--- Page 1 --- --- Page 2 ---
CA0DSN
Habit Carter Bromn
Lilmary
Brumi Mnitrersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
tous les infrumens néceffaires pour faire une defcente fur le
territoire cipagnol, & que
la méchanceré de ne pas mettre
nos forces à la mer, tout Eeal pris. Ouanaminthe s'eft trouvé
fans fortification & a été pris. Voici la pièce que je dépole
fur le bureau.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Ph. GARRAN
FoucHi (de Nantes), Jecrétaire ; MERLINO
St F. LANTHENAS, MOLLEYAUI.
Fin du Tome Jeptième. --- Page 5 ---
D E B AT S
E N T R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSES;
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IxPRIMiS EN EXÉCUTION DE IA.Lor DU 4 PLUVIOSE
To: M E VIII
A P 1 ARIS;
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
Frudtidor, - > an III.
Soixunte-douime liyraifon. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
REPUBLIQUE FRANCAISE.
RY
CRTABREULIDNGTIIUD
mn JOTEMIE AimuuE 1
D ÉBATS
Qui ont eu lieu entre les accufuteurs 6 les accnfés,
dans Paffaire des Colonies, en erécution de la
loi du 4pluvidfe.
Du 27 Melidor, 9 l'an troiftème de la République françaife
une & indivifible.
LA fiite de la rédaétion des débats du 24, & la rédaction
des débats recueillis dans la féance du 25, > font lues & adoptécs.
Les citoyens Page & Larcheveique-Thibnor font abfens.
Le préfident : Voici l'arrêté pris par la commiffion après
a féance d'avant-hier.
(Ille lit).
Arrêté de la commifion des colonies, du RS mefidor.
e Sur la demande formée par Sonthonax, en communicaion dela onzième pièce de la onzièine liaffe des papiers de
Langutla-Botilitre, envoyés en France par Genet, ex-miitre de la République auprès des Etats-Unis:
Az
-Thibnor font abfens.
Le préfident : Voici l'arrêté pris par la commiffion après
a féance d'avant-hier.
(Ille lit).
Arrêté de la commifion des colonies, du RS mefidor.
e Sur la demande formée par Sonthonax, en communicaion dela onzième pièce de la onzièine liaffe des papiers de
Langutla-Botilitre, envoyés en France par Genet, ex-miitre de la République auprès des Etats-Unis:
Az --- Page 8 ---
A
29 La commifion, après avoir pris lecture de cette pièce,
confidérant que celles qui ont été envoyées au gouvernement
parGenct, font étrangères aux accufateurs & à laccufe;
3 Surfeoir à ftatuer fur la leéture de la pièce indiquée par
Sonthonax, lors de fa défenfe fur lincendie du Cap, fe réfervant d'ordonner ou refufer alors cette lecture, felon qu'elle
lui paroiura nécellaire ou inurile à Yéciaircitlement des faits.>
Duny: Lo 7 juin à dix heures du foir, le général fut
averti par Delnoyelles, prévôr de la commiffion civile 2 que
Sonthonax & Polverel arrivoient le lendemain au Cap;
donna les ordres nécelfaires pour les recevoir avec tout l'ap
pareil dû à leur caraétère. Voici la lettre de Defnoyelles que
je dépole fur le bureau.
étoient fous le
Le'Io, les citoyens & les troupes de ligne
armes; des détachemens à pied & à cheval avoient été en
voyés au-devant de Polverel & de Sonthonax 3 le gouverneu
lui-même s'étoit rendu au camp Breda pour les recevoi
Vergniaux & Caftain accompagnoient Polverel & Sonthonax
qui éroient précédés d'une foixantaine de mulets chargés cha
cun de deux malles très-pefantes, fur lefquelles on lifeit C
mot archives, écrit en gros caraétère. A peine vit-on paroit
les voitures qu'une décharge de l'artiilerie des vailleaux del
République & des forts anonça leur arrivée. Ils fe rend
rent dans la falle de la commifion intermédiaise, oà le
avoient dévancésles corps confitués & le commandant mil
taire. Ecoutez, ciroyens, Thorrible blafphème proféré p:
Sonthonax e1 préfence d'un peuple mmenfe & des autor
tés confituées, &c que ces paroles foient fa propre COI
damnation, : Nous venons, dir Sonthonax, de purgerla pa
>> tie de POuef de tous les fadteux, de tous lesindependan f
2> de tousles ariftocrates de la peau,de tous les hommes
es lariés par les princes d'Italie, de tous les ennemis enfin
9> la pariaire égalité: que tons ceux qui fe trouvent entach
du Nord forrent de la c
#P des mêmes crimes dansla partie
2> lonie; car les commiffaires civils Ont juré de n'y en poi
>, laifer un feul: nous déclarons que le vrai peuple des
33 Pomingue eft dans les cicoyens ci-devant dits de couleu
a
quiis font les véritables fans-culottes des.colonies. Oui,
Polyerel, je Partage çe que vient de dire mo colles
e
que tons ceux qui fe trouvent entach
du Nord forrent de la c
#P des mêmes crimes dansla partie
2> lonie; car les commiffaires civils Ont juré de n'y en poi
>, laifer un feul: nous déclarons que le vrai peuple des
33 Pomingue eft dans les cicoyens ci-devant dits de couleu
a
quiis font les véritables fans-culottes des.colonies. Oui,
Polyerel, je Partage çe que vient de dire mo colles
e --- Page 9 ---
S
a
Sonthonax, le vrai peurle de Saint-Domingue cftla clalle
e des hommes de couleur. 11 elt encore une clalfe d'hommes
>> qui, par fa conduire, pourra mériter d'y, étre comprife:
s ce font les blancs que la catfe orgucilleule des planteurs,
5> despropriétaires Sugreperhdeurinmtom; depelits-blancs,
>, Quils fe réuniffent aux hommes du 4 avril pour entourer
V la commitlion nationale civile, & extirper de la fociété
s cette race proferite , ennemie del'égalité. > Cette déclaration de deux hommes. . -
-
.
Sonthenax: Je demande que-Duxy prodaife imprimé Oul
figné de mci le difcours qu'il me prèie: je déclate d'avance
quiln'enfe pas.
Duny: Je vais dite pourquoi il; n'exifle pas.
Cette déclaration de deux hommes qui, avec les mots juc
tice, égalité, vertu, fraternité, venoient d'anéantir la
lation blanche du Port-au-Prince par la déportarion,
TORAL
prifonnement, les mallacres, porta la défolation dans tous
les cours, & excita une indignation générale; Polverel &
Sonthonax en furent inftruits, & ils ordonnèrent à SaintMaurice, rédaéteur du Monireur, de ne point inférer leurs
difcours, mais bicn d'y mettre un à-peu-près. Le journalifte
eut foin, en conféquence de ces ordtes, d'inférer en entier
le difcours de Mafle, ordonnateur civil, ainfi que celui de
T'abbé Boucher, préfdent de la comm fion intermédicire,
parce que ces deux difcours refpircient la fiagornerie, la bafleffekie dévouement le pius abfolu auxy rolomesdidintoriles
dePelverel & de Sonthonaz. Le même journalifte ent foin de
nepoint imprimer aufli le difcours du général Galbaut, &
celui de Yadjudane- général Galbaut fon frere, parce que tous
deux refpiroient le plas
parrictifine, le dévotement àl la
France & à la colonie, ERteR ils déclaroient qu'ils ne reconnoltrcient que ia loi & nul homme au-deffus d'eile; CC
ne fut précifement que par ces motifs que le difcours du
général Galbaut & celti de fen frère ne furent pasinférés au
Meniteur.Les difcours de Polverel & de Sonthonax, qui Venoient d'exciter la plus vive fermentation dans la vile, se
furent poin: imprimés, de peur que paflane avec la feuille
du Moniteur dans toutes les parties de la colonie, les colons
ne fe miffent en garde contre les délégués des commiffaires
civils, qui parcozroicntla colosie.
A 3
baut & celti de fen frère ne furent pasinférés au
Meniteur.Les difcours de Polverel & de Sonthonax, qui Venoient d'exciter la plus vive fermentation dans la vile, se
furent poin: imprimés, de peur que paflane avec la feuille
du Moniteur dans toutes les parties de la colonie, les colons
ne fe miffent en garde contre les délégués des commiffaires
civils, qui parcozroicntla colosie.
A 3 --- Page 10 ---
Lc préfident (à Duny ) : Quelle preuve as-tu de
du dilcours & de la déienfe delimptimer?
l'exiftence
Duny: D'abord j'étois témoin, enfuite. - e
Le préfident : On vous a déja diz que vous ne pouviez être
acculateur & témoin; ; vous donnez des détails très-circonftanciés fur des faits minutieux, & fur les faits graves vous
n'avez aucune preuve.
Duny : Je vous prouve que dans le Moniteur, il
a
qu'un à peu-près de ce difcours, pourquoi ne. l'a-t-on pas n'y imprimé? j'aiprouvé que les imprimeurs éroient arrètés lorfqu'ils vouloient parler contre Polverel &
voici
un recueil entier que je dépofe fur le bureau. Sonthonax; J'étois un des
rédacteurs de ce cahier, nous avons tous été
pour l'avoir fait imprimer, pour avoir ofé
emprifonnés
la tyrannie pefoir fur nous. Jetez les yeux l'écrire, fur ce pendant
s vous verrez nos principes. Ni les rédacteurs, -ni les journal,
meurs ne pouvoient émettre leurs penfées.
impriFondeviolle : Dans le momenc où Sonthonax prononçoit ce
difcours, le ciroyen Littré, avocat au Cap,, fe
& fut
arrêté & mis en prifon par ordre de Polverel & récria, Sonthonax.
Sonthonax: Si Littré a été arrêté par nos ordres dans la
féance, il doity avoir un ordre d'arret. Je demande
ordre foit préfenté. Ce n'eft pas tour; les colons difent que cet
j'ai tenu un difcours très-menaçant peur ia population quie
che; en tenant ce difcours,Jentendois bien qu'il fit impri- blanmé, puifque mon bur étoit de terrifier la population
che; le journalifte du Moniteur a dà inférer ce difcours; blanaucune efpèce de confidération n'auroit pu l'empécher de le 5
faire, puifqu'au contraire il auroit fair fa cour aux commiffaires civils en rempliffant leur objet; je demande donc
qu'on m'en produife un exemplaire ou un manufcrit
de moi, ou des rémoignages éciatans del l'exiftence de ce figné dif-.
cours.
Duny: : Le journalifte s'explique ainfi: Le citoyen Polverel
2 pris la parole, os'eh espliqué a-peprès ainf. On met fix
lignes, & enfuire le rrès-long difcours dit préfident de la
commiffion intermédiaire & de l'ordonnateur civil.
Sonthonax : Un éclairciffement de plus. Au
les commiffaires civils fe font préfenrés à la commitlion moment in- ou
termédiaire, ils arrivoient après avoir fait vingt-cinq lieues
sans leur journée; ils n'ayoient pas de difcours préparé. Cou-
eh espliqué a-peprès ainf. On met fix
lignes, & enfuire le rrès-long difcours dit préfident de la
commiffion intermédiaire & de l'ordonnateur civil.
Sonthonax : Un éclairciffement de plus. Au
les commiffaires civils fe font préfenrés à la commitlion moment in- ou
termédiaire, ils arrivoient après avoir fait vingt-cinq lieues
sans leur journée; ils n'ayoient pas de difcours préparé. Cou- --- Page 11 ---
y
verts de pouffière & de fueur, ils répondent à des difcours
écri:s; ils répondent en fix lignes, parce qu'ils n'avoient pas
beloin de plirafes pour parier àl T'erdonmteur civil, au gouverneur & à la commillion intermédiaire. Les difcours qui
lont dans le Moniteur font les feuls que les commiffaires
civils avouent.
Ic préfident (aux colons ) : La commifion vouS a déja
ordonné de préfenter des preuves à Tappai des faits que vous
avancez.
Duy: Voici ue pièce: c'eft une lectre de Sonthonax à la
Convenrion nationale. Ily répète ce qui eft conligné dans ce
difcours.
Le préfident : Il n'eft pas queftion de ce que Sonthonax a
écrit à la Convention. Revenez à l'affaire du Cap.
Duy: Sonthonax déclare dans cette lettre que les nègres...
Le préfident: Al'ordre, paffez à l'incendie du Cap.
Dany: Le 11 Juin, Gulbaud & les officiers de l'armée
furent encore rendte vifite aux commillaires civils, qui leur
dirent : Citoyens, obéillez à nos ordres, car notre velonté
eft la loi. Ecils répé:èrent encore à ces militaires qu'il falloir
enticrement détruire la race blanche dans la colonie, propos
familier dans la bouche de Renaudlin, Gignoux, Lachaife,
& à tous leurs fatellites. Le général leur. répondir: Je dois
obéiffance. . .
o
Sonthonax : Quelle preuve avez-vous de ces faits ? e
Dany : Le général Galbaud &*tous les militaires font
prèrs à dépofer de ces faits; je"crois bien que VOLS ne l'avez
pas écrit; ce que je dis làe eltconfigné dans ce eabier.
Galbaud répondit: C Jedois obéiffance ponéuelie à: toutes
>vos réquifitions en tanto qu'elles ne foient pas oppofées aux
wlois, > Ici répliquérent les cemmifisires civils : <e Nous
s> fommes tour s mouspulitdensla plénitude de tous les pou-
> voirs. Non ( dit Galbaud), vous êtes les furveillans de
>) tous les pouvoirs; vous devez les diriger, & non les exer-
>> cer. >> Les commillaires civils répendirent avec humeur :
c Nous vous répétonsici que nous remplaçons la Convention
s nationale 5
nos volontés font la loi, OuL pluror que
> nous fommes a loi. >> Galbaud, indigné du ton & dudefporifme de Polverel & de Sonthonax, leur dit : C En ce
> cas, reavoyez - moi en France, que jy ferve ma patrie
A+
devez les diriger, & non les exer-
>> cer. >> Les commillaires civils répendirent avec humeur :
c Nous vous répétonsici que nous remplaçons la Convention
s nationale 5
nos volontés font la loi, OuL pluror que
> nous fommes a loi. >> Galbaud, indigné du ton & dudefporifme de Polverel & de Sonthonax, leur dit : C En ce
> cas, reavoyez - moi en France, que jy ferve ma patrie
A+ --- Page 12 ---
55 fur les frontières ; je ne puis promettre d'obéir
>> aux ordres & aux volontés d'hommes
fe avcuglément mettent
defluts de la loi.>
qui
auDans cette converfation, ils chargèrent également le
néral d'engager fon frère à denner fa démifion fous pré gé
textedemaladie; illeur répondit que fon frère n'y confentiroi
pas, parce que la loi s'ye oppofoir.
Lepréfidene : Je prie la commiflion de délibérer pour fa
voir fi elle veut entendre la leéture de tous ces dif
cours - là.
Les membres de la commifion au préfident; Fais exécuter les
arrêtés de la commiflion.
Le préfdent à Duny: La cemmiffion te déclare
fi tu
ne termines pas aujourd'hui l'incendie du Cap, elle que t'ordon
nera de palfer à un autre objer, ou elle donnera dans la
prochaine féance la parole à Sonthonax pour te répondre.
Dury : Mais, citoyens.
Le préfident : Nous devons nous-mémes exécuter le décret
de la Convention qui ordonne que les débats finiront dans
5o jours. On vous avoit donné une féance pour traiter ce
qui étoit relatifà l'incendie du Cap; en veila déja deux &
une troifième commencée : il n'eft pas pollible que cela aille
de cette manière.
Duny : Le I2 juin le général Galbaud écrivit aux commiflaires civils que fon frère ne s'embarqueroit pas volon
tairement, & qu'il attendoir l'ordre formel des commif
faires.
Le 13 à 8 heures du matin, Leblanc, licutenant-colone)
des dragons d'Orléans, à Ja tête de cinquante hommes de
troupes, vint lai fignifier l'ordre des commifaires pour le
conduire à bord de la gabarre la Normande, Il remit fon
épée à Tofficier, & conduit par cette troupe de
fe rendit paifiblement à bord de la Normandé,
dragons
Le même jour, fir les dix heures, le général Galbaud
reçut par un dragon d'Orléans une lettre & une proclamation de Sonthonax quilui ordonnoit également de fe rendre
à bord de la Normande, & par laqueile ille defituoit.
CES
Voici
deux pièces
je dépofe fur le
vOUS verrez
dans ces pièces AE deflitue Galbaud bureau; en tronquant, l'ardicle
XV de la loi duf 4avril,
,
dragons
Le même jour, fir les dix heures, le général Galbaud
reçut par un dragon d'Orléans une lettre & une proclamation de Sonthonax quilui ordonnoit également de fe rendre
à bord de la Normande, & par laqueile ille defituoit.
CES
Voici
deux pièces
je dépofe fur le
vOUS verrez
dans ces pièces AE deflitue Galbaud bureau; en tronquant, l'ardicle
XV de la loi duf 4avril, --- Page 13 ---
Le même jour le citoyen Allony; > chargé du mouvement
de Thôpital de la Foliette, remit un état de cette dans maiton ce fcul
de fanté > qui conflate qu'ily avoit 619 malades
hopital.
cette autre pièce
je dépofe - s que
Vous verrez,
que
avoit donné
&
RoOmtia
Polverel REAERS pendant
les appeloit
l'ordre aux mulitres de fe rendre à Ouanamine,
au Cap, & voicila pièce Sonthonax quile confto:e. donnèrent bal & foupé
Le foit Pelverel &
de TEtar
aux hommes de cculeur 3 ils
ordonnèrent au magafin qu'en trouvàt
cailles de bougies;
REL
plufieurs
de crifai; ils furcnt
à quelque prix
ce fati6 cylindres eft dans les
de
achetés 4,000 ARSE La preuve ei
comptes chargé
Tordonnageur-civil Mnlle, & Jacob, adminiftrareur càla comnitdu magalin, actuellementà Paris;ils dépoferont
fion, felle Vexige.
ordonnèrent à Meftral,
Lc :8, Polverei 8 Sonrhonax d'inserdirefurle champ
commandantiagibane la Normande,
Calbaud, à fa
toute communication frire 8c éxtétieure à trois onfans au génèral de 9, 12 8 13 ans.
femume, à fon
avoient vu arriver en fosle
Le:g & les du jours précédens des muiltres &k des nègres armés de
dans la ville
Cap colonie. Chanla cote qui avoir accomtous les quarticrs dela civils, endodrincit les révolrés. Galpagné les commilinites Vergriaudl, Renatidin (X
F eus atires,
linot ( de feuls Gac), la rermiton de péméerer dàns les urHons pour
avoient
curé du Donion, le curé de
concarter Rycc.Lcbaye, les
&cutres brigands
L Grande - Riviere,aind que
Goderds
de la même efpbce.
du citoyen Loclerc, accufaeur puVoici une déclaration
Sonchonax ala
blic du tribunni crininel orgrnife los par rrois frères Godards
ville du Cap, > qui amonce que
les biancs qu'ils
étoient convaincus, en hebitations, failans fapplicior d'avoir bu le fang qui
avoient pris far leurs
del Fascufareur public qui le
couloit de leurs blelaress,
8c vous allez vcir cestrois
déclare à Polverel & Sonthenaxs parfonthonax pour driGodards appclésau gouvernement
dépote.
gerles brigands révol.és. Voidi la piece qucjo & las dragons
Les muliares, les negres, > à les Faire brigands le fervice de in comd'Odéans étoient feuls admis
'avoir bu le fang qui
avoient pris far leurs
del Fascufareur public qui le
couloit de leurs blelaress,
8c vous allez vcir cestrois
déclare à Polverel & Sonthenaxs parfonthonax pour driGodards appclésau gouvernement
dépote.
gerles brigands révol.és. Voidi la piece qucjo & las dragons
Les muliares, les negres, > à les Faire brigands le fervice de in comd'Odéans étoient feuls admis --- Page 14 ---
IO
miffion civiles eux feuls ayoient le droit de fe
dans les rues armés de fabres & de piftolers.
ils
n'avoient
FRCNRE
été fi nombreux ni fi furieux. Ils parcouroient les
rues enjurant, infuitant, s malraitant tous les blancs & tous
les marins qu'ils rencontroient. Les officiets de la marine de
fErar porrèrent encore à Polverel & Sonthonax. des plaintes
amères fur la conduite des hommes de cotleur à l'égard
de teus les, marins. Roufleau, officier de la corvette la Fa
vorites orateur de la députarion, pour avoir ofé parler avec
l'éwergie d'un vrai Français, fut affailli, en fortant de la
coimifion civile, par une troupe d'hommes de couleur.
Certe troupe étoit commandéepar le mulâtre Bijou Molime,
aide-camp de Gallino ( de Gac). Ce fut autli ce même of
ticier de marine qui fut chargé de porter la parcle à Polverel
& Sonthenaxfurla proclamation qui défendoit
à tout marin de fe trouver à terre le 20 juin expreffément à 7 houres
du foir.
Toutes ces horreurs n'étant que le prélude de ce
devoit
qui
faivre, l'après - midi les affafinars & les mallieres
recommencèrent. Tous ceux qui étoient arrivésen ville avec
Polverel & Sonthenax ne connoilloient plus defrein. Plufieurs
blancs furent mailacrés dans une mailon, parce qu'un natelotspourfeivi par ces forcenés,y avoit trouvéun refuge. Les
femmes, les enfans ne furent point à l'abri de leur brutaliré,
En vain on réitéra à Polverel & Sonthonaxles plaintes les plus
amères; en vain on mit fous leurs yeux les preuves
des vexations & des allaflinats contre lefquels Oi réclamoit, fanglantes
ils ne répondirent
par des'injures.
Voici la ratetndise de Lepelletier 2 tailleur, qui a reçu
vingt coups de fabre pour avoir fauvé ches lui un
cette
marin;
pièce fort de deflous les fcellés comme toutes les autres;
il eft Tci à Paris, couvert de cicatrices, & demande à. être
entendu.
Le 20,au poinr du jour, les fcènes de la veille recommencèrent avec plus d'atrocité; quantiré de matelots, 9 defcendus
à terre pour faire leurs provifions, > n'eurent que le temps
die regagner leurs bâtimens, Ceux qui ne purent attcindre
le bord de la mer, furent écharpés & mis en pièces. Les
marins, furieux de la proclamation qui déclaroit criminels
de lefe - nation ceux d'entr'eux qui feroient trouyés à terre
, les fcènes de la veille recommencèrent avec plus d'atrocité; quantiré de matelots, 9 defcendus
à terre pour faire leurs provifions, > n'eurent que le temps
die regagner leurs bâtimens, Ceux qui ne purent attcindre
le bord de la mer, furent écharpés & mis en pièces. Les
marins, furieux de la proclamation qui déclaroit criminels
de lefe - nation ceux d'entr'eux qui feroient trouyés à terre --- Page 15 ---
II
prés fept heures, > furieux du mépris afoté dc Palvercl &
onthonax pour leurs réclamations. furieux fur tout du
nallacre de leurs camarades, ferendirent d'un berd àloune
n criant : dux armes, aux arm:es ! il faut embarqser Polerei8 Sonthonax.
Th. Millet:J'ai entendu direpar le cnurcaninlCarceynsée
ant avec le contre-amiral Cambis, & failant des repréfenations à Polverel & Senthonax for les inconvéniens terrioles dcs rixes: qui pourroient sélever tous ies jours enre
es marins 8c les hommes de couleur & leurs ropréfenrans, V'aniqu'ils ne feroient même pas lcs maitres de retenit
madvirfion de leurs équipages : tand ils éroient exafpéréss
IIt des commifhires civils leur répondit: Quand dn coip
lefler On peut réunir 400,000 komes > 012 ncraint pas ls
nouvemens des marins.
Syailetnmnengrb.cecd eft configné dans led comprerendu
par lecontie- -amiral Cercey au pouvoir exéentif, & qui eft
dans les archives de la conmifion des colonics.
Duny : Les remontrances des ofticiers furent inutiles;
de la
fe renplufieurs canots, > remplis d'habitais
ville,
direnc vers Galbaud à bord de la Normande. Ces dépurations lui repréfentètent létat critique de la ville du Cap
& de toute la colonie. Elles lai repréfentèrent quinveli
de la confance de la France, il devoi: arracher les rènes
du gouvernenent de Saint-Domingue des nains de Poiverel
& Sonthonax. Galbaud leur répondit tqu'une autoriré conflituée ne pouvoit èrre infurrectionnelle,
des
Sur les 9 heures du matn, une chaloupe, portant bord
dépurations de tous les bâtimens, vint de nouveau à
de la Normande, fommcr le général Galbaud de reprendre
faplace & de (auver la colonie. Malgré fon refus, il fut
obligé de céder. On le porta à bord de tous les bâtimens
de FEtat, excepté de VAmérica, dontlequipoge.qmi étoit
vendu aux commilfhires civils, avoir fait feu fur le Portau-Prince > &c recole l'immenfe pillage qu'ils y avoient
fait. Les marins da commerce , après avwir retiré derritre
les vailleaux de PEtat les bâtimens marchands,xinrent ofrir
leurs fervices à Galbaud.
le vaiffeau
Santhonax : Quelle preuve avez- vous que
VAmirica receloitle pillage que vous ditesque nousavions fait
quipoge.qmi étoit
vendu aux commilfhires civils, avoir fait feu fur le Portau-Prince > &c recole l'immenfe pillage qu'ils y avoient
fait. Les marins da commerce , après avwir retiré derritre
les vailleaux de PEtat les bâtimens marchands,xinrent ofrir
leurs fervices à Galbaud.
le vaiffeau
Santhonax : Quelle preuve avez- vous que
VAmirica receloitle pillage que vous ditesque nousavions fait --- Page 16 ---
I2
eil Port-au-Prince : Quelle preuve avez-vous que l'on avo
pillé auPort-an-Prince: :
Duny: : Lespropriétés enlevées à toutes les familles qui le
réclament. Ce' général voyant la réfolurion bien prife & bie
formée de la rade de rétablr l'ordre, fe décida à defcends
à terre; il ordonne la mife en liberté de ious les déporte
dans qui n'étoient pas détcnus
crime; cet ordre eft con@iga
tn procès- verbal SSS capimine Luc Tarbé,
entre les mains du contre-amiral Cercey. A force de fcllicita dépol
tions, il obiint que la defcente feroit différée jufqu'à tro
heures après midi. Le citoyen Boulanger, commandant
bàciment de l'Etat, la Républicaine, écrivit au général Ga
baud que tous les bâtimens de la radeéteient prévenus,
étoien: tous difpofés à exécurer fes ordres, & qu'ils avoien qu'i
tous fait retenrir leurs bords des cris de vive la
en rémoignage de leur joie : l'impatience des marins Républigue
fon comble, lorfqu'un coup de canon tiré du vaiffeau éroit
Jupicer & le pavillen donnèrent le fgnal; àullitét toutes le
chialoupes dos bâtimens de l'Etat &x da commerce,
des marins & des garnifons des vaiffeaux, couvrirent chargée la
à quatre heures, toutes les embarcarions furent rendue rade
à terre. L'adjudant 1- général Céfar Galbaud prit le com
mandement d'une colonne qu'il dirigea vers le champ d
Mars, avec un obus qu'il Yenoit d'enlever à un dérache
ment de dragons d'Orléans & d'hommes de couleur.
dant ces dérails, Millet dépofe fur le bureau de la commif (Pen
fion le plan de la ville du Cap, & montre les endroits
ont été pillés &c incendiés.)
qu
L'auure colonne refta aux ordres du général, qui
par la rue Notre-Dame; chaque colonne fut renforcée s'avang
ies gardes nationaux & les volontaires. A peine la
pa
du général parut-elle dans cette rue, qu't une décharge colonne des
mulues 8s des nègres qui couvrcient la place, & le feu
d'une aute troupe placée à la comédie, renversèrent plu
fiours marinsérgardes nationaux; lamnière vive
on leur ripolta, les força bientôr de fe retiret au aveclnquelle gouverne
mont. Déia Galband S 'étoit rendu maitre da jardin; déja
Céfar Galbaud s'étoit fait jour à travers le feu des cohorws
commillariales; il alloit pénétrer dans I'aile droite du gouversement, après avoir reçu dix ccups dofeu dans fon habir,
renversèrent plu
fiours marinsérgardes nationaux; lamnière vive
on leur ripolta, les força bientôr de fe retiret au aveclnquelle gouverne
mont. Déia Galband S 'étoit rendu maitre da jardin; déja
Céfar Galbaud s'étoit fait jour à travers le feu des cohorws
commillariales; il alloit pénétrer dans I'aile droite du gouversement, après avoir reçu dix ccups dofeu dans fon habir, --- Page 17 ---
1S
lans fon chapenu, &c un onzième à la hanche, qui lui eneva, fon ceinturon, lorfque tout-à-coup les commifaires fo
rouvant pris, eurent recours à la trahifon. Chanlatte fut
envoyé au devant du commandant pour lui demander une
(ufpenlion d'armes. Céfar Galbaud ne reconnoiflant pas le
caractère des honumes de couleur, ne voulant pas écourer
les obfervarions des habirans expérimentés qui étoient avec
lui, croyant ces hommes égarés, s'avance inconfidérément,
& au moment oû il étoit en pour-parler avec eux, de moyen- Saintnant qu'ils livréroient les auteurs des défordres
Domingue, Polverel & Sonthonax, 1e ,
être enveyés en
France, Coruss fuivi d'une troupe Iomu mulâtres, fortit du
coin d'une rue & fondit fur lui fans qu'al pût fe défendre,
& le traina chez les commiffaires civils avec un officier municipal, un négociant & un raffineur,, que je vais nommer la
plus loin. La crainte de tuer ces maiheureux empêcha
colonne de faire feu; elle fe replia vers le général qui fe
porta à T'arienal, gardé par des mulatres & des nègres, gai
fe rendèrent fans tirer un feul coup de fafil, &c qui demandèrent pardon en découvrant toutes les machinations de Polverel & Sonthonax, en nommant tous ceux qui los avoient
endodtrinés de la part des conamillaires civils; & ceux-J,
font ceux que j'ai déja noimés, & queje nommerai par
la fuite. Pendant que Galbaud eflayoit de les éclairer, qu'il
leur reprochoit de fervir ainfi le crime, un détachement de
dragons d'Orléans, commandé par Leblanc & fuivi de Polverel fils, vint fondre fur les citoyens,
les cernèrent 8c
les firent prifonniers. Gaibaud défendit
leur fit aucun mai; il les envoya far le vaifleau FEole, oit Leblanc &
Polverel fils furent à la tête de l'état - major > dans les
cafernes. Th. Millet : Ils étoient libres daus la grande chambre du
vaifleau. Duny : Les troupes de ligne furent défarmées par les
ordres de Polverel &a Sonthonaz > &c miles fous la garde
des nègres domeftiques fecrétement enrôlés. Chanier, qui eit
ici, Tadjudant-major de la place du Cap, a ferviluimeme à
tranfporter les,armes des foldars qu'on diftribuoit aux nègres;
il demande écalement à êrre entendu parla commifion.
Th, Millec: Un nommé Magzer, chirurgien, homme ab-
défarmées par les
ordres de Polverel &a Sonthonaz > &c miles fous la garde
des nègres domeftiques fecrétement enrôlés. Chanier, qui eit
ici, Tadjudant-major de la place du Cap, a ferviluimeme à
tranfporter les,armes des foldars qu'on diftribuoit aux nègres;
il demande écalement à êrre entendu parla commifion.
Th, Millec: Un nommé Magzer, chirurgien, homme ab- --- Page 18 ---
folument étranger à la colonie > a dû fire remettte
VOs archives une déclaration qui conftare qu'il a été dan
du défarmemente des troupes de ligne dans les cafernes. témoi
Sonthonax : Je demande la parole fur le matériel de 1
cuofe.
Le préfident : Iln'eft pas ici queftion du matériel, puif
qu'on ne produir ici aucune pitce : iaifle finir > tu
enfuire.
répondra
Dury: Un fait: un de ces trois malheureux dont on vou
a parlé, &c qui buvoien: le fang de leurs vidtimes à la tête
d'une horde de prifoaniers qui venoient d'être
ordre de Sonthonax, arrêta dans ia rue Efpagnole clargis En pai
officier dela marine, & le citoyen Genevier, adtucliement jouns
Paris, qui demande à étre entendu. Le premier, recoanu
pour marin à caufe de fon upiforme, fut inis en morceaux;
le fecond, haché de coups de fabre, nové dans fon
fur trainé chez Sonthouax, qui le fit arrêter fans lui fang,
de fecours; ile eft couvert de cicatrices. Le foir méme, donner Gaurereau, officier de police, fut envové à la prifon par
verel & Sonchionax, pour ordonner alEfrade de donner Pol- des
ferspouren charger Tadjuéan-genéral, l'oflicier de marine,
l'oficier municipai, & tous ceux que je viens de vous
avoir été arrêtés par le mulâtre Chanlares cet crdre eft con- dire
figné fur les regiftres de Polverel & de,Sonthonax. En mêmetemps Polverel & Sonthonax envoyèrent au geolier
de délivrer les vivres pour les prifonniers qui s'étoient l'ordre
dus au gonvernement. Vous favez qu'il S'eft déja agi de ren- cet
ordre dans les difcuflions précédentes. Ils envoyèrent
ment
ordre au commandant del l'arfenal de remettre à Chrif- égaletophe deux pitces de huit, pour le fervice de la commiflion
civile; cet ordre ef égalemenr configné dans le regilère de
Sonthonax, & ce Chriflorhe, que vous voyez à la tête des
incendiaires, eft cdlidonc@aunhorsrol, étayé pour prouver
que Galbaud avoit ouvert les prifons. Dais la nuit, des
milliers de révoltés appelés en vills par Polverel & Sonthonax; comme jè Pai prouvd, y exercèrest les cruautés les
plus incuics : la place Clegny &lcs envitons furent fur-tout
les endroits où ils cxercètent les Flus grandes
ils
y défoncèrent tous les magatins; qu'ils pillérent horreurs; après avoir
égorgelarhabiuns.
que Galbaud avoit ouvert les prifons. Dais la nuit, des
milliers de révoltés appelés en vills par Polverel & Sonthonax; comme jè Pai prouvd, y exercèrest les cruautés les
plus incuics : la place Clegny &lcs envitons furent fur-tout
les endroits où ils cxercètent les Flus grandes
ils
y défoncèrent tous les magatins; qu'ils pillérent horreurs; après avoir
égorgelarhabiuns. --- Page 19 ---
IS
Ciroyens; Sonthonax vous a dit que ces nègres étoicnt -
més pour le maintien des lois, pourla défenfe des délègués
1 peuple français; qu'ils loi avoient fait un rempart de icurs
orps. Eh bien ! voyez cettè brochure que je dépole fur le
ureau . *
. .
Le préfident : Quelle eft cette pièce :
malDury : C'eft une relation déraillée des évènemens
eureux qui fe font pafles au Cap.
par les députés de ia
artie du Nord de cette colonie. Vous verrez dans cette brohure, page 2... les royaliftes ont excité l'infutrection des
oirs, &c les ont foulevés au nom du tyran. Page 32 le gouernement avoit eu l'adrelfe de rallier lcs mulâtres à fon parti,
age 4, les mulacres étoient desinftrumens aveugl:s de l'exécuon du gouvernement. Page 5: le gouvernemenzavoitl l'air de
se exciter & les irriter contre les blancs. Page 8, il eft à renarquer que les royaliftes protégoient ouvertement les muitres. Page IO, les colons fe font ligués avec les fédéraliftes
our perdie la colonie, & aujourd'hui il eft bien prouvé
e mot fédéralifte avoit été inventécn France, pour
immoite
es viétimes comme il l'a été à Saint-Domingtie, Page II:
Tous ceux qui Ont voulu défendre la colonie, ne l'ont pas fait
arlhonorable fentiment d'humanitéconmume L'afait Robefpierre.
age 44, tous les poftes du dehors avoient été confiés aux
nulitres par Etienne Laveaux. Je vous obierve, citoyens p
que nous trouv vons accidentell-ment la preuve de tout ce que
nous avons dit, que tous les poftes avoient été donnés aux
nulàrres, afin que lorfqu'on rappelleroit les brigands dans
a ville, lcs blancs n'érant pas dans les ports extérieurs, ne
ouffent pas s'oppofer à leur incurfon. Comparez enfemble
ceux que l'efpoir du butin, la foif du piliage, du crime, de
a débauche, l'amour du fang, du meurtre, avoient raffemblés
lutour de Polverel & Sonthonax 5 & ceux que l'intérêt de
a patrie, l'ordre, la juftice, la raifon, Thumanité, le devoir, les lois, l'amour de la patrie avoient' ralliés autour de
Galbaud, fous les couleurs nationales: comparez l'une &
'autre marche, vous verrez quels étoient les amis de la patrie,
de la République, & vous verrez quels étoicnt les fas-llites
de la tyrannie, les foutiens du fanatifinc, les fuppôts de la
tyrannie & du terrorifme. Des mularres ignorans & féroces;
790 criminels affailins & incendiaires, condamnés au dernier
oient' ralliés autour de
Galbaud, fous les couleurs nationales: comparez l'une &
'autre marche, vous verrez quels étoient les amis de la patrie,
de la République, & vous verrez quels étoicnt les fas-llites
de la tyrannie, les foutiens du fanatifinc, les fuppôts de la
tyrannie & du terrorifme. Des mularres ignorans & féroces;
790 criminels affailins & incendiaires, condamnés au dernier --- Page 20 ---
fupplice, IC,000 Africains domefiques; plus de 20 mill
révoltés royaliites, retenus dans le brigandage depuis deuxan
par des prètres 5 une poignée de dragons d'Orléans cOI
rompus; quelques hommes de fiel & de fange, qui avoier
envahi les fortunes que trente années de travaux avoier
acquifes à de paifibles cultivateurs : tels ércient ceux qu
Polverel &c Sonthonax oppofoient à la marine de TErat >
celle du commerce s aux troupes de ligne, aux volontaire
nationaux, à la garde nationale, aux négocians > aux cul
tivateurs, aux propriétaires 3 en un mot, à tous les blanc
Vous trouverez la preuve de ceci dans le compie rendu pag
12, & dans la relation de Lafaile, donnée à la Conventio
nationale, page 28; jugez maintenant de quel côté étoier
les aflalins & les incendiaires, de quel eôté étoient les vic
times. Eltil un feul homme de bien qui puilfe ajouter f
aux calomnies de ceux qui nous peigment comme affaflir
de nos frères, de nos familles : Quelle foi ajouterez - vou
aux diatribes lancées contre nous de'la part de ceux quior
ofé demander à la Convention, comme feul moyen de re
tauration de la colonie, des guillorines, & fur-toit des tr
bunaux révolutionnaires, compofés de jacobins ? Cette de
mande à la Convention eft confignée page 16, dans cett
relation détaillée. Je ne chercherai pas à vous prouver qu
ce ne font pas les marins, les habitans qui ont tiré par I
fenêtres' des maifons. Il me fuffira de vous dire que ce for
les nègres domeftiques enrôlés fecrétement depuis longtemp
par Polverel & Sonthonax, qui, après avoir égorgé leu
mairres dans chaque maifon, s'étoient emparés de leu
aimes, & tiroient fur la troupe de Galbaud par les fenètre
des malfons. Vous en acquérrerez la preuve, par ce qu'ile
dit dans cette relation détaillée > qu'a l'inftant il fe trouv
nègres armés pour un feul homme libre, blanc o
Trtentu couleur. Je demanderai à Sonthonax ce que font devenue
les viétimes dont je viens de parler, ce que font devenus 80
femmes & leurs enfans réfugiés aux cafernes; ce que fon
devenues fur-tout toutes ces jeunes . innocentes, ce dépôt pre
cieux confié aux foins des dames religieufes du Cap Fré
iniflez, pères de famille.. : : clles ont été violées &c enfuit
aflailinées ! Voila le fort ée nos enfans. Tous les citoyen
qui habitoient hors de la ville, & qui purent échapper au
poignard
devenus 80
femmes & leurs enfans réfugiés aux cafernes; ce que fon
devenues fur-tout toutes ces jeunes . innocentes, ce dépôt pre
cieux confié aux foins des dames religieufes du Cap Fré
iniflez, pères de famille.. : : clles ont été violées &c enfuit
aflailinées ! Voila le fort ée nos enfans. Tous les citoyen
qui habitoient hors de la ville, & qui purent échapper au
poignard --- Page 21 ---
oignards de leurs domeftiques, fe réfugioient à l'arfenal; ils
pnjurèrent Galbaud de ne point abandonner à ces fcélérats
reffe de la population blanche 5 ceux qui habitoient le
haut de la ville, & qui ne purent fe réunir à nous, furent
bligés de fe réfugier aux cafernes; & le citoyen
murier, Labador, chirurgien 5 le Gnody 3 entrepreneur iErendu, s
prent fulillés en fe réfugiant aux cafernes. Sur les neuf
eures, l'armée fortit de l'arienal fur 4 colonnes. La
ière, fous les ordres de Galbaud, s'avance vis-à-vis pre- une
èce de 24, par le marché au Blanc & la rue Notre-Dame,
ui conduit direétement au gouvernement; les trois autres
rec chacune une pièce de
y dirigerent également
>
arche. Ici recommencèrent 1 meurtre, les allaffinats de leur la
ille par les fenêtres; les nègres, armés de fufils de leurs
hitres, faifoient un feu continuel fur l'armée de Galbaud,
qui retardoit la marche des
& les empécha de
en
blancs,
réunir,
les empèchant d'arriver à temps pour former
he feale attaque. Déja on arrivoit au gouvernement, lorfe Polverel & Sonthonax, certains d'être arrètés,
fuite par les derrières, emmenant avec eux
prirent
méral Galbaud, & fes malheureux compagnons l'adjudantts chargés de fers au milieu d'une double haie d'inforrune, de
nombre de plus de 300. Cette fuite, citoyens, fut brigands,
: l'ordre exécrable que vous allez entendre
fignalée
nné à tous les aflaflins qui reftoient dans
> & qui fut
Feu;
la ville : cc Mettez
par-tout, qu'ils (oient tous grillés commedes cochons. 33
bien ! cet ordre de fang & de feu, qui vient de vous
nétrer dhorreur, a été donné par Polvercl &
aété proclamé par Dufay, qui fuyoit avec eux. Sonthonax,
Le préfident: : A Tordre, citoyen.
Duny: Les deux pièces font dépofées originalés au comité
légillation.
Le préfident : C'eft précifement parce que la Convention
nité envoyé de les faits qui concernent Dufay, à traiter au
légiflation > que la commifion ne peur s'en
uper 5 vous en avez fair d'ailleurs le dernier article
re acculation, il ne peut plus en être
de
it.
queftion à préDuny : Je vais être obligé de vous montrer
ant les nègres pour fe iéunir à Sonthonax 5 Dufay il ne apTome VIII. Sotsante-dortiene
faut
liyraifon.
B
ité envoyé de les faits qui concernent Dufay, à traiter au
légiflation > que la commifion ne peur s'en
uper 5 vous en avez fair d'ailleurs le dernier article
re acculation, il ne peut plus en être
de
it.
queftion à préDuny : Je vais être obligé de vous montrer
ant les nègres pour fe iéunir à Sonthonax 5 Dufay il ne apTome VIII. Sotsante-dortiene
faut
liyraifon.
B --- Page 22 ---
:$
donc pas quej j'en parle. Vous demandez à connoitre Ia véri
des traitres. -
e Il e falloit les comprendre dans l'aôte d'
Le préfident :
cufation; la commitlion auroit vu le parti qu'elle auroit
à prendre, & en auroir référé à la Convendion.
Dany : Nous avons accufé Sonthonax & complice
cependant je me renfermerai dans les bornes que me pr
crira la commiflion.
Le préfident : Vous n'avez pas accufé nominativem
Dufay. Si vous l'aviez fait, nous en aurions fair par:
Convention, & nous aurions vil le parti que la Conve
tion ett pris à cet égard. Nous ne pouvons entendre
débars relatifs à des repréfenrans du pouple.
Daubonneau à Duny : Supprimez le noi de Dufay.
Duny : Par qui dirai-je que Y'ordre a été. proclainé,
Brulley & plufteurs colens : Cela eft dit. e
pourfuis. e. -
Duny : Galbaud,qui ne faifoit pas la guerre aux nè
& aux mulâtres, , mais bien à Polverel & Sonthonax. ,
la Convention décrétoit d'accufation dans le même ten
leur retraite, fe retira à F'Arfenal, oà il do
apprenant les ordres au commandant du cordon de l'Ouef, provi
du Nord, d'arrêter les commiffaires civils 3 en cas Ql
vouluffent aller cacher leurs crimes chez les Efpagnols;
qui étoit d'autant plus vraifemblable, qu'ils étoient coal
avec les chefs des révoltés qui combattoient avec ces 0
niers. Les mulâtres & les nègres, enhardis par la reti
de Galbaud, fortirent du gouvernement, & recommencè
leur feu. Ils accablèrent, par leur nombre,, les blancs,
n'eurent d'autre parti à prendre que la tetraite. Dans to
les maifons, dans toutes les rues > on n'entendoit
les,cris du defefpoir; les uns crioient
larmess que
la'
bourreaux : Prenez tout ce
j'ai, laiflez-moi vie;
enfans en bas ageont befoin 2i leur père. Les autres crioie
Epargnez ma mere,je me dévoue pour elle. Tous ces
furent inutiles. Polverel & Sonthonax avoient inoculé la
rocité dans l'ame de ces cannibales, &cles hommes, les femn
les enfans, les vieillards, ei un met, tout ce qui étoit bla
furent impitoyablement maflacrés. Les citoyens réunis
marins, & ralliés à l'arfenal ; effrayés par les CrIS de
autres crioie
Epargnez ma mere,je me dévoue pour elle. Tous ces
furent inutiles. Polverel & Sonthonax avoient inoculé la
rocité dans l'ame de ces cannibales, &cles hommes, les femn
les enfans, les vieillards, ei un met, tout ce qui étoit bla
furent impitoyablement maflacrés. Les citoyens réunis
marins, & ralliés à l'arfenal ; effrayés par les CrIS de --- Page 23 ---
ig
brigands, conjurèrent Galbaud de ne plus les expofer davan:
tage: : voyanr fa réfolurion de mourir à fon
iis le forcéren: de fe rembarquer. Leclerc > accufaieur pofle,
&
Jacob, garde-magaiin de l'éaar, actuell- ment à public >
ceux qui leniramerent à bord dans ce:tejournée.. Paris, Je > turent
Allemand, conmandanr le camp du Mornay, annonça ciroyen
général qu'il avoit expédie ies paqueis pour le
au
voici la lettre. Le citoyen Barque 3. commandait Dondon le
de la petite Anie 7 reconnuc l'aurorité du gouvernent pofte
méral : voici la lettre du ciroyen Barque: Le ciroyen Dus géElos-Guyor, com.ndant ie sailleacidmériea de
annonça au général qu'il avoir commandé 30 hommes 74 canons,
Helcendreàn terre : voici fa letrre. Jes citoyens rO & pour
firent une déclaration à bord du vaifleau LEole, Moulin
tate que peu d'infans avanrlarrivée de Polverel & de qui confu haur du cap, 011 avoir fignaléaupofte Jeanton uné defcente Lavaux
confidérabie de brigands des montagnes, quife font
thés du camp Ereda, d'après les follicitations & les courfes apprefréquenres des mulatres près d'eux, & gu'au moment
bnt été reçus dans le camp, ils ie fort fauvés & ot ils
au morne Sain: - Michel : voici cette déclaration tirée réfugiés
Heffous les fcellés. Poitier > major - général de la
de
Ecrivit au gouverneur pour le prier de donner des ordres Ration,
que la clef principale de la poudrière fur délivrée au pour
ie * fes ordres, Oil envoyée fur-le-champ au fort de porteur
roici l'ordre du major-genéral de la
Bikotel;
ur le bureau. A chaque inftant nous voyions ftation, que je dépofe
le la mer, à Ja faveur d'une fumée épaille, arriver des au nord
Hilouflees, échevelécs, enfangl.ntées. Le général femmes
pouvanré de cet horribie fpectacie, fit placer far Gaiband, une
icule une pièce de 18, qui, en écartant les
nontilitoit à ceux que le feu n'avoit pu at eindfe, brigands, leur retraite fal'Arfenal. Les melarres & les negres 5 enragés de voir
:capper ordre quelques victmes Par cette manceuvre, exécurèrent
qui leur avoir éte donné, en
k Sonthonax. Pourvas de matières combullbles, fuyant, par Polverel
e fen dans le haut de la rue du confel, & en ils mirent
lutres endroits; quelques-uns fonferen: des nions plufienrs
paillafles. Il leur étoit recommande
dans les
d'epargner teulenzent le
souvernement, 2 les cafernes, la providence & le tréiots tous
B 2
rent
qui leur avoir éte donné, en
k Sonthonax. Pourvas de matières combullbles, fuyant, par Polverel
e fen dans le haut de la rue du confel, & en ils mirent
lutres endroits; quelques-uns fonferen: des nions plufienrs
paillafles. Il leur étoit recommande
dans les
d'epargner teulenzent le
souvernement, 2 les cafernes, la providence & le tréiots tous
B 2 --- Page 24 ---
ces faits font conftatés par les citoyens
Rouillant, Geneviez, Pelletier, Charrier, Lepere, Payeur
Magre, & plufieurs autres > tous témoins Frayer, Paibeu
fent à Paris : je viens de citer les témoins oculaires, de pr
ici.I Ilya,deplus, une foule de déclarations oculaires qui for
miflion des colonies, &
dépofées à la con
dur les royaliftes & les dont'copie mulâtres fe nous a été donnée. Penda
Européens; pendant que les
baignoient dans le far
doient avec Pierror , Chifion, révoltés commiflaires civils marcha
gnaient de ne point commertre affez tôt 3 les crin es qu'il cra
thonax rédigoient une
> Polverel & Sor
à tous les Forfaits,
proclamation qui mettoit le comb
aflaflinats. Ecoutez pailqu'ils cette
y vendoient la liberté pour de
la rage & de la trahifon proclamarion du
du 21, juin , fruit
ment où le poignard &. la torche terrorifine. C'eft dans le mg
toient en cendre la ville du Cap, enfanglantoient & me
parut.
que cette proclamatio
(II lit:y
Proclamation du 21 juin 1793, du baut du Cap.
cc Déclarons que la volonté de
33 & celle de fes délégués, eft de la République françaife
93 les nègres guerriers qui
donner la liberté à tou
>3 fous les ordres des
combattronts pour la
commiffaires civils
République
Efpagnols que contre les autres
9 tant contre le
39 foit de l'extérieur.
ennemis, foit de l'intérieur
35 2°; La République &c les
aufli adoucir le fort des autres commifaires civils veuler
ne les maltraite comme autrefois efclaves, 5 foit en empêchan
Trani meilleurs vivres, de plus grandes; s foit en leur donnar
plus de rechanges par an, plus de places pour leur aifance
s'occuper de leurs propres affaires temps par femaine por
refpect pour les femmes eneeintes 8c > les plus de repos & d
leur donnant des moyens strs de fe noucrices, foit el
des fomies dérerminées > foic enfin en racheter moyennar
ment la liberté aux nègres qui auront donné donnant graduellé
preuves de leur bonne conduite & de leur
le
d
& en leur donnant en même
ailiduité aui
tti
fufifantes à l'honnête fubfiftance remps des terres en propriété
d'eux & de leurs familles.
plus de repos & d
leur donnant des moyens strs de fe noucrices, foit el
des fomies dérerminées > foic enfin en racheter moyennar
ment la liberté aux nègres qui auront donné donnant graduellé
preuves de leur bonne conduite & de leur
le
d
& en leur donnant en même
ailiduité aui
tti
fufifantes à l'honnête fubfiftance remps des terres en propriété
d'eux & de leurs familles. --- Page 25 ---
Vous voyez, citoyens, que c'eft au moment ot la ville
du Cap eft en feu, les blancs maflacrés,, oà les habitans
font égorgés, que Polverel & Sonthonax s'occupoient, au
haut du Cap, après leur fuite, d'améliorer le fort des nègres
pour les exciter à toutes les efpèces de brigandages auxquels
ils s'éroient livrés.
Voici la proclamation que je dépofe fur le bureau avec
les autres pièces. Vous voyez
c'elit été tl miracle qu'à
la voix de Polverel & de Ecntlenes > ces hommes que je
viens de vous peindre nageant dans le fang, fuffent devenus
es défenfeurs zélés de la République > & qu'à ce même
noment généralement tous les blancs qui n'ont point celfé
le combattre fulfent devenus les ennemis implacables de la
France & de leur patrie. Je ne dirai pas comme Polverel
& Sonthonax : Interrogez un tel, un tel, toutes leurs créaures 5 mais je vOuS dirai, 3 interrogez les marins, les nésocians, les propriétaires, tous vous diront la vérité. Inerrogez tous les militaires, tous les Français, tous les eulivateurs 5 interrogez aufli les Américains > nos alliés, ils
omprent aufli des vidtimes parmi nos concitoyens' égorgés:
ous les matelots Américains qui fe trouvèrent à terre, furent
nveloppés dans de maffacre ; ils étoient blancs, c'étoit le
ignal. Le 22, Galbaud propofe l'échange de fon frère contre
Polverel fils; ilss'y refusèrent, parce qu'ils étoient certains
jue Geneft > aux Etats-Unis , metroit en liberté Polverel
ils,. que nous voulions amener en France : voici la pièce
Qui le conftate. Le matin de cette journée 3 plus de quinze
nille révoltés royaliftes > appelés par Polverel & Sonthonax,
lefcendirent dans la ville, la torche & le poignard à la main,
k vinrent aider tous ceux qui, depuis la veille, commetoient leshorreurs dont je viensdevous: faire le récit. Galbaud,
Rouloureufement affecté des défordres qui avoient eu lieu,
invita, par une lerre, les commiflaires de lès faire ceffer.
Is lui répondirent: : Chaffés par vous de la ville du
hous n'avons plus la puiffance phylique d'arrêter ce
ordre.
CE:
Le préfident : Cette réponfe eft-elle écrite? ?
Sonthonax : Oui,je la reconnois.
Duny : Vous verrez, dans cette relation, que les brigands appclés par Polverel & Sonthonax, que ces brigands
A 3
,
invita, par une lerre, les commiflaires de lès faire ceffer.
Is lui répondirent: : Chaffés par vous de la ville du
hous n'avons plus la puiffance phylique d'arrêter ce
ordre.
CE:
Le préfident : Cette réponfe eft-elle écrite? ?
Sonthonax : Oui,je la reconnois.
Duny : Vous verrez, dans cette relation, que les brigands appclés par Polverel & Sonthonax, que ces brigands
A 3 --- Page 26 ---
faits républicains > par magie, dans un inftant > pillerent
encore les maifons iniactes qui fe couvoient dans les environs de la ville; qu'ils perroienc le pillage julqu'au camp
des commiffaires civils, appelé Breda: ce font les foi-difani depurés à la Convention qui rendent ce compte.
Le prefden: : A l'ordte. Fu no peux pas les appeler foidifan deputés 2 loriqu'iis liégrat à la Convention,
Duny : Vous y verrez, > page 55,3,
a plus de quinze
efciaves armés contre un hemme libre. 9012 font toujours les
mémesque parient a la Convenr 1011. ce Nous dirons que, mal1 gréia groiliescré & la nulli d de principes de ces pouples
5) encore brates, & don: beaucomp inèie viennent de hordes
3 d'anchropopisges, devenus plus féreces par la guerre
3? faifoient aux blancs depuis troisans, les delagués furent a
P pectés pat ce mélange de nations qui n'ow aucune idée de
:2, nos coutumes > de 10S lois, de nos ufages. -23 Vous l'avez
entendu; ;ileft clir que ce ne font pasles marins, > les foldats,
les mrchands, les négocians, 2 les cultivareurs & les proprié
fajres, rous artachés a la France par les lois, les ufiges, les
çoutumes > les befomns, le langige, I'nabirude > qui ont
égarge leurs familles & incendié ieurs propriétes : mais quece
font bien cinquanre nendantien-remene en Afrique,
habirues, comme le dit cette reistion, depuis trois ans au
carnage, au pilinge, à lincendie, qui combartoient fans
ordre Sk fans plan, Squi ont encore pillé Jes mufons intaétes
horsdel la ville. Voulez-vous en acquérir une nouvelle preuve?
cef que Lafalle, fe rendant lezza au Cap, fur forcé de rendre
une proclamarion qui condamnoit àla peine de mort ces mêmes brigands qui continuoien: de piller , d'ineendier. Vous
trouverez cette preuve dans Townge de Lafuile, page 27,
Lafalie rendi: compre à Polverel & Sonthonax qu'laroitr renconrré fir la roure troismille brigands armès de fabres, chargés du pillage de la viile du Cap, qu'ils fe pottoient dans la
plices ilen rendit compie àPalverel & à Sonthonax, & dit
qub ne lesavoi. pu artaquer parce qu'il n'éroit pas ullez fort,
Sonti cnexle momeadnelnsrpaiits cc Ce fon:l:s
$2
gensa
lui dii, qui nous on: defendus conire Galbaud & les
: blanesda Cap; le pillage qu'ils font eft leur falaire. Vous
rauverez cette phrafe
28, dans le méme ouvrage, 2
adrefle à la Convention, avouérent aufli qu'il étoient en
ub ne lesavoi. pu artaquer parce qu'il n'éroit pas ullez fort,
Sonti cnexle momeadnelnsrpaiits cc Ce fon:l:s
$2
gensa
lui dii, qui nous on: defendus conire Galbaud & les
: blanesda Cap; le pillage qu'ils font eft leur falaire. Vous
rauverez cette phrafe
28, dans le méme ouvrage, 2
adrefle à la Convention, avouérent aufli qu'il étoient en --- Page 27 ---
gociation avec Jean-François Biaflous; & les débats antéurs vousont prouvé que Sonthonaxa écrità Biaflous, qui eft
core coalifé avec les Efpagnols, & loura facilité les moyens
conquérir. le territoite français à Saint-Domingue ; qu'il
oit, dis-je > appelé Biallous pour fe réunir avec ceux qui
mmettoient toutes ces cruautés au Cap, Ecoutez encore,
oyens, ces terribles vérités : les troupes détruites, affoiblies
rle
la pilon, la farigue, la mauvaife nourriture,
rayées Soraite par deltruction & les enlèvemens de leurs frères,
miliées de la préférence accordée aux brigands de Pierrot,
fillées par ordre de Gignoux, nommé commandant de Farlerie du Cap par Polverel & Sonthonax > auquelle droit de
e& de mort étoit accordé fur tousl les citoyens, attendoient
ns un découragement apathique que la mort vint mettre un
rme à leurs maux. C'eftle gouverneur, 2 le chef de la force
mée , qui nous fait lui-méme ce récit déchirant; il vous
ouve que l'immoralité & la férocité étoient des droits à la
yeur des tyrans. Je: reviens à mon objet: : les chemins étoient
Drdés des deux côrés du pillage desmulàrres & des nègtes sqwi
oient à la garde desi mularreflés & des négrefies fur la route.
endant que les premiers revenoient à la charge, 2 une vingine de malheurenx efclaves qui s'étoient réfugiés fur Thabition de Cliquet hors la ville, 9 et fe rendant au haut du Cap
arordre du commiffaire, furent fufillés en defcendant le polte
el-Air. Certes cn ne dira pas que ces infortunés, qui éroient
Sfugies shors de la vilie, fullent de Tarmée de Galbaud; ils
roient blancs, & c'en fut affez. Deux de ces malheureux qui
font fanvés fe trouvent ici à Paris, & demandent que la
ommillion les interroge : c'eltle père Genevicr, Rouillant &c
'ayeux. Ils ont cennoilfance aufli que les brigands condaioient des charrerées d'or & d'argent qui furent déchargées
hez Polverel & Sonthonax. Sur les neuf heares da matin,
Galbaud defcendit à terre des citoyens & des militaires à
ravers les balles & les ruines quis s'éctouloient de routes parts.
ls fe rendirent couverts de lang àlarfenal; ils prièrent Galpaud de porrer du fomnsnsiphebignder: enfermées dans
es cafernes & qui étoient Jivrées à la bruralicé des noirs, à
juantité d'enfans blancs, à la troupe de ligne qui étoit enfernée aulli dans les cafernes, aliarant que le fouy avoit déja été
mais pluficurs fois & que les vidtimes 1e pouvoient échapper
B 4
nt couverts de lang àlarfenal; ils prièrent Galpaud de porrer du fomnsnsiphebignder: enfermées dans
es cafernes & qui étoient Jivrées à la bruralicé des noirs, à
juantité d'enfans blancs, à la troupe de ligne qui étoit enfernée aulli dans les cafernes, aliarant que le fouy avoit déja été
mais pluficurs fois & que les vidtimes 1e pouvoient échapper
B 4 --- Page 28 ---
aux torches ou aux poignards. L'incendie continuant fes rava
gos, gagna les environs de T'arfenal, 3 & bientôt il ne fut
polible d'en foriir. La rapidité des flammes vers le bord de plu I
merfit craindre que > par f'explofion dumagafin. à
cadre & le convoi ne fuflent englouris : Galbaud poudre, donnz l'e de
ordres pour le tranfport des poudres à bord des bâtimens de
République, Cegénéral, inftruitque ces brignndstourgoient)
navire de la Providence pour venir par les derrières
des forts Bifcolet , Saint - Jofeph & du Grigri, s'empare &
€
moyen empécher la-fortie d'un feul bâtiment, ordonna par d'e
enclouer les canons. Nous avonsjugé combien ces
avoient été
précaution
défiler dans néceffaires. la
e Les brigandsvoyant les bârimen
fe portèrent aux forts dans le deffein d
noyer ceux aEs n'avoient pu affafliner.
Th. Millet : Je dis plus: c'eft quele moment où les blane
quittoient la ville du Cap, le 23 à quatre heures de
midi, fut-le-champ. des nègres à cheval fe rendirent en Taprès très
grand nombre au fort Eifcolet, d'oi ils auroient fait feu fil'g
n'avoir encloué lès canons.
Dany : Le citoyen Frazer,
vient
ilya fept jours, a dira à la commiffion qui
d'arriver fe
à Pari
fugié au camp Breda, près Sonthonax, pendant que, trouvant que la vill ré
étoit c'éteit en feu > Sonthonax fe mit à ia fenêtre, : & dit
le plus beau jour de fa vie : ce trait vous peir qu
T'homme,
Dans la même journée le contre-amiral Cambife pria Gal
baud,part un billet écrit à bord du Jupiter, de donner
tement des ordres pour que la clef de la poudrière promp en
voyée promptement d bord du vaifeau le Jupiter. fie
affreux. Je'vais La encore une fois déchirer VOS coeurs par un réci
citoyenne Corre, apprenantia mort de fon mari
qui vepoit d'expirer fous le fouer, fe traîna avec fes deu
enfans chez Sonthopax 3 fe pzofterna à fes
lui
manda du pain pour fes ipfortunés enfans 3 pieds-, les
de le
plus humilians furent la réponfe du dictateur. Dans
elle fe
dé
RetoNr
felpoir fos enfans de tranfporte fes
au bord de la mer, après avoir arrof
n'avéz
de larmes : Malheureux a leur dit-elle > vou
pius
père; il eft mort peur avoir aimé fa
vous pe furvivrez pas à tant d'horreurs. Au même momen patrie
elle précipita à la mer lainé de fes enfans, & s'yjeta aprè
furent la réponfe du dictateur. Dans
elle fe
dé
RetoNr
felpoir fos enfans de tranfporte fes
au bord de la mer, après avoir arrof
n'avéz
de larmes : Malheureux a leur dit-elle > vou
pius
père; il eft mort peur avoir aimé fa
vous pe furvivrez pas à tant d'horreurs. Au même momen patrie
elle précipita à la mer lainé de fes enfans, & s'yjeta aprè --- Page 29 ---
lui avec le fecond, qu'elle tenoit ferré contre fon fein. Le
citoyen Furge a été témoin de cette fcène déchirantes il
demande à le certifier à la commifion des colonies.
Th. Millet : Bien d'autres en ont été témoins.
Fondeviolle : Moi-mème.
donnés
Th. Millet : Palle ces faits particuliers
ce ne font
les marins ligués aux
uEour
preuve que
pas
feule
été
qui ont incendié la ville; que.la
partie quin'a pas
incendiée eftcelle quilsdefendoxent.1 Lapreuve que cen' étoient
c'eft
ia
pas. - ceux qui s'étoient réfugiés avec Galbaud,
que
feule partie de la ville qui n'a pas été brûlée eft le pofte
qu'ils eccupoient. J'ai
Polverel & Sonthonax ont
Duny :
donc prouvé que
de dévaftation & de
fuivi à Saint-Domingue le fyftême
terreur qui a défolé la France; ; j'ai prouvé.
Ic préfident : Ce font là des généralités qui n'avancent
à rien. Sonthonax aura la parcle demain.
La féance eft levée.
Ic regiftre des préfences efligné,J.Ph. GARRAN.prdmdents
FOUCHE (de Nantes), fcerétaires GREGOIRE, MERLINO, s
DABRAY, --- Page 30 ---
Du 28 Messidor, lan troisième de la République
française une et indivisible.
LA rédaétion des débats recueillis dans la féance de la
veille, eft lue & adoptée.
Les citoyens Page & Larchevefque - Thibaud font
ablens.)
Thomas Millet : J'aià donner à la commiflion des colonies une indicarion iur une pièce imporcanté,
I'efcadre fous les ordres du concre-amiral Cercey Lorique & le
vaifleau le Jupiter fous les ordres du contre-amiral Cambife, sinfi çue toute la Hore mouilla à la rade
vis-à-vis la ville de Norfolk, dans la baie de Hampson,
aux Erats-Unis de T'Amérique > les marins &c les Cheiapeack, canonniers
de T'efcadre & les marins de la Hote marchande fe
foient de demander au contre-amiral Cercey d'envoyer propofur-le-champ en France un avifo pour porter à la Convention narionale la nouvelle défaftrueu'e de l'incendie du
Cap & quels en étoient les auteurs. Iis rédigèren: à cet
effet à la Convenrion nationale une périnon; cette
a éré fignée de trois ou quatre milie marins ou péti:ion foldats
comapofant la garnifon. des vaiffeaux : clle a été faire en
double. Une première expédition a été envoyée à la Convenrion & la deuxième doit avoir été dérofée à la municipalité du lieu oà eft arrivé le vaifleau
-
'Bole, commandé
par le contre -a amiral Cercey. Je erv is que c'eft à Brelt,
on peut la trouver à Breft; elle a ér6 faite & fignée par
plus de quatre mille marins dans la rade
avant
d'Hampron,
que I'on pât préfumer qu'il exiftât ou qe'il pûr exifler
la Convenrion & la deuxième doit avoir été dérofée à la municipalité du lieu oà eft arrivé le vaifleau
-
'Bole, commandé
par le contre -a amiral Cercey. Je erv is que c'eft à Brelt,
on peut la trouver à Breft; elle a ér6 faite & fignée par
plus de quatre mille marins dans la rade
avant
d'Hampron,
que I'on pât préfumer qu'il exiftât ou qe'il pûr exifler --- Page 31 ---
amais une difcuflion contradiotoire entre lesaccufateurs & les
ccules, Verneuil : Elle eft dans les archives de la commifion des
olonies.
Lc préfident : Dans VOS pièces à vous 3 citoyens :
Verneuil: Oui, citoyen.
Sonthonax : J'en demandrai la production.
Verneuil: Je la chercherai ; mais cela fera long, vu la
oule de papiers qu'il faudra examiner. Fondeviolle en a une
copie,
Lc préfident ? Il eft prié de l'apporter demain.
Sonthonax : Avant de commencer ma défenfe, je ferai
obferver que Duny a lu d'un bout à l'autre l'accufation
portée côntre moi : je demande que ce foit configné aux les
débats, parce qu'il faut que le public fache que malgré
arrèrés de la commillion, mes accufateurs ont lu tout au
longlaccufatien portée contre moi, tandis que l'accufé fe
contente de fe défendre de mémoire.
Duny : Je demande à répondre, J'avois claffé mes notes.
J'aurois peur-être employé la féance d'aujourd'hui, vous
m'avez reitreint. Voulant cirer tous les endroits, 3 les noms
des chets, des perfonnes, des dates, ne point intervertir
les chofes & les perfonnes, comme cil Pa fait depuis le
commencemen: des débats, j'ai da devoir fuivre la marche
quej'ai fuivie 5 j'ai recueilli des notes, j'ai placé les dates &c
les pièces afappui à côté.
Sonzhonax : La commiflion a dû voir que Duny a lu d'un
bou: a lautre : je ne' m'oppofe point à ce qu'il life; mais
je demande que cela foit contigné aux débats.Je paffe à ma
défente.
a L'incendie du Cap eft un des événemens majeurs de la
million des commiffaires civils; c'eft fans contredit la partie
la plus importante de l'accufation portée contre eux. S'ils
font les auteurs de cette terrible cataftrophe rien ne pourra.
les abfoudre aux yeux des contemporains & de la poltérité.
Ni leurs aétes philanthtopiques, ni la liberté générale des
noirs, ni T'afiranchillement du peuple des Antilles ne pourroieing convrir Y'odieux de leur conduite; la plilofophie ne
de la
million des commiffaires civils; c'eft fans contredit la partie
la plus importante de l'accufation portée contre eux. S'ils
font les auteurs de cette terrible cataftrophe rien ne pourra.
les abfoudre aux yeux des contemporains & de la poltérité.
Ni leurs aétes philanthtopiques, ni la liberté générale des
noirs, ni T'afiranchillement du peuple des Antilles ne pourroieing convrir Y'odieux de leur conduite; la plilofophie ne --- Page 32 ---
leur pardonneroit jamais d'avoir marché à la
travers les ruines, le fang & le carnage: mais fi célébri:é
fateurs font eux-mêmes les auteurs des crimes qu'ils mes accu
reprochent; G les événemens du 20 juin font l'effet d'une me
confpiration longue, formée contre la France en faveur de
TAngleterte m'en
5 G je démontre que les. mêmes hommes
ont accufé en font les auteurs, j'efpère
la qui
vention nationale, la Nation françaife me vengera que Con- de
calomnie & des calomniateurs. L'ordre de ma défenfe fera la
infiniment des
fimple. Je commencerai par établir le matériel
les événemens du Cap. Je ferai quelques raionnemens
caufes de ces événemens, fur les effets
fur
fuivis ; je terminerai par répondre à chacun des qui chefs s'en font
des gués contre moi par les colons. Je commence par la relation alléévénemens du Cap,, afin d'aborder
tion & de ne
perdre de temps. Voici (ur-le-champla la lettre quefécrite > le IO Emer à la Convention nationale elle quejai
dun bour à l'autre tous les événemens qui & font contient
depuis &c quelques jours avant le 20 juin
paflés
même mois.
jufqu'au 26 du
(Il lit:)
Polverel & Sonthonax à la Conyenzion nacionale.
Cap, 10 Juillet 1793, l'an denxième de la République,
cc CITOYENS RiPkisINTAxs,
s> Une grande cataftrophe vient d'anéantir rla
lité de la ville du Cap français, douze jours prefque-rota- après notre
retour du Port-au-Prince : c'eft à Galbaud, gouverneur-a
général, cnvoyé par le confeil cxéectuif-provifoire; c'eft au
lieurenant de Dumouriez, venu à St-Domingue
pager les principes de fon patron &c de fon ami, poyr que y
France eft
T
redevable des pertes incalculables qu'elle vient
d'y faire.
33 La province de l'Oueft étoit pacifiée : les chefs & les
agens connus des royaliftes 8c des ariflocrates de la
étoient embarqués, en état d'arreftation fur les navires Peau, du
ire; c'eft au
lieurenant de Dumouriez, venu à St-Domingue
pager les principes de fon patron &c de fon ami, poyr que y
France eft
T
redevable des pertes incalculables qu'elle vient
d'y faire.
33 La province de l'Oueft étoit pacifiée : les chefs & les
agens connus des royaliftes 8c des ariflocrates de la
étoient embarqués, en état d'arreftation fur les navires Peau, du --- Page 33 ---
onvoi, Les vingt-cinq mille nègres infurgés de la paroiffe
ela Crois-des-Beuquets, venoient de rentrer dans leurs
teliers : les tribunaux étoient organifés dans] les deux Port-au1 parties
el l'Oueft & du Sud, lorfque nous quitrâmes le
Prince pour revenir au Noid.
un mois le
s2 Nous arrivâmes le IO juin au Cap. Depuis
inftaller
onveau gouverneur) y étoit en fonétion ; ils'étoit fait
de
par la commiflion intermédiaire contre le voeu exprimé
cs inflructions, qui nous déléguoient le droit de le faire reconnoitre dans la colonie. Dans fa courte adminiftration, il
nit à découvert fon impéritie & fa malveillance; il fonna
e toclin fur les befoins de Saint-Domingue; il fe mit dans
a dépendance du commerce, 5 en annonçant la nullité des
moyens : il préconifa le difcrédit des aflignats dans fes
clamations, au
les lettres-àde-change fur le
ttie
point que
n'étoient
deux
public qui perdoient 5o pour 10O,
pas reçues
jours après à 80 pour IOO d'efcompte. Vous verrez par les
pièces jointes à notre dépèche, 3 les mefures qu'il avoit prifes
pour fournir les magalins de la République dont on pouvoit
réparer le éénuement avec les feuls revenus piovenant des
habitations fequeftrées.
Lanéantillement des reffources étoit une conféquence de
fes principes. Dès fon débarquemenr 2 il fe denna comme
le diétateur chargé de tous les pouvoirs du confeil exécutif
& de la Convention; il fit imprimer & répandre à
fufion fon brevet de gouverneur > l'ouvrage de
alie
commis obfcur, refte impur des bureaux de l'ancien régine
& contradictoire d'un bout à l'autre avee fes inftruétions.
Par-tout, en public comme en particulier, il affeétoit de
méconnoitre l'autorité des commiffaires civils, d'accueillir
tous les ennemis de la chofe publique, & de repouffer le
très-petit nombre d'hommes cennus pour être les véritables
adorateurs de l'égalité & les fectateurs des principes
français.
> Cependant il faut avouer quc fa vraie doétrine en
révolution feroit demeurée une énigme pour nous fans la
rage effrénéé de Céfar Galbaud, fon frère, dont tous les
difcours étoient des déclamations perpéruelles contre la République : la Convention Kx les miniftres vertucux qui com-
hommes cennus pour être les véritables
adorateurs de l'égalité & les fectateurs des principes
français.
> Cependant il faut avouer quc fa vraie doétrine en
révolution feroit demeurée une énigme pour nous fans la
rage effrénéé de Céfar Galbaud, fon frère, dont tous les
difcours étoient des déclamations perpéruelles contre la République : la Convention Kx les miniftres vertucux qui com- --- Page 34 ---
3*
pofent le conteil exécutif, ou des panégyriques éternels de
Dumouriez & de tous les traitres que les circonftances
périlleufés où fe trouve la France,
jours. Vous verrez dans les déclarations démafquent tous les
faifons palfer les preuves de cè
nous avançons. que nous Ce vous
Galbaud étoit le direéteur en duer de toutesles
Céfar
du gouvernement : nommé adjoint pour l'armée opérarions de la
tinique, il avoit eu limpudence de vouloir forcer la com- Mar
miflion intermédiaire d'enregiftrer fon brevet
Domingue, & en a même fait les fonétions. pour Saint-
>3 Nous arrêtâmes de le deftituer pour caufe
nous en prévinmes le gouverneur, & nous
d'ingivifmes
même temps d'avoir à nous déclarer fi, linterpellimes le
en
exécutif l'avoit nommé général, il étoit lorfque infruit conieil
propriétaire à Saint-Domingue, Il nous répondit qu'il fit
leiz juin, en reconnoiffant que la loi fage du
par écrit
fendoit de donner des commaiidemens dans ia 4 avril décolonie
propriétaires. Il nous déclara qu'il nie porvoit
aux
P'infirument palif de réquifitions des commiapaires civils fc regarider
mettre d'obeir à leurs ordres. Il nous demenda
niprotemps à être autorifé de s'embarquer
France en nième
femme & fes enfars:
pour
avec fa
5, Preffés entre la néceffité de faire exécuter la loi &c
déférence que nous devions aux actes émanés du confeil la
curif, > nous ferions peurêtre. reftés long-temps indécis exél'incivifme notoire de Galbaud, fans les baffes &
fans
menées pour fe faire un parti anti-républicain dansle fourdes
pendant que nous étions dans lOueft & le Sud. Nord,,
>>, Nous déclarâmes done, , le 13 juin, que Galbaud
pu être nommé gouverneur-g général que parce
n'avoir avoit
laiffé ignorer au confeil exécutif qu'il poffédoit qu'il des
priérés à Saint-Domingue 3 nous lui ordonnâines en proremps de fe rendre dans le jour à bord de la gabarre même de la
République la Normande, pour y demeurer
fon arrivée en France.
conligné jufqu'à
>5 Galbaud obéit, fe rendit à bord avec fon
Cel de là qu'ils ont ourdi les affreufes machinations frère, &
viennent de perdre la ville du Cap.
qui
> Nous nous occupions de mettte le convoi Cn état de
érés à Saint-Domingue 3 nous lui ordonnâines en proremps de fe rendre dans le jour à bord de la gabarre même de la
République la Normande, pour y demeurer
fon arrivée en France.
conligné jufqu'à
>5 Galbaud obéit, fe rendit à bord avec fon
Cel de là qu'ils ont ourdi les affreufes machinations frère, &
viennent de perdre la ville du Cap.
qui
> Nous nous occupions de mettte le convoi Cn état de --- Page 35 ---
f*
quirter Saint-Domingue., & déia nous avions donné des
ordres pour fon départ,. lorfque ie complor a ecla e. On
rellufcia les ancienues quereiles en re les marelors ix les
citoyens de couleur, chaque jour de nouvelles rixcs préparoient un engagemen: général.
fur les
32. Le 20, Galbaud fait circuler une prochmarica
bàrimens de la rade, , pleiné d'in ectaves con: re les conniffaires civils. Il reprend ie titre de poaverneucsene il
fe fait corinoitre en cette qualité par les équipage. f1 eft à
remarquer que la force publique que Galbaud il employée
commettre tous les crimes dont ils'eft fovillé 5 étoit
précifément pour
celle qui n'éreit pas à la difpeliti-n du gouverneut : les dernicres iftructicns du confeil exécurif rendoient la marine parfaitemen: indépendante du gouverneur;
fon commandement étoit borné à l'armée de terre.
les vaifleaux s'emboffent fur
92 A dix heures du matin,
Cambis nous avoit
la vilie; à huit heures le contre-amiral
écrit pour nous prévenir que tout étoit tranquille en
rade.
9, A trois heures & demie de Taprès-midi, 3,000 matelots
armés defcendent à terre. Galbaud, trop lâche pour courir
des dangers, fe cachoit derrière la foule. Ils marchent droit à
la mailon de la commiflion civile avec un canon & des
obuliers : nous étions fans défenfe avec cinquante hommes
de garde feulement, tous citoyens du 4 avril; ces braves gens
pas de cette nuée d'affallins; ils fe rangent
ne s'épouvantèrent fort heureufement les canonniers
en
barailic, ajuftent
qui
conduifoient l'artillerie, les couchenr par terre, font prifonnier Galbaud cadet avec plufieurs offciers de matine. Ce
premier fuccès donne aux citoyens de couleur le temps de
fe réunir; ils fe raflemblent, pourfuivent leurs ennemis &
les forcent de fe rembarquer: : l'arfenal cependant, livré
officiers
refta au
de Galbaud.
Nos
les
d'artillerie >
pouvoir avoir
les bords de
troupes, en faifant retraite, > après
balayé
la mer, coururent plus de dangers que dans le combat. La
garde nationale blanche,, embulquée dans les maifons, faifoit
un feu terrible par les fenêtres. La République perdit deux
de les plus braves officiers : T'un, lieutenant dans la légion
delligalité, & T'autre, commandant du quarante-quatrième
.
Nos
les
d'artillerie >
pouvoir avoir
les bords de
troupes, en faifant retraite, > après
balayé
la mer, coururent plus de dangers que dans le combat. La
garde nationale blanche,, embulquée dans les maifons, faifoit
un feu terrible par les fenêtres. La République perdit deux
de les plus braves officiers : T'un, lieutenant dans la légion
delligalité, & T'autre, commandant du quarante-quatrième --- Page 36 ---
régiment. Il eft impofible de fe faire une idée de la
voure
braplus qu'humaine des citoyens du 4 avril dans cette
mémorable journée. A peine 300 contre 25000, ils foutinrent, pendant toute la foirée, le feu des. matelots & de
la garde nationale blanche : ils les expulsèrent de tous les
poftes de l'intérieur.
3, Pendant la nuit, les matelots reftés à T'arfenal, fe répandirent dans tous les quartiers qui l'avoifinent; ils enfoncèrent & pillèrent les magafins de bijourerie &
ils étoient introduits par leurs officiers, tous de d'horlogerie; l'ancienne
marine, encroutés doublement de l'ariftocratie nobiliaire &
coloniale, & ileft probable que fans ces'infaises
ils ne fe feroient pas livrés à tous ces défordres. inftigateurs
>> Le lendemain matin à huit heures, nouvelle
on marche une feconde fois contre nous ; on place defcente: de l'artillerie à toutes les avenues & fur toutes les hauteurs
dominent la maifon de la commiflion civile, ci-devant qui des
Jéfiuites; On nous cribla de boulets & de balles, & nous
allions être cernés par' un nombre de matelots double de
celui de la veille, lorique nous fongeimes à la retraite: nous
la fimes dans le meilleur ordre au haut du Cap. A
étions-nous hors des barrières, , que les matelois conamen- peine
cèrent à incendier le quartier des homines du 4 avril; enl
un infant leurs propriérés devinrent la proie des flammes.
> Des mortiers placés fur un fort prèsdel l'arfenal, & fervis
par Galbaud en perfonne & par les fatellites, bombatdérent
la ville : le feu piit alors dans tous les quartiers: les efclaves
s'armèrent; le défarroi fut univerfel : les brigands de toutes
les couleurs fe difputoient le fruit de leurs rapines, fe fufilloient fans diftinétion : quelques-uns, > gorgés de liqueurs
fortes, tomboient au miheu des flammes ou s'enfeveliloient
fous les décombres.
9> Galbaud, toujours lâche, toujours repouffe, fe jeta à
la nage pour rejoindre la chaloupe qui l'avoir mis à
laifla les matelors, égarés par fes atroces fuggeftions, terre >
viétimes de leur crédulité.
périr
>> A notre arrivée au haut du Cap, nous Y trouvâmes
diverfes troupes d'efclaves infurgés, qui, depuis un mois,
avoient quitté les couleurs royales pour prendre celles de la
République;
âche, toujours repouffe, fe jeta à
la nage pour rejoindre la chaloupe qui l'avoir mis à
laifla les matelors, égarés par fes atroces fuggeftions, terre >
viétimes de leur crédulité.
périr
>> A notre arrivée au haut du Cap, nous Y trouvâmes
diverfes troupes d'efclaves infurgés, qui, depuis un mois,
avoient quitté les couleurs royales pour prendre celles de la
République; --- Page 37 ---
Républiqne :ils vinrent au- devant de nous,nous demandèrent
de fervir la nation contre les rois, en jurant d'obeir aux
commiffaires civils en tout ce qu'ils leur ordonneroient : nous
leur promimes la liberté au nom de ia République; nous
leur déclarames que tous ceux qui porreroient'les armes pour
ele, devenoient les égaux de leurs anciens maitres. Quelques
compagnies fe préfentigent avec la cocarde efpagnole, d'aucres
avec les cocardes blanches: nous leur apprimes quiln'y avoit
plus de roi_en France; nous leur expliquâmes & ils comprirent très - bien que c'étoient les rois qui rendoient les
hommes efclaves, que la République au contraire ne vouloit
que.des hommes libres. Sur-le- champ ils dépouiilèrent les
lfignes du royalifine , arborèrent le ruban tricolor, fe rengerent autour de nous : mélés parmi ies citoyens, du 4 avril
&: avec le pêu de troupes de ligne
nous avions, ils formèrent la garde des mandataires de er Convention nationale.
7 Le 24 &le 25, Galbaud, d'accord avec les deux contreamiraux Cercey & Cambis, fit appareiller la flotte, & le
convoi partit avec tous les' bâtimens de l'Etat qui étoient en
rade, excepté le vaiffeau PAmérica, dont les matelots avoient
refufé conitamment de prendre part à l'infurredtion > la
frégate la Fine, incapable de tenir la mer, & les deux goèlettes
la Répablicaine & la Convention nationale. Tous les canons
& les mortiers des forts avoient été encloués,lesaftars fciés &c
mis hors de fervice
ordre du contre-amiral Cambis : les
poudres furent mit.lerd de l'arfenal & miles fur deux navires
abandonnés 3 qui ont été coulés bas au départ de Galbaud.
Il ne nous refte donc plus que deux frégates & ua vaifleau
de ligne & quelques avifos.
93 Au milieu de tous les malheurs que nous venons d'éprouver, Polverel fils, fecrétaire de la commillion civile, a
été pris par Galbaud, allant en parlementaire pour lire une
de nos prociamations aux matelo:s attroupés. Galbaud T'ainé,
avant de quitter ce malheureux pays, Y'avoir offert en échange
de fon frère; Polverel a refulés il a fait taire la nature à
la voix du devoir. Je n'acceprerai pas, a-t-il réponda, un
pareil échange : mon fils eft verrueux, il a été pris contre
le droit des gens, & Galbaud, faifi le poignard à la main s
eft criminel-; il appartient à la Convention :je ne confentirai
Tome VIII. Soixante-dourième liyraifon.
C
ert en échange
de fon frère; Polverel a refulés il a fait taire la nature à
la voix du devoir. Je n'acceprerai pas, a-t-il réponda, un
pareil échange : mon fils eft verrueux, il a été pris contre
le droit des gens, & Galbaud, faifi le poignard à la main s
eft criminel-; il appartient à la Convention :je ne confentirai
Tome VIII. Soixante-dourième liyraifon.
C --- Page 38 ---
jamais à ce que mon collègue difpofed'un
la main de la loi 32,
prifonnier mis fous
Sonthonax : Ici j'interromps la lecture de la lettre
vous faire celle de la réponfe des commiflaires
pour
Galbaud; cctte lettre eft forte courte : elle eft
civils à
effentielle qu'elle contient d'autres articles.
d'autant-plus
Duny: Je demande la lecture de la lettre de
commiflaires
Galbaud aux
civils, qui a donné lieu à cette réponfe.
Sonthonax : La lettre écrite par Galbaud appartient aux
citoyens colons, elle eft dans leurs archives; ils la lirons
tant qu'ils voudront.
Lepréfident : Lifez-la dans ce moment : eft-elle longue?
Duny : Je n'ai pas' la lettre, mais j'ai annoncé ce
contenoit.
qu'elle
Sonthonax : Voici la lettre des commiffaires civils.
Verneuil ( à Sonthonax) : L'original eft - il infcrit
votre regiftre 2
dans
Sonthonax : Non, mais la lettre eft dans VOS
elle a paffé hier entre mes mains, tandis
pièces, car
communication des pièces fournies
que je prenois
muniquant la copie, vous verrez fielle par Duny eft exaéte. : en vous com-
(Sonthonax continue à lire la lettre à Galbaud.) )
cc S'il exiftoit aucune efpèce de droit des gens entre un
criminel de lèfe - nation révolté & les dépolitaires de la
puiffance nationale, vous n'auriez pas même
de
l'avoir obfervé.
l'avantage
39 Polverel fils a été pris & arrêté contre toutes les lois:
il étoit en parlementaire chargé de lire aux hommes
vous avez fi indignement égarés, le veeu de la
que
votre
civile;
frère, au contraire, a été arrêté & défarmé commiflion à la
tête de ces mêmes hommes dirigeant fur nous leur
aveugle fureur : ilny a aucune comparaifen à faire entre trop
ces deux hommes; Thonneur de la République ne nous
permet pas d'accepter cet échange : il nous en cotte fans
étoit en parlementaire chargé de lire aux hommes
vous avez fi indignement égarés, le veeu de la
que
votre
civile;
frère, au contraire, a été arrêté & défarmé commiflion à la
tête de ces mêmes hommes dirigeant fur nous leur
aveugle fureur : ilny a aucune comparaifen à faire entre trop
ces deux hommes; Thonneur de la République ne nous
permet pas d'accepter cet échange : il nous en cotte fans --- Page 39 ---
doute pour faire taire la voix de la nature & du fang : 1
mais notre devoir ne fouffre' aucune confidération.
32 Quant à vous, qui feul ayez canfé toutes les hotreurs
dont'vous vous rlaignez, tous les excès qui déshonorene
votre infurreéhion, vous n'avez fans dcute qu'un moyen de
les faire ceffer; c'eft de vous rendre à bord de la Normanie,
& d'y attendre nos ordres.
>> Chaflés par vous de la ville du Cap, forcés d'en fortir
par la plus aftrente des trahifons > nous n'avons pius la
puillance phylique d'arrèrer le défordre; nous recevons dans
le camp, qui nous fert de refuge, les femmes & les enfans
que vous voulez avoir fur la Hotte : un afyle sûr fera
2u milieu de nous pour les malheureux que vous avez toujours faits.".
Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Je reprends la leéture de la relation des affaires du
en date du IO juillet.
Cap;
(I1 lit:)
ec Il nous a été impoflible de calculer au julte la
des Français de toutes les couleurs que la fanglanve ambition perte
de Galbaud a fait égorger au Cap. Les officiers de la marine,
fes complices, pourront donner des renfeignemens fur les
matelots. La garde nationale blanche a beaucoup fouffert &
mérité de foutir. Les hommes du 4 avril, des compagnies
franches ont perdu plufieurs bons officiers : les nouveaux
citoyens (les efclaves) ont montré une intrépidité, un courage inouis; ; au milieu du meurtre, du carnage & de l'incendie,ils ont donné à leurs anciens tyrangl'exemple; de l'humanité, de la philanthropie. Pendant qu'une partie de ces
hommes combattoit les matelots > l'autre étoit occupée à
faire des patreuilles dans les rues, & ramaffoit les blancs
épouvantés & les amenoit, à l'abri de toute infulte, dans
le camp des conmiffaires civils, où nous leur fimes fournir
le logement & la ration 'en vivres du pays.
2 Quant aux équipages à part, le pillage immenfe qu'ils
C
humanité, de la philanthropie. Pendant qu'une partie de ces
hommes combattoit les matelots > l'autre étoit occupée à
faire des patreuilles dans les rues, & ramaffoit les blancs
épouvantés & les amenoit, à l'abri de toute infulte, dans
le camp des conmiffaires civils, où nous leur fimes fournir
le logement & la ration 'en vivres du pays.
2 Quant aux équipages à part, le pillage immenfe qu'ils
C --- Page 40 ---
ont fait & que les circonftances ont amené, nous Renfons
qu'ils font excufabies dans leurs égaremens : poullés au
meurtre, au brigandage par les parens, & les amis des émigrés,
par, ces officiers de la marine qui n'ont préféré Saint-Domingue à Coblenrzque parce que, mangeant le pain de TErar,
ils étoient sûrs de trahir avec plus de facilité, les matélots
n'ont jamais perdu de vue la République; ils ont continuellement crié : vive la nation, ils ne fe font pas fouillés
par les fignes & les devifes du royalifime.
s2 Iln'enn'eft pas de même de la garde nationale blanche
de la ville du Cap; tous les corps qui la compofoient ont
déployé les drapeaux Aeurdelifés & les cravattes blanches;
plufieurs crioient viye le roi, vive Louis XYII. Nous avons
de fortes indices que Galbaud a diftribué des croix de SaintLouis à plufieurs créoles de la ville, qui entretenoient des
intelligences avec lui pendant qu'il étoit en rade. Nous
recueillerons les preuves fur cet objet, & nous les enverrons à la Convenrion nationale.
22 Il eft incroyable, choytns-reptéfentans, le mal qu'a
produit à Saint-Domingue l'infuence funefte du contrerévolutionnaire Galbaud. La nouvelle de fa nomination
avoit déja réveillé tous les partis; il eft planteur fucrier,
& tous fes infolens confrètes ne voyoient en lui que le
reftaurateur du préjugé des couleurs, & le protecteur de
l'éternel efclavage de la rice africaine.
9>
Son arrivée a été pour eux le fignal de la révolte
contre les lois de la République, L'efpoir d'un meilleur
fort, la certitude d'obtenir graduellement la liberté, avoit
fait rentrer fur les ateliers plus de la mcitié des.efclaves
infurgés de la partie du Sud: : ils ont ceffé de travailler,
ils ont recommencé le pillage & l'incendie, parce qu'on
leur a perfuadé que la France avoit envoyé un général
pour faire couper la tête aux commiffaires' s'civils, ennemis
du roi & de notre fainte religion.
>2 Les mefures de Galbaud étoient fi bien prifes, que,
le fecond jour de l'infurredtion du Cap, les ordres étoient
donnès à tous les commandans militaires pour nous arrêter
partout où nous pafferions. Sitôr qu'on, a été inftruit de
ie, parce qu'on
leur a perfuadé que la France avoit envoyé un général
pour faire couper la tête aux commiffaires' s'civils, ennemis
du roi & de notre fainte religion.
>2 Les mefures de Galbaud étoient fi bien prifes, que,
le fecond jour de l'infurredtion du Cap, les ordres étoient
donnès à tous les commandans militaires pour nous arrêter
partout où nous pafferions. Sitôr qu'on, a été inftruit de --- Page 41 ---
fa défaite, tous les arrêteurs ont émigré à l'E(pagnol; leur
exemple a é:6 fuivi par leurs complices; trois poftes trèsinréreflans de la frontière ont été livrés par trahifon fans
bruler Ene anorce. Mille hommes environ, tant des troupes
de ligne-que Jes volontaires nationaux, ont fuivi les tr.1 itres;
la reprife de l'un de ces poltes nous 2 coûté quatre-vingt
fix hommes.
>> Telle eft, cinoyene-sepeéfenisns, la polition défaftreufe
où Galbaud nous a laiffés dans la province du Nord. Sans
marine, fans argent, fans reffources pour s'en procurer,
n'ayant de fubfiftances que pour un mois, nous ne défefpérons pas encore du falut de la patrie: nous allons plus
loin, nous ne vous demandons ni vaiffeaux, ni matelots;
c'eft avec les naturels du pays, c'eft avec les Africains, que
nous fauverons à la France la propriété de St.-Domingue.
s5 Nous travaillons à organifer les nouvelles troupes >
nous vous enverrons le travail auflirôt qu'il fera fairs nous
avons déja deux mille nègres bien armés dans la feule
ville du Cap; nous les formons en bataillons & en légions
fous le nom de la liberté & del'égalité.
>5 Nous vous dénonçons, citoyens, comme auteurs de la
révolte des matelots & de l'incendie du Cap, comme complices de Galbaud, tous les officiers des bâtimens de la
République qui ont efcorté le convoi en France. Nous
vous dénonçons fur-tout, coinme les principaux inftigateurs,
les deux contre-a amiraux Cercey & Cambife, le capiraine
Wandanger, commandant la Concorde, le capitaine Miftral,
commandant la Normande, & l'enfeigne Roufleau, iecond
fur la corvette la Fayorite. Epargnez Tes matelots, citoyens,
nous vous en conjurons: : le peuple, toujours droit dans
fes vues, toujeurs pur dans fes intentions, eft la victime
de fes chefs; c'eft fur eux que la juftice nationale doit
s'appefanrir.
9> Nous vous dénonçons également Page &c Brulley, fe
difant députés de l'aflemblée coloniale à Paris, comme
convaincus d'incivifme par les deux lettres dont nous vous
envoyons ci-joint copie.
C,
,
nous vous en conjurons: : le peuple, toujours droit dans
fes vues, toujeurs pur dans fes intentions, eft la victime
de fes chefs; c'eft fur eux que la juftice nationale doit
s'appefanrir.
9> Nous vous dénonçons également Page &c Brulley, fe
difant députés de l'aflemblée coloniale à Paris, comme
convaincus d'incivifme par les deux lettres dont nous vous
envoyons ci-joint copie.
C, --- Page 42 ---
33 Nous nous attendons, citoyens, à à toutes les calomnies, à toutes les abfurdités que ics négriers de St.-Dorzingue
vont répandre contre nous;. déja iis nous accufent de facrifier à notre ambition l'efpèce blanches de nous faire un
pdrti des hommes de couleur& des cfclaves, & d'afpirer
àla fouveraineré; à fonditegietannautongen nous n'avons
qu'une réponfe à faire.
>-Il eft vrai que nous avons toute la confiance des
affranchis, & que les elclaves nous regardent comme leurs
libérateurs; il eff très-vrai que fi ceft un crime auprès de
la Convenrion d'avoir fuivi mès-ferupeleutéhenr fes principes, d'avoir conftamment prorégé les opprimés contre
les oppreffeurs, nous fommes coupables de cet honorable
forfait.
s Quoi qu'il en foit, la Convention nationale
compter fur notre foumiflion & fur notre obéiffance à
ordres.
FEt
Si, mécontente de nos opérations s elle juge à
propos de nous rappeler, nous fommes prêts à rendre
compte de notre conduite. Il ne faut ni vaiffenux, ni
pour nous forcer à exécuter fes décifions; un fimple troupes décret
nous amènera à fa barre, nous y paroitrons fans
cômme fans remords.
crainte,
>> Signé; POLVEREL & SCNTHONAX. s
Vernexil: J'obferve qu'il y a un pof-feriptum.
Sonthonax : J'y fuis; le pof-fcripcum eft la, le voici:
(Il lit:)
cc P. S. Nous ne devons pas laiffer ignorer à la Convention nationale, que, fitôt après le déparr du
nous avons envoyé des défenfes aux commandans convoi, militaires dans tous les ports de la colonie, d'y recevoir les
bâtimens de la République qui fortoient de la rade du
Cap. Il étoit important d'éloigner de nos bords des
jures & des incendiaires qui pouvoient être
parraifonnablement d'aller faire fubir au refte- de foupçonnés la colonie
le fort de la capitale de la partie du Nord. 33
Vepneuil: Ilya un fecond paragraphe dupof-feriptum.
dans tous les ports de la colonie, d'y recevoir les
bâtimens de la République qui fortoient de la rade du
Cap. Il étoit important d'éloigner de nos bords des
jures & des incendiaires qui pouvoient être
parraifonnablement d'aller faire fubir au refte- de foupçonnés la colonie
le fort de la capitale de la partie du Nord. 33
Vepneuil: Ilya un fecond paragraphe dupof-feriptum. --- Page 43 ---
Ic préfident : Lifez le.
(Verneuil lit le deuxième paragraphe).
c La frégare la Concorde venoit de relâcher au Mole
Saint-Nicolas, fous prétexte d'y faire de l'eau; douze heures
avant l'arrivée de notre dépèche le, capitaine Wandanger
avoit déja mis le temps à profit, & au moment où oll
lui a fignifié l'ordre de partir, la garnifon étoit fur le point
de s'infurger, de jeter les munitions de guerre à la mer,
& d'abandonner. la place : là municipalité, tottte compofée
des mesubres de l'aflemblée de Saint-Marc ou de fes partifans, l'a fecondé de tout fon pouvoir.
92. Cap, le 30 juillet 1793, l'an deuxième 32,
Sonthonax : Plufieurs pièces fe préfentent à l'appui de
la relation que je viens de lire; parmi ces pièces les unes
font de la main des auteurs de l'incendie, les autres font
des pièces officielles émanées foit des officiers de la marine,
foit des divers particuliers qui ont pu être témoins de ces
fcènes défaftreufes. Je commencerai par vous lire le procèsverbal drefTé par Luc Tarbé, capiraine du navire St-Honoré,
déja annoncé par les colons; il eft dans leurs archives, en
voici la copie.
Verneuil: Nous en demandons l'original.
Le préfdent (aux colons ) : Donnez-le.
Sonthonax : Vous avez annoncé hier qu'il étoit dans Vos
archives.
Duny : Jevous ai dit que l'original étoit entre les mains
du contre-amiral Cercey,
Sonthonax: Le contre-amiral Cercey a dépofé ces
à lacommillion des colonies; vous avez annoncé vous-mêmes pièces
qu'elles étoient ici. Duny, bier dans la difcuffion, a annoncé
que l'original du procès-verbal de Luc Tarbé étoit
j'en
une
lis
copie tirée d'un recueil de Polverel fils, ici; incitulé :
Coup-d'ail impartial, Si cette copie eft infidèle, les colons
pourront la vérifier fur l'original,
C 4
y a dépofé ces
à lacommillion des colonies; vous avez annoncé vous-mêmes pièces
qu'elles étoient ici. Duny, bier dans la difcuffion, a annoncé
que l'original du procès-verbal de Luc Tarbé étoit
j'en
une
lis
copie tirée d'un recueil de Polverel fils, ici; incitulé :
Coup-d'ail impartial, Si cette copie eft infidèle, les colons
pourront la vérifier fur l'original,
C 4 --- Page 44 ---
Verneuil: Sur quoi avez-vous pris cette copie ?
Sonthonax : Sur l'extrait d'un journal ot le capiraine Luc
Tarbe a fait inférer ce procès- verbal. Je ne vous le donne
pas pour un original , puifque, bien loia d'êrre dans mes
mains, il eft dans les vôtres.
Th. Millet : Perfonne n'a dit entre nous que cet original
fit entre nos mains; Duny a dit qu'il étoit dans les papiers
de k commiflion, voilà tour : on pourra le trouver dans les
papiers du conire-amiral Cercey. II eft inutile de parler plus
long-temps là-delfus.
Procès-verbal dreffé par Lnc Tarbé, 20 juin 1793.
cc L'an mil fept cent quatrevingrteize, le fecond de la
République françuife, & le 20 juin après-midi.
3> Nous, capitaine, 3 ofliciers-majors & mariniers, & officiers de la garde foldée en garnifon à bord du navire le St.-
Honoré, déclarons & atteftons que fur les neuf heures du
matin le vaiffeau le Jupiter, commandé par le contre amital
Cambis, auroit riré un coup de canon & mis la. flamme
d'ordre: que moi, fufdit capitaine, me ferois rendu de fuite
à bord du fuldit vaillean pour eli recevoir l'ordre, & que
lajy aurois trouvé le général Gaibaud donnant les ordres à
tous les barimens de l'état de s'emboffer, & aux bâtimens de
commerce de fe retirer au fond de la rade ; que d'après cet
ordre j'aurois été en rendre corpte au contre-amiral Cercey,
deux jours après mon arrivée ici, m'avoir donné l'or1 verbal d'aller mouiller en coupie de fon vailfeau, ce
que j'aurois fair de fuite, ne croyant pas pouvoir prendre
fur moi de démarer mon navire fans l'en prévenir. Lui ayant
fait part des ordres que je viens de recevoir, il m'auroit dit
que je devois en prendre du contre-amiral Cambis, commandant de la fation; ayant retourné de fuite à bord du contreamiral Cambis, il m'auroir dit qu'il m'autorifoit à démarer
mon fafdic navire 5 ayant retourné à mon bord, j'aurois fait
travailler de fuite à démarer pour me retirer au fond de la
rade. Que pendant cette opération le citoyen général Galbaud, fortant du vaiffeau L'Bole, auroit palfe en couple du
bord, & m'auroit fait demander: que m'étant rendu à fes
de fuite à bord du contreamiral Cambis, il m'auroir dit qu'il m'autorifoit à démarer
mon fafdic navire 5 ayant retourné à mon bord, j'aurois fait
travailler de fuite à démarer pour me retirer au fond de la
rade. Que pendant cette opération le citoyen général Galbaud, fortant du vaiffeau L'Bole, auroit palfe en couple du
bord, & m'auroit fait demander: que m'étant rendu à fes --- Page 45 ---
lres, il m'auroit dit que tous les prifonniers détenus à
rdde mon fufdit navire, il leur donneroit Li libereé, toutequ'il n'y en duroit pas dans le nombre de criminels, 6
ils cuffent 2fe tenir prèts à defcendre au premisr ordre gu'il de
T en donneroit ; que, d'après cela, je me ferris rendu
ite à bord du conire-amiral Cercey
lui rendre
à l'officier de garde, VrE m'auroit dit que
rRUFTS
ntro-amiral ayant parlé Cercey venoit d'ètre configné dans fa chambre
rle citoyen général Galbaud, & qu'on ne pouvoir lui par-
, me difant que. je n'avois d'autre ordre à recevoir que du
néral Galbaud. Ayant retourné à mon bord, j'aurois conti1é à'le démarer, & ferois venu mouiller dans le fond de
rade.
-
>> A trois heures après-midi, le vaiffeau le Jupizer auroit
é un fecond coup de canon d'ordre : y, ayant envoyé un
not avec un de mes officiers; queyrendu là, on lui auroit
onné vinge-fepe fufels & plafieurs paquers de cartcuches 3 avec
dre de faire.dejcendre toutes les perfonnes détenues au moent o le vailleau le Jupiter auroit tiré un coup de canon
mis pavillon bleu ; qu'érant de retour à bord, il m'anroit
it-que les vingt-fept fujfils qu'il apportoit étoient definés pour
5 vinge-lépe hommes du régiment d'Artois que 1 'avois recus
uclques jours auparavant que dans ce même temps le' vàifeau le Jupiter auroit fait i fignal convenu pour la defcente;
ue lefdits citoyens détenus à bord ayant apperçu le fignal,
uroient embarqué dans les chaloupes de mon fufdit navire,
cinceffainment fommé de les Faire conduire à bord du vaifeau le Jupiter ; mais les fufdires embarquations ne pouvant
n porter qu'un très-petit nombre, ils auroient appelé des
utres navires; 2 qui leur auroient fourni des embarquations
pour fe rendre à bord dudir vaiffeau : la garnifon & les IS
lommes que lon'm'avoit donnés pour renforcer fe feroient
mbarqués avec eux.
> Fait & clos à bord du fufdit navire, 2 les jour, 2 mois &
an que dellus. Fait double, dont un a refté entre les mains
du capitaine du St-Honors, &l'autre entre les mains du capitaine de la gamifon, & ont figné, Lacofte, Tarbé, Huifler, Bonnevalje jeune, Noël Colinet, Fouchard. 32
lommes que lon'm'avoit donnés pour renforcer fe feroient
mbarqués avec eux.
> Fait & clos à bord du fufdit navire, 2 les jour, 2 mois &
an que dellus. Fait double, dont un a refté entre les mains
du capitaine du St-Honors, &l'autre entre les mains du capitaine de la gamifon, & ont figné, Lacofte, Tarbé, Huifler, Bonnevalje jeune, Noël Colinet, Fouchard. 32 --- Page 46 ---
villon Le préfident : Je voudrois favoir fi la couleur de ce
tionnaires. peut avoir quelque rapport aux événemens rév
les Duny : C'eft le pavillon connu dans la marine
fignaux.
pour
lorfqu'un Verneuil: I! n'y a pas de couleur convenue pour un Ord
convena avec commandant les ofliciers fait tirer un coup de canon > 1
telle ou'teile couleur au haut qu'on du'mât mettra de neuf pavillons
fignal.
mifaine; c'el
Sonthonax : Je réponds qu'en effet c'étoit un
C
venu; mais il avoit un rapporr très - diredt aux fignal événem
révolintionnaires, Il réfule de
car il a produit la defcente des
ce procès-verbal, que
matel
bord de la Normande, a violé fes arrêts Galbaud, prifonnie
bord du St-Honore, &c y. délivrer les
pour fe rendr
a armés lui-mème, qu'illeur a ordonné_de prifonniers; qu'il
fon cominandement
fc tenir prè
trait du journal la frégate pour defcendre la
à terre. Je prends I
guer, des officiers de
Fine, figné du capitaine T
ou de la meftrance. Cette l'érat-major & des officiers marin
commiflion des
pièce eft dans les archives
colonies.
de
(Il lit :)
Événemens du 20 juin 1793, 3 P'an premier de la
à bord de la frigaté la Fine.
Républig
cc A neuf heures du marin le grand canot
a débordé de fon bord, ayant le général Galbaud, de la Norman
quelques aides-de-camp, des foldats & autres
fon frèr
grands cris fe font élevés, & le canot a été à perfonnes.
piter.
bord du J
>> Sachant le général Galbaud en état
cru qu'il n'avoir d'objet que celui d'aller d'arreftation fe juftifier d'êt 5
foupconné d'être l'auteur des mouvemens qui depuis
ques jours agitoient les équipages, qu'il vouloit fe
que
en leur préfence de cette imputation, 8c que cette démarch difeulpe
èr
grands cris fe font élevés, & le canot a été à perfonnes.
piter.
bord du J
>> Sachant le général Galbaud en état
cru qu'il n'avoir d'objet que celui d'aller d'arreftation fe juftifier d'êt 5
foupconné d'être l'auteur des mouvemens qui depuis
ques jours agitoient les équipages, qu'il vouloit fe
que
en leur préfence de cette imputation, 8c que cette démarch difeulpe --- Page 47 ---
convenue avec les commiflaires civils. Le génétal Gal-
, avec fa même fuite, a été aulli à bord de P'Eole &
haque batiment de la République , hors le vaifleau lAca. Ileit enfuite venu à bord de la Fine : par, les acclaions, & fur-tout les cris de vive Galbaud! je n'ai plus eu
n'ai fuà
m'arrêter. Enfin
nème opinion > maisje
bien laquelle defiré, dans l'incertianot a abordé la Fine : jeulle
où j'étois, quoique j'en devinafle déja uop, pouvoir
pécher cette communieation; 5 mais elle avoit déja été géale, & c'eit été impolible. Le général Galbaud monté
ord de la Fine, avec la fuite quil'accompagnoit dans fon
ot, fon frère a lu à Téquipage quiles entouroit le brevet
général Galbaud au gouvernement de la colonie de Saintmingue, Cette lecture faire, le même alloit commencer
le d'un fecond papier 5 je l'ai
lors arrèté, & m'afant au Béméral Galbaud, je EPGT ai dit: Je vous déclare,
préfence de tout l'équipage, que je ne resonnois & ne
iS reconnoitre vos pouvoirs & votre autorité, par la raique je dois obéillance entière aux décifions des commifres civils, ce qui m'eft commandé affirmativement par les
crets de T'affemblée nationale & de la Convention natiole. Sur cela' le général Galbaud m'a répliqué: Mais, fi les
mmiffaires vous ordonnoient de bréler des maifons, le fez-vous? J'ai répondu au général Galbaud que je ne me
rmertois aucune réponfe à une objection aulli exagérée ;
ela feule
je devois lui faire étoit que je pertifterois
ujours dans cer même profeffion de foi. Alors le frère du
néral s'eft adrelfe à l'équipage, & lui a demandé s'il ne
connoilfoit pas le général Galbaud pour gonverneur, &
onféquent pour leur chef. L'équipage a répondu oui à
AE
rifes. J'ai dès-lors été convaincu qu'une machination anerieure avoit travaillé les efprits pour les amener à ce but,
j'ai de fuite dit au général que l'erreur oà l'on entrainoit
équipage ne me feroir furement pas changer.
>) Le frère dugémérai a lu enfitite faproclamation, quifa
erminoit par n'établir aucun doute far la validité de fes
iouvoirs
far fon autorité fur la force de
ner qui lni J par devoit conféquent obéiffance. Il a enfuite interpellé l'équivage pour demander s'ils Ia lui promettoient; is ont tous
j'ai de fuite dit au général que l'erreur oà l'on entrainoit
équipage ne me feroir furement pas changer.
>) Le frère dugémérai a lu enfitite faproclamation, quifa
erminoit par n'établir aucun doute far la validité de fes
iouvoirs
far fon autorité fur la force de
ner qui lni J par devoit conféquent obéiffance. Il a enfuite interpellé l'équivage pour demander s'ils Ia lui promettoient; is ont tous --- Page 48 ---
répondu qu'oui. J'ai pour lors repris la parole, &c j'ai
affirmé au général, que, ferme dans mes principes &
l'obéillance queje devcis, par les décrets de
la Convention
Taflemblée
nationale, aux décitions des
vils, je ne varierois jamais. Il m'a poar lors commiflair
ponfabilité fi je refufois de le reconnoitre; cbjeété ma
cette même
J'ai répond
de me conformer refponfabilité me faifoir un devoir d'obé
fair, les frères aux décifions des commiffaires civils.
ritd dans l'efprir Galbaud, de
parvenus à avoir érabli leur
s'armer
l'équipage, lui ont fait promett
roit fait pour à bord delcendre du
à terre avec eux au fignal qui e
Jupiter 5 ce qu'ils ont promis.
