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DERNIERES OBSERVATIONS
DES CITOYENS DE COULEUR
DES ISLES ET COLONIES FRANÇOISES;
Du 27 Novembre 1789.
LEs Citoyens de Couleur des Ifles &
Colonies Françoifes demandent à être repréfentés à PAfemblée - Nationale : &;
malgré les allégations multipliées & les objecions dérifoires qui leur ont été propofées de la part des Colons blancs, ils perfiftent dans leur Demande. Elle eft trop
julte pour ne pas être foutenue; elle eft trop
favorable pour ne pas la foumettre au jud'une Affembléerdont les principes,
gement
-les vues; les démarches & les décrets ne
tendent qu'à l'érabliffement & à la confolidation de la Liberté.
Pour obtenir cette Repréfentation, les
Citoyens de couleur fe fondent,
I.-Suriles droits imprefcriptibles de la
Nature,sfur ces droits antiques que nul
ufage, nul préjugé ne peuvent anéantir;
II. Sur.PEdit de 1685, duement enre-,
A --- Page 4 ---
giftré & publié dans toutes les Colonies;
dont il eft la première Loi; & qui veut,
G IO que les Afranchis ayent les mêmes
95 droits,privileges &cimmunités dontjouif
99 fent les perfonnes nées libres; 2 qu'ils
92 méritent une Lzberté acquife, & qu'elle pro9> duife en eux, tant pour leurs perfonnes que
>) pour leurs biens, les mêmes: effets que le
9> bonheur de la Liberté naturelle caufe à
9> tous. les François.
III. Sur cette triple confidération:
1° Qu'ilsfont HOMMES,LIBRES GCitoyens;
conféquemment qu'ils e font, malgré leur
couleir, LES ÉGAUX des AUTRES Hommes,
Libres 6 Citoyens qui réfident dans les
Ifles 5 de ces Hommes qui n'ont fur eux
d'autre avantage que celui d'être Blancs;
& dont plufieurs exiftent avec des Arrêts
du Confeil qui les. ont lavés du prétendu
vice qu'on ne ceffe d'imputer aux Ciroyens
de couleur;
2 o Qu'ils font Juficiables, & que, conféquemment, dans un pays, oû, comme en
France, la puiffance Légiflative réfide toute
entière dans le Peuple, il eft indifpenfa- --- Page 5 ---
ble que chaque Individu concowre-à la formation de la Loi;
- Qu'ils font Propriétaires & Contribuables;
qu'ainfi ils font en droit d'examiner la néceffité de la contribution publique, 8 de
la confentir librement:
IV. Les Ciroyens de couleur fe fondent
fur-Phommage que PAfemblée - Nationale
a rendu elle-même à'ces principes invariables & facrés; fur la reconnoifiante avec
laquelle cet hommage, confervateur de
toute A liberté, a éte reçu par tous les Citoyens, &. fur l'intérêt & l'empreffement
avec lefquels le Souverain les a placés au
rang des Loix Confticutionnelles de PEtat.
Les Citoyens de couleur ont donc en
leur faveur les Droits naturels, les principes du Droit pofitif, les Loix anciennes
des Colonies, les Décrets de PAfembléeNarionale, la Juftice, la Raifon & P'Humanité; tout eft pour eux.
Tour, excepté les Colons Blarics, 2 dont
la fupériorité feroit bleffée, 3 s'ils voyoient
fiéger, à leurs côtés, des hommes qu'ils ont
été trop long-remps accoutumés à flétrir
Az
Droits naturels, les principes du Droit pofitif, les Loix anciennes
des Colonies, les Décrets de PAfembléeNarionale, la Juftice, la Raifon & P'Humanité; tout eft pour eux.
Tour, excepté les Colons Blarics, 2 dont
la fupériorité feroit bleffée, 3 s'ils voyoient
fiéger, à leurs côtés, des hommes qu'ils ont
été trop long-remps accoutumés à flétrir
Az --- Page 6 ---
du fceau d'une
réprobation qui eft leur
ouvrage, & qu'ils cherchent à
Que difent-ils donc ces Colons perpétuer.
Que penfent-ils?
Blancs ?
Qu'oppofent-ils ?.
Le voici; on le croiroit à peine.
1° Ils prétendent Cc que les Colonies font
repréfentées, que ce font eux qui les repréfentent 5 qu'ils font les Tuteurs,. les Gardiens, les Défenfeurs de leurs Droits
Grand Dieu ! quels Tuteurs
>2;
font
! Les abus
connus 5 ces abus font leur
Ils fe font élevés fur les ruines ouvrage.
la Loi; & ce font fes
mêmes de
Deftruéteurs
tendent en être les Gardiens
qui pré-
!
