--- Page 1 --- --- Page 2 ---
e
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RAT DT FO:
Joln Carter Broton. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
HTC.
D2. --- Page 5 ---
Yal.defort Memoire A surla Ninginstiau
mou- coutagou Oclu heure gaunes.
bt.Pierve (al) 1823
x2
2uelques remorrque 8 wr uu
mèmovre dlu A" Reraudreu. -
* 3.pariste, emoire 6 Uv la Wou Cou a
tagu W de (a Fieure paunes. Bovie, 1824
Lb. Nue beevedu Vo wveau dhevl e.Pawi18 82L,
5.De la Aitualion des
deeouleur
librer, awx Cwrilles ANendtre Cams 1823
6. Giqnan, L'avoliton de lufraire
dhes Jours L
te 1823
Mdewotie au Couseil, 0 Evar. C 4 -1824)
8.Trairo der Uegra :
Ca 1824)
* q.micours de u. Pou ustow - Raxta. T82L
*10. salvand- Dr L' cmaneipat hon
de Je.poniuglic
10 -1825, --- Page 6 ---
bngs
62 )
M. Sykes, M. Marryat, M. Brougham, M. Bernal,
M. A. Baring, lord Althorp, M. Buxton (pour la réplique), M. Canning (pour une explication), ont été unanimement adoptées par la Chambre, dans la nuit du
15 mai 1823.
ARTICLES ADOPTÉS.
III est urgent qu'il soit adopté des mesures effectives
pour améliorer la condition de la population esclave
dans les colonies britanniques.
Il.C'est par l'influence de pareilles mesures exécutées
avec persévérance, mais d'une manière judicieuse et
prudente, que cette Chambre espère qu'un jour le caractère de la population esclave s'améliorera au point,
qu'elle sera préparée à jouir des mêmes droits et priviléges civils dont jouissent les autres sujets du roi.
IlI. La Chambre désire que ces objets s'accomplissent
à l'époque la plus rapprochée, qui sera reconnue compatible avec le bien-être des esclaves, l'intérêt des COIonies, , et la considération impartiale des intérêts de
toutes les parties.
M. Canning, interpellé par M. Buxton sur le sujet de
la durée perpétuelle de l'esclavage, a répondu qu'il ne
pouvait pas fixer une époque; mais il a déclaré qu'un
jour viendra oùt les enfans des Noirs ne naîtront pas
esclaves. --- Page 7 ---
DE
L'ÉNANCIPATION
DE
SUINT-DONINGUE --- Page 8 ---
a.
IMPRIMERIE ET FONDERIE DE J. PINARD,
RU'E DANICU-DACPIIXE, N? 8. --- Page 9 ---
10.
DE
L'ÉNANCIPATION
DE
CAIRT-DOMIMGUE
DANS SES RAPPORTS
AVEC LA POLITIQUE INTÉRIEURE
ET EXTÉRJEURE
DE LA FRANCE;
PAR
N. A. DE SALVANDY.
Dans les monarchies. il faut
mercequela
favoriser tout le comconstitution de ce gouvernement peut
afin que les sujets puissent, sans péril,
donner,
soins toujours renaissans..
satisfaire aux beEsprit dés Lois, liv. Y, ch. ix.
PARIS,
CHEZ PONTHIEU,
DELAUNAY, DENTU,
AU PALAIS-ROYAL;
A. EYMERY, LIBRAIRE, RUE
MAZARINE, No 30.
1825.
. DE SALVANDY.
Dans les monarchies. il faut
mercequela
favoriser tout le comconstitution de ce gouvernement peut
afin que les sujets puissent, sans péril,
donner,
soins toujours renaissans..
satisfaire aux beEsprit dés Lois, liv. Y, ch. ix.
PARIS,
CHEZ PONTHIEU,
DELAUNAY, DENTU,
AU PALAIS-ROYAL;
A. EYMERY, LIBRAIRE, RUE
MAZARINE, No 30.
1825. --- Page 10 ---
of --- Page 11 ---
Paris, 20 août 1825.
Nos sentimens sur le ministère sont
nus. Ils ne changeront
ils
conpas;
ne peuvent
pas changer, nés qu'ils sont de
chose de
quelque
pis que ses fautes, car avec l'aide
du temps les fautes se réparent; nés
sont, disons-nous, de torts d'une qu'ils telle
nature, que le temps même ne saurait les
effacer; qu'il ne fera, en les
a
éloignant de
nous, que les rapprocher de T'histoire
chargée de les flétrir.
Mais nous sommes justes pour les conseillers de la couronne,
comme nous avons
trop souvent dà lêtre contre eux. Il est si
pénible d'avoir chaque jour à émettre des
voeux et des plaintes également
inutiles; à
parler, sans être
libertés
entendus; au nom des
publiques, des droits de la morale, --- Page 12 ---
(6)
de l'honneur du trône, de la gloire de la
France et de sa prospérité; il est si cruel
d'avoir à rougir pour cette grande France
d'une politique qui la rapetisse dans le
respect du monde, que c'est
de cceur de reconnaître unejonissance
enfin, dans un
acte important del T'administration,
éclairé des plus chers
un soin
intérêts du
c'est-à-dire l'utilité
pays 1
publique et la dignité
royale. Peut-être aussi est-ce un devoir
de conscience dc le proclamer.
Les considérations qu'on va lire avaient
été jetées sur le papier, sauf quelques développemens qu'on ajoute aujourd'hui, à
la campagne, loin de Paris, après la
mière lecture de l'ordonnance
preroyale du
17 avril. Nous les destinions à une feuille
renommée qui veut bien préter
fois à nos opinions l'asile de ses colonnes. quelqueIlest arrivé qu'envisageant tla
tion sous
mémequesun point de vue contraire au
nôtre, le journal dont nous parlons avait
déjà pris parti entre les mains de plus ha- --- Page 13 ---
(7)
bile que nous. Notre première
de laisser tomber
pensée fut
nos réflexions que venait
d'inspirer un simple mouvement
et de reconnaissance
de justice
: nous ne le faisons
pas; ; voici nos motifs :
L'acte qui rend
commerce maritime Saint-Domingue de la
au
nos
France est, à
yeux, non pas seulement
ports et nos fabriques,
pour nos
classe de
pour une certaine
citoyens et un certain ordre d'idées; mais, pour toutes
pour le pays tout entier, lesopinions comme 1
fait du trône. La
un éclatant bienquelle se manifeste forme inusitée sous lalant de discussions ce bienfait a soulevé
comme enveloppé, séricuses, qu'il reste
nuages de cette
comme perdu dans les
blé utile, il
polémique. Il nous a semnous a semblé
faire sortir.
français del'en
Les journaux qu'aucun lien
au ministère se sont
n'attache
tous, attaquer soit le trouvés, à peu près
de T'ordonnance
fond, soit la forme
d'émancipation, ou gar-
discussions ce bienfait a soulevé
comme enveloppé, séricuses, qu'il reste
nuages de cette
comme perdu dans les
blé utile, il
polémique. Il nous a semnous a semblé
faire sortir.
français del'en
Les journaux qu'aucun lien
au ministère se sont
n'attache
tous, attaquer soit le trouvés, à peu près
de T'ordonnance
fond, soit la forme
d'émancipation, ou gar- --- Page 14 ---
(8)
der le silence. Cet acte méritaitlhommage
d'une voix indépendante.
Il mérite surtout d'être défendu
d'autres
par
argumens que ceux de ce publiciste de la trésorerie, qui ne voit rien de
mieux à dire, 2 pour justifier le ministère
d'un acte de sagesse, sinon que la Charte
attribue au Roile droit de disposer de tout
par ordonnance dans nos provinces d'outre-mer, de la liberté, dit-il, de la vie des
sujets, comme du sol même des colonies...
Voyez le malheur de charger des esclaves
d'invoquer ces noms tutélaires du Roi et
de la Charte ! Ils s'y preunent de manière
à faire frémir.
Il est juste qu'on trouve, pour combattre l'émancipation de Saint-Domingue
comme pour la défendre, des choses qui
révoltent. Aussi, quelqu'un a-t-il écrit :
( II est très malheureux que, dans cette
( conjoncture, les cabinets du Nord ne
( soient point appelés à délibérer sur noS
( affaires; ils nous auraient sauvés, )) Quel --- Page 15 ---
(9)
langagella,Trarivain ministérielse croit
à Constantinople; : ici, l'ennemi du ministère rève pour son pays le joug des Tartares!II regrette pour son Roila tutelle de
l'étranger ! et on s'appelle
formant de tels
royaliste en
regrets ! et on ne
d'en faire la confidence
craintpas
de France!
tout haut au Roi
Certes, l'émancipation de Saint-Domingue est un évènement fort
lement
grave, égagrave pour les deux mondes. Il
appelle des débats sérieux; mnais
puisse pas croire que l'esprit de qu'on ne
lés questions de
parti, que
Les
personnes nous égarent !
combinaisons departi doivent céder'à
la puissance de la vérité, de la
la nécessité. Et
justice, de
que sont les personnes,
quand il s'agit des intérêts les plus
pliqués de son pays?
comD'ailleurs, si le ministère voit gronder
autour de soi autant d'orages
chose bonne qui semble lui êtte pour une
que pour toutes les mauvaises échappée,
dont ila
questions de
parti, que
Les
personnes nous égarent !
combinaisons departi doivent céder'à
la puissance de la vérité, de la
la nécessité. Et
justice, de
que sont les personnes,
quand il s'agit des intérêts les plus
pliqués de son pays?
comD'ailleurs, si le ministère voit gronder
autour de soi autant d'orages
chose bonne qui semble lui êtte pour une
que pour toutes les mauvaises échappée,
dont ila --- Page 16 ---
(10)
faudrait-il s'étonner de
France l'accuse,
invulnérable aux traits de la
le trouver
fairé
vindicte publique? Ne serait-ce pas
à lui et à tous les autres ennemis de la
presse trop beau jeu?
Emettre cette considération, c'est renà l'un des plus illustres
dre un hommage
membres de T'opposition, 9 que nous nous
trouvons dans ce moment combattre. On
nommer la liberté de la presse. -
ne peut
intérêts, user de ses droits - 2
veiller à ses
dans quelque rang qu'on se
sans payer,
à
rencontre, un tribut de reconnaissance
infatigable depuis
celui qui, son champion
dans les chàdix années, l'a fait aimer
des villes, accueillir à
teaux, comprendre
déla Cour; qui l'a illustrée autant que
dans le Conseil
fendue par ses écrits; qui
chocs
l'a maintenue intacte au milieu des
des partis et de la guerre; qui n'a pu descendre du pouvoir sans qu'elle ne tombât
l'a relevée, en exavec lui; qui peut-être
de
primant mieux qu'un autre ces prières --- Page 17 ---
(Ir) )
l'opinion, sitôt entendues de Charles X.
Oua dit de M. Pitt qu'iltenait
nement
au gouverreprésentatif par son talent. L'orgueil de M. de Chateaubriand doit
tenirà
ce gouvernement admirable par un motif
de plus: celle de nos libertés,
sont: renfermées toutes les
danslaquelle
autres, est
que son ouvrage.
presPlus
nous tenons à cette liberté précicuse, plus il importe d'ôter au
le droit de la présenter
pouvoir
comme une force
ennemie, intraitable, toujours préte à entraver sa marche par d'aveugles résistances. Dans un pays oà l'opinion outragée a des
interprètes, que l'opinion satisfaitene reste pas non plus sans voix.
Ceci est pour nous une question de
loyauté. Nous avons,à plusieurs reprises,
traité sévèrement la manière dont les négociations avec Haitiavaient été conduites
et rompues. Nous payons une dette en
louant, puisque telle est notre conviction,
la manière dont elles viennent d'être
me-
entraver sa marche par d'aveugles résistances. Dans un pays oà l'opinion outragée a des
interprètes, que l'opinion satisfaitene reste pas non plus sans voix.
Ceci est pour nous une question de
loyauté. Nous avons,à plusieurs reprises,
traité sévèrement la manière dont les négociations avec Haitiavaient été conduites
et rompues. Nous payons une dette en
louant, puisque telle est notre conviction,
la manière dont elles viennent d'être
me- --- Page 18 ---
12)
nées à fin; et, quand ce
notre sincérité
témoignage de
ne servirait qu'à donner
plus de poids aux accusations
avons portées
que nous
jusqu'à ce jour contre le
ministère, à celles que nous aurons
doute à porter
sans
encore, nous n'aurions
pas à regrelter cette publication.
En donnant des louanges à l'acte
émancipe
qui
Saint-Domingue, nous savons
qu'on pourrait remonter à son
reirouver
principe :
peut-étreune manceuvre financière dans la plus grave des combinaisons
politiques, supposer que les malheurs de
la conversion valent ce bien à la
que les principes de l'alliance des France, rois
fléchi dans le cabinet devant
ont
de cette
les intérêts
extraordinaire alliance du chefde
nos conseils, avec des
de
banquiers
tous
lespays, hormis du nôtre. M. le comte de
Villèle a pris soin de justifier d'avance
toutes ces suppositions par son empressement à faire afficher ses. bulletins
télégraphiques au pilier de la bourse,
comme --- Page 19 ---
(13)
pour faire entonner le le Deum de
victoire au crieur des 3
sa
ne perdons
le
pour 100. Mais
pas temps à
accomplisse le
idemanderqu'on
bien par vertu. PlataDieu
que les hommes d'état qui nous
eussent
dirigent
toujours cet égoisme habile
les calculs
dont
reposent sur les intérêts
blics!
puOn pourrait encore,s suivant
formes
l'esprit des
consticationnelles, ne rendre
qu'à la couronne d'une
grâce
utile. La reconnaissance détermination
taine de ne
nationale est cerpas s'égarer toutes les fois
qu'elle monte jusqu'an pied du trône. Les
cceurs français doivent toujours
dre de cette haute
toutattenbientôt
sagesse qui dictait,
un an, tant de mots heureux ilya
quels les peuples répondirent
auxpar des cris
d'espoir et d'amour; quirendait la vie
l'affranchissement de la
par
nement
presse au gouverreprésentatif paralysé ; qui naguère a voulu faire dusacre une solennité
conforme àl l'esprit du temps où nous
som-
pied du trône. Les
cceurs français doivent toujours
dre de cette haute
toutattenbientôt
sagesse qui dictait,
un an, tant de mots heureux ilya
quels les peuples répondirent
auxpar des cris
d'espoir et d'amour; quirendait la vie
l'affranchissement de la
par
nement
presse au gouverreprésentatif paralysé ; qui naguère a voulu faire dusacre une solennité
conforme àl l'esprit du temps où nous
som- --- Page 20 ---
(14) )
à la consécration del'aumes, en attachant
des libertés
torité royale la consécration
publiques. Cependantla couronne nepeut
vouloir; elle ne fait pas. Elle a des
que
l'éclairent de leurs conseils
ministres qui
bien ou mal
oul'entravent, quisecondent
desseins
C'estici qu'il est
ses
magnaninies.