23 Les deux frères fe font enfuite
fuite, & font retouriés à bord du rembarqués Jupiter. J'ai, avec
temps après, foit par moi méme ou
l'érat - majo que
quelques perfonnes fages du bord,
à rainener
à
simalf
quipage
fes devoirs & à l'obéiffance
commiffaires civils. La chofe m'a éte qu'il devoit
m'a paru que la crainte des vaiffeaux, & impoflibles ma
leurs camarades, de ne pas faire ccmme detre blâmé
influanfoit le plus.
eux, étoit ce q4
: A midi, le général Galbaud a fair
que daux heures feroit celle où l'on prévenir les équip
Jupiter, Le f'gnal de defcendre à
feroit à - bord
navires de commerce avoient
terre en armes > tous
eu l'ordre de fe tirer au 1
pour démafquer les vaiffeaux qui étoient emboffés.
iors réuni deux objets : le
de
J'ai
dans limpoflibilité de
premier,
mettre la fré
y étoit entrainé
des pouveir tirer fur la ville, fil'équip
par
ordres du général Galbaud; ; le
cond,d'occuper: affez de monde aux mouvemens des
afin qu'ils deitendent à terre le moindre nombre
navi
comme j'avois tout lieu de le craindre, il étoit polible
n'en defcendit pas.
impoffible a
33, J'aien effet fait appareiller & manceuvrer
me placer de manière à être
les ancres P
de commerce 3 mais l'heure de mafqué faire le
quelques navi
a été retardé,
defcen
Rotp
Ce n'a été qu'à trois heures
notre opération fe
a été fa
ET
terminoit ; toutes les chaloupes & can
navi
comme j'avois tout lieu de le craindre, il étoit polible
n'en defcendit pas.
impoffible a
33, J'aien effet fait appareiller & manceuvrer
me placer de manière à être
les ancres P
de commerce 3 mais l'heure de mafqué faire le
quelques navi
a été retardé,
defcen
Rotp
Ce n'a été qu'à trois heures
notre opération fe
a été fa
ET
terminoit ; toutes les chaloupes & can --- Page 49 ---
rade, chargés des matelos armés, débordoient du Ju-
& de Jeur bord pour defcendre à terre; les équipages
itoient mutuellcmient par leurs cris & leurs chanions,
alors
léquipage de la Fine, voulant faire comme
utres, geR armé & embarqué dans les chaloupes
Cuivre: dans l'impolibilité on j'étois d'arrêter le PORE
re,jaivoulu le iendre le moins nuifible pollible. A cet
3 jai ordonné que trois officiers fuiviffent l'équipage >
enjoignant exprellément de nobér à aucun des ordres
général Galbaud, mais de fuivre nos matelos dans rous
lieux où ils feroient enurainés oul égarés, pour empè3 autant qu'il feroit en leur pouvoir, les défordres ou
sauxquelsil ilsétoiente expofés devoir fe livrer dans un chaos
ette nat ure; 5 ils ont exécuré cet ordre de leur mieux.
Dans la bagnove du marin & de l'après-midi, j'ai
Is fois envoyé à bord du Jupiter un officier prendre
PRs
res du contre-amiral Cambis; mais il m'a toujours été
porté qu'onne pouvoitle voir, qu'il étoit dans la chambre
enu & gardé : ne pouvant empêcher le mal, ne recet des ordres d'aucune autorité légale, je n'ai pu que
ailler, foit par moi, létat - major & les premicrs mai-
, diminuer le mal autant qu'il étoit en notre pouvoir >
je leur dois la juflice >- qu'adoprant les principes que
ois hautement exprimés & préchés, ils ont employé tout
zèle à me fcconder.
bord de la Fine 3 - en rade du Cap, le 20 juin 1793, l'an
mier del la République.
Signé, TRUGUET.
Certifié conforre à la vérité. V
mé,Vavincour ainé, Conor Villebreuil, Vavincour cadet,
Prenat; Jamain, canonnier 5 Plouzans 5 Lucas, m*
calrat; Groignard, m". charpentier; Conon, m*. voilier.
Il fuit de la pièce que je viens de Iire, pièce originale,
bord, que Guibaud n'a pas été prié, ni par les marins,
par aucune troupe, de fe mertre à la tète de la rade pour
alurger contre les commiffaires civils que Galbaud, au
, Vavincour cadet,
Prenat; Jamain, canonnier 5 Plouzans 5 Lucas, m*
calrat; Groignard, m". charpentier; Conon, m*. voilier.
Il fuit de la pièce que je viens de Iire, pièce originale,
bord, que Guibaud n'a pas été prié, ni par les marins,
par aucune troupe, de fe mertre à la tète de la rade pour
alurger contre les commiffaires civils que Galbaud, au --- Page 50 ---
contraire, a quitté fes arrêts pour parcourir tous les
mens, ma proclamation à la main, pour fe faire reconn
commandant des forces dé la République. Cela étoit d'a
plus irrégulier, d'autant plus criminel de la part de Galb
que la feule force qui, dans la colonie, n'étoit pas
ordres du gouverneur, étoit la marine ainfi qu'il ap
par les inftruchons données par le confeil exécuuif au
tre-amiral Cambis.
Voici l'extrait de ces inftructions.
(Il le lit: )
Extrait des inftructions données au général Galbaud, d
juin,l'endouxième, 8cc.
cc Le contre-amiral Cambis n'aura d'ordres à recevoir
des commiffaires civils, qui devront les lui donner par
en forme de réquifition, & auxquels il doit
C'eft pourquoi il leur fera part de ces inftructions, obtemp &
certera avec eux les moyens généraux d'exécution d'a
lefquels il établira un ordre conftant de fervice, tant dan
rades que dans les croifières.
33 Signé, le contre-amital Cambis.
3s Pour copie conforme àl'original.
32. Signé, Truguet, commandant la frégate la Fi
Les inftructions ont été envoyées par Cambis à Tru
au moment oà il a quitté la rade du Cap pour fe re
aux Etats-Unis, comme il confte par cette lettre
datée du 25 juin, en l'avertiffant qu 'en fon abfence il qu de
prendre le commandement de la fation de Saint- Domin
Jeremets la lettre fur le bureau, afin que les colons en P
nent connoiflance.
Verneuil:Je demande que lepréfident, àla première féar
faile lireles pouvoirs du gén éralGalbaud.
Sonthonax: La marine n'étoit pas fous fes ordres. --- Page 51 ---
Terneuil : C'eftceg qu'on verra.
onthonax: : J'obferve qu'on n'a pasle droit dem'interrempre
sma défenfe; lors dela réplique les colons pourrontparler
pouvoirs de Galbaud.
epréfident: Paifqu'il a eu une interruption, la lecture de
e pièce ne nuira pas à : défenfe.
Th. Millet : J'ai une obfervation à faire. Dans la ledturedu
cès- verbal de Truguerj'ai entendu dire: je n'ai pu traller que par moi ou par les perfonnes fages du vailleau,
ec croisquilya a dans le procès-verbal,6 à lespremicrs maitres
vailfeau.
Verneuil : Cela ne fait rien.
Sonthonax : On m'ôtera ainfi continuellement la parole
s la difcutlion, & la commiflion fatiguée me dira' de
r.
Lc préfident : La pièce fera copiée.
Th. Millet: : Les fignatures ne font pasaf@eznombreufes pour
ece foit là le procès-verbal de l'érat 1- major & de la mefnce de la frégate la Fine.
La féance eft lévée.
Le regiftre des
ef figné: J. Pr. GARRAN 2 préfi-
;FOUCHE ( de rfimag ),, fecrétaire; MERLINO, DABRAY,
LANTHENAS.
.
Lc préfident : La pièce fera copiée.
Th. Millet: : Les fignatures ne font pasaf@eznombreufes pour
ece foit là le procès-verbal de l'érat 1- major & de la mefnce de la frégate la Fine.
La féance eft lévée.
Le regiftre des
ef figné: J. Pr. GARRAN 2 préfi-
;FOUCHE ( de rfimag ),, fecrétaire; MERLINO, DABRAY,
LANTHENAS. --- Page 52 ---
41 S
- SA
Du 29 Meffidor, P'an troiftème de liz République frangaife
& indivifible.
0 ), N fait lecture des débats recueillis dans la féance d'hi
- la rédaction en eft adoprée.
(Les citcyens Page & Laichevefque - Thibaut ne i
point prefens à la féance. )
Lepréfdene:" Voici une lettre que Verneuil vient de remet
à la commiffion des colonies; cile eft du citoyen Galbaud
(II lit:)
Paris, le 29 Meflidor, l'an IIIS de la République.
Galbaud, général de brigade, ci-devant gouverneur de Sa
Domingue, aux repréfentans du peuple compofant la CO
mifion des colonies.
Cc REPRESENT. A N S,
>> Vous m'avez écarté des débats fur une inculpation a
migration, inculpation calomnieufe & bien digne de fon
teur : cependant, citoyens, fût-eile fondée, elle ne m'e
pécheroit pas d'avoir vu ce quej'ai vu. La loi du 4 pluvi
veut que vous entendiez les acculareurs & les accules;
inculpations de Sonthonax ne doivent pas en empécher I'ex
cution : j'autois donc dû être. enicndu comme accufateur.
>, J'apprends que furl'incéndie du Cap, dontj'accufe Sc
thonax & Dufav, Sonthonax fe permer les plus atroces
lomnies fur mon compte 5 c'eft donc comme accufé que
dois me préfenter. Je vous demande en conféquence comm
nicatic
vous entendiez les acculareurs & les accules;
inculpations de Sonthonax ne doivent pas en empécher I'ex
cution : j'autois donc dû être. enicndu comme accufateur.
>, J'apprends que furl'incéndie du Cap, dontj'accufe Sc
thonax & Dufav, Sonthonax fe permer les plus atroces
lomnies fur mon compte 5 c'eft donc comme accufé que
dois me préfenter. Je vous demande en conféquence comm
nicatic --- Page 53 ---
cation des procès-verbaux où mon accufatear a développe
s moyens d'artaque.
> Je demande en outre, conformément à la loi du 4 pluôfe, à être. entendu dans ma défenfe; mais comme un mai
gorge des plus confidérables ne mc permer pas de parler
pjourd'hui, je vous prie de la remettre à deux ou trois
3, Dans tous les cas, vous ne pouvez: me refufer les moyens jours.
confondre un vil caiomniateur : la loi qui vous conftitus
bus en fait un devoir 3
Signe, GALBAUD.
Sonthonax : La commiffion veur-elle me permettre de dire
eux mots fur la lettre de Galbaud?
Lc préfid.ne : Parie,
Sonthonaz : Je commence d'abord par obfervet que la
ommifiton m'ayant réfervé le droit d'accufer lorique les actfations portées contre moi feront éclaircies , je n'accufe
squant à préfentle citoyen Galbaudyje préfente le matériel
spièces comme juftificarives de ma défenfe.
Le préfidene : J'invite la commifion à fe retirer pour dén
bérer.
La commiffion rentrée, le préfident lit l'arrêté fuivant;
* La commiflion confidérant que les mêmes motifs qui ont
terminé fon arrêté du 19 germinal fubfiftent toujours, 3 puifhe le général Galbaud n'a point fait fatuer fur la queltion
fon émigration 5
> Que le délai demandé par cet ex-général tendroit à emEcher que les débats ne fullent terminés dans le temps fixé
ar les décrers de la Convenion;
3> Que la commifion n'a peint de caraétère pour recevoir
lailler difcurer devant elle une acculation portée forellerient contre un repréfertant du peuple,
> Pafle à l'ordre du jour,
3> Sauf à Tex-général Galbaud à adreffer à la commiffion
S mémoires qu'il jugera convenables fur les événemens
-
qui
font pallès dans les colonies; ;
> Ordonne que copie du préfent arrêré & de la lettre de
ex-génétal Galbaud fera adreffé au comiré de légiflation *F
Tome VIII. Soimanc-dorgtàme liyraifon.
D
ant du peuple,
> Pafle à l'ordre du jour,
3> Sauf à Tex-général Galbaud à adreffer à la commiffion
S mémoires qu'il jugera convenables fur les événemens
-
qui
font pallès dans les colonies; ;
> Ordonne que copie du préfent arrêré & de la lettre de
ex-génétal Galbaud fera adreffé au comiré de légiflation *F
Tome VIII. Soimanc-dorgtàme liyraifon.
D --- Page 54 ---
Verneuil : Je demande en ce cas que Sonthonax ne puil
plus inculper le général Galbaud.
Lepréidont : On ne peut borner la défenfe d'un accul
Verneuil : Lor(que nous avons voulu inculper, vous noi
avez retiré la parole,
Sonthonax : Je n'accule perfonne quant à préfent.
Daubonneau : Dans la féance d'hier on a demandé qu
fût donné leéture des provifions du général Galbaud. So
thonax a dit que les dernières inftructions du confeil ex
cutif rendoient la marine abfolument indépendante du go
verneur, & bornoient fes pouveirs à T'armée de terre ; vo
allez voir le contraire par le brevet qu'il a reçu du coil
exécutif.
(Ille lit: :) -
Brevet de gouverneur-général des IRer-fous-le-Pent, en fay
de Thomas-Frangois Galbaud.
AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
3> Aujourd'hui 6 février 1793, l'an IIS de la Républic
françaife.
9> Le confeil exécutifprovifoire eftimant néceffaire de
voir au
des Hles-fous.le-Vent,
&
gouvernement général
geant important de les confier à un officier capable d'en remp
'la valeur &
tous les objers avec-le zèle, l'expérience ,
prudence qu'il exige, le confeil-exécurif provifoire a cru
pouvoirfaire un meilleur choix, pour remplircette importa
charge,quedud ciroyen Themas-François Galbaud: les preu
de valcur, de zèle, d'expérience & de capacité qu'ila donn
dans toutes les occafions ohila été employé, les connoiflan
particulières qu'il a prifes de Tadminiftration des colonie
étant le sûr garant du fuccès avec lequel il remplira le g
vernement général des Iles-fous-le-Vent, En conféquence,
confeil exécinifprovifoire a nommé, conflirué & rétabli le
Galband gouverneur-pénéeal des Iiles-fous-le-Vent, pour
cette qualité aveir commandement fur tous les officiers mi
taires qui y font érablis, méme fur les officiers du confeil
péricur Bi tous autres, fur-tous ies vailleaux français qu
le sûr garant du fuccès avec lequel il remplira le g
vernement général des Iles-fous-le-Vent, En conféquence,
confeil exécinifprovifoire a nommé, conflirué & rétabli le
Galband gouverneur-pénéeal des Iiles-fous-le-Vent, pour
cette qualité aveir commandement fur tous les officiers mi
taires qui y font érablis, méme fur les officiers du confeil
péricur Bi tous autres, fur-tous ies vailleaux français qu --- Page 55 ---
SI
avigueront, foit de guerre appartenant à la République, foit
parchands: enjoint aux officiers qui les commanderont de rerdounera. onnoitre ledit Galbaud & de lui obéir en tout ce qu'il leur
Veut le confeil-exécurif provifoire
la
ualité il ait le pouvoir, quand beloin fera,
méme les
abitans, leur faire
TRACT
prendre les armes, établir des garnifons
limportance des licux le demandera, commander tant aux
jroyens ition cu'à tous les habitans, de quelque qualité & conquils foient; lcs maintenir & conferver en
( tranquillité; les défendre de tout fon pouvoir; paix, repos
int par terre que par mer; veiller à l'exécution commander des lois &
Eglemens qui ont été rendus fur le gouvernement général
slles-fousle-Vent, li ou ceux
ordonner & faire exécuter tout ce que
our leur qu'il commettra jugeront devoir ou pouvoir faire,
pnfeil-exécatif confervation, fous l'aurorité & l'obéillance du
provifoire; & généralement faire &
ar lui tout ce qu'il eftimera nécelfaire pour le bien ordonner &
ge du fervice : à l'effet de quoi, le pouvoir exécutif avanHloire luia attribué les ménes honneurs, pouvoirs,
érogatives, prééminences & droirs
euitoitos
erneurs généraux dans les colonies, pour. dont les jouifent tenir & les goujouir & ufer en fadite qualité de gr uverneur général exercer,
République, ainfi & dela méme manière quel le tont leidits pour
buverneurs, & ce, tant qu'il plaira au confeil-exécurif
foire. Mande le confeil cxécutif pro ifoire à tousl-s proliraires, officiers du conteil fuperieur & tous auires officiers qu'il
partiendra., albaud ils chacun pour Ce qui le concerne, >
aient à reconnoitre & lui obéir. Veur le que ledit
écutif provifoire que par le tréforier générl de la confeildes colonies, réfidant en France, ou fon commis marine
es-fous-le-Vent, ledit Galbaud foit payérinnuellement aux
pointemens de quatre-vingt mille livres,
des
mens feront
tous frais & émolumens leiquels appoindire charge; Teat pouvoir exiger ni prétendre quelconques de
néfice, tant pour lui que'p pour les
aucun autre
S ordres, & être pour feldits appointemens perfonnes qui feront fous
ordonnances particulières, à ètre expédiées employé &
dans
t effer , apportant le préfenr ou copie d'icelui fignées à
llationnée pour une fois feulement, & quittances duement fur
ffifantes. Mande le confeil-czécutifp provifoire à rous ce
ceux
D 2
ice, tant pour lui que'p pour les
aucun autre
S ordres, & être pour feldits appointemens perfonnes qui feront fous
ordonnances particulières, à ètre expédiées employé &
dans
t effer , apportant le préfenr ou copie d'icelui fignées à
llationnée pour une fois feulement, & quittances duement fur
ffifantes. Mande le confeil-czécutifp provifoire à rous ce
ceux
D 2 --- Page 56 ---
qu'il appartiendra de reconnoitre ledit Galbaud en fa fufdite
qualité, & de lui faire obéir ès - chofes concernant ladite
charge. >> Fait à Paris, le 6 février 1793, l'an II" de la Répu
blique françaite, & fcellé lefdits jour & an, par le conleil
cxécutif provifoire 32,
a
Signé; CLAVIÈRE, préfident ; & plus bas : MONGE
Sonthonax: Ce n'eft point dans les breve:s donnés par 1
conteil-exécurif qu'on doit chercher quelle étcit l'étendue de
pouveirs accordés au général Galbaud. Les brevets donné
par le confeil - exécutif fonz un protccole ot l'on prénd le
exprellions qui doivent compoler les brevets des oficicrs g
néraux & ceux des autres oficiers : ce protocole eft celui q
exiftoit du temps des rois. Les pouvoits de Galbaud font
peu fixés par le brevet du pouvoir exécutif, qu'il ly eft dit qu
Galbaud commandera aux juges du confeil fupérieur. Eft
que ia confitution françaile a jamais entendu qu'un com
mandant militaire pâc commander auxjages? Ce n'eft poi
dans mon brevet de commiflaire civil que j'ai cherché à érabl
ines pouvcirs, d'oft dans ies décrets rendus par les Affemblé
narionales & dans les inftruétions du confeil-exécurif; ceft
aulli qu'il faut chercherlès pouvoirs du genéralGalbaud. Or
les décrets de YAfemblée nationale n ont jamais dit qu't
officier de terre commanderoit la marine. Cen'ef pas. tou
c'eft
les inftructions du confeil-exécurif contiennent ul
SALRE exprelle des'inuifcer dans ce qui regarde la marine
je vous Tai prouvé hier. dansJ'exesait des inftructions du contr
amiral Cambis. Ces inftructions difent : le contre - amir
Cambis commandera les opérations maritimes fous les ordr
des commiffaires civils, qui lui feront tranfimis en forme
réquilitions. J'ai affez parie fur cet article; je ralle à II
dérenfe. Thomas Millet :Je vous ai indiqué hier le procès-verb
des hommes de mer & canonniers employés fut les vailfea
de la République & fur les navires du commerce > comapofa
le convei commandé par le contre-amiral Cercey,
Ic préfdent : Vous ne ponvez pas interrompre perp
tuellemnent fa défenle.
, qui lui feront tranfimis en forme
réquilitions. J'ai affez parie fur cet article; je ralle à II
dérenfe. Thomas Millet :Je vous ai indiqué hier le procès-verb
des hommes de mer & canonniers employés fut les vailfea
de la République & fur les navires du commerce > comapofa
le convei commandé par le contre-amiral Cercey,
Ic préfdent : Vous ne ponvez pas interrompre perp
tuellemnent fa défenle. --- Page 57 ---
5.3
Fond.violle : C'eft la pièce que j'avois promis d'apporter
bier. Lc préfident : Alors il eft clair quelle doit être lie.
(Thomas Millet la lit:)
Copie du procès-verbal fait parles hommes de mer & canonniers
employés far les vailfeaux de la Répablique & fr l:s navires
da commerce, compofant le conyoijous les ordres du contreamiral Cercey, aux repréfenzans du peuple compofant la Convention nazionale.
CITOYINS-RiPRESENTANS,
cc Nous frémiffons & vous frémirez fans doute, car vous
himez la patrie. Jetez les yeux avec nous fur l'affreux Sainr-Do- rableau
qui attachoit nos regards forfque nous avons quitré & la richefle de
ningu:, Saint-Domingue qui faifoit la gloire
habitans
a France 5 Saint - Domingue dont les induftrieux
hourriffoient plufieurs millions de nos frères.
des vaiffeaux
>> Depuis 1791 nous compofons les équipages
Tationnaires dans cette ile, oû nous l'avons fréquentée prefque fans interruption : qu'y avons-nous vu ? trahifons, per- des
fidies, brigandages, aflallinats, incendies, infurredtion
affranchis contre leurs bienfaiteurs & leurs pères, & par ces
mêmes affranchis, révoltes des efclaves qui, mélant leurs
cruautés à celles de leurs inftigateurs, comptent au nombre
Helcursmoindres crimes d'avoir éventré des femmes enceintes
pour jeter leurs enfans aux pourceaux. Nous vous les dénon- les
gons, les auteurs de ces crimes; il eft de votre devoir de
rechercher, de punir avec févérité ceux qui, en perfécutant,
rainant, égorgeant, torturant de toutes les manières la
réufli à
aux
M
pulation blanche, ont enfin
procurer
nègres
voltés une indépendance qui ne tardera pas, après avoir
anéanti la richefle nationale , à opérerleur propre deftruction.
Nous avons vu de nos frères, égarés par des perfides, lancer
3,j00 coups de canon fur une ville toujours ferme dans les
principes de la révolution', dont les infortunés habitans demandoient à genoux, > le drapeau national à la main, quels
étoient leurs crines, quels étoient leurs accufateurs, quels
D3,
une indépendance qui ne tardera pas, après avoir
anéanti la richefle nationale , à opérerleur propre deftruction.
Nous avons vu de nos frères, égarés par des perfides, lancer
3,j00 coups de canon fur une ville toujours ferme dans les
principes de la révolution', dont les infortunés habitans demandoient à genoux, > le drapeau national à la main, quels
étoient leurs crines, quels étoient leurs accufateurs, quels
D3, --- Page 58 ---
d'entr'eux étoient coupables? Cet aéte de férocité n'étoit que
le prélude de ce qui s'eft paile les 20, Z1, 22, 23, 24 juin
au Cap. Nous avons laille cette deplorable ville livrée aux
brigands citoyens de COu:cur Oil e; claves ; nous lavons laiffée
jonchée des cadavres de tous les blancs que leur couteau a
pu atreindre, & que nous n'avons pu arracher à leur férocité
& conduire fur nos vaifleaux; nous T'avons laiffée abfolument
pillée, > dévaftée, toutes les richelles qu'elie contenoir tranf
portées au dehors ou livrées aux Hammes qui la confumoient
depuis quatre jours.
>> Et touces CCS horreurs, quiles a commandées? Polvere
& Sonthonax. Le génér.l Galbaud a voulu s'oppofer avec
nous a l'execucion de tous ces crimes, Galbaud a été trahi
33 Salut en la pairie, a laquelle nous demandons juftice &
vengeance. -
32 Suivent toures les fignatures des officiers marinigrs, timoniers; gabiers, matelots, canonniers.
53 Pour copie conforme aux originaux partis de la baie de
Chéfapeack pour différens ports de France, l'an Il. de laRé
publique françaife une & indivilible, le I2 juillet 1793.
3 Signs, Doizé, oficier de la place. 5>
Ce Cerifié vérirable, conformément à l'arrêté de la com
miflion des coloni: :S, qui a paraphé la pière qui eft entre nos
mains. Ce 39 mcflidor, l'an III*, de la République françaife
une & indivilible,
Signé, FONDEVIOLLE, >>
Th. Millet : On trouvera cette pièce où nous l'avons indiquee.
Ferneuil: L'original eft écrit far du papier à gargouffe
Sonthonax : Cette pièce eft informe, & ne préfente aucune
relation de fignatures.
Th. Miler: Jc nel l'ai point donnée comme pièce en forme,
mais feuiement comme ine indication.
Sorthonax : Alors il ne failoit paslal lire. Ce font les in-
ible,
Signé, FONDEVIOLLE, >>
Th. Millet : On trouvera cette pièce où nous l'avons indiquee.
Ferneuil: L'original eft écrit far du papier à gargouffe
Sonthonax : Cette pièce eft informe, & ne préfente aucune
relation de fignatures.
Th. Miler: Jc nel l'ai point donnée comme pièce en forme,
mais feuiement comme ine indication.
Sorthonax : Alors il ne failoit paslal lire. Ce font les in- --- Page 59 ---
ndiaires du Cap eux-mêmes qui accufent les hommes de
uleur de l'avoir incendié.
Ie Préfident : Oà cette pièce a-t-e elle été prife ?
Th. Millst : Eile a été copiée fur l'original aux Ératsnis, à la date du 12 juilier 1793 par un des fignataires,
elle eft fignée Doizet, officier de place.
Lep préfident : La commiflion ordonne que cette pièce fera
traphée en la manière ordinaire, & que le citoyen Foneviolle en dépofera. une copie certifiée de lui aux archives
la commiflion.
Sonthona: : Ceft ses Érats-Unis
les hommes qui ont
cendiéle Caps'avifent d'écrireàla RedeRdens pour dénoncer,
eux qui ont voulu s'oppofer à leurs forfaits. Je pafle à ma
éfenle.
Un grand nombre de pièces, 3 relatives à l'incendie du
Cap, ont été recucillies par nous; plufieurs fe trouvent dans
S papiers qui n'ont pas encore été invenroriés, ou dans
eux qui ont été apportés far la frégate la Semillante : cepenant j'en ai recueilli un allez grand nombre pour confondre
nes accufateurs. Afin de ne
abuler des momens de la
ommiflion, je me contenterai 3c1 lire deux pièces principales:
ne donnerai que l'extrait des autres.
Je commence par l'extrait du journal du vaiffeau PAmérica,
enu par le capitaine Duclos-Guyor, & depuis le jcudi 20
uin jufqu'au 27 du même mois.
(IL le lit.)
Dujeudi 20 au yendredi 21 juin 1793.
e A huit heures & demie du matin le major de l'efcadre
apporté l'extrait de la loi du 15 juin 1792, relative aux
commiflaires civils nommés pour la pacification des colcnics.
Art. I I.
Etgénéralement dans tous les confits de pouvoirs, dans
les doures qui pourroient s'élever fur la nature & furl'étendue
de ceux defdits commiffaires civils, on fera tenu de déférer
provifoireinent aleur réquilition, (mofistemunsaTufmble
nationale.
D 4
apporté l'extrait de la loi du 15 juin 1792, relative aux
commiflaires civils nommés pour la pacification des colcnics.
Art. I I.
Etgénéralement dans tous les confits de pouvoirs, dans
les doures qui pourroient s'élever fur la nature & furl'étendue
de ceux defdits commiffaires civils, on fera tenu de déférer
provifoireinent aleur réquilition, (mofistemunsaTufmble
nationale.
D 4 --- Page 60 ---
Art. V.
S La délobéiffance fera regardée comme crime de
trahifon > & ceux qui s'en rendront coupables feront haure
en France avec les pièces qui conftateront le délit, pour envoyé étr
pouriuivis & jugés felon la rigueur des lois.
Pour extrait conforme.
93 Signé, le contre-amiral CAMEIS.
s Cet ordre a été fuivant les ordres du contre -
Cambis,
amira
sp A noufheures un quart le commandant a mis famm
d'otdtes l'oficier de corvée Vel tranfporté à bord,
s'eft adrefTé au contre - amiral Cambis pour demander leque fe
ordres. Le général lui a dit de me dire qu'ii ne comman
doit plus, & qu'il n'avoit pas même le pouvoir d'avoir ur
eanot pour delcendre à rerre ; que c'étoit le général Galbaud
qui s'étoit emparé du commandement. L/offcier a demande
les ordresà Galbaud, quilui a dit de me dire de m'embofler
L'officier lui a demandé l'ordre
écrit, Galbaud lui
répondu qu'il n'en donnoit pas. EEtd officier a été obligé de
recevoir'cet ordre > érantla voix des différens équipages de
l'état & marchands ?. qui prenoient le parti de Galbaud
maigré les repréfentations qute le générai Cambis leura faites.
Galbaud a donné ordre à ious les bâtimens
fe trouvoient entre-la terre & les vaiffeaux, de fe retirer qui au
ce qu'ils ont fait. L'ordre de rous embofler n'a point large, été
exécuté, ne connoifiant point l'ordre de Galbaud,
le moment, s'eft tranfporté à bord , & tous les qui, bâtimens dans
de la République, exceptéle mien, on'il a harangué les équipages, quilent fort approuvé, fuivant ce que nous avons
enrendu par'des cris de vive le général Galbaud des vailfeaux PEol 3 le Jupicer, & les frégates fe font emboilees
devant la ville.
2: A midi un quart ileft venu une forte députation des
differens batimens,qui m'ont demandé de quel
kk li je ne çomptois pas faire çomme les auires partij'étois, batimens de
ien, on'il a harangué les équipages, quilent fort approuvé, fuivant ce que nous avons
enrendu par'des cris de vive le général Galbaud des vailfeaux PEol 3 le Jupicer, & les frégates fe font emboilees
devant la ville.
2: A midi un quart ileft venu une forte députation des
differens batimens,qui m'ont demandé de quel
kk li je ne çomptois pas faire çomme les auires partij'étois, batimens de --- Page 61 ---
$7
la Républicue : je leur ai demandé qui commandoit la rade ;
un canonnier de la marine a pris la parole, & m'a dit que
c'éroit Galbaud & les équipages qui commandoient à - préfent; que le général Cambis étoir dans fa chambre aux arrèts.
Je leur ai répondu que je ne connoiflois point M. Galbaud,
& que j'ignorois fes pouvoirs ; que loriquil viendroit les
communiquer 7 & qu'il me feroit voir ewil eft autorifé à
faire ce qu'il fait, je verrois ce que j'aurois à faire. Lardépuration a répondu
s'il n'étoir pas venu à mon bord,
ceft qu'on lui avoit aree quel'on auroit tiré furluis que c'étoit
ce qui Y'avoit empéché d'y venir, mais qu'iy viendroit.
9) A une heure après-midi il eft venu une députation dire
al Téquinage que; s'ilvoulcit, ils alloient chercher Gaibaud,
mais quil craignoit gu'on lui eût fait quelqu'infcite: on
leur répondit qu'on n'infultoit perfonne; 5 ils ort dit qu'ils alloient le chercher. A deux heures il eft venu un officier du
Jupiter m'apporter une Jettre de Galbaud, cet officicr m'a
dit que le citoyen Cambis étoit aux arrêts à fon bord.
>> A deux heures un quart on a mis Hamme d'orà bord
du Jupiter 5 l'officier y a été de fuite: Galbaud lui a dit
qu'il éroit faché de ne s'ètre pas tranfporté à mon bord,
mais qu'il ne doutoit pas du patriotifme des officiers ainfi
que de l'équipage.
sp A deux heures &. demic il-eft venu un officier du Jupieerm'apporter un ordre contenant ce qui fuit: cc Les citovens
3 des vailleaux de la République font prévenus que le fignal
> de la defcenre fera un
de canon, & pavillon bleu à
>, la tête du mât d'artimon. ahar Galbaud, gouverneur ge-
> néral des Ides-fous-le-rent.
22 J'ai faitapprèter la chaloupe, le détachement duvaiffeau.
>> A quarre heures le fignal ayant été fait, j'ai fait expédier la chaloupe > commandée par le ciroyen. Leroux, s
lieutenant de moal bord, & un détachement de trente homnes,
commandés
le citoyen Bouché, à qui j'ai recommandé
de tâcher de ft rendre auprès des commiflaires civils ait gouvernement. Le citoyen le Bouché, ayant vu l'impoflibili:é
de s'y rendre, s'eft replié, voyantla canonnade &: fufillade
qui.fe faifoit de tous côtés. A fept heures il s'elt embarqué dans la chaloupe avec fon dérchement, excepté cing
hommes, dont un de blelle, fuivant le rapport du citcyca
, à qui j'ai recommandé
de tâcher de ft rendre auprès des commiflaires civils ait gouvernement. Le citoyen le Bouché, ayant vu l'impoflibili:é
de s'y rendre, s'eft replié, voyantla canonnade &: fufillade
qui.fe faifoit de tous côtés. A fept heures il s'elt embarqué dans la chaloupe avec fon dérchement, excepté cing
hommes, dont un de blelle, fuivant le rapport du citcyca --- Page 62 ---
le Bouché, J'aiapprouvé la ccnduite prudente que le
le Bouché a tenue , n'ayant pas tiré un
de fufil. citoyen
93 Nota. Au moment où j'aie expédié la chaloupe coup > plulieurs
embarcarions de différens navires font venues à bord,
de monde, demander des fuffis, fabres & piftolets 5 chargées je leur
ai répondu que je n'avois.que de quoi armer mes embarcations : en conféquence, j'ai fait donner un coup de fifflet
pour armer le grand canor. Les équipages de ces embarcations fe font embarqués, après avoir
quelques paquers
de
pris
cartouchcs > fe trouvant au moment oh l'on' en diftribuoit
au détachement : ces embarcations font allées à terre, en
tenant des propos inful:ans & des menaces.
Cc A onze heures & demie du foir j'ai reçu, par un officier > une proclamation des commiffaires civils > adreffée
aux ciroyens matelots, canonniers & foldats de la République > don: copie.
33 A cnze heures trois quarts il oft venu un écrit du bord du
Jupiter, contenant ce qui fuir :
ce Une fufée > fignal de nous envoyer du fecours ;
deux
fufées qui fe croileront, on tirera entre les deux fufées
qui
tomberont du même bord. Signé,le gouverneur général dès
>> Isles-fous-le-vent. 3>
R 3> A quatre heures & demie il eft venu un canot du Jupiter
avec un officier apporrer un ordre du général Galbaud, qui
demandoit trente hommes pour envoyer au Merne. J'ai répondu à cet cfficier que je n'avois point de pareils crdres
à denner; que c'étoient les (quipages qui commandoient la
rade. A cinq heurcs & demie j'ai fair lire la prociamation qui
étoit venue à minuit. A la même heure;l leJupitera mis flamme
d'ordre, j'ai envoyé un officier qbi reçut l'ordre d'un officier
du Jupiter , qui étoit de me dire de faire defcendre le
détachement & les canonniers à terre > pour fe rendre à
l'Arfenal ou fe forme le raffemblement; ce qui n'a point été
exécuté.
Du vendredi i21 au famedi 22 juin.
29 Dans la matinée il s'eft réfugié à bord des foldats de
différens régimens, ainfi que des femmes. A huit heures parut
une irégate que nous avons jugé être la Précieufe > venant
qui étoit de me dire de faire defcendre le
détachement & les canonniers à terre > pour fe rendre à
l'Arfenal ou fe forme le raffemblement; ce qui n'a point été
exécuté.
Du vendredi i21 au famedi 22 juin.
29 Dans la matinée il s'eft réfugié à bord des foldats de
différens régimens, ainfi que des femmes. A huit heures parut
une irégate que nous avons jugé être la Précieufe > venant --- Page 63 ---
u fort Dauphin: an canot de IEole a été à fon bord au large.
De huit heures à midi il y a eu une forte canonnade & tulade dans la ville du Cap, qui a caufé un grand carnage,
uivant le rapport que l'on nous en a fait. A la méme heure,
vaifleau le Jupiter a mis Hamme d'erdre; j'ai envoyé un
ficier à l'ordre : l'officier m'a rapporté que l'ordre verbal
toit de me dire de maintenir l'ordre dans Téquipage, A une
eure la frégate la Précieufe a mouillé dans la rude. d'ordre;
>> A une heure trois quarts le. Jupiter mir H.mme écrit,
ai envoyéTofficier à l'ordre, qui me l'a apporié par
portant d'envoyer cent hommes armés à terre > un oflicier
lu vaifleau à leur tête, & ferrés fous les ordres du comnandant des forces de la République à terre. Signi, Galbaud,
ailu cet ordre à l'équipage, quiarépondu qu'il ne. connoif
oir poin: lesordres de G lbaud; ce quej'ai vu avec fatistaction.
> A deux heures il eft venu un ordre de f.ire defcendre Un
ous les habitans du Cap qui s'étoient réfugiés à boid.
officier de la Précieufe eft venu me demander la chaloupe
pour s'amarer; ce qui lui a été envoyé,
s A cinq heures & un quart j'ai eu ordre de me rendre
bord du Jupiters pour allifter à un confeil de
qui
doir s'y tenir. Il a été queftion d'envoyer la
à la
cone
calle de l'étar pour y fauver des far' nes que l'on avoit forries
du magafin général : toutes les chaloupes de la rade ont en le
même ordre. J'ai fait expédier la chaloupe qui a été à ia
calle, & ont fauvé foixante barils de farine qu'ils ontapportés
à bord; les autres en ont fauvé ce qu'ils ont pu. chambre du
>, A huir heures du foir eft venu >. dans la
confeil, une députation d'un homme de chaque grade & de
chaque état me demander à appareilier & à mettre à la voile;
quils craignoient que fi nous ne faifions pas comme les autres,
on tireroit fur nous; 5 qu'ils éroient menacés de tous les
leur
l'affaire du Pert-au-Prince.
LEM
pages; qu'on
reprochoit
In'arriveroit.
leur ai dit qu'ils n'avoient rien à craindre, & qu'il
rien de femblable: cela les a un peu tranquillifés. La niz
seft paffée en canoinade, fufillade & fammes dans toute la
ville. A deux heures & demie.du marin, le 22, eft venuà
bord un officier avec un ordre circulaire du contre * amiral
Cambis, portant : Ileft ordonné qu'à la pointe du jeur les
bàtimens de guerre de la République enverront à terre le plus
craindre, & qu'il
rien de femblable: cela les a un peu tranquillifés. La niz
seft paffée en canoinade, fufillade & fammes dans toute la
ville. A deux heures & demie.du marin, le 22, eft venuà
bord un officier avec un ordre circulaire du contre * amiral
Cambis, portant : Ileft ordonné qu'à la pointe du jeur les
bàtimens de guerre de la République enverront à terre le plus --- Page 64 ---
de monde pollible, armés ou non, afin de
les
férens objets qui fe touveront devoir être
fauver
dif
enverront dèsla connoiffance du préfent ordre. embarqués: ils le
Je n'ai pas voulu donner aucuns ordres à ce Signé Cambis A
heures & demie, flamme d'ordre à bord du
fujet. cin
un
officier à l'ordre, qui m'a dit verbalement Jupiter; de jai la envoy d
contre-amiral Cambis d'envoyerune corvée det trente hommes part
pour: l'aider à fe grayer, ce qui a été exécuté, & de
cevoir toutes les femmes & enfans qui viendroient à re
ainfi que les bledtés.
bord
Du, 22 dimariche au 23 juin 1793.
9> A neuf heures du matin eft venu à bord le citoyer
Bauge, oficier au foixante-troifieme régiment, qui nous
rapporté que le pillage, le feu & le mallacre étoit à for
comblé ; qu'il avoit tont perdu, heureux de
23 A dix heures flamme d'ordre à bord du fc fauver.
voyé un officier prendre l'ordre, qui étoit de renvoyer Jupiter 2 tous en
les' hommes de terre qui fe feroient réfugiés à bord, &
d'envoyer tousles marclots & foldats qui voudront
à terre pour fe rendre aux ordres du géréral Galbaud defcendre
va sy rendre; aucun égard a pareils ordres, tout a refté qui
tranquille:
3 A dix heures & demic eft venu un ordre circulaire du
général Cambis, portant : L'urgence des circonftances étant
prife en cenfidération, il ef ordonné à tous les bâtimens
la République de recevoir en dépôr les munitions &c vivres de
3E pourront-êrre envoyés, afin de les conferver à l'ufage
barimens, ou pour les remettre en magafin fuivant
ordres qui feront donnés par les autorités conftituées de les la
République françaife.
33 Signé, le contre-amiral CAMEIS.
33 A deux heures famme d'ordre à bord du Jupiter, envoyé l11 cficier; I'otdre éroit d'envoyer du monde à terre
pour fauver des effets des magafins > & ordre à moi de
me rendre à bord du Jupiter, On n'a
été
je me ftis rendu à Tordic.
pomt
à terre, 3. &
qui feront donnés par les autorités conftituées de les la
République françaife.
33 Signé, le contre-amiral CAMEIS.
33 A deux heures famme d'ordre à bord du Jupiter, envoyé l11 cficier; I'otdre éroit d'envoyer du monde à terre
pour fauver des effets des magafins > & ordre à moi de
me rendre à bord du Jupiter, On n'a
été
je me ftis rendu à Tordic.
pomt
à terre, 3. & --- Page 65 ---
>> Tenue d'un confeil de guerre
n'a fini qu'à onze
eures du foir , où il étoit décidé 2 faite parir. le plus
romptement poflible ; la Hotte eft convoyée par toutes les
orces navales jufqu'au débouquemient.
> A trois heures du matin on eft venu me chercher par
rdre verbal du contre-amiral Cambis pour aflifter à un
ouveau confeil; Golbaudn'étant plus à bord, étant retourné
bord de la Normande 2 il fur décidé de me donner un
ordre contenant ce qui fuit :
du
3) Il eft ordonné au citoyen Duclos Guyot, capitaine
raifleau VAmérica, de s'entendre avec le citoyen Miférade
pour Ja tranilation du général Galbaud à bord de ce vaifeau 5 l'ordre ferà exécuté fans délai, & c'eft pour être remis
la difpolition de la comimillion civile. A bord du Jupiters
2 23juin 1793.
>> Signé, le contre-amiral CAMBIS.
3 Crt ordre a été fans' offet.
>5 Nota. Dans la nuit on m'a donné l'ordre d'envoyer le
grand canot à terre pour fauver des barils de poudre; j'ni
en conféquence expedis de fuire le grand. carot : lorlqu'il
a été chargé, 2 onluia a donné Yordre à terre d'allor dépofer
cette poudre à bord d'une prife, ce qui a été exécuté.
>> Dans la matinée j'ai fait faire par ie ciroyen Madren
une demande en remplacement de; poudres 8c boulets pour
nous compléter ce qri avoir été coolommé 21i Pori-auPrince. Le ciroyen Madrea s'eft rendu aupres du général
Cambis pour lui fire fignerla demande, Le.s général Cambis
a dit au citoyen Madron que 2 comomafequipage du vaifleau
VAmérica s'étoit bien comporté dans la révolte qui a eu
lieu.,, les autres équipages qui lui en vouloient, vertoient
peutêtre que finous, envoyions prendre des pondresceborlers,
qu'ils ne regarderoient cela que comme action hoftile, qui
pourroir faire uin très-mauvais effet; qu'ti le chargeoit de
me dire d'agir fuivant ma prudence.
>) Le citoyen Madron m'a rapporté que quelques-uns de
fa connoiffance à bord duJupirer l'avcient prévenu que l'on
faifoit à bord de ce vaiffeau les motions les plus incendiaires contre le vaiffeau & l'equipage de VAmérica. .>
pondresceborlers,
qu'ils ne regarderoient cela que comme action hoftile, qui
pourroir faire uin très-mauvais effet; qu'ti le chargeoit de
me dire d'agir fuivant ma prudence.
>) Le citoyen Madron m'a rapporté que quelques-uns de
fa connoiffance à bord duJupirer l'avcient prévenu que l'on
faifoit à bord de ce vaiffeau les motions les plus incendiaires contre le vaiffeau & l'equipage de VAmérica. .> --- Page 66 ---
Dimanche 23, au lundi 24 juin 1793.
€c A midi, famme d'ordre qui étoit d'envoyer à terre k
canots pour fauver le monide, & qui fe jettoient à la ie
du parapet de la batterie. On y a envoyé deux canots à
même heure, ordre de bien furveiller la rade, étant menad
d'incendic,
>> lia éré donné ordre d'enclouer tous les canons , tar
des ferts que de la ville. A huit heures du foir ii eft ven
un ordre du général Cambis de ine rendre à bord du Ju
piter, oi ce général m'a dit qu'il n'avoit plus d'ordre
donner. Je fuis revenu à mon bord fans prendre aucun ordr
de Gaibaud. Le fignai d'apparcillage a été fait par le vaiffea
TEole au convoi, & fur le foir il a été mis des feux.fu
les pavillons. Comme la brife de terre étoit bonne, plafieur
batimens du commerce ont forti dans la nuit. Nous avon
défafourché pour faire le fimulacre 2 > & partir avec la fott
au jour. Le vaiffeau T'Eole, les frégates la Piécieufe 2
Surveillante & la corvette la Favorize, ainfi
la
la Normande, les avifos le Cerf&c la MMouche, T la Goclatt gabart
ont appareillé. Le contre-amiral Sercey, en apparcillant, m
envoyé 26 ou 28 citoyens de couleur que l'équipage détenoi
à fon bord. J'ai envoyé une partie des embarquations
aider au vaifleau TEole à fortir de la paffe 5 i n'a refé pou er
rade que les vaiffeaux le Jupiter, VAmérica, &e las frégate
la Fine, la Concorde, & la corvette anglaife la Yanna, &
quelques bâtimens de commerce dont une partie abandonné
par leur équipage.
s5 Nota. Les deux bâtimens où l'on avoit dépofé la poudre
des magafins ont été coulés dans l'après-midi par les équi
pages des bâtimens de la rade.
Du 24 au 25 juin.
9> A huit heures, la brife venant du large Gié de notre
eable eft reftée dans cetté polition. Le citoyen Truguer, commandant la Fines eft venu deiander des gens de corvée
pour amarrer fa frésate, expofant que tout fon équipage
lavoit abandonné pour aller à bord du Jupiter, VÉole & des
coulés dans l'après-midi par les équi
pages des bâtimens de la rade.
Du 24 au 25 juin.
9> A huit heures, la brife venant du large Gié de notre
eable eft reftée dans cetté polition. Le citoyen Truguer, commandant la Fines eft venu deiander des gens de corvée
pour amarrer fa frésate, expofant que tout fon équipage
lavoit abandonné pour aller à bord du Jupiter, VÉole & des --- Page 67 ---
barimans du commerce, qu'il ne lui reftoitque trois hommes
R bord; on lui a envoyé 30 hommes. Dans toute la journée
& la nuit beau temps.
>> A deux heures du inatin la brife très-foible, & la partie
du J.J. E. Le vailleau le Jupiter a fonné la cloche,nous
avons entendu donner un coup de fifflet pour fairerp paffer
tout l'équipage derrière; ils ont été long-temps en débais,
dont nous n'avons point entendu le fujer; quelque temps
après ils ont viré, & fe font apprètés à appareiller avec
la frégate la Concorde, & quelques bâtimens reftant du
convoi.
>. Nous avons fait le fimulacre d'appareillage pour donner
le temps au vaiffeau le Jupiter & à la frégate la Concords
de fortir de la pafle, A fix heures eft venu un canut du
vaifleau le Jupiter 3 avec un officier me dire de la part du
contre-amiral Cambis de me rendre defuite à fon bord,
ce que j'ai exécuté.
>> Lorfque j'y ai été rendu, le général Cambis m'a dit
qu'un confeil extraordinaire > tenu dans la nuit par fon
équipage > avoit mis Galbaud aux arrêts à fon bord , &
qu'il avoit repris le commandement de fon vaiffeau; qu'il
alloit appareiller pour débouquer le convoi, &
de-là
il iroit à la Nouvell-Angleterre pour y, dépofer eC grand
nombre d'habitans qu'il avoit à fon bord, &c qu'enfuite il
reviendroit au Cap prendre la ftation. Ilma demandé lje
comptois appareiller avec lui: je lui ai répondu que non,
que je comptois refter fur la rade;
tout ce que j'avois
fair n'étoit que fimulacre; que fi Por m'eit obligé
pareiller & mettre dehors dans la nuit, j'euffe fait fauile d'aproute 7 & le lendemain rentré au Cap. Et a appareillé 2
ainli que la frégate la Concorde, & le, refte du convoi. Il ne
refte dans la rade que le vailleau lamérica, 8c la
la Fine.
V
frégate
Du 25 ail 26 juin,
K A neuf heures, partie une députarion du bord vers les
cicoyens commiffaires. J'ai envoyé dans la malinée un canot
avec du monde pour déverguer les huniers d'un brik chargé
de poudre qui avoit été coulé dans la rader, ayant vilité
ses deux voiles qui fe font trouvées en très-mauvais état &
dans la rade que le vailleau lamérica, 8c la
la Fine.
V
frégate
Du 25 ail 26 juin,
K A neuf heures, partie une députarion du bord vers les
cicoyens commiffaires. J'ai envoyé dans la malinée un canot
avec du monde pour déverguer les huniers d'un brik chargé
de poudre qui avoit été coulé dans la rader, ayant vilité
ses deux voiles qui fe font trouvées en très-mauvais état & --- Page 68 ---
hors de fervice, > que l'on garde pour fourfure
fe
vice du vailleau.
pour fr
>> A midi l'on a eu connoiffance d'un pavillon fur l'ile
du carenage; j'ai fait expédier la chaloupe armée
aller de fuire; on a trouvé dans cet endroit deux blancs pour
onze
&
noirs qui sy étoient fauvés, & qui
de
tout. On les a amenés à bord, 8c je leur ai manquoient donné
comme à quantité d'autres qui font venus à bord dans réfage ce
malheureux événement.
>> Dans laprès-midi eft entrée en rade la goëlette la Con
vention nationale, qui avoit forti le. matin avec le vailieaa le
Jupiter.
3> A cinq heures, les officiers du bord qui avoient été en
dépuration vers les citoyens commiflaires, font revenus
bord avec une lettre adreffée à Féquipage, conrenant la fa
tisfaction qu'avoient les citoyens commiffaires fur la honne
conduite qu'ils avoient tenue dans cette malheureufe affaire
Cette lettre a été lue fur le gaillerd derrière, tout l'équi
page préfent. Après ledture faice, j'ai été tres-étonné de voir
qu'uae grande partie de l'équipage s'eft écriée à haute voix
qu'ils vouloient partir pour France. Je leur ai demandé
ainfi que les oficiers, ce qui pouvoit leur faire
une telle réfoluticn après la conduire qu'ils avoient prendre tenue
jufqu'à ce jour;, qu'ils alloient perdre dans un moment tous
les éloges qu'ils avoient mérités par leur foumilion aux lois;
que d'ailleurs nous ne pouviens pas abandonner les
commiflaires fans avoir reçu leur ordre de partir citoyens ce
feroit nous compromettre auxyeux dela République 5 fr que nous
confentionsà ce' départ, Ils nous ont répondu qu'ils ne
voient pas refter dans la colonie avec fi peu de forces poula defendre; que d'un moment à l'autre nous ferions pour
par nos
bloqués
ennemis, & que nous mourrions'de faim 3
tous
les autres équipages alloient en France; qu'ils y
caufe benne
dnieg
3 que tout le blâme retomberoit fur eux, &
qu'ils vouloient parir pour France pour plaider leur caufe.
Je leur ài dit qu'ils étoient mal confeilles, &
s'ils perfiftoient, ni moi, ni Pétat-majer ne refterions à Tnt Enfin,
après plufieurs remontrances inuriles > je leur ai dir qu'ils
pouvoient nommer une dépurarion entr'eux pour aller vers
les citoyens commifaires pour leur faire la reprefentation;
pour
que tout le blâme retomberoit fur eux, &
qu'ils vouloient parir pour France pour plaider leur caufe.
Je leur ài dit qu'ils étoient mal confeilles, &
s'ils perfiftoient, ni moi, ni Pétat-majer ne refterions à Tnt Enfin,
après plufieurs remontrances inuriles > je leur ai dir qu'ils
pouvoient nommer une dépurarion entr'eux pour aller vers
les citoyens commifaires pour leur faire la reprefentation;
pour --- Page 69 ---
bur lors ils fe font difperfés, & tout a 6t6 tranquille. Lca
inoniers & le déracaement n'ont pas pris la même réloion, gu'au contrairé ils m'onte exprimé Jeur vocu pourrefter
our la défenfe de la colonie. La nuit, rien de nouveau. A
nq heures du matin, j'ai voulu faire lever l'ancre pour
htrer le vaifleau plus avant dans la rade &c laffourcher;
Equipagen'a pas Voula virer, difant qu'ils vouloient aller
France,-&c qu'ils alloient parler aux commiflaires,
Du: 26 au 27 juin 1793*
cc Daris la matinée > jai mis, > fuivant l'ordre des citoyens
ommiflaires civils, les foldats des différens
& les
itovens de couleur qui étoient à bord; le régimens, tout ayant été
onduit par le citoyen d'Auche > officierau foisants-troificme
Egiment; : ils ont été débarquer à la petite Anfe, pour de là
ller rejoindre les citoyens commiffaires au haut du Cap.
Dans la matinée j'ai envoyé des gardiens à bcrd des difféns biriméns qui m'ont parit abandonnés; ; j'ai donné des
rdres aux gardienc.de ne laifler rien forir de ces bâtimensjufqu'au préalable que je n'aie reçu ordre des commifpires.
33 A midi & demi > quelqnes-uns de l'équipage font venus
he donner lectured'une elpice de requête qu'ils m' ont engagé
figner, CC que j'ai réfulé.
52 A une heure; ils ont parti en députation pour aller
enter cette requére aux citoyens commilfaires. Sur les
ehres, le
ItE
citoyen Bouché, , commandant le détachement,
a venu, au nom des canonniers & de fa troupe, me préenter une' requête par-laquelle il allure les ciroyens commiftures leurs ordres; joi beaucolp approuvé leur
ue jai fignés en' conféquence. Le ciroyen Eeuché, pétition, comnandant le décachement > avec un canennier & un foldat
a détachement, ont demandé à aller porter leir VOetl aux
commiffaires; ce que je leur ai accordé de fuite. A huit
leures du foir, les deux députatioxs étoient de retour
tompagnées d'un délégué des commiflaires civils, qui > a ac- lu
ar le gaillard, en préfence de tout léquipage 2 la
jue les commiffaires civils font à la lettre qu'ils ont réponfe
Tome FIIL. Soixanse-sreiglime liyraifon,
E reçue
leir VOetl aux
commiffaires; ce que je leur ai accordé de fuite. A huit
leures du foir, les deux députatioxs étoient de retour
tompagnées d'un délégué des commiflaires civils, qui > a ac- lu
ar le gaillard, en préfence de tout léquipage 2 la
jue les commiffaires civils font à la lettre qu'ils ont réponfe
Tome FIIL. Soixanse-sreiglime liyraifon,
E reçue --- Page 70 ---
G6
de Péquipage, par laquelle il leur marque leur furprife
voir quils demandent à abandonner la- colonie dans un mc
ment auffi critique comme celui-ci, après s'être toujou
comporté E fermement, &c qu'il falloit tefter dansla coloni
A cinq heures au matin, j'ai donné ordre de virer à pi
pour entrer ples en deduns de la rade, ce qui a été ex
curé.
25 Ayheures, le délégué des coramiffaires civils eft par
& a emmené ayec luile citoyen Leroux, lieutcnant de mo
bord : les muclots ont firh beauccup de reproches aux folda
& camonriets.dif.atgulls les trahifloient; jel les ai beaucou
engagés à ne pas faire attention que cela tombercit €
peu.
23 A bord de Pamérica, le 30 juin 1793.
5 Certifé véritable, Ducios-Guyor."
Il réfulte de.ce journal, I°, que Galbaud eft auteur (
l'infurreéion des gens de mer; que bien loine qu'il ait été lu
même entrainé dans un mouvement inferrectionnel des ger
de mer, il a cauie cette iniurredion; qu'ila parcouru tot
ies vaiffeaux, de TErat pour engager ies matelots à fe joind
à lui pour defcendre à terre > y venir affalliner les commi
faires civils. Ilréfulte également que les magafins & la pos
drière du Cap ont été pillés pàr les gens de la rade; que
pillage a été fait par ordre du général Galbaud, & mis
bord de deux prifes anglaifes qui ont été coulées bas dar
la rade. Ilen réfule également que le vaifieau IAmérica G
refé fidele à la République, quil a refufé de prendre pa
à Thorrible inftrrection ditigée par Galbaud, que Galbau
lui-même n'a pas ofé aller à fon botd.
Je produis enitite une lettre datée du 20 juin > écri
aux commillaires civils par Saurer, capitaine de port, dar
laquelle il les prévient quie les vaifeaux de guerre de
République s'emboflent fur la ville du Cap, avant le renv
de la brife du large par colie de terre. Je communique
pièce.
Une autre
eft une dépofition faite par le maiti
canonnier & HECA canonniers de VAmérica devant
à fon botd.
Je produis enitite une lettre datée du 20 juin > écri
aux commillaires civils par Saurer, capitaine de port, dar
laquelle il les prévient quie les vaifeaux de guerre de
République s'emboflent fur la ville du Cap, avant le renv
de la brife du large par colie de terre. Je communique
pièce.
Une autre
eft une dépofition faite par le maiti
canonnier & HECA canonniers de VAmérica devant --- Page 71 ---
atre-amiral Cambis. Il réfulte de cette dépofition que des
onnicrs de la Normande fonc chargés par Galbaud de
culerà bord des différens birimens pour .corrompre les.
sipages, les inviter à defcendre à terre 3 parce que 3
ent-ils, les commiffaires font affafiner les blancs; cette,
ce eft vifée par le conrre-amiral Cambis, & de plus cu
au bas de ce vifa qu'elle a été envoyée à la commiflion
ile ie 20 juin au matin. Je communique également cette
ce aux colons. Je vais faite tranferite aux débats linvion faite par le général Galbaud daux mparins de VAméricas
fo rendre à terre pour enlever les commiliaires civils,
tte lettre eft originale & fignée Galbaud,
(Il la lit:)
ettre de Galbaud aux cicoyens compefant Péguipngs
PAmérica, du 20 juin 1793.
Les braves marins de lAmérica font certainement mus
les mêmes principes que ceux des autres vailfeaux de
cat. Dans la tournée que je viens de faire dans la rade
trois defiré caufer avec eux, m'en faire connoitre, & les 1
ruire des dangers que. court la colonie entre les mains
ne autorité qui a fecoué le joug de la loi; mais les mons font courts, ils font trop précieux pour les
nultitude d'affaires dont je feis occupé en ce moment négliger: elt
eule caufe qui m'empêche de'me rendre à bord delAmi-
; je me flatte que les bons citoyens qui s'y trouvent ne
néprendront point fur mes motifs, 8 concourront avec
S frères d'armes pour détruire T'autoriré
t anéantir les perfonnes & les propriérés. tyraniiique qui
A bord du Jupiter, le 20 juin 1793, l'an deuxième de la
oublique,
Le gouverneur général des Iles-fous-le Vent.
Signis GALBAUD, 77
Farneuil 3 J'oblerve far la dépofition des canonniets de
Ea
qui s'y trouvent ne
néprendront point fur mes motifs, 8 concourront avec
S frères d'armes pour détruire T'autoriré
t anéantir les perfonnes & les propriérés. tyraniiique qui
A bord du Jupiter, le 20 juin 1793, l'an deuxième de la
oublique,
Le gouverneur général des Iles-fous-le Vent.
Signis GALBAUD, 77
Farneuil 3 J'oblerve far la dépofition des canonniets de
Ea --- Page 72 ---
LAmérica, qu'il y a 20 juin 1790, je ne fais quelle ann
républicaines le mot 1793 a été mis, & alyavoit 1790.
chifire 13 eft fait avec une encre beaucoup plus noire,
qui prouve unfaux matériel.
Sonthonax : Ileft très-poflible que cette pièce ne foit
rédigée d'une manière très-probante. Je ne la donne que pc
ce'qu'elle eft; elie eit cercfiée par le contre - amiral Camb
je ne préfente ici que le vifa du contre - amiral Camb
Cette pièce m'eft parfairement étrangère d'ailleurs.
Le préfidlent : L'encre da chiffre 3 me paroir être la më
que celle du vija qui eft en marge,
Sonthonar: Voici une pièce fur laquelle les colons
chicaneront pas; clie eft liguée Galbaud; je la crois mê
écrite de fa main.
(Il la lit.)
Lcttre du général Galbaud aux citoyens compofant P'équip
de PAmérica, 20 juin 1793.
cc Le gouverneur général des Ies-fous-le-vent:
>) Les citoyens des vaiffeaux de la République font pré
nus que le fignal de la defcente fera un coup de canon
pavillon bleu à la.tête du mât d'artimon.
>> A bord du Jupizer, le 20 juin 1793, l'an deuxième
la République.
9> Le gouverneur général des Ifes-fons-le-vent,
2> Signés GALBAUD.
Le citoyen Duny m'obferve que la lettre
je lisn
écrite dogla main de Galbaud, mais 12C12 eft figr
82 lui
Duy:1 Elle eft dela amain de fon aide-de-camp Confcien
& fignée de Galbaud.
Sonthonax: IlcAbienclair rque Galberdicineyanendon
quelsbeaesmmunadelafepubliqueienifientteninfaureda
neur général des Ifes-fons-le-vent,
2> Signés GALBAUD.
Le citoyen Duny m'obferve que la lettre
je lisn
écrite dogla main de Galbaud, mais 12C12 eft figr
82 lui
Duy:1 Elle eft dela amain de fon aide-de-camp Confcien
& fignée de Galbaud.
Sonthonax: IlcAbienclair rque Galberdicineyanendon
quelsbeaesmmunadelafepubliqueienifientteninfaureda --- Page 73 ---
e, prifonnier fur la Normande, il lesa foulevés lui-même
ur détruire, difoit-il, notre autorité tyrannique. Je commique la pièee. Voici un ordre de commandement donné
r Gaibaud, figné de lui; cer ordre contient la promorion
n prifonnier dérenu à bord du St-Honoré, à la place de
mmandant des troupes de la République au Cap.
(II lit:)
Ordré donné par Galbaud au commandant du vcifoau
PAmérica, dz 21 juin 1793.
ee Il efto ordonné au commandant du vaiffeau de la Répuique IAmérica d'envoyer cent hommcs armés à Tarfenal,
us les ordres de deux ofliciers du berd; ce détachement
a fous les ordres du ciroyen Foreftier, commandant les
oupes de la République au Cap.
5 A bord du Jupizer, le 21 juin 1793, l'an deuxième de
République.
2 Le gouverneur général des Iles-fous-le-vent,
>> Signé, GALBAUD.
J'obferve quie l'ordre donné à Foreftier de commander les
bupes de la République eft une violaticni des lois de la Réiblique >. de l'autorité des commifiuires civils. Galbaud
pnnoit ici à un prifonnier le commandement des rroupes
là Répabliqne; Galbaud éroit lui-môme prifonnier lorfil faifoit cette promotion. Voici l'ordre donné par le géEral Galbaud, & ligné de lui, pour defcendre à terre. Vous
Pyez que Galbaud fe déclare ici le chef de l'infunection
ontre les commilfaires civils, il donne lui-même'le fignal;
eft après avoir mis aux arrêts le contre - amiral Cambis,
nfi que rous l'avez vu par les pièces que je vous ai lues,
e communique Ja pièce; elle eft fignée Galbaud.
Voici un ordre donné par Foreftier, commandant en feond les troupes de la-République, fous les ordres du généal Galbaud, Cet ordre eft du 22 juin; il elt ainfi conçu:
E 3
faires civils, il donne lui-même'le fignal;
eft après avoir mis aux arrêts le contre - amiral Cambis,
nfi que rous l'avez vu par les pièces que je vous ai lues,
e communique Ja pièce; elle eft fignée Galbaud.
Voici un ordre donné par Foreftier, commandant en feond les troupes de la-République, fous les ordres du généal Galbaud, Cet ordre eft du 22 juin; il elt ainfi conçu:
E 3 --- Page 74 ---
(Il lit:)
Ordre de Foreftier, du 22 juin 1793.
Cc En vertu des ordres du général Galbaud, le gardien
fort Saint-Jofeph laifera encloucr les canons & mortiers.
2 Au Cap, ce 22 juin 1793. Signé, FORESTIER. >>
Je communique la pièce, Il'réfulte de cet ordre que G
baud a donné celei d'encloner lcs canons de la Républiqu
afin, fans doure, de donner à Temneni exrérieur- plus de
cilité
s'eniparer de. la colonie : j'aurai occafion de pre
ver ERETO On ne s'eft pas contenté d'enclouer les canens,
a fcié tots les affats, on a méme calle les éconvilions
plufieurs canons, afin quils ne puffent lus fervin; vous
trouverez la prenve dans le procès_verbal dreffe par le COI
mandant de Tarillerie au Cap, le ciroyen Eourillier.
proces-verbal doit êure dans la partie des Fitces non enç
inventoriées.
Duy: Quelle date?
Sonzhonax : Je ne me la rappelle pas > mais je me rappe
le prouds-verbal; vous y'verrez l'érat dans lequei Galba
avoit laiie les forts; 5 non-feulement il avoir fair enclouer
canons, mais cncore fcier tous les affits. Voici un Ieçu
Confeiencé, aide-de- camp du général Galbaud, émigréav
lai,au' Canada.
(Illir:)
Regu donné par Confcience.
K J'ai reçu du gardien du fort Saint-Toleph 3$ gargoul
pleines, de 24> & crois bariis de poudre, que j ai fait jet
2 la mer.
5% Au fort Saine-Jofeph, le 22 juin 1793,Tan ;* de
République,
: Lnide-de-camp du général Galbaud.
eSignés CONSCIENCE, 4
du général Galbaud, émigréav
lai,au' Canada.
(Illir:)
Regu donné par Confcience.
K J'ai reçu du gardien du fort Saint-Toleph 3$ gargoul
pleines, de 24> & crois bariis de poudre, que j ai fait jet
2 la mer.
5% Au fort Saine-Jofeph, le 22 juin 1793,Tan ;* de
République,
: Lnide-de-camp du général Galbaud.
eSignés CONSCIENCE, 4 --- Page 75 ---
Vous voyez que Galbaud ne vouloit pas môme, en cnleant les poudres de la ville du Cap, les rendre. utiles à Ja
tépublique en les mettant furles batimens de la Républiqne;
ela cût été contraire à fon but.
Il fait couler bas, dans la rade, à coups de pinces, deux
àrimens de la République chargés de 166 milliers de poudte,
ous trouverez dans les regiftres de la commifion des coloies, érablie à Breft, des dépofitions faites par les matelots
C canonniers du Jupiter, ies mêmes qui ont bré mis en inurrection par Galbaud contre les conmiffaires civils; ils
épofent avoir reçu de Galbaud l'ordre de couler bas, à coups
e pinces, deux bâriinens chargés de IO6 milliers de poudre,
Dans des écrits diftribués ici au nom de Confeiencese aidee-camp de Galbaud, on avoue qu'on a coulé bas, dans la
ade du Cap, toutes les poudres prifes à P'arfenal; mais on
itribue l'ordre de les couler bas au contre-amiral Cambis.
A T'appei de ce reçu de Confcience, je vais vous lire une
charion cxrremement courté d'un citoven qui (e trouvoir
nenterl gerde au fort Jofeph lorfque Taide de-camp Confience elt venu faire enlover les gaegouffès & deux barils de
poudre, de qu'il les a faitjeter à la mer..
(II lit :)
<
c L'an mil fept cent quatre-vingt-tsize, le deuxième dela
République, & le feize fepcembre, pardevant nous LegerFélicité Sonthonax, commillaire civilde hRépublique a écrivant Jnoques-Madie-fjerro Gaulr, fecrétaire -adjoinr de la
commillion civile, s'eft préfenré ie citoyen Laurenr,demeurant au Cap, lequel a déclaréqufêtant degarde au fort Picolé
dans la journée du 22 juin dernier; que, fur les huir heures
du foir, une chaloupe du vailleau le Jupiter vint aborder à
Thabitation 1
Rival, àc mit à rerre un derachement d'enviren
vingi-cinq hommes, compole de mateiots & canonniers du
Jupiter, commandé par unofficior du même bord; qu'ils ont
palléla nuit au corps-de-gatle, 8c ne fe fonc entretenus que
du projet de détruirejes citoyens de couleur, de faize fauter
la tète des commiflaires civils, de piller la ville ou de la raier
s'ils avoient le dellous;
E4
, àc mit à rerre un derachement d'enviren
vingi-cinq hommes, compole de mateiots & canonniers du
Jupiter, commandé par unofficior du même bord; qu'ils ont
palléla nuit au corps-de-gatle, 8c ne fe fonc entretenus que
du projet de détruirejes citoyens de couleur, de faize fauter
la tète des commiflaires civils, de piller la ville ou de la raier
s'ils avoient le dellous;
E4 --- Page 76 ---
99 Quel le lendemain famedi, à troishentes après-midi,
aide-de-camp de Galbaud entra dans ledit fort de Picole u
piftolet à la main, accompagné de deux ciroyens don: lu
avoir le menton couvert d'une plaque d'argenr; qu'en mon
trant fon piftoler ilavoir dit à la garde : Voilà les ordre
que j'apporte de la part du général Galbaud; je viens pou
enclouer les canons. Et eftectivement il les fit enclouer de
vant lui, & fe retira lorfque l'opération fur finie.
>, Quieft tout CO que le citoyen Laarent a dit avoir à dé
clarer; leéture à lui faire de fa déclararien, a dit qu'ell
contient vériré, n'y voaloir ajourer ni dimincer, & a
avec
fign
nous & le fecrétaire la préfenre déciaration, & au ba
de chaque page 2 que nous avons cotée & paraphée.
3 Signi, LAURENT, SONIEONAX. 22
Duny : Quelle eft la date & le nom?
Sonthonax : Du 16 feptembre 1793. Voici le journal ten
par l'érat-major du vaiffeau LAmenict, figné Scalans & La
vois, enfeignes de la marine. Comme ce journai eft ito
long pour pouvoir le lire en entier,je vais le conmunique
aux colons &c eh donner l'extrair.
Les colons : Nous demandons qu'on life le journal e
entier.
Le pregdent : Vous ne pouvez pas régler fa défenfc.
Sonthonax : Si vous voulez, je le lirai; mais cela ne. finir
pas.
Le préfident : Jl ne pourra ie renfermer dans les limite
prefcrires, > f vous exigez delongues leétures; vous
lu en entier
les pièces que vous avez produitcs, n'avezpa vous 16
peuvéz Fas l'empécher de ne pas lire en entier les pièce
qu'il produit pour fa défenfe.
Duny: Je me fuis aftreint à citer littéraloment.
Sonthonax: Ilréfulte de ce journal, que, le zojuin, Gal
baud s'éroit fait reconnoitre commandant des forces navale
de la République 5 après s'être traniporré à bord de tous les
batimens, > excepré IAmérica 5 qu'ila lui-même ordonné aux
équipages de defcendre à terre pour s'emparer de la perfonne
qu'il produit pour fa défenfe.
Duny: Je me fuis aftreint à citer littéraloment.
Sonthonax: Ilréfulte de ce journal, que, le zojuin, Gal
baud s'éroit fait reconnoitre commandant des forces navale
de la République 5 après s'être traniporré à bord de tous les
batimens, > excepré IAmérica 5 qu'ila lui-même ordonné aux
équipages de defcendre à terre pour s'emparer de la perfonne --- Page 77 ---
les, délégués de la Répablique; que cette defcente s'eft efectuée iur le fignal quil a lui-mhème donné; que pour s'cmarer de l'elprit des marins , il aveit deftitué le contre-amiral
Cambis, & défendu de lui obéir; que, le 2I du même inois,
la donné l'ordre au commandant de IAmérica d'envoyer
cent hommes à rérre pour combartre fous les ordtes, & que
a
équipage a répondu, après avoir enrendu la leéture de cct
ordre,, qu'il ne recomnoilloic pas les ordres de Galbaud; 5 que
le 22, du mème mois Galbaud a réiréré ies mèmes ordres,.
fans plus de fuccès;. .qu'il a menacé de rout mettre à fou &
a fangs qu'il a fait enlever les munitions de guerre &c de
bouche; qu'une tres-grande quanciré de poudres, prifes à
terre, ont été tranfporrées fur un brick anglais, mouillé
entre la terre &E le vailleau l'Eole ; que le eontre-amiral Cambis ayant voulu rellaifir l'autorité & faire arrêter Galbaud,
du Inpiter sy eft oppofé; que ce bàtiment étoit
rempli Lrt pillage fait au, Cap, & que le butin étoit G confidérable, qu'il embarraffoit la manceuvre; 5 enfin, que, c'éroit
pr les ordres de Galbaud & par le fait de fa révolte, que
la ville du Cap-Français a été pillée & incendiée.
Werneuil: Je viens de fuivre Sonthonax aux endroits qu'il
a marqués avec du crayon 5 iln'ya pas un mot, dans le journal, de l'extrait que vient de lire Sonchonax.
Duny : Demandez qu'il le life dans le journal. /
Sonchonax : Je communiquerai aux colons l'extrait & lé
journal, alors ils verront. Je ne fuis pas obligé d'employer
les mèmes rermes qtie le journal de Lavaux, lorique je fais
l'extrait de ce journal:j j'ai fait le réfiumé de ce que préfente
ce journal; la commifion fera à même de juger, lorfqu'ells
lira la piice, fije l'ai trompéc. A la fwite de ce journal elt
linterrogatoire fubi par Louis Voilin, patron du canot à
bord de la goelette la Conyention nationale. Pour ne pas lire
cet. interrogatoire en entier, j'en ai fait l'extrait. Je confie
loriginal aux colons.
Extrait de l'interrogatoire de Louis Voifin, patron du canot
d bord de la geciette la Convention naticnale, en date du
29 juin 1793.
Il réfuite de cet interrogatcire, que, le 20 juin, le com-
interrogatoire fubi par Louis Voilin, patron du canot à
bord de la goelette la Conyention nationale. Pour ne pas lire
cet. interrogatoire en entier, j'en ai fait l'extrait. Je confie
loriginal aux colons.
Extrait de l'interrogatoire de Louis Voifin, patron du canot
d bord de la geciette la Convention naticnale, en date du
29 juin 1793.
Il réfuite de cet interrogatcire, que, le 20 juin, le com- --- Page 78 ---
mandant de la gotlette la Convenzion nationale a fait
bolier fon baiiment furla villé du Cap; que, ie
l'ordre em
été donné d'enlever leu poudres de l'orienal pour 29, les mettr
fur divers bâtimens dela rade; que réouipase de la
fur employé à cette opération; que c'eit
ie fait de goilett Ja
volre de Galbaud que ia ville du Cap a par été livrée à
ré
die & au pillage..
l'incen
Pemeuil: Il n'y a pas un mot de cela.
Sonthonax : Voulez- - vous que je life l'interrogatoire er
entier?
Verneuil: Oui; ilny a pas un mot de ce que vous dites.
Sonthonax : Comme il n'eft pas treès-volumincux, je vai
le lire en entier.
(Iile'l lit:)
cc L'an mil fept cent Quarre-vingt-trsize; le deuxième de
la République françaife, & le 29 juin après-midi.
23 Nous Erienne Polverei & Léger-] Félicité Sonthonax, .
commiffaires civils de laI République, délégués aux ifles françaifes de P'Amérique fous-le-vent pour y rétablir l'erdre &
la tranquillité publique, écrivant Jacques- Maric- Pierre
Gault, nommé par nous fecrétaire ad hoc, > avons fait comparoitre Voilin, mis parnos ordres en étar d'arreftation, &
lavons interrogé comme fuit:
35 Inrerpeilé, au nom de la République 5 de jurer de nous
déclarer la vérité des faits fur leiquels nous allions l'interroger, qui pourroient être à fa connollance:
5> A juré, au nom de la République, de dire la vérité.
s> Interrogé fur fon nom, fon âge, le licu de fa
& da profeflion:
naiffance,
55 A répondu s'appeler Louis-Marie Voifin, être âgé de
trente-trois ans, néà à Boulogne en Picardie, & patron de
canot à bord de ia gotlette de la République la Convention
nationale.
23 Interrogé s'ila connoiffance que le 2ojun préfent mois,
au nom de la République, de dire la vérité.
s> Interrogé fur fon nom, fon âge, le licu de fa
& da profeflion:
naiffance,
55 A répondu s'appeler Louis-Marie Voifin, être âgé de
trente-trois ans, néà à Boulogne en Picardie, & patron de
canot à bord de ia gotlette de la République la Convention
nationale.
23 Interrogé s'ila connoiffance que le 2ojun préfent mois, --- Page 79 ---
ou un autre jour, il foit venu à fon bord des matelots du Jupiter qui avoient ordonné à Ergo, le commandant, de
s'embofler fur la ville, lui déclarant qu'on Ty contraindroit
s'iln'y confentoit pas :
33 A répondu.qu'il n'a aucune connoilfance de ce fait.
> Interrogé s'il a quicté fon bord le 20 juin & le lendemain :
> A répondu qu'il a conftamment refté à fon bord pendant
ces deux jours.
>> Interrogé fi la goëlette la Conyenzion nationale a été emboflée le 20 juin contre la ville:
le bâtiment
3> A répondu que le capitaine a fait emboffer
contre la ville le 20 juins & qu'il ignore ce qui a pu ly
déterminer."
Verneuil, C1l interruption de la ledlure : Sonthonax, dans
fon extrait, a dit que la goslecte la Convention nationale a
été embolfée par ordre du général Galbaud, & que le Cap
avoit été détruit par le général Galbaud.
Sonthonax: Je remarque d'abord, far F'endroit odjeme fuis
arrèté, que la réponfe du patron eft celle-ci: c A répondu
3) que le capitaine a fait embolfer ie batiment contre la ville
s3 lezo juin, & qu'ilignore qui a pu Ty détcrminer. >> J'ai
mis dansl'exrrait, qu'tirépate de cet in:érrogaroire que, le 20
juin, lc commandant de la godictte la Convention nationale a
fait embofperle bitiment fir la ville du Cap. Je n'ai pas ajouté
que ce fur par ordre de Galbaud: : quandjel'aurois atouré, je
viens de le prouver il n'ya qu'un inftent; donc je n'ai pas eu
tort de mettre cela dans lextrair de l'interrogatoire.
(Il continue la le@ture.)
Interrogé fi, le même jour, le commumintdulgivendongs
l'ordre aux capiraines des vailleaux de la République de fe
rendre à fon bord:
>A répondu qu'il a connoifance que, le zojuin, il fut mis
Aammed d'ordre à bord-du Jupiter: &e qu'Ergo y enyoya fon
maitre d'équipage,
donc je n'ai pas eu
tort de mettre cela dans lextrair de l'interrogatoire.
(Il continue la le@ture.)
Interrogé fi, le même jour, le commumintdulgivendongs
l'ordre aux capiraines des vailleaux de la République de fe
rendre à fon bord:
>A répondu qu'il a connoifance que, le zojuin, il fut mis
Aammed d'ordre à bord-du Jupiter: &e qu'Ergo y enyoya fon
maitre d'équipage, --- Page 80 ---
30 Interrogés'il a connoifance de l'ordre
par le commandant duJupiter:
qui fut alcrs donn
9> A répondu quIG le maitre de
falloit envoyer. la chaloupe à terre l'équipage rapporta qu'i
ville.
pour.auverkschoyense de Ia
>9 Interrogé fi, le lendemain 21, la
nationale retourna à terre :
chaloupe de la Conyenzicr
30 A répondu qu'il n'en a
ce même jour, envoyé dans le pas canor connoifance; à bord d'un qu'il avoit été,
chand; & qu'il ignore fi, pendant fon
bâtiment marété envoyéé à terre.
ablence, la chaloupe a
*Interrogé fi,! le 22,le commandant du Jupiter donna
d'envoyer les chaloupes à terre,
l'ordre
qui éroient en magalin & les poudres pour de prendre Tartenal: les provitions
quipage >9 A rébondu de fon bord. qu'iila entendu dire ainfi par le maître d'é-
.
& fielle >> Interrogé fi Ergo envoya, fur cet ordre,fa
à
fervit à traniporter des provifons & chalcupe de
terre,
2> A répondu
dans
la poudre: :
ne fut envoyéeà terre que,
cette même journée > la
que pour apporter deux
chaloupe
qu'elle ne partit qu'à midi.
barriques d'eau,
>> Interrogé f Anquetin, fecond à bord de la
les nationale, n'avoit pas été forcé ce jour-là
Conventioa
accompagner: à terre :
parleschaloupiers de
2 Atépond qu'ilavoit quittéle bord dèsle
defcendu'2 terre dans une embarcation
matin,& s'étoit
occupé à faire tranfporter des poudres de érrangére; l'arlenal qu'il étoit
bitimens dela rade, d'après le rapport des
far divers
romenèrent le foir à bord.
chaloupiers qui ile
35 Interrogé s'il a été conduit de la
à
vention nationcle :
poudre bord de la Con-
>> A répondu qu'il en a été apporté cing barrils,
3> Interrogé fur le nom des perfonnes
3 Ar répondu
quil'ont conduit: e
qu'ilétoit à bord lorfqu'ileftvenu un canot de
'il étoit
bitimens dela rade, d'après le rapport des
far divers
romenèrent le foir à bord.
chaloupiers qui ile
35 Interrogé s'il a été conduit de la
à
vention nationcle :
poudre bord de la Con-
>> A répondu qu'il en a été apporté cing barrils,
3> Interrogé fur le nom des perfonnes
3 Ar répondu
quil'ont conduit: e
qu'ilétoit à bord lorfqu'ileftvenu un canot de --- Page 81 ---
la viller; a monté
des bourgecis & un foldat, qui a apporté
laj poudre, & M a aidé à la hiller.
>> Interrogés'il a connoilfance que le commandant du Jupiter, avant d'appareiller, ait ordonné à Ergo de le fuivre :
s) A répondu que le fait lui eft connu.
32 Interrogé s'ila connoillance qu'à huit lieues au large Ergo
ait été charge par le commandant du Jupiterde revenir au Cap
y apporter des paquets :
>> A répondu que le fait eft vrai.
>5 Interrogé fi, pendant les trois jours qu'a duré l'infurrection des équipages, il a defcendu à terre &s'eft armé:
3 A répondu qu'il n'a defcendu à terre que dans le canot
pour amener & reconduire les officiers, mais ne s'eft point
armé.
>> Interrogé fi des officiers ou desgens de fon bord s'étoient
armés pentuchinfu-dion, & étoient defcendusàterre pour
foutenir le parti de Galbaud :
>> A répondu que non.
>2 Et plus n'a été interrogé ledit Voifin.
>> Leéture lui a enfuite été faite de fes dépefitions 5 a dit
qu'elles contiennent vérité , n'y vouloir. rien changer; & a
ajouté quel le 20 juin, lortqu'sl defcendit à terre dans la chaJoupe > il ramena deux négrillons qui ont été renvoyés à terre
dans le canot étranger qui: a apporté les poudres; & a figné
avec nous les jour, mois & an que delfus > après midi.
> Signé, POLVEREL, Louis VaISIN ; GAULT,/arréaire."
Je n'ai pas voulu mettre tous ces détails dans l'extrait; mais
il n'en eft
moins prouvé qu'on a enlevé des poudres de
l'arfenal Thiare les conduire en rade.
Ferneuil: : Je vous demande fi vousvoyez dans cette
felon
Sonthonax vous la dit, que c'eft Galbaud qui a
FPE:
Stac.iers ville.
Sonthonax : Citoyens > quand j'ai la l'extrait, j'ai dit:
IN ; GAULT,/arréaire."
Je n'ai pas voulu mettre tous ces détails dans l'extrait; mais
il n'en eft
moins prouvé qu'on a enlevé des poudres de
l'arfenal Thiare les conduire en rade.
Ferneuil: : Je vous demande fi vousvoyez dans cette
felon
Sonthonax vous la dit, que c'eft Galbaud qui a
FPE:
Stac.iers ville.
Sonthonax : Citoyens > quand j'ai la l'extrait, j'ai dit: --- Page 82 ---
Il réfolre de Tinterrogatoire fubi par Voifin,
le
a été emboffe par ordre de Galbaud, que les poudres que bâriment ont été
enlevées par ordre de Galbaud. Je viens de vous donner la
preuve matériclle de ces faits. Je peux bien conclure de linterrogaroire de Voifin que Gulbauda fait ealever les
puifquil : iy a qu'un intancj'ai mis fous vos yeux les poudres, ordres
donnlsp par Galbaud pour enlever les poudres: enciouer les
cancns.
A la fuite de cet inrerrogatoire, je produis le livre
de la gotlette la Convenzion nationale, tenu par Tenfeigne journal du
vailleau Ergo.
Le livre journal tenu par l'enfeigne de vaiffeau
que le général Galbaud a fait emboller les vaifleaux Ergoattefte de
fur la ville duCap le 20 juin 3 que, les jours fuivans, la guerre rade a
fait enciouer les canons des forts, piller Tarfenai, & couler bas
deux baimens de guerre chargés de poudres.
La pièce que je préfente n'eft point fignée, mais c'eft un véritable extrait dujournal d'Ergo, Ergo eit à Paris; je
commiflion de I'mnterroger à ce.fujer, & de lui préfenter prie ce la,
journai pour qu'il ait à l'avouer ou à lé défavouer; elle m'a
été remife parErgo lui-mème. Jè la communiqueaux colons:
elle n'a point été faite pour l'inftant, car elle a été éretirée de
la lialle relative à l'incendie du Cap.
Verneuit : Ergo'elici.
Sonthonax: C'eft pour cela qu'il eft facile de s'en affurer.
A la fuite de ce journal, je produis la copie officielle, cercifiée
conforme par le fecréraire de la commiffion civile > d'une
déclaration de
lienrenante-colonel du bataillon du
Morbihan; laquelle
a étée envoyée dé la NouvelleSertc
Angleterre au conleil d'adminiftration dudit
qui
Fa communiquée aux commilfaires civils. Elle baraillon, ef extraite des,
archives; elle contient à peu-prèsles mémes faits contenus-dans
les journaux des bâtimens de lal République, &
ordres donnés par Gaibaud.
prouvés parles
Voici le procès-verbal du confeil de guerre tenu extraordinairement à bord du vaiflean de guerre le Jupiter - le 22
au
foir : ce procès-verbal elt en original & en minute; il eft juin figé
aux commilfaires civils. Elle baraillon, ef extraite des,
archives; elle contient à peu-prèsles mémes faits contenus-dans
les journaux des bâtimens de lal République, &
ordres donnés par Gaibaud.
prouvés parles
Voici le procès-verbal du confeil de guerre tenu extraordinairement à bord du vaiflean de guerre le Jupiter - le 22
au
foir : ce procès-verbal elt en original & en minute; il eft juin figé --- Page 83 ---
ercey, Cambis, Traguet 5 il eftrevêtu également de la fignaurede tous les enpitaines commandant les vailleaux de lErar.
Dans ce procès-vetbal, les officiers de la marine déclarent
uela forcc maritime a bré mife eni infutrection par legénéral
Galbaud; que les deux contre-amiraux ont éré mis aix arrèts
arlesmarcdorsinfargers &q qu'ils font parvenus, malgtélinarredtion, à empècher quc Calband &1 lesi fens fillent tiretles
âtimens far la ville. Voilà la pièce en original : je la commuique aux colons.
Th. Millet : La première chofe qui me frappeles yeux en
fant cette déciaration des oficiers de ia marine, ce font ces
nots-ci: : aJes elciaves répandent par-tout la confternation,
effrci, le pillage, l'incendie. 3>
Le prefid.ne : Tu ile peux interrompre la défenfe de Sonhonx,
Sonthonax: Cen'efpoint là une obfervation fur lei matériel
ela piece.
Je produis enfuite unelettre de Truguer, du 26 juin, d'ouil
éfalre qu'aprèsvilite ftite au bord de la Hyana,il paroitqu'on
jeté àla mer o1 tranfporté ailleurs les poudres quony avoit
lépofées. L'on ne pente pas que ce navire en ait d'aurres
selles de fon armement; d'ailieurs ce bâtment a été encedee
nent maltraité & piilé par les matelots de la rade. Jc dépoie
urlel bureaus 8cje comminique aux colonslaleure de Truguet
quej jes viens de lice par extrait. Plafieurs déclarations faites par
livers particuliers qui fe font trouvés viétimes dans l'incendie
la Cap,feront préfentées par moi à la commiflion: : afin de ne
Das abnfer de fes momens, je n'en lirai qu' une feule.
(ILlit:) -
c Aujourd'hui douze avril mil
cent quatre-vinge-treize,
fan deuxième de la République
> pardevant nous
Lgeoeise
Léger-Félicité Sonthonax, commiftre civil dc la République, délegué aux ifles françaifes de l'Amérique fous lc Vent
pour rétablir Pordre &.l tranquillité publique, écrivant Joleph Deftinval, fecrétaire ad hoc de le commiflion nationale
wvilo,s'efprefenté Lapierre, fous-lieurenant des gardes natio-
-treize,
fan deuxième de la République
> pardevant nous
Lgeoeise
Léger-Félicité Sonthonax, commiftre civil dc la République, délegué aux ifles françaifes de l'Amérique fous lc Vent
pour rétablir Pordre &.l tranquillité publique, écrivant Joleph Deftinval, fecrétaire ad hoc de le commiflion nationale
wvilo,s'efprefenté Lapierre, fous-lieurenant des gardes natio- --- Page 84 ---
So
nales de la compagnie Baubert, au bourg de la Petire-Anfe
lequel nous a dic que depuis lei 16 mai dernier, travaillant de
fon état de charpenticr à f'omibarcadère du petit Caracole
chez les.c citoyens Ferrès & Laroque, le premier réfidant
T'embarcadère, & le feccnd négociant au Cap; qu'aprés avoi
fait & pofe fon ouvrage avec toute la célériré potlible 3 &
voyant que. le principal de fa befogne étcit fait &
voit s'abienter queiques jours, laiffa une perfonne quilpou
aveci
intelligent
ics ouvriers
la perfeétionner, fe difpolant, le jeud
20 juin, à venir ERRIS lui pafier quelques jours auprès de for
ami & affocié Baubert, qu'ilavoit laillé dangereulenient ma
lade lors de fon départ.
s3! Qu'i! s'embarqua fur un bateau de paffage appartenan
aux citoyers Ferrès & Laroque, audit heu du perit Cara
ccle, le 20 juin à dix heures du foir; qu'il entendit dans
la nuit un feu de moulqueterie & d'artillcrie, qui parciffoi
être dans la dircéion du Cap cu du haut du
: cemme
il
Cap
n'avoit pas encore doublé la pointe appelée pointe du
Caracole, ils n'avoient pu voir pofitivement le lieu où étoit le
ccmbar; le lendeinain matin, 21, entrant dans la rade du-Cap
à la faveur d'un petit vent qu'ils avoient eu toute la nuit,i
étoit cinq heures & demie ou fix heures; qu'il étoit couché
à côté du citoyen Jofeph Ferret, patron du bareau; qu'i
vit plufieurs canots chargés de matelois armés, & qui
force de rames accoftèrent le bateau, & demandèrent qu
étcit le capitaine. Ferret répondir : C'ef moi ". citoycns
Les matelots lui demandèrent : Avex vous ici des mulatres
nigres libres ? Que lui déclarant répondit : Citoyens, en
voilà 1172 : quiy a-cil pour votre fervice : Que le plus prés
s'élança fur lui ie fabre & le pitolet à la main. Que lui
déclarant fauta auflitôt fur fon fabre, pour fe mettre en état
de défenfe ; ce qui arrêta fon enncmi, qui.fut au méme
inftant fuivi d'uncrtentaine de fes camarades, armés de fabrcs
& de fufils, qui Jui dirent à bord du commandant : foutu
ripenid, gueux > cfalfin , Gc. Gc. 5 qu'il leur répondit
sis étoient porteurs d'ordre des commiflaires civils ou D
quelques autres autorités conftituées, qu'il obéiroit, mais
quie fans cela il étoit décidé à fe frire facrifier 3 qu'à Tmf
tant, Iun d'cux vifa fon piftciet iur lui, qui fit faulle
amorce;
ui dirent à bord du commandant : foutu
ripenid, gueux > cfalfin , Gc. Gc. 5 qu'il leur répondit
sis étoient porteurs d'ordre des commiflaires civils ou D
quelques autres autorités conftituées, qu'il obéiroit, mais
quie fans cela il étoit décidé à fe frire facrifier 3 qu'à Tmf
tant, Iun d'cux vifa fon piftciet iur lui, qui fit faulle
amorce; --- Page 85 ---
rce; il en tira un fecond , qui rata deux fois; & un autre.
dit: c'efl nous, brigands, qui donnons des ordres, non
commiffaires civils ; & nous allons vous urranger tous,
riva dans cet inftant un autre, canot, dans lequelily avoit
jeune officier fans uniforme, du bâriment de l'Etat l'Inrences, qui fe met entre. eux & lui pour le garantir des
ps qu'on lui portoir de toute part, ainfi que des coups
Fufils que les vaifleaux marchands tiroicnt furlui, ce qui
éloigné de lui les matelots dans la crainte d'être blelle;
ce jeune officier l'avoit mis fous fa protection, qu'ille
Helcendre dans fon canot, en lui failant remettre fon
t, dont un matelot s'empara en lui difant : iZ efl bien
€, il feryira tout à P'heure a te couper le COu ; que penqu'il delcendoit dans ledit canot, il reçut plulieurs coups'
troffe de fulil de la
deldits matelots S & que quand
t placé au milieu Be canot > les bâcinens marchands
ient encore quelques coups de fufils fur lui, qui ne le
thèrent pas > ce qui obligea cet oflicier à le faire afleoir
n côté, leur criant toujours de ne pas tirer. Il avoit pour
pagnon d'infortune > Pierre, mulatre, appartenant à la
yenne Montonnoir, habitante au quarticr de Limonade.
arrivés près duJupiter, tout l'équipage cria unanimement
he pas les laiffer monter, qu'ii falioit leur couper le cou s
es jetet à l'eau. Cependant ils,acoferent, 8c.les mouhens bruyans des matelots armés obligerent le citoyen
nbis & Eoulfet, oflicier, à paroitre. Leur humanité ies
agea à les prendre fous leur proreétion & à les couvrir
leurs corps, pour les fouftraire à au carnage que les mats fe difpotoient de faire de leurs perfonnes. Que. ce ne
qu'a force que Cambis leur répéta de refpeéter les lois
défendoient les voies de fait > & que fi 'lui déclarant
it coupable, cette même loi à laquelle iis vouloient fe
dre réfractaire, les puniroit dans toute fa rigueur;
vinrentà entrer dans la chambre du confeil; que là,
d
leur dit : mes amis > vous êtes ici en liei de sireté &
5 ma Jauvegarde : ne craignerpoint pour votre vie. Il leur
handa par quelle fatalité ils fe trouvoient ici; s'ils avoient
pris à l'arlenal les armes à la main, dans l'affaire de
e nuit. Que lui déclarant répondit qu'il étoit fur un.
Tome VIII. Soixante-sreiiàme liyraifon.
F
entrer dans la chambre du confeil; que là,
d
leur dit : mes amis > vous êtes ici en liei de sireté &
5 ma Jauvegarde : ne craignerpoint pour votre vie. Il leur
handa par quelle fatalité ils fe trouvoient ici; s'ils avoient
pris à l'arlenal les armes à la main, dans l'affaire de
e nuit. Que lui déclarant répondit qu'il étoit fur un.
Tome VIII. Soixante-sreiiàme liyraifon.
F --- Page 86 ---
bateau de paffage, 3 venant de Caracole, où il éroit dep
long-temps. Cambis lui apprit alors que c'étoit la. mar
& les ciroyens de couleur qui fe maflacrcient à terre. Q
lui en demanda la cauie > & qu'il lui répondit que la mar
& une partie des ciroyens de la ville vouloient qu'on
birquâr les commifaires civils, & que les citoyens de C
leur & les blincs, bons citoyens, , s'y oppolcienr ; &
Galbaud étoit à terre à la tête de-la marine atmée, P
enlever les commillaires. Qu'ils furent interrompus par
grand bruit fur les gailiards devant & derrière; c'éioit
matelots, qui, à larrivée d'un grand canot, chargé d'envi
douze ou treize citoyens de couleur, crioient : tuet > EL
ilfaut couper le cou à fes f.e coquins 5 nous ne vo.it
pas guis mont. nt à bord. Quil regarda du câré, d'ab
reconnur les'ciroyens Latortue & Pierre Auguftin,
capitaines dans les compagnies
T
franches, les ciroy
Démélés, Méry & d'aures dont il ignore les noms :
les citoyens Cambis & Roufièt agirent avec autant de bc
pour les nouveaux venus, que pour eux; qu'ils furent
aux fers ious les paffavens 5 que Cambis revenant à et
leur dit : ms amis, l'équipuge ejt très- courroucé COntrc
de Ce que vous êtes ici; votre vie 6 la mienne feroient en a
gershvauy refierplis Peingid.onueipiran 94
jacisfafe a leur demande, en vous mettant oux fers avec
autres citayers qui viepnent darriver; mais ne craigner ri
vousyferet er shreté, ceffiuiemont pour les appusjer. Q
y furenr conduirs efcorés par Rouller, que le factionn
qui les gardoir pe Put, malgré tout, empécher les mate
de les malreaiter en paroie > de Jeur faire des menaces,
leur montrant des mechesallemécs prêtes a tirer far la vi
& cu'esfectivement vers lcs onee Heures oi midi, tous
CAROIIS y Furent pointés & prèrs à faire feu au premier fig
qu'on lear dic que tous les aufres bârimens de TEtar failo
la même manceuvre, ce qui dara jafqu'au 22; que pend
CCS deux jours, on envoycit des détachemens de cinqus
à foixante homnes à tCITO 2 pour relever ceux.qui y étoic
&t que fur le dernier temps, quand OB demandoir cinqua
homares de bonne volonté, > pour Aller relever ceux
étoient à terre, il ne s'en trouvoit que dix ou douze, &
lear dic que tous les aufres bârimens de TEtar failo
la même manceuvre, ce qui dara jafqu'au 22; que pend
CCS deux jours, on envoycit des détachemens de cinqus
à foixante homnes à tCITO 2 pour relever ceux.qui y étoic
&t que fur le dernier temps, quand OB demandoir cinqua
homares de bonne volonté, > pour Aller relever ceux
étoient à terre, il ne s'en trouvoit que dix ou douze, & --- Page 87 ---
8;
après la quantité des bleffés qu'il avoit vu porter à bord,
avoitj jugé qu'ils n'étoient pas bien reçus.
>> Que ce même jour on mena à bord un ciroyen lesmains
ces derrière le dos, que l'on vouloit mettre aux fers savec
x; mais comme il n'y avoit pas de place, 'il fut conligné:
couleur étoit très-claire, 2 mais qu'if ignoroit sil éroit blanc
metis, que tous lcs matelots diioient qu'il falloit ie
er, & qu'un d'entr'eux prit L:1 coureau de ia ceinture &
en donna deux coups très-profon:s à la figure, & avec
I air furieux regardoit lequel d'entr'eux il frapperoit le pre-'
ier.
3) Que le citoyen Cambis parut, 3 &c les larmes aux yeux,, 2
leur reprocha leur barbarie en leur difant: Quel compte
lexvous rendre à. la nation de toutes les cruautes que vos
mnettés? Ojerez-vous paroSere en France parnti vos frères?
wil fit porter le bleflé au chirurgien pour le faire panfer,
qu'il ne reparut plus. Qu'il apprit
le ciroyen-Galbaud
voit venir Yaprès-midi à bord, a4s demanda duipapier &c
l'encre qui lui furent refufés, mais que cependant il en
otint par la protedtion de l'armurier dont il avoit faityconbillance; quil fit une pétition à Galbaud,
laquelle il
poloit lainanière dont il avoitété arrêté,& AEE voyoir bien
ue d'après les propos des matelots il étoit deftiné au fuplice, & qu'il le prioird'accélérer fon jugement, en lui
ettant cependant de fe juftfier enyers fes accufateurs; mit ladite pétition, avec prière de la préfenterà Galbuind,
un officier qui luiavoir appris qu'ilavoi remplacé Malleau,
apitaine de port. Le foir, > on le defcendit dansla foulre du
atment, ce qui inquié:a l'équipage qui croyoit qu'on alloit
vorifer leur évalion dans l'obicurité, qu'ils y defcendirent
vec des fanaux
s'en affurer, 8c que ne les ayant pas
rouvésaux fers, MOFaI alloient les maflacrer fans un officier qui
toit à leur tète, que lcs matelors exigérent qu'ils fulent tenis aux fers fur le gnillard de devant, pour être gaidés par
S hommes du quart, que leur fentence fut p-ononcée
ette nuit pourêrre expédiée le lendemain matin ait fon de la
annaguole, qu'ils furent numérotés, & que lui déclarant
voit le No.4
Er 2
vésaux fers, MOFaI alloient les maflacrer fans un officier qui
toit à leur tète, que lcs matelors exigérent qu'ils fulent tenis aux fers fur le gnillard de devant, pour être gaidés par
S hommes du quart, que leur fentence fut p-ononcée
ette nuit pourêrre expédiée le lendemain matin ait fon de la
annaguole, qu'ils furent numérotés, & que lui déclarant
voit le No.4
Er 2 --- Page 88 ---
3> Qu'au lever du foleil,le 23 juin,les matelots leur d
qu'ils Doicnt grfr le vaiffeau pourpartir, & qu'ils les
barralliien: pour la mancuvre, qu'il falloir defcendre;
arriva "au méme inftant un cficier qui les fit conduire
le paflevent, & cue là chaque matelor affilant fon fabr
une meule, difoicque c'étoit pourj faire,la boucherie des
lâtres & des nègres libres.
>> Qu'après le déieûné on donna un coup de fiflet
fembler l'equipage fur le gaillard de derrière > &
voient
eniendre
rt
pu
autre chofe que des cris de oui &
vive Galbaud, bou patriote : vive Galbaxd 6 la Répub
francaife! &c. &c. Qu'ils apperçurent > Far les difcours
matelots, qu'ils étoient indignés contre Cambis, & qu'il
foient: Cef 1172 gueux à quinous ne tarderons pas de coup
cou;c'eft Fagent desf... commiffaires. Que ce même je
avant midi, les matelots s'attroupèrent par dix ou dou
quiliss'enuetuncient à voix baffe, & qu'ils n'avcient pu'en
dre autre chofe que: Il faudra tout dire 3 nous ne le vou
"pass quius infanra après on donna un coup de fiflet, E
délbierer fans doute fur leur fort, car ils entendirent s il,
les teer oni, oxi, 1 oui; qoii fe fit (oudain un grand filer
dequlon-atendit. ala bonne heure, c'sf la bonne manière
l'affomblée far diffoute.
3 Qren oficiur marinier, à ce
croire, vint
:
quilapu
dire: byey baade de gueir & de Jidlérats, ) comme 12
génèrel Galandefeons cependant vous ne voulez pas le red
noitre pour chef: ivient de VONS accorder votre graces & 3
diliurés de vosfers cet apres-midi. Qu'à midi on
fi ourre le bifcuit d'ordinaire, du petit faléscuil
ordonnd deleur, donnerdu vin, mais qu'on n'en fit rien ;
depuis ce moment l'équipoge ne leur faifoit. phis tant
menaces; qui un d'entr'eux leur dit : Kous ablex être Fien
tens zantdea dêtre delvresyquelui déclarant répondit qu'ila
été toujours content, n'ayant aucun crime à fe reprocher
qui métità: d'être fous le coup de la' loi; que le matelot
répliqua: Nousferons cortens arft.
53 Que vers les trois ou quatre heures après midi > on V
les délivrer de leursf fers; qu'un caporal leur dit de monter po
tant
menaces; qui un d'entr'eux leur dit : Kous ablex être Fien
tens zantdea dêtre delvresyquelui déclarant répondit qu'ila
été toujours content, n'ayant aucun crime à fe reprocher
qui métità: d'être fous le coup de la' loi; que le matelot
répliqua: Nousferons cortens arft.
53 Que vers les trois ou quatre heures après midi > on V
les délivrer de leursf fers; qu'un caporal leur dit de monter po --- Page 89 ---
8;
s'embarquer & aller à terre > qu'on leur donneroir une d'aller garde
pour les efcorter ; qu'ils demundèrent la permillion les
fait
remercier les citoyens Galbaud & Cambis de
avoir
élargir, qu'ils furent refufés & menacés; qu'on les força de
s'embarquer au plus tôt dans une chalouper que la propriétaire
de ladite chaloupe sly refufa en difant qu'il venoit pour avoir
une permitlion pour aller à Caracole, & qu'il n'avoit pas le
temps d'aller à terre, vu qu'il étoit déja tard; qu'on les embarqua enfin dans uner mauvaife chaloape quifatleit beaucoup
d'eau, parmi beauceup de nègres & de négreffes cfclaves 5
qu'on les força de pontfer au large fans leur donner le temps
de fe munir d'aviron &: d'un gouvernail, que leur feule felfource fut dans une mauvaife voile; qu'ils eurent beau demanderl'efcorte promife, qu'ils ne
obtenir autre chofe que
des menaces d'être falillés;
peine étoient-ils à deux
tées de fulil du
que
navires à côté defquelsils
RE
Jupiter,
Em
foient faifoient fur eux des feux-de-file,en leur criant: Mouilleg, bande de fcélérats !
avoient beau répondre qu'ils
n'avoient point de grapin, aras coups de fulil continuoient toujours; & que voyant
leur moufqueterie ne faifoit aucun
effet,ils defcendirent Ter plufieurs bâtimens, armés de piftolets & de fabres, ils abordèrent leur chaioupe; mais que doux
oftficiers 2. qu'ils avoient appris depuis être d'un navire de
Nantes , arrivèrent les premiers derrière la chaloupe ; qu'ils
lesavoient reconnus; quel lui déclarant, aveclo citoyen Merry,
avoient fauté dans le canot des officiers nantais; & qu'à peine
ils avoient eu le temps de poulfer au large >
les matelots
furent à bord de la chaloupe quhis venoient
&c
Ainbaner
qu'ils en maffacrèrent ceux qui y avoient refté, du nombre
defquels étoient Latertue, Picrre, Auguftin, &cc.
9> Que leurs libérateurs leur proposérent de les conduire à
bord duJepiter's & que lui déclarant leur: ayant obfervé qu'ils
en venoient, & qu'affurément les matelots ne vordroient pas
les recevoir; qu'arrivés detrière le vaifleau, lefdits oficiers les
mirent dans lnl acon qui fe trouva la, & leur dirent de les
atiendre; qu'ilsmonrerent à bord, & qu'ils ne les virent plus.
>> Que les matelots du Jupiter alloient les Arfiller, quand
Cambis parut, & qu'il les empêcha de tixer fur eux; qu'au
même inftant parutle citoyen Merry, officior domatine, que
ient pas
les recevoir; qu'arrivés detrière le vaifleau, lefdits oficiers les
mirent dans lnl acon qui fe trouva la, & leur dirent de les
atiendre; qu'ilsmonrerent à bord, & qu'ils ne les virent plus.
>> Que les matelots du Jupiter alloient les Arfiller, quand
Cambis parut, & qu'il les empêcha de tixer fur eux; qu'au
même inftant parutle citoyen Merry, officior domatine, que --- Page 90 ---
lui déclarant avoit connu commandant le fort Saint-Miche
qui lui dit qu'il Favoir recomnandé a un. capitaine d'u
barpment de TErat, qui devoli venir le prendre à la brune
le mectre à fon bord, que Merry se embarqua dans un pou
avec une connoilfan:e,
cand
53 Que lorfqu'ilfut nuit, llii canot aborda T'acon;
l'ol
ficier l'avoir tar embarçuer dans on canot & l'avoit
bori du
LdNILE
brick le Kepsblicain ; Ter uipage > qui n'écoir pas fo
confidérable, parur aflez bien le recevoir;
infanca
le citoyr n Merry arriva a bord dudi: brick; qu'on quil en fut aprà très
bien reçu, & qu alluiremir une lettre du citcyen
lui rémcignoir la peine qu'ilaroit éprouvée le fachant Mauray, mal 95
heureux > & l'engageant a prendre patience, 8c.
23 Qu'après avoir donné des décails'de fon aventure au CI
toyen Merty, ce dernier lui dit qu'il devoit parir lel lendemair
le pour] la Nouvellc-Angitere, & que,s'il vouloicle fuivre,
recummanderoir à fes amis en Amérinues
lui décla
rant le remercia de fes bontés, & le
de vouloir que bien le
faire mettre à terre, lui objeétant qu' me étoit dans fon pay
naial, qu'il vouloi: mourir 3 que ledit Merry lui répondi
qu'il ne pouroi: pas k faire mentre à terre > mais quil alloi
Tenvoyer à bord d'un perii bâdiment commandé par Chalner;
de ancien lieutenant de port, ce qu'ilfit, & lui domna une lettre
recoaumandation; qu'arrivé à bord de Chalnet il renit a
ce dernier fa lettre de recommandarion 5 qu'après en avcir
leurs pris lecture illei dirqu'iln'avoi: ni pain ni vin; & que d'aildans (enlsimetundinpus le
gréé, ilalloi: partir pour France
Jupizer ou Z. America; que le peu de temps qui lui ref
toit ne lui permettcit pas de refter plus long- temps;
embarqua fa malle & parrir; que lui déclarant refta à bord qu'il avec
deux mulêtres efclaves & une négreile, forti inquiét farfon fort,
craignant de voir réalifer les propos qu il avoir entendu tenir à
bord du Jupiter par les marelors; qu'un inftant après pafla le
long du bord du bâtiment où sl éroit, un canot dans
il
avoit cru voir L111 ciroyen de couleur , qui lui infpira de lequel la confiance par l'intéré: qu'il prenoir à lévénemient que la ville du
Cap bien vénoit d'éprouver; que lui déclarant le prella de vouloir
le recevoir à fon bord; qu'au même inftan: il le fit defcendre dans fon canot & le conduifit à bord de fon bâtiment,
le
long du bord du bâtiment où sl éroit, un canot dans
il
avoit cru voir L111 ciroyen de couleur , qui lui infpira de lequel la confiance par l'intéré: qu'il prenoir à lévénemient que la ville du
Cap bien vénoit d'éprouver; que lui déclarant le prella de vouloir
le recevoir à fon bord; qu'au même inftan: il le fit defcendre dans fon canot & le conduifit à bord de fon bâtiment, --- Page 91 ---
en attendant une occalion favorable de le faire mettte à terre;
que cependant, lui ayant entendu dire qu'il alloit a bord du
Jupiter pour avoir dcs matelots dont il avoit befoin pour le
mèttre à même de partir > que craignant de retenaber dans
les mains de ces méchans-hommes, il l'avoit invié de le faire
mettre àl bordde la Pomone américaine , qui devoit purtir pour
Saint-Marc, ce qu'il firs qu'arrivé à bord de lAmericain, il
y! trouva les citoyens Malfos, Salenard & Molleau, qui parurent prendre beaucoup de part à fa fituation; 5 que le citoyen
Salenard lui demanda quels arrangemens il avoir pris avec le
capiraine; que luid déclarant avoit répondu qu'il navoit qu'une
montre d'or
toute reflource; qu' alors le citoyen Salenard
lui promit de Retee recommander à Kokman & de le faire paffer
à Saint-Marc gratis; quill le conduifit àfon bord,o ilfuereçu
du citoyen Kokman avec bonré; que ce dernier, en lui faifant
des offres de fervices, lui avoir premis de le paller; que le 25,
voile,
Fadeville & Lan
dans
étant à la
2 les citoyens
paiserenr
un canot le long du bord; que ces derniers lui dirent qu'ils
alloient à la Perite-Aufe, & Tengagèrent à veniravec eux,
quii n'y avoir rien à craindre, que routy éicit dinsla
lui déclarant n'avoit pas héfité
f2
grande tranquillire ; que
failir l'occalion de'retourner dans ies foyers.
>> Lecture faire audit Lapierre de la préfenre déclaration, ,a
diti icelle contenir vériré, , n'avoir rien à yi ajouter ni dainuer,
& a figné avec nous au bas de chaque page & de la préfente,
dont nous avons coté & paraphé toutes les pages.
I >> Fait au Cap, lefdits jour, , mois & an que deffius.
>> Signé, LAPIERRE, SONTHONAX, DESTINVAL.
Je prierai la commilicn de fe rappeler des noms cités dans
cette declararion, & notamment de celui de Kokman, qui eft
étranger & américain, & quife troave ici.
Brulley : Le correfpondant de Sonthonax.
Le préfident : A l'ordre; vous ne pouvez interrompre fans
celle.
Th. Millet : Je penfe que la lecture da procès-verbal des
officiers de la marine peut semnrfufaresjoendhe --- Page 92 ---
Sonthonax : Je penfe bien que la commiffionne prendra
les conicils des colons pour terminer ma défenfe: je crois N
que fil'on écouroit les colons feuls, l'affaire feroit bientôt terminée; les vceux qu'ils fonr continuellement pour ma deftruction me donnent le droit de faire cette réflexion.
