--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Jabit Carter Gromn
Lilmary
Brumt Mattrersitr --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
D
E B A T.S
E N T R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMES EN EXÉCUTION DE LA Loi DU 4-PLUVIOSE
T O M E VIL
AP ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
Meflidor, an III.,
Soixante-treifième liyraifon, --- Page 6 --- --- Page 7 ---
apte - W
CONVENTION NATIONALE,
Da 2
nG
a0
DÉBATS
Qui ont eu lieu entre les accufateurs 6 les accufés,
dans Paffaire des Colonies, en erécution de la
loi du 4. pluvidfe.
Du 25 Prairial, lan troifième de la République françaife
une & indivifible.
Ox fait ledlure des débats recueillis dans la féance de.
la veille; la rédaction en eft adoptée.
(Les ciroyens Page, > Fondeviolle, TArchevefgee-Thi
bault, ne font pas préfens à la féance.)
Ic repréfentant du peuple Fouché(de Nanres): Les procèsverbaux de la municipalité du Cap : préfentés hier par
Thomas Millet, ont été paraphés par les citoyens Verneuil,
Sonthonax & moi.
Duny : Voici la permiflion annoncée par mci avant hier, >
& donnée
Sonthonax à Goa, d'entrer en ville avec
fa troupe , " 22 juin 1793, > jour auquel la ville du Cap
braloit depuis 48 heures.
A 2
repréfentant du peuple Fouché(de Nanres): Les procèsverbaux de la municipalité du Cap : préfentés hier par
Thomas Millet, ont été paraphés par les citoyens Verneuil,
Sonthonax & moi.
Duny : Voici la permiflion annoncée par mci avant hier, >
& donnée
Sonthonax à Goa, d'entrer en ville avec
fa troupe , " 22 juin 1793, > jour auquel la ville du Cap
braloit depuis 48 heures.
A 2 --- Page 8 --- Goa de fortir des barrières avec fa
a Permis au citoyen
eroupe.
Camp Breda, le 22 juin 1793, l'an deuxième
de la République.
a Les commiffaires civils.
D2 Signé, SONTHONAX",
Dire de fortir des barrières qui font hors des portes de
la ville, c'eft dire d'entrer en ville. J'ai arrêté moi-même
ce chef de brigands,
decette - pièce; je ne
au Cap
porteur ils
coupé
Tai pas été chercher parmi les brigands, mauroient
le cou. Je demande à Sonthonax s'il reconnoit cette pièce 5
elle ef d'une écriture bien tremblée.
Sonthonax: Cen'eft pas mon écriture, mais c'eftbien ma
fignature. Je demande acte de ce que Duny a déclaré avoir arrêté
le citoyen Goa, le 22 juin , dansla ville. du Cap; c'eft une
preuve que Duny eit deicendu à terre, queiquil fit prifonnier à bord du navire le Saint-Honoré,
ordre des commiffaires civils. Je fais cette obfervation
de pouvoir prouthaa
ver dans le temps quels font les hommes qui ont concouru
à l'incendie du Cap. Je remets donc la difcullion de l'entrée
de Goa dans la ville du Cap, au moment oà il fera queftion
de la maiheureufe cataftrophe quia anéanti cette ville. Je demande que cet or.dre Il eft foit dans paraphé. les archives d'ailleurs il doit déjà
Le prefidant :
ètre paraphé par les membres de la commiftion.
Thomas Miller : Oui,ill'et.
Duny : Je déclare que je fuis defcendu au Cop: & que
mon intention, en me facrifiant ( carj'y ai étéblefe), étoit
d'arrêter Sonthonax & de l'amener avec moi à la barre de
la Convention 3 je lai dit, je l'ai écrit, & voudrois l'avoir
fait au péril de ma vie.
Sonthona : C'eft bon.
Je continue la difcullion fur les articles à l'appui du cinquième chefd'accufation.
Le feptième article porte : ( Ils ont mis cn réquifition la
force armée des quatorze paroiffes de T'Oceft pour attaquer
la ville du Port-au-Princew.
thonax & de l'amener avec moi à la barre de
la Convention 3 je lai dit, je l'ai écrit, & voudrois l'avoir
fait au péril de ma vie.
Sonthona : C'eft bon.
Je continue la difcullion fur les articles à l'appui du cinquième chefd'accufation.
Le feptième article porte : ( Ils ont mis cn réquifition la
force armée des quatorze paroiffes de T'Oceft pour attaquer
la ville du Port-au-Princew. --- Page 9 ---
Je fuis obligé > pour me conformer au voeu même des
colons, de renvoyer cet article au moment où il fera queftion de la canonnade du Port-an-Prince qui fera traitée immédiatement. Jc répondrai fimplement à une inculpation
été faité par Clauffon > qui a prétendu que lorfque
# mis en, réquilition les quatorze paroilles de P'Oueft, foit
marcher contre Jes révoliés de la plaine du Cul-deEer foit pour rmener l'ordre au Port-au-Prince, j'avois
fair enrôler des efclàves dans l'armée de la République.
Hla dit qu'à Saint-Marc la municipalité, ou plurôr le com- /
miffaire civil, avoit ordonné des enrôlemens d'efclaves, ou
que le commillaire civil ne s'étoit point oppofé à ces enrôlemens, qu'il les avoit prorégés & tolérés.
Jer réponds à cetteinculparion parl'extrair du procès-verbal
de la municipalité de Saint-Marc, du I2 mars 1793.
(
Il le lit:
Extrait des regiftres de la muricipalicé de Scint-Marc, du 4
12 mars 1793-
- Le confeil-général de la commune exrracrdinairement affomblé, le ciroyen maire a ouvert la féance > & a donné
ledture d'une lettre écrite à la municipaliré, en date du jour
d'hier, par le ciroyen Sonthonax, commiflaire national civil,
dont la teneur fuit:
les nouvelles
c Je viens d'être inftruit, citoyens, que
défaftreufes arrivées de Jérémie ont occalionné un mouvement
populire, d'autant plus inégulier, que la tranquillité qui
règne ici eftleffer de la bonne union entre tous les hommcs
libres.
93 On fe plaint d'enlèvement & d'enrôlement d'cfclaves;
il eft de votre devoir, citoyens, de vous oppofer à toute
efpèce de violation de la loi, & fur-tout à celle qui devient
un attentat aux propriétés.
> Je vous enjoins 2 en conféquence > d'employer totte
l'autorité dont vous êtes revêrus pour raffurer tous les ciroycns
pailibles, & faire rendre aux maitres tous ies individus qui
depuis ces derniers jours ont été fouftraits à leur autorité >A
Signé, SONTHONAX.
A 3
voir, citoyens, de vous oppofer à toute
efpèce de violation de la loi, & fur-tout à celle qui devient
un attentat aux propriétés.
> Je vous enjoins 2 en conféquence > d'employer totte
l'autorité dont vous êtes revêrus pour raffurer tous les ciroycns
pailibles, & faire rendre aux maitres tous ies individus qui
depuis ces derniers jours ont été fouftraits à leur autorité >A
Signé, SONTHONAX.
A 3 --- Page 10 ---
G
délibérant fur la lettre
Le confcil-énétal de la commune
dont il vient d'ère donné lechure;
s'eft livré le
Confidérant qué. l'effervefcence à laquelle
des ende Saint-Mare, & qui a été manifellée par non libres,
peuple rôolemens & des enlevemens forcés n'a d'individus caufe que les
eft d'autant plus excufable,, qu'elle
pour
nouvelles anivées de Jérémie ;
ce
f le refpeêt eft dû aux propriétés,
Confidérant que fubordonné au befoin naturel de défendre
refpoét eft toujours
affreux d'attenter à celle des citoyens,
fa vie; que le complot
manifefté dans diverfes paroifles
du 4 avril, ne s'eft que trop
de la colonie 5
eft du devoir de la municipalité de
Confidérant que efclaves s'il chez les maitres qui les réclament,
faire rentrer les
fous fa protcétion une clafle
elle ne doit pas moins cherché prendre à égaret en les armant contre
d'hommes qu'on a
ont le droit inconteftable
fermés du même fang,
ceux qui, folliciter l'amclioration de leur fort;
& facré de
fon
pour les
* Confidérant la néceffité de prouver obéiffant à refpedt fon délégué;
lois de l'Affemblée nationale en
Oui le procureur de la commune :
arrêtés dans
Aarêté &: arrête que les individus non feront'r libres, renvoyés à leut's
les journées des IO & II de ce mois, invite en conféquence
mairres par ceux quiles ont les enlevés; réclamer auprès du commanlefdits propriéraires à venir
dant de Je garde nationale;
inhibitions &
Fait le cenfcii de la ccmmune individus très-expreffes de les maitraiter audéfenfes aux maitres de ces.
le fait d'enlèvemene Cu de fuite;
cunement pour
arrèré fera envoyé fur leArrète G1 oure cue commillnires le préfent nommés à cet effet, au
champ, par nosiogal deux civil Sonthonax, en rémrignage du
commitaite
les propriérés, & fon dérefpccr de la municipalité pour
youefnent aux lois de la Répablique.
Sora le préfen: arreté adreffe au chef de la garde natio- &
n.ale de cette ville, pour tenir la main à fon execution,
arrèré fera envoyé fur leArrète G1 oure cue commillnires le préfent nommés à cet effet, au
champ, par nosiogal deux civil Sonthonax, en rémrignage du
commitaite
les propriérés, & fon dérefpccr de la municipalité pour
youefnent aux lois de la Répablique.
Sora le préfen: arreté adreffe au chef de la garde natio- &
n.ale de cette ville, pour tenir la main à fon execution, --- Page 11 ---
fera, ainfi que la lettre du citoyen Sonthonax, lu, publié
& affiché pas-tout oà befoin fera, & envoyé aux municipalités de ia colonie.
Fait & clos les jour, mois & an que, deflius, & ont les
officiers municipaux figné avec le fecrétaire-grefier.
Collationné. Signé, BoxVALET, fecrétaire greffier.
Je crois qu'il eft inutile de tirer les conféquences qui réfultent naturellement de cêt acte; il répond de lui- mên e
&c d'une manière péremptoire à l'incuipation qui m'a été
faite par Clauffon.
L'article VIII eft celui-ci: & Ils ont arbitrairement deftitué
s le gouverneur, 3,
Ce gouvernear étoit Galbaud que vous avez déja eu OCcafion de connoitre, dans le cours de la difcufion, par fon
émigration au Canada, & que vous connoitrez bientôt par
le rôle qu'il a joué dans l'incendie du Cap.
On dit que j'ai arbitrairement deftitué Galbaud : deftituer
arbitrairement, c'eft deftituer contre la ioi 5 UE, la loi du 8
novembre 1792 me conféroit le droit de defticuer tous ies
fonctionnaires publics civils & militaires que je jugerois infeétés d'une doctrine con:raire aux principes de la révolntion
de France. Je vous ai la également une lettre da confeilexécutif, adreffée à la fuite da décret rendu
l'Afemblée
nationale le 8 novembre, dans laquelle il E dit: Si vous
foupçonnez des fonctionnaires publics civils ou milinires
d'ètre dans des opinions contraires aux principes dela France,
deltituez-les; la République ne fait grace à aucun de fes
ennemis. T'elles font les lois, tels font les ordres du confrilAe.ensnemcmmtierenEnneNErA
civils ou militaires que je jugerois, d'après leurs opiaio:s,
nuifibles au bien de la colonie. Je vais vous lire à préfent
la proclamation
laquelle j'ai deftitué Galbaud; clle contient les morifs I cette deftitution : ce (era à la commifion
à vérifier fi ces motiss font vrais ou faax, jultes ou injuftes.
A 4
is, tels font les ordres du confrilAe.ensnemcmmtierenEnneNErA
civils ou militaires que je jugerois, d'après leurs opiaio:s,
nuifibles au bien de la colonie. Je vais vous lire à préfent
la proclamation
laquelle j'ai deftitué Galbaud; clle contient les morifs I cette deftitution : ce (era à la commifion
à vérifier fi ces motiss font vrais ou faax, jultes ou injuftes.
A 4 --- Page 12 ---
Il la lit:
Proclamation du 13 juin 1793.
Galbaud & Maffe ont fait en
ce A leur arrivée au Cap, lun de gouverneur & Tautre'
regiftrer leurs commiflions, jls fe font fait inftaller par la munid'ordonnateur civil :
fait inftaller de même de nounicipalité du Cap; d'adminiftration is ont
qui font venus avec eux.
veaux officiers éticns alors dans rOueft : Galbaud & Maffe ont
>> Nous qu'ils euffent d'autres formalirés à remplir pour
ignorer
leur autorité de ns la colonie; il eft donc
Eurds reconnoiire
l'intention d'éclipfer celle des
poflible qu'ils n'aient pas eu
délégués de la République. dernières infuuétions que le confeil-,
>> Mais, fuivant les & qui ne nous font parvenues que
exécutif nous a adreffées, de- notre arrivée au Cap, c'elt à
le IO de ce mois, jour reconnoirre le gouverneur, ornous, à nous feuis à faire
cfficicis d'a4minifiration :
donnateur civil 8 les nouveaux
de fixer invariabkment
nous avons fenti dès-lors la néceffité & la biérarchie des autorirés
lopinion publique fur l'ordre
établis entr'elles.
conftituées & fur les rapports légalement avions réfolu de dé-,
29 D'après ce premier apperçu, nous
des comclarer nulles les promulgations Maffe & & tranfcriptions des nouveaux officiers
millions de Galbaud, qui font de venus avec eux 5 d'ordonner que
d'adminiftration
nous feroient préfentées pour en orles mèmes commillions
desporteurs
dommecletucgingement & publications derecevoir le décret de h Conde commiflions le ferment prefirit par
dans la colonie.
vintion narionale, & de les faire recennoitre XV de la loi du
>> Un obftacle nous a arrètés. L'article adminifrareurs
4 avril dit : e Que les officiers généraux civils >
ont été ou
>> ou ordonnateurs, & les commiflaires
de qui l'ordre dans
>> qui (cront nommés pour le rérablifement -
ne
>> les colonies des Isles- du - Venr ou Sous le- Vent; des
choifis
les ciroyens ayant
pro9, pourrcient être
parmi
>. : Galbard eft
3> priétés dans les colonies d'Amérique
la loi'du
dans la colonie de Saint-Domingue;
Ea
priéraire
l'excluoit donc du gouverncment. s'il exiftoit une loi qui cût
> Nous lui avons demandé
qui (cront nommés pour le rérablifement -
ne
>> les colonies des Isles- du - Venr ou Sous le- Vent; des
choifis
les ciroyens ayant
pro9, pourrcient être
parmi
>. : Galbard eft
3> priétés dans les colonies d'Amérique
la loi'du
dans la colonie de Saint-Domingue;
Ea
priéraire
l'excluoit donc du gouverncment. s'il exiftoit une loi qui cût
> Nous lui avons demandé --- Page 13 ---
dérogé à l'article XV decelle du 4 avril; il nous a répondu.
qu'il n'en connoilloit pas.
>> Nous lui avons demandé fi, lortqu'il a été nommé gouverneurde Stint-Demningue, le confeil-exécuifle connoifloit
cohme propriétaire à Sain-Demingue; il nous a répondu
que le miniftre de la marine le connoiffoit comme ayant
des propriérés à Saint - Domingue, mais il a avancé qu'il
n'avoit aucuies preuves a donner de cette connoiffance du
minifrerde la marine..
33, Preffés entre la fouiiflion que nous devons à la loi &c
notre derérence pour les adtes émanés du confcil-exécurif,
nous étions encore dans l'indécifion fur le parri que nous
avions à prendre > foit pour la reconnoiffince, foit pour le
refus piovifoire de Galbaud, jufqu'à ce que nous eutlions
une certitude officielle, foit de l'abrogation de l'arricle XV
de la loi du 4 avril 1792, foit de la connoillance qu'avoit
le confeil-exécutif des propriétés que Galbaud
dans
la cclonie de
poffédoit
-
Saint-Domingue.
>> Galbaud a mis fin à notre irréfolution d'une matière
fàcheule ; il nous a déclaré par écrit qu'il ne pouvoit fe
regarder l'inftrument pailif des commiflaires civils; qu'il
rifqueroir de fe rendrer coupable; s'il promettoit d'obéir
avauglenient à tous les ordiesquenous pourrions
:
il nous a priés d'exécuier à for égard la loi qui luidonner: défend de
donner. aucun commandement dans la colonie aux
priétaires, &c de l'autorifer às'embarquer avec fa femme pro-
& fs enfans.
>> Nous fommes forcés d'adhérer au vu qu'il nous a exprimé, & nous y adhérons fans regrer, 2 parce
nous n'avons pas ett le temps d'apprécier fes talens militaires, que ni fcu
tépublicanifme; réfclurion
parce que nous ne connoiffe IS de lui que la
formelkment prononcée dene pas exécuter les actcs
émanés de nous;
des manceuvres perfides
fe faire
un parii dans le Oa contre l'autoriré que la pour
nous a confiée, pendant que nous étions retenus dans République rOucit;
cue le rrojet formé d'abafer de notre abfence pour dégarnic
a-la-fris la colonie de roures ncs forces: navales >
notre urpofition, & contre le plan qui nous étoit
malgré
le ronfcile exécutif; que des mefures heftiles oul preferit
don:
FARITLESE
leffetineritable étoit de produire la famine & d'anéontic
ée, pendant que nous étions retenus dans République rOucit;
cue le rrojet formé d'abafer de notre abfence pour dégarnic
a-la-fris la colonie de roures ncs forces: navales >
notre urpofition, & contre le plan qui nous étoit
malgré
le ronfcile exécutif; que des mefures heftiles oul preferit
don:
FARITLESE
leffetineritable étoit de produire la famine & d'anéontic --- Page 14 ---
IO
le rableaui infidèle
a Esint-Domingne. : par
la nullité de
tout crédit pullic
de nos befoins, & de
ou exagéré de 1 énomité
nos refiources >.
ordonné & ordonnons ce
En conféquence nous avons
qui luit:
ARTICLE PRI E M I E R.
des commiflions de i
L'enregifrement & la ptomulgation
fous-le-Vent;
Galbaud, comme Aateseettelied civil defdites Hles fous-lede Malle, comme ordonnateur officiers d'adminiftration qui font
Vent, & des nouveaux leur inftaliation, font & demeurent
venus avec enx, ainfi que valeur.
nuls & de nul effet &
II.
officiers d'adminiftration venus avec
Maffe & les nouveaux
nous en la maifon de la comlui, fe-préfenteront pardevant mois, à huit heures du matin,
miflion civile , ,le14 du préfent
à la vue d'i-
& nous exhiberont Jeurs commilions, pour, du ferment defcelles, étre par nous procédé d'adaimiftration à la réception & à leur infdits Matle & autres ofliciers ordonne les publications & l'encillation, & êcre par nous
commiflions que de notre
regitrement > tant de leursdites
poocès-verbal d'inftallation.
IIL
Galbaud n'a jamais éré légalement reçu
Declarons que
qu'il n'a. pu être nomméà
gouvemneur de Saine-Dowingue: quile laille ignorer au confeil-exécutif
cette phee que des parce propriétés a Saint Domingue.
cu'il polledoit
le deftituons. pour caufe d'inciErauion: que de raifon,
& de toutes fonctions
vifme, de ladite piace de gouvemenr des'immifcer dans aucune
civiles & milisaires; lui défendons
defdites fonétions.
I V.
Ordonn D1S à Galbaud de fc rendre dans lc jour. de la no-
aille ignorer au confeil-exécutif
cette phee que des parce propriétés a Saint Domingue.
cu'il polledoit
le deftituons. pour caufe d'inciErauion: que de raifon,
& de toutes fonctions
vifme, de ladite piace de gouvemenr des'immifcer dans aucune
civiles & milisaires; lui défendons
defdites fonétions.
I V.
Ordonn D1S à Galbaud de fc rendre dans lc jour. de la no- --- Page 15 ---
II
rificaticn du préfent arrêté, à bord de la gabare de la Ré
publique, la Normande, pour être coniigné & conduit en
France, & aller à la barre de la 'e nvention nationale rendre
compte de fa conduite, dans le délai d'un mois, à compter
dujour de fon arrivée dans un des ports de France.
Sera la préfente proclamation imprimée 3 enregiftrée à la
commifion intormédiaire, > dans tous les tribunaux, lue,
bliée & affichée par-tout où befoin fera.
puRequérons le gouverneur - général par intérim des Ifles
fous-le- Vent > de tenir la main à fon exécution en ce
qui le concerne.
Fair au Cap, le 13 juin 1793,Tan deuxième de la République.
Signé, Polverel, Sonthonax.
Par les commiffaires-civils de la République.
Signé, F. Polverel,facrésaire de la commifion civile.
Vous voyez que loin que nous ayons tronqué ia loi, comme
l'a dit audacieufement Brulley.
Brulley : Nous avons été rappelés à l'ordre
nous
étre fervis du mct audacieufumert ; je demande que pour les pièces
foient mifes fur le bureau s afin que l'on voie de quel côré
eft l'audace. Nous avons la loi du 4 avril, on peut voir que
Sonthonaxena tonqué une phrafe toute entière.
50.
t Sonchonat: Tronquer une loi, c'eft en altérer le fens 3
tronquer uneloi, c'eft enaltérer le texte. Aije alréré letexte
ou le fens de celle du 4 avril? c'eft ce que je vais examiner.
Plefieurs colons: Oui, oui.
Soathonax: Ce 12 fera pas fur le smoignage des colons
gu'on croira que j'aie tronqué la loi du 4. avril; quand
cité cetre loi, je b'ai point anncncé que j'en tranfcrivois j'ai le
texte; j'ai dit; L'arricle XV de la loi du 4 avril
les
ofliciers la
généranx 8cc. &c.; je ne dis point Tarticle
de
loi du
examiner.
Plefieurs colons: Oui, oui.
Soathonax: Ce 12 fera pas fur le smoignage des colons
gu'on croira que j'aie tronqué la loi du 4. avril; quand
cité cetre loi, je b'ai point anncncé que j'en tranfcrivois j'ai le
texte; j'ai dit; L'arricle XV de la loi du 4 avril
les
ofliciers la
généranx 8cc. &c.; je ne dis point Tarticle
de
loi du 4 avril eft compris licéralement dans les mots
fuivent. Je n'ai donc point entendu rapporter dans la qui
clamation dont ils'ugit, tous les mots compris dans P'article proXV de la loi du 4 avril. --- Page 16 ---
je n'ai point alréré le fens de cette
Je dis plus ;je dis que Voicil'art. XV de la loidu4 avril,tel
loi, & je lc
& lesadquil eft FENOR de la loi: c6 Les ofliciers les généraux
civils
&
commiffaires
s> minifrateurs ou ordonnatcurs, nommés pour cetie fois feulement,
33 qui ont été ou feront
de T'ordre dans les colonies; &
s> & pour le rérablillement
du préfent décret, ne
39 pariculiremcnt pour Fexéculion ayant des propriétés dans
33 pourront êire choilis) pauriceux
>3 Ls colonies.>
eft lefprir de la loi? le fens &
Quel eft le fens, quel
les officiers genéraux, les adTefprit de la loi font que feront tous nonmés pour le rérablillement
miniftrateurs civils qui
F'exécution du décret,
de T'ordre, & panscobérenent pour les citoyens propriétaires à
ne pourrent être choifis parmi cet article
non-feule
Seint-Domingue. Je dis que
avec' comprend les cemmitiaires ciment les officiers genéraux nommés mais tous les officiers généraux,
vils Polverel & Sonthonax , les ordennateurs qui peuroient
tous.les commiflaires, tous
de. Yordre, & partiètre nommés pour le rétabhiflement du préfent décret. Or,1 lorfque
culièrement pour F'exécutien
de Saint-Domingue ,
Galband a été nommé décret gouverneur du 28 mars, ou plutôt la loi
pouvoit-on dire que le dans la colonie 2 pouvoit on dire
du 4 avril fût exécutée dans la ville de Jacmel & dans la déqu'elle étcit exécutée
dire que ce décret étoit
peudance de Jérémie? pouvoit-cn oà les hommes de couleur n'avoient
exécuté dansles être endroits admis à voter même dans les affemblées
pu parvenir Certes, à
fi le décret n'avoit pu être exécuté au
primaires? oà
a été nommé pour venir dans la cômoment
Gelbaud dire que Galbaud fir hors de l'article
lenic, cnne pcut pas
l'article XV dit politiXV du décre: du 4aril, puifque
le réeabl(fement de
vement : que les oficiers nommés l'exécution pour
des décrets J ne
l'ordre, & partieslièrement les pour
Il eft fi vrai que
paurront être choifis de parmi la loi exclut propriétaires de toutes les places im
lc véritable cfprit
foit de
foit d'adminiftra
portantes de la colonie >
généraux, rétablir l'ordre dans
teurs ou de commiffaires nommés feroient pour
que
la cclonie, ceux d'enreux qui
proptiétaires, les offidepuis Peu la Convewion nationale a décrété que pour les
cicrs civils & les oficiers généraux qui partiroiont
mi la loi exclut propriétaires de toutes les places im
lc véritable cfprit
foit de
foit d'adminiftra
portantes de la colonie >
généraux, rétablir l'ordre dans
teurs ou de commiffaires nommés feroient pour
que
la cclonie, ceux d'enreux qui
proptiétaires, les offidepuis Peu la Convewion nationale a décrété que pour les
cicrs civils & les oficiers généraux qui partiroiont --- Page 17 ---
colonies ne pourroient pas être choifis parmi ceux
ont
des propriétés dans les colonies.
qui
Duny : Quelle elt la date du décrete
Sonthonax : Je n'annonce pas'la date du décret, mais
dis que la Convention a pris cette
ja
agi de choilir des commiflaires dans précaurion fon fein lorfqu'il s'eft
Saint-Domingue. Je vois donc que fi plus d'àn pour an après pacifier la
nomination de Galbaud, la Convention a cru devoir rendre
un décret
confirmer les difpofitions contenues dars
l'arcicle SReL la loi du 4 avril, on ne peut pas dire
fir dans le fens du décret d'admerre Galbaud
qu'il
neur de
pour gouverSaint-Domingue, 3 puifquil y étoit propriétaire.
a plus, citoyens, il étoit tellement dans
&
Il
k fens de la loi d'exclure les propriétaires des l'efpric
dans
rieures à
places fupedans la lettre St-Domingue ' que Galbaud lui-même Ta reconnu
qu'il nous a écrite. Il nous dit
ne
être reconnu à MSaint-Demingue comme gouverneur; qu'il
peut
prie de le renvoyer en France avec fa femme & fes enfans ilnous en
exécutionde la loi, & del'autorifer à s'embarquerp
fa lettre originale eft dans les archives de la commillion pourFrance:
colonies. La commiflion pourra
des
la confulter, 3 la commiffion
pourra elle-mème la comparer au texte de cette lettre citée
dans la proclamation, & elle verra fi, lorique Galbaud
connoifloir lui-mème qu'il ne pouvoit pas
la rede gouverneur à Saine-Domingue, nous pouvons occuper être accufes place
d'avoir tronqué ou altéré le texte & l'eiprit de la loi: je me
réfère d'ailleurs à ce fujet aux motifs contenus dans la
clamation que la Convention & la commifion pourront proprécier. Ilcftinutile de proionger les débats far cet arucle.Je appalfe à un antre.
Thomas Miller : Préfident, puis-je faire une interpellation?
Sonthona: : Vous ne davez par m'interrompre.
Lc préfident : Tu ne peux pas
à
ce ne foit fur le matérie! d'une des Finterrompre, pilces qu'il vient moins de que
on ne peut couper fa défen.e.
lice;
Sonthonax : L'article IX et celui-ci: c Is ont fulciré
rixes entre les blancs & les marins de l'elcadre
dcs
convoi mouillé dans h rade da Cap>.
& du
Les colons, à l'appui de cet article, ont cité ma
mation qui défendei: aux marins de fe trouver à terre procla- après
ce ne foit fur le matérie! d'une des Finterrompre, pilces qu'il vient moins de que
on ne peut couper fa défen.e.
lice;
Sonthonax : L'article IX et celui-ci: c Is ont fulciré
rixes entre les blancs & les marins de l'elcadre
dcs
convoi mouillé dans h rade da Cap>.
& du
Les colons, à l'appui de cet article, ont cité ma
mation qui défendei: aux marins de fe trouver à terre procla- après --- Page 18 ---
fept heures du foir : certes, je m'en rapporte 3 pour ma défenfe, à ce feul ordre; fi j'ai défendu aux marins,
les rixes
failoient naitre chaque jour
Poes
faire factieux celler vouloient que anéantir la ville du Cap & livrer la
qui
dis-je, j'ai donné ordre, foit aux.
colonie aux Anglais; fi,
de
de rentrer
hommes de couieur, foit aux troupes ligne,
dans leurs cafernes à fept heures, foit aux marins de fe rem:
barquerà fept he ures pour retourner enrade; bien loin dêtre,
acculé pr l'effet de cet aéte d'avoir favorifé les rixes, de
les avoir excitées, on doit voir que parce moyenj'ai empèché
les rixes, puilque
empècher lcs matelots, qui étoient aut.
nombre de près de Einee mille dans la rade du Cap, de profiter,
de lcur nombre pour infulter, foit les foldats des compegnies
franches, foir les homics de couleur, foit les foldats qui.
fe trcuvoient a terre, cn ne peu: pas m'imputer d'avoir
voqué ces rixes; au contaire, l'ordre donné aux
ettere
prouve que j'ai tait tout ce qui étoit en mon pouvoir &
touie rixe entre les hommes de couleur
PRLS
empècher
maielors.
L'aracieXeft cclui-ci:eIls ont ouvertles portes des prifons
3> aux brigands de touies les couleurs, & ont attiré pris
3> d'eux les nègres royaliftes & révoliés P,
J'ai befoin, pour traiter ce chef, de deux pièces que je
vais prendre dans ines papiers..
Les colons difent que j'ai,
ouvert les poites des palons à lept cents brigands qui étoient
renfermés à la gecle du Cap.
D'abord, j'oblerverai que jamais la geole du Cap n'a
conterir plus de trois à quatre cents rerfor.ness;
C.Rare
il eft faux, abfolument faux que j'aie donné aucun ordre de,
faire élargir ni les bri gands ni aucune autre efpèce de prifouniers. Les colons ont argumenté de l'ordre inferit fur un
de mes regiitres, ordre qui sy trouve bâtonné; mais je puis
lavouer, parce gueje me raypeile fort bien del'avoir donnés
cct ordre ett celci-ci: : 1 porie, quie le concicrge des prifons
de la ville du
apportera au gouvernement rouces les
fabliflances A3A pour les noirs qui étoient prifonniersà la geole, & qui ient achuellement dans la cour du gouveinenient; lorique les prifons de la geole du Cap ont été
forcces, lorique per fuite des événc meus du 20 juin lcs:
prifons ont été forcées, ces pritonnicrs ont pris parti peur
: 1 porie, quie le concicrge des prifons
de la ville du
apportera au gouvernement rouces les
fabliflances A3A pour les noirs qui étoient prifonniersà la geole, & qui ient achuellement dans la cour du gouveinenient; lorique les prifons de la geole du Cap ont été
forcces, lorique per fuite des événc meus du 20 juin lcs:
prifons ont été forcées, ces pritonnicrs ont pris parti peur --- Page 19 ---
I5
fun ou pour T'autre, fuivant leurs vues ou leurs
Des hommes que j'aurois fait mettre en prifon, comme intentions.
reconnus pour être les auteurs des troubles de la
bien
fe font trouvés au nombre des affaillans, au nombre colonje de ceux >
qui font venus attaquer la commiflion civile avec
avec Dany, puifque Duny a dit, tout-a-Theure, Galbaud,
avec les combattans.
qu'il étoit
Duny : C'eft vrai, & je m'en fais gloire.
Sonthonax : Il s'agit de favoir quia donné l'ordre
les prifonniers, fi cela s'eft fait par ordre; à cet
d'élargir
vous repréfenterai pas l'ordre donné
le général egard, je ne
mais une pièce
doit jeter fur cet .be de grandes Galbaud,
c'eft la lettre "adar prifonnier du
lumières;
19 juin 1793, à huit heures du Cap matin. qui nous eft adreffée le
Duny : Le nom ?
Sonthonax : Vous le faurez tout-à-T'heure.
(Il lit:)
Au Cap,ce 19 juin 1793, huit heures du matin.
* Comme l'affaire pour laquelle je fuis détenu eft
à la révolution, je fuis trop attaché à ma patrie & étrangère à fa
conftitution,je: me croirois coupable &je le ferois
fage
fije ne vous prévenois d'une trame criminelle réeilement,
devant moi,
qui fe concerte
3> Depuis l'arreftation de Denard, il eftvenu
le voir un aide-de-camp de Galbaud;
tous les jor IS
mais je ne puis plus dourer de fes motifs je tulpectois : le même fes vifites,
eft éncore venu ce marin à fixheures, vérud'tné velte homme
On m'a affuré qu'ille nommoit Treffaire ou
blanche;
s'eft ouvert à moi, & m'a fait entrer dans un Colforère. cabinet Denard
de-camp lui a parlé en ces termes : cc
ollaides corde ne cefle de vénir trouver L.équipage de la Gor-
>>
puitqu'il la conduit à
Galbaud, & de lui die
3> Rac jamnais qu'il s'en éloigne Saune-Domingue, : cet
> il ne fouf33 & stir de tous les autres; ils
équipage eft d'accord,
>> à terre : qu'il leir a
veulent faire deisendeeGalband
3> & qu'il alloit s'intormer répondu de la qu'il falloit encore attendre,
>> Ilma dépêché pour cela, & ditpolition des efpritsen ville.
2> mailons qui m'ont alliré qu'au j'ai pallé dans quiatre à cinq
premier mouveinent de la
-Domingue, : cet
> il ne fouf33 & stir de tous les autres; ils
équipage eft d'accord,
>> à terre : qu'il leir a
veulent faire deisendeeGalband
3> & qu'il alloit s'intormer répondu de la qu'il falloit encore attendre,
>> Ilma dépêché pour cela, & ditpolition des efpritsen ville.
2> mailons qui m'ont alliré qu'au j'ai pallé dans quiatre à cinq
premier mouveinent de la --- Page 20 ---
'16
*
ville feroit fur
Te finis ma tournée par
A rade toute la
fera facile pied. de fortir tous, &c je compte
s la prifon; il vous
retient Galbaud.c'eft
conCe
quilne
3> fur vous,Dehard. la
qui de Cambis &de Sercey. ex Dé-
>> noit 'pas trop religion lui a donné une lettre écrite en
€ nard Ta raffuré à ce fujet, l'ai luc. Il l'allure que ces deux
-rcnde chefs de pour la rade Galbaudsje font dans fis principes, que le méconteneft
comble , que ics prifons lui font détement en ville àfon
& le conjure de fauver la? covouées, le nomme unidieu doit revenir encore à midi, Dénard
lonie. Le même homme billet à Galbaud fous fa dictée; je
m'a engagé à écrire un
me
le
n'ai pas cru devoir m'en difpenfer, puifqu'il trament procure les mémoyen de vous prévenir des complois que.
chans pour éloigner la paix dont nous allons jouir. Je crois bièn
wLe porteur ignore le contenu de ma lettre,
mais je
que mon écriture & mon nom vous. C font connus,
%,
fignerai fi vous T'exigez.>
n'étoit
quand
Sonthonax : Cette lettre, citoyens,
pas lignée
T'homme
l'avoir écrite fortit dans la foirée du 20 juin.
Polverel fils, à qui
Nous la Re repréfentimes, parce
homtheralors mit au
nous ieli nomma.
Ea
elle étoit adrellee,
lcéture.
bzs de fa lettre ce dont je vais vous donnet
(Illit).
€ Sur les ordres du commiffaire-civil de la République
qui m'a repréfenté la lettre ci-deflus; je me fuis empreffe
de la figner, & d'enattefter de nouveau la fincérité.
de la
>2
Au Cap, ce premier août 1793.Tan troifième
République françaife.
>> Signé, Chriffophe. >,
Plafters colons : Cethomme eft un des mille efpions dilféminés à bord.
Sonthonax: Je prie la commitlion de me maintenir la
parole. Senac : Je demande cemmanication de la lettre de Chiftophe. Sonthonas : Vous voycz, citoyens 7 d'après cette lettre
quel efprit régroit dans les prifons, d à quiles - prifonniers étoient
troifième
République françaife.
>> Signé, Chriffophe. >,
Plafters colons : Cethomme eft un des mille efpions dilféminés à bord.
Sonthonax: Je prie la commitlion de me maintenir la
parole. Senac : Je demande cemmanication de la lettre de Chiftophe. Sonthonas : Vous voycz, citoyens 7 d'après cette lettre
quel efprit régroit dans les prifons, d à quiles - prifonniers étoient --- Page 21 ---
étoient affectionnés des commiffaires civils ou de Galbaud,
Denard dit très-bien à Galbaud, & CC Denard n'eft pas
étranger aux colons; ; ils feconnoiffent parfaitement 5 il étoit
aide-de-camp de Blanchelande ; nous l'avions fait arrêter par
mefure de stireté: ce Denard, dis-je, répond à Galbaud, ,
qui avoit des doutes fur les difpefitions des prifonniers >
que les prifons lui étoient dévouées > qu'elies Tattendoiene
comme un libérateur 5 d'oi je conclus que celui qui àvoit
intérêt à fe ménager les prifons & à élargir lcs
dans
prifonniers
l'affaire du Cap, étoir l'homme auquelles prifons étoient
dévouées. A qui étoient-elles dévouées : Au général Galbaud.
Je ne veux
fonder fur cette lettre l'accufation de Galbaud d'avoir Fale ouvrir les portes des prifons ; car, encore
une fois, de ce que les prifonniers étoient déroués Galbaud, iln'eft pas matéricllement clair gue Galbaud ait faic
ouvrir les prifons ; mais je maintiens qu'il exilte contre
Galbaud les probabilités les plus fortcs qu'il entretcnoit
des relations avec lcs prifonniers, par le mcyen de fon aidede-camp Corollaire qu' 'on appelle ici Crellonnaire, parce
le prifonnier qui nous averit de ce qui fe pailoir dans SRE
prifons na pas bien entendu le nom de Corollaire. Corollaire eft actuellement en France 5 ilia été à la NouvelleAngleterre, où il s'eft fort bien conduit. Il a fait, entre
les mains de Geneft , les déclarations les plus fortes, les
plus précifes fur tout ce qui s'efpallé au Cap, & ilaa avoué
dans quel abyme de maux Galbaud l'avoit entrainé luimême > en abulant de fa jeuneffe pour en faire l'infrument
d'une conjuration qu'il ne comnoifloit pas: vous
dre, , à cet égard, des informations de-la bouche pouvez de prenlaire lui-même , que je ne connois point, qui m'eft Coroltement étranger, que je n'ai point vu depuis que je fuis parfai- en
France > mais que je fais s'être parfaitement conduit à Ja
Nouvelle-Ausleerre. Vous pouvez également troaver,
les papiers de Genet, tous les renfcignemens néceflaires. dans
Je dis donc que cette lettre prouve que Galbaud
noit une corre(pondance avec les
enrretefaire fonder les prifons pour favoir prifonniers, s'il
qu'il vouloir
qu'il a lui-même donné l'ordre de
pourroit e1 être sûr;
mettre en liber:é les'
Tome VII. Soixante-troifème liyraifon.
B
pri-
. Vous pouvez également troaver,
les papiers de Genet, tous les renfcignemens néceflaires. dans
Je dis donc que cette lettre prouve que Galbaud
noit une corre(pondance avec les
enrretefaire fonder les prifons pour favoir prifonniers, s'il
qu'il vouloir
qu'il a lui-même donné l'ordre de
pourroit e1 être sûr;
mettre en liber:é les'
Tome VII. Soixante-troifème liyraifon.
B
pri- --- Page 22 ---
fonniers
aux commiffaires civils, ils y font parfai-
: quant
tement étrangers.
de la lettre.
Senac :Je demande communication
Sonthonax: : Dans l'inftant.
/ IL la donne.)
Les colons m'ont accufé d'avoir appelé autour de moi
les noirs révoltés ; il eft très-vrai
le 21 juin, fatellites lorfque, lorfchallés de notre maifon
& fes
>
ois
notre maifon étoit Peridéc de coupsde canon, n'ayant ni
munitions, que
ni moyens de défenfe, > nous avons été forcés de
fortir de la ville du Cap, & de nous retirer au camp Breda dirai 5
lorfqu'il fera queftion des événemens du Cap, , je vous
comment nous reçûmes dansle camp les noirs qui, abjurant
vinrent
ferment à la République > en ofleur erreur bras >
prêter fa défenfe : en attendant > comme on
frant leurs
pour
une fauve-garde au comcite
le 20 juin, j'avois envoyé T'introduire dans la ville
S des nègres, Biallon, > pour
donné
du Cap, je dis qu'il eft faux que le 20 juin j'are fe rendre
aueun ordre, aucune fauve-garde à Biallon j'écrivois pour à Biallon
dans la ville du Cap 5 mais le 22 lecture. juin Jelui écrivis pour
la lettre dont je vais vous donner
&
conférer avec
l'engager à fe rendre auprès de moi, dans pour le
de la
les commiflaires civils afin de l'attirer
parti
République. Voici la lettre. Je prie le citoyen fecrétaire de la commiffion de vouloir bien fuivre fur le regiftre > comme la commiflion l'a arrêté.
Il lit:
Les commiffaires civils Polyerel & Sonthonax > au commandant
Bialfon > le 22 juin, 8c.
(C Vos frères & vous ont été fouvent trompés par roi les
grands planteurs blancs & par les agens du' ci-devant
de France mais ils ne l'ont jamais été par les commif- de
faires de i République françaife, ni par les citoyens
couleur. Les premiers nigres avec lefquels nous ayons traité, rien >
font ceux de la Plaine du Cul-de-fac; nous ne leuravons liberté à leurs
Fromis, & cependant nous avions donné la
.
(C Vos frères & vous ont été fouvent trompés par roi les
grands planteurs blancs & par les agens du' ci-devant
de France mais ils ne l'ont jamais été par les commif- de
faires de i République françaife, ni par les citoyens
couleur. Les premiers nigres avec lefquels nous ayons traité, rien >
font ceux de la Plaine du Cul-de-fac; nous ne leuravons liberté à leurs
Fromis, & cependant nous avions donné la --- Page 23 ---
Ig
chefs, & aux autres tous les adouciffemens qu'il étoit alors
en notre pouvoir de leur accorder.
>> Depuis cette époque la République nous a donné de
plus grands pouvoirs. Vous verrez par la proclamarion dont
nous vous envoyons copie > le fort que nous offrons à tous
les nègres guerriers > & celui
nous dcftinons à ceux
ne font propres qu'au rravail. dac grand ncmbre de VOS trères qui
ont été fatisfaits & combattent déjà fous les drapeaux de la
République. Venez nous joindre > nous vous envoyons un
fauf-conduit. Devenez Français 5 foyez fideles à ia République françaife, vous ferez libres, vous ferez ciroyenscomme
nous. Vous ferez revètus des grades militaires que votre bravoure & votre fidélité vous auront merités.
>> Iln'y a plus de rois en France; la République françaife a fait trancher la tête au dernier roi : les rois n'ont
fait jufqu'a préfent que le malheur des hommes.
9, Signé, POLVEREL& SONTHONAX 3.
Voilà la correfpondance que nous avons eue avec Biaffon,
n'a jamais répondu aux offres que nous lai avons
faites E" qui eft refté fous les drapeaux des Elpagnols. Les
noirs qui combattoient pour la Repuolique en eu occafion de fe mefurer avec les troupes de Biallon ; depuis
lincendie du Cap 5 lorlqu'il fera queftiun de ces
je
vous en
faits,
rendrai compte, > & vous verrez que les noirs
blicains ont toujours combatiu les nègres royaliftes, Repufont parvenus à les acculer juiqu'au fort Dauphin quils
qu'aujourd'hui toure la province du Nord >
à
Môle & le fort Dauphin, eft au pouvoir de la excepré République. Voilà ce que j'avois à dire fur le dixitme at icle
qu'on a préfenté à lappui du cinquième chef d'accufation
vous voyez dans cette difcuflion > que, bien loin
;
voir organife la guerre civile > j'ai au coniraire toujours d'acentralilé les forces de la République 5 vous voyez
bien' loin d'avoir excité des rixes par ni les
que 2
fait tout ce que j'aipu pour les empècher. Mois, cituyens, en mène- j'ai
temps que je viens de vous prétenrer ma défenle far laccufation qui'm'eft faite d'avoir organite la guerre
dois aufi vous dire quels font les honmes qui ont civleyje orpr
nifé la guerre civile dans la colonie. Les hormes qui ong
B: 2
bien' loin d'avoir excité des rixes par ni les
que 2
fait tout ce que j'aipu pour les empècher. Mois, cituyens, en mène- j'ai
temps que je viens de vous prétenrer ma défenle far laccufation qui'm'eft faite d'avoir organite la guerre
dois aufi vous dire quels font les honmes qui ont civleyje orpr
nifé la guerre civile dans la colonie. Les hormes qui ong
B: 2 --- Page 24 ---
civile dans la colonie > font ceux qui ont
organifé la guerre
conftituante qu'il falloit furéctit du temps de Yaflemblée hommes de couleur, fe failir de tOLS les
tour s'emparer éroient des adreflés & oà le mot même de liberté
écrits qui leur fe méfier de ceux qui arrivoient de France.
eft prononcé, >
les
brandons de la
Voila ceux qui ont jeté font premiers ceux qui ont abufé ET de
civile dans la colonie 5 ce
confituante pour infpirer
qualité de dépuré à des T'affemblée défiances contre la France > pour leur
à leurs concitoyens fur-tour des hainés contre leshommes de civils couleur &
infpirer
que le rétabliffement des droits
ne demandoient
l'édit de 168;.
E
tiques qui leur étojent accordés civile aSAS la colonie, > c'eft Page,
ont organifé la annonçoient guerre
à leurs concitoyens que lalSEA Brulley, nationale qui étoit ians refpect pour les propriéiés ,
femblée
digne de commander , que les Ae
le roi eft un feront monarque battus par les monarchiftes 5 ceux enfin qui
publiesins
n'étoit pas pour, les décréteurs aétucls.
ont dit que T'opinion en
de l'affemblée nationale.)
(Ce font leurs termes par parlant leurs actes , qui par leur corVoilà les hommes qui le crédit que leur donnoit leur qualité
refpondance, qui par
auprès de l'aflemblée
de commiflaires de les Saint-Domingue hommes qui ont organifé la guerre cinationale voilà
qui ont été caufe de toutes les entraves
vile dans A colonie difficultés j
qui ont été mifes aux opérations
& de routes les civils. Je dois citer là-deffus un fait bien
des commillaires ceft celui de la fédération des Cayes, au'mois de
connu,
oû la porulation blanche > après avoir juré
juillet fulaureldela 1793, patrie foumillion aux) loisfrancatfes,a avoir juré les apresavoir principes
juré T'oubli detoutesles haines, après
la Confhtution >
de liberté & de l'égalité que pour prefcrivoit la fouiller du plus grand
profite de cette cérémonie alfalliner les hommes de couleur au pied
des crimes,
de l'autel de fore patrie.. hors de la difcuflion.
Senac : Ceci Ne eft l'interromps pas ainfi.
Leprefident 11 : n'eft pas hors de la diesifeandlesfgaul.aeha de
T'organilation Sonchonax: de la guerre civile, de préfenterdes Oht faitsqui fait ARCIE
blancs > auz Cayesa
deux
vent queles hommes comtnandansdest de couleur, au pied de l'autel de IAeNiOY
ner les
,
de l'autel de fore patrie.. hors de la difcuflion.
Senac : Ceci Ne eft l'interromps pas ainfi.
Leprefident 11 : n'eft pas hors de la diesifeandlesfgaul.aeha de
T'organilation Sonchonax: de la guerre civile, de préfenterdes Oht faitsqui fait ARCIE
blancs > auz Cayesa
deux
vent queles hommes comtnandansdest de couleur, au pied de l'autel de IAeNiOY
ner les --- Page 25 ---
minutes après avoir prèté ferment de maintenir la liberté
& l'égalité, l'exécution des décrets de l'affemblée naticnale.
Je ne vous citerai pas à cet égard les procès-verbaux qui fe
trouvent dans la partie non; inventoriée de nos papicrs,c'eftà-dire,l les pièces qui concernent le commiffaire civil Delpech
& mon colligue Polverel, quia pris tous les
mais voici ane pièce que les colons ne révoqueront renicignemenss pas en
doute, & fur laquelle il ne peut y avoir de difcullion, c'eft
l'extrait de la gazette des Cayes,du dimanche 21 juillec
l'an 2 de la République. Cet extrait a été fait & collationné 1793,
par les notaires de Paris, Langlois &
lefquels la gazette des Cayes a été dépofée Charpentier par un > chezdes Cayes.
patriote
(Sonthonax lit.)
Des Cayes. - Récit de la fedération qui a eu lieu, dimanche
dernier, 14 du courant > 8e événemens funefes qui fuivirent.
Cc Ce jour les différens corps s'affemblèrent fur la
de
la Fontaine, vers quatre heures après midi.
place
93 A cinq heuresenviron la colonne fe mit en marche
pour fe rendre fur la place d'armes ) au milieu de la- >
quelle étoit l'autel de la patrie , dans l'ordre fuivant:
>> Une feétion des grenadiers des Cayes ouvroit la.marche ; fuivoient les tambours & la mafique la
autres fections des grenadiers des Cayes ; les bannière;
naux fédérés,
ordre alphabérique des paroifies gardes-natio- 5 le commiffaire civil "i municipalité des Cayes 5 ladminiftration
& les corps de juftice 5 les officiers municipaux députés des
différentes paroilfès ;la garde nationale ; les troupes de
par rang d'ancienneré; ; la marine de la République la ligne
darmerie : la dernière fection des grenadiers des
gen- fermoient la marche.
REreu
>> Le commandant provifoire de la province & le commandant militaire commandoient à cheval.
9, On palfà par les rues du Pont, de Bohémes, de FEglife & de TEgalité.
33 Arrivés fur la place, les différens corps formèrent le
bataillon carré; le commiffaire civil,la municipalité 3 le com-
'B 3
; la marine de la République la ligne
darmerie : la dernière fection des grenadiers des
gen- fermoient la marche.
REreu
>> Le commandant provifoire de la province & le commandant militaire commandoient à cheval.
9, On palfà par les rues du Pont, de Bohémes, de FEglife & de TEgalité.
33 Arrivés fur la place, les différens corps formèrent le
bataillon carré; le commiffaire civil,la municipalité 3 le com-
'B 3 --- Page 26 ---
mandant en chef de la province, les officiers municipaux,
ladminiftracicn & les cours de juftice - > fe tinrent dans le
centre.
de
&
3> Le maire monta fur l'autel
la patrie,
prononça
un difcours convenable a la fête & analogue aux circonftances, & de fuite le ferment civique, à la fin duquel on
eni endit tou.es les voix prone neer :JEIE JUXE.
&
>> Pendant ce concert parriotique le maire defcendit,
le commillaire civil prir Ta place 5 i improvifa un difcours
fuccinét & énergique, & quifus prenoncé avec une cnction
& une véhemence qui ne permirent pas au fpectateur le
plas morofe de l'entendre fans émotion.
defcendoit de l'autel
>> Au moment od le commiffaire civil
& oùt chacun l'applaudiffoic & fembloit le remercier de lâ
fenfarion delicieuie qu'il venoit de faire éprouver, Padoliet,
capiraine d:s grenadiers, ordonne à fa compagnie de marcher en avant : elle obéit. Il la conduii devant le mandataire de li République ; & là, fans Y ére auorife
il
en fon nom &: au
la remife
ReS
elies deman.de,
fien,
negres pris poar former la légion, en vertu des ordecs des
délégues del nation. Le commiffaire lui fait une réponte
Vasuz & évafive : le commandant lui repréfente qu'une
deman.! fuite à la tête d'une force armée eft toujours un
ordre 3 que fa démarche éroit au nioins inconfeçuenie, &
parvient a lui faire reprendre fon rang. Rendu à la place, il
ordunne a S compagmie de charger ies armes 3 Morelk n 3
lieurnant,, dafend de charger : ce dernier eft feul écouté.
Sur ces mouvemuns, le coainandant de la province donne
P'ordre de fe former par fection : après quelques difficultés
de le par: de Badollet, de tranfmertre cet ordre à fa compagrie,il obeit auffi, la colonne fe met en miarche.
> Qui croiroit que forrant d jurer obéiffance à la loi, refpecta fes organes, union & fracerni é entre tous les hommes libres, desraitres, > di S fcélérats avoient préniédite un
afffinar, > & formé le coraplor de faire entr égorger leurs
concioyens, & de mettre la province du Sud à deux doigts
de ia perre?
sia tère de h colonne Croit dejà au-dela de la municipalité on déioit en filenre devant la bannère qui s'y étoit
arrètée 5 lorfque le commnandant Rigaud > quife trouvoit au
libres, desraitres, > di S fcélérats avoient préniédite un
afffinar, > & formé le coraplor de faire entr égorger leurs
concioyens, & de mettre la province du Sud à deux doigts
de ia perre?
sia tère de h colonne Croit dejà au-dela de la municipalité on déioit en filenre devant la bannère qui s'y étoit
arrètée 5 lorfque le commnandant Rigaud > quife trouvoit au --- Page 27 ---
centre à la tète de fon détachement, eft tout-à-coup attaqué par les citoyens Moucher > commandant de la garde
nationale, , & Badoller. Le premierlui tire > prefqu'à bout portant, un coup de piftoler. Heureufement la main du crimincl
eft rarement sûre 5 ille manque : le fecond le prend au collet,
lève fon fabre &c alloit l'en frapper > lorfque tous les citoyens
fe précipitent far eux. Ilfe fait une mélée du milieu de laquelle partent à l'inftant quantité de coup de futils; On ripofte:
les balles fiflent de toûtes parts dans la rue 5 plufieurs tombent morts; un plus grand nombre font blellés, la colonne
fe difperfe, chacun fuit. Les ciroyens qui n 'étoient pas dans
la confidence d'un attentat aufli atroce, courrent les uns chez
eux, les autres dans différens poftes, & fe tiennent feulement fur la défenlive : les troupes vont fe mettre en bataille
dévant leurs cafernes, & nos nouveaux frères fe rendent à
rIlle.
>> Le citoyen Delpech étoit refté fur le périftyle de T'églife,
voyant défiler les troupes, en attendant le détachement qui
devoit venir le prendre là pour le conduire chezlui; au bruit
de la première décharge > il fe hâta de s'y rendre,
gné des officiers municipaux quijurèrent tous de périr accompa- avant
qu'il foit porté la moindre atteinte, foit au caractère dont
il eft revêtu, foit à fa perfonne. Il y étoit à peine rendu
que le commandant Rigaud, échappé à fes
y arriva avec
affallins,
partie de fon dérachement. Au même inflant >
Mouchet & Badoller > à la tête d'une troupe de furieux
avec une pièce de campagne , vinrent fe mettre en bataille >
au carrefour de la maifon Journu : ils osèrent braquer la
pièce fur celle du commiflaire, en faifant tenir la mèche
allur,ée à fix ponces de la culaffe. Heuseufement les citoyens
Harty & Watiez (qui, dans l'aétion, avoient montré autant de fagelle que de courage 3 en donnant au milieu
grèle de balles, & avec le plus grand (ang froid, des ordres d'une
pour arrêter le carnage & prévenir de plus grands maux)
parvinrent à appaifer ces hommes égarés, & un feul
de fufil fat tiré dans ce lieu.
coup
>) Tour le monde fut fur pied dans la nuit, qui fe
aflfez tranquillement 5 les ofliciers municipaux & autres palfa
fonctionnaires publics la palferent à T'hôtel de la commiffion.
B 4
milieu
grèle de balles, & avec le plus grand (ang froid, des ordres d'une
pour arrêter le carnage & prévenir de plus grands maux)
parvinrent à appaifer ces hommes égarés, & un feul
de fufil fat tiré dans ce lieu.
coup
>) Tour le monde fut fur pied dans la nuit, qui fe
aflfez tranquillement 5 les ofliciers municipaux & autres palfa
fonctionnaires publics la palferent à T'hôtel de la commiffion.
B 4 --- Page 28 ---
lundi, à 24 fix heures du matin, Badollet
>> Mouchet Le lendemain forrirent de ladite ville par le pofte du pont 5
& les dit à Jéremie. A fept heures environ : un gros
on d'effervelcens & de féditicux fe mit en marche de la place
d'armes, avec la pièce de campagne 2 pour aller attaquer &
la "Tourterelle. 1l) y eut des coups de canon tirés Savanne de part
plufieurs aétions eurent lieu dans la
d'autre; mais n'en ayant aucune connoillance exacte, nous ne
chefs militaires
Benc
vons en donner des détails cerrains. Les
de
nèrent ordre de battre la retraite dans tous les quartiers
la ville 3 & le commiffaire civil fit proclamer aux les citoyens
de mettre bas les armes & de fe retirer chez eux :
de cette révolteayant prisla fuite, chacun
E
paux aut eurs
à renaitre.
& le calm commença
lieurenant-colonel du bataillon
>> Ie'citoyen Demellet 2
victimes 3 il
de la Scine-Inferieure > fut un la des premières du traitre Badollet.
tomba mort à deux pas de
maifon de l'Aube & aideLe ciroyen Mathieu, officier au fut basaillon bielle,, à fon côté, d'une
de-camp du citoyen Harty,,
fous lui.
balle qui lai traverfa la jambe & tua fon cheval à
On fait monrer le nombre des morts des deux partis 5o:
nous ne favons pas encore celui des blelTés.
cejourd'hui
2> Exrait par les notaires à Paris, foullignés,
fur
prairial de I'an troifième de la République françaife,
lédit 23 imprimé ayant pour titre : Gagette des Cayes; certifié enregiftré le 12 ventôle dernier, par Lezeau, commis:
véritable, figné &C paraphé àla minute, au citoyen Langlois,
lun des notaires à Paris, foullignés, par aéte du I2 dudit
mois de ventôfe, dûement entegiltré la
3), fur le matériel de
Th. Millet : Je demande
parole Sonthonax en
D'abord
cêtte pièce.
je prends toujours
faux;
& cel eft bien malheureux ! Il vous a annoncé uin été procèsverbal; il vous a annoncé que cette gazette avoit de la im- céprimés aux Cayes > & contenoit le procès-verbal la
rémonie de la fédération 5 vous 12 voyez qu'une gazerte rien
informe dépofée chez un notaire : point de
c'eft un
La vérité
que
Rna
qui conftate que & le colonel procce-verbal. Watiez, dont il eft queftion >
le général Harty
les entendre, & ils vous confont à Paris 2 vous poavez
vaincront qu'il eft faux que ceci foit un procès-verbal.
> & contenoit le procès-verbal la
rémonie de la fédération 5 vous 12 voyez qu'une gazerte rien
informe dépofée chez un notaire : point de
c'eft un
La vérité
que
Rna
qui conftate que & le colonel procce-verbal. Watiez, dont il eft queftion >
le général Harty
les entendre, & ils vous confont à Paris 2 vous poavez
vaincront qu'il eft faux que ceci foit un procès-verbal. --- Page 29 ---
25:
Son:honax: : J'aiannoncé, que le procès-verbal de
pitces :
étoit dans les papiers de Polvere! &c Deipech: : je P done B
c'étoit un procès verbal: ce n 'eft que loifque le
pas prélident dit-que m' a dit de patler les détails de la fete, que jai dir
quedroit une telation détaillée, une efpèce de procès-verbal,
une relation très-déraillée. Thomas Miller dit que c'eft une
pièce informe ; ce feraala commiflion à juger de la confiance
qu'elle doit donner à cette pièce. Ce n'eft pas la feule qui.
prouvera les crimes commis aux Cayes; vous avez dans vos
archives les déclarations faites par l'état-major & la meftranfe
de la frégate TAfrée vous en avez fans doute de Watiez &
Harty. Moi, je dinioe qu'on fafle entendre Harty. Il a été P
deftitué
Polverel & Sonthonax 5 fon témoignage ne fera
Je demande qu'on entende aufli Watiez; mais,.
pas
rungtar
j'annonce que les procès verbaux exiftent. Non-feulement
les rapports faits par l'état-major de la frégate LAfrée, mais
autres relations fur cet objet fe trouvent dans les papiers de
la commillion des colonies établie à Breft, papiers qui
doivent être' au comité de' falut public. La commillion pourra
les confulter; en artendant, j'annonce que ce que je viens
de lire eft tiré de la gazette des Cayes,contre laqueile'perfonne a
n'a réclamé. Si la. commiflion doute de la vérité de l'extrait,
elle
fe faire
l'eriginal dépofé chez
Langlois, de la pièce notaire. >
peut Cet originallui apporter a été remis par un. citoyen,
des Cayes qui eft maintenant ici, qui a fait une déclaration:
pardevanr L commiflion des colonies; alors elle appréciera
ce que vient de dire Thomas Millet.
Le préfident : Quel cft le nom ?
Sonzhonax : Le citoyen Dancha. Je paffe à la difcuffion
de la pièce. Il réfulte de cette pièce qu'après que le ferment :
a'été prêté fur l'autel de la patrie, d'abjurer les anciennes"
haines & d'exécuter les.lois de. la. république françaife, la
population blanche, fupérieure aux Cayes de plus de neuf.
dixièmes à celle des hommes de couleur, a profité du
raffemblement de la fédération de couleur pour fe jeter fur
cux & les égorger. Vous voyez que le commandant des
grenadiers de la garde nationale, Badollet, s'avance auprès
du commiffaire civil, & demande à la tète de fa troupe qu'on
rende les noirs enrôlés dans la légion de l'Egalité 5 pour
Tome VI. Soixante-troifième liyraifon.
B 5
èmes à celle des hommes de couleur, a profité du
raffemblement de la fédération de couleur pour fe jeter fur
cux & les égorger. Vous voyez que le commandant des
grenadiers de la garde nationale, Badollet, s'avance auprès
du commiffaire civil, & demande à la tète de fa troupe qu'on
rende les noirs enrôlés dans la légion de l'Egalité 5 pour
Tome VI. Soixante-troifième liyraifon.
B 5 --- Page 30 ---
de ce fait, il faut vous rappeler que les
Tintelligence civils avoient érendu à la province du Sud la
commiffaires
ils avoient ordonné la formation
proclamation par laquelle fermée d'honmes libres. Parmi ces
d'une iégion delEgalité éioient enrôlés des noirs qui avoient éréi
hommes libres
du Sud, boirs qui
affranchis par Faflemblée du provincisle temps de Dlanchelande ; noirs
avoient été en révoke
avcit reconni la
dont la provinre du Sud, 1 par fon affemblee, foient écartés de Ten-i
liberté, Badellet demande que ces noirs civil; au momient où
relement;i il le demande au commiffaire forcer le veeu du comraillaire -
ila une armée en préfence commniffaire pour civil, Moucher & Badollet
civil, Sur le refus du
deux coups de piftolet
fe précipitenr fur Pigand; on lui'tire aujourd'hei commandant
à bout porrent. Le général Rigaud,
à la mort, zinfi
de la proviiée du Sud, pour échopper t va d'abord a
tous les hommes de couleurg quil'enourent,
le commifitice civil.
véchappent enfuite par toutes les
Et fes compagnons dans les forts, & loriqu'ils en font maitres,
ifires, fe portent
de la capinulation. Les hommes
ils dictent à la ville lesarticles
de leurs avantages, fe
de couleur, bien loin de profiter Badolet. Cesdeux fcélérats
contentent de lexii de. Moucherse combattti avec les Anglais
fe font retirés a Jérémie, ,où Mouchet ils cnt eft actuellement à Newcontre la République. Ce
énvoient des
Yorck au nombre des nationale. colons pacriozes Je vous' qui demande ce que
adrefles à la Convention d'hommes qui, après avoir fait égorger
vous devez penfer après s'ètre enrôlés dans les troupes ahleurs concitoyens > le rôle de patriotes dans la Nouvelleglifes, vont jouer
à dire far la fédération de
Angieterre. Voila ce que j'avois
de l'affaire du 2 dé-,
1793. Je n'ai pas befoin de vous ni de parler celle de Jérémie, ou les
cembre, nide celle de Jacmel civile
leur réfiftance aux
colons ont organifc nationale, la guerre où ils ont par organiié la guerre &67
lois de laffemblée les homes de couleur, Je m'en réfere à: :
l'affatlinat contre déjà dit dans les difcullions qui ont précédé,
ce fur-tour que j'ai à la diicuilion qui a eu lieu far le cinquieme
& chef d'accufasion,. & je terminc 1a ma défenfe. Cependant Dunys
j'ei oublié une oblervation fur Ix rièce produite par
je le prie de me In comnuniquer.
la guerre &67
lois de laffemblée les homes de couleur, Je m'en réfere à: :
l'affatlinat contre déjà dit dans les difcullions qui ont précédé,
ce fur-tour que j'ai à la diicuilion qui a eu lieu far le cinquieme
& chef d'accufasion,. & je terminc 1a ma défenfe. Cependant Dunys
j'ei oublié une oblervation fur Ix rièce produite par
je le prie de me In comnuniquer. --- Page 31 ---
Te prends la pièce foutnie dans li féance d'aujourd'hut duicinpar le citoyen Duny, à T'appui du neuvième article
quième chef d'accufation. Eile eft ainfi ccnçue :
avec fas
<* Permis au citoyen Goa de fortir desberritres de la
de Breda, 22-juin -1792, an 2
Réputroupe. Camp
blique. 1.
&ccn. a0
S si Signé,les commiffaires chvils,SOxTrONAX,
Je J'oblerve -
d'abord
cette pièce ne -contient pas la
ville du
> mais bien de
drie
million-d'entrer dans ec
Cap
des barrières du camp de Breda. Sijavois Texiftence ordonné civile; à Goa, ;f.
je ne connois point 3 dont j'ignore le' 22
peeut permis à Goa de fe rendre au Gap
juin,jaur
rois. dit: Permis d'ailer au Cap. Nous étions dans un camp,.
il y-a des barrières à ce camp 3 & le feul côré ou ily eut
des barrières, eft le feul côté de la plaine du Nord,celui,, rendre
où il falloit néceffairement. que palfat Goa pour fe
dans les divers camps de la province : ce n'ef donc pas une
permilion à Goa d'aller au Cap, mais un ordre de s'en rede
retourner d'on il venoit. Voilà ce.
tourner chez lui, s'en
la difcuflion fur les malheuquejavois à dire en attendant
reux événemens du" Cap.
fur cela
le moment.
Duny : Je ne réplique obfervé pas
Sonthonax, pour
dans fa réBriliey: Vous difcuflion avez dès articles que claflés dans le cinquième
rlique" a la
le
ceftchefd'sccnfation, dernier. a cbmmencé Je fuivrai par fa onzième.article, marche pas à pas. Je
commencerai a-dire, par le à répliquer à ce qu'il a dit fur le onzième article. Cè onzième article l'accufoit d'avoir déclaré qu'il s'oppoferoit de tourès fes forces à l'exécution des décrers qui'.
ordonneroient T'affianchiflement des efclaves. Vous ne vous
feriez pas' plus douté que moi > que nous qui étions Sonthonax en France:
nous étions la caule dé ces proclamations que
avoit rendues à St-Domingue où nous n'étions des pas; que
Sonthonax avoit fait cette proclamation à caufe d'arriver dans lettres, la:
qu'il 'ne connoiffoit pas. Sonthonax d'octobre venoit été rendue la
colonie; c'étoit au mois
luiSonrhohax, qu'a
Polyerel ATSE
mière prociamation 2
laquelle
à lexécution de.touss
Ailhaud déclarenti PARit s'oppoferont
que
avoit rendues à St-Domingue où nous n'étions des pas; que
Sonthonax avoit fait cette proclamation à caufe d'arriver dans lettres, la:
qu'il 'ne connoiffoit pas. Sonthonax d'octobre venoit été rendue la
colonie; c'étoit au mois
luiSonrhohax, qu'a
Polyerel ATSE
mière prociamation 2
laquelle
à lexécution de.touss
Ailhaud déclarenti PARit s'oppoferont --- Page 32 ---
28.
tendroit à intervertir le régime colonial,: ourà
décret qui
des colons; ce font leurs.
porter: arteinte aux peérogatives mois d'oétobre oû ils écrivoient
exprellions, Eh bien au connoillance ni de la lettre écrite
cela, ils n'avoient Mion, ni aucune. de celle de Page & Brulley. La preuve,
voici. Cogniac Cogniac Mion a écrit tres-potericuremehr alépoque
E
de Polverel & Sonthonax. Une autre preuve > c'eft
du
font arrivés en France à Tinftant même
Sonthonax & Brulley. alloit mettre à la voile pour Saint-Domingue.
de Page & de Brulley éroient de la. fin dej juillét,
LF
Les-lettres
adrelfèes à Delaire &. Chaudtue 5 &:r
lettres pardiculières avoué ici
n'en avoit eu connoilfance ques
Sonthonax a
qu'il
chez: Delair & Chaudrue.s
lors de la levée des fcellés Sonthonax appoles a'iei des lettres de
Or, la connoilfance que de
oà les
de
S
& Brulley 2 datoit donc lépoque
papiers du mois:
& de Chaudrue ont été failis 5 par confequent,
de janvier 1793.
(0
(Duny rappelle à Brulley quelques dates) ).
utst
ne, peut
fouffler la dé-:
Sonzkonax : J'obferve qu'on
pas
fenfe.
J'étois au 1"
fais mieux que Brulley à quelle
Duny, :
Capije
époque Delnireraété arrêté. -
Sonthonax
Brulley : Ce n'eft qu'au mois de janvier écrites que à Delaire
a: eu connoifance des letres d'octobre particulières que les dernières
& Chaudru, & c'eftau muis
ceft aumois de
B
ont
acIte
clamations fur cet objet
mourir, 5
plurôr que d'obéir a
lui Sonthonax, a juré
Terte
que
loi qui affranchifle les efclaves. Il'eft donc ridicule.
aucune. de Sonthenax de donner pour morif de ces proclamations de la part des lettres quil ne connoilloit pas & ne pouvoit connoitre à lépoque oû fes. proclamations ont été rendues,
Ce n'eft pas' tout ; il vous a dit: J'ai cherché, dû faire ce ainfi quej'ai: ques
fait, parce cue Cogniac Mion l'elprit avoir public à Saint-DoPage & Brulley, à corrompre des défordres. Cogniac Mion * at-il,
mingue , & à exciter
la conmitlion. de,
ajouté 5 avoit été envoyé en Angleterre
nous Page.
Il nous a notamment
tiben
Saint-Domingue,. d'avoir envoyé Cogniac Mion en Angletetie. Ek
& Brulley,
cherché, dû faire ce ainfi quej'ai: ques
fait, parce cue Cogniac Mion l'elprit avoir public à Saint-DoPage & Brulley, à corrompre des défordres. Cogniac Mion * at-il,
mingue , & à exciter
la conmitlion. de,
ajouté 5 avoit été envoyé en Angleterre
nous Page.
Il nous a notamment
tiben
Saint-Domingue,. d'avoir envoyé Cogniac Mion en Angletetie. Ek
& Brulley, --- Page 33 ---
bien ! il eft de notoriéré publique que ni Page ni moi n'avons trouvé en France Cogniac Mion. Quand nous y fommes
arrivés, il étoit parti pourl l'Angleterre 1
depuis plufieurs mois;
ainfi, nous ne pouvions avoir aucune part aux motifs qui
ont déterminé fon départ pour l'Angleterre, & nous ignorons
ce qui a pu ly engager: > & en particulier 9 ni Page ni moi
n'y connoiflions Cogniac Mion. Je ne l'ai jamais VIl ni à
Parisi ni dans la colonie. La date même de la lettre de Cogniac
Mion attefte qu'il n'eft pas pollible que nous l'ayons trouvé
en France; parçe que nous y fommes arrivés en juillet, &
& que la lettre de Cogniac Mion, datée de Londres > eft
aufli du mois de juillet; or, nous n'avons pu trouver en
France un homme qui étoit à Londres, comme nous n'avons
pas pu concourir à fon départ, parce que nous ne le-connoiflions & ne l'avions jamais vu ni Page ni moi.
Je paffe maintenant à l'effer des lettres par lefquelles Sonthonax prérend que nous avons excité &c perverti l'efprit
public à Saint-Domingue.
Sonthonax y prétend que ces lettres devoient exciter contre
lui & fes collègues T'animadverfion des habitans de SaintDomingue.
Citoyens, vous avez affez entendu la leéture de ces lettres;
car Sonthonax s'eft plu à les répéter, cherchant à les trouver
des plus criminelles. Je l'ai dit alors', & je le répète, je défe
qui que ce foit d'avoir écrit autre chofe que ce que j'ai
écrit; alors il faut toujours fe reporter aux dates. Je n'ai
jamais écrit mon opinion; mais peut-être feroit-il glorieux
pour moi de l'avoir donnée comme la mienne >
ce
nous écrivions ne s'eft que
vérifié.
Nous
trop'
licon
que
Sonthonax 1
que- Te l'on devoit fe défier de Polverei &
, parce
qu'ils étoient jaccbins. Nous ne nous fommes pas trompés,
quand nous avons dit qu'il y avoit lieu de s'en défier. J'ai
déclaré que je fufpectcis leur conduite, & il y avoit alors
quelque amour-propre à le déclarer. Ils fortoient des jacobins, & les honnètes gens favoient bien déjà quelle opinion
ils devoient avoir de cette fociéré. Sonthonx lui même a
juftifié ce aue nous avons dit, lorfque le 18 thermidor ila
dic aux jacobins : J'ai été vifime de vos principes quej'aivoula
faire exécuter à Suint-Domingse.
é que je fufpectcis leur conduite, & il y avoit alors
quelque amour-propre à le déclarer. Ils fortoient des jacobins, & les honnètes gens favoient bien déjà quelle opinion
ils devoient avoir de cette fociéré. Sonthonx lui même a
juftifié ce aue nous avons dit, lorfque le 18 thermidor ila
dic aux jacobins : J'ai été vifime de vos principes quej'aivoula
faire exécuter à Suint-Domingse. --- Page 34 ---
La Convention connoit les princines des jacobins du mois
de thermidor: , puifqu'elle s'eft décidée à fermer leur falle &
à défendre leurs aflemblées. Nous n'avons donc pasrortd'avoir
dit
nous nous défions de la conduite des commilfaires
qui alloient à Saint-Doringue., Quand aux expreffont
fL3tE
l'allemblée nationale, elles
celles
fions qui regardent d'alors; il n'eft
de vous qui ne
des journaux
perfonne
au mois
fache de quelles expreilions fe fervoient lesjournaux arrivés ici:
de juillet 1792, époque à laquelle noûs fommes le faire dans
nous avons donc écrit comme nous pouvions
ce temps. Ces lettres n'ont pas pu pervertir l'opinion pu- &
blique., parce qu'elles n'ont été que f'écho des journaux; c'eft
la feule chofe qu'eiles aient apptis dans la colonie,
feroient
que les commiffaires jacobites qui y alloient, y. contre
beaucoup de mal. Cen'étoit point animer la colonie
eux, mais c'étoit dire ce
tout le monde étoit dans le cas
de répéter, ce que les dlent favoient; car avant de partir
de la colonie, ,je favois déjà lopinion que l'on devoit porten
à ce fujet-là. Ainfi, il eft donc faux que nos lettres, qui
n'étoient poinr publiques & ne pouvoient pas l'ètre;
n'étoit
connu dans
9E
la lettre de Cogninc Mion, qui
pas
colonie > aiens motivé, les proclamations rendues parPolverel lettres
& Sonthonax. C'eft donc a tort qu'ils ont donné ces
&c Fescufequapretendu
comme mwifebmapestrmame
trouver ici Sonthonax de T'expreiion de fes proclamations.
eft dérifoire, & ne remplit pas l'objet qu'il s'étoit propofé
dans fa juftification. Il dit enfuite : Si nous avons juré que
aux lois
con:rarieroient le régime
nous n'obéirions c'eftle difcours pas
du prélident qui
de lalfemblée coloniale
colonial, qui ena été la caufe. Il a cité plufieurs pailages de ce dilcours,
& il en a conclu qu'il tendoit à fufciter un mouvement populaire, dont eux commiffaires civils avoient été les vieimes,
& dont le réfultat auroir été d'enlever la colonie de SaintDomingue à la France. Citoyens s ce difcours du préfident
vous a été lu en entier; vous avez dû y. remarquer ces expreflions ce Nous fommes entre VOS mains comme un vafe
d'argile que vous pouvez brifer à volonté. On nous dit que
êtes
affranchir les Africains; fi votre
vous
envoyés
miflion efaing, .E.ES
été les vieimes,
& dont le réfultat auroir été d'enlever la colonie de SaintDomingue à la France. Citoyens s ce difcours du préfident
vous a été lu en entier; vous avez dû y. remarquer ces expreflions ce Nous fommes entre VOS mains comme un vafe
d'argile que vous pouvez brifer à volonté. On nous dit que
êtes
affranchir les Africains; fi votre
vous
envoyés
miflion efaing, .E.ES --- Page 35 ---
Sonthonax : Je prie Brulley de lire le difcours & de ne
pas le citer, parce qu'il intervertit les expreflions.
Brulley : Si j'intervertis les exprellions, Sonthonax pourra
me relever
forcé
Sonthonax : Lorfque j'ai cité vosl lettres, vous m'avez
de les lire.
Le préfident : Lis.
Bralley : Un des pallages effentiels que j'ai cité eft celui-ci:
mains co.nme le vafe d'argile
ce Nous fommes dans vos Yinftant même : c'eft donc
>>
brifer à
TE.te
& vous peut-èrre pouvez le feul, de vous faire connoitre une vérité
de MMM.les commillaires nationaux
>> importante mal connue
a civils vos prédéceffeurs 9).
Voicil'autre paffage dont je préfentois T'analyfe quand
thonax m'a arrêté : cc Déterminez que vous feriez,
STRLSa
dont vous
être
à
9,
d'après les inftructions
pourriez
porteurs,
la
le fruit de notre culture, en
>> faire perdre à métropole
de fouffrir des elclaves
* atfranchitiantles efclaves; plurôr que
à la bar-
>> dans cES contrées, vous ne pourriez, fans joindre de
>> barie l'injuftice la plus feroce, vous difpenter
reporter
a ces efclaves aux lieux oh les ont pris vos frètes Européens". avoit
J'ai dit
ce
qu'on
Voici
que j'ai analyfé à-peu-près. fi telles étoient leurs infannoncé aux commillaires civils que
foutruétions d'affranchir les efclaves, on étoit prét àsy
mettre 5 j'allois ajouter la condiion qu'on
m'a qui
étoit de les reporter dans leur' pays,
Eamtr
quand
arrêté : ainfi, vous voyez que je n'ai pas altéré le texte >
j'en ai bien énoncé la fubftance. Ce difcours très long,
que qui vous a été lu en entier, & qui eft conligné aux débats,
loin de concourir à une révolte, d'occafionner aucun moutendoit au contraire à démontrer la fouvement miflion populaire, de Tallemblée coloniale, & par conféquent celle des
colons; donc elle étoit conforme à la volonté nationale que
Sonthonax & Polverel apportoient dans la colonie: c'eft dunc
a tort que Sonthonax eft venu vous dire qu'ils'étoit cru dont en
droit, lui & fes collègues, de rendre la proclamation de
nous vous avons cité le texte, afin qu'il n'y eût point afin
mouvement populzire dont ils auroient été victimes,
, de Tallemblée coloniale, & par conféquent celle des
colons; donc elle étoit conforme à la volonté nationale que
Sonthonax & Polverel apportoient dans la colonie: c'eft dunc
a tort que Sonthonax eft venu vous dire qu'ils'étoit cru dont en
droit, lui & fes collègues, de rendre la proclamation de
nous vous avons cité le texte, afin qu'il n'y eût point afin
mouvement populzire dont ils auroient été victimes, --- Page 36 ---
d'empêcher que la colonie ne fe féparàt de la France. Certes,
ce n'eft pas au moment où la colonie entière, > par l'organe étoit
du préfident de l'allemblée coloniale, annonce Polverel qu'on &
prèt à fe (oumettre aux ordres qu'apporroient
Sonthonax de la part de l'Allemblée nationale;, ce n'eft point
inftant
annonce l'intention de fe révolter, de
dans fe féparer cet de la France; qu'on tout alors étoit calme, on ne peut
plus paitible; Polverel & Sonthonax ont parlé, ils ont été
écounés, applaudis; le préfident de T'aflemblée coloniale leur
a parlé comme il le devoit, repréfentant dans ce moment- &
là la colonie; tout s'eft pailé dans le plus grand ordre,
fi Sonthonax a dit qu'il a craint un mouvement populaire,
excufer ce
dit alors, qui ne conce n'eft
pour
qu'ila
s'en
corde fott avec fa ccnduite 5 mais on ne doit point
étonner
a déclaré
avoit toujours confervé
> puitqu'il
qu'il dévaftation & de
dans fon coeur des principes de
dépopu- étre
lation, dont le II thermidor il prétendoit aux jacobins
la victime.
Sonthonax a dit qu'on avoit répandu le bruit qu'il étoit
envoyé pour détruire la population blanche & faire régner
les Africains, malheureufement cela eft arrivé; mais vous
n'avez entendu lire aucune lettre qui ait annoncé ce qu'il
annonce dans la colonie.
Sonthonax : Celle de Cogniac Mion.
Brulley : Cogniac Mion n'annonce point que Polverel &c
Sonthonax alloient à Saint-Domingue pour anéantir la race
blanche & faire régner les Africains; autant que je peux
me rappeler la teneur de fa lettre, il me femble qu'il n'annonce rien de pareil : il annonce fa crainte fur la conduite
future de Sonthonax & de Polverel, mais je ne crois point
avoir entendu lire dans cette lettre que l'intention de Sonthonax ait été de détruire la population blanche pour faire
régner les Africains; c'eft donc encore un autre motiffpécieux
que Sonthonax met en avant pour chercher à juftifier fes
les
fions tendoient à provoquer
PE
clamations, dont
expre
&
même Cogniac
rebellion contre l'autorité nationale; quand
Mion auroit annoncé précifément cette crainte, puifque la
lettre eft infiniment poftérieure aux proclamations de Polverel
truire la population blanche pour faire
régner les Africains; c'eft donc encore un autre motiffpécieux
que Sonthonax met en avant pour chercher à juftifier fes
les
fions tendoient à provoquer
PE
clamations, dont
expre
&
même Cogniac
rebellion contre l'autorité nationale; quand
Mion auroit annoncé précifément cette crainte, puifque la
lettre eft infiniment poftérieure aux proclamations de Polverel --- Page 37 ---
& de Sonthonax , elle ne pouvoit pas fervir de prétexte
aux proclamations qui leur font beaucoup antérieures en
date, au moins la connoiflance de la lettre n'étoit pas parvenue dans la colonie avant plulieurs des proclamations.
Sonthonax avance cependant après, que fa proclamation du
4 décembre étoit au - dellous de fon caraétère, mais il dit
qu'il s'étoit dévoué pour fauver la ville du Cap; voila un
dévouement bien exemplaire pour fauver la ville du Cap,
iljure de défobéir à l'autorité nationale:je demande, citoyens,
ficeft-là le moyen de fauver une ville, que de préparer le
déchirement des partis qui pouvoient fe heurter; je vous-demande fi c'eft-là le moyen de fauver une ville, que de faire
la proclamation du 4 décembre : elle étoit infidieufe & dangereufe fous tous les rapports 5 elle tendoit à exciter chez les
colons cet efprit de révolte qu'il ne cefle de leur reprocher
ici, & Sonthonax aura beau vouloir juftifier cet aéte, nous
maintiendrons nous toujours que cet acte tendoit à provoquer
la rebellion contre l'autorité nationale & à exciter la guerre
civile, & ce fera à tort quilvoudra fe parer d'un dévouement
quiln'a jamais eu. Il vous a dit quil n'a jamais penfé ce
qui eft dans fa proclamation.
Sonthonax : Je n'ai point dit cela.
Brulley: Cela eft contigné dans les débats : il a fait
il a dit:fi je me ftis fervi de ces expreflions c'eft
Peies
étoient conformes à la loi; on a tort aujourd'hui de m'en
faire un crime, parce
l'Affemblée légillative n'avoir
le droit de changer ce
ftaruél'Allemblée
calet
CENORBLET
vous l'entendez, ce n'et pas nous qui le difons, c'eft Sonthonax lui-même qui dit que l'Affemblée légiflative ne peut
rien changerà ce qu' a fait l'Alfemblée conftiruante. Sonthonax
qui cherche à fe juftifier, fe condamne; 5 il vous prouve qu'il,
a organifé la guerre civile de la manière la plus perfide:lorquils'eft permis de changer ce qu'avoir faTAtfembleeconftituante, il's'eft écarté de la ligne qui lui étoit tracée, ils'eft
cru au - deffus de tous les ordres; ce
ne pouvoit faire
l'AMfemblée légiflarive il l'a fait : il a AUber interverti le
régime colonial; il a donné la liberté fans qu'il fit encore
rendu aucun décret à ce fujet, fans quil y fût autorifé;
il étoit donc, à fon fens, plus puilfant que l'Affemblée nationale.
eft écarté de la ligne qui lui étoit tracée, ils'eft
cru au - deffus de tous les ordres; ce
ne pouvoit faire
l'AMfemblée légiflarive il l'a fait : il a AUber interverti le
régime colonial; il a donné la liberté fans qu'il fit encore
rendu aucun décret à ce fujet, fans quil y fût autorifé;
il étoit donc, à fon fens, plus puilfant que l'Affemblée nationale. --- Page 38 ---
fût criminelle, il faudroit
Ildit: Pour que ma proclamation il me femble que cette
que je me tulie oppofe admitlible, aux décrets; car s'il s'étoit oppofé aux déexcuie n'eft poin crime de
mais la preclama ion n'en
creis, il y auroit un
plus, car un conctionnaire public enferoit pas moins criminelie, faire exécuter les décrets na iovoyé dans la colonie pour y
naux, qui jure authenriquesent, par une proclamatiun, commet un crime: qu'il
mourra plucôr que d'exécurer il les eût décreis, exécuté ce qu'il avoit anvoilà le premier; fi enfuire il eût commis un iecend crime;
noncé par fa ridicule proclamation, d'entendre dire par Sonthonax que fa proil eft dcnc feroit crininelle
qu'il ie feroit oppofe
clamation ne
qu'autant fonctionnaire public qui déaux décrets;, je dis, moi, qu'un
eft criminel,
clare qu'il s'oppolera aux décrets nationaux, dis
c'elt un crime de
cela feul quil le déclare; je
que les
impardennable fous tous
rapports, par
Ecineinao
réfulté, effets
vous feront
les effets funeltes qui en ont
lincendie qui & la defprouvés quand on vous fera connoitre eft criminel par cela feul qu'il
truétion des villes. Sonthonax la loi, & qu'il a cherché à
a déclaré qu'il n'cxécurercit pas étoit
certes >
fe jufifier en dilant qu'il ne s'y
pas oppole; déclare
Sonthonax étoit criminel par cela feui qual
qu'il
n'exécureroit pas! les décrets: voilà bience allumé qu'on la peut
crime
guerre
aRCAE
crime de hauie-trahifon,
quia tous les malheurs qui
dans la colonie, & qui a provoqué
font arrivés depuis. dit
fait que ce que devoit
Sonthonax vous a
quiln'avoit
au changement
faire un magiftrat du peuple, en s'oppolant Sonthonax qui
des lois conflitu-ionnelles : voilà & aujourd'hui qui fe croit en droit de
fe croit un magiftrat du peuple; des lois conftitutionnelles 5 nous
s'oppofer au changement les magiftrais du peuple euffent le
n'avons vu nuile
que le
changeàr les lois confdroit de s'oppofer T ce que peuple des
du peuple
titutionnelles; & certes s'il y, avoit
magifrats
des
qui fuffent fondés, non pas à s'oppofer au changement
lois conflitutionnelles, mais à faire des reprefentadions Polverel & Eour
le changement de ces lois, ce d'énetre n'étoient à pas cet égard le veu de
thonax qui étoient chargés
la colonie.
eux
étoicat les mogiftrats du peuple
Ce n'étoient pas
qui
titutionnelles; & certes s'il y, avoit
magifrats
des
qui fuffent fondés, non pas à s'oppofer au changement
lois conflitutionnelles, mais à faire des reprefentadions Polverel & Eour
le changement de ces lois, ce d'énetre n'étoient à pas cet égard le veu de
thonax qui étoient chargés
la colonie.
eux
étoicat les mogiftrats du peuple
Ce n'étoient pas
qui --- Page 39 ---
dans la colonie; ils n'avoient
été choilis
de la colonie, ils ne pouvoient
par le peuple
s'al eût
magiftrats du
Cmndie
exifté des magiftrats du peuple dans la
peuple:
euffent dû faire des repréfentations fur le
colonie qui
lois conftitutionnelles, rolativement
changement des
allemblées coloniales, s'ils avoient aux colonies, c'étoit aux
former une; voilà les vrais
eu la. bonne foi d'en
délégués du peuple relativement mag.frats du peuple, les feuls
conttirutionselles dans la colonie; il aux ett changemens donc ridicule des lois
que Sonthonax cherche à juftifier fa
encore
prétendant magiftrat du peuple : il n'avoit proclamation, le
en fe
s'oppoler au changement des lois conftitutionnelles, pas
droit de
Sonthonax : Je ne me fuis pas dit magiftrat du
j'ai parlé en général des magiftrats du peuple,
peuple; ;
Brulley : J'ai écrit littéralement. Il ufe du droit de
giftrat du peuple pour s'oppofer au changement des ma- lois
conttinutionnelles
Duny : J'obferverai que Sonthonax, écrivant à la fociété
populaire, s'eft dit magiftrat du peuple.
Sonthonax : Je demande que la Jettre foit lue.
Duny : Elle eft confignée aux débats.
Brulley : Il a ajouté qu'il avoit fait rentrer dans
par cette proclamation 2 ceux qui avoient été les l'ordre,
factieux : ceci n'eft pas intelligible
dupes des
les débats. A l'époque où Sonthonax & pour Polverel ceux qui ont fuivi
dans la colonie, vous n'y avez
ont débarqué
n'y avez pas apperçu
des remarqué factieux aient aucune faction, vous
tromper
ait
eu le deffein de
les
perfonne,
eu un plan de réfiftance
adure
commiffaires civils; vous avez vu au contraire contre des
députations ont été à leur rencontre fort loin en que
avez vu la réception qui leur a été faite, &
mer; vous
ce que veut dire cette expreflion : pour qu'on nous ignorons
dupes des faitieux : nous ignorons abfolument celfit ce d'éereles
que ces factieux; ce font toujours là les mots que c'étoit
les fonétionnaires publics qui veulent malverfer; employés ils
par
jours à la bouche les mots de confpirateurs & de ont toulorfqu'ils veulent fe juftifier de tel ou tel acte
factieux
roient pas dû fe permercre. Sonthonax a créé des qu'ils factions n'auimaginaires pour avoir le plaifir de les
a apperçu des faétieux là où il n'y avoit combattre; d'autres Sonthonax
faéticux
toujours là les mots que c'étoit
les fonétionnaires publics qui veulent malverfer; employés ils
par
jours à la bouche les mots de confpirateurs & de ont toulorfqu'ils veulent fe juftifier de tel ou tel acte
factieux
roient pas dû fe permercre. Sonthonax a créé des qu'ils factions n'auimaginaires pour avoir le plaifir de les
a apperçu des faétieux là où il n'y avoit combattre; d'autres Sonthonax
faéticux --- Page 40 ---
que lui-même; Sonthonax prétend que fon difcours & fes
proclamations ont ouvert les yeux de ceux qui avoient été
trompés; perfonne n'étoit dupe de qui que ce puilfe être
des colons : nous ne l'avons éte que de lui.
La féance eft ajournée à après demain.
Le regiftre des préfences
ligné : J. Pa. GARRAN 1 s
préfident ; FOUCHÉ (de Ra fecrétaire; MERLINO,
F. LANTHENAS, DABRAY.
Duz8 --- Page 41 ---
Du 27 Prairial, l'an croifième de la République françaife
une Gi indiviftle.
( N fait lecture de la rédaction des débats du 25; elle eft
adoprée.
Les citoyens Page, Fondeviolle & Larchevefque - Thibaut
font ablens.
Sonthonax :
dans l'avant - dernière
vous ai fait le Coat rableau
la polition où je me féance, trouvois je
lorique j'ai publié la proclamation du 4 décembre. Je vous s
ai démontré que J'érois fousle coutcau des factieux de la ville
du Cap; que des pièces de canon étoient braquées fur
l'hôtel du gouverneur - général, on j'étois alors logé au
Cap; que javois moi-mème efluyé le feu d'une
de
canon
dansles rucs, en voulant appaifer T'émeute pièce
en
populaire,
voulant empècher l'effution du lang.
Brulley a prétendu que les lettres qu'il avoit écrires de
France, au mois de juiller 1792, n'étoient pas connues dans
la colonie au moment où j'ai fait la proclamation du 4 décembre. Ila prérendu également que la lettre de Coignac
Mion n'étoit pas connue, foit au moment où nous avons
éré inftallés par l'aflemblée coloniale, foit le 4 décembre,
lorfqu'il s'eft agi de la déclaration dont j'ai parlé.
Citoyens, il faut diftinguer deux époques dans les déclarations des commillaires civils, relativément à la maintenue de lefclavage des noirs dans la colonie de SaintDomingue : l'époque de leur arrivée & l'époque du 4 décembre : A leer arrivée, les commilfaires civils furent environnés de défiance & de foupçon, comme je l'ai dir déja
dans les dernières féances.
Tome VII. Soixante-quacrième liyraifon.
C
Citoyens, il faut diftinguer deux époques dans les déclarations des commillaires civils, relativément à la maintenue de lefclavage des noirs dans la colonie de SaintDomingue : l'époque de leur arrivée & l'époque du 4 décembre : A leer arrivée, les commilfaires civils furent environnés de défiance & de foupçon, comme je l'ai dir déja
dans les dernières féances.
Tome VII. Soixante-quacrième liyraifon.
C --- Page 42 ---
;S
Il circuloit alors dans la colenie une lettre attribuée lui de à
Cogniac Mion,
a été récllement écrite par
Londres fous la 9a2 du 20 juillet 1792. Les colons prétendent que cette lettre ne pouvoit ras être connue à notre
arrivée; qu'elle eft poftérieure à la déclaration que nous
fur la maintenue de Yefclavage : oh bien !vous
avons faite
exemplaire de la lettre de Cogniac
avez la preuve qu'un
de la garde nationale
Mion a été envoyée au commandant
lendemain de
de T'Anfe à Veau, le 18 feptembre 1792, cecte lettre
notre arrivée. Vcus avez donc la preuve ferez que étonnés,
circuloit à notre arrivée, & vous n'en
pas
doit
qu'ene lettre, écrite de Lendres le 20 juillet,
parce arrivée à Saint-Domingue avant le 17 feptembre de
étre
la même étcit année. de même des lettres de Page & Brulley. Ces
lerres, Ilen écrites dans le courant de juillet, devroient avoir
bté connues à Saint - Deningue à la méme époque oû
celle de Cognizc Mion circuloit déja. A ia vérité les commillaires civils nationaux n'avoient pas encore une connoiffance matérielle de ces lettres, ils ne les avoient pas
entreles mains; mais la rumeurpublique annonçoit qu'elles
circuloient; & elles circulcient tellement, que ie prélident
de Yaficmblée coloniale, dans fon difcours, traduit prefque le
mot pour met la lettre de Cogniac Mion. Ceft d'après
difcours du préfident de l'aflemblée coloniale que les com- le
miflaites civils devoient fe déterminer; c'eft parce que
de l'aflemblée ccloniale cherchoit à infpirer des
rrélident
les commiffaires civils, queles commiffaires
défiances contre arrêter les effets de ces déhiances, devoient leur
civils, pour n'étcit ni dans les principes de l'Allemblée nadire quil
du
détruire les lois fur l'efclationale, ni dans ceux
roi,de
civils n'a dit qu'il
vage : alors aucun des comniffaires nattoniale, qui coniras'oprofsir à une loi de Pafemblee PAfemblée conflituante.
riercitla loi faite furl'cfclavage parl
ainfi
avcient le droit de s'exprimer
: puifLcs commifzires
nationale, ni le roi,
que chacun faic
ni TACamblée dicrets
de
navoicn-lo droit E toucher aux
conftitttionnels du déT'Aflfembiée confiruante; Bc depris cetre époque la 4 lettre
cembre,Jai do arpuyerina prociomation ju 4 furl
Mion,
de l'aveu des cclons euxde Coguiac
ruifque,
cient le droit de s'exprimer
: puifLcs commifzires
nationale, ni le roi,
que chacun faic
ni TACamblée dicrets
de
navoicn-lo droit E toucher aux
conftitttionnels du déT'Aflfembiée confiruante; Bc depris cetre époque la 4 lettre
cembre,Jai do arpuyerina prociomation ju 4 furl
Mion,
de l'aveu des cclons euxde Coguiac
ruifque, --- Page 43 ---
mêmes, elle circuloit dans les derniers jours de
C'eft Verneuil lui- même qui en a fait l'aveu dans novembre. le
des débats. Si la lettre de Coignac Mion circuloit cours
les journées malheureureufes du 4 décembre, certes, dans
commiffaires civils devcient prendre toutes les précautions les
f'émeute pollibles pour éteindre le feu de la révolte, pour appaifer
colons & populaire les
excitée par les factieux, > pour calmer les
veillans.
empêcher de fuivre les intentions des maldu Brulley. mois fe plaint
fraternellement j'ai cité fes lettres
de Aanen.tirne fe plaint de ce que j'ai
les envenimer.
cherché à
les
Certes, > je ne crois pas qu'on ait befoin de
interpréter pour les rendre telles qu'elles font, c'cft-àdire, > pour les repréfenrer comme des brandons de
civile; & c'eft Brulley lui l- même qui me fournit guerre
fion de dire que CES letrres étoient contre -
foccanaires.
révolutionles Lorfqu'elles ont paru pour la première fois,
ai fait imprimer & afticher à Paxis,
lorfque &
je
ont eu bien loin de les nier & de dire qu'elies Page étoien: Brulley
briquées dans un ouvrage intitulé : Notes d: Page &
facommillaires de Sai.t- Domingue près la Convention Brulley,
nale. Après aroir dit que ces lettres n'étoient
natioque c'étoient Polverel & Sonchonax qui les avoienr p.s d'eux, fabriTnntait ils reconnoiffent que les lettres font contre-révoluVoici les expreflions de Page &
leur falloit donc ( à Polverel & Sonthonax), Brulley, page il leur 4 : ce Jl
donc un moyen de nous diferéditer,de nous
falloir
Comment faire?a aucun fait, aucun acte ne
inculper.
nous; mais Polverel & Sonthomx, fertiles dépofoit en
conre
imaginèrent de faire fabriquer une letie conre-riselationnaire expédicns',
pour chacun de nous. 99
Vous voyez que, > d'après leur aveu, les lettres dont il
s'agir, & que j'ai cirées, font contrec'eft que lors ils jugèrent à propos de les révolurionnair-s; défavouer. Aujourd'hui que je leur repréfente CES pièces, qu'ils font forcésde les avouer, ils difentqu'elles ne font pas
qu'elles ne préfentent
l'expretlion virulente criminelles, Polverel & Sonthonax ont Tooalis leur attribuer.
que
C
> d'après leur aveu, les lettres dont il
s'agir, & que j'ai cirées, font contrec'eft que lors ils jugèrent à propos de les révolurionnair-s; défavouer. Aujourd'hui que je leur repréfente CES pièces, qu'ils font forcésde les avouer, ils difentqu'elles ne font pas
qu'elles ne préfentent
l'expretlion virulente criminelles, Polverel & Sonthonax ont Tooalis leur attribuer.
que
C --- Page 44 ---
a écrit n'étoit
les
Brolley vous a dit que ce quil Je conçois. otr que
exprelions des journaux du delAmi temps. êu roi,de. la Gazece
telles éroieneles exprellions anglaifes & allemandes; mais qu'en
de Paris, des gazettes
Brulley étoit dans les principes
conclure > fi ce n'eft comme que il ne l'a que trop prouvé par
de ces journaux >
colonie le premier
fes lettres.
avoient jeté dans la
de la défiance
J'ai dit: de qu'elles la guerre civile, le premier germe
- il être
brandon
civils ; comment en rouvoit coloniale à
contre les commillaires les délégués de T'atfemblée à Chauautrement écrivoient , lorfque à leurs commettans > à Delaire, leur annonParis
de Tallemblée coloniale, pour en faveur
druc > memnbres
n'eft pas en France
cer que c Yopinion ackuels publique ( en 1792) >,
trembler leur annoncer fur fa
des décréteurs
legilative commence PE
les
que cc laffemblée confervation; qu'elle eft fans refpect fes pour injures Poe
propre & que bientôt le peuple vengera
prietés, même allembléez"
d'induire en erreur les
cette Y avoit-il un moyen de plus la direét France, d'égarer l'aflemblée
colons fur les délégués les colons n'étoientpas déja trop del attachés l'envie
coloniale? Cettes, ils avoient déja donné trop de preuves & bien loin
Anfrance: avoientde faire fchiime avec la coloniale mstropoles dullent rchaufler
quils
de l'aflemblée
d'infpirer le
.que les commillaires éroit au contraire de leurdevoir le
Rancentionya TAfiemblée nationale, & non pas deux mépris letires.
relpect
verfer à pleines mains dans ces
quils ont Rrverli dit enfuite que Polverel & Sonthonax,
colons ont
aie
Les
Formnellement quils n'exécuteroient Be T'efavoir déclaré
nationale contre le maintien TAC
décrets de TAfemblée eux- mêmes de faire ce que
clavage, fe font permis
le droit de faire. Les comfemblée nationale n'avoit pas de promulguer la déclaration
miffaires civils fe font permis déclaration des droits fut
des droits après que cette narionale 3 ils fe font permis décret PE
bliée par TAllemblée de l'elclavage en vertu, du du détoucher à la maintenue la Convention, en vertu
du 5 mars rendu donnoit par le droit de changer la police ne & le
cret qui leur des ateliers. Les commiffaires civils
fa difcipline
femblée nationale n'avoit pas de promulguer la déclaration
miffaires civils fe font permis déclaration des droits fut
des droits après que cette narionale 3 ils fe font permis décret PE
bliée par TAllemblée de l'elclavage en vertu, du du détoucher à la maintenue la Convention, en vertu
du 5 mars rendu donnoit par le droit de changer la police ne & le
cret qui leur des ateliers. Les commiffaires civils
fa difcipline --- Page 45 ---
font permis cet acte qu'après que l'Affemblée nationale les
avoit déliés de leur (erment à une conftitution ufée
avoit rejetée elle- même. Les colons, pour jeter la
fur moi, ont dit
atale
que j'étois un jacobin du
thermidor,
ou plutôt qu'ayant été un jacobin de 1792, ils 9 avoient droit
de fe méfier de mes principes. Je crois bien que les colons
ont des motifs de fe défier des. Jacobins de 1792, > parce
les
Jacobins de 1792 étoient les véritables pacriotes. La puanies
entière, à cette époque, étoit fondue dans les fociétés
pulaires. Ce n'eft que depuis que Collot, & Moneftier
du
Pas
Puy
Dôme) que je n'inculpe pas , y ont préfenté les
colons, y ont préfenté Page & Brulley, qu'alors les Jacobins y ont dévié des principes de 1792. Si vous examinez
leurs ouvrages & les miens, vous verrez quels font d'eux ou
de moi les Jacobins du 9 thermidor. Je me contenterai à
cet égard de citer deux ou trois lignes d'un ouvrage des COlons, oi vousverrez quels font ceux qui étoient dans les
cipes des Jacobins; il eft intitulé: Réponfe de Page & Brulley, princommilaires de Saint-Domingue: 3 aux calomnies qu'on a
Agner au commifaire Belley.
fait
Je trouve à la page 29, que les colons, en m'inculpant
d'avoir dit que les déportés de Saint-Domingue étoient ici iles
témoins habitués du tibunal révolutionnaire,
les déportés n'ont été témoins
dans l'affaire prétendent de
de
Tadae
chelande,
Barnave & de blitat
Il lit :
Extrait d'un ouyrage de Page & Brulley 3 intitulé: Réponfe
aux calomnies de Belley.
ce Ces déportés n'ont pas été les témoins habitués du
eribunal; ils n'y ont paru que pour dépofer dans l'affaire defune de
Blanchelande, de Barnave, de Briflor; de ce Briffot dont tui
fus le complice, dans la lutte qui s'éleva aux jacobins entre
les valets des rois & les amis de la liberté; de ce Brillor
qui, des au tribunal révolutionnaire, n'a pas nié t'avoir donné
inftrudtions qui, fans doure,tont dirigé dans le déchirement des colonies ",
C'eft ainfi que les colons déclarent eux-mêmes que les
C;
de
Blanchelande, de Barnave, de Briflor; de ce Briffot dont tui
fus le complice, dans la lutte qui s'éleva aux jacobins entre
les valets des rois & les amis de la liberté; de ce Brillor
qui, des au tribunal révolutionnaire, n'a pas nié t'avoir donné
inftrudtions qui, fans doure,tont dirigé dans le déchirement des colonies ",
C'eft ainfi que les colons déclarent eux-mêmes que les
C; --- Page 46 ---
42..
déportésde S.1 Domingue fervoient detémcins au tribunalrévolutiopnairerourerle:t foisquilsagilloit dej perdre ceuxqu'on enauuribunal révolutionnaire. Ils ont trainé à ce tribunal
voyoir Blanchelande. Jele dis ici avec franchife ; le feul crime de
Blanchelande furd'avoir figné trop complaifamment.
Le préfdent : Cela eft étranger à l'objer que tu traites.
Clanfon : Ce n'eft pas pour cela que Blanchelande..
Le préfident : Puifque la commilion ne permet pas à Sonthonax d'énonçer fon inculpation, on ne peur pas permettre
d'y répondre.
Sonthonax : Vous avez permis aux colons de dire que
j'érois uin jacobin du 9 thermidor; c'étoit pour faire voir c'étoient que,
bien loin que je fulle un jacobin du 9 thermidor,
Si je
les colons eux-mêmes qui étoient dans ces principes.
voulois confulter tous leurs éctits, je vous montrerois qu'ils
de Taffont remplis d'injures contre les meilleurs avoit d'hommes patriotes de méfemblée nationale, contre ce qu'il y
rite attachésàla caufedefégalite&e la Hhenbrcudaomtsemris étéles
de balles & de fades adularions pour tous ceux qui ont
bourreaux ou lès tyrans de la France.
fij'avois la permiflion de conVoilà ce que je prouverois
tinuer: je pafle à un autre article.
Brulley: Je dermande la parcle fur l'écrit qu'ilac cité relativement à nos lettres.
Sonthonax: Eit-ce le matériel de cet écrit?
Brulley : C'eit fur Técrit, fur la manière dont vous P'avez
cité.
n'aie
Sontho ax : Vous ne pouvez avoir la parole que je
fini.
: Il t'a lailé traiter lT'articie en entier, il faut
Le préfident
enfuite.
qu'il aitle méme droit; tu aurasla. parole
Sonth.nax : Les colons ont dit que le 18 thermider jai
je leur ai dit qu'à Saint - Doningue
été aux éte jacobins, viétime que de leurs principes. Il eft très-vrai que le
j'avois 18 thermidor j'ai été aux jacobins, & que je leur ai rendu
de l'état ou j'avois laillé la cclonie à mon départ.
compte
Le préfident
enfuite.
qu'il aitle méme droit; tu aurasla. parole
Sonth.nax : Les colons ont dit que le 18 thermider jai
je leur ai dit qu'à Saint - Doningue
été aux éte jacobins, viétime que de leurs principes. Il eft très-vrai que le
j'avois 18 thermidor j'ai été aux jacobins, & que je leur ai rendu
de l'état ou j'avois laillé la cclonie à mon départ.
compte --- Page 47 ---
Les colons ne difent pas que le 27 fruétidor ils ont envoyé
des commillaires aux jacobins, pour leur demander
lfic
/ nommé un comité de lx membres Four traiter
des
TERHE
colonies. Ainfi moi je fuis criminel d'avoir été aux jacobins,
fimplement
leur faire le tableau de l'état des colonies >
fans avoir EeRctre demande d'ètre reçu dans cette fociété, fans
avoir été membre de cette fociété, après en avoir étéexclus
par le foin des colons au commencement de 1793.Je fuis
criminel par ce fait-là; & eux qui ont voulu rallicr autour
de l'affaire des celonies fixl hommes choifis à leur guifc, choifis
par Moneftier ( du Puy-de-Dême
Le préfident: Je te rappelle à l'ordie; il ne peut être ici
queftion des repréfentons du peuple.
Sonthonax : Ce n'eft pas pour les inculper, c'eft feulement . - -
-
Le préfident : On ne peut dire ici rien de relatif aux repréfentans du peuple, fans qu'on eût le droit de le difcuter;
ainfi il ne peut en être quefion.
Sonthonax: Alors je ne traite point cet objet. Jc ne peux
pasètre criminel pour avoir été aux jacobins le 18 thermidor,
deux jours après mon arrivée > car je fuis arrivé le 16;je ne
fuis pas plus criminel pour ccla que les colons pour avoir
demandé & obrenu auxjacobins ia formation d'un comité de
fix membres, pour l'examen de mon affaire. Je me réfiume,
&je dis qu'il eft prouvé, par la difcuflion 3 que les lettres de
Page & Brulley, que celie de Cogniac Mion, ont dû arriver
& font arrivées récllement dans la colonic de SaineDeningte
avant que nous ayons pris terre, le 17 feprembre 1792. 11
eft également prouvé par les aveux des colons méme, que la
lettre de Cozniac Mion circulcit dans la colonic de Saint-Domingue vers la fin de novembre 1792, quelques jours avant
ma proclamation du 4 décembre; ;& la preuve que ces pibeesIà & beaucoup d'autres déjà citées dans la difculiton font
la véritable caufe de la défiance générale qui far répandue
fur nous à notre arrivée à Saini-Domingue, & de tous les
complots faits, foit contre les commitfaircs-civils, foit contre
la sûreté de lal France entière. -
C4
cit dans la colonic de Saint-Domingue vers la fin de novembre 1792, quelques jours avant
ma proclamation du 4 décembre; ;& la preuve que ces pibeesIà & beaucoup d'autres déjà citées dans la difculiton font
la véritable caufe de la défiance générale qui far répandue
fur nous à notre arrivée à Saini-Domingue, & de tous les
complots faits, foit contre les commitfaircs-civils, foit contre
la sûreté de lal France entière. -
C4 --- Page 48 ---
Verneuil: Sonthonax vient de vous dire qu'avant T'arrivée des
dans la colonie, on avoit répandu
des commifhaires-civils
été caufe des défiances quis'élettres contr'eux, quiavoient lettres étoient celles de Page & de
toient élevées; que de ces
Mion. Il eft bien ridicule que
Brulley, & celle la Cogniac lettre de Cogniac Mion eft celle quia
Sonthonax dife que dans la colonie, puifque dans les débats
amené des défiances
la fin
Sonthonax a déclaré n'en avoir eu connoillance qu'à mème que
de novembre 1792, & que c'eft à cette dans époque-la la province du Nord.
cette lettre a été rendue ridicule publique de dire
c'eft la lettre de
Il eft donc abfolument la défaveur y Polverel & SonCogniac Mion qui a jeté
même leur arrivée; il eft égathonax dans la colonie , avant
les
de
&
lement ridicule de dire que ce font
lettres la déclaration Page
Brulley, dontils n'ont eu connoillance, d'après la levée des
de Sonthonax inférée aux débats > qu'après Ont motivé la
fcellés de Deleyre en janvier 93 > qui décembre 92; proclamation de Sonthonax > iendue le 4
comme nécellaire, proclamation dans laquelle il a reconnu de l'efclavage la colonie : il l'a donc fait
indilpenlable à la profpérité de cette vérité, & non pas comme
étoit perfundé étoit entouré de défiances; & la lettre
F S parce quil
avec les motifs qui
de Cogniac Micn n'a eu aucun rapport
Y'ont déterminé à rendre cette proclamation.
Sonthonax: Il eft très-vrai
j'ai dit dans les débats que
de la lettre de Cogniac
n'avcis eu connoiffance
LAEir
je
dans les derniers jours de novembre 1792, dans
Mion
ma
du 4 décembres mais
ceux nars ont précédé proclamation connoiffance, des rapports
je n'ai pas ditque je n'avois de pas
Mion, E fa circulation
partienlies, de la lettre de la Cogniac colonie, & notamment dans la
dans toute du Y'étendue Nord. Il n'êtoit pas néceflaire pour qu'on eûr des
province
les comnilireycrils.iad r'éroirpas nécellaire,
défiances contre
officielle
dis-je,que les commilfaires foit enfentercomnoitince de celles dePage & Brulleysil Hfuffoitdela letredeMion, lettres fuffent arrivées dans la colonie avant les
floit que les
avant leur arrivée, ,avantle moment où ils
commifaires-eiviles, idu ioisde feptembre & leur proclamaontfait leur décembre,od déclaration il eft prouvé par la date de ces letures
tion du 4
I
iances contre
officielle
dis-je,que les commilfaires foit enfentercomnoitince de celles dePage & Brulleysil Hfuffoitdela letredeMion, lettres fuffent arrivées dans la colonie avant les
floit que les
avant leur arrivée, ,avantle moment où ils
commifaires-eiviles, idu ioisde feptembre & leur proclamaontfait leur décembre,od déclaration il eft prouvé par la date de ces letures
tion du 4
I --- Page 49 ---
'ellesont dû précéder les commiffires-eivils à S. Domingue.
P'ailleurs, quellequé foitfarrivéede ceslettres, elles n'en font
as moins criminelles, elles n'ont pas moins provoqué à la
uerre civile, elles ne contenoient pas moins une provocation & voilà
u méptis des décrets de la Convention nationale,
e quils'agilloit de pronver. Il n'eft que trop vrai que ces
ttres circuloient & étoient répanducs, puilque le préfident à
e l'aflemblée coloniale 3 dans fon difcours, traduit mot Mion
hot les expreflions contenues dans la lettre de Cogniac
u dans celles de Page & Brulley.
Brulley: D'abord je vais parler de l'époque où ces leitres
ont arrivées', pour ne pasintervertir l'ordre de la difcuflion. font
ous entendez Sonthonax dire : Parce que ces lettres dans
crites du mois de juillet, elles ont dû arriver avant nous le
colonie. Eh bien! nous fommes arrivés en France
& nous
à notre arrivée
Polverel &
Set
illet,
apprimes
que
honax alloient mettre à la voile.
Sonthonax : C'eft de Rochefort que nous avons appareillé .
28 juillet 1792.
Brulley : Nous avons appris à notre arrivée qu'ils étoient
rêts à mettre à la voile. Voilà la feule connoillasce que nous
vions de leur nomination; la feule connoiffance que nous
vions enedelespedition, c'eftqu'ilsalloienr .
partir.Sonthonax
it: Les lettres éroisne écrites au mois de juillet > par con/équent
Vies ont di arriver avant nous. Voilà un fingulier raifonnehent. Ces lettres feroient comme celles' que l'on met à la
tetite pofte de Paris. Ceslettres ont bté éctites en juillet, &
es commilfaires font partis en juillet. Pour que nos lettres
ullent arrivées avant eux, il falloit que nous les euffions
mifes far unbitiment qui
quinze jours ou trois femaines
vanr eux. Il étoit donc Eaaliere puifque nos lettres font
latées de la fin de juillet, qu'eiles devancaffent Polverel &
Conthonax qui partirent en juillet, & fur des bâtimens de
État, qui certainement ont fait une route aufli prompte
qu'on pouvoit la faire. Il n'étoit pas poflible que nos lettres
rrivallent dans la colonie avant les commiffaires. Tout ce
ui eft poflible, c'elt qu'elles foient atrivées en même temps
Eaaliere puifque nos lettres font
latées de la fin de juillet, qu'eiles devancaffent Polverel &
Conthonax qui partirent en juillet, & fur des bâtimens de
État, qui certainement ont fait une route aufli prompte
qu'on pouvoit la faire. Il n'étoit pas poflible que nos lettres
rrivallent dans la colonie avant les commiffaires. Tout ce
ui eft poflible, c'elt qu'elles foient atrivées en même temps --- Page 50 ---
qu'eux. Mais dans tous e les cas, je dis que ceslettres n'étoier
pas officielles; vous avez vu quelles font puremens conf
dentielles. Onécrit à Deleyre quont vient d'artiver en France
qu'on ne connoit pase encore bien au jufte T'opinion publique
A cet égard, Sonthcnax vous a fait un long eralage, en voU
d.fant que Page & Brulley* dans un écrit avoient eux-même
avoué que ceslettres étoicnt contre - révolutionnaires, Certes ét
quand dans la prifon cà ncus éricns, où nous avions
&c aures dont 0
mis par Robefpierre, Collor-d'Herbgis d'extraits
vous a parlé, nous avons eu connoiflance
conue qu'o
nous a envoyés pour être de nous, comme des pièces fait fair
révolutionnaires, parce que les extraits qu'avoient
de ces lettres Polverel & Sonthenax < > par leurs défenfeur
officiéux quiles avoient précédés en France,ouquils avoier
faits eux-mèmes, éroient tellentent défigurés, quils préfer
toient réellement desidées emne-ivelatomaties, Page C
mois nous n'avens pas P", reconnoitre nos lettres dans C6
extraits informes perfidement arrangés pour leur donne
toute la couleur Aleliare à des confienérndersoemnsines.
des hommes qu'en vouloit dévoneràl mort, & nous avor
dit: Si ces extraits font donnés comme de nous, ce font de
extraits que Polverei & Sonthonax ont fabriqués pour noi
perdre; voilà ce que ncus avens écrit lorfque nous étions €
prifon. Ici, quand cn nous a préfenté ces lettres , avec
vrai ftyle dans lequel elles étolent écrites, avec tous les pa
ragraphes qui y font contenus; quand on y a vu que not
ne faitions que rapporrer ce qui fe lifuit dans les journaux
que nous n'avions pas de ptifor à nous, que Erulley n'éto
pas encore à Paris, que Pace y arrivoit > qu'on ne favo
point encore à quoi s'en tenir farl'opinion publique; quan
nous avons pu reconnoitre ces paragrarhes & ces expreflion lettr
nous avons reconnu alors que c'étoient réellement les
que nous avions écrites. il s'éroit écoulé deux ans depu
Fenvoi de ces lettres; c'etoir des lettres confidentielles, dat
lefquelles nous nous étions bornés à préfenter l'efprit d
que nous n'avious pas eu le temps de not
journaux inftruire > parce nous-mémes. Nous n'avions donc pas d'intér
à nier deuxlettres par
conformes à ce que nous devions dire alor
Que nous ayons dir, quand on nous a préfenté des extrai
écrites. il s'éroit écoulé deux ans depu
Fenvoi de ces lettres; c'etoir des lettres confidentielles, dat
lefquelles nous nous étions bornés à préfenter l'efprit d
que nous n'avious pas eu le temps de not
journaux inftruire > parce nous-mémes. Nous n'avions donc pas d'intér
à nier deuxlettres par
conformes à ce que nous devions dire alor
Que nous ayons dir, quand on nous a préfenté des extrai --- Page 51 ---
formes, qu'ellesn'étoiene pasde nous, nous avions raifon:en
iteje maintienso que ceslettresn's auroient eu d'intluencefurl'onion publique qu'autant que nous les aurions écrites comme
mmitfaires de Saine-Domingue, Sonthonax vous les a reéfentées comme des lettres officielles, & vous a dit: l'onion des commillaires de Saint- Domingue à Paris, devant
ceffairement avoir de Lunfuencesfer l'opinion des colons. Eh
en! pour opérer cette infuence, il auroit fallu que nous
flions publié une lettre oilicielle; que Sonthonax nous cite
S lettres officielles. Dans tout le cours des débats il n'a pas
e en citer une feule qui pir nous inculper, & cependant
ous avons eu une correlpondance très-active & très-voluineufe; &c fept regiftres entiers de procès-verbaux & de
ttres écrites à Saine-Domingue qui font dépofés aux arives de la commillion des colonics , atteftent que notre cor-
(pondance a été très-fuivie: cependant l'on n'a pas encore
rendu à travers toutes les criminalités dont il a cherché à
ous charger, qu'il ait cité une feule phrafe de cettte cor-
(pondance, & certes elle a dà tomber en entier dans leurs
ains, parce que leur puilfance inquifitoriale étcit telle à
int-Domingue, que tout ce qui arrivoi: étoit foumis àleur
amen. Eh bien! ! je maintiens qu'aucune de ces letres, ni
lles que nouts avons écrites par la fuite, ne tendent à perertir l'opinion publique , à exciter le foulèvement qu'il prénd quiaureit eu lieu lors de fon arrivée à Sainc-Domingue.
e cherche en vain à juftifier ce qu'ila écrit. Je maintiens
oi que rien ne peur jultifier un fonclionnaire envoyé dans
s cclonies pour affurer l'exécution des lois, & qui jure qu'il
e les exécurera, pas s'il en vient qui foient contraires aux
rérogatives des colons. Je dis que c'étoit bien le brandon
le la difcorde , que c'étoit-là femer tous les germes de la
uerre civile; & je maintiens qu'il n'y a aucune cxcufe , ni
eitre particulitre, ni officielle, ni même manifcflation de
opinion publique, qui puille juftifier un fonctionnaire puplic quia été envoyé dans la colonie pour exécutet les slois
lel la France, , &c qui jure de ne pas les exécuter. Voilà le
rime qu'il a commis, & il cherchera en vain à récriminer;
I reitera toujours chargé de l'odieux du crime dont nous
avons accufc.
une cxcufe , ni
eitre particulitre, ni officielle, ni même manifcflation de
opinion publique, qui puille juftifier un fonctionnaire puplic quia été envoyé dans la colonie pour exécutet les slois
lel la France, , &c qui jure de ne pas les exécuter. Voilà le
rime qu'il a commis, & il cherchera en vain à récriminer;
I reitera toujours chargé de l'odieux du crime dont nous
avons accufc. --- Page 52 ---
s'excufer de nouveau fur fe
Sonthonax: Brulley,, pour n'étoient
officielles; que dan
lettres, vous a dit qu'elles officielle on pas ne trouvera aucun
toute fa correfpondance infpirer aux colons de la défiance contr
expreflion qui puiffe
foit fur-tout des invitations à la ré
les commiffaires civils,, les décrets de la Convention : certes
volte & au mépris pour
officielle, Pag
je crois bien
dans leur.core/pondance avifés d'exciter à la guerre ci
& Brulley ne AE feroient pas
vile dans la colonie. Page & Brulley vous ont appris Officiel qu'il
ont un langage officiel & un langage confidentiel.
lement, ils proteftoient contre le traité fait en Angleterre Voil
confidentiellement, ils livroient la colonie aux Anglais.
ce qu'ils ont dit dans les débats; voila ce ofticiel quivous ne prouve fe reflem qu
leurlangage confidentiel & leur langage officielles qu'on trouv
blent pas. Ce n'eft pas dansles pièces
c'eft dan
les traces des machinations & des confpirations 5 écrivo
les pièces coafidentielles des coupables à qui Page & qu
l'aflemblée étoit fans refpect pour les propriéiés,
RER peuple fe laffoit de fon audace; c'eft à Larchevefque ainfi.
Thiband, procureur - fyndic, que Page écrivoit écrivoit ainti Page
commiffaire de Saine-Domingue à Paris,
lui an
des
fonctionnaires de la colonie, pour
un
premiers
fur l'aflemblée nationale; ce qu
noncer l'opinion publique à relpeéter les décrets de cette allemblée
n'étoit guère écrivoita difpofer Delaire & Chaudruc, tous deux membre
Brullev
de l'aflemblée coloniale
Tous les colons : C'eft faux.
Sonthonax : Il écrivoit à deux membres diftingués d
l'affemblée coloniale.
Verneuil: C'eft faux.
Sonthonax : Ils n'étoient pas membres de l'affemblée cd
loniale :
Les colons : Non.
Brulley : L'un étoit à Paris, & l'autre n'a jamais ét
membre de l'affemblée coloniale.
audruc, tous deux membre
Brullev
de l'aflemblée coloniale
Tous les colons : C'eft faux.
Sonthonax : Il écrivoit à deux membres diftingués d
l'affemblée coloniale.
Verneuil: C'eft faux.
Sonthonax : Ils n'étoient pas membres de l'affemblée cd
loniale :
Les colons : Non.
Brulley : L'un étoit à Paris, & l'autre n'a jamais ét
membre de l'affemblée coloniale. --- Page 53 ---
Sonthonax : Chaudruc a été membre de l'affemblée CQniale.
Les colons : Il étoit à Paris.
Sonthonax : J'apporterai demain la preuve qu'il a été
embre de l'aflemblée coloniale; car il a émis fes opiniors
a
ans cette allemblée.
Bralley : Il eft parti de Saint-Domingue deux mois avant
oi.
Sonthonax : Cette lettre eft adrefTée à MM. Delaire &
Chaudruc, bien connus pour tenir à la faction de SaintMarc; ils étoient connus pour chefs de cette faction. Ces
ettres étoient bien crimineiles 5 elles tendoient à corrompre
on-feulement l'opinion publique, mais celle des perfonnesqui
voient confiance en eux, &
venoient chez eux cherches
les nouvelles de France: ScE les criminalités des lettres
e Page & Brulley qu'ils ne peuvent excufer.
Brulley : Du moins ne fervent-elles point d'excufe à vos
roclamations. Quant à ce que Sonthonax a dit que nous
vions envoyé des commiflaires aux jacobins le 27 frudtior > je nie ablolument le fait. Le 27 frudlidor nous étions
ous les verroux au Luxembourg, oh nous avoit fait mettre
Robelpierre > & nous étions comme tant d'autres deftinés a
ller à la guillotine. Si, au mois de fruétidor nous étions
u Luxembourg, nous n'avons pas pu nous prefenter aux
acobins : mais Sonthonax s'y étoit préfenté. il nous avoit
ré donné connoillance du difcours de Polverel & de Sonthonax aux jacobins ; nous y avions vu les calomnies don:
Is chargeoient les colons > & les impoftures dont ce difcours fourmilloit ; nous y avions vu que ces homies diToient qu'ils étoient viétimes des efforts qu'ils avoient faits
pour propager â Saint-Domingue les principes des jacobins.
Qu'avons-nous fait du fond de notre prifon : nous avons
écrit une lettre à la fociété des jacobins. Cette lettre eft dans
hos regiftres dépofés àla commiflion des colonies;elle portoit
que les jacobins euffent à fc défier de ce que Polverel &
Sopthonax leur difoient; qu'avant de prendre une opinror
Toient qu'ils étoient viétimes des efforts qu'ils avoient faits
pour propager â Saint-Domingue les principes des jacobins.
Qu'avons-nous fait du fond de notre prifon : nous avons
écrit une lettre à la fociété des jacobins. Cette lettre eft dans
hos regiftres dépofés àla commiflion des colonies;elle portoit
que les jacobins euffent à fc défier de ce que Polverel &
Sopthonax leur difoient; qu'avant de prendre une opinror --- Page 54 ---
5o
l'affaire des colonies, ils priffent des renfeignemen
fixe fur
formafent une commiflion de fix membre
précis, & qu'ils certe affaire, & en rendre compte àl
pour apprelondir
lesjacobins às'occuper del'affai
fociété. Qui avoit Sonthonax provoque & Polverel, qui avoienp été dire
des cclonics:
qu'il falleit s'occuper de l'afinire des cC
le 18 thermidor, avcicnt été vidimes de leurs efforts pou
lonies, & quils
les
Qu'avon
à
propager Saint-Doningue peincipesjacobins. les jacobins à s'od
nous tair : nous n'avons mais pas nous provoqué avons écrit à cette fociét
cuper de notre affaire, de fe laiffer tromper parPolverel & Sor
de prendre garde
une connoiflence appiofandie C
thonax, & de prendre nous avons fait : & ily a un
cette affaires voilàr ce que
des commilfaires au
très grunde différence entre envoyer
Teclairer ou
jacobins pour former une commitien, pour atteften: que nou
porter à la mibune. I es pariors, feule publics leure; encore vouioit o
nous foumes bornés à une fur cerre leture, encore n'y a-tpaffer à. Yordie du jour de wemm, & Pon ne - 'cftpàs cccup
eu aucun cemmillaite Autli n'avons-nous feitou'une feule démarch
de cette affaire.
ce que difcient Torericcamiemsg
pour nous oppolera victimes 'de leurs € fiorts pcur avoir propag
fe qualificicht jacobins à Saine-Doningue. Voila la vérité
les principes les débats à cet égurd ieroit inutile. Mais
& prolonger
fiirs cenmeils font,, & que Sci
eft quellion de rérablirles tel fait eft prosvé, telie chofe cft de
thonax ne dife pas je VOIS de preuve bien. démontrée, c'e
montrée. Ce que le crime d'avoir juré de e pas exécut
qu'il ne juftificra France. Fas
les lois de la
Thomas Millet : J'ai quelque chofe à ajouter.
VOuS voulez connoitre les vrais princip
Sonthonax : Si fe difent patriores, & qui s'accolent fucce
des colons à qui tous les partis, qui étcient royaliftes avant
fivement
1O août. :
Ce n'eft pas là lobjet de la difcufion.
Ie préfident :
vérirables
Sonthonax : Si vcus voulez connoitre Y'adrefle les
des t
cipes des colons > faircs vous sepréfenter
ajouter.
VOuS voulez connoitre les vrais princip
Sonthonax : Si fe difent patriores, & qui s'accolent fucce
des colons à qui tous les partis, qui étcient royaliftes avant
fivement
1O août. :
Ce n'eft pas là lobjet de la difcufion.
Ie préfident :
vérirables
Sonthonax : Si vcus voulez connoitre Y'adrefle les
des t
cipes des colons > faircs vous sepréfenter --- Page 55 ---
SI
Philadelphie aux jacobins du 9 thermidor ; vous y verrez
S vociférations contre desnems refpectés aujourdhui,contre
ux cn honneur delquels T'affemblée a ordonné une fète
ur le 3 octobre prochain; c'eft là que font confignés les
ais principes de ces meflieurs.
Le préfident: A l'ordre.
Sonthonax: Ils difent que je me fuis dit martyr des prinDes des jacobins du 2 thermidor. Je ne pouvois pas me
viétime des principes que je ne connoiflois pas, puifRante le 16 thermidor > abfent depuis deux ans , fixé
ns un pays d'où nous n'avions aucune coamunication avec 1
France, nous ne pouvions favoir ce quis'ypalloit. Lorique
i parlé des principes dont j'ai été martyr , j'ai entendu
rler des principes des jacobins de 1792. Mon difcours eft
trait dans tous les papiers du temps ; la comiiflion
ourra voir fi mes principes, Gi mes paroles, étoient criinels.
Th. Millet : Sonthonax a généralifé les expreffions quand
a dit que les colons avoient été aux jacobins; ; que c'eft
leur entrée que cette fociété étoit devenue coupable.
VeaI je défie Sonthonax & tous les Sonthonax du monde
me prouver que depuis fix ans
je fais dans lcs a.faires
abliques, ,j'aie mis le pied fur 7e fouil de la porte d'une
ciété de jacobins; je len défie : mais il dit que les colons
ançais q:i font à Philadeiphie fe font adrelles aux jacoins. Je demnde comment ces colons pouvoient favoir ce
ui ie pallbit aux jacobins le 2 shernidorz Qu'ont-ils fait?
S ont écrit à une fociéré dont ils connoifcient l'influence
our lui-demander des défenfours oficieux pour leurs comiffaires qui étci ient dans les fers. Pour ce qui concerne le
ifcours de So.rhunax, fait le 18, j'en ai ElI connoilance
ans le cachot oi j'étois avec mon collègue Clauilon, qui
'a pas été plus que moi membre des jacobins, qui n'et,
on plus que moi > jamais entré aux jucobins. J'ai écrit
ufli, moi, à cette fociété, & mes premières expreftions
ont celles-ci: Nous n'avons jamais eu de relation ayec vorre
fers. Pour ce qui concerne le
ifcours de So.rhunax, fait le 18, j'en ai ElI connoilance
ans le cachot oi j'étois avec mon collègue Clauilon, qui
'a pas été plus que moi membre des jacobins, qui n'et,
on plus que moi > jamais entré aux jucobins. J'ai écrit
ufli, moi, à cette fociété, & mes premières expreftions
ont celles-ci: Nous n'avons jamais eu de relation ayec vorre --- Page 56 ---
fociété. J'ai ma lettre > je puis la produire 5 on verra G jamais
nous avons eu des relations avec les jacobins.
