quelques cournslui offrirmes
descélérat, de brigand, je
avec cette ardeur d'un vraiFrançais,
services,
de
ne peut
d'un Breton qui, en temps guerre,
voir sans frémir le pavillon britannique. --- Page 109 ---
(89 )
Cette conduite franche de Sonthonax
gca les esprits prévenus contre lui.
chanNous fimes quelques sortics sur
Léogane,
sulAreaye,orjourss savecleplus :
grand succès.
Sans la malheurcuse: affaire du
les quartiers avant
17 mars, tous
un mois auraient vI renverser ce pavillon qui n'avait jamais flotté à
Saint-] Domingue : cette colonie
sauvée et tranquille
vierge était
(1).
C'est de l'aflaire du
dater les
17 mars, qu'il faut
maux dont Ics provinces de
et du sud ont été accablées.
l'ouest
Sans dontequelques
particuliers sont
menses fortunes avec les
faitd'imbien de milliers de
Anglais ; mais comjetées dans
familles ont été ruinées et
la plus affreuse misère parl'arrivée
(1) Montbrun, voilà ton ouvrage! Si tu
arrêté Ics blancs, si tu ne les avais
n'avais pas
n'avais projeté l'affaire du
pas désarmés, si tu
de gloire; nous aurions 17 mars, tu te serais couvert
profité de notre
chassé les Anglais, tu aurais
crois
courage. Car je te rends
que tu ne voulais pas livrer la colonie justice : je
mis; mais était-ce avec des noirs
aux ennela ville et les bâtiments de la que tu voulais défendre
pour ignorer que les noirs rade? Tu as trop d'esprit
lance aux villes, et
leur n'attachent point d'imporDis-moi donc
que
défense est de les bràler.
ce que tu voulais 2 --- Page 110 ---
(90)
et par la trahison de Lade ses insulaires,
pointe !
n'aComment ce seremencatypéectirne, de faire
t-il pas vu qu'il lui était impossible honoraJa conquête de cet ile? Comment les
bles membres du parlement ne se sont-ils pas
élevés contre un ministère qui jetait inconsideloretdeshommes; sur une terre
dérément dévorait dans un instant et ses soldats et
qui
ses trésors ?
L'expérience avait démontré aux Anglais
malgré leurs troupes et les colons de toute
que
de Léogane, du Portcouleur de Saint-Marc,
de Jérémie, ils ne
au-Prince et del'Arcaye,
Ils forpouvaient gagner un ponce de terrain.
mèrent douze mille hommes de troupesnoires,
n'eût pas eu lieu si Hyacinthe n'eût
ce qui
Ce petit noir
redouté Polverel et Montbrun.
cinquante mille hommes aux
valait plus que
commissaires, les
Anglais. S'il se fàt réuniaux
Portn'auraient pu rester huit jours an
Anglais
a
remarquer an prean-Prince ; ce qu'on pu
mier chapitre.
renforts, malgré cette
Malgré ces nouveaux
des Français
armée de noirs, commandés par
braves et andacieux; 7 ils ont perdu Léogane, la
Tiburon, et enfin ont été forcés d'évacuer
hommes aux
valait plus que
commissaires, les
Anglais. S'il se fàt réuniaux
Portn'auraient pu rester huit jours an
Anglais
a
remarquer an prean-Prince ; ce qu'on pu
mier chapitre.
renforts, malgré cette
Malgré ces nouveaux
des Français
armée de noirs, commandés par
braves et andacieux; 7 ils ont perdu Léogane, la
Tiburon, et enfin ont été forcés d'évacuer --- Page 111 ---
(91)
colonie devant Toussaint
ces deux
et Rigaud 1 1 quoique
mal
chefsn'eussentque des troupcs noires
Jement disciplinées, malarmées et soutenues seupar quelques centaines de soldats-d'Europe.
Les Anglais out perdu dans cette
plus de
guerre
quarante-cinq mille soldats blancs,
dépensé plus de 20 millions
fini partraiter
sterlings, et ont
avec un noir, ci-devant esclave,
qu'il méprisaient, et que, deux jours
ravant, ils traitaient de brigand
aupaL'univers
(1).
aura peine à croire que les Anglais ont mieux aimé traiter
qu'avec le général
avec un noir
seuls
Hédouville; c'est à eux
que ce général doit son départ de la
colonie (2).
Toussaint en a été accusé par lui. Il ne
être compable(e'estun noir). Le
peut
de
rétablissement
Saint-Domingue était son ouvrage. 11 était
jaloux de n'en partager la gloire
sonne, et de rendre cette colonic à la avec perFrance.
(1) Je ne comprends pas dans ces
çais de toutes couleurs morts à leur pertes les Frantait au ministre Piut! c'élaient des service. Qu'impor-
(2) Ils voulaient
Français.
l'obtenir du général Tindépendance. Ils n'anraient pu
trop attaché à sa patrie Hédouville; il était trop brave et
pour le souffrir. --- Page 112 ---
(92)
attacher son nom à Vévacuation des
1l voulait
Anglais.
Hédouville avoit voulu mettre
Sile général
se dessaisir de ses
de côté son amour propre haisserToussiutj ,
jouir
prérogatives militaires,
bien des maux,
il eût épargné
n'aude son ouvage, Toussaint et Rigaud
et la guerre entre
rait pas eu Jieu.
eût été coupable d'avoir
Un général blanc
Cependant bien
agi comme l'a fait Toussaint. auraient cédé avec
peu de généraux français victoires achetées, comme
plaisir le fruit de
tant de peines et de
celles de Toussaint, par Moreau est le scul qui
sacrifices. Le général
Combien
dévouement à sa patrie.
ait tmontré ce
?
trouve-t-on d' Aristide
que Rigaud, les
s'apercevant
Les Anglais,
de noirs blamaient
mulâtres et beaucoup envers le général
Toussaint de sa conduite l'animosité de ces deux
Hédouville, excirèrent a Caton qui, pour sauver
chefs, et,sembilabiess le sénat décrétàt la
voulait que
non pour
sa patrie,
ils la firent déclarer,
guerre civile,
Bourbons S, mais pour
rendre la colonie aux marchandises avec Pindéfaire entrer leurs
y
pendance.
entréc au Port-au-Princt.
Tonssaint fit son
général
Toussaint de sa conduite l'animosité de ces deux
Hédouville, excirèrent a Caton qui, pour sauver
chefs, et,sembilabiess le sénat décrétàt la
voulait que
non pour
sa patrie,
ils la firent déclarer,
guerre civile,
Bourbons S, mais pour
rendre la colonie aux marchandises avec Pindéfaire entrer leurs
y
pendance.
entréc au Port-au-Princt.
Tonssaint fit son --- Page 113 ---
(95)
Les blanches Ies plus élégantes
devant de lui. Les colons si
allérent auleux (qui le même
fiers, si orguciltaient de
jour, sans doute, le traibrigand, de scélérat, ainsi
blancs quiservaient sous
que lcs
rent à ses pieds. lls
ce noir), seprosternel
la croix, la
aliérentàs sa rencontre avec
licitèrent de bannière, les encensoirs, et le solles
se mettre sous un dais porté
quatre plus grands
par
Le vieux Toussaint, planteurs.
la
avec son moschoir
tète, son chapean à trois cornes
sur
son habit bleu saus épaulettes, par-dessus,
tune le plus
et daus le COSsimple, refusa tant
en disant : ( Qu'il n'y a
Dien d'houneurs,
> marcher sous un dais, que
qai doit
D
et qu'au seul maitre
del'univers on doit présenter de
C'est ainsi que
l'encens. ))
On lui fit observer parlait un nègre.
qu'il était
gouverneurs fussent
d'usage quel les
son usage était d'être reçus de même. Il dit que
de cette
à cheval. II fit son entréc
avait de blancs manière, escorté par tout ce
et de dames les mieux qu'il y
Toussaint était trop fin
parées.
tant de bassesses
pour être dupe de
(1).
(:) Un colon blanc désirait,
magasin; il avait présenté
cn 1798, étre gardeune demandc, et fait solli-
.
qu'il était
gouverneurs fussent
d'usage quel les
son usage était d'être reçus de même. Il dit que
de cette
à cheval. II fit son entréc
avait de blancs manière, escorté par tout ce
et de dames les mieux qu'il y
Toussaint était trop fin
parées.
tant de bassesses
pour être dupe de
(1).
(:) Un colon blanc désirait,
magasin; il avait présenté
cn 1798, étre gardeune demandc, et fait solli- --- Page 114 ---
(94)
Les colons étaient au comble de la joie; on
sous les ordres du général noirs
espérait que,
et qu'on serait
on tuerait tous les muldtres,
alors
indépendants : c'est ainsi que pensaient donles cinq sixièmes des colons. Les Anglais
nèrent des armes et des munitions a leur allié
Toussaint. Il combattit sous le drapeau national contre les. mulàtres qui combattiient
mais ceux-ci, bloqués
sous la même bannière;
Toussaint de lui accorder cette place. Soit qu'il ne
citer
blanc, soit
le connût trop, il lui
connût pas ce
qu'il de ce pétitionnaire
avait refusé cet emploi. L'épouse de Toussaint; elles
avait fait bien des démarches près
avaient été inutiles.
d'un
elle
Peu de temps après, elle accoucha
garçon; sPourquoi,
alla prierl le général noir d'en être le parrain. votre fils? Vovoulez-vous que je nomme
> Madame, démarche n'a d'autre but que de me faire donner
> tre
mari; car votre cceur'dément la de-
> une place à votre
vous me faites. - Comment, général,
mande que croire cela? Mon mari vous aime; tous
> poavez-vous sont attachés. Madame, je connais
> les blancs vous
leur peau, oui; mais je suisnoir,
> les blancs; sijavais
nous. Avez-vous bien
> etje connais leur aversion pour.
faites? Sij'acà la demande que vous me
> réfléchi
de la raison votre
> cepte, qui vons a dit qu'à l'époque
ne vous en
noir est son parrain,
> fils, voyant qu'un
des
1 Mais, général...
) fasse pas reproclies? le ciel), celui qui gou-
> Madame (eir lui montrant
; mais je suisnoir,
> les blancs; sijavais
nous. Avez-vous bien
> etje connais leur aversion pour.
faites? Sij'acà la demande que vous me
> réfléchi
de la raison votre
> cepte, qui vons a dit qu'à l'époque
ne vous en
noir est son parrain,
> fils, voyant qu'un
des
1 Mais, général...
) fasse pas reproclies? le ciel), celui qui gou-
> Madame (eir lui montrant --- Page 115 ---
(95)
par les Anglais, ne
munitions
pouvant plus recevoir des
par lcs Américains,
de sesauver. On fusilla
furent obligés
Le frère du
ceux qui furent pris.
Guadeloupe. général Rigaud se réfugia à la
lin'y avait jamais mis les
Ily fut pendu par la raison
pieds.
Rigaud. Ceue belle
qu'il était frère de
sait
province du Sud, qui faibeaucoup de revenus, fut
Toussaint, flatté
ravagée.
par les partisans de Pindépendance et menacé d'être
bloqué par les
> verne tout est seul immortel.
)) vrai, mais je suis noir.
Je suis général, il est
) mes frères ne seront
Après ina mort, qui sait si
>) ne périront
pas remis dans
ct
D
pas encore sous le fouet lesclavage, des
L'ouvrage des liommes n'est
blancs 2
D colous sont les enemis des pas durable. Les blancs
)) çaise a éclairé les
noirs. La révolution fran-
>)
Europcens; ; nous sommes aimés
plaints par eux. Vous voulez
et
>) bien, je lui donne la place placer votre mari, eh
> honnête homne, et qu'il qu'il demande. Qu'il soit
) tout voir, mais que rien se rappèle que je'ne puis
) peux accepter d'être
n'échappe à Dieu. Je ne
>> auriez des
parrain de votre enfant: : vous en
reproches des
> de votre fils. >
colons , et peut-être un jour
Cette réponse de
et mille fois plus animée Tonssaint, en créole, est superbe,
dans notre
dans ce langage naturel
langue. Je ne l'ai pas écrile
que
mon
ainsi, parce
colons. ouvrage,Fespère, sera lu par d'autres
que
que par des --- Page 116 ---
(06)
le salut de la colonie,
Anglais, accepta 2 pour nommait président,
la constitution qui l'en
déclarant que cette présidence ne pouvait
en
durer que pendant la guerre.
tous
Les Anglais sont au comble de la joic,
de Saint-Domingue leur sont ouverts,
les ports
le fêtent; c'est un brave
ils aiment Toussaint,
au gré des
bomme. Aiusi se méthamorphose ministère bripassions et de la cupidité, le
tannique !
de l'espérance de
Toussaint jouissait déjà
aurait de
la
qu'il
-
la paix ; il ne cachait pas joie florissante et
remeitre à la France la colonie
flattait hautement de mériter
tranquille; il se
alors premier
par là l'estime de Bonaparte,
avait,
dontil était V'admirateur, ct quil
consul,
d'autres, la bonhomie de croire
comme bien
ami sincère de la liberté.
il déDepuis qu'il avait chassé les Anglais,
plus que tout autre; il la regarsirait cette paix
où il pourrait jouir. de
dait comme Fépoque
son triomphe. Alors la politique du cabinet
Elle arriva.
Ce Toussaint dont il
britannique changea. craindre tant quil élail son
n'avait rien à
zélé défenseur de
allié, quoiqu'il fui le plus devint de suite un
la liberté de ses frères,
ère de la liberté.
il déDepuis qu'il avait chassé les Anglais,
plus que tout autre; il la regarsirait cette paix
où il pourrait jouir. de
dait comme Fépoque
son triomphe. Alors la politique du cabinet
Elle arriva.
Ce Toussaint dont il
britannique changea. craindre tant quil élail son
n'avait rien à
zélé défenseur de
allié, quoiqu'il fui le plus devint de suite un
la liberté de ses frères, --- Page 117 ---
(97 )
bomme dangereux, ou
plandesinc-Domingue,
indépendante, était utile à
due à la France,
VAngleterre. Renitfallait Paneantir et
périr des Francais.
fuire
Bonaparte, qui voulait
catenr et qui n'était
passer pour pacifisans doute
se débarrasser de l'armée
pas fâaché de
testait et de celle du Rhin d'Egypte qui le dél'attachement
dont il counaissait
pour Moreau, ne balança
à
accepter la proposition qui lui fut faite, d'en- pas
voyer cinquante mille hommes à Saint-Domingue, et de ramener
pas si délicat
le
l'esclavage. Il ne fut
n'avaient
gue directoire : ses membres
pas voulu consentir à la
que la première condition était paix, parce
armée dans cette ile et d'y
d'envoyer une
sous le joug. (1).
remettre les noirs
(1) A mon retour de Brest, lors de
Leclerc, je me trouvai en société
l'expédition de
dithautement que : C Les Anglais aveç M. Niou. Il me
> faire la paix avec le directoire, n'avaientjamais voulu
> enverrait 50,000 hommes à qu'à la condition qu'il
> y ramènerait
Saint-Domingue, et qu'on
l'esclavage. > Les
qu'ils ne voulaient point s'immiscer directeurs répondirent
colonies anglaises, et
dans le régime des
système décrété par la nation, qu'ils ne pouvaient changer un
équitable, que
et reconnu d'autant plus
Saint-Domingues se réparaitd tdejourenjour.
--- Page 118 ---
(98)
point de sa
ministère anglais ne s'écarta
lui de
Le
accontumée : quelle joie pour
politique
linstant de Taccomplissevoir enfin arriver n'a cessé de faire depuis
ment des voeux qu'il
de Saint-DoTaméamissement
les
cent âns pour
savaient bien que
mingue! Ces ministres
parTousamis ; mais ils voulaient
on allait en
SaSEEe
saint, si
Ils voulaient que
trouvât des ennemis.
de cendres,
qu'on
fàt un monceau
Ssint-Domingue Français périssent.
et que cent mille fidèle à son traité avec eux;
Bonaparte fut
fut obéissant à sés insLeclerc
qu'il
son beau-frère il
manqua qu'après
trucions (), et n'y
de Moreau à Philadelà Parrivée
(1) Je me trouvai 1805. Nous nous embrassimes
phie, en septembre anciens amis. Dès le lendemain
comme les deux plus Morinseville,
lui dis:
nous partimes pour jours avec lui. Un soirje
Jc demeurai quinze
le tombcau de Richepansé,
vn à la Guadeloupe
>
( J'ai
le rempart du fort Saint-Charles. d'une mis-
> placé sur
me dit-il, s'est chargé
d'un honnéte
( Richepanse, de lui, de ses talents,
> sion indigue
> homme. >
;1 lai répondis-je. . me comWfu me. surprends. départ, le sinntichepaae pas
wAvant son
Il ne me dissimula
ses instructions.
Élles portaieint
> muniqua
de les éxécuter.
lui réptiguait
2) qu'il
fort Saint-Charles. d'une mis-
> placé sur
me dit-il, s'est chargé
d'un honnéte
( Richepanse, de lui, de ses talents,
> sion indigue
> homme. >
;1 lai répondis-je. . me comWfu me. surprends. départ, le sinntichepaae pas
wAvant son
Il ne me dissimula
ses instructions.
Élles portaieint
> muniqua
de les éxécuter.
lui réptiguait
2) qu'il --- Page 119 ---
(99) )
eut vu' que les negres avaient
Cap, qu'ils s'étaient
brûlé la ville du
repas (1) avaient armés et que le noir Maubattu les gévéraux Debelle
et
)) que si les mulâtres et les
recevaient les Français uègres de la Guadeloupe
)) ployer tous lés
avec' plaisir 3 il fallait em-
> afin d'avoir le moyens pour les forcer à la révolte,
prétexte de les combattre.
Richepanse qu'il ne devait
J'observai à
)) pareille mission. Il me
point se charger d'une
> je trouverai les
répondit : ( Jafaccepté, mais
3 mier cousul. )) moyehs d'éluder lcs ordrès du pre-
>) La conduite qu'il a tenue en
) Pélage,qui venait Ie voir, Ic
arrêtant le colonel
) verneur et lui demander ses reconnaitre comme gou-
) sable. Si ce général
ordrés, n'est pas cxcu-
> mais' d'avoir commis vivait, il ne se pardonnerait
3 à tant
une action qui a causéla mort jad'hommes, , dont trois
> tiates, se sont fait sauter cents, comme les Spar3 les fers. Il est heureux platôt que d'étre remis dans'
> eût toujours
d'être mort; sà conscienice' lui
A son arrivée reproché sa conduite. )
à la
deur, le genéral Thurean, Nauvelle-Angletere, l'ambassaà Moreau. Je Iui écrivis cherchait à faire des ennemis
dissitgque le
d'être sur ses gardes, en lui
Voici's -
général Rey se
sa répônse : 4 Thireau comportait diffsrcinmient.
n tises, comme patriote, n'a jamais fait que des sot-
) comme diplomate.
comme guerrier; il continne
) mon possible
Rey est un' bon enfant; je ferai
(1) Le
pour ne pas le compromettre. >>
général Mauirepas commandait
Paix; on fit marcher contre lui le
au Port-degénéral Humlert.
, en lui
Voici's -
général Rey se
sa répônse : 4 Thireau comportait diffsrcinmient.
n tises, comme patriote, n'a jamais fait que des sot-
) comme diplomate.
comme guerrier; il continne
) mon possible
Rey est un' bon enfant; je ferai
(1) Le
pour ne pas le compromettre. >>
général Mauirepas commandait
Paix; on fit marcher contre lui le
au Port-degénéral Humlert. --- Page 120 ---
10O )
ils
et qu'ailleurs, réHumbert au Portde-Paix, des flammes, des
trouvaient a chaque pas
voltés et des cendres.
les blancs de cette ville,
était réuni avec
mais voyant des
Maurepas, , qui
lcs vaisseaux; ;
à recevoir
ce que cela signifisit.
était disposé hollandais,i. ne savait des forts avec une
pevillons Humbert s'approcha
au devant
Le général
envoya un aide-de-camp à l'aide-.
colonne. Maurepas
On signifia forts
savoir ce quilvoulait de livrer de suite les
de lui, pour de dire à Maurepas sortit seul au - devant
de-camp
Maurepas
les ordres de
au général français. lui dit : €. Je suis sous
remettre
dHumbers, et
mon chef,je ne puis vous vais lui
qui est
un peu, je
>> Toussaint ses ordres; attendez
c'est laffaire
> les forts sans
que je dois tenir; savait que
la conduite
qui
> demander)
heures. > Humbert, Maurepas, ,lui
> de, vingt-quatre
qw'ignorait
lui obToussint élait en révolte,ce d'attaquer. Maurepas
avait des ordres
recevoir les Français,
dit qu'il tout était préparé pour pour eux, qu'il le
serva que
les casernes
des ordres
qu'on avait fait réparer ou deux. aJai forts sans
d'attendre un jour vous rendre-mes
je
priait
1 Je ne puis : si vous; m'attaquez
n d'attaquerToussaint
J'ai mes ordres, je
>. ordre du général défendre.
seul
obligé de me
se retire, se met
>. serai. forcé d'obéir p. Maurepas du général Humbert,
n suis
du fort. La troupe feu sur lui: il reste
urle,r rempart
hommes , fait
Il descend
S forte de quaire mille froid sur le parapel.
le plus grand sang
le feu à V'infanteric,
avec
et alors commaide
blanes. Les
dans le fort,
cents noirs et soixantel
consistait en sept
qui
.
seul
obligé de me
se retire, se met
>. serai. forcé d'obéir p. Maurepas du général Humbert,
n suis
du fort. La troupe feu sur lui: il reste
urle,r rempart
hommes , fait
Il descend
S forte de quaire mille froid sur le parapel.
le plus grand sang
le feu à V'infanteric,
avec
et alors commaide
blanes. Les
dans le fort,
cents noirs et soixantel
consistait en sept
qui --- Page 121 ---
I01 )
C'est à cette époque que le général
fit une proclamation
Leclerc
par laquelle il annonçait
Français furent quatre fois
de quinze cents hommes. repoussés, et perdirent plus
Humbert fit sa retraite.
repas ne fit pas de sortie ; son but était de
Mauet non d'attaquer. Il sut
se défendre
chait sur lui. Il avait que le-général Debelle mardit : le général
un poste au Calvaire; ; il s'y renEnfin,
Debelle y fut battu et perdit sept
à la crête à Pierrot,
canons.
meuse dans cette
position qui a été si faoisifs de
expédition, et dont le nom occupa les
Paris, nous avons perdu plus de trois
hommes; ; et si les noirs eussent enlevé
mille
n'aurait
faire
le bac, l'armée
pu
sa retraite sur
de soldats se sont noyés dans l'Artibonite : beaucoup
cette rivière.
Quelque temps après, le général Leclerc
les noirs défendaient leur liberté,
voyant que
par laquelle il déclarait
, fit une proclamation
été de ramener
que son intention n'avait jamais
l'esclavage. Humbert la
à
repas. Celui-ci lui dit: : a Si vous
porta Mau-
> auriez épargné la vie à de
m'aviez dit cela, vous
y
de tout mon coeur. Nous braves Français que l'aime
nous périrons tous
voulons notre liberté, et
faire auprès de
pour la maintenir. Je vais tout
>> et,s'il persiste, Toussaint pour l'engager à se rendre,
Maurepas alla je tournerai mes armes contre lui. )
trouver Toussaint,
croire à la franchise
quilui dit : ( Peux-tu
nos amis
des Français? s'ils avaient élé
, auraient-ils agi comme ils
> devaient-ils pas entrer
l'ont fait? ne
> raient été bien
au Cap comme amis7iley au-
>> plus forts, ils veulent reçus 5 voyant qu'ils ne sont pas les
nous détruire par une perfi-.
ager à se rendre,
Maurepas alla je tournerai mes armes contre lui. )
trouver Toussaint,
croire à la franchise
quilui dit : ( Peux-tu
nos amis
des Français? s'ils avaient élé
, auraient-ils agi comme ils
> devaient-ils pas entrer
l'ont fait? ne
> raient été bien
au Cap comme amis7iley au-
>> plus forts, ils veulent reçus 5 voyant qu'ils ne sont pas les
nous détruire par une perfi-. --- Page 122 ---
(102) )
Pescolons parlaient de ramener
que, si Jes
rotir comme leurs carnes
glavage, il les, ferait
nous mienx anéantir. >>
> die, et nous attirer pour était en son pouveir pour
Maurepas employa tout ce Toussaint qui
continua la guerre.
lc porter à la paix; mais mille homnmnes noirs qui fuMaurepas donna quatre
général
ordres du général Desteurnenin.Cee le courage
rent sousles Plaisance par Tonssaint. Sans
fut attaqué à
d'esprit du général
blanches et la présence
eàt
des troupes avait combattu dans ce pays, Toussaint Les
français qui
heureusement il la perdit,
remporté la victoire;
des ailes, et SC battaient
noirs étaient placés sur une se prégente seul à eux
acharnement. Toussaint
: A
avec
vous tirez sur papa, sautres
et leur dit : Quoi! mille noirs se jétent à genoux. 1) - J il
Tinstant ces quatre
tirèrent sur Tonsaint :
blancs qui
avait quelques
manqua d'étre tué.
noir rentra, ct fut
Peu dc temps après ce général
arrêlé par une perfidie.
du général Leclerc datép
Maurepas reçut une lettrc quildtat content de
Ce général lui marquait
qu'il
du Capquil vonlail faire sa remsitance.l
ses services,
du Caplui réervait le commandemment sur une frégate au Portde-Paix,
Maurepas s'embarqua
cents soldats noirs.
avec sa femme, ses enfants et gyatre on veut lui mettre des
Arrivés dans la rade du Cop.
1lsy élance Jui-
:1
jeter Ala mer:
boulets au pieds, ele
c'est mafortung que vous
disant: Brignnds.
noyer. Sa
même > fR. n'aurez pgs Thonneur de miG
poules ; vous
ui réervait le commandemment sur une frégate au Portde-Paix,
Maurepas s'embarqua
cents soldats noirs.
avec sa femme, ses enfants et gyatre on veut lui mettre des
Arrivés dans la rade du Cop.
1lsy élance Jui-
:1
jeter Ala mer:
boulets au pieds, ele
c'est mafortung que vous
disant: Brignnds.
noyer. Sa
même > fR. n'aurez pgs Thonneur de miG
poules ; vous --- Page 123 ---
(105 )
desséchiées (1). Ministres anglais, voilà
votre
ouvrage : dix milles pères de
famille, tous
femme, ses enfants et quatre cents soldats
jetés à la mer dans la rade du Cap. Un nègres furent
nommé
sc dégagea des boulets, et se sauva sur le
Coupet dc
petite anse. Il annonça cette nouvelle à rivage la
ldans le même instant
Christophe, et
on trouva le cadavre de
que les flots
Maurepas
avaientjeté sur la rive. Ce
gagner la terre 5 un requin lui avait généraln'avaitpu
Christophe reconnait
coupé la cuisse.
tant
son beau-frère : alors,
que sa rage, il extermine tous les
n'écoucontre sous sa main, et
blancs qu'il renTellcs
recommence les hostilités.
sontles circonstances du renouvellement de la
guerre. L'arrestation de Toussaint n'en a
mière cause; c'estla mort de
pas été la preCharles Chevalier,
Maurepas et du général noir
qui fut pendu avec sa femme.
nouvelle Arric, voyant
Cette
faiblesse, lui dit
que son mari montrait de la
: ( Quoi! tu ne sais
> la liberté! > Elle
pas mourir pour
sauta sur la corde ct se pendit.
(1) Quelques colons du Cap ne
dire à M. de
purent S 'empècherde
Bénézech : C Cette armée
> rions avec tant
que nous désid'ardcur, nous
) comme clle traite les
traite, nous colons
> regretter Toussaint. nègres ; sa conduite nous faig
>
C Messieurs, répondit Bénézcch,
> gres dc s'ètre révoltés
remercicz vos nè-
; s'ils se fussent
> étiez tous traités comme des
soumis, vous.
> vos biens eussent été
traîtres, des émigrés ;
Oui, mais dans
confisqués, et ils vous restent, >)
quel état?
) comme clle traite les
traite, nous colons
> regretter Toussaint. nègres ; sa conduite nous faig
>
C Messieurs, répondit Bénézcch,
> gres dc s'ètre révoltés
remercicz vos nè-
; s'ils se fussent
> étiez tous traités comme des
soumis, vous.
> vos biens eussent été
traîtres, des émigrés ;
Oui, mais dans
confisqués, et ils vous restent, >)
quel état? --- Page 124 ---
(104)
vous mêler
invitent à ne plus
Français, vous
dans peu de
de notre système des colonies; Mettez un
temps elles seront florissantes. avez faits à ma paterme aux maux que vous de cent cinquante
trie; regardez les ossements
vous béniindividus de tout sexe qui
un
mille
aviez
à Bonaparte
raient, si vous
proposé vous aviez fait avec
traité contraire à celui que
esclave, Toussaint.
nous avoir
un nègre
Serez-vous assez barbares,apris pour porter
les Bourbons,
déaidés à reconquérir
de nos rois une
envers cette race antique
pas eue
ponrTonesiant
fiance que vous sn'avez de cette auguste famille
encore
quela
Exigerez-vous cent mille Français, 2 pour cadavres
le sacrificede d'autres trophées quedes
France n'ait
voir ruisseler endes cendres ? Voulez-vous
sous
et
Européens et des Africains
corele sangdes)
fertiles dHami?Voulezles terres bralantes et passions de ces colons
vous encore rallumerles désirent que l'incendie, le 1
aveugles qui ne
vous avez conçu de tels
carnage et la mort Si
nous
donnerer-vows?
projets, quelle garantie
fier. Vous deviez
on ne peuts'y
Votre parole? Y'avez-vous fait ? Voulez-vous
rendre Malte,
la guerre, lorsque nos
encore nous déclarer
Donnezseront a Saint : Domingue?
armées --- Page 125 ---
(1o5 )
nous en ôtage Gibraltar, Malte, le
Bonne - Espérance,
Cap de
Anvers et les forts de la
Jamaique, alors on pourra envoyeru e armée.
Puisque vous voulez dominer sur tout le
globe 2 que vous voulez faire
sceptre mercantile sur toute la peser votre
donc que les Espagnols, les
terre, exigez
périr dans leurs auto-da-féles Portugais, fassent
lâtres dont ils
noirs et les muont fait des ministres de la religion; ; exigez donc que ces nations traitent
lcurs noirs avec unel barbarie semblable à celle
que vous avez exercée naguère sur VOS esclaves et sur les Indiens des rives du
Votre
Gange.
injustice envers la nation
prouvé à toute la terre la haine française a
que vous portez depuis des siècles à implacable des Français qui dans tous les temps ont aimé et admiré vos compatriotes.
Interrogez nos prisonniers, ils vous diront
que sil'injustice est dans votre
-leur avez prouvé
politique, vous
qu'elle était aussi dans
coeurs : j'en ai été témoin et victime.
vos
Vous avez cédé aux instances de la
de la généreuse nation
brave,
que vous
vous avez aboli Ja traite;
gouvernez ;
vous pas détruitl'esclavage? pourquoi n'avezencore le prétexte de
est-ce pour avoir
publier que VOS colo-
atriotes.
Interrogez nos prisonniers, ils vous diront
que sil'injustice est dans votre
-leur avez prouvé
politique, vous
qu'elle était aussi dans
coeurs : j'en ai été témoin et victime.
vos
Vous avez cédé aux instances de la
de la généreuse nation
brave,
que vous
vous avez aboli Ja traite;
gouvernez ;
vous pas détruitl'esclavage? pourquoi n'avezencore le prétexte de
est-ce pour avoir
publier que VOS colo- --- Page 126 ---
(106 )
exister sans que
nies des Antilles ne peuvent
Voila
soit sous ce régime? Ja liberté
Saint-Domingue : si vous aviez donné la France
votre tactique n'auriez pu forcer
à vos noirs, vous
à détruire
T'esclavage, et l'obliger avez fait
à rétablir
armée, comme vous
une nouvelle
vous le voulez. Vous ne
Oui,
d'Antisous Bonaparte. avant vos colonies
pouvez mettre en
ctc., puisque dans
gues, de Ssint-Christophe. êtes les maitres de
vingt-quatre heures vous
s'ils se réde faim tous les noirs,
faire mourir
citez jamais que la-Javoltaient. Vous ne
dont
Quelle est donc cettc Jamaique Ja pamaique.
toujours ? elle ne vaut pas trois
vous parlez
Avec
roisse de la Crohe-de-bonqueu tous les noirs.
hommes vous en réduiriez
oùt
mille
insurgés a l'époque
S'ils ne se sont pas
hommes dans cette
n'aviez que six cents
une révous
craindre anjourd'hai
ile, pouvez-vous avez formé des régiments
volte, lorsque vous
facilement lcs cond'Africains qui peuvent
tenir ?
adouci le sort de vos
On dit que vous avez
action, et
achevez votre généreuse
esclaves :
noirs de vos colonics soient
ordonnez que les
révolteront pas si vous
co-partageants. Ils ne'se
ordonne qu'ils
déclarez que le parlement
leur --- Page 127 ---
(107 )
receyront le quart du revent,
leurs sueurs; ; ils se
pour fruit de
vous béniront de jèteront à VOS genoux, ils
ce bienfait, et la
sera éternelle dans toutes les
tranquillité
tez le réglement
colonies. Adopnations ; il
que je présente à toutes les
est fondé sur
sure, par. son exécution, T'expérience, et asqui
cette véritable liberté
quadruplera la consommation de VOS fabriques.
Grsindricz-vous les colons ?
six cents ans vous inondez le Quoi! depuis
sang humain
monde entier de
nir dans
pour forcer les peuples à se fourvOs magasins, et vous n'oseriez
tenant donner la Jiberté à
mainLes colons sont donc
quelques esclaves!
les. souverains de
plus puissants que Lous
qu'icisous
IEurope, qui ont pliéj
votre verge. mercantile?
jusNous verrons au
votre
congrès qui va se tenir, si
de.dicter souveruement actuel aura aussi la
sa Joi, en forçant les
force
pas exiger que le pavillon puissances à ne
chandise.
courre la marC'est à ce congrès qu'on
sile ministère anglais
pourra découvrir
trie la baine que tous les conserve envers ma palui reprocher. Si Je
Français ont droit de
chandise,
parillon couvre la marnous pourrons dire: : Le
gouverne-
ons au
votre
congrès qui va se tenir, si
de.dicter souveruement actuel aura aussi la
sa Joi, en forçant les
force
pas exiger que le pavillon puissances à ne
chandise.
courre la marC'est à ce congrès qu'on
sile ministère anglais
pourra découvrir
trie la baine que tous les conserve envers ma palui reprocher. Si Je
Français ont droit de
chandise,
parillon couvre la marnous pourrons dire: : Le
gouverne- --- Page 128 ---
1 108 )
enfin d'être notre imment britannique cesse
placable ennemi.
français, espagnols,
Philantropes anglais,
lisez le réhommes sans passions,
son
hollandais,
J'ai le droit de réclamer
glement ci-joint.
il est le fruit de mes
exécation près de vous; fatigues et de mes
observations , de mes
les colonies; il
dans presque toutes
que le
voyages sûreté contre les perfidies ses enest votre
emploic contre
gouvérnement anglais
nemis.
voulez tuer tous les
Colons aliénés, qui
vous défie de me
muldtres, tous les noirs, je code qui ne puisse
seul article de mon
citer un
colonies, un seul qui
convenir à toutes les
n'est celui de ne
contrarie vOS intérêts, si ce Si vous le rejetcz,
wendre des hommes. plus servezla cause du cabinetbritanaiqe n'ètes point
vous
caractère : vous
Je connais votre
envers lui la
cabinet nous a appris à porter
doivent
(1) Ce défiance que les noirs de Saint-Doingue aussi cruel enmême
nous. Il a été aussi perfide,
T'a été
avoir envers
de Bonaparte
vers la France que le mulâtres gouverneur et les nègres. .
la
envers Toussaint, les
pas les hommes avec
Pourquoi ne gouverne-t-on
n'est autre chose
franchise et la loyauté21 La diplomatic
couvert de son masque.
que le mensonge --- Page 129 ---
(J09) )
méchants ni durs par
plupart de vous, la réflexion; ; c'est, chez la
crainte de voir VOS noirs colère, la passion, la
tenir des propos
oisifs, qui vous font
coeurs, prouveraient qui, s'ils sortaient de vos
Dans I'Inde le que vous êtes des tigres.
apprivoisé de ,
sultan de Mysore avait
ces féroces
reux s'il edtpu adoucir les animaux (*) : heuont désolé sa patrie!
facteurs anglais ( qui
bler?1 partez pour les Voulez-vous rives
leur ressemtrouverez des amis, des delIndostan; ; vous
des maitres parmi les protecteurs et même
des Indes.
agents de la compagnie
était aussi Cependant, si le ministère anglais
dans
équitable dans sa
ses transactions et dans politique qu'ill'est
agents, il seraitle
celles de ses
et les hommes le premier ministère du monde,
Qu'il agisse ainsi, il placeraient dans
sera
l'Olympe.
puissant de tous les
le plus grand,le plus
lui sauront
cabinets : alors les
gré de tenir dans ses
peuples
Jance de la justice;
mains la base réunir pour le forcer s'ils'y refuse, ils doivent
à être juste.
(1) Les Indiens du fils
gros et énormes tigres. Ils d'Hyder étaient Aly avaient élevé trois
les suiyaient dans les bazards si bien privés, qu'ils
patam.
(marchés) de Seringa-
pe.
puissant de tous les
le plus grand,le plus
lui sauront
cabinets : alors les
gré de tenir dans ses
peuples
Jance de la justice;
mains la base réunir pour le forcer s'ils'y refuse, ils doivent
à être juste.
(1) Les Indiens du fils
gros et énormes tigres. Ils d'Hyder étaient Aly avaient élevé trois
les suiyaient dans les bazards si bien privés, qu'ils
patam.
(marchés) de Seringa- --- Page 130 ---
(110)
CHAPITRE III.
résulteraient d'une nouDes malheurs qui
velle guerre portée à Saint-Dominguc.
été qu'on ne devait
Mos opinion a toujours Saint-Dominguc
point chércher à recouvrèr J'en fis part au générat
parl la force dés armes. quc je lui adressai al
Leclerc, par un mémoire il ne St point d'atBrest,le 21 frimaire an écrivais, 10: il méprisa mes
tention à ce que je Jui qu'ila périavec toute
avis:qu'én est-il résulté? colonie, regénérée par
son armée, et que la
la France.
Toussaint, a été perdue l'an pour 10,) je n'ai puque
Sije pensais ainsi en
voir, par le
confirmer dans ma manièrede
succès
me
succès de Leclerc; mauvais
mauvais
avant l'embarquequejavais prévu et prédit
ment des troupes. ce terrible événement,
Je sais que malgré
qui, oubliant leurs
il y a beaucoup de colons, la
que la France a
propres malheurs et perte hommes, l'élite des
faite de cinquante mille
, désirent ararmées du Rhin et d'Egypte afin de combattre
demment une expédiion, --- Page 131 ---
(i)
les mulatres 'et les noirs : ils ne
mnéme pasdedire
rougissent
qu'ilfauttous
et repeupler la colonie
lesezterminer
avec la côte
que. Ils ne réfléchissent
d'Afi
sible,
pas qu'il serait
quand bien
imposnir à tuer
même on pourrait
tous les noirs, de trouver parvecapitaux chez les
assez de
faire la traite
négociants de France pour
des
Ct leur vendre encore à crédit
esclaves. Ils ne se rappèlent
depuis deux cents ans ou
pas que
gres à
transporte des nèpace de Saint-Dominguc; et, malgré ce long estemps leur population n'a pas excédé
sept cents mille. Ceux qui
des fous qu'on doit
pensent ainsi sont
plaindre et ne pas écouter, car celte cruelle conduite mettrait
la plus excessive misère
dans
lent
ces colons
avec tant d'inconséquence.
qui par-
(1)
(1)J'ai remarqué que tous ces égorgeurs
anéantir jusqu'an dernier des noirs, qui veulent
n'en possédent aucun. Qu'on
sont ceux qui
res 3 et aujourd'hui les grands interroge les propriétaiLouis XVIII, tels que les
seigneurs rentrés avcc
Rohan, les
les d'Orléans 3 les Duras, les
tous se refuséront Vaudreuil, à
Praslin, 2 les Ségur, etc. 7
troce.
une action aussi ruineuse
Que ces déclamateurs marchent à
qu'amais non, , c'est à l'arrière-garde, aux Tavant-zarde;
Paris qu'ils se tiennent.
Elals-Unis et à
ge les propriétaiLouis XVIII, tels que les
seigneurs rentrés avcc
Rohan, les
les d'Orléans 3 les Duras, les
tous se refuséront Vaudreuil, à
Praslin, 2 les Ségur, etc. 7
troce.
une action aussi ruineuse
Que ces déclamateurs marchent à
qu'amais non, , c'est à l'arrière-garde, aux Tavant-zarde;
Paris qu'ils se tiennent.
Elals-Unis et à --- Page 132 ---
(na)
la haine et la venLes colons animés par voir qu'au moment
ne veulent pas
Tousgeance,
à Ssinc-Domingue,
où Leclerc est arrivé
hostile, qu'il iln'avait
saint n'avait aucune vue s'opposer aux Franfait aucun préparatifp fpour il avait fait mettre en
çais, qu'au contraire député à la convenprison le noir Anneci, de Paris, et qui avait
tion, qui était revenu voulait ramener I'esannoncé que Bonaparte effet il viendrait une arclavage, et qu'à cet
mée de blancs.
dans laquelle étaient tous.
Malgré la sécurité trouvala plus vive résistance,
lesnoirs, Leclerc
eut écrit à Christophe,
après que ce général une lettre que celui-ci
commandant du Cap, quelle fut sa réponse :
trouva arrogante. Voici encore pour des esOn nous prend donc
les FranC
Allez dire au général que
> claves!
ici que sur un monceau
ne marcheront
>
> çais
Ja terre les brôlera.
cendres, , et que
met lui-
> de
il prend une torche,
de .
A ces mots 7 maison, qui étaitdécorée
même le feu à sa
et se met en déla manière la plus élégante, V'incendie (1)-
fense : ainsi commença
à la vérité de dire , que jamais Christophe été
(a)Je dois
les brigands, qu'il a toujours
ne s'est battu avec
monceau
ne marcheront
>
> çais
Ja terre les brôlera.
cendres, , et que
met lui-
> de
il prend une torche,
de .
A ces mots 7 maison, qui étaitdécorée
même le feu à sa
et se met en déla manière la plus élégante, V'incendie (1)-
fense : ainsi commença
à la vérité de dire , que jamais Christophe été
(a)Je dois
les brigands, qu'il a toujours
ne s'est battu avec --- Page 133 ---
(115 )
La première faute que fit
rester trois
Leclerc, fut de
jours en paune devant le
qui Gt croire aux blancs
Cap, ce
taient des
et aux noirs que c'éAnglais, car ils
fut faite. Sa lettre à
ignoraientquela paix
leur fit connaître Christophe les désabusa, et
que les Français ne venaient
point comme amis. Ils forcnt
cette opinion
les
confirmés dans
par
dispositions militaires
que nous fimes pour entrer au
marchèrent
Cap. Alors ils
contre nous
contre les Anglais.
commeilsauraient fait
Si Leclerc eût
noirs,
envoyé un avis aux chefs
et qu'il fàt entré en
mtsrmece
droiture dans le
n'y aurait peut-être
Cap, il
pas eu d'i
sa conduite lui fit trouver de l'insurrection; ;1 mais
le força de revenir
la résistance, et
sur le plan qu'ilavait adopté
l'ami des blancs, que le jour même
paru devant le Cap, il en avait trente que la flotte a
habitation , et qu'ayant appris
à diner sur son
gnalait des vaisseaux, il
par la vigie qu'on si-
> français b Et à l'instant dit : K Si c'étaient des vaisseaux
française.
il porta un toast à l'armée
Il était maitre-d'hôtel chez madame
tenait la première auberge du Cap.
Modion 1 qui
s'est réfugiée aux Etats-Unis,
Quand cette dame
pension de 6,000 francs. Combien Christophe lui a fait une
les mêmes sentiments de
de blancs n'ont pas
reconuaissance!
--- Page 134 ---
(14)
déclarant
les ordres de Bonaparte, en
d'après
ramener Pesclavage(ce
qu'il ne wenait point Maurepas et sa troupe);
qiftrentrer) legénérall ilfit des noirs officiers
et pour en convaincre,
ne virent
le coup énitporté,ils et ils s'en
supeirteurartmaisk bonne foi dans les blancs,
plus de
davantage, lorsque Leclerc,
défièrent encore eut fait arrêter Toussaint,
par une trahison, vivait
sur son
et
paisiblement
qui is'était tretiré, L
cette conduite, l'eshabitation. Il aliéna, par ne virent plus en
prit de tous les noirs, voulait qui les tromper.
lui qu'un homme qui au féroce Dessaline,
1l donna sa confiance
noir allait d'hadont il fut la dupe : ce général égorger les nègres
bitations en habitations blancs, et revenait
qu'il savoit dévoués aux c'étaient des brigands
ensuite rapporter que travailler. Il se joignit à
qui ne voulaient pas
leva Yétendard de
Christophe, qui le premier l'armée de Rochamla révolte; il ft capituler du port fut prise par les
beau, qui à la sortie
Anglais. savaient tout ce qui se passait, par
Les noirs
nègres ; car tel pades domestiques
Pesle moyen dévoué à son maître pour ramener dissimule
rait
qui n'est qu'un espion Africains, qui
art.
clavage, art connu des seuls
avec un
voulaient pas
leva Yétendard de
Christophe, qui le premier l'armée de Rochamla révolte; il ft capituler du port fut prise par les
beau, qui à la sortie
Anglais. savaient tout ce qui se passait, par
Les noirs
nègres ; car tel pades domestiques
Pesle moyen dévoué à son maître pour ramener dissimule
rait
qui n'est qu'un espion Africains, qui
art.
clavage, art connu des seuls
avec un --- Page 135 ---
(115)
dont les
Telles Européens seront toujours les
furent les causes qui firent dupes.
l'expédition de Leclerc,
manquer
et massacrer tous les
incendier le Cap,
llyal
blancs par Dessaline.
long-t temps que Pétion serait
par Christophe, sans la
vaincu
les noirs du nord
rivalitéqui existe entre
dont les
et ceux de l'ouest, rivalité
blancs de ces deux
pas exempts ; mais aussitôt provinces ne sont
raitra, on verra cesser
qu'une armée paturel que le mot de cette jalousie : il est naceluide liberté,
ralliement des noirs soit
celui de tous les puisque le mot d'esclavage est
été bien
colons, dont les divisions ont
plus grandes que celles
entre les noirs.
qui existent
On peut voir les sentiments des
de la liberté parl la lettre citée
noirs au sujet
le 27 septembre
en note, trouvée
lifet (1).
1791 sur Thabitation Gal-
(1) Le 4 septembre 1791.
A monsieur le général et
citayens du
e Monsieur > nous n'avons
Cap.
écarter du devoir et respect jamais prétendu nous
présentant de la personne du que nous devons au requi dépend de sa
roi, ni mêmc à tout ce
par devers nous majesté : nous en avons des
; mais vous , mon
preuves
général, hommo --- Page 136 ---
(116)
anciens
que les mulâtres
de
Je ne doute pas
de la chute
ne soient très-satisbits
a Dans
libres,
des Bourbons.J
et de la rentrée
Bonaparte
cette terre que nous.
descendez vers nous, voyez dis-je, de notre
juste, arrosée de notre sueur, que élevés et dans l'esavons
édifices que nous avons
obtenue?
sang 5 ces
récompense : l'avons-nous sur notre
poir d'une. juste le roi, Yanivers, ont gémi
et
Non, mon Général; les chaines que nous portions, ne
et ont brisé
étions prêts à tout,
sort, humbles victimes , nous maitres : que dis-je? je
nous, point abandonner nos nous servir de pères 1
voulant
devaient
, ceux qui
des monstres indignes
me trompe Dieu, étaient des tyrans 7 voulez , brave Géaprès de nos travaux; ; et vous
que nous
du fruit
ressemblions à des brebis, Non , il est
néral, que nous entre la gueule du loup! est notre
allions nous jeter combat pour Tinnocent, , notre
trop tard ; Dieu qui
jamais, ainsi voilà
guide ,1 il ne nous abandonnera mourir. Pour vous prouver, mon
devise : Yaincre ou
pas aussi cruels que
que nous ne sommes désirons du meilleur de
Général, le croire 9 nous mais aux clauses et cona T'on pourrait de faire la paix;
par devers
notre âme, tous les blancs se retireront se retirer
ditions que mornes 1 ou de la plaine pour et par
vous, 7 soit des
sans en, excepter un seul, leur
dans leurs abandonneront) foyers,
le Cap; qu'ils emportentl notre
qu'après
conséquent bijoux, nous ne courons mon Général,
or et leurs objet si précieux. Voila,
juschère liberté, de foi, que nous soutiendrons
notre profession
;
par devers
notre âme, tous les blancs se retireront se retirer
ditions que mornes 1 ou de la plaine pour et par
vous, 7 soit des
sans en, excepter un seul, leur
dans leurs abandonneront) foyers,
le Cap; qu'ils emportentl notre
qu'après
conséquent bijoux, nous ne courons mon Général,
or et leurs objet si précieux. Voila,
juschère liberté, de foi, que nous soutiendrons
notre profession --- Page 137 ---
(117 )
toutes les discussions au sujet de Jeurs droits,
Hasenesrmmesarpaere que Louis XIV
leur avait accordé ces mêmes droits
politiques.
qu'à la dernière goutte de notre
que ni poudre, ni
sang 5 il nc nous manDieu
canon, ainsi Ia mort ou la liberté.
veuille nous la faire obtenir sans effnsion de
tous nos voeux seront
sang,
coàte
à
accomplis ; et croyez qu'il en
beaucoup nos coeurs pouravoirpris cette
mais hélas..
voie,
> Je finis en vous assurant que tout le contenu de la
présente, est aussi sincère que si nous étions
devers vous tous. Le
par
respect que nous vous portons , et
que nous jurons de maintenir, n'allez
cela pour
point prendre
d'autre faiblesse, en ce que nous n'aurons jamais
devise : Faincre ou mourir pour la
Nous sommes avec respect, Monsicur
liberté.
très-humbles et très-obéissants
et Général, vos
et chefs qui
serviteurs. Les généraux
composent notre armée.
