--- Page 1 --- --- Page 2 ---
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Library *
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The John
Brown University
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Purchased from the
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Metcalf Fund
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Louisa D. Sharpe
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Hubr Carter Aroli
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Brount Hinibersing --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
DE LA DANSE.
PAI R
MOREAU DE SAINT-NÉRY,
GONSEILLER D'ÉTAT,
MEMBRE
DE PLUSIEURS SOCIÈTÉS SAVANTES
ET LITTÉRAIRES.
A PARME.
IMPRIMÉ PAR BODONI.
1801. --- Page 6 ---
) --- Page 7 ---
DANS E.
ARTICLE
EXTRAIT D'UN OUVRAGE
INTITULÉ:
NOTIONS COLONIALES,
PAR OTDRE ALPHABÉTIQUE, --- Page 8 ---
CET ARTICLE
A ÉTÉ RÉDIGÉ AU COMIMENCENENCEMENT
DE L'ANNÉE 1789. --- Page 9 ---
DEDIE
AUX CREOLES.
PAR LEUR ADMIRATEUR.
MOREAU DE SAINT-MÉRY. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
AVERTISSENENT.
Ce morceau ayant été lu dans
quolques Sociétés littéraires de
Paris, il en a paru des traits si
incorrects et si défigurés, que
l'Auteur a cru devoirle pablier
en entier et tel qu'il l'a composé
en 1789.
Cest un des nombreux articlesd'une espèce d'Eneyclopédie
Coloniale > entreprise dans le
dessein de familiariser l'Europe
avec des idées justes sur les Colo- --- Page 12 ---
nies, en les lui présentant dans
un ordre qui devait aider et simplifier les recherches, et qui ramenait souvent la comparaison
des diverses Colonies entr'elles.
L'adoption du titre simple de
Notions Coloniales était née de
la persuasion qu'un seul homme ne peut oser promettre un
ouvrage encyclopédique, et du
désir qu'avait l'Auteur d'exciter des plumes plus savantes à
perfectionner eti même à rectifier
ce qui serait sorti de la sienne.
Des obstacles de plus d'un
genre enchainent encore le zele
qui avait inspiré ce plan. --- Page 13 ---
DE LA DANSE.
Ticerait extrèmement ridicnle de chercherenelle a pn être l'origine de la danse,pnisqne ce serait lui en supposer une
antre que cclle de tous les grands mogvemens de l'ame qui appartiennent anx
passions. En effet, celni ui éprouve UI
transport d'allégresse,1 l'exprime pardes
mnouvemens semblables en tout a ceux
de la danse; ct si cette joie est comnune
aplusieurs individus, il est naturel Ive
s' unissant presque involontairement,
par les mnains, par les bras, d'nne manitre qailes enchaine en qpuelque sorte
I
poser une
antre que cclle de tous les grands mogvemens de l'ame qui appartiennent anx
passions. En effet, celni ui éprouve UI
transport d'allégresse,1 l'exprime pardes
mnouvemens semblables en tout a ceux
de la danse; ct si cette joie est comnune
aplusieurs individus, il est naturel Ive
s' unissant presque involontairement,
par les mnains, par les bras, d'nne manitre qailes enchaine en qpuelque sorte
I --- Page 14 ---
L'Amonr, ce grand précepteur, anra
dit à son tour que la voix mélodiense
d'une bergère ajontait encore quelque
chose ai plaisir. Enfin la déconverte
des instrumens de musiqne sera venue
préter à la danse des charmes inconnus
jasqn' alors, en la rendant plis animéc, -
en la prolongeant d'avantage; et Syrinx
plaintive sous les lèvres bràlantes du
Dieu Pan, aura porté dans l'ame, des
sensations nouvelles, et de nonvelles semences de volupté.
Ce tablean racconrci qui offre CCpendant nne longue suite le siècles,
uons mène à pressentir tousles progrés
e la danse. Nous concevons comment
se prétant anx caracteres des diver:
penples et mône anx idées des différentes classes du même penple, elle a pn
recevoir toutes les modifications; et ne
pourons-nous ras voir dans le mêmc
jour, la joie pure des habitans des
champs, qu'nae annsette on un violon --- Page 15 ---
discord fait sauter en rond avec des
mouvemens ne la légéreté ne conduit
la
enchanteresse des Gnipas, et magie
des Miller, des
mard, des Saulnier,
d'Auberval, des Vestris, des Gardel,
des Théodore; des Nivelon, des Laborie, dont les graces et la volupté, dirigent chaque pas. des danses solemLes anciens avaient
un caractère ananelles qui prenaient
célébrait,
logue aux personnages qu'on Tantôt
à l'évenement qu'on rappellait.
tantôt vives, quelaquefois présigraves, la
la plus austère,
dées par
pndenr T'alarmer; elles
d'antrefois capables de
tonjours on le génie d'un
peignaient
peuple, on ses opinions.
destinée
Qnelquefois la danse était
l'image des combats, afin
à retracer
le guerque jusqnes dans ses plaisirs,
rier pit nonrrir son ame des sentimens
quile faisaient voler à la gloire; etle
sonris d'une jenne beauté annonçait au --- Page 16 ---
Spartiate ynel serait le prix de ses CXploits. Un fait glorieux était reprodnit, de la même manière: sons les
Fenx d'nn penple tont entier, ct l'amonr de la patrie: réveillé dans les
coeurs avec tont le prestige des sens,
5 faisait répéter le serment de vivre et
de mourir ponr elle. Quel moren plns
pnissant ponr enflamner ces hommes,
qu'nn grand courage rend qnelqnefois
les bienfaiteurs de lenr pays, loremn'ils
sont assez veriaenx pour redouter euxmêmes d'en deveuir le fléau; que ces
danses on le triomphatenr senivrait
encore en contemplant la peintare de
ses belles actions, d'oi l'on avait fait
disparaitre l'affreux aspect dn carnage,
ponr ne donner à la victoire que des
charmes sédncienrs!
Il n'y a pas eu jusu'anx religions
gni n'ayent adopté des danses propres
à les maintenir, à les propager; o1 à
conserver l'idée de leurs bases primiti-
au; que ces
danses on le triomphatenr senivrait
encore en contemplant la peintare de
ses belles actions, d'oi l'on avait fait
disparaitre l'affreux aspect dn carnage,
ponr ne donner à la victoire que des
charmes sédncienrs!
Il n'y a pas eu jusu'anx religions
gni n'ayent adopté des danses propres
à les maintenir, à les propager; o1 à
conserver l'idée de leurs bases primiti- --- Page 17 ---
des danses célebres conves;1 le sonvenir
sacrées à Lacclus est arrivé jasqu'a
Le tems n'est pas encore trèsnous.
les Chrétiens mênes,
éloigné oi, parmi
certaines époques et dans des jours
à
etles fdelles
remarquables, les prôtres
la main, dansaient en
se tenant par
admettant à
rond dans les églises, en
les
d'une joie sainte,
cette expression
Inmble
timides dont le regard
vierges
montraient le
et les charmes innocens,
plus bel ouvrage de la nature.