La féance eft levée.
Le regifere des préfences eft ligni, J. Ph. GARRAN
FoUCHE (de Nantes)./ecréare ; DABRAY
(RRESEI F. LANTHENAS, MERLINO, MOLLEVAU.
Da --- Page 57 ---
Du 28 Prairial, l'an troifème de la République françaife
une & indivifible.
IA rédadtion des débats recueillis dans la féance de la
veille eft lue & adoptée; les citoyens Page, Fondeviolle &
Larchevefque-Tlibanad font abfens.
Duny: Dans le procès-verbal dont on vient de vous donner
lecture, Sonthonax a dirque la lettre écrite par Cogniac Mion
au commandant de l'Anfe à Veau, étoit dépofée dans les archives de la commiffion des colonies. Je demande
Senthonax faffe conme j'ai fait dernièrement, lorfque Sya cité
une piice, qu'ill'a produife fur le bureau, parce qu'il en a tiré
des indactions tres-étendues.
Sonthonax : J'obferve
la production de cette pièce ne
vous regarde pas, cueje E réfere, à cet égard, la
dence de la commiflion J'aflirme quela pièce eft dans hurat
chives; maisje ne tais ni la lialle nila cotre,
Duny : Vous avez vu qu'il a demandé une pièce citée par
moi, qui étoit confondue dans dix-fept - liaffes contiderables;
j'ai pafié deux jours à la trouver.
Sonthonax : J'ai dû vouloir qu'on produisit les pièces qui
m'accufent; ; mais la lettre de Cogniac Mion vous efl parfaitement étrangère.
Duy: : Je fais une autre demande d'ordre; c'eft la pièce
dont parle Sonthonax, qui prouve que Delair & Chaudru
étoient membres de l'allembléee coloniaie.
Sonthonax : Vous n'avez qu'a ouvrir le e Moniteur & les
procès- verbaux, vous la trouverez.
Tome /II,
Soixanze-cinquième liyraifon,
D
ufent; ; mais la lettre de Cogniac Mion vous efl parfaitement étrangère.
Duy: : Je fais une autre demande d'ordre; c'eft la pièce
dont parle Sonthonax, qui prouve que Delair & Chaudru
étoient membres de l'allembléee coloniaie.
Sonthonax : Vous n'avez qu'a ouvrir le e Moniteur & les
procès- verbaux, vous la trouverez.
Tome /II,
Soixanze-cinquième liyraifon,
D --- Page 58 ---
Duny : Cela eft faux. On verra aufli dans les procès-verbaux
Thomas Millet:
deux mois avant le départ de
de T'affemblée coloniale, demande que & obtient un congé
France,
Brulley, Chaudru
n'ajaà cette épcque; on verra que
SURT
& quil eft parti
coloniale.
mais bté de laffemblée finirois jamais s'il falloit répliquer à tout
Sonthonax : Je ne
du faux matériel des lettres
ce
difent les colons.J'ai parlé
réponds;
Esteng par Pagé & Brulley 5 les colons m'acculent,jes
jarzends de nouveaux chefs d'accufation. vient de dire SonDuny: Je m'en vais répliquer à ce que
thonax.
Ce
été dit fur ce ptemier article doit
Le préfdent :
quia
être terminé.
a dit, quilavoit donné
Duny : C'eft fur ce
retirerà Sonthonax fept heures dans leurs caaux mulâtes T'ordre de fait
les matelots; ceci eft effernes, comme il l'avoit
pour
fentiel.
dit
s'il avoit donné ordre aux matelots
Sonthonax a bord que à
heures, il: avoit donné un pareil
de fe retirer à
de fept couleur 5 or,, j'affirme & je prouve
ordre aux hommes
ordonné aux hommes de couleur de
Sonthonax n'a heures. pas Enfuitej'en tirè une autre induétion ;
fe retirer à
débats Sonthonax a nié que les hommes de
cOurS
TrTt
dans-le
cafeinés, & vous voyez qu'il en fait l'aveu 5
couleur fuffent
la vérié perce toujours. Je n'ai jamais dit que les hommes de couleur
Sonthonas : cafernés; je déclare ici que les hommes de
ne fuffent pas dansla ville du Cap étoient obiigés d'habiter
couleur réfugiés
halle
les cafernes > parce qu'ils
enfemble dans une
appelée
de quoi en
:
manquoient de domicile; ils n'avoient pas
une ration payer milà on leur donnoit, comme l'a dit Verneuil, le fervice dansles camps.
litaire;ils étoient logés, & faifoient vous citer un difcours du
Sur ce cafernenent, je pourrai
commandant d'Aflas. Vous êtes d'accord fur le fait du caferLc préfident :
nement. Dany; Je paffe à un autre objet. les matelots ne pouvoient pas
Lepnfadext: La preuve que
ient de domicile; ils n'avoient pas
une ration payer milà on leur donnoit, comme l'a dit Verneuil, le fervice dansles camps.
litaire;ils étoient logés, & faifoient vous citer un difcours du
Sur ce cafernenent, je pourrai
commandant d'Aflas. Vous êtes d'accord fur le fait du caferLc préfident :
nement. Dany; Je paffe à un autre objet. les matelots ne pouvoient pas
Lepnfadext: La preuve que --- Page 59 ---
f
SS
refterà terre pallé
heures, est que Sonthonax n'avoit
donné un ordre RufTs aux mulâtrcs.
pas
Duny : La prenve en eft dans fa proclamation qui a été
mile fur votre bureau, ou il n'eft nullement queltion des
hommes de couleur 5 on ne fait pas deux proclamations particulières, lune pour les blancs, l'autre pour les hommes de
cculeur. Iln'eft queftion dans la proclamation que des marins,
& point des hommes de couleur; ces derniers étcient aimés
jours & nuit, & commettoient des horreurs.
Sonthorax : Je ne crois pas devoir répondre à cette inculpacion.
Thomas Millet: Sur le deuxième article, Sonthonax a dit
que les colons n'avoient rien dit de nouveau; que par conféquent il n'avoit pas à répondre; donc nous n'avons rien à
répliquer fur le deuxième article. De même furle troilième
Sonthonax vous a dit cue les colons n'avoient rien dit de >
nouveau. ( En fuppofant la publicité d'un faux décrer,
e e
l'article IV.
Sontlionax : Je.n'ai rien répondu.
Vern:uil: Je maintions mon dire.
Miller : Je paffe au cinquième article. Son:honax a autorifé l'organifation de volentaires à pied & à cheval, elle a
été conftatée par fa proclamation. Sonthonax a dit que fa
proclamation du 30 novembre 1792 prouve qu'il ne s'étoit
pas oppofé à la fulion des hommes de couleur dans la garde
nationale, & Réanmoins, par fa proclamation du 24 février
1793, comme il en eft convenu, il a autorifé in formation
d'un corps de volontaires; il les a aurorifés, parce qu'elle
étoient établie un an avanclui: c'eft-à-dire, autorifé par le
gouverneur Blanchelanee, & c'oft dans los crimes de Blanchelan-le
Sonthonax troave Tautorifation de fa conduite;
mais il estite de ce que dic Sonthonax que jamais il ne s'eft
oppofé a catte fulion,
jamais cette tuson n'a été faite,
& que certes c'éroit un Ruelt tris-eflentiel de la loi du 4
avril.
Sonthonar: 1l ne s'agit pas de cela.
Il
s'agit des volontaires à pied &e à cheval.
Th.. Millet : Is'asit de cela.
Sonzhonzw: L'aracle que vous traitez eft l'ar:icle V..
D2
ce que dic Sonthonax que jamais il ne s'eft
oppofé a catte fulion,
jamais cette tuson n'a été faite,
& que certes c'éroit un Ruelt tris-eflentiel de la loi du 4
avril.
Sonthonar: 1l ne s'agit pas de cela.
Il
s'agit des volontaires à pied &e à cheval.
Th.. Millet : Is'asit de cela.
Sonzhonzw: L'aracle que vous traitez eft l'ar:icle V..
D2 --- Page 60 ---
donpande fije réponds à ce que dit SonTh. Millet : Je
thonax.
Voici T'article : Sonthonax a provogué ecrice la a
Sonthorex:
lettre datée de Saint-Marc,
guerre ciile,6par
une prife d'armes au Cap.
Etienne Lavaus, i a provoqu: il sagir de la fulion d'i hommes de
Dais ce que dic Millet, nationale,, & non poinc de Torganilaconleur dans la garde
& à cheval,qui eft Yobjet de
tion des volontaires à pied
T'artick.
Je demande à préfent fi Sonthonax n'avoit
Th. Millet :
Loriquil répliquoit, n'a-t-il
pas dit ce à quoi je réponds. du 30 novembre & de celle du
pas parlé de La proclamation parlé de ce qu'il ne s'éroit.pes oppolé
24 février, na-c-il hommes pas de couleur dans la garde nationale?
à la fufion des
parlé, je ne répondrois pas.
s'il n'en avoir pas Vous vous êtes tracé un ordre, une marche
Sonchonax :
la difcuflion. Cetie marche, cenfifte dans
qu'il faut fuivre dans
à
de VOS différie d'articles que vous préfentez Tappei il
de la
une
Iy a un article ou s'agit
férens chefs d'accufation. de couieur dans la garde nationale. *Treifulion des hommes
voulez, mais ne faites pas entrer cet
tez cet article, fi vous V, oû al ne s'eft agi que de volontzires
article dans Tarticle chevai, ou de nes letires dut 10 mars 1793. difà pied & à "Nous nous fommes prefcrit un ordre de fi
Th. Millet:
& nous ne Taurions pas interverti,
culion, il eft vrai,
des motifs particulers, n'eût pas
Sonthonax lui-mème > par
le treifième au
fublitué le quatrième article des au faits, cinquième,, il faut bien que je réfeptième. Or, s'il avance
ponde,
fait eft qu'ila cité fa preclamation du 24 féBrulley : Le
Millet va difcuter, & qu'il Ta rangée
vriers que Thomas chef: d'eft moi-même qui en ai pris la
dans le cinquième
note.
Millet: Taidicqu'il ne fufifoit pas que Sonthonax dans la
Thomas
à la falion des citovens de couleur c'étoit un
ne s'oppolat pas
qu'il devoit Vordonner, car
garde nionale.meis elienticls de la loi du +, avril. Il demeure prouré du
des articles
de la mnicipalité du Cap,
14 de
par le procis-gerbal
du 21, que les hommes
mars 1795, lu en réunis féance à leur quartier, oi un officier
couleur s'étoient
thonax dans la
Thomas
à la falion des citovens de couleur c'étoit un
ne s'oppolat pas
qu'il devoit Vordonner, car
garde nionale.meis elienticls de la loi du +, avril. Il demeure prouré du
des articles
de la mnicipalité du Cap,
14 de
par le procis-gerbal
du 21, que les hommes
mars 1795, lu en réunis féance à leur quartier, oi un officier
couleur s'étoient --- Page 61 ---
municipal eft venu les inviter à refter tranquilles; il eft
bien. conftaté queles hommes de couleur avoient leur doric
tier, leurs calernes particulières; ils n'étoient pas tondus quar- en
garie narionale avec les blancs : la loin'étoit pas exécutée.
Qui devoit la faire exécuter? Polverel & Sonthonax. Si
Sonchonax révoqua en doute le procès-verbal de la municipaliré du Cap, je me fervirai d'un fait de la notoriété publique que Sonthonax a lui-même avancé. Sonthonax a
dans l'affaire des Cayes enJuillet 1793: les hommes de cou- dit
leur environnèrent le commandant mulitre Bigaud. Pour
environner un chef, il eft évident qu'il faut faire un corps
fondus particulier; car, fi tous les homnes de couleur euflent été
des
dans-les rangs, il eût été impoflible au commandant
grenadiers Badolet, comme l'a dit Sonthonax, de
voir aller exterminer les hommes de couleur, s'ils eullent pouformé une corporation particulicre; il eft donc conftaté
là quele 14 juillet 1793, la loi du 43 avriln'éoir pas encore parexécurée, & que les hommes de couleur n'éroient
tondus dans la garde nationale. Il importe cependan pas
Sonthonax : J'ai obfervé fur ce fait que j'ai abfolument
rempli mon devoir à cet égard, & que je ne me fuis
contenté de ne pas m'oppofer à la fulon des hemmes pas de
couleur dans la garde nationalé, mais que je l'ai
ma proclamation du 50 décembre que j'ai citée, ordrnneepar &
inférée aux débats. Th. Miller vous dit qu'aux Cayes qui'eft les
hommes de couleur n'étoient pas fondus dans la
nationale blanche. Millet s'eft rrompé, car il exifte garde une
mation particulière de Polverel qui ordonne cetie proclacomme il
filion,
en eft d'autres qui concernent en général
fation de la garde hationale de la province du Sud de T'orgeni- la
lcnie fans diflinétion de couleur.
coJ'obierve au refte que fià la fédératien du
les bommes de couleur environnoient
14jviller 1793,
qu'ils formaflent
Rigard, ce n'eft vas
le dit, mais
une corporation particulicre comme on vous
parce qu'ils fortirent des rangs pour feréunir
tour de leur ami, leur chef, autour du commandant de rau- la
légion de l'égaliré, pour le garantir des poignards de Monclut,de Badodet & de leurs fatellires. Mais il n'en cft
moins prouvé que les honmes de couleur étoient
pas
dans la garde nationale blanche, non-Ieuicment dans la fonaus
pioD3
, mais
une corporation particulicre comme on vous
parce qu'ils fortirent des rangs pour feréunir
tour de leur ami, leur chef, autour du commandant de rau- la
légion de l'égaliré, pour le garantir des poignards de Monclut,de Badodet & de leurs fatellires. Mais il n'en cft
moins prouvé que les honmes de couleur étoient
pas
dans la garde nationale blanche, non-Ieuicment dans la fonaus
pioD3 --- Page 62 ---
excepté à Jérédans celle de l'Oueft,
viuce du Sud,mais
mie & à Tacmel.
pas fur ce qu'a dit
Th. Millet: D'abordje ne du répliquerai 14 juillet 1793 aux Cayes:
Sonthonax fur la journée
ne peurpas atqu'un corps quelconque il faut qu'ils forment un
Yotemwentfenlemem ceux qui font dans les rangs;
beloin
taquer
cela eft inconteftable: O1i n'a pas
corps particulier, Pentendre. Mais Sonihonax a avoué,
d'ètre militaire pour le 20 juin il avoit donné ordre donc aux
dans la difcullion, couleur que de fe rerirer dans leurs cafernes;
hommes de
les hommes de couleur avoient leurs ca- des
les 20 & 22 juin, vois
ces cafernes pour
fernes: or, je ne
s'ils pas éioienc pourqioi fondus dans la garde nahommes de couleur,
tionale.
le quartier appelé les cafernes,
Sonthonax : Le 20 juin,
dire Th. Miller, le domiéroit, ainfi que vient de vous le
ces hommes n'ayant
cile de 200 hommes de le couleur; fit de T'incendie de la propoint de domicile par été obligés de (e réunir, & ont reçu un
vince du Nord, ont
leur domicile. J'ai ordonnéà ces
quartier appelé retiter cafernes comme pour à tous les autres citoyenssarmés,
hommes de fe Y'ordre de ie rendre dans leurs domiciles;
à qnije donnzi
corps armé, mais comme citoyens
ce n'eit point ordonné comme de fe retirer dans leurs cafernes.
de
que leur Millet: ai Je prie le prélident d'interpeller Sonthonax Cairon
Th.
étoit le fixième bataillon commandé par
déclarer quel
à Tépoque du 22 juin. du 22juin, lef fixième baraiilon étoit
Sonthonax: Alépoque de couleur, annexé à la garde nationale
celui des hommes les hommes de couleur étoient encore la
blanche. Siau Cap, d'eft parce qu'en n'avoit pas exécuté
feparés des blancs,
& je ne petavois la faire
proclamation du 30 décembre, à 60 lieues de - là, à Saint-Marc
exécuter, parce que j'étois
ou au Porrau-Prince.
de Sonthonax eft du 30 déTh. Miller: Ia poclamation TOuef à la fin de février. Or,
cembre, il eft parri pour la
dont il, dit qu'il étoit
dans deux mois, avec fuprématie de Faire exécuter la proclamarevêtu, il a oit ei le temps euffent ofé réfifter, euffent été
tion. Au rete, ceux qui & à coup-sàr ilnya aucun ade
prolerits, challes, asrèiés,
eft du 30 déTh. Miller: Ia poclamation TOuef à la fin de février. Or,
cembre, il eft parri pour la
dont il, dit qu'il étoit
dans deux mois, avec fuprématie de Faire exécuter la proclamarevêtu, il a oit ei le temps euffent ofé réfifter, euffent été
tion. Au rete, ceux qui & à coup-sàr ilnya aucun ade
prolerits, challes, asrèiés, --- Page 63 ---
qui conftate qu'on sly foit refufé, & fi onl'avoi: fait, on eût
été rigoureufement puni. Mais il réfulte de l'aveu de Sonthonar que les hommes de couleur, à l'époque du 22 juin,
formoient un corps particulier fous les ordres de Cairon.
Verneuil: : A l'époque du mois de décembre, les bataillons
des honames blanas étoient au nombre de cings celui des
hommes de couleur faifoit le fixième. Ils étoient calernés &
faifoient bande à part des bataillons blancs. Le 2 décembre,
Sonthonax rendit une proclamation qui ordonnoit à la municipalité de les fondre dans la garde nationale blanche, &
le 4 décemhre, il rendit une autre proclamation par laquelle il ordonnoit à la municipalité de les réintégrer dans
leurs cafernes.
Sonthonax: : Produifez ces proclamations.
Verneuil: Jel les ai produites, elles font aux débats.
Sonthonax : Vous ne lesavez jamais voulu produire.
Verneuil: J'ai dépofé ces deux proclamations fur le bureau; elles fontlune & l'autre inférées au procès-verbal de
la municipalité: elles font d'ailleurs fur les regiftres de Sonthonax, & voilà pourquoi je prie la commiflion des colonies
de vouloir bien ordonner la communication des regiftres de
Sonthonax où elles font dépofées.
Sonthonax: Elles n'exiftent pas fur mes regiftres, & vous
ne pouvez me forcer à les montrer.
Verneuil: Vousles montrerez.
Sonthonax : Je ne veux pas les montrer,&j'afirme
n'e 'exiftent pas.
qu'elles
Verneuil: : J'affirme qu'ellesy font.
Sonthonax: J'affirme qu'clles n'y font pas.
Brulley: : Nous l'affirmons tous.
de Sonchonax: chofes
Ce n'eft pas d'aujourd'hui quc vous affirmez
faulfes.
J'ai annoncé dansle cours de la féance que
commandant de la garde nationale. . du Cap, s'étoit d'Aflas, oppofé aii
défarmement des hommes de coulcur, ordonné
blée coloniale; vovez le Monireur, feance du 18 par aolt Taflenje crois bien que les colons ne récuforont
1792:
de d'Atfas, leuz ami, dont ils ont fiit I'sioge pasle dans réncignnge tens les
temps.
D 4 4
le cours de la féance que
commandant de la garde nationale. . du Cap, s'étoit d'Aflas, oppofé aii
défarmement des hommes de coulcur, ordonné
blée coloniale; vovez le Monireur, feance du 18 par aolt Taflenje crois bien que les colons ne récuforont
1792:
de d'Atfas, leuz ami, dont ils ont fiit I'sioge pasle dans réncignnge tens les
temps.
D 4 4 --- Page 64 ---
Il lit :
Du mardi, 21 aoit. - - Séance da 18, idem.
des troupes pattioriques fait
cc M. le commandant géneral Tallemblée à retirer fon
diverfes obfervations pour engager les hommes de couleur feront déarrété du 16, porrant que ils font habitués à fe réunir dans
cafernés; premieremnenr, fous les ordres de leurs chefs, lorfque l'occaleurs cafernes
deft un
fion exige que T'on prenne les 2 armes; fecondement de leurs rations, ,
&
endroit de ralliement pour la diftribution d'enu'eux
n'ont pas le
enfin c'eft une retraite pour ceux
à cette qui dernière obmoyen de
un loyer en ville. Quant bien
lui réfervation, PREC d'Affas dit: qu'il S attend
qu'on
pas le moyen d'avoir un logement
pondra que ceux aller quin'ont dansle camp: i fait que c'eft le refrein
en ville, doivent mais il oblerve qu'il y a une quantité de petits
ordinire;
à chaque initant, ont beloin
poltes autour de la ville, qui,
les moyens de leur en
de fecours, & que c'eft conferver aux hommes de couleur,
fournir que de lailler les calernes fuffifamment de monde pour
puifqu'on y trouve toujours
envoyer un premier fecours.
continuearrête
les hommes de couleur
.>> Laffemblée leurs cafernes. que >>
ront d'occuper
Th. Millet : Il y a une obfervarion fort fimple...
Je deVeraecil(presanr le papier lu par Sonthonax):
mande à la commiflion fi Sonthonax chifon écrit peut par produire lui, & pour qui
preuve de ce qu'il avance, un
n'eft revêtu d'aucune fignacure. avoit de. la bonne foi dans la
Soncho.ax: J'ai cru qu'il y
mot hier fur le Monidifcullions j'ai copié cela mor pour de Saint- Domingue, du
teur génér.l de li partie françaile les colons
le
féance du 18. Que
produifent
mardi 21 août, vais leur montrer l'original de cet écrit.
Moniteur, & je
Sonthonax de répondre & de
Verneuil: Te piie d'abord
lues par Ladéclarer quelles éroient les. deux proclamarions
veaux à la tère des troupesle 2 décembre 1792.
'ai copié cela mor pour de Saint- Domingue, du
teur génér.l de li partie françaile les colons
le
féance du 18. Que
produifent
mardi 21 août, vais leur montrer l'original de cet écrit.
Moniteur, & je
Sonthonax de répondre & de
Verneuil: Te piie d'abord
lues par Ladéclarer quelles éroient les. deux proclamarions
veaux à la tère des troupesle 2 décembre 1792. --- Page 65 ---
Sonthonax : Je ne fais ce que vous voulez dire.
Verneuil : Elles font de vots. C'cfl Sonthonax qui les a
remifes entre les mains de Laveaux 5 & ces deux proclamations ont été entenducs par plus de 5o0 perfonnes qui font
actuellement à Paris. La premitre eft celle qui ordonne à
la mmicipalité de décaferner les hommes de couleur, & la:
feconde celle qui enjoint aux hommes de couleur de rentrer
dans la ville du Cap.
Sonthonax : Je ne puis me rappeler toutes mes proclamations > mais je demande acte de ce que vient de dire Verneuil. Que fignifient ces contradiftions perpéruclles que les
colons me prétent;? ? tantôr J'ai ordonné de les ergani cr;
tantôt j'ai ordonné qu'ils fuffent cafernés > tantôr qu'ils
fullent décafernés 5 tantôr j'ai ordonné leur fufion dans la
garde narionale; enfuite je fuis accuf: d'avoir empèché la
fufion. Je n'entends plus rien aux accufations. Je me dif
penfe de répondre déformais à cerrticle.
Brulley : Ces contradictions ne font pas norre fairsceft le
fien. Tantôr il a ordonné une chofe & tantôt une autre.
Mais.il demeure prouvé
fi on n'avoit pas encore exécuré
la loi du 4 avril, il Reari faire exécuter 2 & il eft certain
qu'il n'en a rien Fait.
Sonthonax : Mon devoir étoir d'ordonner l'exécution de
cette loi; je l'ai fait. La commiflion jugera mes actes.
Clasfor : Je pafle à la dernière parrie du cinquième article,
ou nous avons accufé Sonthonax, par fa lettre du IO mars
1793 à Laveaux, commandant de la province du Nord >
d'avoir provoqué une prife d'armes. A tout CC
a été produit à ce fisjer, Sonthonax a répondu qtie cela
pas de
Reat
fon fait; or, il n'en réfulre pas moins que les pièces que
j'ai produites > ainfi qué celles que ia ccmmillion peut prendre auix lieux que noas avons indiqués 2 prouvent, d'une
manière bien manifefo, cue la publication de cette lettre
écrite par Sonthonax à Laveaux, & publice par ce dernier,
a produit une prite d'armes, delaquelle il a manqué de réfalrer des événemens faneftos, tels que ceux du 20 juin; car
il eft prouvé que le commandanr de ia province du Nord,
a confié deux poftes imporians, l'un à onze infiranes, lautre
à cinq 3 & gic ces onse intirmes, ces onze vieillards savoient
la publication de cette lettre
écrite par Sonthonax à Laveaux, & publice par ce dernier,
a produit une prite d'armes, delaquelle il a manqué de réfalrer des événemens faneftos, tels que ceux du 20 juin; car
il eft prouvé que le commandanr de ia province du Nord,
a confié deux poftes imporians, l'un à onze infiranes, lautre
à cinq 3 & gic ces onse intirmes, ces onze vieillards savoient --- Page 66 ---
leurs mains le fort de Saint-Domingue ; car c'étoient les'
entre
s'introduire les révoltés dans la
poltes parl lefquels pouvoient iléroit impolible que 15 vieillards
ville du Cap. Ec certés,
tomber
puffent réfifter à 60,0co brigands 9 qui eft pouvoient arrivé le 20 juin.
fur le Cap comme un torrent, ce, qui
du général
Sesthonax : Je dois dire > pour la de juftification la Fofletre, & celui
Laveaux, qu'il eft faux que le polte qui garantiflent Saintdu Bacq, foient des poftes importans Le
de la Foflette eft àla
Domingue de fa defiruction.
pofte
ligne,
barrière de la ville du Caps mais noi du pas Belais en première & le
a avant la ville bartières le fort de la ville : du F
ER 3 cais les vérirables du
n'eft
parce qu'il
de la perice Anie, le pofte
Bacq eft un fort rien,, élevé fur les
a le Mornet-Saint Michel, qui eft couvert d'ailleurs
les
Lorat de la rade,
quil de la petite Anfe. Ce TaNit
foflés faits autour E'to bourg Laveaux qui avoit mis à la Foffette
point le commandant
c'étoit le commandant de la garde
les vétérans dont il s'agit,
mis, dans
nationale chargé de furveiller ces poftes. Onyavoit
parce que ces poftes n'étoient
tous les temps, desvérérens, qu'ils ne font pas en première ligne >
pas importans, font parce d'ailleurs couverts par le fort de la Petiteparce qu'ils le fort du Mornet, celui de Bel-Air & le camp
Anfe, , Far
Bréda.
Millet : Vous allez nous obliger à entrer dans des
difcuflions Thomas de fcience militaire; nous allons détruire d'un
mot votre échafaudage.
direét à SonLe préfident : Ceci n'a pas un rapport
thonax.
Th. Millet : Il faut que je réponde aux abfurdités qu'il
vient de dire.
ait la parole le dernier, 9
Lc préfident : Il faut que quelqu'un
& il eft jufte que ce feitlaccufé.
SonTh. Millet : Citeyens, je vous repréfenterai faux.
vous
un
parles
CEr
thonax visnt eacore de
avancer
qu'il vient
aétes de la municipaliré du Cap,
jexpliquerai mot : vous trou
de vous tromper; je ne vous atur qu'un
abfurdités qu'il
vient de dire.
ait la parole le dernier, 9
Lc préfident : Il faut que quelqu'un
& il eft jufte que ce feitlaccufé.
SonTh. Millet : Citeyens, je vous repréfenterai faux.
vous
un
parles
CEr
thonax visnt eacore de
avancer
qu'il vient
aétes de la municipaliré du Cap,
jexpliquerai mot : vous trou
de vous tromper; je ne vous atur qu'un --- Page 67 ---
verez dans les pièces qui ont dû vous être envoyées par le
miniftre Genelt, les ordres donnés par Laveaux aux officiers de ce petit
de Saint-Michel, lefquels ordres
toient la défenfe fairel lesfignaux nécelfaires
avertir
leds
F
pour
T'approche des brigands; la furveillance de ce polte du Mornet
de Saint-Michel, dont il vientde vous
éteit donc inutile : d'ailleurs, > nous avons
la nuit du 22 au
FIE
éprouvé,
23 janvier 1792, qu'on pouvoit entrer au Cap fans paller
par les poftes du camp Bréda & du Bel-Air; car nous avons
été canonnés par lest brigands qui ont palié
un gué qu'on
leur a indiqué fur la rivière Gaufet, & Eont venus julques
aux portes du Cap canonner la ville; &s silny avoit pas
eu à la Foffette un pofte formidable qui les a contenus >
la ville eût été incendiée comme elle l'a été le 20 juin 5 or >
je vous demande ce que fignife ce qu'il-vient de dire.
Sonthonax : Cela ne finiroit pas,, fije répondois à tout. Je.
prouverois facilement que tout celi, ce font des abfurdités.
Ciauffon : Sonthonax a dit : Il eft faux que nous ayons ja
mais marché contre Jacmel. Ily a eu, citoyens, deux expéditions fur Jacmel,Tune en 1792, commandée par Polverel,
que nous paffons fous Gilence 5 la feconde eft enfuite de la
canonnade du Porc-au-Prince; ; elle eft commune à Polverel &
Sonthonax.
Lc préfident : Il me femble que ceci a été renvoyé au moment où l'on traitera la canonnade du Port-au-Prince.
Sonthonax : Clauffon s'eft défifté de route accufation relative à Jacmel.
Claufjon : Non pas quant à la feconde expédition.
Le préfidant : Cette diftinétion a en effet été faite ; mais on
a remis la difcuflion à l'inftant oà il fera queftion de la canonnade du Port-au-Prince.
Clauffon : Je n'ai que deux mots à dire pcur faire rentrer ce chef dans celui de l'organifation de la guerre civile.
Sonthonax : Vous ne pouvez pas repliquer à ce que je
n'ai pas dit;je n'ai
parlé de Jacmel. Jepalle fur-le-champ
à Jérémie. Je vous T demandé: Vous déniftez-vous de cette
accufation? Vous avez répondu : Qui, quant à préfesr.
era queftion de la canonnade du Port-au-Prince.
Clauffon : Je n'ai que deux mots à dire pcur faire rentrer ce chef dans celui de l'organifation de la guerre civile.
Sonthonax : Vous ne pouvez pas repliquer à ce que je
n'ai pas dit;je n'ai
parlé de Jacmel. Jepalle fur-le-champ
à Jérémie. Je vous T demandé: Vous déniftez-vous de cette
accufation? Vous avez répondu : Qui, quant à préfesr. --- Page 68 ---
Clauffon : En ce c25, je ne donnerai à ceci Port aucun développement, je le renvoye à la canonnade du Sonthonax au-Prince. e(t
Je palle àla fecende partic du fixiame article.
trois
avoit donné un ordre à un corps'de
convenu qu'il d'aller tenir garnifon à Jétémie, qui étoiten
cents hommes
voulit exécuter aucune réquiliticn
révolte ouverte & ne
de la République. Ila
des corps cenflirués & des verlu délégués correfpondre avec les comajoûté que jamais iln'evoit avoit
la garnifon,
miffaures civils, & qu'il
repoulle dans fon fein. D'abord CE eft
commiffaires civils envoyoient youlu correlpondre avec les
faux que Jérémie n'ait, c'eft-à-dite, jamais
je diftingue ce qui s'eft
aurorirés conftituées , décembre 1792, jufqu'à la fn du
palle à Jérémie, depuis
ma 'appuyer , le témois de mai 17935 & je citerai, pour
envové.
moignage d'un homme que Sonthonax a loimeme
Confultez les papiers dépofés à la commilion
(Docunha.) Vous verrez dans les mémoires du citoyen
Docunha, des colenies. dans les pièces qu'il a pu remettre: - que Jérémie civil Pcl- a
envoré, à différenes époques > au commiflairé ont correfverel, alors aux Cayes, des commiflaires de mois 5 qu'ils de mars 1793.
mois
pendu avec Folverel julqu'au
avec les commillai.es
Jérémie a cenflamment correfpondu
civils.
fur le même objet; à l'appui de ce
Duny : J'aih parler
Cauflon ; je vais vous reque vient de dire officielles mon collègue de la correfpondance de Polverel
mettre des pièces
Jérémic. Dans le cours des débats ,
& de Santhonax avec
Jérémie s'étoit refufée opiniatréSonthonax vous a dit que
conftiruées, fur-tout
ment à correfpondre avec les antorités civile qu'elle ne vouloit pas
avec la commillion nationdle de la France. > Ils'cft aitaché fur
reconneitre les délègués qu'elle. étoit forcée de fe livrer aux
cette commune, parce
originales fur
Anglais. Je vais prouver, en mettant les pièces
avec
Sonthonax & Polverel ont correfpondu
le bureau, que Jérémiea été toujours foumife aux volontés
Jérémie, que
Convention nationale. Vous avez auffi
comme aux lois de la
les mulâtres avoienr été chafcutendu dire à Sonthonax que
& leurs
faifies.
fes par lcs biancs à main, armée,
proptiètés
Leprofident: C'eft un autre objet.
prouver, en mettant les pièces
avec
Sonthonax & Polverel ont correfpondu
le bureau, que Jérémiea été toujours foumife aux volontés
Jérémie, que
Convention nationale. Vous avez auffi
comme aux lois de la
les mulâtres avoienr été chafcutendu dire à Sonthonax que
& leurs
faifies.
fes par lcs biancs à main, armée,
proptiètés
Leprofident: C'eft un autre objet. --- Page 69 ---
6s
Duny : Voilà la pièce originale.
(Liladépofe.)
Je paffe à la correfpondance de Jérémie avec les commifGires civils Polverei & Son-honax. Dans la premicre leuire
que je dépofe fur le bureau > vous verrez
le procureur de la commune écrit à Sonthonax le, 88 avril, &ie.
plaint de fa proclamation du 21 mars.
Par la deuxième lettre du procureur de la commune à
Sonthonax & Polveiel, fous la même date, , il prouve la
Coumitlien de Jérémie aux décrets de la Convention, &
auxfactes des dllégués de la Répablique.
Par la troifiènse, du 22 avril,le procureur de la comnune écrit à Sonchonax & à Polverel, pour leur accuer la réception des, piices officielles adreflées à la commune
le Jéremie par les commiffaires civils, & leur annoncerl'enregiftrement de ces pièces à l'époque à laquelle elles font
parvenues ; i1 les prévient aufli que les lois fur les émigrés
Fexécutent conformément à la proclamation de Polverel.
Voiri f'original que je dépofe fur le bureau.
Par la quatrième, du 8 mai, à Polverel & Sonthonax,
ei même procureur de la commune prévient les commiffaires que leur proclamation du mois d'oétobre
uppreilion des corps adminiftraiifs, a été enregiftrée; 1792, 3 portant
a municipalité a , dans le temps > appofé les fcellés
eurs
E
papiers & regiftres, & que plutieurs citoyens réclanent des lettres qui fe trouvent fous les fcellds. La muniipalité n'a pas voulu, par refpett pour les délégués de la
nation, toucher à ces fcellés; elle aitendit une décifion à ce
ujet. Voilà la pièce originale que je dépofe fur le bureau.
Par la cinquième, datée du S inai, le procureur de la
:ommune annonce à Polverel & Sonthonax
fait faifir
à fa requête les revenus de tous los émigrés qu'ila
le leurs habitations vont être contraints de verfer &queles ces revenus gérans
Hans la caiffe de la colonie. Voici la pièce originale
dépofe furle bureau.
que je
Par la lixième, darée du 8 mai, écrite à Polverel & Son-
la cinquième, datée du S inai, le procureur de la
:ommune annonce à Polverel & Sonthonax
fait faifir
à fa requête les revenus de tous los émigrés qu'ila
le leurs habitations vont être contraints de verfer &queles ces revenus gérans
Hans la caiffe de la colonie. Voici la pièce originale
dépofe furle bureau.
que je
Par la lixième, darée du 8 mai, écrite à Polverel & Son- --- Page 70 ---
de la commune de Jérémie, cet offithonax par confirmel le procureur le dévouement de la commune à la mèrecier public
patrie. Voilà la pièce originale. écrite
par lel
Parla feptième, du 8 mai,
toujours
procudela commune à Polverel & Sonthonax, ce fonctionreur fe
de ce qu'il n'arrive à ceite commune aucune
naire plaint
de la part des
loi, aucune proclamation civils. > aucune Voilà décifion la pièce originale.
conuifaires nationaux le
de la commune de Jérémie
Parl huitième ,
il fe
amèrement de la
écrit à Polverel &
plaint
AUTTE
du 5 mai, qui proferit un aôte dont la
groclamation
le
2 faifoir un
SCg
clamation, émanée de Polverel dépofée 23 janvier, fur le bureau.
fasteur. Voilà la pièce originale
de Jérémie à
Par la neuvième, écrite par la commune fa
& fa douPolverci & Sonthonax, elle exprime commiflaires (urprife civils, datée
leur à la leéture de la lettre des
contre la
de Jacmel, le
mai. Cette commune protefte d'infur12 accufe d'efptit d'indépendance s
calomnie,
révoke. Voilà la pièce originale dépofée fur le
redtion & de
bureau.
de Jérémie envoya une députeLe 19 maila municipalité
lui remettre une adreffe
tion vers le général Galband fouslaquelle > pour elle gémiffoit, &l la tyranqui pcint Topprellion civils. Voicifadrelle originale > revêtue
nie des commitlaires les officiers
Si la commifdes fignatuires de tous
clle municipaux. verra quelle étoit la foufion veut en entendre à la la ledure, France 5
étoit dans les vrais
miflion de Térémie fommes
qu'elle reftés ; mais qx'elle a été
principes ot nous
toujours elle étoit menacée,d'un
torcée d'appeller torche les & Anglais, les
quand & de l'autre > par Y'encôié par la
poignards, j'en demande la lecture.
mi extérieur. Voilà les pièces S
les
Sonthonax : Je demande le matériel de toutes pièces.
(Duny lit la pièce faivance:)
La municipalité de Jérémie , ai citoyen P'an
de
le
mai 1793 ,
premiar
ermrfit
maifen commune, 19
Répullique françaife.
cc CITOYEN GOUVERNEUR,
renait dans
a Vous paroilfez fur nos bords, T'efpérance
poignards, j'en demande la lecture.
mi extérieur. Voilà les pièces S
les
Sonthonax : Je demande le matériel de toutes pièces.
(Duny lit la pièce faivance:)
La municipalité de Jérémie , ai citoyen P'an
de
le
mai 1793 ,
premiar
ermrfit
maifen commune, 19
Répullique françaife.
cc CITOYEN GOUVERNEUR,
renait dans
a Vous paroilfez fur nos bords, T'efpérance --- Page 71 ---
nos cacurs; & c'eft de vous, citoyen gouverneur > que la
infortunée colonie de Saint-Domingue aitend fon falut. trop
tion importante de cette partie de la République françaife, Secla paroiffe de Jérémie, la grande Anfe 3 vous demandent
prorection &c juftice. C'eft T'objet de fa députation
de
vous. Mais, fi vous ne daignez' vous occuper à l'inftant auprès de
notre fort, la calomnie aura opprimé l'innocence. Les
les plus furieufes auront fait un théâtre de défolation paflions de la
feule fervée partie de la colonie, > qui, par fon énergie > -fe foir condebout au milieu des ruines dont le crime l'a environnée.
>) Veuillez jeter les yeux fur Tinconcevable déclaration
de guerre que nous ont adreffée de Jacmel les citoyens commillaires-civils, vousy verrez à quel point leur religion a été
furprife à notre égard, Voyez, citoyen gouverneur, notre
réponfe, toutes les lettres que nous leur avons
nos fentimens par nos actions.
écrites.Jugez
>> La réfiftance à l'oppreflion eft, vous le
un des
droits imprefcripribles de Thomme 3 jamais l'opprelion favez, futelle mieux caractérifée que par cette étonnante lettre du
mai ? Elle tend à nous livrer fans armes à nos eunemis 14 de
toute efpèce > dans un moment ol, repoufés ai fouvent de
nos frontières, ils reparoiffent à-la-fois de toutes
Ellé nous accufe a vouloir lindépendance,
parts.
le port de Jétémie, le 17 mai nous repouffamcs quand, le dans
de nos batteries; une frégate anglaife qui ofoit venir par linful feu
ter ; quant aux Cayemittes, nous armons doux corfaires
pour enlever un cutter anglais qui y troubloit la
tion 5 quant aux Abricots, , au petit bourg des Abticors, naviga- on
pourfuit, à deux lieues en mer > on amène au
un combat, la mouche de la frégate qui avoit ofé port, fe après
ter fous les batteries de Jérémie.
prefen3, On nous parle d'indégendance, > à nous qui avions
pelléen août 1790 nos députés al'uffemblée de
rapfur le fimple foupçon que cette allemblée ne prenoir Saint-Marc, pas
bafe de fes travaux les décrets nationaux.
pour
33 On nous parle defatieix & de fagtion, à nous qui nous
fonunes conftamment garantis de tout efprit de parti de
port, fe après
ter fous les batteries de Jérémie.
prefen3, On nous parle d'indégendance, > à nous qui avions
pelléen août 1790 nos députés al'uffemblée de
rapfur le fimple foupçon que cette allemblée ne prenoir Saint-Marc, pas
bafe de fes travaux les décrets nationaux.
pour
33 On nous parle defatieix & de fagtion, à nous qui nous
fonunes conftamment garantis de tout efprit de parti de --- Page 72 ---
qui toujours voués àl la mère-pattie
toute diverfité d'opinion; fuccellivemen: le gouvernement qu'elle
avons toujours adopté contre nousle mot de révolte, contre
seftdonnés on employe a volé à-la-fois hors de fes frontières
un peuple énergique qui
défendre fes frères, & les faire
à TER & à POueft, pour
& des
conftamment triompher des brigands
perfides qui
avoient juré leur deitruétion.
Voilà des faits, ciroyen gouverneur; ils ont été publics,
ils font conftarés dans lés archives de T'aflembiée coloniale;
ils ont même fufpendu le fentiment des malheurs des autres
paroiffes de la colonie.
On veut que nous méritions l'indulgence par une foucomme la ville de Jacmel; nous n'avions >
milion parfaite, >
mérité &c obtenu
ce moment
citoyen l'eftime gouverneur & les éloges >
de toute la colonie; jufqu'a & par nos
que actions, jugez fi c'eft avec juftice, nous n'avions obtenu
conftante de toutesles autorités conftituées,
que lapprobation
des
elles n ont cefle de nous en donner
marques.
Ce feroit donc, ciroyen gouverneur, > des récompenfes que
devrions obtenir, s'il en étoit une plus douce pour nos
nous
celle d'avoir confervé intacte à la mèrecoeurs français, que
de
à
patrie & à fon commerce une furface
furveillance. quarre cinq
cents lieues préfervée par notre conrinuelle
Nous ne connciffons point les griefs qui ont la pu ville armer de
les citoyens commiffaires nationaux civils contre commun avec
Jacmel, mais nous n'avons jamais rien eu de
elle, & la caufe de notre-dépendance n'eft celle d'aucun autre
quartier de la colonie.
.
nous avons mis à bord les citoyens
ci-devant Citoyen dits gouverneur, de couleur, quand le 4 décembre 1791 > nombre
d'entr'eux fe livrèrent aux plus horribles affaflinats, & à faire
révolter nos efclaves; quand nous sûmes pofitivement que la
clalle entière étoit follicitée vivement à imiter ces excès: nous
avions pour notre inftruction J'exemple des autres quartiers.
Nous penfâmes que ce feroit leur éviter des crimes que de
les mettre dans limpuillancee d'en commettre; 5 c'ett cette
mefure qui a fauvé notre dépendance, & qui a confervé la
ils
& fans la
vie. à ces citoyens :
jouilloient paifiblement, moindre
mes pofitivement que la
clalle entière étoit follicitée vivement à imiter ces excès: nous
avions pour notre inftruction J'exemple des autres quartiers.
Nous penfâmes que ce feroit leur éviter des crimes que de
les mettre dans limpuillancee d'en commettre; 5 c'ett cette
mefure qui a fauvé notre dépendance, & qui a confervé la
ils
& fans la
vie. à ces citoyens :
jouilloient paifiblement, moindre --- Page 73 ---
moindre opnofition, desbienfaits delaloi du 4avril,
avec foumillion, ) exécurée de bonne foi, quand, fons acceptée
& même fans prétexte ipécicux, ils fe fent aimés & rafiem- morif,
blés; fommés légalement de fe feparer & de réclamer
par la voie légale > ils ont préféré de perfifter dans leur juftice infurreétion & de quitter notre quartier à la vue des forces
qui s'étoient réunies pour prèter main-forte à la loi.
Nous avons envoyé une dépuration au
national civil Polverel; nous lui avons citoyen commiffaire
les yeux, > & demandé une décifion & mis laquelle cette affaire fous
foumettions d'avance.
nous nous
Les ciroyens commifaires civils ont. gardé. le
leur lettre du 14 mai eft la feale
filence, &
reçue.
réponie que.nous en ayons
Le filence des citoyens commiffaires civils, la natufe
leur lettre, nous ne le didlimulons pas, doivent vous
dé
cituyen gouverneur, une prévention peu favorable infpirer,
il ne vous paroitra. pas même préfumable
fixés pour nous;
colonie depuis pluficurs mois, les délégués que, de la dansla naton
puiflent avoir éié furpris à ce point conure une
colonie aufli confidérable.
partie de la
Citoyen gouverneur, nous en fommes
vous ne le ferez vous - méme, mais tout plus étonnés que
ne. demandons que le temps de fournir git en fait : nous
nous ne les
nos preuves, & fi
fourniffons pas, nous offrons tOus
nos têtes fans réliftances, nous renonçons folemneilement
au bénéfice de l'arricle II de la déclaration authentiquement des droits de
"homme, & quels que foient nos movens de
Force de Hlotre pays,'lo nombre de nos citoyens, réfiftance, la
la
af fidéliré de nos elclaves, nous facrifions tout à la quantiré
nous n'emploierons qu'eile: nous ne demandons ni juftice Sc
ndulgence, mais nous demandons
grace ni
lètre entendus avant.
jultice; nous demandons
endus dont
qu'on nous punife des crimes
nous fommes innocens,, & dont l'idée preévolre tous nos cceurs.
fcule
C'eft de vous, citoycn gouverneur,
1 loi nous adreffe à vous, quand les que autres nousPattendons, autorirés
Tome VII. Soikante-cinguième
fon
livraifon,
E'
ons ni juftice Sc
ndulgence, mais nous demandons
grace ni
lètre entendus avant.
jultice; nous demandons
endus dont
qu'on nous punife des crimes
nous fommes innocens,, & dont l'idée preévolre tous nos cceurs.
fcule
C'eft de vous, citoycn gouverneur,
1 loi nous adreffe à vous, quand les que autres nousPattendons, autorirés
Tome VII. Soikante-cinguième
fon
livraifon,
E' --- Page 74 ---
Citoyen gouverneur 2 votre médiation ou votre
furprifes. mais furlis à toute action contre nous, avant que de
autorité; éte entendus, c'eft à quoi le borne l'objet
nous ayons
: votre cceur ne le refufera pas à remplir
notre le devoir députation facré que veus impole votre place.
de la commune de Jérémie & en
Les officiers municipaux
fon nom.
Signé, Charles de Bardilliery : oficier municipal; de Hemne, maire ;
officier manicipal 5 Lemoine, f ija mantcipal; Z jonttion Favarange ,
Bourlme, jaijant fondtion d'offcier le jeune $ Jecrétireprocureur de la commune 5 Hennequin
grefier-adoint.
Voilà les pièces
j'avois à produire à la comDuny : relativement à la que foumiflion de Jérénie : elle voit il
million, la
je ne dis pas comme Sonthonax qui, quand
par que un chiffon, dit: il ett prouvé. . :
produit
Le préfident : A Y'ordre.
Duny : Ileft prouvé clairement, gémit prouvé encore aurheniquement, fous le joug
la commune de Jérémie, qui
le pavillon tricolor
2e: Anglais 2 attend avec impatience s'elt livrée que
que les
paroide fur fes bords; elle ne
famine que la parce
: la
la dévaftation &c la
menaçeient:
poignards, iur elle, & les délégués de la nation vouloien
famine peloit incendier & mallacrer comme ils ont fait de celle
la faire
du Cap.
de ces pièces
Sonthonex : Je demande communication
Le préfident : Cela ne fouffre pas de difficulté.
Vous
donc, citoyens, que la commun
Claufion : celle voyez de correlpondre avec les commiffaire
de Jérémie n'a
de leur arrivée jufqu'au mois d
civils depuis l'époque
mai 1792.
ont été les motifs de cette commun
Vous verrez quels
avec les commiffaire
lorlqu'elle a celle fa correipundance
Je palle à un autre point du même article.
thonex : Je demande communication
Le préfident : Cela ne fouffre pas de difficulté.
Vous
donc, citoyens, que la commun
Claufion : celle voyez de correlpondre avec les commiffaire
de Jérémie n'a
de leur arrivée jufqu'au mois d
civils depuis l'époque
mai 1792.
ont été les motifs de cette commun
Vous verrez quels
avec les commiffaire
lorlqu'elle a celle fa correipundance
Je palle à un autre point du même article. --- Page 75 ---
Sonthonax dit que la municipalité de la Cayemitte
refufé d'obiempérer à la réquifition des commillaires avoit
& de réintégrer Noël Azor, > le Page & Lafond,
civils,
les habitans de cette commune; qu'elle avoit challés par
fufé d'obéir aux ordres de la commiffion
égalemen: retant l'ordre de réinrégration de ces mémes intermediuire, individus. jei porm'étendrai pas fur la réfutation de cette impuation fae ne
Sonthonax, inférés
parce qu'ily a eu à cet égard des
onens par
aux débats anterieus; je dirai
évclopt
avoit été intenrée contre cerAzor,le Page qu'une & Lafond procedure
auteurs de plulieurs alliflinats, & notamment
comme
la fenme Séjourné, dont On vous a rendu
de ceii de
vous a dit enfuite qu'en ferrier 1793 la courmine comnte. de C on: ionax
s'étoit infurgée contre les hommes de couleur, & Jérémie
pallier cette infurredtion, ou du moins pour en que pour
les effets., il avoit rendu le 3 mai 1793 une pro mpêcher
porrant défenfe de former des raffemblemens
lamàtion
couleur : Sonrhonax n'a pas dit vrai, & il lui d'ainmes falloit des de
allégations, comme il lui en faut toujours,
il
trouver des coupables : la commune de Jérémie quand
veut
point infurgée contre les homes de couleur, ne s'étoit
hommes de couleur qui s'étoient mis
ce font les
en infurredtion.
Ils voulurent reuouveler en février
ce
fait dans les mois précédens mais 1793
qu'ils avoient
qui prouve que la commune de 3 Jérémie-n'étoit ce qui eft cerrain, ce
de ce dont Taccufe Sonthonax c'eft la
pas courable
Polverel datée des
>
proclamation de
Cayes au mois de février
&
conféquent antérieure à celle de Sonrhonax, 1793,
par
reconnoit que la commune de Jérémie n'éoit par laquelle il
d'une infurrection contre les hommes de couleur. pas Tauteur
la Sonthonax : Je prie Clauffon de remettre fur le bureau
proclamation de Polverel qui juftifie Jérémie.
Clauflon : Puifque vous allez prendre communication des
pièces que Duny a mifes fur le bureau, vous la trouverez,
Sonthonax : Duay n'a mis aucune
fur
bureau,
prociamation
le
E 2
reconnoit que la commune de Jérémie n'éoit par laquelle il
d'une infurrection contre les hommes de couleur. pas Tauteur
la Sonthonax : Je prie Clauffon de remettre fur le bureau
proclamation de Polverel qui juftifie Jérémie.
Clauflon : Puifque vous allez prendre communication des
pièces que Duny a mifes fur le bureau, vous la trouverez,
Sonthonax : Duay n'a mis aucune
fur
bureau,
prociamation
le
E 2 --- Page 76 ---
n'y 72 eft pas; mais ces pièces reDuny : La proclamation Polverel du 23 janvier.
Jatent celle de
prouvent
Claufon : Ce font donc des pièces qui lui reproche, 2
Jérémie n'étoit pas l'aureur de jai ce qu'on avancé.
laflentiment de Polverel que colons s'il ctou non à leur
Sonthonax : Je demande de aux février 1793 les hommes de
connciflance qu'à la fin été chafles à main armée de cette
couleur de Térèmie ont armé des efclaves conr'eux.
commune, après aveir
: Laille Clauffon te répondre.
Le prefdent
tous les colons, Millet va réClaufon : Il a interpelé
pondre.
Clauffon comme les autres,
Le préfident : Ii a interpellé Clauflon à répondre.
& la commifion invite
les hommes de couleur n'ont
Clanfon : Je réponds armée, que mais les hommes de couleur
été challés à main
22 février 1793,
mis de nouveat en du infurectionle feu jérémie & toutes les padu fer &
RELE
& menaçant
alors il y a eu, autant que je me rappelle,
roilfes voilines,
les hommes de couleur & les blancs:
ane prife d'armes entre détails, je renvoie à Millet, qui eft de ce
fur le furplus des
quarier. Je vais vous convaincre, par une pièce officielle,
Duny :
de couleur n'ont pas été challés à main-ar- de
que les citoyens c'eft pour veus prouver les mefurres
mée de Jérémie; & d'humanité employées par cette comdouceur, de jultice
mune à leur égard.
Il lit:
de
des délibérations du corps. municipal
Extrait du régifre
Jérémie.
jour du mois de mars
Ce De la féance du vingt-deusième de la
françaife, a été
au matin, Y'an ph mier
République
extrait ce qui fuit:
que les citoyens c'eft pour veus prouver les mefurres
mée de Jérémie; & d'humanité employées par cette comdouceur, de jultice
mune à leur égard.
Il lit:
de
des délibérations du corps. municipal
Extrait du régifre
Jérémie.
jour du mois de mars
Ce De la féance du vingt-deusième de la
françaife, a été
au matin, Y'an ph mier
République
extrait ce qui fuit: --- Page 77 ---
s Le corp municipal, après avoir entendu la relue d'une
pérition du citoyen, capitainel de la feltion de la Cuflsche,
& les réclama-ions du commandant de bataillon & de plufieurs aurres citoyens, qui demandent qu'il foir éabli des
gérans fer les habitnrions des citoyens ci-devant dits de couleur abiens depuis le 22 février dernier, a arrêté kk arrète,
comme mefare de sûreté générale, ce qui fuit:
Ar T I C L E P R 2 M I S R.
3> Les citoyens capirain:s-du diftrict feront une vifite
exaéte fur toutes les habitarions de leurs fections, dont les
propriétaires font ablens depuis le 22 revricr,jout de lin
furrection des citoyens ci-devant Jits de conleursilsferont un
état exaet de toutes les perfonnes libres & des elclaves qui
Ont difparu de deffus leidités habitations, fans comprendre
dans ledir érat les citoyens abiens par congé,
IL
>> Les capiraines de diftrict fignifieront aux femmes propriétaires de leur quartier, dont les maris font abfens, &c
qui n'ont aucune perfonne libre fur leurs habitations pcur
contenir leurs ateliers, d'avoir à en érablirune fous le délaide
trois jours , fi le nombre de leurs efclaves n'excède pas cinquante, deux au-deflus de cinquante jufqu'à cent, & trois
depuis cent juiqu'à cent-cinqtante.
III
93 Si dans le délai de trois jours prefcrit, par l'article cideffus, lès femmes dond les maris font abfens, &c les propriétaircs qui ne réfident point fur leurs. habitatiens, one
néglige d'érablir chez eux, d'après l'avis des capitaines la
nombre d'hommes libres fixé par l'article précédent > lefdits
capitaines font & demeurent autorifés à préfenter au corps
municipal 'des erfonnes d'une conduite éprouvée, pour Y
ête' placées provifoirement.
E3
us, lès femmes dond les maris font abfens, &c les propriétaircs qui ne réfident point fur leurs. habitatiens, one
néglige d'érablir chez eux, d'après l'avis des capitaines la
nombre d'hommes libres fixé par l'article précédent > lefdits
capitaines font & demeurent autorifés à préfenter au corps
municipal 'des erfonnes d'une conduite éprouvée, pour Y
ête' placées provifoirement.
E3 --- Page 78 ---
I V.
autorité du corps municipal ftr
élablis par
abfens > feront payôs
33 habitations Les citoyens des citoyens proptiétaires fuc Tefimation du capitaine
les
defdits propuiétaures
aux dépens
du diftrict.
V.
réclamans fur Tétablifement voudront en
s> Lorfque les propriétaires établis par autorité,
avoir
des gérans provifoirement ils ne
le faire qu'après
choifir euximémes, >
pourront
prealablement payé le premier.
V I.
a
fefur ies habitations, des habiétablis provifoirement
récolte
92 Les exackement gérans payés avec le produit de la fe
de leurs
ront quils géreront: ils- ne pourront
à
capitine
tations
certifié tR
mains, mais preienvetont un compte vifé fera préfenré au bule vifera. Le compte
lieu, en autorifant
de diftrict, qui
s'il ya
du difqufapprounetae
du capitaine
reau municipal, à prendre, en préfence
géreront, la
lefdits dans gérans les caloyes des habitations les qu'ils & qui fera
trict, de denrées néceffaires pour bas dudit payer, compte par le
quantiré dans T'autorifation mife au
fpécifiée
corps municipal.
VIL
feront remplacés n'en avant feles gérans provifoires
>> Lorfque de leurs
foit échu,als
que le mois moins payés appointemens pour un mois.
ront pas
VIIL
fur les habitations, les cales gérans
dont un dan-
>> Avant d'inftaller diftriet feront drelfer un inventaire
pitaines de
rées néceffaires pour bas dudit payer, compte par le
quantiré dans T'autorifation mife au
fpécifiée
corps municipal.
VIL
feront remplacés n'en avant feles gérans provifoires
>> Lorfque de leurs
foit échu,als
que le mois moins payés appointemens pour un mois.
ront pas
VIIL
fur les habitations, les cales gérans
dont un dan-
>> Avant d'inftaller diftriet feront drelfer un inventaire
pitaines de --- Page 79 ---
ble également figné fera envoyé au corps municipal pour
être dépoté aux archives.
3> Et ont les membres préfens figné au regiftre avec le
greflier.
9) Collationné, , fgné HENNEQUIN, le fecrétairo-greflier
adjuint. 9>
Vous voyez par cette pièce
> loin de chaffer les hommes de couleur, les femmes 8 les enfans, > coinme vient
de le dire Sonthonax, les femmes & les enfans font mis
fous la fauve-garde de la loi; leurs biens font
des hommes d'une probité reconnue ; vous voyez même gérés par
ne met ces gérans à la tère des habitations des hommes qu' on de
couleur qu'après avoir fait l'inventaire de tout ce qui
trouve; vous voyez que c'eft la municipalité qui fe
s'y
du paiement de ces mêmes hommes.
charge de
Sonthonax tombe donc
echalaudare,
: la vériré eft dans la pièce oflicielle
qu=je viens de lire.
Sonthonax : Sans difcuter fur le matétiel de cette
dont je n'ai pas eu communication, je ne vois dans pièce ce
qu'a dit Duny que l'ordre de féqueftre mis fur les biens
des hommes de couleur. Cet aéte ne répond pas à l'interpellation que j'ai faite aux colons, J'ai dir que les
de couleur de Jéremie ont été chaflés, à mon arrivée, honimes à
main armée, de leurs quartiers > qu'ils ent été
de
de fe réfugier aux Cayes; je demande fi ce fait obligés n'eft
à la connoillance des colons.
pas
Lepréfident : Millet a demandé la parole pour
fur cette interpellation.
répondre
.Th. Millet : Il a déja été dit dans le cours de la difcuffion que, dans le mois de février 1793,1 les hommes ds
couleur, de la dépendance de Jérémie, > fous le
vain d'être organifés en compagnie franche, comme prétexte les
avoir organifés Blanchelande, ce qui étoit coltraire au
de la loi du 4 avril, prirent les armes, campèrent Voeu fur
Thabitation Calmor; que la municipalité leur envoya l'ofE4
a déja été dit dans le cours de la difcuffion que, dans le mois de février 1793,1 les hommes ds
couleur, de la dépendance de Jérémie, > fous le
vain d'être organifés en compagnie franche, comme prétexte les
avoir organifés Blanchelande, ce qui étoit coltraire au
de la loi du 4 avril, prirent les armes, campèrent Voeu fur
Thabitation Calmor; que la municipalité leur envoya l'ofE4 --- Page 80 ---
ficier municipal Lafnge leur faire les fommations ordinaires de mertre bas les armes; qu'ayant refufé de fe foumettre, l'officier municipal fe retira par-devant la municipaliré; que ces hommes fe tranfporterent fur une autre habitation appartenante à Legrand, féparée par la grande rivière de cello de Breteuil; que l,un officier municipal,
& c'étoit le même Lafage, fe tranfporta & ordonna aux
de cocleur de fe difiper. Pour réponfe, ils fitent feu
fur gens luis qualors la municipalité ordonna au commandant
de la force armée de difiper par la force cet attroupement
fédirieux. Alors les hommes de couleur, voyant les citoyens
fe réunir fousle commandement deloficiero commandant en
chefla gatde nationale fur Thabitation Breteuil, fe retirèrent
en ravageant, dévaftant par- tour oà ils pafsèrent.
Claufon : Vous vovez ici que l commune de Jérémie
s'eft toujours tenue dans les meilleurs principes; qu'elle n'a
fait que réfiter à la violence, repouffer la force employée
s hommes de conleur fous des chefs perfides,
par
JI s'agir de favoir quellesfur l'expédition de trois cents
homm:s que Sonthonax y a lenvoyés vers le mois de join,
pour Y tenir garnifon , il s'agir de favoir f cette troupe
préfenta avec des vues pacifiques. Effedivement à l'ésy
Sonthonax n'ait dit que
poque du 20 join 1793, quoique
300, cinq ou fix cents hommes de couleur fo portèrent fur
Jérémie,
Dazbornear : 1,125.
Clasfon : Ils fe portérent fur In frontière de la commune
de Terémios ils avoient àlenr téte les foi-difant délégués de
Palvere! & Sonthonat, d'ett-à-dir, Pinchina, Rigaud &
le Letaim, dans cette troupe, compolde d'homeses de couleur
& de nègics, ilya avoie t cértain nombre dhommes blancs,
& qu'on avoit forcés de marclier par toutes forres de moyens
cette troupe arciva le 19 oule 20 jein,
Thomas Millet : le 19 juin politivement,
Clanfon : Térémie fe miten devoir dela repoufersJérémis
& les quartiers voifins parvingen: à difiper cêtte troupe:
, dans cette troupe, compolde d'homeses de couleur
& de nègics, ilya avoie t cértain nombre dhommes blancs,
& qu'on avoit forcés de marclier par toutes forres de moyens
cette troupe arciva le 19 oule 20 jein,
Thomas Millet : le 19 juin politivement,
Clanfon : Térémie fe miten devoir dela repoufersJérémis
& les quartiers voifins parvingen: à difiper cêtte troupe: --- Page 81 ---
eertes, Jérémie auroit EU torc de recevoir des affallins que
Polvcrel & Sonthonax protégeoient ouvertement; Jérémie
auroit eu tort de recevoir dans fon fein-des hoinmes qui,
autant de nouveaux Seides, venoient répéter dans le quartier
de Jérémie & quartiers circonvoilins la fanglante tragédie qui
avcit eu lieu deux mois auparavant aul Port-au-Prince. L'expérience a bien prouvé que Jérémie avoit eu raifon de repouffer cette troupe dirigée contre Jérémie & lieux environnans, & cela dans quel temps > quand Polverel & Sonthonax appeloient dans le Cap les royaliftes révoltés, & dirigeoient les malfacres des habirans & l'incendie de la ville;
j'ai donc eu raiton, dans les débats antérieurs, de faire un
rapprochenent de ces époques, de vous faire la comparaifon
de ce qui fe patioit en méme-temps au Port-an-Prince &c
à Jérémie à cent lieues de diftance : j'ai eu raifon de faire
ce rapprochement avec le mouvement de prairial, mouvement
qui deipème cofncidoitavec lesrévoltés de Toulon & d'autres
villos.. Je vous demande fiJérémie a eu raifon de repouller les
aflailins envoyés par Polverel & Senthonax.Je dis que cette
conduite tenue par Jérémie & les paroifles environnantes a
leu le meilleux fuccès; en effer, Jérémie s'eft parfaitement.
confervé: ce n'eft que quelques mois après que Polverel 8c,
Sonthonax ont organifé un nouveeu plan d'infurreétion, où
Polverel & Sonthonax ont tout difpofé pour mettre à feu
& à faug Jérémie, contre laque'le its avoient, difoient-ils,
beaucoup de griefs: c'eft alors que Jérémie, placé entre les
poiguards des allaffins & la protedion d'une puiffance étrangere, a accepté cette protedtion, & pourquoi les citoyens
de Térémielont-ils acceptée? P our éviter d'être livrés au feu
& fe conferver à la République eux & leurs propriétés.
Sonthonax : Ils ont mis leurs propriénds c1l féqueftre, entre
les mains des Anglais, pour les conferver à la République,
Claufon : Je parle de' Jérémie, je ne parle pas de ceux
qui, par un traité avec les Anglais, leur ont vendu une
parrie de la colonic, mais les habirans de Jérémie n'ont pas
participé à ce traité-là; quand lel traité leur a été connu,
tout étoit organifé pour les forcer à accepter ln protection
des Anglais. (ue faifoient alors Polverel & Sonthonnx? ? iis
fevoichr bien que cette commune, placte entre le fer & le
ie, je ne parle pas de ceux
qui, par un traité avec les Anglais, leur ont vendu une
parrie de la colonic, mais les habirans de Jérémie n'ont pas
participé à ce traité-là; quand lel traité leur a été connu,
tout étoit organifé pour les forcer à accepter ln protection
des Anglais. (ue faifoient alors Polverel & Sonthonnx? ? iis
fevoichr bien que cette commune, placte entre le fer & le --- Page 82 ---
sempècher de
feu & la protedion anglaife , ne ponvoit livrer, auili eft-ce ce qui eft arrivé: une infurrection où les Anglais
a Jérémie, à l'époque
de
éclater en feptembre dans fon port avec un feul vaiffeau
fe. font préfenres alors que Jerémie a accepté la proceétion ce
canons; 5 c'eft anglaile, & fi Jérémie n'avoit pas aliaflins, pris
2 la puillance
trente mille
parti, toute la ville étoit en combultions ailoient fondre fur ce quartier,
dirigés par PolverelSontionax, de répéter ce qui s'étoit palle au
& n'auroient pas manqué deux mois auparevant : que feroitCap & au Por-au-Prince
eullent été ou emptiil arrivé : c'eft que les propriétaires les propriétés eullent été
fonnés ou chaflès ou mafficres, vu
que des décombres
pillées & incendiées, O11 n'eit par-tout Polverel & Sonthonax ont
comme au Cap. Je dis donc que marcher des troupes contre
organife la guerre civile en faifant de reproches à fe faire, & qui
des villes qui n'avoient d'ètre pas foumis à la Convention nation'avoient jamais ceflé conftituées.
nale & aux autorités
dire qu'au mois de
Sonthonax : Clauffon vient de vous fe livroit aux Anglais,
feptembre, au moment où hommes Jérémie marchoit contre Jérémie
une armée de trente mille civils.
par ordre des commiffaires
Clauffon de déclarer
Je prie la commillion d'inrerpelier les
de I'Oueft & du
fi à Saint-Domingue, dans droits étoit provinces connue au moment où
Sud, la déclaration des
Jérémie s'eft rendu aux Anglais.
à cela :
(à Clauffon 1) : Qu'a-tu à répondre
Le préfdent
du
étoit connue à Jérémie;
Clauffon : La proclamation 29
violoient toutes les
ceft parce
Polverel & à Sonthonax leurs fermens, c'eft parce. que
proprittés, Troaet parjures vouloient tout jeter dans la diffolurion >
Polverel & Sonthonax
faifoient marcher contre
c'eft parce que Polverel & réduire Sonrhonax comme le Cap & le Port-audes communes pour les à cela que la commune de Jérémie
Prince, c'eft par rapport la protection" anglaife.
a été forcé d'acceptet
la déclaration des
Sonthonax : Clauffon dans a répondu le Nord que par une proclamation
droits avoit été publiée
, Troaet parjures vouloient tout jeter dans la diffolurion >
Polverel & Sonthonax
faifoient marcher contre
c'eft parce que Polverel & réduire Sonrhonax comme le Cap & le Port-audes communes pour les à cela que la commune de Jérémie
Prince, c'eft par rapport la protection" anglaife.
a été forcé d'acceptet
la déclaration des
Sonthonax : Clauffon dans a répondu le Nord que par une proclamation
droits avoit été publiée --- Page 83 ---
Hu 29 aotit, & que cette proclamation étoit connue; déclaration mais
left impollible aux colons de prouver T'Oueit & que le la Sud avant le
Hes droits fàc promulguée dans
BI oétobre 1793. Si la déclaration des droits n'étoit pas
counue dans l'Oueft & dans le Sud avantle 31 octobre 1793,
il étoit impoflible de réunir trente mille hommes, puifquilny de la
a pas trente mille hommes libres dans cette province
colonie; il auroit fallu faire marcher toute la popularion
blanche, homines, femmes & enfans contre Jérémie, pour
faire monter l'armée à trente mille hommes. Il y a plus : il
n'y avoit pas d'armée devant Jérémie au moment ou Jérémie
S'elt livré, ouelle a fait entrer dans la rade le vaiffeau l'Europe,
comme l'a dit Clauffon: il n'y avoit qu'un pofte du côté du
Petit-Trou & un autre du côté des Cayes; ; voila les. feules
forces montant à deux ou trois cents hommes qui étoient
autour de Jérémie : quant à ce que viennent de dire les cOlons pour excufer la commune de Jérémie, je ne puis Y. répondre que lorfque j'aurai pris communieation des pièces
que Duny vient d'annoncer; tout ce
concerne Jérémie
Polverel,
eft encore fous les fcellés, parce que
regarde
a
parce que c'eft lui qui a été chargé de Tadminiftration de la
province du Sud dans laquelle Jérémie étoit enclavé; il faut
donc, pour répliquer à ce que viennent de dire les colons,
que j'aie communication, des pièces; je prie la commilion
de l'ordonner à la fin de la feance; demain je répondrai
d'une manière péremproire : il cft prouvé que Jérémie a
commencé par chaffer les hommes de couleur pour fe livrer
aux_Anglais; je vous prouverai que toujours Jérémie a réité
aux ordres de la commiflion civile, n'a pas voulu correfpondre avec elle qu'au mois d'avril, & que ce n'eft
la canonnade du Port-au-Priuce
Jérémie à
qtE
depuis pondu avec les commiflaires civils. s"" prie le préfident
d'ajourner la féance à demain.
Le préfident : De.quelles pièces demandes-tu communication 2 de celles produites par Duny :
Sonthonax : Oui, & je demande l'ajournement de la féance
à demain, parce que je ne puis répondre à des pièces que
je ne co:incis pas.
eft
la canonnade du Port-au-Priuce
Jérémie à
qtE
depuis pondu avec les commiflaires civils. s"" prie le préfident
d'ajourner la féance à demain.
Le préfident : De.quelles pièces demandes-tu communication 2 de celles produites par Duny :
Sonthonax : Oui, & je demande l'ajournement de la féance
à demain, parce que je ne puis répondre à des pièces que
je ne co:incis pas. --- Page 84 ---
So
vient d'être ordonnée.
Le préfident : Cette communication
force dans les
Daubonneau : Les efclaves ont été pris Ion par n'ait enlevé dix,
ateliers, il n'y a pas d'habitation à qui
dans la légion
efclaves; on les a incorporés
douze ou quinze ils devoient y fervir pendant cinq ans
de LEgalité,
il a eu
eet
avoir leur liberté, & dans rous ces dans quartiers la ville-du y Port-aucoup, d'efclaves formés en légion; de
hommes, à Léogane, ,
Prince, ily, avoit une légion 2,500 250; au Penr-Trou,
on en a pris ) 00, au Petit-Goave, armée qui matchoit contre Jérémie,
&
& à certé de tous les hommes libres de couleur la
& HETL indépendamment
une compagnie de
qui la compofoient, on avoit trouvé joint plus de j0,000 hommes,
légion Egalités on auroit
Jérémies
Sonthonax dit que jamais on n'a marché contre Petit-Trou,
l'armée défaire par Jérémie, repouffée elile jufqu'au ne s'cft retirée que
eft reftée campée près de feptamois, de Jérémie : certes, il ne
quand les Anglais ont été des maitres droits pour former une grande
falloit pas la déclaration Jérémie que Ton vouloit réduire
force pour marcher contre cendres le Foreau-Prince & le Cap.
comme on a réduit en Port- au - Prince, mes nègres étoient
J'étois en prifon de au
& j'ai été gardé par eux.
dans la légion lEgalité,
enrôlés
Sonthonax : Les colons parlent ici d'efclaves des'ordres pour
marcher contre Jérémie; je les
de jufifier on vous dit -
nous avons donné pour ces
PIReRE
de PEgalité, il eft vrai qu'au Port-any avoit une lézion
de 300 hommes & non de s,cco
Prince il y avoir une légion 8c tous ceux qui la compofoient
comme Ta dit Danhonneat,
étoient libres.
d'inrerpeller
Dasbonneau : Je prie le citoyen préfidént
qa'une
Sonthonax de déclarer s'il n'eft pas à fa enrôlés comoillance dans lalégion
rrès-prande quantité d'efclaves ont ésé
ité, il eft vrai qu'au Port-any avoit une lézion
de 300 hommes & non de s,cco
Prince il y avoir une légion 8c tous ceux qui la compofoient
comme Ta dit Danhonneat,
étoient libres.
d'inrerpeller
Dasbonneau : Je prie le citoyen préfidént
qa'une
Sonthonax de déclarer s'il n'eft pas à fa enrôlés comoillance dans lalégion
rrès-prande quantité d'efclaves ont ésé de PEgalité.
connoiffance qu'ily en ait eu ayan
Sonthonax: Je n'ai pas
le 31 oétobre 1793.
de
Thomas Millet : Il eft confaré, par une proclamation --- Page 85 ---
8r
Sonthonax, qu'il a affranchi les efclaves au Cap
les
rmer; ce qu'il a fait au Car, il a pu le faire dans pMerS Sud
< l'Oueft : Sonthonax l'a frit le 20 juin au Cap > d'après la
proclamation de la déclaration des droits qui portoit
nul
tomme ne pouvoit être vendu, & cependant cette
ReSoal
ion eft poftérieure à fa proclamation; la confitution de 1795
eft poftérieure à fon aéte : c'eft aufli dans la confttution de
1793 que les factieux de prairial ont trouvé le prétexte de
eur révolte; & de ce qu'ilny: a paseu d'ordres donnés aux
Fauxbourgs de Paris de s'armer, iln'en demeure pas moins
conftant que la révolte a eu lieu.
Sonthonax: Les révoltés du fauxbourg A Saint-Domingue,
c'étoit vous; l'autori:é nationale > les commillaires civils
vont inculper-les commilfaires civils. Vous dites qu'ils ont
fait marcher 30,000 hommes contre Jérémie; ou donnez la
preuve de CCS enrôlemens, ou je les regarderai comme des
rèves.
Duny : Je tiens à la main une
que Senthonax ne
pourra pas nier; ceft Nicls, LEO Poitfon > Eellay &
Dufay qui parlent, qui rendent un compie ofhciel à la Convention nationale.
Le préfident : Il ne peut pas. êrre quefion de cela.
Sonthonax : Vous parlez du Nord, 8 inoi je parle du
Sud. 11 ne s'agit pas ici de l'incendie du Cap, ilsosi du fait
d'earôlemenr des efclaves, fait par nos ordres pour lx légion
de l'égalité dans I'Oueft; fournillez là-deflus les preuves que
je vous demande.
Clauffon : La preuve que demande Sonthonax me paroit
bien étrange; quand Sonthonax & Polverel vouloient faire
unacte de rigueur , & qu'ils avoient befoin d'une force pour
Texécuter, certes,ils n'alloient pas donner des ordres; ils
faioint.folesgriosnsges dans les ateliers; ils ne parcifivient
pas eux, mais iis avoient leurs agens qai foudoroient, qui
foulevcient les ateliers; ils forçoienrics habitons. aferrerleers
efclives pour maicher d'apris s'les ordres de Poiverrl & de
Sonthonax; ils lont fait à SnineMarer cof ce Gua vous
verrezau: feprieme articiequanton - cfalieia, CRt, quel i en
folesgriosnsges dans les ateliers; ils ne parcifivient
pas eux, mais iis avoient leurs agens qai foudoroient, qui
foulevcient les ateliers; ils forçoienrics habitons. aferrerleers
efclives pour maicher d'apris s'les ordres de Poiverrl & de
Sonthonax; ils lont fait à SnineMarer cof ce Gua vous
verrezau: feprieme articiequanton - cfalieia, CRt, quel i en --- Page 86 ---
illui fera prouvé qu'il a fouffert Yenrôlement
dife Sonthonax, voici un fait. Lors de la canonnade du
des efclaves; mais ily avoir beaucoup d'efclaves infurgés dans
Port-au-Prince
Eh bien! lorfque les commillairesla plaine du Cul-de-Sac.
ils ont rallié
civils font entrés victorieux au leur Vort-au-Prince, cheflacinthe, qui n'étoit
tous les efclaves révoltés fous
Il n'eft
pas libre 5 ils ont été cafernés au Por-au-Frince. une purtie de ceS
donc pas étonnant qu'ils aient d'autres employé enfuite pour les faire
infurges, qu'ils en aient & joint Sonthonax demande qu'on
marcher contre Jérémie 5 quand
Sonthonax demande
produife les ordres, il eft ridicule bien Aus de ne pas mettre au
de pareils ordres qu'il avoit
jour.
Les colens viennent d'articuler un nouveau
Sonthonax :
rallié autour de moi les nègres infait. Ils difent que j'ai
& qu'ils ont été cafernés
furgés de la plaine du fousles Cul-de-Sac, ordres de leur cheflacinthe; que
au Pore-an-Prince, s'elt > faite au moment où je venois d'entter
cette opération dans la ville du Port-au-Prince. Il eft de fait
victorieux
Borel font rentrés dans leurs Ses
tous les noirs infurgés par
que Iacinthe a eu la
liers àla voix des commiflaires-eivils; les nègres dans leurs ateliers,
liberté pour avoir fait rentrer fervice
à la République & aux
pour le récompenfer du reprendre rendu le travail à ces hommes.
propriétaires, en de faifant fait que ces hommes n'ont pas été affranIi eft tellement le dit Clauffon, que c'eft à cette époque
chis comme
du 5
qui
AdE
nous rendimes la proclamation & de 1784 fur
eiclaves. 11 eft
de
E
les ordonnances 1685 dansl'Oueft, avant le 31 octobre,
faux, abfolument faux, que
d'efclaves, aucun enrôleil y ait ell aucun dans affranchiflement les corps militaires. Il y a plus, je
ment de noirs
elle exifte dans Yune mes
RES
en produire la preuve officielle, proclamaticn qui fixe un tarif
proclamations déjà lue;
par des RIEIEOES
le rachat dcs femmes efclaves > époulées
dans la
libres. Lotique nous proclamâmes ce réglement
piovince du Nord, par uu article exprès à > celles nous du prononçimes Sud & de
qr'il ne pouroit pas être applicable Tétat. Nous n'appliYOueft, dont nous ne connoillions du daa & de T'Oueft nos réquians-donc pas aux provinces
aticn qui fixe un tarif
proclamations déjà lue;
par des RIEIEOES
le rachat dcs femmes efclaves > époulées
dans la
libres. Lotique nous proclamâmes ce réglement
piovince du Nord, par uu article exprès à > celles nous du prononçimes Sud & de
qr'il ne pouroit pas être applicable Tétat. Nous n'appliYOueft, dont nous ne connoillions du daa & de T'Oueft nos réquians-donc pas aux provinces --- Page 87 ---
glemens pour la province du Nord, parce que nous ne connoillions pas leur état, relarivemen: a la moralité des eiclaves
& les di'politions des maitres. Donc il eft taux que nous
ayons enrôlé dans les provinces 'du Sud & 1Oueft, dont les
opérations fe fonrbornées a la province dui Nord, qul étoit
dans un état bien different de celles de rOueft & du Sud.
Claufon: Vous apprendrez par le général Lafallesa qu'au
moment où les commiflaires attaquoient le Port-au-Prince
par terre, le nomme Chanlatte > homme de couleur, de actuel- faire
lement à Paris, > vint propofer au commilfaire-civil hommes de couleur &
attaquer le Fort-Robin par 10,000
nègres infurgés.
Le préfident : Reviens au fixième article.
Thomas Millet : Ceci prouve qu'ils ont armé des nègres.
Clauffon : Je n'ai point dit que les commiflaires avoient
rallié tous les noirs révoltés; feulement j'ai dit qu'ils avoient
caferné une parrie de ces nègres fous lesordres de Iacinthe 2
leur chef, & fije n'ai pas dit oi,je vais défigner l'endroit;
c'eft auprès du Fort-Robin, que cesdix mille nègres devoient
attaquer par les ordres des commitlaires-civils 3 c'eft dans
Thopital Robert, près le Fort-Robin > que ces nègres ont
été cafernés avec leurs chefs, > par ordre des commiffairescivils.
Sonthonax: : Je demande à Clauffon à quelle époque jufte
les
fous les ordres de Iacinthe
nous avons fait caferner nègres,
auprès du Fort-Robin.
Claufon : C'eft après votre entrée au Port-au-Prince; > le
17 oule, 18 avril.
Sonzhonax : Il eft calomnieux de dire que nous ayons fait
caferner aucuns nègres révoltés a cette époque ou à aucune
autre; car, encore une fois, je defie les colons de produire un
feul ordre d'enrôlement, de cafernement dans un corps d'ca
claves. Les noirs révoliés dans la plane du Cul-de-Sac font
tous rentrés dans Jeurs ateliers 3 ainii que je le prouverci il
lorfqu'il s'agira de l'afaire du Port-au-Prince; jamais ne
s'eft agi de les caferner, --- Page 88 ---
eS colons viennent de citer tout-à-Theure le témoignage
Lafalle; vous faurez dans le temps quelle foi vous devez
iner au témoignage de cet homme. Je vous produirai les
pièces matérielles qui : . .
Le préfident : Il ne peut être queftion du citoyen Lafalle,
qui n'eft pas préfentici.
La féance eft ajournée à demain.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Px. GARRAN,
fccrétaire DABRAY, F.
CS
dent 5 FoucHE (del Nantes),
;
THENAS.
J84
Du 29
au témoignage de cet homme. Je vous produirai les
pièces matérielles qui : . .
Le préfident : Il ne peut être queftion du citoyen Lafalle,
qui n'eft pas préfentici.
La féance eft ajournée à demain.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Px. GARRAN,
fccrétaire DABRAY, F.
CS
dent 5 FoucHE (del Nantes),
;
THENAS.
J84
Du 29 --- Page 89 ---
8s
Du 29 Prairial) Pan troifème de la République françaile
une 6 indivifible.
La rédacion des débats recueillis dans la féance de
veille, eft lue & adoptée.
la
ST (Les ciroyens Page, Fondeviolle &
font ablens. )
Larchereqae-Thibaud
le Sonthonax fair des hommes : Hier, lorfque les colons m'ont interpellé fur
fi, au 22 juin, je n'avois de couleur, loriqu'ils m'cnt demandé
leur f'ordre de rentreri dans pas leurs donné cafernes aux à hommes de coufoir, j'ai répondu qu'effectivement j'avois fept heures du
aux homnmes de couleur; comme je l'avois donné donné cet ordre
cirovens de rentrer dans leur domicile : On pourroit aux autres
de-là, Ce
peut-étre, que tout le fixième bataillon étoit conclure
bataillon étoit féparé des hommes de couleur cafcrné.
cafernés.
qui étoient
Les hommes de couleur qui étoient cafernés à cette
époque, étoient ceux qui avoient été formés en
gnies bre franches en vertu de ma proclamation du 16 compa1792. J'avois cru les devoir organifer en
décemfranches, parce que,n'ayant pas de
compagnies il
attacher d'une manière plus parriculière domicile, à la défenfe falloit les
propriétés, à la défenfe de la
ceux-là
des
cafernés > parce qu'ils éroient fur République, le pied
étoient
quant aux autres hommes de couleur du degroupes de ligne;
ils étoient chez eux, parce qu'als avoient fixième leur doruicile barsillon,
Cap.
au
Tome VII, Soixante-ficième livraifon.
F
pas de
compagnies il
attacher d'une manière plus parriculière domicile, à la défenfe falloit les
propriétés, à la défenfe de la
ceux-là
des
cafernés > parce qu'ils éroient fur République, le pied
étoient
quant aux autres hommes de couleur du degroupes de ligne;
ils étoient chez eux, parce qu'als avoient fixième leur doruicile barsillon,
Cap.
au
Tome VII, Soixante-ficième livraifon.
F --- Page 90 ---
les hommes de
Thomas Mille: :Je Kepliquerai à cela que étoient en effet
avoient leur domicile au Cap,
le
couleur leur qui domiciles mais, qu'au prenicr mouvement, leur quardans de réunion de ces hommes de couleur & étoit c'étoit toujours
point tier, qui étoit le lieu de sofemblemcnr; s'agilloit de faire un mouvedelà quils partoient lorfquil
ment dans la ville. Cela ne fait rien au fait-du cafemement, comSonthonax :
ou ;00 hommes formant les
borné fimplement aux 250
la proclamation du 16 dépagnies franches ordonnées par
cembre 1792. hommes de couleur étoient tellement caVerneuil: Les
délivroit chaque jour
fernés, que je vous ai rations prouvé étoient qu'on délivrées aux calernes.
10,059 rations > & ordinaireinent ces
qu'aux troupes cafernees,
On ne les délivre
> par le dire de Sonrhonax,
&je vous ai prouvé également formoient un barailion.
les hommes de couleur
n'a
dix mille
-
que
D'abord jamais Verneuil
portél
Sonthonax :
rations. Yernzuil: J'ai dit 1,059: dit dix mille ceft une erreur qbi
Sonchonax: : Vous aviez
de ce qu'on
ne peut pas
cecibe
vous eft échappée : on de couleur 1,059 rations, qu'ils étoient la
délivroit aux hommes qu'on ne pourroit conclure que
tous cafernés, pas, plus blanche fàr cafernée, parce qu'on du
moitié de la
la moitié de la population blanche
à plus
individe, Verneuil
EFET
diftibucit
militaire par chaque
chafCap une ration
les horrames de couleur,
fait, & ne le niera
Nord, chaflés de leurs propriérés,
fés de la province
& delà ilne conclura pas
TAd1
avoient ia ration militaire au fallent Cap, cefernés.
-
fans doute
ces citoyens qu'ils l'éroient, & cela d'une
Vernail:3 99E vais prouver
pas réfuter.
façon
Sonthonas ne l
d'interpeller Vemneuil la
Je
EEhien
EIES
à fa connoiffence que
de
de déclacer s'il ir pas blanche étoit nourrie par A Répumoitié de la population elle receyol la ration militaire diftribu epar
blique, & qu
les foins de Yadminifration. à ce quia dit Sonthonax, qu'ilen
Yerneail : Je sépondrai familles forcées de fuir lsurs havrai quil exiftoir plufisurs
a
noe
ns
eller Vemneuil la
Je
EEhien
EIES
à fa connoiffence que
de
de déclacer s'il ir pas blanche étoit nourrie par A Répumoitié de la population elle receyol la ration militaire diftribu epar
blique, & qu
les foins de Yadminifration. à ce quia dit Sonthonax, qu'ilen
Yerneail : Je sépondrai familles forcées de fuir lsurs havrai quil exiftoir plufisurs
a
noe
ns --- Page 91 ---
bitarions, & qui s'étoient réfugiées au Cap, &
étoient
forcées de recevoir les rations de T'aflemblée coloniale; qui mais
it eft ablolument faux que les hommes de couleur qui habitoient au Cap, habitaflent leur domicile par les foins de
Sonthonax depuis fon arrivée jufqu'à fon départ, &c qu'ils
yrecevoient des rarions.Ileftbien vrai que
uns d'entr'eux logoient dans la ville, > mais ce domicile
occupé
que
Jeurs femmes &
ASTAYTLSE
par
leurs enfans; eux étoient conftamment à leuts cafernes.
Lc préfident : Viens à la preuve que tu as annoncée.
(Verneuillit un extrait du moniteur de Saint Domingue.).
Récit des événemens qui ont croublé la trenquillité
dans la ville du Cap, lc 13 & lc 14 acic. 1792, 6
mefures
Za
renis
prifes pour rétablir.
L'avis en parvient à l'affemblée provinciale alors en
elle le fait paller pardes commiflaires à M. le maire & féance; à M.le
procureur de la commune, & Vi T'urgence, elle faiz donner
fordre à l'ofliciér commandant les gardes nationales à cheval, de fervice au pofte de la commune 2 de fe
fur les lieux avec une parrouille pour difliper tranfporter
ment.
TattroupeL'ordre auilicôt exécuté, la patrouille arrive; elle trouve
effectivement beaucoup d'hommes de couleur & de nègres
Jibres: en armes, raflemblés dans la rue rdyale; elle leur
fait les repréfentations convenables ; ils promettent de fe
retirer. Elle va battre les environs, > retourne & retrouve le
même attroupement; elle y entend des propos incendiaires;
elle ordonne alors aux perfonnes attroupées de fe retirer,
& parvient à fe faire obéir.
Un brigadier de maréchauffée, le fieur Belifle, fe munit
d'une déclaration du fieur Sourbe fur le fait oui vient de
ife paffer > & l'apporte à un officier municipal, M. Domergue.
L'officier municipal fe tranip porie aupris de i'rommpe bleilé,
& arrive au moment oû Tartroupeme nt fe diflipe à la VOIK
du co.nmandant de la patrouilla. Is'aflure, par fesyeux, du
corps de délit; il requiert les médecins & chirurgicns du roi
de Venir de fuite le conftater. Le chirurgien du roitu un autre
F:
& l'apporte à un officier municipal, M. Domergue.
L'officier municipal fe tranip porie aupris de i'rommpe bleilé,
& arrive au moment oû Tartroupeme nt fe diflipe à la VOIK
du co.nmandant de la patrouilla. Is'aflure, par fesyeux, du
corps de délit; il requiert les médecins & chirurgicns du roi
de Venir de fuite le conftater. Le chirurgien du roitu un autre
F: --- Page 92 ---
avoit adminiftré les premiers fecours a
chirurgien > qui
lui atteftent la réalité des bleflures,
Hazard, dit Moncfort, Sourbe & linrerroge. Le fieur Sourbe conIl mande le fieur
& bleilé Hazard,d dit Montfort;
vient que c'eftlui a trappé
un elclave, & pour être
mais i ajoure Ta ptis pour qu'il n'a frappé fur eux que
un de ceux qui fe battoient; que fon fabre n'étoit
dans Tintention de les féparer:
trouvé TLee
dégainé, & que fi Hazard, involontaire, dit Monfore,s'eit c'eit parce que l'embout
celt par un fourreau accident dans les mouvemens quil a faits.
a quitté le
Tévidence du corps du délit & I'aveu
Malgré ces excufes, dérerminent l'officier municipal à le faire
du fieur Sourbe, d'arreftation aux prifons civiles. Il y eft conmettre en état dix heures du foir.
duit versles
heures du matin, la demoifelle AlexanLe 145, vers'huit réfide dans la maifon du fieur Sourbe,
drine Auba, qui
marché Clugny; foit qu'elle tienne
va faire fa provilion indifcrets, au
foit qu'on lui impure L excès dit
quelques veille
le fieur Sourbe fur Hazard d,
commis Eea par hommes de couleur & nègres libres
Montfort, T'entoment plufieurs & la menacent de T'affommer. du
que court
Une femme informe le feur fon Larive fecours & danger la trouve tremAlexandrine Auba 5 il hommes va à de couleur & nègres libres. Il
blante au milieu des oppofe, Si vous ne me relpedtez
venrlemuener, , onsy moins ma bandoulière, ce nous Paat
leur die-il.retpectez laifions au monfieur faire fon devoir, puis
alors Pun d'oux; Le fieur Larive emmène Alexandrine Auba
nous verrons. > & Ty renferme; il fe met en faction > fon
dans fa maifon,
les hommes de cou-
(bre nud-devant la libres porte; avoient 5 cependant fuivi cette fille, & reftent
leur & les nègres
font armés de fabres.
atroupés auprés du cavalier: M. plulieurs de Crémille, exempt à JeanUn officier de couleur, le cavalier de lui prèter main-fortes
Rabel, a"oit été prié par &c revient à la tête d'une brigade.
il va a fon quartier les hommes de couleur & nègres-libres
A fon approche la rue royale: : ils font volte-face, metfuyent le 2 (abre remontent à la main, tiennent des propos menaçans, font
tent le gette de fondre fur des blancs armés 2 que dans leurs la rue. mouvemens Le com-
&c leurs difcours avoient attirés
prèter main-fortes
Rabel, a"oit été prié par &c revient à la tête d'une brigade.
il va a fon quartier les hommes de couleur & nègres-libres
A fon approche la rue royale: : ils font volte-face, metfuyent le 2 (abre remontent à la main, tiennent des propos menaçans, font
tent le gette de fondre fur des blancs armés 2 que dans leurs la rue. mouvemens Le com-
&c leurs difcours avoient attirés --- Page 93 ---
bat s'engage ; & un homme de couleur, le fieur Charles
Defmangles, refte étendu mort fur la piace d'un coup de
piftoler.
Ses compagnons fe répandent dans la ville > criant : Aux
armes ! à vOS calernes, citoyens de couleur.
M. Daffas, commandant de la garde nationale, avoit déja
donné fes ordres pour faire concourir des troupes au rétabliffement de la tranquillité publique. Elles fe rendent à leurs
poftes avec la plus grande célérité.
Les hommes de couleur > les nègres libres fortoient en
armes de toutes parts & fe rendoient à leurs cafernes, rue
des Religieufes. Ils fe tenoient dans la rue.
Vers eux artivoient fuccellivement M. Picard; officier municipal; M. Dalban, adjudant-général des gardes nationales;
MM. Brocas, Carié, & Archambaud, offciers municipaux;
M. Daflas, commandant - général des gardcs nationales ;
M. Icard de Batagligny, membre de laffefnblée coloniale,
qui tentent, par tous les inoyens poflibles, de lesfaire entrer dans les cafernes.
En vain leur en donne-t-on l'ordre au nom de la nation, - de
Ja loi & du roi; en vain leur affure-t-on qu'ils n'auront rien'à
craindre , qu'ilsy y feront fous Ja protection & fauvè-garde de
toutes lesautorités & de la force publique envain plufieurs
d'entr'eux, les fieurs
Roberto,
Durand,-a
ES
Père,
Tortue, d'autres
ont acquis des droits à l'eftime publique, par la aue qu'ils ont tenue dans cette occafion, leur font ils les repréfentations les plus fages: : le plus
grand nombre perfifte à refter.
Ils fe détachent au nombre de quinze à vingt pourialler,
difent-ils, en patrouille > venger la mort de leurs camarades.
Iis delcendent le long de la rue des Religieufes malgrél Toppofition de plufieurs citoyens de couleur, malgré celle de
meffieurs Brocas & Picard, qui les fuivent pour arrêter
leurs deffeins.
Sonthonax : C'eft antérieur à mon arrivée.
Verneuil : Depuis votre arrivée vous avez trouvé les mulâtres cafernés par Blanchelande ; &, malgré les invitations
des citoyens ou des corps conftitués, vous les avez toujours
F 3
camarades.
Iis delcendent le long de la rue des Religieufes malgrél Toppofition de plufieurs citoyens de couleur, malgré celle de
meffieurs Brocas & Picard, qui les fuivent pour arrêter
leurs deffeins.
Sonthonax : C'eft antérieur à mon arrivée.
Verneuil : Depuis votre arrivée vous avez trouvé les mulâtres cafernés par Blanchelande ; &, malgré les invitations
des citoyens ou des corps conftitués, vous les avez toujours
F 3 --- Page 94 ---
90*
parce que c'étoient des ficaires que vous
tenus failez cafernés, mouvcir à votre grés la pièce que vousa avezl lue hier
prouve ce fait. Verneuil vient de vous' dire que du temps de
Son thonax :
de couleur étoient cafernéss, il
Blanchelande les hommes les
Le 25 aoit 1791 les
faut là-dellus couleur diftinguer furent fufillés épocues. dans les rues.paf -fuite
hommes d'une émeute de de la garde nationale blanche. L'aflemblee
coloniale', après environ douze heures d'émeute fe retireroient, populaire, >
Jes mit fous fa (auve-garde, déciara quils feroient cafernés dans
hommes, femmes & enrans, & en qu'ils difant que c'étoit pour les
léglife des dames religieufes, fureur
Voilà le préinier acte
mettre à T'abri de la
populaire. couleur pour les fouftraire à la
qui a réuni les" hommes blanche, de
qui n'étoit animée conire
fureur de la population iés foins des factieux,
les foins des chefs
eux, que par
Depuis, Himtetin ou plutôt
de lafaction deSaint-Miarc. coloniales, ont maintenu aux hommes de coules affembléss
cafernes, qui leur ferleur un lieu de raflemblement appelé derefuge & de domivoit de corps de-garde, & qui fervoit Ilef biena la connoillance
cile à ceux qui n'en avoient pas.
partic du Cap
de Verneuil, qui ne le de hiera la petite
5 que ce quartier
le
redsTe
s'appeloit quartier
par les hommes de covleur:
étoit habité prelquenderemsne étoient domictlies à la retite Guinée,
ces refloient hommes, chez qui cux; ils fe réunifloient à la vérité au quartier appele Caletnes quhabitoient ceux qui les n'avoient factieux d'une point
de domicile Jors qu'ils étoient ils I'ont menacés été le par août 1791 & le
deftrucdon totale, comme fuis arrivé, j'ai 25 trouvé les chofes
14 aofit 1792. Lorlque afin je de faire ceffer ce raffemblement des
dans hommes cetécst; de coulcur, mais, fans domicile > qui devenoit danla tranquillité publique, je les ai formés en
gereux pour franches, enrélés pour YErat, affujétis à la même
compesnies les troupes de ligna: on vous aluà cet égard
difcipiine que
du 6 décembre. Quunt au reité des hommes
une proclamarion
lixième bataillon, ils éroient domide couleur quiformoiraele appelél la petite Guinée, & ilsi n'avoient
ciliés dansle quartier
pointde onfarnement. Sonthonax vient d'aveuer lui-meme
Th. 24ilee : Erfin,
rat, affujétis à la même
compesnies les troupes de ligna: on vous aluà cet égard
difcipiine que
du 6 décembre. Quunt au reité des hommes
une proclamarion
lixième bataillon, ils éroient domide couleur quiformoiraele appelél la petite Guinée, & ilsi n'avoient
ciliés dansle quartier
pointde onfarnement. Sonthonax vient d'aveuer lui-meme
Th. 24ilee : Erfin, --- Page 95 ---
qu'ila formé des compagnies franches, de & couleur par conféquent dans la
qu'il a empéché la fulion des hommes
garde Sonthonax nationale. : Les colons refufent dux commiffaires civils
le pouvoir d'enrôler des hommes libres au Tervice de là
République; qu'ai-je fait en enrôlant ces hommes de cou-
- leur libres qui avoient été challés de leurs proptiétés par
l'incendie, qui étoient réunis dans un lieu appelé ca-,
fecnes Clauffon : Il falloit les fondre dans la garde nationale.
Sonthonax : Il falloit les faire affaffiner par vous.
Le préfident : A T'ordre, citoyen.
dit
Th. Millet : I n'y a rien à répliquer à ce qu'a
Sonthonax, ce font des menfonges déja reconnus. de la
Lorique, dans la dernière féance,jai parlé
proclamation da 24 févrior, qui autorifoit des corporations de volontairessJ'ai dû dire, parce que c'eft la vériré,
ces
éroient exclulivement compofées
enties
corporations
blancs. Sonthonax : Je prie la commifion d'interpeller Thomas
Millet de dire f, dans la proclamation par laqueile j'ordonnois Tenrôlement & la formation des corps de volontaires pour combattre > foit les révoltés, foir les ennemis intérieurs, j'aidéfendu aux hommes de couleur d'entrer dans
ce corps.
Vernenil: : Oui.
de
Th. Millet : Ilna point défendu aux hommes
couleur d'entrer dans le corps; mais il les a cafernés tels qu'ils
étoient organifes, & il eft très-certain qu'il n'y avoit pas
d'hommes de couleur dans ce corps, & qu'il n'y Gn a
jamais Sonthonax eu.
: Je n'ai point confervé ces
tels qu'ils
étoient
car ils ne l'étoient pas; 5
par mes
COMTeAL
ordres & organifes, les (oins du commandant de la province du Nord
quils ont été organifes. On n'a pas refulé les hommes dans de le
couleur qui fc font préfentés; il y en avoit même
corps des volontaires à pied-; je reconnois qu'il n'y en avoit
point dansle corps des volontaires à cheval.
SonTh. Millet : Je prie le citoyen préfident d'interpeller fit dans
thonax de nommer un feul homme de couleur qui
F 4
AL
ordres & organifes, les (oins du commandant de la province du Nord
quils ont été organifes. On n'a pas refulé les hommes dans de le
couleur qui fc font préfentés; il y en avoit même
corps des volontaires à pied-; je reconnois qu'il n'y en avoit
point dansle corps des volontaires à cheval.
SonTh. Millet : Je prie le citoyen préfident d'interpeller fit dans
thonax de nommer un feul homme de couleur qui
F 4 --- Page 96 ---
ces compagnies; Sonthonax étoit conrinuellement, exclufivemni entouré par la popel.tion de couleur de ia ville du Cap,
& il a dit la bien connoi re.
Sonchonax : Je n'ai jamais éré enroaré, ni accompagné
d'hommes de couleur exciuvement dans la ville du Cap;
c'erci la troupe de lign. qui fairoit 1 iervice a la commiffion civile, icit comme ordonnance; foir comme fentinelle,
& les nommes de'couleur n ont paricipé à la garde des poftes aux environs-dela cominifiion civile, que loriquils ent
été enrélés & iont devenus rrovp pes de ligne;' que loriquils
ont été tormes en compignies iranches. Quant à lin:erpellain que vient de me faire Thomas Miller de nommer un
des nommes de couleur qui étoient dans le corps de vclontaires, je déclare que je ne fuis poinc tenu de donner ici la
nomenclatuie des corps de volontaires.
Duny : J'oblerve iur ce que dit Sonthonax . e
Le prefident : Cela doit être terminé, Il raut
la parole
refte à
& ce doit êre à l'accufé.
à, un auTaie
qusiqu'on,
tre Duny: objet. J'ai demandé la parole pour une demande d'ordre.
Sonthonax: J'ai à répondre fur ce qui regarde Jérémie.
Le préfident : Duny a la parole
une demande d'ordre.
Duny: Citoyens, le voile TuRe jufqu'ici impénétrable,
qui couvroit l'affaire des colonies, fe déchire de toutes parts,
& la vérité perce. Lorlque la Convention a formé la commition des colon:es pour entendre les accufateurs & les acculés, elle a donné à cette même commitlion. F'iniiative fur
les arreftations & les mifes en liberté. L'expérience nous a
inftruits
les grands coupables 'échappent; 4
le rideau fe
lève: je unaid. à la' commillicn de propoler aux comités de
gouvernement de mettie Duny, commiffaire de Saint-Domingue , & accufareur des dévaftateurs de cette colonie, en
arreftation;je lui demande également de leur propofer de
mettre en arreftation Scnthonax, Citoyens, vous allez im'entendre jufqu'au bout, je vous prie, Pendant cinq décades,
nous avons été trainés dans les rues de Paris
dix gendarlevée des (cellés & l'inventaire
nos
Ret
mes, pour la
papiers;
nous avons, en partant des Etats-Unis, fait tous le facrifice
de notre liberté & de notre vie; les cachots dans lefquelsJ'ai
êté trainé au Cap dans la rade 3 aux Etats-Unis& en France,
allez im'entendre jufqu'au bout, je vous prie, Pendant cinq décades,
nous avons été trainés dans les rues de Paris
dix gendarlevée des (cellés & l'inventaire
nos
Ret
mes, pour la
papiers;
nous avons, en partant des Etats-Unis, fait tous le facrifice
de notre liberté & de notre vie; les cachots dans lefquelsJ'ai
êté trainé au Cap dans la rade 3 aux Etats-Unis& en France, --- Page 97 ---
e m'ont pas dégoûté encore de faire le factifice de ma lierté, > pour allurer à mes concitoyens > dont les mânes dehandent juftice > la streté des coupables.
Lc préfident : Il n'yaque la tyrannie qui mette én érat d'areftation tout à la fois, & fans connoillànce de caufe, &
S accufateurs & lesa accufés; la commillion ne peur pas débérer là-deflus.
Sonthonax: Il n'y a pas .
Lepréfident : Tu n'as pas la parole fur cet objet çui ne
eut pas avoir de fuites.
Sonthonax : Je prie la commiflion d'ordonner à Duny de
emettre fur le bureau les pièces qu'il a préfentées hier, aufli afin
ue jedifcute le matériel de ces picces, & que je difcute
fond de l'affaire. Les divagations dans lelquelles font entrés
S colons dans lesdeux féances oit il a été queftion de l'affaire
e Jérémie, ont rendu cette affaire plus obleure.qu'elle ne
étoit avant les débats: je vais tâcher de jeter quelque luhiere & de faire voir à la commiflion quels font les véritales provocateurs de la guerre civile dans le quartier deJéErnie. Avant de paffer à la difculfion, je dois difcuter le
hatériel des pièces qui vous ont été produites hier
Elles
crois, au nombre de onze; vous
enez
Duny:
font, je
ans doute fort étonnés lorfque vous faurez que les pièces
nnoncées comme des originaux, font des copies informes,
evêtues de la fimple fignature d'un nommé Favarange, fe
ifant procureur dela commune de Jérémie. & aujourd'hui
hifant les fonétions de prélident du confeil exécutif de la
Grande - Anfe , aujourd'bui fous la domination des AnHais. La feule pièce produire par Duny, qui paroille orifinale, eft l'adreffe de la municipalité deJ Jérémie au généal Galbaud, alors gouverneur de la partie françaife de St.-
Domingue 7 qui eft parfaitement étrangère aux çommiffaires
tivils. Lorique mon collègue & moi nous avons dit dans le
tours des débats que la municipalité de Jérémie n'avoit jamnais voulu correfpondre avec les autorités conftituées, nous
vons dic une vérité que Duny n'a point altérée, puifqu'il
hes'agit ici que de la correfpondance de Favarange, & non
point de la correfpondance de la municipalité de Jérémie. La
nunicipalité de Jérémie-n'a correfpondu qu'avec Galbaud
& moi nous avons dit dans le
tours des débats que la municipalité de Jérémie n'avoit jamnais voulu correfpondre avec les autorités conftituées, nous
vons dic une vérité que Duny n'a point altérée, puifqu'il
hes'agit ici que de la correfpondance de Favarange, & non
point de la correfpondance de la municipalité de Jérémie. La
nunicipalité de Jérémie-n'a correfpondu qu'avec Galbaud --- Page 98 ---
94.
Je difcuterai bientôt le mérite de la pièce adreflée au généra
Galbaud.
par Duny eft une copie figné
La première pièce produite de la commune.
Favarange s procureur lettre a-t-elle le timbre de la muni
Lc priefident : Cette
cipalicé:
elle cft du 18 avril 1793, &: porte et
Sonthonax : Non, ciyil Sonthenax. La fn de ia lettre n
tête : ax commifaire relation de fignature, on ne fair qui Ta écrite
porte aucune
Favarange
on trouve feulement au bas:
copic conformes n'attefte
procureur de la commune. iee legalifation de
n'a
foit
de la commune Jérémie;
Favarange
procureur
été. Voila pour! la premièr
même jamais été inftruit quillait & qui n eft qu'une copi
pièce qu'on a dit être originale,
lignée La feconde Favarange. picce, datée du 18 avril 1793 , paroit adreffe écrite
aux commiffaires civils; on ne fait point de encore quil'a il y a feu
il n'y a aucune efpèce de relation
fignatures; Favaranges sprocureur a
lement au-bas : pour copie conformes qui prouve. que Favarang
ia commune : aucune aiteftation de la commune; ile eftaujourd'ht
fur eifedtivement procureur
anglais: Ce n'eft certaine
à Jérémie fous le gouvernement
ment pas-là une picce originale, écrite aux commiffaires civils
La troifième leitre paroit
elle ne porte aucune relatio
elle eft darée du 22 avril 1793;
ieulement: pour cop
de fignatures, aucan tinibre; elleiporte de la comamune.
corforme, Fevarange, procureur en eft de même des dix,
Le préfident : Ii.paroic qu'il
cft inutile -
. même pour tout le recueil qui vou
Sonthonas: : ilefende Duny. Duny a parlé d'une adrelie de 1
a 6i6 préfenté de per Jérémie aux commifaires civils; au bas d
municipaliré adrelle, darée du 18 mai 1793, font relatées dei
cette
Mathieux,, prefident, & Rouyer, fecrétaire; er
fignatures, fuite on lit : pour copie confo me à f'original dépofe au va
de la minicipalité de jéremic, collationnée Henmequin,
encore une picce qu'on vous a donnée pour Hennequin un original, qui fe q
qui neft qu'une copie collaticmnée par
étc
gteffier dela commune ;. rien n'attefte que Hennequin
greffier de la commune de Jérêmie.
Mathieux,, prefident, & Rouyer, fecrétaire; er
fignatures, fuite on lit : pour copie confo me à f'original dépofe au va
de la minicipalité de jéremic, collationnée Henmequin,
encore une picce qu'on vous a donnée pour Hennequin un original, qui fe q
qui neft qu'une copie collaticmnée par
étc
gteffier dela commune ;. rien n'attefte que Hennequin
greffier de la commune de Jérêmie. --- Page 99 ---
On ne relate point les fignatures des ciroyens qui ont fait
ette adreffe; on ny parle que de cclles de Mathieu, prédent, & Rouyer, lecrétaire; ; pour que ces hommes pullent
re regardés comme prélident & fecrétaire de la commune
3 Jeronie, il faudroit qu'un procts-textel de Paffemblée
énérale de la commune les y eût auterifes; il In'y a ici auine trace de délibéravion; deux hommes fignent, Tun fe dit
réfident, T'autre fecré:aire. : ce ne font point des fignatures
riginales.
de
L'autre pièce eft un réglement fait par la municipalité
érémic, également collationnée par Hennequin, fecrétaire,
ins aucun timbre ni relation de fignatures. Ce ne font point
dès pièces originales; il n'y a que l'adreile au sénéral
albaud qui paroille originale, Voila cC que j'avois à dire
r le marériel de ces piecess quand les colons auront réondu, je palferai à la difculion de ces actes.
Duny : Citoyens, pour vous prouver la légalité des pitces
ue Jai dépofces fur le burcau, pour prouver la fidélire de
commune de Jérémie & fon attachement à la patrie, it
ffira de prendre la pièce que Sonthonax avoue , &c cononter les fignatures qu'elle porte avec celle du procureur
e la' commnine qui fe trouve fur les autres pièces, on juera par-ià files picees four officielles. Sonthonax vient d'anoncer que l'adtefle de la commure de Jérémie au général
Galbaud.
Le préfid-nt : On reviendra là-deffus.
Duy:J'obferve que toutes les pizces font tirées de deffous
es fcellés appofes à Nantes le venues à Paris, dépoftesà
1 commniflion des colonies & trouvées dans les papiers du
énéral Galbaud & les miens.
L:préfdont : Etparaphées par les commitfaires de la comniffion?
Duny : Oui, citoyen.
Thomas Millet : I y a encore une obfervarion à faire firr
e matériel" de ces pièces : ces pièces n'ont pas été envoyées
folément; elles ont toutes été envoyées T'appui de l'adreffs
nvoyée par la commune de Jérémie au génêral Galbaud,
jour conftater les mefures prifes par cette commune pour
orrefpondre avec les commiflaires civils : or, la pièce qui
ÇS contient eft revêtue de toures les fignarures qui peuvenr
y a encore une obfervarion à faire firr
e matériel" de ces pièces : ces pièces n'ont pas été envoyées
folément; elles ont toutes été envoyées T'appui de l'adreffs
nvoyée par la commune de Jérémie au génêral Galbaud,
jour conftater les mefures prifes par cette commune pour
orrefpondre avec les commiflaires civils : or, la pièce qui
ÇS contient eft revêtue de toures les fignarures qui peuvenr --- Page 100 ---
conftater la validité, & celles qui font au foutien n'a
en voient befoin que de la lignature de l'oficier chargé d'attefte
l'authenticiré, qui étoit le procureur de la commune.
Sonthonax : La commiflion jugera le mérite de la pièce
à l'article du défaut du timbre, nous ex
Duny : Quant avoient le timbre de la municipaliré d
avons produit qui dit
avions un timbre à Paris
Caps Sonthonax a
que nous
Sonthona
ces pièces que nous produifons n'en ferons-nous? n'ont point, quelles picce
les trouve illégales 5 comment
devons-nous donc Je produire? à la difcuffion du fond. Les colon
Sonthonax : d'avoir pafle
la guerre civile à Jérémie €
m'ont accufé
porté
un corps de 300
faifant marcher contre cette commune d'abord
le fait d
hcmmes; je prouverai deux chofes, mois la marche que de larmé
la guerre civile a précédé de deux
des commiffaires civils
envo ée devant Jérémie par les habitans ordres de Jérétme font les vé
je prouverai enfuite que les
cette commune. Dar
rirables artifans des maux qu'a éprouvés s'eft agi de l'efprit public
le cours de la difeuflion, loriquil de Jérémie, avant larrivé
vous avez vu que la commune avoit été celle de toute la coloni
des commiffaires civils,
à l'exécution de la lc
qui avoit montré le plus d'oppolition la commune de Jérémi
du 4 avril. Je vous ai prouvé armé que des noirs efclaves contr
étoit la première où l'on avoit
étoit la première oi
des hommes de couleur libres; qu'elle de couleur à bord de
on avoit enfermé en rade des hommes
le
bateaux de mort; je vous ai prouvé que de la 24 loi juin du 4 avri
vingt t- huit jours après la proclamation
la commun
dans la colonie & fon acceptation apparente, coloniale
de Jérémie eft venue demander à lallemblée
étoien qu
l'on retint en arreftation les hommes de le couleur fait de guerre
dans fa rade. Je prouve d'abord la que marche des troupes en
civile exiftoit à Jérémie avant civils dans cette commune
voyées par les février commiffaires les hommes de couleur ont éte
car c'eft le 22
territoire de Jérémie. Si le 21
chaflés à main armée Gur
été chalfés du territoire
février les hommes de couleur ont
mois
de Jérémie, la guerre exiftoit à Jérémie 2
aupara armée
vant que les commififaires civils envoyaffent n'ont envoyé une
une
d'après les
caetuo
Les commillaires,
les février commiffaires les hommes de couleur ont éte
car c'eft le 22
territoire de Jérémie. Si le 21
chaflés à main armée Gur
été chalfés du territoire
février les hommes de couleur ont
mois
de Jérémie, la guerre exiftoit à Jérémie 2
aupara armée
vant que les commififaires civils envoyaffent n'ont envoyé une
une
d'après les
caetuo
Les commillaires, --- Page 101 ---
mée devant Jérémie
vers le 18 ou le 19 juin 1793.
,a marche de cette Ea0E ne fait donc rien à l'état de
uerre civile oùt fe trouvoit Jérémie. L'état de la commune
le. Jérémie étoit donc la guerre civile 2 mois avant que les
ommiffaires civils penfafient à Y. envoyer une armée; il.eft
onc très-faux que les commillaires civils aient cherché à
orter la guerre civile à Jérémie en y envoyant une garnifon
deux mois avant l'arrivée de cette
e goo hommes, puilque exiftoit dans la commune de Jérémie.
arnifon la
civile
vais
Mais quels Reerie les
de la guerre civile? je
e dire en retraçant et conduite de Jérémie, foit à l'égard
les commilfaires civils, foit à T'égard des hommes de couleur
lepuis notre arrivée: : à notre artivée, plufieurs hommes de leurs de
touleur de Jérémie & de la Caymitte étoient challés
propriérés; ils en étoient chaflés avec leuts efclaves; les coons eux-mêmes vous les ont nommés; Noël Azor, Lafond,
e Page & autres : les commiffaires civils, en vertu de la
oi du 4 avril, ordonnèrent la réintégration fur leurs propriétés, de Noel Azor, Lafond & de tous ceux quien avoient
été chaflés; la commiflion intermédiaire donna le même
prdre, fon arrêté furapprouvé par les commillaires civils. La
commune de Jérémie & celle de la Caymitte même devoientelles s'oppoler à cette réinrégration ordonnée, foittarla commillion intermédinire, foit par les commiffaires civils? C'eft le
ptemier fait de révolte de ces communes contre les commif-
(aires civils ; les colons, pour l'excufer, ont dit que les hommes qu'on vouloit réintégrer étoient couverts de crimes,
avoient commis des arrocités; que c'eft la raifon pour laquelle ces deux communes ne vouloient pas les srecevoir dans
leur fein. Mais fi les crimes de ces deux hommes étoient fi
évidens, pourquoi la municipalité de Jérémie ne les a-t-elle
pas mis fous les yeux des autorités conftituées, des commiffaires civils? pourquoi a -t t-elle perfifté dans fon refus de
faire connoitre à ces prétendues autorirés les prétendus crimesqu' 'on reprochoit à ces hommes. Nous avons prouvé dans
la difcullion que les crimes iputés à Nodl Azor, Lafond &
autres par les colons, étoient des calomnies : quon ne les
éloignoit de leurs propriétés,
parce que la commune de la
Caymitte avoit befoin de HAbicterg les propriérésà ceux qui
les avoient chailes. Page vous a dit que Noel Azor avoitco.m-
irés les prétendus crimesqu' 'on reprochoit à ces hommes. Nous avons prouvé dans
la difcullion que les crimes iputés à Nodl Azor, Lafond &
autres par les colons, étoient des calomnies : quon ne les
éloignoit de leurs propriétés,
parce que la commune de la
Caymitte avoit befoin de HAbicterg les propriérésà ceux qui
les avoient chailes. Page vous a dit que Noel Azor avoitco.m- --- Page 102 ---
,8
notamment celui de la femme Se
mis pluficurs affalinats,
journé,
: Ona a difcuté cela, il faut aller au but.
Le
LIELEEO viens.
fort
il faut
Le préfident: fuy vas par une route
longue;
ticher dy venir directement.
davantage:) je le
Sonthonax: Je ne puis pas me circonfcrire dit
ces hommés
feraiautant que pourrai. Page ila vous a la date que de ces préten
s'étoient EIN aflaflinats;
porté
du mois de décembre 17913.ce
duscrimes au commeneemenre
avoit eu une amnific
pendant le 22 décembre 179t,ily des couleurs, AEn
tout ce quis'étoit paffe dansla Nocl-Azor guerre
& autres; cn n'a
dans laquelle étoient le droit compris de les chafler de leurs foyers, puifque
voit donc pas étoit générale: on n'a d'ailleurs apporté aucune
l'amniftie des allalinas dont on vous a parlé. Ileft bien prouvé &
preuve
prétexte aux communes de Jerémie
que ce n'étoit qu'un éloigner Notl-Azor & autres de leur
de la Caymite pour dit
avoit révolte dela part de ces deux
propriétés. J'ai étoient qu'ilya direétement en révoite ccntre lau
communes; elles
termes des lois des 22 Juin & 17
torité nationale, puifqu'aux réfiftoient aux commillaires civils
aoûit 1792, ceux qui
c'eft l'affemblée nationale
étoient regardés comme en révolte:
de commen
quiavoit fair la loi, il ne nous rendre; apmrrencit E frit de la de
ter les motifs qui l'avoient fait civilsy OT chcouroit par
Ja peine dé
fobéiffance aux commiffaires traitres à la
J'ai dit que lesdeux pa
cernée contre les & de la patric. n'avcient pas veulu cor
roiffes de Jérémie
Caymite civils; je prendrai à Tappu
reipondre avec les commiffaires
Duny. On produi
de ce fait les lettres mêmes produites procureur par de la communs
ici des pièces fignées Favarange, inftant
Favarange ait éte
- de Jérémie. J'admets pour uu de
que & qu'il ait corref
procureur de la commune civils. Jérémie, Il dir dans la troifième let
pondu avec les commiflaires avril : uJe vous adrelle, citoyens- commif
tre, datée du 23
officielles qui ont été envoyées à la
>> faires, plutieurs pièces Jérémie
le commitfaire civil. Par le
> municipalité de
par eft au bas, vous verrez qu'elle
>3 certificat ce lecréraire chacune qui dans le temps où clles font
33 ont été enrégiftrées
qui
Ma
& que les malheuteufes circonfances
22. venues,
commiflaires avril : uJe vous adrelle, citoyens- commif
tre, datée du 23
officielles qui ont été envoyées à la
>> faires, plutieurs pièces Jérémie
le commitfaire civil. Par le
> municipalité de
par eft au bas, vous verrez qu'elle
>3 certificat ce lecréraire chacune qui dans le temps où clles font
33 ont été enrégiftrées
qui
Ma
& que les malheuteufes circonfances
22. venues, --- Page 103 ---
(99
Jent cette colonie, & qui rendent peu stre la correfpon:
dance, ont occafionné le retard de mon prédécelleut à
vous acculer la réception de ces envois. >2
offiC'elt le 22 avril feulement qu'il prend fantaifie à un
er de la municipalité de Jérémie d'accufer réception adref- des
Hes, proclamavions & réquifiriens qui luiavoient été
tes iix mois auparavant; l'aveu de Favarange lui-même
touve donc que juiqu'à cette époque on n'avoit pas encore
;cufé aux commiflaires civiis la réception de leurs aétes;
bute corre(pondance étoit incerrompue; on.s'excufe fur les
halheureux événemens qui dé'olentla colonie, comme fi la
ommunede Jérémie ny avoit pas é:é perpéruellement étrancomme ( elle n'ayoit pas toujours été préfervée de
Ere bute > efpèce de troubles, excepté ceux qu'elle avoit provoués elle-même.
On ajoute dans cette letre: < Les-lois contre les émigrés
& les propriéraires non réfidans s'exécutent aufli conformément àla proclamation du ccmmiffaire civil Polverel:
l'huillier achève la faifie dans toute la paroifle, dont le
territoire eft étendu. Dans trois jours, ,) j'aurai fonrapport:
en vous le faifant paller je vous juftifierai de l'exécurion
entière de la proclamation dans la paroiffe. >>
Hier je vous ai dit que dans la paroiffe de Jérémie ,'on
Vavoit exécuté aucune réquifition, aucune proclamation des
tommiflaires civils. Cette commune a fait plus; elle n'avoit
pas exécuté la ioi du 25. aotir 1792, qui ordonnoit le fequeftre des biens des émigrés ou propriétaires non réfidans
Hans la colonie. Cece loi du 35 août a été enregiftrée par
Vallembléee coloniale avant fa diffolurion, au commencement d'octobre 1792. Ce n'ef qu'au mois d'avril, fix mois
hprès, qu'on fonge al'exécucion de cette loi.
Favarange dit que la loi fur les émigrés s'exécute 5 que
les huitliers nchèvent la faifie de leurs biens. Il falloit huit
jours au plus pour cette opération 3 on s'avife de la commencer au moment odl'on apprend que nous avons réduit
par la force les rebelles du Port-au-Prince. Ceft à ce moment feulement que la commune de Jérémie pente à correlpondre avec nous par la Yoie de Favarange 2 peur nous
annoncer qu'en exécure la loi fur les émigrés.
Une autre iettre du 8 mars 1793 J également fignée Fava:
faifie de leurs biens. Il falloit huit
jours au plus pour cette opération 3 on s'avife de la commencer au moment odl'on apprend que nous avons réduit
par la force les rebelles du Port-au-Prince. Ceft à ce moment feulement que la commune de Jérémie pente à correlpondre avec nous par la Yoie de Favarange 2 peur nous
annoncer qu'en exécure la loi fur les émigrés.
Une autre iettre du 8 mars 1793 J également fignée Fava: --- Page 104 ---
le
de Thuil
s'exprime ainfi: ec Je vous envoie rapport
range,
a
à ma requête les revenus de tou
>> fier Paulin, qui faifi,
&
non réfidans > conformémen
>> les émigrés propriétaires & à la
du citoyen Pol
>3
à la loi du 44août,
proclamation deFavarange quel T'huif
32 verel >. C'eft donc à la réquilirion
& des propriétaire
fier Paulin a faifi les biens des émigtés
de la cemmun
abfens. Or, Favarange n'a été fait procuteur nous a écrite : il a écr
que trois jours avant la lettre quil
& ila annonce : dan
pour la première fois le 18 avril 1793 , de la commune de
cette letire du
qu'il eft procureur
Duny quej
puis trois jours. ed des lertres produites par
tire cette allertion : ei' Nommé depuis trois jours procu fe
elle me charge de vous préfenter
23 reur de la commune,
lettre eft du 18 avril 1793
> juftes réclamations fuivan: 9), Cette Favarange & fuivant Duny ,
c'eft donc leis,
de la commune. d
Favarange a été nommé procureur fe met. en train de féqueftrer le
depuis cette époque qu'on
voyez
lettre du
habitations des énigrés ; car vous
dansila T'huifier Paulin
mai : ce Je vous envoie le procès-verbal des par
des émigre
9) conrenant la faifie à ma requête propriétés
de Favarange , procu
s3 de la colonie >, C'eftala requère
le féqueltre
reur de la commune , que Thuiflier a ordonne commencé le féqueftre de
& c'eft au
colonie avril que Favarange tandis
la loi étoit promulgu
émigrés de :
;
que le mois d'octobre 1792
Taflemblée coloniale, depuis
commence à s'exéct
Ea feulement au mois d'avril qu'elle Anle
raifon C
ter dans le quartier de la grande Jérénie : avois-je réliftoit, nor
vous annoncer que la commune de
> ma
des commitfaires-civils.
fculement aux réquilitions nationale? Je palle au fait d'infurre
sux lois de l'aflemblée
des hommesde ceuleu
tion de Jérémie, & tiré à Texpropriation des débats dans les tomes I & 2. L
En voici le récit > contredit lorfque Polverel l'a fait. Je
colons ne l'ont pas
répéterai en très-peu de mots.
Leprefdent : Ilfuffit d'y renvoyer. la commiffion & les leéteu
Sonthonax : Alors je renvoie
des événemens arriv
aux tomes I & 2, oà il eft queftion Sans cxaminer de quel cà
à Jérémie en février fi les 1793. honmes de couleur étoient cour
éroient les torts blancs ,
je ne confidérerai les rebelles
bles ou les
,
Jérém
répéterai en très-peu de mots.
Leprefdent : Ilfuffit d'y renvoyer. la commiffion & les leéteu
Sonthonax : Alors je renvoie
des événemens arriv
aux tomes I & 2, oà il eft queftion Sans cxaminer de quel cà
à Jérémie en février fi les 1793. honmes de couleur étoient cour
éroient les torts blancs ,
je ne confidérerai les rebelles
bles ou les
,
Jérém --- Page 105 ---
IoI
Jérémie que fous les rapports des relations' avec les commiflaires - civils. Les hommes de couleur' expullés de
Jérémie fe retirèrent aux Cayes auprès de Polverel ; ils lui
portentleurs plaintes; illes écoute : mais, loin de les croire,
il écrit une lettre frarernelle à la commune de Jérémie. Il
lui repréfente
vient d'y, avoir une exécution terrible
& fanglanie et fon territoire 5
eft bien étonnant
les commiflaires civils n'en
pas inftruits s; mais
E
que
il envoie des commillaires
que,
ne rien précipiter ,
des
FAEE pris dans le fein de la municipalité
Cayes
& dans un corps de troupes venu de France : ces derniers
de la
du Sud,
ont été nommés par le commandant
province
Voici la lettre écrite par Polverel à la commune de Jérémie relativement aux événemens du 22 février. Elle eft
du 2 mars.
( Sonthonax remet le regiftre au fecrétaire de la commiffion -
Verneuil: Je demande qu'il nous en foir donné communication.
Fouché: Sans doute.
faire de difficulté.
Le préfident : Cela ne peut pas
(Le regiftre eft remis au citoyen Verneuil.)
(Sonthonax lit la lettre. )
Cayes, 2 mars 1793Le commifaire civil, à la municipalité de Jérémie.
la
des couleurs fe ralc J'apprends, citoyens, que guerre
lume avec fureur dans votre paroifle, & que vous avez
fonné l'alarme dans toutes les paroiffes voilines. J'ignore
quels font les coupables, & jafqu'à quel point ils le font, 2
parce que je n'ai aucune connoiflance des faits'qui ont
cédé & déterminé la prife d'armes. C'eft par vous
e
rois dà en être inftruit; mais, depuis notre arrivée dans la
colonie, vous ne nous avez pas donné un figne de vie. Nous
vous avons fait parvenir exactement toutes les lois promulTome VII. Soixante-frilme liyraifon.
G
les coupables, & jafqu'à quel point ils le font, 2
parce que je n'ai aucune connoiflance des faits'qui ont
cédé & déterminé la prife d'armes. C'eft par vous
e
rois dà en être inftruit; mais, depuis notre arrivée dans la
colonie, vous ne nous avez pas donné un figne de vie. Nous
vous avons fait parvenir exactement toutes les lois promulTome VII. Soixante-frilme liyraifon.
G --- Page 106 ---
102 réquifitions & décifions.
guécs, routes. nos proclamations, accufe la réception ni cerafie T'exécuVous ne nous avez, forte
vous nous, avez.réduins au point
tion d'aucune 5 en
que la fouveraineté dé la nation
de douter li vous reconnoilliez aurorités par elle conftituées. Ces doures
frangaite, & les
conficaés pari une lettre dela muni- exiffont teallienreulement qui patle d'une fedération
cipalié des Cayemittes,
des
& les
)
cellé
Cayenittes
tante entre voue voilines commune Qu'ett-ce donc
cette fédéraautres communes exilte-t-elle ? quel en % l'objet? con
tion : depuis elt-clle quand dirigée 2 Une fédéraiion entre pluleurs partre qui
communcs > qui n'eft pas autorifée par
ticuliers & plutieurs les 'délégués de la nation fouveraine 2
lesrepréienans ou
attentat formela la fouveraineré
qu'eft-ce autre chole qu'un
Tactivité des armées fédéde la nation : Le rallemblemenr, chofe
levée d'étendards contre
rées, qu'eft ce autre
qu'une ciroyens, de me donner,
T'aurorité narionale? Je vous pries des explications farisfaifantes
le plus prompsenent elles pofmible, font indi(pen/ables pour votre repos,
fur tous lcs points; 5 cclai de lat colonie entière. -
&c peut- être pour. le
urgent eft de faire ceffer T'état de
>Mais Tobjet plus
&d d'empècher qu'elle
guerre oû vous VONS trouvez engngés. voiines. Je ne puis travailler
fe propage dans les paroillest qwauran: que je ferai, inflruit
efficacement à la preification Tiaferréction. Les députés de la
des caufes qui ont excité & T'officier chargé des pouvorrs
municipalité des Cayes,
fur les lieux ,
du comimandant de la provincà, > prendronts & j'efpère qu'ils
tous les rentrigneuens néceffires ou > du moins à REEE
viendronr concilier les efprits, delawrorinseltn nécellaite
les ackes lisstwtrg folide & durable : cile agira en
pour ramener une paix
les dépofitaites del cette
connoitlance de seaule. Jufqualers le-langage de.la roifon, déla paix
autorité ne parleronts quer
obliges d'en tenin
& de la frasernisé. Tanlkeneiuneneasebs treuver dans ies caulendesdcionies
d'auire.! Puilleneils mal-ontendus ne
que des erreurs 1; Puille du
ackuels, que.duis
les difpanfer den déployer
moins une prcup:e touterla réligifcence févérité de laloi!
conteerkesic coupables national ciyils
AM
1 Le commillaire
2 Sign, POLVEREL".
aci sahucd
1 amel
-
au
asernisé. Tanlkeneiuneneasebs treuver dans ies caulendesdcionies
d'auire.! Puilleneils mal-ontendus ne
que des erreurs 1; Puille du
ackuels, que.duis
les difpanfer den déployer
moins une prcup:e touterla réligifcence févérité de laloi!
conteerkesic coupables national ciyils
AM
1 Le commillaire
2 Sign, POLVEREL".
aci sahucd
1 amel
-
au --- Page 107 ---
1e;
Eft-ce confomie ?