> P. S. Permettez, si vous
vous pouvez
daignez nous répondre ,
envoyer une personne en
nous le recevrons avec
parlementaire,
d'un
plaisir 7 pouryu qu'il soit muni
pavillon blanc, et qu'il soit seul et sans
Nous vous jurons sur tout ce
armes.
qu'ily a
que nous
deplus sacré,
respecterons ce parlementaire, comme nous,
exigeons qu'il nous en soit fait autant à nous.
vous prions que ce soit un blanc de
Nous
nègre, et nous jurons
préférence à un
qu'il sera respecté. >
Signé JEAN-FRANGOIS.
Cette lettre a été transcrite sur l'original. --- Page 138 ---
(18)
la famille des Bourbons a touIls savent que
bonté le peuple Françaisjours conduit avee réuniront sous la bannière
Nul doute qu'ils se
victimes des préjugés
du roi : mais, pour être
les humiliations
des blancs, et subir de nouveaul
ils suisabreuvés,
dont ils ont éxétroplongsempss du mulâtre Delgrès, qui
vront plutôr T'exemple
à la Guadeloupe,
leva T'étendart de la guerre sauter avec trois
aima mieux se faire
et qui des siens que de se soumettre,
cents
faisant cesser ce préCe n'est donc qu'en funeste à la colonie, et que
jugé si ridicule, si
et de Bourbon
les habitants de lile de France qu'on peut
senti la nécessité d'étonffer,
ont
de la moitié du sang
s'assurer de cette portion
dà être esclave.
des blancs , qui n'eût jamais
de couHollandais n'ont aucun préjugé
Les
libres;l les Anglaisn'en
leurs enversleshommes)
et les Portutrès-peu; les Espagnols
des
ont que
puisqu'ily y a des mulâtres et
gais, aucun ;
disent la messe. Les munègres prètres, et qui nombrenx anjourd'hui.
Jâtres ne sont pas criminel eu cuerchantà
Toussaint s'est rendu d'hommes qui, ala vérité,
anéantir une classe
mais qui avait comn'aime point les noirs,
et Pétion, avec
battu les Anglais, sous Rigaud eux. et utiles pour
des succès honorables pour
ont que
puisqu'ily y a des mulâtres et
gais, aucun ;
disent la messe. Les munègres prètres, et qui nombrenx anjourd'hui.
Jâtres ne sont pas criminel eu cuerchantà
Toussaint s'est rendu d'hommes qui, ala vérité,
anéantir une classe
mais qui avait comn'aime point les noirs,
et Pétion, avec
battu les Anglais, sous Rigaud eux. et utiles pour
des succès honorables pour --- Page 139 ---
la France.
(119) )
de se soutenir Leur petit nombre ne leur permet
de ramener que parce qu'ils ne parlent pas
l'esclavage. Les
posées de noirs et de mulâtres troupes sont comces troupes s'aperçoivent
esclaves; ct si
couleur, anciens
que les hommes de
de Tes livrer à libres, sont dans l'intention
lui-méme
une armée de blancs, Pétion
sera Jeur première victime.
les D'ailleurs, ilne faut pas
mulâtres soient
s'imaginer que tous
lons : en général, ils partisans des blancs COne les voient
horreur; et, si Rigaud et Pétion les qu'avec
ferts, c'est parce qu'ils les
ont soufjugent utiles
négociants, et qu'ils ont la
comme
voir d'un mot Jes
certitude de pouarrêter, les
poser de leur vie.
chasser ou disLes hommes de couleur
entre eux que les blancs sont aussi divisés
distingués, tels
: plusieurs généraux
sont réunis à que Martial Besse et autres,
rement sous ses Christhophe et servent volontailâtres du nord ordres. En général, les muaiment
jamais cessé d'être l'ami Christophe, qui n'a
un ton et des manières des blancs et qui a
ceux qui l'ont vu lui rendent trés-distingués; tous
Leclerc pouvait dès le
celte justice.
ce noir dévoué à la
premier jour trouver
mère-patrie, puisqu'il était --- Page 140 ---
120 )
pour rejoindre son
décidé à passer en France, son éducation :
fils qu'il y avait envoyé pour
blanc et
mais la lettre insolente de ce général l'irritérent
menaces avant d'entrer au Cap
ses tellement, qu'il se résolut à la guerre. faciles à
Les noirs ne me paraissent pas libres). si
Les
séduire que les mulâtres (anciens enthousiastes de
été
premiers ont long-temps la conduite de ce conquéBonaparte ; mais
qu'il
tellement soupçonneux,
rant les a rendus
loyauté
lcs actes de la plus grande
n'y a que
que Jes Bourbons
qui puissent Jeur persuader
veulent adoucir Jeur sort.
à SaintJe crois donc qu'on doit envoyer du roi, des
Domingue, comme commissaires
donne
personnes en qui la considération que répusoit sontenue par une grande
la naissance
de modération. De pareils
tation d'honneur et
du roi peuvent seuls
interprètes des volontés
M. le baron Maespérer de se faire écouter. est connu par ses
louet, ministre de la marine,
sa
philantropique:
principes sages et conduite s'il y était résur les colonies,
son ouvrage
opérer le plus grand bien.
pandu, pourrait d'abord convenable d'envoyer
11 sembleruit
comme commissairesduroi,
à Saint-Domingue,
Mais
des personnes qui y sont proptiétaires.
du roi peuvent seuls
interprètes des volontés
M. le baron Maespérer de se faire écouter. est connu par ses
louet, ministre de la marine,
sa
philantropique:
principes sages et conduite s'il y était résur les colonies,
son ouvrage
opérer le plus grand bien.
pandu, pourrait d'abord convenable d'envoyer
11 sembleruit
comme commissairesduroi,
à Saint-Domingue,
Mais
des personnes qui y sont proptiétaires. --- Page 141 ---
(121 )
oi trouver de ces hommes sans
hommes
passions, des
qui sachent mettre de côté tous les
il préjugés?11 en est sans doute; ; mais, je le
en est très-peu dans la seconde classe dis,
des
propriétaires : c'est donc parmi les anciens
grands seigneurs qu'on peut trouver de
tables pacilicateurs. On
véricore dans le clergé:j
en rencontrerait enévèques,
j'aila conviction que trois
les
accompagnés de curés et de
uns et les autres reconnus
vicaires,
pureté du
pour joindre à la
dogme une morale douce et tolérante, ewercerdient/intlaencel la
sur les esprits. Ces
plus heureuse
sés danslesi
prètres devraient être laisparoisses, ety précheraient, comme
première base de la liberté, l'amour de
et du travail.
l'ordre
Je connais un sage dont
voulu suivre les conseils; Bonaparte n'a pas
du génie de
c'est M. le colonel
Vincent. Il est très-aimé des chefs
noirs, et non moins estimé des
n'ont aucun
mulâtres, qui,
conseil de reproche à lui faire. Il a été le
Toussaint, lorsque ce noir n'avait
pas encore persécuté ces derniers,
fait lui-même
ce qui l'a
persécuter par
àge, son
Bonaparte. Son
taire à expérience, sa qualité de propriéSaint-Domingue et en France, le dévouement qu'il a toujours manifesté
pour les --- Page 142 ---
122)
où je l'ai connu a
Bourbons dès l'an 1795,
c'est un
Philadelphie; tout me fait croire que
peuvent le plus aisément perdes hommes qui
du roi sont
suader aux noirs que les intentions
à P'ile
de faire leur bonheur. Il était employé Bod'Elbe avant la révolution qui y a distances, relégué il
son age et les
naparte : malgré
à la confiance
se fera un devoir de répondre une mission
et de remplir
de son souverain,
honorable et utilearmée avant de conMais, sil'on envoie une chels, c'est, selon
naître les intentions des même résultat que sous
moi, vouloir obtenirle
funeste encore ?
Leclerc, et un résultat plus plus aguerris,
les noirs sont mieux armés,
cette
car
mieux commandés qu'à
plus fortifiés, d'ailleurs le coeur ulcéré par
époque;" ils ont
envers eux (erz
les cruantés qu'on a exercées en lesfaisant
i la Carrier,
fuisant des noyades des chiens, que, pour
dévorer wivants par
que de
rendre plus féroces, on ne nourrissait au-dessus de
cruautés peut-être
chair de noir):
des Almagro, féroces
cèlles des' Pizarro,
du Pérou:
le
conquérants
laisser a Christophe
Ne pourrait-on pas
du nord, à Pétion
commandement de la partie
à un capitaine-génétal
celle du sud, et donner
fuisant des noyades des chiens, que, pour
dévorer wivants par
que de
rendre plus féroces, on ne nourrissait au-dessus de
cruautés peut-être
chair de noir):
des Almagro, féroces
cèlles des' Pizarro,
du Pérou:
le
conquérants
laisser a Christophe
Ne pourrait-on pas
du nord, à Pétion
commandement de la partie
à un capitaine-génétal
celle du sud, et donner --- Page 143 ---
(125 )
blanc celui de la partic del l'ouest?
néral serait indépeudantlun
Cliaque gérespondrait directement
de l'autre, et cormarine. Je
avec le minitre de la
présume que cette division est le
premier acheminement,
dans quelques
pour qu'un blanc,
années, soit le seul
de la colonie. Je crois même
commandant
tous les généranx
que cela plaira à
bien qu'ils doivent mulâtres et noirs, qui isavent
blanc, mais qui redoutent être commandés par un
clerc a rendu
la perfidie dont Leamis. Il me
victimes leurs frères et leurs
qui commandera parait urgent que le général blanc
vaincu
dans l'onest, soit bien convailler les que son principal but est de faire tracultivateurs, de les
la baine de quelques blancs, protéger contre
si cenx-ciavaient
l'imprudence et la maladresse d'en manifester
encore; enfin, d'employer tous les
douceur, de conciliation
moyens de
même,
> de prévenance
pour rapprocher les blancs et les mulàtres, et cimenter leur union dans
vince.
cette proIl sera encore sage et
des titres et des décorations généreux d'accorder
aux officiers supérieurs,
aux généraux,
qui auront donné
même aux soldats
des,
ou qui donneront à l'avenir
preuves d'attachement et de fidélité au --- Page 144 ---
(124)
à maintenir Tordre et
roi, et qui concourront
dans les ateliers.
mes
la tranquillité
à Saint-Domingue,
Je suis propriéuire
élever ma faplus grandes espérances pour
de la
fondécs sur la restauration
mille sont
ce soit, il m'est
culture; je ne dois à qui que fortes sommes : si
au contraire dû d'assez conduit ma plume, on
l'amour de Phumanité
me porte
voit aussi que mon intérêt personnel
à
les moyens les plus propres et
à rechercher colons exilés et dépossédés,
réintégrer les
de leurs biens. Je me
à augmenter le produit intérêt privé est, ainsi
félicite de ce que mon
liéàl lintérêt pucelui de tous les colons 7 aucune place:
que blic. Du reste, je ne demande d'ètre au milieu
la seule que f'ambitionne de est manière a en être
des miens, et d'y vivre
un jour regretté. noirs travaillent, qu'ils
Il faut que les
comme un soldat à
obcissent a leurs patrons
juste et
; il faut une discipline
les
son capitaine;
soient protégés par
sévère ; il faut qu'ils seul noir qui ne soit
lois. Il n'existe pas un
pas un chef qui
conraincu de ce que j'avance, des preuves 9
n'en donne encore atijourdhai refuse à punir un culun soldat noir qui se
puisque
pas
qui ne veut pas travailler,
tivateur
qu'ils
Il faut que les
comme un soldat à
obcissent a leurs patrons
juste et
; il faut une discipline
les
son capitaine;
soient protégés par
sévère ; il faut qu'ils seul noir qui ne soit
lois. Il n'existe pas un
pas un chef qui
conraincu de ce que j'avance, des preuves 9
n'en donne encore atijourdhai refuse à punir un culun soldat noir qui se
puisque
pas
qui ne veut pas travailler,
tivateur --- Page 145 ---
(125) )
ce soldat même sait
peut recevoir ni que, sans la culture, il ne
nécessaires
solde, ni les choses
à ses besoins et à ses
qui isont
On ne cesse de répéter
jouissances.
vailler les noirs, il faut que, pour faire traleur parlez point de
en tuer une partie; ne
ne serez obligés d'en crenenerfaciange vous
de liberté,
tuer aucun :
à la culture. avec ce mot vous les enchainerez parlez-leur
ment
Comment a fait Toussaint?
de ai-je fait avant lui dans la
com-
- Sac, sur Thabitation
plaine du Culplus de huit mois
Gouraud, pendant
Qu'on
après la liberté décrétée?
noirs interroge ceux qui m'ont
même: tous vous
connu, les
de cet atelier, qui était diront de que pas un nègre
plus de
cinquante, n'a cessé de
quatre cent
cetatelier passait
travailler : cependant
plus méchant pour le plus
de la plaine. indiscipliné etle
même esprit trois sucreries J'avais animé du
tion. Si tous les' noirs étaient dontjavais la gesvenus d'Afrique; s'ils
depuis six mois
Indiens, des
avaient les idées des
dante, je dirais Guyannes, sur la vie
sible
: Mon plan est
indépendans P'exécution; ; c'est la force idéal, imposemployer : mais les
qu'il faut
des noirs savent
que, sans
suetrnagalt.zinane
ventobtenirles
travail, ils De peuobjetsquileurs sont nécessaires, --- Page 146 ---
(126)
d'autre moyen pour satisfaire
qu'il n'est pas leurs
Ils savent qu'ils
leurs besoins et
goûts. etle veulent;
doivent travailler; ; ils le désirent
qu'ils
des cruelles épreuves
mais le souvenir
méfaites les tient dans une continuelle
ont
fance.
dans le chapitre suivant, du
Je vais traiter,
concilier ou cousolider
mode à adopter pour
pense, ne
les intérêts de tous. Ce mode, je leurs chefs,
ni par les noirs ni par
sera rejeté
des
et
suis
camvainco,tapprobatioe
aura, jen
grands planteurs.
désirent
qu'ils
des cruelles épreuves
mais le souvenir
méfaites les tient dans une continuelle
ont
fance.
dans le chapitre suivant, du
Je vais traiter,
concilier ou cousolider
mode à adopter pour
pense, ne
les intérêts de tous. Ce mode, je leurs chefs,
ni par les noirs ni par
sera rejeté
des
et
suis
camvainco,tapprobatioe
aura, jen
grands planteurs. --- Page 147 ---
1 127 )
CHAPITRE IV.
De la nécessité de conserver
portion du
aux Noirs la
les
quart qui leur a éte allouée sur
revenus, et de Pavantage que le Propriétaire retirera de cette concession.
Jecrois avoir démontré dans le
cédent les malheurs
chapitre préd'une armée sans avoir qu'entrainerait l'envoi
des commissaires du roi. préalablement Je vais
envoyé
tâcher de prouver
maintenant
taire retirera de la cession F'avantage du que le propriéaux culivateurs."
quart du revenu
J'ai suivi les noirs sous le
clavage, je lesai suivis
régime de l'esje les ai vus dans les sous celui de la liberté,
colonies
glaises, bataves et espagnoles. françaises, antoutes ces contrées, leur
J'ai étudié dans
leurs
esprit, leurs
usages ; c'est en vivant
moeurs,
les conduisant à la
près d'eux, en
que j'ai appris à les connaître. culture, 5 à la guerre, 9
dant de
C'est en m'ail'expérience autant que de la
que j'ai dressé le code annexé à
raison,
cet écrit. --- Page 148 ---
(128 )
des
En l'an 4, je fus chargé par cultures le ministre et dcs
des
colonies de l'inspection
Mon premier
biens vacants de Saint-Domingue. fut d'aller consulter
soin, en arrivant au Cap,
mon réglement.
Toussaint; je lui communiquai
est bien
qu'en porta ce général
Le jugement
faire
avec quelque
capable de me le
présenter
il
l'avoir lu attentivement,
assurance. Après
qu'un blanc, rempli
me dit : ( II est étonnant contre nous, ait si
ordinairement de préjugés
les intéde concilier
bien trouvé les moyens
ceux des cultivaavec
rêts des propriétaires
teurs. 9)
observations dont j'ai pro11 me fitquelques code. S'il ne fut pas mis
fité, et il adopta mon
il faut V'attribuer à
totalement à exécution, qu'ane longue madépart de la colonie,
mon
de quitter, et aux troubles qui
Jadie me força
les insurgés, qui
suivirent : en ce moment, dans les montagnes de
nombre
étaient en grand
secondés par les AnSainte-Susanne, étaient était à leur tête; ils
glais : Edouard de Rouvrai les troupes aux
furent, en V'an 4, chassés par
de ChrisDesourneauxet
ordres du général affaire, les noirs se sont
tophe. Depuis cette restés tranquilles juqu'à
remis au travail et sont
Yarrivée de Leclerc.
insurgés, qui
suivirent : en ce moment, dans les montagnes de
nombre
étaient en grand
secondés par les AnSainte-Susanne, étaient était à leur tête; ils
glais : Edouard de Rouvrai les troupes aux
furent, en V'an 4, chassés par
de ChrisDesourneauxet
ordres du général affaire, les noirs se sont
tophe. Depuis cette restés tranquilles juqu'à
remis au travail et sont
Yarrivée de Leclerc. --- Page 149 ---
(129 )
Quelques jours après ce combat livré aux
insurgés soulevés et secondés par les Auglais, dix blancs pacotilleurs du Cap
pour les montagues de Sainte-Suzanne, partirent
cipal foyer de
priutué, ni même volé. Tinsurrection; pas un n'a été
les
Guerre la li caba, disent
nègres, nous té ben
dire: la guerre
contents, ce qui veut
estfinie. Quelle est la
en Europe où les blancs tiènent
province
conduite,
une semblable
Colons, après une guerre longue et crueile?
Etats
voyagez dans le Piémont, dans les
Romains, dans les Calabres,
rez égorgés: à Saint-Domingue,
vous y sea dit: guerre la licaba,
lorsqu'un noir
vous pouvezallernuit
etjour votre bourse à la main, vous ne
pas une piastre : jamais, depuis
la perdrez
existe, un noir n'a volé sur
que colonie
En lisant ce
un grand chemin.
rends les noirs règlement, on verra que je
qu'ils sont attachés co-partageants à la
du revenu, mais
rines, les
glebe. Les vins, les fatoiles, les draps, les souliers, les
goûts européens, voilà les moyens de les
vir : Thabitude, en leur faisant
asserces objets dont ils sont
un besoin de
déjà trés-envieux, leur
imposera un esclavage
de revenu dont
volontaire; et la portion
fouraira de
on payera leurs trayaux leur
quoi satisfaire ce besoin. Voilà ce.
--- Page 150 ---
( - 130 )
de
général de la colonie et
qu'exige Vintérêt
assurera aux propriéla métropole, et ce qui lieu qu'elles ne setaires leurs forunes, au sous un esclavage
ront jamais que précairès
sans récompense. de la partie du Nord avaient
Si les esclaves revenus, Jean-Frangois
eu une part dans les n'auraient jamaisréussi
et Biassou, en 1791, ; ils auraient trouvé
à incendier cette province; ardents à défendre
presque tous les cultivateurs ils auraienteu des
des plantations sur lesquelles découvert aux blancs
droits, et ceux-ci eussent
la France.
criminels des ennemisde
les projets
raisonnables ne sont
Les colons les plus
et j'en
d'adopter mon opinion,
point éloignés rencontré parmi les propriétaires
ai beaucoup
et du bien public a
que P'amour de Phumanité a la partager. Queldepuis long-temps disposés obscrver que la répartition
ques uns m'ont fait
On verra combien elle
Jeur paraissait difficile. exécution au chapitre qui traiest d'une facile
administrative.
tera de cette partie
qu'en accordant à
verront
Les planteurs le quart sur les revenus, 1
leurs cultivateurs les frais de manutention
après avoir préleré
de culture, ils
exprimés dans le règlement
grande, que
d'autant plus
auront une autorité
depuis long-temps disposés obscrver que la répartition
ques uns m'ont fait
On verra combien elle
Jeur paraissait difficile. exécution au chapitre qui traiest d'une facile
administrative.
tera de cette partie
qu'en accordant à
verront
Les planteurs le quart sur les revenus, 1
leurs cultivateurs les frais de manutention
après avoir préleré
de culture, ils
exprimés dans le règlement
grande, que
d'autant plus
auront une autorité --- Page 151 ---
(151 )
toujours, 2 SOUS ce régime, 1 ils
masse de leurs ateliers
trouveront la
prête à contraindre lcs
nir paresseux (s'il s'en trouve) et même à les
(t), par la raison que, si l'un
pumoins que l'antre, le culivateur
travaillait
verait Jésé lors des
actif SC trouEn payant les noirs partages.
évite lesincendies;
sur les produits, on
qui,
carenfin, quel sera le noir
pour se venger aujourd'hui de
priétaire, ira mettre le feu à
son procannes, à une pile à
une pièce de
étaicnt trés-rares
bagasse? Ces cas, qui
sous
jamais
le
Hacavuge,wariveront
lorsque caltivateur sera certain
lui, son pèrc, ses frères, ses
que
sceurs, ses amis
(1) Pendant la liberté, deux mauvais
bitation Goutaud me furcnt dénoncés sujets de Pharades, qui me forcèrent dc les
par leurs camaPort-au-Prince.
envoyer à la chaine au
ger, non, non, Lorsquejel leur disais : ils peuvent chancomme ca,yo répondaient-ils 7 bon Dieu
nègres
pas capable changer, li déshonorer lifailyo
à la chaine. Giouraud,ro Tel
voleur trop. Ils les ont
le
est l'esprit de tous les
conduits
savez tous, , colons
ateliers ; vous
procureurs des villes, propriétaires. les
Les notaires, 1 les
lcs nègres et ne les jugent négociants ne connaissent
que par la conduite de
domestiques 7 que l'oisiveté rend en
leurs
vais garnements. Ce que je
général de mauNoirs.
pronverai au chapitre des --- Page 152 ---
(152)
de
d'une part dans la pièce
ont la certitude incendierait.
cannes qu'il
on sait que les culivateurs
Sous Y'esclavage, la conservation des proétaient très-zélés pour
qu'ils regardaient
priétés de leurs maîtres, disaient toujours :
comme les leurs, puisquils
ces mêmes
habitation nous ; et cependant récompenses que des
n'avaient d'autres
noirs
travail excessif. Aujourcoups de fouet et un
des argus, qui surd'hui ces noirs deviendront de leurs patrons avec un
veilleront les biens
étaient esclaves.
tout autre soin que lorsqu'ils a Thabitude pour
L'intérêt viendra se joindre qui les nourrira et
les attacher à Phabitation
qui les aura vu naitre. les propriétaires reUn autre avantage que
sur les revenus,
un quart
tireront en accordant deviendra le représentauif
c'est que ce quart
: ils connaitront ainsi
des trois autres quarts leurs habitations, et ils
le véritable produit de
de la fidélité de
s'assureront en même temps
leurs agents.
les noirs pour awancerquils
Je connais assez à faire punir les réfracseront les premiers comme on le faisait sous
taires, età les fouetter voulu parlet de cette
Y'esclavage. Je n'ai pas
qui Jeur roppèle
et d'un chatimeut
punition
le représentauif
c'est que ce quart
: ils connaitront ainsi
des trois autres quarts leurs habitations, et ils
le véritable produit de
de la fidélité de
s'assureront en même temps
leurs agents.
les noirs pour awancerquils
Je connais assez à faire punir les réfracseront les premiers comme on le faisait sous
taires, età les fouetter voulu parlet de cette
Y'esclavage. Je n'ai pas
qui Jeur roppèle
et d'un chatimeut
punition --- Page 153 ---
(155 )
toujours la servitude, D'ailleurs,
viction que les noirs n'ont
jai la conpour travailler,
pas besoin defouet
en faisaient
puisqu'ilya dcs planteurs qui
d'avoir été de rarement usage. Je me
ce nombre; ; et
glorifie
habitations dont j'étais
certes, sur les
de revenu
chargé, j'ai fait
qué mes prédécesseurs.
plus
mais eu un seul marron. Sur
Je n'ai jaraud, quatre s'étaient
P'habitatiou Gousix mois après mon échappés depuis dix ans: :
ils vinrent
séjour sur cette
me demander leur
habîtation,
leur accordai.Je
pardon, que je
fermant le dimanche punissais les noirs en les renétablie dans
à une barre que j'avais
plus sensible Phépital. Cette punition leur était
que le fouet,
d'entre eux, m'ont souvent dit puisque plusieurs
nous, pulot cinguante
: U'en pri, ba
mettre nous à la barre coups le defouet, que de
Cette manière de les dimanche.
d'autant. plus,
punir les affligeait
medi au
que je,les faisais arrêter le sasoir, et que ce même
sait depuis huit heures
samedi on danbien peu connaître les jusqu'à minuit. Il faut
noirs
ce quej'avance : les écoliers pour douter de
sent ainsi.
eux-mèmes penJc suis si persuadé que le
la colonie tient à la portion rétablissement de
tivateurs, et
accordée aux culqu'elle ne nuit point à l'intérêt --- Page 154 ---
( - 154)
je m'engage à faire sur
des propriétaires, que du Cul-de-Sac qu'ou
les quatre habitations même quantité d'oume désignera, avec la
douzième de
la révolution, un
vriers qu'avant
178g,et sans fatiguer
revenu de plus qu'en
autant T'atelier.
sur ces habitations, je
Si j'étais long-temps
augmenterait de
prouverais que la population l'esclavage.. J'assure
plus de moitié que sous
seront heutous les cultivateurs
de plus, que
non riches , puisque, portés
reux et contents;
des vêtements et à 66
par leurs goûts à acheter recherchée, ils ne
mettre avec une propreté
(1).
feront jamais aucune économie habitatious vculent
Sridialmintarmaeursdel
cela avec d'autant plus de certi-
(1) Je puis assurer noirs qui ont quelques moycns sont
tude 7 que les
mis. Nous en avons en France
toujours tris-proprements les ofliciers, qui; quoique réformes, Je
des ekemples par
recherchée.
vêtus. avec une proprété
sont toujours
fait à
de ce que) javance.
puis encore citer un
T'appui dans la partie de T'Ouest,
A la première insurrection des serrures qui servaient aux
les nègres s'emparérent
aux leurs ; ensuite
portes des blancs, et les appostrent firent trainer à leur
les voitures et sy
mais ils'
ils sapproprierent farent bientôt abadonnées;
tour. Les voitures
et s'en firent des' vétements.
en ôtèrent les garnitares,
de leurs maitres, et
D'autres prirent les garde-robes
en firent usage.
partie de T'Ouest,
A la première insurrection des serrures qui servaient aux
les nègres s'emparérent
aux leurs ; ensuite
portes des blancs, et les appostrent firent trainer à leur
les voitures et sy
mais ils'
ils sapproprierent farent bientôt abadonnées;
tour. Les voitures
et s'en firent des' vétements.
en ôtèrent les garnitares,
de leurs maitres, et
D'autres prirent les garde-robes
en firent usage. --- Page 155 ---
(155)
mettre UIl peu de bonne volonté
les propriétaires, dont
(jene dis pas
server leurs
lintérêt est de conà ce
cultisateurs), etse préter un
régime, tons lcs colons
peu
sance
verront leur aid'autant s'accrolure, et jouiront d'un bonheur
plus grand, qu'il sera
ceux qui trav vaillent à le leur partagé par tous
Dans mes
procurer.
colons
voyages, j'ai fait part à
anglais et hollandais
plusieurs
écoutent avec plaisir les
( car ces gens
dentaul bonheur deleurs observations qui tenfait part de mes idées esclaves)jai, dis-je,
aux
sur la portiou accordée
cullieateurs je n'en ai pas
qui ne in'ait
trouvé un seul
>) doute que, si répondu les
: (( Nous n'avons nul
noirs
)) ne travaillassent de avaient une part, ils
> Il est
coeur et bien davantage.
> colonies, surprenant que lorsqu'on a fondé des
on n'ait pas
> une portion sur les songé à leur accorder
) par là bien dcs
revenus : on aurait évité
Jer passais
crimes et des malheurs. )
souventdes
M. le gouverneur
journées entières avec
taire à Surinam, Frédéricy, riche propriéqu'aimable. Je lui hoine faisais instruit non moins
esclaves se battaient
observer que, si les
les noirs marrons avec acharnement contre
chons, quelques pour couserver quelgues COplus d'ardenr
poules, ils le feraient avec
encore lorsqu'ils défendraiens, --- Page 156 ---
( d 36 )
etleurs cochons, l'espérance
outrel leurs poules
de cannes et de
que leur donnerait une pièce
et jai la
café. ( Cela est vrai, me répondit-il,
qu'un tel régime serait avantageux
> certitude
qu'aux manu-
> aux colons propriétires,sinsi quoique les prode la métropole,
> factures
résident en Hollande en-
> priétaires qui les six mois tout ce qui est né-
) voient tous
esclaves, et. mème à leurs
>) cessaire à Jeurs
> gérents. >
des exemples si loin,
Si je vais chercher
presque tous que
c'cst que les colons ignorent
aux quartiers
sur les habitations adjacentes marrons, telles que
occupés par les nègres du Sal Trou, les procelles qui sont voisines de fortifier leurs planpriétaires sont obligés
esclaves contre
tages, et d'armerleurs propres ont fait des incursions
les nègre es marrons, qui n'ont jamais pu être subchez eux. Ces nègres
des blancs, des mujugués malgré les altaques commandés par M.le
Jâtres, des nègres libres, officiers du roi.
général Belcombe et autres
ades colons français quirefusentde ce
Maisilya
sous leurs yeux : tout
voir ce qui se passe
Ces nègres marrons
qu'ils disent le prouve.
chef a été
d'Occo ; leur premier
se nomment
nommé Lafortune, que
un noir commandeur,
maitre avait taillé injustement.
son
, des mujugués malgré les altaques commandés par M.le
Jâtres, des nègres libres, officiers du roi.
général Belcombe et autres
ades colons français quirefusentde ce
Maisilya
sous leurs yeux : tout
voir ce qui se passe
Ces nègres marrons
qu'ils disent le prouve.
chef a été
d'Occo ; leur premier
se nomment
nommé Lafortune, que
un noir commandeur,
maitre avait taillé injustement.
son --- Page 157 ---
(157)
CHAPITRE V.
Avantages que retirera la France en accordant aux Cultivateus une portion Sur les
revenus. Objections que, font quelques Colons.
Oxa vu, dans le chapitre précédent,
la portion accordée aux cultivateurs, loin que de
nuire aux colons, sert leurs intérèts,
cette portion assurera la tranquillité de puisque Ja colonie, et rendra les noirs plus laborieux. De
côté, le gouvernement connaîtra
son
quotité des
au juste la
productions des colonies , ce
sera d'un grand
qui
Il
avantage pour ses douanes.
me reste maintenant à prouver que le
commerce en retirera de plus grands bénélices;
c'est le résultat d'un calcul fort simple.
D'après les données sur la population des
noirs, qui n'a jaais pu être exactement évaluée, 1 je pense qu'elle était au moins d'un
million pour toutes les colonies françaises.
Le code noir ordonnait aux
de donner tous les ans à chaque propriétaires esclave
un --- Page 158 ---
(158) )
etc. Cette loi,
chapeau et deux rechanges,
voulait
annonçait que le gouvernement
qui
à ses mannfactures,
procurer un débouché été mise a exécun'a malheureusement pas
du roi.
la négligence des agents
tion, par
a ce sujet, on
Si on faisait un recensement a pent-être pas
serait bien convaincu qu'iln'y les colonies où
deux habitations dans toutes
même
loi ait été suivie.Je pourrais
cette sage
distribné parmi tous
assurer qu'il n'était pas dix ans avant la révoles cultivateurs, dépuis
mille rechanges.
Jution, plus de trois cent élait pas délivré
il n'en
Quant 2ux chapeaux, mille par an. Cependant
deux cent cinquante
cinq cent mille rejaccorde qu'on délivrait
faisaient
changes, qui, à cinq aunes chiaque, de toile.
millions cinq cent mille aunes
cent
deux
donnàt les deux
Je veux encore qu'on
voici ce que cela
einquante mille chapeaux;
de France:
pour les manufactures fr. 50 cenproduisit
de toile, à I
aunes
fr.
2,500,000
a . - a 3,750,000
times . - e
:
41 fr... 1,000,000.
250,000 chapeaux,
manufactures de
Débit des
des
France pour les dépenses
fr.
- 4,750,000
esclaves *
deux
donnàt les deux
Je veux encore qu'on
voici ce que cela
einquante mille chapeaux;
de France:
pour les manufactures fr. 50 cenproduisit
de toile, à I
aunes
fr.
2,500,000
a . - a 3,750,000
times . - e
:
41 fr... 1,000,000.
250,000 chapeaux,
manufactures de
Débit des
des
France pour les dépenses
fr.
- 4,750,000
esclaves * --- Page 159 ---
(139 )
Voyons maintenant CC qu'clles
produiront
d'après mon cadre :
21 pantalons brin Mortagne.
2 chenrises de travail..
le tont IO ann. à I f. 50c.
I pantalon en ginga..
150 C.
I 1 vareuse, id..
le tout 5 aun, Aaf..
IO
I pantalon Morlaix ou Laval.)
chenise, mouchoir id..
le tout 5 aun, à 2 50. 12 50
1 paire de souliers. Ronen ou : Cholet, pomr lecol.
I chapesn. .
Autres petits objets deluxe estimés.
IO
Dipense annuclle de chaque noir.. .
. 63f.5o,
Si un noir dépense 63 francs 50
combien
centimes,
dépenseront un million de noirs?
lls dépenseront 63,500,000 francs.
Après avoir soustrait les 4,750,000
valeur del'ancien débouché des
francs,
des 63,500,000 fr.
manufactures,
que je trouve, je vois
reste 58,750,000 francs qui sortiront de qu'il
de nos manufactures.
plus
D'après ce calcul, on me demandera : Combien le quart de chaque noir lui
donc? Je
produira-t-il
répondrai : Les colons conviènent
que chaque nègre rapporte l'un daus
une somme de 80o
l'autre
franes; par conséquent
chaque cultivateur aura 200 francs. Mais
ne dépense que 63 francs 50 centimes s'il
son eutretien, il Jui restera 156 fr. 50 pour
qui seront
cent.,
employés en meubles, ustensiles --- Page 160 ---
(140 )
telle que pain, vin,
et enfin en nourriture, et en objets de luxe
viande, poisson salé, etc.
à son goit.
calcul que, si un nègre.
Il résulte de mon
de nègres aurout
a 200 francs, un million c'est porté au plus
200,000,000 fr.; et certes,
dépensés par
fr. seront
bas. Ces 200,000,000
lindustrie
les cultivateurs ; et augmenteront
française
à l'homme primitif,
Le noir, ressemblant
préfère
dire, dans ce cas, au. civilisé,
on peut
vêtu et manquer dans sa case
se montrer bien
nécessité.
des choses de première
maladies les plus
J'ai remarqué que leurs
d'entrer dans ccs détails, qui pa-
() J'ai été obligé
: mon but est
raitront minntieux à quelques personnes et tous les Français,
de convaincre le gouvernement retireront en affectant un quart
de l'avantage qu'jls calcul n'offre, comme on voit, que
Cc
aux cultivateurs. liv. de revenus pour toutes les colonies, double
800,000,000
qu'elles prodeiraient le
et je suis persuadé
(seize cent millions ).
le noir pourra acheter. des
Malgré quej jélablisse que propriétaire delui donner
vivres,jer ne dispense pointle
3 etc. d'antant
d'usage, tels que patates , bananes
J'observe
ceux
ne lui coûtent rien.
mieux que ces productions sur le bois patates, parce que
que le noir n'a aucune part la nourriture des animaux
cc fourrage est résérvépour
de lhabitation.
et je suis persuadé
(seize cent millions ).
le noir pourra acheter. des
Malgré quej jélablisse que propriétaire delui donner
vivres,jer ne dispense pointle
3 etc. d'antant
d'usage, tels que patates , bananes
J'observe
ceux
ne lui coûtent rien.
mieux que ces productions sur le bois patates, parce que
que le noir n'a aucune part la nourriture des animaux
cc fourrage est résérvépour
de lhabitation. --- Page 161 ---
(141)
fréquentes sont les rhumes,
souvent en maux de
, qui dégénèrent
poitrine et les
très-jeunes à la mort : les
conduisent
forcer leurs cultivateurs propriétaires doivent
de sangle, et à avoir
à coucher sur un lit
laine ou un drap. une petite couverture de
Je prévois que quelques colons,
l'esprit de vengeance,
animés par
mais que peut, contre blâmeront ce régime :
entière, la voix
l'intérêt de la France
dequelques
vent méconnaissent leur individusqui souenfin qui se plaindra? propre avantage? Car
qui trouvera un sûr sera-ce ler manufacturier
ses fabriques ? sera-ce débouché le
des produits de
tipliera ses
négociant, qui malde navire expéditions ? sera-ce le
et ses
capitaine
pacotilles dans les officiers, 9 qui portent tous des
telot, quoiqu'ayant colonies ? sera-ce le magens les mieux élevés plus de préjugés que les
des
sera pour sa petite
colonies, qui refunègre
pacotille la
pour recevoir celle d'un gourde d'un
lepropriétaire de France,
blane?eera-ce
assurédesest farines, vins, quitrouvera un débit
sera-ce le négociant des laines, chanvres, etc.?
Vant en consignation des colonies : qui, receamis d'Europe, trouvera marchandises de ses
ché qui
uu plus grand débouquadruplera la commission ?
petit marchand détailleur dans la sera-cele
colouie, qui --- Page 162 ---
(142)
les marchés des villes et
les dimanches couvre
portatives, afin de
des bourgs de sès boutiques aux noirs cultimarchandises
vendre quelques
qui parvateurs? sera-ce le petit pacotilleur, et des moncourt Jes habitatious des plaines
aux atedébiter sa marchandise
tagues pour
enfin ce
bon,
- ce
propriétaire
liers ? sera
noirs des sentiments
humain, ayant pour SCS
nombre,
commej'en ai vu un grand
paternels, tirent vanité de voir leurs nègres
ou ceux qui
recherchée?
vêtus avec une élégance de ces classes un
Y aura-t-il dans aucune Non. 11 ne peut y
seul colon qui se plaigne?
un ennemi du
avoir qu'un mauvais citoyen,
de Ja.
de Thumanité,
commerce, de sa patrie,
puisse élever la
tranquillité des colonics, qui
rétablir, en
voix contre une mesure qui peut détruit par les
peu d'années, notre commerce longue. Cette memalheurs d'une guerre aussi
deux cent
scule fait sortir denos fabriques
sure
de plus qu'il ne s'en
millions de marchandises deux cent millions ne
exportait autrefois. Ces
des propeuvent-ils pas, par laugmentation la suite a
ductions coloniales, être portés par
deux ou trois plus forte ()?
une somme
vient à l'esprit une réflexion que me dicte
(1) Il me
D'on vient que lcs Américaius
I'amour de ma patrie:
d'une guerre aussi
deux cent
scule fait sortir denos fabriques
sure
de plus qu'il ne s'en
millions de marchandises deux cent millions ne
exportait autrefois. Ces
des propeuvent-ils pas, par laugmentation la suite a
ductions coloniales, être portés par
deux ou trois plus forte ()?
une somme
vient à l'esprit une réflexion que me dicte
(1) Il me
D'on vient que lcs Américaius
I'amour de ma patrie: --- Page 163 ---
( 145 )
Quelgues spéculateurs
pent-être pas dans la colonie colons, qui n'ont
terrain qui soit en culture,
un pouce de
le quart du revenu
m'objecteront
sera perdu pour Jes que
priétaires; ; que d'ailleurs ils
prodans le
versaient ce
commerce. 1
quart
Je Jeur
répoudrai : 1. qu'ils n'en
sculs introduisent
perdent
dont les nègres sont dans nos colonies la morue
sommation n'en élait trés-friands,7 Est-ce que (poisson la
une défaite
pas assez considérabley
conainsi que de avanlageuse celle
aux armateurs de cette pour assurer
tion de la morue desharengseto des
péche,
par les bâtiments seandinedlintredie
grande facilité, puisqu'en sortant français est de la plus
qui en seraient chargés
du banc, les navires
je propose, un débit certain trouveraient, par le code
marchandise.
et avantageux de que
Les navires
cette
venant de
porter en France des
Terre-Neave pourraient imteut chez enx, et dontils sirops, , que les Américainsi
pourquoi donc les
savent faire d'excellent importrieux depuis
Frangais, qui
rhum :
Je trouve vingt-cing ans, n'en feraient-ils paraissent si indusde France qu'il est plus
pas?
et pour la santé des profitable pour le commerce
tafia, emploient une portion de leurs caltivateurs, que les noirs
cilité. qui nuit à leur santé ct les revenns en vin qu'en
Le tafia ne devrait être enivre avec trop de faques villes de la colonie. Je fabriqué que dans
cette
ne vois
quelboisson, > lorsque les
pas la nécessité
moins
caux-de-vie de
de
dont malfaisantes, et
France sont
on Ssc sert
qu'elles peuvent
quelquefois dans la remplacerlet tafia
pharmacie.
une portion de leurs caltivateurs, que les noirs
cilité. qui nuit à leur santé ct les revenns en vin qu'en
Le tafia ne devrait être enivre avec trop de faques villes de la colonie. Je fabriqué que dans
cette
ne vois
quelboisson, > lorsque les
pas la nécessité
moins
caux-de-vie de
de
dont malfaisantes, et
France sont
on Ssc sert
qu'elles peuvent
quelquefois dans la remplacerlet tafia
pharmacie. --- Page 164 ---
(144)
qu'il est prouré qu'un
point un quart, parce ses propres intérêts
homme qui travaille pour celui qui travaille
le faita avec plus de zèle que
prêt à le
autrui et sous le fouet toujours France plus
pour
a pointde terres en
frapper: : iln'y celles qui sont à moitié proproductives que
Les cultivateurs feront
fits et revenus. 2.9 dans les plantations, soit
plus d'attention, soit
dans celles
dans les récoltes, principalement se perdlaient par
des cafés, dont beaucoup
négligence.
aujourd'lni de chasser
Ils s'empresseront dévoraient les jeunes cannes, et
les mulets, qui
point, parce
que les cultivateurs c'était ne chassaient le trat vail des gardeurs
qu'ils disaient que
ne perd point
d'animaux. 3. Le propriéuire puisque sur ce quart
le quart de son revenu, de manutention et d'en-
.on retient les fraits code noir les' colons étaient
tretien, que par le leurs esclaves, tels que reforcés de donner à sel, etc., et qmauipundhut
changes, chapeaux,
de fournir. 4.° Je dis
ils ne seront plus tenus aux noirs n'était pas
que le quart que Faffecte d'une manière aussi
reversé dans le commerce scolons, résidants
utile, puisqueles dépensesdesc principalenent sur des
en France, portaient diamants et autres choses dcluxe,
chevaux, des
avec nos
peuvent entrer en comparaisou
quine
, tels que reforcés de donner à sel, etc., et qmauipundhut
changes, chapeaux,
de fournir. 4.° Je dis
ils ne seront plus tenus aux noirs n'était pas
que le quart que Faffecte d'une manière aussi
reversé dans le commerce scolons, résidants
utile, puisqueles dépensesdesc principalenent sur des
en France, portaient diamants et autres choses dcluxe,
chevaux, des
avec nos
peuvent entrer en comparaisou
quine --- Page 165 ---
objets
(145) )
Les manufacturés noirs
Cl nos produits
boiront du vin, aujourd'hui mangeront agricolos. du
couchés d'une porteront des souliers, pain, 2
manière plus
seront
conservera la santé, Tout saine; ce qui leur
pas possible autrefois,
cela ne leur était
ne recevaient que des puisquc pour solde ils
mais une seule
coups de Jouet, Ct javenant en France, récompense. 50 L'aisance resommation des denrées rendra plus forte la contion qui tournera au coloniales ; augmentaL'économic des profit des colons.
et leur desir de habitants de
naissait à Ja repasser en France, Saint-Doningue se reconTintérieur de pauvre la
apparence que présentait
peine y avait-il des plupart des grandes cases : à
dans Jeurs cuisines ni meubles; on ne trouvait
casseroles, ni
atre, nifourneau, ni
nibroche, etc. pincettes, ni tourne. -
dans les colonies comme on en voit en broches,
bataves et
Europe et
Certes, si les colous
anglaises.
Soint-Doniegued commeleur eussent voula regarder
pu s'y procurer plus
patrie, ilsa auraient
prouvé qu'on peut d'agréments, dans
puisqu'ilest
expositions où tous nos fruits cette ile trouver des
draient parfaitement.
d'Europe vienregardaient comme oiseaux Malhlenresomelit, de
ils se
passage.
--- Page 166 ---
(146)
CHAPITRE VI.
De la Comptabilité
silence un article aussi
passé sous
colors proJ'AUnAs celui-ci, si quelques que cette
simple que
fait observer
priétaires ne m'eussent avec leurs nègres ?
mesure les met en comptc des difficultés.
offre bien
que la part
et qu'elle
prouvé les avantages
Puioquejai
procure aux propriéaux cultivateurs)
à tout
accordéc
aux marchands,
taires , aux négociants, je dois aussi prouver
de France,
comment on
le commerce
Voici
la facilité de la répartition.
doit opérer.
on aura une fenilled'apAinsi qu'antrefois,
de toutl'atequi indiquera le mouvement savent tous ceux
pel lier. Cette feuille ( comme renferme le nom,
ontg géré des habitations)
désigne la
qui
cultivateur,
Y'emploi de chaque
et enfin indique
bande à laquelle il est attaché, tient dans Yatelier,
que chaque noir
dernier néle rang le commandeur jusqu'au divise les parts :
depuis Voici comment je
grillon.
.
on aura une fenilled'apAinsi qu'antrefois,
de toutl'atequi indiquera le mouvement savent tous ceux
pel lier. Cette feuille ( comme renferme le nom,
ontg géré des habitations)
désigne la
qui
cultivateur,
Y'emploi de chaque
et enfin indique
bande à laquelle il est attaché, tient dans Yatelier,
que chaque noir
dernier néle rang le commandeur jusqu'au divise les parts :
depuis Voici comment je
grillon. --- Page 167 ---
147 )
Je donne au ler
PARTS.
Secoud
Commnandeur, .
Commandeur,.
ier Sucrier, -
2°
idem.. e
Hospitalier,
Ier Cabrouctier,
Gardeur d'animaux,
2 *
I*r Arroseur, . Charpentier, . *
Tonnelier, : -
2 #
Jc suppose maintenant mon
25 :
de 100 nègres dont 50 à la
habitation
grande bande ,
ausquelsy'accorde une part et demie,
que ce sont eux qui font les travaux les parce
pénibles, ainsi :
plus
50 nègres à e
La seconde bande,
I part :, 75
composée de
20 nègres à : :
Le restant de mon atelier,
- I part, 20
nègres, vieilles
composé de vieux
négresses et
n'aura qu'une derni part; négrillons,
30 noirs à
: part, 15
Total des parts de mon habitation,
L'habitation est supposée produire
de sucre, qui, à 50 fr. le :,
500,000 milliers
Le quart, pour
fontgo,000f.
A déduire les frais T'atelier, cst de. . . 22,500.
jes
d'exploitation, que
suppose de e
4,500.
Reste net à l'atelicr .