Nous
juste de leur faire une part d'éloges
la ferons sans réserve, en essayant détablir
l'ordonnance qui a constitué nos
que
est 7 de
rapports avec Saint-Domingue
quelque point de vue qu'on veuille la judemander de plus
ger, tout ce qu'on peut
à des hommes d'état 2 c'est-à-dire une
bonne chose bien faite.
En ceci, nous n'avons pas, il faut le
dire, la facile gloire de la générosité; car
bien sûrs que l'affaire de
nous sommes
d'un
Saint -Domingue ne retardera pas
la chute du ministère. Le ministre,
jour
qui a usé, depuis quatre ans 1 jusqu'àla
dernière, lesi illusions de ses amis et de ses
ennemis, ne les verra pas renaitre pour
d'état 2 c'est-à-dire une
bonne chose bien faite.
En ceci, nous n'avons pas, il faut le
dire, la facile gloire de la générosité; car
bien sûrs que l'affaire de
nous sommes
d'un
Saint -Domingue ne retardera pas
la chute du ministère. Le ministre,
jour
qui a usé, depuis quatre ans 1 jusqu'àla
dernière, lesi illusions de ses amis et de ses
ennemis, ne les verra pas renaitre pour --- Page 21 ---
(15)
un moment d'habileté, habileté
peut-étre
d'emprunt. Le
ministre, qui a mis toutes
ses destinées aussi bien que les nôtres à la
bourse, ne pourrait se relever, il ne tombera que par des questions de
lot est de mourir à la
bourse; son
peine sur le
vert.
tapis --- Page 22 --- --- Page 23 ---
DE
VÉNANCIPATION
DE
SAINT-DOMINGUE
DANS SES RAPPORTS
INTÉRIEURE ET EXTÉRIEURE
AVEC LA POLITIQUE
DE LA FRANCE.
de l'émancipation de Saint-DoLA question
aux intérêts les plus élevésde
mingue se rattache
Il est donc tout simple que sa
l'ordre politique.
dissentisolution ait provoqué de nombreux
se sont exercés sur la forme :
mens ; la plupart
c'était manifestement par un désir et un
mais
effroi égaux de toucher au fond.
dont la scission, déclarée irréCette colonie,
ranime de vieilles
vocable par la métropole,
douleurs, et détruit d'un seul coup des espéabattues, toujours vivantes;
rances toujours
rejetéc, depuisqu'elle
cette race d'hommes qui,
--- Page 24 ---
(18 )
terre, de la grande famille des sociétés
est surla
au sein
humaines, lève un front indépendant
eutre la race blanche qui règne
des Antilles,
cuivrée dont
sur le continent ancien et la race
nouveau, comme pourbrales restes couvrentle
nation
les
de l'une et del'autre; cette
ver
mépris
etla victoire,
d'esclaves délivrés parl'assassinat
d'affranchis, dont l'avenir a
ce gouvernement
la sanction du Roi de
désormais pour garant
cette démocratic de nègres, d'insurgés
France,
entre la zône des républiheureux qui, jetéc
la
et celle des monarchies, entre jeune
ques
et la vieille Europe, ne peut voir se
Amérique
sans fixer aussi les rapports
fixer ses destinées,
de
des deux Mondes, certes, un tel ensemble
de
étonner les imaginations les
résultats a
quoi
reconnaitre
plus hardies ! Et si on veut bien
combien de maximes en
combien de calculs,
de
il ne faudra point se plaindre
sont froissés,
soulèvent une nombreuse opposition,
ce qu'ils
La railler serait
conscienciense.
une opposition
elle semble vaincue en
de mauvais gont quand
elle
Amérique, et de mauvaise politique quand
de l'Europe. Discuter le
domine les conseils
mieux : il ponvait
droit naturel ne vaudrait pas
connaitre
plus hardies ! Et si on veut bien
combien de maximes en
combien de calculs,
de
il ne faudra point se plaindre
sont froissés,
soulèvent une nombreuse opposition,
ce qu'ils
La railler serait
conscienciense.
une opposition
elle semble vaincue en
de mauvais gont quand
elle
Amérique, et de mauvaise politique quand
de l'Europe. Discuter le
domine les conseils
mieux : il ponvait
droit naturel ne vaudrait pas --- Page 25 ---
1 19) )
convenir au siècle dernier
ries à des habitudes,
d'objecter des théodes principesà
des passions à des
desintérêts,
plus aussij
passions. Nous ne sommes
jeunes : on sait aujourd'hui que la
litique vit de faits; c'est donc au milicu
poque doit s'agiter le débat.
des faits
parti
Recherchons si le
que prend la
monarchie,
couromnen'importait, pas, à la
plus que les adversaires de l'ordonnance royale du 17 avril ne paraissentle
et de l'examen de ce
penser;
de
qui se passe des deux côtés
l'Atlantique, naitra un argument
n'est pas de réponse. C'est
auquel il
tions
que les déterminaroyales ne sont point une affaire de
que l'acte des ministres n'est
choix,
point un calcul de
génie : en un mot, ily avait nécessité,
Si on veut bien relire le texte
emprunté à
que nous avons
Montesquien, on trouvera
grand homme a mis en trois
que ce
raisons,
lignes toutes nos
La population
s'estsingulirement
France durant le cours de
grossie en
même
nos orages. Elle a en
temps contracté de toules parts des
soins nonveaux. Cet
becroit d'hommes amourdubien-étre, ce surNapoléon
n'embarrassaient pas l'empire.
donnait aux. bras, pour occupation, la --- Page 26 ---
20 )
guerre;à l'ambition, pouralimens, ses trophées;
aux esprits, pour distraction, la gloire. On avait
deux ressources : celle de mourir sur les champs
de bataille ou de vivre aux dépens del'étranger.
A sa chute, s'est fermé pour nous le terrible
débouché des conquêtes. La France est restée
avec ses trente millions de citoyens, ses habitudes d'activité, ses besoins de progrès; mais la
restauration avait brisé le double fléau de la
guerre et de la tyrannie : les ateliers recueillirent tout ce quiarrivait des camps, tout ce qui
serait allés'y perdre. Le mouvement ascendant
dura toujours; il ne fit que changer de but.
Sous Napoléon on avançait; depuis on fit fortune. Comme la paix et la liberté enfantaient
l'industrie et le commerce, féconds à leur tour
le commerce et l'industrie pacifiérent le pays
en l'enrichissant.
Ainsi, la maison de Bourbon doità ses bienfaits l'unanime obéissance des peuples, chaîne
heureuse qui lie d'une façon si étroite la prospérité des sujets et la sécurité du pouvoir, qu'on
ne peut menacer ou fortifier la première sans
ébranler du même coup ou affermir la seconde!
Tout cela est à la fibienscmmireinciter
industrie et le commerce, féconds à leur tour
le commerce et l'industrie pacifiérent le pays
en l'enrichissant.
Ainsi, la maison de Bourbon doità ses bienfaits l'unanime obéissance des peuples, chaîne
heureuse qui lie d'une façon si étroite la prospérité des sujets et la sécurité du pouvoir, qu'on
ne peut menacer ou fortifier la première sans
ébranler du même coup ou affermir la seconde!
Tout cela est à la fibienscmmireinciter --- Page 27 ---
(21 )
Que serait-ce donc
et bien facileà comprendre.
l'état de
s'il arrivait que vous eussiez à grever
d'une portion de ses
charges nouvelles au profit
avait des
l'aristocratie
membres - 2 si par exemple
à
à réclamer, l'église des monastères
milliards C'est bien alors que vous auriez besoin,
bàtir?
mais d'étendre sans fin
non pas de respecter,
A
dela sphère de l'activité nationale. chaque
ce milliard, à chaque pierrenier qui va grossir
une mine
qui va élever ces couvens, creusons
par le peuple;
de plus. On ne gouverne pas
l'inlui qu'on existe : le travail est
c'est par
sacrifices : il n'en demande pas
demnité de ses
soins de la lui fournir.
d'autres : ayons
trois ans,
Une chose grave se passe. Depuis
français est en souffrance comme
le commerce
la production industrielle a conY'agriculture; diminué parmi nous en même
sidérablement
doublait de vigueur chez nos
temps qu'elle
voisins. Déjà les cités mannfacturières compd'ouvriers oisifs : la baisse
tent des troupes
nos
menace tousles autres. En un mot,
des prix
ont marché en sens
ressources -et nos charges
Ceci a été
inverse dans tous ces derniers temps.
démontré par chiffres au public, et
récemment --- Page 28 ---
22 )
le ministère ne pouvait
manquer de savoir depuisdeuxans à quois'entenir.
de choses
Unsemblable état
appelait de
médes;
puissans, 2 de prompts recariunefoiscette progresiond@atrense
constatée 2 elle enfante 2 au déclin de
romain, les Bagaudes; audéclin
l'empire
lesJacqueries.
du moyen age,
De telles calamités sont, à
de
coup sûr, fortloin
nous; toutefois l'événement qui vient d'ensanglanterlune
est fait
reaplasedastiemeralies
pour saisir vivement l'attention des bons
esprits. Un millier de prolétaires
blent tout à
qui s'assemcoup; se montrent en armes, affrontent des troupes réglées, opposent la force à la
force, tout cela sans
impulsion, sans drapeau
politique; la France n'avait
tacle depuis
pas eu ce spectemps simmémorial, depuis
était en progrès. Il n'y a point là seulement qu'elle
désordre que doive chitier la
un
rigueur des lois;
ilyaaussi une révélation de
crète de malheur,
quelque cause se-,
que les hommes d'état doivent approfondir; et la donnée qui
l'explique suffisamment.
précéde
Maintenant, si la cause subsiste et
parconséquent s'aggrave, si quelque jour ces mouye-
ce spectemps simmémorial, depuis
était en progrès. Il n'y a point là seulement qu'elle
désordre que doive chitier la
un
rigueur des lois;
ilyaaussi une révélation de
crète de malheur,
quelque cause se-,
que les hommes d'état doivent approfondir; et la donnée qui
l'explique suffisamment.
précéde
Maintenant, si la cause subsiste et
parconséquent s'aggrave, si quelque jour ces mouye- --- Page 29 ---
(23) -
mens de ludistesse renouvelaient, s'ils allaient
gagner de proche en proche, s'étendre de
vince à province
pro2 profiter de l'animosité des
partis pour s'armer de signes de ralliemént àutrement contagieux ? autrement redoutables
quel la hache et la torche..
Qu'ony prenne
garde! il y aurait une grande légéreté,
grande imprévoyance à tenir peu de
une des
besoins de cetté puissance industrielle compte
merciale
et comqui est désormais la sève des sociétés
modernes. Négliger ses intérêts, méconnaitre
ses droits, parce qu'ils semblent liés à la cause
des idées libérales serait d'une bien étroite
litique : car, si les progrès de l'esprit de poduction et de négoce sont l'anique
proconsolation
et l'unique espoir de l'opinion vaincue, la' vie
memedel'opinion victorieusetientà
Tant il est vrai
cesprogrès.
que nous ne sommes pas vainement enfans d'une même patrie ! au milieu
des oppositions les plus
haines les
prononcées et des
plus vives, ily a toujours quelques
points oùt tous les intérêts se confondent. On
appelle hommes d'état habiles les
qui savent chercher ces
gouvernans
points communs, les
trouver ets s'y tenir, --- Page 30 ---
(24)
Si nous ne nous abusons pas, voilà
mier principe hors de
un prede toute
constestation : il fallait,
nécessité, 2 venirau secours de la
périté nationale, si elle était ébranlée; prossurer des
lui asl'était
développemens nouveaux, si elle ne
pas. Cette nécessité ne pouvait
au chefdes conseils, Sa
échapper
préoccupation.
tions financièreseits suffi
le
desques
On
pour lui apprendre.
peutfaire del'agiotage à lal Bourse;
pas du crédit. Le crédit ses sème sous la onn'yfait herse
da
laboureur, se recueille sur le métier du fabricant, dans le comptoir de P'armateur. Le ministère devait donc, ne fàt-ce
de la durée à sa
que pour assurer
politique, pour. faire aller paisiblement la monarchie, trouver
créer à la Frauce des
moyen de
ressources. Ses regards
se tournaient dès lors vers l'Océan; là s'offrait. à
exploiter tout un monde où nous avait précédés
lAngleterre, d'oi nous écartait
l'Espagne, et
comme Christophe Colomb, en cherchant PAmérique, on woarsiSaint-Doningae
La situation, la richesse de
sont
Saint-Domingue
connuesde tout le mondeaussibien
histoire. Il y a près de trois
que son
siècles et
6 décembre
demi,le
1492, Christophe Colomb aborda
vers l'Océan; là s'offrait. à
exploiter tout un monde où nous avait précédés
lAngleterre, d'oi nous écartait
l'Espagne, et
comme Christophe Colomb, en cherchant PAmérique, on woarsiSaint-Doningae
La situation, la richesse de
sont
Saint-Domingue
connuesde tout le mondeaussibien
histoire. Il y a près de trois
que son
siècles et
6 décembre
demi,le
1492, Christophe Colomb aborda --- Page 31 ---
(25)
de cette ile vaste et féconde. Deux
aux rivages
coulaient, au dire
ou trois millions d'Indiens y
et
une vie pastorale
des historiens espagnols,
millions de créafortunée. Six ans après; de ces
environ vingt mille vivaient
tures humaines,
la
et
Pour ce qui est du reste,
guerre
encore.
et d'homicides
la paix, les chasses impitoyalles
dressés
lesbachers, les chiens
fêtes, le canon,
En vain des
en avaient fait justice.
au carnage
les dominimoines dignes de leur ministère,
de sauverles dercains et Las Cazas essayèrent
niers débris de ces tribus naguère si heureuses.
les acheva. Quelques familles espaL'esclavage
végétaient depuis plus de cent ans presgnoles
immense tombean quand. 2
que ignorées sur cet
s'établirent
vers 1610, des aventuriers: français
voisinage. Brigands infatigables,
dans uneiledu
à leur tête les plus
pirates cruels, qui placaient
de
féroces d'entre eux, ilssejetaient, au retour
sanglantes, dansles vastes plaileursexpéditions
donner la chasse
nes de Saint-Domingue pour
qui restaient cencore àt tuer.
aux animaux sanvages
violaL'Espagne eut beau se plaindre de cette
droits
luiavait donnés le massacre
tion des
que
les
de la nation indigène : les boucaniers, --- Page 32 ---
(26)
frères de la côte comme ils se
prirent racine. En 1665,
nommaient,
quatre cents
eux s'étaient adonnés
d'entre
France
aux soins de la culture : la
s'occupa de ces
femmes
colons, 2 leur envoya des
qui se vendirent à l'enchère,
qui
quefois ne s'affernièrent à la colonie
quelde deux ou trois années.
que. par bail
Ce n'était pas assez
pour repeupler Haiti et défricher le sol, On
profita de ce qu'après une longue
Louis XIII avait
résistance
permis la traite des noirs, convaincu par cet argument que faire les hommes
de guinée esclaves était I'nnique
faire chrétiens.
manière de les
On en transporta quelques milliers à Saint-Domingue
cuivrée
pour remplacer la race
: ils se mirent à la venger, et dès
des flots de sang coulérent,
seconde famille de
répandus par cette
l'espèce humaine que la
guerre avait transportée sur l'héritage de celle
qui n'était plus. La guerre obtint à Louis
par l'adhésion de
XIV,
l'Espagne, un titre à l'établissement des Français dans la conquête de Golomb, 2 et depuis lors
(1697)jusqu'a la révolution
française 7 moins de cent ans
cent ans fertiles en prodiges. En
passérent,
taitàd deux cent
1789, on porpuatre-xingtmillions les revenus
que la
guerre avait transportée sur l'héritage de celle
qui n'était plus. La guerre obtint à Louis
par l'adhésion de
XIV,
l'Espagne, un titre à l'établissement des Français dans la conquête de Golomb, 2 et depuis lors
(1697)jusqu'a la révolution
française 7 moins de cent ans
cent ans fertiles en prodiges. En
passérent,
taitàd deux cent
1789, on porpuatre-xingtmillions les revenus --- Page 33 ---
27 )
de la partie française.