Fer:uil: Oui.
Sonthon:x Vousvoyez G le ton du commiffaire civil eft
celui d'un defpote qui veut porter dans le fein de la commune
de Jérémie le fer & la Hamme , à caule de l'afaire du 22
février. Vous voyez que le commiffaire civil épuile toute
efpèce d'indulgence, qu'it n'emploie que le langage de la
fraternité, qu'il oublie fon caractère public peur preffer l
commune de Jérémie de lui donner tous lesi renleignemens
nécellaires fur cette attaire. Ii écrit le 2 mars. Depuis dix
jours l'affaire du 22 février s'étoit paftée à Jérénie 5 il
n'étoit pas encore, inftruit, & ne.Fa pas été depuis davantage. Nous n'avons jamais eu de faristaction de la part de
la municipalité de Jérétie ; jamais clle ne nous a adretfé
aucun mémoire jufificatif de fa conduite dans Tasaire du 22
février ; &c comment: auroit elle pu fe juftifier d'avoir profcrit une race d'hommes que prorégeoit la loi du 4 avril?
Elle dit qu'eile les a prorégés en mettant des gérens fur les
habitations de ceux qui s'éroient retirés far ln communedes
Cayes. Remarquez citoyens, que l'aéte de la municipaliré,
parlequel elle établit des gérens fur les propriétés des hommes de conleur, > eft du 22 mars 5 c'eft-à-dire 2 un mois
apresleur expulfion c'eftà-dire, qu'on oublie d'abord après
leur expulion de faire l'inventaire de leur mobilier, qu'on
commence à livrer leurs propristés au pillage ; ceftun mois
après qu'on y établit des gérens : & quelie matche fuit-on?
On n'exécute pas la loi du 25 aoûr 1792, qui confitue les
procureurs de la commune les légitimes curateurs aux biens
des abfens ; on (e garde bien de faire nommer des gérens
par ls procureur de la commune , mais on érablit que chrque cnpitaine de la garde nationale aura le droit, de fa
propre autorité, d'établir des gérens, d'en fixer les anpointemens, & de donner aitx gérens la quantité de denrées qui
fera nécellaire pour la repréfentarion de leurs appointemens. Il femble que, par une fuie de l'injurtice qu'en a
commife envers les hommes:d del couleur en les espulfind
del leuis propridtés, - on perpétue fer's sux l'exécution militaire, cn livrant la geftion de leurs biens aux oficicrsda
las garde nationale de leurs quartiers.
Jevous-le demande, citoyens, la loi n'indiquoit-elle pas
G2
fera nécellaire pour la repréfentarion de leurs appointemens. Il femble que, par une fuie de l'injurtice qu'en a
commife envers les hommes:d del couleur en les espulfind
del leuis propridtés, - on perpétue fer's sux l'exécution militaire, cn livrant la geftion de leurs biens aux oficicrsda
las garde nationale de leurs quartiers.
Jevous-le demande, citoyens, la loi n'indiquoit-elle pas
G2 --- Page 108 ---
à fuivre : la loi ne difoit-elle pas
la marche qu'onavoit
aux biens de ia commune à veiller
c'étoit aux procureurs devoit-on livrer au pillage, à la diffolution, , les
ablens? &
hommes de couleur : devoit-on les mettre
proprictés des des capitaines de la garde nationale blanche,
à la difpofition naturels : Que les colons viennent dire
leurs ennemis
en faveur des hommes de
c'eft par un motif de bienfailance
viennent dire
c'eft
couleur qu'ils lesont dépouillés leurs ; qu'ils biens à la
des
a livré
RLE
par ce motif qu'on nationale de Jérémie ! J'ai donc prouvé
officiers de la garde commiflaires civils étoient parfairement
d'abord que fait les de la guerre civile qui a exifté à Jérémie,
étrangers au
civile a exifté dans le mois de février, &
puifque la guerre
n'ont fait marcher une armée contre
que les commiffaires mois de juin 1793: S'ils étoient étrangers dire au
Jérémie qu'au de la guerre civile > ils ont le droit de vous lai
fait matétiel les
de cette guerre : je vous
qu'ils éroient Polverellafnit provocateurs' aufli dansle temps, & les colons
démontré. nié cegatl a. dit à cet égard. Aujourd'hui j'ai les
n'ont pas
avoit. refufé de recevoir
prouvé
la municipalité qu'ils avoient été challes, contre le
hommes Ruc couleur 3
j'ai prouvé que jamais cette muvccu de la loi du 4avril: exécuté les actes des commillaires civils;
nicipalité n'avoit
avifée d'exécuter les lois
que la premicre fois qu'elle des s'eft
civils , c'eft depuis
frangailes & les ordres
commilhaires > après en ayoir
quenurés triomphans au Port-au-Prince en mefure de comchaffé les factieux 2 nous Jérémie. nous Voilà trouvions ce quejai démontré,
primer la révolte de
Duny, foit par la lettre
foit par les papiers
par ol, loin de prendre le tOm
de mon collegue
Raa
il prend le to1l fraternel qui convient à Thomme
diélatorial, qui n'eft pas inftruit &c veut l'ètre.
civils demandèrent des
Ce fut en vain que obtinrent les commiffaires point : aucune lettre ne fait
infiructions , ils n'en
des hommes de couleur : la feule
mention de Texpropriation. c'eft dans l'adrefle de la muni
pièce od il en foit quellion > Au lieu d'inftruire les com
cipalité de Jérémie à Galbaud.
profite de l'arrivée du
miffaires civils, cette municipalité
awprès de lui
général Galbaud 3 envoie des commillaires s'adreffer à Tautorité du
laille de côté l'autorité civile pour
'en
des hommes de couleur : la feule
mention de Texpropriation. c'eft dans l'adrefle de la muni
pièce od il en foit quellion > Au lieu d'inftruire les com
cipalité de Jérémie à Galbaud.
profite de l'arrivée du
miffaires civils, cette municipalité
awprès de lui
général Galbaud 3 envoie des commillaires s'adreffer à Tautorité du
laille de côté l'autorité civile pour --- Page 109 ---
tos
gouverneur 3 elle ole dire au gouverneur : Interpolez votre
autorité entre nous & les commiffaires civils. C'eft une provocation à la révolte, que cette adrefle de la municipalité
dejérémie au général Galbaud. Aprèss'être préfentée militaire comme
perfécutée , elle réclame l'intervention de l'autorité avoir dans
entr'elle & l'autorité civile, comme s'il pouvoit y
la colonie une autorité fupérieure à la commillion civile ;
comme fi le gouverneur Galbaud pouvoit être une autorité
fupérieure à l'autorité civile déléguée par la République :
mais cette adreffe de la municipalité à Galbaud n'eft qu'un
nouveau fait de révolte ajouté à tant d'autres > n'eft qu'un natioacte de perlévérance dans la rebellion affichée contre dès l'autorité notre arrivée
nale,, rebellion que Jérémie {e avoit refufant à l'exécution de nos
dans la colonie, , foit en refufant à l'exécution des lois de
proclamations, foit en fe
l'affemblée nationale elle-mème.
La féance eft ajournée au premier meflidor.
Le regiftre des préfences ef ligné, J. Pr. MOLLEVAUT, GARRAN,
prefdents FOUcHE (de Nautes)./cerctaire; ;
DABRAY, F.LANTHENAS.
G3
ie {e avoit refufant à l'exécution de nos
dans la colonie, , foit en refufant à l'exécution des lois de
proclamations, foit en fe
l'affemblée nationale elle-mème.
La féance eft ajournée au premier meflidor.
Le regiftre des préfences ef ligné, J. Pr. MOLLEVAUT, GARRAN,
prefdents FOUcHE (de Nautes)./cerctaire; ;
DABRAY, F.LANTHENAS.
G3 --- Page 110 ---
xou
A1 -
troifome de la République
Séance du premier mofutor,Paai
frangaife une 8 idivifibler
- S atmer
ne
n La
hnoit
débats recueillis dans la féance précéLA rédadtion des
annlue
dente eft lue: & adoptée.
> Fondeviolle &
.
LarchevigueTitaud
Les citoyens Page, caufe de maladie.
font abfens pour
Dans la dernière féance, Senthonax, en répli- de
Clanfon:
chef d'accufation, nous a reproché
quantat. cinquième
perpéruelles. Je vais samenérla
tomber dans des véritable divagations but. Il s'agit de favoir fi Sonrhonax
quefion à fon
I15O hommes
a ett tort ou raifon d'envoyer de Tinexécution , le 2ojuin 1793, de la loidu avril.
à Jérémie, fous prêtexte avtil étoit exécutée dans toute 1 cOIl dit
la loi du 4 notamment à Jérémie > parce quily
lonie, Re qu'elle l'étoit
dans la municipalité, comme
avoit des hommes de couleur les débats antérieurs, du temps oi
cela a été conflaté dans
Jérémie. Sonthonnx vous
Polverelad difcuté ce qui regardoit
a dit :
Jamais Polverel ni moi n'avons dit qu'il y cût
Sonchonax: :
dans la municipalité de Jérémie.
des hommes de couleur
J'ai nommé Blancherot,
Clauffon: Nous l'avons prouvé. la commillion peut s'en affurer,
Lepand.Tniprier & autres;! imprimées dans les débats.
en vérifiant les différentes pièces le 22 février 1793, les hiommes
Sonthonax vous a répété
à main-armée
les citoyens
couleur avoient été
AR
de
les ordres donnés, CRT par la comla Cayemite, & que
intermediaire, pour la
RC civile, foit par la conimiffion
,
Clauffon: Nous l'avons prouvé. la commillion peut s'en affurer,
Lepand.Tniprier & autres;! imprimées dans les débats.
en vérifiant les différentes pièces le 22 février 1793, les hiommes
Sonthonax vous a répété
à main-armée
les citoyens
couleur avoient été
AR
de
les ordres donnés, CRT par la comla Cayemite, & que
intermediaire, pour la
RC civile, foit par la conimiffion --- Page 111 ---
éintégration de ces hommes dans leurs propriétés; ce Noel
Azor, ce Lafont .
. . .
à Sonthonax fur ces déLc préfident : On a oré la pargle
ails, on ne peut y revenir.
bornerai à dire
Claufon : Dans ce cas,je me
momient qicSonthonas oà il ditigeoit
peu tort d'envoyer II5O hommes, au & d'avoir envoyé des
hu Cap l'incendie & les mallacres 3
de la loi du
kroupes à Jerémie, fous prétexte de T'inexécution
k avril, qui étoit parfaitement obfervation exécutée. tresscourte à faire far
Sonchonax:Je n'ai qu'ane
l'arricle de l'accufaee que vient de dire Clauffon fur ce tair;
civile à Jétion des colonsefeelui-ci: : ed'avoit porté la guerre
contre
> rémies en ordonnantia marche d'un corps de troupes
b cette ville >>. Je n'ai pu porter dans cette commune la guerre
civile, ,en ordonnant contr'elle la marche d'un corpsde troupes,
puilque deux moisavant la marche de ce corps de troupes >
lag
civile. exiftoit.
dit
Jérémie n'avoit
S Millec: Sonthonax a
que jamais
pu fe juftilier de fes procédés, du 22 février 1793, à A l'égard
des honimes de" couleur.
BAR
Le préfident : Pallea un'autre objet; la-commillion a ôté
la parole à Sonthonax, ou -du moins lui a dit déjà de paffer
à un autre objet, attendu que celui-ci a été traité dans les précédentes Millet féances. : Il a dit qu'on avoit livré les propriérés des hommes
de couleur au pillage.
été traité.
Le préfident : Ceci a déja
la commune de Jérémie
Miller:Comment jufifierons-nous
des calomnies lancées Ceci a contr'elle: etd traité déjà dans différens débats 5
Le préfident:
il n'y faut plus revenir. n'avions
la pièce
nous
Th. Miller:Jamais nous
préfenré féance,
que fait
VOHS avons produire à Tavanc-dernière
Sonthonax de
au procuretir de la commune de Jérémie le reproche
n'avoir; que fix mois après fa proclamarion, , mis à exécution
la loi fur les propriérés dcs émigrés. Or, aufant eit de que la jem'en fin de
puis rappeler, la proclamation de Polverel
faciles des
Fevrier. Les communications éroient très-peu
Cayes oh étoit Polvercl à Jérémie; k certainement il n'y
avoit pas un grand péril en la demeure, à refter un mois faus
G 4
n'avoir; que fix mois après fa proclamarion, , mis à exécution
la loi fur les propriérés dcs émigrés. Or, aufant eit de que la jem'en fin de
puis rappeler, la proclamation de Polverel
faciles des
Fevrier. Les communications éroient très-peu
Cayes oh étoit Polvercl à Jérémie; k certainement il n'y
avoit pas un grand péril en la demeure, à refter un mois faus
G 4 --- Page 112 ---
1o8
exécuter cette proclamation ; & cependant jobferverai que
le procureur de la commune > qui avoit précédé d'exécuter Favaranges, le con-
&i qui étoit Mathieu, s'étoit mis en devoir avoit de fi grandes diftenu de cette proclamation ; mais ily
étoit
ficultés, & la proclamation étoit 1i équivoque > qu'il avoit
très-difficile de conftater quels étoient les émigrés.
d'après
:
même des'biens (ufceptibles d'ètre avoient féquefirés fait paller de Etoer
clamation, dontles propriétaires: des certificats de rélidence. Ces motifs-là
à Saint-Domingue déterminèrent à fe démettre de fa place de procureur de
le
quil'a
la commune; & c'eft à cette époque que Favaranges d'exécuter , cette
remplacé, a commencé à fe mettre en devoir falloit que huit jours
proclamnation. Sonthonax a dit qu'il Sonthonax ne
a habiré Saintpour exécuter fa proclamation:
qui
conftituent
Domingue , fait bien que la quantité d'effets qui
le mobilicr d'une habiration de Scint-Domingue. €, quelque en faire
médiocré qu'elle foit, exigeau meinshuitjours Thabitation pour Breteuil,
Tinventaire. Je citerai pour exemple défie aux arbittes les plus
qui étoit dans le cas du féqueftre jje
Or,sil falloit
exercés d'en faire Tinventaire dans quinze jours. d'une feule haquinze jours pour l'inventaire exécuter du mobilier la loi dans huitjourst
bitation, comment pouvoit-on
de
Sonthonax: : D'abord je n'ai
parlé proclamationsies ordonnoit
parlé de la loi du 25 août 1792, TT fort claire, qui réfidans dans
que toutes les propriétés des émigrés les , ou non
des comla colonie, feroient féqueftrées par Cette procureurs loi a été enregiftrée
munes : au profic de la République. d'octobre, avant fa diflo-"
par l'aflemblée coloniale au à mois Jérémie: on a été fix mois fans
lution ; elle a été envoyée
commune
feul
l'exécuter. Le procureur de la
> Favaranges, huit
commencé T'exécution. On a dit qu'il falloit au moins
a
linventaire feulement d'une habitation ; le fait
jours pour le contraire de ce que vous avancent les colons. Faprouve ne s'eft mis en devoir d'exécuter la ldi que le 15
varanges avril, jour où il a été nommé, & c'eft le 8 mai qu'il T'hvillier nous
le
de féqueftre fait par
a envoyé
procès-verbal
le 15 avril juiqu'au 8 mai
Paulin. Il me femble que depuis intervalle , s'il eût fallu huit
il n'y a pas, eu un alflez de long chaque habitation : s'il n'a fallu
jours pour l'inventaire jours du temps de Favaranges pour mettre.tout.
que quinze
varanges avril, jour où il a été nommé, & c'eft le 8 mai qu'il T'hvillier nous
le
de féqueftre fait par
a envoyé
procès-verbal
le 15 avril juiqu'au 8 mai
Paulin. Il me femble que depuis intervalle , s'il eût fallu huit
il n'y a pas, eu un alflez de long chaque habitation : s'il n'a fallu
jours pour l'inventaire jours du temps de Favaranges pour mettre.tout.
que quinze --- Page 113 ---
en fequeltre, il falloit encore moins de
à Mathieu, fon
> puifque de ce temps
y avoit
MgUSE
prédécelieur
bien moins d'émigrés.
dans fa lettre aux
Daubonneau : Le citoyen Favaranges ,
les féquetcommillaires civils, ne dit
précilément que
trages foient faits 5 il dit CLET loi s'exécuie, mais non pas
qu'elle étoit exécutée; & quand Millet vous a dit qu'il falloit
quinze jours pour faire l'inventaire de quelques habitations,
ly ya eu en effet dans la colonie des habitations qui ont
exigé trois mois d'inventaire. fe
Dans deux lettres de
Sonthonax : Daubonneau trompe. dans la
il eft
Favaranges il eft parlé du (équeftre; du
première avril. Dans la
dit, la loi s'exécute ; & cette lettre eft
le
feconde il eft dit : la loi efl exécutéc; je vous envoie procèswerbal de fon exécution ; toutes les habitations font léquejirées.
Celle-ci eft du 8 mai. Voilà ce qui eft dit dans la deuxième
lettre. La loi a été exécutée dans quinze jours Ou trois c'eft femaines. J'ai quelque chofe de plus à vous obferver:
qu'on n'avoit pas befoin alors d'inventorier le mobilier, puif- de
qu'il avoit été fpolié dans "les fix mois de l'inexécution.
la Duny: loi.
Sonthonax vous a dit que la commune de Jérémie
n'a correfpondu avec lui que le 22 avril. Vous avez vu dans
la feptième lettie cette commune qui fe plaint amèrement
de ne recevoir ni lois, ni proclamations," ni décilions des commiflaires-civils.
Sonthonax : De quelle date eft cette lettre?
Duny: Dans la feptième lettre du 8 mai, elle fe plaint
de ce que les commilfiaires-civils n'envoient à la commune
de Jérémie ni leis, ni proclamations, ni décifions : pourquoi
ne les recevoir-elle pas : parce que Polverel & Sonthonax Jévouloient fe ménager des moyens de perfécution contre
rémie > qui étoit la feule commune qui fe fàr préfervée du
brigandage & de. tous les défordres qui exiftoient à SaintDomingue. Sonthonax : Il eft très-vrai que, > dans la lettre du S mai,
Favaranges fe plaint de ce que les commiflaires-civils ne lui
envoient pas de proclamation depuis qu'il eft procureur de la
commune de Jérémies, c'eft depuis que la commune de Jérémieavoitrempu avec les mamwmuthnpep-aged
étoit la feule commune qui fe fàr préfervée du
brigandage & de. tous les défordres qui exiftoient à SaintDomingue. Sonthonax : Il eft très-vrai que, > dans la lettre du S mai,
Favaranges fe plaint de ce que les commiflaires-civils ne lui
envoient pas de proclamation depuis qu'il eft procureur de la
commune de Jérémies, c'eft depuis que la commune de Jérémieavoitrempu avec les mamwmuthnpep-aged --- Page 114 ---
IIO
de la
avoit refnfé de recevoir les commiffaires
municipalité des Cayes.ileft biencersain queles
sfeenters
civils fe font bien gardés d'envoyer leurs actes à Jerémie mais 5
parce que cette commune étoit en état de rebellion. ;
ce qui prouve que les commifliarescivils n'avoient jamais dit
oublié de ies envoyer auparavant 3 c'eft que Favaranges le
de vros
dans fa lettre du 18 avril: cc Je vous envoiel reçu dans le
proclamations &. réquifitions qui ont été enregifirées
temps; je vous demande pardon pour mon prédécetieur, 37. Siton qui
a toujours retardé de vous eti accufer la réception
prédécelieur avoit été en retard, c'eft que lamumicapalité donc
n'avoit pas voulu correfpondre avec nous; ce n'étoit avoient enpas la faute des commilaures-civils, qui toujours étoit procureur de
voyé Jeursiactes. Depuis que Favaranges nous nous en ferjons
la commune, nous 11 avonsi Jérémie rien envoyé; étcit en révolte, & quil n'y
bien gardéss, parced que
à entretenir avec des réavoit. Fas d'autre correfpondance
volrés,qu'en envoyant une armée.
Verneuil: Je dernande la parole. 1 e
de nouveau.
h Leprefdenz: De part & d'autre on ne ditrien
fur le
Diny: J'ai prouvé par les pièces que j'ai dépofees
sfa-10tLAes à correfpondre aveelescommiffaives-civils, & leur a proûvé fa foumiflion. Sonthonaxa
ditique Folverel, loin de prendre le ton derdictateur...
de la difcaffion.
a Lespréfident : Revenez à l'objet de Sonthonax lui-mèmes & que
Duny: Une pièce fignée
jaia la main," vous prouvera fon àla to11 diétatorial. commune de Jérémic?
Le prefident : Eft-elle relative
Duny Le préfident : Non. : Alors vous traiterez cela en un autre temps:
liyat un chefd'ncculation fur cet objet ; il eût fallu produire
dis-lors cette pièce : paflez à un autre Sonthonax article.
a eu raifon
article,
- Claugjon : Sur leifeptième aux chefs fnivans; cependiat
de renvoyer ies développemens relarivement à T'enrôlement des
je vais faire uine obfervation de Saint-Marc. Sonthonax a prétendu
elclaves dans la partie'
été faite; d'avon toléré
fe difenlper de l'accufation Saint-Marcs quiluia
scils'ef érayéd'une
des enrolemens écrite, d'efclavesà & confignée dans unarrété de la mulettre parlni
Cofaux
reporter,
mnicipalité de cette ville.
olesquilfeurder
relarivement à T'enrôlement des
je vais faire uine obfervation de Saint-Marc. Sonthonax a prétendu
elclaves dans la partie'
été faite; d'avon toléré
fe difenlper de l'accufation Saint-Marcs quiluia
scils'ef érayéd'une
des enrolemens écrite, d'efclavesà & confignée dans unarrété de la mulettre parlni
Cofaux
reporter,
mnicipalité de cette ville.
olesquilfeurder --- Page 115 ---
III
favoir fSonthonax a fouffert ces enrôlemens à Saint- habiRet Il-) y eft arivéle 4 mars 1793: la pétition lecture des dans les
tans de Saint-Mare sl dont je yous ai donné T'arrèré de la
débats anrérieurs, eft du I2 du mêne inois 5
fer.
miicipaliré qui porte que les efclaves-leront reinregrés ceft
Iintisdtehnepredireneh poftérienr à cette pérition, de faire réintéaulli pottédeurements que Sontionax.aordonné Sonthonaxne devoit
grerles. etslaves.le dis doncque
pasatten- de
drc fcs réclamations des habicans de la dépendance Same le
Marc. Je disquepejanporte la leare quilalécrie, & qui
trouye dans) la délibération idela municipalité, fidès le moment
defonarrivéc la lecoulle aveiteul lieusfilest propriérés dis saveient
été violécs, G les elclaves avoient éré enlevéss je & que,
analgré toutes lesy précattions qu'ilan pu prendres
qui
néroient qu'un malquedont ilfefervoit comme fonctionnnire de
public.al n'en cfb pasi moins vrai qu'me grande partie à
ces elclaves qui avoient été foalevés à ion arrivée SaintMarc, ont été fecrètement encolés par lui dans la troupe
dhommes de couleiny diigés par lui contre le Port-au-.
Prince.
ps ub Jo
11 Seathonax: Je ne puis répondrea cette allégarion, quand
onme dit, que.jiail fecrètement entolés Rcique publiquement
jai ordonné derendre.les. efclaves enrôlés je ne. peux: foire
parler icique,: mesunckes othciels & ceux 3 lasnunicipalité
de Saint-Marc. Il réfulte par ceux quejailus dans les debars,
que la nouvelle défafireufes de lexpuifion, des hommes de
couleur de Jérémie, avoit excité les hor:mes de couleur de
Saint-Marc à imiter les blancs de Jérémie, &à cnrôler des
ciclaves pour foutenit la guerre civile qu'onavoit fufcitée
çontr'eux, Desque jai eu les oreilies, frappées de ces enrolemenssj'en ai écritala municipalité: : la municipalité de Saint
Marc ordonna quelesefclaves feroient rendus à lears maitres.
yoilà tout ce quejaià répondre aux colons., deftitution a0
Brulley: Le buirieme article eftrelatif à la,
du
général Galbaud; Sonthonax a dit que.da loilui confércit le
droit de deftituer les oficiers-civils & milnaires.
les
Le préfidene : Ces explications. de ha ioi alungent
débars. 7
a U les isiitio Le wolm
Sonthonax: Ce.ne font pas là desfaiise al 1 zort a 9
Lioprefident: Alordre.
09 suag nedab dvor
: Le buirieme article eftrelatif à la,
du
général Galbaud; Sonthonax a dit que.da loilui confércit le
droit de deftituer les oficiers-civils & milnaires.
les
Le préfidene : Ces explications. de ha ioi alungent
débars. 7
a U les isiitio Le wolm
Sonthonax: Ce.ne font pas là desfaiise al 1 zort a 9
Lioprefident: Alordre.
09 suag nedab dvor --- Page 116 ---
Braltys Si la commiffion iiz
Wenferons il faur
pas. Ileft
ne veur
de réponfe,
bien ou abrolument mal.
en quetiend'umels parler
Ear, ou
nous
Haprodpunes
pour favoir fi elle mndapnfante eft
Vous avez
appliquée
tiruer Bralley des : Jl faut favoir fi déja dit cela.
faire de voir officiers fi les pour caufe Sonthonex avoit le droit de def
faufles.
citations
-
dontil dinchifmnes s'efta
ainfi il eft nécefappuyé font vraies ou
ayant la
au
fMientaes
par les parties loi, peur faire ce ciroyen Brulley que tout le monde
article.
rapprochement qui a
à
npedhmniatiies le prie de
déja été fait
loi; Brally: il : Nous n'avons
Pafler à un autre
faur bien que nous pas fait le
thonax, & il faur que
en parlions raprochemenr pour
de cette
julification fonr nuls. nous Prouvions
combattre SonMontioner: : Vous layez Sonthonar a cité cette que fes moyens de
Brulley : Jenai
citée aufli.
lojue
L: priéfident : Vous parlé que de la
dans Brilly la loi : Point du parlez tour, de la loi proclamation, du 4 avril.
il a ajouté qu'il' du 4 avril 1792 Sonthonax le droit de a dit qu'il
foupconneal
avoir une lettre
deftituer les trouvoit
décrets, vous qu'un officier ait des poftérieure qui dit: oliciers; Si vous.
Juftification font pouvez le dellinuer. Je opinions dis
contraires aux
femblée thonax de pouvoirs nuls, parce que nous ne que ces moyens de
trueions nationale, que que ceux qui lui ont été connoiffond à Sondu
ceux qui font
donnés par T'afmais voyons dans roncil-execuur la loi du
& dans la inférés loi
dans les inf
qu'en
4 avril qu'il eft
du 4 avril;
ont motivé defliruant la
il eft tenu
autorife à delliruer, nous
Sonthonax definurion. prérend Ceci ne denvoyer reflemble les preuves qui
LE
avoir eus de
pas aux
légillarif dinchoimer ou le
& certes je ne defticuer pour caufe droirs
la colonie des hommes pouvoir exécutif de France crois pas que le pouvoir de
verfer, en defliruant qui euffent le droit aient envoyé dans
telou tel officier, tel attinmiement pour
d'y tout boulenous
ou tel
loupçon dincivifine
dra de dellinuer renfermant dans adminifrarese la loi,
Vous voyez done
pour foupgon
Senthenax n'avoir pas le
d'incivifime; il n'avoit
pas le
pour caufe droirs
la colonie des hommes pouvoir exécutif de France crois pas que le pouvoir de
verfer, en defliruant qui euffent le droit aient envoyé dans
telou tel officier, tel attinmiement pour
d'y tout boulenous
ou tel
loupçon dincivifine
dra de dellinuer renfermant dans adminifrarese la loi,
Vous voyez done
pour foupgon
Senthenax n'avoir pas le
d'incivifime; il n'avoit
pas le --- Page 117 ---
I13
droit, & je ne crois pas qu'il ait trouvé dans la loi.un droit
qu'elle ne lui a jamais donné & qu'il n'a pas dû prendre. - Il
a dit: . . . .
de
le
Sonthonax: Je répondrai au fophifimne
Brulley par
texte dela loi.L'article V de la loi du 8 novembre 1792 dit:
(Ille lit).
Article / de la loi du 8 noyembre 1792.
ec Les commiffaires (eront revêtus de tous les pouvoirs; ;les
commandans & officiers militaires de terre & de mer, les
ordonnateurs & officiers d'adminiftration les corps adininiftratifs & judiciaires, ainfi que toutes le aflemblées délibérantes, foit générales, foit particulières ; enfin, tous les
fonctionnaires publics leur feront fubordonnés: : ils pourront
deftituer'&c faire arrêter, s'ille faut, ceux qu'ils jugeront ne
pas remplir dignement leurs places, qui fe feroient rendus
compablès d'incivifme, & ils pourvoiront à leur remplacement dans les formes légales 5),
Voici la lettre du miniftre de la marine du 13. novembre 1792, qui nous a été adrellée avec le décret.
- (Illa lit.)
Extrait de la lettre du miniftre de la marine aux commifairescivils, du 13 noyembre 1792.
Si vous (oupçormez quelques-uns des fondionnaires publics, employés aétuellement dans la colonie, indignes par
leer incivifme de la confiance de la nation, ufez de tous
les pouvoirs qui vous font délégués, deftituez-les de leurs
emplois, & confiez-les provifoirement à ceux que vous en
jugerez dignes : il ne faut actuellement employer aucun ennemi de la République; la Convention nationale ne leur feroit
point de grace.
le miniftre de la marine en
C'eft ainfi
s'exprimoit
nous envoyant de décret du 8 novembre 1792.
Je ne fuis ici que le défenfeur officieux des aflemblées na-
les pouvoirs qui vous font délégués, deftituez-les de leurs
emplois, & confiez-les provifoirement à ceux que vous en
jugerez dignes : il ne faut actuellement employer aucun ennemi de la République; la Convention nationale ne leur feroit
point de grace.
le miniftre de la marine en
C'eft ainfi
s'exprimoit
nous envoyant de décret du 8 novembre 1792.
Je ne fuis ici que le défenfeur officieux des aflemblées na- --- Page 118 ---
tionales, car ce n'eft pas moi que Brulley ce artaque; décret; ce c'ef font le
les allemblées nationales qui ra envoyé, ont rendu & qui Ta paraphrade
pouvoir exécutif qui me
1792.
dans fa Jetre du 13.novembre je me fois décidé à deflituer
Cenelt cependant pas que
c'eft pour des aétes ailez
Galbaud fur de limples foupcons, d'avoirdes doutes fus la
graves
gu'il ne fcit pas perinis de Galbaud.Jelai defjuftice EC1te linjuftice de la deftitution avoit éré nonmé, de fon aveu,
titué d'abord parcer quil
nous l'a écrit, é decontre ia loi, car Galbaudlai-mème
mande à retourner en France avec fa famille.
& non la
Bruliey : C'eltt bien Sonthonax que Yapplication Yarnque, vicieufe
loi; c'efSonrhonax
jantaque je ne pour vois pas que la loil Fau:
quil a faire de la ialire certes, de
d'incivifine. Je
torifat àn deftiruer pour caufe
foupcon donner une très-grande
vois bien que le miniftre a de cherchéa laloi,mais je ne trouve point
latirude dans Tapplicaicn été aurorife à deftituer pour caufe de
que Sonthonax ait
de Galbard eft con'raire à la loi;
foupcon. La deftitution dans la proclamcrion de Sonthonax
j'en trouve la
de Galbaud.
portant
la loi
ne
TLET
Sonthonax : Ce font là des commentaires de
qui
finiront pas. 1
de la loi, mais de la.proclaBrulley : Je ne parle pas
mation.
Vous avez déjà dic cela; vous avez comLe préfdent :
menté la proclamation. des faits. Il dit qu'il I a defiauré Galbaud
Brulley : d'incivifme, Vcici
& moi je lis dans la proclamation:
pour caufe
eu le temps d'apprétier fes talens militaires
Nous n'avons pas
Toul-a-Tkeure Sonchonax a dit qu'il
ni fon répab.leamtjime dès caufes bien graves, à lui bien conT'avoit deftitué pour
il dit quil na pas eu le
nues; & dans fa fes proclamation talens miliraires & fon répaclicanilme:
temps d'apprécier dites à la première colcnne de cette
comment, vous
eu le temps d'apprécier Rion
clamation que vous n'avez, pas &
lignes plus bas,
répablicaniline & fes talens,
quelques
caule d'incivous le deflituez, en tant que de raifon, connoilliez pour - vous lorfque
vilme ! Quclles caufes d'incivifme
fa fes proclamation talens miliraires & fon répaclicanilme:
temps d'apprécier dites à la première colcnne de cette
comment, vous
eu le temps d'apprécier Rion
clamation que vous n'avez, pas &
lignes plus bas,
répablicaniline & fes talens,
quelques
caule d'incivous le deflituez, en tant que de raifon, connoilliez pour - vous lorfque
vilme ! Quclles caufes d'incivifme --- Page 119 ---
IIS
ous n'aviez pas eu le temps d'apprécier fon républicaifme?
Sonthonax : Je ne répondrai encore à Brulley qu'en faiant tranicrire quelques lignes de ma proclamation,
(Il lit.)
c Nous fommes forcés d'adhérer aux vaeux qu'il nous a
xprinés, & nous y adhérons fans regret, parce que nous
avons pas eu le temps d'apprécier fes talens militaires ni
bn républicanifmes parce, , que nous ne connoifons de lui
ue la réfolution formellement prononcée de ne pas exécuter
:s actes émanés de nous; que des manceuvres perfides
e faire un parti dans le Nord contre l'autorité que la TRes
ublique nous a confiée, pendant que nous étions retenus
ans l'Ouelt;
le projet foumé d'abufer de notre abfence
our dégarnir la fois la colonie de toutes nos forces naales malgré notre oppolition, & contre le plen.qui nous
roit prelcrit par le confeil exécurif; que des mefures hofles ou ablurdes, dent l'effer inévirable étoit de
L famine & d'anéantir tout crédit public à St.-Domingue produire
ar le tableau infidèle ou exagéré de l'énormité de nos bebins, & de la nullté dè nos reffources. En
ous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit... conféquence 1
8cc.*
Voilà les motifs que nous avons donnés
la deftiquon du général Galbaud, Premier motif, la fora du 42 avril;
cond motif, la demande de Galbaud lui-même de rerourer en
troifième motif, manaeuvres
fe faire
n parti FE dans nord, pour détruire
nationale,
our
RaNeulstn
tout bouleverfer dans ia colonie.
Brulley : Le premier morif eft ablolumenr nul. Galbaud
e pouvoir être claffe dans lè nombre des ofliciers envoyés
our, l'exécution de la loi du avril. Ceux qai ont 6i6 enoyés pour l'exécution de la ih du4 avril, éroient
: fon état-major, qui étoient venus avec Polverel Defparbes &c Sononax- Quand Galbaud eft parti pour la colonie de SintDomingue, on éroit inftruit ici de la conduite
nue Polverel & Sonthems, Defparbes & toures qu'avoient les coin1i6s dela colonie qui avoient adopré la loi du 4 avril;
an'envoyoit pas Gaiband Pour mectre à cxécution la loi
de la ih du4 avril, éroient
: fon état-major, qui étoient venus avec Polverel Defparbes &c Sononax- Quand Galbaud eft parti pour la colonie de SintDomingue, on éroit inftruit ici de la conduite
nue Polverel & Sonthems, Defparbes & toures qu'avoient les coin1i6s dela colonie qui avoient adopré la loi du 4 avril;
an'envoyoit pas Gaiband Pour mectre à cxécution la loi --- Page 120 ---
avril; Galbaud étoit envoyé comme gouverneur-eint les fonétions de
du ral 1 Saint- Domingue formellement y remplir la loi, pour cette
c'eft ce que
a cité
driee
De(parbes: Jeulement ; & dans l'article 15, que Sonthonax a dit
fois
ila retranché ces mots.Sonthonax &
dans fa proclamation, qu'il n'avoit pas cité le texte, qu'il
pour fa juftification à moi de dire qu'il avoit tronqué
avoit de l'audace
L loi.
fur le mot, allez à T'accuLe préfident : Vous jouez
fation.
eft que Sonthonax a cité
Brulley : Hé bien ! Y'accufation & qu'il en a retranché ces mots; de
la loi avec des guillemnets, Par confequent, la defitution
pour cette
Teulement. motivée
la loi du avril, Galbaud eff
Galbaud EL pas dans la 4 du 4 avril. : deflitution cherchera
n'étant pas compris- cela eft rres-politif. C'eft en vain qu'il
nous
arbitraire: motifs dans la loi du 4 avril ; nous foutenons, c'eft
des Galbaud n'eft pas compris dans cette loi, g" deftiru
que
Sonthonax s'en autorife
juftifier motivée fu
tort que
arbitraire;, A n'eft pas
tion: elle eft purement
n'en avoit pu donner de
des preuves dincivilime, putlquil jufqu'à la date de la pro
puis le 7 mai, qu'il étoit artivé, donc Sonthonax a eu tor
clamation > qui elt du 13 ait juin; motivé fa deffinurion, d'une don par
de le deflisuer, foitquil d'autre
fur fon incivifme;
fur la loi du 4 avril, arbitraire; fons c'étoit, comme nous Ta
cette deftitution eft
civile, parce quil étoit polli
vons dit, un motif de de guerre Galbaud fe déclarallent pour lui
ble
les partifans choc comme cela eft arrivé en effet
& en réfultat le verrez un
dans lar fuite.
& comme vous laiffe à Brulley le mérite de fes obferva
Sonthonax: Je
d'ètre le défenfeur de Galbaud.
tions; il eft bien digne Galbaud étant abfent tu ne
Le préfdent : A Y'ordre.
nécellaire pour ta Fat
direcontrel luiquec cequi eft abfolument
fenfe.
La lettre du 13 novembre 179:, dont parl
Th. Millet :
de la
du miniftre dela marine mai un
Sonthonax, extenfion portoit de la F du 8 du même mois; lettre, ell
rres-grande du miniftre Monge , qui écrivoit cette
ef
de la part s'appliquer au général Galbaud, parce quil ven
ne pouvoir
Le préfdent : A Y'ordre.
nécellaire pour ta Fat
direcontrel luiquec cequi eft abfolument
fenfe.
La lettre du 13 novembre 179:, dont parl
Th. Millet :
de la
du miniftre dela marine mai un
Sonthonax, extenfion portoit de la F du 8 du même mois; lettre, ell
rres-grande du miniftre Monge , qui écrivoit cette
ef
de la part s'appliquer au général Galbaud, parce quil ven
ne pouvoir --- Page 121 ---
venu pofléricurement ; mais vous avez di voir dans la lettre
du même miniftre Monge > imprimée au cinquicme volame
page 169, que ce miniftre écrit à Polverel &
:
c
Sonthonax:
Je ne peux que vous engager, auflitôt que ceite
>> vous fera parvenue, à prendre avec le cioyen
lettre
>>
Galbaud
toutes les mefures qui feront propres à alfurer la
>>
fenfe de Saint-Domingue >, Etle premier aéte de Polve- dérel & Sonthonax envers le général avec lequel on lui recommande de s'entendre, eft de le deftiruer; mais le motif
auquel Sonthonax s'attache, eft que Galbaud ne
pas être gouverneur, parce qu'il étoit propriétaire a pouvoie Saint.
Domingue.
Cette loi difoit que tout propriétaire ne pourroir être ni
gouverneur, , ni adminiftrateur, &cc. Eh bien! je demandé
à Sonthenax, lorfque l'ordennateur civil l'ouger luivoit,
ne fais pourquoi, Rochambeau aux, aiées, quel étoit celui je
que Sonthonax lui avoit donué pour incérimaire,
Malle eft parti pour Ja France. Jepue le prélident dinier- lorique
peller Sonthonax de dire quei eft cclui quil a nommé ordonnateur..
Sonthonax : Gela ne fait rien à la queftion.
Le préfident à Thomas Millet : Tu peux le nommer
toi : même.
Millet. : Cela eft très-important. Cet ordonnateur
étoit Bourdon, & j'en trouve la preuve dans ce que civil
vous lire; c'eft le compte rendu par Wante, ordonnateur je vais
civil, que Sonthonax reconnoitra bien : Wante s nonné Ordennateurcivil, quoique propriétuire, remettroit fes fondlions
à Bourdon, aufli propriéraire nommé
les deux n'étoient pas dans le cas d'être ordonnateur, nominés & tous
l'application queScn:honax fait de la loi.
fuivant
(Il lit.)
Extrait du compte rendu.
ee A mon arrivée au Cap,iy trouvai encore le
Matle, qui n'avoit pu jufques-là cbrenir fon congé; citoyen il
Tome VII. Soirente-fixizme lioreifen.
H
uire, remettroit fes fondlions
à Bourdon, aufli propriéraire nommé
les deux n'étoient pas dans le cas d'être ordonnateur, nominés & tous
l'application queScn:honax fait de la loi.
fuivant
(Il lit.)
Extrait du compte rendu.
ee A mon arrivée au Cap,iy trouvai encore le
Matle, qui n'avoit pu jufques-là cbrenir fon congé; citoyen il
Tome VII. Soirente-fixizme lioreifen.
H --- Page 122 ---
avoir rendu compte de T'emploi des fonds
9> lobtint après
de fon fervice, M. Bourdon, fon inté-
$> pendant la durée mains
je le pris, partit pour aller
ss' rimnire, des
duquel les fonctions di ordonnateur
>> remplacer au Port-au-Frince
9> de l'ouelt>.
bien démontré que Wante, ordonnateur civil
Il eft donc
remettoit fesfonctions à
& propriétaire. à Saine-Domingue, aullia S.Domingue, nommé
Bourdon, créole & propriétaire
ordonnateur civil.
fans ceffe en avant de
Sonthonax : Les colons jettent difcuter la nomination de
nonveaux faits. S'ils voulcient il falloit fournir un article (éparé
Wante & de Bourdon, ici de la defitution de Galbaud. Je
d'accufation : il s'agit fur la deftitution de Galbaud. Jenai
n'ai à répondre que
que Bourdon & Wante euffent été
jamais eu connoillance
d'ailleurs Bourdon n'a japropriétaires à Sainte-Domingue; il éroit fimple officier d'adminiftramais été ordonnateur, Poujet étoit obligé d'aller d'une protion; & pendant que
mnécellairement fes fonétions
vince à une autre, ilremplilfoit étoit commiffairé de la marine, non
par interim, > parce qu'il
pas quilfir conmafiareonismauteur,
de Sonthonax,
Duny : J'ai prouvé,
la dans proclamation le article, ont eu lieu,
que les rixes dont il eft HEE Je m'en s réfère à ce. quejai dit
&c qu'il les avoit fufcitées.
à cet égard.
obfervation à faire fur ce
Millet : Iya cependant de une la difcuflion. Sonthonax a dit
qui a été dit dans le cours
réprimer l'effervefcence
que la mefure étoit nécellaire éroient pour dans la rade du Cap. Je
de dix mille matelots qui
navires marne fais pas comment dans quatre-vingt-neuf frégates &
chands, trcis vaiffeaux de guerre dans ' la quelques rade, Sonthonax a
quelques corvettes qui matelors. étoient
le caiculque j'en ai
pu trouver dix mille
D'après
mille deux ou
fait, jai eu de la peine à en trouver quatre
trois cents.
des vaiffeaux marchands
Et certes,, lorfque les équipages de leurs navires, lorfétoient tous occupls du chargement
fais pas comment dans quatre-vingt-neuf frégates &
chands, trcis vaiffeaux de guerre dans ' la quelques rade, Sonthonax a
quelques corvettes qui matelors. étoient
le caiculque j'en ai
pu trouver dix mille
D'après
mille deux ou
fait, jai eu de la peine à en trouver quatre
trois cents.
des vaiffeaux marchands
Et certes,, lorfque les équipages de leurs navires, lorfétoient tous occupls du chargement --- Page 123 ---
que les équipages des vaiffeaux de guerre, > ceux qui éteient
à terre fuivant la police ordinaire des vaiffeaux, étoient révaiffeau,
duits à trente ou quarante hommes au plus par
fe
Pour empècher que cent marins, , qui au plus pouvoient
trouver enfemble fur les quais, ne fiflent du trouble, il ne
falloit pas des mcfures aulli févères;'elles n'avoient d'autre
but que d'indifpofer les marins de la rade : ce quia réulli.
Sonthonax : Je laifle les colons plaider autand qu'is voudront contre ma, juftification.
Brulley: Sonthonaxa prérendu que files prifonsavoienrécé d'une lettre
ouvertes, ce n'écoit pas de fon fait; ils'eft étayé ,
anonyme d'abordypuis fignée de Chriftophespour prouver que
c'étoit Galbaud qui. avoit fait ouvrir les prifons.
Sonthenax Jenai, pas dis cela.
Brulley : Il a dit qu'a la vérité lordre original de Galbaud
lui manquoit
prouver
Galbaud avoit fait ouvrir les
prifons : mais ra a dit que lettre devoit y fappléer , en
alléguant que cette lettre prouvoit que Galbaud avoit des
relations avec les prifons ; que les prifonniers T'appeloient
un Disu, unlibérateur. Voila, en fomme > comment ils'eft
exprimé, Une feule diftinétion à faire entre ces prifonniers
va vous mettre en état de juger qu'il y avoit, dans les
prifons du Cap, non-feulement des nègres révoltés, pris les
armes à la main & couverts d'arrocités ; mais il y avoit auli
des blancs, des victimes de la terreur que Sonthonax &
Polverel avoient établie à Saint-I Domingue : nous favens'
tous comment on mettoit en prilon, & pourquoi Oil y met-s
toir. Ainfi il n'eft pas étonnant que des colons blancs, qui
n'étoient coupables d'autres crimes que ceux qu'on nous fuppofoit ici,pour être mis en prifon 5 que ceshommes-la qui
étoient viéhmes du delpotiime de Polverel &c Sonthonax; ces
hommes qui étoient farigués du regne de la terreur que Sonthonax eti Polvereifaifoient pefer fur eux, deliraffent un libérateur, iln'eft pas étonnant que ces hommes-liaient defiré de
forir de prifon & aient témoigné le defir à ceux qui
voient leur faire accorder leur liberté, que dans les
PRRES
qui ont été furprifes, ou que > fur-le rapport de ce Chriftophe , Galbaud ait été appelé le libérateur des prifonniers;
mais certes la feule perfonne à qui les prifonniers pouvoient
s'udreller étoit le gouverneur de Saine-Domingees Ils fon
H 2
-liaient defiré de
forir de prifon & aient témoigné le defir à ceux qui
voient leur faire accorder leur liberté, que dans les
PRRES
qui ont été furprifes, ou que > fur-le rapport de ce Chriftophe , Galbaud ait été appelé le libérateur des prifonniers;
mais certes la feule perfonne à qui les prifonniers pouvoient
s'udreller étoit le gouverneur de Saine-Domingees Ils fon
H 2 --- Page 124 ---
doient leur eipoir fur l'émergie avec laquelle ils foutiendroient
leurs droits. Is efpéroient, comme nous tous nous efpérions
en France voir fnit le règne de la terreur, & ils avoient
regarde Galbaud comme leur libérateur. Maisilya une grande
& ceux don: Polverel & Sondifférence enre ces prifonniers les fubliftances dans la cour du gouthonx.ont fait ils venir éroient. Les commiflaires en étoient entourés; vernement ils oû les avoient auprès d'eux. Ces dévaftateurs, ces
brigands, condamnés au dernier fupplice, ils les avoient
autour d'eux, & la preuve qu'ils y étoient. c'eft qurilss'oc- des cicupoienr de les alinenter avant de les lâcher contre
toyéns dii Cap; 5 ils ont, vous l'avez vu , donné l'ordre au du
geolier de la prifon du Cap d'envoyer 3 dans la cour
gouvernement où ils réfidoient, les fubfiftances pour ces
pr.fonniers. Cet ordre, comme vous l'avez vu', eft fur les
regiftres de Sonrhonax, & il ne peur pas le nier. Ces hom- le
mes don: Sonthonax étoit enrouré, ont depuis incendié
Cap:li Galbaud etr éréleur libérateur, ficedt été Galbaud
qui les et fait fortir de prifon ce n'auroit c'auroit pas été été
autour de Sonthonax qu'ils fe
rangés 2
tiotata
auprès de Galbaudqu'isfe feroient portés. Senthonax trouve
cela gai puifquil rit
Leprefident : A l'ordre.
Brulley : Mais il eft très-vrai que c'eft lui qui a protégé
les brigands, puifque c'eft autour de hi qu'ils fe font rangés 5 il, eft très-vrai que c'eft lui qui a donné des ordres il
les alimenter dans le temps de l'incendie du Cap;
Evre très-vrai encore que ce font ces mêmes hommes qui étoient
autonr de Sonthonax qui ont incendié le Cap: : on vous en
rendra compre quand ils'agira de l'incendie du Cap. dont
Il vous a dit qu'il rendroit compte de la manière
il a reçu, les chefs des révolrés. 1l fera curienx d'entendre
ces dérnilside fa bouche. Quanr à nous 2 il nous eft demeuré
conftant qne Sonthonax a eu des relations très - particulières
avec les chets des révolues; nous avons fait les'
mens des
& il a été démontré que
Huteta
répoques,
Sonthonax a
de lui les principaux
arneet
anpela-aurour
elt celle de l'incendie du Cap: Nons vous avons 2 à cet
égard, ciré un ordre par lequel Biaffon a été mis fous la"
fauve-gaude de ia République & appelé auprès des commit-
eu des relations très - particulières
avec les chets des révolues; nous avons fait les'
mens des
& il a été démontré que
Huteta
répoques,
Sonthonax a
de lui les principaux
arneet
anpela-aurour
elt celle de l'incendie du Cap: Nons vous avons 2 à cet
égard, ciré un ordre par lequel Biaffon a été mis fous la"
fauve-gaude de ia République & appelé auprès des commit- --- Page 125 ---
ires civils; il a nié que cet ordre exiftit fur fon regiflre;
bus maintenons
cet ordre y exifte ; nous en demandens
vérification & 9M52 lecture, & vous verrez qu'à l'époque
11 2 juin ou le Cap a été incendié, Biallon chef des nèes royali(tes révoltés, > a été appelé par Sonthonax, pour
nir coopérer à l'incendie du Cap 5 & nous demandons que
regiftre foit apporté fur le bureau, vous y trouverez
rdre.
(Sonthonax va chercher le regiftre ).
Sonchonax : Les colons ont afluré
le 20 juin j'avois
nné à Biaflon, chef des révoltés ME ,
permiflion de fe
ldre auprès des commillaires; ils) ont dit que cette perllion fe trouvoit fur mon regiftre > à la date du 20 juin :
fe trouve fur mon regiftre deux lignes qui font mention
cet ordre, & quifont raturées, parce qu'on croit qué cet
Ire eft informe > quil n'a jamais été
&cil n'eft
s mème daté. Voici ce
y lits je prie
colons de
mt
vre avec moi: Mettons 2E lajauve-garde de la
açaife le commandant Bialfon, & luipermettons de
iprast
près des commiffeires civils. Sans date. Il fuir enfuite un
re du 20j juin. Jen'ai point nié que je n'aie aprelé auprès
mojle révolté Biallon ; je Yai arpelé pour l'engager à
Ter avec fa troupe fcus les drapeaux de la République
nçaife: je l'ai fipeu nié, que je vous ailu les.lettres que je
ai écrites le 22 juin 1793: le lendemain de notre expullion
Cap par Galbaud, expulion qui a été faite à main armée.
éfulte de cetrelettres quejaiappelé Biaffon au camp Breda
nous étions, que je l'ai invité à paffer aJérémie, & fous
drapeaux a la.l République > parce que la Républiqee
nçaile promettoit la liberté à tous les negtes qui combatient contre les ennemis , foit intérieurs, foit extérieurs.
he s'agit donc pcint de chicaner fur la date de ces ors, puilque dans les regiftres il n'ya qu'une relation inme de CES ordres, fans date, & que dans la lettte quef'ai
ite on trouve la date du 22 juin; que cette lettre vous a
produite 5 que d'ailleurs il n'y a aucun défaveu de ma
fur l'ordre que j'ai donné à Biallon : mais j'ai julifié
ordre, d'abord fur la loi impérieule de la nécefliré qui
failcit. un devoir de chercher de nouveaux défenfous sà
dans les regiftres il n'ya qu'une relation inme de CES ordres, fans date, & que dans la lettte quef'ai
ite on trouve la date du 22 juin; que cette lettre vous a
produite 5 que d'ailleurs il n'y a aucun défaveu de ma
fur l'ordre que j'ai donné à Biallon : mais j'ai julifié
ordre, d'abord fur la loi impérieule de la nécefliré qui
failcit. un devoir de chercher de nouveaux défenfous sà --- Page 126 ---
moment on les habirans égarés par la trahife
la patrie, au
à ja Nonvelle-Angleene: ,
de Galbaud, les uns fuyoient
autres cherchuient à trahir la République s. en & confomma les Angla
leurs projets de trabifon avec les aurorilé Efpagnols à cette mefure P
Ce n'ell pas tout; c'eft quejferois nom du
Vo
une lettre écrite par Monge au la partie confeil-exécutif. de cette lettre qui I
cette letre.Je ne citerai que
les attirer dans
charge de pacifier ies révoltés,, le pour miniftre dans fa lettre
-
de la République. Voyez, dit
de tirer parti des no
février 1793,31 ne feroit pas potlible Certes f j'appelai Biall
révoltés conire les Efpegnols.
je Yai excité à marc!
auprès de moi, une lettre prouve réunir oe les drapeaux de la F
contre les Elpagnols, àfe
les
Voilà la
publique pour marcher contre
Elpagnols. démarche qui eft ref
marche: que j'ai faite à cet égards
réuff
fans effet envers Biallon > mais qui a complérement Franions&e Binl
Tégardde plufieurs chefs de révolrés.Jean dans le
des
font les ieuls qui foient reftés oblervation parti fort Bipagnols inportant
Thomas Millet : Ily a tue
Sonthonax,
faire fur les articles de cette pièce, c'eltque
avoit
fouvent fait des erreurs de date, vous a dit qu'il ,
ré
coniraint à donner un défenfeur à la République pour f
placer les traitres qui partoient pour les ErarsUnisi.il la lettre eft
remarquer que l'afaite eft du 2o'juin, que Sonthonax
22j juin, & que le départ eft du colons 24: or ,
tle 24
pouvoit pas favoir le 22 que les
partiroient : en effet,
faut encore faire une obfervation elle n'eft importante partie aveclet trai
fotte eft partie le 243 mais ie
pas & quii certainement
Galbaud,qui n'eft pari ii que eft parti 25, le 25 fur le vaiflenu
poiut emmené la florte;i n'étoit
avec le waitre G
Jupizer : donc la Aotte
être pas partie ce monslà qui détermi
baud; donc ce ne penvoit pas
ne pouv
Sonthonax à appeler ie 22 Biallon > puifquil la réfd
favoir que le 23 à huit heures du foit on prendroit
tion d'appareiller le lendemain matin. dans le cours de la
Sonthonax : Vous officiers voyez, de citoyens, la matine, les citoyens V
cuflion, que deux font tranfportésle 22 au camp de Bre
dongen & Huguet,(e
pour les prévenit quon fe
près des comnililireseivils,
F
pofoit d'emmener la Norte à la Nouvell-Angletetre.
favoir que le 23 à huit heures du foit on prendroit
tion d'appareiller le lendemain matin. dans le cours de la
Sonthonax : Vous officiers voyez, de citoyens, la matine, les citoyens V
cuflion, que deux font tranfportésle 22 au camp de Bre
dongen & Huguet,(e
pour les prévenit quon fe
près des comnililireseivils,
F
pofoit d'emmener la Norte à la Nouvell-Angletetre. --- Page 127 ---
cafion de parler de ce fait lotfqu'il s'agira de l'incendie du
ap. Julqua préfent je me borne à prier la commillicn
interpeller Thomas Millerde déclarer f, le 22juin, les maHors de la rade & une partie de la garde nationale
1 Cap. n'éroient pas armés contre les commitfairescivils, blanche
ne les ont pas forcésde quitter leur domicile & de fuir de
ville du Cap.
Thomas Miller : Il y a encore là une erreur de date. Ce
éroit pas le 22 juin; je fais que, prifonnier à bord du vaifau l'Éole, commandé par le contre-amiral Cerley, j'ai vu
20 juin, à quatre heures du foir, des marins defcendre à
reen armes: ce qui s'en eft fuivi, c'eft l'incendie du
en'eft pas le moment d'entrer dans ces détails.
Cap..
Sonthonax : Vous voyez que Millet avoue qu'il a vu des
atelots defcendre à terre en armes.
Thomas Millec : Il y a Jong-temps que nous en fomnes
nvenus.
Sonthonax: Si les marins font defcendus à terre en armes
20 & le 22, nous avions bien le droit d'armer de nouveaux
fenfeurs de la cclonie puifque fes défenfeurs
bient armés contre les délégués de la République. légitimes
Dany : Les articles fuivans donneront tous les détails
ceflaires.
Lc préfident : Vous
y. paffer; car le onzième article
!
pouvez
cinquième chef a été rraité le premier.
Sonthonax : Il demeure.conflant que Galbaud qui entrehoit des correfpondances avec les prifons, eft le feul
iffe être
qui
ile
stontilqunrferound d'avoir fait élargir ceux
regardoient comme leur libérateur.
Verneuil: L'ordre eft dans. le regiftre à la fuite de l lettre
l'on vient de lire.
Sonthonax: : Je défie les colons de produire l'ordre par leHelj'ai fait donner la liberté aux prifonniers.
Verneuii: Le voilà.
Sonthonax: : Lifez-le.
Verneuil lit l'arrêté:
Il eft ordonné au geolier des prifens de cette ville de faire
pporter au gouvernement les vivres qu'il a à la geol:, def-
: L'ordre eft dans. le regiftre à la fuite de l lettre
l'on vient de lire.
Sonthonax: : Je défie les colons de produire l'ordre par leHelj'ai fait donner la liberté aux prifonniers.
Verneuii: Le voilà.
Sonthonax: : Lifez-le.
Verneuil lit l'arrêté:
Il eft ordonné au geolier des prifens de cette ville de faire
pporter au gouvernement les vivres qu'il a à la geol:, def- --- Page 128 ---
qui ont été élargis aujonrd'hui au Ca
tinés aux prifonniers Voila l'ordre.
le 20 juin 1793.
au gouvernement des vivres
Sonthonax: D'apporter avoient été élargis. Certes, fi les :
les prifonniers qui Galbaud viennent au gonvernement. ce
niers élargis par
étoit plus près de la prifon 9
parce l'étoit que la le rade gouvernement du Cap. Il étoit bien naurel que nousd
ne mandaflions des vivres pour nourrir ces mêmes prifonniers hommes , : n
ordre d'apporter des alimens pournourirces mis fous vos yeux la lettre P
l'ordre de les elargit.frai Galbaud entretenoit des correfpo
Thulars il eft prouvé que
cot
dances avec les prifons; L'a-t-il SENETAunnees été? c'eft ce que la commifli
me leur libérateur.
jugera.
La manière. dont Sonthonax fe juftifie le co
Brulley:
damne.
La féance eft ajournée à démain.
Le
des préfonces ef figné: J. Pr. GARRAN,P
C
de Nantes), fecrétaire; DABRAY,GR
fident ;
reLdt
GOIRE, MERLINO.
Du --- Page 129 ---
1a5
Du 2 Meffiudor, l'an troifteme de la Republique françaife
une et indiyifible,
- - N fait lecture des débars recueillis dans la féance de
a veille; la rédaction en eft adoptée.
Les citoyens Page, Fondeviolle & Larcheve(qus-Taband
ont abfens.
Th. Millet : J'ai une obfervarion à faire. Il eft imporrant
ue la commiffion fe fafle rémettre fous les yeux la proclanation de Polverel de la fin de février 1793, pour
on conftate fi en effet elle contient les expreflions que scat
1onax dit être dans la loi du 25 adût 1792.
Sonthonax prétend que cette loi ordonnoit de mettre en
iqueftre les biens des émigtés & des perfonnes non rélientes dans la colonie. Sans doute il étoit natutel que l'on
t le féqueftre fur les biens des émigrés; mais que le corps
gillatif ait ordonné au nom de la République (qui n'exifit pasles août 1792), ait ordonné, dis-je, de féqueftrer,
I profit de la République, les biens des perfonnes non rédentes dans la colonie, cela paroit extrêmemeat érange,
arce qu'il n'étoit pas un feul des mémbres de l'aflemblée
ationale qui ne fàt que beaucoup de propriétaires des COnies réfidoient en France, & ce n'étoit pas là une raifon
pur qu'on mit leurs biens en féqueftre au profit de la
épublique.
/
Sonthonax : Je n'ai pas parlé de proclamation de Polve1 pour le féqueftre des biens des émigrés; il s'agit de la
idu 25 août.
Th. Miliet dit que j'ai prétendu que la loi du 25 août
Tome VII, Soixante-feprième livraifon.
I
COnies réfidoient en France, & ce n'étoit pas là une raifon
pur qu'on mit leurs biens en féqueftre au profit de la
épublique.
/
Sonthonax : Je n'ai pas parlé de proclamation de Polve1 pour le féqueftre des biens des émigrés; il s'agit de la
idu 25 août.
Th. Miliet dit que j'ai prétendu que la loi du 25 août
Tome VII, Soixante-feprième livraifon.
I --- Page 130 ---
ordonnoit que les biens des émigrés fereient féqueftrés étre, au
profit. de la République, & que cela ne Sûrement pouvoit je pas me ferai
puifque la République n'exifloit pas.
trompé fur,le mot : Jai voulu dire TEtat, parce que, avoit quoi une
qu'alors T'Etat ne s'appelat pas Republiute. &c c'étoit Y au profis
chole publique, une finance publique;
des biens de
de cette finance qu'on ordonnoit ce féqueftre
émigrés. 1I parle des perfonnes non réfidentes. Les non réfiden leur
étoient dans le cas du féqueftre loriqu'ils n'avoient ces pas attefta
certificats de réfidence en France. Y'exiftence Citoyens, fur le territoir
tions de réfidence conftatoient avoient des
à Saint
français, des. colons qui
propriétés de cercificat de ré
Domingue; tous ceux qui n'avoient pas
fidence étoient dans le cas du féquefire.
vient de dir
Verneuil : La loi eft conforme à ce que
Sonthonax.
Th. Millet : Ileft étonnant que Ton collègue cenvient, C
Le préfideint de la commilfion :
la contormité de laloi,
eft dans les intérêts de la R
Sonthonax : Tout ce qui
publique les étonne.
LRC
Lx prefdent A Pordre.
c'eft
les commiffaires C
Da bonraa : Il yf un ceutificats fait, de réfidence que
qui leur étoie
vils inécomnotifosenitles
envoyés. Le préfident : A P'ordre.
cpol
méconnoillois
Sonthonax : Dauboneau prétend que je
ces certifica
certificats de réfidence. J'obierve que civils; jamais le féqueftre d
n'étoient comnus des comniffaires & non réfidens ne les regardoit pa
habitacions des émigrés étoit confiée au procureur de la CoI
cette adminiftrarion
aux dire
mune,-8 par fvite à Tadminifration génétale,
teurs-genéraur des finances de la colonie. fait, & Sonthon
Dashonnat : Il y a à cet égard-la un
du
Goa
ne le méconnoitra pas : dans la commune
petit Durreg
ily a une habitation gai appartient au ciroyen avoit, en faqu
maire de- Stinre-Foi. Le ciroyen pièces Durrege qui firent antorité
lté de maire, legalife Thabitatioa plufieurs dal citoyen Duirege efut
Saint -Doningne;
:
des finances de la colonie. fait, & Sonthon
Dashonnat : Il y a à cet égard-la un
du
Goa
ne le méconnoitra pas : dans la commune
petit Durreg
ily a une habitation gai appartient au ciroyen avoit, en faqu
maire de- Stinre-Foi. Le ciroyen pièces Durrege qui firent antorité
lté de maire, legalife Thabitatioa plufieurs dal citoyen Duirege efut
Saint -Doningne;
: --- Page 131 ---
quefrée.Le procureur de la commune fir des obfervaricns
Polverel & Sonthonax; il leur dic: Comment peut-on 06quelirer les biens de Durrege de Beaulieu, qui elt maire de
Sninte-lou, quand fes légalifarions iervent à conftarer que
les certificats de réfidence qui arrivoient font légaux. Eh
bicn ! malgré la fignaiure bien conftatée de Durrege, malgré
l'attefation que Derrege étcic naire de Sainte-Foi, tontabitatien n'en fut pas moins (équeftrée, & elle le tut parce
qu'elle faifeit deux cents milliers de café.
Sonthonax : Eft-ce
ordre de Polverel & Sonthonax
que cette habitation erdier féqueftrée 2
Daubonnau : Elle I'a éré en vertu de la loi, parce que
le procureur de "la commune avoit penfé que les certificats.
de réfidence n'étoient pas arrivés; mais qnand Oli eur jufifie
à Saine-Domingue que Durrege de Beaulieu éroit maire de
Sainte-Foi, puilque les iègalifations qu'il faifoit ferycicnt
de pièces lègales, malgré les obfervations qui ent été' faités
à Pelverel 8 Sonthonax, iis ont ordoné de paifer outre &
de féqueftrer l'habitation.
Lc prefident : Chet la difcuflion? 1
Sonthonax: : C'eft ce que j'allois demander. Je ne eonnois
ni Dutrege de Beaulieu, ni le féqueftre dont on me parlo.
Senac : La preuve que Sonthonax n'avoit poin: d'égards
aux certificats de réfidence.
Sonthonax : Ce'font de nouveaux faits. :
Senac : Im'eft perfonnel.
Lepréfident : Enectivement ceci n'ef pas dans les articles
du cinquième chef, que vous avez compris dans l'accuiation : ainfi paffez au fixième chef.
Claufon : Le fixième chef eft ainfi conçu : Nous les accufons d'avoir canonné ia ville du Porr-au-Prinsee Sc incendié celle du Cap - Français.
Je remarque en paflant qu'il y a aujourd'hui deux ans
que nos malheureux concitoyens périffoient au Cap cans
les Hammes.
L'article premier de'ce chef porte : Dans un moment cu
les Anglais croiforent fur Jes cores, ils ont canonné la ville
du Port-au-Prince, arrêté, déponté une grande quantiré de
colons.
Sonthonaz a Ienvoyé ici beauccup de détails dont il a
I:
insee Sc incendié celle du Cap - Français.
Je remarque en paflant qu'il y a aujourd'hui deux ans
que nos malheureux concitoyens périffoient au Cap cans
les Hammes.
L'article premier de'ce chef porte : Dans un moment cu
les Anglais croiforent fur Jes cores, ils ont canonné la ville
du Port-au-Prince, arrêté, déponté une grande quantiré de
colons.
Sonthonaz a Ienvoyé ici beauccup de détails dont il a
I: --- Page 132 ---
1:8
Y'odieux fur les habitans du Port-auprétendu rejeter tout même furprenant de l'entendre, dans
Prince; il ne feroit pas attendu fes prétendus pouvoirs illi
fa défenfe, fe comparer, nationale vis-à-v vis 'du faubourg
mités, a la Convention
Antoine.
Le préfident: A la queftion.
la conduite de Sonthonax, & bien
Clauffon: : Pour apprécier c'eft par les aétes des commillaires nacelle du Por-au-Prince, les actes du Poreaui'ti rince & des communes
tionaux civils,par
de ce qui s'eft pelit à cette
voifines que vous pourrez juger vous vous reportiez à l'efprit
époque-l, il eft effentiel que
à
de ievrier
public qui exiftoit dans cette été province Tépoque dans les débars an-
& mars 1793. Il en: a déja
queftion
le meilleur efréreurs; je me bornerai à vous rappeler du Port-au-Prince, que
que les
prit régnoit parmi les & les habitans bl-ncs y étoient parfaitement unis, s
hommes de couleur
organiter alors Lous les pouvoirs ,
quil étoit queflion coloninie d'y alloit être formée, que les dépu
qu'une affimblée
avoient été réunis a Icogane.lieu
tés de plufieurs décret paroilfes de Tatlemblée nationale; que l'afemindiqué par le
s'étoit formée au Port-au-Prince; mais à
blée des éleéteurs
civils
qu'il ny
les commiffaires
prérendoient
cet e éponue aflez de calme pour organifer les ditféren es auavoit pas
du Port-au-Prince. & toute
rorites. Cependant la municipalité dévié des bons principes,
la comiune qui n'avoient point de
les holblités dont les
fe voyoient dansla néceffité civils. repoulfer L'infurrcéton qui avoit
menacoient les commilfiares avoit exigé qu'on envoyir des
éclaté le 23, janvier 1793, fecours de la pline du Culde-Sac
forces confidérables au couleur réunis étoient parverus à faire
les habitans de toute de cette infurredtion. 2 lorfque Semthonns
diminuer les progrès
Sonthonax avoit fouf
arriva à Saint-Marc le ) 14 des mars 1793.
dans cette dépen
fert, toléré les violations
propniends prouvé ce fait,
dance, nous avons fuite sothfamment de fa conl tite. Le vérirable morif de
Je paffe à la
vouloir prendre; éroit le bon efpri
mefures que Sonthonax
la réfolation de la com
des habirans du Port-auPrince, la
de T'Ouett d'organifer dé
mune entilre & de toute partie
à Saint-Marc le ) 14 des mars 1793.
dans cette dépen
fert, toléré les violations
propniends prouvé ce fait,
dance, nous avons fuite sothfamment de fa conl tite. Le vérirable morif de
Je paffe à la
vouloir prendre; éroit le bon efpri
mefures que Sonthonax
la réfolation de la com
des habirans du Port-auPrince, la
de T'Ouett d'organifer dé
mune entilre & de toute partie --- Page 133 ---
finitivement une allemblée coloniale & de nommer des dé.
purés a la Convention; c'éroit précifément ce que ne
loi: pas Sonthonax, & ce quia déverminé les
vou1 prites contre une ville tant de fois maineureufe. mefutes qu'il
Le 12 mars , la municipalité du Forc-au-Prince ne fachant
quelles pouvoient être les mefures quie prendroit Sonthenax
dans la dépendance de
Saint-Mar., , crut à propos de lui enroyer une députation. La municipalité & les habitans étoiert
dans la meilleure foi du monde; on lui envoya cette
ation à l'effet de linviter à employer toutes les forces dépuvoit emmenées avec lui du Cap
réduire entièrement quil
es révoltés de la plaine du CIEEE En
es députés fe rendirent à Saint Marc le 14 ou confequence, le
mars >
ivec le général Lafalle. Il eft bon de vous 'faire 15
>
ue cette dépuration étoit compofée de citovens blancs remarquer & de
itoyens de couleur pris dans le fein de la minicipalité. Cette
épuration arriva à Saint-Marc. Sonthonax, fans vouloir
écouter, la mit à la fuite de la commiffion civile, ce
toir une manière fort honnête de les mettre en état d'ar- qui
sftarion. Les deux hommes de couleur qui étoient de la
utation furent feuls exceptés; ils eurent leur liberté; déS blancs ne purent parvenir â être entendus du commiffaire mais
ivil Sonthonax, de manière que la démarche fut tout-à-fait
ifructueufe. C'eft dans cerintervalle que Sonthonax rendit
, proclamation du 21 mars, dont je vais donner lecture.
eft par rapport à cette proclamation, &
favoir
1 feroit l'eiter, qu'il a pris le parti d'arrèter pour la
quel
u Port-an-Prince, cette prociamation du 21 mars eftla députation
à tous les maux qui ont fondu fur la partie de l'Oucft. fource La
oici:
Au nom de la Nacion.
c Nous Léger-Félicité Sonthonax, commiffaire civil de la
épublique, délégué aux Ifles françailes de l'Amérique
-vent > pour y rétablir l'ordre & la
fouss Les intérêts, de la France dans Ja tranquillité colonie
publique.
and danger; ii n'eft
de
courent le plus
armant où fe trouve ti chofe temps
vous difmuler l'état
uerre
publique, à la veilie d'une
étrangere. Il eft du devoir du délégué de la nation de
révenir 8cd d'érouffer les mouvemens itréguliersde lintérieur,
I 3
> pour y rétablir l'ordre & la
fouss Les intérêts, de la France dans Ja tranquillité colonie
publique.
and danger; ii n'eft
de
courent le plus
armant où fe trouve ti chofe temps
vous difmuler l'état
uerre
publique, à la veilie d'une
étrangere. Il eft du devoir du délégué de la nation de
révenir 8cd d'érouffer les mouvemens itréguliersde lintérieur,
I 3 --- Page 134 ---
t3o
infiuifant les vrais
des intrigues dont on veut
en
patriores les auteurs. Je vais dite
les rendre viétimes, en en puniffant les traîtres
les livrerai
toures. les vérités, démaiquer tous
; je
enfuite à la jufte vengeance de la Convention nationale. offroit de
wiLa conttitution de la France en République des faétieux de
nouvelles chances aux inachinations &c les perverfes
ont cru le
Saine-Domingue; les royaliftes
indépendans
favorable
fe
les chefs des deux
moment
pour rapprocher;l & le
d'une
en fe
ERt
tis ont uni leurs forees
coalitant, le
des prix hommes du 4
ciation aulli monftrueule a été fang
avnly & l'incendie de leurs donné polfellions. le baifer de
Yinfur
>>.
A peine s'écoient-ils
paix, que
redtion a éclaté dansles paroilles voifines du Port-auPrince: communes vic
les habitations des citoyens de couleur leurs d'enur'eux ont
times, ont été pillées & incendiées; plufieurs A Jérémie, ces fcè
été mallacrés en défendant leuts foyers.
nesid'horreur fe font répétées d'une manière plus tragique
encore; on a armé contr eux des marins efciaves; on a paye
leurs bourreaux; on lesa challsdelenrs biens; onles a forcé
de fuir, en emmenant avec eux leurs femmes & leurs enfans à
>> Rarement les agitateurs font les maitresd'arréter pro
les infarrectiens qu'ils ont fait naitre, & c'eft ce quie
pos artivé à da Crote-des-Beugyens;! les eiclaves révolréedasCro
chus & du Fond-Parifien, ne fc font pas Bornés riche à remrii plain
leur exécrable millions ils ont pillé & dévafteli confedé
du Cnl.de-Sac, & rien ne put les contenir qh'one
ceu
ration inviol bie entre tous les citoyens pour expulfer
qui ias intruifent & les excirent. du
far-tout dans la ville
Pors-au-Prince qa'e
le Rege Cett de la puiffance de ces audacieux criminels; de c'ett fo
domine avec fureur cette infolente faétion tant
que
les repréfencans d- peupie français, couvert
proforite par
fes
infenfées ont fit re
encore du fang que
prétentions enncmie de l'ancien gouverne
pandres rivale & à jamais
calomniant fans celle la révolution frangaife 8fespis
ment, défenteurs, toujours d'accord avec les minifbtres 9
zélés fait le malheur de la France, & conitummént foutent
ont & protegée par tont ce qu'ily avoit de la dans nobleile l'atiembléeconl & de la in
tuante d'amis ardens du clorges
narchic.
prétentions enncmie de l'ancien gouverne
pandres rivale & à jamais
calomniant fans celle la révolution frangaife 8fespis
ment, défenteurs, toujours d'accord avec les minifbtres 9
zélés fait le malheur de la France, & conitummént foutent
ont & protegée par tont ce qu'ily avoit de la dans nobleile l'atiembléeconl & de la in
tuante d'amis ardens du clorges
narchic. --- Page 135 ---
I3I
s C'ef'au Porrau-Princerque règne cet amas d'hommes
perdus de dettes & de crimes, don: les propriérés obérées ne
euvent devenir dibres que par la banqueroute & Tindepenance; qui qualifien: d'etrangers les Français nés en
ui, dansi leur correlpondance publique, (raitent Europe; T'elprit
ont Ja Cenvention nationale elb animée, d'efpric dominant &
Mrayants qui préchent contihuellement le mépris de ia méropole & de fes mandataires. a
> Accourumés fous l'ancien régime à ramper dans les antihainbres de Paris & de Verlailles, fiers des privileges qu'ils
arrageoient avec la ci-devant noblelle,, toute leur ambition
eft portée à conferver ies abus du régime colonial; ils ont
nfulé aux principes qui dirigeoient la métropole; ils ont
uc de la révolution une fpéculation de fortune; ils n'y ont
u qu'un moyen de plus d'éterniler leurs préjugés. Ce font
s mêmes hommes qui, forts de l'entourage perpéruel d'une
ordede fctlerataitigendies à Saint-Domingue par les
Italie pour y perpétuer l'anarchie & y punir ainfi la princes nation
- fes fuccès eni Europe 5 ce font eux, dis-je, qui on:
né lz fainte infitution des clubs, > en failant de.celui
ort-au-Prince une
Pas
arêne odieufe d'injures & de dénoncia-.
ons, ou l'om provoquoit fans cefle la réfiftance à la loi &
aviliffements des pouvoirs conftitués.
> Ce fon: eux qui, au nom de ce club, ont pourfuivi
:ftimable aureur du journal de l'Egaliré, du feul cuvrage
riodique capable de purifier l'efprit public de la colonie 5
font eux quis dans la municipalité, l'ont fait dénoncer
x tribunaux: & décréter enfuite de prife-de-corps contre
utes les lois qui garantiflen: aux Français la liberté de
enfer & d'écrire.
p Ce. font eux qui, parcdes enrôlemens d'efclaves, ne
fent de provoquer la ruine du syftème colonial, tandis
rils accnient la France & fes délégués de vouloir attenter
la confervation.
> Ce fonc:eux qui, dahs leur incroyable délire, ont ofé
ire arrêter l'un des envoyés de la commillion nationale,
ifont retenu, prifonnier fur un bâtiment de T'érat ouila
llu totte la fermeté de léquipage pour le fauver de la
reur d'une troupe d'hommes égarés par leurs coupables
egeftions. Aureurs de tous les maux qui ont défolé SaintI4
és de vouloir attenter
la confervation.
> Ce fonc:eux qui, dahs leur incroyable délire, ont ofé
ire arrêter l'un des envoyés de la commillion nationale,
ifont retenu, prifonnier fur un bâtiment de T'érat ouila
llu totte la fermeté de léquipage pour le fauver de la
reur d'une troupe d'hommes égarés par leurs coupables
egeftions. Aureurs de tous les maux qui ont défolé SaintI4 --- Page 136 ---
nationale les pourla févérité de la commiflion
Domingue,
&
fuivra par-rour.
les hommes probes
I s Qu'ils fe rafferent aderateurs cependant, del la loi, qui, au milieu de.
tranquilles, : véritables forment encore la majoriré de la ville du de
tant de defordres, long-temps tyrannifés par une poignée
Portau-Prince; trop
être délivrés
le convoi quip parfeditieux, ils vont enfin en
E la garde nationale
France. Que les grenadiers
&
tira pour
d'empécher le mallacre des prifonniers,
viennent
3:
qui
de bravoure & de civifme > ont confervé du
par ce trait vivantes de la compliciré des agitateurs des peuple amis
preuves les ariftocrates reconnus, fejoignent à l'armée de nos enneavec
concourent à Texpulion
de la France ; qu'ils animés tous du même elprit, nous poferons
mis enfuite communs: la baie du bonheur de Saine-Domingue. ci-devant Artois & Pro-
>> Et vous foldats des bataillons marcher fur la ligne du
vence: VOtS qui, croyant
des
E
tifme, avez été fi fouvent égarés par pour perfides être TSR reguilés fous les couleurs nationales, d'ètre les infrumens aveugles d'une
connus , cellez à jamais
trompés ! Nés Français,
faction qui vous a f indignement brale dans vos coeurs. Eh bien!
le feu facré de la patrie
autour des mandataires de la
n'héfirez pas de n'écoutez vous ranger plus que leurs ordres. Vous Que n'êtes vous
Republigue,
des ariftocrates de la peau :
des
imporre la querelle dans la colonie pour venger amour-propre des indé
pas venus
encore moins les prérentions
ennemis de legalire,
Votre million eft de faire
pendances contre la, mère-partie.
& fur-tout d'y
les volontés de la République.,
ielpecer obéir fans réferve comme fans murmure. commiflaire civil a ordonne
9> Dons ces circonitances,le
& ordonne ce qui luic:
A R T I C L E P R E M I'E R.
nationales des quatorze paroiffe
> Déclarons les gardes de réquifition permanente > jufqu'a Ct
de Y'Ouelt en état ait été autrement ordonné.
que par nous il en
II
pourra en ordonner 1
> Le citoyen gouverneur-genéral
réferve comme fans murmure. commiflaire civil a ordonne
9> Dons ces circonitances,le
& ordonne ce qui luic:
A R T I C L E P R E M I'E R.
nationales des quatorze paroiffe
> Déclarons les gardes de réquifition permanente > jufqu'a Ct
de Y'Ouelt en état ait été autrement ordonné.
que par nous il en
II
pourra en ordonner 1
> Le citoyen gouverneur-genéral --- Page 137 ---
raffemblement en tel nombre & tel lieu qu'il
à
pos, tant pour fe préparer à la défenle de l'ennemi jugera exté- proricur, que pour rétablir l'ordre au Port- au- Prince, &
marcher enfuite contre les efclaves révoltés de la plaine du
Cul-de-Sac.
III
Faifons très-expreffes inhibitions & défenfes aux officiersmunicipaux des communes de s'immifcer directement ni indirectement dans la formation des raliemblemens
ront être ordonnés par le citoyen gouverneurgénéral, qui pour- & ce
fcus les peines portées par les lois des 22 juin & 17 août
dernier.
32 Ordonnons que la préfente proclamation fera
& affichée par-tout oi befoin fera & envoyée à toutes publiée les
municipalirés.de la cclonie.
>> Mandons à Ja commiflion
miniftratifs & aux tribunaux des intermédiaire, 3 aux corps adNord, de la faire tranfcrire fur les provinces de1'Oueft & du
& afficher.
regiftres, lite, publicr
> Requérons le citoyen gouverneur L- général
de tenir la main à fon exécution.
par intérim,
S Saint-Matc, le 21 mars 1793, l'an II de la République
françaife.
Signé, SONTHONAX.
*O. F. DELPECH, Reriairegrofiern
Certainement' cette ville devoit être bien étonnée des
calomnies que Sonthonax répandoit contre elle : quand
Polverel, quelque temps auparavant, avoir fait
le
plus complet de fes
quand Polverel, dans, Teloge diftrentes letires, foit à
foit à la
ec
commune, difoir:
ECELS
Le patciorifme le plus Fur
au
35 lci du 4 avrii y eft
règne
Port-au-Prince. La
derai à tout lecteur, parfairement exécutée. >) Jele demenmation : rien
que rencontre-t-on dans cette prociad'abord le
abfolunient que de vague. Vous y voyez
reproche qu'il fait à cetre commune d'être un
compolé d'indépendaus, de royaliftes, de fadtieux 5 vous Y
LS
Le patciorifme le plus Fur
au
35 lci du 4 avrii y eft
règne
Port-au-Prince. La
derai à tout lecteur, parfairement exécutée. >) Jele demenmation : rien
que rencontre-t-on dans cette prociad'abord le
abfolunient que de vague. Vous y voyez
reproche qu'il fait à cetre commune d'être un
compolé d'indépendaus, de royaliftes, de fadtieux 5 vous Y --- Page 138 ---
les
vidhms les citovens de COuvoyez qu'il leur'avoit Aecnfeddavol: donné lebaifer de
vous y
>leut apres
le club entier
dit être un
enfuite
accute
qu'
rat
yoyez
qu'il
ne'cefle dedire
ces hommes,
s>
raniadis defadlieunx : qu'il
que Iitalie dont
23 forts d'une herde dc fcelérats flipendiés par
les
à St-Domingue
ils font entourés, perpéuent troubles TOueft; vous
29 & notamment dans la partie de
fait
voyez ce
33 qut-les accufe" d'avoir pourluivi ou du
potirluitre de l'Egawqil appelle Teftinable auteur
journal sfur ces
ss' lité. >> Il eit bon de donner qaeiques explications aux
différens reproches: D'abord celui ouilifair
citoyens
blancs de rejcter de'laur fein les hommes de couleur, de.
ne vouloir pas exécuter la loi du4avril à l'égard des faux. hommics Lés
de couleut, eft abtalunsens futile', abfolument bonge inrelhabirans blancs du Port-an-Prince Vivoient en
le fervice
ligence avec les citoyens de couleur; les ils hommes faifoient de 'couleur
dans la' gateie nationale;
& la ville:
Rea été appelés dans les allemblées primdires",
:
di Fort-au-Prince n'avoitjamais rien fait fans que les hommes, 2
de couieur y, euffent chub. parricipé. ! le commiffaire Polverel'écrit
Il accule le
Hebien fur la
loi du
à ce même club & le falicite
manière"dont-la fur, les preuves
4 avril. a été exécutée habitans aul Pors-au-Prince,, blanes re cefent de donner
de fraternité
les
.t
couleur. C'eit Folverei qui parle.
aux
citoyens ge (ILlit:),
Extrait des pibces dépofées à la municipalité de Port-av
Prince.
commiffaire - national-civil, délégné 1
>> Etienne Polverel,
fous-le-vent.
aux ifles françaifes de à l'Atnérinue-f moi adroffee par un grand nombre
5> Vu une pétiticn Port-au-Prince réunis
& fans
de citoyens du
painiblemenr ils demandent
armes, en date du jour d'hier 2 par laquellé
aux municue j'ordonne aux curés des différentes paroilfes,
cipalités , aux greffiers" & tous aurres fonctionnaires publics, los
de délivrer gratis & Pfans delai, à tous les citoyens leur font qui nécefen requerront, les expédicions des titres qui
un grand nombre
5> Vu une pétiticn Port-au-Prince réunis
& fans
de citoyens du
painiblemenr ils demandent
armes, en date du jour d'hier 2 par laquellé
aux municue j'ordonne aux curés des différentes paroilfes,
cipalités , aux greffiers" & tous aurres fonctionnaires publics, los
de délivrer gratis & Pfans delai, à tous les citoyens leur font qui nécefen requerront, les expédicions des titres qui --- Page 139 ---
faires, > l'inferiprien civique, noramme nti ceux juftificatifs de
leur liberré, & dans laquelle ils annoncent. que le grefier
de la Senéchaullee a deja donné cet excmple de défméref
fement;
sP Je déclare
je vois avec fatisfaction la demande des
citoyens du mtma prouve le defir qu'iis OnC de
faciliter à leurs frères les moyens de partager avec enx les
titres de citoyen; que je vois avec la méme farisfadtion
l'exemple donné par le greffier de laj juridiétion de cette ville;
que je ne puis erdonner aux curés, aux grefficrs, ni aux
autres fenélionnaires publics, dépofitaires des titres de libercé
des citoyens, de délivrer grazis des expéditions de ces titres
a ceux quiles en requerront, parce que les émolumens qu'ils
retirent de cCS exréditions four Lijl felaire qui leur eft accordé par la_loi, dont eux feuls peuve ent faire le facrifice;
que je ne pais employcr à cet égard que la veie de l'invitation.
>> Et néanmoins, confidérant que des hommes libres font
dija aflez maliseureux d'eire danstinforrune, > fans être encore
privés par le défaur de moyens pécuninires di titre précieux
de citojens de la Régublique franguife; que Ton deit prelumer allez de Thumanité, du pauriotifine & du delmréreflement des fonctionaaires pablics dépofitaires des urres
qui conftatent l'exiftence civile des ciroyens 2. pour dpércr
qu'ils feront le iéger facrifice de quelques (mnelimens,orfque ce facrifice peut donner à la France & à la cclonie
ln plus grand nonbre de citoyens & de définfeurs.
>3 J'invite, au nom des citoyens pétiriernaires, tous
curési, greffiers & autres fonétionnaites pablics dépolitajres
des titres juftificerifs de la liberré des citoyens, de delivier
gratis & fans déiai, ceux qui les leur demandevont, des
expéditions defdits titres quileur font nécellaires pour Iatr
criptlon civique.
391 J'ordonne que la préfente invitation fera imprimée 2 >
publiée & affichée par- tout ot belcin fera, & enyoyéé à
toutes les municipalités & tribunaux des prouinecsderCuel
& du Sud.
21 J'enjoins à toutes les municipalités de norifier la préfente invitacion aux curés, gretkers, notaires & autres fonc-
ont, des
expéditions defdits titres quileur font nécellaires pour Iatr
criptlon civique.
391 J'ordonne que la préfente invitation fera imprimée 2 >
publiée & affichée par- tout ot belcin fera, & enyoyéé à
toutes les municipalités & tribunaux des prouinecsderCuel
& du Sud.
21 J'enjoins à toutes les municipalités de norifier la préfente invitacion aux curés, gretkers, notaires & autres fonc- --- Page 140 ---
dépofiraires des titres ci - delfus énoncés >
rionnaires dans publics l'étendue de leur commune.
réfidant
, le 18 décembre, l'an premier
9 Fait au Porsau-Prince,
de la République irançaife.
59 Signé, POLVIREL.
le commiffaire national civil.
$> Par monfieur
de la
Signé, F. Poivrnat,. Fecréaire-udjoint
commifion nationale civile.
de pièces informes 5 je
Sonthonax: C'ef l rn recueil
feroitvois encore là l'éctiture de Fondeviolle : Fondeviclle :
il auffi votre greffier pour le Port-au-Prince font bien officiclles
Clauljon : Non, touies Fondeviolle. ces pièces 9th lis dans ce cahier,
ont éié recueilies par commode; les pièces font dans les.
parce que d'eft plus
des colonies.
archives de la commillion
d'autres pièces de PolveSonthonax : Je ne connois pas
ou extraites
rel que celles écrites de fa main, du ou tout imprimées dans ce cahier T'audes journaux. Je ne vois conftater pas
que ceft-la une pièce de
thenricité néceflaire pour
Polverel.
pas par de mauvaifes plaiTh. Millet : On ne difcuflion répond comme celle-ci; on produit
fanteries dans une fur des pièces.
indes pièces copiées
convenez que c'eft une copie
Sonthonax : Si vous
nous fommes d'accord.
forme, je ne dis plus rien,
il eft plus facile de lire
Claufon : Je lis fur ce -cahier;
ainfi que de feuilleter routesles pièces. d'accord, puifque les colons
Lc préfident : Vous êtes tous forme dans les archives.
difent quil y. a une copie en Sonthonax le fait bien.
Clanffon : Ilyen a pluficurs, conaois point tous les actes de,mon
Sonthonas : Je le
méme
que je les concollègue Polverel, il eft
impollible
noifle.
colons): Vous produirez dans la proLe prefdent (aux originales.
chaine feance les pièces
je viens de lire-, vous voyer
Claufon : D'après ce que
forme dans les archives.
difent quil y. a une copie en Sonthonax le fait bien.
Clanffon : Ilyen a pluficurs, conaois point tous les actes de,mon
Sonthonas : Je le
méme
que je les concollègue Polverel, il eft
impollible
noifle.
colons): Vous produirez dans la proLe prefdent (aux originales.
chaine feance les pièces
je viens de lire-, vous voyer
Claufon : D'après ce que --- Page 141 ---
Polverel ne confidère pas le club comme un ramaflit
due factieux, ainfi que le dit Sonthonax dans fa
mauon du 2I mars; vous y voyez au contraire procla- Polverel Far l'éloge de ce club qui étoit composé de que tous les
honnètes gens du Port-au-Prince 5 qui ne
du bonheur public, & notament de celui des s'occupoit citoyens
couleur,
RuE
tous les bénéfices de la loi du 4avril..
Senac: : Cloyen-preident.fas une oblervation à faire à la
fuite de cela. Le morif qui a déterminé le club du Port-auPrince à demander 'à Polverel que ie greffier de la
chauflée du Port-au-Prince fûs autorifé à délivrer féné
traits des aétes de liberté, > étant fondé fur la néceflicé des eX- de
l'exécution de la loi du 4 avril, beaucoup d'hommes de
couleur fans moyens ne pouvoient fe procurer l'acte de leur
liber:é, &
contéquent n'erre pas admis aux allemblées
primaires; dat pour leur en fournir les moyens que le club
du Port-au-Prince a demandé à Polverel ce qui étoit
forme à la loi du 4 avril.
conr
Clauffon : J'ai donc eu raifon de dire que le club
point une arène de dénonciations & d'injures, & qu'on n'étoit n'y
provoquoit pas au mépris de la loi & des aurorirés conftiuées, ni à Tavilitlement du pouvoir. A f'égard de l'aureur
lu journal inticuls-lAmi de TEigalité, il n'eft
mutile
le vous rappeler & de vous dire quels font les pas motifs
unt décidé la pourfuite contre les journaliftes. Nous avons qui
ans les papiers du général Galbant, d nousles rechercherous
a lesp prodairons fi Sonthonax les nie, les journaux
ar Catinor, auteur decelui inituleldmi
rédigés
quel on trouve ce pailage: On verra bientôt del'Egelité; Dieu le dans
Hiacac,Sfurchange Gabricl.prfident de la Convention
Re Ce n'eft
tout..
PCX
pas
Sonthonax : Je demande que l'on mette ces
fur
ureau.
pièces
le
Claufon : Nous les mettrons fur le bureau.
Th. Millet : Oai, oui.
Clauffon : Nous ne pouvons pas avoirici
énéral Gaibaud,
touteslespiceesdu
Le préfident : Il eôt fallu les chercher d'avance.
Claufion : Nous les avons cherchées, nous les chercheons encore & nous les produirons. Ce n'elt pas tout, Le
tout..
PCX
pas
Sonthonax : Je demande que l'on mette ces
fur
ureau.
pièces
le
Claufon : Nous les mettrons fur le bureau.
Th. Millet : Oai, oui.
Clauffon : Nous ne pouvons pas avoirici
énéral Gaibaud,
touteslespiceesdu
Le préfident : Il eôt fallu les chercher d'avance.
Claufion : Nous les avons cherchées, nous les chercheons encore & nous les produirons. Ce n'elt pas tout, Le --- Page 142 ---
1;8
rédaéteur de ce même journal avoit civile excité dans la dans ville plufieurs du Portnuméros la rèvoire & la guerre
de toutes
au-Prince. Il ne cef.oit de prorogestamitemens, la
de TOnett. C'eit par
les autorités exiftantes dans
partie
jaires contre
tous ces motifs qu'ii y eut des dénonciations dirigées par le
lui au Portau-Prince, & exécurif. des pourluices Voilà auli le motif pour
commifiaire du pouvoir
d'avoir pourlequei Sonthonax reprocie au Port-au-Prince del'Ami de
qui
fuivil'eftimable aueur du journal
rEgalité, pablic, ainfi
ditoit que fes numéros tendoient : On apurnpianlieiprit verra bientôt Dieu le père
qu'on le voit par ces mots: Gabriel préfident 'de la Convention
guilioriné, 8 Parchange
célede. Sonthonax : Je prie la commillion d'ordonner à Ciaaffon dans
de- remettre fur ie bureau les naméros de ce journal
qui areftensquil a pro
lequel on y. poonunisniiensts autorités conftituées.
voqué Tavihilementdes: Je le ferai; je remettrai tond cela, car dans
la ClaufJon fuite de : la difcuflion jai un numéro de ce journal fou
il fuffira de vouslire un paragtaple de ce journa
les yeux 5 faire
la moralité de ce Catinot,
peur vous
Ce epprécier vien: de dire Claufen a été lu à 1
Verneuil :
que nationalesje Fai lu dans un journal
tribune de la Conventicn
fi - vous en voulez entendre leéture d'avoir dit que P'archang
Sonthonax:h Prétendez-vous que
Michel feroit préfident. : A l'ordre 5 il n'eft pas, queftion de difcure
Le Frefident le fond de l'atlaire 5 les colons auront u
dans ce moment
chercher les
jour, demin, pour
à les produire.
Duny: Jem'engage
encore ce
qu
TRCLRRED
Clailjon : Cette préclamation porte avoir donnél le gricf baifar
les blancs du Poreau-Prince, les après avoient pillés, incendiés
paix aux hommes de conleur, fait incendier leurs habitations.
vexds, & qu'iis avoient dans le temps ce que c'étoit que certe ir
Je vous aidit Plaine du Cul-de-lac; mais, pour vo:
furrection de l
je dois vous rappeler que la I
mettre ylos 21 courant,
1793, avcit été dirigée P
volte du Cui de-i iac, en'janvier étre en connivence avec Pd
desicmmes queje prouverai
cruent dirig
vercl & Sun atonax, & qu'elle étoirparticui
, & qu'iis avoient dans le temps ce que c'étoit que certe ir
Je vous aidit Plaine du Cul-de-lac; mais, pour vo:
furrection de l
je dois vous rappeler que la I
mettre ylos 21 courant,
1793, avcit été dirigée P
volte du Cui de-i iac, en'janvier étre en connivence avec Pd
desicmmes queje prouverai
cruent dirig
vercl & Sun atonax, & qu'elle étoirparticui --- Page 143 ---
contre les hommes de conieur, en haine' de la loi
avril. Jumereart & fes adhdrens, faehés de voir que duls l'unionla plus inumer régnoit an Porcau-Prince entre
& les hommnes de conleur, &L dans toute ia dependance lesblanes de
TOuelt, avoit fomenté l'insurreciion du 23 janvier
& les hommes de couleur qui étoient alors dans la 17935
du Port-au-F'rince fe rallieren: à eux, & firent caufe com- ville
mune.avec lesblanespour marcher entemble au fecours dela
plaine du Cul de-lac. lly eut une fortie de 1,500 hommes
de toutes couleurs, &le lendemain ly eut un convoi
a cette armnée campée alors en plaine.
envoyé
Ce convoi étoi: eicorté par un décachement de 5o honmes; dans le déiachemenc il ny avoit que deux hommes de
couleur. Il fur attaqué en route à deux lieues de ia villes
l'elcorte fus maileréesils'en fauva a peine huir, & dans
ces huit les deux citoyens de couleur, qui faifoient
de l'eicorte > fe fauvérent. Ceft alors de ce maffacre partie
recpnmoirlaitahifon; - queJimecourt fur lignalé comme auteur qu'on
de linfirrection, & arrêté fiur-le-champ.
Vous voyez donc qu'il n'y a pas pu avoir
entre les habirans blancs & les auteurs de
connivence
que, par
lizfurrections
conféquent, les habitans du Pert-au-Prince n'onr
pu incendier les propriérés des hommes de couleur, avec
lefquels silsfaifoiencenule commune, Je lainie à la
à apprécier la futilité du raifonnement de Sonthonax commiilon dans
fa prociamation du 21 mars. Cetre prociaination étoit
véritable brandon de guerre civile. Elie porta le
un
danstons les caurs. Les' habitans ne favoient plus.quel défefpaic
prendre. Falloit-il s'adreffer à Polverel qui n'avoit paui
core approuvé la prociamation-de Sonrhonax : falloit-il pas faite endçs démarches auprès du commillàire Sonthonax alors
a'Saine-Marc : c'étoit-làla réfolution de la vilie du Port-anPrince; cependant elle fe décida à remplir fon
ville qui avoit fait tant de facrifices peur lai révolution devoir.Une
en failoit eneore tous les jours, cn tarchant
&
fer la révolre du Cul-de-fac, en voyoit perdre pour tout le appai- fruir -
par les difpolitions fercenées que faifcit un homme
pour tout pacifier & ramener le calme dans la colonie. envoyé La
municipalité du Portau-Prince crut de fa fagefe de
la colère des habitans; elle y parvint; elle travailla tompérer aulia
ifices peur lai révolution devoir.Une
en failoit eneore tous les jours, cn tarchant
&
fer la révolre du Cul-de-fac, en voyoit perdre pour tout le appai- fruir -
par les difpolitions fercenées que faifcit un homme
pour tout pacifier & ramener le calme dans la colonie. envoyé La
municipalité du Portau-Prince crut de fa fagefe de
la colère des habitans; elle y parvint; elle travailla tompérer aulia --- Page 144 ---
défapenfoit être l'effet des infinuations
détruire ce qu'elle commiffire Sonthonax; mais elle fe
vorables furgérées au commillaire Sonthonax ne fuivoit en
trompoit. Hélas ! le
esi cela
le
cela que fa propre impulion 3 il ne fuivoit à
que
projerformé depuis long - temps d'anéantir Saint-Domingue & de fubfde maflacrer tous les habitans,
toute propriété,, d'hommes de couleur à celle des blancs.pour
tituer la clafle
clalle
de couleur par celle
enfuite anéantir cette
d'hommes
des Roirs. C'eft ce qui eft arrivé,
rendre -compte, citoyens 5 des démarches qui
Jevais vous
du
du téont été faites par la commune des communes
& des
des
TReC
moignage
municipalités circonftance pour arténuer la proarrêtés pris dans cette
en rendre nuls & impollibles
clamation du 21 mars, pour lettre eft celle de la municipatous les effets. La première à celle duPort-au-Prince, datée
lité dela Croiedes-Bouquets
du Camp-Santo, du 28 mars 1793.
(Il lit.)
de la Cris-des-Bouquets, à la
Lectre de la municipalité
municipalité du Port-au-Prince.
28 mars 1793.
FRÈRES ET AMIS,
fous les
votre lettre d'hier, relative :
>> Nous avons
yeux commiffaire national civil Son
la proclamation du citoyen
nous n'avons reçue
que
quindi
thonax, du 21 du courant,
eft
officiel
rectement 1 > car elle ne nous
pas parvenue
lement.
des inculpation
33 Nous fommes, comme vous, peinés
navré. Oui
qui vous font faites 5 nous en avons le cceur nos frère
nous atteftons, aux yeux de tout l'univers, écartés que des principe
du Port-au-Prince ne fe font jamais foumiflion à exécutio
con/titurionnels;, qu'ils ont mis avec cherché à être indé
la loi du 4, avril; qu'ils n'ont jamais
pendans; qu'ils font les ennemis des conits-rerelutiennaite fi la plaine du Cu
Nous atteftons aufli avec vérité que,
de-S:
5 nous en avons le cceur nos frère
nous atteftons, aux yeux de tout l'univers, écartés que des principe
du Port-au-Prince ne fe font jamais foumiflion à exécutio
con/titurionnels;, qu'ils ont mis avec cherché à être indé
la loi du 4, avril; qu'ils n'ont jamais
pendans; qu'ils font les ennemis des conits-rerelutiennaite fi la plaine du Cu
Nous atteftons aufli avec vérité que,
de-S: --- Page 145 ---
de-Sac & les quartiers adjacens ne font pas en enrier au
pouvoir des révoltés, nous €n fommes redevables aux ciroyens du Port-au-Prince, qui, guidés par leur zèle, leuf
bravoure, leur conflance, ont quitté Jeurs foyers pour
voler à notre fecours, pourdéfandre nos propriétés & affurer
notre stiteté individuelle. Nous n'avons en général que lieu
de nous.louer de la conduite des citoyens militaires & militaires ciroyens; celle qu'ilsont tenue, envers nous eflau-deflus
de tout éloge.
La pareiffe de la Croix-des Bouquets ef attachée à votre
fort; elle fera tout ce qui eft en fon pouvoir pour vous juf
tifierauxyeux du commn.fareSenthonges commiffaire national
civil. Nous avons lieu de croire
le langage de la vérité
que nous allons employer fera EBuIE & que nous parviendrons, à l'aide des autres paroilles > à détruire les
fauiles impreflions que lui ont données contre nos malheureux concitoyens les perturbateurs du repos public qui s'agitent de toutes les manières pour parvenir à hâter notre
perte. Nous ofons efpérer qu'une fois la religion du délégué
del la nation détrompée, il rendra juftice à votre
il ne verra dans les citoyens du Port-au-Prince patriorifme; qu'une famille de frères, toujours prèts à facrifier leur vie & leur
fortune pour maintenir la loi & la tranquillité publique. Si
nous 'ne parvenons pas à notre but, alors, oubliant tout
intérérpartieulier, nous nous réunirons à vous pour
votre fort. Vorre zèle à nous fecourir nous en fait un partager devoirg.
& notre reconnoiflance fe plaira à le remplir,.
Salut.
Signi, ANTOINE BAUDUIT, officier municipal ; Romou,
procureur de la commune ; BERNIER &
RENAUDOT > notables;
COILIER, ferikaire.grefier.
Je remarque que dans les fignatures il y a des
de
couleur.
citoyens
Vous voyez le témoignage de la
vous
voyez
Croix-des-BDosqsers;
que cette commune, qui long-temps avoit été en 9pTome YII. Soixante-fiptime liyraifon.
K
.
Signi, ANTOINE BAUDUIT, officier municipal ; Romou,
procureur de la commune ; BERNIER &
RENAUDOT > notables;
COILIER, ferikaire.grefier.
Je remarque que dans les fignatures il y a des
de
couleur.
citoyens
Vous voyez le témoignage de la
vous
voyez
Croix-des-BDosqsers;
que cette commune, qui long-temps avoit été en 9pTome YII. Soixante-fiptime liyraifon.
K --- Page 146 ---
pofition au Port-au-Prince, reconnoiffoit cette dernière
& foumile àla loi du 4 avril.
Pet
être attachée aux lettrequairécrite principes
la municipalité de la Croixn'eft paslafele
des-Bouquets.
Senac : J'obferve fur ce que vient de dire mon collègue,
ie citoyen Bauduit, quia ligné cette Jettre, 2 étoit un des
éledleurs que
nommés pour la nomination des députés à la Convention nationale.
Claufon : La municipalité de ja Crois-des-Douquets, a Son- fait
encore une autre démarche auprès du commiffaire-civil du
thonax 3 iln'ya pas de date, mais elle eft dans un journal
avrili793, inticulé: Courier national du Port-au-Prince,
Il lit:
Lauredelamuniipalté de la Croke-des-Bouguets a Sonthonax,
compi@faressiensf-cieit
vous aurez appris du citoyen goucc Citopen.commillites
fe font
vemeuregénéral par interin 5 les événemens qui
palffés
dans notre paroille depuis le 20 janvier dernier.
défaftreufe, dont nous ne connoilfons
>> Une infarredtion manifeftée dans notre plaine ; des rafpas le réfultat, confidérables s'eft
ayant paru armés, nous avons eu
femblemens à nos irères du Port-au-Prince > qui font venus gérecours néreufement à notre fecours depuis le 24 janvier jufqu'à ce
jour.
continuel dévouement, de la
2> Nous avons éprouvé un
leurs efforts, malgré
part de cesbraves ciroyens 5 mais nombre malgré de révoltés dans ies
que nous ayons tué un nous grand avons eues avec eux, nous perdifférentes affairés de les que réduire avant les pluies, fans un fecours
dions l'efpoir frères de
T'Archahaye, Léogane
puilfant de nos
Mirebalais,
& petit Goave.
ncus avions l'affurance eque nos frères de Mirebalais
s Déjà à notre fecours avec 200 hommes 5 déjà T'Arviendroienr
nous
IOC citoyens à cheval
chanaye e trimroit à ville de envoyer Léogane avoit en maiche 10O
6 bien aimsos déjàl la
uies, fans un fecours
dions l'efpoir frères de
T'Archahaye, Léogane
puilfant de nos
Mirebalais,
& petit Goave.
ncus avions l'affurance eque nos frères de Mirebalais
s Déjà à notre fecours avec 200 hommes 5 déjà T'Arviendroienr
nous
IOC citoyens à cheval
chanaye e trimroit à ville de envoyer Léogane avoit en maiche 10O
6 bien aimsos déjàl la --- Page 147 ---
autres citoyens. Nous nous érions préparés à recevoir ces
braves frères & amis, qui, fe réunillant de cocur à nos frères
du Port-au-Prince & à nous, auroient pu exterminer les révolrés, en les attaquant de toutes parts.
3> Nous avions l'etpoir de rétablir l'ordre avant la faifon
des pluies, lorfque tour-à-coup une proclamarion émsnée de
vous arrive dans les différenres paroifles, & paralyle toutes
les forces.
* Ces braves amis & frères qui ne connoiffent que l'exécution des lois, fe trouvent enchainés au moment ci ils voloient à notre fecours; & par ce! incident arquel nous ne
concevons rien , nous nous trouvons dans un éiat pire que la
mort.
3> Nous ne connoiffons, ciroyen commiffaire, votre proHlamarion, que par ce que nous en ont écrit les
ités de Mirebalais & du Port au-Prince; car eile ne municipa- nons elt
bas parvenue officiellement. Nous ne démandons pas a en
tonnoitrele fujet: mais lecroiriez-vous, commifaire-uationalivil? de tous les maux que nous avons éprouvés depuis la
évolution, le plus grand eft celui que nous occalionne votre
roclamatien.
3> Par elle nous nous trouvons privés d'un fecours
e feul que nous puiflions nous procurer > puifque de puiffant, toutes
:s forces que la métropole nous a deftinées nous n'en avons
eçu aucune, > & cependant nous fommes fes enfans, & fes
atentions ne font pas de nous abandonner.
>> Par votre proclamation, semnifineaatiomsldi. vous
ous expofez à être forcés d'abandonner nos propriétés, a
os frères du Port-au-Prince nous délaiffent.
>> Si nous fommes forcés de lever nos camps, dans un
afant la révolte devient générale, & la partie de notre
laine qui eft encore en notre polfeflion, deviendra la
es brigands, & par fuite le refte de la province.
proie
> Depuis deux mois, nos frères du Port-au-Prince fe
icrifient pour défendre nos propriétés; depuis deux
snous fournillent tous les moyens qui font en leur mois,
pouK 2
-au-Prince nous délaiffent.
>> Si nous fommes forcés de lever nos camps, dans un
afant la révolte devient générale, & la partie de notre
laine qui eft encore en notre polfeflion, deviendra la
es brigands, & par fuite le refte de la province.
proie
> Depuis deux mois, nos frères du Port-au-Prince fe
icrifient pour défendre nos propriétés; depuis deux
snous fournillent tous les moyens qui font en leur mois,
pouK 2 --- Page 148 ---
faire fublifter tous les citoyens employés à notte
voir
depuis deux mois, ils ont donné alyleà nos femmes, enfin,
TELEI
vieillards; depuis deux inois
à nos entans & à nos, tous nos malheureux concitoyens,
ils logent & nouriflent
fe mettre à labri de la fureur
qui nont d'autre le afyle fein pour de ces frères généreux.
des révoltés que
être les crimes fuppofs
>). Nous ignorons quels ville : peuvent quant à nous, nous ne la con
à cette malheureufe (on obéiffance à la loi du 4 avril, que
noilfons que par
à la dérenfe de nos propriétés, &
par fon artachement puiffans que nous en recevons.
par les fecours
vous remette
>5
citoyen
commaifisenatonclchf
Quoi!
la rédudtion du Port
à marcher cortre les révoltés, après
les
-
citoyen
au Prince : . . . Quoi ! efpérez-vous leurs frères
leurs amis
contre
e
du Cul-de-fac s'arment. verfent leur fang pour eux , & enfi
contre des citoyens qui
ils
des fecours fan
contre uiRe ville de laquelle
reçoivent
nombre 2 e
nous penfons qu
>>
Non, été commiBine-zudocl-cid, trompé, & que vous vous empretlerez d
vous avez
à des citoyens vertueux, foumis à la loi, C
rendre juftice
toujours dans le délégué de la Natio
qui reconnojtront
leur père & leur proteéteur.
la Nation vous
>p
Citoyen comtaifigerstientciel, rétabhr T'ordre 8c la tranquillité publique
enivoyé pour civile eft prête à eclater; emprellez- z-vous de ven
la guerre l'affection des citoyens du Pore-au-Prince,
recevoir
vous-méme qu'ils font le plus ferm
vous cennoitrez révolurion par
frangaife.
appui de la
de venir voir vous- même notre fitu
>> Emprellez reconnoitrez vous
qu'il eft indilpenfable d'employ
tion, & les vous forces de la province pour la rédaction des efcl
toutes &
le moindre délai peur occaiionner les plus gran
ves, que
maux.
d'inviter les paroilfes qui venoient
5s Empreffez-vous fecours, d'y voler, & joignez à nos chers voilins
notre
par ce moyen.vous d
forces dont vous pouvez difpofer:
fitu
>> Emprellez reconnoitrez vous
qu'il eft indilpenfable d'employ
tion, & les vous forces de la province pour la rédaction des efcl
toutes &
le moindre délai peur occaiionner les plus gran
ves, que
maux.
d'inviter les paroilfes qui venoient
5s Empreffez-vous fecours, d'y voler, & joignez à nos chers voilins
notre
par ce moyen.vous d
forces dont vous pouvez difpofer: --- Page 149 ---
iendrez. notre libérateur, & gagnerez toute notre afeclion.
>> Salut.
> Pour copie conforme.
>> Signé, COLLIER, fecrétaire 9,
Vous voyez encore par cette lettre de la municipalité de
Crois-des-Bouquets au commillaire Sonthonax, quel étoit
2 témoignage éclarant qu'elle rendoit à Ja commune du
Port-au Prince; ellefaifoit voir, en outre au delégué de la
Républque 2 les inconvéniens qui réfultoient des difolitions de fa proclamation, en laiffant aux révoités
Ous les moyens de propager l'infurrection > fi on
aralyfoit les forces des commnunes voifies, & qui l'étoient
n eier par le difpofitif de la proclamation du 21 mars.
onthonax n'a eu aucun égard aux lettres des diférentes
ommunes &c fur-tour de celle de la Croix-des-Beuquets,.
on-honax n'a fait
fuivre en ccla fa volonté; il a touours confervé le cdpn de marcher contre le Port-au Prince,
1 la ferme volonté d'en exterminer les habirans : c'eft ce
ue vous verrez dans la fuite. .
Sonthonax : J'obferve farle matéricl de ces pièces qu'elles
le font ni officielles ni originales : l'une eft inférée dans un
ournal, le Courier de Tigalité, l'autre dansJes Afliches
méricaines. On n'a jamais regardé à Saint-Domingue CCS
leux papiers comme authenriques; moi-méme je n'en ai
amais eu connoilfance, lorfque j'étois dans la province du
Nord: ce n'eft pas que les pièces citées par Clauflon puifent embarrafier dans la difcuflion ; maisj'obferve en généal que CeS pièccs ie peuvent pas êcre confidérées comme
uthentiques.
Clauffon : Puifque Sonthonax chicane fur le matéricl de
es pièces, f'obferverai qu'elles font dens les papiers publics
le la partie de l'Oueft, qui font aufli authenriques que le
Moniteur au Cap. Ce ne font pas des pièces qui cient
ité faites pour la caufe, ce font desjournaux qui font venus
K $
; maisj'obferve en généal que CeS pièccs ie peuvent pas êcre confidérées comme
uthentiques.
Clauffon : Puifque Sonthonax chicane fur le matéricl de
es pièces, f'obferverai qu'elles font dens les papiers publics
le la partie de l'Oueft, qui font aufli authenriques que le
Moniteur au Cap. Ce ne font pas des pièces qui cient
ité faites pour la caufe, ce font desjournaux qui font venus
K $ --- Page 150 ---
été mis fous les fcellés lors de notre
ayec nous, & qui ont & nous ne nous attendions pas alors
arrivée en France ;
contradictoire, & fur-tour une
quily auroit une difcu : on
de Sonchonax.
chicane de cette nature de la part
vous en fais pas; je m'en rapporte
Sonthonax : Je ne
de la commillion.
entièrement là dellus à la prudence
Port-auJe le crois La municipalité du
Claulfon :
être en retard vis-à vis des communes
Prince ne voulant voulant pas détourner le coup qui la menaçoit,
de lOueft, &
une circulaire à toutes ces communes.
écrivit, le 27 mars >
La voici,
(Il lit.)
du Port-au-Prince, à la municipalité
La municipalité
de
ce 27 mars 1793, l'an deusièmede
Au Port-au-Prince,
la République française.
CITOYENS, FRÈRES &c AMIs,
malheurs menacent la ville du Port-au-
<c De nouveaux
fois (es ennemis fe lèvent; ils ofent
Prince : encore une criminelle de la punir de fes vertus
concevoir T'efrérance veut dans linl moment oi huit mois
& de fon civifme : on
une union indiffoluble entre
de tranquillité ont cimenté
vous ferviez leurs projets
tous les citoyens de I'Oueft, que
combattré
eoupables; on veut que vous vous liguiez pour lintérêt publie
des frères avec lefquels l'intérêt particulier bonne s
&
exigent que vous viviez en
intelligence,
& lajuflice
la fortune & les revers.
dont vous devez partager
eft arrachée au délégué
effrayante
>> Une proclamation
fur fes intentions; & ce, qui
de la nation; on le trompe encore, on lui en impole fur les
eft bien plus inconcevable
Parlez,
actions les plus oftenfibles de nos connoiffent conciroyens. notre
ceux
ROLELE
lez, frères & amis;
qui fommes
: Avons-nous
dire que nous
coupables révolrant,
peuvente-ils fervi, fervons-nous le fyllème odieux 7
jamais
légué
effrayante
>> Une proclamation
fur fes intentions; & ce, qui
de la nation; on le trompe encore, on lui en impole fur les
eft bien plus inconcevable
Parlez,
actions les plus oftenfibles de nos connoiffent conciroyens. notre
ceux
ROLELE
lez, frères & amis;
qui fommes
: Avons-nous
dire que nous
coupables révolrant,
peuvente-ils fervi, fervons-nous le fyllème odieux 7
jamais --- Page 151 ---
imaginaire peut-être, d'indipendance ? Sommes-ncus les
paratans, , les complices des contre-révolntionnaires : Ayez
le courage de dire la vérité,, nous vous le demandons, 3
parlez pour ou contre nous. Aux traits dont nous fommes
peints dans cette proclamation recomnoilica-vousles citoyens
du Port-au-Prince?
>> Lindignation femble peinte far tous les vifages; le
défefpoir paroit gagner tous les coeurs...
Quels font les
événemens?.
Enfans comme vous de la Republique
françaife, foutiens comme vous d'une loi qu'on nousaccufe
de violer, lorlque nous verfons notre fang
elle
Vous fur-tout, citeyens du Mirebalais, de PRUC Croix-desBouquets & de Léogane, 1 rendez témoignage à la conduite
de vos malheureux frères du Port-au-Prince, dites avec quel
empreffement ils ont volé au fecours, de ci-devant citayens
de couleur menacés & feuls menacés par les infurgés; dites
quels facrifices iis font tOUS les jours; e
dites avec queile
conftance, quelle intépidité, ils brayent les fatigues & les
dangers d'une guerre quin'éroit pas dirigée contre eux. Vous
ferez écoutés fans doures VOS frères devroient T'éte, ou
du moins on devroit ne prononcer que fur les faits.
9, Jamais ni la municipalité ni les cencitoyens n'ont
méconnu les aurorités, jamais ils n'ont ceffe de rcipecter &
de chérir les lois de la mbre-parrie 5 encore même aujourd'hui leur patriotifine 3 animé par les nouvelles d'une guerre
maritime 9 renouvelle leurs alarmes; ils pren ent toutes les
précautions pour fe conferver à la République; ils jurent
que: > quoi quil puiffe arriver, ils ne mériteront jamais le
déctet qui couvre d'infamie les villes de Verdun & de
Longwy .depuis long-temps ils iont accoutunsésaux Rammes
& aux cendres.I
>> Frères &c amis,au nom de la République, au nom de
la colonie, que notre union feale peut conferver à la République > au, nom de nos frères & de nos vicillards, prévenez les fureurs du défefpoir, défarmez le délégué de la
République, qu'il reconnoille le piège tendu à fon zèle,
quil confente à être éclairé par nous,, par nous & par les
faits.. Que la calomnie difparoiffe, & bientornous obrienK4
amis,au nom de la République, au nom de
la colonie, que notre union feale peut conferver à la République > au, nom de nos frères & de nos vicillards, prévenez les fureurs du défefpoir, défarmez le délégué de la
République, qu'il reconnoille le piège tendu à fon zèle,
quil confente à être éclairé par nous,, par nous & par les
faits.. Que la calomnie difparoiffe, & bientornous obrienK4 --- Page 152 ---
drons de lui la juftice que le citoyen Polverel nous faites. a
rendue d'une msnière aurhentique. Sauvons la patrie ; &
le fruit de deux mois de fatigues
dee combars nous confervions dans la plaine du Cul-de-fac; nous y. fommes intéréfolus; tous les citoyens de Saint-Domingue y font éviter la
reffes; fecondez IIoS efforts; faifons tout pour forces
civile. Confervons, réuniffons toutes nos
pour
guerre
communs, ceux de la République; &
détruire les ennemis le malheur de lui èure arrachés; prouvons
pour préyenir fommes
d'ètre républicains, & que
enfin que nous
dignes
nous faurons mourir pour la patrie.
>> Salut.
de (a
>>
Signé, BORGELLA, maire ALLAIN, procureurcommune; 5 & att fecrétaire grefier >.
P.S. Nous vous obfervons que le citoyen commiffaire décembre
nationl.dryl.Polersi, dans fa proclamation du IO
1792, s'explique ainfi :
ou autres
Aucun des ordres, réquifitions, proclamations
ne (era
actes d'aucun des commillaires narionaux-civils de T'Oueft, s'il ea
reillement exécuté dans, la province
zevêtu de ma fignature & de mon approbation.
La voici.
(Il la lit.)
Il eft à remarquer, dans cette lettre, que la municipalité
ne cherchoit pas à aigrir le commillaire
du Port-au-Prince contraire elle prenoit tous les moyens de
civil, & qu'au
être des
défadétruire en lui ce qu'on croyoit
imprellions
vor.bles. Cette circulaire, adreffée à plufieurs municipalités
de la commune du Port-su-Prince, produilit Teffer les habirans qu'on
devoit artendre. Dans le fair, quels étoient
en
circonvoilines qui ne devcient être. effrayés à
des lecture paroilles de la
de Sonthonax du 21 mars
la
proclamanon
tout le fruit
17938 Toutes les communes voyoient perdre de la révolution 5
de leurs travaux.depuisle commencement
vor.bles. Cette circulaire, adreffée à plufieurs municipalités
de la commune du Port-su-Prince, produilit Teffer les habirans qu'on
devoit artendre. Dans le fair, quels étoient
en
circonvoilines qui ne devcient être. effrayés à
des lecture paroilles de la
de Sonthonax du 21 mars
la
proclamanon
tout le fruit
17938 Toutes les communes voyoient perdre de la révolution 5
de leurs travaux.depuisle commencement --- Page 153 ---
outes les communes voyoient le germe de l'infurrection fo
propager, & toutes les communes voilines devoient s'attendre à te guerre civile générale. La municipalité de
Jacmel ne fit point de démarches dircôtcs auprès des commillaires civils; mais auflitôt que la proclamation du 21
ars lui parvint, auflicôr qu'elle eut connoilfance de la réquilition faite aux quatorze paroiffes de l'Oueft de s'armer
contre leus frères du Port-au-Prince , la commune de Jacmels'affembla & délibéra fur cette proclamation.Jevais vous
donner lecture de l'arrêté qui intervint.
(Illit:)
Extrait dcs délibérations de la paroife de Saint-Jacquesé SaintPiilippe de Jacmel, lan 1793, l'an 3, de la République
Frangaife, le 29 mars. 2 dix heures du matin.
cc Les citoyens compofant la commune de Jacmel, extraordinairement allemblés en léglife paroifliale, paifiblement &
fans armes en vertu de la permiflion à eux donnée par la
municipalité de Jacmel, un citoyen a annoncé que la commune avoit à délibérer fur un objet très-important, & que
pour procéder légalement il falloit d'abord nommer un ptéfident & un fecréraire 5 la demande a été accueillie unanimement. Le cioyenGaulta éténommé préfident par acclamation,
& le citoyen Bruniquet, fecrétaire.
>> A l'inftant le citoyen Paul eft entré dans T'affemblée; ila
remis fur le bureau la permiflion donnée par la municipalité
à la commnune de s'affembler, far une demande fouferite de
foixante-dix fignatures; il a donné enfuite lecture de la proclaniation du citoyen commiffaire-civil Sonthonax, datée de
Saint-Marc, du 21 mars 1793.
> La commune,spresavoir délibéré: fur cettep proclamation;
>> Confidérant que fi elle eft fuivie de l'exécution, elle va
devenir un Hambeau qui allumera infailliblement la guerre
civile 5
3> Confidérant qu'clle ne paroit avoir pour but que de per-
atures; il a donné enfuite lecture de la proclaniation du citoyen commiffaire-civil Sonthonax, datée de
Saint-Marc, du 21 mars 1793.
> La commune,spresavoir délibéré: fur cettep proclamation;
>> Confidérant que fi elle eft fuivie de l'exécution, elle va
devenir un Hambeau qui allumera infailliblement la guerre
civile 5
3> Confidérant qu'clle ne paroit avoir pour but que de per- --- Page 154 ---
Ife
péruer les troubles, & de confommer la deftruétion de SaintDomingue, en armant les citoyens les uns contre les autres;
le
Lafalle,
par in-
>2 Confidérant que citoyen
aufli gouvemeur avoir adopté fes
terim de Saint Domingue , paroit
de coudefleins criminels, en donnant aux feuls citoyens le Portleur de la dépendance, l'ordre de marcher contre
ax-Prince;
les
faites aux citoyens de
>> Confidérant que calomnie imputations atroce, que leur ville a toucette ville font d'une
n'ont aucune port à
jours été le foyer du pattionifme", de quils
de T'Oueft, que
la dernière révolte des efclaves
la partis
les feuls auteurs de ces défaftres fonr ces mêmes hommes
connus de tout temps par leur haine contre la conftiturion du Fort-
& l'égalité, retenus en ce moment dans les prifons le
au-Prince, & dont le ciroyen Polverel a fuipendu jugement, fe réfervant de prononcer furle déit;
nous fommes unis de coeur & d'opinion
3> Confidérant que
comme eux, nous 'chéà nos frères du Port-au-Prince; fommes aicachés que, à la République &c
riffons la conftitution, >
refter inactifs
foumis la loi; mais ne devons pas
quandleurs
jours font menacés;
chefc
meurtre,
tin
commandele
>> Conbltnmuaultaueguead a arrèté & arrète à l'unanimité
lui défobéir eft un devoir; traitres & ennen is de la colonie ,
qu'elle regardera comme tel
maichera contre le Port-
& traitera comme
quiconque
au-Prince;
invite les citoyens ci-devant de couleur
>5 Arrète qu'elle
rallier
des citoyens de Jacmel
amis de la colonie, 2 à fe
auprès à connoitre d'autres erdres
pour la défenfe commune. > & ne ou du commandant de la
que ceux émanés de la municipalité
garde nationale de la paroiffes
afyle, fubfifance & proredion
>D Déclare qu'elle promet d'entr'eux
fe retireroient à
envers & contre tous à ceux
qui deleurs
Jacmel, & leur garantit la confervation
propriétés.
de plus fort, Fexécution de la loi
>> Arrête qu'elle jure,
raême
au
de la
du 4 avril, & de s'oppoler en
temps, à la péril liberté &
vie, a tout acte attentatoire à la propriére,
légalité.
afyle, fubfifance & proredion
>D Déclare qu'elle promet d'entr'eux
fe retireroient à
envers & contre tous à ceux
qui deleurs
Jacmel, & leur garantit la confervation
propriétés.
de plus fort, Fexécution de la loi
>> Arrête qu'elle jure,
raême
au
de la
du 4 avril, & de s'oppoler en
temps, à la péril liberté &
vie, a tout acte attentatoire à la propriére,
légalité. --- Page 155 ---
I5t
commandant de I garde
s Invite la municipalité & le
nationale de la paroille à fe concerter & à prendre toutes
les melures néceffaires pour affurer la tianquillité publique,
33 L'invite encore à dévclopper, dans une adrefle aux
treize communes de T'Oueft, les intentions perfides du commiffaire Sonthonax, & les motifs qui ont arrêté & déterminé le préfent arrèté. le commandant de la
natio33 Arrète qu'elle charge
garde
nale de faire parvenir dans le jourle préfent arrété dans tous
les cantons de fa dépendance.
9> Invite la municipalité à envoyer copie aux communes
des Cayes, Jacmel & Baynet, & à toutes celles de la dépendance de I'Oueft. Charge fon préfident d'en envoyer COpie 2ux capitaines du commerce actuellement à Leogane,
de leur témoigner la fatisfadtion de la commune, de leur refus de conduire leurs navires au Port-au-Prince, afin de la
faire inférer dans les papiers public:,
les
deffus.
>> Fait & clos en féance,
jour, mois & an.que
3) Suivent les fignatures.
>> Certifié conforme à l'original dépofé aux archives dela
commune.
9> Signé, GAUIT, préfdent, & BRUNIQUET,
Jecrécairi-grefer.
> Collationné,.fgas MALAHAR, ferdeaire-grejicr"
Cet arrêté n'a pas été le feul qui ait été pris. Je voudrois avoir fous les yeux celui
par les Cayes de Jacmel, qui exprime davantage
témoignage qu'il rend
Ppe
de l'attachement de la commune du Port-au-Prince
la
& la foumiflion de cette ville à la loi
Paurl
mére-parrie, avril. J'obferve en paifant que T'arrèté de la commune de
Jacmel eft rendti fous la préfidence de Gault, & figné de
lui. Je fais cette obfervation, , parce
Gault eft devenu,
depuis l'incendie du Cap, le Romastere & le confident intime de Sonthonax. Cela a paru d'aurant plus étrange que
tous ceux qui avoient figuré. daus des ailemblées, écrit ou
rie, avril. J'obferve en paifant que T'arrèté de la commune de
Jacmel eft rendti fous la préfidence de Gault, & figné de
lui. Je fais cette obfervation, , parce
Gault eft devenu,
depuis l'incendie du Cap, le Romastere & le confident intime de Sonthonax. Cela a paru d'aurant plus étrange que
tous ceux qui avoient figuré. daus des ailemblées, écrit ou --- Page 156 ---
152,
figné des lettres O11 circulaires aux municipalités, ont éré,
par fuite de la proclamation du 21 mars, profcrits & déporrés de la colonie.
Il étoit hors de doure que la commune du Fort-au-Prince
devoit s'attendre à des réflexions pius mûres de la part du
commiflaire civil fur les adrefles qui Jui parvenoient, foit
par la municipalité du Port-nu-Prince foit par les communes voilines. Le commifaire Sonthonax n'en a
moins pertifté'dans les difpofitions où il étoit d'anéantir pas ie
Port-au-Prince 2 fous prétexte toujours qu'il y. avoit des
facticux; & c'eft avec ces grands mots de factieux, d'indépendans, de royaliftes, tactique ufée des confpirateurs >
qu'il venoit décruire une ville qui n'avoit pas d'aute reproche à fe faire que celui d'une parfaire foumiffion à la loi
da 4 avril, qui vivcit en bonne inteligence avec les hommes
de couleur, qui marchoit au fecours de la plaine du Culde-Sac.
lya encore une remarque bien effentielle à faire : c'eft
que Sonthonax, dans fa proclamation du 21 mars, avoue
la majeure partie du Port-au-Prince éroir compofée
probes. Ainfi, felon
il
TRE
lui,
n'y avoit donc que
queiques factieux; mais s'il y avoit des fadtieux, ce n'étoit
pas par une prociamation aufli vague qu'il falloit s'exprimer;
ifalloit déligner les factieux, les nommer, exiger de la municipalité qu'elle les livrât à la vengeance nationale; il falloit inftruire leur procès. La municipalité fe feroit
fée d'obéir aux ordres des commiflaires civils, ainfi 0 empref- l'a
annoncé dans plufieurs letures dontje vous donnerai qu'elle lecture
par la fuite.
Dabonneau: : Ce n'eft pas tout : indépendamment de ce
que vient de vous dire mon collègue Clautlon, le corps du
çominerce, aui Port-au-Prince, s'eft réunile 8avril 1793..