La féance eft levée.
Leregifre des préfences Rlignés J. Ph. GARRAN, préf
dent ;loUcHE ( de Nantes)hjecretaire ; MERLINO, DABRAY,
F.LANTHENAS.
Du
colons pour terminer ma défenfe: je crois N
que fil'on écouroit les colons feuls, l'affaire feroit bientôt terminée; les vceux qu'ils fonr continuellement pour ma deftruction me donnent le droit de faire cette réflexion.
La féance eft levée.
Leregifre des préfences Rlignés J. Ph. GARRAN, préf
dent ;loUcHE ( de Nantes)hjecretaire ; MERLINO, DABRAY,
F.LANTHENAS.
Du --- Page 93 ---
Du premier Thermidor, l'an troifème de la République franceife
une & indivifible,
UA rédaétion des débats de la féance de la veilie eft lue &
doptée.
Les citoyens Thibaud, Page, Verneuil'&c Clauffon, font
bfens.
Sonthonax: Je ne finirois pas la difcuffion,
voulois
ire à la commillion toutes les pièces relatives à fije l'affaire du
Cap. Je términerai par deux déclarations, non
en lcs
fant, mais cn en préfentant l'extrair : l'une du citoyen pas Berer, capiraine au guatre-vingr-donciÈme régiment, fait
onnier par Galbaud, & conduit à bord du
prift du citoyen Artaud, habirant de Saint-Doringue, Irpiter; lautre fait
rifonnier par Galbaud, & mené à bord du vaiffeau le Juiter. Voici ce que préfente la déclaration de Berner:
ulte de cette déclaration que Berner ayant reçu du ilréavaux l'ordre de marcher avec cinquante-cing hommes général de
roupes de ligne contre la marine mife cn révolte fous lcs
rdres de Gallnud,ilfur fufillé lui & fa troupe par la
ationale blanche, embufquée dans les maifons, & tirant garde
S fenêtres; qu'il fur couché Far terre d'in colip
par
clle, & conduit cnfiite à bord du vaiffeau le
d'efpintrouvé Galbaud maitre du vaien, & l'autoriré Jipiter, duc ohil
miral Cambis anéantie; ; gue, fous flcs yeux de contreS marins, ivres & furieux,fe livreicnt. auplus aflreux Galbaud,
age; gu'ils pilloient jufqu'anx malheursux habitans brigan- fe
tlugioient à Jeur hord; queles cficiers de marine fe qui
cient eti injures conre Galbaud, qu'ils. difoient
répanue Galband éucit unl Rche coquin, & que s'il ne bauicmene
Tome VIII, Soisaus-trigieme liyrcifon.
G Fouvoir
marins, ivres & furieux,fe livreicnt. auplus aflreux Galbaud,
age; gu'ils pilloient jufqu'anx malheursux habitans brigan- fe
tlugioient à Jeur hord; queles cficiers de marine fe qui
cient eti injures conre Galbaud, qu'ils. difoient
répanue Galband éucit unl Rche coquin, & que s'il ne bauicmene
Tome VIII, Soisaus-trigieme liyrcifon.
G Fouvoir --- Page 94 ---
pas venir à bout d'enlever les commiffaires civils, il n'auro
pas dil'entreprendre. La déclaration d'Artaud préfente M
fairs fuivans : ilréfulte de cette déclaration qu'il y avoit u
barterie fur le Morne près la maifon de la citoyenne Malfor
fervie par des matelots & tirant fur la ville;
aut
batterie, tirant également fur la ville, étoit placée le Mon
EEN
de Bonnepoirierique, le 21, Artaud fut fait prifonnier & cO
duit à bord du vailleau le Jupizsr; qu'au moment où il entro
dans le canot, il entendit Galbaudie jetant à la nage avec 1
troupes & criant/ Jauve qui peut 5 que Galbaud, , arrivé à bon
fer phignoicbeaccomp defa déconvenue, en rejetant fes reve
furlestabiransdu Cap; qu'il fut tenu un confeil de guerre
Artaud aflifta; que Galbaud propofa une nouvelle defcent
que les capicaines eil commun s'y oppostrent 5 qu'il fut al
propofé de bombarder L ville 5 qu'érant parvenu à quitter
rade par le moyen d'un capiraine bordelais de fes amis
vint à terre 3 traverfa l'arfenal & gagna le Morne; qu'ay:
rencontré une rroupe d'hommes de couleur, il fut mis
joue 3 mais ayant crié au chef qu'ilcherchoit a fe retirer
près des autorités conflituées, on lui donna une garde
le conduifit jufqu'au camip de Breda. Je communique
colons la déclaration de Berner & celle d'Artaud.
La dernière pièce que je communique aux colons eft
lettre du capiraine Truguet: je ne la lirai point en enti
mais je me contenterai de citer qu'il eft dit pofitivement d
cette lettre que la frégate la Fine,. dont le commandem
luiavoit été confié, n'a
été condamnée.Je la cite feulem
pour preuve de ce ihcfernte dit dansle temps, quiln'ya
jamaise seudecondamnarion. nideprocde-serbal decoidemnatio
lafregatela Fine.Je communiquela pièceaux colons.De tou
les déclarations de toutes les pièces lues dans les derni
féances & dans he ilréfule évidemment que c'eft par
foins de Galbaud quele Cap a éré canonné & incendié; que
inftrumens de ceite horrible cataltrophe étoient les matelot
la rade à bord des vailleaux de l'Etat, & les prifonniers
bord le Suint-Honore, au nombre defquels étoit Duny >
a avoué qu'il étoit à terre à combuttre contre les commi
res civils. Les prifonniers à bord du Saint-Hionoré éto
les déportés di Port-au-Prince, les mêmes que ia voix
blique accufoit d'avoir incendié le Port-au-Prince cil I
étoient les matelot
la rade à bord des vailleaux de l'Etat, & les prifonniers
bord le Suint-Honore, au nombre defquels étoit Duny >
a avoué qu'il étoit à terre à combuttre contre les commi
res civils. Les prifonniers à bord du Saint-Hionoré éto
les déportés di Port-au-Prince, les mêmes que ia voix
blique accufoit d'avoir incendié le Port-au-Prince cil I --- Page 95 ---
Ils ont terminé leurs exploits dans la colonie par incendier
la ville du Cap; O1l vous a dit, dans le coutsde h
que Tinvafion des matelots à terre étoir l'effet d'une difcuflion, infurinfurrection. rectiou, que Galbaud lui même avoi. éré en rainé dans cette
Il eff' nécelfire de vous prouver
& le but du général Galbaud avoient eré long quclmen.ion tem: S médités; que fon but &k fon intention éroien: tellement contre révolurionnaires, qu'il a voulu incenditr la rille'du
livter la colonie aux Anglais. Dans pluficurs Cap pour
dont il eftinmile de vous faire lecture, & dont déclarariens il fuffir de
vous. indiquer la liafle, plufieur: olticiers, qui cnvironnoient
Galbaud dans les premiers jours de fon arrivée au Cap, ont
dépofé que Galbaud manireftoit par-rour les principes les
tés plus oppofés au fyftème de ia France & aux principes
les aflemblées nationales. On difoit perpérus adop-
& ELE Céfar Galbaud, que la Convention' nacionale llement,
forcé Dumouriez à trahir la France, que c'étoient les avoit
dins, les Brifforins
GironLc préfdent: As-tu des preuves de ces faits?
Sonthonax: Ils font contignés dans les déclarations
findique, & renfermés dans la liafle numéroiée G. T." que de
linventaire dreffé par les commilfaires de la commiffion des
colonies.
- Duny: : Je demanderai à Sonthonax s'il fe fouvient des
des déclarans.
noms
Sonthonas : Les déclarans font Vergnianr,
fénéchal
du Cap français; Jofeph Suire, aujourd'hni en juge
voyé oflicicllement fur la corvette le
France, le
enLavaux; le ciroyen Robecquin, colonel kkinge par
général
Tarmée, aujourd'hui à Breft pour paruir adjudant-général avec les
de
tans du pouple: : je ne me rappelle pas des autres noms, ropréfen- mais
ly a beaucoup d'autres déclarations. On
faire
tendre là-deflus plufieurs oficiers Gui font pourroit en France: I en- citoyen Dufourneau, commandant le queranre-hnuicieme
mentsa aujourd'hui général divifionnaire à Breft; le regiBedos, lieutenant colonel au foixante-treizième
citoyen
a commandé la ville du Cap & los cafornes régiment, qui
du 2ojhin. Une autre déclaration,dont je p-ndanr.lafaire
à préfent, eft celle du citoven Maucombe, vinsdeme homme mappeler de
leur, fecréraire de l'ex général Galbaud. Une feule declara- couG 2
-hnuicieme
mentsa aujourd'hui général divifionnaire à Breft; le regiBedos, lieutenant colonel au foixante-treizième
citoyen
a commandé la ville du Cap & los cafornes régiment, qui
du 2ojhin. Une autre déclaration,dont je p-ndanr.lafaire
à préfent, eft celle du citoven Maucombe, vinsdeme homme mappeler de
leur, fecréraire de l'ex général Galbaud. Une feule declara- couG 2 --- Page 96 ---
tion eft faite par un homme de 9: couleur 5 les autres font fait
des blancs, a la vérité reftés fidèles à la République, 9
Er confacrent aujourd'hui à Saint-Lomingue leur fang 1
Jeurs fueurs pour défendie les propriétés françaifes contre cell
Efpagnols & les Anglais; elles vaudront bien fans doure
faites à ia Nourelle-angleserre par les hommes qui O
trahi leur parrie. Je dis donc que ces déclarations prouvoie
d'abord les intentions criminelles de Galbaud en arrivant
France. J'ajoute que les pièces
ont jeté u11 grand jo
fur ces faits, font celles.qui ont e envoyées au comité (aifies 1
falut public par le miniftre Geneft; elles ont été Dans lu
Tangspla-Boallere; Breton- Villandry & Duny. Galbau
de ces pièces, intirulée Dernier confeil fe mette au à géneral la tête des for
,on lui repréfente qu'il faut
veulent faire une rév
des hommes
qui
tata
maritimes, lution dans la colonie ; que le temps preffe, qu'il faut fe d
faire abfolument des commiffaires civils. Cette pièce a P
cédé de près d'un, mois l'incendie du Cop.
Dans une lettre de Tanguyaugénéral les Galbaud, hommes illuirep de coule
fente que fl'on ne fait pas périr tous dans la colonie; il
il eft impofible d'efpérer aucune aucun paix fuccès dans les
impoihble fur-t tout d'efpérer
opé
tions. On dit également dans ces' pièces, dont Geneft m'a fu
: < Si T'on avoit
voyé la note: > & ceft Tanguy qui parle
à laffemblée
I
mon confeil lerfque j'ai propolé de
la provinciale colonie n
Sud d'égorger tous les hommes
couleur,
feule
feroit pas oû elle eft aujourd'hui. La poliaique
eft
fentiment que nous devons confulter, & ceft fur cette C po
tique que nous devons fonder le bonheur delac colonie.
prelque les expreflions de Tanguy. Je prie la commiflion
colonies de me pas perdre de vue les pièces que je lui annon
Th. Millet : Ces pièces là n'exiftent fi ellcs pas. exiftent. J'habit
Duny: Jeme déclare coupable
5 fi.vou
avec Tangay, : je rédigeois avec lui ses journaux la
voyez rien qui foit contraire aux principes de Républiq
je fuis coupable au premier chef. les
de
ie C
Sonthonas : Je ne cite pas journaux Tanguys
des manufcrits que je nai pas vus, mais dont T'exiftence des Eta m
atteftée par Geneft, minifire de la Répablique actuellement près
Unis, & par le fecrétaire de la légation,
France.
ou
avec Tangay, : je rédigeois avec lui ses journaux la
voyez rien qui foit contraire aux principes de Républiq
je fuis coupable au premier chef. les
de
ie C
Sonthonas : Je ne cite pas journaux Tanguys
des manufcrits que je nai pas vus, mais dont T'exiftence des Eta m
atteftée par Geneft, minifire de la Répablique actuellement près
Unis, & par le fecrétaire de la légation,
France. --- Page 97 ---
Lc préfident: As-tu la lettre de ce fecrétaire?
Sonthonax : Non, citoyen 5 on ne m'a indiqué la première
je (uis à Paris. Le citoyen Palcal, qui.
pièce que depuis que
des
eftici, peut vous donner
renfeiguemens.
Le préfident: Il paroit que tu entends par cette pièce le
Dernier confeil au genéral Galbaud, dans laquelle tu dis que
Tanguy indique à Galbaud qu'il faut fe defaire des commiffaires civils & les enlever.
ni
Sonthonax : Quant à l'autre pièce, je ne peux indiquer
la lialle ni le no > parce que je n'ai pas de notion allez précife
à cet égard.
La
fe trouve dans les archives
Lc préfident :
première pièce
-
de la commiflion; la commiflion, qui ien a déja pris leéture >
ne trouvera fans doute aucun inconvénient à ce qu'elie foit
lue dans les debars.La pièce eft apportée fur lebureau.
Duny : Je reconnois la pièce pour êure de l'écriture de
Tanguy.
(Th. Millet lit):
Dernier confeil au général Galbaud.
e L,a crife approche, , les commiffaires feront ici fous deux
jours: rappelez-vous tout ce que je leur ai écrit à cet, égard.
>' Je connois leur ame; je juge de tout ce qu'ils font &
vont faire, avec la jufte fonde d'Helvétius, quejai médité depuis l'âge de dix ans.
3> Il ne leur refte qu'à fubjuguer le Cap, & toute la colonie
eft aux fers, & tous les nègres révoltés (eront foldats libres
coitre les malheureux blancs, dont les plus à plaindre ne feront pas ceux qu'on expulfe & dont on s'empare des propriétés... Mais ce font ceux-là, femmes, enfans, vicillards, qui
vont refter après le départ du convoi, fur lefquels je verfe des
larmes de' fang.
> Vous ailez donc de fang-froidles voir fe faire un château
fort de la' maifon du gouvernement & des calernes qui les
avoilinent, & qui ne feront occupées que par les hommes de
couleur & les dragons d'Orléans, vraies gardes Frétoriennes
dévouées à tous les caprices tyranniques de nos Nérons &
de nos Tiberes.
Gs
ont refter après le départ du convoi, fur lefquels je verfe des
larmes de' fang.
> Vous ailez donc de fang-froidles voir fe faire un château
fort de la' maifon du gouvernement & des calernes qui les
avoilinent, & qui ne feront occupées que par les hommes de
couleur & les dragons d'Orléans, vraies gardes Frétoriennes
dévouées à tous les caprices tyranniques de nos Nérons &
de nos Tiberes.
Gs --- Page 98 ---
s> De-là ils foudroieront la ville & acheveront T'anéantiffement des blancs; voyez comme ils publient, dansleur feuille de
YEgali d, des provocations au meurure, à l'incendie & au pillage; voyez comme Dufay & d'autres travaillent les efpris
au Cap, comme on vous y peint déja vous-méme: & conime
je fus vrai envers tour le mende, je ne vous cacherai pas que
je vous trouve le torc d'avoir injurié. une corporation illégale,
ileft vrai, mais compofée de Yélite des braves gens du Cap,
oi il y en a encore, quoi I qu'on vous en ait dit; d'avoir ac
cable de reprocnes, fuggérés fans doute, des habitans déja
affez frappés des plus terribles malheurs; enfin d'avoir fuivi
les conieils de Maije, que je vous unnunce comme devant fe
jeter dans le parti des commillaires, dès qu'ils feront ici, &c
d'avoir vexé le commerce du Cap, déja f ruiné par les circonfances; car les gains qu'on lui reproche font fairs par les
étrangers. Voyez déja cemme on prépare votre embarquement; voyez le rapprochement des eiclaves infurgés du de
hors > la révolre qu' on fomente au dedans, une entrée des
mulâtres en armes avec iès commiflaires; voyez comme
ceux-cir redoublent d'infolence, comrhe ils agacent les blancs,
& principalement Ics hommes de mer, pour exciter quelque
grand mouvement; à la faveur duquel ils confommeront) la
ruine du Cap, qu'ils ont jurée depuis le fupplice d'Auger
Que de pièges vous entourent, général, & que vous êtes
venu dans un moment bien critique, & qu'il eft facheux
pour vous, & pour nous que vous ne foyez pas bien entouré,
& que vousn'ayez pasplus de connoiffances locales que vous
ne pouvez en avoir! fortiez de la Buétuation
vous balance
>> Encore fi vous
où
fans cefle W'irréfolution qui paroit une des bales de votre caradere! Citoyen Galbaud,a réfolution d'un parti,la fer
meté du moment, peuvent encore fanver Saint-Demingue
il faut que vous fallicz embarquerles auteurs de notre délo
lation; il faut que, nouveau Cartius, Galbaud fe jette
dans! le goufire, qu'ilenvoie les tyrans à la Convention natio
nale avec le rableau & les preuves de leurs forfaits confom
més, & de-ceux quils medizent encore, &c qui font plus
effrayans s'il elt'polible,
>> mniAAt atfiuner tout fur vous pour fauver Saint-Domingue: fi vous avez la foiblenie de vous laiffer embarquer
vous perdes la colonie, vous ne vous fauvezpas.
Galbaud fe jette
dans! le goufire, qu'ilenvoie les tyrans à la Convention natio
nale avec le rableau & les preuves de leurs forfaits confom
més, & de-ceux quils medizent encore, &c qui font plus
effrayans s'il elt'polible,
>> mniAAt atfiuner tout fur vous pour fauver Saint-Domingue: fi vous avez la foiblenie de vous laiffer embarquer
vous perdes la colonie, vous ne vous fauvezpas. --- Page 99 ---
eft
où
à tranfiger; ils font
s Lemoment yenu iln'y'a plus dans leur audace &
trop criminels, ils n'ont d'efpoir que fur les colons. Général,
dans les révoltés qu'ils appelleront
blanhâtez-vous de vous entourer de toute la population du
che du Cap; faites rentrer le brave régiment
Cap;
les forces de terre & de mer font > par votre brevet, des
à votre. difpofition; faites donner des ordres au camp de le
blancs de lailler pailer tous les révoltés, s'ils tentent
faire, > & de fe tenir piêts à les prendre par derrière, homine lorfque de
vous les prendrez par devant; car, fans être
guerte, je fais ce que feront les commifaires, & ce que vous
devez faire: vouis oppofer à leur entrée au. Cap. Si vous ne
le faites, vous tenterez en vaina oprès de les en arracher: : ils
appelleront enfuite les révoltés. Alors vous appellerez les
braves marins & tous les hommes que vous aurez au Caps
vous marcherez à leur tête, & vous mettrez les révoltés entre
votre feu & celui des hommes fortis du camp. Ils ne tiennent
point à la guerre en rale campagne; vous les vaincrez &
fauyerez Saint-Domingue.
de votre conduite. Je
s Sa ruine, ou fon falut, dépend
vous prédis que, fi vous ne
ce parti, les commiflaires
une fois entrés au Cap -IADeL les maîtres du pays; ils
sen déclareront les chefs fuprèmes après avoir foit expulfer
ou maflacrer tous les blancs. Et le général Galbaud, ayant
pu empècher le crime & ne T'ayant
ofé, en fera refde la
la nation & de la
aux
E
ponfable Qu'il yeux ofe.
colonie, il en eft temps. Il ne faut
poftériré.
pas s'effrayer de leur faction
. elle n'eft que faétice,
pas un citoyen honnête n'ofe s'en montrer parrifan; ils n'ont
que des hommes de boue fur qui l'opinion morale de leur
force ceffera d'agir s'ils voient feulement que vous oliez
leur réfifter. Proclamez leurs crimes, faites les imprimer 5
dans trois jours vous n'aurez pas un imprimeur à vous.
la
fe décide fous deux,
3) Ainfi donc la caufe de
colonie
jours; 5 elle ett gagnée Oul perdue s felon la conduire ferme
réfolue, fixe, ou timorée & verfatile, que tiendra le général
Galbaud. >> Le fort de Saint - Domingue eft entre fes mains. Eh
quoi! il hélite encore à prendie le feul parti qu'ily ait à
G4
5
dans trois jours vous n'aurez pas un imprimeur à vous.
la
fe décide fous deux,
3) Ainfi donc la caufe de
colonie
jours; 5 elle ett gagnée Oul perdue s felon la conduire ferme
réfolue, fixe, ou timorée & verfatile, que tiendra le général
Galbaud. >> Le fort de Saint - Domingue eft entre fes mains. Eh
quoi! il hélite encore à prendie le feul parti qu'ily ait à
G4 --- Page 100 ---
prendre! il n'aura donc eu de courage que devant Brunfwick
&il échouera devant des Sonthonax &: des Polverel! Généta
Galbaud, mon. langage peut vous déplaire, mais je dois vou
parler ainfi. Je veux le falut de mon pays, il eft attaché
cet acte viril & d'équité. Si vous ne le faites pas, ne penfe
pas vous en tirer à là Convention nationale, ou même dévan
quelqu'autorité nationale que ce foit, en difant : Mais Ie
commifaires civils étoient fi puiffans, ils avoient tant d'au
torité.
& que vouliez - vous que fit un généra
contr'eux : On vous répondra mille fois : Qu'il les
ou
enbarquar
qu'il mourût.
>> Salur. Signé, Taweov-Lasommas. 3>
Sonthonax : J'ai annoncé
cette pièce contenoit l'in
vitation au général Galbaud 9ce fe défaire des commiffaire
civils; je n'ai pas befoin de la commenter pour en faire
connoitre le fens. J'ai dit que non-feulement le projer du
général Galbaud étoit médité avant l'incendie du Cap; mai
qu'il la exécuté lorfqu'il a été. rendu à la Nouvelle - An
gleterre. Je vous ai annoncé
le 25, le contre-amira
Cambis ordonna le départ du ealEL le Jupiter. Les marins,
épouvantés des crimes que leur avoit fait commettre le
néral Galbaud, s'emparèrent de fa perfonne : ils déclarèren gé
qu'il étoit prifonnier à bord du Jupiter; ; qu'ils alloient le
conduire dla barre de la Convention nationale. Voici la
lertre du contre - amiral Cambis à cet égard; elle eft du
25 jain 1793.
(II la lit': )
A bord du Jupiter, le 25 juin 1793, l'an II de la
République.
CITO Y E N S,
cc L'inflaence de Galbaud fur l'équipage du vaiffeau vient;
de diminuer d'autant plus, que fes moyens de marine, abfolument nuls, apportoient à bord lec défordre compler. Un confeil
que j'ai exgraordlinairement affemblé furle pont à une heure
après minuit, conformément aux infruéions générales, &
)
A bord du Jupiter, le 25 juin 1793, l'an II de la
République.
CITO Y E N S,
cc L'inflaence de Galbaud fur l'équipage du vaiffeau vient;
de diminuer d'autant plus, que fes moyens de marine, abfolument nuls, apportoient à bord lec défordre compler. Un confeil
que j'ai exgraordlinairement affemblé furle pont à une heure
après minuit, conformément aux infruéions générales, & --- Page 101 ---
uiremont aul danger que couroit le vaiflean, m'arendu de
itotiré.Le retour en France a été le crig général, quilfalloit
condaire ie général Galbaud, & non à la commiflion
ile.Le réfulat de cé confeilnapuayeir lieu qu'à 4 heutes.
natin; je vous ei adreiie une copie cerrifiée 50,
Te communique la piive 2uX citoyens colons.
Voici l'extrait des regiftres du confeil de guerre tenu à bordi
Jrpizer, au moment où l'on a arrêté que le vaifleau
ir, quon y placercic Galbaud anx arrêts pour le Eaulire
a Convention nationale. Je ne lirai que par extrait. Il eft
25 juin 1793.
Il lit:)
Quant au général de brigade Galbaud pris à bord du:
picer fous la fauve-garde fpéciale d'un grand nombre de
Pyens pour être mis fous celle de la loi,, il demeurera:
arréts à bord du Jupiters , jufqu'à ce qu'il puille être
duit avec streté de manière à fe préfenter à la Convention,
tonale,
Quant à la proclamation du 2ojuin, qui eft commune
généraux Galbaud, Cambis & Farcey, le confeil
pouveir prendre aucune mefure coactive, l'état de ecue
hion n'en permetrant aucune, mais invirant le contreral Cambis à fe difculper auprès de la Convention nahale de la manière la plus authentique.
Les ciroyens compolant le confeil, & tous les citoyens
nis adtuellement à bord du Jupiter, ont déclaré unanimen'avoir et aucune efpèce de defir de s'écarter du refpect
de h foumiflion dus aux lois, & ils fupplient la Conrion nationale de ne voir, dans les fautes cui auroient
leur être échappées, que les erreurs qui appartiennent à
oiblefle humaine. Fait à bord les jour 8c 211 de l'autre'
:. à une heure & demie da matin, lan II* de la RéHique, & ont figné à loriginal tous les membres du
(eil.
Peur copie conforme à l'original.
Certifié, Signé, le contre-amiral CAMBIS; COLMAC,
-chef d'adminifration 3),
e communique cette pièce aux colons.
cui auroient
leur être échappées, que les erreurs qui appartiennent à
oiblefle humaine. Fait à bord les jour 8c 211 de l'autre'
:. à une heure & demie da matin, lan II* de la RéHique, & ont figné à loriginal tous les membres du
(eil.
Peur copie conforme à l'original.
Certifié, Signé, le contre-amiral CAMBIS; COLMAC,
-chef d'adminifration 3),
e communique cette pièce aux colons. --- Page 102 ---
Cela prouve 2 cicoyens, que les marins éponvantés C
erimes de Galbaud, P'ont mis en état d'arreftation à bord
Jupiter pour être conduit à la barre de la Convention n
tionale.
Galbaud, qui n'avoit
envie de revenir en France,
qui fe feroit bien gardé t venir alors, parce qu'il ne fay
pas encore l'affaire du 31 mai, la boucherie des vingt-de
dépurés, Galbaud infurge de nouveau l'équipage du Jupi
dans la rade de New-Yorck. Cambis eft forcé par les i
telots de quitter fon bord, de fe retirer dans la maifon
conful : il eft alfailli par des marins; ils l'artaquent le fal
à la main; il pare un coup de fabre . e
. . .
Le préfident : Il me femble-que ces dérails font étrang
à l'incendie da Cap.
Sonthonax : Je conviens qu'à la vérité ils font étrang
au matériel de l'incendie - mais ils prouvent la contine
des manceuvrès de Galbaud reriré à la Nouvelle-Angleter
je ne lirai qu'une feule pièce à ce fujet. 2
Le préfident : Prefle-toi le plus que tu pourras.
Sonthonax : Cambis donc eft obligs de quitter fon éq
page : il reçoit un coup de fabre; en le parant, il a la m
coupée. Cambis eft enFrance : il vous a produic des jo
naux, vous pouvez les confulter à cet' égard.
Je prie la commillion de fe faire remettre fous les Y
les dépèches du citoyen Geneft, celles du citoyen Fauch
tous deux miniftres près des Erats-Unis, dont fans doute
colons ne fe plaindront pas; elles vous inftruiront de tour
qui s'eft paffe à la Nouvclle-Angletere, après l'incendie
Cap. Voici la lettre qui m'a été adreffée; elle contient la
lation de la fuite de Galbaud au Canada, après avoir
furgé le Jupiter & mis. le défordre dans toute la flotte:
le préfident : Il me fembloit que cela avoit déja été tr
lors de.l'exclufion du général Galbaud des débais.
Sonthonax : J'ai parlé de fa fuite au Canada, mais pet
fes manceuyres à bord. du Jupiter : rais je fupprimera
leéture de la lettre; je prierai feulement la commiflion de
la faire repréfenrer; elle eft dans fes archives.
Ce n'et pas aflez (avoir prouvé que l'inccndie del la
du Cap a été proyegte & exécuté par. le général Galba
de.l'exclufion du général Galbaud des débais.
Sonthonax : J'ai parlé de fa fuite au Canada, mais pet
fes manceuyres à bord. du Jupiter : rais je fupprimera
leéture de la lettre; je prierai feulement la commiflion de
la faire repréfenrer; elle eft dans fes archives.
Ce n'et pas aflez (avoir prouvé que l'inccndie del la
du Cap a été proyegte & exécuté par. le général Galba --- Page 103 ---
lois auffi prouver que les commiffaires civils ont fait tout
qui étoit en eux pour empècher l'infurrectian du 20 juin
clater, & enfuite pour y remédier pendant les jours malreux du 20 au 26 du même mois.
Dès l'inftant que nous arrivâmes au Cap, nous finmes innés de l'infurredtion qui devoit y avoir lieu, infarrection
devoit être dirigée par Galbaud, & dont ls marins deent être les inftrumens : nous dômes prendré furleichamp
tes les meftires nécellaires pour empécher Tinfurg@tions
1s écrivimes en conféquence, le 16 juin, au général Étienne .
vaux la lettre dont je vais vous donner leéture.
Les commifaires civils à Lavaux, 3 gouverneur-gétérad.
€ D'après les avis que nous recevons, > nous vous prions
commander fur-le-champ de fortes patrouilles compolées
citoyens de toures les couleurs,
veiller à la sûreté &
a tranquilliré publique dans la ATEL notamment du côté
la place Clugny & vers le bord de la mer; vous dennerez
re a ces patronilles de difliper tous les raffemblèmens qui
formeront foit dans les tues & places, foit dans les caets & autres lieux publics: donnez cependant des ordres
ir que cela fe falle fans violence >.
Yous voyez, citoyens; que les commifaires civils, loin
llumer les rixes, loin d'ardiferle feu des difientions civiles,
prenant les mcfures militaires néceflaires pour comprimer
malveillans, avoient foin d'ordonner au commandant de
force armée qu'il eût à donner des crdres pour que les
femblemens des citoyens fullent difperfés fans violence >
1 qu'on ne pôr pas accufer Y'autorité civile de géner le
syen par des meiurres militaires intemnpeftives.
Le 16 juin nous donnâmes au contre-amiral Cambis un
Ire pour empècher de defcendre à terre les marins qui y
cicoient des rixes; nous ordonnames qu'il ne defcendroit à
re que les matelots dont le foMice étcir néceffaire pour
célérer le départ du convoi. Voici l'ordre. L'original eft
as cC regiftre,
ile de géner le
syen par des meiurres militaires intemnpeftives.
Le 16 juin nous donnâmes au contre-amiral Cambis un
Ire pour empècher de defcendre à terre les marins qui y
cicoient des rixes; nous ordonnames qu'il ne defcendroit à
re que les matelots dont le foMice étcir néceffaire pour
célérer le départ du convoi. Voici l'ordre. L'original eft
as cC regiftre, --- Page 104 ---
ICO
(Ille lir:)
16 Juin 1793.
Ordre des commifaires au contre-amiral Cambis.
AU N O M DE L.A NATIO N.
ec Ordonnons au contre-amiral Cambis, commandan
la ftarion des Ifles-fous-le-Vent, d'empècher Jes
des bâtimens de la rade de defcendre à terre
équip cé
en ait
jufqu'a
été par nous autrement ordonné, fi ce n'eft pou
fervice de la rade & les befoins. urgens des
9> Lui ordonnons pareillement de ne fouffrir équipages qu'au
homme defdits équipages paffe la nuit à terre.
5 Lérendons Pareillement refponfable de tous les défor
qui pourroient réfulter de la trop grande affluence de
raffemblemens des hommes de mer à terre.
>5 Requérons le gouverneur général par interim de
veiller les mouvemens de la rade & de tenir la force ar
de terre en mefure de prévenir ou de réprimer tous
troubles
les gens de mer pourroient chercher à ex
dans la ait. ".
Le 16 juin, autre mefure prife par les commiffaires ci
quiconfifte dans un ordre donné au commandant de lap
de faire fermer. les lieux od.1 l'on vend des liqueurs for
depuis fepr heures du foir jufqu'à fix heures du marin.
même jour, ou le lendemain, > nous éctivimes au COI
amiral Cambis de ne point laiffer defcendre les marins a
fept heures du foir, 3 parce que c'étoit ordinairemert
commencement de la nuir qu'ils choififloient pour faire
bruit & pour exciter les rixes contre les hommes de t
Enfin, arrive le 20 juin; menacés de toutes parts,
écrivimes au général Lavaux la lettre dont je vais
donner leéture.
(Ii lit:).
Cap, le :0 Juin 1793
A Lavaus, coramandant la province du Nord.
cc Nous vous requérons, citoyen, de nous donner,
délai, Féta: de forcès militaires de Ja ville du Cap, ave
ir qu'ils choififloient pour faire
bruit & pour exciter les rixes contre les hommes de t
Enfin, arrive le 20 juin; menacés de toutes parts,
écrivimes au général Lavaux la lettre dont je vais
donner leéture.
(Ii lit:).
Cap, le :0 Juin 1793
A Lavaus, coramandant la province du Nord.
cc Nous vous requérons, citoyen, de nous donner,
délai, Féta: de forcès militaires de Ja ville du Cap, ave --- Page 105 ---
IOI
nomination des divers cerps qui les compofent > &: le
mbre des hommes en état de fervir dans chacun de ces
ps.
de
la
, Nous vous requérons auffi
mettre fur-le-champ attitude alfez
le en, état de détenfe, & de prendre une
pofante pour contenir ou réprimer les factieux du dédans
du dehors, & d'empêcher toute exporration d'effets& de
Honnes.
> Signé, POLVÉREL & SONTHONAX."
Lorfque la guerre civile a été allumée au Cap par Pinreétion de Galbaud, des' prifonniers & des matelors du
int - Honoré, les commiffaires civils ont fait tout ce qui
le
le pillage &linpit en eux pour empécher camage, l'ordre luivant donné
idie. Le 22 juin ils ont approuvé le lendemain de l'incendie.
le général Lavaux; c'étoit
(I lit:)
22 Juin 1793.
Ordre au citoyen Martial.
w"Ordonnons à Martial Belfe, lieutenant - colonel de la
rde nationale de Terrier-Rouge, de fe tranfporter avec les
tces fous fes ordres à l'une des barrières du Cap appelée
pofte de la Foffette, pour y prendre le commandement
néral de toutes les forces aux ordres de la République
i font dans la ville du Cap : il veillera & fera veiller
igneufement à ce qu'on arrête le pillage & l'incendie, &
ploiera pour ccla toutes les voies de rigueur qui font à
n pouvoir pour en arrêter les progrès : il prorégera égaleent la sûreté individuelle, & s'allurera des prifonniers,
ns
pour cela on emploie de mauvais traitemens que
ins fur cas néceffaires.
>> Au haut du Cap, camp Bréda, 22 juin 1793, l'anIIde
République.
n
3> Signé, ÉTIENNE LAVAUX.
civils de la
c Approuvé par nous commiffaires
République
élégués aux Mes-fous-le-Vent; au haut du Cap, le 22
iin 1793, l'an 1I de la République françaile.
> Signé, POLVEREL & SONTHONÀX. 30
itemens que
ins fur cas néceffaires.
>> Au haut du Cap, camp Bréda, 22 juin 1793, l'anIIde
République.
n
3> Signé, ÉTIENNE LAVAUX.
civils de la
c Approuvé par nous commiffaires
République
élégués aux Mes-fous-le-Vent; au haut du Cap, le 22
iin 1793, l'an 1I de la République françaile.
> Signé, POLVEREL & SONTHONÀX. 30 --- Page 106 ---
Suivent plsfieurs autres ordres également relatifs à l'i
cendie du (ap, tous dgniement certifiés conformes à lo
ginal, à Paris, le 9 pluviofe, l'an III* de la Républiqu
rigné Martial Beffe. Martial Befle eft émployé en qual
de général de brigade dans l'expédition de Saint-Domingu
il eft actuellement à. Breft: il a dû remettre à la commifli
l'original de cet ordre.
(Il lit:)
L'approbation de cet ordre, dont je viens de donnerleétu
ne peur pasavoir été mife après coup, parce qu'elle fe trou
au bas de cet ordre, au - dellus d'autres ordres qui ont
également donnés par le général Lavaux.
Je communique la pièce aux colons.
Les commillaires civils ne fe font pas contentés de donr
des ordres parriculiers : le 26 juin ils ont fait la proclamati
fuivante > pour empècher les horreurs qui fe pailoient dans
ville du Cap. Voici cette proclamation.
(II lit:)
Proclamation du 26 juin 1793.
Ciror E N S,
cc Les traitres, > les confpirateurs, les contre - révolutio
naires, font partis; ils emportent avec eix, l'exécration
la colonic; leurs parrifans font diflirés & anéantis il
temps que les traces de leurs crimes s'effacent; que ce C
refte de bons citoyens dans la ville du Cap fe réunide pc
repouffer ceux qui ne fe plaifent que dans le meurtre, I
cendie & le pillage.
>> Dans ces circonfances, les commilfaires ont ordon
&_ordon:ent ce qui fuit:
A R TI I CL E P R 1 E M I E R.
>2 Déclarons en état de révolre contre ieslois 8r les oidi
des commiffaires civils, tous les individus qui feronr ferp
à piller', incendier ou attagner avec des armes offenfives
hormes paifibles & tranqsilles.
dans le meurtre, I
cendie & le pillage.
>> Dans ces circonfances, les commilfaires ont ordon
&_ordon:ent ce qui fuit:
A R TI I CL E P R 1 E M I E R.
>2 Déclarons en état de révolre contre ieslois 8r les oidi
des commiffaires civils, tous les individus qui feronr ferp
à piller', incendier ou attagner avec des armes offenfives
hormes paifibles & tranqsilles. --- Page 107 ---
IO3
I I.
s Ordonnons que ceux qui feront pris en flagrant délic
ront conduits pardevant le commandant de la place, pour
être fulillés fur-le-champ.
III
92 Enjoignons à tous les citoyens de la ville du Cap de
réunir en patrouilles aux ordres-du commandant de la
açe pour l'exécution de la préfente proclamation.
>> Chargeons le commandant de la place de la faire publier
afficher par-tout où befoin fera.
>> Requérons le gouverneur général par interim des iles
ançaifes de lAmérique fous - le- vent de tenir la main à
n exécution.
>> Donné au camp Bréda, quartier-général, le 26 juin
793, l'an II" de la République françaife.
C6 Signé, POLVEREL &c SONTHONAX. t
>> Par les commiffaires civiis de la République.
> Signi, POITEVIN, forétaire-aéjoint de la commifion. >3
Je commanique la pièce aux colons.
Duny : Je demande la parole fur le marétiel de cette pièce.
Le préfident : Annonce fur quelle pitce tu veux parler, car
ne CrOiS pas que ce foit fur la dernière qu'on vient de lire.
Dury : Ceft fur l'ordre donné à Marcial Belle, par
Ctienne Lavaux, pour arrêter le pillage, & qui eft en date
u 22 juin.
Citoyens, cette pièce eft faite par Martial Befe,
ation de Polverel k Sonthonax eft écrite par Marrial
PCEC
ordre de S emparer à quelque prix que ce foit eft écrit pàr
Martial Belle, l'atteftation eft écrite par Martial Belle, &c
nfin le certiné conforme de toutes ces pièces eft fait par
Martial Belle : celte pièce n'eft point forrie de dellous les
le pillage, & qui eft en date
u 22 juin.
Citoyens, cette pièce eft faite par Martial Befe,
ation de Polverel k Sonthonax eft écrite par Marrial
PCEC
ordre de S emparer à quelque prix que ce foit eft écrit pàr
Martial Belle, l'atteftation eft écrite par Martial Belle, &c
nfin le certiné conforme de toutes ces pièces eft fait par
Martial Belle : celte pièce n'eft point forrie de dellous les --- Page 108 ---
fcellés, & rien ne peut donner d'aushenticité à ce chif
Sonthonas: I1 eft très-vrai que cette pièce n'eft point
Einale, qu'elle n'eft pas fortie de deffous les
elle eft certifiée conforme par un fonétionnaire fcellés;
commandant militaire de la ville du Cap qui ne public, fe
faifir de l'original qu'entre les mains de la commiflion peut
colonies elle - même : ce commandant eft aujourd'hui
France.Les colons ont cité plafieurs pièces de cette natu
entre autres, des pièces émanées des commilaires
tifiées conformès par Miftral, commandant la Normande, civils,
commiflion pourra fe procurer Torisialloriqu'eile le vou
je lui indique Phomme quien eftie dépofitaire : c'eft Ma
Belle, général employé dans l'expédition de Saint -
mingue; je crois même qu'il a dà remettre l'original
commiflion.
Lc préfident : La commiflion ordonne que l pièce
paraphée en la manière ordinaire, &
Sonthonax en
méttra à la commiflion une copie CrdREL de lui. :
Thomas Millet : Je demande fi le citoyen
donné la date de la pièce qu'il vient de lire. Sonthons
Sonthonax : Oui,elle eft du 22juin, je l'ai
Les colons, pour excufer une infurrection contre communiq
nationale & tous les excès qu'ils ont commis dans l'auto
du Cap, fe font rejétés fur l'excufe de dire qu'ils la éto
vexés par le defpotilme des commilfaires civils, que ce
potifme étoit à fon comble, qu'ils ont été forcés à
furrection par nos mefures, que le fyftème de térreur
fur-la colonie, qu'ils ont voulu fecouer-ls jong, & pe
ont été malheureux dans leurs tentatives. Je
g
d'abord qu'aucune excufe ne peut légitimer l'infurredtion pourrois
fonétionnaires publics contre les autorités
peuple fans doute eft excufable dans une
fupérieures.
le péuple eft toujours conduit par des infurrection, chefs;- mais pa
dret du peuple, mais les fonctonnaires publics
abul
ce peuple pour le conduire à l'infurredtion contre qui l'auto
legitrime, ceux-là, dis-je, n'ont aucune elpèce d'excufe.
Convention nationale a-t-elle excufé les agitareurs du prem
écrit prairial, parce que ceux quivenoient pour la diioud ire
far leurs chapeauix > 2 du pain 6 la conficution' de avoi 179
Et
dret du peuple, mais les fonctonnaires publics
abul
ce peuple pour le conduire à l'infurredtion contre qui l'auto
legitrime, ceux-là, dis-je, n'ont aucune elpèce d'excufe.
Convention nationale a-t-elle excufé les agitareurs du prem
écrit prairial, parce que ceux quivenoient pour la diioud ire
far leurs chapeauix > 2 du pain 6 la conficution' de avoi 179
Et --- Page 109 ---
IOS
A-ce parce que les matelors chantoient Thynine des MarEilais en venant pour égorger les commiffaires civils, eft-ce
rce qu'ils prononçoientle nom facré de la
ux qui Ont mis les matelots en infurrection République teroient > que
bles? Je vousai prouvé démontrasihenenr que les matelots excuprbil mis en infurrection par le géneral Gulbaud; que lés
Honniers à bord du Saint-Honoré > ces g.rtu: ux
portés du Port-au-Prince, font ceux qui,au lieu pacriotes de venir
France fe plaindre à la Convenaon nacionale,
u de vehir (ur les navires du convoi
qui, au
efs, jugent à propos de s'armer, de defcendre lui * préienter à
leurs
nir artaquer à main armée ceux qui Ont déjoué la terre, coalition de
Port-a au-] Prince dirigée contre les hommes de
inme la révolre du Cap éroit de même dirigée contre couleur, les
nmes de couleur. Les colons dironr-ils,
ils onr été victimes de cette conipiration? pour s'exculer, ,
le conimencement de la
ils non, fans doute:.
hes de leurs machmations révolucion, infernales. Od ont été les vicTs triomphes?
eft un feul de
Depuis qu'ils ont artaqué fans ceffe
mmes de couleur, ils ont occationné la ruine du
les
onial par les moyens mêmes qu'ils ont employés fyftéme le
endre. J'ai prouvé qu'ils étoient. les aueurs de pour
ux toutes les fois qu'ils ont- attaqué l'autorité nationale leurs
lois de la France. EA-il beloin de difcurer
ou
laffaire du Cap-n'a été que la conféquence pour & prouver le
aire de leur condnite pendant tour le temps de la COjon 2 Il eft vrai que les cclons, pour inculpér les révofaires civils, ont prodait des déclarauions, dés
comues : comme fi des atteftations faires à
allégations.
ificats mendiés par ceux qui ont voulu Pbilindelphie, le
des
s le fein des commifaires civils, potvoient plonger poignard
indre preuve de délits de la part des commiffaires préfenter civils la
finés par eux!
Les-colons ont dit que les prifonniers à bord du
tor: manquoien: de tout, qu'ils étoient détenus au Saintad (ecret, que les commiffaires civils
plus
bn ne leur donnât les' chofes utiles à empéchoient la vie : eh même
ais vous prouver la foilicitude des commiffaires bien!
les prifonniers déportés da Porc-au-Prince
civils
ord du Saint-Honoré.
qui étoient
ome VIII. Soisuntetreigime livraifon.
H
ons ont dit que les prifonniers à bord du
tor: manquoien: de tout, qu'ils étoient détenus au Saintad (ecret, que les commiffaires civils
plus
bn ne leur donnât les' chofes utiles à empéchoient la vie : eh même
ais vous prouver la foilicitude des commiffaires bien!
les prifonniers déportés da Porc-au-Prince
civils
ord du Saint-Honoré.
qui étoient
ome VIII. Soisuntetreigime livraifon.
H --- Page 110 ---
D'abord, des lettres & des ordres envoyés à Cercey, de
vous pourrez prendre connoiffance dans fes journaux,
teftent que nous lui avions remis la police des prifonni
dérenus dans la rade, que nous avions même laifie à fa
pofition de répartir ces prifonniers de la manière qu'il
jugeroit la plus convenable, & la plus commode P
eux, afin de concilier les mefares de sûreté générale a
les deveirs de l'humanité.
Ce n'eft pas tout : c'eft qu'à notre arrivée au Cap, n
avons nous-mêmes ordonné des vifites. par les chirurgien
bord du Saint-Honoré pour faire tranfporter, dans les hôpit
ceux qui étoient malades & ne pouvoient foutenir la 1
Je vais vous lire les crdres qui ent été donnés à cet ég
(Il lit l'ordre du 18 juin.)
AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE
Au Cap, lc 1S juin 1793.
ce Ordonnons à Guyot, chirurgien-major pour la Re
blique, de fe tranfporrer à bord du navire le Saint-Hon
en rade du Cap, d'y viliter les perfonnes qui y font déren
& de drefier proces-verbal de T'état de celles qui fe tI
vercicnt malades, pour, ledirproces-verbal à nous rappo
être fatué ce que de raifon >),
Voici ce que nous avons fatué d'après le procès-ve
de Guyot:
de vifite faite à bord du vaif
c Vu le procès-verbal
le Saine-Honoré par Guyot, chirurgien pour la Republic
commis par nous à T'efer de confater la nature & l'éta
maiadie de ceux dos prifonniers embarqués par nos ord
qu'il fercit d'une indifpenfable nécellité de transférer
hopitaux; >> Ordonnons que Marmée, Dumont & Laciairfond,(e
débarqués peur être conduits fous-bonne 8c sûre garde
maifon de ia Providence 2 & que le diredteur de ladite ma
les y recevra fous fa relponfabiliré.
de
>> Chargeons le.commandant de li place
T'exécu
du préfent ordre.
22 Lc IS juin 1793 >.
'une indifpenfable nécellité de transférer
hopitaux; >> Ordonnons que Marmée, Dumont & Laciairfond,(e
débarqués peur être conduits fous-bonne 8c sûre garde
maifon de ia Providence 2 & que le diredteur de ladite ma
les y recevra fous fa relponfabiliré.
de
>> Chargeons le.commandant de li place
T'exécu
du préfent ordre.
22 Lc IS juin 1793 >. --- Page 111 ---
1O7
Themas Millet : Je viens de fuivre far le
Sonthonax les deux ordres qu'il a lus; & il me regiftre de
évident que ce regiftre a été fait après coup; car paroit trèsverbal de Guyot s'y trouve infcrit avant l'ordre le procèsHonné pour le Faire.
qui lui eft
ver? Sonthonar : ER-ce là tout ce que vous avez à oblerThomas Millet : Pas davantage, & il
affez.
y en a bien
Sonchonax : Les commiffaires civils ne peuvent &
Hoivent pas répondré de l'état & de la forme dans
ne
eur regiftre eft tenu. La garde des pièces &
laquelle
Btoit confiée au' fecrétaire de la commiffion civile. des regiftres
pas dans un moment comme celui de l'incendie du Ce n'eft
lans un moment de carnage &
eft Cap,
Re mettre de l'ordre dans les regiftres d'incendie, & les qu'il poflible
irés civiles. Je vous prodeis un ordre
pièces des autoI n'a pas été fait pour les circonftances. extrait Le de ces regiftres;
lans les archives de la commiflion des
regiftre a été pris
a commifion un moyen de connoître colonies. la vérité, J'indique à
olonel du 160 régiment, eft actuellement el Leblanc >
tes ordres-là en originaux 5 puifqu'étant commandant France; il a
blace, il étoir chargé de leur exécution. La
de la
ourra fe les faire repréfenter. Leblanc eft Commiflion
Drléans.
en garnifon à
Thomas Millet : Sonthonax prérend
c'eft l'incendie
Lap quia occafionné ce défordre dans Rate regiftres,
du
ont ils'agit ici eft du 13, tandis que les
&cWordre
e font
du 20.
événemens du Cap
Je vous ai
EET
e cet incendie, occalionné déja ditque les c'étoit dans la confufion
lédé & fuivi
par
événemens qui ont
l'incendie du Cap. a - a a
préD'ailleurs qu'ai-je befoin de réunir des
es circonfances ? Laffaire du Cap eft établie preuves far à toutes
articnlières; elle eft établie far les ordres
des bafes
ar Galbaud; qu'ai-je beloin de déclarations matériels donnés
rdres. Les colons ont fait des
? confultez CeS
hillaires civils; ils ont dit qu'ils inculpations atroces aux com-
: 20j juin, d'hommes de couleur s'éroient entourés, avant
pour préparer la cataftrophe
H2-
Laffaire du Cap eft établie preuves far à toutes
articnlières; elle eft établie far les ordres
des bafes
ar Galbaud; qu'ai-je beloin de déclarations matériels donnés
rdres. Les colons ont fait des
? confultez CeS
hillaires civils; ils ont dit qu'ils inculpations atroces aux com-
: 20j juin, d'hommes de couleur s'éroient entourés, avant
pour préparer la cataftrophe
H2- --- Page 112 ---
du Cap;ils ont cité des lettres des capitaines des compagnie
franches du Port-de-Paix, I'une de Dutacq, Tauure de Ru
douan. J'ai pris communication de ceS pièces. Ccs lettres
bien loin de prouver que j'ai fait venir les compagnies d
Port-de-Paix au Cap, atteftent au contraire que les com
pagnies font reftées au Port-de-Paix par nos ordres. E
venant au Port-au-Prince le 7juin, nous écrivimes au com
mandant du Fort-de-Paix de faire venir les compagni
franches pour nous accempagner, parce que nous éto
inftruirs de ce qui fe machinoit au Cap; & la lettre
Tangui prouve que deux jours avant notre arrivée au Cap
on machinoit notre arref faticn & notre allifinat. Nous do
nàmcs-l'ordre le 7 juin : cet ordre eft daté des Gonaives;
porte que les compagnies franches du Port- de-Paix fe re
dront an-devant de nous pour nous accompag gner au Ca
Ces compagnies franches du Pore-de-Paix n' ont reçu n
ordres qu'après coup. Nous étions déja au Cap dans C
circonft: nces. Nousjugeâmes qu'il feroit impoliticue dero
part de faire venir auprès de ncus ces ccmparnies francl
dans ui mcment oà G.lbaud &c lcs fadicux ferokent bi
aifes de dire e'que nous nous entouricns exclufivement
troupes compofées d'hommes de couleur; en corfeçuene
nous écrivimes au COIT mandant de la_placc du Port-de-P
de faire rentrer ces corj pagnies frarches dans les fo
qu'elles avoienr pour samn-fon, de ne pas les enycyer
Cap. Ces ordres ont été poriés par la frégate la Corcon
J'invoque en prcuve de ce fait les deux lettres citées -
Duny. Dutacq & Rudouan difent dans CCS letures No
crares
nous rendre
à
allions partir far vOs
pour
arprès vo
Le commandant de la place nous a donné crdre de votrep
de rentrer dans les forts que nous tenions pour garrifon
nous peignent en même temps combien ils font
ne pouvoir venir ayec nous au Cap, Je prie la
ut
d'interpeller Duny f tel n'eft pas l'efprit dans lequel
deux lettres font écrites.
Duny: Ces deux lettres dont parle Sonthonax, écrires
16 juin, portent que le jour ciles compagnies franches C
reçu les ordres du7; elles s'étoient arrangées pour fc met
on route 5 mais que le défaut de chevaux pour l'une de
nous peignent en même temps combien ils font
ne pouvoir venir ayec nous au Cap, Je prie la
ut
d'interpeller Duny f tel n'eft pas l'efprit dans lequel
deux lettres font écrites.
Duny: Ces deux lettres dont parle Sonthonax, écrires
16 juin, portent que le jour ciles compagnies franches C
reçu les ordres du7; elles s'étoient arrangées pour fc met
on route 5 mais que le défaut de chevaux pour l'une de --- Page 113 ---
Heux compagnies, > les avoit empèchées de partir : que le
Fommandant de la place venoit de leur ordonner de fe retirer
lans les'f forts; mais que le mulitre Deiperbat, qui arrivoit
u Cap, envoyé fans doute par Polverel & Sonthonax, étoit
enu leur parler au nom des commiflaires civils 3 & avoit
animé tout leur elpoir, Ces deux mêmes compagnies franches
e font trouvécs au Cap le 20 juin. Charrier, 2 adjudantnajor de la force armée > plulieurs autres officiers & rous
es citoyens du Cap vous attefteront le fait, & moi je
aflirme.
Sonthonax : Jè demande la communication de ces
ettres 5 il eft eflentiel de les lire fur la dénégation du
iroyen.
Duny : Je demanderai en même temps la produdtion
le là déclaracion de Lecierc & de celle de Lepeile:ier.
(Duny remet ces.pièces.)
Sonthonax : Je. lis d'abord la lettre du citoyen
latée du Pore-de-Paix lè IS juin.
Dutacq,
(Ili lit.)
Letere du citayen
capitaine de dragons francs,a aux
cioyens Polverel Pruicte &
- commi(jaires nationauxcivils au Cap.,
ee CITOYENS CONMISSAIRES,
>> C'eft en mon nom & au nom de ma compagnie
ole prendre la liberté de vous écrife 3 pour vous témoiguer que
a fatisfaction & la joie que nous reffentons d'apprendre vos
arrivées au Cap; le plus grand de nos regrers eft celui de
avoir pu voler au-devant de vous à la route, auflitôr votre
brdre daté des Gonaïves du 7. du courant. N'en attribuez
point, je VOuS prie, à ce retard le défaut de zèle de-notre
part, inais bien à celui des habitans du lieu, qui peu intéelfès à la chofe publique, ont fait ce qu'ils ont pu
fe
ipenfer de nous procurer des chevaux, malgré
du
H 3
FT
eft celui de
avoir pu voler au-devant de vous à la route, auflitôr votre
brdre daté des Gonaïves du 7. du courant. N'en attribuez
point, je VOuS prie, à ce retard le défaut de zèle de-notre
part, inais bien à celui des habitans du lieu, qui peu intéelfès à la chofe publique, ont fait ce qu'ils ont pu
fe
ipenfer de nous procurer des chevaux, malgré
du
H 3
FT --- Page 114 ---
110. *
citoyei. Rochefort: nous avons été plus de-tiois jours fans
pouvoir réalifer oitze chevaux. Ila fallu un ordre de rigueur
pour en prendre de force. Vos ordres nous ont été fignifiés
le1, & le 24 à peine éricns-nous préparés. L'arrivée de la
frégate a changé par VOS ordres norre départ. Nous étions fur
la place d'armes, prêts à partir, lorique elon nous a annoncé 3
delorire du citoyen commandant de la Place, denous retirer
refpectivement dans la garnifon de nos forts. Je ne cefferai
pas de vous dire, ciroyens, > combien le départ des compagnies franches avoit réjoui nos ennemis en général & ceux
de la République. L'arrivée du ciroyen Defparbat, qui avoit
été députe vers vous par la garde nationale > a ramené l'erdre
&c la tranquillité qui avoient été troubiés par les ennemis
de la République. Les eiprits fermentoient avant T'apparition de la frégate : on avoic déja fait agir tous les relforts
auprès de la compagnie, atin de les détonrner de marcher,
fous le prérexte de leur dire quej'aveis follicité auprès de
vous & du ciroyen gonvernetr-général le changement de
leur garnifon. Ces hommes qui, peu accoutumés à quitter
le climat, & ne connoiffant pas la difcipline militaire & le
danger, ont cru que j'étcis celai qui les avoit trompés
j'en aiété quire pour recevoir benucoup de reproches
Après lerrepréfentations que je leur ai faites, ainti que le
cicoyen Defperbat, arrivant du'Cap,ils ont crié tous de vive
voix: : Vivent les commiffaires nationaux-civils e la République
frangaije! & démeniré qu'ils étoient prêts a.obéir à leure
ordres, & même marcher à pied, puifque les habirans ne
s'é:oient point prêrés à leur faite avoir des chévaux.
32 Voila, citoyens coimillaires, de la manière que les
ennemis du bien public ont cherché à m'oxbsfer.Je compte
fur vOS bontés pour donner VOS ordres, atin de pouvoir faire
monter certe compagnie
pouvoir voler aux premiers
erdres émanés de vous. ese font dépourvus de tout, fans
chapeaux, 3 fouliers & piftolers. J'ai fair plutieurs demandes,
tant au Cap qu'au Port-de-Paix, & malheureufement les
magatuns de là République fe font trouvés dépourvus de
tout.
9 Salur eil la patrie.
- :
3 Signés DUTARCQ, capitdinc-commnandant
in de pouvoir faire
monter certe compagnie
pouvoir voler aux premiers
erdres émanés de vous. ese font dépourvus de tout, fans
chapeaux, 3 fouliers & piftolers. J'ai fair plutieurs demandes,
tant au Cap qu'au Port-de-Paix, & malheureufement les
magatuns de là République fe font trouvés dépourvus de
tout.
9 Salur eil la patrie.
- :
3 Signés DUTARCQ, capitdinc-commnandant --- Page 115 ---
III
Port-de-Paix, le 16 juin 1793, l'an deuxième de la
publique".
Vous voyez que nous avions donné d'abord l'ordre aux
mpagnies franches du Port-de-Paix de nous accompaguer
Cap; mais que profitant du départ de la-frégate la
ncorde pour le Port-de-Paix, n us avons changé cet
he: c'eft ce que dit le ci:oyen Dutarcq lui-mème. Si
rdre avoit été de venir au Cap, il auroit dit: nous par1s pour le Cap, & nous arrivons. Il parle à la vérité
parcir à pied; mais c'étoit pour fc rendre à la garnifon
ileur avoit éréindiguée par le gonéral Galbaud avant fa
fituition. Il ne s'ngit poiut ici de revenir aul Cap. Vous
vez clairenent que par nos ordtes les compagnics rranches
Port-de-Paix ne font point venues au Cep; elles cnt été
cées de rentrer dans les forts. La lettre de Roduan eft
même ; il eft inuule de la lire.
Les cclons, pour
le defporifme des commiffaires
ils dans los ESEESBet ont cité une lettre d'Egron, juge
néchal duPor-de-Paix, au général Galbaud. Dans cette
re, Egron fe plaint que Galinot de Gaft, envoyé des
mmiffaires civils au Pon-de-Peix,a enlevé une procédure
greffe,. laqualle procédure étcit. toute à la décharge de
coufé: f le citoyen Egron difoit la vérité, pourquoi ne
drelloir-il pas aux commiffaires civils 2 Egron devoit s'aelfer à eux pour faire fa plainte contre l'envoyé de la
mmiflion civilo. Il dit qu'on a arraché une procédure du
effe à ia décharge du citoyen Lnurent. Quei intérêt
it-onl avoir à atracher une procédure à la déchurge trauin
onime pour le mottre en liberré? Il n'eft pas néceflaire
ily ait des pieces à fa décharges il fulfit quil n'y ait
nà fa charge. On n'avoit donc pas befoin d'enlever la
o:édare. Le fénéchal favoir fon devoir 3 il devoit faire
ettre en liberré le citoyen Laurent. Iny avoit
befoin
une procédure à fa décharge; il fufiloit
eft rien
la charge de l'accufé. Mais, quand il s'agit
fnit aufi
FE
ave que celui de l'enlèvement d'une procédure ali greffe
1Pore-do-Paix, il faut ou un acte de nororiété du tribul,
H 4
la
o:édare. Le fénéchal favoir fon devoir 3 il devoit faire
ettre en liberré le citoyen Laurent. Iny avoit
befoin
une procédure à fa décharge; il fufiloit
eft rien
la charge de l'accufé. Mais, quand il s'agit
fnit aufi
FE
ave que celui de l'enlèvement d'une procédure ali greffe
1Pore-do-Paix, il faut ou un acte de nororiété du tribul,
H 4 --- Page 116 ---
II2
ou une déclaration du grefier,ou un procès-verbal d'efrac
tion d'enlèvement de piècisaug giefie. Les colons produifent
ils ici un de ces actes? Diron-ils que le grefte n'érsit pa
incact?Le grene du Port-du- Paix elt intact, & le généra
Largux a erabli le bége du gouvernement dans cette ville
Si les commiff.ires civils aveient approuvé des chofes auf
graves que celles-là, il faudroit apporter d'autres preuve
que cclie de ia lettre d'un juge au gouverneur Galbaud )
faudroi: au moins preduire une leture du juge aux commif
faires civils pourles avertir de cet enlèvement. La lettre-d
fénéchal ne peur être regardée que comme une provoca
tion de ce juge auprès du commandant militaire pour l'aigr
& le difpoler à l'inturrection qui étoit alors méditée , & qu
àeu lieu au Cap.
Les colons ont dit qu'il réfultoit d'une déclaration de l'ac
cufateur public près le' tribunal du Cap, que j'avois néglie
ou défendu de juger un cird oyen appelé Godard, nègre libre
prévenu d'avoir commis des atrocirés inouies pendant l'in
furred éion de 1791. Cetie décliration de Leclerc. n'eft poir
faite devant une autorité confituée; c'eft un certificat d
Leclerc, donné aux colons, à Philadelphie; le primidi de
deuxième décade de ventôle, l'an 1794, figné Leclerc.
n'y a aucune eipèce de forme authentique ni officielle dai
cette pièce : la déclaration n'ap point été faite à la chancell
rie du confulat, le confuln'en a point eu connoiffance; c'eft
commne je viens de vous le dire, un fimple cerrificat de Le
clerc, émigré à la Nouvelie-A Angleterre. J'efpère que la com
mifion ne me jugera pas fur les certificats donnés par u
émigré. J'oblerverai feulement, far cette déclaration > qu
Leclerc fe plaint de ce quej'aftreignois le tribunal à ne JU
ger que felon des preuves pour condamner les prévenus.
Duny: La leéture.
L: préfident à Sonzhonax Si cette pièce n'eft point ne
ccffaire à la défenfe, il eft iNSE de la lire.
Sonthonax: Je ne la crois pas nécellaire. Dans cette de
claration Leclerc fe plaint que, m'ayan" repréfenté que le fa
de révolte étoit fuffifant pour condamner à mort les et
claves & les hommes libres qui en' étoient prévenus, jel
répondis : Le fait de révolte'eft commun à toute la popula
Sonzhonax Si cette pièce n'eft point ne
ccffaire à la défenfe, il eft iNSE de la lire.
Sonthonax: Je ne la crois pas nécellaire. Dans cette de
claration Leclerc fe plaint que, m'ayan" repréfenté que le fa
de révolte étoit fuffifant pour condamner à mort les et
claves & les hommes libres qui en' étoient prévenus, jel
répondis : Le fait de révolte'eft commun à toute la popula --- Page 117 ---
I13
n' noire de la province du Nord; ce fait de révolte ne
Hir pas, parce qu'ily y a des hommes qui ont été entrainés,
il iaur des preuves. Sur ce mot, qu'il faut des preuves >
ccufateur public s'indigne,.& dit que jai voulu ampècher
juger les prévenus d'infurrection. Remarquez cependant
e les colons ont dit que ce tribunal étoit" Un tribunal de
hg, un tibunal révolutionnaire dirigé par moi pour immodes hommes, pour faire couler le fang de nos victimes :
icil'accufateur public fe plaine de CC que je protège ceux
i font envoyés à ce tibunal, de ce quil ne peut pas faire
der let fang. Celt ainic quels colons, loriquil sagirde leurs
culations fur les différens chers, mn inculpent, tantôt. de
krifier les homines, & tantôt de ies proréger, & tout cela
rle même fait, fur le fair du tribunal extraordinaire. Pour
pondre à cela, il fuffit de lire la pièce ; fi la commifn le juge à propos, je vaislalire. l'accufateur
fe
Th. Millec : Sonthonax dit que.
public
nignoit de ce qu'on ne verloit pas. le fang; .mais il n'y'a
As un mot dans la pièce dont on puilfe tirer cette inducbn. .
dit
ce fuffent là les
Le préfident : Sonthonax n'a pas
que
topres tetmes de la pièce.
eft abfolument
Th. Mill:e: Ce qui, dans la déclaration,
pntraire.
-Le préfident : Lifez cette déclaration.
K Je certifie la converfation fuivante, que j'ai eue avec le
toyen Sonthonax quanije reçus de lui la commiflion d'acHfateur public du tribunal révolutionnaire du Cap:
>> Ciroyeh-commithajre, , vous me donnez une place dont
S fonctions délicates font, non pas au-deffus de mon zèle,
ais au-dellis de mes talens &c de mes forces; vous me faifiez à la haine des parens., 3 des amis, connoiffances &
pmplices du très-grand nombre de nègres &c gens de couur détenus à la geole. Tous ces hommes font déja coupales du fnit de révolte, indépendamment des crimes qui en
ont la fuite néceffaire. Citoyen, me dit Sonthonax, vous
e pouvez, vous ne devez les pourfuivre que d'après des
reuves, & non pour le feul fait de révolte. Mais, citoyen-
à la haine des parens., 3 des amis, connoiffances &
pmplices du très-grand nombre de nègres &c gens de couur détenus à la geole. Tous ces hommes font déja coupales du fnit de révolte, indépendamment des crimes qui en
ont la fuite néceffaire. Citoyen, me dit Sonthonax, vous
e pouvez, vous ne devez les pourfuivre que d'après des
reuves, & non pour le feul fait de révolte. Mais, citoyen- --- Page 118 ---
commiffaire $ tous ces individus font les inftrumens, les
agens des contre - révolutionnaires; ; ils combatrent pour le
roi,au nom du roi. -N'importe, ajouta-t-il, vous ne pouvez agir contre eux qu'en vertu de preuves.
>Avec un peu de réflexion, je me fuis apperçu qu'il
étoi: fort difncile d'arracher des preuves des crimes commis
par des hommes impénérrables, quand ils veultot garder un
fecrer, fur-tout un fecret néceffaire à leur fureté, & éteint
dans le fang de leurs viétimes : je me ferois en outre convaincu que cetté place étci: à la nomination ciu peuple, &
non à' celle du comiffaire civil; mais la nécclité de vider
une prifon obitruée par plus de 400 prifonniers à ma requêre, la cenfance dc l'amitié don: m'honorcient les pa
triutés, la publicité des feances qui éciairoit ina conduite
un defir aveugle peur-êure da bien peblie; routes CeS raifons
me portèrent à acquiefcer à Tinvijation, j'ai preique dit.à
l'ordre d'accepter cctte place,
5> Jed cerifie. que le citoyen Sonchonax,éizm AS Scine-Marc,
m'enjoignit par une letre de fufpendre toute exécution de
jugement julqu'a ce que fon coliègue ez lui foffent au Cap
Pour ma décharge je deinandai, idance publique tenanre
au' tribunal, Tenaregifrement de cette ictere - au gretfe d'icelui:
on fi: droit à ma demande, 8c eile me fuc accordée. ie
voile fut alors déchird pour moi; & craign.nt, avec jufte
raifon, de n'êrre déformais que le pailif infrument des volontés diétatoriales des Sonthonax, je me déreuminai à donner
ma démiflion auflitôr le' retour au -Cap de Polverel & de
Sonthonax : je me fattois cependant. que les commiflaires
rendus en cette ville, levercient T'efpice de veto inconititutionnel qu'ils avoient appofs à lexécucion de la loi contre
des tigres conre-srolutionsies, Vain cfpoir! A leur rentrée au Cap je me rendis auprès d'eux, de nous cumes enfemble ia converfation fnivante:
>> Citovens, ily avoit à la goole du Cap, à votre départ
de cette ville, environ quatre cents prifonniers libres ou ef
claves; ily en a cent qui, après un plus amplement informé
de pluficurs mcis, , ont été élatgis faue de preuves. Il n'en
eft peur-ere pas un 2 ajoutai-je avec l'accent de la douleur
qui ne foit teint du fang des plus courngeux; pariotesb blancs.
fation fnivante:
>> Citovens, ily avoit à la goole du Cap, à votre départ
de cette ville, environ quatre cents prifonniers libres ou ef
claves; ily en a cent qui, après un plus amplement informé
de pluficurs mcis, , ont été élatgis faue de preuves. Il n'en
eft peur-ere pas un 2 ajoutai-je avec l'accent de la douleur
qui ne foit teint du fang des plus courngeux; pariotesb blancs. --- Page 119 ---
I15
iciun tableau dérillé, fait fous mcs yeux parl le grefficr du
punal, des difrerentes procédures faites contre eux;voici un
ond rableau, également juite, des procédures cemmencées
non achevées, au nombre de près de cent. Celle des trois
res, Pierre Godare, Jean - Faprife Godard & Joachim
bdard, elt terminée 1 julqw'ajugenent définitif exclufivement.
fnis prèc à donner mes dernicres conciufions dans cette
hires vous leverez, Marement votre veto, filejugement à invenir fur icelles prononce peine de mort. A ce mot s
ne de morr,les comniffaires ie purent retenir un nouyent de furprife; ils s'attendoint, ians doute, à plus de concendance de mna parr à leurs caprices 5 ou à moins de ferté; mais 3 fe recueillànt , ils me dirent : Vous attendrez
sordres ul:érieurs; des mefaresd'intcrèt général nous comndent de différer toute exécution dejugenicnt. Nous allons les
hner un certain nombre de libertés, notamment à tous
efs de noirs en révoire; la paix va régner, les blancs n'aut plus betcin de camper au dehors : tous les nègres vont
Coumettre.- Des agens des conrerérelutionnaireh & coud
is du fang des blancs, à qui l'on alloit donner la liberté;
te levée fubite de tous les camps défenffs, cette impafle foumitlion des negres. -
Non : je frémis à cet
eu, &je vis à découvert le but des commiffaires 3 & braht la puillance royale de deux hommes, je leur inftrument dis queje
pouvojs > fans crime > confentir à n'être qu'un
us leurs mains, aut lieu d'être l'organe de ia loi, & que je
priois de recevoir ma démiflion.
Les fonctionnaires pucs qui abandonnent lâchement leur pofte, quand la patrie
en danger, font coupables de lefe-narion, mne dit Sonlui étoit fi fabnax avéc cette arrogance dédaigneule qui refterez à votre
lière quand on ofoit le contredire : vous
fte; l'exécution de grandes melures que nous avons priles >
cellite tous nos foins, > prend tous nos momens : ne revenez
e dans une huitaine de jours pour terminer ce qui concerne
faboumalréechationnaire, Je fortis de cet antre du defporifme,
le far-lendemain > 20 juin 1793 > les mefures dout il étoit
teftion furent mifes à exécution, & furent la ruine de Saintomingue, l'incendie du Cap & le maffacre dcs habitans de
tte ville. Je certifie que la plupart des prifonniers à ma
quête, &: dontles procédures étcient commencdes, étoient
ce qui concerne
faboumalréechationnaire, Je fortis de cet antre du defporifme,
le far-lendemain > 20 juin 1793 > les mefures dout il étoit
teftion furent mifes à exécution, & furent la ruine de Saintomingue, l'incendie du Cap & le maffacre dcs habitans de
tte ville. Je certifie que la plupart des prifonniers à ma
quête, &: dontles procédures étcient commencdes, étoient --- Page 120 ---
II6
convaincus de royalifine, de contre-révelurion, d'incendie
d'aflafinats; je certife auffi que les.trois frères Godard 3
deffus mentionnés > aufli à la gecle, étoient convaincus
forfaiis atroces > tels que d'avoir tué beaucoup de blancs,
lesavoir fait périr dans des toermens recherchés, de fe pla
à alliter à toutes les exécurions qui fe faifoient d'inful
ces inforcunées vidtinnes dans des toufrances indictbics;
de ces troisfrères Godard (Jonciim) étoit convaincu de qu' s'e
abreuvé du fang qui couloir des plaies de blancs
dans les divers camps des révoltés.
fepplic
5> Faità Philadelphie > primidi de la. deuxième décade
ventôle 1794, l'an deuxième de la République françaife.u
&cindivifible,
Signé, LE CLERC.
Sonthonax : Vous voyez que je n'ai rien avancé que
vrai, lorique je vous ai ditc que l'accufateur public.fe plaigne
de ne pouvoir condamnet fans preuves les citoyens accul
pour révolte déclarée. Quant à la déclaration en elle-mem
jai dirque, de quelque manière que ce fir, elle ne peut étab
coutre moi aucune elpèce de preuve puifque c'elt un cer
ficat donné par un homme. émigré à la Nouvelle-Angletem
&gui y réfide encore. Si cet homme avoit à donner des éclai
ciflemens fur ce qui s'eft palfe dans la colonie, pourquoi ne
il pas veni fur les navires du convoi : pourquoi n'a-t-il P
accompagné les citoyens colons 2 Quant, à la déclaration
Lepelletier, eile porte qu'il a été aflaffiné chez lui par a
nègres, pour avoir donné refuge chez lui a un matelot qu'i
nègre vouloit tuer 5 ce fait eft porté à la date du 19 jui
Lepellerier ef refté au Cap après l'incendie 5 cette déclaratic
n'eft également qu'un certificat donné aux colons , daté
Philadciphie le Sfévrier l'an deux. Aucune efpèce de forn
légales de forme authenrique dans cette déclaration. Ilaurc
di la faire ou pardevant la municipalité du Cap, ou pa
devant des notaires au Cap, ou les commiffaires civils,
bien à ja Nouvelle-IAngletsrre pardevant le conful s ou
minilre, a ou lesautres agens de la République difléminés
eft également qu'un certificat donné aux colons , daté
Philadciphie le Sfévrier l'an deux. Aucune efpèce de forn
légales de forme authenrique dans cette déclaration. Ilaurc
di la faire ou pardevant la municipalité du Cap, ou pa
devant des notaires au Cap, ou les commiffaires civils,
bien à ja Nouvelle-IAngletsrre pardevant le conful s ou
minilre, a ou lesautres agens de la République difléminés --- Page 121 ---
Nouvelle- - Angleterre : je n'ai pas d'autre connoilfance de ce
Duny : Les'pièces ne font point envoyées aux colons, >
es fortent de deffous les icellés appofés fur les papiers du
érai Galbaud; & le citoyen Lepelletier étant refté au Cap,
pas pu nous envoyer ces pièces, puifqu'il n'eft arrivé
la Nouvelle - Angleterre que fur un bâtiment de PhilaIphie.
Souhonax : Au moins pouvoit-il faire fa déclaration par
rant les aurorirés françaifes. Silna pas envoyé cette pièce
colons 2 il la leur a donnée du moins à la Nouvelleglererre. Les colons , pour s'excufer de leur invafion dans
vilie du Capà la tête des matelots, ont efiayé d'invedtiver
commniflàires' civils de toutesles manières, de leur reprocher
atrociespadanrfjncendic.Vosele ce qu'ont faitles commifrès civils:réfugiés dans un camp hors de la ville,ils étoient
courés de'plas de trois mille blancs > hommes, femmes
enfans réfugiés auprès d'eux , qu'ils ont nourris aux dépens
la République. Ils n'ont fairque leur devoir; tous ceux qui
touroient les commillaires civils ont joui de la plus grande
eté.Jedemande d'ailleursqu'aicer égard on entendele citoyen
qui commandoit les calernes du Cap au 20 juin,
IS :i: officiers de l'armée. de Saint-Dominge, qui étoient
iour des commiffaires civils, & mème les foldats. Sila comlion veiit parvenir à connoitre la vérité > ce n'eft pas de la
uche des transfuges > de ceux qui ont abandonné Saintomingue pouralieraux: Etats-Unis, ce n'eft pas de la bouche
ceux qri ont defcendu à main armée pour attaquer les com+
faires civils, qu'elle peut la recevoir; c'eft de la part de
HK qui, fidèles à leur ferment, fidèles anx iois de la Réblique, n'ont pas perdu de vue les commiffaires civils, &,
été conflamment autour d'enx.
On ditl qu'ilya eut des femmes maffacrées dansles cafernes:.
sfateoe aursienrpu fepaf@erdevanrplas de douze cents blancs
alement rofagids dans les cafernes; il feroit àl la connoit
poedis officiers de l'arrée d'Eurepe , reftés fdeles à laR6tohous, qui font aujourd'hui en France : de coux du feiIane regim i1t dedragons, de ceux de tous les régimens d'innterie qui éroient à Sainr-Domingue, qui fe trouvoient duns
molbeurenicaffsire du Cap.
erdevanrplas de douze cents blancs
alement rofagids dans les cafernes; il feroit àl la connoit
poedis officiers de l'arrée d'Eurepe , reftés fdeles à laR6tohous, qui font aujourd'hui en France : de coux du feiIane regim i1t dedragons, de ceux de tous les régimens d'innterie qui éroient à Sainr-Domingue, qui fe trouvoient duns
molbeurenicaffsire du Cap. --- Page 122 ---
Aux cafernes il
a jamais eu un foldat de défarmé ,
défie ui feul foldat AIA dire le contraire. Le çommandant
cafernes eft ici: f la commiflion veut, elie peur l'entend
Quant aux religieufes & à leurs penfionnaircs > elles
fonc retirées fur leur habitation, où elles ont vécu & re
pailblement; 5 elles y fontencore. Loin d'avoir été maflacr
& violées, denx d'enrre eiles ont ét6 mariées , l'une à laum
nier de la garde nadonale du Cap, l'autre à l'officier cha
de la furveillance des magafins de l'adminiftration du Ca
le ciroyen Bisnon.
Je demande que, fur tous ces faits, vous confultiez
journaux des bâtimens du commerce qui étoient dans la r
du Cap, des ofliciers qui y étoient alors, & notamment CE
du gouverneur général Lavaux, donr la conduite aujourd'!
n'eft plus un problême pour les amis de la patrie, qui, à
tête d'une petite armée à Sainr-Domingue, fe fignale par
exploits contre les ennemisde la République. Voilal les homn
qu'on doit entendre, i non de lâches trunsfuges, qui,ap
avoir affalliné les commiffaires civils, n'ont d'autres moye
de fc blanchir de cette accuiation, qu'en les calomniant.
autre homme cité par Duny, nomméFraizer, dit
m
ment oi j'ai vu ia Hamme s 'élever fur la ville du
de dire
die
l'atrociré
que cejour éroit leplusbeau dema vie: : ét
alors au camp de Bredas c'eft ainfi que Duny s'eft exprin
Je demande à la commiflion que, féance tenante > on env
chercher cet homme, qu'il me foit fur-le champ confront
je demande fur-le-champ, afin que cet bomme ne puifle cd
cerrerfa décdarationaveceusqiw'accufennt avecles homm
qui veulent la Jui diéter: nous verrons > dans cette confro
tation, fij'ai tenu cet abominable propes. Sije l'avois ten
queis font les blancs qui me 'entoureient : qui ne m'auroie
pas poignardé ? quels font ceux qui étoient en force en
moment, qui ne m'auroient pas dénoncéà la France? Cerr
je n'étois pas feul, je ne l'aijamais été-un feul inftant pe
dant mon féjour au camp Breda; qu'on confulte les officie
qui m'enrouroient, qu'on me confronte à Fraizer, voilà
gue je demande.
Leprefidene : Quand même la ccmmiffion fe déterminero
m'auroie
pas poignardé ? quels font ceux qui étoient en force en
moment, qui ne m'auroient pas dénoncéà la France? Cerr
je n'étois pas feul, je ne l'aijamais été-un feul inftant pe
dant mon féjour au camp Breda; qu'on confulte les officie
qui m'enrouroient, qu'on me confronte à Fraizer, voilà
gue je demande.
Leprefidene : Quand même la ccmmiffion fe déterminero --- Page 123 ---
I19
1 adopter cette demande > la féance eft trop avancée pour
qu'on pit entendre Fraizer.
Sonthonax : On a ajouré que la ciroyenne Corte, > mère.
de famille, elt venue fe jeter à mes pieds
me demander
Lu pain pour elle & fes enfans;
jo lui Poure répondu durement, & qu'elle eft allée fejeter dee la mer elle & fes enfans.
I eft très-vrai que cette femme 's'eit jetée dans la mer elle
& fes enfans; mais quels font ceux qui l'ent réduire au dé-
(efpoir? ce font ceux qui ont provoquéle meurtre &l'incendie
dans la ville du Cap, qui fontvenus à main armée attaquer
les commiffaires civils. Les provocateurs de cette révolre iont
refponfables de tous les crimes qui fe font commis. On dit
que cette femme eft venue fe jeter à mes pieds me demander
du pain, que je l'ai reçue direment: qu'on nomme le jour,
Theure, & les témoins qui l'ont vue.
Duny : C'eft Fraizer, témoin, qui viendra demain.
Soathonax : C'eft Fraizer qui eft le. certificateur ordinaire.
Duny : Je n'étcis pas au haur du Cap; mais Fraizer,qui
a été témoin, vous dira la vérité, & vous indiquera encore
ceux qui ont été témoins , ainfi que lni, de ces faits atroces.
Sonthonax : Je demande à êtte confron:é avcc tous les témoins qui ont Vil les faits; je demande qze. Duny ioit tenu
de nommer fur-le-champguels étoient les hommes quiaccompagnoient Fraizer: car il ne s'agit pas ici de combiner des
déclarations, il s'agit de dire la vérité.
Je n'ai jamais celié un inftant d'être entouré, au haur du
Cap, des officiers &du commandant de la place, de l'adjudant-général, qui eft aujourd'hui en France, & d'une foule
d'officiers du feizième régiment de dragons & de linfanrerie
françaife; ce fcnt des blancs dent j'invoque le
je ne vous
ai pas cité un feul homme de couleur. rémaignage, J'aurois
pourtant le droit de demander qu'on entendit les noirs de
Saine-Domingue > eux qui ont plus foufferr encore que les
blancs de l'incendie du Cap; mais je n'en ai pas beioin pour
ma juftification. J'ai terminé ma défenfe.
Le préfident : La commiflion engage les colons à ferrer le
plus potlible les oblervations qu'ils peuvent avoir à faire fur'la
vous
ai pas cité un feul homme de couleur. rémaignage, J'aurois
pourtant le droit de demander qu'on entendit les noirs de
Saine-Domingue > eux qui ont plus foufferr encore que les
blancs de l'incendie du Cap; mais je n'en ai pas beioin pour
ma juftification. J'ai terminé ma défenfe.
Le préfident : La commiflion engage les colons à ferrer le
plus potlible les oblervations qu'ils peuvent avoir à faire fur'la --- Page 124 ---
défenfe de Sonthonax, afin que cette partie de l'affaire
Colonies puiffe être terminée demain.
La féance eft levée.
Le regifre des préfence- d Agné: J. Pa. GARRAN,
fidene 5 FoueHi de 1 Nantes ), fecrétaire ; MERLINO, :
BRAY,
Du --- Page 125 ---
I2I
Du 2 Thermidor, l'an troifème de la République françaife
une & indivifible.
O. fait lecture des débats recueillis dans la féance d'hier;
la rédaction en eft adoptée.
Les citoyens Page, Larchevefque - Thibaut,
Senac & Verneuil, ne font point préfens à la féance, Clauffon,
Sonthonax : Dans les deux féances que jai
a
ma défenfe, j'ai omis de lire une lettre
j'ai employées éctite à la
Convention, après celle du'io juillet, Qur les évènemens
qui fe font paffes à la fuite de ceux du 10 juin; je lis cette
lettre, elle eitdugojuillers79s.
Letere de Sonthonax à la Convention 5 le 30 juillet
l'an deuxiëme de la République
1793 >
ec Cnerese-Rerslnissasi,
>> L'incendiaire Galbaud n'a' pas détruit en entiér la vilie
da Cap, il refte encore le fixième des maifons
loger
fes infortunés habitans. Le rérabliffement de la frens & de
l'ordre exigeant notre préfence, nous avons quirté le camp
du haut du Cap le 4 de ce mois, & nous fommes venus
fixerla commiflion civile au petit Carénage, fur le bord de
la mer.
>> Depuis cette époque, , la tranquillité & l'ordre renaiffent
chaque jour, & ceux des habirans du Cap, qu'une faufle
terreur & des principes déteftables n'ont pas entrainés avec
Gaibaud.sacupent de rétablif leurs afyles.
>> Le 14, jour de la fédération s nous avons célébré
Tome rili. Soixante-qsatorgiàme. livraifon.
I
Carénage, fur le bord de
la mer.
>> Depuis cette époque, , la tranquillité & l'ordre renaiffent
chaque jour, & ceux des habirans du Cap, qu'une faufle
terreur & des principes déteftables n'ont pas entrainés avec
Gaibaud.sacupent de rétablif leurs afyles.
>> Le 14, jour de la fédération s nous avons célébré
Tome rili. Soixante-qsatorgiàme. livraifon.
I --- Page 126 ---
l'anniverfaire de la République françaife; c'étoit pour la
mière fois
le foleil de Saint -Domingue éclairoit
pareille fète. que L'arbre de la liberté, furmonté d'un bonne
rouge, planté devant le gouvernement , fervoit d'appui d
Thôtel de la patrie 5 la préfence du prètre n'a point fouille
.la cérémonie. Le procès-verbal ci joint vous inftruira de fe
détails.
93 Aux Cayes, dans le Sud, elle a été marquée par l
plus grand des forfaits ; l'allaflinat prémédité des homme
libres africains ou (ang-mélés. La garde nationale blanche
faifi le moment de la fète pour tomber à l'improvifte fur 1
pcuple fans défenfe; elle en a été cruellement punie. Del
péch vous rendra compte officiellement de l'affaire; en atten
danit, je ne peux envoyer à la Convention qu'une relation
de gazette.
< 13 Après avoir déclaré libres tous les nègres enrôlés pou
le fervice de la République, il étoit néceffaire d'affranchi
également leurs femmes & leurs enfans; & pour faire tour
ner la juftice de cette mefure au profit des mceurs & de 1
décence publique, nous avons ordonné que les guerriers
feroient tenus
voudroient afranchir leurs femmes,
de $
époufer, felon les formes érablies par le décret de l'affem
blée nationale pour. conftater les mariages. Le bureau muni
cipal du Cap > qui a fuccédé à l'ancienne municipalité
reçoit au moins: trente déclarations par jour 5 les noces
font enfuite, & les fètes de I'hymen deviennent pour éu
celles de la liberté. Les précautions que nous avons prites d
faire traduire nos principales proclamations en créole 2
même quelques décrets de la Convention, infpirent aux Afri
cains du relpect pour] lès lois; je ne doute pas que la civili
fation de ce peuple ne foit très-rapide. de l'état de dénucment O
5> Les Eipagnols ont profité
nous nous trouvons > pour attaquer la partie françaife; au-devant tro de
laches
paroitre eux-mèmes, & pour aller
fe cachent derrière les. hordes d'cfclaves, quis con
coupt, PoNrd
& les émigrés, fe battent fous le pavillo
duits parles Ces mifarables, prètres
aufli fanatiques que les habitans d
blinc. dépàrtement dela Loire-Infèrieure > n'ont vu dans l'amnifti
que nous leur accordions; qu'un moyen de' tromperda France de
de concert avec les ofticiers.qui leur ont livré le'i pofte
aller
fe cachent derrière les. hordes d'cfclaves, quis con
coupt, PoNrd
& les émigrés, fe battent fous le pavillo
duits parles Ces mifarables, prètres
aufli fanatiques que les habitans d
blinc. dépàrtement dela Loire-Infèrieure > n'ont vu dans l'amnifti
que nous leur accordions; qu'un moyen de' tromperda France de
de concert avec les ofticiers.qui leur ont livré le'i pofte --- Page 127 ---
frontière : c'eft en feignant de fe rendre, qu'ils venoient s'en
emparer.. Cependant, nos revers n'ont point été de
durée; nous avons repris le fort de ia Tannerie > &. iongue nous
avons en ce moment un corp d'armce iur le territoire
gnol. Polverel le propote de mener iui-méme HOS nouveaux eipacitoyens à Saine-Domingue. Si nous rommes lecourus par. le
miniftre de la République près ies Erac-Unis, > 11 nous ne
manquons pas de farine, rout ira felon les viies de la Convention nationale. Déja queiques habiations font en adtivité pour le compte de la Republique; & avec les denrées
que nous fefons fabriquer, nous nous procurons
-
barils de farine Nous fommes d'abord rélolus à tout, quelques
que de nous rendre : feuls, avec le général & quelques > plutôe
ofliciers, dignes par leur parriotifme, de coopérer à linauguration de la liberré dans le nouvean monde, , nous mnangerons des patates & des barianes - quand. -les vivres d'Eutope nous manqueront; notre entreprife eft trop. glorieufe,
pour que les obftacles nous effrayent ; il s'agit de ruiner à >
Paint-Domingue la puiffance elpagnole; & ii nous n'avons
pas un fuccès compler, ilny a à eipérer ni paix ni sûreté
pour les établifiemens de la partie françaife. Les eiclaves
eftés dans le parti des rois, marchent avec un grand nombre de blancs émigrés 5 on en trouve parmi les moris dans
toutes les athaires. Les corfaires qui infeftent nos côtes, font
prmés par des Français 3 on diroit qu'au moral comme au
phylique, 2 tout ce qui eft européen le vicie & fe
Hans 'ce malheureux pays.
corrompt
35 Il vous T fte maintenant, citoyens -
ane
grande queftion à juger : c'eftifétat des perfonnes repréfenrans, non libres
Hans la colonie; le temps des tergiverlations, des faux méngemens, du modérantilme hypocrite,eftp pafle. Les préjugés
ui aveugloient les elclaves, ne funt pius;, & la Convenion eft trop jufte, trop amie de Thumanité, pour ne
proclamer les grands principes. La déclararion des droirs pas ne
ui permet plus de tolérer que T'homme puille etre la
propriéré d'un autre. Les nègriers & les rois. doivent érre mis
ur la méme ligne; qu'ils ceilent de tyrannifer; quils abanlonnent leur proie , ou bien qu'ils dilparoiffent de dellus Ja
urface du globe.
I 2
;, & la Convenion eft trop jufte, trop amie de Thumanité, pour ne
proclamer les grands principes. La déclararion des droirs pas ne
ui permet plus de tolérer que T'homme puille etre la
propriéré d'un autre. Les nègriers & les rois. doivent érre mis
ur la méme ligne; qu'ils ceilent de tyrannifer; quils abanlonnent leur proie , ou bien qu'ils dilparoiffent de dellus Ja
urface du globe.
I 2 --- Page 128 ---
du nOW
* Je. ne vous dirai rien, citoyens repréfentans, Je vou
:
veau fyftême colonial qui doit amener la liberté.
dois le tribur des faibles lumières que m'a données l'expérienc
de Saint-Domingue ; mais c'eft de concertavec mes collègues
& lorique la guerre nous permettra de nous réunir, qu
nous rédigerons enfemble le plan que nous devons vous pré
fenter.
de
la
de Y'Oueft
>3 Polverel vient
repartir pour province
où les Efpagnols attaquent par tous les points de la frontière
Delpech dans le Sud.
6août 1793.
l'armée campée fur
93 P. S. J'apprends à l'inftant que
territoire efpagnol a été forcée de fe replier. >>
Dury : Je commence par dépofer fur le bureau le plan d
Cap Sonthonax, incendié. pour fe juftifier, a commencé par lire far
lation officielie du IO juillet. Vous avez vu dans cette rela
tion, quils'eft efforcé de peindre le général Galbaud comm
un contre - révolutionnaire qui vouloit incendier le Cap
comme un homme, enfin, qui préchoit la révolte contre l'ar
torité naticnale & les commiffaires civils. Je vais vous mett
fous les yeux les ordres généraux donnés par Galbaud à
Aloite > & vous verrez qu'ils refpirent le plus pur patric
tifme.
(Illitrois ordres:)
Lc gouverneur géniral des iflesfous-le-vent.
ce Les citoyens des vaiffeaux de la République font pr
yenus que le fignal'de la defcente fera un coup de canon
Ec pavillon bleu, àla tête du màt d'artimon.
l'an deuxième de la
: s Au Cap, le
juin 1793,
Rép
blique.
général des illes fcus-le-vent.
:
Le gcuyerneur
> Signé, GALBAUD 30,
is ordres:)
Lc gouverneur géniral des iflesfous-le-vent.
ce Les citoyens des vaiffeaux de la République font pr
yenus que le fignal'de la defcente fera un coup de canon
Ec pavillon bleu, àla tête du màt d'artimon.
l'an deuxième de la
: s Au Cap, le
juin 1793,
Rép
blique.
général des illes fcus-le-vent.
:
Le gcuyerneur
> Signé, GALBAUD 30, --- Page 129 ---
12)
Ordredonnépar Gaitaudi
a Le concre-amiral Sercey donnera les ordres pour faire
rparciller fans délai la flottes cette mefure eltd'autant plus',
nitante, qu'on nous menace du feu danslairade.
J
>> A bord du Jupiter, le 2; juin 1793, l'an deuxième de
a République..
>> Signé, Le gouverneur général Galbaud w. D
Ordre dornépar Galbaud.
A Après avoir brilé le Cap, les brigands fe propofent de
prûler egalement les vaiffeaux de la rade; on adure que
ieurs canots
plu-.
fulpects fe promènent lalong des bâtimens.
>> Pour arrêter leurs projets, il fera-fait des parrouiiles
our &c nu; 5 chaque bariment de l'Etat fournira un canot
* iera unep parrouille pendan; deux heures.
- 23 Signé, GALBAUD >,
Votis voyez, par ces pibces,que l'expédition des marins,.
lnquelle tous les. citoyens blancs du
fe font
t
Cap
été faité au nom de La République françaife, & que réuuis,. nous
avions envie en defcendant, à terre 2 non pas de brulier nos
propriérés & d'égorger nos fenmes & nos enfans,imais bien,
He laifir Polverclse Sonthonax, & de les enyoyer en,France,
pour y être jugés.
Sonthonax: :Jem'en réfere pourina défenfeice quej jaideja
dit.
Duny : Sonthonax vous a dit que Fadindane-gentral Galbaud déclanoit fans celie. concre la France, contre la
> contre les
blique,
miniftres verrueuxi ce, font fes Répuexpretlions : vous pouvez coniulter tous lcs papiers SFT de
ils judantgenéra), tous fes ouvrages fur la révolution françaife 5
fonp dépcfés fous les Iceliés : vous y. verrez un
cain aufere dc zélé, Je vais vous lire une ienre républi- de ce
citoyen qu'on calomnic ; elle ett écrite du fond des cachots
au Capwoit il eit encois, elle a éré apportée des Etass-Unis
I;
ions : vous pouvez coniulter tous lcs papiers SFT de
ils judantgenéra), tous fes ouvrages fur la révolution françaife 5
fonp dépcfés fous les Iceliés : vous y. verrez un
cain aufere dc zélé, Je vais vous lire une ienre républi- de ce
citoyen qu'on calomnic ; elle ett écrite du fond des cachots
au Capwoit il eit encois, elle a éré apportée des Etass-Unis
I; --- Page 130 ---
-126
par Picquenard, feerétaire de la commiffion civile, & elle
a été remife par le ciroyen Fouché, fecrétaire de la commiflion des colonies, au citoyen Durand-Mailane, qui Ya
demandée pour faire fon rapport fur l'émigration prétendue
du general Galbaud.
(Duny! la lit:) 1
Céfar Galbadsprifonnior des commilfaires civils, les agens de
la faition Briljor, à Galbaud, général de Saint-Domingue,
auffi prijonnier di miniftre français M. Genet, celui-ci vehé
mentement loupgonné, prejqu'aufh convaincu d'être auffi de
la faclion Brifjot.
Au Cap, les 28 & 30 aoit 1793.
ce Mox FRÈRE,
9> Du fond de mon cachot, j'apprends que vous êtes prifonnier du miniftre Genet, à bord du Jupiter; & de que
droit tait-il des prifonniers : Puifliez-vous ne pas être traité
comme je le fais ici ! mes forces diminuent tous les jours
J'ai des momens de defefpoir plus ou moins longs; j'ai eu
toutés fortes de confolations de la part des officiers de la
marine quicnt été faits prifonniers avec moi, & des citoyens
du fort Dauphin. La juftice & la reconnoiffance m' obligen
à vous dire & à vous avouer que Piquenard, ci- devan
fecrétaire des commiffaires, m'a obligé d'une manière géné
reufe; il m'a prété des livres, & m'a fourni fouvent une
meilleure nourriture que celle que les commiffaires me font
donner; je ne puis douter que, fans Picquenard, je n'eulfe
ét6 fufillé. Il fe répand des bruits affligeans
tous les
Français qui aiment (incèrement leur patrie; je
fur
Faate
le fort malheureux de la France : car l'amour de ma patrie
n'eft pas détruit par les cruautés & les barbaries des délé
gués trançais. Vous avez fu que j'avois été fait prifonnier
mais vous n'aurez peur-être pas fu de quelle manière je
l'avois été. Comme je m'avançois pour prendre le gouver
nement parlesderrières, ayant reçu des coups de feu tant dans
mes habits que dans mon chapeai, & un à la hanche
qui m'a emporté mon ceinturon; tout-d'un- coup un officic: --- Page 131 ---
de eouleur me fait des fignes 127 de
pas cru devoit foupçonner T'honneur fulpenfion d'un d'armes. Je n'ai
avancé inconnidérement, &
officier; je me fuis
pour-parler de paix, moyennant alors, comme nous étions en
maux de Saintqu'oni livrât les auteurs des
troupe de mulitres Domingue eft foriie pour du être envayés en France, une
fondre fur moi, fans
coin d'une rue, > eft venue
en défenle, & je me
j'ai eu le temps de me meutre
aeer yu entouré
mes qui m'ont porté chez Jes
d'une cenraine d'homle brave Lamalettier, fait prifonnier commiflaires; le lendemain
en voulant s'échapper.
'oni livrât les auteurs des
troupe de mulitres Domingue eft foriie pour du être envayés en France, une
fondre fur moi, fans
coin d'une rue, > eft venue
en défenle, & je me
j'ai eu le temps de me meutre
aeer yu entouré
mes qui m'ont porté chez Jes
d'une cenraine d'homle brave Lamalettier, fait prifonnier commiflaires; le lendemain
en voulant s'échapper. comme moi, a été fufillé
3 Dèsle moment de mon
de fers, & maltraité
emprifonnement, j'ai été chargé
plus ou moins
capricé ou les efpérances des tyrans rigoureufement felon le
été quarante-neuf; fjours en cet étar; que j'ai combattus. J'ai. fers que la nuit : je fuis au foixante-disième dépuis je n'ai été mis aux'
tention; je n'ai pour nourriture
du
jour de ma déTeaus je ne polsède que la chemife que mauvais pain & de
arrété; je fuis dévoré tout vivant
les avec laquelle j'ai été
couché fixr le pavé ou il n'y a par
rats & la vermine, >
ordures infeétes. Il me paroit pour tout matelas que des
vie; car, ( je ne péris pas par impofible un
que je fauve ma
maladie. Hélas ! je m'attendris affallinat, ce fera par la
de ma femme & de mes
jufqu'aux larmes fur le fort
tous les jours : j'habite un enfans; cachot où mes forces s'affaibliffene
deux pas. Tous ces maux font
je ne puis faire que
ne font rien en comparaifon d'avoir grands, fans doute, mais ils
grands fcélérars quil y, ait, le niommé pour geolier un des
culote; ce qui m'accable plus
Renaudin, dit aNut
rante de la malheureufe ville. du encore, c'eft l'image déchifond-en-comble par les crimes de Cap, brôlée & ruinée de
crimes médités depuis fi. long-temps, Polvercl &
&c Sonthonax :
bardement.dn PorrauPrince. Le 21
amenés après le bomdu matin, la peur faifit les
juin, vers les neufheures
commilfaires; ils
mn'emménerent d'une double haie avec eux, garoté comme un forçat, décampèrene au
&
de foldats, au nombre de
milieu
Comme nous fortions du
plus de 300. paffé la maifon dumularre gouvernement, & après avoir défordre de mettre le feu... Caftaing, le nommé Dufai donna
Meteez le feu par-tout; crioir
--- Page 132 ---
cef forcéné avec fa voix de taureau; bralex routs qu'ils) foient tous
grillés comme des cochons: le pillage eft à vous,
blicains. Ce font fes propres expretlions.. braves.répu Après ces
ordresmonftrueux dictéspar les commiffaires, nous
notre
continuons
route vers le haur du Cap, ayant à notre tête ce
bravache de Dufai, qui fuyoit à grande hâre. Le lendemain
22, les nègres révoliés, au nombre de plus de IO mille,
appelés par les commiffaires, defcendirent de la montagne
d après avoir fait publiquement leur accord du
la ville avec ces mêmes commillaires, ils fe jeignirent pillege aux de
700 nègres criminels qureveient été élargis des prifons da
SCap par l'ordre de Sonthonax; & dès-lors, la ville fur
&: brilée par les brigands : on eftime la perte à plutieurs pillée
anilliards.
nombre de plus de IO mille,
appelés par les commiffaires, defcendirent de la montagne
d après avoir fait publiquement leur accord du
la ville avec ces mêmes commillaires, ils fe jeignirent pillege aux de
700 nègres criminels qureveient été élargis des prifons da
SCap par l'ordre de Sonthonax; & dès-lors, la ville fur
&: brilée par les brigands : on eftime la perte à plutieurs pillée
anilliards. Ah! fi vous aviez entendu les imprécations & les
joies criminelles des commillaires lors des maflacres, du
piliage, & à la vue du Cap en feu, vous auriez cru voir tour
Yenfer.fe réjouir de Jembrafement de l'univers, & de la
chûte du ciel. Ahir mon frère, que ne les avez vous jugés
anoins favorablement! que n'avez vous cru plurôr à leur
profonde foelératefle, qui vous a été peinte.fi fouvenr avant
ieur arrivée, & avec la vraie énergie du patriotilime, fur lequelvorre cceur défiant vous donne des doutes! 33 Ce qu'il ya de plus remarquable depuis votre
c'eft une allembiée de ja commune du Cap, formée départ, de rous
les brigands. Dafai, &. Vergniaux ont fait la motion de la
liberré générale, & de lextinaion entière de la race
blanche, dcc. 3) Signi, CESAR' GAISAUD :>,
Sonthonax : Cette. pièce, fhselle originale, ne
à Taffaires cieit la' dépolition d'un homre pris ies. faitrien armes
à la mains, defait prifomnier par les commiilaires civils:
cet bomme, que nous aurions pu faire futiller, eitaujeurd'hui
prifennier-au Capis silnelt pas venu. àla Convention;
c'eft que nous n'avionsr pas: de bâtiment pour ly envoyer;
s'il nelt pas ventis avec nous, c'eft que nous avons ete
arrérésdansda partic du Sud à quaue-vingt lietes du Cap." -
Duny: Je deinaude à Sonthonax d'ou.
prifomnier par les commiilaires civils:
cet bomme, que nous aurions pu faire futiller, eitaujeurd'hui
prifennier-au Capis silnelt pas venu. àla Convention;
c'eft que nous n'avionsr pas: de bâtiment pour ly envoyer;
s'il nelt pas ventis avec nous, c'eft que nous avons ete
arrérésdansda partic du Sud à quaue-vingt lietes du Cap." -
Duny: Je deinaude à Sonthonax d'ou. eib partie la dés
purarion qu'il a.envoyée. en France.. Sonhoges: La députision de Sait Domingue cft partie --- Page 133 ---
la colonie pour la Nouvelle4-Andleerres elle eft partie Cefar
la rade du Cap. On ne devoit point envoyer
eût été trèsibaud avec cette dépuration, parce qu'il
prudent aux commillaires civils d'envoyer un prifonnier
Ja' Nouvelle-A Angleterre, où Galbaud, ayant mis une
onde fois les équipages en infurredtion, auroit délivré
trere & I'auroit emmené avec lui au Canada.
Duny: Il eft venu ici beaucoup de François de la colonie,
Iquil y en a au moins cinq mille; & il étoit aufli faaPolverel & Sonthonax d'envoyer en France ce grand
ninel de lfe-mation, qu'il a été facile à Sonthonax de
e arriver tous ceax quil défigne pour fervir de témoins
la faveur.
d'occafion,
Donthonax:Les commiffaires civilsn'ayant point
n'oyer Galbaud en France, il n'eft. pas étonnant qu'ils
l'aient pas envoyé en Amérique d'ou il feroit. palle au
nada.
Duny: Sonthonax a dit que les nègres révoltés portèrent
cocarde blancle, & même que plufiears compagnies font
hues chez le commiffaire civil avec la cocarde eipagnole:
lje me tairai là dellus. Ila cité des extraits de plufieurs
Hlararions d'oi il réfulte que Galbaud a fait enciouer
canons, fcier les affits & brifcr les tourillons. Je n'ai
int attendu cCS dépofitions pour déciarer à la' commiflion
en effet nous avions encloué les affits; j'ai dit que
a ainii que nous avions facilité le départ du convoi;
is il elt faux que nous ayons fcié les arites & caffé les
arillons; nous n'avions pas de temps à perdre, &c certes
ar caffer les tourillons des pièces de vingt-quatre il eni
loit.
Sonthonax a lu la déclaration de Duclos-Guyot; je me
ntente de vous en rappeler ces deux paragraphes : ce, Les
oyens fe précipitoient à la nier de dellus lcs parapets
ur échapper aux poignards-. C'tle'capitaine delamerica
i parle; for témoisnage n'eft pas fufp:ct puilquil eft
core refté après nous au Cap: Voicile fecond paragraphe:
LcJupizer alloit à la Nouvelle-Anglererre pour y dépoler unc
antité nombreufe d'habitans quis'éroient réfugiés, ibords.
Comdonssatempeendla,drllaue de Sauitez, decellédu
piraine Truguer, comihandant4f.Fex nais ils'eft donndde
i parle; for témoisnage n'eft pas fufp:ct puilquil eft
core refté après nous au Cap: Voicile fecond paragraphe:
LcJupizer alloit à la Nouvelle-Anglererre pour y dépoler unc
antité nombreufe d'habitans quis'éroient réfugiés, ibords.
Comdonssatempeendla,drllaue de Sauitez, decellédu
piraine Truguer, comihandant4f.Fex nais ils'eft donndde --- Page 134 ---
garde de vous lire ce paragraphe de la lettre de Trugu
c Il ne m'a pas été pollible de faire la vifite de tous.
bâtimens du commerce abandonnés dans le fond du po
par la raifon que des nègres armés s'en' étoient ren
maitres, & que j'ai cru dangereux à la chofe public
de les en challer par la force >. Cette lettre eft da
juin 1793, 48 heures après le départ du convoi; v
voyez bien que ce n'étoit pas nous qui pillions & incéndion
Sonthonax: Je le crois bien. Les matelots étoient pa
enlevant leur pillage; vous verrez par les procès-verb:
des officiers de la marine, vous verrez par tous les r
ports des confulsde la République aux Erats-Unis, notamm
de ceux de Charles-" Town, de New-Yorck, de Balim
& de Philadelphie, que les matelots ont fait le fac de
ville du-Cap: certainement il l'ont bien partagé avec"
noirs; car les noirs ne fe font pas' accufés & ont pris'
au pillage; c'étoit la fuite néceffaire de la guerre ciys
mais il n'en n'eft Pas moins vrai qu'à botd des bâtinn
de l'Erar, c'étoit un marché général des effcts pillés au Cap
Duny : Effedivement il s'eft trouvé des effets à boy
mais c'éroient ceux des citoyens qui habitoient à proxin
de la mer, & qui s'étoient jetés dans le canot, en.port
tout ce qu'ils pouvoient de hardes & d'effers, ce qui C
combroit'lés bitimens; d'ailleurs, nous n'avions pas de vivr
nous étions entaflés les uns fur les atitres & par centai
dans ces bâtimens. :
Sonthonax nous accufe fans ceffe d'émigration, &
ceffe de nous péindre comme transfuges & ennemis de
République.
Le préfident : Ceci eft traité.
Duny: Eh bien! je, ine borne à dépofer fur le bure
toute la correfpondance de Genet, qui vous prouvera tc
les efforts, toutes les démarches' que nous avons fait
toutes les lettres que nous lui avons écrites au moment
nous fommes arrivés aux Etats-Unis, pour ayoir des paffa
pour France; vous y. verrez fon obftination anous en reful
à dire qu'il attendoit des crdres ultétieurs du conteil ex
curif; & aujourd'hui lorique, par le fair du minifre, 11C
fur le bure
toute la correfpondance de Genet, qui vous prouvera tc
les efforts, toutes les démarches' que nous avons fait
toutes les lettres que nous lui avons écrites au moment
nous fommes arrivés aux Etats-Unis, pour ayoir des paffa
pour France; vous y. verrez fon obftination anous en reful
à dire qu'il attendoit des crdres ultétieurs du conteil ex
curif; & aujourd'hui lorique, par le fair du minifre, 11C --- Page 135 ---
fommes pas arrivés auflitôt que nous l'aurions défiré,
nous fait un crime de n'y être pas venusplus tô.
Thomas Millet : Lorfque nous fommes venus en France
IS avons été arrêtés, comme nous l'avons dit, par le
réfentant du peuple Garaut; nos papiers ont été pris
lui, & envoyés au comité de falut public; fi ces papiers'
tent encore , vous trouverez dedans la lettre originale les
m'écrivoit le miniftre Genet; je lui demandois
yens de paffer en France
remplir ma miflion. Le
iftre Genet m'écrivit: ce Venr m'avez été dénoncé par
autorités conftituées de Saint-Domingue comme un trèss
uvais citoyen, avec l'invitation exprelle de vous
tous mes moyens de retourner à Saint-] Domingue; puis donc vous fournir les mnoyens de retourner" en
ance >2, Une copie de cette lettre eftfous les fcellés, & une
re a été envoyée à la Convention nationale.
Duny: Vous trouverez également les pièces des autorités
ftituées certifiées par le maire de New-Yorck 8 da
ent du comité des fubliftances, chargé de fabvenir
f
ère, affreufe qui pourfuivoit les Français réfugiés a:St,
mingue. Vous le - verrez par les pièces en règle dont
Is fomnmes dépofitaires; ce ne font pas des chiffons.
Fon-levioll: : J'ai-les mêmes pièces.
Duny : Chacun de nous s'efl pourvu de ces pibces,
ce qu'on's s'eft douté que la calomnie fuivroit la perl6tion. Fondeviolle-: Je ne puis mettre fur le bureau mon cercât de civifine, parce que, lorfque j'ai été artêté, il
2 été pris par le repréfentant du peuple Prieur (de lai
eme).
: Sonthonax, en parlant de la lettre du Sénéchal
Ti - Paix, ,: Eyron, s'eft beaucorp érendu far ls
emier point de cette letre; je n'ai préfenté cette lettre
la commiflion que relativement à fon fecond point : ce
uxième point eft celui-ci, & il annonce au gouverneur
Saint-Domingue que Galinor de Gaft, délégué
onthonax, (dont l'influence au Port-de Paix étoit
AuTt
ngereufe que celle de Sonthonax au Cap) a fait fortic
S prifons tous les affaflins & les incendinices qui aroient
e condamnés : voilà pourquoi j'ai produit cette lettre.
é cette lettre
la commiflion que relativement à fon fecond point : ce
uxième point eft celui-ci, & il annonce au gouverneur
Saint-Domingue que Galinor de Gaft, délégué
onthonax, (dont l'influence au Port-de Paix étoit
AuTt
ngereufe que celle de Sonthonax au Cap) a fait fortic
S prifons tous les affaflins & les incendinices qui aroient
e condamnés : voilà pourquoi j'ai produit cette lettre. --- Page 136 ---
1;2 1
Sonthonax s'éft beaucoup étendu fur l'enlèvement de la
cédure qui, dans le fait, elt un très-grand crime; mais P
voulu, dans cette lettre, vous tire veir que Sonthon
avoit des émiffaires dans tous les quartiers; il failoit r
fembler, pour la malheurcufe affaire du Cap, tous
incendiaices.
Sonthonax: Je déclare que je n'ai jamais donné à Galir
de Gaic Tordre de faire élargir aucun homme de couler
aucun noir, excepté un noir appartenant à la citoyen
Cldicesi je ile me rappclie pas de quoi étcit accufé ce noir.