Quatre ou cinq cent mille
noirs et trente ou quarante mille créoles
vraient les champs. Huitmille
en courissaient.
habitations y fleuHuit cents navires sillonnaient l'Atlantique pour en porter les fruits à nos ports.
quatre mille matelots ne suffisaient
Vingtpas à la manoeuvre de nos
et qui peut dire
eerkesasemapner
combien de bras s'associaient à
l'exploitation de tant de richesses. 1 Tout à
cesprospérités cessèrent.
coup
Nousnerechercherons
pas si, achetées par un trafic affreux
vait tous les
qui enleans, suivantles calculs les plus modérés, plus de cent mille créatures
leur
humaines à
berceau, pour en tuer bientôt la moitié et
désoler à jamais le reste 2 ces prospérités
taient
n'épas payées bien cher. Nousne rechercherons pas non plus si cC Pérou d'hommes
n'était
pas près de s'épuiser, et ce que fui alors devenu
Saint-Domingue. La Providence avait d'autres
voies. Il se trouva que la France
poussa le cri de
liberté, que les colons répondirent liberté,
hommes de couleur liberté,
les
la liberté
La France voulait
contre Versailles, les colons
la France, les hommes de
contre
colons. La lutte
couleur contre les
une fois engagée d'abord dans --- Page 34 ---
(28 )
le sein dès assemblées coloniales,
puis sur des
champs de bataille, il se trouva encore
les
noirs intervinrent. Ils avaient
que
entendu leurs
maîtres rétorquer contre l'assemblée constituante la déclaration des droits de l'homme
les égorgérent.
: ils
Vainement, depuis, les créoles
se jetérent dans les bras dela
Grande-Bretagnes
vainement, aussi la république dans la
de Bonaparte essaya de releversa personne
sonveraineté
abattue. Il se trouva toujours
les
que
noirs
avaient pour eux le nombre et le
n'était
leur
climat: ce
pas
faute s'ils étaient là cing. cent
mille. Ils triomphérent de
freux
Bonaparte : et l'afDessalines proclama parmi de làches massacres l'indépendance de ses fréres; ils exhu.
mèrent desruines de la colonie, comme
dernière insulte, le
par une
nom indien d'Haiti, et sur
les cendres des naturels
vengés au bout de 300
ans, les nègres se firent une patrie, des
priétés, des lois. Tout cela se
propassait en 1804.
Ainsi, depuis vingt-un ans, si on ne compté
que de l'acte d'indépendance,
depuis trentesix, en remontant à la scission des créoles, la
florissante colonie de Saint - Domingue était
perdue pour nous; et cependant son sol n'avait
cendres des naturels
vengés au bout de 300
ans, les nègres se firent une patrie, des
priétés, des lois. Tout cela se
propassait en 1804.
Ainsi, depuis vingt-un ans, si on ne compté
que de l'acte d'indépendance,
depuis trentesix, en remontant à la scission des créoles, la
florissante colonie de Saint - Domingue était
perdue pour nous; et cependant son sol n'avait --- Page 35 ---
(29 )
cessé d'ètre fertile : nous n'avions pas cessé
pas
qu'elle même
de consommer ses produits plus
d'appelerles
Lmteasatnaunee
rouvrir ses ports au pavillon franceuvre pour
haut
considéçais. Nous avons vu plus
quelles
V'autoritéroyale. Maintenant,
rationsyinvitaient
à faire?
nous rendre Haiti, qu'avait-elle
pour
est facile: traiter ou combattre;
La réponse
voulu lui conseiller
carshrement on n'aurait pas
d'attendre. Ceux qui disent, en haine de Yordonnance royale du 17avril, qu'ils préféraient
une seule chose : c'est
le statu quo prouvent
la
le défilé dans lequel les place question
que
les effraie autant que la solution
ainsi posée les irrite. Quel avantage espérer
ministérielle
? En vieillissant,
d'une politique expectante
plus forte, la
France sera-t-elle
notre antique
la paix maritime plus
jeune Haiti plus faible, servirait le temps P
assurée P Quel intérêt
P
les
de la couronne
Seraient - ce
prélentions
du
L'inaction les laisse périmer. Les voeux
français? L'attente les ruine. L'incommerce des colons P Trente années de plus,
fortune
viennent de s'écouamassées aux trente ans qui
de leur
ler, ne les dédommageraient pas --- Page 36 ---
30 )
héritage perdu. La France, dépassée
rivaux, a besoin de débouchés
par ses
et vous laisseriez
plus vastes ;
l'Angleterre prendré
sur nous les devans ! Une nation
encore
blesse VOS regards,t
d'affranchis
Jeurs
vous voulez constater, à
yeux comme à ceux du monde,
restent affranchis sans vous et malgré
qu'ils
vous. Une
république de plus au coeur de
vOs
afllige
doctrines,
l'Amérique
et vous faites en sorte
que la haine de toutes les monarchies,
nôtre
de la
surtout, passe du sein des mères dans le
coeur des fils ! Enfin, vous croyez la
la
dignité de
couronne compromise par la sanction des
ceuvres de la force et de celles du
temps. Que
proposez-vous pour la sauver P D'écrire
nos pavillons rancune et
sur
peur, haine et faiblesse. On verrait le roi de France bouder
les
nègres faute d'oser se résondre à les
ou à les combattre.
émanciper
Ily aurait là de quoi faire
de son peuple la risée du monde.
Une telle
proposition n'est qu'une boutade irréfléchie
sur
laquelle on ne saurait plus
Le
long-tempss'ariter
statu quo est trop évidemment cC qu'il
y avoir de plus mauvais
peut
pour nous. Il n'est bon .
qu'atournercomrel lamétropole eledroitetlefait.
d'oser se résondre à les
ou à les combattre.
émanciper
Ily aurait là de quoi faire
de son peuple la risée du monde.
Une telle
proposition n'est qu'une boutade irréfléchie
sur
laquelle on ne saurait plus
Le
long-tempss'ariter
statu quo est trop évidemment cC qu'il
y avoir de plus mauvais
peut
pour nous. Il n'est bon .
qu'atournercomrel lamétropole eledroitetlefait. --- Page 37 ---
(31)
Unsecond principe qui nous semble solidement établi, est donc que non seulément
avait nécessité de
ily
faires de
prendre un parti sur les af
le
Saint-Domingue, qu'il fallait encore
prendre sans plus de retards. Reste donc
toujonrs l'option proposée par cet ancien
secouant son manteau, disait
qui,
guerre P
: La paix ou la
Mais la guerre eût étéinsensée;
guerre devait avoir
car une telle
pour but la conquète, et la
conquête était impossible. Nous aurions
complir, que nous n'aurions
pul'acCeci demande
pas pu le vouloir.
Dans la
desexplications qu'on va donner.
question de
trois choses très distinctes Saint-Domingue, ily a
: ce qui regarde les
hommes, les biens, la cité, en d'autres
la propriété
termes
personnelle, la propriété territoriale, la propriété
politique. Cette dernière
"appelleiouneraineti C'est la seule
le
etl la France eussent à
que roi
les deux
revendiquer de leur chef;
autres sont à débattre entre lesl hommes
d'Haiti et les colons.
La pensée peut se plierà concevoir
la couronne
d'abord
n'essayant d'une expédition armée
que dans le but de ramener
une province d'ou- --- Page 38 ---
( 32)
tre-mer au respect des lois de la métropole. On
peut supposer le monarque déterminé par des*
vues de conciliation ct de sa gesse à prendre la
société haitienne telle que les désastres de la
colonie Y'ont faite, à la régir dans le sens des
intérêts et des hommes nouveaux, à n'exiger
d'elle qu'une chose, de se reconnaitre sujette
du même trône quela monarchie française. Mais
imaginons nos soldats descendus sur les rivages
de Saint -Domingue, victorieux dans tous les
combats, pénétrant sous le toit du nègre vaincu,
trouvant dressée la table de ses festins; et le
colon qui verrait désert le foyer où ses aieux
vécurent n'irait pas s'y asseoir!Le roi le voudrait; il dirait-au maitre du sol : J'ai retrouvé
mes droits de suzerain, je vous défends de songer à VOS droits de propriétaire; : il emploierait
son armée à enchainer le créole comme à vaincre Phomme de couleur. Eh bien ! il n'y parviendrait pas; le manoir appellerait Phéritier;
le blanc reprendrait racine dans ses plantations;
après avoir rocogpisleaprdogativces de sa couronne, le prince se verrait entrainé, par les défiances, les regrets, les séditions des nègres
alarmés.ajustifier, pour chàtier leurs complots,
à VOS droits de propriétaire; : il emploierait
son armée à enchainer le créole comme à vaincre Phomme de couleur. Eh bien ! il n'y parviendrait pas; le manoir appellerait Phéritier;
le blanc reprendrait racine dans ses plantations;
après avoir rocogpisleaprdogativces de sa couronne, le prince se verrait entrainé, par les défiances, les regrets, les séditions des nègres
alarmés.ajustifier, pour chàtier leurs complots, --- Page 39 ---
(3 33)
les craintes qui les leur auraient fait
ourdir; il
n'y aurait eu une trève turbulente d'un
pour préparer un effroyable lendemain. jour que
Cette seconde
guerre serait - elle heureuse
la question de la propriété
privée se trouveraitelle résolue comme celle de la
suzeraineté,
tout ne serait pas fini encore. Que ferez-vous
de ces six cent mille affranchis,
esclaves
tourà tour les
et les assassins de vOs pères; tourà
attachés à la glèbe de VOS
tour
sillons, ou ne les arrosant que de libres et productives sueurs?
ferez-vous? ils resteront des
Qu'en
le travail
mercenaires dont
sera loyalement tarifé, dont la taille
redressée ne se courbera plus sous le bâton impitoyable. Ouiletils vivront serviteurs
paisibles
sur cette terre mouillée encore de leurs
et de votre sang! et ils verront
pleurs
sur VOS lèvres
VOS vieux mépris aggravés de ressentimens
profonds, sans se souvenir que la torche les af
franchit une première fois de vos dédains,
l'épée quelquefois leur a
que
conquis VOS haines.
Vous-mèmes vous dormirez
de la
tranquilles au bruit
pioche etde la hache maniées
de
bras ! vous ferez bercer
par tels
VOS enfans par ces bras
ensanglantés ! vous conduirez VOS femmes
res3 --- Page 40 ---
34) )
pirer mollement les parfums que ces barbares,
à la fois serviteurs et libres, humiliés et soumis, expropriés et contens, feront fumer docilement devant elles! L'aristocratie du mulâtre,
cette aristocratie, dégradée par votre seule présence quand elle ne le. serait point par vOS armes et vOS lois, boira le calice de ses dégotts,
de ses ombrages faciles, de ses haines brulantes,
etl lesjoies de la victoire n'en seront pas empoisonnées pour vous ! Cette pensée ne troublera
pas le repos de vOS nuits ! Non, non ! il y a
guerre à mort entre cette race et la nôtre; eux
et nous ne pouvons pas vivre en paix sur la même
terre; les relations de chef et de manceuvre ne
remplaceront pas celle de maîtres et d'esclaves,
celle d'assassin et de victime, de vainqueur etde
vaincu; eux et nous vivrions dans une horreur,
une crainte, une inimitié commune. Qn'ily eût
une habitation, etil y en aurait mille, où unc
injure de blanc, une furie de nègre provoquerait de nouveaux assassinats; dès lors tous fuiraient dans) les montagnes; ilfanudraitlesypour
suivre, les y traquer comme des bêtes fauves 7
les y exterminer; il faudrait que quelques cent
milliers d'êtres vivans périssent, et à quoi bon?
dans une horreur,
une crainte, une inimitié commune. Qn'ily eût
une habitation, etil y en aurait mille, où unc
injure de blanc, une furie de nègre provoquerait de nouveaux assassinats; dès lors tous fuiraient dans) les montagnes; ilfanudraitlesypour
suivre, les y traquer comme des bêtes fauves 7
les y exterminer; il faudrait que quelques cent
milliers d'êtres vivans périssent, et à quoi bon? --- Page 41 ---
35 )
pourassnrerà une poignée de blancs la
de cendres, inhabitables
conquête
tant
a des
et
stériles sans eux! Cette
qu'ily
noirs,
chose de plus
guerre aurait quelque
épouvantable que le revers
serait le succès.
; ce
Mais aussi le succès, on ne
les Haîtiens savent
l'obtiendrait pas :
que la conquête traine après
soil'espropriation,
Ilsl'ont
atmmewaimiseamie
vaient voulu
ilsn'aVonmdepmabtestmnter
conquérir que la liberté; ils furent
obligés de conquérir le sol, de se faire
seurs de plantations
possesbres ; ils
pour devenir hommes line purent le rester qu'en achevantleur
onvrage 2. en proclamant leur
politique. Aussi
indépendance
voyez comment
les lieutenans du
farentaccueillis
premier consul et leur
dable armée : nos soldats n'avaient
formisur le rivage,
le
pas un pied"
que feu, alluméà la première
sucrerie, courait déjà, comme un signal d'extermination, d'un bout de la colonie à l'autre.