Claufion : J'y vais venir. Polverel rejoignit Sonthonax à
Saint-Marc. La ville du Port-au-Prince avoit fait
marches auprès de Polverel pour lui faire fentir plufieurs combien dé- la
proclamation de Sonthonax alloit produire d'effets
teux, fi lui Pelverel l'approuvoit. On devoit s'attendre dangePolverel fe garderoit bien dapprouver une proclamation
féroce :
as
car il n'avoit ceffe de faire l'éloge de la cemmane.
du Port-au-Prince deux mois auparavant. Qu'avoit donc fait
avoit fait
marches auprès de Polverel pour lui faire fentir plufieurs combien dé- la
proclamation de Sonthonax alloit produire d'effets
teux, fi lui Pelverel l'approuvoit. On devoit s'attendre dangePolverel fe garderoit bien dapprouver une proclamation
féroce :
as
car il n'avoit ceffe de faire l'éloge de la cemmane.
du Port-au-Prince deux mois auparavant. Qu'avoit donc fait --- Page 157 ---
le Port-at-Prince depuis ? Quels étoient donc les
CS
pouvoir lui reprocher, puilque depeis fon départ pour qu'il les
Cayes, le Poreau-Prince n'avoir celle de fe porterau fecours
de la plaine du Cul-de-Sac, & que les habirans avoient bie
conftammen: réunis aux hommes de couleur? Etoit-ce la
loi du 4 avril qu'on reprochoit au Port-au-Prince de n'avoir
pas exécutée : Non, mais c'étoit l'infraction à la loi; mais
quelle étoit cette loi, fice n'éroit pas celle du 4 avril? Da
moins falloit-il que les commitiaires s'expliqualient. Polverel
rejoignir fon coligue à Saint-Murc; ila
la
tion du 21 mars, adreflée au Port-au-Prince, lapprouva au grand proclamanement de tous les habirans. Poiverel&c Sonthonax s'embar- étonquèrent fur le vaiflean LAmerica, efcorté de la frégare la
Fine; de la frégate la Précienfe & de la gabarre la Normande; pour mieux dire, la Précisufe étoit déja dans la rade
du Port-au-Prince. Ils firent marcher une armée par terre;
ils ordonnèrent à Beauvais, commandant des Hommes de
couleur, de carcher avec 300 hommes gn'il avoit enrôlés
dans les divers quartiers de Saint-Marc, de les
fur le
chemin de Léogane. Polverel & Sonthonax arrivèrent porter duns
la radedu Port-at-Prince dans lcs premiers jours
à la vue des frégates anglailes qui croifoient derrière daveilizoy. l'ife
de la Gonave. Je m'attends bicn que Sonthonax me demandera la preuve de la croifière, peut-être me demandera-t-il
un certificat du capitaine anglais qui commandoir la croifière.
Lc préfident : A l'ordre, il ne faut pas prévoir ce
répendra.
qu'il
Clauffon : Je dis
eft conftant que la Pénélope &
lIphigenie croifoient Re les côtes de l'ifle de Gonave
vue de l'América & des frégates qui
à la
dis que ces frégates anglaifes croioient Taccompagnoient dans ce
5 je
parce que Sonthonax, dans la féance du 8 Aoréal, moment, a dit
qu'il eft venu attaquer le Port-au- Prince pour le
parce qu'il étcit embarrafft pour faire face à l'ennemi réduire, extérieur quil'entouroit. Is'eftmeme fervide ces
C'eft à la vue de l'efcadre anglaife que nous fommes expreflions:
au Port-au-Prince: : il y a plas, c'eft que fila commiflion allés
doutoit de ce que j'avance, fi ella douroit de la croifière
de ces frégares à la vue de P'América marchant contre le
Port-au-Prince, on pourroi: entendre plulieurs citoyensqui
ennemi réduire, extérieur quil'entouroit. Is'eftmeme fervide ces
C'eft à la vue de l'efcadre anglaife que nous fommes expreflions:
au Port-au-Prince: : il y a plas, c'eft que fila commiflion allés
doutoit de ce que j'avance, fi ella douroit de la croifière
de ces frégares à la vue de P'América marchant contre le
Port-au-Prince, on pourroi: entendre plulieurs citoyensqui --- Page 158 ---
étoient alors prifonniers fur ces frégates, & qui rendroient
témoignage à la vérité.
L'armée que Sonthonax & Polverel envoyoient par terre
étoit compolee d'homines qu'on avoit forcés de marcher 5
acetatroupement onavoirjoint une grande quanditéd'eiclaves
révoltés.
Malgré les lettres écrites par Sonthonax à la municipalité
de Saint-Marc > & dont i a éte donné lecture dans la
féance d'hier > VAmerica mouiila avec la frégate la Fine
dans ia rade du For-au-Pince dans les premiers jours
d'avril 1793. Alors la ville du Port-au-Prince ie mit en
devoir de réfifter a l'oppreflion ; la générale fur battue >
tous les citoyens fe rendirent à leurs poltes, on ie mit en
devoir de repoufler ia torce par la force,
La féance eft levée,
Le regiftre des préfences eft figné : J. Ph, GARRAN ,
FoUcHE (de Nantes), fecrétaire ; MERLINO >
SAA LANTHENAS. --- Page 159 ---
Du 4 Melfidor, l'an croifème de la République francaife
une & indivifible,
La rédaction des débats recueillis dans la féance de la
Feille, eft lue & adoptée.
(Les ciroyens Fondeviolle, Page & TArchevefque-Thibaud
ont abfens.)
Claufon : Dans la dernière féance j'ai cité une
dont
onthonax m'a denandé communication. Je ne pièce
as quej'avois fous les yeux le paragraphe dont m'apperçus il
&c
lavois annoncé que je produirois cette pièce après s'agit, en avoir
it la recherche; j'en fis effedtivement la recherche, ainfi
ue de deux autres, dans les papiers de Galbaud; mais ces
apiers étoient très - volumineux, & il auroit fallu
Falbaud fûr
pour trouver ces pièces. J'obferverai que enaite que quand ROTY s'agit de faire une recherche aufli minueufe, il eft impoflible de trouver une pièce en un fi court
pace de temps, & je fuis bien perfiradé
fi la comiflion nous avoit fait remettre expédition oe
romis il y, a cinq mois, nous ne ferions pas aufli l'inventaire
ue nous le fommes 5 cependant je remets fur embarraffés le
ette pièce, & je lis ce qui eft extrait de PAmi de bureau
: n'en cite qu'un fragment; je vais le lire en entier, l'Egalué; & je
communiquerai enfite à Sonthonax.
Extrait du journal intitulé l'Ami de l'Egaliré.
C Il y a aujourd'hui cérémonie > grand'meffe, litanies 1e
rônes, 8cc., pour remercier PEtre-Suprème de la nouvelle 2
rganifation de la garde nationale du Port-au-Prince : tout
eft extrait de PAmi de bureau
: n'en cite qu'un fragment; je vais le lire en entier, l'Egalué; & je
communiquerai enfite à Sonthonax.
Extrait du journal intitulé l'Ami de l'Egaliré.
C Il y a aujourd'hui cérémonie > grand'meffe, litanies 1e
rônes, 8cc., pour remercier PEtre-Suprème de la nouvelle 2
rganifation de la garde nationale du Port-au-Prince : tout --- Page 160 ---
cela
être très-beau pour les vieilles femmes & 'es pctits
enfans; peut mais cela n'en prouve pas moins à nos frères d'Europe
les préjuges elpagnols n'ont pas refpecté les limites
que
- t-on donc
%
nous feparent d'avee eux : quand reviendra rien & qui
toutes CES limagrées qui ne fignifient
compto
metrent aux yeux du philolophe les inftitutions républicaines le ci- dévam
comment ne s'eft- on pas fé encore méler apperçu de révolutions, que
fur - tou
bon Dieu ne veut plus
&
le roi de
depuis qu'elles abouuftent embaraffé en République, fur le trône des.trônes que
qu
rois eft peur-êrre III Peft fur aufli le fien?Je ne ferois pas étonné, fi nou
Georges
trouver la révolution faite, Jéfus 1
allons en paradis, d'y
Michel,
de la con
père guillotiné, & Tarchange fait des progrès préfident fi rapides, &
vention dominant célefte. La & efrayant philotophie de la France, qui crLignoit tan
l'efpric
du Forrau-Prince, sy infinue fi ifubitement
la municipalité fuis perfuadé qu'on eft plus avancé là haut que nou
que ne le je fommes à Snint-Domingue. il eût fallu célébre
>> Ciroyens, favez - vous comment
la
dignement une organifation qui vous promet mticnale tranquillit fi
& le bunheur.. il falloit que toute la'garde
&
fervi avec frugalié
invitée à un banquet citoyen pattiotique eût contribué; que l'hymne fublim
auquel chaque eût été chanté, non du bout des lèvres, mai
des Marfeiliais du profond du cceur; qu'un orateur éloquent,"
du fond, du
eût fait fenrir à chaque citoyen létendu
la fin
repas,, & le bonheur
fe procure en relpedtan
de fes devoits fete
quel'on mais rouchante, , eût fait plu
les lois. Cette fur les éceurs, timple, & eût plus engage tous les citoyen
d'imprelion à la concorde &c àl'amné que tous les grands hi.. ha... .ha.. l'on va chanter dans une grande maifon où I'on ne fen
firaie rien, & dont Ol devroit faire un bon magafin pou
la Républinue. tout que de poffeder la liberté, il fau
> Ce s'en n'eft rendre pas digne; & tant que je verrai qu'on attach
encore infini à de vaines grimaces, & qu'onmégligel le gran
un prix
je me 'écrierai avec douleur : O Saint
but, la chofe publique, tu ne te doutes pas encore de la révolution
Domingue,
françaile >.
firaie rien, & dont Ol devroit faire un bon magafin pou
la Républinue. tout que de poffeder la liberté, il fau
> Ce s'en n'eft rendre pas digne; & tant que je verrai qu'on attach
encore infini à de vaines grimaces, & qu'onmégligel le gran
un prix
je me 'écrierai avec douleur : O Saint
but, la chofe publique, tu ne te doutes pas encore de la révolution
Domingue,
françaile >. --- Page 161 ---
Lep préfdene (interrompant la-lecture): : Et-il befoin de-lire
e furplus? Clauffon : Oai, j'oblerve que Jai annoncé qu'au Porr-an-. Prince oni avoit dirigé cette pourfuite contre l'auteur du
ournal de l'Ami de PEgalites, parce que fesi feuilles étoient
emplies de l'efprit de révolte & d'infurredions qu'elles refpiroient l'amour du fang; j'enai ici plufieurs numéros
a commiflion peut vérifier: voili ce qui nécellita les: que
uites qu'on fit contre le rédacteur. pourr
Sonthomax : Je demande à faire une oblervation fur le
natériel de la pièce. Dany : S'il m 'interrompt toujours,
Sonthonax : Je prie la commifion d'interpeller Clauffon
le déclarer fi lesjournnux qu'ii tient àla main font antérieurs
ju poftérieurs à ma proclamation du 21 mars. Claufjon:Je réponds à cette incerpellation, que Catinau,
nprimeur, rédacteur de ce joumnal, a été à Saint - Marc
ail rédigeoit cette feuille, & fouflloit de Saint-Marc dans
bute la dépendance de l'Oueft le feu de la guerre civile,,de
la- fous la protedtion de Sonthonax; il rédigea enfuite fon
burnal au Port-au-Prince; c'eft pour cela qu'il fut pourfLivi:
ertes, la commune du Fort-au-Prince fur relpecter aflez la
berté de la prefle; elle favoit que cette liberté eftle
e celle des ciroyens, mais elle favoit aufli
le palladium rédacteur
epouvoit éviter la refponfabilité
dérive la
L
qui
SuC liberté de
prelfe,
les Sonthonax : Clauffon ne répond pas : je le prie de dire
numéros de LAmi de l'Egalité qu'il tient,
a cités
ans la dernière féance, font antérieurs ou poftérieurs qu'il à ma
roclamation. Le préfident : Donne la date. Clauffon : Il en a eu avant & depuis. Sonthonax : & n'eft pas là répondre. Claufon: Je ne réponds pas autrement; je dis la vérité. Lc prefident : La réponfe paroit effedtivement cathégorique. Sonthonax : Je dileuterai cet objet,
Chaunfon : Ainfi vous connotrez, citoyens, la moralité de
atinau qui a été pourfuivi, & que Sonthonax
efimable auteur du journal l'Ami de lEgalité, journal appelle que
onchonax.
& depuis. Sonthonax : & n'eft pas là répondre. Claufon: Je ne réponds pas autrement; je dis la vérité. Lc prefident : La réponfe paroit effedtivement cathégorique. Sonthonax : Je dileuterai cet objet,
Chaunfon : Ainfi vous connotrez, citoyens, la moralité de
atinau qui a été pourfuivi, & que Sonthonax
efimable auteur du journal l'Ami de lEgalité, journal appelle que
onchonax. regarde. comme le feul. propte à purifier
Tome VI. Soixantelaptième livraijon
L lelprit --- Page 162 ---
1y8
d
viens de vous donner lecture d'un n'ai parngraphe tait
cite
public:je du dimanche 5 mai 1793 5 je
qu'en
ce journal,
un fragment.
étoit la moralité de ce journalifts
vous voyez quelle
- Ainii
les
qu'il profelloit, vous voyez qu
quels étoient
principes efprit d'athéime, d'impiété qu
ce n'étoit. autre chofe qu'un la commiffion pourra fe les fair
refpiroient fes feuilles :
dans le mème fens.
reprefenter; elles font toutes dans les archives de la commiflion
Le préfdent : Sont-elles les
de Galbaud il y en
Claufon : Oui, dans
papiers ioit après la proclamation.
foit avant,
trente numéros,
à Tinventaire, je ne me rappelle p
Le préfident : Quant
que vous l'ayez demandé. arrèté de' la commiflion
dit 4
Verneuil : Il y a un des pièces nous fera remife;
qU
copie de l'inventaire fait nous n'en avons pas obtenu
copi
E
Iinventaire eft Probablement vous avez oublié de fuiv
Le préfident :
à moi je ne nie pas qu'elle ait e
cette demande: quant
faite, mais je ne m'en rappelle
du tranfport de n
Thomas Milet : Le
celui où la commillion
MOEEL
papiers de la maifon rue Neuve eft
linventaire, c'
T'engagement de nous donner copie'de
pris
vérifier.
ce que vous pouvez C'eft de droit
Ic préfident : J'obferve d'abord fur le: matériel de la pièd
Sonchonax :
c'eft-à-dire, deux me
que ce numéro eft de Saint-Marc, eft du 21 mars," oà je faif
après ma proclamation qui s'intituloit : PAmi de PEgalit
Téloge du journalite qui
le fens C
j'oblerverai en outre qu'on ne
apprécier
lifant tout me paragraphe.
phrafes extraites Ceci qu'en fera partie des débats.
Le préfident :
la lectute entère'd du paragraph
Sonthonax : Je demande
les colons le lilent.
ou que je le life moi-même ou que
(Clauffon lit:)
pièce où l'article eft copié en entie
Voyez la première
à Sonthonax que Catinot, dep
Ciauffon : Jei répondrai dans ce fens-la, a été imptime
le moment où il écrivoit
L
agraphe.
phrafes extraites Ceci qu'en fera partie des débats.
Le préfident :
la lectute entère'd du paragraph
Sonthonax : Je demande
les colons le lilent.
ou que je le life moi-même ou que
(Clauffon lit:)
pièce où l'article eft copié en entie
Voyez la première
à Sonthonax que Catinot, dep
Ciauffon : Jei répondrai dans ce fens-la, a été imptime
le moment où il écrivoit
L --- Page 163 ---
de la commiffion civile du Port-au-Prince. Ainfi, point de
Houte
Polverel & Sonthonax n'aient reconnu , comme
je l'ai T comme Sonthonax l'avoir annoncé dans fa proclamation du 21 mars, que l'imprimeur de ce journal étoit
propre à épurer la morale publique. Je le demande à tous
les lecteurs, eft-ce-là un journal propre à purifier l'efprit
public ? font-ce-là des expreflions tendant à épurer la mokale : Je palfe à la fuite de la difcuflion.
J'ai annoncé que je ne pourrois mettre fous VOS yeux un
arrêté de la commune des Cayes de Jacmel; je l'ai trouvé
Hepuis, & il eft effentiel que je vous en donne lecture. Je
vous ai dit que > par cet arrêté 2 la commune des Cayes
de Jacmel exprime combien les habitans du Port-au-Prince
n'avoient cellé d'être foumis à la loi du 4 avril & aux autorités conftituées.
(Clauffon lit : )
Extrait des regiftres de la municipalité des Cayes de Jacmel.
Du premier avril 1793.
L'an 1793 & le premier avril, à deux heures après-midi,
fan fecond de la République Françaile.
Les citoyens des Cayes-Jacmel réunis pailiblement & fans
armes en aflemblée de commune 2
Après avoir procédé, par la voie du fcrutin, à la nomination d'un prélident & d'un fecrétaire, le citoyen préfident
a ouvert la féance & a annoncé à la commune le fujet de
(a convocatien.
Lecture faite de la proclamation du commiffaire civil Sonthonax, , datée St. - Marc l'an deuxième de la République
françaife, & le 2I mars 1793 ;
Lecture faite également de l'expédition de l'arrêté pris
les citoyens compofant la commune de Jacmel, en date "a:
29 mars dernier:
Tandis que la patrie eft en danger, les ciroyens des Cayes de
Jacmel ne s'occuperont pas de la réfutation d'une proclamarion faite pour porter le défefpoir dans tous les cceurs
fenfibles, dans l'ane de tous les bons citoyens.
L 2
, & le 2I mars 1793 ;
Lecture faite également de l'expédition de l'arrêté pris
les citoyens compofant la commune de Jacmel, en date "a:
29 mars dernier:
Tandis que la patrie eft en danger, les ciroyens des Cayes de
Jacmel ne s'occuperont pas de la réfutation d'une proclamarion faite pour porter le défefpoir dans tous les cceurs
fenfibles, dans l'ane de tous les bons citoyens.
L 2 --- Page 164 ---
Enréfamant cette fatale proclamation, ce qu'elle foule comporte de
d'inticienx & d'arbitreire, on féduire n'y voit le qu'une on y voit grands une
mots uniquemenrplacés pour & féditieufe S de
tronqués fans
conuplication menfongère vraifemblance : on y voit lintrigue & la ca
preuves & fans
dont les royaliftes & les indépen
fomnie,, feuls moyens fervis pour perfécuter les vrais patriotet
dans fe font toujours
à St.-Domingue,
à
civile au nom
- Ony voit enfin li voie ouverte la guerre réfidence dans la
du délégué de la République & fous le françaife prérexte en de rétablir dans cella
provincs du Nord,
de TOuct l'ordre & la tranquilliré publique. fon
La ville du Pore-au-Prince, connue par des parriotifme Cayes de
eft an-deffius de la calomnie, & la commune il lui faur
Jacmelne fe cententera pas de gémir quand les
de pour la pa
voir à la fareté individuelle de tous
citoyens
roife indiftinétement. de couleur font indighement trompés depuis
Les citeyens delarévolution. La dépendance de Jaciel
lrcoumencement
à fe faire, en a fait la trifte ex
qui n'a point . de reproches
- *
périence.
avril,
devéient porter la pais
< La loi du 4
randis T'égalité, efb exécutée même aved
dans ceite colonie; & toutes qu'elle fes parties > c'eft pour le
extenfion dans prefque
nom
le délégué de la
ciroyens de conleur, c'eft en leur de que la guerre civile ! >>
République Gie allumer le ofe-til fambeau affronter le droit des gens
A quel ticre les Sonthonax lois de Thonneur, en corrompant le che
violer toutes
exécusift De quel droia fenfin agiti
par interin du pouvoir fans fon collegue , fans une autorifation
dans ceite peovince
quiiaj jugée lui-même de indifpenlable. couleur, en les provoquant à une
Il trompe les gens
ni la caule, ni les inftiga
guerre dont ils ne funefte connoilfent exige d'eux contre le Port-au
teurs; Sc le zèle
qu'ii
un artentat à la lo
Prince annonce une France nouvelle enfin peridie,. faura faire retomber furle
.dit 4 avril,que la
fedleraisi qui Fauront de
doivent ètre foumis aux lois
Si les ciroyens
EoPE
de quel droit les fait-on armer.
comme les aurres citoyens,
encore fans ordre de leure
dc quel droit Satrouperoient-ils
fent exige d'eux contre le Port-au
teurs; Sc le zèle
qu'ii
un artentat à la lo
Prince annonce une France nouvelle enfin peridie,. faura faire retomber furle
.dit 4 avril,que la
fedleraisi qui Fauront de
doivent ètre foumis aux lois
Si les ciroyens
EoPE
de quel droit les fait-on armer.
comme les aurres citoyens,
encore fans ordre de leure
dc quel droit Satrouperoient-ils --- Page 165 ---
hefs, & ont-ils d'autres chefs que les nôtres qu'ils ont choiis eux-mèmes :
Comment donc le général Lafalle a-t-il pu concevoir l'idés à
perfide & inconftiturionnelle de n'armer que les citoyens de
Pouleur? fes ordres courent déja à l'infçu des municipalités,
* de pareils chefs ofent fe dire républicains !
C'eft ainfi qu'un Blanchelande 3 un
Couf
ard, un Villard, &c. ont , par des ordres
allumé
lans
eremand
Saint-Domingue une guerre civile que l'on veut renouveler.
La France veut l'égaliré, nous la voulons aufli; mais la
France a proferit la perféeution : elle ordonne au contraire
a réfiftance à l'oppreilion, & le véritable oppreffeur eft celui
jui, faifant taire la loi, y fubftitue la perfidie > l'arbitraire
k la deftruétion.
Sur quoi la difcuffion ouverte, > plufieurs citoyens ayair'dé- -
eloppé leur opinion, & tout mûrement examiné.
L'aflemblée confidérant que la pofition actuelle de la cOonie, par fuite de la proclamation dont il s'agit, eft en état
le troubles intérieurs, peut-être pires que la guerre Gu'elle
uroit à fontenir contre l'ennemi extérieur qui fc préfeneroir; que c'eft livrer la colonie à ce même ennemi extéieur, que d'y allumer le flambeau de la guerre civile fous
juelque prétexte que ce foit;
Confidérant que les bons citoyens > les vrais républicains,
he peuvent dans aucun cas être difpenfés d'obéiraux munipalirés;
Que c'eft être rebelle à la loi que de prendre les armes
ans réquilitions légales & fans ordres de fes chefs, fuivant
a hiérarchie dés pouvoirs établis par les repréfentans de la
République :
Confidérant qu'il n'eft ni loi, ni pouvoir qui puiffe atlrorifer la criminelle invafion que les ennemis de la République feuls ont provoquée coutre le Port-au-Prince
le miniftere du citoyen Sonthonax;
par
Que cette ville, S fouvent vidtime de fon
termes
Hoit,aux
de la conftitution, réfiftera l'opprefion patriocifme, &
L 3
irs établis par les repréfentans de la
République :
Confidérant qu'il n'eft ni loi, ni pouvoir qui puiffe atlrorifer la criminelle invafion que les ennemis de la République feuls ont provoquée coutre le Port-au-Prince
le miniftere du citoyen Sonthonax;
par
Que cette ville, S fouvent vidtime de fon
termes
Hoit,aux
de la conftitution, réfiftera l'opprefion patriocifme, &
L 3 --- Page 166 ---
toutes les paroiffes fidèles à la République
être protégée par
& à la loi du 4 avril, les paroilles de TOueft feroient refConfidérant démarches enfin que illégales & tyranniques ausquelles
ponfables des fe préter foit par la foiblelle, foir par tout
elles pourroient
du nom français : ians avoir égard à
autre fentiment indigne Sonthonax dans la province de
T'incompétence du citoyen de la commune des Cayes de Jacmel
T'Oueft, T'affemblée
enrièrement fur la vigilance & lé
déciare qu'elle fe repole confticationnelle de la paroitfe, àl lanergie de la municipalité jurent de nouyeau la
pallive
queile tous les citoyens la
& le citoyen
LntE
obéllance, invite municipalité de la paroille de prendre, en
général de la garde nationale &c notamment de la loi du
verru des lois confututionnelles
nécellaires pour
4 avril, toutes les mefures qu'ils l'ordre jugeront. & la tranquillié
maintenit la fureté individuelie, extérieur
publique tant contie l'ennemi
qu'intétieut. à des Francnis
du mépris qu'in(pirent
C Vivement pénétrée
déclare en outre à la
des tyrans & la tyrannie, Tallemblée abufé de fes
colonie entière que Sonthonax ayant ia guerre civile pouvoics dans
avili la dignité de fon caractère, violant
loi du 4 avril qu'i
en
LEFLE
la province de T'Oueft,
étoit chargé de défendre 5
faits, déchu de fes
>> Elle le regarde, par d'un tous crime ces de leze-nation, à
voirs, comme coupable dénoncer à la Convention nationale : le
de quoi elle va le
de la loi du 22 juin, refponfable fur
rendant, aux termes
& des malheurs que fa
fa tête des fuites de occafionner Yeffervefcence dans la province de TOuelt
proclamation pourra
général de la gard
>> Le citoyen Planthion 2 capiraine de demander aux ciroyens de
nationale, invite le préfident s'ils avoient connoiffance qui
couleur préfens à Y'affemblée du ,
Lafalle, Gouverneu
leur fit parvenu des ordres
citoyen
général par intérim.
Jr
répondu
>> A quoi lefdits citoyens ont unanimement & juré, que, dans a
n'en avoient aucune connoiffance, quels qu'ils puffent êue, ils le
qu'il leur en parviendroit,
dépoferoient de fuite à la municipalité: vif attachement à tous Jeurs
> Jurant de nouveau le plus
à Y'affemblée du ,
Lafalle, Gouverneu
leur fit parvenu des ordres
citoyen
général par intérim.
Jr
répondu
>> A quoi lefdits citoyens ont unanimement & juré, que, dans a
n'en avoient aucune connoiffance, quels qu'ils puffent êue, ils le
qu'il leur en parviendroit,
dépoferoient de fuite à la municipalité: vif attachement à tous Jeurs
> Jurant de nouveau le plus --- Page 167 ---
rères les citoyens blancs, ce qui a été reçu avec applauillemens. > Le préfident , àu nom des citoyens blancs, leur a exprimé de la manière la plus vive la réciprociré des mèmes
entimens. 92
Fait en féance le jour, mois & an fufdits.
Suivent les fignatures.
Collationné conforme,
RitA,préfdent ; BowE; feerétaire.
Je communiquerai cette pièce à Sonthonax ; il verra qu'elle
eft Sonthonax très-officielle. : Je demande qu'elle me foit communiquée
après la féance.
ferai
de réflexion fur cette pièce.
Clauffon : Je ne
pas
Je
Th. Millet : Sonthonax demande la communication.
Hois faire une obfervation. Cette pièce, quoiqu'ollicielle,
n'eft pas extraite des archives 3 il faut donc qu'elle foit paraphée, fuivant l'ufage 3 de la commiflion des colonies. fera
Le prefident : La commiflion ordonne que cette pièce
paraphée dans la forme ordinaire. de réfexion fur la teneur de
Cldufon : Je ne ferai combien point la
du 21 Mars
cette pièce; elle prouve
proclamation combien elle
eft un brandon de guerre civile; elle prouve
combien :
jetoit le défefpoir dans tous les efprits; elle prouve
d'inles habitans de la partie de l'Oueft étoient pénétrés
dignation de voir qu'on vouloit diriger leurs forces contre
leurs frères du Port-au-Prince,
n'avoient ceflé d'être
foumis aux lois. La municipalité T Port-au-Prince fachant
que Polverel étoit arrivé à Saint-Marc, & qu'il avoit approuvé la proclamation de fon collègue Sonthonax, avoit crut
devoir lui rappeler tous les témoignages favorables qu'il
rendus à cette commune dans différentes lettres dont je vous
ai déja donné la fubltance. Je vais lire la lettre que datée répon- de
dit Polverel à la municipalité du Port-au-Prince,
F'Archaye, le 4 avril 1793.
L4
Port-au-Prince fachant
que Polverel étoit arrivé à Saint-Marc, & qu'il avoit approuvé la proclamation de fon collègue Sonthonax, avoit crut
devoir lui rappeler tous les témoignages favorables qu'il
rendus à cette commune dans différentes lettres dont je vous
ai déja donné la fubltance. Je vais lire la lettre que datée répon- de
dit Polverel à la municipalité du Port-au-Prince,
F'Archaye, le 4 avril 1793.
L4 --- Page 168 ---
(I la lit:)
1 1 * 92 annld anoy io
Polyerel, commi(aire national ciyil, à 3 la minicipalité
Etienne,
du Pore-au-Prince.
:
8.
Aux Archayes , le 4 avril 1793, l'an premier. de la
Repubique française. nl 533
:
a
citoyens,
je n'ai laillé, échapper auIl eft très-vrai,
que
citoyens du
cune occalion de faire l'éloge du patiodtinedes àla loi.J'aimea croire enPor-au-Prince, de leurfoumiflion
dans le
core aujourd hui queje reaouverailes 1
mêmes fentimnens Sonthonax
plus stand nombre. d'enire vous, & mon collègue mais depuis
ne penfe pas autrement que moi fur cetarticles les Gayes, ils'eft common départ du Port-au-Prince dans voure pour ville, & l'on en a médité
mis de grands crimes
il eft urgent de
de plus, grands ençore. Ili left indilpenfable: l'autorité nationale
rétabir l'ordre & de faire refpecter
nous Et
long-temps outragée. Ceft précilément: parce. que. devons
mes àl la veille d'une guerre étrangère, que nous la, perte répti- de la
les icélérats
ont juré
mer promptement conierla, Hhe du Poreau-Prince que
colonie. Cen'eit moi pas avons ratiemblé une force armée impo:
mon collegue & contraire
récablir la paix, pour profanre, c'eit.a auy
poury de la France & foumis à M loi,
téger tous les citoyens amis c'eft àn vous à déployer dans ce moMagiitrais du peuple, dont je vous fuppoie animés, &c,
ment Tardent paurioafme feriez
des fonétions qui vous ont
fans lequel vous
indignes écoute encore votre. voix, vous deété confiées. Sile peuple
vous devez lui
vez le ramener à fon devoir ou à maintenir; loi &c aux délégués de la
doit
E
infpirer le relpeét qu'il
vous ferez
République françaile. Dans cette fuppofition
relponiables de tous les défordres
TREEES
fonnellement
ville
de la force armée dont
neroit dans votre
Tapparicion
car alors il feroit
nous avons été obligés de nous entourer; excités, ou que du
evident que vous ies aurez vous-mémes ce
étoit en votre poumoins vous n'aurez pas fait tout qui le peuple eft fourd à
voir pour les prévenir: fi, au contraire,
trop les melures
votre voix , ion indocilité ne jultifieroit que
que nous avons priles.
Signe, Porvinai.
* a
neroit dans votre
Tapparicion
car alors il feroit
nous avons été obligés de nous entourer; excités, ou que du
evident que vous ies aurez vous-mémes ce
étoit en votre poumoins vous n'aurez pas fait tout qui le peuple eft fourd à
voir pour les prévenir: fi, au contraire,
trop les melures
votre voix , ion indocilité ne jultifieroit que
que nous avons priles.
Signe, Porvinai.
* a --- Page 169 ---
16;
La réception de cette lettre étonna la
du
Ru-Prince; eile ne foupçonnoit
municipalité Portgeoit de langage, elle ne favoit quel pas pourquoi crime Polverel chanJui fuppofer depuis fon
& vous Polverel pourroit
ponfe de la municipalité
eft la manière verrez dans la réplique avec Polverel, afin
donnât les motifs dont de elle sexgement
et de
fon chanE
d'opinion
la conduite
on collègue Sonthonax, à l'égard de qu'il la alloit tenir avec.
au-Prince.
commune du Port-
(1I lit:)
Réponfe de la municipalicé au citoyen Polverel
a
zional civil a3tucllement
commifrcire na-,
al'drchaye.
Portau-Prince, de la Répu. le 14 avil791, l'an. premier,
franç. unc ctindivifible.
C Nous recevons à l'inftant votre
: nous nous empreffons d'y
lettre en date de ce jour,
iroyen : nous ne connoiflons répondré. les Vous avez été trompé,
hous fuppole, & encore moins Point grands crimes que fon
favoir médités; les' hommes contre ceux qu'on nous accule
levoit fervir qu'a combattre les
lefquèls la' force qui ne
léployée, font encore dignes de ennemis la
de la pairie, va êrre'
endue avant votre départ de estte juftice ville. Ah que ! vous leur avez
bfence a fervi les complots criminels de combien votre
rois ans conjurent notre ruine ! Si vous ceux qui depuis'
os invitations rétérées, que de maux vous étiez rendus à
nais il en elttemps encore. Dites-nous vous auriez écartés!
que nous avons commis, & ceux
quels font les crimes
ous fuppofe avoir médités
plus grands encore
er fur chaque point les
; fommez-nous de vous qu'on donefirer, & vous prononcerez éclaircillemens alors.
que vous pouvez
empire des lois de la
Nous avons cru , fous
re de Toppreflion & République, de la
n'avoir plus rien à crainncore l'elpoir que nous nous calomnie; étions nous ne perdons pas
ue vous ayez changé au point de formé : ile eft impollible
I conduite que l'on tient à leur nous méconnoitre; mais
u défclpoir, & nous ne
égard, réduit les ciroyens
pouvons en calculer les futiers
vous pouvez
empire des lois de la
Nous avons cru , fous
re de Toppreflion & République, de la
n'avoir plus rien à crainncore l'elpoir que nous nous calomnie; étions nous ne perdons pas
ue vous ayez changé au point de formé : ile eft impollible
I conduite que l'on tient à leur nous méconnoitre; mais
u défclpoir, & nous ne
égard, réduit les ciroyens
pouvons en calculer les futiers --- Page 170 ---
166 .
-
lasefats. Citoyen, vous pouvez encore fauver
ni en prévenir au nom de la loi, & tous nos concitoyens
la pattie : parlez de vous obéir; mais ne foyez pas furpris
fe feront gloire
& dignes'de l'ètre s'indigent de
que des ames répablienines cherchent à fe fouftraire aux aétes opprellils
la calomnie,
& à mériter l'eftime de tous les homdont Onl les menace,
mes ennemis de la ryrannie.
-
3> Salut, &c. 3>
public, excepté Polverel, qui ne
Quel eft le fondtionnaire énoncés avec. tant de franchile dans
fàt pénétré des fentimens étoit le fonétionnaire public quine deveit
cette lettre ? Quel
la municipalité du Tort-au-Prince, ,
répondre au vau.de les
faétieux qui éroient
Eeatites de lui indiquer
prétendus les commillaures civils
dansi cette ville : Eh bien ! citoyens, bien de défigner aucun
Sonthonax & Polverel fe garderent la proclamation du 21
des prérendus factieux
à Polvere! fur cet article ; il
mars, Elle fe contenta
- au - Prince
TT
mieuka c'eft que la municipalité G founile du Port aux délégués de
a tcllement foumife àla loi,
à Saine-Marc la déla République, que lorfquelle envoya ce fut pour engager le compuitarion dont je vous ai parlé, à fe rendre au Porcaa-Prince,
millaire national Sonthonax
d'attachement de tous les
de venir Y récevoir le témoignage nationale, & de venir fe convaincre
citoyens àla délégation
parfaite des lois. Je vous ai
par lui-même de Texécution
enbornuentandeses
annoncé que les commitlirescieile, dans la rade du Pore-au-Prince, dahs les
viennent mouiller d'avril 1793 : c'eft alors qu'on fit encore pluprémiers jours
fieurs démarches. demande qu'à la fin de la (éance on me
Sonthonax : Je
communiquel les C'eft pièces. de droit.
Lc préfideni :
ai annoncé que les commiffaires civils
Claafion : le vous dans la rade du Portau-Prince dans les
viennent mouiller du mois d'avril, & qu'a cette époque les
premiers jours
marcher deux arméés deftinées à araqué
commilhaires firent
terre. La municipalité du Port-au
l" ville de deux côtés par
qui n'avoient ceffa
Prince, celle de la Croisdes-Boaquets,
pièces. de droit.
Lc préfideni :
ai annoncé que les commiffaires civils
Claafion : le vous dans la rade du Portau-Prince dans les
viennent mouiller du mois d'avril, & qu'a cette époque les
premiers jours
marcher deux arméés deftinées à araqué
commilhaires firent
terre. La municipalité du Port-au
l" ville de deux côtés par
qui n'avoient ceffa
Prince, celle de la Croisdes-Boaquets, --- Page 171 ---
le donner des marques d'attachement & de foumiflion aux
tommillaires civils, firent des démarches auprès d'eux
dans la rade &c
moment oû
Ret
lant leur féjour dans la
vais jufqu'au vous donner à cet- égard
plofion a éclaré
ville:je
ecure d'une lettre de la municipalité du Port-au-Frince.
(Illit
La municipaligé du Port-au-Prince aux citoyens commifaires
nationaux civils, 6 avril 1793.
a Votre proclamation-du 21 mars dernier a mis le comble
t
nos malheurs; nous y fommes peints fous les traits les plus
bdieux : vous nous dénoncez à l'univers & à la poltérité intomme les ennemis de la France, commae des-enlans
grats, conjurés avec les monftres qui déchirent fon fein. Nous
he ceflerons de vous'dire : Vous ères trompé; nous n'avons
boint à nous reprocher les crimes dont vous nous fuappolsz ds
poupables:nous" vous demandons, au nomdu falut public,
connoitre les forfaits dont on nous acccufe 2 afin de pouvoir repoulfer la calomnie, & nos juftes follicitations ne &c
out point écoutées. Citoyens, nous fommes Français
Hignes de Têtre, nous périrons plurôt que de renoncer France à ce
itre glorieus; & vous nous traitéz en ennenis : la
des
aous auroit-elle proferits > & feriez-vous les exécuteurs
lécrets portés contre nous : Que nous fachions enfin quel
:ft le fort qui nous eft. deftiné... Far quel Imoyen voulez-vous
que nous remédions aux troubles, aux agizations auxquelles le
a donné lieu. votre proclamation , fi vous nous enlevez eft
droit de requérir la troupe de ligue : Cet acke qui nous confindirectement connu, qui fappe par les fondemens la
ttution, eft-il propre à ramener la confiance & la paix?
& fur-tout
>> Citoyens, jettez vOS regards fur la colonie
(ur la province 5 voyez la en proie à Tinfurredtion; voyeznous combattant depuis trois mois contre les révoltés, contre ceux qui cherchent à anéantir la profpérité de in France :
eft-ce-là notre récompenfe : Eh!
diront nos frères d'Europe, quand ils connoitront la UNE quand ils fauront
vous n'avez pas voulu nous éconter, que vous avez
Tda
malheureux ciavec nous un filence opiniâtre, & que les --- Page 172 ---
du Port-an-Prince ont été les viétimes de' leur patriotoyens
à la mére-pattie. Ah: ! fans
tilme & de leur atachement fur notre fort & nous vendoute, ils verferont des larmes
iba
geront.
.de rétablir Lordre & la
>> Citoyens, vous êtes chargés vous eft intéreflé à fecontranquillité publique:qui plus que
habitans de(cette malder nos efforts : Ne fommes-nous pas nos propriéiés, nos
heureufe contrée : n'y avons-nous pas donc nous fuppofer
femmes & nos enfans a Fouvez-vous & l'anarchie? Nous vous
intéreflés à perpétucr. celfer le délordre nos maux, ne nous regardez
en conjurons, taites
nous ce que la
êtes chargés vous eft intéreflé à fecontranquillité publique:qui plus que
habitans de(cette malder nos efforts : Ne fommes-nous pas nos propriéiés, nos
heureufe contrée : n'y avons-nous pas donc nous fuppofer
femmes & nos enfans a Fouvez-vous & l'anarchie? Nous vous
intéreflés à perpétucr. celfer le délordre nos maux, ne nous regardez
en conjurons, taites
nous ce que la comme des, cnnemis > majs faires. dites-nous pour
quels font nos
commande en faveur des.acculés: les
que vous
crimes, & nous vous donnerons -
renfcignemens
pouvez defirer.
dans votre filence; f vous ne re-
>> Mais fi vous perfiftez paralyie la troupe de ligne, qui nous
tirez pas un,aée de qui maintenif Tordre & qui nous parol
bte les moyens
des
lois érablies par
attentatoire aux droits
municipalites; ferons te(ponfables des d6
la' confitution, > eft-ce nous la qui colonie : Citoyens, d'un feul
faltres qui vont fondre fur fauver tôus; mais fi une feule victime
mot vous rouvez nous
à répondre à votre;
innocente sft imolée qu'auriez-vous à Yunivers entier qui ne cefleroit
confcience, à la ianes >
de vous le reprocher:
: nousattendons votre répon(e
>3 Catoyens,le temps preffe
avec imparience 2
29 Salut. 39
ne
la municipalivé du Port-au-Prince
Vous voyez que
à faire revenir les commif
mégligeot aucun moyen où on propre les
être : voilà-la ré
faires de l'erreur
les commilfaires fiuppolcit en rade du Pore
ponfe qui a été faite par
le 6 avril 1793.
-
au-Prince, furle vailleaul.dmerkcs,
(Illit):
VAmérica, mouillé
ec A bord du vaiffeau dela le République 6 avril de l'an deuxième de! la
en rade du.Porcau-Paince,
République, &cc.
Il
avons
votre dépèche de ce jour. paroit
* Nous
reçu
l'erreur
les commilfaires fiuppolcit en rade du Pore
ponfe qui a été faite par
le 6 avril 1793.
-
au-Prince, furle vailleaul.dmerkcs,
(Illit):
VAmérica, mouillé
ec A bord du vaiffeau dela le République 6 avril de l'an deuxième de! la
en rade du.Porcau-Paince,
République, &cc.
Il
avons
votre dépèche de ce jour. paroit
* Nous
reçu --- Page 173 ---
jue-vous ignorez parfaitement les lois" françailes fur les bottes données aux municipalirés par rapport au droit de requérir lest troupes de.ligne. Nous tranfcrivons ici, pour votre
nftruction, les articles LV & LVI du titre IIL du décret
le l'afiemblée conftituante, concernant les rapporis du
oir municipal, & de l'autorité militaire du mois de juiller pou791.".
ce Art. LV.Toute troupe en ) marché ou prête à marcher
n conféquence d'un ordre du pouvoir exécutif, ne
oit en toraliré, foit en partic, êtte détournée de fa
ion que
un ordre
Enume
par
con:raire du pouvoir exécutif, ou de
eux auxquels il en aura délégué la faculté,
73 Art. LVI. Aucun corps adminiftratif ne
les munitions de guerre > fubliftances & d'ancune pourra difpofer elpèce
effets, armes ou fournitures confiées au département de la
uerre, ni changer leur deflination, ni empécher leur tranfort légalement ordonné qu'en vertu d'une autorifation expreffe du pouvoir exécu:if. >>
c Voila la loi, ciroyens, celle à laquelle vous contrevenez.
purnellement, & dont nous rétabliflons l'exécution.
> Erquand elle n'exifteroit pas cetteloi, croiriez-vous
oir oppofer l'effet de votre réquilirion aux volontés des pou- dézués de la République , vous que la loi nous permet de
efticuer & de dilfoudie :
33 Nous vous,prévenons que cette réponfe eft la dernière
ommunicaiion que nous aurons avec vous iulqu'à ce
1 ville du Port-au-Prince foit parfaitement rentrée dans
evoir.
a:
35 Signe, SONTHONAX & POLVEREL. >2
Quel eft le leéeur qui ne reconnoitra pas-là le ton
iatarcrial avec lequel Polverel &c Sonthonax vouloient
our fubverfer? Qia d la loi n'exifteroit pas, difent-ils,
Prover-yous pouvoir oppofer vos régpificions aux volontés des
rués de Ze Reprbique : Voilà bien ce qui
fe
éclarer au-dellus de la loi; voilà bien ce qui s'appelle caractérife
'olverel & Sonthonax, q', comme nous l'avons
C répéré, fe mettoien: au-deffus de la loi, comme déja ils dir le
éclarent ici : ils difent que siln'y avoir pas de' loi,
olon:é en tiendroit heu. Lamunicipalité du Port-au-Prince leur
ificions aux volontés des
rués de Ze Reprbique : Voilà bien ce qui
fe
éclarer au-dellus de la loi; voilà bien ce qui s'appelle caractérife
'olverel & Sonthonax, q', comme nous l'avons
C répéré, fe mettoien: au-deffus de la loi, comme déja ils dir le
éclarent ici : ils difent que siln'y avoir pas de' loi,
olon:é en tiendroit heu. Lamunicipalité du Port-au-Prince leur --- Page 174 ---
des commifaires civils, & ne pou
voyant ces difpofitions indignation des habitans qui voyoient
vant contenir la jufte fondre fur leur ville, prit l'arrèté fuivani
tous jes malheurs
le 6 avril.
(Il lic : )
du Port-a-Prince, du 6 avril 1793
Arrêté de la municipalité
oui le réquifitoire du procureu
cc Le Confeil-général,
de la commune: :
des com
par une proclamation
>> Confidérant, qu'accufé civils, en date du 21 mars dernier
miflaires nationaux
à les éclaire
il a cherché,
tous les moyens imaginables, des ciroyens;
fur la RORELEFS & les intentions
ont été infruc
toutes les tentatives
9, Confidérant que parvenir à fe faire écouter; que le
tueufes; qu'il n'a pu civils continuent,par leurs démarehe
commiffaires nationaux
à
les citoyens;
hoftiles & par leurs menaces, inquiéter
y ré
à Saint-Domingue
s> Confidérant qu'envoyés publique, ils les PoAt.la
tablir l'ordre 8c la tranquilliré obftination à refufer toutes les voie
en ce moment par leur leur font propolées;
de conciliation qui
le filence fur les prétendu
9> Qu'ils ont même gardé malgré nos prefantes follici
crimes qu'ils nous fuppofent, confidérations d'intérêt public a
tations; que toutes les rien fur eux;
d'humanité ne peuvent du Port-au-Prince ne font. coupable
7> Que les citoyens
manifefté les intention
d'aucun crime; qu'ils ont toujours & leur arrachement
les plus pures; que leur été patriotifine méconnu que par les ennem
la France n'a jamais
de la Patrie 5
feroit naturelle aux citoyens d
> Que la fermentation du défaut d'organifation dans le
Port-au-Prince, farigués follicitée depuis long-temps:
pouvoirs, infruchueulement la lettre de la municipalité &
s' A arrêré & arrête que civils feront renduesy publiques pa
des commiffaires nationaux avec le préfent arrêté.
la voie de l'imprellion,
ifine méconnu que par les ennem
la France n'a jamais
de la Patrie 5
feroit naturelle aux citoyens d
> Que la fermentation du défaut d'organifation dans le
Port-au-Prince, farigués follicitée depuis long-temps:
pouvoirs, infruchueulement la lettre de la municipalité &
s' A arrêré & arrête que civils feront renduesy publiques pa
des commiffaires nationaux avec le préfent arrêté.
la voie de l'imprellion, --- Page 175 ---
s Déclare qu'après les démarches qu'il fait, il ne peut
plus répondre des événemens; que fcs moyens deviennent
impuiffans pour maintenir l'ordre & calmer l'effervefcence
inféparable de l'indignation que doit exciter, dans tous les
'corurs, la calomnie dont On ne veut pas qu'ils repouffent
les traits.
3, Arrête enfin, qa'il rend refponfables les ciroyens commiflaires nationaux civils de tous les troubles & malheurs
auxquels donneront infailiblement lieu leur filence fur les
prétendus forfaits dont ils accufent ces citoyens, & les extrémités auxquels ils paroiffent vouloir fe porter contre
la ville.
>> Fait & arrêté en féance, les jour, mois & an que
delfus, & ont les membres figné,
>> Collationné, MALAHARD, fecrétaire-greffier >.
Certaincment on ne reprochera pas à la municipalité du
Port-au-Prince, ni aux habirans de cette ville, d'avoir négligé les moyens de conciliation; vous en avez été convaincus par les pièces dont je vous ai donné lecture, par
les différentes lettres de la municipalité du Port-au-Prince,
& circulaire à la commune de la Crois-des-Bonques &
autres, & par la réponfe de celle-ci, enfin par les arrêtés
de differentes paroifles. Les commiffaires ne vouloient pas
fe départir de leur plan.
Senac : C'eft ici le cas d'obferver que c'eft après avoir
épuifé tous les moyens de conciliation, que la ville du
Port-au-Prince s'eft réunie en affemblée des communes
allemblée que j'ai prélidée &c dont je rendrai compte à la >
sommiflion.
Claugon : Les commiffaires ne firent aucun état des efforts
qu'on aroit faits auprès d'eux pour amener une conciliation,
ou pour les
à nommer les prétendus factieux dont
ils parloient Remer leur proclamation du 21 mars 1793.
Quand on fut bien affuré que les commilfaires alloient fe
porter à des extrémités funeftes contre la ville, ce fut alors
que le commerce vota une adreffe à la commiflion civile
qui étoit en rade.
ugon : Les commiffaires ne firent aucun état des efforts
qu'on aroit faits auprès d'eux pour amener une conciliation,
ou pour les
à nommer les prétendus factieux dont
ils parloient Remer leur proclamation du 21 mars 1793.
Quand on fut bien affuré que les commilfaires alloient fe
porter à des extrémités funeftes contre la ville, ce fut alors
que le commerce vota une adreffe à la commiflion civile
qui étoit en rade. --- Page 176 ---
(11 la lit:)
de la vills du Port-au- Prince aux
Adrelfe des négocians nationaux ciyils, abord de PAmérica,
citoyens commifaires
en rade du Port-au-Prince.
Port-au-Prince: le 8 avril 1793 , l'an treifième de
la République une & indivifible.
-X
avons eu Tefpérance de voir la con-
- ee Tant que nous les malheurs qui font près de fondre fur
ciliation prévenir
nous avons cru ne pas devoir
la ville du Port-au-Prince,
du commerce. "Tout
vous entretenir des intérêts particuliers nous avons jout. à craindre;
nous annonce aujourd'hui que fi nous n'élevions pas la voix
nous ferions donc coupables du commerce national qui nous a
pour faire, au nom
convenables à fes
donné fa confiance, les repréfentations
intérêts.
point ici la défenfe d'une ville
a Nous n'entreprendrons vidtime depuis trois ans des plus perfides
malheureufe,
obferverons néanmoins quil e(t
manceuvres : nous vous habitans de fe voir acculés fans ètre
douloureux pour les de fe voir menacés fans peuvoir conadmis à (e juftifier;
leur fuppofe: Les délégués de la
noitre les crimes qu'on
fauis .les entendre: envetopnation les condaeneroient-,la
les amis de la loi, lès
dans leur profeription
accufent d'en
peroient-ils véritables enfans de la Patrie, & ceux qu'ils
de
déclarés? Non ileft impotlible
être les ennemis idée auili cruelle; mais, citoyens' commifconcevoir une civils, fi nous nous livrons un moment à
faires nationaux
la conferver. Lorfque nous confidél'efpérance, comment
du 21 mnars dernier, vous
rons que par votre proclamation infamant du foupçon fur toutes les
proménez le glaive
comme des vérités démontrées
tètes; qu'après calomnieufes avoir annoncé de nos ennemis, vous achevez
les aflertions
dans tous les cceurs par les menaces
de porter le défefpoir effrayante : quel eft celui d'entre tous
d'une déportation doive trembler, malgré fon innocence,
les ciroyens qui ne
fur la lifte des profcrits, d'être
de voir porter fon nom
arrache
fur toutes les
proménez le glaive
comme des vérités démontrées
tètes; qu'après calomnieufes avoir annoncé de nos ennemis, vous achevez
les aflertions
dans tous les cceurs par les menaces
de porter le défefpoir effrayante : quel eft celui d'entre tous
d'une déportation doive trembler, malgré fon innocence,
les ciroyens qui ne
fur la lifte des profcrits, d'être
de voir porter fon nom
arrache --- Page 177 ---
arraché à fa fomme, à fes enfans, à fes
intérêts immenfes & facrés qui lui font propriérés, & aux
voir trainé comme un criminel au tribunal confiés, terrible de de la fe
Convention nationale. C'eft en nos mains que réfident la
fortune & peut-ètre les dernières reffources de ces hommes
précieux auxquels la République françaife doir fa
rité. En défendant leurs intérèts nous défendons ceux prafpéla mère-patrie, qui trouvera dans leur généreux &
de
fable patriotifme les moyens de réfifter aux ennemis inépuiliberté; & cependant depuis quinze
de la
rations font paralyfées, tout elt fufpendu; jours toutes nos opémis fur tous les bâtimens du caborage, l'embargo a 6.6
nos liaifons commerciales avec toures les qui parties entreriennent de la
colonie, alimenrent celles qui ne
vires e de long cours, & nous fervent -peuvent aux recevoir de naHienrées qui chargenr nos bâtimens. Et comment tranfports des
nous aux engagemens particuliers que nous avons fatisferonsractés? Comment fournirons - nous aux befoins de con- nos
Pommettans en Europe, fi on inrercepte de cette
outes nos facultés? Des forces menaçantes font manière
n rade, & d'autres, ramafiees de quelques déployées
Oueft, font amenées pour anéantir les dernières parcilfes de
lu commerce national, au lieu d'aider les ciroyens efpérances du
u-Prince & de la Crotx-des-Bouquers à les lui
Port-
'eft dans ce moment où des révoltés dévaftent &c conferver;
as riches pofleflions du Cul-de-Sac, qu'an lieu incendient de
âter ille de déruire ces fcélérats, vous vous armez concre vous une
Vous qui leur fait la guerre & qui vous demande la -s refufez toute communication avec clle; vous
dépatations qui vous font envoyées; vous
REE
ofitions hoftiles: eh! prévoyez-vous
faites des dif
ont réfulter des pareilles démarches tous les malheuts qui
ous avons à terre des papiers & des effets ? Songez-vous que
narchandifes dont le prix ne peut fe calculer, précieux, des
iers & ces marchandifes ne nous
que ces paous ne fommes que les dépolitaires appartiennent de la plus pas, que
artie, que leur perte occalionneroit dés faillites grande
rables, que ces faillites entraîneroient la ruine du innom:
ational, déja ébranlé par tous les coups
commerce a
Tome VII Soixante-feprieme ltyraifon. qu'on.lui M portés;
narchandifes dont le prix ne peut fe calculer, précieux, des
iers & ces marchandifes ne nous
que ces paous ne fommes que les dépolitaires appartiennent de la plus pas, que
artie, que leur perte occalionneroit dés faillites grande
rables, que ces faillites entraîneroient la ruine du innom:
ational, déja ébranlé par tous les coups
commerce a
Tome VII Soixante-feprieme ltyraifon. qu'on.lui M portés; --- Page 178 ---
de tous ces idéfafires,
que vous ferez enfin refpenfables quele commerce alimente
& quelfix millions de mallieureux le cri du delelpoir, vengeance à la
deninnderoient, avec
f
Convention nationale? feroienrelles de braver cette relpon-
>> Vos intenricns & de nous réduire au défelpoir? nous
fabilité effrayanre dourer
l'ordre que vous avez
en
d'après
ne pouvons plus
de mouiller dertière vos bàtimens.
donné aux capiraines
feroit-ce de vous porter
Quels peuvent être vos projets? une ville que vous ne veulez
aux derniers excès contre déclarons fornellement que Tordre
pas écourer? Nous vous
marchands, ne peui
que vous avez donné aux capicaines ellenieilement les intérèrs
êrre exécuté fans compromete les yeux fur Tétat des bati
du commerce. En effet font jetez churges & gréésy, le plus grand
mens de la iade, peu fans left; il feroit senohmynaie de
nombre eft même
les conduire au fond de la
les faire forir du port, les pour à des avaries confidér.bl-s
grande rade, fans
expoler 'entière. Dailleers la plupar
même à une perre
il_cft ellentie
capitaines ont à terre leur vouler-vous cargaifon, qu'il s'occupen
comment
E
qu'ils veilient; &c les réléguez 2u fond do'la grande rade
de ce Rate fi vons
de leur magalin? pouvez-vou
à une difance aufli eloighée di vous ferez artaquer la ville
répondire qu'au moinent feront refpecklsa & croyez-vou
les magalins du commerce des pertes que" le commerce éprou
n'être pas refrontsbles ou par leer incendie :.
veroit par leur pillage
apres elle des déaux incal
civile entraine
> La guerre il n'en ef ancun qui.ne porte un coup nictte
culables;
national. Citoyens commillares nationau
au commerce de frire aucune demarche ulnétieerey fonge
civils, avant
qui a boioin de la paix, à la Franc
bien à ia Colonie
&c à vous-mêmes qui n
a beloin, de fon commerce,
fots pas en,vain seipontables. général mis fenlement fn
>) Que veut dire cet embargo toitres nos lepérations &
la rade de cetce ville, qui-paralple des pertes immenfes? Que veut dir
occafionne au commerce malgré les follicitations ptelfante
le filence que vous gardez
y fonge
civils, avant
qui a boioin de la paix, à la Franc
bien à ia Colonie
&c à vous-mêmes qui n
a beloin, de fon commerce,
fots pas en,vain seipontables. général mis fenlement fn
>) Que veut dire cet embargo toitres nos lepérations &
la rade de cetce ville, qui-paralple des pertes immenfes? Que veut dir
occafionne au commerce malgré les follicitations ptelfante
le filence que vous gardez --- Page 179 ---
Aréitérées de vous en expliquer? Que veulent dire les démarches-menagenics : que vous faires contre une ville au
fort de laquelle le commerce national eft attaché
9> Que veut dire enfin cet ordre douné aux capiraines
du commerce de fe retirer derrière VOS batimens?"Vos intentions feroient-clies de tirer fur la ville, & d'anéantir
hinfi tour d'un coup les marchandifes &c crédits appartenans
hu commerce national? car telle fera la fuite néceffaire de
a moindre hoftilité de votre part.
> Nous vous le répétoxs : eft-ce au moment oà les
révoltés dévaftent & incendient les riches poflelions de la
plaine en féchant tous les canaux du commerce national,
que vous devez, en armart quatorze parcifles contre une >
exciter dans lOucft une guerre civile? Votre deveir ne
feroir-il pas de détruire les révoltés, avant de fonger à
rétablir un ordre qui n'eft point troublé? & croyez vous
n'être pas refponfables des incendies &c dévaftations qui fe
commertent tous les jours en plaine, faure des fecours
promis & que votre proclamation a empèché les paroiffes
voifines d'y envoyer?
> Citoyens sommifaires-nsticnéx-chilk, nous vous déclarons que cette adrefle va être imprimée & envoyée à
toutes les places de commerce de la République; que nous
nous déchargeons fur vous de toute notre re/pontabiliéepvets
nos commettans, & qu'ils vont être infruits que s'ils efluyent
quelque perte , nous aurons fairauprès de vous tout ce que
nous pouvions
la prévenir. Vous perdez la Colonie
au lieu de la Reerl & fous prétexte de venger la France
d'injures qu'clle n'a
reçues, vous la plongerez bientôt
dans le deuil, la aule & la conflemnation. Renoncez aux
projets que vous manifeftez; donnez la paix aux citoyens du
Porc-an-Prince, , 8c foyez bien convaincus qu'ils font dignes
de la République françaife, & ne mérirent pas les outrages
de la calomnie. Il faudra enfn que la vérité perce : ne refelez pas le miroir' 'que Fon vous préfente, ilne fera bientôt
plus temps d'y jeter les yeux. Les malbeurs que nous annonçons vont bientôt fondre fur nos têtes > & vous aurez
alors le regrer de n'avoir pas voulu les prévenir Dépolitaires
dc la confiance nationale, la voix du çomnerce doit être
M 2
érirent pas les outrages
de la calomnie. Il faudra enfn que la vérité perce : ne refelez pas le miroir' 'que Fon vous préfente, ilne fera bientôt
plus temps d'y jeter les yeux. Les malbeurs que nous annonçons vont bientôt fondre fur nos têtes > & vous aurez
alors le regrer de n'avoir pas voulu les prévenir Dépolitaires
dc la confiance nationale, la voix du çomnerce doit être
M 2 --- Page 180 ---
puiffante auprès de vous 3 il a droit à une prareation la fpé
ciale, & on ne peut, fans être coupable envers pattie,
comapromettre fes iniérèts.
37 Salut.
frères. E. T. Guien. Bion & C*.Affi-
>3 Signé, Garnier Pelé, & comp. Maffac & comp. Parent. D. L.
teau. L.
& Carré. Robin Florence & compagnie.
E. Tourontienne Crinon. J. B. Guerin. Delalande & compagnie.
François Roget, ainé. Roblés. J. Gouges & Allemand,
y. Peron. Libéral, frère. Corvofier, ainé. Rei & compagnie.
Jeune.
F". Martaière. Champion. Leger. Kerlegaud.
J. Loper. Hanvé & compagnie. L. Harang, Bourreau,neveu. De
Dumois, Pareau. J. B. Caufee. Stanislas de Longue, 2 maire.
C.
Godefroi & Cornen. Recondo &
la Salle & compagnie. Charles Tegny & compagnie. DuMergier. B. Kerwan, Caltaing,, Bertin. Conftant. J.J Margueron. Serchateau. Dumonietier R.
& compagnie. Camp-franc. Théfan
vières.
Dupont, frère > &c Cruchon. Boislandry.
&c compagnie.
Delacoudre. Doue & compagnie.
Lerembourg, Gaudé. > pere.latour. Mefnardier & Picard. Glaum, Barbe &
Durand. Charles Grivet. Daubagna père, & L. Siguinau 2
Leyrac, Dieu-Donné & Collard. >>
frères.
Voici la réponie qui fut faite par les commiffaires civils.
(Il la lit.)
civils a l'adrefe des négocians du
Réporife des commifaires Port-au-Prince.
Du 9 avril 1793.
"avens refufé de communiquer. avec la municie Nous
parce que nous ne pouyons ni ne
palité du Port-au-Prince,, avec les révoltés, auprès defdevons entter en négociation toutes les voies de douceur &
quels nous avons Nous déja ferons épuifé toujours prêts à ouvrir les bras
de perfualion.
.)
civils a l'adrefe des négocians du
Réporife des commifaires Port-au-Prince.
Du 9 avril 1793.
"avens refufé de communiquer. avec la municie Nous
parce que nous ne pouyons ni ne
palité du Port-au-Prince,, avec les révoltés, auprès defdevons entter en négociation toutes les voies de douceur &
quels nous avons Nous déja ferons épuifé toujours prêts à ouvrir les bras
de perfualion. --- Page 181 ---
rentreront dans le devoir 5 mais il
hux Faut citoyens à tout prix égarés que qui la loi & la fouveraineté nationale foient
relpeétées, &c elies le feront.
39, Signé, POLVEREL, SONTHONAX. 32
Je compare l'adreffe des négocians du Port - au - Prince
avec la réponfe des commiffaires civils s &je fuis embarrafle
pour trouver quelque chofe de femblabie au (yftême de furent terreur organife à Saine-Domingue. Toutesles démarches
abfalument inutiles; Polverel & Sonthonax ne voulurent pas du
écouter la voix de la municipalité, ni des habitans, ni
commerce: leur projet étoit de nous anéantir. Leur fyftème le
étoit celui qu'on fuivoit alors en France; on opprimoit
commerce & les manufactures : Polverel & Sonthonax correfpondoient en manceuvres deftructives avec ceux qui faifoient de la France un vafte cimetière. Comparez les crimes
qui fe font commis à cette époque dans la République avec
ce quife pafloit au Port-au-Prince. Jugez, après les pièces
que jai lues, fi les habitans méritoient le fort qu'ils ont eu.
Quoi ! Sonthonax difoit qu'il y, avoit des factieux, & il
refule de nommer ces factieux > à la demande d'une trèsgrande majorité qu'il connoiffoit pour être probe. Il faifoit
un appareil formidable contre des citoyens à qui toutes les
communes rendoient juftice, & qui avoient offert de livrer
les coupables fi on les dénonçoit. Je nem'étendeai pas davantage en réflexions fur d'aufli cruelles mefures, ce feroit Iouvrir des plaies qui ne peuvent fe cicatrifer que par la vengeance nationale. Tel étalage que Sonthonax vienne faire
avec les mots fattieux, royalifies, &cc., on eftrevenu de ce
pathos,, langage de tous les confpirateurs 5 on fait que c'eft
ainfi qu'ils bafoient leurs manceuvres criminelles 5 on fait
qu'il en a été ufé ainli à l'égard des communes principcles
de France, qui ont été facrifiées au Vandalifme & prelque
anéanties. 3 pourrois donc accoler d'avance la conduite de
Sonthonax à celle des bourreaux qui ont dévaité la France.
Tous les événemens qui fe palfoient en France fe répétoient
à Saint-Domingue. Ily avoit feulement cette différence que
M 3
res criminelles 5 on fait
qu'il en a été ufé ainli à l'égard des communes principcles
de France, qui ont été facrifiées au Vandalifme & prelque
anéanties. 3 pourrois donc accoler d'avance la conduite de
Sonthonax à celle des bourreaux qui ont dévaité la France.
Tous les événemens qui fe palfoient en France fe répétoient
à Saint-Domingue. Ily avoit feulement cette différence que
M 3 --- Page 182 ---
&-Sonthonax donnoient danscescontedes
les didateursPolverel. libre. à leur volonté qu'ils nommoient lois
un cours plus
bien dà vous convainere dans.le cours
c'eft ce dont vous avez
menacée. Les
de la difcuflion. La ville étoit voilines ferieulement n'avoient pu décerminer
médiareus des Polverel communes à
fur les crimes quils
Sonthonnx & àla ville du Porvau-Prince. s'expliquer Vous avez vu, par
fuppoicient la réponfe faite au commerce de cette ville, que Sonthonax Quelle
& Pelverel difent que la.loi fera exécutée 2 tout prix,
é:oit donc la loi à laquelle les habirans du Port-nu-Prince ils n'eullent
étoient réfractaires? Sily avoir une Palverel loialiquelle & Sonthonax s'exe
pas cbéi, il falloit il falloit au dire moms'que : Voilà la loi que vous enficignez,
pliquallents
voilà lesfuctieux 8cleurs
voila celle
vousn'exécuez pas;
du PorrauPoince
crimes, ledar - les. Aiors la municip.lité
silsavoient
& leshabiransd de cette villeauroient été coupables civils, qui alors
refufé d'obéir aux ordres de la des loi. commiffaires Mais peint du tout: toutes
euffent démarches parié au nom é:oient faites de par leur volonté > & nen
leurs" nom de la loi. La. ville du Fortau-Prince, qui éroit
pas au
de couleur, avoit pris toutes les melures
réunie réfifter aux citoyens à Topprelion elle ne pouvoit plus recennoitre
pour droit, la réfiftance 1
, confacré d'ailleurs
que ce la déclaration des droits. FTEES poftes furent garnis, &
par
la
fe trouvoir revètue de tous les poucomme étoicnt municipalité de fon effence > parlod fait de Polverei de
voirs qui
délibérer fur les
Sonthonax, la commune les malheurs s'aflemblal dont PCIA éroit menacée, >
moyens conferver de prévenir les perfonnes & les propriétés. Je n'ai.pas
le proeès-verbal de la commune, la raifon en eftlimple: les
Eat
Sonthonax a eu foin de s'emparer de tous
pac'eft que
à ceux
piers, de tous les renfeignemens qui s'il appartiennent les croit utiles àfa
quilen dépertés; mais j'elpère & nous que, donnera un nouveau moyen
défenfe, il les produira,
de le confondre.
s'étoient écculés pendant lefquels les
Sep: ou n'avoient huit jouts eu aucun effet. Trois' dragons du rémédiacions ci-devant d'Orléans, qui éroient incorporés dans Y'argiment mée de Lafalle, qui étoit aux portes de cette vilie, viennent
artiennent les croit utiles àfa
quilen dépertés; mais j'elpère & nous que, donnera un nouveau moyen
défenfe, il les produira,
de le confondre.
s'étoient écculés pendant lefquels les
Sep: ou n'avoient huit jouts eu aucun effet. Trois' dragons du rémédiacions ci-devant d'Orléans, qui éroient incorporés dans Y'argiment mée de Lafalle, qui étoit aux portes de cette vilie, viennent --- Page 183 ---
au Port-mu-Prince, foit pour efpionner, , foit
s'afdes
des habisans de cette ville.
farent
Tert
farer conduits à difpofirions la municipalité , & la iis eurent cccafion de fc
pénetrer de l'unien des ci:oyens de toutes les couleurs 5 là
ils ( convainquirent que la loi du 4 avri) étoit parfairement
exechrée. Ils furent fechnmrusdelaccudl qui lcur fur fait;
ils crierent: vivent les habitans du Port-au-Prince ! 1ls furent
reconduits jufgu'aux portes dala tille, & pretrent de diffuader tonte-larmée des faufles imprellions qu'on lui avoit
données far les habitans du Portau-Prince.
Ie préfidens (à Sonthonax.): N'as tu rien à dire fur ce
fait 2
Sonthonax : Je n'ai rien à dire:
SON
Clarffo 2. : Cefaitn'etpeint aitedement contre Sonthonax;
je ne le cire que parce quil eift8 dans ia (rie des faits.
Lc Preedent : Paile à un autre fait.
Claifior : Ilétoir utile. Si la commifion vouloit fe convaincre de ce fait, ilyaic vingt perfonnes qui pourroient de Y'arl'attefter. Le l'endemain du départ de la députation
mée de Lafalles certe. armée sapprocha de la ville; eile demanda l'ouverture des portes. Laiville du Port-an-Prince ne
conlentit qu'z hiler en'ret les troures deligne 2 mais alle
retnta de laillet entrer les hemmes qui s'étoient proclamés
les anatlins du Portan-Prince > ainfi que vcus allez le voir
T
dans une adrefle deshommes de couleuraux quatorze paroifles
de l'oueft, rédigée par Chanlatte; homme de couleur; elle
eft du premier avril 1793.
(11 lit.)
Adrelle des citoyens d: cotleur de quatre paroifes de Parrondillement de Saint-Marc reunis en cette ville, à tous leurs
frères de Le colonie.
C F R È R E S E T A M I S,
33 Quoi ! tandis qu'au milieu du défordre & ide l'anarchie, quelques courageux citoysns Hoemumerdorigfueale
M+
de l'oueft, rédigée par Chanlatte; homme de couleur; elle
eft du premier avril 1793.
(11 lit.)
Adrelle des citoyens d: cotleur de quatre paroifes de Parrondillement de Saint-Marc reunis en cette ville, à tous leurs
frères de Le colonie.
C F R È R E S E T A M I S,
33 Quoi ! tandis qu'au milieu du défordre & ide l'anarchie, quelques courageux citoysns Hoemumerdorigfueale
M+ --- Page 184 ---
leur dévouement à la mère patrie en combattant pour
de
des, lois, pourroit-il s en trouver parmi nousqui
le maintien
dans une lache & coupable inaction : Quoil
reftaffent encore
cette mère patric dont noustenons lexifnousquidevonsenrse la balfefle de l'abandonner à linftant
tence > nous aurions Jont menacés 2 Non... loin de nous
même oà fes deligués barbare. Les hommes de la Zone Toride
une idée aufli
, & le r vie n'eft plus rien
portent un cceur reconnoillant Réuniffons nous donc, frères & amis;
quand la loi a parlé.
ftançaife que nos coeurs font inprouvons a la République Accourez de tous les points de la Codignes d'ingratitude.
entotrons les organes de la loi,
lonie , citoyens régénérés; tombent mille fois fous les coups de nos
& que nos corps
que de laiffer avilir uninAant les lois
miferables ennemisplucot Quels reproches n'aurions-nous à nous
de la République.
tous au fecours de la es Quoi!
faire > fi nous ne civils volions euxinèmes vont expoler leurs jours
les com niffaires Quoi! des hommes qui ont abandonné pour nous
précieux? douceurs de leur
courroient des dangers,
toures les
de couleur pattie, ne les parrageroient pas ?
& tous les cizoyens fi le crime triomphoir un moment ,
Ah! frères & amis malheur > de perdre un feul de vos défenfeurs, >
fi vous aviez le
déja au fond de vos cceurs cette bienn'entendez-vous pas dire, avecl'accent de la plus vive douleur:
faifante patrie vous
reconnu vos droits 5 l'avois envoyé
Enfans ingrats j'avois & vereueuc pour, vous faire partager >
des hommes intrépidss la fomme du bonheur qui appartient
avec mes autres enfans, libr:s: vous les avex lachement ahendonnés,
à tous les hommes viëlimes de leur devoir & de leur amour pour
& ils font morts
moi.
frères & amis, , que la Republique ne nous
>> Craignons,
aulli déchirans. Déployons toute
faffe un jour des reproches ennemis tremblent d'effroi en voyant
noire énergie 5 que nos nous allons mettre - à atterrer &
la courageufe ardeur que infolente dont le foyer eft aul Port-auanéantir ceite faction de ne
revenir que le dernier n'en
Prince 5 jurons tOus
poin: régénérés comme nous >
foi: exterminé. Et yous, criblés citoyens de dettes & de crimes,
vous que ces fcélérats,
fervent ERF
peloient autrefois petits - blancs , vous qu'ils
comme
fement anjoura'bul.parce qu'ils voyenrquevousetes,
ardeur que infolente dont le foyer eft aul Port-auanéantir ceite faction de ne
revenir que le dernier n'en
Prince 5 jurons tOus
poin: régénérés comme nous >
foi: exterminé. Et yous, criblés citoyens de dettes & de crimes,
vous que ces fcélérats,
fervent ERF
peloient autrefois petits - blancs , vous qu'ils
comme
fement anjoura'bul.parce qu'ils voyenrquevousetes, --- Page 185 ---
fein dela France, > la claffe la
précieufe du peuple :
vous laiflez point aller aux Asicere perfides de ces
mmes corrompus. Tant qu'ils aurcnt befoin de vous, ils
1S carefleront' , & ils tàcheront de vous brifer, comme
inftrument inutile & même dangcreux , quand leurs fores feront réparées; vousappercevrez bientôtq qu'ils n'eurent
ais d'autre but.
1 Nous ne craignons.p pas qu'un foul de nos frèrcs foit allez
he pour ne pas nous imirer 3 plus de repos amis, plus
grace: écrafons cette vermine infcôle qui porte in détolation
que dans nos mornes les plus réculés. Songcons que les
nemis extérieurs nous défendent impérieufement de comnfer avec les agitateurs qui font dans notre fcin, & puons > par la mort , cette terre encore fumante dc crimes.
Suivent fept cent cinquante-tne fignatures.
Saint-Marc, le promier avril 1793.
Pour copie conforme à l'original.
Signé, CHANLATTE, jeune, commandant général.
Celui qui eft bien accoutumé à lire les ouvrages de Sononax , celui
à la proclamation du 21 mars 1793.
tout ce qui FrdA fuivie, ne fera pas fimpris de reconnoitre,
ns cette adreffe, le ftyle de Sonthonax; c'eft lui qui fatifcit les hommes de couleur.
Sonthonax : J'obferve furle matériel de cette pièce > qu'elle
tirée d'une gazetie de Philadelphie, du 4 novembre 1793,
leje ne connois point.
Ciauffon : Elle fort de dellous les Icellés.
Th. Miller' : Voilà le paraphe du commiffaire de la comiflion,
Sonthonax: Vous voulez qu'on regarde comme authentique
le gazette faite à Philadciphie le 4 novembre 1793, plus de
(mois après l'événement; cela n'eft pas propolable,
Duny : Elle eft fous les fcellés du général Galbaud, &
tique je chercherai'g quelqu'aure piècc, car c'eit un travail
Elle fort de dellous les Icellés.
Th. Miller' : Voilà le paraphe du commiffaire de la comiflion,
Sonthonax: Vous voulez qu'on regarde comme authentique
le gazette faite à Philadciphie le 4 novembre 1793, plus de
(mois après l'événement; cela n'eft pas propolable,
Duny : Elle eft fous les fcellés du général Galbaud, &
tique je chercherai'g quelqu'aure piècc, car c'eit un travail --- Page 186 ---
de chercher dans dix-fept liaffes, je la mettrai fur
Rcrcde
Sonthonax : C'elE ce que je demande, il faut que ja
connoifance de ceite pièce.
douze
dans les : archives
Clauffon : Il y a eu
exemplaires publiés au Por
ils font, imprimés dans les papiers pablics
au-Prince, au Cap, à Saint Marc.
Daubonneau: : Je fouriens que le citoyen Sonthonax conno
cette lettre.
2K1
Clasffon : C'eft lui qui la faite.
Daubonneau: : Je ne dis pas qui l'a faite, mais je foutier
que le citoyen Sonthonax la connoilfeit.
Sonthonax : C'eft la première fois que j'ai n'en connoiffan vois P
d'une adrefle revècue de 751 fignatures; ici je
une feule de relarée.
Smnac: Vous ériez encore à Sainr-Marc quand cette adrel
arriva au Port-au-Prince, & vous en avez eu connorfiance
elle a précédé de quelques jours Yarrivée de votre procl
mation du 21 mars.
Sunthonax:Vous' ditesque cette lettre eft du 9 avril.
Claufion : Je dis que je lis la copie.
Sonthonax : Elie - ne peur pasi avoir précédé ma procl
del neuf à dix jours..
mation, puifqu'elle'elt poltérieure
Daubonneau : Elle left arrivée le mème jour.
Senac : Votre' proclametion du 21 mars n'eft pas arrive
auflirôt L
fa date; vous vouliez en charger la députation
Porcan-Prince,, qui in'a pas vouiu la prendre, parce qu'el
favoit bien qu'elie feroit fort mal reçue.
L'adreffe de Chanlatre &c la proclamation du 21 ma
arrivèrent prefqu'enfembles cettea adrelie & cette proclaratic
arrivées enfenble déterminérent les habirans du Port-au
Prince à fe réunir eil allemblée de commnune pour préten
les malheurs qui les menaçoient.
Claufon:1 Il faut qu'ily ait de la bonne foi, &c Sonthona
el
favoit bien qu'elie feroit fort mal reçue.
L'adreffe de Chanlatre &c la proclamation du 21 ma
arrivèrent prefqu'enfembles cettea adrelie & cette proclaratic
arrivées enfenble déterminérent les habirans du Port-au
Prince à fe réunir eil allemblée de commnune pour préten
les malheurs qui les menaçoient.
Claufon:1 Il faut qu'ily ait de la bonne foi, &c Sonthona --- Page 187 ---
13;
en met point : il prétend que nous avons dit que cette
tretle eft du premier avril 17935 par conféquent qu'elle
oit poftérieure à fal proclamation; ce n'elt ni ce que j'ai
oulu dire ni ce quejai dir. J'ai lu : pour copiè contorme, dit
Saint- Marc, le premier avril 1793 2 mais je n'ai pas
nous
les
- quelle date étoit cette adrefle;
prouverons Sonthonax par
urnaux où elle eft conignée, des journaux que la date de
er pourra pas déiavouer, par ces journaux que date de
ette adrefle eft poftérieure ou coincidente avec la
proclamation du 21 mars.
Sonthonax : Cette adreffe ne me regarde pas,, ainfi elle ne
eut rien à l'inculpation dirigée contie moi. Le prerendu
idacteur .
Le préfident : C'efk le fond de la queftion, tu difcuteras
ea dai.s ta défenfe.
Sonthonax : Je dois dire que je ne puis pas reconnoitre
1 éctit non figné & imprimé à Philadelphie long - temps
près l'événement.
Clauffon : Citoyens, cette adreffe étoit bien faite
les habitans du Port - au - Prince à
POus
ngager
reponffer
ommes qui, comme je vous l'ai dit, s'étoient hautement
léclarés les allaflins dés habirans du Port-au - Prince. La
ille du Portraa-Prince confentit à recevoir le général, la
roupede ligne, & elle refufa de recevoir le refte de la troupes
Jors l'armée toute entière fe reuta : c'eft alors que fe fit le
ignal du vailleau, PAmérica, & c'eft le 12 avril, à9 heures
lu matin , que trois volées des batteries de PAmérica fonlirent fur la. ville; c'eit fur le pavillon nanonal, fur le pavillon tricolor, c'eft fur des habirans qui n'avoient pas celle
le chérir la mere-parrie, qui én donoient chaque jour des
preuves, , que Polverel & Sonthonax commirent une hoftiliré
fr révoltante. Trois volées furent tirées fur la ville avant que
les forts euffent ripofté; mais après les trois volées la ville
fe mir en devoir de répondre au feu de L'América & des
autres frégates qui tiroient à toures volées : le feu dura à-peuprès S heures, & nous aurons foin de proaver
pendant
ce temps Sonthonax & Polverel étoient caclés 4 fond de
cale, car les affatlins font toujours làches.
fr révoltante. Trois volées furent tirées fur la ville avant que
les forts euffent ripofté; mais après les trois volées la ville
fe mir en devoir de répondre au feu de L'América & des
autres frégates qui tiroient à toures volées : le feu dura à-peuprès S heures, & nous aurons foin de proaver
pendant
ce temps Sonthonax & Polverel étoient caclés 4 fond de
cale, car les affatlins font toujours làches. --- Page 188 ---
Lc préfdent : A l'ordre.
Clauffoa: Le combat dura 8 heures : un événement mal
heureux arrivé au fort principal, qui ditigeoit fon feu fu
PAmirica, pour réfifter à T'opprellion, fit ceffer le feu. Le
femmes, les enfans, les vieillards, fe préfentèrent au bor
de la mer, fe tranfportèrent fur les quais pour faifoient exciter tire de
fentimens de pitiés fur cependant les forts les qui commilfaires fe défendoient que fur 1
à toute volée fans tant
aux réclamations du commerce : tou
ville entière,
égard étoient traverfés de bonlets de canons
les dépôts les maifons publics étoient dévaftées par les boulets qui pai
toutes toient de PAmérica, la Fine, & la Précieufe. A 4 heure
après midi le feu ceffa; on s'attendoit à le voil recommence
lclendemain; mais la villeavoiteacore envoyédes médiateur
auprès du commilfaire civil: enfin, on confentit enfans à recevoi & le
l'armée pour ne pas expofer les femmes, les d'environ mill
vieillards : l'armée de Lalalle, compolée à fix heures du foir
hommes, entra en ville le 13. avril,
del
mais, avant d'entrer, une partie des citoyens menaeés la fuite, N C
profcription
Polverel & Sonthonax, prirent
le
évizerent par I les dangers dont Polvere! & Sonthonax
avoient menacés. L'armée entrée S 'empara de tous les forts
& le lendemain matin Polverel & Sonthonax, au dans bruit la d'un ville
falve d'artillerie, firent leur entrée triomphante
leurs ficaites fe mirent en Fatrouille &c arrêrèrent indif
tinétement tous les blancs; tous ceux qui portoient la figur c'el
blanche font incascérés ou embarqués arbitrairement :
ici, citoyens, que (e placent dans les naturellement débats
les déportation & qui on
dont nous avons la canonnade parlé
dans la féance antérieurs, du premier Horéa
été renvoyésa
I
Le préfidene : N'avez-vous plus de faits ma:ériels fur
canonnade du Por-au-Prince à expliquers il feroit revinilie defirabl
que vous difliez d'abord tous ces faits, & que vous te
après aux déportations , qui ne font quun incident
Claulfon : Je ne crois plus en avoir; ce feroit aiors Sonthona réferv
laréplique. Dansla féance du premier foréal
Pit a
: c Je déclare n'avoir embarqué netifié. pour Il a France dit aucu : j
blanc que l'ordre ne lui ait été
n'ai déporté aucun plus d
n'ai déporté ni Senac ni Claulfon; je
abord tous ces faits, & que vous te
après aux déportations , qui ne font quun incident
Claulfon : Je ne crois plus en avoir; ce feroit aiors Sonthona réferv
laréplique. Dansla féance du premier foréal
Pit a
: c Je déclare n'avoir embarqué netifié. pour Il a France dit aucu : j
blanc que l'ordre ne lui ait été
n'ai déporté aucun plus d
n'ai déporté ni Senac ni Claulfon; je --- Page 189 ---
18;
ux
ont été à bord du vaiffeau le Scint - Honoré, ni
icun e ceux dont on vous a fait l'énumération; ces hommes, Port-au-
-il, ont été arrérés par fuite de bâtimens la canonnade de l'Etar du dans la
rince; ils ont été mis fur des fous la conduite de Galbaud
de du Cap, ils font partis
lant à la Nouvelle Angleterres & certes je n'avois pas
onné l'ordre de leur déportation, car il y avoir une tiré pro- à
edure' à intenter contre ces hommes qui avoient
bulers rouges fur les bâtimens de la République; cette arvés proédure.n'a pu ètre inftruite à caufe des événemens
a Cap le 20 juin & jours fuivans >, C'eft par fes D'abord, pièces
ue je vais convaincre Senthonax de contradidtion. Port-au-l Prince
bus les embarquemens qui fe font faits au
e devoient pas empéchier Sonthonax d'inflruire les procédit-il, avoient tiré iur les
ures contre des hommes qui, étoient
ilfalloir,
àtimens de l'Etat; f ces hommes reftés dans coupables, la rade du Portendant l'intervalle qu'ils font
leurs
& ceru-Prince, commencer à infruire
procédures,
inement ce n'eft pas le déparc de la Aorte, qui a eu lieu
eux mois après au Cap, qui pouvoit empécher d'inftruire
procédure. Is'agit de favoir à préfent fi Sonthonax n'a
as donné l'ordre des déportarions, ainfi qu'il l'a avancé; je
ais vous donner ledture de différenres pièces qui conftatent
es ordres.
a voulu, dans le
Je vous rappelle que Sonthonax, quandil
ours des débats, vous parler des déportations, & que nous
ommes convenus de les renvoyer à ia fuite de la canonnade
u Port-au-Prince, j'avois annoncé l'exiftence de ces liftes;
Rectivemenr,Jen ai trouvé plutieurs, mais ilyenabeaucoup 1
lautres; fi la commiflion pouveir en douter, un grand
tombre de déportés font ici; elle pourroit s'en convaincre
n faifant des recherches dans les papiers qui font à la
commillion, dans ceux quifont chez le contre-amiral Cercey,
oit à la commilion de marine & des colonies où les déportés recevoient les fecours qui leur etoient accordés par
a nation. Je prie la commiflion de vouloir bien s'artacher
ux dates, afin de mieux juger des contradicions de Sonhonax, quand il dit qu'il n'a pas donné d'ordres de déporations.
elle pourroit s'en convaincre
n faifant des recherches dans les papiers qui font à la
commillion, dans ceux quifont chez le contre-amiral Cercey,
oit à la commilion de marine & des colonies où les déportés recevoient les fecours qui leur etoient accordés par
a nation. Je prie la commiflion de vouloir bien s'artacher
ux dates, afin de mieux juger des contradicions de Sonhonax, quand il dit qu'il n'a pas donné d'ordres de déporations. --- Page 190 ---
(Il lit ces ordres & les noms ).
AU NOM DE LA REPUBLIQUE.
Commiffion civile.
Polverel &
Sonthonax
ec
Nous, Érienne
Léger-Félicité
çommiffaires civils, &c.;
au
commandant le vaiffed
>5 Ordonnons PEolé citoyen & Cercey, la ftation du Por-nu-Prinee,
de la République bord les dénommés ci-deffous, de les réparti
recevoir à fon vaifleaux de la
deffinés à re
fur les différens
& de donner République les ordres les plus rigou
tourner en France, d'eux ne puifle defcendre à terre tan
reux lefdits pour qu'aucun bàtimens feront dans quelque port de la colonie
que
37 (Suivent les noms).
le
avril
l'an II d
>> Fait au Porc-au-Prince, 19
1793,
la République françaife 37,
Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Far les commiffaires nationaux civils de la République
Signés O. F.1 DELPECH, fecrétaire de la commifion civile
AU NOM DE LA'RÉPUBLIQUE
Comimifion ciyile.
Polverel & Léger-Félicité Sonthonax
c Nous, Etienne civils de la République délégués aux fles fran
commiffaires çaifes de l'Amérique fous le vent pour y rérablir l'ordre &
la tranquillité publique 5
les ci-après nommés, détenus dansles
>> Ordonnons
feront transferés fur-ie-champ a
prifons du ReEeRd
être
bord du navire le Saint-Honoré, pour y
pareillement
ia --- Page 191 ---
tenus, &c portés en France fous bonne & sûre garde, &
us la retponfabilité du commandant du convoi
>> Savoir:
>) (Suivent. les noms. ).
>2 Chargeons. .le commandant de la place de mettre le
éfent. ordre à exécution.
s - Fair au Port-au-Prince, le 30 avril 1793, l'an Ier. de
République >>.
Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Par les commiffaires civils de la Répablique.
Sigie, O. F. DELrectr, fecritaire de la commiffion ciyile.
AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE
Commifion civile.
e" Nous, brienne Polverel & Léger-Félicité Sonthonax,
emilfaires civils, &c.;
>> Ordonnons que... (fuivent les noms), feront conduits
es prifons de cetfe ville à bord du navife le Saint-Honoré
our écre portés en France fousbenne & sire garde & fous
1. refponfabilite du commandant du convoi; 5
>> Chargeons le contre-ainiral Cercey, commandant de la
ade, & le lientenanrcolonsl Desfoumnaux > commandant de
a place, de lexecution du préfen: ordre, chacun en ce qui
es concerne.
>> Fait au Port-au-Prince, le 30 avril 1793, l'an Ier de
a République >.
Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Par les commilfaires civils de la République.
Signé, Fr. Foryunits/aritdire adjoint de lucom-rifion.
ercey, commandant de la
ade, & le lientenanrcolonsl Desfoumnaux > commandant de
a place, de lexecution du préfen: ordre, chacun en ce qui
es concerne.
>> Fait au Port-au-Prince, le 30 avril 1793, l'an Ier de
a République >.
Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
Par les commilfaires civils de la République.
Signé, Fr. Foryunits/aritdire adjoint de lucom-rifion. --- Page 192 ---
AU NOM DE L. A RÉPUBLIQUE
Commilfion civile.
Polwerel & Léger-Félicité Sonthonax
cc Nous, Erienne
commiffaires civils de la République, &cc.;,
Bertrand &
feront embarque
3> Ordonnons
bâtimens de Dupeux Erat
leur indiquee
à bord de Yun 2
que
le commandant du convoi pour être employés comme ma
Vion, &cc., &c. (fuivent les noms)
telots: : que Maublane, à bord du navire le Saint - Honoré de Nant
feront embarqués
pour ètre conduits en France: :
commandant du convoi de recevoir à fo
92 Ordonnons au
être
comme il e
bord Bertrand & Dupeux pour de la employés de faire mettr
dit ci-dellis, & au commandant
place
à exécution le préfent ordre.
le
mai
l'an Ier d
33 Fait au Port-au-Prince, premier
1793>
la République 32,
Signé, POLVEREL & SONTHONAX.,
Par les commiffaires civils de la République.
Signé, 0.F.Datstem./arcéal re de la commiffion.
des citayens embarqués au Port-au-Prinses à bord de
Lifte' la Rocte de la République françaife la Normaade, par ordre
des commilfaires ciyils Sonthonax & Polyerel.
S A V O I R:
Suivent les noms.
iénommés ci-deffas éroient en partie foldars
Les citoyens
d'Artais, Normandie & Provence,
des ci-devant régimens
troupe
.Datstem./arcéal re de la commiffion.
des citayens embarqués au Port-au-Prinses à bord de
Lifte' la Rocte de la République françaife la Normaade, par ordre
des commilfaires ciyils Sonthonax & Polyerel.
S A V O I R:
Suivent les noms.
iénommés ci-deffas éroient en partie foldars
Les citoyens
d'Artais, Normandie & Provence,
des ci-devant régimens
troupe --- Page 193 ---
troupe foldée de Saint-Domingue, & habitans de ladite
colonie.
Fait à bord de la Aite de la République françaife la
Normande, ce IS juiller, t 1793.
MAISTRAL, capitaine commandant; PRENTOUT, eficier
chargé du détail.
Lc préfident : Ne fuffiroit-ii pas de compter les noms,
fans les lire?
n.
Duny : Les noms font eflentiels; il faur prouver que 7 -
ce font des cordonniers, des tailleurs, des marchands, qui
correlpondoient avec les princes d'Iralie.
Le préfident : Cela eft entendu.
Ciaufon: En voilà une du 19 avril, deux du 30;
a eu 8; perfonnes fur la première du 39, 34 fur celle
2:
19,
fur une autre du 30 avril.
Thomas Millet : En voila une du, déporté nommé Rebur,
négociant, qui eft la dans les anti-chambres.
Clauffonst rO fur celle : du premier mai
fur
celle du rjuiller, conlignée dans un extrait 1793, da journal 43 de
la flute la Normande. Voilà une très-foible partie des
tations conignées dans les liftes dont je C vous ai dépor- donné
lecture en fubftance. Il eft encore beaucoup d'autres liftes
que vous pouvez vérifier, & qui font dans les archives dè
la commitlion, ou chez le contre-amiral Cerfey; &
dant Sonthonax, avec fon ingénuité ordinaire, a. dit ccpenn'avoit déporté perfonne; car ce font fes propres expretlions qu'ii
que je tranferis littéralement, & dont il s'eft fervi dans la
féance du premier fioréal. Quelle devoit être la terreur dans
toutesles parries dela colonie, en voyant cette conduire de Sonthonax, quoiguapresleur proclamation du 21
àvoit que quelques faétieux qu'ils avoie nt refufé narsi79s.iln'y de nommer!
& voila des malles énormes de ciroyens qu'ils dépor: ent
après leur entrée aul Port-au-Prince, fans. compter ceux
qu'as déporrèrent après le départ de ceux que je viens da
Tome VII. Seisante-fopcieme liyraifon,
N
dela colonie, en voyant cette conduire de Sonthonax, quoiguapresleur proclamation du 21
àvoit que quelques faétieux qu'ils avoie nt refufé narsi79s.iln'y de nommer!
& voila des malles énormes de ciroyens qu'ils dépor: ent
après leur entrée aul Port-au-Prince, fans. compter ceux
qu'as déporrèrent après le départ de ceux que je viens da
Tome VII. Seisante-fopcieme liyraifon,
N --- Page 194 ---
190. déporté ni Sénac ni moi; il
déligner. Il a diclaré n'avoir été déporté, il eft parvenu
eit vrai que Senac na recherches point foigneufes que Sonthonax
à fe fouftraire aux faires chez lui; il vous expliquera cela.
& Polvetel ont n'ai pas été déporté par un 4 ordre en
Quant' à moi je
arbitrairement par un ordre de
forme, mais embarque -& déporté enfin par la frégate de
Polverel & Sonthonax, ; la preuve eft là; figné, Maiftral,
la république la Normands; officier chargé du détail. Vous devez à
capitaine; Prentout, citoyens, que lorfqu'on a reproché
aveir rémarqué,
déporié les ptincipaux auteurs
Sonthonax de n'avoir pas ila dit : c quil ne pouvoit pas
des, troubles de la colonie,
>, Il a même dit
déporter fans preuves en formes du Capls légales il an dit : c qu'il
plus, à li fociété populire humaine qui pûr forcer- un
>> n'y avoir pas de puillance
iin citoyen pailible, fans
3> commiflaire civil à embarquer de la diverfité d'opinion 2, On
*2, preuve, fous prétexte quels étoient les crimes de avoir ceux
lai demande anjourfhui
: 6 c'étoit
qwil a embarqués au Porr-au-Prince: fur les vailleaux de T'Erat, ROt avoit
tiré, à. boulets rouges inftruire une procédure contre les préle temps de faire délits, de cette prétendue infurrection
tendus anteurs de ces
du fait de Sonthonax 5 t ou s'il
qui na jamais été que à inftruire, & que ces hommes
n'y.avoit pas de procedure
en France, il falloit fuivre
duffent feulement être envoyés
arbitrairement. Sonles formes, & non pas les embarquer
un des agens
dit: Chuffon étoit un confpirateur,
eft
thonax a
a éclaté au Por-aePrince; Claulfon
de la révolte qui
tité à boulers rouges fur lcs vailleaux
un de ceux qui ont commis des délits aulli graves, certaine- crimide l'Etat. devois Si javois ètre fous le coup d'une inftruction être envové en
ment je
; ou fi je devois
les icellés
nelle an Port-au-Prince falloit expédier un ordre en formes
France, il
chez moi; Sonthonax ne devoit pas
devoient être appofes ordre Sembarquement. Vous voyez
fe contenter d'un fimple
occupé à incarcérer
Sonthonax arrivé au Porc-au-Prince, à bord des bâtimens de l'Erat,
fans diftinstion; déporter Vous voyez des citoyens réclamant
transformés en baftilles.
des délits dont ils font
leur liberté, ou la connoifance tout; lorfque ces malheureules
acculés. Vous ne favez pas
ax ne devoit pas
devoient être appofes ordre Sembarquement. Vous voyez
fe contenter d'un fimple
occupé à incarcérer
Sonthonax arrivé au Porc-au-Prince, à bord des bâtimens de l'Erat,
fans diftinstion; déporter Vous voyez des citoyens réclamant
transformés en baftilles.
des délits dont ils font
leur liberté, ou la connoifance tout; lorfque ces malheureules
acculés. Vous ne favez pas --- Page 195 ---
victimes arrèrées, ou embarquées à bord des bitimens de
FEtat, réclamoient juftice ou connoillance des crimes dont
Sonthonaxles accufoit, ils étoient impitoyablement repoulfes;
on fe tran(portoit chez eux, on ne leur laiffoit rien emporter : leurs femmes étoient infultées quand elles alloient
la liberté de leurs frèrcs,
au gouvernement pour réclamer de leurs amis,
ces
de leurs époux, de leurs parens,
après
arreftations. .
Sonthonax : Je demande qu'il nomme une fcule femme
qui ait été infultée au gouvernement, loriqu'elles y venoient
folliciter.
Daubonnear. : Ma foeur a été traitée horriblement.
Verneuil : Ma femme aufli.
Clauffon : La mienne arfi. Vous avez eu lieu de remarquer la contradiction manifefte dans laquelle eft tombée*
Sonthonax, relativement aux ordres de déporter les citovens
dont les noms font confignés dans les liftes: que je vous
indique & dépofées à la commiflion des colonies ; vous avez
dû remarquer fes contradiétions quand il dit que ces hommes
ont été déportés pour les délits dont ils éroient les auteurs',
c'eft à-dire, pour avoir tiré à boulets rouges fur les batimens de l'Etat. Sonthonax avoit tout le temps, fi ces hommes
en effet étoient coupables des délits dont 1l1 les accufoit, de
les faire juger : s'il ne l'a pas fait, c'eft qu'il vouloit perdre
la colonie, c'eft qu'il vouloit en chafler tous fes véritables
défenfeurs 3 & fi vous faites attention à Telprit.public qui
exiftoir avant la proclamarion du 21 mars, vous aurez remrqué qu'il n'étoit pas un feul Français qui n'ait montré
de l'attachement à la mère-parrie , aux intérèrs de la France,
à la confervation de la mere-patrie , qui n'aic été enfuite
déporté par Sonthonax & Polverel; ce font ceux- là dont
les noms font conlignés dans les liftes dont je vousai donné
la lecture. Qu'eft-il réfulté de ces déportasions 2 Que les
Anglais fe font emparés de la colonie plus facilernent, &
voila. ce que Sonthonax cherchoit; c'étoit par Ces manceuvres
qu'il vouloit faire livrer la colonie aux Anglois; c'eit
ees
nous avons été forcés de fuir à
P
mancavres que
N:
font ceux- là dont
les noms font conlignés dans les liftes dont je vousai donné
la lecture. Qu'eft-il réfulté de ces déportasions 2 Que les
Anglais fe font emparés de la colonie plus facilernent, &
voila. ce que Sonthonax cherchoit; c'étoit par Ces manceuvres
qu'il vouloit faire livrer la colonie aux Anglois; c'eit
ees
nous avons été forcés de fuir à
P
mancavres que
N: --- Page 196 ---
Nouvelle-Ansileeme, de nous réfugier.chez un peuple ami;
ceft par fuire de cela que nous avons été deciarés
émigrés.
Verneuil: Ilyairelativemene à ce que Clauffon vient de
dire; dans le regiftie de Sonthonax, tine proclamaricn du
27 décembre 1793; elle vous prouvera que enfans, Sonthonax mais
nou-fenlement perfécuroit les femimes-8 & les
même quil leur a défendu de tranfporterà bord des navires
marchands aucuin paquet, rien de- ce qui pouvoit leur érabli appartenir, à peine d'ètre traduits au tribunal militaire
par Sonthonax.. Je demande. - e
Sonthonas : Jamais il n'y a eu de proclamatien femblable.
Verneuil : Je demande gu'on produife le regiftre. Je
vais le lire ; j'en ai pris une notice ici devant la commiffion
même.
Clauffor : Après ces déportations, le commiflaire livres. dut On
impoler la ville du Port-au-Prince à 450 mille
vous a déja donné leéture de la proclamatien qui débats porte
cette impolirion. Je ne la répère pas. Je renvoie aux
de
où elle eft confignée
vous convaincre du fyftème faire
terreur qui exiftoit à SmiNemeee &. pour vous PAmi de
copnoitre l'efprit de ce rédacteut du journal
l'Egalité. Je vais vous lire un pallage de cei ceft journal, alors
imprimé par Catineau; je l'air déja annoncé :
vous apprécierez quel étoit T'efprit de cet imprimeur.
REEA à l'occalion de la proclamation relative à limpolition
de 450 mille livres.
(Illic:)
Extrait du jounal intitulé TAmi de lEgaliré.
3,
fera au mcins autant d'effet St
ec Cette prociamation les bordées de VAmirica Les commifaires
Domingue que le
des colons
lendroit le
civils ont attaqué patrioufme
d'avance. par
plus fealible. Nous fommcs' perfuadés
qu'elle
à l'occalion de la proclamation relative à limpolition
de 450 mille livres.
(Illic:)
Extrait du jounal intitulé TAmi de lEgaliré.
3,
fera au mcins autant d'effet St
ec Cette prociamation les bordées de VAmirica Les commifaires
Domingue que le
des colons
lendroit le
civils ont attaqué patrioufme
d'avance. par
plus fealible. Nous fommcs' perfuadés
qu'elle --- Page 197 ---
almera beaucoup certaing quartiers exaltés, qui auroient
u l'envie de faire la petire guerre avec la République.
Ne vous verrai-je jamais vcus former un efprit public, >
vous ranger auiour des organes de la loi, ne plus adorer
l'idoles & goiier enfin le bonheur dû à tout citoyen
pailible , qui s'occupe de fon état en refpectant les lois 2
,
a eu conftamment la fureur de
e Por-au-Prince
lui feul que le refte de la
roitre
P",
plus patriote
LE
era-t-il toujours le premier à violer les droits de l'homme 2
Snrravera-t-il roujours la liberté de la prefie pour ne la
aire gémir que du récit du crime des factions :.
Sachez donc , citoyens aveugles 2 que fivous n'eulliez
de F'Ami de
ni
PHas
brifé les planches
lEgalité,
pourfuivi
imprimeur avec acharnement > vous vous fulliez l'homme épargné
bien des maux 5 car il fe préparoir à démafquer & l foule d'inperfide que vous encenficz fecrérement, >
Mais, foit
trigans (ubalternes qui lui fervoit de piédeftal.
efpoir chimérique vous égaràt encore, foit lâcheté,
quun foit foiblelle, vous avez voulu effayer de grands moyens; ;
vous avez cru que des mandataires de la Republique qui
n'avoient combattu jufque-la VOS prejugés & votre mauvaife foi qu'avec les armes de la morale, n'ofercient févir leur
vigoateafmenc, & employer les forces qui fonr en
difpolition pour vous réduire..
Eh bien! vous voilà
farisfaits; ; vous favez à quoi vous en tenir..
Trois mille
cinq cents boulets de tous calibres vous ont inoculé l'amour dû
de la République, la foumitlion à fes lois & le refpect
à fes délégués. Oh! ! je conviens qu'on deviendroit aufli la patriote, ville du
& même républicain, à meilleur compte;
Port-au-Prince pofsede-t-elle ces deux vertus au fuprème
degré; & tout iroit le mieux du monde fans la proclamation fuivante
dérange un
l'économie des capiraliftes &
de
aomns.l : argumens at mmopaliné.qujulge
là s'étoit piquée d'ètre bonne logicienne >),
Vous voyez que ce journalifte annonce que fi l'on & brifé n'avoit fes
pas pourfuivi le journalifte , I'Ami de l'Egalité, acharnement on fe
planches, ni pourfuivi fon auteur avec
> du 2i
feroit épargné bien des maux > que la proclamation
Tome Vil. Soixante-feptizme liyraijon.
N;
at mmopaliné.qujulge
là s'étoit piquée d'ètre bonne logicienne >),
Vous voyez que ce journalifte annonce que fi l'on & brifé n'avoit fes
pas pourfuivi le journalifte , I'Ami de l'Egalité, acharnement on fe
planches, ni pourfuivi fon auteur avec
> du 2i
feroit épargné bien des maux > que la proclamation
Tome Vil. Soixante-feptizme liyraijon.
N; --- Page 198 ---
mars n'auroit pas été fuivi d'effets auffi terribles. Voici ce
que ce rédaéteur dit dans un endroit quatre jours après le
départ des déportés.
cLe convoi eft parti du Port-au-Prince le 2 du préfent :
les commiffaires civils font paffer à la citoyenne veuve
Guillotine quelques recouvreinens dont ils s'étoient chargés
en partant de France. Ilsefpèrent s par première démarches occafion,
lui faire parvenir le réfulrar de leurs peines &
dans bien de petits quartiers qui ne font point infolvables, relaQui, diable, eût imaginé que cette veuve étoit en
tion avec Saint-Domingue : On dit pourtant qu'elle a heu- une
bonne partie de fa fortune éparpillée dans ce pays-ci; fondés
reufement fes intérêts font en bonnes mains, , & les
de fa procuration viennent,, par des petits arrangemens à
famiable, de prévenir une banqueroute générale.
>> Puiffe cette remife précieufe arriver à bon port wIJai
donc eu raifon de dire, citoyens, qu'ily avoit un fyfême
de terreur & de fang bien érabli à Saint-Domingue 5 que
Polverel & Sonthonax jouoient dans cette colonie le même
rôle que Robefpierre en France.
Voilà pourtant ce que Sonthonax appeloit purifier lefprit
public; voilà ce guil appelie T'eflimable auteur du Jouinal
de l'Egalité, qui faifoit T'éloge du vandalifime de Polverel
& de Sonthonax, qui difoit qu'on faifoit paller à la veuve.
Guillotine des recouvremens, c'eft-à-dire, qu'on enlevoit à'
Saint-Domingue des victimes deftinées à être envoyées en
France & trainées à léchefaud.
Lorfque je vous ai parlé des déportations, point de doure
que ces déportations ne coincidaflent avec. les fentimens de
Polverel & de Sonthonax, & dont parle le journalifte Catineau dans fon No, du 5 mai 1793 : ainfi point de doute
qu'en attaquant la ville du Port-au-Prince, Polverel &
Sonthonax n'euffenrenvue de venger Catineau, & de plonger
la colonie dans un dédale de maux dont elle n'a pu fe tirer
parla fuire.
Le préfdlent : Pour régler la difcuflion dans la féance
prochaine fur une demande à faire aux cclons, cragez-vous
dont parle le journalifte Catineau dans fon No, du 5 mai 1793 : ainfi point de doute
qu'en attaquant la ville du Port-au-Prince, Polverel &
Sonthonax n'euffenrenvue de venger Catineau, & de plonger
la colonie dans un dédale de maux dont elle n'a pu fe tirer
parla fuire.
Le préfdlent : Pour régler la difcuflion dans la féance
prochaine fur une demande à faire aux cclons, cragez-vous --- Page 199 ---
ju'il foit nécelfaire de traiter de fuite les deux articles de
chef d'accufntion, quoique les lieux & les dates qui en
l'objet foient
les uns des autres
:
éloignés
:
Clasfon : Non, non. Sonthonax peut répondre demain,
parce que les temps & les lieux font éloignés; ainfi il y
aura plus de netteté,
Le préfidne: : Sonthonax aura la parole demain, ,, à moins
ju'il ne demande un ajournement.
Sonthonax : Je demande d'abord deux jours fixes
pour cenfulter mes pièces ; elles font très-nombreufes.
Sénac : Vous avez entendu dire à Sonthonax que les colons
lancs ne vGu. oient point d egulité avec les hommes de couleur
L exécuter la loi du avril. Vous l'avez entendu dire:
Suisje accufé
les deatin habitans de Saint-Domingue?
es homm.s Ird couleur, kes rayalifes feuls maccufest. Les
ièces poftérieurement écrites par les hommes de couleur,
vec ce qu'ils ont écrit dans le temps ou Sonthonax les
anatifoit & les excitoit à la guerre civile contre les blancs;
es pièces prouvent. . .
Sonthonax : Ces pièces font abfolument étrangères au
ort-au-Prince, puilqu'elles font de fix mois poftérieures à
êtte affaire ; je demande qu'elles foient renvoyées au chef
accufation où l'on indique qui a livré la colonie à l'Anleterre.
Clanfon : Il ya des pièces qui font faites pour être
daptees à ce chef d'accufation 5 mais je donne ici
cture d'une pièce qui doit faire connoitre à la commilion
- au public qui lit les débats, quel éroit l'efprit des
ommes de couleur que Sonthonax appelle les véritables
abitans de Saint- Domingue.
Lepréfdenc: En effet, cecine regarde pas la canonnade du
ort-au-Prince.
Th. Millet : J'ai une cbferva:ion à faire. Voilà des
ai viennent d'être lues & dont Sonthonax a demandé pièces
mmunication, c'eft très-jufte; mais je demande que pour
les-la, qui ne font pas à nous, > elle ordonne egale-
l'efprit des
ommes de couleur que Sonthonax appelle les véritables
abitans de Saint- Domingue.
Lepréfdenc: En effet, cecine regarde pas la canonnade du
ort-au-Prince.
Th. Millet : J'ai une cbferva:ion à faire. Voilà des
ai viennent d'être lues & dont Sonthonax a demandé pièces
mmunication, c'eft très-jufte; mais je demande que pour
les-la, qui ne font pas à nous, > elle ordonne egale- --- Page 200 ---
Ces' pièces font extraites du porte-feuille
ment le paraphe. Cercy : elles lui appartiemnent.
du contre-amiral
ordonne que toutes les
Le préfident : La commiffion , & qui ne. lont pas tirées des
pièces lues en cette féance, feront paraphées dans les formes
archives de la commifion,
ordinaires.
à dire. Sonthonax a fait un
Sénac : Je n'ai qu'un mot
de n'avoir pas voulu
très-grand reproche au Port-au-Prince les hommes de couleur de la pro
recevoir dans fon Voilà fein une des pièces qui va encore juftifier
vince de I'Oueft.
dans fon refus. Cette
la cunduite du Port-a au-Prince
pitce précède la canonnade.
A (Illit:)
de couleur de la Croix
Copie d'une lettre des chefs des gens de PArtibonicte.
des-Bouguets à ceux du quartier
de tous côtés nos frère
>9 Amis, la patrie eft défenle en danger; de leurs droits méprifes, &
armés marchent à ia la foi des traités violés; iln'ya pas un inftan
àla vengeance de
diffère ou balance à marcher dans C
à perdre : quiconque titre, fufpect, coupable deerimedelefe fe
moment, efl.atropiute déclaré traitre à la patrie, > indigne de vivre, contem
nation,
& fon nom voué à l'exécration
biens confifqués,
poraine & future.
du Port-au-Prince
chers amis, vers le fiège
99 Volons,
vengeurs du parjure
plongeons nos bras dans enfanglantés, le fein de ces monftres d'Europe
de la perfidie >
nous avons fervi de jouets à fleur
aflez & trop long-temps manceuvres infidieufes; allez & troj
pallions & à leurs
fous un joug de fer.
long-temps nous gémiffons
enfeveliffons avec eux jufqu'au
* Détruifons nos tyrans,
arrachons > jufqu'
moindres veftiges de notre ignominie; cet arbre du préjugé, Engage
fes racines les plus profondes,
inenacez, en
les uns, intimidez les autres; les citoyens promettez, blancs & vertueux
trainez dans votre marche
& troj
pallions & à leurs
fous un joug de fer.
long-temps nous gémiffons
enfeveliffons avec eux jufqu'au
* Détruifons nos tyrans,
arrachons > jufqu'
moindres veftiges de notre ignominie; cet arbre du préjugé, Engage
fes racines les plus profondes,
inenacez, en
les uns, intimidez les autres; les citoyens promettez, blancs & vertueux
trainez dans votre marche --- Page 201 ---
ais fur-tout, chers amis, union, courage &! célérité;
enez armes & bagages, canons, munitions de guerre &
bouches & venez de fuite vous ralliér fous itendard
mmun; c'eft là que nous devons tous périr ou venger
eLL, la nature, la loi ethumanités long-temps oucragés
ns CC6 climats d'horreur.
39 Signé, P.PISCIINAT. préfdent; BEAUVAIS, comman11 général de l'armée; A. C. RIGAUD, colonel; DAGNIN,
jor-genérals CHANLATTE, fils, major-géneral du Boucafin;
AUDRY, major-générel ; AUGUSTIN Duaas capitainé 5
LLENEEVE, colonel; 8cc.
1 Pour copie conforme,
3 Signé, CHANLATTE, jeune, capitaine général; SAVART,
Rident ; BAPTISTE DuneURr, fecrécaire ; RIVIÈRE,
DREL, capitaine; LAVERGNE, capitaine.
Pour copie conforme.,
92 Signés BoREL s,
Senac : Comme votis royez, citoyens, la défenfe, la
ftance apportée par la mumnicipalité du Port-au-Prince;
ir ne pas recevoi: dans fon iein tous les hommes de
leur de l'armée compofée paf Polverel & Sonthonax 3
it un jnfe fondement précédemment à la proclamation
21 mars. Les hommes de couleur vouloient exterminer
S les habitans blancs du Parcau-Prince, après la
nation du 21 mars. Chanlate écrivoit encore qu'il altase
ifier par la mort la vermine infecte qui réfidoit au
t-au-Prince, Si le Port-au-Prince admettoit les hommes
couleur, il éroit évident que la guerre civile y auroir
té, parce que tous les habitans du Port-au-Prince ne
loiest pas fouffrir les vexations que les hommes de
leur fe difpofoient à leur faire endurer 5 ainfi, f le
t-au- -Prince a demandé que les hemmes de couleur
aflent dans la ville, pouryu qu'ils frffent en fa dépon-
qui réfidoit au
t-au-Prince, Si le Port-au-Prince admettoit les hommes
couleur, il éroit évident que la guerre civile y auroir
té, parce que tous les habitans du Port-au-Prince ne
loiest pas fouffrir les vexations que les hommes de
leur fe difpofoient à leur faire endurer 5 ainfi, f le
t-au- -Prince a demandé que les hemmes de couleur
aflent dans la ville, pouryu qu'ils frffent en fa dépon- --- Page 202 ---
darce, il a bien fait auffi, d'un autre côté, de refufer de TOu
les hommes de couleur de la province
tous
dans la ville, parce que le malfacre
pulfent blancs avoit entrer été arrèté.
J'obferve fur le matériel de la pièce, qui
Sonthonax :
à tous les ten
eft fans date, qu'elle peut la s'appliquer ce n'eft pas to
felon l'intérêt de ceux qui produilent; du faux: vo
c'eft qu'elle
évidemment Tempreinte font : Pinchin
eomment je Renge prouve. Les lignataires ; Rigaud , colon
préfident 5 Beauvais > commandant Pinchinat n'étoit pas préfident
Baudry, major-général. efpèce de corps civil ou militaire prèt
n'y avoit aucune
oà nous avons marché cor
Pinchinat, au moment Ce n'eft
tout: Rigaud n'a jam
E Por-au-Prince.
armée, qui ont mat
dans l'une ni dans
Rutte
été, ni
ville. Baudry, major- générall
contre cette
étoit officier municipal rte de la
d'être major- général, les colons l'ont dit ici: c'eft donc une pi
des-Bouquets;
abfolument fauffe.
nationa
Elle porte : Au Port-au-Prince, Au de moment l'imprimerie oà nous av
chex Chedron & Compagnie. Chedron n'y étoit pas; il
marché au Port-an-Prince, nationale dirigée par Chedron
avoit pas d'imprimerie cette pièce eft faulle & faite P
elt donc évident f ef dailleurs fans date; il en
les de même circonftances; de l'adrelle de Chanlatte.
cette pièce n'eft pas fau
Senac: Je vais prouver comme que faite à Saint-Mare, j'ai
je ne l'ai pas annoncée déterminant du Por-an-Prince, pour ne
.que le mouf
de couleur, étoit la condaite que
recevoir les hommes
& c'eft précede
hommes avoient tenue précedemments du confeil d'union te
ment que Pinchinat étoit préfident que Chanlatte étoit C
à Saint-Marc. C'eft couleur précédemment campés à la. Croix-des-Bouque
des hommes.de
T'ai déjà dit. Si la ville du Po
à Bifoton, ainfi
je recevoir les hommes de coule
an-Prince n'a pas
h
les hommes de coul
c'eit parce que d'exterminer précédemment tous los habirans blancs du Pd
avoient juré --- Page 203 ---
Prince; que la ville du Port au-Prince ne voulut pas
recevoir par cette raifon. Au furplus, j'apporterai après
nain la picce offisielle
je viens de lire dans ce
ment, vous y verrez
préfident.
adinal
Lepréfident : Cette pièce fera paraphée fuivant l'ufage.
La féance eft ajournée à feptidi,
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné: J. Pa. GARRAN, préfa; FoucHi (de Nantes), fecrétaire i DABRAY, F. LAN:
ENAS.
, j'apporterai après
nain la picce offisielle
je viens de lire dans ce
ment, vous y verrez
préfident.
adinal
Lepréfident : Cette pièce fera paraphée fuivant l'ufage.
La féance eft ajournée à feptidi,
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné: J. Pa. GARRAN, préfa; FoucHi (de Nantes), fecrétaire i DABRAY, F. LAN:
ENAS. --- Page 204 ---
Séance du 7 melidor, l'an troifème de la République frança
une & undivifible.
.
Latcheieque'Tribaud, Fondeviolle & Fa
L. citoyens
fon: abfens.
débats recueillis dans la féance du
La rédaction des
meflidor eft lue & adoptée.
La lecture de ces débats ayant enrrainé la féance a dema à t
heure avancée,! lepréfident prononce Y'ajournement
La féance eft levée.
PH.
Préfident 5 FoucHé ( de Nantes
J.
MERLINS.
ferétaire;
S:
Du --- Page 205 ---
Du 8 Mefidor, Pan troifieme de la République frangaife
une & instivijible.
ES citoyens Lardhmefquo-Thitaud, Page, Fondeviol.e
Thomas Millet, font abfens.
On lit la rédaétion du procès-verbal de la féance précéente; elle eit adoptée.
S:nac : Je demande la parole pour rectifier un fait connu dans le proces-vertul de la damnière féance. Sonthonex
Jus a anuoncé qu'1 n'avoir jamnis cu connoiffance d'ung
irelle fignée par Toixane-quinze perfonnes sà Saine-Marc; 1
dit qu'il ne pouvoit avoir aticune foi à ia piècé que nots S
ons produite, parce qu'elle avoit é:é imprimée a PhilIphie, Je me fuis offert de. vous rapporter cette pièce; elie
infirée au journal des révclutions de la pariie frangaife
Ssint-Domingue > à la dare du. 18 avril 1792: : ce. jourla été imprime au Cap.par l'arent; & pour vous donnet
Cel riitude que Sonthonax avoit connoilance de certe lettre
des réfexions que Tangwy-iishotusere avoit faites d'après
tte leturs, det que du Pore-cu-Prince, Polvercl & Senonax donnèrent ordre à Laveaux de mettrelen arreftation
trent, pour cela feul qu'ii éroit imprimeur de "anguy,
our cela feul qu'il avoit inférd dans fon journal des révos
tions la lettre don: on vous a donné lecture, Je vais mettre:
us vor'yeuxi l'ordre tigné Polverel 8-Sontionax,
Av N'OM DIE LA RÉPUELIQUE RRANGAISE.
Commifftion civile.
c Nous Etienne-Polverel & Lcger Féliciré Scnthonax
tomillaires civils dela République, délégués aux ifles frauDon. VII. Soixantz-huirilne livraifon.
O
érd dans fon journal des révos
tions la lettre don: on vous a donné lecture, Je vais mettre:
us vor'yeuxi l'ordre tigné Polverel 8-Sontionax,
Av N'OM DIE LA RÉPUELIQUE RRANGAISE.
Commifftion civile.
c Nous Etienne-Polverel & Lcger Féliciré Scnthonax
tomillaires civils dela République, délégués aux ifles frauDon. VII. Soixantz-huirilne livraifon.
O --- Page 206 ---
çaifes de T'Amérique fous le vent, pour y rétablir l'ordre &
la tranquillité publique:
du
Ordonnons que Parent, imptimeur
journal rédig
TT angay-Labosilibie au Cap, fera conduit ésprifons de la
E ville pour y êrre détenu à nos ordres;
fur le
>> Oue les iceliés ferout & demeureront appofés
pitces, papiers 8x effets dépendant de ladite imprimerie
jufqu'à nos ordres ul:érieurs.
de
du Nord
>> Requérons le commandant
la province
de faire exécurer furle-champlep préfent ordre.
>) Donné au Port-au-Prince, lc 10 mai 1793, I'an premic
de la République.
32 Signés POLVEREL & SONTHONAX.
e Parles commilfaires civils de la République.
de la
Signé, Piquenard, fecrétaire-adjoint
commiffic
ciyile.
s Pour copie conforme,
2 Le commandant de la provinc du Nord, E. Laveaux.
Comme vous voyez, citoyens, le IO mai 1793 Polver
& Sonthonax donnèrent l'ordre au Port-an-Prince de mett
Patent en état d'arreftation,
céla feul qu'il étoit in
primeur de Tanguy.
d'envoi.
Vatnne.
(Illalic:)
Extrai: de la lettre écrite par les citayens commifaires civils
la Républigae françaife ail citoyen cominandant de la pr
vince du Nord.
Au Port-au-Prince, le 29 avil 1793, l'an deuziè
de la Répubi-que frunicaile.
A été extrait ce qui fuit:
de votre ordre & en vertit des notre
ec Vous ferez arfeter,
ferez mettre
T'imprimeur de Tanguy (Parent), & vous
ne.
(Illalic:)
Extrai: de la lettre écrite par les citayens commifaires civils
la Républigae françaife ail citoyen cominandant de la pr
vince du Nord.
Au Port-au-Prince, le 29 avil 1793, l'an deuziè
de la Répubi-que frunicaile.
A été extrait ce qui fuit:
de votre ordre & en vertit des notre
ec Vous ferez arfeter,
ferez mettre
T'imprimeur de Tanguy (Parent), & vous --- Page 207 ---
fcellé fur tous fes papiers, fur fes preffes & fes caraétères
par le Senéchal. Vousie ferez mettre àla Géole.
73 Signé, POLVEREL & SONTHONAX.
>> Pour copie conforme,
>> Le commandant de la province du Nord, E. Laveaux. 30
Ces pièces font originales; je les dépofe fur le bureau.
Sonzhoraex:Ce n'eit Fas la peine , je lesa avoue.
Senac : J'étois bien aife de vous donner des
mens pour vous prouver qu'al'époque du IO mai renfeigneavoit connoiflance de cette advelie lignée de
Sonthonax cents
ticuliers, & certifiée Par Chanplate.
fept
parLeprefident : Ces pièces font-elles tirées des archives ?
Duy : Oui, ciroyen,
Y'erneuil: Dans la dernière féance, j'ai annoncé
clamation de Sonthonax, du 14-feptembre
une proqu'elle étoit fur fon regiftre, & jai prié la 1793 : Iai dic
me le faire communiquer; ce regiftre nous Fa commifion de
c'eft dans la leétere quej'en ai faite,
déja été, &
mot l'extrair de ia prociamation. Je quej'aicopié 1éière
mot pour
la commilion, & la prie de vouloir bien crdonner ma demande à
ture de cette prociamation, parce qu'eile eft relative la à lecquia été dit furle Port-au-Prince,
ce
bre Sorthonax: J'obferve qu'une proclamation du 24
1793 ne peut avoir aucun rapport avec la
feptcmdu Port-au-Prince, qui s'eft paile au mois d'àvril canonnade
même année; ainfi clle ne peut ecre uile aux
de la
faire contre moi aucune efpèce de charge,
colons, &
pas relative à la canonnde. De
colons parce quelle n'eft
annoncé ce qu'étoit cette proclamaticn, plue-les qu'elle n'on: pas
fa culpabiliré: : les colons n'ont donc
befoin pouvoir être
cette proclamation dont d'ailleursj je nai pas
de difcuter
Verneuit : J'ai dit que cetie Froclamarion pas connoifance, détend
femmes de porter à bord des bâimens marchands,
aux
ment ce qui pouvoit lear appartenir, mais encore nen-feulede corps, à peine d'ètre tradaites à un tribunal leurs effets
établi par Son:honax pour juger tous ceux qui étoient militaire,
finctaites à fes ordres.
réQ a
être
cette proclamation dont d'ailleursj je nai pas
de difcuter
Verneuit : J'ai dit que cetie Froclamarion pas connoifance, détend
femmes de porter à bord des bâimens marchands,
aux
ment ce qui pouvoit lear appartenir, mais encore nen-feulede corps, à peine d'ètre tradaites à un tribunal leurs effets
établi par Son:honax pour juger tous ceux qui étoient militaire,
finctaites à fes ordres.
réQ a --- Page 208 ---
rapport crois-tu que cette proclamation
Le préfident : Quel du Portau-Prince :
ait avec la canonnade la fuite des atrocités qui ont été exercées
Verneuil: : C'eit
après la canonnade.
au Pors-au-Prince
j'érois au Cap. Je vous deSonathonax:Le 24 feptembre proclamation dont oil parle
mande quellerelation peutavoirla
qui fe font pallés
avec les évènemens du demande Pore-auPince,
peut y avoir
dans YOuef 2 Je vous
quel & un rapportil ordre donné au Portentre un ordre donné au Cap, entrée dans cette dernière ville :
au-Prince, lors de mon : les colons m'accifent, & quand
D'ailleurs,al ya unprincipe
eux-mêmes à préfenuer les
on accufe, d'eft aux accufateurs aéculations. Quand il exifteroit des
pièces a T'appui de leurs
feroit
moi à les produire:
rilces contre moi, ce ne
FEsà
Tacculé à prodans aucun pays du morde, on n'a obligé ces pièces font anduire des pieces contre lai; d'ailleurs, fansaucuse ciathification. Comnoncécs d'une manière vague, l'accuié produife lin acte, quand on
meut voulez-vous bien même que ce qui eft contenu dedans?
ne Yernevil: fait pas : Le regitro eft là.
&
cette
Le préfident : Ceci eft entendu de part la commillien d'autre; ne
pièce parait étrangère à la canonnade; la leéture: fi elle é:oit relative
croit pas devoir en ordonner
la commiffion Yordonà la canonnade du Port-nu-Prince, les coions n'ayent pas le droit
neroit, parce que 2 quoique de Sonthonax, ia commiffion
de rechercher dans les papiers connoitiance de toutes les pièces qui
cependant doit prendre mais d'après ce qui a été dit, il paroit que
peUvenc léciaicer 5
à la canonnade.
cette pièce eft érrangère
par obferver fur ce qu'a dit
Sonthonas : Je commence des révolutions, commencé au
Senac, que le journal
eft bien loin
C
coniafa Ren vyerk & d'anthenticité à Philadelphie, que lui donnent les
préfenter le caractère de produire un aéte & d'accufer
C slons. Lorfquil s'agit il faut produire des pièces officielles
enl verta de cet adte, les
ont produit aucune. J'ob-
& colonsn'en
ou aurhentiques,
celui qui a ligné cette adrelle pour copie fe
ferve d ailieurs, que
à Paris. La commiffion peut
conforme; eft actuellement de cette adrefle : elle y verra qu'elle eft
faire rendre compte même fens & les mêines exprelions que
loin d'y pasfemurie
orfquil s'agit il faut produire des pièces officielles
enl verta de cet adte, les
ont produit aucune. J'ob-
& colonsn'en
ou aurhentiques,
celui qui a ligné cette adrelle pour copie fe
ferve d ailieurs, que
à Paris. La commiffion peut
conforme; eft actuellement de cette adrefle : elle y verra qu'elle eft
faire rendre compte même fens & les mêines exprelions que
loin d'y pasfemurie --- Page 209 ---
les colons cn: voulu lui donncr, dans le joural drstévolurion de la partie françaife de Saint-Domingue. J'ai
arreter l'auteur de ce jounal ; j'ai dû le faire parce fait
n'eroit que trop imprégné de l'efprit de royalifme qu'il
régnoit dans les Anuilics: vous en avez vu la preuve lorf- qui
que je vousai parle de CC journal.
Senac : C'n tit: j'ai Froduit le journal des révolutions à
lépoque du 1Savril, fetlament pour vous prouver, comme
je vous layoisamnoncé, que Sonthonaxavoite eu connoiffance
de l'adrefe des hommes de couleur, à Tépoque de la
clamarion du 21 mars.
proSonthonax : Je commence ma défenfe fur l'accufation de
la canonnade du Fore-au-Frince. Ce n'étoit pas fenlenent
en Europe que les contre - révolutionnares redoubloient
d'efforsyour anéantir la République.
Depuis le commencement de la révolution, les Anilles
avoiene eré un foyer d'intrigues d'aurant plus dangereux,
que la diltance des lieux, la différence des marurs & des
ulages, concouroint rlus particunièrement à repouifer leslois
francaifes & à perver.ir. l'ofprit public de la, colone.
la difcullion fer l'eferit public pe h colonie, vous avez Dans Vu
quelic Faz f'oppolition des colotis à la dérin "ration, des droits
des hommeste couleur 5 vOrS avez vu que leor foumiflion
à la lui cn + avrii, commandée par la néceilité, ne fut
j.mai, que cegditionn.lie, & qu'ils fe promerroient bien
d'en annaler Peffet ftot que les circosflances le
troient. i/évenemen: du 1O août, l; proclamaricn de permet- la
titution de la France en République, l'embarras cenfguerre
d'ene
extérieure, paroillcicn: Luc fournir une chance plus
avinegenfe: isla failirent avec beaucoup plus d'ardeur
de prudence; les royalites, jufqu'alors ennemis des indé- que
pendans > voyanr leur efpérance trempée par la
de Louis XVI, ie réunirent à ceux: ci: tous fe coalisérent déchéance
pour mertrela colonie eafsbridelandhuse desprincipes français, & In mettre en féqueitre entre Ies mains de la
fance anglaife; h perte des hommes du 4 avril fut puitparce quils éoiurt les feuds qui fuint an.is des lois jurée, frangifes, qri le fuffert fin-torr die la coniituion. Ja guerre
commenca dans le Nord, dèsles premiers jours de
bre 1791. Veus vous rappelez par quel bonheur incroyable décemO 5
ie eafsbridelandhuse desprincipes français, & In mettre en féqueitre entre Ies mains de la
fance anglaife; h perte des hommes du 4 avril fut puitparce quils éoiurt les feuds qui fuint an.is des lois jurée, frangifes, qri le fuffert fin-torr die la coniituion. Ja guerre
commenca dans le Nord, dèsles premiers jours de
bre 1791. Veus vous rappelez par quel bonheur incroyable décemO 5 --- Page 210 ---
je parvins, à cette époque, à difliper l'orage. L'embarquement & l'arreftation d'une quinzaine de faclieux fufit pour
ramener la paix dans le Nord: alors cette province cefla
d'étrele theanedesma-iungion, delafachionleoparsin. Alors
la fcène fut portée dans rOuelt; dans la ville du Port- auPrince, ville qui d'abord s'étoit iontrée à Polverel fous
les livrées du patriotifine, mais dont les meneurs & les chefs
laisserent bien:ôr percer leur haine pour la métropole &c
1 les autorités conflizutées. Cette ville fut entièrement livrée
aux fiékieux, dès le moment que Polverel fut obligé d'en
forir pour aller dans le Sud oà les affaires Tapreioient :
la Crois-den-BDonquets, Jacmel & Jérémie entrèrent dans le
fyftème di Port-au-Prince. Je ne vous parlerai pas de cette
dernière ville, je vous en ai entretenus dans les dernières
flancès.
