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Habn Carter Wronn
Libury
Eirmplntrersthy --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
D
E B AT S
E N T R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Lor DU 4 PLUVIOSL
Te M E III
A P ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
Ventôfe, an III. -
Vingt-troffième liyraifon, --- Page 6 --- --- Page 7 ---
AKCONAAON
S.
NATIONALE
LI- TE
DEBATS
Quiont eu lieu entre les
dans
accufateurs e les
1.
affaire, des
mcenfis;
loi du 4.
Colonies, en erécution de la
pluviëfe,
Dis Fentéfe, T'an troifième de la République
6 indivifitle.
francaile une
a.
:
ON fait lecture des débats
adoprée.
UX Aa
d'hier, la rédaction eft
Le ciroyen Page annonce a la
mallité l'a forcé hier-c de: fel retirer commifidiqu'me incomfeaice. inRrtron,
#
avant la levée de la
Veneuit: Polverel a dit dans la dernière
"emept à la proclamarion du 5 mai
feance, relativoit traduire en langue créole; 1793, qu'il ignoroit
nel conneilloient cette
mais que ni il fon collegue >
Sun des articles de cette langue: même
pe vous a pas
noit qu'elle feroit affichée fitr toutes proclamation ordonque le lundi de chaque femnine, le les habitations, > &
rent de chaque habitation devoit propriéraire ou le gézue nègre, à peine de 5Go piaftres en d'amende faire. lecture en lanoristaire, & pour" le gérent d'ètre
pour lo proérer à l'avenit aucune habiation. déclaré incapable de
Polverel & Sonthonax
A 2.
cette langue: même
pe vous a pas
noit qu'elle feroit affichée fitr toutes proclamation ordonque le lundi de chaque femnine, le les habitations, > &
rent de chaque habitation devoit propriéraire ou le gézue nègre, à peine de 5Go piaftres en d'amende faire. lecture en lanoristaire, & pour" le gérent d'ètre
pour lo proérer à l'avenit aucune habiation. déclaré incapable de
Polverel & Sonthonax
A 2. --- Page 8 ---
quils eroyoient donc cette proclamation d'une grande
d'aller comptoient par là intimider les nègres & unilité,puif
marrons. Polverel a dit enfuire, qu'à fon les empécher
Saint-Domingue étoit nécellaire il avoit cru que
arrivée à
à la culrure ; mais Tefclavage des nègres
connoitre, de les approfondir infiniment ayant eu lieu de les
maitres, parce que leurs maitres ne leur mieux que leurs
qu'avec rigueur; , ce qui
parloient jamais
noître à fon maitre fa véritable empéchoit l'efclave de faire conprie, citoyen préfident d'après façon l'aveu de penfer ; je vous
Polverel, que ni fon collegue ni lui
que vous a fair
langage des nègres > de vouloir bien n'enrendoient pas le
quelle langue il parloit aux
demander à Polverel er
dire que dans toute la colonie nigres: car il eft bon de vou
tite quantité
connoiffe la. ilny en a qu'une très-pe
moins qu'il ne Rr parlit yola, yolaff, langue ctéole , & qu'
mondongue, &c, il étoit
mofembique ,congo
de fe faire entendre des nègres. abfolament impollible à Polvere
a que les nègres créoles, c'ell-adire Je vous oblerve qu'il n'
parmi nous, qui entendent le
ceux qui font élevé
nègres n'entendent que leur langage créole: : les autre
nos habitations, quiy font parois. Il ya tels nègres fu
nous entendre & que nous depuis 20 ans, , qui ne
le citoyen préfident d'interpeller n'entendons pas non plus. em prj
déclarer en quelle langue ils
Polverel & Sonthonake
Polverel : Je converfois avec parlojent les
aux nègres,
par la voix d'ith interprète du nègres en Jangue françai
jours accompagner fur les ateliers, pays, & dont je me faifois to
près vile: j'en de moi quand un nègre venoit quejappelois à la
toujos
parlois. avois 'même plufieurs. Voila comment commiffion.
je le
: Je demande le nom des
atrachés à
A.aez
interprètes : c'étoit
ment.
Polyerel & a Sonthonax indubitabl
Polverel : Je prenois au hafard le
controit à ma portée; je prenois premier qui fe re
commis de la. commiffion qui
des fecrétaires ou C
entendoient parfaitementle créole,8 étoient du pays, &
avoient été
denrqaelqucrensme
des officiers Lconomesgérans militaires de la légion ; je prenois quelquefois as
l'Oueft, qui étoient aufli du
du Sud ou de celle
pays.
ax indubitabl
Polverel : Je prenois au hafard le
controit à ma portée; je prenois premier qui fe re
commis de la. commiffion qui
des fecrétaires ou C
entendoient parfaitementle créole,8 étoient du pays, &
avoient été
denrqaelqucrensme
des officiers Lconomesgérans militaires de la légion ; je prenois quelquefois as
l'Oueft, qui étoient aufli du
du Sud ou de celle
pays. --- Page 9 ---
Sonthonax: Le citoyen Verneuil a dit qu'il étoit
ble de fe faire entendre des nègres en leur parlant impof
qu'il 1 n'y avoir que les nègres créoles qui entendiffent créole >
Ee créole : il eft au contraire de notoriété
les
noirs de la côte de Guinée, deux ans après publique leur que arrivée
dans la colonie, favent parfaitement le créole; ; il eft vrai
qu'ils (e fervent aufli quelquefois de leur idiôme, mais ils
entendent parfaitement le créole; il eft faux de dire
ne l'entendent. pas : d'ailleurs, quand il en fera
qu'ils
la commiflion pourra s'en faire rendre tmoignage quefhon, par
fiears citoyens qui font ici.
pluDuny : Sonthonax qui a beaucoup plus de fagacité
les nègres, qui a pallé deux ans avec eux, qui nous que en
éloignoit avec des fabres & des baionnetes, je vous
de lui demander f dans ces deux sis ila
à prie
avec eux, lui qui a tant de fagacité : tant de appris parler
& qui étoit toujours entouré d'eux.
pénécration,
Sonthonax : Cette demande n'a pas le fens commun : les.
noirs font à même d'apprendre le créole 2 parce qu'ils le
parlent tous les jours.
Brulley : C'eft tout au plus f les blancs le parlent.
Lepréfident : La parole eft à Polverel.
Polverel: : Citoyens , vous avez vu hier par le
de notre proclamation quels ont été les principes préambule
l'avoient dictée & quiel motiflavoit déterminée. C'étoit qui
adoucir le fort des elclaves & non pour
Je
vous prouver
une
l'empirer
RIUE
, par
très-courte analyfe des difpofitions
qu'elle contient, que nous avons rempli cet. objet de notre
proclamation.
fes Legpince 3 membre de la commifton : Polverel difcute l'un de
actes, & ce n'eft pas l'objet de la difcullion: on reviendra.
y
Polverel : Permettez-moi, citoyens ; le citoyen Erulley a
intercallé dans cette difcuflion des inculpations
jai de diftingué parfairement celles qui n'avoient été qu'
celles qui avoient été
Eeogue
renfermé dans ce dernier pofées précifement ; je me fuis
: j'ai renvoyé à un autre
ma réponfe aux premières; mais,'t toutes les fois que remps lon
m'inculpera diredtement, politivement, que l'on développera
A 3
ens ; le citoyen Erulley a
intercallé dans cette difcuflion des inculpations
jai de diftingué parfairement celles qui n'avoient été qu'
celles qui avoient été
Eeogue
renfermé dans ce dernier pofées précifement ; je me fuis
: j'ai renvoyé à un autre
ma réponfe aux premières; mais,'t toutes les fois que remps lon
m'inculpera diredtement, politivement, que l'on développera
A 3 --- Page 10 ---
de prétendues
m'être permis de preuves à Tappui de
-
repouffer
Senac : Je n'ai
ces ineulpations Tinculpation, & ces il doit
contre Palver-l& point parlé julqu'a préfent d'accufarion preuves.
que lar difcullion qui Sonthonar; avoit lieu 5 je yous ai méme déclaré
mes infructions: :Jattends,
jaiquici n'entrois pas dans
tre. lui, qre nors en foyons pour à la porter moracculation conPolverel: En artendant,
difcullion de fes actes.
juge en fecreg.
Jopinion fe corrompr; ; on nous
Polverel Page: & Lorique die
nous avons parlé de la
dus mai,
Sonchonax, telative. aux
proclamarion de
des
parl laquelle Polverele
efclavés, & de celle
efclaves, ce n'étoit que pour Sonthonax répondre aggraventle fort
roient philofophie, de philanrhropie dont
& aux maximes de.
leurs couve tS dans la
Polverel Sonthonax séaétes en
difcuflion. Nous avons de metire
n'ayons pas tiré oppolition de ces avec leurs meximes : mais nous
nous en tirerons
proclamations les inductions
nous nous propofons lorfque de nous difcuterons leurs
que
terition de révoltér les
vous démionrrer qu'il y actes; a eil car
de Polverel & de Son-honaz; negres contre la France, de la inquand- il- fera queftion de lours 3 nous. vous le démontrerons' part
fois,. nous n'en avons
actes : mais ençore une
mes. de philofophie & parlé que pour répondre aux maxithonax fe fonr targués: d'hamanie alors
dont Polverel & SonPolverel: Ily a déja
je crois' la difcudion inutile.
des- premières féances quele meclongaemps, car c'eft dans une
inculpation-la, & celle-ci
ciroyen Brulley a polé cette
infifter dévéloprées : car les colons nommément fe fontr a EteTune des
fur cette
relevés Tun lautré plus
la
inculpation. Ils font
pour
ont traducion', lu
en langue créole, de la venus, ayant à la main
du
plufieures articles, de manière proclamations ils en
dans jourial-qui porte cette
que la publichtion
des toutes les parties de la anenlpation-I, mn apnoncera.
noirs, comme un homme Republique comme un cnnemi
tifier- graver le fort des noirs : & je
a vouln empirer, ag-:
d'une pareille
le droir
SA
citoyens
acculation
de me jut-
/ demande colons de ramener" ce fac quand' il plaira aux,
s'il y a "de la jultices : la dilcullon'Je vous
ans jourial-qui porte cette
que la publichtion
des toutes les parties de la anenlpation-I, mn apnoncera.
noirs, comme un homme Republique comme un cnnemi
tifier- graver le fort des noirs : & je
a vouln empirer, ag-:
d'une pareille
le droir
SA
citoyens
acculation
de me jut-
/ demande colons de ramener" ce fac quand' il plaira aux,
s'il y a "de la jultices : la dilcullon'Je vous --- Page 11 ---
Y
Brulley : C'eft moi qui ai-fait cette inculpation: je vous
demande la parole.
Le préfdent : En voilà affez fur cet objet-là.
Brulley : Je vous faismobferver que je n'ai fait qulune,
réponfe lorfque j'ai parlé de ces aétes.
fur Le préfident : Polverel, refferre-toi, autant que
cet objet-là.
pellible,
Polver.l: L'édir de 168, quiprononçoit fur le
difinguoit trois cas. Pour le premier maronage, maronage il pronon- >
çoit les oreilles coupées; pour le fecond cas, lesjarets coupés; pour le troifième, la mort. Nous avons cru
nous permertre de paffer fous filence dans notre pouvoir
tion dus 5 mai le troifième cas, & la peine de mort proclamaétoit attachée: : voila comment fur ce point nous avons qui_y voulu
empirer le fort des nègres. On.vous a dit
les
de-lédit étoient tombées en défuétude, &
peines
nité des
par Thumadir
les
maitres. Citoyens, je n'ai pas vu les morts, D car
&à morts ne reviennent pas ; maisjai vu des nègres à oreilles
jarets coupés, mais tous ceux qui font allés à SaintDomingue en Ont vu, & en ont pu voir
ily en exifte encore, ou dumoins il doit encore beaucoup; y en mais
&c'les repréfentans du peuple qui vont à
exifter,
s'ils veulént faire faire des' récenfemens Saint-Demingue,
vous en envoyer des liftes beaucoup trop nombreufes. exacts, pourront
Senac:Je demande à Polverel de déclarer
font tous
ceux dans la province de TOueft qu'il a reconnus quels avoir
oreilles & les jarets coupés?
eu les
Polyerel:. J'en ai vu beaucoup.
Senac : Quels font-ils?
Polverel: J'enai vu dans l'Oueft & dans le Sud.
Brulley: Je demande qu'il dife fur quelles
a vus.
C
habitations il les
Palverl: Eroit-il néceflaire qu'ils fullent fur des habitations
pour que je lesayé vus ?
: Cioyens, les colons font très-hardis dans leurs
fur des faits quife font paflés à feize cents lieues dénégations de
qu'ils croient
fera tres-diflicile de les vérifier. France Ils >
Enrg fur-tour
à nier des faits dont ils
T
n'exifte aucun monument dansles grefles des
croient qu'il
que les mutilations & les meurtres mêmes fe tribunaux, , parce.
commettoient, >
A4
que je lesayé vus ?
: Cioyens, les colons font très-hardis dans leurs
fur des faits quife font paflés à feize cents lieues dénégations de
qu'ils croient
fera tres-diflicile de les vérifier. France Ils >
Enrg fur-tour
à nier des faits dont ils
T
n'exifte aucun monument dansles grefles des
croient qu'il
que les mutilations & les meurtres mêmes fe tribunaux, , parce.
commettoient, >
A4 --- Page 12 ---
non de pas en vertu d'un jugement d'un
l'autorité privée des maitres. Mais sribunal, il
mais en vertu
toires, que j'ofe dourer
les colons y a des faits finopuiffent dire qu'aucun
ne
> nos accufateurs >
vais
Rcdt
citer pour
la cruauré çonnoiffe des
les faits que je
Lepriéfidenc : frater faut renvoyer cela à la colons propriétaires.
Bralley : S'il avoit été queltion de difcuflion des actes.
mais
difcuter les actes, jaLe préfident : Ne fais plus
Page: : J'obferverai feulement d'interpellation fur ce fait-là.
oppolition avec ce qu'il dit lui-mème que ce que dit Polverel eft en
Il dit, dans fa
dans la preclamation.
n'avoienté été.. proclamation, que jamais les lois févères
Th. Polvercl: Millet Un moment 5 je vais y
: Point de colère.
répondré.
débats Le préfident : Ce n'eft pas à toi à mettre l'ordre
; je te rappelle à lordre.
dans les
Polverel: Je n'ai point de colère 5 mais
donner de la vivacité. Quelles étoient vous pourriez me
n'étoient pas exécutées 2 Les voici.
donc les lois qui
& 43 de l'édit de
C'étoient les articles 42
2e
de
168/,qui. défendoient aux maitres
maltraiter, mutiler > de faire
de
torité de la
péricleurselclaves fans l'aujuftice , fans Tintervention
preuve que ces ordonnances n'étoient dun jugement, La
la' trouve dans une ordonnance du point exécurées > je
od l'on fe ctoit obligé de prononcer des 3 décembre 1784,
les maitres & les économes ou
pcines févères contre
les efclaves.
gérans qui maltraiteroient
(Ifaic lecture de cette ordonnance.)
T I T R E V.
Des délits & des peines.
A R TI CL'E P R E M I E R.
ec Tous
convaincus propriétaires , procureurs &
d'avoir fait donner
de économes-gérans, 3
fouet à leurs elclaves, ou de les plus avoir cinquante coups de
frappés à coups de
aitres & les économes ou
pcines févères contre
les efclaves.
gérans qui maltraiteroient
(Ifaic lecture de cette ordonnance.)
T I T R E V.
Des délits & des peines.
A R TI CL'E P R E M I E R.
ec Tous
convaincus propriétaires , procureurs &
d'avoir fait donner
de économes-gérans, 3
fouet à leurs elclaves, ou de les plus avoir cinquante coups de
frappés à coups de --- Page 13 ---
biton, feront à l'avenir condamnés à deux mille livres d'amende, pour la première fois; & > en cas de récidive, déclarés incapables de poffeder des efclaves,. & renvoyés en
France.
I I I.
>> Outre les peines ci-deffus, > ils feront notés d'infamie
lorfquils auront fait mutiler des efclaves > & encourront
la peine de' mort, toutes les fois qu'ils en auront fait périr
de leur propre autorité, , pour quelque caufe que ce foit; veut
fa majefté qu'ils foient, "efdits cass pourfuivis comme meurtriers, à la diligence de fes procureurs 5 & enjoint aux
verneur général & intendant d'y tenir févèrement la main gou- 33.
La preuwe
ni les anciennes lois, ni l'ordonnance du
3 décembre des n'étoient pas exécutées fur ce
trouve dans le difcours du préfident de l'allemblée point, je la
du 20 feptembre 1792. Le voici :
coloniale,,
Il lit':
Extrait du difcours du préfident de Pallembléc coloniale, da
20 feprembrer 1792.
ec La loi manqueroit fon but, fi entre le maître &l'efclave 2 celui-ci entrevoyoit une autorité étrangère
de le fouftraire à celle du propriétaire, Il eft contre l'eflence capable
de la fervitude des noirs, contre leur bonheur, contre leur
stireté, de porter la plus légère atteinte au bienfaifant
du cultivateur, en faifant intervenir, comme cela ne s'eftvu empire
que trop fouvenr, les indifcrètes difpolitions du gouvernement la ou les formes des tribunaux de juftice. Ce n'eft enfin
qu'à parrie faine, & par conféquent à la
lité des cultivateurs, qu'on doit. accorder une prefque-tota- forte de
rifdiction fratermelle > pour contenir fans ceffe dans' ju- de
juftes bornes les maitres capables de compromettre l'intérêt général & la streré commune 3 par des excès de févérité ou de foibleffe envers leurs efclaves >2.
Vous voyez que devant nous-mêmes, le jour de notre in(
'eft enfin
qu'à parrie faine, & par conféquent à la
lité des cultivateurs, qu'on doit. accorder une prefque-tota- forte de
rifdiction fratermelle > pour contenir fans ceffe dans' ju- de
juftes bornes les maitres capables de compromettre l'intérêt général & la streré commune 3 par des excès de févérité ou de foibleffe envers leurs efclaves >2.
Vous voyez que devant nous-mêmes, le jour de notre in( --- Page 14 ---
IO
rallation, le tribanal le préfident de T'affemblée coloniale
maitre & T'elclave. de juftice ne devbit jamais intervenir prétendoit entre
même
Iiofoir dire que cela étoit qui avoir pourlebonhear été négligé desefclaves. Unautre point, indilpenfable s
nofolus dans
par les anciennes lois,
citoyens,
des délits qu'ils laquelle on ayoit laiflé les. efclaves, éteitlignotaice d'une
venrion aux lois pourroient commettre 5 &. des cas de contra-. part,
qu'ils devoient encourir politives, dans & le par conféquent des peines
lois anciennes n'avoient pris cas de contravention : les
l; d'une autre part, on
aucune. mefure fur ce
rance ablolue de la miférable lesavoit laiffès aufli dans une point- ignoleur avoit confervés.
portion de droitsque Thumanité
devoir réparer les négligences Ciroyens, des à cet égard nous avons cru
mefures que nous avons prifes, ancienneslois; & voici les
Proclamation, du S.mai 1793.
An T. XL.
la cc loi-leur Pour que les efclaves foient inftruirs des devoirs
fois qu'ilssen impole, des peines qu'cile leur intlige routes que. les
Tamehoration de écatetont. leur
des mefures qu'ellea prifes
n'être
fort, & des moyens
fegepour
pasi
qu'ellr leur,
quie la
impunément
EE
préfente proclamation fera opprimés > nous ordonnons
langne créole.
inceffamment traduire en
Ferneuil: Achevez.
j'ai Polyerel: écrit. Je le ferai ; je ne crains pas de
3,
publier ce que
befbin Qu'elle fera fera impriméc, publiée &
deax confeils 5 entegiftréc à la commiflion affichée par-tout où
toutes les
fupérieurs > dans tous les sptermédiaire, tribunaux
aux
françaile & namicipalités créole.
de la colonic, dans les
S dans
>>
danrjangues,
des deux Qu'un cxemplaire de ladite proclamation dans
langues, fera &
chacune
plus apparent de
demeutera affichée dans le lieu
>> Que tous les chaque lundis habitation de
ou atelier,
l2
tre les efclaves au travail, le chaque femaine, avant de metproptiéraire > procureur Ois --- Page 15 ---
II:
économe-gérant, les fera allembler au-devant de la grande
anfe, & leur lira, à haute. & incelligible voix, la traduc-. tion de notre proclamation en langhe crécle. En cas de
contravention, le propriéraire encourra une amende de deux
mille liyres tournois; & les procureurs & économes-gerans
feront déchus dè toute geftion & adminiftration, & déclarés
incapables d'en avoir d'auures à l'avenir dans les calunies 35,
Uni autre point auquel les dois n'avoient que tres-infuffifamment pourvu, > c'étoit d'affurer aux efclaves le
de recourir aux aurorités, toutes les fois que le cas'le moyen
roir.
une amende de deux
mille liyres tournois; & les procureurs & économes-gerans
feront déchus dè toute geftion & adminiftration, & déclarés
incapables d'en avoir d'auures à l'avenir dans les calunies 35,
Uni autre point auquel les dois n'avoient que tres-infuffifamment pourvu, > c'étoit d'affurer aux efclaves le
de recourir aux aurorités, toutes les fois que le cas'le moyen
roir. requeraffurés Nostmusrenemansr & faciles de réclamer :"c'elt aux efclaves des moyens
ce que nousavons tâché
d'opérer par l'article XXI. Le voici:
< Les efelaves à.l'égard defquels les maitres, ies
reurs ou économes-gérans n'anroient pas rempliles
tions énoncées dans la
Sms
été
préfenre proclamation , qui auront
par. eux mal nourris, mal vêrus & entretenus J ou qui
auront reçu d'eux des traitemens barbares &l
pourront en donner avis aux commandans miliraires, inhumains, aux
commiffaires du pouveir exécutif, au gouverneur général &
a nous 3 il leur fera fait drcit fur leurs réclamaions,lep plus
diligemment poflible, fclon l'exigence des cas P.,
clamation Mainrenant, ciroyens > vous pouyez juger fi notre produ 5 maia annonce des ennemis des noirs, fi cette
proclamation a eu pour objet d'adoucir ou d'aggraver le fort
les efclaves. J'omettois un autre article, un autre
fur
squel les lois anciennes n'étoient pas exécutées. celui
qui fixoit le
C
de
maximum du travail des efclaves, : fixoit le maxinum nourriture. , de vétenens que le maitre feroit
le fournir à fes efclaves, qui modéroitle travail des obligé
nccintes' & des nourrices > qui
femmes. ive du tr.vail à toute négrefle alfaroirl'exception mère dé fix enfans progrel- vivans
oilà. les points fur lefquels les lois anciennes n'éroient ;
xécurées, nous avons fait revivre ces lois : voilà les lois que pas
ousavonsanmonoées dans le préambule del la publication
ous failions févèrement exécuter.. que
Vereuil: Je vous prie d'interpeller Polverel f
n mois après, n'a pas rendu une proclamation Sonthonax,
elle du 5 mai. qui fufpend
Polverel: C'eft à Sonthonax à répondre. --- Page 16 ---
rendu
vrai qu'um mois apresfaie
Sonthonas : I n'eft fafpende pas celle du 5 mai. la
une proclatation qui fort. Je vais vous préfenter. de dire f
Yernenil: C'eft un peu d'inverpeller Polverel relatées
Page: Je prie le' prefident dont il a parlé n'ésoient pas
les demières difpoltions de 1784été exécutée
dans Tordonnance
de 1734 najamais a eu des réclamaPolyerel : Tondonnance mais au contraire il y des colons contre
dans la colomie ;
de la part
tions officielles , pabliques,
de la commillion
cettel ordomnance.
il: C'eft un peu d'inverpeller Polverel relatées
Page: Je prie le' prefident dont il a parlé n'ésoient pas
les demières difpoltions de 1784été exécutée
dans Tordonnance
de 1734 najamais a eu des réclamaPolyerel : Tondonnance mais au contraire il y des colons contre
dans la colomie ;
de la part
tions officielles , pabliques,
de la commillion
cettel ordomnance. que dans les papiers on trouvera ces
3 Sonchonax: J'ajoute
des colonies;
civile, dépoiés à la commillion officielles des colons contre Tocionnance Tadminifmêmes. réclamations étant infiniment trop douce de pour la main de Larde 1784, des comme noirs : ily en a. même elles écrites. doivent ètre parmi les
ration
ici préfents chez lui lors de Honametation de détemimeene Fièces qui ont été trouvées Ceci fait fentit la nécellité formée
j'ai
Tiit jamais à la demande
qui ont et -
férer plus que qui étoient fous les ertel Vous voyez quil eft
que les pièces moi, me foient rendues. & notamment fur
pofés chez impofible de me défendre, tant que je n'aurai pas ces
abfolument avancé par Sonrhonax X,
le' peéfdent voulât
le fait
j'aurois defiré que de favoir s'il n'a pas
pièces : voilà pourquoi finerpelltion
(cances,
bien faire à Sonthonax Dans une des précédenves être de ma main. tes pièces en fa poffellion. une pièce quil a dit luia faites, &caprte
il nous difiérentes a préfenré iwerpeladoa qu'on il eft enfin convenu
Sur les
àce quil m'eft revenu, le fellé mis fur mes
bien des détourss, avoit été trouvée fous
puifquil a cette
ique cette pièce : d'ou je concluds que, avoir les autres;
papiers au Cap les mains, il doit parellement & me rende ces pièces. En
joièce demande entre
quil repréfente dans ce moment que
k je contéquencea citoyens que , permettez jai faite pour que entre Sonthonax les mains,
renouvelle la 'demande toutes les pièces qu'il a
tenu de me été rendre extraites de moil cabinet. trowvent pas entre les mains
& ont, : Ces pièces ne fe
ici. Elles font dans l'in
prefident elles ont été apportées Nous r'avons dit que
de Sonthonax a u.commilion.
les archives
En
joièce demande entre
quil repréfente dans ce moment que
k je contéquencea citoyens que , permettez jai faite pour que entre Sonthonax les mains,
renouvelle la 'demande toutes les pièces qu'il a
tenu de me été rendre extraites de moil cabinet. trowvent pas entre les mains
& ont, : Ces pièces ne fe
ici. Elles font dans l'in
prefident elles ont été apportées Nous r'avons dit que
de Sonthonax a u.commilion.
les archives --- Page 17 ---
ventaire même de la' commiflion civile n'étoit pas terminé:
au furplus , je fuis chargé de faire éxécuter Yarrèté que la
commillion a pris hiery portant qu'on.ne reviendroit pas en
ce moment fur cet objet, étranger à la difcuflion actuelle.
Lanchevdgne-Thubaud: : Je ne reviens pas fur cet objet 5
je vous prie d'interpeller Sonthonax, de lui demander comment il fe fait
les pièces qu'il a préfentées foient entre
fes mains, & Hat toutes les autres, ou s'il ne les a pas.
Sonzhonax : Je réponds à Larchevefque-Thibaud que je
n'ai aucune pièce de lui entre mes mains;
toutes les
pièces de la commiflion civile, (oit qu'elles icdec des mains
étrangères, foit qu'elles foient écrites par nos fecrétaires.ou
commis > iont à ia commiflion des colonies. Ce dépôt eft
public; & d'après un arrèté de la commiflion, il eft commun
caux accufateurs & aux accufés dans l'affaire des colonies.
Si Larchevefgae-Thiband a befoin de ces. pièces, & croit
pouvoir en tirer des avantages pour fa caufe, le dépôr lui
eft ouvert; iln'ef pas ente mes mains; ile eft entre celles de
la commillion : voilà ce quejavois à dire.
Lummaidgue-fhiant: Ce n'eft pas cela : je ptie le
fident de vous: interpeller pour favoir a comment la
Stt
que vous avez préfentée fe trouve entre vos mains.
Le préfident : On vient de te dire qu'elle avoit été prife
dans les archives de la commiflion civile, dépofées à la commiflion: des colonies.
Verneuil : Vous venez d'entendre Sonthonax vous dire
qu'il étoit faux qu'il eût fait une proclamation qui annullât
celle du code noir. Voilà la proclamation de Sonthonax,
datée du 29 août 1793-
(On lit l'article XXXVIIL.)
dut Les difpofitions du code noir demeurent provifoirement
abrogees.
Sonthonax : Je réponds à ce que vient de dire Verneuil
qni m'ai interpellé de déclarer f, un,mois après le 5. iai,
je n'ai pas déclaré que les difpolitions du code noir demeuroient abrogées:
que ce fit un mois après le S mai,
il faudroit que çe fût ty 5 ou le 6 juin.
1793-
(On lit l'article XXXVIIL.)
dut Les difpofitions du code noir demeurent provifoirement
abrogees.
Sonthonax : Je réponds à ce que vient de dire Verneuil
qni m'ai interpellé de déclarer f, un,mois après le 5. iai,
je n'ai pas déclaré que les difpolitions du code noir demeuroient abrogées:
que ce fit un mois après le S mai,
il faudroit que çe fût ty 5 ou le 6 juin. --- Page 18 ---
Yerneuil: J'avoue que j'ni eu tort de dire un mois.. de difcuter
Sonthonax : Enfuite, comie il ne vousle s'agit voyez, pas cherchent
cet acte, & que lescolons, comme afin de nous empècher de nous
à enchevèurer la difcullion, abfolument toute efpèce de difcuflion fur
défendre, je rejette
cette proclamation. fera à nos aôtes, alors je donnerai les
Loriqu'on en firent
le code noir ; & j'efpère que,
motifs qui nous
abroger
la
foit la commiflion des colonies, > fatisfaits foit Comrention-inasonale des
que
feront
explications:
foit le Peuple français,
je donnerai.
d'interpeller Polverel pour dire
Page : Je
le préfident lédit de 1784 n'étoit pas exécuté: Je
comment il Rt que il
donner de cette allégation?.
demande quelle preuve peut
de difcours du préfident
Polverel: La notoriété publique >
& les ré-.
de l'aflemblée coloniale officielles, le 20 feptembre faites par 1791, les colons contre
clamations publiques &
doivent encore exifter au dépôe
Y'ordonnance de 1784, qui
:
de la marine.
à ce qu'a dit mon collegue, &
Sonthonax : J'ajoute
Larchevefque - Thibaud de
ptic le prélident d'interpeller lui, rédigé des pétitions ou adreffes
déclarer s'il n'a pas,.
Tordonnance de 1784 fût reau roi, pour demander que
tirée.
: Je réponds que je n'en ai aucune
Tarchevfquec-Thidand
connoilfance. Je
le préfident d'interpeller LarcheSonzhonax : de prie déclarer s'il n'a pas' connoiffance d'avelque-Thibaud la province du Nord: ou les repréfentans
drelles faites par
faire retirer lédit de
de la province du Nord, pour
1784.
: Je réponds que je n'en ai aucune rien
Lerchevdque-Taibauda ma mémoire du moins ne me fournit
connoillance; l-deffus, que d'autant que ce qu'il appelle les repréde politif
du Nord n'étoit autre que le confeil
fentans de la
A
de 1784, iln'éroit cenfé y
fupérieur du
Tépoque
du Nord. que ce
EETE
de la province
avoir aucuns repréfemtans du Cap : or, vous favez que ces couts de
confeil fupérieur fecrèrement. En tout cas, je n'aiaucune
juftice délibéroient le confeil fupérieur du Cap ait fait une
connoiffance que
n'étoit autre que le confeil
fentans de la
A
de 1784, iln'éroit cenfé y
fupérieur du
Tépoque
du Nord. que ce
EETE
de la province
avoir aucuns repréfemtans du Cap : or, vous favez que ces couts de
confeil fupérieur fecrèrement. En tout cas, je n'aiaucune
juftice délibéroient le confeil fupérieur du Cap ait fait une
connoiffance que --- Page 19 ---
1S
adrofe au roi, relative à tout cela : comme il y a
que ces faits fe font pallés, je conviens que ma mémoire long-temps
me fournit rien la-deffus.
ne
de
: Je dis que cet édit de 1784 avoit été fourni par
au miniftre de la
Rid
marine, qui étoit, je crois,
Caftties; & ce Rouvrai, dans cet édit, avoit moins
objet d'adoucir le fort des nègres, qu'il n'avoit envie de pour fe
fait venger de des precurcurs-gétans dei fon voilinage, qui avoient
grandes fortunes, & qui, j'en conviens, avoient de
Linfolence. De Rouvrai luttant ayec eux, il ne vouloir
qu'opprimer la clafie des procureurs; & cet édit n'a
but que de mettre les nègres en oppolition avec les
d'autre
des habljations, & fi quelqu'un a porté des plaintes procureurs fur cet
fur'ce édit, ce font les procureurs-gétans des habitations, > non
T'édit lcur commandoit des traitemens
pas
emvers RF elclavés, mais en ce, qu'il les foumettoit humains aux tribunaux, parce qu'il les mettroit fous l'influence
du gouvernement & des commandans militaires, immédiate
fuffifoir que de Rouvrai ou quelou'autre dans fon fens parce euffent qu'il
provoqué tel où tel nègre de telle ou telle habitauon à fe
plaindre de fon procureur, & à porter fa plainte au
mandant - gouverneur militnire, pour que le procureur com- fàt
envoyé en France. Si vous lifez cet édit
vous verrez
que
do1734X
l'efprit dans lequel il a été rédigé, & il la été par de
Rouvrai, ne tendoit à autre chofe qu'a mettre en
les nègres avec les procureurs d'habitations, & à oppolition
les procureurs-gérans des habitations à l'infuence direéte foumettre du
gouvernement. Actueilement., j'obferve à Polverel
quoiqu'il y ait eu des réclamations contre cet, édit, il que, a été >
parfaitement exécuré. Jé fais même qu'au Dondon,
une procédure commencée contre un
en ily aeu
de l'édit de 17845 il y-a eu une procédure habirant, inftruite exécution
lui au Cap', & cet individu n'a éteint la procédure contre
partant pour la France. Je cite un fait:je.défie
Sonthonax de
&
Tatig
trouve la
prouver du contraire que cet édit ne fit pas maintenu. Je
le
preuve
dans leur
dans
confidérant de laquelle ils difenr que proclamarion, jatnais les
fitions du code noir n'ont éré exécutées dans la partie difpogaile de Saint-Domiague. II eft étonnant de voir
fran-
& Sonthonax tenir un pareil-langage, & renier ainii Polverel leurs
Sonthonax de
&
Tatig
trouve la
prouver du contraire que cet édit ne fit pas maintenu. Je
le
preuve
dans leur
dans
confidérant de laquelle ils difenr que proclamarion, jatnais les
fitions du code noir n'ont éré exécutées dans la partie difpogaile de Saint-Domiague. II eft étonnant de voir
fran-
& Sonthonax tenir un pareil-langage, & renier ainii Polverel leurs --- Page 20 ---
les lois févères
actes, car ils ont dit eux-mâmes que
propres navoient pas été exécutées. - e -
dit; je n'ai pas dit les
Polverel : Vous tronquez ce quejai ferions févérement exécuter les
lois févères : j'ai dit que nous
fur ce
iois.
Je demande à dire un mot
Tactnd@cThkead.
que vient de dire Polverel. doit être terminé. Polverel, palfe
Le préfident : Cet objer
2 un autre. Je vais vous parler en maffe des diverfes d'ètre
a
LeREa
Polyercl:
ont été faites. On'nous aceufés
ont
tations qui nous
des différentes factions
coraplices & les protégés avons été brillotins,
roE
déchiré la France. Nous &c nous Yétions même au 17. Ther- à
belpierniltes, jacobins,
& des réponfes cathégoriques
midor. J'ai des siponfes, mais le vaeu
vous me manifeftez fu
faire à ces accufations; dont je fens AanE le prix, me fait à
d'économifer le temps,
filence actuel fur ces points
bordonner ma répenfe ou mon vous devez donner une grande
votre volonté. Je conçois
rouchant la chofe pu
laritude à la difcuflion de a queftion tependant que nous fommes
blique : je vous prie lintérêt d'oblerver des.aecules doit être aufli compte le cas
acculés, & que chofe. Je vous demanderai donc, dans accef
pour quelque
ma réponte fur ces imputations êtte faite à
ou vous jugeriez Fdlen articulées, ne devroit pas, où mes adte
foires, quoique de Tajourner au premier moment
préfent Teront examinés ,
& difcurés. devroit exiger que deux mots.
Le préfident Pardonnez-moi, : Cela ne
citoyen.
Polverel m'a fai
Polverel: Brulley :Je ne me facherai pas 'de ce que
dans la réfu
n'ai pas dit. Il: a rour-à-thenre,
dire ce
je
que nous lui avons faits, prétendu
tation a reproches éroient les agens de la faction
nous avions dit quils
de
dit qu'ils
T
girondine. Jenaipas dit un mot Briffot cela:jai de ceux que l'on
les agens de Brifler. J'ai diftingué les perdre, fans doute, mais pa
amalgamés avec lui , pour
pas de pénétrer.
des vues qu'il ne m appartienr
les girondins à Briffor d
Polverd:Si vous n avez pas avoit ajouté déja fuppléé au filence
l'acte d'accufation de Brillot
accufés d'être le
Il nous avoit formellement
créature
votre accufation.
ai de ceux que l'on
les agens de Brifler. J'ai diftingué les perdre, fans doute, mais pa
amalgamés avec lui , pour
pas de pénétrer.
des vues qu'il ne m appartienr
les girondins à Briffor d
Polverd:Si vous n avez pas avoit ajouté déja fuppléé au filence
l'acte d'accufation de Brillot
accufés d'être le
Il nous avoit formellement
créature
votre accufation. --- Page 21 ---
eréatures & les complices de Guadet, de Pétion; de
Vergninud &c autres.
Brilfot,
Bralley : L'acte d'accufarion. n'eff point de mon
Duny: : C'eftl'ouvrage da comiré de siroré
fair.
Lep préfident à Foiverd: Tu n'as plus rien générale. a
parole eft à Sonthonax.
ajouter? La
Page : Jen'écois pas icihier quand Polverel m'a
perlite-t-il dans fon interpellation'?
interpellé:
Potverel: Sans difficulré. Mais comme
voie à un autre teinps la difcuflion fur les la commiflion renpations, quoiqu'elles aient été précifément & premières inculveloppées, je penfe que celle-ci, qu? yous nettement déque dune manière équivegne, doit etre
n'avez polée
mème ajournement. Au furplus, d'eft
comprite dans le
Page: Comme vous le voudrez.
comne on voudra.
Le préfdenc: C'eft éntendu : la parole eft à
fation Sonchonax: C'eft une chote bien étonnante Sonthonax,
des malheurs intentée contre nous par les colons. Ils nous que laccufupporrable orgueil, qu'ils ont leur provoqués eux-méu.es "par accufent leur inLes colons s'en prennenr av.rice à tcus & leur infatiable cupidité,
tenir le timon des affaircs depnis ceux le qui ont tenu ou paru
révolution: c'eft Mitabeau, c'eft
commencemenr de ia
meth, c'ett Briffor, ceft la
Barnave, CC font les Lanous enfin qui avons confommé Gironde, leurs malheurs. c'eft Grégoire, c'eft
Page : Jé ne permettrai pas qu'on allègue
qu'on nous calomnie
dés faits faux &
de dire s'il a jamais entendu impudemmenr. fortir de Fierre la
eile Sonthonax
ou de moi, ou s'il, a jamais frouvé dans buuche de Bruiley
du ciroyen Grégoirez..
nos écrits le nom
Millet : C'eft au nom de tOuS les colons..
neuil Sonthonax: Je réponds aux colans que
qui a nommé le citoyen
c'eftle citoyen Verteftament d'Ogé : mais il cft inutile Grégoire de revenir > leriqu'ila parlé du
Millet : Il eit ban d'éclaircir Ce fair. Le
la-deflius.
lu un écrit d'une perfonna abfolumen: ciroyen Vern-uil
nous repréfentons, & quia parlé du étrangère à celles
pas là notre fait..
citoyen
ax: Je réponds aux colans que
qui a nommé le citoyen
c'eftle citoyen Verteftament d'Ogé : mais il cft inutile Grégoire de revenir > leriqu'ila parlé du
Millet : Il eit ban d'éclaircir Ce fair. Le
la-deflius.
lu un écrit d'une perfonna abfolumen: ciroyen Vern-uil
nous repréfentons, & quia parlé du étrangère à celles
pas là notre fait..
citoyen Grégoire,
Sonzhonax:I n'a pas lu.
Torne III. AE Yingt-croifimé liyraifon.
R --- Page 22 ---
Le préfdent : Il ne peut pas èire queftion des
du
"dans cette difcuflion. Continue,
N
fentans
peuple
thonax. Sonzhonax : L.es colons ont donc accufé l'affemblée confl'alfemblée légiftative, s énfin la Convention natituante tionale. Les > colons, pour fonder leur accufation, ont paffé
tous les
ont figuré fur la fcène de la
en revue ils
hommes aflocié qui Barnave à Briffot: & cependant
révolution; monde ; fait ont bien quelle énorme différence d'opinions
tout le
Barnave &
Ils ont
les Laexiftoit entre
Briffot.
rapproché avoit
meth de Briflot : tout le monde fait la diftance qu'il) ils y fait
entre ces hommes. Ils ont rapproché Mirabeau'; ont làdes rapprochemens d'une diftance infinie. Mais je paffe Les
deffus, & je viens aux faits qui me font perlonnels.
colons ont dit d'abord que j'avois toujours été étranger cherché s
ainfi que Polverel, à la caufe des noirs 5 que j'avois
àaggraverleur fort, & que je m'étois par conféquent les contre- noirs.
dit avec les écrits que j'avois publiés en France fur
Il faut bien diftinguer entre le philofophe ami de T'humanité, 2 &
qui médite dans fon cabinet fur les droits des hommes >
le fonétionnaire public chargé de l'exécution des lois. Le
premicr eft le maitre d'aller aufli loin qu'il veut dans fa
théorie du bonheur des hommes; il cherche tous les.moyens
de perfectionnement de T'efpèce humaine & de la fociabilité.
Le fecond eft circonfcrit dans le cercle étroit des lois : il ne
lui eft
permis de l'outre-paffer; il deviendroit criminel.
J'ai EA dans le journal des Révolutions de Paris mes
opinions fur les noirs : vous allez voir, en en extrayant dix
lignes feulement, fi je méritois ce reproche. Après avoir
difcuté la conduite del'affemblée de Saint-Marc & de Peynier,
je dis, page 523'> n". 63: à
des
les
a Quant à la traite & l'efclavage
nègres, cris de
vernemens de
auront beau réfifter aux
E
l'Europe
philofophie, aux principes de liberté univerfelle qui germent
& fe. propagent parti les nations > qu'ils apprennent que
ce n'eft jamais en vain qu'on montre la vérité aux peuples; 5
que T'impulfion une fois donnée, > il faudra abfolumént céder
au torrent qui doit entraîner les anciens abus, & que le
nouvel ordre de chofes s'élèvera, malgré toutes les précautions qu'on prend pour en retarder l'érabliffement. Oui,
iverfelle qui germent
& fe. propagent parti les nations > qu'ils apprennent que
ce n'eft jamais en vain qu'on montre la vérité aux peuples; 5
que T'impulfion une fois donnée, > il faudra abfolumént céder
au torrent qui doit entraîner les anciens abus, & que le
nouvel ordre de chofes s'élèvera, malgré toutes les précautions qu'on prend pour en retarder l'érabliffement. Oui, --- Page 23 ---
nous ofons le prédire avec confiance, un
& le jour n'eft pas loin, où l'on verra un temps Aficain viendra, à tête
crépue, fans autre recommandation que fon bon fens
vertus venir participer à la légiflation dans le fein de & fes
allemblées nationales. >2
nos
Lorfque je fis cette prédiction, j'étois loin de
moi-même je convoquerois" les affemblées primaires, penfer que
verroient enfuite des dépurés à la Convention narionale qui envoyez donc que j'étois loin d'être l'ennemi des noirs, 5 d'êcre vous
l'ennemi des droits & de l'égalité générale des hommes.
Les colons, qui calomnient toujours, m'ont accufe
offert ma plume à Royou, à l'ami du roi, Je ne d'avoir
devoir répondre férieufement à cette
crois pas
qui m'ont connu depuis le commencement inculpation de la : tous ceux
favent que j'ai toujours été au-deffus du befoin, révolution
jamais été réduit à proftituer ma plume
que je n'ai
députés de mon
pour vivre; les
mer, diront
j'ai département, 3 à qui l'on peut s'en inforque
toujours eu à Paris une
venant de ma famille & indépendante des infamies exiflençe aifée,
prêtent les colons. J'ai été jacobin depuis
que me
départ : tous ceux qui m'ont connu favent 1789 julqu'a ai
mon
des principes conuerérplitionairs Je fjy profeflé
pour repouffer une
aufli
ne m' 'étendrai pas
inculpation
atroce : je la livre
mépris de tous les honnêtes gens, de tous ceux
au
connu.
qui m'ont
On a parlé de mes liaifons aux jacobins. J'ai vu Briffor
aux chez jacobins sje ne l'ai jamais vu plus de deux ou trois fois
lui; je l'ai Vu notaminent après la fameufe boucherie du
17 juillet 1791. Louis de Noailles, Achille Duchâtelet
plufieurs députés de l'affemblée confituante s'étoient
&
chez lui pour difcuter far l'évafion du roi; je fus admis réunis
là difcuflion : tout le monde penfoit que, le roi devoit à
mis en jugement; c'étoit l'avis particulier de Brillot, c'étoit être
lopinion ai
de tous les républicains, c'étoit la mienne, &
confignée enfuite dans les Révelutions de Paris. C'eft je
iernier article que f'ai fait dans ce journal, car
le
lonné alors pour me livrer au travail du barrean jelaiabanounal de caffarion. Voili la feule relation
au triue avec Briffot par rapport àux affaires politique de ia
que j'aie
Briflor paffoir alors pour un bon citoven; j'ignore Répablique, ce quis'eft
B 2
publicains, c'étoit la mienne, &
confignée enfuite dans les Révelutions de Paris. C'eft je
iernier article que f'ai fait dans ce journal, car
le
lonné alors pour me livrer au travail du barrean jelaiabanounal de caffarion. Voili la feule relation
au triue avec Briffot par rapport àux affaires politique de ia
que j'aie
Briflor paffoir alors pour un bon citoven; j'ignore Répablique, ce quis'eft
B 2 --- Page 24 ---
pafft depuis, je n'étois pas fur le théitre des Érénemensa
la poftérité pourra le juger. Quant à moi, je crois, que,
sil eft coupable relativement à fes opinions fur les colonies, je le fuis auili, parce que je les, ai partagées, &
je les partagerai toujours. Si Brillot eft coupable pour
avoir dit qu'il falloit brifer les chaines des nègres par :
degrés & fuccellivement; s'il eft coupable pour avoir dit
quil falloit accorder les droits politiques aux hommes de
couleur, je fuis anlli coupable que lui fur ce point; fur fes
opinions
les colonies, je fuis fon complice. Quant
à ce qui Todie palfe en France, cela m'eft parfaitement étran- exéger: lorfque j'ai été nommé par le confeil exécutif, en
cution de la loi du 4 avril pour aller dans les colories La- en
qualité de commifaire civil,je Tai été
le miniftre
cofte. Ily avoit peu de' temps que ESReE étoir au miniftère ; il avoit befoin de fe popularifer, il me nomma. Lacofte me préfenta au roi comme Tun des. commillaires qui
devoient aller avec Ailhaud 8c Polverel dans.les colonies; je
fus admis, le confeil exécurif m'écrivit
m'annoncer. s'éleva des ma rénomination. Auflité: qu'elle fut connue, Four
clamations de toutes parts, &c notamment de P'hôtel Malliac;
il s'éleva des réclamations générales. Tous les colons vont
chez le roi, la reine, demander que je ne parte pas pour
les colonies, attendu que, daus le journal des Révolutions
de Paris, je m'étcis prononcé d'une manière très-forte en
faveur des hommes de coulogr, Les réclamations des colons
eurent leur effet; le roi s'oppola à mon départ. Il fallut
tenirun confeil pour favoir fije partirois; on relut le journal des Rev lations. Le miniftre Lacofte me dit; Oil vous
accufe d'avoir écrit, dans les numéros 122 Oil I25, que les
noirs devoient égorger tous les blancs de la colonie & partager leurs biens. La vérité ef
je n'ai jamais écrit céla,
parce que Jai quitté le journal 25 juillets, enfuite j'étois
à cent lieues de Paris, dansie fein de ma famille, à cette
époque: Jp répondis sije voislebut de mes perfécuteurs; on
fait que je fuis un ardent apotre de la liberté & de: légalié, on fait que j'ni défendu avec inrrépidité lcs hommes
de couleur; je prévois toutes les perfécutions qui m'atrendent dans la colonie; je ie me fens
allcz de courago
pourlutter contre tous ces obftacles. "emne mna démiflion 5 je
ie fein de ma famille, à cette
époque: Jp répondis sije voislebut de mes perfécuteurs; on
fait que je fuis un ardent apotre de la liberté & de: légalié, on fait que j'ni défendu avec inrrépidité lcs hommes
de couleur; je prévois toutes les perfécutions qui m'atrendent dans la colonie; je ie me fens
allcz de courago
pourlutter contre tous ces obftacles. "emne mna démiflion 5 je --- Page 25 ---
vous prie de la préfenter au" roi, au confeil de Ce foir. Il
ne faur pas vous décourager, me répondit Lacofte; je fuis
votre partifan, & puilqu'il eft conftant
vous n'avez
écrit cet article , je leverai les doutes E les fcrupules Ri
roi. Lacofte va au confcii & plaide contre moi, Lacofts
cherche à m'empècher de partir. Cependant la majorité du
confeil fe décide pour mon départ; of me force de reprendre
ma démiflion que j'avois offerte, ou plutôt on me force a
partir. Je pars, &c quatre cents lerres, comme vous l'adit
mon collègue Polverel, nous
dans la colonie, les
unesdeMoreau de
de Page & de] Erulleys
elles vous
Sliem
ont été livrées, &c vous fentez quelles préventions
elles durent faire naitre contre nous.
Page: Je prie Polverel & Sonthonax de dire ce que
toit contre eux ma lettre.
porSonthonax : Vous avezdit, vous Page : il part pour SaintDomingue des commiffaires civils jacobites; & dans toute
votre lettre on trouve un plaidoyer contre les opérations de
l'affemblée narionale alors légiliative, & ceux qui étoient
nommés par elle.
Le ciroyen Brulley a été plus loin: après avoir annoncé
l'arrivée dans la colonie des commiffhires jacobites, il annonce que leur befugne ne tiendra pas, qu'on touche à une
erife, qu'elle ne Jera pas fevorable aux décréteurs actuels ; CB
fenr-la fes expreflions. J'ai donc eu raifon de dire que vous
aviez écrit dans la colonie pour la prévenir contre nous : &
quelle plus cruclle prévention que de dire, leur befogne 128
tiendra pas, la crife ne fera pas favorable à ceux qui OiK
envoyé les commiffaires civils!
Verneuil:Je vous prie, ciroyen préfident, d'interpeler Sonthonax de dire fi Lacofte n'a pas tout employé
Polverel & lui de partir, & il étoit d'autant
cmpécher autorifo
à le faire,
a
Fu
qu'il déelaré au tribunal royoluricmnnire, devant
le public & devant nous s qu'il connoiffoit, avant qu'ils
tiflent, > les principes deftruéteurs de ces deux
&c
ç'avoit été là la véritable caufe
UES
de fon
& dRe eft d'autant moins douteux, que, dans lun oppofition; des OuLvrages de Raymond
Le. préfideni : Cela elt étranger aux débats.
Sonthonax : Je réponds à Tinterpellation, que js ne puls
B 3
nnire, devant
le public & devant nous s qu'il connoiffoit, avant qu'ils
tiflent, > les principes deftruéteurs de ces deux
&c
ç'avoit été là la véritable caufe
UES
de fon
& dRe eft d'autant moins douteux, que, dans lun oppofition; des OuLvrages de Raymond
Le. préfideni : Cela elt étranger aux débats.
Sonthonax : Je réponds à Tinterpellation, que js ne puls
B 3 --- Page 26 ---
favoir ce qui s'eft paffé entre Lacofte & le nibunal révolutionnaire pendant mon ablence. Je crois avoir fuffifamment crabli T'oprofition de Lacofte, en difant qu'il avoit
avoit
plaidé coiure moi au confeil exécutif, qui cependant
refufé ma démiflion.
à
jamais dit
Page:de déclare que je n'ai, quant moi,
un feul mot de Polverel & Sonthonax , mais l'opinion générale des colons étoitcontre eux : les hommes qui rédigeoient
lejourmal de Pruditomme, & notamment l'article que voici,
ne pouveient être bien reçus à Saint-Domingue; & quand
Tarrivai .>
à Paris, quand Yy appris que c'étoit Polverel &
Sonthonax qu'on envoyoita Saint-Domingue, je prédis dèslors
cette colenie fetci: détruite. Deruis deux ans, tous
nos Tanoen à Brulley & à moi, annonçoient tout ce def- qui
cft arrivé depuis, tant nous connoiflions leurs principes
truéteurs. Voyez, citoyens, fi les colons étoient fondés ou
non.
Il lit;
Révolutions de Paris, No. 121, page 220.
e Paffés dans le camp des nègres : frères, leur diront nos
commiffaires, en leur tendant la main,' nous fommes blancs
inais nous nous Aattons de n'avoir
comme VOS oppreffeurs; avec eux:
la couleur: ccmme vous à Saintde commun
que
en France, & c'eft
Domingue, nous nous fommes infurgés le
cri de
au milieu de nous que s'eft fait entendre premier de VOS
la liberté, qui a retentijufques fur ce rivage couvert averti
fueurs 8c teint de votre fang. On vous a peut-être
déja que nous venions. à vousavec du canon, des baionnettes
&c des foldats; mais ces canons & ces foldats iont pour vous,
fi Y'artillerie des Créoles eft contre vous. Vous demandez de
à être libres, cela elt jufte : vous le ferez à I'exemple
vos frères les hommes de couleur ; mais foyez aufli généreux
que nous l'avons été en France. Que peuvent vinge-cinq
mille blancs qui ont des bras & ne favent pas s'en fervir, >
contre fx cent mille nègres habitués aux travaux les plus
rudes? Laiffez vivre VOS ennemis après les avoir mis dans
limpuiflance de vous nuire; & au lieu de ravager de belles
à être libres, cela elt jufte : vous le ferez à I'exemple
vos frères les hommes de couleur ; mais foyez aufli généreux
que nous l'avons été en France. Que peuvent vinge-cinq
mille blancs qui ont des bras & ne favent pas s'en fervir, >
contre fx cent mille nègres habitués aux travaux les plus
rudes? Laiffez vivre VOS ennemis après les avoir mis dans
limpuiflance de vous nuire; & au lieu de ravager de belles --- Page 27 ---
plantations, votre ouvrage, confervez les-p pour les cultiver
pour votre compte > dirigés par VOS voilins les mulâtres :
laiflez partir VOS tyrans 5 qu'ils emportent avec eux leur or
& leurs vices, qu'ils reftent même, s'ils le veulent: cinq cent
mille hommes bien unis peuvent fouffrirà à côté d'eux quelmilliers d'individas efclaves de leurs paflions & de leur
Reez Gardez les débris de VOS chaines pour les montrer à
vos_enfans qui vous devront deux fois la' vie, puifque, graces
à votre courage, ils naitront libres. Frères, fouvenez-vous
que vous avez de bons amis au-delà de ces mers, & qui,
au premier fignal, viendront partager avec vous leuts lumières & tous les bienfairs de la civilifation déformais mieux
ordonnée. 22
Il paroir que les commiffaires civils fe font bien fouvenus de cette leçon-là, car quand le contre-amiral Sercey.
Lc préfident : Cela eft encore étranger à la difcuflion :
continue la lecture.
Page: Certes, les colons, qui connciffoient les nègres >
leur moralité & les excès auxquels ils pouvoient fe
>
ne devoient pas voir fans crainte & fans horreur porter de tels
commiffaires aller à Saint-Domingue,
Santhonax : Vous voyez que- les colons appelient principes
deftruéteurs les- principes de ia liberté, Je n'ai point fait
l'article que vient de lire Page, puiique, comme je vous l'ai
dit tout-à T'heure, javois quisté la rédaétion du journal des
Révolutions dès le mois de juiller 1791; mais, fije l'avois
fait , je l'avouerois > car il ne renferme que des principes de
liberté & de juftice.
J'y vois des principes de deftruction &c de mort.
Les colons m' ont accuié perfonnellement d'aCopbonp
voir affecté la diétature dans la colonie, d'avoir pris Iaurotorité & le nom de diétateur. Certes, Jai lieu d'être étonné
les colons qui nous accufent de cela, foient ceux qui, >
qar. le difcours da préficent de l'afemblée coloniale, s'exprimoient ainfi: : la diclature que l'apemblic nationale vient de
vous confier.
Je déhie les colons de citer une feule lettre, une feule
proelamation dans laquelle noussyionsprislecitrededichareur.
Daubonnecu: : C'eft fort.
B 4
ai lieu d'être étonné
les colons qui nous accufent de cela, foient ceux qui, >
qar. le difcours da préficent de l'afemblée coloniale, s'exprimoient ainfi: : la diclature que l'apemblic nationale vient de
vous confier.
Je déhie les colons de citer une feule lettre, une feule
proelamation dans laquelle noussyionsprislecitrededichareur.
Daubonnecu: : C'eft fort.
B 4 --- Page 28 ---
d'un Sonthonax : Is ont cité à Tappui de cette
mémoire du citoyen
affertion l'extrait
de Sainr-Tomingue.
Lafalle, gouverneur par interim
Si ce font la les témoins que les colons
tendre, de
il ne fera pas difficile de renverfer veulent leur
faire encalomnies. Ce Lafalle,
échafaudage
au fophi de Perfe; auroir dû qui ailes dit que je me fuis comparé
ne pas me préter ce propos, à moi obferver le coftume pour
tout le monde, , à toutes les heures. qui étois acceflible *
cira. Le préfident : Cecieit entendu; tu as nié, cela s'éclairSenac: : La parole fur la dictature,
dellius. Lepréfident : Tu y reviendras; les débats fe rouvriront laSonthonax : Les colons m'onr encore
mes proclainations; elles ont été lues accufé fur deux de
inféré que javois proiégé Cadulch & par Verneuil; il en a'
qui avoient porté la cocarde noire. Gauvin, deux hommes
les Ilell-nécellaire colons font que je falfe remarquer l'erreur dans
uniquement fir tombés, le
en faifant porter une
laquelle
& les colons ont avoué préfident Cadufch. Gauvin a proclamarion été
effacé de deffus les
ce' fait; Gauvin a été accifé accufé,
coloniale
murs du lieu dès
d'avoir
ces mots : la foi, a nation. féances de T'aflemblée
dit qu'ils nous avoient dénoncé Gauvin Mais les colons ont
nous les avions mis fous la protedtion & Cadufch, & que
Ils fe font horriblement
immédiare de la loi.
d'avoir porté Ia cocarde trompés : loin d'acéufer Cadufch
d'avoir insendié la
noire, ils l'ont accufé
fidenr; ild defcendit àla province du Nord. Cadufch fimplement étoit préplus grande publicité. L'aflemblée barre', &c fe difculpa; l'affaire eur la
qui aveir porté la cocarde noire étoit fi mal avec Cadufch,
inculpable, que c'étoit un homme 5 qu'elle ami déclara qu'il étoit
de l-colonis, & qu'on avoit eu tort de des principes, ami
n'a jamais été accufé que par la lifte
l'accufer. Gauvin
nem d'anteur, colportée,
fans fignarure, fans
1792. Ce n'ef pas icile moment inprimée, de au mois de novembre
v viendra lers de la difcullion de nos difeuter cette lilte, OH
bon d'obiorver que Gauvin ni-Cadsfch actes; il eft feulement
fous aucune fauve-gardo de la loi ou deia n'ont jamais été mis
commifion civile,
que par la lifte
l'accufer. Gauvin
nem d'anteur, colportée,
fans fignarure, fans
1792. Ce n'ef pas icile moment inprimée, de au mois de novembre
v viendra lers de la difcullion de nos difeuter cette lilte, OH
bon d'obiorver que Gauvin ni-Cadsfch actes; il eft feulement
fous aucune fauve-gardo de la loi ou deia n'ont jamais été mis
commifion civile, --- Page 29 ---
2f
Lorfqu'ils furent tumulruaireinent dénoncés par l'affemblée
du Cap, ce'n'a- pas été pour avoir porté la cocarde-noire
& effacé la légende,& je. défie les colons de produire aucun
adte
porte ces faits.
: Je prie le
YARAT
citoyen préfident d'interpeller Sonthonax de dire G à différentes fois cent citoyens, , & j'ea
faifois partie.
Duny : Et moi aulli.
Verneuil : N'ont pas été chez lui pour demander l'embarquement del ce Gauvin, & fi, à Fépoque oi le Capa été
brilé, c'eft-à-dire ,le 2ojuin 1793, Gauvinn'étoit pas encore
dans cette ville malgré nos follicitations.
Sonthonax : D'abord, plufieurs citoyens me I'ont dénoncé
comme l'autenr des'tronbles de la colonie, > mais je devois
leurdemander: quels fontles.faits dont vous accufez Gauvin?
oi fonr les faits que vous .avez à dire contre lui? m'avezvous répondu qu'il ait effacé la légende : la nation, la loi?
T'avez - vous accufé même dans la lifte que vous avez prsfentée? Ce n'ef pas tout, c'eft que la commiffion intermédiaire ne: m'a pas donné connoiffance du crime reproché à
Gauvin, d'avoir effacé la légende : la nation, la loi; non,
cerres, il n'en a jamais été fait mention. Vous dites que
jair refufé de déporter Gauvin, je Tai chaffé d déporté pour
les Erats-Unis. Gaavin, déporté pour la Nouvelle-Anglaseere,
eft allé à Jérémie, odila été accueilli par les patriotes AngloJérémiens. Gauvin a refté à, Jérémie.
Le préfidene : Ceci eft poftérieur à votre arrivée.
Sonthonax: : PourquciVermeuil. me fait-il unei interpellation?
Dany : Faites" Toblervarion -
Sonthonax : Si enfuite Gauvin étoit au Cap, c'eft qu'il
eft venus'y. mettre à latète des patriotes, qui l'ont lui-méme
trouvé allez bosi patriote pour combattre contre nous. Co
Gauvin n'eft venu au Cap qu'en mon ablence, il a profité de mon abfence pour revenir au Cap 5 il a
dis-je, da temps otj'étois dans T'oueft, pour fe mettre profité, à la
téte'des marelots contre les commiffhires civils.
Varneuil: Ciroyenr préfident, je vous prie de demanderà
Sonthonax à quelle époque il a fu que Gauvin a effacé les
mots : la nation, la loi, da lieu des féanees de l'affemblée
coloniale, ccaquelle époque. Gauvin a efacé cstte légende.
-je, da temps otj'étois dans T'oueft, pour fe mettre profité, à la
téte'des marelots contre les commiffhires civils.
Varneuil: Ciroyenr préfident, je vous prie de demanderà
Sonthonax à quelle époque il a fu que Gauvin a effacé les
mots : la nation, la loi, da lieu des féanees de l'affemblée
coloniale, ccaquelle époque. Gauvin a efacé cstte légende. --- Page 30 ---
novembre Sonthonax : On a cité de nous une
Gauvin 1792 dans laquelle on dit proclamation du 2a
: voici T'article. des fauve-gardes. que nous protégions
public: L.cointe, membre de la' commifion : Ce n'eft pas là l'efprit
Sonthonax : Ils. me l'ont
prorégé, quej'avois mis fous reproché; mes 1 ils ont dit que j'avois
il faut que je rejete cette défaveur. aîles Gauvin & Cadufch:
Le préfident : Tu y
ta dénegation fur cet objet, reviendras, cela eft dans la fuite ; tu as fail
Duny : Tous les adtes reparoîtrent. fuffifant.
Soxthonaxs1 Il eft un autre fait fur
mots, quoique j'en ai déja parlé; c'eft lequel fur la je dirai
Voulez-vous me permettre d'en dire
frégate la
vous
EE
que je les remette à la difcuflion deux des mots > où voulez
perfonnels ?
faits qui me fon
Le préfident : Paffe aux faits..
de Sonthonax: la colonie : Je viens au fait, & je palle à
deffis
avant notre arriveé. J'ai deux l'efprir public
Le premier eft relatifaux
faits à citer li
a accufés d'avoir été les fauteurs de hommes de couleur qu'on
la colonie, d'avoir été des ennemis la contre-révolution dans
eft relatif à une addition d'adtes
de la France; le fecond
Ees prouver lindépendance, que je dois prouver comme
coloniales, &le
Tanglomanie des deux affem
toujours profelle, fchifme, avec la métropole, qu'elles on
vous a parlé d'Ogé, protégé le
fur les hommes de couleur. Or
l'égalité; On vous l'a préfenté premier martyr de la liberté & de
par les comte-nescimndonmaigs comme un homme envoyé
EAF qui vouloit perdre
comme le Séide d'und
qu'Ogé avoit été fait colonel Saint-Domingue ici
le
; on vous a di
on vous a d'abord annoncé le
miniftre la Luzerne
replié enfuire ; on a dit qu'il n'étoit fiperde de colonel, on s'ef
trouvé ce titre dans un
pas colonel, & l'on
de Limbourg,
diplôme que lui avoit donné le princ
Sonthonax Brulley : Nous n'avons
dit qu'il n'étoit
: Vous avez afh
pas colonel
le brever de colonel; mais il étoit que vous ne pouviez produir
il falloit être cclonel pour être
colonel, difice-vous, ca
Eavoi: pas. été colonel, il n'auroit préfenté à la cour, or, s'
pas été préfenté,
colonel, & l'on
de Limbourg,
diplôme que lui avoit donné le princ
Sonthonax Brulley : Nous n'avons
dit qu'il n'étoit
: Vous avez afh
pas colonel
le brever de colonel; mais il étoit que vous ne pouviez produir
il falloit être cclonel pour être
colonel, difice-vous, ca
Eavoi: pas. été colonel, il n'auroit préfenté à la cour, or, s'
pas été préfenté, --- Page 31 ---
Brulley : A la bonne-heure, quand vous répéterez ce que
nous avons dit, tout fera fini..
Sonthonax : Si je difois à Page & à Brulley : la preuve
que vous êtes colonel, c'eft
vous avez été préfenté au
roi, que vous étiez dans les Ansie chambres des Tuileries,
lorique vous veniez préfenter à la fandtion du roi votre décret
fur les efclaves; on répondroit fans doute, en riant, que
Brulley,
avoir été préfenté au roi, n'étoit pas colonel.
Si je Intea aufli que tous les colons qui étoient à T'hôtel
Maffiac jouiffoient du privilège de venir continuellement faire
des doléances au roi, à da reine, à Monfieur, au dauphin
(alors prince royal), contre le vaeu des aflemblées conftituante &c légiflative, on me diroit
j'aurois tort de
conclure de là que tous les mafliacquois freuies des colonels;
cependant tout le monde fait que cet hôtel de Mafliac, en
habit noir & en pleureufes, alloient faire des doléances
attendrir le roi contre les décrets rendus par les
AIRCRES
conftuante & légiflative. On dit qu'Ogé a été préfenté
roi : eh bien 1
fuis
à vous dire
R
moi, je
autorifé
quil
jamais été ptéfenté au roi, qu'il-n'a jamais été chez le roi
qu'avec fes frères les hommes de couleur, lorfque réclamant
leurs droits, ils étoient obligés de s'adreffer aux doux aurorités qui compofoient la légiflature; qu'il a été obligé de
fe préfenter au roi, lorfqu'il follicitoit des décrets auprès de
l'Affemblée conftituante; qu'enfin il étoit naturel quilfit des
pétitions en faveur de la liberté, lorfque les colons 3 les
membres du club Mafliac, venoient éternifer leurs réclamations contre la liberté. Voilà la manière doat Ogé a pu être
préfenté au roi. On dit qu'Ogé avoit la décoration du prince
de Limbourg,
Le préfident : Il me femble que Page a demandé la parole
fur cet objet.
Brulley : C'eft moi qui l'ai demandé.
Le préfident : Tu as la parole.
Brulley: : Si jamais Sonthonax peut prouver que nous ayons
lété préfentés au roi, que nous ayons même été chez aucun
miniftre avant le IO août .
Sonthonax : Je n'en fais rien, je n'étois pas ici.
Brulley Je n'étois à Paris que depuis le 14 août.
Page: i eft étonnant que Sonthonax fe permette des im-
fur cet objet.
Brulley : C'eft moi qui l'ai demandé.
Le préfident : Tu as la parole.
Brulley: : Si jamais Sonthonax peut prouver que nous ayons
lété préfentés au roi, que nous ayons même été chez aucun
miniftre avant le IO août .
Sonthonax : Je n'en fais rien, je n'étois pas ici.
Brulley Je n'étois à Paris que depuis le 14 août.
Page: i eft étonnant que Sonthonax fe permette des im- --- Page 32 ---
purations dife
femblables, 8c que pour toute réponfe, il vous
qu'il n'étoit pas en France alors. J'obferverai
que fi nous avions été préfentés au roi, nous aurions feulement
notre vifite utile, en préfentant à fa fanction le décret rendu rendu
de fur la Pefclavages je penfe que nous aurions bleilé les droits
colonie en ne lui préfentant pas ce décret fur l'efclavage; eft cependant ce décret n'a pas été préfenté au roi, il
dans les archives, il n'a pas été figné par le roi: donc
ilné lai a pas été préienté. Au lieu de nous préfenter au
rci, rious avons été direétement au comité colonial de T'AC
femblée nationale; nous nous fommes mis en rapport direét
avec ce comité, &c Terbé,, alors rapporteur de ce comité
nous dit, gttendez quelque temps pour préfenter le décret
dont vous êtes porteurs. Nous nous gardâmes bien de
au roi, de parler aux minittres.
parler
Breiey: : J'ofire de dépofer far le bureau mon paffe-port
quipotive que je ne fnis arrivé àParis que le août, aint
je n'ai pu êrre préfenté au roiae qui alors n'y earg plus. -
Sonthonass : Iine fera pas difficile de prouver que Page &
Erelley ont été préfentés au roi, & G je vowlois le tirer de
leurs écrits, je dirois que Poiverel a préfehté deux lettres
originales, & reconnues par eux, dans lefquelles Page &
Brolley difenz qu'ils n'ont pu voir le roi à caufe des vives
inquiérudes dans lefquelles il fe troûvoit avant le IO & le
7I août. Il ne nous fera pas bien difficile de
dans
le cours de la difoufion, que Page &c Brulley prouver, ont
avoir
des relations avecleroi, dont ils ont fait conftamment pu
dans leurs lettres; avec ce, monarque qui s'eft montré fi l'éloge
de commander, & chez lequel une horde impie a ofé digne fe
porrer pour fouiller le fanétuaire de la royauré,
Page : Je fomme Sonthonax de préfenter. aucune
autre que celles qu'il a déja lues, qui dife que
pièce
été chez le roi ni chez les miniftres avant le IO j'aye août. jamais
Sonthonax : Ces deux lettres en difent bien aflez, & je
n'aurois pas befoin d'en dire davantage; mais je me réferve
d'apporter des preuves dans le cours des débats.
On vousa ditqu'Ogé, pour prouver qu'iléroitd'une faction
g-nine-sérolitioninsino, forrant de Paris,
s'étoit embarqué pour l'Angleterre, er
qu'il avoit changé de nom, & pris" celu
del Readpsaee-doer pourlAnglererre,
Ces deux lettres en difent bien aflez, & je
n'aurois pas befoin d'en dire davantage; mais je me réferve
d'apporter des preuves dans le cours des débats.
On vousa ditqu'Ogé, pour prouver qu'iléroitd'une faction
g-nine-sérolitioninsino, forrant de Paris,
s'étoit embarqué pour l'Angleterre, er
qu'il avoit changé de nom, & pris" celu
del Readpsaee-doer pourlAnglererre, --- Page 33 ---
a9
pour retourner enAmérique; mais Ogé a été obligé de; prendre
ce détour, parce que toRS les ports de France étcient fermés
pour lui, parce que les colons avoient obtenu un ordre da
miniftre de la Luzerne, qu'ils difere avoir été,Tami d'Ogé,
ordre très-pofitif pour empécher lembarquement d'Oge: en
voici la preuve tirée de la corefpondance fecrète des dépurés
de la colonie à l'Affembléc conitituante.
Il lit:
Corre/pondance fecrète des colons diputés à PADemblée
conflituante.
ec Nous' devons veus prévenir, à cet égard, de veiller fur
un fieur Ogéjeune, que nous avons déja dénoncé pour une
lettre audacieufe écrite par lni à L1l de nos coilègues : nous
fommes avertis qu'il paile dans la colonie avec fix fuppors,
qu'ils ont voulu être feuls pallagers dans le batiment ou ils
paflent, que cet homme & fes adjoints veulent foulever les
gens de couleur, & qu'il eft important de s'alfurer nonfculement d'eux, mais de tous ceux de cette efpèce, & de
tous les gens fufpects qui poutroient atriver.
>> Onnous annonce le même projet d'un mulâtre, Fleury,
créole de Saint-Marc, ci- devant fellier carroflier, rue de
Seine, à Paris: c'eft un forcené qui parle de braverla corde,
& que nouserecommandons à votre vigilance 92.
Page : Je ne vois pas là que le miniftre la Luzerne...
Sonzhonax : Niez-vous qu'on ait donné des ordres pour
empêcher
de s'embarquer?
Brulley
plifieurs colons : Nous en demandons
la
prenve.
Page : Mon interpellation eft celle -ci; que Sonthonax
pronve que le miniftre a empèché Ogé de paffer dans les
colonies.
Brulley : C'eft là ce que Sonthonax a avancé; c'eft Ce
qu'il doit prouver.
Claufon : De même, il"n'auroit pas pu paffer en Angletérre.
Dury : Cette lettre démontre oftenfiblement quelle éroit
la miflion d'Ogé -puifqu'en parrant, on annonce ce qu'al
doit faire 5 ce qu'il a fait, 8c pourquoi ila éré puni.
iftre a empèché Ogé de paffer dans les
colonies.
Brulley : C'eft là ce que Sonthonax a avancé; c'eft Ce
qu'il doit prouver.
Claufon : De même, il"n'auroit pas pu paffer en Angletérre.
Dury : Cette lettre démontre oftenfiblement quelle éroit
la miflion d'Ogé -puifqu'en parrant, on annonce ce qu'al
doit faire 5 ce qu'il a fait, 8c pourquoi ila éré puni. --- Page 34 ---
Sonthonax : Niez-vous ceci? 3o
Serac: Sonchonax Je nie tout ce qui n'eft pas bien établi.
Luzerne a domné : J'apporrerai des
la preuve deinain que la
fermés à Ogépouraller ordres, à
& que tous les ports ont été
a été cbligé de paffer en Saine-Deningne. C'eftalors qu'Ogé
à Paris.Les ordres qui étoient Angleterre 3 il a pris la diligence
en Amérique n'étoient
donnés donnés pour lempécher d'aller
terre, parce qu'on s'inquiétoit pas fort pour aller en Angleterre pour revenir dans les
peu s'il alloit en Angleembarqué pour
polellions françailes, Ogé seft
celui de Poillac, T'Anglererre Ce
> où il a change de nom > a pris
Etats - Unis où il ef nom, palfé. dites-vous, Il n'eft
il la cenfervé aux
voué à la mort par les colons
pas éconnant qu'Ogé
inrriguoient porr. l'empécher de qui étcient à Paris, & qui,
été obligé de changer de nom; fi rentrer dans fa patrie, ait
récours à une feinte & à un
Ogé a été obligé d'avoir
tourner dans fa patrie : à
changemenr de nom pour reà la cruauré des colons qui faurils'en prendre, licen'eft
qui faut-il s'en prendre, Ael ce l'avoient n'eft
lignalé d'avance ? à
s'oppofer à la liberté des hommes de aux tyrans qui vouloient
s'en prendre, s fi ce n'eft à ceux qui s'étoient couleur ? à quifaur-il
de principes d'Ogé. A qui faut-il s'en prendre, s'il oppofés aux
changer de nom pour arriver à
a été obligé.
ceux qui vouloient empécher l'effer fon du bur? n'efl-ce pas à
dans la colonie? n'eft-ce
à
décret du 4 avril
nulles les lois françaifes, RST ceux qui voiloient rendre
nale dans
principes de l'aflemblée nariohomme conjure Saint-Domingue la : One eft doncle crime >
cipes,
pour Eberté, pour le maintien loriqu'un.
lorfque cet homme eft obligé de
des prinéchapper à fes bourreaux ? Hé bien! changer de nomj pour
Cgé, devez-vous être étonnés fi
vous qui pourfuiviez
terfuge, pour échapper à vos pourfuires Ogé a eu recours a un fub-,
Th. Millee : Certe lettre eft
de ia correlpondance fecrette des annoncée comme extraite
cette correlponsance fecrète qui, dans colons ; or > je vois que
un manuferir tresprécieux, n'eftqu'ine sles débats > paroitroit
fontiones: Voici les fignatures.
pièce fans fignature.
Tromas Millet : Il faut annoncerles chofes
font, annoncer la pièee telle qu'elle eft LIUNELSS ce qu'elles
Th. Millee : Certe lettre eft
de ia correlpondance fecrette des annoncée comme extraite
cette correlponsance fecrète qui, dans colons ; or > je vois que
un manuferir tresprécieux, n'eftqu'ine sles débats > paroitroit
fontiones: Voici les fignatures.
pièce fans fignature.
Tromas Millet : Il faut annoncerles chofes
font, annoncer la pièee telle qu'elle eft LIUNELSS ce qu'elles --- Page 35 ---
Sonthonax : Parmi ces fignatures fe trouve celle de Lor
doit chevefque-Thibaud 2 mais j'obferve que cette fignature ne
pas fe trouver dans' cette lettre relative à Ogé.
Larchevdgue-Thibaud: : Sonthonax dit qu'à cette époque
je n'étois plits dans l'affemblée confticuante.
Sonthonax : Celui qui a compefé ' ce recueil n'a
rappelé les fignarures à chaque leitre; ; il s'eft contenté point dele
faire à la première > qui eft du I2 août 1789;& ces fignaruresfont: Reynaud; préfident; ; Magalon 3 LarchevelqueThibaud ,le marquis de Périgny 2 de Thebaudiere', >
le Gardeur de Tilly, s Gerard, Bokairan, fils de Gerard; Dougé,
Courveyolde, le marquis de Gouy-d'Arcy.
Lardvdqse-Thibasd:. Je demande aéte del'aveu fait par
Sonthonax," que je n'étois plus en France > ou du moins
que je n'étois plus membre de l'affemblée conftiruante; je
demandes en conféquence, acte du faux manifefte
contient cet imprimé 5, & à l'égard du fait que vient que
dire
devous
Sonthonax, qu'à cette époque
n'étois
membre
de l'affemblée conftituante, il'eft Roda de vous plus dire
me fuis reuiré de l'aflemblée conftituante à l'époque
je
ou
g:r
24 août 1789; cette époque eft effentielle à obferver. 23
Sonthonax a eu P'impudence de dire que j'avois fiégé continuellement au côté droir de T'allemblée conftituante, &
reille permettez-moi ce terme car, quand.on emploie, une
calomnie, il eft à k place. Or, il eft à ia
fance. de tout le
PORELIE
miflion
monde, & il y a un membre de la comqui pourroir l'attelter, qu'à l'époque du 24
1789 il n'y avoir encore dans l'affemblée conftinante, août ni
côté droit, ni côté gauche. Voilà donc un faux matériel
bien prouvé de la part de Sonthonax.
Sonthonax : Thibaud vient de vous dire que j'avois avoué
qu'il n'étoit pas à l'aflemblée conftituante à
du 12
août 1789; je n'ai pas dit un mot de cela; ; Tépoque jai dit
l'époque de la lettre relative à Ogé, que je viens de qu'à
dans les débats d'aujourd'hui, cette lettre eft du II janvier citer
1790; Thibault étoit à apoftolifer dans la colonie de SaintDomingue; ; Larcherefque-Thibaad n'a donc pu figner cette
letre; & je le répète, il ne l'a pas lignée, maisje n'ai
inféré de là qu'il n'a pas figné la lettre du 12 août pas
Thibaud vous dit quil n'y avoit, alors ni côté droit, 1789. ni
dans les débats d'aujourd'hui, cette lettre eft du II janvier citer
1790; Thibault étoit à apoftolifer dans la colonie de SaintDomingue; ; Larcherefque-Thibaad n'a donc pu figner cette
letre; & je le répète, il ne l'a pas lignée, maisje n'ai
inféré de là qu'il n'a pas figné la lettre du 12 août pas
Thibaud vous dit quil n'y avoit, alors ni côté droit, 1789. ni --- Page 36 ---
côré gauche dans raffemblée 32
la diipofirion phyfique. des conficuante. Ce n'eft: pas fur
des principes des membres de bancs Taflemiblée, que je veux faire juger
Aecgimt du côté
Quandiai dir que
précifément dans la foule de ccux qui droit, c'eft qu'il étoit
principes de fon afiftance français; & je n'ai pas beloins éroiént peur
aux
matérielle fur
prouver >
Trett
mais de la lette même du I2 aoit les bancs de Taffemblees 5
mais Un homme qui dit : En France 0i2 ef 1789 evre qu'il de a lignée,
que cctte
la
dire que cet homne avrefepalfieras la foit un certainement ai de on ne peut lbrsé, pas
galité; mais je me réferve dans le
laliberté & de l'é:
vous montrer des lettres écrites cours de la difeulfionde
de Thibaud, Gui ient trop honorables toutes entières de la-main
arifocratiques, pour quil ait à fe
pour les principes
liéger au côré droit.
piaindred queje laie fait
Sontionar Lacingfre-Tkuut vous cite : Il eft cltntel de fixer. les idées,
fe trouve accolée à
de lettre dans laquelle ma
&
fignatare
autres députés de Saine-Domingue, Reynaud, celle de Magallon
Lepréfdene : Le congraire,
été Poge:Je imprimé vous le prie. recueil dinterpeller de
Sonthonax de dire oi a
yient de citer,
cortelpondance fecrette qu'il
Sonthonax : Il a éré.imprimé chez
toyen Raymond
vient de le faire. Enjabaut; c'eft le ciPege : Sil a at imprimé chez
Kéimprinet,
que" Sonrhoax déclare fi cette
Enjnbaut, je, demande
mée de l'aven ou fans l'aveu correlpondance des
a ércimprir
Enjubant. Je prie Sonthonax de
colons fignataites Pag
Sonthonax : Je viens de
s'expliquer la-delfius.
des colons exife depuis déclarer que cette cotrelpondance
méc chez Enjubaur depuis 1790, qu'elle vicnt d'ètre réimpris
en ferons arrivés la, vous environ huir jours; ; lorique nous
voudrez fur cette cocrefpondance. pourrez difcurer tant que vous
La parcle cft accordée à
La féance eft levéc.
Sontionst.pour demain.
LECOINTE Lerogilre despréfonces ef
(des Deuis Serses), RlPeGesegees
CATILOS, DEBRAY, Foucui, fecréteire 5 PAXAE S
GRÉGOIRE.
Du7
réimpris
en ferons arrivés la, vous environ huir jours; ; lorique nous
voudrez fur cette cocrefpondance. pourrez difcurer tant que vous
La parcle cft accordée à
La féance eft levéc.
Sontionst.pour demain.
LECOINTE Lerogilre despréfonces ef
(des Deuis Serses), RlPeGesegees
CATILOS, DEBRAY, Foucui, fecréteire 5 PAXAE S
GRÉGOIRE.
Du7 --- Page 37 ---
Du'7 Ventôfe, Pan troifème de la Répablique
frangaife, a
une & indivifible.
N litla rédalion des débats de la
elle eft
Brulley : Lors de Terreur qui s'eft veille;
adoptée.
à Millet & à mci, nous avons demandé commife, relativement
fut caufe de cette erreur fit dépofée far que le la pièce qui
l'avons demandé encore après la féance, à bureau;. nous
nous a répondu d'one manière fort
Sonthonax, qui
vous la montrer. Je demande
la décidée: Je rie veux pas
Sonthonax de dépofer cette pièce que fur commiffion le
enjoigne à
nous en prenions connoiflance; cette pièce bureau, afin que
Millet: Et moi 5 il faur que nous en qui mainculpé.
fance.
prenions connoifSonthonax: : Je ne fais pas de quelle pièce veut
Brulley.
parler
Bruiley : La pièce intitulée: Aftiches Américaines.
à la Son:honax: Dans la féance du 13 Pluviôfe ils'eft
des afichos place d'une pièce cirée par mei, une autre citacion trouvé, tirée
colons réclament américainessfar également, réciamé J'ai
contre cette erreur; les
mais donné, ni aux copiftes, ni à la déclaré que je n'avois jade la pièce quia a été fubftituée à ia vérirable, commifiion, Les l'indication
demandent aujourd'hui
colons me
cette demande, Ef-ce cetre-pitons je ne tais à guoi tend
que Thomas Milier 8: Gmulréroient parce que dans cette pièce il eft dit
de Sain-Marc?
fecrétaires de l'effemblée
Leprdfid.ne: : La commiffon a arrêté
les
relatives à des copies,e traireroiene que
réclamntions
nommés par h coramillion, & qui devanr font les commifiaires
fatuer à ce fujer, > &c que, files
chargés par elle de
voient pas fufifamment autorifés, commiffaires ils
ne fe troucommiflion.
en réfererolans à la
Tore III, Vingt-guatrième livraifon.
C
ée
Leprdfid.ne: : La commiffon a arrêté
les
relatives à des copies,e traireroiene que
réclamntions
nommés par h coramillion, & qui devanr font les commifiaires
fatuer à ce fujer, > &c que, files
chargés par elle de
voient pas fufifamment autorifés, commiffaires ils
ne fe troucommiflion.
en réfererolans à la
Tore III, Vingt-guatrième livraifon.
