--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Azob
7OT
Mathat Carter Brolun
Lihnny
Bromt Hntiversity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
--- Page 5 ---
D E
B AT S
E N T R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS LAFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Lor DU 4 TLUVIOSI.
T o M E V I.
A P ARIS,
DE L'IMPRIMERIE N ATIONALE.
Floréal, an III,
Cinguante-deuxième lipraifon, --- Page 6 --- --- Page 7 ---
A
NM
ONT 'KN
STIONALZ
DÉBA TS
Qui ont eu lieu entre les accufateurs 6 les accufés,
dans Paffaire des Colonies, en erécution de la
loi du 4 pluviôfe.
Du 24 Floréal, l'an troiftème de la République frangaife,
une 6 indivifible.
Ox fait lecture - des débats recueillis daris la féance
précédente ; la rédaétion en eft adoptée.
Fondeviolle : Larchevefque"Thibaud m'a chargé de vous
prévenir que fa fanté ne lui permet pas de fe trouver à
la féance.
Daubonneau : Je rétablis ici la
des hommes
libres de Saint-Domingue, d'après FReriens qui en avoit é:é
fourni par l'intendant Marbois en 1789; & je vois que
la population libre & fondue enfemble > fe monte s en
total, à foixante-deux mille cinq eents ; j'obferve que dans
ces foixante-deux mille cinq cents, ily y avoit quarante-cinq
mille blancs, & dix-fept mille cinq cents hommes de couleur, & qu'a l'époque de la révolution à Saint-Domingue
A a
eriens qui en avoit é:é
fourni par l'intendant Marbois en 1789; & je vois que
la population libre & fondue enfemble > fe monte s en
total, à foixante-deux mille cinq eents ; j'obferve que dans
ces foixante-deux mille cinq cents, ily y avoit quarante-cinq
mille blancs, & dix-fept mille cinq cents hommes de couleur, & qu'a l'époque de la révolution à Saint-Domingue
A a --- Page 8 ---
* -
mille dcux conts hommes
Hy avoit tout au plus quatte A cette
la population
de couleur porrant les armes. noirs & de époque couleur, étoit de
des hommes non - libres font arrivés à Saine-Doningse,
434:429 : les malheurs qui réduit cette
qui peut
"ians doute ont beaucoup
popnlation, l'hui.
à peine être de trois cent mille aujourd
le fnit
Verneuil : Pas de deux cent mille; & Verneuil
bien.
commilfion des colonies ne peut ni ne
Claufon : La
relaiif à Polverel
veur entendre aucun développement
puilque Pet
aticulierement; cela paroit de toute le équité, préfident de Ja comverel eft mort. Mais, attendu teroit que queflion d'aétes relaufs
miffion a déclaré què lorfqu'il feulement de les indiquer "
a Polverel, on fe 'contenteroit du
corolnire du
je demande à indiquer, à Yappui eft relative feptième - à Foiverel.
troifième chef, une pièse qui
la marche
Lepréfiden: : La commiflion a déja ceft preferit de produire les
que vous aviez à fuivre à cet la égard;
par écrit. Mais
pièces ou de les donner à
commifion doit
foufrir 2 que dans
la commiflion ne peut pas, ne
pas
on méleune
des débats qui doivent être Ce contradidtoites, fonte des inftructions par écrit
perfonne qui n'exiite donner plus. à la commillion 2 > &c hors des
que vous devez
débats.
Je parle d'après cC que vous avez dit lau:re
:
datée du 2o,aott 1792.
jour. codta une proclamation
aurois
Lc préfident : Si tu avois fait attention, tu en
compris le fens.
le deuxième chef d'accufaBrulley : Loriew'on a traité je remettrois furle bureau
tion,la commition a arrêté que pour arrêter Derageis :
les pouveirs cui ont rété donnés Mirebalais. J'ai promis
ptocureur de la commune les du tiens à la main. Je prie le
CES pouvoirs', Sonthonax je
de déclarer s'il reconnoit
d'interpeller la
de Pinchina.
Famerr
l'écriture ou fignature
reconnoitre la fisnature d'un
Son:honas : Jene peux pas d'avouer cul de aéavouer-Te
autre, je ne puis être tenu
d'autrui; je reponds, en
cntRANTaIEac
criture
ptocureur de la commune les du tiens à la main. Je prie le
CES pouvoirs', Sonthonax je
de déclarer s'il reconnoit
d'interpeller la
de Pinchina.
Famerr
l'écriture ou fignature
reconnoitre la fisnature d'un
Son:honas : Jene peux pas d'avouer cul de aéavouer-Te
autre, je ne puis être tenu
d'autrui; je reponds, en
cntRANTaIEac
criture --- Page 9 ---
à Brulley de produire les pouvoirs donnés à Pinchina, &
non pas une lettre de Pinchina.
Bralley : Je réponds qu'il y avoit trop de rapport entre
Sonthonax & Pinchina,
qu'il ne connoiffé pas l'écri
ture & la fignature de ARaitE Cette pièce n'eft pas,
comme il le dit, une lettre , mais une pièce bien en regle
cerrifié par Pinchina lui-mème & en entier de fon écritures
Je vaisen donner lecture; & la commiffion verra que ce
n'of polnt une lettre', mais Y'ex:rait de l'ordre qui a ére
douné à Pinchina d'arrèter le citoyen Deraggis, procureur
fyndic de ia commune du Mirebalais.
Il lics
Extrait des irftrudions qui m'ont été données
les cO.7rh
mifaires ciyils de-la République
pnrtfa
Nous: C.
Le chargeons pareillement (le citoyen Pinchina ) de faire
arrêter Deraggis, proçureur de la commune du Mirebalais,
& de le faire conduire en état d'arreftation au quartier
général de l'armée qui va au Port-au-Prinee, odgil le reinterim des Ifles rançaifes
mettra au' gouverneur-génétal demeure par de lefaire garder & retefous le Vent, qui
chargé
nir à notre difpolition, jufqu'àce que nous en ayons autrement ordonné,
Donné à Saint-Marc le 2 avril 1793, I'an fecond
de la République.
Signé, POLVEREL, SONTHONAX, & plus bas: Par
les commiflaires civils de la République.
Signé, O. F. DELPECH, fecrétaire de la
commiflion nationale-civile
Certifié le préfent extrait conforme à l'original. Mire
baisis, le 6 avril 1793 > l'an deuxième de la République.
Signé, P. PINCHINA.
A 3.
arc le 2 avril 1793, I'an fecond
de la République.
Signé, POLVEREL, SONTHONAX, & plus bas: Par
les commiflaires civils de la République.
Signé, O. F. DELPECH, fecrétaire de la
commiflion nationale-civile
Certifié le préfent extrait conforme à l'original. Mire
baisis, le 6 avril 1793 > l'an deuxième de la République.
Signé, P. PINCHINA.
A 3. --- Page 10 ---
Sonthonax : Je ne délavome pas cet ordre-là, il me
roit donne en forme authentique, Je crois l'avoir
pacar je me rappelle que Polverel & moi avons donné donné, l'ordre d'arrèter ce Deraggis, & dele faire conduire au
tier-général de l'armée, & de le remettre au gouverneur quarpar interim, qui éroit alors le général Lafalle.
Brulley : Cependant Sonthonax a dit hier que c'étoit la
première fois qu'il entendoit parler de
;
aujourd'hui il dit qu'il fe rappelle d'avoir' donné Deraggis lordre. &
Toures les pièces jointes à cet ordre conftatent
Deraggis a été effectivement arrêté, puis conduit à bord que
delAmérica & la frégate la Surveillante. Toutes les
font duement légalifées
la commiflion de la pièces
révêtues du fceau & de E fignature des commandans marine, des
vaiffeaux fur lefquels il a été déporté. Il eft couvert de
cicarrices > il offre de foutenir en préfence de Sonthonax
ce que jai dit hier des mauvais traitemens qu'il a elfuyés.
Sonthonax : Quand la commiflion jugera à
de
faire entendre Detaggis fur les faits qu'il articule propos contre
la commiflion civile, je lui repondrai; en attendant, je fais
rémarquer ici l'audace des colons. - o .
Le préfident : A l'ordre.
Sonchonax : Qni, après avoir annoncé que j'avois donné
l'ordre d'arracher Deraggis du fein de la
de le violenter, fe contentent d'apporter municipalité, l'ordre
&
d'arrèter Deraggis, ordre qui fera pleinement juftifié fimple lorfqu'il s'agira des affaires du Porr-au-Prince.
Brulley: : J'ai dit hier que Sonthonax avoit donné l'ordre
d'arrèrer-le citoyen Deraggis, procureur de la commune de
Mirebalais, dans Je fein de la commune; il m'a interpellé de
dire s'ilavoit donné l'ordre de l'arrèter en pleine
Je ne crois. pas être allez imbécile pour avoir municipalité. dit
ait
pu dohner T'ordre d'arracher du fein de la
qu'il
magiftrat du peuple.
municipalité un
Lc préfdent: La commiflion arrête que la pièce
par Brulley, 2 fera paraphée, à l'iffue de la féance, par préfentée Joi &
parSouthonaxsen préfence d'un commillaire
:
dela
: la parsphera également.
commiflion,
Enligy: Nous' en étiens reftés au buiritme corollaire du
ner T'ordre d'arracher du fein de la
qu'il
magiftrat du peuple.
municipalité un
Lc préfdent: La commiflion arrête que la pièce
par Brulley, 2 fera paraphée, à l'iffue de la féance, par préfentée Joi &
parSouthonaxsen préfence d'un commillaire
:
dela
: la parsphera également.
commiflion,
Enligy: Nous' en étiens reftés au buiritme corollaire du --- Page 11 ---
troifième chef, ainfi conçu : Ils ont mis hors de la loi des
fondionnaires publics.
De toutes les fonétions légiflatives, la plus pénible comme
la plus importante (ans doute, c'eft de mettre un citoyen hors
de la loi. Nous n'avons pas vu que dans aucun état démo- le
cratique, aucun commiffaire, aucun délégué ait eu
mettre hors de la loi
ce foit, à plus
Eoe
voir de
hommes inveftis de la
raifon des fondionnaires
rsion der
confiance de leurs concitoyens, & qui font infiniment néceffaires à la chofe publique, par cela même qu'ils font Eh
obligés de remplir les fonétions qui leur font confiées.
bien ! Sonthonax & Polverel, qui fe croyoient au-deffus de
la loi, qui fe croyoient autant que le corps légillatifde France, de,
fe font permis de mettre hors de la loi militaires, 5 non-feulement des maires,
fimples citoyens > mais des commandans
des procureurs de communes ; & par ce l'abandon moyen, d'occafionner &, la dévafdans les quartiers le bouleverlement: ,
hors
la loi
tation. Je vais vous prouver cette mife
de
par
de Polverel & Sonthonax, du 2 juillet
une proclamation
1793.
Illal lit: a
Nous, Etienne Polverel & Félicité Sonthonar, commilfairets
civils de la République 3 8c.
voilà done enfin démafqués, ces amis de la colonie,
a Les livré la ville du
aux flammes & au pillage 5 ces
qui ont
Cap
dont le cri de ralliement
amis de la République françaife, TEfpagnol fur notre territoire,
eft : vive le roi! 2 armées, appellent qui lui livrent les poftes confiés
qui vont grollir ofent mettre en délibération de foumettre
à leur garde, ,, qui domination
5 ces amis de la loi &
la colonie à la conftiruées, qui efpagnole ont levé des armées contre les
des aurorités de la République & contre les commiffaires chargés
délégués
de leurs ordres, qui ont marché fous les
de Yexécution du traitre Galbaud, de Galbaud qui avoit reconnu
ordres
défendoit , d'exercer aucune autorité dans
la loi lui
avoit déclaré qu'il ne vouloit
E" colonie, de Galbaud qui
de la
obéir aux requifitions des délégués
République!
pas
A4
des aurorités de la République & contre les commiffaires chargés
délégués
de leurs ordres, qui ont marché fous les
de Yexécution du traitre Galbaud, de Galbaud qui avoit reconnu
ordres
défendoit , d'exercer aucune autorité dans
la loi lui
avoit déclaré qu'il ne vouloit
E" colonie, de Galbaud qui
de la
obéir aux requifitions des délégués
République!
pas
A4 --- Page 12 ---
S
93 Au Cap, ils ont
fur 5
in feu vifi& foutenu
nous, pendanr deux jours,
n'ont pas ett le
de
RET
Ru barricadés
courage de paroitre moufqueteric. dans les
Ccux
de fiGls,
les dans leurs matlons, ont affafiné, rangs, à
:e
par
fenêtrés, lès
ccups
ont fini par réduire la ville en défenfeurs de la République, Ils
93 A Jerémic, àl la Cayemite & cendres. aux
des hordes d'elclaves; ils fe font
Abricots, ils ont armé
ils Ont refufe de recevoir les commiffaires retranchés dans des camps
commandant militaire & la force armée pacificateurs, le
envovés, pour rérablir l'ordre & faire
que nous avions
combatta larmée de la
exécutér la 7 ils ont
-
wA la Marimelade République:
avec les Efpagnols , & , ils ont ofé entrer en négociation
fous" leur dominaton. annoncer leur vaeu pour fe mettre
25 Neuiliy, commandant du cordon de
envoyé des,ordres circulaires
nous l'Oueft, après avoir
fon polte, & paffe dans la pour
faire arréter, a déferté
du
partie elpagnole avec trois officiers
ase 3> Quwtenver-odetnine Lafeuillec,
régiment.
&c défendie par commandant ane nombreufe d'Ouanatrinthe. place forte
Efpagnols far une fimple
gainifon, 3 l'a livrée aux
5) Ouelle eft donc cette fommation. ligue formée
frnnçuife? queis font les
contre la République
iecret cui les unit.?
confpirateurs, & quel eft le
en
lien
1 ULes confpirateur, 2. fon:la
tranfplanrés à
prefque-totalité les
des Européens
avec.l'ain de saeDomingue, les 5
uns perdus de dettes,
quils h ont rien. Topalencesl Ce fent, autres. la
- avides de pillage 5 parce
nilitaires Venus de
plupart, des chefs des corps
2 Coblenz, que France,quin qu'ils ont préféré SaineDomingte
eAicacement la contre-révolution. parce
ont cru pouvoir y fervir plus
3, Tous véulent de grands
les premiers. pour fariguer mouvemens, la
de grands défaftres;
pendance, & confomier les République, amener l'indéparées au moment même de la banqueroutes gu'ils ont préoi de l'érabliffement de leurs maifons formation de leus propriétés,
conds, parce qu'ils ne peuvent exifter cominerciales; ; ;les feles dernicrs, parce qu'ils efpérent
que dans Tonarchie;
deipotifinc.
encore rellufciter lancien
grands
les premiers. pour fariguer mouvemens, la
de grands défaftres;
pendance, & confomier les République, amener l'indéparées au moment même de la banqueroutes gu'ils ont préoi de l'érabliffement de leurs maifons formation de leus propriétés,
conds, parce qu'ils ne peuvent exifter cominerciales; ; ;les feles dernicrs, parce qu'ils efpérent
que dans Tonarchie;
deipotifinc.
encore rellufciter lancien --- Page 13 ---
D Non, ia colonie ne périra pas ; elle ne courbera pas
la tête fout le joug- des tyrans; elie renaitra de fes cendres;
elle fera régenctées elle deviendra, comme la France., la
terre de la liberté & de l'égaliré, & la République françaife
y trouvera encore des enfans dignes d'elle.
s5 Les citoyens du 4 avril 1792, ccux du 20 juin 1793,
& ceux que nous éloverons encore à la dignité d'hommes
libres, n'onblieront pas que,de toutes les' puillànces européennes, la République françaife eft la feule qui fache refpecter les droits de Phomme, , équils ne peuvent conferver
les droits civils &c poliriques quils Ont obtenus d'elle, qu'en
fe ralliant autour de fes délézués, qu'en combattant pour
elle, en repoufànt l'ennemi sen réuniffant toutes les parties
de l'ile fous le pariion tricolor.
53 Nous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit:
OeyL
ARTIC L E PRE, M I E. R.
>>
Déclarons traitres à ia.patfie, Neuilly, ci-devant lieutenant-colenelang gumtreving-qumitmne régiment d'infanterie
françaifes Saint-Simon, capitaine; Saint-Simon & Desbouvile, lieutenans au même régiment 3 Lafeuillée , capitaine
atl régiment.du Cap, & tous les. oficiers, fous-officiers &
foldars qui ont allifté au confeil de guerre tenu à Ouanaminthe, qui a décidé de fe rendre à TElpagnol.
IL
s> Déclarons pareillement traîtres à la patrie les commandans-des volonraires du Cap, > à pied &c à cheval; en ce
qu'au lieu de fe rallier aatour des commiflaires civils-fuivant lordre qu'ils en ayoient reçu, ils ont armé & raffembie leurs troupes, & les ont fait marcher fousles ordres de
Gaiband, contre les commiflaires civils.
IIL
>> Déclarons pareillement traitres à la patrie les ofliciers
municipaux de Jéréniic, de ln Cayemitre & des Abricots;
ires du Cap, > à pied &c à cheval; en ce
qu'au lieu de fe rallier aatour des commiflaires civils-fuivant lordre qu'ils en ayoient reçu, ils ont armé & raffembie leurs troupes, & les ont fait marcher fousles ordres de
Gaiband, contre les commiflaires civils.
IIL
>> Déclarons pareillement traitres à la patrie les ofliciers
municipaux de Jéréniic, de ln Cayemitre & des Abricots; --- Page 14 ---
IO
en ce qu'ils ont ordonné des levées d'efclaves grmés, &
formation de plufieurs camps, pour repouffer les commif- Is
faires légués pacificateurs de la
qui leur avoient été envoyés par les déRépublique.
IV.
s> Déclarons pareillement traitre à la patrie Duperrier
capitaine-général des troupes foi-difant patriotiques de :
Cayemnrre de la'
&. de Jérémié, en ce
a combattu l'armée
République au camp des itaLe
V.
devant 9> Déclarons parcillement traître à la patrie Sage, 3 cila
habitant de la Marmelade, maintenant émigré dans
de la partie Marmelade efpagnole en ce qu'il a invité fes compatriotes
à le foumettre à l'Efpagnol.
V I.
>) Déclarons pareillement traitres à la
maire > & les autres officiers municipaux de la patrie Cappé, a
en ce qu'ils ont convoqué l'affemblée de leur Marmelade,
pour délibérer fur la propofition de Sage.
commune 3
VII
9> Deftiruons toutes les perfonnes ci-deffus dénommées &
défignées , de toutes fondtions civiles & militaires dont elles
pourroient être revêtues; les déclaronsincapables sd'en
aucunes à l'avenir.
exercer
VIIL
2 Enjoignons à tous commandans
de la force armée
militaires, dépofitaires
courir fus, & de les s & faifir généralement à tout citoyen, > de leur
morts ou vifc.
IX.
3 Déclarons lefites perfonnes ci-defus nommées & dé-
fignées , de toutes fondtions civiles & militaires dont elles
pourroient être revêtues; les déclaronsincapables sd'en
aucunes à l'avenir.
exercer
VIIL
2 Enjoignons à tous commandans
de la force armée
militaires, dépofitaires
courir fus, & de les s & faifir généralement à tout citoyen, > de leur
morts ou vifc.
IX.
3 Déclarons lefites perfonnes ci-defus nommées & dé- --- Page 15 ---
II
fignées, hors la loi, déchues du droit d'intenter aucune
actjon, & de former aucune demande en juftice; défendons à toutes perfonnes libres ou efclaves de leur donner
retraite, & de leur préter fecours & afliftance,
quelcaufe & fous quelque prétexte que ce
à peine
"ARC
Sae pourfuivies & condamnées comme complices du crime
de haute trahifon.
X.
23 Accordons l'amniftie à tous les officiers & foldais qui
é:oient dans le camp d'Ouanaminthe, 2 & qui n'ont pas aflité
au confeil de guerre qui a décidé la reddition de la place: :
les invitons à revenir, le plus promptement qu'ils le
ront,
leur
au fervice de la Républiqne
PRS
reprendre
pofte
la défente de la colonie.
XI.
-23 Tous les elclaves révoltés quivoudront profiter de T'amniftie , & jouir de la liberté
nous leur'avons accordéc
notre proclamation du 11
feront tenus de fe
dor
Reetes
dans le délai de huitaine ,1 compter du jour de la publication de la préfente proclamation; favoit-, ceux de la ville
du Cap & de fes dépendances, s pardevant la commiflion intermédiaire; & ceux des autres parties de la colonie, pardevant les commandans militaires des villes, poftes & camps
les plus voitins des lieux de leur réfidence > pour fe faire inccrire & enrôler dans les compagnies, baraillons & légions
qui feront formés.
XII
s3 La lifte d'infcription & d'enrôlement contiendra les noms
defdits guerriers, &c. ceux des maitres auxquels ils ont cidevant appartenu.
XIIL
> Les commandans militaires enverront des copies par eux
certifiées defdites liftes aux commiflaires civils, au gouvetnetr-général par interim, & à la commifion intermédiaire.
enrôler dans les compagnies, baraillons & légions
qui feront formés.
XII
s3 La lifte d'infcription & d'enrôlement contiendra les noms
defdits guerriers, &c. ceux des maitres auxquels ils ont cidevant appartenu.
XIIL
> Les commandans militaires enverront des copies par eux
certifiées defdites liftes aux commiflaires civils, au gouvetnetr-général par interim, & à la commifion intermédiaire. --- Page 16 ---
XIV.
Do
75 La liberté ne fera acquife
ceux
dans lcfdites liftes, & qui feront fervice qui feront infcrits
sous
qui
déterminé, dans Tarmée de la Rérublique. aura éilpis
XV.
s5 Paffe le délai. de huitaine P s tous Ics efclaves
touvés arés de fulils
qui feront
Rcches, lances,
> trabonc, elpingoles,
fabrcs ou
Fillolets,
état de révolte, arrêtes & manchettes, feront réputés ER
punis comnme tels.
XVI 4
ledir 23 Tous délai, ceux qui feron: trouvés errant fans armes, ,
tels.
feront répurés marrons 5 arrêtés & punis comme paffé
55: Sera la préfente. proclamation imprimée,
fichite par-rour ot beloin fera, enréguisée à la commifficn publiée & afrermédiaire, dans-tous les. tribunau, & dans
innicipalités de la coloaie, & €n, cuue
tontesles mucréolo.
traduire en langue
35 Requérons ie gouverneur général par interim des
fous-leVent, de tenir lai main à fon exécution, & de ia Iflescitiena tous les ccinmiandans militzires.
nola : Fair au hau: du Cap D le 2 juilict t7795.1 I'an feccud de
Ripublique.
5> Signé, Polverel & Sonthonax.
2 Far les commiffhires civils de la
€
République,
22 Piquenard, fecrétaire adjoin: 3 de. la commillion civile >,
thonax Silsngiffoit de refuter toutes les inculpations que fair
contre ceux qu'il a. eti l'auidace de mettre Scaloi
hors la
Le préfident: A T'ordre. Sonthonax vient
à Y'ordre pour s'étre fervi de cetre expreilion. d'ètre rappcle
verel & Sonthonax.
2 Far les commiffhires civils de la
€
République,
22 Piquenard, fecrétaire adjoin: 3 de. la commillion civile >,
thonax Silsngiffoit de refuter toutes les inculpations que fair
contre ceux qu'il a. eti l'auidace de mettre Scaloi
hors la
Le préfident: A T'ordre. Sonthonax vient
à Y'ordre pour s'étre fervi de cetre expreilion. d'ètre rappcle --- Page 17 ---
d'entrer dans le détail des (aits qui.
Brulley : S'il s'agiffoit
il feroit facile de prouver
ont précédé cette proclamation, forcés
les sitconftances, entraincs
qu'alors même que >
par
CCS hommes
par la conduie altière de Sonthonax,
dépour- feroient
vus de muniions, de moyens de défenfe 2 fe n'avoit
rendus à un ennemi qui les prelioit: Sonthonnx corollaire
nous pas
le droit de los mettre hors la lci. Le
que Sonavons.à traiter > demandoit que nous conflations que
thonax s'éteit permis de mettre bors Ja loi des fonctionnaires
publics,, Vous venez d'enzendre dans la proclamation quej'at
lue, qu'il eft queftion de généranx, de maires, d'olliciers
municipaux, vous avez vu quil les a mis, hors la loi; qu'il
a défendu de leur accorder même une retraire, > fous peine
d'être déciarés leurs complices & traités comme tels; vous
avez vu qu'il a eu Ja précaurion barbare d'ordonner afin la tra- les
duétion de cette proclamation en langage & leur créole, courir ReE Je
negres paflen: en avoir dérail connoilance, far les faits relatés dans cette
n'entrerai dans aucun
loin de notre bur.
proclamation; cela nous entraineroit trop de Sonthonax, quil
Nous avons prouvé parl proclamarion
s'clt permis de metire hers de la loi des fonctionnnaiccapublics; il cft donc confant qu'ila cnicore ufurpé le pouvoit
légiflatif fous Ce rapport. corollaire du troifième chefd'acTh. Millet: Le neuvième doné à
des citayens une.
cufation potte: : ils ot cillefisie Tdigtiliné par les lois des 28 mais,
plus
extenftor que
cn trouvons
12. Es 1790, ,84 ayril 4
1792. Nous
hpreave
dans leur proclamation du 12 octobre 1792. Lart.I Ilipore:
&
tous lcs hommes librcs
* Sercnt cioyens actifs élgibles, fonciers, ou, à défaur d'une.
igés de :5. ans, domicilés propriéiaites dans la colonie depuis doux ans,
tellé propriété P
>), Voilà bien les dif-
- & payant une cunttiburion quelconque avoir exprimé dans cetre
pofitions des deux lois. Mais, après
fuivant la concredic
proclamation l'intention de In loi,Farticle
polisivement: Larticle IV. porte : Seron: egolemens conftirss de
comme attifs & srigibiss les citoyens libres quisagss 25
auronr
les armes depuis le mois de feptembre
as, 3
por:e de la colonie. Certes, cet arucle cit été 1720
pour folument la dejeaf inarnte, sifn'avoit été applicable aux ciroyens dosaicilics dans la celanie depuis deux ans; Caf il n'en Boi:
loi,Farticle
polisivement: Larticle IV. porte : Seron: egolemens conftirss de
comme attifs & srigibiss les citoyens libres quisagss 25
auronr
les armes depuis le mois de feptembre
as, 3
por:e de la colonie. Certes, cet arucle cit été 1720
pour folument la dejeaf inarnte, sifn'avoit été applicable aux ciroyens dosaicilics dans la celanie depuis deux ans; Caf il n'en Boi: --- Page 18 ---
pas un qui, depuis le premier feptembre, n'edr
pour la défenfe de la colonie; perfonne n'en portélesarmes
La difpofition de cet article pouvoit donc Etoit exempté.
s'appliquoit en effet à ceux qui n'avoient pas s'applisuer, les dif &
politions de la loi,
quin'étoient rempli
dans la colonie depuis cel-a-dire, deux ans. Vous
pas domiciliés
article eft du mois d'octobre 1792, & remarquerez ceux
que cet
porté les armes pour la défenfe de la
qui avoient
mier feptembre
ne
depuis le
Casra
donc dans
1791,,
les portoient donc, &
cette forte
NRIEE
donc une infraction à d'exercice la loi que depuis 13 mois; voilà
arrivés dans la colonie
qui donne à ceux qui éroient
mois qui a précédé le au mois d'août, c'eft-à-dire, , dans le
n 'étoit donné par la premier loi qu'a feptembre ceux qui avoient 1791, un deux -droit
1" domicile. Il en réfulre donc que cet article eft
ans
lement contraire à la loi', mais encore
et une non-feution du pouvoir légiflatif. Car, non-feulement qu'il
il ufurpatenfion aux difpolitions de la loi, mais il crée donne extion qui n'eft pas dans la loi, puifqu'il donne à des une difpoliqui n'avoient que I2 à 13 mois de réfidence dans la hommes
le droit des citoyens actifs éligibles; ce qui n'étoit colonie,
porté dans la loi dont s'autorife la proclamation.
point
des Verncuil : Je paffe au dixième corollaire. Ils onz
compagnies d'hommes de couleur. 6 nègres dans organife
aTexciafion des blancs. Ils ont organife une
rOuh, 3
guid.s 6 la légion Egalité dans "'Ouef.
compagnie de
Yai démontré dans les féances
Ciroyens , je vous
lieu de vous convaincre, par la précédentes, ledture
& vous avez eu
des pouvoirs de Sonthonax, que fa miflion qui étoit vous de a faire été faite difparoitre la ligne de démarcation qu'on avoit tenté
entre les hommes de couleur & les blancs. Je
d'établir
voir par la proclamation de Sonthonax, du
vous ai fait
par celle du 2 décembre de Ja même
31 octobre 1792,
décembre, que Sonthonax,
année 2 par celle du 4
démarcation,, l'avoit fortement 5 loin de faire dilparoitte cette
donnant aux hommes de couleur établie de refter de nouveau, en orempêchant qu'ils ne fuffent fondus dans la cafernés, garde nationale. & en
Ces hommes étojent néceffaires' à
c'étoient des fatellites qui
Sonthonax, > parce que
leur étoit donné par Sonthonax. agiffoient Par fa as premier ligne qui
proclamation du. 16
celle du 4
démarcation,, l'avoit fortement 5 loin de faire dilparoitte cette
donnant aux hommes de couleur établie de refter de nouveau, en orempêchant qu'ils ne fuffent fondus dans la cafernés, garde nationale. & en
Ces hommes étojent néceffaires' à
c'étoient des fatellites qui
Sonthonax, > parce que
leur étoit donné par Sonthonax. agiffoient Par fa as premier ligne qui
proclamation du. 16 --- Page 19 ---
décembre 1792, il ajoute à tout ce qu'il avoit fait précédemment, en les formant en compagnics franches, & en
çréant une compagnie de guides.
Il lit:
Proclamation de Sonthonax 3 du 16 décembre 1792.
ARTIC L I P R E M I E R.
le
à créer & orgaes Autorifons M. gouverneur-général
nifer une compagnie de guides, conformément aux décrets
de l'affemblée nationale.
II.
s L'autorifons en même-temps à former fix compagnies &
franches de 5o hommes ptis parmi les citoyens de couleur
nègres libres.
.
III
de ces
& la nomination
93 L'organifation
à compagnies M. le gouverneur-genéral >5,
des officiers appartiendront
que Sonthonax, loin d'ordonner
Vous voyez, citoyens, de couleur & nègres libres fuffent fondus
que les citoyens nationale, a ordonné par les différentes prodans la garde dont on vous a donné leéture, que ces mêmes
clamations
à
feroient cafernés,
hommes feroient un corps
leur > qu'ils feroient donnés par lui
auroient des officiers Atric
qu'ils
&
ces hommes feroient totalement.
& le gouverneur ,
blanche. Je crois n'avoir pas
de la garde
Sberats
diftincis befoin d'entrer dans de grands détails.
vous prouver que
infraction à la loi, &
cela, il a - encore
ceft une
heee
le pouvoir légiflatif. Je paffe à la légion de l'Egalité.
ufurpé
Il lit:
Proclamation de Sonthonax, du 19 ayril 1793.
ART. X.
Il fera également formé une légion coloniale de 1200
s
. Je crois n'avoir pas
de la garde
Sberats
diftincis befoin d'entrer dans de grands détails.
vous prouver que
infraction à la loi, &
cela, il a - encore
ceft une
heee
le pouvoir légiflatif. Je paffe à la légion de l'Egalité.
ufurpé
Il lit:
Proclamation de Sonthonax, du 19 ayril 1793.
ART. X.
Il fera également formé une légion coloniale de 1200
s --- Page 20 ---
hommes, dont 600. à cheval. Cette légion porteia le nom
de legion de IEgaliré ;elle fera compofée à linftar de ceiles
qui font employées en France >,
Veus voyez par cette proclamation
par l'érablilfement
de certelégion delEgalité, Senthonax 2T Polverelont encore
utfipé le ponvoir légiflatif. Comme nous nous fommes-fait
une loi de nous reflerrer extrêmement dans les débats, nous
nons bornerons à la fimple exhibition des pièces matérielles.
Je pafleau enzièmer corciiaire. e
En mittant t72 rigueur lédit de 1685, ils fe font permis de
fapprimer. quelques orricles, d'en ajouter d'aneres.
,
dansles precédens débats qui ont eu lien, Poiverel & Ciroyens
vous
Sonthonax
onr dix gu'il étoit bien vrai qu'ils avoient
l'arr. XXXIX de l'édit de 1685, intitulé Code noir. fupprimé Polverel & Sonthonax vous ont dit que, s'ils avoient
cet article qui condamne les efclaves qui iront trois fpprimé fois en
marrennage, de
à être mis à mort > ce n'éroit quep par amour
T'humanité, Si c'eût été l'ameur de Phumaniré
les
eût guidés, ils euffent dô fupprimer l'article qui ordonne qui
Jes nègres pris en marronnage auront J'oreille
que
arront pour la deuxième fois les oreilles & le jarret coupée > &
S'ils ont cru pouvoir fupprimer de l'ordonnance de coupés.
un des articles qui condamnoir à mort les nègres allés 1685
la troifème fois en maronnage, ils pouvoient donc
pour
Tarticle XXXVII & I'article XXXVIII ; & s'ils fupprimer ne l'ont
pas fuir, c'eft qu'ils croyoient par-là intimider les nègres
dès ce moment-là même, > leur forçoient la. main. Ils vous qui,
ont. dit dans Jeur préambule que cette loi étoit méconnue
àr Sains-Domingue, ou qu'elle étoit tombée en defuétude.
Cela eft vrai. Lorfque Polverei a répondu il a voulu arguér...
Mollevaut, membre de la commilfion : Il ne s'agit pas de
Polverel.
Verneuil: : La réponfe. a été commune,
Brulley: : Sonthonax a adhété à fa réponfe.
Pernzuil : Lorfque Polverel vous a dit qu'il n'avoit
en vigueur à Suint-Demingue l'édit de
remis
les nègres etoient traités avec inhumaniré, 1685a que parce que
les négreffes enceintes étoient accablées de s travail, que parce & que
sal,ayoirdligdans le préambule de cette proclamation que,
stoir inexécutée à Saine-Domingue,
quelle
Tinexécution ne porroit
que
.
Pernzuil : Lorfque Polverel vous a dit qu'il n'avoit
en vigueur à Suint-Demingue l'édit de
remis
les nègres etoient traités avec inhumaniré, 1685a que parce que
les négreffes enceintes étoient accablées de s travail, que parce & que
sal,ayoirdligdans le préambule de cette proclamation que,
stoir inexécutée à Saine-Domingue,
quelle
Tinexécution ne porroit
que --- Page 21 ---
fur cet article, & non pas fur les nègrès qui alloient en
que
Polverel a inème ajouté qu'il en avoir beaucoup
maronnage.
vu qui avoient les oreilles coupées.
de
Lc prefident : Il ne peut pas effeétivement être queftion
cit relatif à Polvere! & de la défenfe quil a donnée.
Tu ce qui
bien arguér des aétes communs à Polverel &
Sonthonax; peux ; mais Polverel nérant plus pour juftifier ce qu'il
a dit précédemment. a
Vernexil: C'eft écrit dans les débats.
Le préfident : Je te dis pas non. Si cela eft écrit, il faut
le liller, & ne
revenir fur cet objer. Polverel ne peut
pas juftifier ce eara a dit précédemment.
Vernexil : Je conclus donc que ce n'eft pas l'intérêt de
Thumanité qui a fait fupprimer Tarticle de lédit de l'article 1685,
puifque, fi ceût été par humanité, en fupprimant allant
la
portant peine de mort contre les nègres
pour
troifième fois en maronnage, als auroient de inême fupprimé les
les articles XXXVII & XXXVIII qui ordonnent que
auroient les oreilles & les jarrets
nègres pris en maronnage moi qui connois parfaitement la
coupés; & T'ai j'affirme habitée que, pendant 23 ans, qui l'ai parcourue
colonie, dans toutes qui fes parties, , je n'ai jamais vu de nègres qui euflent
les oreilles coupées, & que, s'il y en a eu, ce n'a pû être
la promulgation de cette ordonnance. Je ptouve.
que depuis
en étendant, en matilant cet édit,
donc que Sonthonax le ,
légiflatif. Voilà ce que J'avois à
a encore ufurpé
pouvoir
dire. Page : Je vais fuivre quatre queftions qui fe lient intimement.
Pour avoir fous leur main & à leur
cc ART. XII.
&
difpofition abfolue des inftrumens de perfécution dopprellion,
ils ont, au noi de la Convention inationale, appelé autour
d'eux & affranchi les nègres quir prendroient les armes fous
leurs ordres.
>2 XIII. Pour la province du Nord feulement, Sonthonax
a affranchi arbitraitement, & fixé le prix d'affranchillemens
des efclaves qui fe font mariés, ou pourroient fe marier à
des perfonnes libres.
B
Tome VI. Cinguante-deuxième livraifon.
ution dopprellion,
ils ont, au noi de la Convention inationale, appelé autour
d'eux & affranchi les nègres quir prendroient les armes fous
leurs ordres.
>2 XIII. Pour la province du Nord feulement, Sonthonax
a affranchi arbitraitement, & fixé le prix d'affranchillemens
des efclaves qui fe font mariés, ou pourroient fe marier à
des perfonnes libres.
B
Tome VI. Cinguante-deuxième livraifon. --- Page 22 ---
3 XIV. Polverel & Sonthonax ont affranchi
fons prétexte 8c en vertu d'une loi
les nègres,
>2
fuppofée.
XV. lls ont établi la loi agraire, en
aux
niègres les terres en culture de leurs maitrés >: partageant
Dans une des précljenrisfances, Sonthonax a
étoit dans fa mifion de préparer
dit: qu'il
latianchilfemvent des
que cette million fe trouvoir contignée dans la loid nègres;
qu'elle étcit une fuire & une conféquence de
du4 avrils
qu'il erit été abfurde que lalfemblée eût cetreloi,parce à
des droits politiques les hommes de
appelé & légalité
voulu conferver à lefclavage les negres couleur, dont dérivoient qu'elle eûr
mêmes hommes de couleur 3,, Telle étoit la midion de Son- les
thonax, & telles éroient fes uifpofiionzrelunemenr à SaintDomingue. Il eft bon d'examiner fi Sonthionax.a
été d'accord avec lui-même &'avec la loi qu'il étoit toujours chargé
d'exécuter. Pour cela, j'examinerai le premier acte
fait à fon arrivée à
qu'il a
c'eft le difcours Saint-Domingne ; il left du 20 feptembre:
du
qu'ii a prononcé à fou arrivée en préfence
peuple entier.
Sonthoniax: : II, a déjà été lu & difcuté .dix fois.
Page: Ce difcours a été lu, &c à cette
on
a pas tiré les inductions que je vais en tirer; époque & ce n'en n'eft
pas le difcours en lui-méme que je veux lire, mais je vais
en tirér des inducions;je conviens que Sonthonax ne voudroit pas que je luffe ce difcours.. - .
Le prefident : A l'ordre.
Sonthonas: Il doit êrre relu dans le cours des
Bonrer qu'il eft relofà un autre chef d'accufation. Ainfi,il débats, 2
êtrefrenvoyé àl'article où l'on dit
j'ai mis la colonie
en rebellion. contre la Convention
: c'eft celni du
décembre.
drdtenis
La lecture en fera renvoyée à cette époque.
Page : Il eft donc vrai que Sonthonax a cru trouver dans
la loi du' 4 avril la million expreile de préparer l'affranchiffement des noirs. Il eft très-vrai qu'a fcn arrivée à SaintDomingue, le premier acte public qu'il a fair, a été de
déclarer que l'efclavage éroit eflenriellement néceflaire à
Saint-Domingne qu'aux alfemblées coloniales feules
teneit le droit 2 prononcer far le fort des elslaves. P a
eft donc vrai que Sonthonax a cru trouver dans
la loi du' 4 avril la million expreile de préparer l'affranchiffement des noirs. Il eft très-vrai qu'a fcn arrivée à SaintDomingue, le premier acte public qu'il a fair, a été de
déclarer que l'efclavage éroit eflenriellement néceflaire à
Saint-Domingne qu'aux alfemblées coloniales feules
teneit le droit 2 prononcer far le fort des elslaves. P a --- Page 23 ---
dit plus; il a dit qu'il n'étoit dans les principes ni dans la
yolonté de Tafenblés nationale de zoucher à cet égard aux
prérogatives d:s colons. Comment. peut-il fe faire que Sonthonax qui avoit une miffion expteffe, dit-il, d'affranchir
les efclaves; que Sonthonax qui trouvoit cette million dans
la loi du savl,en vertu de laquelle il étoit envoyé à SaintDomingue, dife au contraire que les principes de faffembiée
nationale font de cônfacrer l'efclavage à Saint-Domingue :
Je delirerois que Sonthonax fe mit d'accord avec lui-mèmer
Il ajoute encore: Tels font mosprincipes, tels font ceu que
nous ont diëtés L'alfemblee nationale 6 le roi. Nous mourrons,
s'il le fauts, pour les faire exécuter. Sonthonax ne manquera
pas de vous dire quil seft: trouvé dans des circonftances
telles. qu'il a été forcé de tenir un pareil langage, Je ne
fais pas G je pourrai me fervir d'une pièce de Polverel qui
répond précifément.
- Le préfident : Sonthonax n'a pas fait l'objection., ainf il
ne peut pas: être queftion de cette pièce.
à Page: Mais la preuve que la colonie de Saint-Domingue
ne s'eft pas trouvée dans des dilpolitions telles , eft dans le
difcours du préfident , qui parle au nom de la colonie.
Vous verrez s'il indique Tintention de comprimer la volonté
de Sonthonax, Nous fommes D dit le préfident 2. entre vos
mains icomme le vale d'argile, que vous
brifer à
l'inftant même. Certes, lorfqu' run préfident Rensid akemblée
coloniale, parlant aunom de Sainte-Domingue > tient un langage pareil aux commiflaires du pouvoir exécutif ( car alors
Sonthonax n'éroit
le délégué de la République,) oil ne
peur pas dire que R
que l'aflemblée coloniale repréfente, & au nom IES le préfident parloit, eût l'intention de forcer la main à Sonthonax. A ce difcours du 20
feptembre, Sonthonax a ajouté une autre déclaration le 24
du même mois. Elle eft exactement la même que celle qui
fut faite quatre jours avant 5 mais il ajoute à cette déclafation gue tels font les, principes , 6 qu'il los regarde coime
très-effenticls a la profpérité de la colonie. Ces principes font
ceux de l'efclavage. Al'égard des moyens de les faite triompher , dit-il, nous les trouverons dans la plénitude
voirs dont nous fommes. inveltis, & dans les
EE
B2
eft exactement la même que celle qui
fut faite quatre jours avant 5 mais il ajoute à cette déclafation gue tels font les, principes , 6 qu'il los regarde coime
très-effenticls a la profpérité de la colonie. Ces principes font
ceux de l'efclavage. Al'égard des moyens de les faite triompher , dit-il, nous les trouverons dans la plénitude
voirs dont nous fommes. inveltis, & dans les
EE
B2 --- Page 24 ---
qui nous font communes avec monfieur le gouverneur-pe- n'ef
néral. Certes le langage de Sonthonax volonté au 24 eft feptembre
pas le langage d'un homme dont la
comprimée
la
de fes droits. Deux imois après 2
car il invoque plénitude pareille proclamation fut faite 5 les
c'éroit le 4 décembre,
littéralement conlignées. On
mêmes difpofitions sy trouvent
une
la plus
y trouve de plus un blafphème Et
: étoit imprécation citayens, que
eriminelle; ily eft dit : s'il
polible, les
Vaffemblée nationale égarée pdefe portr à oublier Veuillez bien préroga- peler
tives des habitans de S.int-Domingue"
nationale
ces mots: S'il étoit polfble que Talfemblée des habitans de Saint- egarée
pàt fe porter à oubli:r les prérogatives Sonthonax, vous a peint les
Domingus. Jufqu'à ce de moment leur indépendance & des prérogacolons comme jaloux
Ei bien!l lui-mème alimente
tives auxquelles ils prétendoient.
du.4 décembre, & il
ces difpolitions à par fa proclamation dans le régime colonial, le getme de
ajoute: : Et détruires régime étoit lelclavage. Il reconnoiffoit
Ja; alors profpehités qu'il étoit (Ce nécellaire à la profpérité de la colonie.) je
rendrai
P'exécuteur d'une parcill
déclare que je ne me
jamais
de'toutes mes forces ;
injufices, je déclare que je
des oppoferai circonftances impéricules
le
j'en fais ferment Sonthonax folemsel. à faire - des aveux contraires à fes inont rérèts, forcé il n'auroit pas dû au moins invoquer lé témoignage
& la garantie de la Convention nationale. A-t-on dans jamais leurs
trouvé dans nos écrits, dans les écrits des de colons, telles
lettres confidentielles, a-t-on jamais vu les colons imprécations ont manie
contre la volonté nationale : Si defir, jamais quelque volonté, ils fe
fefté quelque vou, quelque narionale, ou bien ils ont dit:
font adreilès à la Convention la Convention nationale prit à notre
H feroit à defirer telle que mefure. Mais y a-t-on trouvé une imégard telle auffi ca criminelle? Les difpofitions de Sonthonax ne
précation
feulement dans cette proclamation ; un
fe manifeftent pas
attefte
cherché,
nombreinfni d'autres proclamations
àp pouffer quila la guerre
par tots les moyens polibles,a Vous avez guerroyer, même va, par une proclaconrre les brigands. octobre, qu'il a ordonné la convocation des
mation du 27
érablir des contibutions
affemblées des communes pour
la
aux
de continuer à faire
guerge
toptla
tioriques, afin
dans cette proclamation ; un
fe manifeftent pas
attefte
cherché,
nombreinfni d'autres proclamations
àp pouffer quila la guerre
par tots les moyens polibles,a Vous avez guerroyer, même va, par une proclaconrre les brigands. octobre, qu'il a ordonné la convocation des
mation du 27
érablir des contibutions
affemblées des communes pour
la
aux
de continuer à faire
guerge
toptla
tioriques, afin --- Page 25 ---
avec chaleur. Dans celle du 4 odtobre, on lit:. e Dès notre
nous nous fommes occupés
N arrivée à Saint-Domingue ,
la réduction des
a des deux grands'objets de notre miflion; de l'égalité politique
33 efclaves en révolte, & le maintien,
la million de ra-
> entre les ciroyens libres. > Il avoit donc il oublioit donc un
mener à l'ordre les efclaves révoliés;
la miflion de
moment qu'il avoit, daris la loi du 4 avril,
&
donner la liberté aux nègres. c Des mefures eflentielles
le fuccès de l'attaque
indifpenfables doivent préparer
gé23
dic: cc Il faut étonner
3a nérale des brigands. Plus loin, il
& les attaquer
1> Ies révoltés par un grand forces rallemblement, coloniales. , Plus loin encore a
> à-la-fois de toutes les
réunit
ne
nous trouvons ces expreflions : cc Tout fe de donner pour un
s nous laiffer aucun doute fur la néceflité
éclatante d'un peuple trop
>> libre cours à la vengeance
Son-
>2 long-temps outragé. >> Étoir-ce là le langage
eût été
aux
G
He
thonax eût dà tenir
colons, effecktivement dans la loi
pénétré des difpofitions qu'il difoit avoir trouvées
l'afdu 4 avril? Si Sonthonax eût eu la miflion de préparer libre cours à
franchilfement des nègres, auroit-il donné un
outragé?
la vengeance éclatante d'un peuple trop long-temps
Les principes de Sonthonax fe foutinrent encore long-temps;
j'en trouve la preuve dans fa proclamation du 3 mai 1793, le
qui lui eft commune avec Polverel. A cette époque ,
quartier de Jérémie avoit armé des efclaves; ; vous avez vu
dans le temps que-c'étoit à des efclaves armés que ce quartier avoient
devoit fa confervation. De nouvelles circonftances l'armement
forcé la municipalitré de Jérémie à augmenter fait Sdnthonax?
déja fait d'un nombre de 600 efclaves : que
il porte la proclamation que voici.
(Illic: :)
Proclamation de Polyerel G Sonthonax a 3 mai 1793nulle
de la colonie n'a le
ce Confidérant que
armé autorité fans notre ordre exprès;
droit de lever aucun corps
du
avril dernier
l'art. VIII de notre proclamation
19 des munitions
Smma à tous corps adminiftratifs de difpofer
B 3
à augmenter fait Sdnthonax?
déja fait d'un nombre de 600 efclaves : que
il porte la proclamation que voici.
(Illic: :)
Proclamation de Polyerel G Sonthonax a 3 mai 1793nulle
de la colonie n'a le
ce Confidérant que
armé autorité fans notre ordre exprès;
droit de lever aucun corps
du
avril dernier
l'art. VIII de notre proclamation
19 des munitions
Smma à tous corps adminiftratifs de difpofer
B 3 --- Page 26 ---
de guerre, fubfiftances & d'ancuné efpèce d'effets, même en
fournitures, confiés au département dela
torifation expreffe de nous ou du
guerre, fans une au- I
Tarmement des 600 efclaves ordonné gouverneur général; que
général de la commune de Jérémie, parl'arrèré du confeilqu'il feroit une violation de
, indépendammene de ce
un attentat à la propriété, & notre proclamation. , eft encore
fabverlion entiére du
ne tend à rien moins qu'à la
régime colonial. >3
Alors donc, & c'étoit le 3 mai 1793, Sonthonax reconnoifloit que Farmement des nègres étoit un attentat à la
propriéré, lors même que cet armement avoit été fait du
confentement du maître; il reconnoiffoit, dis-je, encore
que l'armement des nègres coinprometroit l'exiftence de la >
colonie, le
en ce qu'il étoit fubverlif du régime colonial.
mot régime colonial, on entend l'efclavage. Par la
Par
mation que mon collègue Verneuil vous a lue tout-à-Theure, proclaSonthonax manifefta encore les mêmes intentions. Mon
lègue vous a très-bien dit que Sonthonax n'a
modifié coll'édit de 168, comme il l'eût dà faire; mais pas
dirai qu'il y a ajouté l'article le plus barbare moi, & je le vous
atroce, c'eft l'article XXXV. cc. Tout efclave
plus
le camp desi révoltés pour renrrer doucement qui quittera
maitre', un mois après la publicauon de cette
chez fon
aura fa grace'; mais, s'il retourne encore en proclamation; il
aura lès oreilles coupées, d fera marqué de la maronage, lettre M.
Le Prefdcht : Ceci a déja été dit,
Brulley-s On n'avoit pas dit que cet article étoit du faitde
Conthonax, qu'il ne fe trouve pas dans l'édit de
&
j'en tire l'induétion qu'au 5 mai 1793,, il étoit 16855
loin de vouloir artenter au régime colonial. Il infiniment étoit
niment loin des difpolitions danslefquelles il ent' dû venir infi à
Snint-Demingue , fi, dans la loi du 4 avril, il eût trouvé
la million d'affranchir les'efclaves. Pendant que Sonthonax
prenoit cette atritude à l'égard de la colonie, pendant
Sonthonax prenoit cette mefure à l'égard du quartier que de
Jérémie > il travailloit à la" fubverfion du régime colonial. -
Vous avez vu que Chantte, homme de
avoit
ézé dénoncé aux commillaires civils comme couleur., convaincu
par
, dans la loi du 4 avril, il eût trouvé
la million d'affranchir les'efclaves. Pendant que Sonthonax
prenoit cette atritude à l'égard de la colonie, pendant
Sonthonax prenoit cette mefure à l'égard du quartier que de
Jérémie > il travailloit à la" fubverfion du régime colonial. -
Vous avez vu que Chantte, homme de
avoit
ézé dénoncé aux commillaires civils comme couleur., convaincu
par --- Page 27 ---
la procédure inftruite contre ltii, d'avoir provoqué la révolte à Saint-Marc au mois de janvier 1793- Sonthonax refula alors d'approuver P'arréré de la commitiion intermédiaire
le dénonçoit; & quelque temps après, uun nouvel arrêté
Ret pris par cette commifion qui, par des confidérations
Chantétrangères 2 au fait, mais en interprétant l'intention de
te, retira l'arrêté premier qu'elle avoit porcé; arrêté par
lequel elle dénonçoit Chantte. Ce Chantte n'a pas ét étranger à Sonchonax; il a joué un rôle le 21 jnin dans l'incendie
du Cap; il commandoit en chef. : e e
Le préfident : "Il n'eft pas queftion de cela.
Page : C'eft pour prouver que Chantte n'éroit
à Sonthonax >
étoit intimement lié avecl
EG
éttranger
quil
Tintermé-
& que, dès le mois de janvier, Sonthonax, par des
à
diaire de S Chantte, provoquoit la révolte
nègres
Saint-Marc. Mais à cette preuve que nous trouvons dans
le fait de Chantte, nous en ajoutons une autre; c'eft une
lettre de Sonthonax, du 12 mars. A cette époqué, Sonthonax étoit allé à Saint - Marc; il méditoit fon expédition
contre le Port-au-Prince : & pour accroitre la force armée
dont il avoit beloin, il prenoit dans toutes les habitations les
nègres qu'il lui convenoit de s'attacher. Onfe plaignit de cet
enlevement d'efclaves; Sonthonax ne fe crut pas en mefure
pour faire front à l'orage:i il céda un moment, Voici la lettre
qu'il écrivit à la municipalicé de Saint-Marc. Cette municipalité étoit alors dominée par un homme de couleur, dont
les intérêts ont toujours été liés à ceux de Sonthonax.
Lecere de Sonthonax 2 la municipalité de Saint - Marc 3
du I1 mars 1793.
les nouvelles.
c Je viens d'ètre infiruit, citoyens, que
défaftreufes de Jérémie ont occalionné dans votre ville un
mouvement populire-damant plus irrégulier, que la tranquillité qui règne ici eft'l'effet de la bonne union entte nous
& les hommes libres.
93 On fe plaint d'enrélement & d'enlerement d'efclaves.
Il elt de votre devoir, citoyens, de vous oppofer à toute efB 4
1793.
les nouvelles.
c Je viens d'ètre infiruit, citoyens, que
défaftreufes de Jérémie ont occalionné dans votre ville un
mouvement populire-damant plus irrégulier, que la tranquillité qui règne ici eft'l'effet de la bonne union entte nous
& les hommes libres.
93 On fe plaint d'enrélement & d'enlerement d'efclaves.
Il elt de votre devoir, citoyens, de vous oppofer à toute efB 4 --- Page 28 ---
pèce de violation de la loi, & fur-tout à celle
attentat aux propriétés.
qui devient un
>> Je vous énjoins en conféquence
torité dont vous êtes revêtus pour raffurer d'employer les toute l'aupailibles, & faire rendre aux maîtres
tous
ciroyens
qui, depuis les derniers
tous les individus
torité.
jours, ont été fouftraits à leur au35 Signé, SONTHONAX.
relations, Au'ton impérieux foit
que Sonthonax a pris dans toutes fes
avec les municipalités, foiravecl la commiflion
intermédinire, il eft facile de voir que l'attitude
dans ce moment annonce fa
qu'il prend
car, fi Sonthonax n'eir
complicité avec la municipalités
d'efclaves, siln'ent
pas lui-même dirigé cet enlèvement
en agiffoir ainfi, Sonthonax pas été complice de la.r municipaliré qui
paliré l'attitude qu'il
auroit pris avec cette municiles individus qui heurroient prenoit avec les corps conftirués & tous
Mais il chercha lui-méme à excufer fa volonré dans la colonie.
lui difant
cette municipalité, en
'érémie qu'il penfe que ce font les nouvelles défaftreufes de
qui ont occalionné cette mefure. En effet, dans fa
éponfe 2 la municipalité s'excufa fur cette
Long temps après (&c c'étoit au mois de
circunftance.
mancuvres ont eu lieu dans la municipalité juiller), du
pareilles
municipalité du Borgne députa vers Sonthonax Borgr.e. La
plaindre de ces manceuvres, Quelle fut la répenfe de pour fe
thonax: ? la voici,
SonIl lit:
<E Nous fommes affectés, citoyens, de la pofirion de vos
ateliers; il n'a jamais été dans notre intention
trouble. Les tentatives que l'on fait pour les d'y porter le
une fuite des abominables projets du traitre Galbaud. corrompre Nous font
fommes occupés dans ce moment à réparer les effets de fa
rage deftructive.
s Nous vous autorifons à prendre toutes les mefures
sûreté que vous jugerez à propos pour fauver vos de
priétés.
pro-
ommes affectés, citoyens, de la pofirion de vos
ateliers; il n'a jamais été dans notre intention
trouble. Les tentatives que l'on fait pour les d'y porter le
une fuite des abominables projets du traitre Galbaud. corrompre Nous font
fommes occupés dans ce moment à réparer les effets de fa
rage deftructive.
s Nous vous autorifons à prendre toutes les mefures
sûreté que vous jugerez à propos pour fauver vos de
priétés.
pro- --- Page 29 ---
à faire tous les ré
9) Nous vous autorifons également
glemens d'amélioration nécellaires à la tranquillité de VOs
ateliers.
voulant
leurs
3>
Les habitans du Borgne,
récompenfer
nègres de la fidélité conftante dont ils ont fait preuve,
leur ont acsordé un jour de repos, outre le dimanche. >
même
Sonthonax
à la liC'étoit au
temps que
appeloit
berté les nègres guerriers qui voudroient sinfcrire pour
marcher fous les ordres de la commiflion civile, c'étoit au
même temps s' dis-je, qu'il tenoit à la commune du Borgne
mais Sonthonax voyant que les habitans
un pareil langage;
fur
tout l'odieux
du Borgne étoient en mefure, rejeta
Galbaud
Alors
de la révole des nègres dans le quartier du Borgne.
Galbaud fuyoit vers T'Amérique; & certes, Galbaud, propriétnire à Saint-Domingue, n'auroit pas eu la mal-adreffe
de difféminer dans Saint-Domingue , &c fur-teut dans les
quartiers les plus reculés de la colonie, des agens de dévaftation & de défolation. Ainfi donc, dans cetté réponfe
de Sonthonax, il y a de la part de Sonthonax un caraétère
vis-à-vis de Galbaud. Le 21 juin,
que je ne puis pas exprimer à développer le
qu'il méditoit
Sonthonax commence
plan
depuis fi long-temps. Alors, ille croit en mefure de comVoicilap proclamation qu'ilrendit a
mencer lesatiranchitiemens.
le 21 juin 1793, au haut du Cap.
Il lit:
Proclamation de Sonthonax, du 21 juin 1793, au kaut dx
Cap.
la volonté de la
françaile &
c6
Déclarons
République
celle de fes HETAEL eft de donner-la liberté à tous les nègres
guerriers qui combattront pour la République, 2 foxs les
ordres des commiffaires civils, tant contre les Efpagnols
les autres ennemis, foit de lintérieur, foit de iRe
contre
térieur.
les commiffaires civils, veulent auffi
adoucir > La le République, fort des autres efclaves, foit en empéchant gu'on
Tome VI, Cinquante-diuriàne iuraifon.
Bs
ft de donner-la liberté à tous les nègres
guerriers qui combattront pour la République, 2 foxs les
ordres des commiffaires civils, tant contre les Efpagnols
les autres ennemis, foit de lintérieur, foit de iRe
contre
térieur.
les commiffaires civils, veulent auffi
adoucir > La le République, fort des autres efclaves, foit en empéchant gu'on
Tome VI, Cinquante-diuriàne iuraifon.
Bs --- Page 30 ---
ne les maltraite comme autrefois, foit en leur donnant de
meilleurs vivres, de plus grandes places pour leur aifance >
plus de rechanges par an, plus de temps
femaine
s'occuper de leurs propres affaires, plus da' douceur &c goas
leur refpedt pour les femmes enceintes & les nourices, foit en:
donnant des moyens sûrs de fe racheter moyennant des
fommes dérerminées, foit enfin en donnant
liberté aux nègres qui auront donné le plus graduellement de
la
leur bonne conduite & leur afliduité au travail, preuves &
de
donnant en même-temps des terres en propriété fuffifantes en leur à
l'honnête fubliftance d'eux &-de leurs familles.
95 Tous efclaves qui feront déclarés libres par les
de la République, feront les égaux de tous les hommes délégués
ou de toutes autres couleurs.
blancs
9, Ils jouiront de tous les droics appartenans aux citoyens
français.
92 Telle eft la miflion que la Convention nationale &
confeil exécutif de laRépublique ont donnéeaux
le
civils. 33
commiffaires
Ici, on voit que Sonthonax déclare qu'il eft dans la
lonté de la République &c celle de fes délégués, (ces dé- volégués n'étoient pas la Convention nationale, il
* e
pas.).
n'en parle
Sonthonax : Quelle eft la pièce que vous citez? Eft-ce la
proclamation en nature: s ou fi elle eft extraite d'un journale
Page: Elle eft extraite d'un journal intitulé le: Radoteur.
Sonzhonax : Je ne peux pas reconnoître comme autherr
tique une proclamation inférée dans un journal que je n'ai
jamais connu.
Page : Alors, commumigwre-meiforiginal,
Sonthonax : Il eft dans mon regiftre; je vais le chercher.
(Sonthonax fort.)
Sonthonex (en apportant le regiftre ) : Si le citoyen Page
ou fi elle eft extraite d'un journale
Page: Elle eft extraite d'un journal intitulé le: Radoteur.
Sonzhonax : Je ne peux pas reconnoître comme autherr
tique une proclamation inférée dans un journal que je n'ai
jamais connu.
Page : Alors, commumigwre-meiforiginal,
Sonthonax : Il eft dans mon regiftre; je vais le chercher.
(Sonthonax fort.)
Sonthonex (en apportant le regiftre ) : Si le citoyen Page --- Page 31 ---
veut fe donner la peine de lire 3 j'ai mcn regiftre; je verrai
fi clle eft conforme.
(Page relit la pièce précédente.)
Page : J'obferve que dans cette proclamation, Sonthonax
déclare qu'il eft dans la volonté de la République françaife
& de fes délégués de donner la liberté à zous les nègres
riers
combattront fous les ordres des commifraires
Eatine
Ici, Sraeer ne dir pas un mot de la Convention nationale ; car fans doute les délégués de la République n'étoient
les repréfentans du peuple. C'étoit donc par leur voTor colleétivement avec la volonté de la République,
Sonthonax faifoit aux nègres le
de la libercé.
SO0
préfent
thonax ajoute que les efclaves qui fercnt ainfi déclarés libres,
jouiront aufli de tous les droits des autres citoyens , & que
c'eft-là la mitlion quileur eft donnée par l'aflemblée nationale
& le confeil exécurif: Si je connois la loi du 4 avril, je n'y
trouve pas cette miflion, quoique Sonthonax prétende qu'elle
y eft implicitement & même explicitement exprimée. Je ne
puis la trouver confignée que dans le décret du 5 maars, &
ce font les proclamations fubféquentes
lindiquent; &
quand nous traiterons de ces
nous examiE
nerons les motifs qui ont pu déterminer Sonthonax..
Le II juillet Sonthonax porta une nouvelle proclamation: il avoit trouvé fans doute que la première n'avoit
porté autour de lui une garde prétorienne allez nomERa.er Il s'exprime ainfi dans cette proclamation. Il eft
important d'enrendre de quelle manière parle Sonthonax.
Il lit :
Proclamation d' Etienne Polverel & Liger-Félicité Sonthonax,
commifaires civils de la République, 6c.
<e Nous avons fait des libres, nous en ferons encore ;
mais nous voulons faire d'eux tous dcs citoyens qui, par
l'habitude des affections de famille, f'accoucument à chérir
ienne allez nomERa.er Il s'exprime ainfi dans cette proclamation. Il eft
important d'enrendre de quelle manière parle Sonthonax.
Il lit :
Proclamation d' Etienne Polverel & Liger-Félicité Sonthonax,
commifaires civils de la République, 6c.
<e Nous avons fait des libres, nous en ferons encore ;
mais nous voulons faire d'eux tous dcs citoyens qui, par
l'habitude des affections de famille, f'accoucument à chérir --- Page 32 ---
& à défendre la.grande famille qui eft compofée de l'enfemble de tous les citoyens.
2, Nous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit,
être exécuté feulement dans la province du Nord. pour
ART PREMTER.
55 Tout homme actuellement libre,quelle que foit
de fa liberté > qui voudra épcufer une femme l'époque
foit
ait eu
efclave,
qu'il
des enfans d'elle, ou qu'il n'en ait
eu, fe prélentera avec ladite femme & les enfans
en aura eus, devant la
t
municipalité du lieu de fai
dans le délai de I5 jours, à compter du jour réfidence, de la
blication de Ia préfente
puproclamation 3 & à défaut de
municipalité, devant le bureau municipal qui en fera les
fonctions.
Je paffe à l'article VIII.
VIIL
53 La femme efclave ainfi mariée & les enfans efclaves
ainfi légitimés, feront libres & répurés tels, &
de tous les droits de citoyens, fans gw'il foit befoin jouiront
titre de liberté que l'aéte de déclaration de mariage d'autre &c de
légitimation énoncée' en l'arricle précédent.
Je paffe maintenant à Farticle XI.
XI
2, Les maîtres des efclaves ainfi afiranchis, feront indemnifés
de la valeur defdits efclaves en
lettres-de-change EbFETmL fur le
public.
XII
>> La valeur defdits efclaves demeure
celle
des hommes audeflus de 18 ans à la fomme fiste, de favoir,
>> Celle des femmes au-deffus de 16
à 2,000 la fomme liv.
de 1650 Evres.
ans,
à Farticle XI.
XI
2, Les maîtres des efclaves ainfi afiranchis, feront indemnifés
de la valeur defdits efclaves en
lettres-de-change EbFETmL fur le
public.
XII
>> La valeur defdits efclaves demeure
celle
des hommes audeflus de 18 ans à la fomme fiste, de favoir,
>> Celle des femmes au-deffus de 16
à 2,000 la fomme liv.
de 1650 Evres.
ans, --- Page 33 ---
>> Celle des enfans des deux fexes au-deffous de 4 ans,
à la fomme de 200 livres.
>> Celle des enfans au-deffus de 4 ans & au-deffous de
IO, à la fomme de 400 livres.
s' Depuis IO jufqu'à 14,à la fomme de 600 livres.
>> Depuis 14 jufqu'à 16, à la fomme de 1,000 livres.
e Et les hommes au-delfus de 16 ans & au-deffous de
16, à la fomme de 1,5oo livres.
XIV.
12 Toute femme libre qui voudra époufer un efclave elle &
le rendre libre par le mariage pourra le faire; fur le mais de
fera tenue d'en payer l'indemnité au maitre
pied
T'évaluation faite par l'article XII.
X V.
L'exécution de la préfente proclamarion fera fufpendue dans les- -provinces de P'Oueft & du Sud, jufqu'à ce
qu'un arrêté des deux commiffaires civils qui font acuel
lement dans le Nord, ait autorifé le commiflaire civil qui
eft dans le Sud, & celui qui va incellamment fe tranfporter dans TOueft, à en faire l'application dans ces deux
dernières provinces. 29
Citoyens, , je, vous prie d'obferver que dans cette
clamation, n'eft pas dit un feul mot de la
ETtuRE
Sonthonax Ae parle que pour déclarer que les atfianchif
femens qui réfulteront du fait des mariages d'hommes libres
avec les efclaves, feront à la charge de la République;
mais le bienfait de la liberté n'eft donné que par. Sonthonax. Sonthonax feul en eft le di(penfateur fuprème. Le 14
du même mois, c'eft-à-dire, trois jours après l'émiflion
de cette praclamation, ilfe fit au Cap une fédération: à
c'eft là oà l'on vit le plan de Sonthonax abfolument
découvert. Sonthonax dir: Citoyens 1 > le bonnet de la
liberté, &cc.
le bienfait de la liberté n'eft donné que par. Sonthonax. Sonthonax feul en eft le di(penfateur fuprème. Le 14
du même mois, c'eft-à-dire, trois jours après l'émiflion
de cette praclamation, ilfe fit au Cap une fédération: à
c'eft là oà l'on vit le plan de Sonthonax abfolument
découvert. Sonthonax dir: Citoyens 1 > le bonnet de la
liberté, &cc. --- Page 34 ---
Il lit :
Procès-verbal de lafète quiaeu lieu au Cap le 14juillet 1793.
civil, leur a répondu:
es Sonthonax, commilfaire
de la liberté eft limage adorée de la nouvelle
>> Le bonnet
celle delégalité entre tous les homteligion dés Francals,
la défenfe de la Rémes. Vous avez pris les armes pour cet acte généreux vous a
publique & de fes libres. délégués; Vous Tètes devenus, & nous
rendus dignes d'être tels au péril de nos vies. a e
vous maintiendrons
fait
du néant à T'exiftence :
3> L'état de liberté vous
pafler bienfait; vous prou-
{entez tout le prix d'un auffi gtand fi vous exécurez ponctuelleverez que vous, l'avez métité,
civils.
ment les ordres des commmiflaires
s'être entouré d'une garde prétoVous voyez qu'après
les mefures
pour en
rienne., avoir pris toutes cumulant même pollibles furla Républiaugmenter le nombre, en devoient en réfulrer, Sonthonax
que françaife les frais qui le
juillet, alors qu'il leur
a, bien fcin de leur dire - fidélité, 14 que, pour mériter le
fait préter le ferment de
ils doivent cxébienfait de la liberté qu'il leur a accordée, civils. Je
les ordres des commifaires
palle
cuter ponêtuellement
tirer de la proclaunales autres induétions que je pourrois le dénouement de la
tion, pour amener plus rapidement
queftion. arrivé le
août, c'eft alors qu'il
fa procla
Enfin
de province du
liberté aux efclaves
FErT
mation qui donne 12
Nord.
Il lit:
Sonthonax, commiffaire civil, ,8cc.
cc Nous Léger-Félicité
hommes naijent & demeurent libres & cgaux en
E. > Les
l'évangile de la France. Il eft plus
droits. Voila, qu'il citoyens, foit prociamé dans, tous les départemens
temps
30 la République.
fa procla
Enfin
de province du
liberté aux efclaves
FErT
mation qui donne 12
Nord.
Il lit:
Sonthonax, commiffaire civil, ,8cc.
cc Nous Léger-Félicité
hommes naijent & demeurent libres & cgaux en
E. > Les
l'évangile de la France. Il eft plus
droits. Voila, qu'il citoyens, foit prociamé dans, tous les départemens
temps
30 la République. --- Page 35 ---
9> Envoyés par la nation en qualité de commiffaires civils
à Saint-Domingue, notre miflion étoit d'y faire exécuter
la loi du 4 avril, de la faire régner dans toute fa force, &
dyprépater graduellement, fans déchirement & fans fecoullé,
Taffranchiffement des elclaves.
>> A notre arrivée nous trouvâmes un (chifine épouvantable entre les blancs qui, touts divifés d'intérêts & d'opinion, ne s'accordoient qu'en un feul point - celni de perpétuer à jamais la fervitude des nègres, & de profcrire
également tout (yftème de liberté & mème d'amélioration
de leur fort. Pour déjouer les mal-incentionnés & pour
raffarer les efprits tous prévenus par la crainte d'un mouvement fubit, nous déc-arâmes que nous peniions que
l'efclavage étoit néceffaire d la culeure.
alors étoit ef-
>> Nous difions viai, citoyens; T'efciayage
fentiel, autant à la continuation des travaux > qu'à la confervation descolons. Saint-Domingue étoit encore au pouvoir
yd'une horde de tyrans féroces
préchoient publiquement
que la couleur de la peau Ctdr être le figne de la puillance
ou de la réprobation. Les juges du malheureux Ogé, les
créatures & les membres de ces infames cemmiflions prévotales qui avoient rempli les villes de gibets &c de roues
pour facrifier à leurs prétentions atroces les Afticains & les
hommes de couleur, tous ces hommes de fang peuploient
encore la colonie. Si, par la plus giande desimprudences,
nous euflions à cette époque rompu les liens qui enchainoient
les efclaves à leurs maitres , fans doute que leur premier
mouvement eût été de fe jeter fur leurs bourreaux; & dans
aifément confondu l'inleur. e trop jufte fureur, ils euffent
s'étennocent avec le coupable. Nos pouvoirs d'ailleurs ne
&
doient pas jufqu'à prononcer far le fort des Africains,
nous euffions été parjures & criminelsii la loi eût été violée
par nons.
les
>> Aujourd'hui les circonftances font bicn changées;
négriers & les anthropophages ne font plus. Les uns ont
péri victimes de leur rage impuiffante, les autres ont cherché
leur falut dansla fuite & lémigration. Ce qui refte de blancs
eft ami de la loi & des principes français. La majeure partie
jufqu'à prononcer far le fort des Africains,
nous euffions été parjures & criminelsii la loi eût été violée
par nons.
les
>> Aujourd'hui les circonftances font bicn changées;
négriers & les anthropophages ne font plus. Les uns ont
péri victimes de leur rage impuiffante, les autres ont cherché
leur falut dansla fuite & lémigration. Ce qui refte de blancs
eft ami de la loi & des principes français. La majeure partie --- Page 36 ---
eft formée des hommes du 4 avril, de ces
de la population
devez votre liberté, qui, les premiers,
hommes à qui vous
du courage à défendre les' droits
vous ont donné T'exemple
de ces hommes qui; fiers
de la nature & de Thumanité;
la
de leurs prode leur indépendance, ont préféré leurs anciens perte fers. N'oubliez
priétés à la honte de reprendre
d'eux lès armes qui vous
jamais, citoyens, que vous N'oubliezjamais tenez
que c'eft pour la
ont conquis votre liberté.
avez combattu; que de rous
République françaife
les vous feuls qui foient vos amis font
les blancs de
TRANS
les Français d'Europe.
&
entre
veut la liberté r'égalité
59 La République françaife diftination de couleur : les rois ne £e
tous les hommes fans
Ce font eux qui, fur les
plaifent qu'au milieu des efclaves.
blancs; ce font les
côres d'Afrique , vous ont vendus aux cet infâme trafic.
tyrans d'Europe qui voudroient perpétuer de fes enrans : les
La République vous adopte couvrir au nombre de chaines ou à vous
rois n'afpirent qu'à vous
anéantir.
font
de cette même République
> Ce
les repréfentans fecours, ont délié les mains des
qui,
venir à votre leur donnant le pouvoir de changer
SLIE civils , en
des ateliers. Cette
provifoirement la police & la difcipline
Un nouvel
police & cette difcipline. vont être l'ancienne changées. fervitude difpaordre de chofes va renaitre, & 1
roitra.
la liberté dont vous allez
33 Ne croyez cependant de
pas & que d'oifiveté : en France, tout
jouir foit un état parele le monde travaille. A Saintle monde eft libre 3 & tout
vous fuivrez le même
Domingue, foumis aux mêmes lois, ou chez vos anciens
exemple. Rentrez dans VOS ateliers
vous recevrèz le falaire de vos peines. Vous
propriétaires; allujétis à la correétion humiliante qu'on
ne ferez plus autrefois; vous ne ferez plus la propriété
vous infligeoit refterez les maitres de la vôtre, & vous
d'autrui; vous
vivrez heureux.
la volonté de la nation françaife,
>> Devenus citoyens les: par zélés obfervareurs de fes décrets
vous dévez être aufli
OS ateliers
vous recevrèz le falaire de vos peines. Vous
propriétaires; allujétis à la correétion humiliante qu'on
ne ferez plus autrefois; vous ne ferez plus la propriété
vous infligeoit refterez les maitres de la vôtre, & vous
d'autrui; vous
vivrez heureux.
la volonté de la nation françaife,
>> Devenus citoyens les: par zélés obfervareurs de fes décrets
vous dévez être aufli --- Page 37 ---
Vous défendrez fans doute les intérêts de la République
contre les rois, moins encore par le (entiment de votre indépendance, que par reconnoillance pour les bienfaits dont
elle vous a comblés. La liberté vous fait palfer du néant à
l'exiftence : montrez-vous dignes d'elle 5 abjurez à jamais
l'indolence comme le brigandage 5 ayez le courage d'être un
peuple, & vons égalerez les nations curopéennes. Vos calomniateurs & VOS tyrans foutiennent que l'Africain, devenu
libre, ne travaillera plus démontrez qu'ils ont tort; redoublez d'émulation, &, : la vue du prix qui vous attend,
prouvez à la France, > par votre acivité, qu'en vous affociant à fes intérêts, elle a véritablement accru fes reffources
& fes moyens.
s Et vous, citoyens égarés par d'infàmes royaliftes, vous
qui, fous les drapeaux & les livrées du lâche Efpagnol >
conbattez aveuglément contre vOS propres intérêts, contre
la liberté de vos femmes & de vos enfans, ouvrez donc
enfin les yeux fur les avantages immenles que vous offre la
République. Les uns vous promertent la liberté:mais voyezvous qu'ils la donnent à leurs fujets 2 rEpagnol affranchit1l fes efclaves ? non, fans doute; il fe promet bien au contraire de vous charger de fers, fitôt que vos fervices lui feront inutiles. N'eft-ce pas lui qui a livré Ogéà fes affallins?
Malheureux que vous êres ! fl France reprenoit un roi,
vous deviendriez bientôt la proie des émigrés; ils vous careffent aujourd'hui, ils deviendroient VOS premiers bourreaux.
35 Dans ces circonftances, le commiffaire civil, délibérant
fur la pétition individuelle fignée en allemblée de commune;
35 Exerçant les pouvoirs
lui ont été délégués par
l'art. III du décret rendu par t Convention nationale le S
mars dernier >
SA ordonné & ordonne ce qui fuit, pour être exécuté
dans la proviace du Nord. >>
Il eft bon de remarquer que Sonthonax dit dans le fecond
paragraphe de la prociamation, qu'ila été envoyé à Saint-
libérant
fur la pétition individuelle fignée en allemblée de commune;
35 Exerçant les pouvoirs
lui ont été délégués par
l'art. III du décret rendu par t Convention nationale le S
mars dernier >
SA ordonné & ordonne ce qui fuit, pour être exécuté
dans la proviace du Nord. >>
Il eft bon de remarquer que Sonthonax dit dans le fecond
paragraphe de la prociamation, qu'ila été envoyé à Saint- --- Page 38 ---
Domingue pour Y préparer graduellement Taffranchilement
des elclavess & dans le paragraphe fuivant %
une contradiction qu'il lui fera difficile d'expliquer,
dit
s'il a
dcme
retardé fi long- temps le bienfait de la liberté >
Sua gue fes pouvoirs ne s'érendoient
juiqu'à prononcer
fur le fort des Africains, & qu'il eût E2 parjure & criminel
fila loir-edt été violée par lui.
Si effectivement Sonthonax eut trouvé dans la loi.du
avril des difpolitions telles qu'il ait eu mitlion d'amener 4
Talfranchiliement, pourquoi déclare-r-il'daps cette
mation que jufqu'à cemoment il n'avoit point eu de pouvoirs proclafuffifans? A notre arriyée 5 dit-il, - a
e
Ic préfident : Le raifonnement eft entendu.
Page : J'ai une. nouvelle induction à tirer. cc A notre arrivée, > dit-il, nous trouvâmes un fchifme épouvantable entre
les blancs, qui, tous divifés d'intérêts Bc d'opinions, ne
s'accordoient quie fur un feul point, celui de
la
fervitude des negres de profcrire tout fyftème perpétuer de liberté. >
Il ajoute
pour déjouer les mal: intentionnés, 3 il fur
obligé de Airi déclaration qu'il fitle 20 & le 24
& le 4 décembre fuivant. Sonthonax dit qu'il'a feptembre, trouvé un
fchilme épouvantable en arrivant à
le moyen alors de faire ceffer ce fchifme Saint-Domingue fe trouve dans ; mais
journée du 22 juin 1793 & jours fiivans, dans les
la
a
mefures
qu'il prifes pour faire périr à Saint-Doniningue tous les
colons blancs qu'ils difoient entichés de cette ariftocratie de
la
des colons qui étoient entichés de ce régime coqu'il préfentoit comme des
ESTT4
de légaliné. Les
ennemis de la liberré &
le
difpolitions que l'on trouve confignées dans
paragraphe fuivant annoncent affez que, dès
Sonthonax avoit préparé Tanéantiffement de la colonie, long-remps
avoit préparé l'expulfion & le maflacre de tous les colons qu'il
blancs.
Car il dit: Nous diffons vrai, citoyens; aiors que nous vous
difions, &c.
(II continue de lire.)
Que falloit-il donc faire pour amener le. réfultar de la
erré &
le
difpolitions que l'on trouve confignées dans
paragraphe fuivant annoncent affez que, dès
Sonthonax avoit préparé Tanéantiffement de la colonie, long-remps
avoit préparé l'expulfion & le maflacre de tous les colons qu'il
blancs.
Car il dit: Nous diffons vrai, citoyens; aiors que nous vous
difions, &c.
(II continue de lire.)
Que falloit-il donc faire pour amener le. réfultar de la --- Page 39 ---
proclamation du 29 aoit, pour amener Taffranchiffement
des nègres? il falloit adafliner ces mêmes hommes ; il falloit
chafler de
ces mêmes
e
Saint-Domingue
hommes qui s'éroient
déclarés les amis de l'efclavage. Nous ne ferons aucune réflexion fur ce que Sonthonax dit ici desjuges du malheureux
Ogé; ce que nous avons dit de cette procédure & des circonftances qui l'ont environnée eft plus que fuflifant. Si,
par la pluts grande imprudence J nous eufions rompu les liens
qui enchainoient les e/elaves & leurs maitres, dans leur trop
jufe farears ils cuffent confondu l'innocent avec le coupable.
Falloit-il donc chafler tous ces tyrans ? Sonthonax
pas le danger quil y avoit de rompre fubitement n'ignoroit les liens
qui arrachoientles nègres aux blancs; 1l favoit que le réfulrat de cette mefure devoit amener l'anéantiffement de
tous les celons français qui avoient cultivé jufqu'alors les
Antilles. II falloit donc chaffer tous ces tyrans, chafler de
la colonie tous les Français. Sonthonax dic qu'il n'a donné
cette liberté qui'en vertu du décret qui a été rendu par la.
Convention le 5 mars. Jufqu'à ce moment, il s'étoit
de la loi du 4avril, actuellement il s'étaye du décret étayé du
mars 1793 : mais.ila été démontré que ce décrer ne lui a 5
été envoyé
que l'exécution de ce décret a R
fufpendue par un décret
le 19 du même mois,
nmnAn
Comment fe fait-il donc que Sonthonax applique la liberté
nérale aux nègres en vertu d'une loi qui ne lei avoit gé- pas
été envoyée officiellement, & qui a mênt.e été fufpendue?
Mais alors même que cette loi lui efit été envoyée officiellemenr, quelles font fes difpofitions : Je lis l'article de la
loi qu'il invoque, &jy trouve:
A R T. IIL
cc Seront citoyens adtifs & cligibles tous les hommes libres
agés de 25 ans, propriécaires fonciers, ou, à défaur d'une
telle propriéré, domiciliés dans la colonie depuis deux
& payant une contribution quelconque.
ans,
A R T., I V.
>> Seront également confidérés comme actifs &
les citoyens libres qui, âgés de vingt- cinq ans, auront éligibles porté
que, &jy trouve:
A R T. IIL
cc Seront citoyens adtifs & cligibles tous les hommes libres
agés de 25 ans, propriécaires fonciers, ou, à défaur d'une
telle propriéré, domiciliés dans la colonie depuis deux
& payant une contribution quelconque.
ans,
A R T., I V.
>> Seront également confidérés comme actifs &
les citoyens libres qui, âgés de vingt- cinq ans, auront éligibles porté --- Page 40 ---
les armes pour la défènfe de la colonie depuis le I" feptémbre 1721. 9,
Certes, un affranchiffement général & définitif n'étoit pas.
un réglement de police provifoire, : c'étoit une grande mefure de gouvernement; , une grande mefure politique; &c
Sonthonax n'ignoroit pas lui - même combien cette melure
éloit importante , puilqu'il convient, dans le préambule de
fa prochuation, qu'en brifant fubitement le reffort qui attachoit les nègres aux blancs, > il expoloit les blancs à un
anéantiffement toral. Ainfi donc, en fuppofant même que
la loi du 5 mars n'etit pas été fufpendue en fuppofant
la loi lui eût été
encore eft-il
ds
envoyée slie
que Sonthonax excédoit les pouvoirs qui lui auroient été
donnés par l'art, III de cette loi, puifqu'il n'étoit autorifé
qu'à faire des réglemens provifoires, &c qu'il prend une
mefure générale & définitive.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef Fgné: J. PH. GARRAN spréfdent 5 MERIINO, 3 DAFRAY: MOLLEVAUT, GRÉGOIRE A
LANTHIENAS, FoucHÉ (de Nantes), fecrétaire.
Dr25
és par l'art, III de cette loi, puifqu'il n'étoit autorifé
qu'à faire des réglemens provifoires, &c qu'il prend une
mefure générale & définitive.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef Fgné: J. PH. GARRAN spréfdent 5 MERIINO, 3 DAFRAY: MOLLEVAUT, GRÉGOIRE A
LANTHIENAS, FoucHÉ (de Nantes), fecrétaire.
Dr25 --- Page 41 ---
Du 25 Floreal, Pan troisième de la République
française zne et indivisible.
0 N lit la rédaction des débats recueillis dans la féance
précédente; elle eft adoptée.
Fouché, membre de la commiffion 2 annonce que la pièce
relative à Déraggis , a été paraphée hier par un des.colons,
par Sonthonax & par lui.
Page : Citoyens >
abréger la difcuflion , je ne ferai
aucune réfexion fur Eotte réfulrats de la prociamation du
août sje me fuis occupé de la queftion de droit. T'avois à
nous prouverions 2 relativement à l'articie XIIfpécifié
uts le fupplément fourni à la commiflion des colonies,
que Sonthonax > pour ayoir fous Ja main 6 à fa di/pofition des inftrumens de perfecunon & d'opprefion > avoiz
oppelé autour de lui 6 afranchi les nègres qui prendroient les
armes fous fes ordres. La preuve de cette accufation vous a
été donnée par la proclamation du 21 juin, don: la lecture
a été faite à la commiffion. L'article XIII porte que, pour
la proyince du Nord feulement 7 Polverel G Sonthonax onz
afranchi arbicrcirement 2 é fixé le prix de laffranchiflement
des efclaves quife font maries ou pourroient fe marier à des
perfonnes libres. Cette inculpation eft encore prouvée
la
de
du I I juillet. Vous avez reIat
proclamation Sonthonax,
marquer que Sonthonax avoit établi au profit des maitres une
indemnité pour chaque affranchillement > provenant du fait
des mariages des nègres efclaves avec les perfonnes
que cette indemniré devoit être fupportée par la
Farnalinn
& que c'étoit feulement fous ce rapporz qu'il invoquoit la
République. L'article XIV dit que Polyerel 6 Sonthonas
TomeVI. Cagpateurjaethrsjes.
C
Sonthonax,
marquer que Sonthonax avoit établi au profit des maitres une
indemnité pour chaque affranchillement > provenant du fait
des mariages des nègres efclaves avec les perfonnes
que cette indemniré devoit être fupportée par la
Farnalinn
& que c'étoit feulement fous ce rapporz qu'il invoquoit la
République. L'article XIV dit que Polyerel 6 Sonthonas
TomeVI. Cagpateurjaethrsjes.
C --- Page 42 ---
ont afranchi les nègres, en vertu & en exécution d'une loi
Jappojée. La preuve vous en a encore été fournie par la
cianation du
août. Vous avez vu que Sonthonax
aluae
de Y'arcicle III 3 décret du 5 mars 1793 5 & dans les féances
antécédentes, Sonthonax a fait l'aveu que ce décret ne lui
avcit pas été envoyé officiellement. Il y a une cinquième
difpofition: Ils ont établi la loi agraire 3 en
aux
nègres les terres en culture de leurs mair:s. Cette
chttenibies
eft prouvée
la même proclamation du 29 août, dans
laquelle on R article XII: Les revenus de chaque habitation feront partages en trois portions égales > déduétion faite
des impofitions, lefquelles font prélevées fur la totalité 3).
A R T. XIX.
Cc Les cultivateurs auront en outre leur place à vivre (ce
font des portions de terre que Sonthonax retranchoit de la
propriété du maître, pour en conférer la pofteflion aux efclaves ) , & elles feront répartics équitablement entre
chaque famille , et égard à la qualité de la terre & à la quantiré qu'il convient d'accorder.
1 Vous devez voir, citoyens > par cette difpofition > quel
arbitraire Sonthonax laiffoit à ceux qui étoient chargés de
cette diftribution. Trois proclamations poftérieures
font
communes à Polverel, qui font du 4 août >
6 &
A
du 17 feptembre e, que nous vous mettrons fr le bureau,
prouvent plus particulièrement encore que la loi agraire a été
érablie à Saint-Domingne 5 que les partages de la totalité des
habitations & la propriété de ces habitations fut concédée aux
nègres. Vous y verrez encore des difpolitions très-onéreufes
le commerce de France &c pour les créanciers de ces
pour mèmes habitations, puifque les porteurs de créances ne
ponvoient avoir d'action fur ces habitations concedées aux
nègres, qu'en raifon de la valeur eftimable de chaque habitation, & le furplus de la créance demeuroit affecté &
hyporhéqué far les biens que fes anciens maitres pouvoient
voir, foit en France, foit ailleurs..
Sonthonax : Je demande fi ces proclamations font de
inoi.
pour les créanciers de ces
pour mèmes habitations, puifque les porteurs de créances ne
ponvoient avoir d'action fur ces habitations concedées aux
nègres, qu'en raifon de la valeur eftimable de chaque habitation, & le furplus de la créance demeuroit affecté &
hyporhéqué far les biens que fes anciens maitres pouvoient
voir, foit en France, foit ailleurs..
Sonthonax : Je demande fi ces proclamations font de
inoi. --- Page 43 ---
Page: Ce font des' Proclamations que vous n'avez point
délavouées.
Sonthonax :Je demande Gj'ai figné cette proclamation.
Page: Elies font fignées de Polverel.
Verneul: Elles fonr cominunes.
Le prefident : Il faudrcir alors faire entendre Polverel fils,
comme 1l le demande, ce quiferoit ridicule.
Page: : Sonthenax n'a pas défavoué cette proclamation.
Sonthonax : Eit-ce que jai befoin de défavouer une
clamacion que je n'ai poit faire?
pror
Verneuil: Poiverel cite dans fa prochmation...
Le prefdent : A Tordre : il n'eft pas queftion de Polverel;
ilfaudroit que les cclons fe miflent enfin fur lepied d'exécuter
les arrêrés de la commillion.
Dumy : Une obfervarion : La proclamation dont
veut faire lecture, dit dans uin article : mon
Page Sonthonax, vous a donné des trres fir lelquell:s les collegue manufaiteurs
font rentrés; & moi je vous les donne avec tous les batimens.
Vous trouverez donc que Sonthonax en 'a fait autant dans
fa d-pendance.
Sonthonaz: Je demande que l'on dépofe far le bureau
ia prociamation par laquelle Yai érabli la loi agraire, ainfi
que is dit le choyen Duny,
Page: Je mets en fair que la loi agraire a é'é établie à
Saint-Domingue, par le fait foul de la pro.lamnation du
aodt 1793; car parrager les habitations aux eiclaves, cleft 29
néceffairement établir la loi agraire à Sain: Domingue. Iic
donc bien prouvé que les quatre articles failant partie du
troifieme chsfque jai difcuté font parfaitement prouvés. Il
eft donc viai que, dans chacun de ces diérens.aricles, Sonthonax a ufurpé lepouvoir iégiflatif.
Verneuil: : Je paile au feizième corollaire. Ils ont
ai goivein ment de Suint-Domingue i72 autre gue celui que appelé la
loiy appelcit. Lorfque Son:honax & Polverel partirent de
France, ils furent accompegnés par un général nommé Defpariés, qui devoit relever Elanchelande. Delparbésavoir fous
lci trois ofliciers-e généraux, Lafalle > Dinifdhal & Montefquiou, qui devoient rempiacer Detparbés en Cas de mort ou
de maladie. Sonshonax, de fon aurcriré privée 3 a deftitné
Deiparbes, parce que ce dornier n'a pas voulu figner la fube
C:
ils furent accompegnés par un général nommé Defpariés, qui devoit relever Elanchelande. Delparbésavoir fous
lci trois ofliciers-e généraux, Lafalle > Dinifdhal & Montefquiou, qui devoient rempiacer Detparbés en Cas de mort ou
de maladie. Sonshonax, de fon aurcriré privée 3 a deftitné
Deiparbes, parce que ce dornier n'a pas voulu figner la fube
C: --- Page 44 ---
vention du quart, & recevoir de Polverel & Sonthonax une
fomme dé.66,000 liv. qui lui,a été offerte par eux, avec
l'alfurance d'une retraite aux Etats-Unis d'Amérique, en cas
d'événement. Ce fait a été authentiquement dénoncé au tribunal révolutionnaire. Le défenfeur officieux de Defparbés
Trongon-Ducoudrais, exifte ainfi
plufieurs perfonnes qui
Pont entendu; & d'ailleurs ce hiftet eft de notoriéré publique.
Lorfque Defparbés fut embarqué > Sonthonax & Polverel
donnèrent à Dinifdhal l'ordre de s'emparer du commandement. Je vous parle de cela en connoiflance de caufe, parce &c
le jour. même oû Dinifdhal reçut l'ordré de Polverel
3:" Sonthonax, je m' 'adreffai à lui pour obrenir des troupes
pour la paroitie du Gros-Morne; & l'ordre qui en fur donné
par Dinifdhal étoit tellement libellé, qu'il contenoit l'ordre
qui lui avoit été donné par Sonthonax & Polverel, de
s'emparer du gouvernement > & de remplacer Defparbés.
D'ailleurs Dinifdhal eftà Paris; G l'on contefe le fait, il fera
facile de le vérifier. Sonthonax - & Polverel crurent qu'ils
avoient. le droit, quoique la loi fût abfolument contraire, de
remplacer Defparbés
Rochambeau, de fouffler le commandement à istaure qui n'étoit pas leur homme. Ils donnèrent le commandement de la province du Nord à Erienne
Laveaux, qui étoit leur complice..
Le préfident : A l'ordre, citoyen, on ne peut pas nommer
complice quelqu'un quin'elt pas accufé.
Verneuil: Nous ne faifons que dire cela depuis le commencement des débats.
dans l'acculation.
Le préfident : Il falloit le comprendre
Verneuil : Il eft à Saint-Domingue,
Le préfident: : On peut dire qu'ils étoient d'accord, mais non
pas Verneuil: complices. Eh bien! d'accord avec Sonthonax...
Sonthonax par la fuite, ainfi que Polverel,defituérenr prefque tous les officiers du Cap de troupes de ligne qui avoient
été envoyés de France; ils les remplacerentpar) leurs créatures; dont
ils nommèrent dans le régiment de Walsh ce Lachaile
nous avons'déjà parlé dans les précédens débats.
Th. Millet : In'eft dans ce moment queition que de gouvernement, de la nomination de Rochambeau au youvernement.
ord avec Sonthonax...
Sonthonax par la fuite, ainfi que Polverel,defituérenr prefque tous les officiers du Cap de troupes de ligne qui avoient
été envoyés de France; ils les remplacerentpar) leurs créatures; dont
ils nommèrent dans le régiment de Walsh ce Lachaile
nous avons'déjà parlé dans les précédens débats.
Th. Millet : In'eft dans ce moment queition que de gouvernement, de la nomination de Rochambeau au youvernement. --- Page 45 ---
a Vemexil: Ils ont nommé
à la place de Dinifdhal, Rochambeau au gouvernement,
C'eft ce qui prouve
dans qui devoit rémplacer Delparbés.
pouvoir exécutif. que
cet article ils ont ufurpé le
Dix-feptième corollaire. Ils onz
forces de terre 6 de mer. Je renvoie d/pofé cette arbierairement des
mier article du quatrième chef,
fubdivifion au
ce chef que Polverel & Sonthonax parce qu'il eft queftion DOme
dant de faire marcher les
ont défendu au commanforces. Pour ne pas faire de troupes répétition, > & d'avoir paralyfé les
pemens à la première fubdivifion du je renvoie les dévelop
Th. Miller : Il eft aufli queftion dans quatrième chef.
rollaire de forces de mer 5 cet
ce dix-feptième Coger les débats, fe traitera aufli, article-la, pour ne pas alontrième chef; mais cela n'en eft lorfqu'il meins fera queftion du quapouvoir exécurif.
pas
une ufurpation du
titué Verneuil: Je paffe au dix-huitième
dans les dif-rens corps les
corollaire : Ils ont defleurs créatures. Sonthonax & Polyerel, officiers titulaires, poury placer
Sonthonax; car à cette époque il étoit mais particulièrement
deftirué, la majeure partie des ofliciers feul au Cap, > ont
troupes de ligne. Sonthonax lesa
qui compofoient les
& a mis Lachaife, capitaine remplacés par fes créatures,
de Walsch; ce Lachaife eft un commandant de
dans le régiment
moi, & pour fa récompenfe
ceux qui ont dépofé contre
donner un pofte confidérable. > Sonthonax a cru devoir lui
de rôles, fut placé auffi
Rabequin, qui a joué toute forte
Cap, en qualité de capitaine par Sonthonax dans le régiment du
celui de Walschs & Loyer commandant, s & enfuite dans
dénonciateurs, 2 a été récompenfé Beaupuis, qui eft aufli un de mes
nonciation mendiée
lui, en lui donnant par Sonthonax, de la dérégiment du Cap. RCNT Loyer
une place dans.le
Muller, fecrétaire de Sonthonax, Beaupuis étoit le beau-père de
Desfournaux commandant du
Parla fuite ils ont nommé
homme de couleur, a été mis à Port-an-Prince. la
Montbrun,
été nommé par le pouvoir exécutif, place de Lafalle, quiavoit
néral, & fans quily edt aucun délit. pour remplacer le géprifons Pierre Cecile, nègre
Sonthonax a tiré des
toute la colonie, & qui avoit btigand, été
& connu pour teldans
caufe de
renfermé dans la geole à
fesarochenSonhonnxl l'a nommé général-in(pecteur
C:
mis à Port-an-Prince. la
Montbrun,
été nommé par le pouvoir exécutif, place de Lafalle, quiavoit
néral, & fans quily edt aucun délit. pour remplacer le géprifons Pierre Cecile, nègre
Sonthonax a tiré des
toute la colonie, & qui avoit btigand, été
& connu pour teldans
caufe de
renfermé dans la geole à
fesarochenSonhonnxl l'a nommé général-in(pecteur
C: --- Page 46 ---
de la cavalerie. Il a nommé aufli Pierre l'Eveillé, autre
brigand, qui étoir renfermé à la gecle pour les affaflinats nègre
qu'il avoic commis; il lui a donné des pouvoirs
qui devcicnt étre vills par Lafalle, quis' 'eft refufé militaires, àle
Si je voulois vous faire l'énumeration de toutes les faire.
que Sonthonax a données à ceux qui avoient dévafté places la
lonie, & à cus ceux qui avoien:
les colons
coà tous ceux quiavoient incendié les égorgé
blancs,
pas; ce que Ti dir fuffir pour vous prop riérés,ie 11e finirois
dans cette parrie les fonchions du Frouver. qu'il a ufurpé
Thomas Miller : La dix neuvitme pouvoir fubdivifion exécu-if.
fe font réfervé le droir d'approuver les arrêtés de la porte : ils
intermédtuire,
commifion
Dansles difcuffions précédentes, cei fait a été établi fuffifamment: c'eft par leur proclamarion du 12 octobre
qu'ils fe font arrogé un droit qui étoi: relervé,
toutes 1793,
lois & la conftiturion qui exiftoient
par
les
neur général; c'eft-à-dire
alois, au feul gouverqu'il avoir le droit inceilible de
fanctionnerles actes de T'atlemblée coloniale. Cette
fition elt renfermée dans la loi du 25 août 1792,
difpoque l'affembiée nationale n'enrend
qui porte
gement à la nature des fonctions légalement apporrer établies aucun dans chan- les
colonies par le pouvoir execurif, ni fu(pendre la faculté
cordée au gouverneur de donner ou de refufer
action néceffaire auxa arrèrésdes l'allemblées coloniales, Lapproba- être
proviloirement exécutés: s'arroger le droit
pour
arrêtés de la commiflion
d'approuver les
ulurpation du pouvoir intermédiaire,eft exécutif, &
fans contrédir te
cette loi du 25 août. Car les sapports une contravenrion à
intermédiaire & le
entre la commilkon
ment les mémes
gouverneur général étoient néceffairepiale & le
portés par la loi entre l'allemblée cologouverne r, Apres-avoir établi l'ufurpation du
pouvoir esécutif dans cet adte, je vais vous prouver aufli
qu'il y a ufurparion du pouvoir légiflarif,
tion du 12 novembre 1792. cc Sonthonax parla proclama4 frins & les fatigues de la guerre contre confidérant des
que les
> vent accabler M. Rochambeau, & ne lai brigands doi
3 d'allier" les fondlions civiles - avec les permetrent pas
9 taires.. 0c03
opérations mili-
pouvoir esécutif dans cet adte, je vais vous prouver aufli
qu'il y a ufurparion du pouvoir légiflarif,
tion du 12 novembre 1792. cc Sonthonax parla proclama4 frins & les fatigues de la guerre contre confidérant des
que les
> vent accabler M. Rochambeau, & ne lai brigands doi
3 d'allier" les fondlions civiles - avec les permetrent pas
9 taires.. 0c03
opérations mili- --- Page 47 ---
Voilà donc, par cette proclamation > Sonthonax qui décide que M. Rochambeau, chargé par la loi de fanctionner ou de refufer fa fanétion aux actes de l'aflemblée COloniale, & par conféquent de fanétionner les actes de la
commiflion intermédiaire, ne peut pas allier les fonétions
civiles & militaires. Le motif qu'il en donne eft celui-ci:
* que les routes & les communications interceptées mettent de
3 un obftacle invincible à la promptitude de l'intervention
de la loi. w
>> M. le gouverneur général, pour l'exécution
A cette époque, M. le gouverneur général étoit à quatorze
lieues du Cap, c'eft-à-dire au pofte Ouanaminthe; & les
communications étoient G peuinerceptées, que toute la ville
du Cap a pu lire la veille & la furveille une lettre écrite par
M. Leborgne à Delpech, le fecrétaire de Sonthonax, qui
de
étoit datée du 8.1 novembre 1791, au quartier général les
Rochambeau, & qui eft imprimée au Cap le 9. Or,,
circulations n'étoient pas interceptées, & il éroit facile,
d'avoir, dans le délai de vingt quatre heures, Tapprobation
du général fur les actes de la commillion intermédiaire. Je
pourfuis la leéture de la proclamation. Sonthonax dit: cc qu'il
dans les cir-
>> eft cependant indifpenfable pour la colonie,
9, conftances actuelles, de donner fuite à l'exécution de cCuX
le
>3 des arrêtés de la commiflion inrermédiaire, d'oi dépend
53 falut des habitans de la colenie; en conféquence avons
s, arrêté & arrêtons ce qui fuit:
AR T I C L E r R E M I E R.
fera abfent
50 Toutes les fois
M.le gouverneur. général
du lieu des féances 25 la commiflion intermédiaire, les arrêtés de la commiflion, dont l'exécution fera reconnue urgente
les commiflaires nationaux civils, feront exécutés
avec ieuE feule approbation.
I I.
2, Il fera fait mention expreffe.de T'urgence del'exécution
des arrêtés de la commifion dans l'acte approbarif mis au
bas des arrètés par les commifaires nationaux civils.
C 4
du lieu des féances 25 la commiflion intermédiaire, les arrêtés de la commiflion, dont l'exécution fera reconnue urgente
les commiflaires nationaux civils, feront exécutés
avec ieuE feule approbation.
I I.
2, Il fera fait mention expreffe.de T'urgence del'exécution
des arrêtés de la commifion dans l'acte approbarif mis au
bas des arrètés par les commifaires nationaux civils.
C 4 --- Page 48 ---
Dans les débats précédens, nous avons fait remarquer
que Sonthonax déterminoit s'il y avoit urgence, & enfaite
approuvoit Vu lurgence: mais, en ce qui conceine de difpenfer les actes de la commillion intermédiaire de Tapprobation du génér:i portée parlaloi, Sonthonax pourroit-il alléguér que loriqu'il s'eft arrogé le droit de les approuver, il
ne connoifoit pas la loi du 25 novembre 1792 2 mais à
l'époque où il a diipenfe la commiflion incermédiaire de
l'approbation du gouv verneur général pour les actes, il ne
pourra pas alléguer ce motif, car la proclamation eft du I2
novembre 1792, & on ne peut pas révoquer en doute qu'il
ne connit bien à cette époque la loi du 25 août. J'ai donc
prouvé que, par cette proclamation & celle du 12 octobre
1792, Polverel & Sonthonax fe font rendus coupables de
lufurpanon ou pouvoir exécurif, & dans celle-ci, que Sonthonax s'eft rendu coupable de l'ufurpation du pouvoir légiflarif. C'étoit au pouvoir légiflatif feul qu'il appartenoit
de difpenfer un corps délibérant de l'approvation du' gouverneur, déclaré, par. une loi conftirationnelle non abrogée,
revêtu de la faculté inceflible de fandtionner les aétes de
l'aflemblée coloniale.
Page : A l'article XX, on trouve : Ils ont défendu aux
corps adminiftratifs de la colonie > de connoitre de
tration des deniers publics. La preuve de cette accufation Padminif
fe trouve dans une lettre de Sonthonax à la commiflion
intermé - djaize, du 5, janvier 1793: lecture- en a déja été
donnée fur la demande de Sonthonax dans les débats précédens. Je. ne vais lire qu'un paragraphe, dont je vais
tirer les induétion.s que je crois néceflaires.
Il lit: :
s9 Au Cap, le S 'janvier, s l'an premier de la République françaife. -
Aux membres de la commiffion intermédiaire.
ee Inftruit par la notoriété publique ; citoyens, des débats
fcandaleux qui ont eu lieu dans yotre féance d'hier, il eft
Sonthonax dans les débats précédens. Je. ne vais lire qu'un paragraphe, dont je vais
tirer les induétion.s que je crois néceflaires.
Il lit: :
s9 Au Cap, le S 'janvier, s l'an premier de la République françaife. -
Aux membres de la commiffion intermédiaire.
ee Inftruit par la notoriété publique ; citoyens, des débats
fcandaleux qui ont eu lieu dans yotre féance d'hier, il eft --- Page 49 ---
de mon devoir de rappeler à l'ordre & aux principes ceux
de vos membres qui s'en font écartés.
du
dé-
>> La difcuflion s'eft ouvetre fur votre arrèté
cembre, & fur la néceflité d'y donner fuite. Cet arrêté
ordonne 1°. qu'il ne lera palie aucun marché qu'avec le
concours du contrôieur de la
& en préfence des
commiffaires nommés à cet effec par
commiflion interPI
médiaire; 2°. que le direéteur général des finarces fera
tenu de remettre dans la quinzaine, , à la comn.iflion intermédiaire, un état exact & détaillé des marchés paffes par
T'adminifitration fur la continnation. ou fuppreflion delquels
elle fe réferve de prononcer.
de faire des
> De quel droit, citoyens, vous ingérez-vous
voulezlois fur Tadminiftration de la colonie 2 de quel droit
vous affujettir les mandataires de la République à Vappro-,
barion de leurs actes par vOS commiffaires :
>3
Effedivement, ceftac cette épeque que la commiflioni intermédiaire, fur l'erdre quilui en avoit été donné, nomma des
commiffaires pour vérifier les inarchés de Tadminiftation.
Il étoit de notoriété publique au Cap & dans toute ia
colonie, que T'adminiftarion voloit, pilloit à toutes mains.
La commiflion intermédiaire qui voyoit, cir alors il
avoit encore des commiffaires blancs très-attachés à K
France, la commiffion intermédiaire qui voyoit que cette
adminiftration commettoit des déprédations fur les deniers
même de la colonie qui lui éroient confiés, chargea la
municipalité de furveiller fes opérations 5 elle prit en même
temps les mefures convenables pour arrêter cette déprédation, en ordonnant que les marchés feroient paffés par
l'adminiftration, en préfence du contrôleur de la marine &c
des commiliresrommés par la municipalité. Rapport fut
fait:ce rapport fe trouve dans les archives 5 je le mettrai
fur le bureau, quand Sonthonax le youdra. Il a réfulté du
rapport des commilfaires que les achats avoient été faits
par l'adminiftration à 40, 5o & même
pour cent audeffus du prix courant. Le rapport fut TAl à la municipalité. Celle-ci fit à fon tour fon rapport à la commifion
intermédiaire , qui envoya des commiffaires devers Sonthonax,. pour le
des vols commis par l'adminiftration
des finances. EatLE écrivit alors'la lettre dont je viense
fulté du
rapport des commilfaires que les achats avoient été faits
par l'adminiftration à 40, 5o & même
pour cent audeffus du prix courant. Le rapport fut TAl à la municipalité. Celle-ci fit à fon tour fon rapport à la commifion
intermédiaire , qui envoya des commiffaires devers Sonthonax,. pour le
des vols commis par l'adminiftration
des finances. EatLE écrivit alors'la lettre dont je viense --- Page 50 ---
de vcus donner lecture. Vous voyez d'abord
un ton de didtareur, 10 s qu'il eft de fon dévoir qu'il dit, avec
à l'ordre & aux principes les membres
de s'en rappeler
écartés. Les membres qui s'étoient écartés qui des
étoient
étoient ceux qui avoient provoqué la nomination principes des
s
miflaires de Ja
comceux mêmes qui municipalité avoient
9 pour furveiller les marchés de
queis, l'adminifration des provoqué lcs arrêtés en vertu defaucun marché fans la
finances du ne pouvoit conclure
rine. De quel droit, ajoute participation Sonthonax, contrôleur de la mal'adminifiration de la coloniz ? Rappelervous faites vous des loisfur
que le confeil de la commificn nationals, que vous n'êtes
aucure juridiëtion fer les mandataires de la que vous n'aver Ces
mandathires de ia République, cen'étoient République.
Polvercl, c'étoientles adminiftrateurs des pas Sonthenax &
fait de cette lettre étoient écartés de la finances, furveillance qui par de le la
comiiflion intermédiaire.
II veut lire la lettre du S janvier 1793.
Il eft donc bien vrai,
que
lettre du 5 janvier 1793; citoyens, a défendu à la Sonthonax, par fa
termédiaire de furveilier les opérations des commiflion inceia il a sfurpé le pouvoir adminiftratif. finances, &. qu'en
Je pafle à T'article XXI, & je dis que Sonthonax, dans
unepicce niale. La effcielle,s'e annonce invefi de la dictature colodans
preuve de cette accufation fe trouve
une réquifition imprimée & publiée à
confignée
gue, à la date du 9 décembre 1792. Cette Saint-Dominadreffée au citoven T'erman, miniflre de
réquifition eft
Etats-Unis ; & voici comme Sonthonax
France près les
s'explique:
Il lit:
Régriftion. donnée par Sonthonax, le 9 décembre 1792.
ec Qne c'eft aux commiffaires nationaux civils,
par la loi du 22 juin, & par ceile du 17 août
inveftis
i dictature
à
dernier, de
voirs, au çoupable
fuppléer, des
en vettu de leurs pouanciens agens du
rariadl
pouvoir
& voici comme Sonthonax
France près les
s'explique:
Il lit:
Régriftion. donnée par Sonthonax, le 9 décembre 1792.
ec Qne c'eft aux commiffaires nationaux civils,
par la loi du 22 juin, & par ceile du 17 août
inveftis
i dictature
à
dernier, de
voirs, au çoupable
fuppléer, des
en vettu de leurs pouanciens agens du
rariadl
pouvoir --- Page 51 ---
exécutif de France, 8 fur-tous à faire tous fesefforts pour
éloigner du peuple foumis à leur gouvernément les horribles Aléaux que lai prépare la dilette des vivres & du
numéraire;
>3 Réquérons M. TERNAN, Bcc. a
Vous voyez donc qu'ici il fc déclare invefi de la diétature coloniale, & quil fe dir être le gouverneur de SaintDomingue: ; car vous voyez qu'il dit que c'ef la feule mefure conyenable pour eleigner du peuple Joumis à fon gouvernemeint les horribles fléaux dont d ef menacé, Je crois qu'il
eft inutile de fairede pius longs raifomnemens fur cetteproclamation.
Fondevioile: Mes colllgues vous ont prouvé parfaitement
que Sonthonax s'eft emparé des droisdu pouv oir exécurif;
mais il me refte à vous mettre fous les yeux une pitce
authentique. Lorfque Sonthonax ordonna à la' municipalité de mettre les icellés fur les papiers de la commilion
prévôtale qui avoit. été établie pour juger lcs nègrest pris les
armes à la main, les pitces inventoriées furent portées chez
Sonthonax ; c'eft moi-mème qui les lui ai portées. Elles
confiftoient en 288 pièces dont j'ai le reçu. Sonthonax
parcourant toutesles procédures dela commifliqn prévétale 3
trouva une fentence qui avoit'été rendue contre un negre
libre pris les armes à la main, faifant fondion d'intendant
général de l'armée de Bouquemane dansle quartier du Limbé,
& pris par Touzard avec le père capucin curé du Limbé.
Page: Obfervez que l'armée éroit rpyalifte.
Fondeviolle: Sûrement !..le curé & le nègre Dodo furent
envoyés au Cap; ils furent conlamnés à être pendus. Le
curé da Limbé fut exécuré, & je ne fais par quel évinement le nigre François Dodo ne le fu: pas. On furfit à
(on exécution i 8c dans cet inrervalle, Sonthonax arriva au
Cap. Tous fes alentours le follicitèrent d'élargir ce nègre
&c de lui"donner l'état civil. Sonthonax prir fur, lui de donner une lette de grace à ce François Dedo dit Laplaine,
à voici :
A
. Le
curé da Limbé fut exécuré, & je ne fais par quel évinement le nigre François Dodo ne le fu: pas. On furfit à
(on exécution i 8c dans cet inrervalle, Sonthonax arriva au
Cap. Tous fes alentours le follicitèrent d'élargir ce nègre
&c de lui"donner l'état civil. Sonthonax prir fur, lui de donner une lette de grace à ce François Dedo dit Laplaine,
à voici :
A --- Page 52 ---
K Nous Leger-Féliciré Sonthonax , commiffaire
délégué aux Iles françaifes de
civil
pour y maintenir l'ordre & la TAmerigue fous le vent,
>> Vu la procédure inftruite tranquilliré les 26
publique:
& le jugement rendu le 28 du nième & 27 février dernier,
Alexandre Dodo dit Laplaine
la mois, contre le fieur
prévôrale;
par
ci-devant commiflion
s Confidérant que lcs témoins
des efclaves, & que le
entendus contre lui étoient
claffe ne doit point être témoignage des. hommes de cette
des hommes libres ;
reçu en juftice, > fur-tout contre
> Que d'ailleurs les charges réfultantes
dits témoins n'étoient
des dépofitions delauffi
pas de nature à motiver un
rigoureux, D
jugement
>.Qu'enfin le délit dont le feur Dodo a
être reconnu
coupable, a déja été trop puni
la
pu
ment qu'il a fubie, &
mois par de partie de fon juge33 Ordonnons que le deut 9. Alexandre dérentions,
fera mis en liberté ; & défendons à Dodo dit Laplaine 3
donner aucune fuite
toures perfonnes de
92 Mandons à la ultérieure au jugement rendu contre lui.
exécution la préfente municipalité du Cap de faire mettre à
délivrée au fieur Dodo ordonnance, dit
dont une expédition fera
Laplaine, e
s5 Au Cap, le 30 novembre
1792,
>Le commiffaire national civil.
9> Signé, SONTHONAX.
3> Par le commiffaire civil de la République
françaife ;
5> Signé 5 O.F.DELPECH, fecrétaire de la commiflion.
Voilà la pièce que j'avois à vous préfenter. Elle
e; Sonthonax s'eft arrogé le droit. d'accorder la prouve.
gens qui avoient été condamrés
été
grace à
mes à la main, &
ayant
pris les arcite
bien convaincus. Je ne' - vous
mais pas une autre > parce que je nai
en
ce nègre a obtenu de Sonthonax le droit pas de la : pièce;
citoyen
rétaire de la commiflion.
Voilà la pièce que j'avois à vous préfenter. Elle
e; Sonthonax s'eft arrogé le droit. d'accorder la prouve.
gens qui avoient été condamrés
été
grace à
mes à la main, &
ayant
pris les arcite
bien convaincus. Je ne' - vous
mais pas une autre > parce que je nai
en
ce nègre a obtenu de Sonthonax le droit pas de la : pièce;
citoyen --- Page 53 ---
français, & a été nommé officier municipal dans la commune du Limbé. Je prie le préfident d'interpellet Sonthonax s'ilr reconnoit cetie pièce.
Sonthonax : Je reconnois parfaitement cette pièce, & je
'ne fuis pas en peine de la julifier.
Le préfident demande à Sonthonax s'il eft prêt à répondre
fur les différentes branches du troifième chef d'acculation,
ou s'il demande l'ajournement.
Sonthonax :Je fuis prèt.
Le troifième chef d'accufation articulé contre les commif
faires civils eft celui-ci, de s'être arrogé le pouvoir légiflatif,
d'ayoir ufurpéle pouvoir adminifratif 6 exécutif.
Si les colons étoient de bonne foi dans F'accufation intentée contre nous : ils auroient fupprimé le troifième chef;
car il eft ridicule de fuppofer que nous ayons ufurpé le
pouvoir adminiftratif & le pouvoir exécutif, puifque nous
étions alors les délégués du pouvoir exécutif, les délégués
du pouvoir adminiftratif; il eft ridicule de fuppofer
les
commiflaires envoyés
le
exécutif d'alors,
a
par pouvoir
la Convention avoit fubordonné le gouverneur- - genéral,
MH
force armée , fuffent dépouillés d'un pouvoir que la Convention leur avoit expreffément donné par fes décrets; ileft
abfurde de fuppofer que des hommes inveftis du pouvoir
exécutif, foit par le confeil exécurif qui les avoit nommés,
foit par la Convention; il eft ablurde, disje, de fuppofer
que ces hommes ont ufurpé un pouvoir qu'ils avoient. Les
pouvoirs qui nous ont été donnés par les deux aflemblées
nationales font fixés dans les décrets dont j'ai donné leéture:
ces pouvoirs font illimités; ils n'avoient d'autres bornes que
la néceflité, que le falut de la colonie. L'aricle V du décret
du Snovembre dit expreffément que e les commiffaires civils
9, nommés pour les colonies, fent revêtus de tous les pousvoirs >; ce font les termes dont s'cft fervi le légiflateur.
Je n'examineral point ici quelle a éréla raifon pour laquelle
la Convention a cru devoir revêtir les commiffaires envoyés
dans les colonies, d'une autorité illimitée ; je me contente
de dire que ces pouvoirs font érablis par le décret, & qu'il
ovembre dit expreffément que e les commiffaires civils
9, nommés pour les colonies, fent revêtus de tous les pousvoirs >; ce font les termes dont s'cft fervi le légiflateur.
Je n'examineral point ici quelle a éréla raifon pour laquelle
la Convention a cru devoir revêtir les commiffaires envoyés
dans les colonies, d'une autorité illimitée ; je me contente
de dire que ces pouvoirs font érablis par le décret, & qu'il --- Page 54 ---
$o
eft abfurde dès-lors de dire que le
le pouvoir 1giflauif, exécuiir,
commiffaire civil a ufiurpé
la
admniftratif. Je fais
Convenion, en dilant que les
bicn que
dans les colonies ferciene inveftis, commiflaires civiis envoyés
dire gu'ils auroient le
de tous les pouvoirs, na
Feas l'exerce elle pouvoirlégiflatil dansie fens que
eft indivifible, incefible:la méme; car le pouvoir ségiflarif
donner aux commiffaires civils Convention n'a donc pu ni voulu
pouvoir légiflant denslefens qu'elle envoyés dans la colonie le
elie a communiqué, donné & délégué fexerce clle-nremes mais
envoyés dans la colonie le pouvoir de faire aux des commiffaires
provifoires fur fadminiftracion de la colonie où réglemens
voyoir, parce que CCS établiflemens loinrains l'on les enlong-remps privés de lois; que les feules étoienr depuis
avoit enroyées, celles qui fondoien:
que la France y
ls hommes libres, n'y éroient
légalité polirique entre
de toute efpèce de nouvelles
exdcutéos. On étoir privé
& fur-tour à
IT France dans les colonies,
Galbaud, au Saine-Doringse. censmercement de Depuis l'arrivée du général
aucun arréré des comités du
juin 1793, aucune loi,
aucune eipice de corref ondance gouvernement de la 2 aucune lettre,
vention &c des agens du
pare de la Conçoient dans la colonie de
gouvernement français ne
la colonie que les papiers Sain-Douingne. Onn ne voyeit Kons
naires avoient grand foin d'y anglais taire que les contre-révoluticnque des choles fimelées, que-des circuler; on n'y apprenoit
ceux qui avoient intéré: de livrer la nouvelles fabriquées par
aux Eipagnels; il falloit bien, dans colonie aux Anglais &
les commiflaires civiis prillent des
cet état de chofes, que
de fairé des réglemens provifoires mefures, telles que celles
la colonie.
pourladminification de
Je pafle au premier fait articulé Far les colons
III:ils ont ciré à lappui de cette aflertion la
à larticle
par laquelle je créai un tribanal extraordinaire proclamation
juger les crimes de la révolte des
au Cap
nant que les colons conteftent
efclaves. II eft bien PaonE
d'ériger L111 tribunal dans un aux commiffaires où l'ordre civils le droir
pas organifé. Certes les commiflaires pays
civils judiciaire n'eit
droit de nommer des jages
avoient bien Je
les aflemblées coloninlesarcient extraordinaires dans un pays où
propre autorité. L'allemblee deftirué tous les jnges de leur:
provinciale de rOuelt avoit
colons conteftent
efclaves. II eft bien PaonE
d'ériger L111 tribunal dans un aux commiffaires où l'ordre civils le droir
pas organifé. Certes les commiflaires pays
civils judiciaire n'eit
droit de nommer des jages
avoient bien Je
les aflemblées coloninlesarcient extraordinaires dans un pays où
propre autorité. L'allemblee deftirué tous les jnges de leur:
provinciale de rOuelt avoit --- Page 55 ---
S1'
porté le mépris pour la métropole au point de deftiruer tous
les agens de l'ordre judicinire nommés par la
livrer T'adminiltration de la juftice, à qui? aux France, pour
de divers fiéges, pour livrer I'honneur des familles, procureurs la
des citoyens à des hommes juftement mal famés en
vie
& qui le font doubiement dans les colonies, oû Ion France, oublie
facilemen: les liaifons qu'on a eues en Europe, où le fentiment
anime ceux qui y viennent eft de faire
eft le 1 de l'or; c'eft donc à des procureurs que. l'aflemblée forrune,
provinciale a donné le droit d'adminifrer la juftice. L'af
femblée coloniale confirma lulnrparion de lallemblée
vinciale de TOuef:on deftirua d'un feul coup, d'un
rêté, tous les
aulie
La loi du 22, fonctionnaires publics nommés par la France.
juin nous donnoir la faculté de
anciens tribunaux; elle ne nous en fit pas un devoir: reffufciterles la difpolition de cette loi eft purement facuitative. L'article
ce Les- commiffaires civils pourront mettre en activité dit:
> anciens tribunaux 9 5 il ne dit pas : ils mettront en attivité les
les ânciens tribunux. Nousavons cru devoir mettre en
vité les anciens tribunaux pour juger les délits
actimais loriqu'il is'eft agide faire juger des délits
ordinaires;
des délits de lefe-nation, tels que celui de extraordinaires, la révolte d'une
grande partie de la population noire fous le drapeau blanc &
fous les fignes du royalifimne, il falloit un tribanal extraordinaire : c'eft la raifon pour laquelle j'ai érabli au Cap un tribunal extraordinaire compofé de cinq membres. Lorfque je
pafferai à l'organifation de ce tribunal, je ne ferai pas en
peine de lajufifier : auçune loi ne s'oppofoit à ce que les
commiffaires civils créaffent un tribunal extraordinaite.
Je pafle à un autre article. eIls ont formé une
>> intermédiaire, ils fe font arrogé le droir
commillion
confirmer les pouvoirs du peuple;
d'infirmer avoir
& de
après
diflous les
corps pepulaires, ils les ont remplacés
des
33 tions inconifticurionnelles. >> Tel eft Ténoncé par des corporaIII & IV mis à la fuire du troifième chef d'accufation. articles II, Je
traiterai en même temps tout ce qui concerne la commiflion
intermédiaire.
Les colons nous font un crime d'avoir organi(é une
million intermédiaire, d'en avoir nommé les
comnous être arrogé, difent-ils, le droir
membres, de
d'approuver ou d'in-
tions inconifticurionnelles. >> Tel eft Ténoncé par des corporaIII & IV mis à la fuire du troifième chef d'accufation. articles II, Je
traiterai en même temps tout ce qui concerne la commiflion
intermédiaire.
Les colons nous font un crime d'avoir organi(é une
million intermédiaire, d'en avoir nommé les
comnous être arrogé, difent-ils, le droir
membres, de
d'approuver ou d'in- --- Page 56 ---
prouver fesarrétés. J'ai déja juflifié, dans la première
de Ja difcuflion, la mefure prife de former une commiflion partie
intermédiaire. Je me réfumerai le plus que je pourrai afin
de terminer fur cet article.