Dans l'Oueft on fit d'abord une guerre fourde aux
hommes de couleur, les blancs ne fe comproniirent pas 5
on troiva plus fimple de les faire allaliner par des noirs
efclaves, enrôlés fous le nom de compagric des Africains. Il
faur vous dire ici ce que c'étoit que cette compagnie ) Y'ar- elie
avoit pris naifance dans la guerre des couleurs, avant
rivée des comnmiffaires. Chaque parti enréla des noirs pour
fe forcifier. Les noirs enrôlés par les blancs, furent connus
fous le nom d'Africains 5 les noirs enrôlés par les hommes
de couleur, furent connus fous le nom de Suiffes. Je vous
ai entretenus de la fin déplorable de ceux ehrélés par les
hommes de couleur, & mallacrés dans la rade du Mole. Les
Africains rentrèrent chez leurs maitres, après la loi du 4
avrii; mais comme on en avoit befoin pour confommer de
nouveaux crimes > l'intrigue les fit fortir de chez leurs
maitres, pour les enrôler une feconde fois. Tandis gue le 2
décembre on attaquoit à force ouverte les hommes de coutleur dans les rues du Cap., qu'on les fulilloit, & qu'on
dirigecitle feu da canon furles commiflhires civils, les mèmes
fcincs menaçoient de fe renouveler au Port-au-Prince. Alors
trois nègk:s de la compagnis des Africains, les nommés
Cayeman, Fontaine, &c Painchina, atlatlincient dans les
rues deux hommes de couleur, le dimanche 2 décembre
1792. Je vais initifier ce que je viens d'avancer, par les
déclaratons faites pardevant le commiflaire civil en réli-
commiflhires civils, les mèmes
fcincs menaçoient de fe renouveler au Port-au-Prince. Alors
trois nègk:s de la compagnis des Africains, les nommés
Cayeman, Fontaine, &c Painchina, atlatlincient dans les
rues deux hommes de couleur, le dimanche 2 décembre
1792. Je vais initifier ce que je viens d'avancer, par les
déclaratons faites pardevant le commiflaire civil en réli- --- Page 211 ---
20y
lence dans T'Oueft, fur les affallinats commis par les nègres.
Africains:
Voici la déclaration de Cafimir Mercier fur cC fait.
(Ilit:)
ce Aujourd'hui I3 décembre 1792, l'an premier de la
République françaile, par-devant mnoi Etienne Polverel,
conmiflhire natienal civil, délégué aux iies françaifes de
"Amérique fous le Vent pour y rétablir l'ordre & la tranquillité publique > écrivant fous moi François Polverel,
lecrétaire-adjoint de la commitlion, s'eft préfenté le fieur
Cafimir Mercier, habitant du Por-au-Prince, quartier du
Bel-Air, lequel a déclaré que dimanche 2 du préient mois,
étant chez lui, il entendit crier : EUEK,LUERS qu'ila ace ourut
au bruit, & apperçut le nommé Cayeman negre etclave,
appartenant à M. Cadieu, u fabre nua i main , pourfuivant dans la place du marché le fieur Pafquier 2 dit
Bonhomme, en criant : CUC cuets qu'outre ledit Cayeman, il y avoir beaucoup d'autres nègres > dont dix ou
douze environ étoient armés dogros barons; que cette troupe
pourfuivit ledit fieur Bonhomme jufque devant la maifon
du bureau des oftrois près de Fabrenvoir; qu'au moment
où lui déclarant arriva furla place attiré par'les cris tucks
zuet, il fur ailailli par un negre efclave du nombre de ceux
qui pourfuivoient ledir fieur Bonhomme; que ce
armé d'une-corde de goudron avec ae gros nauds,lui
FES:
au collet en lui difant : il faut que vous finifliez aujourd'hui,
mellieurs les mulârres; qu'il ignore le nom de ce nègre >
qu'il fait feulement qu'il eft borgne, & a fervi dans la compagniedes Africains > gail In'échappa aux mains de ce nègre
que par le fecours du fieur Tellier.
>> De tour quoi ledit Geur Cafimir Mercier m'a fait la
déclaration pour fervir & valoir CC que de railon.
ERCIE à lui faite de ladite déclaration, déclaré icelle contenir vériré, y, perlifter & n'avoir rien à y ajouter ni diminuer, & a ligné avec moi & le fecrétaire adjoint au bas
de la préfente déclaration dont j'ai coré & paraphé la; page
unique. 9>
Signé, POLVEREL, CASIMIR MERCIER.
F. Povimtu,./fendeire@els de la coimifion.
- 4
fervir & valoir CC que de railon.
ERCIE à lui faite de ladite déclaration, déclaré icelle contenir vériré, y, perlifter & n'avoir rien à y ajouter ni diminuer, & a ligné avec moi & le fecrétaire adjoint au bas
de la préfente déclaration dont j'ai coré & paraphé la; page
unique. 9>
Signé, POLVEREL, CASIMIR MERCIER.
F. Povimtu,./fendeire@els de la coimifion.
- 4 --- Page 212 ---
Une foconde déclaration fur cC fait, & béaucoup plus
détailice, a été faite par Parquier lui-mème, & reçue pax
Polverel.
(Il lit):
Déclaration de Louis Pafquier faite à Polverel.
2 décembre
a une heure de relevée
cc Aujourd'hui Etienne Polverel, 1792, commillaire national civil
pardevahrt moi iles françailes de VAmérique fous le vent pour
délégué aux
écrivant fous
y rétablir Y'ordre & la tranquillité publique de la commiflion.
moi François Polverel, Louis fecrétaire-adjoine habitant à la Char
s'eit préfenté le feur
Pafquier,
nous a di
bonniere, dépendance du Pore-au-Prince, devant lequel du Carcan
paffant, il y a un coaleur moment nommé >
Bois, laplace ivre, cncouré
f: a vu un citoyen douze de
efclaves fe difant. de la com
d'environ dix ou
nigres vouloient battre ledit fieur Bois
pagnie des africains, qui avancé vers eux pour s'y oppoler, &
que lui déciarant Bois s'eft étoit ivre, qu'il ne devroit pas fe
a. dit au fieur
qu'il des efclaves, & qu'il méritoit d'être
compromettre avec qu'alors Yun des nègres efclaves a voulu
envoyé en prifon de 5 bàron qu'il avoit à la main audit fieur
parter un coup lui déclarant a paré ledit conp de baton , qu'alors
Bois: que
ciclave qu'il ne devoit pas fraprer un
il a dir a ce nègre
efclave a menace lui déclarant de le
homme libre, que lui cet déclarant s'eft mis en garde > &: a fait
frapper,. qu'alors
ne devoit
le frapper, parce qu'il
obiorver à l'efclave l'efclave qu'il lui a réponda pas je fuis libre comme
éteit Lbre, que ini déclarant alors a menacé l'efclave de porter
roi, & que
8c que Y'efclavea répondur quil
fes plaitres au commiffaire, cominiflaire; qu'alors lni déclarant s'eft refe mocquoir Pefclave du a appell ion capitine > qu'effectivenent
tiré, que Cayemun, nègre efclave, appartenant à M. Cale nommé
& le nemmé Fontaine 2
dina, négociant en ceite ville,
à M, Paul, hailier,
nègre efclave perruquier, apparenssnt d'auares neirselclaves,, fc dinant
cconvion une cinquantaine des Africains , ont pourfuxvi ledit déclarant,
la compognie
il fautle tuer; l'ont jeté par terre;
Y'ont atteint en criant :
, nègre efclave, appartenant à M. Cale nommé
& le nemmé Fontaine 2
dina, négociant en ceite ville,
à M, Paul, hailier,
nègre efclave perruquier, apparenssnt d'auares neirselclaves,, fc dinant
cconvion une cinquantaine des Africains , ont pourfuxvi ledit déclarant,
la compognie
il fautle tuer; l'ont jeté par terre;
Y'ont atteint en criant : --- Page 213 ---
qu'ils l'ont frappé de plutieurs coups de baton, tant fur
la tcie cue fur le corpss lui ont arraché fon fabre, & que
fans le fecours de drux foldars qu'il croit ère du régiment
d'Artois & de Provence, & d'un brigadier de Police, qui
lui ont porré fecours, iis l'auroient intailliblement tué; qua
leur aide il s'eft échappé des mains de ces efclaves; qu'is
lui ont aufi pris fon chapean, & qu'ils'Tont pourluivijntquàl Tabreuvoir qui elt devant l'intendance, en criant : tuez,
tuez, K quila,a la faveur de la foule, échappé à leur vue, >
& s'eft aulhet rendn au gouvernenient
faire devant
moi la préfenre diclararimn; que TLERY follars de la
tronpejollée Scbeaucoup de citoyens ont rui aufii en cincudans crier aini:t tues, iuez.
.Ajoure ilit ficur
que lorfqu'il a féparé le
fieur Buis des efclaves Tapeuethed qui
il a dit à unof
ficier brigadier de police qui étoit la,qu'il devoit conduire
enprifen iedir Bois, qui éroit ivre, &les negres quiavoienr
vonla ie frappers que ce grenadier lui a répondu qu'on
étoit enl inaneftion, & qu'il ne pouvoit rien faire 5 que
ce brigadiere le même que celui qvi, un moment apres,
las aidà fe fauver des mains des efcl VCS.
7, De rour quoi il nous a fair la préfenre déclaration pour
fervir & valoir ce que de raifon. Lecture à lui faite, a
déclaré icelle contenir vérité,y p:t rfiter &c n'avoir rien à
y ajouter ni diminuer, & a figné avec moi au bas de la
premiere pige & à la En de ladite declaration, dont j'ai
cob& pariphé chaque page.
(Quatre mots culs. )
5 Signé, I. PASQUTER, POLVEREL. FRANCOIS PorVEREL, fecrétaire-adjoint de la commi/fion. >>
Troifème déclaration plus détaitlés encore que les deux premierès; elle efi de la demoifelle Marie Barra.
(1 Il lit: )
Aujourd'bui treize décembre 1-92, lan premier de
la République françaile, rar-devant moi Etienne Foiverel,
çonmiflaire national civil, délégué aux iles françaifes de
5 Signé, I. PASQUTER, POLVEREL. FRANCOIS PorVEREL, fecrétaire-adjoint de la commi/fion. >>
Troifème déclaration plus détaitlés encore que les deux premierès; elle efi de la demoifelle Marie Barra.
(1 Il lit: )
Aujourd'bui treize décembre 1-92, lan premier de
la République françaile, rar-devant moi Etienne Foiverel,
çonmiflaire national civil, délégué aux iles françaifes de --- Page 214 ---
l'Amérique fous le Vent pour rétablir l'ordre & Polverel, la tranquillité publique > écrivant Hod moi s'eft François
la defecrétaire :- adjoint de la commifion n, deméurant prelensée en cette
moifelle Marie Barra Nitte, marchande, près des cafernes 5 laquelle
ville, maifon de M.
du
mois, érant fur
nous a dit, que Dimanche, 2 des préfent falnifons, elle entendit
la place du marché, de à vendre bruit, & vit un attroupement confurla place beaucoup
éloignée de celle ou elle éteit
fidérable à une diftance peu de Y'endroit où étoit le bruit;
établie; qu'elle s'approcha nombre de nègres efclaves, de la
qu'elle vit un tres-grand
lefqueis elle a reccnnu les
compagnie des Africains, parmi
à
nommés Fontaine & Cayeman, ce dernier appartenant le fieur
M. Cadieu 5 que ledit Cayeman prit au terre, collet lui arraPafquier, dit Bonhomme , le renverla par coups de plat de
cha fon fabre & le frappa fe de releva plufieurs, & s'arracha aux mains
fabre; que ledit Bonhonme qu'il s'enfuit & fut pourfuivi
ledit
dudit Cayeman 5
efclaves qui
&
& les autres nègres
TELIEIT
Cayeman quid crioient : Coupercou, couper COu, décembre LuEs préfent mois,
22 Que le lendemain fur lundi, la
3 du marché, à vendre aved
elle déclarante étant
place Barra, vers les 2 heures
fon fils, nomimé Jean- Baptifte Cayeman sapprocha d'eux & dit
du matin, > le même nègre c'étoit lui qui avoit défarmé la
aut fils d'elle" déclarante, & que fi ce mulàtre ne lui arportoit
veille un mulâtre; il que ne lui rendroit pas fon fabre 5 que
pas ionfiis quarre lui répondit goudes, quecelas nele regardoit pas; que elle Cayeman décla
lui dit qu'il vouloit aufli le défarmer, qu'alors demanda pour
rante fe leva pour parler à Cnyenian, &lai Cayeman lui répondit
quoi il vouloit défarmer fon fils; étoient que là bas qui lui avoieni
que c'étoit des Mellieurs Tar qui de chercher lés perfonnes, qui le
ordonné, & qu'il eut qu'alors ledit Cayeman mit la main
lui avoient commandé; dadit fieur Barra, fils d'elle déclarante, & le lui
fur le fabre même inftant une foule d'autres nègres afri
arracha; qui qu'au étoient là tout près, vinrent auprès dudit Caye
çains,
avec'ledit Cayeman ledit feur Barra
man, &c pourfuivitent qu'une perfonne dont elle ignore le
en criant coupe, elie coupe, connuit rues de vue, vint alors pour cmpécher
pom, mais qu'e
é; dadit fieur Barra, fils d'elle déclarante, & le lui
fur le fabre même inftant une foule d'autres nègres afri
arracha; qui qu'au étoient là tout près, vinrent auprès dudit Caye
çains,
avec'ledit Cayeman ledit feur Barra
man, &c pourfuivitent qu'une perfonne dont elle ignore le
en criant coupe, elie coupe, connuit rues de vue, vint alors pour cmpécher
pom, mais qu'e --- Page 215 ---
2I1
Cayeman & les autres nègres de pourfuivre ledit fieur
1, mais qu'ils le pourfuivirent néanmoins, 8c
ce1 fe fauva au corps-de-garde, où lefdits nègres SEC laif
nt, & a'lirent enfuite à la municipalité aveci le fabre duteur Barra.
De tout quoi ladite demoifelle Marie Barra a fait la
ente déclaration pour fervir & valoir ce que de raifon.
ure faite à ladite demoifelle Barra de la préfenre déclan, a déclaté icelle contenir vérité, y, perifter, 8c
pir rien à y ajoujer ni diminuer, & a déclaré ne favoir
T, de ce interpellée, & j'ai figné à la fin de lap préfente
ration, & au bas de la précédente page, après avoir
& paraphé chaque page.
>9 Signé, POLVEREL.
29 F. POLVEREL, fecrétaire-adjoint de la
commiffion 3.
uatre autres déclrations de Louis Tellier, de Papalier,
ambert & de Rellier., atteftent le même fait d'affaflicommis fur des perfonnes libres, par des efclaves
ains armés par des blancs, en 1791,1 lors de ia guerre
couleurs. Polverel étoit alors au Port-au-Prince; il fit
er le chef de ces Africains, Gayeman; il fur conduit
Géole, dénoncé au commilfaire du pouvoir exécutif,
fon procts lui être fait felon les formes ordinaires.
croiroit que la municipalité du Port-au-Prince ofa écrire
commiffaires civils que Cayeman n'étoit pas coupable,
falloit attendre des momens plus favorables pour le
T à la juflice, parce que le peuple fe foulevroit contre
iéte de rigueur. Polverel écrività la municipalité la lettre
voys allez voir.
enac : Avez-vous la lettre de la municipalité du PortPrince?
onthonax : Je ne l'ai pas, elle eft dans les papiers perhels à Polverel; mais vous jugerez
la réponte de
verel de ce
cette municipalité 1PE avoit mandé.
epréfidene: D papiers particuliers de Polverel ne font
C pas inventoriés?
peuple fe foulevroit contre
iéte de rigueur. Polverel écrività la municipalité la lettre
voys allez voir.
enac : Avez-vous la lettre de la municipalité du PortPrince?
onthonax : Je ne l'ai pas, elle eft dans les papiers perhels à Polverel; mais vous jugerez
la réponte de
verel de ce
cette municipalité 1PE avoit mandé.
epréfidene: D papiers particuliers de Polverel ne font
C pas inventoriés? --- Page 216 ---
Sunthonas: Non; ils font, coinme vcus favez, dans
grande malle.
Chaufion : La leitre & la réponfe devoient fe tro
dans les papicis de Polverel; il eft étonnant qu'on
tronvé Pune fanslaurre,
Sonrbones: Lcs colons fo trompent; la Jettre de Pol
fe trouve dans les iegiftres qui cn: été invenroriés
les miens, paice qu iis etoient réunis : quant auix pa
rerfonnels a Polverei, il y en a irès-peu d'inven:oriés
Clauffon : Alots je de mande que la picee dont Sonth
va donner ledue, foit lue fur le regiftre.
Sonthonax : Cela eit jufte.
(II : lit, Sc communique le regiftre à l'un des colons
4 la municipa.tr du Port-ax-Prince.
Port-au-Prince, le 14 décenibre 1792, l'an premier
la République françaife une S: indivifble.
er Je n'aurai jamais, meflieurs, linitAice de punic
efclaves pour-avoir défendu leurs murres, ni Immpolit
de rechercher jes excès auxquels ils aurcient pu te P
dans les temps malhepreux de la guerre civile que
avez éprouvée: ce n'eft denc Foint pour des fai:s an
que Cayenan a é.é dénoncé à M. le procureur du
voir exccuti; ceit pour s'ecre mis a la tète d'une tr
d'efclaves africains, le dimanche 2 du préfint mcis, C
un homme libre, rour avoir pris cet homme libre au-co
Tavoir renverfé par terre, lui avoir arraché fon fabre
I'aveir frappé de plufients coups de Har de fabre 5
pour avoir pourfiivi le meme homme lbre inr ia F
2u marché, le fabre nud à la man, rcujours a la
d'une douzaine d'Africains anmés de sros basgns,
crioicnt cosper col, coup.r cal, taer, Vous touvercz
fairs, niefieurs, dans les déclarations dont je vouS CI
ci-joint des expéditions.
31 Suile ou Africain, tout efclave GuI frarre ou
ménace un homme libre, me parcir inexculib'e. S
pareiis delirs iont impunis, les babitans de Saint-Domin
ont tort de cricr conrre les philanchropes, & de dire
més de sros basgns,
crioicnt cosper col, coup.r cal, taer, Vous touvercz
fairs, niefieurs, dans les déclarations dont je vouS CI
ci-joint des expéditions.
31 Suile ou Africain, tout efclave GuI frarre ou
ménace un homme libre, me parcir inexculib'e. S
pareiis delirs iont impunis, les babitans de Saint-Domin
ont tort de cricr conrre les philanchropes, & de dire --- Page 217 ---
lonie a befoin d'efclaves; ; elle Ee peur plus én avoir,
(évérité des chanmens ne les maintient daus le refpect
fotniion qu'is doivent aux hommes libres.
Veus m annoncez cependant, MM.,que la punition de
man pourroit excitét dans ce moment de grandstroubles:
mis bien fineèrement fur l'erreur des ciroyens du Portrince,mais/avoue queje m'y artendois,e jen'aurois pas
ncé Cayernan au mumiirepublie, fih loi ne m'avoit pas
la faculté de céder aux circonftances, & de fnfpendre
cuclion de fon procès. Je défire donc a votre demande,
onfentant à lriger Cayeman daqs les prifons jufqu'a 172
5 plus fayorabie, & je vais donner mes ordres en ronence à M.le procureur du pouvoir exécurif.
Mais vcus verrez dans les déciarations dont je vouS
ie les expédirions, que Cayeman n'ef pas le feul cou-
, que les eiclaves Pinchina, &c Fenaine font anii
ereux cue lui pour la sureté rublique. Ne croyezpas, mellieurs, qu'il eft néceilite de s'allarer aufli
S deux individus: Je m'en repote, à cet égard, fur
zèle & fur votre prudence.
93 Le commiffaire national civil >,
ous voyez avec quel ménagement le commiffire-civil,
éidence au Port-au-hinot, éicit obligé d'écrire à la
cipalité fur la nécelfité de punir les ciclaves qui avoient
imnédes hommcs lib.es: mais CCS hommes libres n'éroient
les biancs, c'étoichr des hemes de couleur; il devoit
permis, flon lerinion das colons, de livrer les hommes
ouleur au glaive des efclaves. Il fat impollible d'obque Cayeman fur puni, ni même mis en
-
n'eft pas tont: le clab renchérit encore jugement. far la mualité; le. club fit une edreffe aul commiffaire civil,
jue d'un grand nombre de lignatures, pour demander
hxarien de Cayeman. .
uny: De quelle date eft P'adreffe?
ethonax: Elle ett du 14 décembre 1792; cette adreffe
ohnue des colons, fans doute ils ne la niéront pas.
ainfi que la loi du 4 aviil étoit violée fousles yeux
tomnillires civils; c'eit airfi que cette loi-qu'on pré-
le. club fit une edreffe aul commiffaire civil,
jue d'un grand nombre de lignatures, pour demander
hxarien de Cayeman. .
uny: De quelle date eft P'adreffe?
ethonax: Elle ett du 14 décembre 1792; cette adreffe
ohnue des colons, fans doute ils ne la niéront pas.
ainfi que la loi du 4 aviil étoit violée fousles yeux
tomnillires civils; c'eit airfi que cette loi-qu'on pré- --- Page 218 ---
tendoit être rigoureufement & fcrupuleufement, exé
par les blancs, étoit violée de la manière la plus I
tante, en ameurant des efclaves qui avoient autrefois
les armes contre les hommes de couleur, en les exc
contre les hommes libres, en tolérant, en excirant r
les affatlinars contre des hommes de couleur libres.
Dans ces circonftances la ville de Jacmel fe figr
par fa haine contre les hommes de couleur, & fur
contre les hommes de couleur membres de la comm
depuis la publicarion de la loi du 4 avril, ils n'avoier
fe préfenter dans la ville, ils n'avoient point aflifté
affemblées
avoient mommé la municipalité; ils é
privés des Sena civils & politiques. Un membre de
femblée coloniale, dont je vous ai déja parlé, cond
alors la ville de Jacmel: c'eft Pitra, membre du côté
rendu patriote de l'aflemblée colouiale, dont je vo
déja lu lalettre. 11 eit inuuile de la relire ici; mais
néceffaire pour ma défenie, pour Finftruction de la
venion & celle des lecteuis, de tranfcrire les pallag
plus frappans de cette lettre; ils font courts.
(Illir:)
Lettre de Pira à Cotterelle, datée du Caps le 1juillet
L'affemblée qui venoit de rendre fon décret fur l'efcla
qui étoit préte à prononcer fon décret fur les ho
de cculeur & nègres libres, après des difcuflions
longues, tres-intérellantes, quoiqu' unanimement conva
combien ce décret étoit inconficusicnnel & parfaix
nul,vit néanmoins que le parti le plus prudent, po
pas aggraver les malheurs de la colonie, étoit de r
la décluration qu'elle a rendue le 27 mai 1792, av
confidérans qui la précèdent; lifez-la & petez-la
attentivement.
p9 Deux jours aprèsatrive officiellement cetinconce
décret, cet acte aulli impolitique qu incenfiturionne,
enfin émané d'un tribuncl foperizur en force, S. 'il ne
pas cn raijfon. Il a été promulgué, proclamé dans la
toit de r
la décluration qu'elle a rendue le 27 mai 1792, av
confidérans qui la précèdent; lifez-la & petez-la
attentivement.
p9 Deux jours aprèsatrive officiellement cetinconce
décret, cet acte aulli impolitique qu incenfiturionne,
enfin émané d'un tribuncl foperizur en force, S. 'il ne
pas cn raijfon. Il a été promulgué, proclamé dans la --- Page 219 ---
lu Cap, dans les autres villes & camps de la province du
Nord, le tourbien tranquiliement. Vous devez bien
comime
penfer
ce décret a été accueilli à Saint-Marc, ou les
nulâtres commandenr. Vous favez mieux que moi ce qui
eft pafTé au Port-an-Prince, à Jérémic, aux Cayes du
ond. J'ignore quelle fera la décifion du quartier de Jacmel
ur ce décret, s'il y adhérera, s'il fe conformera à fon
xécution. Dans le pofte cû mes conciroyens m'ont
e
placé,
leur dois mnes confcils & les voici: c'ef de sy conformer
ulqu'a des temps plus heureux; une réffhance dans ce m2ozent fervit vaine o ne froit qu'accélérer notre ruine., Mais
elt un point duquel, à ancun prix, fous aucune raifon
u.lconque, fans exception, vous ne deviez point vous
épartir, qui eft de ne point vous défarmer, de ne point
ecevoir les mulâtres armés.
-5,
e
- -
tous ces contre-révolutionnaires s'eft jointe, par une
marche dillérente, l'aflemblée nationale actuelle, qui, au lieu
e fe mouvoir avec le pas égal & modéré d'un vrai l6itlareur, au lieu de chercher feulement à appliquer, avec
fuccellion du temps, la porrion de fes principes que ia
onfiturion de la colonie à efclaves étoit fulcepuble d'adettre fans altérer le bonheur de fes habitans, (e livre
tout ce qu'a pu lui in'pirer la paflion, la rage, le fana-
(ine des vertus, qui n'exifèrent jamais dans fon fein,
renverle ies lois du 24 feptembre 1791, une des bafcs
e la conftitution françaife, & que le roi a acceptée &
inctionnée come en étant le complément, car tel et
n. énoncé : décrète une force armée pour mainténic
r les armes un aote incontiracionnel, égorger au nom
al la loi l'homme qui réclamera la loi. Telle eft la cônaite de l'aflemblée nationale envers nous, & ceue contite nous mène 'naturellement à une réflexion bien
agulière.
>2. Bien des perfonnes fonr perfuadées qu'on veut perdre
S colonies,
opérer ir contre-révolation en Frances
mci je dis P2 j'attirme qu'il n'y a que ia prompte
uflice de la conrre-révolution eil France qui puifle fauver
s'colonies, & je le prouve. Il eft bien contlant que les
inces émigrés & leurs agens, d'un coté, nous font aluf-
lement à une réflexion bien
agulière.
>2. Bien des perfonnes fonr perfuadées qu'on veut perdre
S colonies,
opérer ir contre-révolation en Frances
mci je dis P2 j'attirme qu'il n'y a que ia prompte
uflice de la conrre-révolution eil France qui puifle fauver
s'colonies, & je le prouve. Il eft bien contlant que les
inces émigrés & leurs agens, d'un coté, nous font aluf- --- Page 220 ---
finer, incendier dans la colonie. D'un autre côté, T'affemblé
nationale, qui devroit nous fecourir, nous abandonne e
les
de la conftiru. ion. Elle vien
nots appliquan:
Frincipes
l
de prononcer l'égaliés elle ne tardera pas à prononcer don
hiberté, c'eft-à-dire, à anéantir nos proptiétés. Il faut
neceffairement, pour opiver notre Jalst, notre conjervati.n
les
émigrés & leurs partifans renerent en France
que
princes les
de Lurs agens ceffent dans le pays
que l'Allemblée perjécutions narionale foit renverfec avant qu'eiie pro
t que
Voila de
no.ce la liberté, qu'elle ancancije nos propriétis. & dans le
véricés bien amères, mais incontellables; devoir eft de
oû mes
m'ont concitoyens
placé,mon
annoncer. Le préfutent interronpant la létture: Ceci n'a pas un rap
port iédiat à l'affaire du Port-au-Prince.
révol
Sonthonax: : ils'agit d'une rroclamation fai e fer-la
de Jacmel; 11 s'agit d'une proclamation faite lors de
révolte du Portau-Prince, au moment où les commiffaire
civils X ont fait marcher des troupes. A cette époque Pit
ditigroic Jncmel : icut ce qui s'eft paffe dans cette commur
foufle par lui. Je demande qu'cn tranferive Les e
a été
pretlions dans les débats.
Clauljor : Quelle eit la date de cette pièce?
Sonthonax: 12 juiliet 1792.
C'elt fur cette doctrine, e fur la dodrine de Pirra, pre
pagée dans le quartier de Jacinel, que les fadtieux
Port-au-Prince ont bafé tontes leurs démarches foit cont
la métropole, foit contre les commiflares civils, depuis Polver
mois de décembre 1792 jufqu'au mois d'avril exécatcr 1793- la loi du
fit le voyage de Jacmel
y faire
faire rentrer R1 honmes de corleur fur ku
avril, pour
ramener les blancs par tous les moyer
-pour conciliation.
)5
EETE
Poiverel vous a parlé de fon voyage à Jacmel: je
dirai ricn de la relation ot il Ta fait connoitre, mais
eft néceflaire de la juttifier par des pitces authentique
Voici le procis-verbal de fon voyage:
Le prépdent: Ccla eft inutile.
Jaumeba morché lo
Sonthonax : J'obferve la-deffus que
de.l'affaire du Port-au-Prince; une arméexenue. de Jacmel
marc
.
)5
EETE
Poiverel vous a parlé de fon voyage à Jacmel: je
dirai ricn de la relation ot il Ta fait connoitre, mais
eft néceflaire de la juttifier par des pitces authentique
Voici le procis-verbal de fon voyage:
Le prépdent: Ccla eft inutile.
Jaumeba morché lo
Sonthonax : J'obferve la-deffus que
de.l'affaire du Port-au-Prince; une arméexenue. de Jacmel
marc --- Page 221 ---
marché contre les commiffaires civils : il eft néceffaire
explique à la commillion pourquoi la ville de Jacmel a mar- que
hé contre l'armée de la République au inoment où cclle-ci
narchoit fur le Port-au-Prince.
Lc préfident : De quelle date eft la pièce ?
Sonthonax: : Du14 décembre 1792.
Le préfident : C'eft antérieur.
Sonthonax : Tous les évenemens se lient; les commiffaires
'ont fait marcher contre le Port-au-Prince que par une fuite
es événemens dontj je fuis obligé de rendre compte :
ant la commiflion ne juge pas à propos d'entendre, ficepen- je ne
rai point cette pièce, > & je me contenterai d'oblerver que, je
crois effentielle à ma défente.
Le préfident : Lie fommairement ces faits les uns aux
utres.
Sonthonax : Alors je ne litai pas; j'obferverai que le comiffaire civil allant à Jacmel pour faire exécuter la loi, des
orces venues de Jacmei fe préfentèrent devant lui & lui barrent le paflage > lui refusèrent l'entrée de la ville > & le torcrent de retourner au Port-au-Prince.
Le préfident : Cela a déja été dit.
Sonthonax : Je voulois donner les
juftificatives.
Lor/qu'on eut fermé les porres de stoth à Polverel, il fut
ligé de revenir au Port-au-Prince : lail pria la
1 Port-au-Prince de négocier avec la ville de Jacmel, municipalité
tenir, foit la rentrée des hommes de couleur,
5n de la loi. C'eft ainfi
le
aurtuteur
que commiffaire civil étcit
avoir recours à des formes diplomatiques; qu'il étoit obligé obligé
fouill-r, pour ainfi dire, le caraétère dont il étoit
humiliant la délégation de la République devant la munici- revétu s
liré de Jacmel: c'eft ainfi, dis-je, quila invité les ofliciers
unicipaux du Port-au-Prince à leur écrire, pcur leur
nter qu'ils avoient eu tort de fermer les portes degla ville repré- au
mmiffaire civil, au délégué de la République. Mais conme
municipalité dul Por: au-Prince craignoit que celle de Jacelne; pôt fe méprendsefmrle: morifs quil'evoient dérerminée
ui écrite dans le fens des commiffaires civils, elle termina
tre par un paragranhe qui fut un trait de iamière pour fa le
mmiffaire civil; il lui révéla le fecret de la conjuration de
cmel, de Jérémie & du
Tome YII, Soixante-haitième Portau-Prince, pour arracher la
livraifon,
P
au-Prince craignoit que celle de Jacelne; pôt fe méprendsefmrle: morifs quil'evoient dérerminée
ui écrite dans le fens des commiffaires civils, elle termina
tre par un paragranhe qui fut un trait de iamière pour fa le
mmiffaire civil; il lui révéla le fecret de la conjuration de
cmel, de Jérémie & du
Tome YII, Soixante-haitième Portau-Prince, pour arracher la
livraifon,
P --- Page 222 ---
colonie à la méttopole & la livrer aux Anglais. La lettre eft du
décembre 1792 : je ne vous la lirai Fas en entier, 5 parce
eft trop longue, parce que d'ailleursles détails qu'elle
.a font étrangers à ma défenfe. Le paragraphe dont il
renferme
s'agit eft celui-ci:
(Il, lit.)
Eatrait des registres de la correspondance de la municipalité du Port-au-Prince.:
"La municipalité du Port-au-Prince, à la municipalité de
Jacmel.
Port-au-Prince, le 14 décembre 1792.
devoir vous en dire davantage. Le
ec Nons ne croyons pas fait
à Saint-Doningue font épui
forces que la France a
paffer
fur de nouveau
fecs dans le Nord; il ne faut plus compter
réduire le
fecours, ceux qui reftent font à peine fuffifans pour
deviendronsnous donc fi de nouveaux trouble
révoltés : que notre
: C'ettatjourdhui éntre vo
agitoient encore ainfi province dite, fon fort: agilieza avec prudence
mains qu'eft,pour: devant lesyeux la fituation de la colonie &
FESPAITDOMINANT mais'ayez toujours ET RFFRAYANT DE LA FRANCE.
>.Ne croyez pas, frères & amis,, que nous vous en foyon
moins attachés : plus nous vous parlcrons svecfranclife,pla
vous devez voir en nous d'eftime & d'amitié.
>> Salut.
9> Pour copie conforme.
>3
>> Signé;MALAMAR, feorétaire-grefer.
Ceftainfique la municipalité du Fort-an-Prince, charg
de ramener à l'ordre , par, voie de conciliarion > la munic
policé de Jacmel, profite de l'ordre qui lui eft douné par
commiffaire civil pour infpirer à la municipalié de Jacm
des défiances contre la métropole. c Songez, lui dit-on,
'amitié.
>> Salut.
9> Pour copie conforme.
>3
>> Signé;MALAMAR, feorétaire-grefer.
Ceftainfique la municipalité du Fort-an-Prince, charg
de ramener à l'ordre , par, voie de conciliarion > la munic
policé de Jacmel, profite de l'ordre qui lui eft douné par
commiffaire civil pour infpirer à la municipalié de Jacm
des défiances contre la métropole. c Songez, lui dit-on, --- Page 223 ---
95 l'elprit dominanr & effrayant de la
-
peit plus envoyer de forces.
France 5 la France ne
9> eulliez dé recevoir les commillaires Agililez avec prudénce. Vous
>> temps de la révolre n'éroit pas atrivé civils > parce que le
5 perdez pas de vue. Tefpitt dominant 5 mais & aujourd'hui ne
>, France. >> Que! étoit cer efprit dominant & effrayant de la
toir celui de la liberté & de l'égali:é. Le effrayant? c'éFrance n'avoit pas encore été fouillée de forfaits 14 décembre, la
dela faction Robefpierre', Far ceux qui ont fait parlesa agens
un vafte cimetière : les hommes vertueux étoient de les la feuls France
dirigeaflent la métropole, & c'eft alors que la
qui
Port-au-Prince écrivoit: cc Défiez-vous de municipalité du
s la France. >3
l'efprit cffrayant de
Cette lettre fatun trait de lumière pour Polverel il
aux Cayeslorfquil en reçut la copie. Loriquil fur : étoit
culoit non-feulement- à Jacmel, mais dans toute la qu' eile cirPolverel écrivit alors à Lafalle, gouverneur
colonie,
veiller la faction du
général, de furlance, qui cherchoit Portau-Prince, à infpirer à celle qui de vifoit à Tindépenur la pureté des inténtionsde la
Jacmel des dotites
ropole. Lafaile,
France, > fur l'efprit de la méruétions données gouverneur général, voulut remplir lesi inf
Port-au-Prince
par Polverel; mais dès que la faction du
oulut déployer sapperçur le caractere qu'ii n'étoit pas dans' fon fens, il
'rance lorfque la propriéré que de lFrance devoit montrer à
l'agent de la
toit menacée: : on l'éloigna alors du commandemnent. Saine-Domingue
ommandant de la garde narionale du
Borel,
oya chaque jour des dépura:io:s pour Per-au-Prince, Tinfulier;
luienu'à placer: des fentineiles dans fa chambre,
on allajuf
ire connoitre fa correfpondance au club,jufqu'a julqu'à vouloir
slettres, ne pas les laiffer forrir du
vouloirlire
les éroient adrellées aux commillhires Portau-Prince civils,
quand
anr qu'elles fulfent lues au club. Ce fur dans ces fans auparaie Borel & Hanus'deJ Jumecourt, tousles deux circonfances
arti des royaliftes, Yautre de celui des
chefs, l'un du
ochérent; ils s'embrafserene
indépendans, fe
le conférenced dars laquello fararrèré publiquement, après une RRC
re pour les quatorze paroitles de IOueft, un plan de lizue fédérapric dominant 6 efrayane de la
afin d. délibérer fir
Frunse, Jar les changemens
P 2
ecourt, tousles deux circonfances
arti des royaliftes, Yautre de celui des
chefs, l'un du
ochérent; ils s'embrafserene
indépendans, fe
le conférenced dars laquello fararrèré publiquement, après une RRC
re pour les quatorze paroitles de IOueft, un plan de lizue fédérapric dominant 6 efrayane de la
afin d. délibérer fir
Frunse, Jar les changemens
P 2 --- Page 224 ---
de Padmir
quiont ez lieu depais lc 1O aoii, deux & fur hommes Porpanifation fe préparoicnr de
niftration e pabligue que ces
fans l'étendre au refte de la
donner à la province de TOueft,
colonie.
laquelle la municipalité du Pore-auPrince de
Linvitation
nonifitrent aux paroifles
& celle de la lgnieenen fédérative arrêté par Borel & Hanus
TOueftle projet de ligue
de Saine-Domingue,
de Jumecourt, eft infcrite au Moniteur S1. La roici par extrait.
du vendredi 18 janvier 1793, page
(Il lir.)
municipaur du Port-au-Prince
Invitation des officiers
extraite du Moniteur
et de la Croiz-des-Bouquets ;
du 18 janvier:793de Saint-Domingue,
du Port-auPrince & de la Croix-des
Les oficiers municipaux
de la partie del'Oueft de Sains
Bouquets, à tous les citoyens
Domingue.
Port-au-Prince, le premier janvier fiançatle. 1793
l'an premier de la République
a prolongé nos malheurs, notr
a Sir notre méfintelligence notre union feule peut nous pré
union doit les faire celler; 5
être menacés. La nécellit d
ferver de ceux dont uniforme nous pouvons & légale dans toutes les parties
d'une crgamfation
avonspromis de confacre
Tadminuliration, lesfecoursquenous
nouvel ordre que
entier dela tranquillité.les depuis le mois d'août
nurerablifiemente Convention nationale a érabli enFrance de votre attention, C
des motifs dignes
avant d
ne font-ils devez pasd'aileurs vous hâter de prendre en confidératien nos follicitations
que vons affemblée coloniale : Senfibles à
former une
nos veeux > en nous réuniffant à prompte la maj
vous' allez compléter de paroilles. , pour nommer >
cha
ment en affemiblées
citoyens , Lace commilfaires
rité des fuffrages de tousles de chaque paroilfe dans l'afen
gés aindeanta commune
organijer le 20 de ce mo 1
biée fédénative, que nous réitéreront, défirons , en préfence de tous
Ils Y,
& par leu
au Port-tu-Prinst. ferment d'achever, par leurs exemples
eitoyens,lai
de paroilles. , pour nommer >
cha
ment en affemiblées
citoyens , Lace commilfaires
rité des fuffrages de tousles de chaque paroilfe dans l'afen
gés aindeanta commune
organijer le 20 de ce mo 1
biée fédénative, que nous réitéreront, défirons , en préfence de tous
Ils Y,
& par leu
au Port-tu-Prinst. ferment d'achever, par leurs exemples
eitoyens,lai --- Page 225 ---
efforts réunis, la pacification de toutes les parties de l'Oueft,
l'oubli de toutes les divifions & de toutes les opinions
faire concourir à l'avenir toutes les volontés à un pour feul
but, le bonheur de tous les habitans de la dépendance. Puiffions-nous, chers concitoyens, vous perfuader
avance du
prix que nous artachonsà cette augufte
qui complétera
Ptrenculene
nos vccux les plus chers!
3> Salut.
9> Les maire & officiers municipaux du Port-au-Prince.
s3 Les maire & officiers municipaux de la Croix-des-Bouquets. N
Vous voyez que ce projet de ligue fédérative > pour délibérer fur les changemens arrivés en France par fuite des événcmens du IC août,pour délibérerfur une organifation uniforme
pourtoure la partie de I'Oueft, eftenvironné d'un plan decérémonie fous prétexte d'oublier les anciennes divifions, afin
d'ôteraux mandatairesde la République le droit
à
cette
des'oppoler
ligue fédérative. Les officiers municipaux du Port-auPrince & de la Croir-de-Bouquets, les hommes auteurs de
cette propofition de ligue fédérative entre les quatorze paroiffès
del'Ouelt, fe gardèrent bien de demander pour cela Tautorifation des autorités conftituées de Saint-Domingue ; ils fe
rent
bien d'en ixftruire Polverel,
de gardè- ligue
fédérative que parla voie despapierspublics
une
quilfit
proclamation
cnnemernde
empécher les délibérations
dominant & efrayant FeuL la France, 6 fer les changemens Jurloprie
en
France depuis le IO aott. Polverel difoit dans cette arriyés
mation quil'ne pouvoit y avoir dans l'Oueft aucune efpèce procla- de
ligue fédérative qui ne fit contraire aux intérêts de la France.
Le commilfaire civil étoitinftruit que la municipalité du Portau-Prince avoit eu l'audace d'écrire à celle deJacmel:.
yous del'efpric dominan: 6 efrayant ds la France . e Défier
Duny : Sonthonax vient de vous lire une adreffe
prouver qu'au mois . .
pour
Sonthonax : Votre obfervation eft pour lc matériel de la
pièce .
e
P 3
contraire aux intérêts de la France.
Le commilfaire civil étoitinftruit que la municipalité du Portau-Prince avoit eu l'audace d'écrire à celle deJacmel:.
yous del'efpric dominan: 6 efrayant ds la France . e Défier
Duny : Sonthonax vient de vous lire une adreffe
prouver qu'au mois . .
pour
Sonthonax : Votre obfervation eft pour lc matériel de la
pièce .
e
P 3 --- Page 226 ---
Dunys Si Sonthonax ne tronquoit pas ce qu'ill lit, reunion s'il eût
leleparageapte précédent, vous auriez vu que cette les hommes
n'avoit pour but que de faire Voici régner littéralement entre tous le paragralibreslègalité la plus parfajte.
phe quiprécède :
un terme aux
G Chers conciroyens, , ile eft temps d'apporter ceite longt ue fuite
3> misères
nous avons clluyées dans le pendant fein de Tanaiés de la
s3 de Paa1EI oublions-les
ferrer les liens de
>> confiance 3. raffembions-nons doit tous déformais pour exifter entre tous
>> lindilloluble fraternité qui
39 les hommes libres de la colonie. >>
Sonthonax : J'ai prévenu l'objection de Duny, leur projet en difant de
que les faétieux avoient eu foin de d'envitonner la fraternité & de Tégilité.
fédérative des apparencés
en vilère à
ELAM loriqu'ils n'avoient pas encore bien rompu de lui donner
l'autorité nationale, ils fe feroient leur but étoit gardés de féparer la cololour fecrer, de Juidire que délibérer fiur
dominant &
nie de la méiropole , & de
la
Leipre du Pore-au.
effrayant de a France ainfi l'écrire que à celle nunicipalité de Jacmel. Polverel
Piince avoir eu foin 3
de
fédérarive ,
éroit alors aux Cayes; iloppsit ce projer taire
ligue fur laquelle on
dont on auroit au moins da-lui des intentions part,
Il déedt de le confulter fi on avoit aflemblée eu fédétale ; & pures. les factieux, >
fendicia réunion de cecte eurent recours à un autre moyen pour
ohligés d'y bout renoncer, de leur projet; ils eurent recours aux moyens
venit à
en 1791,a une révolte
qu'ils avoient dosemrbytasectiece avoir le droit de fe plaindre des principes
d'elclaves, pour la fociété des Amis des noirs, qui defendoit
français & de
avoit le droit d'appeler des forcesa anglaices piincipes, pour
dans le cours de la dif
fes: ainfi que je vous en convaincrai de janvier, une révalte d'efcuflion, Dansle commencement de la
Trente
claves éclara dans la paroitfe exclufivement Crolede-Douquets. à des hommes de couhabitations apparteuiantes & incendiées; vingt d'entr'cux furent
leur farent ravagées les noirs fanatifés par les ordres de Jumecourt
maffacrés
voulur éteindre dans fon
& de LATI Le gouverneur genéral devenir funelte, au moment
principe une guerre qui pouvoir
te d'efcuflion, Dansle commencement de la
Trente
claves éclara dans la paroitfe exclufivement Crolede-Douquets. à des hommes de couhabitations apparteuiantes & incendiées; vingt d'entr'cux furent
leur farent ravagées les noirs fanatifés par les ordres de Jumecourt
maffacrés
voulur éteindre dans fon
& de LATI Le gouverneur genéral devenir funelte, au moment
principe une guerre qui pouvoir --- Page 227 ---
fur-tout, ol la, guerre N alloit ètre déclarée entre: la Framce,
T'Efpagne & Angleterre. Nos frontières' étoient menacées pàr
TEfpagne, nos côtes éroient menacées par l'Angleterre suil
falloir prendre un moyen très-prompt :le gouverneur général
la réfclurion de marcher fur-le-champ contré les" révoltés
Si la Croix-des-Bouguels, Ce n'étoit pas le compte des factieux; il falloit paralyterle commandant militaire nommé par
la France. En conféquence on organila contre lui une intorrection; par fuite delaquelle il fureloigne du comimandemient
quifur excinfivement confié à Borel, commandant dela garde
nationale. Ce Borel avoit été membre de l'affemblee de SaintMarc, lun des quatte-vingecind venus- en Frances lun des
plus furieux fouteneurs du fyitèmei de-l'independance. Il
avoit éré enfuite niembre de la deuxième atfiemblée-coloniale.
Cet homme marcha conftamment furleserremens qu'ils'eroit
tracés: dès le conwencement Ide laurévolution : à. lallèmblée de Saint-Marc même il palloit pour avoir fait la motion N
du licenciement des troupes aux ordres de la République. Cet
hommé parvint à faire éloigner le gouverneur généralidu com-.
mandement de la force armée. La municipaliré de la Croixdes-Bouquets. &.celle BImsheap-tmte: permettre que l'armée frangaifes. commandée par Lafalle, > fit un
feul mouvement fansleur réquilition. C'eftainfi qu'ils feméhageoient les moyengd'gteindre oud'allumer la guerre civile,
fuivant les vues quils pouvoient avoir. Pour vous prouver que
Lafalle fat conftamment fous le courenuadés-éactisus di Portau-Prince; 5 pour. vous ptouver: quelle étoit l'influence- He
Borel, non-leulemen; fur ja municipalité, mais encoreifurla
toralité de.da commune du Portau-Prince, je vais vous lire-la
déclaration d'un homme que les colons. ne récufercnt pas
comme fulpect: ceft.Alanw,leur ami, membre de la feconde
allemblée coloniale, Voicila déclaration d'Alain; elle eft
du 47.avel: je la divife en; deux parties..
sio Sénac: J'obferve qu'il s'ngit de la canonnade > &
la déclaration, 'étant du 17 avril, lui eft poftérieure de deg
Burclifurfesentcedtes danst tout onuispntebcbemadet
il ne"s'agit pas ici des"faits poftérieurs, mais de ce qui a
précédd la canonnade : ces preuves font fur diverfes déclarations.
P 4
du 47.avel: je la divife en; deux parties..
sio Sénac: J'obferve qu'il s'ngit de la canonnade > &
la déclaration, 'étant du 17 avril, lui eft poftérieure de deg
Burclifurfesentcedtes danst tout onuispntebcbemadet
il ne"s'agit pas ici des"faits poftérieurs, mais de ce qui a
précédd la canonnade : ces preuves font fur diverfes déclarations.
P 4 --- Page 228 ---
Sonthonax : Je vais lire la déclaration d'Alain, les CO
: lons diront ce qu'ils voudront fur cette pièce.
étoit à bord del l'Améric
- Sénat : Je vous oblerve qu'Alain
& le 17 avril il
le 12 avril 1793.. comme prifonnier foi 2 vous pouvez donne
éroit encore. Je vous demande quellé aux fers , au cachot
à une declararion faite par un homme
la canon
Encore une tois, il s'agit des faits qui ont précédé Sonthonax e
nade: quand il s'agira des fairs poltérieurs,
parlera,
Sonthonax : Il ne s'agit pas de faits poftéricurs, fi Alain ils'ag étoi
des rijrs precédens,iln ne s'agit déclaration. de favoir Dans ce qu
ou
ils'agit de
.
E"a
prifonner dire. non, 1l na point parle du matériel de 1
vient de
Senac,
de faits
c'eft au cor
pièce; il dic que je parle
poltérieurs, Je lis la déclara
traire de faits anterieurs àl la canopnade.
tion: d'Alain.
n 031
r
(Ilal lit:)
Déclaration d'Alain, 17 avril 17933 l'an premier de la
Republique,
:1
EXTR. A IT
Le Pore-au-Prince jouiffoir de la
commandant parfaite tranquillir de a
fut réélu à la place
Piat
lorfque nationale Borel de cette: villé , 25 à la" prefqu'unanimité a
garde de dix mille vorans. A pen près' à cette époque il'
plus
avec Hanus de Jumecourt
eut un: conférence particulière bien connu: le réfultat. Cependanr il an
dont on n'a jamais
(on:t but n'avoit éré que le de
nonça à la municipalité
il paroi
farmement des ateliers de : Crone-de-Bouquetsy, naiflance le
ce fut dans cette entrevue que de prit l'oueft.. Je (uis :
2A fédération des quatorze paroilles
tant plus fondé à le croire, qu'il eft parvenu avoit remis depuis aux quel com
que temps à ma connoilfance que Hanus Borel de Jumeeourt un proje
miffaires chargés écrit d'interroger de la man de ce dernier, & par lui com
non figné,
devoit ètre préfenté à Tal
muniqué à Borel, lequel projet
cette entrevue que de prit l'oueft.. Je (uis :
2A fédération des quatorze paroilles
tant plus fondé à le croire, qu'il eft parvenu avoit remis depuis aux quel com
que temps à ma connoilfance que Hanus Borel de Jumeeourt un proje
miffaires chargés écrit d'interroger de la man de ce dernier, & par lui com
non figné,
devoit ètre préfenté à Tal
muniqué à Borel, lequel projet --- Page 229 ---
(emblée fédérative. Le club alors fe remplit de perfonnes
qui manifeftoient le plus grand attachement pour Borel, lcquely venoit très-rarement. Ce fur à peu près dans ce temps
que fe firent ces motions contre les cemmillaires civils &
contre le général, qu'on prétendoit ne pouveir refter à SaintDomingue, parce qu'ils étoient nommés par le pouvoir exéEutif qui n'exiftoit plus depuis le décret qui conftituoit la
France en République. Jufqu'à ce moment j'avois eu fur
efprit du peuiple affez d'influence pcur l'empècher de fe
livrer à quelques excès; mais je la perdis prefqu'ensierement
en m'élevant contre ces motions, que je parvins néanmoins
à détruire par la force des raifons quê je donnois. Jene me
raprelle pas précifement les auteurs de CCS motions ,les notes
que j'avois prifes ayant été perdues dans men voyrge eftlau- à
Saint-Marc : cependant je déclare que Dumontellier
reur de celle tendante à la deftitution du général.
->) Au moment où la confédération devoit avoir lieu, des
nègres d'Oko defcendirent dans le Fond Parifien;, un autre
ittroupément fe forma aux Crochus: ces.révoltés étendirent
principalement leur brigandage fur les propriétés & les
onnes des
ci - devant dits de couleur. Il
ERR
citoyens
Hans nos regiftres plufieurs déclarations qui ne laiffent aucun doute iur le projet formé par les auteurs de cette révolre de détruire les citoyens ci-devant de couleur. Nous
hpprimes alors qu'Hanus de Jumecourt n'avoit envoyé, pour
réduire ces révolrés, que des troupes infuffifantes, qui furent
prelque routes facrifiées; nous apprimes encore qu'Hyacinthe
entroit fouvent en pourparler avec les réveltés, & qu'Hanus
de Jumecourt paroiffoit mettre en lui toute fa confiance. La
municipalité de la Croix-des-) Bouquers ft à la nêtre plufieurs réquifitions, d'abord d'un détachement de citoyens ciHevant dits de couleur qui ne lui fut poine envoyé; enfuite dè cenr hcmmes de toute couleur, que l'on jegea trop
Foible, & qui ne fut pas non plus enyové; enfin de quatre
cents hommes. Sur cetre dernitre réquifition, Bovel, après
avoir pris l'avis du confeil de difcipline de la garde nationale,
compolé alors en partie des perfonnes qui depnis l'ont fuivi
ians fa fuite > annonça hautement à la municipalité que la
garde nationale ne fortireit pas au nombre de quatré cents
hemmes 3 qu'on pouvoit faire telle réquilition que len veur
ible, & qui ne fut pas non plus enyové; enfin de quatre
cents hommes. Sur cetre dernitre réquifition, Bovel, après
avoir pris l'avis du confeil de difcipline de la garde nationale,
compolé alors en partie des perfonnes qui depnis l'ont fuivi
ians fa fuite > annonça hautement à la municipalité que la
garde nationale ne fortireit pas au nombre de quatré cents
hemmes 3 qu'on pouvoit faire telle réquilition que len veur --- Page 230 ---
droit, mais qu'il étoit perfuadé
les citoyens Il denianda ne marche er
roient qu'au nombre de mille à Rec.e cents. Bouquets renonç
fuite que la municipalité de la Croix-des- feroit fur fon terri
à tout droit de requérir pendant carie qu'il - blanche.
munic
toire, , & qu':l lui fàt accordé
Ja à cell
paliré du Fort-au-Prince tranfmit ces oblervaijions
de la Croix-des Bouquets, qui y adhéia 5 en conféquend
le dérachemen: de mille hommes partir. Iime futrenducompe que Borel, qt
à fa runtrée 2 qui fe ft trois jours après, militaite > s'ére
devoit êre. fubordenné au commandant fans avoir laquali:é de chef
arrogé le commandement; 5 les que elprits, tellencnt foufilé l'e
il avoit tellemen: accaparé dans la garde nacionale 2. qu'clle n
prit d'infubordination lui
diriger l'arnée. 1l me fi
vouloit reconnoitre que
pour licu de sorpaler au def
pareillment rendu compte vouloit qu'au rentrer le troilitme jour
de la garde narionale qui
il l'autorifa
fon filence, & en fuivant le voloniairement
l'armée quife portoit vers Poreau-Prine
mouvement
KT dès lors tant d'alcendant fur la garde nationale
Ilavoit acquis
ceffa de pouvoir la gouverners. que rie
que fe la municipalité que par lui, & que l'on palloit pour ennen
ne
faifoit
blamant fes
Jeus, le lende
du bien public en
opérations. du
général (
main de la rentrie, en prélence lei fort délagréable gouverneur POUT moi :j'eu
au comité,une fcène avec
prélens fe turent
la douleur de voit
moiiedesmembres, la féance. Le même jour
ce qui me força abandonner
TE
général avoit annoncé qu'il commandeit l'armée termes. qui devo :
refortir; il s'expliqua méme à peu près le frère en ces ainé de T'an
ferai tantôt le frère cadct d'expérience & rantôt dans l'art miliraite s
Borel. Lorfquil lorlquil s'agira s'agira de connoillance du pays,
commanderai;
Borel alors fe leva, & répondit d'p
prendrai fes confeils.
d'amour.
on me veri
ton fort fec: <6 Je n'ai point le rérablitiment propie, de-l'ordre
toujours tout facrifier fe pour porrât bien le foir , quoiquil ei
Gependant quoiquil dans la nuit pour fon départ, le lende
fait tout, préparer invité de fe rendre à la municipalité 2 al
main matin horriblement 2
malade 2 & hors d'état de pouvoir mai
trouva
dans la journée, par le bruit
cher : j'appris,
le
en effet le
at
ne vouloir pas partir avec général 5
litiment propie, de-l'ordre
toujours tout facrifier fe pour porrât bien le foir , quoiquil ei
Gependant quoiquil dans la nuit pour fon départ, le lende
fait tout, préparer invité de fe rendre à la municipalité 2 al
main matin horriblement 2
malade 2 & hors d'état de pouvoir mai
trouva
dans la journée, par le bruit
cher : j'appris,
le
en effet le
at
ne vouloir pas partir avec général 5 --- Page 231 ---
re heures la garde nationale fe raffembla, & Borel nie
at pas.; Lorfque les officiers municipaux fe préfentèrenr,
cri prefqu'unanime fe fit entendre : Nous ne voulons
du general, 5 nous voulons Borel. Les ciroyens Borgella,
reton de la Villandry, Imbert & moi nous nous étions
(porrés à la tête de la colonne, & nous étions patvenus
Ecider la compagnie des grenadiers à marcher, lorique
d'un coup le refte de l'armée répéta le même cri &
ous fut impollible d'arrêter limpétuofité de près de , neuf
s hommes armés qui nous entouroient : nous nous renes alors > après ayoir fait tout ce qui étoit pollible.
mée, en même temps qu'elle demandoit Borel, voulait,
place du général, le ciroyen Bouteillier qui l'avoit déjàl
mandée. Il me parut évident
Borel étoit l'auteur de
fcène, parce que la plupart dec fes aides de camp
oient les compagnies, ainfi que Faurez,
aux par- uns
ux autres, > & annonçant même à quelques parlant - uns
livreroit les Africains qui étoient en prifon, s'ils tenoient qu'on
e. Néanmoins l'armée partit, en nous affurant qu'elle
eroitroutelel lendemainau: marin, fi danslanuirellenavoit
itude d'être commandée par les chefsqu'elle
avions rourlieudeeraindre que la plainene faca abandonnée, demandoit;
habitans de la Croix-des- Bouquets nous faifoient les plus
infances, nous rémoignoient toutes les alarmes; nous
es alors le parti d'écrire au général ce qui s'étoit
lui faire part de la demande que l'armée avoit paffé, faite
toyen Boueillier : le général le nomma alors pour la
nander. Nous écrivimes aufli à Borel, qui nous fit dire
dement qu'il étoit malade, & qu'il lui falloit une réf
ion pour marcher. Nous entrâmes en pourparler aveç
ur cette étonnante demande ; & ce ne fur
:s du matin que nous obrinmes de lui une lettre qu'à en cinq
annonçant fon refus de marcher fans
deux
ndant loriqu'il apprir que le citoyen Bouteillier réquifition," étoit
né, il fe décida à fe palfer de
il
s fept heures. Douze jours fe pafserent réquiftion dans 5
partit
rique la municipalité lui faifoit
Tinaction;
e prévenoit pas fes defirs, il lui quelques écrivoit des obfervations lettres intes; & tel étoit alors Taveuglement du
-
liffoir à ces lettres, Notre pofition étoit peuple > qu'il
délicate : auin
ier réquifition," étoit
né, il fe décida à fe palfer de
il
s fept heures. Douze jours fe pafserent réquiftion dans 5
partit
rique la municipalité lui faifoit
Tinaction;
e prévenoit pas fes defirs, il lui quelques écrivoit des obfervations lettres intes; & tel étoit alors Taveuglement du
-
liffoir à ces lettres, Notre pofition étoit peuple > qu'il
délicate : auin --- Page 232 ---
homme revêtu de toute la confiat
côté nous voyions un
la Croix - des-1 Bouque
de la garde nationale, d'abattre, > dominant & qu'on ne pouvoir cep
qu'il étoit néceffaire
parce
étoit P
dant réduire fans de grands dangers, avec lui un
confidéra
qu'il entrainoit
E
qu'indubitable
d'un autre côté, les citoyens, quil flar
d'hommes égarés; hautement l'amour de la révolution &
en: manifeftant
exécutif, étoient les premicrs à
haine pour le ponvoir de tout abandonner pour peu
défendre, & menaçeient
fit rejeter; par 1
osât le contrarier: c'eft ce motif qui
& dans laqu
nicipalité, une lettre que j'avois propofée, convenoit >
de lui fa
je faifois à Borel les reproches lai quril municipalité n'avoir -
On peut dire hardiment d'autorite.Je que n'ai aucun détail à don
alors qu'une ombre
c'eft à la municipalité d
fur fes campagnes en plaine 1
quil faurs S adreflerpourl rlesavoit.J'ign
Croie-desBouquerse
de Toutrage fait au E
s'il étoit l'auteur direét ou indiredt Melon Lorchet, > &c. e
vermeur général par Formi,
portant en foule au gouvernement > pour voulu Tempèche
c'eft qu'ayant
prendre
partir ; tout ce que je Formi (ais, cemme un des principaux a
moi de faire arrêter
de n'en rien faire, pa
de cette fcène, je fus contraint la faction dominante dès-lor
certitude oû j'étois de voir
municipalité; ce qu'ils fi
foulever contre moi & infulrerla donnèrent la déclaration qui a
en effet le jour où ils" J'avois oublié de dire
Borel,
imprimée & affichée.
avoit réuni les
s
la
Niacaes
en inftruire municipalité, les avoit armés, & les 2
difperfés, chez leurs maitres, détournés, à Santo; que D
envoyés, par des Jacmel chemins &: attaché à Borel, en avoit
bert, arrivé de
depuis, Borel avoit eu l'inten
le commandement; quie,
nombre des Africains
d'augmenter confiderablement.le à
des précautions
qui força la municipalité derniers prendre temps il les a fai
T'empecher ; que dans ils ces
être utiles, il les a
venir de la plaine où
pouvoient ait
obtenir de lui les
caferner en ville, fans qu'on ooftacle." pu
tifs de fa conduite ni y mettre
Ie refe eft relatif à ce quis'elt paffe au Tort-auP:
cette ville.
lerfque nous étions.devant
:
menter confiderablement.le à
des précautions
qui força la municipalité derniers prendre temps il les a fai
T'empecher ; que dans ils ces
être utiles, il les a
venir de la plaine où
pouvoient ait
obtenir de lui les
caferner en ville, fans qu'on ooftacle." pu
tifs de fa conduite ni y mettre
Ie refe eft relatif à ce quis'elt paffe au Tort-auP:
cette ville.
lerfque nous étions.devant
: --- Page 233 ---
Leprefdni: Devant qui a été frite cette déclaration 2
Sonthonax : Elle a été faite devant Polverel.
Brully : Permettez-moi de dire une particulariré qui ne
fncide point avec la déclaration dont on vient de vous
Inner lecture. Lorfqu'Alain étoit à bord de TAmérica, il
queftionné par les commiffaires-civils fur les prétendus
ieux. La réponfe eft mémorable, & ne concorde pas du
uta avec cette déclaration; il dit qu'il ne connoiffoit d'autres
Pieux que Pinchinat, Polverel & Sonthonax eux-mèmes.
Lc préfident : Quelles preuves avez vous de cela ?
Brulley : Deux témoins auriculaires qui étoient aux fers
ec Alain: Derragis, qui eft ici; & Bernard , employé
fervice de la République fur un vailleau.
Sonthonax : D'abord Alain n'a jamais été aux fers.
Brulley : Si, à bord de T'América, avec Derragis &
rnard.
Duny : Alain a été mis au fecret avec moi à bord
Saint-Honorés & n'en eft forti, ainfi que moi, qu'aux
ats-Unis.
Sonthonax : Alain a figné cette déclaration au bas de
aque page devant Polverel, auquel il a demandé de la
re. Ifla faite après s'être échappé du Pert-au-I Prince
I'on vouloit le pendre > pour ie retirer auprès de Lale dans une des armées campées autour du Port-auince 3 Lafalle , dans le mémoirs qu'il a diftribué
efte ce fait. On peut en croire Lafalle fur les faits
efte en notre
quii
faveur, puifque Lafalle prétend avoir eu
fe plaindre des commillaires civils. Brulley >. ayant été
ujours en France, na pu être témoin auriculaire; ceux
il cite, étant des hommes déportés par les commiffaires
vils pour avoir été aéteurs dans cette faction, avoient été
x-mèmes les complices de Borel. Si Alain a déclaré quele chofe contre les factieux du Port-at-Prince, contre la
unicipalité, contre lui-mème, > il falloit que ce fût une
ande vérité, puifqu'Alain étoitaccufé d'avoir machiné avec
S mémes hommes.
Sénac : La preuve qu'Alain étoit en prifon. . e
commiffaires
vils pour avoir été aéteurs dans cette faction, avoient été
x-mèmes les complices de Borel. Si Alain a déclaré quele chofe contre les factieux du Port-at-Prince, contre la
unicipalité, contre lui-mème, > il falloit que ce fût une
ande vérité, puifqu'Alain étoitaccufé d'avoir machiné avec
S mémes hommes.
Sénac : La preuve qu'Alain étoit en prifon. . e --- Page 234 ---
Lc préfident : Vous reviendrez la deffus. Il ne faut
interrompre la défenle.
Sonthonax : J'oblerve fur la déclaration que je viens fai
lire qu'il en réfulte qu'il y a eu plufieurs déclarations y avoit
à la municipalité du Port-au-Prince, des hommes portant de qu'il) couleur; &
complot formé contre la streté manifefté dans la
du C
complot ne s'étoit que les noirs trop avoient brûlé les plaine habitaticns
de-fac hommes 2 puifque de couleur & en avoient maffacré u
vingraine trente : il réfulte donc de cette déclaration que le co
plot étoit formé d'aflalliner les citoyens de couleur de T'oue
les chefs ee ce complot étoient Hanus de Jumccourt àl l'aide
Sat il enréfulte également que Borel dominoit,
fes ficaires, la ville du Por-au-Prince; qu'il étoient dirigeoir da
municipalité à l'aide de quélques hommes qui
mèm
fon fein, de quelques hommes qui éroient dans les
Jumecourt & Borel : il en réfulte égaleme
principes contre que toutes lois, contre la permillion des commillair
civils,, que on fe crut permis d'enrèler des efclaves, de lesiarm
pour s'en: faire des gardes-du-corps, pour les caferner des cont cor
le voeu du gouverneur général, contre été le inftruits. voeu
miffaires civils, qui n'en avoient pas
Je paife à T'arreftation du journalifte qui faifoit le journ
delami de l'Egalité. On vous a dit que ce journalifte de ave
des principes de terrorifme > des principes ennemis dans cét
France , de la République,, de méler la religions la religionmème. car,,
- Pou
dilcuflion, les ona colons été vous juiqu'ay ont ci:é des articles de ce journ
preuve, du mois de nai & de la fin d'avril 1793 : ces extraits fox fo
bien
fois à ma proclamation du 21 mars,,
du journal PAmi de r'Egalit
à l'arreflation RArN journalifte
fait
deux nt
Quand il fut arrèté, il n'avoit
paroitre que
f
méros 5 je les joins ici avec le profpeétus
je de dépofe ld
le bureau: il feroit trop long de vous les
faire
E
détails de ce qu'ils contiennent; il fuffit de vous dire qu'apre
une feule lettre dans laquelle tout refpire le refpect
l'amour de la
-
les autorités conftituées,
tranquilliré eft
l'ordre, après cette feule lettre, tout ce jouinal employ des cyc
à imprimer un ouvrage intitulé : Rclation efficielle
le profpeétus
je de dépofe ld
le bureau: il feroit trop long de vous les
faire
E
détails de ce qu'ils contiennent; il fuffit de vous dire qu'apre
une feule lettre dans laquelle tout refpire le refpect
l'amour de la
-
les autorités conftituées,
tranquilliré eft
l'ordre, après cette feule lettre, tout ce jouinal employ des cyc
à imprimer un ouvrage intitulé : Rclation efficielle --- Page 235 ---
emens qui fe font palles au Cap les I, 2," 3, 4,
6,
: 8 décembre 1792 J aurelice a la Convention nationale $,6
ar Sonthonax J commiffaire civil.
Je vous ai lu cette relation : c'eft elle qui a enflammé
zèle des hommez de la municipaliré du Port-au-Prince
du club : ce club a dénoncé l'auteur de ce journal à
municipalité comme un perrurbateur du repos public >
our avoir imptimé la relation des commiffaires civils enpyée par lui en France. La municipalité, à fon
a dénoncé au commiffaire du pouvoir exécutif , qui tour, s'eft
ermis de requérir contrele journalifte U11 décret de prife-debrps, quia eclanceparlejngede, tribunal; ce décretdep prifelecorps fut lancé contre cejournalifte pour avoir imprimé la
tation officielle du commiffaire civil. Ce n'étoit donc
- journalifte qu'on en vouloit directement > c'étoit pas au
pmmiffaire civil. On décrète de prife-de-corps un homme
ui a imprimé une relation officielle des évènemens
I Cap le 2 décembre & jours fuivans.
paflès
Sénac : Une interpellation.
Le préfident : Tu ne peux pas interrompre fa défenfe.
Sonthonax : Je défie les colons de nier le fait ; je débfe far le bureau lestrois feuls numéros de l'Ami
i, aient été fairs, qui aient circulé, fur-tout defEgalité ma
aiion du 21 mars; je les livre à leur cenfure > & procla- je les
fie de
quil y eût dans ces numéros aucun defpour Fraretu autorités contlituées, la moinare provocation
la guerre civile, ainli qu'on l'a annoncé. Ony trouve feument la relation des évènemens paffés au Cap le 2.
écembre & jours fuivans, relarion enroyée par le commifire civil à la Convenrion nariomle, du décret de prife-debrps contre le journalifte & Timprimeur, parce
font
rculer cette relation officielle. Vou voyez come qa'ils le club,
mme la municipalité refpedoien:Taurodié narionale;
gards ils avoient pour elle,
quels
:
puifqu'is décréroient de
corps l'imprimeur des actes des commir airesicivils. Pans prilemême temps j'envoyai du Cap au F'ort-au-Fiince un
ire de la commiflion civile pour averrir le
fecréI départ du général Rochambeau
la général Lafalle
pour Martinique, &
ielle. Vou voyez come qa'ils le club,
mme la municipalité refpedoien:Taurodié narionale;
gards ils avoient pour elle,
quels
:
puifqu'is décréroient de
corps l'imprimeur des actes des commir airesicivils. Pans prilemême temps j'envoyai du Cap au F'ort-au-Fiince un
ire de la commiflion civile pour averrir le
fecréI départ du général Rochambeau
la général Lafalle
pour Martinique, & --- Page 236 ---
l'interim du gouvernement de Saint
pour l'inviter à prendre n'eft pas plutôt arrivé, que la mu
Domingue. Ce fecrécaire
de fa perfonne 5 on 1
nicipalité & les faétieux s'emparent l'aveit apporté. On-le mit à bord
fait à bord du brick qui ou des hommes du club vinrent ar
de la frégare l'alfalliner. l'Aftrée, S'il n'avoit pas été caché par le
més
il eft en
Fa
taine Pae1 la frégate > il n'exiftetoit de la letre pluss, qu'il mécrivit.
Je vais vous lite la copie
Sénac : Son nom 2
Sonthonax : Le citoyen Piquenard.
de vous.
Clauffon : Ah! oui, il rendra bon compte
Le préfdent : A l'ordre.
m'écrivoit du bord' d
Sonthonax : Voici lalettre qu'il lire la lettre qu'il m'écrivo
la frégare l'Aftrée. Je vais vous fa douleur au moment oi il éto
à cet égard, où il peignoit Elle eft pour copie conforme
fur le point de fecrétaire fuccomber. de la commillion civile.
fignée Muller,
: Eft-elle extraite des archives :
Le préfident Oui, elle eft extraite des archives. L'origina
Sonthonax :
Je n'ai pu encore me le pro
doit s'y trouver également. qu'elle exifte : celui qui l'a écrite e
curer; mais j'affirme il fera facile de comparer fa déclaration ave
en France 5 doit s'y, trouver & la copie que je vais lir le
l'original qui
de l'original qui fe trouve dans
Cetre copie eft extraite
des colonies; elle eft
pièces dépofées à la commifion
des colonies; 5
raphée par deux membres de la commiflion
n'a pas été faite pour les circonftances.
(Il en fait leéture. )
Lettre de Piquenard,
<
Citoyen commifinenadonsl-del,
infortunée dela
des ennemis de Sainr-D.
4 Vidtime
le fort qui
préparé 5 avant-hier
>
ASESS
mingue f'ignore
embarrafloit mes tyrans. Mo
choix feul de mon fupplice
crim
ifion
des colonies; 5
raphée par deux membres de la commiflion
n'a pas été faite pour les circonftances.
(Il en fait leéture. )
Lettre de Piquenard,
<
Citoyen commifinenadonsl-del,
infortunée dela
des ennemis de Sainr-D.
4 Vidtime
le fort qui
préparé 5 avant-hier
>
ASESS
mingue f'ignore
embarrafloit mes tyrans. Mo
choix feul de mon fupplice
crim --- Page 237 ---
etime eft d'avoit défendu & foutenu courageufement
& fes. organes. En état d'arreftation
laloi
interrogatoire m j'attends. a chaque b inftant ayanp déjas lubi ua
dernier. Les clameurs de mes bourreaus mon jugement
moi. cc Delpech & Dufay nous ont
viennent mais
ci ne nous
1>
échappé,
:
inftant. Je échappera pas; voilà ce que j entends à
me luis tellement familiarifé avec. l'idée chaque de la
mort, que Texiftence' m'eft même à charge 5 je voudrois
voler au devant du, fupplice qu'on me
miner des jours de douleur & d'inquiétudes prépare, pour tera Lafalle, après m'avoir accepté pour fon
m'a lachement, abandonné, Il dit, publiqueraent nide-de-camp,
revenu du Cap tout enthouliafimé de vos
que je fuis
que je fuis dangereux à Saint-Domingte : fes opérations, &c
plus noirci auprès du peuple que fi j'eulle paroles cié m ont
e plus criminel & le plus fouilié de forfaits.
Thomme
33 Plufieurs braves & intrépides citoyens de couleur
cherché à me fauvér : tout. eft inutile; je fuis
ont
a bord de la frégate TAfrées & fi Rudeval gardé à vue
i feroit perdu lui-même.
- a
me fauvoit,
d 3> Adieu, vertueux
fincère ami de
iberté a fes victimes Reieri comme tyrannie. Si ma l'égalité: mort La
atile à ma patrie, je mourrois content 5 mais
étoit
I vingt-deux ans, à l'inftant où je favourois fi perdre lavie'
ment les fruits de la révolution, c'eft une idée delicienfeRu-deffus de mes forces.
déchiranra U anolop
1> A l'inftant ou je vous écris, les grands
A ARV
beut-être portés : la coalition de Jumecourt & coups, font,
e lignal de la deftruction des hommes de
de Boreleit
épt ont déja été mallacrés par leurs negres. couleur i singtabitations à eux appartenantes, font incendiées. Trente-tois
t contraire prorègent les blancs. Ouatorze
Les negres
lu Fort-au-Prince fon: allés en plaine avec cenrs douze hommest
le cancn, I1 fe trouve parmi eux deux cent
piècds
itovens de couleur qui ont été forcés'd'y aller: DBieu chetianta
ir'sils en reviendront. O Rochambeau,
feul
Stu!
Rochambeau," S5
Foa
Tams FIL. Seirenst-huitieme lvraifen.
Q -
n
vau
ègent les blancs. Ouatorze
Les negres
lu Fort-au-Prince fon: allés en plaine avec cenrs douze hommest
le cancn, I1 fe trouve parmi eux deux cent
piècds
itovens de couleur qui ont été forcés'd'y aller: DBieu chetianta
ir'sils en reviendront. O Rochambeau,
feul
Stu!
Rochambeau," S5
Foa
Tams FIL. Seirenst-huitieme lvraifen.
Q -
n
vau --- Page 238 ---
votre collègue ; je
de couleur ont prévenu
s Les citoyens,
pas rentrer: en ville.
crois bien quiln'ofera le dernier terme de MOS malheurs,
s, Si la mort h'eft pas au nombre de tes enfans; conEtre fuprème, reçois-moi qui meurt innocent.
fole un malheureux
conforme à l'original.
s Pour copie
civil.
facrétaire du commillaire
35 Signés MUILER,
Claiffon : La date? eft fans date. N'ayant point ToriSonthorax: La fi copie la date eft fur cet original 5 mais de les la
ginal, je ne fais
qu'elle ait été faite à bord
colons ne nieront puilque pas ceft de la qu'il écrit.
frégate VAprie,
favons rien.
Duny: : Nous.n'en
avoir; parlé du journal qui a
Sonthonax : Après colons, vous il me feroit permis de vous
été dénoneé par Jes
quils fafoient au T'ort
mettre fous les yeux les journaux Tétois au Capa ayant mon arrivée
nu-Prince, pendant que feroit
de vous dire comment
dans cette ville; il me
les permis plus vertueux de Tatlemblée
les membres
fur l'échafaud:
on. trairoit
octobre 1793 onipéri
des
nationale, ceux
connoitre quel 'étoit Tefprir convous
i1
qui
je, pourrois fur la Repubbqus, fur le gouvernement nationale
colons
& fur-tout fur la Convention
venoit à la colonie
fur dés difcuflions de journaux que
mais comme ce n'ett pas aux faits ulrérieuts.
je dois m'a arrèter, je palfe
Tinfurreélion de la plaine
J'étoisau Cap lorfque j'appris
m'avertit par fes, dé
lorfque mon collegue
, de ce
du, Cul-de-lac, de tout, ce qui le, tramoit au For-au-Prince, dans le Sud, oà une
peches éprouvoit lui-mème aux Il
à me réunir à lui
quil
avoit déja éclaté.
Faie
infurredlion Nous choififlons 2 de concert, Saint-Marc dans le com pout
dans TOueft,
J'arrive le ptemier
de
lel lieu. du sendeevoas. de mars 5 je m'y occupois tranquilleent dans T'Ouelt
mencement
fur ce qui fe palfoit la colonie
prendre des renfeigmemens public de çette pare de
& furtost fur Telptir
à me réunir à lui
quil
avoit déja éclaté.
Faie
infurredlion Nous choififlons 2 de concert, Saint-Marc dans le com pout
dans TOueft,
J'arrive le ptemier
de
lel lieu. du sendeevoas. de mars 5 je m'y occupois tranquilleent dans T'Ouelt
mencement
fur ce qui fe palfoit la colonie
prendre des renfeigmemens public de çette pare de
& furtost fur Telptir --- Page 239 ---
dorfquey le 20 ou le 21 mars, ilm'arriva un avifo du Cap
qui m'étoit dépèché par le coutre-amiral Cambyze. Il m'avertiffoit que.la guerre venoit d'être déclarée entre la France
&c FAngleterre. Quel parti prendre dans des circonftances
aufli graves? Je favois que le but de la municipalité du
Port-au-Prince étoit d'inipirer des défiances contre Tefprit
dominant & effrayant de la France. Telles font les exprefdions de la leture dont je vous ai donné leéture. J'érois
anftruit que le parti Borel annulloit les autorités conftituées des
du Port-au-Prince. Je favois l'arreftation de l'envoyé
commillaires civils à bord d'une frégare, oà fa vie avoit
à peine été garantie par les matelots & la prudence du
capitaine qui commandoit cette frégate. Je favois
Jérémie venoit de chafler, àmain armées les hommés uc
couleur, femmes & enfans 3 je favois que Jacmel avoit
repoulfé le commillaire civil qui , l'olivier à lal main,
venoit dans fon enceinte pour faire exécuter la loi du 4
avril, pour apprivoifer les blancs avec l'égalité qu'ils repoulfoient fans celle. Quel parti devois-je prendre 2 Deux
s'offroient à moi : le premier, les moyens diplomatiques'; faction
à
le fecond, d'attaquer à force ouverte" une
qui,
tout prix, vouloit perdre la colonie.
Les moyens diplomatiques ne pouvoient être employés au
moment ou la guerre éroit allumée, au moment où il falloit
enchaîner lennemi intérieur, pour parvenir d'une manière
plns sûre à vaincre l'ennemi exrérient. Ceft dans ces circonftances que je fis ma proclamation du 2I mars > ou - bien
loin d'inculper les quatorze paroitles de T'Oueft, j'affecte
de dire que la majorité de la ville du Port-au Prince eft
compofée de bons citoyens, que cette majorité doit être
protégée
les autorités conftituées, en faifant partir pour
France de le convoi les hommes qui veulent troubler
l'ordre , les hommes qui s'enrendent avec T'ennemi > les
hommes qui veulent livrer Saint-Domingue e , le territoire
de la République aux ennemis. Dans ces circonftances un
homme de cculeur du Port-au-Prince vint à Saine-Marc;
il m'inftruifit de ce qui fe paffoit au Por-au-Prince; 'il
m'inftruifit même qu'un complor fe tramoit au Port-auPrince contre la vie de Polverel, dans le cas od il rentreQ2
les hommes qui s'enrendent avec T'ennemi > les
hommes qui veulent livrer Saint-Domingue e , le territoire
de la République aux ennemis. Dans ces circonftances un
homme de cculeur du Port-au-Prince vint à Saine-Marc;
il m'inftruifit de ce qui fe paffoit au Por-au-Prince; 'il
m'inftruifit même qu'un complor fe tramoit au Port-auPrince contre la vie de Polverel, dans le cas od il rentreQ2 --- Page 240 ---
I
256 I
roit dans'cette ville. Ar cet égard, jai Je: reçu vais de vous hre
de
trois déclarations.
mMferm
bien dignes
foil,
celles qui préfentent quel:
deux qui font les plus courtes, certitude fur ce fait.
que probabilité 5 quelque
(Il lit la première.) 131
reit
nel 10
avril 1793, l'an prémier de
ce Aujourd'hui érant mercredi, en la at du Port-au-Prince, & par
la République,
& Léger-Felicité Sonthonax,
devant nous Erienne-Polvetel civils de la République, délégués aux illes francommifaires
fous-le-venr, pour y rétablir r'ordre
çaifes: de lAmérique publique e, écrivant Nicolas Delérang,
& lai tranquillité
Polvérel; que nous avons nommé
fecréraite du commilfaire
eft
le ciroyen
fectétaire: ad hac de la commifion, du comparu a Port-au - Princer,
Rebel Gentil, habitant de dans la paroille lesi derniets jours du mois de
lequel nous a déclaré que dans la rue Saint - Glait il vit, for $
janvier dernier, la paffant maifon qui fait le coin die laditel rue Sai tla Clair galerieide & de celie du-Gouvesnemenr , unig grouppe échaufees; de perfonnes caufant sentemblergn 86 qui paroilloient entendre ce dont il étoit
quilfapproehs de ce gromppepour
Polverei étoit
quettion, que T'an.y. dicir guele comniliaire avoit fait tout le mal
un anftocrare >1 un icéléras 3 Gui
pollible aux Cayes, & Quil revenoit au Pontau-Psince Souchonax Pet
en faire autanti que lui le commillaire divifés
foient femblantdetre d'avis contraire la, perte & de la colonies Py
mais que, rous. denx vouloient
quil falloit ablolunent
qu'ils éroient des commiljaircaneredy fut queftion, def plufieurs. projets pour
fe défaire d'enxs'quil &
comme le brait courcit en ville
parvenir a ce but, Pelverel quex éroit 1 en roure pour fe rendre au
que Port-au-Piince, le comiflare il falloit prcfiter du momens fave able Four
Femptcherdenurerene cettevilles ga Finatohiegeiaucene
fur le grand chemjn pour l'alfailiner, & méme d'embarralier
la batterie Hottante furledit chemi, Arerpneawertieaie ala troupe
tion de Bizoton 2 pourorpolet une forceimpolante citovenl Pelde Rigaud, que l'on difoit devoir accompagmerle étoit décidé &
verel; quele déciarant, voyan: tous fes que ceprojet en ulage pour en
arrété, réfolut de mettre
moyens
ucene
fur le grand chemjn pour l'alfailiner, & méme d'embarralier
la batterie Hottante furledit chemi, Arerpneawertieaie ala troupe
tion de Bizoton 2 pourorpolet une forceimpolante citovenl Pelde Rigaud, que l'on difoit devoir accompagmerle étoit décidé &
verel; quele déciarant, voyan: tous fes que ceprojet en ulage pour en
arrété, réfolut de mettre
moyens --- Page 241 ---
4 237:
empècher l'exécution; qu'aullicôt il alla à bord. de la frégate,
TAttréc,, alors mouillée en rade du Port-au-Prince, pour,
prévenir le-capicaine Kudeval des complots horribles qui fe
tramoienren dk.cos.shutreksiapheunsdadiiérote édela Ré
publique; 5 qu'il piia ledi: capi ame 3 Rudeval de lui pré:er fon
grand canot, pour aller fut le chemin au-dellus de Bizoton,'
a la rencontre du commillaire Polverel, le faire embarquer'
dans ledit canot, &le conduire à bord de ladite frégate, ou
il feroit alors en shreté; querde-capitaine Rudeval confenzit
avec plaitr à la demande du déclarant qu'en confequence
ledit déclarant. fit: part de fon prejet 1 un de fes frères
nommé Papillor, qui voyant le danger que coureit le citoyen:
Polverel, & défirant l'en préferver, fut par terre julqua
Thabiration, de Bizoron, pour; T'empécher d'aller plus loin 5
que de fon cô:é le déclarant s'embarqua avec huir matelo-s,
& un patron dans le canor de T'Aitrée, , & rejoigtit le LItoyen Papillot; quFpouvoir étte"alors neuf heures dufeir;
qu'ils actendirent ali barrière de Fhabitation Bizoion > juf
qu'au lendemain deux heures du matin; qu'ils arrerèrent fur:
la route une voiture.qui paroifloir venit de Léogane; qu'iis
demanderent au civoyen qui éroidanscette voiture, & quileor
dir ére dépuré du petit Goave pour la fédéracion desquntorze
parcitererOetatlkcommifayefalvrmi@oseneoue pour
venir au Porrau-Prinee; quece député leur dit que non, que
le citoyen Polverel étoit encore aux Cayes, & qu'il croycit
même qu'il ne quitteroit point cette ville fitêt; que fur
Faffurance que ce dépuré donna au déclarant, du non-départ du commillauire Polverel, lui déclarant retourha dans
le canot à bord de T'Alrée, & laiffa ledit Papillor veilier
jufqu'aujour, pour être plus certain des faits.
92 Ajoute le. : déclarant que fa démarche ayant été fue le
lendemain même dans la ville du Port-au-Prince il fut
queflion de le faire arréter; que fur Ce que lui dit is capitaine Rudeval que la municipalité avoit promis trois
tugaifes à quiconque Tarreteroit, il fe cacha pendant
fieurs jours chez le citoyen Beauvais, & qu'il profita de
E
fortie que l'on fit, quelques jours après, contre les infurgés
du Cul-de-Sac, pour fortir de la ville du Port-au-Prince;
qu'il relta campé pendant l'efpace de quinze jours, &
Tome FII. Soixante-huttième livraifon.
Q 3
dit is capitaine Rudeval que la municipalité avoit promis trois
tugaifes à quiconque Tarreteroit, il fe cacha pendant
fieurs jours chez le citoyen Beauvais, & qu'il profita de
E
fortie que l'on fit, quelques jours après, contre les infurgés
du Cul-de-Sac, pour fortir de la ville du Port-au-Prince;
qu'il relta campé pendant l'efpace de quinze jours, &
Tome FII. Soixante-huttième livraifon.
Q 3 --- Page 242 ---
2;3
alors obtenu un paffe-port de Borel; il retourna
SE fon quartier.
déclaration, ledit Rebel a
32 Leéture faite de & la n préfente avoir rien à y ajoutet ni diminuer,
déclarey perfifer, nous la préfente déclaration au bas de cha-
& a figné avec
coté
-
& à la fus-date, dont nous avons en outre
que page, toutes les pages, lesjours, moi & an fufdits.
& paraphé
>' (Rayez huit mots comme nuls.)
SONTHONAX, REBEL - GENTIL,
> Signé, POLVEREL;
Nicoras DELÉTANG s:
déclaration eft de Catinot, imprimeur au
Por-au-Prince; : La deuxième elle eft du 19 avril 1793.
Senac : Cela eft poftérieur à la canonnade.
les mêmes
Le préfident (à Sonthonax ) : Si elle contient
faits, 1 i eft inutile de la lire.
Sonthonax : Elle eft beaucoup plus détaillée,
(II lit.)
Déclaration du citoyen Catinot.
vendredi, dix-neuf avril 1793, l'an
cc Aujourd'hui
en la ville duPort - TE
mier de la République françaile,
& T.égerFéli
Prince, & pardevanr nous Eienne-Polverel narionaux civils délégués aux
cité Sonthonax, commillaires
y. rétablic
ifles françaifes de TAmtnquefotslevent écrivant NE Létang, ,
Yordre & la tranquillité publique, civil Polverel, & que nous avons
fecrétaire du commillaire eft comparu le ciroyen Pierre Canommé fecrétaire ad demeurant hoc,
en cette ville, lequel nous a
tinot, imprimeur dans lés derniers jours de janvier dernier, il a errdéclaré que
Ballet & Déternot, affo iés de Goy;
tendu dire au interim citoyén du magafin de l'Etat, quil falloit inrégilleur par
avoir la paix au Portau-Prince, du comité exédilpeniableuene, le
la veille chez Goy, en féance
cuter
de coutuine
TAUFt
éccit projet tcm fclon Tufage, & ou afliftoient
quisy
iers jours de janvier dernier, il a errdéclaré que
Ballet & Déternot, affo iés de Goy;
tendu dire au interim citoyén du magafin de l'Etat, quil falloit inrégilleur par
avoir la paix au Portau-Prince, du comité exédilpeniableuene, le
la veille chez Goy, en féance
cuter
de coutuine
TAUFt
éccit projet tcm fclon Tufage, & ou afliftoient
quisy --- Page 243 ---
alfere, Breton de la Villandry, Duraimé, Dairolle comhandant de la batterie Hottante, Philiphe Galfat & autres
u'il ne connoit pas de nom : -ce projet étoit, difoit - il,
efe défaire du commifaire civil Polverel, à quelque prix
kide queique manière que ce fàt. Déternot obferve qu l'on
monçoit dans la ville que le citoyen commillaire devoit
rriver le foir même, & que l'occalion feroit d'autant plus
Avorable pour la réuflite de leur projet, que fans doute il ne
roit accompagné
d'un très-petit nombre de perfonnes.
finit par engager Basel à propoler le foir au comité d'enbyer une vingtame d'hommes s'embarquer la nuit, fur le
hemin de Léogane, à l'effet de ly arrèter.
W Ajoute le déclarant que cette converfarion fut aufi enndue par fon époufe; que le capitaine Rudeval, quif ifutinfuit de cette trame fcélérate , envoya la chaloupe de
ARrée pour en prévenir le citoyen commiffaire Polverel;
he cette chaloupe paffa la nuit à l'embarcadère Féron,
66 que les citoyens Papillot & Rebel, que lui déclarant
oit engagés aller à la rencontre du citoyen Polverel, afin
lui donner avis de Pétat de rebellion oà étoit une partie
s'ciroyens, & même des foldats. Déclare en outre
ns les
jours dudit mois de janvier, il a vu
Pc
re k quatre premiers foldats du régiment ci-devant d'Artois faire
: carrouches dans la mailon dudit Lafsère > qu'ils ont
Intinué d'eri faire pendant quatre jours; quelques jours auravant Lafsère avoit accompagné Borel à la Croix- desbuquets.
à commiffion
5, Dénonce, au furplus, ledit compàrant la
vile de la République, les cicoyens Alain :. procureur de la
mmune du Port-au-Prince, &c Michel, officier municipal;
clarant que dans le cours de l'interrogatoire qu'on lui ft
bir à la municipalité de cette ville le trois janvicr derer, ledit Michel lui demanda G le commiffaire civil Sononax, qu'il qualifia de fcélérar, avoit fairi imprimer la relan officielle des évènemens arrivés au Cap dans les preiers jours de décembre 5 que ledit Michel difoit que cette
iation étoit attentatoire à lhonnetr de tout le prmple de
int-Domingue, & que certainement les habitans du' Port-
-Prihce ne verroient pas de telles infamies de fang-froid,
janvicr derer, ledit Michel lui demanda G le commiffaire civil Sononax, qu'il qualifia de fcélérar, avoit fairi imprimer la relan officielle des évènemens arrivés au Cap dans les preiers jours de décembre 5 que ledit Michel difoit que cette
iation étoit attentatoire à lhonnetr de tout le prmple de
int-Domingue, & que certainement les habitans du' Port-
-Prihce ne verroient pas de telles infamies de fang-froid, --- Page 244 ---
& qu'Alin lui répondit alors : IL ne feroit pas étonnan
qu'en eit imprimé de pareilics horrers au Caps cette villee
Jous le defpocyine desjacobins.
déclarations &
>> Ledture faite audit citoyen Catinot des & ne vouloir
dénonciations ci-deffits, ila déclaré y perfifter,
aingmencérni diminuer, & a figne avec nousle préfent dont procès
verbal aubas dela première page &c à la fin d'icelles,
nou
avonsen outre coré &c paraphé les deux pagesu uniques. T5
SONTHONAX
5>
Signé s POrERE, P. CATINOT,
NICOLAS DELÉTANG, fecrétaire ad hoc >),
-Vous voyez dans quelle difpolition O1l étoit au Port-au
Prince pour y accueillir les commiflaires civils : je vous de
parlé des difpolitions politiques de là municipelité, fe trouvoit
snnde-matienale, dk de l'état de captivité où
gouverneur général : je ne fus
plurôt arrivé à de Sain nui
Marc que le commandant rompit E fers, s'échappa à
le
Sair
fermit fur un vaireau mnarchand matin. qui Le tranfperta club avoit envo
Mare; ohil arriva le lendemain le réclamer; trois officiers m
une dépuration idovoientles à bord pour rendre à Saint-Marc auprès de mc
nicipaux frent entendre qui raifon à certe dépuration du club, elle
broufla chemin, & Lafalle eut la liberté de s'embarquer:
arriva à Saint - Marc, avec les trois officiers minicipau
Alain, Daubargna, Borno; ce dernier étoit un homme
couleur.
Claufon : Il y en" avoit un quatrième nommé Greni
Sonthon. * : Il n'y en avoit point d'autre. firent le Ces récit offici der
municipaux, & noramment Alain, me
qui fe palloir au Port-am-Prince; Lafalle me dit bien égaleme
à quel danger il venoit d'échapper: : il fut fort
reçu
Saint- -Marc par la garde nationale, & deux cents officiers hommes m
troupes de ligne que jy avois amenés; fuite de la les commillien trois
civil
nicipaux farent retents à la
la
c'eft qu
ils n'ont éré niarrêtés ni prifonniers; preuve,
mangeoien: à la commiffion civile; ce fair là eft indiffer alor
en lai-méme, mais il eft très - vrai. Je me décidai
faire la proclamation du 21 mars,.par laquelle je mets
& deux cents officiers hommes m
troupes de ligne que jy avois amenés; fuite de la les commillien trois
civil
nicipaux farent retents à la
la
c'eft qu
ils n'ont éré niarrêtés ni prifonniers; preuve,
mangeoien: à la commiffion civile; ce fair là eft indiffer alor
en lai-méme, mais il eft très - vrai. Je me décidai
faire la proclamation du 21 mars,.par laquelle je mets --- Page 245 ---
quifition la garde nationale de quatorze paroifles de l'Oueft,
ht pour détendre la colonie des ennemis
ur réfifter aux noirs révoltés de la plaine extétieurs.-que du Cul-de-Sac,
rétablir l'ordre au Port-au-Prince, Les colons vous ont
que cette proclamation étoit remplie de calomnies contre
bons citoyens; vous avez di voir 2 par la lecture guiyous
aété faite, que je rends juftice à la majorité des citoyens
Porrau-Princes qui étoient dominés par des fadtieux,
1- près comme en France une poignée d'intrigans ont àniné long-temps fur l'univerfalité des Français. Je vais
lyfer ma proclamation paragraphe
,
as verrez fi Jai calomnié les habirans par du paragraphe Port-au-Prince. &
Le premier paragraphe dit: < Qu'à la veille d'une guerre
laire angère, d'ane guerre avec l'ennemi extérieur, il étoit néd'étouffer les mouvemens irréguliers de
de nous défendre contre les ennemis extérieurs l'intérieur, >,
Le fecond paragraphe dit: c Que la nouvelle
la France en République alioir donner aux organifation de
ivelles forces pour continuer leur révolte >2. En faétieux effer, les
hliftes, les indépendans, ont cru le moment favorable pour
approcher; les chefs des deux parris ont uni leurs
e coalifan: & en réuniflant deux partis jufques-la divifés. forces
je calomnié les factieux du Port-au-Prince, lorique j'ai
quils s'étoient embraffes & repprochés, &
eur traité avoit été de répandre le fang des hommes que Totyet di
vril & l'incendie de leurs propriérés? Ai-jo calomnié les a
ieux du Porrau-Paince, lorfqu'ils m'avoient eux-mèmes
nides armes contr'eux, en écrivant au quartier deTacmel,
quartier le plus populeux de la province de T'Oueit, pour
donner des défiances contre Ja
en lui difant, >
7 en gards contre l'elprit dominant
de la
nce?
Ai-je calomnié les hommes du Port-au-Prince egrayane
ient foulevé les noirs cortre les hommes de
qui
que le réfultat de la révolte a été l'incendie de couleur', rrente
itations appartenant exclufivengentans
naffacre daa vingt d'entr'eux? Dans le hommesd-conkeur,
arle des horteurs commifes à
paragraphe je vous fnivant en
e dans le temps; 5 les colons n'ont Térémie pas nis qu'au 22 fé- ai
du Port-au-Prince egrayane
ient foulevé les noirs cortre les hommes de
qui
que le réfultat de la révolte a été l'incendie de couleur', rrente
itations appartenant exclufivengentans
naffacre daa vingt d'entr'eux? Dans le hommesd-conkeur,
arle des horteurs commifes à
paragraphe je vous fnivant en
e dans le temps; 5 les colons n'ont Térémie pas nis qu'au 22 fé- ai --- Page 246 ---
de 24: éouleur avoient été chaffes
vriet 179; "les Jérémie. hommes La fuite de la proclamation elt
main armée de
Jes véritables factieux du Pd
le même ton 5 elle fur-tour démafque qui, en parlant de V'efprit dont ét
au-Prince, ceux
difoient que cet efprit étoit efraya
animé la Convention, J'ai parlé de ces objets dans ma poclamation:
dominant:
ont fait faire de Yimprimeur
parle de Tarreftation qu'iis d'avoir imprimé la relation offici
n'avoit d'autre crime que décembre, relation faite
les cd
des évéuemens du 2
à la Convention. Je E enfuite
miffaires civils & envoyée douteux
Boral, que les facti
leurs elclaves : eft-il
enrôlé que des efclaves contre le V
du Port-an-Prince civils, aient contre le voeu du gouverneur- - Ci
des commillaires & fans même leur en faire part ? Je prie la à
néral dinterpeller Senac de déclarer s'il, n'eft pas (
miflion
depuis la guerre qui s'eft déclarée embral au
connoilance
Borei & Jumécourt fe font
de-Sac, Trdre
que les efclaves ont été
s'il n'eft
à arte connoilfance d'Africains, & fi leur légion n'a pas
rôlés fous # nom
de Borel.
commandée par Philibett, protégé
je n'ai point de conioifance,
Senac: : Je réponds
fous le nom d'Africains, de
ait eu des nègres
q
0tu de janvier 1793 5 je fais bien
L nouvelle infurredtion
point de coalition €
l'étoient autrefois, & quil n'exiltoit Tépoque ou s'eft rep
Jumecourt & Borel, fait puifqu'à lui-mème arrèter Juinecott
Sonthonax, Borel éroient a avec lui, parce, que Jumecourt
rous ceux qui de détruire tous les mulatres, & que
conçu le voulu projer faire fortir 400, hommes de la. garde natic
n'a pas
qu'il y en auroit eu trop peu &
du Port-an-Prince, hommes
couleur contre les noirs,
les
PE
défendre
en ett
de 400 pour les défendré
a voulu qu'il (Borelavoit y
plus voulu Tanéinaifemenr dçs hon
efficacement; ille pouvoir : ils étoient tous au Port-au-P du
de couleur,
comme les autres la garde nationale
ils ont compolé
fecours de leurs frères du Mirel
au-Prince pour aller au
& certes, fi Borel avoit
& de la Cioisdes-Bouques: les anéantir, il ne fe feroit pas condu
les expulfer ou
cette manière.
lu qu'il (Borelavoit y
plus voulu Tanéinaifemenr dçs hon
efficacement; ille pouvoir : ils étoient tous au Port-au-P du
de couleur,
comme les autres la garde nationale
ils ont compolé
fecours de leurs frères du Mirel
au-Prince pour aller au
& certes, fi Borel avoit
& de la Cioisdes-Bouques: les anéantir, il ne fe feroit pas condu
les expulfer ou
cette manière. --- Page 247 ---
Songhonax : Senac n'a pas répondu à Tinrerpellation que
lui ai faite; l'interpellation eft celle-cr: s'il, net pas aa
anoillance
depuis la révolte du Cul-de-Sac, des, noirs
t été levés de enrégimentés fous la conduite de Philibert,
cien prévôt de Jacmel.
Senac : J'ai dit que j'ai vu les Africains conduits. par
ilibett, antérieurement à la dernière révolte du mois de
vier 1793, mais que je n'ai pas vu en janvier 1793lles
ricains enrégimentés.
i
Sonthonax : Senac ne yeut pas répondre,
Senac : Je dis ce que je fais.
Claufon : Je vais donner une explication.
Les Africains avoient été enrégimentés à Saint-Domingue
g-temps avant l'arrivée de Polverel & de Sonthonax, &
puis la loi du 4 avril (& Sonthonax en eft convenu dans
ifcullion) les Africains étoien: rentrés chez leurs maitres:
ic ce ne font pas les Africains, comme il vous l'a dit,
en décembre 1791 ont excité des foulevemens contre
nmes de couleur, puifque les Africains étoient rentrés les
z leurs maîtres de l'aveu de Sonchonax; 3 mais au mois
janvier 1793, lorfque la révolte a éclaté à la plaine du
I-de-Sac, les Africains qui n'étoient plus fous cette dénination, les nègres de quelques particuliers, y
x des hommes de couleur, furent incorporés avec compris les
nmes du Port-au- Prince pour voler au fecours de la
ine du Cul-de-Sac.
Sonthonax : Voilà tout ce que je voulois, favoir. Clauffon
épondu qu'à la fin de janvier 1793 on avoit envoyé des
icains au Port-au-Prince, qu'on les avoitmis fous le comIndement de Philibert pour marcher à la Creix-des-Bouts, contre les noirs en révolte : voilà un fait matériel
a pofitif; c'eft l'enrôlement des noirs, fans l'autorifation
conmillaires civils, contre le veeu des autorités de la
unce. Il) Y a un autre aveu précieux, fait par Senac. Il eft
venu qu'Hanus de Jumécourt vouloit faire égorger les
nmes de couleur; quec'eft Hanus de, Jumécourt, &c BOi2
rel, qui vouloit les faire égorger, Il n'y a donc plus de --- Page 248 ---
difficulté efurlesdifpofitions dHlanuadelaméconer; refte Bot
fur les difpolitions duquel je vous convaincrai par la ledt
de fes lettres écrites de la Jamaique, par des lettres écri
de fa main.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné: J. Pa: GARRAN ,pre
LANTHEN
dent ; MERINO, > DABRAY, MOLLVAUT,
Fovcni (de Nantes), fecretaire.
é efurlesdifpofitions dHlanuadelaméconer; refte Bot
fur les difpolitions duquel je vous convaincrai par la ledt
de fes lettres écrites de la Jamaique, par des lettres écri
de fa main.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné: J. Pa: GARRAN ,pre
LANTHEN
dent ; MERINO, > DABRAY, MOLLVAUT,
Fovcni (de Nantes), fecretaire. --- Page 249 ---
Du 9 Messidor, Tan troisième de la République
française wne et indivisitle.
DA rédaéticn des débats recueillis dans la féance dé la
cille eft lue & adoptée.
Les citoyens Larchoefqte-Thitsult, Fondeviolle, Page
Thomas Millet font abfens.
Senac : Interpellé dans la, féance d'hier de déclirer fi
avois eu connoiffance qu'au mois de janvier 179341 les
cirs euffent été formés en légion africaine, commandée
: Pamhibert,jan'en avois
de connoiflance & ne pouvcis
déclarer: aujourd'hui Pea ai acquis la cerritude; je
éclare qua la tin de février 1793, les ncirs du Port-aurince, nommés les noirs africains, ont dié conduits par
lilibert, nour rétablirl'ordre à la Croix des Bouquets, de
oncert avec les blancs & les hemmes de couleur,
Son-konar : Je reprends a dilcuffion. Tépoque de ma
roclamation du 21 mars, , lots de T'arrivée du gouverneur
énéral à Saint-Mi Trc.fa proclamation du 21 mars produifit
edet que j'en auendois; clle forçt les factieux à lever le
nafque : depuis long remps ilc tramoient fourdement; alors
suiement ils fe déclarèrenr ouvertement les ennemis de la
tépublique. Dans ma proclamation f'avois peint le club du
ort-au-Prince comme en grande parrie compofé de faceux .
comme compolé en majouité de Malais, de Geois, 1 la folde de Borel Sde fes ficaires. Lorfque ma prolamation fur conue au Port au-Prince, la municipalité
c1 manqua pas d'écrire aux quatorze paroifles de TOuelt
our en cmpecherlesccarion, Premier fait de révolte contre
:S commiftalres.cirils Le club enchérit fur ia municipalité:
Tome PIL. Soicunte-ntivibinet liyhaifon.
R
me compolé en majouité de Malais, de Geois, 1 la folde de Borel Sde fes ficaires. Lorfque ma prolamation fur conue au Port au-Prince, la municipalité
c1 manqua pas d'écrire aux quatorze paroifles de TOuelt
our en cmpecherlesccarion, Premier fait de révolte contre
:S commiftalres.cirils Le club enchérit fur ia municipalité:
Tome PIL. Soicunte-ntivibinet liyhaifon.
R --- Page 250 ---
A fit imprimer & diftribuer dans toutes les parcilfes de la fociété de
I'Oueft un placard intimlé Extrait des regiftres
Amis de la Convention
nationale,fcante Sentercar-briact
des
Fimprimeur de ladite fociété; à la fcire de
imprimé par
qui sy trouve relatée, eft une adreffe
ma fort proclamation courte à Senchonax, dont je vais donner lecture.
(Il lit.)
bdrefe à Sonthonax.
aDeftrudeur de T'harmonie de toute fociété,
contemple à loigr; par cette lecture réfléchie, contempl
noirceurs; mais fonge à te repentir de ces ouirages
tes
la diftilletion de tes calomnies combinée
en apprenant que
effet'
contraire. Nou
a produit dans nos ames un
"tout,
nous
ferons tête à l'orage dont tu nous menaces;
fauron
oppoler le cal.ne, le fang - froid & la réliftance
Y
la juftice de notre caufe fera le refte 3.
tes oppretlions;
Quel étoit ce genre d'oppretlion dont j'avois vie-à-vis ufevis-à-v de
de la ville du Port-au-Prince, & fur-tout
étrai
club 2 La ville du Port-au-Prince m'étcit parfaitement ent
gere; je n'y avcis pas mis les civil pieds: Polverel, & loin il qu'elle n'y avoit P
ie plaindre du commiffaire 1; il y aveit été réduit mêm
ordonné la moindre déportation;
de Faire le bien. On ne pouvoir pas plus
à plaindre Timpuifiance de fes ord:es que des miens.
Cette adrefle à Sonthonax eft fuivie d'une autre aux qu
torze paroiffes de TOueft, ainfi conçue.
(Il lit.)
CITOYENS, FRÈRES & Axis,
ce Nous ne vous faifons pas l'injuftice dont de penfer le
vo
inftant
des fentimens
RCSILE
Sites un
pénérrés
dans fa délirante proclamati
Sonthonax a ellayé l'infpirarion
du 21 courant 5 nous ne lui répondrons que très-laconiqu
ment: mais à vous; frères & amis, à vous principalemer
on cherche à fafciner les yeux
gos nouveaux freres,dont
ENS, FRÈRES & Axis,
ce Nous ne vous faifons pas l'injuftice dont de penfer le
vo
inftant
des fentimens
RCSILE
Sites un
pénérrés
dans fa délirante proclamati
Sonthonax a ellayé l'infpirarion
du 21 courant 5 nous ne lui répondrons que très-laconiqu
ment: mais à vous; frères & amis, à vous principalemer
on cherche à fafciner les yeux
gos nouveaux freres,dont --- Page 251 ---
a capter l'efprit, nous devons une anole juftification fur
tous les points de cette proclamatien; ; eile nécellite le déveoppement de notre condaire a.préfeuter à la mère-patrie.
Elle va connoitre enfin que Iaginteur, le fautenr de tous
hos maux, notamment depuis cinq mois, celui qui pour
n combler la mefure a commence par violer vos propriétés, veut terminer par une guerre civile dans la
ince de l'Oueft, & propager ainti Tefprit
ténérale, eft
intunlite
précifémen: Sonthonax lui-meme. Ralliezousicontre l'oppreflion 5 repouffez loin de vous fes perfidiess e
préparez-vous enfin à le dénoncer ayec nous à la Convenion nationale : qu'ils connoillent, ces legillateurs, que c'eft
lans la province de T'Oueft
la loi a trouvé dans tous
es temps fes plus rigoureux Seratien qu'ils connoiffent
abus qu'un de leurs délégués fait de fes pouvoirs, & qu'ils
pprement que > malgré fes coupables mancuvres, nous
aurons conferver à la métropole les reftes de cette colonie
ndis fi précienfe.
>> Recueillez-vous donc, frères & amis; vous allez bientôt
oir éclore la férie des monftruofités dont nous nous OCCilons de rendre compte; 5 nous ne doutons Pas que ces véités lumineufes ne nous vengent tôt ou tard des traits
cérés de la plus infame calomnie, & nous comptonssque
ous joindrez votre affentiment à notre délation.
> Mais en attendant un triomphe aufli jufte que mérité,
Mferrons nos liens fraternels; fermons nous une
u'autorife l'opprellion & le complor le plus noir; Topt
anique moyen de conferver noS débris & de terraffer les
léchans.
>> Les Amis de la Convention nationale établis au Pori-aurince. 93
Je vous le demande, citoyens, reconnoiffiz-vous dans
s expreflions de l'adretle faire au commitlaire civil, de
lle faire enfuite aux quatorze paroifes de l'Oret, le
ngage de l'innocence oppriméc? N'eft-il pas plutôt celui
1 crime démalqué, irtité de voir qu'on a découvert fer
achinations & fes complots?
Si les meinbres du cub du Port-ausPince, ou ply
R 2
ori-aurince. 93
Je vous le demande, citoyens, reconnoiffiz-vous dans
s expreflions de l'adretle faire au commitlaire civil, de
lle faire enfuite aux quatorze paroifes de l'Oret, le
ngage de l'innocence oppriméc? N'eft-il pas plutôt celui
1 crime démalqué, irtité de voir qu'on a découvert fer
achinations & fes complots?
Si les meinbres du cub du Port-ausPince, ou ply
R 2 --- Page 252 ---
fi le petit nombre de fadtieux quiles dirigeoient, vouloien
ie dénoncer à la Convention > s'ils avoient à fe plaindr
de l'opprellion exercée fur eux par un homme qui n'avoi
jamais eu de relations avec leur ville, qui n'en avoit et
d'autres que celles des rapports, oficiels avec les autorité
conftituées fur les crimes qui s'y commetroient & qui s
tramoient, au lieu de faire de parcilles adrelles, n'auroient
ils pas adopté le parti que je leur offrois dans ma procla
mation du 21 mars, de les envoyer à la Convention ? S
ces hommes n'éroient pas coupables, s'ils n'avoient pa
machiné contre la métropole > s'ils n'avoient pas été ceu
qui avoient dirige da garde nationale da Port-an-Princ
contre le gouverneur général, qui avoient provoqué le d
adrelles de la municipalité du Port-au-Prince à celle
Jacmel; fi, dis-je, ces hommes n'avoient pas été coupa
bles, auroient-ils été cffenyés de la menace. d'êrre envoyé
en France pour rendre compte de leur conduite 2 Lor
qu'ils auroient 8 en France, à la barre de la Coiven io
nationale, c'eft là qu'ils auroient dénoncé le commiflais
civil prévaricareur, & non point dans des adrefles incer
diaires oi ils le peignent comme un tyran & un opprellent
quand il n'a pas exercé le maindre acte de tyrannie, quar
le feul aéte dont il menace les faétieux eft de les cnvoyer
la barre de la Convention nationale. J'ai dit qu'alors 1
faétieux du club s'étoient déclarés ouveriement les ennem
des principes français: je m'appuie à cet égard d'une pièc
déja
hier, de ia déclaration officielle d
que jai
ptoduire
procureur de la commune Alain.
(Sonthonax lit cette déclaration. )
Eccrait de la déclarazion d'Alain.
<c Je paffe maintenant à l'arrivée du citoyen Sonthon
à Saine-Marc. Les bruits les plus inquiérans furent alo
répandus dans la ville. Onprétendit qu'il n'éroit venu da
TOuef que pour cnlever les citoyens Borgella, Borel
moi. Borel annonça hautement fintention de réfifter,
emanda même qu'on fit rentrer les gardes nationales 4
ient à ia Croisdes-Bougucis faus les faire remplac
ain.
<c Je paffe maintenant à l'arrivée du citoyen Sonthon
à Saine-Marc. Les bruits les plus inquiérans furent alo
répandus dans la ville. Onprétendit qu'il n'éroit venu da
TOuef que pour cnlever les citoyens Borgella, Borel
moi. Borel annonça hautement fintention de réfifter,
emanda même qu'on fit rentrer les gardes nationales 4
ient à ia Croisdes-Bougucis faus les faire remplac --- Page 253 ---
Ce fut alors
je pris le parti de requérir l'envoi d'une
Répuration à ehet pour obtenir des forces pour la
téduction des brigands, & en même temps pour éclairer le
HroyenSonthonax furla polition actuelle du Port-au-Prince.
Te comprois appaifer l'effervefcence du moment 5 & en
ffet jy aurois réufli fans les bruiis qu'on répandic à deffein
Hans la ville pendant mon abfence. Je ne puis donner aucun
tenfeignement far ce qui s'eft pailé pendant mon féjour à
Baint-Marc. Je viens au jour de mon arrivée au PortauPrince. Je trouvai Borel fiégeant à la municipalité avec
tous fes aides-de-camp & d'autres individus qui jufqu'a
prélènt n'avoient point paru. Je fis mon rapport avec
amodération qui avoit didté la lettre que j'écrivois de
Saint-Marc à la municipalité.
>> Lorlque j'eus fini, Borel fe leva, & dit en regardant les
titoyens :
wJe fuis perfuadé que les commifaires de la municipaité n'ont pas eu le courage de faire au citoyen Sonthonax
de remontrances fur fa proclamation 3),
> Je lui répondis que nous avions eu le courage de faire
notre devoir, & que nous allions encore avoir celui de con-
(eiller au peuple de mettre plus de modération & d'agir avec
plus de fagefle. Une affez longue difpute entre lui & mci
sengagea alors; elle fe termina par ces expreflions : ce Au
(urplus c'eft vous-même qei devez, en votre qualité de
procureur de la commune, défendre eles intérêts du
avez
qui
concerté cette démarche avec le pouvoir peuple, exécutif
pour nous facrifier tous ". Cette dernière
à
phrafe.prononeée
très-haute voix, excita un très-grand murmure parmi le
peuple. Il fut fait haurementla motion de me pendre; &
les chofes furent portées fi loin, que les officiers municipaux furent obligés de forr pour appaifer le tumuke.
On n'en refta pas là. Il revint le foir àla
&
enflamma les efprits contre moi par de nouvelles municipalité calom- >
nies; les menaces furent fi violentes," que je ne crus pas
qu'il fôt pradent de coucher chez moi,
>> Le lendemain, la journée fut ailez tranquille à mon
Egard, Cependant en rentrant chcz moi le foir, je fux
R 3
les officiers municipaux furent obligés de forr pour appaifer le tumuke.
On n'en refta pas là. Il revint le foir àla
&
enflamma les efprits contre moi par de nouvelles municipalité calom- >
nies; les menaces furent fi violentes," que je ne crus pas
qu'il fôt pradent de coucher chez moi,
>> Le lendemain, la journée fut ailez tranquille à mon
Egard, Cependant en rentrant chcz moi le foir, je fux
R 3 --- Page 254 ---
2jo
encore infulté & menacé par pluficurs perfonnes que de
ne connois pas, & que je me rappelle àvoir vues autour
Borel. M'aprercevant que la municipalité étoit entièremen
dominée par cette fidtion, je pris le parti de ny aller que
le moins fouvent qu'il me feroit poflible, & de me borne
à de fimples obfervations furles actes qu'on exigeroit d'elle
Un jour je fus prévenu qu'un attroupement ie portoit Lebretoi al
gouvernement, > je m'y tranfporrai avec le citoyen avec 1
de la Villandry. J'y trouvai environ cent citoyens
citoycn Borgella, qui, averti comme moi de l'attroupement Philiber
sy étoit porté avec Borel;latrivalau moment oà
lu
notifioit au citoyen Ricard T'ordre de s'embarquer, en
difant qu'il dioit le peuple & qu'il fal'oit obdir. Le citoye
Ricard parcifant difpofé à partir, je m'avançai, & jelui di
que le veell du' 'peuple ne fe manifeftoit point de cette ma &
nière; qu'il ne devoit reconnoitre que le peuple pailible,
non le peuple en tumulre; qu'au furplus la municipalit
étoit bien éloignée de confentir à fon départ forcé.Javo
à peine fini cette phrafe que douze à quinze perfonnes
jettent fur moi; jai parfaitement bien reconnu Augoft
Borel: les deux Jialle 5 Mercier, rédacteur du Républ
cain; Pajot, oficier de la garde foldée: ce detnier me pr
au collet, quoiqve revêtu de mon écharpe, en me difant
Scélérar, tu Ventends avec les commiffaires civils. Si tu
ici ce foir, je te fais faurerla tète. Cette menace fut répété
par tous les autres, & efir été exécutée fur-le-champ, > fan
Je ciroyen Borgeila, qui fe jeta au-devant de moi, & fan
les citoyens Maublanc & Petit-Pré qui m'arrachérent de
foule. Il Faut obferver que Borel étoit préfent & ne f
aucune démarche pour arpaifer le tumulre. Je me retirai
bien réfolu de partir; je pris même un paffe-portdu citoye
Ricard. Cepende lant elpérant toujours que les citoyens re
viendreicnt de leur égarement, &
bons citoyens 1
réuniroient, je reftai. Le foir, ie Ea rendit compte de C
qui s'étoit paffe au gouvernement, & la municiralité 1
borna à improuver la conduite de ceux qui y avoient ag
Cet arrêté : quoique foible, penfa avoir les fuites les ph
facheufes ; & iicn ne prouve mieux combien i1 Etoit inmpof
fible à la municipalité de punir plus févèrement, que C
qui fe pafla à ia feance du lendemain. En eflet, furles on
Ea rendit compte de C
qui s'étoit paffe au gouvernement, & la municiralité 1
borna à improuver la conduite de ceux qui y avoient ag
Cet arrêté : quoique foible, penfa avoir les fuites les ph
facheufes ; & iicn ne prouve mieux combien i1 Etoit inmpof
fible à la municipalité de punir plus févèrement, que C
qui fe pafla à ia feance du lendemain. En eflet, furles on --- Page 255 ---
25:
heures, , Borel parut avec environ I5O Zik, citoyens, 'ils amenoient quelques
officiers du bataillon, & le ciroyen
qu'
pour le faire reconnoitre commandant de la place. Là,
Augufte Lorel & Pajo: annoncèrent hautement fon quils
venoient pour montrer à la municipalité quel étoit falloit devoir , que nous étions tous des traitres & qu'il
nous jeter par les fenètres. Philibert m'adrella à moi particuliérement la parole, il me dit que c'étoit moi qui avois
gâté la manicipalité, qu'on ne vouloit pas me jeter par les
Fenêtres > & que c'étoic ma tête qu'on enverroit dehors.
Le maire rappela en vain avec force aux citoyens le refpect
qu'ils devoient à leurs magifbrars. Il invira inutilement
de deux cents citoyens ratiemblés dans la cour, la
TL
armés, à faire reipecter la municipalité. Les invitations 3
les ordres, tout fut inurile, & nous vimes le moment oà
nous aurions été les vidtimes de la fureur des factieux. Ce
fut dans celte icène
Péruffel s'exprirant avec force
contre cetie conduite, ur provoqué, c'eft cette provocation qui a occalfionné le duel dont fon frère eft mort par
les mains d'un nommé Gerbier, fugirit avec Borel. Cependant le tumulte s'appaila parla prudence du cioyen Zik,
qui dérourna adroitement i'erage, ei faifant tomber la difcuflion fur la promotion au commandement. L'unique fujer
de ces infultes & de ces menaces étoit l'arrèté pris la veille,
porrant improbacion de la conduite des ci:oyens qui étoient
allés au gouvernement.
Borel,
>>. Le vaiticaulAmerder parut quelques jours fe après.
à
toujours accompegné des mêmes perfanncs, préfenta
la municipalité, & demanda G on hifleroit entrer les troupes qui arrivoient avec le général & les commillaires civils.
A cette queftion, un membre de la municipalié fir quelques oblervations qui furent accueillies par les murmures
les plus effrayans. Le maire propofa de remertre à délibérer
au lendemain. Cette propolition fut rejetée. Le citoyen
Chanlatte, lorfqu'on mit aux voix, demanda mon réquifitoire que je n'avois pas encore donné. Je le fis alors &
f'ordonnai, &f'obfervai que la municipalié étcit refponfable & qu'eile ne dovoit rien faire contre la loi; qu'il
falloit fe borner, fi Y'on appercevoit quelque danger à
laiffer s'introduire dans la ville des citoyens armés, à faire
R 4
rejetée. Le citoyen
Chanlatte, lorfqu'on mit aux voix, demanda mon réquifitoire que je n'avois pas encore donné. Je le fis alors &
f'ordonnai, &f'obfervai que la municipalié étcit refponfable & qu'eile ne dovoit rien faire contre la loi; qu'il
falloit fe borner, fi Y'on appercevoit quelque danger à
laiffer s'introduire dans la ville des citoyens armés, à faire
R 4 --- Page 256 ---
civils les 252 cbfervations que Yon jugeroi
aux commiffaires
On arrêta
convenables. Monr réquifitoire ne fut pas adopté. introduit dans la
qu'aucun corps armé étranger ne feroit
ville.
dans
détails j'obfervai que
52 Sans entrer
de plus grands étoient plus tunul
les délibérarions de la municipalité
toutes
tueufes que les aflemblées de. commune Borel i que, entroient maigré dans
les défenfes, lès citoyens du parti de & faifoient la loi
le lieu de fes féances, > ydélibéroient de y inanifefter leur in
les bons citoyens fe contentoient à Técart. J'ai voulu plafieurs fois
Tinatne & fe tenoient des arrêtés centraires à la loi
me difpenfer de figner
j'étois, à la feance
Lorfque je parvenois à m'y fouftraire, de la municipa
fuivante, , infulté & menacé en éré prélence deux fois obligé de me
lité. Le jour de Tataque, pourfuivi j'ai
par la troupe de Eorel
fauver de la municipalité,
les
Mercier
à la tête de lnquelle fe trouvoient
Labrie nommés Laferre
Bialle fitres
Pajot > Philibett,
ecc.
commença, une trentaine de
>Au moment cà l'attaque le fabre nu à la main, à la
canonniers fe prefenterent,
une
municipalité, &c ont exigé de cetre manière bâtimens de réquilition la
pour déployer les forces contre les
entendu Répu
blique. J'étois alors au fectétariat; cherchoient & ayant
me la quel taire
d'eux dire qu'ils me
dans pour la mai'on du
RST je me fuis échappé &c réfugié cinq heures. Le ci
citoyen Borgella, oû j'ai refté jufqu'à conférer avec le maire & moi
toyen Zik eft venu alors venoient pour
d'avoir lieu. Confidérant
fur les événemons avoit qui aucun elpoir, je pris le parti de
alors qu'ii n'y le commandant plus
de la place au camp du
rne tendre avec général, tant rour y mettre en sûreté mes
gouvérnement par les factieux, qui certainement s'en feroient
jours menacés moi de ce qui venoit de leur arriver, que pour lui
prisà faire
de la
de la ville, & concerter avec lui
part moyens pofition de conciliation s'il étoit poflible.
quelquer
fais & dont
1>
Telle eft la déclaration que je
Tanedela ni dimivérité, à lnquelle je crois n'avoir rien à ajourer défail
nuer, ne me rappclant dans ce moment ancun auue
important.
s'en feroient
jours menacés moi de ce qui venoit de leur arriver, que pour lui
prisà faire
de la
de la ville, & concerter avec lui
part moyens pofition de conciliation s'il étoit poflible.
quelquer
fais & dont
1>
Telle eft la déclaration que je
Tanedela ni dimivérité, à lnquelle je crois n'avoir rien à ajourer défail
nuer, ne me rappclant dans ce moment ancun auue
important. --- Page 257 ---
s Et a ledit Alain figné avec moi la rréfengedéclaration
I bas de chaque page & à la fin d'icclle, j'en ai coté &
araphé toutes les pages.
>5 Signé, ALAIN, POLVEREL.
Vous venez de voir dans la déclaration d'Alain cc" qui
eft paifé au' Port-au-Prince, foit depuis ma proclanation
u 21 mats, foit pendant que VAmérice étoit cn rade 8c
ue T'armée du général Lafalle étoit devant la villo. Les
olons ont chicané hier far cette déclaration.
Sans venir à cette difcullion qui feroit prématurée,, &
oit venir quand il fera queftion de débattre fur
Mat
u Port-au-Prince, je vais lire dans ce moment-ci & préenter à la commilion des pièces que les colons ne récueront pas. Ce font les procès-verbaux de la municipelité
u Port-au-Prince pendant que nous étions devant cette
ille. Ils font timbrés du timbre de la municipalité, fignés
u fecrétaire greffier. Le premier procès-verbal ef du I2
a mois d'avril 1793, fan fecond de la République
Il lit:
Extrait dès minutes de la municipalité du Port-au-Prince.
ce Aujourd'hui douze du moi. d'avril mil fepr cent quatreingt-treize, l'an deuxième de la République françaife, huit
icures & demie du matin.
>Le confeil-général de la communeréuni au lieu des feances
ordinaires, compofé des citoyens Borgella,inaire, Thouren,
Durand, Grenier, Chanlatre, Barault de Narçay & Michel, cfficiers municipaux; Allain, procureur de lacc mnune;
Champion d'Aubagne : Péruflel, Bernard, Quchiclie, François Leclerc, Harang & Duchàreau, notables.
>( Ons'occupoit adélibérer furles moyens de rameucrl'erdre
et de faire parvenir 2 par un cavalier de maréchanifte, au
ciroyen de Lafalle, gouverneur générai, l'arrêti pris cette
nuir fur les quarre heures du matin.
>S'eft préfenté un ciroyen portant unifermegris & parament
bleu, qui s'eft annoncé pour êtrc major de l'armée du ci-
& Duchàreau, notables.
>( Ons'occupoit adélibérer furles moyens de rameucrl'erdre
et de faire parvenir 2 par un cavalier de maréchanifte, au
ciroyen de Lafalle, gouverneur générai, l'arrêti pris cette
nuir fur les quarre heures du matin.
>S'eft préfenté un ciroyen portant unifermegris & parament
bleu, qui s'eft annoncé pour êtrc major de l'armée du ci- --- Page 258 ---
Lafalle. Introduit au fcin de Yafemblée, il a annon
toyen
la tète de fon année, atendoit la muni
que ce deinier, à
Robert, & quilavoit été envoyé de
palite furThabitarion Yannoncer. Alors le commandant ginérlse er
part paré pour de la parole & a péroré rres-lorguement, 2
difan: que
ciroyens vouloien: obeir à liloi, inais qu'ils répugnoient
recevoir des perfonnes dont les ptojets étcient connus P
les écrits publiés à S.-Marc; qu'il avoit donné des ordres avant
foutenir le feu de la première 8 feconde décharges luia don
tirer. Le citoyen maire, ayant pu fe faire entendre, de la coi
connoiflance de Tarrèté pris parl le confcil-général deux commillair
mune cette nuit, & lui a annoncé que les avoit couru ai
alloient fe mettre en marche $ que lepeupls des moyens
armes & garni les poftes;
l'on lui s'eccupoit a été faite du paquer
faire celler ce trouble :
ANZE
contenant ledit arrèté & u
l'adretie du citoycn il
général, de le remettre, & il eft forti a
lettre d'avis; a promis
du commanda
applaudillemens des citoyens, accompagné
de la garde nationale.
annoncer
citoyen g
Quelque temps après onvint alors le
quele maire nomn
néral avançoit avec fon armée;
citoyen
L
les citoyens Thouron, Chanlatte, officiers municipaux, de lui ex
clerc & Halefle, notables, pour aller au-devant
cuter l'arrèté pris cette nuit. Peu après ils font rentrés vis- 1
ont aunoncé qu'étant parvenus au fort Saint-Jofeph, ils Yauroient trouve
vis la porte de la Croisdes-Beuquets, de
nationale dont
fermée, avec un. factionnaire'
garde dit de l'ouvrir, ce qu
ignoren: le nom 2 à cuii ilsauroient la
lui avoit don
auroit refifé de faire, étant configne qu'en fi le citoyen d
née, & feroient montés au fort pour favoir trouvé le citoye
Lafalle s'étoit préfenté; où ils aurcient Laboullier & Hine, lef
Borel et fes aides-de-camp Jouon,
préfen:
quels leur ont fait réponfe grakdnvementindees du canon, mais
étei
à environ la diftance de la
poriée
qu'il
retourné avec l'oficier qui avoit paru à la municipalité ils furen
voulant refter pour empécher de faire feu,
que mis dehors par le ciroyen Borel, difant que ce n'éroit duma rien.
8c furles 9 heures un quart
2 41 peine feu lerapportit, s'eft fait entendre du côté du forr S:e-Claire; Yof
tin, ficier un commandan: le fort a envoyé un citoyen annoncer que
poriée
qu'il
retourné avec l'oficier qui avoit paru à la municipalité ils furen
voulant refter pour empécher de faire feu,
que mis dehors par le ciroyen Borel, difant que ce n'éroit duma rien.
8c furles 9 heures un quart
2 41 peine feu lerapportit, s'eft fait entendre du côté du forr S:e-Claire; Yof
tin, ficier un commandan: le fort a envoyé un citoyen annoncer que --- Page 259 ---
vaiflenu de la République nommé VAmérica avoit fait
u fur ledit fort; que les citoyens avoient ripofts par ordre
leurs chefs, malgré les dlfentes de la municipalicé; fré- que
feu continuant, un citoyen a annuncé que les deux
tes avoient également fait feu fur le fort St.-Jofeph.
> Sur-le-champ il a été mis en délibération les moyens à
rendre pour] prévenir les malheurs, en voulant faire palfér
es ordres à tous lesi poftes de ne plus tirer, &od'annoncer
arle pavillon que l'on confentoit à recevoir l'armée du ciyen Lafalle. Alors il s'elt fait une fermentation: 5 nombre
citoyens font entrés à main armée dens le fein de la muicipalité en la menaçant de la frapper, dans le nombre defueis ont été reconnus les citoyens Borel, commandant la
arde nationale, Philibert, Besne jeune, Montauciel, ne
onnoiffant pas le nom des autres, qui,.e en partie, font des
anonniers : alors le trouble étoit devenu extrème ; les bouts pénétrant dans la maifon même de la municipalité, il a
té impollible de délibérer 5 une foule d'individus que nous
royionsètre canonniers, marins & érrangers, fe plaignant,
C menaçant la municipalité de ce qu'elle W'avoir pas fait une
équifition aux troupes & canonniers de ligne : fans pouvoir
elibérer, la municipalité a été contrainte de faire la réquition demandée. Le feu a continue juiqu'à cinq heures &
emie de relevée. Une citoyenne, à nous inconnue, fe préente à la municipalité, & déclare qu'clle eit envoyée par
as citoyennes pour inviter la municipalité à ne pas amener
e pavillon, ayant juré de s'enfevelir fous les ruines de ia
ille.
des fentimens
>. Le citoyen maire invice cette ciroyenne à
lus doux & plus pacifiques, & lui déclare hautement que
'on n'obtempérera pas a fa demande.