La danse chez les penples civilisés
tontes les
est assujettie, comme presque
parties de leurs moeurs, anx
antres de la mode; tandis que les
caprices
pour me
penples simmples on sauvages;
servir de l'épithète que T'orgueil emà lenr égard, conservent une
ploye
sorte invariable.
dansc, en qnelque
d'idées offrant
Unc plns grande somme
la variété en
plns de combinaisons,
être T'attribut
tout genre ne pent gaère --- Page 18 ---
que d'nn peuple plns pertectionné; et
peut-être la danse des divers penples
ponrrait-elle servir; comnme d'échelle
graduelle; ponr connaitre leur degré
de civilisation. On sent, par exemple;
yunne vie nniforme, des jonrs consacrés presque tont entiers à se procnrer les premiers hesoins de la rie,
sont pen faroralles aux progrès de la
danse.
Cependant cette règle ne sanrait etre
regardée comme ahsolne, parce qu'elle
est encore dépendante et du cliinat
ct da genre de nonrriture de chaqne
penple.
Sons les Zônes me la nainre a livrées à nn froid excessif: elle n'a créé
me des êtres capables de lutter contipnellement contre elle, etde hraver
toutes ses rignenrs. Obligés de s'enzerrer, poar ainsi dire: pendant nn
long espace de tems, forcés par des
ents impétuent; et par tontes les agi- --- Page 19 ---
tations de l'atmosphère, à vivre prescommmnication les uns avec
que sans
qnelque chose
les antres, ils prennent
de la férocité des betes fanves anxquelles ils ont arraché leurs vétemens. En
l'homme de ces affreux climats
nn mot,
.
pnais la
n'a que la force en partage;
force prodnit la rudesse des inoenrs, ct
si elle n'éteint pas la sensibilité, elle
déliénousse du moins ces sensations
à la volnpté.
cates qui appartienueut
Comment la danse, cet tte fille dn plaisir,
au milien de
oserait-elle se montrer
glaces et de neiges presqw'éternellest
Dans les climats tempérés an conla renaissance des beaux jours
traire,
excite dans tons les êtres un mouvement
secret dont lc charme irrésistible senble procurer une existence nonvelle.
s'éclaircit, l'azur des cienx
L'horizon
reparait: la terre reprend sa verdure,
les prés commnencent à s'émailler, l'air
est devenn un baume réparatenr; par2
-elle se montrer
glaces et de neiges presqw'éternellest
Dans les climats tempérés an conla renaissance des beaux jours
traire,
excite dans tons les êtres un mouvement
secret dont lc charme irrésistible senble procurer une existence nonvelle.
s'éclaircit, l'azur des cienx
L'horizon
reparait: la terre reprend sa verdure,
les prés commnencent à s'émailler, l'air
est devenn un baume réparatenr; par2 --- Page 20 ---
IC
tont la rature est donce et suave; et
les fens de l'astre pui la féconde, embelissent encore ses brillantes draperies: tout semble avoir nne ame et
l'entr'onvrir au plaisir. C'est alors que
la jeunesse, henrense; mémne de son
inexpérience, vient folâtrer ati milien
des danses champètres, et goiter nn
charme délicieux, qni ne peut être
Traiment senti que par des cocurs innocens.
Il est cependant des penples pourlesmuels ce réveil de tont ce qui respire
est en quelque sorte perdn; ce sont
eenx mni, ne vivent que de la chasse
on de la péche, sont obligés de compter
le repos pour une jonissance réelle, et
qui ne connaissent et n'aiment que de
pénilles et utiles exercices. Mlais partont on lhomie est pastenr on nourri
Par les bienfaits de l'agricnlenre; son
ame plns donce:se préte inieux aux impressions du plaisir, et qnelle que soit --- Page 21 ---
I I
sa sinplicité, on lc trouve enelin à la
danse, et désirant le printens comme
l'époqne oit ellc semble lui être inspirée par le tahleau riant qui le frappe
de tonte part.
Cc n'est que dans les villes oit les
plaisirs enx-mnemes ont nn air apprèté,
qu'on a choisi pour la danse la saison,
des frimats. Les goiits y sont assez dépravés pour que celni des jonissances
simples fasse quelquefois place anx
folies du luxe, qui préside seul à des
bals que finitlngsieté.ponr aller briller
dans ceux oi elle estsûre d'être la compagne du plaisir. On semble cependant
regretter alors ue la nature soit revetne de deuil pour in long intervalle;
on croirait, à la peine qu'on prend pour
retracer le souvenir de ce mr'elle a de
séduisant,ponr se raniner dans cette espèce d'abandon, qn'on épie le retour du
printeus; mais non, c'est ponr les senles campagnes qu'il cst un bonheur; er --- Page 22 ---
les beantes de nos cités, tonjonrs trop
fréles O1 trop méthodiques pour aimer
le plaisir qui n'a pas une époque convenne, croiraient se rapprocher dn villageois, si elles prenaient la même
saison Ine lni, pour des fêtes qu'on
ponrrait appeler le plus sonvent nne
lutte d'amour-propre.
Mais c'est ponr les climats me le
soleil semble embraser, Tue la danse
parait avoir été créce. Par-tont c'est
n11 plaisir; là c'est une passion.Le sang
allumé par une chaleur presque continuclle, contient le geri C de toutes. les
roluptés, et dans lenr rapide existence,
les penples du Midi veulent compter
tons lenrs momnens par des jonissances.
Ce sont principalement ceux d'entre
enx qui sont agricnltenrs, qn'on voit
aimer la danse avec transport. Le plaisir est ni aliment qu'ils saronrent avec
délices. La nature, tonjours animée pour
enx, varie ses scènes, sans jamais quit-
é par une chaleur presque continuclle, contient le geri C de toutes. les
roluptés, et dans lenr rapide existence,
les penples du Midi veulent compter
tons lenrs momnens par des jonissances.
Ce sont principalement ceux d'entre
enx qui sont agricnltenrs, qn'on voit
aimer la danse avec transport. Le plaisir est ni aliment qu'ils saronrent avec
délices. La nature, tonjours animée pour
enx, varie ses scènes, sans jamais quit- --- Page 23 ---
I 3
ter Sa pounpe; hative, riche, prodigue,
elle les accable de ses faveurs; et coume ellc leur accorde, pour être juste,
moins de jours qu'il'homme des climats
glacés, on croirait qu'ils rcdoutent d'en
perdre un seul instant.
Ce que je viens de dirc du rapport
quiexiste entre la danse et le climat,
les mocurs et les habitudes d'un penple, est facile à vérifier par l'observation: : ct comme l'Amérique est l'objet
principal de mes recherches, il m'est
aisé d'y trouver des prenves de CC que
j'avance.
Ge serait en vain qu'on chercherait
la danse et ses vives agitations chez Ics
habitans des parties les plus Septentrionales de T'Amérique. L'Esquiman;
glacé malgré la fonrrure qui le couvre,
songe sans cesse â assurer sa snbsistance
pour la saison qui n'a que des tempétes.
Les penples qui avoisinent plns le Nord;
sont encore moins aptes ue l'Esmniman --- Page 24 ---
I 4
à tronver le plaisir dans la danse, enx
mue l'astre du jour réchanffe à peine,
enx mn'il semble fuir pendant de si
longs intervalles. Ce sort est commnn
à presque tons les habitans des mêmes
parallèles, et jamais le Lapon ne sera
cité commne nn amant de la danse.