C --- Page 38 ---
la commiflion déclare
Bralley: C'eft qu'ilefti ici quellion quel
que la pièce fera apportée fur le bureau. devant les commiffaires
Lc préfident: Cette affaire fe vuidera
qui ftarueront ou en référeront à la commilion. Je demande que Polverel
Lecointe, Repréfentant cathégoriquement du peuple:
à l'inrerpellation
& Sonthonax leur eft faite; répondent qu'ils difent s'ils peuvent ou non rapporter
qui
cette pièce.
cette interpellation s'adreffe
Polverel: Je ne fais pourquoi
à moi. Sonthonax: Jene
produire une pièce que jen'ai déB"
érrangère aux
Cette pièce ARRIEIS parfaiternent de
& d'autre qu'il y a
Ec puifqu'on eft convenu
part
erreur. Brulley: : Elle a été produite
Sonthonax.
Sonthonax: Je vous dis aoAterd n'a pas été produite à
des
Tarbite
moi; elle peut avoir été copiée fur
pièces prifes
ou à gauche, fans avoir été produite de par fon moi. chef, avoir
Bruliey : Le bureau ne peut pas,
demande à produit tend
une pièce comme celle-la. Sonthonax
quoi de
cette réclamarion 2 Elle tend à favoir s'ilya cunon perfidie nous
la part de Sonthonax; ce qui eft effentiel à favoir pour
& pour le public. Je
à Taccufation.de perfidic..
Sonthonax :
réponds d'accufation, je demande à confBrulley: Je ne parle pas
tater Sonthonax : Pour qu'il'y eût perfidie de ma part, dans il fau- la
droit que j'euffe intérêt à cette perfidie. Il s'agilloit obtint deux
difcuflion que j'ai tenue alors, de coloniale. Cadufch, Les qui. colons n'ont
fois la préfidence Cadufch de l'affemblée ait été nommé deux fois préfident de
pas la intesdirs nié
affemblée coloniale, formée à Léoganes je n'ai
donc pas befoin d'avoir recours à une pièce fauffe, à une fait,
pièce de l'affemblée de Saint-Mare,
prouver de un
que perfonne ne nie. Thomas Millet S Jap plaint ce que je
d'avois accollé avec Gault, comme fecrétaire de Tafiemblée
de Saint-Marc. Thomas Mille: a été fecrétaire de l'affembléé
de Saint-Marc avec Gault: en voilà la preuve par un extrait.
des regiftres de laflemblée de Saint-Marc.
une pièce fauffe, à une fait,
pièce de l'affemblée de Saint-Mare,
prouver de un
que perfonne ne nie. Thomas Millet S Jap plaint ce que je
d'avois accollé avec Gault, comme fecrétaire de Tafiemblée
de Saint-Marc. Thomas Mille: a été fecrétaire de l'affembléé
de Saint-Marc avec Gault: en voilà la preuve par un extrait.
des regiftres de laflemblée de Saint-Marc. --- Page 39 ---
1: préfident: Cen'ef pas-là 35 l'objer:
sette pisce, sk on te fomme de la produire. On demande fi tu as
Sonthonax la
: Je déclare que je ne l'ai
pas produire, & çue la produire ne ferviroit pas; que à je rien. ne Peux
Bruliy: Cependan: elle a été imprimée aux débats.
Leprofident : Sonchenax déclara
eette pièce : Tu tireras de ceite déclaration qu'il ne peur pas produire
que tuvoudras.
teiles inductions
PoleredsJ'ai demandé la
débats, mais fur un fait énoncé parole, dans > non le furla rédaétion des
Iiyeft dit qu'ily a eu un ordre de déporrarion procès-verbal d'hier.
Anglererre, donné contre Gauvin.
pour la nouvelle
doané ceto ordre de déporation
J'ignore fi Sonthonax a
c'cft pourquoi je dois Axer
depuis mon départ du Cap;
& l'étar des choles exiflantes, lépoque de mon départ.u Cap,
époque. Je (uis parti du Cap relarivemenrà le
Gauvin,d cette
époque, iln'y avoit à ma connciffance 29 cétobre 1792. A cette
Gauvin, qu'un permis d'alier à
d'exiftent au fujer de
avoir des affaires pour
Jerémie P ol il
fcrons à l'examen de régler une fiaccefion. Quand fippofoit nous
rOs actes, il nous fera facile
en
que celui-la en littéralement conforme
de prouver
déerminoient notre milion & ncs
au texte, des lois qui
fait incident qui n'cxige que deux mots. ponvoirs. Yoici un autre
que j'ai
une lettre d'André Rigaud, Ily a quatre jours
province Sud, qui
Je comrandant dela
vous m2e le demander, les m'annonçoir:
yous envoie, comme
mifion, gui fe trouvent aux regiftres - Jeuls papiers de la comtopp: pour la commilfion exécutive Cayes de ; 6 'ai mis double enyela Répabligue. Signé Rigaud. J'ai
marine S des colonies de
de la commifion exécuive de la reçu cette lettre par Ia voie
envoyé mon fils à la commiffion marine & des colonies.. J'ai
regiftres éroient arrivés. La commiflion exécutive, pour favoir fi ces
que ces regipres n'étoient pas encore crrivés exécurive a a répondu
gu'elle avoit reçu d'André
la
Paris, 3 nicis
de ces regiftres guiprobablement Rigaud lectre d'avis fer l'envoi
le mimé batimenes & gais
étoient crrivés CI2 France Jitr
mis 4 la diligence. J'avois probablemene encore , cyoient étt
ma commilion:javois prié mon fils, & mon fils a rempli
exécutive de faire adréffer charzémen fils de prier la commiflion
diredtement à la commifion des
C 2
la
Paris, 3 nicis
de ces regiftres guiprobablement Rigaud lectre d'avis fer l'envoi
le mimé batimenes & gais
étoient crrivés CI2 France Jitr
mis 4 la diligence. J'avois probablemene encore , cyoient étt
ma commilion:javois prié mon fils, & mon fils a rempli
exécutive de faire adréffer charzémen fils de prier la commiflion
diredtement à la commifion des
C 2 --- Page 40 ---
solonies ce paquer envoyé par André Figaud. On a répondu
à mon fls, que la iettre d'avis portoit Pordre de me cet les ordre. faire
palfer dire@lumiens, & qu'en rempliroit dire littéral que lemnent je ne veux pas
Jene veux point & je ciois pouvoir intermédinire de ces regiftres,
qu'il ait chez moi exécutive un dépêt de ia marine & des colonies,
entre L commiilion colonies.Jep la commillion de prendre
&la commilliondes les regifttes, prie à leur arrivée, lui ioient
des mefures pour que
remis diredteinent.
la lettre
Senac : Je prie Polverel de nous communiquer
d'Andté Rigaud.
le
Polyerel: Je ne fuis tenu de vous communiquer que
paragraphe que jai lu..
Polverel communique la
En faifans l'obfervation ci-defus -
lettre. Duny: Citoyens, une réflexion fur cettelettre; ; c'eft
bien
que
commandant à
Adea
me paroir
étonnant
Rigaud, à Polverel & Sonthonax,
Domingue, envoie ces regitres
qui
font venus à Paris, fur un décret d'accufation, regiftres qui
étoient reftés au dépôr des Cayes.
& lieu, La comLe préfident: Ceci fe trairera la er féance temps fur la demande de
mifion remet à ftatuer après
Polverel. Citoyen Thibaut, tu demandsis la parole?
Thilaut :Je vous prie de vouloirbien m'accorder la parole
après Sonthonax, pour parler far T'efprit public de SaintDomingue, avant larrivée des commiflaires civils. entendu SonLa commiffion ajourne à Ratuer après ayoir
zhonax. Verneuil: Je priela cominiflion.de vonloir bien ordonner
à Sonthonnx de dépoter furle bureau la lettre quieRrelative
à ce qui a été dir fur Thotel Malliac.
Sonthonax: La voici.
Lecoinze, membr: de la comnifion: Jevais vous lirelaletre. la
Vernail: C'eft à caufe dies fignacures que je delire
connoitre.
Lecoince : Inyenat peint..
Verneuil: Ahi
Senac: Ie ciroyen Sonthionax, lier, promis
'la preuve quo le miniltre de la Luzerne seft oppolé au
sarire
artd d'Ogé.
Thotel Malliac.
Sonthonax: La voici.
Lecoinze, membr: de la comnifion: Jevais vous lirelaletre. la
Vernail: C'eft à caufe dies fignacures que je delire
connoitre.
Lecoince : Inyenat peint..
Verneuil: Ahi
Senac: Ie ciroyen Sonthionax, lier, promis
'la preuve quo le miniltre de la Luzerne seft oppolé au
sarire
artd d'Ogé. --- Page 41 ---
Sonchonax: Je vais le faire.
Page : Dans le défi que j'ai porté hier à Sonthonax, de
prouver que j'ai été préfenré chezle roi, ma phrafe cft conçue
de manière à faire croire que mes deux lettres de Paris >
dépofées fur le bureau par Sonthonax > conftarent que j'ai
été prélenté au roi. Ile eit bon que je rétabliile les fairs. Lai
première lettre eft écrite de Nantes, quatre ou cing jours
après mon arrivée en France; & alors, je n'avois pas pu
venir à Paris; & en conféquence > je n'avcis pas pu être
préfenté au roi. La deuxième lettre fut écrite au mois de
feptembre; clie porre pofitivement quejen'ai pesvu le roi,&c
quejennipas pu préfenter à fa fanétion ledécrethnTeiciarsge.
Sonthonax: Citoyens, fijai ouvert hier la difcuSion fur
T'efprit des hommes de couleur, fi j'ai pris leur défenfe 3.
c'eft noins parce que cela tenoit à l'efprit public de ia cOlonie, que parce qu'il eft de mon devoir de rendre juftice
à F'innocences aux véritables amis de la France, 2 aux véritables amis dela liberté.J'ai cru qu'il étoit de inon devoir,
pendan: que les gens de couleur triomphoient à Saint-Domingue, pendant qu'is en chaffoientles Anghis,que lafaction
nous pourfuir yavoir amenés;jai Cru, dis-je, qu'il
étoit 3e mon devoir de, les défendre. :> fur-tout dans la circonftance ou la commiflion a cru devoir ajourner l'audition
de Raymond, quieft le defenfeurlssitine, à Paris, des hommes
de couleur. Je reviens à la queftion: Je commence par parler
fur ce que Brulley a annoncé dansla féance du I5.
se
(Pare
que dic Bruiley fiur la mife hors la loi,) ) cela eft ditectement dans Tetprit public : carla faction qui nous pourfuit
aujourd'hui dirigcoit Tetpair public à Saine-Domingue.
Sonthonax & Polyerel, dit Brulley J vouS ont dit encore gze
les colons ayoient demand: leur mife hors de la loi; ils vous
ont dit efrontément qu'en efer il étoit plus facilé ds couper.
la tête 2 un homme que de Lit répordre. Rien de tout cela nif
vrai, nous le prouverons. Telleeft f'affertion. Page &c Brulley
ont voulu prouver par-là que, 3 fi à la Convenrion on avoit
fait la demande de mife hors de la loi, c'étoit un membre
de la Convention qui l'avoit fait; ils ont annoncé que cette
demande leur étoit parfairement étrangère 3 mais je trouve
dans le Moriceur du II Nivdfe, page 415, un: pétition des
colons de Saint-Domingue, ainii conçue: :
C;
ion. Page &c Brulley
ont voulu prouver par-là que, 3 fi à la Convenrion on avoit
fait la demande de mife hors de la loi, c'étoit un membre
de la Convention qui l'avoit fait; ils ont annoncé que cette
demande leur étoit parfairement étrangère 3 mais je trouve
dans le Moriceur du II Nivdfe, page 415, un: pétition des
colons de Saint-Domingue, ainii conçue: :
C; --- Page 42 ---
ec Des colons de
fe foncréunist pourvenir Ssint-Domineue jurer à la qui fe trouvent à Paris,
inviolable... .Les péritionnaires République un attachement
fur les relations qui doivent exifter demandent un prempr rapport
lonies. Ils demandent encore
enirela France & les CODelpech foient, mis hors de la que loi, Sonthonax &
, Pelrer:l &
foimelleasent délavoués .
que leurs actes foient
Sans doute que vous direz
Yerneuil 6 Bralliy: Les fignatures.
Sonthonax : Je vous ai dit
je
fance de II Nivofe, deutième que année trouvois cette pécition,
Brulley journal de Moniteur. Sans doute vous régutlicaine direz
415,
n'ont pas figné cette
que
&
par un
e
écrit de Page &
pétition; mais je vais prouver
autre pétition eft écrire Brulley, qu'ils ne nieront
fecrétaire 5 je vais vous en estier delar main de TAre leur
memes, ont demandé la mife prouver horsla que loi, Page & Brulley, euxExtrait des pièces dépofées auc archiyes ds la
San-Doningre
commiffion de
Il feroit trop long de lire la pièce entière,
Verneuil: Nous la demandons.
Senthonex: Verneuil: Je ne veux pas la lire,
lecture en, foit Nous faire, demandons , citoyen-préédent, que la
n'ef Sonthonax à moi : Je réponds à votre
pes
à allonger la difcullion incerpellation > que ce
pièces gui font oifeufes dans leur
par la leéture de
que je vais citer. Vous la lirez en contenu, entier excepté lepafage
parcle.
quand vous aurezia
Il licl'extrait de cette pièce.
Ce Faites tomber le charme
leur caradère politique; défavouez religieux dont les environne
font tous trois hors de la loi & que leurs leurs aétes S dites qu'ils
décrérésd d'accufation, & vous verrez mille complices font
enchzine à lours pieds fe leVer
bras que le relpest
pour lesimmoler 34
. Vous la lirez en contenu, entier excepté lepafage
parcle.
quand vous aurezia
Il licl'extrait de cette pièce.
Ce Faites tomber le charme
leur caradère politique; défavouez religieux dont les environne
font tous trois hors de la loi & que leurs leurs aétes S dites qu'ils
décrérésd d'accufation, & vous verrez mille complices font
enchzine à lours pieds fe leVer
bras que le relpest
pour lesimmoler 34 --- Page 43 ---
Cette péricion eft du 14 Pluviofe ,an deuxième. C'eftainfi,
eiroyens ,
Page &k Brulley; > qui ont nié la demande de
mile hors QuT loi pour étcindre les preuves de leur conduite;
c'eft ainfi que Page & Brulley ont menti à la commiflion des
cclenies, à Jeur confcience. fls vous ont demandé que nous,
Polverel & Sonthonax, fuflions mis hors de la loi; ils nous
regardoient commebien criminels; mais pourqueinousallicier
une troifième victime, le citoyen Delpech 5 dont les actes
n'avoient pas encore paru en France? Delpech ne pouveir
étre alors qu'une innocente viétime > puifque Delpech n'a
jamais éré plus de trois mois commiffaire à Saint-Domingue;
que, pendant qu'il a été allocié à nos actes, il eft inpollible
qu'il foit venu des nouvelles de ces actes en France; il eft
impollible qu'il foit venu contre lui des pièces qui puiffenit
l'atlocier à laccufation porrée contre nonS.
Plufieurs colons demandent la parole.
Le préfident rappelle à'la difcufion.
Sonthonax : Vous voyez quel dogré de confance vous devez accorder auxa affertions dés colons; ; car il eft bien effentiel
de noter que des hommes qui fe portent nos accufateurs,
nient fans ceffe les aétes quils ont faits, qu'ils s'enveloppent
fans celle de menfonges &c de calomnies, pour échapper à
la profcription de la loi qui les attend.
Brulley: : Sonthonax vient de dire que Page & Brulley
avoient demandé fa mife hors la loi; la preuve du contraire
fe trouve eans la note que nous avons donnée au miniftre de
la marise, danslaquelle nous damandions qu'ils fuffent amenés ici, & nous en indiquions les moyens > avec leurs paà charge 8c à décharge : mais j'ai dit enfuite, quand
HT queftion de la mife hors la loi, que je me rappelois
qu'à la faite d'une pérition, pétition qui eft une protefation
contre le traité fxit à Londres, &c que Scnthenax ne veut
pas lre; c'eftà la fuite de cette proteftation 2 quand elle fut
préfentée, qu'on ajouta le paragraphe que Sonthenax vient
de lire.
Sonthonar. : Si vous voulez la lire, la voici.
Brulley: : J'accepte; je demande à la lire fi la commiflion
le veut.
C +
la faite d'une pérition, pétition qui eft une protefation
contre le traité fxit à Londres, &c que Scnthenax ne veut
pas lre; c'eftà la fuite de cette proteftation 2 quand elle fut
préfentée, qu'on ajouta le paragraphe que Sonthenax vient
de lire.
Sonthonar. : Si vous voulez la lire, la voici.
Brulley: : J'accepte; je demande à la lire fi la commiflion
le veut.
C + --- Page 44 ---
Lecointe: A la difeuffion des actes.
colons, Brulley: Soit; mais je fais obferver que le
réunis en préfence des commiffaires paragraphe des
T'exécution du décrer d'nccufation
qui ont demandé
demandoir, Vu les nouvelles défaltreufes porté contre ces hommes,
& parvenies de
de Sainc-Dommgue, la mile hors qui la loi nous de éroient
membre Sonthonax; de la Convention &c quand nous avons dit que c'étoir Polvérel un
mife hors la loi, nous avons nationale dit la qui avoit demandé cette
puté qui a demandé le
véritéscar c'eft un déloi.
premier qu'ils fullent mis hors la
Fumail.CuAegndne
Sonthonax : Legendre n'eft
demander que nous fuflions mis fans'doute hors de la pas venu à la barre
Br.llty : C'elt pollérieurement à
loi.
faite un dépuré, quel les colons, la demande qu'en avoit
& Sonthonax continuoiert de indignés de ce que Polverel
nis pour demander leur mife dévafter hors la lacolonie, fc fonr réucontre le traité,
loi, en venant protefer
Sonthonax: : Ileft vrai que cette
tation contre le trairé paffa par les pétition contient la procef
février 1793; &jen tirerai les inductions, colons à I ondres, le 25
KCPis hors Ror ils lorfqu'ils Ont demandé que nous quandil faflions en fera
traité palfoà Londres favoient entie que nous venions de dénsoncer mis le
britannique sils favoient
les, colons & le
de la' Republique à
que nous étionsles feuls souvernement défenfeurs
de la
Sain-Dornitngue. Leurs amis écriyoient
Nouvalle-Angletere :
contre une niacion bienfaifence Polverel & Son:honax luztent
& Brulley écrivoient de la gancreufe Si les amis de Page
luttions, & c'eft de leur Nomvelk-Anginene que nous
bienfaifance anglaife qui vouloit aveu, que nous luttions contre la
s'ils écrivoient cela, ils étoicne donc nous les arracher ies colonies;
généreufe, &ils ne demandoient
amis de cezte nation
que pour qu'il ne refar plus de défenfeurs notre mife hors de la loi,
Saint-Domingue ; ils ne
de la France à
la loi, que parce qu'ils favoient demandoient bien notre mife hors de
de la colonie, , par notre mife hors de la qu'une fois étant hors
fcion leur vacu le plus cher,
loi, alors les Anglais,
s'empareroient du refte de la
nous les arracher ies colonies;
généreufe, &ils ne demandoient
amis de cezte nation
que pour qu'il ne refar plus de défenfeurs notre mife hors de la loi,
Saint-Domingue ; ils ne
de la France à
la loi, que parce qu'ils favoient demandoient bien notre mife hors de
de la colonie, , par notre mife hors de la qu'une fois étant hors
fcion leur vacu le plus cher,
loi, alors les Anglais,
s'empareroient du refte de la --- Page 45 ---
calonie, dont ils font aujourd'hui chaffes, comme vous
n recevrez bientôt les nouveiles officielles.
Brulley : Je demande à Sonthonax de quelle date eft le
rairé 2
Sonth nax : Du 25 février 1793.
Braliey : Je demandeà Sonthonax de lire la date de lap proefation.
Sonthonas : Je'me fixis bien expliqué. Vous ne cherchez
u'a embarraller la difcullion. Je réponds & je dis,
Orfquils ont appris que le Mele &c Jérémie érolent A
rés aux Angleis, &c que nous lutions contre cetre nation
énéreufe, alors iis font vonus demander notre mife hors la
oi. C'ef le 14 pluvidfe qu'ils l'ont demnandée. Dufay &c
es collègues étoient arrivés ici avec les preures matérielles
ela trahifon des colons, & vous acquerrerez, dans' la difuilion, la preuve que non-feulement les colons ont fait
es fouhaits pour la réuflite des Anglais : mais je vous
luirai des lertresoriginales de Chorard, de
de Eors
mis à I Nourelle-Anglerette, dans lefquelles Matie, on dit : Les .
irglais noits traitent bicn, nous fommes fore contens de ce
S Angleis fort verus dans ia colonie : mais ils feroient FA0a
lus genereus, s'ils alloient attag:er Sonthonax au Port-auPrince. Tan: que Sonthonax fera aN Port-au-Prinses nous
eferons jamais tranquilies. J'ai les preuves originaiesdo ces
airs 5 ce font des lettres de CCS hommes : mais iln'eft pas
emps de les produire. Jc demande que vous me maintoniez
parole 3 que vous ne fouffriez pas qu'on me faffo dévier 2
fin que la commiflion & la Convenrion nationaie farigués
interdifent la parole fur Fefpric public.
Brailey : Je ne demande que Ia date de la proteftarion.
Sonthonax : Du14 pluviôfe, fan deuxième.
Brulley : Je vous demande maintenant fi le traité ayant
té faitle 25 février, nous avons pu avoir, le IA pluvible,
onncifince de tout ce qu'a dit Sonthonax, & fi, dans ce
ourt intervalle, des hommés qui font en France ont pu
trei inftraits de tous ces faits-li 5 vous voyez qu'an moyen
cs datcs, on fixe les idées 5 &c qu'on a raifon de rappeler
enthonax aux dates, & qu'il eft obligé de convenir que tout
egn'il vicat de dire eft abfolumentfaus.
Sonhanar: C'eft le 25 février 1793 que la coloniaa été
tout ce qu'a dit Sonthonax, & fi, dans ce
ourt intervalle, des hommés qui font en France ont pu
trei inftraits de tous ces faits-li 5 vous voyez qu'an moyen
cs datcs, on fixe les idées 5 &c qu'on a raifon de rappeler
enthonax aux dates, & qu'il eft obligé de convenir que tout
egn'il vicat de dire eft abfolumentfaus.
Sonhanar: C'eft le 25 février 1793 que la coloniaa été --- Page 46 ---
elficiellement livrée aux
bres de T'affemblée de Anglais pardes commifaires & mem
le 14P pluviôfe
Saint-hiarc. envoyés à Londres.
lons font
1794, an deux de la
C'eft
Paris venus protefter. Je le crois République,
les code ne pas
bien; leur Peciral libre à
la perfidie d'une proreftation prorefter contre un pareii aete PJe prouverai
&cileft certain
quin'étoit que fur leurs
non-feulement que > le 14 plaviofe 1794 ,ils étoient infiruigs levres 5
dutreité paffe à Londres
>
lafémblée de Suine-Marc ; mais
par leurs amis de
Môle & de Jérémie aux Anglais, encore de la livraifon du
tembre 1793. Voila ce
Jaia qui eft du 21 au 22 fepinduit en erreurfurles
Ile eft répondre, & je n'ai
du
AE
traité, foit de la trahifon du certain çue ces dates, Eae
éroienr parfaitement connues ( Mole & de Jérémie, vous
où vous, avez demandé notre mife &jele hors prouverai) au moment
donc que la parole me foit maintenue fur la loi. Je demande
Senac : Je prie d'interpeller Sonthonax Telpric irpublic.
14 juillet
fi, à
1793 > Delpech, troifième
lépoque du
pas aux Cayes, & fice
fous commifaire > n'étoit
ont été allailinés 2
n'eftpas
fes yeux que I5o blancs
Senac Sonthonar que le : Qu'ef-ce que cela veut dire 2 Je
à
table affaire du moment n'ef pas arrivé de difcuter réponds
fedératione. 14.juillet 1793, le 14 juiller 93 > Fépouvan jour de la
Page: : Vous dites çue les colons qui
à
protelté contre le traité que quand ils ont étoient Paris n'ont
venu en Fiance 2
fu que Dufay étoit
Sonthenax : Cen'ef pas là une interpellation.
Page:deprie le; préfidon:
rer s'il fair à quelle époque Dufay d'interpeller eft Sonthonax de déclaLeprefdent : Ces interpellations arrivé en France ?
res, Dislépoque toi-même.
portent fur des faits notoi
de Pege : La proteftation a été faite un mois avant
Dufay en France.
Tarrivée
de Lepréfdeuc: là.
: Eh bien ! tire l'induction que tu veux tirer
nivofe. Sonthonax: Dufay eftarrivé en France à la fin du mois de
Senac : Sonthonax
ment éttangère à linterpellation entrepread une difcuficn 1qui eft ablolu
que je lui fs furle procàs
fur des faits notoi
de Pege : La proteftation a été faite un mois avant
Dufay en France.
Tarrivée
de Lepréfdeuc: là.
: Eh bien ! tire l'induction que tu veux tirer
nivofe. Sonthonax: Dufay eftarrivé en France à la fin du mois de
Senac : Sonthonax
ment éttangère à linterpellation entrepread une difcuficn 1qui eft ablolu
que je lui fs furle procàs --- Page 47 ---
rerbal d'hier ; il a dit qu'il apporteroit la preuve que la
Luzerne s'étoit oppofé au dépare d'Ogé.
Sonthonax:Je le ferai.
Senac : Je demande qu'il l'adminiftre avant d'entrer dans la
lifsuflion.
Sonzhonax : Jevais le faire 5 & deft par vOs propres aétes
ue jele prouvérai. J'ai dit hier fur Ogé, qu'il avoit été obligé
€ prendre la diligence de Paris à Londres pour retourner dans
1 colonie - qu'il avoit été obligé de prendre ce détour , parce
ue tous les ports de Frapce lui avoient étéfermés. Les ports de
Prance ne pouvoient lui être, fermés que par les ordres du minif:
rede la marine, la Luzerne 5 i'en apporterai demain la preuve.
elis dans la dernière lettre de la correfpondance fecrète des
olons; je lis une lettre de Louis Papillon, Boulogne &
Sélot , repréfentans du commerce du Havre 5 cette. lettre:
A datée du Havre.
(Illic:)
Correfpondance fecrète.
(E M 0 N S I E U R,
95 Vous nous demandez, par la lettre que vous nous avez
it T'honneur de nous éctire, le premier de ce mois, s'il
ous feroit pofible de faire repaffer un nègre dans les COnies :
>> Malgré le décret rendu que vous nous citez, qui doit
mener le calne dans les colonies, nous vous difons que
ous n'avons ricn changé encore au régime qui a
. ne laiffer
étéadopie,
paller aucune perfonne de couleur, d'après la
clamation qui nous en a été faite par MM. les dépucés de
in-Domingue, réfidans à Paris , qui nous ont invités de
ntinucr à y tenir la main.
>> La chambre du commerce du Cap nous a également fait
rt,que l'affemblée provinciale a arrêté qu'aucune perfonne
couleur ile feroit reçuedans la colonie 3 & que, s2i enarvoit, elles feroient mifes dans un dépét pour êure renvoyées
rle premier, favire pour France.
3 Ainii, Monficur, votre demande dépend abfolument
omingue, réfidans à Paris , qui nous ont invités de
ntinucr à y tenir la main.
>> La chambre du commerce du Cap nous a également fait
rt,que l'affemblée provinciale a arrêté qu'aucune perfonne
couleur ile feroit reçuedans la colonie 3 & que, s2i enarvoit, elles feroient mifes dans un dépét pour êure renvoyées
rle premier, favire pour France.
3 Ainii, Monficur, votre demande dépend abfolument --- Page 48 ---
de MM. les députés
voir à cet efer,
deSsin-Domingue, que vous pourroz
5> Nous avons l'honneur d'être, &cc.
3> Les repréfentans du coinmerce du Hâvre,
a Signé, BeLor, LoUIs PAPILLON, DEBOULOGNE
39,
s'ingéroien:d Vous voyez qu'au Hâvre les repréfentans du commerce
feulement Oge, d'empécher mais de laiffer partir pour la colonie, nonles multres qui s'y préfenroient tousles hommes de couleur > mais tous
commandnion evoir été fhite 5 vous les voyez que cette re
Demniangues réidant à Paris. par
députés de Saint
criminalité de ces députés de Saine Je ne ni'érendrai pas fur la
roien: de repouffer de leurs côtes des Domingue , qui s'inge
droit, en verru des lois du
hommes qui avoient
alore, de rerourner dans leurs royaume, car c'étoir un royaume
yivre libres. Mais je
pofleflions, d'y vivre & d'y
bats cutre les accufatcurs trouve, & pages les 128 & 229, dans les de
colonies..
accufés, dans l'affaire dee
(Sonchonax lit U12 interrogatoire d'Ogi.)
main-lerée ec Interrogé s'il ne s'eft pas adreffé au miniftre
de ces obftacles : A répondu
pour avoirl
minifrelulavoir dir que celane le
qu'oui, & que le
trouvé dans les papiers de lui accufé regardoit des pas, &qu'on avoi
fujer; & ceft ce quila déterminé à copies de lettres à ce
arriver enfuite dans cette colonie P. paller par Londrespou
pêché Vous qu'on voyez que la Luzemne, ce complice d'Ogé, a em
le plaindre des n'euvtic les Ports de France à
ordres donnds par le miniftre Ogé, de qui Vin
car, encore une fois, l'ordre des colons n'a ia marine
que par lintervention du miniitre de la
pi s'cxécure
ny avoit que le minifre dela marine qui marine, pde
parce qu'i
barquemenr des colons qui parroient
empécher les
l'em
voyez donc, par les pièces
pour
ifles. Vou
mémes, que ceften vain qu'Ogé produires s'elt par les colons euxi
l marine,la
adreile au miniftre d
Luzerne, 2 pour avoir la permifiion de partir
que par lintervention du miniitre de la
pi s'cxécure
ny avoit que le minifre dela marine qui marine, pde
parce qu'i
barquemenr des colons qui parroient
empécher les
l'em
voyez donc, par les pièces
pour
ifles. Vou
mémes, que ceften vain qu'Ogé produires s'elt par les colons euxi
l marine,la
adreile au miniftre d
Luzerne, 2 pour avoir la permifiion de partir --- Page 49 ---
que c'eft en vain qu'il s'eft adreffé à lui pour faire révoquer
l'ordre qui n'avoit pu parir que du bureau de la marine >
du miniftre de la Luzeme lui - même. J'avois donc raifon
de dire qu'Ogé étoit parti pour l'Angleterre, à l'infu du
miniftre de la marine, qui lui avoit toujours refufé la permiflion de retourner dans la colonie, comme il l'avoit fait
pour tous les hommes de couleur qui vouloient y retourner.
J'ai donc parfaitement répondu à f'interpellation que vient
de faire Senac.
Page : Ce qu'on vient de vous lire là avoit trait aux
hommes de couleur & noirs efclaves, parce qu'effedlivemeur
la loi vouloit que les nègres & hommes de couleur efciaves
qui feroient venus en France ue puffent pas retourner à
Saine-Dorningue. Onavoit même, queique tenips avant la
révolurion, pris des mefures plus lévères; car on empéchoit
rigoureulement les negres cu hommes de couleur elclaves
de prendre terre. Il y avoit des prifons dans les ports, de
mer ; il y avoit un dépôr exprès dans lequel on confignoit
les nègres qui étoient venus, en France, & qui quitoient
leurs maitres pour rerourner a Saint- - Domingue. Aufi la
défenfe dont il eft queftion ici ne peut avoir trait qu'aux efclaves 5 car pour ceux qui éroient libres; ils on: toujours eu
le droit de voyager de: Saine-Domingne en France,
qu'iis certifiaffent de leur itberté. Quant à ce que dir
du
Caras
miniftre de la marine > 1i eit très-vrai que ie miniftre dela
marine lui a répondu que cela ne le regardoit pas; & le miniftre de la marine ne pouvoir répondre autre chole: il ne
pouvoit pas, fans fe comprometrre. 2 donner à Ogé un palle
port pour aller en Angleterre ou à Sant-Domingy Surtout fachant qu'Ogé y alloit poury, porier la dévaftation K
da mort. Le miniftre de ia marine étoit trop adroit pour fe
mettre. en avant & fournir à Ogé une arme anfiforte contre
luiqu'un palfe- -port, fur-tout avec la connoilfance qu'ilaveie
des: deffeins d'Ogé.
Citoyens, votre intention eft quilya ait égaiiré darsles
débats. Sonthonax vous a ditqu'il vous produiroi: une lecire
d:s colons, dans laquelle ils difoient quie Sonrhonax 833 Polverel luttoient, à Saint - Domingue, contre ia bienfaifance
anglaife.
iforte contre
luiqu'un palfe- -port, fur-tout avec la connoilfance qu'ilaveie
des: deffeins d'Ogé.
Citoyens, votre intention eft quilya ait égaiiré darsles
débats. Sonthonax vous a ditqu'il vous produiroi: une lecire
d:s colons, dans laquelle ils difoient quie Sonrhonax 833 Polverel luttoient, à Saint - Domingue, contre ia bienfaifance
anglaife. --- Page 50 ---
Ie
parole préfident 1-delfus. : Ce n'eft pas là l'objet adtucl: : tu n'as
pas la
traire, Page : C'eft que j'ai dans ma main la
preuve du cendébats. Le préfident : On ne peut pas intervertir
T'ordre des
Verneuil : Sonthonax a
ce matin qu'il apporteroit Ja annoncé hier, ia annoncé encore
Luzerne avoit interdit le preuve Par laqueile le miniftre la
Ogé:je demande cette preuve. pallage, dans tous les ports, à
Leprémdenc : Vous avez entendu,
Sonthonaz : Je viens de
pondre actuellement à
répondre à Verneuil; je vais
avoit des ordonnances Page fur cette Jlettre. Page dit réquement des nagres 6 hommes qui defendoiene généralemene qu'dly
miniftre de la marine ne s'eft de coxlezr efelaves 3 & lembardes nègres efclaves. Je
eppofé qu'a
que le
du commerce du
trouve dans la lettre des Temfarqsiment
citex (il s'agifloit Havre, du décret ces mots : Le décret que repréfentans vous
dont vous nous parlegs 6 qui du doit 28 mars), le décret rendu nous
difpofitions colonies, Nous vous aif tfons que nous ramener le calme dans les
gai incerdifent
n'avans rien
aux perfennes de couleur. toute Ils elpèce de pallage aux changé aux
nances fur lcs efelaves, mais ne parlent pas ici des colenies >
vous difent eufisire,
des hommes de couleur. ordon- Ils
que la chambre de iesreprtlenaus commerce
du cominerce du
qu'on avoir arrêté qu'aucune du Cap leur avoir fait Havre,
reçue dans la
perfonne de
part
elclaves n'y alloient colonie; car les noirs & les hommes couleur de ne feroit
couleur alloient qu'avec leurs maitres ; les
ceuleur
fermé
feuls, & c'eft la
hommes de
ports à Ogé. Je
raifon pour laquelle a
libre ou elclave? Ceft en demanderai à Page :
on
pas tetourné dans la
vertu de cette defenfe Ogé étoit-il
perfonne n'en dourc. colonie, C'éroit & Ogé étoit libre, qu'il n'a
qu'étoir la défenfe, &
donc pour les
comme
ce quejavcis. à dire, Ogé, non pour les efclaves. hommes Je
libres
a paffe dans TAngleterre; avant d'alleras
reviens a
Nouvell-Anglesere
de-la ila fait cymDeminees le
pour venir
circuir de la
débarquer au Cap. Ona dit:
perfonne n'en dourc. colonie, C'éroit & Ogé étoit libre, qu'il n'a
qu'étoir la défenfe, &
donc pour les
comme
ce quejavcis. à dire, Ogé, non pour les efclaves. hommes Je
libres
a paffe dans TAngleterre; avant d'alleras
reviens a
Nouvell-Anglesere
de-la ila fait cymDeminees le
pour venir
circuir de la
débarquer au Cap. Ona dit: --- Page 51 ---
47,
deparayant d: débarquer. au- Cap, 4 a vouli. detarquer a
Monce- Chrif. Certes, je crois bien qu'Ogé a voulu déparquerà Monte-Chrift, & je ne nierai
la
1 Ozéa voulu débarquer à Monre-Chrift, pas c'eft chole; car
parce que
rous lui avez fair une néceffité de ce ciscuit; c'eft parce
que vous aviez envoyé fon lignalement dans' tous les ports
ela colonie; c'eft parce que vos'd députés à l'affemblée naionale conftituante arcient prévenu leurs comnettans qu'Ogé
lloi: fe rendre dansla colonies c'eft parce qu'ils avoient dit:
Vous devons vous prévenir de veiller Jiur w feur
ous ayons déja dénoncé pour une lettre audacieufe
EROE
crire à L12 de nos collégues. Ciroyens > vous aurez par la
uite lieu de connoitre quelles étoient ces lettres audacicufes
Ogé, & quelles étoient ces relations
-
prétendues confpirarices à Paris.
Ogé, fignals cemme un audacieux qui avoit ofé manquer
des
colons, n'avoit garde de retourner de prime
bord ErL les ports de la colonie, oû la récompenie qui
attendoit pour prix de fon courage étoi:l'échafaud. Certés,
étoit bien
à Ogé de chercher des détours pour amener
une bonne PeEt la légitime, la glorieufe entreprife de brifer
es fers de fes frères. Les colons auront beau verfer le rilicule fur Ogé, fur tous les défenfeurs de T'humanité, moi
e penfe
le temps n'eft pas encore paffé > quoiqu'ils en
uiflent :t de profeller les véritables principes; &, quci
u'il m'en puiffe arriver, je ferai toujours le défenieur
Ogé, parce qu'Ogé a tenu une conduite pure,
qu'il
tenté de ramener Tégalité dans la colonie, d'ou Fitrer tyrans
ouloient la faire fuir.
Voilà ce quejavois à dire, relativement au circuit
été obligé de faire. Je veus ai entretenu, dans les qu'O26 préédentes féances, de l'iffue de fa malheureufe enreptife.
Retiré fur le territoire efpagnol, les colons lui reprochent
'avoir écrit à Santo-Domingo une lettre adreffée au prélidene
el l'audience efpagnole, par'l laquelle, fe prétendant ambafadeur des hommes de couleur de la colonie, il ofroit de
rêter, cn leur nom, > ferment de fidélité au rei d'Efpasuo.
oila, je. crois, ce qu'ont dit les colons. Lorlque je
leur
demandé de produire cette leure, ils ent répondu qu'ils
, les colons lui reprochent
'avoir écrit à Santo-Domingo une lettre adreffée au prélidene
el l'audience efpagnole, par'l laquelle, fe prétendant ambafadeur des hommes de couleur de la colonie, il ofroit de
rêter, cn leur nom, > ferment de fidélité au rei d'Efpasuo.
oila, je. crois, ce qu'ont dit les colons. Lorlque je
leur
demandé de produire cette leure, ils ent répondu qu'ils --- Page 52 ---
ne l'avoient pas, qu'ils tireient leur preuve de l'efprit, de
la lettre', de Tinterrogatoire fubi par Ogéd depuis
Il réfulte même de ce qu'ils ont dit & de linterrogaroire
d'Osé, qu'Ogé, au lieu d'écrire, au nom de fes frères de
Sain-Domingue, pour offrir all roi d'Elpagne le ierment
de fidéliré, n'a écrit qu'en fon nom & aul non de fes vingtdeux compagnons d'infortune : ils étoient alors dans les fers.
Quel eft le patriote qui feroit Unl crine à Cgé de cet qu'après
avoir été ehatie de fon pays, menacé d'etre trainé à T'échatand
avoir défendules dreirs del Themmes pour avoir réclamé
Reets des inftructions du 28 mnars; qui pourroit Ini (aire un
erime de ce que, dans les fers, renonçant à ia parrie qui
le traitoit fi mal, ila écrit au roi d'E(sagne pour lui ofrir
fidéli:é, c'eft-à-dire, pour demander au repréfenant du
roi d'être regardés, > lui &c ies vingt-deux compagnons d'infortune, d'etre regardés comme Elpaguols 2 N'ércit-il pas
zilez maiheureux pour lui d'etre obligé de renoncer à fa
parrie, fa patrie ou des tyrans lui avcient interdit le feu
& l'eau? Faut-il lui faire un crime de ce qu'ila demands
afvle & proteétion à un fouverain étranger 2 Il eft bicn
étounant qu'on vienne faire de parcilles objedtions pour
fouiller la mémoire du premier mantyr de la liberté 8c de
l'égalité! Il: n'apparcient qu'à des colons de vouloir fouiller
cette mémoire; clie ck
non-feulersen: dans les écrits
des philofophes, mais EEE dans fein des trois aflemblées 112tionales qui ont cenfacré la mémoire d'Ogé, qui ont fait
triompher fcs principes > malgré toutes Jes accufations des
colons. Onaargué enfuite du teftament d'Ogé pour prouver
une très-grande confpiration qui avoit fon priucipai foyera
Paris, & qui devoit éclater dans la colonie par l'incendie
du Cap, le renverfement de toutes les forruncs, le piliage
de toutes les proptiétés. On 2 argué du teftamen: : d'une
pièce qui porte évidemment le caractère du faux, dela fuggeftion. Je dis qu'elle porte' le caraétère de la fuggcltion, >
parce qu'avant de conduire à F'échafnud Jacques Oge, frère
de Vincent Ogé, de celui qui evoit réclamé les droits des
hommes, avant de le trainer à Téchafaud, on abufa de la
créduliré d'un malheureux eréole qui n'etoit jamais forri
de Saint-Domingue. On lgi promit fa gtace, à condition
qu'il
dela fuggeftion. Je dis qu'elle porte' le caraétère de la fuggcltion, >
parce qu'avant de conduire à F'échafnud Jacques Oge, frère
de Vincent Ogé, de celui qui evoit réclamé les droits des
hommes, avant de le trainer à Téchafaud, on abufa de la
créduliré d'un malheureux eréole qui n'etoit jamais forri
de Saint-Domingue. On lgi promit fa gtace, à condition
qu'il --- Page 53 ---
qu'il fandionmcreit toutes les rèveries qu'il
à
juges de lui diéter: vous allez en voir la preuve plairoit dans fes le
de teftament dire d'O2é, On lui promet donc fa grace; on l'invite
ce qu'il fait fur les deffeins d'Ogé, & l'horrible
confpiration qui deveit éclater dans la colonie. Voici le
teftament de mort d'Ogé:
Jenai point chicané les colons fur lauthenticité du
cueil. La commiffion lappréciera.
reTeflament de mort d'Ogé.
tc Mais qu'il fe rappelle que le fils de
dont lui accufé a vu la four dans les Laplace , Q. L.;
Limbé pour aller faire des recrues dansie prilons, quartier a quitté le
minthe, & que ces recrues &. les foulèvemens des d'Ouana- de
couleur font foutenus ici par la préfence des aommés gens
& I'Hirondelle Viard, députés des gens de couleur Fleurk
de l'affemblée nationale ; que luiacculé ici
auprès
fi les dépurés fe tiennent chez eux; qu'il croit préfent, que le nommé ignore
Fleury fe tient au Mirebalais > & le nommé I'Hirondella
Viard dans le quartier de la Grande-Rivière >,
Il continue de lire:
9, Ajoute l'accufé quelle nommé Fleury &c Periffe, le
premier, l'un des députés des gens de couleur près de l'affemblée nationale, font arrivés en cette colonie par un
ment bordelais, avec le nommé IHirondelle Yiard; que bâti- ie
capiraine ai mis les deux premiers a Aquin, chez un nommé
Dupont, homme dec couleur, & le pominéffmondells Viard,
également dépuré des gens de couleur, , au Cap 3,
Vous voyez donc qu'ici Ogé dépofe, dans fon
de mort, que Fleury & IHirondelle
teflament des
hommes de couleur à Paris, fonr adtuellement, Viard, dépurés
au moment ou il parloit, dans la colonie, tantôt c'eft-a-dire, au Mirebalais 3 & tantôr à Aquin 5 que c'eft là qu'ils
& que c'eft de là quils dirigent toutes les opérations machinent, doivent opérer un foulévemen: général contre lesblanes & qui contre
Tome III,
Fingt-quatrième liyraifon,
D
IHirondelle
teflament des
hommes de couleur à Paris, fonr adtuellement, Viard, dépurés
au moment ou il parloit, dans la colonie, tantôt c'eft-a-dire, au Mirebalais 3 & tantôr à Aquin 5 que c'eft là qu'ils
& que c'eft de là quils dirigent toutes les opérations machinent, doivent opérer un foulévemen: général contre lesblanes & qui contre
Tome III,
Fingt-quatrième liyraifon,
D --- Page 54 ---
fo
les propriétés des Européens. Eh bien ! ce
carroflicr rue de Seine, n'a pas quitté Paris Fleury, fellieril en a les'cerrificarslesy plus authentiques de depuis fa vingt ans;
voyez donc bien que ce font les rèvéries des fection. Vous
:tout desjuges infames qui ont condamné
colons, & furau malereus-aequor Ogé, fon frère, Ogé, qui foufiloient &
rondelle Viard, arrivânt de Paris, étoient que tantôt Fleury l'Hibalais, tantôt à Aquin..
au MireVerneuil: Ciroyens...
Sonthonax : Quand j'aurai fini. Je
bier
fage de la Jettre des députés cclons ; vousailu ils
un paf
a annorcé Ln projet pareil, de la part de difciene: On rious
coulear, 2 ci-devant
Elaurys homme de
c'ef L72 forcené qui feltier-carrofier parle de braver 3 la rue de Seine 3 20 à Paris ;
commandons à votre vigilance. Ce forcené corde, é que nous reéroit an vieillard, député des hommes de fellier-carroflier
avec Raymond, & qui, commeje vous T'ai couleur à Paris
mis le pied dans la colonie depuis
déjà dit,n'a
commillion de pefer ce fair, de s'en vingt faire ans. Je fupplie FE
& de prendre. tous les moyens poflibles
rendre compte
vérité: car il eft effentiel de
pour s'affurer de :
eft faux d'un bout à l'autre. prouver Vons que ce teltament d'Ogé
confeil fupérieur du Capn'ont fait voyez que les juges du
des colons alors en France. Les dépurés que fanctionner de
les lettres
foient: Cc Fleury va partir; il parle de braver la colonie dirétablir les droits de' Thomme; méfiez-vous de' la corde pour
rêtez Fleury 39, Il falloit donc que ces juges fiffent Fleury, dire ar- à
que Fleury étoit véritablereent dans.
a ce
ont fait. Si Jacquor a dit que
la colonies c'eft
delle Viard étoient dans sla
Fleury & THironfellier carroffier rue de Seine, colonieysilen-p commiffaire prouvé des que Fleury,
leur à Paris, n'a jamais mis le pied dans la gens de couvingt ans; ; il fera e penfe, très-facile d'en colonie depuis
que ce teftament d'Ozé n'eft qu'un tiffa de tirer l'induction
ce teftament d'Ogé a éié fabriqué par 'les juges calomnies du ; que
fupérieur, du Cap, dont plufieuts nous ont été
confeil
Saine-Domingne comme des rovaliftes
danôncés'à
tation. Les juges du confeil du
dignes de l déporpar les mêmes hommes qui viennent Cap nous ici fe ont été dénoncés
targuer de leurs
zé n'eft qu'un tiffa de tirer l'induction
ce teftament d'Ogé a éié fabriqué par 'les juges calomnies du ; que
fupérieur, du Cap, dont plufieuts nous ont été
confeil
Saine-Domingne comme des rovaliftes
danôncés'à
tation. Les juges du confeil du
dignes de l déporpar les mêmes hommes qui viennent Cap nous ici fe ont été dénoncés
targuer de leurs --- Page 55 ---
5I
adtes, & qui vous les donnent. comme la
des crimes d'Ogé. Vous voyez doncquileft établic preuve matérielle
fellier carroflier rue de Seine, ce Fleury,
que F'leurys
des hommes de couleur à Paris, n'a jamais dépuré mis le commillaire
la colonie depuis plus de vingt ans 5 que
pied le dans
cateur du teftament d'Ogé a dit que Fleury cependant a été amené fabri- à
Aquin par un bâtiment bordelais ; qu'entuite. il
au Mirebalais. Vous voyez par les variations du étoit allé
par la preuve que Fleuiy n'a jamais mis. les
dépofant dans t,
colonie depuis
pieds
la
& que Jacquot vingt n'a ans, que Jacquot a depofé faux,
lui promettoient fa dépofé fux que parce que fes juges
cepter de la boucherie grace , lui promettoient de l'exla fin il le
qu'on alloit faire 5 car vous
déclare. 72 Qui eft tout ce
le dépolant veyez
ajoutant
miféricorde, il
s'il étoir pollible aufr pêr obrenir
volontiers à tous les
Semuieiet
pour faire arrêter les chefs de ces révoltés 9, Vous dangers
que. cet. homme, > dans Nelpérance de la miféricorde, veyez
feir à tous les dangers pour faire arrêter Fleury & s'expoqui n'exiftoient que dans la tête des juges infames Viard,
cenduit Ogé à léchafaud, dans la tête des dépurés de qui Saint- ont
Doningue roilier
Paris, qui écrivoient que Fleury, 3 fellier carrue de Seine, vouloit braver la
les droits de Thomme. Vous
corde pour rétablir
ajouter à l'écrit qu'on vous a voyez quelle fous le foi vous devez
ment demort d'Ogé,
produit
nom de teftaprodui: far Ogé, & d'ohj'infere fur-tout
que tout ce qui vous a été
on a fait tant de. bruit, n'eft,autre cette chofe fameufe procédure donr
des hojreurs qui fe trouvent dans le teftament quele complément
fameufe procédore n'a été didée
des hommes 5 que cette
fionnés centre la loi; par des hommes que par
avoir accufé pafOgé d'affaffinar, onr voulu le rendre qui,après de
de crimes pour légitimer fon
complice toute forte
dénoncés comme royaliftes fupplice; que ces juges ont été
déclarés d'Ogé &c de toute S cafte; ces juges étoientles ennemis
ces
RE
mêmes qui ont été enfuite dans les que
juges font les
qui ont, fait de toute la province ETERETEELIE du Nord un théâtre de
boucherie.
Vous voyez, citoyens, que lorfqu'il faudra juger les faits
d'Ogé& ceux des hommes de couleur, vous devez vous tenir
D 2,
fupplice; que ces juges ont été
déclarés d'Ogé &c de toute S cafte; ces juges étoientles ennemis
ces
RE
mêmes qui ont été enfuite dans les que
juges font les
qui ont, fait de toute la province ETERETEELIE du Nord un théâtre de
boucherie.
Vous voyez, citoyens, que lorfqu'il faudra juger les faits
d'Ogé& ceux des hommes de couleur, vous devez vous tenir
D 2, --- Page 56 ---
$2
fort en garde contre les témoignages & les dépofitions qui
vous feront fournies par leurs ennemis naturels; carjappelle
leurs ennemis naturels ceux qui fe font confamment oppofés
à la régénération du peuple de couleur. Si vous vouliezjuger
les horreurs dont fe font fouillés quelques blancs dans la COlonie, & fur-tout les meneurs des blancs, ce ne feroit pas
fans doute au témoignage des hemmes de couleur que vous
vous en rapporteriez:o car vous favez bien que les hommes de
couleur & les neirs,, queique vrais, $ quelque fimples qu'ils
foient, chargercient le tableau pour favorifer la caufe qu'ils
défendent. Si donc vous ne pouvez juger ce qu'on aura reproché auxblanes parle témoignage des moirs &c des hommes
de couleur, vous devez donc, par un retour d'équiré & de
juftice,, être fingulièrement en garde contre les procédures,
dont on vous parle, émacontre les prétendues des
dépofitions ennemis naturels des noirs & gens
nées toutes
blancs,
de couleur.
Rappelez-vous, citoyens : qu'à toûtes les époques de la
révolution, quand on a voulu perdre- les amis de la liberté
& de l'égalité > quand on a voulu perdre quelqu'homme
énergique > quand Oil a voulu fur-tour perdre les premiers
fondateurs de la République, on a créé des tribunaux, cempofés dejugesdelancien régime. Lorfque, le 6 oétobre
le
de Paris s'eft porté à Verfailles, qui a-t-on
dE
de peuple pourfuivre les auteurs & les aéleurs de cette journée? Le
Charelet, compofé de juges de l'ancien régime, compofé de
T'ancienne robe qui fouteneit la monarchie. Eh bien! en
en a fait de même à Suint-Domingue , quand on a voulu réperdre Ogé , quand cn a voulu perdre les hommes qui
clamoient les dreits de Phomme. On les a fait juger par des
princes colons, par de grands planreurs qui étoient leursennemis naturels. Voilà pourquoi j'invite la commiflion & la
Convention à fe tenir en garde contre toutes ces dépolitions
toujours combinées, & fur-tout lorfewellesporiensle caractère
de faufferé dont je viens de vous parler,
Ona dit enfuite fur Ogé...
Ze préfident : Verneuil a la parole pour une interpellation.
amoient les dreits de Phomme. On les a fait juger par des
princes colons, par de grands planreurs qui étoient leursennemis naturels. Voilà pourquoi j'invite la commiflion & la
Convention à fe tenir en garde contre toutes ces dépolitions
toujours combinées, & fur-tout lorfewellesporiensle caractère
de faufferé dont je viens de vous parler,
Ona dit enfuite fur Ogé...
Ze préfident : Verneuil a la parole pour une interpellation. --- Page 57 ---
Vemeuil: Je prie le préfident d'interpeller Sonthonax de
dire oû il a lu dans le teftament d'Ogé 5 que Fleury étoit
cafroflier à Paris. UnFleury eft vesu corrompre les hommes
de couleur à Saint-Domingue. Que celui qui eft venu à SaintDomingue foit le Fleury à cheveux blancs, qui eft carroffier
à Paris depuis vingt-cinq ans, voilà ce que je ne fais pas;
mais il eft venu certainement un nommé Viard,avec quijai
caufé, lorfque j'ai été arrêté
Ogé. Mais il eft bien fingulier que Sonthonax vienne E vous dire que le teftament
dont il vous a parlé eft une pièce fauffe , & qu'il ait cherché
à vous faire entendre que ceux qui ont jugé Ogé éroient de
grands planteurs, des ptincescolons; quand ile eft conftant
que les juges qui compofoient alors le confeil fupérieur du
Cap étoient ceux
depuis plufieurs années le formoient.
Sonthonax : a précifément
gurils formoient le
cenfeil fupérieurdu Capdepuis LSne années,qu'ils étoient
de grands planteurs. Il y en avoit même
prenoient le
titre de barons; c'étoient desh hommes ane été envoyés
par le gouvernement &c le pouvoir exécutif; c'étoient des
hommes qui avoient toujours enchainé la colonie aux pieds
des miniftres & du gouverneur : c'étoient les mêmes hommes
de l'ancien régime; par cela feul ils éroient fufpedts.Jep palle
à l'interpellation de Fleury. Verneuil dit. qu'il a entendu
ler d'un
il en a entendu
le teflament
ds
Fleury:
parler
Jacquor. D'ailleurs j'ai annoncé RLAET &c je la prouve
par la lettre des députés de Saint-Domingte, > qui diloit quc
Fleury, fellier-carro(Rer va partir, é qu'il parle de braver
la corde. Eh! bien!" ce Fleury, fellier-carrollier, homme à
cheveux blancs, n'ajamais été dans la colonie depuis vingt
ans, & il n'y a point eu d'autre Fleury dans la colonie.
Millet: C'eft un peu fort.
Daubonneau: : Hy a trois familles de Fleury dans la colonie.
Sonthonax: Ce Fleury étoit commiffaire des hommes de
couleur à Paris", & il n'y en a pas eu deux de ce nom: d'oi
je conclus que le Fleury fellict-cartollier, & celui accufé
d'avoir foulevé les hommes de couleur dans la ccionic, ne
font gu'un feul & même perfonnage; que Ce Fleury qui n'a
jamais mis les pieds à Satnr-Domingue, eft celui dont parle
D 3
a trois familles de Fleury dans la colonie.
Sonthonax: Ce Fleury étoit commiffaire des hommes de
couleur à Paris", & il n'y en a pas eu deux de ce nom: d'oi
je conclus que le Fleury fellict-cartollier, & celui accufé
d'avoir foulevé les hommes de couleur dans la ccionic, ne
font gu'un feul & même perfonnage; que Ce Fleury qui n'a
jamais mis les pieds à Satnr-Domingue, eft celui dont parle
D 3 --- Page 58 ---
le teftament d'Ogé. D'ailleurs j'aiinvité la commiffion à raffembler le plus de preuves pollibles fur ce fait, parce que,
fur une chofe aufli importante, je ne veux pas
la commiflion s'en rapporte à ce que je dis, pas plus dus ce que
dit- Verneuil.
La féance eft remife à demain.
Le regifre des préfencés ef figné : J. Pri. GARRAN,
Préfidents LECOINTE (des Deux - Sèvres), Secrétaire 1
P. CASTILRON, GRÉGOIRE, DABRAY, PEYRE, Fovcni
( de Nantes ). --- Page 59 ---
Du 3. ventdfe, Pan croifeme de la République frangaifs
une & indivifible.
Li féance eft ouverte par la lecture des débats de la
veille ; la rédaction eft adoptée.
Lc préfident : Je vais donner lecture d'un arrêté de la commiflion, relatifà la demande de Polverel.
(Il lic : )
Arrêté de la commiffion des colonies du 8 yentôfe.
* Vu l'extrait de Ja lettre de A. Rigaud à Etienne Polverel, du I thermidor dernier , lu aux débats d'hier, & la
demande dudit Polverel, conftatée dans les mêmes débats,
laquelle a pour objer de faire ordonner la tranflation immédiate des regiftres énoncés dans cet extrait, de. la commifion
de la marine aux archives de la commiflion des colonies:
s> La commiflion arrête quie ces papiers lui feront directement tranimis parla commiflion exécutive de la marine, dès
qu'elle les aura reçus 5 8c qu'à cet effct, il lui fera fur-lechamp envoyé une expédition du préfent arrêté 3).
Voici un autre arrêté de la commiflion.
(II lit:)
Arrêté de la commiffion des colonies. 3 du 8 ventéfe.
€ La commiffion, voulant étabiir dans la difcuflion qui fe
Dit devant elle l'ordre-le plus propre à la manifeftation de
a vélité,
D 4
qu'elle les aura reçus 5 8c qu'à cet effct, il lui fera fur-lechamp envoyé une expédition du préfent arrêté 3).
Voici un autre arrêté de la commiflion.
(II lit:)
Arrêté de la commiffion des colonies. 3 du 8 ventéfe.
€ La commiffion, voulant étabiir dans la difcuflion qui fe
Dit devant elle l'ordre-le plus propre à la manifeftation de
a vélité,
D 4 --- Page 60 ---
après que la partie des débats
5 Arrête qu'immédiatement
à T'arrivée de
relative à T'é:ar des colonies antérietremen: ceux des citoyens
Polverel & de Sonthonax, fera terminée , fe
acadmis aux débats > qui fe font des portés différens ou porteront chefs de léur
culareurs, préfenteront la férie
accufation >).
la rédaétion du proces-verbal qu'on vient
Sonthonax : Dans
de
qu'il
de lire , ily a que j'ai dit hier, en deux parlant hommes Fleury, de couleur
n'y, avoit pas dans la colonie cela
m'a
nommés Fleury.Jenai dit que
parce, J'avois queMiller: intention de
arrêté par cesmors-la: C'ef un peu avoit reter point eu deux Fleury
dire, &j'aurgis ajouré aient > quilny été commilfaires des gens de coudans la.colonie qui donc
j'ai voulu le dire, & que ce n'eft
leur. Je déclare
que
je ne lai pas dit. Je
que parce que j'ai été intertompu, dansla colonie que deux Fleury quiaient
répète quiln'y avoit des pas hommes de coulcur à Paris en 1789
été commifaires
& en 1790. Le teftament de mort d'Ogé ne dit pas Fleury,
commilfaire Duny: deshommes de couleur en France , mais Fleury,
déforganifateur & allallin; & ily en a plufieurs de ce nom
dont Sonthonax: nous parlerons. Le teftament dit pofitivement que Fleury étoit.
commiflaire des hommes de couleur..
Verneuil: 1l ne le dit pas.
J'aurois l'air d'avoir voulu
Brulley : Je demande la parole. nous n'avions pas eu connoifefcobarder hier, en difant que
fance du traité, peu de temps avant
nous avons dit préfenté hier >
la pétition à la Convention. Je htee ce quejai à fixer irié-
& je vais rétablir la férie des dates, Je de ferai manière très-court. Nous
vocablement Y'opinien à cet égard.
fur la
n'avons pas de renfeignemens précis,: nous , colons, Sonvéritable époque du traité qui s'eft fait en février Anglererre. Adthonax &c Polverel difent que c'eft le 25 nous 1793. nous fommettons
ce foit le février. Le 5 mars où nous avons
à la Lans de la Conventiony
anes
de
nous avons
MEE
demandé, &c fans favoir qu'il exiftoit traité, les mefures
demandé, dis-je, à la Convention , de prenidre
que la
les plus promptes & les plus sûres pour prévonir
qui s'eft fait en février Anglererre. Adthonax &c Polverel difent que c'eft le 25 nous 1793. nous fommettons
ce foit le février. Le 5 mars où nous avons
à la Lans de la Conventiony
anes
de
nous avons
MEE
demandé, &c fans favoir qu'il exiftoit traité, les mefures
demandé, dis-je, à la Convention , de prenidre
que la
les plus promptes & les plus sûres pour prévonir --- Page 61 ---
-.
eolonie 5 en proie à tous les malheurs qu'occafionnoit la conduite de Polverel & de Sonthonax, fe livrât àl'ennemi. Cette
adreffe eft dans les archives de la commiflion. Elle eft fgnée
d'un très-grand nombre de colons qui fe font joints à nous 5
& elle a pour date le 5 mars 1793. Depuis nous n'avons eu
aucune connoilfance, nidu traité , ni de fes réfultats. Ce n'eft
qu'au mois de feptembre, à la fin de feptembre 1793, que le
traité a eu fon exécution, à Saint-Domingue. Sonthonax
vous l'a dit. Ainfile traité n'ayant eu fon effer qu'à ia fin de
feptembre 1793 , nous n'en avons eu connoiffance, nous,
colons, en France, > que par fes réfultats. Or, puifquelesré
fultatsn'ont eu lieu qu'àla fn de feptembre 1793, puifqueles
colons à la Nouvall-Angleterre n'en ont eu connoiffance
qu'au mois'd'octobre" 1793 , nousn'enavoms eu connoiffance
que deux mois après c'eft-à-dire > au mois de décembre
1793, parce que tout i monde fait qu'il faut deux mois pour
favoirenl France ce qui s'eft pallé à Saine-Domingue, fur-tout
dans les circonftances préfentes, Ainti nous n'avons eu une
connoiffance réeile da traité qu'a mois de décembre 1793.
Nous proaverons quand on voudra, en mettant les procésverbaux fer le bureau, par qui nous avons eu connoiffance
de ce trai-s, qui-nous a dir qu'il exiftoir, & c'eft un membre de la Convenrion bien digne de foi. On verra le peu de
diftance que nous avons mife entre cette connoiffance & ccile
de notre proteftation. Car cette proreftation, faite en malfe
par les colons, n'eft pasla feule qui ait eu lieu. Onnevous
a pas parlé de celle que Page & Brulley > commiffaires de
la colonie, > ont faite en cette qualité à Tépoque & le lendemain même dujour ou nous avons eu connoilfance du traité;
&c'e le foir gu'on nous en a parlé. Ainfi nous n'avons eu
connoiffance du traité qu'en décembre, & la proteftacion
que Sonthonax vous a montrée eft du 14nivôfe. Ilaeu tort
de vous dire que l2 pétition préfentés à la Convenrion
étoit du 14 pluviofe. Il auroit dû, pour
grande exnctitude > dire que le collationné eft peut-être Pr 14 pluvièfe,
mais la péririon. du II nivofc. Or,le II nivofe
à la fin de décembre', puifque nous n'avons eu connoilance correfpond
du décret qu'à la fn de décembre 1793. Il R'y a donc pas eu
d'intervalle entre la connoiffance que nous avons eué de ce
waité, & la protelntion que nous avons faite. Aina vous
nctitude > dire que le collationné eft peut-être Pr 14 pluvièfe,
mais la péririon. du II nivofc. Or,le II nivofe
à la fin de décembre', puifque nous n'avons eu connoilance correfpond
du décret qu'à la fn de décembre 1793. Il R'y a donc pas eu
d'intervalle entre la connoiffance que nous avons eué de ce
waité, & la protelntion que nous avons faite. Aina vous --- Page 62 ---
sb
voyez que tout
Sonthonax ef nul Téhafiudage & de nal effets qui vous a été fait hier
trop rapprachées pour que l'on puiffe puifque les dates Eat
ayons en un feul inftant l'intention foupconner que nous
conre un. acte que nous avons
de ne pas prorelter
mois de nars 5 avant que fon cherché exiftence à prévenir dès le
Fiance,
fut conrue en
Sonthonax Page : Pendent. l'avoir quinze jours, Polverel a eu la
depuis trois. Nows demandée pour deux jours, & il parole. la
;
mandé à détruire, ne le trouvons pas mauvais.
tient
> dans une
J'aveis dePolverel ont dit: mais comme féance, ce que Sonthonax &
yention nationale défire,
vous déficez, comme la Conla plus grande célérité comme dans les nous défirons aufli apporter
plutdr pollible les actes perfonnels débats, à
& atteindre le
thonnx 5 comme dans la
Polverel & à Sonaurons occafion. de revenir fur difcuflion de ces actes, 5 nous
tatent combien l'efprit public étoit beaucoup de pièces qui confnous demandons que vous
bon à
fir
Sine-Donsingge,
les actes des commifaires ajourniez civils. à demain la difcuition
la parole aujourd'hui , qu'liy
Que Sonthonax prenne
ferons toutes les
parle tant qu'il voudra; nouslui
à réponire à tout incerpellations ce
nécellaires. Nous
inductions qu'ils
qu'ils ont dit, pour détruire renonçens toutes
julqu'ici.
ont pu tirer de tout CG
les
qu'ils ont : dir
Larchorfjue-Tribad demande la parole.
la' Tapréfdene fuite des
La commiflion paffe àl'ordre dujour.
cordée.
débats, clie verra à qui la parole doir êtré Dans acpofé Senac exprès : Sonthonax d'officiers vous a dit que le tribunal éroit
de l'ancien
comjuger Ogé. Je vous
régime, tout exprès pour
iice rribunal qui a pie.d'inverpeller été choili
Sonthonaxide déclarer
formé, & qui a été confirmé pour le juger Ogé, étoit celui
celui qu'il a trouvé à fon
par décrer de.t2 ecteibte,
Le prefidene : Réponds... arrivée, &c qu'il a' maintenu.
Senac Sonthonax fait : Je n'ai p2s dit un foul mot de ce fir
porter fon interpellation. Je Rai_pas dic qu'on quoi
, tout exprès pour
iice rribunal qui a pie.d'inverpeller été choili
Sonthonaxide déclarer
formé, & qui a été confirmé pour le juger Ogé, étoit celui
celui qu'il a trouvé à fon
par décrer de.t2 ecteibte,
Le prefidene : Réponds... arrivée, &c qu'il a' maintenu.
Senac Sonthonax fait : Je n'ai p2s dit un foul mot de ce fir
porter fon interpellation. Je Rai_pas dic qu'on quoi --- Page 63 ---
oit formé un tribunal exprès ; mais j'ai répondu à Veruil, qui m'a interpellé fur un objet pareil qui a vanté
civitme des grands plantcurs qui compofeient le confeil
périeur da Cap, je lai ai répondu policivement que c'étcit
écifément parce que c'étoient des juges de l'ancien rémne, des juges-barons, des juges grands-planteurs çui
bien: jugé > que c'étoit Ja railon pour laquelle je faifois
Tortir toute Fmiquité du tribunal qui avoit rendu ce
ement, du jugement lui-même. Sur la dernière partie,
Héclare quej j'ai fupprimé les hommes du tribunal & renoulél lesjuses.
Senac: : Cefle feul tribunal qui ait exifté à Saint-DominP, & affiurément Oil n'en auroir pas formé un nouveau
r juger Ogé. Ce tribunal a jugé Ogé & tous les couples.
Sonthonax : Ogé étoit coupable d'avoir réclamé les droits
Phomme.
Page: Sonthonax vous a dit hier que le teftament de mort
Dge étoit le réfultar de la fuggeltion.
L préfident : Vous avez demandé la parole fur ce qui conne Fleury : renoncez-vous à difcuter cet objet 2
Page : La réflexion tardive que Sonthonax a faite ce matin
Fleury,ne détruit pas ce qu'il a dit hier; caril a dit hier,
tout fon raifonnement tendoit à prouver qu'il n'y avoit
deux Fleury à Saint-Domingue.
epréfdene: : Cet objet. doit être terminé de part & d'auc'eft entendu.
Page : Je dis donc qu'hier Sonthonax vous a affuré
le
ament d'Ogé étoit le réfultat de la fuggeftion >
ce que tefent avoit été fait par Ogé
lui avoit HE efpéque fa grace feroit le hitet 1m aveux
exigeoir
lai & qu'il alloir faire. 1°. S'il étoit vrai que qu'on le tibunal
ajugé Ogé, lui eût fuggéré lesidéclarations qu'il a faires,
uroit pris affez de précautions pour ne pas fe mettre
contradiction avec ces faits. Ainfi donc l'induction que
chonax tire de cé Fleury qui n'étoit pas à Sainc - DoEue,, Quoiqu'efedlisement il y fit, porteroit à faux;
foqu'e encore une fois le. tribunal, s'il-avoit fuggéré cetre
aration à Ogé, , auroit pris des précautions pour que cette
laration fût vraie.
e qui prouve évidemment que les aveux d'Ogé ne lei
ne pas fe mettre
contradiction avec ces faits. Ainfi donc l'induction que
chonax tire de cé Fleury qui n'étoit pas à Sainc - DoEue,, Quoiqu'efedlisement il y fit, porteroit à faux;
foqu'e encore une fois le. tribunal, s'il-avoit fuggéré cetre
aration à Ogé, , auroit pris des précautions pour que cette
laration fût vraie.
e qui prouve évidemment que les aveux d'Ogé ne lei --- Page 64 ---
été arrachés par l'efpoir d'une grace qu'on
ont point
à la fin de fon reftamen
prometroit c'eft veut que précifémicne lui faire grace > il fournira tous
il dit que i on
faire prendre les complicesdog
moyens néceffaires le lieu Et ils font pour qu'on puille les fail
il indiquera faits
Ogé avoient été le prix d'une gra
Si'les aveux finde par fon teitament, Ogen'auroit pas deman
promife; àla
> Gon la lui nccordoit,
cette grace &c n'auroirpast cà étoient promis retirés les complices qu'il
découvrir ic lieu
fignoir.
dit: Quelle confiance pouvez-vous av
Sonthonax vous
de Io
inftreite par un tribunal compofé
à une procédure
vous avez dà remarquer, > dans
liftes 2 Mais, citoyens ies hommes de couleur & les nèg
cours des débats, que inftrumens des royaliftes. Vcus a
étoient précifsument les lettres de Polverel & Sonthonax à
dû même voir 2 parles &
leur proclamation du 27 od
Convention nationle, de couleur par
étcient les inftrumens
bre, que ces hommes & des royalites; &fil lesjuseschat
conte-rerelationnaiter étoient des royaliftes, & fi les homr
de juger Ogé & les nègtes éroient des royaliftes, nécelfai
de conleur
& les hommes de couleur auroient dû tr
ment les nègres
plator que d'y trouver des ju
vergracedevant ce mibunal, dans toutes les hypotitfes pollibles
févéres. Ainii donc, s
à faux : mais il eft ét
raifounement de Sonthonax veuille arguer porte de faux contre une prd
nant ici que l'on
folemniré; il eft étonnant que
'duie inftruits avec de faux contre cette procedure, lorf
Sonthonax argue
des lettres écrites par I'h
lui préfente pour qai preuve font imprimbes, mais qui ne
Mafliac 5 lettres fignature 3 lorlqu'il vous donne P
rerêtues d'ancune
des lettres qui ont été diftribi
correlpondance fecrère s narionale, & qui ont été éct
hier à la Convention
commerce du Ha
& imptimnées E de les Marleille, Repefenransda & par quelques colons
de Bordeaux
il voust
de SainoDemingue, quand
fe difoient députés
fecrète , & qui
fente ccla comme une attention copre/pondance de ia part de la 'commilf
rite la plus férieufe aveus, ce font des pièces réimprim 1
lorfque,de fon prepre
& dont
publiées ici depuis peu dejours Peur par Ai ca revenir la procéd
criginaux.
*e voyons pasles
ille, Repefenransda & par quelques colons
de Bordeaux
il voust
de SainoDemingue, quand
fe difoient députés
fecrète , & qui
fente ccla comme une attention copre/pondance de ia part de la 'commilf
rite la plus férieufe aveus, ce font des pièces réimprim 1
lorfque,de fon prepre
& dont
publiées ici depuis peu dejours Peur par Ai ca revenir la procéd
criginaux.
*e voyons pasles --- Page 65 ---
e mérite toute la confiance de la commillion; elle eft ofelle & légale 3 toutes. les circonftances qui T'environnent
touvent fon exactitude; & en raifonnant même dansl'hypthèfe de Sonthonax 3 en fuppofant que les juges qui comMfoient ce tribunal fuflent des royaliftes, je dis que les juges
roient été plutôt des amis des hommes de couleur > que
sjuges fevères, comme ilsl'ont dit.
Sonthonax : Page vient de dire : La preuve que les juges
ui ont jugé Ogé n'étoient pas des royaliftes. e e
Page : Je n'ai pas dir cela.
Sonzhonax : Page a dit tout-à-Theare qu'Ogé avoit été
gé par des comme-renclatiogusires
Page: : Je n'ai pas dit cela.
Le préfident : Répète donc ce que ru as dir.
Page: : En. raifonnant dans cette hypoth8fe,jai
après l'aveu méme de Sonthonax, les hommes de
s
eur étoient des contcnéreludonaites, étoient des inftrunens des royaliftes. Si le tibunal aveit été compofé de
byaliftes & de contrerbsglaudonnaites, ces'juges auroient
té plutôr en faveur des hommes de couleur;& des nères, qu'ils n'auroient. été lenrs ennemis.
Sonthonax : C'eft la même chofe abfolument. Si les juges
ui ont jugé Ogé étoient des royaliftes, au lieu de juger
Dgé rigoureufement, fes amis l'auroient jugé doucement
k l'auroient renvoyé libre & difculpé; je crois que c'eft
e que vous venez de dire. Donc vous arguez, pour prourer la légitimité du jugement & les bonnes intentions des
uges, qu'ils étoient réellement dans des principes révoluionnaires, & nullement dans des principes royaliftes. Je
reponds à cela, & je vous dis:N'et-il pas vrai que toutesles
Fois que les gouvernemens ont mis en avant des hommes
Hont T'enthoufiafine ou l'imprudence pouvoient fervir leurs
vues ambitieufes, ces gouvernemens ont toujours eu la
politique de les facrifier? n'ef-il pas vrai que fi Ogé avoit
éré un contre-réolationnsire comme vous le difiez, il
auroit été renvoyé ablous par les juges du Cap,, & que
votre prétendue preuve ne fignifie rien en faveur des juges
qui ont jugé Ogé?. Je vais plus loin,je fais une applica:
tion: N'eft-il pas vrai que lès juges de votre prevèté éroient
royaliftes, tels
Foreftier, grand prévêr de la prévàré:Ce
Foreftier qui a été dénoncélpar Yous,' qui eft aujourd'hui
il
auroit été renvoyé ablous par les juges du Cap,, & que
votre prétendue preuve ne fignifie rien en faveur des juges
qui ont jugé Ogé?. Je vais plus loin,je fais une applica:
tion: N'eft-il pas vrai que lès juges de votre prevèté éroient
royaliftes, tels
Foreftier, grand prévêr de la prévàré:Ce
Foreftier qui a été dénoncélpar Yous,' qui eft aujourd'hui --- Page 66 ---
à
Foreftier Saint-Domingue avec les Anglais & avec vos
qui a fart couler le fang fur les
amis, Ct
qui failoit fuliller, > pendre oul rouer 20 échafauds ou
da Cap
jour au Cap, étoit un royalifte bien décidé. 30 noirs pa
vôtales, prouve donc par les propres actes de vOS commifions Je vou
par lesjuges que vous avez eus à
pré
umec cesjuges, (cion vous, étoient des Soine-Pormmgte
faifoient à votre grand plaifir
royaliftes,-8 cepen
retirez donc votre oblervarion fur desboucherics de negres
blir vOs raifonnemens fir
Ogé, & n'allez pas éta
ont condamné Ogé; je n'ai T'intégrié des juges far ce gu'il
cer objet.
pas à en dire davanage fu
Page:Je ne réponds pas à cela,
philmes ne détruifen:
parce que tous ces fo
préfident d'interpeller
mon raifonnement : je prie k
un feul
de dire fi
Sandcat
noir au Cap avant fon arrivée.
l'on a fufillé
la Sonthonax : Ona raffemblé des noirs dans la
Foliète avant mon arrivée; les
Savane de
duites à la commiflion. Je ne
preuves en feront
qui feront témoins dans
veux pas nommer les hommes pro
péut-être tous les jours avec cetta vous aRaire, colons. parce qu'iis font
bien fules, qu'ily a eu des
Mais on les a f
dans la
circonftances où l'on a fait
Swvont-d-l.Foliene, des
ou trente noirs. On faifoir mettre à folles à contenir vingt
le bord des folles, On les fulilloit, genoux & les les noirs fur
enterrés.
corps y étoient
elles? Page : Par lès ordres de qui ces fufillades fe failoient
Sonthonax : Elles étoient faites parles
fons prévôrales > foutenues par f'allemblée ordres des commif
au Cap.
coloniale féante
Page : Je prie le préfident
dire s'il a connoiflance des jugemens d'interpeller Sonthonax de
les regiftres de la commifion.
prévôtaux, & où font
Sesthonax:Les regifres de la
la dernière , font encore au Cap, commiflion, dans la & fur-tont de
vernement, ci-devant des
élles maifon du gouarchives de l'affemblée
Jéfmites;
y font avec les
partie de MOS propres archives provinciale, : mais elles y éroient avec une
là font-elles artivées, puifqu'on
peut-être ces piècesnous annonce qu'il nous
de la commifion.
prévôtaux, & où font
Sesthonax:Les regifres de la
la dernière , font encore au Cap, commiflion, dans la & fur-tont de
vernement, ci-devant des
élles maifon du gouarchives de l'affemblée
Jéfmites;
y font avec les
partie de MOS propres archives provinciale, : mais elles y éroient avec une
là font-elles artivées, puifqu'on
peut-être ces piècesnous annonce qu'il nous --- Page 67 ---
arrive des regiftres de Saint-Domingue ; mais ce ne fera
pas fur ces pièces
vous ferez convaincus. J'interpelle
à mon rour-Page duee déclarer s'ii n'a pas conRoillance que
ces boucheries de noirs dans la Savane de la Foffette & fur
les echafauds du Cap onte exifté de fon temps às Saint-Domingue pendant l'exiftence de l'allemblée coloniale.
Page: Je réponds que les reproches les plus graves que
l'affembice coloniale ait fairs & ait dà faire à la commiflion
prévôcale, ceft de s'étre entendue avec les nègres & les
hommes de couleur révoltés qui lui étoient amenés
être jugés. Voilà les reproches que l'aflemblée coloniale Eovs
celle de raire aux commiiaires de la commiflion prévôtale.
Vernexil : Iiny: a jamais eu de nègres fulillés avant l'arrivée de Pelverel & Sonthonax.
Page: : J'oblerve qu'il.eft étonnant que Sonthonax, qui
n'a rien négligé de ce qui pouvoit étayer fes moyens julificatifs & les inculparions fur les corps populaires, ait précifément né.ligé-d'appurter au, moins des extraits de ces regiftres qui coniiarent ces échafaudages, ces fulillades; moi
je vais vous lue une motion faite par Laval, qui vous fera
juger la perfidie, la fcélératelle de Sonthonax : car, à l'époque où Sonthonax & Polverel font arrivés à .Saint-Domingue, il a éte fait par Delavai une morion expreffe pour
que les regiftres de la commiflion prévôtale fiffent mis fous
Jeurs. yeux, afin qu'ils pullent y lire quels étoientles caufes
& les inftrumens des malheurs de Saint Domingue,
Sonthonax : J'avoue que cette motion a été faite; & afin
que vous n'alongiez pas ics débats, je déclare que nous'
avons reçu, nous, ces regiftres dela commiflion prévorale
qu'ils font. actuelleinent au Cap dans les archives de la
commiffion civile.
Page: J'obferve que fi effectivement cette affemblée
colomale s'étoit rendue coupable de ces fufillades, néceffairement elle n'auroit pas eu l'impudeur de demanderque ces
regiftres fullent mis fous les yeux de Sonthonax, afin
pit voir quels étoient les ennemis de la'France à
car
u
Domingue: :
il-feroit abfurde de croire que cetre aflemblée coloniale, fi coupable, eût ofé metire fous les yeux
de Sonthenax la preuve de fes délits,
Sonthonas: Vous incervertiflez ce que j'ai dit : je n'ai
uroit pas eu l'impudeur de demanderque ces
regiftres fullent mis fous les yeux de Sonthonax, afin
pit voir quels étoient les ennemis de la'France à
car
u
Domingue: :
il-feroit abfurde de croire que cetre aflemblée coloniale, fi coupable, eût ofé metire fous les yeux
de Sonthenax la preuve de fes délits,
Sonthonas: Vous incervertiflez ce que j'ai dit : je n'ai --- Page 68 ---
poin: dit que l'affembice coloniale edt
Je vous ai dit que ces délits s'étoient commandé cemmis ces délits.
l'aliemblée coloniale étoit au
Je te pendant que
les avoir
Cap.
T'argue pas de
commandés, car elle fe couvroft
manteau; mais je l'argue de les avoir foufferts toujours d'un
dire, comme je l'arguerai tout-à-l'heure de
fans rien
livré aux tribunaux les auteurs de pareilles n'aveir jamais
Verneuil: Je prie le
boucheries,
verel de dire s'il a connoiffance, citoyen-préfident lei d'interpeller Polavec fon
qui eft arrivé au
Sonthonax collègue, > s'ila connoiffance des faits avancés Cap
des affaflinats coimis à la Foffette avant par
arrivée, & des fofles fur leiquelles on
leut
de noirs à la fois.
fulilioit des vingtaines
dans Polserel:Jeniaip point connoifance d'unf fait
un lieu déterminé. J'ai entendu
précis exécuté
au Cap > & tout le monde en a entendu parier à mon arrivée
tence & de la terrible activité de
parler, de l'exif
cette commiffion.
claration. Verneuil:Je ne demnandois pas autre chofe que cette dé
Senac : Ce qui aclève de démontrer la
fertion de Sonthonax, c'eft
fauffeté de laf
Cap 7, ou 8oo noirs prifonniers qu'ily aveit dans les prifons du
donné la liberté,
auxquels eux-mêmes ont
Sonthonax : Nous ne les avons
raoins.
pas fait fufiller au
Senac : S'il étoit vrai qu'on fuillà: les noirs
fautes tres-légères, on n'auroit pas confervé
pour des
du Cap ceux qui avoient été pris les armes à dans les prifons
geant & aflaffinant les blancs.
lamnin, égor
ce que Sonthonax vous a dit, Or, vous voyez que tou
qu'on les faifoir mettre à gencux que &qu'oni T'on,prencit les ces noirs
un ienfonge & une abfurdité. Je défie
fulilloiny ef
miniftrer la preuve.
Sonthonard'enad
Sonthonas : Senac intervertit l'ordre des dates.
dent qu'il ne s'agit que des fulillades
fe Il eft évi
avant notre arrivée dans la colonie, & qui
font pafie
des interpellations de Page & de Verneuil. cela a été le fuje
de Sco noirs qui étoient à la geole du
Il vous parla
faurez que les prifons du Cap R'ont jamais Cap 2 mais vous
peuvent contenir Sco noirs.
contenu & ne
Cuznd nous fommes arrivés at
Cap
'ordre des dates.
dent qu'il ne s'agit que des fulillades
fe Il eft évi
avant notre arrivée dans la colonie, & qui
font pafie
des interpellations de Page & de Verneuil. cela a été le fuje
de Sco noirs qui étoient à la geole du
Il vous parla
faurez que les prifons du Cap R'ont jamais Cap 2 mais vous
peuvent contenir Sco noirs.
contenu & ne
Cuznd nous fommes arrivés at
Cap --- Page 69 ---
Cap, ily avoit aui plus dix à dotize noirs danslos
de cette ville. De ces dix à douze noirs > les uns
fortis, les àutres font reftés
petet
clamation de la déclaration des jufqu'au droirs moment les
oû laptotoute procédere,
a aifcanclis de
Brudley : J'obferve que Sonrhonax dit que Guand ii
arrivé, il n'y avoit pas de ces prifonniers qu'il dit
cft
fufilloir. J'obferve qu'ilya eu ici de conftaré
qu'on
miers débats un fait tres-effenticl, & cu met danslespre- dans le
de juger da mérite de l'affertion de
cas
été queftion de juger les hommes de Sonthonax; vonleur qui loriqu'il a
pris part à la révolte des nègres, nous avons, Verneuil aYoient 8c
moi, cité la connoilfance qui nous étoir aequife,
dif
férens chefs de révoltés éroient des hommes de que
j'en ai même nommé un , Raynal, quej'ai dita avoir coueur;
& avoir envoyé dans les prifons du Cap, &
inierrogé
y être encore à l'arrivée de Polverel & Sonihonax. queje Le croyois fait
dont je parle eft antérieur de deux ans à l'arrivée de Sonthonax &c Polverel. Vous voyez que puifqu'il y avoit des
prifonniers depuis deux ans dans les prifons 2 on n'éroit
pas aufli fanguinaire
Sonrhenax & Polverel venlent
faire penfer ici, & 4 a été conftaré aux débats
cé le
Raynal étoit encore dans les prifons à leur arrivée, que &
Sonthonax & Polverel ont dit l'avoir mis en liberté,
Polver.l: Je n'ai point dit cela.