>> Plufieurs membres obferven: que le feu ayant celle,l
eroit effenrial de profiter de ce moment pour ramener le
seuple de Yétat d'égarement & de fereur où il eft parvenu,
x envoyer dans les poftes un membre municipal.
>> Le contotl-genér.latrése qu'il fera doné ordre à tous lcs
poftes de cefer tout fou.
>Le peuple vient annoncer que le citoyen Alain, procureur de la commune 3 cft forti de la ville avec le commandan: Zick, & demande s'il efdéputé par ordrede Li muni-
moment pour ramener le
seuple de Yétat d'égarement & de fereur où il eft parvenu,
x envoyer dans les poftes un membre municipal.
>> Le contotl-genér.latrése qu'il fera doné ordre à tous lcs
poftes de cefer tout fou.
>Le peuple vient annoncer que le citoyen Alain, procureur de la commune 3 cft forti de la ville avec le commandan: Zick, & demande s'il efdéputé par ordrede Li muni- --- Page 260 ---
cipalité; à quoi il ajété impoflible de répondre affirmativ
ment, les membres de la municipalité préfens iguora
fon abfence aufli bien que fes morfs; ce qui augmente
défiance du peuple contre nous, qui 1 fe plaint que nous vo
lons faire u traité malgré eux; s &c que nous voulons
tromper,
>A fix heures la batterie du pofte des Dragons
une
ripofte
battcrie établie derrière ie Morne-Pelé. On fait lc ra
port que les citoyens de ce pofle avoient empèché de fai
feu dans le commencemnent, mais que les canonniers avoie
forcé de tirer, malgré les défenfes qu'ils avoient de
faire.
>La nuit fc paffedans le filence, > la municipalité toujou
entourée & oblédée du citoyen Borel & fes adhérens.
>> Fair & clos! le quatcrze dudit mois, & eft figné à lan
nute, Borgella, maire ; Grenier, Chanlatte ainé, D. Tho
ronainé, oficiers municipaux; ; Hiarang, Duchâteau, Petio
Leclerc, Champion, Pelé ainé et d'Aubagna, notables.
93 (Un mot rayé nul).
>5 Collationné, Signt, RÉAL, ferdaire-adjuint.
Je dépofe fer le bureau la pisce que je viens de lite
Roc les colons en prennent leéture. Je continue la aR
Le préfident : La pièce eft-elle tirée des archives?
Sonthonas: Elle éft tirée des archives; elle ettcotée, P
raphée; elle eft en règle.
Vous voyez que le procès-verbal de la municipalité attef
mot pour mot ia dépofition d'Alain contre laquélle On avc
élevé des doutes hier, fur la vériré de laquelle cn avoit hi
cherché à vons donner des foupçons. Vous voyez
la ini
nicipalité dit que toujours obiédée, alliégée per PE aide
'de-camp'de Borel, que toujours obfedée par des facticux 9
trompcient 8 ameutoient le peuple, clle n'a pas été lib
dans ces jours malheureux.
Je a reviens att récit des événemens depais que nous fomm
arrivés devant le Porrau-Prince jufgu'an monent où la my
nicipalité pris Tarrêté d'aller au-devant de Fasmée commar
dit que toujours obiédée, alliégée per PE aide
'de-camp'de Borel, que toujours obfedée par des facticux 9
trompcient 8 ameutoient le peuple, clle n'a pas été lib
dans ces jours malheureux.
Je a reviens att récit des événemens depais que nous fomm
arrivés devant le Porrau-Prince jufgu'an monent où la my
nicipalité pris Tarrêté d'aller au-devant de Fasmée commar --- Page 261 ---
e par le général Lafalle. C'efle 5 avril 1793 que les com-
(Iaires civils font arrivés en rade du Port-an-Prince, fur le
ifleau America, accompagné de deux frégares. AI la même
oque le gouvernenr général, à la tête d'une armée de onze
nts hommes, ie préfenta devant la ville : fuivant notre insction, il envoya notfier fon arrivée â la ville, avec fomation de recevoir la troupe qu'il commandoit. La loi du 4
ril permertoit au commillaire civil de requérir la force
ique, foit pour l'exécu:ion de leurs ordres, folt pour
Rar
opre farcté : la loi du 22 juin ordonnoit aux conmiffaires
vils d'employer la violence contre les cirés de la colonie
fufcroient de recevoir, foit les commiflaires ciriis, foit
1e
oupes qui les accompagnoient. Là deffus je fais un raifonment bien fimple : ou la municipalité du Port-au-Prince
oit complice' de Borel, ou elle étoir opprimée par Berel ic
troupe ; dahs le premicr cas," les commiiffaires civils de
bient employer la force pour foumettre des magiftrats relles quiautoricienr la révolte dans leur ville contre les aurités conftituces; 6 au contraire la ville du Portau-Prince
oit opprimée par Borel, fi elle étoit fous le joug des faceux, c'éroit une raifon de plus pour les commillaires civils
allér délivrer les honnêtes gens, d'aller délivrer les amis de
France, 8 de les afftanchir de la perfécution de Borel &
: ceux qui Iaccompagnojenr, Sije voulois faire ici des raprochemens, fi je voulois faire des comparaifons avec ce
ui s'eft paile en france, il me feroit facile de vous montrer
analogie qui exifte encrele commandan: de la garde natioale du Pereau-Prince, qui vouloit impofer des lois aux
mis de la France qui éroient en cette ville, &c qui repcuffoit
2s troupes de la République dans l'inftant où elles étoient
éceffaires pour combattre l'ennemi extérieur; il me feroit
ncile, dis-je, de faire la comparaifon de cet homme avec
eux qui ont commandé, foit dans la ville de Paris, foit
ans les autres villes de la République, lorfque des faéticux
nt voulu opprimer ia repréientation nationalo Ou les autbités déléguées par elle 3 mais comme il eft inutile d'avoir
lecours à de pareils lieux communs pour foutenir une caufe
jui fe défend par eile-mème,je reviens d'une manitre proile au fait.
Nous arrivons, comme je vous Fai dit, le 5 avril 1793,
it dans la ville de Paris, foit
ans les autres villes de la République, lorfque des faéticux
nt voulu opprimer ia repréientation nationalo Ou les autbités déléguées par elle 3 mais comme il eft inutile d'avoir
lecours à de pareils lieux communs pour foutenir une caufe
jui fe défend par eile-mème,je reviens d'une manitre proile au fait.
Nous arrivons, comme je vous Fai dit, le 5 avril 1793, --- Page 262 ---
2;8.
devant Ia ville du Port-au-Prince. Cen'eft ni iss nile 6q
nous nous occupons à ufer des moyens deforce; 3 nous ép: d'i
fons tous les moyens de conciliation, tous les moyens fuivantn
dulgence & de négociation : legéniral Lafalle, lettres po
inftruétions, écrit au Port-au-Prince plulieus entrée, co
demander l'entrée des troupes, commiffaires pour que civils, cette fe fit comr
formément aux ordres des
avril que les commi
elle devoit fe faire. Ce n'ef quelei2 la force, au m
faires civils ont été contraints d'employer croifoient devant le Porra
ment ou des vailleaux cl anglais des lettres venues de la Jamaigu
Prince, diftribzées au moment les factieux, invitoient le peupie à attendre
fecours des par Anglais. Je demande que Senac déciare s'il n'
àfa connoilfance que dans T'affemblée quil a préfid
pas Poreau-Prince pendant que les commiffaites civils étoie
au devant cette ville, on n'a pas fait circuler une lettre du vena
de Kingfton, dans laquelie on excitoit les habirans Pou 1
au-Prince à fe défendre, & où on leur annonçoit certif que
fecours étoient prèts à leur être envoyés. La copie
de cette lettre eft dans les papiers de Polverel, parce g'
c'eft Polverel qui, ayant T'adminiftration de la province affair
TOueft, étoit, chargé de recueillit les pièces de cette
Je domande donc que Senac déciare fur cette lettre ordonné ce qu
fait, car Senac a préfidé la commune qui a
tirer des forts fur les vaiffeaux de la République.
Senac : Lorfqu'il s'eft agi de Taffemblée de commune, 5 j
déja diclaré que je répondrois à toutesles déclare interpellacions C
Sonthonax relatives à la canonnade. Je
aujourthi du Por
que j'ai préfidé pendant quatre jours s'eft la commune affemblée
au-Princes, que cette commune ne
avec Polverel qu'apr
avoir épuilé tousles moyens de conciliation à l'affemblée de com
Sonthonax : je déclare ici que jamais il n'a été
de la Ja
mune tenue. au Port au-Prince de la Jamaique. queflion Sonthonax
maique, ni d'une lettre les venue
de la commune du Port
eu à fa difpofition tous regiftres errèués qui ont éré pris
au-Prince, ila dû y voir rousles
où il
de
& certes il n'en produira pas un feul
Tar quefion Il eft. vra
la Jamaique ni de lettre venne de la Jama.que. abandonné lc
que la municipalité du Port-au-Prince ayant
. au Port au-Prince de la Jamaique. queflion Sonthonax
maique, ni d'une lettre les venue
de la commune du Port
eu à fa difpofition tous regiftres errèués qui ont éré pris
au-Prince, ila dû y voir rousles
où il
de
& certes il n'en produira pas un feul
Tar quefion Il eft. vra
la Jamaique ni de lettre venne de la Jama.que. abandonné lc
que la municipalité du Port-au-Prince ayant --- Page 263 ---
dions municipales, daprès la proclamation du 11 mars,
rerablir l'oidre & l'harmonie, decommune crut, pour
& fe former en aflemblée de
r érablir un centre commun
amune." Cett de cette aliemblée de commune que font
ris quelques airètes qui ont éé communiqués au pouvoir
cuif & a la municipalité; mais toutes ces il dilpolitions n'a
été
nt été prifes, encore une fois, que quand
plus
ible de correlpondre avecles commilfaires civils.
Sonthonax : D'abord les commiffaires civils ne devoient
buter aucune negociation, aucune efpèce de communica- la rén de la
d'hommes manifeftement révolrés. Sur
ple de entcin j'obierre qu'elle eft très-évalive. Je ne lui
nunde pas ti on a conigné dans les regiftres de la munici- bien
liré une lettre arrivée de la Jamaique, car je crois demande
on n'auroit
pris cette précaution;, je lui
plement s'il tar pas à fa connoillance quil ait circulé au
pre-au-Prince une lectre venant de la Jamaique, excitant le
uple à fe défendre contre l'auterité francaile.
Senac : J'ai déclaré que je n'avois aucune connoiffance
une lettre venue de la Jamaique au Portau-Prince.
Clauffon : Il D'y a rien de plus faux que l'envoi de cette
tre.
Sonthonax : Il ne fera pas impoflible de vous la répréfeneft dans les
de Polverel;, le temps
5 endra puifqu'elle où elle fera produite; PRSE la difcucera s'il le juge
Invenable.
Clafon: Ce feroit alors une lettre fabriquée par vous.
Sonthonax : A la bonne heure.
Le prefident : Al'ordre, à l'ordre !
Sonthonax : J'ai dit
les commiffaires civils avoient
cuife tous les moyens R0E douceur & d'indulgence avant
employer la force contre la ville du Port-au Prince. Le 10
vril, deux jours avantla canonnade, ils écrivirent à la muicipalité du Port-au-Prince pour lui annoncerl leur dernière
sfolurion. Voici la letrre quej j'ai copiée, & qui fe trouve
u original fur les regilres.
, à l'ordre !
Sonthonax : J'ai dit
les commiffaires civils avoient
cuife tous les moyens R0E douceur & d'indulgence avant
employer la force contre la ville du Port-au Prince. Le 10
vril, deux jours avantla canonnade, ils écrivirent à la muicipalité du Port-au-Prince pour lui annoncerl leur dernière
sfolurion. Voici la letrre quej j'ai copiée, & qui fe trouve
u original fur les regilres. --- Page 264 ---
(Il la lit).
A bord de VAmérica, devant le Port-au-Prince
le 10 aviil 1793.
Lcs cecmmifaires ciyils 2 la municipalié du Port-au-Prince
à Tinfant,
une dépèche
C
Nous recevons
citoyens, nous
au nom de
precureur de la commune,. qui où l'efpric peinr, derévoke a plom
mumnicipalité, Tafirenfepohsion
les melheureux habitans du Port-au-Prince. de
au nom de
>> Onnous demande,an non des ordres Thumanicé, qui vous ont a
paix, un furis à l'exécution Lakaile : eh bien! lefpoir des bo
tranfmis pari le général
ce que n'ont pu fnire d'int
citoyens ne fera pas fera trompé; le produit de votre founiffion. Ne
lentes donnons menaces, toute la journée de demain pour faire reni
vous dans Y'ordre ceux qui font égaréss mais fi demain & avant f ve
heures du foirle général na n'eft pas votie à réponfe, fix heures dans V
dredi matin notre armée
pas des événemens, & tour
murs, nous ne répondons févérement plus exécutées >.
jos nuefures feront
deux jours àvant d'emmpldy
Vous voyez, citéyens,
à la municipalité d'afer.
force, nous avons
LAF
la
afin d'éviteraux cotamillaires civils une ve
tous fesmoyens, & d'enter à main armée dans la ville du Po
de fait,
a
au-Prince. De
date T9l eft cette letre?
Senac :
quelle avril
Le 12a avril, comt
Sonthonax: Du IO
1793..
de la municipalia
vous l'avez vu dans lel procks-verbal fur
forts.
employâmes la force, nous tiràmes
les
ncus Forenue-Prince, nous tirames fur la ville; certe opérati
épouranta les Factieux.
Senac : Jc le crois bien.,
le 135 le.le
Sonthonax : Ils demeurèrent iefque-feal les- hommes' honnètes
denain) de las canomade tous entowrèrent la municipalit
réunirent dans les forts, Borel ils 8c de"fes adhérens. : cn
on zeheta la fuite de de lettres de change. Berel partit pe
chatgea d'or &
Jacm
la ville; certe opérati
épouranta les Factieux.
Senac : Jc le crois bien.,
le 135 le.le
Sonthonax : Ils demeurèrent iefque-feal les- hommes' honnètes
denain) de las canomade tous entowrèrent la municipalit
réunirent dans les forts, Borel ils 8c de"fes adhérens. : cn
on zeheta la fuite de de lettres de change. Berel partit pe
chatgea d'or &
Jacm --- Page 265 ---
Jacmel, il alla cacher fa honte a la
alla porter aux Anglais les projets qu'il avoit Jamaique ourdis; ; il
vous prouverai tout cela, pêndant le cours de la'
je.
quand il fera queftion des lettres de la Jamaique. difculiion,
le proces-verbal de la municipalité, qui contient la Voici
des évènemens qui fe font palfès au Port-au-i Prince relation le
13 avril
jour de l'entrée de l'armée dans la
jour où 824 fe retira à Jacmel, où il vola un navire ville,
français, et força le capitaine, le piftoler fous la
de le conduire à la Jamaique.
gorge,
(
- (Illic:)
'Exerait des regiftres de la municipalicé du Pdre-au-Prince.
ec Aujourd'hni, 13 avril 1793, l'an fecond de la République françaife, quatre heures de relevée. Le confeilgénéral de la commune allemblé au lieu de fes
ordinaires, compofé des citoyens Thouron ainé, Durand, feances
Michel, Barault de Narçay > le Breton de
Grunier, Chanlarte, officiers municipaux; Leclerc, Villandry, Béraud,
Péruffel, Bernard, Guihel, Chatpion, Libéral,
Glaumé & Duchiteau, notables.
aDubagna,
92 Le ciroyen Borel, commandant la garde nationale
étant couche fur un matelis, dans la falle des féances s
ordinaires, , avec les citoyens. Philibert , Binfle ainé &
pluficurs autres de fes aides-de-camps il feroit venu
rens chefs prendre fes ordrés, & lui taire différens difféde ce qui fe paifoit daris les poftes : lui ayant rapporté rapports
que partie de la garde nationale demandoit à faire un
arrangement Borel lui
quelconque pour avoir la paix, le
auroit repondu qu'il connoiffoit
cizoyen de
ces agitateurs , s'elt répandu en menaces quelques-uns contr' eux, &
donné des ordres pour que l'on févit fur le premier a
feroir furpris à parler de paix, par arreftation de leurs qui
perfonnes, & qu'ils fuffent conduits de fuire à la
Le citoyen Philibert a ajouté que s'il
géole.
le parti qui fermentoit, l'emportar, il avoit s'appercevoit cinq cents que
fonnes avec lui prètes à le tnivre, qu'il fortiroit de la perTome VII, Soisante-naavrièm: liyraifon.
S
ville
fur le premier a
feroir furpris à parler de paix, par arreftation de leurs qui
perfonnes, & qu'ils fuffent conduits de fuire à la
Le citoyen Philibert a ajouté que s'il
géole.
le parti qui fermentoit, l'emportar, il avoit s'appercevoit cinq cents que
fonnes avec lui prètes à le tnivre, qu'il fortiroit de la perTome VII, Soisante-naavrièm: liyraifon.
S
ville --- Page 266 ---
f:
avec :
eux, fe porteroit dans les mornes, &, od il pourroit;
qu'il tueroit & incendierçit par-tout où il palferoit.
93 Le jour ayant paru, ia municipalité s'eft occupée de faire
exécutér fon arrêté de la veille; en conféquence, les citoyens
Guydon & Roberjot I'Arugue, ont été invités à vouloir
fe rensire auprès des citoyens commiflaires, pour y fuivré
la miflion a eux donnée la veille. Le citoyén Guydon s'eft
rendu de fuite dans le fein'de la municipalité, & a déclaré
être prêt à partir; le citoyen Roberjot Y'Artigue n'a pu s'y Le
rendre de fuite, s'érant trouivé à la garde d'un pofte.
citoyen Guydon voyant qu'il n'y@avoitaucun inftant à perdre;
&cjd'après l'invitation de la municipalité, eft parti pour rémplir fa miflion, avec unautre citoyen. A onze heures, le
citoyen Guydon 'defcend avec un citoyen à nous inconnu
& rend compte de fa mifion. Le citoyen Grenier, officier
municipal, fe rendit aux cafernes, avec un citoyen, pour
porter un paquer au commandant de la place, de la par
des commillaires. D'autres membres fortent de la munich
Palité pour prévenir les poltes que les commiffaires accorden
jufqu'a fix heures du foir, : & inviter les bons citoyens
fortir des poftes en matle, & à fe réunir à la municipa
lité pour faire raire les factieux, & faire exécuter la loi.
22 Vers midi, fe. préfehtent, en conféquence, plulieur
citoyens pour entourer la municipalité : on la vexe, O d
veut la défarmer, fermer les portes pour les' empécher
fe fauver. Alors' Montauciel, tambour-major de la gard
narionale & autres idividus, le premier ayant le fabr
sud à la main, & menaçant la municipaliré de Ia manier
la plus outrageantes, au même inftant eft entié le com
mandant de la garde nationale : on lni a fait part de
nouvelles infultes & menaces où vénoit de fe porter I
tabour-major de la garde nationale & fa fuite, fans qui
eût donné ordre de le faifir pour en être puni. Dans cett
fituation, la municipalité a de fuite fait une requifitiol
au commandant de la garde nationale, pour avoir ui
piquer de grenadiers de la garde nationale
munici fe fair
reipecter; après l'avoir recue il a répondu que
ROH
palité n'en avoit pas befoin, il a appele fculement deu
grenadiers qu'il a placés à la porte, & a répondu
ce
à notre
%
çetie garde étoit funfante: d'après
mépris
de fuite fait une requifitiol
au commandant de la garde nationale, pour avoir ui
piquer de grenadiers de la garde nationale
munici fe fair
reipecter; après l'avoir recue il a répondu que
ROH
palité n'en avoit pas befoin, il a appele fculement deu
grenadiers qu'il a placés à la porte, & a répondu
ce
à notre
%
çetie garde étoit funfante: d'après
mépris --- Page 267 ---
16;
quifition, la municipalité a fait une réquifition au commandant des troupes de ligne, pour quil ait à fournir un
piquet à la maifon commune, pour faire refpecter &
exécuter la loi,
9> Vers une heure de relevée, arrive le citoyen
commandant militaire; il annonce être porteur d'ordres Dayre, des
commilfaires civils; alors la municipalité arrè.c qu'elle fe
retirera en comité fecret, pour prendre connoiflance defdits
ordres.
>> Pendant la lecture de ces ordres, arrive le piquet de
troupes de ligne qui avoit été requis; le citoyen Borel en
ayant été furpris s'cft emporté en reproches contre la municipalité, & a déclaré ne répondre plus de ricn. Ila
quitré la féance. Dans le même moment fon: arrivées différentes dépurations de la garde natonale, pour demander
qu'il foit pris un moyen prompr pour avoir la paix: deux
font parvenus à I'endroir de notre feance; d'autres ont
été arrêtés par des factieux, & menacés d'être canonnés. Le
citayen Borel eft rentré en fureur dans l'endroiz de la
féance 2 invectivan: la muuicipalité & Ja menaçant que,
d'après ce qui fe paffoit, cile alloit être la premièré
facrifiée,
>> Sur l'obfervation d'un membre, que plufieurs de nos
collègues n'onc pas paru, de même que le
de
la commune, , donr le fubftitut eft malade, le
public
nous
Picara
exige que
délibérions en quelque petit nombre
nous nous trouvions; fur ce, oui le citoyen Thauron que
le procureur de la commune, le confeil-général arrêté pour
qu'arrendu les difficultés de fe réunir en nombre compétent,
les membres prélens, en quelque nombre. qu'ils foient,
font autorifés à délibérer fur les affaires urgentes.
>> Le commandant de la place donne lecture d'une
lettre de la commiflion nationale civile de ce jour, par
laquelle il lui eft ordonné de s'emparer des forts, & de
recevoir à 6 heures du foir l'armée du citoyen de Lafalle,
à défaut de quoi la ville fera atraquée par, mer &
terre.
par
>> Le confeil-général de la commune arrête que les citoyens Chanlatte, oflicier municipal, & Péruffel, notable,
S 2
Le commandant de la place donne lecture d'une
lettre de la commiflion nationale civile de ce jour, par
laquelle il lui eft ordonné de s'emparer des forts, & de
recevoir à 6 heures du foir l'armée du citoyen de Lafalle,
à défaut de quoi la ville fera atraquée par, mer &
terre.
par
>> Le confeil-général de la commune arrête que les citoyens Chanlatte, oflicier municipal, & Péruffel, notable,
S 2 --- Page 268 ---
fe rendront a bord du vaiffeau de la République VAmérica, pour
à l'eftet de prendre tous les tempéramens pollibles,
l'entrée, fans troubles, de l'armée du citoyen gouverneur
général de cette ville. amis de l'ordre & de la paix, > inftruits
>> Les étoient citoyens invités à fe joindre aux troupes de ligne, &
qu'ils
A
de fe raffemblerau fort Saint-Jofeph, pour y faciliter sy font Tentrée portés
de l'armée du citoyen commandant genéral,
en foule. les fix heures de l'après midi, on annonce que
>> Vers
s'avance avec fon armée
entren
le ciroyen général les citoyens Michel,
officiers
nomme
ReREaRer
en ville; on Leclerc & Bermard-Quhel, norables, députés
municipaux,
genéral, lef
pour aller au devant du citoyen gouverneur
quels fé mettent de fuite en marche. reviennent du bord
5> Les citoyens Chanlatte & Péruffel, des commiflaires
de TAmérica: & apportent la réponfe fur les regiftres.
civils. Arrèté le dépôt, & la tranfeription Michel, Leclerc & Bemnard
>> Les citoyens Grenier,
l'arrivée du citoyen général
Quhel, rentrent, & annoncent droitureau
avec fon armée, &c qu'il a été en
gouvernemente,
& clos en féance, & ont les membres préfens
>> Fait,
figné.
Rat.fecrdaire-aljsint 92,
>> Collationné à l'original. Signé,
revêtu du timbre de la municipalité,
Ce. proces-verbal, de deux lettres des commiffaires civils; l'une
fait mention
l'autre au commandant de la ville du
à la municipalité, Voici la lettre écrite à, la municipalité le
Port-au-Prince.
13 avril 1793.
(Il lt:).
A bord de T'América, le 13 avril 11793, l'an premier
de la République françaife.
ciyils de la République, à la municipalité
Les commiffaires
du Port-au-Prince.
du confeil-général de la commune eft
G Si le retour
des commiffaires civils; l'une
fait mention
l'autre au commandant de la ville du
à la municipalité, Voici la lettre écrite à, la municipalité le
Port-au-Prince.
13 avril 1793.
(Il lt:).
A bord de T'América, le 13 avril 11793, l'an premier
de la République françaife.
ciyils de la République, à la municipalité
Les commiffaires
du Port-au-Prince.
du confeil-général de la commune eft
G Si le retour --- Page 269 ---
26s
Ancère, il nous trouvera dilpofés à toute l'indulgence
notre miniftère, le refpect des lois, & les ordres de
nous
3:
République
permettront; il aura la fatisfaction d'avoir préfervé la ville du Port-au-I Prince des plus grands
malheurs.
>> Mais tout dépend de la promptitude de l'exécution;
nous avons été une première fois dupes de notre facilité.
Les factieux ont profité d'un jour de furlis, que nous
avions accordé, pour fer préparer à diriger contre nous toutes
leurs forces, & pour chercher à corrompre nos armées de
terre & de mer. Dans notre lettre de ce matin au cemmandant de la place, nous avions fixé l'époque de l'entrée
de nos troupes à ce foir dans la ville, à fix heures..
>> La troupe de ligne qui compofe actuellement votre
garnifon, montre la foumiflion la plus abfolue à la lei &
aux autorités nationales; elle s'annonce difpolée à concourir de toutes fes forces à l'exécution de nos ordres.
Pour vous donner le temps de combiner vos mefures avec le
commandant de la place, nous fulpendons jufqu'à demain
matin fix heures toute difpofition hoftile. Profitez du
temps qui vous refte, fi vous voulez qu'il nous foit permis
de croire que vous n'ètes pas les excitateurs ou les
tedteurs de la révelte 32,
proVoici" celle au commandant des troupes de ligne, du
13 avril 1793.
Les commifaires civils, au commandant de la place du Poreau-Prince.
e Deux ciroyens chargés par la municipalité de l'arrêté
qu'elle a pris hier, relativement à l'entrée de l'armée de
la République dans le Port-au-Prince, font venus nous
peindre l'affreufe pofition des citoyens placés fous le couteaux des factieux.
35 C'eft aux
vous commandez,c'ef aux feldats
de la République,
appartient de
la sûreté
des
proréger
SePST
particuliers, &c fur-tour la liberté des délibérations de la
magiftrature.
S3
, relativement à l'entrée de l'armée de
la République dans le Port-au-Prince, font venus nous
peindre l'affreufe pofition des citoyens placés fous le couteaux des factieux.
35 C'eft aux
vous commandez,c'ef aux feldats
de la République,
appartient de
la sûreté
des
proréger
SePST
particuliers, &c fur-tour la liberté des délibérations de la
magiftrature.
S3 --- Page 270 ---
35 S'ils veulent prouver aux délégués de la République
qu'ils font encore dignes d'ètre les enfans de la patrie; sils
veulent montrer à la Convention nationale que, s'ils font
reftés au milieu des faétieux, ce n'eft' que pour mieux
fervir fesi intérêts, qu'ils fuivent la règle de conduite que nous
I
allons leur tracer.
des
nous leur
>> Nous leur ordonmons de s'emparer
forts;
muniordonnons expreflèment d'entourer ceux des officiers
cipaux qui veulen l'obeillance à la loi : nous leur ordonnons
de recevoir fous leurs drapeaux tous ceux qui, dociles aux
ordres des delegues de la République, délirent les fuivre
fans réferve, en incrodui ant nus arinées dans vos murs.
>, Nous vous ordonnons de déclarer à ce qui refte de bons
citoyens, que fi, aujourd'hui, à fix heures, les porres ne
fonr
ouvertes, nous n'écouterons plus aucune propoli
tion E paix, & que ies voies de rigueur feront les feules que
nous emploierons pour venger Ja Iépublique outragée 32.
Ces deux lettres eurent l'effet que nous en attendions; les
troupes de ligne fe portèrent à la municipalité, membres protégéren de la
fes délibérations, prorégère ent fur- tout les
municipsiité qui vouloient le bien, l'exécution de la loi,
Tintroducaon du commifiaire civil dans la ville du Port-au
Prince. Le lendemain à 6 heures du foir, l'armée du com
miflaire civil eft enurée au Port au-Prince; & cette armé
qu'on vous a dépcinte comme compofée d'hemmes refpiran dans les
le fang & le carnage, s'eft retirée fort paifibiament foit chez
quartiers qui lai ont été allignés Four logement,
diférens ciroyens. Il n'ya pas eu une feule propriété violée
pas une feale perfonne infuliée, pas une goutte de fang ré
pandue. Le lendemn, les commiflares civils ont fait leu
entrée au Port au-Princes ils font allés au gouvernemént
avec le général Lafalle; c'eft dès ce nioment qu'ont eu liet
plufieuts axreftarions contre des ciroyens prévenus d'avoi
tiré fur les vaiffeaux de la République, & d'aveir fomente
des troubles dans la ville du Port-au-Prince. Je vous avoi
dit dans le cours de la difcullion, que Borel, chargé d'or & i
de letres-de-change > étoit parti pour la Jamaique ;
étoit accompagné d'enviren deux cents hommes, de ceux qu
lui avoieng montré le plus d'atrachement pendant les trou
ftarions contre des ciroyens prévenus d'avoi
tiré fur les vaiffeaux de la République, & d'aveir fomente
des troubles dans la ville du Port-au-Prince. Je vous avoi
dit dans le cours de la difcullion, que Borel, chargé d'or & i
de letres-de-change > étoit parti pour la Jamaique ;
étoit accompagné d'enviren deux cents hommes, de ceux qu
lui avoieng montré le plus d'atrachement pendant les trou --- Page 271 ---
bles, & de cette même compagnie d'Africains, dans les commandés débats &
Philibert, dont il a déja été queflion éclairciflemens. Arrivé
E laquelle Senac vous a donné des
i Jacmel, Borel vit bien que cette ville n'étoit celle pas du plus Port- en
état de réfifter aux commillàires civils,
au-Prince. Ils'embarqua : mais au lieu RRe dans un pays
neutre, au lieu de choilir pour retraite celle
tout homme
perfécuté auroit choifie, il donna la mefure 3ere fon caraétère,
de fes principes & fur-tout de fcs difpolitions, en choififfant les
la Jamaique , depuis que nous étions en
avec
Anglais. n avoit fes raifons pour choifir
Jamaique:
SETTa
il avoit miflion > foit de la part de quelques- uns des &
habitans sdu Port-au-Prince, foit de celle de la municipalité
du commandant de la garde nationale de Jacmel, de négode
les Anglais
cier avec le gouverneur T'ifle, pour d'une appeller lettre de Borel
dans nos ports; la preuve en réfulte
ledture :
Jui-même, fignée de lui, dont je vais vous donner
elle eft du 27 avril-1793.
Sonthonax de
Claafon : Je prie le préfident d'interpeller
déclarer, où il a pris cette lettes elle eft adreffée à un particulier, & elle ne peut être dans fes mains que par une
violation du fecret des lettres.
rien
.
Sonthonav: D'abord, j'obferve que je n'aurois
à répondre fur ce fait qu'à la commiflion elle-mème, fi elle
avoit des éclairciffamens à me demander la deffus; mais je
lu la lettre, & furrépondrai aux coions, lorfque j'aurai
routl lorfque je l'aurai difcurée.
(Il la lit :)
Kingfon, 27 avril 1793.
Ic citoyen Borel 3 aux maire > officiers municipaux & com- a
mandant de la garde nationale de la yille de Jacmel.
-
>> Nous fommesarrivé és à Kington le 23 du courant. Je vais
vous faire le dérail-de tour res les circonflances de notre voyage,
& de noire pofition actuclle. Nous n'étions pas à deux
lieues de Jacmel, que le capitaine vint me dire qu'il alloit
faire route
Saint-Thomas, d'oi enfuite > après deux
jours de PEsiear il nous tranfporteroit a la Tamaique : je
S 4
ale de la yille de Jacmel.
-
>> Nous fommesarrivé és à Kington le 23 du courant. Je vais
vous faire le dérail-de tour res les circonflances de notre voyage,
& de noire pofition actuclle. Nous n'étions pas à deux
lieues de Jacmel, que le capitaine vint me dire qu'il alloit
faire route
Saint-Thomas, d'oi enfuite > après deux
jours de PEsiear il nous tranfporteroit a la Tamaique : je
S 4 --- Page 272 ---
vis dans cette propefition du danger pour moi & pour mes à
compagnons de voyage 2 & la religion de notre capitaine à
d'un
nous
à tous fufpecte 2 à tous plus
notre égard
parut n'avoit à fon bord des vivres que
titre, d'aurant plus qu'il
& non
l'ifle
le court voyage de la Jamaique >
les vents pour & le
od il falloit remonter contre
huit
Nous lui reprochâmes
Eat
courant, pendant plus de
jours. ni à la
ni
de n'avoir pas parlé de fon projet,
tenions municipalité,
à nous; & nouslui déclaràmes que nous
vigoureufe- Taver
avoit faites avec les citoyens'
ment aux conventions ia qu'il
de Jacmel;
furplus
& Baudouin, c municipalité
de
nous le
le maitre de faire tout ce qui plairoit,
Srae
dorner lailions à la Goëlet:e la dellination qu'il trouveroit conve- denos
nable;mais décidésàp périrtouspliérque d'étrela proie
ennemis, nous nous récriames contre tant de perfidie, bà- de
nous livrer ou de nous jerer dans les eaux de quelque cette réf
ciment qu'on auroit pu mettre à notre pourfuite il gagna :
dans
folution intimida le capiraine de la Goëlette 5
de
le Sui, loin des côtes, & nous arrivâmes au Port-Royal
Kington, fans avoir rien rencontré.
avions à cceur la confervation de la Goëlette; &
> Nous
du peuple anglais, qui ne pouvoit refuler
sûrs de la loyauté
au
de
protedtion à des réfugiés, nous proposâmes
capitaine
connoître, à T'entrée dans ce port, le
faire ingénuement
& la nécellité où nous avions été de
snorif de noure fuite,
nous rendre dans Tifle.
ptufiter d'un bàriment français pour à vouloir
nous déde la Goëlette perfifta
que
Le capiraine
étions
de Cuba, ou nous nous
claraflions que nous bâriment partis
Nous fimes en effet
étions rendus (ur un
mais elpagnol. il a tourné contre lui-même 5
ce menfonge officieux,
trouvée conforme à la déclara-
& Yxpédition ne s'étant le bâtiment pas
a été arrêté pour être conon du capitaine > lui feul y a donné lieu en déclarant
ffaué; le capiraine
à
de partir
nous l'avions forcé, le piftcler la gorge,
pour
que Jamaique. M. Salinière a encore plus fait contre luila
car il avoit remis une lettre à fon capitaine
mè.me; Lendo, afin qu'il n'acceptât pas la letire-de-change sode
M. mille deux cents gourdes > qu'ilavoit tirées en ma fatfois
votre compte,, autendu, portoit fa contre-lettre,
veur pour
ant
ffaué; le capiraine
à
de partir
nous l'avions forcé, le piftcler la gorge,
pour
que Jamaique. M. Salinière a encore plus fait contre luila
car il avoit remis une lettre à fon capitaine
mè.me; Lendo, afin qu'il n'acceptât pas la letire-de-change sode
M. mille deux cents gourdes > qu'ilavoit tirées en ma fatfois
votre compte,, autendu, portoit fa contre-lettre,
veur pour --- Page 273 ---
cette lettre-de-change lui avoir été arrachée par la vioe, ou par toute autre confidération qui devoit faire rougir
au profit de qui clle avoit été tirée. Ceux qui ont lu
c'étoit-là fon
3 contre-lettre, 2. m'ont alluré que
contenu; de
'eft d'autant plus vraifemblable, que, dans la gazette
& la
gfton dont vous trouverez ci-joint un exemplaire
uction on a fait la mère déclaration avec l'attencependant de ne défigner qui que ce foit, ni d'accufer
onne ; car > autrement > j'aurois agi en juftice contre
uteurs d'un outrage qui nous devient commun.
Voilà jufqu'oi M. Salinière a porté la déloyauté; &
: croire que fon capiraine & lui nous euflent livrés avec comfance à nos ennemis, fi notre énergie ne nous eût tirés
es mains.
Au furplus, les officiers de Kingfton nous ont déclaré
la Goëlecte n'eût pas été confifquée, fi le capiraine eut
lu fe conduire comme nous le lui avions demandé.
J'ai provifoirement fait protefter la lettre-de-change.
te
de la
de Lindo 5 & lorique je
PISLE
d'accepration
vous la renverrai
fait protefter, > faute TOT paiement, je
r confondre cet impolteur, m'en remettant pleinement
ous pour lui faire fentir l'indécence &c tout f'odieux de
onduite envers vous &c moi.
J'avois une autre lettre-de-change fur Lindo, tirée
Solard, Roger & compagnie; mais la
Liedo.tcEs
Salinière a aufli influencé Lindo pour cette lettre-denge; elle a également été proteftée, quoique l'argent ait
bien compré à M. Solard & Roger. Vous fentez que
revers inatrendus ne m'ont
permis de remplir votre
lion, & de vous faire pailer Res fecours dont vous avez
t de befoin. Si vous
m'accélérer quelqu'autre F
aife plus sure, s je lui aboneci la deltination dont nous
nmes convenus.
y. J'aivul le général del'ifle le jour même de notre arrivée.
na ai été accueilli avec queique diftincton; il m'a même 3
[e dire > témoigné quelque déférence dont beaucoup de
ançais nc jouiflent pas. Jelui ai parlé de notre pofition: 66 &
Res fecours dont vous avez
t de befoin. Si vous
m'accélérer quelqu'autre F
aife plus sure, s je lui aboneci la deltination dont nous
nmes convenus.
y. J'aivul le général del'ifle le jour même de notre arrivée.
na ai été accueilli avec queique diftincton; il m'a même 3
[e dire > témoigné quelque déférence dont beaucoup de
ançais nc jouiflent pas. Jelui ai parlé de notre pofition: 66 & --- Page 274 ---
ont des principes confervate
59 il paroit
les Anglais
dont le fert entraineroi
les SNentes françaifes,
t
: on donne comme nouvelle
92 fomra des colonies anglaifes: veulent envahir les colonies fr
35 pofitive, que les Anglais
eft dans ce moment à J
>> çaifes; que l'efcadre & anglaife les ifles du vent; que dans le
9> mel, la Martinique navales d'Angleterre {e préfenter
s bref délai, les forces
>, devant nos ports.
de réfiftan
> Je vous ai fouvent parlé de vos moyens ces moyens
ne les ménagez pas
vOS ennemis intérieurs; vous procurer d'aucres moyens
attendant que vous puilliez de falut que dans votre énergi
décifiis; car vous n'avez
votre courage.
de la
me fait demande
3> Le capiraine porteur
préfente
ce voy
le recommander à vous : il paroit qu'il entreprend fon é
de danger; vousferezà
avec quelque preffenciment convenable.
tout ce que vous croirez
de faire
que je vous prie
pa
> Ci joint quelques paquets
à leur adreffe.
particulièrement.
>) Je vous les recommande
9, Signé, BoREL. 92
qui contient quelque chofe d'imi
Voici un poft-feriptum avril. (Il a voulu écrire 7 mai ; ceft
tant : Kingfton, , 7
doute une erreur de Borel.)
(Il lit.)
Kingston, 7 mai.
étoit
le 17 avril par un E
K P.S. Cette lettre
pàrtie
diverles perfons
gnol, ainfi que d'autres paquets pour ne fais fous quel 1
mais le capiraine a remis ou jeté,, je
toutes les lettres. Elles ont été portéesau gouverne
texte,
& nous les a fait parvenir; enf
qui en a pris connoiffance avoirjulqu'à ce moment aucune rela
que nousn'avons St-Domingue pu & vorre ville, & cela nous a jetésdans
avec
défefpérante. Nos ennemis, qui ne font autres
perplexité
ol, ainfi que d'autres paquets pour ne fais fous quel 1
mais le capiraine a remis ou jeté,, je
toutes les lettres. Elles ont été portéesau gouverne
texte,
& nous les a fait parvenir; enf
qui en a pris connoiffance avoirjulqu'à ce moment aucune rela
que nousn'avons St-Domingue pu & vorre ville, & cela nous a jetésdans
avec
défefpérante. Nos ennemis, qui ne font autres
perplexité --- Page 275 ---
Iques habitans de Saint-Domingue 5 toujours achamés à
itfuivre le parti qui n'a pas voulu partager leurs crimes, fe
mis en mouvement, & font parvenus, je ne (ais par quel
yen, à nous déclarer & à nous faire retirer un palle-port l'ile; &
M. le gouverneur nous avoit donné pour toute
savons été confidérés julqu'à ce moment comme prilon-,
rs de guerre. lls ont plus fait : ils ont agi auprès des négons fur lefquels nous avons des traites tirées par des négons du Port-au-Prince; &c pas une n'a été acceptée ni payée,
bique f'argent ait été compté & bien numéré mais aux tireurs. tel eft
pur cela vous paroitra peut être incroyable 5
le
kre fort. Toures nos relations ont donc cellé avecM. confcience, gouneur; & je fuis réduit aufeul témoignage dema
de
bien éclairée me venge
qu'à ce que l'opinion Je fuis publique donc dans T'impuillance de vous
ht de perléenrions.
e d'aucune urilité ici.
le
lui ai rendu
3) Cependansjaiéenir à M. gouverneur ; je & il m'a arémpte de ma vie publique & de ma vie privée ,
rien des
ndu une let: re fort honnète, qui ne (e reflent en
emières expreflions qui l'avoient déterminé à rétraéterT'aceil honorable qu'il m 'avoit faic.
à vous défendre; les affaires
>> Je vous engage toujours réliftance ne fera
vaine.
angeront de face, votre
pas
de
de Salinière a été proteftée faute de
>> La lettre
change
la voie
iement : je ne veux pas vous la renvoyer, parce que
rlaquelle cette lettre vous parviendra ne me paroit defirerois pas trop infire. D'ailleurs je ne vous cacherai pas tomber je
toutes les
fût fait honneur,
FARET
ment qu'ily
pour contre vous & contre nous.
lomnies que l'on a répandues
je crois
Iais file tireur a été coupable d'une pareille perfidie, &c fc fauver
ril aimera mieux fubielespourfaires judiciaires cette letla faveur du retard. Au furplus, > je tiens toujours
e-de-change à votre difpofition; ; je vous la renverrai ou je
garderai, felon que vousle jugerez convenable. 9>
Le refte de cette lettre contient des détails qui n'ont rieu
'important.
Bralley :Je demande la parole fur le matériel de la lettre :
file tireur a été coupable d'une pareille perfidie, &c fc fauver
ril aimera mieux fubielespourfaires judiciaires cette letla faveur du retard. Au furplus, > je tiens toujours
e-de-change à votre difpofition; ; je vous la renverrai ou je
garderai, felon que vousle jugerez convenable. 9>
Le refte de cette lettre contient des détails qui n'ont rieu
'important.
Bralley :Je demande la parole fur le matériel de la lettre : --- Page 276 ---
d'icije.vois des mots biffés de manière qu'on ne peut pas
lire.
Sonthonas:T'offie de la communiquer. Avant la comn
nication, j'obferve qu'il y a fept lignes de cette lettre qui
roiffent avoir été etfacées par le gouverneur général de
Jamaique > lorique la lettre de Korel eft tombée entre
mains; c'eft alors qu'il a effacé les lignes cd l'on difoit que
Anglais de
avoient une efcadre toute prète à entrer dans les pc
Saint-Domingue, Cela a été efacé avec une encre tel
ment blanche, qu'il eft facile d'y voir, qu'il eft palpabl
rous les yeux, que Borel y avoir écrit ces mots : Je Zui
den notre pofition, & il paroit que les Anglais CRt des princi aipe
confervateurs d:s coloni S frangaifes. A préfent je remets ce
letre aux colons; ; ils feront toutes les objections
rontc onvenables.
qu'ils ju
Sonthonax continue : Nous étions à Jacmel, lorfqu'un
pitaine anglais croifant fur les côtes a remis à un capica
américain le paquet adretlo à M. Bandouin, avec une let
adreflée à madame Baudonin, femme du commandant de
garde nationale de Jacmel : cette lettre eft ici. Voici la let
écrite en anghispar le capitaine anglnis, adreffée-à madar
Baudouin; une lialfe de lettres où fe trouvoit celle de Borc
celle de Binfle dont je vous ai donné communicaticn, ai
qu'aux colons, dansle cours de la difcuflion. Je leur reine
d'abord la lettre en anglais du capitaine anglais, par
adrefle à mademoifelle Baudouin le paquer de lettres laquelle pour
municipalité de Jacmel. Madame Bauidouin nous a reit
elle-méme la leture de Borel, de Binfie & autres, que
licai & dont je domnemaiconumniniction demain.
Ciauffon : J'obferve, fur le matériel de la letrre, que
corps nen eft pas de la main de Borel : Oi pourra vous €
convaincre par T'infpection de pluffeurs lettres qu'on
vous mettre fous les yeux dans le cours de la difcuflion pour ; not
efpérons en retrouver. Quant à la fignature, ne puis la r
connoitre; quant au corps de la lettre, elle n te point de
main de Borel.
Sonthonax : 11 ne s'agit pas de l'écriture de Borel,j je ne I'
pas donnée comme teile; mais elle eft fignée Bore! : 9
€
convaincre par T'infpection de pluffeurs lettres qu'on
vous mettre fous les yeux dans le cours de la difcuflion pour ; not
efpérons en retrouver. Quant à la fignature, ne puis la r
connoitre; quant au corps de la lettre, elle n te point de
main de Borel.
Sonthonax : 11 ne s'agit pas de l'écriture de Borel,j je ne I'
pas donnée comme teile; mais elle eft fignée Bore! : 9 --- Page 277 ---
eft,ilyaaul bast une ligne toute entière de far main, conainli:Je vous recommand: le porteur de la préfente, figné
e.. J'aiau moins dix lettres dela main de cet homme dans
archives; ce font des pièces de comparaifon. D'aillesrs
roilà une feconde toute entière de la main de Borel, dans
aelle fe trouvent les mêmes faits & les mémesexprellions.
es liraiaprès demain.
e préfident prononce l'ajournement de la féance à après
1ain.
a féance eft levée.
er regiftre des préfences René, 3 GARRAN , 1
UCHE (de Nantes),
LANTHENAS;
sutioet
6AEAEI
étaires. --- Page 278 ---
l'an troifème de la République frang
Du I1 Melfidors
une & indivifible.
O. lit la rédaction des débats de la veille ; clle
adoprée.
Page, Fondeviolle, Larchevefque-Tial
Les citoyens Millet font abiens.
& Thomas
la dernière
dans Is difcul
Sonthonax : Dans
féance, les commiffa
fur les faits qui fe font
du pendant que
, j'ai ou
civils étoient devant la -SRDEL Portau-Prince, oublié
faire
de deux faits parriculiers; jai
de vous
part les fadtieux du Poreau-Prince, dirigés
vous dire
tiré à boulets rouges fur les vaiffeaux d
Borel, HEJEm
qui étoient en rade. civils d'avoir voulu ind
mree a accufs les commiffaires voulu incendier les vaiffeaux de
dier le convoi, d'avoir demande, citoyens > s'il y avoit
République : je adroite vous d'arriver au but que de tirer à bou
manière fur plus les vaiffeaux de la République :
rouges vaiflenu VAmérica reçut éntre autres un boulet ro
Le mit le feu à fon bord; il fut heureufement
t
qui
fe
également
P
ment éteint. Les factieux permirenr
all
des bombes fur les vaiffeaux de la République > moyen
de les couler bas & de là. les anéantir. avoit dans la rade du Pa
On ne s'en tint pas Ily
commaudée
au-Prince une petite des hommes batterie attachés Hortante, à la faétion Borel
d'Ayrelles, lun
en France. Ce d'Ayrolles tro
quife trouve aujourdlni bas fon biriment, afin de le faite per
à propos de couler afin d'annuler fes moyens dans le cas
à République,
de la République > moyen
de les couler bas & de là. les anéantir. avoit dans la rade du Pa
On ne s'en tint pas Ily
commaudée
au-Prince une petite des hommes batterie attachés Hortante, à la faétion Borel
d'Ayrelles, lun
en France. Ce d'Ayrolles tro
quife trouve aujourdlni bas fon biriment, afin de le faite per
à propos de couler afin d'annuler fes moyens dans le cas
à République, --- Page 279 ---
en auroit beloin. Je ne citerai pour preuve de ce fait
la. lettre de d'Ayrolles lui- même : elle eft orir
le.
commandant ci-devant la bacterie Rottante,
Ayrolles 3
de l'América.
au citoyen Lavoié, oficier
A bord de l'avifo de la République VExpédition, le 27 mai
1793, l'an II de la république françaile.
e CITOYEN,
J'ai lu hier dans le numéro intitulé VAmi de rEgalité,
apport que vous avez fait de la miflion que vous avez
de faite retirer les canons de la batterie Hottante; 5 vous
prez quels font les fcélérats affez audacieux pour avoir
-
couler un bâtimest de la République, c'eft moi,
yen, qui en ai donné l'ordre & qui Fai fait exécuter :
Aétion Borélienne peut bien y être entrée pour quelque
le, mais c'eft en fens contraire de l'idée que vous vous
faire. Je n'ai jamais mérité & ne mériterai jamais
ichère de fcélérat; ceci eft une vérité. J'ai rendu compte
commilfaires civils du motif qui m'a porté à cette
émité , c'eft à eux à me jnger. Quant à moi, j'ai la
viétion intime que j'ai empêché un beaucoup plus grand
que celui qui eft fait.
encloués, cela eft
Vous dites avoir trouvé les canons
i, & c'eft encore moi qui l'ai fait 5 noi avec des clous
npés, mais avec de fimples clous à barrique, qui pouJent tous ètre forés en une heure. Quant aux avaries que
sdites avoir trouvées dans la carcalle > vous ne pouvez en
er, parce qu'il n'y en a que dans le fond , qui confiftent
un trou fait avec une pince qui peut avoir un pouce
diametre, & un trou de tarrière fur le devant au-deflous
la Hottraifon.
a au corps de ce
1 Voilà tout le mal qu'il y
bâtiment,
je foutiens qu'il ne faur pas un effort furnaturel
le
à Hot, & lui rendre toute T'utilité dont il
fufr
ET
nettre
ptible.
x Salut.
30 Signé, D'AYROLLES >,
'y en a que dans le fond , qui confiftent
un trou fait avec une pince qui peut avoir un pouce
diametre, & un trou de tarrière fur le devant au-deflous
la Hottraifon.
a au corps de ce
1 Voilà tout le mal qu'il y
bâtiment,
je foutiens qu'il ne faur pas un effort furnaturel
le
à Hot, & lui rendre toute T'utilité dont il
fufr
ET
nettre
ptible.
x Salut.
30 Signé, D'AYROLLES >, --- Page 280 ---
étoit tellement avarié, a
J'obferve que ce biriment l'officier de la marine qui l'a vi
qu'il a été conftaté les canons par
qui avoient été jetés au fond
&
a relevé
de le tirer del'eau où ilé
la
qu'il a été impollible
:
:
& oi il elt encore.
d'Ayrolles. Il eft ici; ileft four
Cette lettre eft fignée la commiflion des colonies. Il
dans T'anti-chambre la lettre de & la fignature : je la remets
facile de' vérifier
communication aux colons.
la faction Borelienne, b
Vous voyez, Citoyens, de fes que a donné l'ordre de dou
reconnue par bàrimens un
de agens, la République, garni de fix pie
basTun des
de canon de 24: à la letre écrite par Borel le 27 avril
Je reviens
celle de Binile dont je vous ai parlé :
Je dois" y joindre débats. Comme cette dernière letre, a d
les précédens n'en citerai que fix lignes qui pourront jeter qu
été lue,
fur l'affaire actuelle.
que
de
TAE
à la lettre
Binfle j'oblere
Yerneuil : Relativement la faufferé de cette lettre.
que nous avons prouvé
interrompre la'
Le préfident : Vous ne pouvez pas
cullion.
aJ'ofe
écrit Binffe de Kingfton
-
Sonthonax :
efpérer efpérer, que fous un mois ou fix fen
27 avril 1793; j'ofe fera rétablic au Port-au-Prince, a
nes la tranquillité la colonie. Les moyens que I'on prend,
dans toute
nous rameneront le calme, punir
Red qui y.feront, fetont rentrer les nouveaux frères d
les fcélérats , &
jamais dà fortir: foyez alluré. .
l'état dont ils n'auroient sûr de cette nouvelle, je ne vous la dom
fije n'étois pas
rois pas 92,
(Les colons difent. . . .)
Clauffon : La fignature :
Sonithonax : Les colons difent. e
Clauffon : La fignature? a déja été lue & difcutée d
Lc préfident : Cette pièce Vous ferez maitres de rappeler
le cours des débats. le défaur de fignature.
obfervations fur colons dilent qu'ils ont prouvé la fauff
Sonthonax Les
la dom
fije n'étois pas
rois pas 92,
(Les colons difent. . . .)
Clauffon : La fignature :
Sonithonax : Les colons difent. e
Clauffon : La fignature? a déja été lue & difcutée d
Lc préfident : Cette pièce Vous ferez maitres de rappeler
le cours des débats. le défaur de fignature.
obfervations fur colons dilent qu'ils ont prouvé la fauff
Sonthonax Les --- Page 281 ---
He cette letre, & ils l'ont prouvé en difanr qu'elle n'étoit
pas lignée; & moi aullij'ai dit qu'elle n'étoit pas
nais qu'eile étoi: toute entière de la main de Binlle; lignee,
K lorlqu'on s'en conv.incra en jetant un coup-d'ail fur la
lialle de papiers oi fe trouve cette leitre, > C1l y verfa
Faurres lectres de Binlie > leiquelies iont lignées de
Jui.
Je reviens à la lettre de Borel, Vous avez vu dans cette
letire, écrite de Kinglton nle 27 nvrii 1793, que d'abord il
hvoir forcé le capitaine qu'il avoit pris dans la rade de'
Jacmel, à le conduire dans la ville de Kingfon : le capitaine s'y étoit cngagé par les crdres de la municipaliré de
Tzcmel.
Borel dit efedtivement dans le commencement .de fa
lettre : qu'il a forcé le capitaine deie conduire dia
quia eté arrêtée par la municipclitéde Jacmel. Cetie defination deftinaion etoir la ville de Kingiton, Le capiraine vouloit le co1lHuire à Saint-Thomas: 5 On le força d'aller dans un port
anglais pour négocier avec, le gouvernement anglais les
ecours que demandoit la municipalité de Jacmel.
Veus aviez autii vu dans cette letire, que Borel invite les
pficiers municipaux de Jacmel à réfifter confumment aux
urorités francaifes > aux lois de la France; qu'illeur dit,
que la réffance ne lera pas vaine 2 que bientôt ils curont des
ecours. 1i annonce en iéme temps que les Anglais ont des
principes confervatcurs des colonicsfrangaifes doncle fort entraiicroiz celui des colonies anglaifes.
Julqu'à préfent les colons ont accufé les hommes
bnt été les apôrres de la liberré en
qui
ivec le genvernement anglais pour ruiner France, les 3 de colonies s'entendre fran- /
aifes. Cependant Borel & le gouvernement anglais avouént
que la liberté dans sies colonies françoifes entraineroit! la liberté
les colonies anglaifes.
Je vous demande quel cas vous devez faire des déclamaions des colons qui accufent les Anglais d'avoir inoculé
a Lberté dans les colonies
françaifes 3 randis qu'ils convenoient que cette liberté entraineroi celle des colonies
anglaifes. C'eft ainfi que ceux qui bâtiflent fans efle des
tyftèmes de diffamation qui artaquent formellen ent les
ardens amis de l'égalité, fe mentent à eux-mèmes en plus
Tome VII. Samante-amnimchrajen
T accu-
devez faire des déclamaions des colons qui accufent les Anglais d'avoir inoculé
a Lberté dans les colonies
françaifes 3 randis qu'ils convenoient que cette liberté entraineroi celle des colonies
anglaifes. C'eft ainfi que ceux qui bâtiflent fans efle des
tyftèmes de diffamation qui artaquent formellen ent les
ardens amis de l'égalité, fe mentent à eux-mèmes en plus
Tome VII. Samante-amnimchrajen
T accu- --- Page 282 ---
fant ces hommes d'être les apôrres de ce fyfteme anglais
tandis qu'il.eft déinoniré par les aveux mendiés de leur
amis, de leurs cliens, dont ils fe font faits ici les défen
feurs oflicicux,
ia liberté des colonies françaifes en
traineroit la ihertsae des colonies anglaifes.
Le refte de la lettre prouve également que Borel, en f
retirant de Jacmel, avoir reçu de plulieurs maifons de com
merce du Port-an-Frince des lettres-de-change fur la Jamai
que; preuive fans réplique qu'il étoit parti du Port-au
Prince avec une mifion ipéciale
laJamaique, Autr
c'eft ce qu'il dit Nennter à la municipalité de
Ear : Il mi'eft impoffible de vous fervir aujourd'hui. Je Jui
tombé dans le difcrédit par les foins de quelgues habitans a
la colonie de Saine-Domingue 5 ilef impolible
je
yous
la fomme
vous demander.
NEs iaat
Borel procurer avoue qu'ii
que fervir les delleins de ia munici
palité de Jacmel, FTROR touche de T'argent, s'il touche le mon
tant des lettres-de-chunge qui lui ont été remifes. Den
Borel avoit reçu de la municipalité de Jacmel & de plufieur
habitans du Port-au-Prince la miflion fpéciale de traite
avec les Angleis, la million fpéciale de livrer la provinc
de lOueft & la colonie entière'aux troupes du roi d'Angle
terre. Les colons pour excufer. la rebellion du Port-au
pour incriminer les commiflaires civils, & notam
Hemi ment proclamation du 21 mars, fe font étayés des arrêté
rendus par la municipalité de Jacmel & celle des Cayes
Jacmel. La-commune de Jacmel dans fa proclamation d
Mars, déclare qu'elle regardera comme traitres à la co
lonie 29 & traitera comme tels ceux qui exécuteroient la pro
clamation des commiffaires civils. C'eft ainG que les colons
pour excufer leur révolte , pour incriminer les commiffaire
civils, ofent prduire à la commiflion despièces qui confta
tent leur rebellion, leur complicité avec; la commune d
Jacmel qui, au mois de décembre
ayoit refufé d
recevoir dans fon fein le ciroyen refieat qui, l'olivier
la main, venoit leur offrir la paix, venoit faire exécute
la loi du 4 avril, dans un pays d'ou cette loi avoit toujou
été repoullée. L'arrêté de la ccininune des Caves-Jacmele le
encore plus virulent que cclui de Jacmel. Il déclare fi le
commillaires ciyils déchus de leurs pouvoirs, comme
-
refufé d
recevoir dans fon fein le ciroyen refieat qui, l'olivier
la main, venoit leur offrir la paix, venoit faire exécute
la loi du 4 avril, dans un pays d'ou cette loi avoit toujou
été repoullée. L'arrêté de la ccininune des Caves-Jacmele le
encore plus virulent que cclui de Jacmel. Il déclare fi le
commillaires ciyils déchus de leurs pouvoirs, comme
- --- Page 283 ---
commiffaires civils pouvoient être déchus de pouvoirs émanés de l'Affemblée nationale, par une municipalité de la
colonie. Ily a plus, il eft néceffaire de vous faire remarquer que la commune des Cayes-Jacmel étoit dirigée &
prélidée, > lorfqu'elle a pris cet
ce Pitra dont
vous ai déja lu la lettre dans la arréré.par difcuflion
je
ce Pitra qui écrivoit: Ce Acceptez la loi du précédente, 4
par
ce que des temps plus heureux nous permertent avail,jufqu'a de la révoquer; acceptons la loi du 4 avril, loi impolirique, loi
que l'Allemblée nationale n'avoit pas le droit de rendre
mais réfervons-nous le droit de repouffer de la commune ;
les hommes de couleur; rejetons - les des aflemblées
maires, Ne recevez de pas > leur difoit Pitra, les hommes pri- de
couleur dans votre Jein 30.
C'eft ainfi
cet homme
depuis la promulgation de
la loi du 4 Maqur avoit préché 1e révolte à les
la confomme en défobéiffant aux. ordres des concitoyens, commillaires
civils. Les colons fe font appuyés également de
lettres de la commune du Portau-Prince au
plufiours
civil. Ces lettres portent toutes en fubftance que commiflaire la commune du Port-an-Prince ne peur pas comprendre
les commiffaires civils ont des intentions hoftiles pourquoi contre
elle; qu'elle ne renferme aucun factieux; que tous les citoyens font amis du bien public : vous allez juger de la foi
qu'on peut ajouter à cette affertion de la municipaliré du
Port-an-Prince par le défaven qu'elle en a fair,
libre de
des
quand ,
fes véritables l'opprefion
factieux > elle a pu s'expliquer fur
difpofitions.
Duny : La date?
(Sonthonax lit : )
17 avril 1793Exerait des minutes de la manicipalité du Port-ax-Prince.
a La municipalité > toujours entourée & obfédée
des
hommes intéreffés à épier fes démarches pour la paix, par déclare
qu'elle n'a pas plus éré libre de mettre dansf fon procès-verbal
dura courant les goms des citoyens quiont provoquélinfurreos
T 2
iquer fur
difpofitions.
Duny : La date?
(Sonthonax lit : )
17 avril 1793Exerait des minutes de la manicipalité du Port-ax-Prince.
a La municipalité > toujours entourée & obfédée
des
hommes intéreffés à épier fes démarches pour la paix, par déclare
qu'elle n'a pas plus éré libre de mettre dansf fon procès-verbal
dura courant les goms des citoyens quiont provoquélinfurreos
T 2 --- Page 284 ---
tion de la nuit dui II au 12(attendu que fes moindres écrits
étoient lus, &q qu'elle auroit été compromi(e), que lorfqu'clle
a été forcée de mettre dans fes écrits qu'elle ne connoitjoit aucun coxpable dans cette ville.
fe doit à elle2> Aujourd'hui, libre dans fes actions, elle
même & à la vérité de déclarer que, tandis qu'on étoit à faire
les expéditions de l'arrêté Four les envoyer au citoyen gouverneur général de-Lafalle par les députés Roberjot & Guefdon,
quelques aides-de-camp ont dà fortir de la municipalité pour
aller provoquer l'infurredtion contre cet acte; car à peine une
expédition de l'arrèté a été faite, que le citoyen Philibert >
accompagné des citoyens Darmagnac, Mercier, Bener, Cotter,Jounc, Augufte Borel, Montauciel, Quincy, Lamière,
Pajot, & beaucoup d'autres que nous croyons être canonniers,
font entrés en foule dans la falle des féances.
>2 Le citoyen Philibert, portant la parole, a dit que nous
les vendions , que nous ferions les premiers facrifiés 5 reprochant au citoyen maire de s'ère porté au gouvernement pour
fauverle citoyen Ricard; que silavoit été pendu, nous ne
ferions pas dans la pelition ou nous étions; que le citoyen
Roberjot 2 Ten des commiflaires nommés par l'arrèté du 12,
n'avoit pas la conliance publique, & quil ne partiroit pas.
>> Les citoyens Lallerre en chemile, & Mercier jeune, fe
tranfportent au fecrétariat, & diferit quilefti inutile d'écrire
cet arrêté; qu'il ne partira point.Le ciroyen Thouron enfauve
une copie dans fa poche. Le ciroyen Mercier redoublant fes
menaces, le fecrétaire-grefier eft obligé de cacherla minute
&c fa copie. Le bruicredouble dans la faile des (éances; le
citoyen Borel, au mêmei inftant, fel lève ccmme un. furieux,
la menace dans la bouche, la rage dans le caur; fe déchaine
de la manièrela plus ourrageante contre la municipaliré, fon
fabre nud à la main qu'ile enfonce dans la cloifon qui (éparel la
faile des féances' du fecrés ariat; crie à pleine tête que les commiffaires civils le réduifent au défefpoir; qu'il falloit déchirer
l'arrété qeivenoit d'ètre pris, & s'oppoler au départ des citoyens Guefdon & Roberjot, choifis Lour le porter au geuverneur général; difant hautement que s'ils forroient, ils
feroient fafilés. Néanmoins, au milieu de ce danger , quelmembres demandent que le conmandant de la garde naDerape le comnandant des troupes de ligne &cles deux compagnies de grenadiers foient requis pour contenir les faétieux.
arrété qeivenoit d'ètre pris, & s'oppoler au départ des citoyens Guefdon & Roberjot, choifis Lour le porter au geuverneur général; difant hautement que s'ils forroient, ils
feroient fafilés. Néanmoins, au milieu de ce danger , quelmembres demandent que le conmandant de la garde naDerape le comnandant des troupes de ligne &cles deux compagnies de grenadiers foient requis pour contenir les faétieux. --- Page 285 ---
C'eft alors que le commandant Borels'éleva contre lamunieipalité, luifaifant dcs reproches de vendre les ciroyens; &
cet arrère lui coûteroit cher. Dans cetinftant on entend
la
Satue
générale, on en prévient le commandant; on l'exhorte, au
nom du falut public, de la faire ceffer, enluirappelant
ne
pouvoit fe battre que parl'ordre del la municipalité qu'elle
en avoir
&raprès
prévenu le contmandan: des troupes de ligne. Mais,
malgré tout ce qu'on a pului dire > il n'a pas été pollible de
rien obrenir de lui, & on a continué à battre lag générale, Le
commandant, condnuant à vomir tout ce que la rage lui
géroit, eft forti le fabre nud à la main, a donné des ordres fus- à
tous les chéfs qui l'entouroient de fe rendre à leurs
jurant de la manière la plus terrible qu'il alloit y paller, poltes, &
premier qui manqueroit à fon devoir, illui pafferoit tion
au traers du
BR
corps. Rentré enfuite dans la falle de la
municipalité, toujours en fureur, & croyant fans doute que
les membres alloient fe retirer, il les fomme d'avoir à refter à
leur pofte > leur jurant qu'il ne leur arriveroit rien, & donnant des ordres pour les configner, > en les injuriant:
> Revenuà lui-mêmel long-temps après, ila prisunair toutà-fait nouveau, répétantà la municipalitéde ne tien craindre,
ne lui arriveroit rien de facheux, & eft enfuite forti
Eah fe
dans les differens poftes.
pour
3) Fait & clos en féance le dix fept avril mil fept cent quatre-vingt-treize , l'an fecond de la Képeblique françaile.
9> Signé, BORGELLA, maire; DAVID, THOURON l'ainé
CHANLATTE ainé, GRENIER, PENATE, LECLERC, PELÉ
ainé, BATAILLE, Jean HaRunta,DAUSAGKA, DUCHASTEAU
& HARANG.
>> Collationné. Signé, RÉAL, fecrétaire audit. 3>
J'interrompsici la lecture de cet arrêté pour faire connoître
à Ja commiflion un fait dont je ne m'csispas rappelé dans les
débats: c'eft celui de l'expullion du Cel romandant de la
du Port-au-Prince. Les factieux, lorfqu'ils ouvrirent la piace
contre l'aurorité nationale, > eurent icin de chaffer tout guerre ce qui
reprélentoicla France dans la ville du Port-au-Prince, Le citoyen Ricart étoit refté après le gosverneur-genéral, & éreit
commandant de la place. Philibert, accompagmé de 300 caT i
ats: c'eft celui de l'expullion du Cel romandant de la
du Port-au-Prince. Les factieux, lorfqu'ils ouvrirent la piace
contre l'aurorité nationale, > eurent icin de chaffer tout guerre ce qui
reprélentoicla France dans la ville du Port-au-Prince, Le citoyen Ricart étoit refté après le gosverneur-genéral, & éreit
commandant de la place. Philibert, accompagmé de 300 caT i --- Page 286 ---
nonniers malrais; napolitains, génois, lui fignifia, de la
du
peuple, davoir. quitter la ville du Port-au-Prince le ad a
été conligné dans un procès-verbal dont je vous ai déja donné
lecture. Sous peine d'être
2 Ricard fut obligé de quitter
la ville, & de venir à Smslt auprès des commiffaires
civils. Jen reprends la lecture.
Sénac: Quelle eftla date de l'événement?
Sonthonax : Jer n'en fais rien.
Sénac : Il eft effentiel de le favoir.
Sonthonax : Je ne
puispasdéfigner précifémenrla date:mais
elle fe trouve, foit dans les procès-verbaux déja lus, foir dans
la déclaration d'Alain : tout ce que je puis affurer, c'eft que
le fait eft de long-temps antérieur à notre encrée au Port-auPrince. Sénac : Sonthonax prétend
le fait eft antérieur à la proRicard
clamation du 21 mars : cela cidire pas exact,Le citoyen Laeft refté commandant au Port-au-Prince après le général Lafalle a
falle : c'elt quelques jours après l'arrivée du général
Saint-Marc qu'elt intervenue la proclamation du 21 mars ;
&ce n'eft que quelques jouts après l'arrivée de cette proclaarrivé l'événement de
mation au Port-au-Prince qu'eft
Ricard.
Sonthonax : Je ne nie point que lévénement ne foit poftérieur à la proclamation du 2I mars.
(II reprend la lecture.),
( Voyer! la pièce précédente.)
Cette pièe eft également revêtue du timbre de la municipalité; elle eft dui7 avril, depuis notre entrée au Portau-Prince,
depuis quil avoit éré permis à la municipalité de s'expliquer
librement.
Sénac : Librement ! le poignard fur la gorge !
Le préfident : A l'ordre, à l'ordre.
Sonthonax : Les colons vous ont également parlé d'une
adreffe faite par la commune du Port-au-Prince aux commif
faires civils pendant qu'ilsétoient en rade. Cette adrefle, fabriquée par des factieux, a été fignée le piflolet fous la gorge 5 elle
a été colportée chez tous les négocians, qu'on a forcés de la
ac : Librement ! le poignard fur la gorge !
Le préfident : A l'ordre, à l'ordre.
Sonthonax : Les colons vous ont également parlé d'une
adreffe faite par la commune du Port-au-Prince aux commif
faires civils pendant qu'ilsétoient en rade. Cette adrefle, fabriquée par des factieux, a été fignée le piflolet fous la gorge 5 elle
a été colportée chez tous les négocians, qu'on a forcés de la --- Page 287 ---
23;
gner. Vous allez avoir l preuve de ce fait dans l'interrogaDite fubi par le citoyen Pelé, négociant au Port-au-Prince,
n date du 21 avril 1793.
(1l lit.) )
c Procès. - verbal d'interrogatoire fubi par Gabriel Pelé
iné, négociant du Port- au - Prince > pardevant nous
Stienne Polverel & Léger-Félicité Sonthonax, commillaires
ivils de la République, délégués auxiles françaifes del'Améique fous le Vent pour y rétablir l'crdre & la tranquilliré pulique, , écrivant fous nous le citoyen Muller, fecrétaire
u commitfaire civil Sonthonax.
s Aujonrd'hui 21 avril 1793, l'an II de la République
rançaile aété amené pardevant nous, après avoir été exrait des prifons de la vile du Port-au-Prince, fous la conuite & la garde d'un officier de troupes de ligne, le citoyen
Wlain-Gabriel Pelé, négociant au Pott-au-Prince > lequel,
près avoir prété ferment de dire vérité, a répondu ainfi qu'il
uitaux queftions
noucluiavonsfatres.
>5 Interrogé de Ror nom, age, qualité & demeure, a.réondu qu'il s'appeloit Gabriel Pelé, âgé de quarante ans
nviron, natif de Nantes > tenant une maifon de comnerce au Port-au-Prince.
3, Alui repréfenté une adreffe faite fous le nom des négotans de la ville du Poreau-Prince, aux commiffaires nationaux
ivils, revêtue de cinquante-cing fignatures, parmi lefquelles
trouve la fienne, laquelle adreffe commence par ces mots :
que nous avons eu l'e/pérance, 8c finiffant par ceux-ci :
onpromettre fes intérêts; nous lui avons demandé s'il reonnoit ladite adrelfe, ainfique la fignature qu'il avoit mife au
as : a répondu qu'il la reconnoiffoit parfaitement.
> Interrogé s'il eft vrai qu'il ait colporté cette adrefe
a faire figner par plufieurs de fes confrères : a répondu qu'ef pour
cétivement il a eu la foibleffe de fervir en cela un parti aux
rincipes duquel il a toujours été parfaitement étranger.
>> Interrogé pourquoi, voyant que cette adreffe étoit atten-,
atoire à la fouveraineré nationale & injurieufe aux délégués
ela République, il n'a pas été effrayé des conféquences
acheufes que fa fignatire, & les démarches qu'ila faites pour
T 4
ères : a répondu qu'ef pour
cétivement il a eu la foibleffe de fervir en cela un parti aux
rincipes duquel il a toujours été parfaitement étranger.
>> Interrogé pourquoi, voyant que cette adreffe étoit atten-,
atoire à la fouveraineré nationale & injurieufe aux délégués
ela République, il n'a pas été effrayé des conféquences
acheufes que fa fignatire, & les démarches qu'ila faites pour
T 4 --- Page 288 ---
pouvoientenuminer :84
tant fur lui que fur ceu
enavoird'autres, quilavoient égalemen: fignée : é:6 dans' fes intentions de
32 A répondu qu'il n'a nationale jamais ni d'infnlter à fes délegués
bleffer la Touveraineré
de ladrelle, on ne peut pas T'ac
que n'étan: poin: rédaéteur
qu'elie contient; que sil à I
cufer des intentions coupables de.fes confrères à en faire au
fignée ou engagé quelques-uns dans de bonnes vues; que d'ailleurs, dan
tant, ce n'a été que & de délire public gt ui viennent de fe paf
les jours de trouble
libres au Portau-Prince; 5 quela
fer , les volon és 1 étoient érdentrainés pas
par Tagitation générale,
meilleurs citoyens avoient ont eu l'art de tout bouleverfer, afin d'em
que les faétieux
d'hommes honnètes de pouvoir fe recon
pécher ce qui reftoit
malgré eux à la defobliflance. >>.
noure, & de les forcerainii
Ilelt inutile de lire le refte delinserrogatoire.
Scmac: Cépendant . .
f vousle voulez,jel
Sonthonax : Je vous le communique:
lirai enenrier - . - - .
qu'on l'a forcé de figner T'a
Vous voyez que Pelé y avoue
faite par la commune d
drefle qui vous a été lue 5 adretlé où nous avons ordonn
Port-au - Prince > au moment étoient en rade, depaffer der
aux bàrimens de commerce qui
la canonnade ne purpe
rière les vaifeaux Vous de gactre.ann venez de voir que que les négocians n'on
les éndommager.
cette adrefle que la muni
pas été plus libres de ne membres pas figner bien intenrionnés ne l'éroien
cipalité; ou plurôr les
civils quilnyavo
pas,! loxiquils écrivoient la aux ville conmillaires du Pereau-Prince. Et de que
point de fadtieux municipaux dans
auroient-ils pu écrire aux com
front ces otticiers
poin: de faéticux dansla ville d
miffaires civiis quilnyaveir eft clair, d'après la lettre que
Port-au-Prince lire - puilgual ces factieux ont médité un voyage àl
viens de vous aller , que chercherdes forces sangiaifes, pour le
Jamaique
y
dela République? Les colonsviendront
amener dans ESieT ports
de terreur & de perfécu
ils vous dire qu'ii exiftoit un fyftème de terreur &
ce
dopprellion
tion? Quel étoit donc les fyftème commillaires civils n'avoient pa
puifquilets prouvé que
> loriqu'ils or
fair une feule déportation au Port-au-Prince devant cette villezPeu
éréforcésde! feprefenters avec unearmée & deterrorifme det
de perfécution
on fe plaindre d'unfyttèmes
terreur & de perfécu
ils vous dire qu'ii exiftoit un fyftème de terreur &
ce
dopprellion
tion? Quel étoit donc les fyftème commillaires civils n'avoient pa
puifquilets prouvé que
> loriqu'ils or
fair une feule déportation au Port-au-Prince devant cette villezPeu
éréforcésde! feprefenters avec unearmée & deterrorifme det
de perfécution
on fe plaindre d'unfyttèmes --- Page 289 ---
28;
ils
art des commiffaires civils, harguenbusteteastiaes
ele permettenr pas une feule exécutionnilnaite? Certes,files
ommilfiaires civils avoient été des tyrans > vous donniez beau La
-
cual'exécution de leurs ordres, en réfifant à main arinée:
oi les autorifoit à inftiruer une commiflion militaire qui auoit fait juftice des factieux qui avoient tiré à boulets rouges
ur lesi vaiffeaux de la République : bien loin de là, les comniflaires civils fe contentent de les envoyer en France pour y
rendre des leçons de liberté. Vous dites que les commiflaires
iviis ont épouvanté parleursvexations, tandis qu'ileftprouvé
que vous ne devez la vie qualeurmauigence .
Duny : Vil affaflin!
Leprefident à Duny : La première fois que tu te premettras débats.
les menaces de cette efpèce,je te déclarerai exclusdes n'ai
befoin
Duny : Je fuis innocent ou coupable ; je
pas
d'induigence, & je ne dois pasla vie à Sonthonax. du
Le prefident : Cela nerautorife pas à le menacer poing.
Sonthonax: Jevous défie de precifer un fait pour. prouver
que j'aie fait commettre des alfailinats au Potrah-Prance.
Duny: Dans coure la colonie. fait
eu dans la ville du
Sonth : Précifez un feul
: y a-t-il militaire, un ailafPore-au-Prince, > je ne dis pas une faite exécution à main armée à un citoyen,
finat, mais même une infule
lors de notre entrée au Port-au-Prince: tués lors de la canonnade,
Sénac : Ilyaeu onze particuhers
&: c'elt bien allez.
vrai
la canonnade
Sonthonax : Il eft trèspendant
il a eu onze
tués.
ne peut pas tirer
particuliers
B
pendant y fix heures fur une ville, fans qu'il n'y ait quelques
viétimes. A qui doit-on reprocher leur mort : a Sénsc &
la
ceux qui font enautres qui dirigeoient chercher municipalité, des forces anglaifes. Vous
fuite allés à la Jamafque
vous vevenez vous plaindre des commitlaires civils,
nez vous plaindre de ce que onze perfonnes fent tombées pendant le combat; mais, après le combar, a-t-011
abufé de la victoire pour faire couler le fang?
Duny : Oui.
Son.honax : Contre qui? ?
foit
Sénac : Il eft faux que la mort des onze perfonnes
l'ouvrage de la prétendue faétion du Porr-au-Prince; car le
on n'avoit pas encore tiré fur les vaifleaux, lorique
aires civils,
nez vous plaindre de ce que onze perfonnes fent tombées pendant le combat; mais, après le combar, a-t-011
abufé de la victoire pour faire couler le fang?
Duny : Oui.
Son.honax : Contre qui? ?
foit
Sénac : Il eft faux que la mort des onze perfonnes
l'ouvrage de la prétendue faétion du Porr-au-Prince; car le
on n'avoit pas encore tiré fur les vaifleaux, lorique --- Page 290 ---
onze hommes ont été tués; le Port-au-Prince
encore ripofté à la canonnade de Sonthonax. II n'avoit eft
qu'il veuille
rotrat
qu'on foit tranquille iorfqu' on entend.des
foages fur des faits aufli évidemment prouvés.
mer
Sonthonax : Je ne crois
qu'il ait eu de
dans ce gue je viens de aes J'ai avoué y
menfont
onze perfonnes tuées pendant la canonnade. qu'il y avoir e
ont péri par l'effet du combat; & je n'irai Ces homme
aux colons Ja mort de trois matelots tués pas reprocho
canon à bord de la Précienfe, Tout ce qui d'un s'eft boulet C
un combat ne peut pas être attribué à telle ou paffe dar
lonté de ceux qui l'ont ordonné. La queftion eft de telle vc
fi les commilllires ont dû l'ordonner. La commiflion favoi le
gera loriqu'elle fera fon rapport. On n'appelle jamais jo al
fallinat
T'adtion de ceux qui commettent des homicides d
lorfqu'on ne fo
Edr
un feul aflaflinat les
barp plus: or, je défie de
;
colons ne fauroient même en
quer un.
ANSES
Clanfon : Après la canonnade du Port-au-Prince,
de la dilcuflion vous
ia fair
dans toure la partie del prouvera I'Oueft. qu'ily a eu infulte & affaflina
Scnthonax : Il eft temps de reprendre la difcuflion: : vou.
parlez de IOueft, & je parle, moi, de la ville du
Prince.
Port-au
Claufon : La ville du Port - au - Prince eft bien
FOueft.
Sonthonax : Eh bien ! vous le prouverez.
Sénac : Nous le prouverons,
Sonthonax : Je reviens à la difcuflion; : j'ai
la ville du
j'ai ordonné
donc canonné
de la rade tireroient Por-au-Painees fur une ville
que les batteries
qui avoient d'abord excitéàl l'affaliinar protégée des. par des factieux, >
leur, le 2 décembre 1792; affafinat commis hommes & de coupar trois" noirs de la compagnie des Africains. J'ai exécuté
que cer allaflinat avoit été protégé par la municipalité prouvé du
Port.an-Prince, & que mon collègue Polverel avoit été
forcé, par la crainte d'une émeute générale, de
la procédure à inftruire contre ces hommes, afin fufpendre de ne
compromettre l'autorité nationale alors fans forces
pas
ville du Port-au-Prince, J'ai prouvé qu'à la fuite dés dans affaf- Ja
ie des Africains. J'ai exécuté
que cer allaflinat avoit été protégé par la municipalité prouvé du
Port.an-Prince, & que mon collègue Polverel avoit été
forcé, par la crainte d'une émeute générale, de
la procédure à inftruire contre ces hommes, afin fufpendre de ne
compromettre l'autorité nationale alors fans forces
pas
ville du Port-au-Prince, J'ai prouvé qu'à la fuite dés dans affaf- Ja --- Page 291 ---
t5, les royaliftes &c les indépendans fe rapprochèrent
F le malheur des hommes de couleur. J'ai dit que le
ltat de cette alliance n:onftrucufe avoir été le projet
eligue fédérative, quiavoir manqué par les foins de mon
egue Polverel. J'ai pronvé que les factieux, défefpérés
voir cette mancuvre déjouée, eurent recours alors à
s mouvemens
aux infurrections d'efclaves. J'ai
uvé que linfurredtion ARTA la plaine du Cul-de-fac & celle
Port-au-Prince avoient été dirigées contre les hommes
couleur. Sénac a avoué qu'Anus de Jumecourt, maire
la Croix.de-Bonquets, étoit un des auteurs du projet
faire malfacrer les hommes de couleur. J'ai prouvé, tant
les procès-verbaux dela municipalité du Port-au-Prince,
par les lettres écrites par Borei, Binffe & autres réfuà la Jamaique, que les auteurs de ces lettres étoient
véritables coopérateurs qu'Anus de Jumecourt 3 car
ont foin d'annencer que des forces anglaifes doivent venir
C eux pourfair: rentrer les nouveaux frères dans l'état dont
ria auroient jamais da fortir; que ces forces anglaifes deent venir forcer les hommes de couleur à renoncer au
nfait des lois françaifes: il y en avoit donc affez pour
tifier les précautions que'les commiffaires civils ont prifes
fe faire accompagner par une force armée. J'ai prouvé
ils en avoient le droit, foit par la loi du 4 avril, foit
- celle du 22 juin. J'ai donc affez prouvé la légitimité
T'opération faite perle commiffaire civil.
Sénac : Etles déportations?
Sonthonax : Je m'étois propofé de'répondre dans cette
ince aux déportations
ont été faites à notre entrée
Portau-Prince; inais 9E Vil que les colons avoient euxmes clallé les déportations dans le neuvième chef d'acfation. Comne il eft inutile que je réponde deux fois au
me fait, je remets à parler des déclarations de la municiLté fur les hommes que nous avons deportés, lors du neume chef d'accufation.
Clauffon : Je crois bien que Sonthonax ne demande pas
ieux, que de remettre la difcuflion des faits qui le condamront (ur-le-champ. Déja deux fois les déportations qui fuirent la canonnade du Port-au-Prince ont été renvoyées à
chef; lesdéportations dont ileftqueftion dans le neuvième
deux fois au
me fait, je remets à parler des déclarations de la municiLté fur les hommes que nous avons deportés, lors du neume chef d'accufation.
Clauffon : Je crois bien que Sonthonax ne demande pas
ieux, que de remettre la difcuflion des faits qui le condamront (ur-le-champ. Déja deux fois les déportations qui fuirent la canonnade du Port-au-Prince ont été renvoyées à
chef; lesdéportations dont ileftqueftion dans le neuvième --- Page 292 ---
chef ne font point de la nature de celles qui doivent
traitées dans ce moment-ci; elles ont un objer différent
s'agit de convaincre Sonthonax d'avoir forcé les habi
E pouvoient défendre la colonie, à fuir, foic à la N
à l'invation Angleterre, foit en France, pour laiffer un Jibre cha
des Anglais.
Sonthonax : Je ne fais pas quelle différence les col
mettront entre les déportations faires après la canonnade
PorranPaince, & celles qu'ils veulenc traiter ious lei
vième chef; mais il m'eft perinis à moi qui defire la fin
débats, inoi qui fuis fous le coup de calomnies affreuf
ilm'eft permis, dis-je, de chereher à les abréger. Les col
m'ont prouvé, dans le cours de la difcufion, qu'ils reproc
foient fouvent le même chef: pour éviter cet inconvénie
je dois moi, conformément aux arrêtés de la
& àja matche tracée parles colons, renvoyer l'accufation commifl
déportations au chefou eux - mêmes l'ont placée. Ce C
Ils ont déporté arbitrairement, contraint de fuir,
ES maffacrer les Français, défenfeurs naturels de la
lonie.
Cet article eft éxtrêmement général; il comprend tot
les déportations déja indiquées: cieft-là où je remets à
pliquer les motifs qui m'ont déterminé à envoyer enFrance
déportés.
Le préfident : Les colons eux-mèmes ont placé la difc
fion de cet article dansl'article premier du fixièie
tu viens de répondre; ils ont dit: Dans u moment chefauq où
vaiffeaux anglais croifoient fur les côtes, ils ont canor
le Port-au-Prince, maflacré, déporté un grand nombre
citoyens. Dès- lors, les colons ont bien entendu clafler
article fous le fixieme chef, & non pas le comprendre d:
le neuvième qui parle en général des déportations.
Claufon : D'autres déportations.
Sonthonax : Puilquil y a un article fur les déportation
il ny a aticun inconvénient à renvoyer à cet article la d
cuflion de ce chefd'accufation.
Senac : Pardonnez-moi. Il s'agit en ce moment-ci de
canonnade du Pott-au-Prince & des déportations qui en a
été la fuite. Dans le cours des débats nous avons renvo
à la difcullion de cet article tout ce qui avoit rapport
Claufon : D'autres déportations.
Sonthonax : Puilquil y a un article fur les déportation
il ny a aticun inconvénient à renvoyer à cet article la d
cuflion de ce chefd'accufation.
Senac : Pardonnez-moi. Il s'agit en ce moment-ci de
canonnade du Pott-au-Prince & des déportations qui en a
été la fuite. Dans le cours des débats nous avons renvo
à la difcullion de cet article tout ce qui avoit rapport --- Page 293 ---
hef d'accufation: : Sonthonax ya confenti. En renvoyant
ifcufion de ces déportarions au neuvième chef, il fauneccfiairement entrer de nouveau dans la difcuflion de
anonnade du Port-an-Prince, & des motifs qui ont déine les déportarions : au lieu qu'aujourdhui en traitant
léporrations de l'oueft, vous apprécierez les motifs donpar Sonthonnx, & les plaintes de ceux qui ont été déés par fes ordres: cette difcuflion me paroit la plus firaple.
IS traiterons enfuite les déportations de la province du
1& de toute la colonie.
onthonax : J'ignote julqu'à quel point les colons.peuvent
ma défenfe &la circonicrire. Je m'en rapporre la-deffus
prudence de la commiflion: demain, G elle l'ordonne,
aiterai ce chefd d'acculation, Cela n'empéchera pas qu'aut
d'hui on difcute ce que j'ai dit de la canonnade >
n ne veut pas que je renvoie la difcufion des
aluE
ons à un article fous lequel les colons eux-mémes T'ont
oyée, &j'oblerve
les colons n'en reproduiront
ns cet article lois de S difcullion du neuvième RUeTAiee
tion 2 comme ils l'ont fait dans le cours des débats
seproduifant, dans des féances fubféquentes, ce qu'ils
ent dit dans les précédentes. Au: refte, je m'en rapporte
prudence de la commiflion.
e préfident (à Sonthonax):" Tu net'es pas oppofé à ce
déportations fullent trairées par les colons après la d0
aade 3 dès lors il eft inutile que la réponfe fuive la
allion (ur cet article-là. La commiflion ajourne à demain
icullion de cette partie du fixième chef d'accufation,
le demandes.
laufon : Sonthonax demande que l'on réplique fur le
de la canonnade. Nous demandons au contraire : afin
li n'y ait point de défordre, qu'il n'y ait point de réue dans ce moment-ci, & quil ait la parole le premier
cet objet.
énac (à Sonthonax) : Le fait de la canonnade peut être
éf féparément: cependant, f vous le demandez, la féance
levée. -
Dans les trois précédentes féances, Sonthonax a cllayé de
fer la canonnade du Port-au-Prince. Il a elfayé de vous
avce que les tebelles qui fe trouvoient, dit-il, dans cette
, qu'il n'y ait point de réue dans ce moment-ci, & quil ait la parole le premier
cet objet.
énac (à Sonthonax) : Le fait de la canonnade peut être
éf féparément: cependant, f vous le demandez, la féance
levée. -
Dans les trois précédentes féances, Sonthonax a cllayé de
fer la canonnade du Port-au-Prince. Il a elfayé de vous
avce que les tebelles qui fe trouvoient, dit-il, dans cette --- Page 294 ---
ville, étoient les motifs de fa conduite; il a beaucoup diva
Il a érabli fa conduite fur des déclarations déclarations failes poftérieur en avr
la canonnade: comme fi des fa proclamation du 21 mars I
en inai pouvoient légitimer
c'eft-là
faut fe bor
C'eft-là quil faur en revenir,
mars qu'il
dà
H faut favoir fi Sonchonax, le 21
contre la ville du Port-au-Prince ,
une proclamation le brandon de la guerre civile, s'ila dû armer
y jerer paroilles de l'oueft contre la feule ville du P
quatorze
&
les habitans.
au-Prince, en malfacrer
déporter
Sonthonax : De votre aveu on n'a maffacré perfon:
eft effentiel de vous dire qu'enjam
Sénac : Citoyens,il les habitans du Port-au-Prince vivoient
février & mars >
les hommes du 4. avril étoient
la meilleure intelligence; dans tous les corps: mais pour vous
la municipalité, certicude de ce fait s je vais vous faire lecture
ner la difcours prononcés par les hommes de couleur
plufieurs décembre 1792, à la municipalité du Port-au-Prince
IO
y dépofant leurs drapeaux.
mettre dan
Sonthonax : J'obferve qu'on ne peut
d'ailleurs (
faits il me
PELRL
difcuflion de nouveaux
la réplique de
a été arrêté par la commiflion qu'après s'établir
fur cette
cufé, la difcuflion ne pourroit
mais que
plique ou fur le fond de Y'accufation,
quiln'éroit
permis de produire de nouveaux faits.
la ville
Sénac : Sonthonax a voulu vous prouver, le que motif de
Port-au-Prince n'étoit pasi wranquille les ; que hommes de cou
conduite étoit particulièrement du bienfait de que la loi du 4 ayril ;
ne jouiffoient avoient pas été: armés contre eux 5
la féde
les nègres
étoit le hodira détermin
tion projetée au Port-au-Prince
de la canonnade. Je vais fommairement lire T'analyfe de ces pie
Lepréfident : Donne
c'eft Textrait dès
Sénac : Je n'en lirai qu'une partie:
Les hom
giftres de la municipalite du Port-au-Prince. & voici l'extrai
de couleur y remettent leurs drapeaux,
procès-verbal,
(Il lir:)
: armés contre eux 5
la féde
les nègres
étoit le hodira détermin
tion projetée au Port-au-Prince
de la canonnade. Je vais fommairement lire T'analyfe de ces pie
Lepréfident : Donne
c'eft Textrait dès
Sénac : Je n'en lirai qu'une partie:
Les hom
giftres de la municipalite du Port-au-Prince. & voici l'extrai
de couleur y remettent leurs drapeaux,
procès-verbal,
(Il lir:) --- Page 295 ---
Du Port-au-Frince.
Séance du IO décembre 1792.
re Le confeil-général de la commune légalement alfemblé;
détachement des citoyens armés, fous les ordres de M,
auvais, approche au bruit des tambours : arrivé & rangé
baraille devant la grille de la municipalité, M. Chante fils, un des citoyens compofant ledit détachement, fe
fente; ; il eft introduit dans le fein de la municrpalité,
il annonce que ce détachement eft chargé de remettre le
peau des citoyens armés, conformément à l'arrêté de la
inicipalité, en date du 8 du courant.
> M. le maire > fur le réquilitoire du procureur de la
nmune, nomme MM, Chanlarte père, & Breton de la
landry; officiers municipaux, > pour recevoir le drapeau
le conduire dans la falle de la municipalité. MM. Chane père & Breton de la Villandry fortent 5 & un mont après, le tambour bat aux champs , & le drapeau,
cédé & fuivi d'une partie du détachement, eft introduit
sle fein de la municipaliré & dépofé dans la. falle.
M. Beauvais > commandant le corps des citoyens are
i, prononce le difcours fuivant :
>> MESSIEURS,,
Nous venons dépoler, avec autant de confiance que
npreffement > dans le fein des repréfentans de la comne du Port-au-Prince, des drapeaux fous lefquels nous
ns éprouvé de longs malheurs, fans néanmoins les avoir
nis abandonnés. Notre attachement & notre fidélité à
mêmes drapeaux. doivent être un sur garant de' notre
duite à venir pour le foutien des drapeaux de Ja garde
ionale, dont nous' failons partie.
Puillent tous les citoyens que vous repréfentez être
vaincus de notre defir ardent à coopérer avec eux au
blillement d'une paix qui nous eft nécelfaire à tous, &
Inotre zèle à pourfuivre tous les ennemis d'une révoluqui doit nous rendre heureux'! !
C'eft dans ces fentimens que nous apportons n0s AL
ban:
res.
duite à venir pour le foutien des drapeaux de Ja garde
ionale, dont nous' failons partie.
Puillent tous les citoyens que vous repréfentez être
vaincus de notre defir ardent à coopérer avec eux au
blillement d'une paix qui nous eft nécelfaire à tous, &
Inotre zèle à pourfuivre tous les ennemis d'une révoluqui doit nous rendre heureux'! !
C'eft dans ces fentimens que nous apportons n0s AL
ban:
res. --- Page 296 ---
Vous voyez donc qu'en décembre 1792 la ville du Po
au-Prince étoit en bonne intelligence avec les hommes
couleur; vous_voyez que Chanlatte père, homme de cd
leur, étoit officier municipal 5 vous voyez
Chanla
vient faire un difcours; vous voyez
Beauva
enhir
homme fils y de couleur auli, commandant de la garde nation
au Portau-Prince, venir depofer les drapeaux des homn
de couleur à la municipalité, à lépoque de janvier.
Le priéfident : Cette pièce eft- elle tirée des archives?
Senac : Oui. En janvier 1793 3.une infurrection fe ma
fefta au Cul-de-Sac, Sonthonax Yous en a rendu ccmp
& le Port-au-Prince : qui avoit connoiffance de lini
rection fans en connoitre les caufes" 2 s'arrangea de n
nière à donner 1,50o hommes pour aller arrèter les prog
de la révolte dans la plaine du Cul de-Sac. A cette épo
les hommes, de couleur qui craignoient les faires de la
volte
avoit
fur beaucoup de le
2 parce qu'elle Crochu, vinrent frappé
à la munici
habitations au
le plaindre
confide
lité : la municipalité prit' ces plaintes en grande hommes
tion 2 & fe détermina à commander 1,fco
P
aller au fecours de la plaine du Cul-de-Sac & des hom
de couleur, contre lelquels cêtte infurredtion paroilloirdini
Alors la ville du Port-au-Prince invita également toures
parties de la province de l'oueft à fournir une force fi
fante pour rétablir promptement la tranquillité. Plafic
dérachemens furent commandés à l'Archaye, au petit Goa
à Léogane. foutes ces pasoitfes envoyèrent non-feulem
des blancs, mais des hommés de couleur, pour aller au
cours de la Croisde-Bouquets., , & faire rentrer les n
dans l'ordre. Pour vous prouver que l'intelligence régi
entre tous les habitans de foueft à cette époque,je vaisy
lire le récit officiel fait par la municipalité de la Creix
Bouquers; il eft du26 février 1793.
Le préfident : Ces récits ne font qu'acceffoiress ilf
roit d'eni donner la-fubftance,
Sénac : Cela n'ef"pas long.
- Lc. prefident : Cet égal, donnez-en la fubftance :
neft pas conteltéé, il eft inutile de la lire, furpièce
dans Senac: la réplique. Cette pièce eit du 26 février 1793 : je larey
il eft du26 février 1793.
Le préfident : Ces récits ne font qu'acceffoiress ilf
roit d'eni donner la-fubftance,
Sénac : Cela n'ef"pas long.
- Lc. prefident : Cet égal, donnez-en la fubftance :
neft pas conteltéé, il eft inutile de la lire, furpièce
dans Senac: la réplique. Cette pièce eit du 26 février 1793 : je larey --- Page 297 ---
is pour prouver que les honemes de couleur de la prohce del l'oueft éroient en très-bonne inteligence avec les haans, , & ont concouru avec eux à rérablir l'ordre à la
oix-des-Bouquers.
Le préfident : Donnez-en la fubftance.
Senac : Cette prèce porte que les hommes de couleur du
tir Goave, de l'Archayes que la compagnie des Africains,
mmandée par Philiberc, a concouru efficacement au rétaRement de l'ordre à la Croix-des-F Bouquets. Je demande
Sonthonax connoit cette pièce ; elle eft du 26 février 1793.
Sonthonax: : Cette pièce elt tirée d'unjournal, , mais cela ne
: rien à l'affaire 3 je réponds à ce que vient de dite Senac:
vient de vous produire des arrêtés de ia municipalité du
preau-Prince, , des pièces imprimées dans des journaux, 3
1 atieftent que les hommes de couleur vivoient en bonne
telligence avec les blancs à mon arrivée à Saint-Marc;
it fans doute ce que Senac a voulu dire Je ne contefte
s que la majorité du Port-au-Prince vivoit en bonne inligence avec les hommes de couleur, & que fi elle ne les
yoit pas avec plaifir, du moins elle fe foumettoit à la loi;
tis cela n'empèche pas
la municipalié du Port-auince: que les factieux Rotent conçu & exécuté le projet
maffacrer les hommes de couleur de la province de T'ouelt,
bur avoir enfuire plus de facilité de livrer la colonie aux
nglais.. Les actes de la municipalité qu'on a cités ne détifent pas les lettres que j'ai citées dans le cours de la
(cuflion; lettres par leiquelles la municipalité du Port-auince écrit àl la municipalité de Jacmel, qui avoit fermé fes
prtes aux commiffaires civils, defier-vous de L'efpric domint & efrayant de la France ayer toujours devant les yeux
fprit efprayane & dominant i la France. Je dis donc que
s actes que Senac vient de rapporter ne détruifent pas les
euves
j'ai données des dilpolitions des factieux de
ville Port-au-Prince > ni les actes de la municipalité
cette ville, par lefquels elle avoit cherché à femer la
iance, foit contre la Convention nationale , foit contre
fyftême qui alors régnoit en France afin de détruire
harmonie qui devoit exifter entre les bons citoyens de la
plonie & les autorités conftituées.
Senac : Ces pièces prouvent que la ville du Port-au-Prince
Tome VII. Soixanteneuvizme livraifon.
V
Port-au-Prince > ni les actes de la municipalité
cette ville, par lefquels elle avoit cherché à femer la
iance, foit contre la Convention nationale , foit contre
fyftême qui alors régnoit en France afin de détruire
harmonie qui devoit exifter entre les bons citoyens de la
plonie & les autorités conftituées.
Senac : Ces pièces prouvent que la ville du Port-au-Prince
Tome VII. Soixanteneuvizme livraifon.
V --- Page 298 ---
étoit tranquille; que les hommes de couleur ont vécu à Sain av
intelligence avec les habirans jufqu'à votre Si arrivée les hommes
Marc & votre proclamation du 21 mars.
éroient rrai
couleur, fi la municipalité du Port-au-Prince
quilles à cette époque, j'aurai prouvé quie vous venir n'aviez canont P
leidroit de faire votre prociamation pour
une ville tranquille & dans la loi.
peétendre que le pe
Sonchonax: Coniment pouvez-vous où l'on avoit
ple fit tranquille dans un temps tribunaux trois elclaves empéché pr
commillaires civils de livrer aux trois
de coule
venus d'avoir allafliné dans la rue
hommes
G
libres, lez décembre 17932 Commenti peutonpritendne le gouvemne
la ville NaPoreau-Prince fit été tranquille, infulté dans quand la ville antérie
général de la colonie avoit du 21 mars, qu'on Jui avoir 6
rement à la proclamation
laig
nationalé ave
le commandement de l'armée, municipaliré garde avoir tolé
à fes ordres, que
Tire
refulé d'obéir
le gouverneur général ave
cet acte de défobéillance, que , que ce n'étoit que par
été ptifonnier au Port-au-Prince, qu'il avoit pu briler
foins des trois officiers municipaux
fers & venir à Saint-Marc? Ceci eft entendus 2
oules colons répondro
Le préfident :
à ces raits-là, ou ils n'y répondront juftifier
du
Sonthonax a voulu
an proclamation
Senac voilà : toujours où j'en fuis, parce que je parlerai ei
mars; fuite des effiets qu'elle a produits. La municipalité du Por
dit-il, a alimenté la défiance des colons en écr
au-Prince, Jacmel de fonger à lefprit dominant & e
vant,à
Le Vort-au-Prince s'étoit rendu médi
frayant de la France.
civil Polverel & la municipali
teur entre leh commillaire Jacuncls & ib l'avoit: fait fans y être, et
ou la ville Polverel; de
car jamais Polverel n'a engagé la mun
gagé par
à entrer en médiation avec Ja
cipalité du Pore-av-Prince
qui
mel. Le Vort-au-Pinice : étciti la déterminé peix & la parce bonne i
dans les
de
'étoit rendu médi
frayant de la France.
civil Polverel & la municipali
teur entre leh commillaire Jacuncls & ib l'avoit: fait fans y être, et
ou la ville Polverel; de
car jamais Polverel n'a engagé la mun
gagé par
à entrer en médiation avec Ja
cipalité du Pore-av-Prince
qui
mel. Le Vort-au-Pinice : étciti la déterminé peix & la parce bonne i
dans les
de étoit
principes les habitans de TOueft. Le Poreau-Prin
telligence entre
d'hommes de couleur & de
envoya d'abord une le déparation Port-an-Prince penfoit bien que de
blancs, parce de couleur que dans la députation pourroi-nt détermin
hommes
efficacement la pacification, dans la lett
davantage &. plus --- Page 299 ---
jue la municipaliré du Port-au-Prince écrivit à celle de
hel
la déterminer à accélérer la
Jac:
ile Joat que l paix eft néce Miire, fur-rout pacification dan: ce moment- 5 od
Avossjong. C a'elprie dominant efrayant de la France.
Mais qu'y at-il donc de criminel dans ces expretions de la
ar del li municipalié du Porr-an-Frincez elle veu" patvenir
pacifier une commm ne & à hrendre. au
-
pour l'y engager plus cflicacemen elle dir: commiffaire :
à civil;
rit efrayant G domnant de la Frances fongez Jonger faur Tef réblir
qual
Tordre: qu'il n'y a que ce moyen de vous
Hais ne favoit-on pas qu'en janvier 179: c'éroit l'elprit garantir. des
icobins qui donsinoit en France? ne fait-on pas
c'eft
lere elprit qui a piefque.anéanri la France, qui ila que couverte
le fang & de runes 3 ne fair-on pas que c'eft cet
n janvier 1793, a couvert de.ruines & do fang efprit le fol gui des 5
nilles C'eit par'fuirede cet efpric quei la municipaliré du
ort-au Prince craignoin les malbeurs de- la France & de la
plonie, & qu'elle difoit, Leiprie efrayant 6 dominant de
France : elle avoit én vue la pacitication & l'union de tous
shommes libres. Il eft abominable que Sonthonax viénne
ire ici un crime à la municipaliré du Pere-au-Prince d'apir invité ln municipaliré de Jacmel à fe réunir àux
rorirés conftituées. Je vais vouS dorner lecture de l
. Port-au-Prince à celle de Jacmel; Sonthonax Jettre n'en
lu qu'une parrie : vous y verrez le véritable efprit de la
unicipalité,
Claufion : J'ajouterai quelque chofe à ce que vicht de dire
nac, en attendant la ledure; ie rappellerai les exprellions
Polverel dans ies lettres, foit à la Convention , foir à
onchomax, pour prouver ouel éroit l'efpric du Port-anrince, & je rappellerai celle qu'il a écrite à Sonthonax le
décembre 1702.
lepefide.t: Il n'eft pas queflion de cela dans ce
nac vient d'oblerver avec raifon qu'il ne falloit inomert;
puper fins ceffe h difcullion.
pas
Simnchonax : J'obferve fur le matéricl de la
ire. par Senac, qu'elleneft pas du mois de janvier pièce pros
ais du14 décembre 1792.
(Senad lit la pièce ):
V 2
a écrite à Sonthonax le
décembre 1702.
lepefide.t: Il n'eft pas queflion de cela dans ce
nac vient d'oblerver avec raifon qu'il ne falloit inomert;
puper fins ceffe h difcullion.
pas
Simnchonax : J'obferve fur le matéricl de la
ire. par Senac, qu'elleneft pas du mois de janvier pièce pros
ais du14 décembre 1792.
(Senad lit la pièce ):
V 2 --- Page 300 ---
de la correipordance de la municipalité da
Extrait des Port-au-Princes regifres
à la municipalité de Jacmel.
Port-au-Prince, le 14 décembre 1792.
connoit votre patriorifmne > & vous
a-La municipalité fans doute la juftice de croire qu'elle prend à ce
lui rendrez
le plus vif intérêt; c'eft donc en qualié
qui vous concerne
nous vous parlerons; vous écoutere
d'amis, de frères, que auffi doux.
fans doute un langage
lexécurion de la loi du
29 Vous avez fait beaucoup pour de couleur fe tiennent en
avril, & néanmoins les citoyens fatalité règaet-il dans votre
core éloignés de vous. Par quelle à prefque tous les autres quar
paroilfe une divilion érrangére
aufi vive, aufi meur
tiers : Nous avons elliyé une guerre
avec 1
trière que vous; cependant ncus voyons de toutes aujonrchui les clalles réu
plus douce farisfaction les citoyens à
ferviroit & défendroit ave
nis, confondus , fe difputer qui
plus de zèle la commune du faite Fort-au-Prince. dans Ja garde nationale fan
92 L'incorporatien s'eft difficulré, fur une fimple invita
fecoulle, fans la'moindre
nous vous adrellons, no. I.
tion du corps muticipal, de couleur que ont dépofé à la municipaliré ieu
>> Les citoyens
dela mumicipalité follicité par eu:
drapcau d'après un arrêré
deux 2rrètés due nous avon
mènies; 5 nous vous adreflonsles de la cérémonie qui a eu lieu' lci
ptis, & le procès-verbal ont faite de leur drapeau.
de la remile & qalils vous ne dourez pas de nos fenrimen
s2 Frères 'amis,
affez longue & aflez rude pou
& du zèle misi à une éprenve les croire fulpects : vous nous croire
qu'on ne puiffe pas
affurcrons que la réunion de toL
donc lorique nous vous fincère, & qu'elle eft pour nous a
les citoyens nous paroit
Yaugure le plus favorable. de vousle demander, par cuelle fa
s Nous ne celferons n'eft-elle pas encore dansle cas d'eljér
talité votre paroilfe dont Yaurore commence à ncus luire? ?
le beau jour devons faire pour la paix rous les facrifices, es
>> Nous celui de la liberté & de nos droits. Il eltde gran
cepté fans doute: eh! qui le (ait mieux que nous? qi
crimes,
Mais il eft des circonganc
plas que pous en a érévictime?
, par cuelle fa
s Nous ne celferons n'eft-elle pas encore dansle cas d'eljér
talité votre paroilfe dont Yaurore commence à ncus luire? ?
le beau jour devons faire pour la paix rous les facrifices, es
>> Nous celui de la liberté & de nos droits. Il eltde gran
cepté fans doute: eh! qui le (ait mieux que nous? qi
crimes,
Mais il eft des circonganc
plas que pous en a érévictime? --- Page 301 ---
bi il feut fe réfoudre à les oublier : le mot eft dur, fans
doure; nous le fentons comne vous : mais fi le falut de la
colonie l'exige > avons - nous à balancer : : Citoyens de
Jacmel, vous avez déja tout fait pour la patrie: ce derhier facrifice doit-il donc êrre fi difficile à faire ? Mais non :
vous n'êtes point encore obligés de vous y réfoudre définitivement, il ne faut que garder un filence momentané; le,
temps viendra ou ceux qui ont creuféTabyne dans lequel la
rolonie eft tombée feront connus & punis, & les monftres
vous avez dénoncés à monfieur le commiffaire national
Es n'échapperont
à la vengeance des lois; mais le vou: :
loir aufourd'hui, POAA fe mettre dans T'impellibiliné de Y'obtenir; fangez-y, & vous en ferez convaincus. Voyez l'état
Hans lequel fe. trouve la colonie; la ville du Cap eft en proie
a toutes les horreurs de la guerre civile ; les blancs & les citoyens de couleur ont combattu les uns contre les autres il
ya cing jours, & le fang coule peut-être encore dans cette
ville malheureufe. Nous n'avons donc plus rien à arrendre
Hu Nord, les fecours de la France y feront tous enfevelis,
nous ne devons plus efpérer qu'en nous-mêmes : & que ferons-nous fans une union fincère & intime? que deviendrionsnous fi nos ateliers, s'éroient foulevés? notre défefpoir même
ne nous arracheroit pas à une perte inévitable. Ou les ciFoyens de couleur feront pour vous, ou ils feront pour vos
ennemis, choiliffez. Pour nous, il ne faut point dillimuler,
lr nous a fallu combattre long-temps le reflentiment, , les pafions, la vengeance; mais lintérêt public a pris le deffus,
:e triomphe nous affure, pour ainti dire, celui de la patrie.
>> Yous êtes aimés & eflimés aJacmel, vous y êtes puifans par l'influence que vOS vertus & votre patrio:i(me vous
y ont acquife; 3 fervez- vous de votre afcendant peur calmer des
-fprits que les malheurs ont agités & aigris, & vous mériterez le titre glorieux de fauveurs de la patrie.
>s Votre conduire à T'égard de monfieur le commiffaire
national civil peut avoir des motifs légitimes; mais nous vous
le demanderons, pourquei, lorfque vous leur aviez donné
des ordres pour fe rendre en armes à Jacmel, avez - vous
donné des ordres pour les faire retirer lorlqu'ils accompagnoient monfieur Polverel? Nous avons cru, 1°. que leur
intencion étoiL de fe rendre à Jaoimel; 2".quils vouloient
V 3
conduire à T'égard de monfieur le commiffaire
national civil peut avoir des motifs légitimes; mais nous vous
le demanderons, pourquei, lorfque vous leur aviez donné
des ordres pour fe rendre en armes à Jacmel, avez - vous
donné des ordres pour les faire retirer lorlqu'ils accompagnoient monfieur Polverel? Nous avons cru, 1°. que leur
intencion étoiL de fe rendre à Jaoimel; 2".quils vouloient
V 3 --- Page 302 ---
Polverel leur refpedt & leur fatisfae
témoigner à monfeur ccla eft
le mouf qui an.etion dt le voir; &
devoit Pardonneble. jes fianets :. quils crai
noit ici les commiffaires fe rendoient teuls aJacmel,y Cire mireçus,
gnoient, s'ils éviter cet accueil, ils voulcien. accompesner
& que, pour Folverel, Voila, rreres sor amis, ce qui nous a
montieur parce que les pièces que vous nous avez envoyées 11
*paru, p annoncent, de leur p TE, aucune mention crinincle: f
cette erreur rai: votre jufification;
nous nous trumpons, avons bir n vu, avouez tranchement, irires
au ( ontruire nous
avec tne précipitation qui peut
& amnis, que funefte vous avez à toute ogi is colonie, Nous ne croyons pas
devenir bien
dire davantage. Les forcés que la Fian-e a
devoir vous en
iont epuiees d.ns le Nord; 1
faxr peffer à Saint-Domingue fur de nouvecux ie ours > ccux qui rel
ne faur plus comprer foffifans Four réduire les révoltes; que derent fonr à peine donc fi de nouveaux troubles agitent encore
viendrons nuus c'eft
entre vos mains qu'eft,
note province :
forr. aujourd'hei avec prudence, mais ayez
pour ainfi dire, les fon
la Agillez firuation de, la colunie & Lepric
toujours devant &
yeux de la France 5 ne croyez pas , ircres
dominant efrayant ious vous en foyons moins arrachés. Plus rous
& amis, que
plus vous devez voir en nous
vous parlerous avec franchile,
d'eftime & d'amitié,
2 Salut,
Signé, S, MALAHAR 2.
92 Pour copie conforme,
Senac : Comme vous voyez' par la lecture de cette lentre, Sonla ville du' Poreau-Price n'et pas fes aulli fentimens criminelle intimes que de
thonax Ta" prétendu 5 vous voyez de ramener a lautorié nafraternité, vous vopeTintenrion de Tacmel quis'en étoient écarrés. D'ationale les habirons écri le citoyen Polverel, la municipalité de
prés ce qu'avoir
avec celle du Port-an-Prince long-temps
Jacmel correfpondoit
que Jacitel a voulu de
après cette lertre, ce rqui prouve de la ler du avrii; car elle
bonne ro: lexécntion complète à cetre Med roifqr'elle
y a érê foumife hammes pollénkeuremenr de couleur dans fon fein, Te crois maiureavuit des la ville du Porrau-Prince eft partalitement julunée
nant que
prés ce qu'avoir
avec celle du Port-an-Prince long-temps
Jacmel correfpondoit
que Jacitel a voulu de
après cette lertre, ce rqui prouve de la ler du avrii; car elle
bonne ro: lexécntion complète à cetre Med roifqr'elle
y a érê foumife hammes pollénkeuremenr de couleur dans fon fein, Te crois maiureavuit des la ville du Porrau-Prince eft partalitement julunée
nant que --- Page 303 ---
Tatroce inculparion de Sonthonax. Si Sonthonax a quele cbofe àlr rérendré fur ce fait, qu'ille fafle
Sonthonax : N'ayans pas pris le rôle d'accufateur, je nè
fcuterai pas la lertre de la municipalité du Port-auPrince
cclie de Jacmel; je n'entrepreideai point d'en faire fenic
inconvéniens; je remarquerai cependant une feule exellion: la municipalité da Port- au- Prince dit à céllé
Jacmel: ic Votre conduite a T'égard du commiflire
civil peut avoir des mouifs bien, légirimes 7p. Jé vous
mande f le moyen d'amener Jacmel à T'exécution de
loi, éroit de lui dire": < Votre conduire à l'égard du
commillaire' civil, en lui fermant les portes de votre
vele, peur, proir des motifs iégitimes >. Vous voyez que 4
ut'ce qtc dit la municipalité du Port-au- Prince dans
urls cours de cette lettre, n'eft fait que pour déguiler
poifon de ces paroles contentes au bas de cette lectre:
Méliez-vousde lefprit dominant & effrayant de la Franee;
ayezi toujours cet efprit devant' les
>. Il"n'en eft
S moins prouvé que la ville de: HSeAT a refufé d'obéir
la loi, & refufé de recevoir dans fon fein le commifire civil qui alloit y faire exécuter la loi. Il h'en telte
is moins prouvé querl la municipalité du Poreau-Prince,
I lieu de lui déclarer qu'elle étoit dans fon tOrt, qu'elle
voit commis un crime; que cette inunicipalité favorife
1 contraire - fa révoltes en lui infpirant des fentinens de
fiance fur l'efpric qui anime la France. Senac vouis'a a-dit
je cet elprit étcit celui des jacobins, que cet efprit étoit
lai qui avoit couvert la France 3 de fang, 8 de deuil.
etie lettre, eit du aa décenabre, temps auquel.on ne
voir pas encorelérection dela France cen Neprbliqtesemmps
aquelon ne favoit pas auPort-su-Prince quilyent une Conention nationale; je vous demande à: Gtol on devoit
trribuer certe affertion de 3 la municipalitc.dw Porr-aurince, puifgu'alors Tefprir de la France etoir confiruionnel, puifqu'alors il ny avoit dautre.changethent apporié
la conftittion que la déchéance du roi. J'ai donc eu
aifon de vous dire dans lé temps, que c'étoit la déchéance
lu roi qui avoit produit cet elprit de rével:e, qui avoit,
produit à Saine-Doiningue lel rapprochement des royaliftes
E des indépendans. Que Sénac ne vienne plus parler ici
V 4
la France etoir confiruionnel, puifqu'alors il ny avoit dautre.changethent apporié
la conftittion que la déchéance du roi. J'ai donc eu
aifon de vous dire dans lé temps, que c'étoit la déchéance
lu roi qui avoit produit cet elprit de rével:e, qui avoit,
produit à Saine-Doiningue lel rapprochement des royaliftes
E des indépendans. Que Sénac ne vienne plus parler ici
V 4 --- Page 304 ---
décembre détreirpasdn tourles expreflions contenues dansla lettre du I
1792.
Serac: : Je n'entrerai dans aucun détail de l'affaire
Jacmei relative à Folverei, encore cue"
se
foir occupé. Il-vous a invités à lire IsTièces Sonthenax
Polverel, & moi je vous invite a lite ies pièces oiicicllese
de la municipalité de Jacmel; eiles" font
Lhciclk
des journaux authenriques cue je vais dépofer confignces dan
ce font les namei as 37. & 104 des, ARiches farle bitean
Vous vous convaincrez de la coridbice de
Américaines
de Jacmiel. Je Palle à un auire
Poiverela ar
pour juftifier fa proclamarion, otjen la' Sontionax a dir
Prince avoir convoqué une:
que
vile di Port: au
pour objer de délibérer fur fédératicn, la journée & du qu'cie to aout." avoit ê1
bon de répondre à ce chef & de le
Tl,el
ce chef détruit ainfi que f'autre, il en detruire, réjultera parce que
thonax naura pas eu de morifs pour canonner que" Con
du Port-au-Prince.
la vill
La ville du Port -au-] Prince avoir fend, par
. a
fuite de malheurs qu'clie' avoit éprouvés, qu'il fziloit la longu
feréunir de bien bonne roi. Flle convequs toures les enf
pour une fête : elie"avoit cemmeniqué fon plan a Polverel paroife
quoique Sonthonax vous ait dit que Polverel
cette fédération comme criminelle, qutiqu'ilvous avoit ai: regarde
avoit ouvert les yetix, du moment qu'ila lavoi: vu le dit qu
eft bon de vous faire connoitre les itotifs
du
Forr-an-Princes vous allez
EALUAA
les voir dans la
datée du Ier janvier 1793:
picce fuivante
Le prefid.ne : I1 ne, faur pas alonger" les débats
lecture de cette picce. 3
par la a
Sen: C : Vous allez voir quels éroient les motifs de 'la
fédération.
Le préfident : Dis-les.
Senac : Le motif eft la réunion des blancs & des
du 14avril; elle devoit avoir lieu à l'époque ohlinfurrechon hommes
s'eft manifefée dans la plaine du Cul-de-Sac, Pour vous
que cette fédération h'a pas éré confidérée par
comme uh acte atrentatcire
Hones
à la fouverainété nationale, comme un acte qu'on dor proferire, je vais vous lire
ce qu'il en dit dans une proclamation du II janvier 17935
: Le motif eft la réunion des blancs & des
du 14avril; elle devoit avoir lieu à l'époque ohlinfurrechon hommes
s'eft manifefée dans la plaine du Cul-de-Sac, Pour vous
que cette fédération h'a pas éré confidérée par
comme uh acte atrentatcire
Hones
à la fouverainété nationale, comme un acte qu'on dor proferire, je vais vous lire
ce qu'il en dit dans une proclamation du II janvier 17935 --- Page 305 ---
e des Caycs. Voicil'article II: e J'approuve pareillement
rojer de fedération O1l réunion fédérarive conçu par la
ncipalicédu Port-au-Prince & de la Crone-des-Houquets,
out ce qui n'aura pour objet que de mettre le fceau à
raternité qui doit déformais exifter entre tous les hommes
s de la colonie, à pacifier toutes les parties de rOueft &
faire oublier toutes les divifions & les querelles d'opinion;
confequence, chacune des paroiffes de lOueft eft autoe à nommer dcux commiffaires pour les repréfenter dans
éte ou cérén.onie fédérative dont la célébration eft ince pour le 20 de ce mois, au Port-au-Prince. attité J'aurois dans
des regre's fil les affaires majeures qui m'ont
Sud, & qui m'y ont retenu julqu'à ce jour, ne me pertoient pas d'aller occuper une place dans cette fète de
ille >,
omme vous voyez, le II janvier 1793, Polverel dans
Sud approuve la fedération du Porcau-Prince, regreire
ne pouvoir s'y trouver pour occuper une place, &
thonax vient yous dire que deRt cette fédération-la qui
onné lieu à fa proclamation adreilée au Port-au-Prince:
I'a forcé de venir canonner le Port-an-Prince; mais il
abominable, il eit abfurde de vouloir inculper le PortPrince, parce qu'il a voulu la réunion complère de tous
citoyens, car la municipalité n'avoit pour objet
écution de la.loi du 4 avril & Toubli de toutes les
adtis
ees.
ericic : SiSonthonax a quelque chofe à répondre à cela..
ionthonax : Dans la projet de fédération publié au nom
ccmnienes duPorr-eu-Prmnce & dela Cronydex-Rotnuesy
x chofes font à remarquer: d'abord le plan d'une fe
ne cérémonie pouf réunir les ciroyens ; enjiite La plan d'une
et feder cracivepour déliberer forle nouyel ordrc établien France
lz Convenrion, par la fuite des cvencmens d. 10 aoit, pour
berer fur une organifation particulière de la province de
lee7. ileft tres:vrai que Polverel, dans fa' proclamation
ce des Caves, a approuvé la cérémnonie & la fère: c'eft
cifément la parrie de la fête quin'a pas cu leu, lorfque
factieux du Port - au-Prince ont vu qu'on s'oppoloit à
ticle exécutif de leur projet, c'eft-a-dire, à la ligue féative pour déhbérer iur l'ordre établi en France Far fuite
la province de
lee7. ileft tres:vrai que Polverel, dans fa' proclamation
ce des Caves, a approuvé la cérémnonie & la fère: c'eft
cifément la parrie de la fête quin'a pas cu leu, lorfque
factieux du Port - au-Prince ont vu qu'on s'oppoloit à
ticle exécutif de leur projet, c'eft-a-dire, à la ligue féative pour déhbérer iur l'ordre établi en France Far fuite --- Page 306 ---
détreit pasd du tourles expreflions contenues dansla lettie du
décembre 1792.
e
IG
Serac: : Je n'entrerai dans aucun dérail de l'affaire
Jacmei relative à Polverei, encore due"
de
foir occupé. Il-vous a invités à lire is-piéces Sunthenax officielles sen de
Polverel, & moi je vouS invite a lre les
de la municipalité de Jacmel; eiles font pièces uihcielles
des journaux authenriques que je vais dépofarfar confignées le dans
ce font les numeros 37 & 104 des Afpches
baieaus
Vous vous convaincrez de la condiierde
amérycaines. ard
de Jachiel. Je Fafle à un autre
POherala
otjer, Sontion.x
di
Prince pour juftifier fa proclamarion, que la' viile dPort auavoit convoqué tne fédération, & Ti'cile avoit éu
pour objet de délibéter fur la journée du to aout. left
bon de répondre à ce chef &: de le détruire,
ce chef détruit ainf que f'autre, il en réfultera parce que con
thonax n'aura pas eu de motifs pour canonner quic" la
du Port-au-Prinée.
Mgwla
ville
La ville du Pon-an-1 Prince avoit fenci, par la
fuire de malhetrs' qu'cile avoit éprouvés, hu'if failoir longue
fercunir de bien bonne toi. Flle convocus toures les enfin
pour une fêre : elie avoit commeniqué fon plan a Polverel, paroifes
quoique Sonthonax vous ait dit que Pclverel avoit
cette fédérarion comme criminelle, qutiqu'lvous air di regardé
avoit ouvert les yetix, du moment quil avoit vu le
qe'il
eft bon de vous faire connoitre les iotifs déretminans projer: du 1
Forr-an-Prince; vous allez les. voir dans la
darée du I er janvier, 1793.
pièce fuivante
Le préfd.nt : I ne, faut pas alonger les débats
1a
lectire de cette pièce. 12
par
Sune: Vous allez voir quels éroient les motifs de la
fédération.
Le préfident : Disles.
Senac : Le moiif eft la réunion des blancs & des hommes
du 4avril; elle devoit avoir lieu à l'époque odlinfurrechion
s'eft manifeftée dans la plaine du Cul-de-Sac, Pour vous
prouver que cetté fédération n'a pas été confidérée par
Polvere! comme uh acte attentatcire à la fouveraineré nationale, comme unicte qu'on doc proferire, je vais vous lire
ce qu'il en dit dans une proclamation du II janvier 1793,
if eft la réunion des blancs & des hommes
du 4avril; elle devoit avoir lieu à l'époque odlinfurrechion
s'eft manifeftée dans la plaine du Cul-de-Sac, Pour vous
prouver que cetté fédération n'a pas été confidérée par
Polvere! comme uh acte attentatcire à la fouveraineré nationale, comme unicte qu'on doc proferire, je vais vous lire
ce qu'il en dit dans une proclamation du II janvier 1793, --- Page 307 ---
tée des Caycs. Voicil'article II : c Japprouve pareillement la
projer de fedération ou réunion fédérative conçu par
inicipalicé du Port-au-Prince & de la Crone-des-Houquets, à
tout ce qui n'aura pour objer que de mettre le fceau
fraternité qui doit déformais exifter entre tous les hommes
res de la colonie, à pacifier toutes les parties de TOueft &
faire oublier toutes les divifions & les querelles d'opinion; ;
conféquence, chacune des paroiffes de lOueft eft autolée à nommer deux commiffaires. pour les repréfenter dans
fère oul cérén.onie fédérative dont- la célébration eft inquée pour le 20 de ce mois, au Port-au- Prince. attité J'aurois dans
en des regrers fi les affaires majeures qui im'ont
Sud, & qui m'y ont retenu jufqu'à ce jour, ne me per- de
ertoient pas d'aller occuper une place dans cette fète
mille >,
Polverel dans
Comme vous voyez, le II janvier 17933
Sud approuve la fédération du Port-an-Prince , regretre
ne pouvoir s'y trouver pour y occuper une plce, , &
onthonax vient vous dire que c'eft cette fédération-la qui
donné lieu à fa proclamation adrellée au Portau-Prince,
ui la forcé de venir canonner le Port-au-Prince; mais il
t abominable, il et ablurde de vouloir inculper le Port-
-Prince, parce qu'illa voulu la réunion complète de tous
S citoyens, car la municipalité n'avoit pour objet
exécution de la.loi du avril & Youbli de toutes les
Tadie
allecs. Senae: SiSonthonax a quelque chofe à répondre à cela
Sonthonax : Dans le projet de fédération publié au nom
escommenes du Port-au-Prince & de la Croix des: Bouqueis;
rux choles font a remarquer : d'abord le plan d'une fare e
'une cérémonie pour téunir les cioyens 5 enjuiré le phan d'une
gucfolarnativepour déliberer forte noivel ordre écabli en France
ar li Casvenion, par la Tuite des événcmensd Io aoit, pour
éliberer fier une organifacion particulière de la province de
Oxef. 11 eft tres-vrai qute Polverel, dans fa proclamation
tee des Caves, a approuvé la cérémonie 8c la fère: c'eft
précifément la parrie de la fête quin'a pas cu leu, lorfque
es factieux du Port - au- Prince ont vu qu'on s'oppoloit à
article exécutif de leur projet, c'eft-a-dire, a la ligue féecative pour déhbérer iur l'ordre établi eil Prance Far fuite
11 eft tres-vrai qute Polverel, dans fa proclamation
tee des Caves, a approuvé la cérémonie 8c la fère: c'eft
précifément la parrie de la fête quin'a pas cu leu, lorfque
es factieux du Port - au- Prince ont vu qu'on s'oppoloit à
article exécutif de leur projet, c'eft-a-dire, a la ligue féecative pour déhbérer iur l'ordre établi eil Prance Far fuite --- Page 308 ---
du IO août; je trouve la 304.
mation de
preuve de ce fait
lignes de plus, Poiverel il lui - méme; 5 G Senac avoit dans lu la Pro
Larticle liI dit maurcit épargné la
quel
3>
ditculion.
les communes de précilément : Ce Hl eft
3> officiers
TOuelt, fous la
dérendu à to
>> repréfenter municipaux, d'aurorifer leurs teipontabiliré de
3> à
dans aucune affemblée ou conimifaires
33 prendre ou fuufcrite, enladire
corps céliberant
>>
ancuneaérolunens, fcit
arrètés ou qualite de repréfenta
définitive ou provilaire, péations forforganatus
niftration, fur
daucune
> au
les fecours promis 8c partie de l'ad
3> Kérablifement de la
deltinés à
-
des choles que la
stanquillité, & furde
parve
33 pareillement
Convention a érabli en nouvel On
33 fous leur défendu à tous ou chacun des France : il
5, fi aucuns relponiibilite, leur
de faire ulage de pareils commifian
Ile eft inurile de avoient été donnés >,
ponve
peines
les parler d'ausres articles qui
à une ier contrevenenss ainfi Polverel contiennent s'étoit
rérnion des fedérative, ciprits. Les mais point à une afiemblée pour cpp
les téreffés au retablifemnent de commiffaires civils étcient trop
élans pialanchropiques des l'ordre, pour géner à cet cy
tnandoient & bien pas mieux que de communcs voir la de loucf, Ils ne
loin de
réunion des
faires le ini permettenr, T'empécher il > Polverel annonce que efpri
mais il a bien foin de réduire fe trouvera à la fète indique files
ple Les fère, & non point à une alfemblée cette cérémonie à une G
n'étoit factieux fentirent tellement
délibérative,
de
pas de célébrer une fète, , que leur véritable b
Polverel, ils fe
que, fitôr la
noit tant à coeur 3 difpenserent il
de cette fète proelamati qui leur
Ceresa,s'ils avoient n'y eut ni fête ni ligue
li province de l'oueft eu lincention de réunir les fédérativ
reftriction de
> ils auroient
efprits da
Senac
Polverel: ils s'en font accepté avec plailir
: Il faur convenir
bien gardés.
iljuge les intentions de tous que les Sonthonax eft bien ingénieu
Sonthohax Senac
: Je ne parle pas de commiffaires.