Cependant tla
des créoles, l'alliée r-blputepsienfremais
des noirs,
des vues de modération
n'annonçait que
lait la devise
et de sagesse : elle porliberté, égalité, sur ses
Les souvenirs de la terreur
drapeaux.
promettaientaux dé- --- Page 42 ---
0e 10 36 )
vastateurs de Saint-Domingue l'excuse
rantie d'une sinistre
etla gade
communauté de procédés et
maximes: : Leclerc
l'emporta, et derrière sa
victoire se montra aussitôt l'esclavage!
parition de l'esclavage fit surgir la révolte etl'ap- ! etla
révolte d'une race tout entière
avait plus qu'un moyen de la désarmer; appritqu'iln'y
dela mettre à mort. Dieu sait
c'était
qu'on se mitàl'ceuvre : on les alignait par troupes de 500 sur le
bord de précipices pour les fusiller,
n'aurait
parce qu'on
pas eu assez de bras pour remplir à la
Nishmir
Qu'arriva-t-il? Qu'il fut démontré que si des régimens peuvent vaincre une population, ils ne
peuvent la détruire. Ce furent en définitive les
exterminateurs qui succombérent. Cette invasion célèbre coûta à la France 300 millions
soixante mille hommes et de cruels souvenirs. Il
est vrai qu'on dira : Les généraux
des
français firent
fautes; mais vivons-nons dans un
n'en fasse plus P les écrits
tempsou on
emportés des créoles
exaltérentjnsqu'a la fureur et au désespoir l'orgueil du mulâtre ; mais sommes-nous autorisés
par tout ce quise passe sous nos yeux à
sur plus de mansuétude et de
compter
prudence? enfin
et de cruels souvenirs. Il
est vrai qu'on dira : Les généraux
des
français firent
fautes; mais vivons-nons dans un
n'en fasse plus P les écrits
tempsou on
emportés des créoles
exaltérentjnsqu'a la fureur et au désespoir l'orgueil du mulâtre ; mais sommes-nous autorisés
par tout ce quise passe sous nos yeux à
sur plus de mansuétude et de
compter
prudence? enfin --- Page 43 ---
37 )
d'autres qu'eux tirèrent l'épée; mais
fait un pacte avec le monde,
avez-vous
2 et êtes-vous bien
sûrs que VOS flottes promèneront en vain
dats d'une rive à l'autre de l'Océan?
vOS sollorsde cette
Songez que
expédition de déplorable
Haiti était tout sanglant
mémoire,
viles.
encore deses guerres ciIn'y avait ni ordre, ni finances, ni discipline, ni administration, ni culture, ni armée, ni
pouvoir suprème. Vingtans sont
de tout cela
passés : elle a
aujourd'hui;s son gouvernement est
paisible, sa situation prospère; elle
cent cinquante mille hommes
compte
elle a
sous les armes ;
pour soile sol, le nombre,
d'un million d'habitans
l'exaspération
placés entre lesdouceurs
de la propriété et le fouet de
Haîtiens
l'esclavage. Les
ont encore leur soleil, leurs pluies dévorantes, etl'Atlantique, c'est-à-dire tôt ou tard
l'Angleterre : la guerre serait insensée.
Ilfantêtre juste: : sanfquelques jeunes publicistesqui portent dansla
politique l'ardeur 1 martiale
de leur age, et quelques vieux colons dont le
coeur est trop rempli des souvenirs douloureux
chers de leur berceau
et
les forces
pour peser froidement
et les sacrifices de la population française, personne n'aurait voulu que Ja France --- Page 44 ---
38 )
allàt courir les aventuresà deux mille
ses rivages
lieues de
pour une cause trop évidemment
condamnée par la fortune. Aucun homme
ne l'a proposé : mais nous allons voir
grave
saurait presser les
qu'on ne
argumens des esprits les
élevésd deloppositianquel'on
plus
combat, sans trouverplus loin la guerrequ'ils refusent de s'avouer.
Ilimportait donc de bien établir d'abord dans la
conviction publique ce troisième
de tous les partis à prendre, le principe, que
plus funeste à la
prospérité de la France, le plus impnissant
les créoles, le
pour
plus périlleux - pour notre
c'était le parti des armes.
gloire,
Restaitalors la voiedesn négociations;
là ne pouvait
et cellemanquer de nous être
car Haiti avait autant et plis
ouverte ;
la
que nous à perdre
par
guerre s autant et plus à gagner par la
paix.
La sagesse voulait que les chefs des noirs
adoptassent, pour me esurer les suites d'une invasion, d'autres points de vue que les nôtres. Ils
devaient se demandersi ellener mettrait
en question, si c'était la
pas tout
jouissance d'une
session paisible et le mouvement de la
posrité intéricure qui eussent été seuls prospéinterrom-
ouverte ;
la
que nous à perdre
par
guerre s autant et plus à gagner par la
paix.
La sagesse voulait que les chefs des noirs
adoptassent, pour me esurer les suites d'une invasion, d'autres points de vue que les nôtres. Ils
devaient se demandersi ellener mettrait
en question, si c'était la
pas tout
jouissance d'une
session paisible et le mouvement de la
posrité intéricure qui eussent été seuls prospéinterrom- --- Page 45 ---
(39 )
l'existence politique elle-mème ne se
pus; si
clle l'eût été
serait pas tronvée compromise;
du monde : qui sait si elle ne
dans l'opinion
d'une -
été aussi dans la conscience
l'eût pas
aabitudedeccuffanchise qui itremblerentlong
Il nous était
devant notre supériorité?
temps
quelque place forte où nous
facile d'emporter
demeurés comme des ennemis toujours
serions
comme des maiprêts à renouveler le combat,
occupés de reprendre leur empire
tres toujours
D'ailleurs ce n'est
par la politique ou la guerre.
bataille rangée que nous aurions sucpas en
en d'autres termes le
combé : c'est le climat,
des
les aurait détruits. Les deux tiers
temps qui
tiers des habitans devaient périr
habitations, le
le dernier de nos soldats. Voilà-t-il assez
avant
de
les Haitiens craignissent
de raisons pour que
nous réduire à tirer l'épée?
affranbien mieux
de les
*
Un traité faisait
que
chir des chances de l'invasion ; il leur assurait
belles victoires ne leur eussent
ce que les plus
recevoird d'aupas donné, ce qu'ils sne pouyaient
hormis la nôtre, ce qu'il
cune alliance éurangére
du temps de leur apporter,
n'était qu'auponvoir
de l'avenir, le titre 9 les droits pleins
la sécurité --- Page 46 ---
(40)
et entiersden nation indépendante;i
un
silfaisaitd'eux
peuple quipàt désormais traiter
à
avec les plus anciens
d'égal égal
peuples de
ne pàt même pas périr. Carles l'univers, qui
autres
ont le droit de la combattre,
puissances
et rien de plus, Si
quelque couronne voulait attenter à son existence,la France interviendrait
pour le maintien,
desesprérogatives commerciales. La
haitienne
république
acquiert donc à la fois deux
les avantages de la souveraineté
choses, 2
tre
et ceux de nopatronage.
La question ainsi
des
posée, on devait nourrir
deux côtés, s'il y avait de la sagesse dans
les conseils, un désirégal de conciliation.
lément, la France
Seupouvait être
suivant nous, elle l'a été.
exigeante,et, 2
Elle l'a été suivant les adversaires
de l'acte
même
d'émancipation. Car quelle est une
de leurs objections les plus uniformes
plus vivesP Cest
et les
que l'acte est illusoire
que les conditions ne peuvent
être
parce
pas
remplies,
parce qu'Haiti n'a pas assez de revenus
payer l'énorme pécule qu'on exige d'elle. pour Il
nouss semble que rien de plus fortne
dit en faveur des stipulations
pouvaitètre
qu'on accuse. Le
de l'acte
même
d'émancipation. Car quelle est une
de leurs objections les plus uniformes
plus vivesP Cest
et les
que l'acte est illusoire
que les conditions ne peuvent
être
parce
pas
remplies,
parce qu'Haiti n'a pas assez de revenus
payer l'énorme pécule qu'on exige d'elle. pour Il
nouss semble que rien de plus fortne
dit en faveur des stipulations
pouvaitètre
qu'on accuse. Le --- Page 47 ---
(41) )
ministériel le plus aguerri et le plus entendu
n'aurait pas fait mieux.
Traiter, ce n'est pas tout prendre : car tout
est l'ceuvre de la conquête; : traiter,
prendre
des concessions 5 c'est transiger
c'est échanger
l'arbitre des sacrifices
sur procès : seulement,
se souauxquels les deux parties
réciproques,
la
est, entre particuliers 9
justice,
mettent 2 la force. La force se mesure au mal
entre états,
plus
faire. Nous ne saurions exiger
qu'on peut
dont une. expédil'équivalent des risques
que
d'Haiti.
tion menacerait les peuples
commerce avait besoin. de déAinsi, notre
souffertd'nne
veloppemens; leur prospéritéeàt
devions réclamer des avanaggression : nous
la France de ce quelle a
tages qui consolassent
denrées de
perdu; elle l'a fait. Nous auronsles
Saint-Domingue à bon prix ; elle recevra nos
produits à des taux qui nous placent au dessus
Favorables à nos cités,
de toute concurrence.
à nos ports, ces clauses profiteà nos champs,
ront au pays entier.
viennent les inAprès les intérêts généraux
à
On souffre de donner ce nom
térêts privés.
dont Thumanité même a gémi,
des disgràces --- Page 48 ---
(42)
qui ont couvert de deuil notre
dant, séparé des
patrie. Cepenquestions d'utilité
ciale et de
commersouveraineté, ce qui touche à la
simple propriété des
ter un autre titre.
Créoles, ne saurait porLa France dévait
et consoler leur
recueillir
naufrage; la France pouvait
core s'interposer entre eux etleurs
enpour déterminer Haiti
spoliateurs,
droits et de
par l'appareil de Ses
ses forces à soulager leur
elle a remplice devoir. Soit
détresse:
le tribut
que l'on considère
imposé aux Haitiens comme un dédommagement payé par le planteur
d'hui au planteur d'hier,
d'aujourdeux
sous la garantie des
états, soit que la métropole,
ses prétentions, les ait cédées renonçant à
à prix
comme fit
d'or,
Napoléon de la Louisiane, 2 et
veuille distribuer cet or, propriété de
entre les colons
l'état,
leurs
proserits, toujours est-il que
malheurs auront été secourus, Car, dans
la dernière
supposition, cet acte de munificence nationale trouvera d'accord le
Roi et celui de tous les
coeur du
Français.
Quel devait être le taux du tribut?le
prochédes
plus rappertes qu'une invasion ettentrainées
pour les tributaires, sans toutefois aller
au delà
uille distribuer cet or, propriété de
entre les colons
l'état,
leurs
proserits, toujours est-il que
malheurs auront été secourus, Car, dans
la dernière
supposition, cet acte de munificence nationale trouvera d'accord le
Roi et celui de tous les
coeur du
Français.
Quel devait être le taux du tribut?le
prochédes
plus rappertes qu'une invasion ettentrainées
pour les tributaires, sans toutefois aller
au delà --- Page 49 ---
( 43 )
de leurs ressources et de leur
courage? En songeant combien ils sont encore
peu nombreux
et peu riches, nous croyons
que l'ordonnance
royale est près de toucher à cette
vu même
de
limite; on a
que,
ce côté de l'Océan, on
pose que le président Boyerl'a
supdépassée. Aussi
n'attaqne-t-on pas la quotité; seulement on
rait voulu quelque chose de
auplus, et ce qu'on
voulait, dit-on, c'était une hypothèque. Nous
sommes étrangement abusés, ou ce
lait,
qu'on voueauiSoint-Doeningue,
Que l'Europe exigeàt de nous des
quand, pour arracher des indemnités gages 9
de quelques cents millions du chef auguste de la
tion française, il fallait
napointer le canon allié
sur les murailles de son
Louvre, on le
:
nos
conçoit
promesses étaient écrites à la pointe de l'épée,1 l'épée pouvait les effacer, Mais notre artillerie n'est pas encore en position
sur le cap. Haiti cède à la
pour porter
prudence, pointà la
force; les motifs qui commandent
sa soumission
répondent suffisamment de sa fidélité,
elle aura commencé
Quand
d'accomplir les commandemens du roi de France, elle
térêt
aura plus d'inque nous à poursuivre, et c'est un com- --- Page 50 ---
- 44)
mencement d'exécution bien
national, que le cri de vive le spontané, bien
les
Roil poussé par
républicains de ces rivagesalaspectdu:
pacificateur. Elle ne devait donc
sceau
que; il y a plus, elle n'en
pas d'hypotheTout
pouvait pas donner.
en effet était en péril le Jour où
avions un rempart
nous
debout, une batterie
un soldat armé sur ses bords. En
dressée,
jours à notre cabinet des
supposant touécrit qui
intentions loyales, un
inquiétait les noirs sur nos desseins
chés, un blanc dont le regard les
caune sentinelle qui n'entendait
outrageait,
ses qui vive, on ne sait
pas répondre à
enfin, la moindre étincelle allumait un incendie dans
lant; le moindre
ce foyer bràchoc de deux hommes étaitla
lutte à mort des deux peuples. Mieux
Haiti attendre la
valait pour
emefie-iewtenimenise
que l'assurer par les traités, et la cômmencer
maîtresse de toutes ses forces,
l'abandon de
que l'ouvrir par
ses citadelles.
Nous voici venus à la grande question, la
question fondamentale, celle de la propriété
politique, de la souveraineté. On
Les Haitiens
pourrait dire :
ont célébeaucoup; nous devons,
pour qu'il y ait transaction, céder
quelque
i attendre la
valait pour
emefie-iewtenimenise
que l'assurer par les traités, et la cômmencer
maîtresse de toutes ses forces,
l'abandon de
que l'ouvrir par
ses citadelles.
Nous voici venus à la grande question, la
question fondamentale, celle de la propriété
politique, de la souveraineté. On
Les Haitiens
pourrait dire :
ont célébeaucoup; nous devons,
pour qu'il y ait transaction, céder
quelque --- Page 51 ---
(45)
chose, échanger un droit, c'est-à-dire
bre contre des réalités. Mais le
une omêtre
débat pourrait
long; un mot le tranche. La France
vivre sans ce droit; elle peut vivre
peut
sans SaintDomingue; elle vit depuis qu'elle l'a
elle pouvait donc souscrire à
perdu;
Les Haitiens ne le pouvaient T'indépendance.
pas, car l'indépendance était pour eux la propriété; la
priété, la vie.
proArrivés'à ce dernier
la
terme, on ne discute
plus, terre. manque pour combattre.