18,000 of --- Page 168 ---
(148 )
Je divise cette somme par 1550;
Son résultat est de : . . 132. 84c.
fraction à néReste 18 centimes >
connais le
gliger. Maintenant que je :il revient
montant de chaque part,jedis il aura
quatre parts 5
au commandenr
qui font.
531. 56.
donc quatre fois 15a0.846.,
265. 68.
Le second commandeur, à2.
598. 52.
Premier sucrier > à 5.
265. 68.
Second sucrier, à 2.
265. 68.
Hospitalier, à 2. .
332. 10.
Premier Cabrouetier, à 24
265. 68.
gardeur d'animaux, à 2.
Premier
598. 52.
Un arroseur, à 5.
532. JO.
Un charpentier 2 à 2:
332. 10.
Un tonnelier, à 2 #
Première bande 2 50 noirs, à1, 9.965.
75 parts ; en tolit. .- .
àl
2,656. 80.
Seconde bande, 20 noirs,
1,992. 60.
Trente noirs restant, à 1 : .
17.999 82 c.
18c.
Ajouter le reste. .
e
18,000f.
Total du net produit. .
SV Z a
à chaque cultivateur, depuis
Il serà retenu
dernier des enfants
le commandeur jusqu'au
sera reverune masse qui
qui sont employés, nécessaires à sa santé, s'il
sée pour Jes objets
futiles,et de Juxe.
les choses
leur préférait
du quart de la portion : ainsi
Celte masse sera
Trente noirs restant, à 1 : .
17.999 82 c.
18c.
Ajouter le reste. .
e
18,000f.
Total du net produit. .
SV Z a
à chaque cultivateur, depuis
Il serà retenu
dernier des enfants
le commandeur jusqu'au
sera reverune masse qui
qui sont employés, nécessaires à sa santé, s'il
sée pour Jes objets
futiles,et de Juxe.
les choses
leur préférait
du quart de la portion : ainsi
Celte masse sera --- Page 169 ---
le
(10)
commandeur, au lieu de
parts, n'en recevra
recevoir quatre
598 .sberledensone que trois, qui lui feront
que 199 fr. 26 cent., ainsi commandeur n'avra
somme sera versée dans des autres. Cette
lière, dont le
une caisse particudont il rendra propriétaire sera
compte à
responsable et
Chaque cultivateur T'inspecteur.
montant de l'achat lui recevra un livret, dont le
indiquera son nom, celui sera retenu ; ce livret
laquelle il
de Thabitation sur
travaille, et les
remplit. La somme qui fonctions qu'il y
quart de retenue sera
proviendra de son
masse; les sommes indiquée à la colonne de
portées à la colonne qu'on des lui avancera seront
avances,
Lesamenderquie Isera tenu de
punition, seront portéesi à la
payer, comme
des, en indiquant le
colonne des amenet le montant de la jour de la condamnation
et paraphé du
somme. Le livret sera signé
si celui-ci ne sait propriétaire et du cultivateur:
Ala fin de l'annéc, pas écrire, il y fera une croix.
sera versé au
l'excédent du décompte
à ses
cultivateur; et en cas de
désigné héritiers, s'il en a, ou à celui
mort,
avant son décès. Sinon qu'il aura
entrera à la caisse des
cet excédent
amendes (1).
(1) Voila encore une circonstance
gui assurcra au --- Page 170 ---
(150 )
CHAPITRE VIL
deson
de
andiorationidieaug
De la Cultures
des noirs, moyens
du peu de population du soin i apporter aux
Paugmenter, et
animauz.
détails sur la
point ici dans les
le
JE n'entrerai cultive les cannes à sucre,
manière dont on
puisqw'il peut rendre
un grand ascendant, faisant des avances sur
propriésire cultivateurs en leur
obtenir à créservice à scs
soit en lui faisant
une
soit en argent,
ou des bourgs
sa part, les marchands des villes
dont ils auront
dit chez
autres marchandises
pièce de toile ou
le montant sur sa portion.
et dont il retiendra
serait nécessaire
besoin, lui-mème acheter ce qui
pour ne
Il) pourrait
s'il élait assez desintéressé il seà ses cultivateurs, eux : s'il avait cette géncrosité, ni les
pas bénéficier sur
mais ni les procurenrs,
rait adoré de ses noirs; ni les ménagères mulatresses
, ni les économes,
gérents, doivent rien vendre aux nègres. article avec le plus
ne
doit veiller à cet
les colons
Linspecteur Ce n'est pas qu'il n'y ait parmi : je suis
grand soin. capables de procédés généreux les cases des
des hommes
mais il ne faut pas que
proloin dc le penser ;
de marchands. Siles culblancs soient des boutiques veulent rendre service aux
cureurs ou les gérents
leur avançant de Y'argent,
tivateurs , ils le pourront en chez le marchand.
un cautionnerent
ou par
doit veiller à cet
les colons
Linspecteur Ce n'est pas qu'il n'y ait parmi : je suis
grand soin. capables de procédés généreux les cases des
des hommes
mais il ne faut pas que
proloin dc le penser ;
de marchands. Siles culblancs soient des boutiques veulent rendre service aux
cureurs ou les gérents
leur avançant de Y'argent,
tivateurs , ils le pourront en chez le marchand.
un cautionnerent
ou par --- Page 171 ---
(15r )
café, le coton, T'indigo, le
parce que ces travaux ont été rocou, lc cacao,
écrivains; ; mon but
décrits par divers
priétaires sur les abus n'estque d'éclairer les proture,
qui existent dans la culfaire connaitre principalement dans celle des cannes; de
les causes qui
pulation des noirs, et celles empêchentla pola mortalité d'un
qui occasionnent
Les
grand nombre d'animaux.
agriculteurs de
nent pour les plus sa vants Saint-Domingue se dontilles; ceux du Cul-de-Sac cultivateurs des Ancraignent pas de dire
(Portan-Prince)ne
talents
qu'il D'y a de véritables
ductions que du dans cette plaine, et que les
Cap seraient bien
prosilesé économes de ces
plus abondantes
leur
habitations venaient faire
apprentissage chez enx.
partage pas tout-à-faitcette
Quoique je ne
m'empécher d'observer opinion, jen ne peux
étant singulièrement que la partie du nord
abondance de pluie, favorisée par une grande
à la culture de la canne n'exige pas qu'on apporte
demande
les mêmes soins
au Cul-de-Sac et
qu'elle
Les sucreries de la
dans l'Arcaye.
duiraient
partie de l'oucst ne protrouvé les presque rien, si on n'avait pas
dieux
moyens, par d'immenses et
travaux, de faire
dispenrivières sur chaquel
parvenir les eaux des
habitation, pour servir, nuit --- Page 172 ---
(152 )
à l'arrosage des cannes; voilà ce qui a
et jour,
les cultivateurs de l'ouestpu faire croire que
ceux du nord. Une auétientplos Sa vants que
tre raison, c'est qu'eu général les habitationsy
produisent uneplus grande quantité de revenu,
car il y en a qui donnent douze à quinze cents
milliers de sucre par an, ce qui n'arrive point
dansla plaine du nord, peut-être parce que les
habitationsn'y sont pas d'uneanssi grandeétendue. D'ailleurs, dans toutes les plaines, les
:
a dans le même
terrains ne sout pas égaux ily
quartier des terres qui exigent un tiers de plus
douner le même TCde cultivateurs pour
venu.
En réfléchissant surla maniéredeciltiverles
cannes, je ne puis concevoir pourquoi Jes agriculteurs ont continué leur plantation comme
les anciens colons; il est étonnant qu'on ait
toujours tenu à une routine telle que celle de
la houe, qui exige une moitié plus de bras que
l'usage de la chariue.
Certes, le plant de canne mis dans un trou
fait avec la houe, ou dans un rayon tracé par
viendra également bien : je dis
la charrue,
sera placé dans un
même plus, le plant qui
par la raison que
rayon, sera plus productif,
Tair, qui
lcs cannes seront plus favorisées par
it
toujours tenu à une routine telle que celle de
la houe, qui exige une moitié plus de bras que
l'usage de la chariue.
Certes, le plant de canne mis dans un trou
fait avec la houe, ou dans un rayon tracé par
viendra également bien : je dis
la charrue,
sera placé dans un
même plus, le plant qui
par la raison que
rayon, sera plus productif,
Tair, qui
lcs cannes seront plus favorisées par --- Page 173 ---
(155 )
circulera plus aisément dans l'intérienr de la
pièce. lly croitra peut-être moins de picds de
cauncs, mais ils seront plus beaux,
et parviendront tous en maturité; plus longs,
rivait que sur les bordages des ce qui n'arcanne moutait à la hauteur de pièces, où la
pieds, tandis
dix à douze
que dans l'intérieur elle n'avait
que deux à quatre pieds, encore y en avait-il
ung grandnombre edevertes
suis persuadé
la
etremplies d'eau.Je
fait
Tà que canne plantée sur le sillon
par charrue donnera une plus
quantité de sucre, et qu'il sera de meilleure grande
qualité. Le travail du cultivateur
de moitié,
sera abrégé
tôt
puisqu'avec la charrue on aura plus
planté quatre pièces que fouillé une
avec la houe. Cela se fera encore mieux seule
dans les habitations
sentir
fois des
quine peuvent avoirqu'une
rejetons, ce qui exige de nouveaux
plants et beancomp plus de bras.
Ona fait, dit-on, ades essais avec la
d'après les ordres de
charrue,
cn France,
quelques colons résidant
fondés de qui même en ont envoyé à leurs
pouvoirs. Tous ceux de Saint-Dominque à qui j'en ai parlé m'ont dit
cela
ne pouvait pas réussir; d'autres, que
m'ont assuré
plus vrais,
quela charrne serait
Mais si ces essais sont les mêmcs avantagense.
que ceux --- Page 174 ---
(154)
de FArété faits sur deux habitations
ces
qui ont
rien conclure, puisque le
caye, on n'en peut
été attelées, et que
charrues n'ont jamais
de courage ni de
procureur n'a pas eu assez T'habitude et les
force d'àme pour lutter contre voisins. Les esmauvaises plaisanteries de ses de cette innoclaves mème riaient les premiers qué petit ca-
: Mires zautres
la
vation en disant maitre nous envoyé li
brouet ci la la ;
maitre nous li
planter cannes; ;
France pour Sij'avais eu une charrue, j'aupas connaiyen. de mes cannes de cette marais fait la culture
été difficile de faire
niire, et il ne m'eût pas noirs, non par de mauentendre raison à mes
les excitant par des
traitements, mais en
moqué
vais
pécuniaires : je me serais
récompenses
surtout si le propriétaire
des laszis des colons,
essai en ce genre.
m'edt permis de faire un
qui, en France,
J'ai connu bien des gérents ils m'ont assuré
avaient habité la campagwe; diminueraient ;
par la de
que les propriéuires des bras.
moitié le nombre
Gouraud, connu par son
M. le propriétaire esclaves et par ses lumières,
humanité pour ses
France en 1793,
à son retourde
me témoigna,
d'avoir oublié d'apporter
le regret qu'il avait charrues. M. Gouraud estle
avec lui plusieurs
'ai connu bien des gérents ils m'ont assuré
avaient habité la campagwe; diminueraient ;
par la de
que les propriéuires des bras.
moitié le nombre
Gouraud, connu par son
M. le propriétaire esclaves et par ses lumières,
humanité pour ses
France en 1793,
à son retourde
me témoigna,
d'avoir oublié d'apporter
le regret qu'il avait charrues. M. Gouraud estle
avec lui plusieurs --- Page 175 ---
I 1e - 155 )
meilleuragriculteur
à Saiut-Domingue. que j'aye jamais rencontré
Ce propriétaire pouvait d'autant
mieux faire
cetieexpérience, qu'il ne
treute à quarante
craignait pas de faire
par an, afin d'avoir barriques de sucre de moins
atelier.
plus d'eufants dans son
Les colons qui reviènent de
partis fortjeunes de la
France, étant
idée de sa
colonie, n'ont aicune
culture; leurs
rope ne leur permettent occupations en Euservations sur
pas de faire des obmême qui n'ont Tagriculture vu de
française; il en est
et n'ont
charrue qu'en
aperçu nos paysans
peinture
tres.
que surles théàde tout D'ailleurs, ces colons étaient
essai par le
détournés
craindre
procureur: : celui-ci pouvait
qu'une telle
dre une partic de innovation ne lui fit perdixième du revenu. son traitement, qui était du
peut-être
D'un autre côté, il
de
pas su instruire les noirs n'aurait
cet instrument;
à se servir
rait pas osél'avouer, et, l'eàt-il pu faire, il n'aucendant de
crainte de
paysans : sotte vanité passerpourdespays plus que dans tout
2 qui dans ce
choses utiles!
autre, est ennemie des
Si un labourcur est amené
France pour enseigner
ou envoyé de
l'usage de la charrue, --- Page 176 ---
(156 )
homme trouvera les noirs maladroits; 1 n'encet
les nètendant point le créole, il se dépitera; ;
traiteront de mouton France, et le tourgresle ridicule dans leurs chansons;1 les COneront en
deux cents ans
lons blancs lui dirontquedepuis
on fait le sucre sans charrue; alors ce paysan
abandonnera tout, et voila P'expérience délaissée. Cet asservissement à la routine s'oppose
ainsi à toute amélioration dans Pagriculture.
La charrue peut même être employée sur
sont arrosés; il suffit de la leles terrains qui
l'outes les plaines
ver pour passer les rigoles.
en
de la Lombardic, dans lesquelles on plante
le mais, sont cultivées de la même majuillet
de cannes, par divisions et
nière queles pièces retenir les eaux, on établit
par planches. Pour
des bordages avec la houe.
d'autant
Cette façon de cultiver me parait
nécessaire aujourd'hui, que la révolution
plus
de noirs : ces
a fait périr une grande quantité
les
cultivateurs nc peuvent être remplacés par
enfants survenus depuis, qui se trouvent trop
jeunes (1).
colons qui ont résidé aux Etats-Unis cnt dà
(r)Les
scul conduit la charrue du colon
remarquer qu'un nègre d'adresse qu'un blanc. Ne scraitaméricain avec autant
:
ant
Cette façon de cultiver me parait
nécessaire aujourd'hui, que la révolution
plus
de noirs : ces
a fait périr une grande quantité
les
cultivateurs nc peuvent être remplacés par
enfants survenus depuis, qui se trouvent trop
jeunes (1).
colons qui ont résidé aux Etats-Unis cnt dà
(r)Les
scul conduit la charrue du colon
remarquer qu'un nègre d'adresse qu'un blanc. Ne scraitaméricain avec autant
: --- Page 177 ---
(1 157 )
Les Français se montrent partout diligents
facile de faire venir quelques-uns de ces noirs
il pas
les autres 2 Dans ce pays, ily a une
qui instruiraieut
colonies françaises qui ont
multitude de noirs des
qu'on ne pense 1
pronvé qu'ils ont plus d'aptitude
> et
bout d'uu an, ils savent tous l'anglais
puisqu'au
ont demeuré dix ans, ct qui
qu'ily a des blancs qui y
interde se scrvir de leurs nègres pour
sont obligés
ont été mille fois
Ccs mémes colons français
prètes.
des mulâtres ou nègres qui contémoins de l'adresse
Cette adresse cst sans
duisent les voitures publiques. oùt les cochers sont SL
exemple , même en Angleterre >
attelé de
renommés. Un noir conduit un stage
quatre douze
chevaux avec une telle rapidité qu'on arrive en
à
; cependant il y a
hcures de New-York Philadelphie; deux heurcs en
trente licues , et on s'arrête au moins
Le conducteur ne réclame jamais le pour-boire,
route.
les voyageurs lui présenil refuse même l'argent que remercie, je suis payé par
tent, en disant : aJe vous
françnis,
postillons
(t mon maitre. > Cochers anglais,
c'est là
voyagez en Amérique ;
italiens 7 napolitains,
qu'un
qu'un mulâtre ou un noir vous apprendra tenmême esclave, se croirait deshonoré en
homme ,
comme vous le faites avec une imperturdant la main
insolence lorsque les
bable andace , qui dégénére en
voyageurs ne satisfont pas votre cupidité. trouve une
bâtiments américains , il se
Sur tous les
mulâtres et
de l'équipage composée de matelots
partie
hommes ne le cèdent en ricn aux marins annoirs ; ces
et dans le Groënglais, même dans les mers d'Archangel
sontdesbétesbrutes.
land.Ne ditesdone plus quelesnoirs
erturdant la main
insolence lorsque les
bable andace , qui dégénére en
voyageurs ne satisfont pas votre cupidité. trouve une
bâtiments américains , il se
Sur tous les
mulâtres et
de l'équipage composée de matelots
partie
hommes ne le cèdent en ricn aux marins annoirs ; ces
et dans le Groënglais, même dans les mers d'Archangel
sontdesbétesbrutes.
land.Ne ditesdone plus quelesnoirs --- Page 178 ---
(158 )
Le colon de Saint-Domingue
et infatigables.
de zèle à suivre
surtout met plus de soin, plus
ni les
les cultivateurs, que ne font les Anglais
Hollandais; ils portent même à l'excès cette
vigilance. On ne peut attribuer cette surpredans un pays aussi chaud, qu'à
nante activité,
fortune:1 l'économe veutdel'ambition de faire
celui-ci
venir gérent; le gérent, procureur; ;
mériter la confiance de son propriétaire,
veut
celui qu'il a remfaire plus de revenu que
mériter ainsi la réputation de grand
placé, et
économe,
agriculteur. Le jeune Européen,
deux jours de travail sent tout le désagréaprès
non seulement parl les fatigues
ment de cet état,
éprouve, mais encore parl le peu d'égards
qu'il
ont pour
le proptiétaire ou le procureur
que
Jui.
d'un économe ne Jaisse pas un insLe zèle
l'inaction ; il le surveilletant l'esclave dans
un
dans la fabrication du sucre, ne quitte pas Jui
la sucrerie ni les moulins; on ne
moment
une chaise; il se lève la
permet pas d'y mettre
afin qu'ils
nuit pour surveiller les arroseurs,
les
l'eau destinée pour
ne laissent pas perdre de
il se réunit
cannes. Dans les temps
pluic,
à cux; ; vcille à ce que l'eau qui tombe par tor-
; il épie et fait épier
rents ne s'échappe pas --- Page 179 ---
(159 )
par quelques noirs affidés tout
sur Thabitation ; il fait
ce qui se passe
billet, le matin, en
son rapport par un
venant
propriétaire ou le
dejeuner avec le
attention à
s'il procureur, qui font à peine
rosée, si lui;
est bien mouillé
ses vétements sont
par la
sueur,sises. souliers. sont bien transperces de
cela prouve son
couverts de boue,
sera bon habitant. activité, et fait présager qu'il
a-t-il mangé
Quelle fausse idée! A
qu'il retourne au
peine
tour deux ou trois fois, visite jardin, en fait le
tivateurs
les différents cula
détachés, et rentre
quitté ses travaux. Alors il lorsque l'atelier
où il se jète sur un mauvais Va dans sa case,
qu'on viène le chercher
lit, en attendant
occupe le petit
pour diner.. A table, il
prononce
bout, ne lève pas les
pas un mot, et ne répond yeux, ne
monosyllabesa saux questions
que par
faire. L'instant du dessert qu'on veut bien lui
du départ. Il se rend à la est pour Jui le signal
jardin, se retire à six heures suite des nègres au
pour souper à huit. Enfin, du soir, et retourne
arrive;il va oublier
le moment du
ses fatigues dans ses peines et se
repos
les bras d'une délasserde
caine (1), qu'il
sensible Afrifinitordinairement
paracheter,
(1) Ilne faut pas croire que cette
négresse, sielle estdu
qu'on veut bien lui
du départ. Il se rend à la est pour Jui le signal
jardin, se retire à six heures suite des nègres au
pour souper à huit. Enfin, du soir, et retourne
arrive;il va oublier
le moment du
ses fatigues dans ses peines et se
repos
les bras d'une délasserde
caine (1), qu'il
sensible Afrifinitordinairement
paracheter,
(1) Ilne faut pas croire que cette
négresse, sielle estdu --- Page 180 ---
(-r60 )
au moins ses enfants, lorsque le
ou tout
lui vendre. Voilà
ROEA
priétaire veut bien les
snoirs et des mugine de Paflanchisementdesz
ldtres libres.
mille fois
malheuCe jeune homme est
plus
le chien de berger. Ses malheurs augreux que
si son ame est sensible aux
mentent encore,
les noirs; s'il a l'air
traitements qu'éprouvent lui
: Vous
de les plaindre, de suite on
répond nature
la
pas ces coquins-la;
ne connaissez étre esclaves : en arrivant nous
les a faits pour
mais nous avons
avons pense comme wous 2
faire forété bientôt désabusés: si wousvoulez)
laisser au tropique tous ces sentune, ilfaut
convenir à
timents d'Europe, qui ne peuvent
forcé
homme,
la colonie. Le pauvre jeune fait
à
à un
le besoin d'y rester, se
peu peu
par
abord plus terrégime qui parait au premier
d'il trouve
riblequiln'est en effet; surtout lorsqu'
par Féconome ; au contraire,
jardin, soit plus protégée
sévèrement, et l'écoleplus petit retard est puni plus
Ini-même fait tailler sa femme plus vigoureusenome
autre. On doit bien penser que les coups
ment qu'une
de son coeur ; mais la crainte
de fouel ne partent pas du procureur ou du propriétaire,
d'avoirdes reproches
économe, qui est
arrache un châtiment au malheureux
souvent cause du retard. --- Page 181 ---
de bons
(16r )
propriéaires, qui croient
presque tous qu'on ne peut conduire cependant
qu'en paraissant avoir
les noirs
et un air rébarbatif, une excessive sévérité
tnis-bumains.IVosn quoique souvent ils soient
à l'égard des matelots smarinsfrancaiss
:
sontdemème
landais, au
lcs Anglais et les HolM. Gouraud coutraire, 2 n'agissent pas ainsi.
Jants. Il était n'appelait ses noirs que mes ende tous ses adoréct obéi avec
esclaves.
empressement
Tel est le seul métier dur
il estd'autant
de la
n'a
plus pénible que
colonie, et
aucun salaire; il est
celui quile fait
tout. Heureux
nourri, blanchi et voilà
cureur!
quand il a l'espoir d'èure
Ces
probien fatigues ne scraient rien
né, si le
pour un homme
propriétaire ou le
dédommageaienty pardes
ptocureur le
tentions. Il en est
prercomnceretdeste
sent ainsi, mais ils sont quelques-uis cités
qui en agismétiers; cela est cause
comme des gdtequi veut faire son
que le jeune homme
un colon dont] la chemin préfère être chez
qui a quelques égards, réputation est terrible, à celni
préférence aux
parce qu'on prend de
de chez le terrible. appoiatements celui qui sort
tour du jardin à
Devenu gérent, il fait le
pied ou à cheval; il se
repose
II
comnceretdeste
sent ainsi, mais ils sont quelques-uis cités
qui en agismétiers; cela est cause
comme des gdtequi veut faire son
que le jeune homme
un colon dont] la chemin préfère être chez
qui a quelques égards, réputation est terrible, à celni
préférence aux
parce qu'on prend de
de chez le terrible. appoiatements celui qui sort
tour du jardin à
Devenu gérent, il fait le
pied ou à cheval; il se
repose
II --- Page 182 ---
(16a )
soin dont ila donné
uf peu sur son économedus
ans d'éconol'exemple pendantrois ou de quatre 5 à 6000 francs,
mat; ses honoraires sont
avec les douceurs de Thabitation.
comble
le voilà au
S'il devient procureur, de suite une voiture;
de ses voeux. Il achète
pour une
ménagère esta abandonnée
la négresse
désole les nègres sur Phabitamulatresse, qui
une chèvre insation; c'est presque toujours ou samedi au soir,
tiable. Tous les dimanches,
avec
il se rend à la ville, chez les négociants trouve
d'affaires; il y
lesquels il est en relation
la un
et les procureurs;
tous les propriétaires autant degoût que d'élébon diner, servi avec
va au bal des
gancc, l'attend ; il fait sa partie,
le lenderevient
mulâtresses ou au spectacle,
dans la se11 s'occupe,
main sur Thabitation.
de la corresponmaine, de la comptabilité,
de lhabidance; jouit du dixième du revenu
matin
la fraicheurdu
tation; ne sort plus qu'à
amplement des
ou du soir, et se dédommage économe.
fatigues qu'ila éprouvées étant
1 donne ses ordres aux commandeurs; putaille les noirs à sa volonté, les enchaine,
nit, s'il lui plait : enfin c'est le plus fier et
les tue
le plus insolent des despotes.
a son proSon principal but est d'envoyer --- Page 183 ---
(105)
sible. priétaire, en France, le plus de
chezluir Cclui-ci ne songe guère à ce revenu posrelativement à ses
qui se passe
avec confiance à un homme esclaves; il se livre
d'immenses
qui lui
dit-il. La bonne sommes : j'ai un bon
envoie
dupe! Dans
procureur,
cetagent si vanté quitte
cinq ou six ans
fait sa fortune.
Phabitation aprèsavoir
Unnoureauy
procureur veut
prédécesseur, et en
crenchériraurson
promptement; il force
pour cela méme-temps il
s'enrichir
les noirs à des
éviteles dépenses,
d'années, lui
travaux qui, dans peu
mais qui détrnisent Hontvdnabilememae bien-êire,
noirs nouveaux. T'atelier : il faut
Le
cinquante
contre une telle
propriéuire se récrie
paise c'est à dépense : mais bientôt
Les
crédit.
ils'apmingue propsiéuires suivent à qui résident à Saint-DoComme ce ne sont peu près la même
sont contraints
en général que ceux marche.
ont contractées pour, se libérer des dettes qui y
France, alors, soit dans la colonie, soit qu'ils
gatious,
pour vite acquitter leurs en
pour retourner
obliParis, ils emploient la promptement brillerà
souvent ils veulent
plus grande économie;
aux dépens desp augmenter leurs plautations
pibcesdestinées pourles vivres;
éuires suivent à qui résident à Saint-DoComme ce ne sont peu près la même
sont contraints
en général que ceux marche.
ont contractées pour, se libérer des dettes qui y
France, alors, soit dans la colonie, soit qu'ils
gatious,
pour vite acquitter leurs en
pour retourner
obliParis, ils emploient la promptement brillerà
souvent ils veulent
plus grande économie;
aux dépens desp augmenter leurs plautations
pibcesdestinées pourles vivres; --- Page 184 ---
(1 164)
ainsi en pacalcnlent qu'une piaceplanie
en
ils
rien, et que plantée
tates ne leur produit
trente-cing à quaelle leur donnerait
elle nourrit
cannes
de sucre. Insensé,
rante milliers
tes esclaves (1)!
du peu de population
Voila une des causes
plus nuisible enNoirs. Une autre cause
deux ans
des
nourrice pendant
son
core, c'est qu'une faibles travaux, et que
faisait que de
rien ;
ne
douze ans ne gagnait
enfant pendant
mieux acheter un nègre,
alors le colon aimait 1,500 francs, et qui loi
qui ne lui coûtait que 1,200 fr. par an. Ajoutout de suite
renommé les
gagnait dans lhopital le plus
sur des
tons que
sont couchés qué
noirs malades ne Tà
le poitrinaire, que
c'est que
bilits de camp;
de la fièvre putride,
celui qui est attaqué heureux s'il a une natte
lieuse, etc. périt;
Combien d'esclaves
pour se couvrir!
fournis
en jonc
siles hôpitaux étaient
se rétablirsieat, nôtres !
des
comme les
maisons de santéayent
Colons , que vOs
des draps,
avec des matelas,
lits de sangles
des sucriers, parce que
(1) Je parle princijpalenent plus qu'aux autres d'habiter
leur fortune leur permetlait
la France. --- Page 185 ---
uue
(165)
couverture. Si vous eussiez fait
fices, si vous eussiez donné
ces sacrivos esclaves dans leurs
un peu de vin à
valescences, vous
maladies et leurs connoirs, qui meurent n'eussiez de la
pas perdu tant de
où jamais les blancs
poitrine dans un
ne sont
pays
gez que la traite doit être poitrinaires. Sonnageant votre atelier dans abolie, et qu'en méaurez benucoup d'enfants, les travaux, $ vous
bre périt parce
la
dont le grand nomla
que nuit ils
terre, et que vous ne leur couchent rus sur
ni pour les vetir, ni
donnez jamais rien
Jeur tous les lundis pour les nourrir. Donnezrempli de riz,
et tous les jeudis un verre
et vos enfants vous serez adoré de vos
ne mourront
noirs,
n'aifait que cela pour être pas" de misère. Je
et surtont des mères
aiméde mes
sont
: vous savez bien nègres,
pas exigeants.
qu'ils ne
Dans les. a colonies
noirs ne sont pas si anglaises et bataves les
bons gros allemands pressés par les blanes; ces
des
qui sortent
régiments au service
presque tous
se font ordinairement
de ces puissauces
n'ont point l'espoir de économes. Comme ils
mnême
devenir
les
gérents, ils ne
procureurs ni
noirs ; ils se
fatiguent point autant
un tour de
contentént de faire pas à
jardin en fumant la
pas
cigare ; mais
anglaises et bataves les
bons gros allemands pressés par les blanes; ces
des
qui sortent
régiments au service
presque tous
se font ordinairement
de ces puissauces
n'ont point l'espoir de économes. Comme ils
mnême
devenir
les
gérents, ils ne
procureurs ni
noirs ; ils se
fatiguent point autant
un tour de
contentént de faire pas à
jardin en fumant la
pas
cigare ; mais --- Page 186 ---
(166 )
moins exigeants pour les hommes 2
s'ils sont
soigneux poiir les aniils sont beaucoup plus
tout autre soin que
maux; ils en prènent un Ceux-ci ont porté
les propriétaires français.
dans tout
la négligence si loin qu'il n'y a pas
haune seule écurie sur les
Saint-Domingue
de selle. On ne les
bitations pour les chevaux
on les laisse à la pluie, au vent,
étrille jamais ;
heureux quand ces pauà Tardeur du soleil ;
avoir fait sept à
vres et utiles animaux, après
auhuit licues au galop (car on ne va jamais
ni à cheval), peuvent
trement ni en voiture,
à V'abri de la
trouver un arbre pour se mettre
plvie et de Fardenr du soleil!
sont entassés dans un parc trop
Les mulets
aucun couvert.
étroit pour leur nombre et sans
de distance en distance:
Le fourrage y est jeté
les pieds des
il se trouve à l'instant foulé par il est mis dans
animaux, et dans peu de temps
un état à ne pouvoir être mangé.
Dans les temps pluvieux, 3 ils s'cnfoncent
de fumier.
jusqu'au jarret dans un marécage
très-facile, sans occasion-"
Il serait cependant
Ja moindre dépense, d'établir un hangard
ner
ces animaux en sortant
assez vaste pour que
abrités. I serait endes travaux pussent être
comme le
core aisé d'y établir des rateliers, --- Page 187 ---
( 167 )
font les Hollandais
colonics.
et les Anglais dans lcurs
J'ai remarqué encore le besoin
vent ces animaux en sortant des qu'épronchercher de l'eau
moulius, de
se baiguer. Cette pour boire Ct même pour
sur Thabitation observation m'a fait creuser
tions dont j'étais Gouraud, et sur les habitaà cet
chargé, un abreuvoir destiné
tant du usage; moulin et j'ai vu que les mulets eu sorallaient s'y
baignaient avec délices. précipiter et s'y
que, mes mulets n'out Depuis cctte époladies qui
point épronvé les magrande auparavant en avaieut fait périr une
quantité,
J'observe encore qu'il serait
tablir sur tous les moulins à nécessaire d'ésoit en toile, soit en
bêtes une tente,
maux, qui tournent bois, pour que les anitrot, fusseut àl'abri de pendant deux heures au
de la pluie. Lcs
l'ardeur du soleil ou
Anglais etl les
pas oublié cet article
Hollandais n'out
tration rurale.
important de l'adminisSilon ne veut pas croire que les colons
Saint-Domingue ontà peine chez
de
bles (1) et des instruments
eux des meude cuisine, on peut
riche (1) J'excepte cependant madamc
propriétaire de la province Roussean, de
la plus
l'Oucst. Cutte
uie. Lcs
l'ardeur du soleil ou
Anglais etl les
pas oublié cet article
Hollandais n'out
tration rurale.
important de l'adminisSilon ne veut pas croire que les colons
Saint-Domingue ontà peine chez
de
bles (1) et des instruments
eux des meude cuisine, on peut
riche (1) J'excepte cependant madamc
propriétaire de la province Roussean, de
la plus
l'Oucst. Cutte --- Page 188 ---
( 1 168 )
consulter les comptes d'armements des négociants de France; on n'y trouvera jarnais ces
objets comme faisant partie d'une cargaison.
On sera bien plus étonné lorsqu'on apprendra
les cuisiniers nègres n'ont ni fourneaux 7
que
tous les
même les omeni àtre, et que
ragoûts,
lettes se font dans de petites marmites : cepencuisinier nègre donne à diner à cindant, un
parfaitement servies : cuisiquante personnes
êtes-vous
niers les plus fameux de la capitale,
d'en faire autant ? D'oû vient cette
capables
dame aussi bonne et aussi aimable que jolie, à son rede France, avait monté sa case de Ja manière la
tour
était fournie de tous les ustenplus dlégante; 5 sa cuisine
cuisiniers.
siles nécessaires ct d'excellents
Sa table était délicieusement scrvie, et elle en aug7
pnentait les charmes par son esprit et ses graces , qui
enchantaient tous les convives.
tribut
J'aime à lui payer, ainsi qu'à son mari, ce m'ont
Phospitalité qu'ils
de ma reconnaissance pour années à Saint-Domingue 2
donnée pendant de plusieurs Pamitic dont ils ne cessent encore
et les remercier
aujourd'hui de me donner des témoignages.
Je dois encore rendre justice à ce grand propriétaire.
Pai entendu discuter à Paris avec les atlDès 1788,je les droits des hommes de couleur, et proutres colons fallait leur accorder les droits politiques , que
ver qu'il
colonie,
c'étailles togermenueapma-nte --- Page 189 ---
(16g) )
négligence des colons? cen'est
puisqu'ils sont tres-grands, point avarice,
tres-magnifiques; cette
tris-geinérens,
par Pespoir qu'ils ont de négligence est causéc
pour la France: :
partir chaque année
je partirai lan iln'y pas un colon qui ne dise
éls tienent le mème prochain, et pendant vingt aus
C'estla
langage.
qu'ici les paresse, mère de la
a émpéchés
rontine, qui ijusun tombereau
d'acheter une
a besoin de pour curer les parcs. fourche,
fumier, l'atelier
Lorsqu'un
c'estavec les doigts des
va au parc, et
la fiente est arrachée: nègres elnégresses
melleset
elle est mise dans que
à la
portée surla tète de
desgapièce que l'on doit chaquecultivarer
de travailler fait
fumer. Cette manière
seraient
perdre 4 à 500 journées,
avait employées à d'autres
qui
un tombercau
travaux si l'on
dont on a besoin. On pour transporter le funier
cela, vous
a toujours fait comme
On me répond-on ?
demandera
tous ces travaux qui pourquoi on ne fait pas
répondrai, lc colon De paraissent si utiles. Jc
du sucre. Dix nègres demaude que du sucre,
des bois, pour construire détournés pour couper
rateliers, sont
des lnngards, des
curcur; d'ailleurs néeesaires le
au dixième du proremplaceiment des malets
si l'on
dont on a besoin. On pour transporter le funier
cela, vous
a toujours fait comme
On me répond-on ?
demandera
tous ces travaux qui pourquoi on ne fait pas
répondrai, lc colon De paraissent si utiles. Jc
du sucre. Dix nègres demaude que du sucre,
des bois, pour construire détournés pour couper
rateliers, sont
des lnngards, des
curcur; d'ailleurs néeesaires le
au dixième du proremplaceiment des malets --- Page 190 ---
a
170 )
donne un bénéfice par le boni ( qu'on met
morts
A toutes ces raisons
incognito dans sa poche.
Thabitude:J'ar. trouvé Chase joint la forcede
établissais,
bitation sans hangard ; si jen
des
paurais Pair d'un novateur, je meferais
Le
ne désirant que faire
ennemis.) propriétaire,
ses dettes, ne pourrait
du revenu pour payer
des
retourner en France; lui qui se prive
choses les plus urgentes à sa maison, voulezvous qu'il songe à ces détails?
Jesens! bien cela, me disait un propriétaire
de sucre ; mais je dois
qui faisait 1,200,000 j'ai à coeur de payer; ; je
plusieurs millions ; France
sais que nous,
veux retourner en
; je
Yanassez de soin des animanx ;
n'avons pas
ferai ce que vous me dites.
nee prochaine je
L'aunée prochaine arrive, on n'y songe pas,
enlève cent à cent cinquante
une épizootie n'en sait
la cause, on gémit,
mulets ; on
pas
acheter d'autres
on se plaint, on fiuit par en
plus. Le voyage
7 à 800 francs, et on n'y songe
de France est manqué.
vos aniColons, voulez-vous conserver
? ordonnez à VOS fondés de pouvoirs
maux
plusieurs hangards
d'établir daus vOS savannes
de large;
de cent pieds de long sur quarante
coûteront pas un sou de déboursé;
ils ne vous --- Page 191 ---
(171)
lcs roirs iront
couper des bois
planteront. Le côtéde l'Est
ronds, 2 les
garantir des vents violents sera clissé pour le
point : la couverture
qui soufflent de ce
de caunes.
sera faite avec des tètes
Du côté qui sera à l'abri,
ratelier pour y jeter le
établissez un
d'y faire une
fourrage; il sera bien
ries.
mangeoire comme dans nos écuMoyennant ces
les
se mettre à Fabri de la soins,
mulets iront
ils ne périront
pluie et du soleil, et
jours le fumier plus. de Ordounez que tous les
par leur gardeurs. ces aninaux soit enlevé
Que vos boeufs, ou
à couvert : en
plutot vOs taureaux soient
vous serez
soignant de même vos vachcs,
obligés d'avoir une
quitter votre bouteille de
baratte, et de
vous brassiez le Jait de verre dans laquelle
avoir une livre de beurre quatre vaches pour
(1).
(1) Ce qui m'a le plus
c'est de voir faire le
surpris dans mes
Lcs Hollandais
beurre dans une bouteille voyages, 3
d'excellent
ont de petites
à vin.
sur leur
barattes, et ils en font
est détestable; ; on tue plantnge. cent La yiande de boncherie
la Jamaique, , la viande de tauraux contre un bauf. A
un plaisir de
boucherie est
manger u
superbe ; c'est
roasted-beef A
beef-steak la
, et un morcean de
mais à
Surinam, viande est
cheries; Soat-Doningue on n'a jamais veillé excellente ;
devrait-on laisser vendre des
aux boutaureaux?
en font
est détestable; ; on tue plantnge. cent La yiande de boncherie
la Jamaique, , la viande de tauraux contre un bauf. A
un plaisir de
boucherie est
manger u
superbe ; c'est
roasted-beef A
beef-steak la
, et un morcean de
mais à
Surinam, viande est
cheries; Soat-Doningue on n'a jamais veillé excellente ;
devrait-on laisser vendre des
aux boutaureaux? --- Page 192 ---
(172)
J'attribue une partie des malheurs arrivés
au
de surveillance des
à Saint-Domingue peu
ces
agents du roi; ; on concevra à peine que
qui étaient distingués par leur
gouverneurs, la douceur de leur caractère,
naissance et par
fussent
ayent souffert que des crimes atroces
commis sous le règne de ce bon Louis XVI,
crimes connus de tous les colons, qui euxmèmes en frémissaient.
LatoisonOn a vu un Caradeu ainé, un
des
Laboule, qui de sang-froid faisaient jeter
dans des fourneaux, 2 dans des chaunègres
faisaient enterrer
dières bouillantes, ou quiles
seulement la tête dehors,
vifs et debout, ayant
manière : heuet les laissaient périr de cette
pitié, leurs amis, leurs camareux quand, par leurs tourments en les assomradesabrégeaient
mant à coups de pierre!
VauUn certain procureur de Phabitation
Duras
aurait pris pour une
dreuil et
(qu'on
demoiselle, tant il était mielleux et paraissait
sortait
sans avoir des clous
doux), ne
jamais
aveclequel,
marteau dans sa poche,
et un-petit
faute, il clouait l'oreille d'un
pour la moindre
dans la cour.
noir à un poteau placé
charJe citerai encore un Flonc et un Brog,
dans leur colère tuaient d'un
pentiers, qui --- Page 193 ---
(173 )
d'erminette ou de besaigue un noir qui
coup
douse mille francs, et qui
valait quelquefois
lorsqu'on cherchait
croyaient s'en consoler,
disant: la côte
à faire parler Jeurs intérêts, en
d'Afrique est une bonne mère.
même des
et
J'ai connu plusieurs procureurs
un
frémissaient de colère quand
gérents, qui
était malade. Montre
nègre venait dire qu'il
luidisaient-ils:
donne-moi ton bras,
ta langue,
point la
si Ja langue ou le pouls n'indiquait loin d'aller à
maladie à ces docteurs, l'esclave,
coups depied,
lhôpital, était reconduitàgrands
de
dej poing et de bâton. J'ai vu surlhabitation Fassi,
M Foucaud, au Boucassin, un nommé
lorsqu'un noir venait lui annoncer qu'il
qui,
lui répondait : malade, gueuz! et
souffrait,
de dents d'un
accompagnait son grincement
coupde bambou, qui renfonçaitla paroleàles- trois
souvent brisait deux ou
clave et qui
réclamer la maison de
dents à celui qui venait
santé. Cet ancien laquais, devenu procureur,
très-méchant; il était mou,
n'était pasd'ailleurst
ne
se
lâche et paresseux. Mais sa rage pouvait Un
contenir lorsqu'un nègre se disait malade.
esclave, disait-il, ne peut pas souffrir et enmoins se plaindre; ; un nègre n'est pas un
core
D'autres faisaient administrer, en puhomme.
dents à celui qui venait
santé. Cet ancien laquais, devenu procureur,
très-méchant; il était mou,
n'était pasd'ailleurst
ne
se
lâche et paresseux. Mais sa rage pouvait Un
contenir lorsqu'un nègre se disait malade.
esclave, disait-il, ne peut pas souffrir et enmoins se plaindre; ; un nègre n'est pas un
core
D'autres faisaient administrer, en puhomme. --- Page 194 ---
( 174) I
)
nition, jusqu'à trente ou quarante clistères (1).
S'il y eût eu des inspecteurs de culture,
tous ces crimes atroces ne seraient pas arrivés,
châtiments de ciug cents coups
non plus queles
commandeurs à
de fouet, distribués par deux
souvent le lendemain,
Ja fois et recommencés
le
mourût dans un cachot
jusqu'à ce que nègre
dans lequel à peine pouvait-il entrer.
Cesinspecteurs: auraient empèchéces cruaunaguères ont été si funestes à la colotés, qui
dont les habitants se sont
nie de Surinam (a),
(1) Je sais que les noirs sont comme les écoliers, et
font souvent les malades; mais ce n'est pas une
qu'ils
malvmite.der'sijamais employéla
raison pourqu'onics
me contentais de les envoyer
rigueur dans ce cas-là; je
si
à Thôpital, mais au bout de deux jours , je m'apercevais
c'était la paresse quiles retenait, je les mettais à que la barre et ne les laissais pas sortir. Ennuyés
d'êtrc ainsi détenus, ils me demandaient tous à retourner au travail. connaissaient la terrible insurrec-
(2) Si les colons
combien la barbarie leur
tion de Surinam, ils verraient
fait
dans
Cette insurrection a
se jeter
est prejudicialble. de cinquante mille nègres, - avec lesles Guyanes plus
les Hollandais
quels après beaucoup de sang répandu 7
des otages
ont été forcés de traiter, en leur donnant
des enfants dcs chefs noirs.
blancs, et en recevant
-Par ce traité la paix; y existe aujourd'hui.
(2) Si les colons
combien la barbarie leur
tion de Surinam, ils verraient
fait
dans
Cette insurrection a
se jeter
est prejudicialble. de cinquante mille nègres, - avec lesles Guyanes plus
les Hollandais
quels après beaucoup de sang répandu 7
des otages
ont été forcés de traiter, en leur donnant
des enfants dcs chefs noirs.
blancs, et en recevant
-Par ce traité la paix; y existe aujourd'hui. --- Page 195 ---
(175 )
un régime aussi doux
corriges en établissant
qu'il était féroce et sanguinaire.
Colons de Saint-Domingue, vous osez dire
la douceur on ne fait rien des esclaque par
hollandaises, les belles
ves! visitez les colonies
Cette révolution si terrible a obligé le gouvernement
cerne la colonie, et à y
batave à tracer un cordon qui
établir de distance en distance des postes de blancs et
de noirs pour la sûreté des colons.
Comme les noirs marrons dans lenrs incursionss'emdes cochous, et même des néparaient des poules,
esclaves des ennemis
gresses", ils ont trouvé dans les
redontables. Depuis cette époque, sur chaque habitaaux negres marrons, on a formé un petit
tion adjacente
même de deux pearsenal de quinze ou vingt fusils,
tites pièces de canon, qui sont tenus dans le meilleur
état. A la première alerte, cès armes sont distribnées
défendent l'habitation et leurs
aux esclaves pour qu'ils
fait avec le plus
propriétés ; ce qu'ils ont tonjours
grands succès.
les
Dans cette colonie 2 si sagement gonvernée 1
hommes de couleur, libres 3 jouissent des mêmes droits
les blancs ; plusieurs sont notaires, le secrétaire
quc du gouvernement, s M. Vanonna, estmulâtre >
général
instruit et littérateur, etc. Les femmes
c'cst un homme
de la
blanches lcs plus distinguées, nc rougissent point
ont des mceurs el des prinsociété des mulàtresses, qui
des blancs.
eipessplusieursde celles-cisont mariées avec
trouvé en 1804 à Paramaribo, à mu bal
Je me suis --- Page 196 ---
(176)
cultures de Surinam, de Démérari; vous aps'il est possible de vous convainprendrez,
à la justice influe
cre, combien la bonté jointe
les hommes, et combien vOs cultures,
sur tous
côtédecest belles
vos bâtiments ssontmédiocresà
des Hollandais, qui savent jouir
habitations
sur des maréd'une vie heureuse et tranquille
anglais, sir Charles Green, donna aux
que le général Plusicurs mulâtresses y avaient été
dames du pays.
engagées ety dansaient.
négociants
J'ai mangé souvent, chez les premiers mulâtres de la.
anglais de cette colonie, avec plusicurs de Curaçao
Barbade, et avec le premier négociant
(Jhon Wéter ), homme de couleur.
de cette colonie sont bien vêtus, nourris
Les negres
de bons chirurgiens dans les
à profusion. II manque
nombre. Chirurgiens
campagnes ; ils y sont en petit
français, vous y sericz utiles et bien reçus.
J'ai souvent cu occasion de voir ces nègres (nommés
; ce sont des colosses , et les
des bois ), à Paramaribo
ils
sbeanx quej'aye vus dans mcs voyages; plantent
plus)
du riz et quelque coton.
doivent se féliciter
Que ces bons colons de Surinam
de voir la Hollande rentrée dans son gouveruement!
auraient anéanti leur colonie
Les préjngés français heures; ils seront plus joyeux que
dans vingt-quatre
des Bourbons : leur joic augpersonne de la rentrée
mente la mienne.
colosses , et les
des bois ), à Paramaribo
ils
sbeanx quej'aye vus dans mcs voyages; plantent
plus)
du riz et quelque coton.
doivent se féliciter
Que ces bons colons de Surinam
de voir la Hollande rentrée dans son gouveruement!
auraient anéanti leur colonie
Les préjngés français heures; ils seront plus joyeux que
dans vingt-quatre
des Bourbons : leur joic augpersonne de la rentrée
mente la mienne. --- Page 197 ---
(177 )
ils ont Sul
dopt, comme cn Hollande,
cages
lieux enchanteurs. colons, Youvrage de notre
Lisez, incrédules voyez ce qu'il rapporté
ministre de la marine ;
à made cette négresse, appartenant
au sujet
avec tant d'insdame Bourgeois, qui implorait
vivement
et le sollicitaitsi
tances sa protection Quelle était cette gràce
dedemandersag gràce!