: Les fadtieux, ditil, fe tous les commiffaires.
proclanation de Polverel, qu'il étoit font apperçus par
Parce qu'on ne pouvoir délibérer fur impoflible les
de ie réuni
événemens du
Polverel: ils s'en font accepté avec plailir
: Il faur convenir
bien gardés.
iljuge les intentions de tous que les Sonthonax eft bien ingénieu
Sonthohax Senac
: Je ne parle pas de commiffaires.
: Les fadtieux, ditil, fe tous les commiffaires.
proclanation de Polverel, qu'il étoit font apperçus par
Parce qu'on ne pouvoir délibérer fur impoflible les
de ie réuni
événemens du --- Page 309 ---
: comme fi Sonthonax pouvoit favoir queles événemens
to août auroient pu donner, licu à ces commiffaires de
hdre des mefures, ou pour en arrêter les effers,u pour
Einuer les vues de la nation ! Mais la fédération a eu
Tous les citoyens de l'oueft fe font réunis au Port-aunce; & fi elle n'a pas eu lieu avec autant d'éclat qu'elle
auroir eu, c'eft que l'infurredtion des noirs de la plaine
Cul-de-Sac a éclaté au moment de la réunion des comFaires : Sonthonax ne dit donc pas les faits exactement;
Sonrhonax difconvienne que la fête a eu lieu au PortPrince, je lui en adminiftrerai la preuve.
Sonthonax : Je n'ai jamais eu connoiflance d'une affene fédérative > en exécution du projet des deux municiités de la Croix-de-Bouquets & du Porr-au-Prince. Si
colons ont à cet égard des renfeignemens, je les engage
es reprélenter à la commifion.
Senac : C'eft pour ainfi dire de cette affemblée - la
a fait reffortir la
du 21 mars;
T
nthonax
proclamation
lé du bailer de paix de Borel & Jumecourt; il vous a
que les factieux du Port-au-Prince s'étoient réunis à cette
Emblée; elle étoit compofte de tout ce qu'il y avoit de
Inteurs' & de commiffaires. C'eft chez Borgella, maire du
n-auPrince, 2 que le diné a ér6 donné; c'eft là qu'on a
rché à pacifier les efprits; c'oft de ce diné que lès com
faires civils ont fait reporrer l'indignation des hommes de
pleur, & qu'ils ont fait entendre à ceux - ci qu'on avcit
acerté, au moment qu'on s'occupoit de la médiation, le
bjet deles dérruire, & de les andantir. C'eft-là le moment
1a divilion s'eft effestuée entre les blancs & les hommes
coulemr; & ceft-là-la divifion que Polverel & SonthoX ont encretenue jufqu'au moment de la canonnade.
La féance eft ajournée au lendemain.
Le regifre des préfences eRnigne1. PH. GARRAN,
OUCHE ( de Nantes), fecretaire ;
ROUARL
AERAY, F. LANTHENASS
andantir. C'eft-là le moment
1a divilion s'eft effestuée entre les blancs & les hommes
coulemr; & ceft-là-la divifion que Polverel & SonthoX ont encretenue jufqu'au moment de la canonnade.
La féance eft ajournée au lendemain.
Le regifre des préfences eRnigne1. PH. GARRAN,
OUCHE ( de Nantes), fecretaire ;
ROUARL
AERAY, F. LANTHENASS --- Page 310 ---
scs
Du 12 Melfidor, lan troifieme de la Républigue frange
une & indivifible.
cornence la ledture des débats recueillis dans 1a féar
de la N veille; la lecture eit interromp ue par Duny.
Duny : Je demande qu'on rétabliffe au procèsverbal
mots que fai adreffés à Sonthonax, vil ajaljin.
Le préfident: A l'ordre, citoyen: les tachygraphes décent n'd ds
recueilli cette expiellions & il n'eft pas
fifter point pour qu'elle foit inféiée au procès-verbal.
Le citoyen Duny ayant infifté avec véhémence, la co!
miffion fe retire Four délbérer.
rentrée, le préfident lit l'arrêté fuivant:
La commiffion
s'eft livré plufieurs fois, & notan
< Attendu que la féance Duny d'hier & auiourd'hui, lors de la rel
ment durant
des débats, aux emportemens les plusco
damwables du procts-werbal & à des menaces envers Sonthonax; qu'avanré de la com
plused'une fois reppelé à Yordre par le préfident iouvelle at
million, il a perlifié dans fes excès avec une
à la com
dace, en parlant de la manière la plus la ontragennte déterminée d
miflion, & en exprimant la réfolution étoienitfaites: plus
ne point déférer auxi injonctions quilni
à C
2 confidérant qu'elle manqueroit
s> La commillion la juftice 8 au caraétère dont elle eft revêtue >
qu'exige
pas de pareils excès:
elle ne réprimoit
million, il a perlifié dans fes excès avec une
à la com
dace, en parlant de la manière la plus la ontragennte déterminée d
miflion, & en exprimant la réfolution étoienitfaites: plus
ne point déférer auxi injonctions quilni
à C
2 confidérant qu'elle manqueroit
s> La commillion la juftice 8 au caraétère dont elle eft revêtue >
qu'exige
pas de pareils excès:
elle ne réprimoit --- Page 311 ---
1 Arrête que Duny fera exclus des débats durant la préfente
cade. 33
Duny : M'eft-il permis de parler, citoyen préfident?
Lc prefdent : Ceft jufte, tuas la parcle.
Dany: Depuis plufieurs mois que nous fommes en déS, je nie itis.prélenré toujours devant Scnthonax avec
dignation & la deuleur. Des lettres que je reço:s noviffime
mna timille & de mes ami qui fen: à S.in-Domitngue,
apprennent que mes concitoycns font à la chaine deux
leux, que, les au. reS languiliene dans les cachors, & que
refte eft exterminé. Je fuis ici avec ia rage,je le déclare:
tuis charge de laffaire du Capoje lalivrerai à l'imprellion:
me retre.
Le prefalent : Tu peux refter pendant la lecture du procésbai.
Duny: : Je voudrois
quelgu'un de vous fût traité dans
famille, comme je 9e5 fuis dans la mienne : il verroit s'il
feroit polible de contenir fon indignation.
Sonthonax: : Duny vient de dire qu'il reçoit des lettres de
int 5 Demingue qui lui apprennent que fes amis font à la
ine & dans les cachots;je le fomme de roduire les lets qui le prouvent 2 & les ordres par leiquelsj'ai ordonné
mettre fes amis à la chaine ou dans les cachots.
Duny: Je ne réponds pas à cela.
Le prefidmt ( aux tachygraphes ): Continuez la leéhure:
inierera dans le procès-verbal d'aujourd'hui Tinrerrup0, & ce qui vient d'eure dit.
Oa continue la Jecture.
( Le ciroyen Duny fe retire quelques inftans avant qu'elle
6 terminéc.).
La rédaction des débats eft adoptée.
Lc prefalent: La commiflion arrête que les débats fur la
nonnade du Port-au-Prince feren: terminés dansia
ine feance. Elle invite les parries refpectivemen: a fe
rer le
TeE
plus pollible; & comme il ny aura point ou prefe point de procès-verbal dans la prochaine léance, on. --- Page 312 ---
3c8
pourra terminer ; vous êtes fans doute prêts pour traiter Ta
ticle des déportations.
Sonthonax : Je fuis prêt dès-à-préfent.
Senac: Si vous voulez, nous allons finir tout de fuite.
Le préfident : Il eft trop tard.
La féance eft ajournée à après-demain.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef ligné, J. PH. GARRAI
prefidents FOUCHE (de Nantes), fecrétaire; MERLING
MOLLEVAUT, DAIRAY, F.LANTHENAS.
Du
ticle des déportations.
Sonthonax : Je fuis prêt dès-à-préfent.
Senac: Si vous voulez, nous allons finir tout de fuite.
Le préfident : Il eft trop tard.
La féance eft ajournée à après-demain.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef ligné, J. PH. GARRAI
prefidents FOUCHE (de Nantes), fecrétaire; MERLING
MOLLEVAUT, DAIRAY, F.LANTHENAS.
Du --- Page 313 ---
Da 14 M(fidor, l'an troifème de la République françaifa
une et indivifible,
ON fait lecture des débats recueillis dans la féance du
12; la rédaction en eft adoptée.
Lc préfident : La commiflion n'a point reçu officicllement
e décret rendu avant-hier fur les debats cuveris devant la
commillion des colonies. Il ne fe trouve pas même dans le
euilleton des décrets, journellement diftribué. Avant de
re un parti, pour obtenir des éclaircilfemens ultérieurs pren- dont
ile pourroit avoir befoin, la commiffion croit devoir fufendre julqu'au moment ou eile aura reçu offcicllement le
léuret. Lorlque le décret lui fera parvenu, elle fera inftruire
2s_ parties refpectives.
La féance eft levée.
Lc regifre des préfences ef figné: J. PH.
dent ; Foucas (de Nantes) ), fecrétaire ;
RAY.
REE
Tohe FII. Scixarzs-disime livraifsn. --- Page 314 ---
Pan troiftème de la République françaife
Du 22 me(fidor,
une 6 indivifible.
ON fait leéture du décret qui ordonne la reprife des
débats.
avoir entendu le rapC La Convention nationale, après
port de la cemmiflion des colonies; 5 relatif aux débats fur
s Décrète
le décret du..
les mêmes débats
les colonies, d rapporté : ordonne que
du
feront terminés dans cinq décades, à compter jour quila >>
feront repris, &c qu'ils continueront à être imprimés. ne
Les citoyens Page > Larchevelque - Thibaut ,
font
pas préfens à la féance.
invite de nouveau les
Lc préfident : La commiflion
dans les difcullions parties
à fe ierrer le plus qu'elles pourront l'incendie du Cap fera
elle ordonne que ce qui concerne demain, Sonthonax ré
traité demain par les colons, les après
ouvriront les débats
pondra, & les jours fuivans
parties
pour répliquer refpectivement. de la canonnade du Port-au-Prince n'el
Claafon : L'alfaire
pas Le terminée. préfident : Il y avoit un arrêté précédent qui ordonnoit
qu'elle feroit terminée dans T'article la première des dépoftations féance.
n'a pa
Claulfon traiié, : & J'obferve a été que renvoyé à une autre féance.
été
qu'il : On commence à les traiter aujourd'hui
Le préfident la commifion l'avoit également réglé.
ainti que Les deux dermières flances ont été employées
Senac : Sonthenax n'a pas pu diriger fa proclamatio:
prouver que
contre le Port-au-Prince; je ne vous
du 21 mars 1793
la première des dépoftations féance.
n'a pa
Claulfon traiié, : & J'obferve a été que renvoyé à une autre féance.
été
qu'il : On commence à les traiter aujourd'hui
Le préfident la commifion l'avoit également réglé.
ainti que Les deux dermières flances ont été employées
Senac : Sonthenax n'a pas pu diriger fa proclamatio:
prouver que
contre le Port-au-Prince; je ne vous
du 21 mars 1793 --- Page 315 ---
les rappellerai pas aujourd'hui tout ce que j'ai dit, encore que
féances aient élé fu'pendues : je paffe à un autre chef
articulé contre le Porcau-i rince.
Les nègres atricains > a di: Son-honax 3 ont éré armés
contre les hommes de couleur le 2 décembre 1792. Je réponds à cette inculpation qu'il n'eft pas vrai que les negres
africains aient été arms conrre les nommes de couleur le
2 décembre, & pour le proaver il me (uffira de vous reprelenter que le IO décembre, > hui jours aprcs la prétendue
infurrection des nègres afri.ains 3 les hommes de couleur
fe font préfentés a la municipalite da Por-a au-Prince 3 yont
dépofé leur drapeau, & fe font incorporés diuns la garde
nauonale; ; fi les nègres africains uflent été armés le 2 décembre 179: contre les hommes de coulcur, cerrainement,
huitjours après, les hommes de couleurn'auroient pas demandé
à fe fondre dans la garde nationale du Portau-Prince; je
dis encore que les nègres africains n'ont pas été
contre
les hommes de couleur, & voici comme je le prouve. dirigés
Le premier janvier 1793 linfurrection s'eft manifeftée dans
la plaine du Cul-de-Sac contre les homes de couleur
a-t-on dit: fi cette infurrection avoit été fomentée par les >
nègres africains, certainement les nègres africains n'auroient
pas été au Cul-de-Sac, conjointement avec les hommes de
couleur, & toute la garde narionale du Port-au-Priuce, pour
faire ren.rer dans le devoir les nègres révoltés du Cul-deSac; en voilà aflez, je crois, pour prouver que ce motif n'a
pas déterminé la proclama ion du 21 mai.
Sonthonax: Senac ne peut pas détruire par de fimples
allégations ce que j'ai érabli fur des preuves tirées de dé-
:lararions faites dans le temps, d'aétes auchen:iques rédigés
pardevant Polverel, par des hommes de couleur libres, &
mème par des blancs. Dans ces déclarations vous avez dû
voir que des nègres du Port-au-Peince, enrôlés dans la
compagnie des Africains > lefquels nègres font délignés fous
le nom de Pinchina, Fontaine & Cayman > que ces
ont affalliné des hommes de couleur en plein jour au nègres Portau-Prince, que Polverel a fait mettre en prifon ces noirs;
que la municipalité du Port-au-Prince s'eft oppofée à leur
iugement, en menaçant d'une infurreétion du peuple fi on
livroit à la juftice des efclaves qui avoient allailiné des
K 2
fquels nègres font délignés fous
le nom de Pinchina, Fontaine & Cayman > que ces
ont affalliné des hommes de couleur en plein jour au nègres Portau-Prince, que Polverel a fait mettre en prifon ces noirs;
que la municipalité du Port-au-Prince s'eft oppofée à leur
iugement, en menaçant d'une infurreétion du peuple fi on
livroit à la juftice des efclaves qui avoient allailiné des
K 2 --- Page 316 ---
hommes libres : donc il eft fufffamment prouvé
dès
le'mois de décembte 1792, on machinoi:
misne
contre la sûreté des hommes de couleur; d'ailleurs, Senac
dans le cours des débars, gu'il y avoit un projet
a avoué,
les hommes de couleur dans la province
formé de IOueft, d'égorger & il a aitribué CC projet à Jumecourt, qui, la faction après
s'ètre réconcilié avec Borel, apres avoir traité à avec exécution fon
de Tindépendance, avoit fini par mettre
projer.
Senthonax me fafle dire ce
Senac : Je ne veux pas Tinfurrection que
avoit été dirigée par
je n'ai pas dit, cen're que les hommes de couleur , parce que
fT Poreau-Prince
huit
cela n'étcit pas pollible: Le IO décembre, fondus dans jours la garde après, nales hommcs de couleur s'étoit s'étoient manifefté au Cul-de Sac une
tionle: j'ai dit qu'il
dirigee contre les hommes' ide
infurrection, & qu'elle parut défends
mais je n'ai jamais
couleur, & je ne m'en
pas;
dir.que ce fit 1 le Fort-au-Prince qui fut auteur de le ce Port-au- projet,
puifque je vous prouve &c-vous Tinfurredion démontre s'eft que terminée, &
Prinee a été la canfe que fe (ont fondus dans la garde
que les hommes de conleur ils cnt rétabli T'ordre. Il en rénationale,, les & Afticains quenfemble n'ont pas été armés contrales hommes
fulte que ils étcient dans le plus grand accord enfembles
de couleur,
au Cul-de-Sac, eile n'eft
& que silya a eu une infurredtion puifque CellsPerees-Ponce
pas venue du Poreau-Prince,
qui Ta empéchée, Je n'ai
& naccufe pas encore la
Sonthonax :
pas-accufé
la faction
majorité des habirans du Porau-Pose/azecife
de Borel Sc celle de Jumecourt. dit
la
du
Senac: : Sonthonax a enluire
que municipalité du
de
Porrau-Prince s'étoit oppolée à Tinftrucion: allafliné des hommes procès de
Cayman, quil a acculé d'avoir
à cet égard,
couleur. L2 ciroyen Sonthonax vousa rapporté,
la letire de Polverei pour prouver que la manicipalité de fommer sy
éroit oppofee; je vous prie > citoyen prélident, le
Sonthonax d'anporrer la lettre par lnquella Port-au-Prince alors
fc refufe à lailer inftruire la procedure contie Cayman,
détenu au Poreau-Prin-e
lettre de mon collègue PolSonthonax: J'ai produic la
à cet égard,
couleur. L2 ciroyen Sonthonax vousa rapporté,
la letire de Polverei pour prouver que la manicipalité de fommer sy
éroit oppofee; je vous prie > citoyen prélident, le
Sonthonax d'anporrer la lettre par lnquella Port-au-Prince alors
fc refufe à lailer inftruire la procedure contie Cayman,
détenu au Poreau-Prin-e
lettre de mon collègue PolSonthonax: J'ai produic la --- Page 317 ---
verel, qui répond directement à la municipalité du Portau-Prince. Polverel lui reproche de Iwi avoir préfenré comme
mo:if de futpendre la procédure con re Caym.n, Tinturredtion du peuple du Portau-Princc. 11 eft prouvé
n'y
a jamais cu de procès intenié centre Caym;n; ilet qu'il prouvé,
par la lerre de mon coliègue Polverel, qui n'eft pas faite
pouries circonflunces, que la municipalsé édu Port-au-Prince
lui a demande de fulpendre la procéiure contre
par la crainre d'une infurrection du peuple contre Cayman, les juges
qui infruiruient ce procès.
Senac : Sonthonax n'eft pas inflruit des fsirs, ou il y a
perfidie. Ii eft'vrei que Cayman, a éte mis en prifon
fuite d'ene quereile entre lai & les hommes de cosieur; FE
eft prouvé que fi la municipalité a fait quelques obfervarions
aux commilfaires civils, c'étcit pour leur faire confidérer
qu'enponrfivane Gayman, On pourroit décourager les Africains dont il éroit le chef, & fe défaire par-là d'une force
impofante dont on avoit befoin pour la rédudion des révelres. Les hommes de couleur étoient à cetie époque trèsbien avec les Africains; & fi la municipalité a fait des objections, clle le devoit; voilà tout ce que j'avois à dire.
Sonthonax : Senac eft entté parfaitement dans ce
j'avois à dite; ila avoué que la menicipalité du
Prince a fait des
Se-3ue
repréfentarions à Polverci for les inconvéniens qu'il auroit pu) y avoir de livrer àl la jultice le nègre
Cayman, > accufé d'avoir affafiné deshomncs libres; il vous
dit que celn pouvoir désourager les Africains dont cn avoit
befoin: &c quel étoi:lebeloin qu'on €1 avoir? Etoir-cej
les employer contre les noirs de la pline du Cul-du-Sac? pour
Mais il ry avoit pas alors d'infurredion 5 car elle n'a
commencé qu'en janvier 1793. Yous dites qu'il ie falloit
pas décourager les Africains : & à quoi donc vouliez-vous
les encourager? vous vouliez donc les engiger à faire ce
qu'ils avoient. déjà fait dans le courant de la guerre civile.
L.es nègres conus au Port-au-Prince fous le nom d'Africains avoient été dirigés conte les. homics de couleur.
Ces noirs, après avoir été inflruits à la gucrre contre les
honimes de ccricur, avoient été exceptés de la profcription
poftée contre les noirs qui avoient fervi avec les hommes
de couleur : ceux-là feuls étoient reltés chez leuts maitres,
X 3
oient. déjà fait dans le courant de la guerre civile.
L.es nègres conus au Port-au-Prince fous le nom d'Africains avoient été dirigés conte les. homics de couleur.
Ces noirs, après avoir été inflruits à la gucrre contre les
honimes de ccricur, avoient été exceptés de la profcription
poftée contre les noirs qui avoient fervi avec les hommes
de couleur : ceux-là feuls étoient reltés chez leuts maitres,
X 3 --- Page 318 ---
$14
tandis que ceux qui avoient fervi pour les hommes de couleur &
avoient été embarqués Four la baie des Mouluques, la
enfuite tranfportés au Méle, où ils avoienr péri de manièie tragique que j'ai annencée. Ces ionmes rentrés chez
leurs maitres, reprenne nt leurs armes le 2 déccmbre
hommes de
& on dit
ne
aur
aflafliner lcs
couleur;
qu'il
pas les punir, les décourager : certes : il falloir les découragerde comme'tre des crimes; & le plus grand des crimes,
dans un pays d'efclaves, eft de porter la main fur un hemme
libre. Senac : Vous voyez que je fuis encore forcé de répondre,
mais je vais le faire en deux mors. l.cs hommes de couleur, 2
dit Sonthonax, aroient éré affallinés par lcs Africains au
mois de décrmbre, & c'eft dans le courant de ce muis qu'ils
ferrefentent à la municipalire pour fe tondre dans la garde
narionale; donc on' n'in ourageoi: pas les Africains à aflaffiner les Lommes de couleut. Mais que Sonthonax life la
lettre de Folerel, & on verra qu'à l'époqse où Polverel
écrit, l'inferrection avoit éclaré; & G la municipalité avoit
demandé la fulpenfion de la procédure > ou ia lenteur,
c'eft
qu'on ne vouloit pas décourager les Africams qui
tuimi la cau e des hommes de couleur > puifque linfurreétion s'é:oit maniteftée contre les hommes de couleur
puifque les nègres africains marchoient contre les révoltés:
c'étcir donc pour les hommes de couleur que les Africains
marchoient : Sonthonax eft mal inttruit, ou il veut tromper.
Sonthonax : Vous vous trompez fur la date de la lettre de
Polverel, elle eft antérieare à la révolte des noirs dans la
plaine du Cul-de-Sac; la date eft du 14 décembre 1792.
Les colons : Elie eft poflérieure de vingt jours.
Sonthonax : Je ne lai pas fous les yeux 5 la commifion
jugera. Clauffon : Un mot pour terminer tout d'un coup la difcuffait Sonthonax.
fion fur ce point 5 je dois rappelerlaveu
par
dans la féance du 8 Aloréal.
Le préfident : Il eft inutile de revenir là deffus.
Claufon : Vous ne voulez donc pas être inftruits, ci
toyens. . P e .
inftruits:
Le préfdent : Cela a été dit déja; nous (ommes
la Convention lira les débats,
jugera. Clauffon : Un mot pour terminer tout d'un coup la difcuffait Sonthonax.
fion fur ce point 5 je dois rappelerlaveu
par
dans la féance du 8 Aloréal.
Le préfident : Il eft inutile de revenir là deffus.
Claufon : Vous ne voulez donc pas être inftruits, ci
toyens. . P e .
inftruits:
Le préfdent : Cela a été dit déja; nous (ommes
la Convention lira les débats, --- Page 319 ---
Senac : Vous voyez que ce fait-là n'a point pu encore l'arref- fervit
de motifs à la proclamation du 21 mars; je paffe à
tation de Picquenard. Sonthonax vous a dit que la ville du
Por-au-Prince, dans fon délire, avoit eu l'audace de faire
arrèter un envoyé de la commillion civile : à cet égard,
Sonthonax n'eft pas bien inftruit du fait, ou il a voulu-vous
tromper. Picquenard étoit au Potr-au-Prince, lorfque des
foldais d'Artois, de Provence & plufieursaurres, demandèrent
la; permiflion d'aller en députation versleg général Rochambeau,
pourdenapderlememe traitement que crlntaccordcauxfcllas
venus de France avec Polverel & Sonthonax. Cette députation avoit été autorifée
tous les corps conftitués au
Porrau-Prince; le général Faahes avoit même accordé un
congé à ces foldats; les (oldats partent du Port-au- Prince
pour fe rendre au Cap, réfidence de Rochambeau 3 & fans
paroitre à terre, fans débarquer, Sonthonax & Rochambeau
donnent I'ordre de les arrèter, & de les faire paller en
France; Piequenard, qui étoit au Portan-Priace, étcit parti
au mème moment pour fe rendre au Cap avec la députation, mais fur un bateau particulier. Ces hommes arrètés,
les régimens d'Artois, de Provence & autres, furent fingulièrement étonnés de cette violation. Les mouvemens les plus
violens eurent lieu au Port-au- Prince, Picquenard revint
dans ce moment du Cap, & 011 conçut l'idée que c'étoit lui
qui avoit fait arrêter les malheureux qui étoient embarqués.
On voulut le favoir, on chercha Picquenard à cet efler:
mais Picquenard fe fentoit peut-ètre coupable; je ne veux
pourtant pas l'accufer; ; Picquenard fe cacha, & fe réfugia
fur la frégate VAfréc, qui étoit alors en rade du Port-auPrince; mais Picquenard ne fut pas arrêté, il n'a été
foupçonné d'avoir dénoncé les envoyés du régiment de fiFRac
vence & d'Artois. Picquenard n'a point été confidéré comme
envoyé de la commiflion civile, & jamais il n'a éprouvé la
plus petite vexation en cette qualité : Sonthonax vous a dit,
pour juftifier fa proclamation du 2I mars, qu'on avoit vioié
la liberté d'un enroyé de la commifion civile. Il a dit qu'il
avoit dû partir de Ià pour canonner le Port-au-Frince: Je
demande que Sonthonax, dans ce moment, réponde au
fait:je répliquerai enfuite. e .
X 4
oyé de la commiflion civile, & jamais il n'a éprouvé la
plus petite vexation en cette qualité : Sonthonax vous a dit,
pour juftifier fa proclamation du 2I mars, qu'on avoit vioié
la liberté d'un enroyé de la commifion civile. Il a dit qu'il
avoit dû partir de Ià pour canonner le Port-au-Frince: Je
demande que Sonthonax, dans ce moment, réponde au
fait:je répliquerai enfuite. e .
X 4 --- Page 320 ---
Sontkonax : Senac vient d'avouer que Picquenard a été
arrèré au ior. -au-. rince.
Senac : len n'ai pas dicq que Picquenard avoir été arrèré.
Sonthonax: Ve ousvenez dedirequ'un cherchoit Picquenard,
qu'il y avoit conre lni des mouvemens de la parc de drux
régincns qui réclamoiene contre T'embarquesent de quatre
de leurs camarades 5 d'abord, j'établis que Picquenard eroit
envoyé de la commillion civile, cari il étoit un de fes tecrétaires; iy a mieux, c'eft que Picquenard avoir éte earoyé
par moi au geuverneur de la province du Nord > ;our
faverr que le depart de Rochambeau laiffoir le gouvernement du Nord vacant > & peur finvier de venir au Cap
pour en prendre l'interim ; Picquenad étoir chargé du dipiôme provifuire envoyé au gouvemneur; Picquenurd a é:é
fi bien arrèré, qu'il a été conduir à la municipalté, & interrogé par deux oficiers municipaux, lefquels éroient Alain
& Barrauir de Narcé; l'ingerrogaroire fe ttouvera dans les
papiers de Polverel, qui ne font pas encore inventoriés. Mais
s'ily y avoit des doures, Ficquenard eft en France, on pourra
s'informer à lui; je vous ai lu la lorre que m'avoit écrite
Picquenard, du bord de la frégare PApree, ot des envoyés
du club fe préfentèren pour s'aflurer de fa perfonne 2 &
lui faire fubir le forr que les factieux du Poreau-Prince réfervoient à csux qui leur déplaitoienc; & c'éroit N lanterne
ou la feptombrifation, comme je l'ai annoncé lors de la dif
cuflion fur l'efprit public de la colonie. Avanrnotre arrivée,
Picquenard a donc éréarréré, interrogé parla municipalité;
i pour excufer cette viclaiion de principes, on dit qu'il
étoir foupçonné d'avoir provoqué en Francel'envoi de quatte
foldats des régimens dA Arrois.& de Provence.
Je demande aux colons fi la commiffion civile n'avoit
pas le droit d'envoyer en France les foldars'dont elle jugecit
le féjour dangereux dans la colonie, & cela, fans aucune
formaliré. Vous le favez, ciroy: ns, les foldats ne font pas
flérris, quand on les faic quimer tne gamnifon pour aller dans
une anres & voilà ce quej j'ar fa.t à l'égard des quatre foldats d'Arrois & de Normindic, venus au Cap, non pas
po.r réciatner une paye somme on le dir, ni vour demander une égalité de traitement avec Is foldits de la province
du Nord, mais pour: mettre,parl l'ordre du club S: de Eorc,
, les foldats ne font pas
flérris, quand on les faic quimer tne gamnifon pour aller dans
une anres & voilà ce quej j'ar fa.t à l'égard des quatre foldats d'Arrois & de Normindic, venus au Cap, non pas
po.r réciatner une paye somme on le dir, ni vour demander une égalité de traitement avec Is foldits de la province
du Nord, mais pour: mettre,parl l'ordre du club S: de Eorc, --- Page 321 ---
sarnifon du Cap dans l'état oi étoit celle du Port-auace, &c CCS hommes nonr point été faifis avant de déquer. C'ef apris avoir palle un jour au Cap, c'eft après
ir manceuvré dans les cafernes pour mettre les foldats
infurredtion, &c fur ia déclaration du commaninne-génsLaveaux, que Rechambeaul lesafait arrèter & embarquer
r Franses, car c'elt fur laréquifition du gouverneur- 84al Rochambeau que ces foldats ont été embarqués: mais
nd ces loidats eullen: été fort bens fujers, & bien inteninés pour la cclonie, on ne pourroit pas faire un crime
autorirés nationales d'avoir embarqué quatre foldats pour
renvoyer à leur régiment cn Franse, reprendre leur
foli, citoyens, ce qui s'eft palle enversles foldersd'Ar-
& de Normandie : l'égard de Picquenard, il réfuite
me des aveux de Senac, que Picquenard a été infulté,
igé même de le cacher. Donc il y avoit. du trouble au
rt-au-F Frince, relacivement à Picquenard, envoyé de la
amillion civile. Je vous ai annoncé, d'nilleurs, que Picnard avcit éré interrogé par deux commniffaires de la muipalité, Alain & Barrault de Narcé; Senac doit connoitre
fait.
Senac : Je ne répondrai pas à ce que vient de dire Sonnax, parce que c'elt une calomnie arroce, - 0
Leprefidene: A l'ordre.
Senac : Je revicnsa Picquenard, &c je dis que jamais, au
t-au Panees onna eu l'inention d'infulterle delégué de
commillion civile; niRis Picquenard a été foupconné par
foldas d'Artois & de Normandie d'avoir renvoyé en
ance quatre de leurs camarades; c'eft; pour celaquila 6:6
irmenté, & claésoisroucmatured : mais Sonthonax ne peut
arguer de ce fait-la comme d'un motifallez déterminant
ar avoir fait canonner le Port-au-Prince,
Sonchonar : Audi n'ef-ce pas pour cela feulement. Le
tt-au-Frince a été canonné, parce qu'il étoit en état de
pellion conrre l'anoriré nationa'e parce qu'il a frmé
porres aux délégues de la République 5 & dans ce cas,
devois uter de mes moyens de force pour y entrer, ainli
siy étais autorifé par la'loi du 22 juin 1792.
Au reite, il s'agit ici des Taits qui ont motivé ma procla-
pas pour cela feulement. Le
tt-au-Frince a été canonné, parce qu'il étoit en état de
pellion conrre l'anoriré nationa'e parce qu'il a frmé
porres aux délégues de la République 5 & dans ce cas,
devois uter de mes moyens de force pour y entrer, ainli
siy étais autorifé par la'loi du 22 juin 1792.
Au reite, il s'agit ici des Taits qui ont motivé ma procla- --- Page 322 ---
mation du 21 mars : ces faits font ceux qui prouvent la l'
de troubie cà étoit le Port-au-Prince : or comment les Africa
prouvé? en démontrant que le 2 décembre', des
libre
efclaves avoient allafiné lns la rue Si hommes donc la ville
& cette infulte étoit demeurée impunic.
avoit infurr
Port-au-Prince, étoit en état de trouble, s'il y
tion des noirs dans la plaine environnant cette commune étoit
d'ailleurs la guerre étoit déclarée à Textérieur, s'il
difpenfable de créer de nouvelles troupes pourles oppofa
l'ennemi, j'avois le droit de requérir les gardes nationales
de l'Oueft, & cela feul légitinie ma P
quatorze paroifles
clamation. Senac : Il eftinutile de répondre à cela, & je
rép
à
de Catinot.
vou
y
drai pas;, je palle l'arreftation du journalifte avoit fe
prouvé, citoyens, que l'immoralité il eft donc inutile de
provoqué cette mefure contre lui; n'eft
aflezi important P
venir là deffus: ce fait d'ailleurs
pas
avoir armé quatorze parcifles contre fur le une. fait de Y'arreftation
Sonthonax : Ce n'eft pas détermination, mais d'après
journalifte
j'ai pris amenés ma les uns après les autres 5 t
férie de TERE àla graves faétion de Borel, foit à celle deJumecou
imputés, avoient foit occafionné T'état de troubles cà fe trouvo
faits qui
& toutlarrondifement de cette commt
le Cela Port-au-Prince fufit fans doute pour déterminer ma proclamation
21 Senac:Sonthonax: mars.
a dir qu'un des motifs de fa proclamat
étoit que le générall.alalle étoit en prifon refufé au Port-au-Prin l'obéiflane
d'oà ilne pouvoir fortir; qu'on lui avoit
Le citoyen T
& cu'il falloit faire relpecter fon autorité.
de
falle, par fa plce, étoit appelé au commandement
garde nationale du Fare-auPrince; mais vous connoilfez fa sûreté
que c'eltqu'une garde nationle qui les marche ennemis pour extérieurs , m
ticulière : ce n'étoit pas contre
conmredesemnemise RCAREET
&a alors il faut des connoillances locales. Plufieurs particul à
avoient penfé que Lafalie, qui n'étoit pas les toujours révoltés,
ne poavoit pas diriger les habitans les localités, contre foit parce q
parce qu'il ne connoilfoit pas
Il entendit peur-être
manquoit d'autres connoilfances.
de nationle qui les marche ennemis pour extérieurs , m
ticulière : ce n'étoit pas contre
conmredesemnemise RCAREET
&a alors il faut des connoillances locales. Plufieurs particul à
avoient penfé que Lafalie, qui n'étoit pas les toujours révoltés,
ne poavoit pas diriger les habitans les localités, contre foit parce q
parce qu'il ne connoilfoit pas
Il entendit peur-être
manquoit d'autres connoilfances. --- Page 323 ---
ix de la garde nationale qui dit : Nous ne voulons pas
général Latalle pour commandant; mais nous voulons
rela notre tète
qu'il tair mieux que Lafalle ce qwil
trouvé
I
à faire. De tftrce là
citoyen Latalle s'eft
offenté,
eft fort jufte; mais pour cela falloit-il que Sonthonax vint
onner le Pori-au-Frince, fur-tour quand Lafalle eioit
cti avec lu dépulanion du Port-au-Prince qui s'étoit rendue
Saint-Marc? car la proclamation de Senthonax n'étoit pas
teavant l'arrivee de Lafalle à Saint-Marc. Ainfi le motif
irer Lalalle des rrifons du Port-au-Frince ne devoit
être un des motits de cette procl mation : il étoit avec
;c'eft Lafalle qui commandoit les troupes que Polverel
Sonthonax envoyoient; il vint avec eux canonnerlel PortClauffon Prince. : Sénac appelle prifon la ville du Port-auince,d'on Lafalle 1 étoit pas forti. Lafalle n'é olt pas dans
prifons du Porr-au Prince,il étoit toujours à (es fonétions
commandant de la province de l'Oueft ; il commandoit
jours: s'il y a eu quelques troubles, ils ont été caufés
I fon immoralité, & parce que les troupes > notamment
garde nationale, n'avoient pas de confiance en Lafalle,
I neconnoilfoir pas les localités, & dont la conduite étoit
1S les jours dérangée.
Sonthonax : Je n'ai pas dit que Lafalle fût en prifon ou
ns un cachot au Portau-Prince 5 mais il a été aux arrète
ez lui, fous la garde de quatre fuliliers.
Clasffon : C'eft faux.
Sonthonax : On peut l'entendre fur ce fait. Ce n'eft pas
at; il eft prouvé
les déclarations que e vous ain miles
us les yeux, que E garde narionale au Por-au-Prince,
uffée par quelques factienx, a refufé de marcher fous les
dres de Lafalle contre les noirs révoltés de la plaine du
ul-de-fac. Je vous, demande s'il y a un érat de révolte
us marqué que celui d'une troupe qui refufe de marcher
us fon général. Je n'examine pas ici les motifs qui ont
terminé la garde nationale du Port-au-Prince; ils font
lez marqués par la conduite de Borel au Port-au-Prince,
près la fortie de Lafalle : c'eft alors qu'il s'eft emparé de
ville, qu'il l'a dominée en diétareur infolent : c'eft alors
il a fait fignifier par un aide-de-camp au rommandaat
te
us marqué que celui d'une troupe qui refufe de marcher
us fon général. Je n'examine pas ici les motifs qui ont
terminé la garde nationale du Port-au-Prince; ils font
lez marqués par la conduite de Borel au Port-au-Prince,
près la fortie de Lafalle : c'eft alors qu'il s'eft emparé de
ville, qu'il l'a dominée en diétareur infolent : c'eft alors
il a fait fignifier par un aide-de-camp au rommandaat --- Page 324 ---
de la ville de vider la place fur-la-champ. Ce command:
appels Ricard, eft venu à Saint-Marc rejoindre Lafalle
le Por-an-Prince étoit en révolte contre le gouverneu
la colonie, f la garde nationale ayoit refufé de marcher
les ordres de ce général, fi des hommes profondén
factieux avoient poulfe l'audace julqu'à le faire
lui par quatre fahlisrs, fi on s'étoit porié l'excès garder de
le gouverneur de la ville du Pert-au-Princs & de le ch: fo
dele retirer à Saint-Marc, s'il ne reftoit plus au Port
Prince d'autorité lésitime, fi toute l'autoriré étoit con
trée entre les mains de Borel qui dominoit la municipa
n'étoir-ce pas un motif fuffifant pour que le délégué d
République fit en droit dei marcher au Porean-Prince:
une force armée pour Y. faire relpeéter, foit le gouvett
luimame, foir le commiflaire civil & les lois de la Répi
que? J'ai donc de faire marcher une armée contre la
du Postau-Prince, , puifque T'ordre y. étoit troublé au P
eu'oaa obligé le gouverneur - général Lafaile de forci
Poesan-Prince, après ly avoir retenu
a
avoir refufé de inarcher fous fes ordres; prifonnier, j'ai donci eu ra
de faire marcher contre le Fort-an-Prince une armée
gardes nationales fans diftinéion de coulcurs; jai, don
railon de canonner cette ville parce qu'on n'a pasiv V
y recevoir le délégué de la République & la force: an
Jei répète ici que je n'ai pas fait canonner la ville du P
au- Prince parce que Lafalle en étoit fortis ccla éfi
fouverainement impolitique; mais parce qu'elle étoit en
volte ouverte, & qu'elle avoit fermé fcs portes aux C
milaires civils.
Verneuil:Je vais parler fur ce que vient de dire Son
nax relativement à Lafalle. Celui-cia remis à la Conven
un mémoire fur ce quis'eft paffé à Saint-Doningue.Jes
Sonthonax de trouver dans ce mémoire que Lafalle ait
mis aux arrèts fous la garde de quatre fuliliers, ou
ait
qu'a
eus feulement à fa porte, 2 qu'il ait reçu la moindre
teinte aul Port-as-Prince, & léchafaudage
Sontho
vient de bàsir tour-à-Pheure eft abfolument
al
lument faux &
13cReNt
abfolument dénué de fondement.
Sonthonax : Je laifle à Verneuil tout l'honneur de
ebfervation; il n'en réfulte pas moins que le Portau-Pr
quatre fuliliers, ou
ait
qu'a
eus feulement à fa porte, 2 qu'il ait reçu la moindre
teinte aul Port-as-Prince, & léchafaudage
Sontho
vient de bàsir tour-à-Pheure eft abfolument
al
lument faux &
13cReNt
abfolument dénué de fondement.
Sonthonax : Je laifle à Verneuil tout l'honneur de
ebfervation; il n'en réfulte pas moins que le Portau-Pr --- Page 325 ---
icen révolte, qu'ila refufé de marcher fous lcs ordres du
verneur-genéral, que le gouvermeur a été obligé de quitter
Port-au-Prince.
Thomas Millet : Ily a ici une obfervation à faire. Sontho-
,a dit dans le cours des débats, qu'il ne connoifloit
coupables; il les noinme aujourd'hui. Pourquoi à brapes
du2r mars ne les a-t-il pas nommés? La municipalité
ac commune on: offert de livrer ies facheux,s'ily en avoit,
es evflent livrés en effet.
onthonax: Les colons viennent d'annoncer qu'il y avoit
Porr-au-Princes des faétieux', ennemis de l'ordre.
homas Miller: Nous ne l'avons pas avoué; c'cft vous
l'avez dis.
onthonax : A la bonne heure. II eft prouvé qu'ily avoit
factieux au Port-au Prince.
es colons difent : Pourquoi ne les avez-vous pas nommés
municipaliré, qui vous a preflé de le faire?. Siy vous les
I nomm:s, > la municipalité s'enferoit emparée & les auroie
arrêter. Comment pouvez-vous dire que la municipalité
pit eu allez de force. pour arrêterales Factieux, puiiqu'il
prouvé par fes arrerés.: fon aveu mêne quells n'a
ais été libre, que Boralappefansitlois fon bras cximinel
elleSi, dis-je, ellda avoué qu'clle n'a jamais éré libre
le commandement de Borei, fi, daz-de, elle éroit enée des factieux, A Yon empechoit de fivre les intenS patriotiques de ceux qui étoient foumis aux lois de la
ublique, comment pouvez vous me faire un crime de
oit pas nommé ces faéticux? Si je les avois, nommés,
saurois rendus plus terribles, parce
le défefpoir
parant d'eux, ils aurcient incendiéln AE du Port-auce, comme ilsl'en avoient menacée & comme ilsl'avoient
en 1791.
énac: C'eft encore une fuite de la
&jy
endrai. il refte un dernier fait que edhenien, a avancé
juftifier fa proclamarion du 21 mars 5 c'eft la déclaI1 de la guerre. Il a annoncé que c'étoit là ce qui demotiver particulieremen: fa proclamation. 1i eft bon
ous obferver que l'on ne connoilloit point la déclarade guerré > lorfque Scnthonax étoit à Saint-Marc, &
ly fit la proclamation du 21 mars : Car, de fon aveu,
endrai. il refte un dernier fait que edhenien, a avancé
juftifier fa proclamarion du 21 mars 5 c'eft la déclaI1 de la guerre. Il a annoncé que c'étoit là ce qui demotiver particulieremen: fa proclamation. 1i eft bon
ous obferver que l'on ne connoilloit point la déclarade guerré > lorfque Scnthonax étoit à Saint-Marc, &
ly fit la proclamation du 21 mars : Car, de fon aveu, --- Page 326 ---
3:3
il a dit que Cercey, au Cap, lui avoit fait favoir que
guerre avoit été déclarée en France, & cela ne poa
pas être aurrement; car c'eft à la fin de février 1792, qu
guerre a éré déclarée en France, 3 & affurément, au
mars, Sonihonax ne pouvoit en avoir connoiffance
c'ett fit vrai, que, dans un des confiderant, il dit que c'
la veille d'une guerre étrangire qu'on doit fe dérermin
challer les f.cheux. Je demande fi en effet Sontho
avoit ce.mo:if là pour déterminer fa proclamation du
mats. Sonzhonax : Creft au mois de janvier 1793 que la gu
a été déciarée par la France à l'Angleterre : cette nouv
a été annoncée à Saint-Domingue le 18 mars 1793.
moment on l'avifo, arrivé de France, mouilloit dan
rade du Cap, ie contre-amital Cambife m'envoya à Sa
Marc la goëlette la Laure, pour m'avertir de la déclara
de la guerre. La gotlette arriva le jour de ma prc
mation.
Le préfident : As-tu quelques preuves de ce fait-là?
Sonthonax : Je ne les ai pas fous les yeux dans ce
ment-ci; j'indique d'ailleurs fur ce fait le contre - an
Cambife qu'on peut entendre. Je nomme le comman
de-l'avifo Lejaune. Ce Lejaune eft en France, on
l'entendre.
La nouvelle de la déclaration de guerre n'a pas mc
plus fortement ma détermination, parce que j'étois
prévenu de la proximité de la déclaration de guerre pa
avifo qui étoit arrivé le 13 février, & qui avoit ordo
de mettre un embargo général fur tous les bâtimen
commerce dans la colonie, parce qu'on regardoi: la gu
avec L'Angleterre comme très-prochaine. J'ai donc dû
à la veille d'une guerre très-prochaine > puifque nous èt
avertis par le confeil exécutif, qui nous avoit donné l'o
de mettre embargo fur tous les vaifieaux de commerce
la proximité de cette guerre. Je devois donc me hâter
touffer les faétions dans l'intéricur de la colonie, afin
l'autorité nationale eût plus d'énergie pour chaffer l'eni
extérieur. Sénac : Ce motif n'avoir pas pu fervir de bafe à la
clamation du 21 mars, puilque Sonthonax n'avoit pas
ertis par le confeil exécutif, qui nous avoit donné l'o
de mettre embargo fur tous les vaifieaux de commerce
la proximité de cette guerre. Je devois donc me hâter
touffer les faétions dans l'intéricur de la colonie, afin
l'autorité nationale eût plus d'énergie pour chaffer l'eni
extérieur. Sénac : Ce motif n'avoir pas pu fervir de bafe à la
clamation du 21 mars, puilque Sonthonax n'avoit pas --- Page 327 ---
Tance de la déclaration de guerre. S'il l'avoit fu, i
roit déclaré policivement; ce qu'il n'a pas fait.
ai fini fur les inculpations dirigées par Sonthonax
tre le Porrau-Prince, à l'occafion de la proclamation
21 mars. Je paffe main:enant aux effets de cette prociation.
onthonax a dit que la plus grande fermentation règnoit
Port-au-Prince. il a annoncé que toutes les auiorités
ent en adtivité, & qu'eiles étoient même méconnues.
dit que le commandant du Port-au-Prince avoit été
gé de fuir, & de fe rendre auprès de lui à Saintrc.
e ne difçonviendrai
des mouvemens qui ont eu lieu
s la proclamation E". 21 mars. Je ne tairai pas l'inparion des habitans quand ils apprirent T'armement des
torze paroiffes pour marcher contre eux. Ils ne favoient
uis'adreffer ; ils avoient envoyé à Sonthonax une
bn d'hommes de couleur & de blancs. Alain en dépu- éroir.
te députation n'avoit rapporré que les intentions les
terribles contre le Porc-au-Prince: ; intentions fenties
thonax fans en connoitre la caufe. Le
ant fa
Rorsepnter
municipalité détruite, conçut l'idée de fe donner
centre commun. La commune du Port-au-Prince deda encore à la municipaliré la permillion de s'affem5 elle l'obtint & s'atfembla : je la préfidai
tre jours. Sonthonax vous a ditgue cette aflemblée pendant avoit
onné les mefures les plus feverts, qu'elle avoit ordonné
irer à boulets rouges fur les vaifleaux de l'Etat. Avant
trer plus avant dans la difcuilion des effets de la
hation du 21 mars, je fomme Sonthonax de dépofer
ureau une feule
FBc
délibération de la commune du PortPrince, qui porte de s'oppofer aux délégués de la
ue, & qui ordonne de repouller à coups de canon Répu- les
leux qui fe préfenteroient. Si Sonthonax produit cette
€ fignée de moi,je pafle condamnation.
onthonax: Je produis
qu'une pièce 3 c'efbl'aveu des
ons par la bouehe de
qui a dit qu'on avoit
é les
&
ECE
forts,
qu'on s'étoic mis en état de défenfe
tre les délégués de la République & contre leur armée.
re befoin d'avoir des délibérations de lattroupement de
fe préfenteroient. Si Sonthonax produit cette
€ fignée de moi,je pafle condamnation.
onthonax: Je produis
qu'une pièce 3 c'efbl'aveu des
ons par la bouehe de
qui a dit qu'on avoit
é les
&
ECE
forts,
qu'on s'étoic mis en état de défenfe
tre les délégués de la République & contre leur armée.
re befoin d'avoir des délibérations de lattroupement de --- Page 328 ---
la commune 2 qui étcit toujours dirigé centre là munici
lité? Ai-je befoin de produire cette delibération, qua
vous dites vous-n.ême qu'on a armé les forts, qu'on S
dilpofé à 'a defenie, qu'on a refulé de recevoir Tarmé
la tête de jaquelle é oient les commiflires civils? Sénac
a dit que la commune a été aflemblée quatre jours ap
l'abandon que la mamicipaliré avoit -fait de fes tonétic
La municipali:é n'avoit pas abandonné fes fonctions;
elle a délibéré le I1, le 12, le 13.Jai mis fous vos y
fes arrérés'pris pendant ces journées roallieuteufes.La CC
mune ne saflembla que pour contrarier la municipali
ou plurôr c'étoir le club qui avoit pris le nom de CC
mune : ce club, dirigé par Borel & fes adlérens, con
ricic ja municipalité, s'orpefoit'à ce cu'on reçût au P
au-Frince les délegués de'la Pépublique. Voilà ce qui
prouvé parles faits, par Faveu des colons & par les dél
fations de-la municipalité quej'ai miles fous vos veux.
Sénac ne dife donc plus que cette ccmmune n'eft en
en fondions que pour tuppléer à la municipalité, qui a
abanconné les fiennes 3 puifqu'il eft prouvé par ls arr
de la municipalité que bien loin d'abandonner fes fonétic
elle avoir tait tout ce qu'eile avoit pu; mais la comm
s'arachoit à contrarier toutes les opérations de la mi
cipalié."
Sene: Ces faits font effentiels à éclaitcire
Le prefident : Vous euas bien les maitres de dire quel
chofe de plus là-defus; mais fi vous vous étendez tr
vous n'aurez pas.le temps de terminer. La commiliion vou
ordonné de finir auiourd'hui ce qui concerne la canoni
du Fott-au-Princr, & elle veut que fcn arrêté
exécuté.
Senac's Je finirai ce matin. Sonthonax vient de
dire que bien loin que la municipalité eût abandenné
fonclions, 2e oit la commune qui avoit uforpé les pouv
Je fuis convaincu que les allemblées de commune on
lieu les quatre jours qui ont précédé ceux ot la mui
palité a repris fes fonélions à la folliciration de pluf
citoyens. Car l'affemblée de comm une a infrvire que la
nicipalité ne pouvoit pius maintenir F'ordre dâns la v
sétoit emparée de cette autcrite la; elie avoit demand
2e oit la commune qui avoit uforpé les pouv
Je fuis convaincu que les allemblées de commune on
lieu les quatre jours qui ont précédé ceux ot la mui
palité a repris fes fonélions à la folliciration de pluf
citoyens. Car l'affemblée de comm une a infrvire que la
nicipalité ne pouvoit pius maintenir F'ordre dâns la v
sétoit emparée de cette autcrite la; elie avoit demand --- Page 329 ---
2 formner eh permanence; fon arrêté fut porté à la muniipalité. A la follicitation deplafieurs citoyens, la municipalité
onlentit à reprendre fes fonctions, & à donker de nouveaux
rdres.
Ce n'eft donc que pendant, quatre jours que la commune
pris les fondtions de la municipalité qui les a enfuite
eprifes, & c'elt pendant ces fonétions qu'ont été rédigés
Ps procès-verbaux des I1, 12 & 13,que vous avez vus.
e ne difconviens donc pas que la municipalité ait repris fes
onéticns les I1, 12 & 13, mais je difconviens qu'elle
it
fes fonctions après la proclamation de Sonthonax,
9> c'elt-à-dire julqu'a 4
Voilà
EE
hit
jours après.
le
très-polirif.
Sonthonax:Je prie la commillion d'interpeller
luire
Sensedeproles pièces qui prouvent que la municipalité avoit
bandonné fes fonctions.
Senac : C'eft in acte de Sonthonax, lui-même, qui déend à toutes les municipalités de l'Oueft de donner des
équifitions aux troupes de ligne & aux gardes naiionales,
endant tout le temps que durera le fiège du Port-auPrince. Si vous avez défendu à toutes les municipalirés de
Oueft d'exercer leurs fonctions & de donner des réquiliions; affuurément vous avez aneanti ilcurs tonctions; il talloit
onc une autre autorité; & puilque la municipalité, pour
béir à votre proclamation, a sbandonné fes fonctions >
affemblée de. commune a bien fait de les prendre : elle a
ien fait aufli de cefler ces fonétions, lorfque la municipalité
repris les fiennes. Je ne vois rien la de- criminel.
Sonchonax : Il femble, d'après les colons, que les fonctons des municipalités fuffent bornées à faire agir des
ailitaires; mais ce n'elt pas du pouvoir réquilitorial
agit, c'eft des actes de la
i
municipalité pour ordonner que
3s troupes conduites par les commilfaires civils entreroient
ans la ville
y. retabilr l'ordre, & arrêter les
rincipaux Inakoer qui depnis fe font réfugiés à la Japaique, ou ont été embarqués pour France. La municialité a eu fi peu de raifon pour abandonner fes fonétions,
t les a fi peu abandonnées, que c'eft dans les jours de
rife, que c'eft dans les jours les plus terribles qu'elle a
ldlibéré, & que fi l'effet de fes délibérations a été nul,
Tomc VII. Soixante-dixizme liyraifon,
Y
Inakoer qui depnis fe font réfugiés à la Japaique, ou ont été embarqués pour France. La municialité a eu fi peu de raifon pour abandonner fes fonétions,
t les a fi peu abandonnées, que c'eft dans les jours de
rife, que c'eft dans les jours les plus terribles qu'elle a
ldlibéré, & que fi l'effet de fes délibérations a été nul,
Tomc VII. Soixante-dixizme liyraifon,
Y --- Page 330 ---
: 326
été
de fe faire entendre par u
c'eft qu'il lui a
impoffible Borel & fes adhérens. -
troupe de feditieux ameutés le II, par le 12 & leis. Ces journé
municipalité a délibéré
lePort-au-Prince. Si clie
ont été les plus terribles de pour crife, à plus forte raifon da
délibéré dans ces jours Jamais nous ne Jui avons oré
ceux qui ont précédé. fes concitovens à fe foumettre aux délégu
droit d'engager lois de la
jamais nous ne lui avo
& aux
République; la garde nationale, & le con
ôté le droit de requérir de tirer fur les vaiffeaux de la Rép
mandant de ceffer
contraire contrarioit la municipalité
bliqus:l la commune au
rien à tout cela, par
Senac : Citoyens, je ne répondrai La municipalité a continué 1
que cela ne finiroit pas. &aucun citoyen ne l'a entouré
fonctionsles II, 128 Ii, les troupes n'étoient pas à la mu
car dans ces journées avoit
les femmes. Il avoit bien
cipalirt, il n'y
que iln'avoit pas . choifi de préf
polte: eala municipaliné.mais le dit Sonthonax, parmi les faétieux;
rence, comme
avoit de gardes nationales.
étoit compofé de ce bien qu'ily libre de taire ce qu'elle vonloir
municipalicé revenir étoit tout à T'heure: Sonthonax, pour
vais y
de fermentation au
fom
qu'il y avoir alors beaucoup quil avoit dû diriger contr'alle tou
Prince, fevérie pour-prouver maionale, a produit la déclaration' d'Alain,
la
de Pelet. D'abord il faut vous dire qu'Ala
linterrogntoire
eft un homme fort pulil
prosureur da Porean-Prince, n'aime pas le bruit, & ami
nime, un homme qui Alnin, voyant qu'il n'y avoit rien
T'ordre & de la paix.
après avoir fait tout ce 0
gagner fur les commiflaites, les faire revenir, crat, le 12 av
dépendoit de lui pour
du Port-au-P Prince faite F
1793, après la canomade devoir fe. rendre auprès du citoy
Polverel & Sonthonax, alors à la Croix-des-Bououerse I
Lalalle, commandant Zik, Lafalle aceueillit aflez bi
rivé là avec le conduire ciroyen à bord de Pmérict, où il
Alain & le fit
prifonnier. Alain, procureur
dès lors détenu comme le temps qui a précédé les troubk
la commune pendant troubles mêmes, avoit tout fait pour Prouv
& pendant les
civils qu'il vouloit le rérabliféenient
aux commilffaires On vous a rendu compie de toutes les adreiles
lordre.
commandant Zik, Lafalle aceueillit aflez bi
rivé là avec le conduire ciroyen à bord de Pmérict, où il
Alain & le fit
prifonnier. Alain, procureur
dès lors détenu comme le temps qui a précédé les troubk
la commune pendant troubles mêmes, avoit tout fait pour Prouv
& pendant les
civils qu'il vouloit le rérabliféenient
aux commilffaires On vous a rendu compie de toutes les adreiles
lordre. --- Page 331 ---
prt-au-Prince aux commiflaires civils; on vous a dit que
n n'avoit été négligé, & cela eft vrai. On vous a
it une adretle de tout le commerce du Port-an-Prince, prorellée à Polverel & Sonthonax; & pour détruire cette
retle, Sonthonax a apporté l'interrogatoire fubi par Pelet,
a des plus gios négocians du pays. Il eft bon de rendre
mpte des morts qui ont déterminé l'arreftation de Pelet.
Au moment où Sonthonax & Polverel entrent au Fort-
-Prince, ils demandèrent l'auteur de l'adreffe; le ccmmerce,
1 ne vouloit pas le compremerire, ne le nonma Fas;
Her, officier municipal, courageux alors, fe prefen:a à
commiflion civile, & ditaSonthenax: Vous dcmandez l'auar. de l'adretie du commerce, vous ne le favez
&
bi je m'en déclare l'auteur. Sur-le champ Pelct Marss conit en prifen, on-lui fit concevoir les plus grandes craintes
r fon fort, & on lui fit dire, dans un interrogatoire,
ila avoit eu la foiblefle de fervir en cela un' parti auquel
avoit toujours éré parfaitement oppofé. Cet interrogatoire
poftérieur à l'arrivée de Polverel au Port-au-Prince.
Hlet, pourfuivi par les commiflaires civils, dit enfin: C'eft
ain qui eft l'auteur de l'adreffe du commerce, & je ne
is pour rien dans les expreflions attentâtoires à la fouraineté nationale qu'elle renferme. Dès lors Alain eft
carcéré de plus fort fur le vaifieau América, de Pelet
: de prifon. Sonthonax a lu la déclaration d'Alain
ouver, a-t-il dit, qu'il y avoit des factieux au
mais ou
afseE
ince;
Alain a menti lorfqu'il a fait l'adreffe du
mmerce, ou il a menri lorfquil a fait fa déclararion,
il étoit alors aux fers. A Tépoque où l'adreffe fut faite,
mouvemens qui avoient lieu étoient déterminés par la
oclamaciondu 21 mars, & Alain partageoit ces mouvemens.
à cette épeqtie il étoit libre, il a pu faire l'adrefie
mme il l'a voula; il eft conftant que fa déclaration faite
Aérieurement & dans les fers, eft un ouvrage articulé
rla terreur du défefpoir. Alain, comme je vous l'ai déja
5 étoit un homme pufillanime; il a voulu fe fouftraire
X mains de Poivere!, &, pour fe fauver, il a fait la
claration dont on vient de vous faire leéture. Je vous
mande s'il eft poflible d'avoir de la confiance dans la déaration de Pelet, s'il eft pofible de confidérer fon interY 2
, eft un ouvrage articulé
rla terreur du défefpoir. Alain, comme je vous l'ai déja
5 étoit un homme pufillanime; il a voulu fe fouftraire
X mains de Poivere!, &, pour fe fauver, il a fait la
claration dont on vient de vous faire leéture. Je vous
mande s'il eft poflible d'avoir de la confiance dans la déaration de Pelet, s'il eft pofible de confidérer fon interY 2 --- Page 332 ---
rogation comme devant détruire l'adreffe du commerce;
faudroit pour cela wapporter aufli la déclaration de tout
commerce, pour appuyer cellcs d'Alain kk de Pelet.
demande à Sonthonax s'il a quelque chofe à répond
à cela.
Sonthonax : Je commence par rétablir un fait altéré
Sénac; il prérend que la déclaration d'Alain avoit été A
après l'interrogaroire de Pelet; cependant s'il s'étoit don
la peine de lire les dates, il auroir vu que la déclarati
de Pelet eft du 17 avril, &c*que linterrogatoire eft du
1 donc la déclaration eft antérieure; donc Alain ignoroit alc
que nous fuflions inftruits quileroirtédadkeur deladrefle,
Alain étoit à bord de América N il a parlé fuivant
conicience; il étoit prifonnier il eft vrai, mais quoi!
déclarations des prifonniers (ont-elles nulles? & dans u
confpiration, les déclarations des prifonniers prévenas
complicité nè peuvent - elles pas icrvir à éclairer fur
vériré des faits? Si vous érabliflez des doutes fur l'authe
ticié de la déclaration d'Alain, , lifez celle de la. mu
cipalité du Portau-Prince, qui déciare qu'elle n'a jam
été Ebre dans ces jours d'alarmues oà Borel & fa facti
commandoient dans cette ville; vous avez vu dans
ades de la'municipalité que j'ai préfentés, vous y avez
les mêmes faits que dans celle d'Alain. Or, 6 ces fa
font arteftés par une municipalié qui déclare qu'elle
pas été libre quand les fadieux la commandoient 5 fi
faits font les-mémes que ceux d'Ainin, comment pouve
vous révequer en doute ce que dit Alain, puilqu'Al
n'a fait que dire ce qui eft dans les avrêtés de la muni
palité, ce
Sénac a avoué lui-mème. Car Sénac a
quil y Candiry ln complot pour ailafliner les hommes
couleur dans la partie de IOueft, & Alain dit auifli g
avoit uil complot dirigé par Borel contre les horan
y de couleur; je m'en réfère denc à ce quie j'ai dit à
égard dans le cours de Ja dicuflion; je m'en réfère. . dd
à
des délibérations de la 11
aux pièces produites donc T'appui
en doute ce
sicipaliré: CR ile, peut
pas révoquer
a été dit par Alain. D'ailleurs, je viens de pionver
la déclaration d'Alain étoit antérieure à Tinrcrrogaroire
Pelet qui nousarévéle qu'Alain eftrédadteus deladrelle,
ard dans le cours de Ja dicuflion; je m'en réfère. . dd
à
des délibérations de la 11
aux pièces produites donc T'appui
en doute ce
sicipaliré: CR ile, peut
pas révoquer
a été dit par Alain. D'ailleurs, je viens de pionver
la déclaration d'Alain étoit antérieure à Tinrcrrogaroire
Pelet qui nousarévéle qu'Alain eftrédadteus deladrelle, --- Page 333 ---
Thomas Millet : Sonthonax vient de dire que la munipaliré du Port-au-Prince n'étoit pas libre dans les journées
es 11, 12 & 13 avril 1793, qu'elle étoit dominée par
ne foule de faétieux.
Sonthenax: Je n'ai pas dit cela.
Th. Millet : Par Borel & fa faétion, cela revient au
ème. Je prie le citoyen préfident de demander à Sonhonax quel jour il a fait emboffer les vaifleaux devant la
lle du Port-au-Prince.
Sonthonax : D'abord je n'ai pas dit que la municipalité
t avoué qu'elle n'étoit
libre dans fes aétes des II,
2 &13 avril 1793. Fe dit
dans un acte poftérieur
notre entrée elle avoit aadtr qu'elle n'étoit pas libre.
rélulte que Borel vencit, le fabre à la main lui commander
Ps arrêtés; que Binfle & Borel étoient les
furieux de tous
eux qui compoloient cette troupe 5
s'oppoloient le
taler
lus vivement à l'exécution des aétes de la municipalité.
e crois
les vaifleaux ont été emboliés fur la vilie le
ou le ge avril.
Th. Miller : Il en réfulte donc que les II, 12 & 13, la
unicipalité étoit aufli en prifon; donc à cette époque la
hunicipalité du Port-au-Prince n'étoit pas libre; & G elle
e l'étoit pas, c'étoit du fait de Sonthonax
avoit fait
ointer les canons des vailfeaux fur la ville: en réfulte
onc qu'elle éroit, dans les journées des II, 12 & 13,
haitrifée par les canons prèts à faire feu fur la ville,
omme après l'entrée de Polverel & Sonthonaux elle fut
haitritée par la terreur qui étoit entrée avec eux.
Sonthonax: : J'avoue avec vous que la municipaliré du
Port-au- Prince n'a pas été libre depuis le 7 ou 8 jufqu'au
our de notre entrée dans cette ville. Mais comment voulezrous que ce défaut de liberté fàt du fait des commiffaires
ivils qui étoient hors de la ville ? Quels devoient être les
idtes de la municipalité du Port-au-Prince, fur la fomnation qui lui avoit été faite par le gouverneur général?
Ces actes, fi elle avoit été libre, devoient être d'obéir
lux commiffaires civils, puifque les lois des 22 juin, 4
avril & 17 août 1792 lui en faifoient un devoir. Voulez-vous
prétendre qu'elle étoit libre? elle n'en fera que plus coupable. Si elle étoit libre au milien des facieux, elle étoit
Y 3
fur la fomnation qui lui avoit été faite par le gouverneur général?
Ces actes, fi elle avoit été libre, devoient être d'obéir
lux commiffaires civils, puifque les lois des 22 juin, 4
avril & 17 août 1792 lui en faifoient un devoir. Voulez-vous
prétendre qu'elle étoit libre? elle n'en fera que plus coupable. Si elle étoit libre au milien des facieux, elle étoit
Y 3 --- Page 334 ---
civ
complice de ceux qui ont refufé aux commilfaires la liberté, no
V'enrée de la ville; fi elle n'avoit pas
devions la lui rendre en entrant de forceau Port-au-Prince. c'eft la d
Se.ac : Il y a une autre fait l'attentat bien ellentiel, qui a, dit-il,
claration de Rebel Geniy Perlonne fur
de nous ne connoit
projeré contre c'eft Polverel. un homme du Port-de-Paix qui
Rebel Geurys
devoit porter
entendu dire au Por-au-Prince m' qu'on 'étonne que Sonthon
Polverel une main facrilège; homme je
le confronter at
n'air pas fair arrèter cet
pour fur un fait au
auteurs de ce prétendu projet: quend informe d'un homn
grave on ne produit qu une pièce
une gran
qui n'eft pas connu, On ne doit pas elpérer
confiance.
n'eft
le feul qui ait don
Sonthonax : Rebel Genty
pas couroit Polverel;
des renfeignemens fur les dangers que Gajac, Catinor,
fait eft encore attefté par les citoyens far le mêmé fait, Rudeva
lon pourroit encore entendre, VARrce, qui lui-mème a d
commandant de la frégate
T'avertir
s'il vend
péché fon canot à Polverel, allalliné. pour Rudeval en Franc
par terre il étoit fàr confeil, d'ètre il revint par mer fur la frèga
Polverel fuivit fon la-deffus je n'ai inculpé perfonne;
la Fine. D'ailleurs, inftruire de procédure, parce que les cor
n'ai point fait lorfqu'il sagifloit de ce qui leur étoit pe
miffaites civils, s'oublier eux-mèmes.. Un atientar diri
fonnel, favoient
ne devoit être puni, fuiva
contre nous perfonnellement lorfqu'il étoit dirigé auli contrel la sûreté
nos principes,
n avonadonnéaucme fui
la République. Van pourquoinonsr d'aflaflinar médiré contre Polvere
à la dénonciacion du projet du Port-au-Prince y a fupplée en dénot
mais clie la municipalité même aux tribunaux non pas ceux qui avoient proje
çanr d'affailiner Polvercl, mais tous les zuteurs, faureurs dans 1
compl ces des troubles caufés au Pore-at-Prince
mois de décembre 1792 jufqu'en avril du Port-an-Prince 1793.
à C
Voici l'arrêté de la nunicipalité
égard.
Dey: La date? Il eft du
avril 1793Son'ho ax :
Clatjon : Toujours des"a actes poférieurs, --- Page 335 ---
Sonthonax : Ce font des aétes faits par la municipalité du
brt-au-Prince loriqu'elle fut délivrée de' l'appretlion des
Sicux, & qu'elle nous les a fait connoitre par une lifte
hi doitètre dans les papiers de Polverel; ; car ,je le répète >
éroit lui qui étoit chargé (pécialement de tout ce qui CO11moit la ville du Port-au-Princes & il eft facheux
la
ort m'ait
de lui au moment où il auroit pu
Somit
privé
Fsrenfcignemens fur cet objet.
loriqu'elle fut délivrée de' l'appretlion des
Sicux, & qu'elle nous les a fait connoitre par une lifte
hi doitètre dans les papiers de Polverel; ; car ,je le répète >
éroit lui qui étoit chargé (pécialement de tout ce qui CO11moit la ville du Port-au-Princes & il eft facheux
la
ort m'ait
de lui au moment où il auroit pu
Somit
privé
Fsrenfcignemens fur cet objet. Duny: : Je voulois dire que le mulâtre Rebel Genty avoit
Elerté du Port-de-Paix il y avoit dix-huit mois, en emmehnt des mulets chargés de marchandifes appartenant au ciColas: on n'en avoit jamais entendu parler 5 & c'eft
EReai qui l'a déterré pour faire cette déclaration-là. Sonthonax : Avez- vous quelques preuves du fait articulé
ontre Genty? Th. Millet : La notoriété publique. Sonthonax : La notoriété publique des colons ? Sénac : Il eft inutile de réfuter les actes produits par Sonnonax venant de fa municipdlicé du Port-au-Prince j ces
es étant poftérieurs à leur entrée > ils ne font faits & fignés
ue par ceux que Sonthonax avoit confervés; car fept offiiers municipaux &c le procureur de la comune étoient emarqués & aux fers quand .ces actes ont été "faits. Le procèserbal du 12 avril porte que les mouvemens du Port-au-
'rince ont été déterminés par la proclamation du 2I mars
la letire des hommes de couleur," fignée à Saint-Marc le
o mars 1793. Si ces deux motifs-là ont déterminé le fort du
ort-au-Prince, il en réfulre que le Port - au - Prince étoit
anquille avant que Polverel arrivât, & que les hommes de
ouleur & lcs blancs vivoient très-bien enfemble. Les homaes de couleur dela vilie du Portan-Prince, malgré la
lamation du 21 mars & la lettre des hommes de couleur
ards
ainr-Marc, n'ont
quitté lePortau-Paince; ils font refés avec les AatLtu & Faifoient le fervice aux différens
poftes, tandis que Polverel & Sonthonax canonnoient la
ille; ils ont eu leurs femmes & leurs enfans tués avec les
houlets de Polverel & de Sonthonax; & ceites ils n'ont
feule vexation de la
des blancs. Si
f:
fe plaindre d'une
part
Y
--- Page 336 ---
332 voulu aux - hommes de cou
ville du Por-au-Prince en avoit
Chanlatte
Jeur, elle n'auroit pas eu dans fa municipalité dirigeoi
parent & ami de Chanlatre de Sainr- Marc,, qui
n
le fer & le feu contre le Por-au-Prince; défie ce Chanlatte Sonthonax d
été ni pourfuivi ni vexé. Eh bien! je
prouver que tous ces hommes de couleur 'pendant au Porr-au-Prine le temps que
aient reçu la plus petite humiliaion les homines de couleur armés
Polverel'& Sonthonax, avec
C'étoit bien là 1
canonnoient la ville du Port-au-Prince.
parent & ami de Chanlatre de Sainr- Marc,, qui
n
le fer & le feu contre le Por-au-Prince; défie ce Chanlatte Sonthonax d
été ni pourfuivi ni vexé. Eh bien! je
prouver que tous ces hommes de couleur 'pendant au Porr-au-Prine le temps que
aient reçu la plus petite humiliaion les homines de couleur armés
Polverel'& Sonthonax, avec
C'étoit bien là 1
canonnoient la ville du Port-au-Prince. le monent de fe déclarer contr
moment de larécriminarien, iembloit devoir fervir à la deftruction desblanes
une eh bien! race qui ils n'en ontrien fait, il les ont chéris, ils los on
Polverel & Sonthonax on
gardés, & ce font ceux-là que
expulfés. Sonchonax: Si les hommes de couleur qui font reftés dan fu
la ville'da Port-au-Prince dans ce momen-la conciliarion cnt été en de
reté, ils n'ont dûx leur fureté qu'alefpit de & traité avec
négocians du Port-au-Prince, qui'ont confpiré
Jes faétieux ; qui, au moyen, de 66,000 liv, en efpèces, Bo &
de 2 ou 300,000 liv. en ketres-de-change, ont à la renvoyé Jamaique
rel & 2 ou 300 de fes affidés, qui Qnt pallé le
fous l
après avoir forcé un capitaine francais , pifcler été
gorge, de les, y conduire. Certes il n'auroit les hommes pas
pruden de cou
aux factioux du Port-au-Prince d'égorger la majorité des troupes qui
leur du Port-au-Prince, lorfque
d'hommes de cou
étoient à leurs poftes, étoit compofce
d'hommes de
leur: elle n'étoit pas exclufivemen compofée des 14
de
couleur, parce que les gardes natonales diftinétion de paroitfes couleur;
T'Oieft avoient éré convoquées fans armée s'cft trouvée comc'eft le hafard qui a fait
cette de
parce que les
pofée en majorité RELSE
couleur,. foumis aux lois
hommes de couleur étoient beaucoup
blancs de ces 14
&
autorirés que
Nrt
de la République aux la faction Borel,
la faction qui
paroilies, à Jacmel, menés par & qui avoit fait fermer Pes portesau comrégnoit millaire civil. Senac dit que les boulets ont tué des hommes
& 'des femmes de couleur; il faudroit rapporter la preuve,
qui ne feroit rien en elle-même, car ce ne feroit jamais
mais cela ne détruit pas ce que
E
les hafards de la guerre 5
&
autorirés que
Nrt
de la République aux la faction Borel,
la faction qui
paroilies, à Jacmel, menés par & qui avoit fait fermer Pes portesau comrégnoit millaire civil. Senac dit que les boulets ont tué des hommes
& 'des femmes de couleur; il faudroit rapporter la preuve,
qui ne feroit rien en elle-même, car ce ne feroit jamais
mais cela ne détruit pas ce que
E
les hafards de la guerre 5 --- Page 337 ---
ncé,
la faction qui régnoit au Port-au-Prince dans
de l'armée de la
ATER
République
pita
Aiaufidie
ntions contraires à l'intérêt de la
puilque.
chefs de cette faction ont paffé à la
pour y.
VTeSS
citer l'invaiion de la colonie par les Anglais.
enac : Vous avez dû voir que tous les motifs allégués
Sonthonax pour juflifier la proclamation du 21 mars Iont
ffifans pour l'étayer, & fur-tout pour canonner de la ville faits
PoreauPrince; vous avez vu quilny avoit
févir ainfi contre la ville E Port-auz puillans pour eft bon de faire remarquer, c'eft
nce 5 mais ce quil n'étoient point ceux qui engageoient 20E
s ces morifs-là Sonthonax à
des mefures févères contre le
el &
il prendre exiftoit là l'intention bien prononcée'
t-an-Prince,
xécurer la loi: l'affemblée coloniale projetée > la forma-1
de l'allemblée électorale pour l'envoi des députés à la
n
nationale, Tunion intime des hommes de cou-.
r& invention des blancs, ent été les feuls motifs qui ont déterminé
proclamation du 21 mars & la 'canonnade du Port-auSonthonax. fur les déporince. Je mandtemt-iaf-peads fans doute dans desi dérails fur
ions, parce qu'il entrera il annoncera quelles font tles preuves
quil les adéterminées; la
de plufieurs d'entre nous.
u ont occalionné déportation
Claulfon : Pour réfumer la dilcuflion de Sonthonax fur la
nonnade du Port-au-Prince, 5 je dis qu'il n'a mis en oppoion à toutes les pièces que nous avons citées que des actes
lendiés, arrachés à la terreur par la viglence,- &c pofté-
:urs à la canonnade &c à fon entrée au Poreau-Prince; fur je
s que Sonthonax n'a produic
des allégations
lat
érendue fermentation qui endite au Port - au - Prince : il.
en a exifté tout au plus que depuis fa proclamatien 'du 21
hars; car vous avez vu par les adrefles des' municipalirés
rconvoifines, qui ont bré faites à Sonthonax, qu'elles lui
ndiquoicnt que la réunion étoit parfaire au Portau-Prince,
s'il y avoit des factieux il n'avoit
C lui demandoient que
u'a les défigner.
Sonthonax : Clauffon dit que jen'ai produit, relativemens
du
que des actes mendiés &
L la canonnade Port-au-Prince,
Tome VII. Soixante-dixiame livraifoz.
X;
irés
rconvoifines, qui ont bré faites à Sonthonax, qu'elles lui
ndiquoicnt que la réunion étoit parfaire au Portau-Prince,
s'il y avoit des factieux il n'avoit
C lui demandoient que
u'a les défigner.
Sonthonax : Clauffon dit que jen'ai produit, relativemens
du
que des actes mendiés &
L la canonnade Port-au-Prince,
Tome VII. Soixante-dixiame livraifoz.
X; --- Page 338 ---
arrachés par la terreur : quelle étoit donc cette terreur
auroit empèché les çitoyens de France, parler à la cette crainte époque de v
érainte d'étre embarqués manière pour fore porter leurs plaintes & I
en. doléances France 2 d'une Certes, fi ces hommes avoient été fi patriote
fi républicains, ils avoient une belle occalion pour fe ver
des commiffaires civile, puifque ceux-ci les envoyoient
Convention narionale, alsquelle ils pouvoient fe plaindre
a-t-il eu une feule exécution de faite au Port-au-Prince: aj
notre enurée : y a-t-il eu une feule infulte faite aux citoye
Clauffon a dit, dans une des dernières (eances, moi-mén qu'ona
infulté fon époufe : a-t-il prérendu Claufion. m'inculper La citoyenne Cla
Voici le fait fur Ja citoyenne
fe
à la cc
fon, après que fon mari fur arrèté, amenée préfents le citoyen Bal
miflion civile, elle m'a été
foldée par de Saint- Doming
capitaine de la Claullon garde nationale venoit folliciter la liberté de
La citoyenne
vous rempliflez un
mari; je lui ai répondu S la Ciroyeune, libcité de votre mari, mais je
voir facré en follicirant la refufant; Clauflon eft un des factieux
le mien en vous il
aller en France rendre com
Port-au-Prince, , La partira pour Clauffon fe retira: elle avoi
de fa conduite. citoyenne lorsd de mon dernier féjour au Port
étéi infultée, que,
tous les jours voir U
Faet elle venoit au gouvernement Polverel. Je pafle à t
citoyenne qui y avoit été logée a dit
avoit info
autre inculpation de Verneuil; BE
le
R
fon époule. La citoyenne Verneuil vint St général de fa bel
chambeau ouj'étois alors; elle étoit accompagnée la citoyenne V
farur & de fes enfans. Je n'ai point vu
étoit in
neuil; je. luiai fait dire
un liberté aide-de-camp de fon mari, quil que ce
tile qu'elle vint folliciter Pi
pour Fran
liberté lui feroit refufée; que Verneuil partiroit
Je n'ai pas vu la ciroyenne Verneuil; 3 jai eu occalion depi
. -de lui rendre juftice à Saint-Marc relativement à un citoy fon h
qui avoit abufé de fa confiance; c'étoit le gérent moi de deux (
biration. La citoyenne Verneuil fe envoya à vers moi des vexatio
toyens du Gros Morne pour plaindre l'ai fait arrêter 5 j
que lui faifoit éprouver ce gérent. Verneuil. Je Jen'ai infulté qui
rendu juftice à la citoyenne
infulté fa belle-faur :
ce foit, Daubonneau dit qu'on a
Saint-Marc relativement à un citoy fon h
qui avoit abufé de fa confiance; c'étoit le gérent moi de deux (
biration. La citoyenne Verneuil fe envoya à vers moi des vexatio
toyens du Gros Morne pour plaindre l'ai fait arrêter 5 j
que lui faifoit éprouver ce gérent. Verneuil. Je Jen'ai infulté qui
rendu juftice à la citoyenne
infulté fa belle-faur :
ce foit, Daubonneau dit qu'on a --- Page 339 ---
qu'elle eft venue folliciter fa liberré, Je
bonneau; je n'étois pas au Port-au-Prince n'aijamais vu Daubarqué pour France, je n'y ai jamais été lorfqu'il fut emen prifon, je n'ai jamais vu fa faeur. Je pendant le qu'il étoit
bonneau de dire fi fa faur a été infulée prie ciroyen Dauelle l'a été par d'autres perfonnes.
par moi, ou f
Daubonneau : J'ai dit, & cela eft vrai,
les
qui alloient réclamer la liberté de leurs maris que
femmes
frères, 2 éieient infultées à la commiflion
ou de leurs
ma faeur l'a é:é; je n'ai pas dit que ce fur civile; j'ai dit que
parce qu'il n'y étoit pas; elle l'a été par
par Sonthonax,
tendrai pas davantage parce
eft Polverel. Je nem'équ'il
mort.
femme Yamenil: & Sonthonax dit
eft faux
ait
ma fceur. Il eft guis étrange
infulté ma
guand il me fit arrêter, ma
oublié
te
Sonthonax &
femme & ma faur allérent aez
tomber à leurs Rochanbenu: od
qu'elles fe font abailfesjulqu'a
les plus
pieds, l'une & l'autre ont reçul les injures
proférées. humiliances; c'eft Sonthonax lui - mème qui les a
Senac: : La mienne a été chaffée du
commiffaires civils.& le général. J'érois gouvernement par les
Prince quatre jours.après l'entrée de Sonthonax. caché au Port-auSonzhonax : Avez-vous des preuves que ce foit moi?,
lettres Senac : Par les commiffaires civils & le
de mon époufe.
général: voilà les
Sonthonax : Avez-vous des
ordres? Si vous me rendiez juftice, preuves que ce foit par mes
loin que j'aie infulté les femmes des vous conviendriez que, 3
mes ordres qu'ils font fortis de prifon prifonniers, : dans
c'eft
difcuflion il vous fera
le cours de M
ai fait fortir
prouvé qu' en moins de huit
525; férois donc bien loin
jours j'en
qui venoient. folliciter la liberté de leurs d'infuler les femmes
frères. Verneuil confirme la déclaration maris ou de leurs
clare que je n'ai jamais vu fa.femme ni qu'il a faite. Je dégnore ce que Rochambeau lui a
mais fa belle - faeur. J'iqu'elle s'eft préfentée au général, dit;
je fuis (ûr que lorfRochambeau. Je ne fais
j'étois dans le cabiner de
pas ce qui s'eft pallé entre Ja ci-
ient. folliciter la liberté de leurs d'infuler les femmes
frères. Verneuil confirme la déclaration maris ou de leurs
clare que je n'ai jamais vu fa.femme ni qu'il a faite. Je dégnore ce que Rochambeau lui a
mais fa belle - faeur. J'iqu'elle s'eft préfentée au général, dit;
je fuis (ûr que lorfRochambeau. Je ne fais
j'étois dans le cabiner de
pas ce qui s'eft pallé entre Ja ci- --- Page 340 ---
Verneuil & Rochambeany Rochambeau étoit inca-,
royenne de linfulter. Quantà mei, , je délie Verneuil de
pable:
d'iniulte qui me foit
Il - y a
il
ver un fait
perfonnel.
uRR
exifte ici plufieurs perfonnes
étoient auprès de nous au
moment od la citoyenne VALE s'eft préfentée,, & elles affirmeront
je ne Tai pas vue, que jamais je n'ai rien eu à
démèler avec que elle, fi cen'eft pour lui faire rendre jultice relativement à fon gérent & aux vexations qu'elle avoit
éprouvées.
Lc préfident : Tant que vous ne donnerez pas des preuves,
de ces faits, cela' ne peut avancer en rien la difcuflion.
Vereuil : J'apportérai les lettres de ma femme.
Clanfon : Et le témoignage de deux mille perfonnes qui
font' ici.
Yerneuil : Sonthonax a fait plus : lorfqu'il a 'fu
le
France je l'avois accufé devant la Convention, & que
ET
pourfuivois de toutes mes forces (il me connoilfoit allez obrenu pour
être fûr que je ne quitterois
prife que je n'euffe femme
die fe venger, , & ma
fut
juftice ); Sonthonas.réfolut. devoit être
avec fa faeur &
avertie à temps qu'elle
capturée de fuir.
fes' enfans, ce qui les contraignit
Lc préfident : Voilà toujours des faits fans preuves.
Sonthonax : A quelle époque fe font paflés ces faitse
Yerneuil: Immédiatement avant l'incendie du Cap.
Sonthonax : C'eft avant l'incendie du Cap,. pendant moa
féjour à Saint-Marc, que j'ai eu occafion de rendre juftice
à la citoyenne Verneuil lors. de fa plainte contre fon gérent.
Je déclare...
Verneuil: Si la commifion veut y'irai chercher mes lettres.
Le préfident : Il falloit les apporter.
Perneuil: Je ne pourois pas prévoir que Sonthonax, el
parleroit. Sonthonax : Je déclare qu'en aucune cecaficn je n'ai in
la femme de Verneuil; je renoufulté perfenne, > & fur-tout
velleici cettelalleriion. 4
-
Verneuil lors. de fa plainte contre fon gérent.
Je déclare...
Verneuil: Si la commifion veut y'irai chercher mes lettres.
Le préfident : Il falloit les apporter.
Perneuil: Je ne pourois pas prévoir que Sonthonax, el
parleroit. Sonthonax : Je déclare qu'en aucune cecaficn je n'ai in
la femme de Verneuil; je renoufulté perfenne, > & fur-tout
velleici cettelalleriion. 4
- --- Page 341 ---
Claufion : Je demande que la commiflion interroge tous
iéiugiés. Quant à ma femme, Sonthonax dit qu'il ne l'a
S cfienfée; elle a l'ame trop fière pour fe croire offenféa
S infultes d'un tyran.
Le préfident : A l'ordre!
Sonthonax : Il me feroit facile d'humilier Clauffoa fur cet
ticle.
Le préfident : A l'ordre!
Sonthonax : J'ai été infulté; mais il faut aller à l'éclairlement des faits.
Sénae : Je
le citoyen-préfident d'interpeller Sonthonax:
déclarer "t a connoiffance qu'au Port-au-Prince, le 15
eil 1793,j je lui ai fait paller un mémoire fur la polition
Port-au-Prince.
Sonthonax : Je n'ai vu aucun mémoire de la part du ciyen Senac. .
Senac : Pour prouver que jai fait paffer des inftructions
IX commiffaires civils, je vais vous lire la lettre de Piquerd, fecrétaire de la commiflion civile.
(Il lit.)
xtrait des minutes dépofées en la chambre du vice-confiula: de
Baltimore.
s MoN CHER SENAC,
>> J'ai communiqué votre lettre & vos notes aux eommifires, il les ont lues avec attention. La plaie eft encore trop
aiché & la prévention rrop ferte fur votre compte
pérer de fuite un changement fubit dans votre fert; pous
: défefpérez de rien, tenez - vous toujours caché jufqu'a
puvel ordre, & comptez que je fuis au-deflus de toutes les
lomnies que I'on a débirées fur votre compte, même à'
on Lgard. Piquénard eft indigne de récrimination, & ne
pnnoit que la, juftice. Oui, je ferai tous mes efforts pour
bus tirer de l'abyme où vOs ennemis vous ont plongé,
ubit dans votre fert; pous
: défefpérez de rien, tenez - vous toujours caché jufqu'a
puvel ordre, & comptez que je fuis au-deflus de toutes les
lomnies que I'on a débirées fur votre compte, même à'
on Lgard. Piquénard eft indigne de récrimination, & ne
pnnoit que la, juftice. Oui, je ferai tous mes efforts pour
bus tirer de l'abyme où vOs ennemis vous ont plongé, --- Page 342 ---
farisfait
je vous faurai libre. Adieu
je ne ferai cher Sénac: : que ii vous lorfque eufliez pu mieux me connoitre
mon
certainement pas témoigné tant de refro
vous ne m'eufliez
diflement dans le temps.
; notre vie eft un tiffu d'ame
3> Courage plascheureux & perfévérances eft celui qui en a le moins. C'eft er
tumes:le l'affaire de luitjours, & les commiflaires vous rendror
core
Audeflous eft écrit I
juflice. Touràvous. deuxième Signé, de Piguenard, laR
Au dos eft encor
avril 1793.7an
pabigue.
écrit:. Au citoyen Sénas, ai Port-au-Prince.
d
la lettre ci-deffus
citoyen Sénac y
>> A été dépofée
parle de Baltimore,
nommé, en la chancelle.ie du vice-confulat françaife une &i
12 février 1794, l'an II de la République recours au befoi, & a fign
divifible, & pour parlui y avoir
avec nous chaticelier.
>3 Signés SENAC, & Y.MAGNAN.
9> Collationné, Signé, Y. MAGNAN.
Moiffonnier, vice-conful de la Répub!
153 Nous François dans l'état du Maryland, réfidant à Balamore
que françnife
que la fignature de T'aui
certifionsà tous qu'il appartiendra, Y.
notre chancelier 2
part eft celle du citoyen à Magnan, tous les actes
fignera èn cett
que foi doit être ajoutée
hors. En foi qu'il de quoi nous avor
qualiré, tanten jugement fervir que ce que de raifon, & y avor
figné le préfent
plus d'authenticité.
appofe le fceau du Mecnreurs pour
à
le 12 févric
> Donné en notre chambre, Bakimore,
1794,Tan deuxième de la République françaife.
>>
>> Signé, F. MOISSONNIER.
Affurément Piquenard a cormuniqué mes notes & me
lettres aux commillaires civils : Sonthonax & Polverel ontpe
fifé à me laiffer en détention.
de
Lc préfident : Cette lettre eft-elle tirée des archives
coromilion?
S.nac: Non, citoyen.
à
le 12 févric
> Donné en notre chambre, Bakimore,
1794,Tan deuxième de la République françaife.
>>
>> Signé, F. MOISSONNIER.
Affurément Piquenard a cormuniqué mes notes & me
lettres aux commillaires civils : Sonthonax & Polverel ontpe
fifé à me laiffer en détention.
de
Lc préfident : Cette lettre eft-elle tirée des archives
coromilion?
S.nac: Non, citoyen. --- Page 343 ---
Ic préfident : La commiffion ordonne qu'olle fera paraphée
lans la torme ordinaire, & que le cioyen Sénac en rémettra
ine copie certifiée de lui aux archives de la commillion.
Sonchonax : Je déclare que je n'ai poinr eu connoitfance des
némoires
Piquenard ditm' avoiradrelies au nom de Sénac;
e ne fais aa les a apportés à mon collègue Polverel; mais >
uant à moi, je n'en ai pas eil connoillance. Cen'eft pas tour:
'eft que tous les mémoires préfentés par Sénac n'auroient pas
mpèché quiln'edt préfidé la commune du Port-au-Prince
sendant quatre jours , pendant k canonnade du Port-auPrince. Si Sénac avoit prélidé la commune quia contranéla
nunicipalité dans toutes fes opérations, ilyavoit des motifs
our déporter Sénac en France: : c'eft la raifon pour laquelle
e me fuis déterminé à fa déportation. J'ai fair arrèter & emarquer pour France Clauffon.
Sénac : Je n'ai jamais été déporté.
So:thonax: : Clauffon a été iembre de la commune; Claufon a été membre du club dans lequelil fut arrèté de réfifter à
nain arméeaux commillaires civils. Voici une déclaration
e ne lirai
en entier,
eft
: ellc
OUE
pas
parce qu'elle tropl longue:
lu citoyen Gajac, qui accule Sénac & Claullon d'avoir dit,
ors de ma proclamation du 21 mars > qu'il falloit faire entrer
n ville tous les ouvriers de la plaine pour travailler aux fortiications, & qu'il n'yavoit que des boulets rouges & des boines qui puffent faire chafler cette canaille,c'eltaini qu'ils parbient des délégués de la République.
Sénac : De quelle date eft cette déclaration?
Sonthonax : Du 19 avril 1793.
S.nac : Je demande la parole.
Sonthonax: Je demande qu'elle me foit maintenue.
Lepréfdent : Sonthonax n'avoir pas encore traité les déporations > & il me paroit qu'il y eft dans ce moment-ci; & alors
Ifaut lui laifler terminer de fuite fa défenfe, faufà vous à répondre enfuite , à moins que ce ne fàr fur le matériel de la
ièce.
S:nac : Je vous déclare que je n'ai jamais entendu parlerde
Gajac.
ac : Je demande la parole.
Sonthonax: Je demande qu'elle me foit maintenue.
Lepréfdent : Sonthonax n'avoir pas encore traité les déporations > & il me paroit qu'il y eft dans ce moment-ci; & alors
Ifaut lui laifler terminer de fuite fa défenfe, faufà vous à répondre enfuite , à moins que ce ne fàr fur le matériel de la
ièce.
S:nac : Je vous déclare que je n'ai jamais entendu parlerde
Gajac. --- Page 344 ---
Sonthonax : J'aiordonné que Clauffon feroit embarq
France: Clauffon a été membre du club du Per-a
depuis le 21 niars
Euh
club
jufqu'au 12 avril; c'ef dans
qu'on a rédigé Fadrelle, foir aux quatorze parcifles
I'Cuelt, foit à moi, dans ie temps que jétois à Saint-Mar
Ces adrefles refpiroient la révolte conte l'autorité nationa
Claufion a éré membre de cette fociété, &, d'après l déc
ration de Gajac, a été le principal linftigateur de ces adrell
Cen'ef pastour: le II avtil 1793 veille de la canonnade,
factieux prefi: èrent d'un jour de répit que DOUS avons donné
la municipaliré pour travafller à rainenerl'ordre dans la vill
pcur amencr les habitansà la foumiflion, & iur-tout les fn
ueux à abandonperceteviley ils profirèrent, dis-je, de ce jo
derépir, , pour faire circuier dans l'armée commandée
gouvernetr-genéral, même parmi les équipages des
éroient en
tIa
qui
rade, une adrefle intitulée : c6 Les
3> compofantla commune duPortau Prince,aux
citoye
3,
ciroyens of
ciers, mariniers, foldats, & vous tous
sP mers pour la gleire de la République françaife. qui parcourez 30.
Cette adrelle eft revêtué de plus de detix cents
on
la colporroit dans tous. les pofles, & O1 forçoit fignarure de fign
ceux qui venloient s'éloigner de la révolte, ceux qui vouloie
l'entrée des commifaires civils ati Porc-au-Prince : elle
fignée Claulor & Sinac. Je leur communiquerai la piéce
que je ne ferai pas tranfcrire aux débats, pour ne pas along
Dans cette adreffe on dit que les comniffaires calomnient
ville du Port-au-Prince, que les foldats de la République dd
vent défobér. caux ordres quileur ont été donnés par les cor
milfaires civils; qu'ils doivent venir au milieu de leurs frèt
& abandonner les délégués de la République.
Clauf n : La leéture de l'adrefle.
Sonthonax la lit:
Les citoyens compofant la commune du
a
cit
marini
Por-a-Princes
yens
IS, officiers 3 foldats, matelots, & vous to
qui portct les armes 6 parcourex les mcrs pour la gloire de
République françaife.
a. Vous ne pouvez être abufés fur les calomnies que le cOI
miflaire Sonthonax fe plait à répandre contre une ville m
: La leéture de l'adrefle.
Sonthonax la lit:
Les citoyens compofant la commune du
a
cit
marini
Por-a-Princes
yens
IS, officiers 3 foldats, matelots, & vous to
qui portct les armes 6 parcourex les mcrs pour la gloire de
République françaife.
a. Vous ne pouvez être abufés fur les calomnies que le cOI
miflaire Sonthonax fe plait à répandre contre une ville m --- Page 345 ---
Furenfe, qui ne doitla perte de fes immenfes richeffes & de
s édifices qu'à fa haine contre les ennemis de la révolution,
parce qu'elle trouve fon bonheur dans la gloire & la magnicence de la République, fa mère-patrie. A bord deln merica,
bord des frégates de la République on met dans VOS mains
foudre dont on voudroit nous écrafer; on nous préfenre à
ous comme ennemis de la loi du 4 avril, & à chaque inftant
ni nous menace d'embrâfer cequi nous refte de maifons d'une
ille immenfe, & de nous enfevelir, dans notre défefpoir,
bus fes derniers décombres, avec nos femmes & nos enfans
chappés au fer des révoltés. Ah! frères & amis, cette loi du
avril a éré plus qu'exécurée; ceux
qui elle a été faite
tous l'affureront eux-mêmes. Les COSOre citoyens de couleus
ouiffent de tous les droirs que la narion françaife leur a accorlés; ils font au milieu de nous; ils font eux-mèmes pénétrés
les fentimens
nous vous adreffons; ils proteftent qu'ils
onr plus rien 1"'s obtenir pour l'exécution d'une loi exécurée;
kens' armantavee nouscontrefennemi commun , ils fe défefperent du fort dans lequel le projet monftrueux du commifaire Sonthonax va Jes envelopper; car, comme nous , ils ont
eur fortune & leurs propriérés dans ce qui refte de notre ville.
Comme nous, ils voudroient marcher contre les efclavesrévolés; & le befoin de repouffer l'opprellion qui leur deviendroit
tommune > leur a fait abandonner la défenfe des plus riches
poffeflions de la colonie, qui difparoiffent fous les Hambeaux
les efclaves révoltés. Venez donc un inftant au milieu de
hous; venez vous pénétrer de nos généreux fentimens pour
notre mère-patrie; venez vous convaincre par vous-mèmes
que notre affection pour la République eft fans bornes; &
lorfque vous aurez vu, lorfque vous aurez entendu, vous ferez
convaincus que nous ne favons qu'exécuter aveuglémentles
lois. Vous, nous aimerez; vous gémirez d'aveir. pu croire un
inftant aux calomnies dont on nous accable. Venez, uOS ennemis n'auron: plus de foutiens; vous ferczavec confiance nos
amis & nos frères, & a vous feuls la République devra le falut
dun pays dont toutes les richeffes font verfées dans fon fein.
33 Salar. 32
(Suivent deux cent quinze fignatures.)
uglémentles
lois. Vous, nous aimerez; vous gémirez d'aveir. pu croire un
inftant aux calomnies dont on nous accable. Venez, uOS ennemis n'auron: plus de foutiens; vous ferczavec confiance nos
amis & nos frères, & a vous feuls la République devra le falut
dun pays dont toutes les richeffes font verfées dans fon fein.
33 Salar. 32
(Suivent deux cent quinze fignatures.) --- Page 346 ---
Sénac & Clauffon font au nombre des (
Je remarque que
parmi eux eft aulli Rieni le jeune
gnataires;, je du remarque nombre der énigrés à la Jamaique, du nombr
lequelneté ont écrit de
qu'ils revenoient furle
de ceux qui
laJamaique, du serritoire de Saint-Domin
fottes anglaifes pour furpris, s'emparer fi, enparlant aux foldats, les fac
gue. Neleyez point
ont employé le langage partiotique
tieux du Portau-Prince féduire les troupes autrement qu'en leur pré
auroient-ils pu del la
& c'eft pour trahir la patrie, pou
fentant l'amour fur patrie? les plages de Saint-Domingue, quils 1
amener les Anglais
de
liberté, égalité, exécutio
fervoient des noms facrés eft bien patrie, ciair que cette adrefle contier
de la loi. Cependantil
dit aux foldats
des preuves palpables de révolte > puifqu'on au milieu dc nous.
Aiandonnet les commifaires civils, veniz
les inrérêts de la République étoient abandonnés parlarmée el
devenoient-ils Saint-Domingnes Alors ce parti qui
que
Bord
Sénac & Claufion étoien
HASECh
& de fes adhérens, ils fe avec font lequel bien gardés de prendre la parole
liés, fur lequels la torche à la main, embrafer la colanied
ce parti feroit venu, & cependant
nos foins la province d
Saint-Doningue :
La
opération des commilt
T'Ouefta été confervée.
Ltere
faires civils en entrant dans la ville du Port-au-Prince, aét
leurs foins versla phine du Cul-de-Sac pour fair
de diriger fur les ateliers les noirs infurgés. Il'n'a fallu pour cel
rentrer ni poudre, ni canons, ni fulils; il n'a fallu qu'exci
niarmes, les noirs à rentrer fur leurs ateliers; & ces hommes, aban
ter
dirigeoient la révolte & T'incendie, fon
donnés par ceux rentrés qui sdans le devoir & dansleursateliers. Onfai
précifément foit du fucre dans la plaine du Cul-de-Sac C .
Le préfident : Cela eft étranger. aux déportations;j juftifie le
déportations. C'eft
ces hommes ont été embarqué
Sonthonax :
apiès les que plus coupables d'entr'eux euren
pour France >
que les nègres rentrèrent dans le de
émipré à la
que font
fur leurs habitations
CE
voir, que les propriétaires fut tellement fincère, retournés que les noirs fe défarme
Cenetentrée &
leurs armes au Port-au-Prince 3 moyen
rent apporrèrent
fufil & deux gourdes par piftolet. Li
nont quatre gourdes par
hommes ont été embarqué
Sonthonax :
apiès les que plus coupables d'entr'eux euren
pour France >
que les nègres rentrèrent dans le de
émipré à la
que font
fur leurs habitations
CE
voir, que les propriétaires fut tellement fincère, retournés que les noirs fe défarme
Cenetentrée &
leurs armes au Port-au-Prince 3 moyen
rent apporrèrent
fufil & deux gourdes par piftolet. Li
nont quatre gourdes par --- Page 347 ---
hix ferétablit alors dans la plaine du Cul-de-Sac; & la proince de l'Oueft préfentoit un tel efpoir de profpérité 9 que
ordonnateur de la province de lOuelt fit prévenir celui de la
rovince du Nord'que la province de l'Oueft fourniroir deux
ent mille livres par mois de fubliftances à la province du
Nord qui en avoi: befoin. Je dis donc que cette adrefle, diribe contre les délégués de la République, dirigée pour ébranr la fidélité des foldats, a éré nignée par Sénac & Claution:
y en avoit affez pour juftifier - Tembarquement pour France
ue nous prononçà mes contre eux. Alegard des autres déortés ou de ceux qui ont étéembarqué: pour France, les uns
toient foldats des réginuens ci-devant d'Artois & de Normanlie, les autres des particuliers > des canonniers dans la garde
ationale. Ces canonniers étoient ceux qui avoient fait feu fur
s bâcimens de la République : pouvoit-il y avoir u motif
Hus légitime de lés déporter? Quant aux quarante-cinq ou
uarante-huit foldats des huitième & neuvième régimens, ils
hifoient partie de ceux qui avoient, pendant la guerre des
ommes de couleur, entretenu le feu dés factions. Ils étoient
ccufés par leurs camarades d'avoir contribué à lincendie du
Port-au-Prince en
: nous ne les avons déportés qu'après
ue le confeil de AIANLES de ces régimens nous a préfenté
esnoms de ceux qui ont paru les plus mauvais fujets de leur
orps. Le hieurenant-colonel de ce régiment > aujourd'hui
énéral de divifion, 3 eft en France, il elt à Breft; plufieurs
ficiers des régimens d'Artois & de Normandie font ici, ils
euvent être entendus : ils vous diront qu'ils ont été
aiers à dénoncer aux commifaires civils les mauvais
e leur corps qui ont été
M
de
embarqués. D'ailleursje pourrois me
ilpenfer juftifier cette précaurion de déportation vis-à-vis
les foldats, 3 parce que l'autorité fupérieure dans la colonie
voit bien le droir des'emparer de quarante foldats don:l'exifence étoit nuifible dans la colonie, pour les envoyer en
France fervir dans le même corps, oà ils feroient plus utiles
jue dans la colonie. Relativement aux autres ciroyens qui ont
té embarqués pour France, ilsl'ont été
que la municipalité a elle-méme-nommé les égalemient, fadtieux; &
k Clauffon favent
Rensce
bien que la lifte de ceux qui ont été embarquéspour France a été foarnie par lamunicipalité. Cette lilte
loit fe trouver également dans les papiers de Polverel; eile
dans le même corps, oà ils feroient plus utiles
jue dans la colonie. Relativement aux autres ciroyens qui ont
té embarqués pour France, ilsl'ont été
que la municipalité a elle-méme-nommé les égalemient, fadtieux; &
k Clauffon favent
Rensce
bien que la lifte de ceux qui ont été embarquéspour France a été foarnie par lamunicipalité. Cette lilte
loit fe trouver également dans les papiers de Polverel; eile --- Page 348 ---
contient les noms de tous les fignataires de l'adreffe que
viens de lire, & qu'on a fait circuler dans l'armée de terre
parmi les équipages des bâtimens de la République, pour
(ngager à abandonner les commifaires civils,, fe réunir
factieux, & livrer le Port-au-Fringe aux Anglais. Cep
de livrer la colonie aux Anglais eft prouvé par la Cete
Borel.
La féance eflevée.
Lengiftre des préfences effigme, J. Ph. GARRAN,Préid
Foucus (de Nantes), jecrécaire; DABRAY, GREGOIP
MERLINO, MOLLEVAUT.
Du --- Page 349 ---
34)
Du 13 Mefidor, l'an troifteme de la Républiq:e françaife
ure 6 indivifble.
ON fait lecture des débats recueillis dans la féance du 22;
a rédaction en eft adoprée.
(Les ciroyens Page & Larchevefque-Thibaur font abfens.)
Le prefident : La longueur de la lecure du procès.verbalne
ermet pas de continuer la féance; ; j'engage toutesles parties
venir demain à neufheures précifes. Les débars fur les déurtations du Portau-Prince feront continuésjufqu'a dix heues, &: enfuite l'on commencera l'affaire de l'incendie du
ap.
La féance eft levée.
Le regfre des préfences efl Agné:3. Pr.
dent tOUCHE
GanRAMsprÉ
(de Nantes ), Pecrduaire; DAIRAY,MER
INO, GRÉGOIRE, F. LANTRENAS, MOILEVAUT.
Tome VII,
Soixanse-omieme livraifon.
Z
déurtations du Portau-Prince feront continuésjufqu'a dix heues, &: enfuite l'on commencera l'affaire de l'incendie du
ap.
La féance eft levée.
Le regfre des préfences efl Agné:3. Pr.
dent tOUCHE
GanRAMsprÉ
(de Nantes ), Pecrduaire; DAIRAY,MER
INO, GRÉGOIRE, F. LANTRENAS, MOILEVAUT.
Tome VII,
Soixanse-omieme livraifon.
Z --- Page 350 ---
Du 24 Melfidor, l'an troifème de la République françail
une e indivifible.
ONe leêure des débats recueillis dans la féance d'hier
la redaction en eft adopiée.
font abfens.
Les citoyens Page & Lardhevefqse-Thuhbaur
Sonthonax: Dans le cours de la difcullion d'avant-hier
j'ai oublié de répondre à un fair pariculier fur la cânonnad
du Portau-Princc. Clauffon a dit
pendant la canon
nade de cette ville, j'étois caché au Rona de cale du vaillea
YAmerica;s qucique ia Cenvention n'ait pas ordonné à l6
aélégués d'avoir le courage d'un foldat, cependant je va
prouver quelétoisà mon pofte fur le vaiffean YAmerica.
Je prouve que Jétois à monpofte d'avril par l'extrait à la du daie journ d
du vaillonu YAmerica, dy mois
1793:
jeudi II avrii, on trouve ceS mots.
(Il lit:)
6 Onaf fait une pétition aux shepmr.semmufiaecii à
leur faifant conneitre qu'.ls étoient chers la pattie ,
en qu'ils avoient des compres à rendre à la Convention, à
République de France, 8c qu'ils ne devoient pass'expoles
les priant de s'embarquer fur un bâtiment de réferve,
en feroit mouillé au large hors de tour danger. Ont répone
qui remercioient l'équipage de leurs bonnes intentions
qu'ils de leur dévouement fmncère pour la patrie > mais qu'ils vo
loient courir tous les rifques & périls, &c qu'ils mourroient fai
de Y'abandonner. Cette réfignation
leur pofte été plunde fuivic que de millions d'applaudillemens de toi
bornes.a
'embarquer fur un bâtiment de réferve,
en feroit mouillé au large hors de tour danger. Ont répone
qui remercioient l'équipage de leurs bonnes intentions
qu'ils de leur dévouement fmncère pour la patrie > mais qu'ils vo
loient courir tous les rifques & périls, &c qu'ils mourroient fai
de Y'abandonner. Cette réfignation
leur pofte été plunde fuivic que de millions d'applaudillemens de toi
bornes.a --- Page 351 ---
léquipage & de plulieurs cris de vivent la Nation 6 la
République de France!.
.
.
37 A huit heures nous avons commencé à faire fou de
nos batteriesde tibord, poin ant nos canans en belle tur le
fort Sainte-Cinire, à la réstitition des ciroyens commiflaiges-civilss & qai'ie promnoient fur le gaillard-arrière pendant notre combar. De dellus le fort Sainte-Claire on nousa
tire pietieurs boulers rouges du calibre de 24, & plufienrs
moyennes bombes qui ont éclaté tovt près de nous. Nous
avons recu à bord quatre boulers, uin rouge au-deilous de
nos grands porce-haubans ol le feu s'eft communiqué; on
Ja de fuite éreint. >
Vous voyez d'après ce journal que les commiffaires, loin
d'être à fond de cale, étoient a11 contraire furle gailiard d'arrière. 1l en refilte aufli un fait poliarbion prouvé: cett que
les lastieux du Port-au-Prince Onr uiré à boulets rouges fur
les bârimens de TEtar; preuve de leur incention criminelle
d'anéantir les vaifleaux de la République. Je communique
la pièce aux colons.
Claufon: : Je ne réfuterai pas ce que vient de dire Sonthonax du journal du vailleau Vimerica. Ceft un journalfait
& rédigé par Sonthonax lui-méme, c'eft-à-dire, fuggéré
aux otliciers. Aureite, cela ne détruit pas Ce que j'ai avancé,
8c ne fait rien à l'affaire. Plufieurs perfonnes, far le vaifleau
America, ont vu Polverel & Sonthonax cachés.
Le préfident: Quelles perfonnes?
Clarfjon: Derragis & autres.
Sonthonax : Quoique le fait foitpeu imporiant, j'invoque
à cet égard le témoignage de Téat-major & de Téquipage de
America.Je crois bien que tur l'atirude des commiliairescivils à bord de ce vaifleau, on ne s'en rapporrera pas aux
colons mes accufateurs. J'invoque également le témoignage
des défenfeurs de la République. Sily en a un feul quidife
que les commiflaires civils n'étcient pas à lmur rofc, je pille
condamnation; & certes, je m'expofe beaucoup en m'en
rapportant, fur un farr,au témciguage des officiers du bord ou
du refte de l'équipage.
Lepréfident : Ceci eft entendu.
Z2
aux
colons mes accufateurs. J'invoque également le témoignage
des défenfeurs de la République. Sily en a un feul quidife
que les commiflaires civils n'étcient pas à lmur rofc, je pille
condamnation; & certes, je m'expofe beaucoup en m'en
rapportant, fur un farr,au témciguage des officiers du bord ou
du refte de l'équipage.
Lepréfident : Ceci eft entendu.
Z2 --- Page 352 ---
Senac : Nous en fommes enfin aux déportarions du Pore- Il
au-Prince. Sonshonaxles a érablies d'une manière avoit générale. été conles leis dont lexécution lui
a dit que d'après les ordonner: il s'eft beaucoup étendu refiée,il avoit pa
de Clauffon & à la mienne.
lativement à la déporarion
de l'aflemblée de la
D'abord, a-t-il dit, J'avois été préfident
l'animadvertion
commune; ; & c'en étoit allez pour il montrer faut que je vous rapnationale. A cet égard, cioyens,
pelle ce que j'ai fait pendant ma préfidence. du Port-au-Frince ne
Je. vous ai dit déja que la commune de la proclamariondu: 21
s'affembla qu'après l'arrivée la promulgation de l'adreffe des hommes de coumars, & qu'apes Une fois convoqués, les citoyens du
leur de Saint-Marc,
& des fecrétaires 5
Port-au-Prince nommèrent un prélident
fus nommé pour remplir la première place, parce qu'alors
de faire des reprefentations aux commillat
# ne s'ag.ffoit que
fentir les
auroit à
res civils pour leur faire
dangers qu'ily avoient arlaiffer entrer dans la ville tous les hommes quils
més contr'elle. Pendant cette préfidence ont été rédigées donné
dont on vous a
Nie
fieurs adrefles, entr'autres celle je l'ai fignée, & elle eft
ture avant-hier: je la reconnois: l'allemblée de la commune.
individuellemen: fignée de toute fair
ramener les comLorique cette aflemblée eut tout
pour de rien obtenir, elle
miflaires, fentant qu'il ésoitimpellible fes fonétions à la
fe difperfe & la municipalité reprend Prince.
follicitation de tous les habitans du Port-auJufques-la, la commune n'avoit fait que ce qu'elle fur avoit leS'il reftoit encore un point
dà pour ramenerlordre. délibérer, c'étoit la queltion de favoir fi on
quel il falloit
avec toute la force armée
laifferoit entrer les commiffaires ou G feulement on ne les laifdont ils étoient environnés;
de France venues avec
feroit entrer qu'avec, les troupes
& faire exécurétablir l'ordre à Scint-Domingue
eux pour
Comme j'étois préfident, je fentois comter la loi du 4 defirable avril, de mettre en queftion fi on exécuteroir
bien il étoit
civils, oui ou non; & c'eft à ce
les ordres des commilfaires été délicat. Je n'ai pas voulu préfider l'affempoint que j'ai
on a mis en queftion fi Cn laifblée de commune, > quand
entrer la totalité de la force
fereit ou fi on ne lailleroit pas
exécuter la volonté
armée. Je voulois, pour mon compte,
, de mettre en queftion fi on exécuteroir
bien il étoit
civils, oui ou non; & c'eft à ce
les ordres des commilfaires été délicat. Je n'ai pas voulu préfider l'affempoint que j'ai
on a mis en queftion fi Cn laifblée de commune, > quand
entrer la totalité de la force
fereit ou fi on ne lailleroit pas
exécuter la volonté
armée. Je voulois, pour mon compte, --- Page 353 ---
des commiffaires civils, tout coupables qu'is éroient;
fentois qu'ii n'en étoit pas noins vrai que leur volonté dûr je
gouverner. Je n'ai donc pas été dans ia commune pendant la
canonnade, puifque, quatre jours avant la canonnade,
celié de prélider lallemblée de la
j'ai
mis en queffion fi on lailleroit entrer commune, toute la force quand armée. on a
Ayant quitré la préfidence à cette époque, je ne fuis pas refponiable de ce quis'eft faird depuis. Jefomme
a eu les
ieiSonthionax,
qui
regiltres de l'affemblée de commune à fa difpofition, de produire aucune délibération >1 où inon noai foit
écrit, qui Porte réfiftance aux ordres des commillaires civils,
qui porte ordre de repoulfer les commiffaires civils de la
ville du Portau-Prince.
Sonthonax: : Je n'ai point eu à ma difpofirion les
de l'affemblée de commune; ils étoient les mêmes que regiftres cEux
du club; ils étoient chez Tarchivifte de la focidté, nommé
Guérari. Les conmiffarres civils ont envoyé faire des perquifitions chezle citoyen Guérard relativen - it aux
du Port-au-Prince; il a été impefible de retrouver événemens les regiftres: O1 les a fait difparoitre, Ils ont imité en ccla la municipalité de Jacmel, qui, en émigrant à la Janiaique, a
emporté fes regiftres.
Senac: : Je vous obferve que les commiffaires fe fon: emparés non-feulement des regillros de laiociété des Amis de la
Convention, féante au Postr-au-Prince, mis encore de ceux
de la cemmune, Je fomme Sonthonax de produire ces piècesla, parce qu'il eft à ma connoiffance qu'il a fait faire des
perquifitions pour les trouver, & qu'il les a enfin trouvées
& obrenucs.
Le préfidene: : Il eft impolible que la Conventien fe dérermine fer des faits dénués de preuves: ainii,
vous
n'en avez pas de celui-là,i1 éft inutile dele traiter.davantage. puifque
ilr Sonthonax: Ileft vrai que j'ai fait des perguifitions, mais
m'a été impoflible de trouver CCS pièces. Je dois d'autant
mieux être cru, qu'il me feroit facile de ine rejeter fur les
Fapiers non inventoriés, &c fur ceux qui iontapporrés par la
frégare la Serillante, &c qui ne font point encore arrivés.
Th. Millec : Il ne tombera pas fous le fens de tout homme
raifonnable qu'une aflemiblée de commune ait pris, pour infZ 3
des perguifitions, mais
m'a été impoflible de trouver CCS pièces. Je dois d'autant
mieux être cru, qu'il me feroit facile de ine rejeter fur les
Fapiers non inventoriés, &c fur ceux qui iontapporrés par la
frégare la Serillante, &c qui ne font point encore arrivés.
Th. Millec : Il ne tombera pas fous le fens de tout homme
raifonnable qu'une aflemiblée de commune ait pris, pour infZ 3 --- Page 354 ---
crire fcs Frools-vetbaux, les regifres d'une fociété popu
laire.
Sonthonax: D'abord ue aflemblée de commune n'a pas
de regiftre, parce qu'nnc allemblée de commune ne fe tenant
que duns ces circonitunces particulières pius cu moins graves,eile ne prend pour origuiaux de ies delibérations que les
minures.fignees de fui prui.dent ou de ies fecrétaires.
Ce n'eirpas tout: iliv'eftpas hors d'exempie à Saint-Domingue
une focieté jopul-ire 1e foit trnsformée en affimblée ge commmae. Vous lavez vl, lorfqu'il s'cft agi au
Cap de lu itite de profcription. La focéépopulire du Cap
s'eit transtormée en afiemblée communaie, & adinoncé, au
nom de la commnune du Cap,1 les individus compris cians la
lilie arvètéc parintociere populaire.
Sentac: Ce qui prouge que iafersblée de commune du
Port-au-Prince a éé autre chofe que Tallemblée de commune Le profidone: du Cap... Vous n'avez pas de preuves de vos allégations, pailez à un autre objer.
Senac: Je nie avoir prélidé l'affemblée de commune du
Post-au-Prince, loriqn'on a repoutié les commiffaires civilsà
coaps de canons, lorfqu'on a refufé l'enurée de la ville aux
hommes de cclordoloadiSestsms peur m'adminifure
ces pilces, punfquilles a'eucs. S'il ne le fait pas, fon ac
cufation contre moi eft abfolument nulle.
Ila di; que ma fignature appofée au bas de l'adreffe aux
troupes éoit fafitante pour déterminer mon arreftation
je m'avoue pourlan des auteurs de cette adreife;je me fai
gloire de lavoir fignée: c'elt par refpect pour la iépubliqn
je lai fair. Je voulois détruire la calomnie qu'on avoi
que lancée contre ie Port-au-Prince.
Sonthonax : Senac affecte roujours de dire
j'ai en
ja ville du Por-au-Frince enière dans profcrip
dit
veloppé tion; je répite ce que j'ai dit dans ma proclanation d
21 mars, que ia majorité des citoyens du Port-au-Prine
étoit araie des lois, qu'clle étoit dominée par une mino
rité factieufe, & que dans cette minorité étoit Je citove
Senac > qui a figné T'adreffe par laqueile on invitoit le
follats & les marins à abandonner lcs délégués de la R
publique.
veloppé tion; je répite ce que j'ai dit dans ma proclanation d
21 mars, que ia majorité des citoyens du Port-au-Prine
étoit araie des lois, qu'clle étoit dominée par une mino
rité factieufe, & que dans cette minorité étoit Je citove
Senac > qui a figné T'adreffe par laqueile on invitoit le
follats & les marins à abandonner lcs délégués de la R
publique. --- Page 355 ---
Senac : On va juger comme j'éiois fadtieux. Je convicns
que jai figné Y'adreffe; que jai préficié lafiembiée de commune, tant qu'il s'eft agi de rétablir l'ordre, & d'orer aux
commiflaires civils la mauvaife opinion qu'ils avoient des
habirans du Port-an-Prince: mais loriqu'iis'eft agi de faire
entrer les troupes; > les commilfaires av oient donné l'ordre aux
bons citoyèns de fe réunir au fort Saint-Jofeph, & d'y figner
une lifte afin que les commiflaires pulienr voir quels etoient
ceux qui avoient vculu exécuter leers volonrés. Certe lite
eft entre les mains de Sonrhonax : je le fomme de la produire;
on y verra mon nom. Eft-ce là la conduice d'un factieux?
Sonthonax : Je ne nie pas Gue Senuc ne fe joit infcrit
au nembre de ceux qui ont voulu fe tcumettre a la loi, 3
mais je n'ai pas cette lifte entre les mains. Il peut fe faire
qu'elle fe trouve dans les papiers de Polverel, parce qu'il
étoit chargé parriculièrement du raffemblement des pièccs
cette ville avoit été
relatives au Fort-an-Prince > parce Auue
foumife à fon adminiftration particulière,
Je fuppole que Senac ait voté pour fe foumettre à la
loi,iln'en eft pasmoins vrai qu'ila exciélesmarelorsà abandonner les délégués de la république, Parmi les perfonnes
qui, comme lui, Ont figné cette adrefle, il en eft qui Font
trouvée fi coupable, quils fe font rendas chez des notaires
pour protefter contre les fignacures qu'on leur avoit arrachées
au moment même ot l'on venoit de le faire.
Thomas Miliet : Oà eftla preuve :
Sontho-ax : Je produis une proteftation faite chez Allor
& Vauffelin, notaires au Port-an-Prince, le 20 avril 1795,
dans laquelle Briffon, Lauttin & Gunon déclarent qu'ils ont
été forcés de figner cette adrelfe.
Senac : Vous voyez que perfonne n'étoit moins faétieux
que moi. Pour juftifier les mefures qu'ila prifes contre moi,
Sonthonax a produit une déclaration faite par un nommé
Gajac > qui a dit qu'il m'avoit entendu, dans un comité
fecret tenu chez Goynesu, dire qu'il falloit nécellairement
fe défaire des commiffàires civils. Je n'aijamais connu Gajac;
il ne l'a jamais été au Port-au-Prince il ne s'eft jamais
trouvé chez Goyneau, ni chez aucun a mes anis. Iis'intitule habitant des Gonaives, & les Gonaives font diftantes
de quarante lieues du Port-au-Prince, & cellasgevril179s
Z4
entendu, dans un comité
fecret tenu chez Goynesu, dire qu'il falloit nécellairement
fe défaire des commiffàires civils. Je n'aijamais connu Gajac;
il ne l'a jamais été au Port-au-Prince il ne s'eft jamais
trouvé chez Goyneau, ni chez aucun a mes anis. Iis'intitule habitant des Gonaives, & les Gonaives font diftantes
de quarante lieues du Port-au-Prince, & cellasgevril179s
Z4 --- Page 356 ---
Sonthonax lui fait dire qu'il m'a entendu tenir des pro
que dans un comité fecret, , & c'eft par fuire de cette dé
pos
&1
fuis perfécu:é
claration du 19 que,les 12, 13
14, je
civil Son
c'eft les 12,13 & 14 que j'écris, cu commillaire cacher,
j
thonax, & qu' on me dit de me bien
parce que que.l
fuis sur d'ètre émbarqué pour France. datée Eftil du poflible avril, a
déclaration d'un homme inconnu,
j'ai 2 éprouvée
fervir de prérexie aux perfecurions que
L 12, 13 & 14 du même mois ? voifine des Gonaïves
Brulley : Je fuis d'une paroife & je n'ai jamais entende
don: je connois tous les habitans,
parler de Gajac.
dans la déclaration d
Sonthonax : Je ne crois pas
fe défaire des com
accufe Senac d'avoir
qucid
Gajac on civils;
crois feulement avoir tiré de la décla
mitlaires
je
Senac étoit au club , dan
ration de Gajac cette preuve que
à coups de canon
: T'allemblée ou Y'on décida de répondre,
aux fommations des commiffaires civils.
Sinac : Quand il fe fait une motion dans une affemblé Son
populire ou de comnmune on en tient regiftre; que
thonax le produife. Une fociété populaire ne tient pas & ne doi
Sonzhonax : des motions de fes membres : il s'agit d'un
pas tenir regiftre
motion, & non d'un arrèté. Sonthonax porte contre Senac&
Clauffon : Le de grief la déclaration que
de Gajac, eft quel la motion
moi, rélultant
adoptée & tranfcrite fur le
a été généralement ainfi applaudie, il eft étonnant que Sonthonax ne le
regiftres du club; 5
dit
dans fa dé
rapporte pas pour preuve de ce que
Gajac
a été
claration
le propos qu'on nous prète y
> puilque
tranicrit. Sonthonax: J'aijuftifié dans le cours des débats de Tairefle
il déclare qu'il fera tête à l'orage
du club, par laquelle
du 21 mars. Vous vous
& n'obéira pas à ma proclamation
rappelez. .
. - . .
d'une motion tranferite
Le préfdent : Il ne s'agit que
dans les regifkres de la (ociéré populaire. fnis bien fondé à dire que
Senac : Vous Sonchonax voyez que vient je de produire le défitement
cela n'exifte pas. de l'adreile aux ofliciers mariniers du vaif
de trois citoycus
du club, par laquelle
du 21 mars. Vous vous
& n'obéira pas à ma proclamation
rappelez. .
. - . .
d'une motion tranferite
Le préfdent : Il ne s'agit que
dans les regifkres de la (ociéré populaire. fnis bien fondé à dire que
Senac : Vous Sonchonax voyez que vient je de produire le défitement
cela n'exifte pas. de l'adreile aux ofliciers mariniers du vaif
de trois citoycus --- Page 357 ---
u LAmcrica. Je ne difconviens pas que ces particuliers
nt protefté contre, l'adreffe 3 mais je difconviens qu'ils
nt prorefté le jour de la fignature de l'adrelle: car l'adrelle
du 5 avril 1793, &l la proteftation eft du 20 du même moiss,
jours après Tentrée de Polverel & Sonthonax au Port-
-Prince. Ceux-ci cnt pu forcer ces ciroyens,par la terreur,
donner ce défiftement ; car s'ils avoient trouvé l'adrelle
iminelle, ils auroient protefté le jour même de la fignature
cette adreffe.
Thomas Millet : Il y a mieux : c'eft que la proteflation
ces trois citoyens ne porte pas qu'ils aient protefté contre
tte adrefle; ils proteftent contre ut écrit au bas duquel on
a fait ligner. Rien n'indique que ce foit cette adreffe.
Sonzkonax: Les ciroyens qui ife deshnw-kicntfonsibdrf
Ix officiers & fous-officiers du vaiffeau Pamérica. Il eft
rtain que c'eft de cette adreffe qu'il s'agit, parce qu'iln'y
a pas eu d'autres, à moins qu'on ne veuillé entendre
foit l'adreffe qui
foumillion aux délégués de la
RLS
porte
iblique. Je ne crois pas qu'ils aient pu fe défifter'pour
tre foumis aux lois.
Thomas Millet : C'eft fiar une conjedture que Sonthonax
onne pour certain que la proteftatien porte fur les fignatures
pofées au bas de l'adrefle dont il S'agit; moi je dis que
nn'et moins certain, parce qu'il n'el point queftion de
dreife dans la proreftasion.
Senac : Je demande pourquoi rous ceux qui ont figné
tte adrefle, puifqu'eile ef criminelle, n'ont pas été pourivis comme moi; ils n'ont pas tous été atrêtés & perfettés. Ii én eft que Senthenax a réfervés, & entre autres
laignan, qui a été fait fabftitur du procureur-général par
olverel & Sonthonax. Balmain, > qui eft noté pour avoir
n le même propos que moi, a été fait confeiller à la
ridiction du Por-au-Prince. Si ceshommes'là éroient aufi
upables que moi, > poureuoi ont - ils obtenu des piaces?
ourquoi ai-je été perfécuré?
Sonthonax : Je ne fais pas f Balmain & Maignau onz
é faits, l'un confoiller de la (énéchautlee, l'autre fublitut
u procureur-générai; mais je fais qu'il en eft plufieurs des
gnataires de l'adreffe qui ont été forcés : ily a plus cu moins
C criminalité dans les difpefitions de ces fignaraires. Nons
moi, > poureuoi ont - ils obtenu des piaces?
ourquoi ai-je été perfécuré?
Sonthonax : Je ne fais pas f Balmain & Maignau onz
é faits, l'un confoiller de la (énéchautlee, l'autre fublitut
u procureur-générai; mais je fais qu'il en eft plufieurs des
gnataires de l'adreffe qui ont été forcés : ily a plus cu moins
C criminalité dans les difpefitions de ces fignaraires. Nons --- Page 358 ---
avons cru devoir faire arrêter Senac, & ordonner fon
barquement
France, parce que non-feulement il a
rédigé cette CotRea & préfidé l'affemblée de commu
mais parce qu'ii éroit acculé pardes déclarations parcieulie
& que dans tous les temps Senac a figuré dans toutes
affaires qui ont eu lieu dans la eolonie en fens inverfe
lois &c déla conftitution françaife. Senac s'eft trouvé,
dant la guerre des couleurs, dans le parri de Saint-Ma
dans celui de l'aflemblée provinciale de l'oueft , contre
hommes de couleur, qui éroient alors foutunus parlaFra
parce qu'ils ne taifoient que réclamer les leis & la CO
tution françaife. Senacs'écoit roujours trouvé, depuis lec
mencemcht de la révolution, dans le" Farri de ceux qui éto
contraires aux réclamarions des hommes de coulear, &
vouloientles détruire, lorfqu'ils sne demandcienrquelsjefd
Senac étoit bien pius criminel que ceux qui ne figuro
que par hafard parmi les fignataires de l'adrefle...
Senac : Quoi! c'eft avec de pareilles calomnies queS
thonax vient fe défendre. Senthonax m'accufe d'aveir
l'ennemi des hommes de couleur, moi qui ai toujours
avec eux, moi qui ai prècié toujours l'exécution de la
du 4 avril, moi qui ai été alt camp de Eilloron avec
hommes de couleur , chez André Rigaud, lorfque ce der
étoit compé à Biforon, pourfire la gucrre auPorran-Pi
Sonthonax ne l'ignore pas: fi jamais j'euffe été l'ennemi
hommes de couleur 2 aurois- je porté les arimes pour
au camp de Biffoton : A cette époque il y avoit eu 6,
blancs d'aflafinés 5 fi f'avois été P'ennemi des hommes
couleur > & reconru pour tel, je n'exiftercis plus. Sijes
c'eft que j'étcis ami des principes, c'eft que j'étois ami
hommes de couleur > maisje ne l'ai pas été du brigane
& de la dévaftation 5 je n'étois pas l'ami de ceux qui
ont dirigés dans les affaflinats qu'ils ont comnmis : j'ai
Yami des hommes de couleur > j'ai'voulu qu'ils jouif
de leurs droits 2 j'ai tout fait pour les leur faire obte
Voilà quelle a été toujours ma conduite; & certes,fija
été leur ennemi, je n'exifterois pas anjourd'hui.
Sonthonax : Comme je ne fuis pas accufateur > je
contenterai d'clferver que Senac a avoué, dans le cours
débats, que s'il avoit été à Billoton avec Rigaud, lor
nmis : j'ai
Yami des hommes de couleur > j'ai'voulu qu'ils jouif
de leurs droits 2 j'ai tout fait pour les leur faire obte
Voilà quelle a été toujours ma conduite; & certes,fija
été leur ennemi, je n'exifterois pas anjourd'hui.
Sonthonax : Comme je ne fuis pas accufateur > je
contenterai d'clferver que Senac a avoué, dans le cours
débats, que s'il avoit été à Billoton avec Rigaud, lor --- Page 359 ---
icieft venu camper à Difloton, c'eft qu'il y avoit été
e: iila dir lui-méme dansle- cours des débars. dans
enac : C'eft très-vrai', je l'avoue encore > j'étois
prifons du petit Goave lors de l'afaire du 21 novemles hommes de couleur n'en firent fortir. : . .
Lc 3 préficent : C'eft inutile de revenir fur ce qui a été
Sénac déjà. : Ce ne (ont pas les hommes de couleur qui avoient
alu mon arreitation, ce font ceux qui menuion: ics hommes
couleur, ce font les ariftocrares, sonire letquels je m étois
claré à cette époque. Mais les hommes deconleur, coniffant ma frunchife , perfuadés que jc voulois qu'ils les
erçaffent leurs droits, nont jomais exercé fur moique
xations qui étoient ordonnées par les blancs qui les cotandoient
les biancs contre- revolu-iomnaires. Son-
: par le
étoir un compofe de
onax a dit que
Port-au-Fvince de fcéiérats, cafin d'hommes qui
Gieux, CII raflemblement
vouloient pas la loi du 4 avril. Je votis prie d'interpeller Borel
onthonax de déclarer fi, le7, o1 le 8 naars 1793,
lui écrivit pas par Bornot, homme de couleur du PortPrince, & f Sonthonax ne répondit pas à Borc
Le prifident : Vous revenez (ir la canonnade du PottPrince, pallez aux déportastons; car fi vous revenez dans fans
le far los mèmes objets, il fera impotible de finir
déti que la Convention a fixé.