Nous avons organifé une commiflion intermédiaire,
que nous en avions le droit, dans l'intervalle de la dillolu- parce
tion de l'aflemblée coloniale à l'éleétion de ia nouvelle. Nous
avions ce droit en vertu de la loi du I5 juin, donnée en
forme d'inftruction parl'affemblée conftituante, Cettel loi
ce qu'ii fera formé une commilion intermédiaire pour adminif- porte
3> trer la colonie dans l'inrervalle d'une fellion à l'aurre des
>5
affemblées coloniales. >> Si.la loiindiquoit la formation d'une
commiflion intermédiaire pour adminiftrer la colonie pendant
l'intervalle d'unef feflion à lautre des aflemblées coloniales, on
ne. peut pas me faire un crime d'avoir fuivien cela l'inftruction
du corps légiflatif. On nousfait un crime del'organifation de
ce corps, c'eft. à-dire d'avoir nommé fix de fes membres, >
d'avoir fait nommer les fix autres par l'affemblée coloniale :
j'ai juftifié déja cette mefure dans la première partie de la
difeuflion 3 je me borne à dire : l'organifation de la commiffion intermédiaire, les pouvoirs qui lui ont été
ont
été
délégués
formellement approuvés par la Convention nationale dans
fon décret rendu le 6 mars 1793. La Convention, en
prouvant les mefures prifes par Polverel &,Sonthonax juf- apqu'au 6 mars 1793, approuve nommément un arrêté de la
commiflion intermédiaire concérnant la levée de l'impôr du
quart fur les habitans de la Province du Nord. Si la Convention a approuvé l'arrêté de la commiflion intermédiaire,
rendu par les hommes nommés par les commiflaires civils,
il eft certain qu'elle a reconnu > par le fait de l'approbation
de cet arrêté, l'exiftence légale du corps quil'a rendu; elle
a rendu hommage aux principes, elle a approuvé la formation de ce corps par les commiflaires civils; elle ne pouvoit
pas approuver un arrêté émané de la commillion intermédiaire, fans reconnoitre e11 même temps la légalité du corps
qui avoit rendu cet arrêté. Les colons ont dit: Les com9> miffaires civils ont conféré à la commiflion intermédiaire
2a le pouvoir légiflatif. >> Vous allezjuger,
du mérite de cette acculation des colons, en comparant ciroyens, le décret
du IS juin 1791 concernanr l'organifation de la cemmillion
intemmédinire,
de la commillion intermédiaire, fans reconnoitre e11 même temps la légalité du corps
qui avoit rendu cet arrêté. Les colons ont dit: Les com9> miffaires civils ont conféré à la commiflion intermédiaire
2a le pouvoir légiflatif. >> Vous allezjuger,
du mérite de cette acculation des colons, en comparant ciroyens, le décret
du IS juin 1791 concernanr l'organifation de la cemmillion
intemmédinire, --- Page 57 ---
intermédiaire, avec. l'article XII de la proclamation du 12
octobre;, qui fixeles pouvoirs de la: commifion intermédiaire.
Voici ce décrêt du IS juin 1791, portant des inftructions
concermant les.colonies, 'ttre V, S. V.
Décret du 1sjuin 1791, portant, des infruttions concernant
les! côlonies,
X VIL
C L'affemblée coloniale nommera, 521
à la fin de chaque feffion ordinaire, vingr-un de ies, membres pour exécurer jufqu'à la feilion fuivante , fous le. nom de commifaires intermédiaires, les fouctions indiquées ci-après.
X.X.
2 Les fonctions des commiflaires intermédiaires feront >
1o. de furveiller l'exécution des arrêtés de l'affemblée coloniale dans la partie des finances & de T'adminiftration; 2°. de
prononcer provifoirement fur les objets de la compérence de
l'affemblée coloniale qui ne pourroient recevoir aucun re
tard, tels que l'introduction des fubfiftanees dans des momens
de difette, la décilion des conteftations foumifes à T'allemblée
coloniale, & lesdifpofitions nouvelles néceflaires pour l'éclairciflement ou l'exécution des arrètés pris par T'allemblée coloniale.
n
A la fuite de ce décret, & pour fervir de pièce de comparaifon, je tranfcris Particle de la proclamation relatif
aux fonctions des commiffaires intermédiaires article
il eft ainfi conçu: :
I;
410r
cc Les fonctions des commillaires intermédiaires ferent 5
1°. de furseillrTesscudion des arrèrés des aflemblées
niales dans la partie. des finances &. de Tadminifitation; colocopnoitre dés conreftarions dur
dés
20.de
& de cafier, ou dapprouver deurs lesaurerés municipelités,
cider de.toures, lesqueftions
delbesagjeess la s".dedé
de l'aflemblée colonialg, 25 QULFUdENEENEde compétence 33)
Teme VI: Cagiantecrafaine livraifon.
D 5. U
rés des aflemblées
niales dans la partie. des finances &. de Tadminifitation; colocopnoitre dés conreftarions dur
dés
20.de
& de cafier, ou dapprouver deurs lesaurerés municipelités,
cider de.toures, lesqueftions
delbesagjeess la s".dedé
de l'aflemblée colonialg, 25 QULFUdENEENEde compétence 33)
Teme VI: Cagiantecrafaine livraifon.
D 5. U --- Page 58 ---
S4
Vous voyez que ce qui fe trouve dans cet article et extrait prefque mot pour mot du décret de l'affemblée conftituante, concernant l'organifation de la commiflion intermédiaire. Il eft dit dans ce décret que les fonctions dela commiflion feront de furveiller les arrèrés de l'affenblée colohiale dansla partie des finances & de ladminiftrarion. Cela
eft dit également dans l'article XI de la proclamation du 12
octobre. Le même décret ajoute : ce de prononcer provifoire- colode T'aflemblée
28 ment fur les objets de la compérence
tels
a niale qui ne pourroient recevoit aucun retard,
que
s l'introduction des fubliftances dans un moment de difette,
(oumifes à
colo3> la décifion des conteftations
l'allemblée l'exénéceffaires
95 niale, & les difpolitions nouvelles
pour
de
coloniale. 33
XI
cution des arrêtés l'affemblée
L'article
de la proclamation eft moins long, mais il contient en fomme tout ce qui fe trouve dansle décret.
L'article de la proclamarion dit: e6 de connoître des conles arrêtés des
& de caffer ou
22 teftations fur
municipalités, & de décider toutes les
33 approuver leurs la délibérations, de l'affemblée coloniale. 3e
3 quellion, de compérence
Vous voyez que l'article XI de la proclamation ne dit'
rien autre chofe que ce qui sft dit dans le décret. Le décret
dit que les commiffions intermédinires jugeront toutes les
queflions qui appartiennent à l'aflemblée coloniale; la même
chofe eft répérée dans la proclamation du 12 oétobre. Je
n'ai donc fait autre chole, dans cette proclamation du 12
oétobre, que d'attribuer aux membres de la commiflion intermédiaire, que de leur confier rle pouvoir qui leur étoir délégué par la loi du 15 juin 1791. Si cette loi leur a conféré le
pouvoir légiflatif, cela ne me regarde pas du tout; fi elle ne
le leur a pas confié, je n'ai pas plus donné par ma procla- de
mation
ce qu'ils avoient reçu par Ia loi que je viens
citer. Il % donc ridicule de dire que j'ai attribué les fonctions légiflatives à la commiflion internédiaire. Mais, diront les colons, vous avez attribué à la commiflion intermédiaire le droit d'impoler; elle a impofs une contribution
du quart des revenus fur les habitans de la province du
nord de Saint-Domingue. Ceci ne me regarde pas encore;
plus donné par ma procla- de
mation
ce qu'ils avoient reçu par Ia loi que je viens
citer. Il % donc ridicule de dire que j'ai attribué les fonctions légiflatives à la commiflion internédiaire. Mais, diront les colons, vous avez attribué à la commiflion intermédiaire le droit d'impoler; elle a impofs une contribution
du quart des revenus fur les habitans de la province du
nord de Saint-Domingue. Ceci ne me regarde pas encore; --- Page 59 ---
35.
car, la Convention a trouvé que la commiflion avoit
de
puifqu'elle a approuvé,
le droit
1793; CTA taxe impolée par la commiflion par un décret du 6 mars
les habitans de la province du nord de
intermédiaire fur
Lescolons ont dicqu'eprer avoir diffout Saint-Pomingue, les
nous les avions remplaces
des corporations corps populaires >
nelies. Ils ont encore cité f * deffus la
inconfitutiondiaire. Je laifle de côté actuellement ce commiflion la intermécet égard, pour paffer à l'objet principal qui eft concerne à
'melure que nous avons prife au Cap, après qui
tiré de la
lorique la municipalité fe trouvant diffoute
la l'incendie >
de fes membres, nous avons remplacé cette par difperfion
trois fyndics municipaux.
municipalité par
loi Cette, du mefure que nous avons prife était conforme à la
les I5 juin , qui nous donne le droit de
autorirés populaires. La municipalité du fu'pendre toutes
un corps populaire; ; nous n'avons pas
Cap étoit bien
voirs" & violé la loi en fufpendant outre-paffe la
nos
Cap; mais nous avons été
launicipalité
Pan
puilque les membres de cette forcés à prendre cette melure >
puifqu'ils, avoient eux-mèmes municipalité donné
ércient difperfés,
& de la trahifon envers les délégués T'exemple de la
de la félonie
les abandonnant dans l'affaire du 20 juin, République dans
en
qui a amené la malleureufe cataffrophe du
Taffaire
la place des officiets
dans Cap. Quelle étoit
mes ? c'étoit d'entourer municipaux les délégués du un moment d'alarles délégués de la République. Eh bien ! pouvoir exécurif,
évènemens qui ont eu liéu au Cap, nous n pendant avons tous les
la municipalité du Cap; j elle s'eft difperfée; ; il en eft jamais vu
Cap un ou deux membres que nous avons vus
refté au
cendie. Il-étoit bien narurel de
après l'inlicé dont les membres s'étoient fufpendre une municipadéferrant leur pofte. Nous avons fufpendus eux - mêmes en
lité
trois fyndics
remplacé cette municipadans F loi; car vous manicipaux; trouvez dans certe mefitre étoit encore
du I5 juin 1791, <e que les
l'inftruétion de
déja citée
ront remplacées par des fyndics municipalirés
ia colonie fèchaque commune de la colonie, il municipaux y aura un 5 que dans
nicipal; mais que dans les villes du
du fyndic mu-
& des Cayes, il y aura trois fyndics Cap, Port-au-Prince
municipanx. Nous
D a
vous manicipaux; trouvez dans certe mefitre étoit encore
du I5 juin 1791, <e que les
l'inftruétion de
déja citée
ront remplacées par des fyndics municipalirés
ia colonie fèchaque commune de la colonie, il municipaux y aura un 5 que dans
nicipal; mais que dans les villes du
du fyndic mu-
& des Cayes, il y aura trois fyndics Cap, Port-au-Prince
municipanx. Nous
D a --- Page 60 ---
avons
la mefure telle qu'elle nous étoit indiquée
la loi
22 juin
les inftructions du IS
RE
g
1792, par
à
1791. Nous fommes encore à T'abri-de toutes recherches
cet égard; nous avons fait plus : lorfque ia proclamation dans
des droits de l'homme a rendu tous les'hommes égaux
la prorince du Nord,je me fuis empreffe de faire nommer
une municipalité. Le 29 août les droits de Yhonme ont
été proclamés ; trois jours après, la municipalité exiftoit.
On peut s'en convaincre encore par beaucoup de procla- demations adreffées à la municipalité du Cap, réftaurée
puis la proclamation des droits de T'homme.
Lart. V efcelui-ci: :Ils ont établi des impofitions 8cdescontributions fansle confentement descontribuables >. Lescolons
ont cité différens fairs à cet égard, d'abord la fubvention
du quart établi par la commiflion intermédiaire enfuire une
impofition de 450 mille livres, mife fur la ville du Portau-Prince, pour indemnifer Ja République des dépenfes du
néress". une impolition de 672,000 livres, qu'ils difent
avoir été mife fur la, ville du Capa notre retour au Portau-Prince. Certes, je conviens bien avec les colons que 3
s'il avoit fallu atendre leur confentement pour leur faire
payer des impôts & taxes pour les frais de la guerre, on
n'etlepujamais les avoir, ouplutôs on n'auroit jamais eu ce
confentement. Jec. nviens avec eux que c'eft contre leur confentement qu'ils ont été taxés; que c'eft contre leur confentement qu'ils ont payé l'impôr; &, - comme je vous l'ai dit
tourà-/heure,. que fi nous avions atrendu leur confentement, rien ne feroit entré dans la caille; ils auroient trouvé
beaucoup.plus: douz, comme à Y'ordineire, de paffer fous
la domination étrangère que de payer à la France de quoi
rpftot, fops. fes loise
la fubvention du
elle
Quant à ce, qui concerne, le décret de ia
quart, du 6
2, éte confmée par
Convention,
mars.
eft relative à une calomcne feraliciqu'une réflexion,elle 'me
en difaat d'abord
zie donties colons ont voulu
charger,
Que Parrèté dela fubvention eft de mon faic; quejevois ofert
ae fumme de 66,000 liv. au gouverneur-gintral Defparbès,
EMur approuven.ce d'abord arrêté. 1 qu'il I feroit bien ridicule à mci
avore remarquerai
&
ée par
Convention,
mars.
eft relative à une calomcne feraliciqu'une réflexion,elle 'me
en difaat d'abord
zie donties colons ont voulu
charger,
Que Parrèté dela fubvention eft de mon faic; quejevois ofert
ae fumme de 66,000 liv. au gouverneur-gintral Defparbès,
EMur approuven.ce d'abord arrêté. 1 qu'il I feroit bien ridicule à mci
avore remarquerai
& --- Page 61 ---
d'offrir une fomme de 66,000 livies: fije l'avois eue, au
gouverneur Defparbès, 7
fon approbation dontje peuvois
me palfer 5, car, d'après Rers mefures que j'avois prifes d'approuver les arrêtés d'uigence , je"n'avois pas befoin de Tagprobation de Defparbès pour faire percevoir cette impolition du quart du revenu, Mais il y a une chofe bien
frappante
prouve la calomnie des colons; calomnie
Sl:
qui
ils font métier; calomnie qu'ils verfent fur les' hommes tes
plus vertueux, tels que le citoyen Raymond lui-même, recennua aujourd'hui..
Lc préfid.ne : A l'ordre; il ne peut pas êtte quefion de
cela.
Brulley : C'eft ce qui fe verra.
Ie préfident : A Fordre.
Sonthonas: Voici un acte dont je ne lirai que le préambule,
que c'eft un volume qui ne peut pas trouver
place lmntie les débats, feulement pour que la commiilion
ait une idée de l'impôt & des motifs 'cui ont déterminé la
commiflion ingermédiaire àl'arrèrer, & la commiflion civile
à lapprouver.
(Illic:)
Exirait des regifres de la commiffion intermédiaire de la partis
francaife de Saint - Doiringue.
d0
De la féance du- 7 novembre 1792 a été extrait ce qui
Suir:
cc La commiffion intermédiaire de la partie françaife da
Saint-Domingue;
av Coniidérant que l'arrivée de MM. les commiffaires nationaux civils dans la colonie, les affiarances qu'ils y ont
données & effectuées aui nom de la nation, de. la plus falutaire protectiony le dévouement le plus abioln des troupes
patriotiques & de ligne qui les ont acccmpagnés', l'expeihon des plus apparens d'entre les ennenis de la iévoluiien
françaife, le filence auquel les aurres fe fonz condamnes
d'eax-mêmes, le dénuement oà fe trouvent déformais les
nègres elclaves mis en révolte & abandonnés par cCuX qui
D3
nation, de. la plus falutaire protectiony le dévouement le plus abioln des troupes
patriotiques & de ligne qui les ont acccmpagnés', l'expeihon des plus apparens d'entre les ennenis de la iévoluiien
françaife, le filence auquel les aurres fe fonz condamnes
d'eax-mêmes, le dénuement oà fe trouvent déformais les
nègres elclaves mis en révolte & abandonnés par cCuX qui
D3 --- Page 62 ---
les y maintenoient, le nom, le courage & les talens du
gouverneur de la nauon général , fon départ provifoirement fubit
nommé par les délégués
pour la par:ie de l'eft & fon
activité, tout annonce
les propriétaires des établiffemens envahis par les. ectNel révolrés, font au moment
rentrer en polfefion de leurs biens, & de voir aufli leurs de
nigres fe foumettre à l'envi les uns des autres aux travaux
qu'exige la reftaurarion des propriérés dévaftées;
ce
ment très-prochain préfente aufi aux propriétaires que dont mo- les
efclaves polteflions font ont été préfervées juiqu'à ce jour, & dont les
de leurs
reftés fidèles, le terme de leurs inquiétudes &
farigues; ;
5 Confidérant que ce bienfait des vrais. amis de
tution feroit de
de durée dans la colonie, fi la conftifaifoit pas cumdi les difpofirions néceffaires
l'on ny
ferver les fruits; que fi les braves foldats pour en confont dévoués au falut de la parrie françaife de citoyens, qui fe
gue, ont encore eu la générofité de garder Saine-Dominle filence' fur la folde qui leur ef due, cet état julqu'à de choles préfent
peut pas fublifler plus long-temps 5
non-feulement il eft ne
infant de pourvoir à leur folde, à L.a0re fubliftance &
bliffement 8c entretien des
mais qu'il faut al'éta- de
organifer
hépitaux,
fans délai, &k fous le nom de gendarmerie plus
nale, une force pablique, en état de
natiotés reconquifes, & de maintenir la sûreté protéger les proprié-
>> Confidérant çue depuis long-temps les générale;
droit de fortie fur les denrées coloniales font reffources du
tandis que les dépenfes les plus indilpenfables prefque fe
nulles,
dans la plus cruelle progrellion, par les fecours font accrues
fournir aux malheureufes victimes de la révolte des qu'il a fallu
que l'expédient de doubler les droits d'oétroi, loin efclaves; de
duire l'effet
T'aflemblée coloniale s'en étoit
prod'en doubler j:c recette, > n'a fait qu'exciter & promis, enhardir loin les
chargemens fous voile par Tappar du bénéfice certain
procuroit une contrebande nécelfairement
que
les ports de la métropole; que cette mefure impunie dans
avoit encore s & en' pure perte, l'inconvénient indifcrète d'un
impôt toujours illégalement établi, quand il n'eft
décrété par le corps légiflatif national, à
feul pas
eet acte de fouveraineté;
qui
appartient
ardir loin les
chargemens fous voile par Tappar du bénéfice certain
procuroit une contrebande nécelfairement
que
les ports de la métropole; que cette mefure impunie dans
avoit encore s & en' pure perte, l'inconvénient indifcrète d'un
impôt toujours illégalement établi, quand il n'eft
décrété par le corps légiflatif national, à
feul pas
eet acte de fouveraineté;
qui
appartient --- Page 63 ---
3 Confidérant
cette malheureufe
tenue fur le bord 3:1 labyme
les colonie ne s'eft.foutropole, & avec la rellource que d'un par.
fecours de la méfournies fur la tréforerie nationale & grand fur nombre les
de traites
IAmériques que. la. continuation de ces
Etats-Unis de
veuir une fureharge infupportable à la empruns peut deitemps fur-tour ou elle sépuile elle-méme mère-partie dans un
ennemis dela révolution françaife, &
pour repouffer les
de reculer l'emploi des fecours que quilnya la colonie plus moyen
attendre & recevoir d'elle-méme;
peut aulli
l'aflemblée. coloniale féante au que cette vériré fentie par
établir.une contribution, à titre de Cap, l'avoit déterminée à
cfprirs avoient reconnu la néceflité & prêt, laj dont tous les bons
coloniale > Confidérant que T'arrêté pris à ce fujet juftice;
le 8 octobre
avoir par l'aflemblée,
sière dans les. conférences dernier, après le
difcuré la mateur diredteir général des finances, avec commiffaire & enfuite ordonnafieurs féances de l'aflemblée, s'eft néanmoins
dans plunon-avenn, tant par le refus
trouvé comme
neur général, que parce
d'approbation de M. le gouverper fur la claffe des citoyens qu'effectivement qui n'avoient il ne polvoir frapallemblée des
point dans cette
-devient de jour repréfentans en jour plus par urgent eux de élus; que cependant il
efficaces qui affirent le prér des
recourir les à des mefures
nation, le bon entretien des
troupes, & avances à la
& approvifonnemens des
hôpiraux, >:
les fubliftances
des dépenfes énormes & exige camps à & l'inftant armées; ce qui comporte
ces politives & non problématiques;
même des rellour-
> Confidérant que la proclamation de
nationaux civils, du 27 octobre
MM.lescommifires
dons. pattiotiques, doit ètre
dernier, les
en provoquant des
lonie une preuve de l'urgenue pour
habitans de cette COtrouver gratuitement dans la desbefoins, colonie de la nécellité de
d'y fatistaire 5 que k commiffaire ordonnateur même,. les moyens
général des finances > dans fa lettre circulaire du directeurmois, indique la même urgence en
30 du même
rembourfabless 3 fur le produit de , la provoquant des avances
habitans de la paroiffe du
: foumillion faite par les
cent mille livres 5 mais Borgne > d'une fomme de trois
outre qu'elle eft foible en proportion que cette des relfource particulière 3
befoins, peur man:
D 4
commiffaire ordonnateur même,. les moyens
général des finances > dans fa lettre circulaire du directeurmois, indique la même urgence en
30 du même
rembourfabless 3 fur le produit de , la provoquant des avances
habitans de la paroiffe du
: foumillion faite par les
cent mille livres 5 mais Borgne > d'une fomme de trois
outre qu'elle eft foible en proportion que cette des relfource particulière 3
befoins, peur man:
D 4 --- Page 64 ---
par la raifon que le feul
quer de seffecuer précifément le rembourfement de cette
quartier du Borgne garantit agb
st otve a5
TI
avance :
enfin
l'aflemblée coloniale > féante au
>> Confidérant
que Hon arrêté dun8rbctobre dernier, le
Caps aveit faifi, la par colonie , en sjourant auv-ifecours fourmoyen de farver
les rellources qu'ofirent encore ces
nis par la métropole
dans dai crife oirife trouve la
malheureufes contrées : quee
faut 'la 7 confidérer
partie françaile de J Saine-Domingue. bartu bil "par lai rempête, &
comme un vaifeau long-temps fans doureso les individus
prêt à êue fubmerge commun'g: ; qu'alorss doivent confentit àcuni acriintérelfes au falut
vierdc-le refte ides biens
fice pariel, qui leur vaifleau cenfcrverla ;
on jetel 4 précipitemqu'ils ont dans ce
qu'alors fous la main G &
ment à la mer tout Ce qui fe" préfente
dont la jet peur alléger le-batiment, , iandiniguenrequanoge lesfont mot-
& lespaflagers fufpendus aux' quatre dans pompes,'1 le port ylapres tant
voir fans intérruption 5 qu'arrivés on calcule à loifire dles pertes
de factifices & de fatigues > égale fur lap valeurg tant du
pour en faire une répartition fauvées 3
eft le
bâtiment que des matchandifes
que-Gritel telles fonraulli
véritable état' des habitans de cettel colonies fans doutes ils les enileurs demnières rellources,r 8 ques
que pour riacploveront autant pour leur: intérèt perfonnel; la gloireldel luir avoir
quétir, aux' yeux de la" mere "patries fection aufli précieufe de
conlervé, 2 à leurs dépens, 2 Hne aufi àrla tasions dans le
l'empire français, & préféenrer de Saint-Domingue', mni contrafte
dévonement de fes enfans défertion8d trahifon des habitans
frappantavec la rebellion, le feul mioyen- d'y parvenir eft celui
de la Martinique; l'ailemblée que
coloninle, de mettre" "en malle
qu'avoit le
de indiqué tous les produits du fol-&cide linduftrie pendant
quart
ce quart au falut commun suen
une année, & d'employer
cette fubvention, à tirre de
faifant que cette contribusien; d'abord que fur'les prodtirs des
prét, & qui ne frapperoit fnit cependant par être légalenient
pofieilions àticre prefervées de rembourfement, 5
par toutes les poffellions
fupporrés, colonialesiqwannile prèt duquart le imnamaohaetoae fera rembourfé par
pàr ceux qui font en état de
faire,
deviendront en
la to:ali:é des propriétnires, à mefure qu'ils
que fur'les prodtirs des
prét, & qui ne frapperoit fnit cependant par être légalenient
pofieilions àticre prefervées de rembourfement, 5
par toutes les poffellions
fupporrés, colonialesiqwannile prèt duquart le imnamaohaetoae fera rembourfé par
pàr ceux qui font en état de
faire,
deviendront en
la to:ali:é des propriétnires, à mefure qu'ils --- Page 65 ---
érat de effedtuer cé rembourfement; dans des termes & d'une
manière qui le rende prefqu'in(enfible à chaque contribuable;
que-la. néceflité d'accorder & de mefurer ces termes paur
dle fembourfemient, procure de plus lavanrage de donner aux
repréfentans de la celonie le temps de folliciter & d'obrenir
du corps légiflatif national Tapprobation de limpôr à érablir
pour a sûreté & la parfaite égalité de la conribution généraleàs ce. rembourfement, &
l'égalité eft encore
maintenue 5 des-a-préfent, par les Tnaerte qui courent au
profit de ceux qui auront fait l'àvance du prêt;
T Que.d d'ailleurs les reconnoilfamces ou récépiflés qui feront
donnés aux prércurs dévant être reçus en pairment par tout
créancier dont! le titre fera antérieur a Y'émillion de Temprunt,
les prèteurs, en demicreamlyfe, ont l'avantage d'avoir fzuvé
leurs polleflions, celles de leurs concitoyens, la colonie
enrière, fans qu'il leuren ait prefque coité autre chofe que
d'avoir facrifié a leurs' créanciers le quart d'une annéc de
Jeurs revenus, tandisque ceux-ci, forcés d'accepter ces effets
en paiement, Wéprouvent d'autte dommage que celui de
fubllituer à un titte individuel un autre titre portant égalementi intérêt, & gerantipar la colonie entère; A.J
contrarie en aucune
1 a Conlidérant encere que ce plan ne
maniere la provocasion. des dons patrioriques faite par les commulfairesmapiopnas civils, le 27 octobre dernier ni celle de
Tordonmateur diredtonr général desf finances, fur 1 foumiflion
particuijcte des habirans de la paroille du Borgne, puiiqu'au
contreire, lesproduits de cette double provocarion ne pauivent
que laccelerers en prélentant aux citoyens quiles effectueroient,, ia cettiside d'un. rembourfement, avec intérêt fur les
produirs.de la fulvention extraordinaire & générale.
7iiS Apiesavoir délibéré dans les féances des 30 &31 octobre
dernier,., 2, 3555 6-8 7 novembre;
ovine 3 Déclare adopter feulement les bafes de l'arrêté pris
Talleribee-coloniak de la pariie françaile de TeODERNtEr
gue, 3 feante au
8 ostobre dernier, & arrète ceq
.
Cap,ie
qui
Hfune:
Le préfident ( en interruption de la leéture ): : En voilà
iesavoir délibéré dans les féances des 30 &31 octobre
dernier,., 2, 3555 6-8 7 novembre;
ovine 3 Déclare adopter feulement les bafes de l'arrêté pris
Talleribee-coloniak de la pariie françaile de TeODERNtEr
gue, 3 feante au
8 ostobre dernier, & arrète ceq
.
Cap,ie
qui
Hfune:
Le préfident ( en interruption de la leéture ): : En voilà --- Page 66 ---
alez; les dérails de i'impofition ne font pas l'objet de F'accufation, mais le fait feul de l'impofition.
f'arrêté Sonchonax de la : C'eft-le 7 novembre 1792 que la rédaétion de
fubvention commiflion intermédiaire > relativement à la
aux.commiffaires ou l'impôr civils du quart du revenu', a été préfentée
&au
cet impôr le IA novembre de STupewghdaixiagwwend la même année. Le gouverneur
De général, Rochambeau, la approuvé le 20 du même mois.
mifion cecije n'a tire une induétion; c'eft que l'arrêté de la"comqui étoit jamais pu être préfenté au gouverneur Delparbès,
fur rédigé, parti plus de trois femaines avant que cet arrêté ne
Je n'ai donc avant le moment oà il a été préfenté à la fanction.
neur général pas pu offrir un prix de corruption au gouverqui avoit été Derparbés,
n'éroit plus dans la colonie 9
embarqué par ordres de la commiflion
fufpendu de fes
civile,
avant
fonctions, > envoyé en France trois femaines
de que cet afrêté ne fit pris. Rochambeau étoit gouverneur
le Saint-Domingue; ; Rochambeau étoit gouverneur général
lendemain, ou deux jours après la
neur général Defparbès rCétoit à deftitution du à gouvers'étoit adreffé, & à qui on devoit Rochambeau s'adreffer
obtenir qui on
l'approbation lemnieux
de T'impôr. Il eft donc ridicule,
&
de
ca-
.berar
parbés,
dire
j'ai offert un prix de corruption à Defplus de pour aralener un arrêté dans le temps où il n'avoit
très-loin juri(diction des côres à Saint-Domingue 3 où il étoit en mer
fort de toutes les accufations &cvoguant vers la France. Ce fera la le
colons ont dit: Les
calomnieufes des colons. Les
450 mille liyres fur la commi(faires ville
civils ont impofe une taxe de
entré de force ils difent: du Port - au - Prince, après y être
confentement "2.
Cette taxe a été impofce contre le
une amende
coneribuables ; j'en conviens ; mais ici c'eft
un temps où pécuniaire la néceflité impofée à une ville en révolte, dans
de faire
commandoit aux commiffaires civils
de France, payer, les aux termes des décrets de l'affemblée légiflative
dommages qui éroient commis
mune en révolte. Cette proclamation eft fondée par fur cette comdela Convention nationale; je me conrenterai de la un lire. décret
majufification, &c je me bornerai-là.
pour
Daubonneau: : Je l'ai lue en entier.
flité impofée à une ville en révolte, dans
de faire
commandoit aux commiffaires civils
de France, payer, les aux termes des décrets de l'affemblée légiflative
dommages qui éroient commis
mune en révolte. Cette proclamation eft fondée par fur cette comdela Convention nationale; je me conrenterai de la un lire. décret
majufification, &c je me bornerai-là.
pour
Daubonneau: : Je l'ai lue en entier. --- Page 67 ---
Sonthonax : Je vais la relire.
(II lit:)
Proclamation de Polverel 6 Sonthonax, du
: 24avril 1790.
néceflité < La commune de
du Port-an-Prince nous a mis dans la dute
c'eltaelle de déployer contr'elle les forces de la
payer les frais de la
Républiques
> Larticle V du décret du guerre.
quillité publique dit:
23 février 1790, fur la tranpar un2
Lor/qu'il la
aura éiécanfé quelque dommage
reguife, aseroupemene, Gf elle a
commune en répondra f clie a eté
auteurs de Tatrospément. pu l'empéchers fauf le recours concre les
Il n'ef pas en notre pouvoir de faire remife de la
Pour pécuniaire
la commune du Port-au-Prince
peine
mettre : colonie en état de défenfe contre a encourue.
tyrans curopéens , nous avons befoin de ne faire la ligue des
dépenfe, > & de ne détourner aucune de
aucune faufle
T'emploi auquel elles font deflinées.
nos reffources de
avons ordonné & ordonnons ce
En fuit: conféquence > nous
>> Art. I. Dans trois
qui
du jour de la publication jours de la : pour tout délai, à compter
commune du Por-an-Prince fera préfente verfer proclamation, dans
la
tréforier de la ville la fomme de
mille
la caifle du
demeurent fixées les dépenfes
livres, à quoi
été forcés de faire
réduire delexpédition les
que nous avons
dus maitres de la IRT 39,
rebelles qui s'étoient renVous voyez
cite dans cette
eretdu 23
proclamation l'art. V du dé1790, qui
TEARE
faire payer une amende autorifoir les commiffaires civils à
au Porr-an-Prinee
la pécuniaire pour les dommages càufés
Jen'csamineral par réfiftance des rebelles de cette ville.
fi le
paslefond de la queftion 3 c'eft-à dire, favoir
fe traitera Porr-au-Prince loriqu'il fera étoit ou n'étoit
en rebellion : cela
au-Prince : maisil eft bien queftion de Ae canonnade du Portavoient le droit
prouvé que les commiffaires civils
Port-au-Prince d'impofer une amende pécuniaire à la ville du
cauféun dommage 3 lorique cette ville du Port-au-Prince avoit
fa réel à la République aux bâtimens de la
Republique, par révolte contre la TUSALE Quantà l'impo-
'il fera étoit ou n'étoit
en rebellion : cela
au-Prince : maisil eft bien queftion de Ae canonnade du Portavoient le droit
prouvé que les commiffaires civils
Port-au-Prince d'impofer une amende pécuniaire à la ville du
cauféun dommage 3 lorique cette ville du Port-au-Prince avoit
fa réel à la République aux bâtimens de la
Republique, par révolte contre la TUSALE Quantà l'impo- --- Page 68 ---
firion de 672 mille livres au Gap, ce n'eft
une
Hurl la ville du Cap, c'eft un jugement des commiffaires pas
impolition
pour obliger les négocians français qui avoient contracté civils, des
engagemens avec le commerce américain de payer ces
gemens. Comme lasjuftification de cette
engacette proclamation, je vais la lire; elle fera opération confignéé eft dans
débats.
aux
(II lit.):
maomn
A
Proclamation de Polverel 6 Santhonas, faite au Cap le 1s
juin,lan 2 de lu République.
furer' ee Nous les ne nous. propofons pas dans ce moment, de cenle mefures ablurdes 8 iliégales qui ort été
18 mai
prifes
EY à la Convention d-minyhatigmidtran hationale
un malimagenaire,
apprécier. Norre unique
& au confeil exécutif ales
promelles faires
ohjer eft, dafurer l'exéention des
la loyauté de la République au commerce américain, & d'empécher que
françaife ne: foit
s5
foupconnée.
il Galbaud: a fonné l'alarme far le dénmeimènt abfolu oû
fuppofoic la ville du. Cap, de toute
nemens en objets de premicre néccilité, eipèce Sans d'approviliondes befoins, ila cherché les reffources daris nous infruire
des corporations. Chambre de
la réfurredtion
marine du commerce, municipaliré, comprerce officiers 3 marine de l'état,
commiflion intermédiaire, tout a été
d'admimifration,'
Il ne manquoir à cette alfemblée, compofée couvoqué par Galbatid,
fogènes, que la préfence, T'allentiment des d'élémens délégués de hété- la
Républiqee > qui avoicrir feuls le droit de former des
blées, & de décider iur des objets de cette importance. affen5> C'eft dans cette affemblée qu'on a dit
l'adminif
tration étoit dépourvue de tout, & cependant que
a prouvé que les inagafins de la ville, > & les bâtimens l'événemient
étoient en rade, étolent abondamment pourvus de tous qui
objets de première nécefliré.
les
33 C'eft dans cette affembiée qu'on a dit
l'admini(
rration n'avoir à donner en paiement de fes achats que que des
teitres-de-change fur le tréfor public, & Galbaud avoit
pourvue de tout, & cependant que
a prouvé que les inagafins de la ville, > & les bâtimens l'événemient
étoient en rade, étolent abondamment pourvus de tous qui
objets de première nécefliré.
les
33 C'eft dans cette affembiée qu'on a dit
l'admini(
rration n'avoir à donner en paiement de fes achats que que des
teitres-de-change fur le tréfor public, & Galbaud avoit --- Page 69 ---
sommencé par les rendre inacceptables par les tableaux
exagérés quil avoit faits, dans une précédente proclamation,
de l'étar de détreffe où il fuppofoit la métropole,
>> C'eft dans cette alfemblée qu'on a dit que même
avec le fecours des lettres-de-change fur France, le fervice
de l'adminiftration ne porvoir, à moins d'un miracle, fe.
foutenir encore long-remps 5 & ce miracle étoit déja opéré
par' l'exécution de la loi du 25 aolt 1792, qui avoit, mis à
la difpolirion de T'adminiftration une quantité immenfe de
denrées coloaiales.
>> Une aflemblée bien plus nombreufe fat convoquée par
Galbaud pour le 24 mai; il y, appela la commifion intermédiaire, la municipalité, les habitans planteurs 3 le
commerce du Cap, la marine du commerce, les négocians
& les capitaines anglo-américains, l'état-major de T'armee >
le contre-amiral Cercey , l'ordonnateur civil, & les principaux chefs d'adminiftration.
>> On fit, lecture, dans cette allemblée, d'une adreffe de
négocians & capitaines anglo - américains. Ils offrirent de
donner toutes leurs marchandiles, pourvu qu'on leur donnàt
en échange des denrées coloniales.
>> L'offre fat acceptée. Il fur arrêté qu'il feroit fait
l'ordonnateur civil, fous l'aurorifation de la commiffion SR5
termédiaire, > un emprunt en denrées coloniales, pour lefdites denrées être données en échange au commerce angloaméricain, contre les marchandifes & comeftibles, falailons
& autres; que vifite fereit faite chez tous les négocians,
commifioanaires & autres qui pourioient avoir des denrées coloniales, à l'effer de déterminer la quotiré de chacune
d'elles exiftantes en-ville, & de fhire une jufte répartition
des quantités que chacun devra fournir.
92 Surle-champ & fans défemparer, les négocians & les
eapitaines américains d'une part, 3 & les membres de la
chambre du commerce du Cap de l'autre, procédèrent à la
fixarion du prix des denrées américaines & des denrées cOloniales. Ces prix furent réciproquement agréés.
2 Il étoit -
bien recopnu, lors de cette affemblée, qu'ilry
répartition
des quantités que chacun devra fournir.
92 Surle-champ & fans défemparer, les négocians & les
eapitaines américains d'une part, 3 & les membres de la
chambre du commerce du Cap de l'autre, procédèrent à la
fixarion du prix des denrées américaines & des denrées cOloniales. Ces prix furent réciproquement agréés.
2 Il étoit -
bien recopnu, lors de cette affemblée, qu'ilry --- Page 70 ---
avoit au Cap beaucoup plus de denrées coloniales qu'il n'en
falioit pour payer la valeur des iarchandifes que les
Américains. pouvoient fournir.
Anglolivré à ladainiftration
Cependant, ceux - ci ont
& les déclarations faires pour 671,385 liv. 13 fous 6 den., >
nairesdu
par les négocians & commiffionde denrées Cap n'indiquent que pour une bien moindre valeur
caloniales; & plufieurs de ces négocians
tourné ou refufé de livrer aux Anglo-Américains les denrées ont décoloniales par eux déclarées. C'eft ainfi que les négocians du
Cap ont relpectéla foi publique &l'ensagementq quils avoient
livré pris envers les Anglo-Americains. Parmi ceux mémes qui ont
des denrées coloniales, > plulicurs n'ont
donné du
leur, mais feulement des denrées dont ils
que
fitaires.
ridrelete
dépo33 Cette tranfaction commerciale n'auroit pas eu
fi
nous euflions été conful:és; mais dès qu'eile
lieu; des
qu'elle a été exécutée par'les Anglo-Américains exilte, il eft
notre devoir d'en procurer l'exécution complette de : la
des de
négocians du Cap, & d'aflurer à ceux-ci la
des
avances
aurent
ntuttr
qu'ils
faires pour ladminiftration.
>2 Les Anglo-Américains doivent ètre payés fans
en
argent ou en denrées coloniales, de la toralité des marchan- délai,
diles qu'ils ont fournies à l'adminiftration: 5 car ce n'eft
fous la foi de cette promeffe qu'ils ont confenti à livrer que
anarchandifes.
leurs
93 C'eft aux négocians du Cap qui étoient
à l'affemblée du 24 mai à remplir l'engagement pris préfens envers les
Anelo-Américains, parce que ce font eux qui ont contracté
cet engagement, parce qurile l'ont cantracté volontairement,
parce qu'en le contraétant ils n'ont pas fait un facrifice effedtif, puifqu'ils ont la certitude de la prompte rentrée des
denrées qu'ils auront données en échange, ou du
de leur valeur en argent.
paiement
32 Ils ne peuvent donner en acquit de leurs
les denrées dont ils ne font que dépofitaires; car ce engagemens feroit une
violation de dépôt.
>2 Ils ne peuvent faire contribuer à l'exécution de cet engagement les négocians qii étoient abfens de l'aflemblée du
fait un facrifice effedtif, puifqu'ils ont la certitude de la prompte rentrée des
denrées qu'ils auront données en échange, ou du
de leur valeur en argent.
paiement
32 Ils ne peuvent donner en acquit de leurs
les denrées dont ils ne font que dépofitaires; car ce engagemens feroit une
violation de dépôt.
>2 Ils ne peuvent faire contribuer à l'exécution de cet engagement les négocians qii étoient abfens de l'aflemblée du --- Page 71 ---
14 mai ; car, eomme il ne s'agit point ici d'affemblée, ni
de corporation, ni de reprélentation légale, le voeu des
fens
lier les abfens. Ils n'ont promis de délivrer
eE
n'a pu
fur l'affurance qui ieur
denrées aux Anglo-Americains, que
dans le délai de
a été donnée par Tadminiltation. que, rendues
deux mois, ces denrées leur feroient
ou payées.
Nous leur garantiffons l'exécution de cette promeffe.
>> En confequence, nous avons ordonné & ordonnons ce
qui fuit:
ARTIC C L E P.RE M I E R.
a Fournier, Aubert, Chauveau & compagnie ; Wuyton,
Boiffon & a compagnie 5 Allard, Durand & compagnie Har- 5
Poupel, Guymet & Cauvin; Fonache, Morange &c
divilliers ; Croufeilles > Pinaquy, Laplace & compagnie; Bridaut &
Baptifte Dufour, Genty, > Lavau & compagnie;
compagnie; Marc-Antoine Lambert, Duti, Soulier & compagnic; ; Crévon, Jouve & compagnie; Maraft, Brocas &
compagnie; Bertrand & Bonlineau; la veuve Lenfant &
Chevalier; Brocas , Faligan 1, Sauzeau, Magagons & Payan,
ainli que tous autres négocians dont la préfence' à Taffemblée
du 24 mai fera conftatée > - feront folidairement tenus &
contraints par toute voie, mêie par corps, de fournir aux
Anglo-Americains., foit én argent, foit en denrées coloniales, la fomme de 671,385 livres 13 fous 6 den. pour la
valeur des comeftibles & autres marchandifes
les AngloAméricains oilt livrés à l'adminiftration, fous RtE déduétion
néanmoins de la valeur des denrées coloniales qui ont déja
été livrées aux Anglo-Americains.
II
39 Les dénommés en Y'art. Ier, ainfi que tous autres né-,
gocians dont la préfence à l'affemblée du 24 mai fera
conftatée, feront tenus & contraints par les mèmes voies de
payer, foit en denrées coloniales, foit en argent, la valeur
des denrées coloniales qui ont été données aux AngloAméricains fans le confentement des propriétaires defdites
denrées.
ja
été livrées aux Anglo-Americains.
II
39 Les dénommés en Y'art. Ier, ainfi que tous autres né-,
gocians dont la préfence à l'affemblée du 24 mai fera
conftatée, feront tenus & contraints par les mèmes voies de
payer, foit en denrées coloniales, foit en argent, la valeur
des denrées coloniales qui ont été données aux AngloAméricains fans le confentement des propriétaires defdites
denrées. --- Page 72 ---
IIL nlia A501
>> Ils feront pareillement tenus de rembourfer, foit en
denrécs, foit en argent, à ceux d'entre eux dont les denrées
Ont été livrées, aux Anglo F Américains, tout ce dont la
valeur deldites denrées livrées ie trouvera excéder le contingent qui aura éié impolé fur chacun d'eux, par la
tition dont il va ètre parlé ci-après.
répar I V.
99 La, conmiflion intermédiaire fera venir dâns le jour,
par devant elle, les dénommés à l'art. Isr; elle les invitera &
indiquer tous les négocians qui ont aflifté avec eux à laffemblée du 24 mai; elle formera une lifte tant'de ceux dont
la préfence à ladite affemblée fera conitatéé, que de ceux
dénommés audit article I"r,
V.
>> Dans le jour fuivant, ladire commiffion intermédiaire
répartira entre tous les négocians infcrits dans laliteénoncée;
en l'art. IV, les fomines que chacun, d'eux doit fournir en
denrées ou en argent, en proportion de leurs, facultés refpectives,
la pleine exécution des, art. 1, II& III cideflus. nlor des répartitions fera notifié dans le mème
jour aux contribuables.
VI.
C
e - 0
3>, Si dans le délai de trois jours, à compter 9 de celui de
ladite notification, les.art. I, II - & III ci-dellus ne font pas
pleinement exécutés, chargeons le commiflaire du pouvoir
exécutif près la fénéchauflée du Cap d'en accélérer l'exécurion, foit par voie de failie ou de léqueftre des propriérés
mobiliaires & immobiliaires des contribnables, foit par lincarcération de Jeurs perlonnes; & ce fans diftinction de ceux
qui auroient payé leur contingent, d'aveci ceux quin'auroient,
pas payé le leur.
- 51 VIL
ab tJr.
>> Dans deux mois, à compter de la date du récépifle des,
denrées
flée du Cap d'en accélérer l'exécurion, foit par voie de failie ou de léqueftre des propriérés
mobiliaires & immobiliaires des contribnables, foit par lincarcération de Jeurs perlonnes; & ce fans diftinction de ceux
qui auroient payé leur contingent, d'aveci ceux quin'auroient,
pas payé le leur.
- 51 VIL
ab tJr.
>> Dans deux mois, à compter de la date du récépifle des,
denrées --- Page 73 ---
denrées coloniales que chacun defdits contribuables aura livrées aux Anglo - Américains > l'adminiftrarion leur livrera leur
pour une valeur- égale de denrées coloniales, ou la
paiera en nunéraire.
de
lirtérale de
> Chargeons l'ordonnateur civil T'exbcution
la préfente décifion, laquelle fera impriméc, publiée & enregiftrée à la commiflion incormédiaire, aux corps adminiftratifs, tribinaux & municipalités de la colonie, & affichée
par-tour oà befoin féra.
s Fait au Capleis juin 1793 > l'an 2.
22 Sign > FOLVERSL, SONTHONAX.
s Par les commifaires civils de la République.
3s Signé, F. PorvmeL, fecrétaire de la commifion."
Vous voyez., ciroyens-, gu'il faur avoir bien envie - de
calomnier les intentions des commilfures civils, qu'il faut
avoir bien envie de rechercher jufquaumoindres adtes
émanés d'eux,pour leur Faire u crime de déciderque ceux
qui avoient contracté des engagemens aveç les Anglo-Américains feroient tenus de les remplir; &c cela, parce
ces
engagemens devoient étre d'autant plus lacrés, que
fanser
de la République exigeoit que les Anglo-Améticain; fuilent
encouregés dans leurs unportarionss. qu au moment oi la'coJonie venoit d'ètre déclarée en guerre > qu'elle n'aroit d'autres
moyens de s'approvilionnt que parln voie du commerce
neutre, il étoiy très- nécellire d'encouraser les neutres &
fur tour les Anglo- Ar méricnins; ls feuls. qui apportailent des
farines, alors tres-rares à Saine Domingue.
Le pripdane : Ta as fini fur les inpolitions :
Sonshonax: : Oui.
- La féance eft levée.
GES
Ler reaiftre des préfences efl Fgne : J. PH. GARRANS
Pigidears FOUcHE (de (
Names), Secrétaire; DABRAY,
MERLINO, MOLLEVAUT, F. LANTHENAS.
L,
inole 2nt
Tome VI.
Cingsante-trajfiène liyratfoa.
E
Saine Domingue.
Le pripdane : Ta as fini fur les inpolitions :
Sonshonax: : Oui.
- La féance eft levée.
GES
Ler reaiftre des préfences efl Fgne : J. PH. GARRANS
Pigidears FOUcHE (de (
Names), Secrétaire; DABRAY,
MERLINO, MOLLEVAUT, F. LANTHENAS.
L,
inole 2nt
Tome VI.
Cingsante-trajfiène liyratfoa.
E --- Page 74 ---
Du 27. Floréal, P'an troifième de la République françaife
une & indivifible.
La rédaétion des débats de la féance précédente eft
lue & adoptée:
Th. Millet : J'ai à rétablir un fait fur ce qui à été"dit
hier.
:
tm
Sonthonax : J'obferve que Thomhas Millet ne peut pas la
relever un fait fur lequel j'ai parlé feul.- Il-prendra feuparole lorique j'aurai fimi la difcullion, pour- débartre
lement.
:
Th. Millet : Ce que j'ai à dire ne porte pas fur la difcuflion Le préfident préfente.. : Tuasila parole, mais fur des faits antée
rieurs à ceux dont Sonrhonax a parlé. 22
Th. Millet : Sonthonax a établi que les affemblées coloniales avoient deftitué les tribunaux organifes par l'autorité
nationale; Sonthonax.a avancé un faux. Cette deftitution
peut bien concerner Taflemblée coloniale féante au Caps
mais non l'affemblée coloniale féante à Saint-Marc, fur
Inguelle-faccufasion porté : bien loin d'avoir deftitué des
tribunaux organifés d'après les lois, elle a rétabli au çontraire le tribunal qui avoir été détruits &c fupprimé par
le pouvoir arbitraire des miniftres de ce temps-là; & Faf
femblée' conftituante l'a approuvée par fon, décret. du,12
octobre 1790. Ce tribunal; c'eft le confcilfupérieur du Cap
sont il eft queftion. Vous,
35 ce
vient de dire Miller
Sonthonax:
yoyez que
que
eft pofitivement une réponfeà ce que.j Tai avancé hier;
lorfque fai dit: Les alJfemblées coloniales, je n'ai pas dit
laffemblée de Saint-Marc; j'ai entendu parler des affem-
:
approuvée par fon, décret. du,12
octobre 1790. Ce tribunal; c'eft le confcilfupérieur du Cap
sont il eft queftion. Vous,
35 ce
vient de dire Miller
Sonthonax:
yoyez que
que
eft pofitivement une réponfeà ce que.j Tai avancé hier;
lorfque fai dit: Les alJfemblées coloniales, je n'ai pas dit
laffemblée de Saint-Marc; j'ai entendu parler des affem-
: --- Page 75 ---
blées provinciales & coloniales, c'eft-à-dire, de toutes les
affemblées qui ont été tenues à Saint-Domingue.
Les colons m'cnt accufé d'avoir infirié oul confirmé
les pouvoirs du peuple. Je ne crois pas que jaic jamais
infirmé ou confirmé les pouvoirs du peupie. Sansdoute les cOlons ont voulu dire,les pouvoirs donnés par lepeuple ; ils ont
cité àl'appui de cette allertion une lettre écrite ala municipalité relativement au procureur de la commune Lavergue:
je n'ai point cette lertre, je prie les colons de me la communiquer.
Claufon : Elle eft dans les débats.
Sonthonax : Alors je difcuterai de mémoire' fur cette
lettre.
(Un colon va chercher dans les archives, remet à Sonthonax le procès-verbal où cette letrre eft inférée.)
Sonthonax : La lettre citée
les colons écrite par moi
à la municipalité du Cap, a celle-ci... -
(I1, lit une lettte déja inférée dans le tome quatrième,
page, 310.
Les colonsont argumenté de cettelettre
dire que je
m'étois arrogé le droit de confrmer on ammator les pouvoirs
du peuple : les pouvoirs que je me fuis arrogé à cet égard
font ceux qui me font donnés par l'article IV de la loi du
4 avril, qui dit que les commiffaires civils jugeront de
toutes les conteftations qui naitront fur la tenue des aflèmblées primaires. > fur la régularité de leur convocation &
fur l'éligibiliré des citoyens. Il s'agilloit bien alors tres-pofitivement de T'éligibilité d'un citoyen de la commune du
à la place de procureur de la commune du Cap; s'il
Gp
giffoit de léligibilité d'un citoyen, je n'ai exercé à fon égard
que le droit qui m'étoit donné par l'article IV de la loi du
4 avril, de juger toutes les conteflations relatives à L'éligibilité des citoyens. Je ne me fuis donc arrogé à cet ézard
aucun pouvoir autre que celui que je tenois des lois ellesmêmes. Dans la férie des faics articulés par les colons à
l'appui du troifième chefde l'acculation intenzée contre moi,
ils m'ont fait un crime de Yérabliffement du tibunal criminel extràordinaire érigé au Cap dans le mois de février
E 2
4 avril, de juger toutes les conteflations relatives à L'éligibilité des citoyens. Je ne me fuis donc arrogé à cet ézard
aucun pouvoir autre que celui que je tenois des lois ellesmêmes. Dans la férie des faics articulés par les colons à
l'appui du troifième chefde l'acculation intenzée contre moi,
ils m'ont fait un crime de Yérabliffement du tibunal criminel extràordinaire érigé au Cap dans le mois de février
E 2 --- Page 76 ---
1795. Ils m'ont fait un crime de la procédure faite dans ce
tibunal, & fur-tout de m'ètre réfervé le droit de
fur fes queftions de compétence, c'eft-à-dire fur les conflits ftatuer
pouvoient exifter entre ce tribunal & les tribunaux orAvant d'examiner
Suheh
il eft néceffaire d'inftruire la le mérite de cette inculpation,
judiciaire dans la colonie
commiffion del'état de l'ordre
millaires-civils, & de la au moment de l'arrivée des comL'aflemblée conftituante procédure n'avoit
qui étoit alors en ulage,
au-delà
pas appliqué aux
françaifes
des : mers, fes lois fur la nouvelle poflelions
cédure, c'eft-à-dire, fes lois fur l'érabliffement desjurés. proL'ordonnance de 1670 étoit feule en vigueur dans la
donnance colonie; l'affemblée coloniale n'avoit pas. trouvé cette oraffez févère: elle avoit adopté
juger
qui éroient prévenus du crime de révolte, elle pour avoit ceux
dis-je, l'inflitution des juges prévéraux. Elle avoit adopté,
des juges prévôtaux fur tous les points de l'ife oi la difperlé
avoit éclaté. Ces juges avoient confervé nonfeulement révolre les
formes barbares de lédit de 1670 5 mais ils ont jugé à
propos d'appliquer à la queftion les accufés
crime de révolte. Je trouve. la preuve de cette prévenus du
dans les procès-verbaux de l'affemblée coloniale. alfertion
Je lis celui du premier feptembre
il eft
ment court.
1791;
extrêmeIl lit.
Evtrait du procès-verbal de l'affemblée coloniale de SaintDoni-gie, 3 du premier Jeptembre 1791.
ec Sur la motion d'un des membres, tendante à
les cfficiers de la commiflion prévôtale foient autorifés ce que
tous les moyens poffibles, mâme la
à
ERPTr tirer
ceux qui feront arrêtés, des
torture,
la circonfance, & parvenir à découvrir aveux la précieux Dons
plot abominable dont nous fommes
trame du com3 L'aflemblée générale., après victimes;
arrête qu'il n'y a lieu à délibérer, attendu difculion, a arrêré &
criminelle de.1670 eft enccre en
à que l'erdonnance
3 Sur la demande de M. M. les vigueur officiers Saint de la Demingue, commif-
feront arrêtés, des
torture,
la circonfance, & parvenir à découvrir aveux la précieux Dons
plot abominable dont nous fommes
trame du com3 L'aflemblée générale., après victimes;
arrête qu'il n'y a lieu à délibérer, attendu difculion, a arrêré &
criminelle de.1670 eft enccre en
à que l'erdonnance
3 Sur la demande de M. M. les vigueur officiers Saint de la Demingue, commif- --- Page 77 ---
fion prévôtale 3 arrête en outre que toutes les fois qu'ils
jugeront néceffaire de faire appliquer quelques accufés à la
queftion , deux membres de 'aflemblée
aflifteront
provinciale
comme commiflaires ; fur l'avis qui leur en fera donné
par M. M. de la commifion prévocale, Et fera ler
notifié aux affemblées provinciales, & à toures les préfent commiflions prévôtales. 33
Vous veyez, citoyens, que T'horrible, la barbare jurif
prudence de la queftion qui avoit été abrogée en
même fous le tyran Capet, étoit maintenue à Saint-Do- France,
mingue, malgrélédit' rendu par les rois, malgré les
de laflemblée iconfituante rendus au moisid'ectobre décrets 1789
qui concernent les procédures criminelles. On a pouffé la
barbarie au point que les affemblées coloniales ont trouvé
que les commiflions prévôtales n'avoient pas affez d'adtivité, qu'aveclhorrible régime de la torture on trouvoit
leur activité n'étoit pas affez meurrière.
que
Je trouve encore cette preuve dans l'extrait des
verbaux de l'affemblée coloniale,
procèsJe lis l'extrait de celui du IG odtobre 1791.
Il lit :
ce Mr. le préfident a ouvert la féance.
9>. Un des commilfaires de l'affemblée près la commiflion
prévôtale eft monté à la tribune, & dit, que vu les
circonftances impérieufes & critiques où s'étoit trouvée la
partie du Nord, & la néseflicé oi Fon avoit été, dans les
premiers inftans, de faire de grands exemples qui
en impofer k arrêter les progrès du mal, la commiflion pulient
prévôrale a été forcée de s'écarter dès formes prefcrites par
fordonnance criminelle de 1670, & d'en employer de
expéditives. La commiflion prévôtle demande on confe- plus
que l'affemblée générale veuille bien approuver In
Remcia dont elle s'eit fervie dans les jugemens qu'elle a porrés
jufqu'ici, & de lui prefcrire celle qu'eile doit faire à
venir.
l'a9, L'affemblée renvoie cette demande au
peur lui préfenter un travail fur cet objet. comitéjulicisire, 7>.
E 5
de 1670, & d'en employer de
expéditives. La commiflion prévôtle demande on confe- plus
que l'affemblée générale veuille bien approuver In
Remcia dont elle s'eit fervie dans les jugemens qu'elle a porrés
jufqu'ici, & de lui prefcrire celle qu'eile doit faire à
venir.
l'a9, L'affemblée renvoie cette demande au
peur lui préfenter un travail fur cet objet. comitéjulicisire, 7>.
E 5 --- Page 78 ---
Vous. voyez que, dans le fein de l'affemblée coloniale,
on fait la motion d'approuver la conduite de la commiflion
prévôtale, dont la terrible activité avoit été encore
meurtrière que ne le prefcrivoit la barbare ordonnance plus de 1670.
Iy a apparence que les affemblées coloniales n'étoient pas
contentes de la commiflion prévôrale ,
ne failoit
encore verfer aflez de fang au gré des factieux qui qui vouloient pas
anéantir T'efpèce noire à Saint-Domingue,, puifque Page luimême vous a dit dans une des féances, qu'on avoit accufé la
commiflion prévôtale de connivence avec les accufés, aveç
les parcifans de révolté, avec les noirs. Ceft dans cet état
que nous trouvâmes l'ordre judiciaire par rapport aux accufés
pour caufe de révolte, à nosre arrivée dans la colonie.
vériré 2 la commiflion prévôrale avoit été fupprimée, mais Ala
c'étoir depuis qu'il ny avoit plus de nègres à juger. On'avoit
vidé les prifous & même l'eglife du Cap, dans laquelle on
avoit enfermé un nombre confidérable de noirs, attendu que
les prifons étoient déja pleines. On! les vidoit d'une aflez plaifante manière, en faifant fufiller par jour vingt à trente noirs
d'une manière affez fingulière. Onles conduifoit fur les bords
de fofles creufées au cimetière de la Providence; on recouvroit
enfuite de terre les hommes que les commiflions prévôtales
avoient ainfi fait fufiller. A notre arrivée dans la colonie
ces boucheries avoient ceffé. L'affembiée coloniale,
>
avoit fupprimé les commiflions prévôtales, ordonna que qui les
fénéchaullées auroient le droit de juger prévôtalement les
crimes des révolrés,ce
en fupprimant les commiflions
prévôtales, > inveftiffoit T1 T'aurorité prévôtale tous les tribunaux de la colonie de Saint-Domingue. Je vous ai
rendu compte qu'à notre arrivée, douze prifonniers qui nous déja
furent envoyés
le général Rochambeau furent mallacrés
dans les rues de NE ville du Cap, afin, fans doute, dè
venir à leur égard ces jugemens dont on craignoir l'indul prégence & la douceur. Je crus devoir alors inftituer un tribunal
criminel extraordinaire. On vous a lu dans une des dernières
féances la proclamation qui créoit ce tribunal, Ce tribunal
étoit formé de cinq juges, d'un accufateur public & d'un
greflier. La procédure à fuivre ordopnée par ce tribunal eft
fixée par l'art. VII. Voici cet article.
4 L'ordonnance de 1670 & les édits, déclarations & ré-
prégence & la douceur. Je crus devoir alors inftituer un tribunal
criminel extraordinaire. On vous a lu dans une des dernières
féances la proclamation qui créoit ce tribunal, Ce tribunal
étoit formé de cinq juges, d'un accufateur public & d'un
greflier. La procédure à fuivre ordopnée par ce tribunal eft
fixée par l'art. VII. Voici cet article.
4 L'ordonnance de 1670 & les édits, déclarations & ré- --- Page 79 ---
glemens concernant les matières criminelles, continueronà
être obfervés en tout ce qui n'eft pas contraire à la nationale précédente lé
ordonnance & au déctet rendu par Taffemblée du même
9. oétobre 1789; fanctionné par lettres affiché patentes
où
mois, lequel fera imprimé > publié &
par-tout
befoin fera."
Vous voyez que la procédure adoptée pour les intentions ce tribunal des
étoit celle de 1670, mais modifiée, contre
colons 5 contre les arrêtés de l'allemblée coloniale, , par-le leéture
décret des 8 & 2. octobre 1789. Je vais vous donner
des principales difpofitions de ce décret.
nos -
Il lit:
Décret fur la - réformation de quelques points de la jurifprudence
criminelle, des. 8 89 odtobre 1789.
A RT I C, L E P. R 2 M I. E R.
ec
les lieux oll
un ou plufieurs tibunaux
à. Dans tous
ily 21
de muétablis, la municipalité, & en cas qu'il ny ait pas nombre
nicipalité, la communauté des habirans nommera un
fufffant de notables, eu égard à l'étendue du reffort, parmi
leiquels feront pris les adjoints qui aflifteront à Tinftruction
des procès criminels, ainfi qu'il va, être dit ci-après.
III
s> Aucune plainte ne pourra êtré préfentée au juge & par qu'ea lui
préfence de deux adjoints amenés par le'plaignant de leur
& de
pris à fon choix,, & fera fait mention rendue préfence fur la
leurs noms dans l'ordonnance qui fera
plainte,
& ilsi figneront avec le juge, à peme de nullité.
V;
s3 Les procès-verbaux de Pétar des perfonnes bleffées ou
du corps mort, ainfi que du lieu odle délit aira été conmis,
& des armes, hardes 8c effets'qui péuvent forvit à conviction
E4
plaignant de leur
& de
pris à fon choix,, & fera fait mention rendue préfence fur la
leurs noms dans l'ordonnance qui fera
plainte,
& ilsi figneront avec le juge, à peme de nullité.
V;
s3 Les procès-verbaux de Pétar des perfonnes bleffées ou
du corps mort, ainfi que du lieu odle délit aira été conmis,
& des armes, hardes 8c effets'qui péuvent forvit à conviction
E4 --- Page 80 ---
ou à décharge, feront dreffés en préfence de deux
appeiés par le juge, fuivant l'ordre du tableau adjoints
en l'art.. II ci-delfus, qui pcurront lui faire leurs mentionné
vations dont fera fait men:ion, &c qui figneront ces obfervorbanx, à peine de nulliré. Dans le cas ou le lieu procèsferoit. à une trop grande diftance du chef-lieu de la du délit
didhion, les notables nommés dans le chef- lieu
jurif
être fuppléés dans la fonction d'adjoinrs aux procès-verbaux pourront
les membres de la municipalité ou de la communauié
E du délit, pris en pareil nombre par le juge d'inftruction. du
VIL
faire Les adjoints feront tenus en leur ame & confcience
aux juges les ob! ervarions, tanr à charge qu'à
de
qu'ils trouveront nécellaires pour l'explicauon des décharge, dires des
témoins ou l'éclairciffement des faits
& il en
fair mention * dans le procès-verbal dépofés;
fera
des réponfes des témoins. Le procis-verbal d'information, fera coté ainfi que
à toutes les pages par leurs adjoin:s, ainfi que par le & figné
à-l'iuftant même & fans défemparer, à peine de
juge,
il en fera également fait une nention exaôte, nuliré; à
&
faux,
peine de
X.
13 L'accufé décrété de prife-de-corps
que ce foir, aura le dreit de fe choifir un ou pour quelque couleils crime
avec lefquels il pourra conférer librement plufieurs enl rout etar de
caufe; & l'entrée de la priion fera toujours permife auxdis
confeils, Dans le cas où l'accufé ne pourroir pas en avoir Far
lni-meme, nullité,
le juge lui en nonmera un d'oftice, à peie de
XI
>> Auffito: que l'accufé fera confirué prifounier Ou fe fera
préfenté fur les décrers d'alligné ponr & tre our ou
nemenr perfonnel, rous les actes de l'infrudinn ferent d'ajour- fairs
gontradictoirepnens la chambre d'inftrudion avec lui, publiquenent & les perres de
lallitance des adjoin:s cellera, étant ouvertes. Des ce monent,
peie de
XI
>> Auffito: que l'accufé fera confirué prifounier Ou fe fera
préfenté fur les décrers d'alligné ponr & tre our ou
nemenr perfonnel, rous les actes de l'infrudinn ferent d'ajour- fairs
gontradictoirepnens la chambre d'inftrudion avec lui, publiquenent & les perres de
lallitance des adjoin:s cellera, étant ouvertes. Des ce monent, --- Page 81 ---
XI X.
>5 L'accufé aura le droit de propofer en. rout état de caufe
les défenles & faitsjuftificarifs ou d'atténuation; & la preuve
fera reçue de tous ceux qui feront jugés perrinens , & même
du fait de démence, quoiqu'ils n'aient point été articiilés paf
l'acculé dans fon interrogatoire &. autres aétes de la
cédure. Les témoins
Taccufé voudra produire, fans
e
que
tenu de les noiner (ar-le-champ, feront enrendus pabliquement, &c pourron: lêtre en môme-temps que ceux de
l'accufateur, fur la continuation ou addition d'information.
XXII
13 Toute cendamnation à peine afflidive ou infimante,
en premicre inftance ou en demnier reiiort, exprimera les
fairs pour lefquels l'accufé fera condamné , fans qu'aucun
juge puiffe jamais employer la formule : Pour les cas TeJuisens du procès.
XXIV.
78 L'ufage de la fellette alt dernier interrogatoire, & la
queftion dans tous les cas: > fent abolis. >>
Voilà les principales difpolitiens du décret renda par
l'affemblée conftiruanrele I2 octobre 1780. C'eftia premitre
réforine de la jurifprudence enramée par l'affemblée conftituante ; c'eft celle que j'ai appliquée à la colonie de Saint*
Domingue lors de l'érabliliement du tribanai extraordinaire
établi au Cap alt mois de février 1793. Je vous le demande, citoyens > reconnoilfez vous dans cette procédure
le caradtère qu'ont voulu lui donner les colons? Iis onr ofe
comparer ce rribunal à celui du 22 Prairial. Ce tribunal
jugeoit en public ; ilfaifoit toutes les procédures fecrètes en
prafence des norables-gdjoints nommés par la municipalité.
Ces norables-adjoints éroiens les protecteurs nés des accufés;
iis les entouroient d'une mfuence favorable > & les défendoienr de l'effet des prévencions Oi des pallions dont les
juges eullent pu être animés. La procédure de ce ribanal na
unal à celui du 22 Prairial. Ce tribunal
jugeoit en public ; ilfaifoit toutes les procédures fecrètes en
prafence des norables-gdjoints nommés par la municipalité.
Ces norables-adjoints éroiens les protecteurs nés des accufés;
iis les entouroient d'une mfuence favorable > & les défendoienr de l'effet des prévencions Oi des pallions dont les
juges eullent pu être animés. La procédure de ce ribanal na --- Page 82 ---
permettoit, ni la queftion préalable, ni la
toire. 3 qui étoient fi chères aux aflemblées queftion préparaqu'elles avoient cru devoir en donner la récréation coloniales, s
membres de l'affemblée
à deux
fivement, afin que tous les provinciale membres
fe relevoient fuccefcette
cette
2:
fatisfaction tour-à-tour.
affemblée euffent
Le préfident: : A l'ordre.
la Sonthonax: : Citoyens 2 telle a été d'abord l'organifation de
enfuite procédure celle fixéc fixée par les affemblées coloniales;, telle a été
de crime de révolte. parl Je les commiffaires civils pour le jugement
courci de la bienfaifance viens de de vous faire le tableau en racqu'il n'y a pas eu une feule cette procédure ; elle a été telle
quatre mois que le tribunal a condamnation exifté. Je défie à les mort colons pendant
arriculer un feul; je les défie de
d'en
à mort ait été non-feulement exécuté prouver qu'un feul jugement
noncé par le tribunal criminel établi > mais feulement
vrier 1793.
au Cap au mois de FEC
Yerneuil : C'eft un peu fort e
Le préfident : A l'crdre,
role. a
.
citoyen, tLI n'as pas la paSonthonax: L'un des juges de ce tribunal eft
nutes des jugemens exiftent dans les
de icis des micivile. La commifion des colcnies papiers
la commilion
cerditude du fair
pourra avoir à loifir la
que je viens d'annoncer. Cela eft tellenient
vrai, que ce cribusala
à tous les colons de Saint-Domingue, qui, bien loin ag Tappeler un tribunal de
difoient au contraire qu'iln'éteit propre
fang,
des coupables. Je vais vous
ce qu'àfavorifer l'évafion
Jettre de la municipalité du
que j'avance par une
donner
&
dont je vais vous
RORIFIST
ledture, dont les colons ne nieront
cité, & qu'ils ne défavoueront fans doute pas l'authentieft du 23 février 1793.
pas. Cette lettre
Il lir:
La municipalité du Port-au-Prince au cizoyen Polverel, commifaire national ciyil.
deuxième Port-au-Prince, de la
23 février 17935 f'an
République françaife.
6 Nous avous actuellement dans les prifons plus de qua-
je vais vous
RORIFIST
ledture, dont les colons ne nieront
cité, & qu'ils ne défavoueront fans doute pas l'authentieft du 23 février 1793.
pas. Cette lettre
Il lir:
La municipalité du Port-au-Prince au cizoyen Polverel, commifaire national ciyil.
deuxième Port-au-Prince, de la
23 février 17935 f'an
République françaife.
6 Nous avous actuellement dans les prifons plus de qua- --- Page 83 ---
ante efclaves accufés du crime de révolte. La feule marche la
fuivre eft de les dénoncer au pouvoir eft judiciaire; & il faut mais des
arche de la procédure criminelle
lente,
feul
xemples prompts & févères. Nous ne voyons qu'un c'eft
noyen pour fatisfaire à la juftice & aux circonftances; de trois juges &
erétablir la commifion prévôtale compofée avoit été créée
F'anun accufateur public, ainfi qu'elle les
de
Il
coloniale
temps
tReciDtIa
ienne affemblée
pour
xiftoit un vice dans les anciennes commillions prévôtales;
eft qu'elles éroient autorifées à juger des hommes libres.
Celle dont nous follicitons l'établiflement ici ne jugeroit que cet
es efclaves. Il nous paroit d'autant plus inftant que
rabliffement ait lieu, que les juges ordinaires feroient-peuttre dans l'impollibilité de condamner les coupables font qui
échapperoient à travers les formes. Les preuves ne
pas les
roujonrs évidentes ; elles ne fuffifent pas eft toujours de rigueur. pour Les
juges ordinaires , & dont le minifère formes très-abrégées,
Caamisininkl
& fe conduifent ex aqo 6 de bono. folliciter de vous Fautorifation
99 Nous avons arrêté étabiiffement. Nous vous obfervons
néceffaire pour un pareil
créé
commiffaire Sonque le tribunal extrnordinaire, défiance, parle &c
véritablement
thonax > jetteroit ici de la
le moyen paroit d'échapper à la
plus propre à donner aux coupables
peine, qu'à la loi celui de le punir,
3)" Salut.
maire.
22 Signé, BORGELLA,
22 ALLAIN, procureur de la commune. *
(Clauffon & Th. Millet demandent communication de
cette lettre : Sonthonax la leur communique. )
Sonthonax : Vous voyez,
que la lettre de la
municipalité du Port-au-Prince SrRre juge
queftion, tant fur
la création' du tribunal criminel, que fur la procédure qui
lui étoit renvoyée. La municipalité du Port-au-Prince ordinaires re*
connoit. d'abord qu'il eft impollible que caufe les juges de révolte des
s'occupent du jngement des délits pour
de
cette lettre : Sonthonax la leur communique. )
Sonthonax : Vous voyez,
que la lettre de la
municipalité du Port-au-Prince SrRre juge
queftion, tant fur
la création' du tribunal criminel, que fur la procédure qui
lui étoit renvoyée. La municipalité du Port-au-Prince ordinaires re*
connoit. d'abord qu'il eft impollible que caufe les juges de révolte des
s'occupent du jngement des délits pour --- Page 84 ---
So
efelaves; bunal
c'eft la raifon pour laquelle j'ai dà créer
extraordinaire. La
un
trouve que les formes de municipaiaé ce tribunal du Port-au-j Prir
vères; qu'elles ne fourniflent pas à la loi ne le font pas affez
gullefplus propred donner aux
moyen de puni
qu'à la Zoi le mayen de punir. Vous coupatles l moyen d'chapp
de paliré penfoit que, > bien loin que ce, tribunal voyez que ceite muni
fang, que, bien loin que la
fit un tribur
tribunal fût inique, elle étoit procédure adoptée par
dit les colons. Cef ainfi
trop douce, ainfi que To
Por-an-Prince; c'cft ainfi, que & penfoit la municipalité C
plaignent de ce tribunal les cclons. fous ce -prétexte 2 que
Le prefidene : Cetie lettre eft-clle tirée des
commiflion?
archives de
Comment Sonthonax les : Elle eft tirée des archives de la
colons ofent-ils dire
commillion
éroit un tribunal de
aujourd'hui ique ce tribuna
lonie, le ourcieaciropauasr fang , loriqu'eux-noémes, > dans la co
gumenter contre les commiffaires Comment civils d'une ofent-ils , eux > ar
hilante, niers' rois loriqu'eux-mèmes, & de l'aflemblée > au inépris des lois procédure de nos bien der
la queftion préparatoire des confituante, commifions ont ofé confacre
contre les hommes libres? Comment les prévôtales, même
culper ici I'homme qui a mis à
colons ofent-ils inla loi bienfaifante du
exécution à
hommes ont été les 2 o.tobre 1789, randis Saint-Domingue que ces mêmes
prévétales dont nous organifateurs de ces terribles
les précédentes difeuflions? avons eu occafion de vous commiflions parler dans
tablir Je me réfame, & je dis d'abord que
un tribunal crimincl
j'avois le droit d'éplénitude des pouveirs dont j'érois csiraordinaire, invefi en vertu de la
nationales. Le morifde léredion de
par les affemblécs
mnent érabli par Timpetlibilité ou fe trouvoicur ce tribunaleft fufifamordinaires de juger les délits
les tribunaux
impolibilité prouvée &
pour crime de révolte. Cette
du Ferreulince, j'avois reconnue le droit même de par la municipalité
tribunal le mode de procédure décrétée faire adoprer par ce
conftirmance, en attendant qu'on pôt appliquer par à Tafiemblée la colonie
deSuine-Pomingue > T'infirusion
plus; c'eft qu'il étcir
bienfaifante des jurés.
impoflible aux commiffaires civiis 124
impolibilité prouvée &
pour crime de révolte. Cette
du Ferreulince, j'avois reconnue le droit même de par la municipalité
tribunal le mode de procédure décrétée faire adoprer par ce
conftirmance, en attendant qu'on pôt appliquer par à Tafiemblée la colonie
deSuine-Pomingue > T'infirusion
plus; c'eft qu'il étcir
bienfaifante des jurés.
impoflible aux commiffaires civiis 124 --- Page 85 ---
8r
hifer la procédure par jurés, parce que cette procédure 9
le qu'elle auroit été établie dans la colonie, auroit été
htraire aux accufés. Voici comment.
Les jurés auroient été nommés ou par les commiffaires
ils ou par la municipalité > ou bien choilis au fort fur
maffe des citoyens > pour juger tel ou tel individu traduit
yant le tribunal criminel; ces jutés ne pouvoient être
e parmi les hommes libres de lai colonie : or, je le EI2
inde, étoit-ilprudent à celui qui établiffoit le tribunal, à
ui qui vouloit établir une lutte égale entre les accufateurs
lesa accufés, de s'en remettre, fur la vie & le fort des efves, àla confcience des hommes libres ? L'effence de la
pcédure par jurés eft d'errejugé par fes pairs. Les efclaves
ient-ils égaux aux homnes libres? Si les jurés devoient être
s Parmi les hommes libres, on ne pouvoit pas s'en
rter à leur confcience, loriqu'il sagifloit de juger un.
ve.
TRE
Toujours l'homme libre devoit faire pencher la bace contre celui qu'il regardoit comme fa' propriéré. Il
loit donc, pour établir une lutte égale entre l'accufareur
laccufé, circonfcrire les juges,
les motifs de leurs
gemens, dans les preuves Tertenre fournies' en vertu de
loi, c'eft-a-dire, qu'il TET3PO que le jugement fir fondé
S
fur
preuves légales, fur.des preuves matérielles émanées des
Eufés eux-mèmes, ou fur le rémoignage d'hommes
hs paffion &c fans intérêt. Voilà comme la procédure probes,
e organifce,
quily eût égalité entre les aecufateurs devoit
les accufés ; ter comme je viens de le dire, les
vant prononcer dans leur ame &
les jurés
ivant leur inficurion, n'étant point con(cience, alfujétis à fuivre jurés, des
rines légales, il ne falloit pas s'en remettre à la confcience
s hommes libres far le fort des efclaves. J'ai, je crois
ez prouvé, , d'après cela, que la feule procédure
>
bit celle qui avoit été établie par l'affemblée nationale jufte
onfituante ,, par fon décret da 9 oétobre
ouvé d'ailleurs quej'avois le droit d'organifer"ce 1789: tribunal: J'ai
municipalité du Port-au-Prince m'a fourni à cet égard une
ponfe fans réplique,
II eft un autre article far lequel les colons
S ont dit que je n'avois pas le droit de me réferver m'ont chicanné. de
pncer fur la compérente de ce tribunal, c'eft-à-dire, ftr PRS
par fon décret da 9 oétobre
ouvé d'ailleurs quej'avois le droit d'organifer"ce 1789: tribunal: J'ai
municipalité du Port-au-Prince m'a fourni à cet égard une
ponfe fans réplique,
II eft un autre article far lequel les colons
S ont dit que je n'avois pas le droit de me réferver m'ont chicanné. de
pncer fur la compérente de ce tribunal, c'eft-à-dire, ftr PRS --- Page 86 ---
conflits bunal de jurifdiction qui pouvoient s'élever entre: ce
& les tribunaux ordinaires. S'ileft
le droit d'inftituer ce tribunai, perfonne n'avoit prouvé droit j'ay
ftatuer fur fa
RMBA
ganifé.
compétence , que celui qui l'avoit créé &
Lorlque les juges ordinaires vouloient
fur la jutifdiction du tribunal pour juger prévôralement entiepren
elclave, comme le vouloient lès colons, & comme les
femblées coloniales l'avoient arrèté, il n'y avoit
ce
qui avoit créé le tribunal qui eût le droit de prononcer que
fa compétence. Tout ce qui avoit rapport à ce tribunal
traordinaire devoit être porté devant celui qui l'avoit étal
J'ai prouvé qué la procédure prefcrite étoit la
rable à Tacculé, étoit une procédure tutélaire
plus fa
leffet des paflions des juges. J'ai aflez prouvé que qui ce empéch tribu
n'étoir pas, comme le difent les colons 3 tn tribunal
fang, réndu puilque, pendant quatre mois d'exiftence, il n'a
un feul jugement à mort.
Le huitième fait, articulé par les colons à
troifième chef d'accufation, eft celui-ci: Ils ont mis T'appui hors
la loi des f nélionnaires publics.
Le préfident : Il eft bon d'obferver ici qu'on paffe fur
feptiène article, parce qu'il eft uniquement relatif à P
verel.
Sonthonax : Les colons ont lu à cet égard une
mation de Polverel & de moi, par laquelle nous déclaro proc
rraitres à la parrie plufieurs commandans militaires, des d
ficiers municipaux & procureurs de commune 2 qui ont m
chiné contre les intérêts de la, République. Cette
mhation fe défend tellement d'clle-méme, elle juftifie prosl
la mefure prife de déclarer traitres à a patrie &c mettre telleme
de la loiles fonétionnaires publics émigrés., raflemblés hof ho
lement, foit dans l'intérieur de la colonie, foit fur la
tière efpagnole
marcher contre les armées de la Répu fror
blique, , qu'il Tolieras de la lire & de la configner aux déba
pour ma défenfe.
- Duny : Elle eft imprimée aux débats.
Sonthonax : Je ne veux lui donner aucune efpèce de de
veloppement; je" prendrai fon texte feul pour ma défenfe,
je demande que de nouveau elle foit trânfcrite ici.
Lc préfident : Cela me paroit inutile, parce que les obfe
marcher contre les armées de la Répu fror
blique, , qu'il Tolieras de la lire & de la configner aux déba
pour ma défenfe.
- Duny : Elle eft imprimée aux débats.
Sonthonax : Je ne veux lui donner aucune efpèce de de
veloppement; je" prendrai fon texte feul pour ma défenfe,
je demande que de nouveau elle foit trânfcrite ici.
Lc préfident : Cela me paroit inutile, parce que les obfe --- Page 87 ---
S3.
vations annoncent affez que tu attaches la plus grande importance à la leéture de cette proclamation, dans cet endroit) Ides
débars; & les leéteurs feront invités par ta feule réclamation,
à fe reporter au numéro des débats oà cette proclamation eft
imprimée.
( Sonthonax relitla proclamation, en dare
eft
duajuillet1793,
qui imprimée dans la féance du 24 floréal).
Vous
6 -
voyez, citoyens > les motifs qui ont. déterminé. les
commilfaires civils à mettre hors la loi des fonctionnaires
publics ; ils ne font point de la nature de ceux qui 5 dans' le
temps, ont engagé les tyrans à mettre'des citoyens hots de la
loi, uniquement parce qu'ils les foupconnoient, fimplement
parce qu' on avoit donné ordre de.les arrêter. La loi du 17
août 1792 déclare traitres à la patrie tous ceux qui réfifteront
aux ordres des commiffaires civils, tous ceux qui n'obéront
pas Ponétuellement aux déterminations qu'ils auront
Ce n'eft pas pour avoir défobéi 'aux ordres des commillaires prifes.
civils que nous avohs mis hors la loi les citoyens dont je viens
de vous lire les noms; c'eft parce qu'ils étoient ou émigrés
dans la partic. clpagnole, Ou raffemblés hoftilement dans rintérieur & à la tète des troupes > marchant contre l'armée de
la République; foit parce qu'ils avoient machiné eux-mêmes
publiquement: &c dans des allemblées de communes, la vente
d'une paitie de la colonie au roi d'Efpagne. Lorique Galbaud fi: defcendre les matelots dans la ville du Cap le 20 juin,
pour venir attaquer,à coups de canon les commilaires civils
tranauilles dans' leurs, maifons, il eut foin de prendre des
melures
s'emparer des commiffaires civils, & pour leur
Orer RAE Tefpcir de la fuite dans les provinces de l'Oueft
& du Sad. Voici la copie des ordres lignés Galbaud, & enfuire envoyéspan.le-commandan: du cordon del'Oneft,
arrêter les foi-difent commiffaires civils.
pour
cl Ie préfidents Quel.capport Cette, pièce a-t-elle avec la difcuflion actuelle ?
Sonthanax: Elle eft relative à la difcuflion > en ce que
Neuilly > déclaré par nous traitre à la patrie, pour avoir enYoyé aux commandans militaires l'ordre de nous
lgné cet ordre.
arrèter,
baud, & enfuire envoyéspan.le-commandan: du cordon del'Oneft,
arrêter les foi-difent commiffaires civils.
pour
cl Ie préfidents Quel.capport Cette, pièce a-t-elle avec la difcuflion actuelle ?
Sonthanax: Elle eft relative à la difcuflion > en ce que
Neuilly > déclaré par nous traitre à la patrie, pour avoir enYoyé aux commandans militaires l'ordre de nous
lgné cet ordre.
arrèter, --- Page 88 ---
(Ilit cet ordre )-
Copie des ordrcs fgnés Galbaud 3 ervoyés àJ.J. Moileau,
commanaant la gard: nationale du Gros-Morne.
ce Il eft ordonné au citoyen commandant le cordon de
T'Oueft, de faire arrêter indiftinétement tout homme qui
voudroit paffer dans la province de l'Oueft, fans être muni
d'un ordre de nous.
>> Cer ordre s'étend même aux foi-difant commiffaires civils,
Polverel & Sonthonax.
33 Il emploiera tous les moyens pour empêcher toute communication, foit par les coupes des Gonaives, foit par le
quartier du Gros-Morne.
9> Au Cap, le 21 juin 1793 3 l'an 2eme de la République.
39 Le gouverneur général.
P Signé, Galbaud.
a Le commandant du cordon de T'Oueft donnera fes ordres
dans tous les poftes, pour qu'on ait à fe tenir fur fes gardes 5
la fuire. de Polverel & Sonthonax pouvant entrainer des mouvemens parmi les brigands & les ciroyens régénérés > rend
néceflaires les moindres précautions.
2 Le gouverneur général.
>> Signé, Galbaud.
>P Pour copie conforme à T'original , le commandant en
chef du cordon de l'Oueft.
23 Signt, E. de Neuilly.
s> Pour copie conforme à l'or'ginal, le commandant de la
garde nationale du Gros-Morne.
>> Signé, J.J J. Moileau >,
Ces ordres exiftent dans les papiers de la commiffion des
colonies.
Duny :
flaires les moindres précautions.
2 Le gouverneur général.
>> Signé, Galbaud.
>P Pour copie conforme à T'original , le commandant en
chef du cordon de l'Oueft.
23 Signt, E. de Neuilly.
s> Pour copie conforme à l'or'ginal, le commandant de la
garde nationale du Gros-Morne.
>> Signé, J.J J. Moileau >,
Ces ordres exiftent dans les papiers de la commiffion des
colonies.
Duny : --- Page 89 ---
8;
Dwny : Nous demandons le dépôr des originaux fur le buteau; ; ceci n'eft qu'un chiffon:
Sonthonax : Vous la difcuterez; elle a été fignée conforme
par le citoyen Moileau, commandant de la garde nationale
du Gros-Morne: Plufieurs autres exiften: dans les papiers de
la commiflion civile , remis à la commitiion des colonics;
figuées Vernet, commandant la garde nationale de la Marmelade; ily en a même de fignées Neuiliy: Citoyens,
ces ordres ont été donnés, lorfque l'expédition de Galbaud lorique
a été manquée par les moyens que vous verrez développés
lorfqu' 'il s'agira de l'incendie du Cap; Neuilly voyant qu'il
ne pouvoit plus être
de celui dont il avoit exécuté les
ordres, quoiqu'il for'g PE avoit été deflimné par nous (caf
la proclamation qui avoit deftirué Galbaud davoir éte
à Neuilly ), énigri à la tête de fon corps d'officiers. figniliée Voila
lhomme que nous avons mis hors la loi, après qh'ils'y étoit
inis lui-méme parle fait de fon émigration; car l'aflemblée
nationale avoit mis hors la loi tous ceux qui éroient devenus
traitres à leur patrie, Nous avons déclaré traitre à la patrie
Neuilly, du moment où ilef palfé for le territoire
il en a été de même de Lafeuillé qui commahdcir eipagnol; à Ouanaminche, pofle tres-important de la fronticre, une garnifon
de 400 hommes, bien approvifiolmés de munitiohs de guerre
& de bonche. Il jugea à propos de palier à FElpaur nol avec
toute fa garnifon: Voilà Thonme que nous avons inis hors
la Iri, après quils'eroit lui-même mis hois la loi par le fit
feul de fa trabifon. Voici cette proclamation: : elle eft d'abord
en original, langue elpagnole, figné Galpard de Caffafiola:
(En voici la traduétion ):
(Thomas Miller demande & obtient de Sonthonax communication de l'original cfpagnol ):
(Sonthionax lic : )
cc Dom Galpard de Caflaffela, colonel des atméès de Sa
Majeflé cathclique 3 lieurenan colonel da régiment de Canibreinfiurerie,s commandant genérai des troupes tormant
le cordon de la frontière du Nord;
>> En vertu des poavoirs & faculrés quine four
Tome VI. Cinqante-crojfime diyraijon.
F re.ibules
obtient de Sonthonax communication de l'original cfpagnol ):
(Sonthionax lic : )
cc Dom Galpard de Caflaffela, colonel des atméès de Sa
Majeflé cathclique 3 lieurenan colonel da régiment de Canibreinfiurerie,s commandant genérai des troupes tormant
le cordon de la frontière du Nord;
>> En vertu des poavoirs & faculrés quine four
Tome VI. Cinqante-crojfime diyraijon.
F re.ibules --- Page 90 ---
par M. Dom.Jaaquin Gorcia, maréchal des camps & armées
de SaMajefté catholique, prelident, gouverneur & capiraine:
général de IIlle efpagnole; je fais favoir qu'il n'a deliré ni
ne delire rien avec plus d'anxiéré que de confoler rles habirans
honnêtes & plufieurs autres individus exiftans dansla malheureufe colonie françaife, digne d'un meilleur fort, qui, ani-.
inés de nobles fentimens, gémiflen: de leur infortune. Je:
fuis chargé de leur dire que leur féliciré ou leur dernière &
irrémédiable ruine degendd'eux-menesc de leurgouverneur.
Monfieur le préfident ne fe bornera pas à les recevoir les bras
ouverts; mais pour les délivrer de tant de maux & fomenter
leur profpérire, il leur donnera des places en raifon de leur.
mérite & de leurs talens. Illes protégera pleinemen:, & les
accasillera tous fous la haure & puiffante protection de Sa.
Majefté, ell lsur accordant toutes les prééminences & pré-i
rogatives dont jouiffent les habitans de la partie efpagnole,
& il leur diftribuera à. tous graruitement des terres. Il les
maintiendra dans la poffefiion de celles qu'ils auront déjàac-:
quifes &c choilies; il transférera ceux qui fe montreront
fidèles fur celles dont ils auront fait choix ; ii dépenfera les.
fommes. néceffaires pour faire renaitre l'opulence éteinte &
ies félicirés enviables de la colonie, & rétabli.ale bon ordre
& la trangaillité, dont la privation les a tant oppriniés. En
conféquence de CES principes, monfieurle préfident fe charge
de réduire les brigands, & de les ramener à l'ordre & à une
paix chréticnne; & s'il arrivoit qu'il ne fit pas poflible de.
rendre quelques-uns defdits nègres à leurs mattres, il leur
fera fourni des fecours équivalens pour les indemnifer de la
perte que pour raifon de ceils éprouveront.
a2 Monieurle prétident eft fermement perfuadé que des
propolitions aufli vaftes, aufli amples & aulli généreules ont
eu peu d'exemples; il fait de fcience certaine qu'elles feront
invariablement accomplics par le roi notre maitre, ali non
de qui il les fait, étant affuré de fon apprebation royale;
comme aufli que fagénérofité & fa magnanimiré ne s'arrèrera
à aucunes graces ni dépenfes, pour éviter l'effulion du
colons
fang
des
voifins, que Sa Majelté a regardés avec amour &
affection, pour les voir contens & fatisfairs > oublier leurs
maux 5 & finalement pour que l'univers foir témoin d'une
action aufli plaufible que_fans exerple, & digne d'un roi
d'Efpagne,
li que fagénérofité & fa magnanimiré ne s'arrèrera
à aucunes graces ni dépenfes, pour éviter l'effulion du
colons
fang
des
voifins, que Sa Majelté a regardés avec amour &
affection, pour les voir contens & fatisfairs > oublier leurs
maux 5 & finalement pour que l'univers foir témoin d'une
action aufli plaufible que_fans exerple, & digne d'un roi
d'Efpagne, --- Page 91 ---
S M.le génétal Galbaud étant une perfonne caradtétifée
par fes connoillances militaires 5 fa prudence & fa palitique;
& que d'ailleurs, en raifon de fa place, il eft réputé le père
des inforcunés habitans de la maiheureufe colonie, devenue
le chéâtre des dilgraces & l'effroi de l'humanité. M. Galbaud
faifant fans doure ufage de fes talens & de fes fublimes connoiflances, réfléchira fur fa pofition critique & iur le parti
le plus fage & le plus convenable qu'il doit prewdre - bien
entendu qu'après qu'il aura pris connoiffance de la franchife
avec laquelle nous agiffons, i ne pourra point allégueraucun
prétexte ni aucune excufe honnête pour- laire a vancer fes
troupes vers nos froniières; ce qui fera regardé comme tinl
moyen hoftile, > & coime un figne de mauvaifefoi de fa part.
Auquel cas la perte de la colonie fera attribuée à fes difpofitions; mais nous penfons tout autrement d'une perfonne
aufli habile que circonfpedte comme l'eft M Galbaud, &
aime les hommes confiés à foa adminiftration >
doivent être convaincus
RaRrs
que, d'après l'eiprir de bonré dont
Sa Majefté catholique eft animée 2 il Ini fera plus agréable
d'employer fa puillance à délivrer les colons & la colonie des
fléaux quiles afligen: & des maux dont ils font menacés, >
que la jouiflance des richefles & des tréfors immenfes que
Dieu a mis en fes mains; & dont Sa, Majefté fera ufage
foulager les malhcureux colons qui le de riendront
s'ils ne
aflez tôt du
EDErtest
profitent
bonheur qu'on leur
>>
Toures les propofitions ci-delfas feront exaéterhent préfente. &
ponétuellement accomplies de notre coté, au nom de Sa
Majefté catholique, fi ceux qui ont intérêt conconrent de
leur part.
1) Donné aa camp de Daxabon, le 7 juin 1793.
> Signé, Gafpard de Calfaffola.
Sonthonax : Telle eft la proclamation du commandant
Galpard Caflaffola, dont le maire Lelage envoya copie à la
municipalité de la Marmelade, > laquelie municipaliré convoqua une aflemblée de commune > pour lui propofer d'acepoerlespropofitions dus gracieux Dom Galpardde Caflafbla.
F 2
leur part.
1) Donné aa camp de Daxabon, le 7 juin 1793.
> Signé, Gafpard de Calfaffola.
Sonthonax : Telle eft la proclamation du commandant
Galpard Caflaffola, dont le maire Lelage envoya copie à la
municipalité de la Marmelade, > laquelie municipaliré convoqua une aflemblée de commune > pour lui propofer d'acepoerlespropofitions dus gracieux Dom Galpardde Caflafbla.
F 2 --- Page 92 ---
Le préfident: Ciroyen Thomas Millet, la traduétion tè
paroic-elleexacte.
Thomas Miliet : Non, citoyen.
Le préjident : Alors ceci fe difcutera dans les débats.
Sonthonas: Mei,je ne lais pas T'efpagnul.
Millet: Dans l'original je n'ai vu qu'une propolition de
capirulation.
Le prefdent : Je te demande feulement f elle te paroiffoit
conforme à la traduction.
Bfiller: Cela doir être foumis à un interprète; mais je ire
T'aipas trouvée exacte.
Sonthonax : C'eft d'après cette félonie, cette trahifon dela
municipalité de la Marmelade > à la fuite de laquelle les
cficiers-municipaux ont émigré auprès de Dom Galpard
de Caffaflola, que nous avons déclaré ces officiers-municipaux, fi amis du gouvernement efpagnol, traitres à la patrie
& hors la loi. Nous avons également déclaré traitres à la
parie & mis hors la loi les olliciers-municipaux de la Cayemite & Jérémie, quiavoient enrôlé des nègres efclaves pour
marcher contre l'armée dela Republicwe, qu'ils avoient combattue même avec fuccès au camp des Rivaux. Lorfque de
grands coupabies, des confpirateurs ont levé l'étendard del la
révolte, lorlqu'ils marchent fous les drapeaux ennemis, lorfqu'ils combatient les troupes de la République, par le fait
même de leur confpiration ils font mis hers la loi. Nous n'avons fait que porter à leur égard la peine portée
les décrets de latlemblée narionale, fur-tour par celui
17 août
E
1792,quidéclare traitres à la patrie ceux qui, dans la colonie
de Saint-Domingue, marcheront contre les ordres des commiffaires civils. C'eft moins les commiflaires civils qui les ont
déclarés traitres ala paurie > que le décret du 17 aoûit qui les
a marqués du fccau de la réprobation, en déclarant traitres
à la pacrie ceux qui marcheroient contre les troupes de la
République. Je crois bien que les colons prennent intérèrà
CCS hommes parce qu'ils ont fuivi leur fyfême loriqu'ils
étoient dans i colonic, au moment ou lés Anglais ie font
préfenrés. Ils ont dinque 2 non-feulengent ils auroient livré
les places dans leiquellés ils f tronvoient 3 mais qu'ils auroient
été eux-mômes chercher les finglais. Vous remarque tez que le
général Galbaud,qui avoit fort bien reçu cemojroclamaticn,
rà
CCS hommes parce qu'ils ont fuivi leur fyfême loriqu'ils
étoient dans i colonic, au moment ou lés Anglais ie font
préfenrés. Ils ont dinque 2 non-feulengent ils auroient livré
les places dans leiquellés ils f tronvoient 3 mais qu'ils auroient
été eux-mômes chercher les finglais. Vous remarque tez que le
général Galbaud,qui avoit fort bien reçu cemojroclamaticn, --- Page 93 ---
a parfairement bien répondu aux propofitions de Dom Gafpard Catlaffola, en ordonuant que les commifaires civils
feroient arrétés, en venant nous aliéger dans la mrifon du
gouvermemun.
Le neuvième article eft celui-ci : Cc Ils Ont donné à l'éligibilité des citoyens une
celle
par les lois des 28 mars Hlasemndctentionque & 12'odtobre 1700 & donnée avril
1792 59. La preuve donnée par les colons à
4 de ce
neuvième article, eft felon eux dansl'article IV Tappui de
mation du 12 octobre 1792. Ce: article dit: cc Seront la proclament confidérés comme actifs & éligibles les
égaleagés de 25 ans, qui auront porté les armes citoyens la libres,
de la colonie de pais le premier
pour défenie
colons mefont un crime d'avoir feptembre 1791 >, Ainfi les
à ceux qui avoient porté les armes cendaleistbrinedes, pour la défenfe de cioyens
lonie depuis le premier feprembre 1791. Comme f l COont verié leur fang pourla défenfe des propriétés des ceux qui
blancs, ne méritoient pas 2 au moins autant que ceux colons
paient tine
de devenir
qui
nous n'avens pas mêne mérite d'avoir ciroyens juftement adlifs. Mais
droit de
étendu le
pEE
droit
cité à ceux qui ne lavoient pas, d'avoir érendu un
favorable a Thumanices car la loi du 22 aolt
prononçoit VI:I
textuellement ceite extenton, Elle dit, arricle 1791
Immedaremencapres la; publication du
tous les citoyens libres, de queigu'érat, couleer préfentdéorer, & condiion
qu'ils foienr, domiciliés depuis un an dans la colonie, à
Fescepsion de ceux en étar de domnefticité, fe réuniroit
procéder à l'éledtion des députés à envoyer à P'affemblée pour
tionale, foit qu'ils foient convoqnée cu Hon par les
nanaires publics déterminés par la loi >. Vous
fonctionarticle que tous les citoyens libres, de
voyez dans cet
qu'ils
quelqu'état ou couleer
dans les fuflent, 2 domiciliés depuis un an, devoienr être admis.
alemblées primaires pour concouri: aux
car il ne s'agifioit plus alors de borner I'éligibilité à éleétions;
feroienr propriéraires fonciers, au, à défaurde
ceu2s eHl
miciliés dans la colonie depuis deux
propriéré; doans, & payant ane conroibunisn-qualcongser avoit étendu
vous voyez que l'afiembiée nsttonale
avoien:
l'elisibiliré des citoyens à tous les indiv idus
un domicile d'un an dans telle partie, dans
qui
mune de la Franca J'avois dit dans l'article IV telle ceux-là ccmque
F' 3
défaurde
ceu2s eHl
miciliés dans la colonie depuis deux
propriéré; doans, & payant ane conroibunisn-qualcongser avoit étendu
vous voyez que l'afiembiée nsttonale
avoien:
l'elisibiliré des citoyens à tous les indiv idus
un domicile d'un an dans telle partie, dans
qui
mune de la Franca J'avois dit dans l'article IV telle ceux-là ccmque
F' 3 --- Page 94 ---
feroient adtifs 8 éligibles, qui avoient défendu la République
depuis.ic premier leptembre 1791. Certes, ceux qui avoient
défenda la colonie depuis le premier feptembre 1791 > avoient
bien un domicilesils en avoient un de treize mois à l'époque
ou jaifait ceite pioclamation; ils éroient donc éligibles, &
nous n'avons pas même le mérite d'avoir étendu l'éligibilité
à des citoyens cervainement dignes de l'activiré politique, à
des citoyens que Fatlemblée nationalelegillative en avoit jugés
dignes elle-môme.
Le dixième arricle eft celui-ci: ce Ils ont organifé dcs compagnies franches compolees d'hommes de couleur & nègres
libres, Al'exciution des blancs; ils ont organiféune compagnie
de guides. >>
Pour répondre à cet arricle, il ne s'agit que de lire la
proclamation du 16 décembre 1792.
(Il lit.)
Orlonnance de Sonthonax, du 16 décembre 1792.
c Nous Léger-Flicicés Sonthonax, commiffaire civil, confidéranc que Yérar de dépériflement où l'in@uence mortifère
du climarde Saint-Dcmingue, jointeaux fatigues de la guerre.
a réduit les armécs arrivées d'Europc, nécellite F'augmentation de la force militaire; que T'indiférence apathique de la
plupart des citoyens, & la, manvaile volonté de quelques
autres, ne permettent pas de compter aflez fur la garde nationale fédentaire pour foulager la troupe de ligne;
> Que le recrutement de- noavelles forces doit être fait
fur-tour parmi desh hommesacclinatés, accoutumés à la
des cfclaves, & propres à les chafier des retraites ou
STPSS
taque gérérale prochaine doit lcs repouffer;
>2 Quc lAffemblée nationale, pour rendre plus utile le fervice des citoyens de conieur qui fe trouvent en France leur
a permis de fervir Eil compagnies franches;
>> Confidérant d'ailleurs que toutes les forces réunies ne
peuvent ayir efficacement & sûrement que loriqu ellest font
conduites par des'hommes, doués d'une conncifance exaéte
& prarique des lieux qni font le théArre de la guerre;
repouffer;
>2 Quc lAffemblée nationale, pour rendre plus utile le fervice des citoyens de conieur qui fe trouvent en France leur
a permis de fervir Eil compagnies franches;
>> Confidérant d'ailleurs que toutes les forces réunies ne
peuvent ayir efficacement & sûrement que loriqu ellest font
conduites par des'hommes, doués d'une conncifance exaéte
& prarique des lieux qni font le théArre de la guerre; --- Page 95 ---
>5 Sur la demande de M. le gouvemeur-général, avons ordonné & ordonnons ce qui fuit :
A R T 1 C L E P R E M I I R.
>, Autorifons M. le Souverneur-général à créer et organifer une compagnie de guides, conformément aux décrets de
l'aflemblée nationale,
I I.
>> L'autorifons en même temps à former fix compagnios
franches de cinquante hommes cliacune, pris parmi lcs citoyens de couleur & nègres libres.
III
L'organi(ation de ces compagnies & la nomination des officiers appartiendront à M. le gouverneur-genéral.
I V.
>> La moitié des cfficiers des fix compagnies fera prifeparmi
les fous-officiers des troupes de ligne.
V.
s) La folde de ces compagnies fera la même que celle des
troupes de ligne, fuivant. l'arme dans laquelle elles feront en
ployées.
V I.
>> L'équipement fera réglé par M. le gouverneur général.
s9 Ordonnons que la préfente ordonnance feraimprimée,
publiée & affichée par-tout où befoin fera.
>> Donné âu Cap, le 16 décembre 1792.
s Le commiffaire national civil. Signé, SONTEONAX.
> Par M. le commiffaire national civil.
s9 Signé, O.F.Dstpncu, fecrétaire de la commi@ion.
F 4
.
V I.
>> L'équipement fera réglé par M. le gouverneur général.
s9 Ordonnons que la préfente ordonnance feraimprimée,
publiée & affichée par-tout où befoin fera.
>> Donné âu Cap, le 16 décembre 1792.
s Le commiffaire national civil. Signé, SONTEONAX.
> Par M. le commiffaire national civil.
s9 Signé, O.F.Dstpncu, fecrétaire de la commi@ion.
F 4 --- Page 96 ---
Il falloit bien, dans un temps cà l'influence motifère du
climat &. le fer de l'ennemi moilfonnoient les troupes à
Sane-Domingne, cà l'armée d'Europe fe trouvoit très-fenfiblement réduite, il falloit bien fmppléer, par de nouveiles
levées, à ce déficit en hommes qui fe trouvoit dans l'arméc;
-& la même raifon qui'a déterminé l'organifation des compagnies franches & a déterminé aufli delle d'une
de guides, eft evidemment fondée fur les décrets compagnie de la Conven ion, qui, au commencement de la guerre, 3 a créé une
compagnie de guides pour fervir à conduire les généraux
d'armée dansleurs expéditions,
On a dit que ces compagnies franches étoient formées
exclufivement d'hommes de couleur, D'abord vous navez
pas remarqué dans cette proclamation que l'exclufion fût
donnée aux blancs; ; au contraire, la' moitié des places d'officiers leur éreit rélervée; c'eft-à-dire, aux fous :
des rroupes de ligne, qui étoient des blancs arrivés officiers d'Europe;" d'ailleurs ileft inutile de difcuter fur-la
puilqu'elle a été textuellement approuvée par l'article proclamation, VI du
5 mars 1792, qui dit que la Convention nationanale
prouve la formaticn des compagnies franches fous les ordres apes commiffaires nationaux civils.
fe paffe donc à une autre inculpation, celle d'avoir créé
une légion fous le nom de legion de l'Egalité. Efectivement,
par une proclama ion du 17 avril 1793, j'ai encore
au défaut des troupes de ligne dans la province de T'Oueft, fuppléé
en ordonnant la lévée d'une légion de douze cents hommes,
fous le titre de légion Egalité. Je ne fuis pas étonné
colon: me fnfentun crime d'avoir enrôlé douze cents hommes queles
de plus pour défendre la République; ils auroient bien defiré qu'elle fit fans défenfeurs, afin de pouvoir livrer
tôt la colonie. Il n'eft point dit dans cette proclamation pluçètte légion de douze cenis hommes fera exclufivement
de
Cmtiz
d'hommes
couleur: les colons vous l'ont lue 5 ils n'ont
point vu que les blancs fuffent exclus d'y entrer; & cela eft
f vrai. ar'ily avoit beaucoup de blancs qui y fervoient.
Je palle à Tarricle II:4En. remettant en vigueur l'édir de
% 1685, ils en ont fspprimé quelques acticles, & fe
permis d'cn ajouter d'autres, 3
font
exclufivement
de
Cmtiz
d'hommes
couleur: les colons vous l'ont lue 5 ils n'ont
point vu que les blancs fuffent exclus d'y entrer; & cela eft
f vrai. ar'ily avoit beaucoup de blancs qui y fervoient.
Je palle à Tarricle II:4En. remettant en vigueur l'édir de
% 1685, ils en ont fspprimé quelques acticles, & fe
permis d'cn ajouter d'autres, 3
font --- Page 97 ---
Lorfque nous avons publié l'édit de 1685, d'eft-à-dire le
çode/noir, ainf que Y'ordonnance concernant les procureurs
gérens, rendue en 1784, nous ne l'avons fait, comme forcer mon
collegue vous l'a expliqué dans le
2 loi. pour Il avoit
à être moins
que
PWIo
les propriétaires
ESATE
M peine
Aans le code noir un article rerribje, qui prononçoit
de mort çontre le maronage. Nous n'avons pas CrU pouvoir efclave
l'admettre , parce que nous n'avons pas cru le feul qu'un fait de la
fugitif pàt être condamné à mort, de pour le
: la comfuite. Nous nous fommes permis
fupprimer
m'en
miflion & la Convention me jugeront à cet égard; je
rapporte à leur prudence. Verneuil
nous avions ajouré des
Quant à ce. qu'a dit
que ainfi je me difpenfe
arricles,je ne trouve aucune addition; fur la
du 15 mai
de difcuter plus long-temps
proclamation
17987 paffe aux quatre articles dans lefquels nous fommes accufés ce d'avoir, au nom de la Convention nationale, ap-
>> pelé autour de nous: &c affranchi les nègres qui la pren3, droient les armes fous mes ordres; d'avoir,
& pro- lixé
3 vince du Nord feulement, affranchi les
rtoet
d'avoir affranchi les noitg
>2 le prix de leur affranchilfement 5
d'avoir éta-
> fous prétexte & en vertu d'une loi fappolées
les terres en cul93 bli la loi agraire, en partageant aux noirs d'autre manière de
p ture de leurs maîtres, 3> Je n'ai pas
dérépendre à ces inculpations qu'en failant tranfcrire Elles aux font
bats lès proclamations
faites à cet égard.
du
août, eft un
longue;
courtes. Une feule >
peu
t
c'eft par-li que je finirai.
A cette
Voiid'abord la proclatration du 21 juin 1794. étions
époque, nous étions chaffés de la ville du Cap, nous
réduits à nos propres moyens, fans fubfiftances, fans mupitions, fans troupes. La ville du Cap étcit en la poffefion
de Galbaud; nous en avions été challés par fes fatellites,
les hommes quil avoit employés à y porter le fer & le T
E Un traité palfe à Saint-James, le 25 févriet 1794, avoit
déja fait le marché de l2 colonie avec le miniftre du roi efd'Anglererre ; la proclamarion du préfident de l'audience
pagnole, circuloit dans toute la colonie de Saint-Domingues;
aniverfalité, ou du moins la majoricé de la population
ud; nous en avions été challés par fes fatellites,
les hommes quil avoit employés à y porter le fer & le T
E Un traité palfe à Saint-James, le 25 févriet 1794, avoit
déja fait le marché de l2 colonie avec le miniftre du roi efd'Anglererre ; la proclamarion du préfident de l'audience
pagnole, circuloit dans toute la colonie de Saint-Domingues;
aniverfalité, ou du moins la majoricé de la population --- Page 98 ---
blanche étoit foulevée contreles décrets de l'affemblée nationale, & vouloit fe livicr, foitaux
foit
Anglais, 3
aux Efpaguols. Dans ces circonftances, nous avons' cru
nous devions faire un grand acte de juflice , en
que à l'honneur de fervir la République, des hommes appelant qui demandoient
leur librrrés nous avons cru qu'il falloit alors foulever de
nouveaux combatrans contre les tyrans coalifés; & c'eft la
raifon pour laqueiie nous avons déclaré libres tous les efclaves qui prendroient les armes pour défendre les poffeflions
coloniales contre les tyrans anglais & efpagnols. Je vais
d'abord vous faire lecture du traité paffe le 25 février
à Saint-James par les colons français propriétaires à Saint- 1794
Domingue, qui a enfbite été accepté par les habitans de la
Grande-Anfe, & par toutes les parties de la' colonie de
Saint-Domingue qui fe font livrées aux Anglais; la copie
que je vais lire eft le double de celle
eft dépofée dans
les archives de la commiffion des ELa laquelle m'a été
communiçuée par le commodore Faure, au nom de Sa Majelté britannique > en me fommant d'y accéder.
Il lit ce traité.
Propofitions faites, le 25 février 1793, à fa Majené britannique, Per les propriétaires frangais de l'ifle de SaintDomingue, réfidans en Angleterre, approuvées par les
habitans de la Grand--Anfe, 6 préfentées à fon Excellence
Adam Williamfon > gouverneur en chef de la Jamaique 3
chargé d'acrepter lefdites propafitions.
A R T I C L E P R E M I E R.
93 Les habirans de Saint-Domingue ne pouvant récourir
à leur légitime fouverain pour les délivrer dela tyrannie. qui
Jes opprime, invoquent la protedtion de Sa Majefté britannique, & lui prérent ferment de fidélité, la fuppliant de
conferver leur colonie, & de les traiter comme bons &
fideles fujets julqu'à la paixgénérale, époque à laquelle le
gouvernement français & les puiflances aliées décideront
déinitivement entr elies de ia fouveraineté de Saint-Domingue.
(Accordé l'arcicle premier.)
tyrannie. qui
Jes opprime, invoquent la protedtion de Sa Majefté britannique, & lui prérent ferment de fidélité, la fuppliant de
conferver leur colonie, & de les traiter comme bons &
fideles fujets julqu'à la paixgénérale, époque à laquelle le
gouvernement français & les puiflances aliées décideront
déinitivement entr elies de ia fouveraineté de Saint-Domingue.
(Accordé l'arcicle premier.) --- Page 99 ---
II
3> Jufqu'à ce que l'ordre & la tranquillité foient rétablis
dans lu colonie, le repréfentant de Sa Majefté britannique
aura tOLS pouvors de régler & d'ordonner toutes les mefures de streté & de police qu'iljugera convenables.
(Accordé P'arzicle deuxième.)
III
raifon des
>2 Perfonne ne pourta être recherché pour
troubles antérieurs, excepté ceux qui feront juridiquement & dès
acculés d'avoir provoqué ou exécuté des incendies
aflaffinats.
I 1 V.
dont
9, Les hommes de couleur auront tous les priviléges
jouit cette clafle d'habitans dans les colonics anglaifcs.
(Accordé P'arzicle quatrième.)
V.
>, Si,àla conclulion de la guerre, la colonie refte fous la
domination de la Grande-Bretagne > & que l'ordre y foit
rérabli, alors les lois relatives àla propriété & à tous les
droits civils qui exiftoient dans ladite colonie avant la révoJution de France, feront confervées: néanmoins jufqu'a
la formation d'uhe affemblée coloniale, Sa Majefté britannique aura le droit de Aatuer provifoitement, ainli que l'exigeront le bien général & la tranquilliré de la cclonie;
le
mais aucune aflemblée ne pourra être convoquée qu'après
rétabliflement del'ordre dans tous les quarriers de la colonic.
Jufqa'à cette époque, Sa Majelté brimnnique fera allitée
dans tous les dérails d'adminiltration & de police par un
comité de fix perfoines qu'il pourra choilir parmi les propriétatres des trois provinces.
(Accordé P'articie cinquième.)
tranquilliré de la cclonie;
le
mais aucune aflemblée ne pourra être convoquée qu'après
rétabliflement del'ordre dans tous les quarriers de la colonic.
Jufqa'à cette époque, Sa Majelté brimnnique fera allitée
dans tous les dérails d'adminiltration & de police par un
comité de fix perfoines qu'il pourra choilir parmi les propriétatres des trois provinces.
(Accordé P'articie cinquième.) --- Page 100 ---
V I.
3 Attendu les incendies, infurediens, révolres de
vols & pillages qui on: dévafté la cclonie, le
nègres,
de Sa Majeflé, aumoment où il prendra poffellion repréfencant de la colonie, pour fatisfaire à la demande qu'en font les habitans,
fera autorifé à proclamer
qu'ilaccorde, 3 pourle payement des
dettes, un furfis de dix années, qui cormenceront à courir
du jour del la prife de polleflion; & la fafpenfion des intérêts
commencera à courir depuis l'époque du premier août
pour ne finir qu'à l'expiration deldites dix années de 17913
accordées pour le payement des dettes, & cependantne furfis,
ront être comprifes, , dansledit furfis, lcs dettes pour pourde rutelles, 2 & compres de goftion des biens des propriétaires comptes
abfens, & auffi les dettes pour tradition de fonds de
priétaire à propriéraire.
pro-
(Accordé Tarticefisième.)
VII
33 Les droi:s d'importation & d'exportation
les denrées & marchandifes d'Europe feront réglés pour fur le même
pied que eans les colonies anglaifes.
(Accordé l'article feptieme. En conféquence, le tarif fera
rendu public & afiché, pour que perfonne n'en ignore.)
VIIL
2 Les manufactures de fuere blans conferveront le droit
d'exporter leurs fncres-terrés, fujets aux régiemens des droits
qu'il fera néceflaire de faife a cet égard.
les (Accordé l'article huitième. En conféquence,1 les droits fir
fucres blancs feront les mêmes que ceux qui étoient
perçus dans Ja colonie de Saint-Domingue en 1789.)
I X.
99 La religion cathclique fera maintenue ; fans
d'aucun autre culte évangélique.
exception
CAccordé l'article nexyieme, A condition que les prérres
ets aux régiemens des droits
qu'il fera néceflaire de faife a cet égard.
les (Accordé l'article huitième. En conféquence,1 les droits fir
fucres blancs feront les mêmes que ceux qui étoient
perçus dans Ja colonie de Saint-Domingue en 1789.)
I X.
99 La religion cathclique fera maintenue ; fans
d'aucun autre culte évangélique.
exception
CAccordé l'article nexyieme, A condition que les prérres --- Page 101 ---
qui auront prèré le ferment à la République, (eroiit renvoyés & remplacés par ceux réfugiés dans les Etats de Sa
Majefté britannique.)
X.
3> Les impofitions locales deftinées à acquirter ics frais de
garnifon & d'adminiftracion de la colonie feront perçues
fur le même pied qu'en 1789, fauf les modérations & déchargesqui fcront accordéesaux habitons incendics.jufqu'au
moment ou leurs érabliffemens feront réparés. 1l fera tenu
compre en conféquence, par a colonic, de toutes lesavances qui poxitont être faitcs par la Grande-Bretagne pour
fuppléer au deficit defdites impolitions. Cedit deficic, ainfi
que toutes les autres dépenfes p.bliques dé la colonie, autres que celles relatives aux efcadres & vaifeaux du roiqui
y feront employés, feront déftayés par ladite colonie.
(Accordélarticie dixième.)
X I.
>> J.e repréfentant de Sa Majefté britannique à SaintDomingue s'adreffera ail gouvernement elpagncl pour la
refhauion des nègres & des animaux vendus daus ion territoire par les negres révoltés.
(Accordé l'article ontième.)
X IL
33 L'importation des vivres & beftiaux, grains & bois de
toute efpèce des Erats-Unis de PAmériqne, fera permife à
Saine-Domingue fur les vaifleaux américains.
(Acordél'articles douzieme 5 pourvu que les bâtimens américainsn'aient qu'un feul ports & cette importation aura lieu
tant qu'ells paroitra néceffaire pour Tepptocilepmemnene d
le rétabliflement de la colonie, ou jufqu' 2 ce qu'on aid pris
des mefures pour la mettre a cet égard fur le même pied
que les colonies anglaifes; il fera tenu un état exact des
aine-Domingue fur les vaifleaux américains.
(Acordél'articles douzieme 5 pourvu que les bâtimens américainsn'aient qu'un feul ports & cette importation aura lieu
tant qu'ells paroitra néceffaire pour Tepptocilepmemnene d
le rétabliflement de la colonie, ou jufqu' 2 ce qu'on aid pris
des mefures pour la mettre a cet égard fur le même pied
que les colonies anglaifes; il fera tenu un état exact des --- Page 102 ---
vaiffeaux; avecla defeription de leurs cargaifons; lequel fera
envoyé tous les trois mois au commiflaire de la trélorerie
de Sa Majefté britannique, ainfi qu'à un des fecrétaires
d'état; & fous aucun pré:exte il ne fera permis zuxdits
vaifleaux de prendre en chargement aucune production de la
eolonie, à l'exception de la melalle & des rhums ou taffias.
XIII & dernier.
Aucune partie des fufdires propofitions ne pourra être
confidérée ccmme une reftricticn au pouvoir qu'a le parlement de la Grande-Breiagne de régler le gouvernement politique de la colonie.
>2 J'accorde les trcize articles de la capitulation des autres
parts fuivani les condirions que j'ai Faites en les accordant
au nom de Sa Majefté britannique.
55 Signé, ST.-JAGO DE IA VEGA.
7) Le 13 novembre 1793.
53 Signé, ADAM WIILIAMSON.
3 Et plus bas eft écrit:
s Nous membres du confeil extraordinaire de sûreté des
paroifles unies de la Grande-Anfe, & nous membres du confeil exécutif des parcifles, acceptons, au nom de tous les
citoyens de la Grande-Anfe, les treize articles de la
tulation
capici-deffus.
3. Pour copie conforme à celle quim'a été communiquée,
99 Le gouverneur général par intérim.
Signé, A. N. DELASSALLE.
Le préfident : Ces détails me paroiflent inutiles.
Senthonax: : Pardunscz-moi; ils font ellentiels pour juf-)
tifier l'augmentation des troupes que nous avons été forcés
ons, au nom de tous les
citoyens de la Grande-Anfe, les treize articles de la
tulation
capici-deffus.
3. Pour copie conforme à celle quim'a été communiquée,
99 Le gouverneur général par intérim.
Signé, A. N. DELASSALLE.
Le préfident : Ces détails me paroiflent inutiles.
Senthonax: : Pardunscz-moi; ils font ellentiels pour juf-)
tifier l'augmentation des troupes que nous avons été forcés --- Page 103 ---
,59
de eréer, troupes que nous avons éré pbliges de prendre
parmi les efclaves. Il faut que je prouve par un acte alithentique & en forme que Saint-Domingue étoit livré à
fa majefté britannique.
Le préfident : Je fuis bien d'accord la-deffas; c'étoit des
détails inutiles dont je parlois. Ces détails ne fonr rien à
la queftion.
Verneuil : Il en a dit aflez pour que nous foyons in:éreffés à ce-que tout foit lu.
Le préfident 2 Sonthonax : Continue la leclure,
Brulley : Lifez les fignatures; Onl verra que ce traitén'eft
pas du fait des colons.
Duny : Oui,lifez les fignatures.
Verneuil : Lifez les fenatures, en les fapprimant, c'eft
laiffer
le foupçon fur tous les colons.
: Les fignarures ne font
EAE
pas relatées ici: il exifte
ane autre copie où les fignatures font relatécs; elle n'eft pas
encore inventoriée, eile fe trouve dans Jes papiere de Polverel: mais celui qni a été le miniftre plémipotentiaire des
colons, eft un certain Venant de
membre de
l'affemblée de Saine-Marc, qui a été Charmilly, charge parle confeil
exécutif de Jérémie d'aller travailler avec le gouverneur
de la Jamaique pour l'exécution de ce traité.
Th. Millet : Le nom eft Venanx, >. & non pas Venant.
Sonchonax : Les colons difen: que je les inculpe tous;
j'inculpe non feulement ceux qui ont figné ce traité, mais
ceux qui X ont'adhéré > ceux qui y ont accédé,
tousles colons qui éroient à Jéremie, au Mele c'eft-a-dire, 8c à SaintMarc, ainfi qu'a Liogune, au moment oà ces
été livrées aux Anglais? tous ceux qui ont figné places ont
tation du traité font néceffairemen:
Faccoples colons qui onr dit
s'ils aveient inculpables été à ; Saint-Do- j'inculpe
mingue, ils en euffent Teleoat autant 5 que non feulement ils
auroient accepré ce traité, mais qu'ils auroient été chercher
les Anglais pour traiter avec eux. Voilà les hommes
j'inculpe s & j'aurai. occafion de prouver dans la fite que de
la difcufion que les coloris qui font ici ne font' pas étrangers à CeS machinations. Je palle à CC qui concerne
.
mefure
la
'inculpe
mingue, ils en euffent Teleoat autant 5 que non feulement ils
auroient accepré ce traité, mais qu'ils auroient été chercher
les Anglais pour traiter avec eux. Voilà les hommes
j'inculpe s & j'aurai. occafion de prouver dans la fite que de
la difcufion que les coloris qui font ici ne font' pas étrangers à CeS machinations. Je palle à CC qui concerne
.
mefure
la --- Page 104 ---
ios
Vernéuil:Nous demandons que les fignatutes foieht lues
dans la pièce originale.
Lc préfident : Tu as entendu ce qu'il a dit; il a dit que
la pièce où fe trouvent ces fignatures originales eft dans
les- papiers
ne font pas encore inventoriés.
Duny: : NF vrai quill l'a dit.
Le préfident : Voila ce qu'il a dit:
Sonthonax : Vous voyez que les membres de l'affemblée
de Saint-Marc, les hommes qui tenoient au parti de Saint:
Marc, fe liyi roient aux Anglais, tandis que le parti royalifte
& le parri gouverhementaire fe livroient aux Efpagnols.