Auny : Sonthonax a demandé àla commiflion de co
fules les docluntions des blancs
étoient reftés fide
àla patrie; Jai demandé les noms qe ces blancs, Southon
a nommé Vergniaud: ce Vergnicud a été fait fénéchal
E par Sonthenax. Il a nommé Jofeph Suire qu'il ave
sdjudant-général, Robéjuin qui étoit yenu avec
baraillon de T'Aifine, 3c quia étécréé par Sonthonax d'abo
capitaine dans le régimen: du Cap pour femer la divifi
dans ce corps: quand cile a cté bien organilée, il l'a fa
un- mois après, premier capitaine dans le régiment
Walfch pour y opérer la même chofe. II vous a nonan
Desfourneaux: ce Desfourneaux a éténommé par Sonthon
liestenant colonel des dragons d'Artois, & conmandant
la place du Port-au-Prince, Il vous a nommé Bedoz:
Bedoz eft actuellement à Paris; il y eft arrivé depuis pe
il cft envoyé par Lavaux. Voici tne lettre tirée de dello
les feellés; elle eft du général Galbaud, datée du 22 ju
17935 vous voyez qu'ii reconnoit le général Galbzud
le général, quoiqu'il foit avec Sonchonax; vous verrez po
lui demnande de lui fuire palfer des vivres pour la peu qu
garnifon qui étoit rcftée aux cafernes, qui eft preique tou
malade, ainfi que pour une quantiré de blancs qui s'étoier
réfugiés aux cafernes. Voici la lettre écrite par Bedoz, je
communique; 5 elle eft du 12 juin,
Sonzhonax: : Il n'eft pas étomnant que Bedoz écrivit
Galband pour Jui demander des vivres qui lui éroient"n
ceffaires pour la garnifon qui étoit reftée aux cafcrne
Galbaud dlaifoir tout enlever dés magafins de l'Enat; il fallo
bien sadreffer au dépoficaire des vivres, fous peine de morr
de faim, Si, felona les colons, ce Bedoz a recoanu po:
juin,
Sonzhonax: : Il n'eft pas étomnant que Bedoz écrivit
Galband pour Jui demander des vivres qui lui éroient"n
ceffaires pour la garnifon qui étoit reftée aux cafcrne
Galbaud dlaifoir tout enlever dés magafins de l'Enat; il fallo
bien sadreffer au dépoficaire des vivres, fous peine de morr
de faim, Si, felona les colons, ce Bedoz a recoanu po: --- Page 137 ---
éral Galbaud, ce n'eft qu'une raifon de plus
à
d'ajoues
fon témoignage; car, s'il a reconnu le général Gald, fon témoignage ne fauroit être fufpect quand je l'injue contre Galbaud.
Dury : Oui; mais ce Bedoz, qui reftoit aux cafernes,
jeté dans le parti de Sonthonax, parce qu'il y avoit
agner; delà il s'eft atraché à Lavaux, & à tous ceux
ont dévafté St-Domingue.
Sonthonax: Monpatsinajamais étéun parti, c'éroitceluide
Bsilwysvoirpedebons citoyens à Saint-Domingue qui ne
lent étre du parti de la loi, du parti des autorités
ftituées par elle,
Duny : Martial Berz, fait commandant du Cap le jour
l'incendie par Sonthonax. Koopmann, que Sonthonax 2
, étoit fon correfpondant : c'eft lui qui a traité pour
nation, qui a fait des marchés de plufieurs milions, &
eft effentiel que vous connoilliez cette particularité fur
témoin. Laveaux a été créé général par Sonthonax;
opmann a été correlpondant général de Sonthonax. C'eft
qui a fait paifer aux Etats - Unis les envois de Sonnax > & ce Koopmann étoit le même qui avoit traité
Etats-Unis avec le directeur général Poujet.
Sonthonaz. Je n'ai pas correfpondu un feul inflant avec
opmann aux Etats-Unis; je défie les colons de produire 3
bet égard, une feule ligne de moi.
Fondeviolle : Et avec la maifon Zacharie :
Sonthonax : Niavec la maifon Zacharie. Je n'ai jamais
trefpondu aux Etats-Unis qu'avec les miniftres, les
la République; les agens fubalternes de
bient en
Htumsnmnates
correfpondance avec l'ordonnateur général, &
chefs de Tadminiftration; cela ne me regardoit pas.
Duny : L'un étoit à Philadelphie & l'autre au Cap. Sonbnax a dit affirmarivement que les ordres qu'il a cirés, &
ilui ont été fournis par Martial Betz, étoient dans les
iftres de Leblanc > lieutenant colonel des dragons d'Orns. Vous allez voir fi Sonthonax n'a
eu l'intention
tromper la commiflion. J'ai fait moi, , T 21 juin, Lenc prifonnier, avec Polverel fils, & les dragons d'Orns: il eft venu avec nous en France, il nous a fuivis aux
a-Unis; il eft vanu en France, & alfurément en venant
&
ilui ont été fournis par Martial Betz, étoient dans les
iftres de Leblanc > lieutenant colonel des dragons d'Orns. Vous allez voir fi Sonthonax n'a
eu l'intention
tromper la commiflion. J'ai fait moi, , T 21 juin, Lenc prifonnier, avec Polverel fils, & les dragons d'Orns: il eft venu avec nous en France, il nous a fuivis aux
a-Unis; il eft vanu en France, & alfurément en venant --- Page 138 ---
à cheval avec fes troupes pouré égorger les blancs,
pas fes regiftres dans fa poche : quand il vous dit il'n'a
ordres font dans fes regiftres , cela eft faux, car ces que
n'exiftent pas.
regif
Sonthonas : Il n'y a qu'une petite difficulté fur ce que
Duny, c'eft que je n'a ai pas dit un mot de ce qu'il me
que les ordres donnés à Martial Betz, le 22 juin, prè
entre les mains deLeblanc; lorfquejai dit que
étoi
entre fes mains des ordres des commiffaires Leblancav j'ai
des ordres donnés pour faire defcendre les civils,
pa
bord du Saint- Honoré > pour les transférer prifonniers à lhôpit
jai parlé d'autres ordres donnés avant le 20 juin pour
police du Cap. Lorfque j'ai parlé de ceux donnés à Mar
Betz, j'ai dit: ils' font entre les mains de Martial Betz,
commandoit au Capau pofte de la Folfette dans ces journ
malheureufes; Martial Betz, aétuellement employé à Bre
peut être confulté.
Thomas Milier : Ila dit pofitivement que les ordres dont
à Martial Betz par Laveaux étoient fur les regiftres
Laveaux.
Sonthonax : Les regifires de Laveaux ne font pas ceux
Leblanc.
Duny : Il a fi bien cité les regiftres de Leblanc
dit que ce dernier étoit à Orléans.
qu'il
Sonchonex : Cela eft vrai, je l'ai cité relativement a
ordres donnés pour la defcente des prifonniers du Sai
Honoré dans les hopitaux.
Duny : Iiny a
plus d'ordre d'une manière que
Pautte. Sonthonax Pat a
enfuite qu'il exiftoit des
la confpiration des colons, de leurs projets d'incendier preuves
Cap, dans les papiers de Duny & de Ereion Vilandr
enlevés par Geneft à New-Yorck, envoyés àl'ancien com
de falut public. Breton-Vilandry eft maintenant àr Nan:
Je déclare que je cautionne Breten-Vilandry, &
dép
le commencement de la révolurion il n'efl pas une que lettre
un mot > une ligne de Breton-Vilandry, qui ne foit marq
au coin du plus pur patriorifme & de Thumanité, Bre:o
Vilandry éroit UHD oflicier-municipal du Porrau-Prince, q
a été arraché de fa maifon par fon écharpe qui lur ferv
de licol: cercitlexpeetion.de ceux qui l'arretoient.
ne Breten-Vilandry, &
dép
le commencement de la révolurion il n'efl pas une que lettre
un mot > une ligne de Breton-Vilandry, qui ne foit marq
au coin du plus pur patriorifme & de Thumanité, Bre:o
Vilandry éroit UHD oflicier-municipal du Porrau-Prince, q
a été arraché de fa maifon par fon écharpe qui lur ferv
de licol: cercitlexpeetion.de ceux qui l'arretoient. --- Page 139 ---
préfident : Cela a déjà été dit, il eft inutile de revenir
leilus.
Dany: : Quant à Tanguy, > je me rends également facaution.
e prefident : Tour cela eft encore inutile.
Duny : Il eft abfent, & j'aime à défendre les abfens.
endant j'ai une obfervation à faire ; Tanguy, rendu à
adelphie, s'elt rangé du côté des conne-retolationnaitet
danc qu'il a réfidéà New-Yorck, j'ai été avec lui. Vous
rez ni Jettre, ni correfpondance de lui qui n'atteftent la
eté de fes principes, qui ne foit frappée au coin du pailme; 5 du moment qu'il a été à Philndelplie > & qu'il
té gagné par les
qui l'ont foulagé dans l'état de
heur & de maladie Pean il éroit, il a changé de principes.
thonax a fur-tout demandé à la commit-on de confulter
léclarations faites à la commiflion coloniale créée à Breft
Prieur de la Marne. J'ai déjà parié de cette commiflion;
dit qu'elle étoit compolée de Catinot - imprimeur de
thonax, de Jeanton, maire du Mole, Godard, commis
revues fur la frégate VARrée, 2 de. Dubois J lieutenant
dragons d'Orléans, d'Arnaud Petry. qui eft en
e
prifon,
deux ou trois autres qui arriveient de Saint-Domingue,
ui tous avoient été vendus à Sonthonax.
onthonax : J'obferve fur la compofition de cette comion, que je n'ai jamais vu ni counu Godard, gue je n'ai
his vu ni connu cet Arnaurd Pecry, fi ce n'eft depuis
eft en France, que je n'ai jamais vu d'Heimuncoure
a été aufli membre de cette commillion. J'obferve en
e que cette commifion a éré formée plus de trois mois
it que les commiflaires civils n'arrwaffent en France,
je ne pouvois y exercer aucune efpèce diniluences 22
ès mes partifans en France. n'avoient pas alors aflez de
ut pour - influencer les déciarations faites d-vant cette
mifion s que cette commillion n'a fait aucune efpèce
tes judiciaires 3 clle' n'a été puremenr x fimplement
trument rédacteur des déclarations faires pardevan auz
les marins arrivés par le convoi. Ces marins, qui font ils?
bficiers de la marme du Cap qui (onr delcendus a terre
les ordres de Galband, les oficiers mariniers venis à
le 20 juin.
attaquer les commiffaires civils.; ce
tous les it.tones qui.ont été les inftrumens de fon
fpèce
tes judiciaires 3 clle' n'a été puremenr x fimplement
trument rédacteur des déclarations faires pardevan auz
les marins arrivés par le convoi. Ces marins, qui font ils?
bficiers de la marme du Cap qui (onr delcendus a terre
les ordres de Galband, les oficiers mariniers venis à
le 20 juin.
attaquer les commiffaires civils.; ce
tous les it.tones qui.ont été les inftrumens de fon --- Page 140 ---
crime , quiont donné leurs déclarations, qui les ont figr
La commiflion, à légard de ces déclarations, jugera cor
il lui paroitra convenable. vous avez à Paris mille colons
:
Duny Citoyens
qui
été emprifonnés à Brelt. Vous pourrez confulter les pren
venus 5 tous vous diront que cet Arnaud Pétry éroit Farre
de cette commillion 3 que cet Arnaud Petry avoit des mar
d'arrêt en blanc dans fes poches; on le conduifoit chez
qui étoient chargés de faire des déclarations, & la craint
périr faifoit faire l'éloge de Polverel & de' Sonthonax, n
de la part de ceux qui ont perdu leurs propriétés >
femmes & leurs enfans.
Sonthonax : La preuve de la fauffeté de ce que difen
colons, c'eft que la commifion érablie à Breft, par les r
fentans du peuple Prieur de la Marne & Lyons, a - e
délicatefle de ne demander aucune efpèce de déclaration
prifonniers 5 on n'a reçu que celles des hommes libré
n'y a eu que les hommes libres qui ont fair des déclarat
Duny : Voilà Fondeviolle qui a été prifonnier.
Fondeviolle : Il eft vrai qu'on n'a pris les déclara
d'aucun prifonnier, mais on a engagé les perfonnes
à aller au tribunal y faire des déclarations, & loriqu'il
voulu parler contre Polverel & Sonthonax, Onl na pas V
les entendre, & on les a conduits en prifon. Quant à
en arrivant à Breft > j'ai mis le premier le pied à terre
général Vanftabel m'avoit permis de defcendré à terr
avoit configné à bord Vergniaud, Polvere! fils, Lebl
Robequin; ce Robequin que je lui avois dénoncé parce
j'en étois chargé par mes cencitoyens, il arrivoit à
Je remis au repréfentant du peuple Prieur de la Marne t
ies pièces qui conftaroien: mon civifme. Poiverel fils
en arreftation avec Robequin >, ils ont été conduits
Prieur de la Marne & mis en liberté, & moi j'ai été
auchareau tandis que je devois le lendemain partir pour I
Mais aucun prifonnier n'a été entendu 5 les colons Or
conduits à la commiflion coloniale, & lorfqu'ils ont
parler contre Polverel & Sonthonax , ils ont été m
prifon. Sonzhonax : Ily a dans ces déclarations, > des déclara
comare moi; je pricla commiflion de fe les faire repréfe
ur de la Marne & mis en liberté, & moi j'ai été
auchareau tandis que je devois le lendemain partir pour I
Mais aucun prifonnier n'a été entendu 5 les colons Or
conduits à la commiflion coloniale, & lorfqu'ils ont
parler contre Polverel & Sonthonax , ils ont été m
prifon. Sonzhonax : Ily a dans ces déclarations, > des déclara
comare moi; je pricla commiflion de fe les faire repréfe --- Page 141 ---
iles prouveront qu'on trompe la commiflion en
efaloit de recevoir des déclarations contre moi. difait'qu'on
Fondevtolle : Elles (onr toutes ici.
a
Lre prefident : Quelle preuve avez-vous qu'on ait mis en
rifen ceux qui vouloient dépofer contre Sonthonax :
Fondsviolle : Les- colons font ici.:
Le préfidenc : Leiquelse
Fondeviolie : Saint-Eime &c autres de ceux qui ont été
rrêtés à Breft, qui ont été conduits avec moi,& dont il
ena déja cinq qui tont mcris. Desfautres font reparcis dans
Ps didérens départemens.
L: préfidene : Cemeft pas cela. On vous demande
reuves vous avez que ceux qui n'ont pas voulu faire quelles des
léciarations aient éié mis en prifon.
Fondeviolle : Je nomine Saint-Elme & Cheneux ; je ne
uis nommer les autres 1 parce queje ne les ai
à
a mémoire, & que je n'en ai pas la lifte.
pas 3 prélens
Sonchonax : J'obferve que Saint-Elme eft revenu a de la
amaique oû il a palé à la fuite dé Borel; vous en avezla
reuve dans la liafle de lettres que voûs avez dans les arhives, & que Cheneux étoit foldat du régiment de Norhandie, déporté par ordre du commifaire civil, Ce Cheeux a commandé le Jupizer dans la - rade de Newyork,
orfque le contre amiral Cambis.en-a-erd chaflé à : coups de
abre. Vous avez les dépolicions recueillies fur ce fait par le
niniftre Geneft ; elles font dans VOS archivés.. Voilas les
homines qu'on cite, Quand on vous dira de la commiflion
poloniale établie à Breft, qu'elle a refufé d'entendre ceux
qui vouloient dépoler contre moi, ii faudroit le prouver par
les pièces authentiques ; il faudroitauti pouvoir réfuter ice
Fait, qu'il exifte dans les: :3 papiers de cette commiflion des
léclarations faites contre moi.
Thomas Miller" : Je dois dire quelque chofe fur le
Hle Cheneux . qu'on vient d'attaquer. Je ne fais Pourquoi compte
Cheneux eft celui qui-, le prémier prairial, a
i
vorre colligue, Delimass & ra arreché des mains fauye des la vie facjeux ! Ef-ce la un aifaflin:
Sonthonax : Il ne s'agit pas de favoir ce qu'il a fait au
premier prairial, il Sagic de,
a fait dans la rade de
Tomne VIII, LN qlal liyiaifon
K
Hle Cheneux . qu'on vient d'attaquer. Je ne fais Pourquoi compte
Cheneux eft celui qui-, le prémier prairial, a
i
vorre colligue, Delimass & ra arreché des mains fauye des la vie facjeux ! Ef-ce la un aifaflin:
Sonthonax : Il ne s'agit pas de favoir ce qu'il a fait au
premier prairial, il Sagic de,
a fait dans la rade de
Tomne VIII, LN qlal liyiaifon
K --- Page 142 ---
1;3
New-York, où il a mis l'équipage du Jupiter ci infurreétion,
Il a été déporté par moi, pouvez-vous recevoir contre moi
la déclararion d'un homme déporté par moi?,
- Duny : Sonthonax vous a beaucoup parlé de fa follici,
tude pour les prifonni rs
étoient à bord du navire le
Saint Ionoré; il a lu un ratE qu'il a donné le 18 juin, afin
que les chirurgiens du Cap pulfent fe rendre à bord y vifiter
les malades; effectivement cet ordre a été donné, mais un
peu tard; comme ily en avoit déja beaucoup de jettés à la
mer, plulieurs étoient morts , d'autres mouroient & la
citovenne Clairfond eft morte pendant qu'on la
à Thôpiral.
tranfportoi
C Sonthonax : Il eft faux que la ciroyenne Clairfond foi
morte dans le tranfport du Saint-Honoré à terre; elle a été
malade à la Providence après l'incendie. du Cap; c'eft 1
qu'elle eft morte, Je prie là deflus la commiflion de confulte
le citoyen Bedoz, commandant de la place qui fe trouve ici
qui étoit chargé de la vifite des hôpitaux. Relativement à C6
les colons difent que j'ai été tardifà donner cet ordre
que les commiffaires civils
NBemAe
n'ont pu fe méler de ce
détails que lorlqu'ils ont vu dans le contre-amiral
l
volonté très-prononcée de ne pas s'en méler", & Cercey de ne
fuivre les ordres que nous lui avions donnés. Il avoit l'ordr pa
de diftribuer fur le convoi les prifonniers qui étoient
l'érroit far tel ou tel vaifleau S il avoit l'ordre également trop de
faire rentrer à Thôpiral ceux qui ne pouvoient pas
en
la mer ; on a même fai: defcendre près de qua:orze (upporte avan
norre arrivée au Cap. Depuis notre arrivée, Cercey refufan
de faire fon devoir à cet égard, nous avons été forcés nous
mêmes de donner des ordres.
Fondeviulle : Il a fallu faire réinrégrer...
Duny : Sonthonax vous a dit que f l'on a maffacré des
femmes aux cafernes, ce maffacre n'a pu fe faire qu'er
préfence de plus de 1,200 blancs. Cet aveu-là ne dit-i
pas, ott que lcs blancs étoient profcrits, ou qu'ils étoien
fi révoltés du defporifme de Polverel & Sonthonax qu'il
ne vouloient pas les défendre : Et 1,200 hommes 'f
trouveit aux calernes près du gonrernement & des commif
faires. Les 1,z0ohommes n'exiftoient pas.
n'a pu fe faire qu'er
préfence de plus de 1,200 blancs. Cet aveu-là ne dit-i
pas, ott que lcs blancs étoient profcrits, ou qu'ils étoien
fi révoltés du defporifme de Polverel & Sonthonax qu'il
ne vouloient pas les défendre : Et 1,200 hommes 'f
trouveit aux calernes près du gonrernement & des commif
faires. Les 1,z0ohommes n'exiftoient pas. --- Page 143 ---
Je paffe à un autre objet. J'ai donc prouvé à la commif
lion que l'armée de Galbaid éroit compofée de tousl les nétocians, de tous les marchands, de tous les
le tous les mnanufadturiers, de tous les arriftes, de tons
buvriers, de tous les foldars, de tous les
femn;
la commillion que toutes les troupes commandées marins; j'ai par prouvé Polerel & Sonthonax étoienr compolées de tous les
évoltés fous les ordres de Macaya, fous.les ordres nègres
le
d'un chef
brigands, Goa, 3 qu'ils ont appelé J.
& Biafon,' quic cependant n'ont pas vouli fe rendre François, auprès
u'ils le font entourés de 700 criminels qu'ils ont d'eux;
e la geole qui, depuis deux ans, ne cellisien: de commettre élargis
les allaffinats fans nombre; qu'ils fe font entourés d'une
oignée de dragons d'Orléans qu'ils avoient
uils fe font enhn entourés de tousles hommes que corrompus lanacute 5
épugneà nommer.
Voili les deux armées; vous allez en acquérir la preuve par
piece que voici,
Le procès - verbal du confeil de guerre extrsordinairement
oavoqué & tenu le 22 juin à bord du Jupiter, eft la fepnde pièce qui terminera Taffaires, c'eft une proclamation
ue firent Sonthonax & Polverel, 48 heures après le départ
u convoi. Vous verrez qu'ils ordonnoient de fufiller ceux
ui feroienrpris, incendiant & pillant méme, 48 heures: après
otre départ.
Sonthonax : Nous nous fommes entourés de tous les amis
e la République., de tous ceux qui ont préferé fervir
ette République à lignominie qui réfultoit de fervir fous
n confpirateur, , fous un homme qui, prifonnier, levoit le,
oignard contre les délégués de da République.
On dit que l'armée de ligne étoit coalifée avec
armée de ligne eft aétuellement à Saint- Domingue
aée de ligne entouroit ceux
GaMpti
qui font aujourd'hui 1 conuête des parties livrées par les colons blancs; c'étoit elle
ui fervoit fous nos ordres. Ceux-la ont-ils envoyé des
énonciations dontre les commiffaires civils : ceux - la onts fuivi Galbaud : non, > car tous , par l'organe du général
avaux, annoncent au comité de falut public, à la ConK2
ligne eft aétuellement à Saint- Domingue
aée de ligne entouroit ceux
GaMpti
qui font aujourd'hui 1 conuête des parties livrées par les colons blancs; c'étoit elle
ui fervoit fous nos ordres. Ceux-la ont-ils envoyé des
énonciations dontre les commiffaires civils : ceux - la onts fuivi Galbaud : non, > car tous , par l'organe du général
avaux, annoncent au comité de falut public, à la ConK2 --- Page 144 ---
vention, à la France &àl'Europe, que c'eft
les
de cette armée qui a bravé les poignards du général par
(oin Gal
baudaquel.Réppblique: triomphe en Amérique; eile
encore par les Africains, qui, ayant paffé fous la triomph
tion de la République qui leur donnoit ln' liberte, domina ont fai
triompher la puilfance françaife en Amériqie d'une manièr
ferme & ftable, & procurent aujourd'hui la
d
toutes
les Antilles anglaifes à la France qui conquète n'a dans ce
parages aucune armée, aucun bariment, excepté les Euro
péens reftés fidèles au général Lavaux &c aux commiflaire
civils.
Th. Millet : Je paffe, après cette déclaration, à la lectur
duprocis-verbal du conleil de guerre, extraordinairement al
femblé le 2zjuin au foir.
Confeil de guerre cxtraordinairement conyoqué. Séance du 2
juin au foir.
at Aujourd'hui 22 juin 1793, l'an deuxième de la Ré
publique françaife le confeil de guerre extraurdinairemer
convoqué & affemblé par le contre - amiral Cambis pou
3 heures après midi,aleffer déd déterminer promptement de
mefures qui ne peuvent fourenit.aucmn delai.
9, Le confeil tenu à bord du vaiffeau le Jupiter, & com
pofé du contre- amiral Cambis, commandant la ftation d
Saint-Domingne > du contre-amiral Cercey, commandantd
convoi 5 des capiraines de vaifleau Truguer 5 commandan
la Fine; ; Duclos Guyot, commandant América 5 Vandon
gen, commandant la Concorde ; Puy - Ferré, commandan
laMouche ; des licutenans Trichonard , commandant la Sur
veillante ; Lavillegris, commandant la Pricieufe; Prentout
commandant la Nempendeteniablence de Maiftral; Emérian
commandant le Cerf; Rivière, commandant la Fayorite
Ergo,. commandant. la Convention nationale 5 Mircur, com
mandant la Républicaire 5
33 Le- contre - amiral Cambis a fait un bref
circonftances qui font de la plus grande urgence expofé de 1
falut dé tout ce qui refte au Cap de perfonnes & pour de
priétés françaifes iniaétes & échappées encore aux famme pro
eniablence de Maiftral; Emérian
commandant le Cerf; Rivière, commandant la Fayorite
Ergo,. commandant. la Convention nationale 5 Mircur, com
mandant la Républicaire 5
33 Le- contre - amiral Cambis a fait un bref
circonftances qui font de la plus grande urgence expofé de 1
falut dé tout ce qui refte au Cap de perfonnes & pour de
priétés françaifes iniaétes & échappées encore aux famme pro --- Page 145 ---
I4I
Fauf fer afadlin, fitite des troubles civils de la
aves éclarée dans la ville du Cap,
révolte des effiroi, >> Les le efclaves y répandent par - tout la confternation,
pillage, T'incendie, tout ce
pmble aui malheur de la colonie..
qui peut enfin mettrele
>, L'allemblée, pénétrée de
de
pper toutes les caufes, d'en limpofibilité
s'en dévetets & tous les défaftres; pénétrée prévoir de tous les finiftres
bération fous tous les rapports fouvent T'urgence de la déesdemandes dela plus indilpenfable néceffité, interrompus par
Ps moyens pour y pourvoir;
avecla nullité
fortune >> Confidérant que tout délai rend le péril imminent
acrie, la pablique, République que pénétrée de fon devoir envers pour fa
goureux de toutes fes françaife, actions à qui elle doit un compte
ntiment de ce devoir, & écartant 5 mais, mue par le feul
Belcongues 5 après lecture de la lettre toute du autre confidération
ambis, écrite aux commiflairés civils
contre - amiral
R matin; après avoir reconnu
le 19juin à 8 heures.
à Tinfurrection a éclaté dans tous que, les depuis cette époque
nt des' bâtimens de la République équipages de la rade,
aplus été pollible d'avoir comminication que du commerce, il
hires civils, ni aux capiraines de donner avec les commifuffenit, efficacement
aucuns ordres
empêcher tant de
qui:
arled cours des événemens dont
malheurs déja miris
éterminée par l'infurrection
T'explotion ou la crife s'eft
> Confidérant que les généraux mêmes &,
rrêts par leurs équipages, fans autorité, capiraines détenus aux
mployer leurs efforts, & ont
ont di cependant
hfluence pour empècher ce qu'ils efficacement eftimoient alors ulé le de leur
esmaux, le feu des vaiffeaux de la rade fur
comble
>> Confidérant
les
la ville;
es équipages ont z forcés événemens de laiffer devenus plus critiques,
es chefs légitimes une partie de l'action reprendre à Tautorité
amais dà perdre ; &i quoique, par l'effet des qu'ils circonfances n'auroient
Nfarrectionnelles, 01 légitime, il eft cette action ne fit pas aufli entière qu'elle
6 rénes autant cependant du devoir des.chefsde reprendre
qu'ile eft en leur difpolition;
K 3
la ville;
es équipages ont z forcés événemens de laiffer devenus plus critiques,
es chefs légitimes une partie de l'action reprendre à Tautorité
amais dà perdre ; &i quoique, par l'effet des qu'ils circonfances n'auroient
Nfarrectionnelles, 01 légitime, il eft cette action ne fit pas aufli entière qu'elle
6 rénes autant cependant du devoir des.chefsde reprendre
qu'ile eft en leur difpolition;
K 3 --- Page 146 ---
s Confidérant qu'en conféquence plufieurs d'entr'eux, &
notamment les contre-amiraux, ont allifté à la féance con
voquée hier 21 par le général Galbaud pour obéir à la voix
impérieufe de leur confeience, qui, à cette
leur fai
foit un devoir d'ufer de ce moyen pourle falut époque, de la
patrie;
Confidérant que la force maritime a été mife en infur
redtion par le général Galbaud qui s'en eft déclaré le
chef;
>> Confidérant aujourd'hui, à raifon de la révolte & ar
mement des efclaves en ville, qu'il eft de néceflité urgente
de faire fortir de la rade, le plus promptement pollible
tourela force navale ou toute la propriéré des Français qui
eft enl dépor'ou-qui sy eft réfugiée; que ce voeu eft formellement & unanimement exprimé par nne
du
commerce
pérition
en date & féance du même jour;
33 Confiderant que les femmes & enfans réfugiésà bord,
& généralement tout Fra: çais de couleur blanche, font ex
polés dans la ville dy Cap: & craignent avec fondement
refter livrés au plus horrible
d'y
malheur, 2 après avoir été ruinés
parlincendie çui dans ce moment eft répandu d'un bout de la
ville alaure;
3> Confidérant enfinque la durée & influence du mouvement
infurrectionnel ne laiffe aucune pollibiliré de
à une
défente prolongee, parce qu'elle n'offre des
véritablement
SORA
:
MOEROdES qu'un très perit nombre : &
attendant le règne de la loi qu'a uni l'imienfité des melurés qu'en
urgentes, il ne paroit point au confeil qu'ily ait de reffources
actuelles propres à arrêter. l'excès des maux 5
33 Il a été arrêté' à l'unanimité & fans oppofition:
53 Qu'aprèsdemain 24 juin le convoi commencera. à mettre
dehors une fuffifanre efcorte pour le tenir rallié, & que le
lendemain il fera mis entièrement dehors, s'il eft
continuer. la route;
polible, 3 pour
33 Queles bâtimens deflinés à la ftation fortiront aufli pour
débouquer le convoi, l'aider dans fes befoins; & après le
débouquement, prendre un parti relarifà la sûraté
de la colonie & des bâtimens de la Républiques
refpecive
33 Que dès demain 23 ou après - demain 24, les frégates
mis entièrement dehors, s'il eft
continuer. la route;
polible, 3 pour
33 Queles bâtimens deflinés à la ftation fortiront aufli pour
débouquer le convoi, l'aider dans fes befoins; & après le
débouquement, prendre un parti relarifà la sûraté
de la colonie & des bâtimens de la Républiques
refpecive
33 Que dès demain 23 ou après - demain 24, les frégates --- Page 147 ---
Concorde, la Fine & la Hyana iront au môle, ohla Fines
crendu limpollibilité confaiée de fon retour en France,
n) y artendant li décifion du confeil exécutif, fur la conjamnation ulérieure, ou fon retour, donnera des moyens
our mieux armer la Hyana; & la Concorde & la Hyana,
yant fair-leur eau, fe réuniront à l'efcorte du con: oi pour
débouquement; que les forts du Picolet, Saint-Jofeph,
de
{eront rendus nuls par la certiX la batterie
larrillerie, dans les mains des efclaves. réude.qu'ils vont tomber
oltés; s Que, pour les blefés par fuite des événemens aétuels
k de Tinfurrection, il fera deftiné un bâtiment comme hô- le
lcs y recevoir tous ou en partie; que dans
: as mur réfugiés en rade defireroient refter dans la COonie, il fera pris des mefures compatibles avec la stireté
énérale, foit pour les y laiffer avec confiance ou les mettreà
porrée d'y revenir;
>> Que cetix détenus par. le fait de l'infurrection contihueront à fuivre la deftination que les équipages prévenus
contr'eux ont arrètée alors, & tant que ce moyen, fera
mpérieufement commandé par des fuites fubliftantes d'inurrection.
5 Les contre - amiraux, capitaines & commandans déElarent, en outre de ces mefures, qu'ils ont toujours vu le
général Galbaud, malgré fon autorité infartectionnelle, dans
a pofition où le plaçoit la proclamation des commillaires
civils.
> Enfin,que toutes ces mefurés feront très-p promprement
exéctrées, commede la plus grande urgence, & parlimpof
ibilité de communication avec les commillaires civils, qui
fe trouvent féparés de la force maritime par une force fansfrein ni droit des gens, celle des efclaves révoltés.
>> Fait & arrèté à bord du Jupiter les jour & an que
deflis.
Tri-
> Signé, Duclos - Guyot, Rivière, Pay-Ferrs, Camchonard, Mireur > Van- Dongen, Truguer, Cercey,
bis, Lavillegris, Emétian, Prentout 2,
K 4
of
ibilité de communication avec les commillaires civils, qui
fe trouvent féparés de la force maritime par une force fansfrein ni droit des gens, celle des efclaves révoltés.
>> Fait & arrèté à bord du Jupiter les jour & an que
deflis.
Tri-
> Signé, Duclos - Guyot, Rivière, Pay-Ferrs, Camchonard, Mireur > Van- Dongen, Truguer, Cercey,
bis, Lavillegris, Emétian, Prentout 2,
K 4 --- Page 148 ---
Vous avez vu par la leéture de cette pièce
n'eft pas
fufceprble d'une longue analvfe,
vous a
trompés
il a
Elaeie
quand
dit qu'il tireroit 3ec cette pièce
que les officiers de la marine ont employé toute ia-preuve leur infuence ville da pour empécher Galbaud ou fes agens de tirer fur la
Cap; il-n'en eft,pas dit un mot.
Sonthonax : Thomas Millet vient de lire lui- même le
paragraphe oà il eft dit que ies officiers de marine avoient
employé de
toute leur infiuence pour, empèchr le dernier des
malheurs 3 c'ef-d-dire, que les carons des vaifeaux ciraifent
far furla ville P Qui eft- ce qai a' fair embofler les vaifleaux
la vilie 2 c'éroient les inftrumens de Galbaud, ies matelonss denc, je n'ai pas eu tort de.siire que les. capiraines
avoient cunployéle peu d'iniluence qu'ilsavoient pour empècherk-atnsalGalbud de tirer fur la ville.
Th. Miller. Voila.frexpreilion litrérale : Cc Ils ont dà cependant leur
employer tous leurs efforts & ufer de tout ce qui
alors reftoir d'intiuence pour empécher. ce qu'ils eftimcient
être le comble des maux, le feu de la rade fur la
yille s,
Citoyens, il eft poflible que vous vous falliez
un
ordre que jai vu moi - mêmne 5 cet ordre, envoyé produire par le
géneral Galbaud à bord du vailieau l'Éole, commandé
le" "contre-amiral
par
tirer fur la ville, Cercey, quelqu' ordte porie d'empécher les vaifleaux de
qu'ils en reçufent; le contreamiral Cercey a cet ordre.
Sonthonax : Il ne s'agit pas de favoir quels font ceux qui
ont, donné l'ordre de tirer fur la villes mais il s'agit de
favoir fi, dans cctte pièce qu'on vient de lire, il eft dit que
les officiers de la marine ont empioyé éleur rinfuence pour empécher de tirer fur la ville.
Th. Millet : Vous avez vu dans un autre paragraphe
ont
qu'ils
alifté à la féance canvoquée
le général
A
Galbaud
pour obéir à la voix impérieufe Sc1 leur confcience
à cette époque, leur faifoit un devoir d'employer ce moyen qui,
pourl le. falut de la patrjes, Quel étoir Fobjet del cette réunion : c'éroit de prendre des mefures contre ceux qui menaçcient d'incendier la ville. Vousavezyu encore que dans rlufieurs déclatations
he
ont
qu'ils
alifté à la féance canvoquée
le général
A
Galbaud
pour obéir à la voix impérieufe Sc1 leur confcience
à cette époque, leur faifoit un devoir d'employer ce moyen qui,
pourl le. falut de la patrjes, Quel étoir Fobjet del cette réunion : c'éroit de prendre des mefures contre ceux qui menaçcient d'incendier la ville. Vousavezyu encore que dans rlufieurs déclatations --- Page 149 ---
e préfident : Ceci allonge beaucoup.
Th. Miller : En ce cas, citoyens, vous êtes donc bien
vaincus, par le procès-verbal de tous les officiers
rs de la rade du
qu'au 21 juin les malheureux
Mt
Cap,
nis du Cap fe réfugioient à bord des vaifleaux, qu'ils y
nfportoient les effets qu'ils avoient pu fauver du pillage,
que ceux qui pilloient, qui malfacroient, qui incendicient,
ient les efclaves révoltés.
Le préfident : La commiflion ordonne qu'après que don- T'afre-du Cap fera entièrement terminée, les colons
ront les développemens qu'ils ont à produire fur le
me chefqui, d'après leur expofé, fe réduit à la
CLALARE
in petit nombre de pièces, & aux inductions très-fommaires
ils pourront en tirer.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft fgmés J.Ph. GARRAN,préf- MER.
at; 5 FOUCtE (de Nantes), Jecrétaire; DABRAY,
NO, MOLLEYAUT, F. LANTHENAS. --- Page 150 ---
Du 3 Thermidor, l'an troiftème de la République frang
une 6 indivifible.
L.
veille rédaétion des débats, recueillis dans la féance de
eft lue & adoptée.
Les citoyens Senac, Clauffon, Page, Larchevefque: e-T
bault, font abfens.
Le préfident : Voici une lertre du citoyen Saint- Elm
dans laquelle il dément les faits d'émigraticn articulés con
lui par Sonthonax. Ils'en réfère à la déclararion qu'il a fa
à Philadelphie, 2 & dont il a , dit-il, remis copie à la cemm
fion en nivôle dernier.
Th. Millet: Voicil'original que j'ai par devers moi, & C
j'ofite de communiquer.
Bruley: Pour le même objet,, voici une lettre de Chance
qui dément ce qu'on a dit, qu'il a commandé le vaiffeau
JegaeraNew-Yorck; in'a jamais été à New- Yorck.
Je vous donne la lifte de quarante-deux perfonnes arrêt
à Breft, avec lui, fur des mandats d'arrét en blanc 5 YO
verrez la lifte dans fa letrre.
Th. Millet : La commiflion veut-elle cenmunication de (
pièces :
Le préfident : Sila ccmmiffion le juge néceffaire, elle vo
la demandera ; mais il eft inurile d'ailonger les débats.
Thomas Millet : Iy a une pièce très-en régle > qui
l'extrait mortuaire du beau-père de Saint-Elme.
Bruley : Je prie d'obierver qu'à la fuite de la lettre
verrez la lifte dans fa letrre.
Th. Millet : La commiflion veut-elle cenmunication de (
pièces :
Le préfident : Sila ccmmiffion le juge néceffaire, elle vo
la demandera ; mais il eft inurile d'ailonger les débats.
Thomas Millet : Iy a une pièce très-en régle > qui
l'extrait mortuaire du beau-père de Saint-Elme.
Bruley : Je prie d'obierver qu'à la fuite de la lettre --- Page 151 ---
oven Chencens, ilyal nomenclature des prifonniers 'de
ville où ils font en ce moment: ; ainfi la commiflion des
lonies pourra vérifier les faits.
SaintSonthonax : J'obferve, fur la déclaration du citoyen
ne, que la déclaration faite à la chancellerie de Philadelle n'empéche
n'ait émigré à la Jamaique.
Le
: Ta plus quefion de difcuter cela.
rc : C'eft de la Jamnique que plufieurs font venus
a Nouvell-Ancletetre, notamment Borel.
Fondeyiolle : Sonthonax a dit hier, dans la féance, que le
atre-amiral Cambis avoit été challé du Jupiter à coups de
pre : je démentirai le fait. Lorfque le citoyen Cambis a
u un coup de fabre , ce n'ef pas à bord de fon vaiffeau;
f dans lai maifon du conful méme, à New-Yorck, par un
ionnier d'une des frégates du convoi. Ja fcène s'eft
a porte du confulHauterive; anfi c'eft un faux que
Ieles
onax vous a dit.
Duny : Je l'afirme.
Sonthonax : Je n'ai pu parler là- deffus que par ouie, & fur les notes qui m'ont été envorées par Genet :
m'en réfère à la correfpondance de Genct.
Thomas Milet : Par la ledure des procès verbaux des
Riciers de T'efcadre françaife au Cap, vous vovez que ce
Loit pas les hommes de mer qui pilloient la vill:, mais
le c'étoient les vaiffeaux qui fervoient de réfuge aux gens
1a ville: à Tappui de cette affertion..
Sonthonax : J'ai à parler far cette déclaration avant que
citoyen Millet continue..
Thomas Millet : Je vaisla lire avant que vous répondiez.
Sonthonax : C'eft far le procès-verbal du coafcil de guerre,
le vous avez lu hier, que je demande à parler.
Dans ce procès-verbal vous avez vu les preuves incontefbles que Galbaud a mis en infurrection, en révolte les malots de la rade, & qu'il étoit fecondé par lanégligence des
ficiers dela marine:& f * tousl les officiersdel la marineavoient,
nité la canduire de ceux du vaifleau LAmérica, certes, il
y: auroit pas en de defcenre, il n'y'auroit pas eu de révolte
ontre l'autorité nationale, & probablement la ville du Cap,
roit cncore entière. Les ofliciers de la marine OnE btd telment convaincus qu'on leur imputcroit un jour les effets de
fecondé par lanégligence des
ficiers dela marine:& f * tousl les officiersdel la marineavoient,
nité la canduire de ceux du vaifleau LAmérica, certes, il
y: auroit pas en de defcenre, il n'y'auroit pas eu de révolte
ontre l'autorité nationale, & probablement la ville du Cap,
roit cncore entière. Les ofliciers de la marine OnE btd telment convaincus qu'on leur imputcroit un jour les effets de --- Page 152 ---
leur négligence à cet égard, que : dans le
di
par le confeil de guerre tenu à bord du vaiffeau procès-verbal le-Jupite
2gjuin,proces dela
ve-Iqnejsiludans la dilcuflion, lesofi
marine fupplient la Convehtion de ne vour, dans lesfa
leur jont chappés, que les erreurs infeparables de la
Ref humaine, Les ofhciers del la marné reconnoillozent a
alors qu'ils avoient fait, des fautes : je les ai accufés JE
accufe encore de algligence, J'enai accufé d'autres de C
plicité: ce font céux qui font delcendus au
avec
matelors 3 pour diriger cette révolte, ceux Cap., ont été
avec Célar Galbaud à la tête des révoltés. qui Il rélulte d
pièce qu'a lue Themas Miller, qu'il fe cômmertoit det
grands excès dans la ville du Cap: Je conviens
commis
qu'il s'en
foit de la beaucoup, de > foit de la part de ceux qui ont attaq
droits parz ceux qui, réduits au défefpoir, voyant le
politiques menacés, voyanrleur cxiftence
que cc
$
plus
promile, ont eu recours à l'infurrection 3
fe
contre la révolte des marelots. Cuand une guerre pour civile défen a
allumée, rous les faits qui la faivent : tous les combats a
quifont quels elle donne lieu, doivent être mis fur le compte de C
provoquée. Quels font les provocateurs des comb
qui ont eu lieu au Cap le 20 juin & jours fuivans : f
ceux qui font defcendus à terre > quiont violé leurs ce arrê
malgré les ordres des commiflaires civils
gnarder, pour venir les attaquerà main arméesyoila , poar venir les les P
vocateurs de la guerre civile, 3 voilà les
des e
nemens du Cap. Si, dans le cours des provocazeurs l
des atrocités, elles ont été comnifes événemens; -des deux
y a
que des deux côtés il y avoi: également des
parts, pa
le crime ne tient pas à la couleur, il tient au feclérats: coeur. Les certe Eu
péens en ont commis affez dans le Nouveau-Monds, pc
quilny ait pas le moindre doute du defr qu'ils avoientd
commettre de nouveaux, ee fur ceux qu'ils ont commis
Cap pendant l'incendie. Je répère doneg
il y a eu des excès , & que s'ily a eu que,de part &d'aun dans
des parris, c'eft dans celui des Aficain, qui générofité fe formoient
Fatronilles pour conduire les blancsan camp des commiffain
civils, & que là on protégea Jeur exiflence. Les Europée
nieront-ils que les noirs, armés dans la ville du Cap, C
protégé leur exiftence : plus de deux millé d'entre eux y fo
ère doneg
il y a eu des excès , & que s'ily a eu que,de part &d'aun dans
des parris, c'eft dans celui des Aficain, qui générofité fe formoient
Fatronilles pour conduire les blancsan camp des commiffain
civils, & que là on protégea Jeur exiflence. Les Europée
nieront-ils que les noirs, armés dans la ville du Cap, C
protégé leur exiftence : plus de deux millé d'entre eux y fo --- Page 153 ---
fés après l'incendie, ils ont été tranfportés & refpectés; il
ntrouve dans cette enceinte. Le citoyen Fondeviolle, qui eft
&
eft
qu'après la
e au Cap apreslimcendie, quin'ea parti fon
raftrophe ne pourra pas nier qu'il ne doive
exiftence armés
la générolité du peuple africain > car les Africains
oient en nombre décuple de celui des blancs: voilà des faits
ntrelefnuelsilent inpollible de réclamer. LsAfricainsarmés
ntéré généreux, ils ont ufé avec générofité de leurs victoires;
sblancs, les Européens, trompés par Galbaud, fe font
comme des
fur les autorités nationales, & fur
He
pités
tigres les commiffaires civils; ils ont été
mis ommes de quienvironnoient leur audace. Voilà quels font les provocateurs de la
volte dans laquelle, comme je vous Tai
ily, a eu des 0
kcès comiis de part & d'autre, excès qui
été caufés He par le provocateurs. La commillion jugera quels font ces
tovocateurs. Fondeviolle : J'ai tellement été protégé par les hommes de
puleur au Cap, que j'ai été chailé deux fois de deux aparremens que jayois le droit d'occuper. J'airé été infuké.par
ax dans plutieurs occafions, & forcé de rentrer chez moi à
x-heures. Me trouvant avec le maire & un ancien notaire >
emarndrlaChspnilbofu. éréaffailli par une troupe de nègres
d'efclaves armés 3 jai été attaqué par des nègres efclaves, >
omeftiques de mesamis,qui. m'ont fait éprouver toutes fortes
humiliations. J'ai été employé au bureau de Fadminiftration
énérale, à force de follicitations; ; j'ai été faifi, devant les bueaux de Yadminiftration, >
les nègres aitroupés > & conduit
u bord de la mer pour at braler les cadavres des blancs
jufillés par ordre de Sonthonax > & ce n'eft que fur la denande des officiers d'adminiftration quej'ai iété délivré deleurs :
nains. Sonthonax : Quels font les blancs fulillés par mes ordres?
bu font mes ordres ?
Verneuil : Nous les produirons.
Thomas Miliet : Ils iont dans la proclanation : on va la
produire.
Sonthonax : Tout ce que dit Fondeviclie ne prouve rien,
k fon exiftence prouve la' protection qu'ila reçue.
Th. Miller: Sonthonax vient de vous dire queles officiersdu
Jupiter & dela marine, parleur prots-verbal.fairles; juin,
:
nains. Sonthonax : Quels font les blancs fulillés par mes ordres?
bu font mes ordres ?
Verneuil : Nous les produirons.
Thomas Miliet : Ils iont dans la proclanation : on va la
produire.
Sonthonax : Tout ce que dit Fondeviclie ne prouve rien,
k fon exiftence prouve la' protection qu'ila reçue.
Th. Miller: Sonthonax vient de vous dire queles officiersdu
Jupiter & dela marine, parleur prots-verbal.fairles; juin, --- Page 154 ---
Ife
avoient prouvé
réclamoient l'indulgence de la
tion nationale, graiu préfentoient leur
Cony
une faute dont ils fe répentoient. Il conduite faut au Cap com
juin la Hlotte étoit à la voile, & que par remarquer que d
1 confeil de guerre dont On a préfenté le procès-v confequent verbal, 2
officiers étoient en minorité; mais moi, je vous al
un proces-verbalfigné de douze officiers
de préfe
de deux contre-amiraux, 2t des capiraines fupérieurs des vailleaux l'arm
date du 22, pendant lévénement > dans un moment où
officiers difent qu'ils ont été violentés par leur équipage,
leurauroritéa a été méconnue; & cependant c'eftdansce
verbal qu'ils difent que, dans la féance de la veille convoqt proc
par Galbaud, ils ont obéi à la voix impérieufe de leur CO
cience, qui,à cette époque, leur faifoit un devoir de fau
la parrie.
A Tappui de ce que vous a dit Sonthonax du projet d'
cendier le Cap,& de l'intention de le bombaider ou le cand
ner, il vousa.préfenté la déclaration d'Artaut, faite le 3 fe
tembre, c'eft-a-dire, deux mois & demi après l'événeme
Cet Artaut, parfa déclaration même, étoit employé par Sc
thanax, car il prend le titre d'infpecteur général des fouil
& recherches de la ville du Cep. H6 bien! cet Araut, da
fa déclaration, paroit dire qu'on avoit mis en délibération
l'on bombarderoit. la ville; maisilya a une chofe bien
tante, c'eft
le mot bombarderoit a été fubftitué à un impo aut
mot graré. frge priele fecrétaire de la commiffion de le
.
fur ia pièce
vérifi
Le citayen Fouché, repréfentant du peuple : C'eft vrai..
Sonthonax : Le mot eit-il de la même écriture?
Thomas Millet : Oui, mais le fecrétaire, après l'évén
ment, a pu êure à votre difpofition.
Sonthonax: Il étoit à ma dipofition, maisilnes
parce
a
s'enfuicpa
qu'il y. eu iin mot graté ou raturé dans une déclara
tion, qu'il faille infirmerla 'validiré de cette déclaration 2 S
y a eu un mot graté & ui autre inis à la place.
Fouchs : Ccia eft évident.
Thomas Millet : e vous prouverai encore , dans les da
clatarions que Sonthonax a cirées, , celle de Boërner.
Erulley: Tout à T'heure Millera dir qu'il croyoit qu'Artau
étoit cmployépar Sonthonax; je tiens dans mes mains la pro
déclara
tion, qu'il faille infirmerla 'validiré de cette déclaration 2 S
y a eu un mot graté & ui autre inis à la place.
Fouchs : Ccia eft évident.
Thomas Millet : e vous prouverai encore , dans les da
clatarions que Sonthonax a cirées, , celle de Boërner.
Erulley: Tout à T'heure Millera dir qu'il croyoit qu'Artau
étoit cmployépar Sonthonax; je tiens dans mes mains la pro --- Page 155 ---
I5I
mnation qui prouve qu'ila été nommé par Sonthonax infReur général des fouilles de la ville du Cap.
Th. Miller:Jestouve, dans la déclaration de Boërner, faite
9 feptembre > c'eft-à-dire, près de trois mois après l'évément, deux faux matériels. D'abord, vous avez été conncus , par la difcuflion, que la Hotte avoit appareillé le
au matin & le Jupiter le 25, & voilà que Boërner déclare
e fon camarade Deys, > capitaine officier dans fon bataillon,
venu, le 25 au foir, dans la rade. Je lis que, le 26 au
rin, on appric que la floite mettoit à la voile, > & alors elie
ir déja à plas de deux cents lieues en mer le 26 au matin;
sez quelle foi vous devez ajouter à de pareilles déclarations.
Eft bien établi,
tout ce que vous avez
-
entendu, que les
22, 23 juin Rer efclaves révclés pilloient, brdloient,
facroient ; il eft bien établi aufli, par toutes les déclarapsiqui vous ont été lues, que Téquipage des vaifleaux marAnds & de l'érat, étoient embarqués le 23 au foir;
la
te a appareille le 24 au matin : or, le 24 au matin que jl
pi: plus de gens de mer, de ceux que Sonthonax
n'y
ellites de Galbaud, ni de ces hommes pillant, incendiant appelle
ravageant dans la ville du Cap. Hé bien! ciroyens, l'incenle pillage & le maflacre ont conrinué après leur
j'en trouve la preuve dans la' proclamation de Polverel départ, &
nthonax, dont je vais vous faire la leéture.
Thomas Millet lit. )
26juin, etc.
( Voyez li féance du premier thermidor, où cette pièce eft
pportée. )
Vous avez vu, s dans le cours des débars', > que le général
hlbaud, par fa lettre du 22, requéroit l'influence des CoilMaires civils pour arrêter les défordres qui régnoient dans
ville du Cap. Vous avez leur rénonfe, ils dilent : Nous
fommes plus maitres du mouvement 94 a été donné,
zvons plus alflx d'infuence pour arrêter les déjordres Cnous Git fe
nmettent. Ils n'avoien: pas allez de puiffance le 22, parce
'on maffacioit lesi blancs; & le26,que ceux-ciéroiiar partis,
prennent une mefure qui annonçoit des défordres afeux,
ville du Cap. Vous avez leur rénonfe, ils dilent : Nous
fommes plus maitres du mouvement 94 a été donné,
zvons plus alflx d'infuence pour arrêter les déjordres Cnous Git fe
nmettent. Ils n'avoien: pas allez de puiffance le 22, parce
'on maffacioit lesi blancs; & le26,que ceux-ciéroiiar partis,
prennent une mefure qui annonçoit des défordres afeux, --- Page 156 ---
I52
puifqu'ils prenoient fur eux de porter la peine dé mort con
ceux qui feroient pris incendiant. , pillant & maffacrant. Q
donc méritoit un ordre aufli févère? ce n'étoit paslés marit
puilquils étoient à deux cents lieues en mer : C'étoit donce
efclaves révoltés, les hommes de couleur qui environnoie
Polverel & Sonthonax, qui, le 26 juin, trois jours après
départ de la Hlotte, pilloient, maffacroient, incendioient &
livroient à tous les excès
les commiflaires ont cru dev
réprimer , en ordonnant der fufller tous ceux qui ont été P
en flagrant délit. Vous refte-t-il maintenant aucun doute
la main qui dinigcoitfincendie: il ne vous en refte certain
ment plus. Si vous cn doutez encore,fivous voulez mieuxco
noître cette main, vous n'aurez qu'a vous faire repréfen
les lettres qui font au comité de legillation, lettres écri
Tadjudant-général Galbaud, lettres dont la teneur VC
fera par confirmée par les témoins qui vous ont été indiqués 5
la vi
vous verrez qui pilloit, mallacrcit, incendioit dans
du Caps que c'étoit le fait de Polverel & Sonthonax &
ceux qui les environnoient, & que les blancs & les mar
ont fait les plus grands efforts pour s'oppofer aux efcla
armés, au nombre,, comme T'a dit lui-mème Sonthona
décuple des blancs, à limpulfion defquels ils n'ont pu réfifte
& qui ont été obligés de fe retirer fur les vaifleaux, comme
conftatent les procts-verbaux dès officiers, & qui in ont trou
d'autre moyen, pour fauver le refté des propriérés françail
le refte des effets qui avoient été fauvés, & les malheure
qui s'étoient réfugiés, que de mettre à la voile pour les Éra
Unis. D'ailleurs, vous vous convaincrez antli, par l'infp
tion du plan de la ville du Cap qui vous a été remis fc
les yeux, que le feul canton dela ville qui ait été conferv
efl celsi occupé par Galbaud & ceux qui l'environnoient.
Sonthonax : Que réfulte-t-il de la proclamation du 26jt
que vient de lire Thomas Millete il cut téfulte que les co
miffaites civils ont pris des réfolutions fortes, des melu
terribles pour empécher la continuation du pillage & dell?
cerdie, provoqués par les matelors, qui étoient partis la vei
de la proclamation. J'ai déja produit à la comimillion un ore
donné par le général Lavaux & approuvé par nous, ord
qui prouve que, dès le 22 juin; , nous avions Pris des mefus
à
po
Millete il cut téfulte que les co
miffaites civils ont pris des réfolutions fortes, des melu
terribles pour empécher la continuation du pillage & dell?
cerdie, provoqués par les matelors, qui étoient partis la vei
de la proclamation. J'ai déja produit à la comimillion un ore
donné par le général Lavaux & approuvé par nous, ord
qui prouve que, dès le 22 juin; , nous avions Pris des mefus
à
po --- Page 157 ---
pur cmpêcher le pillage & l'incendie. Ces mefures furent
fuftifantes, parce que dans des momens de péril & de ruine,
Faur des melures militaires terribles; pouvions-nous prendre
s mefures lorique les matelots > mélés avec les noirs au
lieu de la ville, s'animoient au pillage &c à l'incendierJe
us ai prouvé que les matelors Ol1t pillé & incendié. Ils
pillé; les preuves en font qu'à bord des vaifleaux
oir un marché géréral de toutes les marchandifes de l'Eu- ily
pe. Ellcs exiftoient enccre dans les prifons de Ereft ou Jes
lons , qui isy trouvoient, faifoient desloreries perpéruclles
bijoux, de pièces de drap, de coupons de talferas venant
pillage du Cap; les
fe trouvent dans les mémoires
1 ont été envoyés par Fiorcent coniuls de Charleftown, de Balnore & de Philadelphies celui de Baltimore écrit que l'arnterie del'églife du Capa étévendue à Baltimore, &
ne font pas les noirs qui ont été vendre à Baltimore cerres, lar
Arerie de léglife de la ville du Cap. Les noirs ont
noirs ont incendié > mais les blancs leur en ont
temple, Ils ont
PMs
les premiers mis le feu au quartier des hems de couleur; On ne dira pas fans doute que ce fonr les
umes de couleur qui ont brilé leurs propres maifons. Lin
idie du Cap eft le pensant de celui du Port-au-Pr rin Ice
1791. Vous avez vu quels font les' hommes qui Oilt indié,le Port-au-Prince en 1791,ce font les mêmes homies
ont provoqué l'incendie du Cap. Il eft
le 26
,cen'é
très-vraique,
orabi--bordsaet
avoient
Cap,céroient
xqui
été provoqués à Tinfarrection, àla révolre;
roient des nègres. brigands qui exerçoient des
dans
ville du Cap, > c'eft contre eux que a proclamation pillages étoit
igée : nouvelle preuve de la follicitude des commiffaires
ils
conferver ce qui reftoit de ia ville du Cap, Les CCUente que la preuve que Galbaudé les matins n'ont
endié, c'eft que le quartier où il demeuroir ne l'a
lle eft donc cette
RET
elpice de preuve : Les noirs
en
Tellion de la
TaCene
Petite-Anfe, du quarrier de la Providence &
souvernement; ils étoient en pofletlion des édifices
édifiçes &c ces quartiers ont été confervésysenfuieil publics:
là que les noirs ont contribué au pillage & à l'incendie? moins
rtes non 5 parce que les noirs ont confervé la Perite-Anfe
Come PIIL. Saisantegantorgiene liyraifon,
L
Les noirs
en
Tellion de la
TaCene
Petite-Anfe, du quarrier de la Providence &
souvernement; ils étoient en pofletlion des édifices
édifiçes &c ces quartiers ont été confervésysenfuieil publics:
là que les noirs ont contribué au pillage & à l'incendie? moins
rtes non 5 parce que les noirs ont confervé la Perite-Anfe
Come PIIL. Saisantegantorgiene liyraifon,
L --- Page 158 ---
& la Providence, il n'en eft pas moins vrai de dire qu'ils
& à l'incendie. Les colons difent
G
t
coopéré au pillage
que
baud a confervéle quertier du petit Carénage, mais Galba
a été chaflé du
Carénage deux jours avant le départ
convoi pour les ELEET Les noirs S'étoientemparés del
fenal, en avoient chaflé, à grands coups de baionnett
Galbaud, qui s'eft jeté à la nage > en criant : fauve quipe
Les noirs font devenus les maitres du petit Carénage &
Tarfenal,lesnoirsom.lo incendiélarfenal&) le petit Caréna
La confervation de plufieurs quartiers de la ville du Cap ti
à d'heureux hafards, qui ne proviennent ni de Galbaud
des matelots qui le fecondoicnt : ils proviennent de la n
dérarion forcéedes noirs, 2 lorfque nous avons pris des melu
terribles contre le peu de brigands qui pouvoient les anim
elles proviennent des foins des commiffaires civils pour c
ferver non-feulement la ville de Cap, mais les reftes de
population blanche , ou plutét une très-grande parrie de
popularion blanche reftée au Cap. Voila d'ou provient la c
fervation des quartiers intacts de la ville du Cap > & I
pas des foins dus général Galbaud, qui, lui-même 5 a civils provo d
ia révolie, qui eit venu affalliner les commiffaires
ia maifon ol ils habitoient.
les mate
Lc préfident : Tu as dit, citoyen Sonthonax, que
avoient vendu des bijoux & des effets à Breft après leur a
vée, &c que ces effets provenoient de) l'incendie du Cap; en
tu quelques preuves?
Femeuil:lla ditles colons..
Sonthonax: Les Colons; ce fait nia été affuré
le cito
Vergniaud,j
fénéchal du
c'eftle feul
don
feind
juge
Capi
me rappelle le ncm à préfent. Je ferai en état de donner
commifion des éclaircillémeus là deflus > lorique jaurai fei
de nouvelles informations : en attendant je me rappelle
mentde la dépofition du citoyen Vergniaud, qui a été en
fon avecles colons, & qui ine Ta été que parce qu'il fe nc
moit Vergniaud.
le
Millet a dit
Le préfident : D'une autre part, citoyen font
de
nous pourrions confulter des pidces qui
au comité
gillation, &c qui viennent de Yadjudant-général Galbaud. à I'a
Je voulois demander fices pièces étoient propres
attendant je me rappelle
mentde la dépofition du citoyen Vergniaud, qui a été en
fon avecles colons, & qui ine Ta été que parce qu'il fe nc
moit Vergniaud.
le
Millet a dit
Le préfident : D'une autre part, citoyen font
de
nous pourrions confulter des pidces qui
au comité
gillation, &c qui viennent de Yadjudant-général Galbaud. à I'a
Je voulois demander fices pièces étoient propres --- Page 159 ---
ISS
nt-général Galbaud, ou fi elles venoient des archives de la
immifion, oit il y a en effer des pièces de Tadjudanr-général
lbaud.
Th. Miller : Ce font des pièces que le citoyen Fouché a reles au comité de légiflation, &c qui font tirées des archives.
Fondeviolle : Je n'ai que deux mors à dire. Il) y a eu deux ou
Dis loreries à Brelt; mais ce font des déportés de la Guadeape & de la Martinique qui les ont faites; entr'autres ona
t une loterie de douze boutons d'or à gilet: un autre a fait
e loterie de deux aunes de drap qu'il avoit apportées, voilà
atesles loreries quifefont faites, y compris une autre encore
vieilles redingottes qu'on vendeit pour avoir un morceau,
pain : mais aucuns colons de Saine-Domingue n'en ont fair.
Th. Millet : Sonthonax vous a dir que l'arfenal, le petic
rénage, que tous les quartiers occupés par Galbaud & fa
oupe avoient été confervés par lui, & qu'il avoit été chaffé
l'arfenal le 22; eh bien! je vous ptie de demander à Sononax ce que font devenus les foixante-feize hommes de
uleur
compofoient la garnifon de l'arfenal, qui ont été
nduits T 22 à bord des vailleaux.
So.thonax:. Je ne (ais pas fi ces hommes de couleur, faits
ifonniers par Galbaud, ont été conduits fur les vaiffeaux: 5
fais bienqu'ilye en a eu de faits prifonniersà àl'arfenal, 8
conduits à bord du vaiffeau le
Deux ont
at
It éié
Jupicer,
allacrés par les matclots > & plufieurs ont été fulillés dans
1 canoclorfquils vencientà terre. Vous en avez eu la preuve
ans la déclaration de Lapierre 5 vous en aurez également la
retvedansles journaux du contre-amiral Cambis. Ces jouraux ne faurcient être fufpeéts, parce que nous avons acculé
général Cambis de navoir pas employé touS les moyens néflaires pour empècher la révolte des matelots.
Th. Miller : Voilà des allégations ; je pourrois répondre à
la par d'autres allégations : c'eft-à-dire que j'ai vu conduire
sfcixante-feize hommes à bord del'America au moment que
flotte appareilloit. Je fais bien qu'ily a eu des' prilonniers
efaits al'arfenal, & qu'ils ont été conduits à bord du vaiffeau
Jupicer, &c qu'ils ont été conduits très-fains & faufs > fans
ucune égiatignure, à bordde PAmerica 5 & vous faurez la véité-là-deffus du contre-amiral Cercey 2 parce que c'eftlui qui
na donné l'ordre, au moment oà la fotte a apparcillé parce
J 7,
qu'ily a eu des' prilonniers
efaits al'arfenal, & qu'ils ont été conduits à bord du vaiffeau
Jupicer, &c qu'ils ont été conduits très-fains & faufs > fans
ucune égiatignure, à bordde PAmerica 5 & vous faurez la véité-là-deffus du contre-amiral Cercey 2 parce que c'eftlui qui
na donné l'ordre, au moment oà la fotte a apparcillé parce
J 7, --- Page 160 ---
qu'ils ont demande à refter às Saint-Domingue, Jevous ptie
vous remettre fous les yeux le plan du Cap: Sonthonax nous
dic que dès le 22 les nègres étoient maîtres du petit carénag
Soncthonax: J'aid dit, je crois, deux jours avant le départ td
convoi.
Th. Miller. : Eh bien! ! le convoi eft parti le 24. Vous ave
vu, par les pièces qui vous ont été produires, que c'eft le
que les ofliciers de la marine, que les officiers fupérieurs C
l'armée navale, pour que la Hotte fortit fans être canonnée, Oi
envoyé enclouer les canons des bacteries ; & Gi les révolt
ave oient été maitres du petit carénage, & conféqeemment de
terres entre le carénrge & les forts,iledt étéimpollible que k
marins euffent été encloucrles canons, & l'on y a été, car le
procès-verbaux le conflatenr; & par fuircla Hotte pur fort
en sfirecé. Vous verrez dans la fuite des débats, que ce n'e
qu'après avoir pris ces mefures que la Rotte a pu apparciller
que les noirs fe font rendus en foule pour fe fervir descanons
& s'en feroient fervis fans les précautions qu'on avoit prife
Mais je demande à Sonconax de declarer, lui qui counoit
bien le Cap: & fur-tout cette partie du petit carénage qu'il
habiré depuis l'incendie, où étoit placd la poudrière d'on lo
a tiré les poudresle 23.
Sonthonax: : Je n'en fais rien, je n'ai jamais été à la pou
drière.
Th. Mil'et : Elle étoit placée an petit carénage; or, fi le
noirs en étoient maitres, comment les matinsont-ils pu enle
ver les poudres?
Sonthonax : Je nenic pas quola poudridre ne fit placée al
petit carénnge, mais je n'aijamais vii cette poudrière; ce ne
toit pasà moi à vificer la poudrière & F'arfenal: ce que je fais
8c ce quia été prouvé de Taveu des colons, cut l'enlèvemen
des poudres. Diront-ils qu'ils ont enlevé cent milliers de pou
dres cour avoir les moyens de faire partir le convoi: dirone-ils
qa'iléroit néceffaire def fuire couler basles deuxblimens char
gés de poudre dans la rade, dans uin momenr où in'y avoit pas
de poudies dansla colonie, quoiqu'on fat en guerre? diront
ils que c'ércit pour favoriferle départ du convoi?
Th. Mil ct: Vousvous en ferezrendre compre par les contre-amizaux qui commandoiantla ferrej: iais je cirai ce que
ens de faire partir le convoi: dirone-ils
qa'iléroit néceffaire def fuire couler basles deuxblimens char
gés de poudre dans la rade, dans uin momenr où in'y avoit pas
de poudies dansla colonie, quoiqu'on fat en guerre? diront
ils que c'ércit pour favoriferle départ du convoi?
Th. Mil ct: Vousvous en ferezrendre compre par les contre-amizaux qui commandoiantla ferrej: iais je cirai ce que --- Page 161 ---
aivu comme témoin, & ce que je fais comme marin. Le
petit bâtiment la Prife anglaife, fur lequel furent conduires les
poudres, c'eft-à-dire tout ce que ne purent contenir les foutes
les vaifleaux ( car on en a mis dedans autant que poflible fous ),
tes poudres furent conduites dans ce bâiment qui étoit
eft. Un des lieutenans du vaifleau LEole, nommé Lehoux >
lemanda douze hommes pour conduire ce bâtiment au Portu-Prince : le réfultat fut qu'il étoitimpoflible
ce bâtiment
uivit le convoi, parce quil n'étoit
lefté, COMT auroit chade lui doniré en le mettant à la
qu'il
impolible
Let
voile;
ber une efcorte pourle mener vent-arrière au Port-au-Prince,
parce
c'étoit expofer cinquante milliers de poudre qui
toient car ce bâtiment à tomber fans défenfe entre les mains
les Anglais qui fe propofoient d'attaquer Saint-Domingue. bas les
Ceci conftaté, il fut arrêté qu'il valoit mieux couler
poudres & le bâtiment, que de l'expofer fur la rade du Cap à
levenir la ruine de la Hotte; parce que f, au moment ou la
alors étoient maitresdu
lotte appareilieroit, leselclaves, qui
fit, euffent
ivage > avec un petit canot 3 quelque faifcient petit qu'il fauter & meteté une mèche fur le vailleau, ils'le
bient le feu à la flotte.
Sonthorax : Je ne répondrai pas aux excufes que donne
Th. Millet, pour blanchir les auteurs de lincendie du Cap
lavoir coulé bas deux bàtimens chargés de poudre dansla rade
u Cap. Th. Millet dit que c'étoit pour empècher les Anglais
le s'en emparer; mais les Anglais pouvoiencils venir dans la
ade du Cap au moment où vous étiez encore au débouquement? : ils ne pouvoient entrer dans la rade du Cap que du conentement des officiers qui commandoient la Hotte. Vous étiez
EncalondimsolignacaveclecAnshiol Vonsavezenlayétoues
es poudres, feules reffources des villes défendues par! les noirs
Saint-Domingue & notamment celledu Cap, qui aujourd'hui
Pppofe la plus grande réfftance à P'ennemi. Ceft vous quiavez
ivréles différeus quartiers de Saint Demingue, quiavez abanHlonné ia République; & vous dircs que vous avez enlevé les
poudres aux noirs pour empécherqu'is: nes'entervillent contre
a République! Jamais les noirs n ont fait un fibarbare ufage
lel la liberté qu'on leur a donnée; ils n'en profitent que
léfendre les
françaifes : cela ne peur plus
la
TEAATS
poflellions
matiere d'un doute.
de Saint Demingue, quiavez abanHlonné ia République; & vous dircs que vous avez enlevé les
poudres aux noirs pour empécherqu'is: nes'entervillent contre
a République! Jamais les noirs n ont fait un fibarbare ufage
lel la liberté qu'on leur a donnée; ils n'en profitent que
léfendre les
françaifes : cela ne peur plus
la
TEAATS
poflellions
matiere d'un doute. --- Page 162 ---
Thomas Millet : Lorfque Sonthonax difcute ce que jai dir
je voudrois qu'il ne lintervertit pas.Je n'ai pas eu la bétife
pardonnez fije me fers de cette expreflien, de dire que Ion
craignoit que les Anglais ne vinffent enlever les poudres dans
la rade du Cap, mais j'ai dit qu'on n'avoit pas voulu ex
pofer cesbâtimens à aller au Portau-Frince dans limpollibilité
ou lon étoit de leur donner une efcorte: les envoyer feuls
c'étoit les expofer à tomber entre les mains des Angiais dans
le pailige, aitendu que les Anglaisinfeltoient ces parages, &
qu'ils n 'avoient
pu être repouffès par nos vailleaux que
Polverel & ERLICLI rerenoient fur les rades. Voilà ce que
jai dit: voilà ce quil ne falloit pas intervertir.
Sonthonax : Il métoit pàs néccllaire, pour mettre les bâ
timens en sûreté 2 de les envoyer au Port-au-Prince; pon
les mettre en stireté, vous pouviezles envoyer dans la rade de
Borgne oul du Vort-de-Paix, & les faire convoyer par un des
bàtimens de 1Erat fortant du Cap; alors, à la vue de ce bâri
ment,ceux chargés de poudres feroient entrés au, Port-de-Paix
qui n'étoit ni incendié ni au ponvoir des nègres révoltés
voilà ce que vous auriez fait G vous aviez voulu conferver
cès poudres à la République. Il n'eft que trop certain que
vous aviez machiné une grande confpiration pour réduire
Sainc-Domingue : & le forcer. de. fe livrer aux Anglais. C'étoit
au Port-de-Paix & non au Port-au-Prince que vous deviez
envoyer ces bâtimens, & cela vous étoit tres-facile, parce
que vous êtes fortis avec les meilleurs vents qui-vous con
duifcient dans le canal de la Tortue.
Thomas Milict : La réponfe à tout cela eft l'article du
procès-verbal qui vous a été lu, portant que les forts du
Pikolet, de Saint-Jofeph, feroient rendus nuls par la cer
titude qu'ils alloient tomber entre les mains des noirs révoltés
'La mefure a été d'ôter les poudres aux efclaves révoltés.
: Sonthonax : Ef-ce que j'ai nié que vous ayez voulu enlever les poudres aux noirs révoltés? je ne nie pas que vous
leur ayez arraché des poudres; c'eft de cela que je vous
fais un crime. Puifque vous prérendez qu'il y avoit du danget
à laiffer ces poudres aux noirs, il s'agit de favoir Gi vous
aviez d'autre moyen de les conferver à la Répnblique ; je
vous lindique, c'étoit celui de les envoyer dans la rade du
Port-de-Paix.
enlever les poudres aux noirs révoltés? je ne nie pas que vous
leur ayez arraché des poudres; c'eft de cela que je vous
fais un crime. Puifque vous prérendez qu'il y avoit du danget
à laiffer ces poudres aux noirs, il s'agit de favoir Gi vous
aviez d'autre moyen de les conferver à la Répnblique ; je
vous lindique, c'étoit celui de les envoyer dans la rade du
Port-de-Paix. --- Page 163 ---
Thomas, Millec : Il y a quelque chofe d'important à 1épondre. Il ne niera pas qu'il avoit donné ordre de brûler la
Hoite. Vous n'auricz reçu ni la flotte
ni les
françaife,
bàtimnens fortis du Cap.
- .
e
Sonthonax: : Prouvez-moi que j'aie donné cet ordre.
Thomas Miller : Nous produirons l'ordre, parce qu'il fait
n article particulier, &c nous verrons fi vous le nierez.
Sonthonax: Iln'ya pas d'article particulier pour cet ordre:
e demande qu'il foit produit fur-le champ.
Le préfident : Les colons le produiront dans un autre moment; ainfi, qu'on paife à una autre article, au feptième chef.
En eftet, on ne peut intervertir l'ordre de la difcuflion.
Fondeviolle : Une obfervation .
. -
Lc préfident : Ceci doit être terminé : voilà un tiers du
emps qui vous a été accordé, par la Convention & qui eft
coulé en traitant cet article : palfez au feptième chef.
Brulley : Il eft ainfi conçu : Nous les accufons d'avoir
élégué des pouvoirs, notamment le droit de vie & de mort
u commandant de la ville du Cap. Le premier article
e clafle fous ce feptième chef eft celui-ci: Ils ont donné @c
pouvoirs à Pinchina, quis'eft permis de faire arrèter dans les
aroiffes des citoyens, même des officiers manicipaux en
onétions. Citoyens, cet article ne comporte pas un trèsrand développement, parce qu'il a déja été donné dans les
ébats antérieurs . . e
e e
L'ordte donné par Polverel & Sonthonax à Pinchina, les
bouvoirs qui lui ont été délégués, vous ont été
Is ont été mis fur le bureau; ils font écrits comnuniqués; de Ia main de
Pinchina & certifiés par lui. Cette pièce a été inférée aux
ebats; elle a démontré évidemment que Polverel & Sonhonax ont délégué des pouvoirs. Cette pièce vous a prouvé
videmment que Pinchina a été fun de ces délégués; de
Hus, il vous a été prouvé, par CCS mêmes débats, que Pinhina avoit fait arrêter pluficurs individus, enr'e autres, le
itoyen Deraggis, procureur de la commune du Mirebalnis.
Vous avez vu dans ces mêmes débats, & cola X eft configné,
ue Deraggis, étant en féance à la municipalité de
uta
Mirebalais,
arraché, entrainé par fon écharpe à T'armée de Lalalle,
de
Hus, il vous a été prouvé, par CCS mêmes débats, que Pinhina avoit fait arrêter pluficurs individus, enr'e autres, le
itoyen Deraggis, procureur de la commune du Mirebalnis.
Vous avez vu dans ces mêmes débats, & cola X eft configné,
ue Deraggis, étant en féance à la municipalité de
uta
Mirebalais,
arraché, entrainé par fon écharpe à T'armée de Lalalle, --- Page 164 ---
oh il a été arrêté pour être de-là jeté à bord de PAméric
oi ii a été aufi fort malrrairé. La déclaration de Dernggi
qui (' onrient tous ces faits, eft dans les archives de la coB
million des colonies; elle a été faite à la Convention na
tionale elle-même, il y a plus de dix mois, par Derage
lui-même : alors Son:honax n' 'étoit pasen France. Ont trouve
dans cette pièce > qui eft aux archives, des détails très-int
reflans fur les pouvoirs qui ont été délégués par Sonthon:
& Polverel. Voilà ce quiréteit relatif au premier article.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Ph. GARRAN
préfident Fouché (de Nanres), fccrétaire ; MERLING
SRe F. LANTHENAS, MOLLEVAUT.
Du --- Page 165 ---
I6I
3u 4 Thermidor, l'an troifeme de la République fratgaife
une & indivifble.
JA rédadtion des débats recueillis dans la féance du 3
Hlue & adoprée.
Les citoyens Page, Larchevefque a Thibaut, Senac &
laufon font abfens.
Deny:) Le denxième article du feptièmie chef d'accnfation
tainti conçu: wilsont donné lesmémes pouvoirs à Lavergne
àGalineau de Galc, pour ln dépendance dul Forede-Paix,
à Albert pour la dépendance du Cul-de-Sac & ceile du
tirbalais. >> Sonthonax commença par façcnner les habitans
Port-de-Paix à recevoir des proconfuls chargés de faire
écuter fes volontés dickatorialcs; il choilit. resadrcirement
ans la commune du Cap un des hommes Jes plus recomandibles, lesplus eftimés,-les plus chéris de fes concitoyens.
e choix de Sonthonax tomba fur le cicoyen
ocureur de la commune du Cap; a fut envoyé Laveigne, dans la dén
ndance du Port-de-1 Faix,
y cimenter Punion qui
guoit entre tous les homines TEC Le ciroyen Lavergne
mplic cette miflion honorable à la farisfaétion de tous, Il
aporta l'eftime & les regrers de tous les habirans de cette
pendance, & revint au Cap. Cette conduite :
Verneuil: : J'obferve que lorfque Lavergne a é é envoyé
onchonax aul Porrde-Paix, il n'étoit pas à cette
par
ocureur de la commune duCap.
époque
Duny : Il ne Ta éré, cn cSet, qu'a fon retour. La con
Tome VIII, Soisante-quingtime lyrayon.
M
orta l'eftime & les regrers de tous les habirans de cette
pendance, & revint au Cap. Cette conduite :
Verneuil: : J'obferve que lorfque Lavergne a é é envoyé
onchonax aul Porrde-Paix, il n'étoit pas à cette
par
ocureur de la commune duCap.
époque
Duny : Il ne Ta éré, cn cSet, qu'a fon retour. La con
Tome VIII, Soisante-quingtime lyrayon.
M --- Page 166 ---
duite 'de Lavergne agna la confiance des habirans du Por
au-Prince, & Sonthonax qu'ils croyoiene pénétré du defir C
reftaurer la colonie. Cej Lavergnef fur remplacé par Galinea
de Gafc, qui fut envoyé au Port-de-Paix avec des pouvoi
illimités. CeGalineat de Gafc eut pour adjoint un homme C
conleur; nemmé Durand. Vous allez voir, ciroyeus, la cor
duire qu'atenue Galineau de Gafc, par la leéture d'un arrè
de la municipalité du Port-de-Faix.
Extrait des regifres de la municipalité du Port-de-Paix.
c Aujourd'hui, 8 mars 1793 le confeil- général de
commune aflemblée au lieu ordinaire de fes féances,
étoient grand nombre de citoyens, & le commandant de
garde nationale invité d'y aflifter; leéture faite d'une pétiic
lignée de cinquante citoyens, un d'iceux préfens, après avo
demandé & obtenu la parole, a dit:
35 Magiftrats du peuple, lorfque les citoyens vous 0
revêtus de leur confiance, ils s'attendoient à trouver en vo
des appuis de l'innocence & la réfiftance néceflaire à
ryrannie. Ils étoient pénétrés de n'être plus en butte a
calomnies 8c des aétes arbitraires dont les avoient accabl
les Cexa-Major, les Layaltière & autres; ils vivoient da
Y'efpoir de n'être foumis qu'aux lois dont vous êtes
organes.
>> Vous nous avez vus, 3 magiftrats, nous réunir fincèt
ment à la voix paifible, au langage modefte du citoyen L
dont nous n'oubliercns, jamais le nom. Les bo
vergne citoyens , oublièrent tout reffentiment réciproque 5 ils s't
meient avec joie, volèrent au ccmbar, vous laiflant av
confiance leurs familles & leurs inérêts: chofe remarçuabl
Y'union n'avoit fait que fe confolider, après une caipag
aufli heureufe
penible - .
de Gafc délégué So
35 L'arrivée duc citoyent Galineau
par
thonax) a produit les effets les plus alarmans. La colère 4
Dieux leifit jeter les yeux fur ce citayen. Notre perte
inévitable. Lincendie confume les poflellions intaétes jufqu
cette époque, & c'eft dans ce moment critique que T
defenleurs nous font enlevés! des ourrages affeélés font noi
écompenfe & la vêtre; & pour avoir montré la plus gran
citoyent Galineau
par
thonax) a produit les effets les plus alarmans. La colère 4
Dieux leifit jeter les yeux fur ce citayen. Notre perte
inévitable. Lincendie confume les poflellions intaétes jufqu
cette époque, & c'eft dans ce moment critique que T
defenleurs nous font enlevés! des ourrages affeélés font noi
écompenfe & la vêtre; & pour avoir montré la plus gran --- Page 167 ---
énergie, le courage le plus ablolu, & avoir chaffé
gands de leurs repaires, nous fommes ainti trairés
les bridis troubies tie Jont pas
!les auteurs
(eignemens, & telle eft recherchés, la fataliré 2 des on a dédaigné vos rendes trames affreufes : c'eft
circonftances & l'effet
faculré de nous juftiner; ainfi que nous n'avons pas même la
droits les plus facrés ! pius de sireté On méprifera indtviduelle. impunément les
trats, nous ne pouvons pius fupporier
Non, magif
Ti vaur mieux mille fois
un étar auii cruel.
que desy foumettre lorfqu' périr l'on elti pour avoir déjobé cu tyran >
innocent;
>2 Fait & clos; &c.
prononcez, &c.
>2 Signé, DÉBORDE, maire ; VENNE, ofcier
LEGRAS, DURAND, GAULAK, notables
municipal i
reur-Jyndic.
; LEROI, procu-
>3 Collationné, Signé, Dosnaues/frndeegidin
3> Pour copie coaforme à Toriginal: au
mars 1793.
Port-de-Paix, le IO
>3 Par le fecrétaire du délégué au Port-de-Paix de la
miflion nationale civile.
com-
>> Signé, GAUTHIER, >3
Sonthonax : J'obferve que ce n'eft pas-là un extrait
regifire de la municipalité, mais le journal d de
de du
Boillicre, jouraal qui n'a jamais été
Tansuy la
lté obligé de faire arrèter les rédacte eurs autirentique les ; car j'ai
les faux qu'ils commnerroienr dans la pour
menfonges
bieces, noramment, ciroyens, fur la prétendue tranfcription adreffe des
sonim"s-de couleur de Sainz- Marc à ceux du
des
Prince.
Port-auDuny : J'ai déja offert à la commiffion de
ueil, dunt copie eft dans les archives, & dépofer ce reniflion à lire foigneufement dans ca recueil j'engage la componthonax incrimine. Vous verrez les
contre lequel
shabitans de la colonie & 3 tous ceux qui principes acculent de tous
honax.
SonM 2
prétendue tranfcription adreffe des
sonim"s-de couleur de Sainz- Marc à ceux du
des
Prince.
Port-auDuny : J'ai déja offert à la commiffion de
ueil, dunt copie eft dans les archives, & dépofer ce reniflion à lire foigneufement dans ca recueil j'engage la componthonax incrimine. Vous verrez les
contre lequel
shabitans de la colonie & 3 tous ceux qui principes acculent de tous
honax.
SonM 2 --- Page 168 ---
Sonthonax : Il ne s'agit pas des principes du journal, ma
d'un a.rétè de la municipalité du Pore-de-Paix. Je demand
que cet arrèré ioit fourni en forme probante, en forme au
thentique, ou du moins par extrait dans le Moniteur, recue
réconnu de parr & d'autre.
Duny : Vous favez
chaque fois, & je vous l'ai dé
dit fouvent d.ns les TECO que chaque fois qu'une piè
tournoit cont re les vexations des commillaires civils, il éto
dérendu de l'inferer. Le rédacteur, S-Mauriee,avoir défen
exprefle de ricn inprimer; & voyez ces trois volumes, vOI
ny verrez rien qui puifle inculperConchonss; mais lifez 1
aunes journaux > vous y verrez le fiel doit nous étio
abreuvés, les fers & les torches qui nous pourfuivoient.
Le préfident a Duny : Avezvous d'autres preuves-de l'exi
tence decette pitce, que foninfertion dans ce journal :
Duy : Non, ciroyens.
Lepréfdent : La commillion 8: la Cenvention appréciero
d'apres cela la valeur de cette pièce,
Duny : T'oblerve, citoyens, guily 2 également neuf nt
méros dépoliés fous les archives : e'efp pour éviter de les che
cher que i'aipris celui ci.
(Illit:)
cc L'affemblée nationale a décrété qu'il étoit néceffaire d'ex
voyer des commiffiires à Sain: Domingue, chargés, a-t-el
dir, d'u e mifion oll l'ingrence de la perfuafion doit toujou
accompugner l'ufage d'une anterité,'d une mifion dont le bi
doit étro de col er les e/prits, , defaire celfer les diviji Ts 3
conduire paifeilement à 1172 veeu commuz couS ceux gai defiroier
le bien pable , 8cc., 8cc.
52 Cef dans cete efprit qu'ils ont dû venir, & qu'ils dniver
agir Mais nous ne vovons dans tour cel qui nous e
connu, rien qui annonce que ies diligucs du diligué aier
eux-mêts la faculré dodileguer & de fubdéleguer.
> La narion a déuréré f'envoi des délogués du Cap, ima
elle n'a point décré é wils ferojent les maitres d'établir ur
hiérarchie inanie de fubddloguos.
)
qu'ils ont dû venir, & qu'ils dniver
agir Mais nous ne vovons dans tour cel qui nous e
connu, rien qui annonce que ies diligucs du diligué aier
eux-mêts la faculré dodileguer & de fubdéleguer.
> La narion a déuréré f'envoi des délogués du Cap, ima
elle n'a point décré é wils ferojent les maitres d'établir ur
hiérarchie inanie de fubddloguos.
) --- Page 169 ---
16;
5) Ceux-cin'ont pas - la confiance du premier
qu'ils ne font ni de fon choix, ni dans la loi délégué, qui autorife puitenvoidesdelégués.
Ce ne font donc que des fubalternes fans
égal dcfane re/ponjatilité.
caraétère
> L'on a la malheureufe expérience igt
combien Pantorité
lvifée, réparrie, fraclionnée dans des mains
derient foible, verfatile, & en cela dure,. pefante, fubalriernes, cruelle &
négale, aire
paria prepenfion qu'ont naturellement les vaiets à
pire que lès maittes > à abufer de la pori ioncule de
convoir guileur eft momenramément confiée; cnfin, exercer
delpotifme le plis abfurde & le plus
fe
en
nontrer
tout & plus foris & fupéricurs orgueilleux, à leurs pour conitoyens.
NO
3 Il téfalte de cette échelle malheureufe de fubalternes
idligudts laies de qui faurerelles couvrent Saint- Dominguc 5 comme de ces
dévorastices qui ravagent f fouvent
Egypte, qu'ils ne peuvent que faire'le mal & jamais le
>3 C'eft toujours leurs
bicn.
ulières & virulentes qui pailions les dirigenr. > leurs Leur vengeances partiXalté leur occalionne des tournoiemens de rête, amourprépre , & enfante
ansléurcerveaut unevolontép particulicre
pout la volonti n.tionale; volonté alnquelle Ruiledontienrentuire iis
olonré qui ne leur a point été manifeltées svolonté fentétrangers,
lont les commiffaires. civils eux-mémes ne font
enfin.,
pofitaires fecondaires & intranfmiffitles.
qae lesidé3 S'ils tranfmetteng à L211 tiers le feufacré de la
ationale, dont, comme les veftales, ils font ies volonté
ervateurs, il périt & s'éteint à linflant, & il ne feulscon- relte
u'ure flamme profane, qui confame, torréfie tout ce plus
itteint, au lieu de vivifier, & de conferver.
qu'elle
3 Tcl eft au Port-de-Paix l'effet défaftreux qu'a
apparition du,délégué Galineaude Gafc>,
produiit
Je n'en dirai pas davantage, vous vayez
de
le lai municipalité. Je donne pour preuve du l'efprie l'arrêté
Galineau de Gafc exerçoit, la lettre dEgron, delpoulime féuéchaldu que
Porc-de-Paix, quie j'ai déja produire,
M 3
'elle
3 Tcl eft au Port-de-Paix l'effet défaftreux qu'a
apparition du,délégué Galineaude Gafc>,
produiit
Je n'en dirai pas davantage, vous vayez
de
le lai municipalité. Je donne pour preuve du l'efprie l'arrêté
Galineau de Gafc exerçoit, la lettre dEgron, delpoulime féuéchaldu que
Porc-de-Paix, quie j'ai déja produire,
M 3 --- Page 170 ---
Le Préfident : Indique le but de cette lettre. :
Duny: : Dans fa letire, Egron fe plaint de ce que Galinear
de Galc relâchoit des prifons les criminels qui y. étoient dé
tenus : cetre lifte a éré déja produite fur le bureau dans-l
cours de la difcuflion. Je cite les plaintes de Lanieu, ad
miniftrareur des hopiraux militaires, inférées dans lé Moni
teur, page 464, pièce déja produite lorfqu'il s'eft agi de
hopiraux: je cire Padrefle apologétique fignee, Lahaubés
Rollignol, Rodonau, Galbsis, Poreftal, Villeneuve, Bau
din & Sonrhonax, pour demander la confervation de Ga
lineau de Gafc auPort-de-Paix.
Sonthonax : Voulez-vous me communiquer cette pièce ?
Dny : Oui, ciroyen.. Fobi erverai aufli que ce Galinear
de Gafc que vous voyez, en qualiré de délégué, chargé de
voirs immenfes, va être en méme-temnps chargé par Laveaux du commandement & de la direction de la forc
armée. Vous en trouvez la preuve dans la letrre de Galinea
de Gafc à Etienne 1 aveary (Monizeur, page 591): vou
trouverez qu'il rend compre de fes expédirions militaires
& qu'il y dir, le 3 avril 1793, obfervez cela, ciroyens, le
avril. ce Pot/fongr-imsfampend à l'inftant, qu un des chefs de
brigands, nommé Gaetiby,, frère du chef Jofeph qui 1IOU
incendioit & nous affaflinoit depuis deux ans, a été pri
avec quarre-vingt des fiens; il étoit décoré d'une écharp
bianche; 5 je Y'enverrai dans les prifons du Cap. Jean Rabe
aaufli tué & pris beaucoup de brigands.s Le nègre Gueniby
Fun des cheis révoltés du Port-de-Paix, que vous voye
pris,. décoré d'une écharpe blanche, avec qua'te-vingt de
fiens, font ceux qui ont été mis en liberté; font ceux qu
vous avez. vu merre en liberté, comme vous l'avez vu dan
la lettre du fénéchal. Il eft bien prouvé que ce Galineau d
Gafc a eu des pouvoirs 1 illimités, dont ils'eft fervi pour vexe
les citoyens de la dépendance du Portde-Paix.
Sonthonax : On eft l'aéte qui contient les pouvoirs illi
mirés donnés à Galineau (de Gafc)?
Duny : Ils font dans fes actes; je viens de lire un a
fes arréres, qui prouve qu'on pilloit , qu'on incendioit par fe
ordres; je crois qu'il n'y a pas de pouvoirs plus étendus qu
ceux-là,
'eft fervi pour vexe
les citoyens de la dépendance du Portde-Paix.
Sonthonax : On eft l'aéte qui contient les pouvoirs illi
mirés donnés à Galineau (de Gafc)?
Duny : Ils font dans fes actes; je viens de lire un a
fes arréres, qui prouve qu'on pilloit , qu'on incendioit par fe
ordres; je crois qu'il n'y a pas de pouvoirs plus étendus qu
ceux-là, --- Page 171 ---
Sonthonax & Polverel ont également nommé Albert, fecrétaire de Sonthonax, délégué à la
k au Mirbalais. Albert, rendu au quartier Croix.des-Bouquers de
demanda au procureur de la commune, par FAreahaye, quel ordre
bn avoit procedé à la nomination des dépurés à fatlemblée
toloniale & des électeurs pour nommer des dépurés à la
Convenrion nationale. Ce
C D'après ia loiqui le veut, fonctionnaire public lui répondit :
je ne connois rien au - delfus
d'elle 3, Alberr répliqua : c Aucune loi de France
ne peur avoir d'exécution dans la colonie qu'elle ne foit
expreffemenr ordonnée par les commifaires
3 avez ourre - patfé vos pouvoirs; cette
civils; VOLES
3 des grands malheurs fur'la paroiffe; elle expofe opérarion à unerévokte artirera
générale des noirs>,
La million d'Albert étoit de demander 600 kommes à
petter paroite peur les joindre àl'armée qui devoit marchcr
contre le Port-au-Prince. La cominune manifefta hauienent fa répugnance à marcher contre une cité qui
eftoit chaque jour de fon atrachernent à la
prok qui failoir florrer fur fes murs-le pavillon mère-patrie, tricolor. Aibert la menaça de nouveau de la révolte des
&
quelques jours après, les nègres de la montagne des noirs, Crochus
Befcendirenr, firent une nouvelle irruption & brôlèrent les
habitations. Cela eft configné dans les déclarations
la commnion descolonies.
dépofées à
Lepréfidene : Vous ne poufriez pas. indiquer ces déclarations
une manière plus précile?
Duy : La déclaration de Derageis, procureur de la
commne du Mirbalais, en eft une. Voici encore un journal
qui n'eft point le Moniteur , mais qui eft bien connu de
Sonrhonax, il étoit fait fous fes yeux, & fortoit des
té fon imprimeur : c'eft IAmi de
rédigé preffes
Catinot.
lEgalité,
par
Ill:
N.6,page 8.
Avis très-intérefjant.
ee Les habitans, procureur-généraux ou économes font
M4
Mirbalais, en eft une. Voici encore un journal
qui n'eft point le Moniteur , mais qui eft bien connu de
Sonrhonax, il étoit fait fous fes yeux, & fortoit des
té fon imprimeur : c'eft IAmi de
rédigé preffes
Catinot.
lEgalité,
par
Ill:
N.6,page 8.
Avis très-intérefjant.
ee Les habitans, procureur-généraux ou économes font
M4 --- Page 172 ---
5> invités, au nom du bien général & de l'intérêt parric
92 lier, à fe rendre lundi 20 du courant far leurs habit
3) tions refpedtives, pour y reprendre leurs fonctions, mair
>> tenir la police & la difcipline dans les ateliers, & en
>> ployer une alliduiré & une furveillance infatigables po
93 ramenor promptement la profpériré en plane.
:2 Sgni,ABERT, délegué àlu Crois.da-Bougueu.
C'elt an moment où so à 60,000 noirs font en infurre
tion, qu'on orconne aux malheureux propriétiresou; gérc
de fo rendre le lenderain fur leurs habirations refpective
Y mainzenir T'ordre & ia tranquillité. Ces maiheurer
EEREY dans lalternative ou de défobeir au délégué,
d'ete aflailinés, fe rendirent fur leurs habirarions, Da
bonneau, qui eft de ce quartier, vous dira que plufieurs
toyens ont écé égorgés aprèsavoir obéi à cet ordre d'Alber
délégud deSonthonnx.
Sonthonax: Quclsfont COS citoyens, 8chquelle époque on
ils été egpigis?
Danbonnea : II ya eu à cotte époque tzois gérens 9
ont 'été allalinés, fur trois habiacions, par les nègres
ces habitarions quiy étoient rentrés, & qui ont commis C
aflafinats fir linviration d'Albert.
Santhonar:Je vous demande de nommer ces trois géren
& de prodeire les preuves de ceta allaffinar.
Daubonneai : Jeneipas les procès-verbaux, mais
zerai demain les noms sde ces trois gérens.
j'appo
Lepréfident : Ilfandroi: toujoars avoir les piecesqui vo:
font néceflaires; indiquez au moins les habitations où ce.
s'eft palie.
Daubornezu : I'économe & le gérent de Thabitario
Bauge ont étô affallinés, ainfi que l'économe de T'habira
rion la Mardelic : cela eft à la connoiffance de rout
monde.
Duny: Vous voyez que les délégués des commiffaire
civils dans les différens quartiers exerçoient toutes fortes d
vexations & d'adtes ryrauniques 5 nous ayons donc e
habitations où ce.
s'eft palie.
Daubornezu : I'économe & le gérent de Thabitario
Bauge ont étô affallinés, ainfi que l'économe de T'habira
rion la Mardelic : cela eft à la connoiffance de rout
monde.
Duny: Vous voyez que les délégués des commiffaire
civils dans les différens quartiers exerçoient toutes fortes d
vexations & d'adtes ryrauniques 5 nous ayons donc e --- Page 173 ---
aifon d'accufer Sonthonax d'avoir délégué T des pouoirs.
Daubonrcau : Le troifième article eft ainfi conçu : < Ils
ont également délégué Pinchina, Rigand & Létang pout
la dépendarice de Jérémie 3, Je ne' ferai pas bien long
pour prouyer que ces trois hommes ont été délégués par
Polverel & Sonthonax. J'invoque l'ordre qui leur a éYé
lonné par Polverel & Sonthonax dans les premiers jours de
uin, & qui fe trouve conligné dans fes regitkres. Pinchina,
Rigaud 8c Létang ont été envoyés dans larmée duPetitTrou, qui devoit marcher coture Jérémie. Elle a été recouiiee & obligée de fe replier au quattier du Pric Trou';
es trois délégués y étoient en véritables diétarcurs. Ils ont
u que tous les habitans blancs des communes qui, les
nuronncient,s'eppferoiens à ce que larmée qui avoit éré
nite en déroute fût augmentée; ils donnerent des ordres
ux hommes de coileur de fe réunir; &. c'elt à. cette
poque que les habitans blancs du Pesit-Trou, des Mirdoanes & du Petit-Goave ont été enlevés de leurs domiiies à main armée, &c conduits dans les prifons du Portu-Prince.
Sonthonax : Je déclare que je ne puis avoir aucure part
'ce fait, parce qu'alors mon collègue étoit dans KOueft;
en'ai pas même comnoitiance-de ce fait. Je fais qu'i
eu des habitans du Perit-Trou emprifonnés au TRuL
au-Prince; mais moi- même jo les ai tait fortir dans le
courant de Mars 17935 fur Yavis d'une commillion établie
par moi pour examiner les plaintes des détenus, lcs gtiefs
qu'ils avoient conre leurs dénonciateurs &les charges qui
exiftcieht contr'eux.
Dasbonneau : Je ne nie pas que vous ne les ayez fait
fortir; mais il eft très - vrai que vous 85 votre collègue,
lorfque Pinchina, Rigaud & Létang ont enlevé à main
armée tous les habitans blancs des paroilles du Peri-Trou,
des Miragoanes & du Perit T Goave, & les ont condaits
au Port-au Prince, vous & votre collègue étiez au Cap.
Cesmalheureux paffoient pardonsainsifatcisdu nombre.
Sonzhonax : En atrendant que je puille arriver aux faits
genéranx & particuliers qui me font impurés à cet égard',
,
lorfque Pinchina, Rigaud & Létang ont enlevé à main
armée tous les habitans blancs des paroilles du Peri-Trou,
des Miragoanes & du Perit T Goave, & les ont condaits
au Port-au Prince, vous & votre collègue étiez au Cap.
Cesmalheureux paffoient pardonsainsifatcisdu nombre.
Sonzhonax : En atrendant que je puille arriver aux faits
genéranx & particuliers qui me font impurés à cet égard', --- Page 174 ---
je prie la commillion d'ordonnerà Danbonneau de
le bureau les preuves de cet enlevement.
dépofer
Daubonneau : Je n'ai pas le regiftre des
conftate que nous y avons rous erésje prouverai prifons, bien
jy ai été, parce que j'ai le reçu du concierge des
qui date mon cn:rée & ma fortie de ia
prifc &
-
fortiea été un déporr
a
prifon;
pas les déports desautes. quePolverel lancé coptre moi : jei 1
lui Sonthonax : Le ciroyen Daubonneau parle ici de ce
eft perfonncl, & non pas du Petie-Trou des
il s'agit du Perit-Trou des Baraders, & non pas Barade de ce
quiont éréatrêtés au Petit-Goave, dont le ciroyen
neau eft habitanr.
Daube
Dasbornegu : Niz-vous que les habirans du Petit-
&
Tr
duPe-Gonvesknr été enlevés de chez eux & conduits
Port-au-Prince ?
Sonthonax : Je n'en ai jufqu'à préfent aucune conno
fance.
Daubonneau : Ces fairs font de notoriété
& il y a en France une très grande
publiqu
lons qui éroient à Saint -
quancité des C
ront
Domingue 3 & qui certif
que tous les habitans des piroiffes
de citer ont éré vérirablement enievés de chez que je vic
armée, & qu'ils font reftés
6 & 7 mois en eux à ma P
la certitude que Sonthonax M a fait fortir au prifon. inois
mars fuiwant,HleRcerain qu'ilsavoient été misen
fes délégués: faucild'autres preuves?
prifon P
Sonthonax : Jeréponds à Pmrerpellation de
que je n'ai aucune connoilfance de la généralité Daubonnear de C
enlevenens; forir des
çue je me rappelle très - bien d'avoir fa
Perit-Tron, prifons du Port-au-Prince pluficurs habitans d
Il me feroit impoflible de les
je crois que lun d'entr'eux éroit procureur de nommer; la commun ma
Lorlque je répondrai à Daubonneau, je donnerai tous i
renfeignemens confelterai.
que pourront me fournir les pièces que
Je ne peux pas me rappeier de tous ces enle
vemens 5 je ne peis pas avoir connoiffiarice de ceux 91
I'Oueft concernoient la parrie du Petit 1 Trcu : car la parcie d
n'a jamais été foumife médiatement à mon auta
que lun d'entr'eux éroit procureur de nommer; la commun ma
Lorlque je répondrai à Daubonneau, je donnerai tous i
renfeignemens confelterai.
que pourront me fournir les pièces que
Je ne peux pas me rappeier de tous ces enle
vemens 5 je ne peis pas avoir connoiffiarice de ceux 91
I'Oueft concernoient la parrie du Petit 1 Trcu : car la parcie d
n'a jamais été foumife médiatement à mon auta --- Page 175 ---
puifque Polverel en étoit chargé. Voilà tout ce que je puis
pondre à prélent.
Daubonneau : L'ordre qui a inftirué vos délégués a été
né par Polverel & vous; & certes, cet ordre exifte, puifil elt dans voS regiftres.
Sonthonax : Il ne s'agit pas ici de l'ordre donné aux
légués dont vous perlez: ce fera dans la léponle que je
donné à ceux
ai demain que vous verrez quels pouvoirs j'ai
e vousa appelez mes délégués.
Bruliey : Le dernier article qui fc clalle dans le feptième
efeftainfi conçu : c Ils ont donné le droit de vie & de mort
au commandant militaire de la ville du Cap>, On a déja
dans les débats anzérieurs l'aôte qui conflate de la maerela plus évidente. , que Sonthonax & Polverel ont donné de la
droit de vie & de mort au commandant militaire
du
lle du Cap. Vous avez entendu lire la proclamation
juin; vousy avez vu énoncé bien formcllement que ccux
1 feroient pris les armes à la main, pillant & incendiant,
roient de fuite fufillés.
Sonthonax ne s'eft point borné à cette proclamation qui
dû caufer quantité d'affallinats & de meurures; il en a
olongé l'effet, & deux mois après l'incendie les mefures
iftoient encore; je vais vous le prouver par fes actes:
tiens dans les mains une proclamation du 24 juillet.
ous favez que c'eft le 20 & le 21 juin qu'eft arrivée la
tafrophe du Cap, delà jufqu'au 24 juillet il s'étoit bien
coulé un mois: non-feulement la proclamation du 26 juin
voit fon plein efet; mais vous verrez, par cette autre
rochamation, que Sonrhonax & Polverel la. confirmoient
ans le cas où des malheureux viendroient chercher dans
S décombres de leurs maifons ce qui pourroit avoir échappé
lincendie.Je vais vous lire cette proclamation.
(Il la lit.)
Proclamation de Polverel & Sonthonax.
cc Inftruits qu'il exifte fous les ruines & les décombres
ie la ville du Cap une grande quantiré de cuivre, plomb
k autres métaux;
par cette autre
rochamation, que Sonrhonax & Polverel la. confirmoient
ans le cas où des malheureux viendroient chercher dans
S décombres de leurs maifons ce qui pourroit avoir échappé
lincendie.Je vais vous lire cette proclamation.
(Il la lit.)
Proclamation de Polverel & Sonthonax.
cc Inftruits qu'il exifte fous les ruines & les décombres
ie la ville du Cap une grande quantiré de cuivre, plomb
k autres métaux; --- Page 176 ---
17È
35 Inftruits qu'il exifte pareillement fur le bord
une très,grande quantité de planches,
de la
& autres bois; gu'il exilte dans les" madriers; bois équ
cette - ville des inflrumens
magalins incendiés
culture;
propres aux métiers' &l
7) Confidérant que ces objets deviennent
utiles à la Républiques
journellem
réfidens 5> Confidérant ane les propriétés des émigrés &
la doiven: être fegueftrécs au profr de la Répibliq
rendus que
plupart des propriétaires de la ville du 4 ap ie
coupables de haure trabiton. envers la
en fayant de ia colonie après avoir fouille cette Républiq ville
crimes, & l'avoir aneantie en fervant les
du
Galband & des ennenis' delaFrance; complois
tra
>> Confiiéranr que ces nemtx 8 ces bois doivent
des parrenr fcélérars à la Répiblique, comme ayant éré la
qui onr
propr
(
échapréau glaive de la loi:
fe >> Avons ordonné & erdonnons que tous les métaux.
Ja trouvinr ville du en'evel.s fous les décen.bres & les ruines
la
Cap, & rous les b' is qui font fur le
mer, feront enlevés & wis à la difpofition de bord l'ad
niltation, pour érrc unployer au : ervice de l
nous éfervinr de prefcure le, mode & les Républiq
affurer Jeur trnfpor: dans les magalins de TErat; moyens Pr
Faifons trisrexprefis inhibidons & défenfes àt
vidus de Sappropriet ni enlever aucun deldits objets, rous 111
quclque préiexte que CC foit, fous peine d'ètre
comme pillards, coinme tels livrés an commandant pou rfui
place, & étre exécurés confommnément aux.
de
notre proclamarion du 26 juin dernier;
dilpofitions
3> Reguéions le gorverneur général
nateur civil dle commiandent dola
PAE interim, l'orde
place, >.
Vous venez de l'enrendre: tout homme ayant été
cherchant dans ies décombres de la ville
furp
auroit pu n'etre pas. détrair par le
du Cap ce
& lvre au commandand pour'érre
fou, devoie être fa
de la proclamarion de 26 jnin, &.cefi fiililté; ce le font tles term
mois après cette prociaraation, qu'on ka fait 24 juillet, revivre
ola
PAE interim, l'orde
place, >.
Vous venez de l'enrendre: tout homme ayant été
cherchant dans ies décombres de la ville
furp
auroit pu n'etre pas. détrair par le
du Cap ce
& lvre au commandand pour'érre
fou, devoie être fa
de la proclamarion de 26 jnin, &.cefi fiililté; ce le font tles term
mois après cette prociaraation, qu'on ka fait 24 juillet, revivre --- Page 177 ---
juveau; & l'on dit que les hommes qui ont incendié le
P. qui O1lt allalliné, font les blancs qui ont été forcés P
fuir! &, après Jesavoir forcés à la fuire, oi vient dire:
s hommes font émigrés, leurs biens apparciennent à la
publique! Or, de deux chofes l'une; ou les propriétaures
Cap de" étoient tous rartis, ou il cil reftoir. S'il ne, reftoit
propriéraires ail Cap, toutes les mefures
Fel &: Sonthonax ont été forcés de prendre, à que ce Folent, regardoient donc les véritables pillards, CCS hommes qu'ils
mi-lauvages, que rien ne pouvoir arrérer, &
doient ni de français, ni la
c'eft
qui n'en-
-
raifon;
ainti
eux-. mêmes définis: mais Polvercl &c Sonthonax qu'il les
jent pas le droit de dire que toutes les propridrés n'anoient à la République, encore moins avoicnt-ils le apparrible de dire que tour homie qui feroit trouvé fouillant droit
s les décombres fercit puni de mort. Ce fair eft fans
mple: jamais On n'a vu dans un état policé la
mort prononcée contre ceux qui attentercient à peine une
ppriété guelconçue de lEtat; il eft puni comme voleur
l'Etar, mais Oil inftroit contre lui une
on
juge, mais C1 ne fufille pas cet homme pour procédure; cela même
il a porté la main fur les propriérés de FErar, Je ne
étendrai pas iur ce que conr ient d'odieux une parcille
Hure; mais je dirai queje ne connois aucune
s laquelle un commifiaire du' pouvoir exécutif circonflance ait l'auitéde rendre une proclamarion par laquelle il donne le
pir à un commandant militaire de faire fuliller de fuite
homme pris en flagrant delit. Il eft des formes
tes les circcnftances preicrivenr; mais, fur cette
que
iion du 26 jun,Son:honax vous dira qu'il Ta modifiée proclala fuite, & il vous citera une proclana ion'
Is citer pour vous. prouver
de
que je
rde la population bianche quelrranqailite né ci
Le qui refbuver que la rage des Afailins Qu pas on avoit alfitrée, pour vous
e n'eroit pas. encore aflouvie, de
lancés contre
fure, on ne pouvoir pas I rablir que, lor.ire malgré toute
mmes fans aucune efpice de civiiforion. C'eft parmi des
i viendra vous dire que lcs hommes de conlear fongoient Cnl voin
digni lé de leur poiinion; c'eft en vain
e que les Africains font dévoués à la qu'il vindra vous
République; qu'ais
rée, pour vous
e n'eroit pas. encore aflouvie, de
lancés contre
fure, on ne pouvoir pas I rablir que, lor.ire malgré toute
mmes fans aucune efpice de civiiforion. C'eft parmi des
i viendra vous dire que lcs hommes de conlear fongoient Cnl voin
digni lé de leur poiinion; c'eft en vain
e que les Africains font dévoués à la qu'il vindra vous
République; qu'ais --- Page 178 ---
favent apprécier tout ce qu'elle a fait pour eux :
difons, d'après leurs propres aétes, que ces hommes étc
incapables d'apprécier ce qu'on avoit fait
eux;
meilleure manière de juger les hommes, Kaa de les
par leurs actes, leurs faits & leur conduite. La prc
mation que je tiens, va vous en donner la mefure
date de cette proclamation eft du 21 août, deux
après l'incendie du Cap.
(I11 la lit).
Proclamation du 21 aoit 1793.
cc Nous étant fait repréfenter notre proclamation du
juin der mier, qui ordonne que ceux qui feront furpris à
ler, à incendier ou à attaquer avec des armes offentive
hommes painbles & tranquilles, foient conduits devai
commandant de la place pour y ètre fulillés fer le-champ:
5, Confidérant que ia févérité d'une pareille mefure
doit être mile à exécution que dans des circonftances 0
lenteur des formes laiffoit échapper le coupable, rendo
crime impuni, & donnoit un libre cours aux excès, en
genre qui ont défolé la ville du Cap depuis I'incurlion
matelots de la rade conduits par Galbaud;
9> Confidérant que l'ordre une fois établi parmi les
toyens armés, Tavantage d'ètre jugés par fes égaux
être rendu à chaque individu comme une fuite des droits
turels du citoyen;
9> Confidérant
dans un moment de guerre & de tr
bles publics, les DETra commis par les citoyens armés
vertu des réquifitions & des ordres des autorités conftitué
doivent être jugés milituirement;
2> Avons ordonné & ordonnons ce qui fuir:
A R T I C L E P R E: M I E, R.
9> La proclamation du 26 juin fera exécutée felon
forme & teneur, fauf les modifications filivantes.
--- Page 179 ---
I I.
> Les citoyens armés & pris à piller, incendier, ou à atguer ayec des armes ofenfives les hommes paifibles & traniles, feroat conduits fur-le-champ en prifon, à la
fon du commandant de la place; ils feront interrogés difpodans les vingt-quatre heures de léur détention.
par
IIL
Dans le même délai,1 le commandant de la
era un confeil de guerre compofe de fept place convoperfonnes en
comprenant, > dont trois au moins feront du même
e l'accufé.
grade
I V.