Ce mot d'indépendance
crie: Le Roi de France
épouvante. On s'éreconnaître
dance de nègres révoltés!
l'indépenadmettre une
blique de plus au rang des états
réputrainer sur les traces de la
souverains! se
d'une façon servile! donner Grande-Bretagne
au monde,
ner à l'Amérique surtout
donl'exemple de cette
condescendance pour les succès de l'insurrection; le donner à la
Jamaique, à la Guadeloupe, à la
Martinique 2 à Cuba, présenter aux
esclaves de ces colonies la prime de la
neté, comme promise à
souveraimaîtres ! et faire tout cela quiconque tuera ses
On
pour de l'argent
pourrait répondre: Que
fallait-ilqu'on fitP --- Page 52 ---
46 )
laguerre? toujours la guerre ! et vous-mémen'en
voulez pas. On peut encore s'exprimer
ainsi:
D'abord, on ne fait pas ce gui vous
vous alarme. Une autre
afflige ou
puissance l'a fait, dont
on se borne à constater les
ceuvres ; une
sance qui inflige aux états
puiscomme aux simples
hommes les conditions de la durée, le
ment et la faiblesse
change-
; qui a permis la découverte de l'Amérique, la traite des hommes
Guinée, la translation de
de
d'entre
quelques cent milliers
eux d'une rive à l'antre, un
sécurité 1
siècle de
2 de joie, d'opulence pour le petit
nombre 2 un jour de réveil pour le plus
Cette
grand.
puissance, c'est le temps. Elle fait
chacun de nous bien pis
pour
que l'émaneipation de
Saint-Domingue, et nous nous résignons.
Si un cabinet
étranger a eu le bon sens de
reconnaitre l'empire de ce pouvoir sans. bornes,
celui de tous dans lequel Dieu même
le
se révèle
mieux, il faut louer
quiconque suivra cet
exempledesagese, au lieu de se mettre, comme
cet enfant despote de Xerxès, à fouetterla
Mais ce n'est
mer.
pas l'Angleterre d'aujourd'hui
qu'on imite, c'estl'Angleterre du dernier siècle
reconnaissant les Etats-Unis, c'est
l'Espagne
l'empire de ce pouvoir sans. bornes,
celui de tous dans lequel Dieu même
le
se révèle
mieux, il faut louer
quiconque suivra cet
exempledesagese, au lieu de se mettre, comme
cet enfant despote de Xerxès, à fouetterla
Mais ce n'est
mer.
pas l'Angleterre d'aujourd'hui
qu'on imite, c'estl'Angleterre du dernier siècle
reconnaissant les Etats-Unis, c'est
l'Espagne --- Page 53 ---
(47 - )
traitant avec. le Stathonderat,
soumettant à voir s'élever c'estl'Autriche se
souverains
au rang des peuples
les héros grossiers de
c'estle roi de France
T'Helvétie;
obligé sans cesse, durant
plusieurs siècles; àr faire la
saux, félons
paix avec des vaset victorieux,
Siles événemens
Antilles
accomplis au sein d'une des
ne sont pas Sans périls
autres, la faute scrait-elle
pour toutes les
à ceux qui avouent
que ces événemens se sont accomplis,
connaissent
qui reque depuis trente ans Haiti
de SCS seules lois,
dépend
noirs, courbés
que depuis trente ans ces
sur nos sillons, se sont relevés
au bruit des discours
discordes
imprudens et des folles
de leurs maitres,
ont vu qu'ils étaient
que ces hommes
partis de là
quinze contre un, et sont
pour former des armées, avoir des
codes, dresser sur. leurs
leur
côtes, ct faire respecter
pavillon. Cette révolution est
cellesquise succèdent ici
comme toutes
bas, une
qui ne doit être perdue
expérience
lons de
pour personne. Les COSaint-Domingue n'ont pu se défendre
parles armes; ceux de la
se défendront
Martinique et de Cuba
par des lois.
Mais ces affranchis SC constitnent
en répnbli- --- Page 54 ---
48) )
que. Sans doute c'est un malheur, et
l'Europe y
estacoutum@depuis Guillaume Tell. Onn'a
vu que le voisinage de la Suisse ait
apas
communiqué à l'Empire des formes
républicaines: La
contagion des exemples politiques n'est
si
facile à transmettre
pas
qu'on veut bien le croire.
Voyez comme la Charte royale franchit aisément les Pyrénées !
Comptez -vous que les
nègres qui sont à deux mille lieues de
aient plus d'ascendant,
leur
vous
que
législation ait
plus de charmes!Et puis après tout que fallait-il
faire P Noyer Saint-Domingue dans le
passerait votre courage. Elever
sang
un mur de
la Chine sur
P'Atlantique 9 ceci passérait VOS
forces.
Enfin, cette république a pour magistrats
des
mulatres, pour citoyens des noirs. A ce
regret, l'esprit le plus profond du dernier
siècle, le président de
Montesquieu 1, n'opposerait que des sarcasmes sur cet étrange orgueil
des nuances de la peau humaine. Mais nous ne
pensons pas avec ce grand homme que le préjugé fut entièrement inique et ridicule, en ce
sens qu'il nous parait né de quelque chose de
plus sérieux que des différences de couleur.
magistrats
des
mulatres, pour citoyens des noirs. A ce
regret, l'esprit le plus profond du dernier
siècle, le président de
Montesquieu 1, n'opposerait que des sarcasmes sur cet étrange orgueil
des nuances de la peau humaine. Mais nous ne
pensons pas avec ce grand homme que le préjugé fut entièrement inique et ridicule, en ce
sens qu'il nous parait né de quelque chose de
plus sérieux que des différences de couleur. --- Page 55 ---
(49 )
Le blanc le plus stupide dédaigne à
dans l'homme de couleur le
son insçu
plus éclairé une
racejusqu'ici étrangère à ces conquêtes de l'intelligence qui ennoblissent la nature humaine.
Accablée par les feux du midi, elle est
de la mollesse à
passée
l'esclavage, de l'esclavage à
l'avilissement. Attendons,
pour faire valoir les
argumens philosophiques en sa faveur,
le
Dieu qui l'a pétrie du même limon
que
lui permette de remonter
que nous,
une échelle de
conséquences et d'effets
fluence
contraires, sous l'inféconde de la liberté,
Bornons-nous à
représenter que, si on découvre les avenues de
Tombouctou, si là fleurit un grand
empire, on
n'obligera point ses
citoyens, 9 comme le proposaient nos négociateurs au roi
à recevoir des brevets de blancs Christophe,
traités de
pour faire des
commerce avec eux, et au besoin leur
adresser des ambassadeurs. Le crime des noirs
d'Haitiserait-il donc dfhabiterlesAntilles
les y a transportés? Serait-il de n'être
Qui
affranchis P On a vu les affranchis
que des
dans le sénat
romain. Ce serait bien plutôt d'être
de sang. Mais où et
couverts
n'a-t-il
pour quelle cause le sang
pas couléP La lerreur du Cap fut-elle
--- Page 56 ---
- 50 )
la seule qui ensanglantàt le dernier
siècle, et. la
Saint-Barthélemy de l'affreux Dessalines,
elledel'invention
étaitdecebarbare? Nousne dirons
plus qu'un mot. Le chef de l'église
noirs de
nomme les
Saint-Domingue ses enfans, 9 ses frères
enJésus-Christ. C'est nous-mémes qui les avons
conviés, qui les avons quelquefois
par le fer et le feu à entrer dans la contraints
des sociétés
première
humaines, la société
celle qui a pour code
religieuse e
l'Evangile, et Dieu
chef. Chrétiens
pour
qui ne vous indignez pas de
compter les noirs dans la famille
quel est cet orgueil qui s'offense chrétienne, de
les voir
prendre place dans la famille politique?
Un dernier cri
qu'on élève, en désespoir de
cause, contrel'émaneipation, naitd'un autre
timent de fierté blessé. On
senla
s'indigne de voir
couronne vendre ses droitsà prix d'or. Aimerait-on mieux qu'elle les eût donnés? Car il est
bien convenu que nous ne demandons
qu'elle entreprenne à nos dépens de les
pas
quérir. Depuis quand le pécule de l'affranchi reconsent-il mauvais, comme disait ce roi
terreP Depuis quand la main du maître d'Angleflétrie par la rançon du captif, à moins est-elle
d'y atta-
s'indigne de voir
couronne vendre ses droitsà prix d'or. Aimerait-on mieux qu'elle les eût donnés? Car il est
bien convenu que nous ne demandons
qu'elle entreprenne à nos dépens de les
pas
quérir. Depuis quand le pécule de l'affranchi reconsent-il mauvais, comme disait ce roi
terreP Depuis quand la main du maître d'Angleflétrie par la rançon du captif, à moins est-elle
d'y atta- --- Page 57 ---
51')
cherune philosophique réprobation?
de dédaigner lor; mais
Ilestbeau
condamner celui
est le prix d'un
qui
échange, c'est condamner la
société même, puisqu'ày regarder de
verra que c'est
près, on
d'échanges et de salaires
se compose. Tous les
qu'elle
princes ont infligé quelquefois ou payé des tributs au grédela fortune
ne nous plaignons pas de voir
:
de recevoir
venu notre tour
ceux de l'étranger. La Sainte Alliance n'a pas cru s'avilir en
des indemnités
exigeant de nous
pour le dommage de ses
revers; etle moment nous semble de
longs
singulièrement choisi
tout point
parceux
ce mot d'indemnité
quitrouvent dans
une humiliation pour la
couronne,
Tous ces regrets ne s'attachent
expriment. Ce
pas à ce qu'ils
qui les inspire, c'est la
de voir
douleur
Saint-Domingue
cette douleur ne
indépendante ; et
faits
peut changer les faits; et les
démontrent un cinquième
nous pouvons hardiment
principe auquel
que le statu
nous attacher; c'est
quo une fois reconnu absurde et
l'invasion insensée 9 il nous fallait
Cette transaction devait
transiger.
assurer à la France des
priviléges, aux créoles des
deilommagenens, --- Page 58 ---
(5a)
à la nation haîtienne un titre. Cette
transaction
existe. L'ordonnance du 17 avril a tous les caractères des actes de ce genre : chaque
fait des sacrifices ; les Haitiens livrent partie
cent
cinquante millions et plus; les colons
une
déposent
espérance; Ia France abdique un droit.
Avons-nous à nous plaindre de notre
partage?
Onne le pénse pas; et si un traité pur et
eût consacré ces
simple
stipulations. , si la France eût
négocié avec Haiti de puissance à puissance, si
elle eût placé ainsi sur le même niveau les deux
états, non seulement la couronne ett été dans
son droit; mais encore qu'aurait-on
à ses conseillers
pu opposer
repoussant toutes les plaintes,
détruisant tous les regrets par ce mot qu'un éloquent adversaire de l'ordonnance royale
soin de nous fournir: il yavait force
prend
majeure.
Dès lors la discussion change de
nature. Il
ne s'agit plus des clauses qài devaient être stipulées, mais de leur mode. Et le dirons-nous?
jusques là l'autorité, en veillant aux intérêts du
pays, ne faisait que remplir sa tâche. C'est ici
que commencent nos éloges.
L'unique rapport sous lequel on préfère le
traité à l'ordonnance royale
2 c'est que ses
il yavait force
prend
majeure.
Dès lors la discussion change de
nature. Il
ne s'agit plus des clauses qài devaient être stipulées, mais de leur mode. Et le dirons-nous?
jusques là l'autorité, en veillant aux intérêts du
pays, ne faisait que remplir sa tâche. C'est ici
que commencent nos éloges.
L'unique rapport sous lequel on préfère le
traité à l'ordonnance royale
2 c'est que ses --- Page 59 ---
( 53 )
connues. et la participation des
formes plus
donnent des garanties
contractans à ses clauses
inde durée qu'un acte solitaire, impératif, les
saurait offrir. Mais ces garanties 9
usité, ne
Nous P'avons déjà dit,
veut-on pour la France?
apruellen'enaj
de
Imse-tb-wnetiemhs
les hommes, dans la tendresse
dence de tous
des chefs ne vautoutes les mères. Lasignature
disent si bien
drait pas les cris. de-joie qui vous
de parvenus à la proque cette population
ne
et à ses douceurs,
priéué, à l'indépendance
fois
avoin à bràler une troisième
pour
veut pas
bralées à deux
les défendre les habitations.déja
reprises pourles conquérir.
les
dont on parle, ont
Il est vrai que garanties
l'intérêt
dans l'intérêt. d'Haiti, dans
les invoque
On eàt
doute aussi de la loyauté française.
sans
chose de saint comme un traité,
voulu quelque
la loi. Mais la nature de la
d'auguste comme
prétend
la loi s'oppose à Pauribution qu'on
législative existe pour
luidonner. La. puissance
l'étranger. Les prérogale pays. 2 non pas pour
la
l'équilibre et pondératives des Chambres,
tion des pouvoirs, ce sontlà des arangemensde
L'étranger ne connait que le Roi. Dans
famille. --- Page 60 ---
54)
tout ce quiregarde le dehors, le Roi rassemble
tous les pouvoirs; il représente tous les droits.
Le Roi, c'est la France.
Restent donc les traités. Qu'eussent-ils donné
de plus qu'une promesse souscrite du seing du
Roi de France, et c'est ce que l'ordonnance
consacre. Elle peut être rapportée; quel traité
ne peut être enfreint? La loi elle-même n'est
pas immuable. La majorité quiles fait estmobile
comme les ministères qui président aux déterminations royales. Rien ne serait assuré sous le
soleil, si un acte qui met des conditions à prix
d'argent ne l'était pas. L'intérêt d'Haiti nous.
répond de ses engagemens; les nôtres lui sont
garantis par l'honneur du Roi et de son peuple.
Les choses sont égales.
Qu'eàtfait un traité pur et simplePnous aurions
vu Charles X etJean-Pierre Boyers'envoyer des
plénipotentiaires, se promettre paix et amitié
aux conditions prescrites parfordonnangedury
avril, en foi de quoi les ministres des deux états
auraient signé, sauf les ratifications den Charles X et de Boyer. Ce protocole rappelle les.
lettres du chefqui écrivait, au commencement
du siècle : Le premier des noirs au premier des
ales.