Mais paffons à P'objedtion.
D'abord, les Citoyens de Couleur
prouvé, particulièrement dans leur
ont
à MM. du Comité de
Lettre
Vérification, pages
5,6,7, 8,9 & IO; il eft à la connoif
Eewsetas-oisNanede : il eft même
prouvé, par les Rapports de
& de la
S.-Domingue
Martinique, Cc que les
de Couleur ne font. entrés
Citoyens
la Repréfentation
pour rien dans
des Blancs; 3 qu'ainfi les
Blancs, malgré élufage ou ils font d'éten dre --- Page 7 ---
leirs' Droits 5; au préjudice des Citoyèns
de Couleur, 2 ne peuvent fe fattèr de faire
illufion à Tallemble-Naciorale, s d'altérer
les faits, de perfuader lei contraire de ce
qui s'eft paffé fous lés yeux' de toute la
France.
En fecond lieu,) pour que les Blancs fuffent
les Repréfentans des Ciroyens de Couleur,
il faudroit que ceux-cilesesifent nominés,
qu'ils les euflent conftitués leurs Mandaraires.
Or, ilie eftikomvents démonuréy que nonfeulement les Citoyens de Conleur n'ont
jamais donné des Pouvoirs, mais que les
Blancs ne les ont même jamais confultés
fir leurs démarches auprès del"Affemblée-"
Nationale.
Entroifieme lieii', 2 comment feroient-il les
repréfentans des Ciroyens de Couleuir ? Ils'
nele font pas même des Blâncs: cette affertion fera prouvée 2 au fonds & dans la
forme.
Ait fonds. Lés Colonies n'ont jamais été
affemblées 1 J jamais elles n'ont été confultées
far leurs intérêts ; jamais elles n'ont exA d 3
arches auprès del"Affemblée-"
Nationale.
Entroifieme lieii', 2 comment feroient-il les
repréfentans des Ciroyens de Couleuir ? Ils'
nele font pas même des Blâncs: cette affertion fera prouvée 2 au fonds & dans la
forme.
Ait fonds. Lés Colonies n'ont jamais été
affemblées 1 J jamais elles n'ont été confultées
far leurs intérêts ; jamais elles n'ont exA d 3 --- Page 8 ---
E
primé. un vocu légal & pofitif. Il eft pofliCitoyens ifolés, cédant
ble que plufieurs
à limpulion que leur donnoient quelques
Planteurs réfidans en France, aient, écrit
de manière à faire penfer qu'il feroit utile
la Colonié, d'obtenir une Repréfenpour
tation.
Mais ce voeu n'a pas été général.
On fait bien que dans limpofibilité de
le manifefter : d'une maniere précife, il a
fallu fe prêter aux circonftances 2 1 & fuppofer ce qui étoit juite - ce qui paroiffoit
raifonnable.
Mais, au moins, ne faut-il point partir
decette fuppofition, pour en faire une régle
Pétendre, des Blancs aux
généralcs Pour
à ceuxCitoyens de Couleur; poar oppofer
ci, la manifeftation illégale d'une volonté
qui n'eft pas leur ouvrage;
En laformer Les: Colonies.n'ayant jamais
admis la ditinéion d'Ordres,sous les hom-:
étant
égaux aux yeux
mes
parfaitement
former
de la Loi, il. eit évident que,.pour.
Allembléc.qui pûr exprimer un vacu,.
une
les Citoyens des Couleur fe
il falloit que.
- --- Page 9 ---
réuhiffent aux Blancs; il falloit que ceuxciles appellaffent au milieu d'eux; la Loi,
l'Edit' der68;les y obligeoient ftriétement.
Or; ils ne Pont pas fait , donc leurs
Aflemblées primaires, fi elles avoient eu
lieu, leur réunion partielle, leurs volontés
ifolées, rien de tout cela ne pourroit a
lier
Tes Citoyens de Couleur : Et 3n ce - feroic
sécarter dés régles les plus ordinaires
>
ce feroit s'élever contre tous les principes, que de vouloir leur oppofer des
i
prétendus faits ; des aétes, une volonté qui ne -
font pas émanés d'eux > auxquels ils
n'ont hullement concourru. :
1 Enfin en fuppofant la' repréfentation des
Blancs aufi valable & - régulière qu'elle eft'
nullé & anconfticationnellc, que pourroitifenréfulter contre les Ciroyens de Couleur 2
XUS
Rien, 3 non, rién.