Mais en parconrant l'espace compris
entre le cinquantième degréde latitude
et la ligne dn tropique, on trouve les
penples plus on moins livrés à la danse,
suivant leur climnat particulier, leurs
mours et la nature de leurs alimens.
Je ne parle pas seulement des Européens
qui ont transporté lenrs gonts dans le
Nonvean-Monde, mais des Indigènes.
En effet les sanvages du Canada, du
Mississipi, et de tont ce vaste Continent, se livrent quelquefois à des danses, oir l'on distingue le caractère du
farouche Algonquin, celui du fier Nat-.
chez, et jusqu'a la furenr de qnelques
hordes qui, semblables à l'ancien Virgi- --- Page 25 ---
I 5
nien,font éclater leur joie cruclle à la
vie dc sacrifices humains. Ainsi l'ame
de chaque peuple se peint dans sa danse, et rien ne prouve nieux que cette
diversité mémc, qu'elle a l'origine que
je lui ai attribuée. Mais tandis que la
férocité des uns est l'unique cause de
la dénonstration d'une joie sanguinaire,
les antres plus doux, parce mu'ils tronvent dans les travaux de la culture une
partie de leur nourriture, se livrent
à des plaisirs tranquilles. La danse est
pour eux un délassement, ct sans la
guerre qui les rend tonjours atroces
pour leurs prisonniers, ils n'exprimeraient pas, de la ême maniére, ct la
satisfaction barbare qu'ils trouvent à
les immoler, et le plaisir pur qui les
anine quelquefois.
Une observation générale nous apprend que la danse de tous les peuples
sauvages, compris entre le vingt-cinquième et le cinquantième degré, est
des plaisirs tranquilles. La danse est
pour eux un délassement, ct sans la
guerre qui les rend tonjours atroces
pour leurs prisonniers, ils n'exprimeraient pas, de la ême maniére, ct la
satisfaction barbare qu'ils trouvent à
les immoler, et le plaisir pur qui les
anine quelquefois.
Une observation générale nous apprend que la danse de tous les peuples
sauvages, compris entre le vingt-cinquième et le cinquantième degré, est --- Page 26 ---
I 6
tonjours triste et monotone. Un tambour sur leqnel on frappe, et quelques
chansons quiimitent assezla psalmodie,
sont les excitateurs de monvemens oit
la force et le ridicale ont seuls qnelque
part. C'est sur-tont depuis gne l'insatiable enpidité des Européens a donné
le goit inmodéré des liqueurs fortes à
ces hommesdontilf fallait plntôtadoncir
qu'irriter les passions, mue leurs danses
sont devenues encore plus Ingabres,
et qu'elles ont été la cause de divisions,
de querelles et de combats.
Maintenant si nous considérons les
habitans qui sont entre les tropiques,
nousles trouverons charmés de la dause,
et s'y livrant avec plus ou mnoins de
volupté; car il est encore vrai, par
rapport à eux, que la température locale, et leur genre de vie influent sur
ce plaisir comme sur tons les traits de
leur caractère. La Guyane suffit senle
pour faire cette preure; paisque les
a --- Page 27 ---
I 7
Indiens chasseurs y sont pen disposés à
la danse qui serait presque une fatigne
notvelle pour eux, tandis que les Indiens caltivateurs la chérissent et la
compteut an nombre de leurs plaisirs
lcs plus doux.
Tout confirme donc ce fait, ue la
danse cst une sorte de frénésie, pour
les êtres soninis à l'action plus directe'
et plus constante de l'astre du jour: ils
s'y livrent sans réserve, et lorsqu'elle
amène la fatigne, le désir qui subsiste
encore n'atténd que de nouvelles forces
ponr reproduire les mnéines jouissances.
On a nne nouvelle preuve dc cette
influence du climat dans les Colonies
de l'Amnérique, en comparantles danses
de leurs habitans avec cclles de lenrs
différentes métropoles Européenues.
La mode y mnontre, à cet égard, antant d'empire yne dans ces métropoles
mémes; c'est-à-dire, ne dans les Colonies franeaises, par exemple, le me3 --- Page 28 ---
I 8
nnet a en son règne; Puis la contredanse à rigandon, OIL à pas-d'allemande.
Tantôt c'est l'anglaise qui ravit les
suftrages; tantôt il fant savoir valser
et faire des jetés-batus, O1 renoncer
à fignrer parmni les danseurs à réputation. Mais ce qui appartient au climat,
c'est la vivaeité, c'est Ia durée de la
passion pour la danse, c'est l'ardeur
avec laqnelle on cherche àla satisfaire,
et la crainte qu'on a d'en perdre nne
seule occasion.
Ccs créoles à maintien langonrens,
dont l'indolence semble être le goit
dominant, prennent 11 nouvel être an
bal. Dans tons leurs mouvemens est
une grace naive et tonchante; leurs
regards sout animés, on y voit naitre
et briller la volupté; pressant encore
de lenrs pas légers une anesure que les
Européennes auraient peine à suivre,
on eroirait u'elles redontent de ne pas
attcindre le plaisir pui les entraine
cs créoles à maintien langonrens,
dont l'indolence semble être le goit
dominant, prennent 11 nouvel être an
bal. Dans tons leurs mouvemens est
une grace naive et tonchante; leurs
regards sout animés, on y voit naitre
et briller la volupté; pressant encore
de lenrs pas légers une anesure que les
Européennes auraient peine à suivre,
on eroirait u'elles redontent de ne pas
attcindre le plaisir pui les entraine --- Page 29 ---
vers lni. Et qu'on ne croye pas que la
chaleur soit un obstacle à nue aussi
vive jouissance, les fcux du climat
deviennent cenx du désir. On murmure
quelquefois contre la trop courte durée
des nuits passées an bal, et contre le
retour du soleil, qui avertit qu'il faut
enfin goûter Je repos. Dans l'intervalle
d'nn bal à un antre on sc plaint fréquemnent d'une longue attente qui
serait insmpportable sans les soins que
procure lc projet de briller dans nn nonvel ajustemnent. Un goitt exquis veille à
son accomplissement, et tout ce que des
vêtemens légers penvent encore ajonier
il'élégance des femmes des pays chauds
est mis en nsage. Ah! puisqne plaire
est ponr ce sexe charmant le bonhenr
suprème; sachons lni gré de tant de
recherches pour arriver à ce bonheur
pui assure le nôtre!
Mais qi pourrait décrire tons les
ononvemens qui se succèdent ctse con- --- Page 30 ---
tondent dans le cocur de cette jeune
Créole, àlaquelle la naturesemblecreir
tont Prodigné pour séduire, lorsqu'en
arrivant an bal, tons les regards se tournentvers elle! Un art enchanteur a pré.
sidé à sa toilette: et il l'a d'autant
mienx servie; qn'ila STL se cacher dans
son propre triomphe. Il n'est pas une
fleur, pas nn nccud, qui ne doive s2
placeiuned étndeheurense, etl'on croirait ue le hazard a tont disposé. Elle
inspire la volupté, et ses yenx yni la
peiguent, sont encore embellis par le
charine que la décencesaity méler. Sort
miroir lai avait dit jnsqu'à quel point
elle était touchante; mais les éloges Tni
l'environnent sont nn hommage pnille
fois plus doux.