Brulley : C'eft Sonthonax qui l'a dir. Aiufi,
avoit depuis deux ans des révoleis, des chefs puifqu'il
étoient dans les
certes il
mème
MX
thonax venir
prifons,
eft ridicule de voir Sonvous dire ici qu'il n'y avoit qu'à
nègres, , les faire mettre à genoux & les futilier. préndre les
Sonthonax : Si j'avois dit ce que
vient
il m'accuferoit d'un faux; moi je
Brelley
de dire,
trompé. Brulleyintervertit les
Facufefeulemenr de s'être
dates; on nous dir :
que nous r'avons pas fait
que Reynal La. étoit
les pri/ons du
Cop après
arriyee. Mais on n'a pas die
ata
Raynal avoit été pris
un bateau du Môle fur les
Qes de Jean Rabel, A.fe commerce avec les
& qu'il n'a été amené au Cap qu'un mois après brigands notre $
rivée; il n'y étoit donc pas à norre arrivée. Un ne;
arTome III,
Yingeguacrième liyraifon,
E pouvcit
nous r'avons pas fait
que Reynal La. étoit
les pri/ons du
Cop après
arriyee. Mais on n'a pas die
ata
Raynal avoit été pris
un bateau du Môle fur les
Qes de Jean Rabel, A.fe commerce avec les
& qu'il n'a été amené au Cap qu'un mois après brigands notre $
rivée; il n'y étoit donc pas à norre arrivée. Un ne;
arTome III,
Yingeguacrième liyraifon,
E pouvcit --- Page 70 ---
donc pas fufiller Raynal avant notre arrivée, puifqu'iln'étoit pas pris avant notre arrivée.
annoncé le fait, SonBrulley : J'obferve que quand j'ai
thonax ne l'a pas nié.
Sonthonax de dire
Senac :Je prie le préfident d'interpeller
quel étoit le nombre des prifonniers au Cap à leur arrivée,
parce
les états leur en ont été portés.
sedkentes : Il m'eft impoffible de le déterminer précifément dans ce moment-ci; mais l'état des prifons à notre
arrivée eft dépofé aux archives de la commifion. L'état eft
figné du concierge dont je ne me rappelle pas le nom.
: Je ne pafferai point fur cette inculpation; elle cft
de T plus haute importance; car fi T'allemblée coloniale
eût fouffert des fulillades aulli atroces, alors néceffairement
vous conclueriez que nous étions un compofé de cannibales. II eft donc néceffaire de détruire cette calomnic, &
je vais commencer à la détruire par la motion faite par
Laval, & l'arrêté pris. Je la détruirai enfuite par les àrrêtés de l'aflemblée.
d'hommes à
Si l'aflemblée coloniale eût été un compofé
fufillades, de cannibales, les dit
j'ai dit
6 les afSonthonax : Je n'ai point
cela;
que
femblées coloniales n'avoient point commandé les fufillades,, elles les avoient fouffertes, & s'étoient même plaine
qu'il n'y en avoit pas affez.
étoient
de l'aPagé : Sonthonax a dit qu'elles
coupables
voir, fouffert 5 je vais répondre à cela.
du
Le 27 feptembre, il y avoit dans la conciergerie Cap
des hommes de couleur complices d'Ogé; vous allez voir
quels étoient les principes qui conduifoient cette affemblée.
Il lit:
Arrêté de laffemblée coloniale, du 27 feptembre 1791,
du fort des hommes de cou-
€c On s'eft enfuite occupé
& attachés à la chaine
leur, libres, condamnés aux galères,
du rois
confidérant
le fort de ces honmes
e L'affemblée,
que
conciergerie Cap
des hommes de couleur complices d'Ogé; vous allez voir
quels étoient les principes qui conduifoient cette affemblée.
Il lit:
Arrêté de laffemblée coloniale, du 27 feptembre 1791,
du fort des hommes de cou-
€c On s'eft enfuite occupé
& attachés à la chaine
leur, libres, condamnés aux galères,
du rois
confidérant
le fort de ces honmes
e L'affemblée,
que --- Page 71 ---
ne peut ètre pire que celui de leurs camarades, condamnés
par contumace, 2 qui font à même de mériter par leurs fervices la bienveillance de l'affembiée :
93 Arrête que les hommes de couleur, libres, condamnés
aux galères par arrêt du confeil fupérieur du Cap, du 5
mars 1791, & attachés à la chaine du roi, feront relaxés
de la chalne', à l'inftant de la notification du préfent >
pour demeurer en état de fimple arreftation.
>9 Un membre'a demandé que les mulâtres du FondParifien, condamnés par contumace, 3 par arrèt du confeil
fupérieur du Port-au-Prince, > participailent aux actes de
bienfaifance de l'affemblée.
>> Cette motion difcutée, l'affemblée a arrêté & arrête
qu'elle accorde provifoirement aux hommes de couleur >
Reres, du Fond-Parifien, condamnés par contumace', >
arrèt du confeil fupérieur du Port-au-Prince, grace pleine par
& entière ; qu'eile les réintègre dans la poffeflion de leurs
biens, déclarant qu'elle clarge fes commiffaires de folliciter auprès de l'affemblée naticrale & du roi, la grace
définitive defdits hommes de couleur, libres, du bénéfice
de laquelle ils jouiront néanmoins dès-à- préfert.
35 L'aflemblee charge fon prélident de fe retrer pardevers
M. le lieutenant au gouvernement général, Peur lui communiquer le préfent arrété, avoir fon approbaticn &le faire
notifier de fuite aux affemblées adminiftratives de T'Oueft &
du Sud, pour avoir fon exécution dans toute l'étendue de
leur arrondiffement 9).
Le 28, il fur rendu un arrêré qui met en liberté provifoire, en chargeant fes commillaires d'obtenir Iapprobation
de l'aflemblée nationale & du roi, une quarantaine de
nègres qui étoient dans le même cas; laffemblée coloniale
qui étoitd dans de pareils principes ne pouveit ni commnander
ni permettre des boucheries, 2 & quand elle verioit ainfi
d'une main la bienfaifance fur les hommes de couleur
étoient à Ir chaine, elle ne pouvoit pas permettre que a
juze prévotal do la province du Nord fit des boucheries 5
& bien plus, elle n'auroit pas voulu fe plaindre de ce que
ces juges ne faifoient
ailez de boucheries 3 maisje vais'
en venir maintenant P l'arrêté pris fur la propofition de
Laval,
E 2
oucheries, 2 & quand elle verioit ainfi
d'une main la bienfaifance fur les hommes de couleur
étoient à Ir chaine, elle ne pouvoit pas permettre que a
juze prévotal do la province du Nord fit des boucheries 5
& bien plus, elle n'auroit pas voulu fe plaindre de ce que
ces juges ne faifoient
ailez de boucheries 3 maisje vais'
en venir maintenant P l'arrêté pris fur la propofition de
Laval,
E 2 --- Page 72 ---
Sonehonax Vernexil: : C'eft inutile. > je l'ai avoué.
Non pas.
287 Lecoince ( au citoyen Page ) : Lifez-vous l'arrèté du
Sonthonax : le ciroyen
vient de
comme une preuve de T'humanité Page de
nous annoncer
un arréré par lequel elle brife les chaines T'alfemblée des
coloniale
couleur, complices d'Ogé, Il nous denne en hommes de
pour frconde preuve de fon
mème temps,
lequel on met en liberté des humanité, hommes un de fecond arrêté
Endes par contumace dans T'affaire du
couleur coneft bien éronnan: qu'il visnne vous
Fond-Parifien. Il
de Taffemblée coloniale
les pailer ds ia bienfaifance
d'Og, échappés.a la boucherie pour des malheureux compagnons
étonnant qu'il vous fafle paifer
vinge-deux; il eft bien
fance, un adede juftice trop
pour un scte de bienfailes compagnons d'Ogé étoient long-temps attendu. Comment,
droits de Thomme ! Ils ont été coupables d'avoir réclamé les
vous venez ici arguer d'un arrêté condamnés à la chzine, &
ces chaines comme d'un aéte de par lequel vous déliez
adte de juftice que vous avez fait baenfallance; c'eft un
Etoient-ils complices d'un crime les trop lonig-temps attendre,
àvoient réclamé les drois de l'homme compagnons ?
d'Ogé qui
plus de votre
1e
Ne parlez donc
longremps dans bienfaifance, lès chaines. 3 Vous vous qui les avez torturés trop
du Fend-Paritien, dans la fuire de parlez la enfuire fur l'affaire
du Fond-Pacifien ne m'échappera
difcullion cette affaire
c'elt, qa'après avoir allafliné les pas; je vous dirai ce que
hommes'd de couleur
Fond-Parihen, on les a condamnés par.
du
après les avoir tenus par certe fentence contumace, de
> &c'ef
jonrs le glaive de la loi far ln tête
contumace roufur la poirrine," que lon veut faire palierfarrétéde > roujours le poignard
blée coloninle qui les met enliberté comme un acte de l'afiemfaifance. Quoi ! vous avez mis fous le
biencondamns par contumace Is allallinés du glaive de la loi,
& vous voulez faire palfer pour un adte FondParifien de
Tarrèrd qoi met ei liberré des hommes
bienitifance
carés, que vous avez laifle affaffiner
qile vous avez torviendrai
vous - mêmes. Je refur.cottealiaire, * vous voyez par ce que jeviens
é comme un acte de l'afiemfaifance. Quoi ! vous avez mis fous le
biencondamns par contumace Is allallinés du glaive de la loi,
& vous voulez faire palfer pour un adte FondParifien de
Tarrèrd qoi met ei liberré des hommes
bienitifance
carés, que vous avez laifle affaffiner
qile vous avez torviendrai
vous - mêmes. Je refur.cottealiaire, * vous voyez par ce que jeviens --- Page 73 ---
de dire, que les actes de prétendue bienfaifance de l'affem>
blée coloniale étoient des aétes de ftricte 00 juftice.
Page : Je ne répondrai pas à cela... de
Le préfident : Cela doit être terminé; ga ne fnireit pas.
PageiJel lirai la motion de Laval; elle importe beaucoup.
L'inculpation eft grave.
Sonthonax : A quoibon lire un arrèté, quand je conviens
des fairs?
Le prefident: Ne vous plaignez
qu'on éternife les
débars; Sonthonax n'a pas encore AE T paiole fur fa défenfe.
Page: Depuis dix-huit jours Sonthonax & Polverel ont
la parole.
Polyerel: Je prouverai arinhmétiquement combien nous
avons eu de temps pour notre défenfe.
: Je ne répondrai pas aux déclamations de SonLa parce. que la procédure d'Ogé fait foi. Quant à
Laval, voilà ce qu'il difeit le 15 feptembre 1792.
Il lit:
Motion de Laval a lafembiée coloniale, IS feptembre
1792.
s. L'alemblée coloniale, indigmement accufée par ceux-lA
même qai Tonr les auteurs. > fau:eurs & complices des crimes
commis dans' cette malheureufe contrée, doit demander à
être jugée avec toute la févérité polible; mais auli, enfe
juftifant ainfi qu'il lui fera facile de le faire, far-tour fi,
comme je le peafe, perfonne n'eft pas plus coupable que
moi, elle doit exiger que ces mêmes auteurs, fauteurs &
complices foient pourfuivis & punis fuivant la riguear des
lois.
35 Cela eft d'autant plus nécefaire que, depuis trois 2HS,
la France a conftamment pris" le change fur iz caufe de nos
malheurs; & que, parce que les ennemis de fa conftitution
fe font roujours fervi >
parvenir à leur but, des FROIS
de la nation, de la loi, EZ dari, elle 2 penfe qu'ils étoien:
/
incapables de lui enimpofer: elles'eft groilièrement trompés;
elle le réconnoitra trop tard, & il faut efpérer qu'en reTome III. Vingt-quaerième liyraifon.
Es
ftamment pris" le change fur iz caufe de nos
malheurs; & que, parce que les ennemis de fa conftitution
fe font roujours fervi >
parvenir à leur but, des FROIS
de la nation, de la loi, EZ dari, elle 2 penfe qu'ils étoien:
/
incapables de lui enimpofer: elles'eft groilièrement trompés;
elle le réconnoitra trop tard, & il faut efpérer qu'en reTome III. Vingt-quaerième liyraifon.
Es --- Page 74 ---
velant de fon erreur, elle finira, par rendre juftice à ceux
guilr méritent.
93 En trompant la France comme on l'a fait, on a toujours penfé quà T'arrivée du premier
il devoit
orné d'un pavilion blanc, R ap pporter navire, la nouvelle de êue la
contre-rérelanion. ii falloit être bien peu politique
penfer ainfi : On devoir favoir qu'on ne dompte
pour
lement uil pemple compofé de vingt-cinq
pas faciJe Français fur jadis-frvole; mais aujourd'hu millions d'ames,
le joug des abus k du deipotifme, il eft réfolu qu'il a de fecoué
ferver, par les armes, le bonheur que Jui a procuré con- fon
énergie,
les 35 En me refumant, Meflieurs, je demande que toutes
érablies procédures dans des commifions prévôtales que vous avez
abolies
toutes les paroitfes de la colonie, & enfuite
réunies d'après l'acceptation de la loi du 4 avril, foient
aux pièces des archives des repréfentans de la
françaife de Saintpartie
befoin.
Domingue, > pour y. avoir recours au
>) M. Allain a fortement appuyé. la motion de
Lavai; il a démontré entre autres chofes
de M. de
procédares ne pouvoient être dépofées
que. les pareilles
de Tatiemblée coloniale.
que dans archives
2> Après une legère difcufion, Taffemblée,
aveir
reconni Turgence, arrête que les procédures de après la
miffion preroale du Cap feroient réunies aux archives com- de
Taffembiee l'eftet
coloniale, & elle a nommé deux commillaires
de remplir cette million.
à
le 3> Lerefte de la féance a:été employé à la difcuflion fur
plan d'organifation. 53
Si laffemblée coloniale ett éré sêre qu'il exiftir dans
pièces des preuves de fufillades defquelles elle auroit été ces
refpenfable, elle fe feroit bien ditpenfé de faire
avec tant de précaution les regiftres de la commifion recuéillir prévorale, ponr les thettre fous les yeux de Poiverel & de
Sonthonax. c'éroient Mzis ponr en revenir aux juges de la
bien récllement dos royaliftes; & c'étoit prévôté,
étoient
parce
royaliftas, > que T'aftemblée coleniale s'elk qu'ils
plaint fort amérement des nuages fous
toujours
mifion
lefqueis cette comenveloppoit tous ies délits dont on leur portoit la
les thettre fous les yeux de Poiverel & de
Sonthonax. c'éroient Mzis ponr en revenir aux juges de la
bien récllement dos royaliftes; & c'étoit prévôté,
étoient
parce
royaliftas, > que T'aftemblée coleniale s'elk qu'ils
plaint fort amérement des nuages fous
toujours
mifion
lefqueis cette comenveloppoit tous ies délits dont on leur portoit la --- Page 75 ---
71,
eennoiffance. Ces hommes étoient des royaliftes, ces hommes
étoient des centersmolniomaies, ils ont été dénoncés
comme tels à Polverel & Sonthonax. Ils étoient confidérés
comme tels par l'aflemblée coloniale; ; ils n'avoient été conftitués par elle
pendant qu'elle étoit encore en minorité.
Ceshommes edentd des conte-resolutionnsies les hommes
de couleur & nègres étoient comte-révolationuines : il y
avoit donc intelligence entre eux. Il feroit donc abfurde
fous les
de l'aflemblée coloniale > la commifion
Ct
fuliller des yeux noirs & des hommes de couleur royaliftes &
comte-reolandonaires, de l'aveu même de Sonthonax.
Duny : Foreflier, le grand prévôt dont Sonthonax vous
parle, lui a été noimément dénoncé par la commune du
Cap. Th. Millet : Une minute pour répoadre à ce qu'a dit
Sonthonax, que la procédure d'Ogé eft un acte faux.
Sonthonax: Moi, je dernande la parole pour répondre à
ce
vient de dire Page.
2 préfident : Tu as la parole.
Sonchonax : Page vient de vous dire que l'allemblée coloniale s'étoit fait porrer les procédures faires par la commifion
prévotale. Il a inféré delà que l'affemblée coloniale n'auroit pas. fait apportér ces procédures, flon avoit dà y
trouver la preuve de fon intelligence avec la commiffion
prévôtale. Je n'ai jamais dit que l'affemblée coloniale commandât les fufillades;J'ai dit qu'elle les toléreit & fomentoit,
mais fur-tout qu'elle n'avoit ordonné aucune informarion,
aucune procédure contre les auteurs & fauteurs- de ces 1
crimes: : voilà ce que j'ai dit tout-à-l'heure. Je demande la
parole pour continuer les debats,, parce qu'en éternifant les
débats les colons difent que cela vient de nous.
dant, i eft certain que c'eft par les. fréquentes
EAte
qu'ils ont faités à Polverel &c à moi, que nous fommes eil
rerard fur l'efprit public de la colonie.
Fhomas Miller : L'accufation portée par Sonthonax exifte;
il'eft impertant de la détruire. J'ai dit dans les précédens
débats
Sonthonax avoit eu un intérêt à difraire du
greffe MRC Cap la procédure contre Ogé;jai dit que jen
donnerois la
& je vais vous dire ce que je fais à cet
égard. esacaria affirme que le teftament eft un acte faux,
fur l'efprit public de la colonie.
Fhomas Miller : L'accufation portée par Sonthonax exifte;
il'eft impertant de la détruire. J'ai dit dans les précédens
débats
Sonthonax avoit eu un intérêt à difraire du
greffe MRC Cap la procédure contre Ogé;jai dit que jen
donnerois la
& je vais vous dire ce que je fais à cet
égard. esacaria affirme que le teftament eft un acte faux, --- Page 76 ---
controuvé. Je déclare que j'ignore quel grand intérêt il avoit
à fouftraire cette pièce du gretfe du Cap, Travaillant ou
voulant travailler au précis hiftorique de la révolution de
-
Saint Domingue pour la Convention, puifque le voilà
maintenant fur le bureau, jai voulu aveir recours à cette
procédure dorit je favois qu'il exiftoit une expédition en
règle entre les mains des colons en France. Je m'adreffai à
un nommé Saint-Chéron, que je faveis en avoir connoiffance 5 il me diz: Vous irez dircétement au greffe demander
l'expédition de cette procédure; on vous la donnera ou on
la refufera, ou on vons dira qu'clle n'exifte plus. Je lui témoignai ma furprife de ce qu'on avoit pu louftraire cette
pièce du grefie. Ilme montie une ccpie du teftament d'Ogé,
fur laquelle il y avoit des mots de fa main, & que j'ai revue
dans les archives de la. commillion des colonies. Je ne fais
commeit elle y eft parvenue 2 mais je crois qu'elle eft au
rang des papiers du gouverneur Galbaut. 1l me montre cette
copie fur laquelle je, tranicrivis moi-même ce teftament
d'Ugé, qui a été lu ici; & allant aux informations pour
favoir fije pourrois avoir une copie enrière de la procédure,
j'apptis par Landais lui-r méme, le greflier, au'il ne pouvoit
m'en dohner une expédirion. Je lui demandai: Pourquoi ne
puis-je puiter dans un dépôt public? 11 me dit qu'il avoit
des ordres pour cela dut coromillaire civil.
Polverel: Des trois commiffzires.
Th. Miller: Non, il m'a dit, c'eft du.
Polyercl: Ce Fair eft des trois cemmiflaires, & on en dira
les motifs dans le temps.
Sonthonax: Ceque vient de dire Millet ne prouve pas que
le teftament dOge neft pas un faux, mais feulement que
nous avions déiendu d'en donner des expéditions & d'en
denner communication,
Polverel: C'étoit indifpenfable dans le temps.
Miller: Ceft faux.
teftament
Senhonax : Les débats fe font fermés hisr fur le
d'Oge & fur fen faux bien démoatré. Je n'ai pas. befoin
d'ajouter de nouvelles preuves à ce que je vous ai dit hier;
je crois qu'il eft relté la conviction intime àla commiflion,
& qs'elle reitera à la Convention & à tous ceux qui lifent
les débats, que ce teftamment d'Ogé n'eft qu'un chifion &
.
Miller: Ceft faux.
teftament
Senhonax : Les débats fe font fermés hisr fur le
d'Oge & fur fen faux bien démoatré. Je n'ai pas. befoin
d'ajouter de nouvelles preuves à ce que je vous ai dit hier;
je crois qu'il eft relté la conviction intime àla commiflion,
& qs'elle reitera à la Convention & à tous ceux qui lifent
les débats, que ce teftamment d'Ogé n'eft qu'un chifion & --- Page 77 ---
une pièce. informe qui a été compofée de concert avec les'
dépurés de Saiw-Demingue, 3 à F'aris, & les juges du
Jai dit hier qu'Ogé avoit été obligé de faire un circuit Cap. pour
arriver dans la coionie 3 j'ai ajouré méme qu'il avoit été
obligé de fe préfenter en aries pour réclamer les droits de
Thommes. Je n'invoquerai pas ici le prirc cipe général, que,
Jorique les droirs des hommes font violés, I'mfurredtion eft
le pius faint ees devoirs; je n'aurai pas recours à ce principe
général, qui eft plus vrai que jamais > puifque les colons
éteient en révolte diredte contre la loi du 28 mars:je me
bernerai fimplement à un fait pofitif, quis s'il a fui de la
mémoire des colons qui font ici, vous fera attefté par des
hommes dignes de foi.Avant le martyr d'Ogé , déja oil avoit
pendu au Cap un homme de couleur nommé Lacombe;
cet homme avoit préfenté une pétition aux blancs du
au comité provincial du
demarder que la Cap, déclaration des droirs de tCas Rorar applicable aux hommes
de couleur de la colonic. Ce Lacombe a été faifi fur-lechamp, & pendu le lendemain : or, comment voulez-vous,
citoyens, qu'Ogé, qui faveit que Lacombe avoit été pendu
pour avoir réclamé l2 déciaration des droits de l'homme 5
Héclaration qui avoit fait fuir Larchevefque Thibaud de
France pour aller apcftolifer dans les colonies contre les
décrets de l'aflemblée conftituante 3 comment voulez-vous,
His-je, qu'Ogé fit une pétition, lorfque les colons les recevoient fi bien?
Je demande que Larchevefque -Thibaud foit interpellé
He dire s'il fe rappelle que Lacombe a été pendu au Cap?
Landheichgac-thitaud : A quelle époque?
Sonthonax : Avant l'arrivée d'Ogé dans la colonie, au
Pommencement de lar révoiurion.
ZadindgseZluAnd.lc n'en ai aucune connoilfance.
Sonthonax : Je vois que Larcdeveque-Thibend n'a
plus de connoiffance de ce fait que de celui qui lui RaE
perfonnel, relativement à l'ordonnance de 1784: ch bien!
indique donc pour témcin, & témoin irréfragable
Larindguc-7nibud: Ma mémcire ne me fournit rien làHeffus.
Sonthonax: Je vous indique pour témoin de ce fait le
kitoyen Milor, actuellement à Paris, rue Louis Honoré;
ax : Je vois que Larcdeveque-Thibend n'a
plus de connoiffance de ce fait que de celui qui lui RaE
perfonnel, relativement à l'ordonnance de 1784: ch bien!
indique donc pour témcin, & témoin irréfragable
Larindguc-7nibud: Ma mémcire ne me fournit rien làHeffus.
Sonthonax: Je vous indique pour témoin de ce fait le
kitoyen Milor, actuellement à Paris, rue Louis Honoré; --- Page 78 ---
lel citoyen Gamor,
Domingue, le ciroyen repréfentant Mils, du peuple, député de St.-
Furé de Saint-I
repréfentant du peuple, dédu
Domingue; 5 le
peuple > depuré de
citoyen Belley, > repréfentant
citoyens blancs, noirs Saing-Dorningue, & de
& une infinité des
fera après à la commiflion de couleur, favoir qui fonr à Paris. Ce
débats, & pour éclairer fa
f, dans le cours des
tendre fur ce fair.
religion, elle doit les faire enV'erneuil : Je prie le citoyen
thonax de dire s'il n'a pas -préfident d'interpeller SonAlliaud, que l'on ne délivràr empêché, des ainfi que Polverel &
cédure d'Ogé, comme auffi de
expéditions de la proLacombe, parce que, comme préfenter c'eft
la procédure de ce
fation contre nous, ileft à préfumer un chef grave d'accunanti.
strement qu'il en étoit
plice Sonthonax d'Ogé. : Lacombe n'apoint été & n'apu être le comeft Verneril:] mort la Il ne s'agit pas de cela : vous dites que Lacombe
Sonchonax: première Dans année de la révolution.,
Taravéed'Ogé.
le commencement de la révolution,avant
humbie Verneuil: Et qu'il a été pendu pour avoir
pétition, où il réclamoit les droits préfenté une
Cerres, cn n'a pas pendu Lacombe fans
de Thomme.
y.en a eu une, vous devez en avoir
grocédure; & s'il
c'eft une pièce très- grave qui vous connoitfance : & ccmme
fervi contre nous; > je demande
auroir merveillsufemene
commiflion.
que vous la produifiez à la
Je Polvercl: le
: de Je demande la parole fur un mot de
prie
ne pas étendre nos aveux. Il
Verneuil.
que Polverel, Alliaud & Sonthonax
vient de dire
publication de la procédure d'Ogé. Oui avoient fans empéché la
feulions fait Gi nous euflions vu
doute, nous
de la publicité; mais nous ne qu'on eût voulu lui donner
/ je.viens de dire rour-à-lheure fe Favons borne pas fait, & ce Que
tivement à la défenfe faite à Landais, fridkement & poliTexpédition du teflament de mort d'Ogé, greffier, de donner
Sonthonaxs Je réponds aufli à
vcus queje vous produife la procédure Verneuil, relative cemment voulezpuifqu'elle ne m a jamais été remife, puifqu'elle à Lacombe, 5
eft dans
voulu lui donner
/ je.viens de dire rour-à-lheure fe Favons borne pas fait, & ce Que
tivement à la défenfe faite à Landais, fridkement & poliTexpédition du teflament de mort d'Ogé, greffier, de donner
Sonthonaxs Je réponds aufli à
vcus queje vous produife la procédure Verneuil, relative cemment voulezpuifqu'elle ne m a jamais été remife, puifqu'elle à Lacombe, 5
eft dans --- Page 79 ---
le greffe du Cap, puifque nous en fommes à 2000 lieues?
& certes > ne pouvant pas prévoir que je dufle être accufé
par décrer de la Convention nationale, je ne pouvois me
charger de toutes les procédures, dépofées aux greffes,
les trainer avec moi dans différens voyages que Jai faits Eons
la colonie. Ces pièces exiftent encore au Cap, & les repréfentans du peuple qui vont à Saint-Domingue pourront
les envoyer à la Convention nationale.
Le meurtre de Lacombe eft un fait de notoriété publique:
f Yous étiez de bonne-foi, vous T'avonericz. Au refte, je
vous inclique les témoins," *& je vous en produirai d'aurres,
parre que jamais je n'ai parlé à un feul homme étant au
Cep dans ce temps - la, , qui, lorfque je lui demandai
des informations fur cette malheureufe affaire , ne m'ait dit:
cela eft vrai; Lacombe étoit un homme de couleur quia été
pendu fous le règne de Bacon la Chevalerie (car c'eft ainfi
que Ton s'exprime), pour avoir fait une pétition dans laquelle il réclamoit l'égalité des droirs politiques avec les
plancs.
Voilà ceaque j'avois à répondre au fait relatif à Lacombe.
Page:Je n'ai qu'un mot à dire. Sonthonax vous a dit.
qu'il n'avoit PU fe munir de telle ou de telle pièce, parce
qu'il ne
pas préveir qu'il feroit décrété d'accufation
par la beeti nationale. Cependant, il devoit sy atendre, après ce qu'il avoit fair à Saine Domingue; & ila
fautant plus tort, , qu'il étoit déja.décrété d'accufation.
Quand au fait de Lacon.be, je fais. qu'en 1789, j'étois
lors au Cap, où j'ailois. très-peut, quoique iy euffe des
poffeflions. J'y.avois palfe quelques jours; j'appris que, dans
Lambarcadaire de Limonade, ils'éroit fait un raflemblemént
le noirs, d'hommes de couleur, même de blancs. Je fais
que l'affemblée provinciale du Nord, ou la municipalité, ou
e comité de Limonade ou du Cap envoyèrent contre le
affembleigent; qu'il eut des coups de piftolet & de fufil
irés de part & REAT fais que quelques- uns de ceux
qui compofoient le raflemblement ont été
ne fais
-
Lacombe en, étoit, mais je fais qu'il a été pris; pendu je quelju'un, & ce fur pour avoir fait partie d'un raflemblement
ilégal.
provinciale du Nord, ou la municipalité, ou
e comité de Limonade ou du Cap envoyèrent contre le
affembleigent; qu'il eut des coups de piftolet & de fufil
irés de part & REAT fais que quelques- uns de ceux
qui compofoient le raflemblement ont été
ne fais
-
Lacombe en, étoit, mais je fais qu'il a été pris; pendu je quelju'un, & ce fur pour avoir fait partie d'un raflemblement
ilégal. --- Page 80 ---
Sonchonax: : Je crois
le
parle ici du citoyen.
c'eft citoyen Page fe trompe; il
une
Cendlite
étrangère à Lacombe. Ce
affaire parriculicre &
cadaire de Limontde
Gentil, cabaretier à
de fufil, lui; mais. , a effedlivement effayé quelques Lambarc'étoit une véritable infaurrection je ne crois pas qu'il ait été pendu coups
maisje parle d'un meurtre judiciaire. pour les droitsde Pnbotoei
tielles, Pege: la Quoi ftite qu'il en foit de ces motifs
le
nous a fait voir qu'elles d'infurredtions parpar gonvernement, Lacombe a été avoient été fuggérées
On a pendu bien d'autres
puni par le tribunal,
crime de la mort de Lacombe, fcélerats il
: fi l'on veut faire un
le tribunal a péché; il faut
faut que l'on dife en quoi
a été prononcée à cet égard. que Il l'on eft rapporte la fentence
qui veut faire un
éronnant
Eie
crime aux
que SonLacombe 3 n'ait pas apporté les
juges du jugement de
Verneuil: En deux mots, je vais pièces avec' lui.
Sonthonax vient de dire far Lacombe prouver eft
que ce que
ouvrages barie de Raymond; rclatifs à Ogé,
faux. Tous les
quel l'on a commifea fon
retentiffent de la barde Lacombe eût été une chole égard. Cerminaltent, la mort
.pendu pour une fimple pétition. plus horrible, f on l'aroit
muond, qui a tant parlé d'Ugé, Elt-il à croire
Non.
n'edt pas parlé.de Ezaiti RaySonthonax, vous venez de l'avouer.
La féance eft levée.
Le regifre des préfences efl
J. PH.
LECOINTE ( des MAE
GARRAN 3
Foucni
Slats,
(de Nantes), pati lecrétaire ;
GRECOIRE
Du
u pour une fimple pétition. plus horrible, f on l'aroit
muond, qui a tant parlé d'Ugé, Elt-il à croire
Non.
n'edt pas parlé.de Ezaiti RaySonthonax, vous venez de l'avouer.
La féance eft levée.
Le regifre des préfences efl
J. PH.
LECOINTE ( des MAE
GARRAN 3
Foucni
Slats,
(de Nantes), pati lecrétaire ;
GRECOIRE
Du --- Page 81 ---
Du 9 ventôfe, Fan' troifième de la République frangaife
une 6 indivifible.
LA féance s'ouvre par la ledure des débats de la
la rédaction en eft adoptée.
veille;
Brulley : Je ne me rappelois pas plus que mes
de l'évènement de La:ombe. Je n'ai pas pris la parole collègues,
que cet évinement ne fe retraçoir pas à ma mémoire. hier,
Ftr ai parlé à plulieurs colons ; tous m'ont dit que la caufe
pour laquelle cet Lomme avoit été arrêté, étoit un acte colporté par lui dans la ville du Cap; un écrit commenc. ant
par ces mois : Au nom du pere & di fiis & du
Cela ne reffemble point au fyle d'une
Saint-Elprit. cela ne tendoit qu'à faire incendier le Cap, & pétition; égorger les habirans.
Lacombé a été arrêté comme En homme qui s'étoit mis à
la tête des brigands, qui, comme lui, vouloient
la ville du Cap. Son procès fut fait, la pièce eft anéantir
& il fubit la mort que febiflent les hommes qui y
jeinie,
à l'aflaflinar & au meurtre. Voila tout ce qu'on provoquent m'a dit
Thiftoire de Lacombe; voilà ce que j'ai dû vous tranf de
mettre.
Sonthonax : Je prie le citoyen - préfident
Brulley de dire fi la pétition confiftoit toute entière d'interpeller dans
mots : Au nom du pères & dst fils 6 du Saint E/prit. ces
Brulley :Je: ne l'ai paslue, sj'aidit qu'on m'avoir dit qu'elle
commençoit par ces mots.
Sonthonax: Cela n'empêche pas que Lacombe (car peu
importe du
que Lacombe ait commencé par Ces mots: Au nom
père,b dufls & du Saint-E/prit, ou qu'illesait
iln'en eft pas moins vrai, dis-je, quil a demandé fupprimés), que les
hommes de couleur faffent élevés al la haureur des blancs.
Cela étoit très-incendiaire 2 car on a trouvé les
d'Ogé& de Ferrand de Baudière
pétitions
mesinceudiaires,on ai trouvé
Tome III, Vingt-cinquième liyraifon.
F
: Au nom
père,b dufls & du Saint-E/prit, ou qu'illesait
iln'en eft pas moins vrai, dis-je, quil a demandé fupprimés), que les
hommes de couleur faffent élevés al la haureur des blancs.
Cela étoit très-incendiaire 2 car on a trouvé les
d'Ogé& de Ferrand de Baudière
pétitions
mesinceudiaires,on ai trouvé
Tome III, Vingt-cinquième liyraifon.
F --- Page 82 ---
Voilà qu'elles tendoient auff à la deftruéion du régime colonial.
pourquoi Ferrand de Baudière a el
conme Oge a été roué, Dans le cours des la tête coupée
tendu qu'Ogé avoit péri fur la roue; 5 & débits, on a préà pleines mains fa rage coloniale far Verneuil qui a verfé
quoiqu'ilfit venu infulrer à fa
Oge, a été forcé s
Balam,d delel bénir. Car il a dirquefe mémoire, a éret forcé comme
Rivière, lors de fa prife par Oge, il a trouvan: lui àla Grandetrès-bien reçu d'Ogéqui ne
défarmé bré,
Verneuil,
tenré de défarmer les gens Tapoin: qui é:oknt
> quis'eft condonné fon cheval, & quila
avec lui, qui lui a
à Ogé d'avoir défarmé les blancs prorégé.Peut-en faire un crime
cent ans lui & fa cafte? il étoit la qui T'opprinioient depais
il les a défarmés, &, pourles avoir victime de ces tyrans;
affallin ! Mais, dit-" on, les
défarmés, il paffe
vanne, &cc., ont afliffiné.Je ne compagnons fais pas fi d'Ogé, ERur
finé. Si les compagmons
Chavanne a aflafpas fi Chavanne a aflalliné, d'Ogé ont allatiné, je ne fais
monde peut le croire & induire, mais je fais, & tout le
produit par le rafiemblement
, que dans le mouvement
faire quily ait eu des excès. commandé Mais on par Ogé, il peut fe
à un chef qui avoit T'humanité
ne peut les reprocher
lui accorde. On ne pouvoir que Verneuil lui- même
excès qui font les fuires nécelfaires pas d'une reprocher à Ogé les
par les tyrans qui s'oppofent aux droits de infurrection caufés
feuls font coupables des excès d'une
l'homme, Ceux-là
exci:ée Par leur réfiftance aux
révolution de
qui lont
feuls étoient coupables des principes la juftice; ceux-là
lui ont refufé les droits politiques. excès des On compagmons d'Ogé,
ut ctonné que dans ce te.) ps-la on ait refifea vous a dir:faueid
politiques, puilqu'en Fra ce; au
Cgéles droits.
tion, à la formation des agémblées commencement de la révoluprotefans 8 esjuifs, & ceux qui dans primaires ce
3 On a rejeté les
pas pour citayens aitifs? D'abord, il temps-là ne Palfoiene
raienc de leur lifte les proteftans,
faut que les colons
fait
T'état civi! des proreflans étoit parce que tour le monde
Atuden Refte à préfenr les juifs dont garanti avant la réPage: Je demande la
OH parle.
Sonthonax de dire fi les hommes parole
un fait.Je demande à
l'état
pons
civil dans la colonie avant leur arrivée. couleur n'avoient pas
pour citayens aitifs? D'abord, il temps-là ne Palfoiene
raienc de leur lifte les proteftans,
faut que les colons
fait
T'état civi! des proreflans étoit parce que tour le monde
Atuden Refte à préfenr les juifs dont garanti avant la réPage: Je demande la
OH parle.
Sonthonax de dire fi les hommes parole
un fait.Je demande à
l'état
pons
civil dans la colonie avant leur arrivée. couleur n'avoient pas --- Page 83 ---
Sonthonax: C'ef précifément parce gu'ils avoient l'état
civil, que vous n'aviez pas. le droit de leur refufer les droits
poliriques.
Page : Je demande alors fi les proteftans avoient l'état
politique 2
Le préfident : Ce ne font pas des faits néceffaires à la difcullion. Laiffe continuer.
Sonth nax : Barnave étoit proteftant, & Barnave étoit
l'aflemblée conftituante.
de
Polverel: Ainfi que Rabaur-Sain-Eienne,
Sonthonax : Je continue, & je dis qu'il eft vrai
exiftoit des ordonnances qui refufoient l'état civil aux qu'il
mais on ne peur faire aucune efpèce de comparaifon juifs;
l'état civil refufé aux juifs en
& l'érar
entre
refufé aux hommes de couleur dans France, les colonies. politique
civil & politique étoit refufé aux juifs, en vertu Car Térat
nances anciennes & barbares que je
d'ordone
ces ordonnances anciennes S accordoient n'approuve aux affranchis pas; mais
la colonie les droits civils & politiques. Car l'édit de dans
leur accordoit les mimes droits, immunités 6
168;
les blancs avoient dans la colonie. N'argumentez privitiges donc que
d'anciennes lois, puifque les ancienneslois font contre vous. pas
L'édit de 168;. vous forçoir à reconnoitre l'égalité des hommes
de couleur. Vous aviéz donc contre vous les lois de la
ture, la volonté de l'aflemblée nationale ; &, quip
nales anciennes ordennences-Narpies donc plus de plus la eft,
paraifon fingulière que vous avez faite entre l'état civil com- &c
politique, , refufé aux juifs en France dans le
de la révolution, en vertu des anciennes commencement
l'état civil & politique que vous avez refulé ordonnances, aux
&
contre le texte précis de Tédit de 168,. On vous a dit mularres, enfuite,
prouver qu'Ogé étoit un
Eourt club établi à Paris, hôtel
membre
club étoit un club de
d'argenfon.
a dit
ce
tetge
con/pirateurs, que c'étoit ls
contre-révolution
la
fayer 1
qu'on médicoit dans la colonie, 6 le
qui a communiqué l'incendie. dans la partie du
fayer 12
fe machinoient les
nord; que
la colonie de
projets, 3 qui depuis, J ont amené la ruine de
membres de Sunt-Domingee. Tléf vrai qu'Cgé & tous les
ce club confpirateur, confpiroienr dans
des colons , car ils conipiroient pour la liberté & Tégalité; le.fens
F 2
'on médicoit dans la colonie, 6 le
qui a communiqué l'incendie. dans la partie du
fayer 12
fe machinoient les
nord; que
la colonie de
projets, 3 qui depuis, J ont amené la ruine de
membres de Sunt-Domingee. Tléf vrai qu'Cgé & tous les
ce club confpirateur, confpiroienr dans
des colons , car ils conipiroient pour la liberté & Tégalité; le.fens
F 2 --- Page 84 ---
ils confpiroient pour le triomphe des
pour le recouvremenr des droirs qu'on principes français,
Voici, citoyens, les: aétes de ce cleb Ieur avoit arrachés.
ileft très-néceflaire
delhôtel
de
que je vousialle
d'Argenfon;
ces aétes ; il eft néceffaire
leéture de quelques-uns
quelques actes pour conftater que je vous falle lecture de
vous jugerez alors fi
quel éroit l'efprit du club,&
étoit formé de
c'étoit un foyer de confpiration, Ce club
Joly, alors fecrétaire de la
Raymond, dont vous connoiflez les
commune 3 de
n'a jamais été douseufe; de
principes > dont la vertu
& Brulley; de Raymond, qui Raymond, a
calomnié par Page
& colonies un arrécé qui a.déclaré cbienuau comité de marine
fauflaires; de Fleury, homme de Page & Brulley d'infames
Brulley : Je demande à
couleur,Tellier & caroflier
été reconnus comme fauffaires Senthonak, puifque nous avons
y avons produit des pitces, au & comité l
de marine, fi nous
tendus.
nous y avons été enSon honax: Vous avez été
/
en préfence de Raymond, fur entendus le fens au comité de marine
lui attribuez." Le fens de cette lettre, felon d'une lettre que vous
Raymond avoit arraché fix millions des hommes vous, étoit que
quil devoit partager avec Briflor &
de couleur,
vous nommiez comme confpirazeurs. d'autres perfonnes que
lettre, & il a démontré
c'étoit à Raymond a produit la
cufé, & la différence
avoit tort.qu'il étoit acdonniez à fa
entre le fens que
-
lertre, & celui quis'y trouvoit
vous
Ilseft trouvé que vous avez calomnié
vérimblement..
aviez mal interpréré fa lettre, que vous Maymond,que l'avez
vous
fement; que vous l'avez calomnié d'un bour de acculé faufl'autre, & l'arrêré du comité de marine &c des
la France à
ce que j'avance.
colonies prouve
foient Brulley:Je demande que les regiftres du comité de
vouloit compulfés 5 on y verra que la difcuflion
marine
entamer > étoir perfonncile entre eux queRaymond
nous avons refufé de nous
& nous 3 que
propofé à Raymond de comparoitre tranfporter au comiré; nous avons
quie nous irions avec lui; que
devant les tribunaux; 5
& que là il a fait décider ce Raymond cu'ila a été feul au' comité,
Sonchonax: Vous dites que l'arréré voulu. a été
abfence; je foutiens que vous ayez été en pris en votre
préfence de Ray-
ile entre eux queRaymond
nous avons refufé de nous
& nous 3 que
propofé à Raymond de comparoitre tranfporter au comiré; nous avons
quie nous irions avec lui; que
devant les tribunaux; 5
& que là il a fait décider ce Raymond cu'ila a été feul au' comité,
Sonchonax: Vous dites que l'arréré voulu. a été
abfence; je foutiens que vous ayez été en pris en votre
préfence de Ray- --- Page 85 ---
8r
mond fur cet objet ; vous avez commencé par difcuter
vous
quand
avez Vu que vous aviez le deffous;, vous vous êres
retiré, comme vous le ferez probablement dans. cette affaireci; vous avez écrit que vous ne pouviez vous rendre au
comité de marine > parce que des affaires vous en
choient. C'eft alors qu'on a jugé & qu'on a dû juger empêvous aviez eu tort d'accufer Raymond. Voilà ce que j'aveis que
a dire fur ce fujer.
Brulley : J'attefte ici que nous ne nous fommes jamais
rendus au comité avec Raymond pour y difcurer fur cette
affaire. Nous avons été au comité pour une difcuflion relative aux lettres-de- charige de Saint-Dominguc. Raymond
s'y eft. préfenté; ; il a apporté un tas de' papiers qu'il a dit
être les originanx de fes lettres : il a voulu engager une difcullion; là-deffits, mon collègue & moi, nous nous fommes
retirés. C'eft dans le fecrérarincque nous avons écrit la leutre
parlaquelle nous annoncions au comi:é que nous ne pouvions
nous trouver à cette difcuflion. Le lendemin, nous avons
encore écrit que nous ne pouvions pas nous tranfporter au
comité des colonies, parce
nos affaires ne nous permettoient pas d'y aflifter. Que AFR Raymond fe trouvoit inculpé,
il pouvoit nous traduire devant les tribunaux; que nous y
comparoitions., & que nous nous y expliquerions; il ne
l'a, pas fait.
Page: Je demande qu'on
les regiftres
conftatent le tefus que nous avons FPROTE de paroitre.
qui
Sonthonax : La commiflion jugera ce qu'il y a à faire à
cet égard.
Brulley : L'arrêté a été affiché dans tout Paris.
Sonthonax : Vous avouez donc que' cei arrêté a été pris?
Brulley : Ila été affiché par-tout, pendantque nous étions
en prifon.
Sonthonax : Celui qui déclare que c'eft à tort que vous
avez accufé Raymond: donc il eft inutile de l'apporter.
Brulley:Maisil faut apporter les regifties qui font mention
de nos lettres.
Sonthonax : Ce n'eft pas à moi
Brulley: : Ah! c'eft à nous.
Le préfident à Sonthonax : Reprends les débats.
Sonthonax : Voici la première adrefle quia été préfentée
F 3
en prifon.
Sonthonax : Celui qui déclare que c'eft à tort que vous
avez accufé Raymond: donc il eft inutile de l'apporter.
Brulley:Maisil faut apporter les regifties qui font mention
de nos lettres.
Sonthonax : Ce n'eft pas à moi
Brulley: : Ah! c'eft à nous.
Le préfident à Sonthonax : Reprends les débats.
Sonthonax : Voici la première adrefle quia été préfentée
F 3 --- Page 86 ---
à T'allemblée nationale : vous allez
par le club d'Atgenfon animoit cette fociété.
juger de l'efprit qui
nationale, extraite des actes
AdrefTe APAfemblée
du club de lPhôtel d'Argenfon.
nofeigneurs les repréfentans de la nation.
An nefeigaeurs,
ec NOSSEIGN! E U R S,
de couleur des ifles &
>> Les citoyens libres & propriétaires de vous repréfenter;
des coicnies trangaifes, ont Thonneur contrées de cet em-
> Qu'il exifte encore dans avilis une & des dégradés; une clafle de
pire, une efpèce d'hommes à toutes les humiliations de T'efcitoyens voués au mépris
gémiffent fous le joug
clavege; en un mot, des le Français fort des qui infortunés colons améride T'opprellion. dans Tel les eft ifles, fous le nom de mulâtres, quarcains, connus
& libres, ils vivent étrangers dans
terons, &c. Nés citoyens exclus de toutes les places, de toutes les
leur propre patrie, les
On leur interdit jufqu'à
dignités > de toutes
profellions.
foumis aux difT'exercice d'une partie des arts mécaniques; T'efclavage au fein
tinctions les plus aviliffantes, ils trouvent
même de la liberté.
dans toute la
ont été convoqués
>> Les étars- généraux emprellé de feconder les vues bienfaifantes
France ; on's'eft
de toutes les claffes ont été apdu monarque: : les citoyens de la régénération publique 5 tous
pellés au grand ceuvre formation des cahiers & à la nomination
ont concouru à la
leurs droits & ftipuler leurs
de députés chargés de défendre
intérêts. cri de la liberté a retenti dans l'autre hémifphèresil il
>> Le
érouffer
fouvenir de ces diftincauroit dû fans doute
jufqu'au d'une même contrée;il
tions ourrageantes entre les de citoyens plus odieufes encore.
n'a fait qu'en développer ariftocratie, la liberté n'eft que le
>> Pour l'ambitieule
fur les autres hommes..
droit de dominer fans partage
0 a
e
intérêts. cri de la liberté a retenti dans l'autre hémifphèresil il
>> Le
érouffer
fouvenir de ces diftincauroit dû fans doute
jufqu'au d'une même contrée;il
tions ourrageantes entre les de citoyens plus odieufes encore.
n'a fait qu'en développer ariftocratie, la liberté n'eft que le
>> Pour l'ambitieule
fur les autres hommes..
droit de dominer fans partage
0 a
e --- Page 87 ---
8;
Ie préfident : C'eft une pièce publique; 5 il eft inutile de
la lire en entier.
Sonthonax: Elle eft bien effentielle > puifqu'on vous a dit
que c'étcit un club de confpirateurs, & qu'elle tend à prouver
qu'au lieu d'ètre un club de confpirateurs, il étoit compolé
d'amis de la liberté & de l'égalité, & d'hommes qui étoient
dans le fens de la révolution.
Le préfident : Le commencement de la pièce indique dans
quel iens elle eft rédigée.
Duny : Les adrelles des Jacobins étoient ainfi rédigées.
Sonthonax: Alors je. vais vous lire deux articles feulement
de leurs doléances; 5 ce ne fera pas long: voici le cahier contenant les plaintes, doléances & réclamations des citoyens de
couleur des colonies françaifes.
€c Article III. Les créoles affranchis, ainfi
leurs enfans &cleur
doivent jouir des mêmes
rangs,
deaniee
poftérité,
prérogatives, franchifes, priviléges que les autres colons.
9> Article IV. A cet effet, les créoles de couleur demandent que la déclaration des droits de l'homme arrêtée dans
l'affemblée nationale leur foit commune avec les
en conféquence, que les articles LVII & LIX de l'édit
Pari:
mois de mars 1685, foient renouvelés & exécutés fuivant
leur forme &c teneur.
>> Article V.Pour faire ceffer les diftinétions humiliantes
qui, au mépris de la loi, ont régné jufqu'à préfent entre les
hommes blancs & les hommes de couleur, > dans quelque claffe
que la nature les ait placés, il doit être pris des réfolutions
qui fixent irtévocablement les droits & les prétentions refpectives des citoyens oppreffeurs, & de ceux qui font opprimés.
>> Article VI. En conféquence, l'affemblée nationale fera
fuppliée de déclarer;
>> 1°. que les nègres & les créoles de couleur feront admis
concurremment avec les blancs à tous les rangs > places,
charges, diguités, honneurs, > en un mot, qu'ils partageront
avec les blancs les fonétions pénibles & honorables' du gouvernement civil & du fervice militaire,
F 4
reffeurs, & de ceux qui font opprimés.
>> Article VI. En conféquence, l'affemblée nationale fera
fuppliée de déclarer;
>> 1°. que les nègres & les créoles de couleur feront admis
concurremment avec les blancs à tous les rangs > places,
charges, diguités, honneurs, > en un mot, qu'ils partageront
avec les blancs les fonétions pénibles & honorables' du gouvernement civil & du fervice militaire,
F 4 --- Page 88 ---
3) 19, Que pour Cet objer, l'accès des tribunaux leur fera
ouvert, quils pourront p.rvenir aux premitres places del judicature, comme il leur fera libre de fe livrer aux fonctions
fecondaires que la juftice entraine néceffeirement: après clie;
telle que celles d'avocat, notairc, de procureur > de greffier,
d'huillie, & toutes aurres, quelle que loir leur dénomination,
foit en France, foir dansles colonies.
>> s°.Quils, feronc également promus, avec la même concurrence, à toutes les places & charges militaires, en forte
que leur couleur ne foit plus déformais un titre d'exclaficn.
Il eft inutile d'en lire davantnge; tout le cahier eft dans
le même fens; c'eft une réclamation perpétuelle de la d6clararion des droits de l'komme.
Poge: De quelle date ?
Sonthonax : Rédigé & lu dans les affemblées des 2,
8 & 22 novembre 1789. Signé, Fleury, Odigé, Laodt
cade, 8cc.
Page: Voulez-vous me le communiquer?
(Sonthonax le communique ).
Sonthonax : Ce Fleury éroit le fallier-carroflier, rue de
Seine ; commiffaire des hommes de couleur, qui, dans le teftament d'Ogé, eft accufe-d'être defcendu à Saint-Domingue
pour y foulever les noirs.
Ciroyens, voici un article qui eft d'Ogé lui-même;
membre de cette fociété, demanda que fes collègues fe Ogé, tranfporiaffent à la fociété correfpondante des colons.
à T'hôtel Mafliac, pourleur propofer de confentir, français au nom s
des Américains qui étéient à Paris, à l'egalité des droits
entre les homies de tontes les couleurs. Ogé,d dans le dif
cours qu'il fit, y inféra ce paragfaphe pour mon rer la néccflité qu'il y. àvoit d'améliorer le fort des noirs, & de
changer le régime de l'efclavage dans les colonies.
Motion d'Ogé d l'assemblie des colons d Photal
Massiac.
Mais, meflieurs, ce mot de liberté qu'on ne prononce
pas fans enthoulialme, ce mot qui porte avec lui l'idée du
ies de tontes les couleurs. Ogé,d dans le dif
cours qu'il fit, y inféra ce paragfaphe pour mon rer la néccflité qu'il y. àvoit d'améliorer le fort des noirs, & de
changer le régime de l'efclavage dans les colonies.
Motion d'Ogé d l'assemblie des colons d Photal
Massiac.
Mais, meflieurs, ce mot de liberté qu'on ne prononce
pas fans enthoulialme, ce mot qui porte avec lui l'idée du --- Page 89 ---
8;
onheur, ne fit-ce que parce qu'ilfemble vouloir nous faire
ublier les maux que nous fouffrons depuis tant de fiècles;
ette liberté, le plus grand, le premier des biens , eft-elle
ire pour tous les hommes : Je le crois. Faur-il la donner
tous les hommes 2Jel le crois encore. Mais comment faut-il,
donner 2 quelles en doivent être les époques & les conitions : Voila pour nous, meilieurs 2. la plus grande, la plus
aporrante de toutes lesqu. ftions; elle intéreffe TAmérique,
Afrique, la France, TEurope enrière 5 & c'eft principalent cet- objet qui m'a déterminé > mellieurs, à vous prier
vouloir bien m'entendre. Si l'on ne prend les mefures
S plus promptes, les plus eflicaces; fi la fermeté, ,1 le couge, la conftance ne nous animent tous 5 fi nous ne réuflons pas vite en faifceau toutes nos lumières, tous nos
oyens, > tous. nos efforts; fi nous fommeillons un inftant fur
bord de l'abyme 5 frémiflons de notre réveil! voilà le
11 coule, voilà nos terres envahies, les objets de notre fang.
dufhie ravagés, nos foyers incendiés; voilà nos voilins,
S amis, nos femmes, nos enfans égorgés & mutilés;
ilà l'efclave qui lève l'étendard de la révolte; les ifles ne
nt plus qu'un vafte & funefte embràfement; le commerce
anéanti, la France reçoit une plaie mortelle, & une mulude d'honnêtes, citoyens font appauvris, ruinés; nous
rdons tout.
Mais, meflieurs > il eft temps encore de prévenir le détre. J'ai peut-être trop préfumé de mes foibles lumières;
sj'ai des idées qui peuvent être utiles : fi l'affemblée veut
admettre dans fon fein, fi elle le defire, fi elle veut m'auifer à rédiger & à lei foumettre mon plan, je le ferai avec
aifir, même avec reconnoillance, & peut-étre pourrai-je
ntribuer à conjurer lorage qui gronde fur notre tète.>
Vous
> citoyens, de quelle com@arationsoceapoit
gé. Après PTERA réclamé les droits de fes frères, il ne s en
nt pas là; il dit: Nous avons nos
dans la fervitude;
n'eft pas une liberté fubite qu'il Paturt leur donner, c'eft
e liberté graduelle, comme Page l'a dit dans les dernières
nces qu'il a occupées; c'eft une libecté graduelle, telle
elle puiffe empêcher la révolte des noirs & conferver nos
opriétés : voilà le genre de confpiration dont s'occupoit
club d'Argenfon; c'eft ainfi qu'ils confpiroient contre les
dit: Nous avons nos
dans la fervitude;
n'eft pas une liberté fubite qu'il Paturt leur donner, c'eft
e liberté graduelle, comme Page l'a dit dans les dernières
nces qu'il a occupées; c'eft une libecté graduelle, telle
elle puiffe empêcher la révolte des noirs & conferver nos
opriétés : voilà le genre de confpiration dont s'occupoit
club d'Argenfon; c'eft ainfi qu'ils confpiroient contre les --- Page 90 ---
contre 1
principes français; c'eft ainfi qu'ils devez confpiroient à tout Ce
révolution. Voyez quelle foi vous
ajouter foit contre Ogé
les colons viennent vous débiter,
de COLL
que
foit contre les hommes
foit contre fes compagnons, à Paris les droits de Fhomme.
leur qui réclamoient
font venus à Ferrand de
RAC
avoir parlé d'Ogl, ils en dans les premières féances. Ils or
dont je vous ai parlé Ferranl de Baudière a. été marty
dit: On dit encore que éréimmolé
les droits de Thomme
de la liberté, qu'ila de Baudière a E condamné comme COI d
mais ce Ferrand
juge prévaricateur > par un arrêt
cullionnaire,, comme
rendu en 1484.
confeil fupéricur du Porr-au-Prince, pourrois-je, fajre une interpe
Page: Citoyen préfident,
fur Ogé me paroit finie.
lation for Ogé? car la queftion
Le préfident : Tuasla parole.
a dit qu'Ogé étc
: Je demande à Sonthonax, s qui
relati
Page exécurer, dans les colonies, , les décrets
venu faire
coloniale & la 'ce
de couleur; Alaflemblée
A
aux hommes obér facilement à toures les lois émifes o
lonie n'ont pas couleur; fi l'affemblée coloniale n'a pas
les hommes de
mai fàr exécutée, lorlqu'elle lui fer
donné que la loi du 15 Je demanderois encore s'iln'a pas
notifiée officiellement.
débats que l'art. IV
bien démontré
les précédens
pas les hommes
inftruétions du D3F mars ne concernoit
couleur.
eft érrangère à la d
Le préfident : Cette interpellation
cullion actuelle.
à Ferrand de Baudière, je dis qu
Sonthonax : Quant
inculper fes intentions >
eft bien éronnant arrèt que, > réndu pour en 1784 par un confeil
aille exciper d'un
confeil dont tous les colons fe f
Por-au-Prince, un
fans ceffe à l'aflemb
toujours plaints," "quils à ont fes dénoncé miniftres ; un confeil fupéric
nationale: > au roi &
de T'Ouelt a elle-méme cal
Taflemblée provinciale les officiers miniftériels de la'j
E" qu'elle a remplacé par enfin qu'ils ont préfenté dans t
tice; un confeil (upérieur
de royaliles& de cont
les temps comme une agrégation
qu'on vient met
révolutionnaires: c'eft ce confeil fupéricur Eh qu'importe
avec Ferrand de Baudière!)
ave
en oppalition de Baudière ait eu quelque chole à démèler
Ferrand
-méme cal
Taflemblée provinciale les officiers miniftériels de la'j
E" qu'elle a remplacé par enfin qu'ils ont préfenté dans t
tice; un confeil (upérieur
de royaliles& de cont
les temps comme une agrégation
qu'on vient met
révolutionnaires: c'eft ce confeil fupéricur Eh qu'importe
avec Ferrand de Baudière!)
ave
en oppalition de Baudière ait eu quelque chole à démèler
Ferrand --- Page 91 ---
eil fupérieur du Port-au-Prince ? Sagiffoit-il alors de
cipes révolutionnaires? ? Ferrand de Baudière eft arrivé
Petit-Goave avec les principes français : il eft bien sûr
Ferrand de Baudière a fait une pétition.
C préfident : Ça été dit & développé par Polverel; tu
ajoutes rien de nouveau. A moins que tu n'aies quelque
bien pofirif..
onthonax : Je vous prie d'interpeller Senac G, à l'époque
affaflinat de Ferrand de Baudière, , iln'étoit pas membre
municipalité du Petit-Goave.
enac: Jen'étois pas membre de la municipalité du-Petitve, puifqu'il n'y en avoit pas à cette époque de formée
int-Domingue.
onthonax : Vous étiez membre du comité du Petitve.
enac : J'érois fecréraire-adjoint.
aubonneau: J'étois membre dece comité à cette époque;
Ferrand de Baudière n'a pas été jugé par ce comité.
enac : J'ai été* par fuite membre du comité du Petitves mais Ferrand de Baudière avoit péri.
onthonax : Ferrand de Baudière a étéjugé par le comité
Petit-Goave, réuni à une députation de la come.
enac : C'eft un faux. J'interpelle Sonthonax de produire
ièce qui prouve que Ferrand a été jugé au Petit-"
ve.
onthonax : Je réponds qu'il a été jugé au Petit-Goave,
le lieu même oà la municipalité a tenu depuis fes
ces, & que c'eft par des commiffaires réunis à ceux du
ité qu'il a été jugé. Valentin Cullion, l'un des plus
gés faétieux de l'allemblée de Saint-Marc, & leur orateur
barre de l'aflemblée conftituante, eft celui qui a donné
conclufions.
aubonneau : Je déclare que le fait eft faux : jy étois.
onthonax: : Vous déclarerez tant que vous voudrez que
it eft faux.
enac : Je réitère mon interpellation, & je demande que
thonax , qui annonce ici un fait faux & très-faux > foit
d'apporter furle bureau ln pièce qui prouve que Ferrand
Baudière a été jugé au Petit-Goave.
aflemblée conftituante, eft celui qui a donné
conclufions.
aubonneau : Je déclare que le fait eft faux : jy étois.
onthonax: : Vous déclarerez tant que vous voudrez que
it eft faux.
enac : Je réitère mon interpellation, & je demande que
thonax , qui annonce ici un fait faux & très-faux > foit
d'apporter furle bureau ln pièce qui prouve que Ferrand
Baudière a été jugé au Petit-Goave. --- Page 92 ---
S8
Sonthonax: Jamais les colons n'ont niés que Ferrand
Baudière eût étéjugé au Petit-Goave.
étois alors.
Daubonneau : Jamais il ne Fa deft éré; faux; jy mais je veux
Senac : Je le nie, parce que
preuve de ce que vous avancez. eft dans les archives des bures
Sonthonax : La preuve la
fois que les col
de la marine ; & Ceft Baudière pour ait première été jugé au Perit-Goa
nient que Ferrand dans de un écrit de Page, que les difcouis
Je
trouver crateur, de Valentin de Cullion, ont cond
tet du jeune
à avoir la tête coupée. Je ne fais d
Ferrand de Beaudière mais
apporterai la preuve
quel ouvrage je T'ai lu;
j'en
main.
demande, 1°.
la commiflion afligne à S
Page : Je
que fournir la pieuve qu'il R
thonax un terme moral pour de la. marine. Il lui iera a
tend êrre dans les bureaux
de fe
d'au
facile de la fournir qu'il lui a été
procurer
pièces. Sonthonax: Il faut lesbureaux de la marine nous foi
ouverts par un arrété 9et la commiflion. écrit
Ferrand
: Quant à moi, je dis que j'ai
que mais il n'a
n avoit été affalliné au Petit-Goave; car
ne
été jugé. Je fais que ce Valentin Cullion >
je
nommé, & je le nomme; ce même Valentin
pas
de Saint-Marc pour
pallera L
abandonné Taffemblée eft
à Sr-Domingue dans le parti des mi
qui enfuite du paffe
: fais que ce même Vales
tres , parti gouvernement la
qu'on peut s'expri
Callion: a ameuré populace.
cRRtE
Ferrand de Baudière au Perit-Goave; mais qu
contre
c'eft ce que je n'ai jamais fu ni éd
ait eu un jugement, Sonthonax, dans un temps détermi
& je demande quefoit tenu de fournir la preuve.
vient de dire Page ;
Sonthonas : Vous voyez ce que
qui m
parfaitemenr répondu pour moi Daubonneau. aux interpellations Il vient de
été faites par Senac &c par été affafliné au Petit-Goave
que Ferrand de Baudière di Callion avoit ameuté contre
le peuple, que Valentin Valentin a é'é Y'orateur de Yaflemblée de
que ce même barre de T'affemblée conftituante; que de là 1
Marc à la
le fait
excitée par
paffe en Angleterre : mais
del'émeute
r répondu pour moi Daubonneau. aux interpellations Il vient de
été faites par Senac &c par été affafliné au Petit-Goave
que Ferrand de Baudière di Callion avoit ameuté contre
le peuple, que Valentin Valentin a é'é Y'orateur de Yaflemblée de
que ce même barre de T'affemblée conftituante; que de là 1
Marc à la
le fait
excitée par
paffe en Angleterre : mais
del'émeute --- Page 93 ---
in Cullion contre Ferrand de Baudière, eft antérieur à
paflage eil Angleterre. Il eft donc certain que Ferrand
Baudière a été jugé par une aflemblée populaire;
é décollé, & que Valentin Cullion a excité le qu'il
rel lui.
peuple
age:1 Ila été jugé comme beaucoup d'honnêtes gens l'ont
au 2 (eptembre.
enac: Il eft important
je donne quelque éclaircifent far ce fait. Ferrand dCE Baudière avoit éié
e d'intelligence avec les conm-révolmiomsins, foupçonné & il
t fair- aufli une adreffe pour le compte des hommes de
eur: pour CES deux faits, Ferrand de Baudière a été mis
les prifons du Petit-Goave; & après y avoir été tra-
> les membres du comité ont été chargés de recevoir les
arations de tous ceux qui pouvoient avoir des renfeinens à donner fur cet objet. Ferrand de Baudière
ais à l'inftruction d'un procès; mais Ferrand n'a étdit
ugé; & ce qu'il a de mieux, c'eft que les membres point
omité du' .1OLIA d'alors avoient arrêté qu'il feroit
yé en France, avec tous les papiers , pour êrre
avoit lieu; mais les habitans de la commune du Petit-. jugé
ve ne fe contentèrent pas de l'avis du comité, fe
cà la prifon, en arrachèrent Ferrand de Baudière, por- &
impotible d'arrêter ce premier mouvement. Voilà ce
oll palle au Perit-Goave : & jamais les membres du
té n ont jugé Ferrand; &sils l'avoient jugé, c'ett été
l'envoyer à Paris, & recevoir de"la haute- cour nale le jugement qu'on devoit en attendre, en
fût coupable: : voilà ce qui s'eft pallé. Mais fuppofant on vous
que Valentin Cullion avoir déterminé l'infurreétion du
le contre Ferrand de la Baudiète: eh bien ! ce Valentin
ion eft li1l homme qui s'eft trouvé dans les mains de
erel & Sonthonax : eh bien! s'ils avcient alors la conon, comme ils paroiffent l'avoir aujourd'hui,
fut
flin de Ferrand de Baudière, il étcit naturel qu'il
flin de Ferrand de Baudière, & de l'envoyer en d'arrèrer France.
ont-ils fait? Ils fe font contentés de lui donner un
avec lequel il eft paffé à ia Nonw.lle-Analetette pafieage: Je demande à repartir à ces faits. On dit que c'eft
ax : eh bien! s'ils avcient alors la conon, comme ils paroiffent l'avoir aujourd'hui,
fut
flin de Ferrand de Baudière, il étcit naturel qu'il
flin de Ferrand de Baudière, & de l'envoyer en d'arrèrer France.
ont-ils fait? Ils fe font contentés de lui donner un
avec lequel il eft paffé à ia Nonw.lle-Analetette pafieage: Je demande à repartir à ces faits. On dit que c'eft --- Page 94 ---
qu'on a tiré ce qu'ona dit. Voici ce qu
de mon ouvrage demande que ce foit conEgné aux débats.
dis, & je
eft le titre de l'ouvrage :
Lecointe : Quel
&c.: c'eft l'ouvrage de Brulley &
Page: Développemens, été fourni à la Convention & aux com
moi. Cet ouvrage & des a colonies, qui nous avoient demandé
de marine
développemens.
(Page lit :)
des
des caufis des eroubles & difafires
ec Développemens
lonies.
de la révolation, un
35. Dans les premiers jours non fur les hommes de r2.d
meurire avoit été commis blancs, >
nourris dans les
mais fur un des hommes
blancs du ErE
'de Tancien régime. Les citoyens
lorique les hom
sétoient réunis en affemblée primaire,
délibérer
de couleur & nègres libres fe blancs préfentent leut Eourd obferver
oux. Inutilement les colons faculté de délibérer dâns les al
jurqui'alors de la
ils doivent attendre qu'une
ELE des colons blancs, dans toute la colonie. Le lendem
uniforme les y appelle fous une attitude menaçante ; &
ils fe préfenrent tous de la guerre civile,) Jorlque cinq d'
s'allumoien les torches
en ôtages. Alors, ces hom
eux font défarmés & retenus le fénéchal de cette ville comn
de couleur dénoncent cette démarche, & leur dénonciation
provocateur de du defpotifme toute la colère du peuple.
fur cet officier
fon' élargis, & le fénéchal tombe
hommes de couleur
Téloquence bril
fous les coups d'un peuple mddanfer du fenéchal. Le
d'un jeune orateur > ennemi s'eft perfonnel affocié à la coal
néchal périt; & fon alfaffin il eft enfin depuis devenu le plus faro
de la Cros-des-Bonqwenst
>>
farellire de la conre-révolation, Il
rien de cité dans ce développe
Page continue : n'ya foient à
La
de c
fans que les preuves ne dans les T'appui. archives de Hree commift
fe trouve confignée fur les faits formant les accufation
folio 7 du précis
Petit-Goave.
ocié à la coal
néchal périt; & fon alfaffin il eft enfin depuis devenu le plus faro
de la Cros-des-Bonqwenst
>>
farellire de la conre-révolation, Il
rien de cité dans ce développe
Page continue : n'ya foient à
La
de c
fans que les preuves ne dans les T'appui. archives de Hree commift
fe trouve confignée fur les faits formant les accufation
folio 7 du précis
Petit-Goave. --- Page 95 ---
Sonthonax: : Vous voyez, d'après ce que vient de vous
re Page, qu'il eft bien prouvé que c'eft Valentin Cullion
uia excité le, peuple contre Ferrand de Baudière,, & qu'il.
fat alffafliner; je vous pric de remarquer
ce Valentin
ullion, qu'on dit s'être aflocié depuis à figte confédération
la Croix des-Bouquets, étoit alors ce qu'on appeloit un
atriote colon; que cet homme a été noiamé membre de
emblée de Saint-Marc; qu'il en a été le principal orareur,
que'c cet, homme, chargé du crime d'avoir fait affafiner
errand de Baudière, à été conftamment careffé, &c qu'il
en a jamais été repouffé; qu'on T'a cité comme Tun des
us célèbres patriotes que cette affemblée ait produits; qu'il
été l'un des quatre-vingt-cinq venus en France, & toujoars
onfidéré comme patriote > jufqu'à ce qu'il enrrât dans le
irti des hommes de couleur.
Polverel: Senac a dit que Valentin Cullion avoit trouvé
ace depuis à nos yeux, &c que nous nous étions contentés
lui donner un paffe-port pour fortir de la colonie. Vantin Cullion'a été arrêté par nos ordres; Valentin Cullion
été déporté par les miens, car je crois que j'étois feul;
alentin Cullion a été embarqué fur l'engagemen: pris par
capitaine neutre de ne le débarquer fur aucune pollttlion
ânçaife. Je ne fais comment il a fair, ainfique bien dautres,
ouri revenir fur le territoire français. Ilseftcrouvé à Léogane
ns les premiers momens de la coalition, & c'eft un des
incipaux boute-feux qui a armé les colons contre la méopole, au, mois de novembre dernier,
Senac: Valentin Cullion s'eft noyé: ainfi, il eft difficile
ril ait été rejoindre les Anglais o e . .
Polverel: Je vous prouverai le contraire.
Senac : Préfident , je vous prie d'interpeller Sonthonax &
olverel f Valentin Cuilion n'écoit pas lami, le collegue, S
confeil de Gaflon Duvivier, celui qui, à la Croix-desouquets, dirigeoit toutes les opérations;
Polverel: Vous m'interpellez là fr un fait dont je n'ai vétablement aucune connoillance: :
à ce que vous dites
ue Valentin Cullon eft noyé, oult une des.noyades ou
fallinats que vous nous attribuez.
Senac : Non.
Polverel: Nous vous raffurerons complétement fur fon
it pas lami, le collegue, S
confeil de Gaflon Duvivier, celui qui, à la Croix-desouquets, dirigeoit toutes les opérations;
Polverel: Vous m'interpellez là fr un fait dont je n'ai vétablement aucune connoillance: :
à ce que vous dites
ue Valentin Cullon eft noyé, oult une des.noyades ou
fallinats que vous nous attribuez.
Senac : Non.
Polverel: Nous vous raffurerons complétement fur fon --- Page 96 ---
fort par différeites circulaires qu'il a écrites, à Léogane 3
aux différentes paroifles de TOueft & du Sud, pour les exciter contre la métropole.
Ver enil: Je demande la parole.
Lep prefident : Senac Ta pour conrinuer.
Senac: Je ne fitis pas inquier fur le fort de Valentin
Cullion, & je voudrois ne pas l'être plus fur le fort de
baucoup d'autres malheureux 5 mais je vous fupplierois
d'obferver que ce méme Valenrin Cullion, jufqu'au moment
où ila éré arrété parles ordres de Polverel, à ce qu'il dit
a été confamment ie conducteur des hommes de couleur
dans la commune du PerieGoave; & s'il avoit été V'affaflir
des hommes de couleui, comme on vient de vous l'an
noncer, Gafton Duvivier, qui avoit été une des viétimes
n'en auroit pas fait fon confident, & n'auroir pas eu avec
lu les liaifons les plus inrimes. Voila ce quia exifté pendan
quinze mois que Polverla refté à Saint-Doningue; car du
moment ch il'efta arrivé jufqu'au moment où ila été arrêté
il 1s'eft écoulé du moins quinze mois; & pendant ce temps
la,il n'a ceffé de donner les confeils les plus amis, les.plu
fra'ernclsaux hommes de couleur.
Verneuil : Polverel & Sonthonax ont dit qu'ils avoien
fait arrêrer Valeniin Cullion, qu'ils avoient donné un ordr
policif pour qu'il ft embarqué fur Un batiment neutre.
L: prefidert : Ceci reviendra lors de la diicuflion de
aétes.
Duny : Lors de la difcuffion des déportations.
Vireuil: Je vous prie d'interpeller Sonchonax' s'il a fai
embarquer Valentin Crllion pour venir rendre compte de
fa conduire en France, ou fur quelle terre il devoit aller,
Le préfident : Cela reviendra. Sonthonax a la parole,
Sonthonax : Je reviens à la queftion. On vous a fait de
tableaux déchirans des attentats commis par les hommes de
couleur; on a cherché à émouvoir votre fenhibilité & cell
des leéteurs par les horreurs qui fe font commifes dans 1
guerre civile des hommes de couleur avec les blancs : tou
jours les colons fe font préfentés comme perlécutés, at
taqués & trahis, & toujours les hommes de cculeor comm
attaquant comme perfécutant, comme perfides > comm
traiues. Moi, je vais vous prouyer que, dans tous le
temps
les hommes de
couleur; on a cherché à émouvoir votre fenhibilité & cell
des leéteurs par les horreurs qui fe font commifes dans 1
guerre civile des hommes de couleur avec les blancs : tou
jours les colons fe font préfentés comme perlécutés, at
taqués & trahis, & toujours les hommes de cculeor comm
attaquant comme perfécutant, comme perfides > comm
traiues. Moi, je vais vous prouyer que, dans tous le
temps --- Page 97 ---
cemps, depuis le comhmencemen: de la révolutich à SaintDoringue, > les homnes de coulour, loin d'éue les aggrcfleurs, ont été confammient attaqués; bisa loin d'avcir
étd peelides, traitres, ont coafommnent été trobic; bien loin
d'avoir profelle des principes gosise-rerolainusiha.,. ce
font eux qui ont ramené, par des concordats & des raités,
les blancs aux Trincipes français, aux principes de Ia révolution, & je lei prouve.
Je vousaiparlé, dans les précédentes feances, dés arrecés
des affersblées provinciales da Sud, del: niort de Ferrndde-Baudière, du meurue juridique d'Oge, de celui de Lacombe , de tous ceux qit ond Trécédé la rdfe d'armes des
hommes de couleur. Vous en avez concla aifément quo les
blancs étoisnt les'agrelleurs, pailque les premiers mourtres
ont été commis fur les hommes de couleur, avant ia guerre
civile. Les hommes de coule Ur étoiont défignés dans la
colonie, fous le nom d'ennenis dia bien public, d cola
pourquoi : Parce que toujours ils s'étoicnt oppciis aux
principes dindependanco, ce dont, s dans Ja fuite, vous acquerrez-la preuye: qu'on ienr a propofe de.la fourenir;
li ies hommes de couleur avoient voula accéricr AUX &
pofitions de Caradcux, commandant de la garde
proau Port-au-Frince, qui, alors, Jeur propola, dans nationale, ule conférence > de fe déciarer indépendans de la
alors les
nomies
France,
de couleur auroient ceffé diêtre perfécurés 5 alors
devenus les farcllites de la Aiction de Saint- Marc, ils n'eufent plus foutciu les intérêts de la France contre les indépendans; alors ces mêmes hommes de C. ulur auroient été
eres, & on' leur aureit promis de les admettred l'égalité des
iroits politiques. jl cibien efentieide vous citer la correfsondance de Raymond, relativenent aux vexations
aifcit éprouver aux hommes de couleur 5 au commencement qu'on
le larévolution.
Voici la leitre de François Raymend, à fon
elative aux premiers actes de vexation contre freroJulien, les
de
conleur. Flie cft datée du Fend, le 16 déccmbre 1789. gens
(II lit).
< Voici, mon cher frère, une requète pour être
éea_T'afiembloe nauonale > zclarivemen: aux vexations préfenTome III. Finge-dingu
finaifon,
G qu'on
5 au commencement qu'on
le larévolution.
Voici la leitre de François Raymend, à fon
elative aux premiers actes de vexation contre freroJulien, les
de
conleur. Flie cft datée du Fend, le 16 déccmbre 1789. gens
(II lit).
< Voici, mon cher frère, une requète pour être
éea_T'afiembloe nauonale > zclarivemen: aux vexations préfenTome III. Finge-dingu
finaifon,
G qu'on --- Page 98 ---
9+
exerce far notre claffe. J'y joins auffi une
que M. Belin-Duverger a écrite à M. Gentilor, copie de la lettre
Fond, membre du comité, qui fait le
habirant du
pallé à notre égard:examine bien rapport de ce qui s'eft
mofité que les blancs
cette lettre. Malgré l'anicherchent roujours à les portent noircir, aux gens de couleur, & qui
mande jufte que nous failions à lorique l'on verra la dedans cette lettre, on aura peine à croire T'aillemblée > confignée
de nous traiter de rebelles. Leurs
à leur méchanceré
difent ici corrifpondantes de Laugufte chambres de comité fe
elles condamment ce qui fait la bafe affemblée de' nationale, &
A-t-elle jamais dir à ceux qui réclamoient cette affemblée.
jugés, quils étoient rebellesLes
contre les prévers, violer les droits du
pourfuivre comme des perler un homme dans fa demeure citoyen, en allant la nuit fuliléroient
> & chez les autres
abfens, 2 infalrer leurs
qui
leurs
époufes, & fe faifir de
papiers 2 lcs commenter à leur fantaifie
tous
périr : Enin ma
pour les faire
éncore plus la lettre corre(pondance de M. de avec vous eft un crime 3 'et
parlons des noirs, > comme fij'avois Jarnac, d'autre en difant que nous
efclaves. Certainement il n'eft pas de notre fortune que des
intérét d'être
termmireriint Vous verrez par-tour
que Labadie écricà M. Rey,
ger parle d'une révolte Tabomination. des
La lettre de M. Duverquoi ? On appelle révolte la perfonnes force de couleur. Révolte ! En
chofe julte approuvée par les lois qu'on ; mais emploie ceci contre une
férent. Nous demandons uine, chofe accordée eft bien dif
nationale, & nous
par l'aflemblés
révoltés! Opays! fommes, 6 mceurs ! pour Des cette raifon : traités de
révolter ne s'ab(en.ent pas de leurs hommes qui veulent fe
den; pas avec fapplique
quartiers, & ne demantes. En outre > c'éfoit dans T'élargiflament une allemblée de leurs compattio
ceci fe pafloit , qui ayoit commencéle tunalte de paroiile que
qui te font donnezle cartel tout haut, M. entre les blancs
Marceilien. On no:s a ôtéj jufgiat lafaculéd-n Davenac & M. de
fare nos cahi rs de doléance G nommer nos nous réunirpout
mirés forcent les perfonnes de coulour, les dépurés. Les cotres, d'approuver les dépurés
&
anes aprèsles au
fomme de tant, chaeunpour bancs, lear
deloufcrire pour une
entretien.
Signi, RAVMoND.
M. entre les blancs
Marceilien. On no:s a ôtéj jufgiat lafaculéd-n Davenac & M. de
fare nos cahi rs de doléance G nommer nos nous réunirpout
mirés forcent les perfonnes de coulour, les dépurés. Les cotres, d'approuver les dépurés
&
anes aprèsles au
fomme de tant, chaeunpour bancs, lear
deloufcrire pour une
entretien.
Signi, RAVMoND. --- Page 99 ---
Verneuil: J'oblerve que Sonthonax pafle plufieurs feuilles.
Sonthonax : Ce font des notes: elles font plus longues que
lalettre. Il n'y a que deuxli gnes à chaque page; fi vous vouiez
vérifier, vous verrez. fi je palle,
Verneuil: Oh ! je l'ai-là.
(Sonthonax conzinue.)
Sonthonax : Voici une lettre de Boifrond fur le même ton.
(Il la lit.)
Lectre de Louis Boifrond, à Julicn Raimond, du 27juillet
1790.
3> Mais j'ignore lequel des deux
des ciroyens
compofent la colonie, doit être, dans CST circonftance, ge
gardé comme le plus fage, ou de celui qui, voulant envahir toute autoriré, Failant tous les jours desa actes de fouveraineté & de fcillion, voulant faire fubit à ia colonie un
oug plus infupportable que celui qu'on cherche à dérruire,
par des démarches marquées au coin de lindépendance 2
nous donnant'le nom d'ennemis du bien public, ne chercie
que les occafions de nous vexer; ou de celui qui, par ia
vétition que je vous ai remife, fe déclarant dans la Porme
éfolurion de facrifier ics bions, fa vie, pour conferver la
nonarchie françaife,, gémit du trouble & de l'anarchic.
> Oui, dires au roi, à l'affemblée > qu'entièrement voués
u ferment que nous lui avons préré d'ètre fidèles, nous rie
ouvons lui en donner une preuve pius authentique, que
elle de facrifier notre reffentiment à la ranquillied né4
effaire pour attendre la générarion future 5 8c que rénétrés
ui mème defir de leur être agréabies 2 nous les fupplions de
rendre notre réfolution en confidération, > en faveurdn mcf, & comme une marque incime & facrée de notre Clidet
évouement & de la frrveur de notre patriorifme.
>> Si' quelques-uns des nôtres, dans différens cuartiers y
nt été réfractaires à cette réfolution, c'oft quif n'eft pas
oujours poilible de fouftiir : les vexations impérieufes des
G'z
abies 2 nous les fupplions de
rendre notre réfolution en confidération, > en faveurdn mcf, & comme une marque incime & facrée de notre Clidet
évouement & de la frrveur de notre patriorifme.
>> Si' quelques-uns des nôtres, dans différens cuartiers y
nt été réfractaires à cette réfolution, c'oft quif n'eft pas
oujours poilible de fouftiir : les vexations impérieufes des
G'z --- Page 100 ---
blones, qui Sarrogent le reit de nous régir par des voies
Qui ne fons pas du tour légales.
> Voyezle difcoursde M. Bueon-de-l-Chadkrie, nommé,
par une cabale, premier préfident de l'afiembiée de SaintMarc; il commence à peindre les habinuns de Saint-Domingue(ce nefonrqueles blancsa qu'on comprend fous ce ricre,)
conquérand lires Orinde
5: ii veut, dit-il, nous remettre
dansnorre ligne do démerrarion, peur que nous enimpofions
au déréglemont de nus idces, qu'a force de vertus, nous
toyons , àl fn des fiecles > inferits far la life des bons
citoyens, et, disà préfent 2 détivrés des humiliacions arbitraiies >2,
Ie préfident en l'interrompan:: En vollàafez.
Sonthonax : Ils cnt cité une infinité de pièces.
Le prefiden: : I! ne faut pas conciure de ce qu'ils ont fait,
ce quE tu dois faire.
Pege: Ce font d'ailleurs deslettres particulières.
Sonthonax : Voici une lettre trisimmportanre de Dabreuilde-Fourreau écrite à Th. Millet, fecrotaite de l'afferablée
générale > pour prouver que les hommes de conleur, malgré
les perfecutions, dont on los accableir, fe tenoieut toujours
dans lcs borns du devcir; 'eft qu'ils trouveient, malgré
cela, encore dansla colonie, des hommes honnêtes qui les
prorégeoient. Dans cette lettre, DatreulgwérdientTh.) Millet
d: fe garder d'une fomme envoyée dans la cclonie par Pitt.
Th. Millet : Je déclare que jamais de la vie je n'ai reçu de
letires de Dubseuil-4e-Fodrewaty ; je connois bien 2 dans la
parrie des Cayes un Dobreuil-Fourreau 5 mais jamaisje n'ai
reçu une Jettre de lni; je le décipre par ferentid, felle
cft à mon iom, d'eftun faux.
Polverel: Ire s'enftit pas de ce que Th. Millet n'a
pas reçu cetre lorre, gu'dlle icit faulle 3 car elle pourroit
très-bien avoir été écrire par Dboeul-ue-Fomesn, fans
étre parvenue à Th. Miller.
Verneuil: Je demande en ce cas que la lettre criginale foit
remife fur le bureau; nous ne pouvons nous eli rapporter à
des chiffons.
Sonthonax: Lalettre originale vous fora remife par Raymond, cnrreles mains duqu ei elleet; il a Ics criginaux dej
iout CC Gui : fait imprimer.
lle icit faulle 3 car elle pourroit
très-bien avoir été écrire par Dboeul-ue-Fomesn, fans
étre parvenue à Th. Miller.
Verneuil: Je demande en ce cas que la lettre criginale foit
remife fur le bureau; nous ne pouvons nous eli rapporter à
des chiffons.
Sonthonax: Lalettre originale vous fora remife par Raymond, cnrreles mains duqu ei elleet; il a Ics criginaux dej
iout CC Gui : fait imprimer. --- Page 101 ---
Th. Millet: Ilefbien étonnant que cethomme-làa aitl l'original de ma correfpondance.