C'étoient les. places de Plaifance & la Marmeladé qui fe
trouvoient au roi d'Efpagne es tandis que les ports principaux de Y'oueft 5 de Jérémie, deSaint Marc, de Léoganes
du Môle, étoient livrés à fa majefté britannique: La trahifon n'étoit pas confommée encore , quand au 21 juin
hous avons appelé autour de nous les niègres qui voudroient défendre la République. Mais nous favions, parles
avis qui nous avoient écé tranfmis par le citoyen Geneft,
avis que vous trouverez dans nos papiers, nous avions
la certitude de l'exiftence du traité, & nous avions de plus
l'original de la proclamarion du gouverneur efpagnol;
dom Ga/part de Calialfdioa: C'eft dans ces circonflances
les commiffaires civils chaliés ,du 1 Cap, retirés au
haut que du Cap fur Yhabitation Breda, donnèrent la proclamation que je vais yous lire.
(Il lit une proclamation du 21 juin, donnée aà haut dui
Cap, qui fe trouve dans la féance du 24 Horéal. page 25)
Nous étendions le hienfair de la liberté à ceux qui
combattroient pous la République , à leurs époules > Aleurs
enfans; & nous ne crâmes pas devoir proclamer des tout-à: noirs
la declararion des droits pourfuniverfahné
coup dans la province du Nord. Nous ordonnâmes que, lors
qu'un homme libre épouferoit une perfonne elclave, la
République indemniferoit le maitre en lettres-de-change &
une foime fixe déterminée. Je vais are ma prociimapar tion à CCt égard, parce qu'elle iera 1Ma ieule réponfe. 1H
enfans; & nous ne crâmes pas devoir proclamer des tout-à: noirs
la declararion des droits pourfuniverfahné
coup dans la province du Nord. Nous ordonnâmes que, lors
qu'un homme libre épouferoit une perfonne elclave, la
République indemniferoit le maitre en lettres-de-change &
une foime fixe déterminée. Je vais are ma prociimapar tion à CCt égard, parce qu'elle iera 1Ma ieule réponfe. 1H --- Page 105 ---
Iof
Il le lit:
Proclamation du Ii juillet 1793, l'an 2 de la République
frangaife.
cc Nous Etienne Polverel & Léger-Félicité Sonthonax,
commillaires civils, &c.
35 Lelprit de famille eft le premier lien des fociétés
politiques; l'homme libre qui n'a femme ni enfans, ne
peut étre qu'un fauvage ou un brigand; l'homme vraiment digne de la liberté, & qui en fent le prix 3 ne peut
pas fouitir que fa compagne & fes enfans végètent
tement
trifdans l'efclavage.
>> Nous fommes pénérrés de ces grands principes: mais
il en eft de plus inconreftables encore ; c'eft que tout peuple régénéré qui a conquis fa liberté & qui veur la conferver, doit commencer par épurer fes meurs; c'eft que la
piété filiale, la tendreffe conjugale, l'amour parernel, lefrrit de famille en un mo", n'exiftent point dans les conjonctions fortuites &c mementanées que le libertinage forme, >
& que le dégoût & l'inconftance diffolvent.
3, Nous avons fait des libres; nous en ferons
mais nous voulons faire d'eux Lous des citoyens encore;
l'habitude des affections de famille, s'accoutument qui, à cherir par
& à défendre la grande famille qui eft compofée de l'affemblée de tous les citoyens.
>> On a remarqué, même parmi les hommes non
ceux
que
qui étoient époux & pères, > étoient lès plus libres,
les plus affectionnés à leurs maitres, les plus
fideles,
les plus incorruptibles. Si le mariage a produit ces labofileus, effets fa.
lutaises fur eux > que n'opéreroit-il pas fur ces mêmes
hommes devenus libres : ils n'ont plus d'autre maitre que la
patrie; leur. amour pour elledeviendra d'autant
auront
quils
plus de tendrelle pour leurs femmes plusénergioue, &
leurs enfans.
pour
>>' En confequence, nous avons ordonné & ordonnons' ce
qui fait: :
"
Tome VI. Cinguente-trofeme liyraifon:
G
lutaises fur eux > que n'opéreroit-il pas fur ces mêmes
hommes devenus libres : ils n'ont plus d'autre maitre que la
patrie; leur. amour pour elledeviendra d'autant
auront
quils
plus de tendrelle pour leurs femmes plusénergioue, &
leurs enfans.
pour
>>' En confequence, nous avons ordonné & ordonnons' ce
qui fait: :
"
Tome VI. Cinguente-trofeme liyraifon:
G --- Page 106 ---
1G2
A R T I C L E P R E M I E R.
28 Tour horame aciucllement libre, quelle que foi:l l'époque
de'fa liberté, qui voudra époufer mne femme efclave, foit
qu'il ait eu des, enfans d'elle, foit qu'iln'en ait pas eu, fe
préféntera avec ladice femme & les enfans qu'il.en aura'
eus devant la municipalicé du lieu de fa réfidence, dans le,
délii-de quinze jours; à compter du jour de la publication
de dap préfente proclamation, & à défaur de municipalité,
-dévant lei bureau municipal qui en fera les fonétions >,
: Suivent enfuire les diverfes difpolitions tiiées des décrets
de iu Conven:ion, fur la manière de conftarer l'état civil des
cioyens. Je-teprends la lecture de ina pfoclamation.
(II lit l'article X:)
X.
92, Les enfans: nés d'un mariage déjà contracté entre un
homme libre & une femme efclave avant la publication de
la préfente proclamation, feront libres en vertu de ladite
proclamation, fans qu'ils aient befoin d'aucune déclaration
ni d'aucun acte particulier.
XI.
s Les maitres des efclaves ainfi affranchis feront indemnifés par la République de la valeur deldits elclaves, en
lettres de change fur le tréfor public.
XIL
93 La valeur defdits efclaves demeure fixée; favoir, celle
des hommes au-deffus de I 8 ans; à la fomme de 2,000
celle des temmes au - deffus de 16 ans, à la fomme liv,; de
1,650 livres 5, celle des enfans des deux fexes , au-deffous
de quatre ans, à la fomme de 200 livres; celle des enfans
au-d.fiugde 4 ans,&. au-dellous deutes a la fomme de
its efclaves demeure fixée; favoir, celle
des hommes au-deffus de I 8 ans; à la fomme de 2,000
celle des temmes au - deffus de 16 ans, à la fomme liv,; de
1,650 livres 5, celle des enfans des deux fexes , au-deffous
de quatre ans, à la fomme de 200 livres; celle des enfans
au-d.fiugde 4 ans,&. au-dellous deutes a la fomme de --- Page 107 ---
: Tos
zoo'livres; depuis rojufqu'à 14aus, à la fomme de 6c0 liv.;
deptis 14 julqu'a 16 ans, à la fomne de I,000 livres; &
les "hommes au-deflis de16 & au-deilous de 18 ans > à la
fomme de 1500 livres. XIIL
Pep -
>3 Tous ceux qui, paffé le délai de quinzaine," voudrone
affranchir & légirimer par le matiage leurs femmes & leurs
enfans, en rempliflant les formes ci deflus profctites, feront
admis à le faire, en payant, aux, maitres lindemnité fixée
par l'article XII, laquelle ne fera pas à la charge de la Ré-
&
publique.
XIV-
>> Toute femme libre qui voudra époufer un efclave &
le rendre libre par le mariage, pourra le faire; mais elle
fera tenue d'en payer l'indemniré au maitre fur le pied de
l'évaluation faite par l'article XII.
XV.
5, L'exécution de la préfente proclamation fera
dans les provinces de fOueft & du Sud, jufgu'à (ulpendue ce
arrêté des deux commiffaires ci ils qui font a Chuellement qu'un
le Nord, ait autorité le commiffaire civil qui eft dans le dans
& celui qui ya inceffamment fe tranfporter dans
Sud., à en
faire T'application dans ces deux dernières provinces. l'Oueft,
>> Sera la préfente proclamation imprimée,
aflichée, &c.".
publiée', >
Signé, POLVEREL & SONTHONAY.
Par les commiffaires civils de la République.
Signé, PIQUENARD, fecrétaire adjoint de la commifion.
Nous ne crâmes pas devoir appliquer aux
TOuef. 8 du - Sud les mefures que nous
provinces de
prenions dans le
Gi
., à en
faire T'application dans ces deux dernières provinces. l'Oueft,
>> Sera la préfente proclamation imprimée,
aflichée, &c.".
publiée', >
Signé, POLVEREL & SONTHONAY.
Par les commiffaires civils de la République.
Signé, PIQUENARD, fecrétaire adjoint de la commifion.
Nous ne crâmes pas devoir appliquer aux
TOuef. 8 du - Sud les mefures que nous
provinces de
prenions dans le
Gi --- Page 108 ---
Nord
la liberté des noirs : comme nous ne favions
pour
quelle éroit :
quel étoit Yétat politique de ces étoient provinces, les difpolitions des
moralité des efclaves > quelles
les mefures
maitres, il eit été imprudent à nous d'appliquer du Nord a celles de
nous prenions pour la province Tun de nous s'y fût tranfporté:
Pouat & du Sud; avant que
fe borne
voilà pourquoi le difpofinf de cette proclamation
à la feule province du Nord.
Le 25 juillet 1793: nous rendimes une autre déclarions proclamation libres
fur l'état civil des noirs, dans laquelle la nous guerre élevée entre
les noirs qui avoient combattu de couleur, dans les noirs qui avoient
les blancs & les hommes d'autte, foit pour les blancs, foit pour
combattu de de part coaleur.. &
Voici le préambule & le dilpofitif
les hommes
ils juftifieront aflez le motif de cette
de cette proclamation;
melure.
Il lit:
de Polyerel & Sonthonax, du 25 juillet 1793s
Proclamation
l'an II de la République.
Polverel &c Léger-Félicité Sonthonax
Nous Étienne
commillaires civils, &c.;
confolions de nos pénibles travaux dans
9> Nous nous confcience intime d'avoir fait beaucoup
Toueft,
la
Nous avions
le
REE
le falut E Saint-Domingue. ennemis de la République; purgé
& les
Prince des plus audacieux infurgés
eux, étoient rentrés dans
nègres du Cul-de-fac,
fous peu-l le même fuccès
Nous
LECAE
le devoir.
efpérions
de lifle; nous favions qu'il
dans les deux autres de parties la France régénérée &c de l'égalité :
exiftoit des ennemis défaite &
de ceux qui étoient I'ame
mais, après la
croyions T'expultion que, rendus fages par de fottes
des complors, fentiroient nous le befoin de fe foumestre à la loi.
leçons, ils
il médite le crime; ils'entoure de tout
> Galbaud arrive,
&c-d'ennereftoit au Cap de conrerevolatiounster
&
ce qui
& çoncerte. avec eux notre defirudions
mis de l'égalité,
ite &
de ceux qui étoient I'ame
mais, après la
croyions T'expultion que, rendus fages par de fottes
des complors, fentiroient nous le befoin de fe foumestre à la loi.
leçons, ils
il médite le crime; ils'entoure de tout
> Galbaud arrive,
&c-d'ennereftoit au Cap de conrerevolatiounster
&
ce qui
& çoncerte. avec eux notre defirudions
mis de l'égalité, --- Page 109 ---
IOS
fon enelques affreux jours après notre retour, il tente l'exécurion de
de l'Erat & projet. du Il foulève lés équipages de la marine,
les délégués de commerce; la
il excite leur fureur aveugle; &
ruines de la maifon Répablique feroient enfevelis fous les
dévouement des hommes quils du habiroient, fans le courage & le
>> L'audace de Galbaud 4 avril.
de la colonie. E'inceridie du donne l'éveil dans tous les points
devoiént porter enfemble les ennemis Cap éft le fignal des coups que
Les Epagnols attaquent HOS poftes extérieurs les
& intéricurs.
commandans les délerren: & les livrent. plus La importans; : ) les
choient propage julques dans le Sud. Jérémie & la conjuration fe
déja dès le 18 du mois dernier contre Cayemitte marRépublique & nos commiflaires
T'armée de la
née du 14 juilleryjournée fainte pacificateurs 3 & la joureft fouillee aux Cayes du.
pour tous les bons Frangais,
l'ont choifi
plus grand des crimes. Les
pour affafliner leurs frères
blanes
tres ont juré de porter le
de
du4 avril. Les monfils ne confommeront
coup
mort à la colonie; mais
nous
pas leur ouvrage
refpirerons, nous trouverons les facrilège. Tant que
leur rage. Secondés des ciroyens du
moyens de contenir
dont on n'a fair jufqu'à
4 avril, & des hommes
trudlion, nous. fauverons préfent la colonie que dés inftrumens de defnous en challérons les lâches.
de
rons
Son-Donibene,
à la France, & on reconnoitra E(pagnols, nous la conferveT'homme qui y ont été d long-temps enfin les droits de
93 En
profanés.
publique conféquence de tous les Africains, > voulant faire des foldats de la R6tude du métier de la guerre dans qui, la par une longue habiplus propres. à combattre les ennemis partie de la du Sud, font
lant appeler à la digniré de défenfeurs de la France vouque leurs maitres n'avoient armés que
patrie ceux
& voulant donner à tous un moyen
pour des aflafinate.
liberté & de mériter de jouir des
honorable d'obtenir la
avons ordonné & ordonnons ce qui droits fuit: de citoyen français a
ARTTCI E P R E M I E R.
s' Déclarons confirmer les libertés
accordées, au mois de
G 3
appeler à la digniré de défenfeurs de la France vouque leurs maitres n'avoient armés que
patrie ceux
& voulant donner à tous un moyen
pour des aflafinate.
liberté & de mériter de jouir des
honorable d'obtenir la
avons ordonné & ordonnons ce qui droits fuit: de citoyen français a
ARTTCI E P R E M I E R.
s' Déclarons confirmer les libertés
accordées, au mois de
G 3 --- Page 110 ---
106:
faptembre 1792 , par l'affemblée provinciale du Sud, aux
guerriers alo:s campés aux Platons.
IL
% Déclarons libres tous les efclaves des Cayes., de Tor-b
beck, de Marche-a-Terre, > de Tyburon & des lieux circonvoifins, qui ont éié armés, par les maitres, de toutes
les couleyrs : foit porr combactre les uns contre les autres s
foit; pour combattre les brigands.
IIL
TC7
9), Déclarons amniftie, liberté pour tous les hommes quil
fonr eneorè. .armés pourla conquérir, & qui le peéfenteront:
avec un armement compler - , fans en excepter Armand >
Martial, Jacques Formont, Gilles Benech,. les autresi
chefs.
V.
ma1
95 Déclarons libres' tous les efclaves armés par: les communes de Térémie > des Cayemitres > des Abricots, & aut
tres leux eirconvoilins, pour combartre, 3 foit les citoyens du
Aavril; foit les brigands, foit les délègués de la
3 a
Répu
blique:
Fe
OL
V.
i
La liberté eft le
des biens, Ceux gui lobtien-!
nent de la Républiqhe meiedn feroient des ingrats inlignis d'un, pareil bienfait, s'ils n'étoient prèts a le dévouer
avec courage à fa défenfe contre les ennemis qui cherchent a la détruire. Nous déclarons donc que les liberrés
proclamees dans les articles précédens ne feront acquiles
aux, homines
y font défignés qu'à condition quils s'enrôleront dans der compagnies, > bataillons ou légions qui feront formées par nous pour, combattre Jes ennemis extérieurs de la République, & qu'ils contnueront leur fervice
prèts a le dévouer
avec courage à fa défenfe contre les ennemis qui cherchent a la détruire. Nous déclarons donc que les liberrés
proclamees dans les articles précédens ne feront acquiles
aux, homines
y font défignés qu'à condition quils s'enrôleront dans der compagnies, > bataillons ou légions qui feront formées par nous pour, combattre Jes ennemis extérieurs de la République, & qu'ils contnueront leur fervice --- Page 111 ---
jufqu'à la fin de la guerre & au rétabliffement de la
paix.
V I.
52 Une autre vérité qui fera facilement fentie des nouveaux citoyens régénérés, eft qu'un peuple compolé uniquement de guerriers ne fauroit fublifter 5 c'eft quil faut des
cultivateurs qui fécondent la terre , pendant que les guerriers expofent leur vie pour les protéger & leur affurer
la paix. Nous impofons donc encore à tous ceux que nous
appelons à la liberté & au titre glorieux de citoyens, comme
un devoir indifpenfable , de faire rentrer les nègres travailleurs dans leurs ateliers refpectifs 2 & d'y maintenir, par
des moyens convenables, la fubordination & le travail.
:
V I I.
'ss Déclarons que nous fomies dans l'intention d'améliorer,
autant qu'il fera polible, le fort des nègres travailleurs qui
méritent aufli la bienveillance de la République, & que
nous allons nous occuper d'un réglement nouveau qui remplira cet objet.
VIIL
-
fait
dans le Nord, le Ii de
3> Déja nous avons
publier
follicitude
notre
)
ce mois une proclamation qui prouve
&de
pour
les enfans des nouveaux citoyens régénérés,
négrelles
eiclaves avec lefquelles ils les ont eus fans être légitimement
mariés. Voulant que les nouveaux citoyens de la partie du
Sud jouiflent égalenent du bénéfice de ladite proclamation >
ordonnons qu'elle fera publiée dans le Sud, & exécutée
fuivant fa forme & teneur > nonobltant l'article XV qui en
fufpend l'exécution dans cette province & celle de l'Oueft.
D
lue, publiée
> Sera la préfente proclamation imprimée, à la com-
& affichée par-tour où befoin fera, enregiftrée
miflion intermédiaire > dans toutes les municipalités , aux.
deux confeils fupéticurs > & dans, tous. les tribunaux de la
çolonie,
DIVIDI
G" 4
& teneur > nonobltant l'article XV qui en
fufpend l'exécution dans cette province & celle de l'Oueft.
D
lue, publiée
> Sera la préfente proclamation imprimée, à la com-
& affichée par-tour où befoin fera, enregiftrée
miflion intermédiaire > dans toutes les municipalités , aux.
deux confeils fupéticurs > & dans, tous. les tribunaux de la
çolonie,
DIVIDI
G" 4 --- Page 112 ---
1o8
>> Pequérons le' gouverneur-sinéral, par interim, des ifles
frangaifes de l'Amérique fous-le-venr, <cl'ordonnateur civil,
de tenir la main à l'exécurion de la préfente proclamation . >
chacun en ce qui le concerne.
s Fait.au Cap, le 25 juillet 1793, l'an fecond.
Signé, POLVEREL & SONTHONAX,
*3 Par les commilfaires civils de la République.
93 Signé, POITTEVIN 5 fecrécaire-adjoint de la
comniffion >,
Avant de paffer à la proclamation du
aott, je dois
vous donner lecture du procès-verbal de i' fédération célébrée au Cap le 14 juiller, 1
que dans le cours de la
difcaflion Page a inculpé Rerot commiffaires civils d'avoir
raffemblé & mis en jiberté les nojrs armés uniquement
pour exéciter nos ordres, & non pas pour défendre les
intérêrs de la République, Il a cité à ce fujet une partie e
d'un dilcours prononcé par moi lors de cette fédération.
Comme ce procès-verbal eft très-court, il eft très-effentiel
de vous faire connoître dans quel efprit il a été rédigé *
dans quel efprit a été célébrée la fete du 14 juillet,
Il lit:
Procès-verbal de la fôce quia eu lieu le 14 juiliet 1793.
95 Aujourd'hui quatorze juillet mil fept cent quatre-vingttreize, Fan deuxième de la République françaile, nous com-,
millaires civils de la République étant accompagnés du
gouverneur général 2 par interim., du commandant de la radea
des çapitaines & officiers de la marine de TEtat, des membres compofant la commiflion intermédiaire 3 des comman-"
dans de la province & de la place, des officiers de l'étatmajor de F'armée, & des chefs de toutes les troupes de
ligne & citoyens compofant l'armée, efcortés par des détachemens de toutes ces compagnies 2 & fuivis d'une foule
gouverneur général 2 par interim., du commandant de la radea
des çapitaines & officiers de la marine de TEtat, des membres compofant la commiflion intermédiaire 3 des comman-"
dans de la province & de la place, des officiers de l'étatmajor de F'armée, & des chefs de toutes les troupes de
ligne & citoyens compofant l'armée, efcortés par des détachemens de toutes ces compagnies 2 & fuivis d'une foule --- Page 113 ---
immenfe de citoyens, nous fommes tranfportés far la place
de la Fédémntion, ci-devantChamp de Mars, oà avoit éré
dreife, fur l'autel de la patrie > l'arbre de la liberté, furmonté d'un bonnet rouge > autour duquel étoicnt rangés en
batailie tous les militaites citoyens, > & les citoyens militaires
formant la ganifon de' cette ville.
>> Polverel, commiflaire civil, s'adreffant aux citoyens, >
a dit:
>) CITOYENS,
21 Ce.n'eft pas pour célébrer une fète que vous êtes affembles.. Ehl comment pourrions-nous nous occuper de
ferseu milieu des cendres & des ruines dont l'infâme Gaiband nous 2 environnés ! Nous avons dans ce moment un
devoir plus facré. à remplir. lly a aujourd'hui quatre ans
que le peuple français fit le premier pas vers la liberté, &
porta lepremier coup à la ryrannie 5 ily a aujourd'hui quatre
ans quilfe fit une fédération entre tous les opprimés contre
tous les opprefleurs.
> Les opprimés étoient les foldats qu'on faifoit marcher à
coups de plat de fabre 3 qu'on menoir à la boucherie pour
venger les querelles des rois, qui couroient tous les périls
dé la guerre, 8: qui n'avoient aucune part à la gloire ni
aux récompenfes. Les opprimés étoient les cultivateurs qui
fécondoient la terre de leurs fueurs, & n'en partageoient
pas les fruits.
>> Les opprimés étoient les Africains que les rois & leurs
fatellites envoyoient acheter fur leurs foyers 5 des rois qui
n'avoient pas le droit de les vendre, pour les condamner en
Amérique à un efclavage éternel. Les opprimés étoient les
defcendans des Africains > qui 2 lors même qu'ils avoient
recouvré leur liberté > étoient réputés indignes de jouir des
droits de l'homme.
>> Les oppreffeurs sont tous les rois qui trafiquent
de la vie & de la liberté des hommes de tous les pays & de
toutes les couleurs. Les oppreffeurs font tous les traitres &
les brigands qui veulent reflufciter la royauté & l'efclavage.
Tome VI. Cinquante-trofiène liyraifon.
Gs
> qui 2 lors même qu'ils avoient
recouvré leur liberté > étoient réputés indignes de jouir des
droits de l'homme.
>> Les oppreffeurs sont tous les rois qui trafiquent
de la vie & de la liberté des hommes de tous les pays & de
toutes les couleurs. Les oppreffeurs font tous les traitres &
les brigands qui veulent reflufciter la royauté & l'efclavage.
Tome VI. Cinquante-trofiène liyraifon.
Gs --- Page 114 ---
IIO
> Renouvdons-cete fainte fédération : jurons tous une
guerre à mort contre tous les rois, contre tous les ennemis
de la liberté & de l'égalité.
>5 Jurons d'ètre fidelesjufqu'au dernier foupir à la République françaife, s & d'exécuter poncluellément toutes les lois
que la Convention nationale a rendues, & celles qu'elle
pourra rendre à l'avenir >3,
"Alors tous les citoyens affemblés ont prêté ce ferment
avec nous, & ont témoigné leur attachement inviolable à
la République françaife, par des cris redoublés de Vive la
République, , Vivent Za Convention nationale & les commiffaires
civils.
9, I/hymne des Marfeillais ayant été chanté par tous les
ciroyens pénétrés du faint enthoufiafme de la liberté &
de l'égalité 5 noes nous fommes retirés dans le mème ordre
que nous nous érions rendus fur la plaee de la Fédération,
recevant par-tout où nous avons pallé, Thommage de tous
les citoyens, &c les témoignages de leur dévouement à la République & de leur attachement à fes principes.
92 Le même jour, à fixheures du foir, un nombre confidérable de citoyens font arrivés deyant la maifon que nous OCcupons. 3 accompagnant le bonnet de la liberté s antour duquel ils avoient, le matin de ce jour, prêté ferment.
>> Un d'cux pronant la parole a dit: :
>> Deshommes que la cunidité européenne arracha de leurs
foyers pour les plonger dans l'efclavage 5 des
des
enfans
Africains,
d'Africains, depuis long-temps dans les fers que vous
venez de brifer, vous offren: Thommage de l'embième de la
liberté, Votre afyle eft fon temple 5 ce gage doity être
Ii eft
dépoié.
impoffible que leur reconnoiffance egale vos bientaits:
cependant, pour y parventr, ils facrifieront tous jufqu'àleur
exiltence, 8, 0e s'il eit permis de le dire, leur liberté, voire
ouvrage 3).
a Sonthonax, commiflaire civil, leur a répondu:
cs CiroY E N S
> Le bonact de la liberté eft l'image adorée de la nouvelle
doity être
Ii eft
dépoié.
impoffible que leur reconnoiffance egale vos bientaits:
cependant, pour y parventr, ils facrifieront tous jufqu'àleur
exiltence, 8, 0e s'il eit permis de le dire, leur liberté, voire
ouvrage 3).
a Sonthonax, commiflaire civil, leur a répondu:
cs CiroY E N S
> Le bonact de la liberté eft l'image adorée de la nouvelle --- Page 115 ---
III
religion des Français, celle de l'égalité entre tous les' hommes. Vous avez pris les armes pour la défenfe de la République & de fes délégués ; cet actc généreux vous a rendu
dignes d'être libres 5 vous lètes devenus > & nous vous
maintiendrons tels au péril de notre vie.
93 L'état de liberté vous fait paffer du néantà T'exiftence;
fentez tout le prix d'un aufli grand bienfait; ; vous prouverez
que vous l'avez mérité, fi vous exécutez ponétuellement les
ordres des commiffaires civils, fi furtout vous forcez au travail ce tas de vagabonds & de fainéans qui ne veulent ni
cultiver la terre , ni défendre les cultivateurs. En France le
peuple eft libre &c il travaille. Souvenez-vous bien que la
liberté ne confifte pas à ne rien faire ; fans travail ilny a'
ni repos ni bonheur.
a
23 Des cris redoublés de Vive la République françaife s
vivent la Convention nationale & les commiflaires civils fc
font fait enitendre, & la pique &c le bonnet de la liberté
ont été dépofés dans le fallon d'audience des commiffaires
civils de la République 2 comme le gage authentique de
ln reconnoiffance des citoyens fur qui les commiffaires
civils ont répandu les bienfaits de la République.
3, Fait & clos les jour , mois & an que deffus.
23, Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
s Par les. commiffaires civils de la République.
9> Signé, POITTEVIN 3 fecrétaire-adjoint de la commifion
eivile.
99 Pour copie conforme.
>5 Signé,GAULT facrétaire-adjoint de la commi[fion civile >.
Vous voyez G lors de la célébratien de la fête du
nous avons cublié de faire prêter ferment à la
et
jiillet,
à notre
publique, & fi nous avions l'air de faire tourner
proht la liberté que l'Afemblée nationale avoit donnée tacitement aux noirs, > par l'article XVIII de la nouvelle dé-.
claration des droits.
Voilà la dernière proclamation- rendse par moi fur l'érar
taire-adjoint de la commi[fion civile >.
Vous voyez G lors de la célébratien de la fête du
nous avons cublié de faire prêter ferment à la
et
jiillet,
à notre
publique, & fi nous avions l'air de faire tourner
proht la liberté que l'Afemblée nationale avoit donnée tacitement aux noirs, > par l'article XVIII de la nouvelle dé-.
claration des droits.
Voilà la dernière proclamation- rendse par moi fur l'érar --- Page 116 ---
eivil des noirs efclaves. C'eft dans cette proclamation qae
les colons ont prétendu trouver la preuve que j'avois
à Saint-Domingue la loiagraire. Je vais la lire en entier. publié Le
difpofitif n'a pas encore été lu,
(II lit la proclamation du 29 aoft, dont le préambule eft
imprimé dans les précédens débats.)
Difposicif de la proclamation de Senthonax, du 29 août
1793, an 2.
A R TIC L E P R E M I E R.
66 La déclaration des droits de l'homme & du
fera
ciroyen
imprimée 1 publiée & affichée par-tout où befoin
à la diligence des municipalités dans les villes &
fera, &
des commandans militaires dans les camps & poftes. bourgs,
I I.
>> Tous les nègres & fang-mélés aétuellement dans l'efclavage font déclarés libres, pour jouir de tous les droits attachés à la qualité de citoyens français; ils feront cependant
aflujétis à un régime dont les difpofitions fent contenues dans
les articles fuivans.
III33 Tous les ci-devant efclaves iront fe faire infcrire, eux
leurs femmes & leurs enfans, à la municipali:é du lieu de ,
leur domicile, ol ils recevront leur billet de citoyen
fgné du commiffaire civil. J
français,
IV.
$ La formule de ces billets fera déterminée par nous; ils
feront imprimés & envoyés aux municipalités, à la diligence
de l'ordonnatour civil. --- Page 117 ---
V.
> Les domeftiques des deux fexes ne pourront être engagés au fervice de leurs maitres ou maitrelles que
trois
moyennant le falaire
fera fixé entr'eux &
E"aE
mois,
qui
gré à gré.
V I.
>> Les ci-devant efclaves domeftiques attachés aux vieillards
au-delfus de foixante ahs, aux infirmes, aux nourriffons &
aux enfans au-deffous de dix ans, ne feront point libres de
les quitter. Leur falaire demeure fixé à une porrugaife par
mois pour les nourrices, 2 & Gx portugaifes par an pour les
autres, fans diftinétion de fexe.
VIL
29 Les falaires des domeftiques feront exigibles tous les
trois mois.
VIII
r- s3 Ceux des ouvriers', dans quelque genre que ce foit,
feront fixés de gré à gré avec les entrepreneurs qui les emploieront.
I X.
>> Les nègres aétuellement attachés aux habitations de
leurs anciens maitres feront tenus d'y refter; ils feront eniployés àl 4 culture de la terre.
X.
>> Les guerriers enrôlés qui fervent dans les camps ou
dans les garnifoss, pourront fe fixer fur les habitations en
s'adonnant à la culture, & obtenant préalablément un congé
de leur chefou un ordre de nous, qui ne pourront leur ene
loieront.
I X.
>> Les nègres aétuellement attachés aux habitations de
leurs anciens maitres feront tenus d'y refter; ils feront eniployés àl 4 culture de la terre.
X.
>> Les guerriers enrôlés qui fervent dans les camps ou
dans les garnifoss, pourront fe fixer fur les habitations en
s'adonnant à la culture, & obtenant préalablément un congé
de leur chefou un ordre de nous, qui ne pourront leur ene --- Page 118 ---
It
délivrés qu'en fe faifant remplacer par un homme de bonne
volonté.
XI
H
e
3 Les ci-devant efclaves cultivateurs feront engagés
:
un an, pendant lequel temps ils ne pourront changer Tor
bitation que fur une permiliion des juges-de- paix dont il;
ferà parlé ci après, & dans les-cas qui feront par nous déterminés.
XII
S
33 Les revenus 'de chaque habitarion feront partagés. en:
trois portions égales, déduction faite des impolitions,clefquelles font prélevées fur la totalité.
A
:2 Tnoiit
> Un tiers demeure affecté à la propriété de la terre &:
appartiendra au propriéraire. Il aura la jouiflance d'un autre
tiers pour les frais de faifant valoir; le tiers reftant fera
tagé entre les cultivateurs > de la manière qui va Eate
fixée.
7 23
X I I I.
33 Dans les frais de faifant valoir font compris tous les
frais quelconques d'exploitation, les, outils, lesa animaux néceffaires: à la. culture & au tranfport des denrées, la conf-1
truétion & l'entretien du bâtiment, les frais de Thôpital,,
des chirurgiens & gérens.
eb
X I V.
5, Dans le "tiers du revenu appartenant aux cultivateurs,
les commandeufs, qui leront déformais appelés copducteurs!
de trayaux 5 auront trois parts,
X V.
NO * 2043 esl AM
39 Les fous-conducteuers recevront deux.
de mêrne,
quer ceux qui feront employés à la oreasura du fucre &.
de lindigo. --- Page 119 ---
MRO
roack
X V I.
9) Les auties cultivateurs à quinze ans & au-deilus, auront chacun une part.
emit?
XVIL
37 Les femmes a çuinze ans & au-deffus, auront deux
tiers de part.
XVIII
> Depuis dix ans jufqu'à quinze, les enfans des deux
fexes auront demi-part.
XIX.
19. Les cultivateurs auront en outre leurs places à
elles feront réparries équitablement entre chaque
henugt
eu égaid à la qualité de la terre & à la quantité qu'il: convient d'accorder.
I X.-
ers? Les mères de famille qui auront una ou plufieurs enfans
au-deffous de dix ans, recevront part entière. Jufquaudic
age, les enfans refteront àla charge de leurs parens pour la
nourriture & Phabillement.
IX.
19. Les cultivateurs auront en outre leurs places à
elles feront réparries équitablement entre chaque
henugt
eu égaid à la qualité de la terre & à la quantité qu'il: convient d'accorder.
I X.-
ers? Les mères de famille qui auront una ou plufieurs enfans
au-deffous de dix ans, recevront part entière. Jufquaudic
age, les enfans refteront àla charge de leurs parens pour la
nourriture & Phabillement. XXI
-90
0s'5 T4.1 1
: o.t e
3, Depuis l'age de dix ans à celui de quinze, les? enfans
ne) pourront: être employés
la garde des animaux; ou à
ramaller & trier du café &c 1: coton:
XXII FL -
2 32 Les vieillards &. les infirmes feront nourris
pecrleurs --- Page 120 ---
I16
; les vêremens & les médicaméns feront à la charge
propriétaire.
Buremter
XXIIL
39 Les denrées feront partagées à chaque livraifon entre
les propriétaires & le cukivateur, en nature ou en
au prix du cours, au choix du propriéraire; en cas argent, de
tage en nature, celui-ci fera tenu de faire conduire à
barcadère
iomt
le plus voifin la portion des cultivateurs.,
XXIV.
33 II fera établi dans chaque commune un juge-de-paix
& deux affeffeurs, dont lés fonctions feront de prononcer
fur les différends entre les propriétaires & les culcivateurs,
& de ces derniers entr'eux, relativement à la divifion de
leurs portions dans le revenu ; ils veilieront à ce que les
cultivateurs foient bien foignés dans leurs maladies, à Ce
que tous travaillent également, & ils maintiendront l'ordre
dans les ateliers.
XXV.
3s Les propriétaires, fermiers ou gérens feront tenus
d'avoir un regiftre paraphé par la municipalité du lieu, fur
lequel fera infcrite la qualiré, de chaque livraifon de denrées,
& de régler la répartition du tiers revenant aux
cette
culivateurs:
répartition fera vérifiée par l'infpecteur de la paroiffe &
arrêtée par lui définitivement.
> Le juge-de - paix fera tenu d'avoir un double du regiftre tenu par chaque gérent ou propriétaire , & de lerepréfenter à linfpecteur général toutes les fois qu'il en fera
requis; il en fera de même des propriétaires & gérens, à
l'égard des juges-de-paix & de l'infpecteur général,
XXVI
5 L'infpedteur général de la province du Nerd fera chargé
paroiffe &
arrêtée par lui définitivement.
> Le juge-de - paix fera tenu d'avoir un double du regiftre tenu par chaque gérent ou propriétaire , & de lerepréfenter à linfpecteur général toutes les fois qu'il en fera
requis; il en fera de même des propriétaires & gérens, à
l'égard des juges-de-paix & de l'infpecteur général,
XXVI
5 L'infpedteur général de la province du Nerd fera chargé --- Page 121 ---
d'infpedter toutes les habitations, & de prendre auprès des
juges-de-paix tous les renfeignemens pofhibles fur la police
& la difcipline des ateliers > & de nous en rendre compte, il
ainfi qu'au gouverneur général & à l'ordonnateur civil;
fera en tournée au moins vingtjours du mois.
XXVIL
du fouet eft. abfolument fupprimée; elle
s La correction
les fautes contre la di(cipline, par
fera remplacée, > pour deux ou trois
fuivant l'exigence
la barre
un,
fera jours, la
d'une
ou
des cas. Port plus forte peine
perte
partie le
de la totalité des falaires; elle fera prononcée par jugede-paix & fes affeffeurs. La portion de celui ou de ceux qui
en feront privés 'accroitra au profit de l'atelier.
XXVIIL
des délits civils, les ci-devant efclaves feront
a> A l'égard
jugés comme les autres. citoyens français.
XXIX
ne
être contraints de tra*
a Les cultivateurs Il leur pourront fera laillé deux heures par jour
Failler la le culture dimanche. de leur place. Les juges-de-p paix régleront,
pour fuivant les circonftances , l'heure à laquelle les travaux de*
vront commencer & finir.
XXX
d'avoir tel nombre
33 Il fera libre au propriétaire ou gérent fous-conduôteurs de
que bon lui femblera de conducteurs ou
ètte defbrués
travaux, Ils feront choilis par lui, & pourront
également
lui, à la charge d'en rendre compte au validité jugede-paix, e aflité de fes allelleurs, prononcera furla
de la deftitution,
, l'heure à laquelle les travaux de*
vront commencer & finir.
XXX
d'avoir tel nombre
33 Il fera libre au propriétaire ou gérent fous-conduôteurs de
que bon lui femblera de conducteurs ou
ètte defbrués
travaux, Ils feront choilis par lui, & pourront
également
lui, à la charge d'en rendre compte au validité jugede-paix, e aflité de fes allelleurs, prononcera furla
de la deftitution, --- Page 122 ---
8 > Les conduéteurs & fons-condiuceufs pourrontàuf érie
edeftirnés par le juge-de-paix, allifé de fes allefleurs, Oir
les plaintes portées contre eux: par les culivateurs.
111 dnia
XXXI
>> Les femmes enceintes de fept mois ne travailleront
au jardin, & ny retourneront que deux mois après Retng
couches. Elles n'en jouiron: pas moins. pendant ce, temps 9
des deux tiers de part quileur font alloués.
XXXIL
>> Les cultivateurs pourront changer, d'habiration à
railon de fanté ou d'incompaubilité de caractère
pour
ou fur la demande de l'atelier oà ils font employés. reconnu, Le tout
fera foumis à la décifion du juge-de-paix, allité de fes affefleurs.
XXXIIL:
9> Dans la quinzaine du jour de la promulgation de la
préfente proclamation 2, tous les hommes qui n ont pas de
propriétés, & qui ne feront ni enirôlés, ni attachés à la
culture 3 ni employés au fervice domeftique, & qui Heront
trouvés errans, feront arrêtés & mis en prilon.
XXXIV.
93 Les femmes qui n'ont pas de moyens d'exiftence
qui ne feront pas attachées à la culture ou employées connus au s
fervice domeftique dans 'le délai ci- deffus fixé, & qui feroient trouvées errantes, feront également àrrètées & mifes
- en prifon.
XXXV
9, Les hommes & les femmes mis" en prifen dans les
cas énoncés aux deux articles précédens, feront détenus pen-
& mis en prilon.
XXXIV.
93 Les femmes qui n'ont pas de moyens d'exiftence
qui ne feront pas attachées à la culture ou employées connus au s
fervice domeftique dans 'le délai ci- deffus fixé, & qui feroient trouvées errantes, feront également àrrètées & mifes
- en prifon.
XXXV
9, Les hommes & les femmes mis" en prifen dans les
cas énoncés aux deux articles précédens, feront détenus pen- --- Page 123 ---
dant un mois pour la première fois, pendant trois mois pour
la feconde, & la troifième fois condamnés aux travauxpublics
pendant un an.
XXXVI
>2 Les perfonnes attachées à la culture & les domeftiques
ne pourront, fous aucun prétexte, quitter, fans une permiflion de la municipalité, la commune oà. ils rélident;
ceux qui contreviendront à cette difpofition, feront punis de
la maniète déterminée dans' l'art. XXVII.
XXXVIL
>> Le juge-de-paix fera renu de vifiter, toutes les femaines,
les habitations de fa dépendance. Le procès - verbal de vifite fera envoyé à lin/peéteur général, qui en fera paffer
des expéditions aux commiffaires civils, au gouverneur général x à Fordonnateur civil.
XXXVIIL
>> Les difpofitions du code noir demeurent provifoirement
abrogées.
9). La préfenre proclamation fera imprimée & affichée partout où befoin fera.
33 Elle fera proclamée dans les carrefours & places publiques des villes & bourgs de la province du Nord,
les oirtciers municipaux en écharpe 2 précédés du boaber
de la liberté porté au haut d'une pique.
93 Ordonnons à la commiflion intermédiaire, aux corps
adminiftratifs 8c judiciaites,, de la faire tranfcrire dans leurs
regiftres, publier &c afficher.
>> Ordonnons à tous commandans militaires de prêter
main-forte pour fon exécution.
--- Page 124 ---
3 Requérons le gouverneur général par interim de tenir la
main à l'exécution.
>> Au Cap, le 29 aolt 1793, l'an 2.
>9 Signé, SONTHONAX.
33 Par le commiffaire civil de la République.
99 Signé, GAULT, fecréaire-adjoint de la commifion. *
La féance eft ajournée à demain.
Le regiftre des préfences eft figné.: J. Px. GARRAN, préfident; FOUcHE (de Nantes), fecrétaire; ; MERLINO, DASRAY,
F. LANTHRNAS.
Dr18
>> Au Cap, le 29 aolt 1793, l'an 2.
>9 Signé, SONTHONAX.
33 Par le commiffaire civil de la République.
99 Signé, GAULT, fecréaire-adjoint de la commifion. *
La féance eft ajournée à demain.
Le regiftre des préfences eft figné.: J. Px. GARRAN, préfident; FOUcHE (de Nantes), fecrétaire; ; MERLINO, DASRAY,
F. LANTHRNAS.
Dr18 --- Page 125 ---
12I
L
Du 28 Floréal, P'an croifteme de la République frangaij
une & indiviftble.
O. fait lecture des débats recueillis dans la féance! de lal
veille; la rédaction en eftiadoptée. I
:
ab
Brulley: :Je demande la parole pour faire une 100u déclaration...
5 Lc prefdent au ciccyen Bralleh - La déclaration eft-elle,
relative
débats :
J : Aux
acup sl à b531
Brulley: Oui...
acbrooor'b SADL
3ou
A Le prefitoans-Afn de ne pas couper da défénfe n du' citoyen
Sonthonax, pril waudroit mieux remettte cette déciaration à la:
fin de fa réponfe:
9VAV
21 Brulley : Volontier's. vobm'l
nlo
Le préfident à Sonthonax : As-zu beaucoup de chofes a
dire encore: fur le troifième chef d'accufation ? ilo 1
f Sonthonax.: : Dans dix minutes : j'aurai fini de répondre
à ce chef.
de
O1
Les colons ont prétendt treuver dans le difpofitif des
proclamaiions que j'ai faites fur lérat civil des elclaves, Ia
preuve
T'avois établi à Saint-Domingue la loi agrairePage a aME àl Tappui de cette aliertion deux articles de la
proclam: tion du 29 août, dans Fun defquels j'établis que les
noirs cultivareursauront pour (alaire deleer travailune porion
du revenu total de l'habitation far laquelle ils fe feront fixés.
Par une feconde difpolition, j'ordonne qu'il fera diftribué
a chaque noir , ci-devant efclave, une portion de terre pour
Tome VI. Cinguante-quauriàme liyraifon.
H
Tappui de cette aliertion deux articles de la
proclam: tion du 29 août, dans Fun defquels j'établis que les
noirs cultivareursauront pour (alaire deleer travailune porion
du revenu total de l'habitation far laquelle ils fe feront fixés.
Par une feconde difpolition, j'ordonne qu'il fera diftribué
a chaque noir , ci-devant efclave, une portion de terre pour
Tome VI. Cinguante-quauriàme liyraifon.
H --- Page 126 ---
fervir à culiver les vivres néceffaires à fa nourriture. Le
premier arricle eft ainfi conçu : c'eft le douzième de la
proclamation.
Ce Les revenus de chaque habitation feront pafragés en
trois pertions égales, déduction faite des impolitions, letquelles
feront prélevécs fur la totalité. Un tiers demeure affecté à lade la terre 5 il appartiendra au propriétaire; il aura
FE jouilfance d'un autre tiers pour- les frais de faifance-valoire
Le tiers reftant fera partagé aux cultivatéurs de la manitre
qui va être fixée >2,
e
Dans le partagé des fruits, les cclons ont voulu voir
T'érablillement de-la loia agraire. Je les laiffe jouir de tourlel
mérite de leur objection, & je, n'en rapperie là-delfus à lar
fageffe de la Convention & de ceux qui Iiront les débats.
Dans le fecond article il eft dit: cc Les culivateurs auront
leurs places a vivre. Elles feront répatties équirablement
entre les familles, eu égard à la qualité de la, terre ; & à
la quantité qu'il convient d'accorder >),
Ceft ici que les colons ont crit voir également la loi agraire
à Saint-Domingue: Si c'eft-là létabliffement de la loi agraire
à Saint-Domingue, il faut convenir que cet' érablillement
remontoit un
haut; car l'ordonnance de 1685, tousles
édits fur le A des efclaves, des noirs 2 ont également
ordonné à chaque propriétaire de diftribuer à chiaque famille
à chaque efclave qui 'cultiveroit la terre, une place oi ils'
cultiveroient les vivres. néceffaites à leur fubliftance. J'en
trouve la preuve dans la proclamation du 5 mai., où fel
trouvent, article VIII,les expreftions fuiyan:es:
cc. Article VIII. Il fera diftribué à chaque nègre mâle Où
feraelle une, petite portion de terre de Phabiration, pourr
être cultivée à leur profi:. Les. propriétaires, procureurs &
économes gérans veilleront diligemnient à ce que ces jardins
foient tenus en bon état >,
Ces difpofitions du code noir ont tonjours été en vigueur
à Ssint-Loningue, & l'ufage fur chaque habiration éroit"
yan:es:
cc. Article VIII. Il fera diftribué à chaque nègre mâle Où
feraelle une, petite portion de terre de Phabiration, pourr
être cultivée à leur profi:. Les. propriétaires, procureurs &
économes gérans veilleront diligemnient à ce que ces jardins
foient tenus en bon état >,
Ces difpofitions du code noir ont tonjours été en vigueur
à Ssint-Loningue, & l'ufage fur chaque habiration éroit" --- Page 127 ---
IA3
que tout efclave elit fa place à vivre, Cette place à vivre
éroit un petir terrein autour de fa cafe,dans lequel il
ou des patates, ou telle autre efpécé de fruics nécellaires plantoit
aa nourriture. Si les colons Ont Prérendu trouver la loi
agraire dans ce que j'ailu hier, s'ils ont d'autres preuves
j'avois établi la loi agraire, ce fera à eux à les faire valoir. que
Je palle aux articles qui fuivent les proclamations faites fur
létat civil des noirs eiclaves.
L'art. XVI, à T'appui du iroifième chef
celui-ci: Cc
Ils' ont appelé au gouvernement de d'accufation,ef
un autre que celui que la loi y appeloir. >> Comme St.-Domingue je ne -
connois point de loi qui ait ordonné de nommer tel officier
plucôr que tel autre pour remphir rla place de gouverneur à
Sninr-Domingue > je me difpenfe de réporidre aux, objections
des colons à cet égard.
Art. XVII. Iis ont difpofé arbicrairement des forces de
terte & demer.ies colons onr écarté cet article pour le
traiter lors de la difcullion d'un autte chef.
< Art. XVIII. Ils ont deftitué dans les différens
les officiers tituiaires, > pour y remplacer leurs
corps'
ub I:
créattires,
Il eft vrai
jai deftitué plufieurs officiers dans différens.
que jdt ai doflitué un très-grand nombre, fur
EA dans province du Nord. J'ai deftitué tous les officiers tout du
régiment du Gap, tous! lesofficiers qui étoient inferits fur
liite de profcription gui mavoir été donnée par la
la
du Cap. Ces deftitutions ont été plutôr l'ouvrage commune des
cateurs de la lifte, ont été plutôr r'ouvrage de la commifion fabriin'ormédiaire, qui-a canonifé cette lite, que celle du commiffaire civil, qui en - cela n'a fait qu'cbéir au voeu unanimement émis fur ces deititutions.
D'ailleurs,davois le. dreit de deftituer les fonétionnaires
publics pour caufe d'incivifimc.
Ce droit éroit fondé fur le décret du 8 novembre
& fur les inftructions
n' olt été adreles à cet 1793,
par le confeil exécutif. 2 déjà eu, occalion de
égard:
les débats une lettre du miniftre de la marine. produire J'en rappelle dans.
H 2
unanimement émis fur ces deititutions.
D'ailleurs,davois le. dreit de deftituer les fonétionnaires
publics pour caufe d'incivifimc.
Ce droit éroit fondé fur le décret du 8 novembre
& fur les inftructions
n' olt été adreles à cet 1793,
par le confeil exécutif. 2 déjà eu, occalion de
égard:
les débats une lettre du miniftre de la marine. produire J'en rappelle dans.
H 2 --- Page 128 ---
ici, Jes difpofitions Cette lettre eft du, 1S novembre.
vous
miniftre, quelques-uns
Si
foupgonnez, dit_le aduellemenr dans la co22 fonctionnaires publics. employés
la confiance de la
50 lonie, indignes par, leur incivifme de
font délégués;
35 nation, ifez de tous les pouvoirs quivous
x delliruéz les de leurs cmplois, confiez-les provifoirement
>> à ceux que vous en jugetez dignes. Il ne faut employer La Con2P actuellement aucun ennemi de la, République,
s3 vention nationale ne leur fait point de grace >),
Vous voyez; citoyens, que foit les décrets delaffemblée
nationale, foie les ordres du confeil exécutif, me prefcrivoient fufpects
de defituer les fonctionnaires publics qui faroient d'avoit deltirué
d'incivifime. Les colons me font un crime
inDesparbès. Il eft vrai quie les colons fe font beaucoup a
réreilés à Defparbès, aprcs avoir mis pourtant fon nom la
la tête de lalitte de proleription préfenrée par lé club ou
commune da Cap. CeDefpatbes a été fufpendu de fes-fonctions par les commillaites civils le 22 octobre 1792. Il: a été
envoyé en France pour être jugd. La Convention nationale, a
après avoir examiné lel procès-verbal de faideftitution s
trouvé quikny,a avoit lieu a acculation contre. Delparbis. de
Voici les motifs fur lefquels eft fondée la fulpention
Delparbts an
:
Uni
Il lit: Lo
Arêté porrant fufpenifion des citoyer's Defparbes Cambefors
& attres ebtciers militatres ds la colonie de Saint-Do
mingue.
oili
JWTOD
IMPRIME PAR ORDRE DE LA CONVENTION NATIONALE.
I:
St
Décret du 17 décembre 1791yPen premier de: lai Républigue,
AU NOM DE LA. NATION.
dud
cc Nous; Etienne Polverel; Iega-Félicité Sonthonax,8e civils
Tean-Anteine Ailhaud, commiflaires nationaux
de tous cés
&c des
Confidéran: cnfin qu'il réfulre
faits,
pisces ci-deffus énoncées contre M. Defpa:bes,
LA CONVENTION NATIONALE.
I:
St
Décret du 17 décembre 1791yPen premier de: lai Républigue,
AU NOM DE LA. NATION.
dud
cc Nous; Etienne Polverel; Iega-Félicité Sonthonax,8e civils
Tean-Anteine Ailhaud, commiflaires nationaux
de tous cés
&c des
Confidéran: cnfin qu'il réfulre
faits,
pisces ci-deffus énoncées contre M. Defpa:bes, --- Page 129 ---
I25,
S :. Que" M. Defparbes eft parti de France avec des
principes & des projets conte-résclandiomsies, > méconnoiffant lautorité que la loi nous a confiée, & dans la réfolution
de lanéantir;"
>2. 2o.Qu'il a voulus'emparer de l'efprit des troupes & de.
équipages, &, nous empecher de faire entendre le langage. de
la révolution & de la lois:
>2 3".Qu'il s'eft refufé formellement à l'exécation de plufieurs de nos requilitions, & qu'il n'en a fait enregidrerni
publier aucune;
23 4 Qu'it a" été long-témps dans une inaétion abfolite
fur notre réquifition d'arraquer les efclaves révoltés, malgré
les motifs preffanis que nous lui avons développés dans une
note officielle;
331 5°. Qu'il a rendui d'avance le fuccès de toute attaque intpofible en divulguant, foit la prétendue pénurie des moyens
d'ekéention, foit les prétendus plans de fes opérations intlitaires 12 -
C 9
>> 6°. Qu'ilset déclaré le chefdes cenre-dvelitionaies
dans la? coloniey par le difcours"qu'il a tenu le 17 de ce
meis aux réeimens du Cap & de Walfch, par lequel ils'ett
aihonce comme le repréfentanc du roi, dans un tenps oà
le roi étoit fufpendu dei ifes fonctions; do GIs
3 Lihy Quilseit déclaré, par le même difcours, le chef
de tous_les officiers, 3 foldats & autres qui voudioient s'opFofer à tout cmbarquement pour France, que nous poutrions ordonner 5 il Seft donc déclaré chef des révoltés.
>> 80,Le 19 au matin, il s'efc rendu coupable d'uae contravention formelle à la réquifition que nous lui avions faite
d'affurer l'exécurion de l'ordre par nous donné à M. de
Cambefort > de fe rendre auorès de nous pour refter fous
la fauve-garde de la loi; il fa mis fous fa propre fauvegarde, & a déclaré quil étoit refponfable de la vie & de
la liberré dé cet" officier.
97 I a donné le lignal de la gueire > en ordonnant
aux troupes qui étolent.à la caferne de fe mettre en bataille
far le Champ deM.S fans eh avoir été requis par le pou-
/
H
de
Cambefort > de fe rendre auorès de nous pour refter fous
la fauve-garde de la loi; il fa mis fous fa propre fauvegarde, & a déclaré quil étoit refponfable de la vie & de
la liberré dé cet" officier.
97 I a donné le lignal de la gueire > en ordonnant
aux troupes qui étolent.à la caferne de fe mettre en bataille
far le Champ deM.S fans eh avoir été requis par le pou-
/
H --- Page 130 ---
voir civil, en les maintenant dans cette pofition hoftile 9
de leur faire mettre bas les armes,
malgré notre requifition dans leurs cafernes, & de taire difperler
de les faire rentrer
d'hommes armés
fur-le-champ tousles autres furle rafemblemens
; enfin , par
ou non armés qui étcient
Champ-de-Mars fans y ayoir été
la harangue quil leur fir, civil, non-leulement mais encore contre le veeu de
aurorifé par le pouvoir les engager à combattre les citoyens
notre réquilition, de révoltés, pour
en leur difant qu'il les commanqualifioit
2. en fon nom.
pofte dans les circonftances où la loi
>> 10°.11 a déferté fcn
lui étoit imle lei déiendoits, il Ta déferté, non parce. qu'il delefpéroit
pollible d'appailer les troubles, mais exciter parce de nouveaux qu'il
>.
de pouvoir les perpétuer & en
Sur les morifs développés dans cet écrit,la Convention à la vérité,
nationale a décrété d'accalation révolutionnaire: Defparbès qui, mais la Cona éte acquitté par le tribunal les motifs que nous avions alvention étoient ayant reconnu fondés fur que la loi, a décrété qu'ily avoit lieu
légués à accufation contre lui.
Les colons m'accufent d'avoir placé mes créatures dans
différens régimens. Ils ont articulé à cet égard les nomina- à moi
tions faites de divers particuliers. Ce n'eft pas ny ait
à parler de la moralité de ces ciroyens, mème quoiquil ces hommes
rien à leur reprocher. Je fuppolerai hommes fuffent que devenus les
fe fulfent mal conduits, que ces
on ne pourroir pas
complices des cone-terolajonnaile civils comptables de leur nominarendre les commiffaires
ont faites dans lés
tion, comprables des promotions qu'ils
grades militaires. dans
coloris rious font un crime
L'aricle XIX,
léquelles des actes de la commifde nous être féfervé Tapprobarion été traité dans les féances précéfion intermédiaire, a déjà
dentes. Larticle XX eft celui-ci: Ils ont défenda aux corps adde S môler. de l'adminifination des deniers puminifrarifs
blics.
trouver cette défenfe dans une lettre écrite
Ils; ont. prétendu
'ils
grades militaires. dans
coloris rious font un crime
L'aricle XIX,
léquelles des actes de la commifde nous être féfervé Tapprobarion été traité dans les féances précéfion intermédiaire, a déjà
dentes. Larticle XX eft celui-ci: Ils ont défenda aux corps adde S môler. de l'adminifination des deniers puminifrarifs
blics.
trouver cette défenfe dans une lettre écrite
Ils; ont. prétendu --- Page 131 ---
: par moi à la commifion intermédiaire le 5 janvier 1793.Je
vais en donner lecture.
(II lit: :)
Sonzhonax, 3 commiffaire nazional civil, érc. à la commilFior
intermédiaire,
c Inftrui: par la notoriété publique, cirovens, des débats
fcandaleux qui ont eu lieu dans votre féance d'hier, il eit
de mon devoir de rappeler al'ordre 8 aux principes ceux
de vos membres qui s'en font écartés.
>> La difcuflion s'eft ouverte fur vorre arrêté du 31 dé- /
cembre, & fr la néceflité d'y donner fuite. Cet. arrêté ordonne- 5 1°, qu'il ne fera palle aucun marché qu'avec le concours du contrôleur de la maiine > en préfence des comnuif
faires nommés à cet effet par la commillien mtermediaire; i, que Te diredteur général des finances fera' renu de
remettre, dans la quinzaine, à la commitlion intermédiaire,
un état exaét & détaillé des marchés paffes par T'adminiftration, fur la continuation ou fuppretlion delquels elle fe réferve de pronuncer.
23 Dequel droit, citoyens, vous ingtrez-vous de faire des
loisfurladminiftoer rion delacolonie: de quel droitvoulez-vous
allujétir les mandaraires de la République a-Tapprobation
de leurs actes par vos commiflaires ? Les vieilles Icis comme
les nonvelles prolcrivent égalemen: vos prétentions. Je ne
vous citerai pas les premières, ce feroit vous rappelcr à
l'ancien régime, à ces triftes époques d'aviliffement & de
honte, ci l'efciavage, , gradué par la différence des couleurs,
étoit général pour tous les individus. L'alfemblée narionale
conftituante a brifé vos fers; elle vous a envoyé des inftructions que tout bon parriote doit fuivre jufou'à ce qu'elles fotenc
neremplacées par les décrezs de la Convention nationalé.
33 Lesantinaions décrétées le 15 juin 1791 interdifent
abfelument 2 monéà Faflemblée scloniaie, toute cipice d'innovarien par rapporc auv fonations de l'ordonnateur générei.
Par l'article XIdela fation,XI du tiire VI, eile eft bornée
H+ --- Page 132 ---
au : fmple droit de repréfentation. Cc Les fonations du" direo-
>5 teur général feront celles qui font attribuées à l'intendant
33 relativement à ladminiftration de la guerre & de la ma-
"rinc. L'affemblée coloniale pourra préfenter. fes vues fur
les changemens & les améliorations qui pourroient être
fairs en cette partie, fur lefquels il eft rélervé au cerps
29 légiflarifde ftatuer, même provifoirement t>.
éfentation. Cc Les fonations du" direo-
>5 teur général feront celles qui font attribuées à l'intendant
33 relativement à ladminiftration de la guerre & de la ma-
"rinc. L'affemblée coloniale pourra préfenter. fes vues fur
les changemens & les améliorations qui pourroient être
fairs en cette partie, fur lefquels il eft rélervé au cerps
29 légiflarifde ftatuer, même provifoirement t>. 2 Sil'affeniblée coloniale n'a pas le droit de Ratuer en
cette partic, même provifoiremenr, que deviennent les
prétentions' de la commiflion intermédiaites eile qui neft
qu'un fimple corps adminiftrarif dont tous les arrelés doivent
être foumis à laliemblée coleniale, feule chargée, fi elle
les.adopre, de les faire paffer à da fanétion des reprélentans
de la République : a
Int 15
Il ef encore bien certain que vous navez buo pas le droit
de prendre des arrèrés légiflatifs, que vous avez encore moins
celui de réglier les principes de ladminiftration confiée aux
mandataires de la France. Toutes les fois que vous l'exercerez, vous ufurperez la fouveraineré,, & vous" vous rendrez
compables-du crime de lefe-nauon. >> J'ajourerai qu'au fond votre arrèté a des inconvéniens
graves (fnlliez-vous compérens pour le rendre), qui m'auroient obligé d'en*empècher T'exécution. Vos commillaires
adjeints aux marchés ne peuvent fervir qu'à écarter la refponfabilité des adminifrareurs, ou pluysôt à la rendre nulle;
& fous ce poiit de vie, la nomination des commiffaires eft
abfolument impolitique : leur avis fera loi, Lfordonnatéur
8z-le. contrôleur de la marine ne manqueront pas, comne
als ont déja fait en rlulieurs circonfances, de rejeter fxr cux
rolites. les claufes ruineules des marchés. Je men rapporte
à vouss, citeyens, Jes" commiflaires de votre allembiée pro: *
vinciale. ont-ils épargné leréfor de VEttr. :
35 Lrailemolée natignale, qui fans doute fe cornaityen
principes d'admmnifiration, s'eft-elle jamais mèlée de la confechon dés marchés dà miniftere ? non : elle favoit qu'en
coopéfant, eile s'oroit le droit de décréter AAEAI
prevaricateuis,
29 Vous parlez fans ceffe de la furveillance des corps po:
--- Page 133 ---
pulaires. Feindriez-vous d'ignorer qu'ils ont été les auteurs
ou les complicés de toutes les dilapidations financières de" la
colonie 3 que les preuves de leurs délits exiftent dans les archives du.c confeil exécutif & de. la' Gonvention nationale? Vos"corps populaires ont-ils été autre chofe que des aggrégations ariftocratiques, ennemies de toute efpèce d'égaliré,
aux yeux defquelles tout attachement à la mérropole ou'à
fcs principes étoit un crime digné dui dernier furplice? Je
veux bien croire que les circonftanices font changées; qu'inftruits à Pécole du malheur, vous aurez appris à dimer les
lois françaifes: mais au" moins devez-vous dohner lès prèmiers T'exemple dé la fouinilion & du dévottemenr.
emies de toute efpèce d'égaliré,
aux yeux defquelles tout attachement à la mérropole ou'à
fcs principes étoit un crime digné dui dernier furplice? Je
veux bien croire que les circonftanices font changées; qu'inftruits à Pécole du malheur, vous aurez appris à dimer les
lois françaifes: mais au" moins devez-vous dohner lès prèmiers T'exemple dé la fouinilion & du dévottemenr. Rap-. pelez-vous, citoyens : - que vous n'êtes que le confeil de la
commifion civile nationale; qué vous n'avez aucune jurifdichion fur les mandataires de In République; &c' que f vous
abufiez fciemment des pouvoirs qui vous font confiés par
lés délégués de la France, fi vous réfiftiez à leurs ordres s
litvous deviendriez traitres à la patrie, fuivant lexprellion
térale des décrets. >2 Quantà moi, je ne fouffrirai jamais que le commerce,
dont les intérêts me : font ipécialement confiés, foit, vexé
par, une taxe aibitraire des denrées fournies à Y'adminiftration. Je foufrirai encore mcins les ufurpations de la
commifton intermédiaire 3 je les réprimerai de tout mon pouvoir.! 7 > Dans ces cirçonftances. > je vous enjoins de ceffer toute
E difculion ur T'arrêté du' 31 décembre relativement aux marachés de ladminifration, ainfi que de vous renfermer rrèsob rigoureulamen: dans les bornes des fonctions qui vous font
attribuées par l'article XI de la" feétion XI titre V des
inftraictions décrétées le I5 juin' 1791 par1 l'aflemblée nationale: > & par notre proclamation du 12 octobre der20ip nier.
ftances. > je vous enjoins de ceffer toute
E difculion ur T'arrêté du' 31 décembre relativement aux marachés de ladminifration, ainfi que de vous renfermer rrèsob rigoureulamen: dans les bornes des fonctions qui vous font
attribuées par l'article XI de la" feétion XI titre V des
inftraictions décrétées le I5 juin' 1791 par1 l'aflemblée nationale: > & par notre proclamation du 12 octobre der20ip nier. € onlre
edats
13r
ont sitt TORI
no:lle Le commiflaire civil de la; Répulique :
françaife,
sonntlionut 6I 9b 07
onob Do
su0'as Rplen te 39D 110
20 Signés SONTHONAX. tolllerol ab 4 Flz dhs
luope
Je vous le demande.s citcyens;avez vous vu dans laleqre --- Page 134 ---
AE je viens de.vous lire une défenfe de furveiller
depiers publics? Vousy avez vu une défenfe faite l'emploi à
commillion intermédiaire de s'arreger le pouvoir
la
or > la furveillance des deniers publics n'eft légillatif dans :
dépendance du pouvoir légiflatif; la furveillance pas des la
niers publics apparticnr au
deraifon appartenoit-clle à la commiflion fimple citoyen, , à plus forte
étoit le premier 5 le feul corps d'adminiftration intermédiaire des > qui
lonies. Ce n'eft donc point le droit de
coles innovations, les, arrètés légiflatifs fur le furveillance, fait des
imdis
que nous lui avons interdirs. Ces mefures légiflatives fnances ne
voient être prifes même par les affemblées
pouétoit défendu aux allemblées coloniales de coloniales; faire des
s'il
vations fir le frfême des finances dans la colonie
innofenfe étoit bian plus parriculière
la
9 cetre démédiaire, qui ne étoit point le corps pour repréfentatif commiflion de interlonie. J'ai témnoigné ala commiffion intermédiaire le la COtentemen: de la Convention natichale, de ce qu'eile mécon- vouloit
sarroger-le Je
drciz de taxer les denrées du commerce
favois qu'en établifant un maximum fur les denrées français.
commerce françiis, il fuiroic bientôt les rades de
du
lonte : c'étoit nous Oter tous moyens
la COConven ion a elle- mème çonfacré dlapprovilfionnement. cette
La
truifant le maximum > ces taxes mifes arbitrairement mefure, en fur dédenrées 2 qui font caufe de la difette générale qui exifte les
anjourd'hni en Francc. Si j'avois admis dans la colonie
une pareille taxe, certes la colonie auroit bientôt
de à
farine & de denrées; & cependant il eft prouvé manqué
eu par-tour, même au Pert-au-Prince,
qu'on en a
où ila a été bloqué par les Anglais. La lettre jufqu'au moment
lite ne contient donc aucune défenfe faite à ia que je viens de
termédiaire de furveiller ladminiftration des deniers commiflion incile parle des marchés interdits à la commiflion
publics:
le droit d'arrêter que tel ou tel marché feroit intermédiaire, caffé; ;
les
marchés faits par les agens de ja République françaife car ne
pouvoient pas être callés par les membres de la commiflion
intermédiaire. Il n'eft donc pas queftion de la
des deniers publics; celt donc à tort que les colons furveillance m'ont
accufé.d'avoir défendu aux corps adminiftratifs de furveiller
l'adminiftration des deniers de la colonie. 7
oV T
édiaire, caffé; ;
les
marchés faits par les agens de ja République françaife car ne
pouvoient pas être callés par les membres de la commiflion
intermédiaire. Il n'eft donc pas queftion de la
des deniers publics; celt donc à tort que les colons furveillance m'ont
accufé.d'avoir défendu aux corps adminiftratifs de furveiller
l'adminiftration des deniers de la colonie. 7
oV T --- Page 135 ---
Les colons ont dir danslart. XXI: Sonthonax, dans une
pièce officielle, s'eft annoncé invefli dela diétacure coloniale.
D'abora, les colons avoien: dit que dans une prociamarion 5
dans des actes publics, Javoisprisle ticede dictateur; ; & aujourd'hui, cette acculation de dictature fe trouve uniquement,
felon eux, dans une réquifition adrefiée au ficur Ternan, miniftre pléniporentinire de la République près les Erats-Unis,
pour prefler fes nogocintions fur Iapprorifionmenuent de la
colonie de Saint-Domingue. Je vais vous lire certe piècess
afin que vous jugiez du mérite de l'accufation des coions.
Il lit:
Réquifition donnée par Sonzhonax.
e Nous Léger-Félicité Sonthonax, commiffaire civil;
>> Confidérant que l'état de détreffe où fe trouve la COlonie de Saint- Domingue, épuifée par la longueur d'une
guerre atroce 2 néceflite Temploi des fonds que l'affemblée
nationale 'a mis à la difpolition da département de la marine
fur la datte du gouvernement américain, par fon décret du
26 juin dernier;
> Que ce décrct cft connu aux Antilles & dans le- continenti.que fi,
mertre à exécution &c en faire éprouver
le bienfaifant et à la colonie de Saint- Domingue > it
falloit, attendre la notification officielle aux agens de la
France auprès du gouvernement américain - la colonie, dans
dans
lui
être
ke
Tintervalle, pourroi:
précipitée
gouffre que
creufe chaque jour. la négligence ou peut- êrre la malveillance des miniftres;
>> Que ceft aux commiffaires narionaux civils, inveftis
la loi
&
du
août dernier; de la
REt
du juin par celle
tature coloniale, à fuppléer, en vertu de leurs pouvoirs au
flence coupable des anciens agens du pouvoir exécutif de
France, & fur-tour à faire touis leurs efforts pour éloigner
du peuple foumis à leur gouvernemént les horribles Héaux
que. lui prépare la difetre de vivres 8c de numéraire;
2> Requérens M. Terpan, minifre del la France auprès
dernier; de la
REt
du juin par celle
tature coloniale, à fuppléer, en vertu de leurs pouvoirs au
flence coupable des anciens agens du pouvoir exécutif de
France, & fur-tour à faire touis leurs efforts pour éloigner
du peuple foumis à leur gouvernemént les horribles Héaux
que. lui prépare la difetre de vivres 8c de numéraire;
2> Requérens M. Terpan, minifre del la France auprès --- Page 136 ---
Y3'z
des Met-Unis de PAmérique, au nom de la nation francale, au nom de la colonie de Saint-Domingue, prète à
sengloutir fous fes fuines, de continuer efficacemetit fcs
négociations auprès du gouvernemient des Frats-Unis, pout
obtenir dudit gouvernemnehr, en vertu du déciet du 26 juin
dernier, à lui envové par nous dans lel courant du mois
d'odobre, le complément de la fomme de quatre millions
ide livres tournois, & de faire employer ces fommésà lach
quittemenr des dépenfes néceffaires pour Tapprovifionnement
de Saint - Domingue, 8 particnlierenvene au paiement des
traites déja tirécs par T'adminifration de cette' colonie
le même objet.
pour
3, Rendant mondit feur Térnah refponfable de tous les
maux qui pourroient réfuiter de linexécation de notre réquiltions protéltant même de le dénoneer , dâns ce cas, à
In Convention nationale & au miniftre des affaires étranSeres.
> Fait au Cap, ce décembre
A
1791.
2s Signé, SONTHONAX.
22 Farle icommiffaire national civil de la République,
O. F-DELPECH, fecrétaire de la coma
Cetrc réquiltion, eut tout l'effetque je devcis en attendre.
Are. Ternan, ralluré par les termes preffans de
: a fequilition, hata fa négociation, & le gouvernement
des 50 tais-Unis mic à la di(pelition da miniftre de France
7166 tonds nécefihires pour Tapreovifemmsment du Nord de
Sint-Domingte. D'abord, cette pièce n'eft
un aéte point
e firifliation oficiel fait par mci dans la colonie; c'eft
tine pitde confidentielle enre moi &c le miniftre de Françe
aty Erars-Unis, cui, certes, ne devoit pas être foumis à
415 ferveillance des conimiffaires civils. L'exprefion dont je
me iets, de la dizazure coloniale, ne veuit dire autre chofe
ssugrin plénitiide dds pouvoirs dontj'étois.invefi par Ia Conyention nationale, 2 plénitude des pouvoirs en vertu defqucis
c'eft
tine pitde confidentielle enre moi &c le miniftre de Françe
aty Erars-Unis, cui, certes, ne devoit pas être foumis à
415 ferveillance des conimiffaires civils. L'exprefion dont je
me iets, de la dizazure coloniale, ne veuit dire autre chofe
ssugrin plénitiide dds pouvoirs dontj'étois.invefi par Ia Conyention nationale, 2 plénitude des pouvoirs en vertu defqucis --- Page 137 ---
je faifois une réquifition, très-preffante au miniftrel etnan:
Le miniftre vonloit S étaver de ma refponfabilite, commeil,
me Tavoit propofe dans une, de. fes dectrese Je inienvoie à,
cereffet une oriropnergreiaany dans lequellejeprenis
fur ma relponfabilité le fair de ces négociarions avegde gouri
vernement de Saint, a Domingue. Cerres c'éroit unjaderde
dévouemens du, sommillaire civilal linrére: dela.ccionie de
Saine-Domingss 2, & fur lequel les colonsi nont pas leldtoit:
de me faire des D ptoches 1+
Ceracke de dévouement aeuloni
efet, en ce que la, province du nord de : Saine-Domneasa
eié
au moyen, des négociations o
cntaméess icn:
vertu approvilionnée de ma Tl réquilition, , par le ininifge Ternan. Les. eg-i
preflions qui Y- font contenues ne, fe trouyent, dans. aucun
gés actes de juridiction quej'ai faits dans la colonie. Qa nel
pourroit m 19 accufer de prendre le titre & l'autorité: den dicts
tateur : onl ne pourroit m'accufer d'ayoir dit quej'étois in3:
velti de li dictature coloniale, Oil ne pourroit, dis-jes mac-)
cufer valablement pour cela,
lorfque jaurcis, pris ce
titre dans un'acte de juridiction Rue pour la colonie de SaintDomingue: Otg. laréquifition faite au miniftre Ternan n'et:
point un acte de juridichion,, c'eft tout fimplement uné.séquilition confidentielie entre le miniftre 8c moi, parce que.
le miniftre n'étoit pasfoumis alaj juridiction des commilfaires,
civils de Saine-Domingue. Ar notreartivée de France, > le préfident de Taflemblée coloniale nous dit au nom du corps
quil.préfidose:. La diëtature dont le roi des Francais & ref
Jemblée poxs ont inveftis. C'eft ainfi que s'exprimoir alors-ef
ficiellement &6 tres-oficiellenent dans un acte fait au nom
de l'affemblée coloniale qui repréfentoit les colons jiu d'eft
ainfi, dis-je, que le préfident s'exprimoit àlégard des commiffaires civils. Que lignifie d'ailieurs Fexprefion dir Aitarticulé
les colons pour Jultiferlacculation furlaprétendie
SEEIEI du pouvoir légiflatif & du pouvoir admipiftrarif 1E
J'ai prouvé d'une manière certaine que les pouvoirs' donné;
aux commiffairegcivils à Saint-Deminsue étoienti illimitest) 2 13
prouvé que les pouvoirs étoient fondés fur les décrecs thccelfivement renduspar l'affemblée nationale & enfuite pania
Comremionijagiouste que je n'avois. ufurpé aucun pouvoisy
que je. n'avois neque de ceux quipravoient ét4 delase.s
par les allembleas mationalcs. Jefpere: qu'il rélulte iduue
gcivils à Saint-Deminsue étoienti illimitest) 2 13
prouvé que les pouvoirs étoient fondés fur les décrecs thccelfivement renduspar l'affemblée nationale & enfuite pania
Comremionijagiouste que je n'avois. ufurpé aucun pouvoisy
que je. n'avois neque de ceux quipravoient ét4 delase.s
par les allembleas mationalcs. Jefpere: qu'il rélulte iduue --- Page 138 ---
manière claire, de cette difcuflion, que le troifième
cufation n'incuipe en aucune manière la conduie chefd'ac- des
sommiffaires civils de
deux
commiflaire civil en réfidence Saine-L'omingue, dans la ou du moins du
le feul qui ait pu fc juftifier.
piovince du Nord,,
A la fuite de tous Ces articles, Fondeviolle eft
produire un acte par lequel j'ordonne la
venu nous
procédure criminelle intenrée contre un nègre (ufpenfion libre nommé d'une,
Lapinine. Je pourrois d'abord me
à ce fair, par T'arrété de la commiflion difpenier de répondre
a ordonné aux colons de Préfenter un acte des ccloniés qui
leur acte d'accufation.
addiionnel à
A lappui de tous les chefs d'accufation
les précédentes féances, la commilin des annoncés colonies danscirconfcrit les colons dans les fairs qu'ils
avoit
acte additionnel. Les colons ne devroient articulent dorc par cer
fenter de nouveaux chefs, > loriqu'on leur a donné pas prétemps néceflaire pour les raffembler à fappui de tout le
chef d'accufation. Cependant, comme je ne fuis chaque
inculpable fur Tadte préfenté par Fondeviolle
pas
autres fairs fusccefivement
que fur
P
énoncés dans les
féances, je vais difcurer cet acte. Je prie le précédentes
deviolle de' me le communiquer.
citoyen Fon-,
Fonddviolle : Jé ne'lai pas dans le moment.
Sonthonax : Alors, je difeuterai de mémoire.
Le prefdent : La pièce doit êrre dans les
chercher la copie du proces-verbal oà'elle ef débats, inférée. on va
(La pièce eft comimuniquée à Sonthonax.)
Sonthonax : Je vais cemmencer par. lire
de le difcuter.
l'adte, avant que
Il lit:
(Vid. cette pièce dans la féancé.du 25 Floréal.)
Cet acte n'eft-autre chofe que la fafpenfion d'un'
gement rendu en matière criminelle contre un accuié. jucommiffaires civils avoient reçu
Les
loi du II février 1791, ie' pouvoir REN de fufpendre par pro: Ja
ée à Sonthonax.)
Sonthonax : Je vais cemmencer par. lire
de le difcuter.
l'adte, avant que
Il lit:
(Vid. cette pièce dans la féancé.du 25 Floréal.)
Cet acte n'eft-autre chofe que la fafpenfion d'un'
gement rendu en matière criminelle contre un accuié. jucommiffaires civils avoient reçu
Les
loi du II février 1791, ie' pouvoir REN de fufpendre par pro: Ja --- Page 139 ---
cédure 8c l'exécution des jugemens criminels.
leur eft accordée par la loi du' II février
Cêtte faculié
dans les débars: ainfi, cetacte n'eftautre 1791, déja citée'
de la jurifdicion conférée aux
chole que l'exercice
loi du II féyrier 1791. Les colors comhmiffiires civils par-la
étcit un brigand qui avoit éié
ont dit que ce Dodo'
Bouquemant : ce
intendant : de Tarmée du?
intendants. c'elt un Dodo-Laplains nommé Pierre-Panf, n'ef poinr celui qui a étél
municipal au Cap. Laplaine étoir un anjourd'hui ofcier
au Cap dans la plus grande
negre libre, , vivant
cevoir les papiers de France; tranquilliré, il Vit dans Cer homme re-3
çaife la déclaration des drcits
tne feuille tian->
efclaves commencoient à fe révolter : c'étoit au inoment our-lesi
mois aprèsla révolte fuicitée dans la ; c'éroit trois ou quatre"
mois d'août 1791, Cet homme
province du Nord, au
mier article de la déclaration mohura des
à un efclavé le
Vous voyez que la France penfe à. vous, droits, en lui. stier
tinésà être libres un jour > que la France que vous êtes def-l
foyez: cependant, ne faites rien contre veut que vous le
vons affuer cette liberré,
les blancs pour
la donne, > tôt, Ou tard la
que > puifque la loi vous
la
enverra
yhance
de prononcera, Cet efclave redit à un, autre quelqu'an ce
ici qui
Laplaine; on eut connoillance dé
qu'il tenoit
qui contenoit la déclaration des droits Texhibition de la feuille:
arrêté, conduit à la commifion
: Lapiaine fut aufitor
blement, lui fie adminiftrer le fouer prévôtale, &
qui, préaladeux guichets de la Geole du Cap. C'eft la marque entre les
j'ai trouvé en prifon au Cap, au
cet homme que
c'eft cet homme dont jai ordonné moment de mon arrivée;
veru de la loi du II février
la mife en
en
>
liberré.
dans la colonie les procédures qui m'autorifoit à fulpendre
des hommes accuiés de crimes criminelles relatifs à la commendées contre
voyez que T'acte que j'ai fait à
révolution. Vous
aéte de juridiction
j'avois le l'égard dreit de Laplaine eft un
en fecond lieu que Tal dû mettre en de faire; vous voyez
n'éroit coupable
d'avoir
liberté un homme
droits, & d'avoir moie les
parlé de la déclaration dut
le momént où la France efclaves à attendre
exécution la déclararion des enverroit droits. un homme tranquillement qui mettroit à
prévotale qui conftatent la
Les actes de la commillion
procédure faite contre Dodo,
it de Laplaine eft un
en fecond lieu que Tal dû mettre en de faire; vous voyez
n'éroit coupable
d'avoir
liberté un homme
droits, & d'avoir moie les
parlé de la déclaration dut
le momént où la France efclaves à attendre
exécution la déclararion des enverroit droits. un homme tranquillement qui mettroit à
prévotale qui conftatent la
Les actes de la commillion
procédure faite contre Dodo, --- Page 140 ---
font reftés.au Cap; ils,ont été envoyés, par. le.f général. La,
vaux, fur la frégarela Semillante. Lors de Farrivée de cette:
frégate, les papiers feront remis àla commillion des COT,
lonies:, & elle fera à même de juger de la vérité fur - cet,
objer. Vous voyez que cet aéte eft jufte, légitime, & quer
ceft à tort que lescolons ont voulu l'inculper. Voici. ce
Jayois à dire fur.le troifième chefdaceulaion; je
A03
qu'on paffe à fa dilcuflion.
Brulley :J'obferve quil-eft midi, & que je fuis obligé,
de me rendre au tribunal du fecond arrondiffement, Je fuis,
chargé par mes collegues de faire une déclaration très-importaute : comme elle doit être motivée d'une manière analogue, à fon importance, > je demande la, permiflion de ine
retirer,s. &c de remettre cette déclaration a demnin.,
CIOXIE
: Je demande à répondre à Sonthonax.
17 gréfident : Vous, aurez fans, doute fa liberté. de re
Pondre. > mais il ne faur, pas interrompre cette réplique :
celt,
ccla quil "faut lajourner, apres la déclaration de.
Rrape
24 511100 unir 21001 on OA
eLa féande eft levée. srrp rng Aijodil 51l4o
uTe etre des préfences a
ef ligné J.Pa. GARRANPré
fidents FOUciE (de Nanres Jecretaire F.LANTHENAS
MERLINO, DABRAY. 1010
22 Sp
Cobogy I
col 9LL
00 5C5 1
9.
eo
t2
2.03
-
Tt
Lp SIfIOA
2 10
-Y siol
sluig
:
J1030
. srrp rng Aijodil 51l4o
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MERLINO, DABRAY. 1010
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5 tcis a O0
icutel OU
Du 29! --- Page 141 ---
Du 19 Floréal, l'an croifième de la République françaife
une 6 indivifible,
O, fait ledture des débats recueillisdans la féance d'hier;
la rédaéton en eft adoptée.
Sonthonax : Dansla féance d'hier j'ai annoncé que la diftribution des places à vivre accordées aux calcivateurs étoit
ordonnée
de 1685, & toutes les ordonniinces fur
l'efclavage,
cité un article de ma proclannation du
Srtes
Pour être plus précis à cet égard, s ne lailfer lieu à aucune 5 mai,
cbjedtion, > je vais citer l'article de l'ordonnance à ce fujer.
(Il lit):
Ordonnance du 3 décembre 1784, titre 2,
An T. XIII
ce Il fera diftribué à chaque nègre & négreffe une petite
portion de terre dépendarite de Thabitation, poar être
eux cultivée à leur profit, ainfi que bon leur femblera. par
Veilleront diligemment lés propriétaires. procureurs & économes gérens, , à ce'que leldits jardins i nègres foient tenus
en bon état 37,
Voilà ce que j'avois à dire fur cet objet.
Brulley : Citoyens, la déclaration quej'aià à faire eft relative
aux débats & circonfcrite dans leur objet.
Lorfque la Convention a décrété qu'il feroit établi dans
l'affaire des colonies une difcuflion contradidtoire entre
Tome VI. Cunguate-cinquiène livraijon.
I
, à ce'que leldits jardins i nègres foient tenus
en bon état 37,
Voilà ce que j'avois à dire fur cet objet.
Brulley : Citoyens, la déclaration quej'aià à faire eft relative
aux débats & circonfcrite dans leur objet.
Lorfque la Convention a décrété qu'il feroit établi dans
l'affaire des colonies une difcuflion contradidtoire entre
Tome VI. Cunguate-cinquiène livraijon.
I --- Page 142 ---
1;3accufteurs & les accufés, c'eft qu'elle a jugé que c'é:oit le
feul moyen de connoitre la vérité > tant de fois altérée fur
cette imporrante affure. La Cenvention favoit qu'on s'étoit
toujours. artaché à confondre lcs perfonnes & les chofes;
qu'on avoit rellement dénaturé les faits, que pour les connoirre d'une maniere invatiabie, il étoit nécellaire de faire
jaillir la vérité de la contadiction entre les diverfes parties.
Ces parties ont donc éré mifesen préfence; chacune d'elles
a déclaré en quelle qualiré eile fe préfenroit, & quel objet
elle fe propoloit. Cetoit donc du refiltat de la difcullion que
devoit fortir la vérite 3 & la Convention avoit fait connoitre par fes décrets qu'elle attendoit le réfultat de ces débats
pour fixer fan olinion, pour jnger les perfonnes & les
chofes dans l'aflaire des colonies. Nous avions lieu d'efpérer
qu'il ne feroit prononcé aucun jugement dans cette affaire,
avant que les debats, tuffent terminés, puifque nous avions
nons-mémes indiqué, dans le cours des débars qui ont eu
lieu juiqu'ici quelles étcient nos intentions , quels éroientles
hommes que nous nous propolions d'accufer, foit ifolément
d'abord, foit colleckivement par la iuite.
Je frouve, dans le tome premier des Débats, pages 6 &
7, à la première feance, la déclaration formelle que nous
avons Faite de la qualité que nous prenions., d'après linterpellation du préfident. Je vois que nous y avons tous pris la
qualité d'accufateurs de Polverel, Sonthonax, 6 complices, 6
autres agens de l'Anglet Tre.
Je fuis toujours la marche que. nous avons tenue > & je
trouve dans le même tome > page 170, que fur l'interpellation qui nous a éfé faite par Polverel & Sonthonax, de
déclarer fi nous voulions faire entendre Leborgne & Raymond
comme accufés > nous avons rérondu ques pour le moment 3
nous r'accufions que Poiverel Sonthorax.
Je ftis encore notre marche, 8 toujours dans le même
volame, pages 173 & 174. Te veis que Sonthonax-: a demandé lui-même que Raymond & Leborgne fulient admis
dans les. débats conime accufes > parce que nous les avions
accufls. Je parcours la letire que Raymnonda Cecirelui-mème
à la commiffion , &jy trouve qu'il di avoir érble premier
accufé dans l'aifaire des colonies, & qu'il demande A paroitre en cette qualité. Notre réponfe a été que : pour le momunt préfent, nous nous bornions à Polyerel S Sonthonax.
demandé lui-même que Raymond & Leborgne fulient admis
dans les. débats conime accufes > parce que nous les avions
accufls. Je parcours la letire que Raymnonda Cecirelui-mème
à la commiffion , &jy trouve qu'il di avoir érble premier
accufé dans l'aifaire des colonies, & qu'il demande A paroitre en cette qualité. Notre réponfe a été que : pour le momunt préfent, nous nous bornions à Polyerel S Sonthonax. --- Page 143 ---
Surlademande qu'ont faite ceux-cidefaire entendre Leborgne & Raymond avec eux, la commillion a
un arrêté
& c'eft cet arrêté fur-tout qu'il eft important pris de remarquer., ;
parce qu'il a dû certainement diriger notre conduite. Le
voici.
(Illic):
Arrêté de la commiffion des colonies, du IS Fluvidfe > l'ans
croifème de la République.
>> La commifion arrêre qu'en exécution des décrets de la
Convention & de. fes précédens arrèrés,' elle entendra
les accufateurs & les accufés dans l'afaire des çolonies tous
ajourne à entendre Leborgne & Raymond, dans la fuite des ;
débats, s'ily y a lieu; ;
3, Arrête que fon arrêré d'hier qui règle l'ordre actuel de
la difcuflfion entre les accufateurs & les accufés préfens fera
exécuté, , & que le préfent arrèté fera notifié à
&
Raymend 3.
Leborgne
Vous voyez que cet arrêté difoit que Leborgne 8c
mond feroient appelés dans la fuite',
avoit lieu.
eft-ce
s'ily
REL
qui pouvoit prouver s'il Y avoit lieu à enrendre Leborgne & Raymond ? C'eft la iuite des débats. Or,
ncns G la fuitedes débatsa donné lieu dej penier queLeborgne examietRaymond duflent être enrendus. Je parcours toujours les
débats, &j'y vois, dans la féance du premier germinal, lorfque Sonthonax produit une lertre qu'il dit lui avcir
remife par Raymend, quil ajoute que, pour
été
de cette lettre, > c'eft à laymond. qu'il faut s'adrefiet Tingerception &
pas à lui. Je lis fa déchration bien formelle à cet
non
tome 4, pag. IIO, II2 &121. Le même fait eft
égard >
ment déraillé dans la féance du 18 germinal, pages compléte- 136,
138, 1392 140, 141 & fuivan:es, jufqu'à la page I5o inclutivement. De la difcullion qui a eu lieu à cet
réfulté que les colons fe propofcient de difcerer égard, avec ileft
mond le fait de l'interception de cette lettre, foit Rayfence de la commiflion, foiten préfence des
ei préque nous nous étious réfervé cette difcullion tibunaux avec : puifRay12
pages compléte- 136,
138, 1392 140, 141 & fuivan:es, jufqu'à la page I5o inclutivement. De la difcullion qui a eu lieu à cet
réfulté que les colons fe propofcient de difcerer égard, avec ileft
mond le fait de l'interception de cette lettre, foit Rayfence de la commiflion, foiten préfence des
ei préque nous nous étious réfervé cette difcullion tibunaux avec : puifRay12 --- Page 144 ---
mond, puifque nous avions demandé expédition de l'arrêté
conftatoit que cette lettre appartenoit à l'un de nous >
2e qu'elle avoit été interceptée : quoiqu'elle contint des
queis pour le geuvernement, il s enfuit donc
nous
vions
renoncé à
que
R
pas
faire paroitre Raymond aux débats.
Celle de toutes les féances dans
on
notre
intention d'une manière encore laquelle
remarque'
celle dus Horéal. J'y vois que le préfident plus de la formelle, commiflion eft
des colonies obferveà l'un de nous qye nous acculons
mond &
nous ne le devons pas, parce qu'il n'eft Raypréfent. indes de plus jufte. L'un de nous répond que
lui Raymond
a fait
t
qui
le décret dont il eft
thonax dit que nous n'oferons pas accufer queftion. Sonnotre réponfe littérale : Yous le verret comme Raymond. nous ne l'oferons Voici
pas. Nousamnencions donc que notre intention bien
étoit d'accufer Raymond à fon toar, dele faire
formelle
vertu des décrets de la Convention nationale, paroitre de ici en
avec luiles griefs d'accufation que nous avons contre difcuter lui
cal nous avons contre lui les preuves les plus décifives de ;
fa complicité,
Le priéfidene : A Fordre. On ne peut point accufer un
hoinme qui n'eft pas préfent, & fur leqsel la Convéntion
a prononcé,
Bruiley : Je n'entre point dans le détail despreuves..
Le préfdent : Je prie la commiflion de fe retirer pour délibérer,
Dury.(pendant que la cemmifion fe lève pouraller
Nous allons accufer Raymond dans l'inftant.
délibérer):
(Lac commifion fort. ) -
La commifion étant rentrée,lep préfident lit. Parrêté, fuivane:
ec La commifion arrête qu'elle ne permettra
établiffe des débats fur un objet terminé par un décret pas qu'on de la
Convention nationale ;
53 En conféquence 2 ordonne que les débats feront uniquement concentrés dans la férie des faits articulés par les
colons, en développement de leur aéte d'accufation,
lacte additionnel du 21 de ce mois P,
par
Brulley:J'étois porteur d'un aéte figné de nous., Je demande
ivane:
ec La commifion arrête qu'elle ne permettra
établiffe des débats fur un objet terminé par un décret pas qu'on de la
Convention nationale ;
53 En conféquence 2 ordonne que les débats feront uniquement concentrés dans la férie des faits articulés par les
colons, en développement de leur aéte d'accufation,
lacte additionnel du 21 de ce mois P,
par
Brulley:J'étois porteur d'un aéte figné de nous., Je demande --- Page 145 ---
dle dépofer fur le bureau. J'ai 141 d'abord
je demande à en faire lecture & àle cherché à le notiver ;
Ic préfiient : Nous ne pouvons pas dépofer. recevoir
ce qui n'y a pas été lu.
dans les débats
Brulley : Je demande à le lirc.
c'eft Le préfident : Vous avez entendu l'arrêté de la
à vous de vous y conformer.
commiffion;
Sonthonax : Je demande la parole fur ce
cela ne touche pas le fond de la difcuflion. qu'a dit Brulley 5
Leprefidmne : Les colons ont la
que tu as dit, s'ils le jugent à parole pour répliquer à ce
Brulley : Pour détruire les faits propos. cités à
chef, Sonthonax a d'abord
T'appui du troifième
quenousayons
dit: cc Il eft ablurde de
ufurpé le pouvoir
fuppofer
commiflaires du pouvoir exécurifs, exécutif,lorfque. nous étions
Cette doétrine eft nouvelle &c
Nous n'avons. jamais fix
les pour vous & pour nous.
euffent le droit d'exercer d
agens du pouvoir exécutif
bien vu que loriqu'il avoit été pouvoir exécurif. Nous avons
du pouvoir exécurif, ils avoient nommé été les des commiffaires
miniftrateurs, des généraux, & de ious
furveillans des adétoient chargés des fonétions
lesagens qui,fous eux,
vu nulle part que les commiflaires exécutives. Mais nous n'avons
exerçaflent ce pouvoir; nous n'avons du pouvoir exécutif
cescommiffaires qui onr été
point vu que ceux de
le
envoyés aux armées, en aient
été commandement; envoyés dans les nous n'avons pas vu que ceux qui pris ont
des adminitrations départesens, de
aient exercé à la place
&. Sonthonax, envoyés depastement. a
Ainfi donc Polverel
commiffaires da
Saine-Domingue eil qualité. de
furveiller
pouvoir exécutif, , devoient fe
ceux qui étoient chargés des
borner à
& non pas eux remplir tout à la fois foncions des
exécutives;
général & d'adminitirateur.
fonctions 8cde
vcit pas les accufer d'avoir Après avoir dir qu'on ne pouvous a dit qu'il éroient revêtus ufurpé de le pouvoir exécutif, il
pour prouver qu'ils étoient revêtus de tous les ponvoirs 5 &
ont invoqué un décret du 8 novembre tous les pouvoirs 3 iis
commiffaires civils. Il faut ici,bion s'entendre: 1792, relatif aux
prendre garde que par les abus des
car il faut
mots, nous ne réra-,
I 3
d'avoir Après avoir dir qu'on ne pouvous a dit qu'il éroient revêtus ufurpé de le pouvoir exécutif, il
pour prouver qu'ils étoient revêtus de tous les ponvoirs 5 &
ont invoqué un décret du 8 novembre tous les pouvoirs 3 iis
commiffaires civils. Il faut ici,bion s'entendre: 1792, relatif aux
prendre garde que par les abus des
car il faut
mots, nous ne réra-,
I 3 --- Page 146 ---
bliffions la confufon que ia Conventicn a voulu faire
difparoitre dans ies débats. Il n'eit point queltion ici,lorfqu'on envoie des co:nmiffaites civils, foir dans les
foit ailleurs, d'y envoyer des dictateurs. O:,.qu'eft-ce colonies,
dictateur ? Cet un homme invefti de tous les
qu'an
a je ne connois pas d'autre définition; 5 (oitqu'il lles ait pouvoirs >
foit qu'onleslui ait concédés, encore eft-il vrai qu'un ufurpés, diétateur
eft un homme tnvefti de tous les pouvoirs; & certes l'AC
femblée nationale & ie roi, la Convention ni le pouvoir
exécuuf, n'ont jamais voula envoyer des dictateurs à SaintDomingue. J'en trouve ia preuye dans les dérails trèscirconfctits, très-limités des pouvoirs qui leur avoient été
donnés, foit par le roi, foit par l'Allemblée
avoir décrété leur envoi dans la colonie.
nationale, qui
Après avoir dit qu'il étoit revêtu de rous les pouvoirs >
Sonchionax vous a dit, le pouvoir
e/t
Ii
avoue que-de pouvoir legilatif eft législatif or incelfible. en voilà
danc un qu'ila ufurpé : eli bién ! F'ufurparion incellible, du pouvoir
légilatif failoit Ja matière de plufieurs articles du
chef; nous avons démontré, nous , qu'il avoit ufarpé 3ème. le
pouveir Jégiflatif, & il n'a pas du tout détruit ce que nous
avons avancé à ce fujet. Si l'intenzion de T'Allemblée
tionale cût été de donner à Polverel & Sonthonax la nanitude de tous les pouvoirs > au moins, de l'aveu de
rhonax,, le
Pastisr
lui.
pouvcir légillatif étoit incellible; donc on ne
fous a les pas donné le pouvoir légiflatif: or, nous avons mis
yeux des adtes qui posmentjpfgdafenidane
a ufurpé le pouvoir légiflatif; nous allons rerracer qu'il
dant ces preuves,, & vous verrez qu'il a marché
pation en
NERE
ufurpation, & qe'il s'eft permis ce
même
ne s'eft jamais fait en France. Sil'Affembiée naticnale qui
&
le pouvoir exécurif eufent eu intention de donner à Polvere! & Sonthonax la piénitude du pouvoir exécutif &
adminiftrarif, ils n'auroient pas tracé la conduite
Polverel &c Sonthonax devoient tenir à
que
les auroit pas circonfcrits dans le cercle Saint-Domingue: duguel ils ; il ne
roient pas dû s'écaiter; car lorfqi'on donne la
n'audes pouvoirs exécutif & adminiftrarif, cela renferme plénitude néceffairement tout ce que les fonctionnaires inveftis de ces
pouvoirs doivent faire lorfqu'ils ont en main les lois qu'ils
pas tracé la conduite
Polverel &c Sonthonax devoient tenir à
que
les auroit pas circonfcrits dans le cercle Saint-Domingue: duguel ils ; il ne
roient pas dû s'écaiter; car lorfqi'on donne la
n'audes pouvoirs exécutif & adminiftrarif, cela renferme plénitude néceffairement tout ce que les fonctionnaires inveftis de ces
pouvoirs doivent faire lorfqu'ils ont en main les lois qu'ils --- Page 147 ---
font chargés d'exécuter. Mais ce n'eft pas cela du tout
dont on a chargé Polverel & Sonthonax en les envoyant
à Saint-Domingne. De
les a-t-on chargés? De faire
exécuter la loi du 4 LT d'abord; d'étoit le principal
fuiet de la miflion. Enfuite on les a chargés de taire des
réglemens provifoires 5 encore nous n'apperçevons qu'un
feul décret qui les autorile à faire des réglemens provifoi- de
res. Ainfi Polverel & Sonthonax n'étoient donc que
fimples commiffaires civils; ils auroient donc dû fe borner
aux fonétions des commiflaires civils. Ils avoient le
voir des
relatives à des miflions
RNC
réquisitions' toujours
blables, voilà ce qu'is devoient faire; & tout ce qu'ils
ont fait, foit ce qui concerne le pouvoir exécutif adminiftra- comme
généraux, foit le pouvoir adminiftratif comme & de crimes
teurs & autrement, font autant d'ufurpations
étadont nous devons les accufer. Ils vous ont dit- : Ces
bliflemens lointains devoiene être adminiftrés par des commiffaires civils. Sonthonax lui-même, après vous avoir ditqu'il avoit la plénitude des pouvoirs, ce qu'il n'a pu prouver, dit enfuite que ces érablifiemens lointains devoient
être adminiftrés par des commillaites civiis 3 il prononce
lui-mème, quoique les décrets de lAlemblée leur ordonnaffenr de nommer une affemblée coloniale. Nous y voyons
qu'ils n'ont pas le droit de faire aucune nomination, mais
feulementdes préfentations aux généraux 3 qu'ils n'ont pu
autie choie : k vous les entendez dite tranquillement que
ces centrées lointainés devoient êure adminiftrées pur des
commillaires civils; après avoir nié ie fait,ils arguentaujourd'hui du droit qu iis avoient de ie faire; il vous dit
en fuite, pour exculer f'ufurpation de pouveirs, qu'ils ne
recevoient aucune lettre - da conieil exécadf; ils en ont
conclu : Donc nous devions adminiftrer la colunie. Je vous
le demande, lorique Sonthonax fe permet des affertions
de cette nature, > je vous demande s'iifut toujours d'accord
avec lui-méme. J'ai recueilli, dans la féance du 3 foréal,
droit de créer des défen-
//
ces lertres lui donnoient le
franches.
Ress à la République, de formier des compagmies
Le préfident : Il n'eft pas queftion de ceia.
Brilley : Je ne parle de la lectre que pour la fpécifier: il vous a donné des détails fur cette lette, qui ànI+
> je vous demande s'iifut toujours d'accord
avec lui-méme. J'ai recueilli, dans la féance du 3 foréal,
droit de créer des défen-
//
ces lertres lui donnoient le
franches.
Ress à la République, de formier des compagmies
Le préfident : Il n'eft pas queftion de ceia.
Brilley : Je ne parle de la lectre que pour la fpécifier: il vous a donné des détails fur cette lette, qui ànI+ --- Page 148 ---
noncent gu'ilyavoit correfpondance entre le pouvoir exécutif
& lui; & fi cette correfpondance exiftoit, ceit à tort
dit, pour excufer fonrfurpation de pouvoirs, qu'il dita
été privé de ietres
atdl
officielles-du confeil exécurif; &
tort qu'il morive fa conduire fur l'abandon dans
c'eftà
le laiffoit à Saine-Domingue,. :
lequel On
Sonthonax : Je me contenterai de repondre fur le dernier
article que vient de traiter Brulley ; car dans tout ce
a dit,je n'y ai pas vu la moindre chole qui
qu'il détruire ma défenfe. Dans le cours des précédentes puilfe
Brulley dit que
été en
feances,
difant
j'ai
contradidtion avec moi-même en
que je n'avois aucune correfpondance avec les COmités de souvernement, 8 que c'étoit là la railon
laquelle j'ai de prendre des mefures indépendantes des pour inftruétions qui ne m'étoient pas envoyées. li dit
avoué mioi-méme avoir reçu des lettres de
que il j'ai eft
très-vrai que le rainiftre Monge & le pouvoir Monge; exécutif ont
écrit aux commifaires civils de Saint-Domingte pour leur
annoncer la déclaration de la guerre , & leur
au
nom
de ia Convention, de prendre toutes les ordonner, mefures
leur paroitront néceffaires pour affurer ia défenie de
colonie contre les
Dt
ennemis intéricurs & extérieurs. La
dernière lettre que j'ai reçue de Monge eft du 2 mars
je n'en ai reçu aucune depuis : mais depuis que le confeil 1793;
exécutif a éré diflous, depuis que le pouvoir exécurif a
paffe dans les mains des comités de gouvernement, je n'ai
reçu aucune efpèce d'avis ni de lettres des comités de
gouvernement., Ainfi je ne nie fuis pas contredit dans ma
défente en difant, d'un côté , que j'avois correfpondu avec
le miniftre Monge; d'un autre côté, que jamais les comités de gouvernrment ne nous ont tranfmis à Saint-Domingue aucune clpèce d'avis 2 aucune efpèce de lectre.
Voila ce"quej j'avois à répondre à Brulley.
Bralley : Sonthonaz maintenant s'appuie pour lesdiverfes
ufurpations qas nous lui avons reprochées fur la loi du
juin 1791 5 d'abord nous commencerons par ia formation 15
de la commiflion intermédinire; il prétend que dans ce
décret qu'il a cité.
Sonthonax: L'objet de la commiflion intermédiairo a déja
été difcuté & répliqué, lors du premier chef d'accufation,
Brulley.
Bralley : Sonthonaz maintenant s'appuie pour lesdiverfes
ufurpations qas nous lui avons reprochées fur la loi du
juin 1791 5 d'abord nous commencerons par ia formation 15
de la commiflion intermédinire; il prétend que dans ce
décret qu'il a cité.
Sonthonax: L'objet de la commiflion intermédiairo a déja
été difcuté & répliqué, lors du premier chef d'accufation, --- Page 149 ---
Le préfidene: Il faut entendre fommairement ce qu'ila à
dire; s'il divague, je le rappellerai à l'ordre de la dilcuflion.
Brulley : Je ne prends la parole fur cet atticles,que pour
dire
Sonshonass'en autorifé d'un décret qui n'enef pas
un. de fait eft affez effentiel pour le reiever. Je prends ce
décret pour vous en donner lecture.
(Illit:)
Décret de TAfenbllenationales du I5 juin 1791.
ee L'Aflemblée nationale décrète :
fe conformant
s Que l'affemblée coloniale pourra ( en
aux décrets rendus pour les colonies, defquels elle ne pourra à
arrêter ni fefpendre Texécution ) mettre provifoirement les
exécution, avec Tapprobation préalabie du gouvernesr, nationale
difpolitions des dintérens décrets de PAllemblée
rendus pourle royaume, & même celles desinfructions qu'iis
croiront pouvoir convenir à la colonie, à la charge de rap- déliporter le tout au corps légiflatif, pour être foumis à la
bération & à la fanétion du ro: ;
d'uferde
>> Que pour mettre T'allemblée coloniale à même feulement,
cette faculre,il lui fera adreflé, à titre d'inftruétion
un exempiaite des décrets del'Affemblée nationale, acceptés
& fanélionnés par le roi >,
Vous voyez donc, ciroyens,, que ce qui a été ciré par
Sonthonax comme un déeret, n'a été envoyé dans la colonie
qu'à titre d'infractions & de renfeignemens. Si Sonthonax
avoit envie de fe conformer à ces inttructions &c à ces renfeignemens, il devoir propofer à l'aflemblée coloniale, avant
de la diffoudre, de délibérer fur l'acceptation qu'elle deroit
faire de telle ou telle partie des inftractions;les articles, décrétés aux
termes du décret devoient revenir en France, force être
loi.
par le corps légillatif &c fanétionnés pour avoir
de
Jufque-là Sonthonax s'eft écarté du décret;le décret lui; prefcrivoit de former une aflemblée coloniale; donc la formation
d'une commifion intermédiaire > qui n'eft point aurorifée
par aucun décret, elt une ufurpation du pouvoir légillatif.
Soathonax: Je réponds à cela.
és aux
termes du décret devoient revenir en France, force être
loi.
par le corps légillatif &c fanétionnés pour avoir
de
Jufque-là Sonthonax s'eft écarté du décret;le décret lui; prefcrivoit de former une aflemblée coloniale; donc la formation
d'une commifion intermédiaire > qui n'eft point aurorifée
par aucun décret, elt une ufurpation du pouvoir légillatif.
Soathonax: Je réponds à cela. --- Page 150 ---
Brulley a dit : e Sonthonax s'eft étayé, pour juftifier la
mefure qu'ila prile pour l'organifation d'une commifion internédiaire, du. décrer de l'Allemblée naticnale rendule I5
juin 17913 ce décret, > ajoute Brulley, n'étoit point un décret (ce font les expretlions), c'étoit un mémoire en forme
d'inftructions, pour la manière de diriger les afiemblées COloniales 35, Je conviens avec Brulley que ee décret contenoit
fimplement des inftructions non obligetojres pour la colonie; ;
mais il fuflifoit que ces inhuctions fullent données comme
le réfultat de la volonté du
délégués du
corps. légiflarif, 3 pour que les
corps légitlarif euffent lc droit de le conduire
d'aprés ces inftructions. La. conféquence qu'on peut raifonnablement tirer du défaut d'obligarion de ce décret,
les inftruétions n'obligeoien: pas plus les commillaires cltque civils
fi que les lcs affemblécs coloniales : mais on ne peut pas dire
commiffaires civils vouloient fe conformer à ces SE
trudtions,ils n'en euflent pas le droit; car je maintiens, moi,
qu'il eft du devoir de tour bon ciroyen de ie conduire fuivant
les inftructions du corps légillarif, fur-tout lorfque les inftructions du corps légillarif avoient été rédigées de manière
à faire & à produire le bien de la colonie.
dis
dans ces
Or,je
inftructions il fe trouvoit tout ce qui étoit nécellaire que
pour produire une organifationtelle, que la colonie n'eit
à fe plaindre de la métropole, qui vouloit la diriger. Ce point n'eft
peint à moi d'ailleurs à julifier les moufs ou les raifons
ont déterminé le corps légiflauif à envoyer des commiffaires qui
à Sains-Domingue: 5 il me fuffit de dire que les délégués du
pouvoir légiflatif avoient le droit de faire &c de mettre à exécurion ces inftruétions. Eruiley dit : Ec Sirles commiffaires
civils vouloient mettre à exécution les infiructions non obligatoires, ils auroient di les porter d'abord àl l'affemblée COloniale, afin qu'elle lcs accepràt avant qu'elles fulfent mifes
en aétivité 92, Jé réponds à Brulley que nous nous ferions
bien gardés de préfenter les inftructions à l'approbation de
J'aflemblée coloniale, parce qu'il étoit dans nos
&
dans ceux du corps légilarif de France, que les principes colonies ne
pouvoient pas avoir, dans une République une & indivifible,
tin pouvoirlégillatif quelconque; nous ne devions pas, nous
préfenter à la fanction d'une aflemblée coloniale un aéte
auroit produir de leur part un actei légiflatif. Je réponds outre qui
inftructions à l'approbation de
J'aflemblée coloniale, parce qu'il étoit dans nos
&
dans ceux du corps légilarif de France, que les principes colonies ne
pouvoient pas avoir, dans une République une & indivifible,
tin pouvoirlégillatif quelconque; nous ne devions pas, nous
préfenter à la fanction d'une aflemblée coloniale un aéte
auroit produir de leur part un actei légiflatif. Je réponds outre qui --- Page 151 ---
cela que l'affemblée coloniale formée à notre arrivée ne
repréfentoit peirt la colonie de Suinz-Dominguc.
heprfdons : Ceci: a éré déja dit...
Soncionas: Je réponds en un mot: Nous ne devions pas
reeilswpa2-abacalise coloniale lesinfruéions
du corps légilasif.
Bruilley : J'chferve qu'à cette épocre il n'y avoit pas de
République. Largument de Sonthenax tombe alors de luiméme.
Sonchorax: Depuis le 21 feptembre il y a une Républicue.
Bruiley: Oi, mais à l'époque du 13 octobre l'exiftence
de la Republique n'étcir pas connue à Saine-Domingue.
Le prijfiden: : C'eft-là: un "incident qui ne fait rien à lai
queftion. Que le gouvemnement fit monarchique ou républicain..
Ciaufon: Nous n'avons connu la République qu'en décerabre.
Sonthonax: Cela eft vrai.
Bruliey : Je pafle maintenaat à l'ufurpation du pouvoir légilaiif , relativement au pouvoir judiciaire à Sain- Domingue.
Sonthonax a dit que le pouvcir judiciaire n'éroit point
organifé à Saint-Domingae loriquil y, eft arrivé. Il vous 2
dit que puifque le pouvoir judiciaire n'étoir roint organife,
il aveit le droit de Toiganifer Sans doute TAferoblée naiionale avoit prévu qu'à Saint-Domingue le pouveir judiciaire
pouvoir ne pas ère bien placé; il eli avcitmôme déjs infruir
ies juges qui avoicnt fair prufcllion de fentimens inverfes de
cetx de la France, avoient ccllé de mériter la confance pa
blique, & ils avcient été remplacés par des hoinn es deloi qui
militoient auprès des tribunaux.
Lc prefdent : Ceci reviendra dans un desarticles ulicricurs
oû il eft queftion du tribunal panicalitremnent.
Brulley: C'eft-là ci j'en fuis. Sonthonnx prérend L'eu'il
avoir le droit d'organifer des tribunaux, de faire F'applicarion
de telle Ol telle lei, ou nème de créer des tribunaux à fa
guife. Eh bien! moi, je prouve que T'Alemblés natienale lui
avoit prefcrit, de la manière la plus impérarive S la marche
qu'ilavoit à fuivre. L'Aflemblée nadonade avoit prévu que
ley: C'eft-là ci j'en fuis. Sonthonnx prérend L'eu'il
avoir le droit d'organifer des tribunaux, de faire F'applicarion
de telle Ol telle lei, ou nème de créer des tribunaux à fa
guife. Eh bien! moi, je prouve que T'Alemblés natienale lui
avoit prefcrit, de la manière la plus impérarive S la marche
qu'ilavoit à fuivre. L'Aflemblée nadonade avoit prévu que --- Page 152 ---
les tribunaux de la colonie pourroient n'être pas formés, &
qu'ils pourroient même ne pasl'ère de
eft
arucle III du décret du 22 juin
long-temps, Il dit,
attendront
5 que les commiffaires civils
la colonie, l'organifation définitive de l'ordre judiciaire dans
les anciens l'érabliront & mettront provifoirement en activité
nier reffort tribunaux, tant de première infance que de dercuiion de : aucune circonftance ne pouvoit changer l'exévolonté, il cette loi. Sonthonax ne devoit pas y fubftituer fa
loi. Ildevoit ne donc pouvoit pas changer la forme prefcrite par la
récablic les anciens tribunaux , tant de
première initunce que d'appel, & il tie devoit pas fe
mettre de changer en aucune manière l'organifation ordennée perpar le pouveir legiflatif. Changer cette forme, > organifer de
nouveaux tribunaux, c'eft fans doute ufiurper le pouvoir légiflatif, c'oft être rebelle au décret qu'il étoit chargé de faire
exécuter. Il eft enfuite entré dans le détail de ces tribunaux;
ils'eftplu à peindre les colons comme tenant aux anciennes
formes du code pénal. Eh bien ! citoyens, le code pénal tel
gu'ila été exécuté dans toute la France pendant
étoit fuivi à Saine-Domingue; par les anciens tribunaux.
anciennes formes ont
SIT
L'aflembiée
toujours été exécurées à cet égard-là.
coloniale n'a rien innové. L'ailemblée coleniale,
par l'arrété que Sonthonax vous a cité, n'a fait que réclamer
que I'on rezplic exadtement tour ce qui avoit eu lieu
lors dans les' tribunaux de Saint-Domingue 5 d'ailleurs jufqu'a- les'
anciennes loisdevoient être exécurées jufqu'à ce
les nouvelles fullent promulguées à Sainr-Domingue que
qu'elies y aien: reçu toutes les formes légales
> être jufqu'à exécu- ce.
tées fuivant les décrets quin'étoient pas encore pour envoyés officiclement à la colonie : ainfi le code pénal ayant été exécuté
en France,i il devoit l'être à Saint Domingue, & il ne devoir
érre apporténucun changemenr. Le tort eft donc tout entier
Z la part de Sonthonax; & le tribunal qu'il a organifé luimémie, lesjuges qu'il s'eft permis de nommer, de falarier,
font des contradictions impardonnables avec la loi qui ne lui
permettoir que de préfenter le nombre double des fujets,
que le gouverneur général nommit. Vous vous rappclez pour
fur deux fajers que devoient préfenter Sonthonax & Polverel, que,
gouverneur général devoit en nommer t211 &c lui donner
GGLE commifions provifoires. Vous vovez douc, citoyens, que
ie, lesjuges qu'il s'eft permis de nommer, de falarier,
font des contradictions impardonnables avec la loi qui ne lui
permettoir que de préfenter le nombre double des fujets,
que le gouverneur général nommit. Vous vous rappclez pour
fur deux fajers que devoient préfenter Sonthonax & Polverel, que,
gouverneur général devoit en nommer t211 &c lui donner
GGLE commifions provifoires. Vous vovez douc, citoyens, que --- Page 153 ---
loin d'avoirle droit de créer un nouveau tribunal,ils
pas même le droit d'en nommer les membres
n'avoient
que le droit de les préfenter. C'eft tout ce qui réfule 3 ils n'avoient de
loi. C'eft donc une ufurpation manifefte du
cette
giflatif.
pouvoir léSonzhonax : Un feul point' mérite une réponfe dans ce
qu'a dit Brulley. Il nous contefte le droit de nommer
officiers de juftice dans la colonie. Ilcft très-vrai
les
loi du 22 juin, le droit des commifliires civils, que par la
nomination des juges, étoit borné à la préfentation relatif de à la
juges au gouverneur général, fur lefquels le gouverneur deux
néral avoit le droit du choix ; il eft très-vrai
gedu 22 juin, le droit des commiffaires civils que eft par la loi
préfentation de deux
borné à la
fujets at gouverneur
quels ce gouverneur avoir Je droit de choitir: général, mais la fur, loi lef- du
Snovembre 1792, les inftrudionsdur miniflre
donnent très-politivement aux commiffaires venuesilappui, civils le droit de
deftituer & de remplacer les fonétionnaires publics civils
militaires. L'article V de la loi dip que les commiffaires civils &
auront le droit de deftituer les officiers civils &
les.a adminiltrateurs, de deftituer les officiers de juftice milimaires,
Jeur parohtroienrfufpedhs dans la colenie & de les
qui
Nous avions le droit de nommer les officiers de remplacer.
la colonie de
juftice dans
des ordres du Saint-Domingue, nious l'avions aufli cil vertu
font
pouvoir exécuuf; ear les:letres du miniftre
égalemenr mention du droit de remplacer les
naires publies. Les lettres du miniftre avoient été écrites fonctionEinterprétation, ou piutô: à l'appni du décret rendu par en la
Convention nationale, le 8 novembre 1792.
Il: n'y a donc aucune difficulté farle droit que nous
de nommer nous-mêmes des juges; mais quand ce avions
roit pu être douteux par rappert aux tribuaux dreit auil demeureroit très-jufte à l'égard d'un tribunal criminel ordinaires,
traordinaire., Le tribunal criminel extracrdinaire fortan: ex- des
règles ordinaires de l'ordre judiciaire, dès que le tribunal étoit
organifé, le même pouvoir qui avoit organifé le
avoit, certes ,le pouvoir de nommer des juges. Voici tribunal,
y'ai à tépondre.
caqie
Brulley : Je n'ai que deux mots à ajouter à ce
dit fur les inculpations relarives aux commiflions que f'ai
prévétales.
,
traordinaire., Le tribunal criminel extracrdinaire fortan: ex- des
règles ordinaires de l'ordre judiciaire, dès que le tribunal étoit
organifé, le même pouvoir qui avoit organifé le
avoit, certes ,le pouvoir de nommer des juges. Voici tribunal,
y'ai à tépondre.
caqie
Brulley : Je n'ai que deux mots à ajouter à ce
dit fur les inculpations relarives aux commiflions que f'ai
prévétales. --- Page 154 ---
Ifo
Les commillions prévôtales étoient de ces inftirutions gui
exiftoient à Saint-Domingue comme en France. Avant qu'on
eût pris une autre forme, ces commilions prévôtales ont
fait leur devoir comme elles le devoient, & Sonthonax s'eft
g'u à les incciminer fort mal-à-propos; ; car, à coup far,
fi I'on compte le nombre des fuppliciés & toutes les atrocités qu'ils ont commifes, on verra aifément que les commillaires fe font ccnduits avec la modération que commandoient les circonftances & l'hinanité. Mais lui ne vous a
pas dit qu'il a lui-même infiteé une cour martiale; il ne
vous a pas dit que par les réfulrats d'une de ies proclamations > pn étoit fufile fur-le-chomp. Il n'étoit point parlé ni
de in queftion prépararoire, , ni des formes; par cette
mation, il dit que tout homme qui fera ttouvé hors de
ceinte
ERA
d'mn mur ou d'an camp, fera fur-le-champ livré à
la cour martiale pour être jugé, d les jugemens de la cour
marriale étoienr d'être falillé fans autre forme de procès.
Ainti ii eft donc ri.icuie de voir Sonrhonax faire des reproches d'inhumaniré aux colons & aux tribunaux qui étoient
inftitués felon les formes e ablies dans la colonie, & que'
lui ait ordouné de faire juger pardevant des commilions
martiales, & ait fair fuliller fans autre forme de procès.
Certes, il n'y a pas d'esemple d'arrocités pareilles, & il eft
étorinan: que Sonthonax ait ofé nous faire ce reproche, il
croyoit fans doure que nous ignorions comment il s'étoit
conduit.Je demandela leéture dela proclamation par laquelle
il ordonne que tout homme trouvé hors des murs de la ville
fera livré à la commillion martiale pour être fafillé.
Le prefident : Ceci n'eltpns contenu dansle troifième chef
diceufarion, vous auriez dà, fi vous vous propoliez d'en
parler, en faire Un des articles de votre accuianion : cependant, comme la commiflion des colonies ne cherche que la
manifellation de la vérité, eiie vous accorde la parole pour
la leSture de la proclamasion, a moins que Sonthonax ne
convienne des fairs..
Sonzhonax : Je demande, moi, la laéture de la proclamaticn; je demande qu'eile loit lue en encier.
(Vemzaillit:)
iez dà, fi vous vous propoliez d'en
parler, en faire Un des articles de votre accuianion : cependant, comme la commiflion des colonies ne cherche que la
manifellation de la vérité, eiie vous accorde la parole pour
la leSture de la proclamasion, a moins que Sonthonax ne
convienne des fairs..
Sonzhonax : Je demande, moi, la laéture de la proclamaticn; je demande qu'eile loit lue en encier.
(Vemzaillit:) --- Page 155 ---
Proclamation du premier mars 1794.
K Nous, Léger-Félcité Sonthonax, commiffaire civil, &c.
3> La Propriété eft la bafe fur luquille les fociétés font
affifes; elle eft le figne repréfencatifde l'exiftence civile.Sil)
n'y avoit qu'un homme, il n'y auroit point de guerre de
partage; s'ii n'y avoit qu'une fociété, ilny auroit point de
guerre étrangère. Mais il y a des foldats aveugles à combattre, s des citoyens fideles à protéger. La force armée eft
deftinée à veiller à la propriété de ceux-ci, &à confommer
Tanéanciffement de ceux-là.
>Là, comne par-tont, le peuple africain déploiera cette
humanité qui l'a difingué dans fes efforts pour rentrer dans
l'ordre focial. Avec quelle fenfibilité n'a t-il pas accueilli &c
prorégé fes ennemis les plus ardens! Son courage égalera
fes autres vertus. Ceux qui combattent pour reconquérir le
droit de T'opprimer,. doivent la vie à fa clémence : ils devront bientôr lenr défaite à fa valeur. Non > le peuple africain ne fouillera point fa victoire 5 il ne désiionorera, point
la plus facrée, la" plus augufte des prétentions par l'incendie
& le pillaged A labri de la fermeté généreufe, la;
& la liberté repofent tranquilles, fir qu'il porte propriéré dans fon
coeur le jugement des làches qui ofcroient les violer.
a >>- Contians en tant de vertus, tous les citoyens s'uniront
à lui pour prolonger fa ligue redoutable; la colonae
blicaine offrira la sonfufion importante des couleurs répu- dans
l'ordre ipénétrable des rangs Tous is citoyens armés &
non foldés marcheront fous la bannière civique; & fi un làche
eft atteint défertant fes murs,l aura mérité la mort.
s Dans ces circonfunces nous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit:
A R T I C L E P R E M I E R.
>> Tous les citoyens armés & non enrAlés fe joindront aux
corps des volontaires nationaux commandés par Lefoutin:
II,
8 Tout citoyen qui fera trouvé fans paffe porr hors des
&
non foldés marcheront fous la bannière civique; & fi un làche
eft atteint défertant fes murs,l aura mérité la mort.
s Dans ces circonfunces nous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit:
A R T I C L E P R E M I E R.
>> Tous les citoyens armés & non enrAlés fe joindront aux
corps des volontaires nationaux commandés par Lefoutin:
II,
8 Tout citoyen qui fera trouvé fans paffe porr hors des --- Page 156 ---
R52
murs, > fera couduit pardevant le commnandant de la
& puni de mort.
place,
III
> Tous ceux qui feront trouvés à piller ou à incendier
feront également conduits pardevant le commandant de la
place, & punis de mort.
I V.
33 Tout foldat convaincu d'avoir vendu fes armes fera
puni de mort.
>> La préfente proclamation fera imprimée & publiée au
Port-Républicain , le premier mars 1794: > an troifième.
>) Signé, Sonthonax.
9> Parle commiffaire civil de la République. Signé, Gault,
fecrétaire adjoin: de la commifion civilen,
Brulley: Les nègres révoltés pilloient, incendioient,
geoient, le tout au nom du roi. On les arrêtoit, & on égor- les
conduifoit aux commiflions prévôtales, & là s'inftruifoit un
procès fuivant les anciennes formes ufitées par les commiffions.prévôtales en France. Vous Voyez donc que Sonthonax,
qui nous fait des reproches de ces mefures, en a adopté luimême qui font à la vérité plus expéditives; 5 mais je vous
demande fi elles font plus humaines. Vous voyez qu'ils difent
que tous ceux qui pilieront & incendieront feront mis furle-champ à mort; & il ajoure à tout cela que toute
fonne qui fera trouvée fans paife-port hors des murs,
mife à mort. Je
Tera
le demande, fi jamais chez aucun
eivilifé on a mis à mort' un homme parce
na peuple
de paffe-port dans fa poche > parce qu'il eft hors qu'il d'une en- pas
ceinte quelconque. Je laille maintenant à la, commiflion à
juger du mérite de l'inculparion qu'il nous fait, & de tous
les reproches d'inhumanité, tandis que lui a ourre-paffétour
ce que les peuples les plus féroces ont pu commettre.