Ces éloges redoublent à l'instant oit
le son des instruments fait éclore de
nonvelles sédnctions. Un Pas léger, nn
bras flexible, une taille srelte, des mouemens faciles et gracienx, la rendent --- Page 31 ---
encore plus dangereuse. Peu-à-pen sou
teint: se colore, ses yeux décèlent l'émotiou de so1 ame, elle ne garde bientôt
plus de sa preciense timidité, mue ce
pur'il en faut pour qu'elle paraisse encore plus belle.
Quelcharme puissant le plaisir a nis
dans la dause! Ces mains qui se touchent, ces bras qui s'entrelacent, sont
antant de condnctenrs électriques à
J'aide desquels il produit ltnl effet aussi
prompt yue sitr. Et comment l'aine
échopperait-elle à d'aussi délicieuses
scisations, que tout favorise i l'envi?
Déjà l'an des sens est vivement émn
par le brnit des instrnmens; la vue est
flattée de tout ce que la mode a fait inventer pour elle, de tout ce qn'nn bal
réunit d'attraits dans les beautés qu'il
rasscmble; l'odorat est charmé par les
parfums que la toilette emploie; et
nand toutes ces canses sont aidées par
la sensation de la danse même: lenr
ieuses
scisations, que tout favorise i l'envi?
Déjà l'an des sens est vivement émn
par le brnit des instrnmens; la vue est
flattée de tout ce que la mode a fait inventer pour elle, de tout ce qn'nn bal
réunit d'attraits dans les beautés qu'il
rasscmble; l'odorat est charmé par les
parfums que la toilette emploie; et
nand toutes ces canses sont aidées par
la sensation de la danse même: lenr --- Page 32 ---
puissance est presqne irrésistible. Qne
l'amour la connaît bien cette pnissance,
que son empire est grand dans un bal,
et qn'il l'y exerce avec de nombrenr
enccès!
Et comnent en serait-il antrement?
Cette jeune beauté à quinne mnère pradente et même sévère, répête sans cesse:
quela timidité estl'apanage de son sexe,
à quil l'on est tonjours prêt à reprocher
une légéreté, nne inconséquence,
que
l'on environne de soins pour la garantir de mille propos flatteurs : est
cependant conduite dans un bal comme
ponr y faire nne expérience contraire.
Le maitre à danser lui a dit pn'on devait fixer d'un air aimahle celni avec
lequel on danse;i illuia enseigné toutes
les graces de ces attitndes qni égarent
l'inagination; sa main qa'elle sait bien
yu'un hoinme ne doit pas toncher; est
cependant tonchée et meme pressée an
hal par nne heureuse main; dans les --- Page 33 ---
courts repos d'une contredanse, clle ne
pentpas empècher-que son danseur ne la
trouve charmante, ne le lui dise, ct ne
le lui répète.. Jc sais bien quel'esprit se
défend et échappe à tant de périls; inais
si le coeur trouble et égare l'esprit?
Ah! il faudrait n'avoir jamais dansé
avec l'objet qu'on aine, pour ignorer
la force de ce magnétisme trop réel.
Qui n'a pas di u11 succès quelconque à
ce plaisir oit l'ame est conduite à une
sorte de délire! En vain les meres atten:
tives ct les éponx jaloux reduubleront
de sarveillance; qu'ils sachent bien gne
s'il existe des bals, les objets qui Jeur
sont chers y inspireront des sentimens
tendres, et [n'on n'est pas toujours insensible anx maux qu'on a causés.
L'influence de la danse est généralementconnne dansl les Colonies, sur-tont
lans celles oii l'on a adopté l'nsage de
choisir le carnaval pour le tens des
hals. On y dit, loraque cette époe --- Page 34 ---
*pproche, yne le tems des mariages
avance; car l'on a vérifé que c'est att
bal que commence le projet d'uu grand
nombre d'unions; peut-être méne seraitil juste d'attribner à ce motif qmelqme
chose de l'eimpressement - qu'on montre
alors pour la danse.
Ceserait ici le moment de citer nn
usage que j'ai observé dans quelques
Colonies, et notamment à Saint-Domingue: c'est celni de se livrer dans le
carnaval à une dépense d'ajnstemens
qui contraste quelquefois arec la fortune des jeunes personnes qni en sont
l'objet. On vent, je le sais, les rendre
encore plus attrayantes, et leur Préparerla concnéte d'un mari: mais j'oserai dire gne ce systôme en a peut-être
éloigné plus d'un; et l'homme raisonnable qui remarque nn goitt de laxe et
de dépense pu'il craint de ne ponvoir
pas satisfaire, réeiste à sa propre inclixation.
dépense d'ajnstemens
qui contraste quelquefois arec la fortune des jeunes personnes qni en sont
l'objet. On vent, je le sais, les rendre
encore plus attrayantes, et leur Préparerla concnéte d'un mari: mais j'oserai dire gne ce systôme en a peut-être
éloigné plus d'un; et l'homme raisonnable qui remarque nn goitt de laxe et
de dépense pu'il craint de ne ponvoir
pas satisfaire, réeiste à sa propre inclixation. --- Page 35 ---
Jugez donc de ce qu'il doit penser
dans les lieux oit l'on a vn des femmes
assez orgueillenses, on assez ridicnles,
ponr affecter de chauger jusqu'à cine
fois d'habillemens dans le meine bal,
et croire qa'elles auraient à rougir si
l'habillenent qu'elles avaient montré
dans un bal, avait jamais reparn daus
UIl antre! Co n'est pourtant pas à de
jeunes Créoles qne leur amour propre
abuse trop facilement, que j'adresse cc
reproche, mais à des parens qui devraient penser que celle qui est destinée à devenir mère de famille, inspire
pen le désir de l'adopter à ce titre,
Juand cllc montre des goits et fntiles
et dispendieux.
Antrefois le plaisir de la danse était
affaibli par une antre espece d'amourpropre qui - avait fait inventer nn cérémnonial ponr tons les bals particnliers.
Il fallait une grande methode ct inéme
des recherches pour arrèter par quil
--- Page 36 ---
bal derait être ousert, et dans qnel
a
ordre chaqne invité derait danser son
premier menuet. Ily avait ULII maitre
des cérémonies; quelqnefois même plnsienrs, dont les fonctions étaient tout
àla fois pénibles, désagréables et inême
dangerenses: pénibles, parce qu'il fallait veiller sans cesse à ce que la liste
fit suivie; désagréables, parce qu'il
était presque impossible que quelque
douairiere ne prétendit pas qu'on la
faisaitdanser horsde son rang, et après
nne fernie dont elle faisait alors la
généalogie avec des notes d'antant plns
critiqnes, Gue la préiérée était plus
jolie; dangerenses, parce que tous les
mécontentemens rejaillissaient sur le
maitre des cérémonies, qu'on chargeait
Tuelquefois de défendre l'entrée du bal
on à des personnes non-invitées, On
anx masques; et que dans des lienx on
l'on a la passion de la danse, et oir l'on
n'est Pas exempt de ansceptibilité, on --- Page 37 ---
endure lifficilement un pareil refus.
Anssi tel maitre de cérénonies était-il
obligé d'aller compromettre sa vie pour
soutenir la dignité de sa plaec.