était cette punition
qu'elle réclamait? quelle était-ce un, fourneau?
qu'elle redoutait si fort?
une chaudière
etait-ce une fosse: ? était-ce
la torture de votrefouet?
bouillante 2 était-ce
- monsieur le baron de Malouet
non; ; c'était que
elle, afin que sa
voulàt bien intercéder pour
devant
lui permit de se présenter
esmaitresse daignatj jeter un regard sur son
elle et qu'elle
colons!
clave... Vous riez,
province on doit
Je crois que dans chaque
paroisse
et dans chaque
établir un inspecteur,
un sous-inspecteur.
ou quartier
doit correspondre directeCet inspecteur
et le ministre de la
ment avec le gouvereur
correspondront
marine. Les sous-inspecteurs même avec le gouveret
avec Finspecteur
neur.
dans toutes les habiL'inspecteur se rendra veillera à ce queles
tations où il sera mandé;il
--- Page 198 ---
(178) )
bien traités, qu'ils ayent des lits,
noirs soient
soient tenus
des couvertures; que les hôpitaux matelas soient
proprement et bien clos ; que lest malades tout
en bon état; qu'on accorde aux
du
dontils auront besoin' ; que la répartition
ce
cultivateurs: avec équité.
quart soit faite aux
des blancs, celles des
Ilécouteral les plaintes s'il croit qu'ils le
noirs; punira ces derniers,
ou gémériteut; sévira contre tel procureur,
économe qui commettraitd desi injustices
rent ou
autres que celles
des punitions
ou infligerait
le réglement de culturequi sontordonnées par il fera son rapport au
Si c'est un propriéuire,
gouverneur:
doivent être chargés del'adCes inspecteurs vacantsdans) leursprovinministration des biens
dans leurs quartiers.
ces ; les sous-inspecteurs, les économes des
Ils doivent choisirles gérents, veiller à tous leurs beplantations vacantes,
rendront comptede
soins. Les sous-inspecteurs
celui-ci en
tout à Finspecteur de la province;
rendra compte au ininistre.
l'arrètera tous
Il vérifiera la comptabilité et à établir des
il
les habitants
les ans ; engagera les animaux à l'abri; à
hangards, pour mettre
puissent s'y baicreuser des mares pour qu'ils
gner.
omes des
Ils doivent choisirles gérents, veiller à tous leurs beplantations vacantes,
rendront comptede
soins. Les sous-inspecteurs
celui-ci en
tout à Finspecteur de la province;
rendra compte au ininistre.
l'arrètera tous
Il vérifiera la comptabilité et à établir des
il
les habitants
les ans ; engagera les animaux à l'abri; à
hangards, pour mettre
puissent s'y baicreuser des mares pour qu'ils
gner. --- Page 199 ---
(179 )
Il fera planter des chènes ou des
le long dcs grandes routes et dans les ormeaux
ce qui pourra attirer les pluies si sat rannes;
dans la plaine du Cul-de-Sac
nécessaires
Je
et ailleurs.
pense que les inspecteurs doivent être
choisis parmi less généraux de brigade; les
inspecteurs, parmi les colonels et les sousles adjoints, si les circonstances
majors;
parmi lès officiers
en exigent,
bitants
supérieurs, ou parmi les haqui seront reconnus les plus propres à
remplir cet emploi; emploi qui sera
ntile de la colônie,
le, plus
puisque sans culure
a point de
il n'y
des fortunes commerce, et qu'elle est la source
publiques et particulières.
Le goweraomestredatijss,
fasse du'sncre blanc et terré, sice periettfequ'on- n'est
consommation des colonies de
pour la
et de la Guadelotipé. J'en S.int-Domingue
excepte la Martinique, qui, par la mauvaise qualité de ses
bruts et par ses établissements montés sucres
sucres terrés, doit conserver cetté faveur. pour ses
L'intérêt dela mère-patrie
les cafés de toutes les colonies exige encore que
dans leurs parchemins. Cette soient chargés
voyée, sera
graine, ainsi ennettoyée en France; elle procunombre de
plus
strentimsicerr
navires et d'occuper daus les grand
ports --- Page 200 ---
(180 )
nombre de malheureux, qui seront
un grand
le café dans l'état où il doit
employés à mettre
être livré aux marchands.
de cette
Les colons ne peuvent se plaindre blanc
le travailde rouler en
(1)
mesure, puisque
soit en bâtiments soit
exige beancoup de frais,
enlève unegrande
de
ce travail
en formes; plus
quantité de bras à la culture.
trouvéront
de caféyères
Les propriétaires
Jeurs
Ils pourronta taugmenterl
le mèmeavantage. n'auront plus besoin de mouplantations; ils
passaient un temps
lins ; et leurs noirs, qui
employés aux
considérable à ce travail, seront
opérations agricoles.
où les
et à la Guadeloupe,
A la Martinique
maitres, ils sont
noirs sont conduits parleurs Saint-Domingue. Ils
bien mienx nourris qu'à
: dans cette COsont encore mieux à Cayenne
en
leur tâche finie, plantent
Jonie, les nègres, besoins, le terrain que le
vivres pour Jeurs
denrées; ; ils ont en
maitre ne peut cultiver en
de gibier, etc.
de poisson,
outre beaucoup sont-ils les plus heureux denos
Aussi ces noirs
colonies.
le sucre brut; rouler en
(1) Rouler, c'est fabriquerl terré, nommé cassonade.
blanc, c'est fabriquer le sucre
en
leur tâche finie, plantent
Jonie, les nègres, besoins, le terrain que le
vivres pour Jeurs
denrées; ; ils ont en
maitre ne peut cultiver en
de gibier, etc.
de poisson,
outre beaucoup sont-ils les plus heureux denos
Aussi ces noirs
colonies.
le sucre brut; rouler en
(1) Rouler, c'est fabriquerl terré, nommé cassonade.
blanc, c'est fabriquer le sucre --- Page 201 ---
Je
(18r) )
pense que pour
ceux de
améliorer le sort de
que les Sunt-Doningne, il serait à
de
procureurs entrassen: dans les propos
Thabilation, soit dans
pertes
soit dans celles des
celles de Tatelier,
gneux pour les
parcs. lis seraient plus Soiles cultivateurs. animaux ct moins barbarcs
ils seraient
S'il en périssait Par leur pour
tenus de les
faute,
et à
remplacer à leurs frais
On dired'esperts, en préseuce de
excepterait les mortalités P'auspecteur.
vieillesse, ou produites
pour cause de
que le jugement d'un par force majeure, tels
une
noir à la peine de
épizootie, etc.
mort,
Les cultivateurs
dixièmedes
doivent aussi
pertes surlesa
payer un
sera pris sur les sommes animaux;cec dixième
amendes pour les mortalités qui proviendront des
dents non majeurs.
par cause d'acciSi, pendant
il est survenu Tadministration du
il
une
procureur,
est juste
augmentation dans
qu'il en ait le dixième du T'atelier,
pour cet effet l'estimation
bénéfice;
crois que c'est le plus sûr en sera faite : je
la populatiou.
moyeu de favoriser
Telles sont, à mon
doivent rendre
avis, les mesures
Saint-I
qui
sant que jamais. Ces Domingue plus florismesures en assureront la --- Page 202 ---
( 182 )
fin aux cruautés quis'y
tranquillité, et mettront
la
cruautés contre lesquelles
commettaient; ;
révoltent.
nature et Phumanité se
article qui me
Je finirai ce chopitre par un
assure
d'autant plus important 2 qu'il
parait
des noirs, et même des blancs,
la subsistance
en cas de nécessité.
jamais de viLes plaines ne manqueraient fait détruire les
vres, si la cupidité n'avait les habitations.
bananeries sur presque toutes
de tous les
Ce fruit, le plus sain, le meilleur
qui,
préférable aux patates,
aliments, , estbicn la diarrhée aux noirs noitdonnent
en général,
Congos- Ils périraient
veaux et surtout aux
tous si on les privait de bananes. et autres
Grands seigneurs propriétaires, desiré que vos escolons, qui avez toujours bien nourris; qui
claves fussent bien traités,
les riconnaissez vOs plantations que par
ne
vous ont procurces; ; ordonchesses qu'elles habitations à sucre, la meilnez que, sur. vos
carreaux (le carreau est
leure pièce de quatre cultivée en bananes: :
de cent pas carrés) soit
de la joie et vous
vOS noirs serout au comble
mauvais calbéniront. Et vous, froids colons, ct dites : une
culateurs, prenez une plumc,
produit,
de canne de quatre carreaux
pièce
que par
ne
vous ont procurces; ; ordonchesses qu'elles habitations à sucre, la meilnez que, sur. vos
carreaux (le carreau est
leure pièce de quatre cultivée en bananes: :
de cent pas carrés) soit
de la joie et vous
vOS noirs serout au comble
mauvais calbéniront. Et vous, froids colons, ct dites : une
culateurs, prenez une plumc,
produit,
de canne de quatre carreaux
pièce --- Page 203 ---
dans
( 185 )
une terre ordinaire,
de sucre par an
trente mille livres
donacnt
7 qui, à 30 francs le
9,000 fiv; le sirop, estimé
100,
total, 10,000 fr. Une
1,000 fr.:
donnera rien, il
pièce en hananes ne vous
rence ; mais
est vrai, du moins en appanoirs
songez que si vous
par an, > cette perte n'aura perdez dix
que le peu de nourriture de
d'autre cause
gez qu'en perdant dix
vos esclaves. Soncun, votre
noirs à 5,0uo fr. chade 10,000 fr. perte s'élévera à 50,000 fr. au lieu
des bananes, que vous perdez ; en cultivant
La population vous gagnez donc 20,000 francs.
seront alimentés augmentera lorsque les noirs
rissant, que
par un fruit si saiu, si nourl'Européen
rigueur se passer de pourrait en vivre etàla
Caraden
pain.
vait
ainé, grand
point
administratenr, n'ail avait suivil'esemple de ses
une immense
compatriotes;
en en faisant vendre les bananerie dont il tirait,
francs par an ; encore fruits, plus de 50,000
en temps à ses noirs. en donnait-il de temps
A Surinam, où Jes esclaves
mille fois plus
font des travaux
(en
pénibles qu'à
creusant, dans la vase, de Saint-Domingue
fonds
larges et
des canaux), on ne les nourrit
probananes. Les patates y sont
gu'avec
indigencs, et --- Page 204 ---
(1 184:)
jamais. Lorsqu'ils Jabourent,
ils n'en mangent ils-l les jètent, ou ils les dons'ils en trouvent,
Cette racine est cepennentàl Jeurs cochons.
bien supérieur
dant excellente et d'un goàt
même de
à celui de nos pommes de abondante terre, dans les
marrons. Elle est si
nos
les colons ont bien de Ja peine
Guyannes, débarrasser que : les forêts sont couvertes
à s'en
présentent un rideau de
de ses liannes, qui etimpénétrable aux rayons
verdure magnifique
les patates ont été
du soleil. A Philadelphie bien réussi et y sont
cultivées ; clles y ont
Jes
Les colons de Ssint-Domingue
superbes.
les terres les plus légères $ je
plantent dans
peu. A Surinam,0 où
crois qu'elles y produisent
elles viènent
la terre est compacte et humide, sucré encore
superbes et sont d'un goût plus
cultive à Saint-Domingueque celles qu'on
connaissent savent comTous ceux qui me
forme
déteste la tyrannic, sous quelque
bien je
mais je crois que le gouqu'elle se présente; ; tous les colons à établir.
vernement doit forcer
sucrerie. Cette
bananerie sur chaque
une
bienfait du Créateur, est
plante étonnante, de disette et tropsalutaire aux
trop ntile en cas
quelle que soit
besoins de Phomme,
soient.
premiers
les bananeries ne
sa couteur, pour que
forme
déteste la tyrannic, sous quelque
bien je
mais je crois que le gouqu'elle se présente; ; tous les colons à établir.
vernement doit forcer
sucrerie. Cette
bananerie sur chaque
une
bienfait du Créateur, est
plante étonnante, de disette et tropsalutaire aux
trop ntile en cas
quelle que soit
besoins de Phomme,
soient.
premiers
les bananeries ne
sa couteur, pour que --- Page 205 ---
(1 185)
pàs rétablics dans les colonies
roi.
par ordre du
Surclaquehabitation,
pièce en
lorsqu'on
cannes, on semait du mais plantaitune
Turquie), mais il n'était
(blé de
domnéanx noirs;il était point généralement
etles chevaux des blancs. réservé pour les poules
qui
Dans les babitations
manquaient de bras et dans celles
geaient qu'on replantàt
qui exiyavait davantage de souvent les cannes, il
etles
mais; ; mais les
gérents le faisaient
procureurs
de le donner aux noirs. sonventsendreaul lieu
les rejetous donnaient Dans les sucreries où
dix ou douze
eucore du revenu
ans, ou plantait peu de après.
cannes, et le mais n'était
grandes
on veut se servir de la pas si abondant. Si
cinq pièces de cannes charrue, on plantera
procurera du mais. Cette pour une : alors on se
vient
graine indigène à
en
SsintcDomingue,
et produit plus
deux mois et demi,
elle doune
qu'en Europe, où cependant
Calabre. beaucoup, surtout en Italie et en
pas des Pourquoi Jes colons n'en feraient-ils
ils
provisions ? pourquoi ne le
pas dans des barriques
mettraientpour le préserver
desmaoCcanimares sont
qu'ils dévorent tout
rdevenssininbrent
et les couleurres malgré les chats marrons
dont ils sont la proie. Les --- Page 206 ---
( 186 1 )
aussi, surtout à la fin de
nègres les chassent
c'est la seule viande
chaque coupe ve cannes :
sont
Ils en
sifriands,
fraichedont ils se régalent. de ces animaux
qu'ils mangent eux - mêmes
cette raison
qu'ils trouvent morts : c'est par
le pois'abstient d'employer
sans doute qu'on
Ce goût
détruire cette race parasite.
son pour
les Eurodes noirs ne doit point surprendre nations de nègres qui
péens, puisqu'ily a des
régades charognes et même quis'en mémangent
sont d'Afrique et
lent. Mais ces nègres
et sont nommés
prisés par les autres noirs, charogne).
Mondonguies (qui mange
de dimibien simple
Il est encore un moyen
échap; é aux
nuer les dépenses ; moyen quia un moulin à
: c'est
colons de Saint-Domingue: roule avec un moulin a
vent. Une sucrerie qui
mulets,
économise plus de cent cinquante bètes.
eau,
besoin pour les moulins à
dont elle a
forcée de rouleravec ces derUne sucrerie, d'en avoir deux, qui même
niers, est obligée
vésou (jusde cannes)
fournirle
ne suffisent pasà chaudières.
pour remplir les
par le moyen de six
Chaque moulin tourne deux heures. et ne peuvent
mulets. Ils trottent
surtout pendant le
résister plus long-temps,
jour.
plus de cent cinquante bètes.
eau,
besoin pour les moulins à
dont elle a
forcée de rouleravec ces derUne sucrerie, d'en avoir deux, qui même
niers, est obligée
vésou (jusde cannes)
fournirle
ne suffisent pasà chaudières.
pour remplir les
par le moyen de six
Chaque moulin tourne deux heures. et ne peuvent
mulets. Ils trottent
surtout pendant le
résister plus long-temps,
jour. --- Page 207 ---
(187 )
de Commentlese colons nese sont-ils
moulins à vent? Rien
pas servis
dans un pays où les brises ne serait plus facile
levents soufile lous les
sont réglées, Ct ot
Oum'objecters, jours à des heures fixes.
se trouvent à l'abri tdyadmtusmateer du
répondrai
vent, par Jes
qu'elles que bien peu sout dans mornes.Je ce
ont
cas et
20 que les généralement des moulins à cau;
vir de ouragans ne
;
ces
permettent pas
moulins. - Les
deseserrares et toujours
ouragans sont trèsdiocre : alors on retirera précédés par un vent métremblements de terre les ailes; 50 que les
moulins. Ils ne
peuvent renverser ces
cascs, vos étuves, reniversentpass vos villes, vos
non-seulement
qui sont en
même
dans la partie du maçonnerie,
dans celie de
nord, mais
ments de terre sont bien l'ouest, où les trembleJe connais dans la
plus fréquents.
celles du
plaine du
Cap, aux
Culde-Sac,daus
centshabitations Vases, au Boucassin, deux
lins à vent; elles sstmninneennt.ae
n'auraient besoin
tourniquer avec cinquante
que d'on
laisser ralentir la
mulets pour ne pas
pas assez
roulaison, si le vent
fort, ou s'il était
n'était
Dans la plaine de
trop violent.
trente pouces cubes Fouest, où quinze, vingt,
d'eau passent sur chaque --- Page 208 ---
( I 188 )
d'éil seraitfaciled
habitation pour les arrosages, entretenue par
tablir une pompeà feu quiserait feu
Glet de cette cau et par le qu'alineuteun
le charbon de terre qu'apraitla bagasse (1),ou
viènent sur leur lest.
porteut les Nantais qui
de ce charbon à
D'ailleurs, il y a des mines
Saint-Domingue. nourris avec le pampre ou
Les animaux sont
au moulin;
la tête de la canne. Le bâton passe
on
desséché, il fait la bagasse, avec laquelle vio-
; le feu en est plus
chauffe les chaudières
de terre. La paille
lent que celui du charbon
à chaufqui entoure la caune, sert quelquelois surla place. C'est
fer, quand on nela bràle pas la charrue on
méthode. Avec
une mauvaise
surtout dans les sapeut enterrer celte paille,
linages.
le chaufage et
Si la canne ne procurait abandonnerla pas
culture du
le fourrage, ,ilfaudrait
sur une sucrerie,
sucre; carà peine trouve-t-on connait point
du bois pour la cuisine ; on n'y ne
abat les arbres et on replante
le charbon; on
que les têtes de
jamais. On n'a de tourrage, La moitié de Fannée,
cannes et le bois-patate.
est le roseau passé all moulin.
(1) La bagasse
ages.
le chaufage et
Si la canne ne procurait abandonnerla pas
culture du
le fourrage, ,ilfaudrait
sur une sucrerie,
sucre; carà peine trouve-t-on connait point
du bois pour la cuisine ; on n'y ne
abat les arbres et on replante
le charbon; on
que les têtes de
jamais. On n'a de tourrage, La moitié de Fannée,
cannes et le bois-patate.
est le roseau passé all moulin.
(1) La bagasse --- Page 209 ---
les mulets
( 18g )
masser dans ne mangent que ce qu'ils
les savaunes
peuvent raOn ne veut pas
grillées par le soleil.
comme
semer de la
on Sait, réussit
luzerne, qui,
ils, la luzerne ne
partout; mais, disentPitoyable
prend pas à
M.
Sainc-Domingue.
nistre des colonies, calembour! de la Luzerne, miPeut-on
n'était pas aimé des
porter plus loin l'esprit de colons.
J'engage les planteurs
vertige!
d'avoir des habitations qoi ont le bonheur
voyer à leurs fondés de près de la mer, d'enavec ordre de
pouvoirs un grand filet
que les noirs pécher tous les dimanches,
cevable
profitent du poisson. Il estincon- pour
qu'un seul qu'au filet, Boucassin et aux Vases iln'y eût
fait cadean à encore éutit-cemoiquie en avais
vais passé
mon ami Ducos, chez
une
qui j'aJen'oublierai convalescence de trois mois.
tivateurs
jamais Ja joie que lous les culnait des ressentaient brochets en allant pécher. On
des mulets
superbes, des
preet
excellents
dormeuses,
desardines. Les
une immense quantité
gés du petit
nègres s'en allaient tous charsemaine. Les poisson, qui leur suffissit pour la
et envoyés gros étaient maugés par les
aux voisins.
blancs
Ces parties n'ont été
mort d'un blanc. II voulut tromblées que par la
aller à la nage cher- --- Page 210 ---
I 190 )
oiseau qui avait été tué; un énorme
cher un
devant nous. Nous jetâmes la
requin le dévora
seine, mais tout avait disparn. demandérent des
Plusieurs nègres d'Afrique combattre; nous nous y
couteaux pour allerle
Congo, se jeMon bon Prosper,
de
opposimes.
pour que je lui permisse
tait à mes genoux avait tué plus de dix, , me
tuer ce requin. I1 en
lui défendis de se baidisait-il. Malgré cela je il avait tant d'envie de
guer dans la mer ; mais qu'il alla se baigner à
me montrer son adresse, il ne trouva pas de
mon insu. Heureusement
requin.
d'aller
Avant
suis plus
oaandireampedanaliret
Depuis, je n'y
nager avec mon nègre.
retourné.
'une force étonProsperr nageait eti plongesitd's tué le requin ; mais s'il
nante : il eât peut-être
mort du meileût péri, je me serais reprochéla existé à Saint-Doleur esclave qui ait jamais souvent de sa mère qu'il
mingue. I me parlait Il me sollicitait de la
avait laissée en Afrique.
: j'étais mème
faive venir à Saint-Domingue négrierde mes amis
convenu avec un capitaine aller chercher sa
de laisser partir Prosper, m'en pour ont empêché.
mère. Les événements avait été pris et conduit
Il avait un frère qui
mort du meileût péri, je me serais reprochéla existé à Saint-Doleur esclave qui ait jamais souvent de sa mère qu'il
mingue. I me parlait Il me sollicitait de la
avait laissée en Afrique.
: j'étais mème
faive venir à Saint-Domingue négrierde mes amis
convenu avec un capitaine aller chercher sa
de laisser partir Prosper, m'en pour ont empêché.
mère. Les événements avait été pris et conduit
Il avait un frère qui --- Page 211 ---
(191 )
dans les colonies avant lui. Illa retrouvé
Port-au-Prince et me l'a de
au
esclave d'un ferblantier, suiteamené.Ilétit
qui lui avait
son état.
appris
Lorsque je fus pris par les Anglais, ils se refusèrent à ce que mon nègre me snivit. il faillit
se faire tuer par les soldats anglais, le IO
jain 1794- --- Page 212 ---
(192)
CHAPITRE VIII.
Des Noirs.
des Noirs, parce que
J'INTITULE ce chapitre
n'affecte plus ces hommes,
je sais que rien
un blanc (1),
d'être appelés nègres par
que
fus conduit prisonnier à la Jamaique.
() En 1794 je
noir qui servait les priIgnorant le nom du domestique lui dis: negro, come
sonniers, etayant besoin de lui,jel d'un air méconviens ici), il se retourna
here (nègre,
iam a black man (je ne suis
tent et me dit : no negro,
noir.) Je lui repondis,
point un nègre 1 mais un homme (je vous demande pariam SOTTY, i beg you pardon avoir dit cela) ). Depuis cetie
don , je suis faché de vous jeté au feu pour moi. Il m'a
époque cet esclave se serait et c'est à lui queje dois
vingt fois offert de me sauver, blessé et abandonné sans
horriblement
la vie; car j'étais
d'une lettre , et je fus prisonnier,
secours ; il se chargea
de M. le marsur parole, d'après la recommandation J'aime à payer ce tribut à
quis de la Roche-Jacquelin.
à mon
quoique je n'aye pas manqué,
la reconnaissance, d'annoncer au comité de salut public
retour, en 1795, c'était à ce brave émigré que bien
( par écrit), devaient que la vie, et un meilleur traitement
des Français
ala Jamaique.
is
d'une lettre , et je fus prisonnier,
secours ; il se chargea
de M. le marsur parole, d'après la recommandation J'aime à payer ce tribut à
quis de la Roche-Jacquelin.
à mon
quoique je n'aye pas manqué,
la reconnaissance, d'annoncer au comité de salut public
retour, en 1795, c'était à ce brave émigré que bien
( par écrit), devaient que la vie, et un meilleur traitement
des Français
ala Jamaique. --- Page 213 ---
195 )
quoique eutre eux,
vemeut de leurs Jorsqu'ils parlent collectiainsi: : Nigre du camarades 9 ils s'expriment
Cop, nègre du
Prince;n mais, quand les
Port - aucontrent, ils s'appèlent domestiques SC rersieur; et, quand ils sont ordlinairement monils portent le nom de ensemble en société,
festins
leurs maitres.
qu'ils se
Dans les
du
donnent, s'ils
mais gouverneur, , il a Ja
régalent le noir
les autres noirs première place, et
ne
jagouverneur. Tel noir, Tappèlent que M. le
neur, d'un
esclave d'un
d'un blanc intendant, se croit bien gouverqui n'a pas
au-dessus
avec son maitre. Voici Thonneur de
un fait
manger
témoin, et qui donne
dont j'ai été
dont un esclave
une idée de
est
F'orgueil
En 1790 un noir, capable.
bitation Rousseau , valet de chambre de Phamises à son
avait volé une ou deux
une
maitre ; il recevait le
chevingtaine de
fouet.
M. Rousseau coups, , je demandaisa Après
donner,
faisait quelques difficultés grace :
lorsqu'nn blanc,
de parau-Prince, nous
cabrouétier du Port-
> pas à ce coquin joignit et dit: ( Ne
) une:
ije le
pardonnez il
redingotte ily a quinze reconnais, ma volé
qulésiteonchésurl le ventre jours. )) Le noir,
nègres, se lève avec la
et tenu par deux
rapidité de l'éclair,
et,
--- Page 214 ---
(194) )
il lui dit : ( Maitre
s'adressant à son maitre, wous voir si nègre
> moi, mirez blanc la, et
là ). Ce
) Rousseau lic capable woléblanceila examinez ce
qui veut dire : ( Mou maitre,
si votre esclave, si un nègre
>) blanc, et jugez
déhonté, assez
> qui vous appartient est assez
cette
s'abaisserà voler un hommede
>> vil, pour
> espèce.n
ce noir fàt taillé.
La politique exigea que
de coups de,
M. Rousseau, après une vingtaine
dit au blanc en se retifouet bien vigoureux,
quelques
wous Pabandonne ; et, après
rant, je portaient à terre, et qui prouvaient
coups qui
ne Tatteindrait pas difféque le commandeur blanc tourna le dos et la punitionremment, le
fut finie.
s'appèlent tous frères; ; JorsLes cultivateurs
ils se saluent en se pasqu'ils se rencontrent, dans l'autre. Si les domes-.
sant Pindex l'un
ils les prènent à la
tiques ont des chapeaux, civilités que leurs
main et se font les mêmes
hollanLes nègres français, anglais,
patrons. la même tournure qne leurs maitres, 7
dais ont
leurs manières
et tout observateur peut jugeràl
de quelle nation est leur maitre. étudié le caL'observateur qui a un peu
dif-.
des noirs, doit avoir, trouvé une
ractère
es-.
sant Pindex l'un
ils les prènent à la
tiques ont des chapeaux, civilités que leurs
main et se font les mêmes
hollanLes nègres français, anglais,
patrons. la même tournure qne leurs maitres, 7
dais ont
leurs manières
et tout observateur peut jugeràl
de quelle nation est leur maitre. étudié le caL'observateur qui a un peu
dif-.
des noirs, doit avoir, trouvé une
ractère --- Page 215 ---
férence
(195 )
très-sensible entre celui du
mestique et celui du noir
noirdoSien
culrivateur.
niers, France cn avaitpu connaitre
on aurait
ces derritaient pas d'être certainement vu qu'ils ne mélesquels cependant assimilés aux autres, parmi
à faire.
ily a quelques distinctions
Lesnoirs domestiques qui sont dans
y vivent dans une grande
les villes
général de grands
oisiveté * et ont en
fastueux,
défauts: : ils sont
joueurs >
ogueilleux,
presque toujours voleurs paresseux, , libertins, et
même quelquefois cruels, (1); méchants, et
rentle droit de
quand ils acquieIl en est
commanderajenrs semblables.
donné de cependant, dans cette classe,
grandes preuves
qui ont
leurs
maitres, et ont fait de belles d'attachement à
Les noirs cultivateurs
actions.
deux, humains
sont
, généreux (2), généralemuent
hospitaliers,
(1). J'entends par voleurs, voleurs
ilnly a pas d'exemple qu'un nègre ait domestiques; ; car
gers, ni surune grande
volé des étransiste en quelques
route : ce qu'ils prennent conet des friandises. mounaies, , des hardes pour se vêtir,
(2) Caradeu, ainé, s'il n'eàt
violent, , edt pu être regardé pas été si féroce, si
plus nécessaires. Ses vues comme un des colons les
étaient grandes ; tout au-
urs, voleurs
ilnly a pas d'exemple qu'un nègre ait domestiques; ; car
gers, ni surune grande
volé des étransiste en quelques
route : ce qu'ils prennent conet des friandises. mounaies, , des hardes pour se vêtir,
(2) Caradeu, ainé, s'il n'eàt
violent, , edt pu être regardé pas été si féroce, si
plus nécessaires. Ses vues comme un des colons les
étaient grandes ; tout au- --- Page 216 ---
( 2 196 )
maris, bons Gils, respectueux
bous pères, bons
soumis à leurs maitres 2
envers les vieillards 2
à la
utiles et avantageux
nonçait des idées, des plans des chameaux qui ont enColonie. Il avait fait venir
cuivre ; son moulin
Ses chaudières étaient en était cité comme
gendré. était dans la sucreric; ce qui
toutes les
à eau
(à Surinam et à la Jamaique comme
une merveille; cuivre et les moulins placés
chaudières sont en
bâtiments
en blanc,
de Caradeu) ). Ses
pourrouler avait la
de
celui
; il
passion
étaient bien tenus et très-propres la colonie ; c'est ce qui le
faire le plus béau sucre de contre ses sucriers et ses
rendait quelquefois furieux
a exercé le plus de
c'est aussi sur eux qu'il
chauffeurs ;
cruautés.
attclât sa voilure : le posEn 1788 il ordonna qu'on
le second ; mais le
trouve malade, il demande
Caratillon se
mauvaise excuse pour
matin il avait été taillé;
sur les habitations on
dois faire observer que
de fouet qui
deu (je
trente à quarante coups monte à
donnait souvent
il ordonne qu'il
que la peau);i
marcher ni
n'efileursient noir remontre qu'il ne peut obéir. Pour
cheval ; le
Caradeu le force, il faut
fallait
se mettre en selle;
où il devait se rendre, , il
arriver sur Thabitation
à passer un torrent
détour, ou s'exposer
faire un grand
avaient cousidérablenent grossi.
les dernières pluies
Caradeu lui dit d'alier
que noir fait cette observation ;
le bord de la riLe
chemin. Arrivé sur
fort,
par le plus court déclare que le courant est trop
que
viere, 2 le postillon Caradeu lui crie : ( Crois-lu réqu'il ne peut passer.
Passe. > Le noir
ait jamais eu peur?
( Veux-tu obéir, 2
> Caradeu
qu'il sera éntrainé.
clame et soutient
ent grossi.
les dernières pluies
Caradeu lui dit d'alier
que noir fait cette observation ;
le bord de la riLe
chemin. Arrivé sur
fort,
par le plus court déclare que le courant est trop
que
viere, 2 le postillon Caradeu lui crie : ( Crois-lu réqu'il ne peut passer.
Passe. > Le noir
ait jamais eu peur?
( Veux-tu obéir, 2
> Caradeu
qu'il sera éntrainé.
clame et soutient --- Page 217 ---
à leurs
( 197 )
pères ; laboriéux
dire. La dissemblance quoi qu'on en puisse
de ces deux classes
pro-
> s'écrie
le courant Caradeu. > L'esclave entre dans
ct les grosses
l'eau; mais
et Caradeu se serait
pierres renversent la voiture
qui se jeta dans la noyé sans le courage de son
infinte, à faire rivière , et parvint, avec une nègre
nait de quitter. arriver son maitre sur le bord peine
qu'il veCaraden lui dit: atu es un bon
liberté; > mais il ne
nègre , je te donne la
derrière tout
put jouir de ce bienfait:a
l'eau,
coupé, , et étant resté
ayant le
, il fut pris du
trop long-temps dans
après. (Jc ne
tétanos, et mourut
peux
quelques jours
ont fait beaucoup de m'empécher mal
de dire que les colons
cspèce de liberté qui les en donnant aux noirs cette
libres, , il fallait leur
rendait oisifs ; en les rendant
ne. peut donner la liberté assurer, l'existence. A Surinam on
ment lui avoir donné à un esclave, , sans
constraire
un bon terrain, préalablewue case, et lui avoir fourni lui avoir fait
aratoires pour travailler. )
des instruments
Peu de temps après celte belle
il dit à son premier
action de
je te déclare
sucrier : ( Voilà du vilain Caradeu,
que si la première fois tu
sucre;
pareil, , je te fais enterrer
m'en.fais de
nègre répond, vous maitre. vif; tu me connais. ) Le
Caradeu lui
A la
dit: C Tu.m'as fait du première roulaison
le dernier, , je tiendrai
plus vilain sucre
au cachot.
parole. > Il fait conduire le noir que
Caradeu n'avait point envie de tuer
croyant qu'en lui,
son noir, mais
pardonnant il commettrait
une fai-
;
pareil, , je te fais enterrer
m'en.fais de
nègre répond, vous maitre. vif; tu me connais. ) Le
Caradeu lui
A la
dit: C Tu.m'as fait du première roulaison
le dernier, , je tiendrai
plus vilain sucre
au cachot.
parole. > Il fait conduire le noir que
Caradeu n'avait point envie de tuer
croyant qu'en lui,
son noir, mais
pardonnant il commettrait
une fai- --- Page 218 ---
( 198 )
vient de ce que ceux-ci sont occupés, et que
Jesautres vivent dans l'oisiveté, qu'on sait produire tous les vices.
blesse qui eût fait tort à son caractère il invita une
et pendant le diner il leur dit
douzaine de dames;
exécution à faire,
qu'il avait contre son sucricr une
scraient témoins : elles en frémirent et lui
dont elles
aJc ne veux
lui faire peur; ;
demanderent sa gràce.
que
le
mais jehe veux pas que mes negres croient que
vient de moi; vous resterez à table, et lorsque
pardon
vous viendrez me
vous me verrez tirer mon mouchoir,
solliciter de lui laisser la vic. >
le dessert sort, se rend oit était le
Caradeu après été forcé de faire un trou et de s'y
nègre qui avait
il était enfoncé
placer, ce quilavait fait en chantant ;
la terre fut rejetée dans le trou, la tête
jusqu'au cou ,
dames
Caradeu tire son mouchoir 2 les
seule paraissait.
bien des
se
à ses pieds; enfin, après
acconrent 7 jetent fais
à la sollicitation de ces
peines, il dit: : < je te
grice
Caradeu,
dames.)1 Le nègre lairépondit: aToi, té pas
grâce à moi ( tu ne serais pas Caraden si tu
si toifait
dis-tu,
Capouvais me faire grice.) )p - Que
répond
-Sitoipas tuyé moi, ,moijure marraine
radeuf furieux.-
moig va tuyé toi. (Si tu ne me tue pas, je jure
moi,
je te tuerai).) >> Ce courage du dépar ma marraine que
: Caradeu prit
sespoir, lui valut une mort prompte
énorme roche, ct la lui jeta sur la tête ; les autres
une
souffrirs schâtèrent de l'achever.
aeingourfempécherdes
le capitoine
Caraden était le chef de l'indépendance,
nationale du Port-au-Prince, et par conde la garde
ne me tue pas, je jure
moi,
je te tuerai).) >> Ce courage du dépar ma marraine que
: Caradeu prit
sespoir, lui valut une mort prompte
énorme roche, ct la lui jeta sur la tête ; les autres
une
souffrirs schâtèrent de l'achever.
aeingourfempécherdes
le capitoine
Caraden était le chef de l'indépendance,
nationale du Port-au-Prince, et par conde la garde --- Page 219 ---
( 199 )
Sous l'ancien
régime, les
. laicnt depuis cinq heures cultieatenrstravail
du matin jusqu'àla
séquent le chef des patriotes de cette
tée avant l'arrivée dcs
ville; il l'a quitsoixantaine des noirs à commissaires; ; il a emmend une
habitation. C'était Charlestown, oùr il a achetéune
un homme de mérite, d'une
prodigieuse; ; il ne buvait que de
force
suite trois on quatre melons. l'ean, mangeait de
trembler tous les
Il était brave et faisait
force et sa méchanceté plantenrs. Scs noirs croyant que sa
lequel il àvait Thabitude venaient d'un gros arbre sous
l'ont abbatu, et onttuéle de s'asseoir tous les jours,
Sa cruauté venait de chamean femellequilui restait.
tcurs n'étaient
son aimneur-propres ses cultivaEn l'an
pas très-maltraités par lui.
7 étant à Surinam,
occasion de recevoir la visite de comme M.
délégué, , j'ens
propriétaire à
le baron d'Howith,
Cayenne. Ce vieillard
Unis; il me pria de l'aider à
revenait des Etalstion, , ce que jel lui
retourner sur son habitasais pas qu'il dût y avoir promis des en lui disant que je ne penCe baron m'entretint de
émigrés pour les colonies.
dont aucun
ses biens, 3 de ses bons
ne l'avait quitté ; je lui
esclaves,
pensais qu'on avait eu
répondis que je
noirs de
tort, en donnant la liberté aux
Cayenne, , de permettre
quittassent Jeurs ateliers,
que les cultivateurs
plaignaient de cela.
et que beaucoup de colons se
M. le baron d'Howith
je lui rendis sa
me parnt un saint;
un crucifix à la visite, il était sur un pric-dieu lorsque tenant
main 5 il ne vivait
De retour à Cayenne
que de lait, etc.
avant lui, les colons me ré-
que je
noirs de
tort, en donnant la liberté aux
Cayenne, , de permettre
quittassent Jeurs ateliers,
que les cultivateurs
plaignaient de cela.
et que beaucoup de colons se
M. le baron d'Howith
je lui rendis sa
me parnt un saint;
un crucifix à la visite, il était sur un pric-dieu lorsque tenant
main 5 il ne vivait
De retour à Cayenne
que de lait, etc.
avant lui, les colons me ré- --- Page 220 ---
200 )
Dans la fabrication du sucre, ils passaient
nuit.
murmuraient jamais, quoi-.
aussi la nuit, et ne
tel colon avait débauché ses
pélaient sans cesse qu'un le forcer à les rendre. Alors je
noirs, et qu'on devait
de moi : J'ai vu.à
je dis à cinq ou six qui étaient près m'a fait le plus
Surinam M. le, baron d'Howith, qui
éloge de. ses noirs : pas un ne l'a quiné/n'aaa
grand
le
, le scélérat, , sécriérent-ilstousà
dit. 1 Ah!) coquin,
telle harmonie ( Vous vous
T'unissonls Frappé d'une
eu occasion de voir
moquez de moi , leur dis-je ; j'ai lui c'est la donceur
ct de causer avec ;
ce propriétaire
mc ditM. Métereau,je vous
même. Venez chez moi,
les trous
encore aux lèvres
montrerai un nègre qui-a fait faire; il y passait un fil de
que cet hypocrite lui a
Pour
cousait. ainsi la bouche à ce malheureox.
laiton ct
habitant, , j'ai achelé
l'arracher àla tyrannie de ce férace
ajoutequi est un très-bon sujet. - C'est vrai,
ce nègre
rent-ils tous.
qu'ancun de ses nègres
.C Il est certain, contimua-il, : il était chez l'agent
ne T'a quitté ; mais voici pourquoi le décret de la liberté; ;
Jeannet lorsque celui-ci reçut
quitte à Pinstant la
le lui montra. M. d'Howith
T'agent
, assemble son atclier,
ville, se rend sur son habitation
à laquelle je
et lui dit: Je vous annonce une nouvelle la libertés
bien part, la France wous a donné
étiez
prends
Lorsque vous
je m'empresse de nous Papprendre. tels ; j'ai été sévère,
esclaves, je vous ai traités comme
êtes libres,
mais c'était la loi. Anjourd'hui que vous comme si vous
comme mes amis 1
;
je vous regarderai blancs: J'ai une prière à vous faire
étiez des paysans
son habitation
à laquelle je
et lui dit: Je vous annonce une nouvelle la libertés
bien part, la France wous a donné
étiez
prends
Lorsque vous
je m'empresse de nous Papprendre. tels ; j'ai été sévère,
esclaves, je vous ai traités comme
êtes libres,
mais c'était la loi. Anjourd'hui que vous comme si vous
comme mes amis 1
;
je vous regarderai blancs: J'ai une prière à vous faire
étiez des paysans --- Page 221 ---
201 )
qu'ils vissent le fouet
per s'ils restaient
toujours prèc à les
un seul moment
fraption, ou s'ils
dans l'inacposer.
témoignaient le désir de se reA midi, heure de leur
en quelques patates
repas qui consistait
paraient, ils
queleurs femmes
couraient à leurs
leurpréy travaillaient avec
petits jardins,
ardeur,
retournassent aux travaux jusqu'à ce qu'ils
lorsque le clair de la
de Phabitation; et
culiverleurs
lune leur permettait de
propriétés, ils ne les négligeaien:
je suis vieur, , ma santé
pour aller en dmérique m'oblige à quitter Thabitation
miabandomeres pas 3 si ; vous promettez-moi que vous ne
réduit à la misère ; jurez-moi me laissiez, je serais
pas vos travauz. Alors, sortant que vous ne cesserez
et un livre d'évangile, il leur de la poche un crucifix
qu'il les récompenscrait dans parla de Dieu, leur dit
les nègres jurérent, et voilà Tautre monde, etc., etc.
soul habitant méchant de la comme cet hypocrite, le
noirs > M. Métercau
colonie, a subjugué ses
cherché à débaucher ajonta : ( Bien des blancs
voulu se laisser.
ses noirs , mais ils n'ont ont
autres.)
séduire; ; ils travaillent mieux jamais
Alorsjeleurdis: (
que les
comme Ini?- Quoi! vous Poargsaisiverevonsy auriez
pas fait
sions prier 110s esclaves de
voulu que nous allaspartis, si des blancs ne les rester71lsne seraient jamais
eux en lcar faisant de belles eussent sollicités à aller chez
promesses. )) --- Page 222 ---
(203)
même la nuit pour Jaisser
point. lls se levaient
leurs paun Glet d'eau et arroser
échapper
qu'ils seraient vigousussent
tates, quoiqu'ils sile lendemain) l'économe
reusement fustigés,
de leur larcin.
s'apercevait
conclu, et Pexpérience
C'est de là querj'ai leur liberté, que si on
me l'a démontré depuis
les revenus 7 ils
leur accorde un quart SuT une telle ardeur,
emploieront leur temps avec perdre, y gaau lieu d'y
que le propriétaire,
indubitablement.
gnera
matin, les uns travaillaientà
Les dimanches
les autres se -
jardins, tandis que
leurs' petits
vendre les légumes,
rendaient à la ville pour y
les volailles, les
les fruits qu'ils recueilisient; élevaient. Cet argent
cochons que les chefs des objets de nos maétait desuite placé dans
de faire
dont il leur était permis
nufactures
usage.
blancs ont été forcés
Pendantle Stempsqueles) entrer dans les villes,
dequiter) les plaines pour des vivres, et se faiont planté
les cultivatenrs
dans les allées des habitasaient des jardins tiraient de leurs produits
tions : Targent qu'ils
des vêtements et des
était employé à acheter
bananes.
peut-on
D'après ces faits incontestables,
é dans
de faire
dont il leur était permis
nufactures
usage.
blancs ont été forcés
Pendantle Stempsqueles) entrer dans les villes,
dequiter) les plaines pour des vivres, et se faiont planté
les cultivatenrs
dans les allées des habitasaient des jardins tiraient de leurs produits
tions : Targent qu'ils
des vêtements et des
était employé à acheter
bananes.
peut-on
D'après ces faits incontestables, --- Page 223 ---
205 )
douter quc lorsqtc ces noirs
riches et libres d'acheter deviendiont plos
nous ce que bou leur et de porter comme
merce ne trouve de semblera, notre comnçoivent en
T'avantage à ce qu'ils repayement de leurs
portion des fruits que donne travaux, une
Jeurs sueurs.
un sol arrosé de
celaa-t-il
Philantropes anglais, commnent
En les faisant pu échapperà vos vues bienfaisantes?
bien du
adopter, vous eussiez
sang, bien des crimes aux
épargné
mulàtres et aux noirs.
blancs, aux
Je sais que
ils se trouvait deux presque sur toutes les habitations
ou trois noirs qui
couper dans les bois un
prétéraient
taient en villeafin de le vendre. paquet qu'ils porce bois était d'un
Le montant de
boire du tafia. MMais escalin, qui était employé à
néral de vieux
ces noirs étaient en génègres
à
et
bécilles, surnommés d'Afrique, moitié imils sont morts.
papa tafazaujourd'laui
Le noir est tres-sobre; il vit de
huit patates bouillies ou rôties, peu : sept ou
lui suffisent
et un peu
pour tout un jour. Telle d'eau,
nourriture qu'il recevait du
était la
Etait-elle
propriétaire.
coup de nègres se
beautasneensered
levaient la nuit pour aller --- Page 224 ---
(20f)
vivres." Lorsqu'ils étaient
marroner quelques
découverts, ils étaient taillés.
de fois j'ai vu, à l'instant du déjeuner,
Que
avoir une patate, et rester sans
les noirs ne pas
toutes les hamanger! Cela arrive sur presque
de vivres
les pièces
bitations à sucre, lorsque
alors les noirs
ne donnent pas, en abondance;
souffrent pendant quelques mois. souvent avec un
En 1789 je me promenais
qui régisdu Cul-de-Sac,
riche propriétaire
Al'instantdu désait lui-même son habitation.
et me disait:
jeuner, il quittait ses cultivateurs,
navrée; deux de mes pièces de.
( J'ai l'ame
autant que je m'y
) vivres n'ont pas produit n'ont pas de quoi man-
) attendais; mes noirs
pendant mon
> ger. Je me retire, parce des que cannes pourleur
>
absenceils vontprendre les nègres de cette
)) déjeuner. > Aussitôt que de la conduite de
habitation se sont aperçus qu'il éprouvait,
leur maitre, et de la peine veni, c'est bon
ils chantaient: : ( Sipatates pas
grand
alé li; si nous, gagné
)) Dieu qui pas bon Dieu qui nlé li. >)
D: gotit, c'est
quand on les
Lesnoirs nes se plaignent jamais si c'est leur
bat et qu'ils le méritent, surtout qu'avec impamaître; mais ils ne souffrent leur font donner
-tience les coups de fouet que
'il éprouvait,
leur maitre, et de la peine veni, c'est bon
ils chantaient: : ( Sipatates pas
grand
alé li; si nous, gagné
)) Dieu qui pas bon Dieu qui nlé li. >)
D: gotit, c'est
quand on les
Lesnoirs nes se plaignent jamais si c'est leur
bat et qu'ils le méritent, surtout qu'avec impamaître; mais ils ne souffrent leur font donner
-tience les coups de fouet que --- Page 225 ---
les
(205) )
économes; ; ils savent bien leur
>) te pas maltre moi,
dire: ( Feus
) poings,
pour battre moi
coups pieds, coups
coups
maitre, ne fit-il
baton. )) Un
aimé, par la
pas très-bon, est sûr d'être
leurs maitres persuasion où sont les nègres que
Les
peuvent les battre, les tuer.
chauffeurs, les
les
tiers, sont les plus arroseurs, cabrouet-.
parce
fustigés ; les
qu'ils ne chauffent
premiers,
les seconds,
pas assez rondement;
et qu'ils Jaissent parce qu'ils s'endorment la nuit,
sièmes,
perdre l'eau; enfin, les troiJeur font parcequ'ils taillentleurs
de larges plaies.
muleiserquils
couductenrs, ils disent Lorsqu'on bat.ces
>) quand moipas
: ( Yous taillé moi,
> li pas vle marché; travaillé; moi taille mulet,
Lorsqu'on achète c'est nègre moi. >
cabrouettier
des mulets, le
leur donneà à
premier
vant l'air qu'il lui
chacun un nom, Suicoasidéré dans
trouve, après l'avoir bien
tous les sens.
au cabrouet, il lui parle à Lorsqu'ille met
sant : ( Si toi ben
l'oreille, en lui di-
)) ne moi, toi
marché, si toi pas chicasera ben
) toi pas allé ben, moi content dis
moi : mais si
5 toi, tendez ben.n
toi, moi va taillé
pour qu'il
Alors il lui tord l'oreille,
se rappèle la Jeçon.
Qu'on examine l'oreille des
mulets de C2- --- Page 226 ---
206 )
brouets, ils en ont tous une pendante. Avoués
avez-vous fait cette remarque?
et notaires,
beauPendant la révolution, il s'est égaré
de mulets que des gendarmes avaient
coup
abandonnés dans les chemins.
pris, et ensuite
leurs
Lorsque ces mulets étaient reconnus parl
cabrouettiers, ils les arrêtaient; et ils se seraient
de céder ; c'est mulet moi;
fait tuer platôt que
ramener le mulet
jamais ils ne s'en allaient sans
à Thabitation.
les noirs de Cazeau
A Pépoquede la liberté,
de les
et de Fleuriau sont venus me solliciter
conduire et de leur donner des ordres pour
Ces habitations étaient voisines
leurs travaux.