Sonthonas : liy a une mauvaife foi infigne dans la manière dont les colons viejnent de yous préfenter cette pro-
dans fa poche > parce qu'il eft hors qu'il d'une en- pas
ceinte quelconque. Je laille maintenant à la, commiflion à
juger du mérite de l'inculparion qu'il nous fait, & de tous
les reproches d'inhumanité, tandis que lui a ourre-paffétour
ce que les peuples les plus féroces ont pu commettre.
Sonthonas : liy a une mauvaife foi infigne dans la manière dont les colons viejnent de yous préfenter cette pro- --- Page 157 ---
153.
slamarion, car elle fut rendue dans le moment du
ce
jour oi les Anglais étoient devantle Por-au-Prince, fiége, La
anglaife étoit dans la rade; une colonne de l'armée anglaife flotte
noirdu côté de lArachaie, & étoit déjà furl'une des
yede la plaine; une autre colonne venoig du côté de habitations.
l'attaque alloit commencer. Je vous demande fi
Biroron, 3
vile ou militaire qui commande dans la
l'aurorité cidonner des conlignes févères
place ne doit pas
de paffer à l'ennemi, Je vous pour demande empècher fi des transfuges
fort de la place en transfuge pour aller
un à homme qui
mots d'ordre, Ou1 donner les moyens de S porter emparer l'ennemi de la les
'n'eft pas digne de mort 3 je vous demande f alors la place,
clamation qai ordonne la peine de mort contr'eux n'eft prolégitime & jufte 5 fi, dans tous les temps, un homme pas
quitte les lignes de l'armée pour paffer à l'ennemi, ne
pas ècre
de
aM
puni
mort. C'eft dans ces circonftances que
prononcé la peine de mort contre les ciroyens
j'ai
de la ville funs paffe-port. Ces homnies devoient qui fortiroient être
par la commifion martiale. Je vous demande ce
jugés
alors cette grande déclamation des colons
que devient
chez un peuple civilifé on n'a jamais condamné s en difant à
que
transfuge qui fort d'une ville pour paficr dans le mort un
nemi, Voila quelle étoit alors, au 4 mars
camp ende la ville du Port-au-Prince.
1793 la. potition
fentent les colons fur leurs commifliéns Qmant aux excules que prédirai d'abord qu'ils ont violé toutes les lois prévorales,je vous
fon inftirution,
françaifes dans
accufés. Ils vous 2 puitqu'ils difen: ont ordonné la totture contre les
fions prévôtales le
qu'ils ont ordonné par les commifincendioient
jugement de tous ceux qui pilloient &
faifoient
5 que les révoltés de la province du Nord ne
autre chofe que de piller &
ne vous difent pas qu'ils faifoient traduire d'incendier: à
mais ils
prévôtales, non feulement les
ces commitions
mais tous les hommes accufés hommes de favorifer pris en la Ragrant délit,
noirs 5 ils ne vous difent pas que les commiflions. réyolte des
étoient des tribunaux permanens pour juger
prévorales
ja en temps de fiége 2 mais encore pendant tout non-feulement le
tenue des aliemblées coloniales; ils ne vous difent temps de
qu'ils faifoient mettre à la tortre même les horames pas
que I'on a confervé la queftion préalable 8:
libres;
Tome VI. Cinquanze cinquieme lyraifon,
préparatoire K
vous difent pas que les commiflions. réyolte des
étoient des tribunaux permanens pour juger
prévorales
ja en temps de fiége 2 mais encore pendant tout non-feulement le
tenue des aliemblées coloniales; ils ne vous difent temps de
qu'ils faifoient mettre à la tortre même les horames pas
que I'on a confervé la queftion préalable 8:
libres;
Tome VI. Cinquanze cinquieme lyraifon,
préparatoire K --- Page 158 ---
comme une forme néceffaire à une
ce, au mépris des lois émanées des procédare aflemblées prévôtale, nationales'; J &
que dis-je? au mépris des édits des rois, qui ont été en cela
plus humains que l'aflemblée coloniale > puifqu'ils avoieat
aboli la torture. Voilà ce quej'ai à reprocher aux commiffions prévôtales. J'ai répondu à Tinculparion. qui m'a été
faite fur une proclamation
laquelle jai ordonné
celui qui feroit trouvé hors tar la ville du Port-au-Prince que
alliégée par les Anglais, feroit puni de mort; par laquelle
j'ai ordonné que tout transfuge feroit puni de mort. Voici ce
que j'ai à répondre à Brulley.
Brulley: J'obferve qu'il ne faut pas fe tromper fur les
dates; c'eft au mois de juin que les Anglais fe font
fentés devant le Port-au-Prince. J'obferve en outre que pré- Gi
Sonthonax avoit eu les motifs qu'il vient de détailler toutà l'heure pour faire cette proclamation, , ce n'eft pas à
fent qu'il devroir les dérailler, c'eft dans le confidéranr pré:
ne vois pas qu'il en ait fait mention.
jje
Sonthonax : Il n'étoit pas néceffaire pour les commiffaires civils de faire mention dans le confidérant des raifons
qui déterminoient la peine de mort contre les
puifqu'sl eft dit dans le confidérant que les
transfuges >
7e préfenter pour combattre l'ennémi, que les Africains Africains voni vont
défendre les propriétés e oppofer d l'ennemi une colonne imé redoutabls. N'étions-nous donc pas en préfence de
puifqu'il eft dit dans le confidérant
les
feEr
del'armée républicaine alloient fondre
Je dis colonnes
c'eft
plus:
Aelsaandri
qu'il eft faux que le fiège du Port-au-Prince ait commencé le premier juin 1794: vous acquerrez la preuve, dans
le cours des débats, que le fiége a commencé le premier
janvier 17945 que le liége, > à la vérité, a été levé cette
première fois; que vers le 4 mars les Anglais fe font
fenrés une feconde fois; les Anglais fe font préfentés prétroifième fois; & le troifième fiège, > joint au troilième une
en
fait même temps que le liège du Port-au-Prince, blocus; ont été
infrudueux.
Brulicy :Je tiens ici des papiers publics qui indiquent
le fiége du Port-au-Prince a été fait dâns les premiers que
de juin 17945 que le fiége a commencé ainli que je jours l'ai
dit plus haut. Les voici.
les Anglais fe font préfentés prétroifième fois; & le troifième fiège, > joint au troilième une
en
fait même temps que le liège du Port-au-Prince, blocus; ont été
infrudueux.
Brulicy :Je tiens ici des papiers publics qui indiquent
le fiége du Port-au-Prince a été fait dâns les premiers que
de juin 17945 que le fiége a commencé ainli que je jours l'ai
dit plus haut. Les voici. --- Page 159 ---
Sonthonax : En ce cas, je demande que la commiffion me
permette de mettre fous fes yeux la fommarion qui fur faite
par le général anglais de rendre la ville du Port-au-Prince
le 2 janvier 1794, au moment où ils'eft préfenté devantla
ville.
Iepréfident : Peux-tu la trouver mainténant ?
Sonthonax: : Oti,.citoyen, elle eft ici.
(Sonthonax fort, pour l'aller chercher; il revient ).
Il m'eft impoffible de la trouver à préfent ; je demande
à la commiflion de m'accorder jufqu'i demain.
Le préfident : Cela ne peut pas faire de difficultés.
Brulley : B'ailleurs, Sonthonax ne s'eft pas borné à
noncer indiftinctement la peine de mert contre les
prodans une feule circonftance ; vous frémirez fans doute citoyens
Le préfident : On ne peut pas revenir fur de nouveaux
faits 5 l'objet aétuel des débats eft de favoir f
au mépris de la loi du 22 juin 1793, a créé (Sonthonax un tribunal
compofé s'il
de cinq juges fans jurés pour la province du
s'eft réfervé la nomination dé ces juges : l'article Nord; fubléquent eft relatif à Polverel. Ils ont mis hors de la loi des
fonîtionnaires publics : voili la queflion attuelle.
Plusieurs colons : Nous y fommes tous.
Brulley : Mettre hors de la loi ou fufilier, c'eft
près la même chole; je n'étois pas loin de mon but. à-peuSonthgnax : Je prie la commiflion de m'accorder la
pour une demande d'ordre. Les colons ne doivent avoir parole
la parole que pour répondre à ce que j'ai dit
ma dé- ici
fente; ils doivent être circonfcrits dans les
fe font
qu'ils
Rodes
prefcrites eux-mnêmes en articulant les faits
moi,
contre
Lc préfident: : Voilà ce que je viens de dires.jai
Brulley àl'ordre dela difcuilion dont il
il rappelé
que de répliquer à Sonthonax, d non s'écatiols d'articuler ne s'agit
nouveaux faits.
pas
de
Brulley: Nous paffons aur huittème article du
chet d'accufarion. Cet. article eft relatif à la mife troifième hors de
K 2
faits
moi,
contre
Lc préfident: : Voilà ce que je viens de dires.jai
Brulley àl'ordre dela difcuilion dont il
il rappelé
que de répliquer à Sonthonax, d non s'écatiols d'articuler ne s'agit
nouveaux faits.
pas
de
Brulley: Nous paffons aur huittème article du
chet d'accufarion. Cet. article eft relatif à la mife troifième hors de
K 2 --- Page 160 ---
Ja loi. Sonthonax, lerfque nous lui avons reproché; fes proclamations à, la main, d'avoir mis hors de la loi des généraux, des fendtionnaires publics; d'avoiraufli profcrit des foldats; lorique nous lui avons fait ce reproche, il s'eft excufé
en difant que la proclamation portoit elle-méme le motif qui
l'avoit déterminé à mettre ces hommes hors de la loi : mais
il ne vous 1 a pas prouvé qu'il eût le droit de les mettre
hors de la loi. Certes; il lui ett été impollible de prouver
lui, commiffaire civil, eit le droit de mettre hors de
%f loi: mais il vous a dit: Les fonétionnaires publics, les g6néraux, les foldats que j'ai mis hors de la lei,sy font
mis eux-mèmes par leur conduite. Je demande Gi jamais
quelqu'un a
par fa conduite fe mettre lui-même hors
de la loi. Guit que mettre hers de la loi? C'eft donner
à tCuS les citoyeris le-droit de courir fus à un Komme, c'eft
autorifer tous & un chacun de tuer celui qui eft hors de
la loi. Or, quel eft Tho nme qui, par fa propre conduite,
fe met dans le cas que tout individu puilfe attenter-à fon
exiftence ? & comment fe fait-il que Sonthonax ait pu fe
perfuader qu'il.avoit le droit de prononcer que tel ou tel
individu étoit hors de la-loi? N'avoit-il pas des pouvoirs
qui lui tracoient impérienfement la conduite qu'il devoit
fuivre 2 A l'égard de ceux qui fe fercient mis dans le cas
de la défobéiffance à fes proclamations , n'étoient-ils
un décret formel déclarés traitres à la patrie : dans
fi:
par
cas d'êrre déportés, d'être envoyés ell France avec les pièces
qui conftaroient leurs délits? Mais dans aucun cas le commiffaire civil Sonthonax n'avoit le droit de mettre perfonne
hors de la loi. Quelle
fat la conduite d'un fonctionnaire
pubhc, ii n'avoit droit de le mettre hors de ia loi.
Si j'examine Peatuter les motifs qu'il a donnés, fi j'examine dans la conduite de ces généraex, de CES foldats,
s'il avoir quelque chofe qui pût les faire mettre hors de
la 2 par le pouvoir légifarif qui fenl avoit le droit de le
prononicer, , je n'y trouve rien 5 car il nous dit qu'ilar mis e
la manicipalité dela Marmelade hors de la Joi, parce qu'clle
evoit eu Vinfolencede délibérer fur une capiulation propolée
par une priflance ennemie. Quoi ! des hommes qui manquoient de munirions, des hommes qui fe trouvoient dans
W31 cas de détrelie abiolue après Tincendie & la dévaftacion
ifarif qui fenl avoit le droit de le
prononicer, , je n'y trouve rien 5 car il nous dit qu'ilar mis e
la manicipalité dela Marmelade hors de la Joi, parce qu'clle
evoit eu Vinfolencede délibérer fur une capiulation propolée
par une priflance ennemie. Quoi ! des hommes qui manquoient de munirions, des hommes qui fe trouvoient dans
W31 cas de détrelie abiolue après Tincendie & la dévaftacion --- Page 161 ---
du Cap, quife voyoient livrés à
de la loi, parce qu'ils ont, felon eux-mêmes, 3 font mis hors
ufé du droiz de délibérer fur une l'exprellion de Sonthonax,
préfentée ! Qu'eft-ce qui doit délibérer capitulation fur le qui fort leur d'une eft
commune : Ce font des généraux, des officiers
qui font chargés de faire ce qu'exigent les circonftances manicipaux
nibles, telles que celles oi ils fe trouvoient; ; & ce ne font pépas-là des raifons pour être inis hors de la loi. Ce n'en font
point non plus pour que Sonthonax fe permit de mettre
indiltinckement, & fans nommer perfonne 2 des foldats
de la loi. Mettre des foldats hors de la
c'eft
hors
être confidérés comme mis hors de la loi, loi, tous foldats expofer à
tant le même uniforme. Vous fentez tout ce qu'il y a de por- révoltant, tout ce qu'il y a d'atroce dans cette mefure. On
peur commencer par tuer un foldat qui porte
ceux
qui font hors de la loi, &, après cela, dire l'uniforme qu'il In'étoit de
compris dans le nombre de ceux mis hors de la loi. Cela
E2' fans exemple, contre tous les principes d'humanité
de juflice: C'eit une ufurpation du pouvoir légillatif
&
un caraétère révoltant. Il y a plus; c'eft que Sonthonax qui porte s'eft
permis de prononcer ces mifes hors de la loi, par la
clamation dont je vous ai donné ledture. Mais il nous protous hors de la loi, & cela eft plus fort. Il exifte de met lui
une proclamation du 28 août 1793, par laquelle ils ont
hors de la loi tous ceux qui fe font réfugiés aux
mis
après l'incendie du Cap. Il met hors de la loi tous Erats-Unis, ceux
ont échappé aux maflacres dont on vous développera leshor- qui
reurs, loriqu'il en fera queftion.
Sonthonax : Voilà de nouveaux faits :il s'agit du chef
vous avez annoncé.
que
Bralley : Il s'agit de la mife hors de la loi.
Sonthona:: Voici l'érat de la queftion : les colons ont dit:
Les commiffaires civils ont mis hors de la loi des
naires publics. Ils ont apporté à l'appui de cette dénonciation fonctionune proclamation 2 je ciois, du, 2 février 1793. J'ai
à ce fait : les colons ne peuven: avoir la parcle que répondu
répliquer. Si, en répliquant, ils annoncent
pour
de nouveaux faits, de nouveaux actes, il eft continiellement impoflible
les débars ie foicnt pas éternels. Je ne refufe pas la difr que
K;
loi des
naires publics. Ils ont apporté à l'appui de cette dénonciation fonctionune proclamation 2 je ciois, du, 2 février 1793. J'ai
à ce fait : les colons ne peuven: avoir la parcle que répondu
répliquer. Si, en répliquant, ils annoncent
pour
de nouveaux faits, de nouveaux actes, il eft continiellement impoflible
les débars ie foicnt pas éternels. Je ne refufe pas la difr que
K; --- Page 162 ---
cuffion fur tous nos actes; mais je demande
la
ordonne de fuivre la marche qu'elle a elle-même que commiflion
indiquée.
dec- Brulley : Ce font des preuves que nous donnons à
que nous avons avaneé,
F'appui
la loi des fonétionnaires
quils'étoitp permis de mettre hors
publics & autres.
Sonthonax : Il n'y a pas & autres,
Ie préfident : A l'ordre.
Clauffon : C'eft égal.
Brulley : Nous alléguons pour preuve la
nous avons citée d'une part, & pour feconde proclamation
car il nous eft
de
PT.aSs
de loi tous permis
prouver que
a mis hors
Somibntus
ceux qui sont ici
Le préfident : La commifion, en vous ordonnant
nir un acte additionnel aux chefs d'accufation
de fourpresentés, vous a aufli ordonné de fournir à la que vous direc- avez
tement & tout, enfemble > les développemens & fuite, les
à
T'appui de chaque chef d'accufation Vous ne pouvez pièces donc
pas. lorfqu'il eft queftion de répliquer, donner de nouveaux
développeniens, de nouvelles preuves auxquelles
n'a pu répondre d'avance. Vous devez vous borner Sonthonax à
pliquer aux réponfes de Sonthonax; mais, encore un
révous ne devez pas produire de nouvelles
coup,
des développemens que vous n'avez pas piees faits pour appuyer
aviez la faculé 5 en vertu de l'arrèré de la ; lorfque vous
fournir ces développemens, il falloit
commillion, de
produire cette pièce.,
Brulley : Nous ne nous écarterons point du tout des développemens que nous avons donnés; mais j'obferve, comme
Sonthonnx a lui-mème la parole le dernier
répondu à ce que nous
> qu'il a déja
non-feulement nous ftivons répliquons. les
Dans ce moment- ci,
données, mais encore nous ics preuves que nous avons déja
fous le jour le plus avantageux; claffons, il lui fera nous aufli les préfentons facile de
répendre aux preuves qu'on allegue de nouveau, car
nous renfermerons dans l'ordre del la difcuflion établi, nous de
répondre à celles que, nous avons déja
que
de Nui-même la faculté de
données. Il a donc
répondre aux nouvelles
que nous ajoutons : c'eft fous ce rapport que vous preuves
des preuves; mais je ne prétends point
je
préfente
augmenter ni dimi-
entons facile de
répendre aux preuves qu'on allegue de nouveau, car
nous renfermerons dans l'ordre del la difcuflion établi, nous de
répondre à celles que, nous avons déja
que
de Nui-même la faculté de
données. Il a donc
répondre aux nouvelles
que nous ajoutons : c'eft fous ce rapport que vous preuves
des preuves; mais je ne prétends point
je
préfente
augmenter ni dimi- --- Page 163 ---
nuer la lifte des articles qui fe claffent dans
tion mis fous les yeux. du préfident.
les chefs d'accufaSonthonax: Je réplique que les colons
d'accufation mis fous les yeux de la commillion. augmentent les chefs
quej'avois smis hors de'la loi des
Ils ont dit
tenant ils difeat
j'ai mis hors fonctionnaires de
publics; mainJe demande
la loi tout le monde.
que 1.e commiflion veuille bien
colons fe renfermeront dans le cercle
ordonner que les
tracé, c'eft-à-dire fur les fonétionnaires qu'elle a elle-même
Le préfident : La commiflion n'accorde publics. la
que pour répliquer, ainfi que je leur ai parole aux colons
ponfes de Sonthonax; elle ne leur
annoncé, 3 aux rément-ci, de nouveaux développemens permet fur des pas, dans ce mopas encore été traités; or celui fir leque! objets qui n'ont
Brulley ne l'a pas encore été.
parloit le citoyen
Duny : Nous fommes tous mis.hors de la loi.
Le préfidene : A l'ordre.
Brulley: Cela reviendra lors de l'incendie du
nax,
s'excufer d'avoir mis hors
Cap. Sonthofible T s'excufer d'un
de la loi, s'il eftpof17 août 1792. Il a prétendu pareil crime 5s s'eft étayé de la loi du
foient étoient traitres à la que tous ceux qui iui défobéifconclu qu'ils devoient être patrie, mis hors & la tout de fuite il en a
fi jamais on s'eft permis un raifonnement loi.Je vous demande
ment ! parce qu'un homme fera déclaré aufli atroce. Comà la patrie, dès ce monient il va être par mis Sonthonax hors de traitre
Sonthonax a donc le droit d'appliquer la loi
la loil
veut 5 il fe Tarroge au moins; & après l'avoir comme il le
après avoir dit: Un tel eft traitre à la
il appliquée,
conféquence que,
le fait
il parrie, en tire la
&c il le prononce 5 T ordonne même, à
eft hors de la loi,
fus à celui qu'il a déclaré traitre à tous la les citoyens de çourir
finement perfide de faire traduire,
parrie, & il a ce rafproclamation en langage créole, comme afin je vous l'ai dit,
pas d'autre
que les negres,
BESLE
qui
ou tel individu. Il a étendu langue > euffent le droir de tuer tel
dividus, fous des prétextes certe mefure à cent autres inordonné de maffacrer à volonté diterens; & c'eft ainfi qu'il a
tous ceux qui avoient vouiu
K 4
ement perfide de faire traduire,
parrie, & il a ce rafproclamation en langage créole, comme afin je vous l'ai dit,
pas d'autre
que les negres,
BESLE
qui
ou tel individu. Il a étendu langue > euffent le droir de tuer tel
dividus, fous des prétextes certe mefure à cent autres inordonné de maffacrer à volonté diterens; & c'eft ainfi qu'il a
tous ceux qui avoient vouiu
K 4 --- Page 164 ---
réfifter à fon autoriré dicaroriale, à l'efprit de rapine & de
dévafation qui le dirigeciz dans la colonie.
Sonthonax: Je ne fuis pas étonné du grand intérêt que
prennent les colons aux individus iis hors de la loi par la
proclamation du 2 juiller; ces hommes font leurs complices,
Iisavoient livré le territoire français aux ennemis; ils avoient
émigré dans la partie efpagnole; ils s'éroient' raflemblés hoftilemens centre les troupes de la Républigue. Je ne fuis pas
étonné que les colons veuillent les défendre. Brulley a. dit :
Sonthonax, pour ligitimer la mife hors de la loi des hommes
cités dans la proclamation du zjuiller 3 a alluréqu'ils s'étoient
mis eux-mimes hors de la loi par ie fait. Brulley affure que
nul homme ne peut commettre une action qui le mette
hors de la loi par le fait. Eh bien! citoyens, ceux qui ont
énigré, & qui ont porté enfiite les armes contre la République > foneils hors de la loi par le fait? La Convention
n'a-r-elle pas prononcé que tout citoyen français devoit
fufilier fans jugenent un émigré lorfquil le trouve à la tête
des armées ennemies, & loriqu'après avoir porté les armes
contre la patrie 3 il rentre dans fon fein pour exciter de
nouveaux troubles 2 Voilà ce que j'ai fait par E proclamation du 2 juillet. J'ai mis à exécution la loi qui prononce
la mife hors la lci contre tous ceux qui font raffemblés hoftilement contre leur patrie. Lafeuillée, Nully, la municipalité de la Marmalade, par le fait de leur émigration fur
le territoire efpagnol, dont le roi étoit en guerre avec la
République françaife, fe font mis hors de la lci eux-mêmes.
Cet dans ce fens que j'ai dic qu'ils éroient déclarés traitres
à la parrie par le décret rendu par l'Affemblée légiflative le
17 aoûr 1792.Je me fins bien gardé de dire, & jen'ai jamais
dit que ceux qui défobéireient à mes ordres devoient être
mis hors de la loi par moi, J'ai dit; & je m'en fouviens
encore > que tous ceux qui défobéilloienr aux commiflaires
civils et porrant les armes à la tête d'une troupe pour
combattre Tarmée dirigée par les commiliaires civils, > que
ces hommes-là étoient, par ce feul fait, mis hors de la
loi. Certes, O1l eft hors de la loi, lorique : ne
pas
las voies civiles pour faire redreffer les griefs Romaer on fe
plaint, on vient à main armée artaquer les délégués de la
République. On fe met foi-même hors de la loi, lorfqu'au
les armes à la tête d'une troupe pour
combattre Tarmée dirigée par les commiliaires civils, > que
ces hommes-là étoient, par ce feul fait, mis hors de la
loi. Certes, O1l eft hors de la loi, lorique : ne
pas
las voies civiles pour faire redreffer les griefs Romaer on fe
plaint, on vient à main armée artaquer les délégués de la
République. On fe met foi-même hors de la loi, lorfqu'au --- Page 165 ---
16I
lieu d'attendre de la Convention nationale &
confticuées, > juftice contre l'autorité dont
des autorités
lève des troupes pour porter les armes contre On fe plaint o on
foutiens qu'alors on eft hors de la loi;
cette autorité. Je
mis hors de la loi Neuilly Lafeuillée &je & foutiens qu'ayant
compris dans la proclamation du 2
autres individus
mettre à exécution ce que les lois juillet, françaifes je n'ai fait que
textuellement fur les émigrés, &c
prononcent
qui porteront les armes contre la far-tout contre les émigrés
j'avois à répondre fur cet article Répmblique. au citoyen Voilà ce que
Verneuil: La commiffion a déclaré
Brulley.
I'a déclaré plufieurs autres fois,
rout-à-fheure, & elle
tout ce quis s'étoit paffs à
qu'elle'defiroit être inftruite de
à la commifion de vouloir Saint-Demingue. bien
Nousdemanderons
proclamation qui eft horrible; & la entendre la lecture d'une
fe convaincre fic'eft en vertu des décrets commifion aura lieu de
nationale que Sonthonax a ainli agi.
de la Convention
II lit:
AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE
* Nous, Leger-Félicité
&c.
Sonthonax, commiffaire civil,
3> Infruit
quelques naturels du
pour pafler aa à la
pays en font fortis
voilines;
Aomelie-Anglend-tat dans les ifles
5 Infruit que des perfonnes émigrées de
depuis le 20 juin dernier, rejetées des
Saint-Domingue
ou elles s'étoient réfugiées,
Etars-Unis d'Amérique
des bâtimens amérienins; reviennent dans la colonie fur
miniftre > Confidérant que la Convention nationale
de la marine, par fon décret du
a chargé le
faire paffer à Sain-Domingue les
5 mars dernier, de
après les avoir organifés en
naturels des coloniss,
3> Confidérant que les motifs compagnies franches ;
fubliftent encore, > puifque la colonie qui eft ont décidé cette loi
ennemi exrérieur, que les naturels du
menacée fe
par un
pays
doivent plus
ie fur
miniftre > Confidérant que la Convention nationale
de la marine, par fon décret du
a chargé le
faire paffer à Sain-Domingue les
5 mars dernier, de
après les avoir organifés en
naturels des coloniss,
3> Confidérant que les motifs compagnies franches ;
fubliftent encore, > puifque la colonie qui eft ont décidé cette loi
ennemi exrérieur, que les naturels du
menacée fe
par un
pays
doivent plus --- Page 166 ---
. ICUI T rement à fa défenfe, & ne peuvent l'abandonner
Fants" devenir colpables ;
5 Confidérant que des hommes qui ont été complices des
projets criminelsde Galbaud, ou qui ont au moins lachement
sbandonné la colonie dans un moment de danger, > ont
les droits attachés au titre de citoyen français, & doivent perdu
méme être confidérés comme ennemis de la République
%
Défendons aux naturels du pays de quitter la colonie
fons l'atitorifation de la commiflion civile > à
d'être
mis hors de ia loi, & de la confifcation de leurs peine biens
mobiliers & immobiliers.
35 Déclarons' émigrés tous ceux qui font partis fans
émané de la commilion civiles
congé
3> Déclarons hors de la loi tous les émigrés, & leur
défendons de reparoitre à Saint - Domingue, , fans êcre
autorifés par un décret du corps légiflatif, ou la
y.
du confeil exécutif de la République, ou par celle permiflion de la
commillion civile.
33 Faifons la même défenfe à ceux partis avec congé
portant injonétion de quizter la colonie dans un délai fixé.
>> Défendons aux capitaines qui abordent dans la rade de
la province du Nord, de laifler débarquer aucun
fans une permillion émanée de nous.
paflager >
35 Enjoignons aux commiffaires de la nation, aux municipalirés, aux coimandans militaires & capitaines de port
de la province > fous leur reiponfabiliré, de tenir la main à
T'exécurion de la préfente proclamation, chacun en ce
le concerne.
qui
>> Sera la préfente proclamation imprimée > publiée >
affichée, 8tc.
- 33 Au Cap, le 28 août 1793,lan deuxième de la République françaife.
s5 Signs, Sonthonax >.
Par le commiffaire civil. Signe, Gault, fecrétaire
coroint, --- Page 167 ---
Or,je vous demande fi une perfonne fortie avec un congé
figné de Polverel & de Sonthonax, peut être déclarée émigrée
& par cette feule raifon mife hors de la loi. Je demande s'i
ny a pas de quoi frémir !
Le préfident prononce l'ajournement de la féance à primidi.
Le regiftre des préfences eft
J. Pr. GARRAN
préfident 3 Fo/cHE (de Nantes At fecrécaire; MERLINO
GRIGOIRI, F.I LANTHENAS, DABRAY.
igné de Polverel & de Sonthonax, peut être déclarée émigrée
& par cette feule raifon mife hors de la loi. Je demande s'i
ny a pas de quoi frémir !
Le préfident prononce l'ajournement de la féance à primidi.
Le regiftre des préfences eft
J. Pr. GARRAN
préfident 3 Fo/cHE (de Nantes At fecrécaire; MERLINO
GRIGOIRI, F.I LANTHENAS, DABRAY. --- Page 168 ---
Du premicr Prairial, Pan troifème de la République françaife
une & indivifble,
1 No donne ledture des débats recueillis dans la féance du
floréal. La rédaction en eft adoptée.
lui Sonthonax : J'ai demandé la parole à la commillion
donner les explicarions que j'ai promifes, tant fur la pour
clamation du premier mars 1794 que fur celle du 28 août pro1793. Sur la proclamation du premier mars
les colons
ont prétendu que la ville du Port-au Prince 1794, n'étoir pas en
étar de fiége, que les Angluis ne font venus mettre le fiége
devant la ville duPort-au-Prince que le premier Juin
Je vais vous prouver, par la fommation qui me
1794.
le temps, faite par le général anglais, que la ville fur, du Port- dans.
au-Prince a été alligée depuis le 2 janvier 1794.
Il lit:
Copie de la lettre adreffec par le commodore J. Ford,
du vaiffeau /Europa, comma-dant l'efcadrille capitaine
mouillse €n2 grande rede du port répablicaun, à anglaif-,
commilfaire civil de la République frangaife, à Sonthonar, Saint-Domingue.
A bord de TEsropa, en dehors du Port-au-Prince,
2 janvier 1794.
cc M o N S I E U R.,
53 L'efcadre dont il a pla à Sa Majefté
me confier le commandemenr, eft maintenan: britennique de
en partie
-dant l'efcadrille capitaine
mouillse €n2 grande rede du port répablicaun, à anglaif-,
commilfaire civil de la République frangaife, à Sonthonar, Saint-Domingue.
A bord de TEsropa, en dehors du Port-au-Prince,
2 janvier 1794.
cc M o N S I E U R.,
53 L'efcadre dont il a pla à Sa Majefté
me confier le commandemenr, eft maintenan: britennique de
en partie --- Page 169 ---
165.
devant votre port : nonobftant le défaut d'égard de.la
des habitans du Port-au-Prince à Ja proclamarion de
AROE
mie, du 23 feptembre dernier, par le colonel Whiteloke,
commandant des forces briranniques, dans ce difric & fes
dépendances; neanmoins, afin d'eviter une plus grande effulion de fang, une fois. encoie, & par. un pavillon parlemenraire, je vous ofre les mémes termes accordés aux habitans de Saint-Marc, les navires dans le port exceptés,
leiquels ne peuvent raifonnablement êrre comptis dans la
capitiation, puifque l'on m'a porté à employer la force,
au, lieu de la prière quia été fans effet.
- 93 Je promets aufli de bonne foi de recommander au miniftre de la Grande-Bretagne tels autres priviléges & immunités aux hommes de couleur, qui peuyent ètre jugés
convenables & expédiens, fuivant l'exigence des cas, à la
conclulion de la guerre, avec ia conviction entière que toute
conceflion raifonnable leur fera faite à cette période. Les
forces navales maintenant fous VOS yeux > avec les troupes
qui y (ont embarquées, font trop puiflantes pour que- Yous
rélithiez; mais avant que je fois forcé à la cruelle néceflicé
de tirer l'épée, jai pexté convenable, d'après les mouvemens de Thumanité, de vous informer franchement de mon
intention, & qu'en cas de réfifance de votre part, vous me
conduiriez à la cruelle extrémiré de détruire une, ville aufli
belier & aufli importante; que le blâme peut e11 retomber
fur vous feai, 8 non far moi. Ceft pourquoi je vous fupplic très-inikumment de laifler la raifon prendre le dellus
dans ce pirilleux moment, & de réfléchir trés-ferzeufemsnt
fur votre préfente fituation. J'ai chargéle capimine Rowley,
officier d'experience & de diftinétion dans ia marine de Sa
Majefté, de yous informer que je fufpendrai l'arraque jafqu'a demain madn à l'ouverture du jour, & de revenir enfuite à T'efeadre, ce qui déterminera définitivement le forz
da Port an-Prince. Tlaauli mesi inftructions pour vous communiquer l'avis que j'ai recu des forces navales & militaires, qui font arrivées aux Barbades, & dont Jes efforts, je
T'eipere formement > peuvent ne pas être appliqaés à cette
maihegreufe colonie : ce
dépend beaucoup de votre proconduite. Il vous
aufli de la reddition de
pre
(
tEa
J
uite à T'efeadre, ce qui déterminera définitivement le forz
da Port an-Prince. Tlaauli mesi inftructions pour vous communiquer l'avis que j'ai recu des forces navales & militaires, qui font arrivées aux Barbades, & dont Jes efforts, je
T'eipere formement > peuvent ne pas être appliqaés à cette
maihegreufe colonie : ce
dépend beaucoup de votre proconduite. Il vous
aufli de la reddition de
pre
(
tEa
J --- Page 170 ---
quelques poltes importans en France aux armes britanniques.
>> Je fuis, Monfieur,
Votre très-humble & très-obéiffant
ferviteur,
3> Signé, J.FORD, commodore & commandant
en chef des vailleaux & bâtimens de Sa Majefté employés & à être employés à la Jamaique, dans fes environs & aux ifles de
Bahama.
39 Certifié conforme à l'original anglais,
9> Signé, B. J. ROWLEY, capiraine de la frégate
de Sa Majefté britannique la Pénclope.
33 Pour copie conforme à celle dépofée au fecrétariat de la
commillion civile,
3> Signé, GAULT, fecrétaire-adjoint. 99
Vous voyez, le
d'après la fommation que je viens de vous
lire, que fiége du Port-au-Prince a commencé depuis le 2
janvier 1794; que le blocus a toujours continué,
ce
jour jufqu'à la fn de février, ou au commencement depuis de
mats, ou des troupes vinrent de nouveau ftationner en
rade, &c tenter le debarquement &c la
côté de Léogane, foit du côré de
defcente J'avois > foit du
bien le droit de prononcer la peine T'Arcahaye. de mort contre les trans- donc
fuges, dans un temps oû nous étions cernés
les
& ou une partie des colons confpiroient de tous par côrés Anglais,
appeler les Anglais, ainfi que vous l'a dit Page lui-mème pour
dans une précédente féance. Une autre proclamation a été
lue
les colons. Elle eft du 28 aodt:793.
imedi : Sonthonax vient de vous lire une
& il
avoit promis avant-hier l'original, Ils'en faut bien copie, cette
pièce foit originale; elle eft nulle & de toute nullité. que Soa-
ons confpiroient de tous par côrés Anglais,
appeler les Anglais, ainfi que vous l'a dit Page lui-mème pour
dans une précédente féance. Une autre proclamation a été
lue
les colons. Elle eft du 28 aodt:793.
imedi : Sonthonax vient de vous lire une
& il
avoit promis avant-hier l'original, Ils'en faut bien copie, cette
pièce foit originale; elle eft nulle & de toute nullité. que Soa- --- Page 171 ---
thonax vient de vous dire que l'efcadre
nué de bloquer le Port-au-Prince,
anglaife avoit contis
moi je m'en vais lui prouver-c
tant qu'il y eft refté, Et
du Môle ala fin du mois de que l'efcadre anglaife eft partie
dâns la rade du
mai, &c qu'elle n'a mouillé,
eft tfaux, abfolument Por-an-Prince, faux,
que le 31 I mai 17943 & quit
aucun bâtiment en croifière qu'il devant y eût, au mois de mars,
Sonthonax n'a d'autres pièces
le Port-ats-Prince. Si
certes, il ne perfuadera
que ce chiffon à
e
ceux
produire,
ture .
. e
pas
qui en prendront lec-,
Le préfident : Cette pièce eft-elle tirée des
Duny : Non. Elle n eit pas paraphée.
archives?
T'orisinal Sonthonax: qui exifte La pièce que je vous préfente eft la
colonies. J'affirme dans les archives de la commiflion copie de
pourra en prendre que cet otiginaly exifte. La commifion des
pondance avec le général connoiffance, & verra toute ma correfmars, foit'au mois de juin anglais, foit en janvier, foit en
Le préfident : Elt-elle
1794.
tends tu.
o
e . inventoriéc, ?
cette pièce? O11 bien pré
Sonthonax: N'ayant pas fous les
pas trouvé l'original dans la
yeux Tinrentaire, n'ayant
pu vous le communiquer : mais partie il éxifte. que dans j'ai lue, je n'ai pas
Thomas, Millet : Il eft ridicule de
les archives.
rade du Pore-au-Prinice, depuis le préfenter les Anglisen
navale étoit encore oilive, & fans avoir premier janvier. Larmée
Prince au meis de mars. Il femble
conquis le Port-aude Gibraltar ou de Namur. Le
qu'ilsagille ici du fiége
n'eft pas en état de réfifter à Port-au-Prince deux
de ce coré-I2
eft ridicule de préfenter une armée navale bordées de canons. Il
au-Prince à attendre qu'on
devant le Portaux armes britanniques, fur-rour veuille fe décider à fe rendre
mois de juin 1794, fans avoir eu un lorique feul soo hommes, au
liftance. peut-étre avoir tiré un coup de canon, l'ont homme enlevé tué, fans
fuite de la Or, lors même qire cette opération là eut fans été ré: la
ment peur-il fommation, juftifier, comme le prétend Sonthonax, comvier, une proclamation par faite une le fommation du premier jan:
faitil qu'il ait cenfidéré comme premier mars? Commen: fe
nouvelles. aux Anglais le 4 mars; transfuges des
allant porter des
hommes, & qu'il
tre avoir tiré un coup de canon, l'ont homme enlevé tué, fans
fuite de la Or, lors même qire cette opération là eut fans été ré: la
ment peur-il fommation, juftifier, comme le prétend Sonthonax, comvier, une proclamation par faite une le fommation du premier jan:
faitil qu'il ait cenfidéré comme premier mars? Commen: fe
nouvelles. aux Anglais le 4 mars; transfuges des
allant porter des
hommes, & qu'il --- Page 172 ---
fuppofe ces hommes tranfnges auprès des Anglais,
n étoient devant le Port-au-Prince que dans le mois de qui
vier, puifqu'ils font venus dans le mois dejanvier, & qu'ils jann'y font revenus que le 31 mai? Sonthonax: Les colons n'étoient pas dans la colonie au
moment du fiége du Poreau-Prince, au moment où ce
a
été terminé, Ils n'y étoient ni au mois de janvier, ni fiége au
meis de mars; & fur des rapports de gazeites qu'ils ont
faires eux-mèmes à la Nonvels-Anglenate, ils veulent détruire ce que javance;j je déclare que les originaux font. dans
les papiers de la commillion civile, actuellement dans les archives de la commifion des colonies. Sije ne trompe, fi
j'en impofe à la, commiflion & à la Convention, on me jugera, & On verra fijai dit la vérité. J'ai dit que laHorte
anglaife eft venue devant le Port-au-Prince le premier janvier, que le commandant de cette flotte m'a foimé de rendre la ville à Sa Majefté britannique. J'ajoute
jai répondu à la fonmation du commandanr que je Tter confeillois
d'épargner au Port-au-Prince une attaque inutile, parce
que les habitans dul Port-au-Prince ne favoient pas
avec
capituler
l'ennemi, avec Sa Majefté britannique. Les colons difent: Comment peut-on arguer d'un fiége pofé devant le
Port-au-Prince le premicr janvier, par une
faite le premier mars : Jevous ai toujours dit proclamation que le
avoit continué depitis le premicr janvier 1794. Vous en fiège aurez la preive dans la leéture des pièces; qui concernent tout
ce qui s'eft paffé devant le Fort-au-Prince. Voilà tout ce
que j'ai à répondre aux colons. Je les laiffe jonir de leur
triomphe, s'ils -
croient m'avoir prouvé que je n'ai pas eu le
droit de faire une proclamation au mois de mars contre les
transfuges. Th. Miller : SHetyiai, au rcfte, que. le blecus fait
lcs Anglais ait duré depuis le mois dejanvier julqu'an mois par
de mars, ce no peut être cue ipar des vailieaux emboliés
dans la rade. Eh bien! Sonchomax avoir des bonlets & du
feu; & dans trois heures, s'il elic voulu, il cût mis le feu
à la forte. Sonthonax : Thomas Millet eft d'une mauvaife foi increvable, il ef marin . . . e
Th. Milla:: Cef.parce que je fais marin :
Sonhonar:
--- Page 173 ---
Sonthonax : Il fait qu'on mouille dans toute l'étendue de
la grande rade, foit à la pointe de l'Amautris, foit dans la
pur:ie qui eft du côié de T'Arcahaye, à une diftance où le
canon du fort eft hors de portée, c'eft-à-dire à une lieue
plus dest forts: Thomas Miller fait bien que lorfqu'on eft & à
ame lieue & demie des forts, on eft hors de la portée du
canon, & que le cahon de la ville ne
alors
Jever lancresaux.
foit à la pointe de l'Amautris, foit dans la
pur:ie qui eft du côié de T'Arcahaye, à une diftance où le
canon du fort eft hors de portée, c'eft-à-dire à une lieue
plus dest forts: Thomas Miller fait bien que lorfqu'on eft & à
ame lieue & demie des forts, on eft hors de la portée du
canon, & que le cahon de la ville ne
alors
Jever lancresaux. vaiffeaux ftationnés
rade, faire
E E",
avions pas iine barque au
Nous
chaffer l'efcadre anglaife, & Port-au-Priuce, un vaiffeau de pour. pouvoir
tout -cé qif falloit pour bloquer le Port-au-Prince. cinquante étoit
le monde fait quel lesifles ne fe défendent que par des Tout vaiffeaux;
dès le moment que par les foins. de
Millec 2e de fes pareils . e
Thomas
Le pr.fitent : A l'ordre. 2 Sorithonas: La marine françaife a été enlevée & conduite aux' Etats-Unis. . glu
Lepriofdent : II n'eft pas queftion de cela . Sonthonax : Lorfque les commiffaires civils n'avoient
ae marine a kur difpofition, il leur étoit impofible de pas
roufler T'ennemi, excepté lorfqu'il ils'emboffoit à la
recanon des forts, & j'ai dit, qu'au Port-au-Prince, portée du
rade on fhationnoir pendant
hors de dans la
tée
des forts; parce qu'on peut très-long-temps mouiller à
la pordes forts."
us
plus d'une lieue
Thomas Miller : Sonthonax l'a dit, mais cela
"vrai. n'eft pas
Sonthonax : Je fomme Thomas Millet,
eft
de déclarer s'il-nieft pas à fa connoiffance qui l'on marin,
Pas mouiller. devant le Port-au-Prince hors que de la ne peut
ucanon, à plys d'une lieue de la portée des forts. portée du
Millet : Je répondrai à
fi le
l'ordonne 3 & je dirai qu'en Tinrerpellation, effet il y a au Lamantain préfident
mouiilage appelé, en terme de mer, rade
un
tuinememc nt le commodore Faure n'auroit foramne, oà cerdeice d'expofer vingt-quarte heures une pas eu Timpruin'y, a pas d'autre rade ad
chaloupe, & qu'il
Port-au-Prince; que le port luiTome VI.
ée du
Millet : Je répondrai à
fi le
l'ordonne 3 & je dirai qu'en Tinrerpellation, effet il y a au Lamantain préfident
mouiilage appelé, en terme de mer, rade
un
tuinememc nt le commodore Faure n'auroit foramne, oà cerdeice d'expofer vingt-quarte heures une pas eu Timpruin'y, a pas d'autre rade ad
chaloupe, & qu'il
Port-au-Prince; que le port luiTome VI. Cinguantecingaième livraifon. L --- Page 174 ---
même eft une rade qui eft à la petite portée du canon de
quatre des forts.
Claufon : D'ailleurs, Sonthonax avoit renvoyé
le corlaire le Lag-Cazas & la frégate
depuis pen
arrêter des caboteurs. tandis qu'une chaloupe PInconflanté auroit 3 pour
emparer; il auroit denc pu réfifter. au vaifleau
pu s'en
confervant ces bâtimens.
l'Europa, en
Sonthonax : Je demande cue les colons dépofent fer
bureau les pièces qui prouvent ce qu'ils avancent.
le
Plufteurs colons : Nous le prouverons dans le temps.
Sonchonax : Les pièces 2
Les colons : Oni...
Sonthonax : La frégate PInconflante
Le préfident : Tu n'as pas la parole là-deffus: on a
rendu les faits avancés par les colons, & ta
encomme on doit traiter cet objet en pariiculier, dénégation: il eft inucile
de s'en dccuper davantage; paffe à un autre objer.
Sonthonax : Je paffe à 4a proclamation du 28
on m'a fait un crime; ; je paffe à - ma
août, & dont
vais difcuter le difpolitif. Voici le premier proclamation, ariicle du dif- je
pofitif.
ee Défendons aux naturels du pays de
la
fans l'aurorifation de la commillion
quirter colonie
mis hors de la loi & de la confifcation civile, de leurs à peine d'êtie
biliers & immobiliers ; déclarons
biens mopartis fans congé de la commiflion émigrés civile tous ceux qui Iont
32,
Vous voyez
dans cet article je défends aux
du
de ultr de la colonie en état de
naturels
que Narme nouvelle de la déclaration de
guerre depuis
éoit arrivée dans la colonie; je leur guerre ai défendu avec TAngleterre
fans la permiflion de la commiflion civile, fous d'en fortir
mis hors de la loi, c'eft-a-dire, à peine d'ètre peine d'êtie
comme émigrés; c'étoit fe conformer aux Jois confidérés
c'étoit fe conformer & agir en vertu des lois françaifes ;
CAr les dois françaifes défendent de forir de France françailes >
pous
ée dans la colonie; je leur guerre ai défendu avec TAngleterre
fans la permiflion de la commiflion civile, fous d'en fortir
mis hors de la loi, c'eft-a-dire, à peine d'ètre peine d'êtie
comme émigrés; c'étoit fe conformer aux Jois confidérés
c'étoit fe conformer & agir en vertu des lois françaifes ;
CAr les dois françaifes défendent de forir de France françailes >
pous --- Page 175 ---
paffer à T'ennemi, fous peine d'ètre déclaré
comme je vous l'ai dit, tout
émigré : or
eft hors de la loi. Je n'ai donc émigré palle en pays ennemi
contre ceux fortant de la colonie, point dans ordonné le d'autre peine
guerre , que celle fixée par les décrers de moment de la
tionale, qui ont mis hors de la loi les PAilemblée napays enneini : l'article II déclare hors de émigrés pailés en
émigrés, & leur défend de
la loi tous les
fans y être autorifés
reparoître à Sainr -
une
par un décret de T'Affemblée Domingue
permiflion du confeil exécutif,
nationale,
million civile : déclarer hors de laloi ou par celle de la' coran'étoit que mettre à exécution les décrets tous les émigrés, ce
nationale qui déclarent hors de la loi
de la Convention
en pays énnemi. Lorfque je leur défends tous les émigrés paflès
Saine-Domingue fans y être autorifés
de reparoitre à
ou par le confeil exécusif de la
par le pouvoir légiflarif
miffion civile, f'ai dà mettre cet République article
ou Par la comtiveroient leur émigration fur la
pour ceux qui mocelle qui avoit été exercée
violence,. & fur - tout fur
du 20 juin; ceux qui n'avo'ent par Galbaud, lors de l'événement
ceux qui avoient à préfentèr
pas émigré avéc in:ention,
la violence exercée contre pour motif de leur émigration
colonie, foit avec un décret eux, du pouvoient rentrer dans la
la permiffion du confeil exécutif corps légiflatif foir uvec
ceit- à- dire,
ou de la commifion
Angleterre, & que ceux qui aroient été à la Nouvelle- civile;
eeux-là pouvoient qui obtenir vouloient revenir prendre leur
civile par la voie du miniltre cette permiflion de la commifli pofte n >
l'on a eu plulieurs exemples de français divers aux Etats - Unis; &
Domingue avec des permiflions de la colons revenus à Saintleur avoient été tranfmifes par le miniftre commiflion civile, qui
Nouvelle- Angleterre. Tous ceux qui
plénipotentinire à la
morif de leur émigration la violence avoient à prefenter Pr ur
avoient un moyen de rentrer dans leur eXercée contre cUx,
les peines porté-s contre les émigrés;
patrie fans encourir
foit au corps légiflatif, foit au confeil ils Fouvoient s'adreffer,
commiffion civile. Jen'ai donc pris
exécurif, foir à la
contre les émigrés, puifque j'ai fourni aucune mefure trep févère
émigré, & qui pouvoient préfenrer
à ceux qui avoient
pour caufe de leur émi
L
Xercée contre cUx,
les peines porté-s contre les émigrés;
patrie fans encourir
foit au corps légiflatif, foit au confeil ils Fouvoient s'adreffer,
commiffion civile. Jen'ai donc pris
exécurif, foir à la
contre les émigrés, puifque j'ai fourni aucune mefure trep févère
émigré, & qui pouvoient préfenrer
à ceux qui avoient
pour caufe de leur émi
L --- Page 176 ---
gration les
la violence exercée à leur égard, je leur ai fourni
moyens de rentrer, les mnoyens de revenir à
mingue : le troifième article dic: faifons la mime Suint-Doceux partis avec Z72 congé 25 portant ijonttion de
défenfe a
lonie dans U2 délai fixé,
quicter. la cOdire, à ceux
ceft-a-dire, aux déportés, c'eft-àqui, après savoir demandé - à pefferal la NouvelleAngleretre, avoient reçu de nous linjoncticn de ne
paroîitre aSaint-Domningue avantla fin des tonbles point re-
& de la guerre extérieure; ceux-là ne fe font
intérieurs nis
de la Ini, vous ne voyez pas dans cet arricle aucune pas
hors
ciation à ce fujer; il leur eft fait une defenfe
énon- de
faite reparoitre dans la colonie; ceute deicnie. eft fimple encore
d'après un décret de la Convention naricnale,
mars 1793qui dir que tous ceax qui feront
du 5
Jes commiflaires civils, ne pourront rentrer dans déportés 1i colonie' par
qu'avec l'aflemblée une permifion du corps légiflatif. Si les décrets de
qui avoient nationalé faifoient défenle aux déportés, à ceux
reçu des commiflaires civils l'injonction de ne
pas paroitre dans la colonie, jufqu'à ce que la colonie tàr en
paix, jufqu'à la fin de fes toubles intérieurs & de la guerre
extérieure > les commifires-civals avoienc bien le droit de
le renouveller décret cette défenie, puitqu'iis y étoient autorifés par
que je viens de citer, par ka volonté
minée de la Convention nationale : voilà ce
très-déverrépondre fiur cette proclamation.
que javois a
Jaflure que cette proclamation, en mettant les
hors la loi, n'a fait autre chefe que de mettre à
émigrés la
volonré & les décrets de l'affemblée
exécution
les émigrés; qu'en déclarant
nationale, rendus fur
de la colonie fans la permition que perfonne des
ne Fouvoit fortir
peine d'étre traités comme émigrés, commillaires la commiflion civiis, civile à
"n'avoir fait autre chofe qu'une défenfe d'émigrer,
fenfe de forrir de la colonie, dans un moment de qu'unede
Ellen'avoit fait autre chofe que de. menacer de
gue rre.
dès décrets ceux qui croiroient
l'exécurion
mis au moment ou on étoit en guerre pouvoir avec paffer les en puiffances pays enne- de
l'Europe. J'ai dit que je n'avois pas mis hors de, laloi ceux à
qui j'avois enjoint de fortir de la colonie dans un délai
avec défenfe d'y rentrer avant la fin des troubles
fixé,
* de la guerre extérieure, parce que j'étois fondé intérieurs fur le
rre.
dès décrets ceux qui croiroient
l'exécurion
mis au moment ou on étoit en guerre pouvoir avec paffer les en puiffances pays enne- de
l'Europe. J'ai dit que je n'avois pas mis hors de, laloi ceux à
qui j'avois enjoint de fortir de la colonie dans un délai
avec défenfe d'y rentrer avant la fin des troubles
fixé,
* de la guerre extérieure, parce que j'étois fondé intérieurs fur le --- Page 177 ---
décret rendu par la Convention nationale, le 5. mars
du 28 août ne
donc
RZN
Cere proclamation
m'avolt préfente été
par les
du droit de jurifdiétion
eendere
cice allemblées nationales, & ne préfente qui
autre chofe que l'exécution prefque littérale des décrets des aflemblées nationales.
Thomas Millet : Il réfulte du texte de l'analyfe de la
elamation furl
Sonthonax vient d'argumenzer, quil
#
laquelle
mis hors de la loi les malheureux colons qui fe.font échappés de Saint-Domingue pour éviter fes aces tyranniques,
& fe fouftraire à la violence. Iiargumente toujours de la loi
du 5 mars 1793, par laquelle il fe dit toujours autorifé, &
vous avez été convaincus, dans le cours des débats,
cette loi du 5 mars n'a jamais été envoyée à
eSr
c'eft
dans le cours
gue; & ce qui fe prouve évidemment,
que
de la féance d'avanthier, Sonthonax vous a dit
n'avoit
de lettre du confeil exécutif, ni
miniftre
1:
NTetr reçu depuis le 2 mars 1793. Or, cemment a-t-il reçu le
décret du 5 mars, puilquilna reçu aucure nouvelle du
voir exécutifz
le décret poftérieur de troisjours,
arrs
Depuis,
lui
Une chole bien plas
c'eft
pas pu exilte parvenir. un décret du 21 juin 1793, décret dont auSMEtA
quil roit pu aufli bien avoir connoillance par voie direête ou indirecte, puifquil eft du 21 juin; ce décret porte:
A R T I C L E P R. E M I E R.
de
de la Marce Les patriotes fugitifs
Saint-Domingue, ont
leur domitinique & de la Guadeloupe 2 qui
gaitté
cile pendant le cours de la révolution, pour mettre leurs
jours en sûreté > pourront y rentrer, en juftifiant, par un
certificat de la municipalité qu'ils habitoient pour lors, qu'ils
fe font toujours comportés avec civilme, & qu'ils n ont fui
éviter les aétes tyranniques & arbitraires que les
contre-sbvolutionnaires que pour
exerçoient contr'eux. >>
Vous voyez, citoyens,. qu'il n'y avoit pas d'alrernative
parmi ceux qui avoient ful, qu'ils fuffent patriotes ou non;
par le fait feul de la proclamation de Sonthonax, ils étoient
déclarés émigrés & mis hors de la loi. Or, voilà une
Tome FI Cinguente-tingsième liyraifon.
L;
aétes tyranniques & arbitraires que les
contre-sbvolutionnaires que pour
exerçoient contr'eux. >>
Vous voyez, citoyens,. qu'il n'y avoit pas d'alrernative
parmi ceux qui avoient ful, qu'ils fuffent patriotes ou non;
par le fait feul de la proclamation de Sonthonax, ils étoient
déclarés émigrés & mis hors de la loi. Or, voilà une
Tome FI Cinguente-tingsième liyraifon.
L; --- Page 178 ---
contravention formelle à tout principe d'équité k de juftice, & une contradiction avec un décret bien exiftant, &
pour l'autorifer dans cette proclamation, il Fcite un décret
qui n'a pas exifté par rapport à lui, par rapport aux COlons, & que de fon aveu il ne l'a pas reçu,
le
répète s il a dit qu'il n'avoit poinz reçu de letire puilque,je du confeil
exécuuif depuis le 2 mars. Or le. décret du 5 mars
Jui parvenir.
n'apu.
Le préfident à Sonthonax : Que reponds-tu?
Sonchonax : Je repondrai à tous les colons à la fois.
Daubonneau & plafieurs colozs : Je défe Sonthonax de
produjre auctine
qui prouve qu'aucun colon
aux Etats-Unis, Atte rentré à
réfugié
vention du miniftre de la République Saint-Domingue près les Etats-Unis. par linterClaufon : J'ajoute que Sonthonax n'a ceffé de déclarer
émgrés tous les colons qui ont fui la canonnade du Portau-Prince & tous ceux qu'il a déportés. Ainfi donc par la
proclamation qu'il vient de' vous lire' , il a mis hors de
la loi tous ceux qu'il avoit déportés, en les déclarant enfuire émigrés, cequin'avoir pu avoir lieu, puifque c'eft
l'incendie & lorique toûs ces maiheureux étoient fous depuis fa
main,, & qu'il pouvoit les faire juger ou des envoyer directeinent en France. Ce n'eft qu'après ce malheureux événement qu'ils ont été déportés pour aller àla NouvelleAngleterre & en France. Si, dis-je, ils avcient été émigrés, eft-il poilible qu'ils fullent venus en France pour fe
juftifier des crimes que leur reprochoit Sonthonax? C'eft
donç une atrocité de la part de Sonthonax.
Le préfident : A l'ordre.
Ciauffon : - D'avoir mis hors de la loi des hommes qui
oncfui-le fer affallin, des hommes qui, d'après le décret du
ZI juin 1793, ont été reconnus innocens.
Brulley : J'ai befoin de faire une obfervaticn effentielle.
Sonthonax a dit qu'en mettant tcus les émigrés hers la
loi, il n'a fait qu'exécurer la loi. Je ne peux pas affirmer
d'ane manière politive
tous les émigrés indiftinétement
foient mis hors de la fr Mais j'affirme, autant que je
, des hommes qui, d'après le décret du
ZI juin 1793, ont été reconnus innocens.
Brulley : J'ai befoin de faire une obfervaticn effentielle.
Sonthonax a dit qu'en mettant tcus les émigrés hers la
loi, il n'a fait qu'exécurer la loi. Je ne peux pas affirmer
d'ane manière politive
tous les émigrés indiftinétement
foient mis hors de la fr Mais j'affirme, autant que je --- Page 179 ---
pxis m'en rappeler, que c'eft 175 ceux
encore je n'affurerai pas queceux-là pris les armes à la main;
pas avoir, lu, 3 dans aucune loi de fonchors la
la loi.Jene crois
légillatif ait déclaré indiftinétement hors France, de que le corps
émigrés.
la loi tous les
Ze préfdene : Tous les émigrés
pas de doute là-deffus.
indifinctement, il n'y a
donc Bralley hors : de Je ne le croyois pas. Tous les
avoient
la loi; pourquoi? C'eft qu'on émigrés font
intention de déclarer la
qu'ils
d'y revenir les armes à la main. guerre à Ryr la
&
la Le foi. préfident : Il ne peur pas être queftion ici de difcuter
qu'elle Bralley:Je ne pouvoir ne veux pas difcuter la loi, mais faire voir
pas être applicable à
plicables. Sonchonas : Nous verrons fi ces lois Saint-Domingue. n'étoient
pas apLe préfident : Ceci eft
Brulley : Je me réferve étranger. de
e
applicables à
prouver que ces lois n'éroient
a fe trouvoit Sonthonax. Saint-Domingue, dans les circonftances
Lc préfident : Donne fommairement
Brulley : La polition étoit
cette preuve.
émigrés de France font partis abfolument de leur difiemblable. Les
Tmpention de porter les armes
plein gré & dans
lapplication de Ce
contte la France. Certes
Domingue, Il eft principe ne peut pas fe faire à Saintdonné Saint-Domingue quelques-uns dans
des colons qui ont abanjeure parrie des colons ont été cette forcés intentien, mais la mague. C'eft Jorfque les villes
de fuir Saine-DominFemmes, les enfans ont été Ont été incendiées, que les
exx-mêmes ont été mis fous malfacrés, les
lorfque les colons
embarqués, non fur des"bâtimens poignards, qu'ils fe font
bâtimens français. C'eft fous
ennemis, mais fur des
ont été chercher une terre
le pavillon national
qui font ainfi chaflés da hofpitalière : certes des hommes qu'ils
territoire français par une forge
Saine-DominFemmes, les enfans ont été Ont été incendiées, que les
exx-mêmes ont été mis fous malfacrés, les
lorfque les colons
embarqués, non fur des"bâtimens poignards, qu'ils fe font
bâtimens français. C'eft fous
ennemis, mais fur des
ont été chercher une terre
le pavillon national
qui font ainfi chaflés da hofpitalière : certes des hommes qu'ils
territoire français par une forge --- Page 180 ---
majeure, ne font pas, comme les émigrés, des ennemis les émide la France, puifqu'ils ont été violentés. & que
dans
grés au contraire ont quitté leur patrie de plein gré,
le deffein de porter les armes contr elle.
Sonthonax : Quelle étoit la polition de Saint-Domingue, Un traité
au momènt cà j'ai rendu cette proclamation? les
de
avoit été paffe le 25 février 1793, entre
émigrés
Saint-Doningue & les miniftres du roi d'Angleterre,, pour
lui vendre une partie de Saint-Domingue. Des preclamarions faites par le gouverneur Efpagnol, & des traités égadevoient mettre
lement faits avec les miniftres E(pagnols de
dans leurs mains la province du Nord Saint-Domingue.
Les commillaires civils avoieut été trahis par les premiers donner
commandans miliraires ,
ceux qui devoient Les colonsne les
Y'exemple du dévouement à F République. de n'avoir
avoient que trop bien fecondés. Défefpérés ils vcnt cacher leur ERs
mettre leurs projets à exécution, La violence, dit Brulley, a forcé
fur une terre étrangère. Cette
ne peut être jugée
les colons de s'expatrier.
queftion
les déqu'à la fuite des débats; C2r ce n'eft qu'aprés que violence
bats feront terminés qu'on pourrajuger s'il y a eu
forcer les colons de quitter la polfellion françaife,
pour fe retirer fur une terre étrangère. Je dis cependant
pour
plufieurs colons fe foient refugiés
là-deffus, que quoique fous pavillon français, nous deà la nouvelle Angleterre
vions cependant les regarder comme émigrés, les ordres puilqu'ils & les
étoient partis fans permifion civils. & contre Ce convoi avoit été enintentions des commiffaires Galbaud, déclaré en révolte par une
levé par le général
fignée de tous les contr'amiraux
délibération très-exprefife, d'efcadre. Ce général avoit mis aux
& tous les officiers
ariêts &c en prifon, dans fa chambre., .
Lc préfident : Il ne peut pas être queftion de tous ces
détails.
J'étois fondé à déclarer émigrés tots ceux
Sonthonax :
contre la République, & qui n'étoient
qui avoient confpiré
parce que la confpiration avoit
fortis de la colonie,
que
raanqué. S'ilfe uc.dr parmi Gux quelques perfonnes
Ce général avoit mis aux
& tous les officiers
ariêts &c en prifon, dans fa chambre., .
Lc préfident : Il ne peut pas être queftion de tous ces
détails.
J'étois fondé à déclarer émigrés tots ceux
Sonthonax :
contre la République, & qui n'étoient
qui avoient confpiré
parce que la confpiration avoit
fortis de la colonie,
que
raanqué. S'ilfe uc.dr parmi Gux quelques perfonnes --- Page 181 ---
da violence avoit forcées de 177 fuir
avoienr, pour rentrer, la voie
Sainz - Domingue, elles
elamation, c'eft-a-dire,
que leur ouvroid certe
ou du confeil exécurif, une permitfion du - COrDS
procar la commiflion
Ou- une de la commillion légitlanif
civile à
civile;
nemis, averrie parler miniftre Saine-Domingue, entourée denrevenit porter le fer & la flamme Geheltque:ooo à
colons devoient
les ordres de Borel, forti de la Sune-Dontingue, fous
Lc préfident: Voici des détails Jamaique... inuciles.
Sonchonax : Il fau: bien
hors de Li loi que des émigrés que je prouve
je n'ai mis
n'y avoit que dos, (migrés hors coupables. de la SGE déclaré quil
honunes contraints par la violence de loi : s'il y a eu des
gre , als pouvoient réchamer
quitter Saine-Dominconfeil exérurif, ou de la auprès du corps légifiasif, du
je rermine ma défenfe, & commiflion je
civile: c'eft-là que
autre chef d'accuianon.
demande qu'oa palle à unTh. Millet: Vous avez
toute a-l'heure Sonthonax lorlqu'il interrompu, ciroyen préfidenr,
tree-grave: je ne fais pas le défenfeur entamoir de une accufation.
ablente, niais je fuis le
cette perfoine
J Le
défenfeur de la vérité.
thonax préfident : Tu entends parler du
a été interrompu.
général Galbaud? SonTh. Millet : C'eft un faux articulé
eft
relever.
qu'il
important de
Le préfident : La réclamation. eft
que rien ne foit préjugé comie Galbaud entendue & fufit poar
eft conftaté par les débats
en fomablence : il
que tu as réclamé.
Duny : L'affaire dont ilsagit iera traitée
queftion de Fincendie du
5 lorfqu'il fera
Pables.
Cap, on nommera tous les couLe prefident : A l'ordre.
Th. Mille: : Nous 'en étions reftés
neuvicme article du troifième chef
à la réplique du
vons ras prétendu faire Un crime d'acchfation à
: Nons nadonne de Texrenfion à leligibilité des Sonthonax d'avoir
ciroyens, en, vertu
agit iera traitée
queftion de Fincendie du
5 lorfqu'il fera
Pables.
Cap, on nommera tous les couLe prefident : A l'ordre.
Th. Mille: : Nous 'en étions reftés
neuvicme article du troifième chef
à la réplique du
vons ras prétendu faire Un crime d'acchfation à
: Nons nadonne de Texrenfion à leligibilité des Sonthonax d'avoir
ciroyens, en, vertu --- Page 182 ---
de ce qui étoit prefcrit par les lois des 23 mars & 12 octobre
1790, & 4 avril 1792. Sonthonax a répondu
la loi
22 août portoir un an de domicile dans la que
du
pouvoir être éla, & nous n'avons rien à colonie, > pour
effer à cela, pour ce. qui concerne l'élection répliquer en à
la Convention nationale
desdépurés
> la loi portoit très-précilément
qu'il fuffifoit d'un an de domicile dans la colonie mais
n appartenoir
à Sonthonax
il
cernoit
les pas
> pour çette loi qui ne conque
députés à l'aflemblée nationale s il ne lui
appartenoit pas de donner à cette loi une extenfion arbitraire ; car de ce que l'affemblée nationale.a autorifé lélection d'hommes érrangers pour compofer la Convention
nationale, il ne s'enfuivroit pas que Polverel & Sonthonax
eullent le droit de permettre que, des étrangers concouruffent à la formation de l'aflemblée coloniale : en ce
concerne cette dernière affemblée, la règle qu'ils devoient qui
fuivre leur étoit prefcrite par la loi du 4
&
loi du 4 avril renvoyoit textuellement aux lois avril, des 28 mars la
& 12 octobre 1790, &c ces deux lois des 28 mars & 12
odtabre, porroient textuellement qu'il falloir,
être élu
au corps legiflatif, deux années, de domicile pour à Saint-Domingue : Voilà fur quoi porre l'acculation. Nous en
mes à ce qui concerue léligibilité, & nous l'accufons fomvoir tranché une difficulté en ce qui concèrne l'élection d'a- du
procureur de la commune Lavergne : c'eft la loi du 22
juin - .
Sonthonar' : J'ai à répondre au premier article.
Le préfident: : Tu as la parole.
Sonthonax : Thomas Millet prétend
la vérité
loi du 22 août 1792 autorife les commiffaires qu'à
civils la à
étendre le droit d'éligibilité des affemblées
à
étendre les droits de ciroyen à tous ceux
primaires,, fercient domiciliés depuis un an dans la colonie; mais qui il ajoute
cette loi étoit bornée aux fimples élections, pour l'envoi que
des dépurés à la, Convention nationale; perfonne ne doute
& chacun fait que dès que l'aflemblée nationale a
noncé que tous les citoyens Français, domiciliés depuis pro- un
an & agés de 25 ans accomplis, voteroient pour l'élection
re les droits de ciroyen à tous ceux
primaires,, fercient domiciliés depuis un an dans la colonie; mais qui il ajoute
cette loi étoit bornée aux fimples élections, pour l'envoi que
des dépurés à la, Convention nationale; perfonne ne doute
& chacun fait que dès que l'aflemblée nationale a
noncé que tous les citoyens Français, domiciliés depuis pro- un
an & agés de 25 ans accomplis, voteroient pour l'élection --- Page 183 ---
ses députés à la
Convention, cette extenfion
s'appliquoir, f'élection
non feulement aux' allemblées
d'cligibilité
des députés à la
primaires, pour
toutes les affeniblées primaires Convention, mais encote dans
la formacion des
qui fe tiendroient, foit pot r
adminiftrauifs, foit municipalités, foit pour celle des cors
L'allemblée legiflative pour toutes les élections
morale
a bravé cette diftinétion populaires. aufli imqui payoient qu'impolitique, au moins 3 qui n'admettoit à voter que ceux
que tbus puffent exercer un leurs écu de contribution: : ellea voulu
droits.
Th. Mille: Je paile à l'élection du
mune Lavergne. La loi du 22 juin procureur de la corffaires civils à juger de
autorifoi les commifou infirmer les clections. T'éligibilité, Les , mais non pasà confirmer
repréfentations de la municipaliré, commiffaires civils , fur les
devoient dire : Lavergne eft
pouvoient bien dire &
peuple à confirmer fon
éligible, 3 & c'étoit alors au
à Sonthonax de dire : A élection; moi
mais il n'appartenoit pas
prouver ou d'approuver fon éleition fcul appartient le droit d'imbien là une ufurpation des droits 3 éje la confirme. C'étoit
ne pas juger fi Lavergne étoit ou du peuple; c'éroit bien
dire : je veux qu'il foit
n'étoit pas éligible, c'étoit
procureur de la commune,
Sonthonax : Si Félection. du
n'avoit pas été faite, lorfque procureur de la commune
bilité 5 j'aurois ufurpé le pouvoir j'ai du pronencé fur fon éligivergne eft éligible donc il eft
Feuple en difant : Lamais l'élection étoit faite,
procureur de la commune
à la place de
> la majoriré avoit porté
i
commiffaire civil procureur fur la de la commune 5 on confulta Lavergne le
étoir ou n'étoit pas valable queftion la de loi favoir fi cette élection 1
aux commiffires civils le droit i de
du 4 avril donnoit
élections, & c'eft en vertu de
juger de la validiré des
que T'éleétion étoit valable.
cette loi que j'ai déclaré
Th. Miller : La loi du 4 avril
miffaires civils à juger de la validité n'autorifoit de
pas les coml'éligibilité des citoyens.
l'élection, naais de
Le préfident : Tu l'as déja dit. --- Page 184 ---
Th. Millet : Sur ie dixième. article, , comme je n'ai rieh
dir. .que les pièces matérielles à la main > pièces qui
émancnt de Sonthonax, je, maintiens ce que j'ai dit, parce
que Sonthionax n'a pas répondu ou n'a fait-que des reponies évaiives.
La feance cft levée.
Le tegifrc des; préfences eft figné: I. Fa. GARRAN, préfident; FOUCHÉ (deNaues),/urdare, j MERLINO, DABRAY,
F.LANTUENAS.
1 L 1 : J
S
:
rielles à la main > pièces qui
émancnt de Sonthonax, je, maintiens ce que j'ai dit, parce
que Sonthionax n'a pas répondu ou n'a fait-que des reponies évaiives.
La feance cft levée.
Le tegifrc des; préfences eft figné: I. Fa. GARRAN, préfident; FOUCHÉ (deNaues),/urdare, j MERLINO, DABRAY,
F.LANTUENAS.
1 L 1 : J
S
: Eu9 --- Page 185 ---
Du 8 Prairial, l'an troiftème de la Répulligue frangeife,
une & indiviftle,
LA rédadticn des débats recueillis dans la féance du premier Prairiai, cf lue & adoptée.
Sonthonax: : Dans la demnicre féance, lcs colons Ont dit,
fur la fommation' qui'm'avoit été faite par le commodore
Faurele. 2 janvier 1794, que cette fommation n'exiftoit pas,
que je ne la produirois pas en forme. J'ai produit une
copie certifiée par le fecrétaire de la commilion: voici l'original. La pièce que je produis, c'es l'original de la fommation qui m'a été faite par le commodore Faure, commandant des forces de terre &c de mer de fa majefté britannique,
Il lit:
(Vovez cette pitce au commencement de la féance du
I er Prairial.)
Duy: C'ef encote une copie.
Verneuil: Sonthonax vous annonce un original, & ceci
eft encore une copic. Quelque chofe qui vous furprendra,
c'ek quela fignature n'eft pas conforme au corps de l'écriture;
c'eft encore une pièce controuvée.
Sonthonax : Les colons font perpéruellement des chicanes
de procureur. Cette pièce eft la tradudtion de l'original anglais; je ne fais point T'anglais, je ne puis vous lire l'original
anglais. Voici l'original ; ileft traduit par un interprète connu
au Port-au-Prince, certifié par le parlementaire du comTome VI. Cinguante-fxizme liyraifon.
M
'écriture;
c'eft encore une pièce controuvée.
Sonthonax : Les colons font perpéruellement des chicanes
de procureur. Cette pièce eft la tradudtion de l'original anglais; je ne fais point T'anglais, je ne puis vous lire l'original
anglais. Voici l'original ; ileft traduit par un interprète connu
au Port-au-Prince, certifié par le parlementaire du comTome VI. Cinguante-fxizme liyraifon.
M --- Page 186 ---
modore Faure, capitaine de la frégate anglaife la Pénélope.
Cette pièce eft originale, en ce qu'elle eft reyêtue de la fignature du parlementaire du commodore Faure. Je n'ai
pu vous lire l'original anglais, parce queje ne fais pas l'an- pas
glais. Je dépofe l'original fur le bureau: la' ccmmiflion le
comparera avec la traduétion. que je viens de lire; elle jugera des chicanes des colons. Les colens ile font autre chole
que plaider contre ina défenfe. Il eft hors d'exemple, dans
tous les tribunaux, lorfqu'un accufo comparoit devant eux >
de plaider contre les défenfes. Je demande que la commiflion veuille bien rétablir l'ordre des débats prefcrit par
fes arrêtés.
Lc préfident : On ne peut pas les empècher de faire des
obfervations fur la forme de la pièce.
Th. Millet : Je demande communication de l'original en
anglais.
Soithonax : Je viens à la loi du 21 juin 1793 > citée
les colons dans la dernière féance, Ils ont prétendu inférer par
de cette loi que les colons émigrés à la
ne
Nouvell-Anglerere
pouvoient pas être confidérés comne de vrais émigrés.
Je déclare d'abord fur la pièce produite, que je n'ai jamais
eu connoiffance à Sainr-Domingue de la loi du 21 juin
car tout le monde fait bien que, depuis le commencement 17935
de mai 1793 jufqu'au mois de juin 1794, il n'eft pas abordé
un foul bàtiment français à Saint-Domingne. Les colons ont
voulu prérendre que cette loi détruifoit celie du 5 mars de
la même année. 1ls, fondent leur affertion fhr ce que la. loi
du 21 juin déclare que les celons réfugiés à la NouvelleAngleterre, 3 contraints par la violence, pourront retourner
dans leurs foyers, & ètre employés par le liemengne-général
Galbaud. D'abord, ces colons devoient être employés
les ifles-du-vent; il ne s'agiffoit pas alors de S.
pour
de cette
Domingtte,
loi
n'étoit
du tout applicable à Saini-Domingue. Il 3N dit dans f préambule, que les colons réfugres'à la Nouvell-ingleterre pour fe fouftraire aux violences de Blanchelande & de Behague, pourront retourner
dans leurs Fayers; & les hommes déportés par Polverel &
Scnthenax n'avoient point été violentés par les intrigues de
Behague & Blanchelande. Il n'eft point dit dans la loi du
21 juinque les hommes déportés par Polverel & Sonthonax
applicable à Saini-Domingue. Il 3N dit dans f préambule, que les colons réfugres'à la Nouvell-ingleterre pour fe fouftraire aux violences de Blanchelande & de Behague, pourront retourner
dans leurs Fayers; & les hommes déportés par Polverel &
Scnthenax n'avoient point été violentés par les intrigues de
Behague & Blanchelande. Il n'eft point dit dans la loi du
21 juinque les hommes déportés par Polverel & Sonthonax --- Page 187 ---
18;
pourront reparoitre dans la colonie; cela n'ef point dit dans
la loi du 5 mars 1793 : celle-ci a écé envoyée dans' les COlonies, & connue par les commiffaires civils. Vous acquerrez la preuve par les pièces qui. font dansles papiers de
la commillion civile- que cette loi du 5. mars a éré réellement envoyée dans la colonie aux commiffaires civils. Les
colons ont dit que depuis le 2 mars les ommillaires civils
n'avoient pas reçu des inftructions du ccnfeil exécurif. Il
eft vrai que depuis le 2 mars, la commifion civile > collectivement, n'a pas reçu d'in.tructions-du confeil exécutif.
Polverel a reçu à Saint- Doihingue, du minifre Monge
une lettre à lui adreffée parsiculicrement, à laquelle Hoknt
joints is décrets des 5 86 mars 1793. Vous aurez lieu de
vous en convaincre lo:fque votis ferez le dépouillement des
pièces de,la commiflien: ; elle eft dans la partie de ces pièces
non encore invenroriées.
Page : Sonthenax alrère le texte de la loi du 2I juin :
cette loi, a éré rendue fur notre réclamation; iln'eft queftion
ni des déportations de Blanchelande, ni de celles de Behagne; il'eft queftion des déportarions en genéral.
Sonthonax : Te demande la communication de la loi.
Pag:: : La voici: : je vais la lire.,
(II la lit :)
Décret de la Convention nationale, du 2I juin 1793, l'an 2
de la Républiques relarif aue cicoyens de
de la Marcinique G de la Guadeloypes, qui St-Damingee fore
à 2
Sainie
autres
Lucie &
contrées de LAmérique.
réfugtes
e'La Convention nationale, après avoir entendu le
port de fes comités de la guerre, de marine & des finances rap1
réunis;
3 Confidérant qu'un grand nombre d'individus qui habitoient Saint Domningue > la Guadeloupe , la
& autrés
Martinique
parties des colonies de la République
avant & perdant le temps de la révolution, on: été françaife, forcés, >
par les aétes tvranniques & arbitraires que les nommés
Blanchelande, Behague & aurres contre - révoltionnaires
ont exercés contre eux, de quitter leur domicile, &c, de fe
M 2,
idérant qu'un grand nombre d'individus qui habitoient Saint Domningue > la Guadeloupe , la
& autrés
Martinique
parties des colonies de la République
avant & perdant le temps de la révolution, on: été françaife, forcés, >
par les aétes tvranniques & arbitraires que les nommés
Blanchelande, Behague & aurres contre - révoltionnaires
ont exercés contre eux, de quitter leur domicile, &c, de fe
M 2, --- Page 188 ---
retirer à Sainte-] Lucie. & autres contrées de TAmériques
voulant leur donner les moyens de retourner dans leurs
foyers, & de fe réunir aux patriotes pour leur aider à défendre les droits de ciroyen, décrète ce qui fuit:
A R T I C L E P R E M I E R.
>> Les patriotes fugirifs de Saint-Demingue, de la Martinique & de la Guadeloupe, qui ont quitté leurs domiciles pendant le cours de la iévolution, pour mettre
leurs jours en streté, pourront y rentrer, enj juftifiant, par
un certificat de Ja municipalité qu'is habitoient pour lors, 2
qu'ils fe font toujours comportés avec civifme, &c qu'ils
n'ont fui que pour éviter les actes tyranniques &carbitraires
que les contre-révolationnaires exerçoient contre eux.
I I.
55 Le lientenantigénéral Galbaud, gouverneur des iflesdu-vent, & autres cfficiers civils & militaires, pourront
employer provifoirement lefdits patriotes fugitifs > & les
faire concourir aux opérations de terre & de mer qui feront
entreprifes par les armées de la République, enl leur faifant
payer les appointemens & folde décrétés par les individus
du même grade des corps où ils feront employés .
>3
Le préfident : Ces détails font inutiles.
Page: Quant au décret du 5 mai dont Sonthonax s'eft
étayé, il eft convenu qu'il ne lavoit pas reçu cfhiciellement :
il eft vrai que dans un autre moment il dit le centraire ;
mais il eft de fait qu'il n'a pas
le décret du 5 mars,
& que ce décret a été fufpendu LE, 19: il eft étonnant quil
argumente encore de cette loi.
Lc préfident : Celaa déja été traité.
Sonthonax : Nen, je me fuis réfervé de répondre. Vous
avez de voir > dans le procès-verbal, que je n'ai rien dit.
Page vient de m'accufer d'avoir altéré le. texte, &c la commiflion a dû voir par ce qu'il alu, que la Convenrion permettoit le retour, à Saint-Domingue > aux patriotes déportés,
en ordonnant qu'ils feroient reçus à Snint-Domingue. Ceux
ident : Celaa déja été traité.
Sonthonax : Nen, je me fuis réfervé de répondre. Vous
avez de voir > dans le procès-verbal, que je n'ai rien dit.
Page vient de m'accufer d'avoir altéré le. texte, &c la commiflion a dû voir par ce qu'il alu, que la Convenrion permettoit le retour, à Saint-Domingue > aux patriotes déportés,
en ordonnant qu'ils feroient reçus à Snint-Domingue. Ceux --- Page 189 ---
18s
qu'on avois compris fous le nom de patriotes réfugiés >
n'étoient que ceux qui avoient été déportés par Blanchelande , Behague & autres contre - révolutionninires. Il
n'eft point queftion dans ce décret des déportés
Polverel 8c Sonthonax, dont le fort avoit été fixé par loi du
Ti
5 mars. ; on ne parle ici que des déportés par Behague,
Blanchelande & autres contre-derolutionaiter On fongeoit
fi peu alors de comprendre fousle nomde gouverneurs contrerévolurionnaires Polverel & Sonthonax, que > par des décrets
de la Convention nationale, Polverel & Sonthonax avoient
été loués pour leur conduite, d'abord le 8 novembre
entuite les &c 6 mars
Si la conduite de
PoRed
& Sonthonax 5 avoit été approuvée, 1793.
fi Polverel & Sonthonax
avoient été loués par les décrêts de novembre 1792 8 de
mars 1793, ils ne pouvoient pas être regardés comme contrerévolutionnaires; & certes, on n'avoit pas penfer encore
à les traiter de conrrerérolationaires 2 efausen n'ont été
décrétés d'accufation qu'un mois après le décret du 2I juin.
D'ailleurs, fi les colons prérendus patriotes vonloient revenir à Saint-Domingue, ils avoient pour y rentrer la voie
qui leur étcit tracée par la proclamation du 28 août; ils
pouvoient obtenir un décret du corps légiflatif; & ceux qui
feroient venus avec la loi du 21 juin, puifqu'ils auroient
été porteurs du décret de l'affemblée nationale, euffent été
reçus; & je défie les colons de citer un feul d'entre eux
qui fefeit préfenté porteur du décret du 2i juin, qui
même ne pouvcir pas concerner les déportés par Poiverel'&c
Sonthonax.
Duny : Non, car ils étoient affallinés.
Page: J'abandonne cette queftion pour prouver à Sonthonax qu'il n'a pas répondu aux accufations portées par les
art. XII, XIII, XIV &c XV. Is'ef bien gardé de nous
dire comment il fe faifoit que, dans la proclamation des
20, 24 feptembre 1792 & 4 décembre fuivant, il ait déclaré quel l'efclavage étoit nécefaire dans la colonie:
Sonthonax : Ceia a déja été difcuté dix fois.
Page : Jerappeile au citoyen Sonthonax qu'il In'a pas répondu à ccla.
Lc préfdent: S'il n'y a pas répondu, il eft inutile d'y revenit.
M 3
dire comment il fe faifoit que, dans la proclamation des
20, 24 feptembre 1792 & 4 décembre fuivant, il ait déclaré quel l'efclavage étoit nécefaire dans la colonie:
Sonthonax : Ceia a déja été difcuté dix fois.
Page : Jerappeile au citoyen Sonthonax qu'il In'a pas répondu à ccla.
Lc préfdent: S'il n'y a pas répondu, il eft inutile d'y revenit.
M 3 --- Page 190 ---
Page: Te le lui rappelle.
Sonthonax: Je le fais.
Page : Je lui rappellerai encore que, lorfqu'il a été quef
tion de Tafranchiticment des nègres le 21 juin & II
il vous a
juiliet,
dit qu'il avoit été détermins à cette mefure pour
empécher les Anglais de s'emparer de
il
ile vous
Ssint-Demingue:
a pas dic qu'a; cette époque, le pavillon français
flottoit encore fur tous les points de Saint-Doningue; il ne
vous. a pas dit que, dans le moment où il affranchifloit les
nègies, il ordonnoir le défarmement, non-feulement. .de tous
les colons blancs, mais de toutes les troupes venues de
& faproclamation eft du 21 juillet 1793. Si le II juillet, France, il
armoir les nègres pour réfifter aux Anglais qui ne s'étoient
pas encore prétentés, pourquoi, le 21 da méme mois, ordonnoit-il le défarmement des troupes venues de France?
Sonthonax : Oà eft cette proclauarion?
Page : Dans vos, regilbres, ciroyens.
(Page cherche cette proclamation.)
Th. Millet : Puifqu'il y a une petite interruption dans la
difcuflion, je dirai feulement, fur la cemparaifon de la traduétion de la fommation da commandant anglais avec l'original, qu'il y a une portion effentielle de la fommation originale, omife dans la traduétion, & qui ne vous a pas été
jue,
Le préfident : Lis cette partie.
Th. Mdilier : Après ces mots : Ne peuvent être compris dans
la capitulation S ily y a plus; ily a dans l'original: : Ils doiyent
zous m'être remis.
Sonthonax : C'eft la même chofe; s'ils doivent être exceptés de la capitulation, ils doivent être remis au général
anglais.
Thomas Millet : Quand nous reviendrons fur cêtte difcullion, nous verrons s'il n'y a réellement eu que de la négligence , - & s'il n'y a pas autre chofe que de l'inexactitude.
Sonthonax : Je remarque que l'erreur dont les colons fe
plaignent n'eft pas aufli grave qu'ils le prétendent, & que
le fens demeure toujours le-même, puifque, fil'Anglais, en.
être remis au général
anglais.
Thomas Millet : Quand nous reviendrons fur cêtte difcullion, nous verrons s'il n'y a réellement eu que de la négligence , - & s'il n'y a pas autre chofe que de l'inexactitude.
Sonthonax : Je remarque que l'erreur dont les colons fe
plaignent n'eft pas aufli grave qu'ils le prétendent, & que
le fens demeure toujours le-même, puifque, fil'Anglais, en. --- Page 191 ---
fommant le Porcau-Prince de fei rendre, dit
qui font dans la rade ne peuvent pas être que les navires
capitulation, certainement fi ces navires compris dans la
pitulation, ils doivent être remis à celui font hors de la cacomme je ne fais pas l'anglais, &
qui l'offre: d'ailleurs,
tifiée par Tenvoyé du commodore que la traduéion eft cetRouller, commandant la frégate la Faure. par le capitaine
en. croire que cètte traduétion. La Pénélope > je ne pouvois
traduction à l'original; & fur les commillion coluparera la
tirer, , je m'en rapporte à fa
inductions qu'on en pourra
Thomas Millet : Je fais obfeever prudence.
devroir pas être certifiée par
que cette traduétion ne
anglais, 3 mais par un interprète Rouller, envoyé du général
rauté.
anglais, avoué par l'amiLc préfident : C'eft entendu.
été Sonthonae: : J'obferve que les interprètes
fupprimés par la
publics avoient
de 1793.
commilfonimumiedarte dansle cours
Verneuil: Voici l'art. Ier de la
- . .
proclamation du 2 juillet
Sonthonax : Je demande que la
entier: on ne cite pas un feul article proclamation foit lue en
portante.
d'une pièce aufli ina-
(Verneuil lit en entier Ia proclamation du
1793.)
2I juilles
ec Nous Etienrie Pclverel &
commiffaires civils, &c.
Léger-Félicité Sonthonax ;
des >> Ordonnons que la loi du 25 août, relativeà
fergens de Iinfanterne de ligne, des
F'armement
lontaires nationaux, celle du
baraillons des voaux perfonnes qui refuferoient ou 27 feptembre 1792, relative
ou de remettre leurs armes & de fervir perionnellement
clamation > feront imprimées, >
enfemble la préfente
où befoin fera,
publiées & affichécs par-tout proaux
enregiftrées à la, commifion
confeils-fupérieuts du
& du
intermédiaire,
toutes les municipalités & Cap
Pott-an-Prince. à
ajoutant aux difpolitions de jurildictions ces lois
de la colonie 5 &
ce que les circonfkances
M4
armes & de fervir perionnellement
clamation > feront imprimées, >
enfemble la préfente
où befoin fera,
publiées & affichécs par-tout proaux
enregiftrées à la, commifion
confeils-fupérieuts du
& du
intermédiaire,
toutes les municipalités & Cap
Pott-an-Prince. à
ajoutant aux difpolitions de jurildictions ces lois
de la colonie 5 &
ce que les circonfkances
M4 --- Page 192 ---
& lcs localirés preicrivent, avons ordonné & ordennons ce
qui fuit:
ARTI ICL E P R E M I E R.
9> Les commandans militaires des places dans les villes &
les lieux oà il y en a d'ecablis, & les municipalités, dans
les villes & lcs lieux où iiny a pas de commandans militaires, fe feront rentertre, dans les vingr quatre. heures du
jour de la publication de ladice proclamation., tous les fufils
& baionnettes dont font armés lcs fergens des troupes de
ligne & des bataillons des volontaires nationaux, tant venus
de France que ceux de la culonie.
II.
>> Hs fe feront remettre dans le même délai tous les fulils,
baionnertes & fabres dont étoient armés les fous-officiers
& foldats defdits baraillons de troupes de ligne & volontaires nationaux qui font morts ou qui ont quitté leurs
corps.
IIL,
53 Il fera dreffé un état defdites aries 3 avec la défignarion des corps auxquels elles appartenoiant 5 la minute
de cet éta: demeurera dépolée au greffe de la municipalité
cu ail fecrétariat du commandant de la place, qui-fera le
raffembiement defdites armess il en fera fait cinq
dent
expéditions,
une fera remife ait garde-smagalin d'artillerie,
une fera envoyée au direétear de l'arfenal, une à nous, 3
une au gouverneur général, & une à lordonnateur civil.
IV.
>> Tout ciroyen qui refafera de marcher pour la défenfe
commune, fur l'ordre qui lui en fora donné par le commandant de la piace ou le commandant de In garde nationale, Oii par le commandant particulier du corps auquel
il fera atuché, fcra défarmé des armes & munitions de
ie,
une fera envoyée au direétear de l'arfenal, une à nous, 3
une au gouverneur général, & une à lordonnateur civil.
IV.
>> Tout ciroyen qui refafera de marcher pour la défenfe
commune, fur l'ordre qui lui en fora donné par le commandant de la piace ou le commandant de In garde nationale, Oii par le commandant particulier du corps auquel
il fera atuché, fcra défarmé des armes & munitions de --- Page 193 ---
feront trouvées dans fa maifon
guerre de toute efpèce qui
Cu en fon pouvoir.
V.
des citoyens qui fe
9, Il fera dreflé des états particuliers
les
trouveront dans le cas énoncé en l'article précédents lefdits
formalités prefcrites par l'art. III feront oblervées pour
états particuliers.
V I.
35, Tout citoyen qui fe trouvera dans le cas, porté en
l'article IV, fera; jugé militairement , déclaré infame, fur-letraître à la patrie, condamné à mort > & exécuté
champ.
VIL
53 Toutes leurs propriérés mobiliaires & immobiliaires
feront. en outre à la difpofition de la République,, pour ils
être employées à la défenfe de la colonie à laquelle
auront refufé de contribuer de leurs perfonnes.
VIIL
s> Lefdits commandans militaires S municipalités feront
en outre des perquilitions exaétes chez tous les citoyens
marchands, armuriers, fourbiffeurs & autres, s & y. €1llèveront toutes les armes & munitions de guerre qui s'y
trouveront au-delà de cC qui eft néceffaire pour le fervice.
IX.
>, Il fera pateillement dreffé des états des armes 8c mutnitions de guerre énoncées en l'ari. VIII, cn laforme prefcrite par T'art. III.
convenabies
33 Ladminifration prendra des mofures
pour
affurer leur paiement aux propriétaires defdites armes &: munitions de guerre.
veront toutes les armes & munitions de guerre qui s'y
trouveront au-delà de cC qui eft néceffaire pour le fervice.
IX.
>, Il fera pateillement dreffé des états des armes 8c mutnitions de guerre énoncées en l'ari. VIII, cn laforme prefcrite par T'art. III.
convenabies
33 Ladminifration prendra des mofures
pour
affurer leur paiement aux propriétaires defdites armes &: munitions de guerre. --- Page 194 ---
Iso
X.
s> Les armes & munitions de
les neufarticles précédens feront guerre mentionnées dans,
tillerie,, fous le récépifié & à la dépofées au du magafin de l'arau bas de létat fus-mentionné. charge
garde-n magafin
3, Défendons à tous commandans de
mandans de place, municipalités,
province , comnationales & autres corps
commandans de gardes
& diredteurs des arfenaux & militaites, arzillerie à tous commandans
donner aucun bon
de la République, de
de
pour délivrer des armes ou des
guerre > fous leur relponfabilité
munitions
pour des corps milinairessduelement perfonnelle, fi ce n'eft
la République, & organifés
employés au fervice de
>>
par fes délégués.
Défendons à tous gardes-magafins, fous la même
ponfabilité, des
d'en délivzer aucun, fi ce n'eft fur les refcominandans de province & commandans de
bons
par les commandans & directeurs des arfenaux place, vifés
la République, lelquels feront tenus de
& artillerie de
leur décharge.
repréfenter pour
9> Requérons le procureur-général
main à l'exécution de la loi ci-delfis, par & de interim de tenir la
clamation.
la préfente pro-
>> Fait au Cap le 2I juillet
Répablique 3,
1793, > l'an deuxième de la
Sonthonax : Que conclucz-vous de cette
Page : J'en conclas que Sonthonax a
proclamation?
toutes les armes, pour les placer entre les voulu mains s'emparer de
cette époque tout
des nègres 5
Français : j'en conclus Saint-Domingue étoit en polfeflion
font emparés de
encore que les Anglais ne fe
çais en ont été chaffés. sumne-Doningues J'ai ici la qu'après que. les Franplus importantes
preuve que les places les
été livrées
> excepté Jérémie & le Môle, ont. toutes
Polverel. Lorlque par ces mêmes nègres armés par Sonthonax &
nous en ferons à l'affaire. du
Prince, nous ferons leéture d'une autre
Port-auprouve réellement que tous les colons Ont proclamation été défarmés. qui
ne fe
çais en ont été chaffés. sumne-Doningues J'ai ici la qu'après que. les Franplus importantes
preuve que les places les
été livrées
> excepté Jérémie & le Môle, ont. toutes
Polverel. Lorlque par ces mêmes nègres armés par Sonthonax &
nous en ferons à l'affaire. du
Prince, nous ferons leéture d'une autre
Port-auprouve réellement que tous les colons Ont proclamation été défarmés. qui --- Page 195 ---
Lepréfident : Il n'eft pas queftion de cela à préfent.
Page : J'oblerve que. dans fa proclaination du II juillet affran- ;
Sonthonax a ordonné que les propriétaires indemnité des nègres
a
chis recevroient de la République une
qu'il ila
lui-même déterminée. Je demande comment le II juille:
fenti la' nécefliré d'une indemnité, &'que le 29. aotit, dans
fa proclamation, il a porté Tafiranchillemens générai fans le II Y
ajouter cette difpofirion qu'il avoit cru nécellaire
juillet. Sonthonax vous a àn encore que dans fa proclamation
du mai, il n'avoit fait que rétmblir lédit de 1685 3 cependadt il eft de fait qu'ilya ajouré l'articie XXXV.
Le préfident : Tu en es à l'article XII & XIII, & non
pas à Tarticle XI.
dans la
Je demande
: C'eft que cela rentre
queftion.
à Sonthonax Page
quil veuille bien concilier dans fa proclamation
du 29 ces deux ditpofitions contradictoires que jy trouve :
celle dans laqueile il dit
la loi du 4. avril Yaurorifoit n'étoit
affranchir les nègres, &c alts dans laquelle il dic quil décret du
pas fufifamment autorifé , & qu'il fa éié par le
mars.Je demande à Sonthonax comment il fe fait qu'il
Ltronge du décret du 5 mars, décret qui n'a pas été faire envoyé officiellement; quand ce décret ne laurerife qu'a
des règlemens provifoires fur la police des ateliers. Certes,
Taffianchillement des nègres n'ef pas une mefure provifoire.
Sonthonax: : Ce n'ef pas feulement en vertu du décret du
5 mars s que jai cru devoir publier la déclaration des droits
dans le Nord, & par fuite dansle refte de ia colonie.
P'article XVIII de la déclaration des droits, adoptée par
la Convention narionale, autorife les commiffaires civils à
prononcer" Taffranchillement général des noirs; car cet article
XVIII porte que l'homme ne
pas êrre la propriété d'un
autre 1 que nul homme ne peut LPar vendre ni être vendu,qu'il
peut feuleinent engager fon travail > moyennant un falaire
compétent. Ainfi j'étois autorifé, autant en vertu de l'article
XvIll de la déclaration des droits, qu'en vertu de la loi du
à
Tafiranchillement général des noirs. Ce
mars, , prononcér
Cil voudra
cette
kcier pas tout : e'eft que, quand
juger
opération, il faudra fe reporter iur les effets qu'elle a produits"
Quels font les effets de F'affranchiffemens des noirs en Amérique 3 Ceft que lgs Ifles anglailes du Yent font en infur-
de l'article
XvIll de la déclaration des droits, qu'en vertu de la loi du
à
Tafiranchillement général des noirs. Ce
mars, , prononcér
Cil voudra
cette
kcier pas tout : e'eft que, quand
juger
opération, il faudra fe reporter iur les effets qu'elle a produits"
Quels font les effets de F'affranchiffemens des noirs en Amérique 3 Ceft que lgs Ifles anglailes du Yent font en infur- --- Page 196 ---
rection Aujourd'hui la'l liberté eft le levicr
centre le gouvernement anglais tous les puiffant qui foulève
de couleur, qui fomment le
noirs, tous les hommes
Jes Ifles anglaifes fous la domination gouvernement de la anglais dé rémettre
ni avec des vaiffeaux ni avec des, foldats France. Cen'eft
France maintienr fes poffefions en
d'Europe, que la
liberté générale des noirs; elle vaut Amérique, c'eft par la
60,000 hommes de troupes. La liberré une efcadre & plus de
cofre rien a la France, larmée de
générale des noirs ne
pas Un fou à la République, Eile repouffe Saint-Demingue ne cotte
Anginis des places que les colons leur
journcllement les
lès Français qai font à la
ont livrées; & deplus,
clamation du décret du 16 Guadelerpe, pluviofe, font au moyen de lay
lever & à
une
parvenus à
E
effers de la conquérir proclamation partie des Hles anglaifes: veilà les
qu'elle ne plaifepointaux du 29 aoûr. Je ne fuis pas étonné
Français.
colons, car ils n'ontjamais érébons
Irc préfient : A F'ordre.
phes Sonthonax: de la France. : Etils ne peuvent voir avec plaifir les trométoir Page: Sonthonax a dit que la, confitution
appli able à Sainr-Pomingue 3 je trouve républicaine
contraire dans ia confttution cile-memie.
la preuve du
les quarante jours qui fuivront fon émiflion, Elle le dit que, dans
nifeltera fon vau frr fon acceptation ou fa
peuple nia-.
Convention cit voulu appliquer la
réjedlion. Si la
elle eût confulté les colonies;
confitution aax colonics,
quarante jours aux aflembiécs cependant elle ne donne que
fon acceptation. Donc la Convention primaires pour délibérer far
prendre ies colonies dans la conftitution n'a pas éntendu coméré ridicule & abfarde de borner à
: autrementil auroit
de Iacceptation, quand ces quarante quarante jours le terme
fuffi pour porter la confitutien dans ics jours auroient à peine
dans la loi du 16 piuvidfe
colonies. Jc trouve
ticurionn'étoip
méme 3 Li preuve qle cette confdes droitsett éréa pasapplicable: appicable aux colonies; car, fila déclaration
devencirinutile,
aux colonies, laloidu 16 pluviôle
Lc prefident : Il ne peut pas y avoir de difcuffion
nature.
de cette
ante jours le terme
fuffi pour porter la confitutien dans ics jours auroient à peine
dans la loi du 16 piuvidfe
colonies. Jc trouve
ticurionn'étoip
méme 3 Li preuve qle cette confdes droitsett éréa pasapplicable: appicable aux colonies; car, fila déclaration
devencirinutile,
aux colonies, laloidu 16 pluviôle
Lc prefident : Il ne peut pas y avoir de difcuffion
nature.
de cette --- Page 197 ---
Sonthonas: Comment pourroit-on eroire que le peuple
des colonies eût refufé une conftitation qui Iai donnoit la
liberté?
Page : Sonthonax s'appuie fur ma differtation politique..
Lc préident : Il-n'eit
queftion 'd'une difcuflion politique, il s'agit de favoir : Sonthonax a ufurpé le pouvoir
legillatif dans lesactes que vous lui reprochez.
Clasffon: Je veux prouver que Sonthonax a ufurpé le pou- le
voir légillatif par Taffranchiflement général des nègres; je
prouve par. fes contradiétions manifeftes 3 depuis le commencement de la difcuflion jufqu'à ce jour. D'abord Sonthonax
a dit que la loi du 4 ayril enjoignoit aux commillaires civils
de préparer graduellement & fans fecoulfe l'afranchiffement
général des eiclaves.
Le pr. fident : Quand il n'eft quefion
de raifonnement,
il faudroit vous entendre les uns avee R0E autres, en traitant
féparément le même objet; cela ne fnit pas > tes collègues
avoient déjà traité cela.
ClanfJon : Non pas, 'préfident: voici qui prouve que Sonthonax & Polverel ne' confidéroient pas la loi du 4 avril
comme leur donnant la faculté de préparcr graduellemant &c
fans fecouffos la liberté des nègres 5 ils ont dit dans la
vingtème livraifon, page 300.
C Rien n'avoit annoncé à la colonie de Saint-Domingue
que nous euflions des inftructions fecrètes fur cet objet, nous
ne. pouvions avoir fur une matièré aufi importante, que des
inftrnétions conformes ala loi, fondées fur la loi; or il eft
impollible qu'il. exiftât une loi qui ne fat pas publique,, puif
qu'elles éroient toutes délibérées publiquement. Eh bien !
malgré cette impollibilté évidente d'initructions fecrète
pour la liberté des efclaves > & l'impolibilité plus politive loi à
encore, de notre part, de donner cette liberté fans une
cet égard, on nous fait un difcours de réception, &cc..
Vous voyez donc que Polverel & Sonthonax avouoient
qu'il leur falloit une loi bien politive à cet égard, pour qu'ils
pullent fe permettre de donner la liberté générale desefclaves;
ce n'étoit point la nouvelle déciaration des droits, ce n'étoit
la liberté des efclaves > & l'impolibilité plus politive loi à
encore, de notre part, de donner cette liberté fans une
cet égard, on nous fait un difcours de réception, &cc..
Vous voyez donc que Polverel & Sonthonax avouoient
qu'il leur falloit une loi bien politive à cet égard, pour qu'ils
pullent fe permettre de donner la liberté générale desefclaves;
ce n'étoit point la nouvelle déciaration des droits, ce n'étoit --- Page 198 ---
point le déctet du : 5 mars dont Sonthonax s'eft
étayé , quoiqu'il ne lui air jamais été envoyé, il toujours
dis-je, aucune loi qui Tautorisit à donner
n'y avoir,
dis donc quefila loi du 4 avril n'avoit
cette liberté, Je
& Sonthonax à donner cette liberté, point ils font autorifé Polverel
crime de lefe-pation, d'avoir ufurpéle
coupables du
j'en trouve la preuve dans ce que dit pouvoir légiflatif, &
page 18 de la vingtième livrailon des Sonthonnx lui-mème ,
ditinguer, dir
débats. Cc Il faut bien
manité, quimédite Sonthonax, dans > entre le philofophe, ami de Thu-
& le fonctionnaire
lon cabiner fur les droits deshommes,
premier eft le maitre pablic d'ailer chargé aufi de l'exécutien des lois. Le
théorie du bonheur des hommes; il loin cherche qu'il veut , dans fa
de perfectionnemen: de l'eipèce humaine & de tous les moyens
Le fecond eft circen'crir dans le cercle
la fociabilité.
lui cft pas permis de
étroit des lois. Il ne
Le préfdene : Ceci Toutre-pafer, n'avancé
il deviendroit criminel >,
nous cherchons à connoitre les en rien l'é at de la queftion;
cuper de difcullions
faits, & l'cn ne doit pas s'ocmétaphyfiques.
Claufon: Je tire des induétions.
n'avoi. pasle droit' de donner la liberté Je.prouve que Sonthonax
propre aveu, par fes contradidtions &c même aux nègres, les de fon
puiique le décret du 16 pluviofe eft poftérieur par donc lois,
ufurpé le pouvoir lasillarif.
il a
Millet : Je rérablis un fait. La première
Sonthonax, far Tafiranchiffement des
proclamation de
1793. Ila juftifié cette proclamation. nègres; la
eft du 2I juin
des défenfeurs à la France, &
le par traité néceffité de créer
voyés de Jérémie avec le gouvernement par
palle Eh par les entraité eft du 3 feptembre fuivant.
anglais.
bien! ce
Sonthonax: Le traité qui a livré Ja
eft du 25 février 1793. L'acceflion du colonie aUx Anglais,
Anfe à ce traité eft, à la vériré, du quartier mois de de la grande
mais lé trairé eft du25 février,, antérieur
feptembres
la déclaration du 21 juin 1793. Il étoit tres-connu de trois mois a
colonie, au moment oà les commiffaires civils ont dans la
déclaraticn.
fait cette
Clexfon: Confulrez les précédens débats, & vous verrez
que Sonthonax a avoué n'avoir eu connoifiance de cC
qu'au mois de feprembre, & il eft très-démontré
traité
qu'on n'en
février,, antérieur
feptembres
la déclaration du 21 juin 1793. Il étoit tres-connu de trois mois a
colonie, au moment oà les commiffaires civils ont dans la
déclaraticn.
fait cette
Clexfon: Confulrez les précédens débats, & vous verrez
que Sonthonax a avoué n'avoir eu connoifiance de cC
qu'au mois de feprembre, & il eft très-démontré
traité
qu'on n'en --- Page 199 ---
a eu connoiffance à Philadelphie qu'au mois d'oétobre. C'eft
au mois de feprembre que les Anglais fe font emparés du
Môle &c de Jérémie, 2 & c'eftau mois d'aott que Sonthonax
a donné la liberté générale aux efclaves.
Sonthonax : C'elt une chicane.
Th. Millet : Je n'ai point fait de chicane; j'ai dit dans les
débats précédens que Sonthonax s'étoit étayé du décret du 8
novembre 1792, pour juftifier un de fes actes du I2 octobre
précédent, &c il répète dans ce moment qu'il avoit befoin de
créer de nouveaux défenfeurs à la France, fur-tout pour réfifter à Jérémie quis'sroit rendu aux Anglais,
Sonthonax': Je n'ai pas'dic un mot de cela.
Th. Millet : La proclamation eft du 21. juin, & le traité
de Jérémie avec le gonverneur de la Jamaique, eft du mois
de feptembre fuivant; cela eft très-évident.
Sonthonaz: Lorfque j'ai parlé de créer de nouveaux défenfeurs à Suint-Domingue, 'pour fe garantir des Anglais &
des colons quiavoient trairéavec eux,Jai cité un traité pallé
à Saint-James le
février 1793. La grande Anfe > à la
vérité, n'a accédé Y ce traité quau mois de feptembre de la
même année; mais le traité de livraifon de la colonie étoit
connu avant Taliranchilfement des noirs >. & c'étoit parce
qu'il y avoit un traité des colons avec le cabinet de SaintJames, &c un fecond avec le cabinet de Madrid, > que les
commillaires civils devoient créer de nouveaux défenteurs à
la patrie, contre ces colons perfides qui livroient de toutes
parts le territoire français, "foit au roi d'Angleterre, foit au
roi d'Efpagne. Le territoire a été livré du moment oà l'on
a traité pour le territoire.
Je ne
point de l'adtion matérielle de faite entrer lcs
vaifleaux Fe les rades de Jérémie &c du Môlesmaisje parle
des traités paflès par les ambafladeurs 3 les correfpondans des
colons avec les deux rois. Le traité de Madrid a été annoncé
une proclamation, &c'eft à ce moment que nousavons
EmAtt la liberté des noirs, dont je m nonore, & dontje me
fais gloire.
Clauffon : Le traité n'étoir pas connu à cette époque-l,
c'eft un prétexte.
dire
donné
Verneuil: Sonthonax vient de vous
que s'il a
la liberté aux noirs, c'elt qu'il avoit connoillance du traité
colons avec les deux rois. Le traité de Madrid a été annoncé
une proclamation, &c'eft à ce moment que nousavons
EmAtt la liberté des noirs, dont je m nonore, & dontje me
fais gloire.
Clauffon : Le traité n'étoir pas connu à cette époque-l,
c'eft un prétexte.
dire
donné
Verneuil: Sonthonax vient de vous
que s'il a
la liberté aux noirs, c'elt qu'il avoit connoillance du traité --- Page 200 ---
paffé avec les députés des colons & TAngleterre: : ila ditqu'il
avoit donné coanoiliance à la commiffion de ce traité. El
bien! vois devez vous rappeler que lorique Sonthonax en a
donnéledture, nousavons infifté pour quel les fignacures foient
lues, 8c Sonthonax sy cft conftamment refufé. Nous favons
que ce traité a été fait parles colons , par ceux que nous
avions nous-mômes dénoncés à Tatlemblée nationale ; & à
eft bien étrange que Sonthonax qui n'ignoroit pas ce
avant
fait,
même que nous fortions de la coionie, vienne prendre
pour prétexte que c'eft ce traité qui l'a déterminé à donner
la liberté générale aux nègres, Par la fuite de la difcullion
nous vous prouverens qu'il avoit en vue une autre mefure,
& qu'il n'a jamais été déterminé que par le vol & le brigandage.
Sonthonax: Ileft vrai que les colons qui. font ici, Page,
Brulley & Verneuil, ont proielé contre le traité pafle à
Saint-James. Il eft vrai quiis ont protefté contre la trahifon
qui a'livré le Mole &Jérémie aux Anglais; mais, comme
la dit
ils ont protefté officiellement & conme commiflaires Saint-Domingue 5 car, çomme
HEL
colons, iis ont
déclaré cathégoriquement an comité de falut public, que
s'ils avoient été à Saint-Domingue > ils auroient appelé les
Anglais; d'odje conclusque CeS hommesquiauroien été chercher les Anglais, fontles scorrefpondans des.amis deccux contré
lefqueis ils font venus prorefter à la Convention nationale.
Duny: Tout ce qui avoit la couleur bianche étoita aflalliné
impitoyablement,
Daubonneau : Sonthenax vient de dire qu'ilavoit eu connciffance d'un traité paffé entre les colons & lei roi d'E(pagne,
à Tépoque du 21 juin où il a commencé à donner la liberté
aux efclaves.Jedefe Sonthonax de communiquer le moindre
traité fait par les colons avec le roi d'Efpesnes il n'y en a
jamais eu, le fait eft faux. Les Efpagnols fe fonr emparés
d'Ouanaminthe & du Fort Dauphin; mais alors la majeure
partie des habitan: avoit été allaflinée, & jamais les habitans de la partie du Nord de Saint-Domingue n'ont faizde
traité avec le roi d'Efpagne.
Sonthonax : J'ai préienté ici, dans les dernières féances,
Jai proclamation dug gouverneur efpagnel qui lannonce ce traité.
On promet aux colons de Saine-Domingue, > aux colons qui
ont
fe fonr emparés
d'Ouanaminthe & du Fort Dauphin; mais alors la majeure
partie des habitan: avoit été allaflinée, & jamais les habitans de la partie du Nord de Saint-Domingue n'ont faizde
traité avec le roi d'Efpagne.
Sonthonax : J'ai préienté ici, dans les dernières féances,
Jai proclamation dug gouverneur efpagnel qui lannonce ce traité.
On promet aux colons de Saine-Domingue, > aux colons qui
ont --- Page 201 ---
197-204
20f
Du 9 Prairial, l'an eroifème de la République françaife
une & indivifible.
LA rédaétion des débats de la féance de la veille eft lue
& adoptée.
SonVerneuil: : Je viens de voir dans le procès-verbal lettre que du mithonax a déclaré que Polverel avoit reçu une
Dans
niltre Monge , relative au décret du S mars 1793.
les débats antérieurs', > Sonthonax a dit politivement quil de
n'avoit eu connoillance de ce décret que par le feuilleton chofe foit
l'aflemblée nationale 5 je demande, pour fur RE bureau la la lettre
tirée au clair, que Sonthonax produife &
eft relative
du miniftre Monge > écrite à Polverel,
qui
à l'envoi du décret du 5 mars 1793.
écrite à PolSonthonax : La lettre du miniftre Monge, >
verel, eft du r8 mars 17933je l'ai déja annoncé à la commiflion. A cette lettre étoient joints les feuilletons des lois
de la Convention nationale, dans lefquels fe trouvoient les
décrets des 5 & 6 mars 1793. J'ai annoncé à la commiflion à la
qne j'avois eu connoilfance de ces feuilletons. Quant avoit
lettre concernant Polverel particulièremenr , laquelle donnée à la
pour objet la défapprobation qu'il avoit
fubvention du quart du revenu; cette lettre ne peut pas
être prodaite dans le moment; > parce qu'elle n'eft pas encore inventoriée.
nous demandons à
Verneuil: Il eft bien étrange , quand
lui,
Sonthonax de produire des pièces annoncées par
qu'il
ait pour réfuge d'alléguer
les pièces ne font pas encore
inventoriées. Vous avez Cate voir dans le même procès-verbal
relativement à la fommation qui lui a été faite par le
que,
O
Tome VI: Cinguantelspcième livraifon.
moment; > parce qu'elle n'eft pas encore inventoriée.
nous demandons à
Verneuil: Il eft bien étrange , quand
lui,
Sonthonax de produire des pièces annoncées par
qu'il
ait pour réfuge d'alléguer
les pièces ne font pas encore
inventoriées. Vous avez Cate voir dans le même procès-verbal
relativement à la fommation qui lui a été faite par le
que,
O
Tome VI: Cinguantelspcième livraifon. --- Page 202 ---
206 I
général anglais dans les premiers jours de janvier
de livrer le Port-au-Prince, Sonthonax a déclâré 1794:
n'avoir pas la pièce originale, parce qu'elle étoit fous qu'il les
fcellés, > que l'inventaire n'en avoir point été fait; & cependant vous avez vu dans la féance d'hier,
cette
foi-difant
qu'ila produit
pièce originale : Or, je demande à la commillion fi l'inventaire en a été fait & les icellés levés,
la dernière féance.
depuis
Le préfdent : Il n'y a pas & il ne peut y avoir eu d'inventaire de papiers de Sonthonax depuis les débats, parce
que Sonthonax éft tout occupé à fa défenfe.
Sonthonax : Je réponds à ce
dit Verneuil que je n'ai
dit un mot de ce qu'il m'a aGg dire. Dans la féance ou
E: été queftion de la fommation qui m'a été faie par le
général anglais, j'ai répondu > lorfqu'on m'a demandé i'original de la fommation de ce général , qu'il étoit dans les
papiers de la commifion; ; que dans la partie de linventaire
j'avois eu le temps de faire , je n'y avois point trouvé
A relation de cet original, maisque dans la foirée je
rois le demander au citoren repréfentant qui en étoit pour-
&c que je les produirois le leademain.: : voilà ce que chargé, j'ai dit.
Jen'ai pas dit que l'original de la fommation du gouverneur
anglais fit dans les papiers non-inventoriès au
fit dans la partie 'des pièces non inventoriées. Portau-Prince, Voila ce
jai à répondre au citoyen Verneuil.
que
Quant à la communication des pièces qu'on me demande,
je réponds aux colons qu'ils ne font pas les
de la Convention nationale pour examiner ina conduite commiffaires
ne leur doit être donné communication
des
, qu'il
je produis; que je n'ai point de pièces à que produire pièces fice
à la commiflion des
CACE
colonies, qui en inftruira la Convention nationale qui nous jugera.
Le préfidant : Je dois ajouter à ce quej'ai diz fur
taire que, lors des premiers débats du vivant de Polverel, l'inven- il
y a bien eu quelques inventaires; mais il'n'y en a point eu
depuis que Polverel eft mort.
Verneuil: C'eft tout ce que nous demandons.
Brulley : Sonthonax dit à préfent, après avoir dit le contraire, qu'il a eu, connoiflance du décrei du 5 mars,
une lettre de Monge, adreffée à Polverel, , datée du 18 mars. par
Je prie le préfident d'interpeller Sonthonax de déclarer fi,
- il
y a bien eu quelques inventaires; mais il'n'y en a point eu
depuis que Polverel eft mort.
Verneuil: C'eft tout ce que nous demandons.
Brulley : Sonthonax dit à préfent, après avoir dit le contraire, qu'il a eu, connoiflance du décrei du 5 mars,
une lettre de Monge, adreffée à Polverel, , datée du 18 mars. par
Je prie le préfident d'interpeller Sonthonax de déclarer fi, --- Page 203 ---
én recevant les feuilletons jufques & compris le 18
(car, probablement quand on envoie des lettres mars 3
nature > on envoie tous les feuilletons, on n'en de cette
pour un); je demande, 5, dis-je, , fi Sonthomax a eu envoie pas
feuilletons, ordonne s avec le décret du 5 mars, celui du IO dans ces
la fufpenfion. quiren
le Sonthonax: décret
: Je n'ai jamais vu ni connu à
Je
qui a ordonné la iufpenlion du décret Saint-Domingue du 5
du répète qu'il n'y a poinr eu de décret qui
mars. la S mars, mais feulement ily a eu un décret fulpendit celui
fnfpenfion de l'envoi de. celui du
qui a ordonné
effectivement de ce déeret du
5 mars., Il en a été
I5 mai, qui, par les intrigues 5 àvril, des comme de celui du
conftiruante, n'a jamais pu être envoyé colons à à l'aflemblée
qu'après. Saint-Domingue
Le préfident : Iln'ef pas queftion de cela. Sonthonax : Je prie la commiffion de
fir l'ordre des débats. Les colons
maintenir l'arrêté
de nouveaux faits; les débats font interminables. jettent toujours en avant
, par T'arrêté par lequel la commiflion avoit II fixé me femble
:
Sera débats, ilnaccordoit
l'ordre
accufareurs pour débattre qu'une les acculations féance aux acculés & aux
Page: : Je vous prie d'interpéller &. les: réponfes. déclarer pofitivement s'il a ofliciellement Sonthonax, d'avoir à
5 mars, oui ou non,
reçu le décret du
à la Le préfidene : Il a déja répondu. C'eft à la,
Convention à tirer de fes réponfes les inductions commiffion &
jugeront à propos. qu'elles
Millet : Dans la féance d'hier,
la tradudion de la fommation qui laia Sonchonax été faite a déclaré que
modore Faure, étoit l'ouvrage d'un
par le comau Port-au-Prince : lorfque J'ai remarqué interprète bien connu
tion devoit être fignée de cet interprète
que cette fommane l'étoit au contraite que de celle de bien connu, & qu'elle
dore Faure, du capitaine Rowley,
dit I'homme du commodu Port-au-Prince étoient
ila que les interprères
terméliaire 5 voilà une contradiction fapprimés
la commiflion in
feul objer:
formelle
Est
mais, moi, j'affirme
fur un
pas être faite' par un Français, que cette traduction n'a
parce que T'anslicifme qui
--- Page 204 ---
exifte dans cette tradudion piouve
a été faite
Anglais, & je le prouve > parce
n'eft pas un par un
ait habité
homme
eSTPRt
Sier à
un'port de mer, qui air traverfé les mers pour
colleétion Saine-Demingue, de vaifleaux qui ne connoiffe fort bien qu'" une
& non pas c/cadron.
par un Français, que cette traduction n'a
parce que T'anslicifme qui
--- Page 204 ---
exifte dans cette tradudion piouve
a été faite
Anglais, & je le prouve > parce
n'eft pas un par un
ait habité
homme
eSTPRt
Sier à
un'port de mer, qui air traverfé les mers pour
colleétion Saine-Demingue, de vaifleaux qui ne connoiffe fort bien qu'" une
& non pas c/cadron. Je armés vois dans en guerre la s'appelle efcadre 3
une
copie littérale du mot anglais
traduction que c'eft
efcadre ; or, fi un Français l'avoit Jquadron traduir, > qui veut dire
pas entendu, il eût pris un dictionnaire, il &sil ne l'eûàt
traduit le mot anglais Jquadron
n'auroi pas
Je conclus que cette
parle mot frariçais efcadron. lui-méme, & je dis cela, traduction a été faité par Rowley
faits que nous citerons. parce que cela eft relarif à des
Sonthonax: Que la traductionait été faite
par Roulet ou par un interprète bien connu auPort-an-Prince
rien aux induétions
; cela ne fait
quej'en ai tirées moi-méme. qu'ont pu en tirer les colons, ni à celles
a été mis devant le Poft-au-Prince Il s'agilloir de favoir fi le fège
pièce originale exifte: c'eft à la commiflion au mois de janvier; la
mérite de la- pièce l'a juftifié des inductions à la juger. Le
tirées. L'obfervation de Thomas Millet,
qu'on en a
c'eft la traduétion d'un anglais, eft un miférable , pour prouver que
parce qu'un Français
traduip. mal, traduit fophifme en
>
des anglicifmnes: : il eft A prouvé qu'un homme faifant
fairpas bien une langue,ne
la traduire que
qui ne
c'eft la raifon' pour laquelle P fe trouve, dans littéralement; lad
Tai produite > des anglicifimes. Quand
copie que
tres-connu; j'ai dit un homme qui fe je dis un interprète
Sainc-Domingue, fe donnant
préfente pour iel à
pour favoir
ne me fuis pas contredit quand Jai
l'Anglais; ; & je
avoient été fupprimés
ajouté que les interprètes
par un arrêté de la commiflion
termédiaire. inVerneuil: : Sonthonax vient de vous dire
de l'affemblée nationale du mois de novembre que par les décrets
conduite de Polverel & de Sonthonax avoit été 1792, > la
fur ce qui s'étoit paflé à Saint-Domingue.
favoir
ne me fuis pas contredit quand Jai
l'Anglais; ; & je
avoient été fupprimés
ajouté que les interprètes
par un arrêté de la commiflion
termédiaire. inVerneuil: : Sonthonax vient de vous dire
de l'affemblée nationale du mois de novembre que par les décrets
conduite de Polverel & de Sonthonax avoit été 1792, > la
fur ce qui s'étoit paflé à Saint-Domingue. approuvée
Le préfident : Cecia été traité. Verneuil: Il vient de le dire tour-à-Theure. Le préfident : Cela fe peut; il faut que la parole refte à
quelqu' un :vous avez déja difcuté cela. --- Page 205 ---
Page : En difcurant l'article XX, Sonthonax a dit qu'il
avoit défendu feulement à la commiffion intermédiaire de
faire des lois fur Iadminiftration. des finances; il vous a dit
la commiflion intermédiaire avoit voulu établir la loi
qur maximum & fixer le prix des denrées ; il a dit encore
qu'il n'avoit pas enlevé à cette sommition le droit de furveiller les marchés de Y'adminiftration, Pour répondre à Sonthonax, il fuffit de lire l'arrèté que la commiilion intermédiaire avoit pris le 31 décembre, lequel arrêté Sonthonax
blâma par fa lettre du 5+ Cet arrèté difoit qu'il ne feroit
du contrôleur de la mapaffé aucun marché qu'en des commiffaires préfence
nommés à cet effet
rine & en préfence intermédiaire. Le direéteur général des
finances par la commiflion fera tenu de remettre dans la quinzaine 5 à la commiflion intermédiaire, un érat exaét & détaillé des. marchés
pailés parladminitration, fur la continuation ou fupprellion
defquels elle fe réferve de prononcer. Vous voyez bién que
la commiflion intermédiaite n'avoit
établi à Saint-Dola loi du maximum ; qu'elle
avoit pas
M
fisélepris
'mingue des denrées, : mais comme elle connoilfoit les déprédations
des finances: elle vouluit furveiller les marchés, & la commifion qu'elle avoit nommée n'avoit pas d'autre but.