Enfin l'on a senti pu'un divertissement n'était pas mn cours d'étiquettes,
et depuis long-tems,apris quelesgrands
parens ont feint de commencer un mnennet et se sont embrassés, des contredanses se forment sans choix. C'est an
maitre et à la maitresse de la maison
à veiller à ce que tout le monde se livre
à l'amusement. Si quelque dauseuse est
délaissée, un jenne parent, nnami complaisant se dévoue et promène, du
mnoins, celle ai ne sait pas que le défaut de charmes on de graccs est irremissible an bal.
Craint-on Tue l'ardenr des danseurs
ne les trompe, 011 supprime par intervalles mnelques-nnes des contredanses;
on fait danser des mnenuets on par des
personnes d'nn àge mir, qui, prenant
usement. Si quelque dauseuse est
délaissée, un jenne parent, nnami complaisant se dévoue et promène, du
mnoins, celle ai ne sait pas que le défaut de charmes on de graccs est irremissible an bal.
Craint-on Tue l'ardenr des danseurs
ne les trompe, 011 supprime par intervalles mnelques-nnes des contredanses;
on fait danser des mnenuets on par des
personnes d'nn àge mir, qui, prenant --- Page 38 ---
ainsipart à la joie commnune, l'excitent
encore, OIL par des danseurs dont les
talens sont capables d'obtenir des applandissemens, malgré Ja sévérité avec
laqnelle on s'est accoutminé à juger le
menuet depuis qnelques années. Lorsqnel'on voit qnc les dansenrs) n'ontplus
que dn conrage, lorsque des dansenses
parlent de retraite, ce qui estnne espèce de signal pour toutes les autres, les
Allemandes, I'Anglaise, on le menuet
Congo, viennent encore employer gnelues heures qui ne sont ni les moins
gaies, ni les moins rapidement employées.
Le bal cesse enfin, et telle dansense
quia pris une place ponr le commencer, ne la quitte que parce qn'il a fini.
Les embrassemens des jeunes personnes
sont accompagnés de promesses de se
tronver an premier bal projetté, et
chacune d'elles va reposer des attraits
quelafatigne rendencore plustonchans,
C --- Page 39 ---
et anxqucls le plaisir a donné m caractérc encore plus séducteur. Heurenx
l'amant qui ramène celle qu'il aime, et
quia épronvé que la danse cst nne des
inventions les plus propices à l'amour!
Plus henrenx encere, celui qui tronve
la volupté dans ce tronble dcs sens, et
qui sait tont ce qu'nn bal pent ajouter
an bonhenr qu'on pent goiter avec une
jolie Créole.
Comme la passion de la danse est
quelquefois nnisille à la santé dans nn
climat on les veilles sont pénibles, et
qn'il était difficile de faire goiter, sur
ce point, les préceptes lcs plus évidens,
on a imaginé à Saint-Domingue, depuis
l'année 1780, de snbstituer aux hals
pnblics de nnit, des hals appellés Redoutes, ni ont lien deux fois par scmaine, et qui ne dnrent que depuis
cing heures du soir jusqn'à neuf. L'ainnsement est noins long, mais plns
fréquent, et les méres n'ont plus le --- Page 40 ---
prétexte de la fatigne des nuits ponr
a
ne pas aller au bal. J'ai va de ces rcdontes au Cap-Français, on, parmi
guatre-vingt femmes, il en était nn
grand nombre qni auraient rendn un
choix très-difficile, même pour le Saltan le mieux instrnit des perfections
Tn'il croit que Mahomet Ini réserve
dans les célestcs Honris.
Antrefois le plaisir de la danse était
plus fréqnent, parce que la réunion
simple et sans apprét-dequelquemuelquesjeunes
personnes ct de qnelqnes instrnments
formait nn bal. Mais à mesure que le
luxe a étendn son empire,on plntôt ses
ravages, on a vu disparaitre ces ainnablesammsemens; l'on n'a plns dansé qne
dans des fétes somptuenses, on dans des
bals publics, oi l'esprit des sociétés particulières ou Coteries, se reproduit,
entretient et nourrit des rivalités,et offre nn grand rassemblement, oir chaimne
société particnlière s'isole des autres.
-
bal. Mais à mesure que le
luxe a étendn son empire,on plntôt ses
ravages, on a vu disparaitre ces ainnablesammsemens; l'on n'a plns dansé qne
dans des fétes somptuenses, on dans des
bals publics, oi l'esprit des sociétés particulières ou Coteries, se reproduit,
entretient et nourrit des rivalités,et offre nn grand rassemblement, oir chaimne
société particnlière s'isole des autres.
- --- Page 41 ---
L'affabilité sociale, la politesse mème,
y ont cncore perdn quelgne chose, et
l'on en a la prenve dans les scènes trop
communes des derniers jours du carnaval, oit les bals de nnit qui ont licn
alors, offrent un grand concours de
masques, dont presque tout le rôle consiste à reprocher anx différens petits
cercles qni se sont formes dans les bals
précédens, et quelquefois avec amcrtume, les torts dont on croit avoir réciproquement ise plaindre.
Sans l'ascendant des personnes raisonnables la danse nc se rallentirait
pas mômedans la saison la plus chaude,
ctl'on pent s'en convaincre par la conduite des affranchis et des esclaves qui
ne connaissent pas cette salntaire mnodération. On doit la considérer comme
nne vertn réelle dans les colons blancs,
qui donnent lien à nne double observation; la première, qu'on pent retrouver chez eux des nuances du caractère --- Page 42 ---
national, en ce que le colon Anglais
danse moins ue le colon Français,
l'Espagnol, plus que l'Anglais; et la
seconde, que les Créols se livrent tonjours avec plus d'ardeur à cet exercice,
que les Européens de la nême nation.
Les affranchis et leur descendance
aiment anssi la dansc avec transport.
Ils suivent exactement les blancs dans
le choix de leur danse, et la mode leur
est commune sur ce point. La danse a
cependant en jasn'ici un clarme de
plus pour enx, c'est qu'elle ne leur est -
pas toujonrs permise; et la difficulté
est un grand assaisonnement pour le
plaisir.
Dans certaines Colonies, les affranchies négresses ne dansent jamnais p'entr'elles, parce que les autres ne les ad.
mettent point à leurs divertissemens.
Il n'estpas étonnant.que dans des lienx
oit tous les avantages appartiennent à
une senle nuance, les autres individis
pendant en jasn'ici un clarme de
plus pour enx, c'est qu'elle ne leur est -
pas toujonrs permise; et la difficulté
est un grand assaisonnement pour le
plaisir.
Dans certaines Colonies, les affranchies négresses ne dansent jamnais p'entr'elles, parce que les autres ne les ad.
mettent point à leurs divertissemens.
Il n'estpas étonnant.que dans des lienx
oit tous les avantages appartiennent à
une senle nuance, les autres individis --- Page 43 ---
tirent vanité de s'cn rapprocher, etpar
conséquent quele mélange avec le sang
blanc lenr inspire quelque idée de SILpériorité.
II cst 1111 autre orgneil qui a aussi sa
bizarrerie, c'estque, 1 soit dans les lieux
oit les affranchies de toutes les muances
se inélent entr'elles,soit dans les Colonics, oit des mances affaiblies forment
des classes, il y a des bals oir les femnmes
affranchies ne damemigevecdoblsars
sans qu'elles venillent y recevoir les
hommes de la ménne teiute qu'elles.