Je fis beaucoup de rede celle de Gouraud.
leur disant
proches aux nègres Fleuriau, en
m'avait appris queles négresses faisaient
qu'on
enfants du mal de mdchoire- Ils
mourir Jeurs
m'ont répondu : ( Procureurla limentortrop;
voit négresse grosse, li juré tant
>) lorsqu'il
petit veni au monde,
> comme diable; quand
allé dans tra-
>) tout suite livlé que maman
baillé ren à nourrice. Quand
> vail; lijamais
Gouraud, ildit que pro-
>) maman la citépetit
Nous tépas con-
>) eureurlal li gaté nègres.
maitre
métier procureur lafaitavec
> naiqué
dans morne;
2) nous ; li gagné une habitation
grosse, li juré tant
>) lorsqu'il
petit veni au monde,
> comme diable; quand
allé dans tra-
>) tout suite livlé que maman
baillé ren à nourrice. Quand
> vail; lijamais
Gouraud, ildit que pro-
>) maman la citépetit
Nous tépas con-
>) eureurlal li gaté nègres.
maitre
métier procureur lafaitavec
> naiqué
dans morne;
2) nous ; li gagné une habitation --- Page 227 ---
)) c'est
(207 )
nègres Fleuriau
> fait tout travail li. Li planté café, qui
> à li. Toutes les
gagné 15 à 207 nègres
)) bitation li, 50 à semaines li encoye sur ha-
) coquin blanc ci 40 la la? negres Fleuriau, ça pus
> dois travail
nous connais, nous
> li, mais pour maitre nous sur habitation
nous dois
)) procureur
pas travail sur habitation
J'ai
nous. )
à la chaîne vaau Cap, en l'an 4,1 mettre des noirs
à leurs maîtres; pour avoir volé quelques piastres
chezlen
leurs camarades leur disaient
noirTdlénaque,
Télémaque, li ben jugedepaix:re citoyen
paye
fait punir toi; astor yo
Sur monde,ro la ferme doit pas vole, ))
Garesché au
passé une
Boucassin, où j'ai
un noir qui convalescence était
de trois mois 2 j'ai vu
dix pieds de
attaché avec une cbaine de
Ce noir était Jong, à un arbre dans la cour.
25 ans il était ainsi agé de plus de 60 ans; depuis
mettre à
enchainé, llavait pour se
de long, l'abri, un petit ajoupa de six
lui
couvert en paille.
pieds
avait donné la
Plusieurs fois Onl
soit un
liberté, et toujours il volait,
des effets inouton, soit un boeuf qu'il
aux blancs ou aux
tuait, soit
J'ai souvent causé
nègres.
fait toutes les
avec ce noir; je lui ai
remontrances possibles
pour --- Page 228 ---
(208 )
le corriger. Il me promettait
malgré ses
deneplus voler ;
En 1791,
Hmnaueiasaupassires gràce.
Lapointe, comme
un mouvement à
onlavu, Gt faire
gries, qui'se
quelques nègres des montainsurrection répandirent au Boucassin. Cette
eut le but que s'était
mulâtre, de contraindre les
proposé ce
au Por-au-Prince
blancs à se retirer
et à Saint-Marc.
de l'habitation Garesché,
Les nègres
noir enchaîné, lui
sur la demande du
nèrent une
otèrent ses fers, lui doncase, un petit jardin;
de deux jours, il avait
mais au bont
voleur ; ils le remirent repris son métier de
à la
encore en I 794.
chaine, oi il était
Tous les nègres ont de pareils
justice; les colons ne
sentiments de
tendre parler de leurs liguorent pas. A les enbons sujets; mais
noirs, ils sont tous de
des
ceux de leurs voisins sont
coquins.
Les noirs de la côte
de
ils
d'Afrique sont
vanité, ont bientôt
remplis
nègres créoles.
pris l'orgueil des
leur faire
Après un an de séjour c'est
injure et les irriter
ter de bossales,
que de les traice qui veut dire
wenu. Lorsque vous dites à un noir": nouveau
créole, il vous
es-tu
répond : oui,
fin créole; c'est-à-dire
Monsieur, moi
que son père et sa
la côte
de
ils
d'Afrique sont
vanité, ont bientôt
remplis
nègres créoles.
pris l'orgueil des
leur faire
Après un an de séjour c'est
injure et les irriter
ter de bossales,
que de les traice qui veut dire
wenu. Lorsque vous dites à un noir": nouveau
créole, il vous
es-tu
répond : oui,
fin créole; c'est-à-dire
Monsieur, moi
que son père et sa --- Page 229 ---
inère sont
(209 )
blancs nésdans la colonie. Bien
suis vous disent: : je ne suis
des créoles
créole.
pas
Les
Frmcais,jo
noirs
pombreux d'Afrique sont
gue les créoles. beaucomp plus
sous dans le
On en a vu les raiderniers
chapitre de la popalation.
sontmoins
Les
se fatiguent plus estimés pourla
Cela vient du vite, sont moins culture;ils
dans leur
peu de soin qu'on a vigoureux.
tins et enfance, et de ce qu'ils pour eux
plus recherchiés des
sont liberc'est parmi eux qu'on trouvé négresses : aussi
bitations 2 les
les chefs des haouvriers. Ils domestiques, les
sont plus
postillons, les
paysans de France:
intelligents que nos
et ne cherchent
ceux-ci vivent
au lieu
point à prendre nos cnireeux,
quel les noirs créoles
manières;
copient les blancs. Cela
étant imitateurs
cartel paysan de
ne doit point
à
France, tel ouvrier étonner;
de SenciDoningess y. prend, ,
qui passe
séjour, une tournure si
après deux ans
qu'ilavait éantmouton dillérente de celle
équivaut à bossale), France (expresion qui
que,
paroisse, on le
wllretosrnaiedan sa
du village, tant il prendrait pour le
Les
est dégourdi.
seigneur
Africains les
plus
tiques, 2 ouvriers, sont les estimés pour domesSénegalais ; ce sont
--- Page 230 ---
(210) )
jolis. Ils ont lcs lèvres
les plus noirs, les'plus
créolisés dans
minces, le nez droit, et ils sont
peu d'années. cultivateurs, les mieux faits,
Les meilleurs
sont les noirs de la côte
les plus vigoureux, le nom de Bambaras, ,
d'ivoire, counus sous
sont
Haoussas, Arradas. Ces nègres
Tacouas,
les mieux
aussibien jainbés que nos grenadiers
faits. Leur taille est depuis cing pieds. cinqg
jusqu'à cinq pieds dix pouces. Ils mapouces
la houe avec adresse ; ils sont
nient la hache,
intrépides
de grands travailleurs, 7 guerriers
fiers. On les emploie à la houe et communé-.
et
les chaudières à sucre.
ment sur
Ibos, Congos ne soat pas si esLes Nagos,
Les premiers sont
timés pour les sucreries.
six
ils ont trois ou
petid'assez jolie figure;
les fait resur les joues, ce qui
tes coupures
voleurs que les noirs de
connaitre. lls son tplus
Ibos
viènent
la côte d'Or et d'Ivoire. Les
qui
trasont de bons
du Gabon sous Péquateur
les domine à
vailleurs; mais l'amour du pays
se pendent quelquefois
un tel point qu'ils Trente se sont pendus
àl'envil'un de l'autre. habitation. Ils sont
en un seul jour sur une
Ces noirs
taciturnes 2 et ne rient jamaison les
très-recherchés. A Surinam
ne sont pas
viènent
la côte d'Or et d'Ivoire. Les
qui
trasont de bons
du Gabon sous Péquateur
les domine à
vailleurs; mais l'amour du pays
se pendent quelquefois
un tel point qu'ils Trente se sont pendus
àl'envil'un de l'autre. habitation. Ils sont
en un seul jour sur une
Ces noirs
taciturnes 2 et ne rient jamaison les
très-recherchés. A Surinam
ne sont pas --- Page 231 ---
(21r
préfere, et ils s'y
doute du climat, plaisent; cela vient sans
leur, et dela
qui ressemble
poisson
grande quautité de beancoup au
qu'ils y ont à
banancs ct de
Les Congos,les profusion.
chantent sans
joyeux etbruyants
ricux,
cesse ; ils ne sont
Congos,
parce que, dans leur
pas trés-labolabourent; ; ils sont doux
pays, les femmes
est la danse ct le
ctbons, leur bonbeur
dans lcs plaines, repos. Ils réussissent bien
mais les
lorsqu'il y a des
patates leur
bananeries;
même quand ils
donnent des
sont
coliques,
appèle-t-onj jamais scelimatés; aussi ne les
Dans les
que Congos mal au
ils sont plantages à café sur les
ventre.
estimés 5. et
montagnes,
nancs et d'autres
comme ils ont des baIls. sont en général vivres, ils y sont contents.
ils sont bien de très-faciles à
figure, ont les reconnaître :
gros et
dents Jaunés, 2 les lèvres assez yeux un peu
belles, 2 lorsque les
minçes, les
limées cn arc-en-ciel. premières ne sont
faits, et grands de
J'en ai vu.de très-bien pas
en général ils sont cing hauts pieds six pouces, ; mais
pieds trois
de cingpieds, à
Les
pouces.
cing
femmcs
travaillent
Congo sont
aussi bien
reherchées ; elles
et Tacouas.
que les hommes Arradas --- Page 232 ---
(212)
de noirs
Il existe encore une grande quantité
dont la langue
wnetsmtegetanigge des bords de la
n'est pas connue des nègres
fraude
Ces
sont introduits en
par
mer.
nègres n'étant pas si sévères que les
les Auglais, qui,
dans le choix des esclaves, prènent
Français
aussi se trouve-t-il
tout ce qui se présente; négrier anglais, 7 une
souvent dans un même
s'entendent
quantité d'esclaves qui ne
grande
inconnus des autres noirs.
pas, et qui sont
j'ai été forcé de faire
Dans les guerres que
trouvé, dans
coutre les noirs, o1l a souvent
macoules du peu de nègres qu'on
les sacs, ou
écrits. Les patriotes s'étuait, des papiers
ces
criaieut; lorsque les dragons apportaient des
woilà la correspondance
papiers : woyes, Ces écrits n'étaient compris par
aristocrates.
C'était de l'arabe. Cela me
qui que ce soit.
une aventure qui
donne occasion de rappeler
m'est arrivée au Boucassin en 1791.
unelettred'un jeinechomme,nommné
Jereçus
: ce jeune homme m'éEdon, natif d'Étampes
Comme
sa
Leroi.
jelisais
crivait de Phabitation
qui
lettre, je surpris le noir commissiounaire
les
sur l'écriture ; une petite glace
jetait
yeux
avoir lu ma lettre, je
trahit sa curiosité. Après
Non, monlui dis : (( Est-ce que tu sais lire?-I
lettred'un jeinechomme,nommné
Jereçus
: ce jeune homme m'éEdon, natif d'Étampes
Comme
sa
Leroi.
jelisais
crivait de Phabitation
qui
lettre, je surpris le noir commissiounaire
les
sur l'écriture ; une petite glace
jetait
yeux
avoir lu ma lettre, je
trahit sa curiosité. Après
Non, monlui dis : (( Est-ce que tu sais lire?-I --- Page 233 ---
(315)
sicur, me répoudit-il.-
dais-tu ce que je lisais? Pourquoi donc regar7-Je vous
pardon, je ne sais pas lire le
demande
enfin, tu sais donc
français. Mais
écrire la
lire?. - Oui,
langne de mon
monsieur, et
espèce de mulatre à
pays, et celle d'une
moi quelque
cheveux longs. Écrischose. > Il
se met à écrire de droite prend une plume, et
tères étoient très-bien
à gauche; ; ses caracvitesse. (
peints, et il
Qu'as-tu mis dans écrivaitavec
connais pas cette langue,
cet écrit? je ne
P'arabe; est-ce ainsi
je crois que c'est de
me
que tu la nommes?. -
répondit-il. D Je lui fis
Non,,
sa. langue;j je l'ais gardé
écrire le nom de
oublié ainsi
long-tempssmais
que
jel'ai
lettre était,
Torthographe. La
autant que je
première
une espèce de
peux mcle
8, et la dernière
rappeler,
bien, qu'as-tn écrit? - C'est un 0. (t Eh
y avait plus de vingt
une prière. )) Il
Ce noir se nommait lignes.
d'environ
Tamerlan ; il était âgé
était prêtre quarante-quatre dans
ans. Il me dit
vres; que le grand son pays ; qu'il faisait des qu'il lipour T'instituteur MveiderAfiqueranate de
choisi
avec ce prince,
son fils; qu'il voyageait
nègres
lorsqu'il fut
, qui les firent
altaqué par des
plus de trois mois de captifs, , et qui, après
sirent au bord de la traversée, 2 lcs conduimer près des blancs.
Tamerlan ; il était âgé
était prêtre quarante-quatre dans
ans. Il me dit
vres; que le grand son pays ; qu'il faisait des qu'il lipour T'instituteur MveiderAfiqueranate de
choisi
avec ce prince,
son fils; qu'il voyageait
nègres
lorsqu'il fut
, qui les firent
altaqué par des
plus de trois mois de captifs, , et qui, après
sirent au bord de la traversée, 2 lcs conduimer près des blancs. --- Page 234 ---
(a)
de son'
: 11 me parla beaucoup de la puissance
roi; du prix qu'il donnerait pour le racheter.
dit
le fils du roi avait été tné dans
I me
que
soutint coutre les nèle comba: que sa garde
nomma
voleurs. Selon lui la ville qu'il uie
gres
bois, bien alignée, comme le
était bâtie en
Cap et le Porbau-Prince;l les maisons presque
I1 dit
n'y était jamais
toutes à un étage.
bien qu'il des iulâtres à
venu de blancs ; mais
cheveux Jongs. Je Jui demhandai qu'elle ponêtre la
de cette ville. Il estima
vait
population
dans ic
qu'il y avait autant d'habitants que
PArPort-au-Prince, la plainedu Cul-de-Sac,
et Léogane, ce que je porte à 500,000.
caye
de
qu'il me parla
C'était au mois
juin 1791
rendis en novembrémême: année au
ainsi.Jeme
L'incendie du 21 de ce m'ois,
Port-au-Prince.
qui fut porté
met fit perdre mon porte-manteau, je travaillais à
à bord d'un américain , lorsque
le reéteindre les flammes. Je n'ai jamais pu
L'écrit de ce nègre, le nom de sa
trouver. ville, celui de son roi y étaient rengrande J'avais sd'autres papiers dans mon portefermés. entre' autres une comédie manuscrite,
feuille,
Gérent devenu Procureur, ou les
intituléé le
Si ceux entre les mains
Économes disgraciés.
n'ont
de qui est tombé mon porte-manteau, --- Page 235 ---
(315)
point déchiré ces papiers, ils
que j'indique,
trouverontl'éerit
Ce noir eût été très - utile à
courageux
l'infortuné et
si on faisait Mango-Parck.Jeants des recherches
certain que,
anglaises, il se trouverait dans les colonies
raient utilement de
des nègres qui serviC'est le seul esclave nouveanx voyageurs.
reux de retourner
que j'aye trouvé désiauxquels Y'enaiparlé, en Afrique ; plus de trente
féraient Ssin-Domingue. m'ont tous ditqu'ils préDisaient-ilsla vérité?
eu pour esclaves des noirs
même des
EPERES
derviches.
mabométants, et
Les voyageurs qui veulent
que devraient se faireinitierat parcourir PAfrisouslenom de Yaudou,
une secte connue
punie par Jes blancs, et scctetrtrsérérenent aussi
Jes francs - maçons par les cruellement que
Portugais.
Espagnols et les
Vandou, llyavaità Gouraud une grande
et un noir, grand
prétresse du
voulu les
chef; je
brûlés de dénoucer; ils eussent été n'aijamais
suite. J'ai StI ce fait
pendus ou
quiétaitinitiée, Ily a un mot par une négresse
n'a jamais voulu me
depasse, mais elle
lesfemmest ncle
lindiquer: : elle disait que
connasentpas. Elle m'adonné
Vandou, llyavaità Gouraud une grande
et un noir, grand
prétresse du
voulu les
chef; je
brûlés de dénoucer; ils eussent été n'aijamais
suite. J'ai StI ce fait
pendus ou
quiétaitinitiée, Ily a un mot par une négresse
n'a jamais voulu me
depasse, mais elle
lesfemmest ncle
lindiquer: : elle disait que
connasentpas. Elle m'adonné --- Page 236 ---
(216)
reconnaissance avec la main:
les signes pourla
des mâc'cst, à quelque chose près,eelui initiés; iln'ya
Très-peu de créoles sont
çons. enfants des chefs du Vandou. Elle me
que les
que, malgré
le dit sous le secret, en m'assurant beaucoup, je seque les negres m'aimassent cherchais à dérais tué ou empoisonné si je
de la secte.
couvrir le grand mystère du Vaudou, une
Il existe chez les prêtres cachée sous terre,
grosse couleuvre privée, debois, qu'on lève dans
dans uegrande caisse forme d'antel. On fait des
les cérémonies en
prêtresse.
serments entre les mainsdelagrande
qui
conduisent à des convulsions,
Les danses
boit une espèce d'huile,
cessent lorsqu'on dit être de serpent; ; on en frotte
qu'elle m'a
les jarrets et les aisselles.
aussiles tempes 2
mourut lorsque j'étais à
Le chefdu Vaudou
ascendant sur tous
Gouraud. Il avait un grand funérailles magniles noirs ; ils lui ont fait des Vaudou. Je n'ai point
fiques; on y a dansé le
lui ai donné au
troubler leur fète : je
voulu
bouteilles de vin.
contraire vingt
tenir aux illuminés.
Cette secte me parait
des
ou des
des fanatiques ,
sots,
1I n'y a que
d'une secte,
imbécilles, qui peisentoinaguiderd celle del la maçonnerie.
quime paraità peu près --- Page 237 ---
Il funt
(317 )
espérer que les
établi sur la Sierra Léona philantropes qui ont
parviendront à trouver une colonie. libre, 2
titution, qui remonte l'origine de cette insplus reculés. Les Arradas peut-être aux temps les
paru y être le plus attachés. sont ceux qui n'ont
Si l'on entsua
eût été initié au Sainc-Domingue qu'un blanc
Voilà
Vaudou, il cût été brûlé vif.
etl'on commelignorace fait des
trouve
persécuteurs!
Je vais faire desPrançais dans ce nombre!
ques faits dont connaitre sur cette secte quelfévrier
j'ai été témoin. Au mois de
1792, nous marchàmes
un camp de nègres qui était
pour attaquer Y
dans la plaine du Cul-de-Sac. au fonds Parisien,
L'armée était
hommes
composéc de deux millc
gons coloniaux. dinfanterie, et de quatre cents dragardes, et choisi J'étais tonjours des avantpar M. le comte de
pour ces expérlitions. En
Boutillier
nous fames bien étonnés approchantdu de
camp,
de la route, de
voir, sur. le bord
terre, , sur
grandes perches piquées en
rents oiseanx lesquelles on avait attaché diffémanières.
morts > placés de
Sur
différentes
seaux crabiers; quclques-unes étaient des oisur d'autres, des
ches, sur d'autres des
poules blanpoules noires. Dans le
ces expérlitions. En
Boutillier
nous fames bien étonnés approchantdu de
camp,
de la route, de
voir, sur. le bord
terre, , sur
grandes perches piquées en
rents oiseanx lesquelles on avait attaché diffémanières.
morts > placés de
Sur
différentes
seaux crabiers; quclques-unes étaient des oisur d'autres, des
ches, sur d'autres des
poules blanpoules noires. Dans le --- Page 238 ---
(218)
chemin étaient des oiseaux
distance en
coupés, jetés de
artistement distance, et entouréspar des pierres
d'ocufs
arrangées ; enfin, une huitaine
cercles cassés, et aussi entourés dc
en zig-zag. Cela nous fit
grands
Malgré tous ces
beaucoup rire.
cinquante
prestiges, 9 je poussai ayec
de marche dragons.Apresum petit
,
quartd'heure
j'aperçus le
vert d'ajoupas,
camp qui était coutroupes. Quel fut rangés comme les tentes des
mon
nous vimes tous les noirs étopnement, lorsque
plus de deux cents
qui sautaient, et
en chantant
négresses qui dansaient
avec sécurité! Nous
toute bride sur le
la
courûmes à
finie; les
camp ; danse fut bientôt
nègres prirent la fuite. Nous nous
tachâmes à les poursuivre
atEspagnole ; nous en tuâmes jusque dans la partie
ils nous tuèrent trois
une vingtaine, et
brave jeune homme, dragons, entr'autres un
nommé
qui fit croireau
Montalent; ce
A mon
camp que c'était moi.
retour, lcs dragons
avec l'infanterie
quiétaientrestés
poursuivirent les
on en fit prisonnières déux
négresses ;
on,ne fit aucun mal. La cents, auxquelles
Vaudou n'avait
grande préuresse du
lieu de
point fui; elle fut prise ; au
l'éçouter, de prendre dcs
ments sur ses,desscins, on la tailla reuseigneen pièces à --- Page 239 ---
(219-)-
coups des sabrc.
bien vêtue. Si je Cénitmneuesbeller n'avais
négresse,
des noirs, je n'anrais pas été à la poursuite
massacrée,
pas souffert
sans au mnoins avoir qu'ou l'eût
pris
renseignements sur ses projets.
d'amples
J'interrogeai plusieurs
culier; j'eu rencontrai de négresses la
en partiGouraud, au fonds Parisien, petite habitation
saient; elles ne pouvaient
qui me connaisnous avions pu passer concevoir comment
la grande maitresse
après les obstacles
du Vaudou
que
sous nos pas. C'est
avait multiplicsgresse Jeur avait dounée, l'assurance que cette né-.
dans cette confiance
qui les avait tenues
Comne j'étais resté et les faisait danser.
petit morve à les
un peu de temps sur un
que nous étions examiner, fixés
ils s'imaginérent
Cette prétresse était
là par enchautement.
delhabintion
mne
de
bellen@gresse créole,
un excellent sujet Boynes, d'ailleurs. cequeje crois, et
En l'an 4, nous primes daus les
deSainte-Susamnen une
montagnes
était du Vaudou. Cette négresse d'Arrada.Elle
Cap; on
femmne fut conduite. au
créole. Ellc l'interrogea; ; mais eile parlait peu le
et conduite fut.jngée par le noir
sur la grande
Télémaque,
mulicude de
place au milieu d'une
peuple de toute couleur. Les
'ailleurs. cequeje crois, et
En l'an 4, nous primes daus les
deSainte-Susamnen une
montagnes
était du Vaudou. Cette négresse d'Arrada.Elle
Cap; on
femmne fut conduite. au
créole. Ellc l'interrogea; ; mais eile parlait peu le
et conduite fut.jngée par le noir
sur la grande
Télémaque,
mulicude de
place au milieu d'une
peuple de toute couleur. Les --- Page 240 ---
220 )
nègres et les négresses ne se cachaient pas
pour dire qu'on ne pourrait avoir aucun pouvoir humain sur clle.
de chaTélémaque fit un discours plein
de
qu'il était
leur, ne craignit pas
publier
frères
hontenx d'être noir, lorsqu'il voyait ses
être aussi crédules. E Les cheveux de cette nésont si bien frisés, si bien
)) gresse, dit-il, qui
vous
)) couverts de mastic et de gomme, que
vont tomber. ) Iladressa
) croyezsi puissants,
ensuite quelques paroles à cette sorcière, qui,
la
était placéc devant un bracomme Pythie,
mais elle était
sier et sur un petit trépied ;
triste etd'un grand sang froid. Alors il ordonna
bourreau
de lui couper les cheveux,
au
nègre
étonqui tombèrent sous les ciseaux au grand
nement de tous les crédules spectateurs. Ils ne
furent pas moins surpris de voir ces cheveux
sacrés dévorés par le feu dans lequel ils furent
Cette femme fut reconduite en prison; ;
jetés. de jours après, on la confia sur une
habitation et, peu à des noirs pour qui elle devint un
objet de risée.
tous les
Qu'on ne croie pas en France que
noirs pensent ainsi : les créoles et ceux qui
sont créolisés rient et se moquent de cette
imbécillité. --- Page 241 ---
(221)
CHAPITRE IX.
De la Truite.
JE ne rapporterai point ici tout
écrit sur le commerce des
ce qu'on a
heureux pour Phumanité nègres : il est malsensible Las-Casas,
et la justice, que le
ait jeté les
pour sauver les
yeux sur les Africaius. Je dois Indiens,
pendant dire que lcs nègres n'étaient
cemalhenreux que Jes Européens
pas aussi
T'anraient bien moins été, si les l'ont cru. Is
ct les intendants enssent
agents, du roi
exerçaient des crnautés. sévi contre cenx qui
J'ose assurer que, si l'on veut
riglement à exécution, les noirs mettre mon
coup plus heureux
la
seront beaupaysans et de nos ouvriers, que
plupart de nos
flige, sur-tout pendant
que la nisère afSi cet
l'hiver.
ouvrage est honoré dcs
rui,s'l fixe pour quelques
regards du
tion, je ne doute
instants son attenconvaincue
le pas que Sa Majesté ne soit
être adopté, que plan que je propose
méme par les Anglais,
peut
J'espère
mettre mon
coup plus heureux
la
seront beaupaysans et de nos ouvriers, que
plupart de nos
flige, sur-tout pendant
que la nisère afSi cet
l'hiver.
ouvrage est honoré dcs
rui,s'l fixe pour quelques
regards du
tion, je ne doute
instants son attenconvaincue
le pas que Sa Majesté ne soit
être adopté, que plan que je propose
méme par les Anglais,
peut
J'espère --- Page 242 ---
222 )
code ouvrira les yeux aux colons qui
que mon
réfléchir sur le mot liberté,
n'ont point voulu
la liberté politique
qui se plaisent à confondre etn'en connaissent
aveclal liberté individuelle, colon donne à son esd'autre que celle que le
éclairés
sont sur ce point plus
clave.Lesnègres:
les blancs. Ceux - ci
ou de meilleure foi que libres, ils doivent
disent : Si les noirs sont
rien faire s'ils
veulent, et ne
faire ce qu'ils
disent: Si nous ne travail- A
veulent. Les nègres
et nous mourrons
lons pas 1 nous irons nus
bientôt de faim. aboli la traite ; ils désirent
Les Anglais ont
La sensibilité
cêtte abolition soit générale.
que
faitaccneillir cette mesure.
déLouis? XVIIlluiaf
doivent l'en remer-
(Les amis de Thamnanité
lui en aucier; les colons eux-mémes, un jour
la
puisque, s'ils protègent
ront del'obligation,
besoind'employer
ilsn'auront plius
population,
l'achat des nègres.
des sommes énormes pour ne sont pas garnis
si les ateliers
Je le répète,
faux calculs, c'estpar .
d'enfants, c'estparleurs
de leurs esclaves.
le peu de soin qu'ils prènent
nés
que la qantitéd'enfamsr
J'aila persuasion
anjourd'huidel beauaSaincDomingues surpasse: tués à la guerre ; car,
couplenombre des gens
nous
lorsque dans une gazette,
jeduisl'avouer, --- Page 243 ---
avonis annoncé
(225 )
qu'on avait tué
negres, on n'en avait
cing à six cents
l'assurer, puisque je pas tué vingt. Je puis
et au premier
servais dans Ja cavaleric
Je vois la raison rang. de la
concernant l'abolition conduite des
1 les pertes
de la traite. Ce Anglais, sont
que leur
:
lats; il est prouvég que, Barinesmpporiee dans
en matcde Guinée, on perd
un voyage à la côte
page; 20 la
plus de la moitie de
lonies sont quantité de noirs dont leurs l'équen
5. pourvues, n'ayant plus de
COfriche; les propriérés
terrain
l'inde, où l'on fait du
qu'ils ont dans
sucre, du
érublisemengaurt la Sierra
café;-l leurs
surent le commerce
Léone,
de
quilenrasmonde dont ils regardent PAfrique, partie du
autant de
les habitants conme
En effet, consomnmateors et de colons
que: uedoivent-ils
anglais.
philantropesteurs
pas attendrede ces
nue colonic libre coimpatriotes, à
qui ont fondé
peut-ètre, nous derrons laquelle, avant dix ans,
toute
la
PAlique; qui leur conmaissance de
moyen d'établir un
fourniront par là le
et de le
commerce avec ce
avec du canon subjuguer, non pas comme pays,
et des crimes,
l'inde,
marchandises
mais avec des
la persuasion? d'Earope, de la douceur.
et de
steurs
pas attendrede ces
nue colonic libre coimpatriotes, à
qui ont fondé
peut-ètre, nous derrons laquelle, avant dix ans,
toute
la
PAlique; qui leur conmaissance de
moyen d'établir un
fourniront par là le
et de le
commerce avec ce
avec du canon subjuguer, non pas comme pays,
et des crimes,
l'inde,
marchandises
mais avec des
la persuasion? d'Earope, de la douceur.
et de --- Page 244 ---
(224)
Les raisons que nous venons d'exposer sout.
véritablement celles qui ont décidé le gouvera abolir la traite: elle est Ja suite
nement anglais commercial. Les amis de l'hu-.
de son système
nombre chez ce
manité, qui sont en grand
réclamé
peuple libre et orgueilleux, ont aussi
cetabolissement. C'étaitsans doute pour forcer
colons
à mieux traiter les esclaves
les
angluis maladies. Plus calculateurs que les
dans leurs
favorisaient encore
Français, les colons anglais
moins la population ; selon enx, les nègres ma-.
remèdes quileur étaient
lades ne valaient pasles
sur-tout lorsqué ces noirs étaient
nécessaires,
J'ai vu à la Jamaique une,
vicux et impotents. mourir à Potneloge de-.
vieille négresse venir
l'avait chassée. Il a
vànt ma porte ; son maître
voila tout. Japayé quelques punds d'amendc,
cette barmais un colon français n'eût agi avec
barie. La traite est maîntenue pour cinq ans.Je
suffisant pour relever nos cocrois ce temps
la
à Saintlonies, si on ne fait pas guerre
mais,si on l'y fait, dans cinquante
Domingue; n'aura
assez de noirs pour cultiver
ans on
pas
maintenir tranquille.
la partie qu'on pourra
à la traite comme
Avec mon plan, j'envoie
iront, ,
les bâtiments du commerce
jadis ;
achetér des nègres à la côte
comme autrefois,
e
suffisant pour relever nos cocrois ce temps
la
à Saintlonies, si on ne fait pas guerre
mais,si on l'y fait, dans cinquante
Domingue; n'aura
assez de noirs pour cultiver
ans on
pas
maintenir tranquille.
la partie qu'on pourra
à la traite comme
Avec mon plan, j'envoie
iront, ,
les bâtiments du commerce
jadis ;
achetér des nègres à la côte
comme autrefois, --- Page 245 ---
(235) )
d'Afrique, et les vendront de
colonies. Les nouveaux
mêmé dans nos
comme esclaves
nègres
du
pendant neuf travailleront
dire propriétaire qui les aura ans, an profit
que celui-ci,
achetés; c'est-àde son acquisition, pour se reubourser du
sur le
retiendra,
prix
de
quart accordé aux
chaque année, 2
parts qu'il aura de noirs cultirateurs, autant
Après ce temps,
nouveaux.
montré, suffira
qui, comme je l'ai déde ses avances, pour que le colon soit
avantages
ces noirs jouiront des rempli
que les anciens
mêmes
Avant la
cultivateurs.
choix acheté révalation, à bord,
un noir de
2,000 à 2,200
n'a jamais coûté premier plus
payables le francs, argent de la
de
le second premier tiers
colonie,
l'tiers à un
comptant
huit mois ou deux an, et le troisième compte, à
presque jamais ans (ce dernier Liers dixconsulter les payé;on peut, sur cet article, n'était.
Si les conditions négociants de France ).
verra que neuf années sont les mémes, le colon
feront plus que de
du travail d'un
aura
doubler les
nègre
déboursees, tant
sommes
ses
pour son achat
gu'il
riture; vétements, les soins
que Pour
d'autant mieux d'hôpital et sa nourne lui a jamais coûté que ce dernier
el ne lui coltera objet
jamais
--- Page 246 ---
(226 )
des
sèches et des bananes
un sou ;
patates
l'eau du ruisseau
vertes que le nègre cultive, voilà la ration qu'il
qui passe sur Phabitation,
doute encore.
lui dounait et lui donnera sans
noir occupé aux grands
Il est prouvé qu'un francs
an. A la vétravaux produit 1,000
par de suite emrité; les nouveaux ne sont pas
lcs
D'abord on
ployés aussi avantageusement.
oll les rafraichit, ils ne travaillent que
purge,
après six mois, ils s'occupent
peu ; mais,
et à la fin de l'année ils
comme les anciens, aussi utiles. Ils fouillént
sont aussi laborieux,
la sarclent, la
un trou de canne, la plantent,
comme les autres cultivateurs.
coupent
les cotonneries, où les
Dans les cafeyères,
moins pénibles, ils sont plutôt
travaux sont
devoirs et les remplissent
instruits' de leurs
bien en" moins de temps.
ès six mois, ils s'occupent
peu ; mais,
et à la fin de l'année ils
comme les anciens, aussi utiles. Ils fouillént
sont aussi laborieux,
la sarclent, la
un trou de canne, la plantent,
comme les autres cultivateurs.
coupent
les cotonneries, où les
Dans les cafeyères,
moins pénibles, ils sont plutôt
travaux sont
devoirs et les remplissent
instruits' de leurs
bien en" moins de temps. --- Page 247 ---
(227 )
CHAPITRE X.
De la Religions
Ac mot :l de
tous les religion, il me semble
: colons t. s'écrier : Vous
entendre
que, nos mègres sojent
voulez aussi
lous, oui, jele désire. religienx 2... Oui, COlité ne soit plus troublée. pour que la trauquill'étatde Les noirs, comme tous les hommes
nature, sontsimples;
dans
sontsierelules, qu'onles
plusieurs même
Ils croient aux sorcjers, preudrait pouridiots.
mais' Presque tous les aux tevenants, etc.;
ils
paysans
* Das la même
d'Europe n'ontpaysans sonl instruits croyance ? Cependant ces
chrétiens; ; P'iustruction dans les devoirs des
de : cette crédulité
devrait les
rance. Je le, dis qui ne vient que,de exempter
bornés 3
: les nègres ne sont l'ignodes que mes compatriotes les
pas si;
campagues.
Bas-Bretons
Quels élaient - les
vous
principes de
- donniez à vos
religion
vous les faisiez esclaves, colons?
que
baptiser, voilà tout. S'ils Auçun ;
sa- --- Page 248 ---
I
( 228 )
vaient quelques mots de prières 2 ce n'était
de vous qu'ils les apprenaient : vous ne
pas
Néanmoins',
vous donniez pas cette peine.
malgré cette négligence, j'ai vu des nègres
et
étaient très-exacts à faire
très-d dévots, qui
avait même
leurs prières tous les soirs. I1 y
faisaient dire des messes, 2
des négresses qui
à demanquand elles avaient quelques graces
der. Enfin, je puis assurer que je me suis
servi des armes de la religion pour obtenir de
mes' noirs ce que je n'aurais peut-être pu obsecours. En voici un
tenir sans cet important
exemple :
Thomas vint me voir sur
Le révérend père
conduisis dans laPhabitation Gouraud; ; je le
telier. Lorsque i'y fus, je lui dis : ( Monsieur
le-curé, si je suis content de mes nègres, j'esvous aurez la bonté de venir faire la
père que
T'habitation, et que vous béniprocession sur
auront le mieux
rez les cases de ceux qui
mérité ? >) 1l me répondit qu'il le ferait avec
mots
de nègres et
plaisir. A ces
1 beaucoup
les
se jetérent à nos genoux,
toutes
négresses
nous promirent qu'ils
nous remercièrent, feraient Jeurs devoirs,
travailleraient, qu'ils
et ils lui demandèrent Sa bénédiction.
des
J'ai vu un vieux noir qui avait donné
auront le mieux
rez les cases de ceux qui
mérité ? >) 1l me répondit qu'il le ferait avec
mots
de nègres et
plaisir. A ces
1 beaucoup
les
se jetérent à nos genoux,
toutes
négresses
nous promirent qu'ils
nous remercièrent, feraient Jeurs devoirs,
travailleraient, qu'ils
et ils lui demandèrent Sa bénédiction.
des
J'ai vu un vieux noir qui avait donné --- Page 249 ---
: 229 )
principes de religion à
l'un d'eux lui
sept enfants qu'ilavait.
père prit un manqua un peu de respect; le
e l'oi
biton, et le frappa en lui
déshonore moi, toi
criant: :
puni toi, >) Le'Gils,
coguin ! Bon Dieu
couché à terre,
agé de vingt ans, était
semonce,
recevant la
des
sans proférer d'autres correction et la
excuses, et
paroles
Je fus si touché demandant du
pardon à son pèrc. que
pour l'auteur de ses respect que ce nègre avait
le chatiment et accorder jours, 2 que je fis cesser
Une autre raison
sa grâce.
que dans le fort de bien convaincante, c'est
pecté les prêtres, l'insurrection ils ont respendaient.
tandis que les blancs les
cédent Lisez ce que j'ai cité dans le
au sujet de M. le
chapitre prévous verrez que ses
baron
ne
nègres, lai
d'llowil;
point le quitter, lui
ayant juré de
religion a donc de
ont tenu parole. La
Ils ont
l'empire sur les noirs.
beaucomp de
raine; et jamais le respect pour leur marment, lorsqu'il dit: Moi négre ne viole son sermoi,
juré par marraine,
Cessez donc de vous
ment de la religion
opposer à l'établissequ'elle mettra
parmi vos
un frein à ces hommes noirs; sachez
simples, --- Page 250 ---
( 230 )
frein qui servira à votre sûreté, à votre bonheur.
Je désirerais donc qu'il fût établi, dans
chaqe: atelier, une femme, reconnue pour la
plus sage et la plus instruite. Cette négresse
aurait soin d'instruire les jeunes enfants, de
leur apprendre nos prières, , enfin de les
mettre en état de faire leur première communion.
Je voudrais encore que chaque commandeur fit faire la prière tons les matins en se
mettant au travail, et le soir en se retirant:
comme dans nos colléges, un seul la ferait pour
tous. La prière doit être courte, et contenir
surtout des préceptes sur l'amour du travail,
l'obéissance aux Jois, au roi, à Jeurs chefs et
etc. Cette formule de prières
à leur patron,
dans
serait dressée par l'évèque et envoyée
les ateliers.
Le samedi soir, l'oraison devrait être un
longue. Lorsqu'elle serait Onie, les
peu plus danseraient comme à Y'ordinaire.
cultivateurs
Le dimanche, on choisirait un nombre de
messe : ils agiraient a
noirs qu'on meneraitàla
tour de rôle, afin quie 1f: tout T'atelier assistàt aux
souvent 1.
Si'les églises
offices le plus
possible. :e.
-
envoyée
les ateliers.
Le samedi soir, l'oraison devrait être un
longue. Lorsqu'elle serait Onie, les
peu plus danseraient comme à Y'ordinaire.
cultivateurs
Le dimanche, on choisirait un nombre de
messe : ils agiraient a
noirs qu'on meneraitàla
tour de rôle, afin quie 1f: tout T'atelier assistàt aux
souvent 1.
Si'les églises
offices le plus
possible. :e.
- --- Page 251 ---
(25r) )
étaient trop dloignées, le
la prière les dinianches. commandeur ferait
En
prescrivant ce reglement,
point faire de nos noirs des je ne prétends
ont fait les
bigots, comme
Espagnols et les
ne plaise ! Mais
Portugais : à Dien
d'une
je veux que les
religion douce et bonue
principes
à aimer Jeurs
leur apprènent
leurs devoirs. patrons, et leur fassent remplir
Les colonies, dont les
fessent la religion
gouvernements probaptiser leurs esclaves. réforméc, ne font point
Ce n'est point
insouciance : c'est une
oubli,
Quelques- s-uns de ces négligence raisonnée.
parlé de
colons, auxquels j'ai
l'avantage de la
pondu : (( Nous concevons religion, m'ont réayaient des
bien que sil les noirs
avantageux pour principes la
religieux > ce serait
gion que nous
tranquillité; mais la relid'avoir des chrétiens professons ne nous permet pas
nos colonies
pour esclaves, et dans
passer de
nous ne pouvons point nous
dépend de l'esclavage. Nous faisons tout ce
plus heureux nous pour rendre les nègres qui les
les faire
possibles, mais nous ne pouvons
baptiser. > C'est ainsi
hommes dont nous
qu'agissent ces
ces hommes
avons égorgé les
que nous avons forcés à fuir pères, leur --- Page 252 ---
232 )
d'huguenots.
patric, en les traitantdlérétiques,
c'est
septentrionale,
Parcourez TAmérique sait adorer Dieu ;
la que vous verrez qu'on
aussi
c'est là que les nègres sont
religieux
observateurs de la loi que vous l'êtes peu,
Italiens, Espagnols. Jamais
vous, Français,
Jes noirs n'ont tué à coups de poignard.
de culture, yai établi que
Par le réglement
en ville sans ètre
les noirs ne pourront eutrer
onvrables,
habillés de telle manière les jours
de telle autre le dimanche. N'est-il pas
et
indécent de voir des noirs et des
honteux,
de jeunes filles de dix
négresses presque nus,
jusqu'au même
à douze ans, des négrillons servir à table de
age, sans aucun vêtement, créoles ? J'ai connu deux
jeunes demoiselles
de France, ou elles
de celles-ci qui arrivaient
été élevées.à Nantes dans un couvent.
avaient
à leur oncle et à leur
Elles se. plaignirent
nègres et nétaute de la nudité des jeunes
arrivez
( On voit bien que vous
grilions.
ne nous demandez-vous
de France ! Pourquoi vaches, nos mulets et
aussi d'habiller nos
pas
nos chiens ! )
servir est malheureuseCette manière de
celle des colonies françaises 2 anglaises à
ment
et n'est-clle pas contraire
et hollaudaises; moeurs et à la pudeur ?
la religion, aux
leur
Elles se. plaignirent
nègres et nétaute de la nudité des jeunes
arrivez
( On voit bien que vous
grilions.
ne nous demandez-vous
de France ! Pourquoi vaches, nos mulets et
aussi d'habiller nos
pas
nos chiens ! )
servir est malheureuseCette manière de
celle des colonies françaises 2 anglaises à
ment
et n'est-clle pas contraire
et hollaudaises; moeurs et à la pudeur ?
la religion, aux --- Page 253 ---
(255 )
CHAPITRE XI.
dans Parmée noire.
Réformes à Faire
Moyens de les opérer.
de Saint - Domingue a placé
La révolution
mains des noirs une grande quantité
dans les
été armés par tous les
de fusils; ils en ont nations. Les Espagnols,
partis et par toutes les
leur en ont donné.
les Anglais, les Français vendu; mais ce
leur en ont
Les Américains
fourni, c'est l'expédition
qui leur en a le plus
ils en sont
de Leclerc : depuis cette époque
de toute espèce.
abondamment pourvus
peuvent seuls les
Le temps et la prudence n'ose parler d'un
leur ôter. J'avoue que je
des noirs : je
sujet tel que le désarmement
malheurs,
d'occasionner de nouveaux
crains
encore sur les blancs.
qui retomberaieut désarmement par la force,
Vouloir opérer ce
colons 1e 2 c'est
comme le demandent quelques à
auramoi vouloir limpossilble : peine
selon
que ce sera saus
t-on désarmé un régiment,
générale et
doute le signal de V'insurrection --- Page 254 ---
- 254)
de l'assassinat de tous les blancs qui habitent
la campagne. Après ce massacre tous les noirs
fuiront dans les bois, et se retireront dans les
montagnes. Là, ils planteront dans les endroits
les plus reculés des bananes, du mais, des
pois, des patates. S'ils sont attaqués 9 ils braveront la faim, la soif, la mort même plutôt
de se rendre. S'ils tiennent cette conduite,
que il faudra renoncer à la culture, les ateliers
seront. dégarnis.
faire
Les noirs nous ont prouvé que pour
ils n'ont besoin ni d'habits, ni de
la guerre,
souliers, ni de chapeaux, ni de chariots,
ni de vivres en magasin.