Sonckonzx: I * ne vous demandera pas comment vous avez
intercepté la nôtre.
(Illit:)
Extrait de la correspondance de Raymond.
Lettre d: Fourrean à Thomas Millet, da 13 mai 1790.
Cc Je vousei écrit, mon cher Millet, ily a aujourdhei
huit jours. Je me réfère entitrement a tout ce que je vous
ai marqné.. J'ai pourtant à vous ajoater, an fujet des mulatres, qu'ayant reçuici, & promulg"s lodécre: provifoire ,
rendu par lafemblée généraie, les 18 8c 30 avril dernier,
notre aflemblée provinciale a cru devoir mander par-devant
elle les principaux chefs, en
forte, de cette couleur.
(Cequiat bien été mon avis, Argte méme dol'ativée du
courier. Sur cette propolition, ily eut plufieurs débars. Les
uns afliuroient qu'iis ne viendrcient pas ; les autres croyoient
en être certains, & d'autres en doutcient, Ealin, pour raliirer far ce point, commne je Fai rowjours fait, je me iris Vu
obligé, en pleine affemblée, de demander la parole & de renouveler la mienne roar enx,perienne n'olan:, ce fernble,
parler en lear favecr. J'sidit pou de chofes meis j'ai parie
avec fovce, & avec toite ka- vérié dont vous lavez que je
fais profefion : .
Th. Millee: Je n'étois pas fecrétaire de laftemblée ccloniale le 13 mai 1790.
Sonthonax: Vous étiez au inoins fecrétaire honovair, caz
vous l'aviezété.
Th. Miller:3 Jei n'étois pas même fecrétaire honoraire, car
je n'avois pas été fecrétaire du tour.
Sonthonar continie la leture delaietere.
ce Je finis mon dilcours, en difant : e pars ce foir 2
(c'étcit jeudi) mellieurs, pour aller les cherd 1Gc. Je vous
réponds de les tronver bien diticfos &c de yonslas amener
tous ici dimanche, comme vousle détirez, Je veus demande
pour eux votre protedtion & VOS bontés. Vjus pouves
compter fur oux somme fur moi-inême. L/affemblée vouluc
e
@ 3
.
ce Je finis mon dilcours, en difant : e pars ce foir 2
(c'étcit jeudi) mellieurs, pour aller les cherd 1Gc. Je vous
réponds de les tronver bien diticfos &c de yonslas amener
tous ici dimanche, comme vousle détirez, Je veus demande
pour eux votre protedtion & VOS bontés. Vjus pouves
compter fur oux somme fur moi-inême. L/affemblée vouluc
e
@ 3 --- Page 102 ---
SS
s'en
à moi, & continua fa (éance fur d'autres
bien
rapporter
objets.
effeétivement 1
à nenfleures du foir, & revins
aJe partis
avoir parcouru les deux paroilfes par des
le famedi, 2 après
la
fur le corps 5 mais
chemins abominables, > toujours pluie les trouvai tous, comme
bien latisfait de ma courfe 3 car je
c'eft à-dire, dans les
je les ai toujours trouvés & intentions laillés > les plus droites, une
meilleures difpofitions > les notre faveur, & à tout rifquer 5
bonne volonté décidée en
defquels ils ne fe
tout cela fondé fur d'excellens principes
départiront, j'efpère, jamais. les
millions fer3> N'oubliez
non plus quarante-deux fur vOs gardes à ce fujet,
lings du lord Hiats tenez-vous coloniale.
aini que que toute l'affemblée
95 Signés, DUBREUIL DE FOURREAU."
Sonrhonas.Aptsnveir parlé ici des bonnes
des
de couleur, de la douceur, de la
dfecdeed
hommes
l'affemblée provinciale du
les
TaTe
avoient montrées lorique infultés à fa barre, lorfqu'elle leur avoit
avoit officiellement être les égaux des blancs lorfque vous
dit: Ne croyetjamais
d'itre
la life des
d
de verzus >
inferits,
i
auret obteriss alors force cela pourra arriver ; nous ypenjerons quand il
cizoyens,,
nous avons vu, dis-je, ces hommes
cn fera temps 5 Jorique
on ne
pas dire que les
de couleur tolérer cette injure,
peut
de
hommes de couleur aient donné lcs preniers Texemple
la révolre.Je paffe à ce qui eft relatifau citoyen-Millets de citer les > que
je n'inculpe pas ici; mais je fuis obligé millionsferlings expref- du lord
iions : n'oubliez pas les quarante-deux
Pirt.
Alors je demande la leéture totale de la lettre.
Page: Sonthonax : Alors vous voulez perdre le temps. les quaPage: Non, il faut favoir à quoi s'appliquent les
cirrante-deux millions de Pitt. Il a été écrit que guinées à
culoient en France avec rapidité; & quand on demanda milPitt, au parlemnent, le compte de ces quarante-deux en rendrai bon
lions, il dir: dans trois cu quatre ansje vous
compre. Sonthonax : Vous verrez que Pitt à aufli fait la révolution
totale de la lettre.
Page: Sonthonax : Alors vous voulez perdre le temps. les quaPage: Non, il faut favoir à quoi s'appliquent les
cirrante-deux millions de Pitt. Il a été écrit que guinées à
culoient en France avec rapidité; & quand on demanda milPitt, au parlemnent, le compte de ces quarante-deux en rendrai bon
lions, il dir: dans trois cu quatre ansje vous
compre. Sonthonax : Vous verrez que Pitt à aufli fait la révolution --- Page 103 ---
en France, comme il T'a faite à Saint-Domingue, avec les
guinées quil répandoit à Paris.
Page: Je demande la lecture entière.
Th. Millet : Si on ne fait
la
Le préfident : Tu n'a pas Bapa parole : Page a demandé
ledture entière.
Sonthonax lit tôute la lettre. Voyex les pièces pricédentes.
Le préfident, en interrompant : Le refte paroit inutile. Si
les colons prétendent tirer des inductions de cette lettre, ils
en feront des extraits.
Th. Millet : Je prie la commiflion d'obferver que Sonthonax commet un faux avec une pièce
eft fous vOS yeux
& fur le bureau; il vous dit
la
eft adreffee par
Aite
que
Dubreuil de Fourreau à Thomas Millet, fecréraire de faf
femblée générale. Je vous demande de voir fi effectivement
la lettre eft adreffée à Thomas Millet.
Sonthonax : A Millet.
Th. Millet : Ceci eft une fuite de l'efpiéglerie à l'aide de
laquelle Sonthonax a fait imprimer une pièce qui n'avoit
pas été' lue ici. Il a commis un premier faux, en difant
cette lettre eft adrefée à Thomas Millet quand elle
roCE
pas ainfi foufcrite : al en.a commis un fecond, en difant
qu'elle eft adreflée à Thomas Millet, fecrétaire, car je ne
l'étois pas au I3 mai; je n'ai été élu fecrétaire que le 29
mai. Je vous demande quelle foi vous pouvez faire à ce
qu'il vous dit.
fi votre frère étoit mombre
Sonthonax:Je vous demande
de l'affemblée de Saint-Marc.
Th. Millet : Mon frère n'eft pas moi.
Sonthonax:Il feroit bien étonnant que je puifle faire un
faux avec la pièce à la main.
Duny : L'obfervation eft d'autant pluis utile, que déja,
dans la difcuflion, nous avons diftingué Thomas Millet de
Jean-Boprifte Miller, pour éviter les erreurs. Ceci prouve
que c'eft volontairement que Sonthonax a fait celle-ci.
Sonthonax La commiflion doit voir que les colons ne
cherchent Sra embarraffer, à incidenrer & à me couper
la parole au moment oùt je dois prouver les choles-les plus
importantes. Voici, citoyens, une autre lettre extrèmement
ellentielle d'un colon nommé Suire, membre de l'aflemblée
G 4
-Boprifte Miller, pour éviter les erreurs. Ceci prouve
que c'eft volontairement que Sonthonax a fait celle-ci.
Sonthonax La commiflion doit voir que les colons ne
cherchent Sra embarraffer, à incidenrer & à me couper
la parole au moment oùt je dois prouver les choles-les plus
importantes. Voici, citoyens, une autre lettre extrèmement
ellentielle d'un colon nommé Suire, membre de l'aflemblée
G 4 --- Page 104 ---
10O
de S.Mare:e elle porle d'ine S. Barhelemy méditée fur les
hommes de couleur à propos de l'afaire du Fond-Parifien.
Il lit:
Extra't de la cortefpondance de Raymond.
Cepie d'rne letere écrite de Saint - Marc par un membre ds
Leffembise coloniale, 6 dont l'origin.l efe dans mcs mains.
30 ayril 1790.
c II n'ef prefque pas de jour qui Fe foit marqué par le
mandement de quelque perionnnge: M. Coufard, qucique
jufifé d'avance par lavea do M. Segnier, a paruàla barre,
&c,2 détruit bien fecilement les impurancns vagues far lefquelles il avoit été mande. Demain le fénéchai de SaintMarc paroitra aufi à lab Tro pour dédaire lés raifons qui lui
ont fait prononcer aufli illégnl lement, dit-on, lelargifement
de queiques mulètres emprifonnés pour l'afaire de Plailac;
enitite nous auronsle grefierdu Conteil du Fort-au-Prince,
auquelon domandera comaunicarion des divers regrifitoiges,
arrers, mémoires, Scc. de ce wibunal dénoncé aujourdhui
par M. Dauay, > procareur sinérald du Cap, Nous avonsencore a entendre à la barre M. Thomin, fecrémire de la
chambre digriculnure#i pas M. de Sainte - Croix. Nos
mandemens deviendrent comne COUx des évéquess on les
lit fans s'inguléter de ce Quiis prefcrivent.
> L'afhire da Fond-Farhionyn rendu Faffemblée Sarieufe
contre les gens de coulc cur dan; le premier moment O11
parloit d'ane profert 1011
: M. Carndeux lainé a
prorofs!. dicret aua pailes on Jesafreine à ne pius fortir
de leurs parciles ians une permiflion du comité. Ce matin
on avoic propofa une add ion à ce décre:; toat le Nord
& une parrie de TOnctsy oppofoirnt avec fureu : j'aie engugeN M. Caredeux Tainéal tropofer & elle a éré adoptée;
je m'en réjouis nf ment avec tous les amis de Fhumaniré,
Laflémbléea donc déclaré qu'olle prend fous fa fauve-garde
& fa protection tous les gens de couleur qui fe cemporteront bien à l'avenir. Ces doux derniers mots renferment une
amaitic de toules les inconfequences palleos pour ceux qui
n'ont point commis de dolir. 1 cft effen:ieigetk le fhehent
& fe le perfuadents pour pcu qu'ils 22 0 hifent, is n0
amis de Fhumaniré,
Laflémbléea donc déclaré qu'olle prend fous fa fauve-garde
& fa protection tous les gens de couleur qui fe cemporteront bien à l'avenir. Ces doux derniers mots renferment une
amaitic de toules les inconfequences palleos pour ceux qui
n'ont point commis de dolir. 1 cft effen:ieigetk le fhehent
& fe le perfuadents pour pcu qu'ils 22 0 hifent, is n0 --- Page 105 ---
IoI
doivent plus héfiter à rentrer en eux-mèmes, fur-tout s'ils
confidérent que le décret di 8 mars remet à l'afemblée coloniale la formation de notre confitution, dans laquelle ils
font nécellairement compris. Les amis de l'ordre nous attendoient avec impatience, & réellementje crois que, fans
la députation du Sud, nous aurions vu une Sain--Barthelemy. 1l eft des individus coupatles dans cette claiie; mais
je ne me ferois jamais confole d'une abomination de cette
efpèce, ordonnée par un tribunal de fang, dont j'aurois cu
le malheur d'être membre. Recommandez à nos gens de couleur de conriauer à nous donner, dans leurbonne conduite,
des motifs de confidération allez puiffens auprès de l'affemblée, pour que. noS intentions enleur faveurn'éprouvent pomt
d'oftacles infurmonrables."
Vous voyez, ciroyens, queles hommes de couleuravoient
les meilleures difpofitions, qu'ils éroient fages & tolérans,
que, quoiqu'on leur eft refufé juftico, ils étoient encore
tranquilles, en attendant celle qui devoit leur venir de la
France, delaffembiée nationale elle-mème. Vous voyez qu'il
n'étoit queftion de rien moins que de faire une Saint-Barthelemy des hommes de conleur: - od? Dans l'affemblée de
Saint-Marc: pourquoi? Pour laffuire du Fond-Paritien.
Pege: Sonthonax vous a in cette adreffe avec brascoup
de perfidie :il a ln ces mors: Noubliex pas les quarante mitlions du lord Pitt; mais ilne point ajouté ceux-e ci: Tenegvous far vos gardes à ce fajec, ainf ga2 Faffemblie coloniale.
Sonthonax : Je l'ai lu, je continue.
Il lit:
Récit de l'événement du Fond-Parifien.
Extrait de la correfpondance de Raymond.
* Un homme de couleur & un blanc, très voifins l'un de
faurre, étoient dans lufage de fe rendre refpedtivement lears
animaux lorfquilibs@chayposemt del'une des habitations pour
aller fur l'autre. Un jour il prend fantaific à léconome du
Tome Iil. Yingt-cinquiime liyraifon.
Gi
, je continue.
Il lit:
Récit de l'événement du Fond-Parifien.
Extrait de la correfpondance de Raymond.
* Un homme de couleur & un blanc, très voifins l'un de
faurre, étoient dans lufage de fe rendre refpedtivement lears
animaux lorfquilibs@chayposemt del'une des habitations pour
aller fur l'autre. Un jour il prend fantaific à léconome du
Tome Iil. Yingt-cinquiime liyraifon.
Gi --- Page 106 ---
IG2
propriéraire blanc de faire faifir quelques animaux de Thomme
de couleur, qui avoient été fur Phabiration du bianc, &
d'exiger de Thonme de couleur un droit de prite. L/homme
de couleur paie, cn oblervant qu'il Peur aufli prendre fa
revanche. En etfet, desanimaux du blanc font pris quelques
jours ap:ès fur Phaliration de Thoinne de couleur, qui, en
exige à lon tour les frais de.prife: Féconome bianc fe tranfporte chez l'homme de couleut, le traite de guerx, de mulatre, & le menace de lui donner des coups de bâton, s'il
ne lui rend ics animaux. Lhommie de couleur tient ferme
& répond de même:le blanc, peu accoutumé à cette ferimeré, fe rerire, & va chercher plufieurs blancs, éccnomes
comme lui, pour venit forcer T'homme de coulour à lui rendre
les animaux. Lhomme de cculeur devine fon deflein, & il
envoie avertir deux de fes voifins qui viennent pour lui donner
fecours. A pcine font-ils arrivés, qu'ils voient venir dix à
donze blancs armés jufqulaux dents. Les hommes de couleur
conrent fe cacher dans les pièces de café voifines de la maifon, & ne laifent que deux enfons, Fan de.dix ans, l'autre
de huit. Les blancs arrivent, font un tapage herrible dans
la maifon, caflent & brifent les meublcs, faififlent les enfans
efirayés, leurd demandent oà eft leur père; ils répondent qu'ils
ne le favent pas : lun d'eux eft tué furle-champ, l'autre garrotté & emmené par les blancs. Les trois hommes de couleur, témoins de CCS arrocités, fe gliffen: dans les cafés, &c
vont attendre tous ces blancs dans un chemin étroit de
lhabitanon oh ils devoiont poffer:ia ils en ajuftent trois &c
les étendrnt morts; les autres. efirayés, prennent la fuite i
ils font pourftivis, KE pluleurs autres font encore tués. Le
rele s'échappe 8c va répandre Plerme, en difunt qu'il y
: fur Phabiterion des homames de conleur, une armée
d'hommes de coulenr quiva venir fondre far ics biancs peur
les égorgor tous. Tous les biancs s'allemblent 80 écrivent au
Cappout demander des forcos, 8c voila ce'quia denné lieu
à cette pcofcription."
Voila ce qui oftrelasfh PaThite da Fond-Parifien. C'eft
lerfqu'on eut racontà Taffensblen coloninle Pvénement, du
Fond PariGon, Paffalinan des entans derhommnesde couleut,
lorfqu'on eut envenimé las caoles, en difant quoc'éroit une
armde toure enriére d'hommes de couleur, parce que lcs
8c voila ce'quia denné lieu
à cette pcofcription."
Voila ce qui oftrelasfh PaThite da Fond-Parifien. C'eft
lerfqu'on eut racontà Taffensblen coloninle Pvénement, du
Fond PariGon, Paffalinan des entans derhommnesde couleut,
lorfqu'on eut envenimé las caoles, en difant quoc'éroit une
armde toure enriére d'hommes de couleur, parce que lcs --- Page 107 ---
IO3
hommes de couleur, attaqués dans ce que la nature a de
plus cher, attaqués dans leur'famille encore foible, repoufferent la forcé par la force, c'eft alors & pour.ccla que l'affemblée'de Saint-Marc vouloit établir une profcription générale des hommes de couleur; ceft pour cela gue des motions générales de proferipiion furent faites, & que T'affemfemblée de S.Marc voulur bien, pouradoucirla chofed'abord,
livrer aux tribunaux les malheureux: affallinés qui n'avoient fait
que repoufferla force par la force, les faire condamner
contumace, & enfuite mettre fous fa RELTEESDENS
de couleur quife conduiroient bien. C'eftainti que l'aflemblée
de S.Marc étoit favorable aux hommes de couleur; c'eft ainfi
que Tatlemblée de Saine-Marc cherchoit à éteindre la guerre
civile, ou plurér à empécher qu'elle ne s'allumâr; c'eft ainfi
que laficmiblée de Saint-Marc fuivoit les principes de la
France. On vouis a dit enfuite, &def à propos de l'affaire
du Foud-Forifenynw'on vous a vanté comme une bienfai--
fance de P'atiembiee coloniale féanre au Cap, d'avoir levé
le jugement de conturnace qui exiftoit contre ces malheureux
homines de couleer du Fent-Faritien, qui avoient vu allafAner leuts enfans fouslours yeux. Voilt ceque j'avois à dice
Cur l'affaire du Fond-Parifien : ce n'eft qu'une perite partie
des arrocirés commifes s'contre les hommes de couleur.
Vernexil:Je vous prie d'obferver que le récit dont O1l
vient de faire leéture n'ef qu'une note de Raymond, fars
ignature, & qui n'el reconnue de rerfonne 3 voilà ce que
Sonchenax vient de lire.
Sonthonax. : La note eft extraite de, la lettre de Suire, la
lettre eft entre les mains de Raymond, qui doir paroitre
au procès; la commiffion a ajourné à entendre Raymond;
quand il fera enrendu, vous lui ferez ces objeétions. Je reviens dans le principe de la révolucion de Saint-Doingue.
Les hoimes de conleur furent attaqués dans la province du
Sud, comme ils l'avoient été au Petit-Goave, dans la peronne-de Ferrand de Baudière; c'eft alors qu'un artroupenent fe porta chez Labadie, à Aquin, Labadie, àgé de plus
de 70 ans; que dix-fept coups de foli partirent fur lui &c
cuèrent un nègre fidile à côté de fon maitre. Sans Tinfitredtion fubire de l'atelier, ce malhenreux Labadie feroit
combé percé de coups: les blancs premnent la fuite; & voilà
-de Ferrand de Baudière; c'eft alors qu'un artroupenent fe porta chez Labadie, à Aquin, Labadie, àgé de plus
de 70 ans; que dix-fept coups de foli partirent fur lui &c
cuèrent un nègre fidile à côté de fon maitre. Sans Tinfitredtion fubire de l'atelier, ce malhenreux Labadie feroit
combé percé de coups: les blancs premnent la fuite; & voilà --- Page 108 ---
IO4
une des fecondes attaques commifes par les
hommes de couleur. Les colons ont avoué
blancs far los
le courant de la difcufion, un meurtre commisà eux-mèmes, dans
lui-ci ef encore du genre des bateaux de mort. Aquin; cede couleur d'Aquin
Leshommes
dans leur sade
avoientarme un corfaire pour faire venir
qu'on.leur refufoic guelques farines dent ils avoient befoin &
Sud: le corlaire elt dans toutes les villes de la province du
peile pas le noin, pris par un bâtiment dont je ne me
corfaire,
> mais que les colons avoient nommé, rap- Ce
hommes pris de eft amené dans la baie d'Aquin; vingt - huit
les blancs & couleur leurs le monroient, ils furent affaflinés par
avoué le fair. Ce n'ef corps jetés dans la baie ; les colons ont
fe commettoient, le reffentiment pas tout : pendant que ces horreurs
noit des forces; les hommes de couleur des hommnes de couleur preréclamer les droits qui leur é:oient affurés pricentles par le armes décret pour
15 mai. Les colons vous difent : Faflemblée
du
aimoir ja paix, rendit, le 20
coloniale qui
un arrêté par lequel elle déclaroir feptembre (fije ne me trompe),
mai fercit
quand la loi du 15
poferoit nullement ofliciellemen: àfon connue dans eolonie, on ne s'oples hommes de couleur exécurion, qui n'éroient & que mêine, pour que
bénéfice de la loi euffent à fe louer de pas compris dans le
niale, l'affemblée coloniale s'expliqueroit T'allemblée fur leur
colo
& adouciroir. leur fort. Voilà ce
vous a dit de compte
du 20 feptembre. Cet arrêté fut qu'on pris dans
l'arréte
hommes de couleuravoient le deffus, fur-tour un temps oh les
& le Sud; il n'eft pas étonnant qu'alors l'affemblée dans rOuef
ninle, épouvanitée des fuccès des hommes de couleur, 'colo
cherché à les atracher par un arrêté favorable; mais
ai
elle s'eit crue allez forte de l'opinion de ia
quand
qu'elle en a reçule décret du 24 feptembre, mérropole, lorf
entre fesmainsle fort des hommes de couleur, qui elle remettoi
gardée d'améliorer le fort, non-feulement de ceux s'eftbier
toient pas compris dans la loi du I5 mai, mais encore qui n'é
ceux quiy étcient compris. L'aflemblee conftituante,
de
elle rendit ce décret, avoit entendu que les colons quand
la commiflion d'une prérogative de la part du cops recevan
tuantyen uieroient au moins pour favoriler la claffe confi
iemblée nationale avoit abandonnés à leurs foins. Que que fout laf
le fort, non-feulement de ceux s'eftbier
toient pas compris dans la loi du I5 mai, mais encore qui n'é
ceux quiy étcient compris. L'aflemblee conftituante,
de
elle rendit ce décret, avoit entendu que les colons quand
la commiflion d'une prérogative de la part du cops recevan
tuantyen uieroient au moins pour favoriler la claffe confi
iemblée nationale avoit abandonnés à leurs foins. Que que fout laf --- Page 109 ---
ilszils avoient dit,. & tous les colons & leurs déprtés Invrient di: & répaté en Amérique &c enl Fiance jo qu'à la
fadeté, qu'ilsne prétendoicnth faire des lois fur ls hemmes
de couleurqu'ain do fe les aracherpar lesliens dela reconnoiffance ; Ge'il falloit que ies hominosele couleur sinf nt
des blncs lurs drcits civils & poiriques, efn que, reunis
aux blancs par le ferriment de la reconnoilfance, ils n'oubliatlent jamais que c'étoiz a lears pères qu'ils devoienr leurs
drois politiques, comme ilseur devoient leur exiftence phyfique; & def li "la raifen (pécicule gu'ils produiloient à
l'ailemblée DA ionale poitt extorquer d'elle le décret funelle
du 2.4 feprembre. Pour remplir cCs vues, l'affemblée coloniale, à ia nouvelle, méme non oficiclle, de ce décret,
déclare qu'elle ne s'occupera de Tétar politique des hommes
de couleur que "lerfqu'ils autont pofe les axmes; elle leur
annonce tine loi défaftreu e qui révoque celle du 15 mai;
elle les traite avec la plus graade dureté, & voilale premier
acte fait en vertu du privilese gue veneit de lui accorder
la Convention narionale: bien loin d'accorder aux hommes
de cculeur ieurs droits politiques,, elle leur difoit : vous
n'aurez point de droi: que vous n'ayiez pofé les arines; vous
Jes avez prifes pour la déclaration dos droits, mais il faut
les mettre bas detant la loi du' 24 feprembre que nous venons de recevéir. C'ef ainii, comme j'en ai faitla coniparaifon dans les darniers dibars, que les tyra S ont dit aux
peupies : dépofez 7CS armes, enfuite nous traiterons enfemble de vos droigs, Les perpies qui cnt eti limbécillité
de tenir la conduite que l'afferiblée coloniale preferi: anx
gens de conleur, ont été rejetés dans la lervirade; ceux-là
feuls qui ont confervé les armes à la main, ont obtenu la
liberré.
C'ef ainfi que de tour temps les tyrans n'ont jamais accordé que ce qu'on leura arraché. Je reviens aux hommes
de conleur,
Leshommes sde coulenr, dans IOueft, avoicnt obtent des
concordats, après êure devenus aflez forts poir faire la loi
aux biancs. J'ahrai occafion de vous entretenir de ces concordats. Le premier elt du II feptembre : ce jone-lala pa
roite de. la Crois-des-Boucues & celle du Por-au-Frinco
paffens entemble une eipice Ge enaité de paix, c8 vertu du-
de conleur,
Leshommes sde coulenr, dans IOueft, avoicnt obtent des
concordats, après êure devenus aflez forts poir faire la loi
aux biancs. J'ahrai occafion de vous entretenir de ces concordats. Le premier elt du II feptembre : ce jone-lala pa
roite de. la Crois-des-Boucues & celle du Por-au-Frinco
paffens entemble une eipice Ge enaité de paix, c8 vertu du- --- Page 110 ---
fondues quel les gardes nationales des deux coulours
enfembles les droits
devoient être
muns, > & T'ancien préjugé oublié. politiques 'devoient être comMillet : Avant de palfer au
pondre à ce que Sonthonax cencordat, je demande à révoient les gens de couleur du vient de dire fur l'opinion
& de T'arrèté du 5 novembre, décret du 24 leprembre qu'a- &c
à cer égard. Je demande Gi
de Faflemblée coloniale,
au Cap les citoyens Caflin & Polverel & Sonchonax ont connu pris
de couleur, dont un eft, je Laforèt ainé, tous deux hommes
Polverdl:
crois, à Paris.
Oui, tous deux.
& Sonthonax : Je vois où le
je vais vous dire en deux citoyen Millet veut en venir,
L:
mots. .
préfident : Réponds à linterpellation.
Sonthonax : J'y répondrai dans la fuite de la
rêt, Thomas Millet : Voici ce que les
difcuflion.
deux joursa après cet arrêté
citoyens Caftin & Lafocomme fi terrible, 3 difoient à la qu'on vient de vous peindre
niale, fans doute au nom de
barre de T'affemblée coloont toujours été leur organe. tous leurs camarades, car ils
Il lit:
Extrait des procès-verbauxr de tafembiée
Cap.
coloniale féante au
Séance du 7 novembre 1791.
de 3> Nous apprenons que la France
notre fort; nous nous en
vous laife les arbitres
devor à ceux dont On tient la vic: félicitons: il eft fi doux de tour
vous nous devez une exiftence après nous l'avoir donnée,
la: rendre chère; c'efk le
politique qui feule peur nous
la: mifon, la juftice, la bienfait que nous vous demandons, >
ei notre faveur, pour nature, le réclamer toujours de cContenres,ramienr
vous.
$ Signé, CASTING, LAFORÉT, ainé.
ife les arbitres
devor à ceux dont On tient la vic: félicitons: il eft fi doux de tour
vous nous devez une exiftence après nous l'avoir donnée,
la: rendre chère; c'efk le
politique qui feule peur nous
la: mifon, la juftice, la bienfait que nous vous demandons, >
ei notre faveur, pour nature, le réclamer toujours de cContenres,ramienr
vous.
$ Signé, CASTING, LAFORÉT, ainé. --- Page 111 ---
Voilà ce que difoient les hommes de couleur, qui, par
leur infuence, dirigeoient lesautres 8c les opinions, &c voila
Jes témoignages de confiance qu'ils apportoient à la barre de
l'affemblée coloniale, deux jours après cet arrêté, que Sonthonax s'efforce de vous préfenter comme ( nuilible, > si
attentatoire aux droits des hommes de coulear.
Sonthonax : Je ne nie pas l'adreffe qu'on vient de Vous
lire; j'obferve feulement qu'elle prouve que les hommes de
couleur étoient toujours difpolés à obéir même aux ordres
vexatoires de laflemblée coloniale. Mais de quels hommes de
couleur vous parle ici Thomas Millet? de ceux emprifonnés
au Cap, de ceux qui, dans un rapport d'un conrre dix,
rapport aux blancs, n 'étoient pas à même de réclamer leurs par
droits par la force des armes, puifqu'ils n'étoient
les plus
forts, & étoient obligés d'acheter la vie (car
bien
acheter la
Eneier
vie 3 puifque plufieurs fois on les a allafinés au
Cap), étoient bien Forcés dis-je, d'acheter ia vie par des
adrefles faites à la barre de l'affemblée coloniale > adreffes
qui étoient défavouées par tous les hommes de couleur qui
vouloient réclamerleurs droits. Voilà ce
fai à répondre.
Je paffe à ce que j'avois à dire fur la Toite de la difculion.
Les hommes de couleur, comme je vous disois, obtiennent
dès concordats; le premier eft du II feptembre. La garde nationale blanche de la Croix - des- Bouquets & du
Prince traitent avec les hommes de couleuro qui leur Port-au- faifoient
la loi. Vous voyez que je ne flatte pas les expreflions.
Verneuil: J'oblerve que voilà la quatrième fois
ici du concordat palié avec les hommes de couleur. qu'ils'agit
Sonthonax : Il n'en a pas encore été queftion.
Verneuil: Polverel en a parlé, Page en a parié.
Sonthonax : Oui, mais non pas dans le fens ou je vais
en.parler.
Le préfident : Setre-toi.
Sonthonax ( aux colons) : Il eft bien étonnant que vous
vouliez m'ôter la parole, après que vous m'interrompez fans
ceffe pour m'empêcher de finir.
Le préfident : Serre-roi.
Sonthonax : Il eft impollible que je me feure
ne fais. Je dois répondre fur les gens de couleur.
que au je
concordat
Sle
du 22
pafle
octobre. Les quarorze paroilfes de la pto-,
-toi.
Sonthonax ( aux colons) : Il eft bien étonnant que vous
vouliez m'ôter la parole, après que vous m'interrompez fans
ceffe pour m'empêcher de finir.
Le préfident : Serre-roi.
Sonthonax : Il eft impollible que je me feure
ne fais. Je dois répondre fur les gens de couleur.
que au je
concordat
Sle
du 22
pafle
octobre. Les quarorze paroilfes de la pto-, --- Page 112 ---
vince de l'Ouef, forcées par la
couleur, acceptent un concordat fupériorité des hommes de
je vous le dirai rout-à-Pheure, qui n'eftaure chole, comme
rAllemblée confiruante; la Gue le réfuka: des décrets de
aux ciroyens libres de couleur déclararion de ia des droits appliquée
concorda: paffe, les ciroyens vivent province de ICust: le
ou du moins paroiffent vivre ainfi; frarernellemen: mais
entemble,
compre des meneurs de laffemblée,
ce n'étoit pas le
partifans de Tindépendance.
encore moins celui des
hommes Avant ce de cencordat, une conférence s'étoit tenue
couleur & Caradeux
entre les
hommes de couleur de fa trempe, accompagné de quelqutes
commandant de la garde nationale Caredenx, du
qui alors étoit
Tinfamie de propofer aux hommes de Por-au-Prince, edt
colonie indépendante, Les hommes de couleur de déclarer la
avec indignation eette propofition du couleur repoussèrent
patriote colon bien connu, &c membre marquis de
de Carndeux,
Marc.
Tallembiée de Saintje Scmac: le : Voil des faits politifs; j'en
prie de vous en donner lecture. demande la preuve: :
Sonthonas : Le nioz-vous ?
Semac:Nousle
Sonthona: : J'atteite sionspofitivementy que le témoin cleft de un tf: de faufferés.
adtuellement à Paris; je le produirai; cette conférence eft
moment dire fon nom. Il veus
je ne pris dans ce
confétence. Ily a de plus, dans produira cet
les preuves de cette
foldats d'Artois & de Normandie qui infnnt, 1e
en France des
Caradeux pour cette
font foulevés contre
de couieur. Le niez-vous propofirion qu'ilavoit frite aux hommes
Senac: Je nie tout ce encore: qui n'eft pas prouvé,
Sonchonax : Nierez - vous cue lorique la
Caradeux, frite aux hommes de'coulens,
propofition de
desrégimons d'Areois &
farrendneaux démurés
vinrent à la barre die Iaitembile deNonanaise ces hommes indignés
plindre de ce que Carndevx avoit provincicle de lOuel fe
couleur de rondre la colonic
propole aux hommes de
Cardeux balbaria d'abord, & andlgenaure: quil: rit
nierez- vous que
don-Purour,m
défendupar Vincentun difcours Maerésatoad tris-6
qui
mandie que les honimes dloquent, de aux foldats d'Arrois prouva.par 8 de Norcouleur s'étoient trompés; qu'ils
indre de ce que Carndevx avoit provincicle de lOuel fe
couleur de rondre la colonic
propole aux hommes de
Cardeux balbaria d'abord, & andlgenaure: quil: rit
nierez- vous que
don-Purour,m
défendupar Vincentun difcours Maerésatoad tris-6
qui
mandie que les honimes dloquent, de aux foldats d'Arrois prouva.par 8 de Norcouleur s'étoient trompés; qu'ils --- Page 113 ---
ne favoient pas la valeur des mots, que Caradeux n'avoit pas
veulu dire ce qu'il avoit dit? nierez-vous que cette atfaire
finit sinfi; qu'ii J2€ fur plus queftion de lindependance pro-:
poféepar Caradeux, parce qu'on eut foin de taire aux foldets
le propos teau aux hommes de couleur.
Je demande à Senac de répondre fur CCS interpellations.
Senc : Je réponds que je n'ai jamais rien fa de poficif
relativement à la conduite de Caradeux & de VinceutlonDutour dont parle Sonshonzw. Jenaijamais ertendu Vincentdon-Dutour difculper Caradeuz, pas splus que Caiadeux faire
la propolition. Mais je dis quelque chote de plus politif,
c'eft que Caradeux, qui commandoir la garde nationale au
Port-au-Prince, qui éroit bien le maitre de faire égorger ics
hommes de couleur, parce qu'alors ilyanroit eu refientimen-,
n'a pas voulu qu'on fit feu far les hommes de couleur, &
c'ef lui quifavorifa la fuite de cenx qui étoient dans le gouvernement, &c qui auroient été tuds, s'il avoit vcule.
Scnthonas: Il ne s'agit pas de cela; mais j'ai à répondre:
Senac vient de nier politivement que Caradeux elt propofé
Tindénendance de la colonie, aux hommes de couleur.
Senac : Je n'ai point dit cela; j'ai dit qu'il n'étoit pas à
roa connoilance que Caradeu: cût tenu ce propos, ni que
Vincenrdon-IAutour Pelt déiendu.
Poly.rel: Voici ce quil a dit. S.
Sonthoras: : Senac a dit ga'il In'étoit pas à fa connoifance
que Caradeux ait fait àla Crois-derDouquers la propofition
d'indépendance aux honimes de couleur:ii a ajouté qil ne
lui eft jamais rien revenu des propolictions faires à ce
à
fujer,
foit laflemblée provinciale, foita la municipalité, ca
fence dés deux bataillons des régimens appelés ci- amne
Artois ec Normandie; il a dit guil n'avoir
plus connoiffance de ce propos que de difeours de
tour
bn
> pour difcuiper Caradeax. Te vous annonce quily a
beaucqup de colons da Port-au-Prince qui font ici, qui ont
entendu ce
8c quil'ont dénoncé. Les horamerd'Arois
&c coreiEre font enFrance,ilf iers, facile àla commifion
de vérifier les fairs,
Srnac: : Jep pricla commifion d'obferver que je ne puis pEs
avoir eu cennoiffance de ces faits, par une raifon fort fimple;
c'efl qu'alépoque du 21 novembre 1791, j'étcis encore iur
Prince qui font ici, qui ont
entendu ce
8c quil'ont dénoncé. Les horamerd'Arois
&c coreiEre font enFrance,ilf iers, facile àla commifion
de vérifier les fairs,
Srnac: : Jep pricla commifion d'obferver que je ne puis pEs
avoir eu cennoiffance de ces faits, par une raifon fort fimple;
c'efl qu'alépoque du 21 novembre 1791, j'étcis encore iur --- Page 114 ---
IIO
& ne pourois être témoin
mon habitation au Petit-Goave, lieu entre Caradeux, Vinccntdesconférences qui ont hommes puavoir de couleur;je ne fuis anivé au
don-du-Tour, & les
Port-au-Prince qu'en mars 1792.
pendant
Clauffor : J'ai été conftamment au Port-au-Prince & au mouque fe lont pailés les faits relatifs aux dans concordats la ville & hors de la
vement des hommés de couleur n'eft
venu à ma connoillance;
ville du Porrau-Prince;l
pas
qu'il
moi qui ai foivi les opéraricns de Vallemblée prosinciale, été queltion de
ait cu des plintes porbes; qu'il ait jamais de cette préL dénonciation faite à T'aflemblée provinciale
de
tendue propofition faite par Caradeux fur Tindépendance
lacolonie, mais Sonthonax vous dit que Vincemion-du-lour, I'Oueft, avoit refuté
membre de l'affemblée provinciale de
Caradeux.
Sonthonax : Difcalpé.
cela eft d'autant plus faux, que
Claufon : Je réponds quie
été membre de laflemblée
Vincendon-due-Teur, n'a jamais
provinciale de T'Oueft.
Sonthonax : Cela n'y fait rien. chofe.
Claaffon : Celay fait quelque
Duny: Cela fait tout.
de dénonciations
Claiffon : Puilque Sonthonax de vous T'Oucf, parle il doit être certain
faires à l'aflemblée provintiale faites dans l'ailemblée : ainfi, ce
qu'il y a eu des motions
faudroit invoquer, ce
ne font pas des des t/moignages qu'il
de FOuelt.
font les actes mêmes de laliemblée provinciele de
de
Sonthonax : Certes,, vous n'avez eu Lorfqu'il garde configner y3 a eu une
pareilles propofitions dans vos débats. eu de faite dans l'allemmotion d'indépendonce, sl y. décrerdu C1 a 28 mai 1790, jamais
blée de Saint-Marc avant le
des féances oi des
vous n'avez produit les procts-verbaux
gens égarés ont fair les propofitions d'ètre taxé d'indépendance. fur-le champ de caThomas Millet : A peine fi Sonthonax ne fournit pas la
lomninteur je déciare que d'avancer, qu'il doit être tenu
proure des faits qu'il vient
pour un calommiateur. Je me joins à Millet pour demanLarctondgse-Thibud:
der. Sonthonax: :
Je n'affuerai pas le fait, mais je crois avoir vu
cts-verbaux
gens égarés ont fair les propofitions d'ètre taxé d'indépendance. fur-le champ de caThomas Millet : A peine fi Sonthonax ne fournit pas la
lomninteur je déciare que d'avancer, qu'il doit être tenu
proure des faits qu'il vient
pour un calommiateur. Je me joins à Millet pour demanLarctondgse-Thibud:
der. Sonthonax: :
Je n'affuerai pas le fait, mais je crois avoir vu --- Page 115 ---
III
un ouvrage imprimé fous le nom de Laschevefqe-Thyibeui
lui-mème, qui portoit que, fil'on avoir fait la morion d'indépendance dans l'affemblée de Saint-Marc, T'aflembice ne
l'avoit pas adoprée. Je ne parle que de motions, neus viendrons au fait : lorfque nous en ferons venus l, nous le
prouverons.
Lardbevfave-Tbibeud: Le fait eft faux, il n'y a jamais eu
de motion faitel Mfur lindépendance dans T'allemblée de SaintMarc: un membre de cette aflemblée, qui étoit bien évi-i
demment vendu au gouvernement. > je le nomme, Lafont-laDébat, s'avifa de faire un écrit en réfutation de cette
pofition. J'attefte que l'affemblée fut fiindignée de cette profidie qui fembloit faire croire que la motion avoit été faite, perpuifqu'un membre la réfutoit, qu'elle fe leva fponranément,
& refafa abfolument à Lafont-la-Debar de lire fa
due réfatation : voilà ce qu'ilya ade sûr; il ne put préten- en
venir à bour, tant l'affembiée fut indignée de fa jamais
Brulley : J'étois alors vice-préfident,
propofition.
Sonthonax: : Ce que vient de dire Lancherefque-Tlilacd
prouve précifément Fadminicule de preuve exigée tout-àTheure par Thomas Miller. 1 vient de dire
Debat a fait la réfutation d'une propofition prétendue que Lafont-lje répère fes expreflions. Comment Lafont-la-Debar. faite,
il eu la folie de réfuter une propofition qui n'auroit auroit- été
faite? comnment- auroit-il eu la tolie de réfuter une pas
tendante à T'indépendance : fi cette motion n'avoit motion été
faite dans l'aflemblée. Si Lafonrla-Debat n'a
pas
fau réponfe, - siln'a, pas pii lire fon difcours, cef pas pu achever
prir d'indépendance étoit lefprit général de que Teicomme je lai prouvé conne jele prouverai encore Tallemblée,. des
actes; l'efprit généra! de Paflemblée écant
par
iln'eft pas éronnnant qu'on ne Tait pas laiile Lindépendance, achover.
Brulley: Je demande la parole,
Lepréfident : on en éroit aux concordats.
Bralley: Dans le moment ol Lafont-laDebar failoir la
morion, j'ai été char:é par Iaflomblée de
j'ajoute à CC que vienent de dire mes collègues, Finteupompres reintiy
ment à l'ouvrage de Latoar-l-Debar,
femblée lorfque Lafone-la-Tebe
que je prétidois Iafla loéture ne fur
voulut lire fon difcours;
pas enendue:je fas chargé de Iui refuier
: Dans le moment ol Lafont-laDebar failoir la
morion, j'ai été char:é par Iaflomblée de
j'ajoute à CC que vienent de dire mes collègues, Finteupompres reintiy
ment à l'ouvrage de Latoar-l-Debar,
femblée lorfque Lafone-la-Tebe
que je prétidois Iafla loéture ne fur
voulut lire fon difcours;
pas enendue:je fas chargé de Iui refuier --- Page 116 ---
II2
ia parcle; & la raifon que l'affemblée en donna, par l'organe
de fon préfident, éroit que Lafont-la-Debat ne tendcit 3
par le difcours qu'il demandoir à lire, qu'à créerlui-mème
des motions imaginaires pour les combartre, &c donner à
l'affemblée de Saint-Marc ce evernis d'indépendance que le
gouvernement cherchoit à jeter fur elle; car Lafont-la-Debat
étcit Thomme du gouvernement,
Sonthonax: Silon ne m'interrompoir pas*par des interpel-
-Jations, je m'engagercis à finir primidi.
La féance eft levée.
Le regiftre despréfences Ffignés J. Pr. GAntaN.prefdene ,
LECOINTE (des Deux- Sivzes), fecréaire, DABRY, GniGOIXE, FoucHi (de Nentes), PIYRE.
Du II --- Page 117 ---
Du II Yentôfe, l'an troifeme de la République françaife,
une & indivifible.
LA féance eft ouverte par la lecture des débats
ventôfe. La rédaction elt adopté.
du'g
Claulfor : Ciroyens, dans la féance du 7 de'cé
Sonthonax a beaucoup déclamé contre uné adrefe ou mois,
tôt une dénonciation faire contre Geneft, alors
pludeur' près les Erats-Unis, par les colons réfugiés ambaffa- alors à
Philadelphie; il veus a cité ces mots,, les
vils a Saine-Domingue luttent contre la commifaires cination généreufe : il y a tout à la fcis erreur biznfalfance & faux dune dans
la citation faite par Sonchonax, parce quej'ai icila pièce
criginale; j'ai montré l'expédicion Gui étoit adredée à la
légiflature deux
françaife, 8: il-y a datis ces deix pièces. ces
mots techniques, luttent contre les efforts
ennemie. Ainfi, d'une
d'une nation
inya pas henfaifance dans
riginal
j'ai fous F yeux; mais il n'y a pas dans l'o-. la
copie 3 dbne Sonthonax a argué, ces mots, > nation
mais il y,a tout à l fois erreur &c perfidie. Je"fais généreufe:
que ce n'et pas ici le moment de difcurer co
naus bien
y reviendrons lors de iz difcuione des adtes.
fait;
Glauffon Sonthonas:Je reponds en deux mots à l'oblervation de
par lailedture de geelgues lignes de l'adte.
les
expretions : Les colons de Saini- Damingue Voici
giés POPN Philadeiphie, dia lég ature francaile & ax riéfefrancais. 16 rommarquerai, en paffans, que quendles colons pesple
parlent de la Convendionsils ne l'appellent jamais que la
lizjiarire francaile, parce qie je vous prouvetai bion-tàt
quils vealenrdroir nne convention coloniale;
desmandéc. Voici les propres expreflions : Lesmontres &qrilslont
nous ) qui ont acheve notre defraction lutters fer lusi (c'eit
de la culonie, contre,la bienfaifance d'utenz
dibhis
e Tomsitit. : Fag-dfoalimetimaijfon
ennemie H gai
jamais que la
lizjiarire francaile, parce qie je vous prouvetai bion-tàt
quils vealenrdroir nne convention coloniale;
desmandéc. Voici les propres expreflions : Lesmontres &qrilslont
nous ) qui ont acheve notre defraction lutters fer lusi (c'eit
de la culonie, contre,la bienfaifance d'utenz
dibhis
e Tomsitit. : Fag-dfoalimetimaijfon
ennemie H gai --- Page 118 ---
Vit
des
voudroit arracher au réant les refes od de eft taplu-fanfonte l'erreur & le faux,
colonies francasfs. Je demande luttions contre la bienfajanc: d'une
lorique jai 'dit que & fi nous cette bienfailante nation le ennemie fens des 2
nation ennemie, n'eft pas tes-genereufe dans
anqui eft les Quand Anslais, j'ai parie de générofité Chotard ailleurs, & j'ai Marie,
colons. noncé que je produirois: une pitce font fignée à Paris. Chotard. &
correfpondans des colons qui ne
qu'a demi-généreux
Marie écrivent que les Anglais demi généreux, font
parce gu'ils ne
avcc eux. Ils ne font qu'à
6 m'en chalfes
viennent pas m'actaquer au colons Port-as-Prince, parloient alors de la gentfer. Voila rourquoi Donc les il n'y a pas de faux. Je palle aux
rofitédes Anglais.
relever un fait
débats. Claufon : Je demande la parole vous pour' dit avec une efron.
avancé par Sonthonax. Sonthonax vouiiops" faire une convention
terie éronnante que nous nous ne reconnoifions pas la Con- à
coloninle pourmous, que
nos écrits fadrefoient
venrion nationale, aa France J'obferve >: que. qu'a Tépaque du mois de
la ligiflacute frangaife. nousi étions alors à Philadelphie. Convention Tous
novembre 1793, annonçoient alors que la
1792,
les papiers di celler publics fes fonétions au preinier novembre d'autre texte
aroit
nous ne pouvions prendre celui de légis
& confequemment éçrits : la Convenson natienale exiteroit que quand nos
de.nos ne fachancpas fila Convention
lazure,
-
écrits lui parvienareienh. expreflions. , c'eft efedivement Page lus:
Brulley : Quent aux imprimer les' extraits qui on: été a été
&. ioi. qui erons.Fait la copie collationnée qui nous cru
nous oblervons conrienr que une erreur que nous & n'avons nous avons pas fait
envoyée, prendre fur nous de rectifier; los mors,tels qu'ils étoient.
pouvoir impticicr fur, Y'erreur du copifte , vient de nos compaL'otiginal, qui eft entre nos mnins 5 &ils redtifienc T'eneut
triotes qui arrivent de Piladelphie qui eft entre leurs maihs. cclone
du copite avec. achever Toriginal de vous donner une idée des
Senac : Pour nouvelle A ingliterre.
font à la
1 qui Le prefidenr Claullon a la & parsle. faux dans la citation qu'
*Clasjon : 1ly aerreur
ouvoir impticicr fur, Y'erreur du copifte , vient de nos compaL'otiginal, qui eft entre nos mnins 5 &ils redtifienc T'eneut
triotes qui arrivent de Piladelphie qui eft entre leurs maihs. cclone
du copite avec. achever Toriginal de vous donner une idée des
Senac : Pour nouvelle A ingliterre.
font à la
1 qui Le prefidenr Claullon a la & parsle. faux dans la citation qu'
*Clasjon : 1ly aerreur --- Page 119 ---
Its
faite Sonthonax-de ces mots aëte de
dans les originaux qui font depuis fix Hiefaifances mois fous
&
trois
Earve
depuis
mois
RLAES
dans les archives de la commiflion des
colonies, il y-a dans l'original, au lieu du mot contre li
Benfaifance, il ya contre les efforts. Ainfi cela n'a
fait pour être là aujourd'hui comme ainfi
pas été
avoir dit qu'il yavoit cès mots, d'une nation ily généreufe. a faux pour
Page : D'ailleurs, il y auroit, bienfaifance,
le
de l'adrefle indiqueroit affez quelle a été l'intentiou que
tefte
colons. r
des
Th. Millet : C'eft une erreur du copifte.
Sonthonax : Je n'ai Pas vu VOS originaux; je ne
me ferqu'aux copies que vouis avouez vous-mêmes. puis
à ce que vous dit Claufion relativement à la
Quant
de novembre
dare-du mois
la
1793 3 il prérend qu'alors il ne favoit
que
Convention fût allemblée; il y avoit us an
tenoit fes féances.
adie
Duny: Clauffon n'a pas dit que nous ignorions
la
Conventicn exiftàt: : tour nous annonçoit que la que
tion alloit inceffamment. ceffer fes fonctions, & qu'elle Conven- al*
loit céder la place à une légiflature.
Le préfident : Sonthonax a la parole pour fuivre la dif
cullion.
Sonthonax : Après le.t traité de paix figné dans
le 23 oétobre 17913, les hommes de côuleur vivoient l'Oueft
fiblement dans la ville du Port-au Prince, Arrive
paiincendiaire de l'affemblée
l'adreffe
vembre
coloniale, en date du
> cette adre@e par laquelle on dit aux hommes 7 nocouleur : Les traités que vous aver pafes avec les blancs de
été arrachés par la force & la perfidie, le retour fera
ont
cere adrefle par laquelle on leur dit encore: :
terrible le ;
refentiment des peuples qui vous envirornent, 6 Craigney
même intérêt que nous. Alors
qui ont le
de frégares & de vaiffeaux Saint-Domingue étoir entouré
ner au Cap, au
anglais, qui vencient faticnmes de couleur Port-au-Prince, trembloient
aux Cayes 5 Bcc. Leshomfavoient
pour leurs droits, parce
-
qu'on machinoir la livraifon de la colonie à qu'ils
:
gleterre cependant, tranquilles fur la foi des
lAnne fongeoient pas à ce qui pouvoit arriver. Ils traités, ne
ils
noient pas même furleurs gardes. Les ciroyens du fe Port- teHa
ner au Cap, au
anglais, qui vencient faticnmes de couleur Port-au-Prince, trembloient
aux Cayes 5 Bcc. Leshomfavoient
pour leurs droits, parce
-
qu'on machinoir la livraifon de la colonie à qu'ils
:
gleterre cependant, tranquilles fur la foi des
lAnne fongeoient pas à ce qui pouvoit arriver. Ils traités, ne
ils
noient pas même furleurs gardes. Les ciroyens du fe Port- teHa --- Page 120 ---
coloniale,
au-Prince, avertis.
T'adrelTe de de T'affemblée (aveir files concordats
éroient incertnins a la
devoisit ètre caflés. Lallemblée
maintenus ou
délibera, &
arete
feroient
fe forma par. fedtions > en de la ville
de la commune
la majorité des fedtions
de
il a été prouvé que
: mais ce n'étoit pas le compte
étoit
les concordats des faétieux qui agitoient laflemblée
EROE eoloniale,
du Porgu-Prinee.
provincinle delOueft, & la du municipalité concordat; il falloit que
Ifalloit empécher l'effer tombaffent dans Tignominie & ai mèhonmes de couleur Pour" cela jls chetchoient à produire une
Tavilntiement.
.les. hommes de couleur au Portlée qui, failant égorger.
une fuite naturelle le traité
au-Prince ditloudioit par chefs det factieux en trouvède Faix ad 23 céobré : fédition les
qu'ils excirerent, fodition
rent Yoccalon dans la
tiers de la ville du PortYincendie dugrand
un
qui a produir On vous a dit, & on a cité pour preuve redisé.a
au-Prince. des foldats du rlgiment de Normandie dans ce mé
mémeire Paris, qui eft Y'ouvrage d'ane main coloniale: ont mis le feu a
moire on dit que les hommes dans de le quartier couleur de iz villeappolé
fitué
avec la
un codapsde-parde
l'incendie s'eft déclaré
Bl-Aire,, mais qu'enfuire dars le centre de la ville, dans Yenplus grande violence de richeffes., fans qu'on pit favoir
droitol étoit le plus
Ils ont dit que Fatart
diton, la caufe de cet incendic. rixe entre un camonnier national
avoit commencé par une
de couleur. Ils vous ont dit.
& un tambour des hones voulu défarmer ie canonnier national,
que ce rambour s'étoit avoir emparé de ce tambour, qu'on Yavoit. fur-le-.
que le peupla
,od il avoit été maffacré
oet
conduit a la mumidpelite
couvrir ce meurtre,.que.
champ. On vous a libre; dit, pour mais tous les noirs qui étoient à cette
homme n'éroit hommes pas de coulcur au Porrau-Paince,
réunis aux
libres. Car ceux qui n'éroient pas libres,.
époque, éroient étcient" çonnus fous le nom de fchifme negres, avec failles,. ies:
ceux qui éié embarquéss ils avoient fait
hommes
avcient de couleur:1 n'y avoir pius parmi.des libersé étoit bien;
hommes couleur. Gue des noirs libres, donr la un- efclave, &
de
Ce rambour denc n'étoit point
vousa:
réconnue,
égorsé.cm. lui un hommne ibeerOn
on. a vraiment
roient étcient" çonnus fous le nom de fchifme negres, avec failles,. ies:
ceux qui éié embarquéss ils avoient fait
hommes
avcient de couleur:1 n'y avoir pius parmi.des libersé étoit bien;
hommes couleur. Gue des noirs libres, donr la un- efclave, &
de
Ce rambour denc n'étoit point
vousa:
réconnue,
égorsé.cm. lui un hommne ibeerOn
on. a vraiment --- Page 121 ---
dit que le tambour avoit voulu défarmer le canonnier na+
tional: efl-il pollible que ce noir ait pu être l'aggreffeur,
tandis qu'il cit bien prouvé que la' garde nationale du Portau-Prince étoit beaucoup plus confidérable que la troupe
des hommes de couleur ? Etil pofible alors
ecux
étoient en mninorité, 7 ceux qui fo repofoient dr la foi det
trairés, aient été les asgreffeurs: Lorfque les hommes de
couleur ont appris le fort fanefte de leur comparnon, iln'eft
pas étonnant qu'iis fe foientmis fur leurs gardes, 3 & quils
aient pris les arsies. Ils Ont été attaqués par toute la garde
nationale blanche, par les deux bataillons réunis ci-devant
connas fous-le nom d'Artois & de Normandie. Ils ont été
chaffes du gouvernement qu'ils occapoient alors, ils ont
pris la fuite. Le parri des hommes-de couleur, qui occuFoit.le pota appelé Bol-Air, s'eft fauvé le foir du 21 novemhre, en inettant le feu au corps-de-garde : le lendemain
matin le feu s'eft déclaré dans-le eentre de la ville, &s on
vous dit gu'on ne fait pas qui pour y avoir. mis le feu.
Ceux
ont mis leseu, four. ceux
éroient dans lenceinte e la ville; au momentod le E y a pris. Ce ne
pént être les hommes de couleur, puilque depuis dix heures
les hommes de, couleur n'y étçient plus, & en avoient été
chaffes. Les hemmes de couleur étoient fortis de la ville
du Port-au-Prince dès lc 2r, & c'efc le 22 que le feu
s'eft déclaré.
Claafion: Sonthonax ne pent être fidele dans le récit de
cès faits > peifen'il n'y étoit pas. Je vous prie de liaterpeller fi, le jowr de l'affemblée des fcctions, iln'a pas été
arrété & mis fous la volée du vailleau le Borée deux chaloupes d'hommes de couleur qui véncient dans l'intention
d'effechner la machination projerée d'égorger tous les citoyens blancs ce jonr-la.
Sonthonas : Je déclare que je n'ai aucine conncifanca
déice fair. Mitbeck, Roume & SaintLojer, qui ont éts
commiflaires avant nous dans la colonic, en cnt conneiffance; & lorfque vous voudrez avoir des renftignemens plus
politiés fur cette affire, vous les confulerez.
Clauffon : Je vous prie, citayen - prsfident, d'interpeller
Sonthonax les hommes de couleur n'ont pas été pris
H3
jonr-la.
Sonthonas : Je déclare que je n'ai aucine conncifanca
déice fair. Mitbeck, Roume & SaintLojer, qui ont éts
commiflaires avant nous dans la colonic, en cnt conneiffance; & lorfque vous voudrez avoir des renftignemens plus
politiés fur cette affire, vous les confulerez.
Clauffon : Je vous prie, citayen - prsfident, d'interpeller
Sonthonax les hommes de couleur n'ont pas été pris
H3 --- Page 122 ---
mettant le feu & porrant des matières combuftibles
répandoient par-tout.
qu'ile
Sonthonax : Il eft faux, abfolument
de couleur aient été arrèrés
des faux, queles hommes
tibles, Puifqu'il y avoit dix heures portant
matières combufla ville. Ona pendu effectivement le qu'ils étoient fortis de
non pour avoir porté des, matières lendemain un mulàtre,
foufre. qu'on avoit trouvé dans fa cafe combuflibles, de la
mnaisparce
poudre & du
Clauffon : Je nomme Michel
qui a eté pris fur le bord de la mer, Lillavois, carteron libre, >
& portant fous fes jupons des mèches déguifé en femme s
niatières combuftibles, & mettant le feu aux foufrées & autres
des magafins remplis de goudron,
maifons & dans
tières.
cordages & autres miaSonthonax : Cela eft faux, abfolument faux.
livois a été faifi déguifé en femme, fe
Michel LilPrince vers les vailleaux
fauvant du Port-auici des habitans du Porr-au-P pour ne Prince pas être affaihiné. Il y a
Jinterpelle couleur
à mon tour Claufon de S fi feront les entendus.
n'étoient pas fortis de la ville
hommes de
avant que le feu y prit.
depuis dix heures, 2
Claufon : C'elt faux 3 les hommes de
tranchés à Bel-Air; ils avoient
couleur étoient red'un hôpital de ce quartier;. & ils égorgé n en les malades blancs
lendemain. à huit heures, après
font fortis que le
Sonthonax : Le fait relatif aux que l'incendie eut éclaté.,
faux. Je reviens à ce
je difois. hôpitaux Les
eft ablolument
éroient chalfés & Taondbed de la ville; d'ailleurs., hommes de coulewr
gument auquelil n'y a point de
: > voici va Stcoulcur érorenrchargés du crime réplique Si les hommes de
au-Prince, certainement les colons d'avoir mis le feu aul Portcalomniés n'auroient
tà
blancs qui les ont tant
dic: L'incendie a confumé pas
une fi terrible vérité. Ils ont
fans qu'en ai: jamais pu favoir un grand nombre de maifons ,
ils n'aurolent pas caché la caufe qui & lavoit le
allumé. Certes ,
Tincendie, fi les hommes' de couleur l'euffent nom des auteurs de
gue foia leur dire. S'ils ont caché lcs été. Voilà ce
incendie, s c'eft que Ges auteurs étoient leurs auteurs de cet
pais dans la couleur blanche qui'e elle-mème avoit complices, faitle &
récit
fans qu'en ai: jamais pu favoir un grand nombre de maifons ,
ils n'aurolent pas caché la caufe qui & lavoit le
allumé. Certes ,
Tincendie, fi les hommes' de couleur l'euffent nom des auteurs de
gue foia leur dire. S'ils ont caché lcs été. Voilà ce
incendie, s c'eft que Ges auteurs étoient leurs auteurs de cet
pais dans la couleur blanche qui'e elle-mème avoit complices, faitle &
récit --- Page 123 ---
dont je vous ai parlé, c'eft-à-dire le mémoire d'Artois &
de Normandie.
Thomas Millet : Je voulois rétablir ce que Sonthonax a
rétabli lui-même. Il nous fair dire ce qu'il extrait du mémoire des régunens d'Artois & de Normandie. Lesfoldats
de ce fecond bataillon ont dit dans ce mémoire qu'ils ne
favoient pas qui avoit mis le feu aux maifons. Quant à
nous > nous ne nous fommes pas expliqués fur ce fait i
quand il en fera temps, nous parlerons.
Clauffor : On ne croira' jamais que les habitans du Portau-Prince aient mis le feu à leurs matfons,, incendiéleurs
propriérés.
Sonthonax : Les colons .
Claufon : Laiflez - moi donc continuer. Tout le monde
fait que les hommes de couleur n'avoient de propriétés que
dans le quartier du Bel-Air : c'eftle quartier quils ont Occupé jufqu'à huit heures du matin quils en on: été chaflès;
les autres quartiers éroient occupés
des blancs. Je lerépète, : le quartier le plus foriffant, Pu quarrier du' commerce
a été incendié par des hommes qu'ils avoicn: difféminés >
& qui portoient des matières combuftibles à l'aide de déguifemens.
Sonthorax : Je réponds à Clauffon, qui vient de dire
les hommes de couleur n'avoient de maifons qUE dans
fr quartier de Bel-Air, qu'ils auroient donc incendié leurs
propres maifons , puifque ce quartier fut le premierla proie
des Hammes. Il a dit encore que les habitans du Port-auPrince ne: pouvoient pas être foupçonnés de s'être incendiés
eux mêmes. Je réponds àcela, que ce ne font pes leshabitans du"Port-au-Prince propriétaires qui ont incendié la
ville, Le quartier du commerce a' été
parce qu'on
lui en vouloit, & voici pourqaci: c'eft que commerce, 2
E
& celui'de Bordeaux fur-tout,éroir acculé de tavorifer les
hommes de couleur. Les Bordelais étoient en majoriré au
Port-au-Prince 3 Or > les maifons de commerce incendiées
appartenoient aux correfpondans des Bordelais. Cen'eft pas
tout : ceax qui ont incendié étoient la compagnie drs
canonniers de" Praloto, formée 1 de Mal-ais, Géncis &
Napolitains 3 tous hommes qui depuis ont été déporés par
ROS ordres, & ont incendié le Cap, de conccrt avec 30
H. 4
toient en majoriré au
Port-au-Prince 3 Or > les maifons de commerce incendiées
appartenoient aux correfpondans des Bordelais. Cen'eft pas
tout : ceax qui ont incendié étoient la compagnie drs
canonniers de" Praloto, formée 1 de Mal-ais, Géncis &
Napolitains 3 tous hommes qui depuis ont été déporés par
ROS ordres, & ont incendié le Cap, de conccrt avec 30
H. 4 --- Page 124 ---
120 :
ou 40 mauvais ftijets du bataillon
du Saine-Henore dans ia, rade.du d'Artois, réunis a bord
Incendiaires du Port-au-Prince font Gap. le le répétes les
bitimens du commerce & del'Erat qui queiques matelots des
canonniers génois, malrais &
seroient adointsaux
belle opération, fl ya
napolitains, pour faire cette
Iors de notre arrivée au quelque Porr-au chofe de
frappent :
les hommés de couleur
Prince, en,
>
aau
chez les blancs les: meubles qui 'éroient de retour CLRIOE
Nous avons : fait venir les hommes qui léur avoient été énlevés.
volés; ils nous' ont dit : <
accufés de les. àvoir
>> nous appartenoient point; Ii.et il'eft vrai que lcs meubles ne
2 des hommes. de couleur.qui lés yrai quils. prov eneient
e les avons. pas volés ; nous
réclament: mais nous ne
35 lage du. Port -au
les & avons acherés lers du pila avons ?2. Nous n'avons Princc, voila pourquoi nous les
nous fommes contentés de pas faire reionté rendre à la fource neus
à qui ils appartenoient : nous n'avons les meubles I ceux
les auteurs de lincendie fe
pas voulu rechercher
pillage par le corps du 3t. qui moniroientles fe
complices du
mains, nous nous fommes contentés trouvoit de
entre leurs
meubles. à ceux à qui ils appartenoient. faire rendre les
éré chez les négocians du
Le pillage fait l'a
ierce de Bordeaux;
Portan-Panee .
attachés au comprincipales maifonsde fur-tour, > le pillage fait Taéié fur lép
Gue, ces maifons de, commerce commerce ércient du Porean-Frince, parce
les hommes de couleur.
fait acculées de 11, favordfer
nonniers de Praloio, kéneis,.inaltais, Le.piliage
laéré par les, caétringers, ne vivant
de rapines, tous napolirains > tous
polethion.dins la acadiatrde &
une,
n'ayant. aucune
vais fujers dès régimens
par & de quaruntaine de'tnaules vérit.bles incendinires d'Arroit, du.Cap, & Normandie, Voila
ceux qui vous feront dénoncés comme. du Pestr
aurPrince,
faires Mi-beck, Roune &
teis Bar des. commifdu Port-au-Prmnce qui font Saluneleger, ici,&
par les habitans
tels par les piéces qui fenridans los qri feront démontres
& que.je prie la contrfion-de vonloir bureaux de, lamariue,
mertre fous les yeux.
bien fe faire reParce Clasfon que,jai : Suncienax avancé m'a fait dire ce que je nai pas dir.
que les hommes de couleur avoient
Mi-beck, Roune &
teis Bar des. commifdu Port-au-Prmnce qui font Saluneleger, ici,&
par les habitans
tels par les piéces qui fenridans los qri feront démontres
& que.je prie la contrfion-de vonloir bureaux de, lamariue,
mertre fous les yeux.
bien fe faire reParce Clasfon que,jai : Suncienax avancé m'a fait dire ce que je nai pas dir.
que les hommes de couleur avoient --- Page 125 ---
rii
Les propriétés dans le quattier du Bel-Air, qu'enfuitej'at
Hic que c'étoient les hommes de couleur déguiles & difféminés qui avoient mis le feu aux maifons des blancs, ila
prérendu
j'avois avancé que les hommés de couleur
voient adere le feu à lenrs propres maifens. Citoyens, il
F'eft pas vrai que jaie dif que leshommes de couleur euflent
mis le feu à leurs inaifons: car il faut que vous fachiez
ue le quartier du Bel-Ait eft un quairier (loigné de la
ille, qu'iln'ef compofé que de mailens éparfes çà & là 5
queles hommes de couleur éroiehtretranchés dans un corpsle-garde voilin de Phôpiral où ils fe font pertés & ont
sorgé un grand nombre de blancs malades. Certes 5 les
mmes de couleurn'ont point choifi leurs propriétés
; incendier; ils ont mis le feu aux maifons voilines Poas
Ps,de-garde: mais toutes ces maifons appartenoient à des
lons , car il n'eft pas une propriété à des hommes de
uleur qui ait été incéndiée à cette époque.
Senac : Avant d'entrer dans la difeuflion relative à Son.
ienax, cireyen-préfident, je vous prie d'interpeller le civen Polverei, fi, Fendant fon féjour au Port-au-Prince les
mmes de couleur,"en fuyant de cetre ville, n'aflallinerent
S tous les malades qui étoient dans Thôpital du Belir.
Polverel: Ja n'ai's abfolument aucune connoifance du fait
r-lequel ioifance Porte linzerpellation : mais J'ajoure que j'ai cu
par.des procédures inftruires par la fénéchauffée
1 Port-au-Prisce" contre des blancs > procédures dont des
cftiges doiventencore exifter ici dans des interrogatoires qué
ons.avons fait fabir à quelques-uns de ces blancs-là 5 jo
lis'e quil réfulie de ces procédures & de ces interrogaroires
ue ce fonz les blancs Gui ont pillé, > foit dans
ville apparrenmint anx biancs, foit dans la pattiedel la partie la ville de
qui separtenoit aux hommes de couleur. DDe là je tire
Aconfequencer tres-naturelle, que ceux-là fonrpréfiumés couFables de lincendie qui en ont profté
le
que
eux qui déja étoicnt bors de la ville Pas pillage;
e
Por-an-Prince
peivent pasavoir mis le feu,
être
a-Prince.
: DuE
après
fortisduPortSence : Vous vepez n Aontendre Palverel dire qu'iln'avoit
point connoiffhsics' da fit Je regarde dous le moment fa
fequencer tres-naturelle, que ceux-là fonrpréfiumés couFables de lincendie qui en ont profté
le
que
eux qui déja étoicnt bors de la ville Pas pillage;
e
Por-an-Prince
peivent pasavoir mis le feu,
être
a-Prince.
: DuE
après
fortisduPortSence : Vous vepez n Aontendre Palverel dire qu'iln'avoit
point connoiffhsics' da fit Je regarde dous le moment fa --- Page 126 ---
tit
occafos
niais j'aurai
déclaration somme ane dénégation;
de le prouver.
de demander quels étoient ceux qui
Sonthonax vient
& a ienté de
du
avoient mis le feuau Por-au-Prince, incendié la
SEM
que c'étoient lès mêmes j'étois qui avoient dans le batailion
comCap. A certe époque, étoit à Biforon ; javois Rer forcé,
mandoit Rigaud, d'autres, & qui de prendre un fufil & de marcher dicomme beaucoup
qu'a cette époque-la,
contre le Port-au-Prince , parce L'affaire du 21 novembre
foit-on, il falloit tout ex.crminer. campé; les hommes de couleur ,
arriva pendant que j'étois. du Port-au-Prince , fe réfuqui furent obligés à de la fortir Croix - des - Bouquets , les autres
gièrent >, les uns Les hommes de couleur qui fe réfuvinrent â Bifoton. fe cachèrent pas. Et oblervez > cigièrent à Bifoton ne
que. je vous donne 3
toyens, que ce font des renfeignemens dacculations ; car fi c'étoient
& que je ne fais point
fur ceux que je citerois
des accufations, elles porteroient dirent à Rigaud: Nous avons été
Les hommes de couleur
nous avons mis le féu à Bel
obligés de fuir, & en partant
de blancs' campés prè
Air, parce que là étcient beaucoup de temps après, fut aufi fotce
de nos forts. Rigaud, peu &, en partant, il eut foin de fair
de décamper de Bifoton;
de couleur au Port - au
fait- les hommes
ce
quavoiens incendier Biforon & toutes les habication
Princes il fic
habitatiou & Léogane. Affurément Pol
fituées entre cette
il seft pafft fous nos yeux:
verel ne niera pas ce font fait-là; les hommes de couleur qui, chalffe fu
& les incendiaires
mirent le feu par-tout
de la ville du Port-au-Prince, naturel., Tout cela s'eft-paill
léur palfage: ça leur Polverel paroilfoit ne le niera pas, parce qu
fus nos yeux; &c d'André Rigaud qu'on a fait tout cela.
c'ett par les ordres le nierai pas, paice que je ne fuis pa
Polverel : gai ne nie tout ce qui n'ef pas prouvé ai aucune ; mais con
comme
n'en
:
lavouer, parce que je
ne puis pas
Senac
noillance. A ce' que vient de dire mon collègue
bld
Clanffon : pendant trois mois que nous avons at été mein
f'ajouterai que,
les hommes de couleur, les hab
.qués au Por-an-Punce, mettoient le feu à toutes
qulla étoient repoulles,
ice que je ne fuis pa
Polverel : gai ne nie tout ce qui n'ef pas prouvé ai aucune ; mais con
comme
n'en
:
lavouer, parce que je
ne puis pas
Senac
noillance. A ce' que vient de dire mon collègue
bld
Clanffon : pendant trois mois que nous avons at été mein
f'ajouterai que,
les hommes de couleur, les hab
.qués au Por-an-Punce, mettoient le feu à toutes
qulla étoient repoulles, --- Page 127 ---
tions voifines de la ville; & par-tout où ils
ils"
riloient les cannes & les habitations fiurlefquellesils paffoient, étoient
Ampés. ul
Si les hommes de couleur ont mis le feu par cela
qu'ils étoient repouffés, il fera facile de
ce
e font pasles propriétaires du Port-au-Prince prouver qui ont
é leurs
pberse
propriétés. J'avoue, moi, avec Senac,
les
bmmes de couleur ont mis le feu à leur corps-de-garde que au
uartier de Bel-Air, en lc quittant.
Sonthonax: Mais ce feu a été éteint; mais ce n'a été
lendemain, dix heures après le départ des hommes
buleur, , que le feu a été mis dans le centre de la ville,au
Hartier le plusriche , au quartier des négocians.
Clausffon : C'eft faux.
Sonchomex: couleur Quant à ce que dit Clauffon, que les hommes
ont incendié leur corps-de-garde en quittant le
prt-au-Prince, il ne faur pas le nier; c'eft de noteriété
ique que les houmes de couleur chaffésdu
Rincendié
TUCOTLAEE
plufieurs habirarions : mais c'étoit alors une venancelégitime du traitéqu'on venoit de rompre,
traité du 23 octobre, qui reconnoit la déclaration lorfqu'après des
oits de Thomme & la liberté & l'égalité des hommes de
uleur & des blancs; traité qui a obtenu la fanction de
us les corps populaires de la ville du
traité
li a été vanté, même par le mairele Portan-Prince; plus conau
ns la colonie. fous le nom du vicux Rimbourg, > à caufe des
uautés qu'il avoit commifes fur les
de couleur;
maire le
AEE
Hoge des Rimbourg, après un difcours dans lequel il fait
hommes de conleur., qu'il veut rapprocher des
ancs, médiroit déjà la rupture du traité. ERil étonnant
Re les hommes de couleur le foient armés quinze jours ou
mois après la rupture d'un femblable traité? ER-il éronnant
'ils fefoient porrés à des excès ? Tout devient légitime lorfFon a été attaqué d'une manière f atroce. C'eft la
ce traité quia caufé les exécutions de Benay"&c du rupiure
oave. C'elt par la. rupture de ce traité que les hommes petit de
aleur, FIfle... égarés par des gens que je vais nommer, par Renaud
Lepréident : Iin'eft
que(tion de cela,
Sonthonas : Alors je eleg plus rien à dire far l'incendie.
Dury : J'obferye que le nom d'htomme tigre n'a été connu
eft la
ce traité quia caufé les exécutions de Benay"&c du rupiure
oave. C'elt par la. rupture de ce traité que les hommes petit de
aleur, FIfle... égarés par des gens que je vais nommer, par Renaud
Lepréident : Iin'eft
que(tion de cela,
Sonthonas : Alors je eleg plus rien à dire far l'incendie.
Dury : J'obferye que le nom d'htomme tigre n'a été connu --- Page 128 ---
que Poivere! & Sonthona
à Saint-Pomingue eue pendant
y ont exercé des horreurs.. dit
'fi Y'on avoit incendié l
Verneuil: Sonthonax a
aux meilleure
quartier du commerce, s'eft
appartenoit
obtenu 1
AFA
maifons de Bordeaux, qui avoient demandé & tout 1
éécret'du 15 mai. I voits a dit enfuite que prefque des Maltais
Port.au-Prince a été bralé
des Génois ,
dan
des Napolitains , gens qui SRdER feu, aucune alléchés proptiété par le pillage
la colonie > &
y ont de mis dire le quel intérêt ces Génois
Je demande à
le décret di
lnee
ces Malrais, ces Napolitains 2 avoient à ce que
étoien
dans la colonie, punquils
15 mai fit ou non exécuté is colonie.
tout-à-fait étrangers à
à Tinterpellation de Vet
Sonchonax: : Je ne réponds pas
neuil. Dasbonneau: Je déclare qu'aucun négociant de Bordeau
n'avoit de propriérés fencières au Port-au-Prince,
Verneuil: Aucune.
foncières quand on
Sonthonax : S'agir-il mobiliaires, de propriétés quand on a incendié &
incendié les propriétés
pillé des magalins?
iflets du Por-au-Prince Ot
Daubonneau : Les vingt-fept
la des
& certes ce n'étoit pas
propriét
été incendiés >
mobiliairess
dans toutes les villes q
Sonthonax: Il eft conftant que
les plus beau
la colonic, c'étoit le commerce qui occupoit
quartiers. Daubonnieau : Etles maifons les plus belles.
Clanfon : Ce n'eft pes" le commerce fort de Bordeaux. importante à vor
Th. Miller : II y a une oblervation Après Yévéneme
faire fur Cc que vient de dire hommes Sonthonax. de'corleur, dit-il,
du 21 noverbfe 179:, les
bicn légitine contre cei
faifoient-qre fuivre une vengeance Nous vous adrainiftrerons
qui leur réfufoient leurs droits, la colonie étoit bien inform
preuve que , le 21 novembre,
qui déléguoit
de T'exifence du décret du 74 feptembre, le drsit de flatuer fur
T'affemblse coloniaie exifante
fort dos hommes de coulent. imporrant que je répondo à Mill
Sonthonax : Ttef bien oficiellement dans la colonie
Il cft faux qu'en connit
faifoient-qre fuivre une vengeance Nous vous adrainiftrerons
qui leur réfufoient leurs droits, la colonie étoit bien inform
preuve que , le 21 novembre,
qui déléguoit
de T'exifence du décret du 74 feptembre, le drsit de flatuer fur
T'affemblse coloniaie exifante
fort dos hommes de coulent. imporrant que je répondo à Mill
Sonthonax : Ttef bien oficiellement dans la colonie
Il cft faux qu'en connit --- Page 129 ---
écret à cet époque; ear le décret du 24, feptembre qui
vre,ce droit aux affemblées coloniales, n a été apporté que
ar les premiers commiffaires, Mirbeck, Roume ec Saintéger, qui 11e font arrivés dans la colonie que dix jours après
incendie.
Th. Millet: Je déclare (& je confens à être traité comme
n caloniniateur fij'avance un faux ) que le décret a écé
porté, je crois, par la corvette le Papillons qu'il eft arrivé
3 novembre, let ou le 5 au plus tard, remis à Blanaelande, quila fait preclamer le lendemain dans les formes
refcrites parl la loi; &sila étéa apporté
les comrriffaires
firbeck, Roume & Saint-Léger , ce CRRE été que par furaendance, mais il étoit cficiellement notifié avant leur atvée.
Sonthonax: Je n'avoue ni ne défavoue le faita avancé par
hemas Millet; je n'ai paslamaémoire affez préfente pour
onner la-deffus une explication précife. Vous dites que le
écret avoit été apporré par Favifo le Papillon 3 ce, que je
avoue point; mais vous ne dires. pas qu'aucun décret fur
organifation des colonies ne pouvoit être mis à exécution
vant T'arrivée des commillaires civils.
Th, Millet : Ceci entraîneroit une difcuflion fur une quefon de droit public que je vais réfoudre d'un feul mot; c'eft
ge les commiffaires ne pouvoient avoir aucune influence
olitique fur un décret qui déléguoit à J'afemblée coloniale
mntorité légiflative que n'avoient pas les commiffaires.
Sonthonax : Il ie s'agit point de l'influence polirique des
ommiflaires civils: Mirbecl , Roume - & Suini-l.éger, fur
S cpérations de lafiemblée coloniale : mais il s'agit de la
du II février, qui vols prefcrivoit de ne rien mettre à
écution far Torganifation des colonies avant l'arrivée des
ommiffaires. Or,je crois bien que ce décret regardoiloranifarion des colonies.
Senac: Tobferve, pour donner plus de clarté à ce que
enr do dite Sonthonax, quecen'et qu'tprès Tarrvée des
ommiffaires, Gui ont eux-mémes sromulgus l'amnifie cn
Veur de tous les coupabies à Saing-lomingue, que tous les
Tafinats générux ck parricnliers fe fent commis.
Duboaneax:le déclaré C ncpre, Sle fait efarle à prouver,
ue lcs commifthires civils Mbeck, Rouie & Saint-) égér
nt caffélcs concordais.
dite Sonthonax, quecen'et qu'tprès Tarrvée des
ommiffaires, Gui ont eux-mémes sromulgus l'amnifie cn
Veur de tous les coupabies à Saing-lomingue, que tous les
Tafinats générux ck parricnliers fe fent commis.
Duboaneax:le déclaré C ncpre, Sle fait efarle à prouver,
ue lcs commifthires civils Mbeck, Rouie & Saint-) égér
nt caffélcs concordais. --- Page 130 ---
Je
à la fuite de la difcuflion. Les colons
Sonthonax: des palfe excès cominis par les hommes de couleur
fe font plaints & à Benay. Il eft rrès-vrai qu'un blanc,
au petit Renaud Goave de YIe, &un autre, allèrent dans le corpsnommé des hommes de cauleur, en emmenèrent plalbeuts
de-garde cabaret, les enivrèrent ; & c'eft après leur avoiroré
dans un
fait. commettre lss éxeès dont ils
la raifon,, qu'ils Mais leur on ont vous 2 dit que tous ces crimes avaient
fefont fouillés. Gafton di Vivier 5 que Gafton du Vivier. S
été commis fa par
Y'amniftie pour tous les délits révoluayant dans avoit poche acheré le meurtre avant de la proclamer,
tionnaires,
cadavres de ces malheureux quil la pro-
& que ceft far les
faux. Senac étoit alors en prifon
clima.Le fait eftabfolumeut été fauvé
les' foins de Galton. du
au petit Geave;il a
ici de par vouloir inculper Gafton du
Vivier. Senac auroit tort
ici des hommes
étoient
Vivier de cette atrocité. Il i2 a de cette affaires t vous di
également Gafton au petit du Goave Vivier a tout fait pour T'ewepécher. Qut
ront que
caractère de Devivier, fair qu'il eft le
conque connoit le
ne feroit pas capable d'infulter
plus doux des hommes, qu'il été facrifiés au peti: Goave, &
un enfant. Ceux qui ont
s'il n'avoit été fauvé pai
Senac devoit être du nombre font ceux qui ont alfatha
Gafton; ceux qui ont été facrifiés
Femand-deBaudikre. les hommes de couleur, après la
Ef-il étonnant que
I
dela
a
après avoir été tralis
manière
ture des concordate,
fe foient portés à des excès
plus odieufe au Port-au-Prince, : car, dans ancune efpèce de cir
Je ne veux pas les juftifer être permis; aucune révolution
conftances Taffaflinar ne peur Je dis que ces malheureu
ne peur légitimer un atlallinat.
les aliaflins de lin
ne fe font portés à la vergeance qu'envers
foriuné Feimna-de-Raulise demande la parole fur le petit Goave. Tout
Senac: Je
cétoit d'abord Re
à-lheure Sonthonax vous enivré a annoncé les hommes que de couleur, & le
naud-de-lIlle qui avoit
les malheureux qui devoien
avoit engagés à tirer de prifon dit
ceux-ci n'avoient ét
être allalinés; enfuite il vous a étoient que eix-mémes les af
tirés des prifons que parce qu'ils
ila dit que je devois
failins de Femcaatle Gatton Duvivier. Ce que vient de dir
moi, ma libirté à
vous enivré a annoncé les hommes que de couleur, & le
naud-de-lIlle qui avoit
les malheureux qui devoien
avoit engagés à tirer de prifon dit
ceux-ci n'avoient ét
être allalinés; enfuite il vous a étoient que eix-mémes les af
tirés des prifons que parce qu'ils
ila dit que je devois
failins de Femcaatle Gatton Duvivier. Ce que vient de dir
moi, ma libirté à --- Page 131 ---
"onthonax eft contraire à Ia vérité. Je-déclare que Sonthonax
e trompe ou en impofe fur ce fait. Gafton Duvivier éroit
mon ennemi declarésJ'érois procureur de la
c'ioit une raifonl fuffifante. Gafton Duvivier commune, vouloit
fufe exécuté comme les autres 5 & je vais vous conter que je
quoi je ne l'ai pas été. Ignace, homme de couléur, & pour- comnandant de la garde nationale au petit Goave sétoit en difpare ouverte avec Sinclar, homme particulièrement lié avec
Delille, & lié aulli à cette époque avec Gafton Duvivier.
gnace & Sinclar mirent en queftion fi l'on feroit forir
a'un des dérenus. Sinclar, de fon autorité, fit fortir un quel- inlividu nommé Lapiace, membre de la municipalité, &
fureur de ce pays. Ignace fut fort étonné qu'à fon préj
Finclar,
n'étoit
itr
Ine
qui
que capitaine, eût fait fortir ce Laplace,
Hembie diipure s'éleva entre Ignace &k Sinclar 3 de comité fur
(iln'y avoir plus de municip.lité , ils l'avoient
upprimée ) Le comiré fut donc affemblé, , & l'on arrêta
ue, pour évirer les fuites de la querelle engagé entre
k Sinclar,
Ignace
nègre libre J on me mettroit en liberté. Vous
oyez. que c'eft aflez miraculeux: : ce n'eft donc pas à Gafton
Duvivier
je dus ma liberté; car, fi Gafton Duvivier l'eât
u, yaundut été fulillé avec les trente-trois autres malheueux,
Sonchonax: Les hommes de couleur qu'on maltraire ne
ont pas ici; ils combattent les Anglais., ils les chaffent de
ifle, tandis que ceux qui ont livré Saint-Domingue viennent
ous acculer & nous perfécuter,
Senac: : Je voudrois qu'ils y fuffent, ils ne nieroient pas ce
ue j'avance.