Pour que les bals des femmes de couleur pussent offrir un caup-l'acil agréable, il fandrait quelles cessazseut de
croire pu'elles doivent faire indistinetement usage des ajustemens employés
par les blanches. Comment nC pas voir,
Jorsue la nnêne ilear n'cmbellit pas
égalennent, et la blonde langourense, et
la brune piquante, que de pius grands
contrastes veulenc encure de plus grauds
--- Page 44 ---
inénagemens? et pourquoi ne pas avoir
sa coquetterie à soi? Il faudrait encore
qu'elles fussent persnadéesquel l'analogie
des mouvemens n'est pas une véritable
imitation, et qu'on a besoin d'étudicr
ces balancemens, ces petits-pas et ces
tableaux que lesgraces ont inventés, et
queles graces seules penvent reprodnire.
Au surplus, elles dansent pour elles,
elles sont ravies de danser, et telle est
leur aptitude naturelle, telle est la
justesse de leur oreille, que le moindre
soin d'nn maitre en ferait dcs écolières
que beancoup d'Enropéennes n'égaleraient pent-ètre pas. Elles commencent
à le savoir, et l'on connait déjà lcs répétitions oit l'on va chercher des leçons,
pour tâcher de rémir aux jouissances du
bal, celles de l'amour-propre, ce patrimoine de l'espéce humaine, sans distinction de nuance. N'est-ce pas l'amourpropre, par exemple, mai leur inspire
l'idée d'arrèter qne dans nn deleurs bals --- Page 45 ---
on n'entrera mn'habillé en taffetas, dane
un antre, pr'avec de la monsseline, et
dansun antre encore, qu'avec du linon!
Parmi les esclaves il en est: comme
lesdomestiques des villes, quisans cesse
rapprochés des blancs, témoins de tous
leurs amnsemens, et traités d'une manicre privilégide, à cause de mille circonstances mne la domesticité mème fait
naître,se considèrent comme nne classe
intermédiaire entre les esclaves et les
affranchis, et qni adoptent dans beauconp de choses les moenrs de ces derniers.
Leur danse est donc la même qne celle
des blancs, avec les différences pisnantes que la nature même des personnages
y introduit; on leur permct de se rénnir entr'enx. Il faudrait avoir vu ces
bals pour en concevoir toute la singularité, et Calot on Teniers auraient bien
égayé lenrs pinceaux, s'ils avaient pn avoir ces scenes grotesques à reproduire.
les
affranchis, et qni adoptent dans beauconp de choses les moenrs de ces derniers.
Leur danse est donc la même qne celle
des blancs, avec les différences pisnantes que la nature même des personnages
y introduit; on leur permct de se rénnir entr'enx. Il faudrait avoir vu ces
bals pour en concevoir toute la singularité, et Calot on Teniers auraient bien
égayé lenrs pinceaux, s'ils avaient pn avoir ces scenes grotesques à reproduire. --- Page 46 ---
Le nezre,lorsge'ily'ent préservéde la
folle manie de singer, a nne dause qui
lui est propre, et qui, apportée origiaaireneatdf-Afrigne,s nng grandcharme
pour les hommes nes dans cette partie
du nonde. Les negres créols la chérissentanssi,parces qnec'estcelle qa'ils ont
connne depuis Ia plns tendre enfance.
Les peuples Africains me servent encore ici de prenves de la passion qn'ont
pour la danse les habitans placés entre
les tropiques, paisu'ils sont tous sensibles à ce plaisir avec les Proportions
quej'ai annoncees comne dépendantes
dn genre de vie et de la nonrriture.
Les nègres de la Cote-d'Or, belliquens,
sangniuaires, accontnmés atr sacrifices
hunains, ne connaissent qne des danses
féroces comme etx. : tandis que le Gongo,
le Séuegalais et d'antres Africains pàtres 011 enltivateurs, aiment la danse
comne un délassement, comnie une
source de volaptés. Amenés de tontes --- Page 47 ---
lcs parties d'Afriqne daus 110s Colonies,
dont le clinat estanalogue an leur, les
nègres y apportent et y conservent Jeur
penchaut pour la danse, penchant si
puissant, yue le nègre le plus fatigné
parle travail, trouve toujonrs des forces pour dauser et même ponr aller à
plnsieurs lienes satisfaire ce désir.
Quand les nègres veulent danser, ils
prennent denx tambours, c'est-i-dire,
deux espèces de tonncauxdsnégales Iongueurs, dont l'un des bouts reste onvert,
tandis que l'autre reçoit tine pean de
monton bien tendue. Ces tambours
(dont le plus court se nonime Bamboula, parce qu'il est fait qpuelquefois
d'un tres-gros hambou pu'on a crensé),
raisonnent sous les coups de poignet et
le monvement des doigts du nègre qui
se tient à califourchon sur chaque tamhour. On frappe lentemnent sur le plus
gros, et avec beaucoup de vélocité sur
l'autre. Ce son monotone et grare est --- Page 48 ---
accompagné par le bruit d'une certaine
quantité de petites calebasses oi l'on
a mis des cailloux et qui sont percées
dans leur longueur par un long manche
qni sert à les agiter. Des Banzas, espèces de guitarres grossiéres à quatre cordes, se mélent all concert dont les mouvemens sont rézlés par le battement de
nains des négresses quif formentangrand
cercle. Elles composent toutes nne sorte
de cheeur qui répond à une on deux chanteuses principales.dont la voix éclatante répête on improvise une chanson.
Un dansetr et une danseuse, ou des
dansenrs pris en nombre égal dans
chaque sexe, s'élancent an milien de
l'espace et se anettent à danser, en fignrant toujonrs deux à denx. Cette danse
peu variée, consiste dans nn pas fort
simple oil l'on tend snccessivement chaTue pied et oil on le retire en frappant
plusieurs fois précipitamment de laj pointe et du talon sur la terre, comme dans
pête on improvise une chanson.
Un dansetr et une danseuse, ou des
dansenrs pris en nombre égal dans
chaque sexe, s'élancent an milien de
l'espace et se anettent à danser, en fignrant toujonrs deux à denx. Cette danse
peu variée, consiste dans nn pas fort
simple oil l'on tend snccessivement chaTue pied et oil on le retire en frappant
plusieurs fois précipitamment de laj pointe et du talon sur la terre, comme dans --- Page 49 ---
l'anglaise. Des évolutions faites sur
soi-mene ou autour de la danseuse qui
tourne aussi et change de place avec le
dansenr, voilà tout ce qu'on apperçoit,
sicer n'est encore le mouvement des bras
que le danseur abaisse et relève en
ayautl les coudes assez près du corps et
la main presque fermée; la feinine ticnt
les deux bouts d'un mouchoir qu'elle balance. On croirait difficilement, quand
on n'a pas vu cette danse, combien ellc
est vive, animée, et combien la rigueur
avec laqnelle la mesure y est suivie 2
lui donne de grace. Les danseurs et les
dansenses se remplacent sans cesse, et
les nègres s'y enivrent d'un tel plaisir,
qu'il faut tonjours les contraindre à
finir cette espèce de bals nommés Kalendas s*, quiont lieu en plein champ
* En Celte CAL-FEN-D4: cC qui signifie
Appele donc: sans doute ce cause du bruit dic
tambour. --- Page 50 ---
et dans un terrain uni, afin eue le mouTU
veinent des pieds ne Pnisse y rencoutrer
ancan obstacle.