Qu'eàtfait un traité pur et simplePnous aurions
vu Charles X etJean-Pierre Boyers'envoyer des
plénipotentiaires, se promettre paix et amitié
aux conditions prescrites parfordonnangedury
avril, en foi de quoi les ministres des deux états
auraient signé, sauf les ratifications den Charles X et de Boyer. Ce protocole rappelle les.
lettres du chefqui écrivait, au commencement
du siècle : Le premier des noirs au premier des --- Page 61 ---
55 )
blesblancs. On' assure que ce rapprochement
sait le général Bonaparte jusqu'a l'épiderme.
les plus chaleureux du système
Les partisans
ne peuvent méconnaitre que
de T'indépendance
telle innovation dans
la seule approche d'une
les lois, les idées, soulevait autour
les usages,
de Pautorité suprème un nuage de préventions
il était mal aisé de porter la
au milieu duquel
lumière. Il est très vrai que sanctionnerl'onuvre
est une graride affaire en pode Vinsurrection les fruits de Ja dévastation et
litique; légitimer
affaire
du carnage n'est pas une moins grande
morale. Une foule de sentimens personnels
en
délicates. 7 et
venaient compliquer ces questions
de ceux
les obstacles du dedans s'agrandisaient
qu'on connaît au dehors.
les voir, et
L'opposition ne paraissait pas
elle aperçoit un but désirafaisait bien. Quand
le pouvoir, reble, elle le signale, y pousse
obtenu le
vient à la charge jusqu'à ce qu'elle ait
succès de ses voeux; les obstacles qui peuvent
sur la route n'arrètent seulement
se rencontrer
le ministère est la pour les
pas ses regards :
soit, la
illa fait, quel qu'il
les aplanir, Quand
suivant nous, veut qu'on les signale.
justicc, --- Page 62 ---
(56 )
La forme souveraine qu'on a prise a rendu
tout facile. Le Roi ne sanctionne pas l'insurrection ; il la nie : Haiti se rend. Il parle en
suzerain qui a des droits et des armées; Haiti se
soumet. Ilexige des tributs; Haitiles paie. A ce
prixl le dernieranneau del la chaine qui lia SaintDomingue à la France tombe brisé. Mais c'est
la France même qui le détache; et sans doute
cet anneau, formé presque d'un simple souvenir, était quelque chose de solide et de pesant puisqu'on donne 150 millions pour le déposer.
Nous l'avouons, ce langage que la France
devrait plus souvent parler, nous fait plaisir à
entendre, et ce n'est pas pur orgueil; en politique la hauteur et la force sont l'une à Fautre
effet et cause.
La France n'avait que des prétentions accessibles au litige. Les plus incrédules savent
que
ces prétentions étaient légitimes : qui pourrait
le contester quand Haiti le déclare?
Un traité eût donné à cette nation nouvelle
un titre qui ne pouvait plus être déchiré: nous
Favions irrévocablement reconnue. Ici notre
reconnaissance est conditionnelle : la conces-
orgueil; en politique la hauteur et la force sont l'une à Fautre
effet et cause.
La France n'avait que des prétentions accessibles au litige. Les plus incrédules savent
que
ces prétentions étaient légitimes : qui pourrait
le contester quand Haiti le déclare?
Un traité eût donné à cette nation nouvelle
un titre qui ne pouvait plus être déchiré: nous
Favions irrévocablement reconnue. Ici notre
reconnaissance est conditionnelle : la conces- --- Page 63 ---
(57)
sion tombe aux yeux de la justice
comme à
ceux du monde, si les conditions
ne sont pas
remplies.
On demande ce que nous ferions alors. Le
Roi déclarerait son ordonnance
abolie; et si
vouscroyez quenos droits étaient quelque chose
avant d'être consacrés
par l'aveu d'Haiti, ils
resteraient à tout le moins ce qu'ils étaient
auparavant : ils seraientde toute nécessité
chose de plus.
quelque /
On nous accordera sans doute
force dans le
qu'il y a une -
sentiment du bon droit, et en
conduisantleurs
troupes sur les rivages
s'il fallait en venir là,
d'Haiti,
nos généraux pourraient
mettre à l'ordre du jour : ces noirs défendent
une mauvaise cause : ce sont eux quil'ont dit,
Ily a mieux. : on pourrait alors courir les
chances d'une invasion; la
guerre ne serait plus
impossible parce que la paix non plus ne le serait pas. Les noirs verraient où nous
vénir
en voulons
: ce ne serait plus pour ce million d'hommes une question de vie et de mort,
Ily a donc une dignité véritable dans
l'acte
d'affranchissement : non pas cette dignité vide
et frivole, hochet puérile des vieux
pouvoirs., --- Page 64 ---
( 58 )
mais celle qui nait du sentiment du droit
la force, et qui les fait
et de
respecter. On objecte
qu'on eut, mieux que par cet air de commandement et de menace, servi les intérêts de la
jestér royale, si on ne l'eût
maticle I er à se trouver
pas exposée par l'araux prises,avec des difficultés
diplomatiques sans nombre, et à être contrainte de fléchir ou de tirer
Cet article,
inutilementl'épée.
par lequel le Roi de France
les taxes d'un étal
règle
de
indépendant, arrête le tarif
ces douanes étrangères,
conditions
prononce sur les
réservéesaux autres
est: en
effet d'une rédaction
pavillons,
mauvaise. Il était si simple de se borner à déclarer que les droits
par les vaisseaux français seraient
payés
duits de moitié
toujours résur ceux que paierait le
le plus favorisé après le nôtre. Mais pavillon
rien
ce vice n'a
qui puisse inspirer de sérieuses alarmes.
L'univers politique se compose de telles masses
aujourd'hui, que, pourl'ébranler, ilfaudra désormais des intérêts plus grands. Il n'est
qu'un ordre de différends
plus
qui puisse
ter une arène où les deux mondes ensanglantout entiers
descendront la première fois
qu'elle sera ouverte; et c'est ici le principal avantage del'or-
isé après le nôtre. Mais pavillon
rien
ce vice n'a
qui puisse inspirer de sérieuses alarmes.
L'univers politique se compose de telles masses
aujourd'hui, que, pourl'ébranler, ilfaudra désormais des intérêts plus grands. Il n'est
qu'un ordre de différends
plus
qui puisse
ter une arène où les deux mondes ensanglantout entiers
descendront la première fois
qu'elle sera ouverte; et c'est ici le principal avantage del'or- --- Page 65 ---
59 )
donnance royale. Nous en avonssignaléla fierté:
il faut maintenant en reconnaitre la
La France n'est
sagesse.
pas, par sa position continentale 2 indépendante de l'Europe
comme
l'Angleterre : elle ne l'est malheurensement
non plus par sa politique. La longue
pas
de la Péninsule
occupation
nous maintient dans ce
a de pis au monde, une
qu'il y
position fausse. Traiter
avec le gouvernement d'Haiti, c'était
de front les
heurter
principes de la Sainte Alliance, devantl laquelle nous affaiblit cette
c'était déclarerla
plaie saignante;
guerre au
gnol, qui revendique une gouvernementespaportion de Saint-Domingue, ce gouvernement
rétabli à main
9 que nous avons
armée, dont nous
titre d'amis,
occupons, à
d'auxilisires, de défenseurs, la
capitale etles places fortes.
L'Angleterre 7 en traitant avec
les autres
Colombie et
républiques d'origine
était, à tous égards, dans
espagnole,
leure. Outre
une situation meilmille
qu'elle n'était pas entravée
liens qui nous attachent
par
du cabinet de
aux perplexités
Madrid, elle ne faisait
mettre un fait.
qu'adNons, au contraire
pouvions négocier avec Haiti
7 nous ne
sans proclamer im
a --- Page 66 ---
Go )
droit, c'est-à-dire sans
opérer une véritable
révolution dans le système politique qui régit
l'ancien monde; sans donner, de prime-abord,
gain de cause au nouveau; sans prendre la
responsablilité de l'ébranlement qu'une telle
détermination pouvait communiquer? à l'Europe
entière. C'était là incontestablement de sérieuses difficultés. Le traité que nous avons dit
les affrontait toutes.
Mais le Roi n'a point traité avec les
nègres
insurgés. Le chef de famille a émancipé quelques-uns de ses enfans, et personne, sans doute,
ne songera au dehors à lui contester cette prérogative. Personne ne pourra se plaindre ou
même s'irriter de procédés
par lesquels nous
laissons indécises, tout en les murissant, les
grandes questions de droit public qui occupent
et partagent les deux hémisphères.
De cette manière, nous n'avons pas prononcé
sur le sort de la portion espagnole deSaint-Domingue, ets'ilya des inconvéniensd'ordre
commercial dans cette partie de la rédaction,
clauses additionnelles
2 des
que nous ne connaissons
pas y ont nécessairement pourvu. Cette lacune
ne nous paraitrait pas compenser un immense
laissons indécises, tout en les murissant, les
grandes questions de droit public qui occupent
et partagent les deux hémisphères.
De cette manière, nous n'avons pas prononcé
sur le sort de la portion espagnole deSaint-Domingue, ets'ilya des inconvéniensd'ordre
commercial dans cette partie de la rédaction,
clauses additionnelles
2 des
que nous ne connaissons
pas y ont nécessairement pourvu. Cette lacune
ne nous paraitrait pas compenser un immense --- Page 67 ---
( 61 )
En faisant valoir les
avantage d'ordre politique.
de PEsdroits de la France, on a respecté ceux
Le cabinet de Madrid ne saurait donc
pagne.
d'Haiti une hostrouver dans Paffranchissement
tronvera-t-il une leçon?
tilité. Pcut-être y
bons côtés de cet acte, qu'il
C'est là un des
issue au terrible défilé dans lequel
ouvre une
espagnol entre son
était presséle gouvernement
Le roi Ferdinand
impuissance et son orgueil.
et
enfin la situation-de son peuple
doit juger
L'Amérique est perdue
celle de ses colonies.
immense
Jui sans retour. Ce continent
pour
ily: a trois cents
élait presque désert ou sauvage,
le
aventuriers le conquirent :
ans ; quelques
ont grandi ;
a semé des nations qui
temps y
PEspagne n'est pas assez forte pour comprimer
croissance. Quand elle veut l'essayer, ses
leur
désertent; c'est elle qui
soldats et ses vaisseaux
rivamenacer ses
déjà voit les jennes pavillons
Qu'ellefasse comme nous, Quandles nègres
ges.
place parmi lesnadeSaint-Domingue prennent
inle chefdes fils de LouisXIVles
tions, quand
dans la grande fatroduit de sa main royale
mille des peuples indépendans 5, qui pourrait
la race de Christophe Colomb et
s'étonner que --- Page 68 ---
G2 )
de Fernand Cortez, unie à celle des
et des Incas.
Aztèques
2 prétendit au même privilége P
QuandHaiti obtient de la France
soient brisées,
que ses lisières
qui pourrait croire son orgueil
interressé à nier que le moment soit
tout un hémisphère de
venu pour
tutelle
secouer. 2 d'abjurer la
d'un coin de notre Europe?
Que notre
exemple enseigne à l'Espagne l'unique
qu'elle ait de puiser encore dans les moyen
Pérou et du Potose.
mines du
demain
Mais qu'elle se hâte ; car
ces mines auront des trésors
les peuples de la terre,
pour tous
excepté pour elle.
Nous nous sommes mis en mesure de lui
poser notre médiation, si elle a la
prosagesse de
nous écouter. Si cette grande
leçon est
elle n'aura pas le droit de se
perdue,
imitions
plaindre que nous
l'Angleterre, la Suède, les
le
Pays-Bas,
Mecklembourg, car nous ne pouvons rester
seuls éternellement
étrangers à ces richesses au
partage desquelles la fortune nous convie. Déterminé par le voeu des peuples, notre
ment entraînera les rois; ils
mouvede n'avoir
punirontlEspagne
pas su se plierà une transaction glorieuse, en se résignant au
de
spectacle
ce nouveau monde qui s'élève, et le plus grand
pro-
le
Pays-Bas,
Mecklembourg, car nous ne pouvons rester
seuls éternellement
étrangers à ces richesses au
partage desquelles la fortune nous convie. Déterminé par le voeu des peuples, notre
ment entraînera les rois; ils
mouvede n'avoir
punirontlEspagne
pas su se plierà une transaction glorieuse, en se résignant au
de
spectacle
ce nouveau monde qui s'élève, et le plus grand
pro- --- Page 69 ---
(63 )
cès des temps modernes se trouvera
retour comme sans
jugé sans
secousse.
Les considérations qui
tré
précédent ont démonsuffisamment que, si la couronne
procéder par un traité à la
pouvait
reconnaissance de
Saint-Domingue, l'acte
reproche.En
d'émancipation est sans
Le débat
faisant autrement, on a fait mieux,
se réfugie donc dans des
de
discussions
formes; nous dirions des discussions
mots, si une foule de questions,
de
les racines de
liées à toutes
notre. droit public, ne s'y rattachaient. pas. La main qui les soulève
sante. Il est des hommes
est puisde leur
qu'on pent destituer
pouvoir; mais, comme on ne les destitue pas de leur
génie, on ne fait
ter à l'empire de
qu'ajoul'éloquence le crédit de la
disgràce.
Voici les dernières
dans toute leur
objections, , ce semble,
force : l'ordonnance
17 avril est une
royale du
pièce sans caractère et
sans légalité. Elle ne remplit ni les
partant
d'une loi, puisqu'elle n'a
conditions
pas été votée par les
Chambres, ni celles d'un traité,
pas bilatérale
puisqu'elle n'est
: une seule partie la souscrite:
Qu'est-elle donc? De deux choses
l'une, ou on
--- Page 70 ---
64) )
reconnait le gouvernement d'Haiti, alors il fallait négocier franchement avec lui, et on ne l'a
pas osé; ou on regarde
Saint-Domingue comme
faisant partie du sol français, et on ne
fixer ses destinées sans le secours des
pouvait
De tous points la mesure
Chambres,
ewtinconstinstionnlls,
parce qu'elle prélève des impôts, fixe les taux
des douanes, dispose de la propriété des citoyens, fait plus enfin : aliène le sol
le concours de la puissance
français sans
législative.
Ces accusations sont graves. Si elles
taient la conviction dans notre
poresprit, voici
quelle serait notre réponse : L'ordonnance
est
peut-être un acte indéterminé dans ses formes,
comme la plupart des choses humaines; elle
ressent de la situation fausse et violente
se
France élait
oùt la
placée : mais qu'y faire? c'est une
choseutile à la France, sinon une chose
Les révolutions
légale.
'dantjamaisprémes, parles législateurs, on n'a pas insinucdinasecdoabmes
régulières pour les clore. Les temps en décident; témoin Ia Charte. Aussi, un homme d'esprit regrettait que l'ordonnance du 17 avril ne
s'appelàt point Charte
d'émaneipation; et lc
mot eût étéexcellents'il, eût été constitutionnel,
seutile à la France, sinon une chose
Les révolutions
légale.