Les noirs, qui autrefois ne combattaient pas
de pied ferme, se sont aguerris ; maintenant
très-bien en ligne, et joignent à
ils se battent
méthode dé faire
notre tactique leur ancienne
qui consisté à harceler sans cessé
la'guerre, à
de la nuit, des pluies,
leur ennemi, profiter
faire leurs attaques qu'ils
des orages, pour
renouvellent d'heure en heure, à être toujours
sur les derrières de l'armée, à ne pas attacher
à conserver une position. Ils
d'importance toujours celle de leurs ennemis :
connaissent
cela ils sont bien servis par leurs pères,
en
leurs amis,'1 leurs
leurs frères, leurs soeurs,
harceler sans cessé
la'guerre, à
de la nuit, des pluies,
leur ennemi, profiter
faire leurs attaques qu'ils
des orages, pour
renouvellent d'heure en heure, à être toujours
sur les derrières de l'armée, à ne pas attacher
à conserver une position. Ils
d'importance toujours celle de leurs ennemis :
connaissent
cela ils sont bien servis par leurs pères,
en
leurs amis,'1 leurs
leurs frères, leurs soeurs, --- Page 255 ---
(a a55.)
malbresses, dont
qui sont auprès des blancs
l'indiscrétion et la
(1),
miscs à profit
jactance SOIIL
de
par ceux-là, et causent toujours
grands malheurs.
souvent
Les fatigues, la chaleurdu
anéantissent, dévorent
climat, les pluies
europécn.
promptement le soldat
Je pense donc qu'il faut
cher les noirs, ne
éviter d'effarouLorsque les chefs point parler de les désarmer.
verront
point à les
qu'on ne cherche
tromper et qu'on n'emploic
pas la
(r) Dans la guerre de
trouvésnr des prisomniersnegres Sainut-Demningue, on a sonvent
françaises nouvellement
révoltés des cartouches
cnsaient le
faites; les blancs étonnds en acgouvernement et SCs
d'Hyacinthe, an des chefs de la agents; mais je tiens
trer. ainsi que
révolte, quej j'ai fait rences
que cartotches plusieursautres leur
nègres sur) les habitations,
gresses qui fréquentaient étaient les envoyées par des névilles. Ces femmes les
camps et habitaient les
des carottes, des légumes recevaient en échange des chioux,
blanes; et sonvent elles qu'elles vendaient aux soldats
faveurs. Des noirs
en obtenaient pour prix de leurs
dans les
domestiqucs
lance des camps, sortaient dans awlensientcenmatre la nuit
du
sentinelles, et portaient à des malgié la vigicamp des rebelles, les
noirs, expediés
été données par les
cartouches qui leur avaient
leurs maitres.
négresses, ou qu'ils avaient volées à --- Page 256 ---
(-56) )
à aider le
perfidie, ils seront les premiers réformes.
désarmement et à demander des
traiter
il faut bien
Mais pour Jes convainere,
même les
chefs, confirmer Jeurs grades,
ces
avoir l'air de les mépriaugmenter ; ne point
de leur mérite, etc.,
ser, au contraire faire cas
eux. Tous
surtout agir de bonne foi avec
et
doivent être traiceux qui ont des épaulettes blancs, soit dans leur
tés comme les officiers réforme. Une fois qu'on
service, soit dans leur
l'on se
les généraux. 7 pourvu que
aura gagné
avec eux et qu'ils soient
conduise loyalement
maitres de
on deviendra avant peu
contents,
de cette politique asl'ile. Mais surtout point Leclerc ; que le goutucieuse employée par franchise avec les noirs
vernement ait de la
comme avec les blancs.
aient de la géIl faut aussi que les colons
leurs
nérosité; qu'ils oublient leurs préjugés, des sacride vengeance; i qu'ils fassent
bien
projets
5 qu'ils traitent
fices à leur amour-propre paisibles sur Jeurs
les noirs qu'ils trouveront
bien ceux qui
reçoivent
habitations ; qu'ils culture ; qu'ils se gardent
reviendront à la
menacer du fouet,
bien dans leur colère de les
contraire,
des tortures, de l'esclavage; qu'au améuité;
leur
qu'avec douceur,
ils ne
parlent
jugés, des sacride vengeance; i qu'ils fassent
bien
projets
5 qu'ils traitent
fices à leur amour-propre paisibles sur Jeurs
les noirs qu'ils trouveront
bien ceux qui
reçoivent
habitations ; qu'ils culture ; qu'ils se gardent
reviendront à la
menacer du fouet,
bien dans leur colère de les
contraire,
des tortures, de l'esclavage; qu'au améuité;
leur
qu'avec douceur,
ils ne
parlent --- Page 257 ---
qu'ils aient
(257 )
même
pour cux le plus grand soin.
de beancomp d'égards. C'est le
et
et le reconquérir calme. cette ile, et d'y rétablir seulmoyen
l'ordre
La douceur fera ce
hommes ne feraient
que cinquante mille
les blancs reprendront pas. Par cette conduite
vent avoir sur ses noirs. F'ascendant qu'ils dojP'ai remarqué
aime beancoup la partout que le noir armé,
soldat dans une tranquillité, dont jouit le
un
garnison. Un habit
chapeau, un
panache,
militaire,
sent : avec son babit et un sabre, lui plaifort au-dessus du
ses armes, il se croit
flaté; mais les fatigues colgieareurs de
son orgueil est
rient ses
la
goûts et
discipline coutraIl nre semble, l'ennuicut bientôt.
leur ai entendu d'après les plaintes
des fatigues
faire à la suite des marches que je
militaires, qui
et
pas
n'étaient
la wer-fareas, qu'en les
cependant
caserne, ày manger obligeant à coucherà
ger trés-souvent de surtout à midi, à chanfemmes ou leurs maitresses garnisons, sans que leurs
eufin, en les'
pussent les suivre;
ches et par des fatignant sans cesse par des marviendrait
mancenvres
de
facileineut à les militaires, on parsoldat.
dégooicr du métier
J --- Page 258 ---
I 258 d )
on
d'un autre côlé on protigeles
Pourvu que
- les vexe
qu'on
culuivateurs, qu'on ne
point,
exactement - leur quart; enfin qu'ils
leur donne
diront bientôt :
soient heureux,, les soldats
aimer
bon encor, moi mieux
( Soldat pas
coton, indigo: et presplanter cannes, cafe, retourneront à leurs
que tous Tes militaires
ateliersles chefs euxEn employant ces moyens,
entreront dans les vues du gouvernemêmes
qu'ils, soient bien traités,
ment; et, pourvu
dans l'obéisils feront reutrer Jeurs troupes soulève les noirs
car un officier nègre
sance;
et : les fait rentrer de même dans
à sa volonié, seul mot lui suffit.
lé devoir; un
au
se trouve des nègres propres,
a Enfin,s'1l 0: militaire, a19
on :: les organisera et ils serservice
:4 24 dans la colonie. C'est d'autant plus.
viront
ont acheté des
nécessaire, que les Anglais dont ils ont fait
nègres à la côte ju d'Afrique, -
quatre. mille
des soldats. ii me semble que
0 :
suffraient en temps de
noirs chresimentes:
: a5:1 maintenir 102810 la police à Saint-Dopaix pour
:
mingue.
de serrice, le noir aura son
Après hoit' ans
d'obtenir, une,
congé; et s'il est susceptible de dix francs
réforme, il aura une gratification
, que les Anglais dont ils ont fait
nègres à la côte ju d'Afrique, -
quatre. mille
des soldats. ii me semble que
0 :
suffraient en temps de
noirs chresimentes:
: a5:1 maintenir 102810 la police à Saint-Dopaix pour
:
mingue.
de serrice, le noir aura son
Après hoit' ans
d'obtenir, une,
congé; et s'il est susceptible de dix francs
réforme, il aura une gratification --- Page 259 ---
(-259 )
par chaque année de
huit années.
service en sus de' ses
Les colons disent
braves! Et quels que les noirs ne sont pas
ainsi?
sont les colons qui
presque tous des
parlent
qui ne devraient
notaires, des avoues,
raisonnér que de
Barthole, et ne jamais
Cujas, de
pays, dont ils
s'entretenir sur un
routes, mais connaissent à peine les grandes
qu'ils n'auraient seulement les sacs de gonrdes,
quantité s'ils eussent pas ramassés en si grande
eussent été,
suivis le tarif, et
ans à faire comme ceux de France, qu'iis
pides dans les fortune. Moi qui ai Yu ces trente intrec'est dans le club camps, je counais leur
dans les
du
audace;
assemblées Portau-Prinee, c'est
bles, et tuer par millicrs' que je les ai vu invinciParis, c'estaux Etts-Unis des negres; c'est à
ment la guerré; ; mais qu'ils font vaillamont été forcés' de faire, dans les sorties qu'ils
marche, ils ne L
après deux jours de
fallait leur bain, pouvaient leur
plus tenir ; il leur
leurs pieds ; les'
mildtrese pour laver
dormir sans
maringouins les desoraient,
sible.
miciustijuatrs leur était
imposLes procureurs
vés durement
d'labitations,
quand' ils' n'étaient Guoigu@le
qu'écono- --- Page 260 ---
( 240 )
cependant de même; et
mes, en agissaient
noirs armés
moins intmidesdevantles:
quoique habitants des villes, ils ne se trouvaient
que les
que les citadins parles
pas moins incommodés des camps. Ils se sont
fatigues ct les privations États-Unis avec les
presque tous sauvés aux
par
de sucre. Là, ils ont été rejoints
barriques eufants de la basoche.
les
Port-au-Prince,
Jedéfier un garde nationaldu de l'ouest en
dans la province
de me citer,
seule affaire où il ait tiré un
1792 et 1793, une
contre les nègres,
coup de fusil en ligne
n'est le 28 mars, à Ja Croix-des-Bonsi ce
de
encore furent-ils
quets, au combat Baugé;
qu'ils
saisis d'une si grande terreur panique, braves gardes
rentrèrent tous dans la ville. Ces
citeront le combat du IO février
nationaux me
oà cent cinquante
1792 entre Santo etGouraud, un couvoi de
hommes des leurs, escortant,
et de vivres pour l'armée se laissèrent
poudre
tirer un seul coup de canon, par
égorger, sans centaines de noirs qui n'avaient pas
quelques
armés queder mautrente fusils, et qui n'étaient
dela
flèches, convoi que trente dragons
vaises
auraiento tconservé,
ergullesalendensia
plaine
douzaines de
fut repris par moi avec quelques car la ter-.
ceux-ci. Je dis le surlendemain,
res pour l'armée se laissèrent
poudre
tirer un seul coup de canon, par
égorger, sans centaines de noirs qui n'avaient pas
quelques
armés queder mautrente fusils, et qui n'étaient
dela
flèches, convoi que trente dragons
vaises
auraiento tconservé,
ergullesalendensia
plaine
douzaines de
fut repris par moi avec quelques car la ter-.
ceux-ci. Je dis le surlendemain, --- Page 261 ---
(a 241 )
reur était si grande
l'on nous força de parmi TinEmterie, que
d'Oublon en
passer la nuit à la
bataillon
Savalne
le passage des Roseaux, carré, n'osant risquer
nale était effrayéc
tait la garde natioLes
sont très-braves
babitants des villes
nègres ils n'ont en duel; mais contre les
saire devant point cette assurance
cette espèce d'ennemi nécess'écrièrent-ils tous à ce même
: aussi
étaient campés : on veut
Baugé où ils
par les nègres, et ils
nous faire
se sauvèrent eigorger
au-Prince, malgré les ordres
au Portrester à l'armée. Nous
qu'ils avaient de
meurâmes à notre
dragons, , nous y deOui, je ne crains poste sans aucune frayeur.
negrés dé troupes de pas de déclarer que mille
gardes nationaux des ligne battront trois mille
Sur Thabitation colonies.
feu aux
Peyra , ils mettaicot le
étaient cannes, en disant que les nègres
y
brôlées; ;
ces
irtewe.leamelitee
j'y visi un pauvre
cannes
couché; je m'aperçus
nègre qui était
je visitai sa
qu'il n'était pas
je lui laissai macoute, le
il y. avait une môrt;
li te veni, tout, et lui dis: Quand banane; nuit liz
travail, moi tendes, alle sur habitation
Je fus
connais toi astor.
toi,
suivi par cinq gardes
nationaux; lors16 --- Page 262 ---
- 242 )
que je les aperçus 7 j'allai ià euxi Commert,
dirent-ils, vous osez aller seul? - Je
> me cheval, et j'ai voulu voir s'il n'y avait
> suisà
de
brûlés ; je n'en ai vu ancun:>
)) pas nègres
sauver la
Je voulais détourner ces braves pour
noir
était; mais par
vie au malheureux
qui y
de
une triste fatalité, ils dirent'qu'ils étaient
patrouille. Ils avancèrent, aperçurent le noir
et lui tirèrent chacun un coup de fusil, lorsqu'ilfiisaitl le mort. A peinefurent-ils: au' camp,
qu'ils répètèrent fèremeut,fen aituét un,'en
ai tué un. - ( Oui, leur dis-je, vous avez cu
bien du mal; vous avez tiré tous les cinq sur un
nègre qui était couché; vous avez tous
pauvre
Cette
confirma l'otué le même. )
expédition
étaitle
pinion qu'on avait de leurj jactance. L'un
C l'autre son clerc, le troisième
procureur
était le clerc du notaire Loreille.
Voilà les hommes quine cessentde dire que
les nègres sont des lâches. Qu'ils interrogent
trente mille Français, qui ont vu le régiment
noir dans les Calabres et au siége de Gaéte:
ce sont tous dcs noirs de Saint-Domingue et
des colonies françaises ; il n'y a pas un officier, pas un soldat qui n'ait admiré lexcessive audace de ce régiment.
Au siége de Gaète, ils ont fait dcs prodiges
erc du notaire Loreille.
Voilà les hommes quine cessentde dire que
les nègres sont des lâches. Qu'ils interrogent
trente mille Français, qui ont vu le régiment
noir dans les Calabres et au siége de Gaéte:
ce sont tous dcs noirs de Saint-Domingue et
des colonies françaises ; il n'y a pas un officier, pas un soldat qui n'ait admiré lexcessive audace de ce régiment.
Au siége de Gaète, ils ont fait dcs prodiges --- Page 263 ---
(245')
devaleur; ; les boulets les
ils n'étaient
enlevaient par
pas plus ébranlés
les rangs, 2
trépides Français ; ils
que plus inbombes, et, avec un,
couraient après les
péchaient
gazon à la main, ils emjectile. presque toujours l'effet de ce'
proEn 1808, une
mandée.
compagnie de
par un. capitaine blanc noirs, comnoir, fut
et un
les
envoyée en colonne mobile officier
montagnes de la Calabre. Ils
dans
qués par plus de 1500
furent attapagnie prit
Calabrois ; Ja
froid
position et se battit avec comdigne de leur chef et
un sang
de cartouches,
d'eux.Nayant
ayant
plus
on leur parla de se perdu cinquante des leurs,
( Quoi, nous
rendre; ; ils s'y opposèrent:
)) déshonorer T'armée rendre, quoi, Royal Africain
) le lieutenantr
françuise; non, disaient
1 nous sommes nègré et tous les autres. Mais
>)
cernés"t
A la
capitaine, et uous
>)
baionnette,
ces brigands. 3)
passerons au travers de
Le
capitaine eut la
mais jamais les
faiblesse de
les
nègres ne
capituler ;
armes. Arrivés à leur voulurent mettre bas
croyant en sûreté , ils furent destination 2 et se
sillés ainsi que le
désarmés et fuCette horrible capitaine.
action irrita tellement
les --- Page 264 ---
2 244)
n'osa pas renvoyer le réAfricains, quel'on il aurait tout tué. Il fut
giment en Calabre; où il est encore. Les noirs
envoyé à Caprée, tireurs de l'armée; ils viétaient les plus forts
Françaises,
vaient très-bien avec les troupes
coups de sabres et def fleurets mouà quelques
donnaient aux' soldats qui
chetés près, qu'ils
les appelaient nègres ou mauricauds. --- Page 265 ---
2 : 245 )
CHAPITRE XIL.
Necessite d'une bangue
pagnie des Indes
coloniale, ou comvileige ezclusf(i). Octitentales, sans priApnts avoir donné, dans les
cédents, mon opinion sur les chapitres préployer pour
moyens à emdurable à ramenerl'ordre et une tranquillité
diquer ici Saint-Domingue, ceux
je crois devoir inpropriétés dévastées. qui restent pour réparcr les
Les colons ruinés
teurs de très-fortes sont presque tous débiciants de France, sommes envers les négodes pertes si
qui ont cux-mèmes éprouvé
des Antilles, cousidérables par la révolutipn
les
qu'il leur est.
avances nécessaires impossible de faire.
rétablir leurs habitations. aux propriétaires pour,
Les mulets, les boeufs
toires,
s les
manquent à
instmomentsars
Les mulets, dans heaucoup de planteurs.
l'état actuel des choses,
(1) Ce chapitre faisait
sai au général Leclerc partie du mémoire
avant son expédition. quef'adres,
éprouvé
des Antilles, cousidérables par la révolutipn
les
qu'il leur est.
avances nécessaires impossible de faire.
rétablir leurs habitations. aux propriétaires pour,
Les mulets, les boeufs
toires,
s les
manquent à
instmomentsars
Les mulets, dans heaucoup de planteurs.
l'état actuel des choses,
(1) Ce chapitre faisait
sai au général Leclerc partie du mémoire
avant son expédition. quef'adres, --- Page 266 ---
(: 246)
même
utiles que les bras des Afrisont
plus
des moulins à vent.
cains, si on n'établit pas
considéPour rétablir une sucrerie un peu
n'a
de moulins à eau, il faut
rable, qui
pas mulets
les moulins
absolument cent-huit
pour
bête et trente - six pour les cabrouets :
à
mulets, qui; à six
tôtal cent-quarantequatre
86,400 fr.
cents francs, font
Trente-quatre boeufs, à centcinquante francs,
idem. 5,600
haches , suif,
Houes, , serpes,
clous 7 cylindres 2 manchettes, et mille autres objets très-dispendieux, ,que je
porte au plus bas
10,000
Total 100,000 fr.
quia un moulin à eau, la
Dans une sucrerie considérable : elle n'a
dépense est bien moins
nécesbesoin que des mulets et des boeufs
saires aux cabrouets.
francs, et cent
Avec ce capital de 100,000
noirs travaillant à la houe, un bon agriculteur
doit faire de 900 à 1200 milliers de sucre brut
an. Mais comment se les procurera-til?
par
faire, s'il ne se les procure
et que pourra-t-il
pas ? --- Page 267 ---
247 )
Quelques grands
sans doute,
planteurs en
encore les
trouveront,
Jeurs
moyens : ils rétabliront
l'arbre habitations, mais ce
qui dévorera,
rétablisement sera
branches, tous les par ses racines et par ses
noirs des habitations arbrisseaux d'alentour. Les
camarades heureux adjacentes, 9 voyant leurs
tablie, se
sur celle qui aura été rétravailler, dégodterout, et voudront
parce qu'elle leur
y aller
grands
offrira de
avantages; ; c'est ce
plus
ment arriver, si tous
qui doit naturelleles mêmes
les planteurs n'ont
priétés.
moyens pour réparer leurs pas
proPour
prévenir ce malheur,
ment, trop sage
2 si le gouverneclusion du
pour protéger le riche à lexles avances pauvre, ne peut pas lui-mème faire
pourrait, je nécessaires à l'un et à
il
crois,
Tautre,
for.ner une
engager des capitalistes à
compagnie, sous le nom de
coloniale, ou
Banque
dentales.
Compaguie des Indes occiAvec vingt millions de
pagnie, par le crédit
francs, cette comles mantufactures du qu'elle obtiendrait dans
son papier, et par la royaume, par la bonté de
rait facilement
protection du roi,
avances dont
faire aux colons toutes pourils auraient besoin,
les
saufà ceux-
autre,
for.ner une
engager des capitalistes à
compagnie, sous le nom de
coloniale, ou
Banque
dentales.
Compaguie des Indes occiAvec vingt millions de
pagnie, par le crédit
francs, cette comles mantufactures du qu'elle obtiendrait dans
son papier, et par la royaume, par la bonté de
rait facilement
protection du roi,
avances dont
faire aux colons toutes pourils auraient besoin,
les
saufà ceux- --- Page 268 ---
248 )
ci de les rembourser au fur et à mesure qu'ils
auraient des revenus.
d'avanCette compagnie auraitd'autant plus
trouverait aisément à affermerles
tages,qu'elle des propriétaires qui ne veulent
plantations à
ou qui ne
pas retourner Saint-Domingue, rétablir.
sont pas assez riches pour les
Le prix de ces fermes serait déterminé entre
les agents, de la compagnic à Saint-Domingue,
entre les administrateurs de la compaguie.
ou
et les planteurs en France:
des.
On ferait préalablemnent un inventaire
plantations et des bâtiments. I
Les fermiers fourniraient aux habitations
tous les noirs, 2 mulets et objets nécessaires
leurs baux, qui pourraient être de
pendant ils
la culture au dernier
neuf ans ; porteraient
rdes
Un all suffitpour jouir
degré deperfection.
de grands bénéfices;
produits. Ils obtiendraient
etsi, à lexpiration des baux, les propriétaires
possession de leur plantavoulaient prendre
tions, ils tiendraient compte des améliorations
auraient été faites, ainsi que de tout CC
qui y
voudrait y. laisser ; soit en
que la compagnie mulets, à des termes convenus
noirs,. soit en
et en payant les intérêts.
s'ocUne chose juste, et dont, sans doute, --- Page 269 ---
(: 249 )
cupera le gouvernement, c'est de
rembourser aux colons les
tâcher de
versés dans les
revenus qui ont été
magasins de
puis que les habitatious larépublique,de
affermées par les
ont été séquestrécs et
administrations.
Les livres en cxistent chez
nateurs dans les colonies.
tous les ordonIl faudrait les consulter
bien
il
; et,, les créances
je vais reconnues, me semble que le mode
proposer pour le
que
rait
remboursement, sede la
le
taleseible.laccirentk
culture, 2 Ct ferait le bien rétablissement
Le commerce des mulets général.
terlope, au
se faisait par inne vendent comptant, et par les Espagnols,
pas autrement.
qui
Lcs
de deux capitalistes en achetaient des
colons cents, qu'ils vendaient à terme troupeaux
qui en avaient besoin. Ce
aux
offrait des gains fort
commerce
considérables.
Aujourd'hui le
tenir du roi
souvernement pourrait obacheterdes mulets d'Espagne la permission d'aller
rait au plus deux surle continent. Il les paiccolonie ; il
cents francs, argent de la
emploierait des flàtes
transport, et les donnerait
pour leur
créncier, à raison de
au colon > son
septcent-cinquante ou
'ils vendaient à terme troupeaux
qui en avaient besoin. Ce
aux
offrait des gains fort
commerce
considérables.
Aujourd'hui le
tenir du roi
souvernement pourrait obacheterdes mulets d'Espagne la permission d'aller
rait au plus deux surle continent. Il les paiccolonie ; il
cents francs, argent de la
emploierait des flàtes
transport, et les donnerait
pour leur
créncier, à raison de
au colon > son
septcent-cinquante ou --- Page 270 ---
( 250 )
francs, prix ordinaire. Il se liquihuit-cent
envers tous ceux dont
derait ainsi très-aisément
admiinistrateurs,
les revenus ont été pris parlesa
J'entends
et versés dans les magasins du pays.
seulement le montant des fermes.
faire la
pourrait aussi
Le gouvernement
traite pour son compte.
un noir ne rePris sur la, côte d'Afrique, dans P'autre- II en:
vient qu'à 400 francs, Pun
nécolon, la quantité
serait livré au créancier
au prix de
cessaire pour éteindre sa créance, manière, le roi
15 ou 1800 francs : de cette fonds. Il.
libérerait avec bien peu de
pourse
des nègres, qui seraient
rait même avancer
d'année en année; ;
payables sur les revenus, ans au plus, tout
au bout de quatre ou cinq
- et, doit être soldé.
rembourse
Il me semble qu'il estjuste qu'on qu'ils ont
malheureux colons les sommes
aux
; sommes dont le
versées a. Saint-Domingue; tandis que ces inforgouvernement: a profité,
aux Etatstunés mouraient de faim en France,
Unis ou ailleurs.
. Je sais
faire avec si
eektt
secours ; mais peuvent-ils
ques de chose ? A peine peuvent-ils se loger:
peu
deux ou trois cents francs par an,
ils reçoivent --- Page 271 ---
(251 )
etleurs biens produisent
qu'à cent fois plus.
vingt, trente, etjusJe n'ignore pas
reçoivent la
qu'il y en a beancoup
de terrain à pension sans qu'ils aient un qui
pouce
bieuy en Swine-Donsinge, mais aussi comcent
a-eillqwiavaien
mille francs de
devingt milleà deux
rien ou à
rente, et qui ne reçoivent
peu près rien;
tations ont versé
cependant leurs habipublique dans les consiklerablement à la caisse
insurgées.
provinces qui n'ont pas été
réclamation Jene parle pas pour moi, car je
à faire au
n'aiaucune
Enfin, siles dettes de gouvernement. la
mettent pas de mettre
France ne lui pertion,
ces moyens à exécuc'est-a-dire, de
le gouvernement
rembourser ces sommes,
avances, soit
pourrait au moins faire des
pagnie dont j'ai par lui-même, soit par la commillions et la paix parléci-dessus. dans
Vingt ou trente
deux ou trois âns, celte l'ile, fendraient, dans
qu'elle était jadis.
colonic aussi florissante
J'observe que, par cette
recevra des sommnes
mesure, > le trésor
seules auront bientôt énormes : les douanes'
Ainsi atteindront le remboursé les avances.
malbeureux colons terme de leurs maux, les
propriétaires, en proie à
illions et la paix parléci-dessus. dans
Vingt ou trente
deux ou trois âns, celte l'ile, fendraient, dans
qu'elle était jadis.
colonic aussi florissante
J'observe que, par cette
recevra des sommnes
mesure, > le trésor
seules auront bientôt énormes : les douanes'
Ainsi atteindront le remboursé les avances.
malbeureux colons terme de leurs maux, les
propriétaires, en proie à --- Page 272 ---
(252 )
affreuse misère depuis vingt ans, et
la plus
n'ont d'autre espéqui, mème en ce moment, bonté du roi. Juste et senrance que dans la
sible, comme il est, il ne laissera pas échapper
rend l'existence à dix mille faun moyen qui
son activité,
milles. Le commerce reprendra
les coffres se remlaculture sera encouragée,
le revenu de la colonie, et la mapliront par
formera des matelots.
rine marchande
dois
les colons, je
Mais, en parlant pour
la déobserver qu'ils aiment extrêmement
emploient aussi aisément un
pense, 2 qu'ils français trois mille francs : plus
million qu'un
moins ils songent à écoils ont de fortune,
n'énomiser. Pour enterypelegenenegat
du retard dans les remboursements,
prouve
les revenus de ceux auxquels
je pense que
doivent être perçus
on aura fait des avances,
On leur en repar les agents de la compaguie.
de leurs
tiendrait un tiers, en acquittement
nouvelles dettes, un autre tiers en acquittecontractées avec le
ment de leurs anciennes,
dicommerce de France, quoique plusieurs
doivent ètre abolies.
sent qu'elles
ets'ils résident
L'autre tiers serait pour eux;
lcurs habitations, qu'ils les régissent sagesur
faire de grandes économies.
ment, ils pourront --- Page 273 ---
(2 255 )
En l'an 4, je fus envoyé à
par le ministre
Saiue-Domingue
teur général des Truguet, biens
en qualité d'inspecbiens, dans l'état de séquestrés. Comme ces
étaient, ne produisaient dépérissement où ils
quais de moyens
les rien, et que je manl'afermage des' pour réparer, je proposai
agénts du directoire habitations, en engageant les
les officiers
à exciter les généraux,
personnes à les supérieurs noirs, et toutes autres
prendre. à
en denrées. Elles étaient ferme,en les payant
plorable.
dans l'état le plus déChristophe el plusieurs autres
pressèrent d'affermer des sucreries.
s'emDans trois mois elles se trouvèrent
déblayces, que lon se réjouissait tellement
poir d'une belle récolte.
déjà de l'esAlors les
s'empresserent de faire
négociants
des bois de
venir, des Ents-Unis,
ries
charpente, et dans un an les sucremais parurent aussi belles que s'il n'y
eu
eût jahaies, qui d'insurrection, étaient
si ce n'est que les
n'avaient
montées en bois
pir être toutes taillées.
debout,
En examinant les pieds de café et les
couverts de liaues, je ne
voyant
préjugé que les colons pus me défendre du
me disant
m'avait inculqué, en
que ces arbres sont
cette plante sarnienteusc.
étouffés par
Cependant, comme
belles que s'il n'y
eu
eût jahaies, qui d'insurrection, étaient
si ce n'est que les
n'avaient
montées en bois
pir être toutes taillées.
debout,
En examinant les pieds de café et les
couverts de liaues, je ne
voyant
préjugé que les colons pus me défendre du
me disant
m'avait inculqué, en
que ces arbres sont
cette plante sarnienteusc.
étouffés par
Cependant, comme --- Page 274 ---
(254)
des cultures, je Os arracher ces
inspecteur véritablement au premier coup*
lianes. Je crus
étaient tous morts. La
d'oeil que les cafiers
d'herbe, les
terre était totalement dégarnie mais en les
arbres n'avaient pas.une feuille,
n'avait péri.
visitant je m'assurai qu'aucun après sur cette haJe repassai quinze jours de voir tous ces caféyers
tation ; je fus surpris
craignis
tellement couverts de fleurs, que je
n'eusseut pas assez de vigueur pour supqu'ils
les fruits. Cette annéei ils donnèrent
porter tous
considérablement. voient leurs caféyères dans cet
Si les colons
s'en inquiéter: qu'ils
état, ils ne doivent point, mêmes
que
seulement les
procédés
employent
moi.
de fonds pour restaurer une
Il faut très-peu
on n'en a besoin que
plantation en ce genre; les
Cette
rétablir les cases et
magasins. francs.
pour n'excède pas, trois quatre mille dela
dépense
le gouvernement
Depuis cette époque
des habitations;
colonie a continuél'atlermage l'on devait l'état
etc'està cette mesure que à l'arrivée de Leflorissant de St-Domingue
existe encore aujourdhni.
clerc. Cc système actuel reçoit le prix des
Le gouveruement les noirs ont le quart du revenu.
fermes, et --- Page 275 ---
Il cst des
(255 )
d'avance
colons assez injnstes
qu'ils doivent
pour dire
leurs biens et en chasser rentrer de suite dans
Cette condoite
les fermiers.
troubles et serait de occasionnerait la
de grands
Le propriétaire doit plus grande
la
injustice.
sance à celui quia
plus vive reconnais.
Sans lui elle serait pris son habitation à ferme;
persés. Il en doit en friche et ses noirs disjuste; mais il ne toncherle" montant, cela est
que de son
pent faire quitter le fermier
son bail. eonsentement ou à T'expiration de
Il doit lui tenir
toutes les réparations compte, à l'amiable, de
mulets, des
qui auront été faites, des
qu'ilaura nègres et des instruments
fonrnis, et qu'il sera
aratoires
prendre ou de céder.
libre de reHeureux et mille fois
assez fortunés
beureux les colons
noirs aient
pour que des mulâtres
eu soin de leurs
ou des
Tavantage de trouver de suite habitations! Outre
auront celui d'avoir des
des revenus, ils
au travail et jaloux de faire culivateurs habitués
tions qui leur produisent fleurir des plantajouissent, depuis Toussaint une part, car ils en
arrachera point sans
et on ne la leur
combats.
re de reHeureux et mille fois
assez fortunés
beureux les colons
noirs aient
pour que des mulâtres
eu soin de leurs
ou des
Tavantage de trouver de suite habitations! Outre
auront celui d'avoir des
des revenus, ils
au travail et jaloux de faire culivateurs habitués
tions qui leur produisent fleurir des plantajouissent, depuis Toussaint une part, car ils en
arrachera point sans
et on ne la leur
combats. --- Page 276 ---
( de 256)
CHAPITRE XIIL
De Cayenne et. du Sénégal.
que moi Cayenne,
PERSONNE ne connaitmieux
habitants,
l'esprit de ses indolents mais bons
lesquels il en est de très-instruits; le caparmi
et les cultures qu'il faut y
ractère des nègres de leurs industrieux voiétablir d'après celles véritables castors de PAsins les Surinamois,
méridionale. Depuis plus de quaraute
mérique
fixer les regards de la
ans Cayenne a paru
ministre
France.Jai été invité à y passer parle
chargé delui rendre compte
Bruix, quim'avait
Elles sont dans les carde mes observations.
sur la
tons de la marine, avec un mémoire
le
colonie de Surinam. Les colons peuvent
chaleur je me suis
lire, ils verront avec quelle
des
de Cayenne
opposé à" ce qu'on envoyât
ne
soldats nègres, de crainte que ces troupes
de liberté et ne fissent éprouver a
parlassent
colonic, a ses bons, honnêtes et
cette superbe
des malbeurs dont FEurope
loyaux habitants,
entière ne les tirerait pas. --- Page 277 ---
(asy)
Jamaistpags n'a été plus
Guyanne française. Ramel calomnié que la
écartés de la vérité
et Pitou se sont
la narration du dernier avec une égale audace:
sonné de calomuie. n'estqu'un roman assaiLe climat y est aussi
SL-Doningue,
sain, aussi bon qu'à
assez découvert. quoique Je
le pays ne soit
dis
pas
Cayennois n'ont pas le plus, c'est que les
de cette colonie.J'ai teint si pale que ceux
la fraicheur de
été surpris en l'an 6 de
La ville offre plusieurs vieillards.
lain pavé contribuc l'aspect d'une prison, son vimaisons sont
encore à l'enlaidir.
Savanne il
sans goût et
Les
bitations y a quelque air de malpropres; à la
sont tristes et mal colonie. Les haquelques unes sont jolies. tenues; sur l'anse
Pour parler de
faut pas venir de Cayenne, j'avoue qu'il ne
la grandeur,
Surinam, où tout
preté la
l'opulence, et où l'on voit annonce
plus recherchée. 6
la proEn sortant de
Cayenne, et en
Paramaribo, on éprouve la
apercevant
qu'à la vue des champs
même sensation
rideau à l'Opéra.
Élysées au lever du
Tout se ressent du
Cayeanois et du peu de peu d'ambition des
secours que le gou17
enne, j'avoue qu'il ne
la grandeur,
Surinam, où tout
preté la
l'opulence, et où l'on voit annonce
plus recherchée. 6
la proEn sortant de
Cayenne, et en
Paramaribo, on éprouve la
apercevant
qu'à la vue des champs
même sensation
rideau à l'Opéra.
Élysées au lever du
Tout se ressent du
Cayeanois et du peu de peu d'ambition des
secours que le gou17 --- Page 278 ---
(258 )
leur donne. Cependant depuis la
vernement
à Surinam, ils ont
révolution et leurs voyages
pris de l'émulation. connaissance de ces deux
Jepuisparler: avec
de leur territoire,
colonies, de leur culture,
j'en ai fait une étude particulière,
puisque ordres du ministre Bruix et del'ad'après les
gent à Cayenne.
la plus vilaine, chauOn ne peut comparer
mais
mière aux Tuileries et à ses jardins ;
donnez des bras, des
abattez cette chaumière,
sera aumoyens, et avant vingt ans Cayenne
dessus de Surinam par sa culture et ses productions.
La Guyanne française est plus avantageusesituée que Surinam. Les terres y proment
qui ne peuvent venir
duisent des épiceries
meurent.
chez les Hollandais où les girofliers celle de
La cannelle mieux soignée vaudrait
Le poivre et la muscade mériteraient
seulsl'attention Ceylan.
du roi, si les cotons, le rocou,
le sucre, le cacao plantés dans les
le' café,
desséchées par des écluses,
pièces de vases
Ajoutez le
n'assuraient des avantages marqués. du monde
cette partie
boisde constructiondont
couverte. Ces bois peuvent être employés
est
bordages ; ils ne sont jamais piqués
comme --- Page 279 ---
(259 )
par les vers. Les batiments
journent six mois dans les marcbands qui séet de
rivières de
Surinam, sont
Cayenne
tenir la mer.
rongés et incapables de
Si ses habitants,
eu une grande
jusqu'à ce jour, n'ont pas
à la calomnie industric, il faut s'en
contrée,
qui n'a cessé de décrier prendre
digne pourtant de
cette
hommes sages.
fixerfatention des
Son terrein est meilleur
nam, il faut moins de
que celui de Suriles savannes noyées. dépenses pour dessécher
l'eau que la colonie Cayenne a Favantage de
rapproché des
Hollandaise n'a pas. Plus
lubre.
montagnes, l'air est plus saLes Guyannes sont au-dessus
mingue; on n'y voit jamais
de Saint-Doouragansy on
de CCS terribles
ments de terre n'éprouvejamsise si
de ces trembleeffrayants pour les
St-Domingue. Le gibier, les bêtes colons de
poissons y sont
faives, les
Les bananeries excellents et en
ne
abondance.
soin pour. donner leur demandent qu'un peu de
Jicicux. Les patates fruit nourrissant ct déIl ne
y sont indigènes.
si le roi manque à cette colonie que des
veut jeter un regurd favorable bras;
Gnyannest francaises, il peut
sur les
tenquelques années
de ces trembleeffrayants pour les
St-Domingue. Le gibier, les bêtes colons de
poissons y sont
faives, les
Les bananeries excellents et en
ne
abondance.
soin pour. donner leur demandent qu'un peu de
Jicicux. Les patates fruit nourrissant ct déIl ne
y sont indigènes.
si le roi manque à cette colonie que des
veut jeter un regurd favorable bras;
Gnyannest francaises, il peut
sur les
tenquelques années --- Page 280 ---
( 260 )
faire fleurir cette colonie, à Jaquelle il fant
60,000 noirs, deux tiers màles,
faire parvenir
Ce sera facile, puiset protégerla popnlation. très-abondants. Il faut
que les vivres y sont
surles
les colons quittent leurs plantations
que
de leurs établissehauteurs et qu'ils s'occupent
ments à la manière de ceux de Surinam, sans y
mettre lemême luxe : il esturgentqu'ils: imitent
leur propreté. établir avec facilité des moulins
Ils peuvent
l
et faire un commerce lucratif de bois
à scie, colonies françaises ; ils trouveront
avec les
à chaux,. des terres à
chez eux des pierres
de-leurs
nécessaires à la maçonnerie
briques, ils pourront faire un commerce avanécluses;
dela chaux
tageux avec Surinam, en y portant faute de
et dest briques, qu'on n'y fabrique pas
matière première.
de dessécher
Siles colons veulent s'occuper
noyées qui sont placées derrière
les savannes
ils recueilleront,
Thabitation la Franchise,
six mois, une immense quantité de coton.
dans
aller s'instruire dans les plaines de
Ils peuvent situées près le poste Orange; que les
vases,
fréquentent pcu ; ils verront quels
Cayennois on a retirés de cet établissement ci
avantages Dans un an., il s'est établi dans ce
coton. --- Page 281 ---
(261 )
quartier des labitations
eugage à bien examiner magnifiques. Je les
ter beaucoup de bananiers. celte partie et à planTrois négriers qui
apres avoir consommé arriveraient à Cayenne
y mourraient de faim. II leurs vivres à bord,
arrivants, la cassave
faut des bananes aux
estomac. Vingt
est trop froide pour leur
jour à Surinam, négriers, mouillant le mème
pour nourrir tous trouveraient leurs
assez de bananes
Je ne dirai rien
esclaves.
tion de leurs maisons relativement à la construcfondatious de
; ils doivent suivre les
même luxe dans Surinam, et ne pas mettre le
inutile. Il y a des leurs magasins ; cela est
150,000 florins.
cases à café qui ont coûté
de vOS voisins Cayennois, imitez la
bien
; que les cases des blancs propreté
tenues, les jardins bien sablés
soient
corés, et que les broussailles
et bien dévOs Cases. Cela
n'entourent plus
des reptiles.
éloigucra la visite nocturne
plus élevées Que les cases des nègres
de terre que chez les
soient
qu'elles soient
Hollandais;
couchent sur des planchéyées, lits,
et que les noirs
des couvertures de
bien euveloppés dans
ques et les moustiques laine; sans cela les macveaux noirs. Ceux, de feront périr les nouCayenne souffrent hor-
Cases. Cela
n'entourent plus
des reptiles.
éloigucra la visite nocturne
plus élevées Que les cases des nègres
de terre que chez les
soient
qu'elles soient
Hollandais;
couchent sur des planchéyées, lits,
et que les noirs
des couvertures de
bien euveloppés dans
ques et les moustiques laine; sans cela les macveaux noirs. Ceux, de feront périr les nouCayenne souffrent hor- --- Page 282 ---
(262 )
riblement de ces inséctes, surtout àl la Gabrielle
et sur la rivière de Courou.
Sij j'établissais des.terres a Cayenne, j'adopterais, quel que fût le régime pour les nègres,
€
Dès la
tous les articles de mon réglement.
troisième année, si j'avais cultivé le coton et
une portion à mes
le roucou, j'accorderais
leur travail
noirs ; au bout de ce temps,
m'aurait remboursé du prix qu'ils m'auraient
coûté.
J'eugagel eles Cayeunois à soigner un peuj plus
leur canelle, et à s'occuper aussi du poivre
et de la muscade. Si ces colons veulent quitter
leur indolence indienne, le commerce les
aidera.
d'Europe que, si
Je prédis aux négociants
lôn fait parvenir des cultivateurs dans cette
colonie, et qu'ils y portent leur commerce,
ils doubleront leurs capitaux avant six ans.
C'est là qu'un administrateur pcut rendre
des services importants à sa patric, en régén'a d'antre inconvénient
nérant un pays qui
dont il
que les macques et les maringouins,
est aisé de se défendre.
néMon code de culture y est d'autant plus
cessaire, que ces colonies sont plantées sur
et
si on admet les noirs
un continent,
que, --- Page 283 ---
- 265 )
au partage des
cheront à ceux revenus, des
lcurs intérêts les attaColons de
habitants.
sincères amis. Cayenne, Lisez croyez un de vos plus
l'an 8, pour la défense T'arrêté qui fut pris en
vous y verrez que deux de de votre çolonie ;
posèrent de boucher la
vos habitants procarcasses, etque. moi seul passe, en coulant des
qu'à T'armement des jem'y opposai, ainsi
je parlai avec une
cultivateurs > auxquels
n'est
énergie dont aucun de vous
capable; ; que c'est à cette
quelques actes de justice
énergie et à
aux cultivateurs de
que j'ai fait rendre
fait seulement donner Guatimala (auxquels j'ai
cette habitation),
des pattes à Phopital de
vous m'avez, donnée que j'ai dû l'influence
aviez
sur vos noirs, et
que
augmentée par vOs indiscrétions. que vous
Songez que vous êtes sur un
que, si Fesclavage peut être
continent, et
petite ile, il est bien
maintenu dans une
comme les
dangereux dans un
Cayennois, Guyannes. Il ne le sera plus, bons pays
direct à lorsque vos noirs auront un
conserver vOs
intérêt
les leurs. Ne
plantations, qui seront
qui vous diront croyez pas ces hommes pervers
quart, ils voudront que, si vous leur accordez
tont; mais,
avoir la moitié, ensuite un le
pour que cela fut
possible, il fau-
petite ile, il est bien
maintenu dans une
comme les
dangereux dans un
Cayennois, Guyannes. Il ne le sera plus, bons pays
direct à lorsque vos noirs auront un
conserver vOs
intérêt
les leurs. Ne
plantations, qui seront
qui vous diront croyez pas ces hommes pervers
quart, ils voudront que, si vous leur accordez
tont; mais,
avoir la moitié, ensuite un le
pour que cela fut
possible, il fau- --- Page 284 ---
(2 264) )
drait que tous les noirs et les négresses pensassent spontanément ainsi.
Si un nègre, même dix, se mettaient un
tel projet dans l'esprit, ils seraient de suite
arrêtés par les autres noirs, puisqu'une telle
conspiration ne peut se faire sans une révolution, sans une commotion terrible qui ruinerait les cultivateurs.
Cultivez davantage les principes. religieux
queles Jésuites avaient inculqués aux vieillards
de votre çolonic, et que ceux-ci ont euxmêmes pris soin de transmettre à leurs enfants:
si la religion est nécessaire à tous les hommes,
elle l'est bien davantage à des noirs," qui, en
se retirant ù une lieue de vos' plantages,
sont à l'abri des poursuites des Européens.
Vous savez, par expérience, que vos esclaves
pouvaient rejoindre les nègres marrons réunis au haut de vOs rivières. S'ils ne l'ont pas
fait, rendez grâce à la Providence, et félici-.
tez-vous d'avoir des noirs qui ont préféré,
pour vos deux sous par jour, leur petite aisance à la vie libre et indépendante des noirs
marrons.
si bien
des nègres de
Je connais
l'esprit
Cayenne, que je suis convaincu que les marrons des rivières de Mahury ét de Maroni, --- Page 285 ---
(265 )
accordit
s'ils
domntesieriomautos
le quart aux
voyaient quion
Un missionnaire culivateurs.
politique et philosophe, véritablement vertuenx,
noirs, comme un berger ramènerait tous ces
Je crois
conduit des
nègres
qu'il y a plus de soixante moutons.
mission marrons dans.les
mille .
pour un prêtre Guyannes. La belle
mener à la culture ces philosophe, que de rafaut qu'un chef pour devenir bras auxquels il ne
homme
serait bientôt entreprenant qui se mettrait daugereux! à
un
je ne puis faire maitre de toutes les leurtète,
pourles bons
cette réflexion sans Guyannes: frémir :
Surinamois.
Que les
gardent leur Martiniquois, les petites colonies
milliers de blancs esclavage, ils puisqu'avec quelques
noirs ; mais qu'ils ne se peuvent subjuguer les
de colonies qui ne ressemblent mélent pas de parler
taupinière.
a
en rien à leur
Madaine
la
Bonaparte, qui ne
à Martinique, a beaucoup comnaissait que
persuader le premier
coutribné, dit-on,
clavage. C'est un -
consul de ramener l'esgrandes colonies, d'avoir grand inalheur pour Jes
lons qui, sortant de leur des conseillers Cocer des contrées
ilot, veulent influenqu'ils ne jugent que d'après
les
de colonies qui ne ressemblent mélent pas de parler
taupinière.
a
en rien à leur
Madaine
la
Bonaparte, qui ne
à Martinique, a beaucoup comnaissait que
persuader le premier
coutribné, dit-on,
clavage. C'est un -
consul de ramener l'esgrandes colonies, d'avoir grand inalheur pour Jes
lons qui, sortant de leur des conseillers Cocer des contrées
ilot, veulent influenqu'ils ne jugent que d'après --- Page 286 ---
( : 266 )
les notions qu'ils ont prises dans Jeur pays.
L'observateur est obligé de prendre un télesles trouver sur la pointe de leur rocope pour
il n'y rencontre
cher. Lorsqu'il y parvient,
routiniers. Plàt à Dieu que la cupidité jaque
aussi de semblables conlouse ne suggéràt pas
seils !
Les Anglais n'ont aucun droit de s'immiscer
quatre
dans notres système colonial.putsqulavece arrêter
mille hommes de troupes, ils peuvent
tousles mouvements de leurs esclaves. De quel.
droit se sont-ils mêlés de Saint-Domingue sous
Bonaparte? De quel droit ? on l'a vu au chapitre 11, qui traite de la perfidie que ce gouvernement a montrée envers la colonie depuis
jusqu'à l'époque où il nous ay rendu les,
aujourd'hui, se rappelant
Bourbons. Puisse-t-il
ce qu'il a fait pour cette illustre familic, ne
renouveler les maux qu'il nous a causés
plus
en se mélant d'un régime
à Saint-Domingue,
coloqui ne peut nuire à celui de ses petites dans
nies, qui toutes réunies ne comptent, pas
les Antilles cinq cent mille noirs!
doute, si, pendant tle cours de la révoSans
désintéressés,
Jution, on eût envoyé des agents
deshommesi justes etconnaissantles cultures,on
fairedegrandes choses danslesGuyannes
edtpu --- Page 287 ---
(207)
françaises. Les vues du
vastes; c'étaient celles gouvernement étaient
adoptées. Mais
que Louis XPI avait
mier, homme qu'ont fait les agents? Le
d'esprit, aimable,
prepublique, et s'en
jurait la rétune: : il a donné la moquait. Il vonlait de la fortrechat. J'ai été témoin liberté en faisant un enles habitants
de son départ; tous
Pourquoi
pleuraient, surtout les dames.
et qu'il vivait
pas
Hc@autnrtnanaty
familierement
d'orgueil,
Son successeur,
avec les colons.
prit, mais mor-lant, hommne de beauiconp d'esturequoiquil
sans aucune idée de culavocat, avait eochabitél'llede de bonnes
France comme
rempli de morgue, si intentions, était si
détester et chasser de la vain, qu'il s'est fait
fance avec Jui, je lui ai colonie. Lié d'endictés par la plus tendre donné des conseils
ramener les esprits
amitié, J'ai voulu
plaintes des déportés, prévenus contre Jui par les
dant il n'a eu d'autre envers lesquels cepenparce qu'on ne lui écrivait tort que de se facher
A mon retour de la
pas salut et respect.
à attacher son nom à la Gabrielle, jel l'engageai
les ponts qui tombaient colonie, en réparant
mari jusqu'a
en ruines depuis Sinale
Cayenne; à faire
régiment noir, le plan d'un exécuter, , avec
canal qui con-
és, prévenus contre Jui par les
dant il n'a eu d'autre envers lesquels cepenparce qu'on ne lui écrivait tort que de se facher
A mon retour de la
pas salut et respect.
à attacher son nom à la Gabrielle, jel l'engageai
les ponts qui tombaient colonie, en réparant
mari jusqu'a
en ruines depuis Sinale
Cayenne; à faire
régiment noir, le plan d'un exécuter, , avec
canal qui con- --- Page 288 ---
268 )
duis del'habitation la Franchise à la Gabrielle;
a établir un four à chaux et une sucrerie sur
cette habitation, et plusieurs autres plans.
La prise de Surinam, annoncée par un sieur
Ton marchand, a dérangé tous ces projets.
Ce factieux a jeté le désordre dans la troupe
du régiment d'Alsace, et parmi Tes soldats
venus de l'armée d'ltalie ( peu s'en est.fallu
ces dernières troupes n'en vinssent aux
que mains ) : ce qui me Ot partir en l'an 8 pour
instruire le ministre de l'état critique de la
colonie.
Le troisième agent, homme de tête, mais
plus grand négociant que colon cultivateur,
a rendu des services àla colonie; et, aussitôt
la paix a été faite, il s'est occupé des
que cultures et s'est lui-mème rendu habitant. Je
suis persuadé que, si cet administrateur eût
eu des cultivateurs, il aurait rendu cette COlonie florissante 1 par les capitaux qu'il pouvait y verser. Cependant je crois que celui
qui n'a pas visité avec attention les plantages
de Surinam, ne peut que travailler à tâtons. Il
faut avoir vu cette colonie ets s'y. être adonné
à la culture dans ses vases, pour défricher à
Cayenne.
heures que i'y ai séPendant vingt-quatre --- Page 289 ---
Journé
(2 2Gg )
lcs colons; en 1805, j'ai eu occasion de
les uns rendaient
voir tous
Hugues, , lcs autres le
justice à Victor
ment. Un
déchiraient
faire de gouvemneur, un agent ne impitoyable-. doit
autre. Le commerce, chef
même sous le nom jamais
diune
d'un
sOn traitement, rien colonie ne doit avoir
voudrais même
que son traitement. que Je
pointement, qu'uu. chef n'eàt point
ne pit
que sa table fit
d'apjamais
défrayée, et
retour, le
toucher un sol au trésor. A qu'il
gouvernement
son
par des honneurs et des payerait ses services
Quantaux
récompenses.
les faire travailler Indiens, il faudra des siècles
rendre à
à la culture. Ils
pour
a la
Surinam, où le gouverneur préferent se
politique de Jes bicn
Fréderici
Ils vièncnt
trniter.
nombre, lui faire ati premier de l'an, en
rons n'y
visite. Les chefs noirs grand
On comble monquent jamais.
marces denx espèces
présents, et on traite les
d'hommes de
et des distinctions.
chefsavec des
dangerenx.
Sans cela ils seraicnt égards
trèsLes Français se
diens, qui s'en
moquent et rient des Inest d'autant plus aperçoivent. Cette conduite
gensdoux et bons, repréhensible etr qu'ils
que ce sont des
suesontpointdes an.
n'y
visite. Les chefs noirs grand
On comble monquent jamais.
marces denx espèces
présents, et on traite les
d'hommes de
et des distinctions.
chefsavec des
dangerenx.
Sans cela ils seraicnt égards
trèsLes Français se
diens, qui s'en
moquent et rient des Inest d'autant plus aperçoivent. Cette conduite
gensdoux et bons, repréhensible etr qu'ils
que ce sont des
suesontpointdes an. --- Page 290 ---
270) )
thropophages, comme la écrit impudemment
le chanteur Pitou.
colonie du
Je ne m'étendrai point sur notre
Sénégal; je ne lai point parcourue. Je garde
même le silcnee sur les Cayes, je ne connais
pas cette partic de Saint-Domingue. le dois au:
Ce que je sais sur le Sénégal, je
d'une de mes conmaissances quiy posrapport sedeunchabitatios, et aux récits des voyageurs.
Mais lorsque des sages, sortis d'Angleterre,
vont fonder une colonie sur la Sierra-Léona,
et ouvrir. un commerce avec F'Afrique, poursuivrions-nous pas l'exemple de ces
quoi ne Anglais sur la M elle rivière du Séestimables Elle
avec facilité nous conduire
négal? l'intérieur pe de PAfrique, nous ouvrir un
dans
des liaisons d'amitié avec les hacommerce et
bitants de ces contrées.