Sonthonax : Avez- vous lu en entier l'arrêté du 31 décembre :
celui
eft relaté dans votre lectre du
Page: : Oui:c'eft Ileft donc de MaA que la commiflion intermédiaire
5. janvier. vouloit
une fimple furveillance fur l'adminifne tration des qu'exercer hnances; il eft encore de fait : e e e e
Sonthonax : Je ne trouve pas cet arrêté dans le no, LI du
Moniteur. Je viens de lire ce
Sonthonax lui-même a
extrait Page: de l'arrêté du 31 PaSELtie Il réfuire de cet arrêté
la commiffion intermédiaire n'avoit voulu exercer qu'une
Tirrie furveillance fur les marchés de Yadminiftration 5 il
réfulte encore'de la lettré du 5 janvier >. que Sonthonax a
défendu. à la commillion intermédiaire d'exercer cette farveillance. Nous avons donc dit avec vérité que Sonthonax
avoit ufurpéla faculté adminiftrative, en défendant à la commiflion intermédiaire toute furveillance. Je paffe à l'article
XXI.
O 3
lu exercer qu'une
Tirrie furveillance fur les marchés de Yadminiftration 5 il
réfulte encore'de la lettré du 5 janvier >. que Sonthonax a
défendu. à la commillion intermédiaire d'exercer cette farveillance. Nous avons donc dit avec vérité que Sonthonax
avoit ufurpéla faculté adminiftrative, en défendant à la commiflion intermédiaire toute furveillance. Je paffe à l'article
XXI.
O 3 --- Page 206 ---
Th. Millet : J'ai à ajouter un mot fur l'art. XX. Je me
fers des expreflions littérales de Sonthonax; il a dit
avoit
qu'il
réprimé la commiflion intermédiaire : qui s'arrogeoit
les faculès légiflatives, lorfqu'elle vouloit faire des lois fur
les finances; & cependant , vous avez vu que la feule loi
que la comiflion intermédiaire eût faite fur les finances,
cell-a-dire, la loi qui établiffoit la fubvention du quart s
a été approuvée par Sonthonax, & vu l'urgence : or, il ne
I'a donc réprimé que quand il a vu qu'on vouloit furveiller
la mauvaife adminiftration des finances.
Sonzhonax : Il eft bien difficile de répondre à chacune des
chicanes
me fonc les colons fur chacun des mots, far
chacune al. expreflions de mes aétes, Je me réfèie pour la
réplique que j'ai à faire à Page & Miller, à ma lettre du
5 janvier 1793; elle porte avec elle fa juftification.
Brulley: : Sonthonax a dit fur l'article XXI, dans lequel
il fe dit invefti de la dictature coloniale, en parlant de la
réquifition qu'il a faite à M. Detornon, & qui, dit-il,
a eu le meilleur effet; ; qu'elle n'étoit pas applicable à la COlorie . -
- e
Sonthonax :
dit un mot de cela.
Page : Il a dit
ne pouvoit être inculpé pour cet
derugre
acte, qu'autant qu'il feroit relatifà la colonie.
Sonthonax : Je n'ai pas dit un mot de cela.
Page : Je réponds d'abord que les réfultats de l'acte ne
peuvent pas excufer l'acle lui-méme. Sonthonax s'eft dit
être le dictateur de Saint-Domingue; il a dit que
de
le.peuple
Saint-Domingue étoit foumis à fon gouvernement. Il'e eft
encore de fait que ce n'étoit pas une
confidentielle,
mais bien un acte public : la preuve, : Hiee le Moniteur
de Saint-Domingue, qui étoit fous la HRNITRLIN de Sonthonax, l'a inféré dans fa feuille. Si c'eût été une pièce
privée , une pièce confidentielle, 9 le Moniteur n'en auroit
pas eu connoillance, > & ne l'auroit pas répandu dans la
colonie.
Sonthonax : Je ne réponds pas de l'indifcrétion des fecrétaires.
Verneuil : Sonthonax a-t-il répondu?
Sonthonax : Je n'ai rien à répondre a cela.
Perneuil: Alors, je paffe au quatrième chef d'accufa- --- Page 207 ---
11t
tion, qui eft ainfi conçu: * D'avoir paralyfé les forces de
terre & de mer envoyées par la France pour rétablir
I'ordre dans la colonie, & d'avoir tout tenté pour les détruire. >>
Le premier article de ce quatrième chef cft qinfi conçu :
militaires de faire marcher les
c6 Ils ont défendu aux chefs
37 troupes en malle contre les révoltés. >
Lorfque Sonthonax & Polverel arrivèrent à Saint-Domingue, ils étoient efcortés de fix mille hommes de troupes.
de
terre & de mer envoyées par la France pour rétablir
I'ordre dans la colonie, & d'avoir tout tenté pour les détruire. >>
Le premier article de ce quatrième chef cft qinfi conçu :
militaires de faire marcher les
c6 Ils ont défendu aux chefs
37 troupes en malle contre les révoltés. >
Lorfque Sonthonax & Polverel arrivèrent à Saint-Domingue, ils étoient efcortés de fix mille hommes de troupes. lls'avoient été précédés d'un autre corps de fix mille hommes
de troupes de ligne 3 que l'on avoit eu le fecret de rendre
inaétifs & de faire périr, foit en les difléminant, foit en
les empoifonnant. Il y avoit plus de fix mois que nous
étions leurrés chaque jour d'une fortie générale. Cette Deffortie devoit avoir lieu de jour en jour > lorfque
parbès vint avec Polverel & Sonthonax 5 & quand ceuxci s'apperçurent que c'étoit le voeu public, ils rendirent
défendoit au
de faire aucane
une
proclamation qui & lui ordonnoit général de fe tenir feulement
opération en maffe,
vais
l'adte
fur la défenfive. C'eft ce eue je
prouver par
même de Sonthonax. II lit. Régaiftion de Polvercl & Sonthonax, 3 du 25 feptembre
1792. cc Confidérant que Tarticle III de la proclamation du
concernant le mouvement des troupes dans
24 feptembre; 3
aux difpofitions conferla colonie, n'eft point applicable
vatoires que le chef de la force armée doit prendre pour
la streté intéricure & la défenfe des proprétis;
>> Confidérant que cet articie ne peur s'entendre que de. la prolnibition de toute entreprife ofrenfive, jufqu'à ce que
le plan général de réduétion des révoltés, ait été arrété s
de concert avec M. le gouverneur général;
>> Pénéués, d'ailleurs, de la' nécellité d'orpofer promptement tne digue aux brigandages des révoltés;
--- Page 208 ---
> Après avoir délibéré dans un comité formé de membres
de l'aflemblée coloniale 3 de propriétaires fonciers & d'officiers connus par leur expérience militaire :
93 Nous requérons, au nom de la nation, de la loi &
du roi, M.legouverneur général, 1°. d'employer la force
publique que le roi a mile à fa di poliion pour les moyens
défentifs feulement & le placement des poites néceffaires à
couvrir les propriétés encore intactes;
>3 2°. De donner des ordres aux commandans des poltes
de procuirer proiection & sureté aux revol.és'qui fe ptéfenteront fans armes pour rentrer dans le devoir;
33 3°. De tenir conitamment dans la ville du Cap un bataillon de gardes nationales arrivées de France. 9, Au Cap, le 25 feptembre 1792. 93 Les commiffaires nationaux civils,
>3 Signé, POLVEREL, SONTHONAX & AILHAUD. 9> Et plus bas, par MM. les commiffaires nationaux
civils,
93 Signé, O. F. DELPECH. 93 Pour copie conforme à l'original,
Signé, O. F. DELPECH, fecrétaire de la commifion. 95
Vous voyez par cette proclamation 1, que lorfque le vceu
de la colonie étoit réuni pour demander une fortie
Polverel & Sonthonax
générale,
paralyfèrent toutes les forces
éroient déja difféminées dans les camps, &
qui
cette
que
fortie générale n'eit lieu.
93 Signé, O. F. DELPECH. 93 Pour copie conforme à l'original,
Signé, O. F. DELPECH, fecrétaire de la commifion. 95
Vous voyez par cette proclamation 1, que lorfque le vceu
de la colonie étoit réuni pour demander une fortie
Polverel & Sonthonax
générale,
paralyfèrent toutes les forces
éroient déja difféminées dans les camps, &
qui
cette
que
fortie générale n'eit lieu. Vous venez empéchèrent de vous en
convaincre par la proclamation dont je viens de vous donner
leéture. Th. Millet : Deuxième article. Ils ont défendu aux-chefs
des bârimens de I'Erat de faire aucun mouvement fans leurs
ordres. Ja loi du 22 juin 1792, qui donnoit aux pouvoirs
de Polverel & de Sonthonax toute l'extenfion. pollible >
porte: : --- Page 209 ---
A R T. I V.
e Dans le cas où les commiffaires éprouveroient
difliculrés, pour débarquer dans les
quelques
des troupes de terre & de mer qui s'y colonies , de la part
querront, par des avifos qu'ils. enyerront trouveront, tant à
ils rebord des vaifleaux & frégates flationnés, les
terre qu'à
généraux & particuliers, adminiftrateurs civils, commandans
colonialcs, provinciales, municipalités & autres affemblées adminiftratifs, ainfi que les commandans des dix corps
frégates, > de faire proclamer & reconnoître, vaiffeaux &
des colonies & à bord defdits vaiffeaux & dansl'intérieur
ractère & l'autorité,
frégates, ie ca-.
> tant des commiffaires civils
gouverneur général nouvellement nommé
le
que du
copies de leurs commiflions, qu'ils
par roi, iur les
véritables, & d'obéir aux ordres enverront leur d'eux certifiées
fur ta réquifition defdits
qui
feront donnés
commiffaires. >2
des Vous vailfeaux voyez par cette loi qu'en effet les conimandans
commiffàires étoient obligés d'obéir aux
des
3 mais c'étoit, fans contredit, dans réquifitions
cetnoit les fonétions des commiffaires,
ce qui congiffoit de rétablir l'ordre, de porter les forces comme lorfqu'il s'atelle ou telle partie de la colonie; ; les commandans navales dans
navales étoient tenus
des forces
dre là ne portoir d'obéira cette réquifition 3 mais cet orde vaiffeaux ne fuflent pas que, d'autre part, les commandans
leur étoient déléguées tenus de remplir les fonétions
gardes des côtes, telle par le confeil exécutif, telle que
poftes importans
que de placer les forces dans les
car les pouvoirs
s'oppofer aux croifières de l'ennemi;
aux
Tonnele
blée nationale & le
commifaires civils par l'aflemdoute pas donné les pouvoir exécutif ne leur avoient fans
ville, & ce n'étoit talens des Duquelne &c des Tourger l'action matérielle point des à des hommes de cabinet à dirimandans des vaifleaux. à
forces foit navales > c'étoit aux comou les vaiffeaux. Il eft donc placer résulté les frégates, lès corvettes
Polverel &
des ordres donnés par
de ne faire Sonthonax, aucun
au conmandant des forces navales
mouvement fans leurs ordres, que les
if ne leur avoient fans
ville, & ce n'étoit talens des Duquelne &c des Tourger l'action matérielle point des à des hommes de cabinet à dirimandans des vaifleaux. à
forces foit navales > c'étoit aux comou les vaiffeaux. Il eft donc placer résulté les frégates, lès corvettes
Polverel &
des ordres donnés par
de ne faire Sonthonax, aucun
au conmandant des forces navales
mouvement fans leurs ordres, que les --- Page 210 ---
forces navales de France font reftées en ftagnation dans les
ports, & il en, eft réfulté que la côte , infeftée, par les
corfaires anglais > a été défolée, qu'il a été fait des enlevemens jufques dans le port; & je vais vous lire un extrait des declarations nombreufes qui ont été faites, a cet
égard, dans une Jettre du Port-de-Paix à Sonthonax, imprimnée dans le Moniteur du 5 mai 1795, dans laquelle ils
déclarent que, le 4 du même mois, une frégate anglaife, de
30 canons 3 croifoir an large de l'Ile de la Tortue, ainfi
qu'un corfaire de 8 canons & de 60 hommes
quil les a pris. Le citoyen Aymié, paffager à la pointe
cague
AAE
, déclare, le 3 mai, que fon bâtiment chargé de café
a été pris la veille à 7 heures du matin par un corfaire
anglais de 14 canons. Le 3 mai, le citoyén Feugea, cade pitaine la côte de
annônce > par une lettre > que les parages
Tete infeflés de corfaires ennemis, & que le bàtiment du citoyen François Laveaux vient d'être pris: fur
quoi la municipalité confidérant que les corfaires ennemis
croifent à la vue de cette ville depuis la pomte de I'Oueft
jufqu'à la Fointe Ef de la Tortues qu'ils ont fait des enlèvemens. dans les rades; qu'ils ent intercepré la communication de cette ville avec le' Cap, & privé les quartiers de
toute efpèce de reflources, tant en provilians, vétemens,
que munitions 5 confidérant que l'audace des ennemis s'accroitra fi onl ne leur oppofe un bâtiment armé, a arrêté
que la commiflion intermédiaire & le commandant de la
province du Nord font invités à joindre leurs follicitudes
à celles de la municipalité; que le commandant de la ftation,'au : Cap, eft invité, au' nom du falut public, d'envoyer fur-le-champ un bâriment armé établir fa croifière,
pour s'oppofer à l'invalion des corfaires & bâtimens ennemis, & a arrêté cue le préfent fera communiqué aux déiégués de cette ville, par les commilfaires civils de la République. Une autre lettre de la municipalité du Porr-de-Paix
porte encore des réclamations. La goclette. anglaife, capitaine Perkins, & deux frégates anglaifes ont ptis le Patriore
du Havre, capitaine Feron; la Julie, capitaine
l'Eole de Dunkerque & cinq goëlettes. Le9 avril, Delaunay; le ciroyen
Mounon, négociant des Gonaivès , annonce au citoyen Compère & compagnie, négocians au Cap, la prife d'une goë-
ité du Porr-de-Paix
porte encore des réclamations. La goclette. anglaife, capitaine Perkins, & deux frégates anglaifes ont ptis le Patriore
du Havre, capitaine Feron; la Julie, capitaine
l'Eole de Dunkerque & cinq goëlettes. Le9 avril, Delaunay; le ciroyen
Mounon, négociant des Gonaivès , annonce au citoyen Compère & compagnie, négocians au Cap, la prife d'une goë- --- Page 211 ---
lette & d'un navire à trois mâts, chargés de denrées coloniales, dans le port des Gonaives
une frégate anglaife de
de 26 canons. Le 12 avril 1793 , F navire dans Benjamin la rade > des
Bordeaux, capiraine Lermeten, chargemént de fucre, coton, café, &c.
Gonaives, ayant à bord chaloupe beaucoup d'un corfaire anglais qui l'a
a été pris par l'ancre la
& dele fuivre. Le premier mai 1793,
forcé de lever
du brick le Cincinnatus, veMatthieu Bellyman, capiraine à la municipalité du Cap
nant de Neuw-Yorck, dépofe
de 1O1 canons & de
avoir rencontré une goelette anglaife lui avoient demandé s'il avoit
So hommes d'équipage >
françaifes pour les
à bord des
ou
propriétés
act
Français
Le mai
le
a été
amener &c les rançonner.
1793, Galinaut
Gafc,
fait au délégué des commifhaires-civils
LAPETS
par les citoyens pris par les Anglais dans les du pallages Henri,au du
Pore-de-Paix au Cap. Pierre Cuton, capitaine la
la
Port-Margot, allant au Cap, pris le 2 par déja goilette amariné
Port-dela-mer, capitaine Yonky, qui avoit la geélerte la
le bâtimént le Venus, frété pour l'état; le Balaon du ciTrompette, du citoyen François Lavaux le bateau ;
le Canumer
royèn Aymië,, la Pointe la corvette
l'Etat Za Gracieufe,
du port Saint-Louis,
ahatri
bâtiment armé
des munitions, des troupes, de
un
la défenfe portanc d'Onanaminte ; qui étoit fous lefl'argent, pour corvette la Gracieufe & qui a été pris avec
corte de cette)
la frégate la Concorde, qui apportoir à
elle. J'ajourerai que
ia nouvelle adSaint-Domingue, le nouveau gouverneur, exécutif & 1,650,000 liv.
miniftration , les ordres du confeil
en numéraire & quelque chofe de bien plus Y'armée
que
les
des côtes & ceux pour
EEPSE
cela,
fignaux
un bâtiment anglais de 5o canons >
a été pourfuivie fous le fort par de la ville du Cap, en préfence de
jufques vaifleaux français de 80 canons qui ne pouvoient pas d'ordre fortir
pour les aller combattre, parce qu'ils 11 avoient pas &c de Pel-
& qu'ils étoient retenus par ceux de Sonthonax à Saintverel. J'ajouterai à cela que les forces navalcs
de
Domingne, à cette épeque, étoient de 3 vaiffeaux montées 74 de
canons, ou 6 frégates dont plufieurs êtoient corvettes de
canons ad 18,& au moins IO ou 12 petires
delET 12 à16 canons. J'ajouterai à ces prifes la corvette
11 avoient pas &c de Pel-
& qu'ils étoient retenus par ceux de Sonthonax à Saintverel. J'ajouterai à cela que les forces navalcs
de
Domingne, à cette épeque, étoient de 3 vaiffeaux montées 74 de
canons, ou 6 frégates dont plufieurs êtoient corvettes de
canons ad 18,& au moins IO ou 12 petires
delET 12 à16 canons. J'ajouterai à ces prifes la corvette --- Page 212 ---
rat le Godland, & c'eft dans ce temps que l'on
couvrir la côte, de ces bâtimens qui non feulement auroient pouvoit
garanti les côtes des corfaires anglais, mais qui auroient
interrompu toutes les opérations du commerce
la Jamsique; c'eft dans ce temps que les Anglais anglais avec avec leurs
chands.I chaloupes venoient dans nos ports enlever nos vaifféaux marL'opération ne s'eft pas
je tiens à la
une
bornée-li;
main
picce tirée des regiftres du contre-amiral
mandant les forces en ftavon à
Cercey, 3 commiffion le defire,
Saint-Domingue : fila com9 je lui en donnerai lecture > t parce qu'il eft
important que vous y remarquiez que fice convoifiriche 3 fi
dans précieux la
la France, a couru tant de dangers, a été
de fe retirer aux
loutae
tant de difficultés
fe rendre
Etats-Unis, a éprouvé
de Sonthonax
pour
en France, c'eft le fait feul
& de Polverel.
Le préfident : Si c'eft une pièce comme la précédente.
Th. Millet : C'eft un extrait des regiftres.
Sonthonax : Ce font des certificats. .
Th. Millet : C'eft l'extrait du livre d'ordre du contreamiral Cercey. Chargé de rendre compte de fes
au confeil exécuuif, étant chaigé du précieux dépôt opérations du convoi, il a tenu regiftre de toutes fes
rendre & en a rendu
opérations 3 il en a dû
compte au confeil exécutif; & comme
ce livre d'ordre eft un dépôt précieux appartenant àla natien, c'eft dans ce dépôr que Jai pris cette déclaration.
Lc prefident : Oà eft ce regiftre?
Th. Millet : Chez le contre-amiral Cercey.
: Une copie de fon compte rendu eft fous les fcellés,
les archives de la
MEL
lignée de lui.
commiflion 3 l'expédition eft
Sonzhonas : Ce ne font pas des aétes authentiques. Je
demande que cette déclaration me foit coimuniçuée,
Le préfident : Iln'y a pas de doute à cela; &
cette pièce fe trouve ici fous les fcellés ,on ne peut puifque pas
fenpçonner qu'elle ait été faire pour linftant, alors il
a pas de difficuité à la lire.
n'y
2 n?
(Millet la lit.)
Extrait des regiftres du ginéral
21 *
Cercey.
< Polverel & Sonthonax par une de Jeurs proclamations
demande que cette déclaration me foit coimuniçuée,
Le préfident : Iln'y a pas de doute à cela; &
cette pièce fe trouve ici fous les fcellés ,on ne peut puifque pas
fenpçonner qu'elle ait été faire pour linftant, alors il
a pas de difficuité à la lire.
n'y
2 n?
(Millet la lit.)
Extrait des regiftres du ginéral
21 *
Cercey.
< Polverel & Sonthonax par une de Jeurs proclamations --- Page 213 ---
avoient mis entre leurs mains la
de la
vale ; ils favoient que Cambis avoit difpofition
force napour France le 20 mars 1793, avec le reçu cenvoi l'ordre de partir
roit raffemblé au Cap. Cependant il
que l'on aufure de prife pour s'y raffemblers & n'ya eu aucune medifpoltions da confeil exécurif je fus lorfque par de nouvelles
à mon arrivée au Cap, le 6 avril, chargé de ce convoi,
préparé. Je ne perdis pas un inftant je à ne trouvai rien de
lOneft pour réparer cette coupable
me rendre dans
au Port-au-Prince le 17 avril. J'envoyai négligence, les
& j'arrivai
timens qui fe trouvoient dans les ports
ordres aux baceux du Port-au-Prince furent
voifins 3 & lorfque
aux commilfaires-civils
leur prèts, j'écrivis le 24 avril
mander d'indiquer le jour pour du
en faire
& leur derenforcer I'cfcorte du vaifleau départ, & IPE m'aurorifer à
pédition qui fe trouvoient dans LAmarisa; & du brik l'Exle même jour: :
le.port. Ils me répondirent
c Sur le premier objet, il nous eft
moment, dé fixer l'époque de celui du impoffible, dans ce
il dépend abfolument des circonftances; départ du convoi:
pourront le permettre > nous vous en
& aufitôr qu'clies
33 Quant au fecond objet, il NOMS irftruirons. eft
fible de vous autorifer à emmener le vaiffeau également impof
lavifo l'Espédition ; nous ne pouvons lailfer "América les
&
l'Oueft & du Sud fans croifière julqu'à
côtes de
ftation.
l'arrivée de la
93 Signé, POLVEREL &
SONTHONAX. 53
Enfin, le premier mai, ils me laifsèrent
partir; & le 2, je fis voile avec les
le maitre de
du commerce. J'arrivai le I2 du' même quarante-cinq mois
navires
m'y occupai de mettre le convoi en état de.
au Cap; je
la France. Il m'étoit arrivé de
faire voile pour
exécutif, ainfi que les fignaux de nouveaux ordres du confeil
nons retenoit, le commerce follicitoit reconnoiffance, Rien ne
il fur tenu un confeil au
vivement le départ;
l'abfolue néceffité, & Galbaud gouvernement, où on en fentit
commiffaires. Je leur écrivis fur en le fit palTer le réfulat aux
par ines inftructions, prendre leurs derniers même fajet, devant, >
répondirent de Jacmel, en date du.zr mai ordres; ils me
1793.
du confeil
nons retenoit, le commerce follicitoit reconnoiffance, Rien ne
il fur tenu un confeil au
vivement le départ;
l'abfolue néceffité, & Galbaud gouvernement, où on en fentit
commiffaires. Je leur écrivis fur en le fit palTer le réfulat aux
par ines inftructions, prendre leurs derniers même fajet, devant, >
répondirent de Jacmel, en date du.zr mai ordres; ils me
1793. --- Page 214 ---
ce Nous avons reçu votre dépêche du I2 de" ce
nous vous remercions de VOS foins pour les
mois 5
nous vous invitons à la. plus exacte, vigilance. ptifonniers, Nous
&.
venons que nous refufons notre
à vouspré-
( de mefure pour le départ du convoi approbation avant
toute elpèce
chaine arrivée au Cap.
notre très-pro-
>> Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Elle eut enfin lieu, cette arrivée au
le II
nous
Cap,
renouvelâmes de nouveau nos preffantes
juin;
mais il s'élevoit une difficulé, > parce que , par follicitations: les derniers
ordres, la moitié feulement des navires du commerce devoit
partir avec une partie de l'efcorte; mais tous ces bâtimens
étant prèts depuis long - -temps, & fe trouvant dans l'impolibilité de remplacer leurs vivres de
fommèrent
campagne qu'ils con-
> réclamérent avec juftice d'être des premicrs à
partir. Les commiffaires. civils écrivirent à Carbis
aflembler les capitaines & officiers de marine
confulter fur le
de
> pour
Poer
mode
départ. On convint
fi
mière elcorte partoit en même temps, alors le que tout lai prefaire voile enfemble. .>
pourroit
Le 16 juin, les commifaires m'écrivirent la lettre cijointe.
Cc Au reçu de notre lettre, citoyen, vous voudrez bien
faire compléter les vivres & munitions qui manquent aux
bâtimens qui vous font indiqués par lès inftructions du
confeil exécutif, pour former Tefcorte du premier convoi.
Vous voudrez bien vous tenir prêt à appareiller au
mier ordre que vous recevrez de nous.
pre-
> Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Je leur répondis le 19:
>, Au reçu de votre lettre, citovens, en.date du 16 de Ce
meis, j'ai donné des ordres pour faire
les
& munitions qui
compléter
vivres
manquoient aux batimens délignés par le
feil exécutif, pour former Tefcorte du premier convoi.
Vous voudrez bien vous tenir prêt à appareiller au
mier ordre que vous recevrez de nous.
pre-
> Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Je leur répondis le 19:
>, Au reçu de votre lettre, citovens, en.date du 16 de Ce
meis, j'ai donné des ordres pour faire
les
& munitions qui
compléter
vivres
manquoient aux batimens délignés par le --- Page 215 ---
eonfeil exécutif pour l'efcorte du
rends compte,
premier convoi : je vous
ciroyens, 3 que tous font
appareiller au premier ordre qu'ils recevront. pouryus & prêts à
93 Signé, CIRCEY.
demain Thomas Millet : Cette réponfe eft du Io juin. Le lencommença la terrible
cette cataftrophe, Polverel & cataftrophe Sonthonax du Cap; & durant
clamation qui a ordonné de faire feu fur les rendirent vaiffeaux. une proSonthonax : Oi eft-elle ?
Th. Millet : Nous la.
fur
47 Sonthonax: Je demande dépoferons d'abord
le bureau,
de ces pièces. produites fousle nom communication originale
ce font des
du contre-amiral
pièces qui ne font autre chofe
Cerceys
contre-amiral
que l'opinion du
accufé par les Cercey, 2 faites& rédigées à Paris. Cercey a été
la Convention le commiffaires civils dans une lettre envoyée à
Le
14 juillet 1793 1
préfident : On va t'en donner communication
pondras enfitite.
: tu réTh. Millet : La voilà.
Sonthonax: C'ef un chiffen.
Th. Millet aIL citayen Fouché,
Si vous connoiflez l'écrirure & fecrétaire la
de la commilfton:
vous verrez que cette pièce eft de lui. fignature de Cercey,
je la dépoferai; fi je fuis un fauffaire, Je la parapherai,
refte, la déclaration
je ferai puni. Au
confeil exécurif lors
fon conre-amiral Cercey a faire au
arrivée en
3EE
qu'il a rendu eft dans. fes
France,. le compte
les archives de la commifion regifbres des 3 dont expédition eft dans
colonies.
tiré Sonthonax des
: Th. Millet vient de dire que cet extrait
d'un
regiftres du contre-amiral Cercey. Le
eft
n'eft contre-amiral n'eft pas rédigé dans cette livre-jaurnal
autre chofe que le récit fidèle des
forme-là ; ce
arrivés jour par jour dans le cours de fa événemens
font
point là l'extrait d'un
miflion. 8t n'eft
Paris, concertée avec les journal, colons c'eft une déclaration faite à
l'original.
: je demande qu'on apporte
Le préfident a Th. Millet : Tn as dit
dans les archives de la commiflion
que T'original exifte
l'endroit ol il fe trouve?
: voudrois tu indiquer
fidèle des
forme-là ; ce
arrivés jour par jour dans le cours de fa événemens
font
point là l'extrait d'un
miflion. 8t n'eft
Paris, concertée avec les journal, colons c'eft une déclaration faite à
l'original.
: je demande qu'on apporte
Le préfident a Th. Millet : Tn as dit
dans les archives de la commiflion
que T'original exifte
l'endroit ol il fe trouve?
: voudrois tu indiquer --- Page 216 ---
Th. Millet : J'ai dit plus: : j'ai dit que le compte rendu par
le contr'amiral Cercey . o - . -
Sonthonax : Je denande qu'il foit mis fur le bureau.
PagerSile citoyen Fouché veut venir avec moi, je vais
le lui indiquer.
Le prefident : Cela fe fera au commencement de la prochaine léance.
Sonthonax : Je demande que les colons dépofent aufli far
le bureau les originaux des déclarations des prifes.
Claufor : Elles font dansle Moniteur.
Sonthonax : Il en fera comme de ma proclamation : on
ne les trouvera pas dans le Moniteur.
Lepréfident : Tu feras maitre de tirer les inductions que tu
voudras.
La féance eft levée.
Le
des préfences higné, J. Ph. GARRAN, président ; reted (de 8245 fecrétaire ; MERLINO,
GRÉGOIRE, DABRAY.
Du IX
bureau les originaux des déclarations des prifes.
Claufor : Elles font dansle Moniteur.
Sonthonax : Il en fera comme de ma proclamation : on
ne les trouvera pas dans le Moniteur.
Lepréfident : Tu feras maitre de tirer les inductions que tu
voudras.
La féance eft levée.
Le
des préfences higné, J. Ph. GARRAN, président ; reted (de 8245 fecrétaire ; MERLINO,
GRÉGOIRE, DABRAY.
Du IX --- Page 217 ---
Ont des fentimens nobles > les
baud.
Entimens du ginéral Gal
Le prifident: A f'ordre.
tion. S nthonax: Certe : On leur promer des terres, , fecours &
au Fort-Dauphin, sûreté & protection ont valu l'affaflinat commis protecparlequel ils s'éroient con.re liviés 770 à Sa blancs, Majefté > potr prix de l'adle
parlent ici des affilinats commis
carholique. Ils vous
du For-Dauphin.
am:écicurement a la reddition
Sonthonax Le préfid n:: Il ne
être ici queftion de cela.
Un
: Tandis FRBAAN font eux-mêmes les
colon : C'eft veus,
affafins.
L: préfident : A T'ordre, à l'ordre:
Yerneuit: Quant au traité que
paffe avéc les
'c'eft Sonthonax dit avoir- été
nidicnle,
Eipagnols >
une abfurdité d'autant
plus curdialemente qa'ilif'y a pas de nation que les colons
que les
mais
ERLASE
a été livré aux Efpagnols, Efpaghols & cela eft
file Fors-Dauphin
mulâcre Caudis, qui a reçu des
vrai, il l'a bib par le
& qui commandoir
Efpagnois 300 mille livres,
le
410 hommes de conieur. Voilà
de Fort-Dauphn a été livré à I'E(pagnol. Je
par qui
me démentir.
défie Sonthonax
fation Sonthonax: : Nous ne fommes pas encore au chef
qui traite de la livraifon des divers
d'acculonie, foit à Tanglesetre, foit à
quartiers de la cofait politif; c'eft qu'un des commiflaires T'Efpagne: de mais il y a un
loniale, Pene-Del-hampeanes qui étoit à T'aflemblée COde Page & de Brulley, ce
Paris, le collègue
de ceux qui ont échappé Petit-Defciampennse à Taflallinat
eft du nombre
. Le préident : Vous cirez de part & commis. d'autre des
preuves. A un autre objet.
faits fans.
Sonthonax : L'impatience de la commifion
l'accufé; les colons ont la liberté de jerer
retombe fur
veaux fairs', je ne fais jamais.
fans ceffe de nouLe préfident : C'eft toi qui-as que parlé répondre. le
Dauphin.
premier du FortBrulley: Tour-à-Theure Sonthonnx a cherché à
T'ufurparion du pouvoir légiflatif,
julifier
éles efclaves, par les réfultars
relativement à la liberts
Tome VI. Cinguante-fixième qu'elle a eus
liyraifon.
N
jerer
retombe fur
veaux fairs', je ne fais jamais.
fans ceffe de nouLe préfident : C'eft toi qui-as que parlé répondre. le
Dauphin.
premier du FortBrulley: Tour-à-Theure Sonthonnx a cherché à
T'ufurparion du pouvoir légiflatif,
julifier
éles efclaves, par les réfultars
relativement à la liberts
Tome VI. Cinguante-fixième qu'elle a eus
liyraifon.
N --- Page 218 ---
Le préfident : Il ne peut pas être queftion de cela non
plus.
Brulley: J'offre de prouver le contraire par des lettres de
Stint-Domingue, du4, mars dernier.
Le préfident : A l'ordre.
Son:honax : Des lettres que vous fabriquez.
Lepréfidene: Aledte.Becinlavance, point Téclairciffement
de ce que nous traitons.
Verneuil: : Sonthonax a dit
nous avions pris les nègres
qui éroient dans les prifons, det que ceux qui étoient renfermés dansl'églife, êque nous les faifionsé égorgeraunombre
de 20 ou 30 fur des fofles faites dans le cimetière de la Providence. Ma réponfe fera courte, c'eft Sonthonax qui me la
fournira. Je VOHS prie de remarquer que, dans la dernière
féance, nous faifions égorger les noirs dans"le cimetière de
la Providence, & que, dans la vingt-quatrièmelivraifon, page
62,i1 dit que nous raffemblions des noirs à la Savane de la
Follette. Ciroyens, il eft bon que vous fachiez quily a une
grande diftance entre la Savane de la Foffette & le cimetière
de la Providence; & quand on eft aufli peu d'accord far les
lieux où de pareilles atrocités fe font pailées, c'eft une
que cette chofe n'a jamais exifté que dans la tête de PSune
zhonax. Sij'avois beloin d'autre preuve, je citerois la répon(e
dePolverci, lorfque je T'ai interpellé de déclarer-fi, à fon arsixcessaint-T'ominone il avoit entendu parler de ces maflacres, & voici la réponfe pofitive de Polverel.
(Il lit.)
Cc Je n'ai point conmoilfance d'un fait précis, 3 exécuté dans
un lieu déterminé. J'ai entendu parler à mon arrivée au Cap,
& tout le monde en a entendu pàrler de l'exiftence & dela
terrible' e'adivité de cette commiflion 32,
Citoyens , il ya bien loin de cet aveu à ce, qu'a dit Sonthonax. lque nous égorgions chaque jour 20 ou 30 nègres.
A Tavanr-dernière féance il a dit que nous les avions égorgés
danslecimesière de la.Providence, & quinze jours aeparavant
ilavoit dit, quenous les avions.égorgés à la Foffette; la cont
tradiclion prouve la faufferé,
Fondeviclle: Ce crime n'ajamais été commis.
Sonthonax: Je demande à répliquer. Quelque grande
ax. lque nous égorgions chaque jour 20 ou 30 nègres.
A Tavanr-dernière féance il a dit que nous les avions égorgés
danslecimesière de la.Providence, & quinze jours aeparavant
ilavoit dit, quenous les avions.égorgés à la Foffette; la cont
tradiclion prouve la faufferé,
Fondeviclle: Ce crime n'ajamais été commis.
Sonthonax: Je demande à répliquer. Quelque grande --- Page 219 ---
diftance qu'il y ait entre le cimetière de la Providence & la
Follette, il ne s'en fuivroit pas de-là que beaucoupde ét6 noirs,
qu'une infinité de noirs tirés des prifons, n'aien:
égorgés
par la commiflion prévôtale dans le cimetière de la Previdence. Ces faits feront prouvés par le rapport unanime des
colons témoins deces événemens. Ils feront prouvés par des
pièces tirées du comité de marine & des colonies, & actuellement dans les archives de la commiflion des colonies. Ils
feront prouvés par les déclarations reçues à Breft par la
commillion des celonies qui y a été établic. Ils ferontprouvés
par les déclarations unanimes des capitaines du commerce 3
qui étoient à cette trifte époque dans'la radé du Cap, & qui
ont été témoins. de ces atrocités. C'eftà cette barbarie qu'on
doit la conrinuation de la iévolre 3 car du moment que les
révoltés n'avoient plus de grace à efpérer de leurs maîtres qui
les faifoient fufiller lorfqu rils étoient pris, ils ne fe foucioient
pas de rentrer dans leurs ateliers : c'eft-là la caufe du principale Nord.
de la continuacion de la révolte dans la province
J'obferve d'ailleuts que dans les procès-verbaux de l'affemblée
coloniale, il eft queftion de la terrible aélivité de la commiflion prévôtale, qui, ne fe croyant pas en sûreté pour avoir
expédié
vite ces malheureux nègres, eft venue demander
àda barre PT l'affemblée coloniale un arrêté formel qui approuvarles formes expéditives qu' elle avoitcru devoir prendre
fur elle, & ces fornies expéditives étoient plus fortes que
celles prefcrites
ordonnances pour les jugemens prévôraux; 3 elles Ett même plus fortes que la queftion confervée par l'aflemblée coloniale, d'une commiflion coloniale
Duny : Sonthonax vous parle
Polverel
établie à Breft. Cette commillion étoit compofée
fils, par Arnaud Pétry > arrêteur de Prieur ( de E
Gatineau,
imptimeur de la commiffion
nartit
par
éré établie Prévoteau, Prieur
la
& les colons
Elle a
par l'infame (de Vertéuil, Marne), acculateur public de
ont été exécutés par
Breft. Sonzhonax : Elle a été établie dans un temps où les commiffaires civils étoient abfens de Prance; nous ne pouvons
avoir eu auciine part direéte ni indireéte aux opérations de
cette commiflion , puifqu'elle a été créée trois mois avant
Y'arrivée des commiffaires civils en France. Ils étoient
N 2
l'infame (de Vertéuil, Marne), acculateur public de
ont été exécutés par
Breft. Sonzhonax : Elle a été établie dans un temps où les commiffaires civils étoient abfens de Prance; nous ne pouvons
avoir eu auciine part direéte ni indireéte aux opérations de
cette commiflion , puifqu'elle a été créée trois mois avant
Y'arrivée des commiffaires civils en France. Ils étoient
N 2 --- Page 220 ---
décrérés d'accufarion, & n'in'piroient pas affez d'intérêt
induenter ics cperarions de cette - ommillion. Je n'ai qu'une pour
réilexiona faire fur la compotition de cette
s'eft bornée fimplement à l'inftruction des commiflion, événemens
& du
M
Cap fils
Pori-au Prince. D'ailleurs il eft faux que Polverel
ait jamais été membre de la commiflion de Breft. C'eft
un faux rres-palpable, dont vous pouvez vous convaincre par
Tinfpection des actes de la commiffion même.
Verneni.: : Son:honax a dit que ce qui l'avoit déterminé à
mettre'les officiers militaires hors de la lo
Le préfident : Ce n'eft plus l'ordre de la difcuflion; ceci
a déja éé trairé.
Perneuil: Je paffe à un autre objet. Sonthonaxvous a dit
qu'Opanaminthe férable
étoit une ville forte. Eh bien! c'eft un miHourg compofé de cinq ou fix maifons, fans
fans, voflés, & qui ne préfente pas la moindre réfiftance. paliflade, C'eft
ainfi que Sonthonax, en préfentant les chofes d'une manière
rrès-differenre, voudroit fzire croire que ceux qui auroient
Jivré ce pofte auroient été tres-coupables; tandis
efcadron de cavalerie pouvoiry entrer de tous côtés, fans qu'un trouver
la moindre réfiftance.
Sonthonax : Je n'ai jamais dit qu'Onanaminthe fût une
ville tres-forte; j'ai dirgu'Ouanaminche étoit une
forte
en première ligne fur la frontière efpagnole 5 j'ai place dit
cette place éroic forte; car depuis que nous foupconnions
déclaration de
RIE
des
guerre, & pour d'ailleurs fe mercre à couvert
incurfions des noirs révolrés > Rochambéau ordonna la
forrification régulière de cette place. On y conftruifit des
follès & des ouvrages en terre très-bien
ce
qui rendoit ce pofte fort, & le mettoit garnis'd à l'abri d'artilleries des incurfions des' Elpagnals & des noirs révoltés. Ceux qui l'ont
rendu, l'onrrendu, fans coup férir , aux E(pagnols au nombre
de 200, tandis qu'il y avoit 400 hommes de troupes de ligne
dans linrérieur de la place.
Verner 2: Il n'ya jamais eu à Ouanaminthe ni follés ni
ouvrages en terre faits par Rochambcau; ; Rochambeau n'a
Son expédition fut de deux fois vingt-quatre
heures, & hommes
avoit avee lui n'auroient
EsTE
dans yn Gi courr
pas pu,
efpace
temps a faire même
2d
gnée. Il eit ablclument faux
ait
une feule faiqu'il y
eu à Onanaminthe
érieur de la place.
Verner 2: Il n'ya jamais eu à Ouanaminthe ni follés ni
ouvrages en terre faits par Rochambcau; ; Rochambeau n'a
Son expédition fut de deux fois vingt-quatre
heures, & hommes
avoit avee lui n'auroient
EsTE
dans yn Gi courr
pas pu,
efpace
temps a faire même
2d
gnée. Il eit ablclument faux
ait
une feule faiqu'il y
eu à Onanaminthe --- Page 221 ---
aucune forrification; il efta abfolument faux que ce miférable
pofte aitjamais été une place forre.
fans
Le préfident: Voila tous des faits,allégués
preuves. ordres
Nonthonax : J'ai dit que les forts ont éte faits parl les
du général Rochambeau. C'eft en vertu de ces ordres
faits. Rochambeau a été
la
REe
ont été
cbligé departir pour fon
tinique, & les ouvrages fe fon: continués aprés des faits départ. fans
Lepréfident: Vousa alléguez de part & d'autre
preuves. Th. Miller": Je vais vous fournir les moyens d'avoir des
preuves.k'oflicier généralqui commandoir à Saint-Domingue, Cefar
eft ici: c'eft le général Galbaud ; & il vous dira que
Galbaud, , fon fère, adjudanr-général fi elle
convenable
Lc préfident : La commiflion verra
juge diroit
d'entendre le général Galbaud; tout, ce qu'on
jufquelà feroit inutile.
le dix-huitième article, à ce que
Verneuil : Je me réfère, fur
j'ai déjà dit.
dix-neuvième article. Sonthonax
Th. Millet: Je paffe au
étoit ridicule de
vous a dir, dans fa défenfe, qu'il
prétendre
qu'il eût cherché à féduire le SceeposaibMets
pour lui faire approuver l'adte de la commillion intermédiaire, dit
relatif à la fubvention du quart du revenu. Il vous a
Delparbès , à l'époque de cette acceptation > étoit déjà de
Rec loin en mer. Eh bien! vous verrez,, & je me charge
le prouver, que dans larrèté même de la comniflion intér-.
médiaire , approuvé par Sonthonax, il eft bien conftaté que
le gouverneur Defparbès, le 8 oétobre précédent, avoit refufé
fon approbation à cet arrèté, concernant la fubvention du
quart du rèvenu.
fur ce
a été dit far les moyens
Je ne difcuterai point
qui
dirai feulement
dé féduétion propoles à Defparbès; je
l'ayoit qu'il
eft prouvé que l'acte lui avoit été préfenté & qu'il l'alfemrefufé. L.oriquel la commitioningmneieire, remplaça
elle
blée, coloniale, qui avoit préfenté cet aéte à Delparbès,
prit T'arrèté du 7 novembre, portant Yétabliflement de cette à
fubvention. Cet érabliflement n'étoit point une nouveauté
Saint-Domingue, il éroirde l'invention d'un appelé Cormerey,
frère de Favras, qui avoit pallé à Saint-Dontingue depuis direéteur la
révolution, & qui avoit été fait par Sonthonax le
elle
blée, coloniale, qui avoit préfenté cet aéte à Delparbès,
prit T'arrèté du 7 novembre, portant Yétabliflement de cette à
fubvention. Cet érabliflement n'étoit point une nouveauté
Saint-Domingue, il éroirde l'invention d'un appelé Cormerey,
frère de Favras, qui avoit pallé à Saint-Dontingue depuis direéteur la
révolution, & qui avoit été fait par Sonthonax le --- Page 222 ---
la de cette adminiftration. Sonthonax trouvoit ou craignoit, de
part de Rochambeaa, la même réfiftance que dans Defparbis. Il "en trouvoit t2s-certainement dans fon collègue
Polverel, quin'a
voulu confentirà lérabliliement de certe
fubvention dans Eate partie confée à fon adminiftration
même a fair une proclamation
, Gui
celle de Sonthonax. Eufin,
pour empècher l'exécution de
pour évi:er toutes lesdificulrésqui
du pourroient' empécher la perception de la fubvention du quart
miflion revenu > Sonchonax ordonna que les arrêtés de la comintermédiaire feroient exécutés fans l'approbation du
gouverneur s mais feulement avecla fenne. Vous remarquerez
cet arrêté pour la fubvention eft du 7 novembre 5
SeR le I2 de novembre
çue
donné que la commiffion que par une proclamation il a orintermédinire feroit difpenfee, pour
T'exéçurion de fes arrétés, de l'approbation du gouverneur >
&cel deux jours après, c'eft-à- dire la mefure de
néceflaire qu'il falloit pour remplir les
temps
prouvé l'arrèté ou lurgence.
fetmalnés.quilaapVous voyez donc que cette proclamation n'a été faite &c
n'a eu d'autre motif
de fuppléer à Tapprobation du
verneur, > pour qu'il PorE parvenir à percevoir
goule quart du revenu; car c'eft pour cet arrèré qu'il tranquillement l'a
de Papprobation du gouverneur, & qu'il a dic
feroit difpenfé exécuté avec la fienne feulemenr.
qu'il
Sonthonax : Je demande à Millet s'il n'a pas connoiffance
que Rochambeau a approuvé l'arrêté de la commiflion intermédiaire qui ordonnoir la fubvention du
du revenu.
quart
Milléc: Oui, Rochambeau l'a approuvé après Sonthonax.
Sonthionax : Je n'ai donc pas cru devoir me paffer de
probation de Rochambeu, pour mettre en activité l'ap:
dc ln fubvention du quart du revenu. Il n'y a donc l'arrété eu
refus de la 'part du gouverneur 5 au furplus, il eft inutile pas
de s'occuper d'un arrêté qui a été approuvé
la Converrion.
par
Millet: Oui, le décret du 6 mars a
la conduite
des comniffaires civils; mais Tun, Sonthonax, approuvé avcit établi
cette fubvention, & Polverel l'avoit défendue. La conduite
duquella Convention approuvoit-ellez
Sonthonax : La Conyention a approuvélarrdté qui porte
il eft inutile pas
de s'occuper d'un arrêté qui a été approuvé
la Converrion.
par
Millet: Oui, le décret du 6 mars a
la conduite
des comniffaires civils; mais Tun, Sonthonax, approuvé avcit établi
cette fubvention, & Polverel l'avoit défendue. La conduite
duquella Convention approuvoit-ellez
Sonthonax : La Conyention a approuvélarrdté qui porte --- Page 223 ---
203.
la création de la fubvention, & elle en a ordorné
ception,
laper.
Miulet: Puifqu'elle ne faveit pas que dans les deux tiers
d-eain-Doningte, dans l'Oueft & dans Je
une prociamation, avoit défenda la
Sud, Polverel,
Red en rélule que la. Convention' étoit fubvention bien mal du quart,
puifqu'elle ordonnoit la perception de limpoe érabli informée,
thonax, tandis qu'il étoit défendu
par Son1: Sont thonax : La Convention éroit par tres-bien Polvetel,
conduire des deux commiffaires civils,
inftruite de la
venrion du quart & fur ia percebrion. relativement Elle
àla fub
par une lettre écrite par moi à la
a été informée
le refus de mon colligue Polverel Convention nationale fur
du quar: pour les provinces de l'Oueft d'approuver & du la fubvention
informée ipécialenient
Sud; elle a été
termédiaire
par une adreffe de la
de la
à ce fujet, adrefle qui fe trouve. daris commiffion les
indu confeil commilion; elle a été informée par la
archives
exécurifa avec la Convention nationale, correlpondance
quelle le confeil exécutifaverarla Convention du
dans laqui exiftoir à cet égard entre-les deux
diffentiment
exifte dans les papiers de la commiffion commiffaires civile
civils, Il.
miniftre Monge à Polverel, dans laquelle
une lettre du
de la défapprebation de la Convenrion & Monge du
lui fait pare
fur fon oppofition à la perception de la
confeil exécutif
lettre fair mention du jugemenr de la
fubvention. Cette
& à cette lettre étoit joint le décrer de Convention la
nationale,
mars 1793 , par lequel elle a approuvé & Convention, ordonné du 6
ception du quart du revenu dans la colonie de
la
gue. Ainfi la Convention étoit bien
ermouEt
approuver ce qu'a fait le commiffaire inftruite, & a entenda
la perception.F Puifque les colons veulent civilqui revenir avoit ordonné
je demande à la commifion dé me donner la fur cet article,
main pour détailler ce qui s'eft paffé
féance de devention. D'abord il eft faux
relativement à la fubla fubvention Mahy de
que Jaie nommé infpedteur de:
propriéraire à
Cormerey, Mahy de Cormerey étoit
diaire qui l'a Saint-Domingues nommé, Je n'ai nommé c'eft la commiffion intermé
Tefabvention, excepté le payeur de la aucun des officiers de
tréforier delarecette dela
colonie, qui fur fait
alaperception del la fubvention, fubvention; ; tousles ofliciers artachés
tous les ofliciers,tant en chef
ie nommé infpedteur de:
propriéraire à
Cormerey, Mahy de Cormerey étoit
diaire qui l'a Saint-Domingues nommé, Je n'ai nommé c'eft la commiffion intermé
Tefabvention, excepté le payeur de la aucun des officiers de
tréforier delarecette dela
colonie, qui fur fait
alaperception del la fubvention, fubvention; ; tousles ofliciers artachés
tous les ofliciers,tant en chef --- Page 224 ---
que les infpecteurs, étoient nomnés par la commiflion. intermédiaire; ily a plus, la caille de la fubven:ion formoit à
Saint-Domingue une. caifle extraordinaire, indépendante des
agens de la République.
Lc préfident : Il - s'agit de favoir fi vous vous êtes réfervé le
droit a'approuver & de faire exécuter les arrèrés de la commiflion intermédiaire. Quandil fera queftion enfuite d'examiner l'emploi des fonds, on pourra revenir fur les détails
que tu veux donner; mais à préfent il n'eft queftion que du
fait & des inductions qu'on peut tirer de l'approbation que tu
2S donnée & que tu avoues.
Sonthonax : Pourquoi Millet ouvre-t-il la difcuffion fur
l'impor? l'impatience de la commiflion tombe toujours fur
l'accufé. Ili me femble qu'il feroit raifonnable alors d'arrêter
l'accufareur lorfqu'il avance de nouveaux faits.
J'ai répondu en deux mots à Thomas Millet > en difant
que Rochambeau avoit approuvé l'arrêté de la commiflion intermédiaire qui ordonnoirla perception du quart de l'impôt.
La féance eft ajournée à demain.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Pu. GARRAN,
Priéfidents FoUcHE (de Nantes), Secrétaire; DAERAY,
MIRLINO, MOLLEYAUT, F. LANTHENAS.
Du a --- Page 225 ---
Du II Prairial, l'an troiftème de la Régublique frangaife
une & indivifble,
ON fait lecture des débats recueillis daris la féance du:
9, la rédaction en eft adoptée.
Th. Miller: Je me fuis improprement exprimé,
dans la féance d'avant-hier,Jai dit que c'écoit par une lorfque,,
clamation que Polverel & Sonthonax avoient
mettre le feu à la Hotte : c'eft
ordonné
Page 225 ---
Du II Prairial, l'an troiftème de la Régublique frangaife
une & indivifble,
ON fait lecture des débats recueillis daris la féance du:
9, la rédaction en eft adoptée.
Th. Miller: Je me fuis improprement exprimé,
dans la féance d'avant-hier,Jai dit que c'écoit par une lorfque,,
clamation que Polverel & Sonthonax avoient
mettre le feu à la Hotte : c'eft
ordonné le leur, & figné Etienne
d'après un ordre donné d'après'
Lavaux, gouvernsur par interim de
Saint-Domingue, J'ai dit queje. Froduirois la pièce: la voici.
Je n'entends pas en tirer dans ce moimnent-ci d'induction, ni
T'analyfer;, parce. qu'elle fait l'objet d'un chef
mais j'avois promis la pièce, la voici : je vais lalire. d'aceufations,
Sonthonax : Je demansle que la lecture foit remife à
de la difcuflion du chefd'accufation quiy y eft relatif. l'ordre'
dant j'oblerve que les colons avoient dit que c'étoir une Cepenclamation de moi, & à préfent c'eft un ordre du
proLavaux.
général
Millet: J'ai dit,& je vais le prouvèr, que d'eftun ordre'
du général Lavaux, donné d'après celui de Polverel &
thonax; 5 or ii ne manque à cela que le titre de
SonLc préfident : Dès que les induétions que tu proclamation." veux en tirer
font renvoyées à un autre chef-dl'aceulation, il eft inutile
la lire à préfent.
de
Th. Millet : En ce cas jen'en donnerai pas lecture; mais
je déclare qu'elle exifte : la voici.
Le préfident: Tu peux la produire
Tome PI. Cinguante-buitième liyraifon,
P
; 5 or ii ne manque à cela que le titre de
SonLc préfident : Dès que les induétions que tu proclamation." veux en tirer
font renvoyées à un autre chef-dl'aceulation, il eft inutile
la lire à préfent.
de
Th. Millet : En ce cas jen'en donnerai pas lecture; mais
je déclare qu'elle exifte : la voici.
Le préfident: Tu peux la produire
Tome PI. Cinguante-buitième liyraifon,
P --- Page 226 ---
Sonthonax : Je demande fi ceftl la pièce originale de l'ordre
donné par le citoyen Lavaux.
Millet: C'eft lacte de dépôt fait à Rennes par les officiers
d'artillerie, Noël & d'Ambly, lefquels étoient porteurs de
l'ordre original; le tout dépoie à Rennes. chez- un officierpublic; ceci eft une expédition bien en règle, donnée par cet
officier public, duement atteftée par les adminiftrateurs du
diftrict, & revêtue de leurs fignatures.
Le préfident à Millec: Communique-la à Sonthonax.
( Millet la lui préfente ).
Sonthonax : Je repondnail-defislorfqrilyagia decechef
d'acculation.
Le préfident à Millet: La dépofes-tu à la commiflion, ou
la gardes-tu? U21
Miller: Je la garde.
J'ai en outre fur le procts-verbal une obfervation à faire.
Sonthonax a dit dans la féance d'avant-hier : ilen fera de
lexiftence des déciarations, comme de rmes proclamations qui
ne fe font pas trouvées dans le Moniteur. Cerres, la commillion eft bien convaincue que nous n'avons julqu'à préfent
cité aucun acte fans le prouver : c'eft donc à tort que Sonthonax dit que nous ne les avons-pas produites.
Sonthonax : On jugera de-la'vérité de vos affertions, par
les débats qui prouvent qu'après avoir annoncé > comme fe
trouvant dans-le- Moniteur plunieurs- proclamations, elles ne
sy font pas,trouvées.
Les colons : Cela eft faux,
Duy: Quand Sonthonax lesa'émifes,le Monirearn'exiftoit
plus, , ou du moins nous étions chaffés de Saint-Domingue,
mais nous les avons puifées dans fes regiftres.
Sonthonax : Le Moniteur exiftoit alors; car les fauffes proclamations, que yous avez citées, font, felon vous, du commencemnent de décembre 1791: or ill ne manque pas une feule
feuille du Moniteur, depuis le commencement de décembre
179: jufqu'au 20 juin 1793.
Millet La feule proclamadon que nous ayons citée icis,
& qui il'étoit pas dans le Moniteur,' été produite par Sontaonax lui-méme.
a
ax : Le Moniteur exiftoit alors; car les fauffes proclamations, que yous avez citées, font, felon vous, du commencemnent de décembre 1791: or ill ne manque pas une feule
feuille du Moniteur, depuis le commencement de décembre
179: jufqu'au 20 juin 1793.
Millet La feule proclamadon que nous ayons citée icis,
& qui il'étoit pas dans le Moniteur,' été produite par Sontaonax lui-méme.
a --- Page 227 ---
fe Sonthonax: dit
il : Puiique les colons chicanent fur tout ce
ici, faut que je rétablifle les't faits,
qui
noncé qu'tne de mes proclamations devoit lorfqu'ils exifter ont dans an- le
Moniteur, en promertant de la produire.
Le prefident: Laquelle?
décembre Sonthonax: : Cette deft proclamation, fslon eux, eft du 2 ou
j'avois 3
mis la 1792:
ceile parl laquelle ils ont prétendu que
du
force armée entre les mains de la municipalité
Cap, quej j'avois remis mes pouvoirs entre les
cette nunep-lnémentVous vousrappelez
mains de
fommation que je : fis à Verneuil & aux reesbierquefurhi autres
produire cette proclamation, les colons
colons, de
étoit dans le
quec c'étoit
répondiren: qu'elle
&c
Moniveurs
Page qui en étoit
la que Page ne fe trouvanrpas à la feance, ils ne chargé,
produire tout de fuite. Le. lendemain
pouvcient
féance avec les autres colous, je demande l'exhibition Page arrive à la
pièce tirée du Moniteur, dont tje'm'érois
de la
le Moniteur comme authentique ; je trouvé contenté, regardant
pas plus dans le Moriter que benucoup d'aurres qu'elie n'étoit
annoncées par les colons:je penfe que la
également
pelle de ce fait.
commillionle rapVerneuil: C'eft moi quiai parlé là-deffus. La
du 2 décembre 1792, que j'ai citée pour avoir proclamation été
par le Sonthonax à la municipaliré, n'eft pas, il eft vrai, envoyée dans
Moniteur, &ne pouvoit point être;
fait voir dans des proces-verbaux 2 la
maisje vousles ai
Il eft ridicule que Soathonax veuille alléguer municipalité du Gap.
clamation n'eft
auchenriques
fa
que cefte pros
point, parce auik n'eft pas dans Dtr proclamation n'exifte
veut une préuve plus complète , 31 Moniteur. n'a qu'a Si Sonthonax
regiltre de proclamation; je demande qu'il le parcourir fon
bureau,
dépofe fur le
Le préfident : Celaa déja été traité.
Sonthonax : Je demande la parole
une
d'ordre. Dans une des dernières Tefcer occupées réclamation
colons, lorfque j'ai parlé de I'heureux effer de
par les
tion du aoûr, > Jorfque jai parlé du fuccès de Farmées la proclamsRetaniter des Iiles du Vent & fous le
les
noire
traité de romàn tout ce quej'ai annoucé, Yent, c'eft cclons, ont
la dit..
Brulley qui
P 2
: Je demande la parole
une
d'ordre. Dans une des dernières Tefcer occupées réclamation
colons, lorfque j'ai parlé de I'heureux effer de
par les
tion du aoûr, > Jorfque jai parlé du fuccès de Farmées la proclamsRetaniter des Iiles du Vent & fous le
les
noire
traité de romàn tout ce quej'ai annoucé, Yent, c'eft cclons, ont
la dit..
Brulley qui
P 2 --- Page 228 ---
Le président : Annonce l'objet de ta réclamation d'ordre,
parce qu'on ne peut pas f'entendre fans cela:la commitlion
ne pouvantj juger de la juftelle de ta réclamation , que lorfqu'elle en aura reconnu l'objet.
Sonthonax. : Lobjet de ma réclamation eft d'annoncer à la
commiflion qu'un avifo vient d'arriver à lOrient, où il a
mouillé le premier prairial > parri du Cap français le 20
germinal.
des débats
Le président : Ceci ne peut pas faire parie
5 je
demande fi la commiffion veut entendre cela.
Brulley : Déja j'ai été rappelé à l'ordre fur cela même
Le président à Sonthonax:Tu ne peux avoir la parole fur
cet objet : fur des faits étrangers aux débats, tu peux les faire
connoitre f tu le juges à propos, en les adreflant par écrit à
la commiflion qui les recevra; mais il ne faut pas intervertir
l'ordre de la difcuffion.
Sonthorax: Alors je demande que les colons foient tenus
de dépofer fur le bureau les nouvelles qu'ils ont reçues de
Saint-Domingue, datées du 4 mars dernier; qu'elles foient
cotées & paraphées par le fecrétaire de la commiflion > afin
qu'on fache quels font à Saint-Domingue les correfpondans
des colons à cet égard, IL. eft't très-eflentiel.
Le président : Préfente Gtu veux une pétition par écrit':
la commiffion verra ce qu'elleauraà fatuer.
Sonthonax: J'en prélenterai une.
( Vérneuil reprend la difcuflion du quatrième chef d'accufation )..
Verneuil: Le troifième article eft ainfi conçu: :
cIls ont difféminé les troupes dans des endroits mal-fains;
& les y ont laiffe périr 22.
A peine Sonthonax & Polverel furent-ils arrivés à 4 SaintDomingue, que les colons fe rendirent chez EUx, & leur
firent fentir combien il étoit défavantageux à la colonie de
ne pas amener au Cap les troupès qui les accompagnoient.
Sonthonax & Polverel négligérent cet avis, & les envoyèrent
dans des camps oà elles étoient dépourvues de tout, scoul les
y ont laiffe périr 22.
A peine Sonthonax & Polverel furent-ils arrivés à 4 SaintDomingue, que les colons fe rendirent chez EUx, & leur
firent fentir combien il étoit défavantageux à la colonie de
ne pas amener au Cap les troupès qui les accompagnoient.
Sonthonax & Polverel négligérent cet avis, & les envoyèrent
dans des camps oà elles étoient dépourvues de tout, scoul les --- Page 229 ---
fix premiers mille hommes envoyés 225
la défenfe de la colonie étoient
par la mère-patrie pour
ou à Thôpital. Sitôt que ces homies déja prefque tous ou morts
ils ne cefsèrent d'adrefler à
farent dans ces camps, 3
de faire une fortie générale. Sonthonax des réclamations, afin.
refulé. Dès cet inftant la mort Sonthonax les
s'y eft conftamment
les hépitaux en éroient pleins, & moillonnoir les vivres par centaines;
mortaliré voyoir > étant empoifonnés , ne faifoient qu'on leur ence
qui régnoit parmi eux. Je vais
quzrgmenter la
que je viens d'avaneer.
donner la preuve de
Voici la preuve que tous les-foldats qui
éroientenvoyése dans les hôpitaux,
tomboient malades
railon comme l'antre de la mort. qu'ils Vous regardoient allez
avec jufte
deferipriens en
qu'ils en font eux -
voir,
les
parlant de ces hôpiraux, qui mémes, fije dis rien Ret
du nègre Biaffon, chefdes
éroient deffervis par les trop
la mort aux foldats qui révoltés, quife hâroient de parens
retées, & dont on
y étoient ransférés par pleines donner charmoyens.
augmentoir les' maux par toutes fortes de
(II liclexrair des regifres,
no. du Moniteur, 530 ).
Extrait des pièces dépofies aux archives du
de
cipalité du Cap.
grefe la munidu ec Hier au matin, 13 de ce mois, un capitaine
Morbihan a été trouvé mort dans fon
du baraillon
aucunfecours;
lit, fans avoir
un remède qui siner-uapebcunatent auroit pu le fauver. Eh il lluiavoit été aUAIRE
qu'on le lui eût préfenté. Ces fcènes bien! il eft mort fans
chaque jour, les foldats font
d'horreur fe répètent
ment On leur refufe les fecours indignement dont
traités; non-feulecore on les laiffe à Tabandon des
ils ont beloin, mais enlérat Bialfon, chef des
nègres, des paréns du fcéde nOS femblables, en révoltés, oubliant quife permertent 5 à la honte
de les battre à coups de bâton,. tout fentiment dhumanité,
choles ellenrielles à leur
loriquils leur demandentles
> Ajoutez à ce déplorable exiftence... tableau la
ou, pour
manière infoucianre,
les foldats misuenonseapdmerse malades, qui font complèrement barbare, dont
tran(portés dans le tombeau de
P3
nOS femblables, en révoltés, oubliant quife permertent 5 à la honte
de les battre à coups de bâton,. tout fentiment dhumanité,
choles ellenrielles à leur
loriquils leur demandentles
> Ajoutez à ce déplorable exiftence... tableau la
ou, pour
manière infoucianre,
les foldats misuenonseapdmerse malades, qui font complèrement barbare, dont
tran(portés dans le tombeau de
P3 --- Page 230 ---
226.
Thopie. font trainés fur des cabrouets durs , découvertss
fans la moindre couverture, fans matelas &en plein midi,
pour te délivrer plutôr de ces hommes auffi étonnans par
leurpaitiociime que parleur courage & leur civifime. Là-delfus
mettieurs, nous n avons rien à vousapprendre e>.
1 Sonthonax n'a ceffé de répéter dans les féances antérieures,
que fes pouvoirs étoient illimités. Les plaintes n'ont ceffé de
lai être portées fur les abus qui régnoient dans les, différens
hôpitaux de FErat, 8-Sonthonax n'a.pris aucune mefure pour
Y remédier. 11 a conftamment repoulié avec férociré ceux qui
Tiporoient -
des plaintes fur ces abus. ; 8c, moi, deux jours
auparavant ma déporiation, la meftranfe de la Aite la Normande vint. m'apporter aui comité de furveillance de la fociété
des Amis de la Convention nationale, dont j'érois préfident,
des preuves matériclles de poifon. ny a en 'avoit une allez
grande quantité pour en remplir un carton.Jeme tranfportai
ch-z" Sonihionax; je lui fis voir le poifon quiavoit été
au comite
de la Aute la Normande; &
OE
au parla'mifieanie faire les recherches néceffaires, fe conthonax >
lieu.ie
tenta de me, dire: Un moment.J'ai ici 272 chimifte
trèshalilé, quianidily en aura davantagey'en ferai
Panalyfe.
tyenie
Lefulendemsinje, fusenlevé de mon domicile parlesfatellites
de Sonthonax.
ste
Comment
Lepresidens: Voicides faits extrêmement graves.
les onteneaintnienitn pas confaté lesiaits, comment la municipalité . :
Duny.4. Voila des aétes de la municipaliré.
Brulley : Cela rentre dans le quatrième & cinquième article que; jeivais traiter tout-à-Theure: vous verrez les actes.
de la imnicipatiré à cet égard. Verneuil
fur le bureau:
Sonthonax: Je demande que
dépofe
les Vern-vil: pièces jnftificatives. Je.cite pour preuve l'arrèré de la commiflion
intermédiaire 2j du 25, octobre 1792. Ce témoignage ne fera.
pas démenii par Sonthonax X puifque cette commillion eft la,
Ion ouvrage. Nous avons.déja démontré, citoyens , que
commiflion inrermédinite-avoit été inftiruce par Sonthonax,
(I lic: )
dépofe
les Vern-vil: pièces jnftificatives. Je.cite pour preuve l'arrèré de la commiflion
intermédiaire 2j du 25, octobre 1792. Ce témoignage ne fera.
pas démenii par Sonthonax X puifque cette commillion eft la,
Ion ouvrage. Nous avons.déja démontré, citoyens , que
commiflion inrermédinite-avoit été inftiruce par Sonthonax,
(I lic: ) --- Page 231 ---
Arrêté de la commilfion intermédiaire, du 25 oûlobre
1792:
cc La commiffion inrermédiaire,
fenfeurs que la Francer / vient de nous confidérant
les déétablis daus les différens
envoyer, RRE qui font
tité par les mauvaifes boiflons camps, & autres périffent en grande quanqui leur fent diftribués;
objets de fubliftances
leurs 33 Que. de tous côrés ces braves militaires font
plaintes à ce fujet, en obiervan: que, dans les retentir vins
boivent, ils y trouvent du campêche & autres
qui ne
2ntt
tendent à rien moins
ingré3) Que déja pareille
qu'a les empeifonner;
l'égard des premiers fix mille manceuvre, hommès avoit été pratiquée à
envoyés au comtnencenient de cette qui nous avoient été
les pourfuites qui furent faites contre Fannée, les
& que d'après
crimes, il n'en eft réfulté aucune
auteurs de pareils
quoique la conviction fat
punirion exemplaire,
33 Confidérant enfin qu'elie parfuitement, fe: rendroit acquife;
fotfaits, fi elle n érendoit fa furveillance complice fur
de pareils
important, & qui intérelle autant
un objet aufli
de cette infortunée colonie, dont Thumaniré que le bonheur
moyens pollibles, la
on a juré, par tous les
>> A. arrêté & arrète, deftruction 1°., totale MM. - :
nacionaux civils, & M.i Fadminiftrarcur que.
les commiffaires
font notamment priés de deftituer &
général desfinances,
agens & commis qui fon: actuellement renvoyerles dans
direckeurs,
l'érar de la ville
pour être
les magafins de
2°. Qu'il fera du.Cap, érabli dans leldits remplacés par d'aurres;
qui,feront chargés de goûter & vifiter magalins les deux vifiteurs >
objers de fubliftances qui entreront & fortiront boifons & autres
galins; &c dans le cas oà ces comeftibles
defdits mails feront tenus d'en dreffer Frocès-verbal feroient défectueux,
fur-le-champà la municipalité,
qu'ils dépoferont
fures nécellaires
qui prendra toutes les me-
) 3.Que fur la pour bonde qu'ils des ne foient pas employés;
gui feront deftinées
les barriques de vin écautres boiffons
d'y mettre detix bandes pour de camps, toile,lau les vifiteurs ferontrtenus
poferont un cacher qui fera
bout delquelles ils ap33 4". Que toutes les boilfons frbriquéa & cet effet;
autres objets de fubfifP. 4
fures nécellaires
qui prendra toutes les me-
) 3.Que fur la pour bonde qu'ils des ne foient pas employés;
gui feront deftinées
les barriques de vin écautres boiffons
d'y mettre detix bandes pour de camps, toile,lau les vifiteurs ferontrtenus
poferont un cacher qui fera
bout delquelles ils ap33 4". Que toutes les boilfons frbriquéa & cet effet;
autres objets de fubfifP. 4 --- Page 232 ---
tances qui feront enveyés dans les camps, feront
accompagnés par deux perfonnes qui
toujours
fe commette aucune fraude, li
veilleront'a ce quil ne
>> Arrère enfin' que M. le direéteur falification, général
fera invité à donner
des Ainances
la procédure
communication à la commilfion, de
qui a été inftruite, il y a
contre les fallfeateurs & empoifonneurs des quelques comeftibles. mois,
Lorfque les vins de
camps ont été envoyés au
Cap,le poifon étoit
manifelte, que l'on s'eft
de
fervi
fern
ces mêmes vins pour écrire leslettres, & que les caractères
étoient auili bien marqués que s'ils avoient été
un encre indélébile. Les corps conftitués en firent tracés faire l'ana- avec
lyferenpréfence & des
des officiers municipaux, des chefs de troupes,
citoyens: il fe ttouva qu'il- " n'éroit
entré
ce vin un feul grain de raifin , qu'il étoit fait avec pas du bois dans de
campêche & de la licharge. Le procès verbal en fut
la municipalité. Sonthonax, Polverel & Ailhaud
dépofé à
noitlance de ces faits, & cela n'a pas empeché eurent le même conadminiftrateur Poujet, qui étoit le principal agent de ces
empoifonnemens, de recevoir une prorection
Sonthonax & de Polverel, fous prétexte
fes fpéciale de
n'éroient pas réndus. Voici des faits connus que de toute compres la
lonie, & je défie Sonthonax de pouvoir les démentir. cOSonthonax : Je demande que
furl le
le procès-verbal, drefTe par les Verneuiledepofe autorités
bureau
l'érat des vins iqui leur ont été produits comme conftiruées, de
Verneuil: D' après ce que je viens de dire, je empoifonnés. crois
n'ai pas d'autres pièces à communiquer : car vous avez, que di je
remarquer que la commillion intermédiaire
-
a été fait
c'eft
relate tout ce qui
que les chofes anrérieuremenr: ont été faites une preuve non équivoque
avec toute l'authenticié
ble; car la commillion dir c que pareille mancuvre
poili55 employée vis-à-vis des premniers fix mille
avoit été
avoient été envoyés au coinmencement de hommes cette qui nous
'53 que d'après les pourfaites - qui furent faires contre anmée, &
>> teurs de ces crimes, ikn'en eft réfulté aucune les au-
>5 exemplaire, queique-la convichion fir
punition
99 quife: or, certainement, s'ilya eu dés parfaitement pourfuites ack
tre ceuxiqui oni empoifonnéles vivres des prémiers fix mille con-
ille
avoit été
avoient été envoyés au coinmencement de hommes cette qui nous
'53 que d'après les pourfaites - qui furent faires contre anmée, &
>> teurs de ces crimes, ikn'en eft réfulté aucune les au-
>5 exemplaire, queique-la convichion fir
punition
99 quife: or, certainement, s'ilya eu dés parfaitement pourfuites ack
tre ceuxiqui oni empoifonnéles vivres des prémiers fix mille con- --- Page 233 ---
hommes, elles n'ont été faites que Lgalemen, &. ileftridicule que Sonthonax demande aujourahui le dépôt despro- la
relatés dans ceux de
cès-verbaux d'alors, 5 puilquils. font
commiflion intermediaire, confignés dans le Moniteur.
Sonzhonax : Je demande que lés procès-verbaux drellés
depuis mon arrivée dans la colonie foient dépofés; car je
ne dois être tenu d'avoir toléré ou négligé de punir les fairs
d'empoifonnement, s'ily en a eut, que depuis moil arrivée
dans: la colonie : je demande qu'on dépofe ces pièces. eft du
Verneuil: L'arrêté de'la commiflion intermédiaire
octobre 1792; Or 5 certainement c'étoit bien le temps
25 ou Sonthonax étoit à Saint-Domingue : il ne peut pas dire
que cet arrêté ne lui a pas bté communiqué , été puilque
d'après la-déclaration que je viensrde faire, j'ai
chez
lui, deux jours avant ma déportatien. 1, lui porter la malle avoit
des poifons que la meftrance de la fûre la Normande
appertés au comité de furveillance de la fociéré.
voulu
Sonthonax : Tous les conipirate urs', lorfqu'ils attribué ont
de
attaquer & renverfer le gouvernement, lui ont
.parcilles atrocités .
être
de ta défenfe
Lic président : 11 ne peut pas
queftion
dans ce moment-ci : je te réferve la; parole.
demande
Sonthonax : C'eft fur le dépôt des pièces que je
à parler.
& la réponfe ont * Bié entendues,
Leprésident : Ta.demande fans
auroit du défordre
c'eftaux colons à continuer:
cela ily
dans les débats. J'offre à la commifion de dépofer démain
- Fondeviolle :
de la municipaliré qui font mention de
les procès-verbaux fubi par le diftributewr des vins? & par les
Tinterrogatoire nègres qui aidoient ce diftributeur, & F'arrèté pris par la
municipalié qui le renvoya pardevant le commiffaire du
pouvolt Verneuil: exécutif. Toutes les troupes que Polverel & Sonthonax
avoient envoyées dans les camps, malgré que les colons
leur euffent prédit que la majeure partie en périrolt fans
pouvoir rendre aucun fervice à la colonie; toutes les troupes
1e plaignoient de l'inaétion dans lnquelle on les tenoit, &
€vous l'avez vu à la dernière féance. Je vais vous donner
encore la preuve de" ce que j'avancé.
Verneuil: exécutif. Toutes les troupes que Polverel & Sonthonax
avoient envoyées dans les camps, malgré que les colons
leur euffent prédit que la majeure partie en périrolt fans
pouvoir rendre aucun fervice à la colonie; toutes les troupes
1e plaignoient de l'inaétion dans lnquelle on les tenoit, &
€vous l'avez vu à la dernière féance. Je vais vous donner
encore la preuve de" ce que j'avancé. --- Page 234 ---
(Il lir:)
Adrefe du fecond bataillon du quarre-vingt-qaurinte
6 du troisième, bataillon du département du
régimene
à MM. ies commiffaires nationaux civils. Pas-de-Calais, D
Mellic arslescommiffires nationaux civils, depuis un mois
êre que nous lommes debarçués dans cet te colonie, ce temps.
auroit déja foGi pour réduire des efclaves révoltés,
la mulitude
RONE
indifcaplinée s'embarrafle elle : même, & cependant aufli
nous perdons ce temps précieux dans une inaction
dangereufe qu'hemiliante.
>>
Qulatrondons-nous, 3 Meflieurs, ou plutôt
vous pour mettre' en action fix mille foldars qu'artendez- dont
la feulerambicion eft dei fe rendre utiles, & quine français
fans indignation végéter lichement en fe tenant fur peuvent la défenfive, quand le fder de la colonie & la confervarion des
propriétés que nons fommes venus défendre femblent dépend:e d'upe ataque générale :
35 Cependint les brigands fe prévalent de notre inaction
qu'ils premnent peut-étre pour de la timidité, attaquent journeilement en déiail piufieurs perits camps, dont la'
en affcibliffant d'autant notre parti, forufieroit le perre & *
brilent à nos yeux des biens qu'une attaque plus leur,
auroit fouftraits à l'incendie; & nous, reftés oilifs, prompte nous ne
pouvons faire encore pour le.r rérabliffement de l'ordre 81 la
conferva:ion des propriétés, que des voeux
&
chaque jour de rerard, la maladie enleve cent impuiff-ns; bras à la défenfe de la caufe commune.
95 Serions-nous réfervés à devenir, comme ceux qui nous
ont précédés, les tiiftes vidtinnes des traitres? nous n'olons
lec croire:v votre patriorifme nous eft un sûrg garant du contraire;
vos inrentions nous font connues, & ne peuvent nous étre
fuipectes; mais ces intentions f paires & qui font la bafe
de notre confiance, font-elles toujouas exadtement remplies?
Vous le croyez ainfi, & cela ef au moins fort doureux..
>2 Cédez, Mellieurs, à limpatience de fix mille foldats
qui brûlent de vous donner des preuves de leur dévouement,
spal
:v votre patriorifme nous eft un sûrg garant du contraire;
vos inrentions nous font connues, & ne peuvent nous étre
fuipectes; mais ces intentions f paires & qui font la bafe
de notre confiance, font-elles toujouas exadtement remplies?
Vous le croyez ainfi, & cela ef au moins fort doureux..
>2 Cédez, Mellieurs, à limpatience de fix mille foldats
qui brûlent de vous donner des preuves de leur dévouement,
spal --- Page 235 ---
& de faire trembler devant la loi VOS ennemis, les nôtres ;
ou plutôr ceux de la France entière.
3, Déja nous avons fait enrendre, mais inutilement, notre
voix à M. le gouverneur général; déja nous lui.avons exprimé ncs voelix : l'on nous avoit. fait efpérer l'attaque du
12 au 15, & le.19 aucun préparatif ne lannonce encore :
les brigands fe forifent, & nous, au contraire, la maladie
diminue chaque jour notre nonbre; faites at plutôt celfer
ce repos qui nous offenfe,& n'ayez pas à vous reprocher la
de voir tranquillement moiflonner par la faux cruclie de
mort tant de braves foldats dont vous pouvez vous fervir
fi utilement pour remplir une mifiion qui doit vous faire
jouir à jamais de la reconnoiffance de votre patrie, & rendre
vos noms célebres dans les annales de la colonie >>,
Je palle à une autre adreffe faite à la fociéré des Amis
de-la Convention dans la féance du 23 octobre par les
autres corps difléminés dans les camps.
D
(I1 lir : )
Société des Amis de-la Convention nationale.
Extrait de la France du 23 otlobre.
C Frères & amis, envové per ymes camarades pour être
leur organe auprès de MM.Jes commitfaires narionaux civils,
pour leur demander l'attaque généraie au plutôt, & leur. repréfenrer! les différensbefoins d'une parric de left quijufqu'ict
manque encore des chofes les plus néceflaires en vivres: &0
habillemens, je fuis arrivé hier en: voueville, & c'efo avec
le plus vif fentiment de joie
jai appris que les bens
citoyens réunis s'étoient enfin emts eh.locicté des Amis de
la Conftitution.
> Le fecond bataillon du quatre- vingr-quatrième régiment:
fe fait un devcir de partager la reconnoiflance piblique, &
c'eft en fon nom que je viens au milieu de vons, freres &
amis, protcher de fon zèle & de fon dévouement àla caufe.
publique : vous avez éloigné nos vraiss ennemis, 3 : les vrais:
auteurs du mal; il ne. refte plus qu'une-horde d'efciaves révoltés à réduire : c'eft notre ouvtage, lon ne fauroit aflez
tôt nous faire marcher contr'eux; &. ce n'eft pas fans impatience que nous- attendons depuis un mois déja l'inftant der
freres &
amis, protcher de fon zèle & de fon dévouement àla caufe.
publique : vous avez éloigné nos vraiss ennemis, 3 : les vrais:
auteurs du mal; il ne. refte plus qu'une-horde d'efciaves révoltés à réduire : c'eft notre ouvtage, lon ne fauroit aflez
tôt nous faire marcher contr'eux; &. ce n'eft pas fans impatience que nous- attendons depuis un mois déja l'inftant der --- Page 236 ---
foldats prouver aux patriotes de Saint-Domingue avec quel zèle des
français verfent leur fang pour la
ils
voient Hotter à leur tête le
heureux patrie quand
I
Cetter adreffe
gage
de notre liberté.
préfentée par le fecond bataillon du
quatrième régiment & le troifième bataillon du Pas-de- vingtCalais aux commiffaires, vous en fera une preuve 9.
Vous voyez, d'après la lecture de ces
les
foldas brâloient de l'imparience de marcher pièces, à T'ennemi, que &
que s'ils ne l'ont pas fait malgré les réclamations qui étoient
journellement adreilées à Polverel &
&
ticulètement à Sonthonax,
Sonthonax,
derniers
5 parce que Polverel dans PAC
remps étoit au Por-an-Prince, ceft que Sonthonax
avoir pour but alors de faire périr toute la race
ce quil a merveilleufemene exécuté depuis.
blanche,
Brulley : iVo arricler eIis ont négligé de faire droit aux
plaintes qui leur ont é:é portées fur la mauvaife qualité des
vivres que I'on diftribuoit dans les camps & à bord des bâtimens de l'Etat 3), Vous venez d'entendre mon collègue
Verneuil qui vous a fourni une pièce concluante qui rentre
parfaitement dans les articles III & IV du quatrième chef
daccufation : il vous a été démontré par cette pièce que des
plaintes ont éré portées; que les corps conftitués ont
toutes les démarchesi, pris routes les mefures néceffaires dans fait
les circonflances
arrèter la deftruction des troupes envoyées par la iboes > deftruction opéréc par les mauvais
alimens, par le poifon dont on avoit acquis la preuve:
cette pièce il ne nous refte à faire qu'une obfervation d'après importanre; c'eft que les corps confutués éroient fous les ordres
& linipection immédiate. de Sonthonax & Polverel; car
vous avez entendu Sonthenax vous répéter ici plufieurs foisi
gu'il avoit des pouvoirs illimités; vous les'avez entendus dire
que toures les autorirés étcient fous leur loi, fous lewr VOlonté,
conféquent il dépendoit abfolument de Polverel
& REcnilance d'arrèter ces défordres, à eux feuls étoit ré-0
fervé ce droi, ou plutêt ils fe le font arrogé : les
conftitués n'avoient que des melures provifoires à
corps
ils l'ont fair. Si donc la mauvaife qualité des vivres prendre, a été
conftatée; 3 G cetre mauvaile qualiré des vivres eft une dès
eaufes principales de la deftruction des troupes, il refte. dé-1
nilance d'arrèter ces défordres, à eux feuls étoit ré-0
fervé ce droi, ou plutêt ils fe le font arrogé : les
conftitués n'avoient que des melures provifoires à
corps
ils l'ont fair. Si donc la mauvaife qualité des vivres prendre, a été
conftatée; 3 G cetre mauvaile qualiré des vivres eft une dès
eaufes principales de la deftruction des troupes, il refte. dé-1 --- Page 237 ---
montré
c'eft à Polverel & à Sonthonax qu'on doit
attribuer que la deftruchion des troupes & des marins de PEtar.
Cette deftruétion s'eft étendue également fur les habitans
campoient avec les troupes, & déde Saint-Domingue colonie, ils partagecient les mêmes
fendoient avec elles
T
alimens; ils ont néceffairement éprouvé les mêmes effets:
auffi la deftruction a-t-elle été eftrayante, & lon a perdu
en très-peu de temps un nombre immenfe d'hommes infiniment précieux pour la défenfe de la colonie de SaintDomingue.
Le Ve article porte : c Ils n'ont provoqué aucuine pourfuite fur les dénonciations qui leur ont été faires du poifon
trouvé dans les boiffons deftinées aux militaires de terre &
de mer envoyés pour faire rentrer les révoltés dans le
devoir >.
Le même arrèté, les mêmes démarches des antorités conftiruées vous ont prouvé qu'il avoit été fait des dénonciations,
des plaintes; qual avoit été pris des mefures, que l'on avoit
conftaté la mauvaife qualité des alimens, qu'on avoit conftaté
le poifon qui exiftoit dans les boillons : il eft de notoriété
publique qu'aucune pourfuire n'a été faite, & que les auatrocirés n'ont
été punis. Polverel &c
teurs de pareilles réfervé le droit pas de donner aux autorités
Sonthonax s'étoient:
la force néceffaire pour punir les auteurs de pareils crimes;
ils n'ont point été
: c'eft donc encore du fait dePolverel
& Sonthonax 5 t encore un moyen qu'ils ont employé
détruire les troupes de France, les colons de SaintDomingue pour
& la marine de TEtat.
Le VI article porte: : cc Ils orit négligé de rétablir l'ordre
dans ladminiftration des hôpitaux malgré les réclamations
nombreufes qui leur ont été faites 22.
des réclamations antérieures à
l'arrivée Ici nous de ne Polverel parlerons & de pas Sonthonax : il s'eft plaint de ce
qu'on a voulu fe rejeter fur des époques antérieures à fon
arrivée; nous nous bornerons à rappeler ce qui s'eft paffé
fous fes yeux : les réclamations font, comme le porte lar-
iftration des hôpitaux malgré les réclamations
nombreufes qui leur ont été faites 22.
des réclamations antérieures à
l'arrivée Ici nous de ne Polverel parlerons & de pas Sonthonax : il s'eft plaint de ce
qu'on a voulu fe rejeter fur des époques antérieures à fon
arrivée; nous nous bornerons à rappeler ce qui s'eft paffé
fous fes yeux : les réclamations font, comme le porte lar- --- Page 238 ---
ticle > très-nombreufes, très-prelfantes : je vais en donner
lecture, & nous verrons après f on y a fait droit. Je
commence par une réclamacion des Amis de la Convention
nationale, tant dénigrés ici, repréfentés comme un
de factieux : vous allez ibivte la marche relativement repaire aux
incérêts qu'elle a toujours pris aux défenfeurs de la colonie;
relarivement aux principes d'humaniré qu'elle a toujours
profeflés, & vous virrez qu'il n'a pas dépend de cette fociété que le. fyftême de deftruction organifé coniré les troupes
envoyées de France, contre la marine de TEtat, contre les
colons, ne s'arrêtât dans fon cours. Vous verrez qu'il n'a
dépendu de cetce fociéte"d'arreter les. effets funeftes & le:
progrès effrayans de la mortalité qu'ont éprouvée fi rapidement toutes les uoupes venues de France avec Sonthonax
& Polverel. La premiere réclamation de la fociété des Amis
de la Convention elt du 25 octobre 1792 : cette adrefie eft
précicufe à lire en entier, parce qu'elle caraétérife les fentimens de cette fociété que Sonthonax s'eft plu à dénigrer.
(Illit:)
Ia fociété des Émis dela Corvention nationale à MM. de la
conimiffion intermédiaire.
Cap, 25 octobre 1792.
c La fociété des Amis de la Conventien nation.le, dont
le but eft la delrudion des abus de tous les genres >. sadrefle à vous dans les momens critiques où ic trouve la
colonie.
59 Les braves défenfeurs que la nation a envovés à notre
fecours, nos frères, s expirent dans les camps, ils expirent
empoifonnés par de mauvaifes nourritures, par des vins falfifiés, par du rhum rendu nuifible. Nos caeurs font déchirés
de tous les maux qu'ils éprouvent: une adminiftration perfides& ceupable tOUE au moins de néeligence, a perda juf
tement Ja. confianee d'un peuple malheureux & indulgent
même pourles affaflins. Nous favons," meflieurs, que vous
avez déja jeté vos regards parernels ftrla'réferme à faire
dans.ce repaire- d'hommes égoikes; les réclamations de tous
nuifible. Nos caeurs font déchirés
de tous les maux qu'ils éprouvent: une adminiftration perfides& ceupable tOUE au moins de néeligence, a perda juf
tement Ja. confianee d'un peuple malheureux & indulgent
même pourles affaflins. Nous favons," meflieurs, que vous
avez déja jeté vos regards parernels ftrla'réferme à faire
dans.ce repaire- d'hommes égoikes; les réclamations de tous --- Page 239 ---
les quartiers, de tous les citoyens, 135
fe font
Jengtemps.Jufqua prélent les
entendre depuis
dés hommes dangereux ont fu réclamations fe rendre ont été inutiles:
ceux mémes qui devoient sy montrerle fourds à nos cris,
potifme férece levoit naguère fa tête plus attentifs. Le deljourd'hui qu'il eft terraflé,
orgueilleufe; mais autui devant
aujourd'hui que nos
Cette adrefle nous, 3 plus d'induigenee fercit un crime tyrans ont
commifion intermédiaire conclut à ce qu'il foit fait inftance par la
que l'adminiftration fàr auprès des commiffaires civils, afin
les bloilés fullent mieux renouvelée, & que les malades &
la feule qui ait été faite : foignés. fuivons Ceite réclamation n'eft pas
& nous allons vous retracer avec toujours foin
l'ordre-des dates,
Je paffe au procès-verbal de la commiflion tout ce qui a été fait.
daté des Amis du 4 de novembre la
1792. Jy trouve encore une intermédiaire réclamation >
Convention
hôpitaux, au peu de foin quel'on I nacionale,tosjours prenoit des relative auxmoyens employés pour arrèter les progrès de la malades, mortaliré, aux
€ Je lis:
Extrait du procès-verbal du 4 novembre
1792.
la Convention e On annonce une dépuration de la fociété des Amis de
de la dépuranion nationale; obtient la elle eft introduire. Un des membres
tuation des hôpiraux. & du parole de & rend compte de la fiy. relpire; il demande quie la commifion peu
falubrité de lair qu'on
piffement des dames
ordonne le
>
religieufes
deguerun hôpital parriotique.
pour faire de leur maifon
des Voila, Amis de comme la
vous le voyez, une feconde
Convention.
réclamation
toujours les procès-verbaux Jepourfuis de la
toujours; & en lifant
je remarque dans celuirquiteft daté commiflion du
intermediaire,
qu'une dépuration des Amis de la
5 novembre
encore à la commiffion
Convennon fe
porte c
intermédiaire, & ce
Credens
: La mème
procès- vérbal"
>> de la fociété, une dépuration dépofe farle bureau, au nom
s> fomént d'un hôpiral pérition de tendante à demander Tétablic-
>. effet le local des dames convalefcence, & indique à cer
religieufes, <
intermediaire,
qu'une dépuration des Amis de la
5 novembre
encore à la commiffion
Convennon fe
porte c
intermédiaire, & ce
Credens
: La mème
procès- vérbal"
>> de la fociété, une dépuration dépofe farle bureau, au nom
s> fomént d'un hôpiral pérition de tendante à demander Tétablic-
>. effet le local des dames convalefcence, & indique à cer
religieufes, < --- Page 240 ---
Je pourfuis toujours la férie des réclamations,
de la même fociété des. Amis de la Convention nationale. toujours Je
trouve, dans un proces-verouldela commillion intermédiaire,
du 6 novembre 1792, cette réclamation:
c On donne leéture d'une pétition de la fociété des Amis
de la Convention nationale tendante à engager la commilionincermédiaire àordenner le déguerpiffement des dames
religieufes, pour faire de leur maifon un hopiral de convaleicens.>
Je pourfuis toujours les procès-verbaux de la. commiflion
intermédiaire pour voir le réfuitat des nombreufes réclamations. Je trouve, dans le procès-verbal du 7 novembre
1792,. un arrêté dela commifion intermédiaire, dont je vais
donner lecture.
wLa commiflion intermédiaire , confidérant,
recherches & je rapport de la municipalité de cette d'après les
ordonné fir Tinvication de la feciéré des Amis de la ville,
vention nationale, pour établir un hôpirai de
Conau
fervice des troupes; que plufieurs raifons d'humaniré convalefcens et
d'intérèr soppofint a Pevactasion
du
vent
des dames" religicufes du Cap; tres-difpendieule
cou-
>> Confidérant fur-tout, d'après les obfervations, tant
commiffàire de la municipalité que' du direéteur
du
des dâmes religieufes, qu'il eft d'autres movens de temporel
les vues bienfaifanres des citoyens qui s'efforcent de remplir concourir au bien public:
3, Arrête que M. l'ordonnateur & diredeur-général des
finances fera tenu, dans les vingr-quarre heures, de
avec les repréfentans des habitarions Bailly & Leclere, prendre fifes
fur le chemin de Picolet, les mefures propres à s'affurer de
ces deux habitations pour y établir deux hôpiraux de convalefcens au fervice des troupes.
33 Charge
ens qui s'efforcent de remplir concourir au bien public:
3, Arrête que M. l'ordonnateur & diredeur-général des
finances fera tenu, dans les vingr-quarre heures, de
avec les repréfentans des habitarions Bailly & Leclere, prendre fifes
fur le chemin de Picolet, les mefures propres à s'affurer de
ces deux habitations pour y établir deux hôpiraux de convalefcens au fervice des troupes.
33 Charge --- Page 241 ---
s> Charge la municipalicé de fuivre l'exécution du préfent
arrêté, & d'en juitifier de fuite. >
Vous voyez, citoyens, que les corps conftitués-n'ont ceflé
de s'occuper des hôpiraux, des moyens de les rendre plus
falubres; que la municipalicé d'une part, la commiflion intermédiaire de Taure, provoquées
les nombreufes réclamations de la fociété des' Amis de Ri Conven.ion, ont fait
tout ce qui dépendoit d'elies pour que nos frères d'Europe
qui venoient à notre fecours fuffent mieux foignés, leshôpiraux plus falubres, et que la mortalité cellàr d'exercer fur
eux fes ravages. Rien de ce qu'on propofoit de fiire-n'eut
lieu; la fociété a éré fupprimée, les réclamations font reftées
fans effet, ainfi que celles des autorités conttituées; ; les hopitaux font reftésimnfalubres, la mortalité continue fes ravages.
Mais" ce neft pas feulement fur les hôpiraux du Cap qu'il
fautrepofer votre attention : il en étoit de mème pour toutes
les partics de la colonies de même auPorede-Paix; &c mon
collegue Duny , qui a des renfeignemens pofitifs à cet égard,
vous les donner avant les iductions à tirer.
Duny : Voici ce que j'ai été chargé moi-même de direà
Sonthonax au Cap, étant envoyé par la commune du Portde-Paix; j'étois chargé en même temps de dénencer le contre-révolutionnaire Cafa-Major, qui avoit tout mis à feu &
à fang dans notre quarrier. J'étois chargé de repréfenter à
Sonthonax que Thôpital du Port-de-Paix, placé au bord de
la mer dans un terrein aquatique par Cafa-Major, étoit
pefiféré; 5 j'érois chargé de lui indiquer un local commode,
en bon air, fur une monragne, près d'un ruiffeau, & dont
la température convenoit aux malades & aux convalefcens :
ce local étoit une ofite généreufe & gratuite de la ciroyenne
Aubeit, habitante & riche fucrière de cette dependance.
Mais ces mefures d'humanité contrarioient les vues de Sonthonax, elles furent rejetées.
-
Le préfident : As-tu des preuves ?
Duny : Cela' s'eft paffe de Sonchonax à moi.
Tome TI. Ciunguante-luitine liyraifon.
Q.
ature convenoit aux malades & aux convalefcens :
ce local étoit une ofite généreufe & gratuite de la ciroyenne
Aubeit, habitante & riche fucrière de cette dependance.
Mais ces mefures d'humanité contrarioient les vues de Sonthonax, elles furent rejetées.
-
Le préfident : As-tu des preuves ?
Duny : Cela' s'eft paffe de Sonchonax à moi.
Tome TI. Ciunguante-luitine liyraifon.
Q. --- Page 242 ---
Sonthonax : Jamais je n'ai entendu parler de ces offres.
Le prifdent : Vous êtes tenus, par un arrêté de la commiflion, defounir des preuves à l'appui des développemens.
Duny : Comment voulez-vous que j'aie pu forcer Sonthonax à écrire ce queaje lui ai dit?
Le préfdent : Comment veux-tu que la Convention & la
commiflion croient l'accufateur contre l'accufé, fans preuves?
Duny : Les pièces fuivanges font configuées dans le Moniteur du 18 février 1793. L.es citoyens Larrie u & Laclaverie, entrepreneurs de Phôpital militaire du Port-de-Paix,
déclayèrent à Pouger, chef de ladminiftration 3 que n'étant
point payés d'une fomme de 160;000 liv., ils, ne pouvoient
continuer leur entreprife; que l'adminiftration ne leur fourniffant aucun moyen de fatisfaire aux befoins des hôpiraux,
ilsi ne vouloient point participer aux moyens atroces, employés
pour moiffonner nos frères d'armes. Peu après, Larricu fe
réndit au Cap, & porta fes plaintes à
fuivant fa coutume, promit beaucoup & Senthonax, ne tint rien : qui, c'eft
le 1S février 1793. Le I2 mars, le citoyen Larrieu fe plaignit de nouveau de T'adminifration affreufe de Peuget, du
defpotiime du délégué de Sonthonax.Galino de Gaic. Certe
vilie a été je tombeau de da majeure partie dû régiment de
la Reine, du régiment de Béarn, de la belle jeunelfe du
bataillon de I'Aifne, & vous laurez que ces moyens ont été
employés dans ce quartier
les chefs de ladminiftration
foutenue par Gallino de fdatk & que, dans les quartiers
du Limbé, du Fore-Dauphin & autres, ces mêmes moyens ont
été mis cn ufage envers les bataillons de la Loire-Inféricure. >
du Pas-de-Calais, de la Charente & du Motbihan; ils ont
vu périr les trois quarts des" troupes venues
&
vous
d'Europe;
verrez, dans la fuite des débats, le fort affreux qu'ont
éprouvé ceux quileur ont furvécu.
Ic préfident : As-tu des preuves de ces faits?
Duny: : Elles font dans le Moniteur; je n'en ai pas d'autres.
Sonthonax : Lorfqu'on indique une pièce inférée au Moniteur, il faut, pour ma défenfe, que je facho le numéro
quila contient.
Duny :Je vous donne la date.
I
'Europe;
verrez, dans la fuite des débats, le fort affreux qu'ont
éprouvé ceux quileur ont furvécu.
Ic préfident : As-tu des preuves de ces faits?
Duny: : Elles font dans le Moniteur; je n'en ai pas d'autres.
Sonthonax : Lorfqu'on indique une pièce inférée au Moniteur, il faut, pour ma défenfe, que je facho le numéro
quila contient.
Duny :Je vous donne la date.
I --- Page 243 ---
Brulley : Les Monireurs étant
par jour, on peut faci- Ib
lement trouver, quand on a la ieur Tobjer dont ilsagit. abus
eft donc conftant qu'il a eu des abus, & des
ré3
volrans, dans les SILA il eft conftant qu'il y a' eu uue
mortalité effrayante parmi les troupes qui ont écé envoyées défende France,
les marins de Térat & les colons côté
feurs de
5 il eft conftant d'un autre
eft
ALERELE
quily a eu des réclamations nombreufes faires; il encore d'elles
conftantf que les autorités ont fait ce qui évident dépendoit la fopour réformer ces abus : il eft demeuré
que n'a
ciéré des Amis de la Convention > tant calomniée,
pas
cellé de folliciter
qu'on pritlesmefinreslest plus deftruction promptes,
les plus efficaces DANra d'arrèrer ces ravages. Sicetté
de
s'étoit mife parmi les troupes, parmi les défenfeurs
R colonie; fi cette deftruction a eu lieu, pas de doute que
cela ne vienne de ceux qui avoient toute l'autorité en main,
de ceux qui dirigeoient tout dans Saint-Domingue, de de ceux Polqui étoient les diétateurs de la colonie,, c'eft-à-dire,
verel & de Sonthonax. C'eft donc avec raifon l'ordre que dans nous les
avons dit qu'ils avoient négligé d'établir nombreufes
été
hôpitaux, malgré les réclamations
qui,ont
faites.
Le feptième article du quatrième chef eft ainfi conçu:
C Ils ont négligé de pourvoir au paiement & à l'habillement
>> des troupes. >) A cet égard nous invoquerons le témoignage
d'un homme dont vousavez entendu faire ici l'éloge par Sonthonax : c'eft Layeaux. Laveaux étoit chargé, comme vous
Ta dit Sonthonax, de la direétion de la force armée; Laveaux,
plus que perfonne, pouvoit favoir fi les troupes étoient habillées, payées, comme elles devoient Yêtre.
( Il lit: )
Commiffion intermédiaire de la partie françaifa de Saint-Domingues préfidence de Michel, féance du 7 avril,
lettre du commandant de la
ce Onldonte leéture d'une
en ces termes:
province du. Nord, en date de ce jour, conçue
Q 2.
de la direétion de la force armée; Laveaux,
plus que perfonne, pouvoit favoir fi les troupes étoient habillées, payées, comme elles devoient Yêtre.
( Il lit: )
Commiffion intermédiaire de la partie françaifa de Saint-Domingues préfidence de Michel, féance du 7 avril,
lettre du commandant de la
ce Onldonte leéture d'une
en ces termes:
province du. Nord, en date de ce jour, conçue
Q 2. --- Page 244 ---
Lc commandant de leprovincé du Nord, aux citoyens membres
de la commifion intermédiaire.
C Cir'o'r E N S,
95 C'eft avec douleur que je vais vous entretenir du
chagrin que j'ai éprouvé en apprenant qu'à la dernière
émiffion d'argento la troupe y a éré cemprife pour une fi
foilile fomme : # peine y a-t-il de quoi donner aux officiers
& icldats la feptièine parrie de ce qu'il leur revient
le mois. Ef-il un état qui mérite mieux votre attention pour ?
Envifagez les motifs que je puis alléguer en faveur de la
iroupe, & vous fentirez aifément que s'il exifte des
facrés & privilégiés, c'eft celui qui appartient à paiemens des citeyens venus de deux mille lieues pour la défenfe de la
colonie.
> Le retard apporté jufqu'à ce jour dans le paiement
d'une folde fi bien méritée, n'a, diminué en rien leur zèle
pour la' défenfe de la colonie, leur arrachement pour, la
conftirution 5 chacun d'eux a épuifé les reflources qu'il
pouvoir avoir, & fe trouve maintenant dans la dernière des
miferes : leur fanté, afroiblie tant par la fatigue
le climat, ne peut avoir aucun foulagement
que par
facte de paiement.
particulier s
>> Je ne puis, fans éprouver les plus grands
entendre le récit des peines qu'éprouvent nos braves regrets, dé- >
fenfeurs; il eft donc temps de fonger à y
remède. Il
eit dû plus de 1,200,000 liv. aux troupes porter qui font dans la
colonie : pour parvenir à acquitter cette dette, arrêtez tout
autre: rembourfement; ce moyen fera prendre patience à VOS
amis.
2> Salut.
>> Signé, Etienne, LAVFRUX.
Ainfi, en vouis citant des lettres de Laveaux, écrites à la
commiflion incermédiaire & mentionnées au Frocès- verbal
de cette commiflion, nous vous offrons la preuve la
conftante que l'habillement & le paicment des troupes étcient plus
venir à acquitter cette dette, arrêtez tout
autre: rembourfement; ce moyen fera prendre patience à VOS
amis.
2> Salut.
>> Signé, Etienne, LAVFRUX.
Ainfi, en vouis citant des lettres de Laveaux, écrites à la
commiflion incermédiaire & mentionnées au Frocès- verbal
de cette commiflion, nous vous offrons la preuve la
conftante que l'habillement & le paicment des troupes étcient plus --- Page 245 ---
caligés. Je confulte encore un procès
hillion intermédiaire > en date du IO -verbal de la comrouve une lettre que je vais lire en entier. avril 1793, & jy
preflions en font précieufes.
Toutes les ex-
(Illit:)
Commifion incermédiaire de la partie françaife de Sain:-
Domzingue.
Préfidence de Michel.
Séance du IO avril,
99 On donne lecture de la lettre
our.
fuivante, en date de ce
Le commandant de la province du Nord, aux
de la commifion incermédiaire. citoyens membres
Cc Ciror E N S
>> Dans ma lettre du 4 avril, je vous ai
omme qui eftdue àla troupe,. fomme
fait part de la
5400,000 liv.
montant à près de
3> Aujourdhui, 5 je dois ne vouS rien
ableau effrayane du mécontentement cacher > vous faire le
porte les armes. Faires-vous rendre général de tont ce qui
mnagafins; & me bornant àvous parler des compte de l'état des
lar troupe "vous verrez gu'il n'exifte eifets qu'on donne
beu de chemifes & aurres effets
point de fouliers,
ous Glence le comeftible, imais appelés lilez rechanges. Je paffe
i Pefez le tort infini que le
le tableau.
ient de faire en arrètant
cicayen fournifleur de viandes
pliant que, n'étant
fubitement la difttibution, &
jue pour de
pas payé, il ne vouloit
en pu-
>.
Targent. L'hopiral n'en
plus
livrer
Lintérét que prend chaque miliraire a.que à
pour la journée,
ade qui va manquer de viande, eft vraiment fon camarade marayer l'ame
fait
efout autre fouffrir fenfiole, fon > qui voit avec pius de compailion pour
>I Les
ami, fon camarade.
que
on écar; camps c'eft à manquent moi
de tour de foldat efmécontent 6
de
qu'il vient faire part de fes peines, &
L'hopiral n'en
plus
livrer
Lintérét que prend chaque miliraire a.que à
pour la journée,
ade qui va manquer de viande, eft vraiment fon camarade marayer l'ame
fait
efout autre fouffrir fenfiole, fon > qui voit avec pius de compailion pour
>I Les
ami, fon camarade.
que
on écar; camps c'eft à manquent moi
de tour de foldat efmécontent 6
de
qu'il vient faire part de fes peines, & --- Page 246 ---
je ne puis y porter remède que par des confolations & l'efpoir
d'un avenir heureux. La anour. de la République enfuite leur
fait rout fupporter : telle eft la vertu du républicain foldat.
Quclque couragenx qu'il foir, il defire cependant une fin à
fes maux; il la follicite auprès de moi: peut-on fe plaindre
du défaut de patience de fa part 2 non fans donte. Pour
réclamer fa folde, le foldat pourroir faire valoir f'habitude
où il éroit de la tecevoir exactement en France tous les
quinze jours : ici, c'eft feulement le befoin de fe donner
des fecours particuliers. La maladie l'accable, Thôpiral eft
une maifon d'horreur : perftadé que c'eit fa dernitre demeure 2 il aitend & veut attendre qu'il ait. épuifé tout. fon
avoir en numéraire.
33 Que puis-je exiger d'une troupe qui , mécontente d'un
pareil rerard, a le droit de me trouyer en défaut auprès
d'elle ? La févérité pour l'exécurion de mes ordres feroit
peut-être hors de faifon; & ce n'eft que par un efprit de
juftice réciproque que nous pouvons tous bien remplir nos
devoirs, les uns en commandant, les autres en obéifant.
3> Je vous laiffe, citoyens, à VOS réflexions fur le tort
que I'on fait au foldat en retardant fa paye; elles doivent
être terribles & bien férieufes. Animés, tout comme je le
fuis, de l'amour du bien, il eft temps de prendre un grand
moyen de faire de largent par un gros emprunt. Il feroit
cruel fi le militaire venoit me dire: Quou/que tandem abutere
patienzia nofira? Ne lui €11 donnons pas le temps, je vous
en conjure 5 prouvons - lui que notre grande follicitude eft
fon bonheur > eft le paiement de fa folde : efle-il une dette
plus légitime :
3) Tous les camps envoient chez moi des députations
me peindre les maux qu'éprouvent mes camarades ;
veulent
PeE
leur folde, l'attendent avec impatience 5 ils font
tous mortels > & la mnort nous fuit ici d'aflez près par
le climat, pour defirer jouir de fon dû avant fon dernier
jour.
>3 Que votre réponfe calme mes inquiétudes 5 elles font
bien, naturelles, puifqu'elles font diétées par mon attachement
pour mes compagnons d'armes.
>> Salut.
2> Signé, Er. LAVEAUX. 2a
PeE
leur folde, l'attendent avec impatience 5 ils font
tous mortels > & la mnort nous fuit ici d'aflez près par
le climat, pour defirer jouir de fon dû avant fon dernier
jour.
>3 Que votre réponfe calme mes inquiétudes 5 elles font
bien, naturelles, puifqu'elles font diétées par mon attachement
pour mes compagnons d'armes.
>> Salut.
2> Signé, Er. LAVEAUX. 2a --- Page 247 ---
Vous voyez que le défaut de paiement des troupes étoit
bien conftaté; qu'il étoit dà quatorze cent mille livres aux
défenfeurs de la colcnie : & vous voyez que le commandant
de ces troupes dit que l'état de détreffe dans lequel elles fe
trouvent les empêche de fe procurer des
ce défaur de foulagement occafionne des foulagemens; que
conféquent la deftruétion des
maladies, > &
France.
troupes envoyées par M
D'après cette lettre, écrite par le commandant de la force
armée dans un moment cu il voit les malheurs réfulans du
défaut de paye, il ne vous refte rien à defirer
être
convaincus de tout le mal- qu'a opéré dans la colonie pour ce
défaur de folde des troupes; vousy voyez que le conmandant
lui-même craint d'employer la févérité de la difcipline
fe faire obér, & vous voyez qu'il craint que le foldat pour ne
lui dife: Quoufque tandem abutere patientia nofra ? Ila allure
que le foldat-regarde Thôpital commè fon tombeau. Il conirme tout ce que nous avons dit contre les hôpiraux far la
mortalité qui exerçcit fes ravages, faute enfin d'avoir renouvelé Tadminifration contre laquelle on s'eft toujours
levé auprès de Polverel & de
qui l'onr touours
Sonbonax,
foutenue. Vous voyez que.fi les défenfeurs de la COonie, files marins, fi les colons, fi les foidats ont
ceft parce qu'ils ont été privés de tous les
péri,
pouvoit leur accorder. ERil, dit
foulagemens qu'on
Laveaux, une dette
égirime? A quoi donc éroient employés les tréfors de plus la
colonic? à quoi étoit employé Fargent que faifoit paffer la
France? à quoi donc éroient employées toures les
itions, toutes les contributioneg qu'on, levoit fur les colons? impoVous voyez que les iroupes n'ont peint été
eur a.été dà jufqu'à 1,400,000 livres; vous payées, voyez qu'il
aute de paye, elles étoient privées des fecours les
entiels, & vous
plus
AM
voyez qu'on n'a rien négligé
amener
a deftruétion des forces de' terre & de mer.
pour
elt Southonax qui eft l'auteur principal de Vousvoyez toutes ces ma- que
chinations atroces qui Ont été mifes en ufage
la defruction. de, ceux qui venoient défendre la colonic, pour
àlculez aifément les torts qu'a dû faire à la France la Vous
le CEs braves gens. Dès-lors, nous avons eu raifon
ufer Sonthonax d'avoir
RE
paralyfé les forces de terre & de
ion des forces de' terre & de mer.
pour
elt Southonax qui eft l'auteur principal de Vousvoyez toutes ces ma- que
chinations atroces qui Ont été mifes en ufage
la defruction. de, ceux qui venoient défendre la colonic, pour
àlculez aifément les torts qu'a dû faire à la France la Vous
le CEs braves gens. Dès-lors, nous avons eu raifon
ufer Sonthonax d'avoir
RE
paralyfé les forces de terre & de --- Page 248 ---
mer envoyées par la France, & d'avoir tout tenté pour les
detrure.
Sunchonax : Je demande l'ajournement à après demain
Four na réponfe.
L préfdent : Il fera conftaté au procès-verbal que Larchrveique-Thibaud eft toujours abfent.
Plujizurs colons : Le 'citoyen Senac eft abfent pour caufe de
maladic.
La féance eft ajournée à après-demain.
Ie regiftre des préfences efl figné: J. PH. GARRAN,PrÉ
fident S FOUCHE ( de Nantes ), Jecrétaire; F.LANTHENAS:
MERLINO, DABRAY.
Du I3 --- Page 249 ---
Du 13 Prairial, l'an troifième de la République frangaijfk
une & indivifible.
On fait lecture des débars - recueillis dans la féance d'avant
hier; la rédaction en eft adoprée.
C Duny: Les citoyens Senac & Page font abfens pour caufe
de. maladie.
Fondeviolle: J'ai promis de donner connoiffance des procès-verbaux des municipalirés qui conftatoient que les crimes
annoncés par Vetneuil ont été commis relativement au vin
falGifé & empoifonné. Je trouve dans'le procès-verbal de la
munipalité du aoûr 1792..
Sonchonax: doa avant mon arrivée. .
Duy: Attendez, 91 viendra.à vous. - 4
Fondeviolle lit: (
Exerait des regiftres des délibérations de la muuicipalité de
la ville &. banlieue du Cap.
De la féance du 4 août 1792, a été extrair CC qui fuit:
K On préfente far le bureau' une lettre adreffée à M. le
maire, réuni. en confeil municipal. La lectute de cette, lettre amène la difcuffion ajournée pour aujourd'hui au confeil
général de la commiane, relative à Tarrèté pris le 2 de ce
mois parle corps municipal,aqui porte quele fieur
Xavier Renaui, détenu en prifon pour accufarion FrançoisfalGifié les vins & boilfons diftribnés aux magafins d'avoir des raTome VI. Cingiante-neaviàms liviaifon.
R
, réuni. en confeil municipal. La lectute de cette, lettre amène la difcuffion ajournée pour aujourd'hui au confeil
général de la commiane, relative à Tarrèté pris le 2 de ce
mois parle corps municipal,aqui porte quele fieur
Xavier Renaui, détenu en prifon pour accufarion FrançoisfalGifié les vins & boilfons diftribnés aux magafins d'avoir des raTome VI. Cingiante-neaviàms liviaifon.
R --- Page 250 ---
2,6
tions, fera dénoncé au pouvoir exécutif, & fur lequel la
motion avoit été faite de revenir.
fubis par les
>> Leéture eft faite de tous-les interrogaroires
particuliers défignés dans celui dudit fieur François-Xavier
Renaud, & la matière amplement difcutée ;
>> Le confeil général de la commune arrête que, perfiftant
dans fon arrêté pris le 2 du courant, le fecréraire-greflier
demeure chargé de faire délivret les expéditions nécellaires à l'acpour l'inftruétion de cette affaire, & les faire paffer
cufateur public.
de vin
2, Quant à la dame - jeanne: & à la dugdale
de la
déja dépofées à la municipalité, le confeil général
feront
chez M. Sarrau,
commune arrête qu'elles
envoyées
des vins
apothicaire, qui a déja fait la première analyfe
MM. Picard &
Joyeux es
tésdesdiftérens poltes, & nomme
fur le
commilfairespour affifterà ladite analyfe, pour,
compte
rendu, être ftatué ce. que de droit. >>
L'expédition de ce procès-verbal a été envoyée aux commiffaires civils lors de leur arrivée; c'eft moi-même quila
leur ai portée.
Sonthonax prend communication de la pièce.
Fondeyiolle : S'il falloit de nouvelles preuves dans
ap- on
ce
.dit Brulley du dépériflement
Eaca
puyer qu'a
la France pour la défenfe de
lailloit les troupes envoyées par de ces mêmes troupes > je vous
la éolonie, du non-paiement
du 28
préfenteroise 6 encore un procès-verbal de la municipalité,
pendant que Sonthonax étoit au Port-au-Prince.
avril 1793,
cette délibération.
Voilà ce que porte
Il lit:
des délibérations de la municipalité de la
Extrait du regiftre
ville & bartlieue du Cap.
De la féance du 28 avril 1793, cinq heures de relevée, a
été extrait ce qui fuit:
vous
la éolonie, du non-paiement
du 28
préfenteroise 6 encore un procès-verbal de la municipalité,
pendant que Sonthonax étoit au Port-au-Prince.
avril 1793,
cette délibération.
Voilà ce que porte
Il lit:
des délibérations de la municipalité de la
Extrait du regiftre
ville & bartlieue du Cap.
De la féance du 28 avril 1793, cinq heures de relevée, a
été extrait ce qui fuit: --- Page 251 ---
ce Plufieurs militaires, députés des différens
garnifon, ehtrent dans le fein du confeil
régimens de la
plaignent qu'illeur eft dû
municipal, & fe
font dans la colonie, ils a'ont contidérablement; que depuis qu'ils
déterminés à ne pas fortir qu prefque on ne les rien fatistatfe, reçu; qu'ils font
>> Le confeil municipal, oui le
nomme deux commiffaires pour aller procureur faire de la commune 3
commandant de la province du Nord. part de ce fait au
commifaires vont remplir leur
Peridant que les deux
a fait à ces foldars-citoyens les miflion, le corps munieipal
pour les engager à ne pas oublier, obiervations dans
les pius fages
triocifme qu'ils ont manifeflé depuis la un moment , le
Frmnce, &qui a fait tant d'honneur à leurs régénération de P
wAcer inftantles deux commiffaires
corps.
commandane Laveaux
rentrent avec le
des diferens corps. Le ? accompagné des chefs & officiers citoyen
des plintes que viennenr citoyen maire lui a fair part du motif
lui répère ce
d'articulerles dépurés
93 Le
qu'ils ont dit. - . .
préfens, &
ils
commandant leur demande de
répondent, des 44* & 93*
quel du corpsi ils éroient;
dragons, ci-devant Orléans. II régimens, >
16 régiment
lité & au nom de qui ils
leur ils demande en quelle
de leurs corps relpectifs parlent; difen: que c'eft au nom quapalité, attendu qu'ils
ont dépurés vers la manicipréfentés chez
TELURE
commandans fans pouvoir les
lui & chezleurs
les différens Leciroyen Laveaux leur a dit rencontrer. qu'il neleur
décrets nationaux
rappellera
fuivre pour les aflemblées de qui prefcrivent les marches f
apportés de France dans leurs corps, parce qu'ils les avoient
liré qu'ils mettent à leurs
crurs; mais que
de leurs juftes
démarches, ils perdent parlilléga- le mérite
cette vérité, réclamations; qu'il eft
fion
> qu'illa déja mife fous parfaitement les yeux de la pénétré de
la intermédiaire, , qu'il en a écrit aux
commif
des par deux Republique, lettres
& pour preuve il commiffairos leur a donné délégués
qu'il a fait inférer dans le
lecture
Ces deux lettres font celles
Moniteur. >>
collègue Brulley.
qui ont été citées par mon
Sonthonax: J'oblerve d'abord que le citoyen Fondeviolle
R 2
ife fous parfaitement les yeux de la pénétré de
la intermédiaire, , qu'il en a écrit aux
commif
des par deux Republique, lettres
& pour preuve il commiffairos leur a donné délégués
qu'il a fait inférer dans le
lecture
Ces deux lettres font celles
Moniteur. >>
collègue Brulley.
qui ont été citées par mon
Sonthonax: J'oblerve d'abord que le citoyen Fondeviolle
R 2 --- Page 252 ---
248 .
avoit annoncé les procès-verbaux d'interrogaroire fubi
les diftribueurs, qui conftaroient que les prépofés aux vivres par
avoient falGié & empoifonné les boiffons.
Fondeviolle: Je vous demande pardon.
Sonthonax: Vous avez annoncé des procès-verbaux d'interrogatoire.
Fondeviolle : J'ai annoncé des procès-vérbaux qui avoient
été faits
les diftributeurs.
ERAEeTE : J'obferve d'abord que le matériel de cette
pièce n'a rien d'aurhentique ; je ne vois là que l'écricure de
Fondeviolle & fa fimple lignature : pour que ces procès-verbaux puiffen: ici faire impreflion dans une accufation aufli
grave que celle de fallification de boiffon & de vivres, reprochée à des prépoiés de l'adminiftration, il faudroit
cette expédition fir fignée des officiers municipaux, & non que
pas feulement du citoyen Fondeviolle mon accufareur, qui
peut très-bien avoir compolé ces procès-verbaux
qu'il eft en France. J'oblerve en outre que les procès verbaux depuis
dont il vient de faire leéture, étant du premier acût
cela ne pouvoir me regarder, puilque je ne fuis arrivé 1792, à
Saint- Domingue que le 17 feptembre de la même année. Je
palle fur-le-champ à la difcuflion du quarrième chef.
Fondeviolle: Je demande la parole.
Le préfident : Citoyen, tu ne peux couper la défenfe de
Sonthonax; on veus a laiflé érablir de fuire l'acte d'accufation, laiffez-le érablr fa défenfe: les débats viendront
après.
Sonthonax: Les colons mont accufé, dans le quatrième
chef d'acculation qu'ils ont porté contre moi, d'avoir
lyfé les forces de terre & de mer,, & d'avoir tout tenté parapour les détruire. Le premier article fur lequel eft appuyé ce
chefeft célui-ci: Ils ont défendu aux chefs de la force militaire de faire marcher les troupes en mafle contre les révoltés. Ce n'et pas d'anjourd'hui que les colons ont articulé
une parcille accufation. A peine avions-nous débarqué du
vaifleau qui nous avoit apportés fur la terre de Saint-Domingue, que' déja ils diloient qué nous avions des inftructions amicales pour les noirsrévoltés, &c que nous ne voullions pas leur réduétion. Ceftle 17 feptembre
avons mouillé dans la rade du Cap, arrivant 1792 de que France. nous
n'et pas d'anjourd'hui que les colons ont articulé
une parcille accufation. A peine avions-nous débarqué du
vaifleau qui nous avoit apportés fur la terre de Saint-Domingue, que' déja ils diloient qué nous avions des inftructions amicales pour les noirsrévoltés, &c que nous ne voullions pas leur réduétion. Ceftle 17 feptembre
avons mouillé dans la rade du Cap, arrivant 1792 de que France. nous --- Page 253 ---
Le 18, nous fommes defcendus à terre; deux ou trois jours
après nous avons été reçus dans le feinde l'affemblée coloniale
& des autres corps populaires. Le 24 feptémbre, on commençoit à dire dans la ville que nous ne voulions pas la réduction des révoltés, parce que nous ne failions
marcher
ailez tôt, au gré das colons, l'armée qui avoit befoin pas de fer
rafraichir & de fe repofer, après ine traverfée de cinquantela cinq jours. Dans l'intervalle écoulé depuis notre arrivée dans 1
rade du Cap,julqu'a notre inftallation, les 6000 hommes
arrivés de France avoient été déja répartis & difféminés
les camps par le général Defpa:bès & fous la ditection dans de
Blanchelande, malgré nos efforts pour
nos réquifitions au général Desparbés, l'empécher, & fans" malgré
puflions avoir la moindre part, non feulement à la que nous
tion des poftes, mais fans que nous eutlions
nous diftriburendre compte du placement de CCS mêmes pu
faire
truire les impreflions répandues
les
pofles. Pour dénous voulions' empêcher la réduction par mal-intentionnés, des noirs
que
nous rendimes, le 25 feptembre > la proclamation révoltés,
proclamation que les colons n'ont pas lue en entier. qui fuit, 2
(Il lit.)
Commifion nazionale ciyile.
6. Les commilfaires nationaux civils, infruits que
mal-intensionnés cherchent à répandre des bruits fur desgens les dif
politions de leor proclanation du 24 de ce mois, en les
cufant de paralyfer la force milinaire, & de laiffer les acpriétés fans défenfe, ont délibéré que,
toute
proà des calomnies aufli abfurdes, ils feroient pour
réponfe
blier & afficher la réquifition fuivante', qu'ils imptimer, ont
le lendemain à M.
ESulite
le gouverncur.>
Signé, y POLVEREL, SONTHONAX & AIHAUD."
Av N OM DE L A NATION, DE LALOI ET
DU R.OI.
< Etienne Polverel, Léger-Félicité Sonthenax & JcanR 3
délibéré que,
toute
proà des calomnies aufli abfurdes, ils feroient pour
réponfe
blier & afficher la réquifition fuivante', qu'ils imptimer, ont
le lendemain à M.
ESulite
le gouverncur.>
Signé, y POLVEREL, SONTHONAX & AIHAUD."
Av N OM DE L A NATION, DE LALOI ET
DU R.OI.
< Etienne Polverel, Léger-Félicité Sonthenax & JcanR 3 --- Page 254 ---
25o
Antoine Ailhaud, commiffaires nationaux délégués aux ifles
françaifés de l'Amérique fous-le-vent, pour y rérablir lordre
& la tranquillité publique:
3, Confidérant que Tarticle III de la proclamation du 24
feptembre, concernant les mouvemens des troupes dans la
colonie, n'eft point applicable aux difpofitions confervatoires que le chef de la force armée doit prendre pour la sûreté intérieure & la défenfe des propriétés;
>3 Confidérant que cet article ne peut s'entendre que de
la prohibition de toute entreprife offenfive, jufqu'à ce que
le plan général de réduétion des révoliés ait été arrêté de
concert avec M. le gouverneur général;
95 Pénétrés d'ailleurs de la nécefliré d'oppofer promptement une digue aux brigandages des révoltés, après avoir
délibéré dans un comité formé des membres de Y'afiemblée
coloniale, de propriétaires fonciers & d'officiers conus par
leur expérience militaire;
>> Nous requérons > 2u nom de la nation, de la loi &c du
roi, M. le gouverneur général, 1°. d'employer la force publique que le roi a iife à fa difpofirion, pour les moyens
défenfifs feulement, & le placemenr des poftes nécellaires à
couvrir les propriétés encore intactes;
>> De donner des ordres aux commandans des poftes de
procurer protection & sûreté aux révolés qui fe préfenteront fans armcs pour rentrer dans le devoir;
2 De tenit conftamment dans la ville du Cap un bataillon
de gardes nationales arrivées de France.
a
>2 Au Cap, le 25 feptembre 1792.