>> Le confeil de guerre entendra les témoins, dreffera
-verbal de leurs dépofitions, des défenfes'de l'acculé &
gement, lequel
Raa
s-du confeil. procès-verbal fera figné par tous les memV.
> L'accufé convaincu de meurtre & de pillage avec
ice ou à main armée, fera condamné à mort & exécuté vions les vingt-quatre heures.
> Ordonnons que la préfente proclamation fera
bliée, affichée
où befoin fera.
imprimée,
5, Enjoignons PErcoen à
commillion
miniftratifs & aux tribunaux de la intermédiaire, province du aux corps.
faire tranfcrire dans leurs regiftres, publier & Nord, de
>, Requérons le souverneur-génèral par intérim afficher. des-iflesus-le-vent de tenir la main à l'exécution.
>> Au Cap, le 21 août 1792, l'an fecond,
Signé, SONTHONAX,
s Par le commiffaire civil de la République.
> Signé, Gaurt,faericaire adjoin: de la
9A
ciyile.
commifion
ire, province du aux corps.
faire tranfcrire dans leurs regiftres, publier & Nord, de
>, Requérons le souverneur-génèral par intérim afficher. des-iflesus-le-vent de tenir la main à l'exécution.
>> Au Cap, le 21 août 1792, l'an fecond,
Signé, SONTHONAX,
s Par le commiffaire civil de la République.
> Signé, Gaurt,faericaire adjoin: de la
9A
ciyile.
commifion --- Page 180 ---
Ia fignature de Polverel n'ef pas fur cette proclamati
C'ef deux mois après lincendie du Cap que Sonthor
rend une proclamation qui modife celle du 26 juin, qui
donuoir que tout homme feroit fufiilé fur-le-champ, lo
qu'il foroit trouvé pillone & incendiant. C'eft encore da
cette proclamation qu'il renouvelle la dérenfe de pill
d'incendier, d'attaquer ks hommes & lcs propriétés à m
armée. Mais fis àlépoque du 21 aott, on n'avoit ni pil
ni incendié, Sonthenax n'auroit pas eu befoin de rendret
proclemation pour infituer une commifion pour juger CC
Qui conmecroient ces délits; car là od il py a pas dél
il n'y a pas befcin d'inftiruer un tribunal pour le jug
donc Finfere de cette proclamaticn, qu'à l'époque du
août, deux mois après la caraftrophe du Cap; ceux
l'avorent incendié, coux qui lavoient pilié,, n'avoient
encore celle de fe livrer à tous les forfuits dônt.ils étoi
coupables, & que. Sonthonax a eu beloin de cette proclan
tion du 21 août pour tenter de ramener l'ordre. Cepend:
il n'a fairqu'une modificarion àla proclamation du 26 jui
il a rcujours Cr ces mefures rigoureufement néceflaire
donc nous avons ou raifon de vous dire que. ceux qui fe
vroient alors aux plus grands défordres, étoient les mên
qui avcient anéanti lax ville du Cap, égorgé nos femmcs
nus enfuns, & détruit les proptiéiés françaifes à Saint-I
mingue; d'étolent Ces niéraes hommes dont il ne ceffe
fuire ici Téloge, ceS nègres révoltés qu'ils avoient tourr
concre les blunes, eoparle moyen defquels ils ont voulud
truire la cale blanche. Ief démonré que par ces proc
spniiomsSonbonxa donné le droir de vie & de mort:
fonne ne pout déldguer un drcit qu'il n'a pas;jamais 4
thonax 85 Poiverel n'ont eu le droit de vie & de mo
Sunthonax &c Polverel font donc coupables d'une iniradi
bien formelle à laloi, d'une infraction qui a éré bien f
nofte à ceurx quien ont été los mlhcureux objers. No
avens donc eur milon-dfaecufer Polverei & Sonthonax d'ave
delignd le droit de vie 8c de more au commandapt du Caj
& HOLS avons complésement démontré que nous avons
miton de les accufet d'avoir. délégcé des pouveirs illimité
notmment le droit de vic. ec de mort ati, comnandant
Cap.
Verneui
qui a éré bien f
nofte à ceurx quien ont été los mlhcureux objers. No
avens donc eur milon-dfaecufer Polverei & Sonthonax d'ave
delignd le droit de vie 8c de more au commandapt du Caj
& HOLS avons complésement démontré que nous avons
miton de les accufet d'avoir. délégcé des pouveirs illimité
notmment le droit de vic. ec de mort ati, comnandant
Cap.
Verneui --- Page 181 ---
droit Verneuil: de vie & Celuia de
qui Sonthonax a délégué ce pouvoir, le
mort, eft un nommé Gignioux,
dents au Cap, qu'il a fait fuccellivement," & même arracheur de
fois, commandant dela place &ccommandant del'artillerie. rourà-laGignioux, fair
, pour ne laifler aucune trace de fa férocité , avoit Ce :
la fait conftruire poulfer une le jetée en planche au bord de la mer; il
les jours fur
plus avant qu'il lui a été poflible, & tous
cette jerée, tOus ceux
olaire, foit blancs, ici: melârres,.y
pouvoient lui déillés én veriu
y
e.dtenr
du droit de vie & de mort conduis, qui lui avoit & fulélegué par Sonthonax. Les preuves de ce que
été
conlignées dans les archives de la commifion j'avance des
font
lulicurs ciroyens ont fait des déclarations
colonies:
culaires. Je prie la commifion de vouloir comme bien témoins
oup d'ail fur CCS déclaracions.
jeter un
Lc préfident : Il faudroit les noms des
eS déclarations.
citoycns qui ont fait
Dunry: : Le ciroyen Magné, chirurgien,
être une dcs victimes, les citoyens Genevier, qài 4a manqué
hanier, Lepayre &c Rouiliant, tous ceux enfn Pailleux, 3
ftés au Gap après l'incendie.
qui font
Verne:til: J'obferve que les
vovées à la commillion des colonies dépofitions par écrit cnt été
vouloir bien jeter les yeux deffus. ; j'invite la commiffion
Le préfidenc: Envoyécs par qui?
V'erncnil: Envoyés par les perfonnes elles-mêmes
veloppe, des différentes villes, où elles fe
fous
avons eu le double,
trouvoient; nous
Fond.violle conduir : J'ai obfervé hier que j'ai été arrêté deux
au bord de la mer pour briler lés cadavres. fois
Sonthorax: dent
: Je demande d'abord que les colons
quily a eu tant d'exécutions militaires,
qui prépreciamation, en donnent la
par tuite de
IX ont été au fecrétariar militaire preuve; du car les procès-verce,i il a éré facile d'en avoir des commandant de la
Tame FIII.
expéditions. L'un des
Soisante-quingième liyraifon.
N
deux
au bord de la mer pour briler lés cadavres. fois
Sonthorax: dent
: Je demande d'abord que les colons
quily a eu tant d'exécutions militaires,
qui prépreciamation, en donnent la
par tuite de
IX ont été au fecrétariar militaire preuve; du car les procès-verce,i il a éré facile d'en avoir des commandant de la
Tame FIII.
expéditions. L'un des
Soisante-quingième liyraifon.
N --- Page 182 ---
commandans militaires du Cap eft ici, le citoyen Bedos que
je vous ai déja cité. Je répondrai demain aux acculations
des colons.
La féance eft levée.
Iet regiftre des préfencesePfgné:3 J. PH. GARRAN.préidene
Fouche(de Nantes), fecretaire; MERLINO, MOLLEVAUT
DABRAY, F. LANTHENAS. --- Page 183 ---
Du 5 Thermidor, l'an troiftème de le
Régublique
une & indiwifible.
françaife
Li rédaction débars recueillis dans la féance du
en eft adoptéc.
4, font lus; la
( Les cicoyéns Sénnc, Clauffon,
Thibaud font ab(ens.)
Page & LareifevefqueSonthonax : Dans la
accufé d'avoir délégué des dernière féance les colons m'ont
accufation auroit dà être mieux pouvoirs ; il me femble que leur
de pouvoirs en elle-méme n'eft précifée, car la
iendroit un que dans le cas odjaurois pas un crime : elle delégation n'en dellegaux; je vais examiner,
la délégué des pouvoirs
fier jai donné des pouvoirs d'après relation des
Les commiffaires
illégaux cu illimités. lns,Ren,
a dernière
civils, 3 comme je vous l'ai
:
laprès le féance, > étoient revêrus de
prouvé dans
texte même du décret.
tous les pouvoirs,
ulières qui émagoient diredtement Quant des aux miflions partiOmmiffaires civils, relativement aux
pouvoits confés aux
ur les auteurs des troubles, les renieignemensa à
ue exercer par eux-mnêmes tous les commillaires civils prendre n'ont
evétus. Ils ont été chargés de nommer pouvcirs dont ils éroient
ifrareurs, les fondionnaites
les juges, les admioit pour le maintien de la publics, & ils cnt été
es opérations civiles
difcipline
obliges,
3 de
milltaire, foit
vers quactiers de la
nommer des envoyés dans
te colle de
Colonie. La
P
Lavergne aul
première de ces miffions
ées primaires. Il étoit Port-de-Paix à la tenue des
vils d'exercer
encore impoflible aux
affemvêtus
par cux-mèmes les
commiffaires
5 car prefque toutes les pouvoirs dont ils étoient
pient en état de troubles. Sitôt communes les
de la colonie
que
commiffaires civils
N2
mer des envoyés dans
te colle de
Colonie. La
P
Lavergne aul
première de ces miffions
ées primaires. Il étoit Port-de-Paix à la tenue des
vils d'exercer
encore impoflible aux
affemvêtus
par cux-mèmes les
commiffaires
5 car prefque toutes les pouvoirs dont ils étoient
pient en état de troubles. Sitôt communes les
de la colonie
que
commiffaires civils
N2 --- Page 184 ---
I
fortuient d'une partie pour aller dans une autre, la partie d'ocdont ils fortoient fe foulevoit : il étoit donc nécelfaire la colonie. La
cuper un'centre commun d'ou ils gouvernoient voie
commune du Per-de-Paix réclama par
infurrection- de la muninelle, &. demanda à main-armée cxécuté la diffolution. la loi du 4 avril
cipalité. Cette arrivée commune dans la avoit colonie; elle s'étoit affemblée >
avant notre
l'éleétion de cette
elle avoit nommé une municipalité; de couleur pour avoient été appelés
municipalité les hommes
de
Nous
ils avoient voté dans lès aflemblées du communes. octobre,
les
déclaràmes, par, notre proclamation arrivée, 23
la dra du
municigalités établies avant notre
d'après
avril, féroient confervées, faufl'effer des réclamations infurrection légales
La commune du Por-de-Paix.reclams, la diflolution par voie de la mu
nelle; On demanda à main-armée bataillon de l'Aifne, en gainifo
nicipalité. Les grenadiersdu
Inftruit d
au Port-de-Paix; prirent part à la réclamation.
fait, & ne pouvant he tranfporter au Port-de-Paix, oà
avoit (céo de
au mois de novembre, j'étois au Cap, des ily
vent
troubles, foit relarivement à l'aflaffinat à la lifte prifonniets de
d'Omnamanthe, foir relativement
profcriptio
qui m'avoit été préfentée par la commune du Caps) j'er
voyai Lavergne, procurcur: de la commune', avec miffic alo
fecrète de recevoir les plaintes contre la municipaliré d
exiftante, de recevoir galement par écrit la fur juftification Jes caufes d
ofliciets-municigaus, & les renfeignemens fur
renfeigheme
troubles. Lavergne remplir fa miffion; des du Port-d
qui me Arrent donnés, je callai réélection, la municipalité elle fut faire.
Paix; j'ordonni une fe nouvelle borna là. Vous ne voyez pas da
milflion de Lavergne
des pouvoirs illimités 5 car ils
la miflion de Lavergne
rendre
des évènemen
bornent uniquement à me les
des compte
& la jul
à me rendre par écrit
griefs n'a
plaignans rendu une feule
fication des accufés. Lavergne
pas d'ordres, exécute
donnance; 5 ila été feulemnent porteur Lavergne de. retour
des ordres des commillaires civils.
de nouveaux troubles s'élèvent au Port-de-Faix
Cap, mois de décembre : l'un des fauteurs, l'un des princip Lave
moteurs de ces troubles étoit un nommé François de la
que je vous ai fait connoiue dans le cours
difculli
u une feule
fication des accufés. Lavergne
pas d'ordres, exécute
donnance; 5 ila été feulemnent porteur Lavergne de. retour
des ordres des commillaires civils.
de nouveaux troubles s'élèvent au Port-de-Faix
Cap, mois de décembre : l'un des fauteurs, l'un des princip Lave
moteurs de ces troubles étoit un nommé François de la
que je vous ai fait connoiue dans le cours
difculli --- Page 185 ---
celui qui avoit offert de donner cent mille - francs
acherer le bricq qui contenoir les hommes de couleur porr
fonniers, Ce
, afin' 'de le donner le plaifir barbare de le couler
François Laveau
fet
fluence dans la commune avoit du par fes richefles une grande inla prépondérance que doine Perr-dePaix,l le pouvoir militaire voulur y ajouter
féquence il fait conftruire fur fon habitation
3 en co1lde murs, entouré de follés; ce fort avoit ul à fort
de canon de 8. François Laveau
huit dix
e
compofée de matelors déferteurs avoir enrôlé une armée e
émbli dans la colonie un pouvoir : c'eft ainfi qu'il avoir
des commiflaires civils, mais du indépendant, non-feulement
il ne rendoit aucun compte de fes gouverneur opérations. général, auquel
Laveau s'étoit diftingué dans les troubles
Ce François
envers' les hommes de couleur,
par fa cruauté
Un nommé Frenel, licutenanr-colonel du bataillon de
TAilne, la
étoit accufé par fon bataillon de concuflion
manutention des deniers, & des
dans
ce baraillon. Des plaintes me furent magafns appartenans foit
à
habitans du Port-de-Paix contre François portés, 3
par les
les foldars & officiers du bataillon de F'Aifne Laveaus, foit par
lieutenanc-colonel. J'étois au Cap, & je ne pouvois , contre aller leur
Porc-de-Paixs de
j'envoyai Galineau de Gafc,
au
T'armée. Je choifis un militaire,
adjudanr-général
faire défarmer un fort, d'arrèter des parce qu'il s'agilloir de
del les envoyer au bord du contre-amiral matelois défereurs, &
menacé d'une guerre prochaine il Cambis, parce
équipages des vaiffeaux de l'érar, > & falloit compléter RSEA
les matelots à leur pofte; je choifis un fur-tour militaire faire rentrer
falloit organifer une force publique au
parce
Cuppléer aux troupes enlevées
la Porede-Peix qui
A
des compagnies franches. Les colons par muladie :il-falloit créer
des pouvoirs :llimités à Galineai ont de dit que j'avois donns
juger par les deux letires que je vais vous Galc, lire vous allez eil
munique les originaux aux colons, afin qu'ils ; je comprendre connoillance.
puient en
la Je lis d'abord une lettre datée du 7 février 1793, écrite
extrair municipalité dans la partie du Port-de-Paix ; je nel la lirai que par
Gafc,
qui concerne la mifion de Galinenu de
N:
llimités à Galineai ont de dit que j'avois donns
juger par les deux letires que je vais vous Galc, lire vous allez eil
munique les originaux aux colons, afin qu'ils ; je comprendre connoillance.
puient en
la Je lis d'abord une lettre datée du 7 février 1793, écrite
extrair municipalité dans la partie du Port-de-Paix ; je nel la lirai que par
Gafc,
qui concerne la mifion de Galinenu de
N: --- Page 186 ---
18:
Extrait d'une lettre du commiffair: civil Sonthonax 2 la
municipalité du Port-de-Paix, du 7 février.
Ce Les compagnies franches ne défuniront point les citoyens; ; elles font, au contraire, formées pour leur prèter fedu fervice
cours & afliftance, pour les foulager du poids
des camps, & fur-tout pour faire la chaffe des révoltés
dans les motnes 5 elles font foldécs, elles font troupes de
ligne, elles appartiennent à laRépablique. Sielles s'éloignent
de leur inftitution, avertiflez moi, & vous verrez. fj'épargne
ceux qui refufent de fervir la France & la' colonie.
dans l'ordre
donné
les enrôle3, Je perfife
que j'ai
pour
mens : le citoyen Definiel, capitaine aul 41 *.régiment, de que la
J'envoie au Port-de-Paix en qualité de commandant
place, eft chargé de les recevoir.
de
s> Le citoyen Galineau de Galc, adjudant-génécal T'armée du Nurd, paffera la revuc, &c autorifera les officiers
à commander provifcirement jufqu'à ce qu'ils aient été
commillionnés par moi , ou par le citoyen gouverneur;
général.
en
de l'exécuticn de mes ordres au
>> Il eft chargé,
outre, de délégué de la commiflion naPort-de-Paix, en qualité
tionale; il vous préfentera fon diplôme, vous lenrégiftrerez
fur-le-champ.
vous lui fournirez tous les renfeignemens
52 Jefpère que fur: la caufe des troubles de votre ville; le
que vous Degraffe avez peut ne"pas y être étranger
citoyen
tandis
à
au
EAr
tance à réfter
Port-de-Paix,
quil
Jufice
T'adjudance de l'armée par le général
au bataillon de l'Aifne, vis-à-vis du
fentera fon diplôme, vous lenrégiftrerez
fur-le-champ.
vous lui fournirez tous les renfeignemens
52 Jefpère que fur: la caufe des troubles de votre ville; le
que vous Degraffe avez peut ne"pas y être étranger
citoyen
tandis
à
au
EAr
tance à réfter
Port-de-Paix,
quil
Jufice
T'adjudance de l'armée par le général
au bataillon de l'Aifne, vis-à-vis du éclatante fera rendue
lieurenant coloncl Frenel; il a ordre de rendre fes comptess
& je prononcerai enfuite.
3 Signé, SoNTHONAX 3).
Voici ma feconde lettre de moi à Galineau lui-mèmes
elle eft du IO murs.
Extrait d'unefeconde lettre de Sonthonax à Galineau de Gafi
du mars, avec las
66 J'ai reçu, citoyen, votre dépèche
--- Page 187 ---
pièces cepté dans qui 2 éroient jointes; je loue votre conduire, eXpar vos inftructions jugement que vous avez rendu contre
(ur la reddition des vous n'étiez autoriié qu'à prononcer Frenel:
- 9> Vous exécuterez comptes.
& c'eft à votre zèle pondtuellement T'ordonnance ci-joinre,
publique; vous mettrez que je reconnoitrai l'ami de la Ré-
& délerteurs trouvés fur en les état d'arrelkation tous les matelots
vous les enverrez dans la rada forts, du que vous ferez évacuers
du ciroyen Cambis, commandant de Cap la à la di(polition
venant de leur arrivée.
ftation, en le pré
fera >> Sitôt après l'exécution de mes
finie; vous irez au Cap
ofdres, votre miffion
veaux, & reprendre votre fervice prendre dans ceux du général Lacoinpter fur tout mon attachement à l'armée; vous pouvez
terminerez vos opérations par me rendre VOS intérêts; vous
P. S. Dans la fomination
compre de tout.
Laveaax, vous y copierez l'article que vous ferez au citoyen
qui le concerne.
entier de l'ordonnance
32 Signé, SONTHONAX 32,
Cette ordonnance étoit rendue
joignoit à François Laveaux de rendre par moi, & elle enétoient dans fon fort & de remettre les les matelors qui
magnfins de la République.
canons dans les -
Duny : Oi eft Tordonmances
Sonthonas: Je ne l'ai point; elle
partie des papiers non
ef, je crois, dans la
en vain. Vous venez de invenroriés, voiz dans les car je lai cherchéé
de vous lire, qu'il ne s'agiffoit
Jettres que je viens
millionde Galineau deGafc,
d'aurre chofe, dans. la
franches, de faire réintégrer, que dans d'organifer les
des compagnies
blique, les canons qui étoient fur les magafins forts de la RépuLaveaux, de faire arrêter les
de François
faire condaire dans la rade du matelots déferteurs & de les
commandant de la ftation.
Cap, à la difpofition du
les
L'embargo étoir mis dans tous
NEtE étions menacés d'une
devoir des commiflaires civils guerre de
étrangère; il étoit du
Relativement à Frenel, Galineau de compléter Gafc les équipages
étoit chargé de
N 4
aux, de faire arrêter les
de François
faire condaire dans la rade du matelots déferteurs & de les
commandant de la ftation.
Cap, à la difpofition du
les
L'embargo étoir mis dans tous
NEtE étions menacés d'une
devoir des commiflaires civils guerre de
étrangère; il étoit du
Relativement à Frenel, Galineau de compléter Gafc les équipages
étoit chargé de
N 4 --- Page 188 ---
recevoir fes comptes contradi@boirement entre ledit Frenel
& le confeil d'adminiftrarion du bataillon. Galineau de Galc,
fans attendre mes ordres, avoit prononcé un" "jugement fur
cette affaire. Vous voyez que, bien loin de lui avoir donné
des pouvoirs illimirés, je lui dis qu'il avoit outre- pafle
ceux qu'il avoit reçus; car il devoit Emplement me fournir
fon avis fur Tapurement des comptes, & non pas prononcer lui- même fir" ces comptes.. Vous venez donc de
voir que les pouvoirs" donnés à Galineau de Gafc étoient
bien loin d'ètre des pouvoirs. illimités. J'ai foin de:lui dire:
Votre miffion fera funic du moment que vous aurex cxécuté
mes ordres. Si Galineau de Gafc et réfté un pen plus longtemps au Port-de-Paix, c'eft par les ordres du général
Laveaux, & en fa qualité d'adjudant- général. Il a été employé dans la guerre contre les révoltés; il l'a même faite
fort heureufement, ainfi qu'il eft prouvé par les relations
qui ont été citées par Duny lui-mème, dans le Moritcur
de Saint-Domingue. Voilà pour ce qui concerne Galineau
de Gafc. Mon collegue & moi avons également envoyé en
million Albert, commiffaire des colonies, au départemént
des clafles. Nous l'avons. envoyé en mitlion à la Croixdes-Bouquets; vous favez qu'a notre arrivée au Port-àuPrince, Tinfurrection étoir complerte dans ia plaine du
Cul-de-Sac; vous favez qu'alors notie premicie opération
fut de faire rentrer les efclaves dans leurs ateliers : nous
n'eûmes pas beloin, de conduire contre eux des armées,
parce que les hommes qui les.aveient mis en infurrection
étoient à bord des vaiffeaux de TEt, ou à la"Jamaiques
il nous fut facile de les faire rentrer dans le devoir. Ce
fur le citoyen Albert qui fut chargé de parcourir les habitations
y lire notte proclamation fur F'ordonnance de
1634. bame noirs voyant que lès commiffaires tivils fongcoicnt
à eux, yoyant qu'ils les protégecient contre: les vexations
de Jeurs tyrans, renirèrent tous fur leurs ateliers: c'eft far
cette rentrée exécutée qu'Alberr invie tOus lés propriéraires
& gérans de la plaine du Cul de-Sac a rentrer Tur leurs
habirations pour veiller à la mansitention de leurs reverus;
8 fur-tout au mainden du bon ordre dans les a:cliers.
Daubouneau vous a dit hier qu'à certe époque il'y a eu
trois gérans d'allaffinés dur les habietions de Bauge &: de
leurs ateliers: c'eft far
cette rentrée exécutée qu'Alberr invie tOus lés propriéraires
& gérans de la plaine du Cul de-Sac a rentrer Tur leurs
habirations pour veiller à la mansitention de leurs reverus;
8 fur-tout au mainden du bon ordre dans les a:cliers.
Daubouneau vous a dit hier qu'à certe époque il'y a eu
trois gérans d'allaffinés dur les habietions de Bauge &: de --- Page 189 ---
r8s
la Mardelle. Si Daubonneau eft de bonne foi, il a été
daflaliné trompé groflierement; il af eu, à la vérité, un gérant
dans. la plaine dn Cnl-de-Sac fur l'habitation de
Baugé; mais, loin
cet affallinat foit à la date de la
rentrée des efclaves, lui eft poftérieur de plufieurs mois.
Ceft le I2 ou le I5 adàr que le nommé Renaudor,
He Thabitation Baugé, a éé aflalliné fur fon habiration gérant
par une troupe de noirs depuis long-temps infargés, de
hègres d'Oko vivans indépendans du, confentement même
Hes gouverneurs de
qui avoient été
le reconnoitre leur Saint-Dominguc, indépendance par la difficulté ou plutor, forcés
érant impollibilité de l'habitation de-les réduire. C'eft par cette troupe que le
hois
Baugé fut allafliné, plus de trois
Lét après que les noirs furent rentrés dans leurs atelicrs.
affafinar fur fuivi de l'incendie de l'habitation.
itation de Bangé étoit au fond de la plaine du Cul-de- Lhaac, au pied de la montagne des Crochus, Il n'eft pas
tonnant victime qu'étanr plus expolée que les autres, elle ait été
d'tine incurfion de brigands. Les noirs étoient
bus rentrés dans les ateliers, au moment oà nous avons
uitté la province de l'Oueft pour paffer dans" celle du
Hord: ils éroient tellement rentrés dans l'ordres, que l'orbnnateur de la province de l'Oueft écrivit à celui du
ue" la rentrée des noirs de la plaine du Cul de-Sac Nord, dans
urs ateliers, le mettoit à même de fournir à la
u Nord un fubfide de 200,000 liv. par mois. Albert province n'a
bnc point reçu de pouvoirs illimités; il a été agenr de
teliers. commiflion civile, pour faire rentrer les noirs dans leurs
La mitlion d'Albert s'eft, bornée à la fimple difciline, à la feule manutention de cette difcipline fur les
ffétentes habitations de la plaine du Cul-de-Sac.
légués Relativement à
aux pouvoirs, qu'on dir que nous avons
tte
Pinchina, > Létaing &c Rigaud, je déclare que
delézation m'eft parfaitement étrangère
Artien: à mon collègue Polverel; ; mais je: foutiens : qu'elle
bus le verrez
aufi,
L
par le regiftre qui eft encore dans
pninventorits; je foutiens, dis-je.
les-papicrs
Th. Mitlet : Voilà le' regiftre.
Sontho.ax : Lifez-le, citoyenn
Thomas Millet: Continuez; nogs allons le lire.
c Rigaud, je déclare que
delézation m'eft parfaitement étrangère
Artien: à mon collègue Polverel; ; mais je: foutiens : qu'elle
bus le verrez
aufi,
L
par le regiftre qui eft encore dans
pninventorits; je foutiens, dis-je.
les-papicrs
Th. Mitlet : Voilà le' regiftre.
Sontho.ax : Lifez-le, citoyenn
Thomas Millet: Continuez; nogs allons le lire. --- Page 190 ---
Sonthonax : Je foutiens
ces pouvoirs ne contiennen
pas une autorité illimitée ; : n'y a rien d'illégal dans ce
pouvoirs, donné &f'attendrai.pour les difcuter,que les colons en aien
leéture.
Relativementà celui de Pinchina par
il vous a déja été lu dans les précédentes rapporrau féances ; Mirbalais il conrien
fimplement un ordre à Pinchina de faire arrêter un officie
de la commune du Mirbalais. Pinchina, dans cette affaire
ne joua que le rôle d'un huilier & d'un porteur d'ordres
& certes, les commiffaires civils avoient bien le droit d
.choifir les individus néceffaires pour arrêter ceux qu'ils ju
géoient ndifibles à la chofe publique. Il n'y a donc, dar
tout ce qu'ont dit les colons par rapport aux envoyés C
la commiffion civile, aucune efpèce de preuve que C6
pouyoirs aient été illégaux & illimités.
Je paffe à ma proclamation du 26 juin. Les cclons or
dit que j'avois donné le droit de vie & de mort au cOit
mandant de- la ville du Cap. Qu'eft-ce que le droit de v
& de mort?c'eft celui de faire mourir un
fans
& à fa volonté, Or, voyez - vous dans citoyen ma proclamatio mot
le que je donnieau commandant militaire, ou à qui que ce foi
pouvoir de faire mourir un citoyen fans morif ?
-
Qi
voyez vous dans cette proclamation ? la mife hors de
loi des pillards, des affallins, des incendiaires; vous VOve
l'orde dontié aux ciroyens du Cap de fe réunir Çn parrouilk
pour s'emparer des pillards, des allaflins > desincendiaires
& les fulillér fur-le-champ. Dans" quelle circonftance cet
terrible mefure' a-t-elle été prife ? le 26 juin la ville éto
à feu & à fang; des brigands fe pilloient & s'égorgeoier
entr'eux. Quel éroit le moyen d'arrêter l'incendie & lepi
lage, fi ce n'eft de faire marcher fur-le-champ des homme
qui attaquoient les" pillards & les incendiaires, & quil
détroifoient: On étoit en état de guerre manifefle avec les br
gands 5 Thomine pailible & tranquille, l'ami de l'ordre éto
en guerre aveci les pillards & les incendiaires. Il étoit dor
du devoir des autorités conflituées de faire difparoitre de
hommes qui allaflinoient, pilloient &c incendioient. Lor
qu'un général d'armée ordonne, en entrant dans une ville
pour faire ceffer le pillage, que ceux qui feront trouve
pillant feront fur-le-champ fulillés, a-ton jamais fonge
Thomine pailible & tranquille, l'ami de l'ordre éto
en guerre aveci les pillards & les incendiaires. Il étoit dor
du devoir des autorités conflituées de faire difparoitre de
hommes qui allaflinoient, pilloient &c incendioient. Lor
qu'un général d'armée ordonne, en entrant dans une ville
pour faire ceffer le pillage, que ceux qui feront trouve
pillant feront fur-le-champ fulillés, a-ton jamais fonge --- Page 191 ---
ien faire un crime ? a-t-on jamais fongé à.accufer le
énéral d'armée d'avoir donné le droit de vie & de mort
fes officiers ou à quelques - uns de fes foldats, lorfquil
ordonné que tous ceux qui, dans une ville miie au pilge, feroient furpris à piller & à incendier, > feroient fuilés? Certes, on a fenti
l'étarde guerre comporte d'aues mefures que l'érat inge paix. Si, dans l'érat de paix, on
bit fuvre exactement les lois & melures qu'ordonne l'état
e civilifation, l'état de guerre comporte aufli de grandes
helures, des mefures extraordinaires qui tiennent aux cironflances, qui fonr hors de toutes les lois; car l'état ot
ous éticns au Cap lors du pillage & de lincendie, étoit
extraordinaire > qu'il étoit impofible
le cri de la
i fe fit entendre.
que
Les Européens, fous la conduite de Galbaud,
leur
curlion au Cap, avoient rompu tous les liens de M foabilitésilsavoienr rompules liens qui attachoient le maitre &
fclave. Lesefclaves, réduirsau délefpoir par les
S
hommesqui
stranaoientiniligués d'ailleurs par desbrigands & desfcéléts, fe livroient à toutes fortes d'excès quil étoit impoflible
arrêter autrement; & certes,s'il eft une proclamarion pour
quelle je duffe mériter des
c'ef celle
I
prouvé que j'étois attaché éloges, à la race européenne. par laquelle
Si, dans cette circonftance, je violois les
c'étoit
bur conferver les malheureux reftes de la population lois,
eupéenne; c'étoit pour fauver les blancs foibles &.défarmés
nej j'ordonnois la melure tetrible de faire fufiller par des
ouilles ceux qui fereient pris à piller & incendier. E
efures ort été perpétuées pendant deux mois, c'eft-à-dire,
(qu'au-21 août. Mais Fondeviolle avoue que deux fois il
oit été chaffé à main armée de fon domicile par des.
pirs. I y a eu une infinité d'excès commis en ce
puvoie - on les arrêrer autrement qu'avec des mefuret. genre aufl ;
rtes que celles ordonnées par ma proclamation du 26 juin?
ifes, Lorique s par mes efforts,
les mefures que j'avoisi
Tordre s'eft enfin meadler jai appelé le règne des
s;jai ordonné que tout individu jouiroit du droit donné
r la loi d'ètre jugé par ies égaux; j'ai ordonné que, s'il
avoit encore des excès commis par la force armée, iis
roient jugés par une commifion. militaire formée felon.les
les ordonnées par ma proclamation du 26 juin?
ifes, Lorique s par mes efforts,
les mefures que j'avoisi
Tordre s'eft enfin meadler jai appelé le règne des
s;jai ordonné que tout individu jouiroit du droit donné
r la loi d'ètre jugé par ies égaux; j'ai ordonné que, s'il
avoit encore des excès commis par la force armée, iis
roient jugés par une commifion. militaire formée felon.les --- Page 192 ---
1S8
décrets de la Convention nationale. Mais,, je le répète
lorfqu'on s'eft trouvé au milieu du piliage-d de l'incendie
il n'y avoit çu' une grande mefure, telle que celle d'un g
néral qui orionnerde fufiller fur-le-champles pillards, q
pât arrêter le pillage & l'incenlie.
Les colons difent fans ceile que jai machiné l'anéanti
fement de la population blanche à Saint- Demingue; gu
jai voulu la. fucaifier aux Africains > aux noirs & aux hon
mes de couleur. Cette- proclamation du 26 juin, par
ils m'atraquent, eft la preuve directe du contrai
Tdr ce qu'ils ont avahcé; car, fj jai été obligé d'arrèrer
pillage & l'incendie que les Africains continuoient dans
ville du Cap, c'éroit pour protéger la populaticn blanc!
qui en étoit viétime. Si donc jai éré obligé de protéger
population blanche, de que! 'droit les colons viendront-i
me faire un crime. de ces mefures," puilqu'elles prouve
évidemment ma follicirude pour ces mêmes hommes ?
La proclamation du 24 juillet eft celle par laquelle i
portéles mémes peines contre cetix qui enlevercient les pre
priérés de la République,. certe proclamation prononce
féqueftre & la mife à la, difpolition de ia République d
propriétés des ablens, de. ceux qui avoient émnigré avec
général Galbaud. Que ces hommes euflent été contrain
par la violence, ou qu'ils fe: fuflent éloignés de la colon
dans le deffein de la livrer aux Anglais; dans-lun & Y'aur
cas, nous étions autorifés à mettre leurs propriétés à ladi
pofition de la nation 5 car la loi du 25 aotit 1791 por
que les propriétés des émigrés & non iéfidens dans la C
lonies françaifes; feront miles en féqueftre àla difpolition
l'adminiftration des colonies. Je n'ai donc fair en cela q!
fuivre la loi.
S'ily a eu dés hommes qui, par fuite de lincendie C
Cap, pilloient les propriétés appartenantes à la Républ
que, iln'y avoit pas plus de raifon pour les exceprer
la loi"générale que ceux qui pilloient les propriétés d
parriculiers; la République, au contrairé, étoit dans cet
occafion dans une fituation plus favorable que lesparticulier
voici pourquoi.
Galbaud, à fon départ du Cap, avoit pillé les magali
de Tétas; il avoit laiffe la République fans aucune elpe
les propriétés appartenantes à la Républ
que, iln'y avoit pas plus de raifon pour les exceprer
la loi"générale que ceux qui pilloient les propriétés d
parriculiers; la République, au contrairé, étoit dans cet
occafion dans une fituation plus favorable que lesparticulier
voici pourquoi.
Galbaud, à fon départ du Cap, avoit pillé les magali
de Tétas; il avoit laiffe la République fans aucune elpe --- Page 193 ---
e fecours; il n'y avoit ni vivres,ni
u de bouche; fort heureufement
munitions de guerre
Fouvées à bord de la corvette
1,500 livres de poudres
hème de nous foutenir, en attendant lafiyinas, nous mirent a
e différens endroits de la colonie, & qu'ou en fit venir
e-Paix. Quant aux comeflibles, nous notamment en aurions du Portbiolument, fans la générofité du commerce
manqué
générofité d'un capiraine américain, le même américain, fans
a la Convention le drapeau de fon '
qui a offert
u pavillon français; c'ef le capitaine pays pour être uni
énérofité de donner toute la cargaifon fur Barney. la Il eut la
heile d'un
paiement , qui
fimple
paué qu'en Reat &cfait en allignars. cependant lifalloit n'a été PE
pbyethr aux' frais de Tadminiftration, fe dunc,
hoyens. In'y avoit D1 travail ni
procurer
Fou
voit été emporrée Par Gaibaud & impôt; fcs toure la provifion
voir fait le plus immenfe
matelots qui, après
main armée les propriétés pillage, des > qui, après s'être difputé
fer fe vendre à la
citoyens, avoient fini par
us d'autres reflources Notvell-Anglrere que de
Nous n'avions donc
e
vêtir les foldats de la cherchgr dans les décombres
2uer la guerre. Voilà
République, > de quoi vivre
Eclarer
le fer & le plomb pourquoi trouvés nous dans nous les décidimes à
haifons. 1 émigrés de la ville du
ruines des
la République. Si cette propriété Cap, nous 5 appartiendroient étoit
evée par les brigands qui pilloient, G ces
encote enloient encore la proie de ceux qui fervoient propriétés devebyaliftes qui, fous le mafque de la couleur noire encore les
Incore au Cap tromper les républicains 5 fi, , venoient
ropriétés des républicains rifquoirne de
dis-je, les,
hains de ces noirs, ne falloit- - il pas les paffer entre les
nefures fortes & vigoureufes ? ne falloit - il arrêter par des
Jontre les pillards des propriétés de la
pas prononcer
rononce contre ceux qui pilloient les République ce qu'on
eres: voilà les raifons pour lefquelies ptogridrés particu-.
ha proclamation du 26 juin, à ceux qui j'ai appliqué, par
tiétés àla dilpofition de la République, les pilloient les. proortées contre ceux qui pilloient les
mêmes peines
J'ai prouvé que cetre proclamation propriétés du 26 particulieres.
être criminclle, étoit la feule qu'on pit juin, bien loin
renire dans la
les République ce qu'on
eres: voilà les raifons pour lefquelies ptogridrés particu-.
ha proclamation du 26 juin, à ceux qui j'ai appliqué, par
tiétés àla dilpofition de la République, les pilloient les. proortées contre ceux qui pilloient les
mêmes peines
J'ai prouvé que cetre proclamation propriétés du 26 particulieres.
être criminclle, étoit la feule qu'on pit juin, bien loin
renire dans la --- Page 194 ---
1g0
ciconfance où nous nous trouvions, qu'il étcit impoffib
d'arrèter autrement le pillage, les flammes & le meurt
fans prendre des melures vigoureufes contre ceux qui étoier
pris en fagrant délit. J'ai prouvé que ces mefures ont C
continuer pendant que le Cap étoit dans un état de' défordre
ce n'eft qu'au moment où l'ordre s'eft rétabli-dans
SE quej'ai pu réndre ma proclamacion du 2I août, f
laquelle fans doute.les colons ne m'acenferont pas : j
répondu d'ailleurs, foit aux prétendues délégations d'aut
rités illimitées, foit à l'accufation faite contre moi par rap
port à ma proclamation du 26 juin.
Brulley : Sonthonx a commencé. > pour juftifier tout
que nous avons détaillé de crimes dans le feptième che
par reverir fur ce qu'il a déja dit dans les débats ant
rieurs; relarivement à fes pouvoirs S il vous a dit : No
n'ayons pas pu donner des pouvoirs illigaux, *
- o
Lc préfident : Allez au but. . . .
Brulley : C'eft le principe qui eft à difeuter ; fi le princip
eft déciaré jufte, je n'ai qu'à m'afleoir.
Lc préfidene: Vou# l'avez déja traité & difcuté, .
Brulley : Sile principe eft déciaré jufte, je déclare que
me tais & que je m'ailieds.
Le préfident : Dece que Sonthonaux l'allègue > il ne s'e
fuit pas qu'il fera reconnu faux ou vrais, mais il faut bie
les débats finiflen: fur cet article : c'eft principaleme
des faits auxquels il faut vous
Faumedemm.
attacher. Il
a eu fouvent des difcuflions à ce fujer.
La commifion vous ordonne de paffer à un aut
article.
Brull-y: Il a incriminé F.Laveaux pour fe juftifier. Vou
parlez des faits, Dany va répondre.
Duny: Sorthonax a a7 qu'il avoit choifi Galineau C
Gafc pour délégué au Por-de-Paix, parce que cette miflio
exigeoit des connoiffances militaires , parce qu'il falloit de
truire le fort que F.Laveaux avoir conftruit fur fon habita
cion & qui étoir gardé par des matelots défertears 3 fuiva
Sonthonax. Il a encore ajouté que Laveaux s'étoit diftingu
par Ics cruautés contre les hommes de coulear.
onax a a7 qu'il avoit choifi Galineau C
Gafc pour délégué au Por-de-Paix, parce que cette miflio
exigeoit des connoiffances militaires , parce qu'il falloit de
truire le fort que F.Laveaux avoir conftruit fur fon habita
cion & qui étoir gardé par des matelots défertears 3 fuiva
Sonthonax. Il a encore ajouté que Laveaux s'étoit diftingu
par Ics cruautés contre les hommes de coulear. --- Page 195 ---
Lorfque l'incendie fe manifefta dans le
le-Paix le 16 mars 1792, des centaines
quartier du Portmaffacrés pendant la nuit fur leurs depropriétaires furent
emmes &: quelques enfans
habitationss quelques
gafins étoient dépourvus de s'échappèrenr en ville; ; les macommandoit alors. François tour, graces à Cafa-Major qui
propriéraire
Lavenux, riche négociant,
ibles, d'étoffes mnillionnaire, envoya des cargaifons de comefétoient fauvés pour nourrir & vêtir les
en chemife. De concert malheureux avec
qui,
Colas, autre négociant millionnaire
le citoyen
le Béarn & celuide la
, il habilla"le régiment
Reine, en garnifon au
.Laveaux ne borna pas là fa follicitude Port-de-Paix.
byens ; il fit conftruire à grands frais un pour fes concieux habitations, dont il abandonna la fort fur une de fes
oit un million de revent.
culaire qui lui donu'il acheta de fes
Ily plaça des pièces de canon
ombre de quatre-vingts propres fonds; il enrôla des blancs au.
uels il luta pendant un an qu'il contre nourrit, les
folda, & avec lefmontagne du Port-de-Paix & celle brigands du
> & a confervé
t maintenant intacte, & qui eft la feule Petit- St-Louis qui
evenu. Laveaux chaque foir fe rendoit
donne du
toit diftant d'une lieue de la
en
fon fort
SE
fes hommes armés, & faifoit ville : ily y venoiz avec quarante
hoient les révoltés de y
des patrouilles qui empéous égorger. Il continua ainfi pénérter dans la ville pour
ap.
julqu'à la cataftrophe du
Le
juillet, un mulàrre partir du
aix; i, avoit des inftruétions fecrètes. Capp Les pour le Port-deompagnies franches futenr inftruirs feuls de mulatres & les
:Cap. François Laveaux, qui fe trouvoir CC qui fe
-Paix pour acheter des cargaifons
en ville au rteE
tirant fur fon habitation pour
américaines, en fe
rop les deux capitaines
payer avec du fucre &c/du
upsdepoignard. fur le grand américnins, chemin. fut allailli de ving
Egre, qui étoir à la tête des révoltés Jean-Simon Gaudard,
ndit au Cap encore teint du
de depuis le 16 juin, fe
cf fair capicaine des Hegres révolés: fans :il cette victime, > & it
aintenant une troupe au Pore-de-Paix. commmande encore
fin de ce malheureux Laveaux,
Vo.li quelle a été
-siffant ce fort, que de conlerver" qui n'a eu en vue, eir
les malhauroux qui
de ving
Egre, qui étoir à la tête des révoltés Jean-Simon Gaudard,
ndit au Cap encore teint du
de depuis le 16 juin, fe
cf fair capicaine des Hegres révolés: fans :il cette victime, > & it
aintenant une troupe au Pore-de-Paix. commmande encore
fin de ce malheureux Laveaux,
Vo.li quelle a été
-siffant ce fort, que de conlerver" qui n'a eu en vue, eir
les malhauroux qui --- Page 196 ---
s'étoicnt fauvés. Ces foins ont réufi, puifque, depuis > beau
coup fe font réfugids à la Tortue.
Gaudard
Sonthonax: : J'obferve d'abord que Jean-Simon
qu'on maccule d'avoit fait éapitaine, a été fufillé en vertt
du jugement d'un confeil de guerre tenu patmes ordres. Le
preuves. de ce fait font dans les papiers envovés au comité
de falut public par le général Etienne Laveau. J'ai autre
chofe a remarquer fur ce
vient de dire Dony : c'eft qu'i
nes'agit point de ce
ar pallé omPot-de-Paix depui
l'incendie du Cap, Et de la miffion de Galincau de Galc.J
prie la commiffion de ramener Duny à la queftion.
Duny : Si Jean- Simon Gaudard a été fufillé au Port-de
Sonthonax, celui-ci doit avoir for
Paix par les ordres : de
celui-là.
livre d'ordre, & je demande qu'il repréfente
Sonthonax : On'ne trouvéra pas dans ce regiftre l'ordr
pour fufiller Gaudard; ce regifre n'eft point de ce encore fait dans inven 1
torié; mais vous trouverez les preuves
Poit-de-Paix
procédure faite par le .général Laveaux au
d
çui fe trouve tant dans les papiers. qui font au comi:é
falur public que dans ma correfpondance avec le. génér
Laveaux, quife trouve dans les papiers non encore inven
toriés.
C
e Duny : Le général Laveaux ne peut avoir fait exécuter
Jean-Simon Gaudard, que plutieurs mois après l'évènemen
puifque Laveaux n'a été au Port-de - Paix qu'avec, Son
thonax.
d
P1
Sonthonax : Cela eft vrai, c'ef dans le commencement
mois d'oétobre. que Jean-Simon Gaudard a été jugé & ex
cuté; il étoit impollible de faifir cet hemme fans ie trouvt
en foree, & fans qu'il eût été dénoncé.
du
Dury : Sonthonax a dit que tous les citoyens
Por
de-Paix lui avoient porté des plzintes contre François L:
bien les citoyens
les aurcie:
veaux : cela eft faux, ou
habitant qui du
portées feroient des- ingrats; chaque
conferv Porrd
Paix lai devoit fon falut, celui de fes parens, la
tion de ce qui lui reftoit; je demande que Sonthonax prc
duife ces plainres.
des
faites contrel Frar
Sonthonax: II ne s'agit pas
plaintés revêtue de
de vin
Laveaux - J'ai préfenté une pétition
plus fignature
aurcie:
veaux : cela eft faux, ou
habitant qui du
portées feroient des- ingrats; chaque
conferv Porrd
Paix lai devoit fon falut, celui de fes parens, la
tion de ce qui lui reftoit; je demande que Sonthonax prc
duife ces plainres.
des
faites contrel Frar
Sonthonax: II ne s'agit pas
plaintés revêtue de
de vin
Laveaux - J'ai préfenté une pétition
plus fignature --- Page 197 ---
gnatures,qui articule des plaintes contre lui; mais ce n'eft
pint à caufe de ces plaintes que J'ai envoyé Galineau de
afc au Port-de-Paix, c'étoit pour le défarmement du fert
e François Laveaux. Je pofe en fait que ce fort a été confuir contre les intentions du gouvernement; il eft de prinpe qu'aucun particulier n'a le droit d'ériger un fort fur fon
abitation, ni de folder une troupe pour fe garder: les forts
pnt une propriété publique. Laveaux avoit' en outre à fa
plde une force armée compolée, de matelots, de déferteurs
ui ont été renvoyés à bord de la fiotte du contre-amiral
ambis. On trouvera dans fes journaux des lettres qu'il m'a
rites, portant qu'il venoit d'arriver de France des marelots
prdelais, enrôlés en France pour fervir fur l'habitation de
rançois Laveaux; ; on verra également qu'il a fait embauher tous les matelots déferteurs de la province du Nord.
es'colons ne nieront pas ces faits;ils ne nieront pas que Lacaux ait conftruit fon fort fans l'attache du gouvernement,
qu'ilait eu à fa folde une armée hors de la dépendance
gouvernement.
Verneuil: Si Sonthonax étoit de bonne foi, il auroit dit
le toutes les fois que la guerre a été déclarée en France,
par conféquent dans les colonies tous les habitans
verains, ceux qui ont des habitations fur le bord de la mer,
ht été engagés par le gouvernement à y faire' conftruire des
atteries pour éloigner les corfaires qui pouvoient faire des
centes. Je fiais depuis vingt-deux ans dans la cclonie , je la
onnois mieux que Sonthonax, & j'ai fouvent armé & déarmé des forts fur les habitations; j'en ai toujours vu en
mps de guerre fur celle de François Laveaux, pour
ger & défendre la place; cette redoute étoit tracée proingénieur en chef du Mole Sainc-Nicolas, & fous mes par
eux.
Il eft vrai que Laveaux avoit des matelors à fa folde;
pais il avoit quatre Oil cinq bâtimens à lui qui faifoient ;
bujours le caborage, & il lai étoit bien permis de
e fes matelots pour aagmenter le nombre des bras prendre qui
rvoient à la défenfe.de la colosie.
Dany : De plus il éroit armater & recevoit chaque année
lufieurs bâtimens de France.
Sonthonzx : Je ne fais pass'il étoit d'ufage dans la colonie
Tome VIII. Seivante-qainiime livraifon.
O
cinq bâtimens à lui qui faifoient ;
bujours le caborage, & il lai étoit bien permis de
e fes matelots pour aagmenter le nombre des bras prendre qui
rvoient à la défenfe.de la colosie.
Dany : De plus il éroit armater & recevoit chaque année
lufieurs bâtimens de France.
Sonthonzx : Je ne fais pass'il étoit d'ufage dans la colonie
Tome VIII. Seivante-qainiime livraifon.
O --- Page 198 ---
que chaque habirant défendit fon habitation avec des canor
je ne le crois pas: mais, quiand c'eût été Tufage, c'étoit
abus cortraire à toutes les ordonnancès, à tous Jes pri
cipes & à toute efpèce de politique; car il'eft de princi
que toute la force publique doit ètre entre les mains
gouvernement, fur-tout dans les colonies .
Le prj fident : Cetre difcuflion n'avance rien.
Sonthonax : Eh bien ! laiflons de côté les queftions
droit; je" dis que François Laveaux avoit un fort armé
huit pilcés de canons ; que dans un temps de guerre civ
il falloit non démolir le fori, mais le rendre utile en
plaçanr une garnifon compofée des troupes venues de Fran
& qu'il ne falloit pas permettre que Laveaux entolât
matélors, & eût une armée à fa folde fur fon habitation. Vo
le motif pour lequel fai envoyé" un adjudant-sénéral pc
faire arrêter ces matelcts > & les faire traniporter far
vaiffeaux de Cambis.
Perneuil : J'obferve que l'adjudant que Sonthonax a
voyt, & qu'il ditavcir été1 miliraire, ne la jamais été. C'é
un intrigant de mon quartier, perfonne ne le connoit mie
quemoi: ila été nommé aijudant général par Sonthona
&cef un des fatellites de Sonthonax, qui n'a quitté le C
qu'après l'incendie & après s'être gorgé de butin 5
pafié enfuite aux Erats-Unis, oà il a acheté avec ce mê
butinides biens confidéralies.
Sonthonax : Il nes s'agit
de favoir ce que Galineau
Galc a fait au Cap, ce aa eft allé faire aux Etats-Un
vous. divaguez toujours : ilsagit de fa miflion au Port
Paix. Vous avez dit que je lui ai donné des pouvoirs i
mités,jaip prouvé que ces pouvoirs étoient circonfcrits d
l'exercice de fes fonétions comme adjudanr-général; prou
le, contraire :je nie tout ce que vous avez dit fur Galine
de Gafc 5 je nie fur-tour qu'il ne fût pas militaire 3
Rochambeau Ta fait capiraine 3 il la avancé, et il ét
auparavant lieutenant.
Is préfident: : Ces détails fur Galineau de Gafc n'avanc
point la difcuffion.
Duny : Je pafle à Alberr. J'ai pronvé hier, par ies piè
qne jai dépofées fur le bureau, qu'Aibert arété délégu
la Croix-desBiouquets & au Mirbalais; j'ai prouvé qu?
fût pas militaire 3
Rochambeau Ta fait capiraine 3 il la avancé, et il ét
auparavant lieutenant.
Is préfident: : Ces détails fur Galineau de Gafc n'avanc
point la difcuffion.
Duny : Je pafle à Alberr. J'ai pronvé hier, par ies piè
qne jai dépofées fur le bureau, qu'Aibert arété délégu
la Croix-desBiouquets & au Mirbalais; j'ai prouvé qu? --- Page 199 ---
bert a abufé de fes pouvoirs. J'ai fait connoitre les aétes
tyranniques doir être allez qu'il a exercés far les habitans; la commiflion
éclairée.
Sonthonax : Jei fais une obfervarion fur ce qui m'avoir
échappé fur Albert, c'eft qu'il n'a jamais été
Minbalaispour auicune'efpèce de miflion.
envoyé au
: La commillion pourra juger par les
que Lrg citées, &c notamment celle du
déclarations de
'mune du
procureur la com6
Mirbalis, le citoyen Déraggis.
Daubonneai La lecture feule des
donnés à Rigaud, à Pinchina & à Létang, pouvoirs qui ont été
qu'ils avoient des pouvoirs illimités; car Polverel vous prouvera, &'
thonax, en les envoyant dans' le quartier dè
Sonont donné l'ordre d'arrèter toute la
Jérémie, leur
en maffe. Ce n'eft pas tout : ils leur municipalité ont'encore ordonné de Jérémie
mettre en arreltation toutes les perfonnes qui leur
de
falpectes. Veilà pofitivement ce que
paroitroient
vous demande f, quand Sonthonax commiffaire porre l'ordre : or, je
ordre à des délégués d'arrêter, quiconque leur civil donne
pect, G ce n'elt pas. là donner des pouyoirs paroitra fufréfulté de ces. ordres que
illuimités. Iie eft
armée à Jérémie
fe n'ayant pas pu entrer à main
voilines, le
>, ils
font portés fur les communes
petir Trou, Miragoane & le
1a, à main armée, ils ont enlevé, dans l'elpace petit Goave, de troisj & que
foixante-trois babitans de ces communes, qui ont été jours,
conduis, dans les prifons du Fort-au-Prince. Si les pris &
font 11 là. .
e
regiftres
51 Verneuil : En voici un.
Tarluil, Thomas Millet : Celui i- ci ou un autre, je déclare
je
y.a
que
troisjours.
53 Sonhonax :Je déclare que dans aucun de mes
n'y a d'ordre pareil.
regiftres il
Thomast Millee : Et moi je déclare
a deux
vu ce
qu'ily
jours
. : .
regifire.
j'ai
Daubonneau : J'ai la note. Ces ordres font du
Ja juin 1793; je Tai prife dans un regiftre qui a été premier à
commiflion
Sonthonax.
produit
Sonzhonax Re déclare que, fi je me fuis
la
miflion en jugera quand elle parcourra mes trompé, coms'agit pas de favoir s'il fe trouve dans tei ou regiftres. tel regiftre. Ilne Je
O 2
'ily
jours
. : .
regifire.
j'ai
Daubonneau : J'ai la note. Ces ordres font du
Ja juin 1793; je Tai prife dans un regiftre qui a été premier à
commiflion
Sonthonax.
produit
Sonzhonax Re déclare que, fi je me fuis
la
miflion en jugera quand elle parcourra mes trompé, coms'agit pas de favoir s'il fe trouve dans tei ou regiftres. tel regiftre. Ilne Je
O 2 --- Page 200 ---
déclare que les ordres, dans les termes que les colons
viennent de citer, n'exiftent point; que d'ailleurs les ordres
donnés par Polverel pour arréter la municipalité de Jérémie
car ce feul fait eft vrai. Polverel a
ne me regardent l'ordre d'arrèter pas, la municipalité de Jérémie; il l'a
donné donné, je crois, à Rigaud ; mais cette municipalité s'étoit
rendue coupable, ainti qu'il a été prouvé lors de la difcuf
fion fur les actes de la municipalité de Jérémie. Quant à
ce que viennent de dire les colons de prétendus pouvoirs
illimités, je déclare qu'ils n'exiftent pas.
Daubonneau : Vous pouvez vous faire donner le regiftre.
Le préfdent : Quel regiftre ?
Daubonnzau: : Celui ou font les ordres.
Lepréfident à Sonthonax:1 Indique-le,
(Le regiftre eft dépofé fur le bureau, & communiqut
aux citoyens colons. )
Sonchonax : fe demande fi la commiflion juge de commu
niquer mes regittres aux colons; je la prie d'exiger d'eu
qu'als dennent la date. Il ne faut pas qu'ils parcourent tou
parce qu'il leur plaira de dire qu'ilya a un ordr
mes n'exifte regiftres, : on ne torture pas ainfi un accufé. Depui
dix-huit qui
mois pas les colons difent qu'ils ont des preuves contr
moi. Bralicy: J'ai une obfervation, la voilà. Sonthonax, dan
fa défenle, vient de vous dire que fa proclamation étant un
mife hors de la loi des pillards & des affaflins, elle a ét
rendue le 26 juin. A l'époque du 26 juin il n'y avoit plu
ni Galbaud ni aucun des fiens: donc Sonthonax ap
au Cap lui-mème des pillards & des affaflins les hommes en
pelie faveur defquels il s'eft prononcé,
Sonthonax : J'ai déja reconnu qu'ily, avoit eu des affaffin
& des pillards de part & d'autre; qu'après que fuivi les Euro
péens en eurent donné l'exemple > les noirs.l'ont
Le préfdent : Ceci a déja été entendu.
relativi
Brall.y : Il dit
s'il a rendu fa proclamation les feule
aux fouilles du RLdeE c'étoit pour empècher que mains de
reffources qui lui reftoient paffaffent entre les.
royaiftes. Meme motif. Il n'y avoit plus ni Galbaud niblanc --- Page 201 ---
au Cap. Il appelle royaliftes les nègres
ces royaliftes étoient effeckivement les qu'il avoir appelés;
avoir appelés au Cap pour égorger les nègres blancs révol:és quil
feu. & mettre le
liftes. Sonchonax : Je n'aijamais nié qu'ily eût des nègres
royaTh. Millet : J'aià faire une obfervation
importante : notez
eft du 26
qui me paroir fort
la rade n'avoit plus
il juin, qu'a cette époque
ne
1rcia
pour le petit nombre vailleaux; de malheureux reftoit plus d'efpérance
fubfifter &c trouver un abri que dans les débris reftés de au Cap pour
maifons.
onax : Je n'aijamais nié qu'ily eût des nègres
royaTh. Millet : J'aià faire une obfervation
importante : notez
eft du 26
qui me paroir fort
la rade n'avoit plus
il juin, qu'a cette époque
ne
1rcia
pour le petit nombre vailleaux; de malheureux reftoit plus d'efpérance
fubfifter &c trouver un abri que dans les débris reftés de au Cap pour
maifons. Il paroitra très-naturel
lesr
leurs propres
au carnage & à l'incendie ont a." chercher malheureux dans échappés
bresd de leurs maifons de quoi fe vêtir & fublifter. les décomf, par cette proclamarion du 26 juin, le
Je demande
difinguer le malheureux qui recherchoir cemmandant: fon
a pu
fur d'avec celui qui pilloit; & fi le fort n'a
dà propre bien,
ceux qui cherchoient des reffources pas tomber plurôt
de leurs maifons que fur les pillards. dans les décombres
Sonthonax : On' a déclaré à la
biens des émigrés qui s'étoient difpolition de la nation les
terre avec Galbaud. Les
retirés à la Nouvelle-Angledéfenfe de fouiller dans les propriétatires n'ont jamais reçu la
fons; je défie les colons d'en décombres donner de leurs propres maiplus : c'eft que dans les inftructions un feul excmple. Hya
Arraud, infpecteur des fouilles & qui ont. été données à
Cap, il X avoit unarticle qui indiquoit recherches la
de Ja ville du
les propriéraires qui auroient à réclamer des forme à fuivre
maifons. Ils venoient faire leurs
objets dans PoNs
noit un garde qui protégeoit leur déclarations, fouille
on leur donils prenoient ce-qui leur appartenoir bien à eux - mêmes, &
Th. Millet : Quelle eft cette inftruction juftemènt. 2
Sonthonax : Je la donnerai demain. Th. Millet : De quelle date eft-elle ? Sonthonas : Elle elt à-peu-près du même
proclamation. temps que la
Th. Millee : [l n'en eft pas moins vrai que le 26
n'eiron affalliné qu'un feul
juin,
priétaire cherchant dans les innocent, décombres un les, malheureux ollemens
enfans, & quelques alimens
de P:
que
--- Page 202 ---
Sonthonax : La proclamation du 26 juin ne regarde
les fouilles faites dans les maifons. Vous aurez beau vouloir point
cffrayer par des images terribles; fi je failois le tabléau de VoS
crimes, il feroit hideux. Leprefidene: : A lordre! Sonthonax : La proclamation du 26jun ne regarde pas
les fouilles des maifonsyelle déclare feulement que ceux
feront farpris pillant & incendiant feront fufillés. Il ne 2E
gilfoit pas de iouiller dans les décombres, il s'agifloit d'attaquer à main armée Oil les pillards ou les incendiaires. Th. Millet : Je demande commente on a
diftinguer dans
les ruines d'une ville en cendres le pillard 8 celui qui cherche fa fortune dans les décombres de fa maifon. Sonthonar: Eft-ce par des arguties fur une proclamation
queje dois être accufe? c'eft fur le texte de ma proclamation. Le texte de celle du 26 ne parle ni de décombres, ni
de fouilles, ni de recherches; elle dit: Tous ceux qui feront
Spa à piller, incendier & à effallin.r des hommés paifables
tranguilles, feront fufillés fur-le-champ & anéantis.
celui qui cherche fa fortune dans les décombres de fa maifon. Sonthonar: Eft-ce par des arguties fur une proclamation
queje dois être accufe? c'eft fur le texte de ma proclamation. Le texte de celle du 26 ne parle ni de décombres, ni
de fouilles, ni de recherches; elle dit: Tous ceux qui feront
Spa à piller, incendier & à effallin.r des hommés paifables
tranguilles, feront fufillés fur-le-champ & anéantis. J'ai. prouvé que jaidd la faire, méme pour votre propre
intérêt, même pour l'intérêt des Eurepéens. Le préfident : A un autre objer. Vernenil: Je réponds à Senthonax lorfgu'il a-dit qu'il
prorégeoir la vie des blancs. Pour prouver le contraire, je
dis que Gigioux faifoit fuliller tous les jours 14 ou 15
fonnes > & principalement ceux qui étoient porreurs Pas
T'habit national: il'n'y avoit pas de miféricorde pour eux 5
& fiSonthonax nie ce fair, celui qui ena été témoin
dant quatorze jours eft là danslandichembres on peut Fenc
tendre. Sorthonat: Si vous avez à vous déterminer dans cette affaire fur le témoignage des.icolons mes ennemis, vous ne
manquerez pas de témoins pour m'accablers.vous trouverez
une foule d'hommes payès, ftipendiés pour faire cet abominable métier. Ce n'ett pas parmi des hommesaufi immoraux
qu'il faut chercher la vérité: c'eft parmi les foldats, les officiers venus d'Europe après avoir fervi far les vaiffeaux;
ceux-là je ne lesrécufe pas. Quand il feroit vrai que l'homme
qui commandoit la place eût commis des alfaflinars, feroit-ce
à moi qu'il faudroit les attribuer? J'ai dit que lcs pillards --- Page 203 ---
es nffaflins feroient faliilés lorfqu'ils feroicnt pris en Hagrant
lélit. Si, comme on la dit, Oil avoit artaqué la vie des
lancs en détail, n'éroit-il pas plus facile de sen délaire en
naffe ? Sij'avois fait un figne, ou fij'eulle laifte faire, toute
cette population qui vient m'accufer auroit difparu : je l'ai
protégée parce que c'étoit mon devoir, &jai le droic d'être
ndigné. . . Lepréfdent : La commiflion a annoncé, par des arrètés
mprimés dans les pdpiers publics; qu'elle reccvroit toures
esinftructions que lui donneroient les citoyens qui avoient
quelque connoiflance des affaires de la colonie : ello ne peut
as, dans ce moment, fe décider à admettre des témoins 5
lle ne peur admettre des témoins dans les débars, rie filt-ce
ue pour-fe renfermer dins le délai prefcrit par le décrer. ars fi l'on vouloit entendre ce ci:oyen, il taudroit auffi énendre ceux que Sonthonax voudroit produire, il faudroit
ntendre tous les autres témoins. Kerneuil: La commilion n'a pas befoin de nouveaux' ténoins, de nouvelles déclarations; elles font dans les arhives. Sontkonax : Je renouvelle à la commiflion la demande'de
nettre en réquifition les officiers revenus d'Amétique E1l
Curope, > avant leur retour a Sains-Domingue's car tous lcs
pons citoyens qui ont fervi la République fous los ordrcs
les commilfaires civiis, vont y retourner.
témoins. Kerneuil: La commilion n'a pas befoin de nouveaux' ténoins, de nouvelles déclarations; elles font dans les arhives. Sontkonax : Je renouvelle à la commiflion la demande'de
nettre en réquifition les officiers revenus d'Amétique E1l
Curope, > avant leur retour a Sains-Domingue's car tous lcs
pons citoyens qui ont fervi la République fous los ordrcs
les commilfaires civiis, vont y retourner. Si la commitlion
eut fe décider fur des déclarations, elle vondra'bien que
en produife à ma déchorges & certes j'aurai le droit de
demander que.la population africainc, que les hommes 7 da
couleur fcient appelds. Le préfiden: : Au imoyen de ce que la commillion ne crbi? point devoir admettre des témoins dans les débats, il Et
clair que fitu,as des témoins à indiquer, tu peuix lel faire
par une péritien, fauf aux colons dejouir du même droit. Brulley : Ce droit doit être commun, & pour ceux qui,
ont été les complices de Sonthonax, & pour ceux qui ont
été viétimes. La dernière prociamation dont il eft queftion'
dans le feptième chef, eft celle du 21 août! Sonthonax vous
dit que c'étoit pour conferver les refles de la population
slanche qu'il avoit rendu cette proclamation : que portoirllea la défenfe de piller, d'incendier, & de provoquer à
--- Page 204 ---
main armée qui que ce puilfe êtrc. Si c'étoit
fauver 1
reftes de la population blanche que cette proclamation pour
a é
rendue, ce n'étoit donc pas les reftes de la populatien blai
che qui pilloient, qui incendioient, qui aflaflinoient ; P
conféquent, tout ce que Sonthonax a fait dépuis la cataftro
les. phe du Cap jufqu'au 22 août, tout attefte que les pillards
affallins, les rayalites, éroien: ceux mêmes
a em
à
quil
ployésà la deftruction de la ville du Cap, & qui continuoier
encore les mêmes forfaits deux mois après la deftraction (
ceite ville: & il vient dire que c'eft la population blanche
par conféquent, il vous cenfirme lui-même que tout ce
a été commis de crimes pendant le temps que l'incendie q
duré, & jufqu'au 21 aotit inciufivement, eft le fait de ce
mêmes hommes dont il fait conttamment Téloge, qu'il dé
core du noin de républicains vertueux; ce font ces mêmc
hommes qui, encore au 21 août, pilloient: donc c'eft lu
- même qui avoue le fait. Nous n'avons pas befoin d'une plu
longue difcufion. Sonzhonax : D'abord, je nie que la proclamation du 2
août contienne défenfe de piller, voler, incendier; je n'avoi
pas befoin de faire cette défenfe: la proclamation porte
peine que fubiront ceux qui pilleront, incendieront. dites que c'éroir contre la popularion blanche : non; c'étoi Vou
contre tous les genres de population
reftoient au Cap
c'éroit contre les' blancs, les hommes q:" couleur & les noir
également qui fe permertroient de piller & d'incendier.
août contienne défenfe de piller, voler, incendier; je n'avoi
pas befoin de faire cette défenfe: la proclamation porte
peine que fubiront ceux qui pilleront, incendieront. dites que c'éroir contre la popularion blanche : non; c'étoi Vou
contre tous les genres de population
reftoient au Cap
c'éroit contre les' blancs, les hommes q:" couleur & les noir
également qui fe permertroient de piller & d'incendier. Li
preuve que l'ordre étoit rétabli, ceft la
(
trouve dans cette
modification.qui
commiflion militaire. proclamation, par laquelle j'érige une
Puifqu'il y avcit dans la ville du
une
Cap
garnifon ccmpofée d'efclaves devenus foldats, il falloir. pour punir les coirpables, une commiflion militaire. vous
Direz
que la garnifon d'une ville d'Europe eft un compofe
de pillards &c d'incendiaires, parce qu'une commiflion militaire fera punir quelques maraudeurs ? Ef-il hors d'exem-
#: gu'une armée d'Européens pille : Vous parlez fans celle
pill ges des Africnins, & vous ne dites rien de ceux des
Européens. qui font beaucoup plus anciens. Les noirs ont
commis des excès, je ne le nie 'pas 3 mais c'eft vous qui leur
efavez donné l'exemple. Vous dites que ce ne font pas des
républicains; je m'en' rapporte, à cet égard, à toutes les dé- --- Page 205 ---
pèches officielles
font venues de Saint-Domingue : ils ne
ont pas
à votre manière, car ils n'ont
liReteste
ré le territoire français à l'ennemi.
pas,
Verneuil: Ils ne le font pas encore.
Brulley : Ils ne le feront jamais.
Verneuil: Toutes les nouvelles de Saint-Domingue qu'on
lonne à la Convention pour certaines, font autant de menonges, & je le prouverai.
Sonthonax : Vous en aurez toujours de toutes prêtes pour
lémentir les vérirables.
La (éance eft levée.
Le regifre des
efl nignt:J. PH.
; FOUCHÉ
GARRANSpE
;dent
(de TReuS ), fecrétaire ; DABRAY, ManINO, LANTHENAS, MOLLIVAVT,
neuil: Toutes les nouvelles de Saint-Domingue qu'on
lonne à la Convention pour certaines, font autant de menonges, & je le prouverai.
Sonthonax : Vous en aurez toujours de toutes prêtes pour
lémentir les vérirables.
La (éance eft levée.
Le regifre des
efl nignt:J. PH.
; FOUCHÉ
GARRANSpE
;dent
(de TReuS ), fecrétaire ; DABRAY, ManINO, LANTHENAS, MOLLIVAVT, --- Page 206 ---
Du 6 Thermidor, l'an troifeme de la République françai
une & indivifible.
ON fas uclure des débats recueillis dans la féance d'hier
la rédacti ri eft adoptée.
Les ciroyens Page, Latchevefque-7 Thibaut, Clauffon
Senac & Fondeviolle, ne font pas préfens à la féance.
Th. Millet : Le huitième chef d'accufation eft ain
conçu : ce lls ont ordonné dans tous les ports de Saim
Domingue de repoufler à coups de canon les vaiffeaux d
T'Etat, fans diftinétion, quels que fullent leurs befoins 32,
Vous avez vu par les débats précédens les efforts mul
tipliés des officiers fupérieurs de terre & de mer, c'eft
à-dire du général Galbaud, des contre-amiraux Cambis C
Cercey, & des autres officiers de la flotte, pour la mettre
l'abri de l'incendie dont elle étoit menacée. Vous avez VI
qu'ils sn'y font parvenus qu'en faifan: enclouer les canon
des batteries, 8c en Otant des. mains des noirs révoltés le
poudres dent ils auroient pu faire ufage. Ces mefures étoien
impérieufement commandées; car le confeil de guerre, ten
à bord du Jupizer, avoit eu connoiffance de l'ordre donn
par Etienne Lavezux de mettre le feu à la flotte: le voici,
(Ille lr:)
--- Page 207 ---
re de Layeaux pour mettre le feu à lafocte enl rade du Cap.
LIBER T É,
ÉcA L I T É.
ie de P'ordre que les citoyens Nocl & Dambly ou Damiers officiers d'artillerie,. ont reçu du citoyen Layeauey.
puverneur par interim à Saint-Domingus > le jour: dess
oubles arrivés au Cap-Frangais, le 20 juin 1793 (vieux
yle).
U N O M D E L A Ri P U B L I Q U E.
D'après les ordres des commiffaires civils, nous Etienne
eaux, gouverneur par interim, ordonnons aux citoyens
1& Dambly de fe tranfporter, aveci les canomiers.quils
ront utiles & nécelfaires pour leurs opérarions, à la
erie da Grigris.
Ordre à eux, au nom de la République, qu'aufitor
remier mouvement hoftile fait dans, la rades c'eft-à-dire
remier coup de canon à boulet tiré fur la ville, ou
vement de defcente, ils feront ufage de fix morriers qui
au Grigris; ils fcront le plus grand feu fur tous lcs
eaux qui font dans la rade, afin de braler promprement
Vaiffeaux rebelles, & principalement fur le Jypiters ne
ront de leur pofte que lorfquils en recevront l'ordre.
Aurorifons les citoyens Dambly & Nosl à prendre
les nègres de Tarienal, pour l'aider à remuer tous les
tiers.
Fait au Cap, ce 20 juin 1793, l'an deuxième de la
ublique françaife.
Le gouverneur par intérim.
3) Signé, ÉTIENNE LAVEAUX 9,
ette pièce a été dépofée par celui qui en étoit porteur,
Noël, à h municipalité de Rennes. Voici l'aéte de
t, & le certificar donné par le comité révolutionnaire
Rennes.
les nègres de Tarienal, pour l'aider à remuer tous les
tiers.
Fait au Cap, ce 20 juin 1793, l'an deuxième de la
ublique françaife.
Le gouverneur par intérim.
3) Signé, ÉTIENNE LAVEAUX 9,
ette pièce a été dépofée par celui qui en étoit porteur,
Noël, à h municipalité de Rennes. Voici l'aéte de
t, & le certificar donné par le comité révolutionnaire
Rennes. --- Page 208 ---
(Il lit:)
Cc Nous, maire & officiers municipaux de la comm
de Rennes, certifions la préfente conforme à l'original C
eg faifi le citoyen Noël, & qu'il nous a repréfenié
maifon commune de Rennes, le 6 ventôfe de lan deuxi
de la République une & indivifible,
> Signé, Singis, officier municipal; Lemay, oficier mL
Marin, notable; Bonnet, municipal; Lependit, ma
notable;
SX
Hante, notable; Bouver, Cuper.
>> Vu au comité révolutionnaire, à Rennes, le 8
sôfe, l'an deuxième de la République une & indivifible.
3> Signé, G, LAVEAUT, préfident 5 VERNOUT l'ai
AUBIN, RIELLANT; MUNELLA, pour le fecrétaire 32,
Je fais d'abord quelques obfervations fur le content
cette pièce. Laveaux y prend le tire de gouverneur
interim. Il y avoit à cette époque, dans la rade, le gou
neur titulaire, deflitué arbitrairement par Polverel &
thonax; il y avoit aux portes de la ville le gouver
Lafalle,
par ordre de fervice, devoit remplacer (
baud; & 9E gouverneur par interim, nommé par Pol
& Sonthonax : ainfi, il y avoit tris gouverneurs. Or
vous denande ce qui pouvoit réfulter de cette confu
de pouvoirs.
Ily a une autre remarque à faire; c'eft que l'ordre
de tirer fur les vaiffeaux, dès qu'il fe fera un mouven P
de defcente, C'étoit ce mouvement de defcente qui de
manifefter linfurrection, qui devoit indiquer s'il y avoir
s'il n'y avoit pas de vaiffeaux rebelles. Cet ordre a
été rédigé avant cette defcente, puifqu'il porte de faire
fitôr qu on appercevra un mouvement de defcente. Et
pendant le vaifleau le Jupiter eft déja traité de reb
Reprélentez- vous tous les vaiffeaux marchands mou
dans la rade du Cap, derrière les vaiffeaux de guerre
Jupiter mouillé à la,tète de la rade, & la direction du
'il y avoir
s'il n'y avoit pas de vaiffeaux rebelles. Cet ordre a
été rédigé avant cette defcente, puifqu'il porte de faire
fitôr qu on appercevra un mouvement de defcente. Et
pendant le vaifleau le Jupiter eft déja traité de reb
Reprélentez- vous tous les vaiffeaux marchands mou
dans la rade du Cap, derrière les vaiffeaux de guerre
Jupiter mouillé à la,tète de la rade, & la direction du --- Page 209 ---
20s
portant fur le refte de la Hotte; repréfentez-vous ce
ileau entlammé, & mettant le feu - à la Hlotte; quelle
été la polition de toute l'armée navale, & de la ioite
rchande mouillée dans la rade? Les marins & les réliés n'avoient d'autre parti à prendre que de fe laiffer
fumer par les flammes, ou de fe fauver fur les terres
pollellion des brigands; & Laveaux a figné cet ordre !
fa main n'a pas féché lorfqu'on lui a ordonné de le
her! Voila fon premier acte de gouverneur de. Saintmingue! Dira-t-on que la flotte étoit en infurrection?
us avez vu, par les. débats qui ont précédé, quels étoient
hommes qui environnoient Polverel & Sonthonax; vous
Z vu quels étoient les hommes qui environnoient Gald& les officiers fupérieurs, & vous avez dû vous conncre que leur infurreétion étoit légitime contre tout ce
Fy avoit de fcélérats à Saint-Domingue
vouloient
ruire la ville du Cap, ce principalentrepôr ge commerce
France dans les Antilles. Comment cette flotte a-t-elle
appé? parce qu'un honnète homme, le citoyen
pis ce
Dambly,
jour-lila défobéiffance au rang des plus facrés de
devoirs; car, s'il eût obéi, toute la population blanche,
s les reftes de fes richefles commercialés, les dix ou
ize bâtimens de guerre qui étoient en rade, auroient
confumés. Voila comment s'eft expliqué cet officier
même dans fa lettre qui' fort aufli dés archives > &
accompagne la pièce que je viens de vous lire. Il dit:
r'allure que, fans connoître les débats qu'il y avoit
re Galbaud &. les commiflaires civils, jai défobéi de
i-même pour fauver environ vingt mille
&
;s
de deux cents vaiffeaux.
Français,
Enfin, par la" défobéiffance de cet officier, la Hlotte a
fauvée, a mis à la voile; elle pouvoit porter dans les
ties de. l'Oueft & du Sud, tout ce qui avoit
la population blanche du Cap, y, conduire les vailleaux échappé
rchands qui auroient aclievé' de s'y charger des denrées
oniales de l'Oueft & du Sud, & qui les auroient
tées en France fous la proteétion de l'efcadre. tapPolverel & Sonthonax: ce dernier vous a dit dans Qu'ont les
pats qu'il falloit des vaifleaux pour défendre
:ce que Saint-Domingue eft une ifle; il a Se-Domingue, dit qu'il avoit
, y, conduire les vailleaux échappé
rchands qui auroient aclievé' de s'y charger des denrées
oniales de l'Oueft & du Sud, & qui les auroient
tées en France fous la proteétion de l'efcadre. tapPolverel & Sonthonax: ce dernier vous a dit dans Qu'ont les
pats qu'il falloit des vaifleaux pour défendre
:ce que Saint-Domingue eft une ifle; il a Se-Domingue, dit qu'il avoit --- Page 210 ---
affranchi les efclaves le 20 juin, parce qu'il vouloit
des défenfeurs à la France au moment d'une guerre,
gére. Eh bien! il cft établi par le témoignage de Sc
nax, qu'il falloit des. vaiffeaux pour la défenfe de
Domingue; & il a donné, le 24 juin,'le jour où la
lui échappoit, l'ordre de tirer furelle!
Voici cet ordre.
(Illelit:)
COMMISSION NATIONALECIV
>> Nous, Etienne Polverel &. Leger-Félicité Sonth
commiffaires nationaux civils, délégués' aux illes fran
de I'Amériqie foas-le-vent, pour y établir l'ordre
tranquillité publique.
>> Le traitre Galbaud, après avoir réduit la ville d
en cendres, part, & emmène avec'lui plufieurs bât
de la République & les navires du commerce qui e
dans la ville du Cap : il va les livrer à l'Anglais
lElpagnol; avant de quitter là cête, il pourroit €
tenter de bruler & de dévafter plufieurs villes de la colo
toi >> Peur prévenir ces nouvcaux forfaits, nous défend
tous les commandans de place, commandans des tr
de ligne & gardes nationales, à toutes municipalités
tous dépofitaires de Ja force arnaée , de fouffir C
permettre à aucun bâtiment armé en guerre d'
dans aucun des poris, baies & rades de la coloni
d'en approcher à portée du canon, fous quelque pr
que ce foit, même de befoin de feccurs >. rafraichiffer
ravitaillemens, & autres quelconques, Ordonnons, al
commandans, municipalités, dépolitaires de la force al
& généralement à tous les citoyens, d'employer tou
moyens qui font en leur pouvoir pour repouffer &, dé
lefdits batimens.
22 Déclarons trairres à la patrié tous ceux qui rece
lefdits bâtimens, ou qui leur porteront fecours, ou
entretiendront des intelligences avec eux.
in de feccurs >. rafraichiffer
ravitaillemens, & autres quelconques, Ordonnons, al
commandans, municipalités, dépolitaires de la force al
& généralement à tous les citoyens, d'employer tou
moyens qui font en leur pouvoir pour repouffer &, dé
lefdits batimens.
22 Déclarons trairres à la patrié tous ceux qui rece
lefdits bâtimens, ou qui leur porteront fecours, ou
entretiendront des intelligences avec eux. --- Page 211 ---
a Requérons le gouverneur' général par interim des
pus-le-vent de tenif la main à lexécition du'préfént urdre, ifles
>> Fait au quartier-général du camp de Biedi,
793, l'an. deuxième de la République.
le24Jum
93 Signéa la minute, SONTHONAX & POLYEREL
3 Par les commiffaires civils de la République.)
>> Signé, PIQUENARD, fccrétaire acjoine de la commifion.
>> Pour copie certifiée conforme.
22 Saint-Marc, le 4 août 1793, l'an deuxième.
35 Signé, SAVARI, commandane militaire,
> Pour copie certifiée conforme à celle à nous
vari. A bord, ce 27 août 1793:
envoyée par
53 Signé, CHARLES LABOZÉE,
> Pour copie, certifiée conforme à celle à nous adreflée
citoyen Charles Labozée, commandant
egate LAprée.
par interim M:
> Paris, 27pluvidle, l'an deuxième.
>> Signé, CERCSY."
itions Sonthonax nous a provoqués en difant que nous ne
pas une proclamation dans laquelle étoit proprdre de ne pas recevoir dans les rades aucun navire donné de
jiefre. Il a dit que nous avions placardé; fur les
Patis, une proclamation inexacte; que la fienne murs
gardoit que les vailfeaux emmenés par Galbaud. Je ne
élente la preuve du contraire. Cette
vous
btifiée au commandant de la frégate prociamation a été
Ix Cayes pendant que le Cap braloit, VARrie, &
3 qui étoit
eft pas fortie avec Galbaud.
qui certainement
dans les rades aucun navire donné de
jiefre. Il a dit que nous avions placardé; fur les
Patis, une proclamation inexacte; que la fienne murs
gardoit que les vailfeaux emmenés par Galbaud. Je ne
élente la preuve du contraire. Cette
vous
btifiée au commandant de la frégate prociamation a été
Ix Cayes pendant que le Cap braloit, VARrie, &
3 qui étoit
eft pas fortie avec Galbaud.
qui certainement --- Page 212 ---
Sonthonax: : Les colons font des fauffaires, ils ont alté
la proclamation qu'ils viennent de lire; la voici teile qu'e
eft fortie des archives.
(Il la lit:)
Proclamation des commiffaires Polverel & Sonthonax, du
juin 1793.
avoir réduit la ville du
Le traître Galbaud, après
Cap
cendres, part, & emmène avec lui plufieurs bâtimens de
République & les navires du commerce qui étoient dans
ville du Cap:il va les livrer à l'Anglaisou à l'Efpagnol. Ava
de quitter la côte, il pourroit tenter encore de brûler & €
vafter plufieurs villes de la colonie.
3> Pour prévenir ces forfaits nouveaux, nous défendon
de
commandans de troupes
rous commandans
place toutes les
&
des
ligne,
gardes nationales, à
municipalités
tous dépofitaires de la force armée , de fouffrir ou permettr
aucun defdits bârimens armés en guerre d'entrer dans auct
baies & rades de la colonie, ni d'en approcher à por
ports, de canon fous quelque prétexte que ce foit, même de bef
de fecours, , rafraichiflemens, ravitaillemens ou autres qu
conques; ordonnons auxdits commandans; municipalités
dépofitaires de la force armée, & généralement à tous les
d'employer tous les moyens qui font en leur pouv
toyens, repoufler ou détruire lefdits bâtimens.
pour >> Déclarons traitresà la patrie tous ceux qui recevront lef
bârimens > ou qui leur porteront fecours, ou qui entreti
dront des intelligences avec eux.
interim des I
>> Requérons le gouverneur-général par
fous-le-Vent de tenir la main à Pexécution du préfent ordre
du
Breda, le 24 juin
>> Fait au quartier-général camp
Tan II de la République.
92 Signé, POLVEREL & SONTHONAX
>> Par les commiffaires civils de la République.
de la commiffion
32 Signé, PIQUENARD, fecrétaire-adjoint
reti
dront des intelligences avec eux.
interim des I
>> Requérons le gouverneur-général par
fous-le-Vent de tenir la main à Pexécution du préfent ordre
du
Breda, le 24 juin
>> Fait au quartier-général camp
Tan II de la République.
92 Signé, POLVEREL & SONTHONAX
>> Par les commiffaires civils de la République.
de la commiffion
32 Signé, PIQUENARD, fecrétaire-adjoint --- Page 213 ---
ai Les colons difent que la proclamation contient Hne
générale d tous les baitimens armés ci guerres tandis défenfe
ne porte que fur ceux fertis de la IRdeda Cap avec qu'elle
lls Ont fupprimé dans la pièce qu'ils viennent de Galbaud.
mots, aucun defdits batimens ; ils ont
fur lire, les CeS
de Paris laffiche que jeklépole fir le bureau, placardé & qui conticnt murs
l'altération. Ainfi ils m'ont repréfenté aux.yeux de la
comme ayant interdit l'entrée de tous les ports ou baies France
la colonie à tous les bâtimens de in
tandis de
cet ordre ne portoir que fur les bâtimens de là
que
guerre & enlevés
armés en
seanpae
par Galbaud.II eft dit dansla
aucun de/dits bâtimens; ils ont fapprimé les mots, proclamation,
ont mis aucin au fingulier, & ils ont dit, aucun bitiment. defdics, ,ils
abonne foi avec laquelle les colons préfentent tna acte&led Voilà
cutent! voila la manière dont ils efpérent accabler un
dif
enl contre tous! Qu'ils viennent propofer des déclarations acculé, de
énoignages verbaux; jugez quelle foi vous devez y
Le prefident : Alordre; il n'eft pasq queftion de ajouter,
erbaux.
témoignages
Th.Milae-T'eblerve que Sonthonax, avec
nce, vient de nous hecufer d'être des fauflaires: beancoup c'eft devioous trompe, car ce n'eft pas là fa proclamation : cette luiqui
lamation elt. imprimée aux Cayes : or elle n'a
été prce au Cap; clle eft datée des Cayes,
pas de impri- Lénery." Je demande que Sonthonax produife del'imprimerie
roclamation 5 quant à moi > je produis colle Fotiginal que de fa
omme decouleur, maire de Snint-Marc, a fignifiée au Savary,
andant de TAPric : 8c'la preuve eft qu'elle eft certifiée com- du
ommandant de la fotte Cercey.
Sonthonas : Vous n'échapperez pas à la
jel'eipère, à la peine di faux.
preuve de la vérité,
Th. Mille: :Je dis 2
que cette
lle quia éténotifiée à S2RT le 4toit proclamation eft
ry, commandant milimire à Baugé, commandant 1793, par Saousn'avons pas eud'autre communication officiellode PAprea. cette
oclamation par d'aurre aote que celui-ia. Lorlque Sonthoxaura prouvé, dans l'original, que l'altération exifte
ra prouvé que Savary, fon homme de confiance
> il
onquéc, & non pas moi, parce que voilà ladte qui > l'aura a
Tone yIl. Sci incnite-quirioms laynaifon.
P
é:é
commandant 1793, par Saousn'avons pas eud'autre communication officiellode PAprea. cette
oclamation par d'aurre aote que celui-ia. Lorlque Sonthoxaura prouvé, dans l'original, que l'altération exifte
ra prouvé que Savary, fon homme de confiance
> il
onquéc, & non pas moi, parce que voilà ladte qui > l'aura a
Tone yIl. Sci incnite-quirioms laynaifon.
P
é:é --- Page 214 ---
notifié. Je demande au refte le regiftre, & l'on fera convaincu
de la vérité.
Sonthonax : Je demande moi-même lapport du regiftre. En
fecond lieu, les colons > qui difent que j'ai altéré la proclamatien, les colons fauront que l'imprimé que je viens de lire
eft tiré des archives, & tel
nous l'avons envoyé à notre
collègue Delpech, ,
l'a late imprimer aux Cayes en marge
del la proclamation a donnée lai-même à ce fujet; proclamation dans laquelle.ila ordonné aux bâtimens de la Répu
de s'embofler dans la
blique en ftation à Saint-Domingue l'entrée de la Hotte de Galbaud. Voilà la
rade, pour empêcher
proclamation de Delpech.
Le préfident : Dis fommairement quelle eft cette pièce.
Sonthonax : Cette pièce eft un imprimé contenant d'abord
les proclamations de Polverel & Sonthonax, enfuite celle de
Delpech fur la proclamation de Polverel &c Sonthonax relativement à la Aotte emmenée par Galbaud.
Le préfident : La date?
de Delpech eft du
Sonthonax : La proclamation
premier
juillet 1793.
F
(Le regiltre eft apporté fur le bureau.)
Sonthonax : Voici la proclamation telle que je viens d'en
donner lecture ; je prie les colons de fuivre furl'original.
(Il relit la proclamation.)
Sonthonax : D'ohilfuit que les colons font des fauffaires.
Brullsy: D'oà ilréfulte que Sonthonax en a impofe,
Sonthonax : Vous dites
j'en ai impofé; ; je viens de lire
l'original, je prie le entate de la commiflion d'en prendre
connoiflance. Fouché (fecrétaire de la commiffion): C'eft exact.
Th. Millet :Il réfulte de cette vérification que les colons
comme le dit bénignement Sonthonax ? ne font pas de
fauffaires 2 mais qu'on ieur a donné un titre qui n'a pas ét
copié exaétement furla proclamation : il n'enréfule pasmoins
&1 la commiflion s'en affurera, que c'eft-là la proclamation
telle qu'elle a été notifiée par Savary > mulâtre, commandant
commiffion): C'eft exact.
Th. Millet :Il réfulte de cette vérification que les colons
comme le dit bénignement Sonthonax ? ne font pas de
fauffaires 2 mais qu'on ieur a donné un titre qui n'a pas ét
copié exaétement furla proclamation : il n'enréfule pasmoins
&1 la commiflion s'en affurera, que c'eft-là la proclamation
telle qu'elle a été notifiée par Savary > mulâtre, commandant --- Page 215 ---
2II
à Ssint-Marc, att capitaine de la frégate PARrie, &
lalapièece Cercey, extraite des archives & certifiée par le contre-amiral quec'eftSonthonas: Je prie le ciroyen de me
pilce; ily a fur Toriginal, defdics bàzimens. communiquer cette
Th. Millee: Quant aux vaifleaux qu'avoit emmenés
ilrefuire de cette proclamation qu'elle
fur Galband,
feaus;e carl la frégatel" frée n'écoir portoit
rous les vaif
baud,e elle étoit aux Cayes. La frégare pas fortie Pay Arés du Capavec étoir
GalSAtir-aumotdanind &c'eft dans le
tendue à
à Sainr-Domingue l'artivée de la Hore moisd'aod-qu'on: & de Galbaud lavoit
Emis-Uniss que T'homme deconfiance de
aux
a notifié au commandant de la
Sonthomax, Savary,
verru de fa prociamaton. Ainfi, frègate LARréc de for:ir en
defitits bitimens on aucun bâtiment quily l'ordre ait eu dans Toriginal,
l'ordrea éte exécuré coutre uin bisiment non a éré généralifé s
proclamation, puifqu'il eft notoire
compris dans la
tré, que la frégate LAprés n'ef > fortié évident & bien demonfoit pas partie de la Hotte.
pas
du Cap, K né fai-,
ils Sonthonax : Lap pièce produire parles
en font convenus, eft certifiée conforme colons, aitérée comme"
elt démontré parleraccufationse squej j'ai; par Cercey, Ilvous
par la conduire qu'il tenoit au Cap, que portées ce
contre Cercey,
plice des colons. Les colens difent
Cercey eft le comnotifée au commandant de la frégate que cette pièce eft celle
préfenté à Snint-Marc. Pour
Laftric loriqu'il s'eft
produire la pièce notifiée au capiraine prouver de ce la fait-la, frégate. il faudroit
fignée par le comnandan: militaire Savary. Je dis l'Alréc, &c
que le cemmandant de lAfrée avbit beloin de fe plus : c'eft
pièce; car le commandant de P'ARréc a déferté la faire cette
cettes eépoque, aprèsavoir reçi ine miflion du commiffaire colonie à
Delpech: au licu d'exécuter cette miflion, il a fait voile civil
aNomvell-Angistene tion. Ils avoient donc befoin, avéc fon équipage en état Anditeet
prèter un aux commiflaires civile; porr Svoili pallier lenrs crimes, d'en
aujourd'hni comme légitimanc la conduire lapièce de qu'on donne
tiee. La frégaro LARrse n'ajamais été
la frégare LAF
ports de h colonie:en fortant des Cayes, repoullée elle daucun des
Por-au-Princes & fortant du
efvenue au
aux Erats Unis lans la permiflion Port-an-Prince, des commiflaires elle eft allée
civils. Et
Pa
voili pallier lenrs crimes, d'en
aujourd'hni comme légitimanc la conduire lapièce de qu'on donne
tiee. La frégaro LARrse n'ajamais été
la frégare LAF
ports de h colonie:en fortant des Cayes, repoullée elle daucun des
Por-au-Princes & fortant du
efvenue au
aux Erats Unis lans la permiflion Port-an-Prince, des commiflaires elle eft allée
civils. Et
Pa --- Page 216 ---
voilà les hommes dont on invoque le témoignage contre les
commifaires civils !
Thomas Miliet : Je prie le préfident de demander à Sonthenax fli frégate la Concorde, commandée par Vandonger > eft
fortie du Cap avec la forte.
Sonthon.x:Je crois effedivement que la frégate la Concord: eft fortieavec la Hotte; elle s'elt préfentée &a été reçue.
qu méle Suint-Nicolas.
Thomas Mullet : La frégate la Concorde n'eft pas fortie du
avec la Rotte: la Hlotte eft fortie du Cap le 245 la ConCa en eft fortie le 25. Sans eau, clle avoit un équipage
nombreux ; elle s'eft préfentée devant,le f'ort-de-Paix pour
faire de l'eau; elle a été repouffée à coups de canon: Eile
LR préfenrée au môle pour Faire de l'enu; on lui a. notifé
la même prochamaiion, & elle a été obligée d'appareiller &
de venir aux Etats-Unis. Voilà encore vn fait qui attefte que
Ja. proclamation a été exécutée fur tous les bâtimens de
guerre Sonthonax de France. : Niez-vous que la frégate la Concord: ait été
en infurredtion dans la rade du Cap contre les commifiaires
civils? Niez-vous que la frégate la Concorde foit forrie de la
rade du Cap le 24 juin 17937
Thomas Millet : Je fuppole qu'on doive trairer d'infurrection contre Ja France Ja pofirion od fe trouvoient les bàtimens de guerre loriquils étoient au Cap; quels moyens
avoient les commiffaires civils de repoulier de St-Domingue
l'ennemi érranger? N'étoit CC Pas par des vaifleaux : Etcet
au moment où ils viennent de forcer, le poignard àla main,
la population blanche de fortir de Suint-Doningue, au
moment où les Anglais font des difpolitions pour s'emparer
de la colenie, > que par in ordre ils font repouffer de tous
les poris à coups de canon les vaiffeaux de TEtat: qu'en
eft-il réfalté? A la Jamaique, au moment où on en a été
inftruit, ui feul vailleau de cinquante canons eft venu fur
les cêtes de Saint-Domingue & s'eft emparé de tous lesports
dont il a voulu fe faifir. S'il y avoit eu fur les côtés le
Jupiter, 'Eole, VAmérica de foisanre-qwatorze carons, fept
ahuit frégates de trente-deux à quarante canons, levailleau
YEuropa de cinquante canons fe feroir-il préfenté, lors même
qu'il eût été intruit qu'ily y avoit une iniurredtion des équi-
êtes de Saint-Domingue & s'eft emparé de tous lesports
dont il a voulu fe faifir. S'il y avoit eu fur les côtés le
Jupiter, 'Eole, VAmérica de foisanre-qwatorze carons, fept
ahuit frégates de trente-deux à quarante canons, levailleau
YEuropa de cinquante canons fe feroir-il préfenté, lors même
qu'il eût été intruit qu'ily y avoit une iniurredtion des équi- --- Page 217 ---
pages contre les' commiffairos civils : Les Anglais fe
ils expofés à venir attaquer
feroientfeau de cinquante canons? Saint-Domingue avec un vaiffavoient qa'ils laifloient le Non; Polverel & Sonthonax
ont profire, d avec un vaifleau champ de libre aux Anglais, qui en
font emparés de Saint- Domingue. cinquante canons ils fe
Yerneuil: : Je demande la parale,
Lc prefdent : Tâchez d'abréger.
Verneuil : C'eft pour prouver fans
de Sonthonax dans fa proclamation réplique que l'intention
bâtimens qui viendroient à SaineDomingue. sérendoit à tous les
d'oblerver que la proclamation rendue
Sonthonax Je vous prie
camp Brela, eft du 24 juin
que la par Hotte a
aut
du Cap le mème jour, & que 4ZR proclamacion appareillé
aux
Delpech
Cayes eft du premier juillet
rendete par
pouvoir pas avoir pour objet la Hotte qui étoit 1793 : elle du ne
Cap &c qui éroit en route pour ies
Partie
cette époque elle étoirà plus de'deux, Etats-Unis cents lietics , puifga'a. eri
C'éroit donc
empécher qu'aucun des bârimens de mer.
de l'Emtne Sorte aborder dans Jes ports; ainfi
guerre
fait Sonthonax eft tour-à-fait ridicule,
l'objedtion que
Thomas Miller : Sonthonax étoit fi bien infruit que la flotte
françaife failoit route versies Erats-Unis, qu'ii l'a fait fuivre
jufqu'au delà des débauquenens par une goélette.
Sonthonas : Laquelie :
Thomas Millec :La goëlette commandée par Carvin.
Sonthonax: : Jen'ai eu connoilfance ni de Carvin ni de fa
goëlette. Je prierla commillion d'ordonner
le bureau l'ordre que j'ai domé au ciroyen qu'on dépofe fur
mandant d'une corvette. Je' prie la commiflicn Carvin, comThomas Millet s'il n'ett pas à fa connoiffance d'interpeller la
corde a ftationné dans la rade du
& f clle que Confait de l'eau en fortant du Cap Male, avant de partir n'a pas ia
Nouvelle-Anplstere.
pour
Perneuii : Non.
Thomas Millec: Je n'ai eu connoiffance de ce
pallé entre le commandant de la frégate la Concorde qui & s'eft le
commandant du Mole, que parce qu'étant
ei vaiffeau l'Fole, > commandé par le contre-dimiral palliger fur
Eu point dujour, la veille de celai où on aborda CEIA ies
P3
'eau en fortant du Cap Male, avant de partir n'a pas ia
Nouvelle-Anplstere.
pour
Perneuii : Non.
Thomas Millec: Je n'ai eu connoiffance de ce
pallé entre le commandant de la frégate la Concorde qui & s'eft le
commandant du Mole, que parce qu'étant
ei vaiffeau l'Fole, > commandé par le contre-dimiral palliger fur
Eu point dujour, la veille de celai où on aborda CEIA ies
P3 --- Page 218 ---
Unis, la frégare la Concorde fe trouva fous le vent du vaiffeau l'Eole à la portée du canon; 5 & venant à Y'ordre, le
contre-amiral Cercey demanda aul capitaine Vandengen
comment il fe trouvoit au milieu de la Hotte. Il lui dit:
Je me fuis rendu au, Mole pour y faire de l'eau, on in'a
notifié la proclamation des commiffaires civils que je vous
monirerai : on m'a ordonné de mettre fur-le-champ à la
voile, & j'ai obéi. Au furplus, fur la rade de Norfolk,jai
vu à bord du vaifeau du contre-amiral Cambife le capitaine
Vandengen, qui lui rendoit compte de ce fait, &c'eftlà que
jai lu pour la première fois ia proclamation que je viens
de citer.
La féance eft levée.
Ic regiftre des préfences
figné : J. Pr. GARRAN,
Foveui (de NA fecrétaire ; GRÉGOIRE,
foeaa MERLINO, F. LANTHINAS, MOILEVAUT. --- Page 219 ---
2I5
Du7 Thermidor, l'an troiftème de la République
une
6 indivifible,
frangaife,
LA rédaétion des débats recueillis dans la
veille eft lue & adoptée.
féance de la
Sonchonax. : J'ai parlé hier far le matériel des
duires par les colons à l'appui du huitième
pièces protion. Je vais difcuter fur le fond de l'affaite. Les chef d'accufad'abord accufé les commiffaires civils d'avoir donné colons ont
de brûler la Hotte ftationnée dams la rade du
l'ordre
défi de produire l'ordre des commiffaires civils, Cap : mis au
duit celui du gouverneur-génétal Lavaux
ils ont protirer fur les batimens, dans le cas de mouvemens qui ordonne de
cefta-dire, dans le cas où la Hotte tireroit le
hoftiles >
fur la ville, ou de defcente de la part des premier boulet
pièce n'eft autre chofe qu'une copie; je ne matelors. la difcuterai Cette
point, puifqu'on ne préfente pas Toriginal,
paroît pas. La commifion même ne
puifqu'il ne
cétte copie, d'après ce qui s'eft paffé peut hier relativement s'en rapporter à
proclamation des commiflaires civils pour ordenner à la
poullèr de la côte les bâtimens emmenés
de reNouvell-Angleterre: mais je fuppofe l'original par-Galbaud à la
que la copie n'ait pas été altérée, je déclare exiftant, &
ne
pas être crimine! de la part du
que cet ordre
le Irdil du commandanr-genéral étoit général de
Lavaux; car
mnettre la ville eix
P 4
iflaires civils pour ordenner à la
poullèr de la côte les bâtimens emmenés
de reNouvell-Angleterre: mais je fuppofe l'original par-Galbaud à la
que la copie n'ait pas été altérée, je déclare exiftant, &
ne
pas être crimine! de la part du
que cet ordre
le Irdil du commandanr-genéral étoit général de
Lavaux; car
mnettre la ville eix
P 4 --- Page 220 ---
état de défenfe contre les incurfions de la rade dont on étoit
menacé. Le devoir du gouverneur général étoit de repouffer
la force par la force ; & fi les bâuimens de la République
qui alors étoient emboffés fur la ville, tiroient fur eile un
premier coup de canon, étant alors en état de rebellion, il
étoit impolible au commandant militaire de ne pas répondre
au feu de la rade. On dit que fi les officiers d'artillerie chargés de cet ordre l'avoient exgeuré, c'en étoit fait de la fotte
françaife. Je dis au contraire que fi l'on avoit obéi à cet
ordre, O1l auroi: fauvé la Hotte de la ville du Cap; car la
première bombe tirée far un biriment auroit fait connoitre
aux fadtieux ia (upérioriré des forces de la ville fur les vaiffeaux de la rade, alorsils.n'auroient pas manqué d'amener
le pavillen, ils n'aurcient pas manqué de fe foumettre 3 les
factieux aurcient été livrés & faifis; ils feroient partis pour
France aux fers; ils feroient arrivés à la Convention nationale, & la ville du Cap eût été fauvée : car l'infurredion
des maislots n'eût pas eu lieu, la ville n'eit pas été incendiée. L'ordre donné par Lavaux, en le fuppofant tel qu'il
a été produi par les colons,, efl donc un ordre jufte, s légitime, donné dans le cas d'un mouvement hofile; & il
explique ce mouvement hoftile par le premier coup de canon
tiré far la ville, ou le premier mouvement de delcente de la
part des-marins armés. Il a d'ailleurs. été prouvé dans le
cours des débats que dès le matin les vaifleaux avoient été
emboffes fur la ville. C'eft à huit heures 8c demie que le
mouvement d'embollage des bâtimens fur la' ville a été
fair.
Je-paffe à la proclamation des commifaires. civils. Ila
été bien reconn hier que cette proclamation n'avoit pour
but que d'éloigner des côtes les barimens qui avoient été
en infurreaion contre lesd déiégués de la République &c contre fes lis; cela eft prouvé par l'obéifance des matelors
de PAmerica aux commillaires civils. Ce bâtiment ef refté
dans la rade dut Caps il a fervi aux commiffaires civils;
il a éré en- croifière quelque temps aprèss jamais ce bâtiment n'a été repoullé d'aucune des rades de la colonie;
& bien loin que cet ordre s'appliquàt à tous les vailleaux
de Ia République, c'cft qu'une proclamation du commiffaire Belpech,ea réfdonce dans la province du Sud, orc
PAmerica aux commillaires civils. Ce bâtiment ef refté
dans la rade dut Caps il a fervi aux commiffaires civils;
il a éré en- croifière quelque temps aprèss jamais ce bâtiment n'a été repoullé d'aucune des rades de la colonie;
& bien loin que cet ordre s'appliquàt à tous les vailleaux
de Ia République, c'cft qu'une proclamation du commiffaire Belpech,ea réfdonce dans la province du Sud, orc --- Page 221 ---
ine aux bâtimens de la République ftarionnés dans les
erles rades de s'embolfer pour repouffer les bâtimens
menés par Galbaud. Je ne lirai de cette proclamation
Ele paragraphe qui annonce cet ordre.
Illit:)
Les bâtimens de la République qui pourront fe troitdans les différens ports de la province Prendront toutes
mefires néceffaires pour la céfenle defdits ports 3 &c
ircencourir àl'exécution des difpofitions dela fufdire promation du 24juin derniersilsfe cencerteront à cet efetavec
ommandant militaire ),
Cette proclamation eft du premier juillet 1793. Je dois
S lire également fur le même fujer une proclamation
commandant de hn province du Sud, du commandant
taire des Cayes, du commandant de la frégate P'Afréc,
commandant de la garde nationale des Cayess, enfin,
municipalité de cette commune 5 elle ett du premier juil1793.
1 tous les hommes libres de la province du Sud.
€c CI T O I E N S,
Nous nous Aattons.que les malheurs prévus
les
miflaires civils en réficdence dans le Nord ne E réalint pas;mis il étoit delcuriagelie de prendre desméfures
rles prévenir.
Le fcélérat qai n'a paru à Saint-Doningue que
puveler des maux qu'on temps plus heureux commençoit pour
ire cublier, ne s'expofera pas fans doure à une feconde
ite, certain de trouver par - tout la méme énergie > le
ne dévouement à la République & à fes repréfentans.
s, fans nous livrer à de vaines terreurs, indignes de
amcs républicaines, il faur cependant nous mettre G12
e contre de nouveaux attentats.
Mertons donc nos places eil état de stireté; défendons
ux qu'on temps plus heureux commençoit pour
ire cublier, ne s'expofera pas fans doure à une feconde
ite, certain de trouver par - tout la méme énergie > le
ne dévouement à la République & à fes repréfentans.
s, fans nous livrer à de vaines terreurs, indignes de
amcs républicaines, il faur cependant nous mettre G12
e contre de nouveaux attentats.
Mertons donc nos places eil état de stireté; défendons --- Page 222 ---
T'entrée de nos ports aux fcélérats qui veulent porter le
&c le feu dans nOS villes & dans n0S campagnes;' hé
fons de bouches à feu nos forts & nos vaifleaux; que
remparts de baionnettes repouffent de nos côtes ces mno
tres deftructeurs : mais oppofons-leur fur - tout, citoyer
l'égide la plus redourable, la feule arme invincible, l'un
des hommes libres; fans elle il n'y a ni paix ni falut ps
Saint - Domingue; fans clle cette colonie., naguère fi
riffante, ne fera bientôt qu'un vafte moncezu d'oflemens &
eendres.
5 Citoyens patriotes 5 amis de l'ordre & du bien publ
rallioz- vous auprès des mandataires de la République
des pouvoirs conftitués; formez autour d'eux un faifce
de vos' coours comme de vOs armes, & vous ferez inv
cibles, & vous triompherez de tous vos ennemis.
22 Pour nous, inébranlables à notre pofte , nous jur
d'y'mourir pour la défenfe des lois & des autorités na
nales, pour la* confervation des propriétés &c pour
maintien de-la paix intéricure. Faites tous le même
ment, citoyens; ilfera le cri de la victoire, il fera l'arrêt
mort de quiconque oferoit nous artaquer.
3> Aux Cayes, le premier juillet 1793, l'an deuxième d
République.
>> Le commiffaire civil, 8igné, OF. DEIPEC
Harty 3 commandant proviicire de la province
Sud; Watiez, comnandant militaire aux Cayes, Bi
venut, commandant par interim de la frégate PAprée
de la fation des Cayes; Mouchet, commandant en C
de la garde nationale; Gendiilot, commandant enl fecc
de la garde nationale; Delaval, maire; Chalviré, Rén
rais, Defclaus, Fain, Gavanon, Braquehais, offici
municipaux; Lamdureux, fonéchal; B. Billard, Cupido
norables; 3' B. Duplanté, procureur de la commune 5
Cmfbul,fout@itegnfite,
Je communique la pièce aux colons. Il ne s'agit do
plus, d'aprèsla leoture despibces qu6 T 1a1 citéeshicr & aujo
Chalviré, Rén
rais, Defclaus, Fain, Gavanon, Braquehais, offici
municipaux; Lamdureux, fonéchal; B. Billard, Cupido
norables; 3' B. Duplanté, procureur de la commune 5
Cmfbul,fout@itegnfite,
Je communique la pièce aux colons. Il ne s'agit do
plus, d'aprèsla leoture despibces qu6 T 1a1 citéeshicr & aujo --- Page 223 ---
, que de prouver que l'ordre de rcpouffer des barimens
s des ports de SaineDomingue, no concerncit que les
hens fortis avec Galbaud. J'oiprauré, loriqu'il s'elt agi
difcullion far lincendie du Cap, que tous ies made- la République, égarés par Galbaud, jen excepte
ndant Féquipage de PAmerica, que tous ces mateluts,
jie, font deicendus à main armée pour attaquer la
les commiffaires civils, &.'s'emparer de leur per-
.Cest badirhens 80 leséquipages avcient pris dansla rade
une attitude hoftile contre les autorirés déléguées
ces
E
République 5
bàrimens s'étoient embolles inr
lle par les ordres du générai Galbaud. Je vous ai
vé que les équipages dirigés par Galbaud avoient enles vivres du magafin &li pondre de l'arfenal. Certes,
reuves de rebellion contre lautoricé nationale fufiipour faire repouffer du pays les hommes qui s'en
nt rendus coupnbles 5 c'eft ia raifon pour Inquells nous
procluné la défenfe auix commandans militaires de
cevoir dans les ports. Si on eûc reçu cette Hotte dans
prts, qui pouvoit répondre que les mêmes hommes
les avoient infurgés n'atroient pas marché vers la ville
Layes & du Porbau-Prince, n'y auroient pas renouvelé
mêmes crimes que ceux gui avoient enlanglanté le
s hommes de couleur étoient en force. à
étoient
Saine-Mare,
en majorité aux Cayes, ils étoient fir un
refpectable 5 f la fotte étcit venue les attaqner, c'en
fait de la Rotte 5 c'eft la raifon pour laquelle nous
S défendu de recevoir dans aucun des ports de la
ie des hommes qui étoient defcendus à main armée
attaquer les commiffaizes civils au Cap.
lomas Miller a dit : Il ef démontré
pour la dede Saint - Domingue, ilfaut des vailfeaux; que, pourqnoi les
piffaires civils qui avoiznt befoin de veilfeaus ponr défendrs
onie, ont-ils ordonné de repoufer les veifeaux ? pourquoi
nz-ils forcés à aller à la Nouvelle - Angleterre P
ii, les colonies orit befoin de vaiffeaux pour les dée; mais eiles ont befoin de vaiffeaux amis; les Ifles
caifes ont befoin de vaifleaux amis, foumis aux au-
faut des vailfeaux; que, pourqnoi les
piffaires civils qui avoiznt befoin de veilfeaus ponr défendrs
onie, ont-ils ordonné de repoufer les veifeaux ? pourquoi
nz-ils forcés à aller à la Nouvelle - Angleterre P
ii, les colonies orit befoin de vaiffeaux pour les dée; mais eiles ont befoin de vaiffeaux amis; les Ifles
caifes ont befoin de vaifleaux amis, foumis aux au- --- Page 224 ---
torités de li République, &c non des vaifleaux enne
eiles n'ont pas baicin de vaifeaux qui vieznent s'enb
devant ies villes de. la cclonie, & dont les equipages
cendentà main armée pour attaquer les commitlaires C
pour s'emparer des delégués de la République. Je dis
cef que les vaiffeaux qui étoient dans la rade du Cap
toien: poin deflinés à défendre la colonic pendant lagi
Lat merica feule devoit reiter; les deux autres devoien
compagner le convoi en France; il n'étoit donc point
les mefures du confcii exécurif, & par fuite dans celle
commiffhires civils, de garder à Saint-Domingueles vaif
ie Jupiter & l'Eole, quand mhême ces vailleaux eullen
dans ics intérêts de la République.