Ils font inconceftablement dans Thypothéfe d'un Bailliage qui, dans l'ancien
état, n'auroit éré'admis à fairé'n nommer des
Députés que par 14 2n2 Ou deux des trois
Ordres qui le compofoient.
Hr
"Dàns cette r
hypothele f le Clenges ou Ya
fticationnellc, que pourroitifenréfulter contre les Ciroyens de Couleur 2
XUS
Rien, 3 non, rién.
Ils font inconceftablement dans Thypothéfe d'un Bailliage qui, dans l'ancien
état, n'auroit éré'admis à fairé'n nommer des
Députés que par 14 2n2 Ou deux des trois
Ordres qui le compofoient.
Hr
"Dàns cette r
hypothele f le Clenges ou Ya --- Page 10 ---
Noblele, ,.ou J: la Commune. avoient feuls
puté, croit-on que. les
dée, 21
lun de ces Ordres favorife,au Repréfentans de,
deux autres, auroienr
pajudicecies .
tention d'êtré les
Pu élever la préRepréfentans de tout-le
Bailliage: cIvsl
Croit- on
les
-
og que
deux Ordres obmis
n'auroient pas été recevables à fe
dre de cette préférencerA
plainrepréfentation
demander, -
une,
CL
pour eux 2
Croit-on que P'Affemblée Nationale,
auroit prononcé en faveur de
vilégié
l'Ordre Pris
Non fans doute, elle sose ne l'auroit, 21q dmet
faits.elle n'auroit
pas
roit IOUS
pas 3 PU le faires ellegucommis: une 12 injuftice, Si r
Eh bien j ce
ibus aosia
à un
a Le nous Ci S difons. i
par EABr
Port
Balisgensapplique.
force aux prétendus Repréfentans aveclaméne des, Golonies,
Il exifte aSb dans durne piri Aaupoort onol 2ft
1E
ces Pays loincainss,
Claffes qui_ ne doivent en. faire.
deux,
mais guis par la violence, &
quunes.
les plus foutenues,
lropprefionr
3 (ontréellement diviléeses
Deces deux claffes, lune,celle qui dit être --- Page 11 ---
la
première, 2 celle des Blancs eft
à fe faire repréfenter.
parvenue
L'autre , celle des citoyens: de Couleur
la plus infortunée, celle
clamations
qui a le plus de réà former, & qu'on' a; par cela
même, un figrand intérêt à écarter, cette claffe
demande, elle reclame, à fon
préfentation.
tour, une reQue faut-il faire ?
- De deux chofes Pune.
Il faut, où les refufer, &
Députés des Colons
renvoyer les
fant,
Blancs, 2 en les autoriainf que les Citoyens de Couleur, à
fe réunir tous dans des affemblées
Coloniales,&cày nommer en commun
qui foient leurs vrais
desDéputés
Repréfentans.
Ou bien', il faut conferver les
& admettre les citoyens de
Blancs, 2
Coaleur.
Si-1 PAfemblée-Nationale
mier
adopte le preexpédient; les citoyens de Couleur
s'y foumettront fans : fe plaindre.; mais
moins leurs adverfaires ne feront
au
nombre de leurs" Juges..
plus au
Si le fecond a la
les
de Couleur
préférence 2
citoyens
déclareneyquit ne recevront cette
repréfentation gue comme t02 provifoire
2 qui
Blancs, 2
Coaleur.
Si-1 PAfemblée-Nationale
mier
adopte le preexpédient; les citoyens de Couleur
s'y foumettront fans : fe plaindre.; mais
moins leurs adverfaires ne feront
au
nombre de leurs" Juges..
plus au
Si le fecond a la
les
de Couleur
préférence 2
citoyens
déclareneyquit ne recevront cette
repréfentation gue comme t02 provifoire
2 qui --- Page 12 ---
IO
tend uniquement à la confervation de leurs
droits.
Mais, comme ils: n'onti d'autre ambition
que celle du bien-public;
.f al
Iisdemandent, en même tems, quel'AC
femblée-Nationale veuille bien ordonners
que.les.Colonies
feront convoquées, réunies;
que fans atendre même la prochaine légiflature, elles feront invitées à s'expliquer
d'unc manière légale fr. les démarches des
Blancs, ainfi que fur les réclamations des
citoyens, de, Couleur 5 2 à prononcer farsle
fortdes, Dépurés des deux, clafes,.qui ont
la: prétention de les.r repréfenter, de défendre leurs intérêts; à leur donner des nou
veaux pouvoirs,.ouà les renvoyer,.en leur
donnant des fucceffeurs.