Senac : Je vais y paffer. Je crois que Son:honax n'ayant
toduit aucune preuve de ma défobéiffance aux lois natoales, aucune preuve qui conitatat mon oppofirion à la
i du 4 avril, dont au contraire j'étois un zélé partifan,
en réfulte que Sonthonax m'a calomnié gratuitement,
&
: :
C
qu'il m'a arbitrairement
tyranniquement rerfecuré
e dis enfuite que T'homme qui eft confpirateur, quand
I fuit, ne fuit pas dans un pays ami ; il ne proteie
pas contre ceutx qui ont livré fcn pays aux ennemis les 5
juand il eft conipirateur > il reçoit avec empreffement
propofirions avanmageules qui lui font faites de retourner
dans fon
auprès de fa fernme & de fes cnfans. J'ai
lacrifié Taite parriculire que j'ai pour ma fenime, mes
entans & mes propciérés, pour venir me plaindre de Polverel & de Sonthonax; 5 je n'ai pas voulu retourner avec ma
livré fcn pays aux ennemis les 5
juand il eft conipirateur > il reçoit avec empreffement
propofirions avanmageules qui lui font faites de retourner
dans fon
auprès de fa fernme & de fes cnfans. J'ai
lacrifié Taite parriculire que j'ai pour ma fenime, mes
entans & mes propciérés, pour venir me plaindre de Polverel & de Sonthonax; 5 je n'ai pas voulu retourner avec ma --- Page 360 ---
femme & mes
auprès
& beucotp plus enfins. heureux
defquelsje ferois mainten:
pas perlécuté. Voila ce que j'ai je ne fuis, car je ne fe
Ciaulfon : Sonthonax que
fait, voilà la récompe
parce
vous a dic qu'il m'avoit
du quej'érois lun des faétieux du
dépor
club & de la conmune,
Porr-au-Prince, men
adrelle provoquantàla rebellion parce qu'enfinjavois figné
Il eft bien importan: de favoir fi contre les commiffaires cit
ou fi c'eft un fimple
j'ai éré déporté oui ou n
fionné de fait ma déporration. enabarquement, Je
dont la fuite a oc
fommer Senthonax de
prie la commifion
déporratios.
dépofer fur le bureau l'ordre de
été Sonthonax : Cen'eiipas à moi de P le dépofer. Si vous a
déporté, vous devez avoir l'ordre de votre
Clauffon : Dans les précédens
déportati
qu'il ne m'avoit pas déporté, Ilfaur débats, donc Sonthonax a ave
lahmnemcalaure de favoir fije Tai été qu'il s'accorde a
J'ai configné, dans les précédens
out fije ne l'ai pàs 6
vertu de ceux du commifaire
débats, un ordre qui
à bord dela Normands;
civil, orcionnoit ma détenti
& il eft daié du 16 avril cet ordre eft du commiffaire civ
lrai pas, parce qu'ila déja 1793 été : le voici 5 je ne le
depuis 27 mois que j'ai été arbitrairement configné aux débats. Ai
feulement suvonthuigrfenarmaes
embarqué, > c'
dues pret uves de mon prétendu délit, vient apporter de préte
clarationd d'unhomme quinous
confignées dans la C
ces titres que Sonthonax s'eft efinconnuat faits à lui tous, & c'eft av
moriver fon aote tyrannique à mon égard. même 3 qu'il elpè
citoyens, micr Horéal, rappeiez- vous toujours ce qu'il vous Rappelez-vou a dit le pr
preflions d'alors qu'ilne àvec fon m'avoit pas déporté ; conciliez ces e:
il annonce que jai été déporré, langage d'nujoued'hei. jai dâ.
Aujourd'h
jelui érois fignalécomme unf faclieux, que
lètre, parce q
des eclirs", de quelque nature qu'ils Certes, fullent fij'avoiscomm il falloit l
firecentater,non pas après
,
& qu'ell-ce que vous préfente mnerabargsement, aujourd'bui
mais avan
legitimer fa conduire à mon égard : Ia Sonthonax pou
homme qui ne nous eft pas connu
déclaration d'u
qualifie habitant des Gonaives, & qui > fomble d'un homme. venir qui
au-Prince exprès faire > 1 le 19 avril au
auPor
foir, > une. . dénor
ij'avoiscomm il falloit l
firecentater,non pas après
,
& qu'ell-ce que vous préfente mnerabargsement, aujourd'bui
mais avan
legitimer fa conduire à mon égard : Ia Sonthonax pou
homme qui ne nous eft pas connu
déclaration d'u
qualifie habitant des Gonaives, & qui > fomble d'un homme. venir qui
au-Prince exprès faire > 1 le 19 avril au
auPor
foir, > une. . dénor --- Page 361 ---
cion qui a motivé mon embarquement trois jours avant,
ilque c'eftl 1a le feul motif de mon arreftition & de mon
barquement, Sonthonax a été bien gauche des'en étayer,
ce qu'il ne devoit pas ignorer
avoit donné des orS authentiques pour m'arrècer.
ces
8ual
rapports je dis
mon arreftation & mon embarquement font tyranniques
arbitraires, & que Sonthonax ne pourra jamais échapper.
a vengeance des lois, pour avoir commis à mon égard
acte arbitraire. Sonthonax ne n'aura pas impunément
ché à ma famille, à mes intérèts ; je le pourfuivrai
-tout. . o .
e préfident : Il faut venir aux preuves ; jufques-là la difion n'avance point.
Claulfon : Sonthonax vouS a dit que j'ai été membre du
; eh bienlil ne l'a pas prouvé; il falloit qu'il conftatât
rime, G cela en étoit un; 3 car c'étoit Polverel qui avoit
li ce club.
e préfident : Etois-tu membre du club, ou ne l'étois-tu
:
laufion : Oui, citoyen, j'en étois membre; maisje dis
i falloit le faice conttarer..
préfident : Ceci font des raifonnemens à perte de vue,
n'avancent point lT'éclarcilfement de la queflion ; puiftu avoues! le fait,iln'eft pas befoin de le conftater.
laulf-n : J'avoue le fait, mais il faut bien que Sonthonax
fic'eftun crime.
re préfid.nt : Ceci eft entendu.
Tacffon : Polverel avoit formé cette fociété, & en avoit
conftamment léloge jefqu'au mois de janvier 1793,
jue delimfurrection de la plaine du Cul-de-Sac, époque
quelle le club a ceflé de tenir fes féances. Ainfi Sonaxn'a pu déverfer le poifon de la calomnie contre cette
ité pure, qui ne s'éroit formée que pour le bien
pour maintenirles droits des hommes de
e aux
conkuRnf
marins...
5 prefident : Sénac a tout dit à cet égard; ils'eft expliqus
lammert là-deffus.
loaffon: Ce font des inculpations qui me font faites 3 je
réfere donc à ce qu'a dit Sénac, parce que c'eft la
le défenfe.
'a pu déverfer le poifon de la calomnie contre cette
ité pure, qui ne s'éroit formée que pour le bien
pour maintenirles droits des hommes de
e aux
conkuRnf
marins...
5 prefident : Sénac a tout dit à cet égard; ils'eft expliqus
lammert là-deffus.
loaffon: Ce font des inculpations qui me font faites 3 je
réfere donc à ce qu'a dit Sénac, parce que c'eft la
le défenfe. --- Page 362 ---
Je dis donc que Sonthonax n'a oppolé contre mc
des allegations 5 quil Ima embarqué, d qu'ilni'a arraché
famille, à mes proptiétés; ians avoir aucine preuve
tre moi. Or,je dis que fijavois été un faclieux ou c
reur, ilauroir falinerpoferles fcellés chez moi; il
falinme déporter récileinent, envoyer les ordres au cat
qui devoir me conduire en France,& non me laiffer
jours dans la racie du Poreau-Prince, & deux mo
fute dans celie du Cap. Sije devois être jugé, Son
devoit oidonner que je le fulle iur les lieux. Idevoi
mencer mon inftruction, & non pas m'embarquer 1
dénonciation figuse trois jours aprés mon arreftation.
peliz-vous ce que Sonthonax a dit, que nul ne pouvo
embarqué fais dénonciarion anterieure 3 fans preuves
pièces 5. fans une infrnction préalable. Rappelez - v
qu'on lui a ciré du fragment d'une de fes lettres oi
Fien ne pourra jamass forcer un conmifjaire civila em
preives d s cicoyens, & à les envayer en France. (
ferf les preuves?
Le préfident : Cecieft entendu; el voilà affez fur cet
pallez à une autre chole.
Clauljon : Donc mon embarquement eft arbitraire 8
nique, & rien ne peut difcuiper Sonthonax. ordonn
Sonzhonax : Dans queile circonftance ai-je
barquement pour France de plufieurs citoyens : C
moment oû la ville étoit en révekte, qu'on avoit
boulets rouges fur les vaiffeaux de la République 2
été obligé dy rentrer de vive force; & lon me
crime de ce que j'ai embarqué pour France ceux qu
été déncncés comme les principaux factieux. Je furp
j'aie commis des erreurs; il eft poflible que j'aie C
fembarquement pour France de ceux qui ne le iné
pas;, mais qui peat me condamner lorique je me C
d'ordoaner lembarquement
France d'hommes
armes à la main dans une EGuT qui a tiré à boulets
fur les vaiffeaux de la République, forfque me C
deles envoyer prendre une leçon de hberté E de P
dans un pays ou on les profeile, tandis que j'au
ériger une commifion militaire qui auroit enfang
fcènc? Les lois m'y autorifoient. Toutes les fois
at me condamner lorique je me C
d'ordoaner lembarquement
France d'hommes
armes à la main dans une EGuT qui a tiré à boulets
fur les vaiffeaux de la République, forfque me C
deles envoyer prendre une leçon de hberté E de P
dans un pays ou on les profeile, tandis que j'au
ériger une commifion militaire qui auroit enfang
fcènc? Les lois m'y autorifoient. Toutes les fois --- Page 363 ---
lceft en révolte, l'en peut & l'on doit ériger une comion milicaire pour juger les coupables. Alors, plus de
ponfabiliré; alors, fi la (cène ent été enfanglantée. fausrenvoyé auxjuges qui eullent été refponfables; je n'auspas ordonné T'embarquement des principaux tadtieux.
bila ce que je devois fuire. Lorique les coluns m'ont deAnde que je déportalle dés homines qai leur paroiffoient
pedts, ont-ils pris la peine de fuivie des tormes, de
re des dénonciations : ils ont donné une lifte aux comfaires civils..
Le préfident : Ii nes'agit plus de cela
Sonchonax : Je m'en réfère à ce que j'ai dit fur les dértadons; je demande que la commiflion des colonies
uille bien faire procéder à l'inventaire des papiers de
plrerci, parce. qu'on doit y. trouver des lifles qui nous ont
fournies par la municipalité éelle-même 5 liftes indicatives
sprincipaux factieux.
Le préfidene : Emends-tu que cet inventaire foit fait en
nablence > ou veux-tu eharger queiqu'un de ta procuration
ur allifter à cetinventaire :
Sonthonax : Jem'en rapporte à la prudence de la comiflion.
Lep préfident : Onta déja ofert de procéder à cet invenire:fi tu peux y aflifter les foirs, ia commiflion nommera un
mmiffaire.
Sonthonax : Ceci n'et pas poffible, il faut que je m'ocpe de ma défenfe: je demande que l'inventaure foit fait
rès les débats.
Le préfident : Si tu veux fonder quelqu'un de ta procution pour affifter à cetinventaire..
Sonthomax: Jy confons.
F'erneuil: Cela alongera...
Sonthorax: : Non, cela ne fera pas durer les débats.
Clauffon : Tout-à-T'heure Sonthonax vient de dire encore
ail reconnoiffoir la majori:6 des citoyens du Port-au-Prince
Dmme probe > & qu'il n'y avoit que la minorité de
Ctieux. Cependant jetez des yeux far l'adretle aux marins, >
bus verrez que la majoriré a figné; vouS recennoitrez que
eftla majorité desc citoyens qui a été embarquée fns preuves,
uns griefs. Ainfi ilny a pas un citoyen qui ne puille deman-
encore
ail reconnoiffoir la majori:6 des citoyens du Port-au-Prince
Dmme probe > & qu'il n'y avoit que la minorité de
Ctieux. Cependant jetez des yeux far l'adretle aux marins, >
bus verrez que la majoriré a figné; vouS recennoitrez que
eftla majorité desc citoyens qui a été embarquée fns preuves,
uns griefs. Ainfi ilny a pas un citoyen qui ne puille deman- --- Page 364 ---
oà font les
car ces dé
der oà font mes griefs, d'une nature preuves; bien grave; elles 1
tations font un crinie avoir provoqué la guerre civile.
pu être faites ont qu'après éré le figne du pillage & de la dévaftar
déportations
ont and
elleson: porié ia ruine au commerce, parce qu'elles
tousles crédits & toures ies familles..
Le préfident: : Pallez à I'incendie obfervarion du à Cap. vous faire, fort cou
Th. Millet : J'ai une
des
Sonthonax a
relativement à la multirude
gens que de leurs délits
barques au Port-au-Prince fans preuves Eh bien ! citoyen
vous d dit: je les envoie en de France. marins, de matelots, de
les a embarqués en qualicé
les
A
vices & de canonniers: : ce n'étoit pas fonction déporter. de défe
str, il ne devoit pas conterthonomtle hommes
confidéroit cot
les vaiffeaux de TEtatà des
qu'il en France
factieux, comme fcélérats, & qu'il envoyoit
y être jugés.
les colons difent
Y'auroi
Sonthonax: D'abord,
ceux que j'envoyois en
pièces
HRCLTEI
envoyer,avec
contr'eux. Je n'ai pu les
tificarives de mon eft acculation fori fans mes ordres & contre
voyer; le convoi
retiré à la Nouv
ordres de la rade du Cap, puilquilsen des commillaires civils. C
Anglaterre fans la perinillion
les contre - am
ment vouliez - vous que de je la chargeatte commiflion civile, des P
exécuteurs des puifqu'ils ordres font partis du Cap fans permillio
juftificarives, Claufon : Cela n'a eu lieu que deux mois après.
Thomas Millet : On a parlé de toutes les déportations, il diroit
de la mienne : Sonthonax a dit bien qu'un favoir jour pourquoi
voudrois
"Son
j'ai été déporté; la nuit, je ont enfoncé mes portes, m'ont arr
grenndiers, chez moi , m'ont conduit au fecret à bord d'un vai
de
cela
peu à la chofe publique; mai
de guerre :
importe ce font les attenrais à la liberté individ
pendant, comme les attentats à la liberté publique, il im;
qui compofent fache
j'ai été deporté; quant à mol
que déclare Y'on je pourquoi ne le fais pas encore.
que
la commiflion d'interpeller The
Sonthonax : Je prie
felon
Millet d'avoir à déclarer fij'etois au Yarracher Cap quand, de fon lit.
cinquante grencaiers font venus
Th. M
; mai
de guerre :
importe ce font les attenrais à la liberté individ
pendant, comme les attentats à la liberté publique, il im;
qui compofent fache
j'ai été deporté; quant à mol
que déclare Y'on je pourquoi ne le fais pas encore.
que
la commiflion d'interpeller The
Sonthonax : Je prie
felon
Millet d'avoir à déclarer fij'etois au Yarracher Cap quand, de fon lit.
cinquante grencaiers font venus
Th. M --- Page 365 ---
Thomas Millet : Sonthonax n'étoit pas au Cap, mais il en
donné l'ordre.
Sonthonax : J'ai donné l'ordre d'arrêter Thomas Millet
rce qu'il étoit lun des principaux inftigateurs des troubles >
Cap dans les derniers jours de mai : une lettre du comandant général Lavaux, qui doit fe trouver dans les
commiflàire civil, annonce que Thomas Millet s'eft: papiers tranfprié à la municipalité pour
pérorer le peuple ,
xciter à Tinfubordinacicn, à % révolte contre les aurorités pour
nftituées, contre les ordres de la commiflion intermédiaire
du comiandant de la province.
Le préfident : Cette pièce eft-elle inventoriée ?
Sonthonax: : Je ne le crois pas; cette lettre m'a'été écrite à
int-Marc
le comnandant général Lavaux : fur la dénciation E ce commandan:, j'ai ordonné l'arreftation de
nomnas Millet. Thomas Mille: s'eft fenti tellement couble, qu'il a craint d'aller en France; ils'eft cru tellement
upable, que, par une lettre qu'ila avouée,il m'a demandé
paller à la Nouvelle - Anglererre: je le lui ai accordé, Si
homas Millet avoit éré fi sûr de fon innocence, au lieu
demander à fe retirer dans un pays étranger, il feroit
huen France pour fe juftifier; il ne m'auroit pas demandé
moi la permitlion d'aller à la Nouselle-Angletere,
ion
je lui ai accordée : je ne l'ai donc pas déperté. perMillet : Voici la
cet
Peare
réponfe à
échafaudage. Sonpnax ne favoit pas que j'avois à la main une
buve le contraire de ce qu'il avance : il a parlé
lettre qui
Lavaux
semct
qu'il ne produir pas, & je doute qu'elle exifte,
dir que je m'étois rendu à la municipalité à la fin de
rs pour provoquer le peuple à la révolte; Sonthonax m'en
iccule lui-mème; il avoit écrit à la commiilion interméire qu'il me feroit juger fur le fait; je l'ai fommé de me
ej juger, & il ne l'a pas fait. Voici ma réclamation adreffée
a municipalité.
Sonthonax : Il y a un fait à examiner. Thomas Miller niem'avoir demandé à pafferà la Nouvelle-Angleterre: ?
Thomas Millet : J'y viendrai 5 voilà plulieurs
IS concernent.
pièces qui
Tome VII. Soixante-onziome livraifon,
Aa
ilion interméire qu'il me feroit juger fur le fait; je l'ai fommé de me
ej juger, & il ne l'a pas fait. Voici ma réclamation adreffée
a municipalité.
Sonthonax : Il y a un fait à examiner. Thomas Miller niem'avoir demandé à pafferà la Nouvelle-Angleterre: ?
Thomas Millet : J'y viendrai 5 voilà plulieurs
IS concernent.
pièces qui
Tome VII. Soixante-onziome livraifon,
Aa --- Page 366 ---
(I1 lit un extrait des pièces dépofées au greffe de la m
nicipalité du Cap.)
17 mai 1793.
A la municipalité du (Cap.
>P CITO Y E N S,
le
avril en vertu d'un ordre
>> Détenu depuis premier foule d'hommes armés
m'a été noufié la nuit par une
& mes
ont violé mon afyle, qui ont brifé mes portes
nêtres; détenu fans accufation préalable, je vous ai invi
du
du mèrae mois, à publier la fc
par ma péticion je failois 13 au public, de déclarer de
crir
ination que
: ma prévoyance n
Pe
dEs
il me connoiffoit coupable
devois C
inurile; je voulois connoitre mes accufateurs; je
noire les bales de mon accufation : j'ai vainement droit réclar à
j'ai vainement attendu, vous n'avez pu faire
demande.
de la nation, les erganes de la loi,
s3 Les délégués
confervateurs des droits des citoyens, après quarante-fixje
de déremtion, m'app C rennent enfin, & me Tapprenment
les papiers publics, que je fuis acculé d'avoir provoqué
furrectioh.
civils ne difent point quelle infurred
>> Les commiffaires lancée ifolément, fuis-je donc deftit
par cette accufation nationale
de l'infurred
palier à la Convention
pourlauteur
des efclaves? feroit-ce là leur intention pour légitimer,
tifier ma fi longue, fi illégaie, fi injufte détention? Dan
défefpoir de m'avoir fi inutilement cherché des crimes I >
roieat-ils le projet de me jeter au-devant des traits de
madverfion des peuples, des villes de commerce maritin
enveloppé du foupcen du plus noir des crimes.
noirceur, la perfidie de cette indud
Mandataires >> La profonde du peuple, f, aux termes de la lettre des
millaires civils à la conimiflion intermédiaire" du IO d
mois, ce n'eft pas à vous à juger entre la commi[fion
6 des individus arrêtés par fes ordres, des hommes prév
de trahifon, même ayec les plus coupables ennemis de la Fra
de troubles ocd'agitations où s'eft tro
filon a faifi cetemps
perfidie de cette indud
Mandataires >> La profonde du peuple, f, aux termes de la lettre des
millaires civils à la conimiflion intermédiaire" du IO d
mois, ce n'eft pas à vous à juger entre la commi[fion
6 des individus arrêtés par fes ordres, des hommes prév
de trahifon, même ayec les plus coupables ennemis de la Fra
de troubles ocd'agitations où s'eft tro
filon a faifi cetemps --- Page 367 ---
l'Affemblée légiflative après l'arreftation de Louis, pour fou:
mettre les citoyens de la partie françaife de Saint-Poningse
a linquifition dictatoriale, autorité dont la profcriprion a
été des premiers actes de la Convention nanonaie; ii énSn
ma pofitrion eft telle, que la feule autorité à laquelle je P uiffe
recourir ici, eft celle
publie mon acculauion, dois - je
pour cela garder le LE Citoyens, je fuis républicain; &
le caractère augufle dont font revêtus ceux qui fonti imprimer
cette lâche calomnie contre moi, ne fauroit m'en impoier la
dure néceflité; je provoque donc l'opinien pablique fur cette
abominable imputation ; &c fjzi pu nériter quelqu'eltme
de la part de mes concitoyens, c'eft à eux à prendre ma défenfe, & c'eft à eux à déclarer fi je fuis prévenu de trahifon
intime avec les plus coupables ennemis de la France.
>> Quelle
être encore l'intenrion des commiffaires
civils, en m Fatimtbnt au clergé réfractaire, aux ci-devant
nobles rebelles, aux contresevolationnsies émigrés? n'eltil pas poflible & ne doisje pas craindre que mes concitoyens'
égares ne fe trompent fur le fens de cette exprellion, qu'iis
ne croient que je n'avois du patriotifme que le maique >
qu'ils ne me confondent enfin avec ces vils fcélérats qui >
la loi à la main, ont aiguifé le poignard de nos affallins &
dirigé la torche des incendiaires? fuis condamné à attendre le
>> J'apprends encore que je civils,
alors vérifieront
retour au Cap des commiflaires eft faufle: qui mais fi fuis
fi l'accufation intentée contre moi
je
accufé, je le fuis devant quelque tribunal légal; le devoir de
ce tribunal eft de me pourfuivre 3 pourquei donc, conire le
voeu de la loi, fuis-je depuis quarante fix jours en état d'arreftation fans connoître mes accufateurs?
>) Je fuis donc obligé d'attendre le retour aul Cap des
commiffaires civils : je ne peux prévoir quel fera le terme de
ma détention, elle pout être fort longue; 5 mais je dois piéparer ma juflification.
>2 Mandataires du peuple, je veus aiinvités, le 15 avril;
à me couvrir de la protection que vOuS me devez; j'étois
opprimé : au nom de vos devoirs & de votre honneur , je
vous fomme aujourd'hui de déclarer, fans délai, &
la
contient mon accufation,
ciEr
voie du Moniteur qui
que
oyen Thomas Millereft accufe < d'ayoir provoqué El'nfurretion;
Aa 2
ma juflification.
>2 Mandataires du peuple, je veus aiinvités, le 15 avril;
à me couvrir de la protection que vOuS me devez; j'étois
opprimé : au nom de vos devoirs & de votre honneur , je
vous fomme aujourd'hui de déclarer, fans délai, &
la
contient mon accufation,
ciEr
voie du Moniteur qui
que
oyen Thomas Millereft accufe < d'ayoir provoqué El'nfurretion;
Aa 2 --- Page 368 ---
au tribunal des délégués du peuple, tous ceux
qu'il appelie
les preuves de ceite accufation. Je
qui pourront apporter que fans entrer dans les confidévous déclare, citoyens, vous porter à ne pas faire droit à ma
rations réclamation, qui pourront j'en appellerai à qui de droit comme d'un
jufte déni de juftice. Je vous prie de dépoler en où vOs eft confignée archives
le Moniteur général , numéro II, envoie vol. revêtu IV, de ma fignature.
mon accufation, & quei je vous
avec le citoyen
s> Je dois ajouter que ma à bord correfpondance du vaifleau duquel je fuis
contre - aiiral Cambyle, bornée à irequérir fon entremile
prifonnier, s'eft toujours réclamations aux autorités confpour faire parvenir mes
tituées. a
THOMAS MILLET."
a Salut. Signé,
Au bas : s A bord du Jupiter.
Le 17 mai 1793 3 l'an II' de la République françaile.
a Collationné.
ce Signé, GRANIR, fecrécire-grefier.
Lc préfident : Cela n'avance pas l'éclairciffement des faits. ce
Thomas Millet : Je vais vous lire P'arrêté. Cependant les hommes
qui fuit eft néceffaire pour vous faire connoitre
gui nous ont gouvernés.
(Il lit l'arrêté de la municipalité, du 26 ).
Extrait des regiftres des délibérations de la municipalité
du Cap.
De la féance du 26 mai 1793, l'an deuxième de la
République françaife.
pétition du citoyen Thomas
<c On fait lecture bord du d'une
le 17, de ce mois 2
laMillet, datée à
Jupiter
No.II, vol. Na qu'il
quelle il expofe que le Moniteur, revêtu de fa fignature, contient
adreffe à la municipalité, calomnieufe & très-grave dirigée contre lui.
Hne acculation la municipalité déclare par la même voie
1I demande que
1793, l'an deuxième de la
République françaife.
pétition du citoyen Thomas
<c On fait lecture bord du d'une
le 17, de ce mois 2
laMillet, datée à
Jupiter
No.II, vol. Na qu'il
quelle il expofe que le Moniteur, revêtu de fa fignature, contient
adreffe à la municipalité, calomnieufe & très-grave dirigée contre lui.
Hne acculation la municipalité déclare par la même voie
1I demande que --- Page 369 ---
36s
que le citoyen Thomas Millet eft accufe d'avoir provoque
l'infurredtion, & qu'il appelle au tribunal du
tous
ceux qui pourront apporter les preuves de cette peuple accufation.
Il demande encore que la feuille du Moniteur,
où
eft conlignée cette accufation, foit dépofée dans No.II, les archives
de la municipalité.
>> Le confeil , ouile procureur de la commune > arrête
la pétition du citoyen Thomas Millet, & la feuille que du
Moniteur fous le No, II,y jointe 2 refteront dépofées aux
archives de la municipaliré, & qu'expéditions de ladite
pétition feront envoyées au citoyen gouverneur
à la commiffion intermédiaire pour y avoir tel général &
de raifon.
égard que
s Fait & arrêté en féance ledit jour.
33 Signé, CHEVALIER l'ainé, > maire ; & GRANIER, 3
fecrétairegreffier.
>> Collationné,
93 Signé, GRANIER 5,,
Vous voyez que f j'avois été faire des motions
diaires à la municipalité, elle en eit été informée; & incenlieu d'accueillir ma réclamation comme elle l'a
qu'au
devoit me
fait, elle
pourfuivre > & elle ne l'a point fait.
Sonthonax : Il ne faut pas être furpris fi la
dite du Cap a accueilli la réclamation de Thomas municipalité
car j'ai prouvé, dans le cours des
Miller, /
tous les ennemis de la chofe
débats, qu'elle réclamoit
ennemis direéts de l'autorité nationale publique, ceux qui étoient les
Je
& de la
vous ai prouvé, dans le cours des débats ,' République.
été dans le mois de décembre
qu'elle avoit
hommes qui avoient dirigé le feu jufqu'à du canon réclamer un des
miflaires civils de la République. Ce n'eft contre les compoint effentiel de la difcuflion fur Thomas Millet pas tout eft : le la
queftion de favoir fi Thomas Miller a
fon
ment auprès des commiffaires civils. provoqué Thomas Millet jugel'avoir fait, & il vous cite des arrêtés de la municipalité dit du
Cap. Sur le renvoi qui m'a été fait de cet arrêté par la
sommiflion intermédiaire, j'ai répondu, je crois, pac ma
Aas
publique. Ce n'eft contre les compoint effentiel de la difcuflion fur Thomas Millet pas tout eft : le la
queftion de favoir fi Thomas Miller a
fon
ment auprès des commiffaires civils. provoqué Thomas Millet jugel'avoir fait, & il vous cite des arrêtés de la municipalité dit du
Cap. Sur le renvoi qui m'a été fait de cet arrêté par la
sommiflion intermédiaire, j'ai répondu, je crois, pac ma
Aas --- Page 370 ---
lettre que j'ai fait imprimer dans le Moniteur, lettre que
"Thomas Miller ne niera pas.
Thomas Millet : Non, car je viens de la citer. Millet
Sonthonax : J'ai dit dans cette lettre que Thomas
étoit accuie d'être provocateur des infurreétions du Cap;
j'ai dit que s'il n'étoit pas coupable, il auroit le moyen de
fe juftifier. Themas Millet, au lieu de demander à fe juf
tifier, m'écrivit au Port-au-Prince pour me demander à
paffer à la Nouvelle- Angleterre; je le lui ai accordé, &
Thomas Miller vous dit que je l'ai déporté. Je prie la
commillion d'interpeller Thomas Millet de déclarer s'il n'a
pas demandé s par une lettre à moi écrite dans le temps
la
de
à 1a
que j'étois au Port-au-Prince,
permiffion
palfer
Nouvell-Angletert:
Thomas Millet : Voici la pièce. Inftruit que le procureurde la commune Lavergne, qui avoit échappé à la déporration
s'étoit rendu à Charlestown, d'oh il devoit palfer en Franco
venir dénoncer Polverel & Sonthonax , je demanda
ia pour permillion de paffer aux Etats-Unis pour retourner de là
m'e embarquer pour France pour le même objet. Je n'ai pa
de
mais à leur arrivée au Cap, j'écrivis aux
commiffaires reçu réponfe; nationaux civils le peu de mots qui-fe trouven
confignés dans ma lettre au général Galbaud, datée du I
juin.
La voici.
(Illit.)
c GÉxiRAL,
9> J'ai écrit à la commiflion nationale-civile en ce peu d
mots :
lettre à la commiflion intermédiaire du IO mai
>> En votre dit:
Thomas Millet attende notre retour al
vous avez
Que
Cap. J'attends votre décilion 34
Voici la réponfe.
>> Permifion de paller aux Etats- Unis avec défenfe d
revenir 32.
Je vous demande fi ce n'eft pas là une profctip
tion,
(Illit.)
c GÉxiRAL,
9> J'ai écrit à la commiflion nationale-civile en ce peu d
mots :
lettre à la commiflion intermédiaire du IO mai
>> En votre dit:
Thomas Millet attende notre retour al
vous avez
Que
Cap. J'attends votre décilion 34
Voici la réponfe.
>> Permifion de paller aux Etats- Unis avec défenfe d
revenir 32.
Je vous demande fi ce n'eft pas là une profctip
tion, --- Page 371 ---
Le préfident : Tout cela a déja été dit.
Sonthonax : Voilà un fait politif avoué par Millet; c'eft
uila demandé à aller à la Nouvelle-Angleterre.
Lc préfident : Paflez à un autre objet.
Sonthonax : Il femble que > comme accufé, je dois avoir la
arole le dernier.
Le; préfident : Cela eft jufte ; mais fi tu n'as rien de nouveau
ajouter, je t'obferve que, pour ton intérêt même, il faut
ue les débats fe terminent.
Thomas Millet : J'ai parlé d'une pièce qui n'a pas été
couvée : en voici la copie.
Le préfident : Quelle pièce 2
Thomas Millet : C'eft l'ordre donné
le général Laeaux de ne pas faire les fignaux. Cette FRLd étoit en oriinal entre les mains de Gollias, employé dans le vailleau
e Jupicer. Layant eue (ous les
je l'ai copiée littéraement & envoyée au général
; & voici une copie
daitu
lans une lettre datée du bord du vailfeau le Jupiter du 13
nai 1793, c'eft-à-dire, , quatre jours après fon arrivée.
(Il lit.)
ÉrAT-MAJOR GÉNÉRAL.
3> D'après les ordres du commandant de la province du
Nord, il eft ordonné à chaque commandant des diférens
camps de ne plus faire tirer les deux coups de canon journaliers, celui du lever & coucher du foleil: il leur eft de
même ordonné de ne jamais répéter les /ignaux de fufees ou
autres avec lcs camps avec lefquels ils Jerone convenus de la
manière de les' faire.
>> Cap, le 15 mars 1793,Tan deuxième de la République
françaile.
3> Signé, Tadjudant-général de l'armée,
92 RICHARDIN >.
Sonthonax: Si l'accufarion paroit grave en elle-même, il
faudroit alors, à l'appui, des pièces juftificatives qui puffent
être
parla comiffion & la Convention pour prouver
que ENIEE a défendu à un pofte de donner les fignaux
A24
' faire.
>> Cap, le 15 mars 1793,Tan deuxième de la République
françaile.
3> Signé, Tadjudant-général de l'armée,
92 RICHARDIN >.
Sonthonax: Si l'accufarion paroit grave en elle-même, il
faudroit alors, à l'appui, des pièces juftificatives qui puffent
être
parla comiffion & la Convention pour prouver
que ENIEE a défendu à un pofte de donner les fignaux
A24 --- Page 372 ---
accoutumés. Thomas Millet vous donne une lektre écrite P
laquelle il tranfcrit cet ordre. Cet ord
lui à Galbaud, par
mais
adjudar
n'eft point ligné Laveaux , fur fa feule Richardin, garantie > accut
géneral. Comment d'avoir donné peut-il, un ordre quilnaccule pas Lavea
Laveaux
lui-mème ? Comme un ordre figné Richard
d'avoir iigné
de
n'eft pas
en qualité de membre
Tetat-inejorgénécal, ; cet ordre n'eft
ordre de Laveaux, gouverneur-genéral général, mais Richardin -
figné Laveaux, gouverneur n'eft
même produit en forr
adjudant - géneral; il
pas le commandant du pof
authentique, pour copie conforme, par cet ordre, pour copic co
car fi le commandant produifoit foupçons contre Richa
forme, il pourroit y: avoir quelques
din & non contre Laveaux.
la rigue
Je palle à la difcuflion de cet ordre, quoiqu'à fouffrir
mais je ne dois pas
qu'
il ne me concerne pas; Laveanx, le feul (outien des a
inculpe le brave général
On accule Laveaux d'ave
mées françnifes commandant à St-Domingue. du pofte du Mornet. de répé
défendu au
lui ètre faits par les autres camp
les fignaux qui pourroieut des circonftances où Laveaux auroit pu
mais n'eftil pas
les fignaux font connus
auroit dû le faire 2 Lorfque
il faut les changer
lennemi , il faut les changer 5 quand des poftes de répondre a
faut défenidre àux commandans de l'ennemi 3 car flennemi connoît V
fignaux déja s'il les connus fait & fi vous les répétez, vos poftes
fignaux,
dans le
&
:
vent être furpris; ils donneront
fait piege, le
I
battus lors de Tarraque: c'eft ce qu'avoit les
il généial nei . l'ave
veaux en défendant de répérer
éioient fignaux; connus de l'e
défendu que parce que les d'eft (ignaux bien loin que cet ordr
nemi. Ce n'eft
tour 5
que
fût da
fuppofé quil depe produir en forme sutnenrique, de la follicitu
il- feroit l'éloge
le cas d'inculper Laveaux, la ville du
car fi au li
inquiète de ce général
il Cap; avoir ordonné
de défendre de répéter POe fignaux;
l'ennemi
continuation des fignaux connus dans de T'ennemi, la vale du Cap & P
ee moyen auroit pu s'introduire
faccager. Thomas Millet : Je ne vous ai point donné dans cette les piè d
& j'ai eu l'artention
comme pièce probante 5
ge
le cas d'inculper Laveaux, la ville du
car fi au li
inquiète de ce général
il Cap; avoir ordonné
de défendre de répéter POe fignaux;
l'ennemi
continuation des fignaux connus dans de T'ennemi, la vale du Cap & P
ee moyen auroit pu s'introduire
faccager. Thomas Millet : Je ne vous ai point donné dans cette les piè d
& j'ai eu l'artention
comme pièce probante 5 --- Page 373 ---
ats précédens de vous indiquer oà étoit l'original, qui fe
ouve dans les papiers pris chez Tanguy - Laboifitre, à
New-Yorck. Le préfident : Ils doivent être dans lesarchives de la comhiffion Thomas des Miller colonies. : Ils y font. Richardin n'a pas donné l'ordre
e fon chef; il eft donné d'après les ordres du comman- Laant de la province du Nord, qui étoit bien Etienne il
eaux. Cet ordre n'eft pas un ordre de eirconftance, car
a: Il eft ordonné de ne jamais répéter circonftances L.sfignaux. où il eft
Sonthonax : Il eft mille & mille
Laveaux
nditpenfable de fupprimer les fignaux. Le général ni aux
e doit point compte de fes opérarions militaires,
abitans du Cap, ni à Thomas Millet.
l'inLe préfident : La commiflion ordonne de commencer
endie du Cap.
j'ai befoin de toute votre atrention 3 &
Duny : Ciroyens,
entendre le
ous aurez befoin de tout votre courage Je pour fur le buécit des horreurs commifes au Cap. dans dépofe la flamme. Je
eau le plan de cette ville qui difparut les fentiers fuivis
ais vous conduire
à pas dans tous
catabar Polverel & FEiotul dans cette malheureufe
trophe. La feconde partie du Gxième chef eft ainli conçue : Ils
nt fait égorger les habitans du Cap, piller les propriétés &
prôler Le cours la ville. des débats vous a affez fait connoitre que le plan
le déforganifation faivi à Saint-Domingue étoit le même que
elui que Robefpierre & fa faction avoient établi en France.
Vous avez vu que > fidèles au
qui leur avoit été tracé,
Polverel & Sonthonax ont e une nuée d'hommes dont
a cupidité féroce a pompé l'or & le fang de notre malheu- étoient
Feux pays. Vous avez vu que l'affaffin & le fripon
nommés à toutes les places civiles & miliraires, 3 qu'ils marquoient des yeux leurs viétithes,, qu'ils mettoient en réquiGtion toutes lcs confciences , qu'il avoient diftillé le défefpoir dans l'ame de toutes nos familles: toutes ces horreure
commiles au nom des commillaires civils dans tous les
venoit
exercé
quartiers dela colonie 9 le brigandage qui la terreut, d'epre le dewil,
-hmshiemnamnwaugieis par-tout
iles & miliraires, 3 qu'ils marquoient des yeux leurs viétithes,, qu'ils mettoient en réquiGtion toutes lcs confciences , qu'il avoient diftillé le défefpoir dans l'ame de toutes nos familles: toutes ces horreure
commiles au nom des commillaires civils dans tous les
venoit
exercé
quartiers dela colonie 9 le brigandage qui la terreut, d'epre le dewil,
-hmshiemnamnwaugieis par-tout --- Page 374 ---
l'effroi & la confternation. Sonthonax, dans fa proclamati
avoit annoncé
Catinot, rédacteur du jour
du 21 mars,
étoit le que feul qui dût purifier T'efprit pub
YAmi del'Egalité, Clauffon vous a lu quelques articles
à Saint-Domingue.
de vous retracer toutes
ce journal, & je contiennent. me difpenterai Vous avez vu par cette proc
borreurs qu'ils
mettoit fous fa fauve-garde ce jor
mation que Sonthonax le Port-au-Prince paieroit fon cd
nalifte, qui publioit que
zingentun Le préfident : Ceci a été traité.
Duny : Non, citoyen: je finirai dans cette féance, les quoiq
Jaie béaucoup de papiers devant moi... & que tous à la quarti
de la colonie avoient femblable paiement à faire
guilloti
Sonthonax difoit-il, étoit chargé de faire ces recouvreme
Pefez les douleurs ,
de tant de tamilles dont les chefs (
été entaflés dans des navires prêts à faire voile de pe
France fans preuves de leur innocence 2 fans moyens mena
fenfe. Pelez Y'état affreux de tous les citoyens de tous
d'un pareil fort, & vous jugerez de l'impatience
cha
colonsde vcir arriver de Saint-Domingue un Polverel envoyé & Sc
de faire, repaffer à la Convention femmes nationale & des enfans de nos fiè
thonax. Chaque jour fe rendoient des
fur le bord de la mer pour v
& de nos amis
paroiffoit fur nos rives :
fi quelque bâtiment d'Europe fortir de chez eux fans être inful
hommes mulâtres. ne pouvoient Le mai la frégate la Concorde part
par mouilla les dans la rade 3 Cap. Larrivée de nouveaux adr
niftrateurs dilata tous les cceurs : T'alégreffe fut sénérale vive le gé 3
les airs rerentirent des cris de vive la Répabliquel dans toutes les.
ral Galbaud! L'alégrelle palfa du entier Cap de la ville, &
roilles de la colonies & le peuple fe rendirent à la maifon cot
autorités civiles & militaires,
& de l'ordonnateur ci
mune > où ils reçurent du général à la République françaife
l'affurance de leur dévouemeng
à la colonie.
Galbaud annonça aux commiffai
Le 8 mai le général
à la place de gouverne
civils fon arrivée, fa nomination & la défection de Dumouri
général de Saint-Domingne, & les invita de hâter leur
Il leur demanda des confeils,
le Port'au-Prin
tour au Cap; ils étoient,alors à canonner.
ci
mune > où ils reçurent du général à la République françaife
l'affurance de leur dévouemeng
à la colonie.
Galbaud annonça aux commiffai
Le 8 mai le général
à la place de gouverne
civils fon arrivée, fa nomination & la défection de Dumouri
général de Saint-Domingne, & les invita de hâter leur
Il leur demanda des confeils,
le Port'au-Prin
tour au Cap; ils étoient,alors à canonner. --- Page 375 ---
ila lettre originale de Galbaud, tirée de deffonsles fccl-
& Polverel & Sonthonax vous affurent que Galbaud
oit correfpondu avec eux que dans les derniers commif- jours.
s voyez que fon premier acte eft d'écrire aux le mai. Le
S nationaux civils; vous voyez leur réponfe 9
de
éral Galbaud, allailli par tous les citoyens, > excédé
amations contre le defpotifme affreux de Polverel & de
thonax, embarraffé pour ordonner le fervice, dépourvu faites
cartes, de plan, n'a aucuns détails des opérations
qu'ace jour; éloigné de Léogane, > où étoient les commif- d'Ees civils, de 70 heues; prelle par les vives inftances
ne Lavaux, commandant de la province du Nord; obligé
uivre les inftructions du confeil exécutif provifoire, qui le
ordonncient de ne pas perdre un inftant pour conftitués rétablir de
ne dans la colonie, invita tous les corps lc ferment
Tembler
recevoir, à la tête de l'armée,
onné par P9S loi : ce qui fut exécuté à la grande.fatisficdu peuple; la preuve en eft dans le Moniteur, page 698.
gouverneur & Tordonnateur civil prirent de fuite conflance de la fituation de la colonie, > de l'état de tous les
galins, de la force armée & du régime des hôpitaux. de
Le IO mai le contre-amital Cambyle reçut une lettre
Iverel & Sonthonax, qui lui défendoit de permettre Voici
leurs ordtes
2s
convoi mit à la voile avant
Ces
polrifs. font tirées des
re que je dépole fur le bureau.
pièces
hives. Le II3 d'après plufieurs pétitions des capiraines du comerce, far une pétition préfentée le même jour par les nécins, les citoyens Cercey, 2 Cambyle, contre - amiraux 2
ienne Laveaux, commandant la partie du Nord, & Maffe,
donnateur civil, & Galbaud, > gouverneur général des
es fous le vent , prirent un arrêté tendant à conferver dans le le
nvoi à la République. Cette pièce eft contignée
giftre figné Galbaud, & tiré des archives. commilfaires civils
Le 12, le général Galbaud prévin: les
mémoires, ni
ril ne trouvoit au gouvernement: > ni lois, ni
ortefpondance, ni
ni cartes, & qu'il étcit très-cmarraffé pour afleoir Rarte opérations militaires; il les erigagea
le réunir promptement àl lui pour pouvoir ramenez l'ordre
: la paix. Voici la lettre.
re figné Galbaud, & tiré des archives. commilfaires civils
Le 12, le général Galbaud prévin: les
mémoires, ni
ril ne trouvoit au gouvernement: > ni lois, ni
ortefpondance, ni
ni cartes, & qu'il étcit très-cmarraffé pour afleoir Rarte opérations militaires; il les erigagea
le réunir promptement àl lui pour pouvoir ramenez l'ordre
: la paix. Voici la lettre. --- Page 376 ---
Le13, Polverel & Sonthonax recommandèrent Duf
général Galbaud, & lui dirent de l'accueillir comme
jacobin : ils lui dirent en outre qu'il étoit infpecteur des u
ticres. Voici la lettre originale.
Le 16, la municipalité du Cap envoya au
baud la pérition des détenus du Pert-au-Prince. général Je vais
en donaer lecture; & vous aliczjuger fileur cruelle
fi la misère affreufe qui les accabloit, fi Tinquifition poli
quelle ils étoient foumis, ne devoient pas occafionner
vive fermentarion dans la rade. Cette lecture eft d'autant
néceffaire, que, dans la féance du 8 mellidor, vous avez
tendu dire à Sonthonax
bord de LAmérica, en rac
Port-au-Paince, il avoit 1cat un
à Alain
les
palle-port
Etats-Unis: j'ai, au même inftant, affirmé à la com
fion que c'étoit un faux, qu'Alain n'étoir point
un palfe-port, qu'ilavoit été mis au fecret à ELIFE du
Honore"on j'étcis. En voilà la preuve, 3 puifqu'un mois
voilà Alain qui rédige cette pétition & qui la ligne, Je
vous la lire.
Extrait des pièces dépofecs aux archiyes de la municipali
la vilie du Cap.
En rade, ce II mai 1793, l'an 2 de la Républiqs
A LA MUxICIPALITS DU CAP,
Les citoyens du Port-au-Prince prifonniers à bord du nayi
St. - Honoré,
R Crrevs--Musteiras UX;
33 La plus terrible profcription nous conduit dans V
port; nous fommes innocens, mais nous fommes livrés
fureur d'une faétion qui s'eft emparée de l'efprit de la Co
miffion nationale. Quoique les revers du Port - au -Pri
doivent déja vous être connus, permettez nous, citoy
municipaux, de vous en tracer rapidement le tableau,
connoiffant notre pofition, 3 vous adoucifliez, aut
SOr fera en vous, le deftin qui nous opprime.
V
port; nous fommes innocens, mais nous fommes livrés
fureur d'une faétion qui s'eft emparée de l'efprit de la Co
miffion nationale. Quoique les revers du Port - au -Pri
doivent déja vous être connus, permettez nous, citoy
municipaux, de vous en tracer rapidement le tableau,
connoiffant notre pofition, 3 vous adoucifliez, aut
SOr fera en vous, le deftin qui nous opprime. --- Page 377 ---
Toute la colonie fait que depuis la proclamation du 4 0
1792, la ville du Por-au-Prince jouiffoit d'une partranquillité; tous les hommes libres, fincèrement réuconcouroient au même but, exerçoient paifiblement les
es droi:s. Témoin de leur union, le commiffaire Pol3 dans une lettre du 22 novembre dernier, s'exprimoit
La France faura par nous que nulle part la loi n'a de
rigoureux obfervateurs, ni la métropole d'enfans plus founi la révolution francaife & la Convention nationale de
cluatuds defenfeurs, qi'au Port-au-Prince.
Sur la fin de juanvier dernier les ateliers s'infurgèrent dans
roille de la Croix-des-Bouquets : on peut publier hauht
que les preuves en font acquifes dans les ars de
municipalité de cette
&
irt
paroifle
de celle du
-au - Prince) que le but de cette infurredtion étoit la
adtion des citoyens ci-devant dits de couleur. Les cis du Port-an-Prince pouvoient les perdre en demeurant
ement dans Tinaction; cependant leur conduite fut bien
aire à ce barbare projet, ils fe hâtèrent de prouver
ne pouvoit les éloigner de la foumiflion aux lois; auE
rurent puillamment leurs frères menacés, ils les fau-,
h: ceux qu'ils indiquèrent pour être les auteurs ou faude l'infurreétion furent arrètés, ils font encore dans
ifons du Port-an-Prince, & leur exiftence attefte l'inace de cette cité malheureufe. Durant deux mois tous
toyens, fans diftinétion, allèrent féjourner dans les di-
-amps établis dans la plaine : leurs fuccès annonçoient
our à l'ordre parmi les ateliers, quand la proclamation
mmiffaire Sonthonax, datée de Saint-Marc le 21 mars
er, jera le trouble & opéra au Port-au-Prince une ferarion générale.
Dn reprochoit aux 'citoyens d'être royaliftes ou indépen-
, on leur faifoit un crime de leur union; on difoir
ix de leur affociation avoit été le fang des hommes du que 4
> fang qui n'avoit pas été verié; ; on leur difoit que des
:ats ftipendiés par les princes d'Italie entouroient des
nels audacieux, &cc. Enin, O11 provoquoit 14 paroifles
rcher contre le Port-au-Prince.
La première démarche de la municipaliré fut d'écrire à
s celles de la colonie pour leur rappelcr la conduite des
; on difoir
ix de leur affociation avoit été le fang des hommes du que 4
> fang qui n'avoit pas été verié; ; on leur difoit que des
:ats ftipendiés par les princes d'Italie entouroient des
nels audacieux, &cc. Enin, O11 provoquoit 14 paroifles
rcher contre le Port-au-Prince.
La première démarche de la municipaliré fut d'écrire à
s celles de la colonie pour leur rappelcr la conduite des --- Page 378 ---
citoyens du Port-au-Prince. Prefque toutes les paroiff
T'Ouelt, témoins de leur innocence, refusèrent de mar
queiques - unes dénoncèrent à la Convention nationa
commiffaires nationaux qui ofoient proclamer une guer
vile. Alors des vexations en tout genre furent exercées d
les citoyens qui refusèrent le fervice ; ceux même di
devant de conleur éprouvèrent même fort; enfin, la
reur gagnant tous les efprits, une armée parut fous les
du Port-au-Prince, tandis que deux frégates & un va
s'emboffoient dans fa rade.
92 La municipalité fit auprès des commiffaires nati
civils une nouvelle téntative pour connoitre politiv
quels étoient les crimes des citoyens, & quels éroie
coupables, ofrant de doiner toute jufification nécef
fauf aux commilfaires à prononcer : mais loin par e
donner ni de permettre aucune explication, > ils rép
rent qu'ii falloit obéir 5 ils annoncèrent politivement ville
n'auroient plus aucune communication avec la
du
au-Prince.
la ruine des
Le Commerce, voulant prévenir
nég
français, fit pareille démarche; mais ce fut infruct
ment. La municipalité de la Croix-def-Bouquets tél
diverfes reprifes, une dépuration auprès des commif
elle fut d'abord réprimée, puis accuzillie; mais elle
pasplus heureufe : celle de Léogane éprouva même
auprès du citoyen de Lafalle, qui n'eut aucun égar
dépuration.
>> Bientôt le général de Lafalle ordonne, par une I
la municipalité, de fe rendre en corps à une lieue de
pour recevoir lui &c fon armée; il déclare qu'il entr
maitre fi on ne veut
le recevoir en ami.
>> Au même inftant PE Chronique de Saint-Marc,
périodique, apporte au Port-au-Prince, 1°. une pétiti
vêtue de 750 fignatures des citoyens du 4 avril de ela
dance de Saint-Marc, par laquélie ils jurèrent d'exte
tous les citoyens du Porr-au-Princes 20. till écrit figné
Varvin, annonçant même projet. On y lifoit fur-to
mots terribles : IL ne faut faire que deux mouvemens. 3
poignard & l'onfoncer.
> Ces écrits ne contribuèrent pas peu à augmenter
1°. une pétiti
vêtue de 750 fignatures des citoyens du 4 avril de ela
dance de Saint-Marc, par laquélie ils jurèrent d'exte
tous les citoyens du Porr-au-Princes 20. till écrit figné
Varvin, annonçant même projet. On y lifoit fur-to
mots terribles : IL ne faut faire que deux mouvemens. 3
poignard & l'onfoncer.
> Ces écrits ne contribuèrent pas peu à augmenter --- Page 379 ---
hentation; il eft été imprudent d'introduire alors au Portu-Prince une armée compoiée en grande parie dindividus
yant pareils fentimens. La municipalité fe vit donc forcée
e déclarer au citoyen de Lafalle qu'elle ne pouvoir, fans
ompromettre la tranquillicé publique, abandonner en
I ville pour aller au lieu qu'il avoit indiqué, qu'elle corps sy
endroi: par députarion;, mais qu'elle ne pouvoit, faus dans
er, admeitre dans la ville les citoyens fignataires de la plton.
39 Ces obfervations ne furent point accueillies. Le général
Lafalle perfifta à voulcir entrer avec fon armée; il fxa jour
u12 avril. On obferve que la commune avoit manifefté
nème voeu que la municipalité.
> Durant la nuit la municipalité, après une délibération
le, quatre heures de dhfeutlion, arrêta qu'elle devoit néannoins obéir; en confequence, que toute l'armée feroit inroduite : elle nomma des commiffaires pour recevoir le géhéral, & lui faire les obfervations néceflaires pour prévenir
our accident.
> A peine l'expédition de cet arrêté étoit faite, que les
Fitoyens alarmés coururent aux armes; les plus exaltés firent
pattre la générale, & aucuns ne font ici. La municipalté
he fur plus écoutée; tous les poftes furent garnis.
> A fepr heures du matin le gouverneur de Lafalle fe préenta aux portes de la ville, le major général de fon
/
arnée
fut introduit; la municipalité lui remit expédirion de fon
rreté, avec une lettre dans laquelle eile inftruifuit le cioyen de Lafalle des événemens de la nuit; elle l'invitoir à
ulpendre fes difpolirions jufqu'à ce quele calme fir rétabli,
x jufqu'à ce que les commiffaires le fullent rendus
He lui.
auprés
> C'eft fous les murs du Port-an-Prince que cette lettre
lui parvint; 5 toute fon armée étoit expofée au feu de l'arcillerie & de la moufqueretic, & cepenidant tout demeura dans
P'ordre. Les efprits éroient calmes; & les commilfaires de ia
municipaliré, étant en route pour fe rendre auprès de hi,
étoient à peine rentrés lorfque les deux frégates &c le vaifieau
frent feu fur la ville.
>2 Rien n'eft plus naturel à l'homme que de repouffer ia
ée étoit expofée au feu de l'arcillerie & de la moufqueretic, & cepenidant tout demeura dans
P'ordre. Les efprits éroient calmes; & les commilfaires de ia
municipaliré, étant en route pour fe rendre auprès de hi,
étoient à peine rentrés lorfque les deux frégates &c le vaifieau
frent feu fur la ville.
>2 Rien n'eft plus naturel à l'homme que de repouffer ia --- Page 380 ---
fur-tout
délire, fuite des ma
force par la force,
des lorfqu'un Telle étoit la politic
heurs publics, > s'empare
efprits. les forts de Saint-Joleph &
des citoyens qui garnilloient avoir effuyé julqu'a trois décharges,
Sainte-Claires après combat commença à neuf heures du matir
ripoftérent. Le cinq heures du (oir.
il ne finit qu'a vaiffeaux & frégates fut vif: ils fournire
92 Le feu des boulets fur la ville; 5 celui des forts fut m
plus de 3,100 individus, tant hommes, femmes qu'enfans, fure
diocre: 41 Preique toutes les cafes de la ville ont
que
victimes.
jufqu'à 17 LO cont
botlers; on en a compté
REerel municipal. il fut
à la municipalité
3> Durant le fcu délibération, impoflible &c encore moins de donn
prendre ordre; aucune mais le lendemain elle fit une députation,
aucun
nationaux ; elle fut accueillie, & l'a
près des commiflaires
mée du général Lafalle entra. avoient
une part tr
>> Cependant tous ceux qui tous ceux pris que la timidi
aétive ilévénement de dela la veille, ville, & gagnèrent les Morn
dominoit, s'évadèrent On fait arriver leur sigtI à
le chemin de Jacmel.
On a lieu de croire que RCa
compris leurs domeftiques. la colonie.
coup d'entr'eux ont quitté
la
ave
matin, ce que municipaliré
>> Dès le lendemain les citoyens avoient prévu, s'effectu
voulu prévenir, ce fe que divifa par bandes; tous les citoyens fure -
Tarmetintrodhite
&
dans les cachots, dans
indiftinétement les arrètés cales > du vaiffeau jetés & des frégates. Quelque
prifons & dans
beaucoup furent pillés 5 des officie
uns furent maltraités; dans leurs fonctions furent indignement dépouill U
municipaux de leurs écharpes; en un mot > toutes les pallions jouerent & 1
rôle. Les inimitiés perfonnelles, les noires vengeances & ellesfurer
lachesdélations furent les befeadesprolenpuonr les ciroyens reftés a
d'autant plus facilement exécutées fur leur ; que impuiflante innocenc
Fort-au-Prince fe repoloient arrêtés dans ces jours de calami
3> Le nombre des citoyens
celui de ceux er
publique a été de cinq cent de vingt-cinqs monte à environ deu
barqués, après dix-fept tjours prifon,
çel
noires vengeances & ellesfurer
lachesdélations furent les befeadesprolenpuonr les ciroyens reftés a
d'autant plus facilement exécutées fur leur ; que impuiflante innocenc
Fort-au-Prince fe repoloient arrêtés dans ces jours de calami
3> Le nombre des citoyens
celui de ceux er
publique a été de cinq cent de vingt-cinqs monte à environ deu
barqués, après dix-fept tjours prifon,
çel --- Page 381 ---
nt cinquaitel La plupart avoient été mis a au fecret; tous font
hrtis démunis'de tour, parce qu 'on ne leur a laiié nila faculté
le temps de faire des provifions & de régler leurs alfaires,
Hifqu'ils font partisie jour même où ils out éi6 embarqués,
parce que d'ailleursaucun d'eux ne prévoycit une fi cruelle
Fporrarion." Tous ignorent également quels font les crimes
u'on leur ipure; aucun deux n'a é:é interrogé ni vifité:
ue diront-ilsen France pour leur juftification?
>> Poir. furcroit de malheur, le navire le Saint-Hionoré eft
pur-à-fait mal approvilionné; fes bifcuits fon pourris 5 les
rovifions foni modiques; & aujourd'hui quil pourroit fe
rocurer quelques rafraichiflemens, Oll ne, permer à aucune
nbarcation d'accolter le myire pour vendre des provilions
desfrairs aux ciroyews: en forte que leur polirioneft affreufe.
uiffe ce trifte récit de nos infortunes imprimer tur yos ames
fentiment qu'ilinfpire, & yous engager, > citoyens municiaux, accueillir notre péuirion!
> Nous demandons voure intercellion pour faire lever la
ruelle conligne quirepoulle de notie bord tourestles embarations 3 nous vous prions encore d'employer vosbons oflices
uprès du citoyen adminiftrateur, afin qu'on.approvitionne le
avire lc Ssini-Honhéde bons comeflibles, en falanfons, en
hrines & en médicamens : car pous vous obfervons
arminous quatre ciroyennes & plufieurs vieillards quilya
es. Notre reeonnoillance égalera les fentimensdela fexngenai- protonde
ouieur dans, laquelle nous gémiffons.
3> Salur,
n/Nota. Ily a cent fix prifonniers à ce bord; outre
eufhommes de la garde foldée,
singe-
>> Signe, Léonard Leblois; Peltiersgérenta aul fond
Lecourtois > entrepreneur; 3 Aubry, habizant de desnègres;
lepuis dix-neufans; Lebreton de Vilandry, officier FArcalnye municibal; Darand, officier municipal; Perruilei, notuble; Dubois
père, notable & tréforier des traites de"la grande rivière du
ul-de-Snc; Alain, procureur de la commune du Port-auPrince; Malahar 7 fecréraire grelfier 'de la muniripaliré;
Tofeph Vilteferch, Biuner, adjudanr-général de la garde nationales de
adjudant de la Bardetnationsle 5 Goy
Tome VII. Soxune-ongième layraifon.
Eb sarde-ma-
i, notuble; Dubois
père, notable & tréforier des traites de"la grande rivière du
ul-de-Snc; Alain, procureur de la commune du Port-auPrince; Malahar 7 fecréraire grelfier 'de la muniripaliré;
Tofeph Vilteferch, Biuner, adjudanr-général de la garde nationales de
adjudant de la Bardetnationsle 5 Goy
Tome VII. Soxune-ongième layraifon.
Eb sarde-ma- --- Page 382 ---
gafin; Duchatelier, père de famille; Huguon jeune, habita
Arrec-Bielh, procureur d'habitacion dans la paroiffe de
Ceuis-de-Beuquers, Courant, Baftide, Trener, habiran
Mitebalais; Dupeyroux, habitant de T'Artibonite; Milliot , habitant
Lafranchife, entrepreneur de
rent Morel, habitant; Faucharoy,
Saint-Marc; La
rurgien au Boncauffin; Antoine Depont,mnarchand; chirurgien ; Gaujan, ,cl
marchand; Muraffe, marchând; Rival, gérent de Crello
du Cul-de-Sac; André Graux, gérent 5 Falbet, la plai
l'habitation Humbert; Formy, > habitant & père de gérent
Jean Vidau, charpentier; François Raymond ,
famill
Lebien, gérent; Pierre Petit, gérent ;
charpentie
à la Vallée; Pitra, habitant de la Cayemite; Labachelerie, ;
gére
Gervais jeune, habirant ; Réveillé, cabrouertier Conte, voilie
cabrouettier; Lonis Béqué, foldat du neuvième ; Fargor
Salme > capiraine du régiment de
régimen
Cauvin, habirant au Pied-Pourry; Babonnean, Saint-Domingue fold
Café; Valtier, habitant duMirebalais, &
de habitant
A de foixante-dix ans; Godinau, habitant & père de famille à
Rouflière ainé, marchand 3 Bonnin, marchand père 5 Faurè famill
boulanger & père de famille; Taneur, maitre
veuve Paumiers, mère de famille, habitante depuis cordonnie dix-ne
ans; femme Martin, mère de famille, habitanre
trent
quatre ans; veuve Chavennes Clairfond > habitante depuis 3 veuy
Magnan, habitante; Valentin Banaux, labitant
marchand orfèvre, père de fumille; Charles
; Famir
tailleur; Dodé, marchand; L. P. Martin, Pétrand, mait
Ferté, doyen des chirurgiens, feptuagénaire chirurgien; J.
génaire colon; Lefèvre, habitant au
d'age, L.
habitant à l'Artibonire;
Grand-Fond;
L1
al lArcahaye depuis onze Foreftier, ans 5 Nuerely exempr de maréchaufle
Monblanc, brigadier de
> exempt de police
Denain, habirant àl T'Arcahaye; police; Fontaine, Hanga, brigndier de police
Duffaux, Charoi, Sabatier; Vion,
T'eftard, Valet, Droin
chand;Matrhieu Potin, marchand; Randon, marchand; marchand mai
dix ans à Suine-Domingue; 3 Chapotor >
depu
habitant; Martin Defraye, habitant; Vaille, habitant; habitant; Pairé Sair
Brieux, maréchal-des-logis; Robert, marchand; Reynaud &
Biburgen, imprimeurs.
a Collationné, Signé, Gaaa./ardsegrdin
Charoi, Sabatier; Vion,
T'eftard, Valet, Droin
chand;Matrhieu Potin, marchand; Randon, marchand; marchand mai
dix ans à Suine-Domingue; 3 Chapotor >
depu
habitant; Martin Defraye, habitant; Vaille, habitant; habitant; Pairé Sair
Brieux, maréchal-des-logis; Robert, marchand; Reynaud &
Biburgen, imprimeurs.
a Collationné, Signé, Gaaa./ardsegrdin --- Page 383 ---
Sinac : Ona dit qu'Alain étoit fignataire de cette adreffe la ;
ceft vrai; vous voyez que la date contrarie parfaitement
léclaration faite par Alain à bord du vaiffeau lEmerica.
Duny: Vous voyez l'affreufe pofition oà fe trouvent les pri- à
onniers > dénués de vètemens & de vivres, & condamnés réclapoire de l'eau croupie & à manger du bifcuit gâré. Ils
noient quelques fecours de leurs cennoilfances; mais on craignoit fi fort de leur envoyer même un morceau de les pain, officiers que
perfonne n'ofa répondre à aucun des billets que d'aborder
envoyoient : on fut jufqu'à défendre à aucun fur canot le bureau l'arpour apporter des vivres du pays. Je dépofe
férédela municipalité, qui a renvoyé cette pièce au gouverneur, avec prière de procurer des fecours à ces malheureux.
Verneuil : Ce quine fut pas fait.
de
Le 172 le gouverneur & l'ordonnateur civil, frappés fans fouTétat miférable de l'armée > qui fe trouvoit fansbas, mal-fains &
liers, fans habits, campée dans des endroits
point
payée, arrèrèrent, de concert avec l'état-major, qu'on
les
1.
de France par
perts
droit 45500 1. fur 120,000 apportées du
Galfregate la Concorde. Voici les proclamations
général
baud, d'après cet arrêté.
Le même jour il y eut une affemblée générale convequée à la
par le gouverneur & T'ordonnateur civil : elle eut lieu intermécommillion civile, & fut compolée de la commiffion des offidiaire, de la marine de l'Etat, de celle du commnerce,
ciers de l'adminiftration, de l'ordonnateur civil & du gouverneur-général. Voici le procès-verbal : il contient en Tubftance
que la pénurie des magafins força de demander aux marchands
de fournir ce qui fe trouveroit chez eux, pour venir au fecours
des troupes de ligne qui manquoient de tout, des réfugiés fans
reffource, & des malades qui étoient entaffés dans les hépi-.
taux. Lerg mai, le gouverneur donna ordre à fon frère, adjudanr-général, d'aller vifiter les frontières elpagnoles,
rendre compte deleur état & de la fotce de la garnilon
abtur
namintre : lordre eft configné dans les regiltres qui (ont ici
fous les fcellés. Comme ce font quaire gros regiftres > je me
contente de les indiquer, afin qu 'on puille vérifier CG fait.
Bba
dans les hépi-.
taux. Lerg mai, le gouverneur donna ordre à fon frère, adjudanr-général, d'aller vifiter les frontières elpagnoles,
rendre compte deleur état & de la fotce de la garnilon
abtur
namintre : lordre eft configné dans les regiltres qui (ont ici
fous les fcellés. Comme ce font quaire gros regiftres > je me
contente de les indiquer, afin qu 'on puille vérifier CG fait.
Bba --- Page 384 ---
Le 20 mai, Galbaud, fur la repréfenrationde l'ordonna
teur civil des befoins.joumnaliers de la colanie, convoqua
dans le fein même de la commillion intermédicire > deu
aflemblées dont le réfultar le tira de l'embarras extrême o
étcit T'adininiftation de la chofe publique pour le fervice
Chacun des négocians vint au fecours de la chole publique
chacun s'empreili deprocurer ce quilpur,pour le moment
mais ces fecours ne furent que momentanés. Le lendemai
lordonnarevr revint à la chaige, > & on convoqua une troi
fième alfomblée qui ett' le méme réfultar.
Le 21, deux heures après minuit, Oil vint anponcer, au ge
néral Galbaud que les brigands defcendoient les monragiies &
marchoien: furThôpital dit des Pères; qu'une parrie des ma
lndes étoient defcendus en chemife; & que l'autre, incapabl
de fuir,attendoit dans le lit le moment d'être égergee. Galbaux
fit fortir de fuite la gamifon, & prévint par cette célérité 1
maffhcrede cesinfortunés. Ce fut Ferrand, horloger, adtuel
lement en France, qui prévint le général de ce mouvement
ce Ferrand efk ici; fila commitlion defire l'entendre, il pa
roitra.
Le 22 mai, les capitaines des Etats Unis, au nombre d
quarante- quaue 2 préfentérent au général & à l'erdor naten
civil une pétition relative à l'arrèté de la commiflion intermé
diaire dai8,qui ordonnoit que l'on prendroitles cargaifon
américaines, 8c qu'elles feroient payées eii lettres Je-chang
fur Geneft, miniftre aux Etars- Unis, Gu fur Swan &. com
pagnic, Ils demandèreat à être payés en denrées coloniales
un prix raifonnablement fixé. Voici cette pièce en anglais
mais elle eftjointe dansl le procès-verbal en français.
Ferneuil : Lis les fignatures . . . e
Duny : Je dis quarante-quatre capitaines .
Le 24mai ily eut une affembléc à la commnifioninrermé
diaire, compolée de fes membres, de la municipalité, des
négocians, de la marine de l'Etar & du commerce. J'obferve.
citoyens, que toutesles fois que j'aiparle d'une allemblée, je
défigne ceux qui la compoleient, parce qu'on vous a parié
d'aliemblées inconfitutiojnelies, de raflembiemens de factieux; & vous ferez dans le cas de juger, par toutes les piès
ces, de tous ceux qui compofoion: CCs allemblées. Le 24 mai
négocians, de la marine de l'Etar & du commerce. J'obferve.
citoyens, que toutesles fois que j'aiparle d'une allemblée, je
défigne ceux qui la compoleient, parce qu'on vous a parié
d'aliemblées inconfitutiojnelies, de raflembiemens de factieux; & vous ferez dans le cas de juger, par toutes les piès
ces, de tous ceux qui compofoion: CCs allemblées. Le 24 mai --- Page 385 ---
;S:
ilyeur un: affemblée compofée des officiers, 3 des négocians ;
du comierce de T'infpecteur-g général de la fubven ion, du
-emesmielCrgor.de) l'ordonnateur civil & des principaux
chefs de ladminifration, des capitaines des Erats-Unis, du
gouverneur général. Le motif de cette réunion étoit la difette
de toutes les choles de première nécélliré. Dans cette aflemblée, tous les capitaines des navires compofant le convoi ont
fair le tableau rapide & frappant des dépenfes qu'occalionnoit
leur fejour, des dangers auxquels ils feroient expofes dans une
faifon plusavancée : ils promirent de concourir, par une contribution générale, & ce, d'après un expofé de T'adminiftration. Onyconvint 3 dans cette aflemblée, de payer les fubfiftances fournies parles Américainsavec des denrées coloniales.
Ler prix des objets d'échange fut fixé del la manière la plus franche & ia
loyala Voici le procès-verbal qui conitate cette
opération. resi même jour tous les capiraines de commerce
préfentèrent au général Galbaud une pétition dont la lecture
va vous peindre rour-à-la-fois combien étoit défaftreux, > pour
les intérêts de la République, le féjour forcé de leurs bâtimens
dansles ports de la colonie par la volonté feule de Polvereln&c
de Sonthonax. llimporte que vous entendiezla leéture de cette
adrelle; la voici.
(ILlalit:)
Au cizoyen Gaiaid, goasemsurgéndnaides isles françaifes
fous le Vent.
rs Crrevr-sixixal,
92 Les capitaines des navires marchands, prêts à faire.voile
au premier lignal, viennent dépofer dans votre fein paternel
leurs julkes alarmes fur les événemens défaftreux que peuvent
faire naitre les circonftances actuelles, & les moyens
croiroient propres à conjurerl'orage quiles menace, en détrui- qu'ils
fant les projens de leurs nombreux ennemis. Hs vont entrer
dans les détails néceflaires au développement de ces moyens:
ils ferepolerons éntiérement fur vorre fagefle, bien pénétrés
qu 'elie a pour but l'inréret général 6c.la plus grande gluire de
B'b 3
peuvent
faire naitre les circonftances actuelles, & les moyens
croiroient propres à conjurerl'orage quiles menace, en détrui- qu'ils
fant les projens de leurs nombreux ennemis. Hs vont entrer
dans les détails néceflaires au développement de ces moyens:
ils ferepolerons éntiérement fur vorre fagefle, bien pénétrés
qu 'elie a pour but l'inréret général 6c.la plus grande gluire de
B'b 3 --- Page 386 ---
la Répablique. Près de cent bârimens richement chargés vo
diriger leur route vers la France, au moment ou les
de
formeront une ligne de vaiffeaux
E
mariimes Fune des extrémités l'Furope touchera T'Angleterre : tandis belle que laur faifd
s'étendra au- dela du détroit de Gibralrar. La plus nous
de l'année favorifera leur croifière ; & quoique
foyo
incimement perfuadés de la bravoure des Frangais > nos de dign leu
compatriotes, nous devons craindre que la quantité victo
vailléaux ne foit en affez grand nombre pour s'oppofer
rieufement dans touresfes parties à rant d'efiorts réunis; qu'u
convoi de 60,000,000 1. ne devienne la proie des barbaresq balance d
veulent nous affervir, & faire pencher vers eux la
double, parce qu'ils acquerroient ce que nous perdrions.
une terre
des peupl
Des parages libres, reffource affurée plus heureufe, s les Américains noi
amis, nous dans offrent leurs une ports; & nous trouverons parmi eu
recevront
ce
ont
de nous dans d'autr
dans cette guerre, qu'ils Là, reçu
snoins e
remps, refuge & protection.
citoyen-génétal, liffue des éve
pofés que par-tout aillaurs > nous attendrons sûrement; no
nemens. Des avifos fréquens nous font inflruiront de celles
dépenfes, qui dans le port du Cap
décuples à
de chole, 3
nous. ferons dans le continent, fe réduiront peu avec
u
tranquilles furnus propriétéss, aborder J nous arrendrons les côtes de France. patience
temps plus opportun pour
rous diffimule
5> Mais, citoyen-général, dans le nous ne du pouvons convoi détruiroit nom
que le moindre D'un retard moment à l'autre départ notre port peut être bloque
e(pérance, alors quelle eft notre polition : Cernés au dehors par les limite puil
fances belligéranres, reftreints au dedans par d'étroites me
occupées
les Elpagnols & les brigands; nous ferions
nacés de E famine, & nous accélérerions fon approche parl Non
quantiré de bouches qui fe trouvent dans ce d'entre convoi. nous 1
venons vous inftruire qu'une bas grande les quantité denréescoloniales qu'il
trouvent forcésàvendre acherer à à chers prix deniers les chofes de premièr
ont à bord, pour les affurances n'empêchent en aucune manièr
néceflité; 3 de que relâche
nous vous préfentons, parce
le projet
eft la que
8c que Y'ordonnance de lrm
falat de tous
fupremeloi,
xine s'explique clairement à ce fujet,
ité denréescoloniales qu'il
trouvent forcésàvendre acherer à à chers prix deniers les chofes de premièr
ont à bord, pour les affurances n'empêchent en aucune manièr
néceflité; 3 de que relâche
nous vous préfentons, parce
le projet
eft la que
8c que Y'ordonnance de lrm
falat de tous
fupremeloi,
xine s'explique clairement à ce fujet, --- Page 387 ---
38;
> Dansces eruellesaltetnatives, nous venons réclamer votre
ilicitude, 2 votis prier de prendre en confidération les raifons
te nous avons déduites, de nous faire partir au premier infnt; toutefois vilite faite des débarquemens, ce qui ne peut
te un grand retard; de diriger notre route vers l'un des ports
u continent dont le nom fera connu de vous & du contreniral. Nous nous garderons bien de vous prier de répondre
ithégoriquement à notre demande; nous venons feulement
ous témoigner nos prellans defirs > & VOS démarches > couertes des voiles du fecret > augmenteront notre confiance &
rontl le défefpoir de nos ennemis.
>> Signé, Saint-Martin , A. Liard 2 1 Leblanc, L. Ceure;
Lehande, T. N. Bonnet, S. Seard fils, Hemis, N. Du
uuteau, Mentonicr, N. Maumer, H. Chappe, T.A. Bigard,
Lalane, F.Duremple, J.Legachire, 3 Godefroi; pour mor
spitaine, Auzé; Delifile-Thibaut, Jau@ret, Vaffal, L. Guion,
egord, L. Paval.
>> Signé, P. Miarin-Longuemare, Baron, Léveillé, Herlan Dupin, 3
Ce fontles capitaines du commerce français en rade du
ui réclamoient le départ du convoi. Vous avez entendu
Cp
ionax direque Galbaud, pour mafquer fa haine &c fon hypocifie pour les homines de couleur, avoit pris un aide-de-camp
ulatre.
Sonthonax : J'ai dit cela, moi!
Duny : Oui.
Sonthonax : Pas un mot de tout cela.
Dury : Je vais le prouver. Voisi une lettre du géxéralLa
aux, qui (upplie le général Galbaud de prendre un aide-deamp mulàtre; il luiindique Poizat comme très-ami des comillaires civils. Je dépofe cette pièce écrite toute entière dela
nain d'Etienne Lavaux.
Le préfident : Dans quelle féance Sonthonax a-t-il dit cela?
Duny : Je ne m'en rappelle pas la date.
Sonthonax : J'obferve fur ce Poizat,
Bb. 4
. Voisi une lettre du géxéralLa
aux, qui (upplie le général Galbaud de prendre un aide-deamp mulàtre; il luiindique Poizat comme très-ami des comillaires civils. Je dépofe cette pièce écrite toute entière dela
nain d'Etienne Lavaux.
Le préfident : Dans quelle féance Sonthonax a-t-il dit cela?
Duny : Je ne m'en rappelle pas la date.
Sonthonax : J'obferve fur ce Poizat,
Bb. 4 --- Page 388 ---
$84
Le préfident : Ilne peuspas être queftion de débats actue
lement.
di
Duny: C'eft Etienne Levaux qui parle : je vais la lire.
n'entends pas, dire quil - étoitleurlami.
ic préfident: C'ellinutile.
Duny: Fibuandjeveinesinuee Le 25 mai, Leblanc,lieut
Espkststapnalume & commandant delaplace
rgnialoasinsgnemtirones destignaux
reconnoillance des vaifleaux avec tous les forrs & les batteu
delacôre: il fatturaquisteespore deles notifier dans tousl
lieux de fon gouvernemnent. Voici la lettre; vous voyez
s'eft toujours occupé des intérêrs de la République, de qu'c fai
connoitre dans rousles ports de la colonieles nouveaux figna
envoyés parle confeilexécutif. Voilà la lettre originale de L
blanc, Leméme jour la commifion intermédiaire, vul le bo
foin prefint des magafins de la République & des hôpica
dépourvus de tour, 3 requit le général Galbaud d'employer
force publique pour cmpécher pendant cinq jowrs
tion dans la rade d'aucune efpèce de denrées coloniales l'export
être chargées à bord des bâtimens français. Voicifarretéde pou
commiflion intermédiaire. Leméme jouria commiffion inte
médiaire déclara l'urgence, &arrèta qu'eile autorifeitla com
miflion ad hoc nommée dans l'atiembléc du 18, à faire un
vifite exacte dans tous les magalins des négocians , commil
fionnaires, > marchands, & de tous autres citoyens de la vill
du Cap, pour) y prendre la déclaration des denrées colonial
qui-pourtoient s'y trouver 5 que la commiflion s'adjoindro
deux cicoyens du Cap, fur Tinvitation que lel préfident de 1 .
commilion intermédiaire étoit chargédefaire. Voici,
le fecond article de la commiffion intermédiaire. J'entre cicoyen dan
tous ces détails, parce que vous verrez à la fuite une procla
mation qui incrimine Ces opérations & ordonne d'incarcéte
ceux quiles ont faites, & ceux qui ont répandu leurs bienfair
fur nosfrères venus d'Europe & fur les malades répandus dan
les hôpitaux. Le même jour 25 mai, le gouverneur inftruifi
encore les commiffaires civils que le cominerce , les capiraine
marchands, les capitaines des Erats-I'nis, étcient aflembléser
préfence d'un peuple immenfc. Les derniers étoienit convenu
de livrerleurs cargaifons aladminiftration, &, les autres, dele
payer en denrées coloniales. llles prévient qu' 'onles follicitoi
dan
les hôpitaux. Le même jour 25 mai, le gouverneur inftruifi
encore les commiffaires civils que le cominerce , les capiraine
marchands, les capitaines des Erats-I'nis, étcient aflembléser
préfence d'un peuple immenfc. Les derniers étoienit convenu
de livrerleurs cargaifons aladminiftration, &, les autres, dele
payer en denrées coloniales. llles prévient qu' 'onles follicitoi --- Page 389 ---
38yt
rement pour le départ du convoi, les pria de renvoyer les
cimens quid étoient dans l'Oueft occupés avec eux à canonner
villes de l'Oueft, pour kamelascotbaresomenis quiinfel- du
ient la partie du Nord.Il leur annonça que les capitaines nécefminerce offroient de fournir à leurs frais les agréts
res à l'armerNent des vaitleaux de l'Etat. Cette lettre fe
ouve la cinquiène dans le cahier. Le même jour, viennent
s plaintes de la municipalité du Port-de-Paix, relatives au
nuement abfolu de tous les magafins de l'Etat, & fur-tout
X coriaires anglais qui dévaftoient la côte. Voici les pièces
la municipalité du Port-de-Paix, que je vais dépofer fur le
areau.
La fcance eft levée.
Leregifre des préfences ef fgnés J.Ph.
OUCHE (de Nantes ), Jecrétaires
"Masrotiw:
TOILEVAUT, F.LANTHINAS.
f --- Page 390 ---
Du 25 Meffidor, P'an troifème de la République frange
une $ indivifible.
Or fair ledure des débats recucillis dans la féance d'hi
jufenes & non compris l'affaire du Cap; la rédaétion en"
adoprle; à demain. la leéture du furplus du procès - verbal eft remi
Les citoyens Page & Larchevefque-Thibaur font abfer
Th. Millet : Dans la difcullion d'hier Sonthonax a C
qu'il avoit dà déporter les hommes pris au Port-au-Prin
les armes à la main : il eft important de remarquer que
la citoyenne Pommiers, la citoyenne Martin, âgée de 61 ans
citoyenne Magnan, la ciroyenne Chavanne, mourante
& qui en effet eft morte en la tranfporrant du bord du vai
feau la à Thôpiral, n'avoient pas pu être prifes les armes
main.
Sonthonax: Ces quatre femmes avoient excité des tronble
au Fort-au-Prince dès le commencement de la révolution
La citoyenne Martin ett accufée par la notoriété
& par le journal de Gatereau, alors fait au Cap, publiqu d'avoi
mutilé le cadavre de Mauduit lorfqu'il fut allallinéau Port
au-Prince. La ciroyenne Pommicrs, la citoyenne Chavanne
connue fous le nom de comtefle de
avoien
excité des troubles dans la colonie depuis Chavanne, le commencemen
de la révolution, & s'étoient toujours trouvées à la muni
cipaliré pour empécher fes délibérations pendant les derniers
troubles du Port au-Prince : elles ont été dénoncées comme
telles par la municipalité elle-mème.
Clcafon : Ce ne font-là que des allégations.
royenne Pommicrs, la citoyenne Chavanne
connue fous le nom de comtefle de
avoien
excité des troubles dans la colonie depuis Chavanne, le commencemen
de la révolution, & s'étoient toujours trouvées à la muni
cipaliré pour empécher fes délibérations pendant les derniers
troubles du Port au-Prince : elles ont été dénoncées comme
telles par la municipalité elle-mème.
Clcafon : Ce ne font-là que des allégations. --- Page 391 ---
Sonthonas : Elles font comprifes dans la lifte des dénonions qui nous ont été remifes par la municipalité Touron du &c
rau-Prince; la lifte eft fignée Borgela,David,
enier, officiers municipanx.
dénonciations faites
Clauffon : Ce feroit tout au plus des
commilfaires civils après leur entrée au Pert-au-Prince.
Sonthonax : C'eft après notre entrée.
Tai une demande d'ordre à faire. Dans les papiers faifis
New -Yorck fur Tanguy, ils s'en trouve de très- imporS fur les renfeignemens à prendre par rapport à la confation du Cap; T'une de ces pièces eft intitulée : Dernier
feil au général Galbaud. Lors de cette faifie, le miniftre
neft me fir palfer une note de ces différentes celle pièces dont qu'il je
voyoit alors à la Convention. Je fais
doflier. Je dens de
eft cotée no. II du
inde que parler la commiflion veuille bien en ordonnerla commuation, fielle n'y trouve pas d'inconvéniens.
Le préfident : La commiffion ftatuera fur cette demande
rès la féance.
Duny : Je dirai à la commiffion que Geneft, en dé- &
nçant la chambre oû étoient les papiers de Tanguy, réfuu étoit habitée par moi & Bréton - Villandry,
S à New-Yorck > parce que les Américains ayant une
antité prodigieufe de colons à loger, nourrir & vêtir, ne
nvoient pas donner à chacun des chambres particuhères; dans
eneft : dis- je, cnleva tous les papiers, & les envoya datés
iet malle. J'ai les récépillés de Genelt, de Dhauterive,
New-Yorck. Loriquil s'agira de ces papiers, je donnerai
'S éclairciflemens.
de fcs
Sonthonax : On a fi peu voulu priver Duny
ers, que les autorités conftituées lui, en ont donné Bes
çus. Lc pr.fident : Ilne peut pas y avoir de difcuffion fur de pails incidens.
Duny : Vous avez befoin de connoitre l'efprit qui aninoit la commune du Cap, pendant que Polverel & SonVousallez connoître
onax bombardoientle Port-au-Prince.
: elprit, & combien la tyrannie de ce dictateur pefoit
Sonthonax : On a fi peu voulu priver Duny
ers, que les autorités conftituées lui, en ont donné Bes
çus. Lc pr.fident : Ilne peut pas y avoir de difcuffion fur de pails incidens.
Duny : Vous avez befoin de connoitre l'efprit qui aninoit la commune du Cap, pendant que Polverel & SonVousallez connoître
onax bombardoientle Port-au-Prince.
: elprit, & combien la tyrannie de ce dictateur pefoit --- Page 392 ---
fur Tinforcanée ville da. Cap & fur le refte de la
par cette pieceadreficeala Convention & aux citoyenslibi ccl
laFrance..Ceute, pièce eftintitulée le Cri du defe/poir.
(Ilit.)
Ic Cri du defefpoir àla Convention nationale & aux Fra
libres del la Republique.
cs PRÉSIDENT, FRÈRES ET CONCITOYENS,
> La France ef libre, mais Suint-Domingue gémit
le poids dela tyrannie : jamais l'ancien régime, fi jufler
exécré, n'a fourni des preuves d'un defpotifme aulli pe
& aufli infulranc que celui exercé furles
de cette inforrunée colonie. Les premières mtheureuxhabi démarches
commifaires civils envoyés ici pour rétablir la paix pa
perfuafion, nous avoientfair préfager un bonheur
pas réalifé.
quine
33 Diifesd'opinions, ils fe font féparés
gouver:
Tun la province du Nord, l'autre cclle
T'Oueft &
Sud.
Erd
3, C'eft-li qu'agiffànt en fens contraire, ils étendent
verge. de fer fur les colons, & en
leur citer les lois bienfaifantes dont frappent tout
quiconque
de jouir; caflant mutuellement leurs arrétés, Français a le d
les mettre. à exécution dans leur empire refpeétif, défendant ils ne
d'accord que pour nous opprimer.
93 Confinds dans leur palais comme ces anciens
une garde nombreufe en défend I'entrée aux citoyens, defpot
c'eft corps. de-la populaires mémes C'eft de-là que fe fabrique
que fe fulminena des ordres attentatoires à
berre des citoyens, & Farreftarion d'un homme de bien la
fouvent T'efterdes plus criminelles infligations.
>> Comme vous, nous fommes Français, nous chériffo
ce tire, & cependant il devient pour nous un fujet
douleur, par la comparaifen que les circonfances nous fc
cent journellement de faire du fort dont vous jouiflez av
cluigse nous éprouvons.
a0 :
que fe fulminena des ordres attentatoires à
berre des citoyens, & Farreftarion d'un homme de bien la
fouvent T'efterdes plus criminelles infligations.
>> Comme vous, nous fommes Français, nous chériffo
ce tire, & cependant il devient pour nous un fujet
douleur, par la comparaifen que les circonfances nous fc
cent journellement de faire du fort dont vous jouiflez av
cluigse nous éprouvons.
a0 : --- Page 393 ---
38,
En France ilaya point d'auterité fupérieure à la'loi;
à Saint - Domingue les commilfaires civils fe difent
ellius des lois, & agillenteh conforinité.
En France nul homme ne peut être accufé, arrêté ni
hu que dans les cas déterminés par la loi, & felon la
equ'elle a prefcrite : à Saint - Domingue Oll eft accufé
Hes gens qui ne veulent pas être nommés. Les liftes
rolcription font dépofées fur la rable du didtateur, &
un y inferit le nom qu'il veur. Le citoyen eft arrêté
des dénonciations qui ne font jamais commmiquées;
hu fans en connoûtre la caufe, embarqué & envoyé en
ice comme coupable, fans avoir été adinis à fejoftifier.
eit pas feulement entendu ici!.
On a abatru en
ice toutesles baftilles 5 & dansila colonie, on proftirue les
caux de la République 5 on les transforme en baftilles
intes, & l'onye entalle les profcrits.
En France toure rigueur iqui n'eft pas jugée néceffaire
s'aflurer d'un citoyen non reconnu coupable, eft févént réprimée par la loi : à Saint-I Domingue, des ci1s innocens. 5 revêtus de la confidération que l'eftime
rale &c les charges publiques méritent à jufte titte, des
ers municipaux enlin, font arrachés avecrviclence de
maifons, , enlevés en plein jour avec un éclat fcanIx par ordre du' commiflaire civil, qui transforme en
ts de l'ancien régime ces bravés & loyaux partiores,
qui l'obéiffance a ce qu'ils croient être ia loi eft le
facré comme.le plus faint des devoirs.
En France chaque citoyen a le droit, par luirmême ou
epréfentans, de conftater la nécellité des contributions
iques, de les confentir librement, d'en fuivre l'emploi
en déterminer la quantité, l'aflierte, le recouvrement
durée; la fociéré a le droit d'y demander compte à
agent public de fon adminiftration : à Saint -
ommiflaire ne yeut pas que les repréfentans de Domingue la colonie
élent de ce qui concerne ladminifration des
veut pas qu'ils prennent connoillance des linances; narchés
s par Poujer; il.ne veur pas qu'on en
les
,1 mais'ilveur feul les approuver, les figner, démoure &
oids de fon autorité ceux qui olcrcionr
menace
es.
tranfgreller fes
compte à
agent public de fon adminiftration : à Saint -
ommiflaire ne yeut pas que les repréfentans de Domingue la colonie
élent de ce qui concerne ladminifration des
veut pas qu'ils prennent connoillance des linances; narchés
s par Poujer; il.ne veur pas qu'on en
les
,1 mais'ilveur feul les approuver, les figner, démoure &
oids de fon autorité ceux qui olcrcionr
menace
es.
tranfgreller fes --- Page 394 ---
la liberté de la
eft
- 2 fau
s0 En France
prelfe
permife ie croit léfé
sefponfabilité de K'abus; un citoyen défenfe. qui
droit de faire imprimer fes moyens de
ordres
font aux
9> A Saint - Domingue les fort preffes rien
de leur con
commiflaires civils; il n'en du
n'a que pas pu jouir C
tement: , & la municipalité fes arrètés, Cap pas même la légi
faculté de faire imprimer arrachés à leurs femmes & àl
réclamation des citoyens
Le cri de la vérité a
enfans les 8 & 9 janvier... & fi l'on n'a
enlevé de
opprellivement érouffé; ;
de pas la
Timprimeur la minute de l'arrêté
numicipalité encore
Cap, on lui a défendu d'imptimer; & on ofe
P
de liberté dans des proclamations! librement fon
s> En France on fe communique à ce fujet : à
nul. ne
être inquiéré
reinee
&
peut quand on n'approuve pas la conduite
on eft embarqué nous ont été envoyés > & on vous dit que
defpotes qui des penfées contraires au bien public.
vous foupçonne France onn'a
& on ne veut point de d
>> En
point le commiflaire prend ce titre,
teurs : à SaintDomingue
exerce lesp pouvoirs.
font confidérées, il
>> En France les municipalités civil ou miliraire qui ole man
aucun agent du pouvoir les magiftrats du peuple : il étoit réfer
d'égards envers de fournir T'exemple d'un délégué d
Saint - Domingue retufe d'écouter, de recevoir le corps muni
nation qui
annonce avoir à l'entretenir d'affaires
lors même qu'il fous le vain prétexte qu'il eft trop tard, &
portantes,
& le lendemain il Inel f'éc
Ordonne de reventrlclendemain,
feulement pas. avoir lutté trois ans contre les ennemis C
>> Après
le pouvoir exécuuf; après avoir fa
France fortune > contre à la révolution, voilà donc la récompent
notre fidélité à la France, & le dédommagement que
notre
éprouvons de nos pertes. huit mois à notre foiblelle, t
>> Abandoanés pendant les dépofitaires de Yautorité royale,
pendant quinze par plus que d'être opprimés par des C
nous manquoir d'u une République dont nous faifons partic.
millaites
ès
le pouvoir exécuuf; après avoir fa
France fortune > contre à la révolution, voilà donc la récompent
notre fidélité à la France, & le dédommagement que
notre
éprouvons de nos pertes. huit mois à notre foiblelle, t
>> Abandoanés pendant les dépofitaires de Yautorité royale,
pendant quinze par plus que d'être opprimés par des C
nous manquoir d'u une République dont nous faifons partic.
millaites --- Page 395 ---
39r
Nos plaintes à la métropole ont prefque toujours été
Fuétueules, parce que nous y avons toujours été caAniés.
Les demandes de fecours à nos voilins ont été taxées
projets d'indépendances nos repréfentations aux commifes civils font traitées de rebellion à la loi, tandis qu'eux
Is en font les infraéteurs. Ils nous difent que le règne
la tyrannie eft palfe; ils en font oftenfiblement abattre les
fres de pierre ou de métal , & ils nous gouvernent afiavement; ils parlent d'égalité, & il n'en exifte
s
pas'dans
actes : ils font plus, nous voulons nous fondre avec
frères de couleur, ne faire qu'un avec eux, oublier
S 110S maux dans un rapprochement ordonné par la loi
4avril . . . & on nous défend la fonte dans les difts, & on les tient éloignés de nous > en compagnies
inctes. Ils publient la liberté d'opinions, & ils embarnt ou emprifonnent quiconque n'eft pas de leur avis.
Ils citent le refpect que l'on doit aux autorités confti.
s, & ils s'efforcent d'avilir les corps populaires; ils
imprimer avec profulion l'arrêté de la commiffion interHiaire qui leur vote des remercimens pour
at des citoyens déclarés innecens par la municipalité Tembarque- du
Ps ils font des proclamations pour la formation de
emblée coloniale, & ils défendent à la commune du
b de s'affembler, & ils difent enfuite que c'eft la faute
municipalités fi cette aflemblée n'eft pas formée, tandis
ils y mettent des entraves. La loi du 22 août veut que
it-. Domingue envoye fes dépurés à la Convention.
ils mettent en queftion ce qui étoit ordonné; il en rée que les députés ne font pas nommés (au 30 mars
3) & enfuite on nous peint comme ne voulant
ir de députés à la Convention.
On ne veut point
nous en ayons > parce qu'ils feroient à coup sûr briller point
umière de la vérité fur l'érat défaftreux oà" la colonie
el rouve réduite. - . . & c'eft ce qu'on ne veut pas. o
fera donc le terme de nos misères :.
Cen n'eft pas tout, frères & concitoyens : au moment od
1s vous traçons l'efquille rapide de notre opprelfion,
at-Domingue touche peut-être à fon deraier moment...
ayons > parce qu'ils feroient à coup sûr briller point
umière de la vérité fur l'érat défaftreux oà" la colonie
el rouve réduite. - . . & c'eft ce qu'on ne veut pas. o
fera donc le terme de nos misères :.
Cen n'eft pas tout, frères & concitoyens : au moment od
1s vous traçons l'efquille rapide de notre opprelfion,
at-Domingue touche peut-être à fon deraier moment... --- Page 396 ---
Sans doute ce fort funefte lui étoit reiervé; mais falloit
que ce fatal arrêté qui va nous anéantir, fàr" proclamé
votre nom?.. Le croiriez-vous?.. . Après avoir voI
les injures les plus grofières > lest calomnies les plus abli
des,
on ordonne à quatorze paroilles de citayens
marcher en armes contre une quinzième également remp
de cizoyens. . . . & c'eft à cet ufage que l'on emploie
foldats, les armes, ies vailleaux' & l'argent de la Rép
blique... e sa
Sonthonax : J'obferve fur le matériel de cette pièceq
Duny en a impofé en difant que c'étoit une adrefle
la commune du Cap: c'eft l'opinion du journalfte Tangu
Yarticle eft figné Tanguy. Il ne porte aucune efpèce
marque que c'étoit l'opmion des corps conftitués & des
toyens du Cap.
Duny : Ce font les réfexions du journalifte Tanguy,
la Tuite de la pièce que je viens de lire , qui font lignées
lui.
Sonthonax : Il - n'y a ni fignatures ni relation de figr
gures.
Lc préfiéent : Quel eft le titre :
Duy: Le Cri du défefpoir de tous les Français, adrelf
la Convention & aux Français libres.
Sonthonax : Par qui?
Duny : Par tous les colons epprimés.
Sonthonax: Oà font leurs noms :
Dury : Les fignatures ne font pas relatées.
Lep préfident : Quelque chofe dans ce recueil indiquert
que cei fcit une adréflet
Dury : Tout le recueil que je vais dépofer fur le bure
l'indique,
Le préfident : Indique-t-il par qui cela eit écrit?
Duny : Rien-ne l'indique.
Fondeviolle : Cette adrefle a 6:6 envoyée à la Conte
tion,
Son: hona
Oà font leurs noms :
Dury : Les fignatures ne font pas relatées.
Lep préfident : Quelque chofe dans ce recueil indiquert
que cei fcit une adréflet
Dury : Tout le recueil que je vais dépofer fur le bure
l'indique,
Le préfident : Indique-t-il par qui cela eit écrit?
Duny : Rien-ne l'indique.
Fondeviolle : Cette adrefle a 6:6 envoyée à la Conte
tion,
Son: hona --- Page 397 ---
Sonthonax : Jamais. Je croyois que la commillion ne receitdans les débats que les pibces qui préfentent un carace officiel. Celle-ci ne préiente pas même un caractère
ivant les formes indiquées par la loi, puifque rien n'inque que ce foit une adreffe faite à la Conven:ion.
Le préfident : Le citoyen Fondeviolle vient d'annoncer
e cette pièce avoit été adreflée à la Convantion. Quelle
euve a-t-il de ce fait :
Fondeviolle : Je l'ai fignée moi-même.
Lc préfident: Votre allégation n'eft pas une preuve.
Fondeviolle : Je n'en ai pas d'autre, finon que je l'ai
née, ainfi que la commune, & qu'eile a été envoyée à la
onvenrion.
Sonthonax: Si cette pièce a été fignée, elle l'a été indiHuellement ou dans une affemblée de commune: ou eft le
ocès-verbal de l'allemblée fi elle a été fignée dans une
emblée? Oà font les fignatures particulières fi elle 2 été
née individuellement ?
Dury : La plupart de mes papiers m'ont été enlevés; &
1 fur des pièces échappées au naufrage & reprifes à l'eau
que Geneft voulut faire enlevér à Galbaud le refte de
S papiers que je parle dans ce moment.
Le préfident: Vous a'avez pas d'exemplaires de cette pièce
primés féparément ?
Duny : Non, citoyen.
La garde naticnale fe préfenta chez le général Galbaud
fon arrivée.
Voici le difcours que prononça Mirande > commandant du
cond bataillon.
ifeours du citoyen Mirande J commandant le fecond bataillon
de la gardé nationale du Cap, , au genéral Gaibaud.
e La garde nationale du Cap abattue fous le poids des
rigues depuis deux ans, écrafce
la plus noire des
lomnies, étoit au moment de fa Tadler ; mais votre arrivée,
néral, ranimé dans fon caur, la joie & l'efpoir dans
Tome VII. Soixante-onziuns liyraijon,
Cc
-
citoyen Mirande J commandant le fecond bataillon
de la gardé nationale du Cap, , au genéral Gaibaud.
e La garde nationale du Cap abattue fous le poids des
rigues depuis deux ans, écrafce
la plus noire des
lomnies, étoit au moment de fa Tadler ; mais votre arrivée,
néral, ranimé dans fon caur, la joie & l'efpoir dans
Tome VII. Soixante-onziuns liyraijon,
Cc
- --- Page 398 ---
ciroyen général, g
fon ame : vous verrez par vous-mème,, tels
vous les a peint
les citoyens du Cap ne sont pas
qu'on foumis à la loi & 9
vous n'y trouverez. que & des je hommes ne crains pas d'ètre démenti.
des citoyens aucun pailibles, de nous qui ne foit prèt à fe facrifier
n'y a
le rérabliffement de
Fred
bonheur de la Republique Notre conduite & à venir ne laillera à n
dans la colonie.
la honte de nous avoir calo
vils calommiateurs que
niés >.
Galbaud
toutes les députations, , ap
Le général
un compolé de brigands,
lui eut dit
MRELIES
Dufay
d'Italie.
de falariés des princes
Rzninaty
être queltion ici de Dufa
Le préfident : Il ne peut
fur-tout le citoyen Dutay n Vaant pas préfent.
la commiffion intermédinire décla
Duny : Le 29 mai, prononcer fur la pétition de
fon incompétence tendante pour
à T'elargillement de fon épd
citoyenne arbitrairement Parent, par ordre de Polverel &c Sonthona
arrêté & à la levée des fcellés appofés par Vergniaud de - Sénéch
caraétères & les papiers T'imprimer
fur les preffes 2 les lui
de s'immifcer da
Elle déclara quil ne
appartenoit civils. pas Vous reconno
les déterminations des commillaires
co
fez là T'influence de ceux-ci fur ce mannequin appelé
miffion intermédiaire.
Voici fon arrêté.
(Il le dépofe & continue. )
Le même jour, le gouvermeur-ginéral: commandant fur des du paqu cord
lui furent adreffes
Nord, Pajot, convoqua un confeil
de la
PA
2 TER
Etienne province Lavaux : il fut compofe de Céfar G
guerre adjudant-général chez
de P'armée; de Leblanc, comma
baud, dant de la place; de Grace, adjoint à Tadjudant-générs commanda
Martinon, commandant du génie 3 Ronfigny, comma
T'artillerie; Foreftier, officier du génie; Delgouttes, commandant
dant le dix - huitième régiment 3
commanda
- quarrième régiment 5
icamat
quarante troifième bataillon de TAilne; de Dufai, infpedeur C
ie
; de Leblanc, comma
baud, dant de la place; de Grace, adjoint à Tadjudant-générs commanda
Martinon, commandant du génie 3 Ronfigny, comma
T'artillerie; Foreftier, officier du génie; Delgouttes, commandant
dant le dix - huitième régiment 3
commanda
- quarrième régiment 5
icamat
quarante troifième bataillon de TAilne; de Dufai, infpedeur C
ie --- Page 399 ---
ontières. Le gouverneur, après avoir donnd leoture
ttre du ciroyen Legrand, commandant le" pofte d'Ouana- d'une
inte, par laquelle il expofoit la fituation cririque de
bolte au moment où la rupture entre la France & IEC ce
ngne demandoit un renfort de quatre cents hommes & trois
jeces de canon, & dans le cas où on ne lui donneroir
moyen de fe défendre, il demandoit à lever le pas
Ouanaminte & à fe replier fous le fort
camp
Frété que le grand & le petit Caracole, Dnuphin; que Jaquizit ila & été
rou fourniroient cinq cents nègres deltinés à faire des le
prtifications dans le pofte, & qu'on alloit s'occuper de
enrôlement de quatre cents hommes pour aider à conferver
pofte d'Ouanaminre.
Voici le procès-verbal dreffé dans le confeil de
ous y verrez que tout ce
Sonthonax a dit
guerre,
-
Ix fortereffes élevées par 1e générai Rochambeau, relativement eft faux.
e général Galbaud a été obligé d'envoyer garnifon,
pnner la levée de cinq cents nègres pour faire des d'orans cette bourgade,
foffés
Lc préfident: : Ceci paroit être éloigné de l'incendie
ap. Il fera difficile de finir dans cette féance;
du
faut avancer.
cependant
Duny : Vous allez voir que toutes ces
uuies au
Je fuis aufli court qu'il troupes eft
fe font
ai pris que CE fens de chaque pièce. Vous poflible; je
mande là 400 hommes; an lieu de les trouver voyez à qu'on
inte, vous allez les voir au Cap. Il eft inftant Ouanabus conduife dans toutes les routes.
que je
Le 30 mai, le comité militaire arrêta que le renfort
400 hommes étoit indifpenfable pour réfifer aux
hiols, & qu'on prendroit les volontaires de
E(paombre de IOO hommes, les compagnies Choileuil au
bmmes de couleur du Port-de e-Paix, l'une franches ces
ar le mulâtre Dulacq, & l'autre
commandée
errez, citoyens, dans la fuite, que par ces deux Rodouan. Vous
anches ne fe font
rendues a Ouanaminte compagnies
brroient les ordres E gouverneur, mais bien comme le
S commiffaires civils appeloient,
au Cap, oà
pour exécuter leur projet
Cca
a
O hommes, les compagnies Choileuil au
bmmes de couleur du Port-de e-Paix, l'une franches ces
ar le mulâtre Dulacq, & l'autre
commandée
errez, citoyens, dans la fuite, que par ces deux Rodouan. Vous
anches ne fe font
rendues a Ouanaminte compagnies
brroient les ordres E gouverneur, mais bien comme le
S commiffaires civils appeloient,
au Cap, oà
pour exécuter leur projet
Cca
a --- Page 400 ---
infernal, tous les affaflins, tous les incendiaires de to
les quartiers. Voici l'arrèté du commandant militaire a
ordonne à toutes ces troupes franches de fe rendre à Ouar
minte, Le même jour, Sonthonax &c Polverel écrivire
du Port-au-Prince à Galbaud, gouverneur général des if
fous-le-vent > qu'ils partageoient fon empreflement à
voir, qu'ils alloient fe hâter de le rejoindre pour combin
enfemble un fyftême de défenfe &c d'attaque. Ils déclarère
que le convoi ne partiroit qu'après leur arrivée, &c qu
s'oppoloient formellement à toute mefure contraire à ce
détermination; qu'ils compteroient toujours iur les foi
de fa furveillance, fur fon partiotilme, &c qu'ils aveie
la plus grande confiance dans les principes qu'il manifefto
Vous voyez que le convoi étoit rétenu dans la rade I 1
les ordres de Polverel & de Sonthonax.
Le premior juin, Defneux, commandant du Mêle,
voya au gouverneur la fituation générale des troupes
ligne de la place; vous verrez, par la pièce
je dépo
fur le bureau, que la garnifon de cette EILSPRE fur le P
de paix, étoit ordinairement de 750 hommes, & qu
preinier juin > au moment où nous fenmes en guer
malgré les réclamations réitérées de la commune du Ma
malgré les obfervations de la fociété populaire & de
férentes députations, malgré la déclaration de guerre av
l'Angleterre, la Hollande &
la garnifon
Mole n'éroit compofée
de 250
dont 30 étoid
ESA
à Jean Rabel, diftant qec fept lieues de cette place, 41
T'hôpital. Vous voyez, citoyens, que cette place, le Gibral
de Saine-Demingue, avoit pour gardes IO batteries coi
pofées de 118 pièces de canon, dont 104 pièces de 2
4 de 21, 2 de 12, 2 de
*. de 8, 2 de 2, avec I
hommes effectifs. Donc il 2 bien preuvé que Senthon
en abandonnant cette place imporrante avcit deffein de
livrer aux Anglais. Voici, citoyens, les états que je dép
fur le bureau.
Verneuil: J'obferve
Duny, dans T'expofé qu'il vic
de faire, a omis une
red importante; non-feulen.ent
avoit, l'artillerie dont il vient de parler, mais encore
y
moruers de. 12 pouces.
hommes effectifs. Donc il 2 bien preuvé que Senthon
en abandonnant cette place imporrante avcit deffein de
livrer aux Anglais. Voici, citoyens, les états que je dép
fur le bureau.
Verneuil: J'obferve
Duny, dans T'expofé qu'il vic
de faire, a omis une
red importante; non-feulen.ent
avoit, l'artillerie dont il vient de parler, mais encore
y
moruers de. 12 pouces. --- Page 401 ---
D:ny: Le 22 juin, le gouverneur reçut une pétition
142 habitans de la province des Gonaives
réclaoient la liberté de leur capitaine général, R ciroyen
orefticr, arrêté arbinrairement.par Polverel & Sonthonax,
our avoir refufe de fournir 200 hommes demandés par
allalle pour aller égorger les citoyens du Port-au-Prince
ins un moment ou les Anglais venoient d'entrer dans la
de même de l'endroit, plutieurs bârimens français chargés
denrées coloniales dans un moment où les nègres royaliftes
vaftcient & incendioient toute ja plaine. Voici cette pièce :
même jour les capitaines du commerce au nombre de 58,
rade au Cap: préfentérant au gendralGalbaud une troilième
tition, par lnquelle ils lui oblervèrent les dangers que
aroit le convoi, que les retards qu'il éprouvoit expoient les armareurs de France à des faillites nombreufes.
ans cette adrefle ils lui repréfcnièrent fur-tout que les
ux chaudes de la zone torride donnoien: naiffance à
svers qui rongeoient les vaiffeaux, & qu'elles pourrifloient
romptement les étoupes 5 ils lui prouvérent l'urgence d'un
ompt départ. Je vais vous lire cette adreffe pour vous
ouver les follicitations, les demandes des capiraines marands; eile eft courte.
Le préfident : Si elle ne contient que ceia, il eft inutile
la lire.
Duny : J'en ai dit le fens. Depuis l'arrivée de la frégate
Concorde, Galbaud avoit reçu chaque jour des plainres
ntre la tyrannie de Polverel & Sonthonax, contre les
xations qu'ils avoient exercées, contre la misère dont les
toyens étoient accablés dans les cales des bâtimens; tousles
partiers avoient envoyé des députations de tous les habi11S.
Les viétimes s'adreffoient à Galbaud pour en obtenir
iftice. Nous ne voulons pas de grace, s'écrièrent-ils parput; nous demandons quels font nCS crimes; nous demanons à être confrontés avec lcs acculateurs; nous demononsenfina@trejuscs; lemal, difoient-iis, nous eft préférable
l'érat oùt nous fommes, aux horreurs que nous éprouvens;
eft le cri que nous avions tous dans les prifons de Paris.
Cc 5
reffoient à Galbaud pour en obtenir
iftice. Nous ne voulons pas de grace, s'écrièrent-ils parput; nous demandons quels font nCS crimes; nous demanons à être confrontés avec lcs acculateurs; nous demononsenfina@trejuscs; lemal, difoient-iis, nous eft préférable
l'érat oùt nous fommes, aux horreurs que nous éprouvens;
eft le cri que nous avions tous dans les prifons de Paris.
Cc 5 --- Page 402 ---
Les 48 pièces que je dépofe fur. le bureau, atteftent
fyfème de terreur méme fur la populktion blanche de 1
colonie indignement facrifiée aux mulârres & aux negres
furnommés par Sonthonaxles vrais fans culottes. Voici toute
les pièccs qui contiennent les 259 fignarures des prifons a
laGéole & des bâtmens eni radeduCap.Le 3 juin, les citoyen
Nadeau, Beillère, Maile, chirurgishs-majors des vaifleau
de T'Erat, d'après. les ordres du contre-amiral Cercey,
font tranfporiés à bord du Saint-Honoré, capiraine Luc
turbé, pour y vifiter les détenus malades. Il a été conftat
que 14 prifonniers éroient dangereufement malades, & qu
huit fin-rour, par la nature de leur maladie, occaiionnoier
des mialmes, dangereux pour ceux qui refpircient le mêm
air. Vous, avez vu dans la pécition de ces infortunés à
commune du Cap, en datedu 16 mai, avec quelle cruaut
ils étoient traités dans les bateaux de mort. Les per
fécutions, fans exemple jufqu'alors, étoient bien faites pou
indigner tous les marins, & mettre toute la rade en fer
mentation. Voici le procès-verbal de ces chirurgiens ql
conftatent les maladies de ces trente-une viStimes du Saint
Honoré. Le même
Délinici, commandant en che
du Port-de-Paix, pria HA général de prendre les moyen
des'oppoler aux incurfions des corfaires anglais qui, chaqu
jour, enlevoient les bâtimens de tranfport de cette ville a
Cap, fous les yeux de nos marins qui enrageoient de 1i
pouvoir aller les prendre. Voicila pièce de ce commandan
du Port-de-Paix.
Le méme jour, 3 juin, Lafalle écrivit au général qu':
n'avoir crouvé au gouvernement ni plans, ni cartes nécel
faires à la défenfe de la colonie. Veici la lettre de Lafall
que je dépofe fur le bureau. Le 3 juin, la commillio
inttermédiuire, far l'avis qu'il éroic fait une colledte dan
la ville du Cap pour être diftribuée aux troupes, a dé
noncé au gouverneur ceite collede, avec invitarion d
prendre des renfeignemens pour parvenir à découvrir quell
aurorité avoit ordonné cette collcéte, quel en avoit été 1
produir, quels étoienr les dépofitaires de ce produt, d
quel étoit T'emploi qu'on en avoit fait. Le dilltict no.
de la ville du Cap, d'après l'invitation de Laveaux à tou
pour être diftribuée aux troupes, a dé
noncé au gouverneur ceite collede, avec invitarion d
prendre des renfeignemens pour parvenir à découvrir quell
aurorité avoit ordonné cette collcéte, quel en avoit été 1
produir, quels étoienr les dépofitaires de ce produt, d
quel étoit T'emploi qu'on en avoit fait. Le dilltict no.
de la ville du Cap, d'après l'invitation de Laveaux à tou --- Page 403 ---
s citoyens, avoit nommé Bellon & Fournier commiffaires;
ufliôt ils ont écrit une circulaire dont je vais vous donner
chure, & vous allez juger des facrifices &. des principes
e tous ces hommes qui, pour récompenfe de leur dévoueent à la Patrie, Vont être pillés, incendiés, égorgés par
es ordres de Polverel oc Sonthonax. Voici la circulaire.
(Il lit.).
Cap, le IO mai 1793, l'an deuxième de la République.
6c CIT o Y E N S,
>> Le ciroyen commandant la province du Nord, a provoqué la réunion chez lui, des citoy ens de cette ville pour
le 7 de ce mois.
>) Son invitation na pas eu un effet aufi fenfible qu'il
l'attendoit &rque nous l'efpérions nous-mémes, puifqu'il
ne s'eft rendu qu'environ 70 perfonnes.
>5 L.objet de cette réunion, citoyens, étoit de nous expoferla pénurie GeS cailles publiques, de mettre fous vos yeux
les états des fommes majeures dues aux troupes de liene
& volontaizes nationaux, leur crife, & enfin la nécefliré
de les payer pour exiger d'eux le fervice qu'ils doivent à
la chofe publique.
93 Nous avons fenti l'abfolue néceffité de ce paiement,
& pour l'efectuer nous en voyons les moyens dans les
cceurs des bons citeyens du Cap.
>> C'ett pour porter les mêmes citoyens à un nouveau
témoignnge de civifme & d'amour pour la colonie, que
l'atlemblée des citoyens nous a nommés commilaires, &
autorifés à choilir des citoyens diftingués comme vous
pour provoquer K recevuir des contributions bénévoles des
bons patriores. Le fuffrage des gens honnêtes, dont vous
jouiffez. à jufte titre, nous a déterminés à vous tranfisettre
la faculté qui nous eft attribuée pour recevoir les contributions. des citoyens de votre diftriet, & nows garantir que
vous y porterez tous les foins & la célérité pofibles.
Cc 4
autorifés à choilir des citoyens diftingués comme vous
pour provoquer K recevuir des contributions bénévoles des
bons patriores. Le fuffrage des gens honnêtes, dont vous
jouiffez. à jufte titre, nous a déterminés à vous tranfisettre
la faculté qui nous eft attribuée pour recevoir les contributions. des citoyens de votre diftriet, & nows garantir que
vous y porterez tous les foins & la célérité pofibles.
Cc 4 --- Page 404 ---
59 Vous aurez l'aitention, citoyens, de faire deux états di
tinéts, l'un des perfonnes qui contribuerent à la chofe P
blique, & l'autre de celles quisy refuferont, pour que not
puillions les mettre fcus les yeux du citoyen général, afi
qu'il puiffe reconnoire ceux qui concourent de bonne fo
àla deftruétion de la plus affreuile de toutes calamités.
>Les contributions fe donneront: à titre de préts rembourf
bles, dans un temps peu reculé, fur la cailfe militaire; il e
elfentiel, ciroyens, que chacun de nous contribue le pl
pollible à ce prèt momentané, afin de prévenir la taxe quife
roit établie iar tous les citoyens, & qui no devra frappe
que fur ceux qui fe refuferont à votre demande; car ilf
roit fouverzin-ment injufte que les calamirés publiques fulfe:
toujours appliquécs aux mêmes individus.
>> Pour vous faire connoitre les ciroyens qui ont déja fa
leur foumillion, nous vous en remettons ci-joint l'état pou
votre gouverneur.
>> Salut.
93 Signe,L LALANNE, SEGVIN, F. BoissoN &: PINAQUI.
s> Nota. Il eft urgent que vous vous occupiez de fuite C
votre honorable miflion. >>
Etat des citoyens
ont donné leur foumifion Four le pri
417 faire aux troupes.
liv.
Todad-Vill-r-7ebonme &c compagnic.
Fouache, Morange & Hardi..
Boillon &. compagnie. .
Pouper, Gugmet & Gauvin.
Pinaqui. .
HuguekcPayan.. .
Hourquebie, fretes -
3jco
G.1.Lavaux & compagnie.
Moucher.
Bridant & compagnie.
Boyc. - 4
- 320
Etat des citoyens
ont donné leur foumifion Four le pri
417 faire aux troupes.
liv.
Todad-Vill-r-7ebonme &c compagnic.
Fouache, Morange & Hardi..
Boillon &. compagnie. .
Pouper, Gugmet & Gauvin.
Pinaqui. .
HuguekcPayan.. .
Hourquebie, fretes -
3jco
G.1.Lavaux & compagnie.
Moucher.
Bridant & compagnie.
Boyc. - 4
- 320 --- Page 405 ---
Decombas & compagnie.
P. Meyer. .
1O0O
P. Mantin. . -
10CO
Paul&: compagnic.
réso
Durant Sc compagnie.
50o
Seguin. . : 0
.
Aubert, Chauveau & Bacon..
Compere & Bayle. .
2C0O
Bezal & compagnie.
1oeo
Fauchet. . -
Rocquairol.
IOOO
Mangars .
ICOO
Pichon.. e -
Molinet, frères, neveux, &:c.
IOCO
Hefdras. . -
ICCO
Ferrand, ainé.
ICOO
Baronie. -
Viot. .
Fenet-Lahegue.
ICOO
Dubourg. d .
Fadeville. . -
0 330
Poucignon 8c compagnic. -
IOCO
Romionet & compagnie. -
La Roque & compagnie. .
Certifié par nous commiffaires fufdits, &c foullignés, pour
opie conforme : au Cap, le 4 Juin de l'an 1793, le fecond
3 la République françaife.
Signé, BEssoN, FOURNIER.
Le préfident : Le total des fommes ?
Thomas Millet : Il n'y eft pas; je vais en faire l'addition.
a fection no. 4 a fourni cinquante-huit mille fix cent qu2inte-deux livrcs.
Day : Vous verrez, dans toutes les pièces officieiles, le
om de Gauvin figné par-tout. Vous avez entendu dire que
jauvin n'eft revenu au Cap que lorfqu'il a fallu faire une
elcente avec Galbaud : jc vous fcrai donc connoitre une
Le total des fommes ?
Thomas Millet : Il n'y eft pas; je vais en faire l'addition.
a fection no. 4 a fourni cinquante-huit mille fix cent qu2inte-deux livrcs.
Day : Vous verrez, dans toutes les pièces officieiles, le
om de Gauvin figné par-tout. Vous avez entendu dire que
jauvin n'eft revenu au Cap que lorfqu'il a fallu faire une
elcente avec Galbaud : jc vous fcrai donc connoitre une --- Page 406 ---
proclamation qui vous prouvera qu'ils favoient bien
Gain éoit au Cap; & qu'ils ne Yont pas déporté, qu
qu'ils fuflenrbien qu'iléroit dans la ville. Le 4 juin, Egro
fénéchai par interim au Porr-de-Paix, prévient Galbaud
Calino de Gafc, délégué au Port-de-Paix par Senthon
& adjndant-général de l'armée, avoit relaxé des prifons
cette viils les révolds rayilifies condamnés comme allaG
Ec incininires; qu'en ourre, il avoit enlevé du gretfe
procédee, de Laurent Leblanc qui avoit été reconnu ini
cent, & l'avoit laiffe, lui, au cachot. Je dépofe la le
du cioyen Fgron, qui prouve que par-tcut Sonthenax
Polverel avoient des envoyés pour'telacher lés prifonn
qui fe font raffemblés au Cap. Vous jugerez du defpotil
de Soncionax par celui de les délégués dans tous lesquart
de la colenie; vous verrez que plusils avoicnt Fait de victi
plus ils étoient récompenfes. Ce Galino de Gafc, un
plus féroces de leurs fubalternes, après Pinchinat, Dufay
Etienne Lavaux : .
Le pr.fident : A l'ordre, il ne peur pas être permis
méler ici perpéruellement Dufay, d'autant mieux que tu
parles pas de lincendie du Cap.
Duny : Je le nommerai lorfque les pièces m'y cbliger
Le préfdent : Tu ne dois pas attaquer les repréfent
du peuple, fur-tout en leur ablence.
Duny: Le même jour, 4 juin, Polverel & Sontho
écrivirent de Saint-Marc à Galbaud, gouverneur - gén
des iles françaifes Sous-le-Vent, qu'a compter de ce mon
les cailles de FOuct fournircient 200,000 liv. par mo
celles du Nord pour les befoins de cette province.
Lepréfident : Ceci n'a pas de rapport à l'incendie du G
Duny : Vous allez voir que c'eft parce que nous av
fait des dons patriotiques
nous a emprifonnés &
portés. Si je n avois pas Pet cela, vous n'auriez pas fa
les mulâtres
Galbaud avoit cnvoyés au poite d'O
naminthe edent reçu un ordre parriculier que vous a
voir. J'ai tout claile, afin de ne pas perdre de temps.
Le même jour, 4 juin, lcs cemmillaires civils écrivis
Duny : Vous allez voir que c'eft parce que nous av
fait des dons patriotiques
nous a emprifonnés &
portés. Si je n avois pas Pet cela, vous n'auriez pas fa
les mulâtres
Galbaud avoit cnvoyés au poite d'O
naminthe edent reçu un ordre parriculier que vous a
voir. J'ai tout claile, afin de ne pas perdre de temps.
Le même jour, 4 juin, lcs cemmillaires civils écrivis --- Page 407 ---
40;
Galbaud qu'à compter de ce moment les caifles de lOueft
arniroient 200,000 liv. par mois à celles du Nord; qu'ils
noient d'acheter > pour le compte de la République, deux
timens légers doublés en cuivre, le Las-Cafas & le Niveleur,
en gréés, deftinés à protéger la côte du Sud 5 de voir
nthonax & Polverel acheter deux peti:s bâtimens pour proger la côce, quand on les laifloit, eux, en ftagnation
ns la rade pour les faire perfécuter, af.finer, comme
us allez le voir. Voici la pièce originale fignée Polvere!
Sonthonax.
Le 5j juin, Pajeot annonça au général la prifedela geclerte
citoyen Durand, chargée de vivres pour le fort Dauphin
de 16,000 liv. tournois. Voilà encore une fois les marins
dignés de yoir qu'on ne fair point efcorter les vivres &
argent qui fortent du Cap, &c il femble que toutes ces
utes retombent fur la marine. Voilà les letres écrites le
ème jour par le contre-amiral Cercey au général Galbaud,
rlefquelles il demande à ce général, au nom de Phumanité
uffrante, le débarquement de plufieurs détenus que la madie ne permettoit pas de garder plus long-temps à bord fans
anger, & de les configner dans un hépiral avec une garde
ire. Voici les Jertres du contre-amiral Cercey. Vous avez dà
re inftruits de ce fait, parce que Sonthonax a dit dans un
Se public qu'on a pris prétexte de maladie pour defcendre
s faétieux à terre. J'ai mis fous vOS yeux les procès-verbaux
25 chirurgiens; jy mets également la réclamation des contremiroux pour faire defcendre à terre trente-une perfonnes
nalades, dont huir avoient des maladies contagieufes : cil
elcendant ces malades, que les chirurgiens du Capn'avoient
as ofé aller vifiterà caufe de la terreur qui exifloit au Cap,
lufieurs de ces malhegreux font morts pea de jours après
ur arrivée, & la citoyenne Chavanne, femme de 5S ans,
t morte dans le trajer du bâriment à Phôpital. J'étois une
.es victimes. Tout cela indignoit les citoyens de h ville du
pap.
Le 5 juin, la municipalité du Eorgne, le citoyen Piraur,
commandant de la garde nationale de cette paroile, fe plainirent amèrement au général de ce que les corfaires ne
juittoient pas leurs côtes, & l'obligation ot il; étoient de
anne, femme de 5S ans,
t morte dans le trajer du bâriment à Phôpital. J'étois une
.es victimes. Tout cela indignoit les citoyens de h ville du
pap.
Le 5 juin, la municipalité du Eorgne, le citoyen Piraur,
commandant de la garde nationale de cette paroile, fe plainirent amèrement au général de ce que les corfaires ne
juittoient pas leurs côtes, & l'obligation ot il; étoient de --- Page 408 ---
fufpendre Penvoi des denrées au Cap; de manière qu'il n'e
venoit pas, & que les Américains ne vouloient pas donn
de comeftibles. Voici la pièce originale. Ce même jour
Galbaud, accompagné de létat-major de l'armée, fortit
la ville pour vifiter les poftes; étomné de trouver autour
la ville des chemins étroirs garnis des deux câtés de taill
épais, de haies impénérrables, à la faveur defquels les br
gands venoien: atraquer nos convois &c aflafliner ceux quil
efcorroient; Galbaud donna de fuiteles ordres lesplus préc
pour frire debarraffer les chemins des halliers qui ies fe
mexn : certe opération fe faifoit fous la direétion d'un ii
génierre géographe. Polverel & Sonthonax arrivèrent du Por
an-Frince & ordonnèrent d'abandonner cette opération, I
6juin, le contre- amiral Cercey écrivit de nouveau pour fai
tranfporter les malades, que le général Galbaud, quiarrive
de France, n'ofoit ras prendre fur lui de faire tranfporte:
& dont l'érat critique étoit conftaté par les chirurgiens, d
contre - amiraux & des capitaines qui avoient à bord toi
ces malheureux.
Le même jour, Morancy, dire@eur-général de Thôpita
prévient le général que Leblanc, lieutenant - colonel d
dragons d'Orléans 8c commondant de la place, étoit ven
lui-même faire forrir lcs malades qui étcient fous le pérify
& fans fecours. Le contre amiral Cercey n'ofa pas prend
fur lui de faire defcendre ces malheureux. Leblanc: COI
mandant de la place, vint Ecles fit jeter fous le périftyle C
deux ou trois périrent: voilà le fort qu'éprouvèrent lesi ma
heureux ha'birans du Porr-au-Prince. Voilà la lettre de Mo
rancy. Le même jour, Duquefne, commandant du cordo
de Terre-Neuve; pour la rédudlion des efclaves révoltés P
Polverel &c Sonthonax, écrivit au générai pour lui demand
juftice des adtes arbitraires des commiffaires civils qui, fa
motif, venoient de le jeter dans un cachot. Sonthonax
Polverel venoient de pommer ce Duquefne commandant-s
néral, parce qu'il étoit reconnu capable de commander
force armés; & loriqu'il met en dérouie les brigunds, lor
qu'il nette'e les quartiers, a eft jeté impitoyablement da
un cachot. MMon collègue Brulley, qui connoit ce Duqueli
particuliere ment, va vous en dire deux mots.
motif, venoient de le jeter dans un cachot. Sonthonax
Polverel venoient de pommer ce Duquefne commandant-s
néral, parce qu'il étoit reconnu capable de commander
force armés; & loriqu'il met en dérouie les brigunds, lor
qu'il nette'e les quartiers, a eft jeté impitoyablement da
un cachot. MMon collègue Brulley, qui connoit ce Duqueli
particuliere ment, va vous en dire deux mots. --- Page 409 ---
4°5
Brulley : Je dirai que j'ai connu Duquefne, qu'il eft un
S premiers qui aient concouru à la formation du cordon
lOuelt, quil s'eft toujours conduit dans le fens d'un
oime qui vouloit conferver la colonie contre les réveltéss
Duny: : Voici huit ou dix déclarations faites par des nigres
dis les armes à la main; vous verrez que les nègres déarent qu'ils Olt fait écorcher Var les blancs qu'ils ont atapés, qu'ils les ont mutilés de toutes les manières, qu'ils
nt été poullés à ces actes là en buvant de l'eau bénite,,en
S conduifant à la porte de T'églie, & que c'eft là qu'on
savoit fait jurer fecrètement d'enfevelir dans le flence les
orreurs qu'ils devcient commettre. Au moment où les xéoltés parurent, les nègres, fansles foins de ce Duquefze,
evoient égorger leurs mairres > s'emparer de leurs armes s
oflir la tourbe des révoltés, & defcendre dans les quartiers
tacts. Voici les pièces officielles que je dépofe.
Sonzhonax : Devant qui ont été faires ces déclarations 2
Duny : Pardevant la municipalité, les commandans miaires, pardevant Duquefne, pardevant les détachemens >
urdevant les officiers qui fe trouvoient en garnifon.
Le 7 juin, les habirans du Port-de-Paix, du Petit-Saintouis, de Jean-Rabel, au nombre de
fe plaignent égament au générai de voir les,côtes iede d'Anglais,
nt que les bâtimens de l'Etar qui écoicnt dans la Eae
clanicient en vain la fortie contre les ennemis. Voici la
êce officieile revêtue d'une quantité prodigicufe de fignnres. C'étoiz ce quarrier qui fournifloit les hôpitaux & Jes
mées de légumes: le Port-de-Paix étoitle feul quartier qui
it en fournir à cette époque.
Le 8j juin, Cazal, commandant de la province de T'Ouef,
voya une lettre de la Foffette, accompagnée d'une proclaation de dom Gafpard de Caffafoli: : il lui annonce que
goélette prife par les Anglais, étoit chargée en partie de
uts les inftrumens propres à faire des fortifications à Ouanainthe.
Vous voyez, citoyens, queje viens de vous prouver
voit levé 5o0 nigres, qu'on avoit chargé des goëlettes ara --- Page 410 ---
tous les infrumens néceffaires pour faire une defcente fur le
territoire efpagnol, &c que
la méchanceté de ne pas mettre
nos forces àla mer, tout Eea pris. Ouanaminthe S eft trouvé
fans fortification & a été pris. Voici la pièce que je dépole
fur le bureau.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Ph. GARRAN,
FoucRi (de Nantes), Jecrétaire ; MERLINO,
SAIA F. LANTHENAS, MOLLEVAUI.
Fin du Tome feptième.
&c que
la méchanceté de ne pas mettre
nos forces àla mer, tout Eea pris. Ouanaminthe S eft trouvé
fans fortification & a été pris. Voici la pièce que je dépole
fur le bureau.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Ph. GARRAN,
FoucRi (de Nantes), Jecrétaire ; MERLINO,
SAIA F. LANTHENAS, MOLLEVAUI.
Fin du Tome feptième. --- Page 411 ---
D E
B AT - S
E - N T R E
LES ACCUSATEURS ÉT LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMis EN EXÉCUTION DE LA.Lor DU 4 PLUVIOSE
ToM E VIIL
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
Frudidor, an III.
Seixanze-douieme liyraifon. --- Page 412 --- --- Page 413 ---
E795
0230e
v.4 --- Page 414 ---
C