On dit que le mouvement infurrcétionnel qui a eu
dansla rade du Cap, n'étoit pas un mouvement cont
aux intérêts de la France & de la République ; certe
ne vous a été que uop prouvé par ce qui a précéd
fuivi l'incendie du Cap , par l'enlevement des muni
de guerre & de bouche,, qu'il y avoit un complor t
contre les intérêts de la France. Mais quand ce con
n'auroit pas exifté, à quel figne les autcrités conftitt
les commiflaires pouvoient - ils reconnoitre les amis G
France & de la République : C'eit ians doute par
foumifion aux lois, aux auccrités-conflimnées par la
publique.
Eh bien ! ces hommes 3 ces équipages & les offi
s'étoient conflitués en révoke contre les autorités délés
par la Republique 3 que nous imporroir le fond de
confcience : ce n'étoit pas à nous à la ferurer. Ils ave
pris les armes pour defcendre au Cap aitaquer les délé
de la République. En falloit - il davanrage pour les re
der comme ennemis, pour les recomnoitre comme
C'elt itl des derniers morifs pourlefquels nous nous fom
déterminés a repouffer des ports de la colonie des hom
qui S érient rendus coupables d'une manière aulli évide
Les cclons ont dit ctie la melure de repoufler des pd
que la- mefure de tirer fur lcs vaifleaux de Ia flotte, a
même, des befoius, , étcit une mefure cruelle que las C
miffaires ne devoicnt pas employer; que plufieurs cito
des derniers morifs pourlefquels nous nous fom
déterminés a repouffer des ports de la colonie des hom
qui S érient rendus coupables d'une manière aulli évide
Les cclons ont dit ctie la melure de repoufler des pd
que la- mefure de tirer fur lcs vaifleaux de Ia flotte, a
même, des befoius, , étcit une mefure cruelle que las C
miffaires ne devoicnt pas employer; que plufieurs cito --- Page 225 ---
22I
nt réfugiés fur la flotte; que s'ils vouloient cux-mêmes
ndre iur une autte partie dela, colonie que la province
Nord ou les rivages du Cap, il hailoit leur permertre
porder. Eh bien ! les commitlaires civils ont lenti la
ité de concilier les vues d'xumané à cec egard-avec
pelures de rigueur. Les commiflaires civils n'onr ree des rades de la. colonie que lcs bâtimens arniés en
, parce que ceux,-la feuls pouvoient favorifer une
nte hoftile. Ils Oilt lgilie l.plus, grande latitude aux
ens non armés, aux navires du commerce qui étoient
palement chargés des réfugiésdela ville du Cap; ceuxavoient aborder.
rnenil: Je demande à Sonthonax quel eft le pofte de
Domingue quiauroit pu empécher la flotte de mouiller
nporrde la colonic.
honax : Le Môle, le Port-au-Prince, les Cayes.
euil: Une preuve que ni leMole,ni lePor-au-Prince,
Cap, ni les Cayes, ni Saint - Louis, n'auroient pu
ther la flotte demouillers c'eft que Sonthonax, n'ayant
ui qu'un vaiffeau de 74 & deux frégatcs, a été bom-.
le Por-au-Prince, & que ia ville a été réduire par
qu'il a fait fur elie. Le Méle n'eft pas plus à T'abri
enlevé HPARaE nommé
propos PE Gibraltar de Saint- Dominguc. Je connois
cette partie - 1 que Sonthonax, moi qui ai été aflez
temps en garnifon dans cctte ville; &, quoigse je
s pas marin je prendrois le Mele avec une frégare de
nons.
mas Millet : Je demande à Sonthonax fi un vaiffean de
peut entrer aux Cayes.
thonax : Je ne fais point fi un vaiffeau de 74 canons
entrer aux Cayes, parce que je n'ai pas dans ce moles cartes qui m'inliqteroient les fondes du porr des
:mais je puis alfurer qu'une frégate pettt entrer dans
des Cayes; je puis aflurer qu'un vailleau de 74pent
er dans la baie des Flamands J à peu de difdes Cayes 5 cette baie eft défendue par une baren treès-bon état, & la ville des Cayes a un fort
rade. La paile de cette rade eft tellement étroite &
es, parce que je n'ai pas dans ce moles cartes qui m'inliqteroient les fondes du porr des
:mais je puis alfurer qu'une frégate pettt entrer dans
des Cayes; je puis aflurer qu'un vailleau de 74pent
er dans la baie des Flamands J à peu de difdes Cayes 5 cette baie eft défendue par une baren treès-bon état, & la ville des Cayes a un fort
rade. La paile de cette rade eft tellement étroite & --- Page 226 ---
femée de refcifs, qu'une batterie, quelque foible a
foit, peurinquiéterles: barimens qui entrent, & les cmp
de mouiller : voili pour la rade des Cayes.
Quant à colie du Mole,f quelqn'en a appclé cette
1: Gibraltar de Saint- Domingue, > ce font les colons;i
toujours dirque je V'avois laiffe prendre
un bâti
de 5o canons. Aujourd'hui ils difcnt ruiLien emparer
avec une frégaite de 360 canons.Iisont diqu'ily avoit 24
tiers de 18 pouces.
Verneuil: De 12 .
Sonthonax :De 12, & des pibcesdei 18 & de 24.
Vemauil:lln'y enajamais eu de 18; mais cent & que
piccesde canons de 24.
Sonzhonaw : Toutes les batteries font croifées; les
Scations font l:smcilleures du nouveau monde après
de la Havane; une flotte de 5o voiles, tant vaiffeaux qu
gates, ne prendroit pas ie Méle.
Quant. au Port-auPrinca, il eft vrai que dans l'érat
étcit lorfque nous l'avons alliege, il étcit acceflible de
les côtés, Parce que le fert Liler, qui fe trouve au 1
dé la rade, n'étoit pas réparé. Il Ya été depuis; al
pouvoit tenir, fur-tour loriqu'il n'étoit point attaqu
une armée de terre. Il étoi impoflible qu'une armée
cendit dans les environs du Port-au-Prince, foit au
menut, foit du côré de fArcahaye, -parce que ces en
étcient défondus par des raffemblemens fuffifans d'hos
libres, tous bien unis, & qui avoient intérêt de repe
Icsincendinires & lesaflafins.
Verneril: Je ne répondrai pas à Sonthonnx; il a
comme u hoinme quin'a nulle connoilance de cettep
là. Il'eft vrai qu'il y a auMele 124 pièces de 24,
mortiers de 12 pouccs; mais, quand il y en auroit da
tage, la façon dont les batterics font difpofées fait
bâtiment, une frégate de 40 canons, pourroit allerau
de Ja rade fans êrre infulté. C'ef ce, qui oft arrivé
la dernière guerre, ol nous avons vu enlever Far un cand
glais des Aumens qui étcient au mouillage.
à. Il'eft vrai qu'il y a auMele 124 pièces de 24,
mortiers de 12 pouccs; mais, quand il y en auroit da
tage, la façon dont les batterics font difpofées fait
bâtiment, une frégate de 40 canons, pourroit allerau
de Ja rade fans êrre infulté. C'ef ce, qui oft arrivé
la dernière guerre, ol nous avons vu enlever Far un cand
glais des Aumens qui étcient au mouillage. --- Page 227 ---
Sonthonax : TI eft très - pollible qu'un canot
ire au mouillage, il eft pollibie que. l'artillerie enlève un
un canot 5 mais un vailleau de 74 canons, n'atteigne ofire
furface plus étendue, ne réfiftera jamais aux qui
le.
batteries du
horkas Miller : Certe difcuffion ne fait rien à
; il s'agit de difcurer l'intention de cet ogdre, la quefthonax a voulu récufer la validiré,, quoiqu'elle dont
réculable, > puifque l'original a été
à la ne fit
é de Rennes,
depolé
municimunicipaux, que & vilée l'expédirion eft fignée par les ofiFhonax dit
par le comité révolutionnaire.
-il
que l'ordre étoit de Layaux; mais Lavaux
sen pas' aflurer ordonné au nom des commillaires civils : On
s des commifjaires par le civils. texte del'ordre, qui porte : d'après les
a été dit que le devoir du commandant militaire
prendre toutes les mefures nécefiaires
étoit
cente : mais, fi celui - ci vouloit l'empécher, pour empécher il
qu'il mit en baraille fur le rivage la' garnifon & fuf la
fur nationale qui étoit très - nombreufe; &
les vaiffeaux étoit celui qui devoit
l'ordre la de
ion de la ville du, Cap; car, fi, au moment opérer de defnte, lec commandant des forts eût tiré fur les
la
canons de ceux-ci & les canons des frégates vailfeaux,
Foyé la ville & les batteries ,d'autant plus qite auroient ja
principale du Cap, qui eft celle de Farienal, eft batepar les vaiffeaux qui font en rade. Ce qui me dohtage l'intention où étoient les commiflaires prouve
ire la ville du Cap, c'eft
lorfqu'ils civils de
manceuvre ne leuravoir pas réuli, que, ils l'ont Ont fair vu
es Hammes.
denlis
nthonax : Si les habitans n'ont pas, tiré fur la
eft pas du - tout la faute de Galband & de fes ville,
car O11 voit dans le procès - verbal du
adhée tenu à bord du Jupiter, que les ofliciers confeil de la de
ont employé toaté'leur intluence pour
maàt fur la ville. Les complices de Galbaud, empécherqu'on
avoir pu réullir - dans ce deffein, fe tranfpertent défelpérés fur
lis
nthonax : Si les habitans n'ont pas, tiré fur la
eft pas du - tout la faute de Galband & de fes ville,
car O11 voit dans le procès - verbal du
adhée tenu à bord du Jupiter, que les ofliciers confeil de la de
ont employé toaté'leur intluence pour
maàt fur la ville. Les complices de Galbaud, empécherqu'on
avoir pu réullir - dans ce deffein, fe tranfpertent défelpérés fur --- Page 228 ---
les mornes qui dominent la ville, d'oû ils tirent def
pour l'incendier. De l'aveu des colons mêmes, une b
terie, piacée fur l'habiration de la citoyenne Marfan
tiré far la ville.. Les déclararions qui ont été lues pr
vent qu'une autre batterie placée fur le morne de Bon
Poirier a également tiré far le Caps ces deux batteries étoi
fervies par des marins.
Thomas Millet a dit que c'eft notre ordre qui a P
dui: l'incendie & la deftruction de la prefque - totalité
Cap. e
- - e
Thomas Milles : Je n'ai pas dit cela. e
Lc préfdent : Répétoz CC que vous avez dit.
Th. Millet : J'ai dit que je voyois dans cet ordre-l
tention manifefte de détruire le - Cap, parce que fi
ficiet d'arrillerie eût obéi, & quilent tiré furles vaillea
ceux - ci auroient, ripoité, & que plus de cent canons
roient eu bientôd détruit la villes, mais que Polverel
Sonthonax, voyant leur coup manqué < de ce côté, avoient
incendier le Cap.
Sonthonax : Comment voulez - vous que cet ordre C
tienne l'intention de détruire la ville, puifgu'i ne rege
que les vaiffeaux de la. rade, & qu'il eft limité au cas
la rade tireroit fur la villezc'efle cas d'ene jufte défer
Vous étes les agrefleurs; falloit-il que le commandant
liraire: reftat les bras croifés, & vous vit tranquillam
venir égorger les, commiffaires civils 8 les troupes de li
qui les environnoient 2 Lorfque les vaiffeaux tirent fu
viile ou menacent de tirer, n'eft-ce pas le cas de rip
ter? n'ef-ce pas le' cas d'une jufte de légitime défen
c'eit celui oà fe trouvoit le général Lavaux, & qui
timoit Fordre qu'il a donné.In'y a rien à répliquer ràce
je viensde dire.
Thomas Millet : Sile commandant d'artillerie avoit eul
prudence de tirer lorfque les marins font defcendus,
l'ordre porre pofitivement en cas de mouverrent de defcer
fi à cette époque Tofficier d'arillerie cût obei, & qu'il
mis le feu aux vailfeaux comne loporce Vordre,l en
& qui
timoit Fordre qu'il a donné.In'y a rien à répliquer ràce
je viensde dire.
Thomas Millet : Sile commandant d'artillerie avoit eul
prudence de tirer lorfque les marins font defcendus,
l'ordre porre pofitivement en cas de mouverrent de defcer
fi à cette époque Tofficier d'arillerie cût obei, & qu'il
mis le feu aux vailfeaux comne loporce Vordre,l en --- Page 229 ---
falté que les propriétaires de deux cents navires qui éteient.
rla rade, qui concouroient de tous leurs moyens en France
fuccès de l'érablillement de- l'ordre, auroient éré punis
Saint-Domingue par la perte dé leurs propriétés, de ce
S matelots s'étoien: infurgés. Certes, ce n'étoit pas par que la
fruction du refte des propriétés commerciales qu'il talloit
pouller Tinfurredtion; ce n'étoit pas en détruifant les
ifleaux de l'Etat qu'il falloit arrèter l'infurredtion des
arins ; il y. avoir un autre moyen, je l'ai déja dit : il y
oit une garde nationale rres-nombreule, des troupes de
ne, les hommes en grand nombre dont vous vous éiiez
vironnés; & certes, 6 cette foule d'hommes s'étoit trouvée
le rivage avec des-atmes & du canon, lorfque les marins
voulu defcendre, ils n'auroient pas pu aborder; au conire, vous les avez lailfé faire : il ne s'eft pas trouvé fur
rivage un feul homme pour leur réfifter, & lorfqu'ils
ht entrés dans la ville, pour les. exafpérer davantage, pour
rter leur animadverfion au plus haut degré, vous avez
blié une proclamation dans laquelle vous deftituez les
iciers généranx dans lefquels ils avoient confiance! Ehlvous
tiez bien que c'éroit par ce moyen que vous exciteriez leur
te contre vous, parce que vous les avez outrés par toutes
tes d'excès.
Sonthonax : Ce n'eft pas fur des bafes hyporhétiques que
établi ma défenfe &c celle de Lavaux par rapport à
rdre dont il eft queftion 5 il ne s'agit pas de ce que cot
Hre auroit pu produire, il s'agit de l'ordre en lui-meme.
brdre dit : f les bâtimens tirent fur larade, vous ripoferer.
commifion jugera s'il eft légitime de ripofter à des faclieux
viennent à main-armée. Thomas Millet dit que nous
rions dû faire porter la garde nationale fur le rivage :
'auroit fait la garde naticnale? qu'anroient fait les troupes
ligne, furl les bords de la mer, pour s'oppofer à la defcente?
auroient tiré fur les marins arrivans dans des chaloupes:
ft alors que l'affaire, engagée fur les bords de la mer, auroccafionné le feu de la rade & des forts: c'eft juftement
ns le cas où nous euflions mis des gens armés fur le rige, que nous aurions fait maffacrer les uns par les autres
matelots & les troupes de ligne fur le bord de la mer par
Tome VIII, Seixante-quintème liyraifon.
Q
?
auroient tiré fur les marins arrivans dans des chaloupes:
ft alors que l'affaire, engagée fur les bords de la mer, auroccafionné le feu de la rade & des forts: c'eft juftement
ns le cas où nous euflions mis des gens armés fur le rige, que nous aurions fait maffacrer les uns par les autres
matelots & les troupes de ligne fur le bord de la mer par
Tome VIII, Seixante-quintème liyraifon.
Q --- Page 230 ---
le feu de la rade. D'ailleurs, veut-on nous faire un crim
de ce que trop de fécurité nous a animés dans cette circont
tance? veut-on nous faire un crime de ce que nous avonslong
temps douré de la fcélérateffe de ceux quinous ont arraqué
à main-armée? nous étons tellement tranquilles, que nou
n'avions pas même un pierrier à nos portes : nous avon
été attaqués à coups de canon & par le feu de la mout
queterie, a peine avions - nous cinquante hommes autou
de nous. Sitôt que nous avons été -
a
e
Lepréfident : Ce font des détails fur l'affaire du Cap.
Sonthonax : Alors je m'en réfère à tout ce que j'ai d
précédemment fur l'ordre du général Lavaux.
Verneuil : Je demande qu'on produife fur le bureau l'ord
par lequel la pièce de dix-huit qui a été placée fur le Morne
a tire à boulets rouges fur la ville du Cap.
Sonthonax: Sij'avois donné cet ordre, je le procuirois; ma
vous avez avoué que vous aviez placé de l'arullerie fur u
Morne pour tirer fur la ville. Que cette artillerie ait tiré
boulets rouges ou froids, il no s'enfuit pas moins que VoL
avez joué à. renverfer la vilie & que vous y avez contribué
il ne s'enfuit pas moins que vous avez attaqué à main- arme
lcs autorités conftituées: vous ne vous laverez jamais de C
crime.
Duny : Il eft faux qu'on ait établi deux batteries por
barre la ville, mais il eft vrai qu'on a monté une pièce
côté de la poudrière fur le Morne Bonne-Poitier; voilin d
la poudrière. Cette pièce a été commandée par Miftral, ca
pitaine de la gabarre la Normande ; il eft à Paris; il a fa
fa déclatation; vous êtes à même de l'enrendre. 1l eft d
toute fauffeté que d'aucun point Ja population blanche, for
les ordres de Galbaud, ait tiré fur la ville. Un canon n
été établi fur le Morne Poirier que pour proréger pendar vili
trois jours la retraite des femmes, des enfans de la
qui n'avoient pu fe fauver avec allez de célerité; & le ca
piiaine de la Normande, qui a commandé cette piece, vou
dira qu'elle étoit fur le Morne, & vous inftruiza fur C
fait.
aucun point Ja population blanche, for
les ordres de Galbaud, ait tiré fur la ville. Un canon n
été établi fur le Morne Poirier que pour proréger pendar vili
trois jours la retraite des femmes, des enfans de la
qui n'avoient pu fe fauver avec allez de célerité; & le ca
piiaine de la Normande, qui a commandé cette piece, vou
dira qu'elle étoit fur le Morne, & vous inftruiza fur C
fait. --- Page 231 ---
Verneuil : A cette époque le feu avoit été mis par-tout
par les nègres.
Sonthonax : Vous ne manquerez pas d'excufes, pour dégnifer vos intentions dans les opérations
vous avez faites
lors de la defcente des matelots dans la Alte du Cap; mais
in'en refte pas moins prouvé, par la pièce que je vous ai
lue, foit par la déclaration des colons,, quil y avoit une
batterie fur le Morne commandant la ville, batterie qui a
tiré for la ville.
Brulley : Je demande que Sonthonax fe ferve du mot canon
& non batecrie, car il n'y avoit pas de batterie, & tout le
monde fait quil Y. a une grande différence entre un cânon
& une batterie. D'ailleurs, on n'a jamais tiré fur la ville,
mais furle quai pour écarter les nègres guivenolentmaiicrer
les femmes & les enfans : jamais on n'a tiré fur la ville.
Fondeviolle : J'obferve que Sonthonax à ce fujet a ordonné
une vifire par la commillion intérnédiaire, & labbé de ia
Haie, cure du Dondon, pour vérifier fi l'on avoit tiré fur
le gouvernement à boulets rouges; qu'ils fe font traniportés
à l'ancienne comédie qui étoit brélée : on a trouvé là des
boulets qu'on a prétendu tirés de la rade; on a enyoyéchercher
Artaud, propriétaire de ja maifon, qui a déclaré que ces
boulets lui fervoient à fairele tonnerre 3 & ila fallu l'aflertion
de Fontaine, direéteur & acteur, pour ne pas le mettre dans
le procès-verbal; mais il a été prouvé que jamais la rade
n'avoit tiré.
Sonthonax : Janais je n'ai accufé la rade d'aroir tiré, car
dans ma relation officielle à la Convention nationale, je ne
parle que de la batterie placée fur le Morne de T'habitation
Marfan; il eft vrai quejai fait faire des vifites pour conftater
f la bombe avoit tiré fur la ville; il a été vérifié qu'on ne
trouvoit ni éclats de bombe ni traces de bombardement, &
ceres,jen'accule point les colons , Ou ceux qui ont defcendu
à terre, d'avoir bombardé, mais je déclare qu'ils ont tiré à
boulets rouges, car ily, a des traces de ce délit trouvées dans
des maifons bâries en bois.
Q 2
quejai fait faire des vifites pour conftater
f la bombe avoit tiré fur la ville; il a été vérifié qu'on ne
trouvoit ni éclats de bombe ni traces de bombardement, &
ceres,jen'accule point les colons , Ou ceux qui ont defcendu
à terre, d'avoir bombardé, mais je déclare qu'ils ont tiré à
boulets rouges, car ily, a des traces de ce délit trouvées dans
des maifons bâries en bois.
Q 2 --- Page 232 ---
Verneuil : Je demande à Sonthonax d'oà partoient le
bombes.
Le préfident : Il n'a pas dit des bonbes.
Sonthonas : Je viens de dire que. je ne croyois pas qu
I'on eût bombardé; je déclare qu'on n'a point trouvé d
traces de bombes, mais feulement de boulets rouges : de
boulets reftés dans les folives de quelques maifons de bei
indiquoient que les boulets avoicnt été rougis, car ilsavoien
mis le feu.
Verneuil : Je prie Sonthonax de vouloir bien me dire pa
quel moyen il peut diftinguer li ces boulets ont été rougi
ou non, > comment après la recherche on a pu vérifier C
fait.
Sonthonax: Quand une maifon eft intaéte & qu'on trouve
un boulet dans une folive, que ce boulet a entiammé cette
folive, il eft impoffible de nier que ce boulet n'ait été rougi
Lorfqu'on a tiré à baulets rouges fur IAmérica, un boule
a frappé le pied du màt; eh bien! ce boulet, érant refte
daps le bois, avoit mis le feu au.j mat, &lon a été oblige
de l'éteindre : quelquefois le boulet s'éteint en entrant" dans
le bois, mais le noirci qui relle autour prouve que le bouler
a été rougi. Au refte, je m'en rapporte au procès-verbal
que l'on trouvera dans les pièces.
Le préfident : Palle à un autre objet.
Thomas Millet : Sonthonax a dit que l'ordre donné dé
repouffer les vaiffeaux ne regardoit que ceux fortis avec
Galbaud, & nous avons prouvé que cet ordre a été exécuré
ptelasivement à VAfrée qui venoit des Cayes; il a dit que
Amirica n'a pas éré foumis à cet ordre, > parce que ce
vaiffeau, dont laquipage étoit refté fidele à la République
& aux commillaires civils, ne pouvoit pas être compris dans
cet ordre; il a dit enfin que IAmérica étoir alle en croifiète,
mais il ne vous a pas dit que de cette croifère il n'étoir
pas renrré & qu'il étoit parti pour France : nous ne favons
pas, puifqu'il n'elt pas rentré, ( fon morif n'étoit pas la
crainte de n'êre pas reçu dans le port..
idele à la République
& aux commillaires civils, ne pouvoit pas être compris dans
cet ordre; il a dit enfin que IAmérica étoir alle en croifiète,
mais il ne vous a pas dit que de cette croifère il n'étoir
pas renrré & qu'il étoit parti pour France : nous ne favons
pas, puifqu'il n'elt pas rentré, ( fon morif n'étoit pas la
crainte de n'êre pas reçu dans le port.. --- Page 233 ---
Yernsail : Il a 6:é chargé de porter T'argent de Sonnonax . . : . :
e .
Sonchonax : Je demande la purole'Je prie la commificn"
fe faire repréfenter les journaux du vailleau YAmerica &
s aétes de dépôt de l'argent ou des denrées qu'on dit que
ai mis à fon bord. Je me fotimets à lapreuve teflimoniale
es officiers de Y'érat-major : qu'on leur demande s'il y avoit
bord de PAmérica des denrées ou de Vargent; je déclare
ue là-deffus je me foumets à la preuve teftimnoniale, aux
éclarations des officiers de VAmérica, quoique ce bâtiment
pit parti fans ordre pour les Etats-Unis.
Thomas Millet : Je reviens au fond de la queftion. Je dis
u'il eft bien conftaté que la proclamation a été notifiée-à
frégate LAfrée : qu'il eft bien conftaté qu'on ignore fi
lie eût été notifite au vailfeau YAmerica, Euifqu'après fa
ortie pour aller en croilière, il eft parri pour France &
on pas pour les Etats-Unis.
Sonthonas : Ilefparti pour les Erats-Unis, car ila mouillé
ans les rades des Erats-Unis.
Thomas Millet : Je défie cent mille Sonthonax de prouver
e fait; il n'eft pas vrai.
Sonthonax : Co fniteft indifférent en lui-mème, quand je
e-le prosverois pas; on ne pouvoit pas notifier un pareil
ordre à VAmdrica, puilque le vaiffean VAmérica étoit refté
ians les rades de la colonie. Thomas Miller dit qu'il eft
prouvé que la frégate Valirde a reçu Tordre de s'éloigner
les
de la colonie; Thomas Millet a prouvé ce fait
IvEC Ar pièce fallifiée qu'il a produite hier; il étoit bien nécelfaire à ceux qui ont fabriqué In pièce (car il fe trouve
an fauffaire entre les colons & le contre-amiral Cercey),
1 étoit nécefftire, dis rje; de trouver, de foppoler des
crimes aux cotmilleires civilspour couvrirletr défobdifance.
Ce ne fcra pas far des allégations que je feraijugé, - puifque
ai produit le regifre, la pièce imprimées il ne peut plus
cefter de doute à cet égard.
Thomas Ifillet : Je remarque que Sonthonas a ia liberté
Tome FIII, Soixante c-gaingieme Eyraifon.
Q 3
1 étoit nécefftire, dis rje; de trouver, de foppoler des
crimes aux cotmilleires civilspour couvrirletr défobdifance.
Ce ne fcra pas far des allégations que je feraijugé, - puifque
ai produit le regifre, la pièce imprimées il ne peut plus
cefter de doute à cet égard.
Thomas Ifillet : Je remarque que Sonthonas a ia liberté
Tome FIII, Soixante c-gaingieme Eyraifon.
Q 3 --- Page 234 ---
de nous appeler fauffaires, tandis qu'il eft bien
lei & sous ceux qui nous entendent , que s'il y convaino a eu
fanffaires c'eft entre Cercey 8z, Bauzé, c'eft-à-dire,
homme de confiince de Sonthonax.
Savar
Le préfilent : Ce qui concerne ler matériel de la
été traité hier - . e
pièce
Sonthonax : Si Savary a été fauflaire, apportez l'ord
de'Savary notifé à Bauzé; tant que vous ne me le moitrer
pas figné de Savery, je ne puis accufer que CCUX qui fo
porteurs ou fabricateurs de la pièce que vouS avez produi
Le préfident : Ie matériel de la pièce a étd difcuré hic
Thomas Millet: Sonthonax vous a cirél'ordre de
cet ordre confiftoit à repoufer les vailleaux; cet Delpech ordre
abfurde en lui - même > car ce n'étoit pas avec la fréga
PARrée, des vaiffeaux que Delpech de
avoic aux Cayes, qu'il eûr pu repoull
lois
74 canons, s'ils aveient pu aborder. Je - d
que
par extraordinaire il en monilleun, (8 je
yu qu'un depuis trente ans que je navigue.) il mouille n'en
la rade de Liftel, hors de la portée du canon
da
il ya une batteric quin'a que des canons de des I2, Cayes, & C
certes, n'edt pas réfifté aux canousde 36. Enfin, fc réfumant qui
Senthonax vous 2 dit, en demniète analyfe, que cer ordr
ne regardoit çue les vaifleaux partis avec le général
& quelle étoit donc linAuence de Galbaud fur ces bâtimens Galbatid
qu'ile alioit les livrer', dit la proclamation, auis Anglais, au:
E/pagmois? Maisrous les capiraines .des navires de FEtat&
marchands étoient donc fes complises : e
Sonthonax : A-peu-près.
Thomas Millet : Ces capitaines éroient donc d'accord
aller livrer leurs propriérés àlEfpagnol & à l'Anglais? Vous pour
conviendrez qu'ily a là une abfurdité
fourenable.
Il ef démontré, par tout ce que vous quin'eftpas a dic
toures
les pièces produites de part & d'autre, Sonthonax, que Galbaud par
n'étoit pas fur la Botre;.quil eft Parri lelendemain du
de la Botre, prifonnier, comme Sonshenax l'a
départ à
bord du vaifféau du contre-amiral Cambis : or, quelie prouvé, étoit
donc l'inluence de Galbaud, prifonnier far le Jepiter, &
que vous quin'eftpas a dic
toures
les pièces produites de part & d'autre, Sonthonax, que Galbaud par
n'étoit pas fur la Botre;.quil eft Parri lelendemain du
de la Botre, prifonnier, comme Sonshenax l'a
départ à
bord du vaifféau du contre-amiral Cambis : or, quelie prouvé, étoit
donc l'inluence de Galbaud, prifonnier far le Jepiter, & --- Page 235 ---
qui n'étoit pas fnr la Aotte., pour aller livrer la fotte aux
pnnemis, &: cela devant l'ille de Saine-Domingue :
Sonthonas : D'abord, je n'ai pas' dit toits les
HRes vaiffeaux marchands; cecreablurdité ne
capitaines
par la tère; j'ai dit feulement que beaucoup m'eftjamais pailée
a marine étoient les complices de Galbaud, & d'ofliciors je le
de
les pièces que j'ai fournies à la commillion ,
répète:
es archives, la meteront à même de
qui font dans
harge &c à décharge. J'obferve fur juger, car elles font à
Miliet,
ce qu'a dit Thomas
toir fur que la Galband n'étoit pas fur la Rorte; ; j'obferve qu'il
Aorte le Hlotte, car il étoit fixr le Jupiter qui a rejoint
25 juin. La Hotte eft fortie de la rade le
Jupiter lar rejointe le 2x. L'ordre donné de repouffer 24, de
colanie les vailleaux armés en guerre emmenés
Palbaud, eft du 24 juin, & alors nous ne favions
par
Falbaud n'éroit pas parti le 24; nous n'avons
le pas que
e le 25, par la letre que nous a écrire le pu favoir
ambis en partand : fi donc notre ordre eft contre-amiral du
ons pu étre induits en erreur fans manvaife intenrion, 24, nous
pporr au général Galbaud, pulque ce n'eft
25 par
bus avons été infruirs qu'il étoit fur' le vailleau que-le le
que
non fir T'iole. D'ailleurs, cet ordre regarde encore Jupiter moins
alband que les équipages des vaiffeaux entrainés dans la
volte, abfurde dont ils'étoir rendu coupablels il
ux qui étoient defcendus à main armée au regardoit
taquerles autorités nationales,. &
Cap
S autres ports de la colonie
qui pouvoient aller TEnE
u imporre
pour en faire autant : ainfi,
que matériellement la. perfoune de
r les vaiffeaux de la flotte
le
Galbaud fit
Jupiter parci le
partis 24, ou fulemnent far
25 >. puilque l'ordre regarde en général
birimens qui étoient en révole; ilnes s'enfuit
eles commiffaires civils ne duffent prendre toutes pas les moins
ucions pour préferver les autres villes de la colonie du préla ville du Cap.
fort
Thomas Millet : La commiflion fe fera rendre compte par
contre-amiral Cercey, parle contre-amiral Cambis,
hriime fux que Sonthonax vient encere d'avancer. dun
te elt partia le 24, le Jupiter le 2s. Iparoitra abfurde La
imens qui étoient en révole; ilnes s'enfuit
eles commiffaires civils ne duffent prendre toutes pas les moins
ucions pour préferver les autres villes de la colonie du préla ville du Cap.
fort
Thomas Millet : La commiflion fe fera rendre compte par
contre-amiral Cercey, parle contre-amiral Cambis,
hriime fux que Sonthonax vient encere d'avancer. dun
te elt partia le 24, le Jupiter le 2s. Iparoitra abfurde La --- Page 236 ---
2;2
d'abotd à tous ceux qui sy connoifent, que des vaiffedu
& une Aorte qui ont vingt-quatre heures d'avance de march
fur d'autres, puiflent être joints dans une journée par u
autre vaiffeau, & celà fur-tout dans une journée d'apps
reillage; mais il eft certain que le Jupiter a rejoint la fot
le dixième ou onzième jour de la navigation, qu'il n'a ét
reconnu que par les fignaux, & qu'il n'a pas navigué ave
elle. La commifion en verra la preuve dans les journau
du contre-amiral Cercey.
Sonthonax : Je fuppofe. ces faits vrais 8 prouwés; qu'efte
que cela faital'ordre donné pour repouffer les bàtimens arme
qui fe préfenteroient dans la rade du Cap? Il y a un fa
prouvé, c'eft que les équipages de la fotte ont étéen révolto
celt qu'ils ont atraqué les cotumiffaires civils, c'eft qu'i
ont incendié & pillé ia ville du Cap s d'ou il fuit qu
c'érotent des motifs légitimes, pour que les commiffaire
civils s'alluraflent de la fidélité des troupes qui étoient dar
les autres rades; & qu'ils ropouffaffent les matelots qui, fou
les ordres de Galband & autres > avoient commis tous l
crimes dansla ville du Cap.
Th. Millet : Sonthonax a dit que le vaiffeau le Jupiter
- faifoit pas partie de la fation qui devoit être confervée pou
la protedlion des cêtes de Ssin-Domingue, & qu'il devo
être au contraire du convoi; e que celui qui devoit refle
dans la rade de Saint-] Domingue étoit le vaiffcau VAmérit
Je demande fi-Sontionax lui-même, cent fois dans ladi
cuffion, n'a pas donné au contre-amiral Cambis le titre G
lui appartenoit de commandant de la ftarion; & file vaifiea
le Jupiter n'étoit pas monté par le contre-amiral Cambis
Si donc le vaifleau le Jupiter étoit fous les ordres du contre
amiral Cambis, comamandant de la fation > le vaiffeau
Jupiter faifoit donc partie de.ja ftation qui devoit rentrer
Saint-Domingue?
"Sonthonax : Jene nie pas que le contre-amiral Cambisn
fit commandant-de la fation mais la, farion n'étoit pa
bornée au vailleau le Jupiter: 1 y. avoit des frégares & de
corvettes qui devoient arriver de Frauce', pour former ceit
flation 2vEc lz vailleau YAmériga 8c la frégare VAfrée.
vaiffeau
Jupiter faifoit donc partie de.ja ftation qui devoit rentrer
Saint-Domingue?
"Sonthonax : Jene nie pas que le contre-amiral Cambisn
fit commandant-de la fation mais la, farion n'étoit pa
bornée au vailleau le Jupiter: 1 y. avoit des frégares & de
corvettes qui devoient arriver de Frauce', pour former ceit
flation 2vEc lz vailleau YAmériga 8c la frégare VAfrée. --- Page 237 ---
Th. Millee : Il en réfulte toujours que le vaiffeau le Jupiter
oit de la flation.
Brulley : Neuvième chef: Nous les accufons d'avoir préré la conquête de la colonie aux ernemis de la France, &
avoir livré aux Anglais la ville-du Pore- - au - Prince, , avec
ys les bàtim.ns du cemmerce français quis'y trouvoient. Le
emier article que je clafle fous ce chefell celui-ci: Ils ont
porté arbitrairement Oil forcé de fuir ou fait maffacrer les
ancais défenfeurs naturels de la colonie. Dans les débars
térieurs on vous a prouvé avec quelle facilité Polverel &
nthonax fe font livrés aux déportations arbitraires; vous
ez vu avec quelle affeétation ceux des colons Français les
As énergiques ont été éloignés de la colonie, par le faic
ces mêmes déportations. Vous avez vu que les militaires
bus de France qui s'étoient confacrés à la défenfe de la
onie depuis le commencement des troubles, ont été coisdans ces mêies déportations; vous avez vu des militaires
régiment ci-devant d'Arrois > de celui de Normandie >
Provence & de la garde nationale du Port-au-Prince 3
S avez vu que Sonthenax a mis hors de la loi ces mêmes
nmes qui, en formant] le cordon del I'Oueft, avoient préfervé
polonie d'une deftruétion totale. II eft donc bien
les débats antérieurs, que Sonthonax &c Polverel prouvé ont
tout ce qu'ils ont pu pourpriver la' colonie des moyens de
Enfe, qu'e elle deroigniturellsnent trouver dansles hommes
plus intéreliès à fa confervation. Delà vient que nous
ns dit qu'ils s'éroient attachés à priver la colonie des
Ingais, de fes défenfeurs natuiels; certes, perfonne ne
aque celui qui eft propriétaire, qui arrofe de fes fueurs
terre qui eff fécondée pour. fes avantages, & cèux- de la'
que celui-Ià, dis-je, ne foit le plus intéreflé à décolonie contre fes ennemis
E
extérieurs, à défendre la
pnie conire les troubles & les dévaftations inrérieures.
verei & Sonthonax on: donc privé la colonie de fes dé
eurs naturels; ils ont donc concouru, de la manière la.
eflicace 2 à fon envaiiflement par Ter nemi extérieur,
ux progrès de défaftres cauf-s par les ennemis inrétieurs;
tret , obferrez que les Eipagnols & les Anglais n'ont
mencé à fe rendiè maires dos ports de Saine-Domingse,
les troubles & les dévaftations inrérieures.
verei & Sonthonax on: donc privé la colonie de fes dé
eurs naturels; ils ont donc concouru, de la manière la.
eflicace 2 à fon envaiiflement par Ter nemi extérieur,
ux progrès de défaftres cauf-s par les ennemis inrétieurs;
tret , obferrez que les Eipagnols & les Anglais n'ont
mencé à fe rendiè maires dos ports de Saine-Domingse, --- Page 238 ---
qu'immédiatemen: après ces déportations, quf'iamédiatem
après lesi mailacres de la plus grande partie des blan
quimmédinremens après que la colonie s'eft vue privée
ces mêmes défenfeurs qui, pendant quatre ans, avoient lu
la confervation des colonies. Qui eft-ce qui a li
les pour por: ions les plus imporrantes de la colonie ? Cerres,
ne font pas les hommes qui avoient toujours concour
fa défenfe jufqu'ici; ce ne font pas ces mêmes colons
Polverel & Sonihonax n'ont ceflé de qualifier de factier
ce ne font pas ces hommes qui étoient reconnus dan
colonie pour être dévoués à la France., & toutes les allé
tions à cet égard font démenties par des faits authentiq
Entre autres preuves , je vais vous en citer qui vont V
convaincre que ces mêmes hommes de couleur que Sontho
ne ceffe de vous peindre comme des parriotes, comme
amis de la République,. n'ont celle de fonger à livrer
Anglais &aux Efpagnols les portions de Saint - Domin
confiées- a leur autorité par Sonthonax: ; je parcours rap
ment les côtes de la colonie 5 je vous remets fous les
les ports livrés à l'ennémi, & tous, ou prefque tous,
été pat des hommes de couleur. Qui elt-ce qui a livr
fort Dauphin 2 c'eft Caudy, lI'homme de couleur qui a
choit les yeux des blancs avec des tire-bouchons, COR
vous l'avez vu dans les précédens débats : Qui a livré Sa
Marc & toute fa dépendance : Qui eft-ce qui a traité F
feulement avec les
mais avec
cet objet, non
homme de Anglais, coaleur, maire &
Efpaznols : c'eft Savary,
C
miniftrateur, commandant de ces quartiers, agent de
thonax. Savary, après avoir livré Saint-Marc aux Angl
a été pour traiter avec les Efpagnols; les Elpagnols fe
emparés de lui, & lon envoyé aux Mines où it eft V
femblablement encore.
Le préfident : Ceci paroit étranger à la difcuffion
tuelle.
Brulley : Je rentre ici dans le premier article; nous
accufons d'avoir préparé la conquête de Saint-Domingue
ennemis dela France.
Lepréftent : Je t'obferves citoyen, que tu ne trajtoispa
a été pour traiter avec les Efpagnols; les Elpagnols fe
emparés de lui, & lon envoyé aux Mines où it eft V
femblablement encore.
Le préfident : Ceci paroit étranger à la difcuffion
tuelle.
Brulley : Je rentre ici dans le premier article; nous
accufons d'avoir préparé la conquête de Saint-Domingue
ennemis dela France.
Lepréftent : Je t'obferves citoyen, que tu ne trajtoispa --- Page 239 ---
efen général, mais feulement T'article
ils ont déporté arbintairement,
premier qui porte, 9
aflacrer les Français, défenfeurs contraint de fuir ou fair
naturels de la colonie.
Bralley colonie : Je prouve que ce font les défenfeurs naturels
que l'on a chaffés.
de
Ze préfident : Alors tenez-vous en là, & ne
préfent de ceux qui ont livré la colonie.
parlez pas
écédens Bruley: : La déportarion des habitans a été
débats; on n'a pas befoin
prouvée
les
n : mais nous nous. propofons d'y de donner plus Eidie
Ficle poilétieur, de
démontrer dans un
tels ils ont confié le prouver que ces mêmhes hommes auxréla colonie.
commandement, font ceux qui ont
Le deuxième article eft ainfi
municipaliteés.on les commandans conçu : Ils ont empèché
tes en état d: defenfe. Il exifte dans militaires ne milfent fO
uellement dans les
nos archives, qui font
Porv-au-Prince vôtres, une lettre de la
qui nous a été adreffée à municipalité
alley, qui nous a éré envoyée
nous, Page &
buve que fur la réquifition qu'ils oficiellement. avoient faite Cette lettre
nr miliraire de mettre le Portau-Prince & les au commanétat de défenfe, . .
.
autres forts
Le prefident:) Produifezla pièce que vous indiquez.
Bral'ey : C'eft une pièce officielle que vous
archives de la commiflion des
trouvez dans
S davanrage fur cet article colonies;, je ne m'étendrai
lièrement Polverel.
> parce qu'il regarde parti;
Lepréfident : Quel eft le numéro de l'inventaire & la date
liafle. Bruley:Jene me les rappelle pas; demnain nous montrerons ?
Th. Millet : Le troifième article porte : Ils ont tenu
gnation, & éloigné les forces maritimes de la
tout en e
itile de revenir fur les débats antérieurs. France. Il eft
r proclamation qui défendoit à tous les Vous avez vu
marine de fortir du port fans leur
commandans de
fet a éré de tenir ies forces mariimes permiflion > & dont
les empêcher de remplir leur
en fagaation &
miffion,qui étoit de prctéger --- Page 240 ---
le commerce > & de difliper les ennemis extérieurs. Vo
avez vu encore celle du 24 juin, qui ordonnoit de repoul
des ports de la colonie, les vaiffeaux armés en guerre; il
donc réfulté de ces deux aétes publics de Sonthonax, 9
d'une part les commiflaires civils ont tenu en flagnation
forces capables de combattre T'ennemi, & de l'autre p
qu'ils ont éloigné de la colonie les forces deftinées à repouf
les ennemis qui viendroient attaquerSaint-Domingue.
La féance eft levée.
a Ic regiftre des
eff ngné, J. Pi. GARRA
FoucHE res Nantes), Jecrétaire ; MERLING
Eesi. DABRAY, F. LANTHENAS, MOLLEVAUT.
Du
en flagnation
forces capables de combattre T'ennemi, & de l'autre p
qu'ils ont éloigné de la colonie les forces deftinées à repouf
les ennemis qui viendroient attaquerSaint-Domingue.
La féance eft levée.
a Ic regiftre des
eff ngné, J. Pi. GARRA
FoucHE res Nantes), Jecrétaire ; MERLING
Eesi. DABRAY, F. LANTHENAS, MOLLEVAUT.
Du --- Page 241 ---
Du 8 Thermidor, l'an troifème de la République françaife,
une & indivifible.
LA rédaction des débats de la veille eft lue & adoprée.
Brulley : Le quatrième arricle eft ainfi conçu : cc Ils
crit à Geneft, miniftre aux Eta's Unis, d'y retcnir ont les
orces navales 3 & les colons refugiés de
ui demandoient à venir défendre cette colonie. Saint-Deningue >>
preuve.
Voici la
(II lit.)
es commiffaires de la République 3 a Genef, miniAre
potentiaire de la Républaque frangaife pres les Etats-Unis plénid'Amerigiass
ec La défection de la marine eft complerre : le vaiffeau
America , les frégares LART e & LInconfa anre, l'avilo
Edition ont pris Ja même route que Galband; ils font lExoute actucliement dans vos poris. Les batimens
fans.
roifent far nos côres 5 notre cabotage eft
anginis
kgitifs de Saint-Domingue deviennent La prois intercepté des
; les
nnemis > & tout feroir défefpéré pour les
corfaires
otre inébrenlable fermeré.
Européens fans
> Le feul parti à prendre dans des circonftances aufi
kciles, étoit de donner un grand exemple de juftice
dif
it en proclamant les droits de lhomme dans.la 3 jel l'ai
uNord. J'astends de grands cfces de cette mefire, province 6a
urs, quels qie foientles
onne
d'cilfafr la gloire d'avoir fait ewinemonsfiurs, tourner au profic de pourra Fas me
Rtafrophé dout je n'ai pas été
Phamataéune
33 Vous pouvey dipofer de la caufe. marine en
tla pourra co.venir le mieux aux int rêts défersion, de Lat R ainfgus
Dus ne la réclamons
elle nous afait trop de prtigue, mal, eile
geuc plas nous TAtL La Convention nationale doi; fire
Tome VIII. Soixante-feiième liyraifon.
R
fiurs, tourner au profic de pourra Fas me
Rtafrophé dout je n'ai pas été
Phamataéune
33 Vous pouvey dipofer de la caufe. marine en
tla pourra co.venir le mieux aux int rêts défersion, de Lat R ainfgus
Dus ne la réclamons
elle nous afait trop de prtigue, mal, eile
geuc plas nous TAtL La Convention nationale doi; fire
Tome VIII. Soixante-feiième liyraifon.
R --- Page 242 ---
une grande juftice des chefs qui ont fi indignement trahi 1
caufe & les principes. 3
Signé, SONTHONAX.
>5 P. 8. J'attends avec impatience des nouvelles de l'élar
giffement de Polverel fils.
> Ci-joint trente exemplaires de ma proclamation du 2
août.>
Cette pièce eft extraite du Courrier de la France & defe
Colcnies,
Duny : Elle fera paraphée
nous & dépofée.
Sonthonax : J'obferve que Jlitu un journal fait & imprim
à la Nouvelle-Angleterre 3 dont les colons ont reconnu lau
teur comie un royalifte 2 un ennemi de la République fran
çaife; aucune foi ne peut être ajoutée aux écrits tranfmi
par un pareil homme.
Bralley : Je demande alors que la lettre foit vérifiée fu
l'original, qui eft dans les regiftres de Sonthonax.
Sonthonax : Je ne nie pas la lettre , & je ne crois pa
qu'elle puifle m'inculper 5 d'ailleurs, quand je répondrai
on vérifiera.
Lc préfident à Brulley : Continue.
Bruiley : Cette lettre eft du 6 feptembre -1793 5 à cett
époque les Anglais menaçoient férieufemenr les cêtes d
& la preuve S c'eft que c'eftle 19 feptem
bre qu'ils fe
rendus maitres de Jérémie. La lettre ef
SOTE
du 6 feptembre > & c'eit le 19 qu'avec un vaifleau de 5
canons ils fe préfentèrent devant le Môle. Ainfi donc Son
thonax, comme nous l'avons articulé, comme je viens d
le prouver par fa lettre, écrivoit à Geneft qu'il n'avoit nu
beloin de forces 5 & dans le même moment un vaiffeai
feul s'empare de la place la plus importante de Saint-Do
mingue > & dans ce moment les Angiais avec deux frégate
s'emparoient de Jérémie. Il convient lui-même que tout k
cabotage étoit intercepté. Il convient que le défaur de bâti
mens de guerre mettoit la colonie dansle plus grand danger
& cependant il n'en veut pas. Il dit que c'eft parce quil
font en défertion; mais, on ne
pas oublier que quand
on lui a dit que la zizanie'e enrre esr hommes de couleur &
les marins pouvoir devenirfuncfte à la colonie, ila répondi
paroient de Jérémie. Il convient lui-même que tout k
cabotage étoit intercepté. Il convient que le défaur de bâti
mens de guerre mettoit la colonie dansle plus grand danger
& cependant il n'en veut pas. Il dit que c'eft parce quil
font en défertion; mais, on ne
pas oublier que quand
on lui a dit que la zizanie'e enrre esr hommes de couleur &
les marins pouvoir devenirfuncfte à la colonie, ila répondi --- Page 243 ---
que quand de on pouvoit armer 400 mille hommes d'un
coup humeur fifler, On n'avoit rien à craindre de la
feul
des marins.
mauvaife
Sonthonax : Je n'ai jamais dit un inot de cela.
Bruliey : Cependant il eft conftant
ce
entre les hommes de couleur & les marins que font les guerres
la caraftrophe du Cap, qui ont
de qui ont améné
les forces navales, &
éloigné Sain:-I
ont
qui
Domingue
de cette colonie
les ennemis préparé la prife d'une partie
17 feptembre slit ont paru à exrérieurs > puifque ceft le
Cet article porte encore
jérémie, & le 19 au Môle.
les colons réfugiés de venir qu'ils défendre oni prie la Geneft d'empécher
colonie
prouver 3 ciroyens > que les colons de
; il faur vous
point, celfé de demander à Gencft, miniftre Saint-Domingne de
n'ont
aux Erars-Unis, de les
la République
les renvoyer avec les forces navales à
Saine-Domingue, Geneft de retourner que à
colons n'ont pas ceffé d'offrir à
Anglais. Déjà l'on vous Saint-Domingue a luici
pour repouffèr les
Je vous lirai quelques fragmens plufieurs des lettres lettres à ce fujet,
fugiés à Philadeiphie qui nous ont éré
des colons rément, & qui fonc dépofées aux archives. adreffées officielleGeneft d'avoir envoyé l'efcadre pour fe croifer Ils reprochent à
Pierre &
fur
feaux
Miquelon, 9 précifément dans le temps ot les Saintanglais 2 en bien plus pétit nombre que ceux
vaifDominguc > fe rendoient maitres de Jérémie & du de Saintajouient : Vous étiez maitres des
Môle. Ils
& c'eft nous que vous accufez ! Vous évènemens eufliez & des foices,
Môle & Jérémie contre l'oppreflion des
pd protéger le
Domingue & les attaques des Anglais, & délégués à Saintvous acculez ! Vous eufliez pû rétablir les colons c'eft nous
Domingue fur leurs foyers, à l'abri des
de "alie
ont fait fuir, 2 & c'eft toujours nous meurtres qui les en
Voici ce que les colons écrivent à Geneft que vous ils accufez ! 0
d'infifter par leur corréfpondance
:
n'ont ceffé
centre les Anglais
pour qu'on les
forces
> pour qu'on déployàr
envoyât
que Geneft avoit aux
& il contr'eux les
taté que c'éroit la correfpondance Erats-Unis; de
eft bien confGeneft en erreur > ce
Sonthonax quia induit
pas d'accoid enfemble, qui, , en fuppofant qu'ils ne
na
> a du moins été la caufe
faflent
pas obrempéré à la demande qui lai étoit Alte Geneft
d'aller
R. 2
les
forces
> pour qu'on déployàr
envoyât
que Geneft avoit aux
& il contr'eux les
taté que c'éroit la correfpondance Erats-Unis; de
eft bien confGeneft en erreur > ce
Sonthonax quia induit
pas d'accoid enfemble, qui, , en fuppofant qu'ils ne
na
> a du moins été la caufe
faflent
pas obrempéré à la demande qui lai étoit Alte Geneft
d'aller
R. 2 --- Page 244 ---
au fecours de la colonie. Geneft ts'eft refufé
à permettre aux colons de s'embarquer & d'aller non-feulement à
Douingue, mais encore ila envoyé l'efcadre croifer 'Saint
Sant-Pierre & Miquelon, tandis que les Anglais devant
devant Ssint-Domingue.
croifoient
Le préfident : Il faudroit indiquer la date & les
des pièces que tu viens de citer.
fignatures
Brulley : C'eft déjà dit dars les débats -
tiré de la correfpondance des colons,
Ceci eft
pofé dans les archives de la commiflion s dont des l'original colonies. eft déLe préfident : Voulez-vous bien citerla.page des
pour qu'on puille vérifier?
débats,
Brulley : Fage 54 de Tanalyfe des pièces adreffées
plus de dix mille familles réfugiées aux Erats-Unisde
par
aux
l'Amétique,
commillàires de Saint-Domingue.
Th. Miliet : J'ajouterai à ce que vient de dire
que Sonthonax a produit aux débats une proclamation Brulley, dans
laquelle ila inféré tout au long une lettre de. Geneft. Cette
lettre de Geneft contenoit cette expreflion : je
avec
tile, activité & perfevérance notre plen, &
Juiyrai les
colonies de loin > & c'elt à cette époque qu'au Je protégerai licu de
rendre aux inftances des colons qui demandoient en foule fe à
revenir à Saint-Domingte pour le défendre contre l'invalion
des Anglais, il envoie les vaiffeaux fur les rochers des
petites iles de Saint-Pierre & Miquelon à l'embouchure du
Beuve Saint-Laurent. C'eft dans une pièce produite par
thonax lui-même que Geneft rend compte à Sonthonax Son- de
la prétendue émigration de Galbaud au Canada, &
finir par les exprcifions que je viens de citer.
qu'il
Bralley : Cette expreflion, notre plan
avoit un plan convenu entre Pciverel,
prouve &
Leréfultar de ce
Senthidhtos
eft
OMZ
plan que les forces furent
croifer fur Miquelon, pendant que les Anglais envoyées pour
de Saine-Domingue. J'invire la commiflion à s'emparoient
noillance de la correfpondance des colens; elle prendre convériré de ce que je viens d'articaler, c'eft-à-dire y. verra la
ceffe de demander d'aller au fecours de Saint-Domingue, qu'ils n'ont de
drmander qu'on y envoyêr les colons pour
les
forces de l'érat.
augmenter
Le préfiden: : Indiquez d'une manière
le
méro d'inventaire.
plus précile nu-
à s'emparoient
noillance de la correfpondance des colens; elle prendre convériré de ce que je viens d'articaler, c'eft-à-dire y. verra la
ceffe de demander d'aller au fecours de Saint-Domingue, qu'ils n'ont de
drmander qu'on y envoyêr les colons pour
les
forces de l'érat.
augmenter
Le préfiden: : Indiquez d'une manière
le
méro d'inventaire.
plus précile nu- --- Page 245 ---
ve. Brulley : Demain je remettrai la liafe fur le bureau. Le
article eft ainfi conçu : ce Ils ont fait marcher leurs
kellires contre le Mole & Jérémie, au mement
fapi les Anglais fe préfentoient pour contramdre les juftement
A les appeler à leur fecours. >> Neus citcrons habirans à
per égard, la correfpondance des colons réfugiés encore à Phila- 3
Helphie; ce font eux qui nous ont inftruits de
He ce qui fe palloit à
Je
Philadelphie
67 de Tanalyle des pièces Saint-Domingue.
trouve à la page
envoyées à la commiffion
lonies : c Nous apprenons à l'infant que les
des COcivils ayant réfolu la deftruétion des blancs,
commiffaires
le Môle & Jérémie avec 30 mille hommes. faifoient attaquer
elft
Quand l'ennemi
préfenté , Jérémie étoit épuifé, & à ja veille d'être de
pouveau artaqué lorfque les Anglais s'en font emparés. >>
Signé, Bareau de Narcé , précdents Clauflon 5
Chotard, ainé, , Jecrétaires.
Vous voyez par cet exrrait de lettre que les colons nous
pandent qu'ils avoient irérativement demandé à
aller défendre la colonie. Voici encore ce que les Geneft colons
crivent page 69. <6 Les habitans . a
e 22
Mollevaut : De. quelle date :
Brulley: IO novembre 1793.
(Illit:)
Exerait de Iz corre/pondance des coloas de Philadelphic 6 de
New-Yorck,
wLes habirans de Saint-Domingue réfugiés dans le
hent, ceux qui ont toujours été fidelesà la République, Contincore, far cette terre libre, s éprouvé les
ont
aires pour rendre compte à la France de difficultés la
ordiette colonie, > de leur polition individuelle.
fituation de
3) Ils fe font affemblés en dépit des ennemis de la
ui les pourfuivent par-tout. Le miniftre
France
les confuls s'étayeront des rapports calomnieux pléniporentiaire des
&
aires civils de Saine-Demingue; ils ont négligé les commif
e cette colonie, que les patriores auroient pu
intérêts
vec. les forces navales rendues dans le
reconquérir
rai qu'il ett fallu marcher la loi à la main, Continents, & nous s'il eft
lus pour nous que celle qui ordonne ia réfiftance n'aurons à
lopR $
les confuls s'étayeront des rapports calomnieux pléniporentiaire des
&
aires civils de Saine-Demingue; ils ont négligé les commif
e cette colonie, que les patriores auroient pu
intérêts
vec. les forces navales rendues dans le
reconquérir
rai qu'il ett fallu marcher la loi à la main, Continents, & nous s'il eft
lus pour nous que celle qui ordonne ia réfiftance n'aurons à
lopR $ --- Page 246 ---
preffion 3 mais, les troupes elles-mêmes 2 efclaves de leur
ferment, eullent été fort embarraflées de favoir à qui obéir;
elles ont frémi mille fois des ordres qu'on leur donnoit.
>5 Toutes ces forces retenues dans le Continent ont été
nulles pour la République, tandis qu'une poignée d'ennemis,
un vailleau de 5o canons & deux frégates fe font enparés
du Méle & de Jérémie.
>> La France devoit compter (ur les patriotes de SaintDomingue, ceux la l'euffent fauvée ; c'eit bien pourquoi le
gouvernemen:, , & piutieurs repréfentans de la nation, sy
font toujours oppoies. Ceux-la ont trahi la'France, & perdu
Saint-Dotningue,
> Les puillances coalifées contre la République n'ont pas
eu de plus zélés coperateurs que tous ceux qui ont été à la
tête du gouvernement de Saint-Domingue,
du
35 On dira à là. i'ranre qu'on s'eft oppofé à la loi
avril. On men ira : touj: urs on lui en a impofé. évène-
>> Vouloir prem turer fur la furface de la terre un
ment que le temps teul peur amener > que des progrès inéroyables de phulofopnie peuvent feuls opérer, c'eft violer le
droit des nations; 5 c'eft le projet d'une bande d'affaflins
vendus au crime, perfonnifié dans Polverel, Sonthonax &
Delpech. 55
Voici ce qu'ils écrivent du 26 novembre 1793, 1 page 71
c Faute d'occalion, notre paquet & la préfente font reftés
jufqu'ace jour; enfin, ce que nous craignions, ce que nous
avons prévu eft arrivé. Le miniftre Geneft a trahi la France
en éloignant les forces fupérieures qui étoient àla dilpofition , au moment même auquel les Anglais fe font emparés du Môle & de Jérémie. Il a refuté aux colons les
moyens d'inftruire ia France par eux-mèmes, & il fe difpote à faire parrir pour la France la députation que Sonthonax envoie fous le itre de dépurés à la Convention nationale, fans égard aux décrets qui les rappellent, 8cc. 3)
Vons voyez, cicoyens, par cette correipondance, par ces
lettres qui ifont en original dans VOS archives, que les colons
avoient prévu ce qui eft arrivé, & qu'ils n'avcient ccffé de
demander des fecours pour conferver Saint Porningue à in
France. Vous voyez que les époques auxquelles Polverel &
thonax envoie fous le itre de dépurés à la Convention nationale, fans égard aux décrets qui les rappellent, 8cc. 3)
Vons voyez, cicoyens, par cette correipondance, par ces
lettres qui ifont en original dans VOS archives, que les colons
avoient prévu ce qui eft arrivé, & qu'ils n'avcient ccffé de
demander des fecours pour conferver Saint Porningue à in
France. Vous voyez que les époques auxquelles Polverel & --- Page 247 ---
Bonthonax ori fit marcher des forces contre le Mole
érémie, coincident parfaitement
&
glais artaquérent ces places, &c vous avecl'épogue voyez
oit les AnEu raifon de rédiger ainfi le
que nous avcns
leurs farellitcs contre le Môle V.article: & Jérémie, ells ont fait marcher
moment où les Anglais fe préfentoient
précifément au
habitans à les appeler à leur fecours. 3> pour contraindre les
Ils Senac.: Le VI. article du neuvième chef eft
Fainr-Domingue, ont fair prendre par les Anglais tous les caboteurs ainfi conçu: de
Pout
ainfi que la frégate françaife
a
ion de prouver cet article, il fuffira de vous
Tinconflante.
toutes les forces françaifes à
rappeler la fagnauffira de rappeler la lettre qui vient Saint-Domingue de
3 il
Ecrite par Sonthonax au miniftre
vous ètre luc 2
annonce que. le cabotage eft intercepté, Geneft, Je > dans laquelle il
émoignnges le rapport des marins dans
joindrai à ces
ordre a été donné à tous les capitaines lequel ils difent
mnonter les gouvernails des
& de caboteurs les
de 3uc
leurs frais au magafin de bauimens,
faire porter
prouvé,
l'érat; ce fait eft fufifamment
Vernail des Sonthonax caboteurs. a Ils donné l'ordre de démonter le gouErat, il n'a
protégé le ontlaiffé en-flagnation les forces de
pnr été pris. E frégate
caborage, & tous les caboteurs
rale qualy eût à
VInconfante étoit la feule force naS des autres vaiffeaux St-Domingte de
le départ de T'America
au-Prince un bateau
guerre,
du
RtEa
chargé de farine,
expédia Pore
du Petit-Trou, compofs d'hommes de deftiné pour le çamp
muarcher àJérémie. Les Anglais, à cette couleur, qui devoient
lies côtes de St. Domingue ; il ft efcorter épeque, le
étoient fur
gate VInconfante, & les Anglais qui furent bateau par la frépédiion, s'emparérent de la feule frégate prévenus de l'exDomingue: : c'eft un fait attefté &
le qu'il y. eût à St.-
& par ditlérentes pièces que Sonthonax par rapport des marins,
le tapport des marins.
ne niera pas. Voici
(II lit.)
Repport de le conduize de Sonthonax, par des marins
bordelais.
c La frégate VInconfante gênoit
projers des commillaitess ils lawfirent vraifemblablemenr prendre
les
par l'ennemi
R 4
Domingue: : c'eft un fait attefté &
le qu'il y. eût à St.-
& par ditlérentes pièces que Sonthonax par rapport des marins,
le tapport des marins.
ne niera pas. Voici
(II lit.)
Repport de le conduize de Sonthonax, par des marins
bordelais.
c La frégate VInconfante gênoit
projers des commillaitess ils lawfirent vraifemblablemenr prendre
les
par l'ennemi
R 4 --- Page 248 ---
en Penvoyant convoyer, au Petit-Trou, un bateau
de treure barils de ferine; million qu'une goëlerte charg auroi
Iemple avec berucoup, pius d'avantage. Cette frégate fu
prile par les Angiais, qui étoient avertis de cette million.
Le prefident : ia dare?
Senac : TL n'y en a pas.
Sonthonax: Jobl-rve, fur le matéricl de la
ne
préfone aucun caractère officiel ni
pièce, qu'ell
authenrique ; c'eft ur
cerrifi. at donné probabiement en France ou à la Nouvelle
Anglererre, je Jer vois par les fignnrures. Ces hommes ne fon
poin: oliciers de la m rine de ln République ; je ne fais
même shils font officiers du commerce. Aucunc eipèce
teftation ne certitie ces fignatures: : ces déclarations ne fon
poinr faites pardevant les autorités conftiruées érablies à la
Nonvelle-anglatere, elles ne fonr point faires pardevant les
au:ocirés conibrnées de ia Républiqué en France.
Senac : J'o fervé, fur ce que vient de dire Sonthonax
que les deux perionnes dont ile eft
mé Dejean, & l'aurre Sicart, queftion, > font, l'un nomcapitaines bordelais,
pourra faire entendre quand on voudra; lun commandoit qu'on
un bâtiment marchand, nommé le Bien-Aimé, au
Prince lors de ia prife de cette villes & Sonthonax Port-au- le
arrèter
fit
& conduire en prifon, parce qu'il n'avoir
voulu
donner fon or. Sicart elt le lieutenant d'un bâtiment pas commande par Duprar Sonthonax le connoît bien; il eftà Bordeaux, ainfi que Dejean.
Le préfident : La commiflion ordonne qu'elle fera
phéc & dépofée en la forme ordinaire.
paraSonthonax : D'oh il fuit que c'eft u1 certificat combiné en
France entre les déclarans & les colons.
Senac : Cela n'a point été combiné; on fera entendre les
témoins, Gi I'on veut.
Bralley : Le feprième article eft ainfi conçu : cc Ils ont ordonné le défarmement des Français, & ont fubftirué leurs
affidés à des fonctionnaires publics, recommandables
leur patriotifme. >> Avant d'examiner quel fucle but du délar- par
mement des Français, il faut confater que Ce défacmement
a eu lieu. D'abord, je vois une proclamarion de 21 avril
1793, fignée Sonthonax & Polverel, par laquelle il eft défendu à aucun ciroyen faifan: parrie de la garde nationale,
armement des Français, & ont fubftirué leurs
affidés à des fonctionnaires publics, recommandables
leur patriotifme. >> Avant d'examiner quel fucle but du délar- par
mement des Français, il faut confater que Ce défacmement
a eu lieu. D'abord, je vois une proclamarion de 21 avril
1793, fignée Sonthonax & Polverel, par laquelle il eft défendu à aucun ciroyen faifan: parrie de la garde nationale, --- Page 249 ---
roir chez eux au- delà des munitions néceflaires pour
plir leurs gibernes; il eft défendu d'avoir ni poudre, ni
es, ni canons, ni pierriers 5 tout doit être remis au man de l'état pour être employé d'après les ordres de Pol-
& Sonthonax.
On dira peut- - être qu'on laiffcit aux citovens quelques
yens de défenfe; mais ily a une autre preuve du defarnent général e c'eft une proclamation de Sonthonax feul,
27 février 1794.
Il la lit.)
roclamation de Sonthonax, 3 du 27 février 1794, an III.
Le 15 novembre dernier nous avons donné l'ordre de
armement de la garde nationale du Port- Républicain: :
ordre contenoit une autorifation donnée au commandant
la province pour reftituer les armes a tous ceux qui feent reconnus dignes de s'en fervir pour défendre la caufe
la liberté & de l'égalité.
Un très-perit nombre de citoyens s'eft préfenté pour les
lamer, & les armes ont été diftribuées, foit à la légion de
galité, foit aux volontaires nationaux; de manière que la
tie la plus eflentielle du peuple de Saint-Domingue, celle
a plus d'intérèt au fuccès de la révolution, fe trouve
ourd'hui former la force publique de Saint - Domingue,
IS les ordres des commiffaires civils.
> Cet ordre de chotes a déplu d'abord, foit aux Européns
niplantés dans la colonie, foit aux créoles eux - mèmes,
as diftinétion de couleur. Mais l'arrivée des Anglaisa chanentièrement la difpofition des efprits : les habitans du
It- Républicain n'ont vu dans les armées du tyran de la
ande - Bretagne que-nos ennemis naturels; tous fe font
inis pour les repoufler. La rade a donné l'exemple , & les
aves marins de l'érat & du commerce attendent dans nos
tis l'inftant de fe fignaler; tous font difpofés à broler les
thes cargaifons dont la conduite en Europe leur cft contice.
à donner ainfi un grand exempie de patriorifme > pluse
te de livrer aix ennemis de la République des moyens
iffans de lui faire la guerre.
> Le moment eft arrive ou tous les habitans de Saint-Doingue, fans dilingion-d'ént & de couleur, font appelés a
l'érat & du commerce attendent dans nos
tis l'inftant de fe fignaler; tous font difpofés à broler les
thes cargaifons dont la conduite en Europe leur cft contice.
à donner ainfi un grand exempie de patriorifme > pluse
te de livrer aix ennemis de la République des moyens
iffans de lui faire la guerre.
> Le moment eft arrive ou tous les habitans de Saint-Doingue, fans dilingion-d'ént & de couleur, font appelés a --- Page 250 ---
défenire, pour leur propre intérêt, la caufe de
& de la liberté. Le voile épais du préjugé, qui fafcinoi T'huma
yeux des Africains dans la lervitude, eft enfin tombé ;
clave s'eft mefuré avec fes maitres, il a vu qu'ils éroient
hommes plus foibles que lui; ilne retombera jamais dans
ancien aviliffement. Malheur aux infenfés
au triomphe des principes de philanthropie quis'oppoler & de lib
univerfelle qui germent & fe propagent parmi les natio
Les gouvernemens en delire auront beau vouloir
les abus atroces qui font des Antilles un repaire de confe tous
crimes de l'Eurpe, leur éelatante punition fera l'effroi
contemporains, & fervira d'exemple à la
53 Déja les cclomnies que Thorrible foif poftérité. de l'or enfan
contre nous rouchent à leur fin 5 déja la
truite de nos fuccès, a proclamé la liberté générale métropole des
gres dans toutes lespoffciions coloniales.
3) Déja peuc-êrre un Aficain 'de la députation du N
de Sain-Pomingue, fans 2utre recommandation que fon
fens & fes vertus, a Ihonneur de préfider en ce moment
Convention nationale de France.
>) Dans ces circonitances, nous avons ordonné & ordo
nons ce qui fit:
A R TI IC L E P R E M I E R.
7, Le colonel Desfourneaix eft autorifé à recruter le qu
rante-huitième régiment parmi les citoyens de bonne volor
qui fe préfenteront avec un fulil pour fervir la
eontre fes enneinis, pendant l'efpace d'un an. Républiqg
I I.
:3 La lifte des recrues nous fera préfentée avant leur
tation de ferment, pour, ceux qui y feront infcrits, pre
admis ou rejetés, fuivant les
êt
rendus par les chefs militaires. témoignages qui nous fero
III
>2 Les officiers du quatrième régiment, à défaut de cei
du quarante-huinième, commanderont les nouvelles compa
gnics, qui, en aucun cas, ne pourront s'élever au delà d
deux cents hommes.
:3 La lifte des recrues nous fera préfentée avant leur
tation de ferment, pour, ceux qui y feront infcrits, pre
admis ou rejetés, fuivant les
êt
rendus par les chefs militaires. témoignages qui nous fero
III
>2 Les officiers du quatrième régiment, à défaut de cei
du quarante-huinième, commanderont les nouvelles compa
gnics, qui, en aucun cas, ne pourront s'élever au delà d
deux cents hommes. --- Page 251 ---
I V.
Ces compagnies feront organifées dans le plus bref déelles préteront ferment entre nos mains, & en préfence
a légion de l'Egalité & des volontaires nationaux, de
adre jufqu'à la mort la liberté des Africains à Saintingue. La préfente proclamation fera imprimée, publiée &
hée par-tout où befoin fera, enregiftrée à la commillion
médiaire, aux municipalités & tribunaux de l'Ouef &
Vord de Saint- Domingue.
Requérons le gouverneur par interim des Illes-fous-lede tenir la main à fon exécution.
Aul Porc-Républicuin, le 27 février 1794, l'in troifième
République.
32 Signé, SONTHONAX.
Par le commillaire civil de la République.
Signé, GAULT, fecrécaire-adjoint de la commifion.
ous voyez que par cette proclamation Sonthonax a fait
aveux bien précieux. Le premier, c'eft que le I5 novem1794, il avoit ordonné le défarmement de toute la garde
onale du Port-l Républicain; ; le fecond, c'eft que les armes
ient été diftribuées à la légion de.l'Egalité : cette légion
de ma-
- compolée d'Africains & 4hommes de couleur;
e que la partie la plus effentielle, la plus attachée à la
olution, fe trouve compofer la force armée de Saint-Dogue ; ce font (es expreflions. Il appelle le peuple de St.-
mingue ceux que, dans le cours de la même proclama1, il appelle des Afticains. Dedeux chofes lune; ou ce
ps.éroit compolé d'Africains ou de Français; s'ils font
ichins, ils ne font pas Françaiss s'ils font le Peuple fran5, ils ne font pas des Africains. Le ferment qu'il fait prèenfui:e eft illufoire, parce qu'il eft inutile de faire jurer à
Français de raaintenir la liberté d'autres Français; tous
Fendoient la même caufe, & ils n'avoient pas befoin de
s'écartercit de la loi. Le
ter un ferment qu'autant qu'on fes déclaurarions ordinaires.
te de la proclamation contient
erreur les habitans de
ais il annonçoit, pour induire en
int-Domingue , que la Convention étoit préfidée par un le
ricain de la partie du Nord. Jc laille à ia commilien
à
Français de raaintenir la liberté d'autres Français; tous
Fendoient la même caufe, & ils n'avoient pas befoin de
s'écartercit de la loi. Le
ter un ferment qu'autant qu'on fes déclaurarions ordinaires.
te de la proclamation contient
erreur les habitans de
ais il annonçoit, pour induire en
int-Domingue , que la Convention étoit préfidée par un le
ricain de la partie du Nord. Jc laille à ia commilien --- Page 252 ---
foin de juger quel effet devoir
une proclamarion, lorfque jamais produire la cette affertion
n'a été préfidée par un
cela Convention natio
tivement qu'à entretenir Africain: de
ne devoit tendre e
veaux défordres; cela ne pouvoit nouveaux tendre troubles & de I
velles querelles entre les blancs & les Africains. qu'à exciter der
Sonthonax: : Je prie le citôyen
a dans la
Bruliey de citer
pièce, > peut-être.
jufte;
Brulley : Le mérite de la citation fera
pièce a été lue. On verra qu'effechivement jugé, puifqu
défarmer les blancs Français
Sonthonax a
qui formoient la légion de lEgalirés pour armer les nègres Aftica
vons accufé par T'article que je traite c'eft : de ce dont nous
ftirué leurs affidés à ceux qui étoient en plus, Il ils ont f
riérd publique que partout les
place. eft de no
mandant militaire, ont été dennées places, far-rout celle du co
& de Sonthonax, tous hommes de couleur. aux affidés de Polve
qu'on voir prmcipalement figurer font,
Les homn
Savary, Lapointe, Candy,
Pinchina, , Beauva
tial Befle. Voilà touS les hommes Labuilfonnière, Rigaud, M
donné la préférence tur les blanes; voilà auxquels les Sonthonax
commiffaires des
civils ont placés ; voilà ceux à hommes qui ila que
commandemens militaires. Qu'en eft-il
don
ces hommes à qui Sonthenax avoir
réfulté? c'eftg
leur fervice ne leur avoit pas méritées, donné des places q
n'avoient jamais fervi; il en eft réfulté puifque la plup
trahi la Frauce, & que quinze lieues que de ces hommeso
vrées per CCS mémes hommes aux
côtes ont éré
à J'exception du Môle & deJérémie. Anglais & aux E(pagnol
eft fous les yeux du comité de falut La
de ces fai
affurés qu'un repréfentant du peupie public, EET nous fomm
pièce.
lui-même a remis cei
commillion Lc préfident : Tl faudroir indiquer ces pièces, afin
puife les chercher, liclle le
que
Th. Millet: Ces pièces font contenues trouve dans convenable
d'un offici.r envoyé à
un mémoir
barado. Cer officier a Saine-Derningne été conduit au comité par le miniftre Dal
par le repréfenrant du peuple Litté,
de falut publi
Sothonax : Son nom ?
F'erneuil: Saint-Laurent
a remis cei
commillion Lc préfident : Tl faudroir indiquer ces pièces, afin
puife les chercher, liclle le
que
Th. Millet: Ces pièces font contenues trouve dans convenable
d'un offici.r envoyé à
un mémoir
barado. Cer officier a Saine-Derningne été conduit au comité par le miniftre Dal
par le repréfenrant du peuple Litté,
de falut publi
Sothonax : Son nom ?
F'erneuil: Saint-Laurent --- Page 253 ---
. Millet : Cet officier a remis toutes les
gue vient d'annoncer.
pièces que mQn
ernzzil: Entr'autres une proclamation de
ve ce qu'on vient de lire.
Rigaud, qui
rulley : Ily a plufieurs proclamations de Rigaud;
eurs déclarations de Rigaud, qu'ii a remifes au ilya
les pièces, les mémoires, les états des différcns comité;
oupes, , qui conftatent l'étar où fe trouvoient les corps
Domingte, erel & Sonthonax. qui conftarent la conduite qu'y ont troupes tenue
Il a fouvent invoqué le
bldats; ; le moyen d'avoir ce témoignage eft ici: témoignnge
éde falur public * quiles a fous les yeux. Je il eft au
les places. . . 0
difois donc
Aathonax: Je prie la commiflion de vouloir bien
tre devant les yeux toutes les pièces venant de fe faire
ingue, & qui accufent les commifaires civils. Saintelley: fidés-là, Vous y trouveiez fur-tour des pièces contre tous
vré la colonie des' pièces qui conftaten: que ce font eux
aux Anglais & aux E(pagnols; qui
pièces, je vais vous en citer une qu: ne vous entre
plus pecit doute fur un des affidés le
laiffera
rel & de Senthonax, > Lapointe. Cet plus homme incime de
emps le factotum de la commillion civile : cn
a été
ar lui; il étcit, m'a-t-en dit, décoré d'un cordon ne juroit
hédaille. Cet homme fe promenoit
avec
avefti à-peu-près des mêmes pouvairs par-tout, étoit paronax. Vous allez voir la conduite
que Polverel &
nte, & vous jugerez par-là la conduire qu'a tenue des ce même
Millet : Il faur obferver que ce méme
autres.
mmandoir les troupes quifont venues Lapointe eftccluf
nce.
attaquer le Portthonax: : Le fait eft faux.
ac: C'eft lui qui s'eft préfenté pour m'arrêter
hsd'Orléans.
avec les
iley: : Il agiffoit au nom des commiffaires
gent.
civils, il étoir
chonax : Je demande' qu'on dépofe fur le
irs donnés à Lapointe.
bureau les
:c: Niez-vous que Lapointe ait été décoré du
r, qu'il fe foit promené au
ruban
rét tout le monde avec cette Port-an-Prince, décuration?
& qu'iy
lui qui s'eft préfenté pour m'arrêter
hsd'Orléans.
avec les
iley: : Il agiffoit au nom des commiffaires
gent.
civils, il étoir
chonax : Je demande' qu'on dépofe fur le
irs donnés à Lapointe.
bureau les
:c: Niez-vous que Lapointe ait été décoré du
r, qu'il fe foit promené au
ruban
rét tout le monde avec cette Port-an-Prince, décuration?
& qu'iy --- Page 254 ---
25o
Sonthonax : Je nie que je lui aie donné le pouvoir de
ce ruban, & je nie même qu'il en ait étéjamais porté à S
Domingue pendant quejy étois.
:
Scnac: : Lapointe avoit le ruban lorfqu'il eft venu m'arr
j'indiquerai ici cinquante perfonnes qui l'ont vu comme
Brulley : C'eft un fait de notoriété publique.
Sénac : Il eftinconcevable que Sonthonax le nie.
Sonthonax : Il eft inconcevable que vous le fouteniez
cet, homme ne pouvoir
de décoration qu'en vertu
ordre des commiflaires SCRECT Il falloit un diplôme, un b
ou une commillion quelconque; produifez-les.
Sénac : Je net puis produire l'ordre, maisil eft conftan
Lapointe portoir le ruban:a apparemment qu'il en avoit la
million, & il ne pouvoit la tenir que des commiffaires ci
Brulley : Je paffe à la pièce qui va vous faire juger
pointe.
(IIla lit:)
Preuye de la trahifon des malatres.
Poffeffion de LArcahaye, au nom de Georges IIl >
la Grande-Dresagnes parM. Thomas Brisbane, com
dant en chfa Saint-Marc Gidépendances.
c L'an 1793 &le 24 décembre, à midi précis, M. Lapo
wonsmandanr-genéral des paroifles coalifées pour réfRer a
preftion des commiffaires Polverel & Sonthonax, a fait 1
la générale. Tous les citoyens compofant la force arme
l'Arcahaye réunis far la placed'armes, & formant unbata
quarré, > il leur a parlé en ces termes: :
> M E S S I E U R S,.
>> Je me croirois indigne de la confiance dont vous m
conftamment honoré depwis les troubles qui déchirent
trop malheureux pays, fije ne choififfois l'inftant qui
réunit tous; > pour vous faire un tableau des horreurs
ous les citoyens compofant la force arme
l'Arcahaye réunis far la placed'armes, & formant unbata
quarré, > il leur a parlé en ces termes: :
> M E S S I E U R S,.
>> Je me croirois indigne de la confiance dont vous m
conftamment honoré depwis les troubles qui déchirent
trop malheureux pays, fije ne choififfois l'inftant qui
réunit tous; > pour vous faire un tableau des horreurs --- Page 255 ---
les nous fommes en proie. Le
lie qui détruit la riche plaine de (pedtacle accablant de l'indela deftruction de la province Léogane, du Nord, > le fouvenir afsdu Sud & de T'Oueft, font fans doure l'état cruel de
yos caeurs : eh bien!
faits pour attrifids qu'ils foient, ne font Mellieurs, rien en raifon ces malheurs, de
quelque
préparés." Vous n'ignorez pas fans doure ceux qui nous
& fanguinaire des commiifaires Polverel la & politique barn'ignorez 1l
pasf'ordre par eux donné du
Sonthionas:
pour pouvoir fans pérl s'abreuver de défarmement gédéja exécuté dans la plus grande
notre de la fang. Cet
: leur aflurer le fuccès de leurs
parrie
colonie >
La France, notre
projets dévaftateurs.
(tines, rélulrar des crimes mère-patrie, en proie à des divifions
doure fur notre fituation commis dans fon fein,
paguolindigné,
mais ne peut nous protéger gémir :
torfaits exécutés parce qu'il nous croit les complices de tous
trer dans notre par une fecte abominable, nous menace
he main, & le poignard territoire, de dont il eft déja voifin, > la torche
econnoitre fa puilfance. L'Anglais, Tautre, G nous me nous hâtons
Fs, nous offre fa protection.
touché de nos malJe fens, Mellieurs p qu'il eft dur à des
nneur a toujours guidés, d'abandonner Français que
stelle eftla faralité de notre fort, qu'il faur leurs drapeaux; ;
meurtrier des deftructeurs de la plus riche opter entre le
hinarion elpagnole > ou la proteétion
des contrées, la
mettrai pas de chercher à influencer anglaife. Je ne me
parri que nous devons prendre : plus par mon de opinion fur
ion que de la mienne, c'eft à vous de jaloux votre. fatisorie feulement à réfléchir fur VOS
prononcer, Je vous
ts cemmerciaux, 2 & fur les
convenances, > nos raprer da Tadoption d'un des deux avantages derniers que nous pouvons
d'avoir Crovez, Melieurs, que la France ne partis. fauroit vous
5&
cherché à conferver les reftes
blâdes propriérés de cetre colonie. S'il infortunés des homdon de les drepeanx foit excufible, eft des cas ou l'ars que l'on eft réduir au point où
c'eft fans contredit
5, Meflieurs,
nous fommes.
vous aurez choiie, prononcez, & que la bannière de la D'après naticn
arborée fur vos forts, foit le fignal
uroit vous
5&
cherché à conferver les reftes
blâdes propriérés de cetre colonie. S'il infortunés des homdon de les drepeanx foit excufible, eft des cas ou l'ars que l'on eft réduir au point où
c'eft fans contredit
5, Meflieurs,
nous fommes.
vous aurez choiie, prononcez, & que la bannière de la D'après naticn
arborée fur vos forts, foit le fignal --- Page 256 ---
d'une; protedtion fans laquelle nous ne pouvons efpérer de
vivre long-temps aux trames ourdies contre nous.
2> Signé, Jean-Baptifte LAPOINTE. 3
s, Du flence le plus profond, obtenu pendant le temps
parle M. Lapointe, s'eft élevé un cri unanime de Vivefa
jefté britannique! viye fa protection L vive Louis XVII! vi
tous les rois de la terre!s
> Aors le commandant des paroiffes coalifées contre I
preflion a ajouté :
33 Meflieurs, que l'engagement que vous venez de cont
ter ne foit pas vain & illuioire :ileftinutile de vous en exp
l'importance > vous avez dû la preffentir. Jurez-vous d
maintenir de toutes vOS forces? jurez-vous de foutenir fes
envers & contre tous ceux qui pourroient s'y oppofer: >2
>2 Les mêmes cris de Vive fa majefté britannique ! viy
pro.eiion? vive Louis XVII! vivent tous ls rois de la ter
s'étant fair entendre, 5 le pavillon de Georges III a été arb
furles forts, falvé de vingt-un coups de canon du calibre
dix - huit; & M. Brisbane, major & commandant de Sa
Marc & dépendances, invité à prendre pofleflion de
au nom du roi
lap
fon maître > a accepté & figné avec tous
efficiers aes différens corps armés.
(Suivent les fignatures des officiers. )
93 Signé, Thomas Brisbane, commandant en chefà Sa
Marc & dépendances;
Hamnor de
Jean-Baprifte Lapeinte, > Pierre Gu
Saint-Léger ; Pierre-Jean Beaulieu, command
de l'artillerie foldée 3 Lully, Maurice Rébellion, Bruye
Delatour, Jean-Baptifte Valmé 3 Boucher, capitaine;
rette, capitaine de la gendarmerie; Enfquier, Louis Ch
vet, Baye, Lafaline, Desjean, Patience,André Guithor
Tous ces officiers étoient des hommes de coaleur, exce;
deux; carsin'emifomprefqe pas d'ofliciersblancs: : Sonthor
lds avoit remplacés par des homes de couleur.
Le préfiderit : La pièce eft-elle tirée des archives
Brulle
-Baptifte Valmé 3 Boucher, capitaine;
rette, capitaine de la gendarmerie; Enfquier, Louis Ch
vet, Baye, Lafaline, Desjean, Patience,André Guithor
Tous ces officiers étoient des hommes de coaleur, exce;
deux; carsin'emifomprefqe pas d'ofliciersblancs: : Sonthor
lds avoit remplacés par des homes de couleur.
Le préfiderit : La pièce eft-elle tirée des archives
Brulle --- Page 257 ---
Brulley : Non; elle nous eft venue dans un
adreffe de la Nouvelle
paquet à nous
Angleterre.
a
Sonchonax : C'of la première fois
ji
cecte pièce; mhais il eft sir que Lapointe que a livré connoilfànce aux
de
kerritoire de l'Arcahaye.
Anglais le
Lc préfident : La commifiona ordonné que cette
paraphée, & que copie collationnée en feroit remife pièce feroit
chives.
aux arBrulley: Il exifte encore une autre pièce également de
Marc; elle eft de Savary, l'un des affidés de
SaintNtdans le même fens, & elle
les Sonchonax. Elle
x Sonthonax qui commandoient, prouve favoir que agens de Polverel
ahaye Savary à Saint-Marc,
Lapointe à l'ArHonmbrdas aul
Laboillonnière à Léogane,
Porkau-Princ, Candy: au
bus conduits dans le même fens; Fort-Dauphin, fe font
onleur, officiers de la création de Sonthonax, que tous ces hommes da
térêts de la France. Encore un coup, les
, ont trahi les
r été dépofées au comité de falut
preuves la de ces fairs
purra les confalter. Il eft donc vrai, comme public;
commiflion
prouver s que Polverel & Sonthonax ont nous venons de
es en état de défendre la colonie,
les défarmé les homhaffés, & ont donné toutes les places qu'ils aux hommes ont pourfuivis &c
que Ces hommesde couleur fontceux-là même de couleur,
territoire aux Efpagnols & aux Anglais.
qui ont livré
La féance eft levée.
Lc regifre des préfences enfigni, J. Ph,
nt ; Foucné (de Nantes), fecrécaire GARRAN, préfiNo, MOLLEVAUT, GRÉGOIRE, F. LANTHENAS. ; DABRAY, ManTome TIII.
Soixante-feirime livraifon.
a
pourfuivis &c
que Ces hommesde couleur fontceux-là même de couleur,
territoire aux Efpagnols & aux Anglais.
qui ont livré
La féance eft levée.
Lc regifre des préfences enfigni, J. Ph,
nt ; Foucné (de Nantes), fecrécaire GARRAN, préfiNo, MOLLEVAUT, GRÉGOIRE, F. LANTHENAS. ; DABRAY, ManTome TIII.
Soixante-feirime livraifon.
a --- Page 258 ---
Du 11 Thermidor, l'an troificme de la République françaife
une & indivifible.
Ox fait lecture des débats recueillis dans la féance du 8
la rédaction en eft adoptée.
Les citoyens Page, Larchevefque - Thibaut, Clauffon
Fondeviolle ne font pas préfens à la féance.
Duny : Les tachigraphes ont omis de recueillir un fait q
j'ai déclaré à la dernière féance; c'eft que tous,les mulâtre
tous les aftidés de Sonthonax délégués par lui, étoient to
revêtus d'un ruban tricolor & d'une médaille d'argenr. Voi
cc que tous les colons, tous les marins, tous les folda
affureront.
Sonthonax : Je déclare
jamais je n'ai donné à aucu
mulâtre ni à aucun blanc T permiflion de
ni rub
ni médrille, & je demande à Duny quels Knirs les homm
de couleur qui ont porté une médaille blanche avec le rub
tricolor.
a
Duny : Durand, mulâtre, adjoint à Galineau de Ga
couroir ainfi les habirarions. arrêtant les citoyens, comma
dant l'incendie, comme je lai prouvé par l'arrêté de la mur
cipalté du Pori-de-Paix. C'eft cette décoration qui a retes
notre indignasion.
Sonthonax : Jamais Durand n'a été envoyé au Port-d
Paix en qucique qualité que. ce foit : je défie les colo
d'en produize la meindre preuve.
oint à Galineau de Ga
couroir ainfi les habirarions. arrêtant les citoyens, comma
dant l'incendie, comme je lai prouvé par l'arrêté de la mur
cipalté du Pori-de-Paix. C'eft cette décoration qui a retes
notre indignasion.
Sonthonax : Jamais Durand n'a été envoyé au Port-d
Paix en qucique qualité que. ce foit : je défie les colo
d'en produize la meindre preuve. --- Page 259 ---
Th. Miler: : Aa mois de nivôfe, 255
l'an
Sainr Laurent a été envoyé dans la colonie deuxième, le Cardon
Dalbarade. A fon retour il a
par miniftre
public le mémoire
porté au comité de falut
un autre mémoire par dans lequeli! rendoit compte de fa millicns
les moyens de ramener l'ordre leruel il donnoit fon opinion fur
moire de Delbrec
à Suint-Domingues un méCayes, far les évènemens > chirurgien de la en chef dealhopital des
de Lamotte, capitaune,
partie du Sud; un mémoire
AuPrince, fur lès évènemens commandant de
de Tartillerie du Portmémoire fur les évènemens de I'Oucf & du Sud; unautre
elevés entre le commandant Jacmel > fur les différens
ommandant molitre Beauvais, mulâtre & fur les Montbrun, & le
es dittérens i
fuites funcftes de
Rigaud. Ce fera enfin, 2 ene proclamation du général mulâtre
niflion des colonies par linipection fe
de ces pièces que la comlancs qui ont youlu
convaincra fi ce font les colons
étranger.
appeler à Saint-Domingue le joug de
Sonthonax : Comme il peut fe faire
Tr ces fairs > je prie la commiflion que j'aie à répliquer
lillet de dire quel étoit ce Cardon d'interpeler Saint
Thomas
koit colon ou étranger à la colonie, dans Laurent, s'il
ervoit, ous'ila été enox@elficiellement.
quel corps il
Th, Miller : Je ne connois pas ce Cardon
tiens ces faits du reprélentant du peuple Litiée Saint-Laurent;
Cardon Saint-Laurent au repréientant dup quia mené
jon, au comité de falurpublic.
peuple DeferYerneuil : Et lui a remisles pièceslui-mème,
Senac : Le huitième arricle du
E ainfi conçu : Ce Ils ont paralyié neuvième les forces chefd'accufarion
Port-au-Prnce, en confiant les aittorités
environnant
ix hommes de couleur leurs
civiles & militaires
it, il fuffira de vous rappeler complices ), Pour juftifier ce
bmme de couleur, commandoit; qu'al'Arcahaye qu'au
Lapointe, ,
eauvais & Montbrun commandoient;
Port-au- Prince, ,
Labnillonière 5 & à Saint-Marc, àl.éogane, Marcellin
couleur. Il me fuffira de vous dire Savary, > aufli homme
int-Domingue, commandés à
que tous les forts de
it été relevés par les Africains cette tendus époque libres par les blancs,
E Polverel
ifier ce
bmme de couleur, commandoit; qu'al'Arcahaye qu'au
Lapointe, ,
eauvais & Montbrun commandoient;
Port-au- Prince, ,
Labnillonière 5 & à Saint-Marc, àl.éogane, Marcellin
couleur. Il me fuffira de vous dire Savary, > aufli homme
int-Domingue, commandés à
que tous les forts de
it été relevés par les Africains cette tendus époque libres par les blancs,
E Polverel --- Page 260 ---
V
& Sonthonax. Je prie le préfident d'interpeller Sonthona
d'avoir a deckarer fi les faits que j'avance font exacts.
Sonthonax : Je déclare qu'on n'a jamais fait relever le
citoyens blancs par les honunes de couleur au Fort - au
Princes, que tous les changemens qui ont été faits à ce
égard, l'ont été fams aucune diftinétion de couleur; je dé
clare de plus, qu'il ya avoit beaucoup de blancs dans la légio
dite de Teglité 5 compoiée à là verité, en majori
d'uommics de coulear.
Senac : Ce font les capitaines qui étoient au Port-au
Prince lors de la prite qui parlent: ils' arivent tous de
Jamaique; ils demandent à etre entendus, & la commillic
des colonies s'empreliera fans doute d'accueillir des renieign
mens precis.
Le prefident : Nous avons déja invité plufieurs fois tous 1
citoyens qui ont des renfeignemens à donner fur cette affai
à les donner, iln'eft pas beloin de les convoquer fpécial
ment pour cela; au furplus, la comniflion ne connoit P
l'adrelie de ceux que vous indiquez.
Brulley : Je vousobferve que les capitaines dont parle me
collègue n'étcient pas en France 3 ils iont arrivés tc
récemment, & c'eft ler au fuirqu'un nommé Guérin nou:
dit qu'il y aveit ici beaucoup de capiraines nouvelieme
arrivés, qui demandoient à être appelés à Paris pour d
pofercccuiliavewene VL.
Le prejident : Vous pouvez les inflruire de l'arrêté de
commiilion.
Sénac : Je vous donne coinie un fait poliuif, &: je VC
ferai prouver que le 18 mars, à cinq heures apres midi,
garnilon blanche & léquipage du brik Taenf. qui coI
inandoit au Port-au-I Frince le fort Sainte-Claire, ont
ielevés parlesAfvicains nouvellsment libres.
Le neuvieme article elt ainii conçu: . Ils ont laiffé pre
dre le fort Bizoron par trois cents hommes, &c celui de
Saline par deux cents, feules forces angleifes quiaient
mites a rerre. Deux jours après, iis ont livré le Fort -
Frince fans coup férir. 92 Ileftbon de vous obferver que
emppl Bizoron efceluiqui préfenteleplesdeunoyensde défen
Les hommes de couleur, au nombre de deux ce
ciquante, l'ont confanrnent séieucu, & il ef étonx
ont laiffé pre
dre le fort Bizoron par trois cents hommes, &c celui de
Saline par deux cents, feules forces angleifes quiaient
mites a rerre. Deux jours après, iis ont livré le Fort -
Frince fans coup férir. 92 Ileftbon de vous obferver que
emppl Bizoron efceluiqui préfenteleplesdeunoyensde défen
Les hommes de couleur, au nombre de deux ce
ciquante, l'ont confanrnent séieucu, & il ef étonx --- Page 261 ---
I
qu'3 lépoque ol les Anglais fe font
tout de fuite s'emp.rer de sizoron, préfentés, ils ayent été
fous les ordres de Polverel & de commandé exclunvement,
de couleur.
Sonthonax, par des hommes
blicains Verneuil: armés, Dans un moment où il y avoit 400,090 répuSenac
àcequ'la dit.
fans
: Deux jours après ils ont livré le
coup férir, vous vous rappelez encore Pore-au-Prince
vous avez encore fous ies yeux les
la proclamanen;
fervis, en annonçant qu'au
expretlions dont iis fe font
d'une guerre
il moment oà Iont étcir menacé
les factieux, érrangère, tous les ennemis falloit chafler de la colonie tous
Port-a au-Prince avoient été inrérieurs. Tous les blancs du
ceux du Cap éteien: en fuire ou chaffés, ou mis en prifon ;
2 été pris par 7 à 800 Anglais : fans cependant le Port-au-Princo
défendu alors par tous les nègres du coup férir, quoiqu'ii fit
de 40,000, par les hommes de. couleur, Cul-de-Sac, au nombre
30,000, d'après ce qu'a dit
au nombre de
reftât plus de Conre-révolatdionnaires Sonthonax, quoiçu'alors il ne
que ceux que Sonthonax
dans la colonie, puiffuir au continent américain, appelle ainfi aveient été forcés de
Le dixième article eft ou jetés dans les prifons.
ennemis de la
ainfi conçu : Cs Ils ont faciliré aux
le moyen de joindre révolution, les en leur donnant des
Anglais
J'établis ce fait d'abord en
pour groflir leurs tidats
Anglais fe font préfentés, rappelant qu'a l'époque où les
les prifons. Polverel & Sonthonax benucoup de blancs éroient dans
les en faire fortic; mais ce ne fur conçurent le projet de
miaires. Efectivement
qu'à des condicions
demanderent & obtinrent tous ceux qui avoient de Targent pécuils furent rejoindre les des paffe-poris, à l'aide deiquels
en fuite avec eux atraquer Anglass le
au Mole, > & ils vinrent
s'explique le rapport desn marins Porean-Prince; dontj'ai
c'eit ainii que
Sonthonax : Pendan:le cours des débats déja la parlé,
interdit de lire ici les déclara:ions faites
commilion m'a
font en France : elle s'eft fon-lée fur par des hommes qui
pouvoient eux - mèmes lui adreffer leurs ce que ces hommes
qu'elle fenfe les avoir invirés à le faire par fes déclarations, ainfi
a eu lieu à mion égard,
arrèrés; certe délorique je voulois donner des
S 3
it ainii que
Sonthonax : Pendan:le cours des débats déja la parlé,
interdit de lire ici les déclara:ions faites
commilion m'a
font en France : elle s'eft fon-lée fur par des hommes qui
pouvoient eux - mèmes lui adreffer leurs ce que ces hommes
qu'elle fenfe les avoir invirés à le faire par fes déclarations, ainfi
a eu lieu à mion égard,
arrèrés; certe délorique je voulois donner des
S 3 --- Page 262 ---
détails fur les maffacres des nègres (uiffes au Méle. Je
voulois produire une déclararion du maire du Môle Genton,
déporté par les Anglais en France. Le préfident m'a interdit
le droit de lire cette déclaration; j'cfpère que la commillion
voudra bien faire exécurer fes arrètés par les colons, &
leur fera incerdit également d'intercaller dans des débats qu'il des
déclara.ions taites par des hommes qui font actuellement en
France, puiiqu'ils ont la liberté de s'expliquer d'une autre
manicre devant la commillion; je demande légalité des
droits'entre moi ikles colons, puifque la commiflion a
à prapos de minterdire la liherid de lire des déclara- jugé
tions.
Senac : Je ne donne leéure de ces pièces que pour faire
connoitre entièrement la vérité; je ne viens pas donner dans
ce momencci comme pièces auchentiquesdes déclarations particulières: mais je rappelle à la commiflion le nom de ceux
qui peuvent faire de nouveau ces declarations, afia qu'cile
pàc s'en affarer. Quant à moi, je vous affire que ceux
étcient dans les prifons, déclards conde-sévplutionnatrer qui &
confpirateurs d'après Sonthonax &c Polyerel,, ont obrenu
d'eux des palfe-ports particuliers pour fe rendre, foit au
Mole Saint-Nicolas, foir à Jérémie, foit à la NouvelleAngleterre; je demande que le préfidenc interpelle Sonthonax
de déclarer G pariai les prifonnicrs qui éroient au Port-auPrince, iln'en eft pas qui aient obtenu des paffe
&c
qui fe fcient rendus , comne je l'ai dit, au Méle ports, & à
Jérémie.
Sonthonax: II eft vrai qu'il eft des prifonniers qui ont
chtenu des patle-ports pour aller à la
de
Nouvelle-Angleurte,
qui, au lieu de cela, font allés à Jérémie.
Le préfident : Il eft vrai autli que la commiffion a inrerdit, par fes arrêrés, la leéture des déclarations faites en
France, parce que, felle eût cru devoir recevoir des déclarations parrisulières, elle eût entendu les témoins, afin
qu'on pût leur répliquer & débatre leurs déclarations. D'après
cela, la commitlion vous invite à ne point lire des déclarations faires en Francc.
Senas: D'ailleurs c'eft un fait fuffifammen: avoué.
Le préfident : Il y a ici deux faits; le fait des paffeporis donnés, & la vente des palfe purts, Quelle preuve
felle eût cru devoir recevoir des déclarations parrisulières, elle eût entendu les témoins, afin
qu'on pût leur répliquer & débatre leurs déclarations. D'après
cela, la commitlion vous invite à ne point lire des déclarations faires en Francc.
Senas: D'ailleurs c'eft un fait fuffifammen: avoué.
Le préfident : Il y a ici deux faits; le fait des paffeporis donnés, & la vente des palfe purts, Quelle preuve --- Page 263 ---
avez vous que les paffe-ports aient été donnés moyennant
de l'argent?
Senac : Je vais vous adminiftrer la preuve que les palfeports ont été donnés pour de l'argent. Voici des pièces
ofticielles.
(Il liti),
Commifion civike.
ee Nous, Leger-Félicité Sonrhonax, commiffaire civil de
la République, délégué aux ifles françaifes de l'Amérique
fous- le-vent, pour y rétablir l'ordre & la tranquillité publique :
33 Vu le récépiffé du tréforier payeur de la cclonie, en
date de ce jour, de la fomme de feize cent cinquante livres
fournie au tréfor, en exécurion de l'article premier de notre
ordonnance du 24 novembre dernier;
>3 Permettons au ciroyen Jean-Baptifte Baudry de paffer
en France par telle voie qu'il avifera.
5 Fait au Port Républicain, le 5 décembre 1793, l'an
deuxième de la République. Au-deffous eft la fignature
Sonthonax.
> Plus bas eft écrit: Par le commiffaire civil de la République, figné, Muller, fecrétaire ad hoc. En marge ett
le fceau de la République françaife.
>> Collationné par les notaires publics au département
de Paris, y réfidans, foullignés, ce jourd'hui 20 Horéal,
l'an troifième de l'ère républicaine, fur l'original de ladite
commiflion.
2) Signé, FLEVRY, QUATREMÈRE.
23 Enregiftré à Paris, ce 21 floréal, an troifième.
3p. Reçu dix fols.
s) Signé, BAcoY. 9a
S 4
lique françaife.
>> Collationné par les notaires publics au département
de Paris, y réfidans, foullignés, ce jourd'hui 20 Horéal,
l'an troifième de l'ère républicaine, fur l'original de ladite
commiflion.
2) Signé, FLEVRY, QUATREMÈRE.
23 Enregiftré à Paris, ce 21 floréal, an troifième.
3p. Reçu dix fols.
s) Signé, BAcoY. 9a
S 4 --- Page 264 ---
Commifion civile.
ec Nous, Léger-Télicité Sonthonax, commiffaire civil de
la République, déligué aux ifles françaifes de I'Amérique
fous-le-vent, pour y rétablir l'ordre & la tranquillité publique:
55 Vu le récépiffé du tréforier payeur de la colonie, en
date du 18 de ce mois, de la fomme de 1650 liv. fournie
au tréfor, en exécution de J'article premier' de notre ordonnance du 24 novembre dernier;
>5 Permettons au citoyen Pierre Bail de palfér en France
par la voie de la- Nouvelle-Angleterre.
>> Fait au Port-F Républicain, le 18 janvier 1794, I'an
troifième de la République,
5> Signé, SONTHONAX.
93 Par 3 le commiffaire civil de la République, figné, Gaul,
fecrétaire-adjsint de la commillion, avec un Iceau empreint
fur papier.
5> Enregifré à Bordeaux, à la réquifition du citoyen
Bail, le 9 nivôle, troifième année républicaine.
>> Reçu vingt fois.
93 Signé, BÉQUET.
5> Vidimé & collationné fur l'original repréfenté aux
noraires publics foulignés, par le citoyen Bail,
à l'inftant
l'a retiré, A Bordeaux, le 9 nivéfe, l'an troifième qui
de
la République.
Signé, BAILLE, GAIELLET, MAILLÈRES.
35 Raimond Barennes, préfident du tribunal du diftriét
de Bordeaux, département du Bec-d'Ambès, certifie que les
citoyens Gaiellet & Maillères qui ont figné ci-dleffus font
notaires publics audit Bordeaux, & que foi doit être
à leurs lignatures tant en jugement que hors. Donné ajoutée à
Bordeaux, le II nivôfe, l'an trcifième.
S Sgs.Lonsdansianobolegpemti.v@me dupréfidents,
.
35 Raimond Barennes, préfident du tribunal du diftriét
de Bordeaux, département du Bec-d'Ambès, certifie que les
citoyens Gaiellet & Maillères qui ont figné ci-dleffus font
notaires publics audit Bordeaux, & que foi doit être
à leurs lignatures tant en jugement que hors. Donné ajoutée à
Bordeaux, le II nivôfe, l'an trcifième.
S Sgs.Lonsdansianobolegpemti.v@me dupréfidents, --- Page 265 ---
onthonax : Quoique ces pièces ne foient pas originales,
léclare que Tai donné benucoup de pafle-ports de ce
te,
je n'aurai pas de peine à les jufifior , &
.de la parcle ie fera dévelte, je ferai connoitre
Froclamacion dont il eft queftion dans ce paile-port.
epréftdent. : Cete pièce eft elle.tirée des archives?
enac : Non.
e prfident: Elle fera paraphée, & une: copie fera dete aux archives.
knac: La pièce eft foffifamment avouée par Sonthonax;
bus prie de faire dépoler far le bureau la proclamaticn
y eft relative.
prthonax : Je la produirai lors de ma défenfe: j'at
ftivement ordonné que ceux qui fortiroient de la colonie
tent tens de payer, par forme do remplacement mie, une fomme fixée pour lhabillemen: & équipage des
Ats qui renireroient en leur place.
nac : Vous voyez que pour rentrer dans fa parric,
toit obligé de payer 1650 liv. ou de faire un fervice
actif, rrès-pénuble, > & très-laborieux, qui fouvent
conduiloit au tombeau.
prthonax : On étoit forcé de fe défendre contre les
ais.
préfident: On ne difcute pas dans ce moment.
nac : L'article onzième du neuvième chef eft ainfi
u: e Le général angiais a défendu qu'on pourfaivit
erel & Sonthonax, guipunciempourJasmelaneefering
Pts chargés de numéraire >. Certes, à cette époque,
henx & Polverel ércient au Port-au-I Prince, c le
-au-Prince n'étoit pas encore pris. Tottes les gardies
fe trouyoient à Biloton, voulurent, pour arrêter Pol-
& Senchonax,, prendre un démachienent; mais le
nandant anglais s'y oppola, 8c Polverel & Sonthonax
endirent à Jacmel, où ils s'embarquerent pour France.
lmande, > pour en obtenir la conviction, d'entendreles marins qui étcicne alors au Port-au-Prince; ils
donneront la certitude de ces fairs.
préfident : Demandez-vous que Sonthonaxf foitinterpellé
egard :
nac: De déclarer feulement s'il eft parti pour Jaamel
machienent; mais le
nandant anglais s'y oppola, 8c Polverel & Sonthonax
endirent à Jacmel, où ils s'embarquerent pour France.
lmande, > pour en obtenir la conviction, d'entendreles marins qui étcicne alors au Port-au-Prince; ils
donneront la certitude de ces fairs.
préfident : Demandez-vous que Sonthonaxf foitinterpellé
egard :
nac: De déclarer feulement s'il eft parti pour Jaamel --- Page 266 ---
à cette époque; car, il ne peutpas favoir file fort de Bif
vouloir marcher contre lui.
Sonthonax: : Je déclare queje fais parti pour Jacm
lendemain de la prile de Biloton par les
au
fait de la défenfe faite par le commandant Anglis. Q
me pourfuivre, & aux foixante mulets chargés anglais d'or
penle bien que ceux qui connoiffent l'avidité des An
ne feron: pas dupes de cette allégation j croiront
défende qu'un général anglais quipeur prendre 60 mulers chargés C
à fcs troupes da pourfuivre un homme qui
emmène aveclui?
Senac : C'eft une dénégation de Sonthonax; mais vou
aurez la preuve.
Le préfident : Quelles font les preuves de ce fait ?
S.nac : J'ai pour juftifier de ce fait ia
tous les témoins qui l'ont. vu, parce que je ne dépofition puis a
Tordre du cemmandant anglais qui l'a donné verbalem
mais j'ai la certitude que Lelpinalle, blanc, commane
du fort Bifoton, cù étoient les hommes de couleur
voulu marcher contre Polverel &
&
a
été empéché par le commandant Sonthonax, anglais : voilà ce qu'il
vous donne comme politif; ce font des faits fur lefquels qu
pourrez confulrer les déclarations.
Le préfident : Indiquez-les.
S.nac : Dejean 3 Siceard,Dupeyror & plufieurs autres.
Lepréfdent : Leurs déclarations font - ellesdansles
1e
de la commiflion :
arch
Sénac : Oui,
Le préfident : Relativement aux foixante mulets cha
d'or, avez-vous quelques preuves :
Senac : Les mêmes perfonnes vous l'attefteront.
Brulley : Cela eft dans la déclaration; à cet égard je
le prélident d'interpeller Sonthonax de déclarer li, quan
il eft parti du Porr-au-Prince, il etoit fuivide foixante I
lets chargés de quoi que ce foit. . .
Sonthonax : Je déclare que je n'avois qu'un feul che
qui me fervoit de monture, & deux mulets portant nos
chives; 5 car, quant à mes bagages particuliers, c'eft-à-di
à mes hardes, elles étcient dans un fac en croupe derti
moi. --- Page 267 ---
Yerneuil: Ily a à la commilion; nen pas
he dechrations, qui vous diront
une, mais
pax eft ariivé au Cap, après fon que, lorfque SonPrince, après la reddition de cette expédition du Por:-
e plus de foixante
il
ville, il avoit à fa
vaincre, fi vous jetez mulets; les 5 fur fera facile de vous en
jonthonax : Sije fuis
yeux
ies pièces.
inger au
inrerpellé fur ce fait abfolument
Héclare Port-au-Prince, & qui n'eft qu'une
deux que, lorfque je fuis arrivé au Cap, divagation, le 10
lorfque SonPrince, après la reddition de cette expédition du Por:-
e plus de foixante
il
ville, il avoit à fa
vaincre, fi vous jetez mulets; les 5 fur fera facile de vous en
jonthonax : Sije fuis
yeux
ies pièces.
inger au
inrerpellé fur ce fait abfolument
Héclare Port-au-Prince, & qui n'eft qu'une
deux que, lorfque je fuis arrivé au Cap, divagation, le 10 mois après la reddition du
juin
avois à ma fuite que dix-huir mulers Poreau-Prince,
Imalles contenant les papiers de la commillion portant trentechacune de ces malles ily avoit ces
civile.
es. Quantàceux qui prétendent
c'étoit mots écrits : arndsà la confrontation.
que
de lor, je leg
enac : On ne peura avoir la certitude de ces faits
ofitions des témoins.
que parles
iers, erneuil c'eft : Pour vous prouver que ce n'étoit
des
que Sonthonax, qui vient lui-méme
eu, vous a dit
faire
dat
oit que deux mulets qu'en partant du Port-au-Prince, > il
lui fervoit de monture. chatgés de papiers, & un cheval
a loin de 18; &je lui demande Certainement deux mulets font
uis Jacmel
venir
fideft dans le chemin
a prisles archives pour de la au Cap, fi c'eft dans cet endroit
fent placées ?
commillion civile, & où elles
ponthonas : Je n'ai pas dit un
3 Verneuil. Lorfque je fuis forti mot du de ce que vient de
ré de fuir par les Anglais & les colons Port-au- Prince,
je me recirai à Jacmel avec deux mulets coalifés avec
hives des commiffaires civils. J'ai dir
portant les
fac derrière moi, contenant le
de aufli que j'avois
s fauvées. Quant à ce que Verneuil peu vient hardes de cue jament à notre fortie du
dire rela-.