Th. Millet : Je vous citerai, ciroyens, un fait
A preuve eft dans vos archives. Sonthonax, vient dc femblable; vousdire
u'on reprochoit aux hommes de conieur d'avoir exécuté ce
heurtre, Hliée
ayant l'amniftie dans leur poche > & de l'avoir
après. Eh bien! citoyens, vous en avez la
ifait le reproche aux commiffaires
teeifea
civils Mirbrck& Roume.
e l'ai dit,je l'ai publié dans un cuvrage portart pour titre,
Examen du difcours de Roume à l'alemblee coloniale; ; & jahais Roume, > Mirbeck, ni Saint-Léger 2 te m'ont inquiéré
pour ce fait, parce qu'il leur étoit impollible de me trouver
nf faute, le fait 6toit trop vrai.
citoyens, vous en avez la
ifait le reproche aux commiffaires
teeifea
civils Mirbrck& Roume.
e l'ai dit,je l'ai publié dans un cuvrage portart pour titre,
Examen du difcours de Roume à l'alemblee coloniale; ; & jahais Roume, > Mirbeck, ni Saint-Léger 2 te m'ont inquiéré
pour ce fait, parce qu'il leur étoit impollible de me trouver
nf faute, le fait 6toit trop vrai. --- Page 132 ---
Sonthonax: : Thomas Millet donne pour une preuve une
allegation qui vient de lui. Il dit: cc J'ai dit, telle chole,, dond
cela eft vrai >), 1l ajoute à T'appui de fon aflertion : Mirbeck
Roume, Saint-Léger, ont été témoins du fait: ils n'ont poin
donné d'ordre pour me pourfuivic, pourlavoir conligné dan
mes écrits. Si Mirbeck, Roume & S.-Léger fefullent avifé
de pourfuiyge Thomas Millet, Mirbeck & St-Legerauroien Mirbeck, 8
étéi mis en pièces comme Fenand-de-Baudièse, de s'exilerde la colonie
Saint-Léger fur-tout, ont été obligés
fous peine d'ètre pendus dans une émeute publique > comm bien d
Feraad-de-baudsts, Voilà pourquoils le gardoient
toucher à Thomas Millet:ilafalle toutle courage dela fecond
commiflion civile pour ofer toucher aux membres de l'affem
blée de Saint-Marc; & fi nous n'avons pas été affaffinés
avoir
la
fur les membres de l'aflemblée de
a
porté main
Marc...
Polverel. : Pas de Saint-Marc.
de Saint
Sonthonax: Permertez; Millet étoir delaffemblée
Miarc. Sinous n'avons pas été allaflinés, c'eft par un bonheu
inexprimable 3 car nous avons reçu plufieurs fois des coups d
fufil' de canon.
La féance eft levée.
Lc regifire des préfences ef fgnl: J. Pa. GARRANSPR
fident ; LECOINTE (des déux Sevres), fecrctaire DABRAY
GRECOIRE, PEYRE, Foucai ( de ASy
ir delaffemblée
Miarc. Sinous n'avons pas été allaflinés, c'eft par un bonheu
inexprimable 3 car nous avons reçu plufieurs fois des coups d
fufil' de canon.
La féance eft levée.
Lc regifire des préfences ef fgnl: J. Pa. GARRANSPR
fident ; LECOINTE (des déux Sevres), fecrctaire DABRAY
GRECOIRE, PEYRE, Foucai ( de ASy --- Page 133 ---
EreA
Diii Yentôfe, l'an troiftème de la Républigue françaife une
G indiviftie.
ON fait lecture des débats tecueillis dans la séance
d'hier; la rédaction ên eftadoptée,
: Le préfident : Le citoyen Larchevelque'Hibai 2 fait une
nouvelle demande en communication de pièces : voici Yarrêté
la commifion a prie.
CC- # commiflion, , confidérant que la demande faite par
Lanchevefpue-Thibaud, en communication des pièces quil
dit lui avoir été enlevées par Sonthonax, n'eft pas plus précife que ies précédentes, paffe à cet égard à lordre du jour,
motivé fur (ès précédensa arrèrés;
> Surfeoit à fatuer far la demande en communication
des pictes relatives à l'accufation de Julicn Raymond, que
la commiflion a reçues du tribunal révolucionnaire Jufgya
ce que lui & les colons aient déclaré définitivement s'ils
entendent fe perter ou ne pas fe porter accufateurs contre
ledie Raymond. 3>
Senac : Sonchenax, dans la (éance d'hier, vous a annoncé
que tous ceux qui ont été ailalinés au Perit-Goave, étoient
&. avoient été reconnus des allallins de Ferrand de Baudière,. & que fans Gafton Duvivier qui m'a fauvé j'aurois
été facrifié. Jl faur vous dire qu'il y a eu, dans les perfonnes
allaflinées au Petit-Goave, ênviron ving: ou vingi-detix malheureux qui n'avoint pas encore paru an Petit-Coave, à
lépoque oùt Ferrand de Baudière a été atailiné. ily en a
eu tout au plus dix à douze qui s'étoicnt trouvés à cette
malheureufe affaire.
Brulley : Hier, Sonthonax a dit'qu'on pourroir avoir des
renfeignemens pofitifs fur l'incendië du Por-au-Prinees en
confultant les témoins oculaires gui foir à Paris. J'ai yu
hier des témoins ocalaires qui m ent donné des netes trèsTome III. Vinge-feprièmse liyrcifon.
I
eu tout au plus dix à douze qui s'étoicnt trouvés à cette
malheureufe affaire.
Brulley : Hier, Sonthonax a dit'qu'on pourroir avoir des
renfeignemens pofitifs fur l'incendië du Por-au-Prinees en
confultant les témoins oculaires gui foir à Paris. J'ai yu
hier des témoins ocalaires qui m ent donné des netes trèsTome III. Vinge-feprièmse liyrcifon.
I --- Page 134 ---
33o
les incenprécifes des hommes qui ont arrêté Je eux-mêmes dois vous fournir des
diaires les torches à la main.
fur les véritables
afin de fixer votre opinion du 21 novembre
elnireillemens.,
à lépoque
incendiaires du Poreau-Prince, hier que le feu-avoit été mis,
1791. Sonthonax eft convénu
de Bel-Air, en
les hommes de couleur, au quartier
par fortant du Vor-au-Prince.
n'ai pas dit qu'ils ont mis le
Sonthonas : J'cbferve queje feulement à leur corps-de-garde,
feu à leur quartier, mais
feu
EA fe retirant.
a dit qu'ils avoient mis le &
Brulley : Si Sonthonnz
il n'a pas dit vrai;
miquenient à léur corps-de-garde, fuivant
à pas la marche des
je vais rérablirle fait, cn homines Rt couleur, en fe fauvant
hommes de couleur. Les le feu, Yune d'ente ciles dans le
cn deux bandes, ont mis le
Robin : voilà qui eft précis.
haut du Bel-Ait, chez fauvée citoyen du côté du fort Lcogane; &,
Une autre partie s'eft
de douze hommes du ci-devant d'un
en préfence d'une Normandie, patrouille 'a misle feu dans une maifon deux enrégiment de
nommé d'Aguilar. Voila les
ciroyen vcifin du fort, de couleur ont commencé à incendier,
dreits oà ies hommes
de ligne qui Tatrefteront quand
& en préfence des troupes
on ie voudra.
je dois dire & je vous obSenac: A cette occalion dit 2 hier fe rapporte à cC que je dis
ferverai que ce que j'ai Léogane eft près du fort Bizcoton,
aniourd'hui. Bel-Air Le fort du coré de la Croixdes-Botquets eft
& le fort
Ce
vient de dire le citoyen Brulley
Sonthonax :
que
fi peu vrai..
commença : le'lendemain, vous
Brulley: Voici commelincendiec Yintérieur de la viile. Sonthonax
Fincendie a pris dans
manifefté que le lendemain,
T'incendie ne seft
les biancs qui
a dit, puifque être de leur fait, d'eft donc dans ce raiil ne
pas
Sonthomax,
ont
le feu au Por-au-Prince.
ravec des faits
en
ITE
contradiclion
fennement, eft toralement du bataillon de Normandie
bicti avérés. Que des dépurés dans leur-mémoire, cela n'et
n'aiert pas configné ce fait qui anenoit. le batailion de
étonnant; caf la queftion relative à l'affaire du Port-auici n'étoit pes
qu'ils traitoient, & ils ne
autre queftion
Nataean
Prince 3 d'étoit une
Prince.
ravec des faits
en
ITE
contradiclion
fennement, eft toralement du bataillon de Normandie
bicti avérés. Que des dépurés dans leur-mémoire, cela n'et
n'aiert pas configné ce fait qui anenoit. le batailion de
étonnant; caf la queftion relative à l'affaire du Port-auici n'étoit pes
qu'ils traitoient, & ils ne
autre queftion
Nataean
Prince 3 d'étoit une --- Page 135 ---
f'ont traitée que comme une quefion fubfidiaire à leur
cauie : en conféquence, ilsfe font bornés à dire que le feu
s'étoit manifefé fans qu'on sûc qui l'avoit mis d'abord;
mais des témoins oculaires qui, font ici à Paris, atteftent
des faits qui Re laiffent aucun doute : les voici. Onaappercu
le feu dans plulieurs quartiers de la ville S on y a envoydde
fuite des patrouilles nombreufes, & les patrouilles ont arrêté
nombre de femmes de couleur qui mettoient le feu, n0tamment un grenadier de Normandie, nommé Ourlon, a
arrêté une mularreffe ayant une torche à la main, & Ia
conduite à la municipalité, ayant encore fa torche. Un
caporal du même corps, que l'on nommera & oue lon
pourra faire paroitre, joint à celui qui a donné la nore,
arrêté une mularrefle dans la rue des miracles; elle avoit
fa't torche allumée à la main : elle metroit le feu, qui a été
éteint à l'inflant; & cette mulltieffe a éré.conduite a'la
municipalicé. Loriqu'on en a eu conduit un certain hombre
à la municipalité du Port-au-I Prince, bien corivaincu que
c'étoient des femmes qui mettoient le feu, la municipalité
a pris un arrété en vertu duquel les femmes de bié couleur exécuté -
ont été arrêtées & conduites à la géole : CC quia
les
Enfuite, les hommes de couleur cnt
redemandé par
patronilles. leurs femmes : un dérachement du régiment de
Normandie, > fans qu'il leur ait été rien fait, a reconduit
ces femmies dans la plaine aux hommes de couleur, qui y
éroient. Pouf récompenfe, le détachement qui conduifoit
ces femmes a été cerné, , & on alloit l'égorger, fi une de
ces femmes n'avcit intercédé, ainfi que les autres, en faveur
de ce dérachement. Sonthonax vous a dit que c'étoit des
mauvais" fujers de ce baraillon qui avoient mis le fett au
Port - au- - Prince; il vous "a dit que c'étoit la compagnie
Praioro; il vousa défigné cette compagnie de Praloro, mais
il ne vous a pas dit ce que c'étoit que cette compagnie; Génois il
vousTa peinte comme unrafemmblement de Malrois,
& Napolicains; & il vous a dit que c'étoit des hommes fans
afple, ne vivant que de rapine &c de pillage, qui cficiers mettoient de
le feu àla ville pour mieux piller. Iya ici dos
leur
cette compagnie; & je fuis aurorifé à vous le dire en
hom, que cette compagnie de canonniers de gardes 11a- de
tionales étoit compoiée de menuifiers, de charpentiers,
I2
unrafemmblement de Malrois,
& Napolicains; & il vous a dit que c'étoit des hommes fans
afple, ne vivant que de rapine &c de pillage, qui cficiers mettoient de
le feu àla ville pour mieux piller. Iya ici dos
leur
cette compagnie; & je fuis aurorifé à vous le dire en
hom, que cette compagnie de canonniers de gardes 11a- de
tionales étoit compoiée de menuifiers, de charpentiers,
I2 --- Page 136 ---
hommes de peiue, -
tous réfdans au Port-au-Prince;
tous
nagocians,, ious hommes ayant des
de marchands,
Il fe trouvoit à la vérité
tous
as
priétés, &
Français. Maltois, quelaues Génois, quelques
ces individus quelques
d'artilleurs, il fe
Napolitains; mais d'individus, dans une compagnie tels quil Peur s'en trouver
trouve une réunion Mais tous ces hommhes étoient domide diverfes nations.
tous ayant des propriétés : c'étoit
ciliés au Port-an-Prince, de citoyens comme ici on compofe
en un mot une d'artillerie, réunion
d'hommes ayant des piopriévds:
les compagnies
de Praloto: or ceS hommes
woilà ce qu'étoit intérêt la compagnie à mettre le feu dans une ville oà
n'avoient aucun leurs chofes & le fruit de leur labeur. Sonshonax
ils avoient hommes avoient mis le feu conjointement: avec
a dit que ces d'Artois : ch bien ! pour que vous puilliez aple bataillon mérite de cette allégation : . .
avcient
précierles Sonthonax : Je déclare que je 'n'ai poia: dit d'Arrois, qu'iis parce
mis le feu conjointement avec le T'univerfalité bataillon du bataillon;
que je ne prétends pas inculper de mauvais fujets fortis
mais j'ai dit avec une querantaine & de Normandie: voilà ce que j'ai
des bataillons d'Artois
dit.
foit : eh bien ! il droit impofBruiley: Une quarantaine il, auroit eu dans le bataillen d'Arcois
fible que, quand de mauvais y
fujets qui eulfent voulu
une quamntaine
exécurer ce
&c je
TE
euflent pu
projet;
il eft impetlibie qu'ils l'incendie a eu lieu, les habitans du
car lorique fe font réfugiés dans les cafernes. Avec qui
RSRe avec ces mêmes foldats, avec cette quaont-ils été logés?
Ceft avec eux que les" habitans
rantaine de mauvais fujets.
c'eft donc dans leurs propres
auPorren-Prince fe fontlogés: c'eit-ià ou la municipalité du Portcafernes oà ils étoient, féances. Les citoyens du Port-au Prince
au-Prince tenoit fes
mauvais fujets & les folréfidoient donc avec ces foldats quarante les avoient pillés, ils auroient
dats. Certes, f meubles, les
leurs uftenfiles; & je vois > par
trouvé là leurs
fournie,
fe font tranfporrés dans
la note qui m'a été
qu'ils fauver de leurs efets;
les cafernes avec ce qu'ils ont pa les propriitaires > lerfqu dlz
ces effets ont été emportés par n'é:oient réclamés par pers'en font retirés; que ceux qui
ient donc avec ces foldats quarante les avoient pillés, ils auroient
dats. Certes, f meubles, les
leurs uftenfiles; & je vois > par
trouvé là leurs
fournie,
fe font tranfporrés dans
la note qui m'a été
qu'ils fauver de leurs efets;
les cafernes avec ce qu'ils ont pa les propriitaires > lerfqu dlz
ces effets ont été emportés par n'é:oient réclamés par pers'en font retirés; que ceux qui --- Page 137 ---
fonne ont été portés, par les foldats eux-mèmes, à la municipalité du Port-a au-Prince. Vous voyez que ceux qu'on a
accufés d'avoir misle fen an Port-au-Prince pour piller , ont
eu foin de porter à la municipalité du Pert-au-Prince ceux
des effets apportés chez eux par les réfugiés, & qui n'ont
pas été réclamés. Vous jugez par-la le mérite des déclamations de Sonthonax. Sonthonax vous dit enfuite que lincendie s'étoit particulièrement manifefté dans le quarrier du
commerce , parce que ce quartier appar.enoit aux Bordelais,
qui avoient provoqué le décret du 15 mai. Je vous demande
quel intérêt les. femmes de couleur avoiént à mettre le feu
dans. les magalins des Bordelais, parce qu'ils avoient fait
rendre le décret du 15 inai.
Sonthonax : Je vous prie d'obferver que je n'ai pas dit que
c'étoient les femmes de couleur qui avoient mis le feu au
Port-au-Prince.
Brulley : Moi, je le dis, & c'efun fait; & il eft de notoriété publique que ce font les femmes de couleur qui ont
été prifes des torches à la main, mettant le feu au Portau-Prince. Ilef donc perfide de dire
ce font les blancs,
par dépit & par haine de ce que la ae de Bordeaux avoit
demands le décret du 15 mai, qui ont été mettre 'le feu dans
le magafin des Berdelais. Il eft vrai , citoyens, "qu'il a exifté
entre les hommes chargés des intérêts du commerce de Bordeaux à Saint-Demingue & les colons de Saint-Domingue,
de l'animofité pendant un certain temps : mais fur quoi
étoit-elle fondée: Elle étoit fondée fur la conduite de certains capitaines bordelais qui s'étoient prononcés en fens
inverfe des intérêts de la colonie & de la France; elle
étoit fondée fur ce que des capiraines bordelais "ont été
furpris commerçant avec les nègres révoltés, leur achetant
à vil prixles denrées qu'ils avoient pillées fur nos habitations,
& leur donnant en échange des munitions pour fe battre
contre nous: : voilà ce quia excité l'animolité des cclons contre
quelques capiraines bordelais; mais cela ne s'étendoit pasà la
ville de Bordeaux entière 5 & certes, les blancs n'ont pas
dit aux femmes de couleur: Allez mettre le feu aux magalins des Bordelais, pour ncus venger de ce que les Bor--
delais ont obtenu le décret du I5 mai. Vous voyez donc que
c'efàtore que Sonthonax vous a repréfenté l'inccadie du
I;
ia excité l'animolité des cclons contre
quelques capiraines bordelais; mais cela ne s'étendoit pasà la
ville de Bordeaux entière 5 & certes, les blancs n'ont pas
dit aux femmes de couleur: Allez mettre le feu aux magalins des Bordelais, pour ncus venger de ce que les Bor--
delais ont obtenu le décret du I5 mai. Vous voyez donc que
c'efàtore que Sonthonax vous a repréfenté l'inccadie du
I; --- Page 138 ---
Port-au-Pince comme venant de la part des
voyez que c'eft à tor: qu'il a inculpé Ja
blancs; vous
loxo, une partie du bataillon
compagnie de Pradire C2 Gue c'eft que ces
d'Artois. II eft bon de vous
parle, & qui font
quarante mauvais fujets donr il
en a ui peu aléré accompagnés le nombre, Ceux de queiques autres; car il
fujets fonc des détachemens
qu'il appelle mauvais
plaine, &k que Sonthonax a fair qui avoient eté envoyés en
voulu marcher contre le Porr-au-Prince déporter pour n'avoir pas
ordouné, parce qu'ily avoit de leurs quand il le leur a
dans le ville: Voiciles écisircitfemens camarades renfermés
par des bonunes du cerps.
qui m'ont été donnés
je-n'avous Son:kumae : Je dois "a érablir les faits. Je n'ai
dit
du
point que j'ai déporté les
point &c
bataition d'Ariois & de
guarante mauvais fujers
marcher fur la ville, ils étoient Normandie pour avoir refulé de
nous avons fait le fége du Porr-au-Prince. en plaine au moment où
Brully:Iin'a Sonthonax: pas étédit que c'é:oit pour, cela.
tiré à boulets : Volcilefait. Je Jes aifait déporter pour avoir
fationnés
rouges fur les bàtimens de la
au Port-au-Prince.
République
Brulley : Et ils étolent en plaine:. on
marcher contre le
vouloit les faire
dance.
Porc-nu-Prinee ! Voyea l concor-
& Senac: de Normandie J'obferve qu'il n'y 1
avoit point de foldats d'Artois
Claire.
qui fullent canonniers au fort SainteSonthonas: : Iin'eft point nécelfaire
les
canonniers poar faire le fervice du que
foldats foient
cela revicndra dans la difculion des actes. canon : d'ailleurs, tout
Brulley : Fai voulu donner
manvais fisjet, car il eft Tinterprétation de ce mot de
mable.
défagréable pour un corps eftirefpectable Sonchonax:Je n'inculpe pas le corps; il eft d'autant plus
ila'peré la
Saine-Mare; lors de T'artivée des Anglais,
nationale
RaSI
nemi, &c cue les malheureux foldars conflamment & malgré l'encolons livrant h propriéte
onr été les victines des
Page: Jc demande à faire françaife une
aux Anginis.
Draltgy: Quand nous en ferons interpellation. à larticle des
dépertations,
chonax:Je n'inculpe pas le corps; il eft d'autant plus
ila'peré la
Saine-Mare; lors de T'artivée des Anglais,
nationale
RaSI
nemi, &c cue les malheureux foldars conflamment & malgré l'encolons livrant h propriéte
onr été les victines des
Page: Jc demande à faire françaife une
aux Anginis.
Draltgy: Quand nous en ferons interpellation. à larticle des
dépertations, --- Page 139 ---
Sonthonax fournira les preuves 9
e . Quant à préfent,
il eft effentiel de vous faire connoitre les morfs de la qualification qu'il donnoit. à ces militaires. Il eft ellentiel 'de conftater que ces hommes n'avoient
mis le feu à la ville du
Port-au-Prince dans l'intention E piller comme l'a dit Sonthomax, & je viens de vous en fouroir la preuve en vous
relatant ce qui_s'eft paile dans les cafernes. Jeprouve, d'un
autre côté, que la compagnie de Praloto n'avoit. pas intérêt
de mettre le feuan Port-au-Prince où elle avoit fes pro*
priétés. Ce fera donc à tort que Sonthonax vous aura annoncé
le feu a été mis au Port-au-F Prince par les militaites FAALE qu'il a défignés, ainfi que par les canonniers
de la compagnic de Praloto. Ceci vient de vous êire prouvé,
d'une part,
ce qui s'eft paffe aux cafernes; d'une autie
part, par 1r4e dérails que je vous ai donnés fur cette compagnie, & qui conftatent que tous avcient intérêt àla confervation du Porr-au-Prince, & étoient loin d'y gagner en
y mettant le feu.
Sonthonax: Enentendant la ledture des notes qui ont été
remifes à Bruiley, j'ai bien compris que c'étoient les incendiaires du Port-au-Prince
les avoient fournies. Brulley
vient de dire que c'étoient f femmes de couleur qui avoient
mis le feu au Port-au-Prince : hier, les colonsprécendoicnt
que c'étoient les hommes de couleur. J'ai fibien prouvé que
ce n'étoit pas les hommes de couleur, qu'ils ont eu recours
à la fiction de l'incendie caufé par les femmes de coulour.
Ces malheureufes femmes ont été les victimes dos incendiaires du Port-an-Prince: 5 elles ont été arrêtées par la municipaliré, lorfqu'elles s'enfuyoient toutes nuess ellcs cat é:6
dépouiliées de tout, enfermées dans un cachor, d'oton lesa
tirées pour les conduire à la Croix-da-Pougnets à larmée
dathommsdecutlkeur Beulley vousai dite gu'un détachement
d'Arcois & de Nomandie, qui avoit conduit ces fommas à
la Croixc-des-Bonquets, avoit été cerné & avoit faills perdre
lavie, enretour du fervice qu'il venoitdorenlre aux hommes
de' couleur; il ne vous a pas ajouré que s'il y avoir eu des
réclantions contre les hommes, qui cord inifoient ces fommes, -
le générai des hommes de couleur, nomme Bezuvais, arrêta les mauvaifes intentions de ceux qui les environnoiont,
& que los foldats d'Artois & de Normandie ent été parlei1s
onquets, avoit été cerné & avoit faills perdre
lavie, enretour du fervice qu'il venoitdorenlre aux hommes
de' couleur; il ne vous a pas ajouré que s'il y avoir eu des
réclantions contre les hommes, qui cord inifoient ces fommes, -
le générai des hommes de couleur, nomme Bezuvais, arrêta les mauvaifes intentions de ceux qui les environnoiont,
& que los foldats d'Artois & de Normandie ent été parlei1s --- Page 140 ---
incendié tement refpeaés. le
Brulley, vous a dit que les femmes avoient
qui ont incendié Forrau-Prince le Port- : quelles iont donc ces femmes
Beaulieu
au-Prince 2 Eft-ce la ciroyenne
raché de fon qui fein a été & percée d'une bayonnette, fon enfant arfait? C'eft le
jeté dans les flammes ? Nierez-vous ce
devant la fénéchauffée ciroyen Robin quia été accufé de cet affaflinat
incarcéré; il étoit
du Port-an-Prince. Ce Robin a été
fe font emparés du encore Porr-au-Prince. en prifon au moment où les Anglais
le mulâtre Pelerin, Michei
La négreffe Marie Rofe,
ont éié égorgés
Lillavois > & une infinité d'autrès
maîtres de la ville: dans c'étoit cette journée. C'étoir vous qui étiez
neusl'avons
vous sui faifiez le pillage, comme
prouvéhier; & ce fent ces malheureutes
vos ficaires ont égorgées, que ceux qui vous ont femmes fourni
notes ont
Ser
jourd'hui de Fincendie, égorgées, ce font elles
vous accufez auavoir mis hier, fur le après n'avoir dar le dire hier, après
mettez aujourd'hui fur compte le
des hommes, ce que vous
di: gu'un caporal du régiment compie de des femmes ! Vous avez
d'Aitois onz faif des femmes la torche Normandie, à la main. un Ce grenadier
ce grenadier dont vous parlez, étoient ceux qui avoientmis caporal, le
feu, Les étoient les incendinires & les pillards. Vous avez dit;
caronni rs de Praloto font d'honnétes gens ; ce
des
>
propriétaires & it-ef impofrble que dus propriétaires font
iviés ail piliage, alincendie des propriétes. Ces Jc foiene
de Praloto n étoient point des
camonniers
de l'avancer Brulley; ils
propriémires , comine vient
de Génois, de Maltois, de étpient en grande parie compofés
Napelitains.
Br.lley:Je n'ai pas dit. cela; j'ai dit qu'il s'en trouvoit
quelques-uns.
Sonthonas: : Et moi, je disque c'étoit la prefque rotalité,
que tour le monde fait que tout ce qu'on
dans
Ere colonie p:tits blancs, ne font pour-la
appelle des
Malrais, des Génois, des Napolitains, des plupart que
homies étrangers'a la colonie; je m'en
Efpasmels, des
ceux qui ont des nocions Opr les colonies. rapporte S'ils avoient la-defius été des à
propriéraires, ef-ce quel'Sar auroit été obligé de leur fournir
desrarionse étuir
Er celo,eftfi vrai, que cette compagnie de Praloto
kcs foldée par TEmac; ils avoient des rations prifes dans
magafins de lar nation & fournics. par ladminifrntion
que
homies étrangers'a la colonie; je m'en
Efpasmels, des
ceux qui ont des nocions Opr les colonies. rapporte S'ils avoient la-defius été des à
propriéraires, ef-ce quel'Sar auroit été obligé de leur fournir
desrarionse étuir
Er celo,eftfi vrai, que cette compagnie de Praloto
kcs foldée par TEmac; ils avoient des rations prifes dans
magafins de lar nation & fournics. par ladminifrntion --- Page 141 ---
eivile de la marine. S'ils avoient été des propriétires, aue
roient-ils eu folde & ration? auroient -ils été foldés, ces
canonniers, ficaires de l'affemblée de Saint-Marc, , de Borel
& de la faétion du Pert-au-Prince 2 Ils étoient donc des
hommes étrangers à Ja colonie, des hommes ne vivant que
de rapine, de pillage, des hommes foldés par la nation &
foldés par force ; car cela a toujours été contre les intentions de l'adminiftration : c'eft toujours parce que les hommes
de Fadminiftration avoient la main forcée par les, chefs de la
faétion du Port-au-Frince. , que ces canonniers étoient foldés.
Ils étoient donc véritablement des hommes qui avoient intérêt de faire le pillage de la ville du Port-au-Prince. Les
femmes de couleur ne l'ont donc pas fait; elles n'ont donc
pas, comme on le dit, incendié le Pert-an-Prince. fe font
On vous a ajouté : Les habitans du Port-au-Prince & de
réfugiés aux cafernes, au milieu des régimens d'Artois
Normandie, qu'on accufe d'avoir pillé. Non:i ils ne fe font
pas réfugiés au milieu de ceux qu'on accufe d'avoir pillé;
car ceux qu'on en accufe . .
o e . . e
de ia
Brulley : Sonthonax dit que j'ai dit que les hommes
compagmie Praloto étoient despropriétriret. J'ai dit au contraire que la compagnie de Praloto étoit compofée d'hommes
de peine.. Je me fuis fervi de.cette exprellion que tous avoient
une propriété comme en ont les artifans de la ville. Ils y
étoient tous domiciliés. Je n'ai point dit que c'étoit des
car
de ce mot eft diférente à
slme
priétaires;
l'acception
ceux
ont
Domingue. On regarde comme propriétaires
qui
des habitations. Sonthonax doit me faire dire Ce que Jai dit.
Certes, puifqu'ils étoient occupés aux travaux de T'artillerie,
il falloit. bien qu'ils fuffent indemnifcs, parce qu'en fus ils
vivoient du fruit de leurs travaux, & pour fuivre les travaux
militaires ils avoient befoin d'être indemnifés.
Sonzhonax : Pour détruire cette nouvelle objedtion, j'obferve que la France n'avoit pas'befoin des canonniers de
Praloto, , ficaires de la faction de Saint-Marc, pour faire le
fervice d'artillerie; que la ville de Port-au-Prince avoit des
comapagnies de canonniers envoyées par la France, que ces
compagnies de canonniers étoient foldées par PEtat;
les
de canonniers de
étoient
RuR
compagnies
garde-nationale
falariées par l'Etat > non pas de l'aveu de l'adminiftration
'befoin des canonniers de
Praloto, , ficaires de la faction de Saint-Marc, pour faire le
fervice d'artillerie; que la ville de Port-au-Prince avoit des
comapagnies de canonniers envoyées par la France, que ces
compagnies de canonniers étoient foldées par PEtat;
les
de canonniers de
étoient
RuR
compagnies
garde-nationale
falariées par l'Etat > non pas de l'aveu de l'adminiftration --- Page 142 ---
civile de la matine,
blée provinciale & , mais des par un abus de pouvoir de T'affemville du Portr-au-Princes Je prétendus corps populaires de la
que parçe qu'on les faifoit venir réponds de qu'ils n étoient foldés
colonie, pour les agglomérer dans la ville toutes les villes de la
Se toujours éte le rendez-vous des ficaires du Port-au-Prince de
Saint-Marc. J'obferve
T'aflemblée
-
été foldés que pour s'en faire que des ces mêmes hommes n'ont
contre les hommnes
ficaires & des bourreaux
ccntinuèrent de Hête de.couleur les > comme vous verrez
fous les yeux. Jet reviens par
faits que je vous mettrai qu'ils
à la fuite des habitans donc blancs à ce que j'ai dit relativement
ces habitans s'étoient
aux cafernes. J'ai dit
réfugiés aux
probe, 3 honnète, incapable de
cafernes parmi la
des
Tedis
bataillons d'Artois & de Normandie. pillage 5 parmi la majorité
cependant ne fe font pas
Tous les habitans
grande majorité, avec des réfugiés hommes aux cafernes. Une trèsobligés de fe
de
-
fur les bitimens réfugier, dans la rade, de chercher couleur, ont été
dit
de lErat s, ou fur d'autres
un afvle
qu'ily a même des capitaines du
bâtimens. J'ai
par les habirans du
commerce qui, accufés
hommes de couleur, Port-au-Pince, ont failli à
d'avoir favorifé les
font préfentés dans la ville
être leurs écharpés lorfqu'ilsfe
que cen'étoit pas en hainedu pour commerce affaires. On a dit
brilé les maifons du commerce de Bordeaux. del Traneequ'onavoit
très-elfentiel qu'il faut bien rérablir
Ceci eft un fait
tiellement à Telptir public dans ia > parce qu'il tient elfenque les colons onr fait une
colonie. Il eft tres-yrai
de commerce de Bordeaux; ; guerre & eil déclarée voici
aux capiraines
déçrec du 15 mai, dont je vous
F'occafion, c'eft le
que codécrerarriva dans la cclonie, parlois toued-Theure. Lorf
Nord fur ceile quileval'étendard. de Tailemblée la
provinciale du
du contre le décret du IS mai, mais cncore révolte, non-fculement
départemcnt de la Gizende, qui
contre une adreffe
tionale deux mille hommes
otiroit-a laffemblée natoutes les-qaroilles de la colonie pour'Texéciution du décret. Dans
lés bordelais, on jure de ne plus Oii leur fonne le tocfin contre
coloninies 2 Oil jure de les regarder
donner des denrées
colonies & le commerce de Bordeaux comme ennemis de la
que trop fenti; & on a voulu toujours ne s'en eft foujours
donnerla préférence
ende, qui
contre une adreffe
tionale deux mille hommes
otiroit-a laffemblée natoutes les-qaroilles de la colonie pour'Texéciution du décret. Dans
lés bordelais, on jure de ne plus Oii leur fonne le tocfin contre
coloninies 2 Oil jure de les regarder
donner des denrées
colonies & le commerce de Bordeaux comme ennemis de la
que trop fenti; & on a voulu toujours ne s'en eft foujours
donnerla préférence --- Page 143 ---
su commerce de Nantes & du,Havre, far le commerce. de
Bordeaux. Fout ce qui tient : aux incérêts du commerce
pourroit être étranger à la difcuffion : je ne m'étendrai donc
pas fur les rapports du commerce de Bordeaux & de Nantes avec la colonie 3 mais j'ch tirerai la conféquence de ce
qui eft relarifà l'efprit public, & je vais vous produire une
adrefle de la commune du Gros-Morne 3 dont le citoyen
Vernenil étoir membre > qui vous prouvera quei étoitl'eiprit
public relativement aux Bordelais.
Verneuil: : Je demande à répondre 5 Sonthonax m'interpelle.
Sonthonax: Non, je ne vous interpelle pas 5 je ne,vous
inculpe pas.
Verneuil: Ce
vous aviez avancé n'eft pas vraisje n'ai
pas brb membre la commune du Gros-Momne.
Sonthonax : Vous y avez une propridré. Ce n'eft point
parce que les capitaines bordelais faifoient le conimerce avec
les hommes de couleur, alors on prétendue révolte, comme
l'ont dit les colons, queles colons ont Hétri le commerce de
Bordeaux dans toutes les radeston a voulu renire les capitaines refponfables de Tadrste da département de la
Gironde 5 c'eft parce que le deperrement de la Gironde s'6toit monrré favorable aux droics des hommes de couleur >
parce que le déparrement de la Gironde avoit offert 2,000
hommés pour lexécurion du décretdu 15 mai, que l'on en
a vonia au commerce bordelais, &je le prouve par cette
pièce.
(Sonchonax lit. )
Extrait des regiftres des dilibérations de et paroife du GrosMorne, aujourd'hui - 7 villet 1791.
ce Leéture a été donnée par le'lecrécire,. d'unelettre de
l'affemblée provinciule du Nord, en dare du 3 de co mois,
accompagnant T'envoi de deux'aricles d'un décret de Tallembiée nationale du
& duis neai Sernier;
>> D'une. autle à la même adeinblée, du 17 du même
mois, accompegnant l'envoi d'une adrefe du départemenr,
dela Gironde;
1791.
ce Leéture a été donnée par le'lecrécire,. d'unelettre de
l'affemblée provinciule du Nord, en dare du 3 de co mois,
accompagnant T'envoi de deux'aricles d'un décret de Tallembiée nationale du
& duis neai Sernier;
>> D'une. autle à la même adeinblée, du 17 du même
mois, accompegnant l'envoi d'une adrefe du départemenr,
dela Gironde; --- Page 144 ---
95 D'unezaureleued
mois, en réponfe à celle dela même affemblée,endate
Les citoyens
que lui avoit écrite la nunicipaliré. int4deee
d'invitation do Taflemblée accueillant avec reconnoiflànce la lertre
3 de ce mois > ainfi que celles provinciale du Nordi en date du
en Parlant du décret de Tallémblée qui l'ont fuivie, 8cqui toutes, 3
mères nier, far l'état civil des gens de couleur nationale, da 15 mai derlibres, ont pour objet d'engager la iffus de pères &
niale. promptement les députés pour former une paroiffe affemblée à nommer
colo-
>) Les citoyens confidérant
cette colonie eft prête à
que les malheurs fous lefquels
que Tapplication des principes furcomber, dela
n'on: d'autres fources
acelle Qui devroit avoir lieu dans Conftitution del la
roifle avoit déjà manifefté fon
la colonie 5 que cette France, paarrêté du 30
opinion, à cet égard,
différentes paroiflès, janvier dernier, 2 lequel n'a pu étre'adreflé par aux un
circonfances qui paroiffoient comme elle le propofoir" à caufe des
enanime 5
devoir nuire à une adhéfion
infraction >> Conidérant qie les décrets dui; &
aux décrers des 8 mars & 12 15 mai étant une
dernière, c'eft un
cétobre del'année
à ajouter à tant d'autres; parjure national & un nouveau crime
>3
plus Confidéranrque accorder de confiance la colonie, indignement abufée ne peut
fe dégtade au point de devenir auix aétes. d'ure aflemblée qui
lois décrérées par elle 5
elle-môme la violatrice des
>> Confidérant qu'un
qu'aucun frein
telexcès ne permet pas de
marche criminelle politique, , aucune pudear
préfumer
des délibérations 3 & que les colonies cnt puiffenr rour à arrérer craindre f
complémenr de toutes ulrérieures les
d'une affemblée qui dicte le
35 Confidérant que la deflructions colonic s'eft pollibles ;
d'autrefois & non
donnée à la France
ditions du trairé ayant d'atjourdhui ou actuslle 5 que lcs con-
>), Confidérant
changs, le pacte eft anénni;
gouvernement de la que Frunce. tous les font principes conftitutionnels du
conviennent à la conflitution des doftructifs colonies, de tous ceux Gui
d'avauce par la
laquelle eft
Contidérant déclaration des droirs de
violée
enfin que la cenftitution Thonime de la celonie 3
dé-
s du trairé ayant d'atjourdhui ou actuslle 5 que lcs con-
>), Confidérant
changs, le pacte eft anénni;
gouvernement de la que Frunce. tous les font principes conftitutionnels du
conviennent à la conflitution des doftructifs colonies, de tous ceux Gui
d'avauce par la
laquelle eft
Contidérant déclaration des droirs de
violée
enfin que la cenftitution Thonime de la celonie 3
dé- --- Page 145 ---
14E
pend de l'unicn de tous les colons & de leur réfiftance par
'la force contre les ennemis de leur repos;
>2 Les habitans ici atlemblés, déclarant derechef adhérer
& adhérant à leur arrêté du 30 janvier dernier > proteftant
contre tout ce qui a été fait & décrété par l'aflemblée nationale, pour ou contre les colonies, & notamment celle de
Saint-Domingue, & contre tout ce. qu'elle fera & décrétera
par la fuise;
>> Proteftant contre les décrets des 13 & I5 mai dernier,
&c contre l'admiflion dans la colonie des cemmiflaires que
l'aflemblée narionale prétend y envoyer;
33 Jurant tous fur Thonneur, en préfence du dieu des
armees qu'ils invoquent au pied de fon fanéuaire, vers
lequel ils font profternés, de repouffer la force par la force,
& de Périr fous les ruinés amoncelées de leurs propriétés,
plutôt que de fouffrir qu'il foit porté une telle, atteinte à
leurs droits dont dépend le mainien politique de la colonie;
>> Ordonnant à ceux'qui fe prétendent laurs députés dans
Faffemblée nationale, de fe retirer, invirant tous les colons
réfidans en France de fé rendre daas la colonie pour y
foutenir. & défendre leurs droits, & coopérer au grand
ceuvre des lois qui doivent la régir dorénavant dans lindépendance de celles de ia France 5
>> Arrêtant quependant l'abience de M.Boutyn, actucllement en France, & fur la démiflien préfentement donnée
par. M. Joubert (duMaine) de nouveau confirmée dans les
fondtions des dépurés de la paroiffe, MM.
Moumonier & Cofny font nommés leurs dépurés d'Aroulle, àl'aflem- >
blée coloniale, & que MM. Dinéty, Rebout ainé & Perrin
font nommés fuppléans, > réuniffant le vou libre de toute
Iatiemblce, & les regardant comme leurs feuls & légitimes
repréfentans à T'aflemblée coloniale, & à l'inftant MM.
Cofnay, dépuré, Dinéry & Perrin, fuppléant, ont
té la million dont ils fonr chargés & ont juré d'en
&
artiCA
fidelloment remplir les fondlions, 1 paroiffe leur donnant
à cer effet les pouvoirs les plus illimités, MM. d'Amnoulle,
Moumonier & Rebour ainé, abfens, font autorifés à prèter leur ferment entre les mains du'préfiden: de ia préfente
aWemblée;
, dépuré, Dinéry & Perrin, fuppléant, ont
té la million dont ils fonr chargés & ont juré d'en
&
artiCA
fidelloment remplir les fondlions, 1 paroiffe leur donnant
à cer effet les pouvoirs les plus illimités, MM. d'Amnoulle,
Moumonier & Rebour ainé, abfens, font autorifés à prèter leur ferment entre les mains du'préfiden: de ia préfente
aWemblée; --- Page 146 ---
: 39 Paffant enfuite à la queftion 141
fi l'on nommeroit des députés & pofée des par M. le préfident,
blée provinciale du Nord;
fuppléans à l'affem2> Les citoyens confidérant que
la
eft en danger, l'efprit de parti doit lorfque céder à chofe publique
fe réunir > arrèrent que MM. Azeimo & la néceflité de
més à l'inflant députés de la paroiffe, fe Dezaubry, nomplarde pollible au Cap, & fe réuniront à tranfporteront le
ciale, ne, mettant d'autres bornes à Jeurs Yaffemblée provinconfiance qu'ils ont en eux, que la réferve pouvoirs & de à la
tourner, vers leurs commettans, toutcfois expreffe &
rejugeront a-propos d'ufer du droit de les
quantes ils
ont promis d'exécuter:
rappeler; ce qu' 'ils
tion 5> Arrétent fera
qu'expédition entière de la préfente délibérablée coloniale délivrée à tous MM. les députés, tant à laflemd'infruéions & qu'à de l'aflemblée règles de conduite. provinciale, pour leur fervir
d'alloucr 52 Et pour fubvenir aux frais du traitement qu'ilef
aux députés des affemblées
juite
niales, les ciroyens fe font impofés provinciales & colofomme de 2 liv. I f. 3 d. par. tête de volentrement nègres,
M. und
fente'année. Marguiller fera tenu d'ajouter fur les quittànces que de la le
Ledit traitement ci fixé a quatre
pré
jour pour chacun des MM. les députés.
gourdes pai
35 Arrétant que la préfente délibération fera
envoyée à toutes les paroifes à la diligence de imprimée la
&
palité.
munici
3> Fait & clos les jour, mois & an
les citoyens figné:
fufdir, & ont MM
Nicaud, Baudier, Delaubry, einfi figné ait regiftre, MM. Reynier
Julle Eaton,
Dennety, Berrard, Perrin
Demaurinville, Dupy neveu, Banaud - Narile, pre Prompt
veu, Decreflac, Lafond, Lepelleticr, Virgille, Balcaille, > Regnur , Ne
Beaupres,
Seiem,. Malle, Pirard' cadet, Roune,
Hois-Bunaille
Morei
Lepell ier ,
jeune > Fierville & Sonty, Cauvin,
Nadeau
Heauprés cndet, Pierre Imbeasir,
Lepelletier, de
M. Broffard, Joubert (du Maine), Demarigny, Pematier Lilet pou
Reaner, B. Chatelina, Pitar Laman, MM.
joune, , A
dene: Joubert (du Maine),Jferdt.iree
Dofligné préf
:: Je vous cbfirve..
Lepell ier ,
jeune > Fierville & Sonty, Cauvin,
Nadeau
Heauprés cndet, Pierre Imbeasir,
Lepelletier, de
M. Broffard, Joubert (du Maine), Demarigny, Pematier Lilet pou
Reaner, B. Chatelina, Pitar Laman, MM.
joune, , A
dene: Joubert (du Maine),Jferdt.iree
Dofligné préf
:: Je vous cbfirve.. --- Page 147 ---
Sonthonax: Je n'ai pas finis je vais faire mes réfloxions
la-deffus.
Verneuil: C'eft men quartier... je vous arrête l-deffus..
je dois avoir la parole... voilà trois fois que je demande la
parole, & on ie l'a refufée.
Brullcy : Cela n'a rien de relatif au Port-au-Prince & à
Tincendie... il divague.
Sonthonax: Je vous demnande pardon.
Brulley : Scnthonax divague 5 j'ai parlé du capitaine bor
delais.
Le préfident : A l'ordre,
Brulley infifte pour obtenir li paroie.
Le préfident : Je te rappeile à l'ordre.
Sonthonax: Four linselligence de cette adreffe, il cin6cellaire de vous obierver qu'ily avoit deux factions à SaintDomingue, celle de P'adlemblée de Saint-Marc, celle delat
femblée provinciole du Nord; vous, voyez qu'eiles fe. réuniffent contre la-Métropole, Il en a toujours été ainfi quand la
Métropole a fait pafler fes lois à SaineDomingue 3 toujours
les deux partis fe iont embraflés momentanémént pour concourir à renverfer les adtcs de l'affemblée nationale. Le GrosMorne étoit une des paroifles qui tenoient pour l'allemblée
de Saint-Marc;, Verneuil le fait bien: cette paroiffe, à
farrivée du décret du 15 mai, cette paroiffe qui avoir
refufé toute communication avecl'affemblée provinciale, déclare qu'elle y envoie des dépurés pour étoufer, dit-elle,
efptir de parti, parce qu'il ne falleir pas d'elprit de parti
dans la colonie, tout devant fe réumir contre la métropole, contre Talfismbléecon@imantes. Voila quelle a toujoars
e la marche des deux partis dans la colonie. Toujours,
farfque l'affemblée a envoyé des décrets amis des droits de
homme, on s'eft foulevé contre ia métropole, C2 s'eft
réuni contre laffemblée nationale. Voilà la caufe véritable de
article'qui fe trouve àla fin de Ja délibération par laquelle
on envoie des députés à l'affemblée provinciale du Nord,
Du refte l'adrefle n'a pas befoin de commentaires, &c'vous
Voyez évidemment quel a été le but de ceux qui de lont envoyée.; la caufe de la guerre que la colonie faifoit aux BorHelais, qu'clle faifoit au décret du I5 mai.
Perneuil : Je vous obferve que par la lecture que vous
article'qui fe trouve àla fin de Ja délibération par laquelle
on envoie des députés à l'affemblée provinciale du Nord,
Du refte l'adrefle n'a pas befoin de commentaires, &c'vous
Voyez évidemment quel a été le but de ceux qui de lont envoyée.; la caufe de la guerre que la colonie faifoit aux BorHelais, qu'clle faifoit au décret du I5 mai.
Perneuil : Je vous obferve que par la lecture que vous --- Page 148 ---
femblée venez d'entendre de cette adrefle, il vous a déclaré
de la paroille étoit prélidée
que l'a(-
adreffe a été rédigée par ce mème
Dolligné; ; elle a été cette
prouvée
tous
imDelirnt
par
les habirans de la paroilfe réunis > & cette
improbation, figné
c'eft moi qui l'ai fair rendre; le méme Dof
qui étoit. préfident de cette aflemblée 3 a été
par moi à T'affemblée coloniale : je vous prie de dénoncé
bieni interpeller Polverel d'avoir i déclarer fi je ne lui vouloir ai
remis, moi, 14 chefs d'accufation
pas
les autres contre ce Dollisné, & fi plus ce neft graves les uns que
qui lui a accordé protectien pour refter dans " colonie. Sonthonax
Polverel:. Je n'aia abfolument aucune connoilfànce
fur lefquels porte
des faits
Verneuil m'ait jamais Tinzerpellation donné
: je n'ai aucun fouvenir que
tion contre Doligné, & c'eft Ou la préfenté aucune dénonciaparler de lui.
première fois quej'entends
Duny : Je l'affirme.
femblée Verneuil : Lorfque Dolligné - fe préfenia à la barre de l'af
avoir coleniale, il avoit déjà commis ce crime-là,
commis bien d'nutres; car il s'éroit
il en
les habitations, 5 pour tâcher de foulever les répandu fur toures
eft venu jufqu' ala mienne, s mais il n'a jamais commandeurs: i
il fut, enfuite au Cap, & fachant
cela ofe y entrer
faire du bruit, il fe-hâta de
que
comnençoit
vernement qui étoient dans gagner les parrifans du' goufe faire voter des remerciemens l'allemblae, & il fit enforte de
hafard me fit trouver la; je me pour' fa conduite. L'effet du
portai contre lui 14 chefs
préfencai à la barte, je
à mertre par écrit ce que je d'accufation. venois de Laffemblée le & m'invira
je fus pour le remettre fur le bureai, dire,je fis; lorique
c'éroit aux cummiffaires civils qu'il falloit Faffemblée me dir que
Jeme dérerminai à me rendre de fuite chez remettre Polverel cet & écrit
thomaxije le remis à Polverel
Sontrois fois, illa même gardé; & lui-méme Polverel : il-ie lut deux ou
fait attefté par moi, & qui le fera
a tort de nier un
qu'il y. avoi beaucoup de monde par vingt perfonnes, parce
-papier.,
lorique je lui remis le
Duny
qu'il falloit Faffemblée me dir que
Jeme dérerminai à me rendre de fuite chez remettre Polverel cet & écrit
thomaxije le remis à Polverel
Sontrois fois, illa même gardé; & lui-méme Polverel : il-ie lut deux ou
fait attefté par moi, & qui le fera
a tort de nier un
qu'il y. avoi beaucoup de monde par vingt perfonnes, parce
-papier.,
lorique je lui remis le
Duny --- Page 149 ---
Duny : Je vous prouverai que Polverel & Sonthonax ont
permis a' Dofligné de refter au Cap, malgré qu'ii eût été dénoncé comme agent du gouveinement contpirateur.
Verneuil: : Ce même Dolligné étoit lun des contre-révolutionnaires portés dans la lilte dontje vous ai déjà parlé; &
s'il:e eft rellé à Saint-Domingue, > malgré toutes les inftances
des habitans 5 il ne la fait que par la permillion de Polvérel & de Sonthonax, dje m'en vais le prouver. J'ai la
lifte ici,
Sonzhonax : Ilreft inurile de.lire la lifte; je Favone., il y
eft. Je réponds à ce qu'on vient de dire, >1 que Dollicné elt
le rédaéteur de cette adreffe: je ne fais pasfi cela eft, mais
je fais que tous ceux qui l'ont lignée, l'onta avouée. Mais,
je viens à Dolligné: vous dires qu'il eft rédadteur de cetre
adrefle; Dofigné eft ill contre de révolutionaire connu, Duf
Fgnéa été pretégé) par Polyerel & Sonthonaz. Voila,je crois,
votre objection :
Verneuil: Oui.
Sonthonax : Je réponds que..loin d'avoir prôtégé Doffigné, je lui ai enjoint de fortir de la colonie dans huit
jours après la proclamation faite le.20 novenbre 1793, dans
laquelle j'enjoins à tous les fonctionnaires publics compris
/ dans ia iiftc imprimée chez Baillot le jeune, > légalifée enfllite
par la commiflion intermédiaire, de s'ablenter de ia colonie.
Vous ne pouvez pas dire que Dolligné n'y étoit pas compris;
& voici comment je prouve que je lui ai enjoint de fortir de
la colonie 3 jai dit: tous les fondlionnaires publics infcrits Jur
la liftc qai m'a été préfentée par la commilfion intermidiaire,
font & demeurent defticués : ils féront tenus de s'abfenter huit
jours après la proclamation. Dolligné avoit été fonctionnaire
public. Dans un article fubfequent, je donne la definition
du mot fondtionnaire public. Je dis : Cenx-l2 feron: confdérés comme fonttionnaires publics , qui ont été falariés par
l'état. Et Dofligné avoit éré falarié par l'état, car il avoit
été commandant du cordon de rOueft.
Lepr.fident: On reviendra là-dellus; tu dis que tu l'asdéporté; voilà tout.
: Tome III. Vingt-feptième liyraifon.
K
, je donne la definition
du mot fondtionnaire public. Je dis : Cenx-l2 feron: confdérés comme fonttionnaires publics , qui ont été falariés par
l'état. Et Dofligné avoit éré falarié par l'état, car il avoit
été commandant du cordon de rOueft.
Lepr.fident: On reviendra là-dellus; tu dis que tu l'asdéporté; voilà tout.
: Tome III. Vingt-feptième liyraifon.
K --- Page 150 ---
Forneuil: : Ce que dit Sonthonax eft
qu'il avoit déporté après la
up faux. Il vous a dit
vous déclare.
proclamation du 20; & moi, Je
Lccointe : Tout. cela eft poftérieur:
Le préfdent a Verneuil: C'eft
on y reviendra,
entendu : tu nies le fait ;
miflion... Th. Millet : Voici une pièce qui a été
On vous a fait un grand
produite à la comqu'on vous a annoncée avoir été étalage de cette pièce,
munes de la partie françaife de envoyée à toutes les comdans certe pièce qu'un brouillon Sainte-Domingue. Je ne'vois
c'eft une pièce qui peut avoir été informe, , fans fignature;
car une pièce contenant des extraits fabriquée des
ici OU aillenrs,
rations d'une commune,
regiftres des démbe
une expédition, revêtue de > la doir être au moins, quand c'eft
pédie, revêtue de la dare du fignature momeht du ci fecréraire quil'exfaite; or, vous pouvez vous
l'expédition a été
cune de ces formes remplies, convaincre &
: quil n'y a auforme.
que c'eft une pièce inde Son:honax la main de Roume, : La délibérarion que je viens de citer eft
la dopie collationnée ex de commiffaire civil à
copiée :
roiffe du Gros-Morne, fe cette pièce far le Sainr-Domingue regiftre de la
des colonies, fournis
trouve dans les papiers du
par Rousie, &
Rt
Domingue à Paris, & enfuite
envoyéspar lei de Saintarrivée en France; la pièce eft écrite apportés de par lui lors de fon
ileftinunile de chicanér lur une. pièce famain. D'ailleurs,
par Verneuil; Verneuil a même dit qui vient d'être avouée
favoit rédigée. Mais je vous en que c'étoit Daulligné qui
commiffaire Roume
me l'a annonce-la fournie fource, ceft le
d'un ciroyen qui me Per romife Çe matin, par l'intermédiaire
miflaire Roume , il vous dira où fe
Incerpelles le com-,
& conforme de cette: pièce qui doit trouve la copic certifiée
du comité de la marine & des colonies. exifter dans les papiers
roiffe Yerneail: du Gros-Morne J'ai dit aufi que tout ce qui compofoit Ja
figné, les'lignataires a défavoué la pièce forgée par Dof paque ceux qui, fuivant même ; car, il eft. bon de remarquer
Sonthonax, font portés la-deffus,
S
vous dira où fe
Incerpelles le com-,
& conforme de cette: pièce qui doit trouve la copic certifiée
du comité de la marine & des colonies. exifter dans les papiers
roiffe Yerneail: du Gros-Morne J'ai dit aufi que tout ce qui compofoit Ja
figné, les'lignataires a défavoué la pièce forgée par Dof paque ceux qui, fuivant même ; car, il eft. bon de remarquer
Sonthonax, font portés la-deffus,
S --- Page 151 ---
cnt bté les perfonnes qui ont été entrainées, parce qu'à cette
poque, & 'dans un tetnps bien antérieur, la paroiffe étoit
menée par lui, virgaferred.
.
Sonthonax : Ciroyens, > je vous prie d'obferver que cette
adreffe n'a jamais été contredite, foit par Fatlemblée
vinciale à qui elle a été envoyée, foit par les deux pro- affembiées coloniales. Des honmes capables d'avoir fait &c
rédigé une pareille adreffe, font reltés tranquilles fous la /
protection de deux affemblécs. Dofligné a reçu des commandemens del'aveu de laflemblee coloniale; Dolfignéa été. coinplimenté plufieurs fois à la barze de l'afferablée coloniale,
compofée de patriotes coloniaux; Doffigné a été confamment careffé par tous les patriotes de toutes les affembiées
coloniales. J'ajoure quelque chofe de plus: : il eft parti de
pareilles adreffes de plufieurs 2 je dirai même de-la majorité
des communes de la colonie. Il'y en a une du
qui eft infiniment plus virulente: : je ne puis vous Port-au-Prince la préfenter, parce' que je ne l'ai pas fous les yeux 5 mais. je vous
annonce qu'élle eft dépofée dans les bureaux de T'ex-miniftre
Dalbarade; je Tai lue avant mon départ pour Saint-Domingue. Voilà quel étoit l'efprit de Saine-Domineue fur le
décret du I5 mai & fur, toutes les lois parties de
& qui avoient pour objet la liberté & l'égalité.
France,
Brulley : J'obferve que le préfident m'a rappelé à
& que je n'avois que quelques' mots à dire. Sonthonax l'ordre, a
généralifé lanimofiré côntre le commerce de Bordeaux > lorfquil. n'y avoit réellement animofité que contre quelques capitaines bordelais 5 quis'étoient permis de faire le trafic dont
ai parlé.
Lc préfident : fe t'ai rappelé à Fordre, parce que tu
nois la parole lorfque tuL ne l'avois plus, > & lo-fque
te l'avois obfervé
EE
la faculté de.
plufieurs à
fois.Je n'ai pas voulu t'intordire
parler ton tour. Clauffon à la parole.
Verneuil: Je l'avois demandée.
Claufon : Sonthonax a cherché Afaire perdre de vue la
difcuffion fur l'incendie du
a prêté des contradictions Porpau-Prince; aufli puériles que Sonthronnx fauffes. 1 nons
vous
K 2
-fque
te l'avois obfervé
EE
la faculté de.
plufieurs à
fois.Je n'ai pas voulu t'intordire
parler ton tour. Clauffon à la parole.
Verneuil: Je l'avois demandée.
Claufon : Sonthonax a cherché Afaire perdre de vue la
difcuffion fur l'incendie du
a prêté des contradictions Porpau-Prince; aufli puériles que Sonthronnx fauffes. 1 nons
vous
K 2 --- Page 152 ---
a dit, que dans la féance d'hier, nous
des hommes de couleur difféminés dans avions la dirgue c'éroient
Prince quiy avoient mis le feu, &
ville du Port-auque c'étoient des femmes de couleur qu'aujouxdhuinous. difions
Mais ce qie nous avons dit
& quiy avoiont mis le feu.
jourd'lui, ne fe contredit hier, ce
nous difons auhommes de couleur ont mis le pas. feu, Car, il n'en a eft vrai que les
que leurs femmes, quiéroient leurs
eft pas moins vrai
le feu dans la ville du Porr-au-Princes, agens, Iln'eft ont pu auffi mettre
que pendant deux mois de fuite les
pas moins vrai
mis le feu dans divers endroits de la femmes de couleur ont
les hommes de couleur étoient difféminés ville. Le fait eft que
n'y éroient pas en grand nombre
dans la ville: : ils
été chaffés; mais plulieurs patrouilles > "parce qu'ils en avoient
& des hommes de couleur
ont arrété des femmes
le feu dans divers endroits de déguilés la ville, en femmes, metrant
rétabli.
Voilà.un premier fair
Prince Sonthonax vous a dit encore que l'incendie dà
offert de] provenoir de la rupture des concordats; mais Port-au- on
habirans'du pronver Port-au-Prince, que les concordars arrachés par la force. aux a
miflaires civils Mirbeck, Roume avoient & bié callés par les comde couleur, réunisà la
Saint Leger. Les hommes
du.c contr-ré-olationmaice Creja-des-Bouquens fous les aufpices
viens de le-dite, arraché d'abord Jumecourt, avoient 3 comme je
traité de paix. En vertu de ce traité un concordat, de
enfuite un
paix..
& Lepréfideat: les' concordats. : Cen'eft pas la peine de reproduire les tinirés
au-Prince,
Ils'agit du matériel de fincendie du Portfutarion Claudon d'an : Alors, le fait étant bien connu, je
à
autre fait avancé par
paffe la ré
que lors de T'incendie du
Sonthonax. 1l vous a . dit
éréallalince; qu'un nommé Port-au-Prince, Robin
2 une femme avoit
je ne connois pas bien les
luiavoir ouvert le ventre:
feulement qu'une femme chez particularités de ce fait. Je fais
marières
laquelle on avoit trouvé
je
combuftibles, une femme du
des
VOts ai cirées comme incendinires, nombre de celles que
Tement populaire, Je (ais qu'on accula 2 fut victime d'un mouRobin d'avoir été la
. dit
éréallalince; qu'un nommé Port-au-Prince, Robin
2 une femme avoit
je ne connois pas bien les
luiavoir ouvert le ventre:
feulement qu'une femme chez particularités de ce fait. Je fais
marières
laquelle on avoit trouvé
je
combuftibles, une femme du
des
VOts ai cirées comme incendinires, nombre de celles que
Tement populaire, Je (ais qu'on accula 2 fut victime d'un mouRobin d'avoir été la --- Page 153 ---
caufe du meurtre de cette femme. Je fais aufli que ce Robin
fur arrêté fur-le-champ, & dénoncé au miniltère public; ;
quer la procédure s'inftruifit, qu'il fut mis en prifon , mais
qu'il s'évada. Robin, àl'époque du bombardement du FortawPrince, a été effectivement arrêté par ordre des commiffaires; mais ils le protégeoient, car ils,ont eu bien foin de
ne pas le déporter avec les autres.
Senac : 4 Nous fommes à une très-grande queftion 5 celle
d'érablir l'efprit public du Port-au-Prince avant l'arrivée de
Polverel & Sonthonax. -
Lc préfedene : On en eft à l'incendie.
Senac : Et c'eft fur l'incendie que ces mots portent ; &
pour établirl l'efprit public de la colonie, je vais vous lire les
rapports mêmes de Roume à la Convention nationale.
Lc préfdent : Ce n'eft pas cela. C'eft le matériel de lincendie qu'on traite. Si ce fait eft épuifé, on palfera à'un
autre : mais' l'objet dont ons'occupe actuellement, eft le fait
He l'incendie du Port-au-Prince.
Lecointe, membre de la commifion : Par qui lincendie 2
Voilà la queftion.
Senac : Senthonax, en déclarant que les incendiaires du
Port-au-Prince étoient des blancs, n'a pas manqué de méler *
Avec eux tous les petits marchands mapouvriers qui vivoient
He leur travail.
Sonthonax . Je n'ai pas dit cela.
Senac : Il a dit que les incendiaires du Portau-Prince
Etoient quarante ou cinquante foldats d'Artois ou de Nornandie, & la compagnie de Praloro, compofée de tout
Be qu'ily a de petirs marchands au Port-au-Prince. C'eft far
ce fzit-la que je reviens, & il me fera facile de le détruirs.
Te vais vous rapporter ce que difoit Roume à leur éyafd,
Hans fon rapport à la Convéntion.
cc Je me précipitai dans la-chaloupe le 3 juin, à midi,
hcccmpagné d'une députation, 1 & me rendis ala municipalité
EPotanienem.enfiae: à l'affembile provincicle de TOuet.
Cette affembiée, réunie dans legife,éroir environnée d'in'
K;
reviens, & il me fera facile de le détruirs.
Te vais vous rapporter ce que difoit Roume à leur éyafd,
Hans fon rapport à la Convéntion.
cc Je me précipitai dans la-chaloupe le 3 juin, à midi,
hcccmpagné d'une députation, 1 & me rendis ala municipalité
EPotanienem.enfiae: à l'affembile provincicle de TOuet.
Cette affembiée, réunie dans legife,éroir environnée d'in'
K; --- Page 154 ---
Igo
grand nombre de citoyens. Je venois
traire qui pouvoir le plus les
commettre l'adte arbiles maux les plus incalculables; offenfer;, mais cet aéte empêcha
la nation, & je parlois au nom ; de mais, la loi j'érois l'homme de
public; mais je donnois à ces
fuprêthe du falur
fiance digne d'eux, puifque feul au citoyens milieu une marque de conl'oftracifme des hommes des
d'eux, je prononçai
morne filence régna, une fière plus & fombre populaires d'entr'eux. Un
que garda le peuple. Vous eufliez dit
attirude étoit celle
ceur, ils partagcoient la honte & que, lifant dans mon
cceur étoit navré ",
la douleur dont mon
rivée Ceftle des' commiflaires citoyen Roume, ex-commiffaire civil avant l'arRoume qui tient ce civils Sonthonax & Polverel ; c'ef
furémnent, étant à Paris, langage au mois de janvier 1793. AC
chofes contraires à la vériré, il'n'avoir Et
pas intérèt'de dire des
cufds anjourdhui,
Sonthonax & Polvérel, acpas à détruire fon opinion. malgré tous leurs eflorts, ne parviendront
Polverel: Je demande la parole
vancer Claaffon. Il vient de vous fitr dire un fait que vient d'a
leu avair bt6 victime d'une émeure, que. la femine BeauPort-au-Prince, La femme Beauilieu comme incendiaire du
de fufil par. ui individe fans'q qu'il a ét6 tuée d'un coup
parénce. d'émeure. Elle étoit
y aiteu la moindre apfa groffelte, appuyée fur fa enceinte, mère
& la très-avancée dans
avoir bré tuée d'un coup de fu6l, elle qui a. éré foutenoir, Après
Lhomme, accufé de cet horrible
éventde.
mis en prifon, d'ou il s'eft fauvé. Nous artentat, a en effet été
nouveau quand nous avons éré au
l'avons fait arrêrer de
viént de vous dire que nous-avions Port-au-Prince. Clauflon
nous ne l'avions pas déporté: mais prorégé il vous cet a homme dit , parce
fre raifon pour laquelle il ne nous
lui-mème
porter. Ce malheureux étoit déjà le appartenoit de la pas de le déallailin. Il avoit beb déjà dénoncé au gage
juftice comme
exécurif près la fénéchauifte du commilfaife du pouvoir
inftruire fon procès; ce n'éroit Port-an-Prince. On devoit
déporter & enlever à la juftice. pas un homme qu'on dût
Th. Millet : Je prie le citoyen préfident d'interpeller les
lui-mème
porter. Ce malheureux étoit déjà le appartenoit de la pas de le déallailin. Il avoit beb déjà dénoncé au gage
juftice comme
exécurif près la fénéchauifte du commilfaife du pouvoir
inftruire fon procès; ce n'éroit Port-an-Prince. On devoit
déporter & enlever à la juftice. pas un homme qu'on dût
Th. Millet : Je prie le citoyen préfident d'interpeller les --- Page 155 ---
ISI
commmiffaires de déclarer à qu'elle époque ils ont fait arrêter
ce citoyen, à peu près.
Polverel: Je ne m'en rappelle
pofitivement. Sonthonax
quis'en fouvient, creit que nlarts notre entrée au Port-auPrince, en avril 1793Th. Millec:. Notez en avril 1793, & qu'en juin 1794,
quatorze mois après que les Anglais fonc entrés, &c ont pris
poffellion da Por-aue-Puince, cet allaflin > cet homme fi
coupabie, n'étoir :
pas encore jugé, & ilétoit en leur pouvoir
de le taire.
Polverel: Voulez-vous rendre la commiflion refponfable du
plus ou du moins de célérité dans le jugement d'un commiffaire de la nation ou d'un tribunal?
Duny: . Oni, ciroyens,puifque fans ordre ils ont fait égorger
vingt mille hommes en vingt-quatre heures Oui, vingt
mille hommes.
Senac : Je prie Poiverel de déclarer s'il a connoifance
ce Robin ait beé, dénoncé"par les autorités conftituées AS
Pors-au-Prince, avant qu'iis euffent donné T'ordre-de fon -
arreftation.
-
Polverel : Non,je n'ai pas connoiffance de cela;j'ai connoilfance que cet homme avoit été dénoncé par Beaulieu
lui-méme, qui eft venu nous réitérer fa dénonciation.
Senac: Je rappelle à la commiffion
Polverel a ditque
d'abord cet homme avoit été arrêré, qc que ce n'ef qu'eprès fon évafion que Polverel a donné'Tordre de fon arreftation.
Polverel: : C'eft d'après vous que je l'ai dit.
Clastjon : C'eft la vériré. Je ne.fais pas fi c'eft la femme
du'citoyen qui a été maffacré, car tour-à-lheure j'ai annoncé que je ne connoiffois pas toutes les circonfances de
ce meurtre. J'ai dit'que c'étoit d'une émeute popuiaire
la femme Beaulieu avoit été victime. J'ai dir que j'avois Rts
auffi que Robin a été accufé; mais je ne fais pas 6 c'éroit
légicimement. Je fais qu'il a éré dénoncé au miniftère public,
K4
citoyen qui a été maffacré, car tour-à-lheure j'ai annoncé que je ne connoiffois pas toutes les circonfances de
ce meurtre. J'ai dit'que c'étoit d'une émeute popuiaire
la femme Beaulieu avoit été victime. J'ai dir que j'avois Rts
auffi que Robin a été accufé; mais je ne fais pas 6 c'éroit
légicimement. Je fais qu'il a éré dénoncé au miniftère public,
K4 --- Page 156 ---
qu'ila érbnrsirb,
I5a
Polvereia répété cela qu'il a été pourfuivi, qu'ils'et évadé.
d'après moi.
Poiverel: J'ajourerai que, dans mon
Poreau-rrince, : au mois de
premier voyage au
ment de décembre 1793,je n'ai novembre & au commence-
'dénoncé réclaman: pour COt allallinat; 5 je ne' point lai connu conru Robin comme
nité qu'il auprès de toutes les autorités conftituées que comme
du côté du prétendoit Bel-Air, lai li étre due pour la perte de fa l'indem- maifon
tuées; & dans ce moment fatiguoit toutes lès aurorirés conftiprorégé par les foi-difan: mème, il étoit très-chaudement
ce que je puis dire, &k fous patriotcs du Pore-au-Prince. Voila
cette époque Robin.
quels tapports je connoiflois à
les Clanfor: habitans Il fercit bien ridicale de-1
du Port-au-Prince l'atrocité faire'reromber fur tous
par un feul hoime. Polverel
d'un' fair commis
prordgé par les patriotes au vous dir que ce Robin étoit
tn fort mauvais fajer 3 & Port-au-Prince. Ce Robin étoit
du Bel-Air,, étoit accufé Robin, d'avoir dans. l'incendie du quartier
cours à fon begu-père qui demeuroir négligé de porter des fen'étoit. pas conlideré au
dans le quartier. Robin
évadé de prifon , ith'ef rebgréau Porau-Prinees & lorlqu'il fe fut
Polverel & Sonthonax onr bombardé Poreau-Prince que quand
Polverel: Ily, étoitr
cette ville.
bre & décembre 1792. tres-certainement aux mois de novemPuge: II fe préfente plafieurs queftions
oulimplifier. Senchonax dit: ia
qu'il faut éiaguer
Le
ruptute des trairés.
prefident : Parle de Robin; c'eft-là la queftion.
dit Sonchonax : Je demande la parole fur un
nous avions donné l'ordre
fait, Duny a
Rdter Je le fomme de
d'égorger ving: mille
produire cet ordre.
baignan: Duay: Nous vous montrerons les" commifaires
dans_le fang,
civils fe
Ie préfideng : Cet' ordre fera
cuilion,
l'objet d'une antre diffang Seushorax: Pourquoi ne. dites-vous pas: nageant dans le
Sonchonax : Je demande la parole fur un
nous avions donné l'ordre
fait, Duny a
Rdter Je le fomme de
d'égorger ving: mille
produire cet ordre.
baignan: Duay: Nous vous montrerons les" commifaires
dans_le fang,
civils fe
Ie préfideng : Cet' ordre fera
cuilion,
l'objet d'une antre diffang Seushorax: Pourquoi ne. dites-vous pas: nageant dans le --- Page 157 ---
Duny': Oui, nageant. la
du traité fait entre les
Page : On vous a dit que rupture de l'Oueft éroitla caufe
nommes de couleur & les 14 paroitles del Fincendie & 2umaffacre
de l'incendie du Por-aw-Prince, J'examninerai d'abord fi le traité
de Bainet & autres quartiers. été
la faute des habitans
du Port-au-Prince a le fait rompu des hommes par
de couleur. Cette
de cette ville ou.par amenera à l'examen' de celle-ci: Qui eft-ce
queftion nous le Port-au-Prince ? Mais avant, ciroyenqui préfident a incendié je voiS prierai de faire quelques inverpellations
à Sonthonax , far des faits qu'il a avancés. Ila dit qu'à cetre
époque. du 21, novembre, des bàrimens anglais croifoient,
& même moulicient dans les ports de la. colonie.
Son:honax : Je réponds que je n'ai pas dit cela. J'ai dit
que dans l'inrervalle. qui s'eft écoulé depuis la prife d'armes, du
jufqu'au traité duz; octobre, &ciur-tout Tépoque jutqualépoque de la; prifed'armes
21 novembre; c'eft-a-dire, depuis
ils furent chaflés
deshommes de couleur,jufqua Tépoqucol des bâtimens anglais
du Pore-au-Prince. le 21 novembre 3
méme y, ont
crorfoient à Saint-Domingue,, les &
plufieurs mêmes de l'aflemblée
le
C
mouillé; je prouverai par
na foit venu deux
coloniale. Page ne nie pas fans Mylord doure Afleck, qu'il dans la rade du
frégatcs, commandées ne niera par
ne foit vent un vailleau
Cap françgis. Page dans celle dul Porean-Prince, pasqu'il
& quelque-emps
après de cinquante dans celle des Coyes-SainoLonis, la frégate aiglaife la
SiPage nioit ou chicanoit
Penélope, je crois 2 ou la MIphig-nie, commifion de te faire apporter les
fur les dates, ,je prie remis
le comité colonial;je pourpapiers qui lui oit été
par
rois ani demander aPagesil nieroit
Lepréfdent: In'et pas queftion.
Page, Laiflez, citoyen préfident, je répondrai.
Lecointe ( membre dela commifion) ): : Ces interpellations entravent la difcutlion.
Page: Je dirai, relativement aux deux frégates l'aflemblée venues au
Cap, que jamais nous ne Y'avons nié, puilque
rie remis
le comité colonial;je pourpapiers qui lui oit été
par
rois ani demander aPagesil nieroit
Lepréfdent: In'et pas queftion.
Page, Laiflez, citoyen préfident, je répondrai.
Lecointe ( membre dela commifion) ): : Ces interpellations entravent la difcutlion.
Page: Je dirai, relativement aux deux frégates l'aflemblée venues au
Cap, que jamais nous ne Y'avons nié, puilque --- Page 158 ---
154roi nationale légillative elle-mème la voté des remerciemens a
d'Angletere, 7 pour les deux frégares venues
porter des armes & des vivres pour combattre au Cap, ap
pour fe défendre. Bien loin d'avoir voulu nier les nigres &
gates anglaifes foient venues au
que deux fré
les deux frégates qui s'acheminoient Cap, nous l'avons dit; ca
chargées de quelques milliers de fabres, vers de TEurope, s'éroien
de fulilso qu'elles ont portésau gouverneur de quelques millier
réfidant alors dans la ville du
ces Saunt-Pomingue
au Cap; parcequ'elles: s'ncheminoient Cap:
frégates font venue
ne pas charger un autre bâtiment des mêmes vers lEurope ; & pour
avoient prifes: Quant au vaiffeau & à la armes, elles les
Port-au-Prince, quand Sonthonax me dira frégate venus au
dirai ce qu'ilsy venoiént faire.
-
Tépoqueyje lu
Ctaufon : C'eft pour la même chofe.
lièrement Lecointe { membre de la commiffion ) : Cela entrave
la difcuflion & ne l'éclaire pas.
finguLe préfident: Reviens au fait, reviens à l'objet de
pellation que tu voulois faire à Sonthonax.
l'inters'il Page: Alors, je vous prie d'interpeller Sonthonax de dire
eltvraiquele mémoire du bataillon de
ceuvre coloniat, & rédigé à Paris.
Normandie foit up
Sonthonax: J'en ai la preuve morale
cufer; c'eft que d'un bour à l'autre il eft qu'on ne peut, réjugé colonial, & fait perpétuellement la imprégné du préde cculeur, armés pour rétablir leurs
guerre aux homies
qu'il partoir d'une main coloniale : car droits; les d'ouj'ai conclu
n' ont aucun intérêt à déclamer contre les foldats d'Europe
de couleur.
droits des hommes
fi cela Page: heurte C'eft-à-dire les
que tout ce quia été dit dé plus
intérêts' de Polverel &
facré,
leuvre d'une main coloniale.
Sonthonax, , fera
Normandie a été rédigé à
L'ouvrage du régiment de
matéricllement
Belle-Ille-en-Mer: 3 il a été
par tousles feldars, par chacun des figmé
qui cempofoient ce bataillon, & le citoyen Bellet, homme foldats
homme tres-recommandable par fon civifme & fon
qui, aujourd'hui, eft adjudanr-général intelligence, de la Répu- 3
leuvre d'une main coloniale.
Sonthonax, , fera
Normandie a été rédigé à
L'ouvrage du régiment de
matéricllement
Belle-Ille-en-Mer: 3 il a été
par tousles feldars, par chacun des figmé
qui cempofoient ce bataillon, & le citoyen Bellet, homme foldats
homme tres-recommandable par fon civifme & fon
qui, aujourd'hui, eft adjudanr-général intelligence, de la Répu- 3 --- Page 159 ---
blique, & qui fe comporte avec autant d'intelligence que de
bravoute, ce Bellet eit un des rédaéteurs. Ce Bellet étoit
alors (ergent-fourrier du deuxième bataillon de Normandie.
Je prie encore le citoyen
d'interpeller Sonthonax
fur un fait bien plus étrange EMRET celui-làs il,a dit
Mirbeck, Roume Saint-Léger > ont été obligés de
do
RETLAN
la colonie, fous > peine d'être péndus dans une émeute. Je
demande queSonthonax dile à quelle époque ces commillaires
fortis de la
ont été en danger, & à quelle époque ils font
colonie.
Sonthonax : Je réponds d'abord que c'eft étranger à la
difcullion actuelié ; mais je réponds enQuite que cefta Mirbeck, Roume & Saint-Léger à qui il faut faire cette interpellation, & leur faire dire pourquoi ils avoient été obligus
de fortir de la colonie par violence. C'eft à eux de prouver ce
qu'ils ont avancé, carils lont dit dans leurs comptes rendus.
Page: Si Mirbeck & Saint-Léger avoient été obligés de
fortir par violence de ia colonie, Roume n'y feroit
refté;
car Roume étoit connu, pour être celui qui
entièreTRLERE
ment 8c abfolument la commifion civile. Cependant, Roume
demeurant à Saine-Domingue, a l'air d'y avoir couru des
dangers; il dit dans une lettre qui eft dans les archives.
(1l lit ).
Lettre du citoyen Roume aux nouveaux commi[faires civils >
délégués à Saint-Domingue > en vertu de la loi du 4 avril
1792.
c J'ai la fatisfaction de pouvoir vous affurer, Meffieurs,
que loin d'avoir à craindre le moindre obltacle > vous ferez
reçus comme des anges' tutélaires de la partie françaife de
Saine-Domingue. Les citoyens des trois couleurs s'emprefferont de vous prouver leur refpect & leur confiauce: Les
affembléesprimaires fe formeront fous VOS yeux, fansia
légère difficulté; & péut-être ne ferez-vous jamais dans
t
cas de juger des conteftations relativesà ces allemblées. Vous
formerez une affemblée coloniale qui réunira de bons colons
ferez
reçus comme des anges' tutélaires de la partie françaife de
Saine-Domingue. Les citoyens des trois couleurs s'emprefferont de vous prouver leur refpect & leur confiauce: Les
affembléesprimaires fe formeront fous VOS yeux, fansia
légère difficulté; & péut-être ne ferez-vous jamais dans
t
cas de juger des conteftations relativesà ces allemblées. Vous
formerez une affemblée coloniale qui réunira de bons colons --- Page 160 ---
1j6
des trois couleurs; la paix & le bonheur naîtront fous
pas >7,
vOS
àla Sonthonax : Je voys prie d'obferver que cela eft étranger
difcuffion.
Page: Ce.n'efipas étranger à Tinterpellation. Je dis donc
que ii Roume eût couru des riques perfornels,
eût
forcé de fortir de la colonie
éviter, d'ètre pendu s'il dans été
une émeute populaire > il Fabuamar pas écrit à Polverel &
Sonthonax: Yous étes attendus dans la colonie comme
ginies tutélaires, vous y ferex recus comme des génies bien- des -
faifans. la
Cen'eft pas ainfi que fe feroit exprimé à légard de
colonie, Fhomme qui ne parloir pas. à la colonie, mais
qui parioit à Polverel & Sonthonax 5 Fhomme
couru rifque d'être pendu dans une émeute populaire. qui Saint- auroit
Léger eft parti de Saine-MMarc, il n'eft pas patti avec Mirbeck
Le préfident : Ceci eft étranger à l'efprit public; on ne doit
pas s'arrèter far chaque mot, difpurer fir chaque. . incident.
Duny: C'eft que quand Sonthonax parle d'un fait, il
enchevêtre.
Sera: : Ona dit quele mémoire dubataillon de Normandie
abré rédige par une main coloniale, , &zi il eft néceffaire de
tifer l'opinion que Sonchonaxa donnée là-deffits.
jufIe prefient : On.va paffer à un autre fait, Gi vous
rien de plus direét à dire fur l'incendie du Portau-Prince. n'avez
Sonthonax, as-tu quelque. chofe à ajouter fur l'incendie du
T'orean-Prince?
Sonthonax: Rien du tout.
Page: Avanz de parler de lincendie du
fai été obligé de répondre aux accufations graves Port-ai-Prince, qui ont été
fnites,Je pafle maintenant à l'incendie. Sonthonax voas a dit
qu'il avoir été amené par le refus d'exécuter les rrairés,
avoit 6:6 encore amené par l'arrêré du 5 novembre. qu'il
pris par l'allemblée coloniale. Eh bien ! aucune de ces e-1791 caufes >
n'a intlué far la prife d'armes des hommes de couleur.
Le préfident : 1l n'eft pas gueftion de
c'eft véritablement
le moyen d'éterniferles débats. cela;
dit
qu'il avoir été amené par le refus d'exécuter les rrairés,
avoit 6:6 encore amené par l'arrêré du 5 novembre. qu'il
pris par l'allemblée coloniale. Eh bien ! aucune de ces e-1791 caufes >
n'a intlué far la prife d'armes des hommes de couleur.
Le préfident : 1l n'eft pas gueftion de
c'eft véritablement
le moyen d'éterniferles débats. cela; --- Page 161 ---
Alors; je, ne répondrai pas aux inculpations de
Dgr.Ae cependiant il a traiié ce rait-là. Je n'abufe pas de
la parole, je l'avois prife en ce moment pour vous prouver
que lorfquil vous a dit que la rupture da traité &c l'arrètédu
5 novembre, pris Barlakembléc coloniale, éroient la caufe
de la prife d'armes des hommes de couleur, ilen a impolé,
s'il vous a dit
c'étoit ia caufe de l'incendie du Port-auPrince; & s'il aNr prouvé qu'il n'y a poin: eil, dans le fait
des colons blancs du P'ort-au-Prince, volonté de ne pas exécuterle traité, il faudra en conclure que la confèquence que
Sonthonaxa tirée de ce raifonnement eft ablotumencviciebie;
car je vous prouverai que les colons ontconftaminent voulu
exécuter ie rraité.
Le préfident : C'ef à la commiflion à décider flon doit
actuellement traiter cette queftion. Elle, va fe rctirer pour
délibérer.
La commiffion fortpour délibérer:
La commiflion rentre.
Le préfident fnirlecture de l'arrêté qu'elle vient depresdre.
-< La commillion confidérant que >, conformément à fes
précédeus arrètés, les colons ont eu la faculré de dire tout
ce quils ont jugé convenable fur lefprit public des colonies;
la parole ayant été enfuite accordée à Polverel & à SonET fur le même objet > les colons ne peuvent l'avoir
que pour des interpellations, > fur des faits précis oli pourdes
éclairciflemens fommaires fur de nouvelles allégations 5 arrête que la parole eft confervée à Sonthonax pour terminer
ce qu'ila à dire fur l'e(prit public des colonies :2,
Clauflon : Eh bien! citoyens > je vais vous donner un
éclairciffement très-fommaire fur l'incendie du Port-auPrince.
Le préfident : Je te demande fi c'eft fur une allégation
nouvelle.
Clauffon : Cela eft compris dans le récit fait parsSonthonax,
Lic) prefident : D'aujourd'huit
5 arrête que la parole eft confervée à Sonthonax pour terminer
ce qu'ila à dire fur l'e(prit public des colonies :2,
Clauflon : Eh bien! citoyens > je vais vous donner un
éclairciffement très-fommaire fur l'incendie du Port-auPrince.
Le préfident : Je te demande fi c'eft fur une allégation
nouvelle.
Clauffon : Cela eft compris dans le récit fait parsSonthonax,
Lic) prefident : D'aujourd'huit --- Page 162 ---
%
158Ctauffon : De tour-3-Theure. C'eft
terminer l'opinion de la commiflion fur pour achever de déau-Prince, & fur ics faits qui lont amené. l'incendic du Porthier que, le 2I novembre
Je vous ai dit
étoient affémblées pour délibérer 1791, au furi moment où les fecticns
paix , on avoit arrêté deux chaloupes I'exécution du traité de
conleur armés, & que ces deux
remplies d'hommes de
icus la volée du Borée; en chaloupes avoient été mifes
couleur du Mirbalais,
même-cemps, 300 hommes de
au Port-au-Frince, à midisor,jo delArcahage, le duBaucollni, entrètent
pourquoi ces hiommes de couleur demanderai à Sonthonex,
au - Prince ; tous ceux de cette venoieneils affucr au Poitfervice féparé de la garde nationale paroiffe faifoient leur
tranchés dans le gonvernement; ils blanche ; ils étoient refemblement des ieétions
avoicnt été lors du tal-,
pourquoi fifciennilsoppeler conlignés des dans leur calerne 5 mais
au-Prince pour les renforcer? je le bommes demande, de couleurau à
PortOrsjelai l
dit, & jel leprouverai , s'il"eft
quel deffein ?
néceflaires c'eft qu'à
tionnaires; Creades-Booquen le
> fous les aufpices des contre-révoluqu'à faire égorger coup tousles étcit machiné blancs & ne tendoit à rien moins
Cet événement
patriotes du Pertau-Prince.