D
Les citoyens de Couleur ne cefferont-de le,
répérer :le régne des abus a cefles,celui de la
Jufticerelk i enfin arrivés& dans l'alrernative:
qu'ils. fe permertent de préfenter, ils: ne
voyent, &ilnly a rien.guine foit conforme
anx principes d'équitéqui régnent. danstous
les décrets,de TAfermbide-Siadionsle 2
Les Députés des Colons (Blancsst he fe le,
--- Page 13 ---
II
font pas diffimulé 7 8c1 parmi les objeations
miférables qu'ils ont uniquement oppoiées,
onles a vus conftammenr écarter les principes, & leur fubitituer des, perfonnalités)
des injures ou des craintes chimériques.
C IO Ils ont fait: demander fi les Ci-
>9 toyens de Couleur, qui s'étoient réunis
93 à Paris, avoient le voeu. de leurs Coni
>> citoyens >).
: On leur a répondu, que la claffe des
Citoyens de.couleur n'exiftant que dans les
individus; leur rémnion, quelque part qu'elle
s'effectuit, fuffifoit pourindiquer & même
pour. formerle ywu d'une multitade de: Ci- -
toyens qui réclament contre Poppreffion. :
Onaajouté que ce vocaéroit encore manifcité par Parrivée toute récenterd d'un
grand-nombre:de Chogen-dccoulourpauh,
ne pouvant fe réunir dans les Coloniessles
avoient quittées pour venir foumettre: leurs
réciamations à PAflembrée Nationale. 10D
Onia.déclaré gquindépendammenc-deices
émigrarions déterminées par lès circonf:
tances, il exifoit unere quancitd de Lertres
3 qui annonçoiene-le vocurg géadraliron:aldit
récenterd d'un
grand-nombre:de Chogen-dccoulourpauh,
ne pouvant fe réunir dans les Coloniessles
avoient quittées pour venir foumettre: leurs
réciamations à PAflembrée Nationale. 10D
Onia.déclaré gquindépendammenc-deices
émigrarions déterminées par lès circonf:
tances, il exifoit unere quancitd de Lertres
3 qui annonçoiene-le vocurg géadraliron:aldit --- Page 14 ---
I2
que le nombre des perfonnes
rendues en France n'étoit
qui s'étoient
rable
pas plus confidé3 parce que les Chefs des Colonies
n'accordoient pas les permifions de s'embarquer.
On a ajouté, que la: plipart de ceux
étoient arrivés en France
qui
fans
s'y étoient rendus
permiflions, & que prefque tous étoient
arrivés en fugitifs.
E On-a'dit que les Citoyens de couleur
n'avoient. pas pu manifefter leur voeu d'une
manière différente, e parce. que toutes
39 fembléesy toutés réunions font
Af
35 aux Citoyens de
interdites
couleur, fous les
> les plus févères >),
peines
Enfin on.a obfervé que les Citoyens de
couleur qui fe
préfentent, ne demandant
gu'une répréfentation provifoire; cette ree
préfentation ne pouvant nuire à
devant au contraire
perfonne;
mettre les Ciroyens de
couluer à portée de faire connoître
plaintes, leurs voeux, leurs
leurs
demandes, de donnerdesrenfeignemens, fur la conftitution dont
onvas s'occuper, en un mot, de concourir à
la formation de cette
conftitution, 2 PAL, --- Page 15 ---
ne
pas leur refemblée Nationale : pouvoit
,
fufer cette juftice.
Ces: réfexions devoient méceflairement
triompher. Les Députés des Colons blancs
Pont.fentis &: qu'ont-ils fait ?
2° Ils ont demandé ec fi les Citoyens
couleur -
fe préfentent font Proside
qui
21 ::
wpriétaires ? >>
-
On" léur a répondu qu'ils le fomes -
plud'autres le
fieurs d'entre eux Pont prouvé sE Apa 11C :2
prouveroient, -
sil'le falloit. Mais tous J 30b ont 9
en même
0153133, cette de- S
a
obfervé,
temps que
mahde étoit déplacée, & la preuve inucile, STEN 1
dansla légiflature aduelle, ce ne
pailque 0 C
feuls, $ mais rous 1
font pas Tes Propretsires a
91 Y2
fes Citeyens qui ont eté admis sreomt à la.repré- 201
cis 2A15
fentation.