3, il n'eft pas étonnant Porr-au-Prince les
au mois de juin
lion occupallentalors
que
archives de la comarchives réunies des 30 ou 36 mailes, puifque c'étoient
Buclles font reftées provinces de l'Oueft &c du Sud,
a au mois de novembre Au Cap au moment oà j'en fuis
province de I'Oacli. Ces 1793,lerique archives je fais reyenu dans
ont 6:6 embarquées
fortie du
dire rela-.
3, il n'eft pas étonnant Porr-au-Prince les
au mois de juin
lion occupallentalors
que
archives de la comarchives réunies des 30 ou 36 mailes, puifque c'étoient
Buclles font reftées provinces de l'Oueft &c du Sud,
a au mois de novembre Au Cap au moment oà j'en fuis
province de I'Oacli. Ces 1793,lerique archives je fais reyenu dans
ont 6:6 embarquées --- Page 268 ---
fur la frégate la Semillante; elles font contenues dans
caiffes énormes C'éroient, CeS arckives qui ércicnrvenue
Pertau-Frince au Cap. Quant à celles emmenées avec
du Port-au-Prince à Jacmel, il n'é oit pas étonnant qu
fullent peu eonfidérables; clles contifoient dans des
conrenant les opérations des commiflaires civils ,
depuis 3 ou 4 mois, qu'ils étcient dans la province
ICuef.
Sénac : Je m'en rapporte à la prudence de la com
fon pour acquérir la cerritude de ces faits en faifant
tendre les témoins, ou en lifant les déclarations qui font
lés.arclivcs.
Verneuil: Il ya plus de trente déclarations.
Sonthonax : ilyen aura beaucoup de votre genre.
Le préfdent : A l'ordre.
Scriac: L'articie XII eft le plus important. < Ils ont
paré & effectué la livraifon de cinquante bârimens
commerce français, chargés depuis fix mois de den
coloniaies, & dont il s'éroit fait payer d'avance les dro
contre l'ufage. (6 Ce fait eft bien important pourle
fcr,j je vais vous lire tine pièce officiclle; R une dé
ration faite par un capitaine qui étoit au Port-au-Pr
Iors de fa prife Par les Anglais. Cette déclaration a
faite devant lcs autorités conftituées de Bordeaux ; el
pour objet de fouftraire les armateurs à différens paien
qu'ils doivent faire.
Le préfident : A quelle époque a-t-elle été faite :
Serac : Ie I9 frimaire, 5 l'an troifième.
Lepréfident : Elle eft dans le cas de celles que la commil
a défendu delire.
Sinac : Cette pièce eft très- officielle.
Lc préfident : La conmiflion a déclaré qu'on ne I
aucune pièce faite en France;i indiquez - la; 3 vous ferez
maitres de la produire; mais je maintiendrai les arrêtés €
commillion.
Thomas Millet : Tous les capitaines qui ont été arr
au Port-au-Prince ont été conduits à la Jamaique, d'o
font revenus é11 France; ils n'ont pu faire leur déclara
qu'en France.
Le préfident : Vous pouvez la dépofer dans les arch
ident : La conmiflion a déclaré qu'on ne I
aucune pièce faite en France;i indiquez - la; 3 vous ferez
maitres de la produire; mais je maintiendrai les arrêtés €
commillion.
Thomas Millet : Tous les capitaines qui ont été arr
au Port-au-Prince ont été conduits à la Jamaique, d'o
font revenus é11 France; ils n'ont pu faire leur déclara
qu'en France.
Le préfident : Vous pouvez la dépofer dans les arch --- Page 269 ---
la commifion comme celles
vertu de l'invitation de la commiflion. qu'on.y porte tous les jours
jenac : Je vais vous en donner la frbfance. Je
noneé que Polverel & Sonthonax ont
vous
ffon de 5o navires chargés : il eft eflenciel prôpofé la licommentils ontp préparé cette prife; c'eft en yous que je vous
que Polverel & Sonthonax ont donné l'ordre annonrins qui éroient au Port-au-Prince de dégréer & àtous d'ôter les
ivernailsdes naviresquils commandoien.
les
les marins demandoient la permiflion d'ètre C'etau moment
avelle-angleterre, que Polverel & Sonthonax conduits àla
marins de s'y rendre. Quand je vous aurai ont empêché
mefures ont été prifes par Polverel & prouvé que
ai arrivé à vous convaincre que Sonchonax Sonthonax, &
je
bient le projet de faire prendre tous les
Polverel
rade du Por-au-Prince,
bâtimens dans
faculté de s'évader
puifqu'il ne Jeur laifloir
Endre; & c'eft ce qui eft > en arrivé fisppofant qu'on vouldr nes
quand les
Hfentés au Port-au-Prince. Les navires Anglais fe font
pris, & les capiraines n'ont
qui y étoient ont
lverel & Sonthonax avoient pu en fauver aucun. Si
i-leur avoit été faire
acquiefcé à ia demande
leurs frais un ou deux par birimens plufieurs capitaines les pour armer
ouvelle -
il
pour
conduire à la
roient Angleterre > en feroir réfulré que ces
la
pu venir en France, & on les auroit confervés bârimens
République & aux armareurs 5 mais Polverel
onax s'y font conftamment oppofés, & c'eft & Sonufe de leur livraifon au Poreau-Princo.
ce qui eit
Polverel & Sonthonax avoient bien le
1 du moins ils craignoient leur fuire, projet de les livrer,
alage, & fans vouloir qu'ils partiflent, puilque, iis
contre
Ix capitaines tous les droits qui devoienr étre ont fair payer
tifon de denrées chargées à bord, de
perçus pour
erel & Sonthonax ont touché Targent manière que Polancais devoi: & les Anglais onr pris que le commerce
ui étoient à bord, enfemble les
toures les denrées
les
batitens, Refte à favoir
commiffaires ont emplové ou, reliré les
enant de cette rétribution. Mais in vériré eft fonds probuché, contre I'nfage, des capitainesdos
qu'ils ont
les marchandifes qu'iis avoient a leurb bord. navires,les droits
Sonthonax ont touché Targent manière que Polancais devoi: & les Anglais onr pris que le commerce
ui étoient à bord, enfemble les
toures les denrées
les
batitens, Refte à favoir
commiffaires ont emplové ou, reliré les
enant de cette rétribution. Mais in vériré eft fonds probuché, contre I'nfage, des capitainesdos
qu'ils ont
les marchandifes qu'iis avoient a leurb bord. navires,les droits --- Page 270 ---
Sonthonax : Je pric la commiffion
ettre fur le bureau les ordres donnés d'interpeller Sénae
voir à payer les droits impofés fur les aux denrées capitaines condu
enFrance, & la; pièce qui prouvera que les commifaires
ont perçu les droits.
ci
Sénac : C'eft encore cela que je voulois vous
royens, de vous faire repréfenter, T'ous
prier,
ont reçu l'ordre de décharger ou de lescapiraines les arri
marchandifes qu'ils avoient. Les capitaines payer I'ont droits
dans la déclaration que vous avez dans les
confi
offrent de dépofer tout ce qui regarde Saint - archives;
Je vous prie de vouloir bien lesinterroger.
Doming
Lepréfidenc: Indiquez
des
eet objet.
encorequelques-uns déclarans
Sénac : C'eft Dejean, c'eft Dupeyffor, Sicard; ces
ci vous en indiqueront peur - être vingt autres. C'elt trc
fe termine la difcuflion du neuvième chef.
ici
Le préfident : La féance eR ajournée à demain.
Le regifre des préfinces eff fgnt,. Pa.
fident; Foucne(del
GARRAN, p
THENAS,
EUINERNETTI
MaatINo,DABRAY. --- Page 271 ---
12 Thermidor, l'an troiftème de la République
une
& indivifible.
françaife
Nfuit lecture des débats recueillis dans la féance
édaétion en eft adoptée.
d'hier;
Les citoyens Page, Larchevefque
omas Miller & Fondeviolle ne -Thibaud, font
Clauffon,
nce.
pas préfens à la
Sonthonax : Le territoire de la
té livré aux érrangers, des République à St-Domingue
places
rendues, fans coup-férir, fans brâler tres-importantes ont
le qui ait oppolé quelque réliftance eft une celle amorce. La
Prince, Quels font les auteurs de tant de
du PortAt ceux qui les ont machinées, foit
trahifons : quels
hérique : C'eft ce que la fuite de la en Europe, foit en.
avième chef d'acculation vous fera difcuflion fur le
Efentant la relation des faits,je vous connoître ; en vous
eurs.
fignalerai les conipiLa confpiration qui a livré Saint
te d'une
Domingue à
époque très - éloignée 5 c'eft fous l'étranger
nfiruante qu'elle a commencé. La déclaration l'Aflemblée
Thomme, le décrec du I2 octobre
des droits
érexte aux colons pour commencer 1790, > fervirent de
noncer le fchifme qu'ils fe
cette confpiration. >
étropole, la trahifon qu'ils vouloient propoloient de faire avec la
ét6 en 1793. L'Aflemblée de Saint Marc confommer & qui
ent humiliée par P'Ailfemblée
avoit été jufte-
'alors tous les rois de "'Europe contbincante; devoient
il fembloit
prendre les aues
érexte aux colons pour commencer 1790, > fervirent de
noncer le fchifme qu'ils fe
cette confpiration. >
étropole, la trahifon qu'ils vouloient propoloient de faire avec la
ét6 en 1793. L'Aflemblée de Saint Marc confommer & qui
ent humiliée par P'Ailfemblée
avoit été jufte-
'alors tous les rois de "'Europe contbincante; devoient
il fembloit
prendre les aues --- Page 272 ---
pour venger fon injure; il fembloit qu'ils devoient
confpirer pour maintenir les préjugés & les préviléges
Trinces colons : alers il y avoir a Paris un ségocia
anglais nommé fir Filiot; cet homme eut des confére
biée particulières avec les dépurés de Saint-Domingue à TAR
confituante. Ce font mes adverfaires qui m'en fc
niffenr la preuve dans une lettre de Thomas Millet à T
guy-i in-Boilliere.
Le préfident : Cette lettre eft- elle
ment ?
imprimée fépe
Sonthonax: : Oui, elle m'a été envoyée de la Nonve
Angieterre avec le journal de Tanguy, Si Thomas Mi
éroit ici,je l'inviterois à la reconnoitre, car cet imprimén
pas daté,
R Duny : Je demande à Sonthonax par qui ces
ont éré envoyés de ia Nouvelle-Angiereniez
papiers
à la Sonthonax: Cela ne regarde pas lcs colons, & ne fait I
queftion,
Dany: Par qui?
Le pr. fident : Iicft conflaté qu'il n'a pas répondu à vo
incerpeliation.
Senac : Cette lecture va nous jeter dans une difcufli
fort longue & tour-à-fait étrangère ail neuvième chef.
Ie préfdent: : On ne peur favoir avant la ieéture fi cet
pièce eft oun'eft pas étrangère à la queftion : fla commi
iion s'apperçoit qu'elle n'y ait point de rapport > elle fe
palier à un autre objet.
* (Sonthorax lit.)
Aniomtcomfiokmieslnombotrafoaney danslesb bureau
diplomatiqucs de TAMfemblee conftituente. Ii y étoit fer
doute lorique le comité étoit dirige par le grand
teur Rinuesti-Miratesu, s déiogé du Fanthéon, Il a confpira donc
ou pu favoir quel étoit l'objet du voyage de
lité à Londres, au commencement de la
Philippe Ega
fut à cetre époque que Briffor, qui venoir révolittions aufli de Londres que Ci
commença fon journal, qui fur dès-lors & a toujours ét
depuis confacré à perfécuter & à calomnier les colons. I
devoir favoir quel Étoit aufli l'objet du'voyege de fir
à Paris en octcbre 1790, à l'époque dus faineux décret Ellio du
1e de ce mois, qui a décidé la ruine des colonies, pourquo
Ce
re époque que Briffor, qui venoir révolittions aufli de Londres que Ci
commença fon journal, qui fur dès-lors & a toujours ét
depuis confacré à perfécuter & à calomnier les colons. I
devoir favoir quel Étoit aufli l'objet du'voyege de fir
à Paris en octcbre 1790, à l'époque dus faineux décret Ellio du
1e de ce mois, qui a décidé la ruine des colonies, pourquo
Ce --- Page 273 ---
du Lamantin, profta d'un moment
fort par derrière, à ia faveur de l'orage d'orage pour le prandre le
dant & la troupe qui s'y trouvoit, & qui furpri: furent commanvacuer. Icije doistaire une réflexion, & dire
forcés d'éque ce potte n'a pas éré défende, 1o. en ce qu'il in'a n'a piru
répondu à la canonnade; cn deuxième lieu, qu'on
pas
Tons'eft laiffé furprendre par les troupes
parce que
on auroit pu peut-etre empécher le debarquemens. debarquées, Ce dont n'eft
pas
le fort Bizoron n'edr été pris malgré fa
car Ae éroit impoflible qu'une garnifon de
réfflunce;
diffeminés dans les environs du
IIOO ho ommes
défendre contre une armée de plus Por-au-Prinee, de 3,000 hommes puilent fe'
fendu, pendant, je perfifte à croire que ce pofte n'a pas é1é : dé- cequ'il a éré mal foigné par ic commandant.
foir, à fept heures, que les commiffires
C'eft le
le forr avoir été ptis. Il n'y, avoit plus de civils sirete apprirent que
dans la ville; ear, maitre une. fois des
pour eux
d'une ville fans défenfe, T'ennemi y entre fans poltes extérieurs
colons favent
le Port-au-Prince n'ani
réfiftance. Les
les forts dare font fur la rade ne fon: murs ni paiiliads i
Em2 qui n'eft ni murée ni
pas fermés; qu'ure
que par des poftes, des camps paliffadée, recranchés. ne
être défendue
pai étoit
pofte
PETIE
pris, alors l'ennemi pouvoir venir trouver princiniflaires civils au gouvernement, les faire
les coma nuir, s'emparer de ia colonie dont la prifonniers dans
France étoit due à l'influence des commiffaires confervation à, la
on devoit aufli la confervation des quartiers
civils, à qui
fidlles à la République. Les commitlaires civils qui étoient reités
une lettre fignée du commandant de la
reçurent alors
la place, & du commandant en fecond province, de la
de celui de
les invitoient à partir pour le pofe Nérer, à province, une
qui
Hemic de la ville. Le lendemain à dix heures du lieue &
commiflaires civils évacuèrent la ville, & fe
marin les
pofte Néret, d'oà ils attendoient l'iffue du combar. rendirent au
hlors qu'un parri dans la viile, qui
Ce fur
Hitoit ia trahifon, fe raflembla au fort depuis de long-temps mélominoit la ville. Ce parti envoya une Snint-Jofepa,
Hlais. Les Anglais entrèrent
la
dépuration aux At
emparérent de la ville. Les par porte de Saint - Jofeph,
touvelle, farent contraints de commillaires fair à
en ayant appris la
Tome VIII. Seisuntedis-/fepuine Jacmel pour ne pas
livraijon.
Z
Hitoit ia trahifon, fe raflembla au fort depuis de long-temps mélominoit la ville. Ce parti envoya une Snint-Jofepa,
Hlais. Les Anglais entrèrent
la
dépuration aux At
emparérent de la ville. Les par porte de Saint - Jofeph,
touvelle, farent contraints de commillaires fair à
en ayant appris la
Tome VIII. Seisuntedis-/fepuine Jacmel pour ne pas
livraijon.
Z --- Page 274 ---
être arrètés par les Anglais : ils fe gardèrent bien de fuivre
feul chemin connu, de fuivre la rivière froide ; ils traver
sèrent les bois; ; 200 nègres de bonne volonté abatroient le
bois pour leur frayer un paffage. C'eft ainfi qu'il traversèrer
les montagnes, qu'ils coururent les mornes, & mirent tro
jours pour arriver à Jacmel, où ils ne font arrivés que le
juin. Les colons pourroient peut - être me demander de
preuves de ce que javance 5 je préviens leur demande à C
égard, & je dépole fur le bureau la relation officielle d
commendant en fecond de la province de T'Oueft, qui a e
à la tête des opérations dès le commencement du fiége
comme elle eft fort longue, je ne la lirarpas 5 les colons '6
prendront conneiflance, & feront telles réflexions qu'ils av
feront. J'indiquerai aufli à la commiflion des celonies 1
relations faites e
e
Duny: Comment nommez-vous le commandant?
Sonthonax : Martial Betz. Les relations faites par
commandant de la province delOueft, rrès-grièvement i
culpé dans cette affaire, & accufé par la voix publique
n'avoir pas défendu fon pofte. Ces pièces fe trouvent da
les papiers inventoriés ou non inventoriés par la commiflic
des colonies. Je ne les ai pas encore eues fous les yeux : je n
contenterai de lire, à ce fujet, la relation de la prife
Bizoton, relation faite par cclui qui commandoit la caval
rie 5 comme elle eft très-courte, elle pourra être inférée at
débats.
Duny : Son nom ?
Sonthonax : Gignoux, dont il a été déja queftion.
(Sonthonax lit: )
Relation de quelques faits dont je me fuis apperçu pendant
fiege du Port-Républicain.
ce Je déclare aux commilfaires civils que le premier jo
de ce mois, dans laprès-diner, pendant qu'on attaquoit
fort Bizoton, je reçus ordre dui commandant de, la pla
de me mettre à la tête de dix - neuf cavaliers, dont d
dragons du feizième régiment faifoient partie, à l'effet
déja queftion.
(Sonthonax lit: )
Relation de quelques faits dont je me fuis apperçu pendant
fiege du Port-Républicain.
ce Je déclare aux commilfaires civils que le premier jo
de ce mois, dans laprès-diner, pendant qu'on attaquoit
fort Bizoton, je reçus ordre dui commandant de, la pla
de me mettre à la tête de dix - neuf cavaliers, dont d
dragons du feizième régiment faifoient partie, à l'effet --- Page 275 ---
me tranfporter au fort Bizoron pour
du commandan: général Montbrun : rendu y, prendre au
les ordres
T'ordre d'aller de iuie, avec ma cavalcrie, au forr, je reçus
qui étoit fur le chemin de Léogane; j'oblervai pofte avancé
avance étoit deja pris, que Langlais éroit vers
le pofte
que déja même
1 fort, &
commandan: genéral On larpercevoir dans le grand chemin; le
pertilta, & je n'eus
obéir:
brun me donna un homme de couleur pour
Mont
le connoiiioir bien
m'affiurant
Fue
cus-je
& que je pouvois compter fur lui.
parcouru
de
TALS
lelpace
deux
qu'on me crioir : qui vive? un dragon du feizième porrées de fufl,
Bellhumeur, reconnut l'ennemi, &k s'écria : ce tégiment,
glais : le guide répliqua : on J non > ne
font les Anfont nos gens. Némmoins j'avançai au grand craignet rien, ce
troupe; alors, l'anglis d.mafqua deux pilces galop de avec ma
quatre qu'il braqua fur la cavalerie, en difanr
canon de
les dhugos d' Orleans. Je fis replier la cavaierie : feus dans C Enc
pour mieux reconnoitre l'ennemi, Le
le bois
piqua fon cheval au galop pour s'aller jeter guide me les quitra &
qui nous tirèrent deux coups de canon & parmi
Anglais
He fulil. Ily eut deux dragons du feizième beaucoup de côups
& un tué ou pris ; le refte de la cavalerie régiment démontés
excepté tous les dragons du feizième
m'abandonna, 3
He fept, qui me refioient. Je n'eus d'autre régiment, au à nombre
que de me replier au fort Bizoton, voyant parti la
prendre
grand chemin avancer rapidement, & n entendant colonne da
Paiffeaux emboflés tirer fur le fort. J'avertis
plus les
k en termes très- preffans, le commandant (urls-champ:
Etoit derrière un baflingnge, couché, avec environ Monbrun gui
quante hommes d'infanterie : je lui dis que
cent cinnonter à l'affaut, &cc. A peine eus-je fni de l'anglais alloit
ffet l'anglais montoir. Le général Monibrun parler, qu'en
amain; ; c'eft ce que firent les dragons du feizième cria : Jabrs a
Marc Borno : & quelques auties cfliciers, mais
avançoit, Montbrun cria : à cheval, allons
couché, avec environ Monbrun gui
quante hommes d'infanterie : je lui dis que
cent cinnonter à l'affaut, &cc. A peine eus-je fni de l'anglais alloit
ffet l'anglais montoir. Le général Monibrun parler, qu'en
amain; ; c'eft ce que firent les dragons du feizième cria : Jabrs a
Marc Borno : & quelques auties cfliciers, mais
avançoit, Montbrun cria : à cheval, allons >> J'ai ici plufieurs obfervations à faire : 1°, nous-en.
oint de fentinelles fur les rerranchemens ni In'y avoit
oura avertir; :". Ricard, commiflaire inftruéteur de en la avant
hartiale , quelques dragons du feizième régiment & cour moi
Z 2 --- Page 276 ---
reftàmes encore quatre ou cinq. minutes au fort après f
dépert du commandant qui fe fauva aindi
les autres
fembleit ménager le fort & les LAEa peifqu'?
g"Tennenis ne tiroit point de coups de foil, & quie Ricard remont
tranquullement chercher fon cheval qu'il avoit laiffe dans
fort, qu'il prit & amena fans avoir va aucun anglars; :
déclare que pendanc plulicurs heures que dum la canonnad
des vaifieaux embollés qui étoient à porrée du fufii du for
Bizoten, ce fort ine répondi par aucun coup de canon fu
les vaifleaux; s".généralifation fnite des colonnes ennemies
ii n'y avoit tout au plus que huit cents hommes.
9> Je déclare les préfentes fincères & véritables, en fc
de quoi j'ai figné
23 Fait à Jacmel, ce 13 juin, Tan94, le troi ème
la République françaife une & indivifible.
33 Signé, GIGNOUX".
La pièce eft extraite des archives, cotée & paraphée;
la communique aux colons.
Vous vovez,, ciroyens, que les foupçons que nous avio
formés fur le commandant de ia province, 3 fur fa condui
à Bizoton, font foutenus par la dépolition du commanda
de la cavalerie; vous aurez à cet egard les renfeigneme
les plus précis du coniré de falut public qui a reçu
géneral Lavaux toutes les pieces qui concernent cette affair
je me contenrerai de'vous lire la lettre qui m'a été adrefl
par le général Lavaux, depuis que je fuis en France; e
eft extraite des pitces qui font remites à la commillion;
vais lire cette lertre; elie annonce quels font les hommes S
ont défendn le Port-Républicain.
Vernezil: Je prie la commillion de demander à Sonthon
quel eft le commandant général qui a abandonné le fo
Bizoton, celt bien effenticl.
Lepreflent : Nomme-le toi-même.
Fernsuil: C'eft Montbrun, mulâtre, nommé commanda
général par Sonthénax.
Sonchonax : Il eft très-vrai que c'eit Montbrun, hom
ertre; elie annonce quels font les hommes S
ont défendn le Port-Républicain.
Vernezil: Je prie la commillion de demander à Sonthon
quel eft le commandant général qui a abandonné le fo
Bizoton, celt bien effenticl.
Lepreflent : Nomme-le toi-même.
Fernsuil: C'eft Montbrun, mulâtre, nommé commanda
général par Sonthénax.
Sonchonax : Il eft très-vrai que c'eit Montbrun, hom --- Page 277 ---
de couleur, qui a été nommé par Polverel pendant fon fés
jour au Portau-Prince; mais ceci elt d'ailleers fort étraniger
à cette aff.ire, car nous ne pouvons pas répondre du civifme de tous les commandans que nous avons nommés.
(Il lit la lettre de Lavaux. )
Lettre de Layaux aux commiffaires civils.
Du Port - de - Paix, 6 Germinal , an
troisième de la République.
Étienne Lavaux, commandant en chef des forces de la R6
publique à Saint - Domingu:, aux cizayens Sonthonax &
Polverel, anciens commiffaires ciyils de Sain: - Domingue.
cc
Votre nom, mes amis, eft béni par tous les Africains
& defcendans d'Africains; vous avez les premiers parlé de
liberté dans tout un pays où les habirans vouloient qu'elle
fit ignorée, méconnue; vous avez'eu le courage d'appeler
au bonheur quarre cent mille individus malheureux., vous
avez ôté leurs fers; vous avez combattu tous les ennemis
de la liberté, qui peut vous trouver coupables en cela ? ces
fcélérats d'émigrés, ces riches planteurs marchands de chair
humaine.
33 Je ne puis vous dire toutes les horrewrs qu'ils ont fait
mettre dans les papiers publics à la Nouvelle-A Angleterres
mais VOS aniis n'en n'ont jamais rien cru.
> Nous vous avons fingulièrement plaints dans votre retraite forcée du Perr-Képublicain à Jacmel, & le traitre
Montbrun n'apas refté long-temps fans fe faire connoitte &
fans fe faire arrêter après votre départ de Jacmel.
du
Je vous ai defiré mille fois dans la province
Nord,
vous y eufliez été avec des répablicains fddles à leurs fermens
& qui n'ont jamais balancé : que je dois dire de bien de
certe petice armée! quel exemple de patience, 7 d'obéillance!
quel courage cette arée a montré !
s3 Dennez-nous, je vous en conjure, de vos nouvelles;
Z 3 --- Page 278 ---
chaque individu s'intéreffe à vous, vous aime & voudroit
vous fayoir heureux & récompenfés de TOS peines, de vos
travaux.
35 Agréez les fentimens que je vous voue à tous deux ,
& je fuis l'interprète de toute l'armée & de tous les noirs.
53 Salut & fraternité.
93 Signé, LAVAUX.
3> Pour copie conforme àl'original qui nous a été adreffé
par le comité de falut public.
59 Signé, J. Px. GARRAN, préfident ; FoucHÉ (de
Nantes), fecrétaire >,
Je communique certe pièce aux colons.
Duny : Flie ne fait cue prouver la complicité de Sonthonax avec Eienne ! avaux.
Le préfident : Il eft bon d'obferver qu'elle a été envoyée
cacheléeà la commillion des colunies par le comité de falut
public. & que la cominifion €n a fait l'ouveiture en
fence de Sonthonax, qui la; paraphée avec un commiffaire. préLa féance eft levée.
Le regifre despréfences effené:
FOUCHE (de Nantes ), fcrézaire TP-GanAN,polen : F. LANTHENAS, GRéGOIRE, DABRAY, MERLINO, MOLLEVAUT.
été envoyée
cacheléeà la commillion des colunies par le comité de falut
public. & que la cominifion €n a fait l'ouveiture en
fence de Sonthonax, qui la; paraphée avec un commiffaire. préLa féance eft levée.
Le regifre despréfences effené:
FOUCHE (de Nantes ), fcrézaire TP-GanAN,polen : F. LANTHENAS, GRéGOIRE, DABRAY, MERLINO, MOLLEVAUT. --- Page 279 ---
Du I5 Thermidor, l'an troifème de la Rgjubiguefrargafeane
& indivifible.
O. fait ledture des débats recueillis dans la féance d'hier;
la rédaétion en eft adoptée.
(Les citoyens Page', Larchevefque-Thibaur & Clauffon
ne font point préfens à la féance. )
Le préfident : Voici l'arrèté-que la commiflion a pris hier
après la féance.
(I11 le lit: : )
l'ordre des débas
ec La commiflion confidérant que
ne
doit pas être interverti, ni leur durée prorogée au-delà du
terme fixé par le décret de la Convention nationale;
>3 Que l'accufé a le droit de dire ce qu'il juge néceffaire, à
fajuftification, à moins quil ne fe livre à des divagations abfolument étrangères à l'objet de l'aceufation;
formée
les
35 Paffe à l'ordre du jour fur la demande
par
colons pour obliger Sonthonax à préfenter demain à la comnmiffion, une acculation formelle contr'eux. N
Sonthonax : Dans la foule d'acculations citées à F'appui du
neuvième chef, ils m'ont accufé d'avoir machiné la livrailon
Z 4
quil ne fe livre à des divagations abfolument étrangères à l'objet de l'aceufation;
formée
les
35 Paffe à l'ordre du jour fur la demande
par
colons pour obliger Sonthonax à préfenter demain à la comnmiffion, une acculation formelle contr'eux. N
Sonthonax : Dans la foule d'acculations citées à F'appui du
neuvième chef, ils m'ont accufé d'avoir machiné la livrailon
Z 4 --- Page 280 ---
des basimens du commerce qui étoient dans la rade du
au-Frince,. Lorique les colons allèguent des crimes, ils Port- fe
gardent bien de les prouver; ils s'imaginent que leur
doit fervir de preuve. Je pourrois me
parole
à de parcilles allégations;
difpenfer de répondre
pièces. En voici une
cependant les
je me juftifie avec des
que
colons ne réculeront pas.
Nouvelle- Au mois de mars 1794; des papiers anglais venus de la
Anglererre, m'apprirent la nouvelle
c'étoit qu'une cfcadre françaife vencit atl fccours des ifles fuppofée
l'occafion de mettre fous fn fanve-garde les bâtimens duvent;
qui éroien: dans larade du Portau-Prince, Je mnc hâtai
voyer un avifo au général Rochambeat,
d'enMartinique. Voici la-lettre que je lai écrivis. gouverneur de la
(Illalit):
Port Républicain, S mars.
Au général Rochambean.
*c Le 10 feptembre dernier, mon cher
'vous ai adreffe une lettre par la voie de Rachambeau, Ms.
je
Murphi, négocians à
Miineret,
eft parvenue
Saint-Thumas; je ne fais fi elle vous
> je VONS la fais expédier par daplicata. Il eft
impofible de vous peindre la detreile où les fureurs de
baud, & l'oubli fourenu du confeil exécuuf de la
Galtion nationale On plongé ia colonie de
Convencoions ont appelé les Anglais & les Saint-Domingue. ils
Les
livré rtous les poftes dont ia roiblelle Efpagnols, ou la
leur ont
gamnifons ont empêché la défente.
complicité des
: Aujourd'hai, l'ennemi eft en poffefion des deux
de la partie françaile de Saunt Doningues Laveaux eft tiers
qué par terre 8c par mer au Pore-de-Paix: jele fuis au Port- bloRépubicain, ci-devant Porr-an-Prince, & Polverel eft
duit aux Cayes à fe nourrir lui & toure l'armée de
réde bananes; le peu de poudre que nous avons eft patates &
& non- feulement nous manquons de fefils de
avariée,
ceux quinous reftent font dansle plus mauvais recharge, érat.
mais
Laveaux eft tiers
qué par terre 8c par mer au Pore-de-Paix: jele fuis au Port- bloRépubicain, ci-devant Porr-an-Prince, & Polverel eft
duit aux Cayes à fe nourrir lui & toure l'armée de
réde bananes; le peu de poudre que nous avons eft patates &
& non- feulement nous manquons de fefils de
avariée,
ceux quinous reftent font dansle plus mauvais recharge, érat.
mais --- Page 281 ---
92 Les caifles font abfolument vuides, & les reffources
ulles; rien dans les magafins, pas une aune de toile
abiller nes nouvelles troupes, toutes formées d'Africains pour ou
hommes du pays.
> rade' Dans certe afligeante pénurie de moyens, il nous refte
du Port-Répullicain, un convoi de
navis bondés de denrées coloniales, & qui tente quarante furieufement
cupidité des Anglais. Déja ils ont fair deux tentarives
plever, & deux fois ils Ont été repouflès; mais comme pour le
eftige du charl tanifme ne dure pas long-temps, , & que la
ilance fans force réclle a un1 terme, je ferai forcé de tout
andonner, fi la France ne vient à notre fecours; deux
ilfeaux de ligne, lun de 5o & l'autre de 64, font ftationires dans notrerade avee plulieurs frégates & des bâtimens
tranfport. Iis attendent un mouvement favorable en ville
ur defcendre & pour canonner.
In'ya que vous, mon cher Rochambeau, qui
ustirer d'atlaire. S'il eft vrai. comme des
puillicz
glais me l'ont affuré, qu'il y ait une efcadre parlementaires françaife aux
sdu-vents, sfa
que cette efcadre vienne prendre le convoi
protection, & nous fommes fauvés.
des
hes & nous nous battrons tous jufqu'à Envoyez-nous la mort: il y va
is vingt-cinq fecourez millions de perte pour la France, fi vous ne
pas.
ss Signé, SONTHONAX.
Cef ainfi quej'ai machiné la livraifon des bâtimens franqui étoient dans la rade du Port-Républicain, &
nt fuivi que le fort du combat. Deux
après qui
vée à Jacmei, arriva la corvette
jours
notre
comité de falut public d'exécurer Elpérance, le décret rendu chargéo le par 16
let par la Convention contre les commiffaires civils.
que nous eumes connoiflance de ce décrer, nous
es au commandant de la force armée à Jacmel le billet éciije vais vous lire, en date du Sjuin 1794.
"erneutt: Oà eft Toriginal
onthonax: Il n'eft pas dans nos regiftres, çar alors nous
la corvette
jours
notre
comité de falut public d'exécurer Elpérance, le décret rendu chargéo le par 16
let par la Convention contre les commiffaires civils.
que nous eumes connoiflance de ce décrer, nous
es au commandant de la force armée à Jacmel le billet éciije vais vous lire, en date du Sjuin 1794.
"erneutt: Oà eft Toriginal
onthonax: Il n'eft pas dans nos regiftres, çar alors nous --- Page 282 ---
342n'étions plus commifaires civils; nous ne pouvions plus fai
d'adtes publics, mais je vais vous communiquer la minu
originale:
Le préfident : Eft-elle tirée des archives P
Sonthonax : Non, mais vous avez dans vos archivesla cop
de l'expédition remife au commandant de-la frégate YE/P
rance ; cette expédition a été remife au comité de falut P
blic: une autre copie au miniftre d'Albarade. Cès piècesdoivent être aujourd'hui dans VOS archives: vous y trouvi
rez auffi le procès-verbal de notre arreftation à Jacmel, &
rapport du commandant la corvette fur l'état de la provin
de rOueft & fur l'affaire du Port-au-Prince.
(Il lit le billet:)
Jacmel, le 8 juin 1794, l'an troifième de
République françaife,
Polverel 6 Sonthonax, à Martial. Belle, commandant
l'arrondifement de Jacmel.
ec Nous vous prévenons ; citoyen 3 que toute la force a
mée dont vous êtes dépolitaire, eft de ce moment à la di
polition du citoyen Chambon, > lieutenant de vailleau coi
mandant la corvette de la République I'Efpérance, qu'4
conféquence vous devez obéir fur-le-champ à toutes les I
quifitions qu'il pourra vous faire même contre nous.
s0 Signé, POLVEREL, SONTHONAX. .>>
J'ai reçu des citoyens Polverel & Sonthonax la note P
reille à celle ci-deflus.
Jacmel, le 8 juin 1794, fan troifième de la Républiqu
Signé, MARTIAL Brssz.
vailleau coi
mandant la corvette de la République I'Efpérance, qu'4
conféquence vous devez obéir fur-le-champ à toutes les I
quifitions qu'il pourra vous faire même contre nous.
s0 Signé, POLVEREL, SONTHONAX. .>>
J'ai reçu des citoyens Polverel & Sonthonax la note P
reille à celle ci-deflus.
Jacmel, le 8 juin 1794, fan troifième de la Républiqu
Signé, MARTIAL Brssz. --- Page 283 ---
Je communiquela pièce aux colons: C'eft ainfi que
confiance en la juftice de la Convention nationile, pleins les.
mmiflaires civils, 3 en melure de relifter, s'ils en avoient
açu la penfée, ont obéi fur-le-champs l'aurvienc-ils tait,
S avoient été coupables de tout Ce qu'on leur impute aurd'hui?
Avant de quitter Saine-Domingue, nous crumes qu'il éroit
notre devoir de notifier aux commandans que nous avions
nmés, l'ordre du comité de falur public, & enfuire de
C tracer une e(pèce de marche de conduite pour déiendre
:olonie.
e ne puis me difpenfer de lire la lettre
a été écrite à
i
ujet le I juin 1794 par Polverel à qui
comman
t
Rigaud,
de la province du Sud: clle eft en minute extraite des
hives;j'en ai écrit une pareilie à Laveaux: : je me conten1 de lire celle de Polverel.
Terneuil: Eft-elle dans les regiftres?
onthonax : Je vous ai déja dit qu'alors nous n'étions
umiffaires civils. N'étant plus commiffaires
plus
pouvions faire aucun aéte de jurididtion; nous civils, étions alors nous
imples individus : nous ne prenions aucune qualité.
i la commiffion le juge à propos, pour ne
lébats, je ne lirai que les
pas alonger -
paragraphes importans : je les
muniquerai d'ailleurs aux colons.
Hlit.)
Letere de Poiverel à André Rigaud.
II juin 1794, de Jacmel.
olverel 2 André Rigaud, commandant du Sud & des
quartiers y annexés.
Ce n'eft plus le commiffaire civil qui vous éctit: Sonax & moi fommes rappelés en France; nous partons
.
i la commiffion le juge à propos, pour ne
lébats, je ne lirai que les
pas alonger -
paragraphes importans : je les
muniquerai d'ailleurs aux colons.
Hlit.)
Letere de Poiverel à André Rigaud.
II juin 1794, de Jacmel.
olverel 2 André Rigaud, commandant du Sud & des
quartiers y annexés.
Ce n'eft plus le commiffaire civil qui vous éctit: Sonax & moi fommes rappelés en France; nous partons --- Page 284 ---
fur la corvette de la République, V'Efpérance, qui eft arriv
le 8 de ce mois à Jacmei; ii eft probuble que nos fuccefleu
ar:iveront bientôt. En attendant, c'eft fur vous feul, mc
cher Rigaud,
repofent dans votre département le fal
de la colonie, er la défenie de la liberté &c de légalité;
fuis tranquille fur ce département, parce que je vous connd
inirépide & loyal républicain. Je fuis aufi tranquille fur
Nord. Lavaux sy eft prononcé d'une, grande manière. L
Gonaives, Ennery, Plaifance, la Marmelade, le Dondoi
Valière, la Grande-Rivière, le Trou,le Tetrier-Rouge,
monade, le Cap & toutes fes dépendances, le Port- Miarge
le Limbé, le Perit-Sainr-Louis & le Port-de-paix, Boi
barde, la Platte-Forme, Terre-Neuve, le Port-à-Piment
Jean Rabel font réunis fous l'autorité de la République:
d'après les dernières nouvelles que nous avons reçues de I
vaux, j'ai lieu de croire que Lebergue & le Gros-Morne fc
aujourd'hui rentrés dans le devoir. Toufihninc-Louverun
Ian des trois chefs des Africains royaliftes, coalifés avec
gouvernement efpagnol, a connu enfin fes vrais intérêts
ceux de fes frères: il a fenti
les rois ne pouvoient
mais être amis de la liberté &c SEL l'égalité ; il combat a
jourd'hui pour la République à la tête d'une force arme
c'eft lui qui a repris les Gonaives; il a fait juftice févère
chevaliers efpagnols & français qui font tombés fous
main.
> La renommée a dû vous apprendre que le Por-Rép
blicain a été livré aux Anglais : cette trahifon eft Y'ouvr
des anciens libres de toutes les couleurs. Ils'en faut beauco
que Montbrua foit exempt de foupcon: il eft à craind
qu'il livrcra aux Anglais tous les quartiers ou il aura de
prépondéraince, & qu'ilintriguera dans les autres pour y F
pager le mémerlande trahifon; ; vous iavez que je n'ai jam
Eu de confiance à fa moraliré : je ne comptois que fur laj
telle de fon eiprit, fur fon ambition bien calculée. I:
trompé même fur ce dernicr point 3 il eft décidément en
mi de la liberté & des nouyeaux libres: il l'affalline en
careffant; il finira par recevoir la récompenfe qu'ii mérit
9: Vous êres le feul homme dans la colonie qui puifle
jouer fes complots perfides, y aflurer le tiomphe de-la
moraliré : je ne comptois que fur laj
telle de fon eiprit, fur fon ambition bien calculée. I:
trompé même fur ce dernicr point 3 il eft décidément en
mi de la liberté & des nouyeaux libres: il l'affalline en
careffant; il finira par recevoir la récompenfe qu'ii mérit
9: Vous êres le feul homme dans la colonie qui puifle
jouer fes complots perfides, y aflurer le tiomphe de-la --- Page 285 ---
erté, &cyfire refpecter l'aurorité du
ne attitude digne de la circonftance peuple &
français; prenez
ous êtes bien légalement la
de votre caractère,
ans le Sud & dans
premicre autorité conftiruée
écilicn du 24 février Tarrondiffemeur comprenoit
du PentGoaves, ma
el dans votre
Taitondiffement de Jachars fuivant, qui commandement; diftrait
celle 1 de Sonthonax du
andement, eft le feul titre cet arrondiffement de votre com- 5
éparremen:
qui conferve à Montbrun
confiance quelconque: des Afticains, ce titre ne rendra pas à Montbrun un
Verel, à la
Ceux-ci fonr campés en force à
lufieurs Rivière-Froide > à la Crete de
autres poftes bien réfolus de
Piquary, & dans
de ne pas reconnoitre pour chef celui défendre leur liberté,
Tettez-vous à la tète de cette fainte
qui les a trahis.
erté ienne & générale par-tout où ily aura inarrection,qweis des
dedes traitres envers la
ennemis de la lie . . .
. -
- République
e crois qu'il eft de yotre devoir
ires aux commandans anglais de d'envoyer Jérémie des parlemenour leur notifier le décret de la
& de Léogane,
liberté générale; pour leur déclarer Convention nationale far
us difinétion de couleur, domiciliés que tous los hommes,
ançaifes, étant citoyens français, doivent dans les colonies
s Européens, fabir comme eux la loi être traités comme
es gens & les conventions tipulées
commune du droit
ouvernemens de France &
par le cartel entre les
u nom de la
dAngioiere, pour
ont les commandans République, du contre le commerce infime protefter, que
orfaires anglais, des Africains gouvernement & des bricannique & les
ar. eux pris depuis le commencement de hotmnes'de couleur
our Jeur annoncer que la
la préfente guerre;
évères repréfailles; pour les République exercera les
ans un délai que vous leur fommér de vous certifier, plus
poffcilions brimanniques & du fixerez, bon de T'exiftence fur les
itoyens de Ssin-Doningte,
trairement de tous les
aits prifonniers de guèrre; noirs,& de couleur, par eux
e qu'ils vous aient donné pour leur fignificr que
es iujets du roi de la
cette certitude ollicielle, jufqu'a tous
oir de la République, Grands-Eremgnos feront traités & qui font au poueuployés comme
plus
poffcilions brimanniques & du fixerez, bon de T'exiftence fur les
itoyens de Ssin-Doningte,
trairement de tous les
aits prifonniers de guèrre; noirs,& de couleur, par eux
e qu'ils vous aient donné pour leur fignificr que
es iujets du roi de la
cette certitude ollicielle, jufqu'a tous
oir de la République, Grands-Eremgnos feront traités & qui font au poueuployés comme --- Page 286 ---
efclaves, &
jufqu'alors vous ne confentirez au renvoi
à l'échange Spelufn pritonnier anglais. -
35 Signé, POLVEREL >,
J'ai lu la lettre conforme à celle qui a été, envoyée
général Rigaud.
Signé, CHAMEON.
Cette pièce eft certifiée conforme à celle qui a été ei
voyée au général Rigaud, par le citoyen Chambon, con
mandant de la corvette LE/perance; car nous ne nous fetio:
pas pernis d'écrire une panfe d'a fans la communiquer a
commandant chargé des ordres du comité de falur publi
voila la leitre des hommes qu'on accufe d'avoir livré Sain
Domingue! Leur teftament policique, en fortant de Sain
Domingue, eft de recommander aux commandans
ont normés, de maintenir les principes proclamés par qui
Convention naticnale, & de faire traiter comme citoyer
français les noirs & auites gens du
pourroier
être taits pri onniers par les Anglis. EUR SR que not
agiflions en quitant Saint- Domingue, & ce font ces homme
gu'on veut accufer. des crimes que les colons ont comm
eux-mèmes. Une autre allégarion a été. d'acculer les com
mitlaires civils d'avoir invité le citoyen Genet, minift
plénipo:entiaire aux Etats-Unis, de re.enir fur les côtes d
la Nouvele-Angleterre les vailleaux de guerre du conve
de Saint-l Domingue. Jl eft très-vrai que nous avons demand
à Gener d'éloigner des côtes de Saint-Domingne les vail
feaux qui avoient été emboffés contre la ville du
dans les journées malheureufes des 20, 21, 22 juin Cap
& certes nous n'avons fait que notre devoir s car 1793 de
troupes révoltées ne pouvoient venir à Saint-Domingue qui
pour y fervir les Anglais : cela cft fi vrai, que les colon
qui veulent fe préfenter ici comme les chevaliers de I
France, après l'avoir trahie; que les colons qui difen
qu'ils ont preffé Genet pour venir délendre St.-Domingue
que les cclons, dis-je, ne vouloient partir que pour joindre
les Anglais au Môle & à Jérémie. Vous verrez dans ley
es révoltées ne pouvoient venir à Saint-Domingue qui
pour y fervir les Anglais : cela cft fi vrai, que les colon
qui veulent fe préfenter ici comme les chevaliers de I
France, après l'avoir trahie; que les colons qui difen
qu'ils ont preffé Genet pour venir délendre St.-Domingue
que les cclons, dis-je, ne vouloient partir que pour joindre
les Anglais au Môle & à Jérémie. Vous verrez dans ley --- Page 287 ---
apiers remis ici par Pafchal, & faifis fur
k les adhérens, la preuve du projet de Tansuy-Laboiffitre faire
:s colons par Borel, cet homme
après avoir commander été à la
amaique, eft revenu enfuite à la
levenir a Saint-Marc depuis
pour
EC
ux Anglais:
que Saint- Marc a été livré
toit deftiné vous à commander y trouverez la
que Thomas Millet
eftitué
1ABRET
Cambis & Cercey. J'ai encore après d'autres qu'on auroit
onner aux colons, ce font les journaux français preuves à
la Nouvelle-Angleseres ils fe
'de publiés
Tenet faifoit arrèter fur les côtes les plaignoient
ce que
:
Môle & Jérémie. Tanguy lui-méme colons expédiés pour
ue je vous prie de vous faire repréfenter, > dans fes feuilles
e barbatie parce qu'il a fair arrêter treize pallagers accufe Gener
New-Yorck, pris fur un bâtimeut américain
fortis
: à Jérémie depuis que ces deux piaces étoient allant au Môle
Ix Anglais.
livrées
Verneuil: Je demande les' preuves.
Sonthenax : En voici une. -
Le préfident : Laiffez-le continuer fa défenfe.
Verneuil infifte; le préfident le rappelle à l'ordre.
Sonthonax: Voici un extrait de I'Etoile Amérizaine.
(Ille lit:)
New-Yorck, le 11 février.
6 Il eft parri de New-Yorck pour Jérémie un bâtimenz
mpli de.colons français; plafieurs d'entre eux
1 quart-d'heure après, appareiller un floop ayant vu,
font fait débarquer; mais, d'après le rapport carmagnole, du
floop ne les a point inquiétés, & il a pris left pilore, &
ute pour la Guadeloupe-,
fait
Je crois ne devoir vous citer que cette
roit inutile de vous extraire tous les articles gazette-ci; des
il
ançaifes faites à New-Yorcl, qui conftatent gazertes
lons ne retournoient à
que les
Saint-I Doiningue que & pour aller --- Page 288 ---
$48
au Male & à Jérémie. D'ailleurs, cuel doute peut-il vo
reier à cet égard, puifque les volons vous ont dit ici
face que s'ils avoient été à Jérémie, iis auroient livré
territoire français à l'ennemi, es colons vous ont
eux-mèmes que Jérémie & le MAie n'avoient fait 9
mettre leurs biens en fequeftre, entrev les mains du R
d'Angleterre > poir les remettre énfuite aux vrais propri
taires.
ailleurs, cuel doute peut-il vo
reier à cet égard, puifque les volons vous ont dit ici
face que s'ils avoient été à Jérémie, iis auroient livré
territoire français à l'ennemi, es colons vous ont
eux-mèmes que Jérémie & le MAie n'avoient fait 9
mettre leurs biens en fequeftre, entrev les mains du R
d'Angleterre > poir les remettre énfuite aux vrais propri
taires. Vous trouverez les preuves zue les colons ne vo
loient rentrer à Saint- Domingue que pour égorger les cot
miflaires civils, àla tète des troupes anglaifes. Verneuil: Citoyen prélident > . Sonzhoncr : Vous ne pouvez m interrompre dans
défnfe. Le préfident : Prenez des notes; vous repondrez qua
il aura fini. Sonthonax: Mais comme il fe trouvoit, dans les forc
navales de la République cn ftation aux Erats- Unis,
barimens, tels que V'América & la frégate Embufcade,
commiliaires civiis écrivirent à Geneft de nous les envoye
parce qu'alors nous avions deffein de faire" partir po
France le convoi qui étoit dans la rade du Pore-au-Prine
attendu que ce convoi attiroir fans celie les Anrlais,
qu'ii étoit impoilible qu'a la fin il ne, leur fit livré par
machinations de ceux qui avoient intérêt de le faire. Vo
la lertre que j'ai écrite au miniftre Geneft, en date du
novembre 1793. (Illit:)
Port-Républicain, le 12 novembre 1793. Au minifre Geneft. Cc L'oubli ol nous laife le pouvoir exécutif de la Rép
blique eft incroyabie, nous n'avons pas reçu des nouvell
officielles de France depuis lc 17 février dernier; & no
3gnorerions abfolument ce qii sy paile, fi vous 11e no
en aviez inftruits,
--- Page 289 ---
ce voulur fr Ellior, ami particulier & coafident du
entretenir dés députés des
miniftre Pirt,
pour cet effet, il'sadretia à
colonies, & pourquoi,
Decallion, membre réprouvé Mirabeau de
: pourquoi Valentin
ami intime d'un autre grand
Fallemblée de St-Mare,
aufli un voyage à Londres.
3gnorerions abfolument ce qii sy paile, fi vous 11e no
en aviez inftruits,
--- Page 289 ---
ce voulur fr Ellior, ami particulier & coafident du
entretenir dés députés des
miniftre Pirt,
pour cet effet, il'sadretia à
colonies, & pourquoi,
Decallion, membre réprouvé Mirabeau de
: pourquoi Valentin
ami intime d'un autre grand
Fallemblée de St-Mare,
aufli un voyage à Londres. Il confpirateur, a dû
Bomave, a fait
dé la correlpondance des miniftres Roland favoir quel étoit le but
Willeberforce & Clarkfon; pourquoi les & Clavière avec
miftre Pitt demandoient à hauts cris la deux agens du miHes noirs, fupprellion qu'on étoit bien fupprellion loin de de la traite
Honner, mais il falloit exalrer les têtes
vouloir orvolution fur Tefclavage dans les Antilles, échauffées afin
par la rétolonies qu'on ne pouvoir attaquer
de ruineri les
jue Bliny dépuré de Nantes,
alors, Il doit favoir aufli
lAflemblée conftituante un , empècha difcours Riquerti de faire
Clarklon & Wilberforce, & dicté comme dans le fens de
hétion angloife & d'Orléans >2,
les leurs par la
Sonthenax : Je communique cette
aux
rouve, d'après l'aveu de
pièce
colons; elle
Saine-Domingue -
à l'Affemblée Thomas Millet, que les dépurés
onférences avec un négociateur anglais conftituanre ont eu des
bque où les colons annonçoient leur
précifément à l'érec la France, à l'époqué où ils manifeftoient delfein de faire fchifme
ntement outré pour ie décret du 12 octobre leur méconune autre preuve que Thomas
1790: : mais
Rs étranger à la confpiration, & c'eft Miller fon ami lui-méme n'eft
ela fournit dans le fupplément du No,
Tanguy
volutions de la partie françaife de
37 du journal de
buve dans ce journal une lettre adreffée Saint-Doringue. à
Je
préraire de Mirabeau. C'eft ainfi que. Geneft par un
rre cft défigné dans le journal de
l'auteur de cette
La voici. Tanguy. (Sonthonax lit le paragraphe fuivant de la lettre. )
Extrait dz joarnal des révolutions. Deux Thomas dos membres de cette affmblée, dont lua
Millet, ardens, ceurageux, mais
étoit
Tom: VIII. Soisante-feiriome
fimples & cré:
livraifon.
préraire de Mirabeau. C'eft ainfi que. Geneft par un
rre cft défigné dans le journal de
l'auteur de cette
La voici. Tanguy. (Sonthonax lit le paragraphe fuivant de la lettre. )
Extrait dz joarnal des révolutions. Deux Thomas dos membres de cette affmblée, dont lua
Millet, ardens, ceurageux, mais
étoit
Tom: VIII. Soisante-feiriome
fimples & cré:
livraifon. T --- Page 290 ---
dules, comme le font les gens de bonne foi, ne fe confant
pas, je ne fais pourquoi, à Jeurs propres moyens ,, cherchoient
un défenfeur contre Bafnave. Ils s'adrefsèrent à TRAeT celui-ci n'ofa s'y jouer. Il me femble
même qu'il écrivit fur ce fujet une lettre fort fingulière d
Thomas Millet.
>> Dans ce temps Mirabeau étoit mal avec Barnave; le
motif préfumé de leur méunrelligence étoit la querclle de'ce
dernier avec Cazalès, qui d'ailleurs, malgré les apparence
contraires, étoit T'homme de T'Allemblée que Mirabea
eftimoit le plus. Nos deux Saine-Domingois fe perfundèren
qu'ils devoient failir ce moment de récrimination de Mira
beau contre Barnave pour décider le premier à prendr
leur défenie contre le] Dauphinois légiflateur des iles à fucre
Mirabeaules accueillit bien, les vir fouvent, les fit beaucou
caufer, procura, je crois, à fir Elliot un entretien avec eu
à Thôtel de l'Univerfité".
Verneuil: J'obferve fur le matériel de la pièce qu'elle n'e
pas plus fignée que la première : toutes les fois qu'il a é
queflion de produire dans la difcufion des pièces qui nou
ont été adrellées, ou
ont été inférées dans le journal
Tanguy, Sonthonax f. a recufées, fous prétexte que Ta
guy étoit unl confpirareur coiinu. 11 eft bien étonnant 9
Sonthonax fe ferve des pièces du même homme cont
nous, ou, pour mieux dire, qu'il produife contre nous d
chiffons qui n'ont aucune efpèce d'authenticité.
Sonchonax: Je produis le journal de révolutions dela pa
tie françaife de Saint-Domingue.
Duny: Oà cft-il imprimé ?
Sonthonax: A Philadelphie, chez votre ami Parent, Oi
tient le club des Français.
Duny : Ia commiflion doit fe rapeler que tant que Ta
?
a été à New-Yorck, il a été Yami des colons; m
R l'inftant qu'il 'a été circonvenu à Philadelphie > ne
l'avons abandonné. Vous en aurez la preuve dans tous
papiers. Tie préfidert : La commifion fe rappcile de CC que Y
avez dit à cet égard.
Sonchonax. : Ceia eft très-vrai. J'obferve que Tho:
Duny : Ia commiflion doit fe rapeler que tant que Ta
?
a été à New-Yorck, il a été Yami des colons; m
R l'inftant qu'il 'a été circonvenu à Philadelphie > ne
l'avons abandonné. Vous en aurez la preuve dans tous
papiers. Tie préfidert : La commifion fe rappcile de CC que Y
avez dit à cet égard.
Sonchonax. : Ceia eft très-vrai. J'obferve que Tho: --- Page 291 ---
Miller a correfpondi avec Tanguy depuis
journal à Philadelphic : il lui écrit, furle No qu'il a fait for
nal, Li leure que je viens de
21 de ce jouralois chr cumplugnon d'nfrtune. commaniquer. Ainti ilne le Il Tappeloit
comme indigne d'èrre fon ami; il profeloit des regardoit pas
d'ariftocratie qui plaifcient à Thomas Miller,
principes
écrivant il fappeloic cher
puifgu'en lui
Le préfidene : Qielie preuve compagnon as-tu d'inforrune.
Thomas Millet & qu'cile vienne de que la cette lettre foir de I
terre ?
Nouvelle-AngleSonthonax: Elle m'a été adreffée avec la Jettre
ependantje ne
m'en rappoiter à cet
voill;
pu 2 la
de Thomas
égard RG l'aveu
Millet. Je
TREEX
Hes témoignages particuliers ; mais ils ne pourrcis fournir
Faucun poids dans une affaire aufli importante. peuvent être
Lc fera prefident: Thomas Miller pourra être entendu
ici.
quand
Dasborneau : Si c'eft lui qui a écrit la lettre, il
iera pas.
ne la
Sonthonas : Je palie à la difcuflion. Ces
Ellior eurent des fuites. Vous favez ce conférences qui s'eft savec
Hint-Domingue fous la feconde Alfemblée
paffé à
vez quel mouvement ily eut à cette époque coloniale, Vous
Anglais far le territoire français ; les tentatives pour amener
lines : la France conferva la colonie de
furent
qu'en 1793.
Saint-Domingue
Un autre député de' FAffemblée coloniale avoit été
Pré par elle en France au commencement de
enputé fe nomme Coignac Mion; il palfa de Paris 1792. à Lon- Ce
cs, après avoir été relevé à Paris parPage &
lun des auteurs & rédacteurs du traité du Brulley. Il
25: C'ef donc le 2.5 février 1793 qu'a été 2.5 février
emière pièce oflicieile par laquelle les colons fabriquée de
la
omingue fe font mis fous la proredtion de
Saintomme ce traité a déja été tranfcrit aux débats, iAngletere, me
erai d'en citer Li2 paragraphe.
je
conVerneuil: Quand ce traié a été préfenté aux
nandé à Sonthonax de produire les
débats, j'ai
Z vu quil n'y en avoit point ; ainii fignatures, celt une & vous
uile.
répétition
T
quée de
la
omingue fe font mis fous la proredtion de
Saintomme ce traité a déja été tranfcrit aux débats, iAngletere, me
erai d'en citer Li2 paragraphe.
je
conVerneuil: Quand ce traié a été préfenté aux
nandé à Sonthonax de produire les
débats, j'ai
Z vu quil n'y en avoit point ; ainii fignatures, celt une & vous
uile.
répétition
T --- Page 292 ---
Duny : Dans l'inftan: même Sonthonax vient de dire que
Coignac Mion étoit un des lignataires du traité.
Sonthona: : Je n'ai pas dit qu'il fat fignataire, mais ré
daéteur.
Duny : Et il n'y a pas de fignature.
Sonthonax : Ce traité a bré reconnu par les colons, puil
qu'ils font venus à la barre de la Convention protefte
chicanner la-deffus aujour
contre ce traité. Commenroieng-ils
traité
d'hui? Nieront-ils que le 25 février il eût un
pail
Cabinet
habitans de Saint
avec le
de
Saint-Janes par
Domingue pour livrer ia colonie aux Anglais : Je prie
commiflion d'interpeller lcs colons, foit fur le traité, foit f
leur proteftation.
avons
contre ce trai
Brull-y : II eft vrai que nous
protefté
les ex
paffé à Lendres; mais Sonthonax ne répète point
preflions dans lefquelles nous avons protefté, Nous avot
dit qu'il éroit venu à notre connoiffance qu'il exiftoit L
trairé, qu'on en avoir fait circuler des copies > qu'on no
difoit que ce traité devoit avoir fon cxécution, & que
ce traité exiftoit, nous venions nous formellement, au no
de la colonie > protefter contre 3 & les colons alors
Paris, proreftèrent individuellement. Les proteftations C
été conligaées dans vOs archives; mais nous n'avons I
entendu certifier l'exiftençe de ce traité par notre prote
tation. Notre proteftation eft en tant que de befcin, da
le cas. où le traité exifteroit vraiment entre les colons
I'Angleterre, chofe qui ne nous étoit pas demontrée, pu
que nous ne tenions ce fait que de Robert Lindet ,
que nous n'avons eu de copie de 'ce traité que par ce
qui a été produite par Sonthonax lui - même, pièce,
forme,qui n'eftrevéruc d'aucune fignature,àl laquelie ne
ne pouvons ajouter mettrai aucune créance. les colons fort 2 leur aife
Sonthonax : Je
deffus ; car je leur produirai l'original de la proclamat
du générel anglais qui annonce que ce trairé exiftoit. Qu
au traité, j'ai annoncé que nous en avions une co
dans la partie des archives non inventeriés. Demain
vous apportetai los gazettes dans lefquelles ce traité Ph
extrait. Le journal ineme de 'Tanguy > imprimé à
dlpaic, s prou nC cotrité. Cortes, li Tangay-Laboill
: Je
deffus ; car je leur produirai l'original de la proclamat
du générel anglais qui annonce que ce trairé exiftoit. Qu
au traité, j'ai annoncé que nous en avions une co
dans la partie des archives non inventeriés. Demain
vous apportetai los gazettes dans lefquelles ce traité Ph
extrait. Le journal ineme de 'Tanguy > imprimé à
dlpaic, s prou nC cotrité. Cortes, li Tangay-Laboill --- Page 293 ---
n'edt pas été sûr que les colons euffent palfé ce traité
Angleterre, il fe feroit bien gardé de le mettre
en
compre - des colons. J'annonce d'ailleurs
fur le
nalé que je lirai tout-à-Pheure. Je
une pièce origilis 7 à 8 lignes de ce trairé, qui me reprendela-difcuilion, font
& je
tinuer fur cet objet.
néceffaires pour con-
(II lit.)
Traité palfe entre Sa Majefté Britanniqac & les propriétaires
frasgais de l'ile de Saint - Domingue.
ARTI C,L E P R E M I E R.
ce Les habirans de Saint-
> à leur légitime
Domingue ne
recourir lannie qui les fouverain, pour les ahtrnemt de la
s Majefté
opprime , invoquent la protection de 8
Brirannique, & lui
>> le fuppliant de conferver leur prètent ferment de fidélité, >
comme bons & fidèles
colonie > &. de les traiter
>> époque à laquelle le
fujets jufqu'à la paix générale
3) fances alliées décideront gouvernement français & les puif-
> veraineté de
défnitivemenrentfeller de la fouSaint-Domingue 3),
le Vous voyez
dans ce traité du 25 février
premier foin RMEA colons eft de fe
1793,
des hommcs opprimés par la France repréfenter comme
mes qui ine pouvant pas recourir à leur > comme des homréclament ia proteétion de Sa Majefté légitime fouverain,
mettre en (équeftre entre fes mains leurs Britannique > pour
Ja paix. Vous voyez que les colons ines polleflions julqu'a
ceux qui ont figné ce traité à Londres, accufateurs, > &
& même langages vqus
n'ont qu'un feul
primés par les aflemblées voyez qu'ils fe difent toujours oppar les agens de la France, nationales,, toujours opprimés
de cette oppreflion qu'ils recherchent > &
c'eft en
de
T'Europe.
a1S proteétion santates des
Que difent ici mes accufateurs les
contre mes aétes à Saint - Domingue : colons, ils fe qui réclament
de" l'opprefion des trois aflemblées nationales. plaignenr Lifez aufli
leurs
T 3
primés par les aflemblées voyez qu'ils fe difent toujours oppar les agens de la France, nationales,, toujours opprimés
de cette oppreflion qu'ils recherchent > &
c'eft en
de
T'Europe.
a1S proteétion santates des
Que difent ici mes accufateurs les
contre mes aétes à Saint - Domingue : colons, ils fe qui réclament
de" l'opprefion des trois aflemblées nationales. plaignenr Lifez aufli
leurs
T 3 --- Page 294 ---
écrits, voits verrez toujours les mêmes exprcffions; il
s'y plaignent de l'oppreffion des agens de la France.
Le 25 février 1793, quels étoient VOS griefs contre les
compiflair=s civils? Le commillaire en réfidence dansle Nord
avoit déporté IOàIZ 2 perfonnes) pouravoir été prifes les armes
à la main dans les rues du Cap contre les délégués de la
République : y avoit-il là un acte d'oppreflion : La popu
lacion du Cap étoit alors intadte; aucune efpèce d'acte
n'avoit attenté à vos propriétés penfantes 5 les lois feule
avoient régné; vous n'aviez à vous plaindre d'aucur
excès.
Qu'avoit fait le commiffaire civil dans la province d
T'Ouef? Il' n'avoit déporté perfonne, excepté deux homme
bien connus & dénoncés par les colons comme: - des fauteur
du royalifme, Decoigne & Roi-de-la-Gransc, habitans d
Saint - Marc. Ces hommes, en horreur à lallemblée d
Saint- Mare & à fes adhérens, avoient été confammen
dénoncés aux commiflaires civils; ils éroientles deux feule
vichimes far lefquelles le bras de lajuftice fe far appelanti
Dans le Sud iln'y avoit eu aucune cipice de déportarions. D
quoi fe plaignoienr les colons? de foppretlion. Qtelle étoi
cette oppretion 2 L'égalité, la liberté, la déclaration de
droits : voilà les principes qui étcient en horreur au
colons, qui ont été érernellement pour eux un prétext
de rébellion & de. révole.
Voalez vous avoir une preuve matérielle de ce que j'a
vance ? je la tire de la proclamation faite par les généram
anglais, à leur arrivée dans les colonies, lorfqu'ils én on
pris pollaflion; ils tiennent le même langage que les co
lons dans leur traité de Londres, que les colons de Pari
dans leur brochure. Cette prociamation eft tirée du journo
intitulé: Wakly Couran:e, imprimée à la Grenade, du 2
février 1794.
Voici le paragtaphe de cette proclamation qui.confate qu
leroi d'Angleterre n'a envoyé desforcés dans les coloniesque
pour. fecourirl leurshabitans.
(Ilit).
is pollaflion; ils tiennent le même langage que les co
lons dans leur traité de Londres, que les colons de Pari
dans leur brochure. Cette prociamation eft tirée du journo
intitulé: Wakly Couran:e, imprimée à la Grenade, du 2
février 1794.
Voici le paragtaphe de cette proclamation qui.confate qu
leroi d'Angleterre n'a envoyé desforcés dans les coloniesque
pour. fecourirl leurshabitans.
(Ilit). --- Page 295 ---
Déclaration des généraux anglais, du premicr
janyier
c
1794.
L'aflemblée fe
$> France ayant exercé qualifian: dans de Convention nationale de
s3 pendances le
le ledir royaume & dans fes dé5 bare, y ayant delpotifme détruit la plus iflinité & le plus bar-
>> les lois, violé.les
religion, le gouvernemen: &c
>> ajouré à tant de propriétés la de toute elpèce, & ayant
s> d'enrrainer dans les forfaits mêmes déclaration d'une intention
9) de renverfer. leurs
calamités les autres nations, 3
3) cipes fondamentaux conftitutions de
relpectives & les
33 venir à ce bur,
tout étar civilifé;
prinnon
&, pour
9>
vres
contente de fe fervir des
pardesincendinires &
manceu33 à des holtilités
émiffaires fectets, s'étant
>>
voquée de
ouvertes, &c à une déclaration non porrée
> alliés, & Sadire guerre contre Sa Majefté Britannique & pro- fes
>> d'avoir recours aux Majefté s'étant vue par- là forcée
9> jufte & néceffaire armes & de pourfbivre une guerre
5> streré de fon
> 2 pour la protection de fes
trône > la
fujets, la
93 tannique & la défenfe de confervation fes
de la confticution bri-
>3 Le Roi
alliés.
39 blique que confidérant ladite
en outre qu'il eft de notcriété
39 tr'autres" projets Convention & fes adhérens , pu- en-
> entièrement les cclonies atroces, ont conçu celui de détruire
3> dentales, projer
françaifes. dans les Indes- Occi3) droiss, avec
qu'ils ont exécuté dans
toates les
quelques en3) & par les moyens
circonftances les plus
les plus criminels &
horribles
teflables, &
les
dé3
qu'ilsont en même
plus
tions femblables contre les
temps manifefté des inten-
>-cette partie du monde. Pour poflelions de Sa Majefté dans
3) & eflicace
artéter d'une manière
>> fes
l'esécurion 'de ces deffeins, & pour prompte
33 nacées, propres Sa colonies des malheurs dont elles font préferver me-
> la Providence, Majefté fur la fe repolant fur la protedion de
9) tice de fa caufe,
valeur de fes fujets & far la juf3) prendre par la force ajugé des convenable &c nécellire d'entrej) ladite Convention
agmes de réduire les adhérens de
prétendue nationale
Cette proclamation eft donnée à bord du vaiffeau de
Sa
T. 4
acées, propres Sa colonies des malheurs dont elles font préferver me-
> la Providence, Majefté fur la fe repolant fur la protedion de
9) tice de fa caufe,
valeur de fes fujets & far la juf3) prendre par la force ajugé des convenable &c nécellire d'entrej) ladite Convention
agmes de réduire les adhérens de
prétendue nationale
Cette proclamation eft donnée à bord du vaiffeau de
Sa
T. 4 --- Page 296 ---
Majefté Britannigae, le Boync, > le premier janvier 1794.
Elle eft fignée Charles Grey 2 général, John Servis, viceamiral. Parleurs Excellences Gerrel, Fifcher, Georges Parvis, fecrétaires.
Vous venez de voir, d'après la pièce que je viens de
vous mettre fous les yeux, que les Anglais viennent au
fecours des colonies francaifes, parce
les colons font
opprimés par la Convention nationale. de langage eft commun aux colons nos accufateurs, & aux généraux anglais
qui proclament dans nos colonies
Leur conduire & leur langage font parfaitement identiques : il eft vrai que quand ils fonr de la politique dans
leurs brochures, ils viennent vous dire que ce font les
Anglais, que c'eft la main de Pitt qui a dirigé les philanthropes & les amis des noirs dans leuts écrits fur le
bonheur de l'efpèce afticaine; ils' vous difent que c'eft
Pitr, Wilberforce & les miniftres d'Angleterre qui ont dirig" les malheurs de Saint - Domingue, qui ont dirigé les
vues philanthropiques
ont été fuivies par les trois
aflemblées nationales 3 Q cependant vous voyez que le
général anglaisaccule la Convention nationale de vouloir porter le feu dans les colonies anglaifes. Concevez un peu l'abfurdité des colons à cet égard.
(Le citoyen Millet entre ).
Verexil : Sonthonax vient de lire une proclamation
faite parles généraux anglais Servis &Grey, Dans la lecture
que vous venez d'entendre il n'y a rien de commun avec les
colons..
Le sfent: Vous répondrez dans un autre moment;
c'eft ici ie lieu de demander au citoyen Millet,
€
puifquil
eftici, s'il reconnoit lalettre produite par Sonthonax.
Th. Millet : Oui, je la reconnois, & je demande à en
faireleccure endère.Iin'ya pas de date.. Aur refte,je l'ai remife
moi-même au comité de falut public.
L: préfident. : Dans quel temps à-peu-près croyez. L vous
l'avoir écrire ?
Th. Millet : C'eft vers le mois d'août 1793, ou au mois de
feptembre.
, s'il reconnoit lalettre produite par Sonthonax.
Th. Millet : Oui, je la reconnois, & je demande à en
faireleccure endère.Iin'ya pas de date.. Aur refte,je l'ai remife
moi-même au comité de falut public.
L: préfident. : Dans quel temps à-peu-près croyez. L vous
l'avoir écrire ?
Th. Millet : C'eft vers le mois d'août 1793, ou au mois de
feptembre. --- Page 297 ---
(Il lit ).
Letere de Thomas Mill:: a Tengay-la-Boijfibre.
/
cc Compagnon d'infortune, G vous m'aviez confulté au
mnoins pour ce qui me concerne, vous n'auriez point fait
mprimer dans votre No. 21 cette efpèce de juftification
contre les bruits répandus fir votre compte & le mien reativement à l'arrivée des Anglaisà Saint,- Domingue. Cette
iccufation, fans vraifemblance, n'eft que ridicule;
qu'en foit Tanreur, quel qu'en foit le bur, elle ne quel inéite que le mépris. Vons parciffez attribuer CCS bruits au
niniftre Geneft, qui a déconvert, dit-il, des' inteiligences.
Teft bien certain que j'ai à me plaindre de
le plufieurs de mes lottres; mais, quoique l'interruption cette
Herie foit affez familière aux autorités
elpié- je
'en accule pas le miniftre Genelt, ni les diplomatiques, fiens., parce ce
ue je n'accule pas légérement & fans preuves. Au refte,
par quelque voie que le' minifire Geneft ait découvert mes
ntelligences rand
& mes démarches, il peut les mettre au trèsifon jour, comme je me propofe d'y mettre les fiennes,
la examen épuratoire ne m'empèche pas de coopérer
miflion à laquelle la confiance de mes infortunés coniroyens m'a appelé, k dans laquelle, dit- - on, je fuis
ufpect,
33 Si vous n'aviez pas donnné de la publicité à cette
iccufation de notre prétendue complicité avec les ennemis de la France, je garderois le filence.
he' me difculperai point; il fuftira de prouver que Cependant le citoyen je
renelt, auquel on attribue cette calomnie, eft certainemhent
bien inftruit du contraire.
>Le citoyenGeneft étoit employé en France dansles bureaux
liplomatiques de T'Aflemblée
il
éroit, fans
oute , lorfque le comité étoit conflituanre; dirigé par le y grand confpirateur Riqueti Mirebeau, délogé du Panthéon :
lonc fa ou, pi favoir quel étoit l'oljet du
ila de
Philippe - Egalité à Londres au commencement voyage de la réolation; enoir aufli que de ce fut à cctte époque que Briflor 5 quti
L.ondres, commença fon journal qui fut
'Aflemblée
il
éroit, fans
oute , lorfque le comité étoit conflituanre; dirigé par le y grand confpirateur Riqueti Mirebeau, délogé du Panthéon :
lonc fa ou, pi favoir quel étoit l'oljet du
ila de
Philippe - Egalité à Londres au commencement voyage de la réolation; enoir aufli que de ce fut à cctte époque que Briflor 5 quti
L.ondres, commença fon journal qui fut --- Page 298 ---
dès -lors & a toujours été depuis confacré a perfecm
& à calomnier les colons. Il devoit favoir quel étoit au
F'objet du voyage de fir Elliot à Paris en octobre 179
à l'époque du tameux décret du 12 de ce mois, qui
décirié la ruine des colonies 2 parce. que fir Ellior,a
particulier & confident du miniftre Pitt, voulut entreter
des députés des colonics, & pourquoi, pour cet effet,
s'adrella à Mirabeau 5 pourquoi Valentin - de - Cullio
membre réprouvé de lAflembléc de Saint - Marc, ar
intime d'un autre grand confpirateur; Barnave, a fait au
un voyage à L.ondres.
s5 Ila' dé favoir quei étoit le but de la correfpondanee
miniftres Roland & Clavière avec Wilberforce & Clar
fon 5 pourquoi ces deux agens du miniftre Pitt dema
doient à hauts cris la fappreflion de la traite des noir
fupprellion que l'on étoit bien loin de vouloir erdonne
mais il falloit exalter les têtes échauffées par la révoluti
fur l'efclavage dans les Antilles, afin de ruiner les colon
qu'on ne pouvoit attaquer alors. Il doit favoir aufli q
Blin, député de Nantes, empêcha Riquetti de faire
FAfemblée confituanre un difcours dans le fens
Clarkfon & Wilberforce, &. didé, comme les leurs, par
fadtion anglaife & d'Orléans.
3> Il a da favoir pourquoi Bamave, qui s'étoit fi adr
tement fait donner l'autorifation d'accorder des cong
aux membres de l'Afemblée de Seint- Marc détenus
Paris, en donna au feul Cadufch, autre.membre réprou
de cetre allemblée 5 qui domina fi puiffamment l'A
femblée genérale de Saint - Domingue féante au Ca;
au moment de linfurredtion du 21 aoft 1791, à
quelle on l'a même accufé d'avoir contribué; pourquoi
lui-ci, après avoir reçu des mains du guillotiné Blanchelan
un panache & une cocarde noire, détermina T'Affembl
à demander des fecours à la Jamaique; pourquoi
Anglais 2 tous les mois, faifcient palier une corvette
Cap,, pour informer le miniftre d'Angleterre des progr
de la dévaftation; pourquoi certaines fages objections fair
par les premiers commillaires civils nommés poer Sain
Domingue - > furent regardées comme une démifien;
pourquoi on fc hàta, fans autre forme, de les remplac
une cocarde noire, détermina T'Affembl
à demander des fecours à la Jamaique; pourquoi
Anglais 2 tous les mois, faifcient palier une corvette
Cap,, pour informer le miniftre d'Angleterre des progr
de la dévaftation; pourquoi certaines fages objections fair
par les premiers commillaires civils nommés poer Sain
Domingue - > furent regardées comme une démifien;
pourquoi on fc hàta, fans autre forme, de les remplac --- Page 299 ---
ar un Mircbeck, Lorrains 279
nglaitie, & St. - Leger,
Roume, né dans une colonie
je quelques colons ayant déjoud Idlandais; les pourquei le courage
ateurs >sla faction baillotine fe hàta. projers de les de ces conipiPolverel & Sonthonax 5
remplacer par
oia la guerre contre pourquoi,a au moment oà Brillot
ar un trairé avec le Roi TAnglererre, de la
& que les' émigrés,
mettoient Saint- Domingue, Polverel Grande - Breragne, > lui
alyfoienr tous les moyens de fe défendre & Sonthonax pauillance, en négligeant les
contre cette
etenant dans nos ports les fortifications forces navales des côtes, en
Hlique, qui, par leur fupériorité
de la Répuommerce de la
auroient pu ruinier le
re-amiral Cambis Jamaique, tous les en failan: défarmer par le conn laillant les corfaires anglis corfaires armés au Cap, &
ans nos ports, en expofint, enlever nos navires julques
Acrant tous ceux qui avoient violentanr, intérêt à torturant, mafDomingue, & qui en avoient le
défendre Saintn canonnant le
courage & lintenrion,
haffacrant la viile Port-au-Prince, du Gap &c fes en incendiant, pillant,
onnant par-tout de repouffer les habitans; vaifleaux enfin, en orublique.
de la Ré3) Il doit favoir pourquoi Polverel &
confeil exécutif n'aveit
Senthonax, à qui
prces navales, ne voulcient poinr annoncé de nouvelles
vant Tartivée d'une prérendue pas nouvelle que le convoi parrit
onvoi, qui paroit fi évidemment
ftation; 8 fi le
être la proie des Anglais dans les par-1 là avoir été defliné
Domningne, ne fa pas été
ports mêmes de Saintritunique à envoyer prendre par la Jenteur du miniftère
ormémentau trairé du 21 février pofieflion de cette ifle, 3 conBretaghe &c les émigrés. 11 feroir entre le Roi de la Grandel ne le favoir pas, que, dans pollible de lui expliquer,
incendie du Cap a été le dernier cette des grande conipiratien,
Héer au rerardément des forces
moyens pour faporcer le convoi, dent les capitaines britanniques, 2 : & pour
nlance leur retour en France à fe demandotent avec
ontinent cè Disu fait à quoi il e defliné, réfugier dans le
départ des vailleaux de fon efcorre,
fur-to LIC depuis
>ll expliquera à fon tour pourquoi les vaifle
aux de la
pollible de lui expliquer,
incendie du Cap a été le dernier cette des grande conipiratien,
Héer au rerardément des forces
moyens pour faporcer le convoi, dent les capitaines britanniques, 2 : & pour
nlance leur retour en France à fe demandotent avec
ontinent cè Disu fait à quoi il e defliné, réfugier dans le
départ des vailleaux de fon efcorre,
fur-to LIC depuis
>ll expliquera à fon tour pourquoi les vaifle
aux de la --- Page 300 ---
République ont éré retenus dans les ports du continen
tandis que les corfaires anglais ne laiffoient paffer auci
des bàtimens américains > dans lefquels nos infortunés co
citoyens le rétugioient ici, & pourquoi tur-tout,la ftati
du contre - amiral Cambis, pius que fuffitante pour élc
gner les Anglais de Saint-Demingue, n'a pas été réintégr
à fon polte.
3> Après avoir analyfé, examiné , commenté toute cet
fériedetairs que je garanis, on jugera quels confpirateurs so
attiré les Anglais à3 Sainr-Domingue,
53 Signé,THOxAS MILLET >.
Sonthonax : Je demanderai le paraphe de cette pièce &
dépôt aux archives.
Th. Mille: : Je la fignerai à toutes les pages, à tout
les lignes.
Sonthonax: Je demande aufliquele fupplémenrdece jourr
de Tanguy-laboititre foit dépofé aux archives.
Le préfident : Cest trois pièces feront dépofées dans les a
ehives aprèsavoir été paraphées dans la forme ordinaire.
(On communique à Millet le No. 37 du fupplément
journal des révolutionsde Saint-Domingue ).
Sonthonax : EA-il - néceHaire qu'on insère cette pièce at
débats?
Th. Miller : Sionme la donne, c'eft pour la reconnoitr
il faut la lire.
Sonthonax : Letraité de vente de la colonie aux Anglais étq
paile, ils'agiffoit de le mettre à exécution. Berel & quelqu
autres membres de l'affemblée de Saint - Marc furent charg
de ie mettre à exécution dans la province de l'Oueft.
Je vous ai Ju, dans le cours des débats > la correfpor
dance de Borel, écrite de la Jamaique > qui prouve mat
riellement qu'ii y étoit allé pour mettre à exécution ce traite
*e concert avec le gouverneur de cette ile; cependant, c'd
ils'agiffoit de le mettre à exécution. Berel & quelqu
autres membres de l'affemblée de Saint - Marc furent charg
de ie mettre à exécution dans la province de l'Oueft.
Je vous ai Ju, dans le cours des débats > la correfpor
dance de Borel, écrite de la Jamaique > qui prouve mat
riellement qu'ii y étoit allé pour mettre à exécution ce traite
*e concert avec le gouverneur de cette ile; cependant, c'd --- Page 301 ---
28r
el'arrivée de Galbaud feulement que datent les
ahifons de Saint-Domingue. Après lincendie du premières
emmandant du cordon de J'Oueft,
Cap, le
ordre de nous arrêter dans le cas où Neuilly, avoit reçu
avers fon armée pour aller dans la province nous de pafferions FOueft. à
Duny : Pour aller à
ordre.
l'Efpagnol, > voilà le mot précis de
Sonzhonax : Il ne s'agiffcit pas de l'Elpagnol.
Ie préfident : Ne Tinterrompez pas.
Sonthonax : Je ne lis pas l'ordre. J'ai cité dans
les débats l'ordre donné
Galbaud d'arrêter les le courant
ommiffaires civils > & ERm reçu par
foi-difant
ranfimis aux différens commandans du Neuilly cordon , de qui l'avoit
Spouvanté de ce que notre arreftation ne s'étoit pas l'Oueft.
paffa dans la partie cfpagnole avec une
réalifée,
es ofliciers ; c'eft delà que date la trahifon grande partic de
ordon del'Oueft au pouvoir des Efpagnols
a mis le
le cet acte
à la
que la municipalité de la Marmelade
fuite
partie duterriroire
livra ceite
es débats
franeais.Je vous en ai fourni la preuve dans
Dodon furent précédens. livrées La Partie d'Ouanaminthe &c celle du
également. Ces trahifons
rès-peu de temps après l'affaire du Cap; mais, le arrivèrent
embre, les vaifleaux du roi d'Angleterre furent
17 fopémie fous les conditions du traité paffé à
reçus à Je
55 février. La même trahifon eut lieu au Môle Saine-James le
le
rembre. Un bâtiment de 5o canons
22 fop-
& du fort du Mole. J'oblerverai prit poffeffion de la ville
de trahifon ont été donnés par les Nners les de premiers cxemples
AJérémie; il n'y exiftoit pas d'hemmes de Saint-Dominge
ment où on a appelé les
couleur au mocouleur avoient été chaffés Anglais depuis 2 le puifque les hommes de
ils en avoient été chaffès, ainfi
mois l'ai de février 1793,;
courant des débats. Il en étoit de que même je des établi dans le
au M5le. Tous les hommes de couleur étoient autres paroiflès
Jean Rabel, à faire la guerre dans les camps & réunis à
Les colons ne diront pas fans doure que les les poftes.
couleur avoient envoyé des députés à Londres hommes de
un traité fembiable à celui du 25 février, pour fabriquer
que CC font eux
'ai de février 1793,;
courant des débats. Il en étoit de que même je des établi dans le
au M5le. Tous les hommes de couleur étoient autres paroiflès
Jean Rabel, à faire la guerre dans les camps & réunis à
Les colons ne diront pas fans doure que les les poftes.
couleur avoient envoyé des députés à Londres hommes de
un traité fembiable à celui du 25 février, pour fabriquer
que CC font eux --- Page 302 ---
28:
qui aient effayé les premiers d'émouvoir les puiffinces d
l'Europe fr le fort de Saint-Domingue. Les hommes d
couleur étoient pailibles dans leurs foyers lorfqu'ils ont ét
enveloppls dans la confpiration générale.
J'ai donc établi qu'àJérémie & au Môle les hommes d
couleur étoient abfens, que c'eft dans ces deux places le
plus imporrantes qu'on a donné le premier exemple de 1
trahifon, qu'on a iis le territoire français entre les main
de Fennemi. Les colons m'ont accufé d'avoir forcé les ha
bitans du Mole de fe livrer aux Anglais : en failant marche
contr'eux 30 mille noirs révolrés; vous allez voir ce qu'
faut penfer de leur affertion. J'ai fufifamment établi qu
je n'avois fait marcher perfonne à Jérémie. Jc n'étois charg
que de la province du Nord. Quant au Mole > quels fon
les hommes que j'ai fait marcher : Voici la proclamatio:
que fai rendue à l'inftant où j'ai fu la trahifon du Méle. J
communique la pièce aux colons,
(Illit une partie de la pièce : )
Proclamation de Sonthonax, du S odiobre 1793.
€c CITOYENS,
93 Les Anglais de la Jamaique viennent de defcendre al
Mole & à Jérémhie , appelés par les ennemis de la Répu
blique françaife ; fans forces > fans foldats, & fans autre
moyens que la corraption 2 ils efpèrent tour. de latrahifor
& de la perfidie; ils efpèrent tout des ennemis que nou
récélons encore au milieu de nous.
32. Réuniffons-nots, ciroyens, pour repouffer de toute
nos forçes lefciavage & la mort. Réunilicz-vous, 3 homme
du 4 avril & du 25 août > le même fort vous menace
tous, on vous prépare des fers 5 jurez tous de mouri
plutôt que de les fupporter 5 n'avez - vous pas pour
retraites vOS mornas & vos forêts : Les lâches & féro
ces chefs de eette poignée d'Anglais qui eft defcendue dan
l'ile, fe font annoncés comme les exécuteurs des vengeancos des émigrés; n'attendez pas d'eax qu'ils obferven
même fort vous menace
tous, on vous prépare des fers 5 jurez tous de mouri
plutôt que de les fupporter 5 n'avez - vous pas pour
retraites vOS mornas & vos forêts : Les lâches & féro
ces chefs de eette poignée d'Anglais qui eft defcendue dan
l'ile, fe font annoncés comme les exécuteurs des vengeancos des émigrés; n'attendez pas d'eax qu'ils obferven --- Page 303 ---
28;
droit des gens : c'eft du fang qu'il leur faur, c'eft de l'or
u'ils viennent recucillir.
3) Conduits par les planteurs blanes, ils viennent far nos
vages apporter des fers pour vous enchainer. Souvenczbus des fuccès de VOS frères de la Martinique 5 ils ont
poufle, ils ont battu le même ennemi qui vient infofter
ps eôtes. Souvenez-vous que les Africains des montagues
eues de la Jamaique menacent fans cells les Anglais, &c
u'au premier fignal que vous leur ferez, ils affureront linépendance de leurs frères.
3) Dans ces circonftances le commiffaire civil a ordonné &e
rdonne Ce qui fcit:
A R T I C L E P R E M I E R.
>> Déclarons tous les citoyens de la province du Nord en
at de réquilition permanente aux ordres" ' des commiffaires
vils & du commandant de ladite province, pour marcher
pntre l'ennomi .
e
Art. IV.
>2 Il fera fofmé au Port-de-Paix un raffemblement combfé en entier de troupes de ligne, fous le commandement
agénéral Laveaux, pour marcher contre la vilie du Môle.
Verneuil: : Je demande qu'on life cette pièce en entier.
Lc préfident : Il ne faut le faire qu'dutant que cela feroit
Nolumenrnécellaire; ces lectures, en entier, allongent beaubup les débats.
Sonthonax : Les colons la liront quand ils auront la pai
ple.
Verneuil : J'obferve, fur le matériel de la
@ du 8 oétobre, , & le Môle a été livré aux pibce, Anglais qu'clle dans
commencement de feptembre.
Sonthonax : L'obfervasion ne fait rien fur Taffaires car >
s'agit de favoir quelles font les troupes que j'ai com-
en entier, allongent beaubup les débats.
Sonthonax : Les colons la liront quand ils auront la pai
ple.
Verneuil : J'obferve, fur le matériel de la
@ du 8 oétobre, , & le Môle a été livré aux pibce, Anglais qu'clle dans
commencement de feptembre.
Sonthonax : L'obfervasion ne fait rien fur Taffaires car >
s'agit de favoir quelles font les troupes que j'ai com- --- Page 304 ---
mandées pour marcher contre le Méle : vous voyez que
font des troupes de ligne. Après la. trahifon du Mole & C
Jérémie, > le gouverneur général Lafalle, épouvanté des cor
féquences 2 eut la foiblelle de trahir la Republique, d'ém
grer au Méle auprèsdu gouverneur anglais : voici Ja preuv
du fait que j'avance. Lafalle , après la prife de pollellio
par les Anglais, > écrivit au gouverneur de cetre place pou
lui propofer une efpèce de traité, en vertu duquel il gar
dereit le Môle, mais ne viendroit pas attaquer Lafalle a
Port-de-Paix, oi il étoit alors. Le gouyerneur anglais lui re
pondit qu'il ne pouvoit accéder à aucune cfpèce de trait
pareil , qu'il l'exhorroit mi contraire à fe joindre à lui cont
les commiflaires civils qui dévaftoient la colonie, & conti
lefquels la nation anglaite venoit proréger le peuple français
en ajoutant que cette conduite lui vaudroit les bienfaits C
fa majefté britannique & la reconnoiffance des colons. La
falle répondit à cette invitation par une proclamation dar
laquelle il annonçoit qu'il deftituoit les commiffaires civi
de tous leurs pouvoirs, que déformais les colons n'avoier
à obéir qu'à lui, qu'il alloir les. . diriger dans les mefure
qu'ily auroit à piendre pour fauver la colonie de Saini
Domingue, de concert avec le général anglais. Cette prc
clamation eft dans les archives de la commillion; à la fui
de cette proclamation le général Lafalle va au Méle oà
l'a fait imprimer à l'imptimeric royale du Méle. Voicil'ordr
donné par Lalalle à un capitaine américain de le conduir
au Méle.
(II le lit:)
AU NOM DE LA NATION
€ Adrien-Nicolas Lafaile 5 maréchaldes camps & arméc
de la République fancsifé.pouvemeurgenéral, par interim
des iles françaifes de T'Amérique fousle vent : Ileft ordonn
au capitaine John Erock, commandant la goëletre améri
caine le Robin, de porter d'après ies offres, , en qualiré d
bâtiment parlementaire, le capiraine Monblanc, chargé d
mes dépèches au commodore Ford, commandant toutes le
troupe
:
échaldes camps & arméc
de la République fancsifé.pouvemeurgenéral, par interim
des iles françaifes de T'Amérique fousle vent : Ileft ordonn
au capitaine John Erock, commandant la goëletre améri
caine le Robin, de porter d'après ies offres, , en qualiré d
bâtiment parlementaire, le capiraine Monblanc, chargé d
mes dépèches au commodore Ford, commandant toutes le
troupe
: --- Page 305 ---
28s
roupcs de terre & de mer de fa
Mole
majefté
Saint-Nicolas s & de me
britannique au
le Chevalier, > mon fecrétaire, & recevoir à fon bord aveç
hambre. >>
Baugrand, mon valer-deA la Tortue, le I2 octobre 1793.
Signé, DE LASALIE.
Voilà d'abord l'ordre donné par Lafalle au
Prock de le recevoir à fon bord pour le
capitaine John
enéral anglais.
conduire auprès du
Voici la déclaration de John Brock. Je
ièce aux colons.
communique la
(Illit:)
ce Je certifie que moi John Brock,
tte le Robin de
commandant la
I courant
Philadelphic > ai touché à la
gos-
> ayant pris à mon bord le général Tortue, le 16
le-decamp & fon valet-de-chambre
Lafalie, fon
ole Saine-Nicolas, où je fuis arrivé > pour tranfporrer : au
que le lendemain il s'eft émbarqué lelendemain à bord au Môle,
héricain pour la
d'un brick
Je
Nonvelle-Angleterre.
s A
l Saine-Marc, s le 24 décembre 1793, l'an
République françaife.
troifième
cc Signé, JonN Brock. >>
Ces pièces font tirées des archives.
ral Lafalle porta un coup funefte aux L'émigration du géexemple du Souverneur-genéral de la commilinires civils.
ole dans un moment ou ils étoient fans colonte, émigranr au
Fources, faillit à faire palfer toute la munitions & fans
re les mains de T'ennemi :
province du Nord
u dans le général Laveau. Nous heureufement avions nous avions un
,un républicain vertueux, fur
en lai un homme
confiance de la République: il n'a lequel Onl pouvoit repoler
ice; il s'eft mis à la tête des armées, point & trahi cette efpéTome FIII. Soixante-ferième
a confervé le
liyraifen,
V
it à faire palfer toute la munitions & fans
re les mains de T'ennemi :
province du Nord
u dans le général Laveau. Nous heureufement avions nous avions un
,un républicain vertueux, fur
en lai un homme
confiance de la République: il n'a lequel Onl pouvoit repoler
ice; il s'eft mis à la tête des armées, point & trahi cette efpéTome FIII. Soixante-ferième
a confervé le
liyraifen,
V --- Page 306 ---
terriroire > de concert avec les commiffaires civils. Le 1O 0
tobre, je fortis de la ville du Cap avec- la majeure pari
des troupes de ligue pour les faire camper au Port-de-Pai
j'avois alors reçu une invitation de mes deux collègues Pc
verel & Delpech, de me rendre au Port-au-Prince > al
de parer fur-le-champ au coup funefte qui venoit de no
être porté
la trahifon du Mole & de Jérémie, par
défercion Eta du gouverneur Lafalle. J'arrive à Sai
Marc : là je trouve des proclamations du commandant a
glais qui circuloient, dans lefquelics on annonçoit que
commiflaires civils éroient décrétés d'accufation; on dif
que la France leur ayoit retiré fa confiance, qu'ils étoie
anis hors de la loi, qu'il étoit enjoint à tous les colons
leur courir fus, & c'eft dans ces circonftances que j'arri
feul à Saint-Marc. J'ai - à vous lire, à cet égard, la proc
marion du général anglais : il eft très-effentiel qu'elle (
tranimife aux débais à caufe des articles précieux qu'e
content.
(llen lit une partie. )
Proclamatien.
Sonexcollence Adam Williamfon, lieurenan-gouvernets
commandantenchefa) la Jamaique & dans lesiles dépendant
chancelier & vice-amiral dans lidite colonie > major-géné
de fa majefté britannique, colonel du 47. régiment d'inf
tcrie, ayant bien voulu faire choix de ma perfonne pour co
mander les troupes envoyées pour prendre pollefion d't
partie de la colonie de Saint-Domingue, moiJean Whililod
lieutenane-colonel du I3. régiment d'infanterie, j'ai I
l'ordre de fon excellence de faire publier ce qui fuit:
Aux habitans de Saint-Domingse.
3> Leroidela Grande- Eretagne plaignoir depuis long. ten
les malheurs affreux que vous avez éprouvés : fa protedic
fouvent réclamée par beaucoup de vOus, ne l'auroit pas
en vain fi les rois pouvoient toujours céder à leur fenfibili
enfin, le temps eft arrivé: ot il peut fuivre le mouvem
de fon CoUT on vous recevanr au nonbre de fes fujers,
YOUS adoptant comme faifant partie de fa grande famill
> Leroidela Grande- Eretagne plaignoir depuis long. ten
les malheurs affreux que vous avez éprouvés : fa protedic
fouvent réclamée par beaucoup de vOus, ne l'auroit pas
en vain fi les rois pouvoient toujours céder à leur fenfibili
enfin, le temps eft arrivé: ot il peut fuivre le mouvem
de fon CoUT on vous recevanr au nonbre de fes fujers,
YOUS adoptant comme faifant partie de fa grande famill --- Page 307 ---
s Sa majefté britannique
rière d'une grande
de ayant accueilli avec bonté la
5 février dernier, partie a envoyé VOS des compatriotes, > prefentée le
dam Williamfon, fon
ordres au major-g général
- faire paffer de fuite lieusnantgonvemeur" à
à la
ires pourprendre pofleflion Saine-Domingue de la
Jes forces
rIEt
la colonie, > jufqu' à ce que la
cclonie, ou d'une partie
nces alliées &c le gouvernement paix de générale entre les puifuveraineté décifive de cette colonie. France, établilfe une
3, J'ai été chargé de cette expédition. Ce n'eft
nquérant > c'eft. en père que fa majefté a
pas en
epolfeflion de ce territoire : à cet effet, elle m'a voulu
mmandenjent de troupes fuflifantes
confié Rete
Pavillon
pour faire
ubler britannique 3 &
ceux
refpecter
votre tranquillité :
la qui perfifteroient à
le
la
parl Hable par force > que je veux conquérir. perfualion, Un
bien
auroit tout
mais
appareil
Blas
la fincérité de réduit,
m'a 'auroit laillé des
ceux qui fe feroient
doutes'
veut que des fujets dignes de fa
foumis: : fa majefté
le gouvernement
proredtion & des faveurs "
s
les moyens de conviction britannique allure; ainfi, j'épuiferai
j'ai avec moi, & d'en appeler avant d'employer de
les forces
tes à marcher pour réduire ce qui nouvelles, 3 toutes
auteurs & fauteurs de la révolte.
réfifteroit, & punix
inftitutions Habitans de Saine-Domingue, l'objet & la fn de toutes
e bonheur des publiques membres érant lintérèr général des fociétés,
te des lois peut feule qui les compolent, l'obfervation
remplir ce but.
Il faur vous pénétrer de cette vérité
pli a caufé tous vOs malheurs,
inconreftable, dont
bumiflion la plus ablolue des que lorfqu'on veut exiger
her châque jour l'exemple de autres > il ne faur
léceffaire parmi vous, 9 elle doublera Tinfiubordination 5 1Elcr
Une
votre force.
us propre expérience à contenir très-longue les efclaves vous a prouvé que le lien.
Honnée par les blancs, de leur obéiffance confiftoir dans l'exem-,
cet ordre de chofes
à des chefs.
-Domingue, &
rappelez-vous i'érar brillant de
comparez-le ayec les horreurs dont il
Va
de autres > il ne faur
léceffaire parmi vous, 9 elle doublera Tinfiubordination 5 1Elcr
Une
votre force.
us propre expérience à contenir très-longue les efclaves vous a prouvé que le lien.
Honnée par les blancs, de leur obéiffance confiftoir dans l'exem-,
cet ordre de chofes
à des chefs.
-Domingue, &
rappelez-vous i'érar brillant de
comparez-le ayec les horreurs dont il
Va --- Page 308 ---
eft devenu le théâtre par Y'oubli des lois qui vous I
giffoient.
>2 Ce n'ef pas pour devenir le théatre des vertus répub
caines, ni du développement des connoifjences humaines, qu
établit une colonie dans les Antilles fa vérirable profpér
conffte à faire beaucoup de denrées, > & le but de la méerop
efl d'en exporter le plus avec le moins de frais qu'il lui
poffible.
>> Une colonie dépendante d'une métropole pour fes ra
porrs commerciaux, pour fa proredion & fa défenfe -
confequemment aucune politique extérienre, & ne dcit
chercher aucun des attributs de la fouveraineté.
23 Afleoir l'impôt, en furveiller lemploi, voilà la
de fouveraineté que doit exercer une colonie : eile
P
Leeg
fenter les lois utiles à fon bonheur, & les conbiner a
celui de la métropole qui la proiége.
>> D'après cette vérité fimple, fa majefté voulant confer
tous vos droits, je vous déciare, en fon nom, qu'aufli
que la paix fera térablie, vous formerez une allemblée
loniale pour les régler & les exereer.
23 En attendant, toutes les anciennes lois françaifes fer
maintenues, en ce qu'elles ne fe trouveront pas contraires
moyens de rétablir la paix.
s Chacun confervera fes droits civils: les lois relative
la proptié:é feront également maintenues.
9> Sa majefté voulant affurer aux créanciers les fom
qu'ils ont a répérer, mais étant fentiblement afrectée de t
les Aéaux qui ont concouru à la déyaftation de la cold
& à la porte des forrunes; voulant favorifer ceux qui fer
des avances néceifaires pour les réparer, mautonle à v
ahnoncer que fur lexpeele demande des habitans, elle
corde un furfis pour pourlure des dettcs, & la fufpen
des miérèts, à comprer du 15T août 1791, pendant do
années, fous quelques exceptions - .
e
bienfaifantes
9> Comparez agtuellement les intentions
roi de la GGrande-Eretagne avec les ceuvies de ces trois
dividus qui vous oppriment, perfides dépolicaires d'une
parer, mautonle à v
ahnoncer que fur lexpeele demande des habitans, elle
corde un furfis pour pourlure des dettcs, & la fufpen
des miérèts, à comprer du 15T août 1791, pendant do
années, fous quelques exceptions - .
e
bienfaifantes
9> Comparez agtuellement les intentions
roi de la GGrande-Eretagne avec les ceuvies de ces trois
dividus qui vous oppriment, perfides dépolicaires d'une --- Page 309 ---
28,
prité qu'on n'a pu leur confier uniquement pour vous afiner : rendez-les au néant dont ils font fortis &
les
tend.
qui
-
Ignures dès leur naillance, nouveaux
froftrates, ils ne font connus que
leurs
ux mêmes quiles ont délégués, enter de votre crimes; &
emblent devant les forcés combinées qui les parience, de
ures parts & les livrent à votre vengeance. preflent
>> Hommes de couleur, avez-vous pu vous laifler
r les déclamations de ces traitres? en vous vantant aveugler la lierté & l'égalité, ne vous ont-ils pas avilis vous - mémes,
hitqu'ils voas les font partager avec VOS efclaves en vous
pouillant de votre propriété ?
-
> Choififfez entre la jouiflance des droits que notre conf
hies ution accorde aux hommes de votre couleur dans nos CO<
& la penition de tous VOS crimes.
S Rendez-vous enfin à la voix de la nature & de la
bfitez du moment de l'indulgences il paffera
raifon,
quand le jour de la vengeance fera arrivé, promptement, le
us fervira de rien : je vous donne
repentir ne
. - e
quinze
-
jours
;ider.
0 . - * .
-
pour vous
Je paffe le refte de la proclamation; j'ai cité les
me paroilloient les plus importauns : eile eft fignée. articles Voilà
Friginal: On pourra la comparer avec d'autres
ce commandant anglais.
fignatures
Vous voyez dans le langage du commandant. anglais identité
c celui que tiennent fans ceffe les colons qui alliégent la
Invention nationale & fes comités; ils vous difent fans
le que la liberté perd les colonies, que
eft
teffaire àl l'agriculture > que les colonies doivent F'efclavage être étranes aux querciles politiques de l'Europe; qu'enfin, tout ce
ils Ont fait dans les colonies, & fur-tou: les décrets de
Hemblée de Saint-Marc, ne tendoient qu'à éloigner de la
onie lesprincipes de la France, ou plutôt les mouvemens
enés par les principes de la France. Remarquez enfuite
Hosrine des fabricaseurs de cette proclamation.
tous les gouvernemens d'Europe avoient bien mis Jufques- ei
ie cette maxime > qu'une colonie n'eft Gtablie que pour praV 3
fin, tout ce
ils Ont fait dans les colonies, & fur-tou: les décrets de
Hemblée de Saint-Marc, ne tendoient qu'à éloigner de la
onie lesprincipes de la France, ou plutôt les mouvemens
enés par les principes de la France. Remarquez enfuite
Hosrine des fabricaseurs de cette proclamation.
tous les gouvernemens d'Europe avoient bien mis Jufques- ei
ie cette maxime > qu'une colonie n'eft Gtablie que pour praV 3 --- Page 310 ---
avoir le plus de denrées poffible, au meilleur marché poflible
qu'elle 12 étoit pas faite pour deyenir le chéâtre des vertu hi
republicaines > et du déycloppement des connoissances
maines 5 mais aucun n'avoit éié ailez déhonté pour pre
clamer cette horrible maxime aux yeux de l'univers entie dor
Ainti, la doctrine des colons & de leurs adhérens eft
de verfer le fang des noirs, de le boire à longs traits dai
de riches coupes, parce que c'eft-la la raison pour laquel do
on a des colonies. La vertus les institutions publiques
vent être ctrangères aux colonies. Remarqnez en mêm
que le général anglais, inftruit du décret du 16 juill
temps à.la follicitation des colons, proclame lui-mème
8793, décret en leur préfence, cn difant que ceux qui no
avoient délégués nous livroient à leur vengeance. Celcul
maintenant quelle devoit être la polition des commillair
civils > feuls au milieu des hommes libres; calculez quels fai
voient être les moyens qu'on devoit employer pour.les On
allafliner, pour les faire difparoitre de la colonie.
ave
eu foin alors par la même voie, c'eft-à-dire, en corroi
pant ceux qui étoient artachés aux commilfaires civils;
avoit eu foin, dis-je, de les en déracher; en leur repr
fenrantles commiffaires comme difgraciés de la Conventic
nationale,. comme défavoués par elle. Que devoient pen
les hoimes de couleur loriqu on leur maettoit fous les ye
le décret, de la Convention natienale du 16 juiller 179
qui déclaroit qu'ils n'avoient plus fa confiance, qui les
crétoit d'accufation ? ne devoient-ils pas alors, la
d'avoir fervi les commiffaires civils, s'imaginer que
te
vention nationale réprouvoit leur conduite ? ne devoient
pas s'affocier à leurs ennemis, aux Anglais, pour s'empa
des commiffaires civils ou les poignarder ? J'ai dit qu
raifant circuler les proclamations, les émiflaires. des Ang
avoient foin de les faire accompagner du décret du 16 jui
1793. Je vais vous en fournir la
Voici le num
du Courier de Saint-Marc, dans ees fe trouve tranf
T'extrait de la féance de la Convention nat
nale, tout au du long 16 juillet, nui concerne le décret purté con
pous fur la demande de Billiud-Varenne,
Duny : Imprimé odt
ifant circuler les proclamations, les émiflaires. des Ang
avoient foin de les faire accompagner du décret du 16 jui
1793. Je vais vous en fournir la
Voici le num
du Courier de Saint-Marc, dans ees fe trouve tranf
T'extrait de la féance de la Convention nat
nale, tout au du long 16 juillet, nui concerne le décret purté con
pous fur la demande de Billiud-Varenne,
Duny : Imprimé odt --- Page 311 ---
Sonchonas : Imprimé à Saint-Marc, Je communique la
ièce aux colonsis elle eft tirée. des atchives..
J'ai une autre preuve de la circulation dé ce
1 proclamation de Wiottelock: c'eft la' lettre du décrct confeil avec de
paix de Saint - Marc au- général Laveau, fignée par les
pembres de ce confeil. Je lis cette lettre, & yous voyez
u'on a foin d'envoyer à toutes les paroilles le décret
ulacion rendu contre les commillaires civils."
d'ac:
(Il lir:)
Ssint-Marc, le 16 Novembre 1793.
e confcil de pais & d'union de Saint - Marc, au citoyen
Étienne Laycau, goayerneur-gentrul par incerim.
ce Les paroilfes de Saint-Marc & des Verettes & de la
erite-Rivière iffaires
ont enfin fecoué le joug oppreffeur des comefure Polverel & Sonthonax. Les, précautions que cette
oblige de prendre, s'étendent à ouvrir tous les
leur adrefle qui pallent par cêtte ville; en
paquers
ps dépèches des 12 & 13 du courant ont été conféquenee, atrêtées ici
ouvertes publiguement : nous les acheminerions
la
bie de la pofte, , fi nous reconnoiflions encore une ombre par
autoritéaux commiffaires, maisle décret dela Convention,
116 juillet, nous le défend; c'eft pourquoi nous
ps paquers,dans nos mains . - 0
0 - gardons >.
Ileftinurile de lire plus au longcettelettre. Je
pièce. Dans cette férie de noms vous n'avez communijte pas
nom d'un feul homme de couleur encore fidele ila
De nouveaux moyens furent
RCUgE
on devoit d'autant mieux réuflir, pris pour tenter leur fidélité,
toit à la révolre contre l'autorité qu'alors qu'on les indéléguée par la
ique, On leur dennoit cetre démarche commne
Répu-
- plaire à la République. Ainfi, les hommes de un moyen
1 le révoltant contre les commiffaires civils, éroient coukur,
cufables : ces hommes de couleur ne
ce encore
ue parce qu'on leur préfentoit ce décret prenoient du 16 juillet, parri
qui
V 4
enter leur fidélité,
toit à la révolre contre l'autorité qu'alors qu'on les indéléguée par la
ique, On leur dennoit cetre démarche commne
Répu-
- plaire à la République. Ainfi, les hommes de un moyen
1 le révoltant contre les commiffaires civils, éroient coukur,
cufables : ces hommes de couleur ne
ce encore
ue parce qu'on leur préfentoit ce décret prenoient du 16 juillet, parri
qui
V 4 --- Page 312 ---
juftifioir.leur démarche, que: parce quils ne trouvoient pas
d'autres, moyens de (e foumertre aux lois de là Républiqus
françaile qu'en fe foumettant au décrer du 16 juiller, qu'or
leur préfenrgic comme notre profcription. A cette époque
Jérémie farfoit circuler de nouvelles diatribes contre les com
millaires civils; on n'oublioit pas, les' extrairs du journal de
Tanguy, les extraits des lectres des colons, réfugiés à la
Nouvelle- Angleretre, Un homme appelé Nicoleau exiftoi
à Jétémie; ce Nicoleau avoit été membre des aflemblée
coloniales, il étoit fecrétaire de l'armée délibérante de Jé
rémie : voici la pièce qu'il a. envoyée au citoyen Gerin
commanidant aux Baradères, à Baptifte Marmé, capitaine
des gardes nationales du Petit-Trou, & à tous les autre
hommes de couleur de ces communes: : cette pièce eft daté
du 3 novembre 1793: Voici fon contenu, c'eft un extrai
du Courierpolizique de la France & de fes colonies: : dans ce
éxtrait On troirve une lettre de Tanguy qui aunonce une
lettre d'un colon de Paris, colon qui eft ici, qui fe trouv
en ce moment en Francé, & fir lequel je prie la com
miflion de prendre des renfeignemens.
Duny : Comment fe nomme-t-il:
Sorithonax : Cofte, colon très-connu, comme le porte 1
pièce dont je vais vous donner lecture.
(Illit:)
Extrait de la gagette intitulée: Courier politique de la Franc
& de fes colonies.
Au REDACTEUR,
46 Je vous' envoie, Monfieur, une lettre écrite de Paris
par un colon connu, à un de fes amis; je vous prie de 1
publier, quoiqu'elle foir dans les principes de la révolution
& de prévenir le public
je fus informé, par ilil aii st
de New-Yorck, que RASSELA Geneft vient de recevoir
des papiers de France, leiquels il a vus > qul contiennent l
décrét de rappel des commiffaires Polverel & Sonthonax, &
Monfieur, une lettre écrite de Paris
par un colon connu, à un de fes amis; je vous prie de 1
publier, quoiqu'elle foir dans les principes de la révolution
& de prévenir le public
je fus informé, par ilil aii st
de New-Yorck, que RASSELA Geneft vient de recevoir
des papiers de France, leiquels il a vus > qul contiennent l
décrét de rappel des commiffaires Polverel & Sonthonax, & --- Page 313 ---
aflez ordre pofitif à ce miniftre de les faire arrèter
audacieux pour venir fe réfugier dans les sils étoient
Etats-Unis.
pas Cette nouvelle, qui prouve
le crime ne triomphe
toujours, changera surement es dilpolitions du
potentiaire en faveur des trois
plenia mettre embargo fur les fecours fcélérats, & le déterminera
envoyer pour combattre nos frères qu'il fe préparoit à Jeur
conformément à la conftitution de au Môle à Jérémie qui,
d'être foumife à
1789 & à celle qui vient
courage de réfifter T'approbation à T'oppreffion. des départemens, ont eu le
c Signé, TANGUY. 39
Copie de la le.cre.
Paris, le 20 juillet 1793.