Il serait difficile de néconnaitre à
ces traits une danse simple, primitive,
et appartenant à des penples chez lesynels la civilisation a encore presque
tout à faire. Cette disposition circnlaire, ces battemens de mains, ce chant
à reirain, ces instrumens bruyans, tout
dépose en fareur de l'ancienneté de
cette danse qui, comme je l'ai dit, appartient à l'Afriqne, on ses caractères
existent presque par-tout, même chez
les Hottentots.
A Saint-Domingue, et particnlièrement dans la partic Occirentale française, il y a depuis long-tems nn genre
de danse appellé Paudoux, qui exige
deux ou quatre personnes, et ui est
caractérisé par des anouvemens oit il
seinble que le haut du corps,lesépaules
ecla tête se meuvent par ressorts. Cette --- Page 51 ---
anse a aussi Jien avec le tamlonr, les
hattemensde main et le chant à choeur.
l'ignore d'oit elle a pris son nom, anais
son effet est tel sur les nègres, qpu'ils
dansent quelmefois jusqu'à tomber en
défaillance.
Ge n'est rien encore que le Vaudoux,
tionle compare à Don Pédre on Danse à Don Pedre, autre danse négre,
ronnne aussi dans la partic de l'Ouest
de Saint-Domingnes depnis 1768. Don
Pèdre est Je non que portait un nègre
dn qpuartier da Petit-Goave, d'origine
espagnole, cl qui, par nn caractére
hardi et certaines pratiques superstitienscs, avait acquis, parmi les nègres;
nn crédit assez grand ponr être dénoncé
à la justice comme un chef de projets
alarmans.
La lanse quiporte son nom consiste,
comme le Vandonx, dans l'agitation des
ipanles et de la tête; mais cette agitation pst extrèmement violente, et porr
ait un nègre
dn qpuartier da Petit-Goave, d'origine
espagnole, cl qui, par nn caractére
hardi et certaines pratiques superstitienscs, avait acquis, parmi les nègres;
nn crédit assez grand ponr être dénoncé
à la justice comme un chef de projets
alarmans.
La lanse quiporte son nom consiste,
comme le Vandonx, dans l'agitation des
ipanles et de la tête; mais cette agitation pst extrèmement violente, et porr --- Page 52 ---
l'accroitre encore, les nègres boivens
en s'y livrant, de l'ean-de-vie oit ils
imagineut de mettre de la poudre à
canon [u'on a bien broyée. L'effet de
cette boisson, hâté et angmenté par
leurs mouvemnens, a une si grande influence sur toutleurètre, qu'ils eutrent
dans une véritable fureur, dans des
convulsions réelles; ils dansent en faisant d'horribles contorsions, jnsqu'à Acc
qu'enfia tombant dans nne sorte d'épilepsie quiles renversc, ils sont dans un
état quisemble 1 les menacer de la inort,
Il a fallu interdire sévèrement Don
Pèdre, parce qu'il causait de grands
désordres et u'il réveillait des idées
contratres à la paix publique. Soit prévention, soit effet électrique, les spectateurs eux-mèmes partageaient cette
ivresse,etau lieu de cesserlenrs chants
cn voyant naitre la frénésie, ils rcdoublaient les éelats de leurs voix, précipitaient la mesure, et accéléraient la --- Page 53 ---
crise en la partageant jusqu'ànn ceriain
degré. Quel être bisarre ue l'homme!
Dans quels excès il cherche le plaisir!
Nos mocurs créoles ont adopté nue
autre production exotiqne qni, venue
également de l'Afriqne, a eu nne inflnence plus étenduc que toutes les danses negres dont j'ai parlé. C'est nne
danse connnc, presque généralement
dans les colonies de 'Amérigne, sous
le nom de Chica, qu'elle porte rnx
Isles-du-Vent et à Saint-Domingne.
Lorsqu'on reut danser le Chica, des
instrumens quelconrnes jouent nn air,
nbsolument consacré à cette espèce de
danse, et dans legnel la mesure est
extrèmement marquée. L'art pour la
dansense, qui tient les extrémités d'nn
pnonchoir ou les deux côtés de son jupon, consiste prineipalement à agiter
la partie inférienre des reins, en maintenant tout le reste dn corps dans nne
sorie d'immobilité, Veut-on animer Ie --- Page 54 ---
Chica, un danseur s'approche de la danà
seuse, pendant qu'elle s'exerce, et s'e-.
lançant d'une inanière précipitéc, il
tomnbe en mnesure presque à la toucher,
recule, s'élance de nouvean, et semble
la conjurer de céder avec lui an charme
ui les maitrise. Entin, lorsqne le Chica
parait avec son caractère le plus expressif,ily a daus les gestes etdans les monvemens des denx danseurs, ILI1 accord
plns facile à concevoir qu'à décrire.
Il n'est rien de lascif qu'un pareil
lableau ne Puisse offrir, rien de volupineux qu'il ne peigne. C'est une espèce
de lutte oit toutes les ruses de l'amour,
et tons ses noyens de triompher sont
muis en action: : crainte, espoir, dédain,
tendresse, caprice, plaisir, refus, délire, fuite, ivresse, anéantissement,
rout y a un langage, et les habitans de
Paphos auraieut divinisé l'inventerr de
cette dause.
ne Puisse offrir, rien de volupineux qu'il ne peigne. C'est une espèce
de lutte oit toutes les ruses de l'amour,
et tons ses noyens de triompher sont
muis en action: : crainte, espoir, dédain,
tendresse, caprice, plaisir, refus, délire, fuite, ivresse, anéantissement,
rout y a un langage, et les habitans de
Paphos auraieut divinisé l'inventerr de
cette dause. --- Page 55 ---
Je ne tenterai pas d'exprimer quelle
pent être l'inpression prodnite par la
rue d'm Chica dansé avec toute la précision dont il est snsceptible. Jl n'est
point dle regards qu'iln'anime, point de
sensibilité pu'il n'émenve, pointd'imagination p'il n'allume; il dounerait du
sentiment àla caducité.Mais je soutiens
qne cette idée, en qnelque sorte magique, n'a pu naitre que dans m climat
doux et propice an plaisir, et qu'elle
est un monument qui dépose de linfluence qne la danse pent acqnérir.
Ce Chica était dansé, il n'y a pas
long-tems encore, par de jennes beantés dont les graces naives l'embellissaient ct le rendaient peut-étre plus
sédnisant. Elles le dansaient seules, il
est vrai, on avec nne de leurs compagnes, ni prenait le role du dansenr,
sans oscr tontefois en imiterla vivacité.
Mais nos moenrs ne sont pas restées assez
pures pouru'nne pareille éprenve puis6. --- Page 56 ---
se être tentée; le Chicau'cst plus admis
dans les bals des femines blanches, si ce
a
n'est lors de quelmnes réunions presque
fortuites, oi le petit nombre etl le choix
des spectateurs rassurent la dansense.
C'est anx négresses de l'ile Hollandaise de Curaçao, qu'il faut accorder
la palme ponr la manière de danser le
Chica; il est méme difficile de concevoir, jasqu'à quel degré elles ont su
pousser l'art u'on F cherche; il va si
loin, que leur bnste semble indépendant de sa Lasc, qu'elles agitent avec
ane mobilité qui lasse même la vne.