>) Les commilaires nationaux civils,
37 Signés POIVEREL, SONTHONAX & AILHAUD,
> Erplus bas, par MM. les commiflaires civils,
33 Signés O.F. DELPECH.
4 Pour copie conforme à l'original,
a 0, F. DEiPECH, fecritaire de la commiffion. 35
2 De tenit conftamment dans la ville du Cap un bataillon
de gardes nationales arrivées de France.
a
>2 Au Cap, le 25 feptembre 1792.
>) Les commilaires nationaux civils,
37 Signés POIVEREL, SONTHONAX & AILHAUD,
> Erplus bas, par MM. les commiflaires civils,
33 Signés O.F. DELPECH.
4 Pour copie conforme à l'original,
a 0, F. DEiPECH, fecritaire de la commiffion. 35 --- Page 255 ---
251,
La première opération, à l'arrivée des
dans la colonie, , étoit le projet d'un
commiffaires. de
civils
faire agir en même temps, dans tous plan les
campagne pour
armées qui étoient difpofées à marcher points de lifle, les
révolte. Cerses, les commilfaires civils & contre les noirs en
néral n'avoient pas perdu leur temps, fi, le gouverneur gétembre , quinze jours après cette
ils arrivés le 17 fepmite en
arrivée,
ordonnoient la
arrivées mouvement, contre les noirs révoltés, des troupes
leur d'Europe. C'eft ce qu'ont fait les
par
proclamation du 4 octobre
commilfaires civils
mandé au gouverneur général s'il étoit 1792 , après avoir decampagne, fi des difpofitions étoient
prêt à mettre en
nègres révoltés, fi fur-tour fes
fairuspour réduire tousles
marcher en malle avec toutes les dilpefitions étoient faites pour
Voici cette proclamation.
troupes arrivées d'Europe.
Il lit :
Proclamation dè Polvirel, Ailhaud & Sonthonax, du
octobre 1792.
cc Dès notre arrivée à
mes occupés fans relâche Saint-Domingue, des deux
nous nous fommiflion , la réduction des
grands objets de notre
de l'égalité politique
efclaves en révolte, & le maintien
effentielleséc
entre les citoyens libres. Des mefures
indilpenfables doivent préparer I1OS fuccès,
taque générale des brigands & la convecation des affemblées l'atprimaires.
>> Toutes nos démarches ont été dirigées vers ce
but; & fi le terme des efpérances des colons
double
culer devant leur
il
a femblé renéceffité des connoillances impatience. > ne faut l'attribuer qu'à
fans lefquelles toute efpèce de locales. fcience qui nous manquoient, 4
garer les meilleures intentions.
hiftorique ne peut qu'é-
>, A peine les troupes ont été
la
en a été faite à notre infqu; relles débarqréesque ont 6.é
répartition
lotons & difféminées furi tous les poftes, de morcelécs par
cher toute efpèce d'atraque combinée, & à manière néceffiter à ER
politif de notre première preclamation, qui bornoit à le dif.
fimple défenfive les mouvemens militaires.
une
R 4
les meilleures intentions.
hiftorique ne peut qu'é-
>, A peine les troupes ont été
la
en a été faite à notre infqu; relles débarqréesque ont 6.é
répartition
lotons & difféminées furi tous les poftes, de morcelécs par
cher toute efpèce d'atraque combinée, & à manière néceffiter à ER
politif de notre première preclamation, qui bornoit à le dif.
fimple défenfive les mouvemens militaires.
une
R 4 --- Page 256 ---
>2 Des mal-infentionnés prirent texte de la loi pour nous
accufer de paralyfer la force publique ; nous répondimes à
çette abfurdité en requérant M. le souverneur-eneral d'employer les troupes que la nation lui avoit confiées, à la défenfe
des propriétés encore intactes & au placement des poftes.
> Cette difpofition ne défarma pas les calomniateurs; on
répandit dans les camps que nous nous oppolions à ce qu'un
polte artaqué
les brigands fût fcutenu & fecouru par le
pofte voilin. fURL feconde réquifition, imprimée & affichée
le 2 de çe mojs 2 a mis à découvert nos intentions à cet
égard.
2> Enfin, le moment eft venu où il s'agit de prévenir les
malheurs qui refulteroient infailliblement de l'éparpillement
des troupes, où il faut éronner les révoltés par un grand
raffemblement, & les accabler à-la-fois de toutes les forces
coloniales.
>> Des péadorsindividuclles mulripliées,le vaeu clairement
manifefté de la colonie par l'organe de fes repréfentans provifoires, le cri général des troupes indignées de leur inaction
les difpofitions du gouverneur-géneral tout prèt à féconder
leur nci ble imporience > tout fe réunit pour ne nous iaiffer
aucun doute fur la nécellité de laifier Un libre cours à la
vengeance éclatante d'un peupie trop long-temps outragé.
22. Soldats de ligne, volontaires nationaux, vous tous >
hommes libres de la colonie, réunifiez-vous autour du chef
la nation françaife vous a donné. Cinquante-fept ans
e fervice &c de verrus le rendent digne de vous commander,
&,fous fes ordres, la victoire n'abandonnera jemais VGS drapeaux.
3 Et vous, > citoyens , jadis, profcrits & avilis, aujourd'hui
régénérés
le faluraire &c jutte décret du àvril, montrez
aux ainés Rel la famille
vous êtes dignes N lcurs fréres;
difputez enfemble à a0re fervira mieux la pauie,a quivengera mieux les injures de la colonie dans le fang de Yennemi commun.
V
Jes commieires nationaux civils,après en avoir mi-
*rement délibéré, ont ordonné & ordonpent ce qui fuir:
A R T I C L E P R E M I E R.
compter du jour de pub
tion de la préfente pro-
il, montrez
aux ainés Rel la famille
vous êtes dignes N lcurs fréres;
difputez enfemble à a0re fervira mieux la pauie,a quivengera mieux les injures de la colonie dans le fang de Yennemi commun.
V
Jes commieires nationaux civils,après en avoir mi-
*rement délibéré, ont ordonné & ordonpent ce qui fuir:
A R T I C L E P R E M I E R.
compter du jour de pub
tion de la préfente pro- --- Page 257 ---
clamation, M.le gouvemneur-g généra! demeurera requis mife d'em- à fa
ployer la force publique que li nation frangaife lcs
a de la codilpofition,
réduire dans toutes
parties
lonie les LENes révoltés.
II.
&c freté à tous ceux des
93 Il fera accordé proreétion
rentrer dans le
révoltés.qui fe préfenteront fans armes pour
devoir >2,
Sonthonax : Le refte du di(pofitif ne fait rien à Yaccu-
"fation intentée par les colons. Je le fupprime.
L'induétion naturelle que je tire de cette proclimation,
c'eft que bien loin d'empècher le goaverneur général de faire
porter les troupes contreles révolrés,nous Y'avons françailes. au contraire Les
requis de déployer contr'eux toutes les forces
colons connoiffoient auffi bien que moi cette proclamation,
mais il leur falloir un chef d'accufation de ples, ilsl'ent
fait pour faire. perdre une féance de plus.
Ce fut en vain que nous enjoignimes la au réduction gouvemneurgénéral des elclaves
de déployer ia force publique pour
révol:és; Defparbès n'obéit à aucunes de nos réquilitions, dans les
& ne fit
même enregiftrer nos proclamations
tribunaux M 5 contraria tous les plans que nous formions la pour
arriver à la fin de la guerre intérieure qui défoloit
co- à
lonie: ce fur la raifon
laquelle nous Y'envoyàmes
dénonciation des colons, nos
Tallemblée nationale > fur Fe dansle
intenté contre
accufateurs aujourd'hui, & qui,
procès en fa faveur >
lui au tribunal révclationnaire. > ont dépolé
après l'avoir dénoncé. envoyé en France, nous confiâmes la diréétion
Defparbès
don: les talens
de TFarmée de regre au général Koshambeau,
la
militaires font bienconnus. Rochambeau ne fut pas platôtà
tète, qu'il commença par s'emparer d'un polte tresimporrant, Rochabeau
d'Ouapaminthe : fur la fronrière efpagnole.
revint enfuite réduit à limpofibilité d'arir , par une maladie.
grave. La réduction des révol:és fut fulpendue de quelques
jours. Cependant, au mois de jahvier, ayant été fcrcé de
partit pour la Matunique, 11 laiffa fesplans & fa difeolitions
au ne fut pas platôtà
tète, qu'il commença par s'emparer d'un polte tresimporrant, Rochabeau
d'Ouapaminthe : fur la fronrière efpagnole.
revint enfuite réduit à limpofibilité d'arir , par une maladie.
grave. La réduction des révol:és fut fulpendue de quelques
jours. Cependant, au mois de jahvier, ayant été fcrcé de
partit pour la Matunique, 11 laiffa fesplans & fa difeolitions --- Page 258 ---
entre les mains du général Laveaux, qui les conduifit de
la manière la plus avantageufe & la plus brillante. Laveaux
fe mit en campagne le 12 janvier 1793, &,en IS jours >
de concert avec le commandant du cordon de T'Oueft & avec
celui de l'armée de PER, , la plaine du Nord fut
la communication fut rétablie entre le Fort-Dauphin AE"E &
Cap, les parciffas du Dondon', de Sainte-Suzane, d'Ouanaminthe & la plaine du Maribaren.
Les brigands furent acculés fur la frontière efpagnole; : il
ne leur refta dans l'intérieur que le Port-Français & le
Grand-Boucan.
S'il étoic néceflaire, pour vous prouver ce que javance,
(ce que fans doute les colons ne niercnt pas , parce que
cela elt de notoriété publique dans la colonie, parce que
les procès-verbaux des expéditions ont été envoyés, 2 dans le
temps, au confeil exécutif) je pourrois vous lire une foule de
pièces à ce fujer, uneinfinité de relations des expéditions
ont eu lieu dans la partie de TER en janvier 1793 pour la de
duétion des révoltés du Nord. Ces relations font dans le
Moniteur. Je me contenterai de les indiquer d'après les
notes que Jai prifes. Les relations qui concernent l'armée
du Nord ou du Cap commandée par Laveaux fe trouvent
pages 243, 255, $6,57, 266, 29,303, 331 du Moniteur,
année 1793. Lcs relations qui concernent la guerre de TER,
c'eft-à dire, dans la plaine du Fort-Dauphin, de Maribaron
& de la paroille de ScinteSuzanne, fe trouvent dans les
pages 179 , 199, 295,,
339, 350, 351 & go3.
Tandis que l'armée de 2TEA dela province du Nord agiffoir
de concert avec celle du Cap & ceile du cordon de l'Oueft,
l'armée du Port-de-Paix fe mettoit aufli en mnouvement 3
par les ordres du commiffaire civil & du souvernevr-généreal.
Cetre armée étoit commandée par Auguite Gralle, commandant général du Port-de-Paix. L'armée deJean Rabel fe
joignit à coile du Pore-de-Pais; on chaife les brigands des
ports qu'ils occupoient: les rapports fur l'expédition de cette
armée font conlignés dans les pages 107, I 80, 162 du
Moniteur, année 1793. Une nouvelle preuve de l'adlivité
incroyable de Farmée dans le commencement de 1793 &
à la fin de 1792,f0 trouve dari's la léttre que j'ai écrite à la
Convention,1 17 février 1793 > pour lui rendre compte de
du Pore-de-Pais; on chaife les brigands des
ports qu'ils occupoient: les rapports fur l'expédition de cette
armée font conlignés dans les pages 107, I 80, 162 du
Moniteur, année 1793. Une nouvelle preuve de l'adlivité
incroyable de Farmée dans le commencement de 1793 &
à la fin de 1792,f0 trouve dari's la léttre que j'ai écrite à la
Convention,1 17 février 1793 > pour lui rendre compte de --- Page 259 ---
cette. expédition. "Je ne lirai de cette lettre que ce qui concerne les efclaves en révolte. Cette lettre eft d'autant plus
importante qu'elle eft le réfultat des obfervations que j'ai
faites fur cette guerre, 5 & des pièces qui ont été trouvées
dans le camp des révoltés.
(Il lit.)
Cap, le 18 février 1793, l'an premier de la
République françaile.
Le commiffaire civil de la République déléguéd Saine-Domingue,
à la Conyention nationale.
REPRÉSENTANS DU PEUPLE FRANÇAIS,
à annoncer
Ce J'aiquelques fuccès contre lesnègres infurgés caufes
retarala Convention nationale. Entre plufieurs
qui longdoient
au Cap une fortie générale projetée depuis dans cette
temps, les divifions, les animofités qui J'avois régnoient rendu, le 30
ville n'étoient pas une des moindres.
ici un exemdécembre dernicr, une proclamatien dontjejoins à s'infcrire pour cette
plaire no. I, où j'invitois les défordres, citoyens dont la ville du Cap
fortie. La crainte de voir les
la campaavoit" déjà été le théitre, fe renouveler pendant
avoit empêché l'effet de cette invitation, au point quil
gne 2
perfonnes
s'infcrire
ne s'étoit préfenté que quatorze il
a pour eu à fe méaux termes de ma proclamarion. n'y pas
dès le
prendre fur la principale caufe de certeinertie chefs puifque de la faction
lendemain de T'embarquement de quelques
léopardine, quej'ai annoncé à la Convention nationale par ma
dépèche du II janvier dernier , il fe trouva 1400 jeunes citovens prèts à fortir.
33 Cette petite armée fe mit en campagne quelques jeurs
après, fous les ordres du colonel Lavaux, commandant en
chef de la province du Nord. L'expédition avoit été com
binéc & préparée par le gouverneur-séneral Rochambeau, l'a
& a faivi de près fon départ pour la Martinique > qui
empèché-de la faire lui-naème.
de fes
Le bravè Lavaux a donné de nouvelles preuves
0 jeunes citovens prèts à fortir.
33 Cette petite armée fe mit en campagne quelques jeurs
après, fous les ordres du colonel Lavaux, commandant en
chef de la province du Nord. L'expédition avoit été com
binéc & préparée par le gouverneur-séneral Rochambeau, l'a
& a faivi de près fon départ pour la Martinique > qui
empèché-de la faire lui-naème.
de fes
Le bravè Lavaux a donné de nouvelles preuves --- Page 260 ---
talens militaires;. par-rour il a rapoutlé les
enlevé tous leurs camps, & les a acculés dans nègres les > leur a
julques fur la frontière elpagnole.
mornes
2) Mais, en rendant hommage à fa
dois
fur-tour faire l'éloge de fa juftice & de fon bravoures humanité, je Il a
épargné le fang humain; il a.traité avec
qui fe font rendus, & a réufie en faire indulgence ceux
nombre fur les habitations.
rentrer un grand
>> Après une campagne d'enviren cinq
a été obligé de faire rentrer fonarmée femaines, ce général
des maladies cautées par la chaleur du pour arrêter le ravage
redourable. que le fer de l'ennemi , & climar cent fois plus
cette guerre beaucoup plus pénible
par les fatigues de
des poftes bien diftribués & fuffifammenr que périlleufe. Ila laiflé
du Nord eft libre.
garnis, & la plaine
> Je remplis un, devoir pénible en rendant
à la
Cenvention de cette malheurcufe
cempte
pénétrée de douleur en confidérant les guerie ; mon ame eft
fons chaque jour
pertes que nous faibraves
> en fongeant ati fort déplorable de tant de
patriotes > qui ne reviennent
trouver la mort dans les hôpitaux ou vainqueurs dans les que pour
Les nègres > plus heureux, perdent
de camps.
les combats à proportion de Jeur nombre, peu & monde dans
fans peine, comme on
fupportent
qui leur fervent antant peut l'imaginer 3 toutes les fatigues
riffent
qu'elles nous nuifent, qui les
en nous détruifant. Leur méthode eft de harceler aguer- nos
camps par des attaques nocturnes; ils chargent aflez
reufement, fe défendent rarement après le
vigoufe retirent ordinairement, lorfqu'on "les
premier feu, &
mornes & des bois où il eft prefqu'impollible pourfoit, de les dans des
Là, avec quelques ajoupas confruits en
de fuivre,
un ruiffeau, des bananes, & le fecours des peu
jours >/
gnols, ils bravent nos canons. & nos foldats. perfides E(pas
>> Il paroit y en avoir une malle aflez confidérable difpofée à périr plutôt que de fe rendre. Elle eft entrainée,
fubjuguée par quelques chefs tres-defpotes qui fuivent eux- >
mêmes dennée. aveuglément la première impulfion qui leur a été
e
ajoupas confruits en
de fuivre,
un ruiffeau, des bananes, & le fecours des peu
jours >/
gnols, ils bravent nos canons. & nos foldats. perfides E(pas
>> Il paroit y en avoir une malle aflez confidérable difpofée à périr plutôt que de fe rendre. Elle eft entrainée,
fubjuguée par quelques chefs tres-defpotes qui fuivent eux- >
mêmes dennée. aveuglément la première impulfion qui leur a été
e --- Page 261 --- en campagne; Caoyencrepe@f@entaniy elles ferviront ce qui refe de nos troupes rentrera
fous le brave général Lavaux. encorea at vec leurcourage ordinaire
Français favent obéir &
Quand la loi parle, tous les
diflimuler à la Convention mourir; nationale mais je ne puis ni ne dois
pénétré relativesentati fortde
les idées dont je fuis
qu'elle fe hâte de ftatuer fur le Saint-Domingue fort des
Ile eftelffentiel
les députés de la colonie fiégeront efclaves , auflitôt
attendre la demande des affemblées dans fon fein, Aut
part , auront toujours la ridicule
coloniales, qui, d'une
elle; ; & de l'aurre, n'auront
prétenrion de rivalifer avec
& de fageffe pour fentir la néceflité peut-être jamais affez de lumières
>> Les principes du
d'un les nouveau régime.
les intérérs" du cominerce goavernement, droits de
>
colonie, tout exige
la la paix & la profpérité Thumanité, de la
droits du peuple, rompe que les Convention, inveftie de tous les
suante a mifes dans ce point entraves que l'aflemblée conftinationale.
important à la fouveraineté
>> Je ne prétends point
moment
indiquer à la
lonial; d'opérer une réforme entière dans Convention le
le
mais, s'il n'eft promptement
régime coelclaves n'eft amélioré, il. eft
modifié, fi le fort des.
des malheurs de
impoflible de prévoir le terme
interviendra à ce Saine-Domingue. fujet, fera la fuite Le décret faluraire qui
avril ; il affurera à la Convention naturelle de la loi du 4
autorité dâns les colonies, qu'on nanionale fon crédit & fon.
les moyens pollibles ; il anéantira s'efforce tous d'affoiblir par tous
& de contre-révolution: ; il refferrera les les projets de Ichifme
colonie à la Métropole, & rétablira dans la liens qui uniffent
quillité defiré après laquelle on (oupire depuis Gi première la tranpar tous les gens fenfés, & fir-tout long-t temps : il eft
plus intéreffée au bonheur de la
par la claffe la
dui 4 avril.
colonie, ceile' des citoyens
>> Signés Sonthonax 32,
luc qu'un Vous voyez, > citoyens, d'après cette' lettre', dont
l'exige. extrait, & que je lirai toute entière G la commiffions je n'ai
Le
: Cela paroit inutile.
Vous
SICKLIy
voyez,d'après cette lettre, que les fuccès
: il eft
plus intéreffée au bonheur de la
par la claffe la
dui 4 avril.
colonie, ceile' des citoyens
>> Signés Sonthonax 32,
luc qu'un Vous voyez, > citoyens, d'après cette' lettre', dont
l'exige. extrait, & que je lirai toute entière G la commiffions je n'ai
Le
: Cela paroit inutile.
Vous
SICKLIy
voyez,d'après cette lettre, que les fuccès --- Page 262 ---
de P'armée fur les révoltés étoient très-faciles; qu'après le
premier feu,'les noirs, réfugiés dans les camps, étoient
réduits facilement; mais que, retirés dans des montagnes
inaccelfibles, il étoit prefqu' impollibie de les y aller relancer;
que les fuccès de nos foldats ne faifoient que les fatiguer &
les détruire ; qu'une campagne de quinze jours en faifoit
périr environ un tiers, > inalgré les foins des habitans de
Saint-Domingue & ceux deladminiftradion pour les troupes
qui-étoient miles en campagne. Vous voyez aufli que,1 loin
de paralyler les forces de terre, j'ai aut contraire ordonné le
développement des forces de terre contre les révolrés; que
ce développement a été faittousles ordres du général Lavaux, 3
& que la campagne a parfaitement réufi. S'il eft des hommes
juftement foupçonnés d'avoir paraly(él'ardeur de l'armée de
ligne, pour empêcher d'entrer en campagne contre les noite
en révolte : ce font ceux qui refufoient de fortir & de fe
joindre à elle dans les forties qui étoient propofées par les
commandans. Le 31 décembre 1792, j'ordonnai une fortie
générale destroupes de ligne & patriotiques contre les révoltés.
Je viens de vous parler des événemens de cette fortie, mais
je dois vous dire ce qui retardoit cette forue, &c comment
elle a été retardée.
D'abord, un grand nombre de factieux, , dont la ville du
Cap étoit infeftée; car je n'avois pas alors déporté les chefs
de la faction de Saint: Marc 3 un grand nombre de factieux
cherchoient à empècher les troupes de fortir , afin d'annuller
les forces; & ce font eux qui viennent vous dire aujourd'hui
que ce font les commiffaires civils qui en avoient empèché
le développement, Lorique j 'ordonnai la forrie par. une
clamation, j'enjoignis aux homnies de bonne volonté de Jia
garde nationale qui voudroient fe joindre aux troupés envoyées d'Europe, de fe faire infcrire au fecrétariat du gouvernement > afin çu'on pâr les. trouver au moment ot le gouverneur en auroit befoin. La proclamation fut du 30 décembre; on eut trois jours pour S infcrire. Le 2 janvier 1793,
le réfultar de l'infcription fut de quatorze perfonnes de bonne
volonté fur une garde nationale compofée de 250o hommes
en état de fortir. Je vais vous lire, à l'appui de ce que je
viens d'avancer, le procès-verbal dreffé par le gouverneur >
par le commiflaire des guerres & le commandant de la pro-
foin. La proclamation fut du 30 décembre; on eut trois jours pour S infcrire. Le 2 janvier 1793,
le réfultar de l'infcription fut de quatorze perfonnes de bonne
volonté fur une garde nationale compofée de 250o hommes
en état de fortir. Je vais vous lire, à l'appui de ce que je
viens d'avancer, le procès-verbal dreffé par le gouverneur >
par le commiflaire des guerres & le commandant de la pro- --- Page 263 ---
de-la vince du Nord, procès-verbal qui n'eft que le
lifte d'inlcription.
dépouillement
Illit:
c. Aujourd'hui, mercredi 2, mois de janvier
premier de la République françaife, à
1793, l'an
maifon du citoyen gouverneur'génétal midi des précis, dans la
rique fous-le-Vent, en ville du
Iiles de T'AmeDomingue, nous, citoyen Pierre-Jofeph Cap-Franseis, ifle de Saintmilflaire-auditeur des guerres, en préfence Leborgne , comnatien Rochambeau > souverneur-general, du du citoyen DoLavaux, commandant de la province du citoyen.Erienne
toyen Louis-Staniflas Richardin,
Nord, & du cide T'armée, nous ferions
adjoint à Tadjudant-général
veinement, pour y, faire le tranfporrés relevé des au noms fecrétariat du gonfe font fair infcrive pour marcher contre les des ciroyens
aux termes des articles VI & VII de
nègres.
TSR
citoyen Léger-Félicité Sonrhonax, commiffaire ia proclamation du
délégué aux ifles françaifes de T'Amérique
national civil
y rétablir l'ordre & la tranquillité
fous-le-Vent, pour
S mation, en date du 30 du mois publiqae; ladite procladit à T'arricle VI: Jugeant une fortie detnier, contre par les laquelle il eft
yoltés abfolument
efclaves Tébonne vo.onté à s'inferire, indilpenfable dans 3 invitons le délai touS de les citoyens de
fecrécariat du gouvernement
deux jours J au
citayen gosverneur-géniral ; > & pour. à l'article être prêts VII: aux ordres du
après s'être fait inferire, refu/eroient de marcher, Ceux qui,
putés infames & indignes du droit de
feront rec
aurions demandé au, citoyen Louis citayen frangais nous
eitoyen Sonverneur-généial, nommé Philippe, TEELOO du
criptions > de nous repréfenter la lifte pour nominale recevoir des les infquife feroieut conformaés à la
du
citdyens
miffaire national civil, ce qu'il proclamation auroir fait
citoyen comnous auroit donné la lifte des gens infcrits fur dans le-champ, le
&
deuxjours, ainfi qu'il fuit; favoir: lesciroyens André délai de
Dubois, demeurant rue Saint-Nicolas &
Thomas
cavalier; Dubuis, auprès de Tarfenal; Efpagnole, comme
de la Grande-Rivière rue de l'Eftrade, Bernard, chez M. habitant
Simon; TEvèque, au bour de la rue
SaintE(pagnole > près le
en comnous auroit donné la lifte des gens infcrits fur dans le-champ, le
&
deuxjours, ainfi qu'il fuit; favoir: lesciroyens André délai de
Dubois, demeurant rue Saint-Nicolas &
Thomas
cavalier; Dubuis, auprès de Tarfenal; Efpagnole, comme
de la Grande-Rivière rue de l'Eftrade, Bernard, chez M. habitant
Simon; TEvèque, au bour de la rue
SaintE(pagnole > près le --- Page 264 ---
cimetière; Landemar, à la Petite-Anfe; Coly ainé, tue Ef
pagnole; Cafferéte, place d'Armes > chez Saillant, matchand
de jabac; Dupré, chez le citoyen Laforèt, officier municipal,
ruedu Bacq; Voyel, rue Eipignole; Legris 3 rues Penthièvre
& du Cimeriète ;. Nadai, rue d'Anjou; le Kenafte de Camelin, rues Taranne & Saint-Joleph; Defcambre > rue
d'Anjou, & André Houfet, rue None-Dame: en tout quatorzé perfonnes. Au bas de ladite lifte eft écrit:". Je
certific que les noms des P rfennes qui font infcrites Jouligmés ci
font les noms des feules perfonnes qui joient venues aul defus
tariat du gouvernement 53 fair: inferire, ainfi que les Jecré- invitoit la proclamation du commifaire national civil, en y date
du 30 décembre dernier.Fait ail Cap-Frengais, à midi précis 3
le 2 janvier 1793.
>> Signé, Philippe, fecrétaire du goovememmigandiodren
vifoire des TResjous-le Yen:.
>2 Nous aurions de fuite interpellé ledit citoyen Philippe
de prèter ferment que ladite lifte qu'il nous a préfentée étoit
fincère & vérirable, Ce qu'il auroit fait
&
lui
fur-le-champ.
en aurions donné adte; & comme le délai faral de deux
jours eft expiré à l'heure de midi ci-deffus mentionnées
nous auriens clos le préfent procès-verbal pour fervir &.
valcir ce que de raifon, que nous aurions figné, ainfi
les citoyens Rochambeau, Lavaux, Richardin &
au bas de chaque page & à la
Rt.E
fin, qui ont été de nous paraphées.
9> Fait au Cap, les jour, mois & an que deflits." Ainfi
figné : DONATIEN ROCHAMBEAU, E. LAVAUX, STANISLAS RICHARDIN, LoUIs PHILIPPE & LEBORGNE.
>> Collationné par nous, ciroyen commiffaire auditeur des
guérres.
>> Signé, LEFORGNE.
3, Vu bon, > le gouverneur général provifoire des Iflesfous-le-Vent.
TI
95 Signé, DONATIEN ROCHAMBEAU.
>) Pour copie conforme à l'éxpédition qui nous a été remife par le citoyen gouverneur général.
33 Signé, MULLER, fecrétaire. >>
L'original
IN, LoUIs PHILIPPE & LEBORGNE.
>> Collationné par nous, ciroyen commiffaire auditeur des
guérres.
>> Signé, LEFORGNE.
3, Vu bon, > le gouverneur général provifoire des Iflesfous-le-Vent.
TI
95 Signé, DONATIEN ROCHAMBEAU.
>) Pour copie conforme à l'éxpédition qui nous a été remife par le citoyen gouverneur général.
33 Signé, MULLER, fecrétaire. >>
L'original --- Page 265 ---
colonies. L'original exifte dans les archives de la
Vous voyez que les hommes qui commiflion des
paralylé les forces de terre, de les avoir m'accufen: d'avoir
enmafle contre les révolrés, font
empècné de marcher
empèché les troupes de ligne de marcher. précifément ceux qui ont
Cap étoit trop peit nombreufe
faire
La garnifon du
de la province du Nord. J'avois pour droit
feule la campagne
toute la garde nationale du Cap:ch bien!p de mettre en réquilition
cription volonraire, nous n'avons
par la voie de l'infperfonnes. Ce n'eft qu'après
pu obrenir que quatorze
chefs de la faétion
Tembarquement des principaux
nelfe du Cap fe réveilla deSaine-Marc, de fa
Je 12 janvier,. que la jeules drapeaux de Laveaux, & a ftupeur, fair la brillante qu'elle a marché fous
janvier 1793.
campagne de
Le fecond article du quatrième
ei : cc Ils ont défendu aux chefs des chef d'accufatign eft celuiaucun mouvement fans leurs ordres.> bâtimens de l'Etar de faire
ont pris qué javois défendu aux
Jene fais onles colons
de lErat de faire aucun
commandans des bâtimens
cité ài l'appui de leur allertion mouvement l'are. II fans de la mes ordres : ils ont
24 feptembre, ainfi
: cc Le
proclamation du
3, vales demeurera conçu
commandant des forces
33 cation de la
requis, 2 à compter du jour de la
na33 prononcée préfenre proclamation, & fous ia
publipar, la loi du 22
refponfabilité
32 batiment de lÉrat fans le juin, de ne laiffer partir aucun
35 miffaires civils. 33 Je ne vois confentement dans par écrit des comde faire un moivement fans point
cet article la défenfe
la défenfe de lailfer partir
mes ordres; jy vois feulement
permiflion.
pour France des batimens fans notre
droit de diriger Puilque à nous avions reçu du confeil exécutif
notre volonzé les
le
nous pouvions bien
forces de terre & de mer,
fenfe de faire un mouvement donner des ordres:autre chofe eff la dérade fans le confentement
fans ordre, ou de foitir d'une
Puifque nous avions
écrit des autorités conftituées.
des forces de terre & reçu RT pouvoir exécutifla fuprématio
à défendre la fortie de-mer, des bârimens iny avoir pas d'inconvéniene
avertis. Voilaquoi fe borne la
fans que nous fuffions
de la proclamation du 24 feptembre. défenfe contenue dans T'art.II.
Si Tome nous avions impolé au commandant des
VI. Cingauate-heusidne
forces navales
liyraifon.
S
conftituées.
des forces de terre & reçu RT pouvoir exécutifla fuprématio
à défendre la fortie de-mer, des bârimens iny avoir pas d'inconvéniene
avertis. Voilaquoi fe borne la
fans que nous fuffions
de la proclamation du 24 feptembre. défenfe contenue dans T'art.II.
Si Tome nous avions impolé au commandant des
VI. Cingauate-heusidne
forces navales
liyraifon.
S --- Page 266 ---
l'obligation de ne pouvoir faire aucune expédition maritime
fans qué cette expédition eût été dirigée & provoquée par
nous, alors on pourroit, & avec raiten, nous rendre refponfables de tous les malheurs de la guerre; mais l'art. II
de la procl lamation du 24 feptembre ne dir pas que nous dirigerons lcs expéditious de T'armée navale, mais feulement
que le commandant de ln force navale ne pourra laiffer fortir
de la rade aucun bâtimen: fans que les commiffaires civils
en foienta averris: Certes, je crois gu'en demandant feulement
aux oficiers, aux contre-amiraux, qu'ils voulufent bien nous
avertir des mouvemens qu'ils feroient,. nous ne demandions
rien au-delà des pouvoirs qui nous étoient confiés. Nous ne
nous chargions point des fuites des opérations navales,
puifque énous demandions fimplement à en être avertis. Nonfeulement nous avions ce droit par les premières inftructions
qui nous avoiert été données par le pouvoir exécutif, les
miniftres de Louis XVI, mais encore par celles données par
le confeil exécutif au contre-amiral Sercey; & j'ai très-bien
remarqué que dans la lecture qui a été faite du chiffon produir par les colons fous le titre d'Extrait des regifires du
contre - amiral
ce contre- amiral avoue que les
ordres du confeil
lui prefcrivoient de ne
PRLE
partir le ccnvoi fans avoir pris nos derniers ordres. Les pas contre- faire
amiraux, les chets de la force de mer étoient fommés,
les infructions du pouvoir exécuif, de ne point iire"fortir par
de bitiment pour France fans les ordres des commiffaires
civils. Ainfi, les commiflaires civils, par larr. II de la
clamaiion du 24 feptensbre, n'avoienr fait autre choie proxercer
qu'elibrement' la juridiétion qui feur étoit confiée
le
confeil erécurif & les affemblées nationales. A préfent, par &
d'après cet article, les colons cnt dit que je devois être refponfable des opérations de la marine, que je devois êrre
relponfable fur- tout des chances & des malheurs de la
guerre. D'abord,quandil feroit admiffible qu'un conmanidant
de l'armée navale ou autre commandant fnr refpenfable des
chances de la guerre, lorfquila pris d'ailleurstous iss noyens
qui éroient en fon pouvoir pour la rendre heureule; quand,
dis-je, le commandant des forces navales feroit reiponfable
des chances de la guerre, on ne pourroit pas encore nous
attribuer cette refponfabilité, parce que ue jamais nous n'avons
'abord,quandil feroit admiffible qu'un conmanidant
de l'armée navale ou autre commandant fnr refpenfable des
chances de la guerre, lorfquila pris d'ailleurstous iss noyens
qui éroient en fon pouvoir pour la rendre heureule; quand,
dis-je, le commandant des forces navales feroit reiponfable
des chances de la guerre, on ne pourroit pas encore nous
attribuer cette refponfabilité, parce que ue jamais nous n'avons --- Page 267 ---
ordonné les opératicns de la guerre maritime dans ce fens
que nous aunons fait un plan de campagne ou crdénné érlle
ou telle expediion; parce que > leindaveirrers les fotces
navales dans les ports, comme l'ont dit les
nouS
avons au conraire enjoint au contre-xmiral colons, de
forrir 'des ports pour pro:éger le' commerce trunçais, Cambyle Ongulicrement vexé dans le commencement de la guerre. Pour
juftifier ce cle je dis, je produis la copie écrite de ma
main, d'une lertre qui eft dans les regiftres, lettre écrite au
conre-sanitel.Camiyle le 29 avril 1793.
IlJie:
Les commifaires civils au contre-amiral Camihyfe,
c Nous avons reçu, citoyen, VOS dépêches des
8 & 13 de ce muis. Vous rous plaignez fans cefle-de
miniftration &
N
du peu d'exaétitude du fervice de la
nous fommes perfuadés de la vérité de VOS réflexions marine ;
:
vous devriez aveir la bonne-foi de converir que Jes
mais
de l'adminiftrarion actuelle tiehnent aux dilapidations embarras de lancienne, fur-tout dans les temps malheureux où
des corps populaires fe failoit une vertu de ruiner Tariflocrarie la
Vous n'ignorez pas dans quelle pénurie nous: laiffe le France. confeil
exécurif: pourqroi n'en cenclecz-vous pas que les anciens
agens-du des
minifère frarçais font, en grande parrie - caufe
inrermittences que nous font éprouver lés
de la colonie ? C'oft fans doute pour couviir adminifirareurs votre refpo nfbilie, que vouS paffez votre temps à faire la guerre de
plumé , au lieu de metire en ufage ies forces qui vous fon:
confiées pour la protection de nos côtes. Nos généraux, €n
Europe, fe font ils crus quittes envers la Farrie, en fe
plaignant à la Convention narionale de ce que les miniftes
laifloient. nos foidats fans fouliers & fans babits: Non
ont employé nos moyens tels qu'ils les recevoient, & : ils
armécs trangeies ent iriomphé des
les
monde. A Scint-Domingue: > l'ennemi pemicrespmuifsners croife fous le
du
des côtes; il enlève les bàrimens du commerce
canen
nos ports; & les vailleaux de li République, jaique commandés dans
S 2
laifloient. nos foidats fans fouliers & fans babits: Non
ont employé nos moyens tels qu'ils les recevoient, & : ils
armécs trangeies ent iriomphé des
les
monde. A Scint-Domingue: > l'ennemi pemicrespmuifsners croife fous le
du
des côtes; il enlève les bàrimens du commerce
canen
nos ports; & les vailleaux de li République, jaique commandés dans
S 2 --- Page 268 ---
parle contre-amiral Cambyfe, s demeurent fationnaires dans
les rades: calculez à prétent ce qui.vous refte à faire.
33 Vous trouverez notre langage févère; c'eft le feul qui
convienne à. des magiftrats républicnins. I nous en coûite
fans doure, à nous qui nous fommes plu à vous élever &cà vous louer, d'ècre forcés de fuipendre aujourd'hui notre
jugement fur YOS principes : c'eft à vous déformais à nous
prouver que nous fommes dans l'erreur à votre égard.
>> Les commiffaires civils.
s> Signé, POLVEREL & SONTHONAX. %
Verneuil: C'eft une copie éerite par Sonthonax : nous demandons l'original.
Sonthonazx : Sij'accufois les cclons, ils auroienit droit de
dire: :-Dépolez fur lc bureau l'original de la pièce. > pour
juftifier votre accufation. Je me juftific ici; je produis la
copie, écrite de ma main, d'une letre qui eft dans le regiftre dépofé àla commiflion des colonies, qui me jugera s
&
pourra comparer la copie
vicns de lire avec
Ft qui eft dans les regiftres. 8t Aet pas aux colons à
deman ler l'original d'une pièce que je préfente pour ma défenfe; fi je me contentois d'un chiffon, cela devroit leur
fuffire : la commillion fera d'ailleurs ce qu'elle jugera convenable pour comparer la copie avec l'original.
Le préfidert à Sonthonax: : Tu ne peux préfenter
ta
défenlc une pièce qui n'eft pas authentique; fi tu "Varte fers
pour ta défenfe, elle doit être produite dans une formé qui
puiffe faire foi.
Duny, : Nous demandons l'original & le regiftre oùr font
relarées les lettres écrites à Cambyfe : ce chiffon n'a aucune
authehricité.
Sonthonas : La commiffion a mes regiftres en fa; poffcfion:
d'ailleurs, les colons font mes accuiateurs & non ines
juges.
Le préfident : On va repréfenter les regiftres.
(Sonthonax ya chercher les regiftres 5 il les rapporte. )
iffe faire foi.
Duny, : Nous demandons l'original & le regiftre oùr font
relarées les lettres écrites à Cambyfe : ce chiffon n'a aucune
authehricité.
Sonthonas : La commiffion a mes regiftres en fa; poffcfion:
d'ailleurs, les colons font mes accuiateurs & non ines
juges.
Le préfident : On va repréfenter les regiftres.
(Sonthonax ya chercher les regiftres 5 il les rapporte. ) --- Page 269 ---
Sonthonax :Je n'avois lu qu'un extrait,
Duny : Je demande que Sonthonax life
que, la copie n'yelt-pas confoime, elle Forisinal, parce
inférée aux débats,
ne doit pas être
(Sonthonax lit l'original.)
Sonthonax : Je n'ai lu également cette
trait, comme la première. Vous
pièce que par exparalyfé l'action des chefs de la force voyez que, loin d'avoir
ce qui étoit en mon pouvoir
navale, j'ai fait tout
de la rade.
pour que CCS chefs fortiffent
tier. D.ny:Nous demandons la téneur de la pièce en enLe préfidenc : Vous la lirez;
fenfe.
n'interrompez pas fa dé-
- Sonthonax: : Jet déclare que J'ai lu de cette
iqui concerne les forces navales;
lettre la partie
ielles ne regardent
ily: a d'autres parties, mais
I Le. préfident aux pas colons l'objet quie jé traire.
un autre moment, des : Vous tirerez des.inductions, dans
Duny : Cela évitereit autres de faire parries de la lettre.,
des débats, deux ou trois fcis cette imprimer, lettre. dans le' cours
Sonthonax: Le contre-amiral
m'envoyanr un precès-verbal Cambyle me répondit, en
le Jupiter. Il précendit
furférat d'avarie du vaiffeau
idans la miture
que ce vaillent étoit trop endommagé
éroient
pour tenir la mers il prétendirque fes cables
fervice des calies, cètes. qur'il Par éroit impoffible que ce vaifleau-f fit le
qu'il eût à nous conflater une autre l'érat lettre, nous lui demandâmes
picer, & s'il étoit en érat d'aller véritable du vaiffeau le Jutendit
pour-fortir de la radé en France. du
Cambyfe n'atcroifiére', Tal répondre à note letre; il Cap, pour aller en
fotie: Onfit difparoitre tous les
fit fortir toute la
fur les côtes; & le fruit de cette corfairesanglais fortie
qui étoient
corverte de vingt-deux à
fut la prife d'une
dans un desf ports de vingr-quatre canons, qui'ef encore
s'eft paffé fur les expéditions Sainr-Domingne, Voilà tour ce qui
Conme je n'aijamais
navales à Sdint - Domingnie
empèché ni le contre-aniral Cambyfe,
S3
fit fortir toute la
fur les côtes; & le fruit de cette corfairesanglais fortie
qui étoient
corverte de vingt-deux à
fut la prife d'une
dans un desf ports de vingr-quatre canons, qui'ef encore
s'eft paffé fur les expéditions Sainr-Domingne, Voilà tour ce qui
Conme je n'aijamais
navales à Sdint - Domingnie
empèché ni le contre-aniral Cambyfe,
S3 --- Page 270 ---
ni le contre - amiral Sercey, de faire des forties, &
conrraire jé les ai autorifés de tout mon pouvoirà qu'au
les côtés &à empécher que le commerce français tht proréger veré
par l'ennemi, je n'ai plus à répondre for le fait des forces
navales de h fanion envoyées à Saint-Domingue par la
France. Seulemenr, je dirai que lorfque nous avons été
abandonnés par toutes les forces de mer deftinées à la défenfe de la colonie, par Tetfet de la coupable fuggeftion
des colons & del la funefte connivence des chefs, nous avons
été forcés de créer nous-mémes une marine; & cette marine
a plus fait de prifes, & cette marine > qui n'éroir compofée
que de perirs batimens depeis douze jafqu'à dix-huit canons,
2 pro:égé d'une inanière beaucoup plus eflicace les côtes
de Sainr-Pomingue que ne l'avoient fair les quarre vaifleaux
de ligne, les lix frégates & les vaiffeaux, dont éroit comla fiotte ou la flation envoyée par ie confeil exécutif.
marine, créée
les
DE
da défection de la par! marine commitfaires de
civils pour fuppléer à
TExar, étoit compofée de la
corverte Las-Cages - 3 portant dix-hait canons 5 d'un bateau
flibufiier, portant quatorze canons 5 du Basiloy
bateau
de dix canons; de deux bricks, lz Libeité & yhnge, Egolité, de
quarorze canons. Les prifes faires par les bâtimens font innombrables ; les tapports qui arrivent en ce moment au
comé de falut public, confatent que les rades de la COlonie font couverres de bâtimens anglais & efpagnols, depuis quatorze jafqu'a dishuit canons. 3 pris par les corfaires
armés, foit par les comiinaires civils, foit depuis que les
commiffires civils ne font plus dans la colonie, mais par
la continuation des moyens qu'ils avoient donnés aux commandans des provinces qui dirigenr aujourd'heiles forces de
la République à Saint-Domingue. Bien loin d'avoir
les forces navales de la République à Saint -
paralyfé
nous avons
Domingue,
au contraire activé, de la manitre la plus forte,
ces mêmes forces, en créant une infinité de corfaires qui
ont ruine le commerce anglais & rendu nulles les efcadres
ennemies qui ont paru dans les mers-de F'Amérique. Dans
la dé.laration qui vous a été lue, & qui n'eft autre chofe
qu'sne déclaration donnée à Paris par le contre-amiral Sercey,
ce Sercey- m'accufe d'avoir empéché le convoi de partir, de
l'avoir rétardé par tous les moyens poflibles. Nous étions
ant une infinité de corfaires qui
ont ruine le commerce anglais & rendu nulles les efcadres
ennemies qui ont paru dans les mers-de F'Amérique. Dans
la dé.laration qui vous a été lue, & qui n'eft autre chofe
qu'sne déclaration donnée à Paris par le contre-amiral Sercey,
ce Sercey- m'accufe d'avoir empéché le convoi de partir, de
l'avoir rétardé par tous les moyens poflibles. Nous étions --- Page 271 ---
aurorifés, par le confeil exécutif, à. retarder le départ du
convoi jufqu'a l'arrivée de la nouvelle ftation qui devoit
protéger les côtes de la colonie; car cen'éroit pas feulement
les convois & tous les bâtimens du commerce franiçais
& faire entrer dans les
de
2MA
nous falloit protéger c'étoit aulli lcs côtes de Saint-Domingue Forts
métropole : mais
de Tenvahiflement, Lesi inftruétions
qu'ili du confeil nousit filloit exécurif préferver difoient d'une manière très précife-que
les forces en ftation à Saint-Domingue feroient compolées 8c
de deux vaiffeaux de ligne, cinq frégates, quatre gabares arrivées,
de plufieurs avifos. Tant que ces forces n'étoient pas
tant qu'elles n'étoiént pas fur les bords de Sainr-Domingue; le convoi
les commiflaires civils étoient autorifés à retenir
dans la rade. Voici la lettre que nous écrivimes à ce fujet
Galbaud, en réponfe à telle qu'il nous avoit
au adreflee, général &
laquelle il nous aveit noufé un arrêté des
cfficiers de la par marine, qui votoient pour le prompt départ
les inftructions du confeil exécutif
de la fote, quoique le convoi feroir partagé en deux
euffent prononcé que
à quatre jours de diftance fune por-.
tions égales, qui partiroient la partie de cette lettre relative
de r'autre. Je ne lirai que
forces navales.
à l'objet actuel, c'eft-à-dire, aux
(I1 lit:) 2
Jacqmelle, le 22 mai 1793.
Au général Galbaud.
un parti défnitif fur. le dé0 < Nous ne pouvons prendre
nette &
du convoi que d'après une réponfe
précile le JuEt le véritable état du vaifleau de la République
piter.
ce vaifleau dans un meilleur état
>> Mais, en la fuppofant nous vous déclarons d'avance qu'il
qu'on nous dépeint,
les mefures adoptées par
nous eft imnpollible d'approuver tenu chez vous.le' I-I de ce mois.
Y'arrèré du confeil qui s'eft
du
féLes inftrudtions fupplétives du confeil exécutif, des 14
vrier: rdernier, ont polé comme bafe fond-mentale 1%. me- la
fures ul:érieures da confeil à Saint-Domingue 5
que
S 4,
qu'on nous dépeint,
les mefures adoptées par
nous eft imnpollible d'approuver tenu chez vous.le' I-I de ce mois.
Y'arrèré du confeil qui s'eft
du
féLes inftrudtions fupplétives du confeil exécutif, des 14
vrier: rdernier, ont polé comme bafe fond-mentale 1%. me- la
fures ul:érieures da confeil à Saint-Domingue 5
que
S 4, --- Page 272 ---
divifion chargée de la proteétion du commerce s à Saint*
Domingue s fera compofée des vaifleaux ler Jupiter l'Americas des frégates l'Astrée, FEmbuicade, ia Proferpine,
T'Engageante 3 la Rélolue 2 la Bellenne; * de la corvette la
Prompte > de l'avifo la Laure, des Hûtes le Marfouin
TExpérimeur, J la Réunion, le Rhône & la Lourde, qui
voient
det
porter deux mille ou deux mille cinq cents hommes 5
33 2°. Que l'Embufcade devoit croifer quelque temps dans
les parages de la Nouvell-Angleterre > & que la
devoit porter des vivres au Sénégal avant de venir Prompte à SaintDomingue,
>> D'après ces données,les forces navales ftationnaires à St.-
Domingue devroient'être de deux vaiffeaux de ligne de 745
k frégates, 5 Hûtes & un avifo, outte Jes bricks l'Acif,
Serein & TExpédition, qui, dans tous les cas, devroient
refter à Saint-Domingue.
> Ce n'eft qu'en fuppofant les forces arrivécs à leur deftination, que lesinftructions fispplétives du confeil exécutif
ont ordonné que le convoi & fon efcorte feroient divifés
en deux parties.
> Lapremière, ,le vailieaulEole, laf frégatela
In corvette la Favorire, l'avifo le Cerf, les Surveillante; la
mande & la Précieufe.
flites Nor35 Ladeuxième; les frégates FInconfante & la Fine, 40
joursaprès le départ de la première divifion, Dans cet étatde
chofes nous' ne devrions laiffer partir aucune des deux divifions du convoi, tant qu'il ne nous reftera pas deux vaiffeaux de ligne de 74, cing frégatcs" , cinq Hûtes, ourre l'avifo
& les bricks déjà désignés.
>> Nous avons bien les deux vaiffeaux, lebrick
mais le départ de la première divifion du &clesavifos; convoi nous
laifferoit avec quatre irégates au-lieu de cing, & ians une
Eeule Aûte.
>> Le départ de la fecondé divifion nous laifferoit avec
deux frégates & fans Aûte>.
Voila les morifs qui ont dirigé les commidaires civils
fur le départ du convoi. Les commiffaires civiis ne peuyent
déjà désignés.
>> Nous avons bien les deux vaiffeaux, lebrick
mais le départ de la première divifion du &clesavifos; convoi nous
laifferoit avec quatre irégates au-lieu de cing, & ians une
Eeule Aûte.
>> Le départ de la fecondé divifion nous laifferoit avec
deux frégates & fans Aûte>.
Voila les morifs qui ont dirigé les commidaires civils
fur le départ du convoi. Les commiffaires civiis ne peuyent --- Page 273 ---
donc pas plus être accufés d'avoir
mer que d'avoir paralyfé celles de paralyfé les forces de
terre.
dans L'article des endroits 3 eft celui-ci: c Ils ont difféminé des
mal-fains & les ont laillé périr 33, troupes
hommes La proclamation du 4 oétobre indique
font les
qui ont difféminé les troupes dans des quels
fains, ou dans despoftes
endroits mal35 ont été
défavanrageux. cc A peine les
>3 bulede débarquées > ditle quatrième
du troupes
cette
paragraphe préam3 à notre iniçu. proclamation, Elles ont été quela réparcition en a éié faite
> feminées fur tous
morcelées de
par pelorons & dif-
>3 efpèce d'atraque les.points, s, manière à empécher toute
> notre proclamation, combinée > & à nécefliter le difpolitif de
> mouvemens miliraires qui bornoirà une fimple défenfe les
civils n'onr eu aucune >. Vous à la voyez que les commiffaires
diverspoltes mal-fains, part
divifion des troupes dans
mal fains dans la province lyavoit, du
en' 'effer, deuxpoltes aflez
& celui du Champ-Cleris; le Nord; c'étoit celui du Limbé
au mois de noyembre
pofte de Cleris a été changé
été pris
le général 1792, Rochambeau, après que le morne Pelé etit
le camp Ser brigands. Ons
Le morne Pelé étoit
pofte de Cleris pour le s'empara du camp, &c on leva le
troupes s'en trouvèrene tranfporter fur le morne Pelé. Les
un endroit plus aéré & beaucoup plus fort, mieux > parce qu'étant dans
lées pariles brigands ,ni déruites elles n' étoient pas harce-,
pofte du Limbe, comme ce quartier par étoit la inortalité, "Quant au
lain, on ne pouvoir faire autre chofe, naturellement malver les plantations de ce quardier'qui fil'on vouloit conferque dé. faire changer fouvent le pofte étoientencore & de le faire intactes,
pctiodiquement par des: troupes
relever
ici notre. affaire. 3 c'étoit laffaire fraiches du, ; mais ce n'étoirpas
commandans de Jan force' armée. Nous gouverneur-pénéral &c
occuper du, placementini du
ne pouvions nous
une opérationeréfervés
dépincement des camps ; c'étoit
au cominandant de la-force Omplemencau armée gouverneur général &c
pas êtte tenus de ce qui eft arrivé : ainfi le nous ne pouvons
desipoflas.
par mauvais placement
d0 Larticle IV eft "celni-ci: cc Ils'
3 fur'-les plaintes quiront été
ont far négligé de faire' - droit
portées
la mauvaife qualité
du
ne pouvions nous
une opérationeréfervés
dépincement des camps ; c'étoit
au cominandant de la-force Omplemencau armée gouverneur général &c
pas êtte tenus de ce qui eft arrivé : ainfi le nous ne pouvons
desipoflas.
par mauvais placement
d0 Larticle IV eft "celni-ci: cc Ils'
3 fur'-les plaintes quiront été
ont far négligé de faire' - droit
portées
la mauvaife qualité --- Page 274 ---
>5 des vivres qu'on diftribuoir dans les
& à
> bitimens de Tétat >.
camps
bord dés
J'obferve d'abord, fur cet article > que les colons n'ont
prouvé
m'eit éré porté des plaintes fur la mauvaife pas
batimens qualité TN vivres qu'on diftribuoit dans les camps & fur les
de l'éta:.
Les colons ont cité un arréré de la commiflion in:ermédiaire du 25 au 30 octobre, oû il eft queftion de vivres
& de boiflons aliérés & fallifiés. La commiflion intermédiaire 2 dans cet arrêté, ne fait aucune menrion des
verbaux 5 elle ne dénonce aucun des auteurs de ces procès- falficarions 5 elle fe réfume fimplement à demander que les
prépofés des vivres, aux magafins de l'état, , foient tous
changés. Cet arrêté de la cominiflion a éte approuvé
Polvercl, Aillaud & moi, & j'ai changé les
vivres
prépofés
S25
qui éioient au magafin de l'étar siy ai fait placcr par
Lapodetique-Thiaul. alors contréleur de la marine 2 un
prépoté qui contréloit tout ce qui entroit & fortoit des
mogafis de T'é:ar. J'ai donc rempli, à cet égard, mon devoir de farveillance; car on n'avoir pas le droit d'exiger de
moi queg'allaffe dans les magalins de IErat pour vérifier les
boilonsee les comeliblesrotsles jours. D ailieurs les accufa-
-tions de pré endue falification, d'altération de vivres & de
comeftibles, n'onr jamais été dans lesmains des factieux qu'un
moyen nule d'attaquer le gouver. ement; c'efl une calomnie bandont on s'eft fervi dans tous les temps pour
Jes adminiftrations. Toutcs les fois qu'on eft venu attaquer à SaintDomingue me faire de femblables dénonciations, j'ai dir à
ceux gui les faifcient : Apportez une bouteille de la boillon
que vous prétendéz altérée, apportez-la cachetée, telle
vous a été donnée > après avoir fair conftater l'identité qu'elle
le commandant du camp ec le prépofe des vivres; je la ferai par
analyfer par un chimife; & fi elle eft fallifiée, les auteurs
& fauteurs de l'altération feront livrés à la juftice.
Jamais il n'y aeu de procès- verbal qui air conftaté, non
pas le poifon, > mais même la plus légère altération; ce n'eft
à qu'une des calomnies ordinaires des colons contre tous
ceux qui leur déplaifent; car remarquez bien qu'en de-
pofe des vivres; je la ferai par
analyfer par un chimife; & fi elle eft fallifiée, les auteurs
& fauteurs de l'altération feront livrés à la juftice.
Jamais il n'y aeu de procès- verbal qui air conftaté, non
pas le poifon, > mais même la plus légère altération; ce n'eft
à qu'une des calomnies ordinaires des colons contre tous
ceux qui leur déplaifent; car remarquez bien qu'en de- --- Page 275 ---
mandant l'arrété qui ordounoit Je
tion, de tous les
changement, fans difincnager les moyens prépoiés de placer aux fes vivres, on vorloit fe méd:s vivress alin de rendre ces mêmes créatures dans les. magalins
reurs des profits licites ou illicites qu'il créaiures les percepSur diverfes
pouvoit y avoir.
àla vétité, plaintes qui me furent porrées,
> faitcs par le commandant du plaintes vagies
que les vivres qui étoient difribués à fes pclle du Limbe,
mauvaife qualiré; aprèslui avoir fait
troupes étoicn: de
obfervations dent je vous ai parlé verbalement les mémes
venoir fe plaindre d'akération de teur-à-Theure, lorfqu'on
reétetr- général des finances pour boillons, lui
j'écrivis au diles vivres qu'on
ordenner de foigner
Ja lettre
envoyci au Limbé; jécrivis le
eit dans : le regiflre .que. Jes
8 oclabre:
nins. Le 14 cétobre, noevalle invitation colcns ont cntre les
neur-général, de prendre des mefurcs
faite au gouvermie. gui dévore le détachement de la pour Loire arrêter Tépidécampé au Limbé; nême lettre à
-Inférieure,
17 cétobre de la même année : attre Tandonsteurgengnal, invitatien à
le
Pouget,
envoyés au
qualité des vivres
EATFN
mortalite qui Limbé, régnoit parce dans le qu'cn aturibucit à ces vivres da
avis, n'étoit que l'cffer de camp, mortalité qui, à mon
dans ce pofte. le 25 octobre Tinempéric de la même de l'air qui régnoit
Jettre à d'Hmifdal, commandant de la année, nouvelle
gouverneur géneral par intcrim après la province du Nord,
parbes; invitation à d'Hinifdal de
defitusion de Deflées à ce fujet à Defparbis, fur techercher le
les lettres adreftroupcs du Limbé, & de faire ceffer lcs malheureux état des
Vous voyez, ciroyens, > que, dans tous plainres à cet égard.
les époques & toutes les fois que le commiflaire les temps, à toutes
civil a eu
RRCMETSSCREESE des vivres, il s'eft empreffé concernan la mauvaife qualité
tration des vivres, le devoir d'exercer, de
à l'égard de T'adminifconfié, La commiflion civ.le n'avcit forveillance ni la
qui lui étoit
manutention des vivres; la commiflion civile manipultion ni la
requérir Tadnuiniltatien, ou loi donner des ne pouvoir que
pouvoit que la deftiruer & envoyer en
ordres; elle ne
sils étoient
France fes prépofés,
coupables ou d'avoir toléré ces alrérations ou
'exercer, de
à l'égard de T'adminifconfié, La commiflion civ.le n'avcit forveillance ni la
qui lui étoit
manutention des vivres; la commiflion civile manipultion ni la
requérir Tadnuiniltatien, ou loi donner des ne pouvoir que
pouvoit que la deftiruer & envoyer en
ordres; elle ne
sils étoient
France fes prépofés,
coupables ou d'avoir toléré ces alrérations ou --- Page 276 ---
de les avoir commifes. Certes, je ne pouvois pas accufer
Pouget & l'envoyer en France, fous présexte d'altération de
comeltibles, puilque ces al:érations n'ont jamais été prouvées
& qu'elies ne fon: que des indications très-vagues, des combinaifons de ia faétion de Sain-Marc, qui vouloir terrafler
tous les agens du gouvernement français. J'ai une' preuve
plus direéte à donner ici que Pouget étoit bien lcin de youloir
altérer les vivres, que Pouget furveilloit au contraire de tous
fes moyens la manipulation des comeftibles qui étoient diftribvés aux troupes; ; car lorique la commiflion intermédiaire
me dénonça les fonstionnaires publics infcrits fur la lifte de
la commune du Cap, elle excepta formellement de la profcription qu'elle demandoit contre tous les fonctionnaires
publics > Pouger. qu'il falloit au contraire, difoit l'arrêté >
Jost.nir & encourager daus fis fonêtions. C'eft ainfi que Sexprimoi: la committion intermédiaire le 18 novembre; elle
étoit bien loin de reprocher à Pouget des crimes aufli odieux
que l'aitération des viyres, que l'empoifonnement annoncé
parles colons. Certes, fj'avois ici à jeter des foupçons de
probabilité fur les empoifonnemens de Saint-Domingue, je
crois que je pourrois les déverfer fur ceux? qui ont votlu
répandre les maximes de Fempcifonnement; fur ceux
dans des notes remifes au comiré de falut public, ont. Pt
qu'il falloit empoifonner ou afafliner les chefs des noirs &t
des hommes de couleur: voilà les hommes fur lefquels le
foupçon d'emmponfennement doit natutellenent fe porter, , fi
une accufation aufli grave pouvoir fe porter fur de finples
foupçons. Citoyens, les foldats envoyés dans les colonies
étcieht trop nttachés aux principes francais, c'étoit avec
répugnance qu'tis fuifoient la guerre des'efclaves, c'étoitavec
dégost qu'ils combattoient les noirs réclamant leur liberté,
ou du moins qui avoient le droit de la Préclamer; 5 & fi quelqu'un avoit veulu empolfonner ces foldats pour les punir
de Ces fentimens plilanshropuntes, ce font ceuix qui avoient
intérêt à détruire les philanthtropes, les foldats qui vouloient
voir érablir à Saint-Demingue les picipes'de liberté &
d'ézalire établis C11 France 2, ceux fur-:our' qui onr ofé
poler d'envoyer dans la colonie des emporeinebrs & M
allàffins pour commifaires du direétoire qu'ils vouloient
former. Voilà ceigueJavois-à dire furlaccutttion del'em-
ient
intérêt à détruire les philanthtropes, les foldats qui vouloient
voir érablir à Saint-Demingue les picipes'de liberté &
d'ézalire établis C11 France 2, ceux fur-:our' qui onr ofé
poler d'envoyer dans la colonie des emporeinebrs & M
allàffins pour commifaires du direétoire qu'ils vouloient
former. Voilà ceigueJavois-à dire furlaccutttion del'em- --- Page 277 ---
poifonnement, fans entendre cependant former
aucune accufation.
moi-même
dans Quant la difcullion au cinquième article,je ne le lirai pas; ilentre
que je viens de faire.
Larticle 6 eft celui-ci: cc Ils onr
>, dans Taduiniftrasion des
négligé-de rétablir l'ordre
>, nombreules qui leur ont hôpitaux, été faites>, malgré Il eft lési réclamations
m'a éré fais des réclamarions très nombreufes tres-vrai qu'il
tration des hépitaux. Ceite adminiftration des fur T'adm.nifvicieufe, patce qu'elle étoit "donnée à
hépitaux étoit
c'étoit livrer direckement &
T'entteptile, & que
lades à l'avarice & à la cupidiré rres-directement la vie des mateurs. La commiflion civile a fait tout reconnues ce des adminitraa rempli fon devoir en ordennant
qu'elle devoit; eile.
hépiraux fera mife en régie, & en
ludminifliration les
des
mis en
ier
régie par Tadminiftration, far los hépitaux ont été
donnés à cet égard au direcheur.général des ordres qui Ont été
Les Pères' de la
quidetleevoient finances Pouger,
du Cap, étoient Chatiré, accufés
le grand hôpital
peu les foiguer. La fociéré de-malirairer jacobire les malades & de trèsPères de la Charité, fans articuler demanda T'expulion des
des faits qu'ils poloient. J'ai embarqué aucune & preuve à Tappui
France tous les Peres de Phopiral,
déporté pour
la tête de Tadminiftration de Thopital, excepté celui qui fut à
nicipalité du Cap comme le feul d'entr'eux reconna par la mucompter. Cet homine eft' refté à la tête de'l fur quifon pir
malades de Thôpiral, qui lai a été contiée à ritre Tadininneration de
s'en font beaucoup mieux trouvés; la régia, & les
dans le procès-verbal de la féance de la
preuve en eft
imédiaire, du 4 novembre 1792.
commiflion intercc On annonce une
des
3, nationale, , elle eft introduire. députation
amis de la Convention
>> rend compte de la fituation de L'orateur de la députarion
32 aux foins de ceux
les T'hôpital; il rend juftice
a> taux étoient confiées. auxquels >>
adminifirgcions des hôpihopitraux, Vous voyez.quie, de l'avei des dénonciazeurs des abus
fadminiftration des
des
àla fatisticionides membres de hôpiraux la fociéré éroit tres bien récie,
qui rend juftice à ceux qui ont le foin del populaire du Cap,
fadmninilastion.
32 aux foins de ceux
les T'hôpital; il rend juftice
a> taux étoient confiées. auxquels >>
adminifirgcions des hôpihopitraux, Vous voyez.quie, de l'avei des dénonciazeurs des abus
fadminiftration des
des
àla fatisticionides membres de hôpiraux la fociéré éroit tres bien récie,
qui rend juftice à ceux qui ont le foin del populaire du Cap,
fadmninilastion. --- Page 278 ---
Ferneail: La pièce que Sonthonax a lue eft une note écrite
par lu ; je demande qu'il mette fur le bureau
dont
elle eft tiréc.
T'original
Sonthonax: Du Moniteut de Saint-Domingue, du lundi
S novembre 1791. En communiquant cette pitce au citoyen
Verneuil, je rem.rque que la note inférée au Moniteur eft
parfaitement conforme à celle que j'ai lue auparavant.
Vous voyez que, de l'aveu des dénonciateurs eax-mémes,
ceux qui étoicn: chargés de l'adminiftration des hôpitaux s'en
acquitroient du
avec beaucoup de foin, & que,"par les foins
chef, clle s'étoit beancoup améliorée.
Verneuil: Sonthonax n'a lu qu'une partie de la
il a tu le refte qui contrarie la premicre phrafe. note, &
Sonthonax : Alors il faut le lire.
(Verneuil le lit. )
Exirait d: lafance de la commiffion intermédiaire, du 4
novembre 1792.
ee Ona annonce une dépuration de la fociété des amis dela
Convention nationale, elle eft iniroduite. forateur de la
dépuracion rend compte de la fituarion des hopiraux; il rend
juitice à ceux auxquels le foin des malades eft confié; mais
confiderant que les lieux oi font fituées les maifons de
fanté font dans le cas de tromper, par leursdlifpofitions,la
vigilance la plus active pour Imroduchion de quclques COmel.bles nnifiblesà la fanté des malades, & qu'ils font
refferrés pour leur procurer un air falubre; en conféquence trop
il demande que la connifion veuille bicn orJonner le déguerpiflemenr des dames religieufes, pour faire de leur maifon uul. hopital pattiotique."
Sonthon: R : Dans tout ce que vient de lire Verneuil, rien
ne détruit ce que j'ai avancé; c'eft-à-dire, que les adminittrateurs qui avoient placé les deflervans avoient produit un
ordre de chotes beancouy meilleur. JI eft dit fimplement dans
ce que Vernenil a lu, que la fociéré populire fe plaint de
CP qne les malades fent refferrés dans les hépiraux, qu'il
faudroit en créer un Four les convalefcens, & fur-tout éviscr
neuil, rien
ne détruit ce que j'ai avancé; c'eft-à-dire, que les adminittrateurs qui avoient placé les deflervans avoient produit un
ordre de chotes beancouy meilleur. JI eft dit fimplement dans
ce que Vernenil a lu, que la fociéré populire fe plaint de
CP qne les malades fent refferrés dans les hépiraux, qu'il
faudroit en créer un Four les convalefcens, & fur-tout éviscr --- Page 279 ---
qu'il s'y introduisit des perfonnes 275
tibles dangereux pour les malides; qui les vendiffent des comef.
étoient les fruits du pays, qui étoient fans comeftibles dangereux
Res revendeurs & les revendeufes; fruits celle apporrés par
convalelcens & leur donnoient des
qui ten oient les
krêmement funeftes dans ce pays-là. indigeftions qui font exFaur donncr, & que fans doute C'etfinterprentien qu'il
à l'obfervation de la fociété Vernenil ne délavouera
laiffer introduire dans les
populise, fur le danger P
vendre des vivres
hôpiraux des gens qui
dengereux
les
viennenry
T'obferve, fir ia nécefliré
créer convaleicens.
un
TRUI
convalefcens, l
par lès foins de,
hôpital
les
y: a eu au S plufieurs
Pouger qu' on a Eott
fecours au grand hopieal des hôpiraux Peres. créés: pour fervir de
La maifon Artaud, & certes les colons
fait, a érérransformés en un hôpiral de ne nieront pas le
feurs maifons du Cap ont été (galemen: convalefcens;
piraux de convelefcens; cela a
transformées en Rec
hôpital, &
eut beaucoup moins benucoup de déchargé le grahd
y a eu dans A colonie des mortalités malades. Si enfuire il
monde fait quel eft l'effet de la
confidérsbles, tout le
climar : les Européensqui paffent dans malheureufe les
intuence da
fonnés avec une rapidiré
colonies font moif
cela eft prouvé par
effrayante de par l'iptempérie du ciel;
rapport unanime des lexpérience voyageurs. Une tous les temps, par le
arrive dans une des Anrilles, eft
armée françaife qui
par tiers, par le fimple effet ordinairement moiffonnée
année. L'hiftorien des daux Indes, du.climat, l'abbé au bou: d'ane
d'une manière tres-précile dans le
Raynal, le dit
climat des Anrilles. Ce n'eft
chapitre o4 il parle du
cet égard le témoignaga des pas tout: fans aller chercher à
vrages des colons cux-mémcs, voyageurs, j'invoquerai les 0:-
trouve dans L11 ouvrage de
qu'iis nesrécuferont pos.Je
coloxies, à la fixième note; Page il le > inritulé Repixions fier les
laiffer la défenfe de la colonie plaint de ce qu'au leu de
colons eux mêmes, On affelte aux naturels dg: pays &caux
dansla colonie. - . : Voici ce d'envoyer des (hinsrancais
pare 9 de l'ouvrage donr je quil.dirdanslat lirieme nore,
> foins que les citoyens de viens de parler: Malyré las
* dats frangais, les deux Ssilne-Demingue ters ont
ont pris des folpéri. des influences dir
la colonie plaint de ce qu'au leu de
colons eux mêmes, On affelte aux naturels dg: pays &caux
dansla colonie. - . : Voici ce d'envoyer des (hinsrancais
pare 9 de l'ouvrage donr je quil.dirdanslat lirieme nore,
> foins que les citoyens de viens de parler: Malyré las
* dats frangais, les deux Ssilne-Demingue ters ont
ont pris des folpéri. des influences dir --- Page 280 ---
7> climat. >> Notez qu'à l'époque ot Page berivoit, c'étoit
au mois de février 1793, fix mois après l'arrivée des foldats
français, & à cette époque il avoue que les deux tiers des
foldars ont péri par l'influence du climat, & Verneuil étoit
à Paris depuis long-temps; il avoit pu porter à Page le réfular de ies obfervatiens fur l'empoitonnement prétendu
qu'on avance aujourd'bui.
Brulley : Le titre de l'ouvrage.
Sonthonax : Le titre eft celui - ci: RÉFLEXIONS SUR LES
COLONIES, commençant par les mots, wToute autorité qui
9) ne bafe pas fes opérations 39, & finiffant par ceux-ci,
cc Le jour que les patriotes pourroient jerer fur leur conduite.
s3 Signé, PAGE, commiffaire de Saint-Domingue.
>> De l'imprimerie de Potier de Lille, rue Favart, n°.5.u
Je centinue le texte.
CC Qu'ils font préfompiueux, > ceux qui combinent des plans
d'attaque & de défenfe pour un pays dont ils n'ont pas les
premicrs élémens ! ils font de ces contrées un vafte cimetière, plurér que de laiffer aux colons le foin de fegouverner
& de fe défendre eux-mémes. >>
Ceftainf, dis-je, que Page parloit au mois de février. Il
difoir que les deux tiers des foldats européens envoyés à
Saint-Domingue > avoient été moiffonnés par l'influence du
climat. Les colons n'avoient fans doute point befoin alors
de l'accufation de pcifon 2 pour faire réullir Jeur plan d'indépendance; car il s'agit ici de fe gouverner foi-mème, on
ne parloit pasalors du poifon. Les coions convenoient
la
perie des troupes provencit de l'infuence du climar; dent
raifon qui a dérerminé les commilfaires civils à créer das
lefcin même de la colonic, des défenfeurs àla colonie, à créer
descompagnies franchespour (ubltisueràla forced'Europe qui
dépérifloit tous les jours. Il ett donc ridicule d'accufer P'adminiftration de Saint-Domingue d'avoir empoifonné les vivres.
des troupes, fur-tout lorfqu'on ne produit aucune efpèce de
preuve à Tappui d'un fait aufli grave. Je nai donc point,
comme Cn la dit, toléré de pareilles horreurs, puifque je
n'cn
à créer
descompagnies franchespour (ubltisueràla forced'Europe qui
dépérifloit tous les jours. Il ett donc ridicule d'accufer P'adminiftration de Saint-Domingue d'avoir empoifonné les vivres.
des troupes, fur-tout lorfqu'on ne produit aucune efpèce de
preuve à Tappui d'un fait aufli grave. Je nai donc point,
comme Cn la dit, toléré de pareilles horreurs, puifque je
n'cn --- Page 281 ---
277.
n'en de ai jamzis eu connoilfance; jamais on ne.men V 204 2015 a
preuves.
donné
>> à Je Thabillement patle au feptième article. C Ho ont négligé de
Sc au paiement des troupes," pourvoir #
le Pour qu'on. puiffe nous accufer valablement d'avoif
paiement de la folde. des treupes, il faudtoit
arrêté
publiquc cit mis à notre difpofition dos fonds que la R6
pour Thabillement & le paiement
confidérables
Iait au contraire que les comités destroupes, de
Toutle nonde
parfaitemen: oublié la colonie
gouvérnement ont
les - troupes qui
étoient
de Suint - Domingue &
elles ont quitté 2 rivage de envoyées France depuis le moment ou
arrivé pendant teut le temps de notre jufqu'a préfent, lin'ct
Puis le 17 feptembie 1792 juiqu'au mois admininiftration, de janvier deRem S6c,c00 liv. tournois à peu près, & cette fomme 1793,
éloignée de pouvoir fournir à la folde
éroit
fomme on étoit obligé de T'employer à l'achar des trouges, de Cette
fraiches, à payer tout ce qui étoit néceffaire
viandes
pitaur; & l'on étoit bien loin de faire face à
les hotroupes. A la vériré, la
folde
TOT
fubvension a
dés
pour faire fice à la folde des troupes; produit mais quelqu'argehe
ception de la fabvention étoit bornée à la comme la
ablolument dévallée; comme les
partie du oaa
vince - du Nord étoient au cordon quartiers de
inradls de laproécouler leurs denrées par le' port des l'Oneft & faifoient
elle ne fe percevoir pas dans TOueft, elle Gonaives: comne
ment extrémement foible pour le tréfor de étoir un' allégeles commiffaires n'ont pas négligé de
l'Erat. Cependant
la follicitude de la commitlion inrermédiaire.. ftimuler à cet égard
juger par la lettre que. j'ai écrite à cette
Vous allez en
folde des troupes. Je terminerai ma difcuflion commifion, fur la
par là.
(II lie la lettre. )
3 Le commillaire civil de la Républigue
membres de la commilfton. intermédiaire. françaife, aux citqyens
"Au: Cap-Frangais," de la République le-19 février 1793, 2 l'an premier
françaife.
>> Votre préfident m'aremis hier votre
Tome VI. Cinguante-nauvième
arrêté du-rs de ce
livraifon,
T
commifion, fur la
par là.
(II lie la lettre. )
3 Le commillaire civil de la Républigue
membres de la commilfton. intermédiaire. françaife, aux citqyens
"Au: Cap-Frangais," de la République le-19 février 1793, 2 l'an premier
françaife.
>> Votre préfident m'aremis hier votre
Tome VI. Cinguante-nauvième
arrêté du-rs de ce
livraifon,
T --- Page 282 ---
2;8
mois fur les verfemcns & les rembourfemens de la caiffe de
T'extraordinaire.
>Je ne peux que louer, citoyens', les
ont dirigés; 5 ils démentrent votre follicinde, principes qui vots'
ment pour lcs in:érèts des adminifirés
votre attacheconftances font telles, que ces principes Cependant (aivis
les CIftroient le falut dela province du Nord, > en
comprometde leur folde, en rendant impotlible l'action privant du les troupes
nement,
gouver32 Il ne
pas être dans votre intention que les
des trotpes EeaE ligne, lcs voloniaires nacionaux en adtivité foldars de
fervice, que les hôpirauxe qui les reçcivent bleffes ou
manquent des choles les plus néceifires. Vous ne malades,
pas fans doute" que, déchirés par lesbefoins lcs fouttrirez
vos braves défenfeurs, fuccombenr fans fecours
urgens 3
des fatigues &
le
Rats
des maladics qui les
/
poids
>> La France vousa prodigue les reffources tuent. de fcn
elle a droit aux premiers moyens de
crédit,
droir fur-tout à ce gu'ils foient appliqués rembourfements à
elie a
de ceux qui, fans intérêt à Saintgarantir la vie
fentiment
celui du plus vif enthoufiafme Doningue, fans.aurte
de la rectatisr font venus Jui confacrer leur pour le faler
3> 30,000 gourdes font arrivées il y a huit exiftence.
font affcctées à la Province du Nord; 6,005 feulement jours;
deftinécs pour celles de I'Oueft &
SEE
duSud. Vous avcz
un fecouts de 148,530 liv.,qui; avec les
ajouié
eft infuffifant pour remplir le. tableau de 24,000 répartition gourdes,
Tordeumatent-genéral vousa fourni, & en
que
affoctée à mes appointemens échus auxquels difrayantla je rènonce fomme abfolument julqu'afarrivée des fonds de France,
>Jevous invite, citoyens, à prendre en
dération le fujet de ma dépèche; c'eft la caufe très-grande des confides matelots, que je plaide; c'cft celle de ceux qui, foldats,
fublifter, n'ont d'autres reffourees que leurs modiques pour
pointeniens; celle enfin des malheureufes vidimes de
fluence du climat &
HA
de leur dévouement abfolu au
des Français de Saint-Domingue.
fervice
33 Signé,
A Pour copie conforme à l'original. SONTHONAX,
n Signi, MViLER, fecréiaire du commiflaire civil.-
ande des confides matelots, que je plaide; c'cft celle de ceux qui, foldats,
fublifter, n'ont d'autres reffourees que leurs modiques pour
pointeniens; celle enfin des malheureufes vidimes de
fluence du climat &
HA
de leur dévouement abfolu au
des Français de Saint-Domingue.
fervice
33 Signé,
A Pour copie conforme à l'original. SONTHONAX,
n Signi, MViLER, fecréiaire du commiflaire civil.- --- Page 283 ---
D'après la lettre que je viens de Iire, peut-on raifonnaplementm'accufer d'avoir employé touslesmoyens qui étoient
fn mon pouvoir pour détruire les troupes; d'ailleurs c'eft.
le. foldat quil faut inrerroger; il garde le filence : le foldat
Français garde le filence fur le défaut de folde: le foldat n'eft
pas payé à Saint-Domingue; mais il fait bien que ce n'eft
pas la faute de la République qui ne peur pas envoyer des
fonds; il fait que c'eft par le défaur abfolu de fonds
h'eft pas payé. Il étoit réfervé aux colons de vouloir
éfulrer
and
une accufarion contre les commiffaires civils, du
Héfaur de folde, caufé feulement par l'embarras du gouverhement français.
La féance eft ajournée au quintidi.
Lc regifre des préfences effigney1.Ph. GARRAN, préfdens;
FOUCHE ( de Nanes), -
Jecrétaire ; RABAVD, MERLINO,
DABRAY, MOrLEVAUT.
T 2 --- Page 284 ---
Du 15 Prairial, l'an troiftème de la République frangaife
une 6 indivifible.
O. fait ledture des débats recueillis dans la féance du 135
la rédaction.. en eft adoptée.
Les citoyens Page 3 Senac, ainfique Larchevelque-Thibaud, font toujours abiens.
Vernesil: Sonthonax a dit, dans fa défenfe relative au
quatrième chef d'accufation, que ce qui l'avoit empêché
d'ordonner, 2 auflitôt l'arrivée des troupes, une attaque
générale, c'eft qu'elles avoient befoin de fe rafraichir 8c
de fe repofer.
Lorfque les troupes arrivèrent avec Sonthonax, le 17
feptembre 1792, avant de defcendre à terre 3 Defparbis
reçut de Sonthonax & Polverel l'ordre impératif de ne rien
commander aux troupes fans leur autorifation; & les dragons d'Orléans, qui dans tous les temps ont été les licteurs de Sonthonax, furent les feuls qui eurent la liberté
de defcendre au Cap. Leur nombre étoit de 200. Les autres troupes furent envayées, fans aucun rafinichiffement
& fans qu'ii leur far donné une feule heure de repos 2
dans les différens camps, ot ilny, avoit aucun abri poer
les mettte à couvert, &od ils ne trouvérent pour tout rafraiehillemcnt que des vivres empoifonnés.
Les réclamarions des différens corps, dont je vous ai
donné lecture dans la féance précédenre, détruifent de fond
en comble tout ce que Sonthonax a dit à cet égard pour
fa défenle.
iffement
& fans qu'ii leur far donné une feule heure de repos 2
dans les différens camps, ot ilny, avoit aucun abri poer
les mettte à couvert, &od ils ne trouvérent pour tout rafraiehillemcnt que des vivres empoifonnés.
Les réclamarions des différens corps, dont je vous ai
donné lecture dans la féance précédenre, détruifent de fond
en comble tout ce que Sonthonax a dit à cet égard pour
fa défenle. --- Page 285 ---
28r
bué Sonthonax les
a dit, 'en ourre, que Defparbes avoit diftrifurent faires troupes fans avoir égard aux
les commillaires civils. réquifitions qui lui
nax ole-t-il SRS
Comment Sonthoftiens, , puifque Hir's Sonthonax Delparbes fe foir refufé à fes réquitoient annoncés comme
ainfi que fon colligne, s'éleur arrivée, &
dictateurs, immédintement
Certes,
qu'ils en ont toujours exercé
après
marcher fDelparbes eut teçu d'eux l'ordre
l'aurorité?
les troupes,, & qu'il
impératif de faire
élevé qu'un feul cri contre, lui dans s'ytàr la refufé, il ne fe fàr
que Delparbes, voulu marcher, c'eft colonie. La.
mêie la reconnoillance du
qu'il a été faire RCET
prendre des renfeignemens camp à
Cleris, & qu'il a envoyé
artaque générale fûr annoncée Tartilleries & quoique cette
emphale, il ne s'eft précifément depuis trouvé long-temps avec
rien de ce qui étoit nécellaire à
dans les arfenaux
y faifoit bien des gargoulles, des une attaque générale. On
étoit nécellaire pour combattre les cartouches & tout ce qui
niions, au lieu de nous fervir à. faire brigands; mais les muvoltés dans'le devoir, leur étoient
rentrer les noirs réque Sonthonax n'ignore pas, & je envoyées. le défie de Voici le un fait
Depuis long-temps on nous difoit : Si
démentir.
une attaque générale, c'elt que nous
l'on ne fait poinc
dre des ren/cignemens fur les
avons béfoin de prehmandé les habirans les plus localirés, inftruits 3 c'eRque nous avons
connoiffances les plus intimes.
pour tenir d'eux les
verel arrivèrent, il y avoit 6 mois Lorique Sonthonax & Poltenoit celangage. 5 & certes ilavoit que Blanchelande nous
des renlcignemens plus que fuffifans dliprendredeptis ce temps
pagre. Lavaux nous tint aufli ce
pour entrer en camla fociéré des Amis de la Convencion. langage. Il invita., dans
chez lui pour leur denner des
, les citoyens à venir
Rits depuis Jix mois nous étions renfeignemeus; leurrés de je lui répondis
générale, & quon la reculoit
T'efpérance d'une
chef avoir befoin de faire des
fous prétexte que le
litaire, dans un pays comme recennoilasices. Un chef miplus en 24 heures fur les lieux Saint-Domingue, que dansi 5 ou' 6 en apprend
médiration inurile. Ce fut' là une des caules
inois d'une
Sonthonax- m'a déporté, ainli
pour lelquelles
que pour lui avoir porté
A T3
, & quon la reculoit
T'efpérance d'une
chef avoir befoin de faire des
fous prétexte que le
litaire, dans un pays comme recennoilasices. Un chef miplus en 24 heures fur les lieux Saint-Domingue, que dansi 5 ou' 6 en apprend
médiration inurile. Ce fut' là une des caules
inois d'une
Sonthonax- m'a déporté, ainli
pour lelquelles
que pour lui avoir porté
A T3 --- Page 286 ---
( 282
des preuves du poifon qui m'avoit été remis par la meftranfe de la flite la Normande.
Il a dit qu'à peine Rochambeau avoit-il Pris les rênes du
gouvernement, gu'il fit toutes les ditpofitions néceflaires
pour faire une fortie générale, Tont le monde crioit
contre l'inaétivité des chelss tout le monde favoit
tolle
dépendoit que des commilifaires-civils de faire qu'il ne
toutes les forces, & ce n'étoit qu'a eux que nous mouvoir devions
l'inadtion dans laquelle nous étions
fi
Ces cris répérés déterminerent
depuis long-remps.
ner l'ordre à Rochambeau de fe cependant Sonthonax à donCe pofte fut enlevé par dix fois plus porier de fur forces Onanaminthe. n'en
falloit pour difperfer quelques brigands placés qu'il fur ce miférable pofte que Sonthonax a inutilement appelé une
forte, &c qui n'étoirqu'une miférable bourgade. fans place
fans palillades. Onanaminthe fur
foflés,
l'armée de Rochambeau, mais
enlevé, non point par
& par fes
par Rochambeau lui-mème,
d'un
aides-de-camp. L'armée en étoit éloignée de
grand quart de lieue. Sitôt que Rochambeau ent
cette
au
M
de expédition, lieu de pourfuivre fa victoire > au lieu
pourfuivre les nègres qui avoient reçu une
confidérable & qui pouvoienr être maitrifés
épouvante
armée divifée en deux
dont l'une par une forte
mandée
colonnes.,
étoit comil
par Rochambeau lui-mème, & l'autre
revint au Cap. Avant de partir, il nous avoit par Lavaux,
Dary : Il nous avoit juré. -
promis
Verneuil : Qu'autlitôr fon retour il feroit une
générale.
attaque
Sorithonax a dit dans la dernière féance que ce
l'a
empêché de la faire, étoit une maladie grave dont qui il
atteint: eh bien! cette maladie grave étoit le fruit du liber- fut
tinage. .
Le préfident : II ne peut pas être queftion de cela.
Duy: C'eft qu'ils fe conduifoient tous ainfi.
Le préfident : A l'ordre.
Verneuil : J'en vais tirer une conféquence frappante : c'eft que dans tous les temps , tout
rout officier qui étoit retenu pour une telle caufe générel,
fon lit ou à Thôpital I , & ne pouvoit monter à
dans
Grois challé de fon corps & déshionoré, Et un chef Taflant, tel
que
pas être queftion de cela.
Duy: C'eft qu'ils fe conduifoient tous ainfi.
Le préfident : A l'ordre.
Verneuil : J'en vais tirer une conféquence frappante : c'eft que dans tous les temps , tout
rout officier qui étoit retenu pour une telle caufe générel,
fon lit ou à Thôpital I , & ne pouvoit monter à
dans
Grois challé de fon corps & déshionoré, Et un chef Taflant, tel
que --- Page 287 ---
18;
n'a Fochambeau qui avoit entre les mains le fort de la
caufe pas craint de s'expoler à un pareil hafard! colonie, c'eft la
Sonchonax pour laguelle di: la fortie générale n'a point eu lieu.
vaux fit daus la que province > lorique du Rochambeau Nord
fut parii, Lale fuccès innginable 5 iais cette fortie, une dans forte la quieut tout
Nord, ne fe fit qu'au mois de janvier
province du
4 mois que Sonthonax étoit arrivé dans 1793; la ily avoit déja
avez vu, ciroyens, l'impatience des
colonie. Vous.
impatience qui fut manifeftée par troupes de nombreufcs pour combattres
9." toutes n'ont produitaucun eileti&, à
adreffes, du
janvier, il' Y avoit déja plus d'un tiers l'époque des
mois
n'exiltoit rbyés par la méré patrie au fecours de'. la colonie foldais enl'on
plus; les hôpiaux en étoient
5 qui
avoit
remplis : & certes li
deur dés marché, 2 fi l'on avoit profité. de la première are'etit été Ta pour de fe heures. porter dans la plaine du Nord,
bat de Sonthonax qui 24 vouloit, ainii Mais ce ne fut pas là le
la race blanche, & ils y font
que Polverel, détruire
polibles, fciten provoquant par parvenus des lenteurs par tous les moyens
climat, foi en failant diriger
Tintempérie du
qui y wonnoient des vivres leshopitaus par des malveillans
voyant dans les camps. empoifcnnés, cu bien enfles enSonthonax a dit qu'il n'y avoit point de
poifon : avânt fon arrivée, le poifon a été conftaré preuves aufli du
aurhentiquement nalvfe en a été
eft peflible de conftater un fait.
en préfence de tous les
L'apréknce Le
des cfliciers municipaux & des chefs citoyens, des
en
çonnes procès-verbal d'en êre les en a 6ié dreffé; ceux qui ont été
de
fautéurs ont été pourluivis, & le
Tadmingration a trouvé le
E
Févafion, au glaive de la juflicc. moyen Lorique de les fouftraire, par
arrivé, cette inanceuvre fe continua, & vous Scnthonax fue
preave que : .
avez eu la
Sonthonas Le prefdent : Citoyen Sonthonar, avez-vous à
réfire
:Je n'ai ricn i répondre à tout répondre ?
la decnière fimplement à Ce que fai dit pour ma défenfe cela; je me
féance: rien de rout ce
dans
ce que j'ai avancé,
qu'il a dit ne détruie
T 4
Lorique de les fouftraire, par
arrivé, cette inanceuvre fe continua, & vous Scnthonax fue
preave que : .
avez eu la
Sonthonas Le prefdent : Citoyen Sonthonar, avez-vous à
réfire
:Je n'ai ricn i répondre à tout répondre ?
la decnière fimplement à Ce que fai dit pour ma défenfe cela; je me
féance: rien de rout ce
dans
ce que j'ai avancé,
qu'il a dit ne détruie
T 4 --- Page 288 ---
Fernewil:Ticn de ce que vouS avez dit n'a decruic les.
Precves que fai fournies.
Sonthonax: Jedemande fculement que Verneuil foit tenu
de dépofer fur le bureau les preuves qu'il a annoncées,
& pardiculièremenr les procès-verbaux qui ne feront
écrirs & lignés de la main de Fondeviolle.
pas
Verneuil: L'arrèlé de la commillion intermédiaire,
a été déposé fur le bureau & qui eft inséré aux débats, qui
eft tne pibeesuthenciquey clle fait menticn desprocès vérbaux >
qui ont bte faits & despourfuites quionr été fritcs également;
& je n'ai pas d'autres pièces à préfenter en ce moment >
quoique nous en ayons d'autres. Les procès verbaux de la
municipaliré.
Sonthonux: Les procès vorbaux, de l'aven de Verneuil,
our été iairs long-temps avanr mon arrivée ; je n'enai
eur coonoitance: voilà pourquoi je terois bien aife qu'on pas les
mit fous lés yeux dè Ja commifion.
Perneail : je ne demande pas mieux G la commiflion
l'exige..
Lepr.fident : Nous n'avons pas à tracer l'ordre de votre
Rccufacion; c'eft à vous, quand Vous. avancez des faits, > à
ks prouver,
Pernexit: Je les ai prouvés auffi peremnrtoirement que
poifible,
Ic préfident : Nous ne prononçons rien quant à préfent;
c'eft à vous à fournir ce que vous regardez commie utile
à votre accufarien
I'h. Milie. : Sonthonax vous a dit qu'il ne favoit
ot
nous avions pris qu'il avoit défeudu aux chefs des pas forces
navales de faire aucun mouvement fans fes ordres; il a
dit, dans'la même feance, que lesamiraux étoient chargés
par Je confeil exécuxif de ne faire aucun' mouvement fans
les ordres des commilfaires.
Sonthonax: Je n'ai pas dit un mot de cela. J'ai dit qu'il
réfuite des infruetions du contre-amiral Cercey, qu'il ne
pouvoir faire "partir, dés rades de la colonie pour France,
aucun bâtiment fans-avoir pris les ordres des commiffaires
civils.
Th. Millet : Sonthonax a formellement dit danola féance
précédente, &. fes exprellions ont été récucillies, qu'il ne
les ordres des commilfaires.
Sonthonax: Je n'ai pas dit un mot de cela. J'ai dit qu'il
réfuite des infruetions du contre-amiral Cercey, qu'il ne
pouvoir faire "partir, dés rades de la colonie pour France,
aucun bâtiment fans-avoir pris les ordres des commiffaires
civils.
Th. Millet : Sonthonax a formellement dit danola féance
précédente, &. fes exprellions ont été récucillies, qu'il ne --- Page 289 ---
28;
lavoit pas oà nous avions pris qu'il avoit
tommandant des forces navales de faire
défendu au
ment fans fes ordres.
aucun mouveSonthonax: : Cela eft vrai, j'ai encore dit
Th. Millet : Ol l'avons-nous
cela .
Hu 24 novembre 1792, article pris: Dans fa proclamation
mandant des forces navales II, où il. dit: cc Le com-
> da jour de la notification de demeurera la
requis, à compter
> fous la refponfabilité
préfente
&
prononcée
proclamation,
ne lailler partir aucun
de par,la loi du 22 juin, de
>
bâtimen: TEtar
ment par écrit des commiffaires nationaux fans le confentecivils. >
Je le demande, citoyens; les
navale fe font-ils dans Jes rades 2 mouvemens d'une armée
ordonne par cette proclamation de Lorique Sonthonax leur'
bâtiment de l'Erat fans fon confentement ne laiffer partir aucun
certain que pour aller, pour une flation, dans par écrit, il eft
conque pour proréger le commerce
un lieu quelune croifière à l'effet
> que pour aller établir
pour toutes ces opérations d'intercepter un il convoi ennemi, que
fai: pas toutes ces
navales, faut partir; 3 car on ne
ne fait point ces manaeuvres-là manceuvres, s dans quoique Sonthonax rit, on
que Fon aille en France, en ftation, une rade; il faut
certain qu'il faut partir: & fi Sonthonax en croifière; ; or, partir, il eft
partir fans fon confentement
écrit, il leur a défendu de
que j'ai dit, quenous avons vu par enlever en eft réfalté, ce
les rades, même à la vue des vailleaux de les vaiffeaux dans
pouvoient faire aucun mouvement
guerre qui ne
qui éroit à Saint-Marc, ou au
, parce que Sonthonax
à 50, 60 ou 80 lieues du lieu Port-an-Prince où étoit la ou à Jacamel,
navales , -les commandans de ces forces ftarion des forces
envoyer à 60, 80 lieues demander l'ordre ne ponvoiene
& attaquer un vaifleau ennemi; & certes
par écrit pour
Polverel auroient dit qu'aucun
quand Sonthonax
leur confentement par écrit, ils ont. bâtiment ne partiroit fans
navales & empèché les mouvemens par-là des paralyfé les forces
arrivé encore, non pas qu'ils fe foient
vaiffeaux. Il en eft
fabilité des commandans des
chargés de la
par-là les commandans des vaiffeaux; forces
mais ils. ont
fabilité envers
navales de
Eta
le confeil exécurif fur
leur relpon
Tome VI. Cinguante-neantime Tinexécution de toutes
liyraifon,
T 5
navales & empèché les mouvemens par-là des paralyfé les forces
arrivé encore, non pas qu'ils fe foient
vaiffeaux. Il en eft
fabilité des commandans des
chargés de la
par-là les commandans des vaiffeaux; forces
mais ils. ont
fabilité envers
navales de
Eta
le confeil exécurif fur
leur relpon
Tome VI. Cinguante-neantime Tinexécution de toutes
liyraifon,
T 5 --- Page 290 ---
Jes opérations néceffaires à la défenfe de la colonie, de la
marine & du commerce.
Sonthonax : Lors de notre arrivée à
le gouvernement s'étoit ingéré de renvoyer Saint-Domingue, de fa
aurorité deux vailleaux de ligne de 74 canons
propre
été infinument utiles à la colonie ; ces vaiffeaux qui étoient auroient
Borée & l.Dagey-Trouin : l'équipage étoit connu pour être le
extrèmement patriote 3 attaché anx principes français. Le
gouyerneur de Saint-Domingue, Blanchelande, siavifa de
renvoyer en France, de fa propre aurorité, le Borée & le
Dugay Trouin.. Pour obvieraux dangers qui réfuloient
la colonie des ordres donnés par un gouverneur-général pour
feul, qui-pouvoit être fort mal intentionné, comie l'étoit
Delparbes; quels il avoit pour obvier, dis-je, aux ordres en vertu defvales - il
enlevé à la colonie les principales forces nar
, falloit bien que les commifaires-civils prilfent les
précautions d'empécher.les forces navales: de partir fans la
permiflion del la comunillionicivile, J'ai dit d'ailleurs
des inftructions du confeilexécutif; les bâtimens que, ne par
voient fortir des ratles s:dela: colonie pour fe rendre pou- en
France, fans: en avoir les derniers ordres des commiffairescivils, Thomas Millet a inferé de là que nous génions les
opérations des contre-amiraux des forces navalés,
sil leur étoir défendu de faire fortir de:lai rade des parce que
mens
fans notre confentementy les-batimens:
batila protection des côtes ne pouvoient fortir fans néceffairesà notre con-,
fentement. l & qu'il étoit ridicule d'exiger le confentement,
lorfque nous étions à 60 ou 80 lieues de
étoient fationnées les forces navales commandées T'endroitroh les
contre-amiraux,
par
Je réponds à Thomas Millet,. qu'il eft parfaitement à fa
connoiflance que le contre L amiral Cambyfe
fulta pas quand il fit fortir de la rade la corvette neinous le Goëlan cOnpour porter dans tous les ports la nouvelle de la
de guerre, Je réponds à Thomas Millerquil left déclaration
à fa counoiffance que le contre-amiral
parfairement ne
pas confolté pour ordonner au contre-amiral Cambyfe Sercey de nous venir a
dans lOueft ramaffer, fous l'efcorte de fes
navires du commerce qui étoient dans les rades vailleaux, derl'Oueft les ou
du Sud, Nous n'avons donc jamais paralyfé les forces com-
cOnpour porter dans tous les ports la nouvelle de la
de guerre, Je réponds à Thomas Millerquil left déclaration
à fa counoiffance que le contre-amiral
parfairement ne
pas confolté pour ordonner au contre-amiral Cambyfe Sercey de nous venir a
dans lOueft ramaffer, fous l'efcorte de fes
navires du commerce qui étoient dans les rades vailleaux, derl'Oueft les ou
du Sud, Nous n'avons donc jamais paralyfé les forces com- --- Page 291 ---
mandées par le centre-amiral Cambyfe, par défaut de tranf- confentement, , pour fortir de la rade du Cap, pour fe eft vrai
porter dans tout autre point de la colonie, puifqu'il les navires
que ce contre - amiral a mis embargo fur le tous
du commerce dans toute la colonie, fans confentement
des commiflaires civils 31 puifquil eft de notoriéré publique,
& qu'il réfulté des journaux du contre - amiral Cambyfe,
quil a envoyé ie Goelan dans tous les ports de la cclonie
prévenir tous les commandans des rades & des ports
ECTE la déclaration de guetre. Il réfulre également des journaux
du contre-amital Cambyfe, & il eft de nororiété publique,
qu'il a envoyé le con re- amiral Sercey dans TOueft faire voilé pour
ramailer les batimens du commerce qui devoient les ordres des
pour France fous fon elcorte , fans artendre
commilfaires civils. Il y a plus : cieft que les commiffaires, mis
loin de faire un crime au général Cambyfe d'agir, Ics côtes ont de
tout en ceuvre pour le dérerminer à protéger Le contre-amiral
Saint-Domingue par une fortie généralc,
laiffez
quand nous lui. avons. dit: Vous
prendre
Etet les
du commerce jufque fous le canon des côtes ;
yous devriez faire une fortie générale pour challer les d'An- cor:
faires, & vous emparer méme des bâtimens du roi
gleterres le contre-amiral s'eft hâté de fortir; il n'a pas attendu que nous traçaflions fon plan dc campagne. Nous
navonsj jamais entendu pêner les opérarions des forces navales;
mais nous avons eniendu conferver le droit d'êuie inftruits
des mauvemens qui fe faifoient dansles rades de la colonie
oà, nous failions notre réfidence: & eertes, > je crois demandé que
J'on ne trcuvera jamais mauvais que nous de ayons avertir des
aux commandans des forces navales
nous
colonie
mouvemens qui fe paffoieht dans les rades de la
>
& de ne pouvoir faire ces mouvemens fans notre confendans une ville où nous exerçions un
-tement , parce qu'étant il feroit ridicule de vouloir dire que l'aupouvoir fuprème, devoit
être inftruite des mouvemens
forité faprême ne
pas
fe faire fans fon
des rades, que ces mouvemens devoient
à Thomas
confentement., Voilà ce que j'ai à répondre
Millet. Th. Millet : Sonthonax n'a point, détruit ce que j'ai
avancé; car fi fon intention étoit d'empêcher des bâtimens
, parce qu'étant il feroit ridicule de vouloir dire que l'aupouvoir fuprème, devoit
être inftruite des mouvemens
forité faprême ne
pas
fe faire fans fon
des rades, que ces mouvemens devoient
à Thomas
confentement., Voilà ce que j'ai à répondre
Millet. Th. Millet : Sonthonax n'a point, détruit ce que j'ai
avancé; car fi fon intention étoit d'empêcher des bâtimens --- Page 292 ---
/ de partir pour Frânce, & qu'ils ne
forces navales & les forces protectrices ramenaffent de la
avec eux'les
de la proclamation l'auroit dit
colonie, l'art. II
dit de ne Laiffer partir aucun basimenc expreflemen:, de
& n'auroit pas
dir de ne Laufer partir pour
T'Erat; lil'on avoit
étoit lintention des commillaires France, O11 auroit vu alors quelle
mellement d: ne
civils : mais il eft dit forlailfer partir.
Dans le cours de la difcuflion,
avoit dit qu'on voulit bien les avertir Sonthonax des
a dit qu'il
mais ccrraincment, avertir Polverei &
mouvémens;.
vemens des forces navales, n'étoit, à Sonthcnax la
des mouaéte de politeffe; & ce n'étoit pas remplir rigueur Farticle >
la
proclamation, , qui
TT
icur confentement portoit qu'aucun bâtiment ne fortiroit fans
par écrit.
Sonthonax: Th. Milet Ne Je
> & non pas' ne fortiroit.
de
:
ce que veut dire
Aenede
mors; fi, pour partir pour cent lieues, cette deux chicane
quatre mille, il eft poffible de partir fans fortir: pour
ou
thonax a dit qu'il avoit reproché au
mais Sonde ne peint protéger fuftifamment les contre-aiiral vailleaux Cambyfe
merce ; il vous a dit néanmoins qu'il avoit la du comfur les forces de terre & de mer: or, comment fuprémmatié un
qui a la fuprématie fur les forces delt terre & de mer homme fe
contente-t-ilde faire de fimples reproches à un
,
comme le contre-amiral Cambyfe, étcit coupable homme de qui,
négligence, d'avoir laifle prendre Jes' bâtinens
cette
les rades?
jufque dans
Certes, > le CRS étoit celui de la punition la
rigoureufe, & fur - tout de la deftirution :
contre-amiral
cépendant,
P:
Cambyfe n'a point été deftitué.
été queition, dit Sonthonax, d'aller en croifière, Loriqu'il L
a
amiral Cembyfe lui a repréfenté l'avarie dans le contretrouvoit fon vaiffeau. En effet, le vaifleau le laquelle fe
forti tellement avarié dans fa manceuvre, & Jupizer étoit
le mât de mifaine ne lui permettoit pas de faire principalement une
croifière & de s'expofer au combat : cependant, le longue
le Jupiter a été obligé de fortir & de s'expofer au vaifleau combat.
Mais fi Ze Jupiter étoit dans un étar d'avarie, le vaiffeau
P'América, le vaiffeau PEoles n'étoient point dans
les fortes frégates Paprée, fInconfaneé & Ta
cet état;
& talles autres, toutes de trente - fix à quarante Survellanse, canons,
principalement une
croifière & de s'expofer au combat : cependant, le longue
le Jupiter a été obligé de fortir & de s'expofer au vaifleau combat.
Mais fi Ze Jupiter étoit dans un étar d'avarie, le vaiffeau
P'América, le vaiffeau PEoles n'étoient point dans
les fortes frégates Paprée, fInconfaneé & Ta
cet état;
& talles autres, toutes de trente - fix à quarante Survellanse, canons, --- Page 293 ---
n'étoient pas. dans un tel état de délabrement & d'avarie
leur grément ou leur mâture, s qu'il ne leur permit d'établir dans
des croifières & d'aller cembattre
cependant, elles
fohr toutes reftées fur les rades. l'ennemi:
Son-honax a dit
lorfque les forces navales' de la République s par la Ne de la (uggeftion des facieux, ont
abandonné la côte de Saint-Domingue, ils ont formé une
marine de
qui,a fait plus de mal à l'ennemi que toute la marine
lEtat; & il vous a dit que cette marine éroit
de petits bâtimens de 12 à 18 canons : or, il eft bien compofée éttange
qu'onait attendu que des vaiffeaux
canons fullent hors
des rades de
de74
nemis des bâtimens Saint-Domingue, de I2 à 18 > pour expédier contre les enréuffi; comme le dit Sonthonax, canons à rendre : & nulles comment les ont-ils
ennemies ? Cependant, > la ville du Môle. a été
efcadres
feul vaifleau PEuropa, , de so canons : certes , rendue au.
qui.eft de 74 canons, flEoc, fi leJupiter, Bl'Americas G les
que j'ai nommées, avoient été fur la
frégares
ropa ne fe feroit
côte > le vaiffeau l'EuMôle. Mais dans pas préfenté & ne fe feroit pas emparé du
preflion : La marine ce qu'a dit Sonthonax, je trouve cette exaux ennemis
la marine que nous avons formée a fait plus de mal
que
de l'État.
Quel eft donc ce mal qu'a fair cette marine : Nous
jamais entendu parler de combats fur mer
n'avons
une grande atteinte à la marine de l'ennemi. qui Nous aient porté
bien yu, dans une letire de Sonthonax à la
avons
jactance
ne paroit que ridicule, mais Convention, qui
une
moins que 3E Eipagnols avoient un grand nombre de conftate au.
de ligne far la côte, & qu'il n'éroit
vaiffeaux
bàtimens de 12 & 18 canons, d'aller pas faire poflible, la
ayec à des.
bâtimens de ligne. Nous voyons dans la lettre de guerre des
à la Cenvention, en date du 6 Fructidor, l'an Sonthonax 2 de la
Republinue, étoient
que dans le courant dé Février, au Cap, ils
monté bloqués des par mer; & cependant an corfaire
fix vailléaux par
noirs,ef enrré dans la rade, à la français, vue de
fix vailleaux de ligne efpagnols : il y avoir donc ati moins
bâtimens de de lgne far la côte 5 0 & ce n'eft pas avec des
I2 & 18 canons qu'on combat des vaifleaux
ligne qui ont du canon de 36 en batterie : cr, ceci de
qu une jaétance qu'on appréciera ce qu'elle. vaur.
n'eft
corfaire
fix vailléaux par
noirs,ef enrré dans la rade, à la français, vue de
fix vailleaux de ligne efpagnols : il y avoir donc ati moins
bâtimens de de lgne far la côte 5 0 & ce n'eft pas avec des
I2 & 18 canons qu'on combat des vaifleaux
ligne qui ont du canon de 36 en batterie : cr, ceci de
qu une jaétance qu'on appréciera ce qu'elle. vaur.
n'eft --- Page 294 --- Sonthonae: : Te demande la parole pour répondre à
partie-la. Th. Miller trouve que j'ai ett tort
cette
la marihe créée par les conmiffaires civils, d'annoncer
marine de l'Etat, commandée
des
après que S
avoit quitré les côtes de Saint-Domingue par
cfficiers prévaricateurs,
il trouve
pour fe rendre C11
Frence, marine
que nous avons eu tort de dire que la
que nous ya avons fublituée a annuilé les forces
glaifes dans les parages de l'Amérique.
anCCS corfaires avoient annullé les forces Lorfque j'ai dit que
tendu dire que les forces anglaifes n'avoient anglailes, f'ai enleur commerce fur les côtes de
pas pu proréger
Janaique, qu'clles n'avoicnt
Saint-Demingte d de. la'
commerce à la
pas pu fouftraire fes navires de
caprure des corfaires français créés
commiffhire civil. La-dellus, je n'ai rien avancé par de le
véritable, & j'en trouve la preuve dans le titre du que
cficiel fait à la Convention nationale
le
rapport
mond, fur les nouvelles apporrées de par
ciroyen FerConvention nationale
la
Saint-Domingue à la
1025 du Moniteur. par
frégate la Corvetze. Je lis page
(Illit:)
Extrait du Moniteur univerfel.
te Les corfaires français de
fait des prodiges de valeur; par Sainr-Deningue les riches
ont arfi
ont faites en tout genre fur les ennemis de la captures qu'i's
Hs n'ont.pas peu contribué.à lauver la colonie Republique,
trouvée pendant quelque temps à deux doigts de fa qui s'eft
manquant de munitions de guerre & de chofes de perte ,
néceflité.
première
>3 Nora. Dernièrement, quatre chaloupes ont pris à Tahordage, dans les parages du Cap-Tiburon, une corvette
anglaife, armée de vingt-quarre canons de 9 & de deux cents
hommes d'équipage. Je cite ce trait de bravoure pour faire
connoître lintrépidité de nos frères de
voit fur la rade du Cap plufieurs bâtimens Saine-Domingue, anglais & On efpagnols, 3 armés de feize & dix-huir canons, pris à l'abordage par de.très-petits corfairesf français. >>
du Cap-Tiburon, une corvette
anglaife, armée de vingt-quarre canons de 9 & de deux cents
hommes d'équipage. Je cite ce trait de bravoure pour faire
connoître lintrépidité de nos frères de
voit fur la rade du Cap plufieurs bâtimens Saine-Domingue, anglais & On efpagnols, 3 armés de feize & dix-huir canons, pris à l'abordage par de.très-petits corfairesf français. >> --- Page 295 ---
Vous voyez l'effet- produit par les corfaires armés des en ordres vertei
des ordres des commillaires civils, ou en vertu les commillaires
des commandans nommés eux * mêmes par
les corfaires
civils de Samt-Domingue. Il ett fi vrai que dans la rade du
armés
les commitfaires civiis entroient la Muferte y eft
Cap à E vue des vaifleaux elpagnols, , que vaiffeau
de
entrée le 26 Ventôle, à la vue d'un
elpagnol
120 canons & d'un autre de 74, fans que ces fait. vaifleaux que les
Tout le monde
aient pu . arrèter fa marche. -d'une très-lourde conftruction,
vaiffeaux e(pagnols tres-dificilement, font
&
des gotlettes ou des
mancruvrent barcaux bons voiliers fe moquent de Tp pourtuite d'un vailleau
de 74. canons & d'un vailicau de IOO canons. été
Alégard de ce que dit Millet que le Mèle a
pris pat
de canons entré dans fa rade, je réponds que
u vaifleau 5o n'ont
arrêter le vaifleau PEuropa,
les corfaires français
pas pu
des bârimens de
annuller les forces des Anglais, parce à des que vailfeaux de. so:
12 à 18. canons ne peuvent rélifter à cela. Il - cft abfurde de
je crois qu'il n'y a pas à répondre arrètent des vaifleaux
vouloir que des goélettes de 14 canons de la dénonciation
de 74- Quand Oil fera arrivé à ce pallage de
cette
imdes colons, on verra par les foins Je fais qui bien
les place colons
portantc a été livrée aux Anglais.
fuccès des
un
Rer
voient avec déplaifir, &c
inortel déplailir,
corfaires de Saine-Domingue.
de cela; il ne s'agit que
Le préfident : Iln'eft pas queftion
des faits.
Je releve, citoyen,, le fait avancé par les
Sonthonax :
anéantir les nouvelles récolons, loriqu'ils ont prétendu
corvette la
cemment venues de Sain: - Domingue par la
Mufeure. Th. Millet:Je ne difcuterai en aucune manière le rapport
fait
la' corvette la Muferte, parce que Polverel cela n'ett &c
entendu
que
Lm
RLIES aux débats;jai
prouver
thonax avoient paralyle les forces navales qui compofoient
la ftation des forces françaifes à Saint - Domingue pendant si
qu'ils y étoient , & je crois que je l'ai prouvé: dans : mais le Cours
falloit une houvelle preuve, & elle fe trouvera de
des débats, c'eft leur proclamation qui ordonne repouffer
des ports les vaileaux français, & tous ceixqti porerescst
m
RLIES aux débats;jai
prouver
thonax avoient paralyle les forces navales qui compofoient
la ftation des forces françaifes à Saint - Domingue pendant si
qu'ils y étoient , & je crois que je l'ai prouvé: dans : mais le Cours
falloit une houvelle preuve, & elle fe trouvera de
des débats, c'eft leur proclamation qui ordonne repouffer
des ports les vaileaux français, & tous ceixqti porerescst --- Page 296 ---
le pavillon narional. Je demande G ce n'étoit
tention de paralyfer les. forces navales
pas là l'inSonthonax : Je déclare, en atrendant françailes.
rive fur ce chef,que je n'ai jamais donné que la difcuflion artion poar repouffer des perts tous les bàtimens aucune proclamadiftinction. Sila proclamarion dont
les français fans
qu'ils ont fait placarder fur
parlent colons, eft celle
entièrement fallifiée, felon leur tous les nurs de Paris, elle eft
mesaétes.
coutume, lortqu'il 1s'agit de
Ze président: Cela reviendra lorfqu'il
ticle.
s'agira de cet arMillet : Nous en fommes à la fortie du
cependant un mot à répliquer.
convoi, j'aurois
Lapreidos: Tâche demertre de l'ordre
c2r fi tu t'écartes de l'objet actuel, Sonthonax dans la difcullion,
répondre.
voudra encoré
Th. Millet : Il eft bien établi
files
vous ai parlé euffent éré dans les que rades de vaiffeaux dont je
le vailfeau TEuropa ne feroit pas venu au Saint-Domingue, Môle.
milaires civils, dit Sonthonax
Les comrefter le convoi jufqu'a I'arrivée > des étoient autorifés à faire
remplacer celles qui devoient
forces qui devoient
par le rapport du contre-amiral Cerfey, convoyer, Vous pouvez. voir
favons dit, dans nos archives, quels qui eft, comme nous
a reçus 5 par conféquent les ordres éroient les ordres.qu'il
voir exécurif éroient qu'on partiroir qu'ilavoit à ine
reçus du poueue tel &c tel vaifleau partit fous les ordres époque de tel donnée;
oficier: or voilà des ordres très-précis, & qui
ou tel
pas qu'il dôt avoir une autre ftation. Nous n'annonçoient
entendu dire I Saint-Pomingue
n'avonsj jamais
de force navale annoncée, & gu'il y eût d'autre ftation
tcnir le convoi, tandis que l'ofiicier que cette flation qui dût recorte de ce convoi avoit lui expreflément général chargé de l'efavec. UI tel nombre de vaiffeaux indiqué & l'crdre à
de partir
donnée; nous avons bien oui-dire à
tne époqué
confeil-exécurif infruit del l'état de Saint-Domingue que le
& fur-tour de la pofition du vaifleau dénucmenr le
de la marine >
Aate le Chamoau avec des cables, de la
des envoya la
nécellaires pour l'armement des
chofes
ATRTA
a'avons jamais entendu dire barimens de l'Etat; mais nous
qu'il fot queftion de' l'arrivée
ée; nous avons bien oui-dire à
tne époqué
confeil-exécurif infruit del l'état de Saint-Domingue que le
& fur-tour de la pofition du vaifleau dénucmenr le
de la marine >
Aate le Chamoau avec des cables, de la
des envoya la
nécellaires pour l'armement des
chofes
ATRTA
a'avons jamais entendu dire barimens de l'Etat; mais nous
qu'il fot queftion de' l'arrivée --- Page 297 ---
d'une autre ftation; ; & je le répète, puifque le confeil-exécurif avoit donné aul contre-amiral Certey des ordres aulli
miffaires politifs, ceries, civils le ilna droit t pu d'autre part donner aux comqu'à l'arrivée d'une nouvelle fufpendre ftasion : le'départ il faut donc du convoijul-
'thonax
qu'il a reçu des ordres.
que SonEEEET Je crois bien
Thomas Millet ne
inculper le copfcil-exécurif que ce qu'on ine lui a veut
le fecret de
de ce
pas
CORSE
devoit
TErat:
que Thomas Millet n'a pas fu qu'il
arriver une nouvelle ftation à
s'en fuir pas qu'il ne" devoit pas en arriver Sains-Domingue, une, Je vous ilne
dit dans la leitre que j'ai lue dernièrement, les noms des ai
bâtimens qui devoient arriver à Saint-Domingue
placer la ftation qui devoit conduire en France les pour remde commerce qui fe trouvoient dans la colonie.Je ferai bâtimens
lement une oblervation fur le procès-verbal, par
feur
vaiffeau le Jupiter. Le contre-ansital Cambyle avoit rapport au
fait conftater par un procès-verbal 3 que le vaifleau le d'abord
étoit en délabrement , que les cables étoient
Jupiter
du bâtiment dans un' très-mauvais état,
caffés, 2 le corps
toit pas en état de tenir la mer; et cependant que ce ce vaiffeau vaifleau n'éforti le 25 de la rade du Cap : a mis à la voile
eft la
Nouvelle-Aneletene, & eft arrivé tres-heureulemcnt pour
fes ports, maigré qu'il fut endommagé, malgré que
dans
la marine euffent décidé que ce bâtiment n'e 'étoit MM.de en état
de tenir la mer.
pas
ThjMiller: Ce feroitau copte-amirCambsf à
à cette accufation; comme j'étcis prifonnier fur le répondre
mon témoignage feroit peut-être inutile ; mais je vaiffeu, fais
j'ai vu dégréer en entier le mât de mifaine de
que
qu'aurant que je m'y connois, par ce que j'ai entendu Japiter, &
bord de ce vailleau, il étoit dans un état
dite à
par la mauvaife qualité des haubans (car dangcreux, il faut ici fur-tour
marine) quif fe caffoienr lorfqu'on les ridoit avec un parler
Dans cet état, comment ce vaiffeau
grément.
chaffe forcée? aux mouvemens violens pouvojr-ils'expofer de la mer agitée à 2 une
dit qu'il eft arrivé paifiblement aux Etats-Unis.
On
que, parti le 25 juin > arrivé dans les premiers
juillet par le plus beau temps, il a
jours.
E
parages du monde , & qu'un canot le parcouru plus petit les a fuivila beaux
lorfqu'on les ridoit avec un parler
Dans cet état, comment ce vaiffeau
grément.
chaffe forcée? aux mouvemens violens pouvojr-ils'expofer de la mer agitée à 2 une
dit qu'il eft arrivé paifiblement aux Etats-Unis.
On
que, parti le 25 juin > arrivé dans les premiers
juillet par le plus beau temps, il a
jours.
E
parages du monde , & qu'un canot le parcouru plus petit les a fuivila beaux --- Page 298 ---
forre, non pas le Jupiter puifgu'il n'étoit pas avec la
iletr fuivi la Hote depuis le Cap
florte,
fair eft G frai que de
jufqu'aux Erats-Unis; le
mifermblesburques
font le
Cap au Tort de-Paix, pour vendre 3U bananes trajet & des du
ignames, qui font fortis du rCad abfolumentfanslert &
lione, de peur d'être incendids, fonta arrivés aux Etats-Unis. avecila
Or-jedemmnisqudle étcient les
étoir la beauté de la faifon > & quels
fcau a comnu parages les dangers que nous avons fréquentés, & file vaifchil auroit fallu des voilures qu'il eit courus dans une croilière
une chaffe.
forcées pour donner ou éviter
Sonthoax: Le Jupiter eft non-feulement arrivé
fement aux Etats-Unis, mais il eft ievenn en
heureuavoir été regréé. Je fuis bien-aife de faire remarquer France à fans la
commiflion lérat de ce vaiffeau & le voyage
a
iuis bien-aife de le faire remarquer à la qu'il fait 3 je
qu'ello puiffe apprécier l'accufation des
commilion, afin
eux bâtimens qui cnt été condamnés colens, les relativement
de la marinc. Le procès- verbal du
Ze procès-verbatix
cu'il ne
SIST
pouvoit tenir la mner > méme far les côtes
Dominguc; car ce
trt
font
CdShe
Va fur les côtes de la Nouvelle lesitermes: Angleterre, inalgré cela, Cé vaifleati
France. Vous voyez quelle foi on doir
> & revient en
verbaux dreliés
les officiers de la marine. ajourer aux procèsVernexil: Il # bon d'obferver que de toutes les' côtes des
colonics, celle de Saint-Domingue eft la plus à craindre
qu'ily rigne fans cefie des bouralques affreules, &
des 5
vailleaux avec une mâture entière, en bon état, ont que
mlt d'hune emporté jutqu'aux cliuquets, calle dès vu leur
inière fortie. Iny a point de comparaifon entre le leur preque le Jupiter a fait à la Nouvelle- Ancleterte dans voyage
cu il l'a entrepris, & les courfes qu'il auroit été la faifcn
faire fur les côtes de Saint-Doningie; ainfi
obligé de
Soi ithonax tombe à faux.
l'oblervation dé
Nonthonax: Sans être marin, je peux affarer
la
gation des mers de Scins-Domingue cft la plus que douce naviible; que Jes mers difficiles font les mers
& pof
côtes des Etars-Unis: ily a bien des
d'Europe
les
i dans'le sclfe du
mais ouragans aux Antilles
Mexique,
ce font des
qui n'arrivent gucre quc tous les tiois ou quatre bouraiques ans. Je fais
faux.
l'oblervation dé
Nonthonax: Sans être marin, je peux affarer
la
gation des mers de Scins-Domingue cft la plus que douce naviible; que Jes mers difficiles font les mers
& pof
côtes des Etars-Unis: ily a bien des
d'Europe
les
i dans'le sclfe du
mais ouragans aux Antilles
Mexique,
ce font des
qui n'arrivent gucre quc tous les tiois ou quatre bouraiques ans. Je fais --- Page 299 ---
bien que Th. Miller quieft 195. capitaine
commerce des hommés en
négtier 1 qui a fait la
doute' ce que jai dit, parce Amérique que les colons > pourra fè font révoquer en
de me contredire.
un devoir
Th. Miller : Quejaie bté capitaine négrier ou non,
s'yfair rien; je ne l'ai jamais été, voilà d'abord un
celi
érant fonge : mais il n'eft perfonne qui ne fente
la petitmenfous le vent de
que Jamaiqus
eroifière utile pour intercepter Sainc-Domingue le commerce : pour des établir uue
faut fe tranfporter inconteftablement fur les côres Anglais, de la Ja- il
maique; que le vaifleau le Jupiter
une
ture & un mauvais
ayant
mauvaife miun combat
grément 3 sil edt eu' le malheur
il eût été qui l'edr forcéà fuir, quil'eit forcé à une d'effuye:
obligé de revenir chercher les
chaife,
louvoyer contre les vents
ports français; de
iln'y avoit pas de
ayant régnans la , parce que fous le venr
il étoit donc Tvothenti impollible guerrelavec le
l'E(pagne: o:
qui, par fa mâture, De pouvoit rélifter que à vaiflean le Jupicer.
combar, parce qu's étoir incapable de une chade ou àui
vent,. put aller érablir une croifière à remonter la
contre l
qui étoit facile, & ce qu'il a fait, c'eft Janaique, Ce
vent favorable, dans laplus belle faifon du monde, d'aller, avec dans un
parages les plus beaux, à la baye Chelapeak.
les
Sonthonax: : J'ai une. interpellation à faire. Je
miflion d'interpeller les colons de déclarer G le prie la coin-,
Jupiter > avant de faire voile pour la.
vaifleau le
n'eft
allé croifer fur le Cap
Nouvells-Angletere. qui eft
a
droit E la colonie oà les vents Tiburon, font les plus
certesl'er.-
Th. Miller : Le vailleau le
a fait dangereux, une
mais je ne (ais od. Je fais qu'ila Jupiter ramené avec lui croifière,
corvette , la Hyenna, de dix-huit
à
une petite
pas couru de gros rilques
amariner canons; coup fûr ilia
pas fallu une grande chafie, pour puifque le hafard ce bâtiment, à iln'a
d'un grain " les a fait trouver à la. portée de > la la voix, fuit:
Quillait prife au Cap Tiburon, je n'en fais
Sonthonax dit la même chofe que moi
rien; mais
eft un port de Saint-Domingue : or, si avoit puifque Tiburoa
un acciden: > il auroit trouvé un port de
éprouvé là
pour fe retirer; mais ce n'edt point été la sint-Domninge
edt été à 80 lieues en mer, à la Jamnique, même où chofe,ii il
n'autois
voix, fuit:
Quillait prife au Cap Tiburon, je n'en fais
Sonthonax dit la même chofe que moi
rien; mais
eft un port de Saint-Domingue : or, si avoit puifque Tiburoa
un acciden: > il auroit trouvé un port de
éprouvé là
pour fe retirer; mais ce n'edt point été la sint-Domninge
edt été à 80 lieues en mer, à la Jamnique, même où chofe,ii il
n'autois --- Page 300 ---
eu de retraite que dans les ports anglnis set
&
avions la guerre avec lune & l'aurre de ces efpagnols; nous
leurs le vailleau a été radoubé à Neuw-Yorck Puiffances. Dailpartir.
avant de
Sonthonax: Il ne l'a pas été,
Claufon - : Sonthonax n'étoit pas aux Erats-Unis,
La féance eft levéc & ajournée.