Cc Enfin, mon bon
mais non pas celle
ami,fai reçui ta dernière du
Jai lu avec horreur que le tll ni'avois écrite du bas de la Cap, côte.
de la
récit que tu me fais; mais le
crimes vengeance, de
> de la juftice & de la vérité elt arrivé.: temps lès
Polverel, Senthonax &
par tols les colons. Chaque ville Delpech ou font font ici retracés
malheureux expatriés, a dépuré à la
débarqués ces
les plus purs &c les plus connus Convention leur
les hommes
accufer vos féroces commillaires civils. par Leur patriotifme, pour
plin fuccès : Larchevefque - Thibaud,
miflion a eu un
Verneuil, ont tour à tour parlé à la
Brulley, Page &
giquement peint les délégués, &
barre : tous ont énerfation fur l'aflemblée & les
ent fait la plus viye fende ces monfres qui avoient galeries. des
Ils ont conclu au rappel
les Briffot, Camboulas &
intelligences criminelles avec
vient d'être jetée dans les autres : cette horde de négrophiles
font rappclés, & tous leurs prifons; les tyrans de la colonie
je vois avec bien du plaifir agens vont l'ètre : je t'avous que
que je r'affure, &k ce
que ton parti va triompher. Ce
Topinion générale de la que France tu apprendras avec plailir, c'elt,
fais-la connoitre à tes amis & connoiffances. contre la liberté ginerole,
auli que l'on tient à faire
Je dois te dire
des droits politiques
jouir tous les hommes de cozleur
tous leurs prifons; les tyrans de la colonie
je vois avec bien du plaifir agens vont l'ètre : je t'avous que
que je r'affure, &k ce
que ton parti va triompher. Ce
Topinion générale de la que France tu apprendras avec plailir, c'elt,
fais-la connoitre à tes amis & connoiffances. contre la liberté ginerole,
auli que l'on tient à faire
Je dois te dire
des droits politiques
jouir tous les hommes de cozleur --- Page 314 ---
>> Chaque jour la Convention eft eccupée
colon qui dénonce,
prouve que les délégués par font quelque des
fcélérats; les jacobins e ont rayés du tableau en les trairant
de vils intrigans, de fcélérats, & en pourfuivant avec chaleur
la punition.
La canonnade du Pert-au-Prince
a fait fréuir d'horreur; & na pas peu contribué au décret
qui rappelle VOs exterininateurs.
9> Signé, COSTE.
93 Certifié cenforme à l'original dépofé aux archives du
camp des Rivaux.
3> Signé, NICOLEAU, fecrétairé de Parmée >,
La pièce eft extraite des archives de la commiflion :
la
je
communique aux colons.
La féance eft levée.
Le régiftre des préfences eft figné : J. PH. GARRAN, préfdent; ; FoucHé (de Nantes); , fcrétaire 5 MERLINO, F.
LANTHENAS, MOLLEVAUT, DABRAY, --- Page 315 ---
Du 13-Thermidor, l'an troifeme de la République frangaife,
une 6 indivifble.
ON fait lecture des débats recueillis dans la
la rédaction en eft adoptée.
féance d'hier;
(Les ciroyens Page, Larchevefque-Thibar, Clauffon
Fondeviolle ne font pas préfens à la féance.)
&
deux Th. Milet: J'ai une oblervation à faire far le matériel de
le Pièces produites hier par Sonthonax. La première efefur
papier public intitilé Wellick Courant, &
duire par Courier hebeomadaire. Ce Courier qui peut fe traproclamation & une déclaration que Sonthonax contient a
une
à Saine-Doringue; ; elles y font fi étrangères, qu'il appliquée n'y eft
queftion que de la Martinique & de la Grenade : c'eft en
tronquant une phrale que Sonthonax vous a induits en erreur..
Southonax : Cette pièce regarde tellement Saint-Domingue, > que- l'amiral Gervis & Sir Charles Grey ont été chargés par le cabinet de Saint-James de S emparer de toutes les
Antilles, y compris Saint-Domingue, Dans la déclaration
j'ai lue, On parle de toutes les colonies & non
que
ment des Ifles-du-vent; on accufe la Convention de pas feulefes colonies pour détruire celles de l'Angleterre. Ileft dérruire
que John Gervis & Charles Grey ont fait cette
fi vrai
tion pour toutes les Antilles, que les colons de proclamamingue les ont dénoncés à la barré du
Saint-Doterre pour avoir vexé les habitans des parlement d'AngleThomas Millet : Sonthonax a eu très-grand Indes-Occidentales foin de
les expreflions : & de déliyrer l'ifle de la
de palfer
pre/fion 6 des malheurs dont clle efl accabléc. Martinique Voilà Lopdéligne bicn que la proclamation cftf faite précifementpour ce qui la
, que les colons de proclamamingue les ont dénoncés à la barré du
Saint-Doterre pour avoir vexé les habitans des parlement d'AngleThomas Millet : Sonthonax a eu très-grand Indes-Occidentales foin de
les expreflions : & de déliyrer l'ifle de la
de palfer
pre/fion 6 des malheurs dont clle efl accabléc. Martinique Voilà Lopdéligne bicn que la proclamation cftf faite précifementpour ce qui la --- Page 316 ---
Martinique; mais, G l'en veut une preuve plus frappante ;
c'eft le paragraphe fuivant:
Cs En coniéquence, nous fouflignés commandant des forces de terre & de mer de S. M. B. dans les Indes-Occidenrales, C1 vertu despouvoirs que nous avonsreçus deS. M.,
invitons tous les amis de la paix, de la liberte & de l'ordre
dans l'ifle de la Martinique, à fecouer une oppretlion tyT
ranrique, 8c de fe foufiraire à l'anarchie en recevant la
protection d'un fouvetain jufte & bienfaifant. >
Cela n'eft pas équivoque; cette proclamation eft faite
pour la Martinique.
Sonthonaz: Je ne veux que ce qu'a cité Thomas Millet
pourp prouver ce quejalavandé; car dans cepalfage, Ch. Grey
& John Gervis prennent le titre de commandans des forces
envoyées aux Inder-Occidentales, Il n'eft pas étonnant qu'ils
aient parlé de la Martinique dans cette proclamation, car ils
proclamoient dans toutes. les ifles à mefure qu'ils en prenoient
poffeflion.
Verneuil: Je demande à Sonthonax fi ces deux hommes
font venus à Saint-Domingue.
Sonthonax: Charles Grey Y a été; John Gervis
y
avoir été auffi, mais je 1 n'en ai aucune connoiflance. Charles peut
Grey eft venu au Mole fur un vaiffeau de 64, , appelé le
tre, qui failoit partie dé la Hotte qui à paru devant le Port- Scepau-Prince au mois de Juin >e mais John Gervis n'y étoit pas.
Thomas Miller : La feconde pièce produite par Sonthonax
eft le fupplément au n°. 37 du Journal des Rivolutions de
Saint-Domingue. Avant de faire aucune obfervation fur le
matériel de cette pièce : il importe que j'en falle la lecture :
elle eft fort courte; c'eft une lettre portant pour titre:
A M. Geneft.
(Illa lir).
Journal des Révolutions.
A M o N S I E U R G E N E S T,
ce Monfieur, tous les papiers publics ont répété, & votre
par Sonthonax
eft le fupplément au n°. 37 du Journal des Rivolutions de
Saint-Domingue. Avant de faire aucune obfervation fur le
matériel de cette pièce : il importe que j'en falle la lecture :
elle eft fort courte; c'eft une lettre portant pour titre:
A M. Geneft.
(Illa lir).
Journal des Révolutions.
A M o N S I E U R G E N E S T,
ce Monfieur, tous les papiers publics ont répété, & votre --- Page 317 ---
excellence l'aura crut,
journée du IO août que j'avois été tué à la mémorable
ère d'une patrouille qui 1792, fe deguife rendoir en garde national, à la
ries. ie fait eft, au contraire
au château dles Tuileconcinenr, où j'aurois gardé , le quej filence je fuis fort paifible en ce
bliques, fi la' lettre
Thomas Millet far les affaires pun'avoit déterminé à 9et rompre,
vous a écrite, ne
37 Je dois vous dire que je connois
laffaire dont il eft queltion.
trds-particnlierement
9 Au temps ou j'écrivois ce difcours
beau débitoit avec une élocution fi
que Riqueti-Mirade l'aflemblée conftituante, difcours véhémente à la tribune
fur-rour parce qu'on les croyoit de
l'on applaudilloit
un écrit
on me
Ropen
portant pour titre:
communiqua
mars & des infructions du 28 Interprétation du mâme
du décret du 8
nant les colonies. Cet écrit commandé mois 1790, concerhilez mil rédigé d'ailleurs, avoir
par les miniftres,
fion dans les colonies, où les pour but de femer la diviblier comine de leur fair. Il leur gouverneurs fut envoyé, devoient le pu2> Au milieu du tourbillon des
nuient les miniftres, le duc de occupations que me doncomre de Marck, les
Liancourt, Mirabrau, le
d'Elpagnac, j'avois perdu fermiers-géneraus, de vue certe affaire & même Tabbe
mingue > lorique j'appris que l'aflemblée
de Seint-Doille éroit arrivée à Paris.
générale de cetie
>> Deux des membres de cette
ce Th. Miller, ardens,
affemblée, dont l'un étoit
comme le font les gens courageux, de bonne mais fimples & crédules,
je ne fais pourquoi, à leurs
foi, ne fe confianr pas, &
par- tour un défenfeur contre propres Barnave. moyens, Ils cherchoient
Lacretelles celui-ci
sadrefferent à
écrivit fur ce fujet n'ofasy une lettre jouer: affez : il me femble même qu'il
Dans ce temps, Mirabeau étoit mal fingulière à Th. Miller.
tif préfumé de leur
avec Barnave: le modernier avec Cazalès, méfintelligence qui d'ailleurs, étoit la querelle de ce
contraires, étoic l'homme de T'affemblée malgré les apparences
moit le plus.
que Mirabeau efti3 Nos deux St-Domingois fe perfuadérent
qu'ils devpient
'ofasy une lettre jouer: affez : il me femble même qu'il
Dans ce temps, Mirabeau étoit mal fingulière à Th. Miller.
tif préfumé de leur
avec Barnave: le modernier avec Cazalès, méfintelligence qui d'ailleurs, étoit la querelle de ce
contraires, étoic l'homme de T'affemblée malgré les apparences
moit le plus.
que Mirabeau efti3 Nos deux St-Domingois fe perfuadérent
qu'ils devpient --- Page 318 ---
faifir ce moment de récrimination de Mirabeau contre
nave pour décider le premier à prendre leur défenfe Bar
le Dauphinois, légiflaieur des ifles à fucre. Mirabeau contre
accueillit bien, les vit fouvent, les fir béaucoup caufer les
lhôrel je crois, à Sir Ellior un entretien avec eux
Rera lUniverfité; Mirabeau enfin leur
me les envoya comme à fon faifeur.
promit tout, &
s0 Pour tout dire en un mot, je les trompois en leur
trant le plus grand zèle à les fervir. Mirabeau, dont Briflot, monRoland & Clavière ont fuiviles projets, me les àvoit
& je n'en ufai pas avec aflez de
livrés,
circonfpection.
Madame le Jay > célèbre
fes liaifons avec
me fit part de la méfiance IT mes
Mirabeau,
m'avertit qu'ils fe plaignoient fortement Saint-Domingois de moi à Mirabeau; : elle
leur qu'ils m'accufoient de les jouer 3 que leur ardente vigilance
voulions procuroit les tous les jours des lumières fur le piége où nous
jeter. Ils éclatérent enfin, & le
jour où
N.m., membre de l'allemblée
propre m' 'enlevoit
femme, Th. Millet, qui s'appercevoit conltiruante,
ma
le foyer de la contre-révolutien, & que mon cabinet étoit
des colonies étoit un de nos grands que le bouleverfement
moi à l'hôtel d'Orléans,
moyens, vint chez
malgré mes nouvelles
au miliou des plus fanglans reproches, m'enleva promeffes,
papiers relatifs à leurs affaires, &,
tous les
pas.
qui pis eft, ne mé paya
92 Jedois dire à votre excellencequej'ai vu bien fouvent ce
Th. Miller, jai bien caufd avec luis & foit
ait
parti des demi-confidences
qu'il
tiré
ait. obtenu des
quej'étois obligé de lui faire, ou
1 plus petirs fils de renfeignemens trame qui lui d'ailleurs, foit
il n'eft pas un
>)
échappé.
Après quej'eus abaitdonné
parce
fuis déterminé pour Je parti de la Mirabeaus reine & de
que je me
fi vous voulez pour le parti autrichien.
l'empereur, ou
35 Je me retirai donc à Thôrel Charot chez le comte de
Marck,député du Haynaut, & l'homme de confiance de
T'empercur Th.
dans l'aflemblée conftimante: j'ai voulu y attirer
Millet, j'ai voulu l'aboucher avec bien d'autres
fonmages: rien ne m'a réufli. Barnave, comme vous favez, per-
que je me
fi vous voulez pour le parti autrichien.
l'empereur, ou
35 Je me retirai donc à Thôrel Charot chez le comte de
Marck,député du Haynaut, & l'homme de confiance de
T'empercur Th.
dans l'aflemblée conftimante: j'ai voulu y attirer
Millet, j'ai voulu l'aboucher avec bien d'autres
fonmages: rien ne m'a réufli. Barnave, comme vous favez, per- --- Page 319 ---
a été plus heureux avec fes collègues; il les a réduits en les
effrayant.
32 Si vous defirez obtenir quelques renfeignemens
que je vous avance, vous en pourriez demander à M. fur CE
que l'on m'a dit être dans le continent. S'il m'en de.
il étoit préfident de l'affemblée nationale, fouvient
D député de Reims, qui étoit fecrétaire,
lorfque
tition de nos Sainr-Domingois, fur laquelle Th. Millet lnt une avoit péLa figné, & qu'il avoit rédigée avec Linguet, & à ces mots :
partie francaife de Ssins-Domingue dont nous
Feuls, les
fommnes les
légizimes 0
repréfentanss ily fubftirua
Hozt nous fommes les Fauis, les légitimes
adroitement, de
que par. cette utile perfidie, ilmit dans légiflateurs la
;
forte
Hes accufés l'aveu des bafes de l'accufation propre bouche
maginée contr'eux, Vous devez bien penfer que nous aviens
firent nos apoftés; mais repréfentez-vous. la contenance quel tapage de
Th. Millet,
attendoit, dans une tribune des
phes, le fruit 1 fa pétition, & qui écouroit délibérer, tachigrapouvoir fe défendre, s'il neferoit point envoyé àla haute-cour fans
FOrléans, :
le pour un crime commis par ceux quil'accafoient
qui jugeoient.
>> Cette efpiéglerie de Sillery eft un des cent mille
que nous avons joués à nos Saine-Domingois: je dis elpié- tours
Elerie, car ce n'eft que cela auprès de l'effort de
faction briffotine, qui, le I2 aofit, jour de l'arreftation génie de de la
Louis XVI, (aifit le moment oà la légiflature étoit
Hes plus grands intérêts, & n'avoit pas le temps de occupée
antir fur les localités de Saint-Domingue,
faire
ker qu'à l'aflemblée nationale
pour
LCE
érendue & de l'abus des
feule appartiendra de juger de.
pouvoirs donnés à Polverel & à
Sonthonax , & par ce moyen les fit revêrir des pouvoirs de la
Hictature dent, comme vous favez, ils ont amplement ufé.
>> Je conclus donc par confeiller à votre excellence de
pas lutter contre Th. Miller dans cette affaire de Saint-Do- ne
ningue > parce que sien de tout cela nelui
depuislordre donné par Louis XVI aul gouverneur auriéchappé,
e s'oppoler a ce que Sainr-Domingue formàt des Duchill-au affemblées
populaires jufqu'aux plus récens décrets de la Convention
la
Hictature dent, comme vous favez, ils ont amplement ufé.
>> Je conclus donc par confeiller à votre excellence de
pas lutter contre Th. Miller dans cette affaire de Saint-Do- ne
ningue > parce que sien de tout cela nelui
depuislordre donné par Louis XVI aul gouverneur auriéchappé,
e s'oppoler a ce que Sainr-Domingue formàt des Duchill-au affemblées
populaires jufqu'aux plus récens décrets de la Convention --- Page 320 ---
joa
nationale; ilvous expliquera dans quel efprit ont été déterminé
tous les actes de la faction brilio ine, tant dans le corps lé
giflatif que dans le pouvoir exécutit.
3 Je fuis, &c.
>2 Signé, PEL
Je ne fais pas comment cette lettre eft tombée entre les
mains d'un journalifte. Je déclare que je prouverai tout ce
qu'elle contient lorfqu'il en fera temps, & que tout ce dont
il eft queflion, s'eft palfé entre moi & un nommé Pelive
qui étoit en effet le principal fecréraire de Mirabeau. Le
nom que, par quelque conlidération, le rédaéteur a fup
primé, elt cclui de Louis de Noailles qui, en effet, étoi
préfident de l'allemblée conftituante, lorique Sillery, député
de Reims & fecrétaire > fit le faux > que je prouverai, fl
commillion des colonies l'exige.
Sonthonax : La réponfe que j'ai à faire, eft de lire le
s6lesion-dajourmalifs quif fuivent cettepièce.
(II les lit :)
ce M. Geneft fera un
furpris que M. Pel... qu'il croi
mort, nele foit pas; il nel PSe fera pas moins que nous corref
pondions avec cef méne M. Pel..; mais, puitqu'il a tou
nos papiers > qu',l life le no. 9 du Cap, daté du 29 avri
dernier, ily verra ces mots, pug 2...
C6
Tanguy eft homme à dévoiler la grande trame de la
fubverfon de Saint-Tomingue, dont il tient le fil échappe
des mains de Mirabeau, & rrouvé chez madame Lejay par
Liegar, domeftique de ce légifiateur, & vendu le 6 octobre
1789 à M. Duhoulé, ofcier au régiment des dragons de
la reine; & comme Tanguy n'aime pas les à parte , ni le
mots à l'oreille, il donnera franchement, loyalement &
publiquement la clef de tous ces imbroglio poliriques, qu
nous affafinent, fans que nous puiftions failir la main qu
nous tue.
22 Etce M. Pel. en fait aufli quelque chole; M. Genel
, & vendu le 6 octobre
1789 à M. Duhoulé, ofcier au régiment des dragons de
la reine; & comme Tanguy n'aime pas les à parte , ni le
mots à l'oreille, il donnera franchement, loyalement &
publiquement la clef de tous ces imbroglio poliriques, qu
nous affafinent, fans que nous puiftions failir la main qu
nous tue.
22 Etce M. Pel. en fait aufli quelque chole; M. Genel --- Page 321 ---
a cette cief dans nos papiers 3ot
fouterraine de la fecte jacobite, > ainfi dans que. la Forigine cachée 8a
lemagne, bien avahr la révolution
Prulle & dans T'AIcela au grand jour; mais, sils'eblene : qu'il à produile donc tout
fecret, quillache que,
tenir nos fapiers au
> Un fecret peut forti: del la nuitdu tombeau >.
(Sémiramis de Yoltaiter)
Voilà les réflexions du journalifté
Felée; Au eiles portent fur la feéte des jacobins qui arteftent ee
tine téte
ur un furplus, feul fait je déclare que jel n'ai produir cettet des illtuminés.t
Tiacerpeller.Thomas qui is'yrrouves 8 far lequel il eft pièce
Miller. Péline dit
Feondlis
Phomas Millet d Valentin
dans cette lettrei
Thomas
Cullion. d : -
que:
Millet : Il n'a pâs ncinnié Vakarin
Sonthonax : Soit, mais c'eff
Chiton. 300
I
èS deux députés de Saint- Valentin Cullion. Trdit
ec Sir Elior, à T'hotelde Domingue ont des
pn
RMRs
d'interpeller Thomas Millet TUnNernté; de
je prie la ccmnifinférences avec Sir Elliot; en
déciater sila eu des
ec luin'éroir pas Valentin Cullion: fecond heu,f celurqui étoit
étexte. Th. Millee de fon : Lorfque Sit Ellior vint à Paris ên
-
ance fur un diférend voyage étoir de démander'lt
17001 le
entre
médiation de la
ement à Féablifement de FElpagne cette RclArgleserte, relas
parkafonne. Je Pénderai le vérigable dernière ptiflance à
tretién quej'eusa avec lei: ainfi, je Tavoue. motif dans ti long
citoyen Pelsr (de la
J'en'ar fait
mité de falut public, tandis Lostig), pendant gu'il étcir
rine
qu'il étoir
rat
& des coicnies, & furtout
de la disifion de li
desrelations extérieures.
loriqu'ilcft pullea'l la diviife T'en ai, dir aufi quelque chofe au
Hfe aulionil que lc souvernement en aura fait citoyen fon Defemon, Je
fera finon
profcs mais je
ner de, la publiciré à ces dangereux, entreriens au moins inuile, de
tthonax a entendu diriger contre moi : cependant, 7 commé
ame KII Soimontejeqeime
une forte d'acculiyraifons
X
extérieures.
loriqu'ilcft pullea'l la diviife T'en ai, dir aufi quelque chofe au
Hfe aulionil que lc souvernement en aura fait citoyen fon Defemon, Je
fera finon
profcs mais je
ner de, la publiciré à ces dangereux, entreriens au moins inuile, de
tthonax a entendu diriger contre moi : cependant, 7 commé
ame KII Soimontejeqeime
une forte d'acculiyraifons
X --- Page 322 ---
fation,je dirai en fubftance l'objet de ces entretiens en ce qui le
concerne la difcuflion : mon devoir eft de, me taire fur
sefte. Mon intention a été fi peu de cacher Ellior au gouvernément dans le
la' conférence que j'avois eue avec Sir
, que
même oû cela fe pafla, oà, après cinq heures, je
temps
fes fubtilités miniftérielles, à découvrir le
E
vins, malgré
voulus la
Ce fur
affreux tramé contre la France, je le faux dont publier.
&
commit
jaiparlé,
à cette époque que Sillery ferois
envoyé à la Haute-Cour na
fit délibérer fij je ne Je dirai
: c'eft que des cachots où
tionale à Orléans.
TAS
j'ai été jeté dans le temps de Robelpierre > j'écrivis à comite votre
collègue Grégoire; je le priois de communiquer au cett
de falut public l'écrit que j'avois fait pour prouver le manufcrit
confpiration, & je lui indiquois où il trouveroit &
Voici la copie de la lettre que je lui ai écrite,
qu'iln
nieroir pas, s'iléteitp préfent. e . e
il eft inutile de
Le préfident : Si cela n'eft pas contefté,
lire.
Sonchonax: Çuant à moi, cela m'eftinutile.
Le préfiderit : Il y a une autre interpeilation Valentin faite Cullion par Sos q
thonax à Thomas Millet. Etoit-ce
étoi: de votre conférence avec Gilbert Elliot :
Thomas Millet : Ce n'étoit pas Valentin Cullion 5
Fattefte, je n'ai pasbefoin d'en dire davantage.
Sonthonax : Dans la lettre
Thomas Millet a écrite
il s'eft bien gardé Sa parler de la conférence qu
Tanguy,
au contraire mis ce fait fur
a eue avec Sir Elliot; ila
à l'allemblée co
compte des dépurés de Saint-Domingue les lettres de Mo
tituante : mais ce qui eft
de par l'affemblée conftituan
morin au comité
Rauet
les députés de Saine-Domingue à ce
c'eft qu'effectivement eu des conférences avec Sir Elliot, ce C
allemblée > ont à Thomas Millet. Quant à ce que. Thon
étoit étranger faire entendre de fes conférences
rapport
Millet veug
dont il parle, je fais bien - y a eu
grand complot, complot & c'eft cei que la commiflion débrouill
grand les débars oà nous (ommes ici engagés. S'il s'agilloit
après
font les converfations
Thomas Mi
conftater quelles Sir Elliot, je dirois que Poa ne doit pas
a eues avec
let. Quant à ce que. Thon
étoit étranger faire entendre de fes conférences
rapport
Millet veug
dont il parle, je fais bien - y a eu
grand complot, complot & c'eft cei que la commiflion débrouill
grand les débars oà nous (ommes ici engagés. S'il s'agilloit
après
font les converfations
Thomas Mi
conftater quelles Sir Elliot, je dirois que Poa ne doit pas
a eues avec --- Page 323 ---
gardé, apporter la - deffus à Thomnas
égird, & qui fe gardera bien de Millet, qui fe fera bien
mais
un
donner fon
ne ferai far cela feulement réfulrar de fes
fecrer à cet
étrange qu'un membre qu'une feule réflexion: : c'eft conferences; & je
allemblée accufée
de Tallemblée de qu'il étoit bieni
avec les Anglais; de vifer à lindépendance, Saint-Marc $
prudence, > pour ne qu'un rien dire membre de cette affemblée d'intelligence ett
avec un négociateur
de plas, d'avoir des
limliens d'une elpèce de anglais, alors qu'il éroitl lui-mémhe coufétenices
Iallemblée conftituante deoeredapandaser
dans les
que c'ef au moins
avoir févi contre perfonnel, alors
étoit accufé d'avoir une imprudence : car, lui; certes > je a
principaux décrets de rédigé ou contribné puilque à la rédaction cet homme
Talfemblée de
des
surefaninadverton je, il étoit accufé
de
Saint-Marc qui lui OnE
à lui
de ces faits, il
ntetecndrmate
de donner matière à la y avoit bien de puifque, discier lui-méme avec le miniftre calomnie en cherchant fimprudence à
- étoit fi grièvement
anglais, dans un
ce fait. Je palle à la inculpé : voilà ce que
temps
L
difcullion.
j'avois à dire fur
Thomas Milet : Sonchonax
quences & les réfultats
aggrave
& comme la
que Peur avoir eus toujours les conféa ce que je commiflion déclarerai des colonies fera forcée cette conférences de
Fiendra pas iei le déclarers la-deffus; comme Gilber: s'en tenir
Le
je dois dire 6 à . à
Eliot ne
He dilcuter priéfident : Je demande à la commidion
ion ne jugeroit pabliquement ces faits; je demande s'il fi eft néceffire
es oblervations pas convenable de recevoir
la commif
es icommuniquer s Millet pourra fournir à ce par écrit toutes
les 6claircifemens Sonthonas, & de prendre, s'il fajer, & de
le falut public,
ultérieurs auprès des
eft befoin,
que Thomas Millec a
membres du comité
Thomas Millet : Il eft des
indiqués.
a publicité n'eft pas dangereufe. chofes
je puis dire ici,
ntretenu avec Gilbert
Elt bien donc !
dont
éfulat de cet
Ellioc, & voici des
je me fuis
entretien: : cela eft fort court, notes qui font ls
(Il lit:)
jelui dis.
x 2
& de
le falut public,
ultérieurs auprès des
eft befoin,
que Thomas Millec a
membres du comité
Thomas Millet : Il eft des
indiqués.
a publicité n'eft pas dangereufe. chofes
je puis dire ici,
ntretenu avec Gilbert
Elt bien donc !
dont
éfulat de cet
Ellioc, & voici des
je me fuis
entretien: : cela eft fort court, notes qui font ls
(Il lit:)
jelui dis.
x 2 --- Page 324 ---
Ainfi donc, je sdis à Sir Gilbert Elliot:
ce Le rétabliffement de l'ancienne monarchie n'eft pas Ge.
qui vous importe en France; vous n'avez pas oublié que
vous avez à vous venger d'elle, pour avoir i1 bien fecondé
Findérendance des Etars-Unis d'Amérique. Malgré vOS
protellations d'amitié, je ne me dillimule point que vous
vous préparcz à déchirer la France par la plus funefte
guerre. Vos.coups, fans doute, fe porteront fur les colonies, l'objet éternel de votrejaloufie dans toutes vOs guerres,
& dont vous avez préparé la ruine & le bouleverfement
par le derpier décret que votre politique a diété (ce décret
eft cclai du 12 octobre 1790).
>> Celle des puiflances maritimes qui aura bralé, le plus
de poudre fur mer, qui aura détruit le plus de vailleaux
& de marins, reftera maitreffe du commerce maritime. Je
crains bien que ce foit TAngleterre., & cela eft affez
vraifemblable filon coninue de déforganifer notre marine:
qu'en réfuitera-t-il d'heureux pour vous? "l'extenfion de votte
commerce. Eh bien! fans déloler Thumanité par une guerre
fanglunte, ufez de vorreprépondérance fur mer, pour porterla
France & TEfpagne à établir entre toutes les ifles à fucre uné
liberté de commerce indéfni & refpedtif, fous la garantie
de la France, de l'Angleterre & de T'E/pagne. Ce moyen
qui promer" à TEurope une paix durable, donnera à chacune des puiflances maritimes la faculié de développer
toutes les refources de fon induftrie commerciale, & vous
ne portercz point dans nOS contrées les Héaux de la guerre
intérieure & extérieure.
>, Quant au gouvefnement, je vous déclare
nou
voulons êure & demeurer français. Au refte, je
bier
RaE
que vous pouvez nous détruire oul nous conquérir, mai
non pas nous conferver : ia balance du fyfème politique
de TEurope ne le permettra jamais. Ainfi, il convien
même mieux à VOS intérêts de provoquer dès-à-préfent la
liberté du commerce desi Antilies que d'y contraindre la
France par l'impollibilité dé les rétablir, lorique par votr
intrigue vous lesaurez fait boulverier & détruire 2,
RaE
que vous pouvez nous détruire oul nous conquérir, mai
non pas nous conferver : ia balance du fyfème politique
de TEurope ne le permettra jamais. Ainfi, il convien
même mieux à VOS intérêts de provoquer dès-à-préfent la
liberté du commerce desi Antilies que d'y contraindre la
France par l'impollibilité dé les rétablir, lorique par votr
intrigue vous lesaurez fait boulverier & détruire 2, --- Page 325 ---
A cette époque, Sir Ellior 30s retourna à
aufi alors que fe figna la coalition de
Londres; ce fut
de
toutes les
lEurope contre la France; & alors
puiffances
rant déchire la France & conquérir "'Angleterre efpéles' conferver, a préféré les
les colonies pour
que j'avois indiqués.
moyens qupn a employés à ceux
de Sonthona: fes
Je laifferai à Thomas Millet tout l'honneur
Je n'ajouterai oblervations politiques fur la conduite de Sir Ellior
malgré l'art qu'une feule réfexion. Il eft bien
de fa
avec lequel Thomas Miller
evident, le fecret
converfation avec Sir Ellior; il eft bien enveloppe
qu'il ne cherchoit qu'à engager
évident, dis-je,
vues
l'Anglererre à favorifer les
il dit d'indépendante à
des colons de
car
Elliot:. .c6 Il faudroit que
Saint-Doningue:
fon infuence
IAnglercrre cmployar toute
rifer la liberté pour du engager la France 8c IEfpagne à favofances
commerce des Antilles avec les
de Saint-Marc, étrangères >. C'étoit bien le fyfteme de l'aflemblée puifgillation
c'eft-à-dire la liberté du commerce & lédance des intéricure, ce qui n'eft autre chole que
pas à ia colonies. D'ailleurs , comme je l'ai dit, Tinlépen- ce n'eft
dépofition de Thonas Miller qu'on doit
rapporter là-deffus. J'obferve feulement
s'en
en écat d'ajournement perfonne!
que Thomas Millet,
ne d voit pas fe permettre d'avoir par Taffemblée des
cunftirante,
un négociateur anglais.
conférences avec
Fernenil: Sonthonax vous a communiqué
ine gazette fhite à Saint-Marc, fous le no. une pitce,
sette, c'eft celle qui a répandu, felon
40; cette galication du décrer d'acenfation
Sonchenax, la puolverel & Sonthonax
qsi a éré lancé contre
uivant fa louable
ai mois de juillet 179s.Sonchonaxg
adreile de fubitiruer coutume,: ne la pas lne, mais il a GlI
ous a dit
un nom à cclui qui y eft.
que ce décret d'accnfation a été demande Sonrhonax
Hilud-Varammess eh bien! citoyens, lifesi la
par
ar Sonthonax, & vous verrez qu'iln'et picce produite
&
pas qucition de
siland-Varennes, iréard, Des raifons que c'of fur la demande fuite par
onthonax de nommer parriculières Bréard, ont probablement empécié
mais moi je le nommes ce
X a
cclui qui y eft.
que ce décret d'accnfation a été demande Sonrhonax
Hilud-Varammess eh bien! citoyens, lifesi la
par
ar Sonthonax, & vous verrez qu'iln'et picce produite
&
pas qucition de
siland-Varennes, iréard, Des raifons que c'of fur la demande fuite par
onthonax de nommer parriculières Bréard, ont probablement empécié
mais moi je le nommes ce
X a --- Page 326 ---
n'eft pas Billaud - Varennes , c'eft Bréard qu'on cite fur
cette pièce.
Sonthonax: Ileft très-vrai
dans la pièce produite par
moi hier, & qui n'a pas a05 lue, laquelle contient par
extrait le journal de la Convention, dans lequel eft contenu il
le décret d'accufation rendu contre moi le.16 juiller;
eft vrai, dis - je,, que" Bréard - eft celui qui a
le déeret rendu contre nous. J'ai dit
ce
aleea
voqué
que ceit aufli la
avoit été provoqué par Billaud-Varennes, Moniteir du 16 juillet
vérité 5 car lifez le journal du
demande
17935 vous y trouverez que Billaud-Varennes Polverel &
que le decret d'accufation foit rendu contre
Sonthonax, parce que, dit-il, ces dux commiffaires pnt
été envoyés par Briffot, Rolland & Clavière: ce font les termes
dont fe fert le journalifte. Si les colons nicient la chofe,
je produirois le Moniteur demain,
Verneuil: Je demande la lecture de la pièce produite;
Le préfident : Sonthonax eft d'accord que cela n'eft pas
dans la pièce,
Verneuil: C'eft qu'il a des raifons pour ne pas lige la
pièce.
Le préfidant : II convient bien que cela n'ett pas. dans
la pièce: : la lecture ne ferviroit qu'à allonger les débats,
Verneuil: C'eft que Bréard le caractérife.
Lc préfident : laiffez-le répondre; n'y mettéz pas tant de
vivacité,
Sonthenax : Je conviens que dans la
le nam de
Billaud-Varennes ne fe trouve poin:.
jai dit que
Ater
Billaud-Varennes avoit provoqué le décret, j'ai dit la vé >
rité; car dans le Moniteur le nom de Billaud-Varennes sy
trouve, & Billaud dit que le décret d'accufation doit être
été
lancé contre Polverel & Sonthonax, parce qu'ils ont cela
envoyés par Briffor, Clavière & Roland. Je fais que
ne (e trouve point fur I picce que les colons failoien: circuler
alors: d'ailleurs, cela ne fait rien à l'affaire.
Brulley; Il eft de fait que Bréard a le premier provoque
car dans le Moniteur le nom de Billaud-Varennes sy
trouve, & Billaud dit que le décret d'accufation doit être
été
lancé contre Polverel & Sonthonax, parce qu'ils ont cela
envoyés par Briffor, Clavière & Roland. Je fais que
ne (e trouve point fur I picce que les colons failoien: circuler
alors: d'ailleurs, cela ne fait rien à l'affaire.
Brulley; Il eft de fait que Bréard a le premier provoque --- Page 327 ---
le décret d'accufation
neuil avoit raifon de le contre dire. Polverel & Sonthonax; VerSonthonax : Chofe fort indifférente àl l'affaire.
Le préfident : Paffez à un autre objet,
utile Thomas à la Millee: Je me rappelle une chofe
dans ma commiflion: c'eft que les picces
peur être
lettre au
gui
at
papiers de Linguer citoyen qui font Grégoire, fous
& qui font indiguées dans les
indiqués par moi à la commiflion les des fcellés, ont auffi été
der je luiai écrite le 15 mellidor,afin
onze, par la lettre
renfeignemens dont elle aura qu'elle trouve là-dedans
colonies, renfeignemens qui
befoin dans l'affaire des
peuvent être utiles pour l'armer.
Je reptends la difcwflion.
mation Sonthonax: du général : L'émigration de Lafalle au Môle, la
farion rendu
anglais, la circularion du
proclaun effet terrible contre nous le 16 juillet
décrer d'accules commiffaires dans la province de l'Ouelt, 1793, produifirent
principales
civils ne purent point
effet tel,
Anglais, communes de cette province Tarrèter; fe
fepe des
lire la après avoir arboré le pavillon blanc. livroient Je
aux
délibération de la paroifle des Verrettes à
vais vous
ce fujer.
Extrait des délibérations de la paroiffe des Verrettes,
ee L'an mil fept cent
-
mois de décembre, les citoyens quatre de vingt-treize la
& le deux du
légalement la
aflemblés fur ja
paroiffe des Verrettes
commune, il leur a été donné réquifirion du procureur de
par la commune de
lecture de l'arrété
à accepter les protections Saint-Marc, le jour d'hier, qui tend pris
& TEipagne, qui
offertes par la
pavillon, le pavillon portent blanc, pour premier article Grande-Brerngne que T'ancien
dans tous les camps, & fera fera falué arboré fur tous les forts,
canon.
de vingt- un coups de
33 Les citoyens
qui doit leur attirer aflemblés, 3 jaloux d'imiter un
une protection affurée de la part exempla des
X4
er les protections Saint-Marc, le jour d'hier, qui tend pris
& TEipagne, qui
offertes par la
pavillon, le pavillon portent blanc, pour premier article Grande-Brerngne que T'ancien
dans tous les camps, & fera fera falué arboré fur tous les forts,
canon.
de vingt- un coups de
33 Les citoyens
qui doit leur attirer aflemblés, 3 jaloux d'imiter un
une protection affurée de la part exempla des
X4 --- Page 328 ---
deux puiffances qui nous offrent fecours, &c de témoigner
à la France & à l'univers le relpect & la vénération
qu'ils onctoujours confervé pour notre ancienne nonarchie,
s> Ont arctéalonanimité que le pavillon blanc ferar rétabli
de fuire fur tous les forts & dans tous les camps de la
paroiffe, & gu'il fera alué de vingt un coups de canon,
& que le prélen: fera envoyé à la municipalité avec invitation de le faire exccuter.
5 Fair & clos les jour, mois & ail que deffus, & ont
les délibérans ligné.
33 Collationné,
25 Signé, PYROTTES 39
La pièce eft extraite des atchives; 3 je la communique
aux colons,
Vernezil: Sur la marériel de la pièce, f'obfervé que c'clt
là une copie qui n'eft revètue d'ancune légalifation, qui
n'a pas l'empreinte du cachet de la municipaliré, & donr
la fignature n'eft pas conforme au corps de Tecrifure de
la pièce: aufije dis que cette picco-là cit un chiffon.
Sonthopax: TI n'eft pas beloin que cette pièce foit revêtuc
des fignatures de la.ramnicipalité, pailgu'clie eft collarionnée
par le procureur dels commune, officier nomme ad hoc
elie n'otb pas faire pour la circonfance, car ellereft tirée
des archives de la commillion. Vous trouverez également
dans les archives la lettre du commandan: du Mirbalais.
qui nous fait palier cette pièce qui lui avoir été envoyée
pour engager les habitans du Mirbalais à imiter ceux de
Verrettes, de ja petite.rivière de Saint-Miarc & des Gomives
Si vous vouiez d'autres; preuvesdufnir, vousconfulterezin cor
refpordance. dt genéral Laveaa envoyée au comité de
falut public, dans laquelle vous verrez ler procès-verbal de
lérection du pavillon blanc furles forts des Gonaives.
Th. Millet: Jc vous prie , préident, de demander à Soi
thonax de dépofer fr le bureau ia délibérarion quia a précédé
celle-l.s'eita-dire.celle de Saint-Mared dupremier décembre,
Sonthonas: Te vous invire à la remettre fur le bureau, 4
veuslavezs car je nelai pas:
ité de
falut public, dans laquelle vous verrez ler procès-verbal de
lérection du pavillon blanc furles forts des Gonaives.
Th. Millet: Jc vous prie , préident, de demander à Soi
thonax de dépofer fr le bureau ia délibérarion quia a précédé
celle-l.s'eita-dire.celle de Saint-Mared dupremier décembre,
Sonthonas: Te vous invire à la remettre fur le bureau, 4
veuslavezs car je nelai pas: --- Page 329 ---
Yerneuit: Sur le matéricl de 3c9.
des oflicier's municipaux n'y eft cette pière,
le nom
houveau que c'eft, une pièce
pas même relaté, Je dis de
Sonthonax.
informe, & qui a été faite par
Sonchonax : Jevous fuis bien obligé,
Le préfident : A Tordre, à l'ordre,
lité Th. de Saint-Marc, Miller : J'aiici un extrait de cet arrêté de la
un membre du comité dans de une lettre que j'écrivois de municipa ma
pallé.
falut public, le 8 floréal de ptifon T'an
ten'eft Sonthonax : Lorfque vous répondrez, vous
pas votre cotrefpondanice
la rapporterez;
rera.
que la commifion coniulLe prefidene : Laifez à Sonthonax continuer fa défenfe,
ours Sonthenaxile: avanr qu'eiles reconnois que le 13 ou 14novembre,
paroiffes s'éreient coalifées aient arboré le pavillon blanc, cesi quinze trois
proreftant d'attendre la décifion contre de les commiffaires civils, en
Nécret d'accpiation qu'on difoit rendu l'aflemblée nationale farle
cont re nous; car les
Hécrer, ils
sAnglais fous
Etraraauraee
u décrer, aveienr commencé parvouloir actendre prérexte dece
acieux quiavoien Ccpendant, fait comme ce n'étoit pas làle compre Texécution des
ansà érigér le pavillon circuler le décret, on amène leshabioujours un autre; carle blane, prémier Farce qu'un crime en amene
he cotrent rien, & les colons l'ont pas bien une fois fait, les auttes
Ate trop vrai que ics fuires du décrét prouvé, Inef donc
es Anglis, rendu à la
de d'accufation publié
%1
folliciration Page, Bruiley, Vernewil pet
ation rdewfeeThRetEr ont étéd'abord
que les fuires de ce decerd'decuils, enfuite Y'éreétion Iaflafima: du
projeté des commilicires ci
ept des principales
pavillon blanc fur les batteries de
ne trouvois Sainr-Miaredis conmunes de Ja province de fOucf Je
ébellion de la parcilie.de jours avantles premiers actesxle
ailles de TCpuiejermalsdne Saint-Marc & des paincipales pàr
Polverelau Porenu-Prince. Le Cappourtejoindres S du mois
moncollegue
'umafieanblemens feformoir furla
> on vint m'avesic
Port-aus-Frince pour enlever & allafliner route de ies Saint-Mareau
commiliaires
is conmunes de Ja province de fOucf Je
ébellion de la parcilie.de jours avantles premiers actesxle
ailles de TCpuiejermalsdne Saint-Marc & des paincipales pàr
Polverelau Porenu-Prince. Le Cappourtejoindres S du mois
moncollegue
'umafieanblemens feformoir furla
> on vint m'avesic
Port-aus-Frince pour enlever & allafliner route de ies Saint-Mareau
commiliaires --- Page 330 ---
eivils. Vous trouverez la preuve de ce fait dans les
commiflion déja inventoriés; vous trouverez les déclaration papiersde
quim'onr été faites à cet égard; ; vous trouverez les lettres
jai écrites à Lapointe pour m'envoyer un dérachement afin qu C
m'accompagner au Port-au-Prince.
Verneuil: Nous demandons communication de ces pièce
Duny : Nous demandons qu'elles foient
fur
bureau.
dépofées
Sonthonax : J'annonce. que la difcuffion ne finira pas 1
deffus, fi vous exigez la lecture de toutes les pièces.
Le préfident : Continue ta défenfe.
Sonthonax : La commiflion pourra fe faire repréfenter C
formé pièces;elle y verra qu'un raffemblement de deux cents homm
dans la nuit du7 au 8 novembre, a délibéré fur l'hab
tation Frellino, fituée à une lieue de Saint-Marc,
ter furi la route les commiffaires civils,s'emparer de
arri
fonnes & les
Seurs
affafliner. Vous trouverez des déclarations
ces faits : il
*
eft d'ailleurs de notoriété publique que j'ai ét
obligé de fuir de Saint-Marc
éviter T'aflaflinat que m
réfervoir le général
fa
ec
anglais,qui Sonerd proclanjation avoit di
L'affemblée, qui a délégué les commiffaires civils, les
à votre vengeance ; 39 pour éviter l'aflaffinat quiavoit été liv pr
paré inrolontairement, & tres-involontsitement fans doure
par eréta la Convention nationale, lorfque le 16 juillet elle me de
d'accufation > fans pièces, fans motifs de dénonciation
J'arrive au Port-au-Prince: : quel fut mon premier foin?
fut, par une proclamation, d'établir d'abord que le décretd
16 juillet étoit faux, qu'il avoit été fabriqué par les Anglai
Et certes, j'avois bien raifon de révoquer. en doute L
décret de la Convention qui me regardoit, lorfque la
cation de ce décret étoit faite par un général anglais 5 car pub
auroit pu foupçonner qu'un général anglais pûr devenir q
pouvoir exécuuif de la République françaife a Je proclam
donc alors que ce décret étoit faux, qu'ila avoir été
les. Anglais : & c'eft à cette proclamation qu'on doit fabriquép la conle
vation des fept autres communes de l'Oueft & de toute la
vince du Sud. La province du Sud, depuis le Sale-Trou pre ju
toit faite par un général anglais 5 car pub
auroit pu foupçonner qu'un général anglais pûr devenir q
pouvoir exécuuif de la République françaife a Je proclam
donc alors que ce décret étoit faux, qu'ila avoir été
les. Anglais : & c'eft à cette proclamation qu'on doit fabriquép la conle
vation des fept autres communes de l'Oueft & de toute la
vince du Sud. La province du Sud, depuis le Sale-Trou pre ju --- Page 331 ---
3II
ua Tiburon, eftreftée conftamment fidelle àlal
l'ennemi na eu d'aute point dans cette partie République,
a été chaflé de Tiburon; ; Léogane a été repris que Jérémie,
écret du 16 pluviôle a été connu à
depuis que le
ue les hommes libres de couleurà Saint-Domingue: ; depuisertitude que la conduite des commiffaires Saint-Domingue civilsavoit ont eu la
hitement d'accord avec les intentions de la Convention été natio- parpuifque la Convention avoit fanctionnéleurs
E2 ar décret du 16 pluviôfe. Je dis
opérations
donc. 0
Sénac : Ef-il permis de faire une interpellation?
Le préfidene : Il ne faut pas interrompre fa défenfe;
eviendrez enfuite.
vous y
Sonzhonax: : Je dis que le décrer du 16 juillet *
a
prrection de fept paroiffes de la
caufélinont livrées à
province de Y'Oueft, qui fe
énéraux anglais Tétrangers & des que ce décrer a circulé par le fait des
ous. fignalerai enfuite quels principaux factieux de la colonie. Je
n Europe les mouvemens étoientleslhommes qui dirigeoient
1 territoire français à
qui livroient à Saint-Domingue
l'E/pagrie & à l'Angleterre. Arrivé au
forr-au-Prince,je fis défarmer la majorité de la
jale, tous ceux qui dans la garde nationale étoient garde natioomme fufpects, comme entretenant des
regardés
Anglais, & fe
intelligences avec les
orreurs qu'avoient mSTSTT fubies les paroifles de Saint-Marc & de
Léogane; des foldats &je de fis la diftribuer les armes des perfonnes défarmées
non arrivée au Port-au-Prince. légion de l'Egalité, Cette > qui n'en avoient pas à
ents hommes; elle a été enfuite
légion éroit de trois
orze cent foisante-quatorze hommes. portée Je au complet de quanent de la légion du 9 avril 17945 d'oi il prodnis fuir le mouveJlans l'Oueft > pour toute force
qu'ilny avoit
province contre lavidité anglaife publique, & les machinations pour défendre la
ons, qu'il n'y avoir, dis-je, d'autre armée
des cOAvec 1464 hommes, les commiffaires civils que 1464 hommes.
rés d'envoyer des garnifons à
à la avoient été obliquets 2 au Grand & Petit Goave Jaemel,
Croix-des-Bouparoiffes qui étoient reftées fidelles à , la ainfi que dans les autres
nis de la République ne fe reposèrent République. Les enneriomphe à Saint-Dlarc & dans la
pas après leur funefte
dépendance; ; il leur falloit
OAvec 1464 hommes, les commiffaires civils que 1464 hommes.
rés d'envoyer des garnifons à
à la avoient été obliquets 2 au Grand & Petit Goave Jaemel,
Croix-des-Bouparoiffes qui étoient reftées fidelles à , la ainfi que dans les autres
nis de la République ne fe reposèrent République. Les enneriomphe à Saint-Dlarc & dans la
pas après leur funefte
dépendance; ; il leur falloit --- Page 332 ---
le Port-nuPrince. On recommença à faire circuler dans
colonie des lettres qui annonçoient que Polverel & Sonthon
étoient mis hors la loi. Je vais vousproduire ces letrres: el
font de Valentin Culion, de.Jean-Suzanne de' Léomont, ,
d'autres membres de l'affemblée de Saint-Marc & de
blée coloniale. Voici d'abordlalerrre écrite auxl hommes Taffer
du PetitGoave par Valentin Cailion & Huguer; clle eft libz
du 15 mai 1794.
(Il lit.)
Léogane, 15 mai 1794.
G.K. Irème. 2.
@
'oc MESSIEURS;
>> Vous devez encore vous reffouvenir de
à plufieurs d'entre
moi; j'ai été ut
pourtant vous favez vous, je n'ai jamais nui à perfonne 2
nouveau
quelle a été ma récompenie. Je vais
vous offrir la vérité & vous démontrer votre.intéré
je meborneà vous demander
a
toute votre attention.
>) Vous êtes réunis au Petit-Goave,
fur
volontés arbitraires de Polverel & Sonthonax: &evonsygémiffez vous
peut-éire que ces deux homnes n'ontja jamais
vertu fuppol d
décrers de la nation françaife, qu'ils font revêtus agi qu'en
rité légitime & dévoués au bonheur du genre humain. d'une aut
> Combien vous êtes dans l'erreur! Polverel & Sonthon
in'ont jamnis été que les agens d'une fadlion qui a trompé 1
blancs,leshiompmes de couleur & ies nègres. Cette faétion coi
pable, dont ils fervoient les' defleins, eft enfn démafquée,
tcus les chefs ont été exterminés dans la métropole; Briflor
Grégeire, ilsi
Roland, Condorcet, a &c. &c.onte expié leurs crime
neifont pius. La Convention n'a pas épargné leurs
CCs dans cette inforrunéo colonie; Polverel & Sonthonax somp! ior
condamhés à mort; leur nom eft exécré dans tour l'univers
&nulla partils ne rrouveront d'afyle. Obfervez que toutes me
propriétds, qui font fonsvosmeins, vous garantiflenr ma ve
mciré ur ces faits: d'ailleurs, inrerrogez les capizaines & l
équipages de quelgttes barimens neutres qui
à felglifet dans vos ports notaroment à Jacmel. font Faites-vou parvent
ropréfenterles papiers publics, & ouvrezl lesyeux.
ivers
&nulla partils ne rrouveront d'afyle. Obfervez que toutes me
propriétds, qui font fonsvosmeins, vous garantiflenr ma ve
mciré ur ces faits: d'ailleurs, inrerrogez les capizaines & l
équipages de quelgttes barimens neutres qui
à felglifet dans vos ports notaroment à Jacmel. font Faites-vou parvent
ropréfenterles papiers publics, & ouvrezl lesyeux. --- Page 333 ---
p Il ne vous eft plus permis de balancer far le
ux deftruékeurs de Saint-Domingue: : tandis
compte vous des
nsl lillafion, vous avez aidéà leursprojers;
ile
étiez.
ple
malet eftimpofqu'aujourd'hui vous leur continuiez voire afliftance
ue vous vous piquiez d'une fidélité qui ne feroit
> &
Flei mal; laillez-les périr feuls. Vainement ils fe qu'augmen- font railasd'orécde fangs le Jjourd-leurpunition. eft arrivé. Ne
bez pas qu'ils eRectuent leur menace de fe
craibis & d'y vivre de racines; ills n'en auront ni réfugier le
dans lcs
urage,
pouvoir ni le
> Confidérez attentivement l'état aétuel des
ture des commiffaires efta abolie; la majeure chofes: la dicifes eft hors de leur pouvoir : dans les provinces portion du des
sune feule n'eft fous, le
NaR2
he quatre oû ils femblent joug; dans I'Onelk, iln'en eft
prreurs de la famine & dans encore l'abfolu les maitres, au milieu Pis
d, depuis long-temps leur polition dénuement n'eft
de tout. Au
lolfe de leur grandeur eft brile, & l'on pas brillante; le
bris.
peut infuler à fes
> Le peu de terriroire qui leur refle (era
Ps forces impofantes de terre & de mer arrivent bientôr conquis.
ent : qu'artehdez-vous: un grand nombre dec
Journeiledonnél l'exemple; ayez donc la fagelfe de le quartiers vous
s quartiers, & fur-tour ceux qui ont arboré le fuivre. Tous
is,jouillent de la paix Sc de l'abondance : l'union pavillon ant
mmeslibres eft parfarte, & tout fouvenir
entreles
itions eft effacé.
desanciennes difJe n'ignore pas'que l'on vous proclame le
n: attéfte que eles hommes de couleur fonr plus contraire, que
nais, que les efclaves font impitoyablement opprimeque.
ut bien VOuS parler ainfi pour prolonger votre malfacrés : il
aveuglement,
Vousètesles derniers appuis denos
tremblent que yous ne jeur retiriez vosiecours, desemeniicomaming
ent à vous, retenir par tous les moyens de
&ilssobl
ce & de barbarie.
menfonges, d'au-
>-Encore une fois je ne veux pas vous tendre un
vous le répère > quelle eft notre firuation? Sans ntége; &
qualité de Frangais, nous fommes fous'ia protedtion avoirporche du foi
uglement,
Vousètesles derniers appuis denos
tremblent que yous ne jeur retiriez vosiecours, desemeniicomaming
ent à vous, retenir par tous les moyens de
&ilssobl
ce & de barbarie.
menfonges, d'au-
>-Encore une fois je ne veux pas vous tendre un
vous le répère > quelle eft notre firuation? Sans ntége; &
qualité de Frangais, nous fommes fous'ia protedtion avoirporche du foi --- Page 334 ---
de la Grande-Bretagne, qui nous faitj jouir de la sûrete indiv
duelle & marcher aut rétabliffement des propriérés de rou
efpèce : c'eft cette même fituation que je vous invite à part
ger; méditez bien fur cette invitation, & agillez,
s Ralliez-vous pour l'extinétion de l'autorité des tyrans
pour le rappeldel l'ordre 5 je fuis autorifé à vous déclarer 9
veusn'aurez point à regretter les faveurs des commiflaires C
vils:celles-là fent perfides & paffagères, celics d'un gouvern
ment régulier font permanentes & glorieufes. J'aile droit d'
jouter que tous ceux qui concourront efficacement à la dél
vrance de la paroille, recevront un traitement favorable
proportionné aux fecours qu'ils rendront. Que le fouvenir
palié n'effraie perfonne 3 la volonté du gouvernement n'e
point de perfécuter, & les vieilles querelles font mifes
oubli.
>2 Ma lettre devient longue; 5 mais pouvois-je moins vous 6
dire fur une fi iportante matière ? Je vous ai entretenus
lunique moyen qui refte pour opérer le falut de tous; puiffé
vousavoir convaincus ! Prenez garde de ne vous repentir q
trop tard : ne vous confiez pas dans VOS foibles fortification
ne comptez plus fur deux impofteurs, dont clun fe traine a
tombeau d'une mort honteule, & l'autre ne demande P
mieux qu'à vous vendre. Songez que le fang des hommes €
précieux > & rangez-vous du parti qui n'a 'aime pas à le r
pandre.
s> Signé, VALENTIN CULLION, HUGUET.*
Je communique cette pièce aux colons. Vous voyez dans
lettre de Valentin Cullion le même langage que celui que tier
Saiabrso-ngsdesn ilsne nieront pas fans dou
que ce Valentin Cullion fûr un confpirateur. Ils ont dit qu
avoit été en Angleterre après avoir conféré avec fr Elliot;
ont dit que Valentin Cullion étoit un traitre qui les avo
eux-mêmes. Comment arrive-t-il
Valentin Cu
lion trompés ait le même langage qu'eux? comment der fait-il qu'ild di
aux colons qu'ils font oppeimés, & que Polverel'& Sonthona de
font mis hors la loi? Comparez cette annonce avec les de
marches que faifoient ici à votre barre des hommes qui
ont dit qu
avoit été en Angleterre après avoir conféré avec fr Elliot;
ont dit que Valentin Cullion étoit un traitre qui les avo
eux-mêmes. Comment arrive-t-il
Valentin Cu
lion trompés ait le même langage qu'eux? comment der fait-il qu'ild di
aux colons qu'ils font oppeimés, & que Polverel'& Sonthona de
font mis hors la loi? Comparez cette annonce avec les de
marches que faifoient ici à votre barre des hommes qui --- Page 335 ---
nandoient nia mife hors de la 31S loi,
Cullion, membre de l'aflemblée de annonce faite Valentin
Cullion a écrit enfuite une circulaire Saint-Marc. à
E Valentin
niliaires de l'Oueft & du
tous les commandans
paroifles à fa majefté
Sud, pour Jes engageràlivrer leurs
erve que tous ces commandans britannique, moyennant 100,0001.J'obouleur depuis la pointe de Tiburon militaires font des hommes de
Bouquers.
julqu'aà la Croix-desre, Le ileft préfident inutile : Si cette pièce eft dans le même
de la lire.
fens que l'auHlais'de Sonchonar: Oui, elle eft tapprouvée par le commandant
Fous voyuz Léogane, que. le appelé Smitt; Tapprobation eft en anglais. ana provocation du décret gouvernement d'accufation anglais n'a pas été étrangerà
père vous le démontrer dans cette
rendu contre nous. J'ef
n artendanr,je vais produire féance ou dansla
anne de Léaumont et Pémerle; une lectre fignée de prochaines Jean-StDesruiffeaux, commandant miliraire elie à eft adretfée à Regpaule
fuzanne Léaumont a été membre des Saint-Michel. CeJeanoblerve en même temps que cette lettre aflemblées eft
colonialess
Zommandantanghais à Léogane.
approuvée par le
F'erneuil: : Que dit cette pièce?
aires Sonthonax: de livrer C'eftune invitation faite aux commandans miliLes commandans Hlmnp-rel@fearAnshte miliraires répondirent moyemmanuce,00o1 1.
d'aufi infames
ils
comme ilsle devoient
u commandant propofitions;
firenr arrêter
anglais, de
l'émiffaire
-nvoyèrent ces pièces; elles nous Valentin ont été a Cullion : ils nous
Fommandans rouverez
militaires à qui elles ont été tranfinifes par les
dans mes archives les
adreflées. Vous
Tai dit que les colons qui étoient lettres à Paris de ces commandans.
étrangers aux mouvemens
n'avoient pas été
n faveur des Anglais & des quiavoient Efpagnols; eul lieu à Se-Domingne
hiereirtéfragable: :
jel lerrouve d'une
Brulley aux comités d'abord.par de marine & unel des lettre adreffée par Page ma- &
rouve à la fin d'un recueil publié colonies. Cetre lettre fe
pement des caufes des troubles & par etix de 5 intitulé: :
Voici dans quelle circonftance défafres
Developcette lettre a dan-Danngie été écrite.
lais & des quiavoient Efpagnols; eul lieu à Se-Domingne
hiereirtéfragable: :
jel lerrouve d'une
Brulley aux comités d'abord.par de marine & unel des lettre adreffée par Page ma- &
rouve à la fin d'un recueil publié colonies. Cetre lettre fe
pement des caufes des troubles & par etix de 5 intitulé: :
Voici dans quelle circonftance défafres
Developcette lettre a dan-Danngie été écrite. --- Page 336 ---
le préfident: : Cela parcit s'éloigner unpeude lobjet de I
dilcuiion actuelle.
Sonthonaz:Lojer de la dicufion actuelle eft de donner de
lumières fur ceuxqui onrivré la colonie aux Anglais. Larti
cie du neuvième chef i accule d'avoir livréaux Anglais la co
lonie de Ssine-Domingse, ec notamment le Port-au-Prince
a je prouve que ce font mes accufateurs qui ont dirigé d fa
exécuter ces mouvemens > je crois que CS fera la meilleu
réponfed faire à ce qu'ils ont dit.
Vernenil: Cerrainement, fi vous prouvez cela.
Le préfident : La féance elt ajournée à demain.
La iéance cftlevée,
Lei regofre des préfencrs ligné, J. Ph. GARRAN préf
dine; FOUCHE (de SA ), Jecrécaire ; MOLLEVAUT
DABRAY, MERLINO, F. LANTHENAS,
DK --- Page 337 ---
$17
Dui 14 Thermidor, l'an troifeme de la République françaife
une 6 indivifible.
ON fairledture des débats recueillis dans la féance
la rédaction en eft adoptée.
d'hier,
(Les citoyens
Larchevefque-Thiband & Clauffon
ne font pas préfens N à féance.)
Ferneuil : Je demande que les pièces énoncées par Sonthonax, & relatées aux débats, nous foient communiquées.
Sonthonax : Cela eft Jufte; quelles pièces?
Verneuil : Celles que vous dires avoir déjà été
riées, & que vous avez annoncées hier.
inventoSonthonax : Vous ne pouvez avoir communication
des pièces produites.
que
Lc prefident : Il n'y a pas de doute que les pièces dont
a tiré des inductions doivent être communiquées ; elles fonc on
partie des débats & font communes.
Sonthonax : Sans doute les colons parlent de celles
conftatent qu'à Saint-Marc on a voulu enlever &
qui
les commiffaires civils, au moment où ils fe difpofoient affaffiner à
partir pour le Port-au-Prince.
Duny : C'eft cela même.
Sonthonax : Vous les aurez.
Je pourfuis la difcuilion fur les tahifons qui ont mis une
parrie de Saint-Domingue aux mains des Anglais & des EC
pagnols. J'ai annoncé, hier, que les colons mes accufaTome VIII, Soixanse-dixefapciame liyraifon.
Y
enlever &
qui
les commiffaires civils, au moment où ils fe difpofoient affaffiner à
partir pour le Port-au-Prince.
Duny : C'eft cela même.
Sonthonax : Vous les aurez.
Je pourfuis la difcuilion fur les tahifons qui ont mis une
parrie de Saint-Domingue aux mains des Anglais & des EC
pagnols. J'ai annoncé, hier, que les colons mes accufaTome VIII, Soixanse-dixefapciame liyraifon.
Y --- Page 338 ---
teurs n'étoient pas étrangers aux mouvemens qui ont dirigé
les machinations en France.. Je fonde mes obfervations fur ce
que les colons de Saint-Domingue à Paris, & notamment
Page & Brulley ont conftamment entravé, pendant la feilion
de l'Aflemblée nationale, > toutes les mefures que pouvoient
prendre > foit la Convention elle-mème, foit fes comités,
pour la reftauration des colonies, en ce qu'ils ont dénoncé,
pourfuivi, fait incarcérer & conduit au fupplice les dépurés qui avoient le plus de lumières fur les colonies
avoient fait rendre la loi du 4 ayril, en ce que notamment > qui
ils ont fair atrêter & traduire au tribunal révolisionnaire le
fecrétaire de la légation françaife prèsles Etats-Unis, porteur
des paquets de la commiflion civile de Saint-Domingue.
Les colons : Son nom ?
Sonthonax : C'eft le citoyen Pafchal, aujourd'hui fecrétaire de la repréfentation nationale, délégué à Saint-Domingue. En ce qu'ils ont fait arrêter le citoyen
commiffaire des guerres de la Martinique arrivant Leborgne, en
France muni de paffeports & pounvoirs des autorités >
conftituées de la Marrinique, pour demander des fecours contre
les Anglais. Je vais prouver matériellement ces faits.
J'ai dit d'abord que les colons mes accufateurs avoient
conftamment entravé les mefures prifes par. la Convention
ou par fes comités pour la reftauration des colonies, > je le
prouve par la lettre qu'ils ont écrite au comité de.marine
au moment où ils venoient obtenir une difcuflion contradiétoire avec Raymond fur le décret du 5 mars; ils étoient
parvenus 2 . par leurs intrigues S, à fufpendre l'envoi de ce
décret à Saine-Domingue. Le comité de marine demanda à
Page & Brulley , & aux autres colons qui étoient à Paris,
des renfeignemens fur les moyens de fauver la colonie de
Saint-Domingue de l'invafion des étrangers. Voici ce que
répondirent Page &c Brulley.
Lettre de Page 6 Brulley au comité de marine & des
colonies.
Cc Vous nous avez demnandé un projet de loi qui pût vous
douner des indications utiles. Cette propolition attefte votré
ité de marine demanda à
Page & Brulley , & aux autres colons qui étoient à Paris,
des renfeignemens fur les moyens de fauver la colonie de
Saint-Domingue de l'invafion des étrangers. Voici ce que
répondirent Page &c Brulley.
Lettre de Page 6 Brulley au comité de marine & des
colonies.
Cc Vous nous avez demnandé un projet de loi qui pût vous
douner des indications utiles. Cette propolition attefte votré --- Page 339 ---
fagelle, & nous donne les
flattenfes
nous confole chfin de ce que plus nous nè
efpérances; elle
tion de fatisfaire à votre demande. Les fommes pas en fitualégués ad hoc peuvent feuls dire ce
colons ou Jeurs dénous avons cril devoir nous borner qui à demander leur convient, &
contradictoirement avec le citoyen
à difcuter
5 mars qu'il avoit fait émettre, & Raymond, dont il le décret du
rédacteur. Nous vous avons démontré
s'eft avoué le
cet aote Conre-téroliationnaire
toute la perfidie de
tionale. Nous Iavons fait
furpris à la Convention narejeter 3 notre tâche eft remplie. 35
Cette lettre eft une preuve matériclle
qu'ils ont concrarié les mefutres
émanée des colons,
le 5 mars; &
prifes par le gouvernement
meflires, ils répondirent loriqu'ou leur a demandé d'indigner d'autres
efpèce de mefure,
qu'ils ne vouloient propofer
& cela
donner > qu'ils n'avoient aucune miflion ad aucune
de
pour
le temps aux Anglais & aux
hoc,
avoient proclamer, dans la colonie, le décret d'accufacion Elpageols
furpris contre moi.
qu'ils
Je ne parierai pas des manceuvres
31 mai; je palle fubitement à ce
employées depuis le
& la pourfuite des députés les plus qui concerne lincarcérarion
tifme, & par leur attachement
connus par leur patrioblique à l'égard des colonies. Lifez aux principes de la Répucolons, & notamment ceux de Page & tous les ouvrages des
qu'ils : vantent conflamment d'avoir été Brulley, vous verrez
bunal révolutionnaire contre
& témoins au triont péri fur l'échafaud, & Briffor, les 22 députés
vention a décrété une fête le en T'honneur defquels la Con- qui
chofes
3 octobre
lune, ou les députés font
prochain. De deux
des colonies, ou les colons font coupables dans l'affaire
cette affaires. ou ces députés ont enx-mèmes coupables dans
tions, ou Page & Brulley leurs prévariqué dans leurs foncneuil & autres témoins habirués du dénonciateurs > ou Verdans cette affaire, > font eux-mêmes tribunal les
révolusionnaire
tion quiles a conduits à l'échafaud.
ftipendiés de la facla commiflion des colonies à examiner C'éft ce que je laiffe à
rapport.
lorfqu'elle fera fon
Femeail: Je prie la commiflion de vouloir bien
fommer
Y 2
tions, ou Page & Brulley leurs prévariqué dans leurs foncneuil & autres témoins habirués du dénonciateurs > ou Verdans cette affaire, > font eux-mêmes tribunal les
révolusionnaire
tion quiles a conduits à l'échafaud.
ftipendiés de la facla commiflion des colonies à examiner C'éft ce que je laiffe à
rapport.
lorfqu'elle fera fon
Femeail: Je prie la commiflion de vouloir bien
fommer
Y 2 --- Page 340 ---
Sonthonax, de dépofer fur le bureau les pièces
que nous econs
des temoins habitués Ofipeiics quipronvent du tribunal
révolurionnaire.
Sonchonax : Les voici : ce font vos propres aveux; , leg
cuvrages avoués par Page & Bruliey qui prouvent votre crimmalité dans cette afraite. Je lisà la page 5 d'un,écrit intitulé : Réponfe des citayens Page & Bruley aux calomnies
qu'on a fau ligner ail citeyen Beliey, ces mnots que voici :
Page & Brulicy 1 3 en s'adrellànt à Belley, député de SaintDomingue, lui difet: e
.
a
Ie prefident : Il ne peut pas être ici queftion de Belley.
Sonthonax : Je me borne à dépofer fur le bureau l'écrit
avoué par Page & Bruliey, dans lequel iis fe vantent d'avoir
dénonce Iritiot. .
e
Bruiley : Je demande la ledture du pallage.
Ze preficint : Lifez.
Jonthonax : Le voici: Cc As-tu, comme nous l'avens fait
le 15 mars ivivanr, dénoncé le tout-puiflant Briflor, le
patron de Polverel & Sonthonax, comme le ftipendié de
Angletenre & des émigrés 2>
Ainti les cclons fe vanrent d'avoir dénoncé Briffot comme
Tagent de I'Angleterre & des émigrés.
JA la page 19 du même ouviage, il eft queftion des déporés de Sainr.Domingue, & c'eft à moi que les colons
adreflent la parole.
Extrait de la réponfe de Page & Brulleys comnifaires de
Saint-Domingue, députés près la Convention nationale, aux
calomnies quion afait Fgner a citoyen Belley.
Cs Ces déportés n'ont pas été les témoins habitués du
tribunal; ils n'ont paru. auc pour dépajer dans Laffaire défunt de
Bianchelande, de Barmave, de Brifor, de ce Briffot dont tu
fas le complice dans la lutte quis'dieva aux Jacobins entre
les valets des rois & les amis de la liberte, de ce Brifior
au tribunai révolutionnaire, n'a pas nié t'avoir donné qui, des
en Belley.
Cs Ces déportés n'ont pas été les témoins habitués du
tribunal; ils n'ont paru. auc pour dépajer dans Laffaire défunt de
Bianchelande, de Barmave, de Brifor, de ce Briffot dont tu
fas le complice dans la lutte quis'dieva aux Jacobins entre
les valets des rois & les amis de la liberte, de ce Brifior
au tribunai révolutionnaire, n'a pas nié t'avoir donné qui, des --- Page 341 ---
inftructions qui, fans doute, t'ont
ment des colonies. >>
dirigé dans le déchireJe dépofe far le bureau
tirés. Je m'abitiendrai de lire l'ouvrage les
dont ces paffages font
brochures faites' par les colons extrairs de trds-nombreufes
prennenr, > dans leurs
> dans lefquelles ils cominais tous les députés dénonciations, de da Girende, non-feulement Briflor,
Verneuil : Je demande G dans l'énoncé
Sonchonas, il eft queftion des
que vient de lite
eft queftion de Briflot; 5 oui,
dépurés de la Gironde. Il
le dénoncerions encore s'il étoit nous l'avons dénoncé, & nous
que nous ayons jamais été contre vivant ; mais il eft faux
Si nous avons été aflignés
les dépurés de la Gironde,
qu'aucun
ait tribunal
lancée
citoyen ne peut fe fouftraire révoiutionnaire, à
> c'eft
par un tribunal. Nous
une allignarion
de nous n'a parlé,
avons paru, mais perfonne
Sonthonax : Il fera facile de
cherché Tallignation,
prouver que vous avez repour être entendus, Je &c-que réferve vous êtes allés donner vos noms
quand il s'agira de la produire, cette preuve à la commiflion,
a entre fes mains un billet d'un J'ai annoncé que Raymond
qui, de la part de
déporté de Saine-Dentingue
invite un autre à venir Fouquier-Tinville dôpofer
, parent d'un colon, El
vous remettra la pièce originale. contre Raymond. Raymond
Dauborneau : Ce billet eft-il de
Sonthonax : Ileftd'an
quelqu'un de nous ?
Fromenteau,
déporté de Saint Domingue, Bardetdéporté avec Verneuil.
Veracuil : Bardet-Fromenreau n'aj
moi, c'eft encore un faux
jamais été déporté avec
Sonthonax
que Sonthonax vient d'a avancer.
leur caufe : J'ai parlé des déportés de
vous eft commune 5
Saine-Doningue,
déporté en janvier 1793, > il a été Baedet-Fromenreau a éré
Cap, avec Larchevefque -
déporté pour l'affaire du
vous, mais pour la même caufe. Thibaur, quelque temps après
Senac : Sonthonax, dans fa défenfe, a
majorité des colons; il faur qu'il produife, l'air d'inculper la
contre ceux qu'il
Y 3'
déportés de
vous eft commune 5
Saine-Doningue,
déporté en janvier 1793, > il a été Baedet-Fromenreau a éré
Cap, avec Larchevefque -
déporté pour l'affaire du
vous, mais pour la même caufe. Thibaur, quelque temps après
Senac : Sonthonax, dans fa défenfe, a
majorité des colons; il faur qu'il produife, l'air d'inculper la
contre ceux qu'il
Y 3' --- Page 342 ---
accufe 2- lés pièces qui les regardent, parce que Taccufatiox
plane fur la genéraliré de ceux qui font en France. Tous
les colons accufent Sonthonax, mais tous les colons n'ont
pas participé aux actes que Sonthenax produit. Je demande
donc, quand Sonthonax fera uneinculpation, qu'il nomme
celui conue qui il la dirige, a
Sénac : Je ne puis le permertre à l'égard de ceux que je
repréfenre.
Sonth nax : Je fuis bien loin d'acculer tous les colons :
quand tous m'accufercient, ce ne feroit pas une railon pour
moi de les inculper tous. La majorité des colons a été enrrainée, égarée par les manceuvres des chefs qui ont livré
la colonie aux Anglais. J'accufe tous les célons qui font dans
cetté enceinte, parce qu'ils font caule commune, parce qu'ils
font liés par les mêmes faits, les mêmes crimes, la même
accufation. Cc fera à la commiflion à juger les coupables,
ce n'eft pas à moi de les déméler.
Th. Millet : Sonthonax vient de dire formellement qu'il
accufoit tous les colons qui font dans cette enceinte. Je le
fomme, au nom de tous mes commettans > de nommer
tous ceux qu'ilaccufe,
Sonthonax : Soyez tranquilles, ciroyens, > le temps n'eft
pas encore venu 5 l'accufation ne confifte pas dans les mots, 3
mais dans un acte formel : quand jeproduirai cet aôte vous
répondrez.
Th. Millet : Je demande qu'il ne foit point à la
fition,de Sonthonax de différer cette accufation. Il a
MeTE
mertre en avant qu'il y avoit des crimes commis, 2 qu'ils
l'avoient été par ceux qui font en cette enceinte : à peine
d'être pourfaivis comme calomniaieurs, je demande que
demain il foit tenu de produire une aéte d'accufation.
Les colens : Nous joignons notre demande à celle de
Thomas Millet.
Sonthonax : Cen'eftpas à vous à intervertir ma défenfe
Je joue ici le role palifde défenfeur. Vous m'avez accufé
d'avoir livré la colonie de Ssinr-Domingue; je prouve d'une
manitre juftificarive que c'eft vous
l'avez livrée : foyez
tranquilles fur les accufations, vous 8 échapperez pas.
Thomas Millet : J'infife far ma demande.
ons notre demande à celle de
Thomas Millet.
Sonthonax : Cen'eftpas à vous à intervertir ma défenfe
Je joue ici le role palifde défenfeur. Vous m'avez accufé
d'avoir livré la colonie de Ssinr-Domingue; je prouve d'une
manitre juftificarive que c'eft vous
l'avez livrée : foyez
tranquilles fur les accufations, vous 8 échapperez pas.
Thomas Millet : J'infife far ma demande. --- Page 343 ---
Lc
préfident : La commifion délibérera
la
Ferneuil : En
après féance.
avons été enlevés attendant,il de
ne faur pas qu'il accufe. Nous
La commifion eft inftruite Saint-Domingue du
le. 6 décembre 1793.
livrée à lAngleterres fi Sonthonax moment où la colonie a été
contre nous > il eft ablolument infant a des pièces à produire
lui en porte le défi.
qu'il le fafle, & je
délibéreroit Le préfdent : La commiflion vous a déjà
fur votre demande à l'iffue de ia annoncé féance. qu'elle
prouvef Sonthonax : Je continue ma défenfe, &c je
à
que les colons ont machiné à Patis continue de a
Saint-Domingue les trahifons
produire
qu'ils avoient fait arrèter & traduire qui y ont eu AeAE J'ai dit
naire le çitoyen Pafcal,
au tribinal révolationprès les Erass-Unis, le fecrétaire de la légation françaile
guerres de T'armée de la citoyen Leborgne, fecrétaire des
dans desintentions
Martinique. J'ai dit qu'ils l'ont fait
étoit porteur des dépêches contefrolationnules de la commiffion parce que Pafcal
renfeigneinens fir la
qui devoient éclairer la civile, porteur des
ils lituation des colonies. Ils ont fait Convention nationale
ont été trainés au tribunal
les
incarebrerkespomers
colons quiles ont dénoncés révolationnaires : en
c'eft encore
matérielle : voici une lettre originale voulez-vous de
une preuve
baud écrite à Çe fujer au comité de falut Lancherefque-Thye
30 brumaire, l'an II.
public; elle eft du
(II lit.)
Lettre de Larchevefque - Thibaud au comité de
public.
falut
A Paris, 3 le 30 brumaire, l'an
de la République françeife, deuxième
Le cizoyen Larchevefque-T Thibaud
aurdroyensmeméres du comitéde > colon de
nationale,
Sun-Domingue,
falurpublic de la Conyention
Cc CITOYENS,
33 Etant prévenu que le minifre de la marine doit
vous
Y 4
(II lit.)
Lettre de Larchevefque - Thibaud au comité de
public.
falut
A Paris, 3 le 30 brumaire, l'an
de la République françeife, deuxième
Le cizoyen Larchevefque-T Thibaud
aurdroyensmeméres du comitéde > colon de
nationale,
Sun-Domingue,
falurpublic de la Conyention
Cc CITOYENS,
33 Etant prévenu que le minifre de la marine doit
vous
Y 4 --- Page 344 ---
préfenter le citoyen Leborgne, venant de la Martinique 5
je crois de mon devoir de vous donner connoiliance d'une
lettre queje. viens de recevoir d'un colonde Saint-Domingue
débarqué à Lorient.
>> Ce colon me marque qu'il eft inftant qu'il fe rende
à Paris le plugor potlible, C6 afn d'arrêter les intrigues de
95 deux individus agens de la faction brillotine, qui ont des
3> millions fecrètes, & dont lun vient, dic-il, de la Mar5> tinique. >> D'aprèsles renfeignemens qui m'ont été donnés,
il y a lieu de croire que Iun de ces individus eft le citoyen'
Leborgne.
3> J'ofe vous inviter, ciroyens, fnon à faire mettre ce
citoyen ei état d'arreftaticn, du moins à faire mettre les
fcellés fur fcs papiers Vous pourriez prendre, au refte s
des informadions fur fon compte > non - feulement des citoyens déporrés de Saint - Domingue, non - feulement des
citoyens Page & Brulley, mais encore des citoyens Defparnand & Tonnens, dépurés exumerdinaires, lun de la
Martinique > &c l'autre de Sainte-Lucie.
2> Le même colon m'écrit qu'il doit être arrivé à Paris
depuis un mois une députation des commiflaires Polverel
& Sonthonax, laquelle eft chargée, dit-il, d'une miffion gerribles & qui tend à compléter la perte de SaintDoringue.
>> Des quatre individus qui compofent cette dépuration,
deux font membres de la commiffion intermédiaire du
Cap, favoir Boifrond & Cafting. Ces deux hommes font
parrie des fix qui ont été choilis & nommés par Polverel
& Sonthonax eux - mêmes; 3 & le premier > ceft-à- dire
Boifrond, eft lun des agens les plus affidés de Raymond d,
ainfique cela eft prouvé par les écrits de ce dernier.
>> Je (uis inftruit que ces quatre envoyés sfonrréellement arrivés à Paris.
>> J'ofe Pareillement vous inviter, ciroyens; à ufer de la
même précaution à leur-égard. Il eft plus que probable qu'ils
fonc chargés de lettres & paquets pour Raymond, Brillot,
Vergninud, dc,
-à- dire
Boifrond, eft lun des agens les plus affidés de Raymond d,
ainfique cela eft prouvé par les écrits de ce dernier.
>> Je (uis inftruit que ces quatre envoyés sfonrréellement arrivés à Paris.
>> J'ofe Pareillement vous inviter, ciroyens; à ufer de la
même précaution à leur-égard. Il eft plus que probable qu'ils
fonc chargés de lettres & paquets pour Raymond, Brillot,
Vergninud, dc, --- Page 345 ---
Je ne vous propofe point de donner vos - ordres
le colon qui m'écrit foit mis en liberré &
pout
dre incelfamment à Paris, m'étant déjà
puille fe
effet au comité de streté générale : mais pourvu pour
ne veux, vous laiffer ignorer que j'ai donné je ne dois
buis avant hier IS, de la lettre que connoiffance,
hiftre de la manas,iquifeumavot,
j'ai
au
premier.
gonfeillé de mit
Ce n'eft pas tout, citoyens 5 vous
me lettre > que les ciroyens Daugy, , Raboireau verrez, par &c cette
gne doivent repréfenter de concert les débris de Lalation blanche &c une partie de celle de couleur la POC
nt-Domingue réfugiés Ala Nouvell-Aanglenerto,
J'ai la preuve que le diroyen
It- des- - Martyts en Efpagne, Daugy le citoyen eft prifonnier au
ndtes, & le citoyen Lavergne àLiverpool. Raboueau à
Je vous fapplie, citoyens, de donner vos
léchange de ces trois prifonniers ait lieu le orires pour
hent porlible; ils font, à tous égards,
plus prompbfe publique dahs la circonfance actuelle. précioux pour la
> Salut relpectueux.
> Sign,Larchevefque - Thibaudo,
C'eft le 30 brumaire que
comité de falur public Pafcal,le Larshevefae-Thibnd dénonce
& ce même Leborgne, compaghon d'infortune
D larmée
la Martinique.. Leborgne commilfaire des guerres
noncer les furccès de la France dans la éroir. venu
ambeau venoit alors de repoti@ier l'amirali Martinique. TRSE
oit ofé faire une defcenre far les
Gardener, qui
es. Leborgne vient demander des fecours côtes avec les émiMartinique à labri des forces de
pour mnettre
ient être confidérables. Ilarrive... F'Angleterre, quiparoitLeprémbnt : Ceci paroit s'éloigner
tuel" de la
benucoup de l'objet
difcwilion 3 ceci n'ef
int - Domingues.il fifit de titer pas des même relatif a
aires
inductions fom-
re far les
Gardener, qui
es. Leborgne vient demander des fecours côtes avec les émiMartinique à labri des forces de
pour mnettre
ient être confidérables. Ilarrive... F'Angleterre, quiparoitLeprémbnt : Ceci paroit s'éloigner
tuel" de la
benucoup de l'objet
difcwilion 3 ceci n'ef
int - Domingues.il fifit de titer pas des même relatif a
aires
inductions fom- --- Page 346 ---
Sonthonax : Je vais abréger : ou Leborgne étoit
pable, 3 lorfqu'il venoit demander les fecours de la
contre les Angluis, ou les colons étoient
Fra
les ennemis , puifqu'ils vouloient
d'intelligence la
a
de porter des fecours dans les colonies.Jinvite empécher la Conven
à prendre connoiffance des pièces. J'ajoure aufli commif les
lons, qui difent n'ayoir dénoncé que Briffor que
ici Leborgne comme
, dénond
apportant des paquets à Vergniaud.
Lep préfident: D'ou fort cette pièce 2
Sonthon x : Elle eft tirée des archives de la commiflic
puifée du carton contenant les pièces apparrenantes à P
verel & Sonthonax, & relatives à leur miflion à Saint-I
mingue. J'ajoute que Verneuil eft l'arreftateur de
il la faifi aut colet, fortant de chez le miniftre Leborg de
matine, & conduit au comiré de sûreté générale où Amar
fait arrêter.
Varneuil: : Oui, c'eft moi qui ai atrêté Leborgne : C
pourquoi j'ai demandé plulieurs fois aue l'on
procès - verbal fait en préfence de huir repréfentans apporrôt
peupie 5 ce ptocès - verbal eft figné des repréfentans
peupie, des colons préfens > de Leborgne.
reconnoit
Cef-lg
que les colons, notamment
& moi, ont toujours été les févères Larchevefque-Thibe obfervateurs de
loi, & parriculièremene de celle du 4 avril, & oi
déclare qu'il reconnoit Polverel & Sonthonax Leborg
feclémats; mais qu'étant fubalterne dans tout ce pour S
permis de faire, il a été contraint d'agir. J'ai quil deman
plufieurs fois ce procès - yerbal; le préfident, chargé
rerirer les papiers concernant les colonies du tribunal I
volutionnaire, m'a dir qu'ils ne lui étoient pas encore
venus.
pa
Ie préfident : Je déclare ce qui eft
que cette
ne fe trouve pas parmi les pièces de vrai, Raymond ,
piè vC
avez indiquées, & je ne fache pas que nous l'ayions que a
trement.
Verneuil : Je n'ai pas parlé des pièces de Raymond
j'aiéré au tribunal révolutionnaire ; j'ai demandé
a
-
procès verbal;j'ai vu la pièce moi-même.
copie
volutionnaire, m'a dir qu'ils ne lui étoient pas encore
venus.
pa
Ie préfident : Je déclare ce qui eft
que cette
ne fe trouve pas parmi les pièces de vrai, Raymond ,
piè vC
avez indiquées, & je ne fache pas que nous l'ayions que a
trement.
Verneuil : Je n'ai pas parlé des pièces de Raymond
j'aiéré au tribunal révolutionnaire ; j'ai demandé
a
-
procès verbal;j'ai vu la pièce moi-même.
copie --- Page 347 ---
préfident : Il faudroit indiquer le carton où elle fe
e.
donné T'indication dans le
Tneuil : Je vous en ai
préfident : Je répète ce que jai déja dit, que je ne
pis pas que ces pièces fullent parmi celles que tu as
uées; qu'elles n'étoient pas dans le procès de Ray1, qu'on nous avoit fpécialement indiqué. Si ti eft ne
pas pofitivement où peut être cette pièce > il nous les
flible de la trouver. Comment fais-tu qu'elle eft entre
sde la commiflion descolonies?
erncuil : Parce que j'ai vu l'inventaire qui vous a été
a
préfident : Indique de quel inventaire tu prétends FRE
car on nous a envoyé du tribunal revolutionnaire le carton
ès de plufieurs perfonnes, , en ne doivent précifant fe pas trouver. Je
es pièces de tel ou tel accufé du procès de Leborgne : 5
roispas que nous ayons les pièces
ft-là ce que tu veux dire
erneuil: Oui, d'eft le procès- verbal contre Leborgne,
vous a été remis,j'en fuis sûr.
epréfident : Comment en es-tu sûr ?
erneuil : Parce que j'ai vu au tribunal copie de l'in- Il
taire des pièces qui ont été remifes à la commillion.
eft pas moins vrai que Sonthonax fe permet le contraire des men- fe
gest; & que les pièces qui prouvent
ivent égarées.
e préfident : Rapporte l'aôte
lequel nous avons donné
harge de ces pièces > avant E dire qu'il Y a des pièces
garées. Nous avons donné le récépillé des pièces que
Tant
n'indiquera pas le carton
IS avons reçues.
fe qu'on trouvent, ni l'inventaire dans
as lequel ces pièces
eft
de ies donuel elles fe trouvent > il nous
impollible dire
font
> & il ne peut être permis de
qu'elles
arées.
du
Verneuil : J'ai été au tribunal avec deux repréfentans
ces pièces > avant E dire qu'il Y a des pièces
garées. Nous avons donné le récépillé des pièces que
Tant
n'indiquera pas le carton
IS avons reçues.
fe qu'on trouvent, ni l'inventaire dans
as lequel ces pièces
eft
de ies donuel elles fe trouvent > il nous
impollible dire
font
> & il ne peut être permis de
qu'elles
arées.
du
Verneuil : J'ai été au tribunal avec deux repréfentans --- Page 348 ---
peuple : ; ils ont vu les pièces: s'il le
venir faire. içi leurs déclarations. faut, je les engage
-deux Lepréfident : Sit tu as étéau tribunal révolutionnaire
repréfenrans du peuplc
Verneuil: : Ils ont vu cemmemoi la pièce.
naire, Lepréfitenc: elle n'étoit Eh bien! s'ilsl'ontvuc au tribunal révolu
pas à la commiflion des colonies.
Brulley : Je demande la parole.
& Brulley ont dénoncé Paichal, Sonthonax a dit que I
Etats-Unis, & ont demandé qu'il fecrétaire fit arrêté. de Je légauon
Sonthonax de mettre far le buteau la pièce quile demane
ble, Sonthenes: J'ai dit Ls colons. Vous êtes tous prouv
vous favez vous défavoner à
ici enf
tous liés de principes, d'opinion & propos; mais vous
Le
d'autres chofes. e
preficen: : A l'ordre !
mais Brulley: Je ne défavoue ici perfonne des colons
la quand on articule un fait, je demande
en
preuve.
qu'on t
à Ie préfident : Ceci eft entendu de
un aurre objet.
part & d'autre. Pa
Sonthonax: : Je paffe aux
par les colons
inculpations qui m'ont été fai
janvier 1794que relativemnent la fotte au Porr-auPrince. C'eft le
fois mouiller devant le anglaife eft venue pour la premi
Frince. J'ai lu, dans le Por-Républiczin, temps, la
ci-devantPorca
faite par le général
fommarion qui m'a
pallé à Saint- -James, anglais, le
en m'invitant d'accéder au.tra
quej'ai faite au général 25 février 1793. Voici la répon
aux colons, je les prie de anglais; fuivre. je communique le regitl
(Il lit:)
RÉPONSE'su COMMISSAIRE
La conumiffaire civil de la
CIVII.
min ngues au commodore Bipublique Fort,
frengaife à Saint - Do
shalos defe majefté
cummandant des forces na
britannique aux Anzilles,
Cc Cox Mi ODO RE,
: J'ai communiqué aux cormandans de la force arméc &
25 février 1793. Voici la répon
aux colons, je les prie de anglais; fuivre. je communique le regitl
(Il lit:)
RÉPONSE'su COMMISSAIRE
La conumiffaire civil de la
CIVII.
min ngues au commodore Bipublique Fort,
frengaife à Saint - Do
shalos defe majefté
cummandant des forces na
britannique aux Anzilles,
Cc Cox Mi ODO RE,
: J'ai communiqué aux cormandans de la force arméc & --- Page 349 ---
préfentans du peuple du Port-Républicain la
prejet de capittlation qui m'ont été tranfmis dépèche hier de
part par le capiraine Reveley; tous ont rejeté unanimevos propofitions; ; ils veulent vivre &c mourir
s'écarteront pas de leur ferment.
Français,
citoyens blancs font invariablement attachés aux
de la Conventien nationale; ils ont vu dans l'art. prin- IV
opofitions du gouvernement britannique uin
de la loi du 4 avril 1792; ils ne fonlriront mépris
urs frères de couleur foient plongés une feconde jamais fois
ignominie & dans la barbarie d'un préjugé devenu
ple chez un peuple éclairé. Les anciens libres, de inHeurs, font réunis de coeur & d'efprit pour la toutes
les les Africains, de leur côié, Oit juré de défendre liberté
priétés de leurs patrons.
elles font, commodore, nos difpofitions.Je vous conépargner au Port-E Républicain une attaque
itans ne connoilent point de capirulation devant inucile l'en- 5
capitaine Adelon & le capiraine Boyer vous remetette réponfe. Je vous préviens que toute
ités cefiera au moment où mon parlementaire fufpenlion fera de
>> Signé, SONTHONAX. x
honax : Voici le pof-feripcum.
y & Vemeuil: Il n'y en a pas.
honax : Il eft vrai, iln'y en a pas. T'annonçois
à commandant anglais, que Toulon avoit été feuleniral Hood avôit été battu, que fa Horte avoit repris, éré
ans le porr. C'eft le 13 frimaire que
éré
ne
Toulon,
pouvois pas favoir cette nouvelle à Saar-T
5 mais j'étois obligé, pour conrre-balatser les Tolaifes, d'inventer des nouvelles favorables à la Kazetrançaife pour parvenir à nous défen re.
Repu:
cuil : C'eft ce que vous avez toujonts fair.
onax : Et alors j'ai bien fait. Ilfalloi: alors fe pré-
avoit repris, éré
ans le porr. C'eft le 13 frimaire que
éré
ne
Toulon,
pouvois pas favoir cette nouvelle à Saar-T
5 mais j'étois obligé, pour conrre-balatser les Tolaifes, d'inventer des nouvelles favorables à la Kazetrançaife pour parvenir à nous défen re.
Repu:
cuil : C'eft ce que vous avez toujonts fair.
onax : Et alors j'ai bien fait. Ilfalloi: alors fe pré- --- Page 350 ---
35e
parer au combat: j'ordonnai aux officiers de la marine
chande de fe rendre au fort I'Tlet pour fe défendre cor
Anglais, j'en donnai le commandement att citoyen Ac
& voici la lettre quej'écrivis à ce fujet à l'érat-major
officiers, mariniers & matelcts de la marine marchande
eit du 2. janvier 1794.
(Il lit:)
Du 2 janvier 179
Aux oficiers de P'état-major, oficiers, mariniers & 172
de (a marine marchande.
ce Le jour eft arrivé où vous allez prouver aux dé
de la République que ce n'eft pas en vain que vou
fait le ferment dé défendre l'égalité: : l'ennemi eft for
yeux : il ofe provoquer une capitulation à la ville, qu
fufe d'étendre à la rade; il briile de ravir les propriét
vous font confiées. Je vous donne la garde du fort
c'eft ia clef du port, défendez-la; c'eft votre intérêt
le nôtre à tous, c'eft celui de la République : périffor
plutôt que de trahir.
32 J'ai donnd ordre au commandant de l'Oueft de C
des armes : aux douze capitaines qui commanderon
Girban.
>2 Ci-joint copie de la lettre qui im'a été adreffée
commodore Fort; foyez prèts à toute heure. Quant a
vous me trouverez dans le chemin de l'honneur & a
triotifine. 35
La bonne conrenance que nous fimes aux Anglaisl
impofa. Ils attendoient dix-huit mille hommes de la Bar
comme on ne les avoit pas encore, il étoit impofli
faire une defcente, on fe retira.
Vers la fin de février l'Anglais fe préfenta de nou
&, felon fa coutme, il-vint mouiller dans la rade du
au-Prince 3 hors de la portée du fort, dans la grande
quoique Thomas Millet ait dit qu'on ne le pouvoit pa
quil fache bien, foit par les cartes, foirpar les ouvra
dix-huit mille hommes de la Bar
comme on ne les avoit pas encore, il étoit impofli
faire une defcente, on fe retira.
Vers la fin de février l'Anglais fe préfenta de nou
&, felon fa coutme, il-vint mouiller dans la rade du
au-Prince 3 hors de la portée du fort, dans la grande
quoique Thomas Millet ait dit qu'on ne le pouvoit pa
quil fache bien, foit par les cartes, foirpar les ouvra --- Page 351 ---
w331
ne, foit par la pratique de lui-même, qu'on trouve
le fond dans la grande rade du Port-au-Prince, à parau Nord de la pointe du Lamantin.
un
hom. Mil.et: : Il me fait dire des chofes que je n'ai pas
pathonax: Vous avez dit un jour ici qu'oni ne
nouiller au Port-au-Prince hors de la poriée du fort. pouvoir
2. Miller : Continuez.
nathonax : Je continue. Sur la fin de février l'ennemi vint
nner une feconde fois dans, la rade. Il n'avoit
pau de 64; t'étoit le vailleau le Scepere, monté par qu'un le
tal Grey, général de l'armée des Indes-Occidenralcs. n
ut pas de fommation; on entretint quelque
e avec la marine marchande qui étoit dans correfpon- Ja
ernant les canots de nuit. Les correfpondances furent rade,
leftines; je fis tout ce qui dépendoit de mci pour m'y
GrLienseminavane encore rien puobtenir cette feconde
leva le liège pour venir le 30 mai de la même année.
o mai les Anglais fe préfentèrent en force : ils avoient
deux vailleaux de 74, un de 64, un de 5o, 6 corvettes
égates, I.2 gros barimens de tranfport, une infiniré de
ttes : ces bârimens portoient trois régimens anglais, foren tout 1,464 hommes. Une armée étoit à
venir attaquer par la Croie-des-Bouquers Farcahaye Une autre
e étoit formée à Léogane, elle étoit formée de colons:
it pouvoit monter de 2,400 à 3,000 hommes. C'eft en
fat que l'ennemi fe préfenta le 30 mai. Le 31 le comRant donna les ordres pour empècher le
pté du Porr du-Foflé,
eft du côté débarquement
-
qui
de
étoient
frégates
embollées fir le fort; TArcalaye.
de tranfport
pluficurs bàtiaccompagnoient ces frégates :
a fe propofoit de faire le premier débarquement. c'étoit Vous là
rquerez cependant que le commandant de la
eordre à 400 hommes de s'y porter, & que. la garnifon province
ort-au-Prince, ordinairement compofée de 1,rS4 hométoit diminuée d'environ 700 & quelques
par les maladies, foit par les détachemens qui hommes, étoient
les autres quartiers de la province de l'Ouef. On
peur
frégates :
a fe propofoit de faire le premier débarquement. c'étoit Vous là
rquerez cependant que le commandant de la
eordre à 400 hommes de s'y porter, & que. la garnifon province
ort-au-Prince, ordinairement compofée de 1,rS4 hométoit diminuée d'environ 700 & quelques
par les maladies, foit par les détachemens qui hommes, étoient
les autres quartiers de la province de l'Ouef. On
peur --- Page 352 ---
332 a
s'affurer de ce fait par l'infpection de l'état de la légion,
mois d'avril 1794- Vous y voyez 543 hommes à l'article
tachement, 94 à l'article hépital, & 143 à l'article con
lefcens > qui, réunis enfemble, formoient-un total de 2
qui, diftrzit de 1,464, formant la garnifon du Port-:
Prince, la réduifoit à 684 hommes eficclifs; on peut aje
ter à ces 684 hommes environ 5oo canonniers, tant bla
que de couleur: ce qui forme en tout 1,184 hommes.
Verneuil: : Sur le matériel de la pièce, j'ai déja obfe
que ce inouvement a été fait après coup, & que rien
prouve qu'il ait été fait pendant le fiége; & rien ne P
faire croire qu'il ait été fait lors du fiége du *Port-au-Prin
Sonthonax : Le mouvement de la légion étoit dans
forme officieile exigée par les lois; il eft figné par l'adjuda
major. Chaque jour les 2djudans-majors envoyoient au co
mandant les mouvemens de leur corps. On dit qu'il a
fait après coup; il fort des archives. S'il a éré fait ap
coup 2 du moins il n'a pas été fait en France: : s'il avoit
fait après coup, On n'auroit pas eu In mal-adreffe de le da
du 9 avril; car on étcit le maitre de le dater du 30 ma
jour de l'arrivée des Anglais devant le Port-Républicain.
Verneuil: Sonthonax vient de dire que tous- les jours
apportoit le mouvement des troupes: eh bien! pour prou
che cette pièce n'eft pas controuvée, je demande qu'il
Dufe far le bureau le mouvement journalier de la légi
FBgalite, depuis lépoque de fa création julqu'ala prife
Port-an-Frince.
Sonthonax : Ceci ef une pure chicane:, la commiffi
pourra fe faire repréfenter peut-êrre 200 cxemplaires d'
mouvement pareif, fait à diverfes dates; ils fe trouve
dans les pepiers des commiffaires civils, dépofés à la coI
miflion dos colonies. Un très grand nombre n'eft pas inve
torié; je fais cependant quiy en a plulieurs répandus da
la liado déja inventoriée. Je continua la difcuflion.
Le premierjuin fat le premierjour de lattaque. Les A
glais cmbolserent E11 vaifeau & tie frégate dévant le fc
de Bircron: ceyofe fut canonné pendant quatre heures;
ne répendit aux Anglais que d'une manière très-foible. A
fin dela canonade, l'enncmi qui avcit débarqué au po
ié; je fais cependant quiy en a plulieurs répandus da
la liado déja inventoriée. Je continua la difcuflion.
Le premierjuin fat le premierjour de lattaque. Les A
glais cmbolserent E11 vaifeau & tie frégate dévant le fc
de Bircron: ceyofe fut canonné pendant quatre heures;
ne répendit aux Anglais que d'une manière très-foible. A
fin dela canonade, l'enncmi qui avcit débarqué au po --- Page 353 ---
$ La difette la plus
Hon oit l'on paroit
abfolue eft un dés effets de
o du mois
nous condamner. J'ai
l'abanle
paffe, & j'ai laifle la province quitté du le Cap le
plus gland dénuenients j'arrive
Nord dans
Ei-devant Por-au-Prnce, &
au Port
Heponrvue que Tautre.
je trouve cette province Républicain, aufli
> On manque généralement
gibernes, de falaifons, de
d'armes, de poudres, de
pas même du papier,
fouliers, de toiles; nous n'avons
13 Ulez de toute votre influence fur
Hécider à nous faire des envois
le commerce pour le
es Paierons en denrées,
furtirs & clandeftins, nous
9, Les nouveaux libres méritent
ort; ils fe. montrent
qu'on s'itéreffe à
I nous avions de dignes des bienfaits de la
leur
orce armées l'ordre Iargent le
pour folder & enrrerenir République: une
Fsine-Domingue, qui plus paifait feroit bienrôr rétabli.
k du crime, feroit cultivé naguère étoit le féjour de
X fatistairs.
par des hommes libres, Tefclavage heureux
>> C'eft une vérité effitayante
ans toutes les places de la mais réclle, qu'il n'ya
pour fe battre pendant
province du Nord, de
pas
quarante-huir
poudre
> Malgré la
heures.
qui a déferté répugnance que nous avons pour la marine
ifer de voire influence Saint-Doningue > nois vous
à
périca: ce feul bàriment pour nous renvoyer le vailleau engageons lAX décideroit de l'évacuation feroitfuir de les Anglais de nos côtes,
3, Si vous pouviez
Jérémie & du Môle.
Forvetté; nous détruirions y joindre la frégate Embufade &
Vous
toutes les forces de nos
une
pour voyez que nous' fentions la néceflité ennemiss.
mharine Protéger de
les côtés, imais nous ne voilions d'une marine
Nous démandions Galbaud,. la marine qui-avoit incendié pas l2
le vaiffeau
le Cap.
ufcade & une corvette, Si alors Tdmérica, la frégate TEmu un vailleau de 74, nous aurions nous euflions feulement
Res côrs de
fait fuir les Anglais
Tome VIIL, Saint-Domangue, car toutes leurs forces, à
Soismne-dafpuicne liyraifon. Aa
és, imais nous ne voilions d'une marine
Nous démandions Galbaud,. la marine qui-avoit incendié pas l2
le vaiffeau
le Cap.
ufcade & une corvette, Si alors Tdmérica, la frégate TEmu un vailleau de 74, nous aurions nous euflions feulement
Res côrs de
fait fuir les Anglais
Tome VIIL, Saint-Domangue, car toutes leurs forces, à
Soismne-dafpuicne liyraifon. Aa --- Page 354 ---
cette époque, confiftoient en un vaiffeau de 5o & deu
ou trois frégates.
Je terminerai la difcuflion par la lecture de mon or
donnance fur les pafle ports; les colons ont dit que ja
vendu les paile-ports; vous allez jugez de leur affertion, &
de ma conduite à cet égard.
Commifion civile.
Av NOM DE LA RÉPUBLIQUE FRANGAISE
d
ec
Nous, Leger-Félicité Sonthonax, commiffaire civil.
la République, délégué aux ifles françaifes de l'Amérique
fous-le-vent, pour y rétablir l'ordre & la tranquillité pu
blique;
>> Confidérant qu'une multitude d'individus de tout ig
& de tout fexe follicire des pafle-ports pour la Nouvelle
Angleterre, & que le defir d'émigrer ne peut être attribu
qu'a la peur, à l'état de maladie > ou même à l'oppofition
çonnu de quelques-unsat progrès des principes français;
53 Confidérant qu'il ne peut être que dangereux
l'ordre public ou pour le fuccès de la révolution à
a
domingue, de retenir des hommes ennemis de leur pay
ou impuiffans pour le défendre;
59 Confidérant que les dépenfes que nécellite la guerre
doivent être fupporrées par l'univerfalité des citoyens de tou
age & de tout fexe;
s> Confidérant que ceux qui prodiguent journellement leus
fang pour la défenfe des principes facrés de la liberté &
de Tégalité > doivent recevoir du gouvernement une fub
fiftance fure & une indemnité quelconque pour leur géné
reux dévouement;
33 Confidérant que le fervice militaire eft obligatoire pour
tous les citoyens, & que, fi la protection eft due aux
propriétés des ablens, ce ne peut être que fous la condi
zicn du remplacement de limpôt particulier qui en tientlieus
leus
fang pour la défenfe des principes facrés de la liberté &
de Tégalité > doivent recevoir du gouvernement une fub
fiftance fure & une indemnité quelconque pour leur géné
reux dévouement;
33 Confidérant que le fervice militaire eft obligatoire pour
tous les citoyens, & que, fi la protection eft due aux
propriétés des ablens, ce ne peut être que fous la condi
zicn du remplacement de limpôt particulier qui en tientlieus --- Page 355 ---
s Nous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit:
A R T I C L E P R E M I E R.
95 Fout homme au deffus de douze ans,
H'ailleurs fon âge, qui voudra fe retirer à la quelque Nouvelle- foit
culière, Angletetre, peur caufe de maladie ou pour affaire partifournira au fecrétariat de la commiflion
récépiffé du tréforier de la colenie,
civile un
verfé ou fait verler dans la caifle
qui conftate qu'il a
16s0 livres argent des celonies, générale &c
une fomme de
Femplacement du fervice militaire,
ce, par forme de
99 Les femmes ne feront aflujéties
fomine de IO0O liv., argent des colonies. qu'au paiement d'une
II
3> Les déportés de la colonie feront tenus de
même paiement; ils ne pourront être
faire le
des prilons, s'ils ne juftifient du paiement embarqués des
ni élargis
par lap préfente proclamation, chacun fuivant fon fommes fexe. fixées
III.
*39 Les fommes verfées au tréfor de la colonie
de congé pour la
pour caufe
feront exclefivement Nouvell-Angieserre ou de deportation,
ment des iégions franches employées de à T'armement & à léquipel'Oueft, fans que, fous aucun
prétexie, oil puille les détourner pour un autre fervice.
I V.
s Il fera à cet effer tenu, par le tréforier de
des regiftres & une caiffe féparée pour les fommes la celcnie, 3
pour caufe de déportation ou de congé pour la Nouvello- verfees
Angleterre.
V.
> Les paiemens fur ladite caiffe ne pourront s'effectue:
Aa 2
& à léquipel'Oueft, fans que, fous aucun
prétexie, oil puille les détourner pour un autre fervice.
I V.
s Il fera à cet effer tenu, par le tréforier de
des regiftres & une caiffe féparée pour les fommes la celcnie, 3
pour caufe de déportation ou de congé pour la Nouvello- verfees
Angleterre.
V.
> Les paiemens fur ladite caiffe ne pourront s'effectue:
Aa 2 --- Page 356 ---
35*
que fur les ordonnances du commandant de la province de
l'Oueft, approuvées par les commiffaires civils.
V I.
53 Le tréforier général fera tenu de nous fournir
jour le mouvement de la caifle contenant l'état des fommes chaque
reçues, & celui des fommes dépenfées, avec les noms
ceux au profit de qui les ordonnances auront été tirées." de
35 Sera la; préfente ordonnance imprimée &
affichée
& enregiftrée à la commidion intermédiaire, aux. publiée,
& aux tribunaux de la province de l'Oueft. municipalités
>2 Requérons le gouverneur géneral par intérim, de
la main à fon exécution.
zenir
5> Fait au Port-Républicain, le 24 novembre 1793, l'an
troilième de la République françaife.
>> Signé, SONTHONAX.
>9 Parlecommilfaire civil de la République, Agni, Muller,
fecrétaire ad hoc de la commiflion ciyile >,
Je communique la pièce aux colons; elle eft extraire des
archives. Je remarque fur cette pièce que les provirces de
l'Oueft & du Sud n'étoient allujéties à aucun
que
les feuls fubfides qu'elles fournifloient au tréfor impôt,
étoient les dons parriotiques votés au mois de novembre public
& de décembre 1792; que CES dons parriotiques n'ont jamais
été payés dans aucune commune de. la
de
excepté au Port-au-Prince,
province TCueft,
feulement. J'ai dû
pour une femme de 60,000 1.
exiger de ceux qui vouloient euitier la
colonie, dans un moment de danger, une fomme aufli
modique pour le remplacement du fervice militnire; cette
fomme devoiz être appliquée, & a été effedtivemen:
quée aux befoins de la rroupe : ce n'étoit pas exercer appli- un
droit contraire aux lois françaifes. J'oblerve aulli que les
commifaires civils avoient été cbligés, pour fupplécr à la
difette des troupes curopéennes, de créer des troupes prifes
omme aufli
modique pour le remplacement du fervice militnire; cette
fomme devoiz être appliquée, & a été effedtivemen:
quée aux befoins de la rroupe : ce n'étoit pas exercer appli- un
droit contraire aux lois françaifes. J'oblerve aulli que les
commifaires civils avoient été cbligés, pour fupplécr à la
difette des troupes curopéennes, de créer des troupes prifes --- Page 357 ---
rmi les naturels du pays 353 & les Africains;
biller, & c'éroit pour les habill-r
il falloit 'es
efure & fait la proclamation
que j.ai. pris cerie
ptile de faire de nouvelles
que je viens de Jire. Il eft
pporre à la prudence de la réflexions commiflion. à cet égard; je m'en
commencement de cette difcuflion, J'ai ptouvé, dans
oient depuis long-t temps de livrer que lès colons mé-:
pagnolsles colonies; que ces
aux Anglais & aux
s T'allemblée conftituance, confpirations onrpris naiflance
iemblée legiflative
qu'e elles ont continué tous
hiommées. J'ai prouvé julqu'au moment où elles ont éré
n-Domingue avoient que le 25 février les colons de
nt-James, que les places paffé du un Méle traité avec le cabinet de
it livrées aux Anglais, & les
& de Jérémie fe
ts. J'ai prouvé
les places de ont la appellés dans leurs
ées aux RmeiRe l'avoient été
province de l'Oueft,
uvres des cclons de
par une fuite dés mae & Brulley & de Sainz-Domingue mes autres
correfpondans de
oient éré fur-tour par une Oite des accufateurs, qu'elles
par ces hommes. J'ai prouvé
machinations tramées
Port - Républicain, par la trahifon enfin,
l'évacuation
la
due commandant
jai province, ne pouvoit être du fait du commiflaire
prouvé que les commiffaires
alinar par les correfpondans des colons civils, de
dévoués à
Faris, dévoués à Tafaffirat
la
St-Domingue
Eral anglais, par la circulatien par d'un proclamation du
vention nationale, s'étoient trouvés dans décret furpris à la
Fordinaires, telles que jamais
des circonftances
a éprouvé de pareilles; que les fonctionnaire public
es à leur devoir ont défendu
commiflaires civuis,
é en eux, le territoire de
pied-à-pisd, aurant qu'il
fi ce territoire s'eft confervé Saint-Domingue. J'ai prouvé
foins des commiffaires civils en grande parcie, c'eit
Hhui; car les commandans qu'on le doit encore auS civils, font ceux qni continuen: nommés par les cemmifCenvention, qui l'ont juftifiée d'avoir la confiance
prifes. J'ai prouvé, je crois, dans Far le les melures qu'ils
bi, que c'eft à la liberzé des noirs
ceurs de la difrépondérance aux Anrilles; j'ai que la France doit
mes maittes de la Guadeloupe & d'une prouvé que ( ious
partie dcs ifles --- Page 358 --- anglaifes, c'eft à la liberté générale que nous le devons
la mefure de la liberté générale a fuppleé la marine, le
flottes que nous n'avons plus, & les foidats que nous n
pouvons
envoyer. J'ai terminé ma défenfe fur 1
neuvième Eer d'accufation.
La féance eft levée.
Le
des préfences Figné : J. PH.
dene; pplade (de
et/nt SR
DABRAY.
Fin du Tome huitième,
'eft à la liberté générale que nous le devons
la mefure de la liberté générale a fuppleé la marine, le
flottes que nous n'avons plus, & les foidats que nous n
pouvons
envoyer. J'ai terminé ma défenfe fur 1
neuvième Eer d'accufation.
La féance eft levée.
Le
des préfences Figné : J. PH.
dene; pplade (de
et/nt SR
DABRAY.
Fin du Tome huitième, --- Page 359 ---
D É B AT S
E N T R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
MPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Lor DU 4 PLUVIOSE
To M E IX.
A P. ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
Frucidor 3 an III.
Seisente-diachaitième liyraifon, --- Page 360 --- --- Page 361 ---
a -
E795
0280e
. --- Page 362 ---