Le Chica nons est venu des contrées
Africaines oit presque tons les penples
le dansent et principalement les Congos. Les nègres l'ont transporté anx
Antilles oh il a été hientôt naturalisé.
Dans tont le Continent de l'Amérine
espagnole, le Chica exerce un einpire
tellement universel; qu'an commencementde ce siècle, on l'y dansait encore --- Page 57 ---
dans les cérémonies pienses, dans les
processions, et qne les épouses du seigneur se montraient an peuple à travers
nne grille pendant la nuit de Norl, exprimant entr'elles par les agitations
voluptuenses da Chica, la joie qu'elles
ressentaient de la naissance de l'HomeDieu qui venait racheter par sa mort,
toutes les illusions du mnonde.
L'Annérique n'a pas étéla seule qui
ait reçn, à cet égard, l'inflnence de
l'Afrique, pnisqueles Caures ont rendu
propre à l'Espagne la passion dn Fandango, qui n'est autre chose que le Chica, seulement un peu moins doveloppé,
parce que le climat ou d'antres circonstances lui auront été moins propices.
Ce serait peut-etre l'objet d'une recherche assez curieuse que celle du penple à qui cette danse expressive doit sa
première origine. On l'a bien attribnde
anx nègres de la Côte de Gainée, mais
nn taiv puissant s'opposera toujours à ce
rendu
propre à l'Espagne la passion dn Fandango, qui n'est autre chose que le Chica, seulement un peu moins doveloppé,
parce que le climat ou d'antres circonstances lui auront été moins propices.
Ce serait peut-etre l'objet d'une recherche assez curieuse que celle du penple à qui cette danse expressive doit sa
première origine. On l'a bien attribnde
anx nègres de la Côte de Gainée, mais
nn taiv puissant s'opposera toujours à ce --- Page 58 ---
qu'on adopte cette explication, c'est la
nndité de ces Africains. Et qui ne sait
Fas qne la nature perd, ponrleshommes
sans vétemens, la plus grande partie des
charmes qu'elle a attachés àses plaisire
les plus doux. Oit auraient-ils puisés
tous ces riens délicieux, tonte cette
gradation de désirs, si hien marqnée
parle Chica ? Quelle comparaison pourrait-on établir, parexemple, entre cette
danse et celle des Caraibes nus, de l'ile
Saint-Vincent, qui se prennent sons les
bras, denx à denx, et qni en gloussant
quelqnes sons monotones et Ingabres,
se plientetse relirentaliemativesent,
durant rles henres entières, et croyont
avoir dansé. 11 F a peut-etre de comsnnn entre les Caraibes et les inventeurs
du Chica, l'amnour de la danse et l'effet
du climat; mnais quelle différence de
mceurs il fant nécessairement supposer!
Cette observation me rappele presque
involontairement les malhenrenx natn- --- Page 59 ---
iels de Saint-Douninzne, qaiavaient des
danses historiques, nne espice de Pytrhique et des danses anssi voluptuenses
yue le Cbica.
Ils étaient nus, je le sais, mais l'bistoire nouS a assez révélé de faits pour
ne nousdevions penser que les Indiens
des qnatre grawles Antilles étaient venusdn Continent. Sans doute ils avaient
en nne communication qnelconqueavee
es penples assez civilises pour savoir
Tue les charmes u'on sonstrait à des regards trop curienx, sontequelgnelois plas
puissans. Certe pensée avait évidemment
présidé â l'origine des danses [ui Jear
étaient devenues propres; etsi lereprocheqnedes bistoriens ont faitices danses d'être trop lascives, était fonde, cet
excès, u'en dontons pas, était, comme
cenx du Chiea,l'effetdela muditéruine
permet plns de sentir les naances délicates qui séparentlas volupté dle l'obsce.
nité. --- Page 60 ---
Aais les Caraihes qui étaient enxinémes des émigrans, établis dans les
petites Antilles, n'avaient ancnne idée
de ces danses des Indiens, dont ils
étaient les inplacahles ennemis. De
puelque point qu'ils fasseni partis ponr
arriver daus cet Archipel, o1 n'y connaissait sireinent pas de danses inspirées parleplaisir: lenrs mceurs sanguinaires l'anraient éponvanté.
Et ne fandrait-il pas plutôt demander
compte de cette ingénieuse découverte.
à cette contrée, quel les beaux arts etle
gont lej plus pur ont renduciumortelle;
à cette contrée oit l'on dit que Socrate
livré ai plaisir de la danse, montra
jusqn'oi pouvaitaller le triomphed'Aspasie? La Grèce était sons unclimat tempéré, et sitnée de maniére qne ses habitans, quifirent éclore tons les germes de
volupté, pouvaient facilement propager
Ienr doetrine sédactricc, et en Asie, et
en Afrique. Nons savons que les Perses
;
à cette contrée oit l'on dit que Socrate
livré ai plaisir de la danse, montra
jusqn'oi pouvaitaller le triomphed'Aspasie? La Grèce était sons unclimat tempéré, et sitnée de maniére qne ses habitans, quifirent éclore tons les germes de
volupté, pouvaient facilement propager
Ienr doetrine sédactricc, et en Asie, et
en Afrique. Nons savons que les Perses --- Page 61 ---
placés dans la première, ont des danses
vives et.amourenses. En
oit I'hymen fait
Egypte, an jour
briller son flambeau,
des dansenscs ne viennent-elles
fririla nouvelle
pas oféponse, dansd'aimables
jeux, l'image encore voilée des mystères
que cc Dieu ordonne de
célébrer, et
Hinviteatellespae] la volmpté à lui préparer des conronnes? Il ine semble
la passion de tonte l'Asie
ne
les danses
minenre, pour
yue l'amour semblait y avoir
enseignées, n'est pas sans analogie avec
le Chica; et si Horace, le
chantre des
plaisirs, a erndevoir se montrer sévère
ponr la danse Ionienne, j'ai
qu'on pourrait anssi
déjà dit
censurer de la méme mnanière l'espèce de frénésie à laInelle le Chica condnit
nelquefois.
Je ne pnis mc défendre da
qrime ramène tonjours vers la penchant
gaand je
Grèce,
remarqne gu'nne danse qni
peignait principalement l'histoire de
Thésée et d'Ariadne,
y portait le nom --- Page 62 ---
de Candiote, et quel'on dit à Saint-Domingne d'nn africain, d'an nègre créol,
oceupéde plaisir; et chérissant snr-tont
la danse; q'il est Candiot. Est-ce le
hasardnia faittant derapprochemnens;
et ce hasard est-il donc si impérienx
qu'il ne soit pas) permis d'aller chercher
l'origine du Chica cheznn penple pui a
rempli l'Univers entier dn brnit de sa
gloire, de sa célébrité dans tousles genres, sur-tont de sa délicatesse exquise
ponr tout ce qni respirait la volnpté?
Qn'on considère encore nne fois la
danse des Caraibes de Saint-Vincent, et
l'on sera convaincu quele Chica ne pent
avoir été inventé e par des hommes
dont l'imagination brilante suppléait
à ce ue les yeax ue devaient pas appercevoir.
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