Le regifire des préfences ef figné: J.Pa.
fident ; FoucHi de Nantes), fecrétaire. GARRAN,PE
Du18 --- Page 301 ---
Du 18 Prairial, l'an troifème de la
République
une et indivifible,
frangaife
( N fait lecture des débats
la rédaction en eft adoptée. recueillisdans la féance d'hier; a
Thibaulr Th. Millet : Les citoyens Page, Senac &c
font toujours abfens pour caufe de Larchevefques maladie,
verbal Duny : J'oblerve à la commitlion
dans
qui vient d'êrre lu,
que,
le procèsfur fartivée de la corvette la Sonthonax s'eft beaucoup étendu
tail fur le rapport fait au comité Mufeute, de falut & a fair un long décolonel toyen Bedoz. l'obfervé que ce Bedoz étoit public par le cidu régiment
le lieutenantheurenfe affaire du Reyal-Comrois, Caps s'eft crouvé qui, dans la maldu thonax, &j'en donnerai la preuve en complice de SonCap. Voila ce qu'il eft
parlant de l'incendie
débars.
important de configuer aux
Sonthonax : Te déclare fur
fans examiner la prétendue l'obfervation de Duny, ques
avec moi dans l'affaire du complicité ou
du ciroyen Bedoz
cendiaires de cette ville; je Cap,
avec les véritables infait ancun rapporr'au comiré déclare, de
dis-je, que Bedoz n'a
été fait par le commandant de falut la public : ce rapport a
chargé d'une miflion particulière à Corvette la Majette >
Yemeuil: Citoyen
Saint-Domingue,
fairer Dans la précédente préfident féance , j'ai une demande d'ordre à
vouloir bien ordonner la
j'ai prié la commiflion de
des regiftrés de Sonthonax; communication je veux
en notre faveur
contiennent fes proclamations
parler des regiftres qui
Tome /I.
5 nous n'entendons pas parler
Soixantième ligraifon.
V
lion particulière à Corvette la Majette >
Yemeuil: Citoyen
Saint-Domingue,
fairer Dans la précédente préfident féance , j'ai une demande d'ordre à
vouloir bien ordonner la
j'ai prié la commiflion de
des regiftrés de Sonthonax; communication je veux
en notre faveur
contiennent fes proclamations
parler des regiftres qui
Tome /I.
5 nous n'entendons pas parler
Soixantième ligraifon.
V --- Page 302 ---
des pièces qui lui font particulieres, 8c
defirer de garder le fecret; mais comme farlefquelles les
on peut
de Sonthonax, qui ont été publiées dans proclamations la
affichées
colonie &
par-tout , appartiennent à tous les
nous croyons en droit d'en demander
citoyens, nous
Sonthonax: : S'il ne s'agifloit que de mon communication. intérét
dans la demande
fentles colons,je n'héfiterois perfonnel
quiefcer, parce aotrd m'importe de jeter un grand pasà fur y acopérations, parce que je dois defirer & que je defire jour
mes
opérations &mes Proclamationsfotenr connues, &
que ces
pas à cet égard l'eil curieux des colons; mais je je ne crains
je fuis ciroyen
fuis accufé,
français > je dois maintenir & demander
maintienne a mon égard les principes fur les
qu'on
font ici les colons? mes
accufations. Que
depuis deux ans, les colons dénoncinteurs, difent
> mes accufateurs: :
preuves marériclles, qu'elles font qu'ils ont contre moi des
chives, & qu'elles font dans tous dépofkes les
dans leurs arpeuvent en avoir communicatien, cu dépôrs ils
publics où ils
bien étonnant qu'au bout de deux
ont puifé. Il eft
à la France enrière qu'ils tenoient ans des , après avoir annoncé
pabilité, las & fatigués d'une difcuffion preuves de ma culque leur honte, ils viennent enfin ici demander qui ne doit prouver
pour y chercher les preuves de cette
mes rapiers
ou il n'y a point juftice au monde, ou culpabiliré, les
Citoyens, 3
concernent ne doivent être communiqués registres qui me
fion des colonies; ou je fuis un accufé
qu'à la commifun fenctionnaire public accufé parla Convention ordinaire 3 ou je fuis
Sije fuis un accufé ordinaire, perfonne n'a le droit nationale.
ma conduite que la partie
de fcruter
publique, que l'accufateur
or, dans cette circonfance, l'acculateur public, les public;
chargés de fcruter ma conduite, font les
hommes
peuple compofant la commiflion des colonies; repréfentans ils
du
papiers, ils ont un regiftre, ils ont tout ce
a ont mes
ious les fcellés; ils font chargés
la qui été mis
l'examiner : & certes la Convention par ne s'eft Convention de
de regarder ies colons comme fes commuffaires, pas fes fair l'injure
dans Taecufarion intentée contre moi.
délégués
particulier, on ne peur cemmuniquer Amli, comme finsple
cernent qu'à la partie publique, alaccufateur lespièces qui me conjuges chargés de cette affaire, Sije mne confidère public ou aux
comme fonc-
chargés
la qui été mis
l'examiner : & certes la Convention par ne s'eft Convention de
de regarder ies colons comme fes commuffaires, pas fes fair l'injure
dans Taecufarion intentée contre moi.
délégués
particulier, on ne peur cemmuniquer Amli, comme finsple
cernent qu'à la partie publique, alaccufateur lespièces qui me conjuges chargés de cette affaire, Sije mne confidère public ou aux
comme fonc- --- Page 303 ---
tionnaire
ayant été délégué public fupérieur, le
ayant eu de grands pouvoirs
roient encore plus par violés pouvoir à
légiflatif, les principes fe- >
en jugement, être livré à mon égard 5 car, je ne peux être
des hommes dontjai froiflé une les difcuflion particulière avec
émané du corps légiflatif a déclaré intérèrs, les qu'après qu'un acte
articulés contre moi : c'eft alors
chefs d'acculation
comme livré à la pourfuite de
que je puis être confidéré
dans la miflion dont j'ai été ceux dont j'ai froillé les intérêts
nonciatent n'auroit pas le droit chargé, de & alors encore un déCar quel eft le rôle des accufateurs: fouiller c'eft dans mes papiers.
nonciation avec. les pièces qu'ils ont à d'apporter leur déici, pour les colons, que de difcuter les F'appui : il ne s'agit
accumulent far moi depuis
dénonciations quils
fur des preuves matérielles deux ans 2 qu'ils difent fondées
Eh bianlilny a que les pièces qu'ils ont à leur dilpolition.
être difcutées ici, ou celles produites par eux qui puiflent
fenfe. Or, comme je n'ai que je produirai pour ma défenfe les regiftres dont ils parlent, pas encore produit pour ma déma propriéré, ils doivent être fous comme les
mes regiftres font a
fion des colonies pour les examiner. 11 mains de la commif
de prétendre qu'ils aient le 'droit de eft fouiller ridicule aux colons
pour accufer le plus ou le moins de
mes regiftres
menacent, puifqu'ils ont eux-mêmes culpabilité dont ils me
les pièces matérielles : ils font mes annoncé qu'ils aveient
point les commiflaires, les délégués accufatenrs, du
ils ne font
m'accufer; ils font
ils corps légiflarif
ici les preuves de leur dénonciarcuis,
font tenus
pour
tendre venir ici les chercher accufation, & ne peuvent d'apporter pas
nent. Je me réfume en
dans les pièces qui me concer- prémunication de mes papiers, m'oppofant formellement à la comje demande à cet égard qu'il quels en foit qu'ils référé foient, aux colons:
nationale, fi la commifion
à lal
prononcer.
ne fe trouve pas en Couvention droit de
Verneuil: :J'obferve que la demande
mon nom qu'en celui de mes collegues,
je fais, tant en
munication des
point la
Ritir
proclamations. Cette papiers offre de Sonthonas, mais bien celle de com- fes
faite dans les précédens débats de nous les communiquer a été
qui a offert fes proclamations par Sonthonax lui - même,
imprimées.
V. 2
à lal
prononcer.
ne fe trouve pas en Couvention droit de
Verneuil: :J'obferve que la demande
mon nom qu'en celui de mes collegues,
je fais, tant en
munication des
point la
Ritir
proclamations. Cette papiers offre de Sonthonas, mais bien celle de com- fes
faite dans les précédens débats de nous les communiquer a été
qui a offert fes proclamations par Sonthonax lui - même,
imprimées.
V. 2 --- Page 304 ---
Le préfident : Il ne peut. ête ici queftion de CC qui n'a
pas éié recueilli dans les débats. Tu parks ici de
mots dits,
quelques
par Sonthonax après les débats ou méme un jour
qu'il n'y avoit point eu de débats. Conme cela na point
di être recueilli, il ne peut en êure queftion; onne peur
revenir fur ce qui a été dit hors des débats, foir qu'on pas le
rapporte exaétement ou non.
Perneuil:Je parle des chofes dites hors des débats. -
Lepréfident Cef précifément de cèla dont il ne peut être
quellion ici; a ne peut être queftion ici' que de ce
a
été dit dans les débays.
qui
Verneuil:Eh bien, citoyens > je dis donc que les
mations de Polverel & Sonthonax nous ont été offertes procla- par
Polverel & Sonthonax eux-mèmes; & certes ce regiftre qui
les contient doit être parfaitement conforme à celles qui ont
été imprimées, affichées & publiées à Saint-Domingue : ce
n'eft pas une demande indifcrète que je fais ici; au refte,
je me réfère à ce que décidera la cominiflion des colonies,
& je la prie de prendre un arrêté à cet égard.
Brulley: : La demande que nousi formons dans ce moment-ci
fe borne aux feuies proclamations. Je demande, moi, G les
procdamnationwalfichées à Saint-Domingue au nom de la 1ation, font la propriété de Sonthonax, oui ou non; ce font
des aétes publics, connus de tout le monde, qui ont été
imprimés & aflichés; ce ne font donc pas des papiers particuliers, ce font des actes publics qui doivent fervir à Polverel & Sonthonax pour leur défenle; ce ne peut être une
propriété particulière. Si, certes, tous les actes qui ont iété
affichés, qui, provenant du fait d'agens qui ont agi au nom
de la République, doivent être communs à tous ceux
fe
trouvent ici, fi les preclamnations imprimées en qui
avoient été' mifes fur le bureau, Sonthonax & nous placard aurions également le droit de les lire, les uns pour y trouverdes
motifs d'accufation, les autres des moyens de
encore un coup ce font des actes publics: nous justification; fommes loin.
de demander communication des pièces particulières de Sonthonax; nous favons que c'eft contaire aux
&
nous
principes,
ne ferons jamais de demandes qui y foient
mais nous ne demandons que les aétes authentiques, contraires: que les
preclamations; nous nous bornons la, nous nous réfumons
les lire, les uns pour y trouverdes
motifs d'accufation, les autres des moyens de
encore un coup ce font des actes publics: nous justification; fommes loin.
de demander communication des pièces particulières de Sonthonax; nous favons que c'eft contaire aux
&
nous
principes,
ne ferons jamais de demandes qui y foient
mais nous ne demandons que les aétes authentiques, contraires: que les
preclamations; nous nous bornons la, nous nous réfumons --- Page 305 ---
la en demandant qu'elles foient dépofées fur le
&
communicarion libre en foit ouverte entre bureau, que
nous. Voila, je crois, ce que nous avons le Sonthonax &
mander.
droit de dede Sonthonax : La queftion n'eft pas de favoir. fi mon
dre proclamarions eft un dépôt public dont chacun; puifle- regiftre
connoiffànce, dont il doive être donné
prentout venant; mais fil'on doit communiquer à connoiflance à
papiers de l'accufé: je maintiens
lacculareur les
clateur doit produire les pièces à qu'en principe de fon le dénonLa,fon rôle fuit; il n'a pas le droit Iappur de demander accufation.
ges des pièces, en difant: < Je n'ai
aux ju-
>> l'accufe, mais fourniffez-m'en
plus de moyens contre
35 papiers. 33 Les colons vous difent contre lui; donnez-moi fes
ont été publiques à Saint-Domingue, C'eft que mes proclanations
été que les colons doivent les avoir, & parcequ'ellesT'ont ils les ont
ment. S'ils demandent aujourd'hui
réellegiftres, c'eft pour alonger les debats, communicarion en difcurant des repoints & les virguics, fur les copies
fur les
tre, avec les imprimés, en élevant des collationnées chicancs du regifde mots, > de ponctuation, comme ils l'ont
de formes,
cours des débats. Ils efpèrent éternifer les déja faie dans le
fans vouloir difcuter quelles font leurs
débats: mais,
inconvéniens perfonnels pour moi raifons, quels font les
cette demande, & pour la terminaifon qui des peuvent débars naitre de
défirer; moi qui fuis fous une efpèce
que je dois
je fuis fans ceffe pourfuivi par les d'interdicion, colons, foit dans puifque
fections, foit devant les comités de la
les
près des fonctionnaires publics de Paris, Convention, foit auforte fait trainer en jugement devant eux la qui m'ont en
de toutes
1rmtte
je demande, intriguent foit
les manières pour en venir commiffion; à leurs
maintien des
pour la brièveté des débats, fcit pour-le fins,
à des dénonciateurs principes, tels que T'onne communique aucune
que les colons.
pièce
Brulley : Un mot,
Le prefident : Ceci doit être terminé,
Brilley : C'eft une aurre confidération
je crois.
tante, même pour la commitlion. La
imporelle a créé la commiffion des
quand
Pacheat
ment qu'eile entendit les accufations colonies, n'a pas voulu feulecontre Sonthenax; elle
V 3
pour-le fins,
à des dénonciateurs principes, tels que T'onne communique aucune
que les colons.
pièce
Brulley : Un mot,
Le prefident : Ceci doit être terminé,
Brilley : C'eft une aurre confidération
je crois.
tante, même pour la commitlion. La
imporelle a créé la commiffion des
quand
Pacheat
ment qu'eile entendit les accufations colonies, n'a pas voulu feulecontre Sonthenax; elle
V 3 --- Page 306 ---
a voulu aufli être éclairée fur rout ce
affaire des colonies; elle a voulu
qui concerne la grande
cette grande affaire, fir difeuté que tout ce qui eft relatifà
devan: la
ment fe fera-t-il que tout ce qui concerne commiflion: comlonies foit difcuté en entier devant la
l'affaire des COaétes aufli oftenfibles que des
commiffion, fi des
dépofés fur le bureau ; fi des actes proclamations publics , ne font pas
font pas difcutés par les parties en préfence ? C'eft oftenfibles fans
ne
d'après ces actes que la commilion
doute
fance de cette imporrante
c'eft peut prendre comnoifcommifion pourra faire fon caufe;
en fitite de cela que la
rapport à la
jugera; 5 car cef elle
doirjwger:je dis Convention, qui
fommes en préfence 9e la commiflion que, puifque nous
la vérité fur l'affaire des colonies,
pour faire connoitre
proclamations, tous les aétes je demande que toutes les
qu'ils foient difcutés &
publics foient dépofés, afin
en faire connoitre la vérité; approfondis, c'eft afin que nous puiflions
d'après ce que nous avons fait pour d'après les caractérifer, cette difcullion 3
commiflion pourra faire fon
que la
les proclamations, les actes rapport; j'infifte donc pour que
priétés particulières de Sonthonax, publics, qui nc font pas des probureau.
foient dépofés fur le
Sonzhonax : Les colons difent que la commifion n'eft
juge dans cette affaire;je réponds que la commiflion
pas
d'inftruchions, elle eft chargée d'inftruire, de recueillir eftjuge
pièces, de faire un rapport. Cettes, fi pour inftruire les
affaire & recueillir les Imnières, il falloit attendre
cette
colons l'euffent éclaircie, elle ne le fcroit
que les
ils ont noyé dans des débats interminables jamais. les
Jufquici
plus fimples, quand je réponds, moi, en une queftions les
en une demi- - féance. Cependant je continue de dire féance ou
commiflion étant juge
c'eft à elle
que la
tant
fur les débats que d'inteuchtion, fur les papiers des
à inftruire
entre fes mains. Sila commillion
parties qui font
les papiers des acculateurs & des n'avoitpas accufés, alors entre les fes mains
feroient fondés à demander le dépôt fur le bureau colons
pièces 5 mais c'eft une injure grave à la commiflion de ces
d'exiger qu'on dépofe fur le burenu les
des que
cufés & des acculateurs, tandis
pièces
acqu'elle a été chargée de
ers des
à inftruire
entre fes mains. Sila commillion
parties qui font
les papiers des acculateurs & des n'avoitpas accufés, alors entre les fes mains
feroient fondés à demander le dépôt fur le bureau colons
pièces 5 mais c'eft une injure grave à la commiflion de ces
d'exiger qu'on dépofe fur le burenu les
des que
cufés & des acculateurs, tandis
pièces
acqu'elle a été chargée de --- Page 307 ---
faire le dépouillement de chacune de ces
A
peut tendre l'exhibition des pièces demandées, pièces.
quoi
commiflion eft inveftie du droit de
lorique la
a le droit de les examinet & de lesjugerel La commitlion
décret daccufation, fije le mérite. provoquer Je
contre moi le
ne font que des acculateurs dontl'exiftenee répète que les colons
eft
politique & civile
difcuflion très-équivoque. des
3 ainfi que je vous l'ai prouvé dans la
émigrés à la prérendus pouvoirs qu'ils tiennent des colons
pas être regardés Nouvell-Angileverre d'une manière
Les colons ne peuvent
montré qu'ils font des ambafladeurs. favorable, des
lorfqu'il eft déémigrés.
Le préfident : A l'ordre, il n'eft pas queftion de cela.
de Sonthonax: léur
: Lorfqu'au lieu de prodaire les pièces à l'appui
l'exhibition accufation, ils font la demande Icandaleule de
des pièces d'un accufé.
Ie préfident : La commiflion ajourne à ftatuer
féance.
après la
Brulley : J'aurai quelque chofe à dire là-deffius.
Ie préfident : Cet objet eft terminé.
fur Verneuil: le
Je continue de répondre à ce que dit Sonthonax
quatrième chef. Sonthonax a dit
a été livré à caufe de la mortalité
que le pofte Claris
Le poftede Claris n'eft éloigné du que ce polle occalionnoir.
petite portée de canon 5 lattaque du morne morne Peléque d'une trèsnon
dans l'intention d'empécher la mortalité Pélé a été faite >
CLeSE , mais bien au contraire
du pofte de
de Ce que Javance, c'eft qu'auflitôt pour laugmenter; le
& la preuve
les troupes y reftèrent fans tentes, fans que abris morne celui fut pris,
envoyé, après la conquète, pour le
eft
qui fut
Rabquin, le prorégé de
commander, & c'eft
un nommé
a écrit aux
amis dela Convention Sonchonaxi, & à
lui-mème qui
quoit de tentes & de tous les objets de Sonthonax qu'il man-
& il n'y avoir pas huit jours que l'on étoit première nécelliré;
que le nombre des malades avoit doublé de au pofte Pélé,
auparavant.
ce qu'il étoit
des Sonthonax: : Tour ce que dit li Verneuil ne font
allégations de lui à moi,Je remarque, 1°.
que
que
lilny.
Vuand
onaxi, & à
lui-mème qui
quoit de tentes & de tous les objets de Sonthonax qu'il man-
& il n'y avoir pas huit jours que l'on étoit première nécelliré;
que le nombre des malades avoit doublé de au pofte Pélé,
auparavant.
ce qu'il étoit
des Sonthonax: : Tour ce que dit li Verneuil ne font
allégations de lui à moi,Je remarque, 1°.
que
que
lilny.
Vuand --- Page 308 ---
feroit eût pàs eu de tentes pour les foldats au morne
Tarmée, pas étonnant qu'on laifat au bivouac une Pélé,ilne de
d'ailleurs quand les tentes ne font pas dreffées. J'oblerve parrie
qu'afin que les foldats fullent
on dreffa des cafes en bois
campés & logés,
campement, & que les foldats quatre ou cinq jours après le
& beaucoup mieux
fous
y étoient fort bien
que
quoient dans les
les tentes, qui d'ailleurs logés, manferve
magalins de l'Etar. En troifième lieu
que tous les détails, des poftes &
3 j.obabfolument étrangers; que les colons accufent, cainpemens me font
lent, foit les adminiftrateurs
s'ils ie veude
ou prépofés à
l'armée, - foit les commandans en
Tadminiftration
périeurs, de Ce qu'ils ont manqué de chefoules ofticiers fuétoit néceffaire aux foldats, &
fournir tout ce qui
le commitfaire civil relponfable qu'ils de ne viennent pas rendre
tous les événemens.
dès-lors Yerneuil: Je ne réponds pas à ce que dit
car
qu'il avoit le pouvoir
c'étoit Sonthonax;
médier aux abus mulipliés qui exiftoient abfolu,
à lui à requ'on lui dénonçoit
dans la colonie, &
plufieurs hôpitaux, chaque jour. Sonthonax a dit enfuite
2 érablis
indépendans de celui de l'Erat, ont
par Pouger, directeur-général des
aeu deux hôpitaux établis,
finances. Ily
l'Erar : mais les abus que je vousaip indépendamment de celui de
dans celui de IErar, ont été les mêmes préfentés, & qui exiftoient
créés ; je vous ai dit que les
aux déux derniers
antres de la mort; & flon en a hôpiraux créé de établis étoient des
I'on voyoit avec impatience que le nombre nouveaux, des
c'eft que
pas alfez confidérable; voila l'exacte vérité.
morts n'étoit
ar Iso des foldats que la France avoit envoyés Chaque jour IOO
étoient moiffonnés; & fi quelques-uns des ànotre fecours,
rendus à la vie, ce font ceux que les habitans malades ont été
eux. Il 'n'y a jamais eu que ceux que les habitans ont retirés chez
dansleurs mailons ou envoyés dans les
ont pris
créés & fervis par
hôpitaux qu'ils avoient
mais tous ceux > ou eux-mèmes, la majeure qui aient de échappé à la mort;
dans les hépitaux de
partie
ceux qui font entrés
ou le poifon.
lErat, ont été moillonnés par la mort
Sonthonax : Je demande d'abord au
a voulu dire que les hôpitaux mis
citoyen Verneuil s'il
en régie n'étoient pas
pris
créés & fervis par
hôpitaux qu'ils avoient
mais tous ceux > ou eux-mèmes, la majeure qui aient de échappé à la mort;
dans les hépitaux de
partie
ceux qui font entrés
ou le poifon.
lErat, ont été moillonnés par la mort
Sonthonax : Je demande d'abord au
a voulu dire que les hôpitaux mis
citoyen Verneuil s'il
en régie n'étoient pas --- Page 309 ---
3es
adminiftrés
ceux mis à T'entreprife, defquels il
mieux
que 1l les qualifie d'antres de la mort; enfin,
veut parler, quand de ceux formés avant mon arrivée à
s'il a voulu parler
arrivée.
Saint-Domingue, ou après mon
Verseuil: Il me femble avoir entendu dire à Sonthonax
fon arrivée les hôpiraux étoient à Tentreprife, &
qu'avant
fon arrivée. Je ne fais
qu'il les avoit mis en régie depuis
fi je me trompen
Sonthonax : Donc Verneuil a prétendu que les hôpitaux état
mis eii régie par nous n'étoient pas en meilleur
que
ceux à l'entreprife.
e
Verneuil : C'eft précifément cela.
Sonthonax : Je réponds à Verneuil en lui rappelant dans le
procès-verbal de la commiflion mtermédiaire déjà la cité fociété
les précédens débats, par lequel il eft annoncé déclarer que
les
populaire du Cap vint à la commiflion le foldat que étoit
hôpiraux étoient parfaitement tenus, & que
y de la
très-bien traité. Je réponds enfuite fur l'acculation
prétendue mortalité attribuée aux hôpitaux, , en citant, pour
la feconde fois, le paragraphe de l'ouvrage du citoyen il eft Page, dit:
intitulé RéRexions far les colonies > dans lequel
les citoyens de Saint-Domingue ont
sc Malgré les foins que les deux tiers ont péri viétimes de
pris des foldats français,
l'inguence du climat *.
Voilà, citoyens, la caufe réelle des maux qu'ont refte, éprouvés de
les troupes venues d'Europe. Il feroit inutile , au
vous rapporter ici à cet égard le témoignage PailailleVerneuil des voyageurs
& de tous ceux qui connoiflent les Antilles. ont cru. fe donner
& les autres colonsjouir du triomphe qu'ils
en me faifant cette inculpation.
&
Verneuil: Une leule chofe à répondre à Sonthonax,
cela eft parfaitement à fa connoiffance. La province du Nord
n'étoit pas la feule oà ily eut des troupes: les régimens Arcois
& Normandie étoient dans la province de TOuef;le régiment
de Berwick étoit dans la province du Sud. Or, fila cclonie,
comme le prétend Sonthonax, étoit un climat peftiféré pour
les Européens, pourquoi les mêmes troupes qui étoient au
à Sonthonax,
cela eft parfaitement à fa connoiffance. La province du Nord
n'étoit pas la feule oà ily eut des troupes: les régimens Arcois
& Normandie étoient dans la province de TOuef;le régiment
de Berwick étoit dans la province du Sud. Or, fila cclonie,
comme le prétend Sonthonax, étoit un climat peftiféré pour
les Européens, pourquoi les mêmes troupes qui étoient au --- Page 310 ---
Port-an-Prince dans I'Queft, pcurquoi
Ia province du Sud,n'y onr-elles
celles qui étoient dan
c'eft qu'au Port-au-Prince & dans paspéri la : En voici la raifon
fervoit d'aucun aliment
partie du Sud on ne fa
troupes comme des frères empoifonné > c'eft qu'on regardoit ce:
leur
> comme des
&
prodiguoit tous les fecours dont ils libéraneurs., avoient beloin. qu'or
La guerre dernière, nous avons eu à
quatorze mille hommes de troupes
Saint-Domingue
faire le fiége de la Jamaique. La
qui étoient deftinées à
eft repaffée en France,
majeure partie des bataillons
aucune maladie, telle > prefqu'au celle
compler, & il n'y a eu
troupes venues de France que
qui s'eft fait reffentir far les
Saint-Domingue.
pour fi elles reconquérir les propriétés à
par des' caufes extraordinaires, Certes,
ont péri, ce na été
& le poifon.
celt-a-dire, par les natides
Sonthonax : Sur ce que Verneuil vient de citer
provinces du Sud &
lui
les
a été peut-être plus FOueft,je forte dans la obferve que la Rortalit
celle du Sud, > parce que l'air y' eft partie du Nord que dans
cet égard on peut confulter le Moniteur beaucoup plus mal-fain. A
par Langoi-Laboilicre à la commifiion 3 les plaintes formées
la mauvaife aéminiftration des hopiraux dans intermédiaire, la
fur
Sud; quant à la province de T'Oteft, deux
province du
trouvoient au Port-au-Prince ont été réduits régimens qui fe
& ils étoient paflés au compler de
à 200 hemmes,
Ces régimens auroient péri d'une manière 55o hemmes chacun,
prompte , s'ils euffent eu une guerre aufli beaucoup plus
que celle que la province du Nord avoit à cruelle faire à fourenir
efclaves. Les noirs n'atraquoient ordinairement les contre fes
Européens que la nuit ou dans les grandes
camps des
celant > pendant plufieurs jours, un
pluies, en harlempéchant de fe livrer à aucun
camp européen, en
repos.
Tolferve enfin à Verneuil, fur ce
à la guerre dernière, que s'il avoit confulté qu'il les dit Par rapport
bureaux de la guerre 5 ilanroit vu que de ces I 4,000 regiftres des
envoyés pour la conquète de la
il
hommes
ieveru en Franee 8cco effectis; Jamalque, &
n'en eft pas
n'avoient pas fait la gucrre 5 ils éroient cependant, reftés difléminés CCS foldats dans
Tolferve enfin à Verneuil, fur ce
à la guerre dernière, que s'il avoit confulté qu'il les dit Par rapport
bureaux de la guerre 5 ilanroit vu que de ces I 4,000 regiftres des
envoyés pour la conquète de la
il
hommes
ieveru en Franee 8cco effectis; Jamalque, &
n'en eft pas
n'avoient pas fait la gucrre 5 ils éroient cependant, reftés difléminés CCS foldats dans --- Page 311 ---
Nles villes & les garnifons; ils avoient étd très-bien
én viande fraiche, , parce qu'alors le tréfor public entretenus étoit bien
entretenu, parce que les corps populaires
core dévoré la fublance des colonies. Eh n'avoient pas enfoins de Fadminiftration
bien ! malgré les
France, 8coo hommes feulement , malgré l'argen: qu'envoyoit la
France , font revenus en Europe. des J'obferve 14,000 envoyés de
tout ce que Verneuil a dir d'altération de vivres d'ailleurs
lument dénué de preuves, il eft inutile de
étant aes
égard les débats : je demande
prolonger à cet
objer.
que l'on palle à un autre
Lepréfdent : Pallez à un autre objer.
Duny : C'eft relativement à ce qu'a dit Sonthonax de
l'ouvrage de Page.
Ie préfident : Paflez à un autre objet.
Brulley : C'eft fur les différens articles
déja traités. Je crois avoir remis fous les que nous avons
miffion des colonies des preuves des
yeux de la comportées à diverfes reprifes; & certes, plainces
ont été
thonax, fles adminiitations.
comme Re dit Sonavoient été
porté un aeil attentif fur cette partie de changées, s'ilavoit
plaintes n'auroient pas été
Tadminiftration, les
clamé fans ceffe auprès des récidivées, on n'auroit pas réehangement néceffaire dans corps les conftitués pour établir un
que fur la demande de. la fociété hôpitaux. Sonthonax a dit
jacobine du Cap.
Sonthonax : S'il faur que les colons
lement contre ma juftification, les débats plaident continuelcar, en bonne rigle, je dois avoir le
feront éternels;
les accufations.
dernicr la parole fur
Le préfident à Drulley: Tu. reviens effedtiveinent
objet déja traité 3 je t'ai déja dit de
à
fur un
paffer un autre.
Brulley : Le feptième arricle eft
ment des troupes. Sur cet arricle, relatifau défaut de
doute les lettres du commandant vous vous rappelez reis
refte aucun doute fur le non-p Laveaux que j'ai lues; il ne
nefte réfultat de ce
paiement des troupes & le fulettres étoignt adreflées non-paiement. à la
Vous avez vu que les
commiflion intermédiaire &
fur un
paffer un autre.
Brulley : Le feptième arricle eft
ment des troupes. Sur cet arricle, relatifau défaut de
doute les lettres du commandant vous vous rappelez reis
refte aucun doute fur le non-p Laveaux que j'ai lues; il ne
nefte réfultat de ce
paiement des troupes & le fulettres étoignt adreflées non-paiement. à la
Vous avez vu que les
commiflion intermédiaire & --- Page 312 ---
revêtues du caraétère d'authenticité avoué par
Puifqu'il eft dit que tout ce qui eft contenu dans Sonthonax,
chives de la commiflion intermédiaire, il
les areft bien conftant qne le commandant de l'avoue. la force Ainfi, il
écrit à diveries reprifes, notamment dans les
armée a
que je vous ai citées, que les toupes n'étoicnt deux lertres
Que Il vous a dit Sonthonax pour fa juftification : il pas vous payées. a
faudroit que la République ett mis des fonds à notre dit:
difpofition pour y fiubvenir; il vous a dit qu'i n'étoit arrivé
que 500,000 liv. tournois pour fubvenir aux
vous a dit que ces fommes éroient employées à dépenfes; il
viandes les hopiraux & les
fournir de
la fubvention avoir
cainps, > & ils'eft réfinné à dire
3 Nord l'avoit feule très-peu produir, parce que la partie
partie dévaftée. Je founie, & qu'elle étoit en grande
notes de Laveaux. puiferai encore mes réponfes dans les
fance. des fommes arrivées Cetres, fi Lavéaux, qui avoit connoifqu'ily avoit de quoi
de les France, qui favoit très-bien
que les troupes n'avoient payer
toupes, s'eft plaint de ce
tition des fommes
pas été comprifes dans la réparles. morifs; & un commnandant pour ce qui leur étoit de, il en faveit
la confiance de Polverel & Sonthonax de la force armée, qui avoit
de leur fecret, qui voyoit leur conduite > quiavoir de
une partie
avoit des relations avec les adminftrateurs des plus
qui
veaux enfin, en fa
de
LaTELO
s'il y avoit ou s'il n'y qualité avoit
commandant, devoit favoir
donc Laveaux : Laveaux dit, pas dans moyen fa lettre de payer. du Que dit
qu'il eft étonné qu'on ait compris les
17 avril >
dans les fommes deftinécs à la colonie; troupes il dit pour auffi peu
un paiement eflentiel à faire, c'étoit celui des que s'ily avoit
les deux lettres qu'il eft inurile de relire ici, troupes; &
T'ont été déja, font d'une telle
parce qu'elles
laiffer aucun doute fur le mal qui force, eft réfulté qu'elles du ne défaut peuvent
paicment des
des troupes. Sonthonax le rejette fur la
de
fonds envoyés Far la Frnces mais ii ne vous pénurie dit
qu'il a des paroiffes dans la colonie qui Ont donné des pas
Reaute affez confidérables; mais il ne dit
vention a fourni allez, Enon rcur opérer le pas que la fubau moins, 2 comme le difoit Lavenus dans fes paiement entier,
leur douner un à-compte aflez confidérable
lectres, faire pour
pour
cciler
es. Sonthonax le rejette fur la
de
fonds envoyés Far la Frnces mais ii ne vous pénurie dit
qu'il a des paroiffes dans la colonie qui Ont donné des pas
Reaute affez confidérables; mais il ne dit
vention a fourni allez, Enon rcur opérer le pas que la fubau moins, 2 comme le difoit Lavenus dans fes paiement entier,
leur douner un à-compte aflez confidérable
lectres, faire pour
pour
cciler --- Page 313 ---
les mécontentemens
quand les troupes te recevroient : car Laveaux a foin d'oblerver que
mene, il leur falloirau moins un pas la totalité de leur paiepour qu'l leur ffit poilible de fe à-compre des aflez confidérable
éviter d'aller dans les hoprraux procurer (ce font les foulagemens &
Laveaus), pour éviter d'aller dans los hôpiraux expreflions de
gardent comme Fanue de la mort. Tant
qu'ils remoyens d'évicerd'aller dans
qu'ily auroir eu des
été con:ens. Laveanx fait leshopisans, fencir
> les foldats cuflent
foldats une févère
qu'il ne peur exiger des
des chofes les plus difeipline, effentielles. > parce li qu'il fait qu'ils manguent
permettent pas de douter de tout entre le dans dos détails qui ne
foldars fur les objets de
tort qu'on 2 fait aux
&cc. Je Je demande
première nécellité Gn bas, fouliers,
de quoi facisfaire CM actuellemenr: enrieràla folde : alors des qu'on nauroit pas eu
pas dâ du moins leur donner lcs choles les trouper, n'auroit-on
fatisfaire aux befoins de première
plus urgentes, &
fe vêtir? N'auroit-on pas dà leur néceflité donner pour fe couvrir &
donnent aux foldats les moyens de fe
ces fecours qui
lagemens qui entrericanent la fanté &c-la procurer ces petits fouévitoient linconrénient d'ailor dans les propreté, & leur'
qa'ils y entroient , ils fe regardoient hôpitaux oà, dès
thonax dit que nous avons. eu tort de comme lni faire morts? Sonle parce que cela ne devoit pas le concerner; & je ce dis reproche,
témoignage de Lavenux,
d'après
de bataillon, d'après tous les d'après faits les ceux des commandans
les renfeignemens pris par les
plis avérés, d'après
réfervé le droic de dilpofer des inréreflès, finances
Sonthonax s'etoit
toutes les
la
malverfarions malverfations on eu lieu fous fes colonie, & que
des fommes
de
yeux; 5 que les
la colonie font encore envoyées du fait de France. nerçuesdans
pouvoir atbitraire > en metrant dans Sonthouaxs. le
que fon
aucune fomme fans fes ordres, que d'après cas fon de S'omployer
Sonthonax s'eft rendu coupable d'avoir conientement;
Tirabent le paiement de telle manière
empèché qu'on
procurer les foulagemans de première que le ioldar pis fe
nièreqne les foldats ne
nécellié, de telle manéceflité, de manière manquaffent enfin
pas desobjets de première
chaque jour dépérir, fondre, que ces troupes ne fe villent
choles eilentielles & des objeis pirce les qu'clies manquoient Reg
plus néceflaires. Son-
ientement;
Tirabent le paiement de telle manière
empèché qu'on
procurer les foulagemans de première que le ioldar pis fe
nièreqne les foldats ne
nécellié, de telle manéceflité, de manière manquaffent enfin
pas desobjets de première
chaque jour dépérir, fondre, que ces troupes ne fe villent
choles eilentielles & des objeis pirce les qu'clies manquoient Reg
plus néceflaires. Son- --- Page 314 ---
thonax dit qu'il faut interroger les Français; &
je ie dis avec lui, qu'on les interroge : ils diront moi auffi, 3
Iale manquer de tour; il n'en eft pas un
qu'on les a
ouvert la bouche
dire que le régime fous d'eux qui n'ait
vécu étoit un eciner affreux, un régime de lequel ils ont
fang; il n'en eft pas un d'eux
ne maudiffe détreffe & de
lon les a envoyés dans la
il n'en eft l'inftant ou
un
thde
qui ne regarde comme un miracle fa
pas dès enfin
moment qu'il a teuché les rivages de la confervation, France. Ces
le
foldars diront tout ce que nous difons ici de cette
mêmes
impardonnable , qu'elle a même été cruelle, que négligence
été comptée pour rien, qu'on les a laiffe
leur vie a
pas remédié aux ravages que la mortalité dépérir, qu'on n'a
jour fur eux. Le foldat ne ceffe de le
exerçoit chaque
& la commiflion s'en convaincra quand répéter elie voudra chaque jour,
auprès d'elle ceux qui ont eule bonheur
appeler
qui les attendoit à Sain-Pomingue Sonthonax d'échapper àla mort
qu'il étoit ridicule à nous de faire des reproches de a dit la enfuite
dans laquelle la France a laiffé Saint-Domingue.
pénurie
Sonzhonax: : Je n'ai pas dit un mot de cela.
Brulley : Certes, jamais nous n'avons eu
nous élever contre la pénurie dans Jaquelle l'intention de
France : loin de là, nous avons demandé nous Jaiffoit la
habitans le foin de pourvoir aux befcins des qu'on défenfeurs laiffat aux
la colonie; nous avons toujours demandé
de
fit confiée à ceux qui, étan acclimatés, que cette défenfe
cemme leurs ennemis, &réfifer davantage Pouvoient à leurs y vivre
par conféquent , c'étoit ménager le fang des attaques :
Voici ce que nous avons demandé, & jamais nous Européens. n
entendu nous plaindre dès moyens pécuniaires fournis avons
France à la colonie; nous favons qu'elley a
par la
qu'elle a pu 5 que, le II mai, la frégate la Concorde envoyé tout ce
onze cent mille livres: les troupes ont-elles éré
a porté
non, elles ne l'ont pas été davantage; tous les payées depuis?
de bataillon s'en font plainrs.. Ila éré tiré
commandans
de lertres-dle-change par Polverel &
vingt-deux millions
Sonthonax .
Sonthonax : Jamais nous n'en avons tiré ni
Rne feule.
approuvé
'elle a pu 5 que, le II mai, la frégate la Concorde envoyé tout ce
onze cent mille livres: les troupes ont-elles éré
a porté
non, elles ne l'ont pas été davantage; tous les payées depuis?
de bataillon s'en font plainrs.. Ila éré tiré
commandans
de lertres-dle-change par Polverel &
vingt-deux millions
Sonthonax .
Sonthonax : Jamais nous n'en avons tiré ni
Rne feule.
approuvé --- Page 315 ---
SIE
lation. Brilley Cette : On le prouvera lors de la difcuffion far
énorme émiflion de
la dilapinvoyés par ia France, quie font leurerde-ciange, -ils
de fondls
roupes n'ont pas été payées, que la devenus mortalité ? Puifque les
uilquilya toujours eu des plaites, je
a continué,
honax, lament d'après le témoignage de tous les maintiens que Sonici, eft reconnu
militaires qui réEs mains l'aurorité
coupable à > comme ayant eu entre
ayées, à ce qu'elles fupérieure, fuffent
ce que les troupes fullent
ment de folde des troupes, entrerenues, &
du défaut de paieFuction qui en fut la fuite nécellaire. par conféquent de leur defur Sonchonax: le défaut de Le feul nouveau fait articulé par les
tégate la Concorde paiement des troupes, eft
colons
a
à
celui-ci:
la
e 1,100,000 liv. au mois apporté de Saint-Domingue une fomme Que
a pas été employée au
mai 1793, & que cette fomme
ue la fomme de 1,100,000 paiement liv. des troupes. Moi, j'affirme
été employée
envoyée par le confeil
R
viande fraiche exclu(ivement les
au paiement des
exécutif &
pour hépitaux.
troupes de
Emoignage fait
dans ma bouche n'eft Galbaur (&, certes 9 ce
faire lui-même Ia diftribution pas de réculable) 3 Galbaur
abord ux troupes à fon arrivée 2 & ces
400,000 liv. tournois
fur les 1,100,000 liv. Les 400,000 liv. ont été prifes
Ic préfident à Sonthonax
colons, dis-je . . e
pire
: As-tu quelque preuve de ce
Duny : J'affirme le fait relativement
Sonthonax : Les colons le favent;
aux 400,000 liv.
épartition de 400,000 liv. que fur Galbaud les
n'a ordonné la
Domingue. apportées : voilà ce que Galbaud a fait 1,100,000 à fon
liv.
Mais Laveaux fe
du
arrivée à Rua
Foupes à la commiflion
plaignoit non-paiemenr des
lus alors au Cap; ; parce interanedinire, qu'étant, parce que je n'étois
Oueft & du Sud, occupé de la
dans la province de.
C des révolrés efclaves,
rédudion des révoltés
e la province du Nord, je ne pouvois veiller à T'adminftration libres
ntre les mains de la commition dont j'avois remis Ja furveillance
ous parlent de fommes énormes intermédiaire. Les colons
ela fe réduit, de leur aycu, à venues de France, & tour
1,6a0,000 livres toutnois,
& du Sud, occupé de la
dans la province de.
C des révolrés efclaves,
rédudion des révoltés
e la province du Nord, je ne pouvois veiller à T'adminftration libres
ntre les mains de la commition dont j'avois remis Ja furveillance
ous parlent de fommes énormes intermédiaire. Les colons
ela fe réduit, de leur aycu, à venues de France, & tour
1,6a0,000 livres toutnois, --- Page 316 ---
Cependant, les dépenfes de la colonie éroient de ou
millions par mois; & fi ces dépenfes étoient de 3 où 4
millions par mois, ilsfridicule de vouloir que
1 4
envoyées pendantl'eipace de deux ans, aient pu 1,600,000 tuftire
la folde de fix à huit mille hommes de troupes.
pou
I'on ne pourroir inculper les commiffaires civils J'ajoure d'avotr que fait
manquer la paye des troupes , qu'en cas que la
eit mis à la diipolition de l'admin.ftration les fonds République
faires pour cette folde : or, s'il n'eft arrivé qu'une fomme néccf de
1,660,000 liv. peniant le cours de deux ans, il eft ridicule de
vouloir rendre refponfables les commillaires civils des embarras du gouvernement fiançais. La fubvention a très-peu
produit; s'il s'agiffoit ici de faire & de débattre un
de finances, je n'aurois pas de peine à prouver que les. compte reffources qu'eile a produites étoient infiniment
communes de lOueft de la colonie ont fait des petites. offres Les
triotiques; la ville du Port-au-Prince a offert un don patriotique d'un million; celle de la Croix-despaoffert 1soc,ocol.tmais comme, avec les colons, Bouquers offrir eft a
& payer eft un autre, la commune du Port-au-Prince n'a un
payé que 75,000 liv. fur l'ofire d'un million, & celle de la
Croix-des-Bouquets n'a rien payé du tour, quoique ces
communes fuffent dans un étar très-fioriflant. Il n'a deux
aux
pollible
adminifirateurs de cette province d'obrenir pas été
ces communes réalifallent leurs offres: ainfi, c'eft aux que
eux-1 mémes a s'impurer le non-paiemen: des
car colons
colons avoient voulu, les troupes auroient troupes; été parfaitement files
payées. Cependant, je deis dire à la louange de la
de T'Oueft, que les foldats qui étcient dans cette province
ont toujours été payés ou à-peu-près; car il ne leur province eft dû
que forr peu de chofe, peut-être un mois de folde. La même
pénurie, la même dévafation exifoit dans la
du
Sud. comme dans celle du Nord; &ciln'eft pas province
n'ait pas pu payer les troupes dans le Nord & étonnancquf'on dans le
parce
que la République envoyant des troupes à Saint- Sud,
Domingue, c'étoit à elle à les payer, c'éroit au comité de
falut public, chargé du gouvernement, à envoyer des fonds
à Saint-Domingue pour le paiement des troupes, comme il le
faifoit pour les différentes armées de l'intérieur, On ne peut
pas
Nord; &ciln'eft pas province
n'ait pas pu payer les troupes dans le Nord & étonnancquf'on dans le
parce
que la République envoyant des troupes à Saint- Sud,
Domingue, c'étoit à elle à les payer, c'éroit au comité de
falut public, chargé du gouvernement, à envoyer des fonds
à Saint-Domingue pour le paiement des troupes, comme il le
faifoit pour les différentes armées de l'intérieur, On ne peut
pas --- Page 317 ---
civils de n'aveir pas fait
pas faire un crime aux commillaires les troupes, tardis qu'onne tercit
fimpoflible pour faire payer de la Convention nacionale eilpasm crime à un commifiaire
de cette armiee, fi
voyé aupris d'une armée du non paiement les ronds réceltanes.
le gouvernement négligeoi: d'y, envoyer ditles.colons. Je demande
Jenai rien à répondre à ce qu'ont
qu'on palfe au cinquième chef.
vient de dire
la ville du PorVerneuil : Sonthonax
mille
queiqu.lie fût
n'a
que 75
TeEa
au-Frince
payé
s'eft impofee ellealors dans un érat Roriflanr d'un loriqu'elle feul mot ce'qsii vient de
même; & pour la lettre détruire de Polverel au Por-au-Frice, aumodire, voilà
d'un million a étè levé fur cette comment ou cet impôr
mune.
Ef-ce
cela prouve qu'elle n'a pas voté un
Sonthonax :
que
emprunt d'un million :
Verneuil: : Laillezamoi ilire ; vous en tirerez toutes les induétions que vous voudrez.
(Ferncwil lit : )
Lettre de Poiyerel a la municipalité du Port-a-Prinse, dx
22 ncvembre 1792.
vous
Meflieurs, a donné
Cc
La commune que
repréfenrez,
avoir éprouvé ,
de parrioilme , après
un grand exemple d'un an, tous les Aléaux de la guerre, de linpendanr cendie & plus des brigandages de toute efpèce 5 la malheureufe
ville du Port-au-l Prince a pourtant trouvé, dans les débris de
de quoi facrifier un million au falut'
fon ancienne opulence, &
de fes habitans onr offert à T'envi
de la colonie; & leurs plufieurs foins pour la perception de cette conleur temps
d'avance à - toute elpice d'émolutibution,, en renoncant
mens & d'indemnités.
toute la colonie connciffe ce beau dévouer
>> Il faut que
électrifer les ames les
ment à la. chofe publique 2 pour
plus
2 Tome VI. Soisantième liyraifon.
X
ulence, &
de fes habitans onr offert à T'envi
de la colonie; & leurs plufieurs foins pour la perception de cette conleur temps
d'avance à - toute elpice d'émolutibution,, en renoncant
mens & d'indemnités.
toute la colonie connciffe ce beau dévouer
>> Il faut que
électrifer les ames les
ment à la. chofe publique 2 pour
plus
2 Tome VI. Soisantième liyraifon.
X --- Page 318 ---
froides & les plus égoiftes ; il faut que la France en foit
inftruite. , pour apprendre à connoitre lés vrais amis de la
patrie : elle faura
nous
nulle part la loi n'a de
rigoureux Etin ni ec métropole d'enfans plus Ru
mis, ni Ja révolution françaife &c la Convention nationale
de plus chauds défenfeurs qu'au Port au-Prince. Veuillez >
Mellieurs, tranfiettre à vos' concitoyens les rémoignages
de ma fa isfaction, & la promeile que je leur fais de confacrer tous mes moyens phyliques 8c moraux, & ma vie
même > s'il le faut, au falur de la colonie & au bonheur
des braves, patriores, qai ont Gi bien mérité le titre de citoyens français, dont ils s'honorent, & que je me félicite
de partager avec' eux.
32 Le commiffaire national civil.
Signé, POLVERIL.
La commune du Port-au-Prince, à cette époque, n'étoitdonc pas dans l'opulence, Elle, a. fair un effort de tout ce
qu'elle pouvoir faire; & certes > il eft ridicule que Sonthonax vienne alléguer ici que toutes les communes de la COlonie éroient dans un état floriffant, tandis qu'elles avoient
éprouvé les plus grandes peries.
Sonzhonax : Je réponds feulement que Verneuil m'a fait
dire ce que je n'avois pas dit. Je n'ai point parlé de la ville du
Port-au-Prince dans T'enceinte de fes murs. J'ai parlé des deux
communes de la ville du, Port-au-Prince & de la Croix-desBouquers. J'ai dit que ces deux communes étoient dans l'état
le plus fiorillant; car la commune du Port-au Prince n'eft
bornée à l'enceinte de fes murs, pas plns que celle de
E Croix des-Bouquets, à l'enceinte de fon bourg. Eiles ont
autour de. leurs. murs un terrcin fort érendu, couvert. de
plantations fuperbes enrcafé &'en fucre. Ces plaines & ces
montagnes étoient. parfairement intactes ou prefqu'intaces,
comme les colons vous l'ont dit > loriqu'il s'cit ngi de la
fituation phyfique de la colonie : avant notre arrivée. Je
répere donc que les' plantations de cette. commune- étoient
dans létat le plus fioriffantalors qu'elles devoient payer
murs un terrcin fort érendu, couvert. de
plantations fuperbes enrcafé &'en fucre. Ces plaines & ces
montagnes étoient. parfairement intactes ou prefqu'intaces,
comme les colons vous l'ont dit > loriqu'il s'cit ngi de la
fituation phyfique de la colonie : avant notre arrivée. Je
répere donc que les' plantations de cette. commune- étoient
dans létat le plus fioriffantalors qu'elles devoient payer --- Page 319 ---
le montant de leurs offtes; 3IE €
75 mille livres, cel'aurre rien cependant du
T'une n'a payé que
tour.
devoit Duny fournir : Citoyen; la fubyention 5 j'aides preuves à vous donner de ce
du quart.
que
Le pr.fident : Les débats
tion eroit de favoir fi
ultérieurs font inutiles. La quefpes. Vous voyez combien Sunchonnx cela a négligé de payerles troucuflion. Pallezan cinquieme chef. s'eloigne de l'objet de la dic
Duny: J'offre-de monirer les moyens de
a la Le prefident : Si cela avoit un trait
payer
queltion, > i falloit fournir les immédiatement relatif
preuves
Duy :
finr-le-champ.
qu'on mette Pendanrquilp dans les debats parie 2 je ne le puis pas. Je demande
les preuves.
que lon' in' empêche de fourhir
Sonthonax :Je demande
je ne veux - pas éternifer les que Duny fourniffe les preuves;
qu'il. foir dit qu'on pailfe dire débats, mais je ne veux" pas
que je fuis des' preuves.
Dany : Je fdis prèt."
90 2N0
91 Biulley US
: Le cinquième chef eft ainfi
conçu :
a Nous les accufons d'avoir
93 la colonie, &c.
organifé la guerre civile
>>
ptovoquéla
dans
C
Dationale ". Le
rebellion contre la
5, fgbordonné à la premier article ef ainti conça Conrention : slls: ont
N de lavoir fclles delbération des communes la
>> de la loi du 4 avail,s accéléreroien: de.celle, ou ditereroient l'execuron queftion
du22 aote 1792..
débats C'eft par une proclaination de Sonchonas
que nous Prouvons ce cinquieme chef. inferec dans les
On lit sans cetre
J C
proclamation du I2 octobre
PA0
ec: Article V:
1792:
3s nicipalités Iromédinement après
>
conaftitutionneles, le linftallation 4e8'm mus'occuperont fera de
premief acte dont
prendre le vaeu des.
elles
LSL La uu commrianes E 3A pour.
A 2
par une proclaination de Sonchonas
que nous Prouvons ce cinquieme chef. inferec dans les
On lit sans cetre
J C
proclamation du I2 octobre
PA0
ec: Article V:
1792:
3s nicipalités Iromédinement après
>
conaftitutionneles, le linftallation 4e8'm mus'occuperont fera de
premief acte dont
prendre le vaeu des.
elles
LSL La uu commrianes E 3A pour.
A 2 --- Page 320 ---
Ar
6 accélérer ou différer les aflemblées
foit
9>
primaires,
pour
former l'alemblée coloniale, ioit pour nommer des dé-
> purés à ia Convention natonale. Elles feront
fur23
parvenir
Je-ceamp leur delibération à ce fujet aux commiflaires
03 nadenaux civils 3.
Vous voyez, > citoyens, , que par cer article Sonthonax a
bien veritablement misen queftion ce quidtoir en loi. L'affemblee nionale avoit orconné par fon décret du 4 avril
fcruit formé de fuite une affemblee coloniale pour remplacer qu'il
celie que Sonthonax & Polvercl etoient autorilés de diffoudre:
ils avoient ordenné la forma:ion de ces affemblées, & le
decrer a ére rcndu, vous vous en reppelez, vu lurgences
par. catéquent ce décret éroit idp pérauif pour Polverel &
Sontionax; ils devoient donc tormer une aliemblée ccloniale,
&aun jas Sen remettre aux communes pour difcurer s'il
y avot lieu ou non à rormer une atiemblée C oloniile; enfuire ils. cnt ordonné de recueillir le même voeu fur la nomaquon des députes à I'Affembiée nationale; vous avez vu;
citovens, que le décrer du 22 aoûr eft aufli impératif.
Sonthonax : Tour ce qui concerne le décret du 22 août
a deja ete tcaité.
L: préfid.nt : Si les colons le préfentent fous un autre
sapport,:on ne peut les en, empécher.
LAL Brulley : C'eft fous un autre rapport que je le préfente.
Je dist que. le décret relatif à la nomination des dépurés à
la Cenvention naticnale eft impératif, eft aufli rendu vu
l'urgence's TAffeniblée nationale n'avoit donc pas laiflé à
lopion dei Polverel-& de Sonrhonax-de faire ou de ne pas
fire nommer des députés à la Convention narionale; mais
elle 'àvoit ordonné par fon décret du 22 août que les' dépurés à la Convention narionale feroi'nt nommés de fitite;
nous avons donc eu raifon d'accufer Polverel & Sonthonax
d'avoir mis en queftion ce Gui étcit en loi, de s'être arrogé
le droi: de mectre en quefticn ce qui étoit impérieufement
prelcrit par les lois des. 4. avril & 22 août : ils auroient dû
fure exécuter 1s lois, & le premier article qui les accufe
d'avoir autorife les communes à mettre en queftion sil devoit
avons donc eu raifon d'accufer Polverel & Sonthonax
d'avoir mis en queftion ce Gui étcit en loi, de s'être arrogé
le droi: de mectre en quefticn ce qui étoit impérieufement
prelcrit par les lois des. 4. avril & 22 août : ils auroient dû
fure exécuter 1s lois, & le premier article qui les accufe
d'avoir autorife les communes à mettre en queftion sil devoit --- Page 321 ---
coloniale, eft donc juftemen:
y avoir oul non une affemblée
appliqué.
furles conféquences
A préfen: (inous jettons un coup-d'ail renirerons nécellairement
qui doivenr retulrer de la, nous qu'ils ont excité la guerre
dans le cinquicine chet q"i porte: fans doute lorfqu'on meitoit les
civile dans la coi nic, car
sil devoit Y! avoir ou ne
communes dans le cas de coloniale. delibérer c'étoir exciter deux: partis
pas y.avoir dallembiee il étcit
& Ton ne devoit pas
Fun contre l'aure :
pollible,
a la formation
en douter, qu'il fe trouveroit fuflent un parti.oppofe ceux qui s'étoient
de Tallemblee ccleniale; ne
que
de corps
oppofés à la révolation & qui ne vouloient qui pas vouloit avoir
populaires; il devoit y avoir un autre parti auroit defiré, voir la
une allemblee coloniale, somine.elle parce devoit qu'il letre dans la colonie;
révolution c'étoit, s'opérer mettre aux prifes ces deux pardis, en autodès-lors
à confulter les'communes pour favoir
rifant les nunicipalités
coloniale'; c'étoit bien
s'il y auroit Cul non une alfemblée civile, c'étoit tendre à la forjerter des femences de guerre c'étoit les metrre dans 'le cas d'en
mation de deux partis, c'etoir exafpèret les haines qui avoient
venir aux mains, mot
au bouleverlemeet général
exifté, c'éroit en un-
"tendre
mi
de la colonic qu'ils ont exécuté. 3
à la
Quent a la anefion fur la" nomination des députés avoir égaCenvention, téme inconvénien 5; il pouvoir y les uns qui
lement deux parris bien prononces 2 cer n'en égard, vouioicnt pas ,
vouloient dcs depuires, lés autres qui c'étoit encoré préparer
c'étoit encore les mettre aux prifes,
la deftruétion. qui a eu lieu.
a9t a
. le paffe au deuxième, article qui porte dans qu'on ia Garde a empêché Nales hommes de couleur de fe rondre
donné des preuves
tionale; mon cellegue-Vernetail & vous Faire a. déja connoitte que les conde ce fait; il va les récapitler
à
pouvoient
fequences des actés de Sonthonax certe'époque,
exciter la guerre civile.
dans les
Verreuil : Vous vous
à merveille, ies que
dédépofitions fournies par eckts conire
premiers
ia Garde a empêché Nales hommes de couleur de fe rondre
donné des preuves
tionale; mon cellegue-Vernetail & vous Faire a. déja connoitte que les conde ce fait; il va les récapitler
à
pouvoient
fequences des actés de Sonthonax certe'époque,
exciter la guerre civile.
dans les
Verreuil : Vous vous
à merveille, ies que
dédépofitions fournies par eckts conire
premiers --- Page 322 ---
portés qui ont été envoyés en France par. lui-même, Sonthonax allègue le témoignage de Lavaux, de
&
Loyer-Deaupuis
d'auires, & que dans ces témoignages il eft formellement
queftion de leurs proclamations-zendi.cs par Sonzhonax le 2
décembre 1792, que ces proclimations ont. été lues par
Lavaux, puilque Lavaux déclare que je me fuis oppolé à
leur lecture: : fai donné communication de ces proclamations
d'aprés les procès-verbaux de la municipaliré du Cap : Sonthonax a regardé ces proclamations comme illégales.
Je demande en confequence. que puilqu'il eft attefté &
notoire que cés proclamations Ont exifté; puilque dans la d6claration de Lavaux elles ont été lues, que Sonthonax foit
tenu de les dépofer fur le bureau, enfuite je continuerai
la difcuflion.
Le préfident : Cela à a été ajourné après la' féance.
Sonchonax: J'obferve que je n'ai produit dans ma défenfe
aucune de ces proclamations; que fi je fuis obligé de parler
pour ma défenfe de prociamations faires. par moi, > je les
mettrai fur le bureau.: alors Verneuil difcurera comme il
voudra; mnais il n'a pas le droir de me demander de produire
des pieces s'il y en a contre moi. LiRi 1
Verneuil: : Ce que vient de dire Sonthonax ne détruit
les. faits.. Je vous ai fait connoitre ces proclasmationss Son- pas
thonax, en a nié la légalité en difant que ces procès-verbauxavoient été faits par un dé ceux qui laccufosent, & ne
voient être reçus en téinoignage contre lui. Je lui demande pour
les originaux de ces proclamarions qui font fur fcs
il les réfule : ce fera à la commifion', à la Convention regiftress à
juger fi les pièces que nous avons fournies font
ou
légales
non. ui
Sonthonax : Si dans le cours de la difcuttion les. colons
ont parlé, de proclamations pour m'accufer, s'ils n Cnt point
produit ces proclamations, c'eft qu'elles n'exitent,
ceft gu' elles ne font pas far. mes regiftres; 5 Gjai amntt
fauffement des proclamations faites par moi,, Ja commiflion
faura ie" juger, > parce qu'ayant en main mesp proclamations
RIDAE
ur
a
thonax : Si dans le cours de la difcuttion les. colons
ont parlé, de proclamations pour m'accufer, s'ils n Cnt point
produit ces proclamations, c'eft qu'elles n'exitent,
ceft gu' elles ne font pas far. mes regiftres; 5 Gjai amntt
fauffement des proclamations faites par moi,, Ja commiflion
faura ie" juger, > parce qu'ayant en main mesp proclamations
RIDAE
ur
a --- Page 323 ---
& toutes les pièces à ma charge, elle verra
en doute des proclamations qui exiftaffent effectivement. fif'ai révoque
La féance eft levée &c ajournée.
Lc regifre des- préfences eft ligmé: J. Pa. GARRAN,
freamt ; Fovené (de Nantes), fecrétaire ; MERLINO,
F.LANTHSNAS, GRÉGOIRE. --- Page 324 ---
Du 19 Prairial, Pan troiftème de la-République françaije
une & indivifible.
Le préfident : Je viens de recevoir une lettte du citoyen
Sonthonax dont il va être donné lecture.
Lettre de Sonthonax au préfident de la commifion des
colonies.
xe Depuis ce matin'je fuis travaillé de coliques affez violentes pour m'e empècher de me rendre à la commillion; fi
cette indifpofition avoit des fuites, je me mettrois en règle
par un ceruficat de médecin : dans tous les ces, je vous
préviendrai demain pour la féance du prinidi. Je vous prie
de prévenir la commiflion >.
Salut & fraternité.
Signé, SONTHONAX.
Lc préfdent : La féance eft ajournée à primidi prochain.
Les citoyens Page, Senac & Larchevefque-Thib.ud font
abfens.
La féance eft levée.
Le regiftre des prefences ef Agni: J. PH. GARRAN,
préfident 5 FoucHE (de Nantes),fercaire ; MERLINO 2
DABKAY, F. LANTHENAS.
Da iI
la commiflion >.
Salut & fraternité.
Signé, SONTHONAX.
Lc préfdent : La féance eft ajournée à primidi prochain.
Les citoyens Page, Senac & Larchevefque-Thib.ud font
abfens.
La féance eft levée.
Le regiftre des prefences ef Agni: J. PH. GARRAN,
préfident 5 FoucHE (de Nantes),fercaire ; MERLINO 2
DABKAY, F. LANTHENAS.
Da iI --- Page 325 ---
Du 21 Prairial, l'an troiftème de la Républiqué françaife
une & indivifible.
Le citoyens Senac, Page & Larchevefgue-Thibaur fon
abfens.
La rédaction des débats du 18 eft lue &c adoprée.
Le préfident : Voici l'arrêté que la commiffion a
la féance du 18 prairial,
pris dans
c Sur la demande formée par les ciroyens colons
débats de cejour, > pour avoir la communication des dans les
des proclamations de Sonthonax; ;
regiftres
>, La commiflion paffe à l'ordre du jour, motvé fur fes
précédens arrêtés > qui ne déclarent communs enre les
parties dans les, débats que les pièces déjà produites
quelques-unes d'entr'elles S.
par
Th. Millet : J'ai deux mots:à dire far le contenu du
nier procès-verbal. Ii a été dic dans la vivacité de la der- difcuflion, & cela eft échappé à un de mes
le citoyen Brulley, qu'il avoit été tiré 22 collegues, millions de je crois
de change par Polverel &c-Sonthonax fur ja tréforerie lettres
tionale; c'eft une erreur qu'il faut relever; c'eft-à-dire nanotre collègue vouloit dire que ces
> que
été tirées par l'adminiftrarion qui étoit letrres-de-change immiédiarement avoient
la farveillance de Polverel & Sonthonax,
fous
Bralley : J'obferve à ce fujet que jeun'ai
dit
ces lettres de-changefuffant trées
point
que
-
&. Polverel. J'ai demandé. feulement. nommémenepar ce qu'érpient Souchonax devenus
Tome VI: Soixchte-unieme lyraifon.
Y
par l'adminiftrarion qui étoit letrres-de-change immiédiarement avoient
la farveillance de Polverel & Sonthonax,
fous
Bralley : J'obferve à ce fujet que jeun'ai
dit
ces lettres de-changefuffant trées
point
que
-
&. Polverel. J'ai demandé. feulement. nommémenepar ce qu'érpient Souchonax devenus
Tome VI: Soixchte-unieme lyraifon.
Y --- Page 326 ---
22 millions tirés fur France pendant que Polverel &
thonax gouvernoient Saint-Domingue.
SonSonthonax : Je prie les citoyens d'aller faire
aux ordonnateurs civils.
cette demande
Th. Millet : Le treifième article du cinquième
pour provoquer la guerre civile
chefporte :
f" publicité d'un faux décret,
Sonthonax a fuppolé
ce qu'il appeloit une. faction' publicité qu'il a attribuée à
tionale.
profcrite par l'affemblée naC'eft dans la proclamation du 30 novembre
Sonthonax a fuppolé la publicité du prétendu faux 1792, que
& voici comme is'exprime :
décret >
(Il lit.)
Proclamation de Sonthonas, du 30 novembre 1791.
eCrrevese-Seusari,
3> Vous tous amis de la France >
autour
du délégué de la nation. Une faction réuniffez-vous coupable
par l'allemblée nationale, n'ayant du patriotifine profcrite le
mafque, ennemie de T'égalite, &-fur-tout de la loi que du
ayril,veur achever la perte de la colonie. O crime'! on fait +
circuler un farx. déçret de l'aflemblée
défend
aux
ciroyens de couleur d'être faits officiers nationale, ! je qui
le
falut de la patrie > au nom de l'égalité des hommes jure par
ce
que
décret n'exifte pas >),
libres,
Cette tactique n'étoit pas une chofe nouvelle dans SaintDomingue.
Sonthonax : Tout cela a été déjà dit lors de la difcuflion
de l'affaire du 2 décembre.
Le préfident d. Sonthonax : N'interromps donc pas, à moins
que tu ne voves qu'on fe livre à des divagations inutiles.
Sonthonax : On a difcuté cela pendant I5, féances; fi
l'on reproduit toujours les mêmes accufations, c'eft éternifer
les débats.
Ic préfident : Le ciroyen Millet paroit préfenter cet objet
ax : Tout cela a été déjà dit lors de la difcuflion
de l'affaire du 2 décembre.
Le préfident d. Sonthonax : N'interromps donc pas, à moins
que tu ne voves qu'on fe livre à des divagations inutiles.
Sonthonax : On a difcuté cela pendant I5, féances; fi
l'on reproduit toujours les mêmes accufations, c'eft éternifer
les débats.
Ic préfident : Le ciroyen Millet paroit préfenter cet objet --- Page 327 ---
fous un nouveau point de vue. S'il fe livre à des répétitions, la commiflion lui ordonnera dé paller outre.
Th. Miller : Nous allons faire voir que nous avons
cette proclatation dans les féances dont parle Sonthonax; préfenté
mais nous nel'avons pas difcutée. Je reprends. Cette
;
n'étoit pas nouvelle à Saine-Domingue. Le colonel Mauduit tactique
s'enéroit fervi aufli : il avoit ditaufli, lorfqu'il vit revenir fon
régiment de fon erreur, & qu'il voulur rérablir les
de divifion entre fon régiment & les citoyens, il avoit femences
faux décret avoit été répandu dans les cafernes du dicqu'un Port-auPrince. Quelle étoit l'autorité qu'a donnée Sonthonax
donner de Fauthenticiré à la publicité de ce faux décret pour ?
c'eft une déclaration du commandant de la province du
Nord, fiance de Lavaux, l'agent, la créature, > T'homme de cOide Sonthonax. Au refte, , parla fuire des
&
les
débats,
précédens 2 vous devez juger quelle eft Ia mefure de con- par
fiance que mérite la déclaration d'un homme
a donné
l'ordre de mettre le feu à la Hotte françaile. * falluit au
moins, pour conftater qu'il exiftoit un faux décre:,
été publié, il falloit au moins en produire un qu'ilavoit
foit manufcrit, foit imprimé ; mais, tant dans exemplaire, la
tion de Lavaux, que dans la proclaination de
déclaran'y voit qu'un bruis vague & uine exclamation Sonrhonax, : O! crime! on
ilcircule unfaux décret ! Erc'eit furcebrair vagué qu'un - fonctionnaire public", chargé d'un aufli grand intérêt que celui de
la confervation de Suing-Lomingne, fait une
en effet, a mis les armes à la main d'une proclamation, portion 2
citoyens contre
T
négligé &c même empèché l'autre. les Vous colons avez de couleur vu qu'on avoir
dre dans la garde nationale tout ce
de fe fondifcufion
:
qui s'eft dit dans la
la divifion a protivé qu'on n'avoit rien négligé pour établir
entre les colons blancs & les hommes de
On avoit donc intention de renouveler les femences couleur. de divifion jetées entre les citoyens, mais ces femences n'exiftoient
qu'entre les blancs & les hommcs de couleur ; il falloit
encore les femer entre les troupes de ligne & les
de couleur ; les volontaires nationaux & les troupes de colons
qui venoient d'arriver de France n'avoien: pas été
ligne
toutes les atrocités qu'on avoit à reprocher aux hommes témoins de de
couleur. Les feuls régimens de Walch & du Cap,qui fe trouY2 2
entre les citoyens, mais ces femences n'exiftoient
qu'entre les blancs & les hommcs de couleur ; il falloit
encore les femer entre les troupes de ligne & les
de couleur ; les volontaires nationaux & les troupes de colons
qui venoient d'arriver de France n'avoien: pas été
ligne
toutes les atrocités qu'on avoit à reprocher aux hommes témoins de de
couleur. Les feuls régimens de Walch & du Cap,qui fe trouY2 2 --- Page 328 ---
voient depuis long-temps dans la.colonie; en avoient feuls
connoiffance 5 c'eft à ceux-là
s'eft adreffé
élever entr'eux & les hommes T couleur la divifion Toui
devenoit néceffaire pour amener la guerre civile. Vous vous
rappelez de la proclamation du II octobre 1792, de cette
proclamation qui difpenfe les ciroyens (& il eft probable
que cette difpenfe étoit plurôt
les hommes de couleur)
des conditions exigécs par la Rorp pour entrer comme officiers dans les troupes de ligne 3 c'eft alors
l'on a aufli
difpofé les elprits & élévé les prétentions dec hommes de
couleur fort au-delà de ce qu'eiles devoient être, que l'on
s'écrie : 8 crime, il circule unfaux décret ! & pour donner plus
d'aurhenticité à la publicité de ce faux décret, on l'annonce
comme l'ouvrage d'une corporation coupable, proicrite par
l'allemblée nationale : ce font les termes de la proclamation;
& cependantil eft bien conftaté par le décret du 28 mars,
l'aflemblée nationale a déclaré
n'y avoit pas lieu à
ancre
qu'il
pation contre cette corporation, qui ellallemblée générale de
Saint-Marc; mais le but de cela étoit de jeter encore de nouvelles divifions entre les perfonnes
avoient fervi cette
allemblée, & celles qui avoient pris 1e armes contre elle.
Ceux-ci commencèrent à s'appercevoir que les mefures
qu'elleavoit prifes, avoient pour but de prévenir les déchiremens intérieurs qui fe font peu-à-peu développés à SaintDomingue, & qui enfin ont entrainé fa deftruction : il falloit donc renouveler les inquiétudes au fujet de cette affemblée, renouveler les divifions entre les citoyens, & fur-tout
élever contre elle les hommes de couleur; & c'eft encore à
cette époque qu'on S écrie: 6 crime! il circule U72 faux décret
gai déferid igue les citoyens de couteur foient faits oficiers!
Vous remarouerez que cette proclamation eft du 30 novembre, 8 c'eit le lendemain premier décembre que l'on
forca les régimnens de ligne, c'elt-à-dire ceux. du Cap & de
Walch, à receroicle-hoignes de couleur comme officiers. Les
dérails de certe défafreufe journée vous Ont été donnés, &
celles qui Pont fuivie vous ont été fufifamment développés;
je ne YOUS les rappellerai pas, mais ils ont dû vous prouver
"aufli que,, fans l'énergie des citoyens du Cap, cejour & les
jours fuivans, il feroitarrivé cequieffarrivé les 20 & 2rjuin
1793- Iisiont dû vous proiver que le but de cette procla-
officiers. Les
dérails de certe défafreufe journée vous Ont été donnés, &
celles qui Pont fuivie vous ont été fufifamment développés;
je ne YOUS les rappellerai pas, mais ils ont dû vous prouver
"aufli que,, fans l'énergie des citoyens du Cap, cejour & les
jours fuivans, il feroitarrivé cequieffarrivé les 20 & 2rjuin
1793- Iisiont dû vous proiver que le but de cette procla- --- Page 329 ---
mation du 30 novembre, étoir 325
car elle porte par-tour ce caractère, d'organifer elle la guerre civile;
couleur, divilion, foit entre les troupes de ligne & établit les par-tout la
couleur, foit entre lés colons blancs & les hommes de
ablolument foit en armant les uns contre les autres hommes des
de
tion, de reconciliés; & enfin il réfulte de cette
partis
étoit
quelque manière qu'on T'examine,
proclamad'erganifer la guerre civile.
que l'intention
Yereuil : Je paffe au quarrième article, ainf
t
tion Sonthonax qui
a rendu, > le premier décembre, une conçu:
fition de remettoit entre les mains de
proclamala
toutes les gardes nationales du Rochambeau la difpomunicipalité; de-Jà les journées des Cap:& en a revèru
cembre : ila a, fans lintermédiaire de la 2, 3.4,5 &6 délautorifation du pouvoir exécurif, formé municipaliré des
& fans
d'hommes de couleur armés & de troupes de rallemblemens
Citoyens, dans la proclamation du
ligne.
vousai donnélecture, lorfqueje 12décembre i 792, dontje
le 2 décembre 1792 & jours vous,ai peint ce quis'eft paffé
vaincre que cette proclamation fuivans n'aveit > vousavez da vous conmer Ja guerre civile; je vous ailu, d'autre but que d'allumation, celle quia été rendue
pour appuyer cette proclalettre officielle par lui écrite par à la Sonchonax, ou plutôr une
premier décembre 1792, & qui étoit municipalité rclative
du Cap le
couleur, qui jufqu'à préfent n'avoient
aux hommes de
patrouilles dans la colonie,, &
pas été employés en
feul avoir été employé. J'ai auxquelles le bataillon entier
tions de Sonthonas, du 2 pailé enfuite aux proclamations font au nombre de deux; décembre 1792. Ces. proclamature. C'eft là-dellius que Sonthonax je yous en ai donné aufli-lec
Toriginal de ees proclamations fur le m'a demandé de remettre
tions, je n'ai pu les produire en bureau; ces proclaman'exiftenr que dans les
originaux, de
parce qu'elles
fais qu'elles exiftent dans procès-verbaux les
la municipalité : je
à raifon de cela que j'en. avois regiftres de Sonthonax, & c'eft
Au refte, fi la commiflion ou la demandé Convention communication.
jugent fera
les pièces que j'ai admifes foient nationale ne
ESeL dec compulfer lès regiftres de
légales, il
prouver que Sonthonns, dans cette Sonthonax pour vous
tre but que d'organiferla
journée, n'avoir d'auguerre civile. Je vous ai fait part
Y 3
à raifon de cela que j'en. avois regiftres de Sonthonax, & c'eft
Au refte, fi la commiflion ou la demandé Convention communication.
jugent fera
les pièces que j'ai admifes foient nationale ne
ESeL dec compulfer lès regiftres de
légales, il
prouver que Sonthonns, dans cette Sonthonax pour vous
tre but que d'organiferla
journée, n'avoir d'auguerre civile. Je vous ai fait part
Y 3 --- Page 330 ---
de l'ordre, de la demande faite le 2 décembre,
la municipaliré, de mettre l'embargo fur tous les CfRtaL de la
rade,afin que cettenouvelle nefe propageit pasdans les autres
quartiersdela colonie, & du refus qui fut fait par Sonthonax,
fons prétexte que cela feroit attenter à la liberté du commerce.
413 J'ai paffé de-là à l'ordre officiel de
du
du. mème mois, donné a Jla municipalité Sonthonay, du
de 3
fommer les hommes de couleur raflemblés hoftilement Cap,
les environs du Capy de rentrer dans la ville, à
dans
être conraints par la ferce, & quir remet à cet effet au peine d'y
de la municipalité les troupes de ligne. Scnthonax pouvoit
core
fore recrié contre cet ordre envoyé à la
s'eft enil eft configné dans les procès-verbaux de cette municipalité; autorité; il
eft conféquenment infcrit fur les regiftres de Sorithonax.
Je fuis paffé de-là à la proclamaticn de
du
mois" d'odtobre 1792, qui ordonne de réintégrer Sonthonax, les hommes
de côuleur dans leurs cafernes qu'ils avoient conftamment
oceupées depuis les événemens arrivés dans la commune.
Puifque Sonthonax, > le 4 décembre, ordonne à la municipalité" de réintégrer les hommes de couleur qui s'éroient
foulevés contre la nation, il elt bien prouvé que jufqu'à cette
époque ils avoient été cafernés, ils avoient fait un.
à
part, & qu'aux termes de la loi ils devoient être confondus corps
dans la garde nationale, & que G on les a tenus à
d'érois pour s'en fervirau befoin pour perpéruer les part,
Je vous ai lu enfuite la proclamarion du 5 du même tronbles, mois,
cà il retire les troupes de ligne feulement mifes à la
fition de la municipalité, & les remet au pouvoir de difpochambeau. Dans la defcription que je vous ai faire de Ro- la
journée du 2, vous avez du vous convaincre
Sonthonax n'a pris cêtte précaution qu'afin de pouvoir que embarquer
plis forement les deux régimens de troupes de ligne donr il
vouloi: priver la colonic, parce que c'éioit à cette
les feuls batsillons qui fulient inads; & pour faire époque
venir plus firement les troupes, il falloit qu'il y. mit par- les
troupes de ligne à la difpolition de'
avec
lequel il étoit d'accord, afin de retirer Rochombeau, & aux
&
aux troupes de ligne qu'on vouloit embatquer, citoyens tous les
moyens de réfiftance. Pour ne pas entrer dans des détails
la colonic, parce que c'éioit à cette
les feuls batsillons qui fulient inads; & pour faire époque
venir plus firement les troupes, il falloit qu'il y. mit par- les
troupes de ligne à la difpolition de'
avec
lequel il étoit d'accord, afin de retirer Rochombeau, & aux
&
aux troupes de ligne qu'on vouloit embatquer, citoyens tous les
moyens de réfiftance. Pour ne pas entrer dans des détails --- Page 331 ---
de déjà confignés dans les débats antérieurs; je me
renvoyer à ce qui eft inféré au
contenterai
la trente-feprième livraifon
quatrième volume 2 depuis
ranjème aufli inclufivement. inelulivement, On fe
> jufqu'à la
les débars, que Sonthonax, d'accord convaincra, en Aaar
a mis tour en ufage pour organifer la avec Rochambeau s
Th. Millet : Le cinquième article du guerre civile.
porte que Sonthonax a autorifé des
cinqui@me chef;
taires à pied & à cheval, fous les ordres corporations direêts du de volondant-de la province du Nord; & par fa lettre comman- datée de
Saint-Marc, il a
le IO mars 1793, adteffée à Etienne Lavaux,
Par provoqué une prife d'armes-au Cap.
3,
fa proclamarion du 24 février
aricle IIL: cc Le corps des
1793, Sonthonax dit,
volontaires à cheval de la ville volontaires du
à pied & celui des
fur le même pied qu'ils étoient
Cap, refteront formés
pagne > pour la durée de la avant l'ouverture de la camfoumis au commandant de la province guerre du feulement; ils feront
mandant de la province du Nord demeure Nord; ledit comtel changement qu'il lui conviendra dans autorifé à faire
dits volontaires à pied & à cheval, fous la l'organifation defdant de refpeéter le droit qu'ils ont d'élire condition leurs
cepenIln'eft pas befoin de longs commentaires
officiers ".
Sonthonax, par cette proclamation, avcit pour prouver que
mandant de la province du Nord le droit donné de
au comgarde volontaire. à fa guife , puilque ces
former une
& à cheval, qui éroient une
volontaites à pied
toient point une portion de la corporation garde nationale 2 puifqu'ils n'époint organifée , puifqué le commandant de la qui n'étoit
Notd avoit le droir de faire les changemens province du
viendroient dansl'organifarion defdits
qui lui conréfulté que ces volontaires ont fait dans volontaires la ville du : il en eft
corporation ifolée, abfolmment à la
du Cap une
dant de la province du Nord; & n'érant difpolition commanveillance des corps populaires, ils étoient plus d fous la furmentun inftrument Palif de deftruétion dans venus les mains abfolucommandant militaire. Par (alettre du IO
du
à Eticnne
mars 1793, adrellée
Lavaux, > Sonthonax dit
cc J'ai reçu > citoyen , votre
: du
étoit accompagnée de celle de la dépèche commiffion 7 de ce mois; elle
in:ermédiaire.
Y4
difpolition commanveillance des corps populaires, ils étoient plus d fous la furmentun inftrument Palif de deftruétion dans venus les mains abfolucommandant militaire. Par (alettre du IO
du
à Eticnne
mars 1793, adrellée
Lavaux, > Sonthonax dit
cc J'ai reçu > citoyen , votre
: du
étoit accompagnée de celle de la dépèche commiffion 7 de ce mois; elle
in:ermédiaire.
Y4 --- Page 332 ---
> Je ne fuis pas furpris de tous les efforts que font
mal-intentionnés pour troubler la paix
les
des magiftrats parmi les agitateurs : cela publique; mais de voir
formé contre les intérêts de la Francc. annonce Veillez un complor
mais, citoyen, fur les fcélérats qui croient trouver plus des chances que jaavantageufes dans un bouleverlement général; retardez toute
de opératicn militaire jufqu'après mon retcur, & fi la foibleffe
votre garnifon, 3 & la nécellité de
les amis de la France l'exigeoient, n'héfitez protéger à puiffamment faire
l'armée de ligne dans les murs du
pas
rentrer
exprelfément, ainfi qu'à
Cap 5 je vous y autorife
publier ma lettre.
93 Signé, Sonthcnax.
23 Pour copie conforme.
33 Au Cap, > le 12 mars 1793, l'an 2.
>3 Signé, Etienne Lavaux >.
Voilà donc
cette-lettre, 3 le commandant de la
du Nord ONEET.A de pourfuivre les fcélérats, & les province
Jont les magtirats mais ce n'eft pas-là le but que ficlrats fe
poiui Sonthonax. L jour où Enenne Lavaux
de
thonax cette
reçut
dome
lertre, comme il la fit
il fe
ville du Cap un ratfentienteidhommes publier, armés. fit dans la
étoient des hommes de couleur; ils fe rendirent Ceshenimes au
la Faufferte 5 pofte le plus important de la ville & pofte de
qui méritoir d'être le mieux défendu
pofte
mande, de que cependant le commandant > parce de la qu'il province la com- du
Nord avoir confie. à la garde de dix-fept vétérans. Ces faits
feront conftatés par les procts-verbaux de la
dont nous donnerons communication. Au. moment municipalité où 5
hommes de couleur fe rendirent au, pofte de la
au les
moment où ilss'en failirent; au moment où ils Fauffette; le
canon fur la ville, S ils Pont fait fous mes yeux, pointèrent j'étois fous
la volée de la batterie, tournée vers la rue Efpagnole. Les
magitrais dupeuple fe rendirent vers le commandant
ceci fera confhaté devant vous par les procès-verbaux Lavaux; de la
municipalité, & ilslui demanderent pourquoi il ne
pas des mefures pour réprimer ces mouvemens qui, en prenoit etfer,
ils Fauffette; le
canon fur la ville, S ils Pont fait fous mes yeux, pointèrent j'étois fous
la volée de la batterie, tournée vers la rue Efpagnole. Les
magitrais dupeuple fe rendirent vers le commandant
ceci fera confhaté devant vous par les procès-verbaux Lavaux; de la
municipalité, & ilslui demanderent pourquoi il ne
pas des mefures pour réprimer ces mouvemens qui, en prenoit etfer, --- Page 333 ---
la préfence de
h'étoient que (éditieux; car rien les n'annonçoir armes. A ce moment le
l'ennemi, &
dût prendre qui, comme vous le verrez. ditommandant Te cette corporation étoit à fa dilpolition
par la proclamation de Sonthonas, les armes. Celui-cilui ré-;
kecte, reçut ordre de faire prendre toute la ville, qu'il avoit vu tous
pondit quil avoit traverfé
leurs affaires > hors quel- &
les citoyens vacant Tambienents attroupés', prenant les armes ,
ques hommes de couleur
de la province du
paroillant fort agités. Le commnandant des volontaires rénifta, &c iln'y
Nord infifta, le commandant feroteil-refulat s'il y avoit
eut pas de prifes d'armes. il feroit Que arrivé ce
Sonthonax craint de
eul une prife d'armes?. Lavaux. Les rSnr amis
la
dans fa lettre à Etienne
par la foiblelle de fa garniFrance auroient été compromis des
& camps qui éroient hors
fon;, il eût fallu retiter
poltes étoient, comme ly autorifoit
la ville les troupes de ligne vous autorife exprelilimnents > écridu
PteXE
Sonthonax par falettre.
ligne dans sla ville Capw. rellés
voitil,à faire retperiesteoupede tous les poftes extériears feroient
Il en. feroit réfulié que
les blancs joints aux foldats,.
fans défenfeurs > parce que auroient eré obligés de fe retiret.
pour réfifter aux brigands, auroient repris les poltes qu'on
dans la ville, & les brigands fercient entrés fans. difficulté par le:
leur avoit enlevés; ; ils confié à
: citoyens : à quinze ou
pofte de la Faullette,
au ici plufieurs fois, dans..
leize vétéranstlc l'ai entendu
ou au coenvoyés par Geneft au confel-exécurif crois, faifis fur
les papiers, de falut public, papiers qui ont été, je
'vous
mité
à
5 dans ces' papiers
Hingm-iatalter > de Neuwyorck Yordre donné par Erienne Lavaux aul
trouverez la copie
environnoient la ville du Cap;
commandant des poltes ordre qui étoit un nommé Golias, employé
Le porteur de cet
commandé par le contre-amniral
fur. le vaiffeau L: Jupizer , lui les canonniers des vaifleaux de du
Cambyfe. Il commandeit marins de la rade. 1l commandoit le pole de ce
FEtat & des
Les inftructions parriculières ce
Morne de Stine-Michel.
étoient d'obferyer tout
polte parce quil étoit élevé; obferver les mouvemens des E
fe aeislr dans la plaine; avancés de la ville par des lignans
gands, deavettirles poftes le jour * la nuit par des iignaex
de, canon & de pavillon fulbes. Eh Pinat à Yépoque où les meftzes
de canon & des
e
tat & des
Les inftructions parriculières ce
Morne de Stine-Michel.
étoient d'obferyer tout
polte parce quil étoit élevé; obferver les mouvemens des E
fe aeislr dans la plaine; avancés de la ville par des lignans
gands, deavettirles poftes le jour * la nuit par des iignaex
de, canon & de pavillon fulbes. Eh Pinat à Yépoque où les meftzes
de canon & des
e --- Page 334 ---
de précautions (e prenoient dans la ville du
cherchoir a atmer les citoyensles uns
Cap 2 ot lon
je l'ai obtervé, le commandant de la contre lesa autres, comme
fendoit à tous les commandans des province de
du Nord déde recomnoillancequi
poftes faire les fignaux
avertiffoient de tous les commnuniquoient d'un pofte àl'autre, &
époque où les brigands mouvemens del l'ennemi. Ceftà cette
fe rapprocher de la ville pouvoient faire des mouvemens, &
euffent pris connoiflance , fans que les poftes avancés en
Fon confioit
3 c'eft à cette époque,
ce pofte importanc à quinze. ou fcize dis-je, que
infirmes; & ceft à cette époque aufli que l'on
vétérans
Farmement des citoyens les uns contre les
provoquoit
faits vous feront atteftés par les procès-verbaux autres. de Tous la
ces
donc cipalité ' que je m'engnge à apporter demain. Je conclus muniterrible que événement ce font ces mefures qui ont provoqué au
le
qui en a déterminé la
Cap
ruine, les 20, 21 juin & jours fuivans.
dévaftarion & la
la Clauffon civile : Le fixième article eft ainli conçu : Pour
guerre
à Jacmel & Jéréraie, , ils ont
porter
Ces deux villes, fous prétexte de l'inéxécution marché de
contre
4 avril.
la loi du
De cet article dérivent plufieurs griefs que je
filence,
qu'ils font relatifs à Polverel
pafferai fous
autre Aafgett concerne Polverel & Sonthonax. 5 mais il eft u3
d'une expédition faite par leurs ordres contre Jérémie.Je Je yeux pacler
rapprocherles datespour les faire reffortir avec ce
vais
en France encore tout récemment. Vous
quifer palloit
tera l'incendie du Cap, qu'au moment ol verrez l'on loriqu'on traiville, Sonthonax faifcit marcher contre Jérémie attaquoit cette
d'aflaffins qui, heureufement, ont été repouffés une armée
birans, aut moment cà la ville du Cap tomboit dans par les haverfion cntière. Ainfi, vous voyez par les rapprochemens une fub- des
éponues, faifoient que dans le moment oi Polverel & Sonthonax
maflacrer les habitans du
&
leurs
priérés; ils dirigeoient fur les hal bitans Cap de piller
protexte que la loi dui 4 avril n'étoit
Jérémie, fous préd'affaflins dontles profersnréroientien: pas exécutée, s une troupe
habirans blancs, braler leurs habitations, mcins qued'égorger les
priérés, & faire ce qui avoit été fait dans , piller les leurs
Nord & de l'Oueft,
il
provinces
Pas
Ainf en a été ufé encore tout récem-
oient fur les hal bitans Cap de piller
protexte que la loi dui 4 avril n'étoit
Jérémie, fous préd'affaflins dontles profersnréroientien: pas exécutée, s une troupe
habirans blancs, braler leurs habitations, mcins qued'égorger les
priérés, & faire ce qui avoit été fait dans , piller les leurs
Nord & de l'Oueft,
il
provinces
Pas
Ainf en a été ufé encore tout récem- --- Page 335 ---
Kion ment alloit à Toulon, avoir le premier prairial. Au moment où
lieu à Paris, les
à l'explopour exécuter le plan quife tramoit terroritesagiliftient à Paris.
Toulon
force Je paffe armée aui de feptième la
article. Ils ont mis en réquifition la
Porr-au-Prince. province de T'Ouet pour aller attaquer le
Sonthomax Pour que la Convention puiffe bien juger la
neler
dans cette circonftance, il eft néceffaire conduite de
quelle étoit la fituation phyfique du
de rapépoque où Sonthonax dirigeoir fon
Por-au-Prince,
ville. Au mois de févricr 1793, le expédition contre cette
d'un calme entiér : fes habitans étoient Poreau-Prince jouifloit
la municipalité & les communes circonvoifines tellemen: unis, que
unanimement d'avis d'organifer tous les
avoient. été
une aflemblée coloniale, & de nommer des pouvoirs, de former
vention nationale; c'étoit bien jà aufli députés à la ConSonthonax: c'eft parce que la ville du ce qui déplaifoit à
commune vouloient une organifation Port-au-Prince & la
thonax en prenoir de
délinitive, que Sonorganifation.
l'ombrage > & vouloir empécher cette
étoient Je vous ai dit que les hommes de couleur & les
femble; parfaitement mais je dois unis, qu'ils faifeient leur fervice blancs.
du
vous rappcler qu'il y avoit
enSonthonax Cul-de-Sac une infarrection quia alloir étre éteinte dansla
partic du Cap. Il en parair au
ide
1793 >* & avant de partir, pour mieux
mois de février
civile dans toutes les parties de
organifer la guerre
municipalité-du Cap tous les pouvoirs Saint-Douingue, qui
il ôta à la
effence, > pourles tranfmnertre à la commiflion étcient de fon
Voici compofée, comme on vous la dit, de toutes ingermédiaire, fes
un des articles de la
créatures.
cet égard, avant fon départ proclamation. pour
qu'il a rendue à
Prince; la proclamation eft du
l'expédition février
du Port-auque le premier article, parce 24
1793.Je n'ea lirai
relatif.
qu'il n'ya que cela quiy, foit
(Il lit).
ARTI I C L E P,R E M.I E R.
ce Pendant notre abfence de la partie du
publique eft (pécialement confiée à la
Nord, la fireté
commiflion incsrmé-
avant fon départ proclamation. pour
qu'il a rendue à
Prince; la proclamation eft du
l'expédition février
du Port-auque le premier article, parce 24
1793.Je n'ea lirai
relatif.
qu'il n'ya que cela quiy, foit
(Il lit).
ARTI I C L E P,R E M.I E R.
ce Pendant notre abfence de la partie du
publique eft (pécialement confiée à la
Nord, la fireté
commiflion incsrmé- --- Page 336 ---
la diaire ville dans du toute l'érendue de la province., , ainfi que dans
Cap, à l'effet de quoi ladite commiflion intermédiaire pourra faire toutes réquifitions néceffaires au citoyen
commandant du Nord, lequel fera tenu d'y déférer
tou, t
ce qui eft du fervice public extérieur 32,
pour
Vous voyez que Sonthonax ôtoit à la municipalité tous les
pouvoirs
lui appartenoient privativement, pour les tranfmettre à ge commiflion intermédiaire
lui formée, & dont
les membres étoient prefque tous'de fon par choix; quelle étoit
l'intention thonax
de Sonthonax 2 c'eft ce que vous allez voir. Senfe rendit avec le vailfeau VAmérica, de
canons
& la gabarre la Normande . à
où
>
arriva le
mars
Saine-Mare,
1795. Le véritable motif des mefures qu'il prenoit
éroit, comme je vous l'ai dit tout-a-lheure,
dans
bonne
puilé
:
union qui exiftoir entre tous ies habitans de la ville du
Port-au-Prince, , dansla province de "'Oneft, & la réfolution
qu'avoient prife ces habians, de fortir del'anarchie oir Sonthonax & Polverel les tenoient depuis longr-iemps'plongés.
Sonthonax étant rendu à Saint-Marc, laifle fous fes
violer les propriétés; à cet égard les habitans de
yeux
lui firent une pétition, par laquelle vous verrez Saint-Marc Sonthonax
ne tendoit à rien moins qu'à organifer la guerre que & faire
fon expédition contre le Port-au-Prince.
civile,
(II lit:)
Coio N I E D E S A I N T + D OM I N G U E.
Pétition des citayens de Saint-Marc & de fa
. au
citayen Sonthonax
dépendance
: TRes francaifes de PAmerique 5 sgenifancsuiondfcanil délégué aux
Pordie S la tranquillité (r). Jous-le-Vent - poury rétablir
Saint-Marc, 12 mars 1793.
f Les citoyens de Saint-Marc & de fa
ment alarmés des fiites de l'attentat qui a dépendance été commis jufte- dans
à (rl Monfieur Sonthonax n'arpoint été heureux dans fon
Szint-Marc, loin d'y mainténir l'oidre & la tranquillité, tout débur;
bouleverfeà fon arrivée, & s'y trouve dans un état qui fait frémir. s'y
-Vent - poury rétablir
Saint-Marc, 12 mars 1793.
f Les citoyens de Saint-Marc & de fa
ment alarmés des fiites de l'attentat qui a dépendance été commis jufte- dans
à (rl Monfieur Sonthonax n'arpoint été heureux dans fon
Szint-Marc, loin d'y mainténir l'oidre & la tranquillité, tout débur;
bouleverfeà fon arrivée, & s'y trouve dans un état qui fait frémir. s'y --- Page 337 ---
d'hier, fur leurs propriétés, par une partie de
a journée
dits de couleur > viennent réeurs concitoyens, 2 ci-devant
l'exécution de
Mlamer du délégué de la République françaife
c'eft celle
a loi; & ceries, s'il en fut jamais une textuelle, c'eft celle fans
fur laquelle a été aflife toute la révolution; de
elle
aquelle la France n'auroit point encore déclaration conftitution: des droits. La
exprime ainfi article XVII de la
propriété ef2 un droit inviolable & facré; nul ne peut en être
privés fice n'éf lorfque la nécelfité pablique, legal.ment. d'une
la condition
S
ratée , l'cxige éyidemment 2 6jous la France a-t-elle
à
alee
préalable indemnité. Aufli peine
a nommés
le joug des rois, à peine les repréfentans nationale, qu'elle ont déciété
fe font-ils réunis en Convention
qu'ils
étoient
folemnellement que les perfonnes & les proptiétés
fous la (auve-garde de la nation. ( Séance du 2I feptembre
1792.)
nationale avoit mis fous la
>> Précédemment l'affemblée
(auve-garde dela nationles colons & leurspropsitter(Decer
ku 8 mars 1790, article VI).
commiflaire , prévenus
>> Vos coliègues & yous > citoyen avoient fait précéder votre
que des ennemis du bien public
contre
arrivée en cette colonie, de méfiance fur de vOs raffurer principes les colons
les propriétés, vous vous êtes empreflls difcours d'inftallation,
en déclarant (olemnellement, dans lois vos
VOUS veniez faire
quinvariablement attachés aux
de que la
& de
exécuter, vous déclariez au nom
métropole déformais
l'affemblée nationale, que vous ne colonie reconnoitiez de Saint-Dominque deux clailes d'hommes dans diftinction la
de couleur > & les
gue; lestlibres, fans aucune, aflemblées coloniales' feules,
eiclaves; vous déclariez qu'aux
le droit de
conflinutionnellement formées > appartient
prononcer fur le fort des efclaves.
étoit néceffaire à la cul-
>> Vous déclariez que T'efclavage &
ni dans les
ture & à la propriété des colonies, quiln'et mtionale de touprincipes ni dans la volonté de Vaffemblée
cher, à cet égard, aux prérogatives des colons.
les amis
> Vous déclariez que vous ne connoitiez de la pour conftitution,
de la France que ceux qui le feroient Y'efclavage &c les
fauf les moditications que commandent
A
localités.
it néceffaire à la cul-
>> Vous déclariez que T'efclavage &
ni dans les
ture & à la propriété des colonies, quiln'et mtionale de touprincipes ni dans la volonté de Vaffemblée
cher, à cet égard, aux prérogatives des colons.
les amis
> Vous déclariez que vous ne connoitiez de la pour conftitution,
de la France que ceux qui le feroient Y'efclavage &c les
fauf les moditications que commandent
A
localités. --- Page 338 ---
>> Vous-mème, ciroyen-commilfaire > par yotre
tion du 4 décembre 1792, vous avez particulerement proclama re
nouvelé, dans une circonflance périlleute, la
des mêmes principes; pour fermer la bouche aux déclarntiq agitateurs
& raflurer à jamais les bons ciroyens, vous avez plus
ticulièrement encore confacré ique > s'il étoit poflible par que
l'aflemblée nationale égarée pét fe porter à oublier les
rogatives des habitans de Sain -Domingue, & à détruire préle régime colonial legerme de fa prolpériré, vous déclariez dans
que vous ne vous rendriez jamais l'exécuteur d'tine pareille
injuftice; vous déclariez qie vous vous y oppoferiez de toutes
vos forces, que vous e1 failiez le ferment folemel.
9> Et ceft au mépris d'une dé-laration auffi
& c'eft fous les yeux de latloi même, que des folemnelle, concitoycns
égarés par une trop grande fiufceptibilité, que vous avez même
défapprouvée par votre prociamation du 24 février dernier >
viennent attenter fur les propriérés de leurs
en
enlevant publiquerxent & à main armée , concitoyens jufques dans 3
l'afyle des citoyens, des efclaves dont la piupart font la
feule propriété de leurs maitres.
3> Déja , ciroych-commifaire, vous avez entendu
réclamations particulières, & par une fuite des plufieurs
que vous avez fi fortement prononcés, vous avez principes reconna
les fuites funeftes qui vont entraîner les reftes'de nos
priétés par la violation de celle-ci, & vous avez ralluré proceux de nos concitoyens qui vous ont porté leurs premitres
réclamations > en leur promettant que vous alliez vous
occuper des mefures nécellaires pour la remife de leurs efclaves.
22 Nous mettrons encore fous ves yeux 1 citoyen-commif
faire, les événemens qu'éprouvent actuellement les
du Sud & de I'Oueft, & qui ne proviennent que des parties armnemens des efclaves que l'on h'a pu faire rentrer dans le
devoir, dès qu'on Jeur a fait connoitre toutes les forccs
qu'ils pouvoient oppofer les arines à la main. Il n'eft point
dg traité quei l'on puille faire avec des hommes dont On s'eft
fervi des bras, & qui n'ont paru fe dévouer à la caufe
qu'on leur a fait embratler, que pour obtenir jeur liberté.
> Jetez les yenx alors, cihoyen-commmilhire > fur les fuites
affreufes qui Fcuvent C1 réfuler, fi l'on oppofoir geclque
qu'ils pouvoient oppofer les arines à la main. Il n'eft point
dg traité quei l'on puille faire avec des hommes dont On s'eft
fervi des bras, & qui n'ont paru fe dévouer à la caufe
qu'on leur a fait embratler, que pour obtenir jeur liberté.
> Jetez les yenx alors, cihoyen-commmilhire > fur les fuites
affreufes qui Fcuvent C1 réfuler, fi l'on oppofoir geclque --- Page 339 ---
éfiftance à leurs demandes, &
T'injufte,
qui, au fond,
nellès qui puifgu'eiles leur
ne feroient le réfuleat n'auroient des rien
ible d'admettre auroien: été faites. Il eft lans que doute prohègre efclave, puifque, aucuine fuivan: différence entre le mulâtre impof & le
mément ibre
à l'intenion de tous les l'efprit de la loi, & confortolonie doit feul datingter tous les citoyens , l'état d'homme
; cette
individus exiftans dans la
es couféquenices, obiervation de bicn jufte, & qui peut entrainer
oyen-conmimithaire,
ferieules
par
Fotre attention.
que nous vous prions MEiELODE, d'y donner mérite, citoute
erions 5, Si de vous n'étiez pas dans notre fein, nous
ufli manifefte vous à faire la loi parvenir la
nos plaintes fur nous une violation emprefepofe la première bafe plus de nacurelle, & celle fur
a fociére, dans le refpect & la conftitution > le repos laquelle de
>> Mais le danger preffe; T'inviolabilié des propriétes.
orifation aux attentats qui fe votre filence devient une auous ceux des aurorités
commettent fous yos
Me même réclamer l'exécution conftituéds > fans qu'aneune yeux,
primés.
de la loi en faveur des d'elles
op-
>5 Pleins de confiance dans le
eft à votre autorité fsprème
délégué de la
ecours,, & nous attendons d'elle que nous fommes forcés République,
une
d'avorr
Suit un très grand nombre
prompie juftice. >>
de fignatures.
Sonthonax ne tendoit à rien moins
ivile, Vous & faire fon expédition contre qu'à le organifer la guerre
Hlaignent voyez de la > ciroyens, que les habicans Porrau-Prinse de
eux de la loi, viulation des propriétés qui fe Saint-Marc fait fous fo
ivil. Vous voyez quils ditenc-ils, difent > fous les yeux du commiffaire les
eur a faites, on enlève des que, malgré les promelfès
Ps enrôler > pouraller
habitations les elclaves qu'on
fonthonax fe permettoit attaquer fans le Port-an-Prince ; c'eft ce pour
as voulu faire celfer. Maisla celle, c'eft ce que Sonthonnx
our
E
atténuer les plaintes qui municipalité fe
de Sainr- Marc,
endit un arrêté pour ordonner failoient
que les efclaves jouellemenr, enlevés des
faites, on enlève des que, malgré les promelfès
Ps enrôler > pouraller
habitations les elclaves qu'on
fonthonax fe permettoit attaquer fans le Port-an-Prince ; c'eft ce pour
as voulu faire celfer. Maisla celle, c'eft ce que Sonthonnx
our
E
atténuer les plaintes qui municipalité fe
de Sainr- Marc,
endit un arrêté pour ordonner failoient
que les efclaves jouellemenr, enlevés des --- Page 340 ---
différens ateliers feroient réintégrés. Cependant > lorfque
nous traiterons le fait de la canonnade du Port-au-Prince,
il ne nous fera pas difficile de prouver que les efclaves ont
éré recrutés à Saint-Marc, malgré l'arrêté de la municipalid
de Saint-Marc 2 & que Sonthonax a conftamment fouffert
toutes les violations de propriéré. Voici, citoyens, le
ftif de
difpola proclamation du 21 juin 1793, qui a caufé tant
de mal à la ville du Portau-Prince,
A R T I C L E P R E M I E R.
>) Déclarons les gardes nationales des quatorze parciffes
de l'Oueft en état de réquifition permanente, jufqu'à ce que
par nous il en ait été ordonné autrement.
I II
3> Le citoyen gouverneur-général pourra en ordonner le
raffemblement en tel nombre & en tel lieu qu'il jugera à
propos, tant pour fe préparer à la défenfe contre T'ennem
extérieur > que pour rétablir l'ordre au Port-au-Prince, &
marcher enfuite contre les efclaves révoltés de la
du Cul-de-fac.
plaine
IIL
>3 Faifons très-expreffes inhibitions & défenfes aux officiers
municipaux des, communes de s'immifcer direétement ni indirectement dans la formation des raffemblemens qui
ront être ordonnés par ledit citoyen gouverneur général,
ces. fous les
f
peines portées par les lois des 22 juin & 17
laoûr, derniers >,
Sije voulois difcuter les griefs de ce difpolitif, il faudroit
auffi difcuterl le confidérant de la proclamation; mais comme
cela regarde plus particulièrement le chef fd'accufation qui
va fuivre, je ne me permettrai plus que très-peu de réflexions furle dilpolitif que je viens de lire; je vous rappellerai feulement que la ville du Porr-au Prince éroit traniquille, querous les habirans étoient. unis, qu'ils marchoient
à
Sije voulois difcuter les griefs de ce difpolitif, il faudroit
auffi difcuterl le confidérant de la proclamation; mais comme
cela regarde plus particulièrement le chef fd'accufation qui
va fuivre, je ne me permettrai plus que très-peu de réflexions furle dilpolitif que je viens de lire; je vous rappellerai feulement que la ville du Porr-au Prince éroit traniquille, querous les habirans étoient. unis, qu'ils marchoient
à --- Page 341 ---
& que c'étoit-là le morif des atrocités
à une organifation, Je n'ai
pu concevoir, & je ne conçeis
de Sonrhonax. étoit le pas machiavélifme de ce délégué de la
pas encore quel
de porter les quatorze paroilfes de
République françaife,
il n'y, avoit auT'Oueft à marcher contre une feule > quand
n'edt-il
à fuppoler quil y en eût,
pas
cun grief contr'elle;
réduire. les brigands de la paété naturel de commencer par aux demandes 'des paroiles
roille du Culde-fac à adhérer
circonvoilines.
un
dont il ne vouloit pas fe déSonthonax avoit fe défaire plan de tous les hommes éclairés &
partir; il vouloit
il fuivoit le fyftême qu'on a
vertueux du Port-au-Prince; malbeureufemnent, avant le 9 Therfuivi en France, trop
la loi, difoit-il, n'éteit pas exémidor, fous prétexte étoit que donc la loi qui n'étoit pas exécutée 7.
cutée; & qu'elle n'a
voulu dire. 'Il prérendeir qu'il yavoit
Ceft ce quil jamais
mots de con(pirateurs, de
des faétieux > & fous ces grands
des facticux, étoient
factieux, eux qui cherchoient Sonthonax par-tout difoit: la loi n'eft pas
des faétieux eux-mèmes.
il faut marcher contre cette
exécutée au Port-an-Prince abfolument ,
la colonie de tous les
ville 5 il faut veulent
qui ne font pas foumis
hommes qui ne
pas
EE
à la République. Et ainfi, Sonthonax armoit quatorze de S être paroilles contre une feule, qui n'avoit d'autre tort que Sonthonax
foumife aux lois. Celt ainfi que j'accule
trop d'avoir excité la guerre civile, en armant quatorze les autres paroifles décontre celle du Port-au-Prince, Je donnerai
s'agira
veloppemens. Je ferai d'autres obfervations lorfqu'il
de la canonnade demanderai du Port-au-Prince. à faire une obfervation d'ordre,
Brulley dans : Je la
diftribution du tome VI, un paJe vois,
m'eft première atcribué à la page 22. J'oblerve quily y
ragraphe faures qui majeures à cette page; en forte que mes exa des
j'obferve entr'autres fautes
preflions font à peine homme françaifes; a été fignalé, avec raifon 2
celle-ci: c'eft qu'un
qui dont nous avons bien ditle
comme un agent de Sonthonax, ,
eftà peine
de
nom, fon inom eft tellement défiguré de Chanlate qu'il
: nous poftible avons bien
le reconnoitre. Il eft queftion
prononcé Chanlate, & on' : a mis Chante au lieu de Chanlate. Le nom de Chante eft répété cinq ou fix fois, Z & parTome VI. Soixanteunième liyraifon.
celle-ci: c'eft qu'un
qui dont nous avons bien ditle
comme un agent de Sonthonax, ,
eftà peine
de
nom, fon inom eft tellement défiguré de Chanlate qu'il
: nous poftible avons bien
le reconnoitre. Il eft queftion
prononcé Chanlate, & on' : a mis Chante au lieu de Chanlate. Le nom de Chante eft répété cinq ou fix fois, Z & parTome VI. Soixanteunième liyraifon. --- Page 342 ---
tout je trouve Chante au lieu de Chanlate. Il eft donc effentiel que je rétablifle ici que c'eft 'de Chanlate
fai
entendu parler > que nous avons acculé. Nous l'avons eeclit
d'être un des agens de Sonthonax, d'être un des hommes
qui ont
plus contribué à- dévafter la colonie. Pour que
lerreur
plus long-temps > je, déclare que c'eft de
etir
Chanlate que Ya entendu parler ; de Chanlate > homme
de couleur.
Fouché,. fecrétaire de la commiffion : Je l'avois corrigé ce.
ma main , d'eft la faute de l'imprimeur.
Disy: Chanlate , homme de couleur > qui étoit les 20,
22,23 juin à la tête des brigands qui ont été élargis
# de geole pour incendier le Cap; voilà ce qu'il eft effentiel de confacrer aux débats, parce qu'il vient d'arriver en
France.
Là féance eft levéc. a
Le regiftre des préfences efl lgné : J. Pa. GARRAN,
Préfident ; FoucHE (de Nantes), Secrétaire, DABRAY,,
MERLINO, MOLLEVAUT, F. LANTHENAS. --- Page 343 ---
Pan troifème de la République françaife
Du 22 Prairial,
indiyifeble.
une d
Ox fair ledture des débats de la veille,, la rédaction en
eft adopiée.
Fondeviolle & LarchevefqueLes citoyens Sénac, Page,
Thibaut iont toujours ablens. la- commiffion que les ciroyens
Claufon : Je préviens Millet ne pourront allifter à la
Daubonnenu & Thomas
féance, érant'appelés en VIII" arbitrage. article du cinquième chef eft
Brulley : Ciroyens,le
deflitué le gouverneur.
ainfi conçu : Ils ont arbitrirement les inftructions données à Polvérel
Vous avez vu lorfqu'ils dans furent envoyés par le confeil exé-
&c Sonthonax,
quils n'avoien: pas le droit de
cutif à Saine-Domingue, irement aucun oficier, aucun fonétionnaire
deftituer arbitr
tracé dans
I
public: le cercle de leurs pouvoirs lefquels éteit tellement ils pouvoient defces inttructions, les motifs devoient pour employer fi clairement
tituer, les formes qu'ils
fans crime s'en écarter
expliquées, quils leur ne volonté pouvojent fons aucun rapporr. Cependant
&, y fubftituer
l'ont fait; ils ont franchi les borPolverel & Sonthonax leur étoit donné; jen tiens la preuve
nes du pouvoir qui
en date du 1 juin 1793 >
à ta main: c'eit une proclamarion Galbaud. 3 n'entrerai
qui- prouve la deltiturion du générai vous n'y tronveriez que
p:s dans les détails du préambule; reconnoittiez Je plan bien toumé
des fophifmes; vous
s'oppoler à leurs
d'éloigner tous les insieen qui pouvoient
Z 2
étoit donné; jen tiens la preuve
nes du pouvoir qui
en date du 1 juin 1793 >
à ta main: c'eit une proclamarion Galbaud. 3 n'entrerai
qui- prouve la deltiturion du générai vous n'y tronveriez que
p:s dans les détails du préambule; reconnoittiez Je plan bien toumé
des fophifmes; vous
s'oppoler à leurs
d'éloigner tous les insieen qui pouvoient
Z 2 --- Page 344 ---
projets deftructeurs. Je m'arrère au
tout effenriel-de
pallage qu'il eft furremarquer avant de lire la
pallige eft celui-ci: cc Un obftacle nous' a deftitution: ce
>> XV de la loi du 4 avril dit
arrêté: l'article
>> ciers généraux, adminiftrateurs formellement que lcs. ofli3) commillaires civils
ou ordonnateurs, & les
3> rétablir l'ordre dansles qui ont été ou feront nommés
colonies des
a> le Vent, ne
Isles du Ven: on Rous
pourront être choilis
2) ayant des propriétés dans les
parmi les. ciroyens
3> priétaire dans la colonie de colonies: Galbaud'cit pro2s avril l'excluoit donc de la Saine-Domingue, place de
la-loi du
1. pafe à la dekitution , avant de tirer gouverneur. les inductions 5>
que préfente naturellement ce
de
>> Art III. Déclarons
pailage la proclamation.
29 régulièrement
que Galbaud n'a jamais pu étre
>> qu'il n'a pu être nommé nommé gouverneur à
de Samne-Doninge,
2> laiffé ignorer au confeil exécutif cette place que parce qu'il a
25 à Saint-Domingue. En
qu'il avoit des propriétés
>2, befcin, pour caufe d'incivifmne, conféquence le
& en tant que de
93 de gouverneur & de toute fonétion deftituons civile & de ladite
P défendons de s'immifcer dans
militaire ;
rc
>> Art. TV.Ondonnonsaudir aucune defdites fonétions.
Galbaud de fe
> jour de la fignification de cet arrêté à bord rendre, dans le
>> de la République la Normande,
;
de la gabarre
3> être conduit en France, & aller pour à la y. barre demeurer conligné,
3> rion nationale rendre compte de fa
de la Conven-
>> délai d'un mois 3 à compter du jour de conduite , dans le
32 un des ports de France. >
fon arrivée dans
Citoyens, il fe préfente des
très
tirer de cet aéte. D'abord je remarque conféquences dans l'un graves à
graphes du confidérant que je vous ai cité
des
bc Sonthonax fe font
> que
Pobeci
trouver l'autorifation de Permis de tronquer une loi
tante. Sonthonax & Polvèrel commettre l'injuftice la plus Tonel
de la loi du 4 avril, qui autorife difent la que deftitution c'eft l'article XV
Galbaud : ils citent cet article, ils ont foin dele du général
& on croiroit à lire cette proclamation
guillemeter,
cité le texte de la loi; point du tout gu'ils ont vraiment
> ils l'ont
T'ronquer une loi quand on la cite comme autorité, tronquée. quand
quer une loi
tante. Sonthonax & Polvèrel commettre l'injuftice la plus Tonel
de la loi du 4 avril, qui autorife difent la que deftitution c'eft l'article XV
Galbaud : ils citent cet article, ils ont foin dele du général
& on croiroit à lire cette proclamation
guillemeter,
cité le texte de la loi; point du tout gu'ils ont vraiment
> ils l'ont
T'ronquer une loi quand on la cite comme autorité, tronquée. quand --- Page 345 ---
341 ciroyens, c'eft (ans dotte le
oneft fonétionnaire public, crimes
tromper la confiance
grave de tous les
,celt au-delfus de la loi, 3EE
ES en euxi.c'eft fe mettre
public, ie rendre
la dénaturer, &c c'eft, pour Têtre. un fonstionnaire Quand nous en ferons aux
aufli coupable qu'on peut vous verrez, citoyens, quels en
conféquences de ce crime, >
ont été les réfulrats. citant la loi du 4 aytil, ils ont voulu faire
Je dit, qu'en
citée littéralements hé bienlje prends
croire qu'ils l'avoient
vois
Polverel & Sonthouax en
la loi du 4 avril, & jy enfuite
s'en font fervis pour deftexte
:
ont tronqué le
: le conligner à bord d'une gabarré,
tituer Galbaud, pour
pour l'envoyeri en lis France. dans l'aricle XV de la loi du 4 avril,
En effet, je
gdminiftraqueje tiensà la main. c Les officiers génétaux, civils qui ont
>> teurs ou ordonnateurs, & les commiflaires- fois feulement, pour le
> éié ou feront nommés, pour dans cette les colonies du Vent ou
39- rétabliffement de l'ordre
du pré-
>>
le Vent, &
pourlesécution
fous
particulitrement être clailés parmi les citoyens
> fent décret, ne pourront. dans les colonies d'Amérique. >>
33 ayant des propriérés
Voilà le vrai texte de la loi. dans leur proclamation,
Or, vous avez remarqué que, cette partie bien effenPolverel & Sonthonax ont fupprimé fois
en forte que la
tielle de l'article, pour cette légiflarif,
des fonclions
du corps
TE
détermination
commiffaires civi's ceux
d'officiers généraux ou de
n'étoit TERE
avoient des propriétés fe à Saint-Domingue. faifoit à Tépoque de la loi du 4
qu'à Texpédition qui extenfion donnée à cette mefure, étoit
avril. Touterautre
qui avoit borné à
violer les intentions du corps légiflatif, croyoit fage, d'écarter"
cette fois leulement la mefure, qu'il
de Saint-Dodes fonétions publiques tous les propriétaires
mingue.
& Polverel avoient bien fenti que, s'ils citoient
Sonthonax
effentielle de la loi; cet article
pofitivement cette partie
de ce qu'ils vouloient faire
portoit avec lui la condamnation fait? ils ont trouvé trèsà l'égard de Galbaud; 3 qu'ont-ils de la loi,
cètte
fimple de fupprimer ce paffage
pour Z3 foisjea
fure, qu'il
de Saint-Dodes fonétions publiques tous les propriétaires
mingue.
& Polverel avoient bien fenti que, s'ils citoient
Sonthonax
effentielle de la loi; cet article
pofitivement cette partie
de ce qu'ils vouloient faire
portoit avec lui la condamnation fait? ils ont trouvé trèsà l'égard de Galbaud; 3 qu'ont-ils de la loi,
cètte
fimple de fupprimer ce paffage
pour Z3 foisjea --- Page 346 ---
lement. Alors dégagés du feul obftacle qui les retenoit dans les
bornes de leurdevoir & du refpect qu'ils devoient à la volonté
du confeil exécitif, qui envoycit en Amérique le général
Galband, ils ont pris.fur eux; 3 non-fenlement dele defiruer
patce qu'il avoit des propriérés dans la colonie, tel étoit
le voeu de la loi, inais, en tant que de befoin pour caufe
d'incivifme.
Jeledemande à préfent, citoyens, Polverel & Sonthonax
n'ont-ils pas prouvé que quand on eft déterminé à faire le
mal, on a toutes les peirics du monde à le motiver ? en effet
Galbaud arrive à Saint-Demingse le 7 mai, fe trouve
deftitué pour caufe d'incivifme, le r3 juin, par Polverel &
Sonthonax, avec lefquels ilavoir eu à peine une
à peine favoient-ils ce qu'il penfoit. je vous laifle conférence: à juger,
citoyens, quel rouvoit ètre le réfulrat de cetre démarche
fi criminelle, 6 Ce n'éroit par là jeter les germes. de la
guérre civile qui depuis a éclatésje vous laifle à penfer fi
les colons qui étoient fufcepribles de réfiéchir , fi ces hommes
qui, malgré le régne de la terreur que Polverel & Sonthonax
avoient érabli dans la colonie comme il exiftoir en France,
quiapprécioient ce que c'étoit que de n'être pas aveuglément
foxmis aux volontés de Polverel &c
je vous demande fi
Son.honas,
ces citoyens ne pouvcient pas s'armer pour foutenir
un officier envoyé légalement par le confeil exécutif
conferver dans ln colenie les dreisdela France. Sans
cela
done
devoit néceflairement entrainer la guerre civile; Galbaud
ne pouvoit manquer d'avoir des partifans, ne fir-ce que les
nombrotifes viéimes du pouvoir arbitraire & defpotique de
Polverel & Sonthonax : alors, vous fentez que les partifans
de Galbaud devoient tôt ou tard en venir aux mains avec
ceux qui foutenoient Polverel & Sonthonax, parce
avoient été enrichis par les dilapidations, les
qu'ils
les brigandages, lcs dévaftations de toute efpècé déprédations, commis dans 3
la colonie: néccflairement, cette hord: d'individus devcit en
venir aux mains avec le parti que Galbaud devoit fe former
en arrivant. Cc parti étoit celui des amis des lois, celui
obliffoit all pouvoir chargé de la nomination du chef qui
devoit être à la tête du gouvernement dans la colenie.
qui
Galbaud n'avoit pu douner, n'avoit pas donné des
d'incivifme : aufli Galbaud n'avoir été deftitcé par Rottecat
ccflairement, cette hord: d'individus devcit en
venir aux mains avec le parti que Galbaud devoit fe former
en arrivant. Cc parti étoit celui des amis des lois, celui
obliffoit all pouvoir chargé de la nomination du chef qui
devoit être à la tête du gouvernement dans la colenie.
qui
Galbaud n'avoit pu douner, n'avoit pas donné des
d'incivifme : aufli Galbaud n'avoir été deftitcé par Rottecat --- Page 347 ---
& Sonthonax qu'en vertu d'une loi tronquée, que pour jeter
les femences de la guerre civile;, & vous verrez qu'eile a
éclaté, & vous verrez que le réfultat a été l'annihilation,
le maffacre, le pillage, l'incendie de la ville du Cap comme
vous l'avez vu, & comme il vous fera démontré lors du chef
d'accufation qui traite ce point. En attendant, nous avons
donc bien fair de traiter, fous ce chef qui eft rélatif à la
guerre civile, la deftitution de Galbaud, parce qu'il n'y a
nul doute que ce crime de Polverel & Sonthonax ait été la
fource de toures les divitions gui ont eu lieu-dansla fuire,
& de tous les malheurs dont le tableau vous fera mis fous
les yeux.
article,
Ils ont. fulcité des rixes
Duny: : IXS
2 Ve chef.
& di
entre les gehs de coulaur & les marins zicr. fefcadre
convoi mouillé dans la rade du Cap.
vus
Citoyens, vous avez vu dans les détails des.journées des
I, 2, 3, 4 & 5 décembre 1792, que les melures feuls >
formés en patrouilles, avoient infulté, maltraité les marins
qui fe trouvoient à terre..pour. einpècher les horreurs méditéés dans ces journées, horreurs qui ont eu lieu dans. le
mois de juin- fuivant. Je vais, citoyens, vous donner les
preuves Ges rixes qui ont été fufeitées depuis entre les
de coulcur & les marins; je prends un ouvrage préfenté à
T
Convention nationale par André Conicience, oficier au 8°
régiment d'infanterie.
Sonthonax : L'ouvrage d'un, émigré fait à Paris.
Duny : Ce même Confcience eft employé par le comité
de falut public actuel; ; il eft premier aide-de-camp de la députation envoyée aux Indes, aide-de-camp d'Armand (de la
Meufe). Cette nomination fuffit pour que vous fachicz ce
que c'eft que Confcience.