L'attachement que les indigènes du Sénégal
montré, me' fait penser que
nous ont toujours
bien reçus dans Vintérieur.Jesuis
nous serions c'est encore dans cette contrée
persuadé que
plantations ; en accordant
qu'on doit établirdes
cultivateurs. Les noirs d'Afrique
le quart aux
bien vêtus,
compatriovesheureux,)
voyantleurs
leur exemple; ce qu'ils ne
suivront peu-a-peu faire lorsque la punition se mondevaient pas --- Page 291 ---
trait sans
(271)
teint de cesse. Ce n'est pas avec un
C'est sang qu'on peut se faire des fouet
sans doute ce faux
amis.
quia retenu dans les
système colonial,
rons , qui, sous la liberté Guyannes les noirs mardescendus : aussi quelle était mème, ne sont pas
Jeannet ? deux sols
cette liberté de
fois trop forte
par jour et une tâche dix
Les
pour un pareil salaire.
negres de
leur disais : Vous Cayenne riaient
êtes payés.
lorsque je
Pargent deuz sous pour
Que gagne
levé au couché
travail depuis soteil
encore
pyetamont-linchees wieu propriétatre, > pas
reng, vieu
morue, wieu ha-
- compte. maquereau pourri; ba nous ca
erz
Malgré cela les noirs de
leurs maitres. Pauvre blanc Cayenne aiment
riche. Li mangé casave Coyenne,y0 pas
li boit tafia lout
2 poisson 7
raient jamais comme negre. Ces noirs pimene, n'anquitté leurs
travailler chez d'antres plantages pour aller
ne fussent
blancs, si ces
Jeannet pas venus les
dernicrs
en
solliciter,
croyait permettant aux noirs de Lagent
pas sans doute trouver des quiter,ne
peu délicats pour agir
colons assez
ques planteurs de Cayenne. comme l'oat fait quel.
berté, jamais Sonthonax
En donnant la liet Polverel n'ont
per-
pimene, n'anquitté leurs
travailler chez d'antres plantages pour aller
ne fussent
blancs, si ces
Jeannet pas venus les
dernicrs
en
solliciter,
croyait permettant aux noirs de Lagent
pas sans doute trouver des quiter,ne
peu délicats pour agir
colons assez
ques planteurs de Cayenne. comme l'oat fait quel.
berté, jamais Sonthonax
En donnant la liet Polverel n'ont
per- --- Page 292 ---
mis
(1272) d
aux nègres de quitter. Ils se sont
cet article; et comme les colons de tus sur
mingne n'ont point fait de
Saint-Doun noir n'est sorti de la
sollicitations, pas
tre.
propriété de son maiEn général les Africains
Français à celui des Anglais, préferentl'espriides des
des Espagnols ;
Hollandais,
ils trouvent chez ssnurellmentchanieunse les
et gais,
premiersun caractère
rapproché du leur. Je pense
plus
de rapides
que nous ferions
progrès. dans
nous nous y ferions aimer. l'Airique, et que
Jes Indiens des rivières de Les Canadiens,
à P'Amérique,
lOhio que j'ai YUS
combien ils sont prouvaient par leurs discours
encore attachés aux Français.
Je finis le chapitre sur
une observation utile
Cayenne en faisant
naisseut
aux marins qui ne conpas, cette côte, sur Jaquelle je serais
péri corps et biens en 1803, sans la
mon navire et de mes câbles.
bonté de
Les bâtiments quisedestinent
doivent reconnaitre le
pour Cayenne,
cap Orange. La terre
reconnue, on file le long de la' côle.
la terre élevée au sud,le rocher
Ou voit
ble à l'ouest: on le double
le ConnétaOn aperçoit les ilets du par tribord (droite).
Père et de la Mère,
serais
péri corps et biens en 1803, sans la
mon navire et de mes câbles.
bonté de
Les bâtiments quisedestinent
doivent reconnaitre le
pour Cayenne,
cap Orange. La terre
reconnue, on file le long de la' côle.
la terre élevée au sud,le rocher
Ou voit
ble à l'ouest: on le double
le ConnétaOn aperçoit les ilets du par tribord (droite).
Père et de la Mère, --- Page 293 ---
qu'on laisse
(: 275 ) -
à babord
Maburi au sud. Dans (gauche); la rivière de
un grand arbre placé cette partic on aperçoit
faut mouilleravant près de la Gabrielle, Il
on court
d'avoir vu
risque dc sc perdre. Cayeune, sinon
Nous eussions tous
(rocherà fleurd'eau péri sur LEafontlendu
sije n'avais ordonné que découvre la
au
marée),
en hate sur deux
Te çapitaine de mouiller
ancres,
droite, en vue au sud Cayenne par notre I
poupe à l'oiest. A la maiée après avoir mouillé,
talonnait si
basse, le navire
nous
fortsur un fond de vàse dure,
vais craignimes de perdré le
que
beau tirer du
-
gouvernail. J'aen berne, les indolents canon, mettre le pavilloa
saient pas d'arriver à pilotes ne
nous.
s'empresJe me jetai dans mon
mauvais temps, j'arrivai à canot; et malgré le
Çai on pilote à se rendre à Cayenne, oùt je forpartir, parce qu'il n'avait bord. Il ne pouvait
avais deux., -
pas de grelii ; j'en
Le navire passa la nuit dans la
situation. Le lendemain
plus cruelle
quante coups de
il tira plus de cinrendis à boid. canon de détresse. Je me
je filai le cable Neponvant d'une
entrer à
Ce fut
de mes ancres. Cayenne,
avec bien de la peine
que je réussis
--- Page 294 ---
( 274 )
qui se découvrait.
à doubler YEnfant-Perdu,
heureusement
Le pilote nous croyait perdus;
nous évitâmes le rocher.
Si j'avais mouillé à une portée de canon
vent de
je ne me serais point
plus au
Cayenne,
trouvé dans cette situation.
Dc trente-deux marins que j'avais sur mon
avaient été à Cayenne; cépendaur
bord, quatre
celte côte.
ils ne connaissaient pas
mis
navire eût été fin, il eût été
Si mon
cn piéces:i il calait 14 pieds.
-
entrer à Cayenne, je partis à 4
Ne pouvant
Surinam, et le lendemain
beures. du soir pour
à six lieues de cette
à 5 heures du matin j'étais
rivière. rendre dans celte colonie, il faut
Pour se
brasses.
courir par les quatre à cinq
les voit à /
Les terres sont si basses, qu'on
peine de deux lieues, temps clair,
11 faut éviter le banc de sable qui s'avance
Ja rivière de Maroni, sinon
à Fembouchurede Toute la côte est fond de vase,
on s'échoue. 1l1 faut mouiller à une lieue de la
bon fond.
on serait
rivière de Surinam : si on la passait,
obligé de rétropiquer, ce qui arrive souvent
hâtiments hollandais; ils ne peuvent
aux gros
/
Les terres sont si basses, qu'on
peine de deux lieues, temps clair,
11 faut éviter le banc de sable qui s'avance
Ja rivière de Maroni, sinon
à Fembouchurede Toute la côte est fond de vase,
on s'échoue. 1l1 faut mouiller à une lieue de la
bon fond.
on serait
rivière de Surinam : si on la passait,
obligé de rétropiquer, ce qui arrive souvent
hâtiments hollandais; ils ne peuvent
aux gros --- Page 295 ---
remonter
(475) )*
Theure, et un courant qui file 5 à 6
En
contre le vent.
noeuds à
l'an 8, j'ai mis
me rendre de Surinam trente-cing jours
parti par terre à
à Synamari, d'oujesuis pour
Cayennedans un pied, et je suis arrivé à
La corvette de jour et demi; ily a 24 lieues.
taice Sauvage,
l'Etat
elle
était fine VImportune, capimit
voilière; malgré cela,
de Sufinam quarante-deux à
jours pour se rendre
courant.
Cayenne. Cela fait
juger du
Iserait aisé de faire
à tavers lcs
une route
ment
marais, et on se d'Yracoubo
par terre à Maroni. De rendrait aisépctit voyager le long de la cette rivière on
jusqu's Orange ou
côte sur le sable,
la rivière de
Moue-Chriso.
l'est
Cayeune esti
L'entrée de
- davantage.
tinesrediltele,ls sortie
On pourrait faire un
Salut; ily a del'cau, bon port royal aux ilets du
raitàlabri des vents du fond, et Ce port sele vent d'ouest
nord etde l'est..
ne souffle dans
Jamais
Nowvesu-Mondey la mer
cette partie du
quille. Ce port serait y est toujours tranles
d'autant
Irégatcs ne peuveut entrera plus utile, que
Cayenne --- Page 296 ---
276)
CHAPITRE XIV.
De la position physique de Saint-Domingues
et de la ressemblance de ce pays avec les
plaines de la Tastenisieipiohnidment
des Calabres.
SAINT-Dowinete présente à la première vne
masse de rochers semblables aux Alpes et
une
avec cette différence que les
aux Pyrénées, d'Haiti n'ont jamais de neige, et
montagnes
aux vents du,
que toutes les parties exposées
nord,d'est et d'ouest,. se trouvent couvertes
plantées en cafiers. La
de' bois et d'habitations
-
stépartie exposée au sud est presque partout
rile et ne préscute à l'oeil que des. broussailles
Les montagnes ou mornes
et aucune verdure.
sont séparées par des plaines 1,
dans lesquelles
des
à sucre. Les plus
on a établi
plantations
considérables sont celles du Cap, du Cul-de-,
Sac, etc. Les plaines sont coupées par des
chemins 11
bien alignés et bordés de haies vives,
de citronniers ou de bois de Campêche: Ces
haies sont toutes taillées,etl le pied en est tou-
Les montagnes ou mornes
et aucune verdure.
sont séparées par des plaines 1,
dans lesquelles
des
à sucre. Les plus
on a établi
plantations
considérables sont celles du Cap, du Cul-de-,
Sac, etc. Les plaines sont coupées par des
chemins 11
bien alignés et bordés de haies vives,
de citronniers ou de bois de Campêche: Ces
haies sont toutes taillées,etl le pied en est tou- --- Page 297 ---
jours bien
( 277 )
sarclé; elles sont
pieds, et
larges de
Les plantécs en terre sans fossé. quatre
habitations sont
distance, et
placées dc distance en
peine a-t-on fait très-près lcs unes des autres;" à
rencontre à
cinq à six cents pas,
droite et à
qu'oni en
grandes cases présentent gauche. Toutes les
route, et en général leur facade salagrande
de plus de
n'en' sont pas
qui
quatre à cinq cents
éloiguées
conduit à la grande
pas. L'avenué
ornée d'arbres
Case est
du côté de
et de deux haies bien quelquefois
la grande route,
soiguées;
par un beau portail
elle est fermée
gardeur de
près duquel se trouvé un
la grande barrière; à droite et à
case se trouvent des gauche de
serventde magasins, de
pavillons qui
pour les
cuisines, de
n'ont
économes et les
logement
qu'un
étrangers, etc. Ils
qui a rarement rezde-chauseée. La grande
entourée
un étage, est
case,
d'une galerie
ordinairement
pieds. Les
large de dix à douze
le dedans hôpitanx sont assez
fois
est nu : pas une
beaux; :nais
un banc, et dans les chaise, quelquede camp. Dans la
plus famcux un-lit
ments sont en province du nord, les bàuil'ouest ct du sud, mnaçonnerie ils
; dans celles - de
par des poteaux, crainte sont en bois durs, et liés
terre.
des tremblemente de --- Page 298 ---
( 278 ).
Des deux côtés de la route
à sucre (1). On croirait
sont les jardins
de roseaux,
être dans une plaine
droits de coupée par des divisions à angles
quatre cents pas carrés, et
par des allées de
partagée
large.
vingt-cinq à trente pieds de
Les cases nègres sont un
la grande case, et
peu éloignées de
présentent
village. Les maisons
l'aspect d'un
sont
rues bien alignées.
séparées par des
et loge trois
Chaque case a trois portes
ménages; elles sont
paille et souvent en essente
couvertes en
cheminées, et ressemblent (2); elles sont sans
des bicherons. Il
beaucoup à celles
d'une
y': a environ trente
case à l'autre.
pieds
Près de chaque case, les noirs
piquets en terre
plantent des
ils y plantent aussi pour parquer leurs cochons ;
leurs
ordinairement un arbre où
poules vont se jucher.
Les jardins des nègres sont de dix
pas carrés, et séparés lun de
ou douze
petit sentier. Le noir
l'autre par un
ignames, mais de y plante à sa volonté des
préférence des pataies, par
(1) On appèle jardins toutes les terres en
(2) On appèle essente le bois:
culture.
doise,
coupé enr forme d'ar
leurs cochons ;
leurs
ordinairement un arbre où
poules vont se jucher.
Les jardins des nègres sont de dix
pas carrés, et séparés lun de
ou douze
petit sentier. Le noir
l'autre par un
ignames, mais de y plante à sa volonté des
préférence des pataies, par
(1) On appèle jardins toutes les terres en
(2) On appèle essente le bois:
culture.
doise,
coupé enr forme d'ar --- Page 299 ---
Ja raison
279 )
nourriture quele à pampre de cette racine scrl de
fois
SCS cochons : clle
l'an.
rapporte quatre
Dans les plaines où l'on
bitation est colloquée
arrose, chaque hede la rivière. Un batardeau pour une portion d'ean
neaux de quinze,
coupé par des crédistribue l'eau vingt, trente pouces d'ein,
que doit avoir la
y a au Cul-de-Sac des
plantation. Il
raient un million
propriétaires qui payed'eau de plus pour vinge-cing pouces cubes
rivière.
que celle qu'ils reçoivent de la
Dans beaucoup
des bassins bien d'habitatious, on a établi
maçonnés en
conserver l'eau
dedans, afn de
bassins
pour arroser dans le
ont
jour; les
quelquefois deux cents
Jong sur cent cinquante de
pieds de
à dix pieds de
large, et six, huit
T'habitation. profondeur, selon le nivean de
La sucrerie cst un bâtiment de
pieds de long sur, trente-six de
soixante
couverte en
large; elle est
laisser
briques, avec une ouvertore
passer la fumée qui sort des
pour
Dans
chaudières.
l'intérieur, on voit cinqg
dières encaissées dans des
grandes chauau mur. Quand elles
briqnes et adussées
les appèle
sont ainsi montées; on
équipages. Elles ont presque toutes --- Page 300 ---
. - 280 )
deux équipages, en cas qu'une chaudière se
fende.
Pour donner une idée des plaines de ce
pays; on n'a qu'à se rappeler celle qui conduit de Turin à Milan; je n'ai rien vu qui
m'ait paru si ressemblant, si ce n'est:la Calabre.
J'ai parcouru les deux Calabres dans tous
les coins, jusqu'à Reggio : rien ne ressemble
plus aux côtes de Saint-Domingue que ce
La partie de Vibo est parcille à l'Arcaye
pays.
En allant à la chasse, j'ai bien
et à Léogane.
examiné cette partic, et je suis persuadé qu'il
serait possible de faire dans ce terrain quatre
belles sucreries; ; il faudraitseulement combler
le petit lac qui est au bord de la mer; ce qui
si on veut y laisser couler
se fera facilement,
avoir
la rivière. Les sucreries ne pourront
moulin à eau ; les trois autres en auront
qu'un
à vent, à pompe, à feu ou à bête.
La plaine de Sainte-Euphimie ressemble à
celle du Cul-de-Sac. I1 serait facile, en encaissant la rivière. qui la traverse, d'y établir
être arrosées, s'il
des sucreries qui pourraient
était nécessaire. Toute la partie de Pestum et
le rivage depuis Eboli jusqu'à Salerne, m'ont
à la culture du sucre,.etje crois
-paru propres
autres en auront
qu'un
à vent, à pompe, à feu ou à bête.
La plaine de Sainte-Euphimie ressemble à
celle du Cul-de-Sac. I1 serait facile, en encaissant la rivière. qui la traverse, d'y établir
être arrosées, s'il
des sucreries qui pourraient
était nécessaire. Toute la partie de Pestum et
le rivage depuis Eboli jusqu'à Salerne, m'ont
à la culture du sucre,.etje crois
-paru propres --- Page 301 ---
(2 281:)
mêine à celle du café, il
coton différent de celui y crottrait anssi du
Pompéia.
qu'on cultive près de
Jc suis persuadé
ties, la canne viendrait que, dans toutes ces parturité, et qu'elle ferait de facilement en inan'ignore point que
beau sucre. Je
des Français,
beauconp de colons, même
toyen
vont me traiter de
; mais j'écris
mauvais cid'ailleurs
pour tous les hommcs. J'ai
reçu du roi de Naples des
gnages d'estime que je ne
témoiqu'en lui
puis reçonnaitre
communiquant les
j'ai faites sur les lieux.
observations que
Ce souverain a des idées
aux Calabres,
les libérales. Ila rendu
Manhès, la par
services da général
tranquillité
sans les
intéricure ;
Français, ces
jamais,
mais trop vindicatifs Calabrois, braves gens,
civilisés:
entr'eux, n'eussent été
Les Calabrois, depuis
zeuza, aimaient tellement Reggio jusqu'à Coversaient des Jarmes
les Français, qu'ils
mier, le dixième, le en 1811, lorsque le predeuxième, le cent unième vingtième, le soixantele vingt-deuxième,
régiments de ligne,
partis ; le
d'infanterie légère, sont
quatrième et le
seurs à
neuvième de chascheval, ont obteun d'autant
plus de --- Page 302 ---
( - 28a')
regrets de ces peuples, que ces régiments les
ont protégés contre leurs compatriotes qui ne
connaissaient que la loi du plus fort. C C'est
tne d'un- coup
mon
ennemi, disaient-ils,jele
de fusil's; et ils le faisaient.
Les noirs csclaves sont mille fois plus civilisés que tous ces peuples de l'ancienne grande
Grèce.
Le roi de Naples peut, parmi les troupes
trouver des hommes capables de lui
noires,
sucrerie et de Pétablir : il doit
élever une
Africains
y avoir dans ces braves et intrépides
de
des hommes de tous les états et capables
former une sucrerie dans peu de temps.
Ce prince est aimé des Napolitains ; ses
manières affablcs lui ont mérité Vaffection de
des Françaisles a beauses perrples ;leséjour
Cettedercoup civilisés etrendus plus propres.
paraitra sans doute étrange
nière amélioration
et aux Hollaudais qui, avec raiaux Anglais
de
sales; mais les Itason, nous traitent gens
les
le sont au suprême
liens et
Napolitains
de Naples sont
degré. Les plus beaux palais
d'ordégontants; les escaliers sont remplis
dures, les plafonds des portiques sont tapissés
les cuisines font horreur
de toiles d'araignées,
etrendus plus propres.
paraitra sans doute étrange
nière amélioration
et aux Hollaudais qui, avec raiaux Anglais
de
sales; mais les Itason, nous traitent gens
les
le sont au suprême
liens et
Napolitains
de Naples sont
degré. Les plus beaux palais
d'ordégontants; les escaliers sont remplis
dures, les plafonds des portiques sont tapissés
les cuisines font horreur
de toiles d'araignées, --- Page 303 ---
(a85 )
à voir;h heureux
les
quand on n'y est pas
par
lienx d'aisance
asphyxié
Jc
qui y sont placés!
ne fais qu'un souhait, c'est
seigueurs napolitains
que quelques
Dans
ayent plus de bonne foi.
ce pays, on se joue de son
tel seigueur
créancier:
de
prend votre argent pour une) Jettre
change ; à l'échéance il ne vous
si vous obtencz sentence, ni
paye pas ;
sier n'ose faire
procureur ni huismême
exécuter les lois que leroi luia proclamées. Les noirs
lonies qui faisaient entr'eux esclavesdes codes
étaient plus exacts et plus délicats trausactions,
grands seigneurs.
que ces
Anglais, c'est chez vous seuls qu'on sait faire
payer, sans distinction de rang, le débiteur de
mauvaise foi;'si vous êtes puissants,
vous le devez à votre exactitude à
riches,
engagements.
remplir vos --- Page 304 ---
284 )
CHAPITRE X V.
Des causes qui me firent quitter Parmée a
Brest, et du peu de connaissance ejue les
chefs avaient du pays qu'ils allaient aborder (1)-
Le général Moreau, à son retour de l'armée
du Rhin, où j'avais été employé comme colonel adjointà l'état-major, demauda pour moi,
au premier Consul, une place d'inspecteur
aux revues. Bonaparte lui dit : (( Malenfant
connait bien les colonies, je le nommerai
inspecteur. ))
affaires
Appelé à Rennes (mon pays), pour
de famille, je reçus ma nomination de sousSaint-Domingue. Je me rendis
inspecteur) pour
et lui dis
à Paris, auprès du général Moreau,
que je ne voulais point aller dans cette colonie.
Il me répondit: aVas voir le premier Consul et
fais-lui tes observations.. J'allai aux Tuileries;
(1) Le lecteur verra, j'espère, quc ce chapitre tient
directerent à mon sujet 2 quoique le titre semble
d'abord annoncer le contraire.
, je reçus ma nomination de sousSaint-Domingue. Je me rendis
inspecteur) pour
et lui dis
à Paris, auprès du général Moreau,
que je ne voulais point aller dans cette colonie.
Il me répondit: aVas voir le premier Consul et
fais-lui tes observations.. J'allai aux Tuileries;
(1) Le lecteur verra, j'espère, quc ce chapitre tient
directerent à mon sujet 2 quoique le titre semble
d'abord annoncer le contraire. --- Page 305 ---
à
285 )
peine le premier Consul
vint à moi et me dit: ))
m'cut-il vu, qu'il
)) pas parti pour
Comment! vous n'êtes
> tais vous nommer Sou-Doningue? je comp-
> bliéc cequejavais inspecteur; ; mais j'ai ou-
> vous serez nommé promis au généralMorcau,
> vée. - - Citoyen Cousul, inspecteur à votre arri-
)) de me donnerunes , je venais vousprier
> sons-inspecteur.- autre destination, comme
)) sez' parfaitement Comment? vous connais-
) pouvez y être Saint - Domingue, vous
)
très-utile.
partirai. )) Douze henres
Cela suffit je
ina femme et mes enfants. après j'avais' quitté
Arrivéà Brest, je me rendis chez
Ledoyen,
le général.
inspecteur aux rerues. Il
diner, et je vais faire
m'invita à
conversation que
part au public de la
counaitre ma
j'cus à sa table : elle fera
taires attachés façon de voir et celle des
à T'expédition;
mililéçon aux généraux
elle servira de
employés dans les qui se destinent à être
colonies
Lorsque les
(1) Les couvives élaieut
ut général de brigade, deux généranx de
colouels, M. Lenoir, un
division 1
clerc, ct moi.
secrélaire ardearemmantere intine du
deux,
Pendant
général Letout le repas , les questions
qu'on me fit sur, --- Page 306 ---
286 )
fils de Toussaint vinrent
me voir avec l'adjudant-commandant Huin, ami de leur père; ces
Saint-Domingne me prouvérent que ces messieurs n'avaient pas la plus petite idée de la colonie. Leurs
venirs se portaient
solla chaleur cst considérable toujours sur l'Egypte 3 parce que
dans cette partic de
et qu'ils savaient qu'à Saint-Domingue clle PAfrique,
tres-forte; ils s'imaginaient
y est aussi
dait
que cette circonstance rences deux pays semblables en tout. Nous avons.;
vaincu les Mamelucks, disaient-ils;
plus. de facilité à subjuguerles
nous aurons, bien
mulâtres, et les negres.
Persuadé que la guerre était ce qu'il fallait éviter,
per'suadé qu'elle rendrait tous les habitants blancs, noirs
et nulâtres malheureux ; que la paix seule pouvait faire
fleurir la. culture, je leur dis" : G Sans la culture, il
aj point de colonies; plus les denrécs coloniales n'y
abondantes, plus les habitants seront heureux. seront.
) Si on ne fait pas la guerre à Saint-Domingue
généraux français mariés
, Jes.
tions
pourront affermer les habitaséquestrées ou nationales, comme l'ont fait beancoup de blancs et de généraux hoirs 2 qui ont fait de
grandes fortunes. Les officiers supérieurs qui agiraient
ainsi, rendraient de grands services à la colonie
l'influence que leur rang leur dounerait sur l'esprit par des
cultivateurs, , quii seront jalonx de travailler sous les
ordres des géuéranx français. Avec un peu d'économie
sur leurs appointements > ils trouveront les moyens de
faire les avances qu'exigent Jes réparations d'une labitation. Dans le commerce, ils trouveront du crédit
pour
qui ont fait de
grandes fortunes. Les officiers supérieurs qui agiraient
ainsi, rendraient de grands services à la colonie
l'influence que leur rang leur dounerait sur l'esprit par des
cultivateurs, , quii seront jalonx de travailler sous les
ordres des géuéranx français. Avec un peu d'économie
sur leurs appointements > ils trouveront les moyens de
faire les avances qu'exigent Jes réparations d'une labitation. Dans le commerce, ils trouveront du crédit
pour --- Page 307 ---
(287 )
jeunes gens étaient
faire la guerre
chagrins. ( On. veut donc
au général
Toussaint?. - Je ne
tout CC dont ils auront
ciants s'apercevrout besoin, aussitôt que les
D Il ne faut
que les cultures
negoque
vonts'amdiorer
crerie et la remettre quinze.mois dans
pour rétablir une susix mois ou un anl tout un dlat tris-Ilorissant.
Peuvent donner
au plus, les
Daus
des récoltes
habitatious, à café
> Voilà le seul
très-abondautes.
général morié moyen que je
puisse faire sa fortune conaisse, pour qu'un
priétaires.
sans vexer les
bitants doivent Sant-Demingue est un pays
proêtrc traités comme
frangais; scs haposer des colons qui onl
tels; on ne peut imtection et des avances cux-mênes besoin de la
du commerce,
pécuniaires du
pro-
)) Les
pour réparer leurs Bouvernement ou
ofliciers non marics plantages.
moyen, à contracter des
tronveront, , outre cc
proprictaires, soit avec mariages, de
, soit avec des veuves
repasseront, aussitôt
riches ct jolies créoles
des
que la
qui
Etats-Unis, dela.
tranquillité sera
quantité de ces dames Jaumaique ct de France. La assurée, 2
Ja faculté à lous reyenant dans la
grande
mémes
ces Français de faire colonie, donnera
la main veuves ou demoiselles seront des choix ; CÇS
d'officiers
flattées
la gloire dont ils supérieurs qui, par
d'accepter
rerçat le
sc sont couverts Cn
leurs grades et
feront premier rang dans la société, Europe, ) leur assuavec d'autant plus de
Ces mariages se
n'étant pas propres à
facilité, que les dames
veront daus leurs administrer les
maris des;
habilations, trou-
) Ccs ofliciers, devenus appuis dont elles ont besoin.
proprietaires par leurs ma-
'officiers
flattées
la gloire dont ils supérieurs qui, par
d'accepter
rerçat le
sc sont couverts Cn
leurs grades et
feront premier rang dans la société, Europe, ) leur assuavec d'autant plus de
Ces mariages se
n'étant pas propres à
facilité, que les dames
veront daus leurs administrer les
maris des;
habilations, trou-
) Ccs ofliciers, devenus appuis dont elles ont besoin.
proprietaires par leurs ma- --- Page 308 ---
(288 )
1,
Pourquoi, reprirent
érois pas, répondis-je.
une armée? on ne fait que répéter
ils, envoyer
affcrmé desh habitations,
riages, ainsique ceux quiauront services à une multipourront rendre" les plus grands l'armée, sans autre
tide dej jotines gens qui" sont dans il leur sera facilc de
état que de savbir lire ct écrire ;
et
faire ébtenir des congés à ces mêmes jeunes gens, 7
Pintérêt commun, en lcs plaçant sur
de les utiliser pouir
- et ensuite géreuts.
lcs habitations comme économes ,
ils donneront
Lorsqu'ils vondront retourner en France,
Les
à ceux qu'ils cn croiront dignes.
leurs procurations militaires feront, ne peuvent être comfortunes que ccs
les gucrres d'Europe ont proparées aux bénéficés que
ont une
Enr
duits par les impositions: Ils' en
preuve. le
de l'armée du Rhin , "ils savent que partage
sortant
Moreau aux officiers de l'armée, ne se
que fit le général
dedivision, qu'à 24,000 francs,
monta, pour un général
francs , ainsi de suitc;
les généraux de brigades 12,000 tous lés généraux et
sommes bien médiocres 7 puisque
et
Saintofficiers de cette armée sout pauvres, 2
qu'à rel
Domingue, cn ne faisant pas la guerre, ils peuvent
des fortunes de 50,000 jusqu'à 200,000f francs
venir avec
bien au-dessus des fortunes qu'on
de rente', cc qui est 1:
dans deux
faire depuis vingt ans dc guerre. Certes,
a pi
cst maintenne comme elle
ou trois ans : sila tranquillité
les
que les généraux 2 que
est sous Toussaint , j'assure
leur annonce.
militaires joniront de la fortuue que je,l
de
militaires
seront commandants
)) Tons les
qui fortune, non en exigeant
feront aussi'leur
quartiers,
en Italie. . mais
des impositions comme en Allemagne,
dans deux
faire depuis vingt ans dc guerre. Certes,
a pi
cst maintenne comme elle
ou trois ans : sila tranquillité
les
que les généraux 2 que
est sous Toussaint , j'assure
leur annonce.
militaires joniront de la fortuue que je,l
de
militaires
seront commandants
)) Tons les
qui fortune, non en exigeant
feront aussi'leur
quartiers,
en Italie. . mais
des impositions comme en Allemagne, --- Page 309 ---
qu'il faut
(.289 )
combatre notre
parlent ainsi sont des
père. Ceux qui
militaires qui ne conen vivant sans
en leur dounant orgueil et dans l'intimité
à leurs
à diuer, et en se rendant avec les colons,
quartier invitations. Il suflira à
sans façon
toutes d'être juste envers les chaque noirs commandant de
couleurs , pour qu'ils
et les colons de
> S'il agit
soient aimds et chéris,
gibier, , de ainsi, sa table sera fournic à
plus rare dans poissons, le , dc fruits, de tout profusion de
de volailles
quartier. Sa
ce qui sera le
même
de toute espèce basse-cour sera
parles noirs et
par les colons blancs, remplie
propre volonté faire négresses, qui viendront de , et
aufs, etc. dont il aussi leurs offrandes en
leur
fois ils SC font dédommagers ces
poules, 2
derniers, si
aux enfants des connaitre, en faisant
toutePar
noirs lorsqu'il en quelques cadeaux
politique, il ne doit
trouvera
vateurs; ; la raison est pas refuser les dons T'occasion. des
camarades du
qu'ils se croiraienth
cultisons ils lui quartier le
et humiliés; ; leurs
en feraient des sauraient, dans leurs chan-
> An premier de
reproches. Voici la
tous les noirs, les Tan, jour le plus heurcux preuve. :
tais chargé
cultivateurs des habitations pour
fruits, m'spportaient des
dont
etc. La première cadeaux en poules, j'é
disant qu'ils n'étaient fois, je voulus les
oufs,
de pareils présents point assez riches refuser, en
; tous
pour me faire
D Nous donné
m'ont répondu :
vous mené ben nègre ça vous, , parcegue wous bon
ca parmains
; c'est caur nous
blanc,
nous.
qui donné Zi
--- Page 310 ---
2g0 )
la guerre ; mais le premier Connaissent que
votre père désonger à attaquer
sul ne peut
voué à la France: ))
le double de leur vaje voulus payer,
> Et lorsque et autres objets :
leur, ces poules
wous, gardé li; si nous vlé
wlé l'argent
> Nous pas
allé dans marché Port- auzendre poulayo, nous
Prince.
reconnaitre ces dons des
> Ne sachant plus comment les sauvages d'Amécultivateurs, je me rappelai que plaisir lorsque les narique éprouvent le plus grand à leurs enfants ; je
vigateurs font quelques présents
les pères et
suis servi de ces moyens 7 et, quoique
de
me
m'assurassent qu'ils n'étaient pas contents
les mères
suis
que leurs paroles caces retours, je me
aperçu sentiments 3 et que cela leur
chaient leurs véritables et que même ils s'en troufaisait beaucoup de plaisir,
vaient honorés.
suivent leurs maris,
>. Les femmes d'officiers , qui n'avaieut d'autres resseraient dans la détresse si elles
trop faible pour
sources. que. la solde de CeS officiers, oà les comesde vivre dans un pays
leur permettre
tibles sont aussi chers. colonie, ces femmes lèveront
> Par la paix dans la
à de longs crédits,
des boutiques 5 elles tronveront,
de toute espèce,
chez les négociants 3 des marchandises aux mulâtres et
vendront en détail aux blancs,
qu'elles
aux noirs.
tous les colons ont com5 C'est ainsi que presque s'adonnant au commerce. Les
mencél leur fortunc, en
de vivre dans un pays
leur permettre
tibles sont aussi chers. colonie, ces femmes lèveront
> Par la paix dans la
à de longs crédits,
des boutiques 5 elles tronveront,
de toute espèce,
chez les négociants 3 des marchandises aux mulâtres et
vendront en détail aux blancs,
qu'elles
aux noirs.
tous les colons ont com5 C'est ainsi que presque s'adonnant au commerce. Les
mencél leur fortunc, en --- Page 311 ---
Le 18
(: 291 )
nels
trimaire, je fus invité
Gougeau et
par les coloLachaise à diner à
blancs
leur table
venus de
tite pacotille, France, , sans
colons
ont été aidés moyens ou avec une
enrichis n'oublient par des crédits. Ces peservice aux arrivants.
pas qu'ils
mêmes
) Tout
doivent rendre
la
blanc, tout
dre preraière année, est Earopéen qui ne périt
et
presque sûr,
pas dans
pays au d'téconomie, monde 3 de faire
avec un peu d'orfacilité,
où l'on se rende fortune. Il n'y a pas de
font sur plus dc loyauté, Les service avec plus de
de la parole, sans écrit, sans plus grandes affaires se
Onr vie, en
billet; c'est en
n'est pas forcé, samusant, , dans que l'on fait son jouissant
nécessaire en Enrope, les colonies, à bien - être. a
faut trente ans d'm , ou, pour se mettre cette économie
ans ,
travail assidu.
à l'aise, il
fortune FEuropéen est sàrde son Dans deux ou trois
est'faite, Cela doit étre afaire; et dans dix
proverbe : On ne vient
dans un pays
sa
changer d'air.
pas dans les. qui a pour
> Tous les soldats
colonies pour
quels que soient leurs ouyriers qui sont
les
métiers,
dans Tarmée,
tonneliers, , les
trouveront de
,
aisance; ; les maçons, menuisiers , acquerront Fouvrages
dans leur état, > les
une grande
plusieurs
en peu d'années charpentiera, un peu instruits
et de moulins millions, par Timmense seront possesseurs de
tage de la qu'il faudra
quantité de batiments
paix pour
reconstruire. Tel
y Si Pon fait la les colonies.
est l'avanfainine, le massacre guerre, 7 le chagrin, le
des blancs , des désespoir, la
malatres et des
acquerront Fouvrages
dans leur état, > les
une grande
plusieurs
en peu d'années charpentiera, un peu instruits
et de moulins millions, par Timmense seront possesseurs de
tage de la qu'il faudra
quantité de batiments
paix pour
reconstruire. Tel
y Si Pon fait la les colonies.
est l'avanfainine, le massacre guerre, 7 le chagrin, le
des blancs , des désespoir, la
malatres et des --- Page 312 ---
aga)
d'hôte. Nous y étions plus de trente, tous
officiers supérieurs. On ne parlait que de St.-
Je gardais le silence. M. l'adjuDomingue.
dant-commandant D.., qui s'exprimait avec
beaucoup de facilité, voulait persuader qu'avec
4,ooohommes il réduirait tous les noirs. Frapd'un tel discours, mes deux amis lui Grent
pés
noirs, l'incendie, la plus terrible des guerres civiles 2
conduiront l'armée au tombean 7 et les colons n'auront
d'autre ressource que la mort ou la plus horrible,
plus
misère. >>
le
>- Les soldats français, me dit général Ledoyen,
l'avez vu) savent tout braver; les nègres ne:
(vous
les mamelucks que nous avons vaincus., -
valent pas
les noirs ne peuvent tenir en ligne
J'aila conviction que
ils le savent bien, mais
contre les troupes françaises; le climat et les pluies dévorent,
ils n'ignorent pas que
vite PEuropéen; que c'est en fuyant, en n'attachant
d'imiportance à conserver leurs positions, qu'ils.
point
que ces positions 7 ils
détruisent vos armées, parce
les reprendre le lendemain sur les blancs, qui
peuvent
ne peuvent les garder. raisons excellentes, me dit le ge-
> - Je trouve vos
et tout le
néral; la paix est préférable à la guerre > ;
monde fut de son avis. rendis à bord du vaisseau le
Le léndemain 7 je me
sur
je devais m'e embarquer 2 comDuquesne, 1
lequel
dont j'étais connu. Parmi
mandé par M. de Kérangal
se trouvait le général Debeile, deux génes
les passagers
peuvent les garder. raisons excellentes, me dit le ge-
> - Je trouve vos
et tout le
néral; la paix est préférable à la guerre > ;
monde fut de son avis. rendis à bord du vaisseau le
Le léndemain 7 je me
sur
je devais m'e embarquer 2 comDuquesne, 1
lequel
dont j'étais connu. Parmi
mandé par M. de Kérangal
se trouvait le général Debeile, deux génes
les passagers --- Page 313 ---
ebserver
(: 295 )
qu'ilsavaient
et qu'ils n'étaient
longtemps fuitli
qui était
pas de son avis.
Suerre,
en babit
M. D
citoyen de Brest, bourgeois, et que je
naire avec
me paraissait si croyais
ses 4,000
extraordi-
> Etes-vous allé à hommes, que je lui dis:.
> citoyen. - C'était S.int-Donisgue? - Oui,
sans doute avant la révoraux de brigade, deux
lonels,
colonels et deux lientenants-coLe capitaine et ses
ces militaires que la officiers s'efforgaient de
beau, , et perdrait la guerre les: conduirait tous persuador au
fort pour eux. Le colonie. Mon arrivée fut un tom-
* Voilà un homme capitaine dit, en.me
rengui a fait
qui connait les
la présentant :
ofliciers, cinq ans la guerre à noirs, culture, ct
dont plusieurs
Sint-Doningne >. Les
vaincus bientôt qu'il n'était m'étaient connus ; furçnt conguerre dans T'ile; ; ils
pas avantageix de portér la
senter au général Leclere niaviérentavees instance de
idées sur la colonie.
un mémoire contenant préciers, lordonnateur Plusieurs colonels,
mes
Pérou
plasieurs ofichant guerre plusieurs fois avec moi mème, à
qui avait fait la
bien qu'il fallait
saet
SuntcDomingic:
connaissant ma maniere employerla de doucear et la raison,
nics, me sollieiterent
voir touchant lés colola mission qu'il ayait. à d'éclairer, le général Leclerc
L'amiral Villaret remplir.
sir
rue : a Mon clier me dit, en me rencontrant dans
soyions témoins de inspeeteur, , je crains bicu
la.
grandes sottises. b
que nous
fait la
bien qu'il fallait
saet
SuntcDomingic:
connaissant ma maniere employerla de doucear et la raison,
nics, me sollieiterent
voir touchant lés colola mission qu'il ayait. à d'éclairer, le général Leclerc
L'amiral Villaret remplir.
sir
rue : a Mon clier me dit, en me rencontrant dans
soyions témoins de inspeeteur, , je crains bicu
la.
grandes sottises. b
que nous --- Page 314 ---
( 1294 )
> Jution et dans le temps qu'un petit blanc de
> dix ans aurait fait fuir deux cents nègres.-
n'était
à cette
j'étais de
) Ce
pas
époque,
du général Hédouville.- Vous
> l'expédition
voulez
> y avez resté quelques mois, et vous
). juger ce pays! oh! il me parait que vous ne
) l'avez vu que par le trou d'une aiguille.
deux colonels
ont fait la guerre
> Voila
qui
) avec moi, ils vous diront que.les noirs se
> Earamt
sont des
auxquels on a donné des
) ce
gueux doit leur arracher cette mar-
)) épaulettes; ; on
blancs.- Oui,
) que qui ne convient qu'aux
c'est le tout de les leur arracher; car
)) mais
rentraient en France
> enfin, si les Bourbons
voulussent nous arracherles nôtres,
)) et qu'ils
> le souffririons nous ? - Nous ne sommes
des
mais les noirs sont
)) pas
nègres.-Non,
et ils nons prouveront qu'ils
) des hommes,
Vous
) sont moins endurants que les Français.
) le verrez. )
Leclerc étaient,
Les espions du général
sàns doute, allés Jui rappprter cette conversation. Le' Jendemain, j'allai voir l'ordonnateur
Daure, qui me prit en particulier, et me dit:
Le
Leclerc a donné lordre de vous
))
général
bien satisfait du service
)) d@barquer.-Jeauis) --- Page 315 ---
(a 295) )
) qu'il mc rend; mais
) sons?- C'est
quelles en sont les rai-
). colonies, et Pour vOS opinions sur les,
un peu
)) Moreau. Au
pour vos liaisous avec,
D Dugna, il doit surplus, avoir allez voir le géuéral
)) dites pas que c'est moi une lettre pour vous;ne
Je me rends chez
qui vous ai dit ceci.n,
moire et le
moi, je prends mon méétabli
règlement de culture
en 5 jours à Brest,
que j'avais
Après avoir salué le
sans la moindrenote,
l'état Major, je lui général Dugua, chef de
dis: (( On m'a
que vous avez une lettre
dit, général,
teur aux revues
pour le sous-inspecla
Malenfant, - Oui, me dit-il,
roici(0).-Jesaraist bien le géuéral
Leclerc
() LIBERTÉ,
En
ÉGALITÉ
rade de Brest, à bord du
Je
république Patiote, française. 21 frimaire an IO de la
Le général de division
général, au citoyen Malenfant, Dugua, chef de léat-major
revues.
sou-bupecteurats
décidé Conformément aux ordres du général cn
que, vu l'état de votre santé,
chef, qui a
employé dans l'expédition,
vous ne seriez pas
invité Tadjudant commandant je vous préviens que j'ai
votre débarquement.
Molini à opérer de suite
En
conséquence, vous vous rendrez à Paris,
auprès
division
général, au citoyen Malenfant, Dugua, chef de léat-major
revues.
sou-bupecteurats
décidé Conformément aux ordres du général cn
que, vu l'état de votre santé,
chef, qui a
employé dans l'expédition,
vous ne seriez pas
invité Tadjudant commandant je vous préviens que j'ai
votre débarquement.
Molini à opérer de suite
En
conséquence, vous vous rendrez à Paris,
auprès --- Page 316 ---
( 296 )
général, mais je ne le croyais pas medecin. lit
Comment! me dit le général Dugua. - Je vois
dans cettelettre qu'on me
de santé;
débarque pour cause
je me porte très-bien. >
Alors le général Dugua me dit: (( N'êtes-
)) vous pas parent du général Moreau.-Non
)) général, mais je suis son ami particulier, il
> n'en a pas de plus fidèle que moi. ) Le
général Dugua balbutia quelques mots
je ne pus bien entendre.
)) Mon général, que
sais que la lettre que vous m'avez écrite vient je
de mes opinions sur les colonies; elles sont
connues du premier Consul, ellcs m'oot valu
l'estime de tous les ministres de Ja marinc.
Elles sontle fruite de mes observations etde mes
voyages; elles partent de ma conscience. Ellcs
nc conviènent pas à certains colons, mais je
n'en moque, elles sont à moi et je les garde;
au surplus les voilà >. Alors, tirant de ma poche
le mémoire que J'avais destiné pour le général Leclerc, et que je ne voulais lui reinettre
qu'au tropique pour qu'il le làt, je le prédu ministre de la
guerre, 7 qui en est prévéna et
vous donnera nue nouvelle destination.
qui
Jevous prie de m'accuser la réception de cette lettre,
L
Je vous salue. Sigrié, Ducts. --- Page 317 ---
sente
(: 297 )
au général Dugua
à l'instant.
qui en prend lecture
Comme je voyais à Brest
vivres, que les ordounateurs, qu'on partait sans
croyaient que Sain-Domingue excepté Pérou,
T'Egypte, et que le bled
ressemblait à
chapitre sur les
y venait, je fis un
vivres, dans Jequel moyens de se procurer des
crédit de plus de je disais qu'il fallait un
trente
ranne et. sur
millions sur la Hace
tAmérique
qu'on ne pouvait
septentrionale, parde la métropole
compter sur le commerce
France de la qu'après qu'on serait sûr en
général
tranquillité. A ce
le
Dugua dit: ((
chapitre,
)) cela; nous
Nous avons remédié à
)) charrues, nous conduisons des paysans et des
)) partie espagnole. ferons semer du bled dans la
(e Quia pu donner
)
une' pareille idée au
gouremement, mon
)) du cafe, du
générallclestd du
))
coton, de
sucre;
tiver; avec ces
l'indigo qu'il faut cul-
> rien : les
denrées on ne manquera de
)) teront à spéculations commerciales se
)) farines, da sint-Doningee, vin,
vous aurez por- des
) espèce, de Por; des marchandises de toute
> le bled y viendrait. je ne sais pas d'ailleurs si
)) Un petit
officier, fils
)) du cafe, du
générallclestd du
))
coton, de
sucre;
tiver; avec ces
l'indigo qu'il faut cul-
> rien : les
denrées on ne manquera de
)) teront à spéculations commerciales se
)) farines, da sint-Doningee, vin,
vous aurez por- des
) espèce, de Por; des marchandises de toute
> le bled y viendrait. je ne sais pas d'ailleurs si
)) Un petit
officier, fils --- Page 318 ---
- 298 )
du général Michel, dit: (( Le bled y viendra
>) très-bien. >
Michel,
C'était sans doute M. le général
avait donné ce conseil au gouson père, qui
vernement.
Le général lut tous les articles du règlement
de culture; lorsqu'il eut fini, il me dit: ( Le
général Leclerc a été trompé;vous connaissez
bien les colonies, vous n'irez pas à Paris.
Portez ce mémoire au général Leclerc; mais
non, jeveux le porter moi-même. >
Le lendemain, à sept heures du matin, je
chez le général Leclerc; je ne le
me rendis
connaissais que de vue, pour l'avoir rencontré
en l'an 5 dans diverses sociétés de la capitale.
bien. Je lui demandai la cause. de
Il me reçut
la lettre qu'il m'avait fait écrire, et ce qu'il
vous connais pas,
avait à mc reprocher.eJene
dit-il,
n'ai aucun reproche à vous
> me
je
m'ont
>) faire; mais quatre ou cinq personnes
) dit que vous avez des opinions dangereuses
les colonies. 1 Le généralDugua vous
) pour
doute remis le mémoire que jevous
>) a sans
dit
dei bien,
> destinais?- - Il n'ena beaucoup
lirai. 1 Général, je n'ai point demaudé
) jele
à
au contraire, j'ai
)) à aller Saint:Domingwe;
le
consul de me.donner une
> prié premicr --- Page 319 ---
") autre
(: 29b.)
destiation.
) dire que vous Pormeticr-me de
)) guerre est bien allez dans un pays où vous
) coup de
difficile à faire, et
la
) ne connaisent colons, égarés par leurs que beauD rances; ils
plus : ils se bercent passions,
)) qu'ils étaient croyent que les noirs d'espé-
))
il y a quinze ans;
sont ce
pent.-Tous
; ils se
) une armée, lesmègres, lorsqu'ils trom-
)) seront
vont mettre bas les wontvoir
trop
>)
On
heureua qu'on leur arnes; ils
vous indoit
> -
en erreur, mou pardonne.
) Cest Comment, un brave me
général.
))
que je suis vrai, et parle ainsil
Maistiy a
pas
/
)) offert d'urniter ependanticr un colon intrigant.
)) du
Toussaint dans qui m'a
pays, avec
)
Pinterieur
sais
soizante
qu'il y a des
grenadiers?. .