'dantjamaisprémes, parles législateurs, on n'a pas insinucdinasecdoabmes
régulières pour les clore. Les temps en décident; témoin Ia Charte. Aussi, un homme d'esprit regrettait que l'ordonnance du 17 avril ne
s'appelàt point Charte
d'émaneipation; et lc
mot eût étéexcellents'il, eût été constitutionnel, --- Page 71 ---
(65 )
Lesrois de France ont
déposé le 4 mai
la
prérogative de donner des
Chartes,
Pressés de trouver un nom à cette
la sagesse
ceuvre de
royale, nous dirions
formule à l'usage des
que c'est une
princes
au
qui veulent céder
temps avec honneur et profit; mais
beaucoup mieux à dire.
ily a
caractères
L'ordonnance a des
légaux ; nous allons les
Commençons d'abord
assigner.
choses : ce qui
par y distinguer deux
regarde le
garde le dehors. Cette
dedans, ce qui refacile d'en fixer la
distinction nous rendra
sont
nature; car ces deux choses
toujours réunies dans les actes
tiques. C'est en effet
le
diplomaavec l'étranger. Tout pour pays qu'on stipule
acte
si ce qui touche à la
diplomatique est bon
forme aux intérêts de politique extérieure est contionnel
la France. Il est
si ce qui touche à la
constituest conforme
politique intérieure
au droit public des
L'acte
Français,
qui nous occupe est-il bon et constitutionnel? Sachons d'abord s'il
diplomatique.
est réellement
Ille sera si Haîti est un
ger pour nous; il ne l'est gouvernement étransont les
point si les Haitiens
sujets du Roi de France.
a --- Page 72 ---
66 )
Or, les Haitiens étaient nos sujets de droit;
eux-mèmes l'avouent. Mais ils formaient un
gouvernement étranger de fait, un gouvernement de fait antérieurà notre gouvernementlégal, celui auquel la restauration a donné naissance, celui dans lequel le Roi a déposé les
attributs de la puissance illimitée des derniers
règnes. Dans cette situation, comment les considèrerons-nous?
S'ils sont les sujets de la France, l'ordonnance d'émancipation est inconstitutionnelle
sans contredit d'un boutàl l'autre; car elle prélève, elle assied sur eux des impôts; elle les retranche même de la communion politique des
Français; et quand les amis du ministère objectent que la Charte donne au Roi pouvoir absolu
sur les colonies, ils prouvent seulement qu'ils
n'ont pas lu la charte. Son texte porte que les
colonies sont régies par des lois et des règlemens particuliers : Or,. le régime des lois
n'est pas celui du bon plaisir. Se peut-il. 1.que,
la onzième année de la monarchie constitutionnelle, on ait besoin de rappeler de telles
maximes?
Reste toujours la question : les Haitiens sont-
et quand les amis du ministère objectent que la Charte donne au Roi pouvoir absolu
sur les colonies, ils prouvent seulement qu'ils
n'ont pas lu la charte. Son texte porte que les
colonies sont régies par des lois et des règlemens particuliers : Or,. le régime des lois
n'est pas celui du bon plaisir. Se peut-il. 1.que,
la onzième année de la monarchie constitutionnelle, on ait besoin de rappeler de telles
maximes?
Reste toujours la question : les Haitiens sont- --- Page 73 ---
(67 )
ils les sujets du Roi de France P Et
tion, qui devait la résoudre?
cette quesDu moment qu'il y avait doute la
appartenait à la Couronne.
: solution
Voici pourquoi :
S'ilya avait doute, c'est que le fait etle droit
n'étaient pas d'accord. Le fait
Domingue dans la
plaçait Saintrieure.
sphère de la politique extéPar le fait, on ne pouvait
ses peuples que les relations
avoir avec
l'étranger,
de l'éranger à
c'est-à-dire des relations
tiques, et ces relations sont
diplomadomaine de l'autorité
essentiellement du
royale : elles
tiennentpas à sa prérogative
n'apparque le pacte fondamentale
suprème, parce
l'a voulu
l'a voulu. Ce pacte
parce que la nature des choses le
commande. Les Chambres
tervenir dans l'action
ne peuvent pas inde la diplomatic,
que le propre des affaires de
parce
est précisément
cette sorte
tradictoire
d'exiger tout ce qui est conà l'idée d'assemblée
circonspection,
délibérantes, 9
ménagemens, secret.
Seulement, cette grande initiative
prise par les Conseillers
une fois
Chambres
de la Couronne, les
rentrent dans leur droit
si l'acte
d'examiner
diplomatique qui est survenu a res2 --- Page 74 ---
68 )
pecté tout ce qui est sous leur garde
mune : et les intérêts et les droits de la comIls n'auront fait ni l'un ni
France.
l'autre, s'ils ont
pris pour des étrangers des Français,
Comment les Chambres
prononceraient-elles
sur ce débat? On le sait. Tout le monde
que dans la position des choses
avoue
on pouvait faire
un traité pur et simple. L'attitude
d'Haiti,
depuis trente ans 9 eût suflisamment motivé
cet usage de la prérogative
royale. Le
de prouver à Charles X,
moyen
le
malgré lui, que
président Boyer est au nombre de ses
jets!
suLa condition de l'ordonnance
donc fixée.
royale est
Quel sera son nom?
Les instrumens
diplomatiques sont de deux
sortes; les uns bilatéraux, tels
que conventions,
trèves, traités, etc. Les autres, de
propre
mouvement, tels que déclarations de
sommations
guerre, 7
9 manifestes, etc. Les premiers
tiennent à l'état de paix. Car les deux
parties,
comme dit Grotius, 2 se parlent en se donnant
la main. Les seconds tiennent àl'état de
Les deux
guerre.
parties se regardent en face, et ce
n'est pas pour discourir. L'une seulement
tels
que conventions,
trèves, traités, etc. Les autres, de
propre
mouvement, tels que déclarations de
sommations
guerre, 7
9 manifestes, etc. Les premiers
tiennent à l'état de paix. Car les deux
parties,
comme dit Grotius, 2 se parlent en se donnant
la main. Les seconds tiennent àl'état de
Les deux
guerre.
parties se regardent en face, et ce
n'est pas pour discourir. L'une seulement --- Page 75 ---
o
(69 )
s'adresse à l'autre afin d'offrir
ou d'implorer la
paix.
Ici évidemment le Roi de France
ne se donnaient
la
et Boyer
pas
main. Faut-il nous en
plaindre P
Ily avait état de guerre;
nier
car, dépuis le dercoup de canon tiré en 1804, nul traité n'a
rapproché les: deux pays. Nous aurions
sans violer le droit des
pu,
gens, embosserhier nos
frégates devant les ports
d'Haiti, et
ses remparts. Comment donc
foudroyer
deux
s'étonner que, des
parties, l'une seulement s'adresse à
treP Elles sont belligérantes;
l'auelles ne
tent pas: Dès lors Charles X
contracse montre sur lés
rivages de France à la tête de ses flottes
et de ses
armées; un parlementaire lance ses
dans le
injonetions
camp ennemi; à la vue du drapean
blanc, l'ennemi baisse les armes. Heureux
consentirà être traités
de
une dernière fois, après
quarante ans, du nom de sujets, à recevoir des
règlemens commereiaux, à
tion de
payer une contribuguerre, tout cela pour pacifier
ils répondent à ces conditions
l'avenir,
le Roi! vive la
par un cri de vipe
France On: ne sait si on a une.
manière de sentir à part; mais il
nous semble.
- 4
Rai --- Page 76 ---
(70)
que ce cri là doit retentir de notre côté de POcéan dans tous les coeurs.
L'acte du 17 avril est une sommation pure et
simple; elle a obtenu sans effusion de sang ce
qu'eut obtenu la victoire; sachons en jouir.
Nous n'avons pas le droit de nous montrer blasés
sur les victoires utiles à la France et à l'humanité. La sommation à laquelle Haiti s'est rendue
est conforme, en tout ce qui relève de la politique extérieure, aux droits des nations et aux
usages de la guerre, ainsi qu'aux intérêts de
la monarchie et à la prérogative du trône.
Reste à savoir si, pour tout ce qui regarde
la police du dedans, elle est conforme à nos
lois.
Ici, une question immense a été soulevée.Le
Roi peut-il, sans le concours des Chambres,
céder à l'étranger des portions du territoire national? D'un côté, on a le droit de paix et de
guerre, et le silence de la Charte; de l'autre,
ce principe que nul ne peut être distrait de ses
juges naturels, cette règle que la circonscription
des départemens ne doit être modifiée
que par
un acte législatif, les précédens des anciens
jours de la monarchie, enfin,
plus que tout, ce
-il, sans le concours des Chambres,
céder à l'étranger des portions du territoire national? D'un côté, on a le droit de paix et de
guerre, et le silence de la Charte; de l'autre,
ce principe que nul ne peut être distrait de ses
juges naturels, cette règle que la circonscription
des départemens ne doit être modifiée
que par
un acte législatif, les précédens des anciens
jours de la monarchie, enfin,
plus que tout, ce --- Page 77 ---
(71) )
à la pensée de
frémissement des coeurs français
des fautes d'un ministre làche
laisser dépendre
de peuples tout enou mal habile la déportation
de la
hors des limites, des lois, du nom
patiersl
les sollicitudes constitrie! Il est heureux que
de nobles esprits agitent ces princitutionnelles
nous accoupes, les exposent devantl'opinion,
Le
tument à les méditer et à les comprendre.
Le temps est le plus
reste ira de soi-mème.
sage des législateurs. d'établir ici, c'est qu'iln'y
Ce qu'il importe
Faut-il lc répéter
cession de territoire.
a point
iattacha P'ile de Christophe
encore? La chainequi
la faux du
Colomb à la France a été brisée par
le vent des révolutions en a dispersé
Temps;
mains ne les eussent pas rassemles débris : nos
des souvenirs dans
blés. Si le Roia revendiqué
ses
accuserez-vons
l'intérêt de notre prospérité,
d'avoir donné ou vendu Haiti, quand
ministres
droit, c'est-à- dire une
on n'a rien cédé qu'un
c'est-à-dire des chances de guerre,
prétention,
de retourner engraisser
c'est-à-dire la pensée
de notre or et de
les plaines de Saint-Domingue
des champs
soldats. On a cédé tout au plus
nos
pas encore;
de bataille où nous ne campions
2 R --- Page 78 ---
(72)
on a cédé des tombeaux qu'il fallait aller
quérir à deux mille lieues de
connous,
A vouloir se renfermer dans la
rigueur du
droit
constitutionnel, on trouverait que la
Charte n'a rien d'exprès sur cette
grave matière;
et à supposer ce que les Chambres sauraient
bien ylire au besoin, on rencontrerait
une autre
difficulté, subtile comme toutes ces objections,
mais curieuse.
Haiti n'a pas appartenu à la France depuis
que nous pouvons demander compte à l'autorité
royale de ses actes, Si le Roi de France voulait
céder la Navarre, réunie à la
Henri IV, deux
couronne par
règnes avant la réunion de
Saint-Domingue, en serait-il empêché par la
CharteP
De ses sables mouvans,
2 on passe à un sol
plus ferme. Une des conditions tutélaires du
pacte fondamental, est cet article qui veut
que l'Etat ne puisse réclamer le sacrifice d'une
propriété que pour cause d'intérêt public, l6galement constaté, etavec une
lable.
indemnitépréaC'est assez dire, ajoute-t-on, que la
Couronne n'a pu disposer légitimement des
biens des maîtres en faveur de l'esclave révolté.
ables mouvans,
2 on passe à un sol
plus ferme. Une des conditions tutélaires du
pacte fondamental, est cet article qui veut
que l'Etat ne puisse réclamer le sacrifice d'une
propriété que pour cause d'intérêt public, l6galement constaté, etavec une
lable.
indemnitépréaC'est assez dire, ajoute-t-on, que la
Couronne n'a pu disposer légitimement des
biens des maîtres en faveur de l'esclave révolté. --- Page 79 ---
- - -
(73)
Sans doute, et elle ne l'a pas fait. Comment
s'y fut-elle pris pour le faire, lorsque
trente années, le tribunal
depuis
des fils
quiadjugea le champ
paisibles de
l'Amérique, aux fils sanglans de T'Europe, le tribunal de la force l'a
transféré de cenx-ci aux enfans de
Le moyen de donner des
l'Afrique !
indemnités préalables
aujourd'hui, pour des désastres vieux d'un
quart de siècle ! Le moyen de faire
constater
légalement à une révolution la cause d'intérêt
public au nom duquel sa furie déplace,
on l'a dit si
comme
bien, 3 la borne de tous les héritages !
LaCharte a parlé de
propriétés, non de
ce qui n'est pas la même chose
droits;
nul
: la preuve c'est -
que
ne s'en contente; la
c'est
preuve encore,
qu'on ne donne pas le même prix d'un
champ et d'un procès. Ici le procès c'était la
guerre. Si vous établissez
Haiti, la France
que, pour traiter avec
daitobligéenvertude) la Charte
d'obtenir le sacrifice des prétentions du
en constatant la cause d'utilitép
créole,
loi préalable, dans
publique par une
quel dédale de conséquences
imprévucs n'aurions-nons pas à nous égarer?Il
résulte
d'aborldecepeinciper que la questiondi-
- a
- L --- Page 80 ---
(74)
plomatique à laquelle celle-la se rattache, devait
occuper d'abord les chambres; et une loi
lable sur des négociations
préaviolation de la
pendantes, seraitune
prérogative royale. Ce serait de
plus, nousl'avons vu, un impraticable
qui de nous voudrait du ministère
procédé:
à pareil prix?
Wlenrésltleque,ailst France
d'abord des créoles le sacrifice esttenued'exiger de
leurs
c'est elle qui leur doit
droits,
point
une indemnité, non
Haiti; et cette indemnité est
pas en échange des
due, non
n'est point la France propriétés, 2 puisque là ce
quiles a ravies et les
sède, mais en retour du refus
fait
posde les
que
la France
reconquérir
Il en résulte que la France doit la
créoles,
guerre aux
que c'est une servitude dont elle
peut se racheter que
ne
pour cause
constatée ct avec une indemnité légalement
d'oix viendrait
préalable. Et
ce droit extraordinaire? Nous ne
le savons pas. Où ménerait-ilPA
de bien simple, la confiscation quelque chose
de France
de la couronne
au profit des colons de Saint-Domingue. Ce sont eux qui ont le droit de consentir
à la paix, de déclarer la
tions tiennent
guerre.. Ces prétenà ce que Pon confond deux choses
ut se racheter que
ne
pour cause
constatée ct avec une indemnité légalement
d'oix viendrait
préalable. Et
ce droit extraordinaire? Nous ne
le savons pas. Où ménerait-ilPA
de bien simple, la confiscation quelque chose
de France
de la couronne
au profit des colons de Saint-Domingue. Ce sont eux qui ont le droit de consentir
à la paix, de déclarer la
tions tiennent
guerre.. Ces prétenà ce que Pon confond deux choses --- Page 81 ---
(75)
que nous avons distinguées au début de cette
longued discussion, quel'ordounance
même semble n'avoir
royale ellepas séparées, la chose
privée, ou la propriété des
colons, et la chose
publique, ou la souveraineté de la France.