Sonthonax. a
a été amené par le fair de
clave, il étoit prétendu êure libre; mais qu'ii fot cerefclave, libre ou que cfs'eftjeté fur un toujours canonnier attaché blanc, aux hommes de
il
engagée; le canonnier blanc fut voilà comment Fafiaires'ef conleurs
défarmé,
Lecointe : Cela a déja été dit.
de Clauffon couleur : qui Ceftvrais font mais je le répère, ce font leshommes
mens confidérables. venus au Port-au-frince,p par attroupeSonthonax : Je réponds à Clauffon,
c'éroient les
qui vient de dire que
qui avoient conotritrelastonginmrer machiné l'incendie
la
du Ceindr-Rosdis
ponds, dis-je, qu'ils étoiept parfaitement Poreau-Prince ; je ré
Prince tellement étrangers, que ceux qui ont érrangers; ils' font
fe font enfuite
incendié le Port-aules blancs qui étoient. poités Ces aux blancs prifons poury feptembrifer
Vignot, Tal & d'aurres dontles font Piénont, Gayor,
noms ne me revicunent
onginmrer machiné l'incendie
la
du Ceindr-Rosdis
ponds, dis-je, qu'ils étoiept parfaitement Poreau-Prince ; je ré
Prince tellement étrangers, que ceux qui ont érrangers; ils' font
fe font enfuite
incendié le Port-aules blancs qui étoient. poités Ces aux blancs prifons poury feptembrifer
Vignot, Tal & d'aurres dontles font Piénont, Gayor,
noms ne me revicunent --- Page 163 ---
as; ces blancs font un nommé Dupont, quifur misà terre
ar des matelots 5& mis en pièces par des blancs. Les
ommes de couleur n'étoient plus alors au Port-au-Prince,
fon: des blancs, les incendiaires du Port-au-Paince, qui
at été feptembrifer; Piémont, Gayot, Vignot & autres;
sfaits me fonz rappelés par Clauflon, , qui prétend que ce
nt des contre-révolaronisires qui ont commis l'incendie.
me veux poin: jullifier ici les conresévolatongaite; ils
nt affez chargés de crimes fansavoir recours à celui-là pour
leur mettre far le dos.
Clauffon : Je conviens qu'il eft très-vrai que Piémont,
ayor & autres hommes de couleur, ont été pris, quelle rempsapeesTindondis du Port-au-Prince, loriqu'ils s'en
loient aux Archayes, & que ce font les matelcts de la
de, qui étoient indlignés des atrocités des hoimes de cour, qui les avoient facrifiés à leur indignation.
Page:Je parlerai futle matériel de l'incendie..
Lecointe (des deux-Serres), repréfentant du peuple:Préént,, fais exécuter l'arrèré de la commifien.
Lc préfidert : As-tu une interpellation à faire ou un éclairlement fominaire à donner.
Page : C'eft un éclairciffement très-fommaire; je vous obverai feulement que Sonthonax a parlé plufieurs fois ee
Lepréfident ? ly a unl arêté de la commiflion, citoyens,
dois le maintenir.
age:Je'tiredun mémoire dubataillon de Nommandislagrenve
n manifelte que les mulàires ont brûlé le Port-au-Prince,
biquelebaraillon de Normandie vousait dit qu'onne favoit
quels ont' éré les auteurs de cet incendie; cependant On
dans ce même mémoire : * Quinze jours sécoulerent avant
qu'aucune autorité, par aucune proclamation, fe mit en
devoir de porter remède à tant de maux; avant qu'zucune
contigne fût donnée pour courir fus; avant de. a
feclérats qui en etoient les auteurs, 6 on leur laifa le
: di/paroitre paifiblement 6 en emportant le frut de temps lcur
rigandage, en nous abandonnant des monceaux de cendres,
de ruines & de cadavres. >> C'eft ainfi que s'exprime le rés
ent de Normandie 2 lorfqu'il parle de la négligence
; avant qu'zucune
contigne fût donnée pour courir fus; avant de. a
feclérats qui en etoient les auteurs, 6 on leur laifa le
: di/paroitre paifiblement 6 en emportant le frut de temps lcur
rigandage, en nous abandonnant des monceaux de cendres,
de ruines & de cadavres. >> C'eft ainfi que s'exprime le rés
ent de Normandie 2 lorfqu'il parle de la négligence --- Page 164 ---
que fes chefs ont mise à chaffer les noirs & 1 les mu
latres du Port-au-Prince. Ils difent que les hommes d
couleur ont fui avec-le fruit de leur brigandage , en lai
fant des monceaux de, cendres, de ruines & de cadavies
ils avoient dit > quelques pages avant 2 que ces mème
hommes de couleur, en fuyant, avoient égorgé les malade
qui étoient dânsles hôpiraux : on doit en conclureaifémer
que les hommes de couleur ont allumé l'incendie dans
ville du Portau-Prince.
Claiffon : Je prie le citoyen préfident d'interpeller Sonthe
nax s'il n'eft pas à fa connoilfance que des dénonciation
aient été faites au miniftère public contre les auteurs di
aflaflinats de Piémont, de Gayot & autres.
Sonzhonax : Il eft à ma connoiffance que la municipali
a été inftruite de l'affaffinat commis fur les perfonnes. <
Piémont, Gayot & autres, & qu'elle a refufé de publier
loi martiale, &c qu'elle ne Ta publiée que deux heures apr
l'affaflinat commis : voilà ce qui eft à ma connoiffance. Qua
aux informations que les aflemblées ont ordonriées fur C
objet, je n'en ai aucune connoillance.
Claufon : La loi martiale n'étoit pas connue au Port-a
Prince; on ne connoiffoit pas la forme de publication' i'de cet
loi.
Sonthonax: On connoiffoit au Port-au-Prince la loi ma
tiale & la forme de publication, car elle,a été publié
la force publique a été requife pour marcher contre les meu
triers deux heures après que l'aflaflinat a été commis.
Senac : Je yous dirai, moi qui vivois à Biffoton, quej j
entendu dire que lon avoit porté des dénonciations à tout
les autorirés contre les auteurs de ces aflaffinats.
Page: : On vous a dit que les habitans du Port-au-Prin
en vouloient au comierce de Bordeaux.
Lc préfident: Ceci eft terminé.
Page: Patdonnex-moi, ciroyen, je vous dirai que plufieu
de Bordeaux, étoient bien vérirabl
négocians > marchands
de couleu
ment coalilés non-leulement avec les hommes
m
que lon avoit porté des dénonciations à tout
les autorirés contre les auteurs de ces aflaffinats.
Page: : On vous a dit que les habitans du Port-au-Prin
en vouloient au comierce de Bordeaux.
Lc préfident: Ceci eft terminé.
Page: Patdonnex-moi, ciroyen, je vous dirai que plufieu
de Bordeaux, étoient bien vérirabl
négocians > marchands
de couleu
ment coalilés non-leulement avec les hommes
m --- Page 165 ---
16I
mais avec les conre-névolationnires qui les dirigeoient, &
j'en trouve la preuve dans une lettre des commiflaires. Roume,
Mirbeck & Saine-Légu, & je vais en donner lecture.
Illit:
Réponfe des commifaires nationaux civils à MM. Lenud,
Poitier & autres perfonnes de la marine du commerce di
Port-aui-Prince.
Au Cap-Français, le premier février 1702.
MESSIE U'R S,'
ct Nous n'avens pu. remettre > le 2.5 décembre
aux
dernier,
députés
vous nous aviez envoyés qu'une fimple reconnoiflance 3:5 la réception de votre lettre du 4 du mois de
décembre : nous répondrons aujourd'hui aux différens fujets
qu'elle contienr.
53 1.Nosréponfes imprimées (que vous recevrezo ci-jointes)
prouvent la nullité des prétendus traités de paix & concordats que vous regardiez comme des engagemens inviolables
pour ceux qui les avoient contractés.
* ) 2°, Vous n'étiez pas du nombre des confédérés; mais
défapprouvant la conduite de ceux qui s'étoient rétraétés,
vous vous étiez retirés fur VOS navires, oà vous paroifliez
vivre dans une trifte. fécurité, lorfque les citoyens du Portan-Prince reauirent VOS équipages pour les protéger. Si nous
applaudiffons d'an côté aux vues pacifiques qui vous retenoient, de l'atire nous fommes étonnés que vous n'ayez
pas et plus d'égard aux réquifitions d'un corps municipal,
vous qui favez par expérience que les établifemens populaires
font les bafes élémentaires dè'notre conftitution. Nous efpérons que vous voudrez bien vous conformer à l'avenir aux
réquifitions légilement exprimées que pourroit vous faire
la municipaliré.
3 Yous n'aves pas le droit de former une corpofation militaire diftinéte de la garde nationale, qui, comme vous ne
pouvez pas lignoter, doir comprendre tous les citoyens frangais, loriqu'il s'ngit de maintenir ou de rétablir l'ordre &la
tranquillité publique.
Iome III Finge-huitième livraifon.
L --- Page 166 ---
95 Vous devez favoir aufi qu'il ne vous eft pas
de
vous conftituer les repréfentans du commerce ou permis de toute
autre corporation civile >-& que vous ne pouvez agir qu'individuellement dans vos pétitions.
Le préfident : Il n'ya paslà un fait précis de ta part. Il
ya un arrété qui ne te permer que de faire des interpellations, & donnér des échaircilffemens fommaires.
Page: Ciroycn,je me commande un filence abfolu, & mes
colligues en feront autant.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Pa. GARRAN, préfdent: LECOINTE ( des Deux - Sevres), 2 fccrétaire ; FoUcHi
(deNantes), DARAT,LANIENAS, GRIGOIRS,RABAUD.
faire des interpellations, & donnér des échaircilffemens fommaires.
Page: Ciroycn,je me commande un filence abfolu, & mes
colligues en feront autant.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Pa. GARRAN, préfdent: LECOINTE ( des Deux - Sevres), 2 fccrétaire ; FoUcHi
(deNantes), DARAT,LANIENAS, GRIGOIRS,RABAUD. --- Page 167 ---
N
Dz 13 Ventôfe, l'an troifème d: la Répuilique françaife
uns 6 indivifbie.
LA fance s'ouvre par la leéture des débats de la veille:
la rédaction en eft adoptée.
Le préfident : Voici un arrêté de la commiffion.
Arrêté de la commilfion des colonies, 3 dz 13 ventéfes
l'an III de la République,
cc La commifion arrête que Sonthonax fereffcrrera, le
qu'il eft pollible > pour ce qui lui refte à dire fer
public de la colonie de
Rupee
Saint-] Domingue, antérieurement à
fon arrivée, fans entrer dans aucuns détails qui feroient
érrangers à cet objet, > ou qui ont déja 6i donnis par
Polverel >,
Polverel : L'erreur dans laquello Sonthonax & les colons
ont donné hier, d'accord fur le nom de l'individu qui a éré
accufé del'affafinat 'de la femme Beaulieu, m'a cntrainé dans
la même erreur. Ils fo fon: rounis tous pour artribuer cet
affaflinat à Robin. J'ai dit, moi-même, que Robin en avoit
étéaccufé; ce n'étoir point Robin: ila été fufpeété dej plufieurs
autres "affallinats ; mais celui de la femme Nearlieu a bté
attribué non à Rcbin, mais à un citoyên nommé Larouffe.
Beaulieu a accufé formellement, nommément ce citoyen Larouffe d'étre. laffallin de fa femme : c'eft fur fen accufaticn
que Larouffe a été arrèté, & la dénonciatien envoyle au
commillaire du- pouvoir exécurif près la ténéchauflée,
Clauffon : C'elt moi qui, hier, ai répondu lur Kaffalinat
L 2
non à Rcbin, mais à un citoyên nommé Larouffe.
Beaulieu a accufé formellement, nommément ce citoyen Larouffe d'étre. laffallin de fa femme : c'eft fur fen accufaticn
que Larouffe a été arrèté, & la dénonciatien envoyle au
commillaire du- pouvoir exécurif près la ténéchauflée,
Clauffon : C'elt moi qui, hier, ai répondu lur Kaffalinat
L 2 --- Page 168 ---
dela.femme Beaulieu.Jene fuis
non plus, que Robin étoit l'affafin pas convenu, de
nimes collègues
j'ai dit, mei, & feul,
la femme
ticularités de cet allalinar, queje ne connoiffois pas bien Beaulieu; les par-
& foupconné; voilà tout ce que Robin en avoit éré accufé
& j'ai pu dire, dans la féance que j'ai dû dire. J'ai fu aufli,
de Ce (oupçon, avoit éré arrèté, d'hier, que Robin, au moyen
qu'ii S'éroir évadé: mais
conduir dans les
&
rouffe, il eft vrai de dire que ce foit Robin, que ce prifons, foit Lacontre T'affafin.
que les pourfuites ont été faites
Senac : J'obferve que je ne puis
m'être réuni
Sonthonas, je n'étois parce que ce fait a eu iEer dans
avec
pas au Port-au-Prince.
un temps où
lu hier, Verneuil : Sonthonax, dans le prétendu acte
relativement à la commune
gu'il vous a
a dit que j'érois membre de cette
du Gros-Morne, vous
remarquer, d'après ce qu'il a lu dans commune; & vous avez dà
paffer fous filence les
l'adreffe > qu'il a voulu
fa part, parce que connoillant Eignatures: ce quieft une perfidie de
lequel été yelsavez dit qu'il ne feroit parfaitement votre arrêté par
lu en fesnce, Sonthonax avoir imprimé que ce qui auroit
public que j'étois un des
de penfé faire croire au
être même f'autenr de cette figmatnires adrefle cette adreffe, & peutfuite eft un tiffi de
& : ce
vous a. dit enthonax en lifant une mnenfonges, je
le
H
dcs regifres de la
pièce illégale qu'il a intitulée prouver, Extrait Soncette pièce
paroife de du Gros-berne, 3 vous a dit
moi, que étoirfouvege la
toute la commune. Je
que
fignatures
pièce a été faite par
& vous dis,
qui cnt été appofées, & dont Dofligné, on
que les
lecture, ont été mendiées par lui; mais
vous a donné
lument faux, que jamais cette adreffe
il eft faux, abloles regiftres de la paroiffe, Detix
ait éi6-confignée dans
& Morsinville, font venus le
des fignamires, Baudière
fait part de ce qui s'étoit paffe lendemain entr'enx chez moi, m'ont
hautement blâmé leur
& Dolligné, J'ai
que c'étoit un piége de comphifance: je leur ai fait fentir
ce Dofligné étoit le plus Doilignés zélé
je les ai fait coi:venir que
je leur ai dit que je me rendrois parrifan le du Souvernement, &
paroiffe; j'ai, cn coitféquence
dimanche fuivanr à la
les eitoyens, & j'en avois le droit, envoyé une invitation à tous
parce que j'éteis alors
igné, J'ai
que c'étoit un piége de comphifance: je leur ai fait fentir
ce Dofligné étoit le plus Doilignés zélé
je les ai fait coi:venir que
je leur ai dit que je me rendrois parrifan le du Souvernement, &
paroiffe; j'ai, cn coitféquence
dimanche fuivanr à la
les eitoyens, & j'en avois le droit, envoyé une invitation à tous
parce que j'éteis alors --- Page 169 ---
eommandant général de cette dépendance; je me fuis rendu
le dimanche d'endaite au Gres - Morne, , comme je l'ai dit.
La commune étoit nombreute; j'ai compulfé le regiftre, &
je-n'ai point trouvé le prétendu acte dont Sonthonax vous
a donné leckure. J'ai pour lors engagé tous les fignaraires à
fe tranfporter chez Dolligné; &c la ils ont radié leur ligaature. Il eft bien étonnant queSonthonax vienne nous donner
pour cèrtaine une chofe qui n'a pas été faite, & que
que vingt ou vingt-quaire perfonnes, tout au plus, fe FRCOE
permis de figner cette adteife, Sonthonax ai: eu la méchanceté de conclure
toute la paroiffe du Gres - Morne eft
coupable de cette icatien à la loi; car c'en feroit une formelle. Citoyens, je fuis bien aife de vous dire que la paroiffe
da Gros-Morne eft la plusferte pareilfe de Saint-Domingue;
elle a douze lieues de Teft à l'oueft; c'eft la plus ancienne,,
c'eft la? plaus peuplées 8c il feroit bien ridicule d'en conclure
fuppofanr que les vingr ou vinge-cinq fignataires euffent
27 féduits, toute la commune eûr participé à l'acte de
Dofisné. Je dis donc que la pièce lue hier eft un aéte faux;
je dis qu'elle n'a jamais été enregifrée à la parciffe; 8c que
quand bien même le peric noribre de ceux qui lont fignée
n'auroien: pas effacé leurs figuatures, ce quich arrivé, cette
pièce ne pioureroit tien du tout contre la paroitfs du GrosMorne. Je vous ai dit anfi que j'avois dénoncé Dolligné à
la barre de T'affemblée coloriale, & je le-prouve. Voici ce
que je-lis dans la féance du 22 (eprembre
cc
1792.
Moniieur Dolligné paroit à la barre, &c dis que, d'après
les inculpations dont tonla chargé, ilfe confiitue lui-mème
en état d'arreftation, jufqu'à ce qu'il feir pleinement jaftifié,
& qu'il eft prèt à dépoler far le burean les pièces qui établiffent évidomment fajnftification. M. Verneuil, quifé trouve
aulli à la barre avec M. Doffigné, fe déclare fon accufateur
avec, cette énergie qui le caractérife, & fait le dérail de
plulieurs chefs d'accufation. M. Dolligné réplique, MM. Verneuil foutient ce qu'ii a avancé; l'eatretien devient vif, &
Ja fcène s'échaurfoit, lorfqueratfomibiee Fa fnit cofler, cil QIdonnant que I'un <aue dépoferoient furle bureau ce qu'ils
venoient de dire à la bare, pour y étre flatué 2). C'elt Ge
quej j'ai fait; &, après laveir dépofe fur le bureau,.je fus
L 3
é réplique, MM. Verneuil foutient ce qu'ii a avancé; l'eatretien devient vif, &
Ja fcène s'échaurfoit, lorfqueratfomibiee Fa fnit cofler, cil QIdonnant que I'un <aue dépoferoient furle bureau ce qu'ils
venoient de dire à la bare, pour y étre flatué 2). C'elt Ge
quej j'ai fait; &, après laveir dépofe fur le bureau,.je fus
L 3 --- Page 170 ---
renvoyépar &
T'affemblée à Polverel,qui l'a lue
qui la gardée.
plufieurs fois,
million Pelvercl : Je demande la.parole pour adreffer à la comune péridic n tres-courte, mais intéreffante.
Lc préfdene : Elce fur cer objet?
Polverel: Non.
Verneuil Sonzhonax: Je demande à répondre à Veraenil. Le
d'excrait vous a dir que la piece produite hier fous le citoyen tirre.
des T giftres de la
du Gros -
une
faulle, qu'elle n'a par.ife jamais exifté dans M.rn:, éroit
du derviemet : pour prouver ce qu'il a dit, il les a regiftros
que les habitans du Gros-Morne étoient dans les bons avancé
cipes, dans des principes tout-à-fair contraires à cette prin-
& qu'elle étcit l'ouviage de Dolligné connu
adrefle,
partifan du Souvernement, Ileft bien éconnant pour être un
qui a avcué hier cette adreffe, & qui a dit que Verneuil, avoit
faire dans une affemblée préfidée par Dofligné qu'elle
été
dit, & cela eft conligné aux
(car vous avez
faire dans unea allembleenrenidée débats, que cette adreffe a é:6
gu'il y a eu au Gros -Mome FDodbndounsntomies une aflemblée préfidée
Dolliané. Ceites, lavéflexion lui a fuit fentir
cette
par
étoit fi grave, gu'ilfalloit chercherà
que
adreffe
au moins les inductions
T'annulier, ou en adoucir
colons lont avouée,
que je pourrois en tirer. Hier, les
dams les regiftres de aujourd'hai la
ils difent qu'elle n'exifte
n'ont
paroile du Gros - Morne : hier
pas préfen:é cette
M
fruir des réfexi. nS
excepticn; elle cft évidemment le
quiy font énoncés. que leur a faic naitre la gravité des faits
Duny, Thomas Millet & Bruiley (fe levant en mêmetemps): Cho,en-prélident, il elt faux que nous
cette piece.
ayons avoud
Sonthonos : Vous êtes folidaires en vos
le citoyen Vemcuil qui a avoné
accufations; c'eft
I fembier
que Polligné - a préfidé Faf
Tallemblee ohronapris de Saint- cet arréré. Doflizné éroir du parti de
Saine-Marc,
Marc; il étoir tellemens du parti ds
de'i
que vous voyez dans cette adrefle les
V'atlemblée de Saint-Marc. Doligné & ceux
ptincipes
T'adrefic difent qu'on envoie des députés à
qui onr figné
vincinle du Nord pour étoufer T'ef, ric de laliemblée prol commune du Gros - Mome n'avuir parti; auparavant
pas eu de dépunér.
éroir du parti de
Saine-Marc,
Marc; il étoir tellemens du parti ds
de'i
que vous voyez dans cette adrefle les
V'atlemblée de Saint-Marc. Doligné & ceux
ptincipes
T'adrefic difent qu'on envoie des députés à
qui onr figné
vincinle du Nord pour étoufer T'ef, ric de laliemblée prol commune du Gros - Mome n'avuir parti; auparavant
pas eu de dépunér. --- Page 171 ---
T'affemblée provinciale du Nord, ou du moins elle les avoit
retirés, parce qu'elle éroit dans le part de
eit donc bien évident que ce Dofligné, qui excitoit Saint-Marc. alors les Il
paroiflès du Gros-Morne à envoyer des députés
étouffer
l'efprit de parti, étoit vérirablement dans le pour de
blée de Saint-Marc : ia preuve de cette vérité parii eft incontef- l'affemtable; la preuve que cette adreffe a été
les regiftres de la paroifle du Gros-Morne, vraiment qu'elle infcrite eft fur
vrage de cette commune, 3 c'eft qu'elle contient
l'oude la nomination des députés de cette paroiffe procès-verbal à l'affemblée
coloniale; ces députés ont été Reboul & Perrin
& Perrin ont réellement été députés à l'affemblée : Reboul
ils. n'ont jamais eu d'autres procès-verbaux d'éleétion coloniale;
donc bien évident que cette adielle eftl'ouvrage de la :il eft
comme l'a avoué hier Verneuil, & non point l'ouvrage paroiffe, de
Dofligné feul; car, fi, par cette adreffe, on a nommé des
députés à l'aflemblée coloniale, fi ces députés, en verru de
il çette eft adreffe bien 5 ont pris place & fiégé dans cette aflemblée,
évident que cette adreffe eft l'ouvrage de la commune, & non celui d'un feul homme, Voilà ce
à répondre à Verneuil. Je me tais.
que j'avois
Verneuil : Ce que vient de dire Sonthonax eft encore un
faux:je n'ai point dit hier que l'aflemblée 2 été préfidée
Dofligné; f'ai di: feulement, & je répère
cette adreffe par
étoit l'ouvrage de Dofligné. Je fuis tellement que sûr de ce
j'avance, que quelquesj jours après elle m'a été
que
au moins en copie, & j'aurois mauvaife grace communiquée, de dire
ne la connoiffois pas. Oui, citoyens, cette adreffe eft que je
vrage de Dofligné; mais ileft faux, abfolument faux T'ouait été foufcrite
les habirans de la commune.
qu'elle
vrai qu'après ealas fut rédigée
n bien
tranfporta chez les fignataires, quil par mendia Dofligné, leurs Doffigné fe
& que, > vingt- quatre heures eprès, ces derniers fignatures, furent
effacer. Je reviens au fecond point de Sonthonax.
los
vous dit, pour preuve que cette adreffe eft louvrage Sonthonex de Ja
commune du Gros-Morne, c'eft qu'elle a nommédes
pour l'affemblée coloniale : eh bien! ce fait elt encore dépurés
faux; la coinmune du Gros-Morne avoit confrmé la
un
nation de céux qui avoienr été envoyés en France, &: nomi- qui
L 4
fignatures, furent
effacer. Je reviens au fecond point de Sonthonax.
los
vous dit, pour preuve que cette adreffe eft louvrage Sonthonex de Ja
commune du Gros-Morne, c'eft qu'elle a nommédes
pour l'affemblée coloniale : eh bien! ce fait elt encore dépurés
faux; la coinmune du Gros-Morne avoit confrmé la
un
nation de céux qui avoienr été envoyés en France, &: nomi- qui
L 4 --- Page 172 ---
étoient del'affemblée de Saint-Marc, c'eft-à-dire, de
& de Montmonier; & jamais la commune du
Boutain
n'a nommé d'autres députés pour aller à
Gros-More
cela eft fi vrai, que vous pouvez compulfer Tafemblcemclonsie: les regiftres de
l'aflembiée coioniale qui font fous vOs yeux, & vous
que Ce font Perrin & Reboul.
verrez
Sonthonax : Je prie la commiflion d'interpeller Verneuil
fPernn & Keboul n'étoient pas de la inunicipalité du GrosMorne, & s'ils n'ont pas été dépurés à Faflemblee coloniale.
Reboul Vernexil : Je réponds à Sonthonax que jamais Perrin &
n'ont été de la municipalité du Gros- Morne, qu'ils
n'on jamais eté euvoyés députés de la paroifle à lafferblée
coloniale, mais qu'ils our éré un moment à l'affemblée
vinciale, & que quinze jours après, moi-même
fait promoticn qui a éréappuyés, & quia été exécutée, jai. à ce
la
aienr à le rendre au moment mème dans leur paroiiit. qu'ils
Senchonax : Vous venez d'enrendre Verneuil dire
Perrin & Reboul avoient été dépurés à l'affeniblée
que
cinle, qu'il avoir fair la motion qu'ils fuffenr
provinprouve encore bien plus la vérité de ladreffe rappelés; ar tibuée à ceia
paroifle du Gros' Mome; 5 c.r il eft dit
lacette adreffe que les dépatés nommés à Ipécialenent dans
ciale ferent tenus, en verru de certe adielle, lauemblee de
provinallemblée 3 de revenir dans le lehn de leurs qhirer cette
dorique leurs commercansles rappel terout: ehl bien! commettans
vient de vous dire qu'il a lui-meme fair la motion du Verneuil
de Reboul & Perrin : donc Reboul & Perrm avoienr rappel
nommés par cette adietie, hinli qu'il eft dit; donc cette adreffe été
eft l'ouvrage de la paroule, D'atleurs, pour teiminer, fai dit
de quelle fourcejsuriré cette adrelle; c'eftle citoyen Roume
qui me T'a fait paffer: Sl a envoyé les copies cerutéas conformes fur l'original; al llesa envoyées dans le tempsau
exécurif & au comité de la marine: c'eft là que la commifion confeil
puifera la vériré fur ce fait.
La Thomas Mille: : l'ai uin mot très-court à dire fur Ce fait,
morion raite par Verneuil à l'aliemblée de la
du Gros-Morne, bien loin d'êrre une preuve de la commune
de la pièce qui vous eftprefentée; eft an-contraire une légalité
de l'ilégaliré de Téle Aion; car > c'eft à caufe de fillegalité preuve
que Verneuil a fait la motion du rappel,
la vériré fur ce fait.
La Thomas Mille: : l'ai uin mot très-court à dire fur Ce fait,
morion raite par Verneuil à l'aliemblée de la
du Gros-Morne, bien loin d'êrre une preuve de la commune
de la pièce qui vous eftprefentée; eft an-contraire une légalité
de l'ilégaliré de Téle Aion; car > c'eft à caufe de fillegalité preuve
que Verneuil a fait la motion du rappel, --- Page 173 ---
Page : Comme membre de l'affemblée coloniale, j'attefte
que les députés du Gros-Morne faifoient partie des quatrevingt-cinq qui étoient en France, &c qui ont été confirmés
dans une aflemblée fubféquente. Je trouve ici le procès-verbal
de leur nomination, c'eft le IO août.
Sonthonax : Je me fuis trompé fur'le nom de l'affemblée.
J'ai
l'aflemblée coloniale pour l'affemblée provinciale :
mais " eft bien évident que Reboul & Perrin ont été envoyés
a l'alfemblée. provinciale, qu'ils ont été envoyés par la paroille, en vertu de cette, adreffe.
: Envoyés
vingt - cinq individus, & rappelés
par - paroille, fur M propofition de Verneuil.
Sonthonax: : Ils ont été envoyés parlaffemblée, &c rappelés
en vertu de cette adreffe.
le Moniteur
à
Polverel : Voici ce
je lis dans
d'hier,
la fin du rapport de
Bunibalis
cc
On m'a fait le reproche de n'avoir fait mention dans
ce rapport, ni des colenies, ni de la diplomatie du levanr,
dont quelques morceaux fe font trouvés dans les papiers de
Robelpierre. Je répondrai au premier reproche que je n'avois
pas allez de documens
me guider dans une matière
aufli délicate. & aufli linue" que celle des colonies ; que
la Convention ayant d'ailleurs nommé une commiflion adhoc,
j'ai cru devoir renoncer à ce projet qui m'offroit, ou des
difficultés infurmontables, ou un travail au-dellus de mes
forces 3).
Il me paroit réfulter bien évidemment de cette note, que
parmi les papiers trouvés fous les fcellés de Robelpierre, il
exifte des pièces relatives aux colonies. Nous avons été accufés-d'avoir été, foit fuccellivement, foit rout-à-la-fois, les
agens de Briffot & de Robelpierre, dans les colonies : nous
fommes inmocens ou coupables fur ce fait; mais que nous
foyons innocens ou coupables, la commillion ne peur, ce
me femble, négliger de fe procurer tous les renfeignemens. 2
foità charge, foit à décharge: qiand mêmeles pièces trouvées
dans les papiers de Robelpierre: n'auroient aucun rapport à
nous, il fuffiroit qu'elles regardallent ies colonies, pour que
la commifion; qui eft chatgée de prendre tous.les renfeignemens pollibles fur les affaires des colonies, ne néglige pas.
Torne III. Vingt-fepcième livraifon.
L 5
iger de fe procurer tous les renfeignemens. 2
foità charge, foit à décharge: qiand mêmeles pièces trouvées
dans les papiers de Robelpierre: n'auroient aucun rapport à
nous, il fuffiroit qu'elles regardallent ies colonies, pour que
la commifion; qui eft chatgée de prendre tous.les renfeignemens pollibles fur les affaires des colonies, ne néglige pas.
Torne III. Vingt-fepcième livraifon.
L 5 --- Page 174 ---
de fe les procurer. Je demande donc à la commillionprenne toutes les mefures nécellaires pour faire, le qu'elle
premptement; pollible, apporter dans fes archives les
plus
qui ont été trouvés chez Robelpierre, & qui
papiers
regarder les colonies.
peurroient
Leprifdent : La cemmillion: ajourne à fatuer fur la
après la féance.
demande
Brulley : Nous nous propalions de faire la
nous avons été Roimément inculpés, moi même demande:
comme amis de Robefpierre;, un fepréfentant pecfonnellement, du
"Thuriot, s'eft permis de lalliuer.Je lui ai écrit à ce peuple,
je l'ai fommé de fournir des preuves; il ne Fa
fujer,
anais, comme il fe pourroit qu'ily y en edt, il
fait:
de conftaters'ily en a ous'il
eft
RELRELS
toutes les' pièces foient
n'y en a pas, Je demande que
apportées, afn qu'il foit
Thuriot a dit vrai ou faux.
conftaté fi
Thibaut : On a même
ceux
ont
traduirs au tribunal
qui
été
faveur.
RELIRAN Fortet
acquittés par fa,
Nommez-le. Duny: : Savez-vous le nom du membre qui a dit cela
Verncuil ? Sonthonax a dit la même chofe.
Scathonax : Il eft très-vrai que depuis le 22
il
n'y avoir que les celons d'acquittés au tribunal prairial
naire,
révolucionLcccinte (membre de la commifion) : Nous ne
pas ici pour juger ce que nos collegues ont dit dans fomnmes- le
de ja Convention nationale.
fein.
Senac : Je demande la parole pour un fait.
Sonthonax : Je déclare qu'efedivement je dois avoir
dans quelque brochure ou feuille imprimée,
les colons dit,
feuls étoient acquitrésau tribunal
des
Lorfqu'il
eggeandet
s'agira
liaifons des colons avéc Robelpierre, je le
verai.
prouIc préfident : C'ef aflez; tu n'a plus la parole fur cet
objer-la.
- le
de ja Convention nationale.
fein.
Senac : Je demande la parole pour un fait.
Sonthonax : Je déclare qu'efedivement je dois avoir
dans quelque brochure ou feuille imprimée,
les colons dit,
feuls étoient acquitrésau tribunal
des
Lorfqu'il
eggeandet
s'agira
liaifons des colons avéc Robelpierre, je le
verai.
prouIc préfident : C'ef aflez; tu n'a plus la parole fur cet
objer-la. --- Page 175 ---
Dany: Sonrhonax n'a pas trouvé aflez de fang répandu
cn France.
Senac : Je me joins à la, demande faite par le citoyen
Polverel; parceque 2 pendanr le temps de ma détention dans
les prifons de Bordeaux, j'ni eu occafion d'écrire longuement tout ce qui s'eft pallé a Saint-Dominguo : la ierie
des événemens & ces faits s'éclairciront.
Lc préfident : Il a déja été arrêté qu'on fatueroit après
la féance.
Sonthonax : La commifion s'eft montrée jufement impatiente de voir terminer les débats fur l'efprit public qui
régnoit dans la colonie avant notre arrivée. Je ne crois
encore avoir abufé de la parole, car il me fercit
R
de prouver mahematiquement & pofitivement que les colons ont parlé une fois plus! longuement d
que mon colligue
&moi réunis. Je paffe aux faits. Je me refferrerai le plus
fible ; mais je demande que la commiflion me
E
m'étendre fur ccux qui font intéreffans; car véritable
Fa
bafe de la difcullion eft de favoir, quel étoit l'efprit public
de Saint-Demingue à notre arrivée. Je pafle aux faits : hier
Fai parlé de l'incendie du Pert-au-Prince 5 je vais paffer
aux faits poftérieurs : la rupture du concordat du 2; OCtobre a été le fignal d'une nouvelle guerre civile dans
T'onef & dans le fud de Saint-Domingue; le fang des
femnes &c des enfans des hommes de couleur égorgés,
crioit vengeance; ils écourèrent ia voix de cette paflion
impérieufe, ils reprirent les armes; &, comme je viens de.
vous le dire, la guerre recommença à Jacmel & Jérémie;
les blancs armèrent leurs efclaves contre les hommes de
couleur & nègres libres. A Jacmel on les'appeloit houffards; j'ignore le nom qu'en leur donnoità Jérémie; les
blancs durent leurs fuccès fur les hommcs de couleur dans:
ces deux paroiffes, à l'armement de leurs efclaves; d'eftlà
le premier exemple qu'on. ait donné du mépris du régime
colonials & les colons qui nous accufent d'ayoir fappé ce
régime julque dans les bafes , d'avoir rorapu les rapports
qui unifloient les efclaves aux maitres, font les premiers
qui ont. donné lexemple, en armant des mains efclaves
contre des mains libres.
dans:
ces deux paroiffes, à l'armement de leurs efclaves; d'eftlà
le premier exemple qu'on. ait donné du mépris du régime
colonials & les colons qui nous accufent d'ayoir fappé ce
régime julque dans les bafes , d'avoir rorapu les rapports
qui unifloient les efclaves aux maitres, font les premiers
qui ont. donné lexemple, en armant des mains efclaves
contre des mains libres. --- Page 176 ---
Claufon: C'eft faux.
Sonthonax : Je le prouiverai.
Iepréfident (à Sonthonax ): continue.
Sonthanax : A Jérémie on
dir, les hommes de couleur enferma, dans des comme je vous l'ai
n'ont pas nié que la petite vérole fut bateaux; les colons
bâtimens où on les avoit mis.
introduite à bord des
Millet : C'eft une atrocité infame
niée.
que nous avons tous
Sonthonax: Le citoyen Th. Millet,
faits, a dit que la petite vércle avoit qui a parlé fur ces
bâtimens oà étoient renfermés les hommes exifté à bord des
nié l'inoculation.
de couleur; il a
Th. Millet : Il eft bien différent de
a.eu lieu dans tel endroit;
dire, , la petite vérole
inoculé la petite vérole. Il ou bien de dire 3 on leur a
lautre part, aveu d'un accident ya d'une part atrocité, & de
naturel.
la Sonthonax : Il eft de notoriété publique
a
petite vérole, maladie peftilentielle en qu'on introduit
d, disje, introduir cette maladie â Amérique, qu'on
dans lelquels étoienzles hommes de
bord des bâtimens
riété publique que, > lorfque cette maladie couleur.--II eft de noton'a rien fair pour retirer les peftiférés
s'eft déclarée, on
étoient fains; ; on les a laifés entaffés, d'ayec les hommes qui
pourriture & la maladie; & c'eft ainfi aux prifes avec la
un tombeau
ces malheureux des
quon vouloit faire
enfermés. Il poar de notoriété
bâtimens où ils étoient
Jérémie, dans chacune de ces publique qu'à Jacmel & à
132 liv, par chaque tête d'homme municipalités,. de'
on payoir
armés contre eux apporroient, Ces faits conleur font
les noirs
publique f'invoquerai la-delfus le
des notoriéré
capiraines bordelais qui fe troavcient témoignage de tous les
& Jaemel; j'invoquerai là-deffus le
en rade de Jérémie
colons qui font ici à Paris, qui doivent témoignage avoir de plufieuts
ques déclaratio#s à la conmiflion des
remis, quelen fourniront de nouvelles. Les
colonies, & qui
les blancs fe font rendus maitres colons des n'ont pas nié que
hommes de couleur
des notoriéré
capiraines bordelais qui fe troavcient témoignage de tous les
& Jaemel; j'invoquerai là-deffus le
en rade de Jérémie
colons qui font ici à Paris, qui doivent témoignage avoir de plufieuts
ques déclaratio#s à la conmiflion des
remis, quelen fourniront de nouvelles. Les
colonies, & qui
les blancs fe font rendus maitres colons des n'ont pas nié que
hommes de couleur --- Page 177 ---
les enfermer dans ces bateaux de mort. Ils ont dit à
PHL vérité, pour s'excufer, que c'étcit pour les garantir des
fureurs des ciclaves armés. Mais qui avoit armé les efclaves : c'éroient les biancs qui animoient les efclaves armués
contre les hommes de coulaut combattrant pourleurs droits;
c'ércient les blancs. Ils difent: Les kommes de couleur ayoient
commis quancité d'acrocités; ces airocités lee ayoient rendus
odieux à touS les efclaves; & c'ef la raifon pour laquclie nous
les avons mis C72 sursrés pour éviter qu'ils fulene matjasris
par les efciaves. MMais ii eft bien évident que c'eft vous qui
aviez anmé les efclaves; il eft bien évident qu'en les armant, vous les excitiez contre le peuple de couleur; il eft
bieu - évident
cette prétendue haine des efclaves contre
les hommes art couleur étoit votre propre ouvrage, > puifque dans la majoriré de la colonie, excepté dans les deux
quarriers de- Jaomel & Jérémie, , les hommes de couleur
onc été conftamment prorégés par les eiciaves. Il eft donc
bien (Ar. que la prétendue haine que vous dites qu'ils témoigncient aux hommes de couleur armés pour la défenfe
de leurs droits, 'n'étoit que votre ouvrage. Je reviens au
Port de-Paix.
Th. Millet : Je vais reiever un fait qui contient une inculpation qui me concerne. Sonthonax dit que les colons
blancs s'é:oient emparés des hommes de couleur pour les
mertre dans des bàtimens; ilen conclut que ce font les blancs
qui exciroient les eiclaves. Je n'ai pas dit cela.
Sonthonax: Niez-vous qu'ils aient armé les efclaves.
Th. Millet : Je le nie. J'ai dit
les hommes de couleur s'éroient porrés d'eux-mêmes 42 la municipalicé, pour
y demander fecouts contre. le grand mouvement qui s'étoit
fait parmi les efclaves relativement à l'affaflinat de la famille Sejournés & que la municipalité & les blancs, réunis
dans la ville de Jérémie, s avoient mis dans les bàrimens 2
les hommes de couleur pour leur propre sûreté. Voilà ce
que j'ai dit, &jenai point dit qu'on eût armé lesefciaves,
Sonthonax : Je prie la commiflion d'interpeller Th. Millet
de déclarer s'il n'of Bas à fa connoiffance qu'un corps
d'efclaves noirs a été armé à Jérémie, fous le comman-
unis
dans la ville de Jérémie, s avoient mis dans les bàrimens 2
les hommes de couleur pour leur propre sûreté. Voilà ce
que j'ai dit, &jenai point dit qu'on eût armé lesefciaves,
Sonthonax : Je prie la commiflion d'interpeller Th. Millet
de déclarer s'il n'of Bas à fa connoiffance qu'un corps
d'efclaves noirs a été armé à Jérémie, fous le comman- --- Page 178 ---
dement de JeanKina, pour marcher contre les hommes
couleur de Téréucie.
de
Th. MiLe:Sonchenax intervertit les dates, les
comme ies perfounes & les clrofes. II y a eu à la lieux,
de Tiburen, & noil pas à Jerémie, un corps d'hommes paroiffe
de couleur efclaves, comiandés parJean Kina, armés contre
un ratiemblement d'hommes de couleur qui fe réunifoient
dans la partie du fud de l'ifle. Ils dévaftoient, ils égorgeoient; mais ce n'eft pas le fait de Jérémie. Aurefte, ce
fair-là ne peut pas être impuré à crime, puifque c'étoit
pour fauver des viétimes dit carnage & du pillage. Je n'ai
pas lépoque certaine de l'ariement de Jean
mais
elle eft poitérieure 2fembarquement des hommes Kina; de couleur,
à Jérémie : je foutiens & j'afirme que l'armement de Jean
Kina n'a point été l'ouvrage de la commune de Jérémie;
que CCt armement a eu pour objet de défendre des, victimes qui étoient tous les jours égorgées par les hommes de
couleur de la partie du fizd, çui fe rendoient à Tiburon.
Poiverel: Thomas Millet à raifon pour le lieu; & c'eft à
Tiburon que Jean Kina & fa troupe ont été aimés.
Son:honax : Mais Tiburon cit de la dépendance de Jérémic,
Polverel: Je n'entre pas dans la difcuffion; dans les raifonnenens; jéclaircis les faits qui font à ma connoillance,
"Thomas Milict & les colons fe trompent fur les dates, s
lorfqu'ils difent que ce corpsn'a été formé que depuis notre
arrivée dans la colonie; il étoit formé & armé, non-feulemcnt avant lépoque de mon voyage aux
mois de feprembre 1792, mais iléroit formé Cayes, quieft du
avant 1:01 re arrivée dans ia colonie; il l'avoit long-temps été dans le
fort de la guerre des blançs conre les hommes de couleur.
Sonthonax : T'ebforve que Tiburon,eft une dépendance
de Jérémie; &: enandje parle de Ferémio,je parle des cinq
communes confodercer contreles honmes de couleur. Ainli,
il u'y a plus de difcuflion fur cet arricle, parce que
demment 01 a avoud quily a eu des eiciaves -
armésà précé- Tiburon. Corrme Tiburon eft une dépendance 'de la confédétation de la Grande-Anfe, 011 peurerès-bien en conclure Gua
Tiburon,eft une dépendance
de Jérémie; &: enandje parle de Ferémio,je parle des cinq
communes confodercer contreles honmes de couleur. Ainli,
il u'y a plus de difcuflion fur cet arricle, parce que
demment 01 a avoud quily a eu des eiciaves -
armésà précé- Tiburon. Corrme Tiburon eft une dépendance 'de la confédétation de la Grande-Anfe, 011 peurerès-bien en conclure Gua --- Page 179 ---
érémie a armé des hommes de couleur efclaves contre des
ommes de couleur libres.
Th. Millec: Un fait, c'eft que cet armement des nègres
(claves, annoncé par Sonthonax : eft poftérieur de plufieurs
nois à Tévénement qui a conduit à bord les hommes de
ouleur de la paroiffe de Jérémie.
Sonthonax : Voici comme je raifonne fer ce que vient
e dire Thomas Millet. Les colons vous ont alfuré, dans le
ours de la difcuflion, que les noirs efclaves étoient outrés
ar les cruaurés commifes par les hommes de couleur à
érémie, & que c'eft pour fauver les hommes de couleur
e Jérémie, de l'exécration des noirs qu'on a pris le parti
e les mettre dans un bâtiment, dant la rade de Jérémie.
our fhuver les hommes de couleur de la firreur des noirs,
falloit que les noirs pulfent exercer cette fureur; il falloit
ufils fullent armés 3 car > qu'importe aux hommes de couleur
cclère des noirs, fi ces derniers n'avoient pas une are >
n.couteau, pour tomber far les hommes de couleur, &
ur faire fentir les effets de cette rage qu'on leur préfume P
eft donc bien cerrain qu'il eft prouvé moralement, & par
fair'lui-même, avouc par les colons, que les noirs éroient
més contre les hommes de couleur de Jérémie.
i
Dailleurs,
réclamé là-deffus la notoriété publique. Je paffe donc a
qui s'eft palle au Port-de-Paix.
Page: Ces faies-là me font particulièrememnr connus, parce
cje me fuis bearéoup occupé de l'affaire des colenies,
ailleurs, je fris du quarricr de Jérémie & du Cap-Damelarie, inrermédiaire de Tiburen & de Jérémic, & je fais
s-bien ce qui s'eft paffe, Il elt très-vrai que Tiburon eft
pendant de Térémie; mais, à l'époque de T'armement de
an Kina, Tibaron étoit ifoié; & cette confédération ne
t faite qu'àl'époque oh Blanchelande & Roume parcouient en dictatenrs toute la cclonie. C'eft à cette époqua.
aes'eft faite la confedération de cinq à fix paroiffes que
narpelie aujovri'hui la Grande-Anfe. Mais Parmement
Jean Kma, qui éroir l'efclave de mon fondé de procution, &
par conféquent je connoiffois bien, l'armeent de Sdni Kina 8: de 40C negros a été fai: par la com-.
que oh Blanchelande & Roume parcouient en dictatenrs toute la cclonie. C'eft à cette époqua.
aes'eft faite la confedération de cinq à fix paroiffes que
narpelie aujovri'hui la Grande-Anfe. Mais Parmement
Jean Kma, qui éroir l'efclave de mon fondé de procution, &
par conféquent je connoiffois bien, l'armeent de Sdni Kina 8: de 40C negros a été fai: par la com-. --- Page 180 ---
mune de Tiburon; & cette commune étoit alors
à toutes les autres communes. Veici à
étrangèr
cet armement. ; c'eft lorfque les hommes quel de fujet s'eft fai
aux Cayes de Saint-Louis, à Bayeul, à
couleur des ont fai
de pzix, des concordats avec les habitans. Acquin Du moment ,
traité
les habirans fe font retirés chez eux
ils oi
été défarmés & égorgés
les hommes paifiblement, de couleur. Le on
paroiffesde Tiburom, du E Dame-Marie & Liflet
voifins, firent. également des pactes avec Irs hommes qui de cou fon
leur de leur canton. Les nègres révoltés dans la
de
Anglais, qui elt au-delà. de Tiburon du côté des
nègres là,
cei
ESel
dis-je, qui avoient égorgé les' blancs du côté de
Cavaillon la partie de 3 la venoient comme un torrent pour fe jeter dan
Grande-Anfe, qui étoit encore intacte. Il falloi
ces nègres paffaffent fur Tiburon, puifqu'il exifte une
SE de montagnes depuis Tiburon juiqu'au Perit-Goave
quine laiffe à chiactine de fes extremités qu'un petit chemir
pour paffe; dans la Grande-Anfe. Les habitans de Tiburor
marcherent contre ce torrent dévaflateur; ils y marchèren
aveclasiovlitresa aveclefquels ils s'entre-méftrenr. Voilà
rosnt a érk formée la colonne. Lorfque les blancs & com
mularres furenr ainfi rangés en préfence des nègres; le
les
feu.que firent les mulatres far dirigé fur Josl
premier
à cêré de chacon d'eux, & trois de mes intimes blancs qui éccient
frères, , furent égorgés par trois de leurs frères mulatres. amis, trois
les habians de "fiburon délefpérant de fc fauver,
Alors
la plus graude parrie. de ceux qui étoient en état de parce que
armes avoient été écharpés per cette infame
porter les
ils appellèrenr leurs nègres a leur fecours; & tahifon; Jean alors
qui ércit efclave du citoyen Laroque, qui. étoit connu par Kina fon 9!
intelligencd, dit à fon maitre: :Je connois parfsitementle
Sivousme dopurghgocingesmaine de: nègrés je
pays;
de vousdéfendre.
vouspromers
Ce negre-l,qui érablir ERectivement, Oil donna 2 ol 300 nègres à
buron fut
un pofte; cela fe fit avec célériré. Ti
artaqué 6 ou 8 heures après par ce torrent dévaftateur;Jean Kina fir desp prodigesdevaleur, &crepouffa les nègres
efclaves qui avoient à leur tête les hommes de couleur.
a eu à-peu-près cinq cents nègres tués, &c à-peu-près cin- lly
quante ou foixante amulatres: le refte prit la fuire. Voilà ce
ègres à
buron fut
un pofte; cela fe fit avec célériré. Ti
artaqué 6 ou 8 heures après par ce torrent dévaftateur;Jean Kina fir desp prodigesdevaleur, &crepouffa les nègres
efclaves qui avoient à leur tête les hommes de couleur.
a eu à-peu-près cinq cents nègres tués, &c à-peu-près cin- lly
quante ou foixante amulatres: le refte prit la fuire. Voilà ce --- Page 181 ---
ui a donné lieu à la Frife d'armes de Jean Kina à Tiburon.
fais Jérémie n'y avoit eu aucune part julqu'alors, & la
onfédération ne s'eft faite que fept & huit mois après.
Polyerel: Jeprie le préfident d'interpeller Page de déclarer
ec plus de précifion répoque de cette prétendue révolte, où
s hommes de conleur ont égorgé les blancs, àl l'époque de
formation du corps de Jean Kina.
Page: : Je vais chercher la pièce ou les pièces qui prount les faits.
Sonthonax: J'obferve en paffant que ce Jean Kina, dont
Age vient de faire un fi grand éloge, a toujours été fort
taché aux' colons ,& qu'il eft aujourd'hui capitaine au ferce de fa majefté britannique dans la légion royale & brihnique de l'Oueft.
Polyerel : Colonel.
Sonthonax : Non; c'eft Montalembert
en eft colonel.
qui
Jean Kina a écrit des lettres qui font inventoriées dans
Ds papiers 7 & qui prouvent qu'il n'a jâmais été que l'infument des blancs contre la France & contre les hommes
couleur qui lui étoient fideles.
Page : Je dirai que Jean Kina eft un efclave qui fait trèsen commander un atelier > qui a appris à commander à
bis cents nègres; mais > Jean Kina n'aj jamais fu écrire, &
slettres n'ont jamais été écrites par. lui.
Sonthonax: Cela eft très-poffible: Jean François & Biaffon,
111 ne favent pas écrire, lignent bien au nom de fa majefté
tholique.
Polverel : Je fais tres-pertinemment qu'il fair figner; car,
a figné en ma préfence des déclarations officielles.
Page : Jean Kina, dit-on, eft actuellement capitaine au
rvice du roid'Angleterre; 1 cela eft très potlible,
S
habitans de Jérémie, piacés d'un côté entre la Depuis torche que inndiaire ailuunée par Polverel &c Sonthonax, &c les
hi
leur offroient leur protedtion; depuis, dis-je, que Anglais les ha-
fair figner; car,
a figné en ma préfence des déclarations officielles.
Page : Jean Kina, dit-on, eft actuellement capitaine au
rvice du roid'Angleterre; 1 cela eft très potlible,
S
habitans de Jérémie, piacés d'un côté entre la Depuis torche que inndiaire ailuunée par Polverel &c Sonthonax, &c les
hi
leur offroient leur protedtion; depuis, dis-je, que Anglais les ha- --- Page 182 ---
birans ont reçu Ja protection d'une nation ennemie, il ef
polible
Jean Kina, enrainé par linfuence de fon
maitre, afres cédé aux offres des agens du roi
la colonie." Ils fe feront fur-tout attachés à d'Anglercrre le fixer dans dans
intérêts , parce qu'il leur
pour
leurs
les blancs de
importe,
pouvoir comprimer
Jérémie, > qu'ils favent très bien ne s'étre
au gouvernement 'anglais que pour leur confervation; founis il
importe 5 dis-je,au gouvernement d'Angleterre,
le chef des nègres, afin que quand les blancs voudront desattacher abandonner le pavillon anglais, il puiffe comprimer les
par leurs propres nègres. Voila le morif qui auroit blancs déterminer le gouvernemen: anglais à favorifer Jean Kina.Je pu fuis
perfuadé qu'il l'a faic, & il étoit de fon intérét de le faire.
Ciaufon : Sonthonax vous a dit d'aberd que les ef-laves
avoient été armés par les colons blancs à Jacmel, au Fortau-Prince, & dansla partie de l'Oueft. 11 a encoreavancé
fai: faux, & fa bouche ne ceffe de diftiler le menfonge. un
Le préfdent : A l'ordre & au fait.
Clauffon : Je dis la vérité.
Sonthonax: Je priele préfident d'interpeller Clauffon
à déclarer fi au Port-au-Prince..
d'avoir
Clauflon: Voici le fait. En feptembre
furredtion du Nord éclata, les hommes de 1791 couleer 2 quand fe foule- l'invèrent drs/Chwh:ibai-fugsen tousles efclavesdela
de l'Oueft, notamment dans le quartier dela
partie
du Grand-Fond, du Fond-Ferrier: alors, les Charbonnière, blancs étoient
retranchés dans la ville & dans la partie de Jacmel. Les
efclavés étoient également infurgés par le fait des hommes
de couleur qui fe répandoient dans les différens quartiers. Ce
n'eRque au-Prince trois ou quatre mois après qu'il fut quefticn au Portd'un armement, & que la municipalité défendit
par une proclamation qui fut publiée. Cependanit, aubout de
fix femaines ou deux mois, irrirés de voir leurs maîtres fous
les coups des hommes de couleur aflafins, ils demandèrent
à marcher avec eux, Nous étions alors bloqués au Port-auPrince, & les nègres fe rendoient avec leurs maitres dans
différens quartiers. Ce
n'eRque au-Prince trois ou quatre mois après qu'il fut quefticn au Portd'un armement, & que la municipalité défendit
par une proclamation qui fut publiée. Cependanit, aubout de
fix femaines ou deux mois, irrirés de voir leurs maîtres fous
les coups des hommes de couleur aflafins, ils demandèrent
à marcher avec eux, Nous étions alors bloqués au Port-auPrince, & les nègres fe rendoient avec leurs maitres dans --- Page 183 ---
eurs forts, quand il s'agiffoit de les défendre.
R
té queftion dé faire des forties, On a formé ces Lorfqu'il efclaves en
ompagnies, > fous le commandement de Philiberr.
Sonthonax : Ce Philibert eft aufli capitaine dans la légion
itannique & royale de l'Oueft, à Léogane, Clauffon
avouer parfaitemenr que, dans toute la
de
vient
S nègres forent armés par les blancs 3 on partie avoit donc TOuelt, forcé
eiclaves de prendre les-armes contre les hommes de
ur. Ainfi c'eft un fair convenu.
couSenac:Je pinion de
toujours les pièces à la main; & c'eft encore
que; je vais citer
Rlarces
rapport à la Convencion.
pour ce fair, page 15 de
Senac li:).
strait du rapport du citoyen Po:me à la Coryention narional:, Jurja mifton à Saint-Demringse, cn qualité de commiffaire national civil, du 28 janyier 1793, l'an deuxième
ic la République.
C Peu de jours après, les nègres des paroiffes du
nce, de la Crolx-des-Douquats, de
& Port-au- des ha-
,
PArealaye
tionsvoifines, le. Comme furent foulevés au nombre de plus de cent
on provoquoit leur fureur contre le
nce, ils aflaflinoient impiroyablement les blancs Port-aucontroient, & qu'ils foupgonnoient être amis de qu'ils
. Le maffacre fur porté à un tel excès, que ceux
cette
noient, pour ne pas fatiguer d'un poids inutile quil'oreurs de. leurs ordres féroces, finirent
leur les exépaire d'oreilles de leurs
par
payer tant
S
ennemis, au lieu de tant
coupées, comme ils l'avoienr d'abord établi>,
par
oilal'opinion de Roume fur lacaufe de
S dans tourela colonie de Saint- Domingue.Jevous Tinfarreciond-s ai
oncé quele rapport avoit été fait caun mois dejanvier déjà
ertainement, à cette époque, Roane ne devric 1739;
nfer les nègres que lcs hommes de couleur oules pas blance. plus
par
payer tant
S
ennemis, au lieu de tant
coupées, comme ils l'avoienr d'abord établi>,
par
oilal'opinion de Roume fur lacaufe de
S dans tourela colonie de Saint- Domingue.Jevous Tinfarreciond-s ai
oncé quele rapport avoit été fait caun mois dejanvier déjà
ertainement, à cette époque, Roane ne devric 1739;
nfer les nègres que lcs hommes de couleur oules pas blance. plus --- Page 184 ---
Sonthonax : Je demande formellement que la commillion
entende au plutêt,fi elle le juge à prepos, Roume fur des
faits aufli graves.
La féance eft levée.
Leregifre despréfences d@pnérl.D.Gansw, préfident ;
DABRAY, F. LANTHENAS,Fouchi (de Nanres),LsCOxTa
(des Deux-Sèvres).
Du 14 --- Page 185 ---
ISI
Du 14 Ventéfe, l'an troifème de la Republique frangaife:
une Gindivifible.
O. fait ledture des débats de la féance de la veille; la
rédaction en eft adoptée.
Lep préfident : La commifion a pris hierdeux arrêtés:Tun
relatif à la demande faire par Polverel; Taure, à une
nouvelle pérition du ciroyen
en
lacindgeliamh.aa
donner ledture.
Premier arrêté. Cc Sur la demande formée par Polverel
en
de pièces relatives aux colonies 3 qui
cécs FIANL le rapport du repréfentant du peuple fenténon- Courtois
demande à liquelle les.colons ont accédé;
3> La commifion arrète que, conformément aux arrêtés
qu'elle a déja pris pour fe proeurer toutes les pièces relatives à fon travail, elle fe concertera avec la commillion
chargée de lexamen des papiers de Robefpierre,
fe
faire remettre tous ceux. qui peuvent avoir rapport pour à
faire dès colonies 27,
l'afDeuxième arrêté. CG La commiflion des
pétition préfentée
le citoyen Lerohenefqse-Thitaul colonies s far la
tendante, 1o.a à ce AtLE3 foit délivré exnédition d'unp s
cès-verbal qu'il dit avoir été drellé aui Cap, par ordre pro- de
Sonthonax, lots de la levée des fceliés appofés fur les
papiers; 5 : à ce quill lui foit donné conmunication de
plufieurs pièces fournics au tribunal révolutionnaire contre
Julien Raymond ;
> Confidérant far le premier abjet que, par un arrêté
du 5 de ce mois pris fur une demande du ciroyen Larchererqwe-TUbaekils déja été dite que les papiers
à la commiilion des colonies : comme ayant été faifis apportés
Polverel & Sonzhonax, ne font pas encore tirés toils fur de
deffous les fceliés 3 queles débats ordonnés par la Convention nationale n'ont pas laiffe à la commifion des colonics
Tom: III, Vugr-baininclvrajon,
M
é
du 5 de ce mois pris fur une demande du ciroyen Larchererqwe-TUbaekils déja été dite que les papiers
à la commiilion des colonies : comme ayant été faifis apportés
Polverel & Sonzhonax, ne font pas encore tirés toils fur de
deffous les fceliés 3 queles débats ordonnés par la Convention nationale n'ont pas laiffe à la commifion des colonics
Tom: III, Vugr-baininclvrajon,
M --- Page 186 ---
le temps d'examiner ceux mêmes qui font
cependant, Thibault pourqu'onpdt délivrer au ciroyen invenreriéryque
l'avoir expédition de la pièce qu'il
Larcheve(que- il
diftinguée des autres > par
indirue, faudroit
men, que cet examen n'eft fait, conféquent & n'a avoir fait l'exaparce gue pour s'y livrer E auroit fallu paspu être fair,
tion le décret de la Convention
laliler fans exécudéba:s; que d'ailleurs ia commillion nationale qui ordonnoit les
que h pièce délignce ne foit pas encore ne peut
aflarer
qu'il a été impoflible de lever;
fous T: fcellés
iln'eft pas au pouvoir de la que dans l'un & l'autre cas,
à préfent, ce que demandele commiffion de faire, quant
balrt
ciroyen Larehevelque-Thi-
>> Confidérant fur le fecond
nies au tribunal révolutionnaire cbjet, que les pièces fourne peuvent préfenter dans T'ordre contre aétuel du Julien Faymond
uilité, puilque ce ciroyen n'eft encore ni travail aucune
cufé; &
d'aprcs les décrets, la
acculateur ni acdebars, ne Duor
commiffion, dans les
dans l'affaire des s'occuper colonies; que des accufateurs ou des accufés
32 Confidérant enfin que cette
à un arrê:é qui contient la
demande a déja donné lieu
39 Palle à l'ordre du
difpofition énoncée ci- deflus
Comme Larehevelque jour >>.
prendre connoiflance de l'arrèté Thibaul: donc eft abfent > il pourra
lacture.
je viens de donner
Serac : Je fuis chargé de la
du
vous dite qu'une grande
part
citoyen Thibault de
ici aujourdhnis je lui ferai indifpolirion part. de Fa empèché de venir
Fondeviolle : Mes collegues, vous ont cet aulii arréré. fair
T'indifpolition qui m'a retenu abfent
part de
a cellé, & je me rends aux féances de julqu'à la ce jour; elle
Polverel: Je demande la parole
cominiflion.
million T'enzagement que le ciroyen
rappeler à la com
Le
:
a pris hier.
PRNE
préjident Page a la parole.
Page Ona dit hier que les colons blancs
l'exemple de Finfraétion du régime colonial, aveient donn
premiers nègres qui ont été armis dans
en armant les
été dans le quartier de Jérémie.Je
la colonie; ilslont
d'interpeller Sonthonax de déclarer
le ciroyen-prélident
oui ou ton.
convient de
Fie
ce fait
rappeler à la com
Le
:
a pris hier.
PRNE
préjident Page a la parole.
Page Ona dit hier que les colons blancs
l'exemple de Finfraétion du régime colonial, aveient donn
premiers nègres qui ont été armis dans
en armant les
été dans le quartier de Jérémie.Je
la colonie; ilslont
d'interpeller Sonthonax de déclarer
le ciroyen-prélident
oui ou ton.
convient de
Fie
ce fait --- Page 187 ---
18;
Sonthonax : Je déclare que je ne puis en convenir ici,
ni en difconvenir, parce que je ne fais pas laquelle des
deux paroilfes de Jérémic ou de Jacmel a armé la première. Ilen eft une, celle du Port-au-Prince, > qui a armé
au commencement de feptembre 1791;je ne fais pas encore
G elle a devancé Triburon.
Clauffon : C'eft faux. Je'demande la parole pour relever
ce fait.
Page : Voici l'époque à laquelle les cing paroiffes
forment Tarrondiflement de Jerémic ont armé leurs nègres. qui
La première époque où les nègres ont étéarmés eft au mois
de décembre 1791. Vous avez vu, ciroyens, dans les débats
antérieurs, que, le13 octobre 1791,leshommes de couleur
& leurs efciaves s'étoient portés dans le quartier du Rofeau ou du Fond-des-kialliers.
Santhonax : Je prie le citoyen Page, à mefure
lera d'un fait, de dire oi il puife fes preuves. qu'ilparPage: Elles font toutes dans des pièces officielles
fées dans les archives, pièces qui vous ont été lues. dépoSonthonax : Qu'appelez-vous pièces officielles ?
Le préfident : Tu feras tes obfervations fur les pièces $
mais ne l'interromps pas.
Page : Les pièces que je cite ici ont déja été lucs à la
commiflion; voilà pourquoi je n'en fais pas une feconde
lecture. Les pièces que je cite font les lettres que la mi-.
nicipalité de Jérémie a écrites à l'ailemblée coloniale
le 13 oétobre 1791 > les arrêtés que l'allemblée coloniale a pris fur ces. lettres dans ies jours fuivans, & dont
lecture &c communication officielle ont été données à la
commifion. Le 13 octobre, , les hommes de couleur & leurs
nègres s'étoient rallemblés entre Jérémie & Plimouth, . > dans
un quartier- appelé le Fond des Hallier. Jérémie marcha
contre eux; 12 hommes de couleur furent pris en
& conduits à Jérémie. La municipalité de, Jerémie en érage écrivit ,
à l'affemblée coloniale; l'affemblée coloniale envoya deux
de fes membres pour examiner le délit; ; ces deux commiffaires arrivérent à Jérémie. La commune, la municipaliré
& les commiflaires de l'aflemblée coloniale, réunis, mirent
en liberté ces 1 2 hommes de couleur, fous Tengagement
qu'ilsptirent, fur leur parole d'honneur, de demeurer fiM 2
Jerémie en érage écrivit ,
à l'affemblée coloniale; l'affemblée coloniale envoya deux
de fes membres pour examiner le délit; ; ces deux commiffaires arrivérent à Jérémie. La commune, la municipaliré
& les commiflaires de l'aflemblée coloniale, réunis, mirent
en liberté ces 1 2 hommes de couleur, fous Tengagement
qu'ilsptirent, fur leur parole d'honneur, de demeurer fiM 2 --- Page 188 ---
rS*
deles. L'affembiée coloniale, fur la lettre qui fut éctite
par les commillaires & par la commune de Jerémie, approuva Ja mefure prife à Jerémie, & renveya la connoiffance ultérieure de l'affaire aux commiflaires civils
étoient attendus incellamment. Voilà ce qui vous a ééd dit, qui
& qui vous a été prouvé par pièces cilicielles, S'il les
falloir encore foumettre à la commifion,' je les donnerois.
Il vous a encore été dit & prouvé par pièces officielles,
foit par lettres de la commune de Jérémie, foit par ceiles
de la Cayemitte, foit par les arrêtés de l'aflemblée coloniale, que ces mêmes hommes de couleur s'étoient réunis
en armes dans les premiers jours de décembre, qu'ils s'étoient portés avec leurs ateliers au nombre de 1260 dans les
montagnes des Rofeaux ot ils avoienr égorgé la famille
Plainguer, On vous a préfenté le hideux tableau de cet affaflinar. Voilà ce qui eft bien
I
prouvé.
Millet : La famille Séjourne
Page : Séjourné ou Plainguer, c'eft la même famille. Je
vais vous Jire la pièce.
Il commence unelettre de lamunicipalité eles Cayemittesà
Taffemblée coloniale. > du 12 décembre 1791.
<t La municipalité des Cayemittes donne avis à l'affemblée
coloniale des fuccès qu'elle a eus contre les hommes de
couleur, & des atrocirés que CCS hommes coupables ne
ceffent de commertre par eux-mémes & par leurs ateliers
zuxquels ils ont promis la liberté. : >>
Chofe fans exemple &, il faur vous Toblerver,que les
blancan'ontjcmais faire. Mais comment ont ils armé leurs
nègres? Ceux qui avoient cent nègres en envoyoient 7 ou
8 des plus intelligenss cesnègres réunis: formoicnt une armée
que Jeanquina commandoit, mais jamais on ne donnoit la
liberté aux nègres; enrloriquilsavorent faitu une campagne,
ils revenoient dans leurs atcliers, 8 cn en envoyoit d'autres
à leur place. Les gens de couleur ont denné les premiers
f'exemple de linfraction du régime coloniai en donnant la
liberié aux efclaves. Je vous citerai cent pièces, qui toutes
font dans, vos archives, qui toutes confatent cette vérité,
(Il centinue la leéture.)
> Elle redoute T'infubordination des ateliers qu'elle a été
forcée d'ariner; elle demanderdes foldats & des armes 32,
leurs atcliers, 8 cn en envoyoit d'autres
à leur place. Les gens de couleur ont denné les premiers
f'exemple de linfraction du régime coloniai en donnant la
liberié aux efclaves. Je vous citerai cent pièces, qui toutes
font dans, vos archives, qui toutes confatent cette vérité,
(Il centinue la leéture.)
> Elle redoute T'infubordination des ateliers qu'elle a été
forcée d'ariner; elle demanderdes foldats & des armes 32, --- Page 189 ---
18;
Vous voyez que, le 12 décembre $ la municipalité des
Cayemittes écrit al'aflemblée coloniale que, pour. réfifterau
torrent dévaftateur des hommes de couleur qui avoient armé
leurs nègres,elle a armé quelques-uns de fes nègres pour fe défendresmais
dansla crainte que cetexemple ne nuisitàla
frbordination RUE4 ateliers, elle prioit l'affemblée coloniale de
lui envoyer des forces fuftifantes pour fa défenfe & fegarantir
des infuites dcshomes de couleur. Donc il eft bien prouvé
g: ceux-ci Ont les premiers donné l'exemple de l'infiaction
régime colonial, l'oxemple de la révoite des ateliers
&c que les blancs n'ont armé que quelques nègres > n'ont >
formé quelques corps de nègres que pour leur jufte & légitime défenfe contre les houmes de couleur. Les premiers
nègres- ont érd"armés par les blancs à
>
le 23 novembre 1791; & les hommes Saint-Domingue de couleur avoient
armé les premiers nègres au mois de feptembre 1791 >
puifque, le 23 octobre 1791 , il fut fait un traité & UIE
concordat entre les hommes de couleur &c les blancs. Les
hommes de couleur entrèrent au Port-au-Prince avec des
nègres efclaves qu'ils avoient révoltés dans l'efpace quis'écoula entre le 23 odtobre & le 21 novembre oû les hommes
de couleur fortirent du Port-au-Prince. Ces trois centsnègres
furent envoyés fur des bâtimens à la Baie-du-Moulic, de
manière qu'il eft bien prouvé que les hommes de couleur
ont donné les. premiers l'exemple, non pas de T'armement
des nègres, s nen pas de la formation d'un corps de nègres,
mais de la révolte des nigres. Ils ont donné cet exemple
dès le mois de feptembre 1791; & les habitans.de la Cayemitte n'ont armé leurs efclaves que pour tine légitime défenfe, ne les ont formés en corps de troupes qu'au mois
de décembre 1791. Quant à Tiburon, voici ce qui s'y eft
patiè.J J'ai dans mes mains le récit de la campagne de Tiburon par le major-général de l'armée, figné par lui, &je
le connois > car c'eft mon voifin. L'affaire de Tiburon a
eu lieu le 19 février 1792. Il réfulte des détails donnés -
le major-général dans fon compte rendu, compre
au
EEE
ciel, &
pied duquel vouS voyez le plan du lieu où a
été doriné le combat. C'eft, dis-je, le 19
les habitans de Tiburon ont armé leurs nègres pour
le
TE
contre correut dévaftateur
Dranire
qui vencit de lap pactio
M 3
'affaire de Tiburon a
eu lieu le 19 février 1792. Il réfulte des détails donnés -
le major-général dans fon compte rendu, compre
au
EEE
ciel, &
pied duquel vouS voyez le plan du lieu où a
été doriné le combat. C'eft, dis-je, le 19
les habitans de Tiburon ont armé leurs nègres pour
le
TE
contre correut dévaftateur
Dranire
qui vencit de lap pactio
M 3 --- Page 190 ---
du Sud,& qui s'étoit fixé dans un
les Anglais. iis ont armé leurs nègres, quarcier qu'ona appelle
mulires, réunjs à cinquante-deux
après que cinquanté
ces derniers le maffacre dont je vous blanes, ai ont commis fur
pendant je dois rendre jufice aux
parlé hier. Ceneuf de IIslette,
mulâures. Il y en avcit
une fidéliré dignes > d'éloges. qui fe font comportés avec un courage 8
J'avois dit hier , &
trompé > j'avois dit que le quartier de IIslette je m'étois
concordat aveç eux. J'ai eu tort 3 le
de avoit fait un
voir point fait de concordar, & les mulârres quartier de FIslette n'ademeurés
l'Isletre font
& ont combattu mnMpi les mulâtres de'
ils fe font réunis
eux fe font retirés avec cingà fix Tiburon; neuf d'entre
à Tiburon. A cette pièce
blanes, & fe font fauvés
les communes du Sud, & dont j'ajoute un compte rendu par
dans vos archives.
lotiginal officiel eft
Sud dans le
Voici ce que difent les communes dépofé du
le 5 février compte qu'elles rendent à l'aflemblée coloniale,
1792.
II lit:
Compte rendu par Paffemblée provincial: du Sud.
fc Les ciroyens de Tiburon, réunis à ceux du
Marie, venus à leur fecours, voulant
Cap Dameuil attroupement de gens de couleur faire une fortie fur
dans cetre paroilfe les mêmes cruautés qui commettoient
lieux, & étant accompagnés de
que dans les autres
lâtres qui leur avoient été fidèles cinquante de leurs muen commun fur T'habitation du jufqu'alors, ilsfe rendirent
des Anglis. Ils rencontrèrent Gravier fituée au quartier
éroit. en très-grand sombre,
en ce lieu l'ennemi qui
cinquante mulâtres fe détachèrent mais au moment du choc 12
leurs armes contre eux, mirent ces des derniers blancs, & tournant
Sur 75, So furent vidtimes de
entre deux feux.
de cette perfidie atroce 32,
cette trahifon infigne &
ficielles A cetre
citoyens, j'en ajourerai d'autres auffi ofque
- l,
font
PREL
archives,
qui
aufli dépofées dans vos
lieu l'ennemi qui
cinquante mulâtres fe détachèrent mais au moment du choc 12
leurs armes contre eux, mirent ces des derniers blancs, & tournant
Sur 75, So furent vidtimes de
entre deux feux.
de cette perfidie atroce 32,
cette trahifon infigne &
ficielles A cetre
citoyens, j'en ajourerai d'autres auffi ofque
- l,
font
PREL
archives,
qui
aufli dépofées dans vos --- Page 191 ---
Il lit:
Lettre de la municipalité de Tiburon à l'affemblée coloniale 3
du 26 février 1792.
< La municipalité de Tiburon donne àvis à l'affemblée
coloniale d'une attaque faite au pofte de Triburon par les
hommes de couleur & les efclaves qu'ils ont révoltés dans
la partie du Sud. Quoiqu'ils eullent là précaution de mettre
à la tête de la colonne les malheureux nègres inexpérimentés,
pour s'en faire un baftinguage, cinquante ou foixanted'entre
eux ont été tués ; grand nombre de nègres révoltés ont refté
fur le champ de bataille. Les nègres que les citoyens avoient
armés fe font comportés avec zèle & courage 33,
Cette lettre eft dépolée aux archives de la commiflion
dcs colonies.
Clasffon : Sonthonax a répéré ce qu'il a dit hier, qu'au
Portau-Prince & dans la partie de 1Oneft les blancs avoient
armé les nègres, avant que les mulâtres eux-mèmes ne les
euffent armés.
Vous allez juger du peu de foi qu'on doit ajoutera cette
affertion. Sonthonax vous a parlé dans les précédentes féances
des nègres fuifles qui ent été embarqués par les hommes de
couleur. Ces nègres fuiffes avoient été foulevés danslap partie
de T'Oueft à l'époque du mois de feptembre 1791, > lors
de l'infurredtion du Nord, &c lorfque les hommes de couleur fe foulevèrentdaus la partie de TOueft. Sid dans la partie
du Portau-Prince, fi dans tous les quartiers, dans toutes
les parties cà l'on a fait des traités & des concordats > les
blancs avoient armé les efclaves; contre les hommes de couleur certainement les hommes de couleur auroienc exigé
ER: les embarquât comme ils l'ont fait
ceux quils
ayoient foulevés ainfi voilà ce fait HeDtE Il eft bien
certain
les blancs au Port-au-Prince n'ont armé leurs
nègres EE mcis de février & de mars 1792, pour fe
ferver du carnage & de l'incendie qui fe répandoient
SCE
ce quarrier. Ily a donc cette différence entre l'armement
des nègres au Port-au-Prince & l'armement des efclaves par
les hommes de couleur, que ceux-ci ne les armoient que
M 4
fi voilà ce fait HeDtE Il eft bien
certain
les blancs au Port-au-Prince n'ont armé leurs
nègres EE mcis de février & de mars 1792, pour fe
ferver du carnage & de l'incendie qui fe répandoient
SCE
ce quarrier. Ily a donc cette différence entre l'armement
des nègres au Port-au-Prince & l'armement des efclaves par
les hommes de couleur, que ceux-ci ne les armoient que
M 4 --- Page 192 ---
pour piller, affaffiner, s (gorger; au lieu que les blancs n'ar:
moient leurs nigres que pour les mener au combat; & les
nègres Jas fuivoient au cembat, comme ils les fuivoient au
chunp du travail.
Soathonas: C'ef-à-dire qu'ils ne les armcient que pour
égcrger les hionymes de conleur. Citoyens, puifque nous
fommes divifes moi & les colons.furin queftion de favoir
fi les hommes de couleur ont les premiers armé les noirs s
je ne demande pasqu'on s'en rapporte à moi, mais bicn
aux pièces qui vous ont été remifes par le comité de marine, & aux rémoignages qui vous feront fournis par le
citoyen Roume, quie Yhomme de la première commiffion
civile qui connoir le mieux comment ces armemens fe font
fairs,, foit de la part des hommes de couleur, foit de la
part des blancs.L.es colons vous ont dit, pour pallicr, pour
adoucir les atrocités qu'ils ont commifes fur les hommes
de couleur de la dépendance de Jérémie, > ils vous ont dit,
en. récriminant, que ces mêmes hommes de couleur s'étoient
couverts d'indignes forfaits $ ils vous ont cirél'allaflinat de
la citoyenne Séjourné & de fon mari; ils vous ont fait un
tableau déchirant de cet affaffinat 2 & ils fe font fondés
pour cette affertion fnr une letire de la citoyenne Defmarèts de Jérémie. Je ne vous parlerai pas du moral de cette
citoyenne connue à Jérémie par les atrocités qu'elle avoit
exercées elle-même far les hommes de couleur qui étoient
prifonniers: mais je vous dirai que, quand ils'agi: de faits
aufli graves que ceux que les colons ont avancés, on ne
s'en zapporre pas à la letrre d'une femme donr l'imaginationeft exaltée, à qui l'on fait accroire toutes les relations
Y'on veut. Ce n'ef pas encore une fois à une lettre parcille que
qu'il faur vous en rapporter. On vous cite enfaire des correfpondances, deslettres sde la municipalité de Jéréraie à Faffemblée coloniale; d'eft-h-dire des lettres des ennemis prononces des hommes de coulenr à une compagnie ennemie
tres-prononcée des hommes de couleur, La municipalité de
Jérémio étcir compofée de blancs 5 l'affembléc coloniale
étoir ccipofée de blancs; & comme je vous lai déja dit
dans une des précédentes féances, 2 eft-ce à des blancs
vous devez vous en rapporter fur les excès dont ils accufent que
les hommes de coulour? Vous ne devez pas plus vous en
emis prononces des hommes de coulenr à une compagnie ennemie
tres-prononcée des hommes de couleur, La municipalité de
Jérémio étcir compofée de blancs 5 l'affembléc coloniale
étoir ccipofée de blancs; & comme je vous lai déja dit
dans une des précédentes féances, 2 eft-ce à des blancs
vous devez vous en rapporter fur les excès dont ils accufent que
les hommes de coulour? Vous ne devez pas plus vous en --- Page 193 ---
rapporter à des blancs comnus par leur animofité contre les
honames de couleur > fur les reproches qu'ils font aux
hommes de coulour, que vous ne devez écouter d'une manière exclufive les hemmes de couleur fur les faits qu'ils
reprochent aux blancs. Si des blancs reprochent à d'autres
blancs des atrocités commifes fur les honmes de couleur,
cieft à eux que vous devez vous en rapporter; parce que
ces blancs intéreffés par le fang, intéreflés par lcs préjugés
de leur cafte, ne font pas cenfés devoir mentir fur des
faits dont ils inculpentletis amis,en faveur deleurs propres
ennemis. Vous devez vous en rapporter à des blancs quand
il s'agit d'accufer cies biancs, comme vous ne devez vous
en rapporter qu'a des hommes de couleur fur des faits qui
regardent les hommes de couleur. Je pafe, commeje vous
lai dit, àce qui regarde le Port-de-Paix. J'ai dit.. -
Page : Je derande la parole pour une obfervation.
Sonthonas : Vous m'interrompsz fans ceffe.
Le préfident : Tu paliès à un nouveau fait.
Brulley: Ce n'eft pas - là une interruption.
Page : Sonthonax xinvoquel le témoigange des pièces, qu'il
connoit fans doure, puifquil indique le lieu o* elles fonc
dépofées. Comme il nous importe beaucoup de connoitre
ces pièces pour los combattre, comme Sonthonax a combattu celles qui vous ont érépréfentées par nous; comme
peur-être ces pièces n'exiftent pas,, & que Sonthonax les
jette en avant comme indiquant qu'il a encore desmoyens,
je demande que dans un temps morai Sonthonax foit tona
de fournir ces pièces > afin que nous puifions les débarre.
Sonthonax : Je n'indique pas ces pièces comme devant me
fournir de nouveaux moyens dans la difculion, mais pour
fervir de
à la commifficn des colonies; ellcs font
entre fes Estter ce n'eft pas à moi à les produire.
Le préfdnet : L'objedtion cf entendue, la réponfe aufi.
Sonthonaz:Je palle àlaricle du Port de-Paix. Les COlons vous ont dit également cue f les blancs s'étoient permis d'enfermer, au Port-de-Paix, dans un bâtiment de IROTE
les hommes de couleurde cette dépendance, c'étoic pourles
fouftraire à la fureur dos foldats du 410 régiment. Ils ent dit
enfuite : il eft faux que François Lavaux ait cffert d'acherer
le bateau pour avoir le plaifir de le coulcr bas. Iis ont dit
-Paix. Les COlons vous ont dit également cue f les blancs s'étoient permis d'enfermer, au Port-de-Paix, dans un bâtiment de IROTE
les hommes de couleurde cette dépendance, c'étoic pourles
fouftraire à la fureur dos foldats du 410 régiment. Ils ent dit
enfuite : il eft faux que François Lavaux ait cffert d'acherer
le bateau pour avoir le plaifir de le coulcr bas. Iis ont dit --- Page 194 ---
étoit faux qu'on ait chargé des hommes de
Re Eh bien! ou les colons fe font
couleur de
mal inftruits, ou leur mémoire les fert trompés, ou ils font
vous en impofer. Voici,
mal, ou ils ont voulu
que les citoyens colons citoyens, une pièce fur cet objet,
qu'elle vient du citoyen ne nieront pas fans doute, parce
Normande,
Meftral, commandant la Hate la
vertueux.
aujourd'huilami des colons, mais qui étoit alors
Il lit l'adreffe des citoyens de couleur du
au club patriotique de Breft.
Port-de-Paix
Je ne la lirai pas en entier, parce
eft
conomifer vos momens; je la
qu'il
néceffaire d'élons qui feront leurs obfervations. communiquerai enfuite aux CO-
: Les citayens de couleur du Port-de-Paix CIl club pacriotique
de Breft.
ec. Réunis à la ville cà nous avoit appelés le canon d'aJarme, fommes arrachés des camps aflis contre finfurredion, nous
défarmés par la trame la plus infidieufe, la plus
perfide, de
entaffès en rade à bord de la Rofalic feconde, vaifieau
Bordeaux. La, dans les fers, condamnés pendant
quesjours à la ration des criminels, une fois trente heures quelprivés d'eau, couchés au milieu des vers
tour de nous, nous avons végété trente jouis qui dansl rampoient les tranfes ail-.
les plus cruelles, eil butte aux menaces des farellites de nos
refte tyrans > aux infultes, aux menaces de fept matelots
de léquipage de ce navire faral; à la brutalité des gagnés,
tirés de nos ennemis & du bord de PAdf, commandé gardes
M. Boiron: Boiron qui le premier donna fodieux confeil par de
remplir de fers le navire; Boiron qui, dans un
concerté à la Tortue, devoit favorifer ce projer des voyage
au Portde-Paix, nous avons vu trente jours la mort brigands de
Elles s'approche enfin : nosl bourreaux, un
près.
à leur tête
Français, Lavaux,
> de gré ou de force, alloient être maîtres de
potre maifon flortante,iapoufer au large, & la
>3
C'en étoit fait de deux cents malheureux coulerà entaffés fond...
fur l'autre & liés eniembie : nul veftige d'eux n'auroit lun
pu
nous avons vu trente jours la mort brigands de
Elles s'approche enfin : nosl bourreaux, un
près.
à leur tête
Français, Lavaux,
> de gré ou de force, alloient être maîtres de
potre maifon flortante,iapoufer au large, & la
>3
C'en étoit fait de deux cents malheureux coulerà entaffés fond...
fur l'autre & liés eniembie : nul veftige d'eux n'auroit lun
pu --- Page 195 ---
trefter aux yeux ce crime le plus affreux après la Saintarthelem), lorfque la fûte de YEtat la Normande entre à
leines voiles dans ce
Ogier & Meftral la commanoient : ils favoient que Retr miilion étoit d'arracher des vicmes à T'opprellion; ils jettent l'ancre, &, fans perdre de
mps,ils brifent nos fers & nous enlèvent à leur bord.
>> Ogier & Meftral,amis fublimes, amis fanfibles, recevez
tribut de notre reconnoilfance ! La France, en couronnant
otre civifme, paiera, s'il eft poffible, la dette facrée que
ous avons contractée avec vous : vous avez brife nos fers...
mportez-les, vous l'avez promis à notre follicitation; emortez &c jetez aux pieds de la mère patrie ces fers que,
ranfportés d'indignarion, vous vouliez enfevelir au fond de
océan; 5 qu'ils donnent au-delà des mers une légère elquillo
e l'ariftocratie de nos climats : ces dépouilles, arrachécs
l'orgueil de l'ancien régime, feront des trophées parlans
ui attefteront dans toute la France le patriotifine national
ont vous vous êtes montrés ici les héros.
53 Port-de-Paix, le II juin 1792.
% Signép pour copie > Courant-Defereites, Labrouffe, Beaulot, heutenant, Griflor - Defcrettes. , Gounbert fils, Clary I
ils, Calbois, Deyerbaquerechion, Defeays fils, Poitevin.
> Pour copie conforme à Toriginal qui eft entre mes mains
X dépofe aux archives du club patriotique de Breft.
35 Signé, Meftral, capitaine commandant la Normande."
Il y a une note : la voici.
ce (François Lavaux offrit 100,000 liv. pour la coque feule
du navire.)"