> plus hardi
fanfarons
Je
D rais
que moi, car je ne partout. 11 est
pas avec
m'en
) cst bien
soixante mille hommes. charge-
) quarante riche, Tousnint ; il a
Il
) cela à bien millions, - J'ai déjà
plus de
des
entenda
> sible. Ce
généraux, mais c'est dire
> café, etc. pays n'est riche
impos-
) Toussaint C'est un. pays
gu'en sucre, ,
) plus.
posséde six
d'éclanges et si
ces
tout
inillensyceste
:))
à lui; D'ailleurs, ils: sont
millions ne sont au
au
point
gouverement, et sans
int ; il a
Il
) cela à bien millions, - J'ai déjà
plus de
des
entenda
> sible. Ce
généraux, mais c'est dire
> café, etc. pays n'est riche
impos-
) Toussaint C'est un. pays
gu'en sucre, ,
) plus.
posséde six
d'éclanges et si
ces
tout
inillensyceste
:))
à lui; D'ailleurs, ils: sont
millions ne sont au
au
point
gouverement, et sans --- Page 320 ---
(500 )
) doute le prix de Yaffermage des habitations
des
qui sont en France, aux-
>
propriétaires
Tous-
) quels ces sommes sont dues, et que
dit
> saint veut leur faire passer, ce qu'il a
fois. Les colonies sont riches en den-
) vingt
vois avec douleur
>) rées, et non en argent.Je
une contrée
>) qu'on veut agir hostilementdans:
blancs.
est impraticable pourdes
) ola guerre bien waincu les Mameluks,
> 1 Nous avons
les
- Je
> qui sont plus braves que
Negres?
sais
mais les Mameluks ne dépas-
> n'en
rien,
hommes, etles Nègres
> ssientpasdonzemillel de deux cent mille. La - chaleur,
9) sont plus
les Européens. Je
> les pluies, font vite. périr
je vous le
) vous l'ai dit dans mon mémoire,
: si on fait la guerre, vous ne serez
5) répète
les Alammes; vous coucherez
> éclairés que par
armée
de fati-
) sur des cendres, votre
périra français ne
et de misère: - Les soldats
>. gue
ni la chaleur, ni les pluies; ils
craignent.
où il fait aussi
>) Pont prouvé en. Egypte, la pluie seule
> chaud qu'à Saint-Domingue;
elle nous rafraichira
> manquait dans ce pays:
colonie: ) Voila le général qu'on
> dans cette
Toussaint (1)! -
envoyait pour subjuguer
malbeur pour les vietimes de cette
(1) C'est un grand --- Page 321 ---
2 Vous
(501 )
m'avez dit
> j'avais des
qu'on vous a rapporté
> me faire opinious dangereuses: : veuillez que
connaitre les
D ont ainsi parlé;
individus qui vous
) vous; je discuterai faites-les paraitre devant
) pourrez juger ceux mes opinions, et vous
) - C'est. inutile,
qui ont lort ou raison.
) guerre, qui
j'ai écritan ministre de
vous
la
)) nation. J)
dounera une autre destinaJ'ai fait tout ce qui était
Brest pour, connaitre
en mon pouvoir à
je n'ai pu les déconvrir. ces dénonciateurs; jamais
être alors témoigné
Je leur aurais
jourd'hui,
quelque
peutjeles remercie de ressentiment; aud'aller dans un
m'avoir
des crimes
pays où ils ont fait empêché
si elltayants,
commettre
que les Carrier, les
expédition, Ic même que les noirs ne se soient
France jour; ; elle eàt été forcéc de pas tous révoltés
cing vaisseaux n'aurait pas perdu cent mille se rembarquer, la
théâtre de
de ligne; ; la colonie horumes, vingtnoirs,
crimes atroces qui ont n'ent pas été le
la bonne qu'il foi sera peut-être difficile de tellement révolté les
des
les convaincre
rait à
Français d'aujourd'tui;
de
rentrée Sain-Deningus des
à la première Toussaint sesaires les Bourbons, il aurait
nouvelle de la
assurer desa
envoye des commiscolonie florissante, soumision, et nous aurions
une
de ligne; ; la colonie horumes, vingtnoirs,
crimes atroces qui ont n'ent pas été le
la bonne qu'il foi sera peut-être difficile de tellement révolté les
des
les convaincre
rait à
Français d'aujourd'tui;
de
rentrée Sain-Deningus des
à la première Toussaint sesaires les Bourbons, il aurait
nouvelle de la
assurer desa
envoye des commiscolonie florissante, soumision, et nous aurions
une --- Page 322 ---
302 )
Lebon, les Robespierre seraient en vénération
auprès d'eux. Blancs, mulâtres, noirs, tout
succombait sous leur barbarie, et sans doute
ils m'eussent fait noyer ou dévorer par leurs
dogues.
Arrivé à Paris, je me présentai au ministre
de la guerre, Berthier, qui me reçut avec politesse; il me 6t lhonneur de causer avec moi
plus d'une demi-heure. J'allai voir M. Daru,
qui me dit : ( Nous avons trouvé bien singu-
) lier que le général Leclerc ait renvoyé un
)) officier supérieur, sur la dénonciation qu'il
) aime les Negres. Cela nous a fait rire, et
> nous avons dit: Il faut le mettre dans un
) pays où ilr n'y a que des blancs. - Je ne
c'est un'
> dissimule point, répondis-je, que
mais la véritable, c'est la
)) peu cette raison ;
>) haine qu'il porte à Moreau depuis sa der-
)) nière campagne (1)- Il a voulu s'en venger
>) sur moi. 1 Tout cela passera, me dit
de
mois. >
>) M.Daru; c'estl'affaire
quelques
Je n'allai point voir le premier consul;jel ele
savais parfois violent; j'ai la tête un peu bre-
().On a vu par la question que me fit le général Dugua, que Leclerc me croyait parent du général Moreau. --- Page 323 ---
( 503 )
tonne, je n'aurais
fus réformé,
pu souffrir des
injures : je
Un capitaliste me donna
pendant trois ans j'ai
une cargaison, et
dépit des Anglais, je Parcouru suis
les mers. En
dans tous les lieux ouj
arrivé à bon port
En 1808, le
j'ai fait des escales.
de Feltre) m'a ministre fait
de la guerre (le duc
témoignages de bonté rappeler dont au service, Les
sortiront jamais de mon
il m'a honoré ne
M, le maréchal
coeur.
soles et Grenier, Pérignon, les généraux
j'ai servi, m'ont enfin tous ceux SOus Deset d'estime.
donné des preuves lesquels
moi
Tous les
d'amitié
un administratenr colonels out trouvé en
le plas ardent défenseur, équiuable; les soldats,
droits bien constatés. Il lorsqu'ils savaient des
colons patriotes
n'y a que
de mon
qui se permettent de quelques
jourd'hui opinion. lls peuvent la
parler
et l'attaquer
connaître aujamais été la leur, et je ouvertement; m'en
elle n'a
patriote, je le suis encore
félicite. J'ai été
178g. J'ai cru dans mon comme je l'étais en
pouvaient être
cceur queles Français
1795, 1 j'ai jugé républicains ; arrivé à Paris en
plus de
que ces républicains
passions que de
avaicnt
nisme, et que la France véritable républicane peut être sQus
l'attaquer
connaître aujamais été la leur, et je ouvertement; m'en
elle n'a
patriote, je le suis encore
félicite. J'ai été
178g. J'ai cru dans mon comme je l'étais en
pouvaient être
cceur queles Français
1795, 1 j'ai jugé républicains ; arrivé à Paris en
plus de
que ces républicains
passions que de
avaicnt
nisme, et que la France véritable républicane peut être sQus --- Page 324 ---
( 304 )
ne convient qu'à des gens sages
un régime qui
et moins légers que mès compatriotes. DesDès le 3 avril, j'envoyai au général d'asoles, qui m'a toujours donné des preuves
adhésion au rappel de Louis XVIII
mitié, mon
Elle est faite, cette
comme roi constitutionnel. de la maintenir, et de
constitution; je jure s'il le faut. Elle doit
perdre la vie pour elle,
nous a
nous être d'autant plus chère, qu'elle
été présentée par un roi sage et, connu par ses
philosophiques, et qu'en la mainteprincipes défendrons notre prince et ses
nant, nous
successeurs.
FIN.
é des preuves
adhésion au rappel de Louis XVIII
mitié, mon
Elle est faite, cette
comme roi constitutionnel. de la maintenir, et de
constitution; je jure s'il le faut. Elle doit
perdre la vie pour elle,
nous a
nous être d'autant plus chère, qu'elle
été présentée par un roi sage et, connu par ses
philosophiques, et qu'en la mainteprincipes défendrons notre prince et ses
nant, nous
successeurs.
FIN. --- Page 325 ---
CODE
OU
RÉGLEMENT
DE CULTURE
(r).
ARTICLE PRENTER.
Les
les cultivateurs des deux sexes
habitations de leurs
rentreront sur
travailleront
anciens
pendant neuf ans. Nul patrons, , et y
ne pourra
()Lorsque les
la liberté aux commisaires farent forcés de
réglement de esclaves, ils
donner
Nordi était culture. Celui de proclamèrent chacun un
l'Ouest. On différent fut
de celui de Sonthonax, son
fait dans le
Polverel ; ils forcé de lire aux noirs collègue, le
fait dans
coup de blancs n'y entendirent rien, de réglement de
teurs de
: il était trop
même que beauad
Polverel, étaient un compliqué, Les
lites, qui avaient
notaire et deax collaboragible un code qui devait parleurs conseils rendu procureurs
noirs.
être simple et à la inintelliA chaque article
portée des
tions, 7 pour me derander les nègres me faisaient des
maissaire, ce qui me força à ce que voulait dire le quesne plus lire ce
comrèglement.
--- Page 326 ---
(506 )
autre habitation sans le consenrester sur une
tement du premier propriétaire.
II.
A la fin des ieufance,lecnlivater, pourra
Les nègres riaient et disaient: Commissaire Polverel,
Zi béte trop, li pas connaiyen.
fit,
Le commandant Boyer, général estimable,
par
ordre de Sonthonax, en décembre 1795, une tournée
dans la plaine du Cul-de-Sac. C'était un samedi soir;
sur les habitations Gouraud, Santo et
il se présenta
trente ou quarante
autres. Sur toutes il ne trouva que
les blancs n'étaient plus snr ces plannoirs au jardin,
Il
tations. Ils avaient émigré ou étaient en prison.
il dernanda à voir l'atelier, il s'y renvint chez moi,
dit, il fut tellement surpris de trouver cent cinquante
les détournés, qu'il fit
noirs aux travanx, sans compter
un rapport au commissaire.
fut le notaire Barrau
Je fus mandé le lundi, et ce
m'écrivit de la part de Sonthonax : on croyait que
qui
c'était pour me mettre en prison.
Barrau.
J'arrive au Port-an-Prince. 2 je vais chez M.
est enclianté de vous, il
qui me dit:,1 Le commissaire
connait , mais le rapport du colonel Boyer
ne vous
pas:
veut vous voir et causer
lui a fait tant de plaisir, qu'il
avec vous.."
M. Cau, propriétaire,
Lesecrétaire de la commission,
d'un avocat de Rennes 5 ct par conséquent de mon
fils vint au-devant de moi lorsque j'entrais au, gouverpays,
ce seerétaire général s'énement. Par une singularité,
ianté de vous, il
qui me dit:,1 Le commissaire
connait , mais le rapport du colonel Boyer
ne vous
pas:
veut vous voir et causer
lui a fait tant de plaisir, qu'il
avec vous.."
M. Cau, propriétaire,
Lesecrétaire de la commission,
d'un avocat de Rennes 5 ct par conséquent de mon
fils vint au-devant de moi lorsque j'entrais au, gouverpays,
ce seerétaire général s'énement. Par une singularité, --- Page 327 ---
- 507 )
quitter Phabitation
tre; il recevra alors pour travailler sur une aufrais, un certificat sur papier timbré, à ses
l'àge, le
par lequel on
signalement et les
constatera
qualités du cultitait trouvé à la mème
velâmes bientôt
pension que moi; nous
Cet ami de comnaissance.
renousemblée de college, qui avait été membre de
Thomme le Saint-Marc, me dit que
l'asplus doux de la
Sonthonax élait
parler avec franchise, et terre; que je devais lui
reçu qu'il avait appris que je serais d'autant mieux
avec la liberté.
que je faisais travailler les
Jef
noirs
fusintroduit;
Sonthonax me fit
fites-rous, me dit-il,
asseoi. C
la Hberte2-Jel
pour faire travailler les Comment
plus il doit être leur repète, que plus Phomme noirs avéc:
noirs n'était
laborieux; ; que la liberté est' libre,
dounait
pas la même liberté
de tous les
à son
que celle qu'an maitre
etje suis resté exelavesfavais chez moi
été juste sous
mule pas, monsienr le sans crainte. Je ne Texelavage, vous dissicomwitare, qué je me
ou
plusieurs de' mes
trouve
ieemhaniagin
proprictaires, sont en
voisins,
tations sont venus me prison; les' noirs de procureurs ces
est bien nécesire, solliciter de les administrer. habi-r
ait des blancs à leur pour conduire lcs ateliers;
Il
les diriger dans
tête, ou des' hommes
qu'ily
leurs travaux.
capables de
llyac en prison, me dit-il,
Polverel en a fait mettre
plus de six cents blanes;
étémis par Montbrun; quelques-uns, 2 les autres
je me suis fait rendre
y ont
compte, et
us me prison; les' noirs de procureurs ces
est bien nécesire, solliciter de les administrer. habi-r
ait des blancs à leur pour conduire lcs ateliers;
Il
les diriger dans
tête, ou des' hommes
qu'ily
leurs travaux.
capables de
llyac en prison, me dit-il,
Polverel en a fait mettre
plus de six cents blanes;
étémis par Montbrun; quelques-uns, 2 les autres
je me suis fait rendre
y ont
compte, et --- Page 328 ---
I I 308 )
d'en informer trois mois
vateur. Il sera obligé
dessein de
d'avance, le propriétaire qu'il a
de faire sa déclaration au juge de
quitter et
du
il lui indiquera le nom
propriétaire
paix;
tous les blancs ont été arrêtés 2 parce, qu'ils dipresque
vous êtes libres , vous pouvez
saient aux cultivateurs,
les autres ont été arrêtés
faire ce que vous voudrez;
passant aux Anglais.
raisonnables, mais
>J'avoue que les colonssont peu
dans la coSi vous. ct moi étions venus
c'est ignorance:
aurions les mêmes préjugés, nous
lonie très-jeunes, nous ils sont excusables : je connais
penserions comme eux,
de Santo 3 qui est
mon, voisin M. Ladoué, procureur cette habitation ne tratrès-aimé de ses cultivateurs; autres, de la plaine de la Croixvaillant pas, toutes les
celle-là; si elle travaildes-Bouquets 2 se règlent sur
1 M. Ladoué
alors toutes les autres le feraient.
lait,
mais
-
été réclamé par les mulâtres, , les blancs,
je,
m'a
Polverel, l'a fait conduire en
ne puis le faire sortir,
- (de la, Jail, a reçu une lettre de Dar. .
prison;
laquelle le procureur de Ségur lui annonce,
maique, 3 par Hesspis sont attendus, et que bientôt
que douze mille
les commissaires seront pendus. au lieu de la braler, il
M. Ladoué a reçu, cette lettre;
a
été
à Polverel par un
l'a gardée, et elle a apportée
mulâtre *.
était dans sa poche, et qu'en tirant son mon-
* Il m'a dit qu'elle
choir il l'avait perdue dans une rue au Port-an-Prince.
de Ségur lui annonce,
maique, 3 par Hesspis sont attendus, et que bientôt
que douze mille
les commissaires seront pendus. au lieu de la braler, il
M. Ladoué a reçu, cette lettre;
a
été
à Polverel par un
l'a gardée, et elle a apportée
mulâtre *.
était dans sa poche, et qu'en tirant son mon-
* Il m'a dit qu'elle
choir il l'avait perdue dans une rue au Port-an-Prince. --- Page 329 ---
(5 50g )
avec lequel il s'est
tation. S'il
engagé et le nom de P'habimanque à cette
encore un an sur
formalité il restera
sortir qu'à la fin de Thabitation et n'en pourra
il aura fait sa
l'année à dater du jour où
déclaration au juge de paix.
Linspecteur de culture
du quartier
et le commandant
seront instruits par le
propriétaire
> Dites aux noirs de Santo,
réclamer, , voilà la seule raison puisqu'il est aimé; de le
Polverel. ))
que je puisse donner à
Je fis une pétition
Santo, et le bon et en créole de la part des noirs de
Sonthonax l'invita à honnête procureur Ladoué sortit;
noirs de, Santo
diner, ainsi que moi.
Cul-de-Sac se remirent au
Tous les
faisait
travail, et la plaine du
Les
beaucoup de revénu.
vaillaient, habitations de la paroisse du
quoique
Porkan-Prince trales noirs de Gouraud très-peu de blancs fussent
croyaient forcés de le s'occupaieut, les autres présents ;
faire.
noirs se
Cette habitation était la
paroisse, aussi un général plus considérable de cette
quartier quelle est TFhabitation deit-ilainformerd dans chaque
s'occupe de gagner les chefs qui donne le ton. S'il
dans chaque quartier, ilest noirs de cette babitation
Negres de
sûr que tous les noirs
travailler Thabitation Santo
diront: :
doit
aussi. Si negre Santo travaillent, nous doit
pas travail, Tels sont les noirs. pas trarail, nous --- Page 330 ---
(5to)
de la sortie d'un des cultivateurs de la plantation.
HI.
Travail et Repos.
Le travail pour toutes les habitations, sera
annoncé par une cloche. Les cultivateurs doivent être tous arrivés au lieu du travail avant
le soleillevé.
Depuis ce moment ils seront occupés jushuit heures s;à cette heure ils se mettront
qu'a
etdemie toutle emonde
à dijeuner,shaitheuvese
se remettra au travail.
A onze! heures' et demie tous les cultivateurs
: dans les montagnes, les noirs
iront se reposer: midi. Dans les plaines, dene quitteront qu'a
les culpuis le Is juin jusqu'au, 1er septembre,
les
tivateurs sortiront à onze heures. Dans
montagnes, ils ne. jouiront pas des heures accordées dans les plaincs. A deux heures, les
cultivateurs retourneront: au jardin et n'en sortiront qu'à Ja'nuit: .
IV.
etl les femmes enceintes de six
Les nourrices
lavant le soleil lemois, se rendront au travail
heures, et le
vant; elles le quitteront à onze
91e
soir aut coucher du soleil.
2n,
er septembre,
les
tivateurs sortiront à onze heures. Dans
montagnes, ils ne. jouiront pas des heures accordées dans les plaincs. A deux heures, les
cultivateurs retourneront: au jardin et n'en sortiront qu'à Ja'nuit: .
IV.
etl les femmes enceintes de six
Les nourrices
lavant le soleil lemois, se rendront au travail
heures, et le
vant; elles le quitteront à onze
91e
soir aut coucher du soleil.
2n, --- Page 331 ---
(511)
V.
Du travail et de sa durée.
Le travail commencera depuis le lundi, jusqu'au samedi à midi. La
jour appartiendra
demi-journée de ce
aux cultivateurs. Sous aucun
prétexte on ne pourra les forcer à travailler le
dimanche, à moins qu'ils n'y consentent vOJontairement. Les cultivateurs féteront
ainsi que toutes les fètes de l'année. ce jour
VI.
Obligations du propriétaire envers lesfemmes
grosses et les nourrices.
Lorsqu'une femme s'apercevra
enceinte, elle en instruira de suite le qu'elle est:
taire, ou le conducteur.
propriéAprès six mois de grossesse, elle sortira
la grande compagnie,
de
travaillera deux
passera à la petite, y
mois. Le neuvième mois
se retirera à la case :
ellc
malgré ce changement de
compagnie, elle jouira de la part altachée à la
graude.
VII.
Une femme sera relevée de couches
trente jours, à moins que le
après
décide autrement.
chirurgien n'en --- Page 332 ---
512 )
Elle retournera après ce temps à la petite
compagnie, y travaillera un an; ; pendant ce
temps elle jouira du traitement de la grande
compagnie.
Sie elle continue de nourrir après un an, elle
travaillera toujours à la petite compagnie ;
mais elle ne jouira plus du traitement attaché.
à la grande.
VIII,
Atelier.
Les cultivateurs seront divisés en deux compagnies, la grande etl la petite.
Seront compris dans la grande ceux qui auront atteint l'àge de seize ans jusqu'à cinquante.
des
La seconde compagnie sera composée
enfants de dix ans jusqu'à seize, et des vieillards au-dessus de cinquante.
IX.
Des conducteurs.
Dans chaque habitation il y aura un conducteur par quarante cultivateurs travaillants.
Les conducteurs recevront les ordres du
propriétaire ou de son représentant, pour les --- Page 333 ---
(515 )
travaux; ; ils seront obligés
à tout ce qui leur sera
d'obéir exactement
aux cultures de T'habitation. commandé relativement
X.
Dicision des parts.
Les
-
entr'eux le
tebeoareseuhsecidtinder
quart net des
partageront
ture. Le propriétaire
produits de la culduire, par les cabrouets sera obligé de faire contion du cultivateur dans de,habitation, la porl'acquéreur.
le lieu désigné
par
Les noirs
payeront le
vants :
quart des objets suiSavoir:
Des merrains, des
commodages de
clous, du suif, des racde la
cabrouets, des frais
réparation des
d'hôpital,
des houes, des
équipages, des moulins,
de tout CC qu'on serpes, des manchettes, > enfin,
Le
appèle frais
partage sera divisé
d'exploitation.
comme il suit :
Ier Commandeur
2° Id.
parts.
Ier Sucrier,
id.
20 id.
id.
Hospitalier,
id.
id:
a
Des merrains, des
commodages de
clous, du suif, des racde la
cabrouets, des frais
réparation des
d'hôpital,
des houes, des
équipages, des moulins,
de tout CC qu'on serpes, des manchettes, > enfin,
Le
appèle frais
partage sera divisé
d'exploitation.
comme il suit :
Ier Commandeur
2° Id.
parts.
Ier Sucrier,
id.
20 id.
id.
Hospitalier,
id.
id:
a --- Page 334 ---
(514)
ier Cabrouétier.
id.
Ier Gardeur d'animaux. id.
Ier Arroseur.
id.
Charpentier.
id.
2 2
Tonnelier.
id.
2 2
Les autres cultivateurs.
Savoir :
Ceux de la. grande compaid.
I
gnie.
id.
Id. id. id., petite.
Les tailleurs de haie.
id.
Laumendecseungudt
I
de barrières. id.
0 :
Les gardeurs
d'aniLes petits gardeurs
id.
O 2
maux.
sera faite par le propriétaire ou
Lar répartition de six mois en six mois.
sonreprésentant
XI.
Le cultivateur qui sera employé comme ouhabitation jouira de tous Jes avanvrier sur une
des cultivateurs de la grande compagnie.
tages
s'il lui commande
Il obéira au propriétaire,
d'aller aux travaux agricoles.
il selouera
Siun ouvrier n'est pas cultivateur, --- Page 335 ---
(515)
en faisant unc
une somme cn numéraire,
pour
timbré.
convention par écrit et sur papier
XII.
Obligations du propriétaire.
logera aux frais de PhabitaLe propriétaire
il Jui donnera une
tion chaque cultivateur,
qu'il sera
portion de terre, le plus près
délipetite
il lui
possible des cases des cultivateurs; venues sur
des
ou des bananes
vrera
patates
comme autrefois.
Phabitation, 2 tous les jeudis du noir, sera au
Cette portion du jardin
Elle
moins de dix pas carrés, géométriques.
cultivée au gré du cultivateur.
sera
XIII.
tous les dimanches
Le propriéaireindiquers
de rôle dix cultivateurs et cultivatrices,
à tour
à l'office divin. Tous les
pour qu'ils se rendent travail et le soir cn se
matins en se mettant au fera faire une petite
retirant, le commandeur
l'aelle doit ètre courte et contenir
prière;
l'obéissance aux lois, au roi,
mour dui travail,
Cette formule
à Jeurs chefs et à leurs patrons.
dressée par l'évéque et envoyée
de prière sera
dans tous les ateliers. --- Page 336 ---
(516 )
Sur les habitations qui seront trop éloignées
le
fera un appel
des paroisses, 9 commandeur
ledimanche matin, en présence du propriétaire
de son
et il fera la prière qui
ou
représcntant,
celle des jours de
devra être plus longue que
la semaine.
la néSur toutes les habitations, on choisira
la plus intelligente, pour instruire Jes
gresse enfants des devoirs de la religion chrétienne,
et les mettre en état de faire Jeur première
communion.
XIV.
noirs
danser
Les samedis soirs, 2 les
pourront
minuit, et les dimanches depuis quajusqu'à
huit du soir. Le commantre heurcs jusqu'à
de la cloche qu'il
deur annoncera par le son
est l'heure de se retirer.
XV.
Hôpital.
propriétaire sera forcé, d'avoir un
Chaque
hopital sain.
Le cultivateur ys sera traité par un chirurgien
Le
aura de
attaché à cet hopital.
propriétaire
bons lits, des draps, des couvertures, pourles
ront
minuit, et les dimanches depuis quajusqu'à
huit du soir. Le commantre heurcs jusqu'à
de la cloche qu'il
deur annoncera par le son
est l'heure de se retirer.
XV.
Hôpital.
propriétaire sera forcé, d'avoir un
Chaque
hopital sain.
Le cultivateur ys sera traité par un chirurgien
Le
aura de
attaché à cet hopital.
propriétaire
bons lits, des draps, des couvertures, pourles --- Page 337 ---
unalades.
(3 517 )
Dans cha que hopital il
partement pour les femmes
y aura un apL/inspecteur veillera
enceintes.
tion de cet article.
exactement à l'exécuXVI.
lier Dans Thôpital il y aura
ou
toujours un
sera de hospitalière : le devoir de cet hospitasoigner les
emploi
deles
malides, de les
bre de punirmème, en les enfermant surveiller, à la
discipline.
chamLes convalescents
ser, le dimanche, pourront aller voir danavec la
priétaire; à sept heures, permission du proThôpital. L'hospitalier , ils retourneront à
permission:
pourra accorder cette
L/hospitalier couchera
pital, sous la peine
toujours dans Phohopital doit être construit indiquée ci-dessous. Un
malades ne puissent
de manière gue les
pas sortir à volonté.
XVII.
Dès qu'un culivateur
lhospitalier en instruira se rendra à Phôpital,
inscrira le nom du malade le propriétaire, qui
pital. Lorsqu'il sortira
sur le livre de l'hovail, le propriétaire pour retourner au trainscrira sa sortie. --- Page 338 ---
(318 )
XVIIL.
se fait traiter dans sa case,
Si un cultivateur
ce sera à ses frais. Il perdra alors toute sa part
pendant le temps de sa maladie, à l'exception
du commandeur et du premier sucrier.
XIX.
Les malades obéiront exactement aux orcelni-ci établira dans
dres du chirurgien ;
l'hopital le régime qu'il croira nécessaire pour
la
des malades. Aucun
la santé, tranquillité
cultivateur ne pourra découcher de Thôpital,
dela
indiquée ci-dessous;
sous peine
punition
de l'hosil ne pourra sortir sans la permission
pitalier. Tout le temps que le cultivateur sera
à Phôpital, il ne jouira que de la demi-part.
XX.
Délits et Peines.
Tout cultivateur sera obligé de remplirl'enqu'il aura contracté en entrant sur
gagement Thabitation- Si sans cause légitime il se rend
travail
de temps après les autres cultiau
trop
la
fois d'un
vateurs, il sera puni
première
escalin d'amende, la seconde de deux gourdins, la troisième d'une piastre; s'il s'absente,
à Phôpital, il ne jouira que de la demi-part.
XX.
Délits et Peines.
Tout cultivateur sera obligé de remplirl'enqu'il aura contracté en entrant sur
gagement Thabitation- Si sans cause légitime il se rend
travail
de temps après les autres cultiau
trop
la
fois d'un
vateurs, il sera puni
première
escalin d'amende, la seconde de deux gourdins, la troisième d'une piastre; s'il s'absente, --- Page 339 ---
plusieurs
(519') )
fois, il aura
qu'ilavait contracté
rompu
sera hontessementch avec le propriétaire, T'engagement
puni d'un mois à la assé de
etil
l'atelier
chambre de Thubitation, ou
demande sa gràce.
discipline, si
XXI.
Tout individa
qui reparaitra sur renvoyé la
d'une habitation,
arrêté et conduit
même
qui décidera
au juge de habitation, sera
de son sort.
paix du canton,
chassé, il faut que la
Pour qu'un noir suit
demandé.
majorité de T'atelier l'ait
XXII,
Le cultivateur
soit sur
qui manquera à qui
dimanches Thabilation, sera puni
que ce
de la chambre de pendant quatre
discipline.
XXIII,
Tout cultivateur
taillé un animal de quisera convaincu d'avoir
gourde d'amende Thabitation,
en
payera une
propriétaire. S'il est dedommigentat pour le
pié un des animaux convaincu d'avoir
condamné à travailler de Thabitation, il estroson travail, remboursé jusqu'à ce qu'il ait, sera
la valeur au
par
en
tuire-tiesination
sera faite par des propriéarbitres --- Page 340 ---
( 320 )
choisis parmi les cultivateurs, en, présence du
juge de paix.
XXIV.
Tout cultivateur qui s'absentera pendant le
travail, sous quelque prétexte que ce soit,
sans en avoir averti le premier commandeur,
et qui ner reviendra pas au travail dans la demijournée, payera un gourdin d'amende.
XXV.
aura allumé du feu dans
Toute personne qui
de cent toises des mailes jardins plus près
sons, des cases, des piles à bagasse, des pièces
à une amende de
de cannes, sera condamné
deux gourdes; il payera en outre le dommage
le feu aura occasionné, en perdant sa.
que qui sera allouée au propriétaire ; un
part,
si le feu a pris dans les
quart aux cultivateurs,
cannes.
XXVI.
Tout objet incendié dans une habitation,
sera de suite estimé par des arbitres, en présence du juge de paix et de Vinspecteur. S'ily
indice
ce soit un cultivateur de Phabitaa
que
l'atelier refuse
tion, s'il est inconnu, et que
l'incendiaire, il sera alors retenu
de nommer
perdant sa.
que qui sera allouée au propriétaire ; un
part,
si le feu a pris dans les
quart aux cultivateurs,
cannes.
XXVI.
Tout objet incendié dans une habitation,
sera de suite estimé par des arbitres, en présence du juge de paix et de Vinspecteur. S'ily
indice
ce soit un cultivateur de Phabitaa
que
l'atelier refuse
tion, s'il est inconnu, et que
l'incendiaire, il sera alors retenu
de nommer --- Page 341 ---
(521 )
par l'inspecteur, cn
la somme décidée présence du juge de paix,
que
par les arbitres,
l'incendiaire soit
jusqu'a ce
sera, la somme arrêtée découvert. Lorsqu'il le
des cultivateurs.
sera remisc à la masse
vateurs ayent Sily a preuve que les cultileurs
apporté de la négligence
inspections, ils
dans
la somme décidée payeront une amende ou
pourra être
par le juge de paix; elle
moindre de quatre
ne
gourdes.
XXVII,
Aucun
pourra procureur, gérent,
couper des boiséconome, ne
en ville, s'il n'y est
pour porter, vendre
sion écrite du
autorisé par une permiscet article, il propriétaire. S'il
sera puni
contrevient à
et de deux cents francs d'un mois de prison
propriétaire. Pour être d'amende en faveur du
faut savoir lire, écrire gérent, économe, il
et calculer.
XXVIIL,
Tout cultivateur
écrit, se permettra de qui, sans permission par
vendre en ville, sera arrêté couper du bois pour le
et son bois
par la
il
coufisqué au
gendarmeric,
sera détenu pendant profit des capteurs; ;
payera à la
vingt-quatre heures; il
gendarmerie les frais de
dommage eti le bois au
geole, le
propriétaire.
--- Page 342 ---
522 )
XXIX.
Tout conducteur qui souffrira des étrangers
Thabitation, répondra des délits qui poursur arriver: tout inconnu sera arrêté et conraient
de
s'il cause du trouble.
duit au juge paix,
XXX.
d'animaux est responLe premier gardeur les animaux auront OCsable des dégats que
uneamende
casionnés ssurfabtatonilipwyea feraient le proproportionnée àla perte que
de
et les cultivateurs. La quotité
priétaire amende sera décidée à dire d'experts,
cette
juge de paix, si les dégàts sont
en présencedu sinon il versera deux piastres à
considérables;
la caisse des amendes.
habitation
Si les dégâts sont faits sur une amende
voline.leptonierprder) payera une
double.
aura le droit de saisir les
Le propriétaire
de les faire conduire
animaux, sous l'obligation
cet
au lieu du dépôt, qui sera désigné, pour
objet, par la municipalité. la ventedes aniIl sera satisfait au dépôt par réclamés, ou si le
maux , s'ils ne sont pas dans la quinzaine
dommage n'a pas été payé
du jour du délit.
âts sont faits sur une amende
voline.leptonierprder) payera une
double.
aura le droit de saisir les
Le propriétaire
de les faire conduire
animaux, sous l'obligation
cet
au lieu du dépôt, qui sera désigné, pour
objet, par la municipalité. la ventedes aniIl sera satisfait au dépôt par réclamés, ou si le
maux , s'ils ne sont pas dans la quinzaine
dommage n'a pas été payé
du jour du délit. --- Page 343 ---
: 525 )
XXX1.
dans une haie
Qniconque fera un passage
payera le
abréger sa route,
d'habitation, pour
et aux cultivadommage fait au propriétaire de leur quart, si ce pasteurs , en proportion animaux un passage dans
sage a procuré aux
les pièces de cannes.
XXXII
postillon, qui, par la raTout cabronétier,
tuera ou blespiditéde sa voiture ou monture,
sera condes bestiaux sur les chemins, du désera
amende égale à la somme
damné à une
des anidû au propriétaire
dommagement
maux.
XXXIIL
café, indigo > coton, 2
Pour vol de sucre,
du double du défruits , etc. ; l'amende détention sera
qui aura toudommagenent, et la
selon la gravité
lieu, sera déterminée
jours
des circonstances.
XXXIV.
ou détérioré des arQuiconque aura coupé
dans les habitasur les routes ou
bres plantés condamné à six mois de détention,
tions, sera --- Page 344 ---
( : 524 )
et à une amende triple de la valeur des
arbres.
XXXV.
Toutcultivateur qui, pendant une roulaison
convaincu d'avoir volé du sirop dans les
sera chaudières, pour porter en ville, 2 sera condamnéà l'amende de quatre gourdes 2 età huit
jours de chambre de discipline ; le propriétaire aura trois gourdes, la quatrième sera
versée dans la caisse des amendes.
XXXVI
Il est défendu à tout cultivateur de porter
enville du sirop, ,sil n'en a la permission par
écrit du propriétaire.
Les gendarmes veilleront à cet article, ils
confisqueront à leur profit le sirop ; le voleur
une demi-gourde à la gendarmerie.
payera
XXXVIL
Gbligation des procureurs > gérents; économes D envers le propriétaire.
Aucun desindividus précités ne pourra posséder. plus de trois chévaux, ou mulets sur
Phabitation, à moins d'une permission par --- Page 345 ---
(525 )
sous peine de cinq porécrit du propriétaire,
tugaises d'amende.
XXXVIIL
économes, culLes procureurs, 1 gérents 7 renfermés leurs
tivateurs seront obligés detenir
cochons.
trouvé dans les plantations à
Tout cochon laissé sur le lieu ; le propriésucre, sera tué,
et payera quatre
taire reprendra son animal, le propriétaire,
gourdes d'amendc, trois pour
une pour la caisse des amendes. cochoa recevra la tête
Celui qui aura tué le
de Yanimal.
XXXIX.
sur
Aucun cultivateur ne pourra posséder ni
ni cheval, ni bourique,
une habitation, ni mouton, ni cabri, amoins
mulct, ni vache,
écrit du propriétaire:
d'une permission par second conducteurs,lep preLe premier etle
le premier sucrier,
mier gardeur d'animaux, de
un cheval ou
auront seuls le droit posséder
une jument.
XL.
Des délits capitauz.
individu convaincu d'avoir tué exprès
Tout
ucun cultivateur ne pourra posséder ni
ni cheval, ni bourique,
une habitation, ni mouton, ni cabri, amoins
mulct, ni vache,
écrit du propriétaire:
d'une permission par second conducteurs,lep preLe premier etle
le premier sucrier,
mier gardeur d'animaux, de
un cheval ou
auront seuls le droit posséder
une jument.
XL.
Des délits capitauz.
individu convaincu d'avoir tué exprès
Tout --- Page 346 ---
(526 )
d'après les lois du Code
un animal, sera puni
pénal.
XLI.
Tout cultivateur qui occasionnera, soit par
soit par ses discours, une insurses actions,
selon
rection dans une habitation, sera jugé
les lois du Code pénal.
XLIL.
d'avoir acheté
Quiconque sera convaincu
denrées coloniales ou des animaux d'un
des
l'habitation, soit dans une
inconnu, soit sur
ville, soit dans un bourg , soit sur un grand
chemin, sera traduit devant les tribunaux, et -
puni de six mois de prison.
XLIII.
Des Impositions.
Tout cultivateur payera au roi une imposition ;
SAVOIR:
:
16 gourdes.
Le procureur gérent
Le gérent : .
L'économe aux appointements
Le premier commandeur
Second commandeur
Le chef des divers travaux .
Cultivateurs de la grande bande :
I *
Cultivateurs de la petite bande . e 1 --- Page 347 ---
(3 527 )
n'aura que la demi-part,
Le cultivateur qui
les imrien. On pourra angmeuter habine payera
du revenn de chaque
positions à raison
tation.
versées dans les mains
Ces sommes seront trois mois en trois mois.
de
des percepteurs
XLIV.
des deux sexes, marié,
Tout cultivateur résidents avec lui sur Phapère de six enfants de l'état, ne payera aubitation OuI au service naissance du sixième
cune imposition. A la
de sOu proil recevra buit piastres
enfant,
-
priétaire.
XLV.
habitation, ily aura un jury qui
Sur chaque
de négligence,
les délits de paresse, sont point capijugera
les fautes qui ne
enfin toutes
tales.
dans tous les cas possibles,
Le propriétaire,
contre les délinaccusateur
pourra se porter cultivateur: raumalemtmedroi
quants. Chaque
seront, le Ler conducLes membres du jury cabrouétier, et deux
teur, le Ier sucrier, le Ier l'atelier, Cette nomicultivateurs choisis par
ation se fera le Ier de V'année. --- Page 348 ---
(528 )
XLVI.
De la Caisse des amendes.
Chaque habitation aura une caisse pour y
recevoir les sommes des amendes décidées par
le jury. Les fonds qui y seront versés, seront
distribués à ceux qui auront donné le plus de
de bonne conduité, le plus d'activité
preuves
au travail.
le rer
les
Cette distribution se fera
janvier ;
récompenses seront décidées par le jury d'après la demande du proptiétaire en présence
de tous les cultivateurs, , qui, outre la somme
recevront, auront une gravure du roi
qu'ils encadrée et sous verre ; les frais seront supportés par la caisse des amendes.
XLVIL.
Les livres d'une habitation seront cotés 2
timbrés, numérotés par l'inspecteur :
SAVOIR :
Le livre denaissances et mortalités, timbré.
Celui de la caisse des amendes, 2 idem.
lettres,
Ceux de facture, d'hopital, copiede
des comptes courants, des travaux journaliers,
recevront, auront une gravure du roi
qu'ils encadrée et sous verre ; les frais seront supportés par la caisse des amendes.
XLVIL.
Les livres d'une habitation seront cotés 2
timbrés, numérotés par l'inspecteur :
SAVOIR :
Le livre denaissances et mortalités, timbré.
Celui de la caisse des amendes, 2 idem.
lettres,
Ceux de facture, d'hopital, copiede
des comptes courants, des travaux journaliers, --- Page 349 ---
(5 529)
et mort des animaux, non timde la naissance
brés.
XLYIIL
sera
ou son représentant,
Le propriétaire, des amendes. Il notera
chargé de la caisse
le jour de
nom du condamné,
exactementle
ou créditera sa
; il débitera
la condamnation trois mois ; à cette époque, il
caisse tous les
du canton le bordereau
enverra à Vinspecteur
la visiter à sa vode cette caisse, qui pourra
lonté.
chez lui un duLe président du jury aura il recevra tous
du livre de caisse, et
plicata
les trois mois le bordereau.
XLIX.
Obligation des Cultivateurs.
entrer en ville, s'il
Nul individu ne pourra
n'est habillé ;
SAVOIR:
ati moins d'une chemise, d'un
Leshommes,
de la semaine; mais
les jours
pantalon > pour
des souliers et un chale dimanche ils auront tête.
ou un mouchoir à la
peau --- Page 350 ---
(350 )
Les femmes auront une chemise, unejupe,
de col et des souliers.
un mouchoir
Tout individu trouvé en ville ou dans un
sans être ainsi vêtu, sera arrêté par la
bourg, présenté devant le juge de paix et conpolice, duit dans les maisons d'arrèt.
L.
sans les
Nul individu ne pourra prendre, fourordres du propriétaire, du bois patate (
donner à ses cochons ; s'il contrerage) pour
il payera à la caisse deux
vient à cet article,
gourdins d'amende.
LI.
du dimanche, les cultivateurs ne
Les jours
des cabrouets del'hapourront jamais disposer
Les
bitation sans permission du propriétaire.
seront distribués à tour de rôle aux
cabrouets Le samedi soir, le proprictaire
cultivateurs.
veut
le nombre de cabrouets qu'il
indiquera
bien prêter aux cultivateurs.
cabrouétier Jaissera, ce jour,
Le premier
charrier du fourrage
un cabrouet ou deux pour
et que ce
aux animaux ; s'ils en manquent, cabrouésoit négligence de sa part, le premier --- Page 351 ---
(551 )
d'animaux payeront
tier ct le premier gardeur d'amende.
chacun deux gourdes
LII.
dans chaque quartier un inspecIl existera
particulier qui visitera
teur ou sous-1 inspecteur
les livres de
les hôpitaux, cotera et paraphera celles où il sera rel'habitation ; se rendra sur
soit par Jes culquis, soit par le propriétaire, faire cette demande
tivateurs, qui ne pourront
du jury.
l'organe des membres
que par
nationales, ou vacantes,
Dans les habitations
travaux ; présentera
il ordonnera les différents qu'il croira propres
les hommes
exacaux régisseurs habitation; il veillera
à la gestion d'une de la culture, du propriétement aux intérêts
taire et des cultivateurs.
LIII.
de chaque canton fera planter
L'inspecteur de l'état ou sur les biens vasur les habitations
croira nécessaires,
cants, tous les arbres qu'il soit pour mettre les
soit pour attirerles pluics, soleil. Il choisira de préanimaux à l'abri du
où il
Dans les habitations
ferenceles savannes.
il fera établir un
n'y aura pas de savaunes,
culture, du propriétement aux intérêts
taire et des cultivateurs.
LIII.
de chaque canton fera planter
L'inspecteur de l'état ou sur les biens vasur les habitations
croira nécessaires,
cants, tous les arbres qu'il soit pour mettre les
soit pour attirerles pluics, soleil. Il choisira de préanimaux à l'abri du
où il
Dans les habitations
ferenceles savannes.
il fera établir un
n'y aura pas de savaunes, --- Page 352 ---
(352 )
grand hangard pour que les animaux soient
abrités.
Il sera obligé de faire creuser par l'atelier,
une marre ; il la fera remplir d'eau, afin
les animaux puissent dans tous les temps boire que
et s'y baigner.
Il fera aussi planter le long des grandes routes, des chénes, afin d'ombrager les piétons.
LIV.
Dans chaque habitation, il fera planter dans
la cour des cultivateurs, un grand
poteau >
avec cette inscription :
DIEU A DIT :
LES CULTIVATEURS SONT LES HOMMES LES PLUS
UTILES.
IL N'Y A POINT DE BONIEUR SANS TRAVAIL.
CELUT QUI MANQUE AU TRAVAIL, QUI VOLE, QUI
N'OBÉIT PAS A SES CHEFS, SERA PUNI DE DIEU.
C'EST LA LOI DE DiEu, QUE LE ROI NOUS ENVOIE.
LV.
Toutnoir venant dela côte d'Afrique, acheté
par un propriétaire, travaillera pendant neuf
ans consécutifs. A la fin des neuf années révo- --- Page 353 ---
lucs, il
3 555 )
attachée sera à proclamé libre et
son emploi dans jouira de la part
Thabitation.
LVI.
Pendant
priétaire l'éspace de ces
retiendra la
neufannées, lej
aura acheté. Il sera part de chaque noir pre- /
ler à ses frais,
tenu seulement de lhabil- qu'il
par neufans de jusqu'a ce qu'il l'ait affranchi
de sa part comme travail, les temps auquel il jouira
ments seront deux autres nègres. Les vêted'un chapeau, d'une rechanges de grosse
11 lui donnera
paire de
toile,
jardin. A la
en arrivant dix souliers, par an.
quatrième
pas carrés en
quoi se faire un
année, il Jui donnera de
toile de Morlaix. pantalon et une
Au
chemise de
sixième, il renouvèlera commencement de la
premier jourde la
cet habillement. Le
deau au cultivateur, nenvizncannes, il fera
de
d'un chapeau,d
Casouliers, d'un
d'une
toile de Morlaix. pantalon, d'une chemise paire
Cé culivateur
de
tiou, pour entrer ne pourra sortir de
dix-huitième
sur une autre qu'à la Thabita- fin
réglement. année, suivant l'article
de la
II de ce
LVII.
Toute négresse
achetée, qui aura trois
en-
deau au cultivateur, nenvizncannes, il fera
de
d'un chapeau,d
Casouliers, d'un
d'une
toile de Morlaix. pantalon, d'une chemise paire
Cé culivateur
de
tiou, pour entrer ne pourra sortir de
dix-huitième
sur une autre qu'à la Thabita- fin
réglement. année, suivant l'article
de la
II de ce
LVII.
Toute négresse
achetée, qui aura trois
en- --- Page 354 ---
534 )
fants vivants, recevra dès l'instant de la naissance du troisième enfant la part accordécà la
grande compagnie, et jouira de tous les avantages des anciens cultivateurs de I'habitation.
A la naissance de son second enfant, elle
aura une demi-part.
FIN. --- Page 355 ---
CHAPITRES,
TABLE DES
Page
j
Paeraet
historique de la première
CHAF Ier. - Précis
- Exposé
guerre civile de Saint-Domingee, donner la liberté aux
des causes qui ont fait
I
Esclaves.
anglais
CHAP. 1I. - Opinion du guvernement de son influence sur
ct
sur Saint-Dosingue, Leclerc.
lexpédition du général qui résnlteraient
CHAF. III. - Des malheurs
à Saint-Dod'une nouvelle guerre portée
mingue.
de conserver aux
CHAP. IV.-De la nécessité des produits, et des
Noirs la portion du quart retirera de cette
avantages que le Propriétaire
concession.
retirera la France
CHAP. V.- Avantages que une portion des
auxCiltivatenrs
colons.
en accordant
dc quelques
prodaits. - Objections
CHAP. VI. 1 De la Comptabilité. et de son amélioCHAP. VII. 1 De la Culture, de Population des
ration; des Causes du peu
et du soin à
Noirs; moyens de Vaugmenter,
apporter aux Animanx.
CHAP. VIII. 1 Des Noirs.
CHAP. IX. - De la Traite.
CHAP. X.-De la Religion. --- Page 356 ---
CHAP. XI.
Réformes à faire dans l'arméel
noires moyen de les opérer.
coloCHAP, XII. - Nécessité d'une Banque
niale, ou Compagnie des Indes occidentales,
exclusif.
sans ponvoir
CHAP: XIII." 1 De Cayenne et du Sénégal.
CHAP. XIV. - De la Position physique de
Saint-Domingue, et de la ressemblance de
ce pays avec les plaines dc la Lombardie, et
surtout celles des Calabres.
CHAP. XV ET DERNIER. Des Causes qui me
firent quitter Parmée de Leclerc, à Brest, et
du
de connaissance qu'avaient les chefs,
peu
allaient aborder.
du pays qu'ils
Code ou Règlement de Culture.
FIN DE LA TABLE.
LIMPRIMERIE DE C.-F: PATRIS,
DE
RUE DE LA COLOMBE, EN LA CITÉ, NO 4.
ce pays avec les plaines dc la Lombardie, et
surtout celles des Calabres.
CHAP. XV ET DERNIER. Des Causes qui me
firent quitter Parmée de Leclerc, à Brest, et
du
de connaissance qu'avaient les chefs,
peu
allaient aborder.
du pays qu'ils
Code ou Règlement de Culture.
FIN DE LA TABLE.
LIMPRIMERIE DE C.-F: PATRIS,
DE
RUE DE LA COLOMBE, EN LA CITÉ, NO 4. --- Page 357 ---
ERRATA
Page. Ligne.
2. 22. Scs privildges 3 lisez scs titres.
5. 26. Par, lisez sur.
4.
1. Il arriva, lisez il se rendit.
5. 14. En repaissant, lisez en se repaissant.
Ibid. 15. Repoussé, lisez réprouvé.
6. II. 15 mars, , lisez 15 mai.
8. 24. N'ont jamais d'eux-mêmes, lisez n'ontjamais eu d'eux-mèmes,
Ibid. 19. Si les blancs eussent eu plus de modération, lisez si les blancs se fussent montrés plus modérés.
16. 19. Jumicourt, lisez Jumecourt.
19. 24. Effacez les guillemets devant dit.
52. 12. Nommé Borel, lisez nommé Borel,
s'était fait une grande réputation de qui
triotisme.
pa76. 5 (dans la note). Il fut en plaine, lisez il alla
en plaine. --- Page 358 ---
10-10 --- Page 359 --- --- Page 360 --- --- Page 361 ---
E814
Ma4sd
--- Page 362 ---