- leco 071003 pOU
vIC ::
a Onaeu lindécence.
Alorslecroit-ont J
S4 3
de, leur, faire de-
)> de révoquer en 10 donte, 1
la
de leur liberté P:
1 K mander -
preuve.
ce font ces mêmes. Blançs qui. pré-
- Et:
point d'abus dans les
tendent. quil-n'y.a Ciroyens de couleur fe
Colonies.. que, les
plaignent fans aucun fondements qu'ils ont
.
- leco 071003 pOU
vIC ::
a Onaeu lindécence.
Alorslecroit-ont J
S4 3
de, leur, faire de-
)> de révoquer en 10 donte, 1
la
de leur liberté P:
1 K mander -
preuve.
ce font ces mêmes. Blançs qui. pré-
- Et:
point d'abus dans les
tendent. quil-n'y.a Ciroyens de couleur fe
Colonies.. que, les
plaignent fans aucun fondements qu'ils ont --- Page 16 ---
toujours été traités de mantere a ne pouvoir exprimer aucun regret
ut
Les. Ciroyens de couleur pourroient repoufer. cetre. demande, par- une. demande
pareilie, & peut-être: nen fctoieselleipas
déplacée 201
hmteng if 12
Il feroir poffible de
14 demander anx Çolons
Blancs s'ils font réellement TOUS blancsy 8,
par une
néceffaire
-
conféquence UD
sils font
TOUS libres.
Il eft bon, de Th faire obferver, & les Diputès des Colons Blancs ne
933 Su SI
a 27 Lignorent
qu't
un
pago
certain
I
dégré,
:
yusy9
& quelquefois même A1 iS A
un dugii tres-prochain du mélange, la
a
;
32 Couleur C
difparcit au
eft
de
tDi 211 Point quitt 22
c1! preiqu'impelible
s'y reconnoitre. On en
Ei C
IL
trouveroit des C.
exemples même dans Paris.
Mais nous écarterons la réciprocité; lisinol nous
répondrons que là Libérié étaht un Droie
narured inhèrent E
Pà tout 03 Eike qui 0S ré/pire, la préfomption eft enticrement à foh avantage; - Sita
queméme dans-les: Coloniès oirlefclavage
cit introdnic,il ne"fuiffiroie"pas de dire a
un homme quilrefreRlave, itfaut éncore
le lui proavers
cet CT --- Page 17 ---
L'efclavage eft. une exception trop. honteufe,pour que celui à qui on l'oppofe ne
foit pas en droit de fe tenir fur la défenfive, & d'attendre que. ceux qui ont, Pimprudence de Partaquer, (repréfenzent la
preuve. de leur reproche,
Cetre dernière allégation ne folliciteroit
donc que-le mépris ; on veut cependant
bien oppofer ce qui a été dit plus haut.
On' ajoutera encore que la preuve de
la propriété EST UNE
11 :
PREUVE DE LA
LIBERTÉ.
Enfin,on fera remarquer que, de l'aveu
même des Colons Blancs-, il exifte des
Citoyens de Couleur dans les Colonies;
que ces Citoyens nefont pas moprfenés,eU'1IS
DOIVENT L'ETRE, & gue l'événement du
combat infulrane, que les Colons Blancs
livrent à ceux qui fe préfentent, ne tendroit
qu'à ÉLOIGNER, & non pas à détruire la
difficulté, fur laquelle il feroit toujours indifpenfable de prononcer.
49 Les Députés des Colons Blancs, cédent-ils aux réponfes, aux éclairciffemens
Citoyens nefont pas moprfenés,eU'1IS
DOIVENT L'ETRE, & gue l'événement du
combat infulrane, que les Colons Blancs
livrent à ceux qui fe préfentent, ne tendroit
qu'à ÉLOIGNER, & non pas à détruire la
difficulté, fur laquelle il feroit toujours indifpenfable de prononcer.