Je n'avois dit
30,000 liv.; vous voyez qu'on mettoit
a plus haut prix fDu mort des hommes de couleur.
(Sonthonax continue la lecture de la pièce citéel stouto
entière ci-deffus.)
Lc
Ce ne font pas des faits.
LIEN : Pardonnez-moi, car voici à quoi cela revient;
c'et que les colons ont nié que des hommes de couleur 3
çois Lavaux offrit 100,000 liv. pour la coque feule
du navire.)"
Je n'avois dit
30,000 liv.; vous voyez qu'on mettoit
a plus haut prix fDu mort des hommes de couleur.
(Sonthonax continue la lecture de la pièce citéel stouto
entière ci-deffus.)
Lc
Ce ne font pas des faits.
LIEN : Pardonnez-moi, car voici à quoi cela revient;
c'et que les colons ont nié que des hommes de couleur 3 --- Page 196 ---
mis dans ce bâriment, étoient chargés de fer; & vous verrez
par cette adrefie que ces hommes de couleur
ters au club de Breft.
envoienrleurs
(Sonthonax continue la leéture de la même pièce.) )
Vous voyez, citoyens, que les hommes de couleur ont
étéenfermés dans unbateau de mort, pourêtre enfuire
au large & enfevelis dans les fots; vous voyez porlfes enfcite
que François Lavaux, ce pairiote millionnaire (car ce
la les patriores des colonis), offrit 100,000 livres font
avoir le plaifir de faire faire l'expédition
fes
poar
vouS voyez aufli que ies fers dont éroiont par les faratlners
de corleur, ont été remis à Meftral chargés être portés hommes
club de Ereft. Vous pouvez fur ce fait pour entendre
au
eft ici, & toute la moftranfe de la Normande, Meftral qui l'a qui
é:d devant la commifion des coleniés érablie à Breft déja par
Prieurdela Marne.Vous pouvez faire aufli entendre la-dellius
tour léquipage compoié de blancs; ils fe foar très-bien condaits avec les honmes de couleur. C'ef le témoignage des
blancs que j'invoque ici pour prouver que l'on a voulu
poufier au large les hommes de couleur pour les. enfevelir
dans les flots, pour, prouver que ces hommes de couleur
ont été charges de fers, & que cès fers ils les ont cnvoyés
au club patriotique de Breft, Voilà ce que j'avois à
fur le Pore-de-Paix.
dire
n'eft Brulley: Sonthonax vous a parlé d'une note, & cette note
pas de la même écriture que la pièce.
Sonthonax: : Çela ne fait rien.
Brelicy : Cela fait beaucomp, car le figne indicarif de
note n'ef pas dans le corps de la ligne, mais
la
ne Pa donc mife
au-deffus; cn
Sonthonax : Pour vous répondre, il
je tienne
la pièce,
faut-que
1 Prulley: La veici (Illa lai remet).
Sonthonax : L'écriture de la note efk bien évidemment la
méme que celle du corps de la lettre. Vous favez que les
copiftes mettent toujours une différence d'écriture pour diftinguer les notes du corps de la, piteo: cette différence eft
celle de la coulée à Ia ronde. Cero note n'ef pas tout ce
que je cirerai pour prouver que Trançeis Lavaux vouloit
fire poufferle bâtiment au large (l'engloutir dansles fots:
riture de la note efk bien évidemment la
méme que celle du corps de la lettre. Vous favez que les
copiftes mettent toujours une différence d'écriture pour diftinguer les notes du corps de la, piteo: cette différence eft
celle de la coulée à Ia ronde. Cero note n'ef pas tout ce
que je cirerai pour prouver que Trançeis Lavaux vouloit
fire poufferle bâtiment au large (l'engloutir dansles fots: --- Page 197 ---
ya dans le cours de,la pièce : Nos bourreaur, 2 la zite
iquels étoit François imycus, alioien: être maitr.s de noire
fectante 5 ils alloient lapoufer au large & la couler d
Ce n'et donc pas la note que j'ai invoquée fur ce faits
ailleurs je vous ai déja obfervé que cette note cf de ia
ême main que le cerps d'écriture de la lettre. Avez-vous
ae autre obfervation à me faire?
Brulley : Lécriture ne me paroit pas telle, & je demande
ujours pourquoi l'indicaion de la note eft au-deffis du
pS de la ligno. Il fauc que les pibees aient un caradtre
vérité.
Sonthonax : La pièce émane de Mofral; c'eft lui qui
ous donnera des explications.
Prullytilya diférence de main &c d'enoge,"
Page :Je pric le préfident d'interpelier Sonthonax de dire
r ordre de qui les hommes de couleur ont été mis cn
perté.
Sonchonax: : Les hommes de couleur cnt bté mis en lierté le 5 cjuin 1792, par ordre de
(
Taffamblée coloninlo,
jours après laj publication de la loidu 4 avril: : Tailemble
ploniale s'eft bien gardée de les faire nettre en liberté
int tout le tomps
ja loi du 4 avril a été
ans la
AREATS
colonic; elle SER bien sardée de leur rendre juftice.
ela
& Page m'aide à le prouver, que laflemblée
RISTESA éroit complice dalalilinaiqu'on, vouloit commetre
r les homes de couleur au Porr-de-Paix. Lallembiée
loniale favoit qu'on les avoit charges de fers, qu'on avoit
oulu les couler à fond, & l'allembiés celoniaie'a gardé
flence; c'eft ainfi qu'elle s'eft toujours conduite dans
utes des affaires qui regerdoiene les, hommes de couleur.
orfqu'on les a fulilés le 25 aout 1791, lorfqu'on les a
Gllés le 14 août
loriqu'on lesa fufillés à Jacmcl,
riqu'on a affaliné RLI de Bauditre, lorique rous les
cès qui fe font commis dans la colonie font venus aux
reilles de Taffembiée ccloniale, eile lesa toujours autorifés
ar fon filence.
Le préfident : Il n'eft pas quefion de ccla; il ne s'agir
ce qui s'eft pâffe au Pori-de-Paix,
que
Thomas Miller:Je tire au centraire, non pas une induc
on, mais une preuve, de Ce que vient de dire Sontinonir,
re, lorique rous les
cès qui fe font commis dans la colonie font venus aux
reilles de Taffembiée ccloniale, eile lesa toujours autorifés
ar fon filence.
Le préfident : Il n'eft pas quefion de ccla; il ne s'agir
ce qui s'eft pâffe au Pori-de-Paix,
que
Thomas Miller:Je tire au centraire, non pas une induc
on, mais une preuve, de Ce que vient de dire Sontinonir, --- Page 198 ---
que les hommes de couleur ent été mis en liberté
1792; je tire de Jà une preuve de l'obeiflance de les juir
coloniale à la loi du 4 avril; car fi
l'affemblé
crdonné la mile en liberré,.
l'aflemblée colonizle;
Sonrhons: Ce n'eft
de cela qu'il
Thomas Millet : Car E27 l'affemblée
s'agit.
mife en liberté des hommes de
colonialé. a ordonné l
tenus à bord des batimens
couleur qui n'étoient dé
contre la loi du 24
parce clie
s'étoient. armé
loi
fait
epitadier
avril,
à la
A
dus
qu'obéir
Sonthonax: Je n'ai rien à répondre à
perfonne ne
tronver étonnant
Miller, parce
ait mis en Eend les hommes de que l'allemblée PeRC.ST
cation de la loi du +avril, quand ila arrivoit couleur fix après la publi
pour le fourien de cette loi. Mais
mille homme
du Port-de-Paix, & il faut
je reviens fur l'arricle
duction.
que j'en tire une feconde in
été Les mis colons à bord ont dit que les hommes de couleur n'avoien
taires à la loi du que parce qu'ils fe font montrés réfrac
hommes de couleur 24 de la feptembre. Qu'avoient donc fais le
fe monrer réfractaires à dépendance la loi du du Port-de-Paix pou
ils pris les armes ? s'étoient-ils réunis 24 feptembre? Avoient
plication de la déclaration des droits?
demander T'ap
avec vous > ils
ils
Nens combattoien
battoient avec les étoient biancs dans les camps avec vous, ils f
le foyer de
contre les brigands pour éteindre
d'alarme, linfurredtions & c'eft alors qu'on tire le
, c'eft quand ils font appclés du
canor
qu'on les fait cerner par le
camp en ville
qu'on les met fur u bâtiment quatante-unième de mort
régiment, &
dans les Aots! Vous dites
pour les enfeveli
la rage des foldats du quaranre-unième que ce fut pour les garantir de
foldats n'étoient que vOS
iis tégiment. Mais ce;
contre les hommes de couleur infirmmens; d'autres ne pouvoient avoir
que vous leur inipiricz, Vous faifiez
préjugés que- ceux
n'ont cerné les hommes de couleur agir ces foldats, & il
l'avez ordonné. C'eft da confentement que parce que vou
de la prétendue municipalité du
des corps populaires
été faits c'eft Duny lui-méme Port-da-Palk, que cela
qu'il a éré queftion des bateaux
vous Ta expliqué Jorf
mort
couleur infirmmens; d'autres ne pouvoient avoir
que vous leur inipiricz, Vous faifiez
préjugés que- ceux
n'ont cerné les hommes de couleur agir ces foldats, & il
l'avez ordonné. C'eft da confentement que parce que vou
de la prétendue municipalité du
des corps populaires
été faits c'eft Duny lui-méme Port-da-Palk, que cela
qu'il a éré queftion des bateaux
vous Ta expliqué Jorf
mort du Forz-de-Paix, --- Page 199 ---
Dury : Les hommes de couleur avoient formé un
far l'habiration Foueflon : là ils avoient formé une coalition camp
avec blancs les du nègres infurgés, avec Cafa-Major; 5 tandis que les
Port-de-Paix étoientà à porter des fecours au
Margot, au camp Bertin, pour préerver de l'incendie
partie du
du
E
Borgne, &
Petit-Saine-Louis. A notre
les grenadiers du régiment de la Reine, , ayant entendu retour,
ler des maflacres, du pillage, des incendies
les
de couleur
que
Taugoes
Rabel, du Gros- commettoient Morne chaque &c du jour dans la partie de Jean
Mouftic, réfolurent d'embarquer ces hommes, comme je vous l'ai dit. Il feroit
tile de vous retracer les dérails que je vous ai
inudans la féance du 19 pluviofe; mais Sonthonax dorinés
vous lire une adreffe des hommes de couleur, du vient de
1791, adreffe la plus patriorique, la plus dévouée 20 juin
intérêts de la France. Eh bien!
ce
aux
comme Sonthonax, des pièces ifolées, citoyens, mais des ne fera pas,
ficielles que je vous mettrai fous les yeux. Voici pièces-of- une
du 20 août fuivant: : vous aliez voir quels étoient ceux pièce
les hommes de couleur fervoient; vous allez voir s'ils que
avec des patriotes ou avec des
éroient
vais vous les montrer fervant Cala-Major, crirerolntonnsrmi Blanchelande, je
Lavallière > & obéiflànt aveuglément à leurs ordres
naires & de feu. Vous voyez qu'auflitôr
fanguinoiflance de la loi du 4 avril, l'affemblée coloniale qu'elle eut conde faire mettre en liberté les hommes de couleur s'empreffa
les grenadiers du régiment de la Reine, ou du moins pris en- par
voyés à bord; car ceft fur la demande formelle
bronffe leur chef, Fun des lignataires de la
que Lafaite à la municipalité, que ces hommes de pétition, avoit
pelés de nouveau au Porrde-Paix par
couleur, raprent au nombre de deux cent fix; ils Blanchelande, furent
revitde deux ou trois cents aurres hommes de couleur accompagnés
de tous les quartiers, envoyés par Pinchina & Chanlatte affluans
tous les chcfs des hommes de couleur qui les excitoient &c à
la révolte. Cafa-Major revinr avec eux au Port de
il
fut nommé de nouveau par Blanchelande commandant Paix;
néral de toutes les forces: Cafa-Major rs'entoura de ces mêmes géhommes de couleur, & la nuit il alloir atten Ire l'ami
tant de chez fox ami; le père de famille qui fe repofoit for- fur
, envoyés par Pinchina & Chanlatte affluans
tous les chcfs des hommes de couleur qui les excitoient &c à
la révolte. Cafa-Major revinr avec eux au Port de
il
fut nommé de nouveau par Blanchelande commandant Paix;
néral de toutes les forces: Cafa-Major rs'entoura de ces mêmes géhommes de couleur, & la nuit il alloir atten Ire l'ami
tant de chez fox ami; le père de famille qui fe repofoit for- fur --- Page 200 ---
fa porte des fatigues de la guerre > au retour des
il Farreroit, le conduifoit dans les cachots &c le camps
de fers. Le matin il faifoit prendre les armes aux chargeoit hommes
de couleur, & devant.les meres & les enfans de ces malheureufes vichimes, il les trainoit dans des
& du
Port-de-Paix les envoyoiz à Sain-Marc: à qui? canors, à Pmchinas,
l'ami & le complice de Polverel 8c Sonthonax, Pinchinat
qui étoir à la tête d'un tibunal de fang, comme Cofinhal
ici. Nous fimes trente-trcis qui reçimes chacun une lettre
de Cafa-Major. Je vais vous lire la mienne; je vouS cbferve que c'eftle 20 juillet, après l'adreffe fi parriotique,
Duny lit:
Lettre de Cafa-Majora M. Denys 20 juillec 1792.
CC MONSIEUR,
>> C'eft fans furprife que je votts vois dénoncé par une
pétition oftenfible de la. majorité des bons, citoyens, &e
une demande formelle de ceux de couleur, pour étre une des
caufes principales des vexations des uns & des malheurs
qui défolent cette fuperbe dépendance. Ma charge m'impofe le devoir de vous erjoiadre de vOuS abltenir de fréquenter lesparoifles de cet arrendifement jafqu'àla Torrue;
& ce jufqu'au retour du bon ordre, de la tranquillité
blique & du rappel des lois dont le fommeil, avec celui Pac
toute autorité légitime, nous aplongés dans l'odieufe anarchie qui nous confime.
33 A ces conditions, monfieur, que vous voudrez bien ne
pas enfreindre, protection & sireté pour les propriétés qui
pourront refter derrière vous vous feront accordées, faufles
hafards qu'on ne prévoir pas.
29 Vous pouves rendre cette lettre eftenfible ; elle décèle
mon caractère, qui eft d'être impaffible comme la loi qui
parle, de l'exécuteur parfait de celle du 4 avril, dont je
fuis à préfentlinterpréie.
Salut. Signé, CASA-MAJOR 37,
Sonthonax : J'obferve que çela cf parfaitement étranger
àla queftion.
Dury :
rière vous vous feront accordées, faufles
hafards qu'on ne prévoir pas.
29 Vous pouves rendre cette lettre eftenfible ; elle décèle
mon caractère, qui eft d'être impaffible comme la loi qui
parle, de l'exécuteur parfait de celle du 4 avril, dont je
fuis à préfentlinterpréie.
Salut. Signé, CASA-MAJOR 37,
Sonthonax : J'obferve que çela cf parfaitement étranger
àla queftion.
Dury : --- Page 201 ---
Duny: Cela eft parfaitement relatif
Ilcontinie la lecture. (Voyez la pièce ci-deffis).
Je vous cbferve que CCS mêmes hommes font le marquis
de Pigné, le chevalier de Monignac, 3 tous deux marquis &
chevaler fans marqifar & fans chevalerie; tous-deux marquis
& chevalier d'induftrie & fans propriérés. C'eftle 20 juillec
que Cala-Major , confpirateur. , fe dit linterprète de la loi
du 4 avril, Je vais vous faire voir ma réponte à cette lettre.
Je ne vous en lirai que le dernier. paragraphe; la leoure entière feroit trop longuc: : vous y verrez ce que je dis aux
hommes de couleur de mon quartier.
(Dany lit la réponfe ).
Excrait de la réponfe à la lettre ds Cafa-Majors lieutenant-colonel des troupes dat roi, 20 aoit 1792.
< Si les citoyens de couleur n'euflent pas été trompés, on
n'en auroit va aucun parmi les incendiaires 5 aucun n'eût
formé do demandes fur mon compte. S'ils font dignes du
bienfait de la loi du 4 aril,slsapprendront que tout citoyen
frnngris s'honore en avouant fa faute > & en accablant de
fon mépris les intrigans qui Iont abufé, C'eft aux citoyens
de cduleur que je m'adreffe. Une bande de foi-difant bons
citoyens, dontles chefs fans doute craignoient des dénoncia- a
tions, des aveux > fe préfenra armée à onze heures du foir
lhôtel-de-ville, & affirmia, far fon honneur,quel Pinchinat
(qui étoit bien tranquille à Saint-Marc fitivi de quarre
millé homimes de couleur,& de deux mille Suiffes 2 dont
quatte cents étoient déja réunis aux révolrés du Monftiqtes
auxquels le gros Morne avoir ouvert pallage : alloit fondre
fur la ville dans les vingt-quatre heires, fi les hommes de
coulear dérenus dans la rade n'éroient relaxés, Le Jendemain
matin > je dis, d'après les lettres des ciroyens de coulsur euxmêmes à la municipaliré, que la loi fenledevoir abfondre les
innocens - & punir les coup bles. Je vorlois éte que les
bons, >. eftimés jufqu'à ce jour. 2 fe rouvaflend confondus
parmi les criminels. Laloidu 4avril n'éroitp pase encore connue.
Tome III. Vinge-luitieme lioraifon.
N
> je dis, d'après les lettres des ciroyens de coulsur euxmêmes à la municipaliré, que la loi fenledevoir abfondre les
innocens - & punir les coup bles. Je vorlois éte que les
bons, >. eftimés jufqu'à ce jour. 2 fe rouvaflend confondus
parmi les criminels. Laloidu 4avril n'éroitp pase encore connue.
Tome III. Vinge-luitieme lioraifon.
N --- Page 202 ---
Qnel étoit leur vrai
Je le demande aux citoyens de de couleur: celui
voulcit les mettré à
défenfeur dans cette caufe, ou de ceux
les jeroient
tou-
>
a
l'abri de tout reproche des accufés? s'ils réiéciallent, ICEa feront
jours dans la foule
avant les troubles > & vous aufli.
juftes. Ils m'onr & connu de la paix, je faurai tout oubler, tout
Ami de l'ordre
méprifer.
33 Salut. Signé, DUNY 3),
deux lettres que les mulâtres du PortVous voyer par ces
Jeur arreftation & dépuis, les
de-Paix avoient été, avant
de Lavallière, de
des confpirateurs de Blanchelande,
agens Folverel & Sonthonax.
As-tu quelque chofe à dire
Le préfident à Sonthonax :
la-deilus: Sonthonax: : Non, Dany a répondu pour dans moi. les précédentes
Verneuil: Vous vous rappelez dit que loriqu'on eut placé les
féances, Sonthonax vous a que, on ft venir fur le bord
hommes de couleur dans le bâtiment, de
les couler à
de la mer une pièce de canon été amenée quatre pour RPREL couler bas,
fond. Si cette pièce de avoit couleur , à l'inftant où on leur rendoit
certes, les hommes
manqué d'en parler dans Yadrelle
la liberté, n'auroient vient M vous donner leéture. Fuilquils n'en
dont Sonthonax
que le fait eft controuvé.
difent rien, c'eft Quand une NeTene cité le fait de la pièce.de quatre de s
Sonchonas: fur le bord de la mer, j'ai cité la perfonne qui ce
amenée
c'eft le citoyen Leroi. Les colons ont en ditque France:
je le tenois,
croyois
Leroi eft aux HLUNFATEIAUE. l'au:re. Sur cette partie je m'en
mais un fait ne détruit pas
réfère à la pièce.
far les fers qui ont fervià enchaîner
Page : Je palled'abond fers
ont fervi à enchainer 200 mulâtres
les mulatres. Les & ac une grande maffe. Il eft donc étonfont bien pelans, quia certifié la légalité de cette étonnant pièce 5
nant nenhindiate bas qu'il ait reçu ces fers; il eft
n'ait pas mis au dans quellieu on trouvcroit ces fers qui ont
geanai dit Je penfe moi que c'eft une image combien què les
fervi aux
Astede
employée
exprimer
hommes de couleur avoient leur détendon FONL :
Sonthonax vous
ils étuient fatigués de
ft donc étonfont bien pelans, quia certifié la légalité de cette étonnant pièce 5
nant nenhindiate bas qu'il ait reçu ces fers; il eft
n'ait pas mis au dans quellieu on trouvcroit ces fers qui ont
geanai dit Je penfe moi que c'eft une image combien què les
fervi aux
Astede
employée
exprimer
hommes de couleur avoient leur détendon FONL :
Sonthonax vous
ils étuient fatigués de --- Page 203 ---
199.
a dit que l'affemblée coloniale n'avoit mis les
couleur en liberté,
parce qu'eile favoit qu'il. hommes de
mille hommes de
arrivoit fix
a été
l'affemblée
Edue Loriqu'il
queition de ce
à
coloniale avoit fait pour les hommes de
que
l'époque où nous avons eu la parole je vous ai donné couleur,
noiflance de huit à dix lettres, dans lefquelles l'aflemblée conloniale demande à grands cris à fcs commiflaires
COtour ce qu'ils pourroient auprès de l'aflemblée >. de faire
du roi, pour obrenir des fccours, & fur-tout des nationale &
révolutionnaires.
généraux
Le préfident: : Ce n'eft plus là lobjet de la difcullion.
Page: C'eltque cela dérruit toujours T'allégation.
Lecointe ( membre de la commi/fion ) : Il faut vous
férer à ce
vous avez dit déja; car vous reviendriez en rénellement der le même fair.
éterBrully: Nous avons démontré
ce n'étoit
crainte que l'aflemblée coloniale le
pas par
roit
parce
alir,
larrivée des fix mille hommes à cette époque. qu'elle ignoil Dage eft du : Puiquileftinutile de prélenter de nouvelles
moins important de faire voir que les
couleur n'avoien: été enfermés
hommes
Rtre
inftrumens des
que parce qu'ils étoient les
les inftrumens conge-reroluticonnaires de Cafa-Major
5 ils étoient fur-tont
à Sonthonax & Polverel, & > lequel a été dénoncé depuis
noilfance vous
porré fur la lifte > dont cona é:6 donnée. Cafa-Major eft connu
fieurs lettres, doni les originaux font dans VOS
par pluqui vous annoncent combien il étoit
archives, &
Duny vous enalu une autre..
conre-rérolationnaire.
Tavoir Verneuil: D'ailleurs Sonthonax vous a dit lui-même
envoyé à la Convention.
qu'il
le Sonthonax: : C'eft très-viai; il eft même parti fur l'avifo
Papillon.
Pag-: : Je vais vous dite quelle influence il avoit fur les
hommes de couleur. Le 20 juillet 1792, Cala-Major écrivoit
àD-my, qu'il lui ordonnoit de fortir des fix paroiffes de l'arrondiffement du Port-de-Paix.
Lc préfident: On a déja dit quily, avoit trente lettres,
Page: A la bonne heure, fi cela n'eft pas combartu.
Duny: J'ai un mot à ajouter, Je vous fais obferver,ciN 2
dite quelle influence il avoit fur les
hommes de couleur. Le 20 juillet 1792, Cala-Major écrivoit
àD-my, qu'il lui ordonnoit de fortir des fix paroiffes de l'arrondiffement du Port-de-Paix.
Lc préfident: On a déja dit quily, avoit trente lettres,
Page: A la bonne heure, fi cela n'eft pas combartu.
Duny: J'ai un mot à ajouter, Je vous fais obferver,ciN 2 --- Page 204 ---
toyens, que le citoyen Leroi, officier-municipal, 1; le citoyen
Colas, maire; Egron afénéchal; François Lavaux > dont
nous venons de parler, & une vingraine d'auures connus par
tous les facrifices qu'ils ont faits à ia révclution , &c par lours
principes, ont été profcrits par Cafa-Major; & vous faurez
que les raêmes patriores ont éré égorgés ou profcrits par
Polverel & Sonthonax.
Sonthonax: Cela eft de toute fauffeté. Il eft bien étonnant
qu'on vienne ici jeter des faits concernant ina miflion, quand
: s'agit de l'efprit public de la colonie avant mon arrivée.
Ces hommes qu'on vient de citer étoient de la faction de
Veliemblée de Sain:-Marc, ils ont été déportés par moi; car
je vous démentrerai tout-à-Theure quil n'y avoit pas de
patriotes dans la colonie dans le fens de la France, quilny
avoir que deux fadtions, les royaliftes & les indépen.dans, &
qu'il n'ya avoit de patriotes
hommes de couleur.
Dany: In'y avoit pas patriotes jacobins.
in
Th. Miller: Lc capitaine Boiron, celui dont il paroit que
les hommes de couleur fé plaignent le plus dans leur adreile,
a bté dénoncé par les colons à Polverel & Sonthonax.
Sonthonax: Jelai embarqué pour la France.
Th. Millet : Or, vous voyez qu'on ne confervoit pas les
snuvais fujets dans ce pays-la.
Sonthonax: : Vous conferviez ceux de votre faction. Lorfqufai reproché aux meneurs des colons blancs d'avoir fait
cxecurer dans la rade du Môle foixante nègres fuifles, Brulley
a répondu qu'à la vérité ce meurtre affreux avcit été commis;
mais quilavoit été commandé par lesagens du gouvernement,
8c exécuré par les foldats de Dillon. Bruiley charge le gouvernement d'un crime dont la faétion du Port-au-Prince cit
feule coupable. La tadtique des colons eft toujours de charger
les royaliftes & le gouveraement des crimes qu'ils ont
avec Blanchelande & fes adhérens. Ils vousdifent que
RESRL
les foldats de Dillon. Eh bien! Non; ce meurtre a été commis
par une députation du Port-au-Prince, compolée toute de
gens attachés à la faction de Saint-Marc & de gens réfugiés
2li Môle, connus fous le nom de Saliniers. Le citoyen Genton, maire du Mole, atteftera, s'il le faut, à la commifion
dos cclonies, ce que je vais vous lire.
Il conmence à lire une pièce commsnçant par ces mots:
foldats de Dillon. Eh bien! Non; ce meurtre a été commis
par une députation du Port-au-Prince, compolée toute de
gens attachés à la faction de Saint-Marc & de gens réfugiés
2li Môle, connus fous le nom de Saliniers. Le citoyen Genton, maire du Mole, atteftera, s'il le faut, à la commifion
dos cclonies, ce que je vais vous lire.
Il conmence à lire une pièce commsnçant par ces mots: --- Page 205 ---
* Je foufigné maire de In commene du MAle, 8cc. >9..
Le préfdent : Il eft inurile de'lire cette picce; c'ail une
déclaration de témoins:
Duny: Ceci nous conduiroit à ei lire, dix autres qui détruiroient celle-la.
Bralley : Je ramène la difcuffion à ce quej'ai déja dit làdelfis; c'eft moi qui ai cité le fair. Je demande à dire un mot
qui éclaircira tout ; cela évitera la; peine de finir
Le préfident: Laille termiaer.
Sonthonax : Le citoyen Genron vous dira qu'une députation étoit envoyée par le Port-au-Frince à l'allemblée coloniale; allant au Cap elle a relàché au Mole. A la pointe
de la prefqu'ile du Moie ércit mouillé le bâriment far lequel étoient les
nègres fuiffes. La députarion s'embarqua
à dix heures du Rarp poura allerau Cap. Le batimen: fur lequel
étoit cette dépuration du Port-au-Prince, appareille en profirant de la brife, & joint le batiment oû étoient les nègres
fuiffes; il jette T'ancte; la dépuration monte à bord da
navire; les hommes connus fons le nom de Saliniers, y
montent avec elle, font venir far le pont foixante nègres,
deux à deux, & ils ont fur-le-champ la tête tranchée. Voila
la manière donts'eft paffée l'atrocité commife dans la rade du,
Méle. Ce ne font
les foldats de Dillon, ni les agens du
gouvernement qui Fear commife; car, felon les colons, les
agens da gouvernement foutenoient les hommes de couleur
& les noirs. Les agens du gouvernement étcient bien lois de
les faire décoller, & c'étoit précifément la faction du Portau-Prince repréfentée dans la rade du Mole par cotte députation compofée d'hommes tous connus par leur atrachem-nt
à la faction de Borel & de Saint-Marc, qui font les véritables
auteurs de ce meurtre. Voilà 'ce que j'avois à dire fur CC qui
s'eft paffé dans la rade du Méle.
Brulley: Genten écrira ce qu'il voudra, Sonthonax dira
tout ce qu'il voudra : mais Dumontellier > chef du camp de
la Saline > remettra fur le bureau des lettres de ce même Centon, dont la date vous
qu'il écrivcit à Dumontellier,
chefdu camp des SIRISTERS après l'évépement qui ef arrivé
au Môle. Si'le chefde ce camp étoit encore au camp de la
Saline, il ne pouvoit pas être au Mole pour y égorger des
mègres,
N S
ra, Sonthonax dira
tout ce qu'il voudra : mais Dumontellier > chef du camp de
la Saline > remettra fur le bureau des lettres de ce même Centon, dont la date vous
qu'il écrivcit à Dumontellier,
chefdu camp des SIRISTERS après l'évépement qui ef arrivé
au Môle. Si'le chefde ce camp étoit encore au camp de la
Saline, il ne pouvoit pas être au Mole pour y égorger des
mègres,
N S --- Page 206 ---
Le
:
préfidene Cela a déja été dit.
Saline Sorchonax: qui ait : Je n'ai pas dit que ce fut tour le
J'ai dit
égorgé les nègres fuilles dans la rade camp du de la
que c'étoient les Saliniers réfugiés; &
Môle.
dance remps que le camp a étéaflis àla Saline,i il pendant tout le
nitions perpétuelle entte le Môle & la Saline, y a eu correfponmunitions fournics par le Môle au camp de la ily a eudesmtont éréprifes dans la Môle paries Saline; Seliniers, 5 lefquelles
necuauemspd-licine
& meVerneuil: Je n'ai qu't ntiepir-enriosis un mot à dire,
donner.
guère le Môle, puifquil vient
Sonthonax ne connoit"
du Port-au- Prince
d'annoncer que la
la nuit à la brife, Ileft 2 embarquée bon
fur un bateau, eft partie dépatation dans
Môle fe déclare depuis le matin que huit vous à fachiez gue la brife au
foleil couchant; & que le folcil couché neuf heures, jufqu'au
lrge, & que pendant la
> elle fe reporre au
de la rade du Méle. Le nuit, aucun bâtiment ne pêut fortir
en fortent.
jour, à toute heure, > les bâtimens
Sonthonax: : Le fair eft
our, par tous vents, on fort abfolument de la rade faux du Môlc. 3 de nuit & de
quiconnoiffent les lieux vous le dironr.
Tous ceux
Th. Milec: Moi qui fuis marin
connois lal baie mieux
depuis trente ans, qui
pas-là les vents régnans. tetenlernt.j-mimel que ce ne font
Sencc : Ily a une conrradiation bicnrelever. Sonthonax vient de vous
plus forte que je vais
ont été égorgés par la
dire que les nègres fuifles
& qu'en tace du Môle la dépuration députation. partie du Por-au-Prince,
Relognimaimiantotet
ayanr apperçu le bâtiment
& qu' aidés parle camp des fuifles, Saliniers, étoit venue mouilleraupres;
le batiment, & avoient égorgé les
ils éroient montls dans
Sonthonax: Je n'ai pas dit nègres le fuifles.
la députation étant devant le cela; ciroyen Senac dit que
Ce n'ef pas cela. La
Méle du > a mouillé & eft entrée.
au Méle; elle y a ftationné, députation cile a Port-au-Prince a relâché
aller s'arrêter à la pointe
levélancre du Méle
qui contenoit les nègres dela.prefquille fuilies.
ct étoit le RGSIeSE
Senac : Mon obfervation eft alors de
:
autrement,
trop: j'avois entendu
Claufon: Sonthonax s'appefantit fur ce qu'il appelle la
éle du > a mouillé & eft entrée.
au Méle; elle y a ftationné, députation cile a Port-au-Prince a relâché
aller s'arrêter à la pointe
levélancre du Méle
qui contenoit les nègres dela.prefquille fuilies.
ct étoit le RGSIeSE
Senac : Mon obfervation eft alors de
:
autrement,
trop: j'avois entendu
Claufon: Sonthonax s'appefantit fur ce qu'il appelle la --- Page 207 ---
faction du Port-au-Prince, parce qu'il veut excufer la canonnade dont il fera queftion dans la difcuflion ulrérieure, ,
relacivement aux nègres fuilles qui ont é:é maffacres par les
agens du gouvernement & les foldats du régiment de Dillon.
Iis ne l'ont pas été par une dépuration du Port-au-Prince
quia flationné au Môle. Il y.a eu deux députations du Portau-Prince; je failois partie de la feconde. 1l; y aveit trois femaines ou un. mois
l'affallinat des foixante
été commis, lorique première dépuration arriva negresavoit au Moie.
La feconde y arriva un mois après, dans le temps que la
première avoit déja fait voile
le Cap, Moi qui faifois
partie de cette députation, je A à la municipalité du Môle,
& là le citoyen Genton, maire s nous rendit compte des
circonftances de l'affaffinat des nègres fuiffes, & de celui
des cizoyens Molet & Guiton, quiétoient confidérés comme
des agens du gouvernemenr. Ainil'allafinat des nègrés fuifles
n'a pas être commis par la députatioh du Port-au- Prince,
Saliniers parce aRCiE n'étoit pas au Môle à cette époque, ni par les
qui n'y étoient pas plus
la dépuiation.
Sonthonax: Tout ce que vient aus dire Claullon, > prouve
feulement que ce n'eft pas la dépuration dont il étoit membre
qui a commis Taffaflinat; inais qu'ilyavoit eu trois femaines
auparavant une autre députation..
Clauffon : J'ai dit que cette dépuration étoit partie pour le
Cnp,quand lallaflinat a 6t6 commis, & cette députationn'étoit point au Méle.
Sonthonas: : Vous dires ce qui
L'affaffinata été
commis en partant pour le Cap. n'cfiepas.
Clauffon: D'ailleurs je prie le citoyen préfident d'interpeller Sonthonnx, à quelle époque Tallallinar au Môle a été
commis, & à quelle époque la députation qu'il accufe eft
arrivée.
Sontkonax:Je ne
prs dans ce moment-civous donner
cette' époque, mais je RCAEAT la donnerai.
Fonderielle: Je n'ai pas été préfent aux débats. Je vous
obferverai que, fi ma mémoire ne me trompe pas, je crois
avoir une preuve que ce meuttre des foixante nègres fuilles,
n'a pas éré commis à bord du bateau chils étolest enfermés,
mais bien dans les cafemates du Mole. Ma mémcire ne me
fert peut-être pas bien 5 mais je trouverois dans mes papiers
N 4
EAT la donnerai.
Fonderielle: Je n'ai pas été préfent aux débats. Je vous
obferverai que, fi ma mémoire ne me trompe pas, je crois
avoir une preuve que ce meuttre des foixante nègres fuilles,
n'a pas éré commis à bord du bateau chils étolest enfermés,
mais bien dans les cafemates du Mole. Ma mémcire ne me
fert peut-être pas bien 5 mais je trouverois dans mes papiers
N 4 --- Page 208 ---
la preuve qu'ils ont été égorgés dans les cafemates du
Mole...
Brulley: Par conféquent par les foldats..
Fondericlie: Et poinr à bord du bâtiment. Je vous donnerai une pièce bion officielle &c bien olienfible,'je n'en ai
que de calles-li; sjela produirai demain.
Duny: Jepre le citoyen préfident d'interpeller Senthonax
de parapher la pièce de Genton.
Le prefident : On ne
pas donner de l'authenticité à
une pièce qui n'a pas PEETIE
Verneril: J'obferve qu'effedtivement il y. a des cafemares
au Mole; 8 je connois cela > parce que j'ai été
en garnilon dans cette ville. Les cafemates font long-temps au Fort
d'Orléans; le Fort d'Orléans eft précifément au
&
fur le bori de la mer; & c'eft là oi fe tient mouillage principale
garde de la garnifon.
l
Fondeviolle : Cese nègres fuifles 3 quand ils font arrivés,
ont été envoyés par Blanchelande pour être employés aux
travaux de PEtat. Voilà pourquoi ils ont été envoyés au
Mole; & én delcendant. ils ont été égorgés par les
& Fon a rembarqué les autres, qui font revenus au-Cap. foldnts,
Là,onlsa embarqrés fur un autre bâtment odils étcient
cnfiacion; &d'et d'ot le citoyen Sonthonax a fair forir ceux
qui exiftoient encere, parce que benucoup d'entr'eux étoient
inorts du mauvais traitemcat & de la mauvaife nourriture
qu'on lenr donnoit, 3 comme à toutes les troupes, par l'adminiftration, dont Pouger étoit le chef. C'ef ce .qui les a
fait périr; car il n'yen a eu aucun de mort, égorgé au
Ils font tous morts du mauvais traitement qu'ils ont ellayé, Cap.
Sonthonas : Il-eft très-vrai qu'il n'y en a
eu
au
iis font morts
d'égorgé
Cap;
de maladie parce
étoient en- F
taflés
aumn
farun bâdment od on les laiffoit au milieu, des vers &
de la pourriture, Je n'en ai pu fauver que dix-huit, que
j'ai fait mettre finr le Jupirer, pour fervir en qualité de
matelots. Hé bien! ces dix-huit ont encore difparu, ou du
moinsje n'aipas puenavoir cncore de nouveiles.
Verneuil: - Je vous pric, cisoyen prélident, d'interpeller
Sonthonax de dire à quelle époque il a mis CCS dix-huit
negres à bord du vaillean le Jupirer.
Th. Millee : Ce fait a éré dit dans les débats: jele repite, c'eft huit mois après leur arivée.
ots. Hé bien! ces dix-huit ont encore difparu, ou du
moinsje n'aipas puenavoir cncore de nouveiles.
Verneuil: - Je vous pric, cisoyen prélident, d'interpeller
Sonthonax de dire à quelle époque il a mis CCS dix-huit
negres à bord du vaillean le Jupirer.
Th. Millee : Ce fait a éré dit dans les débats: jele repite, c'eft huit mois après leur arivée. --- Page 209 ---
Senthonax : Je viens de vous établir particulièrement dane
lac difcuflion que les hommes de couleur > loin d'avoir été
les aggrelleurs, , dans la guerre qui a eu lieu entr'eux &
les blancs dans la colonie, avoient été toujours attaqués.
Je vous, l'ai prouvé par Ferrand de Baudière, & les
faits fubfequens. Qu'ont faitles aflemblées coloniales pour
protéger cette cafte infortunée : Ont-elles jamais. ordonné
des informations contre les atrocités dont jo viens de vous
faire Ténumération? Ont-elles ordoriné des informatiens
pour l'événement du Môle que je viens de vous citerz
Certés, fi l'alfemblée coloniale n'eit pas approuvé ces
meurtres comis fur les hommes de couleur & fur les,
noirs,. elle auroit ordonné des procédures , comme moimême je l'ai fait. pour douze prifonniers
Ont été
égorgés fous mies fenetres, prifonniers qui m qui étoient envoyés par le général Rochambeau. Eh bien'! on n'a pas
trouvé un feul témoin dans le, quartier qui les ait vu
égorger fur le perron de la. commillion civile. Jer reviens àla
dilcuflien générale. On vous a dis, citoyens, les hommes
de couleur ont. été pourfuivis
les blancs dans la colonic, parce. que les hommes de Penuitute étoient des contrerévolutionnaires, ou des
de la contre-révolution. On
seft fondé, pour affurer Ea chofe, fur ce que des agens
du gouvernement protégecient les hommes de couleur, fur
ce que les agens du gouvernement éroient avec eux à la
Croix des Bouquets lors de, la formation de la confédération, fur ce que par-tout ol la caufe des hommes de
couleur triomphoit, les municipalités difparoiffoient. Les
hommes de couleur, il eft vrai, ont été protégés par les
agens du gouvernement. > ils ont été protégés fourdemene;
c'eft-à-dire, , que le gouvernement faifoit femblant de les
fourenir contre les alfemblées coloniales;
que
le gouvernement leur fourniffoir, quand ils c'elt-a-dire, en avoient befoin, dela poudre & des armes. Legouverneur Blanchelande,
d'accord ayec les aflemblées coloniales, s'oppofoit officiellement àla réclamation de leurs droits,& les agens de Blanchelande avoient l'air de les foutenir dans cette réclamation.
Les hommes de ceuleur ont été, dit-on, coalifés avec les
agens du gouvernement, parce que ces agens fe trouvoient
dans leurs affemblées. Mais les hommes de
Tome III, Fingt-huitiame livraifon.
cocleur.rejss N 5
neur Blanchelande,
d'accord ayec les aflemblées coloniales, s'oppofoit officiellement àla réclamation de leurs droits,& les agens de Blanchelande avoient l'air de les foutenir dans cette réclamation.
Les hommes de ceuleur ont été, dit-on, coalifés avec les
agens du gouvernement, parce que ces agens fe trouvoient
dans leurs affemblées. Mais les hommes de
Tome III, Fingt-huitiame livraifon.
cocleur.rejss N 5 --- Page 210 ---
les affemblées coloniales, peurfuivis
eds contamment fe
le peuple des colonies, , quel abti
par ceux qui
les
Ercat
devoient-ils chercher? Ne devoient-ils pas fe jetter dans leurs
bras de ceux qui leur offroient les moyens de couleur, de recouvrer dans le comdroits politiques: Siles hommes d'armes, ont ménagé les agens du
mencement de lear prife
étoient pourfuivis par les
gouvernement, celt parce qu'ils dans les premiers fiècles de
aflemblées coloniales. les rois Lorique, fe font joints aux communes, pour
la monarchie, la
& le clergé, a-t-on fait un crime aux
abaiffer nobleffe d'avoir accepté la médiation & les fecours
communes
brifer les fers dont elles étoient chargées?
du tyran pour commencement de lat révolution, les communes
Loriqu'au fe font fervies de T'aurorité de la royauté pour abattre les
prétentions de la nobleile & du clergé, les prétendus les commu- patriotes de la noblelle & du clergé ditoient fais, bien que que les facrines, fervoiént la rorauté. Certes faveur je
des communes, ne.
fices que failoient les rois en qui voulir la liberté du
parroient pas d'un coeur généreux woulojent s'étayer du peuple
peuple. Je fais bien qu'ils
les foutiens ICTE
abattre les vieux corps qu'on appeloir jamais avifé de faire un
monarchie; mais anlli on s'être ne s'eft (ervies de Y'influence du roi
crime aux communes la
de & le clergé, qui étoient les prepour détruire noblefe
de rue, ciroyens,
iniers ryrans. H6 bien! colonie. ne perdez étoient jamais dans le même rapport
les blancs efclaves de & la les hommes de couleur, qu'en France
kes
à
des communes. Les blancs
la noblefe & le clergé ln l'égard révolution, en confacrant lefde la colonie ont voulu
des hommes de couleur >
clavage & V'éternel aviliffement
vouloient bien
comme le clergé & la noblefle en France
les
faire la révolution - > à condition qu'on de conferveroit la magiftrature T
latures, les bénélices & les couronne. charges Il en a éré de même
des grands ofliciers de la
quand ils ont voulu la révodlans les colonies. Les biancs, révclutionnaire. au
mais
lution, ont donné limpullion
dirigée
cette
ETE
ils ont voulu. arrèter
impulion lorfqu'elle continué de profcrire
contre eux-mèmes ? ils ont proferit;, de couleur , les réciamations
les' réclamations des hommes, ils ont voula, difeng-ils,
homunes tibres, leurs égaux;
grands ofliciers de la
quand ils ont voulu la révodlans les colonies. Les biancs, révclutionnaire. au
mais
lution, ont donné limpullion
dirigée
cette
ETE
ils ont voulu. arrèter
impulion lorfqu'elle continué de profcrire
contre eux-mèmes ? ils ont proferit;, de couleur , les réciamations
les' réclamations des hommes, ils ont voula, difeng-ils,
homunes tibres, leurs égaux; --- Page 211 ---
naturalifer la
la révolution dans la colonie. Non, ce n'eft
c'eft pas la révolution françaife qu'ils ont voulu y naturalifer,
tyrannie indépendante.
Lepréfident: : Vasaux faits.
Sonthonas: Ce raifonnement étoit très-néceffaire. Maintenant je paffe aux faits." On a : dit:Les hommes
leur ont démuit les
de.coutriomphoir, Eh bien! ! municipalités oui, depuis le par-tout oi leur çaufe
prise d'armes au mois de juillet
commencement de la
du II feptembre, les krommes de 1791 couleur juiqu'au concordat
dans tous les lieux oû ils font entrés en vainqueurs, ont fubflitué, les
commandans hommes de conleur pour le rai aux municipalités, & en cela les
ariffocratiques
n'ont fait que détruire des aggrégations
tre dans les mains uniquement des commandans formées de blanes, pour remetque ces aggrégations ariftocratiques vouloient pour le roi l'autorité
elles feules. Mais dira-ton, les hommes de retenir pour
qu'ils détruifoient les municipalités compofées couleur, de
Puifauroient di alors demander la convocation des blancsleuls, affemblées
primaires pour y. fublituer des municipalirés vraimen:
de compolées des citoyens de toutes les couleurs. Les légales
couleur étoient énchainés alors. dans. leur bonne hommes
par le déeret du I2 octobre, dont un article
Yolonté
tenoit les anciennes lois jufqu'à ce
de nouvelles fpécial mainfent été faites pour la colonie. Ils étoient que
eufdécret du II févtier, qui défend: Texécution enchainés de
par le
organifatif des colonies avant l'arrivée des
tout acte
miflàires civils, Lors que les hommes de premiers coinforcés de rendre aux commandans pour le couleur roi l'autorité étoient
qu'ils arrachoient à des municipslités illégales, aux municipalirés de. squi étoient P'ouvrage de T'aflemblée indépendante
tionales. Ssint-Marc, ais ne failoient que fuivre les lois naLes hommes de couleur, lorfqu'ils ont
de ces lois; lorfquils ont
pu s'affranchir
aux principes les blancs, ils pu fe par font un hâtés concordat de le ramener
je vais le prouyer par les concordats eux-mêmes. faire, &
hommes de couleir, qur'on accule d'avoir éré les ennemis Les
desrcorps populaires, ont eux-mèmes demandé
zion -des corps populaires dans'le fens, de la loie. la forma:
Senac ;Je demande la parole,
ont
de ces lois; lorfquils ont
pu s'affranchir
aux principes les blancs, ils pu fe par font un hâtés concordat de le ramener
je vais le prouyer par les concordats eux-mêmes. faire, &
hommes de couleir, qur'on accule d'avoir éré les ennemis Les
desrcorps populaires, ont eux-mèmes demandé
zion -des corps populaires dans'le fens, de la loie. la forma:
Senac ;Je demande la parole, --- Page 212 ---
Sonthonax : Permettez; je n'ai pas fini mon raifonnement,
C'eft dans ce fens qu'il faut dire que lorfque les hommes de
couleur diffolvoient les municipalités, ils icrvoient les intentions des ennemis de la France; 5 car, en. diflolvant les
municipalités, ils fervoient les intérêts des royaliftes, qui
ne vouloient pas de municipalités, ni blanche, ni de couleur. Ceux-ci n'en vouloient aucune, parce qu'ils vouloient
maintenir dans la colonie Y'ancien régime tout pur. Lorfque
les hommes de couleur fe font apperçus du piège que leur
tendoient les comue-revglutomnaiter (les hommes de:couleur, maitres alors dans laprôvince de lOuelt, diétoient des
lois aux blancs, des lois favorables à la révolution),ile ont
demandé lapplicarion des principes français. Il feroit trop
long de vous lire le concordat: je me contenterai fimple- le
ment de vous lire l'extrait des arricies qui- contiennent
voeu des hommes de couleur ponr un régime libre, le veeu
des hommes de couleur pour lès municipalités.
conforTh. Millet : Croyen-prefidenr, une interpellation
mément à l'arrêté de la commiffion.
Sonthonax : Il cft impoiible
je continue tandis que je
fuis toujours interrompu. Je tdrs jamais ainfi coupé la
colons au
oà ils le font
lorique Jaa
role aux citoyens
point
moi Thomas qui parle, Millet : C'eft conformémen: à l'arrêté que je demande Lecointe, la parole. membre de la commiffior : L'arrêté de la commifSon ne porte pas qu'on interrompe à chaque inftant.
Sonthonax : Voici le concordat du II feptembre.
II lit:
Concordat paffe entre les citoyens du Port-a-Prince & les
cizoyens de couleur de la' même partic de Saint-Domingue,
II feptembre 1791.
.
Demande des commiffaires de la gaide nationale des
citoyens de couieur.
ARTI I C L E P R E M I E R.
citoyens blancs feront caufc commune avec les cie Les de couleur, & contribueront de toutes leurs forces &
toyens
Sonthonax : Voici le concordat du II feptembre.
II lit:
Concordat paffe entre les citoyens du Port-a-Prince & les
cizoyens de couleur de la' même partic de Saint-Domingue,
II feptembre 1791.
.
Demande des commiffaires de la gaide nationale des
citoyens de couieur.
ARTI I C L E P R E M I E R.
citoyens blancs feront caufc commune avec les cie Les de couleur, & contribueront de toutes leurs forces &
toyens --- Page 213 ---
de tous Jeurs moyens Alexccutionlinérale de tors les points
des décrets&: infructions Ge l'afiemblée nationale, fanationnés
par le TO1, & ce fans reftriction & fans fe permettre aucune
interprétation, conformément à ce qui ett prefcrit par Paffembiée nationale, qui défend d'interpréter fes décrets, son
Accepté.
III
33 Ont demandé les fuldits ciroyens la convocation prochaine & l'ouvercuie des affemblées primaires & coloniales
pour tous les ciroyens actifs aux termes de l'arricle IV des
inftrudtions de l'affemblée nationale, du 28 mars 1790.
Accepté.
VIIL
3, Ote le fecret des lettres & correfpondances foit facré
& inviolable, conformément aux décrets nationaus.-ccepeé.
IX.
> Liberté de la preffe, fauf la refponfabilité dans le cas
déterminé par la loi. - Accepté, >>
Voilà les principales difpofiions du concordat du II
tembre.
fepVous voyez que les horames de couleur, quididtoient
la loi, qui éroient les maitres dans les quatorze parciffes de
l'oueft, ne fe font fervis de leur inluence que pour obliger les
blancs à aecepter les Icis de la France. ils. tonbent dans le
fens des blancs, lorfqu'ils demandent la formation des affemblées coloniales; mais ils veulent des aliemblées coloniales
dani's le fens des décrets.
Thomas Miller: Je puis faire mon obfervation.
Sonthonax: vous demande pardon; je n'ai pas fini. Je
fuis cbligé de
au concordat du mois de
L
feptembre, le
traité de paix dont on a fouvent parlé fans le citer.
Verneuil: De quelle année?
Sonthonax : Du 28 ocobre 1791. Les hommes de couleur, daus les difpofitions de ce traité, après s'être
des différens refus qu'ils avoient efliuyés des biancs qui plainrs les
combattoient fans ceffe, difent:
vous demande pardon; je n'ai pas fini. Je
fuis cbligé de
au concordat du mois de
L
feptembre, le
traité de paix dont on a fouvent parlé fans le citer.
Verneuil: De quelle année?
Sonthonax : Du 28 ocobre 1791. Les hommes de couleur, daus les difpofitions de ce traité, après s'être
des différens refus qu'ils avoient efliuyés des biancs qui plainrs les
combattoient fans ceffe, difent: --- Page 214 ---
Illit:
biancs & les citoyens de
Traité de paix entre les citay'ens de POuef de la partic fran
couleur des qiarorgepareifs du 19 oëtobre 1791.
gaijfe de Suine-Domingue,
été dit de la
des citoyens de couleur que tous
ce Ila
avis,des part lettres incendiaires, des libelles,
cesrefus, différens vailfeaux anglais, & les bruits d'indépendance
Tarrivée des avoient depuis long-temps répandu lalarme
qui couroient,
les ciroyens de couleur, au point qu'il
& le défefpoir parmi 8c la fermeté des chefs pour contea fallu toute la prudence de leur armée; que dernièrement encore, de M.
nir Timpéruofité
de paix faites par la lettre
du
après les propofitions
de la garde nationale
Caradeux, Tcommandaneginéral date du 12 du courant, , & dans un temps
Por-au-Prince, , concourir en
à faire celler les malheurs qui aflioà tout devoit
du Porrau-Prince,
gent cette colonie, les mal-inrentionnés d'effervelcence cons'étoient portés à des excès incrogables des citoyens de couleur, qui,
tre un détachement de l'armée
& des traités, avoit été
fe repofant fur la foi des promelfes
en forte que : malgré
chetcher des vivres au Porr-au-Prince; & les efforts des vertueux citoyens,
les bonnes intentions avoir échappé à la fureur de ceux qui
ce détachement, après été obligé de revenir au camp fans aple pourtaivoient, a avoient été promis.>
porter les vivres qui
des citoyens de couleur acceptées
Voici les demandes blancs.
d'abord parles citoyens
Il lit:
ART I C L E P R E M I E R.
dernier entre les ciroyens
eLe concordat du II feptembre du Port-au-Prince, & la garde
blancs de la garde nationale de couleur campés âu bourg de la
nationale. des citoyens fera reconnu légal & conforme à la
Croix des-Bouquets, conféquence, lesaricles qui y font inférés,
Confticution. En fuivant leur forme & reneur, avec les chanferont exécurés
& augmentarions qui pourront être
gemens, amendemens traité depaix.- Acceptés
faits par le préfent
ptembre du Port-au-Prince, & la garde
blancs de la garde nationale de couleur campés âu bourg de la
nationale. des citoyens fera reconnu légal & conforme à la
Croix des-Bouquets, conféquence, lesaricles qui y font inférés,
Confticution. En fuivant leur forme & reneur, avec les chanferont exécurés
& augmentarions qui pourront être
gemens, amendemens traité depaix.- Acceptés
faits par le préfent --- Page 215 ---
2II
II
>. L'arrêté de la paroiffe du Port-au-Prince, en date du II
réfent mois, portant caffation dudit concordat, du II fepmbre dernier, fera déclaré nul & de nul effet. 11 Accepit
Eour l'intelligence de ces ar:icles, il faut vous dire que la
unicipalité du Porr-au-Prince avoit une telle horreur pour
oute elpèce d'accommodement, fur-tout lorfqu'il portoit le
achet des principes français, des principes de l'allemblée
ationale, qu'elle avoit cailé le concordat du IL feptembre.
Il continue à lire le traité de paix.
I V.
> L'article premier du concordat du II feptembre dernier
ra exécuté felon fa forme & teneur, & les citoyens blancs
de couleur s'entendront pour réclamer auprès du repréntant du roi l'exécution littérale de tous les points & arles des décrets & inftructions de l'affemblée nationale,
nétionnés par le roi.
Accepié,
VII
3 Accepté en ces termes :
>, Les paroiffes qui ont envoyé des députés à l'affemblée
ovinciale & provifoirement adminiftrative de l'oueft, les
ireront fans délai. Néanmoins tous les actes de ladite
emblée fublifteront provifoirement tels qu'ils exiftent acllement dans chaque lieu, en attendant les nouveaux plans
rganifation qui doivent être envoyés par l'affemblée natiole, ou julqu'a la décilion que portera à cet égard la noule affemblée coloniale, à la réferve néanmoins des aétes
auroient porté atreinte aux droirs des citoyens de cour, lefquels font dès-à- préfent déclarés nuls & de nul
et.
V I I I.
Les citoyens blancs de toutcs les paroiffes de Oueft
, en attendant les nouveaux plans
rganifation qui doivent être envoyés par l'affemblée natiole, ou julqu'a la décilion que portera à cet égard la noule affemblée coloniale, à la réferve néanmoins des aétes
auroient porté atreinte aux droirs des citoyens de cour, lefquels font dès-à- préfent déclarés nuls & de nul
et.
V I I I.
Les citoyens blancs de toutcs les paroiffes de Oueft --- Page 216 ---
reppelleront leurs dépurés à T'affemblée coloniale, révoque 1
fupplieront" M.le gencrald'opérer
ron Jeurs rorvei s,6
fi mieux elle n'aime pronon
difolu jon de cette allimblée,
CCI fa diffolurion.
les aétes de ladite affera
>7 Aer
200 la condiion que & feront foumis en défini
ble
oni prowfoitenepts nationale, à la réferve d
tf
uecifion de T'allemblée atteinte aux droits des ciroyens d
ccux qui auroient porté
déclarés nuls & de nu
couleur, lefquels font dis-a-ptéfent
eflet.
IX.
fera
MM. les commiffaires blan
S M.1 le général
prié par
de la province (
& de couleur réunis des quatorze mois, à paroifles coripter de C# jour, us
IOuelt, de faire, dans convocation un
des ailemblées paroillinle
proclamation feront portant appelés tous les citoyens actifs indiltinés du
auxquelles termes de l'article IV des inftructions
ment aux
de nommer des députés à la nouvel
mars 1790, à Yeffet
feront invités à ie rendre
affemblée coloniale, déterminer lefquels le. lieu le plus favorable a
Léogane féances de pour ladite y aflemblée. - Accepté.
XVIIL
annihiler tout fujet de haines & de divifion
>> Pour éteindre le fouvenir des injuftices qui ont dans été comn les H
les
de conleur, il fera fait,
Et envers
citoyens de T'oueft, un fervice folemnel enm
roiffes de la province
le commencement des trouble
moire de ceux qui, depuis & au préjugé. 1 Accepté.
ont été factifiés àla paflion
XXV.
laiffer aucun doute fur la pureté des fentim
99 Pour ne
de couleur, ils jurent avec les
qui animent les de citoyens foutenir de toutes leurs forces la nouve
toyens blancs & de verfer la derniète goutte de leur f
conftirution,
de T'ancien régime. - Accepté.
pour s'oppoler faifons au le retour même ferment.
2 Nous
de ceux qui, depuis & au préjugé. 1 Accepté.
ont été factifiés àla paflion
XXV.
laiffer aucun doute fur la pureté des fentim
99 Pour ne
de couleur, ils jurent avec les
qui animent les de citoyens foutenir de toutes leurs forces la nouve
toyens blancs & de verfer la derniète goutte de leur f
conftirution,
de T'ancien régime. - Accepté.
pour s'oppoler faifons au le retour même ferment.
2 Nous --- Page 217 ---
XXVI
> Les citoyehs de couleur ne voulant s'écarter en aucune
anière de la marche prefcrite par l'affemblée narionale
our l'exécution de fes
demandent que le concordat
111 feptembre dernier E & préfent traité de paix foient
umis à fon approbation, déclarant s'en rapporter abfoluentà àfa décifion fur les articles inférés dans ces deux actes.>
Aceepte.n
Je n'en lis pas davantage ; je m'arrête fur ces articles:
font les plus importans > ceux qui caraétérifent vraiment
S hommes de couleur & la pureté de leurs intentions.
Sefiac: Je demande les fignatures.
Sonzhonax : Les fignatures ne font rien à la chofe.
Senac: Je vous demande bien pardon: nous aurons occaond'en parier foivent.
Le prefidens : Il va vous donner ces fignatures.
Sonthonas : Je vous en donnerai tant quey vous voudrez.
Il lit:
ignatires du traiddepais faiefur Phalitation d'Amims, lus
jour', mois & an que deffus, 6 ont lesfafdits commifaires
Jigné.
e Signé, d'Oleyres, Leydiez, Beaudontx, Jean Drouin,
raller, Lrodlpradblaozegs Pontgandin, Srerlein
adet, Savury ainé,. A. Rigaud, Cyprien Jolly > Lazare
érodin,B.Nward, Marc-Borno, Alexandre Petitbois, Peon, P. Pellerin, B. Médor, Doyon ainé, J. Borno ainé,
B.Paul, C.H. Guien, Caradeux, Che. Lépinard, Lauinte de Clavin, Poiflon, J.Jolly fils, P.Michel Leglanc,
Pédifle, Colin, Louis de Clavin, Jufle Prouillard, Dualis, Féneyrol, Dainaud,
1:
Dataud, Saljuzen, Charles
ivier, Tiby diné, P. Coqnillo, J. B.
Reauais, Avril, Dufour, Hamon.de-Vawicyeus, HTI Alienet,
amftencq, Chanlalte fils, Lerembourre père, dt card,
infon fils, G. Catherinor, Vincendon Dutour, J c Troix,
atirafondie-Vaneux,P.Pinchiumar, Dubourz 4 Favet.
, Féneyrol, Dainaud,
1:
Dataud, Saljuzen, Charles
ivier, Tiby diné, P. Coqnillo, J. B.
Reauais, Avril, Dufour, Hamon.de-Vawicyeus, HTI Alienet,
amftencq, Chanlalte fils, Lerembourre père, dt card,
infon fils, G. Catherinor, Vincendon Dutour, J c Troix,
atirafondie-Vaneux,P.Pinchiumar, Dubourz 4 Favet. --- Page 218 ---
je trouve au bas de la
Voilà, citoyens, les fignatures Ces fignarares que font mifes au bas de
fanéion du concordat.
L'an 1791 & le 23* jour da
Tacte commençant par ces mots:
mois d'odtobre, Gc.
les fignatures, >
qu'on n'imprime
Senac : J'ai demandé a été lu. Je enenar les fignatures
aux débats que ce qui
du traité de
du Sonthonax Concordat. : Iln'y en a pas; ce font celles
paix. Se:ac: Et non du concordat. La pièce du II feprembre eft
Sonthonax : Ilny en a pas.
des colonies, impri:
extrnize des pièces dépolées au légiflative. comié C'eft dans le recueil
mées par ordre de Tallemblée
legiflative, à la fuite du
de Tallemblée
ces
des pooctoverieut
quilfut chercher fignatures.
concordat du II feptembre, fignature que celle-ci.
Or; iln'y a d'aurre de bonne foi. Signé, FOURNIR.
9> Fait entre centaine nous
de fignarures. >>
5) Suivent une
recueil. On n'a
Voici ce que je trouve dans ce
de
ea
d'une centaine
si.mm
propos de le furcharger dans les archives du comité de matrouverez ces fignatures
rine & des colonies.
Sonthonax de fournir des indicaSenac : Je prie le citoyen nous puiflions voir ces fignatures.
tions précifes, occalion afin que de revenir fur ces fignatures.
Nous aurons Je ne
fournir ce. que je n'ai pas.
Sonthonax : :Je puis demande la parole pour une interpel
Thomas Millct
lation.
je m'arrête fur les articles les
Sonthonax : Citoyens,
remarqué
E
importans. de ce trairé de paix. de couleur Qu'avez-vous maitres, comme l'ont
la conduite des hommes & comme je vous l'ai dit, des quatorze
avancé les colons,
de Toueft, & pouvant ufer de leur
paroilles de la province aux colons les conditions qui aufupériorité pour impofer de l'ancien régime? Ils jurent de varfen
roient plu aux agens de leur fang pour le régime
la derniere goutte
ils demandent la
Vra
jujaw'a mzintenir les pr.ncipes frangais.
ils ne font
pour
coloniale. Sans doute,
lution de Tatlemblée
d'une affemblée
a
blimables d'avoir demandé la diffolition
fer de leur
paroilles de la province aux colons les conditions qui aufupériorité pour impofer de l'ancien régime? Ils jurent de varfen
roient plu aux agens de leur fang pour le régime
la derniere goutte
ils demandent la
Vra
jujaw'a mzintenir les pr.ncipes frangais.
ils ne font
pour
coloniale. Sans doute,
lution de Tatlemblée
d'une affemblée
a
blimables d'avoir demandé la diffolition --- Page 219 ---
avoit affecté Tindépendance, envoyé des députés en
terre 3
avoir porré lad cocarde noire, & qui s'étoir Angleà tous 9 excès dont j'ai parié. Sans doute, ils ne fon: livrée
blimables de demander la deftruction de cette
pas
mais ils denandent en même temps fon
aflemblee;
1e
la nouvelle; ils fipulent la liberté de la prefie, remplacenient la formation par
des municipalités; ils demanden: que les blancs fe
à eux pour demander au gouverneur de la colonie la joignent convocation des allembiées primaires. Vous voyez donc
hommes de couleur ne voxlurent poin: le retour de Tancien que les
régimé; j que les hommes de couleur qui fe fervoient des
agens du gouvernement pour le fuccès de leur glorieufe entreprife, qui fe fervoien: des agens du gouvernement
f'erécution des lois françaifes, bien lein de vouloir pour
de l'avanrage qu'ils avoient fur les blancs, n'en uferent profiter
pour concourir à l'établiflement de ces mêmes lois, que
concourir avec eux à la formation des aflemblées & à la pour rédire génération françaife dans la colonie. Voilà ce que j'avois à
fur les concordats.Je répondrai à toutes les objections
qui me-feront faites:
Thomas Miller: Je demande fi dans leurs lettres du
octobre 1792, Polverel & Sonthonax,en difant que les hom- 25
mes de couleur, par-toutotils criomphoient, déruifoient les
municipalités, ont eu l'intention de préfenter, fous un
favorable, les hommes de couleur, & d'en faire l'éloge afpect
me d'homines qui détruifoient des corporations ariftocrati- comques?
Sonthonax: J'ai répondu d'avance à l'interpellation de
Thomas Millet, en difant (jue les homes de couleur, depuis le commencemenr de leur prife d'armes; environ vers
lei 17 juillet jufqu'au premier concordar de feptembre , avoient
diflous toutes les municipalités qui n'étcient alors que des
cspwadessani@poraiters uniquement compofées de
formées contre le texte des lois, con. re la volonté du blancs,
vernement. J'ai dit qu'àla vérité ils avoient éte forcés à gou- des
premières complaifances pour lesagcns du gouvernement
les avoient careffès, pour Jes agens du gouvernement qui
pour les faire fervir dinfrement à leurs volontés & à leurs qui,
projets, les aidoient dans le recouvrement de leurs droits.
Jai dit qu'alors les hcmmes de couleur avoient dillous les
contre le texte des lois, con. re la volonté du blancs,
vernement. J'ai dit qu'àla vérité ils avoient éte forcés à gou- des
premières complaifances pour lesagcns du gouvernement
les avoient careffès, pour Jes agens du gouvernement qui
pour les faire fervir dinfrement à leurs volontés & à leurs qui,
projets, les aidoient dans le recouvrement de leurs droits.
Jai dit qu'alors les hcmmes de couleur avoient dillous les --- Page 220 ---
prétendues municipalités, parce. qu'ils
étoient aurorifés
les décrets des 12 ostobre 1790 & II février 1791.
B donc répondu à Thomas Millet. Je demande la parole
pour demain au commenceinent de la féance pour dilcuter
ma lecre du 25 oétobre.
Le.préfdere : Il faudreit fe réduire de part & d'autre,car
en ne finirajamais.
Thomas Millet : Sonthonax vient de répéter que les hommes de couleur n'ont détruit que des corporatiens ariftocrar
tiques; & cependant dans leur lettre da 25 octobre 1792,
Polverel & Sonthonax écrivoient tres-forniellement: 6 La
3) majorité des hommes de couleur eft
inftruite. Ils
>> époufoient aveuglément, & fans le droLi les intérêts
>) des ennemis de la France. Par-tout oi leur caufe triom23 phoit, le royalifme étoit reftauré, le gouvernement po52 pulaite détruit. . : Et plus bas: la connivence étoic
9> évidente entre le gowvernement & les révoltés. Ceux-ci,
29 décorés des ordres du roi, parés de la cocarde blanche,
très-accef9> ne parlent de la liberté
comme d'un objet
25 foire aux caufes de leur peic d'armes. Ils veulent venger,
93 difens-ils, leur bon roi Lonis XVI; ils veulent le remet-
>> tre fur le trône. Malheur à celui, 8cc. 3>
Sonthonav: Il cite faux.
Thomas Millet reprend: Que Polverel & Sonthonax foient
donc d'accord avec eux-mèmes; car G dans ce temps-là les
hommes de couleur fe conduifoient de cette manière, à
coup str ils ne devoient pas anéantir des corporations ariftocratiques, c'eft-àdire 2 centre - révolutionnaires, puifqu'ils
conviennent eux-mêmes qu'ils fervoient le parti contre-Iévolutionnaire.
La féance eft levée.
: Le regiftre des préfences ef fignés J. PH. GARRAN,
préfident 5 LECOINTE ( des Deux - Sèvres ), Jecrétaire :
F.LANTHENAS, Gnicoms,DAERAY,
NIS
str ils ne devoient pas anéantir des corporations ariftocratiques, c'eft-àdire 2 centre - révolutionnaires, puifqu'ils
conviennent eux-mêmes qu'ils fervoient le parti contre-Iévolutionnaire.
La féance eft levée.
: Le regiftre des préfences ef fignés J. PH. GARRAN,
préfident 5 LECOINTE ( des Deux - Sèvres ), Jecrétaire :
F.LANTHENAS, Gnicoms,DAERAY,
NIS --- Page 221 ---
Du 1S Fentôfe, l'an troifème de la République frangaifes
une'é indevifcule.
LA la
feance s'ouvre par la ledture des'débats de la veille:
rédaction en eft adoprée.
les Sonthonaz: Je rcôtife trois erreurs quife font glifiées dans
débats d'hier. P'ai dit
forir
da Male
hierqu'cmpeuroir
de la rade
Fenrd'Oueft. par tous les velrs; f'aurois da dire, excepté parle
Jome reétifie aujourd'hui, & je déclare
peur forir de ia baie da Mole par tous les vents, qu'on
Ear le vent d'Oueft.
la
excepté
Fernzuil:3uic commis erfi, relativement à cela, ane
reur; mais comme eile n'et pas majeere, jela laille, erfait. NeHRglainyenine dirè, dans les débats d'hier, à laflemblée coloni les on me
ambafladeurs er
qu'clie aveit envoyé des
Angicterre: : j'ai da dire a la Nouvclie-Angletetre, Ex je me redife encete'à cet égard.
Enparlan également contrel munndpincsealre contre
le texie des lois &'1 la volonté du gouveinemin,
G contre lz volonti du guavernemens:
Jrai dit,
dis anjourd'hui,
j'aurois da dire & 1e je
contre la volonté du gorvernement
Clanfon : Lopinion de la commillion cf
frangais,
fut les aureurs de Iaffallinat des nigrès ftiftes peirêire dans induuife la
du Mole. Sonhonix s'eft efforce de vous
rade
c'étoit par une dépuration da,Pore au-Prince perfunder qui avoir que
tiohné an môle Saint-Nicolas, en allant at
fraII avoit dird'abond que cétcient les faliniers; Can-Frangais, ilae
que c'étoien: quelques réfugiés des faliniers Bolt direnfitite
du Port-au-Paince quiavoir. farionné au Mole. Pourlever deputation
les furçons fer une inculpaton' auff grave faire 2ux
bitans du Pert-an-Print il ctoir importont de fixer hadates: : c'eft ce goia motivé
les
Tomhe III. Kingeneuviime finierpellation que je fishier à
liyraifon.
O
; Can-Frangais, ilae
que c'étoien: quelques réfugiés des faliniers Bolt direnfitite
du Port-au-Paince quiavoir. farionné au Mole. Pourlever deputation
les furçons fer une inculpaton' auff grave faire 2ux
bitans du Pert-an-Print il ctoir importont de fixer hadates: : c'eft ce goia motivé
les
Tomhe III. Kingeneuviime finierpellation que je fishier à
liyraifon.
O --- Page 222 ---
Sonthonax de déclarer à quelle époque la députation, du
Port-au-Prince étoit arrivée au Mole, &c à quelle épolue
les nègres fuifles avoient étéaflaflinés. Ccla étoit d'autant
important, que Sonthonax, en accnlmetoujours les
EoB
du Porrau-Prince, en maffe, cherche à légitimer h perfecuion qu'il a dirigée enfuite contre cette ville. Ainfi,je vais
auicurd'hui vous donner lecture d'une pièce qui nous a été
remie hier par un officier du régiment dé Dillon.
Le préfident: Qu'eit-ce
cette pièce?
Claulfon : Un certificat dut ciroyen Denain.
Le préfdent : ba commilion a déclaré qu'elle n'entendroit
la lecture d'aucun cerificaryadis-en' la-fubiance.
Cla fon : Le citoyen Denzin, capitaine au deuxième batailion du quaire-vingc-uniÈme régiment, déclare que, à le 28
mars 1792,, il eft arrivé au môle Saint-Nicolas; quily eft
reftéjulqu'en mai, & que pendant cet intervaile il n'a eu
aucune connoiffance de l'allafinat commis fur les nègres
fuilles amenés dans la rade du-j Mole; il déclare . .
Sonthonax : Vous verrez qu'il n'y a pas eu d'affailinats
commis.
Clanfion : Il déclare que f cet allaffinat . .
Le préfidens: C'ef une déclaration : tu n'as pas le droit
de la lire. La commiflion décidera G elle entendra des témoins; mais perfbnne ne peut, à moins d'être ablent de ia
Republique > fire une déclaration,
qu'il faut qu'on
ait le. droit de Faire des interpellasions Rarsee celui qui fait une
déclaration. J'ai refufé hier la paroie à Sonthonax- pour la
même chofe;je tê la refufe également.
Clauffon: En ce cas, je yous prie de foinmer Sonthonax
de préciler Tépoque àlaquelle la députation du Fdrt-auPrince arriva au Mele, êc T'époque, de Paffaflinat commis
fer les nègres fuilfes. -
Sonthonax: La commiflion a cette époque-là à-dans fes archives.
Claufon : Je déclare que Fafafinat des nègtes fuiffes a et
lieu dans le coutant du mois de' Mars, peut-être même
avant, & que la première députation du Port-au-Prince
Sonthonax.accale, n'eft arrivée au Mele qu'au moi
Srent
Brulley : J'ai inculpe hier id régiment de Dillon; je de
fer les nègres fuilfes. -
Sonthonax: La commiflion a cette époque-là à-dans fes archives.
Claufon : Je déclare que Fafafinat des nègtes fuiffes a et
lieu dans le coutant du mois de' Mars, peut-être même
avant, & que la première députation du Port-au-Prince
Sonthonax.accale, n'eft arrivée au Mele qu'au moi
Srent
Brulley : J'ai inculpe hier id régiment de Dillon; je de --- Page 223 ---
mande à me redifier, parce qu'il ne faut pas inculper un
corps quand il n'eft pas coupable, J'ai dit que le meurire
dont Sonthonax a parlé, & qui a été commis au Mole,
l'avoit été par les loldats du régiment de Dillon. desofficiers de ce réginent, déporté par les' Anglais, Hier,-un
affuré que le meurtre n'avoit pas étd commis par les foldats m'a
de Dillon ; mais bien par un détachement du régiment du 1
Cap, en garnifon,au Môles que le meurtre a eu
non
pas en iner, comme l'ont dit Sonthonax & Jeanton, lieu, mais
dans les cafemates; & que le dérachement avoite été commandé par Courteville, qui depuis eft. émigré. Voila le fait
que je rétablis, afin que les foldars de Dillon ne foient point
inculpés. Sonthonax : Je ne fais aucune réponfe à Brulley : vous
ferez à même de juger, par les mille 8c une variations
colens fur des faits parfaitement clairs, ce qu'ils veulent faire dés. dans cette affaire. fur Pagesde le
demanderai, préfident, fi Sonthonax a terminé
Port-au-Prince;
Le préfdent : Il me femble qu'on en étoit au Port-de-Paix:
paffe le Portai-Prince. Page: Lés derniers mois de Sonthenax dans le
verbal d'aujourd'hui, font relatifs au Porr-an-Prince. procèsfur le concordat du Port-au-Prince dont nous n'avens C'eft
encore parlé, &6 fur l'obftination du Port-au- Prince
ne vouloir
P
pas adopter les principes du gouvernement français.. Voilà la, dernière phrafe de Sonchonas. Sonthonax: J'obferve que la commiflion m'a accordé hier. la parole pour répondre à Thomas Miller fur un fait çertainement grave, une fauffe citation de notre lettre. Le préfidene à Page. : Sor un mot qui a étédir fur le Portau-Prince, cn ne peut pas revenir fur cet objet * . Sonthonax : Thomas Miller a cité bier, en réponfe aux
preuves que je vous ai données des principes des hommes
de couleur, de leurs difpofitions cn, faveur des
français, de leur ferme réfolution de maintenir les principes
démocratiques dans la colonie; il a cité, dis-je, une principes
des commiflaires civils Polverci & Sonthonax àla Convention lettre
nationale, du 25'octobre 1792. Thomas Millet, felon fa contume, a trompé, interverti
--- Page 224 ---
rirées de ma lettre,
appliquer aux hommes ré
les citarions
des
& des nègres
ce
EAEREP
de coileur
que j'ai.dit
yolrés. femble que cela a déja été dit précéL: prifdene > Ime
demm) nt par Polverel. eu une longue difcuflion làBrulley : Oui,il y a déja
dellus. demande pardon : Thomas Millet a
Sonrhonax : Je vous
lui répondes & voici la faufle
érabli la chofe, il faut qué a dit.
des
& des nègres
ce
EAEREP
de coileur
que j'ai.dit
yolrés. femble que cela a déja été dit précéL: prifdene > Ime
demm) nt par Polverel. eu une longue difcuflion làBrulley : Oui,il y a déja
dellus. demande pardon : Thomas Millet a
Sonrhonax : Je vous
lui répondes & voici la faufle
érabli la chofe, il faut qué a dit. citarion quila faire,
à la fauffe
EEUI
Polverel : Jé n'ai
ciration. pu répendre faite d'avance hier par T Thomas
ou à la
Tulite
lecture
dans
Millet. on en a parlé; mais pas
Sonchonas: : Précddemments Thomas Millet a prérendu
le' fens queje vais le faire. où la caufe des ediet
parce quejavois dit que par-iont
étoit. déde couleur triomphoit le gouvernement les hommes populaire de couleur étoient
truit, j'avois infére de-la que je vous ai parfitement établi
des contré - revolutionnairéss, de couleur, quis: dans les commenhier que les hommes d'armes,. éroient obligés de ménager les
cemens de. la prife s'étoient réunis à eux pour leur donner les
hommes qui
leurs droits, avoient, en vertu de la loi
moyens de recouvrer
du II février, détruit les
du 12 oétobre - , en vertu de 'celle' de blancs; jelai dit dans
municipalités compofeesfeukeenrs loin d'en inférer que ics hommes de
cette jertre. Mais bien
&c avoient
couleur avoient étb des contre -révolurionnaites j'ai dit: que les hommes
fouzend des emme-enclationainet atrachés a la
avoient
de couleur,, invariablement des blancs
établir
droirs,
Artes
profiré des divifions
attachés pour aux principes. Je prie
quils érojenr invariablement de prendre ce que je ferai obligé
les ciroyens rachygraphes veux
lire certel lettre en' entier;. de lire, parce que je ne quelques point lignes: il eft néceflaire
je ne ferai quen extraire C'ef une étrange erreur, que celle qui
qu'elles foienr copiées. de croire gr'iy ait dans la colonie UT Jeul. rigne en Europes montré de bonne foi l'ami des cizoyens de
bianc géi fe joir
couleur libres. citoyens, que je commence par dire que à
Vous voyez, la majorité des blancs, étoit contraire
a pluport, que
--- Page 225 ---
la réclamation des droits des hommes de couleur, qu'ils rejetoient lés principes de la liberté & d'égalité. Je dis donc,
&c je le dis, dans le fens: véritable, qu'il n'y avoit prefque
pas un feul bianc (car la propolition ne peut s'entendre
que dans le genre moral ) qui fit larai des hommes de
couleur. J'ajoute : Lafameufe confédération de la Croix-desBouquets 3 la prife d'armes de Saint-Marc, les cajoleries des'
agens du. pouvoir militaire, n'ont jamais cté autre chofe, à
Saint-Domingue, que des Ipéculations contre-raolutiontnaines. Oui, il eft très-vrai que ces confédérés de'la Croix-desBouquets, , que ces volontaires de Ssint-Domingue, connus
fous le nom des pompons blancs ; il eft très- vrai que les
agens du pouvoir executif éroient; pour la majorité, des
royaliftes &c.
, les cajoleries des'
agens du. pouvoir militaire, n'ont jamais cté autre chofe, à
Saint-Domingue, que des Ipéculations contre-raolutiontnaines. Oui, il eft très-vrai que ces confédérés de'la Croix-desBouquets, , que ces volontaires de Ssint-Domingue, connus
fous le nom des pompons blancs ; il eft très- vrai que les
agens du pouvoir executif éroient; pour la majorité, des
royaliftes &c. des comne-rerohatienmines 5 je. ne le nie point :
mais les hammes de couleur n' ont point partagé ces erreurs;
les hommes de couleur ont montré, par les concordats que
je vous ai lus hier, qu'ils déteftoient les hommes qui les
avoient fervis; qu'ils aimoient les principes français; qu'ils
ne vouloient pas lindépendance, mais qu'ils vouloient naturalifer dans la çolonie la véritable révoletion, la révolution
françaife. La major.téa des citayens de coulenr ef2 peu infruite:
accoutumés apéchir devant P'ancienne tyrannie , repoufes par
l'invincible préjugé, 3 ils croyoient trouver. tn abrifous lorégiume
de/potique. Ils eponfoient areaglémeiit 6 fans le: Javoir les intérêts des ennemis de la France. I La majorité des citoyens de couleur étoit effeétivement
peu inffruite,
que, comme je vous Fai déjai dit, la
majorité de tous FICaIN peuples de I'Univers eft tres-peu infreite,
parce
le peuple, toujours ignorant, ne démêle fes véritables Tnecre que par une fuite de longues réflexions que
lui procurent les révolutions & les événemens
changent
la face dos empires. Je dis que les hommes T couleur >
repouffés par linvincible projugé > par les affenibiées colo- i
niales, porfécutés par tous les corps qui fe difoient populaires', cherchoient un abri dans les bras de ceux qui avoient
Tair dedes protéger: : Of, le gouvernement avoit Tair de les
foutenir. 9 parce que ie gouvernement vouloit les faire fervir
d'infrumens une conte-révolation qui n'a jamais eu liea,
qui n'a jamais éré qu'une (péculation de Ja part des agens
du gouveinement, mais qui n'elt jamals éntrie dans lisère
O 3.
par tous les corps qui fe difoient populaires', cherchoient un abri dans les bras de ceux qui avoient
Tair dedes protéger: : Of, le gouvernement avoit Tair de les
foutenir. 9 parce que ie gouvernement vouloit les faire fervir
d'infrumens une conte-révolation qui n'a jamais eu liea,
qui n'a jamais éré qu'une (péculation de Ja part des agens
du gouveinement, mais qui n'elt jamals éntrie dans lisère
O 3. --- Page 226 ---
des chefs des hommes. de couleur. Je vais
mentles hommes de couleur avoient détruitle ici expliquer compopulaire dans les premiers temps de leur gouvernement
ceit-a-dire, depuis le 17 juiller
prile d'armes >
mais vous verrez enfuite
julqu'en feptembre 1791 5
ils Ont ftipule les intérêts de comment la France , dans les' concordats >
démocrarique, de Thunanité & des & du gouvernement
joute : Lenrs chefs. -
principes français. J'aTh. Millet : II paffe une-phrafe
Sonthonax : Je Tai lue. Par-tout très-imgortance. ok
phoient, le royalifme écoit
leurs armes triomlaire étoit décruit. Je
repauré, lai élé gouvernement poputout od leur caufe Tailuesje triomphoit, répétée hier. Oui, parjufqu'au mois de feptembre même depuis année, le le 17 juillet 1791
populaire populaire dans étoir détruit; le
mais je parle ici du gouvernement
fens qu'il'avoit
souvernement
appeloir gouvernement
dans'les colonies, & l'on
municipalités conftituécs populaire dans les colonies, les
mées de blancs; les municipalités par T'allemblée de Sain-Marc, forgations ariftoctnsiques compofées de quin'étoient que des agrépour opprimer 625 mille individus gens d'une feule couleur,
Voilà cê que vous appcliez des
français comme eux.
n'a jamais été là des corps populaies; corps populaires: or, ce
corps populaires, ils aureient dû être car formés pour étre des
democratiquess c'eft-a-dire, être
d'élémens
toutes les couleurs, ainfi que le pris parmi les citoyens de
du 28 mars & le décrer-du preferivoient les infrucions
mettre aux lois, &E alors vous 15 auriez mai. Il falloit donc fe fouhommes populaires; & on prouve que vous n'en eu des eâtes corps vraiment
de couleur n'ont jamais rétabli les jamais. Les
ariflocratiques; avoient détruir 3 & ce que j'ai dic dans la lettre corporarions de ce
dans Tacceprion ies corps populaires, ne pour fe prendre qu'ils
laires dans lz
vons donnez à ce mots corps que
vous
dans
popuaASo
mémcs; 'car vous ne nierez Facception que vous avouez
la loi di 4aviil, ils n'ont éré pas,fefpere, que, jufqu'a
blancs; vous ne nierez pas.que ces compofés que de citoyens
formées
par des aliemblées tiunicipalirés n'ont été
citovens ART
primaires, compofées de
SeractJe demandé,
aires dans lz
vons donnez à ce mots corps que
vous
dans
popuaASo
mémcs; 'car vous ne nierez Facception que vous avouez
la loi di 4aviil, ils n'ont éré pas,fefpere, que, jufqu'a
blancs; vous ne nierez pas.que ces compofés que de citoyens
formées
par des aliemblées tiunicipalirés n'ont été
citovens ART
primaires, compofées de
SeractJe demandé, --- Page 227 ---
Sonthonax: : Quand j'aurai fni. Leurs chefs 3 dévoués 2 la
révolution frangaife, profitoient habilement des relftons des amis
de Cobleney 'dé leur haine pour les municipalités, de la divifion des blanes, les ont aidés à reconguérir leurs droits polizigues: Aujourd'hui, graces à l'affemblée: nationale, > ces droits
font allurés
jamais. Voyez-vous dans cette Jettre que
j'aie dit que fesrs hommes de couletr étoient des contre-révolutionnaires, puifque j'ai dic que leurs chefs, dévoués à
la révolution françaile, profitoient des pallions des amis de
Coblentz, des fcifions des blancs pour rérablir, leurs droirs,
ces droits rétablis aujourd'hui; puifque je vots dis que les
citoyens de couleur font tous voués aux, principes français >
font tous les amis de la liberté & de Tégaliné?Je dis'dans
la même lettre que l'efprit des hommes de couleur , dès
notre arrivée 5 les idées dés citoyens de couleur furent changées
fingulièrement à légard de leurs préteudus bienfaiteurs. Leur
condaite à notre. egard nous a convaincus de cecte v.ritésquece
n'efe jamais en yain qu'on ouvre au peuple les yeux fer fès
C
droits 3 & que tôt ou tard il reconnoit jes véritalles aris.