Sorthonax : Citoyens, fur le matériel de cette pièce, je
prie la commifion de maintenir fes arrètés. Elle a arrêté
qu'il ne feroit lu à T'appui de l'accufation ou de la défenfe
aucune cfpèced'aéte fait on France, aucun ouvrage fait en
France > aucune déclaration faite €ll France. Quand à Confcience, fans remarquer s'il eft cmaployé Oil non, je dirai
feulement qu'il a été avoué ici & reconu par Galbaud luimême comme émigré,
celui-ci vous a ditqu'il llavoir
fuivi en Canada. Si Teiate a fuivi Galbaud dans le CaZ 4
ui de l'accufation ou de la défenfe
aucune cfpèced'aéte fait on France, aucun ouvrage fait en
France > aucune déclaration faite €ll France. Quand à Confcience, fans remarquer s'il eft cmaployé Oil non, je dirai
feulement qu'il a été avoué ici & reconu par Galbaud luimême comme émigré,
celui-ci vous a ditqu'il llavoir
fuivi en Canada. Si Teiate a fuivi Galbaud dans le CaZ 4 --- Page 348 ---
nada & eft forti des Eats-Uinis, pays ami & allié de la
France, pour aller dans une 1 colonie
nous fomines en guerre, je vous demande anglaife depuis que
faire fur un pareil témoignage ? Je
quelle foi On peut
ont eu lieu relativement à Galbaud; rappellorai fi
les débats qui
rémoignage du général Galbaud,
vous avez rejeté le
préfenter ici les dénonciations, les dequel diatribes fron: de veut-on vous
fon aide-de-camp > réfugié émigré en Canada, Confcience, colonie 3
glaife?
anJement Duny: J'ai pour rétablir le fait dont je parle nori-feuConfcience, mais
Poillon, aujourd'hui à la Dufay, Convention > Garnor, Mils, Belley, s
compre rendu à la Convenrion nationale, nationale 2. dans leur
du comité d'inftruétion publique. Je
imprimé la par ordre
dernière pfeuve dans la proclamation de prendrai troifième &
du 20 juimigrs: & j'efpère
Sonthonax, en date
élevées par:Seathonax
prouver que des rixes ont été
blancs.
entre les honmes de couleur &les
Sonthonax: Alois il ne s'agira plus de ce Confcience.
Duny :Il s'agira de Confcience, Dufay, Mils,
Garnor, Poiffon & Sontlenax.
Belley,
Convention Le préfident : Toates CCS pièces ayant été diftribuées à la
peut pas prendre nationale, vous" pouvez renvoyer > mais on ne
n'eft
pour preuve les Reli de Confcience,
pas même préfent aux débats.
qui
Verneuil: Sonthonax vient de dire
la
décidé qu'aucun ouvrage fait en France que ne commiffion avoit
porté en témoignage contre lui; il eft bien pouvoit étonnant être apSonthonax vienne faire cette allégation, tandis
ne que
paffe pas une feule féance fans que Sonthonax qu'il
fe
moignage de ce qu'il arance, des
ne lite en té-
& certes, depuis qu'il fe
ouvrages faits en
commiflion n'y a pas trouvé permet à redire. une pareille chofe,
qu'aucun ouvrage fait en France que ne commiffion avoit
porté en témoignage contre lui; il eft bien pouvoit étonnant être apSonthonax vienne faire cette allégation, tandis
ne que
paffe pas une feule féance fans que Sonthonax qu'il
fe
moignage de ce qu'il arance, des
ne lite en té-
& certes, depuis qu'il fe
ouvrages faits en
commiflion n'y a pas trouvé permet à redire. une pareille chofe, com.milion ne permettroit-clle
Comment la même
fions du même avanrage?
pas que nous nous fervifSeetionr:Jobfervey fur ce que vient de dire
amais 2 pour çe qui s'eft pallé dans la colonie, Vernenil, je n'ai que
pro- --- Page 349 ---
déclarations faites en France. Lorfduit des ouvrages, 5 des
de la colonie avant mon &Iqu'il s'eftagi de Telptit public ici à Tappui de mes allertions les
rivée, j'ai pu produire & de
ou des colons mes accuouvrages de Page
Brulley,
jc ne me
fateurs; mais fur le fait de mon admini@ration,
faits
fuis
mêie pour ma défenfe, des ouvrages
au fouvenir de la commiflion les débats
en iane aTRAn rappelle
qui ont eu lieu à cet égard.,
Verneuil: Encore avant-hier il a cité deux paragraphes de
T'ouvrage de Page: je demande fi avant-hier il étoit queftion
de l'efprit public.
Le préfident : Page étoit préfent aux débats, Sonthonax parce qu'il &
eft un des accufateurs des commiffaires civils
Polverel; mais quant à des citoyens qui font en France,
ou il faudroit les.entendre, ou il faudtoit fimplement renles renfeigneméns à ce qui peur être contenu
voyer pour
dans leurs mémoirés.
Duny : J'ai déja obfervé que mes papiers font confondus
avec ceux de Galbaud, qui font fous les fcellés, parce
du peuple à Nantes,, les a mis
tetcthe
Garrau, repréfentant
en France. Le citoyen Fouché,
ble lors de notre arrivée
dira
fois
mémbre de la commifion, vous
que plafieurs
je
Yai prié de m'accompagner dans les archives, parce que tout
ce que j'ai à dire eft appuvé de preuves quife trouvent dans
les papiers du général Galbaud. Le ciroyen Fouché m'a.remis à aujourd'hui. Le chef d'accufation que nous traitons
eft arrivé trop tôt.
& contente - toi de dire
a Le préfident : Cite la pibce,
que
cela eft rélaré dans l'ouvrage de Confeience.
Duny : Eh bien!j je vais citer les pages; cela fuffira pour
là commillion. Ala
40 de Touvrage de Confcienee, diftribuéà la BAREET vous vetrez ce quis'ef patfe entre
les mulatres & les matelots. A la page 41, vous verrez encore
des détails des atrocités qui ont cu lieu. A la page 45, vous
verrez encore les mallacres qui ont et lieu aux bords de la
mer, & qui cbligérent une parrie des marins de fe jeter
l'eau pour éviter d'êrre affaffinés.
Tome VI. Soixente-unième livraifon,
Z S
diftribuéà la BAREET vous vetrez ce quis'ef patfe entre
les mulatres & les matelots. A la page 41, vous verrez encore
des détails des atrocités qui ont cu lieu. A la page 45, vous
verrez encore les mallacres qui ont et lieu aux bords de la
mer, & qui cbligérent une parrie des marins de fe jeter
l'eau pour éviter d'êrre affaffinés.
Tome VI. Soixente-unième livraifon,
Z S --- Page 350 ---
346,
Je pafe à la relation détaillée des
paiés à
événemens qui fe font
Saine-Domingue, au Cap.
Le préfident : De qui eft cet ouvrage :
Duny : De Dufay; Mils,
Vous verrez dans cet ouvfage Garnor, inritulé Eelley, Poiffon*
nemens malheurene qui ont eu iiru au Cap , Relation des evegénéral
depais l'arrivée du
lation faire Goland'-jafgton momeni oic i a pris la fuite repar les députés de la partie du
;
verrez, page 27, quilss'exptimenit ainli. Nord: vous y.
ccllègues Le préfident : Cn: ne peut lire l'ouvrage de ceix de nos
qui ne font pas préfens auix débats.
à Dunty la
: Je vais indiqucr les pages feulement.. Vous verrez
combien page 27 la nole qui fe. trouve au bas; vous
Sonthonax prorégecit les
verrez,
& ce qui devoit en téfeler.
nègres & les mulaires,,
Sonzhonax : Quelle page ?
faire Duny : Page 27. Je crois que vous ferez
mettre fur le rapis cet ouvrage-la, Je bien à de ne pas
Vous verrez également à la
du méme pafle lpagesf.
mécontentemenr des matelots page & des 35
écrit que le
cornble, au fajer d'un ordie qui leur avoit marins été éroit à leur
heures Polverel & Sonthonax, de ne pas fe trouver à terre donné par
du foir. Au mois de jain, à
heures du à fepe
Sainr Dominsne, quand lés noirs & fept les mulâtres foir, à
pernilien, les premiers de refter jufqu'à dix
avoient la
aurres d'y paler la nuir dans des orgiesiJe vais heures, & les
kéhure de la pro.laruccion de
vous donner
à ces horreurs-là, Cette
Sonthennx, qui metle comble
elie eit ainii conçue:
proclamacion eft du 20 juin 17933
bâtimens cc Défente à rous les matelots compofant les
de la
& du
équipages des
Je
I
Répabique,
cummerce, .
mémcire, demanderai, comme j'ai tracé cette
que Sonthonax la fuive fur fon regiftre, proclamation de
Soachohax : Je ne fuis pas renu à cela,
Sonthennx, qui metle comble
elie eit ainii conçue:
proclamacion eft du 20 juin 17933
bâtimens cc Défente à rous les matelots compofant les
de la
& du
équipages des
Je
I
Répabique,
cummerce, .
mémcire, demanderai, comme j'ai tracé cette
que Sonthonax la fuive fur fon regiftre, proclamation de
Soachohax : Je ne fuis pas renu à cela, --- Page 351 ---
347.
Dumy : Comme rous fommes obligés de tranfcrire de
mémoire, il pourroit fe foire cu'ilyedt
dans ies phrajes; mais je fuis sir de la quelque vérité des incxactitude faits. Te
demnandois ain
s'il que Sonthonax, qui a fon regifve, me
que,
y a des inexactirudes, il puille les relever. fuivit,
défendrai Sorthorax : Duny peut citer ce qu'il jgoen
me'
enfuite. Quon produife iapitce
bon; je
mhoi: ce n'eft pas à moi à la fournir' à mes qu'on accufateurs. cire contre
mande Leprafident: : Il faur enfin prendre un parti fur
en communication de
cette deconimiffion délibire.
regifre; je onande que la.
Diny: Je demane feulement que"
pour voir fi je m'écarte de la vériré. Sonthonax me fuive
pièccs Verncuil qui font : Nous dans avons eu commenicarion de toutes les
le regiftre qaieffir le bureau.
Lc préident : Je prie'la commilion de fe
libérer.
rétirer pour dé-
(La commifionfe retire.).
(Elle rentre.)
Le préfdent:Ta commilion orlenne cue
itée par Duny fera lue par le fecrétaire. de h li proclamation cemmifion.
Duny : J'indique la proclamarion du 20
ux marins. de fe uouver à rerie après fept jain qui défend'
rdorne autii a ceux quife trouvent à
de heures, 8c qui
e faire.
terre fe rembarquer
Sonthonax : In'ya pas dans ce
I 20j jain;' il n'y en a pas depuis le regiftre i2. de proclamation
Duny: : Citoyens, je vais vons faire voir
T Dufay & autres en parient dans leur
qu'elle exifte;
compte rende.
Sonthonax : C'eft qu'eile fe trouve
Rutres regiftres qui ionr encore fous les apparamment dans
onpant que,. for ce regiftre, on ne trouve fceliés. Iln'ef pas
nt parie le ciroyen Duny; cctte pièce exifto, point mais dans la pièce les
re i2. de proclamation
Duny: : Citoyens, je vais vons faire voir
T Dufay & autres en parient dans leur
qu'elle exifte;
compte rende.
Sonthonax : C'eft qu'eile fe trouve
Rutres regiftres qui ionr encore fous les apparamment dans
onpant que,. for ce regiftre, on ne trouve fceliés. Iln'ef pas
nt parie le ciroyen Duny; cctte pièce exifto, point mais dans la pièce les --- Page 352 ---
fegiftres dent je n'ai point encore eu communication offciellement ni autrement. L'ordre a été réellement donné ;
la commiflion civile a cru devoir empècher les matelots de
fe trouver à terre après fept heures,
prévenir les rixes
pouvoient arriver entre les homines Poet couleur, les noirs
21 les matelots.
Le préfdent : Cette proclamation ne fe trouvcit-elle pas
dans les prociamations imprimées?
Sonthonax : Je ne le crcis pas; c'eft une fimple décifion
notifiée au commandant de la radc. Ces choies-là ne s'imprimoient pas : cependant, celle - ci a été pabliée dans la
ville. Je fuis d'accord: del'exiftence de la pièce.
Verneuil : Sonthonax dit quele regiftre qui contient cette
proclamation n'a pas été invenrorié,. moi je dis que le
regiftre des proclamations a été inventorié : je lai vu.
Sonthonax : Je parle d'un regiftre d'ordrcs 8c de décifions
parriculières dont je n'ai
encore connoiliance, foit qu'il
ait été inventorié, fcit aea ne l'ait pas été; mais je crois
bien qu'il ne la pas été. Lorfque le citoyen Polverel, qui
avoit unc.mifion commune avec moi, partoit pour les
vinces du Sud Ede FOuef, ii emportoit fonvent le
Intie
commun, qui lui fervoit alors de regiftre particulier. il eft
très-polible que cette proclamation ou décifien fe trouve
dans ce regiftre.
Duny : Il n'eft pas étonnant qu'elle ne fe trouve point
fur ce regiftre; ony trouve la proclamation du 3 juillet
avant la proclamation du 2i juin même année, qui
ezti
les nègres.
Sonthonax : Cela eft très-pofible; mais j'affirme que la
décifion dont parle Duny n'eft pas là-dedans. Il eft pollible
que l'ordre dans lequel lès prociamations font tranfcrites foit
interverti; la tenue des regitres ne regardoit pas les commiffaires civils, mais le fecrétaire de-la commiflion civile :
ainfi, il ne s'agit pas de favoir quel eft l'ordre du regiftre,
mais feulement d'une pièce que je ne crois pas exifter dans
mais j'affirme que la
décifion dont parle Duny n'eft pas là-dedans. Il eft pollible
que l'ordre dans lequel lès prociamations font tranfcrites foit
interverti; la tenue des regitres ne regardoit pas les commiffaires civils, mais le fecrétaire de-la commiflion civile :
ainfi, il ne s'agit pas de favoir quel eft l'ordre du regiftre,
mais feulement d'une pièce que je ne crois pas exifter dans --- Page 353 ---
j'ai lu d'un bout à l'autre. D'ailleurs, je
ee regiftre , que nie
de la pièce.
déclare que je ne
pasl'exiflence
le fecrétaire :
Alors, je vais lire l'extrait, puifque
de Pai4 commiflion ne peut pas lire Y'original.
de la commifion : Il eft
Fouché (de Nantes), fecrétaire du juillet eft infcrite fur le revrai que la proclamation 3
giftre avant celle du 21 juin.
Le préfident : Il eft inutile de citer comme l'acte, littéral vous une
chofe qui ne l'eft pas; puifque vous avez vu
pouvez en tirer l'induction que vous voudrez.
l'ordre dont il.
Duny: Je réponds ce que je difois, d'armer que les marins contre
s'agit exifte > & avoit pour bur
la guerre civile.
les citoyens de couleur, & d'organifer
Le dixième article eft ainfi conçu : ce Ils ont
Brulley :
de toutes les couleurs, &c.
ouvert les prifons aux brigands d'eux les nègres royaliftes & ré-
>> ils ont appelé autour
3s voltés. 9>
Q
fans doute ouvrir les
des prifons à des
Citoyens, étoient fous le coup de PT loi, à des hommes
hommes étoient qui couverts de crimes > & les armer contre ceux
qui
à s'en
& qui avoient tout à
qui avoient déja férocité, eu
c'éroit plaindre, bien exciter la guerre ciAtiendre de leur
fait Polverel & Sonthonax. J'en trouve
vile, C'eft ce qu'ont
ainfi
a preuve dans un ordre du 20 juin 1793,
conçu:
des
de cette ville de
c Il eft ordonné aux geoliers les vivres prifons qu'ila à la geole,
Faire apporter au gouvernement ont été élargis aujourd'hui.
deftinés aux prilonniers qui
s Au Cap, le 20' juin 1793.
>> Signé, SONTHONAX. 22
Voila, certes, un ordre qui conftate de la manière la plus
videnre.
ont
ainfi
a preuve dans un ordre du 20 juin 1793,
conçu:
des
de cette ville de
c Il eft ordonné aux geoliers les vivres prifons qu'ila à la geole,
Faire apporter au gouvernement ont été élargis aujourd'hui.
deftinés aux prilonniers qui
s Au Cap, le 20' juin 1793.
>> Signé, SONTHONAX. 22
Voila, certes, un ordre qui conftate de la manière la plus
videnre. --- Page 354 ---
Sonthonax : Je vicns de trouver l'ordre qui concerne les
matelots; il eft ici bâtonné: je ne fais pourquoi,
Brulley : Cer ordre, citoyens, prouve évidemment.
les portes des prifons ont été cuvertes aux brigands; & 30R
lez0 juin que ces portes font ouverres, le 20 juin 3 jour oà
Ion a commencé à pilier & à incendier la ville du Cap!
Les brigands quel'on a lancés contre les citoyens du
ne
laiffoient pas que d'ètre en allez grand nombre; je Cap n 'érois
pas dans la colonie alors, mais la notoriéré publique & le
témoignnge de ceux qui ont vu,' m'ont attefté quil y avoit
plus de fept cenrs brigands, tous hommes dignes du dernier
fupplice, par les atrocités auxquelles ils s'étoient livrés.
Voili, citoyelis, les hommes à qui on a ouvert les
a
quie lon armés & que l'on a lancés contré les citoyens. prifons,
Vous apprendrez à quel excès de rage, de fureur & d'atrocités > ces hommes fef font portés, loriqu'on vous déraillera
les horreurs commifes au Cap. Encore eft-il conftant
a ouvert les portes des prifons à ces brigands; encore que l'on demeure-t-il conftant qu'on a fait fortir 700 brigands, & quer
Sonthonax a donné des ordres de porter au gouvernement
les vivres deftinés à ces mêmes brigands. La date
cet
del'ordre,
ordre qui eft porté fur les regiftres de Sonthonax >
prouvent que Sonthonax avoit connoillance des fairs; &c
cerres, fon autoriré étcit telle, que nul autre que lui ne
fe feroit cru.en drcit d'ouvrir les
des prifons. Vous
voyez qu'il connoiffoit parfaitement Nertond fortie de ces
qu'il voulcir pourvoir à leur fubliftance, puifqu'il hommes, donnoit
ordre d'apporter au gouvernement > lieu de fa réfidence, la
giourriture qui leur étoit nécefaire : donc il les avoit près de
lui, donc il en étoit environné, donc il vouloit les fubftanter, pour s'en fervir enfuite aux horreurs qui ont été
commifes.
S'il étoit queftion de vous donner une idée des hommes
qui éteient Tenifermés dans les. prifons > vous verriez combien Sonthonax étoit sûr de tous les malheurs que devoit
prodeire l'ouverture des prifons , & le tableau de l'incendie
de Cap ne vous permettpa plus"de douter des réfultats del
Ielargifament de ces fcélérats.
, pour s'en fervir enfuite aux horreurs qui ont été
commifes.
S'il étoit queftion de vous donner une idée des hommes
qui éteient Tenifermés dans les. prifons > vous verriez combien Sonthonax étoit sûr de tous les malheurs que devoit
prodeire l'ouverture des prifons , & le tableau de l'incendie
de Cap ne vous permettpa plus"de douter des réfultats del
Ielargifament de ces fcélérats. --- Page 355 ---
Je paffe- la deuxième partie de l'aricle X du cinquième &c
het. wlls ont appelé autour d'eux les nègres royalites
révoltés. s>
Vous avez vu que Polverel & Sonthonax ont faire été envoyés renirer.
ans la colonie pour y ramener Y'ordre, niom du roi, pour nous pilloient,
ans le devoir les nigtes qui,au dans le décret du mois de
ous égorgeoient. Vous avez vu
leur éroit
in & dans les inftructions, les melures qu'il dans le devoir.
hjoint de prendte pour ramener ces à nigres rérablir la calme & la
th bien lau lieu de s'ètre artachés
la révolte 5 les
anquillité, ils-ont fans cefle leur entretenu bur étoit d'entretenir tou*
élats vous révolte. onr demontré Vous. que avez vu
ont tout fait
burs cette
où lon auroit qu'ils ramener ces
etLIees
carter le moment
pu que rien n'étoit plus.
ans le devoir : On vous a étoient démontré venues à leur fuite 5 nous
cile avec les forces qui
fait
V'empècher,
lons vous démontrer qu'ils ont tout
eu pour des conférences
'ils fe font même abouchés, & qu'ilsont c'eit par ce moyén qu'ils
vec lcs chefs des révolés, civile dans que la colonie. Ils ont eu des
ht cntretenu la guerre deux
Pierrot & Macayas deux
onferences avec les
nègrés
dont les nonis ne
hefs bien prononcés des nègres les défaftres royaliftes, quils ont amenés
bnt que trop faeux Polverel par & Sonthonax ont de plus donné
hns la colonie.
Tun des plus fameux chefs
h ordre d'après lequel Biaffons, vii décoré de la crcix de
s révol:és, un homme que jai avec un cordon rouge," &
hint-Louis, avec des épaulertes,
blanches,
yant dans fon chapean trois fupcrbes plumes
Vive le roi de France elJe ne parle
vec cette infcriprion: l'ai vu de très-
&c avec une
EtE
hir oui dire,, je
près de Sonthonax Y'ordre de.
nette. Ce.mème Biaffons a reçu
à-t-il douné
rendre auprès de lui: & à quelle réfolu époque de dérruire la ville
et ordre! à l'époque ou il avoit
-
donné : à ce chef des brigands
1 Cap, au'20 juin. Uerdre fur le
de Sonthenar,
pyalites eft encore conligné
regifre la
de la Re
ainfi conçu; Biafons d mis fous fauve-garde de l'ordre),
blique francaife (ce font les expreflions
6e
vize ajerandre aupris du Polverel e de Sonthonax. Iinesy
point rendu; Biallons avoit un tout autre plan:lsen-
-
donné : à ce chef des brigands
1 Cap, au'20 juin. Uerdre fur le
de Sonthenar,
pyalites eft encore conligné
regifre la
de la Re
ainfi conçu; Biafons d mis fous fauve-garde de l'ordre),
blique francaife (ce font les expreflions
6e
vize ajerandre aupris du Polverel e de Sonthonax. Iinesy
point rendu; Biallons avoit un tout autre plan:lsen- --- Page 356 ---
tendoir avec les Efpagnols. Biaflons étoit un chefde brigands.
de révol.és, qui a combattu contre les blancs dès le com
ne cment de la révolte; & Biafions n'a pas varié dans fa
CC Juite,
a été la même que celle de Jean François
Sunthonax 2 Polverel ont appelé cet homme auprès
dans
d'eus
le temps où ils s'occupoient de la deftruéicn' du
dans le remps où ils venoient de faire ouvrir les
Cap:
lancer contreleshabirans les brigands qui y étoient prifons cnfermés: pou
dans le temps oit ils avoient eppelé auprès d'eux Pierror &
Macaya S dans le temps où ils avoient armé tous les nègres
efclaves; enfin, dans le temps faral o ils avoient juré la
deftruclion &lamort de tousles blancs, ouilsavoient employé
rouslesmoyens pollibles pour parvenir à ces fins atroces. Ces
chefsne fonrpas lesieuls qu'ils aient appelés autour d'eux; cai
il femble quils s'éroient attachés à réunir autour d'eux tous
CCUX qui pouvoient plus efficacement opérer la deftruétion de
Saint-Domingue, Il y a encore un autre chef de révoltés
nommé Goy,, nègre royalifte; ce chef a été arrêté par une
patrouille, , & on lui a trouvé dans fa poche un billet figué
Sonthonax, ainfi conçu:
Ce Ile eft permis au citoyen Goy d'entrer au Cap avec fa
troupe.
>> Au Cap, ce 20 juin.
>> Signé, SONTHONAX. >>
Vous voyez que la permiflion donnée à Goy d'enrrer au
Cap: avec fa troupe de royaliltes,, concourt parfaitement avec
lordre donné à Biallons, avec l'ordre donné
les
vivrés des brigands relàchés; tout cencourt au d'apporter même bur,
celui de détruire le Cap & Saint. - Domingue. Nous avons
donc eu raifon de dire: cc Ils ont ouvert la porte des
aux
prifons
brigands, & ont appclé autour d'eux. les nègres
royaliftes
& révoltés.
Duny: J'obferve que cet ordre donné au ciroyen
eft
écrit tout entier de la main de Senthonax, & figné de
il
eft
dans les
Se
dépofé
bureaux de la commiflion. Si le citoyen
. Nous avons
donc eu raifon de dire: cc Ils ont ouvert la porte des
aux
prifons
brigands, & ont appclé autour d'eux. les nègres
royaliftes
& révoltés.
Duny: J'obferve que cet ordre donné au ciroyen
eft
écrit tout entier de la main de Senthonax, & figné de
il
eft
dans les
Se
dépofé
bureaux de la commiflion. Si le citoyen --- Page 357 ---
Fouché veuty paffer dans les archives, je le
ureau.
dépaferai fur le
Lc préfident à Sonthonax : Reconnois-tu
areil ordre?
qu'il exifte un
Sonthonax : Je ne n'en rappelle pas.
Ie préfident : Alors, il faut le produire,
(On va le chercher.)
p'ils Brulley : Le XI argicle eft ainfi conçu: e Ils ont déclart
Écrets s'oppoferoient de l'affemblée de toutes leurs forces à l'exécution des
hiffement des
nationale qui proclameroient l'affranplonie des femences efciaves. de >3 Certcs > c'étoit bien jeter dans la
roroquer fans doure,les difcorde & de divifion, c'étoit bien
é nationale, c'étoit bien colons à la rebellion contre l'autobuter par faire une pareille exciter la guerre civile, que de
onax & Polverel
proclamation. Lorique Son:
amation n'étoit ni cnt dâns eux - mêmes avoué que cette probint de doue, d'après le difcours leur ceeur du ni dans leurs vues, 2
onthonax & Polverel, que. les intentions préfident del la prononcé a
Hffent été manifcftées. Sonthonax & Polverel coloniene. leur
après ce difcours, que leur conduite devoit devoient être fentir,.
Anforme aux décrets, tellement conforme à leurs tellement
pns, qu'ils devoient éviter même de faire
inftruc-
: poflible qu'ils foupçommaflent qu'un appercevoir il
qu'il
ns la colonie un événement tel
jour pût furvenir
itre. Sonthonax & Polverel l'ont Rcr formellement ceux qu'ils y Ont fait
oclamations qui vous olt été lues ici, & qui ont dans été des
demment inférées dans les débats. Une des
du mois de novembre
c'étoit
ECLRLES
1792;
à l'époque &
mps après T'arrivée de Polverel, Sonthonax & peu de
ette proclamation leur eft commune. Vous avez vu Ailhand.
écédens débats, par la lecture qui vous a été
parles
inductions qui en ont été tirées, > que
fai.e,
onax & Ailhaud avoient déclaré formellemen: Polverel, stnE
Mercient à l'exécution de toute loi qui
qu'ils s'opils appeloient les'droits de la colonie;
contraticroi: ce
l'exéctition de toute loi fubvertive gu'ilssoppoferoiens du régime colonial.
commune. Vous avez vu Ailhand.
écédens débats, par la lecture qui vous a été
parles
inductions qui en ont été tirées, > que
fai.e,
onax & Ailhaud avoient déclaré formellemen: Polverel, stnE
Mercient à l'exécution de toute loi qui
qu'ils s'opils appeloient les'droits de la colonie;
contraticroi: ce
l'exéctition de toute loi fubvertive gu'ilssoppoferoiens du régime colonial. --- Page 358 ---
Polverel & Ailhaud fe font abfentés du Cap; Sonthonax
eftrcfté feul: il a éreplus loin, lui; Jes auires avoicnt promis
ilajuré; &. je trouve ce ferment dans fa proclama:ion di
mois de décembre, dont les expreflions font très-eflentielle
àr recucillit, parce que ce font celies fur-tour qui euffent PI
occafionner la guerre civile.
cc Nous déclarons qu'aux affemblées coloniales feules, cônt
tituricnnellemenr forlices, apparcient le droit de prononce
far le fort des efchives; nous déclarons que l'elclavage eft né
cellaire à la culture & à ia profpérité de ia colone, &
n'eft à cet égard dans les principcs ni de l'affemblée ni di
roi de toucher aux prérogatives des colons; nous mourron
plusot que de fousrir Texécution -
d' un projer aufli ani-po
pulare
32,
Ce n'eft pas là la proclamation du 4 novembre
la première donr j'ai parlé, cif celle du mois de 1793d'e novembre
J'obleive que la feule différence dans fes
cl
celle-ci : que Sonthenax jure de mourir p'utôt expreffions que - d'exécute
jarzais une loi nationale gui tendroit 2 aitérer ou décraire
regume co' onial : voici les expreliions. Je vous le demand
main enants ciroyens, d'après les décrets de la Convention
nationale, d'aprés la inanière don: cette queftion a depui
éiétrarrée en France, fi ce n'étoit pas provoquer la sucrr
civile à Saint-Domingne; fi, s'quiorifant des
Polverel - & de Sonthonax far-tour, lcs colons exprelions ne pouvoient de
pas dire: Pourquoi des hommes envoyés dans un tel temp
par laFrunce, nous ont-ils énoncé une.t telle opinion au nom
de la Franee, & pourqroi loslégiflarturs iranyas proicrivent
ils aujourd'hui tne opinion ff contradictoire? Cerres, quand
il y a autant de conaradicion entre deux pouvoirs qui de
voient marcher fur la meme ligne, ne font-ce pas là. des
fources de divificn, de gucrre civile? n'eft-ce pas provoquer
Jes colons, les porter a la rebellion contre les lois de la
France? n'cft-ce pas; en un mor, jeurfaire fnrir tout lemal
qui. pourroir refuler d'une opinion contraire à celle que
Poiverel & Souchonaxavoient d'abord manifeftée au nom de
adicion entre deux pouvoirs qui de
voient marcher fur la meme ligne, ne font-ce pas là. des
fources de divificn, de gucrre civile? n'eft-ce pas provoquer
Jes colons, les porter a la rebellion contre les lois de la
France? n'cft-ce pas; en un mor, jeurfaire fnrir tout lemal
qui. pourroir refuler d'une opinion contraire à celle que
Poiverel & Souchonaxavoient d'abord manifeftée au nom de --- Page 359 ---
la nation? n'eft-.ce
en un mor, préparer à Saint- les
Domingue la guerre ERAia : n'eft-ce pas préparer dans la manière tous
maux qui devoient réfulter de l'inftabilité qui intérefloitle plus
de fe prononcer far celle des queltions & fes habirans? Nous avons /
la colonie de Suint-Domingue clafier dans les caufes de Ja guerre civile
donc eu raifon de
&c Sonthonax, & nous
cette manière d'agir de Polverel
articles
devoient
avons dû remarquer comme un des
qui qu'ils ont,
rentrer fous le cinquième chef, la déclaration la Confaite de s'oppofer fotmellementa tous Taflianchillement les décretside des efvenzion qui pourrcient prénoncer chacun de ces articles, vous venez
claves; par tous & un & Sonthonax n'ént celle de s'occuper
de voir que Polverel d'aliumer la guerre civile à Saint t-Domingue;
des moyens
rérablir Tordre; nous les
ils y avoient éré envoyés dans pour leur conduite; nous vous avons
ayons fuivis pas à pas
& vous avez écé confait lecture de leurs proclamations, allumer dans la cOvaincus qu'ils n'ont rien négligé civile; pour vous avez vu que loin
lonie & y enuretenir la guerre
avoient million de
de. ramener à l'ordre les révoités qu'ils ils ont au contraire
faire renrer dansleurs ateliers relpeckifs, hommes. La guerre
entretent des relations avec ces mêmes
civile n'a cellé de régner dans la colonie tout le temps qu'ils
y ont été; elle na jamais été plus fanglante, clle n'a jamais :
produit plus de ravages que pendantleur préfences ceft pourquoi
eft qu'ilsy ont concouru de tous leurs moyens, des crimes qu'ils les
fe font fervis dé tous les hommes lesblancs capables dont ils-gvoient
plus atroces, qu'ils ont lancés contre donc eu raifon de dire que
juré la deltruétions nous devoient avons être accufés d'avoir orgarife
Polverel & civile Sonthonax & d'avoir provoqué à I rebellion contre
la, guerre narionale; c'eft l'objet du cinquième chef.
l'antorité
Le Préfident : Vous ayiez promis hier la lecuredesproctr & 28 avril
verbaux de la municipalité du Cap, des 14 mars
C'eft Thomas Millet qi devoit les apporter; il
Duny :
a été appelé en arbitrage avec Daubonneau.
Lepréfdent : La féance efl ajournée à après demain neuf
ax & d'avoir provoqué à I rebellion contre
la, guerre narionale; c'eft l'objet du cinquième chef.
l'antorité
Le Préfident : Vous ayiez promis hier la lecuredesproctr & 28 avril
verbaux de la municipalité du Cap, des 14 mars
C'eft Thomas Millet qi devoit les apporter; il
Duny :
a été appelé en arbitrage avec Daubonneau.
Lepréfdent : La féance efl ajournée à après demain neuf --- Page 360 ---
heures très-précifes, & l'on commencera la lecture des débars
quand même les parties ne feroient pas préfentes.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Ph. GARRAN,
préfident 3 Fouché (de Nantes), fecrétaire ; MERLINO,
DAY, LANTHENAS.
Dx14 --- Page 361 ---
$57
Di 24 Prairial, l'an troifème de la
République
une & indivifible,
frangaifé
adopré. O. lit la rédaétion des débats de la veille
3 elle/eft
Les citoyens Fondeviolle,
Laseleve@qeTiuibaire font Senac, abfens. Page, Daubonneau &
verbal Duny : J'obferve à la commillion
dont on vient de donner
que dans le procèspolitivement: : <c Vous avez entendu lecture, le 3 Sonthonax a dit
clarer ici que Confcience a émigré général Galbaud dénada. D'aprés ces expreffions ili
avec lui dans le Cale général Galbaud auroir fair cette fembleroit qu'effectivement
dant il eft faux, de toute faufferé décharation ici; cepenait allégué ce fait.
que le général Galbaud
débats Sonthonax: : Je réponds que Galbaud a dit ici
que Confcience avoit
dans los
& voici comment le général émigré s'eft avec huien Canada,
près être forti de TE:at de New-Yorch exprié : il a dir gu'aCanada, après y être
pourfe 2
rendre dins lc
de-camp Confetonce a Netp refiquelgues Yorck jours > il ervoya Jor cideJavoir s'il. pourroit (e rendre dans paur cet fonder le terrein, é
de-là aller en France, Voilà ce
Etar er2 strezé, pour
ment à Confeience 1 : or il ne qu'à dit Galbaud relativedans l'Erar de New-Yorck, du
dépurer Con(cience
y eût été avec
fans que
CEES
lui; donc Galbaud a dit
Confcionce
avec lui en Canada, qu'il avoit
que Confcience ét.it
colonie anghife.
émigré avec li en Canada,
Th. biller: Citoyens, à la féance du
ture des procès-verbans dela
21 fhinromis lecTome Yi. Soixante-deuxiome municipaliré du Cap.
liyraifon,
A a
-Yorck, du
dépurer Con(cience
y eût été avec
fans que
CEES
lui; donc Galbaud a dit
Confcionce
avec lui en Canada, qu'il avoit
que Confcience ét.it
colonie anghife.
émigré avec li en Canada,
Th. biller: Citoyens, à la féance du
ture des procès-verbans dela
21 fhinromis lecTome Yi. Soixante-deuxiome municipaliré du Cap.
liyraifon,
A a --- Page 362 ---
Sonthonax : Duny avoit promis auffi de produire un
tendu éctit de moi.
préDuny : Le ciroyen fecrétaire de la commiflion va m'aider
à le chercher,
Th. Millet: J'aveis promis la ledure des procés-verbaux
de la municipaliré du Cap, qui conftatoient que le 14 mars
1793 > il y eur une prife d'armes lorfque le commandant de
la province du Nord de la colonie de Saint - Domingue
Laveaux, a donné, del'ordre de Sonchonax, de
à la lettre à lui écrite par Sonthonax, datée de Saint-Marc lapublicité
le IO mars : je tiens à la main ces
i la
commillion l'ordonne, je vais les lire, procès-verbaux; cu fi elle le
convenable, je les renverrai pour la réplique à Senthonax. juge
Sonthonax : S'il s'agit de prouver fenlement que le
héral Laveaux a reçu T'ordre de publier la lettre du 10 mars gér
il eft inutile de lire les procès-verbaux de la municipalité du
Cap; car c'eft un fait que je reccnnois. Il eft très-vrai
la lettre écrite par moi au général Laveaux , le IO mars, que
été publiée par mes ordres.
Th. Millec: Je viens de dire que ces procès-verbaux conf
tatoient qu'il y a eu une prife d'armes au
à
de la publicité de cette lettre 5 que cette prife
l'époque a été
du fait des hommes de
ESALT
couleur; & voiciles procès-verbaux,
Irc préfident": Ileft plus naturel de les lire à préfent
d'attendre la réplique.
que
(Millet lit.).
Extrait des
dépoftes aux archiyes de la municipalité
PRE la ville 6 banlieue du Cap.
>) Aujourd'hui quatorzième mars mil fept cent quarrevingt-treize > l'an premier de la République
dix
heures du matin, nous, Jofeph Picard & françaile,
officiers municipaux, nous étant trouvés à Frangois la maifon Carrié, commune dans le moment ot plufieurs citoyens s'y font
fentés pour prévenir la municipalité qu'ilyavoir de prémiouvemens dans la ville > & qu'on prenoit les armes, grands nous
dits officiers, pour nous affirrer par nous-mémes de ces faits,
nous fommes tranfportés d'abord au quartier des citoyens
, nous, Jofeph Picard & françaile,
officiers municipaux, nous étant trouvés à Frangois la maifon Carrié, commune dans le moment ot plufieurs citoyens s'y font
fentés pour prévenir la municipalité qu'ilyavoir de prémiouvemens dans la ville > & qu'on prenoit les armes, grands nous
dits officiers, pour nous affirrer par nous-mémes de ces faits,
nous fommes tranfportés d'abord au quartier des citoyens --- Page 363 ---
si-devant de
nombre de couleur, que nous avons trouvés armés
quatre-vingr,
au
blement 35 Nous étant informés quel étoit le
en armes, ils nous ont
fujet de leur raffemtendu crier aux armes, & que répondu qu'ils avoient enles leur avoient fait prendre: c'éroient les feules raifons
les raffurer fur les craintes nous avons fait en forte qui de
nous les avons fortement
qu'on avoit pu leur
leur
engagés de refter
quartier , que nous allions nous
paifiblement
pafloit, &
TTOE
çu'ils en feroient inftruits: informer ils
de ce qui fe
qu'ils refteroient.
nous ont
>> Nous étant enfinite tranquilles; ce qu'ils ont effeétué, répondu
on nous a dit qu'il ya avoir tranfportés un
au pofte de la
nous
Fofferse,
y. avons réellement trouvé rallemblement de gens armés :
de ceuleur bien armés qui
environ cinquante citoyens
de canon qu'ils avoient
s'éroient emparés des deux pièces
Elpagnole & l'autre fur déplacées la rue et pointées l'une fur la rue
des paliflades.
gai conduit au bac, 2 le
>>
long
Les vétérans gardes nationales
nationale audit pofte de la
compofant la garde
lefdits citoyens de couleur Follette, étoient nous ont alluré
corps-de-garde des uftenfiles &
venus s'emparer à Rue
deux canons; qu'ils n'avoient
munitions au fervice des
leur foiblelle, & peut-être pas cru devoir s'y oppofer vu
D'après ces inftructions pour éviter quelque
ciroyens
, nous avons
inalheur,
pour quels motifs &
demandé auxdits
déplacé lefdires deux pièces de par quels ordres ils avoient
que ce n'étoit point dans des canon, IL; nous ont
la fireté de la ville, fur vues hoftiles, mais répondu
ce
plurôt pour
aux armes : fur quoi noys les qu'ils avoient entendu crier
rien à craindre 5 en même temps avons affirés qu'il n'y avoit
remettre leldits canons à leur
nous les avons engagés de
devoir d'exécuer. En les
place, ce qu'ils fe fonr mis esa
exhortés à n'avoir aucune quittanr s nous les avens
&
même à fe
inquiétude, à refter beaucoup
9, Nous
rerirer; 3 ce qu'ils nous ont
tranquilles,
nous fommes't tranfportés de fuite promis.
Clugny > qu'on nous a dit être le lieu
à la place de
rixe entre deux
où s'étoit élevée
libres ou efclaves; nègres > qu'on n'a pu nous dire s'ils
une
après toutes nos
étoient
pu abfolument tirer aucun
recherches, nous n'avons
éclairciflement de cé fait; nous
I
Aa 2
; 3 ce qu'ils nous ont
tranquilles,
nous fommes't tranfportés de fuite promis.
Clugny > qu'on nous a dit être le lieu
à la place de
rixe entre deux
où s'étoit élevée
libres ou efclaves; nègres > qu'on n'a pu nous dire s'ils
une
après toutes nos
étoient
pu abfolument tirer aucun
recherches, nous n'avons
éclairciflement de cé fait; nous
I
Aa 2 --- Page 364 ---
avons feulement appris par les hommes de poliee qui compoien: la garde de lafatdie place de Clugny, , qu'ils avoient
epperçu tour-à-coup les négrefles marchandes d'herbes fe
Jever, emporrer avecelles leurs panniers, ce qui avoit donné
lieu a crier, Fermer les portcs J & vrifee-blablement ce
aura éré une des caules de ceue prife d'armes de la qui
deidis citoyens ci-devant de couleur.
part
>> Nous erant retirés, & ayant parcouru une partie de la
vilie, nous pouvons ailurer avec certirude que nous n'avons
pas trouvé un leul blanc en armes, pas méme le plus petit
Faflerablenent, tour nous ayant annoncé qu'il régnoit une
grande cranquillité. Avanr de nous rendre à ja maifon commune, > nous nous fommes acqpirtés de notre
envers les citoyens ci-devant de couleur. Nous avons engagement été les
tronver à lear quarrier 5 nous les avons rafiurés de nouveau
fur la tranquilliré qui régnoit dans la ville, & ils ont
-
faristihits..
paru
93 En nous féparant d'eux > le ciroyen Defprés, coninandant ia place, eft arrivé audit quartier. Nous avons été au
devant de lui, pour lui dire que nous fortions de la Foffetic, & que tout y éroit tranquille; que les ciroyens de
cosleur, for nos repréfentations, 2 s'é:oient mis en devoir
de remettre les canons à leur place : il nous a répondu
étoit bien aife de s'en affurer par lui-méme, ,
alloit qu'il
faire un rour.
qu'ily
Avant fon départ, & en notre préfence, il
a Ic commandé tres-exprellenien: aux citoyens ci-devant de
couleur de fe retirer chacun cn leur domicile, & de n'aller
que deux ou trois enfemble ; qu'ils pourroient lailler feulement vingt hommes all quartier. Nous nous fommes retirés de fuite à la maifon commune , où nous avons trouvé
les citoyens maire , le procureur de la ccmmune, & plufieurs
officiers municipaux; nous leur avons fait part de ce
eft dit ci-deff.s.
qui
>5 Après nous avoir entendus, il a été décidé que le
cureur de la commune et nous > nous nous rendrions pro- à la
commiflion in:ermédiaire , ce que nous avons exécuté.
>> Apris avoir été admis dans le fein de l'affemblée, le
ciroyen Picard, lun de nous,s'eft adreffe au citoyen
fident > & lui a fait le rapport de tour ce qui venoit de pré- fe
paller > & des moyens que nous avions pris pour la fureré de
entendus, il a été décidé que le
cureur de la commune et nous > nous nous rendrions pro- à la
commiflion in:ermédiaire , ce que nous avons exécuté.
>> Apris avoir été admis dans le fein de l'affemblée, le
ciroyen Picard, lun de nous,s'eft adreffe au citoyen
fident > & lui a fait le rapport de tour ce qui venoit de pré- fe
paller > & des moyens que nous avions pris pour la fureré de --- Page 365 ---
$61
la ville. Le préfident a réponda: c Citoyens officiers mu-
>> nicipaux , la commitlion intermédiaire,
inftruite
>, manceuvres qui ont ei lieu en ville, n'a déjà donné aucun des
3> ordre pour en prévenir Js fuites ,
s
perfuadée que la municipulité nie manquercit pas d'v porter remède >,
92 Le citoyen Larue a obfervé combien il étoit
de prendre des mefures pour évirer à l'avenir de important pareilles
alarmes, &: que f chaque fois qu'entre deux parciculiers il
A auroit quelque dilpute, & qu'iis en viendroiene aux mains >
devoir en furvenir de lemblables procédés de la part des
citoyens de couleur, il pourroit en réfulrer de grands malheurs par les récidives; 5 fur quoi, le préfdent a répondu
engageoit la municipolité à faire part à la commiffion
moyens
-
qu'elle jugeroit convenables pour affurer la tranquillité publique.
3> Le citoyen procureur de la commune a pris enfbite la
parole concergant quelques calomnies contre les
il eft entré en quelques décails à ce fujer. Le cicoyen magistrats; préfident lui a répondu que-la commiftion elle-méme l'éroir
aufi, qu'il falloit les uns & les autres en dévorer la douleur, & nous nous fommes retirés.
3> Nousétant rendus auprès du corpsmunicipal, nous avons
fait le rapport de la miflion qui nous avoit été confiée.
avoir été eittendus, il a été décidé que nous nous
Après
terions chez le ci:oyen Lavaux commandant de la traniporpour
l'informer parcillement de ce qui venoit de province, fe paffer.
Nous érant rendus ches lui, nous lui avons fait le
port; il nous a affuré gu'il avoir déjà connoiffance de rap5> qu'il avoit, pris tous ies moyens de ftreté
rout,
> empécher rout défordie dans la ville;
polibles pour
qu'en confécuenceil
avoir ordonné des paucuiiles à pied & à
8c
cheval,
en avoit fait prévenir la nuunicipalité.
qu'il
> Nous avons cril pouvoir Jni affturer, d'aprèstont ce
nous avions vu, qu'il ne fe paferoit rien
que
attendu
d'exiraordinaite,
que tous ies citoyens bianes de la ville éroient fort
paifibles chez eux > & que pas un forl n'avoir été rencontre
en armes. Pour preuve de cette vérité, nous avons interpellé le citoyen Defprés, commandant de 2 la place, qui s'eft
trouvé préfent, & qui vencit de parcourir la ville,s'il avoir
An;
ont ce
nous avions vu, qu'il ne fe paferoit rien
que
attendu
d'exiraordinaite,
que tous ies citoyens bianes de la ville éroient fort
paifibles chez eux > & que pas un forl n'avoir été rencontre
en armes. Pour preuve de cette vérité, nous avons interpellé le citoyen Defprés, commandant de 2 la place, qui s'eft
trouvé préfent, & qui vencit de parcourir la ville,s'il avoir
An; --- Page 366 ---
rencontré quelqu'un defdits citoyens en armes; il a affirmé
ce que nous venions d'avancer, , & qu'il n'en avoit pas vu
un feul. Nous avons jugé ne pas deveir nous permettre
aucune réflexion. Nous ayons pris congé du citoyen commandant de la province, & nous nous fommes retirés à la
maifon commune 5 nous avons fait notre rapport, & avons
dreffé de fuite le préfent pracès-verbal 2 que nous avons clos
& arrêté lesj jour, mois & an que dellas, & avons figné..
Ainf figné à la minute, PICARD, officier municipal,
& CARRIE, oficier municipal.
f Ici eft le timbre de
la municipalité. %
Pour expédition collationnée, Signé, DEFONDEVIOIIE,
Jecrétaire-grefier adjoint.
Ectrait des pièces dépofées aux archives de la municipalité de la ville C banlieue du Cap, du 14 mars
1793.
Rapport du pofle de la Folfette, du jeudi 14 mars 1793 >
par les Vétérans.
cc Sur les dix heures ou environ du matin, le chef dup pofte
& toute la garde compofée de onze hommes en tout, noas
fûmes furpris de voir arriver environ cinquante citoyens du
fixième baraillon, armés de fulils, piftolets & fabres, courant dans la rue Efpagnole, qui vinrent s'emparer des deux
pièces de canon braquées à chaque côté de la barrière, les dérangèrent, & en braquèrent une le long des paliffades, &
Tautre, rue Efpagnole, > puis vinrent trouver le chef du
pofte, & lui demandèrent les appareils des deux pièces; ce
qu'il leur a refufé, leur repréfentant qu'il ne pouvoit leur
délivter ce qu'ils lui demandoient que par un ordre du commandant : à quoi lefdits citoyens du fixième bataillon on
répondu qu'ils fauroient les prendre, lorfqu'il feroit nécellaire; ce qu'ils ont exécuté: car ils ont pris refouloirs,
ole, > puis vinrent trouver le chef du
pofte, & lui demandèrent les appareils des deux pièces; ce
qu'il leur a refufé, leur repréfentant qu'il ne pouvoit leur
délivter ce qu'ils lui demandoient que par un ordre du commandant : à quoi lefdits citoyens du fixième bataillon on
répondu qu'ils fauroient les prendre, lorfqu'il feroit nécellaire; ce qu'ils ont exécuté: car ils ont pris refouloirs, --- Page 367 ---
écouvillons & 2d méche qu'ils ont allumée près d'une pièce de
canon & prête à faire feu.
>> Le citoyen Etienne Philiepe s'étant préfenté au citoyen
Philippe Aubray, > lui ayant fait la demande qu'eltce que
c'étoit que ce trouble > lei avoit répondu qu'il n'avoit aucun
compte à rendre à perfonne, en failant des menaces & dégainant fon fabre:
>9 Au Cap, le 14 mars 1793.
>2 Signé à la minute, Sarkedar, capitaine du pofte,
Pierre Pelletier, Barguecochereau, Saumeau
l'ainé, Dadoard,Th.Snarek, Mouffaut-Leuvé,
Etienne Philippe, chef du pofte.
3> Certifié par nous chef du pofte de toute la garde,
2 Signé, Etienne Philippe.
5 Ici eftle timbre de la. 1
municipalitédu' Cap.
5, Pour expédition collationnée,
23 Signé, Defondeviolle, fecrétaire-grefier adjoint."
Extrait des pièces déposées au archives de la municipalité de la ville Ct banlieue du Cap.
Rapport du pofe du Bac, du jeudli 14 mars 1793,Far les
Vétérans.
c Sur lés dix heures ou environ du matin, érant toute la
garde compofée de cinq hommes en tout, nous fames furpris
de voir arriver du côté de la Foffette > lel long des palillades,
une vingtaine de citoyens du fixième bataillon, qui vinrent
s'emparer de la pièce de cancn braquée fur le chemin de la
petite Anfe,la déranger & la beaquer à l'ouverture de la
rue d'Oriéans, au bord de la mer; puis vinrent trouver le
chef du polte, lui demander la clefdu caillon. Le chef leur
Aa 4
ames furpris
de voir arriver du côté de la Foffette > lel long des palillades,
une vingtaine de citoyens du fixième bataillon, qui vinrent
s'emparer de la pièce de cancn braquée fur le chemin de la
petite Anfe,la déranger & la beaquer à l'ouverture de la
rue d'Oriéans, au bord de la mer; puis vinrent trouver le
chef du polte, lui demander la clefdu caillon. Le chef leur
Aa 4 --- Page 368 ---
a répondu qu'il ne la leur donnéroit
bon ordre.
Tinfun: is ont répondu qu'ils avoienc que,par des
A
leur dit, puifque vous en avez, exhibez-les ordres; le chef
cn: répondu qu'ils la feront bien donner s'ils moi: alors ils
foin, ont pris tous lesa appareils, allumé la
en ont befaire feu.
méche, prèts à
3) Le ciroyen Belle-Ifle, furpris de cette
procta: il entenditde la bouche du citoyen aventure. > s'apc'efl moi qui commande,
Philippe Aubray:
pièce ac canon,
pète que a peur; braquer moi cette
>> Cerrifié par nous chef du pofte & deux
deux autres ne le fichant.
fufiliers, les
2 Signé d la minute, Belle-Ille, caporal, chef du
pofte, Maigne, Morgat.
Iciele (
rimbre de la
municipalité.
)
33 Pour expédition collationnée, ngné, Defondevils.joudcinegrdier adjoint.
Th. Millet : Ces procès-verbaux,
évidemment qu'Etienne Lavaux, commandant citoyens , conftatent bien
du Nord, avoir confié les deux poftes les
de la province
la ville; poftes où iky avoir des canons plus de iiportans de
Fun à onze Vétérans, l'autre à
I2 & de S,
deux en.iroirs que les nègres révoltés cinq auroient : que c'étoit par ces
le plus facilement dans la ville, & que onze pu vieillards s'introduire
infirores à un pofte, & eing à un autre, ne
ou
défendre,
pouvoient lcs
Soxshonax: De quels poftes parlez-vous?
Th. Miller: De celi de la Follerte & de celui du
au refte, > citoyens, j'ar à la main un autre
Bac:
daté du 28 ayril, qui vogs fera connoitre quelles procès-verbal, étoient les
difpoticions Lavau,
de ce, conamandant de la province du
Je vais lire le procès-veibal, ou du moins en Nord,
ter les expreslions lictérales.
rapporIl ht:
De quels poftes parlez-vous?
Th. Miller: De celi de la Follerte & de celui du
au refte, > citoyens, j'ar à la main un autre
Bac:
daté du 28 ayril, qui vogs fera connoitre quelles procès-verbal, étoient les
difpoticions Lavau,
de ce, conamandant de la province du
Je vais lire le procès-veibal, ou du moins en Nord,
ter les expreslions lictérales.
rapporIl ht: --- Page 369 ---
Extrait des procès-verbaux de la municipalité du
Cap.
Le citoyen commandant,
jor, entre dans le fein du confeil accompagné de fon étar-mafortement de ce que tous les nègres municipal: il s'y plaint
fonr pas déja rendus aux cafernes. II réclaméspour la forue ne
dans une ville ou ily a aurant
dit qu'ile eft éconnant que
pu en avoir le nombrede deux d'efclaves, il n'ait Pus encore
hi municipalité lui en donnoit l'ordre cents qu'ila dewandés; que fi
des ciroyelis qui devoien: en fournir, & il enmême temps l'étac
mille qu'ilye emploieroit les baionnettes en & trouveroit les
quatre
au
FaaSE
il
pillage les maifons de ceux
cartouches,
verbal ajoute qu'il ne pourra fe difpenfer de qui dreffer s'y refufercient:
qui rendra refponfable la
un
tie; que ce procès-verbal fera municipalité de la METERE
contre elle; que fila
violent & du plus violant
quis, - 'car le mot invitation, municipalicé a-t-il l'avoit invité & xon rCconftitution, il auroit fourniles dit, eft connu avant'la
moyens d'avoir des nègres. 53
mandant Voilà, cisoyens, quelles étoient les
au fein de la municipalité.
expreffions du comnicipalité le
Ilne veut pas
la mules maifons requière > mais Tinvite : il déclare
au
mettra
ARtts
le fort des citoyens pillage. dans Voilà la les hommes à qui étoit confié
par qui 2 Par Polverel & Sonth.nax. province du Nord, &c coufié
loir Sonthonax: bien
: Je prie le préfident de la commillion de vouprérendu interpeller proces-verbal, Thomas Millet d'avoir à déclarer fi le
Laveaux, cominandant de produit la par lui, eft fignéd'Etienne
Thomas Millet: Hiferoit
province du Nord.
droife un procès verbal ot étrange, elie fait > lorique l municipalité
vexations d'Erienne
mention des infultes &
figuàt CCS proce-verbanx; Lavennt, qu'elle eit exigd de lui qu'il
l'etir fair dans ce procès-verbal. feroit plas étrange éncore
La
qu'il
Gompte de la conduie
anicipaliré du Caprend
fcin.
qu'a tenue Ericane Laveaux dans fon
Sorchonax : Je fuis
ces' frirs; fije fais des éoranser, parficement étranger à tous
Lc
réflexions . o
prefident : Elles ne peuvent venir que lors de ta dé-
, qu'elle eit exigd de lui qu'il
l'etir fair dans ce procès-verbal. feroit plas étrange éncore
La
qu'il
Gompte de la conduie
anicipaliré du Caprend
fcin.
qu'a tenue Ericane Laveaux dans fon
Sorchonax : Je fuis
ces' frirs; fije fais des éoranser, parficement étranger à tous
Lc
réflexions . o
prefident : Elles ne peuvent venir que lors de ta dé- --- Page 370 ---
fenfe; il ne pourroit être queftion en ce moment
de
ce qui concerne le matériel du
que
- Sonthonax : C'eft aufi du procès-verbal. matériel
J'oblerve que les extraits que I'on vous que préfente, je veux parler.
font fignés de Fondeviolle feul, un de mes acculateurs, citoyens ac- ,
cufateur également de Laveaux, ainfi que les colons
vociférent continuellement contre nous deux.
demandé fi
Lorfque
Re
Laveaux avoit ligné le procès-verbal
le
28 avril, je devcis le faire, parce
dans rédigé
verbai, il eft dit que Laveaux étôit que, 3
ce procèstion des dirés de Laveaux. : or
préfent, qu'il-fait menfaire foi
> ce procès - verbal ne
contre lui que dans le cas oà il l'auroit
peut cu
du moins il en auroir été requis. & auroit refufé figné, de le:
Riat & il n'eft fait mention d'ancune réquifition faite à
Laveaux de figner le procès-verbal; ; il n'eft
fait mention
de fa fignature ni de fon refus de figner : donc pas ces
verbaux ne peuvent faire aucune foi contre lui. J'obferve procèsd'ailleurs que ces prérendues fignatures de Fondeviolle
commis - grellier, ne font légalifées par aucune
>
qu'on ne voit la fignature d'aucun des membres de autorité, la municipalité: : donc ce procès-verbal ne peur être d'aucun
dans la difcuffion dont il s'agit; &jai d'aurant
de poids droit
de faire ces obfervations,, qu'érant parfaitement plus
aux fairs dont. il s'agit > étant à foixante lieues étranger du
quand ils s'y font paflés, on ne peut me les imputer. Cap
Th. Millet : Je répète ce
jai dit déja; c'eft que ces
procès-verbaux font revêtus 3e" toute la légalité qu'on peut
exiger : celui du 28 avril, comme les autres, a fi bien été
fait au Cap, & dans un temps ou Fondeviolle n'étoit pas
encore accufareur,
ces pièces font revêtues du timbte
de la municipalité Ate Cap.
Sonthonax : Oh ! cela ne fait rien; vous avez le timbre
ici, vous en faites tant que vous voulez.
Le préfident : A l'erdre.
Th. Millet : Je demande aôte de ce que dit Sonthonax 9
que nous avons ici le timbre de la municipalité du Cap:
J'oblerve au refte que généralement, dans les expédirions ou
extraits d'adtes émanés des autorités conflituées, on n'a
jamais exigé, pour en conftater
que la
ture du
lauchenticité,
fignafecretaire-greflier, quand d'ailleurs cette expédition
voulez.
Le préfident : A l'erdre.
Th. Millet : Je demande aôte de ce que dit Sonthonax 9
que nous avons ici le timbre de la municipalité du Cap:
J'oblerve au refte que généralement, dans les expédirions ou
extraits d'adtes émanés des autorités conflituées, on n'a
jamais exigé, pour en conftater
que la
ture du
lauchenticité,
fignafecretaire-greflier, quand d'ailleurs cette expédition --- Page 371 ---
originales font
eft revêtue du mbre, &c que les fignatures
relatées.
alors que la fignature foit légalifée
Sonthonas : On exige conftare que tel qui fe dit fon gref- de
par la municipalité, J'obferve qui
d'ailleurs que les fignatures tenir:
fier l'eft réellement. varient fans celles on ne fait à quois'en tantôt
Fondeviolle
tantôt fe nomme Fondeviolle,
quelet ce fignatairequi
de Fondeviolle :
d'interpeller SonTh. Millet : Je prie le citoyen connu préfident Fondeviolle fecrétaitethonax de dire s'il n'a pas du Cap.
greflier de la municipalité T'ai connu (ecrétaire-greffier adjoint.
Sonthonax : Oui, je il a fur ces pièces une critique
Le préfident : Comme il eft
de prendre la précaution
ou mal fondée ,
Ladire
bien
d'autres,'de parapher la pièce en préfence
déja prife pour
d'un des commiflaires. La voilà fur le bureau à cet effet. Y'afThomas Millet :
la fuite de
Je préviens la commiflion fuis
" m'abfenter. Mes
retenu hier, je
de
EITE
faire qui m'a
moi une note fur la défenle Soncollègues prendront pour
thonax.
les colons m'ont accufé d'avoir orSonchonax : Citoyens > dans la colonie & provoqué la re- -
ganifé la guerre civile
nationale. A Tappui de ce chef
bellion contre la Convention
faits. Je ne m'aftreindrai
d'accufation, ils ont cité plufieurs dans la férie qu'ils ont établie;
point à fuivre la difcuflion traiter Y'article relatif à la re- la
je commencerai d'abord par j'ai voulu exciter contre
bellion qu'ils prérendenr Les que colons m'ont fait un crime d'avoir
Convention nationale,
qu'aux afimblées
diclaré, à mon arrivée à Saine-Domingue, le droit de fatuer fiur le fortdes n'étoit ef
coloniales feules appartenoit
d'avoir déclaré qu'il
claves ; ils m'ont fuit un crime intentions de rafiemaslae nationals
ni dans les vues ni dans les
le T. gime colonial. Enfin, ils
& du roi de changer à d'avoit cet égard déclaré
dans le cas oà ce
m'ont fait un crime
Tafemblée aenteaten je m'y oprégime feroit changé par,
eft celui qui, à mon avis,
poferois. Ce chefd'acblation
il eft néceflaire quil
préfente les
les plus quoiqeil graves; foit fort fingulier de
foit
faire difcuté, un crime d'une chofe pour laquelle
me
CM
voir les colons
de changer à d'avoit cet égard déclaré
dans le cas oà ce
m'ont fait un crime
Tafemblée aenteaten je m'y oprégime feroit changé par,
eft celui qui, à mon avis,
poferois. Ce chefd'acblation
il eft néceflaire quil
préfente les
les plus quoiqeil graves; foit fort fingulier de
foit
faire difcuté, un crime d'une chofe pour laquelle
me
CM
voir les colons --- Page 372 ---
ils me porteroien: dans leur caur, fi j'avois -
tenu la
que je leur avois foire.
promeffe
Anoue arrivéo à Scint-Domingne,
environnds de foupçens & de dchances ciroyens, nous fômes
parcies de France
: une ioule de lerres
des
circtloien: deja dans routes les communes
fionmi Saunr-Lomingueg" ires
on ncus y peignoir comme des miifacrifier dans envoyés la cclonie par la fociéte des amis des ncirs pour
la populacion blanche d la race
afdienine, de
Fcur afirunchir d'un feul
ious
Saint- - Demingue.
coup
les eiclaves
éroient les principaux chets Page-, Erulley, Coignac - Mion,
qui avcieni curdi cecte trame €nl
Europe, les
Brulley avoir écrir en Amérique qu'il croyoir
opérarions de la commillion nationale ne iendroi nt que
qu'il tiendrei: commençoir d'annencer par avance quie cetie
pas, ne
nion
pas; & il morivcit cet:e anconce fur Ce beiugne que
publique n'eoirpoint entaveur de
T'opifur ce que, vician: fans celie les
l'afemblee nat ionale,
du Peuple français alicit bienre C1 piopniéres, faire
Tinfurrechon
la méme chofe à fes commctans.
juftice : Page difoit
Brulley :Je prie Sonthonax de citer litéralement ou de
pas citer du tou. Je B'ai point dit que l'aflemblée
ne
vicloir les propriétés; j'ai rendu compre de ce
narionale
tendu dire autour de moi, étant à foixante que j'ai enParis.
lieues de
Sonzhonax : Afin de farisfaire Brulley, je vais lire
de-la leture dont je préiends faire
l'article
quelle eft fa criminalité; elle eft tranicrite ulage, & vous verrez
204 du tome Ii des debats.
aux pag. 202 &
(II la lit:)
Brulley: : Donc il n'ya pas qu'elle viole les
Sonthonax : Je laifle àla commilion le foin propriérés.
les expreflions de la lettre & leurs confequences.
qui dit que T'allersbiee naticnale
Cell
r'avoit aucun
TRe
lés
quele peuple commeaçoit dje
reipe£t de pour
en
ErreM gu'il feroié bientôt
Laffer fori
péroit gi'or nonimeroit bientôt jupice. Page a ajeuré qu'il E
cobites
ala place des
d'autres
commilfaires jalonie. Aul aous conmiflaives étions bien moins malveillans pour la cofignalés, par les repréfentans
Cell
r'avoit aucun
TRe
lés
quele peuple commeaçoit dje
reipe£t de pour
en
ErreM gu'il feroié bientôt
Laffer fori
péroit gi'or nonimeroit bientôt jupice. Page a ajeuré qu'il E
cobites
ala place des
d'autres
commilfaires jalonie. Aul aous conmiflaives étions bien moins malveillans pour la cofignalés, par les repréfentans --- Page 373 ---
(
de la colonie à Paris, comme des ennemis de cette cclonie,
conme des millionnaires de li fociété des amis des noirs
envoyés pour arranchir fubiremcn: tous les noirs de la colonie de Saini-1omingue, & leur factifier toute la race européenne.
Verneuil : Je demande que Sonthonax life lictéralement
ce quii viens de citer de Page, parce qu'ilalère encore le
texre.
Senthonax : Te vais la lire fi la commilion l'exige.
Cleujon : Moi, je demande que Sonthonax fe renferme
dans la dicuion, & qu'on ne divague pas.
Leprefident: Vous ne pouvez fare a-la-fois deux demandes
conctadictoires.
Sonthonax : Voici la teneurde ia lettre. cT/affemblée nationale eft ians reipeét pour les propiietés & pour la contiturion, &cle peupie le lufle de fon audace; des troupes vont
à Cayenne, a la Mari inique; des, généraux a toutes les cOlonies, Deiparbes à Saint Lomingue.
Le préfident : Il n'elt plus queltion de cela; 5 il s'agiffeit
feulemen: de trouver dais la lettre de Fage quelque chole
de relauf à la violation des proprietés par T'allemblés na-,
tionale: cela doit fe trminer là.
Sonthonax : T'ajoute ce qui nous concerna,, cc Ilcourz un
bruit depuis kier que les commiflaires jacobites ne partiront
pas 5 peut-etre en choifira-t-on de moins malveiilans pour
la colonie.
A cette lettre éroit jointe une autre lettre de CoignacMion, déja lue dans les débats 5 & Coignac-Mion étoit le
confrère de Page à Paris. Page étoit délégué prés le conieilexécarifde France, & Coignac-Mion fut fans doure
fes confrères à la cour de Saint-James. I! fut à Londres délegné
E 20 juillet 3 il écrivie dans la colonie en des termes un
moins voilés que ceux de Fage 8c Brulley 5 il écrivit, dis-je, peu
que nousariiunsaviunsavec6oco hommesde troupes. 20,000
-
fotils,
une trs grande quanté de poudre; qu'à hotre arrivée,
nous devions armer les efciaves; que ces efclaves devoient
faire main- balle fur les Européens, & qu'avec tous ces
moyens neus devions accomplir les vues prétendues philanthropiques des amis des uoirs.
c Brulley 5 il écrivit, dis-je, peu
que nousariiunsaviunsavec6oco hommesde troupes. 20,000
-
fotils,
une trs grande quanté de poudre; qu'à hotre arrivée,
nous devions armer les efciaves; que ces efclaves devoient
faire main- balle fur les Européens, & qu'avec tous ces
moyens neus devions accomplir les vues prétendues philanthropiques des amis des uoirs. --- Page 374 ---
Les lettres de Coignac-Mion circuloient dans la colonie;
mais elles n'auroient produit que peu d'efet, fiies autorités
coloniales n'avoient pas contribué à leur donner un crédit
qu'elles ne devoient pas avoir. Le jour de notre inftallation, >
le 21 ou 22 feptembre 92, le préfident de l'affemblée colo-:
niale, en nous adreffant la parole, nous tint le difcours. qui
fuit; je n'en lirai également que ce qui concerne T'affranchillement des efclaves.
Claufon : Voila un quart-d'hsure que Sonthonax a la
role, iln'a pas encore répondu cathégoriquemene: : toutes e
fois que nous avons difcuté, le préiident-a a fu nous rappeler à l'ordre de la difcufion quand nous nous en fomnes
écartés. Je deinande qu'il en foit de méme pour Sonthonax, >
&c que la commiflion le rappelle à l'ordre de la difcuflion.
Le préfident : Quand la commiffion jugera que Sonthonax
divague, elle le rappellera àl'ordre.
(Sonthonax lit.)
Difcours prononcé dans la feance publique , tous les corps,
réunis, ie 20 feptembre 1791 2 jour de l'infallation de
MM. les commiljaires nationaux civils & de M. le
verneur
lieutenant-genéral des iftes françaifes de lAmérique goufous-le-vent.
Difiours de M. Daugy > préfident de l'affemblie coloniale.
53 Meflieursles commiffaires nationaux civils, délégués
le roi aux ifles françaifes de l'Amérique fous-le-vent,
par
>> La diétature qui vous eft confiée par le roi des Franeais nous garantit la certitude où étoit fa majefté de votre
attachementà la conftirution & de la fincérité de. vOS Voeux
pour le falut de cette importante fection de l'empire. Vous
y coopérerez, meffieurs, > avec le repréfentant du roi, &
vous maintiendrez Ja conftitution françaife fans
mettre la bafe de notre exiftence.
compro-
>2 Nous fommes dans vOs mains, comme le vafe d'argile
aneais nous garantit la certitude où étoit fa majefté de votre
attachementà la conftirution & de la fincérité de. vOS Voeux
pour le falut de cette importante fection de l'empire. Vous
y coopérerez, meffieurs, > avec le repréfentant du roi, &
vous maintiendrez Ja conftitution françaife fans
mettre la bafe de notre exiftence.
compro-
>2 Nous fommes dans vOs mains, comme le vafe d'argile --- Page 375 ---
que vous pouvez brifer à l'inflant 371
linftant, vérité
d peur-être le feul, de vous même; faire c'eft donc auffi
nationaux imporrante, civils
mal connue de MM. les connoitre une
> Cette vériré, vos prédécefleurs.
commiffaires
C'eft gu'il ne peur fentie à la fin par l'aflemblée
fans Tefclavages c'eft point / avoir de culure à confticuante,
ala côte d'Airique qu' 'on n'a point été chercher Saint-Domingue &c
lies introduire dans la cing cent mille fauvages efclaves, acheter
Français 5 c'eft que leur colonie fubfitance, en qualiré & au titre de citoyen > pour
iquement péens.
incompatible avec T'exiltence comme de libres, yeft
>
Vos frères AE
inftructions Déterminés dont que vous feties,
faire perdre à la vous pouvez être Melfieurs, d'après les
Hource G fécende de métropole le produit porteurs de nos > dérerminés à
Fouffris des efclaves richeiles dans & dé puiffance > cultures, cette
moins, fans joindre à
ces contrées, vous ne plutôt pourriez que de
féroce &
Tinjuftice la plus criante une
au
au lieu ou homnicide, les ont vous difpenfer de reporter ces barbarie
pris vos frères Européens. >>
efclaves
le Vous difcours voyez que le préfident de
le la
qu'il a tenu en préfence Taffemblée de
coloniale, dans
allemblee province du Nord, des corps
T'armée, du peuple
picipalité, colonials, deTaffemblee provinciale populaires, en face de
jours en rade, fuppofe étoient que les commiflaires civils, & de la muatianchifemen: fubit des porteurs d'inftructions fecrères depuis deux
avoit une manière plus direéte efclaves. de Je vous demande pour
civile, de T'empécher de faire difcréditer la
sily
toutes les manières.
le bien - de commiflien
fur leur religion Puifqu'on cherchoit à jeter l'entraver des
de
faires civils de politique, à il étoit du devoir des foupgons
nière à empécher répondre toutes les ce difcours de Dausy commif de
tirer, foirdu difcours du inductions que le peuple
mafoit des letires de Page & prelident de Tallembicel pouvoit
Coisnac-Mion, qui avoient Brulley été > foit fur-tout coloniale, de celle
toutes les communes de la colonie, envoyées ofliciellement dans de
préfident de Tallemblée
Je répondis donc
je lui adreflai, j'inférai la coloniale, & dans le difcours au
déclaration fuivante.
que
irdu difcours du inductions que le peuple
mafoit des letires de Page & prelident de Tallembicel pouvoit
Coisnac-Mion, qui avoient Brulley été > foit fur-tout coloniale, de celle
toutes les communes de la colonie, envoyées ofliciellement dans de
préfident de Tallemblée
Je répondis donc
je lui adreflai, j'inférai la coloniale, & dans le difcours au
déclaration fuivante.
que --- Page 376 ---
Proclamation du 4 Décembre 1792.
(Illit:)
ec Invariablement attachés aux lois que nous venons faire
exécurer, nous déclarons, au nom de la métropole & de.l'affembiée nationale, que nous ne reconnoitrons déformais
deux clafles d'hommes dans la colonie de
que
les libres fans aucune diftinction de couleur Saine-Domingue; &c les
claves.
>
ef
33 Nous déclarons que l'efclavage eft néceffaire à la
& à la profpérité des colonies, & qu'il neft ni dans culure
cipes ni dans la volonté de l'aflembiée nationale, de lesprin- toucher
à cet égard aux prérogatives des coiens.
39 Nous déclarons que nous ne reconnoitrons
les
anis de la France que ceux qui le ferent de fa
potir
fauf les modifications que commandent l'efclavage conftirttion &
calirés >).
lcsleTelle furma déclaration fur les inculpations
me
faires par le préfident de l'afemblée coloniale, qui
furent
du peuple & de l'armée . pour exciter un mouvement. en préfence
palaire, afin d'annuller notre miflion; & denous
pode faire le bien dans la colonie. La réponfe- que empécher
préfiden: éroit pobrique & léyale; clle étoit
je-lis atz
que fi je n'avois pas répondu dans le fens des politique colons en cè
infurredtion eût éclare fur-le-champ, la colonie étoit 5 une
jamais feparée de la France, les commiflaires- civils, pour
autorite légitime à
leule
ferver. lés intérêts Sains-Domingue, de la France, ne pouvoient plus COITdens une
qui étcit alors engagée
guerre défaftreufe. La colonie de
lai auroit néceffairement échapné. La réponie Sain-Dominatte faire
au prés dent étoit ligale, car elle étoit conforme que aux j'ai lois.
ne s'agilfoir pas d'examiner quelle éroit mon opinion parti- Il
culière relativement à Talitranchiffement des noirs. Il
que, dans des ouvrages: politiques sj'avcis émis à Paris cftvrai des
opinions favorables à Facrancaillemenr des
comme ie lai déja dit dans le cours des
eftiaves; autre chefe mais
eft l'opinion d'un homme privé
débars,
> philofophant dans fon cabinet, autte chofe eft la conduie d'un hoime public chorgé
cel'exécution de la ioi. Le premicr peui donncrlibre carrière
à
irs. Il
que, dans des ouvrages: politiques sj'avcis émis à Paris cftvrai des
opinions favorables à Facrancaillemenr des
comme ie lai déja dit dans le cours des
eftiaves; autre chefe mais
eft l'opinion d'un homme privé
débars,
> philofophant dans fon cabinet, autte chofe eft la conduie d'un hoime public chorgé
cel'exécution de la ioi. Le premicr peui donncrlibre carrière
à --- Page 377 ---
fes idées
dans le. cercle philofophiques; étroir que lui lef fecond eft obligé de ferelferrer
étvient alors les lois de Taflemblée preicrivent les icis. Or, que lles
blée légilative? La première,
confituante &c delail n-;
cru devoir fanctionner
par un décret du I3 mai, ayoir
çailes; elle avoir cru devoir Telclavage ftatuer dans les colonies franlalclavage ne. pourroit être
contisuidosnnellemene que
ne pourroit être fixé que décruir, fur le que le fort des' efclaves
des affemblées coloniales. Laffembléo vaeu libre & fpon:ané
fon bonne volonté enchainée à cet, égard; iegillarive il
voyoit fa
décrété pouvoir de détruire ce que l'allemblée conftireante n'étoit pas en
n'étoit conthitucionallsment point dans les
J'avois donc raifen de avoir dire
13 changer à cet égard ce qui principes avoit de été l'affemblée fait
nationale
conilituanre; difois
je ne m'avançois donc
par l'allemblée
au prélident de l'allemblée
pas irop, Joriqué je
dans Lintencion de l'allemblce nationale "coloniale, qu'il In'ércir pas
des elclaves.
de fatuer furleiort
de Jai ftatuer dif encore qu'il n'étoit point dans
fur.le fort des eiclaves; je
T'intention du, roi
trop dire, car perfonne ne fouriendra crois que ce n 'éroit pas
Tami dela
Louis
>; liberré des noirs, Je n'aveis
Caper fie
quiln'eroir ni
pas tort
donc
dans celle. du Rois'de dans Tintention des Talfemblec, nationale de dire
Ce difcours
ftarner fur la liberté des
P ni
les.
eut tout l'effer quelnous
eiclaves.
craintes, du, peuple furenr calmées, mais pouvicns les en dolieis
peuple, malveillans.tc delui furent pas remplies. Il s'agilfoi sinrenrionsdes de
tionale, & les inipirer factienx de la.défance contre l'alfembice ouleverie
renouvelant fans cefleles idées ne Pouvoient remplir Jeur but qu'en na-
&c fur-rout par
répandues parPage & Brulley,
les affaires qui Coignac-Mion. on:,
Onén trouva. loccafion
Javois donné précédéle 2 decenubre.
dans
nances dans les aux hommes de. couleur trois
dans la ville du régimens de ligne, Aufi-ot cn fous-lieare- fait,
dir lni-meme Cap.la, lettre de Colsnne-Mions circiler
venbre & les qu'elle, premiers circuloit de dans les derniers jours Verneuila. de 110ce,re.l lerre, cette ancienne calumnie décembre, On renouvcloit dans
vils.avoiens des iftruchiens lecrètes que les commiflaires sci
mentdes noirs clclaves, pour faire tourner pour.afranchir fubi.eTeins KI. Soixantedeuiene
contre les Euliyraifon.
Bb: :
a, lettre de Colsnne-Mions circiler
venbre & les qu'elle, premiers circuloit de dans les derniers jours Verneuila. de 110ce,re.l lerre, cette ancienne calumnie décembre, On renouvcloit dans
vils.avoiens des iftruchiens lecrètes que les commiflaires sci
mentdes noirs clclaves, pour faire tourner pour.afranchir fubi.eTeins KI. Soixantedeuiene
contre les Euliyraifon.
Bb: : --- Page 378 ---
ropéens les armes des foldats venus de France :! défendre
les propriérés coloniales; je n'entrerai pas dans pour une difcuflion nouvelle fur les événemens des premiers jours"de
décembre; deux
je remarquerai feulement que le 4 de ce mois,
jours après celui où j'avois bré porté fous le feu du
canon, dirigé fur le groupe danslequel je me trouvois
un officier municipal; je vous prie de
avec
dans ces jours oû le commiffaire civil remarquer étoit retiré que chez c'eft le
lui gouverneur caufe général, de qui ne pouvoit pas fe tranfporter chez
oi
maladie, ou la ville du Cap étoit €1l combuatcar tous les efprits étoient en
me propofe de renouveler la déclaration mouvement, qu'on
le 22 féptembre relativement
que j'avois faite
on m'annonce que la letire de Coignac-Mion au maintien de l'efclavage 5
veau, qu'elle Yert de pretexte aux factieux, circule de fert. nou- de
faire prétexte à Verneuil pour diriger les canons fur qu'elle le sommifcivil, qu'elle fert de prétexte à Tancherefque-Thibaud
pour diriger les hommes qui trainoient ces canons, pour animner les factieux qui vouloient anéantir l'autorité nationale.
Certes; je n'avois d'autres moyens que de déclarer ce
j'avois déja annoncé le 22 feptembre; que d'annoncer que
nouveau qu'il n'éroir pas dans les principes de l'aflemblée de
nationale de toucher à T'etclavage des noirs, que d'annoncer
que l'affemblée légiflative n'avoit pas le droit de ftatuer fur
le fort des efclaves.
Je n'héfitai pas alors à configner de nouveau cette déclaration dans ma proclamation du 4 décembre 1792.
après la déclaration dont je vous ai parlé, que fil'aflemblée J'ajoutai,
nationale changeoit quelque chefe au régime des
mobiliaires des colons ,au régime colonial fixé
les propriérés lois de
l'affemblée confituante relarivement à l'efclavage par des
je ne me rendrois jamais l'exécuteur d'une pareille noirs,
que je m'yoppoferois de toures, mes forces. Certes, injuflice, je conviens bien que cette déclaration étoit au-deffous du caractère de commiffaire civil, çue les termes dans
l'ai faite, fans être criminels, compromettoient lefquels je
mon caradtère, qui devoit être ferme & impalfible; cependant mais
j'oubliois un inftant ce que jedevois à moi-mème, à la re
préfentation de la République, pour ne fonger qu'au falut de
la ville du Cap. On étoit menacé d'y voir régner lesfactieux ;
d'y voir entrer les noirs en révolte prèts à fondre fur la po-
ite, fans être criminels, compromettoient lefquels je
mon caradtère, qui devoit être ferme & impalfible; cependant mais
j'oubliois un inftant ce que jedevois à moi-mème, à la re
préfentation de la République, pour ne fonger qu'au falut de
la ville du Cap. On étoit menacé d'y voir régner lesfactieux ;
d'y voir entrer les noirs en révolte prèts à fondre fur la po- --- Page 379 ---
Kiaciend difoient blanche. Ceux qui dirigeoient la fadtion de
trhopes & les jacobins par-tout s(ce que font j'étois envoyé par les Saintdéclaration
je vous ai lue les termes confignés dans philan- la
tre à mort 9us Européens & fur cette affaire ) pour metles Africains & les efclaves. Le rendre maitres de la colonie
excufable de fe fervir de termes commiflaire civil n'eft-il pas
colons de confommer leurs affez forts pour empécher les
alors que je dis que fi l'aflemblée coupables entreprifes: Ce fut
un jour au régime colonial en ce nationale vouloir toucher
je je m'y oppoferois de toutes mes forces. qui concernoit T'elclavage,
de l'avoue, la
3 étoit au-deffous du caraétère Cette d'un déclaration,
République; mais elle n'étoir
repréfentant
droit prouve en deux mots: pour qu'elle pas fàr criminelle, & je le
que cette infurrection
criminelle, il faul'aflemblé nationale eût eu Ua annoncée contre les décrets de
ftarueroit or, quel étoir-il mon objet 2 Que objet dans irrégulier le
& criminel;
fur le fort des
cas où T'aflemblée
forces morales, c'efb-à-dire efclaves, je m'y oppoferois demes
blée lériflarive qu'elle n'avoit que je repréfenterois à l'affemfort des perfonnes non-libres pas dans le droit de fatuer fur Je
conflitution, avoit
acceptée parle roi & la colonie, & que la
Tout fixé d'une manière invariable reconnue les
par le peuple, >
citoyer
droits des
de s'oppoler, français dans les > formes tout magiftrar far-rout avoit citoyens. le droit
giflatif violât la conftirution. Il legales, étoit à ce que le corps léfemblée légiflarivé n'avoir pas le
bien reconnu que Pafcles fixés
droir de toucher aux arti-
& le roi, contlinationnellement par l'acceptation du par Faflemblée confituante
femblée conftiruante avoir fixé peuple français. Or, l'afTefclavage dans les colonies ne coaltiationtellement
par les affemblées colonialos pourroit être fixé ni
avoit
Re
Tmtpadies
été rendue
légalemment conftituées. Cette
donc l'affemblée légillative ccalbinundanliomenr le 13 mai
& tout citoyen,, tout magiftrar n'avoir pas le droit de la démeuire, 1791,
j'ai fairma déclaration du pouvoit la défendre; & lorfgue ce droir.
4 décembre, 1 je n'aitair qu'ufer
cembre: Voilà ce que j'avois à dire (ur cette
périeufes, proclamarion commandlée par proclamation des
du 4 deproclamation qui,, loin davoir circonftunces imorganité la guerre
B bz
13 mai
& tout citoyen,, tout magiftrar n'avoir pas le droit de la démeuire, 1791,
j'ai fairma déclaration du pouvoit la défendre; & lorfgue ce droir.
4 décembre, 1 je n'aitair qu'ufer
cembre: Voilà ce que j'avois à dire (ur cette
périeufes, proclamarion commandlée par proclamation des
du 4 deproclamation qui,, loin davoir circonftunces imorganité la guerre
B bz --- Page 380 ---
civile, comme les colons le prétendent,n'a au contraire fervi
qu'a éteindre les brandons.j jetés par la faction qui a incendié le Cap par fes menées criminelles. Bien loin de pouvoir
reprocher, à cette proclimation d'avoir organifé la'
& la guerre civile, elle a au contraire fervi à rébellion les
efprits, & à faire rentrer dans l'ordre ceux qui 1 appaifer étoient
les dupes des factieux. Tout ce qui, dans cette
que
tion, coriceinoit l'efclavage ne pouvoit
proclamavous Pai dit, quel'allemb.ée légillative. Car, regarder, comme la je
venton fe forma, lorique j'eus connoiflance lorique du décret du Conmars 1793,jes mefuisempreffé del'exécurer, & j'ai bien
que dans aucun temps mes projets n'avoient été de prouvé
fer aux décreis de Tallemblée nationale. C'eft pour m'oppo- avoir
ferupuleufement exécuté les volontés de la France, c'eft
avoir trop. bien exécuté le décret du 5 mars, que les pour
loris m'accufent aujourd'hui, Si j'avois au contraire
cofamment & fervilement adopté les principes des colons, complai- fi
f'avois, rélifé aux décrets de la Convention, les colens,
de m'acéufer, feroient les premiers à fe jeter entre la Con- loin
vention & moi.
Le préfident : Je t'obferve, citoyen, que tu ne
te
donner le tigre de repréfentant de la République, mais peux pas
ment
celui de commillaire envoyé dans les colonies feulerétablir l'ordre. Je n'ai pas voulu te faire cette obfervation pouf y
plurot, pour ne pas interrompre ta défenfe.
Sonthonas: Jen'érois que délégué de la
reconnois qu'il n'y a de repréfentans.de la' République; je
ceux nommés
Répullique
par le peuple réunis en Convention
Je
EISELSE
paffeaux arriclesqui forment le cinquième chef d'accufation articulé contre moi par les colons.
-
Le premier arricle eft celui-ci: iis ont fubordonné à la
délibération des communes la queftion de favoir A elles aceéléroient ou retarderoient l'exécution de la loi du4 avril & de
celle du 22 août 1792.
Cet article a déja été trairé dans le cours de la difcuffion; comme les colons n'onti rien dit de nouveau,
au deuxième article.
je paffé
Le deuxième article eft celui-ci: Au mépris de la loi du +
avril 1792, iis ont empêché les hommes de couleur de fe
fondre dais la garde natonale.
favoir A elles aceéléroient ou retarderoient l'exécution de la loi du4 avril & de
celle du 22 août 1792.
Cet article a déja été trairé dans le cours de la difcuffion; comme les colons n'onti rien dit de nouveau,
au deuxième article.
je paffé
Le deuxième article eft celui-ci: Au mépris de la loi du +
avril 1792, iis ont empêché les hommes de couleur de fe
fondre dais la garde natonale. --- Page 381 ---
fiance Vous allez juger > par la pièce que je vais citer, de la conlis
que 286, vous devez ajouter aux affertons des colons. Je
pages
287 du 'i ome IV des
C A compter du premier novembre débas:,
plus qu'un feul corps de gardes nationales Prochain, dans ilny la
aura
Cap, formé de gens à pied & à cheval, Tous
ville du
actis auront le droit d'entier dans lun 8c dans les. cioyens
que, Vous fous aucun prétexte, on puiffe les rerufer. Tautre,lans 3,
hommes voyéz de couleur que, bien loin de ni'oppofer a la fulion des
traire ordonné
dans la garde nationale, j'ai au concorps de gardes que nationales deformais il n'y. auroit plus qu lun feul
roient le droit d'y entrer, au fans Cap;que tous les ciroyens au-
.on puisle les refufer.
que, fous aucun prétexre,
A mon arrivée à
,
-res préliminaires pour Saint-Domingue, la fulion des j'avois pris des melula garde nationale. Jel les avois trouvés hommes fous les de couleer dans
k immédiats du gouvernemens, &
ordres direéts
mandant de la garde nationale - , ilsavoient n'obéillant pas au. comgers aux autres citoyens de la colonie. Je l'air débutai d'étre étranordonner quele baraillon qu'ils formoient, feroit alors
garde naticnale fous le titre de fixième
joint PRE à
tobre, j'ordonnai, comme je viens de vous bataillon. le
Le 31 OCauroit plus qu'un corps uniforme de
dire , qu'il n'y
tous les citoyens auroient le droit gardes nationales, que
diftindlion de couleur. Alors la
dy entrer fans aucune
intermédiaire s'occupèrent d'un municipalité & la commillion
de la garde nationale.
nouveau plan d'orgenifation
clamation Le 27 décembre > ce projet fut publié, & je rendis. Ja
que je vais lire. Cette
nonce de la formation de la France prociamation en
contient RETC
1 Il lit:
République.
Proclamation du. 30 décembre, l'an premier.
CIror E N S
95 Le trône eft renverfé, le
eft érigée en
peuple eft
la
République une CE indivifibie; Hibre, tous les France
pouvoirs
Eb;
plan d'orgenifation
clamation Le 27 décembre > ce projet fut publié, & je rendis. Ja
que je vais lire. Cette
nonce de la formation de la France prociamation en
contient RETC
1 Il lit:
République.
Proclamation du. 30 décembre, l'an premier.
CIror E N S
95 Le trône eft renverfé, le
eft érigée en
peuple eft
la
République une CE indivifibie; Hibre, tous les France
pouvoirs
Eb; --- Page 382 ---
conftitués font maintenus provifoirement: les colonies fonr
partie da-l'empire français.
>> Dans ces circonflances, le commiffaire national civil
délibérant far les moyens de fauver la province du Nord, de
réduire les efclaves révoltés, & d'y rétablir la paix,
>> A ordonné & ordonne ce qui fuit:
A R T,I CL E P R E M I E R.
3> La loi du IO feprembre dernier, rendue par l'aflemblée
nationale légiflative, portant fupprefion des préfets apoftoliques dans les colomies; celles rendues parla Convention
nationale, > concernant la formation de la France en
une
blique
& indivifible, la fuppreflion des Croix de Saine- RépiLouis, & le banniffement à .perpétuité des émigrés français, des 21, 22 &c 25 feptembre, 15 & 23 octobre dérniers, feront exécutées dans la colonie felon leur forme &
reneur, imprimées, publiées, affichées par-tout où befoin
fera.
I I.
53 La municipalité, fitôr après la notification de la préfente proclamation, fera fcs diligences pour organifer la garde
natiohale, conformément au plan arrété par la commiflion
intormédiaire lc 27 de mois. 35
Vous voyez, citoyens, parla nouvelle preuve que je viens
de vous donner, par la ledture de la proclamarion du 30 décembre, que loin de m'oppofar à la frlion des bommes de
couleur dans la garde nationale blanche, j'ai au contraire
pris tous les moyens de l'accélérer en ordonnant à la municipaliré de mettre en exécution le plan que la commiflion
intermédiaire àvoit préfenté fiur l'organifation nouvelle de la
garde nationale de la colonie.
Je paile aux troifème &c quztrième articles du cinquième
chef d'accufation.Je me difpenferai également de les traiter 3
parce que, dans le cours de la di(culion, il a éré quefion
de lafuire du 2 décembre & jours fuivans; il eft inutile de
revenir là-de(fus, peur ne fiire que répérer ce qui a déja
été dit : cependant, à cet, égard, comme Thomas Millet a
la colonie.
Je paile aux troifème &c quztrième articles du cinquième
chef d'accufation.Je me difpenferai également de les traiter 3
parce que, dans le cours de la di(culion, il a éré quefion
de lafuire du 2 décembre & jours fuivans; il eft inutile de
revenir là-de(fus, peur ne fiire que répérer ce qui a déja
été dit : cependant, à cet, égard, comme Thomas Millet a --- Page 383 ---
articulé un nouveau fait, & 379 qu'il faut
duction relauve aux
quej'en tire une incolons, je vais parler témoignages de ce fnir. eft vous fourniflent les
relatif
Mauduirsil eft relarifà un faux décret
air colonel
&. publié au Pore-au-l Prince
du 17 feptembre
faux décret que le colonei Mauduit en 1791; c'eft en vertu 1790, de ce
portée dans Jes rues du
a été aflalliné & fa tête
dit que les agens de la France Port-au-Prince. dans la Thomas Miller a
étrangers à la fabricarion des faux décrets, cclonie & n'étoient pas
Mauduit avoir eu recours à cette
que le coloncl
difpoler les' habirans du
machination. pour in-
& les troupes de la gariifon Pott-au-Prince contre ies troupes
au-Prince : pour vous
contre les habitans du Hoce
Mille: e éloigné de vous prouver dire combien la
à 'cerégard Thomas
que le faux décret qui a circulé vérité, il'faur vous dire
étoit-daté du 17 décembre
au Ponte-au-Prince, &
delAflemblée
1790, contient une
qui
conftituante fur les
rérrndation
votés : à Mauduit par fon décret remerciemens du
qu'elle àvoit
commentwouke-vors quetle colonei Mandair 12 octobre 1790:
remerciemens.q qui lui avoient éré donnés
ait retiré les
jefdemnexs.-comment voulez-vous
jutement cu infoit raifonnalbiement
que le colonel Mauduit
décret dont l'effet a été foupconné & devoit d'avoir être fabriqué tin- faux
Hfoldats, de foulevér la ftation contre de foulever tous les
fabriqué un faux décret,
luis G Maudait àvoit
les pouvoit del plus lai être utile; Hfauroir-fabriqué au liea de fe reuiref dans-ie-fens qui
remerciemens qui luiavoient été donnés
lui-mème
tiruanr, il-aucoit augmenré au contraire par le corps conf-
&s'en fercit fitde nouveaux
ces
enfin lui. cutéré
dans ce haus.décrer:l rehnerciemens, le décret
qu'ilair éré-fagent avantageux d'un
5 ilet ridicule de
àl'immoler,
faux à Taideiduquel Or folpçonner eft
àfaflifliner: Ma
ne
parvent
peutèrre
religionyalégard de
(infpecte ; Jai fairima profellion de Manstait,
homme,fai ditq que je le croyois
foi far cet
quil étoit, on ne peut
le royalitte:mais, 5 tout royalifte
faux. décrèt pour fe taierd égorger. foupçonner d'avoir fabriqué un
des Le cinquiame" article eft celui-ci: cc
direéts Corps de volontaires a pied: & à Sonthonnz a organifé
du commandant de la
cheval fous les ordres
Province, & par la lettre datée
Bb 4
,fai ditq que je le croyois
foi far cet
quil étoit, on ne peut
le royalitte:mais, 5 tout royalifte
faux. décrèt pour fe taierd égorger. foupçonner d'avoir fabriqué un
des Le cinquiame" article eft celui-ci: cc
direéts Corps de volontaires a pied: & à Sonthonnz a organifé
du commandant de la
cheval fous les ordres
Province, & par la lettre datée
Bb 4 --- Page 384 ---
du Cap; du IO mats 1793, adreffée à Ericnns Lavaux, i
a provoçué une Fiite d'armes dans la ville du Cap :,
e J'ai lieu d'être éronné que les colons me faffent un crime
d'avoir créé, organifé unl corps de volontaires à p'ed & à
cheval, pour aider aux troupes de ligne- à rédaire les revolies, & pour les aider en même temps à défendie la coloni: contre l'invation des énnemis extérieurs. Je vais vous
mettre fous les yeux ce qui concerne l'organifation de ces
deux corps, & vous ferez à même de juger parfaitement
conduite à cet égard.
a
( - Sonthonax lit ).
Extrait du Moniteur 3 page 234.
ce. Samedi, 12 du courant, à fix heures du marin, environ
quaranre- perionnes de benne volonré , dort une irès-grande
parne eroindes ci-devant gardes narionanx à
fe ient
rendus ala Fotiete: un inftant apris font cheval, arrivés environ
vingr-cingi des ci-dévaut dragens 5 les premiers ont
de
nonimer des officiers; les fécends, ou pour micux dire, parlé tous
enfemble, ont démandé de ne faire.quiun corps ; tout le monde
animé de ce fentiment delicieuxycomue fout tous les braves
gens,crie unanimement, oui., Oui, oui, ne faifons
& on's'eft exprimé par des ferrernens de mains, s: qu'un,
coeur
cerqueste
peur mieux fentir que la bouche ne peut
les officiers ont été nommés fans autre différence: Texprimers que l'inciinaticn générale.( Le choix elt fi difficile. parmi lès braves
gens). Le ciroyendei Rufliad été nommé comnaindani,keihoyen
Bedomets, capitaine. de la. premiere compagnies leric ciroyen
Abadic 2 premier lieutenant; le citoyen Calman, deuxieme
lieuzenanr; le citoyen Larapie 5 capitaine de la deuxième
compagnies Je cisayen Blan, premier licatenant, &ile citoyeh
Teayna deuxieme lieutenant,
ERY : Du
23 Le ciroyen Lavanx eft venupaffer la revue de ce
de fretess, il en. a faic. reçevoir les oficiers, &. ies a-harangués corps
avec çette franchie & ceite énergie qui le caracteritent. Il
lour a parlé comme à de braves milinires fur lctquels il
compre indnbitabkement pour le fucces de fes opérations,
atenant, &ile citoyeh
Teayna deuxieme lieutenant,
ERY : Du
23 Le ciroyen Lavanx eft venupaffer la revue de ce
de fretess, il en. a faic. reçevoir les oficiers, &. ies a-harangués corps
avec çette franchie & ceite énergie qui le caracteritent. Il
lour a parlé comme à de braves milinires fur lctquels il
compre indnbitabkement pour le fucces de fes opérations, --- Page 385 ---
;8t
Le corps des gardes nationaux à
une dépuration à la municipalité cheval a envoyé de fuite
guidon tricolor qui étoit dépofé dans > pour lui deman.er le
étoit chargée de remettre au
fon fein; la dépatation
vante.
corps municipal la" lettre fuir
Cap, République. le 12 janvicr 1793, l'an premier de la
CrTOYENS ONHEHA-SUNECPADNT
les Les ciroyens militaires de votre ville.ont été
Ils delireroient armes; marcher a leur tête, c'eit un garant de ce matin la
fous
chez
avoir avec eux
victoire.
vous 3 peur-il êrre en ledrpsau narional:i il éftidépofé
Félite de votre jeuneffe meileures mains qu'en celles
généralt Je fens,
> qui fe ficrifié & fe wvoue' au bin de
de marcher à leur citoyens;, tére; je leur combien il eft glorieux pourmoi
plus chers font confondus avec al'affuré les
que mes intérêts les
renirerons qu'après avoir établi la leurs, & que nous ne
fil long-temps attendu.
bafe du bonheir depuis
de Ce drapeau national nous fera
Doint de ralliement, cimentera précieux 3 il nous fercira
nion d'ou dépend notre vrai bonheur. entre nous tous" cettéréuperfonnellement, je ferai trop heureux Sije puisy contibiler
pas deux fois vingt-quatre heures:
: la foriie ne tardera
Salut.
a 02
mob Le commandant de la province du Nord.
Signé, Etienne Lavanx:
31 Après la lecture de cette lettre les
ina
vrais pères du peuple charmés ofginemegtdraceien
régner dans leurs familles, & fachant devoit/union 8e-lhermenie
ment alloit être le figne certain de Qute ce figie de rallieheureux de la fin des malheurs
la.victoire & lei préfage
remis le guidon tricolor à la
dela province du Nord, ont,
Les gardes nationaux
dépuratian qbila porté att. corps.
leur commandant chez fonsrenmesen.vilie lui,
ont accompasné.
Tome VI.
y ont dépofé leur guidon', &
Soixantedeuxième livraifon.
Bbs
8e-lhermenie
ment alloit être le figne certain de Qute ce figie de rallieheureux de la fin des malheurs
la.victoire & lei préfage
remis le guidon tricolor à la
dela province du Nord, ont,
Les gardes nationaux
dépuratian qbila porté att. corps.
leur commandant chez fonsrenmesen.vilie lui,
ont accompasné.
Tome VI.
y ont dépofé leur guidon', &
Soixantedeuxième livraifon.
Bbs --- Page 386 ---
;82
fe font juré réciproquement & de bonne
& loyauté.
foi, union, amitié
La même cérémonie a eu lieu le lendemain à l'égard de
l'infanterie. Les mêmes protellations d'amitié, de fraternité
& d'union. Le citoyen Deflo-ces a été nommé comnmandant de ce brave bataillon. Ils ont fait aufli à la
la demande de ce drapeau, à la défenfe
municipalité morts
tant d'intrépides jeunes gens du Cap. Le duquel font Lavaux
remis à la députation la lettre fuivante citoyen la
a
pour municipalité.
Cap, le I3 janvier 1793, l'an premier de la
République.
CITOYENS OPRCHRS-NUMICIPAUS,
Vous avez, citoyens > accordé hier aux
en troupes à cheval. pour la défenfe de votre citoyens ville le formés
qui eft vraiment notre point dé
la
guidon à
commandée par le citoyen, Deffources, réunion; animée troupe du même pied
& de la même ardeur pour rétablir le bon
zèle
mande le drapeau qui eft dépofé chez vous. ordre, Je joins vous à leurs dedefirs la bonne volenté de concourir avec eux au bonheur
général pour vous folliciter à accorder ce qu'ils demandent,
Salut.
Le commandant de la province du Nord.
Signé, Etienne Lavaux.
Duny : C'eft une pièce anonyme.
Sonthonax: : Les colons ont tort de dire que ce font des
pièces anonymes; c'eft un recueil de lettres adreffées par le
général Lavaux à la municipalité du
& les
de la municipalité lefquelles contiennent Cap, fon confentement réponfes
pour la formation de ce corps.
Duny : J'ai de plus une obfervation à faire fur le
nalifte; je prie les tuchigraphes de la recueillir. C'eft jour-:
journalifte eft S. Maurice: : nous aurons occafion d'en que le:
Sonthonax : Le Monireura été reconnu de part & parler.
comme authentique ; ainfi il ne s'agit pas de
d'autre:
cet objet,
chicaner fur
iennent Cap, fon confentement réponfes
pour la formation de ce corps.
Duny : J'ai de plus une obfervation à faire fur le
nalifte; je prie les tuchigraphes de la recueillir. C'eft jour-:
journalifte eft S. Maurice: : nous aurons occafion d'en que le:
Sonthonax : Le Monireura été reconnu de part & parler.
comme authentique ; ainfi il ne s'agit pas de
d'autre:
cet objet,
chicaner fur --- Page 387 ---
38;
Duny: Je ne chicane
j'oblerve
journalitte s'appelle PEEICRY & je prie les feulement que ce
configner aux débars mon obfervation,
tachigraphes de
des Son volontaires honax : Vous vovez quelle eft
de la
Taide
à pied & à cheval. Il T'origine
création
aux troupe S de ligne dans la
s'agilloit de donner de
campagne faie par. le général Lavaux campagne dontfai parlé,
Nord. Il s'agifloit aufli de lever de nouvelles dans la province du
oppofer àlinvation de l'ennemi intérieur & troupes pour
qu'a cette époque nous aviops
du extérieur, parce
mouvelle que la France alloit entrer rçu
confeil-exécutif la
terre & FElpagne. J'avois doncle en guerre avec l'Angleicion les citoyens qui,
droit de mettre en
froient de combattre l'ennemi. par une infcriprion volontaire,
Je
TCE
fuccès qilont eu les troupes formées vous ai parlé du grand
les rroupes de ligne dans la
au Cap, de concert avec.
les brigands,au commencement campagne de
qui s'eft ouverte contre
au mois de février de quitter le Cap Janvier 1793.Je fus obligé
colligue Polverel dans TOueft. Avant pour de me réunir à mon
rendis la prociamation dont je vais vous fortir du Cap, je 1
parce qu'eile eft également relative
donner lecture s
de volontaires.
al'organifation de ce corps
Il lit:
Proclamation de Sonthonax, du 24 février
1793.
CIrOY E N S,
Les faclieux qui. déchiroient la province du
Domingne > enchainés par
Nord de Saintaité refpirer les véritables l'expaltion des chefs, > ont enfin
le patrioufine fe font enhardis amis de la France. Le courage, >
Left reunie en foule à nos foldats : la brave jeuneffe du Cap
fousles ordres du
d'Europe, rous ont marché
qui, depuis dix huit commandan-général mois,
Lavaux, & l'ennemi
été vaincu Prelqu'auflitôr dévaftoit vos riches plaines, a
fort dignes folda:s du soyalitine qu'artaqué. & de fes Cesmalheureux valets,
de Jeurs infumes protedeurs; acculés agens ,. vont fubir le
un léger effort les réduira
dans les montagnes,
pour jamais.
les ordres du
d'Europe, rous ont marché
qui, depuis dix huit commandan-général mois,
Lavaux, & l'ennemi
été vaincu Prelqu'auflitôr dévaftoit vos riches plaines, a
fort dignes folda:s du soyalitine qu'artaqué. & de fes Cesmalheureux valets,
de Jeurs infumes protedeurs; acculés agens ,. vont fubir le
un léger effort les réduira
dans les montagnes,
pour jamais. --- Page 388 ---
La colonie touchoit au terme de fes maux,
nouvelles d'une guerre prochaine
lorfque les
font
> arrivées de la
venues ranimer de coupables projers. Les rOiS métropole, de la terre,
conjurés contre la liberté du monde, menacent la
françaite, & leurs fuppôis de Snine-Donngue ofent République affichet
publiquement l'efpoir intenté de la contre-révolution. Les
milérables! ils ne voient. pas. que la dernière heure des
a fonné; & que les monarchies de T'Europe vont tyrans
dans le torrent irréliftible de la démocratie univerfelle. s'abymer
Les poliellions françaifes de T'Archigei du
tageront peur-être les nouvelles crifes qui vont Mexique, nous affaillirs parmais les colons qui rougiroient de vivre ious la tyrannie d'un
Bourbon, repouileron: avechorreur lejoug d'une domination
étrangère. Que nous importe le voeu impie des ennemis de
Tegalité: Les vrais pamiotesferéunitonty aidés par les hommes
que la loi du 4 avril a régénérés, ils chafleront de nos côtes
ces fatellites liberticides que les départemens français ont
fuccomber par milliers.
vu
Telle eft, ciroyens, la fublime deflinée des défenfeurs
Saint- Domingue; mais pour la remplir fans revers, il faut de
ablolument oublier les anciennes divifions. Que-ces
honteufes & réciproques enre deux caftes, à
défiances l'intérèt
de la Fatrie commande impéricufement de n'en qui plus faire
qu'une; que ces défiancès, , dis je, ceflent donc
!
Abjurons routes les haines & les préjugés, qu'ils pour foient jamais immolés-fans retour au faluc public; quie la nuance de la
ne gradue plus déformaisl'etat des hommes dans
il eft temps
la vertu
RedLtunet
que
feule établille les différences.
vous > ciroyens dits ci-devant
PEN
de couleur, que
fufceptibiliré agite fi facilement, ceffez de vous aigrir trop.de par des
rapports infidéles; faififlez-vous du premier mal-intenarionné
qui viendra femer autour de vous la crainte & les
Dénoncez-le aux autorités conftituées, & qu'il fubifle foupcons. fur-lechamp la puni:ion exemplaire réfervée aux
du
repos des citoyens.
perturbateurs
Dans ces circonftances nous avons ordonné & ordonnons
ce qui fuit:
AR T I C L E P RE M I E R.
Pendant notre abfence de la partie du Nord,1 la sûreté pu-
-vous du premier mal-intenarionné
qui viendra femer autour de vous la crainte & les
Dénoncez-le aux autorités conftituées, & qu'il fubifle foupcons. fur-lechamp la puni:ion exemplaire réfervée aux
du
repos des citoyens.
perturbateurs
Dans ces circonftances nous avons ordonné & ordonnons
ce qui fuit:
AR T I C L E P RE M I E R.
Pendant notre abfence de la partie du Nord,1 la sûreté pu- --- Page 389 ---
38;
eft (pedialement confiée à la
toute
Er Tesendue,
commiffion
du Cap; à l'effet de de la province, Lainfi que intermédiaire dans la ville
Pourra faire toute réquilition quoi ladite commillion inrermédiaire
dan: du Nord, lequel fera néceffaire au citoyen commanelts da fervice public intécieur. tenu d'y déférer pour tout ce qui
II
Le procureur de la commune a
du
nicipalié, rendra compte tous les deux Cap, au nom de la muAntermédiaite de T'étar de la ville du
jours à la commiflion
Cap.
IIL
à pied Lec corps de la ville des volanraires du
à cheval& celui des volontaires
qu'ils éroient à leur encrée Cap, refterant formés fur le même
la guerre feulemenr; ils feront en campagne > pour la durée pied de
le fervice aux. ordres directs du foumis pour la difcipline &
du Nord.
tc commandant de la province
I V.
Lédit
ca
ce
gifé à faire commandant tel changement de la province du Nord demeure autoHeldits volon:aires
qu'il avifera dans
pendant de
pied & à cheval, fous la Torganifation
relpecter le droit qu'ils ant d'élire leurs condition ofliciers. ceV.
clamation - compter du jour de la notification de
3 le citoyen ordonnateur &
la préfente
Kutrdenous fairep pafferdansia
diredheur-gensral TAC
gafiiside la Republique, de leurs quinzaine un' ératexiét desi mabeloins & de leurs retlources, spprovilionnemas, de'leurs
ofivis C:
V'I.
Le commandant, del l'artillerie fera
Heli, de nous remettre un érat de :la ficuation tenur, dans le même
de l'arfewal,
le citoyen ordonnateur &
la préfente
Kutrdenous fairep pafferdansia
diredheur-gensral TAC
gafiiside la Republique, de leurs quinzaine un' ératexiét desi mabeloins & de leurs retlources, spprovilionnemas, de'leurs
ofivis C:
V'I.
Le commandant, del l'artillerie fera
Heli, de nous remettre un érat de :la ficuation tenur, dans le même
de l'arfewal, --- Page 390 ---
386:
contenantle nombre de bouches à feu, la qualité & la7
dei
quan
tité
munitions de guerre" & des armes de tout genre.
V IL
39 Les officiers cemiandant les villes du Méle, dnFore
Dauphin & du Port-au-Prince, feront également tenus 9
dans le même délai, de nous fournir l'état de fituation de
leurs places, des munitions de guerre & de bouche qu'elles
contiennent.
1 -
>> Ordonnons que la préfente proclamation ferai inprimée
publiée & affichée.
>> Mandons à la commiflion intermédiaire, aux, corps
adminiftrarifs & aux tribunaux de la province du Nord, de
la faire tranfcrite dans'leurs regiftres > lire, publier & afficher
par-tout où bet foin fera.
>3 Donné au Cap le 24 février 1793: > l'an premier de la
République françaife.
33 Signé, SONTHONAX.
s Le commiffaire national civil de la République.
9> 0.F.Daursct./ards de: la commilfion >5,
Vous voyez, citoyens, par cette,
maintenu le corps dé volontaires : créé proclamation,. au Cap le 12 que février jai
1791.J'ai dû le maintenir aux approches de la guerre ; jai dà
mettre en requifition des citeyens pour mnarcher à le défenfe des
côtes, à la défenfe des propriétés frangaifes, foitcontreles ennemis intérieurs ou extérieurs. Les. colons difen: que. ma
du IO mars à Etienne Lavaux, a provoqué une prife d'armes lettre
dansla colonie; vous avez entendu cette lettre sje, ne, lairelirai
ici; je m'en
fur fa criminalité, à la prudence
& la commiflion, LRPETT de
Convention nationale & des
lecteurs.
L'article VI eft celui-ci: Pour porter la guerre civile à
Jacmel & à Jérémie, ils ont marché contre ces deux villes,
fous prétexte de-Tinexécution de la loi du 4 avril:
S
C D'abord il cd faux que nous ayons jamais marché contré
ie; vous avez entendu cette lettre sje, ne, lairelirai
ici; je m'en
fur fa criminalité, à la prudence
& la commiflion, LRPETT de
Convention nationale & des
lecteurs.
L'article VI eft celui-ci: Pour porter la guerre civile à
Jacmel & à Jérémie, ils ont marché contre ces deux villes,
fous prétexte de-Tinexécution de la loi du 4 avril:
S
C D'abord il cd faux que nous ayons jamais marché contré --- Page 391 ---
ville de Jaémel. Nous n'avons
éduire Jacmel, de marcher
pas eu
pour
contre
arce què les factieux qui agitoient lui avec befain, une armée >
voient chaffé les hommes de
cette commune > qui en
éduits à etrer dans les bois & les couleur, & qui les avoient
onnement jugés, en paffànt à la montagnes >s'étoient tout
afqu'aux regiftres de la municipalité. Jamaique, emportant
anonnade du Port - au -Prince
Lorique j'en ferai à la
prrelpondance de la Jamaique. > je vous produirai leut
Htretenus Mon collègue de Polverel, dans le cours des
la loi du ce
'concernoir la ville de Jacmel débats, vous a
e Pitra, 4 SA Je vous ai cité dans le
relativement
hi
dépuré de Jacmel à T'affemblée
temps une lettre
écrivant a Corerel, à fes
coloniale, Ce Pitra,
Eunis au' fort de Jacmel, leur conciroyens 2 à fes cemmettans,
ar rapport à d'exécution de la donnoit loi du les'confeils fuivans
ue très-peu de mots qui font relatifs
4 avril, Je ne lirai
pme 2 des débats.
aux débars, , page 121,
Clasfon difcuflion : Je demande la parole; j'obferve
fur-Jacmel, f'ai dir
cela
que lors de
olverel, &c qu'en confequence 9 falloit ne regardoir que
paffer fous filence. Quant à la lettre de nécelfairement
famment été difcurée dans les débats
Pitra; elle a fufp'on paffe à l'ordre du jour.
antérieurs.Je demande
Sonthonax: : Renoncez-vous à votre
our avoir marché contre Jacmel:.. accufation contre moi
Sonthonax Cluuffon : Oui, par rapport à vous , jy renonce.
: Il n'eft donc plus
obferve cependantsq que quand ilengitra queftion de que de Jérémie.
ort-au-Prince,) je parlerai
larcanonnade du
ue moi-mème, avec mon nécellaitement de-Jacmel, parce
acmel.
collègue Polverel, jai"été à
Brulley : Alors on traitera cette partie.
Claaffon : C'eft la fuite de la canonnade.
Sonthonax : Par rapport à
bus avons ordonné à un corps Jérémie, de
il eft très-vrai que
nir garnifon à Jérémie, >' & voici, la 2 ou 300 hommes d'aller
envoyer ce corps, dans ce dernier raifon que nous avions
Es débais, Polvèrel vous a
quartier. Dans le cours
parfantement peinr l'état de
ors on traitera cette partie.
Claaffon : C'eft la fuite de la canonnade.
Sonthonax : Par rapport à
bus avons ordonné à un corps Jérémie, de
il eft très-vrai que
nir garnifon à Jérémie, >' & voici, la 2 ou 300 hommes d'aller
envoyer ce corps, dans ce dernier raifon que nous avions
Es débais, Polvèrel vous a
quartier. Dans le cours
parfantement peinr l'état de --- Page 392 ---
-388
Jérémie à notre, arrivée 2 & ce.
notre.
arrivée, Jérémie étoit en. état quirs'ef de révolte pale depnis.
la France, Jérémie n'exécutoit & ne vouloir exécurer ouverte conti
des requifitions qui lui étoient envoyées par les
aucun
civilss il n'avoit pas vonlu correlpondre avec, eux, comifiain
accufer la reception de leurs actes.
pour, leu
Noël Azor: : Comme I'a
&cLafond
été chaliés deleurs propriétés disPolverel,Page par les habitans dela avoier
Duny:
Caymit
Page
Lipage, mulitic, pour ne pas le confondre ave
notre collegue.
Sonthonax : Ilsétoien: encore en exil lorfque les trois con
millaires civils éroient réunis dans la province du
nous donnâmes un ordre à la municipaliré de la Nord
pour réintégrer fur fa propriéré, norammnént Azor Caymir avec (
efclaves. Cer ordre n'a puavoir aucune exécution. La
miflion intermédiaire. a depuis ordonné que Noël Azor com
rétabli fur fa propriété 5 en a méprifé l'arrèté de la
f
fion intermédinire, approuvé par nous s comme on commi avo
méprifé l'ordre des commifhires civils, d'oi il fuit
municipalité de la Caymitre > au mépris de la loi du 4 que
qui avoir approuvé la réclamation de Neal
avril
approuvé la guerre que faifcient les hommés Azor, de
qui avo
recouvrer leurs droits civils & politiques ; d'oi il couleur pou
la municipalité de la Caymitte s'étcit arrogé fnit, le disje dro
2 chaffer de fes propriétés un citoyen, fans en donner
raifon. Les chofes étoient en' cet état au mois dé févriet
lorfque la commune de Jérémie S'infiurgea de nouveau 1793
les hommes du 4 avril, les pourfuivit, les chafla à contr
armée de fon territoire > arma un corps de 600 elclaves mai
contre ces mêmes hommes de couleur. Je vais vous lire noir
cet égard la proclamation qui prouve l'armement fait
cominune de Jérémie, d'un. corps de 6co hommes, aux ordre par
deJean Kina, qui cominande actuellement à Jérémie
le roi d'Angleterre:
Fou
an(T.lit la prociamation du 3 mai
Jn
1793) utC
Vu une copie certifiée par le lientenanr-colonel Harry
commandant de la province du Snd', de l'arrêté du confe
general. de la commune de Jérémie, du I5 avril dernièr
une de Jérémie, d'un. corps de 6co hommes, aux ordre par
deJean Kina, qui cominande actuellement à Jérémie
le roi d'Angleterre:
Fou
an(T.lit la prociamation du 3 mai
Jn
1793) utC
Vu une copie certifiée par le lientenanr-colonel Harry
commandant de la province du Snd', de l'arrêté du confe
general. de la commune de Jérémie, du I5 avril dernièr --- Page 393 ---
edit arrêté
pints a l'armée portant de Jenni gu'il fera armé 600 nègres pour être
ands;
Kina, deftiné à réduire les bri-
> Une copie certifiée par ledit
le la lertre par lui écrite à la lienrenane-colonel Harty,
6 avril dernier, portant ordre à municipaliré ladite
de Jérémie le
endre tout armement julqu'a ce
mnunicipalita de fuf-
>> Et ia lectre adreffée
qu'elle y fut autorifée;
pdit lieutenans-colonel au commiffaire civil Polverel,
enant envoi des
Harty ,le 28 dudit mois
par
pièces ci-deilus
d'avril, con-
>> Confidérant que nulle autorité énoncées:
roit de leyer aucun corps armé fans dans la colonie n'a le
article VII de notre- proclamation du notre orire exprès;
knda tous corps adminiftrarifs de
19 avril dernier es
uerre,
difpofer des
pournitares, fubliftances 5 & d'aucune efpèce
munitions de
confiées au
d'effets, armes oi
ine autorifation expreffe de département nous ou
de la guerre 2 fans
>> Que Tarmemenr de 600
dugonvemeur-gintral ;
u confeil-général de la commune efclaves de ordonné' par arrêté
hent de ce quilferoit une viclation de' Jérémie, 3
f
independame
eneôre un attentat à la
notre proclamation,
hoins qu'à la fubvérfion entière propriéré du , & ne ténd à rien
> Déclatens nul l'arreré du
régime colonial:
le Jérémie, du Is avril dernier; confei-géneral de la commune
palité de Jérémie &a toutes les défendons à la municiment d'homaimes Jibres ou
autres de faire aucun armeue ce foit, à peine d'êcre d'efclaves, pourfitivies fous quelque prétexte
urepos aile & public, réfractaires aux lois de comme
à
la
Persuchatenrs
nos orires, &c puhies
Bépublique franI & 17 août dernier.
conformément aux lois des
le 22 Defendons, fous les mêmes
livrer paffage fur leur
peines foit > à toutes communes, $
a municipalité de Jérémie rerriroire, 5 foit à.
aux nègres armés
ans norre autorifation exprefle,
toute autre troupe armée par
23 Ordonnens quela préfente
avoyée à ia commillion
prociamation fera
Fipalirés & trbunanx de indemediaire, la
à toutes imprimées les muniaire tranfiorite fus leurs regilres, colonie, avec injonction de la
par-tour cè bafoin fera.
lire, publier: & aflicher
rerriroire, 5 foit à.
aux nègres armés
ans norre autorifation exprefle,
toute autre troupe armée par
23 Ordonnens quela préfente
avoyée à ia commillion
prociamation fera
Fipalirés & trbunanx de indemediaire, la
à toutes imprimées les muniaire tranfiorite fus leurs regilres, colonie, avec injonction de la
par-tour cè bafoin fera.
lire, publier: & aflicher --- Page 394 ---
* Requérons le gourerneur-général par interim ; & tous
commandans militaires de tenir la main à l'exécution du 1
fent ordre.
pr
la Fait au Port-au-Prince, le 3 mai 1793: 5 l'an premier <
République françaife.
> Par les commiffaires civils de la République.
Signé, POLVEREL, SONTHONAX. 2 5,
Signé, O. F., DELPECH, fecrétaire de la commifion. 33
La municipalité de Jérémie fe garda bien
cette proclamation; elle fe mit en pleine révolte d'obtempérer contre la
cilion de l'autorité
de
un commandant nationale; nous envoyâmes en vain fo
militaire, foit deux commiffaires de
mune des Cayes pourfervir de médiateurs,
la con
défaut de force coactive que nous n'avions pour alers. fuppléer La a
nicipalité refufa de recevoir le commandant pas militaire mu
ment où la guerre étrangère venoit d'être proclamée, au la mo
nicipalité refufa toute efpèce de tranfaction entr'elle, & mu
hommes de couleur qu'elle avoit chaflés de leurs
le
à main armée. La municipalité refufa abfolument propriété
pèce d'obéiflance à mes ordres & proclamations. Cet fut toute et
que nous envoyâmes des çommiffaires à Jérémie,
alor
gnés de 300 hommes compofés foit d'hommes libres accompa de 1
colonie, foit de gardes nationales de France. Ces trois
hommes furent accueillis à
de canons' & de fulils; cent
furent obligés defe replier Roura du territoire de la
il
de Jérémie, &c-voilà comment nous pouvons
commun
d'avoir organifé la
civile
être accufé
mie; certes, ceux-là guerre
dans la 1 commune de Jéré
chaffé à main-armée, ont de organifé leurs
la guerre civile, qui on
loi du 4 avril, toutes les lois foyers, les hommes à qui il
françaifes
ter fous la protection qué la loi accerde permettoient à tous! les d'y res
Ceux-12 ont organifé la guerre civile, qui ont refufé citoyens de
cevoir dans leur fein, pour y commander, un officier
re
la comiriflion civile; ceux-là ont organifé la guerre envoyé CI
B qui ont reçu à coups de canons une garnifon
par les commiflaires civils, au mornent où la guerre envoyée avec'les
il
françaifes
ter fous la protection qué la loi accerde permettoient à tous! les d'y res
Ceux-12 ont organifé la guerre civile, qui ont refufé citoyens de
cevoir dans leur fein, pour y commander, un officier
re
la comiriflion civile; ceux-là ont organifé la guerre envoyé CI
B qui ont reçu à coups de canons une garnifon
par les commiflaires civils, au mornent où la guerre envoyée avec'les --- Page 395 ---
Elpagnols & l'Angleterre venoit d'ètre proclamée folemnel.
lement dans la colonie. Plufieurs pièces doivent être produi
tes à Tappui de notre conduite vis-à-vis de la
de Jérémie 2 elles font perfonnelles à Polverel; municipalité elles
encore
font.
dans les papiers quilui appartiennent, & qui, comme
vous favez, n'ont pas encore été inventoriés.
Duy: J'obferve qu'ayant été aux archives,je n'ai pas
pu y trouver la pièce quej'y cherchois, parce
eft fur
une
qu'elle
petite feuille, & qu'elle eft collée avec quantité d'zutres papiers: mais le citoyen Fouché m'a donné une heure
'demain matin pour la chercher, j'elpère l'avoir avant la
féance.
La féance eft levée.
Lc regiftre des préfences eft Figné: J. PH. GARRAN,PTÉ
fidene ; FoUcHÉ ( de Nantes ) >1 fecrétaire ; F.LANTHENAS,
MERLINO, DABRAY.
Fin du Tome fixieme.
ERRATA du Tome VI
Page 325, ligne 36, & auxquelles le bataillon entier feul avoit été
employé, lifeg, & dontle bataillon le fut exclufivement & en entier.
Page 326, ligne 35, & pour y faire parvenir plus sûrement les
lifer, & que pour parvenir plus sûrement à ies embarquer. troupes,
Page 346, ligne 8, Relation faite par les Députés de la partie du
Nord, life, Relation faite par les foi-difant Députés de la
du Nord.
partie --- Page 396 --- --- Page 397 ---
CONVENTION NATIONALE
EROJETDEDECRET
CONCERI N A N T
LES PENSIONNAIRES ET LES INVALIDES
DE L Ai M TARINE,
P R ES EI N T
AR, MARTEL, du Département de TAllier,
AUNOM DES COMITÉS
DE MARINE ET DES COLONIES,
A la séance du 21 Ventése, l'an III,
IMPRIMEPAR ORDRE DELA CONVENTION: NATIONALE,
JA Conveation nationale, après avoir entendu
pport de son comité de marine ct des
le
crêté ce qui- suit':
colenics,
A --- Page 398 ---
-
--- Page 399 ---
E795
D2860
y,3
ac4. 190 --- Page 400 ---