49 Les Députés des Colons Blancs, cédent-ils aux réponfes, aux éclairciffemens --- Page 18 ---
i6
que les Citoyens de -( Couleur
donner:
viennent de
Non, C Ils infftent, ils
55 fecours les raifons
appellent a leur
>5 lintérêt de
politiques;, ils atteftent
lEtat; * ils
>2 eft perdu;
les fuppofent que tout
que
Colonies
99 verfesrque le Commerce feront' ren-
>9 que la France fera
fera décrait;
Ainficerte
bangueroue 35:
exprefion odieufe,
que Pon croyoit
Aérrifante,
blée Nationale avoit
tanuadedepagetArm
fous fa
pris la dette de l'Erat
la
fauvé-gardé; qu'elle l'avoit mile fous
garantie & la loyauté du Peuple
cette expreflion
François,
2 exciré
, qui, dans tous les tems
une: indignation générale,
donc encore fa place dans' lés
tronvera
auxquelles va
diderrations
donner lieu la demande des
Citoyens de couleur:
Nous aimons à croire
qu'elle féra reproduité avec les ménageméns les
que les Colons blancs
egards &
du nom
doivent a la majefté
François; nous elpérons
PAC
femblée Nationsle ne s'arrêtéra que
cette vaine confidération
poine d
afldrés
15 nous fommes
qu'elle s'en fera rendre un
compte --- Page 19 ---
exact, qu'elle approfondira les motifs qui
peuvent dérerminer les Colons blancs à
propofer de pareilles allégations.
L'Humanité, lefprit, l'amour de la Liberté, nous perfuadent que même, s'il Y
avoit quelque danger, cette confidération
politique ne fuffiroit pas pour dérerminer
un Décret qui mettroit les trois quarts d'un
paiple libre, DANSLA DÉPENDANCE ABSOLUE DE L'AUTRE QUART.
Dans tous les cas, & fans vouloir entamer cette queftion importante 5 fans
vouloir pénétrer, approfondir nous-mêmes
les motifs qui peuvent animer les Colons
blanes, nous obferverons, puilqu'on nous
y oblige,
Que les propriétés & le Commerce
dans les Colonies, étant au moins
partagés
entreles Blancs & les Citoyens de couleur;
que ceux-ci pouvant influer, 2 tant firr la
continuation, que fur la ceffation du Commerce ; que leur nombre étant aufli &
peut-être plus confidérable que celui des
Blancs'; que celui de leurs Efclaves étant
encore plus confidérable que le leur, 2 il
, nous obferverons, puilqu'on nous
y oblige,
Que les propriétés & le Commerce
dans les Colonies, étant au moins
partagés
entreles Blancs & les Citoyens de couleur;
que ceux-ci pouvant influer, 2 tant firr la
continuation, que fur la ceffation du Commerce ; que leur nombre étant aufli &
peut-être plus confidérable que celui des
Blancs'; que celui de leurs Efclaves étant
encore plus confidérable que le leur, 2 il --- Page 20 ---
s'en fuivroit qu'il y auro't au moins autant
de danger à les
mécontenter, qu'à mécontenterles Blancs; enforte que fi les Citoyens
de couleur n'étoient pas aufli bons Patriotes,
auffi bons Citoyens qu'ils le font, ils
roient repouffer Pobjedion des Blancs pourpar
uneobjedtion pareille; ils pourroient, comme
leurs ennemis, infpirer, faire preffentir des'
craintes qu'ils ne reflentent pas eux-mêmes,
Il eft affreux d'imaginer que dans une
affaire où il ne s'agit que,. de Juftice &
d'Hamanité,on puiffe hafarder des moyensde cette nature; il eft honteux qu'on
cher;
che à furpendre PAffemblée Nationale, à
la feduire, à la tromper par des allégations
& des calomnies deftituées de tout fondement.
L'Affemblée Nationale na rien à craindre : non-feulement PEtat des Colonies ne:
fera point altéré; non-feulement leur Commerce ne fouffrira pas; non-feulement il
ne s'y excitera ni infurredtion, ni mouvement 5 mais les Citoyens de Couleur ne
craignent pas d'affirer, ils garantifent méme
fir leurs tétes., que l'adte de
juftice qu'il - --- Page 21 ---
follicitent , que la repréfentation qu'ils font
à la veille d'obtenir, fera ceffer toute efpéce de divifion.
On fait bien que lamour-propre des
Blancs en fouffrira : mais, fi l'on n'avoit
confulté que l'amour-propre 3 depuis que
l'Affemblée Nationale eft conftituée, nous
exifterions encore fous l'empire, fous le
poids des Priviléges & des préjugés.
DE JOLY; ; RAYMOND ainé; OGÉ jeune;
Du SOUCHET DE S.-RÉAL ; HoNORÉ DE
S-ALBERT, de la Martinique; FLEURY;
Tous Commifaires 6 Députés des Citoyens
de Couleur des Ifles & Colonies Françoifes.
Paris, le 27 Novembre 1789. --- Page 22 ---
3540.
E789
D436 a --- Page 23 --- --- Page 24 ---