La chose privée a péri par force
majeure : la
tempête soulevant 1 les flots a envahile
tout emporté; : l'état doità
rivage et
ses citoyens
sion et secours, rien de plus. L'étatne compasla guerre à la
faitpoint
tempête. , à l'incendie, à la guerre
elle-mème pour ravir à ces fléaux leur
engloutie; seulement il vient à l'aide des proie victimes, et c'est ce que l'honneur comme l'humanité nous commandait en faveur des
de cet Illion pour jamais détruit,
fugitifs
Inefaut pas se tromper surla naturedutribut
que promet Haiti : on pourra, on devra l'employer à cicatriser cette plaie douloureuse
dont
saigne Ia patrie même. Mais les I 50 millions
rantis à laFrance sont, comme les Somillions gala Louisiane, le prix de la
de
souveraineté; autrement quel eût été l'office du
cette intervention
monarque dans
singulière entre les
taires de droit et de fait; celui d'un propriéfondé de
pouvoir, sans douteP Ceci
suppose un mandat; --- Page 82 ---
(76) )
le mandat suppose le droit de le donner, de le
refuser, de le reprendre : et en effet, nous
voyons qu'on demande compte à la couronne de
sa délégation. Une fois encore, les sujets
prennent la place de prince, parce qu'on jette le
prince dans les inextricables résaux des intérêts
particuliers auxquels il ne doit pas descendre.
La vérité est quele Roi n'est le fondé de
voir de personne; il ne peut traiter
pou- des
que
questions d'état; il ne stipule qu'au nom du
pays et du trône: : il est le Roi.
C'est ici seulement que l'ordonnance royale
pourraitètre taxée avecquelque apparence d'expressions inconstitutionnelles, si elle ne devait
recevoir promptement, dans ses dispositions financières, Ia sanction de la loi. Les 150 millions
qui sortentdes coffres d'Haiti, pour entrer dans
les nôtres, deviennent des deniers publics; la loi
seule peut en déterminer l'usage dans le sens
des intentions royales. Ce sont là des choses de
telle évidence, qu'on ne saurait yinsister. Nous
eroyons qu'ily aura intervention des Chambres,
comme nous croyons qu'ily aura un budjet.
Nous pensons avoir prouvé ce qui est dans
notre conviction profonde 2 que l'émancipa-
sortentdes coffres d'Haiti, pour entrer dans
les nôtres, deviennent des deniers publics; la loi
seule peut en déterminer l'usage dans le sens
des intentions royales. Ce sont là des choses de
telle évidence, qu'on ne saurait yinsister. Nous
eroyons qu'ily aura intervention des Chambres,
comme nous croyons qu'ily aura un budjet.
Nous pensons avoir prouvé ce qui est dans
notre conviction profonde 2 que l'émancipa- --- Page 83 ---
(77 )
tion de
Saint-Doningue, éminemment utile
par le fond, n'est pas moins légale
forme, c'est-à-dire
par sa
qu'elle réunit toutes les
conditions d'une bonne, d'une
loyale
sage, d'une
politique. La France avait besoin de
Saint-Domingue;
l'industrie
Saint-Domingue est renduc à
française. L'acte, qui consacre cette
conquête, , a résolu le probléme, d'éleverHaiti
au rang des Etats libres sans outrager la
sainte
alliance, de concilier les préjugés de l'ancienne
France et les intérêts de la nouvelle,
clure une révolution
de consans sortir des voies
les. Là enfin, CharlesX,
légade ses
entraîné par le voeu
peuples à une grande concession, cède
comme le pouvoir doit céder; il
agit en père, il
parle en roi.
Onp peuta affirmerque cette transaction
conde en bienfaits
sera fépour la France; elle écarte de
nous sans retour le fléau d'une
guerre coloniale
qui, une fois follement allumée,
tendre d'un bout
2 aurait pu s'6des deux hémisphères à l'autre. Une multitude de Français
heur de vivre
qui ont le malexilés au coeur de laFrance, achèveront d'y retrouver une patrie quand ils auront
à la place de l'héritage lointain
de leurs pères
Bo - 4 f --- Page 84 ---
(78)
un toit modeste à léguerà leurs fils. I 50 Millions
viendront doter de capitaux inattendus notre industrie et notre agriculture, en même temps
que
1ah-ni-drai
Domingue, aggrandi par la liberté, promet à
notre commerce. Le mouvement, imprimé à
nos ports, se communiquera de marché en
marché,d'atelieren atelier jusqu'auRhin et aux
Pyrénées. Tout le monde sait que l'Angleterre
s'est trouvée avoir gagné à l'émancipation des
Etats-Unis, etla république de Washington n'avait pas fait pour Ia mère - patrie ce que les
affranchis de Sait-Domingue ont senti le besoinz
de faire pour nous.
La politique qui nous garantit tous ces biens
mérite nos hommages, parce qu'elle est appropriée aux besoins de notre gloire comme. de
notre prospérité. Elle est empreinte de cet CSprit de conciliation et de force sans lequel le
gouvernement français ne peutsemerautour de
soi que désordres, honte et malheurs; avec lequelil peut tout entraîner après soi, au dedans
et au dehors. La restauration est née avec le
devoir d'assurer nos destinées, c'est à dire les
siennes par l'autorité de la modération et de la
ée aux besoins de notre gloire comme. de
notre prospérité. Elle est empreinte de cet CSprit de conciliation et de force sans lequel le
gouvernement français ne peutsemerautour de
soi que désordres, honte et malheurs; avec lequelil peut tout entraîner après soi, au dedans
et au dehors. La restauration est née avec le
devoir d'assurer nos destinées, c'est à dire les
siennes par l'autorité de la modération et de la --- Page 85 ---
79 )
sagesse. La paix intérieure par l'alliance des
Bourbons et de la liberté, la
prépondérance
nationale par la paix extérieure, c'est-à-dire la
médiation et la neutralité armée, tout
est là
pour elle aussi bien que pour nous. Il
a dix
ans que nous répétons ces
y
maximes, et tout ce
qui se passe les a confirmées. La Couronne
les a pas appliquées une fois
le
ne
Prince
que
coeur du
ne dut être heureux de ce qu'il découvràit dans les nôtres,
L'émancipation de
Saint-Domingue est un
événement glorieux :
Tavenirlapprendra. Sans
défier l'Europe, Charles Xa fixéles destins de
l'Amérique. Il a fait, sans secousse
force du côté de la raison
2 passer la
et de la sagesse. Les
rois se demandaient s'il y avait
traiteravec
convenance à
tous ces peuples nouveaux.
nécessité.
Ilyaura
Ici se dévoile toute la grandeur de la
tion qui vient de nous occuper, Il
quesrien moins
ne sagit de
que del'ordre social tout entier, La
découverte de l'Amérique avait fait une révolution : ceci la consomme; mais elle n'a rien dont
se doivent effrayer les trônes. C'est une révolution qui se manifeste par les progrèsdes
arts, par
- 2
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les conquêtes du génie, par le développement
des jouissances de la civilisation ; qui fortifie
les pouvoirs en adoucissant les moeurs publiques, en ceboliswalindepoples: la même
qui multiplia autour de Louis XIVles prestiges
de la gloire littéraire, qui fait depuis cent ans
de la
Grande-Bretagne, 2 sous l'influence d'une
aristocratie habile, une terre d'opulence et de
liberté; la même enfin qui éclaira d'un
jour
nouveau le monde antique, lorsqu'à côté des
monarchies de l'orient, s'élevèrent sur un rivage opposé comme d'utiles rivales, les industrieuses colonies d'Athènes, de Carthage,de
Syracuse. C'est ainsi que la navigation heureuse
de Christophe Colomb a changé la face du
monde moderne; et à tout ce que cette grande
mine de tout un hémisphère va livrer de richesses à nos contrées, on pourra croire qu'elles
sont découvertes pour la seconde fois.
Gràces soit rendues au Prince dont le règne
verras'accomplir ces pacifiques merveilles !Le
commerce français n'a pas en vain élevéjusqu'a
lui ses doléances loyales il les a entendues; et
tel estl l'heureux destin d'un Roi de France qu'un
mot de sa bouche fait cesser les alarmes sur les
un hémisphère va livrer de richesses à nos contrées, on pourra croire qu'elles
sont découvertes pour la seconde fois.
Gràces soit rendues au Prince dont le règne
verras'accomplir ces pacifiques merveilles !Le
commerce français n'a pas en vain élevéjusqu'a
lui ses doléances loyales il les a entendues; et
tel estl l'heureux destin d'un Roi de France qu'un
mot de sa bouche fait cesser les alarmes sur les --- Page 87 ---
L L
(Sr)
deux rives de l'Atantique,
même de ses
rendheureux ceux
sujets qui ne vivront plus sous
lois, et ouvreà son peuple
ses
de prospérité. Ce
dessonromsprofomdes
règne qui commence à
ce règne, dont une politique
peine,
avoir pris à tache de
déplorable semble
d'attrister les
géner, de corrompre et
mir les trois commencemens, a déjà vus'afferbases sur lesquelles doit
l'avenir de notre patrie : la monarchie, reposer
plication la plus facile de la loi
parl'apl'hérédité; les formes de la fondanrentale de
ment
Charte par, un serauguste; ; enfin, cette
trielle et commerciale,
puissance indusdes sociétés
qui est le lien, le nerf
de
civilisées, par un acte mémorable
sagesse. Avec ces trois
sauvé, Des
choses, tout sera
passions et des fautes troubleront
encore le cours de nos destinées ; mais
passeront en même temps
cesmaux
que leurs
comme Ia reconnaissance
auteurs, et,
seul
des Français, le bien
restera.
FIN.
a LA - - --- Page 88 --- --- Page 89 ---
LIBRAIRIE D'ALEXIS
EYMERY,
RUE MAZARINE, No 30.
SOUS PRESSE:
LE MECANICIEN
de toutes les
ANGLAIS, ou Description raisonnée
velles,
Machines, Mécaniques, Découvertes nouInventions etPerfectionnemens,
gleterre aux manufactures et
appliqués en Anaux arts industriels
ce jour; suivis r"d'uneNomencdhaturen
jusqu'à
cédés nouveaux,
nombreuse de prosimples et à la portée des
moins exercéesaux
personnes les
naire
opérations manuelles; 2°d'un Dictionexplicatif des mots techniques
ouvrage, et mis en ordre
employés dans cet
pour servir de
aux mécaniciens en tous
Nanuelpratique
genres, aux fabricans, artisans,
entrepreneurs, constructeurs,p
à tous ceux veulent
propriétaires, et en général
qui
se livrer à une industrie manufacturière quelconque; ; par. Nicholson,
duit de
ingénieur civil; tral'anglais sur la dernière édition (mai
revue et corrigée, par
1825), et
Pierhugues, ancien
des
ponts et chaussées; avec cent planches
ingénieur
les machines,
gravées de toutes
mécaniques, etc.; cet
lité généralement
ouvrage, d'une utireconnue, aura 4 vol. in-8"; prix : 36fr.
pourles personnes quiseferontinserire d'ici au 15.
bre; passé ce terme, il sera de 40 fr. (Paraitra le 15 septembre.)
octoDICTIONNAIRE
SYNONYMIQUE DE LA LANGUE
FRANÇAISE, contenant : 1° les mots et les
de cette langue qui ont quelque
locutions
pour le sens et dont un très
rapport de ressemblance
point dans les
grand nombre ne se trouvent
ouvrages de cette nature qui ont
qu'à présent; 20
de
parujusl'explication ces rapports avec des
exemples tirés des Auteurs classiques ; 30 l'indication du
- 2 a A
septembre.)
octoDICTIONNAIRE
SYNONYMIQUE DE LA LANGUE
FRANÇAISE, contenant : 1° les mots et les
de cette langue qui ont quelque
locutions
pour le sens et dont un très
rapport de ressemblance
point dans les
grand nombre ne se trouvent
ouvrages de cette nature qui ont
qu'à présent; 20
de
parujusl'explication ces rapports avec des
exemples tirés des Auteurs classiques ; 30 l'indication du
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Di196
ehoix qu'on doit faire des uns ou des autres dans les différentes cireonstances; 4° Ja critique d'un grand nombre
dopliatonuyagmipes qui ont été données par les
Synonymistes, etc.; parM, C. Laveauz, auteur du grand
Dictionnaire de la langue française 3 publié en 1 820, et
du Dictionnaire des difficultés de la langue française dont
la dernière édition a paru en 1822; 2 volumes in-80 en
petit-texte à deux colonnes: : prix : 15 fr.
BIBLIOTHÈQUE PORTATIVE, ou GALERIE HISTORIQUE
DE TOUS LES PEUPLES ANCIENS ET MODERNES; contenant
leurs révolutions politiques, leurs découvertes dans les
sciences, leurs progrès dans les arts et la littérature; par
MN.lecomiedesépur,de l'académie française,Villemain,
de l'académic française; Abel Rémusat, Saint-Martin, de
lInstitut; Mazure, inspecteur général des études; Jay,
de Marchangy, de Salvandy, Amédée Jaubert, Charles
Nodier, le baron de Stassart, Léon Thiessé, Chatelain,
Bert, Lallement, de Marlès, Alphonse Barbe, Deppinh, etc.; avec cartes et gravures, par P. Tardieux ;
dédiéà la jeunesse et aux gens du monde; 50 vol. in-32,
sur grand-raisin vélin fin d'Annonay, fabriqué exprès,
caractère neuf de petit- texte, fondu pour l'ouvrage.
Prix : 150 fr.
LA VÉRITÉ SUR LES MARCHES OUVRARD, par de
Salvandy, 1 vol. in-80 ; prix : 5 fr. Cet ouvrage est l'histoire de l'administration dans la guerre d'Espagne. M.Salvandy en a dévoilé tousl les ressorts : en lisant cet ouvrage,
on saura à quoi s'en tenir sur la manière dont notre fortune publique a été administrée dans la Péninsule. Rien
n'est, du reste, plus curieux que ect opuscule, dont la
première édition a été enlevée en peu de jours.
IMPRIMERIE ET FONDERIE DE J. PINARD,
RUE D'ANJO0-DAUPRINE, No 8. --- Page 91 ---
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E763
L6515
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