Thomas Miller, par une perfidie à laquelle s'accourument
les colons , aaccollé à ce que je viens de dire de cette leutre,
un autre article dans lequel il a tronqué le texte. Le voici:
Depuis long-temps 3 les agens du pouvoir militaire, enhardis
par! larévoite de la-Martiniquey & d'inteiligence avécfes chefs,.
médicoient à Saise-Domingucies mêmes complots. Je viens de
pailèr des complots,. qui avoient éclaté en France lors duro
aoft. Un détachement confidérable de chevaliers de Collentz
étoit venn préparer aux princes émigrés une retraite dans la
colonie. La connivence étoit évidente entre le gouvernement &
les efclaves révoltés. Je vous prie d'obferver que Thomas
Millet a eu ici la perfidie de fupprimer le mot d'eftlaves
afin de faire tomber le mot dé révoltés fur les hommes de
couleur, parce qu'il a cité ici cet article, qui eft Gté trente
lignes au - deffous, de celui cité précéd-mment. Ifa cité,
dis-je, àl la fuite du premier, & il a fupprimé le.mot efclaves.
Thomas Mil'et : Je dois répondre à cette interpellation,
& j'y répondrai par la copie de la lettre que jai écrire &
ignée de ma main, & remife entre les mains du citoyea
O 4
les hommes de
couleur, parce qu'il a cité ici cet article, qui eft Gté trente
lignes au - deffous, de celui cité précéd-mment. Ifa cité,
dis-je, àl la fuite du premier, & il a fupprimé le.mot efclaves.
Thomas Mil'et : Je dois répondre à cette interpellation,
& j'y répondrai par la copie de la lettre que jai écrire &
ignée de ma main, & remife entre les mains du citoyea
O 4 --- Page 228 ---
-
Lecoints. Après la première partie de la lettre'; j'aidit, 8c
plts bas: Les efelaves revoltés, On peur le voir far lap pièce
.que jai remile entre les mains du citoyen Lecointe.
Sonzhonaz : II oft facile de le vérifier par la pièce, dont
vous avez extrait votre citation. (Il cherche.) Je ne le
trouvé pas; mais c'elt un excrait d'un euvrage de Page:
j'aurai cccalion. d'y revenir. Iac conniv-nc étoi évidente entre
le gouverrement 6 les efclaves révoltss ; ceux-ci, d corés des
ordres du roi, parés de la cocard: biariche né parlent ds la
libereé. Gue comme d'un objet très-acceffoire aux caufes de
leur prife d'armes. HIs veulene venger, difent-ils, notre bon
Toi Louis XVI, veidlent le remettre fior le trêne. Palherr d
celui qni tombe enire leurs mains ayac lefigne zricolon de la liberzéi. Vous voyez qu'il n'eft ici queftion que des efclaves
révoltés, & non des hommes de couleur. Les.efclaves revolrés marchoient fous le drapenu blanc, portoient la COcarde blanche , fe battoienr, , difent-ils, pour remertre le
roi fir le mne; &, comme je Pai écricà l'affemblée nationale, l domande dé la liberté n'éroit qu'tn accelloire
des prérentions qu'ils anonçoient par leur prife d'aimes.
Je me feis bien gardé de faire 1311 faux a1l point de dire que
c'étoiont les hormes de couleur aui marchoienr avec : cocarde blanche & fous le drapeau blanc. Jamais les hommes
de eonleur de la province de T'Ousft, jamais ceux de ln
confédérarion de l Crox-desBeuguns, qucique'l sbluncs
decetie con@edtration@ofanr dugmandsfscplefours, de concrerévolarion, nonr voulu aborer la cocarde blanche, ni le
pomnpon blanc. A la' vérité, les pompons blanes, copnus.
fons ce nom, porroient la cocarde nationale; mais ils avoient
mit au-deifus une aigrerre blanche connue fous le nom de
C'en-li d'oh ils ont recu le nom de pompons.
ERES Jamais en aucunc manitre,i lés hommes de couleur céunis dans IOuef, ni ceux réunis dans le Sud, ni
tous cerx qai-onr combattt feuls pour la réclamation de
leurs droirs, Wonr, di-je, arboré la cocgrde bianche; jamis ils n fe font forillés de certe infinie décoration: Vous
le VO7CZ dans les concosdas que je vous ai ciréss'eary
qund, dans,la letrey j'aurois dit ce quer ines adverfaires
vosiont mor faire dire, que les homes de couleur avoient
rétabli lancien régime dons 1e le fens qu'on donne à ce mot
feuls pour la réclamation de
leurs droirs, Wonr, di-je, arboré la cocgrde bianche; jamis ils n fe font forillés de certe infinie décoration: Vous
le VO7CZ dans les concosdas que je vous ai ciréss'eary
qund, dans,la letrey j'aurois dit ce quer ines adverfaires
vosiont mor faire dire, que les homes de couleur avoient
rétabli lancien régime dons 1e le fens qu'on donne à ce mot --- Page 229 ---
n France, cette lcttre ne détruiroit pas Ins pièces
j'ai
itées hier; ce ne feroit jamais que l'ophion des soemii
aires civils écrivant en Franco, fix femaines après leurarivée. daris la colories-ce fercit fopinion de deux individ :
nrourés & circcavenus. de tous côtés par les hommes qui
voient intérêt de cachér leurs crimes & de lcs rejeter firle
parti contraire. Si la lettre. difoir, CC qu'on veut lui faire
lire, elle ne détruiroit pas les actes authentiques que j'ai
sités hier. Ceft dans les concordats, dans les traités de naix,
quilfaut chercher la véritable roitgion politique des hommes
le couleur; cat fi les hommes de conleur, maitres des Ih
parciffes de IOuelt; avoient aime T'ancien régime, ils fe
eroient. fervis de leur fupértorité pour ramener Pancien rezime; ils fe font fervis au contraire de l'infinence de lour
upériorité pour amenerlis colons blancs aux lois françaifes:
voilà ce que j'avois à répondre à Th. Millet. Je n'ajouterai
a cette réponto que le rémoignage d'un. homme que les
colons ont toujours cité en leur favonr, c'eft celui du citoyen Roume,ex commiffaire ciyil. Dans foncompre rendu,
l met dans la bouche. de Beauvais, général dés: hommes
dé cguleur à la Crolx-des-Bouquets, un difcours qui metà
nud la morale des hommes de couleur & kcar religion politique. Roume, après avoir parlé, aux honmes de coulent
de leurs anciens amis 2. après leur avoir dit que les pompons
blancs n'étoient que des contne-teroiltionndnes & des royalittes, après leur avoir parlé des bienfhits de la révolurion
de France, fait tenir co difcours à Beauyais.
Senac : Donnez lecture du difcours de Roume auparavant.
Lepréfident - :Laille continuer Sonthonax: tu auras lai parcle
après.
Sonthonaz : ce Vous venez, commiffaire, répondit Beauvais; de répéteren parie ce que je difois hier à mes concitoyens, & je puis vous répondre pour EUX comme pour
moi, que nous n'avons jamais été les dupes des pompons
blancs. Il falloit reconquérir nos droits; nous avions befdin
d'auxiliaires; le diable fe feroit préfensé que nous l'aurions
enrégimenté: : ces meflieurs fe font cferiss & nousles 2 avons
employés, Cil lcuz; permettane de croire quiis nous dupoient.
Jai déja averti plufieurs d'entr'cux que je les dénoncercis
, que nous n'avons jamais été les dupes des pompons
blancs. Il falloit reconquérir nos droits; nous avions befdin
d'auxiliaires; le diable fe feroit préfensé que nous l'aurions
enrégimenté: : ces meflieurs fe font cferiss & nousles 2 avons
employés, Cil lcuz; permettane de croire quiis nous dupoient.
Jai déja averti plufieurs d'entr'cux que je les dénoncercis --- Page 230 ---
2.26
s'ils, perfiftoient à donner de mauvais confeils à nos
gens. Vous êtes notre père, commiffaire civil, jeunes
de la nation, incapable de nous tromper 5 mais. Thomme
aufi que nous fommes incapables de trahir la
comprez
nous
nation, ni de
refiferà-ce queA vous exigerez pour elle.>
Vous voyez bien, cireyens 5 qute
général
hommes de
Beauvais,
des
couleur, 3 dit lui-mème : Nous avions befoire
d'auxziliaires pour réclamer nos droits ; le diable fe feroit
fenté que nous' l'airions enrégimenté. Nous avons admis pré- les
pompons blanes; mais s'ils s avifcient de parler
tion , nous les dénoncerions nous-mèmes. Ceft ce cop-re-révolu- fait
les hommes de couleur avant & après notre arrivée qu'ont dans
la-colonie. Ilsi nous Ont denonctlespompons, blancs, les Jumécourt, les Couftard, ceux qui étoient les
connus
pour être des conrerérolutiotaing. Ils ont tous plus été déportés de la colonie pour la Nouvelis-Anglerenre
Th. Millet : Le fait eft faux : il n'y en a pas eu dedéporté.
Sonthonax: : Vous dites que le fait eft faux ! mais Villars
étoit-il un pompon blanc?
Clanfon: Oui, lui feul a été déporté,
Verneuil : Dans l'andlyfe que Sonthonax vient de
de
la
faite
lettre du 25 odtobre, il vous a dit qu'en parlant des révolrés, ilnfayoir svoula parler que des Règres, & non des
hommes de couleur. Je n'ai qu'une feule objection à
c'eft une inrerpellation à laquelle Sonthonax répondra faire,
ou non. Je prie le citoyeh préfident de demander à-Polverel oui
& Sonthonar G, Jorfaue les nigres fe. révoltoien: au mois
d'aot: 1791 3 i1 n'y avoit pas à leur tête le quart au moins
des hommes de couleur libres de la province du Nord.
Sonthonax: Je réponds que'dans la province du Nord,
dans la maile des nlgres révolrés, il y avoit queiques
homies de couleur efclaves; que ces hommes de couleur:
efclaves, entrainés par le'torrent général, furent forcès de
refter au milien des brigands (ohilse trouvoients que jamais
ces hommes de couleur n'ont été avoués par ja maffe des.
hommes. de couleur ré.lamant leurs droits;
mêmes, ils ne les ont réclamés; qu'étan: quejamais. e(clases, 2 ils eux- fe
bartoient avec des nègres elclavess que d'ailleurs, s'il fe
wrouvoit parmi les homnies de couleur des' nigres_eicia-
général, furent forcès de
refter au milien des brigands (ohilse trouvoients que jamais
ces hommes de couleur n'ont été avoués par ja maffe des.
hommes. de couleur ré.lamant leurs droits;
mêmes, ils ne les ont réclamés; qu'étan: quejamais. e(clases, 2 ils eux- fe
bartoient avec des nègres elclavess que d'ailleurs, s'il fe
wrouvoit parmi les homnies de couleur des' nigres_eicia- --- Page 231 ---
ves, il fe trouvoit aufli des blancs; & de ce qu'il fe trouvoit
Hes blancs, il 1ie faudroit pas conclure que la race blanche
étoit d'accord avec les nègres pour poignarder les autres. Il
le trouvoit des blancs comme il fe trouvoit des homames de
touleur; mais, dans le. nombre des hommes de couleur
réclamoient leurs droits, c'eft-à-dire, à la confédération
d
a Crojx-des-Bonquets 2 ou dans les provinces del IQueft&
Hn, Sud, on n'a jamais réclamé la royauté 3 on n'a jamais
marché fous le drapeau blanc &'la cocarde blanche. Ce n'eft
que dans'la provinice du Nord, ch il fe trouvoit un
hombre d'hommes de couleur efclaves, entrainés par
f
hoirs réveltés; car,s sils'yirouvoit quelques hommes libres,
'elt qu'il s'y' trouvoit arili des blancs.
Verneuil:. Je n'ai
mot à répondre à ce que Sonthomx viene de dire. u pas demandé s'ily avoit parmi
les' negres-révol:és, des hommes de couleur efclaves; 5 je n'ai
parlé que des' hommes de ceuleur libres; je n'ai parlé
Hes nègres libres; & je yous prie,
cihoyen-prànident, ae
terpeller Sonthonax de répondre f, à l'arrivée de Roume;
Mirbecky & Saint-Léger s lorfque, ces commiffaires allèrent
au-devant. des nègres révolés, les cngager à mettre bas les
armes, fi les hommes blancs détenus dans le camp des 1évoltés n'ont pas été conduits au Cap fous Y'efcorte de 2go
mulirres, qui étoient à cette époque-lh réunis-dans le camp
des nègres, qui combattoient avec eux : qu'il difeoui ou non.
Je vais donner la preuve de ce
j'avance.
Sonthonax: : Il pourroit bien Q0E faire que les prifonniers
pris' par les révolrés, aient été conduits par les mulatres au
Cap, lorfque, pour préliminaire d'une négociation qui a été
rompue par Paflemblée coloniale les commiflaites civils
reçurent de la part des révolrés. fod prifonniers blancs pris
par eux. Cela prouveroit en fayeur des hommes de couleur;
car c'étoit eux qui protégeoiehtles biancs chez les noirs, qui
étoient révolés en majoricé. Mais je perfifte à dire au citoyen Verneuil que, > silfo trouvoie des hommes de.couleur,
ce n'étoit que parce qwils avoient étd forcés pat lés noirs;
&: ces hommes de couleur font rentrés fous les drapeaux des
blancs, aulli-thrqwils ont pa s'échapper J'ajonre_que les
afiemblées coloninlesles ont- elles-mnémes enrégimenrés, ces
hommes 3 pour fe batre contre les noirs; $ qu'ils s'y font
dire au citoyen Verneuil que, > silfo trouvoie des hommes de.couleur,
ce n'étoit que parce qwils avoient étd forcés pat lés noirs;
&: ces hommes de couleur font rentrés fous les drapeaux des
blancs, aulli-thrqwils ont pa s'échapper J'ajonre_que les
afiemblées coloninlesles ont- elles-mnémes enrégimenrés, ces
hommes 3 pour fe batre contre les noirs; $ qu'ils s'y font --- Page 232 ---
i28
battus; de
& j'ajoute en même remps que lés raffemblemens
noirs dans la province du Nord, que los noirs en révolte
leuz éroient commandés par des noirs;
les hommes de cou-,
n'aveient aucune place. dans la eaRe , quils n'y étoient,
pas officiers; que silssy font trouvés, ilsy ont éré entrainés
parh: des majorité; que, d'ailleurs, il ne faur pas juger la malle
honmes dé corleur par quelques-uns d'éntre eux
te trouvoient parmi les noirs, puilqu'ils'y trouvoit auili qui des
blancs, Je répète auii que, dans le Sud & l'Oueft, ces
rallemblesnens qui ont eu pour but les réclamations des
droirs dcs hommes de couleur ; fe font. toujours fairs fous'
les couleurs.r nationales, fous le drapeau,
& avec
la cocarde na:ioncle.
mational,
Senac : Le' citoyen Sonthonax a dit que jamzis, dans la
province de TOuet, , les hommes de couleur navoient
ala conire-révolution, ou quilsn'avoient jamais porté d'autre penfé
figne que le ligne national. Je vous prie de
s'il
n'ef pas à fa connoifance que le détachement l'interpelier du Petit
Goave, quis'ef rendu à Bizoton lors du fiège du Portau-Prince, n'avo;e pas pour figne un pompon blanc à fon
&c. fe ement un drapeau des couleurs verte &
NES
nl
Senthonaz: Senac parle-eil du fiège du Port-ai-Prince
fair-par nous?
Sogac: Nen,det à l'époque ol. vous parlez des concordars.
Sonchonax : A la bonne heure. A l'époque que me
pelle le citoyen Senac, je n'étois point dans la colonie rapne, pais vous donner' que les renfeignemens que j'ai reçus ; je:
moi-méme, Je vous déclare que je n'ai jamais et connoif
fance de.ce drapeau vert & blanc porté par les hoimes de
couleur. Jo vous déclare qu'il cf au contraire à ma connuifanco, dejelaipuife dans les compres rendus par les citoyens Roumo, Mibeck & Suine-Léger, dans toutes les
pièces que fai Jues, > que les hommes de couleur n'ont eu
d'autre ligne de ralliement que le drapeat &c ia cocarde nationale..:
Sepas : Eh biaut j'étois dans ce détachement; je n'érois
pas volontaire'à pompon blanc; mais tous les blancs quiy
éroient, le portoient > tels'que Renaud de Lille, que Scn-
compres rendus par les citoyens Roumo, Mibeck & Suine-Léger, dans toutes les
pièces que fai Jues, > que les hommes de couleur n'ont eu
d'autre ligne de ralliement que le drapeat &c ia cocarde nationale..:
Sepas : Eh biaut j'étois dans ce détachement; je n'érois
pas volontaire'à pompon blanc; mais tous les blancs quiy
éroient, le portoient > tels'que Renaud de Lille, que Scn- --- Page 233 ---
thonax a cité. Les principaux chefs des mulatres du PorizGoave y étoient également, & font allés à Bizo:on, ott
Rigaud commandoit, avécle drapeau vert &c blanc. Ona refulé opiniatrément le giand drapean narional,cui étoit alors
au Peth-Goave; on eit forti dulerit Goave, Ion ciallé
à Bizoron avcc.ce figne-ià.
Sonthonax : J'elpère que la commilion ne fc rappertera
pas là-deflus plurôr au citoyen: Sehac qu'a moi; maisje. dois
déclarer
le pompon blanc qu'on a prété aux hommes de
couleur Aemnsiat pas la cocarde tricolore. Four mieux tromper
les, hommes de couleur, les volonraires de lOues mettroient
le
bianc au-deffus de Ja cocarde nationale,afin de
leur PIS croire qu'ils étoient les amis 'de la révolution ;
mais je perfifte à dire que jainois les hommes' de couleur
n'ont porté dans aufcune circonftance ni cocarde bianche ni
pompon blanc.
Feneil: Je donne la preuve de ce' que j'ai avanicé plus
haur..
Lecointe: : Quelle eft cette pièce 2
Verneuil: Ceft le compte rendu par Legros, piocureurfyndic de la commune de Valliere, qui avoit éré prifonnier
parmi les brigands pendant iix mcis; pièce qui a ére 1e 1 m
primée trois ou quatre fois 2 & dont le mapport a éré fair à
laffemblée provinciale; ; ainli qu'alaflembice ccloniale. Elie
eft officielle dans vos archiycs.
Extrait dirécie hiforique fer les événemens quifefon Fuccédis
dans les campsdel I: Grande-Rivizre: du Dondon, de SainteSufanne & autres > depuis le 26 otiobie 179: > pfqu'erz 24
décembre ds la môme année > par M Gros 3 pracure-rfyndiz
de Vailière, é fas prifonnier pendant fixc mois parles brigands.
c Sur'les dix heures du foir, l'inquiérude fe manifeftoir
dans tout le camp $ on formoi: le complo: de nous égorger,
fiJean François & fon érar-major rn'étcir rendu le lendemain
matin, & de marcher de fuire conre le Cap,, jurane de
mettre à feu 8c à fang par-rour oh iis pénécecoionr. C'ef
au milieu de certe agitauon qué des coups de fufils tirés aut
loin' nous annonçoient le retour du cortège , qui nous parar
ude fe manifeftoir
dans tout le camp $ on formoi: le complo: de nous égorger,
fiJean François & fon érar-major rn'étcir rendu le lendemain
matin, & de marcher de fuire conre le Cap,, jurane de
mettre à feu 8c à fang par-rour oh iis pénécecoionr. C'ef
au milieu de certe agitauon qué des coups de fufils tirés aut
loin' nous annonçoient le retour du cortège , qui nous parar --- Page 234 ---
en général tres-farissithe qui nous affura
nous
rendus- le lendemain avant midi ail Cop.
que
fcrions
partimes fur les dix heures, elcortés par Effedtivement, cen: cinquante nous dragons, prefque tous hommes de couleur ou'nègres libres &c
commandans des camps 32.
cielle. Sonckonax Les colons : Verneuil vous a dit que cette pièce étoit offidans les archives de appellent leur pièces oflicielles celles
font
nant qu'on veuille faire légation Gnl France. Il a étont
néceffaire de s'arrètér la-dellus), Paller pour les officielles (car ilef
mes accufateurs, fe font faires:à leux-mèmes. pièces que Le inémoire les colons, de
Legros n'a jamais été anthentique dans
/
fimple journal d'un homme quia été prifonnier la colonies chez les c'eftle brigands, & qui vient raconter tout ce
& ians
doute ce mémoire-là n'a pas été à qu'il-lui pleit; des
chez
Iavantege
hommeslelqueis l'auteur a éreprifenaier.
Je perfife donc à nier formellement, &2 à dire
les
la colens qui font ici, en parlaint de ce qui s'étoit
dans
province du
adltea
dans I'Oueft. Nerd, évitent de. parler de cà quife Fafloit
Je vous ai parlé ici de la confédération de la
Crois-des-Henquets, Sud
la
dés prifes-d'armes dans la province du
pcur déchration des droits.
Senac: : C'eft là quej'en fuis.
Sonthonax: Ces raffemblemens n'ont jamais pris
figne, n'ont jamais porté d'autres cculeurs que las couleurs d'aure
nationales; &, s'il en failoir des
dansle concordat, parce qu'ils n
vouslos.itgaveries pas
cution
deinands-VexéROIRtE
des lois de Tallemmbiee nationale avec les
ennemies de certe affemblée. Vernenil vous parle dos cculeurs
de eouleur au nombre de 200 à 250, qui font venus hommes
les blancs. Eh bien! je nie-le fit, 8c je vous déclare accomKOTR n'y ajamais eu 250 hemmes de couleur parmi les
sands de la province du Nord, fur-sour de la paroiffe bri- de
Vallite, dont parle le citoyen Vernenil.
Senac: Nous en fommes icià un poin: fort
iLs'agir de favoir fi les hommes de coulenr ong efenriel:icar été les inf
trumens de la contre-révolution à Saine-Domingne, Cela ne
fera pas dificile apronter. Sonchonaz vous a avancé que les
hommses de couleur étoient maities dans toute la
de TOuch; il en a tiré un grand avantage. Eh bien! province ci-
le citoyen Vernenil.
Senac: Nous en fommes icià un poin: fort
iLs'agir de favoir fi les hommes de coulenr ong efenriel:icar été les inf
trumens de la contre-révolution à Saine-Domingne, Cela ne
fera pas dificile apronter. Sonchonaz vous a avancé que les
hommses de couleur étoient maities dans toute la
de TOuch; il en a tiré un grand avantage. Eh bien! province ci- --- Page 235 ---
royens, ile eft bon de vous dire qu'ilsétoient maitres de toute la
province de l'Oueftaved les comresénolastonsaices, comme
Robefpierre l'étoit, il y a huio mois,.dans toute
c'eft-à-dire que la terreur, que le fang, que le laFrances meurire >
Fincendie,avoient réduit tous les habitans de la province de
I'Oueft à faire tout ce que les homimes de couleur vouleienr,
& voilà précifément cemme les hommes'de couleur étoient
maitres de la province de I'Oueft. Il vous annonce que c'étoit
par- fuire de ce concordat qui prouveit l'attachemenr dès
hommes de couleur aux vrais principss des lois
il vous adit qu'enfuite de ce concordat les hommes françaifes; de couleur avoient : établi des municipalités : mais Sonthonax ne
vous a pas dit qu'avant ce raffemblement de troupe armée
à la Crots-des-Bouquets, les hommes de couleur ayoient
affaliné des blancs > avoient déjà détruit les
>
& avoientformé des bureaux de police, compofés municipalirés feulement
d'hommes-de couleur & blancs ; & J'interpelle Sonthonax
de vous déclarer fi, à l'époque de h confédération de la
Croix-de-Bouquers, , il n'exiftoit pas, dans prefque toutes les
paroilies de la province de' TOueft, un burem de police.
adminiftroit comme toutes les mnunicipalités précédemmen. qui
Sonthonax: J'ai dit que les hommes de coulenr ayoient
détryir, par-tout ouils paffoient, les corps populaires,des municipalités toutes compolées de blancs, 8c J'ai ajouté qu'ils
nelavoient, fait qu'en vertu du décret du I2 octobre, & de
celui du II février fuivant.
-
Senac: Le citoyen Sonthonax vous a rapporté le difcours
de Beauvais à Roume 3 mais il ne vous a pas lu le difcoursde Roume; auquel cette réponfe fe rapporte, & vais
vous en donner lecture. Je vais vous lire ce qu'il dit je aux
hommes de couleur à la confédération de la Croix-desBouquets.
Difcours du citayen
commifire-civil a Saint-Domingse, aux, chefs de
des citayens de
Prmtar
noncé le zojuillet 1792 ziré de En rapport à la
tior, en date du
RCNE
28janyier 1793 viewxfyle), prge 42,
e Je vous ai donné trop de preuves de mes
kc vous m'en
fentimens,
ayez trop donné de vorre confance, pour que
la confédération de la Croix-desBouquets.
Difcours du citayen
commifire-civil a Saint-Domingse, aux, chefs de
des citayens de
Prmtar
noncé le zojuillet 1792 ziré de En rapport à la
tior, en date du
RCNE
28janyier 1793 viewxfyle), prge 42,
e Je vous ai donné trop de preuves de mes
kc vous m'en
fentimens,
ayez trop donné de vorre confance, pour que --- Page 236 ---
je puiffe différer ples. long-temps à déchirer le bandeau
vous couvre les yeux.
qui
3, Vous êres les caians de la révelution, vous devriez en
être les plus agdens- défenfenrs i cependant vos amis
fes ennemis; ceflez de vous
font
-
que, les pompons blancs, CES, aveugler. vils fuppoes Poavez-vous de Fancien croire régime, des êtres bouffis de morgue & (de préreations, qui
demandent en France des ciafles de nobles & de roturiers,
qui veulenr ici des clafes dé grands planteurs & de perits
blanes, fe
croyez-vous quiisaiont, agi de bonne foi,
font joints à vous pour réclarmer en voure faveur loriqu'iis
lité des'droits politiques : Ils vouloient fe vengér de l'égaennemis ; ils vouloien: la guerre civile & le
leurs
des abus dont ils proftoicnt
récabliiemewe
pour agir feuls, ils vous ont autrefois; unis à leur mais, caite, > trop foibles
fant combattre pourla vôtre/Lifez dans les yeux enlparoifdu
des patriores
heur leur caufe 2 votre
les pàs la joie que votre bonavances, &
Hattes ils vous font dcs
rre
denouveaux leurs démarches ne tendent qu'à relferrer par
femble. Lifez liens dans le les paéte fédératif que vous avez juré enla bafle jaloufie, s'y laiffe yeux'de yos prétendus amis, comine
nuyés de vous entendre reprocher appercevoir. fans N'ètes-vous ceffe de pas enfervices défintérefTes? Que font actuellement vos prétendus
blancs? Les uns, fuyant une ville où on cherche à leur poinpons
fe réfugient dans la plaine
continuer de
plaire, les
efclaves, & de fe faire FODISAE plus
corrompre
empécher la rentrée desprocureurs & gérens, dong-temps, don: ils ou pour
accaparer les falaires. Ceuxo qui reftent en ville ,à vetlent
cupent-ils : Ils font près de vous les
quois'ocniant Jes patriores, & luppolant des cemplots oflicieux, en calom- à,
alarmer, à reveiller vos hnaines, & à rallumer prepres les vous
de la difcorde. Voulez-vous tentrer dans
où torches
fiurdes préjugés vous réduifoient; foyez l'opprobre toujours les d'abdes pompons blancs, & iravaillez a la conire-révolation. dupes
Voulez-vous au cunrraire conferver.les droits
la
vous a reconnus; toyez les cnfans & les défenfcurs que France de la
révolution; ; devenez les amis des parriores', &
pour vous guider d'autre boulfole que l'atiemblee n'ayez natio- plus
mlew,
Roume
vous réduifoient; foyez l'opprobre toujours les d'abdes pompons blancs, & iravaillez a la conire-révolation. dupes
Voulez-vous au cunrraire conferver.les droits
la
vous a reconnus; toyez les cnfans & les défenfcurs que France de la
révolution; ; devenez les amis des parriores', &
pour vous guider d'autre boulfole que l'atiemblee n'ayez natio- plus
mlew,
Roume --- Page 237 ---
qui avoit été long-temps dans la
bien Lertn que
pompons blancs étoient les agens colonie, de la 3 favoit
revolution 5 &c c'éroit pour faire connoître aux
contrecouleur leur erreur, que Roume faifoit tout ce hommes de
voit pour les en féparer.
qu'il pouSonzhonax : Dans ce difcours de
il
a
chole évidente.
Roume, n'y qu'une
> c'eft que les hommes de
liés aux agens de la contre révolution, & couleur qu'ils les étoicnt
pleyoient pour réclamer l'exercice de leurs droirs. Par em- la
réponfe qui fuit, vous voyez les véritables fentimens des
hommes de couleur., car ils vous difent: 6 Pour
nos droits, nous avions befoin d'auxiliaires. Le conquérir diable
feroit préfenté J nous l'aurions enrégimenté. Ces
fe
fe font offerts, & nous les avons
meflieurs
mettant de croire qu'ils nous dupoient employés, P,
en leur perRoume avoit cru que les hommes de
liés
les agens de la contre- révolution , étoient couleur, dans leur avec
mais la preuve qu'ils n'étoient pâs dans le fecrer, c'efl fecrer;
paffoient des concordats diamétralement
qu'ils
cipes de la contre-révolution; c'eft qu'ils difoient oppofés aux prinnoiffons les pompons blancs, nous leur avons
croire : Nous connous trompoient; mais /oyex perfuadés
laiffé nous vous qu'ils
noncerons nous-mèmes. Je réponds
les déROS frères > dit Beauvais.
pour
reponds pour
ER
Le difcours de Roume, 3 après tout, > ne feroit que
des commiffaires civils, > qui ne peut pas être mife en T'opinion
avec les aôtes authentiques reconnus par les
balance
blancs. prétendus parriotes du Port-au-Prince blancs; car les
les concordars, & les ont fignés.
ont reconnu
Polverel: L'opinion de Roume,d dans fon difeours aux
hommes de couleur, étoit exactement la même
que nous avons manifefée dans notre lettre du que celle
1 fe garde bien de foupconner, encore moins 25 octobre.
hommes de couleur, d'être les ennemis de la d'accufer les
françaife. Il leur dit: Vos amis font les ennemis de révelution
lution. Et vraiment, nous le favions bien,
la révoperpétuellement: : leurs amis, c'eft-à-dire les nous l'avons dit
ils fe ferveient, étoient bien évidemment des hommes dont
la révolution françaife. Mais il n'en conciur ennemis de
hommes de couleur, ou la majorité des hommes pas de que les
fuffent les ennemis de la révolution françaife.
couleur,
Tome III. Fingt-neuyième liyraifon,
P
velution
lution. Et vraiment, nous le favions bien,
la révoperpétuellement: : leurs amis, c'eft-à-dire les nous l'avons dit
ils fe ferveient, étoient bien évidemment des hommes dont
la révolution françaife. Mais il n'en conciur ennemis de
hommes de couleur, ou la majorité des hommes pas de que les
fuffent les ennemis de la révolution françaife.
couleur,
Tome III. Fingt-neuyième liyraifon,
P --- Page 238 ---
234 toujours du concordat, du
traité Page: de paix.I1 Sonthonax vous argumente dit : Si les hemmes de couleur de euflent ils
dans leur traité
paix
des conmersroludiephuines démandé T'exécution des lois nationales. Mais
ma pas de couleur avoient dans leur traité de
fi les. hommes
aux lois nationales, les blancs
E
préfenté une foufcrit. infraction Mais voulez- vous être inftruits de
auroient
a, été fait? Vous êtes bien
lefprit ba lequel ce concordat
cônvaincus
Jumécourt étoit un écrivoit conmerévoluionnare le 13 (eptembre,
Eh bien! der ce que Jumécourt
1791 à Pinchinat.
(Pagelit la lettre fuivante )
Lettre de M. Haaus de Jumecourt à M. Pinchinat, de l'armée homme de
de couleur-, & chef du confeil otiobre adminiftracif 1791.
la Crois-des-Bougiets, du e 13
Thonneur de vous
c Vous trouverez, dans ie paquet les quejai des Gonaives, des
adreffer, les circulaires pour Sainr-Mare, paroilles Larcahaye, MireVerretes > Petite-Riviere,,
Jacmel,
balais, Léogane, le Grand-Goave, & deux circulaires Reel pour Fort-auCaves-lacma, Beynet,
de MM. les citoyens de
Prince, & une à l'adreffé générale de M. Caradeux, capitaine
cette paroille, - l'autre nationale àl T'adreffe du Porr-au-Prince. Je prie infgénéral de la garde Petit de faire partir les paquets fans retard, >
tamment M.
nos députés pour mardi.
afin
nous ayons de former un plan de, concordat actuel qui
>> 9Ea le projet Yancien, & ne fera qu'ajouter le déveloplailfera fublifter
que la policion actuelle doit
pement fucceflif des changemens d'ici à demain foir, me commuamener. Si vous de pouvez, votre armée far différens objers , je rendrai
niquerles yues facile à corriger dimanche, oi je me réndrai
mon plan plus le concerter avec les chefs de votre armée.
au bourg, pour
du pouvoir exécutif en la perfonne
> Le rétabliffement
ou non des bataillons,
de M. Cou:ard, Tembarquement m-mbres de laffembiée provinciale & de
Texil ou non des Térabliffement d'une garnifon de douze cents
la muinicipalité
le porean-Prince, l'érabliflement des
hommes au moins.dans dans les quatorze paroilfes, a la place des
bureaux de police
ée.
au bourg, pour
du pouvoir exécutif en la perfonne
> Le rétabliffement
ou non des bataillons,
de M. Cou:ard, Tembarquement m-mbres de laffembiée provinciale & de
Texil ou non des Térabliffement d'une garnifon de douze cents
la muinicipalité
le porean-Prince, l'érabliflement des
hommes au moins.dans dans les quatorze paroilfes, a la place des
bureaux de police --- Page 239 ---
municipalirés, d'ici à l'arrivée des commiffires civils, uni
fervice pour M. de Mauduit, le jour ou le lendemain dà
Te Deum, & de la prife de poffetion : tels font les
fur lefquels il importe de connoitre la façon de penfer objers de
votre armée.
92 Une fois le plan du concordat arrêté entre
il ne
doir plus varier, & nous devons tenir ferme. nous,
3> Uine faut point accepter de traité avec le
à moins des conditions fuivantes :
Porrau-Prince,
>> 1°. Que l'ancien ordre des chofes foit
de municipalité, point de confeil d'adminiftration, rétablis point
d'aflemblée provinciale de l'Oueft, & fes arrêtés caflés point fans
jamais recevoir aucune exécution;
>> 2°. L'exécution des 'décrets des 8:8 & 28
>> :". L'exécution de celui du I2
mars;
octobre;
La promelfe de faire exécuter celui du I5 mais
fera arrivé officiellement; ;
widi
s
s s°. Un fervice pour de Mauduit.
>3 Hors. d ces conditions, point de trairé, On réuffira à
obrenir ces conditions, en tenant ferme, Ils tremblent, ils
en palferont ol'on voudra 32.
Tout-à-Theure, citoyens 2 vous avéz dû obferver qué
Sonthonax vous a dit que c'étoient les blancs qui aveient
rompu & caflé le concordat.
Ciroyens, fij'avois eu la parole fur l'affaire du Port auPrince > je vous aurois préfenté quinze ou vingt pièces
(car je n'aurois pas fait de raifonnement) ) qui vous auroient bien convaincus que l'armée fédérée à la Croix-des
Bouque:s étoit compofée d'hommes de couleur & de blanes
qui étoient tous des conrer@roluiomeincs, & que ia municipalité du Poreau-Prince n'a ceffe de folliciter ceshonmes
de revenir dans les mnurs du Portau-Prince; 8c ceshomn.es
ne vouloient pas revenir, julqu'à ce que l'on eêr exécaré
ponétuellement & littéralement ce que je viens de lire.
Sonthonax : Je réplique fur cette pièce, Je rends graces à
Page, qui vient de plaider fort bien la caufe des
de conleur. Il vient de voused dire que Junécourt écrivoir hommes à
Pinchinat pour lui dire de préfenter à fon armée un
de conccrdar. Jumécoure ajoute : IL 92 bon ds connoiere plap les
ntentions de votre armie fiur: ce nouyea phin Il aeniuite
P 2
lement ce que je viens de lire.
Sonthonax : Je réplique fur cette pièce, Je rends graces à
Page, qui vient de plaider fort bien la caufe des
de conleur. Il vient de voused dire que Junécourt écrivoir hommes à
Pinchinat pour lui dire de préfenter à fon armée un
de conccrdar. Jumécoure ajoute : IL 92 bon ds connoiere plap les
ntentions de votre armie fiur: ce nouyea phin Il aeniuite
P 2 --- Page 240 ---
1;6 le renvoi des bataillons d'Arparlé de ce plan ou il ftipule le retour de l'ancien régime, colo- des
tois k de Normandies Y'exil des membres de Talfemblée de Jumébureaux de police,, évidemment, d'après la lettre étoit évidemniale. Vous voyez Yeiprit des hommes de couleur Jumécourt dit:
court, contraire que
au plan quil propofoir. ils en paftront
ment
votre armée fur le nouveau plan., hommes de couleur
Confulter o2 nous voudrons. Eh bientles Leshommes de couleur,
par-tout les ptincipes de Jumécourt.
de
rejettent) lieu de fuivre les propofitions Ccomm-resciedornalité un traité où les bataillons
au
dictent âux blancs font pas injuriés, où iln'eft
Jumécourt, d'Artois & de Normandie ne
& on rejette le fervice
queltion. de leur emberquement, demande mécellairement, par un arE M. Mauduit ;ol on des mnunicipalités. Vous direétement voyez bien
ticle, le -enouvellement des hommes de couleur étoient
Juque les intentions
le conureréroluionnaire, loin
contraires au plan,
ST T'inverle de Page que, des
D'onje
EE
mécourt.
fuffent les
atara
lcs hommes de couleur
les
blancs
fgs
que blancs, c'étoient au contraire les pompons pompons blancs n ont
pons éroient leurs inftrumens, puifque aux hommes de couleur
de faire adopter
infame,
pas eu Tafcendant à la Croix - des - Bouquets, perdre un concordat le peu de patriores
campés
qaia/auroir fait que Vcilà ce que j'en conun concordat exiftoient parmi leurs ennemis. monde en conclura : voilà ce
clus; qui voilà ce que tout vous- le mêmes. Il.eft bien évident desque vous en conclurez Jumécourt confulte l'armée de la Croie jl n'étoit
que, Bouquets puifque fur un traité contre - de révolutionnaire la Croix - des-] , Bouquets
bien sûr que cette armée Il eft évident qu'au lieu d'ètre de la
E: contre- révolutionnaire, elle étoit dans les principes le nouveau
contre- tevolutionnare. francaile, puifqu'au lieu d'accepier énoncées dans le
révolution
dans les propoftions
abfolument
plan, on perlifte du 23 octobres & qu'on rejette Ce font les
traité de paix
de Jumécourt.
ce plan contre" - révolutionnaire qui rejettent ce plan contre-sevelution
hommes de s'en couleur tenir aux lois françailes. ou le traité de paix
naire
eft de fait que le concordat propofitions dernières.
PFT ellentiellement les quatres
contient
'accepier énoncées dans le
révolution
dans les propoftions
abfolument
plan, on perlifte du 23 octobres & qu'on rejette Ce font les
traité de paix
de Jumécourt.
ce plan contre" - révolutionnaire qui rejettent ce plan contre-sevelution
hommes de s'en couleur tenir aux lois françailes. ou le traité de paix
naire
eft de fait que le concordat propofitions dernières.
PFT ellentiellement les quatres
contient --- Page 241 ---
Là prer mière propofition a fouffert des modifications l'armée, ; mais dans
voici comment s'eft expliqué le confeil de
la lettie qu'il a écrite à la municipalité du Port-au-Prince, novembre
qu'elle follicitoit de venir dans fon fein le 29
1791.
Fage lit:
Lettre des hommes de couleur fédérés à la Croix-des-Beuguets
ayec les conre-brolatiounaird
comce Le 29 novembre 1791, le confeil de l'armée,
pofée de citoyens réunis des diverfes paroiflès de la province
de l'Ouef, campée au bourg de h Croix-des-I Bouquers >
s'eft aflemblé pour conférer fur les paroles de paix apportées par M. de Grimouard, commandant les forces navales à Saint-Domingue, préfent au confeil.
du
2> M. Courard, maréchal des camps & armées
roi,
commandant la province de l'Oueft, invité & préfent à la
féance.
du Port-
>2 M. de Grimouard a dit que la municipalité du vaifleau le
au-Prince étoit venu le trouver hier à bord
des
Boréc, & l'avoit prié d'employer fa médiation auprès
chefs de ladite armée, pour les engager à la paix , & arrêter
ce moyen les malheurs qui menacent la province,
par Tahera de ceux dija arrivés au Por-au-Prince.
mûrement examinée,
s La matière mife en délibération &
après avoir difcuté & approfondi tous les moyens qui peuvent
rétablir la tranquillité & le bon ordre, pour prendre ceux
qui doivent entrainer le moins d'inconvéniens:
>> Le confeil 3 prenant en confidération les mnotifs qui ont.
occafionné Tatireuxévénement quia eu lieu au Port-au-Prince
le 21 du préfent mois, bien fondé à prendre les précautions
néceflaires à la sîreté de l'armée & de tous les honnêtes
defirant enfin une paix folide & inalérable, &
Eaia fauver
reftes chancelans de cette colonie que les malintentionnés ont livrée aux malheuts les plus affreux, demande préliminairement,
32 :o. Qu'avant l'entrée de l'armée au Port-an-Prince,
la troupe de Pralote, dite autrement artillerie nationales
P 3
néceflaires à la sîreté de l'armée & de tous les honnêtes
defirant enfin une paix folide & inalérable, &
Eaia fauver
reftes chancelans de cette colonie que les malintentionnés ont livrée aux malheuts les plus affreux, demande préliminairement,
32 :o. Qu'avant l'entrée de l'armée au Port-an-Prince,
la troupe de Pralote, dite autrement artillerie nationales
P 3 --- Page 242 ---
2;8
foir défarmée & embarquée, à l'exception de Praloto & de
Einfle fon lieutenant, qui feront remis entre les mains de la
jultice pour être informé de leur conduite. Les armes & munitions de cette troupe feront remifes dans les magalins du
rci;
2°. Que le corps des gardes navales foldées foit également défarmé & embarqué, & que leurs armes & munitions foient de méme remifes aux magalins du roi;
92 3". Que lcs chefs des brigands & autres incendiaires
du Port-au-i'rince foient de méme embarqués, fuivant la
lifte qui en fera fournie, d'après les informations prifes &
à prendre à ce fujet;
35 *. Que la remife du fort Saint-Jofeph & de celui de:
Bal-Air, àvec l'artillerie & munitions néceffaires à leur
garde, foit faite à l'armée pour être gardés par elle, fauf
a augmenter les fortificarions de Bel- Air, 3 s'il y a lieu,
Tous les autres poftes, à l'exception de ceux qui font con:
fiés à la garde nationale, feront réfervés aux troupes de
ligne..
32 s". Il fera procédé de fuite à une nouvelle formation
de la garde nacionale. $>
La féance eft levée.
Le regitre desprifences ef Signé, J.PH. GARRAN
FoucHE (de Nantes), LSCOINTE (des Deax-Sevres),
ERÉGOIRE, F. LANTHENAS.
Tous les autres poftes, à l'exception de ceux qui font con:
fiés à la garde nationale, feront réfervés aux troupes de
ligne..
32 s". Il fera procédé de fuite à une nouvelle formation
de la garde nacionale. $>
La féance eft levée.
Le regitre desprifences ef Signé, J.PH. GARRAN
FoucHE (de Nantes), LSCOINTE (des Deax-Sevres),
ERÉGOIRE, F. LANTHENAS. --- Page 243 ---
Du 16 ventéfe, l'an croifème de la République françaife
une & indivifible.
ON fait leéture des débats de la féance de la veille. La
rédaction eft adoprée. Pour
à la commiflion des colonies &
Sonchonax :
prouver commiffaires civils ne veulent pas
à la Convention que les
avoir lieu fur lcurs aétes &
éloigner les débats
doivent
à la
leurs actions dans fE colonie, je renonce expreffement
parole fur la quellion que je traitois hier, & je demande
que Ton palle. à Tordre du jour.
Duny : Les colons y renoncent aufli à l'unanimité. l'efPige: Nous renonçons expreffement à la parole fur
public, Lors de la difcuffion des aétes de-Polverel &
les hommes de couleur
ELASE > nous prouverons que révoltés de la province du
étoient coalifes avec les nègres
Nord.
:.
Le préfident : Alors, citoyens, il fant exécuter V'arvête de
la commillion qui ordonne que vous polerez les cheis d'accufaion. Sonthonax: J'obferve qu'ily a une queftion. à trairer, &
qui n'eft
longue : ceft l'é:at phylique de la coionie de a
répoque R notre arrivée ; cela ne doit pas durer plus
dix minutes : je crois bien qu'il n'y, aura I la-delius aucune
réclamation,
Brulley : Oui, tout de fuite; c'eft ce que nous démiandons
depuis très-long-temps.
Senac : Nous fommes des trois provinces ici; il'eft pof.
fible que chacun de nous fe charge, lun du Nord,Tauire
de TOueft, l'autre du Sud. Il eft defirable que vous clafiez
par. ordre les différens chefs d'accufation, afin que la'com- &
miflion puiffe avoir devant elle le rableau des débats
Yordre dans lequel ils doivent être fuivis.
-
P 4
eft ce que nous démiandons
depuis très-long-temps.
Senac : Nous fommes des trois provinces ici; il'eft pof.
fible que chacun de nous fe charge, lun du Nord,Tauire
de TOueft, l'autre du Sud. Il eft defirable que vous clafiez
par. ordre les différens chefs d'accufation, afin que la'com- &
miflion puiffe avoir devant elle le rableau des débats
Yordre dans lequel ils doivent être fuivis.
-
P 4 --- Page 244 ---
Perncuil: Cela fera claffe par ordre.
verai Brulley : Les chefs feront claffès par
vous obferfurles fenlemen: que comme la dilcuflion ordre:je qui va
différens chefs
s'engager
rapports enre eux, d'acularion; peur faire varier qri ont la certainement des
chefs d'acculation, nous
rédaction de CES
cufations nous le
entamerons le premier chef d'acnous paflerons dépoferons fur le bureau, figné de nous;
fuire anfi far le après bureau. ccla au ferond; nous le dépoferons enrété Polverel: de la, J'obferve que ce n'ef pas là l'exécution de l'arcommiflion.
fond Soncho l'étar ex : Ii faudroit, à ce quil me femble, couler à
colons, gui phyfique fe de la colonie: il eft bon que les' citoyens:
civils, entendent font portés accufareurs des commillaires.
commiflion. La très-bien le vérirable fens de l'arrêté de la
parr & d'autre commiflion a arrêté que les accufateurs de
cufations, ainfi établiroient avant tout la férie de leurs acpourfuivre,
qu'eiles font conçues, ainfi. qu'ils deivent la
la Brulley : A cet égardje demande à faire une obfervation à
fonr commiffion liés les : il eft indubirable que les chefs d'accufation
duite de Polverel uns aux aurres, puilquils font bafés fur la condifcurera
& Sonthonax dans Ja colonie;
à
un des actes, dans le
loriqu'on
cet adte
dévelorpement qui fera donné
que le
relativement au chef d'accufation, il eft
gement développement de cette difcuflion apporte uil
quelconque à la
fae
les différens chefs rédaction d'un fecond chef. Pour
lar, la rédaétion définitive d'accufation vous foient préfentés
je crcis, car nous ne difcuterons qui deit refter fur le bureau,
facion enfemble, mais
pas tous les chefs d'accucrois donc qu'il fercit nous néccffaire les dilcurerons alrernativemnenes
E bureaa à furkà melure les différens que nous miffions-f fur
afin de ne point al:érer ce que nous mettrons chefs d'accufarion,
& de n'en pas changer la
fur le bureau
lorlqu'on di'curera. tel ou tel rédaction; chef,
ce qui peur arriver
développera des idées qui enrraîneront parce nécelfairement que la difcullion
diveloppemens différens, & cela doit influer fur la
des
tion: c'ef pourquoi nous demandons qu'a fur & à rédacqie nots préfenterons un chef d'acculation, noys mefure foyons
ons chefs d'accufarion,
& de n'en pas changer la
fur le bureau
lorlqu'on di'curera. tel ou tel rédaction; chef,
ce qui peur arriver
développera des idées qui enrraîneront parce nécelfairement que la difcullion
diveloppemens différens, & cela doit influer fur la
des
tion: c'ef pourquoi nous demandons qu'a fur & à rédacqie nots préfenterons un chef d'acculation, noys mefure foyons --- Page 245 ---
tenus, conformément à l'arrêté de la commiffion, de le
remettre fur le burenu, figné de nous 3 alors cette rédaction reftera & nous la difcuterons.
Pelverel : Les colons, en fe déclarant nos
ont de favoir ce dont ils' prétendoient nous accufer; accufateurs, ils ont
AG & ils doivent éncore venir ici tout prêts avec leur accuation libellée dans tous fcs chefs; ils ne doiven: pas venir
modifier, fuivant les circonftances,leurs différens chefsd'accufation, mais ils doivent venir avec un libelle d'accufation,
eft-à-dire exécuter purement & fimplement l'arrêté de la
commiflion, qui oblige les accufateurs à pofer d'abord &
préliminairement la férie des inculparions que chacun d'eux
prétend porter contre nous.
Brulley: Je n'entends pas parler ici du fond de l'accuation : depuis long-temps le, fond d'accufarion eft
es actes de Polverel & Sonthonax font
prèt;
tonnus > leurs forfaits à Saint-Domingue trop trop publics, avérés, trop
jue nous puiflions varier fyr les chefs d'accufation.
he
ici
Nees
parlons
que de lal rédacion, parce
eft
ncore un coup que la difcuflion puiffe faire qu'il varier poflible cette
édaction; & c'eft pour qu'elle foit invariablement fixée &
u'elle foit dépofée fur le bureau telle qu'elle doit refter;
ue nous demandons'à à préfenter les chefs à mefure
nous
Ps déclinerons.
que
Duy : Et que nous les figncrons.
Polverel: Si Tarréré de la commiflion ne fuffifoit pas
Aire la loi aux accufateurs, j'invoquerois un
pour
(
, qui eft de tous les temps & de tous les lieux; principe c'eft généaccufareur ne peut ni varier ni divaguer dans fes accu- que
'ions; ; il doit déterminer une accufarion certaine dans les
airs & dans les circonfances.
La commiflion fort.p pour délibérer. Elle rentre.
Le préfident : Voici l'arrêté que la commiflion a
le 8
entôle.
pris
Il lit l'arrèté fuivant:"
ce La commiflion, voulant établir, dans la difcuflion
e feit devant clle, l'ordre le rlus propre à la
çui
e la vérité,
manifeftation
doit déterminer une accufarion certaine dans les
airs & dans les circonfances.
La commiflion fort.p pour délibérer. Elle rentre.
Le préfident : Voici l'arrêté que la commiflion a
le 8
entôle.
pris
Il lit l'arrèté fuivant:"
ce La commiflion, voulant établir, dans la difcuflion
e feit devant clle, l'ordre le rlus propre à la
çui
e la vérité,
manifeftation --- Page 246 ---
242 après que la partie des débats
3 Arrète qu'immétinvemenr
à l'arrivée de
relative à Tétat des colonies terminée, antérieurement ceux des citoyens adPolverel & Sonthonax fera,
ou fe porteront acculamis aux débats qui fe font férie portés des différens chefs de leur:
tateurs prefenteront la
2cculation. >>
ordonne de vous conformer à cet
Ia commiflion vous
arrêté.
d'accnfarion
Bralley : Demain nous vous préfenreronslade doit èrre authentique, il faut
figné de nous 5 cette piece Nous allons vous donner une
foit fignée de nous. de la cclonie à V'arrivée de Polvetel
RRCs de Pérat phylique
Yont demandé Folverel & Son-
& Sonthonnx, ainii que
thonix eux-mêmes. Dans quel état Polverel, Sonthonax &
Thomas Miliet :
à leur arrivée , la parrie fransaile &
Ailhaud crouvèrent-ils, C'eftce que je vais examiner; puic
de Saine-Domingues : remettre fous les yeux une carre de
que vous pouvez vous
me fuivre, en commencant
Saint-Domingue > vous pourrez dans la partie du Nerd. Dans la
àn Ja frontière cfpagnole,
Ousnamninthe eft
Tordie.que, je.v viens. de vous indiquer,, trançailes : les hommes
premicre cummune des poffefions
avoient fait des
de couleur, dévaltareurs de nos contrées, y
inçuriions S: avec les nègres révoltés. n'eft ici quellion que de Tétat
Sonchoras-Fobienve qu'il fans quoije ferois oblisé de répondie
phvfique dela colonie, feroient faites, par Thomas Millet
aux incu'pations étcit qui l'état des paroilles, fa: s dire qui les.a
Qndieqmel incendiées.
ou-nolsa pas
eft la première commune
Thomas Millet : Ouaneminthe des incuifions confidérables y
des pollations françaifes les cuicures :
y étoicnt prodisiculenent
avoicnt, éré faites; & grand nombre de proprictaires yavojent
endommasées,
ville & pofte important,
été maffacrés. Le fort in adt, Dauphin, ainfi que les culures qui Tenvi- fur
étoit abfolument
communes lituées
ronnoient. Vallière & Scinre-Safanne, en café, avoient été abfolument
des montagnes cultivées entièrement en la poffetlion des brigands. 03
dévaflées & étoient
, éré faites; & grand nombre de proprictaires yavojent
endommasées,
ville & pofte important,
été maffacrés. Le fort in adt, Dauphin, ainfi que les culures qui Tenvi- fur
étoit abfolument
communes lituées
ronnoient. Vallière & Scinre-Safanne, en café, avoient été abfolument
des montagnes cultivées entièrement en la poffetlion des brigands. 03
dévaflées & étoient --- Page 247 ---
e Trou & le Terrier-Rouge, lun & l'autre cultivés en
ucre, > n'avoient éprouvé aitcun dommage ; cinquan.e-deux
ucreries y floriffoient, & promettoient, non-feulement d'aondantes reffources au commerce français, mais encore des
aoyens de réparation pour les quaitiers environnans. Linonade, le quartier Morin, lai Grande-Rivière, le Donon, la Petite-Anfe & la Plaine-du-Nord, CES fix ccmjunes, qui fc terminent à la vilie du Cap, éroien. abioment livrées aux brigands; leur fol, le plus riche &le
lieux cultivé de l'univers, couvert de magnifiques établifmens & des planrarions les mieux ordonnées > avoient été
proie des flammes & des dévaftations 5 les propriétaires
ui n'avoient
été maflacrés s'étoient réfugiés dans la
ille du Cap. PE2A brigands, dans toute cette étendue $
avcient pas un pofte
pût tenir; le mal étoit grand,
ais il étoit réparable. f palle à la ville du Cap.
Elle étoit foriffante > fa rade.c couverte de vailleanx; elle
voit fervi d'afyle aux colons français chaflés de leurs proriétés; une forte paliflade, queiques poftes avec du canon,
furveillance des patriotes qui fecondoient les vues des
orps populaires, une police bien adminiftrée, les mefures
S plus fagement combinées pour la tranquillité in:éricure,
ut alluroit le repos de cette ville. Lacul, commune qui
it immédiatement le
étoit dans le même état que
iles dont je viens de ate le détail..
Sonthonax : On croiroit que vous voulez dire que cette
ommune étoit dans le même état que celle du Cap. Dites
onc que cette commune éroit dans le même état que les
ommunes' don: vous vonez de parler avant celle du Cap.
Th. Millet : Eile étoit dévaftée.
Sonthonax: Dites : Lacul étoit dévafté comme les comunes dont je viens de parler.
Thomas Millet :LeLimbé, le port Margot avoient éprouré
même fort; mais les habirans de ces communes, réunis
armes, avoient réconquis leurs propriéiés, ,sy maintebient.
Verneil: : Le Limbé n'étoit pas bralé; il étoit en la pofflion des brigands; il n'y avoit que quelques habitations
ilées, le refte étoit intact.
Thomas Millet : Si vousm'euffiez laine achever, vous au-
Millet :LeLimbé, le port Margot avoient éprouré
même fort; mais les habirans de ces communes, réunis
armes, avoient réconquis leurs propriéiés, ,sy maintebient.
Verneil: : Le Limbé n'étoit pas bralé; il étoit en la pofflion des brigands; il n'y avoit que quelques habitations
ilées, le refte étoit intact.
Thomas Millet : Si vousm'euffiez laine achever, vous au- --- Page 248 ---
244 fucreries avoient repris leurs
riez vu que j'ai dit ceia : les
rérabliffoit.
travaux, , T'ordre Thomas s'y
Millet fe trompe 3 Vérncuil avoit
Sonthonax :
Milraifon. Lepréfident : Il vaut mieux laiffer continuer aura Thomas pu comlet, & relever enfuite les erreurs qu'il
mettre. Millet : Les (ucreries avoient repris leurs tràvaux de
Thomas
rérabliftoit, & bientôt toutes les traces
& l'ordre sy
promettoient les plus gtands fucla dévaftation difparoiffant La Marmelade, le Borgne, Saintcès à ces deux communes. Plaifance, le Gros-Morne;1 le Pore-de-Paix, Gibraltar de
Louisdu-Nord, Terre-Neuve; le Mole, le
onze
ville; Jenn-Rabel, Bombarde, le Port-Apiment 5 ces qui
Sanc-Domingue; n'avoient éprouvé que des incendies partiels
cormunes
une petite partie de celle
fur Jean-Rabel,
ne portoient que &c de celle du Por-de-Patss la partic la
de Terre-Neuve mieux cultivée de cette dernière étoit
plus précieule & étoit la la fituation de la partic du Nord: de
confervéc. Telle
la compofoient , dix-huit, dont
vingt-fept villes, communes & lifle at1 la Tortue > pouvoiens confommer des bàquatre
nombre de cargaifons
chaque année un très-grand
denrées
dont la
timens français, 8c exporter ces
précieufes
France fe trouve aujourd'hui privée.. la grande rivière d'Ennery,
Jc pafle à la partie de TOueft:1 rivière de TArtibonite 3 Saint-Mare,
les Gonaives, la perire
le Mirbalais & la Croixville: les Verrètes, P'Arcahaye,
la partie fepdes-Bouqners, huit communes étoient nefeppellerail dans Yétat le plus Horiflant:
tenirionale de TOueft, occafionnées par les opinions poli- des
quelques Huéustiens, la dévaftation dans la partie
tiques, avoient porté étoit, dans ce quartier, dans le
Verrères; mais tour
ville &
E
floriftant érat de culture. Le Port-au-Prince, avoit été
dans l'ancien régime,
du gouvernement
activité fes
E
bralé en 1791. L.indufisieufe de lincendie,
qu'eniièrement
les déiaftres
fon
habitans réparcit promptemenr à renaitre de fes cendres :
& cetre ville commençoit
recevoit un grand nombre
port, vafte, sur & commode, étoient Venurepôt de
de vailleaux, & fes magafins de Y'Oueft. Léogane,
l'ancien régime,
du gouvernement
activité fes
E
bralé en 1791. L.indufisieufe de lincendie,
qu'eniièrement
les déiaftres
fon
habitans réparcit promptemenr à renaitre de fes cendres :
& cetre ville commençoit
recevoit un grand nombre
port, vafte, sur & commode, étoient Venurepôt de
de vailleaux, & fes magafins de Y'Oueft. Léogane, toutes les denrées des commupes --- Page 249 ---
ntoutée d'une plaine richement cultivée, avoit éprouvé
quelques incendies , mais feulement dans les cannes à fucre,
k les bâtimens n'étoient pas endommagés. Le grand Goave
étoit intaét. Le Petir - Goave fut le théâtre des maffacres;
aucune commune de la partie de FOueft n'avoit autant foufFert en ce genre; les atrocités avoient fait difparoitre la
plus grande partie de la population blanche, mais les cultures étoient confervées.
edlentre Cela n'eft pas dans la fituation phyfique.
Thomas Mill.t : Comme il eft néceffaire d'entrer dans
'état phyfique, & que les hommes font des êtres phyiques.
e
Polverel: En ce cas, il faut rouvrir la'difcuflion.
Thomas Millet : Les' plantations n'exiftoient pas feules 5
a y avoit des hommes deffus pout les cultiver; ce n'eft
Honc pas hors-d'ceuvre, La ville de Jacmel avoit été auffi
brâlée à la fin de l'année 1791; mais les cultures éroient
Horiflantes, & l'énergie de fes habitans les avoit rétablies.
Les Cayes - Jacmel, Baynet, l'Anfe-à-Veau, ces trois derhières communes de la province de I'Oueft étoient conferrées. Il réfulte de cet apperçu
la partie de I'Oueft étoit
en général Hloriffante, & que R cultures promettoient au
commerce des reflources infinies. Je paffe à la province du
Sud. L'état du fouds de nègres du Petit-Trou étoit femblable à celui de P'Anfe-à-Vean dont je viens de parler. Les
Cayemites,, Jérémie, les Abricors, le cap Dame-Matie,
Tiburon, n'ont jamais fouffert aucen dommage ni dansles
sultures ni dans les bârimens de manufactures, hors
incendies
dont nous avons parlé dans
RME
Hébars ques précédens, partiels faits dans le quartier du fond d'Icaque
& dans quelques cantons de la commune des Cayemnites;
ces communes,ne fe reffentoient donc pas de la calamité
publique qui frappoit nos malheureufes contrées; fuccès. la- paix, Les
labondance Y. régnoicnt, & tout promettoit des
de
Côteaux, foible commune, > les Cayes, troifième ville
la colonie, entourée de plaines immenfes, ainfi que la
commune de Torbeck, avoient été ravagées
l'incurfion
de Blanchelande. La ville des Cayes,
intacte,
SOCTIRLI
fervoit d'afyle aux habirans des commuines environnantes
qui sy éroient réfugies. Cavaillou, Saint-Louis, ville &
, & tout promettoit des
de
Côteaux, foible commune, > les Cayes, troifième ville
la colonie, entourée de plaines immenfes, ainfi que la
commune de Torbeck, avoient été ravagées
l'incurfion
de Blanchelande. La ville des Cayes,
intacte,
SOCTIRLI
fervoit d'afyle aux habirans des commuines environnantes
qui sy éroient réfugies. Cavaillou, Saint-Louis, ville & --- Page 250 ---
fortereffe, Aquin, tous les trois derniers de la province du
Sud, où il y a eu quelques incurfions, > quelques
taires affaflinés ; mais les cultures étoient intactes, proprié- l'ordre
fe rétablifloit, La province du Sud, quoique plus maltraités
que celle de l'Oueft, l'étoit cépendant moins que celle du
Nord.
Aulli de cet apperçu il réfulré que Saint-Domingue offroit
encore de bien grandes reffources au commerce national, de
bien grands moyens de réparations pour les communes dévaftees; il en réfulte que Polverel & Sonthonax n'avoient
qu'à voulir.
Sonthonax: : Il ne s'eir pas de cela.
Thomas Millet:Cef la conclufion.
Le préfient': Cette conclufion entamera des difcuflions.
Thomas Millet : Voila l'état phylique.
Polverel : Je demande à répondre demain
ce
regarde les provinces du Sud & de T'Oueft; Sonthonax pour vous qui
rendra compte des parties du Nord.
La féance eft ajournée à demain.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Pr. GARRAN,
3 F.LANTHENAS, FoUcHE (deNantes), GREGOIRE;
(des Deux-Sèvres
Eoasl
), fecrétaire 5 PAYRE. --- Page 251 ---
Du 17 ventôfe, Pan troifième de la République françaife,
une & indivifible.
U N fair lecture des débats recueillis dans ia féance d'hier;
la rédaétion en eft adoptée.
Polver.l : Citoyens I > d'après le tableau qu'a préfenté hier Thomas Millet de lerar de la colonlie de SaintDomingue au moment. de notte arrivée, vous tericz tentés
de croire que certe colonie avoir à peine reçu quelques
légères égrarignures faciles à guérir par elles - mêmes, ou
du moins très-faciles à réparer avec les moindres fecours
qu'on auroir voulu y. porter, Je n'oppoferai pas à ce tableau
ce dont je fuis inftruit per(onnellement , ce que j'ai vu,ce
que j'ai entendu dire fer les licux; cela n'abouriroir qu'a
des allégations & des dénégations perfonnelles; ce que je
veux évitèr autant que polible. Je vous préfenterai donc
le tableau de la colonie à notre arrivée 2 d'après les corps
populaires eux-mèmes, d'après les colons eux-mémes, &
d'après des pièces officielles.
D'aberd, Tur la fituation de la partie du Nord, voici
ce que, nous a dit le préfident de alibmnbieprovincble du
Nord, le 20 feptembre 1792, lejour de notreintallarion,
trois jours après notre arrivée, en préfence de l'aflemblée
coloniale, > de tous les
populaires & de tout lepeuple
affemblé dans la ville sEP du
Il lit :
Difcours de M. Joubert, préfident de l'affembiée provin
ciale du Nord.
ec. La province du Nord dans laquelle vous abordez, 8c
dent nous fommes les repréfentanss cette province jadis G
Horiffante, & qui a éré la fource de tant de furtunes folidement érablies en France, va vous, ofrir le fpestacle le
plus déchirant.
tout lepeuple
affemblé dans la ville sEP du
Il lit :
Difcours de M. Joubert, préfident de l'affembiée provin
ciale du Nord.
ec. La province du Nord dans laquelle vous abordez, 8c
dent nous fommes les repréfentanss cette province jadis G
Horiffante, & qui a éré la fource de tant de furtunes folidement érablies en France, va vous, ofrir le fpestacle le
plus déchirant. --- Page 252 ---
d'un an, elle eft prefque entièrement au
93 Depuis plus
révoltés. Moitié de fes habitans a péri
pouvoir des efclaves
ou a
fous le poids ac1
fiucombé
Jous le fer de ces afafins , de 3000 habitations font couvertes
cablant de la misère; plus
dans ce nombre il n'en eft
de cendres & de décombres été 3 le & théâtre de quelque fcène horpoint qui n'ait foit encore teint du fang de fes
ERETT & dont le fol ne
anciens maitres. 32
encore & dans la même (éance 3
Sur la même partie difoit, toujours en préfence de T'allemblée
voici ce que nous
de la municipalité
coloniale, de l'affemblée de la provincials, ville du Cap > le père préfet do
de tous les habitans
la colonie.
Difcours du R. P.préfet.
civils,
9> Meflieurs les commifire-nationats
font
fomme en eft incalvous
connus;la
>> Nos malheurs colonie, la plus Horiffante de T'univers, cette
culable. Cette
, ne peut offrir à vos yeux
riche portion de Yempire français
attendriffant : fes
qu'un (peétacle d'horreur toralement 5 un fpeclacle ravagées, dévaftées, tous
planrations précieufes renverfés ou dévorés par les Mammes, fon fol
fes édifices
du
de fes malheureux habitans
teint & fumant encoré fang de tout étal qui ont péti fous
de tout age > de tout fexe,
le fer allallin & parricide >.
de jours après le oétobre 3
Voici ce qu'éerivoit, peu
à
nade
tadernice
l'affemblée coloniale
Saint- Domingue de mots le tableau tant
tionale. Sa lettre préfente en de peu celle du Sud.
de la province du Nord que
Il lit :
col3niale de la partie frangaife de Saint-DominL'afemblée à P'elfemblée nationale, le 4 oltcbre 1792.
gue,
de
marchoit à grands
se La colonie Saint-Domingue des contre - edtset
vers fa defttudion der ordres les manceuvres du pouvoir exécutif. Depuis
tionnaires & tous les
long-temps
mots le tableau tant
tionale. Sa lettre préfente en de peu celle du Sud.
de la province du Nord que
Il lit :
col3niale de la partie frangaife de Saint-DominL'afemblée à P'elfemblée nationale, le 4 oltcbre 1792.
gue,
de
marchoit à grands
se La colonie Saint-Domingue des contre - edtset
vers fa defttudion der ordres les manceuvres du pouvoir exécutif. Depuis
tionnaires & tous les
long-temps --- Page 253 ---
lonig-temps la province du Nord ne préfenroit rius cue
des monceaux de cendres &t de décombres. Catie defOuelt,
victime défignée de la vengeance dés cnnemis de la révolumion, devoit à fa popalation- &aux batailions d'Arrois
& de Normandie une plus longue réfiftance. Enfn la province da Sud venoit d'ètre livrée au fer & à la flamme.
>> Les amis de la France 8 dela conftiturion dévorcient e
en fecret leur douleur & leur indignation, tandis que lim-"
peniré fuivoir le: crime dans toutes jes parties de
&.
lacolanie,
que les honrreaux du peuple. ofoient encore crier vengeance contre leurs propres victimes. Voila la pofition douloureufe dans laqucile MM. les commifjie-insianaurci
vils ont trouyé notre trop malheureufe colonie. >>
Voici ce que difoit encore plus fuccinétement fur le Nord
le, citoyen Laga-dans un dilcours que.je crois de lui, à
cette occafion. Je prie le citoyen prélident, de l'interpeller
de déclarer s'il eft ou siln'eft pas T'auteur d'un écrit
intitulé: Difcous hiftorique fer la caufe-é les défoftres de
l2 partic francaife de Saint- Doringue, établi Jir pièces
probantes dépojees ait, comité colonial e aux archives. de
femblée colbniale auprès de la Convencion nationale,
laf
Page: C'ef de moi.
Polverel: Voici ce qu'il dit en fe reportant à
du
21 aoft 1791, od a commencé la révolte des l'époqued
c
nègres,
55): Leizi 2 les
cette
plaines dé
ville n'offrent que (page le
pectacle affreux de la dévaftarion & de la mort.
(Page 16): Mais, le 13 feptembre 1791,
avoir" incendié ja plaine, depuis le Limbé Jufqu'2 lorfqw'après Limonade, les brigands repofoient indolemment fur les .ruines
qu'ils avoient faices.
(Page 18): Ceux qui s'étoient échappés
faite
ercrent
inutilement trouver un afyle chez les Efpagnols. parla Les
infortunés furent livrés à prix d'argen: aux révolrés, qui
payoient ainfile plaifir exécrable de fe nourrir du (poétacls
atroce du fupplice des blancs.
Tome IIl. Vinge-neavième livraifon.
Q
les .ruines
qu'ils avoient faices.
(Page 18): Ceux qui s'étoient échappés
faite
ercrent
inutilement trouver un afyle chez les Efpagnols. parla Les
infortunés furent livrés à prix d'argen: aux révolrés, qui
payoient ainfile plaifir exécrable de fe nourrir du (poétacls
atroce du fupplice des blancs.
Tome IIl. Vinge-neavième livraifon.
Q --- Page 254 ---
12fe
du Nord furent
Alors les montagnes de la province
incendiées.
entre les révoliés & les Efpagnols
>) Alors s'établirent & commerciales. En échange de
des relations politiques de quelques muniriens, les Elpagnols leurs requelques armes,
des blancs affallinés ;
cevoient les tiches dépouilles lcurs bètes de fomme, ceux de
mieubles, leurs denrées,
ou leur fidélité rendoient inuleurs nègres que leurjeunefie
tiles à leurs doffeins.
fertilesde TER, dominées par
>> Alersenin les campages étoient ouvertes aux brigands >.
les monragles dévaftées,
a
de Jean Rabel, qui fait partie du Nord,.
Sur le quartier
fait portie de TOuett, Hlit: :
& de TArcahaye qui
de
mefures
c
premetteient
(Page 39). De plus grandes révoltés devinrent des agens
nouveaux fuccès; &c lesateliers la loi du 4 avril
leur
d'autant plus dangéreux, des que fervices que les hommes t7ie couparoilloir être le libres prix aveient rendus au gouvernement,
leur & nègres
de cette loi que les ateliers jnfqu'alors
>> C'eft au nom de TArcahaye, de Jean-Rabel, &c.
fidèles des quartiers,
leurs habitations >,
égorgèrenr leurs maitres en brélant
de TArribonite & fur les montagnes. de
Sur les plaines de TOueft, voici ce que dit toujours
Saige-Marc, pertie
Page dans le même écrit, hommes page de 45: couleur. des Saint - Marc
cc Pendant que évacué les
le camp de-) la Croix - des - lgss
ceux qui &cles aveient blancs de la corporation ariftocratique dans les plaines daPom- de
quets pon blanc coalifés avec eux, fe portèrent Saint-Marc, pour yat
YArsibenite & furles mowragnesde furleursh habitations,
fafliner les parrictes qu'ilsfumprenoient
& révolter leurs atteliers. s'étoit fait à Saint-Marc un parti
>>, Le gouvernement domina pas toujours les parriores, qui eurent
puiffant qui quelque ne temps une. cerine fupésiorité. la
de la
pendant
anfoeratique s'éleva à
place
Une municipalité
premnière )).
de ICueft, à Tépoque du 12
Voici ce que dit de Pétat
leursh habitations,
fafliner les parrictes qu'ilsfumprenoient
& révolter leurs atteliers. s'étoit fait à Saint-Marc un parti
>>, Le gouvernement domina pas toujours les parriores, qui eurent
puiffant qui quelque ne temps une. cerine fupésiorité. la
de la
pendant
anfoeratique s'éleva à
place
Une municipalité
premnière )).
de ICueft, à Tépoque du 12
Voici ce que dit de Pétat --- Page 255 ---
25*
feptembre 1792, l'afferblée proviciale de I'Oueft, cinq
jours avant notre arrivée à Saint- Domingue.
Il1 lit :
Extrait des regiftres de L'afemblée provinciale & provifoirement adminijarative d: POneft - feance die 12 Jéptembre
1792.
e Sur la motion d'un membr., Taffemblée, confidérant
que > quoique lors de T'arrivée en cette vilie de'M. Roume,
commillaire narional civil, la loi du 4 avril dernier y eût
'é:é promuiguée, la province étoir néanmoins dans un tel
état, que 5 prefque dans toures les parries, l'agricultuire y
étoit délaillce, lcs arcliers yavoient été ou y étoient encore
plus ou moins infurgés, la circulationy étoit in: erceptée
& tout y. tendoit à la deftruction la.; plus prochaine & i
mpins inévitable 5
>, Confidérant que ce n'eft qu'aux fréquens, voyages de
M. le cemmifaure.national civil dans les diverfes paro:ffes
de la. province qu'ef dû le commencement du retour de
l'ordre de la part des ateliers, l'enmée en wille des denrées
fabriquées, la reprife des travaux de l'agrisulure, & l'efpoir
d'arracher aux décombres dela partie franchile de Saint-Domingue la province de T'Ouet, encore- foible gage du commerce français dans cette ifle 52.
Telle étoit, ciroyens de l'aveu des corps poliriques &
des colons eux-mèes, 1 fituarion des parries du Nord &
de lOueft, au mornent de notre arrjvée à Saine-Domingue.
Je dois ajouter ici une obfervation far, le calme apparcnt
qui commençoit à fe rérablir dans quelques parties de
l'Ouett, à l'énoque du mois de foptembre 1792,Le calme
n'étoit véritablement qu'apparent, c'étoirun calme trompeur.
Dans le quartier de Saint-Marc, de la'l Fetite-livière > des
Verreres &x de P'Artibonite
Th. Millet : Le calme ap,a arent ne pru:ras porter furles
culrures.
Polverel : Pardonnez-moi. Je me borne littérulement à
Q 2
l'Ouett, à l'énoque du mois de foptembre 1792,Le calme
n'étoit véritablement qu'apparent, c'étoirun calme trompeur.
Dans le quartier de Saint-Marc, de la'l Fetite-livière > des
Verreres &x de P'Artibonite
Th. Millet : Le calme ap,a arent ne pru:ras porter furles
culrures.
Polverel : Pardonnez-moi. Je me borne littérulement à
Q 2 --- Page 256 ---
arrivée. 232 Tous les ateliers de ces trois
f'état phylique a notre les mains d'en feul homme, , de Guyamparties étoient dans exciter ou appaifer en un inftant linfur- mains
bois, qui pouvoit
ils étoient entre les
rection des noirs. AlArcahayes
ils étoient entre
de Lapointe ; à la Croix-des-Bouques,
-les mains de Jumécourt. n'eft
là l'état
de la co"
Le prifdent : Ce
pas
phyfique
lonie.
Eh bien! à la bonne heure, que cela foit rePolverel:
tranché.
du peupie Lecointe : Quelles éroient lès
Lc repréfentant & quelles étoient les parties bralées 3
parties en culture,
Voilà Polverel: la queftion. Je' Fai dit d'aprèsles corps populaires.
l'enQuant à la partie du Sud', on vous a. avoué que de Tortière plaine du Fond, comprenant les des deux Coreaux, paroilles avcient tété
beck & des Cayes & la commune oublié une commune intermé-,
brôlées & dévaftées, Cn a
pas descondiaire fur laquelle il n'y feroit aura très-facile probablententr à terminer par des
teftation, officielles parce qu'elle dépofées dans vos archives - a
comme
pièces Th. Millet : C'eft celle du Port - Salut; mais n'étoit
encore organifée, que ce
qu'un
elle n'étoit pas
projet
.
demande pardon : elle l'étoit. Que
Polverel : Je vous
ou non, il n'ei eft pas moins
la municipalité fit organifée avoient été obligés d'abanvrai que tous les propriétaires devaftées, & de fe réfugier, les
donner leurs: propriétés à Torbeck, & même a comunsaux Cayes, les autres s'éroit fondue, s'étoit incorporée :
avec
mune du Terbeck. Por-Salur Voila ia pofition de ces quatre pa
celle de
roiffes.
trompé encore fur celle de Ca*
On s'eft érrangenient dit
avoit eli que queiques pevaillon. On yous a
quilny meurtres peurêtre: Cependant
tites incutions, quelques
les habitans de Cavaillon,
on n'auroit pas dà cublier avoient que été obligés dabandonner leur
fans en excepter un >
pour venir fe" réfugier dans
paroille > leurs propriétés 2
la ville des Cayes.
celle de
roiffes.
trompé encore fur celle de Ca*
On s'eft érrangenient dit
avoit eli que queiques pevaillon. On yous a
quilny meurtres peurêtre: Cependant
tites incutions, quelques
les habitans de Cavaillon,
on n'auroit pas dà cublier avoient que été obligés dabandonner leur
fans en excepter un >
pour venir fe" réfugier dans
paroille > leurs propriétés 2
la ville des Cayes. --- Page 257 ---
Th. Millet : J'ai dit que ia ville des Cayes fervoit de refuge aux habitans des communes environnantes.
Poiverel: Et Jorique,dausdes temps bien peftérieurs. ,les
habitaus de Cavaillon fe détermintient à retourner dans
leurs foyers, ce ne fur pas pour reprendre la-culrure, ni
pour rentrer far leurs poffefions; ce fur pour reftér
& armés près du Bourg 3 pour faire une guerre campés
tuelle aux nègrcs infurgés. Voilà l'état où j'ait trouvé perpéà mon
encore,
arrivée dans le Sud, la commune de Cavaillon.
Vous allez juger, citoyens 3 de l'extrémité à laquelle
devoj: être réduite cette partie du Sud, par le facrifice incroyable qu'elle fe crut obligée de faire. L'affembléc provinciale du Sud arrête de donfer aux noirs en révolte,
pour terminer la guerre, 700 libertés:
Th. Millet : Ce n'eft pas là la queftion; : les propriétés
étoient-elles brûlées oui ou non 2
Polverel: : Je viens' de vous preuver qu'elles l'étoient 3
mais c'eft pour prouver l'état auguel elle étoit réduite par
le facrifice énorme qu'elle faifoit a cette époque.
Verneuil : Nous y reviendrons.
Polverel: On ne veut pas que je touche cette
cependant ne porte en rien fur l'état politique. Je
parle
hat
point.
Sonthonax : Sije ne craignois pas. d'allonger la difcuflion
fur un article qui doit étre très-bref, je vous produirois
également des pièces officielles avouées par les coloss fur
létat phyfique de.la colonie avant notre arrivée. Je vous
produirois les adrefes éternelles qu'ils venoient préfenter à
la barre de l'affemblée nationale en habits noirs &
reufes, annonçant que la celonie étoit dans in état
rable. Je paffe à ce
dise
qui regarde la province du Nord >
parce que mon collègue vient de Vous parler des parties
de J'Oueft & du Sud.
Dans la parcie du Nord,il y a des villes & des cam*
pagnes. Je ne fuis pas étonné que Thomas Millet fe foit
trompé dans.le tableau qu'il vous a fait; il étoit ablent
lorsege notre arrivée; depuis quelque temps il étoit parti
pour la Nesvelle-Angleterre.
Dury : Nous y étions.
Q3
ce
dise
qui regarde la province du Nord >
parce que mon collègue vient de Vous parler des parties
de J'Oueft & du Sud.
Dans la parcie du Nord,il y a des villes & des cam*
pagnes. Je ne fuis pas étonné que Thomas Millet fe foit
trompé dans.le tableau qu'il vous a fait; il étoit ablent
lorsege notre arrivée; depuis quelque temps il étoit parti
pour la Nesvelle-Angleterre.
Dury : Nous y étions.
Q3 --- Page 258 ---
Sonthonax : Le citoyen Thomas Millet eft celui qui a
fait la deicription de Satat-Domingue.
Duny: : Au nom des colons. -
Sonthonax : Les villes de la colonie de Saine-Domingue, le
de Paix,
dans la partie du Nord, le fort Dauphin, inractes port à notre, arle Cap & le Mole, étoient forc partaitement Dauphin, que Th. Millet
rivée.: La campagne du
état, étoit ervous,a' repréfentee comme danzle meilleur
Collet,
tièrement dérruite, excepté trois habitations, dit excepté le Trou & le
Croifeuil & Méré. Th. Miller vous a que
fucreries:
Tetrier-Rouge voyoient en activité cinquante-detix
fuch bien:il ne faut rabastre de & nombre quequsrante habitanions. qui
creries au Terriet-Rouge. Voici les feules habitations Rouwray,
éroient en activifé à notre arrivée:Les Feron, Sauvage & Loisps
Chabett ou Aftier, Lombard,
Chatcou-Renanl,
& dans la commune du Troa, Brucout, de Meaule & PuiMinvilies, Lorry, Pardieu, Dagrets en aclivité dans Jes
cha'gen. Veila les feules habirations
Les habirans réconamunes du Trou & du Terricr-Rouge. du Trou & du Tertierfugiés dans les deux habitations les deux embarcadères de JacRouge ne confervant étoient que obligés d'avoir continuellement
quely & de Caracel,
l'activité de cé petit
les armes, à la main podr protéger
des
nombre d'habitations. Là-dellus, vous pouyez prendre & du Trou
renleigneme 1S des habitans du Terrier- Rouge Belle, comqui font ici, & notamment naticnale du citoyen du Terrier- Mattial Rouge , d'un
mandanx de la de garde la même garde nationnle dont je ne me
aurre capiraine le nomt &c de plufieurs autres citoyens de.ces
rappelle pas
le fort Dauphin &
quartiers, "Toure la campagne, > depris eniièrement détruite"
Onasarsinthes, jufqu'au Cap,, de éroit TEA étoit entièrement inàc incendiée. Toute la partie
le
cendiée * & cet incendie a commencé lausicizatles du Norictoient le
feules campagnes inadtes danslap province
cieft
Eorgne, la Marmelade & Plallance; une quarritme,
la Bombarde.
Duny: Le Perit-Ssine-Louis, qui exifte encore.
Fereul:1 Le Gros-Morhe.
arsinthes, jufqu'au Cap,, de éroit TEA étoit entièrement inàc incendiée. Toute la partie
le
cendiée * & cet incendie a commencé lausicizatles du Norictoient le
feules campagnes inadtes danslap province
cieft
Eorgne, la Marmelade & Plallance; une quarritme,
la Bombarde.
Duny: Le Perit-Ssine-Louis, qui exifte encore.
Fereul:1 Le Gros-Morhe. --- Page 259 ---
Dany : Ce Petit-Saint-Louis exifte encore.
Sonthonax : Je ne difpute pas fur Saint-Louis;je viendrai
au Petis-Saint Louis. Sur le Gros-Morne dont parle Veracuil! Verneuil fait aufi bien que moi que les arélicrs du
Gros-Morne ônt, été en infurrection; qu'une partie des hapitations du Gros- Morne ont été incendiées; que notamment Verneuil a été obligé de lever le camp de dellus fon
nabitation 2
fe retirer fur l'habitation Rinjard, au
noment ou Hatuncalins fe manifefta dans le quartier du
Gros-Morne; que Verneuil 'conduifoit avec hui vingt-deux
nègres qui lui appartenoient. Ilfait auffi que, lorfque j'étois
au Cap, les homines du Eorgne lui refusèrent le paffage
ur leur territoire, parce que, difcient-ils, les nègres du
Gros-Morne érant révoltés, portercicat linfurreation dans
laparciffe du Borgne.
Le citoyen Verneuil fait bien que j'obligeni les habitans
du Borgne à laiffer palfer fur leur retritoire les denrées qui
venoient des habitations du Gros-Morne. Le Gros-Morne
étoit donc en infurrection partiellement. Jean Rabel étoit En
ihfurrection particllement; 5 car Jean Rabel avoit un camp
qui étoit entretena par la garde nationale du Morne urar
quelques hommes du régiment de Dillon placés dans cette
partie pour défendre les habitations intactes de ce quartier
contre les révoltés. Le Port-de-Paix, ville, étcit intact; mais
la campagne étoit incendiée en grande partie. Le petit St.-
Louis étoit yne des communes intactes que j'avois oubliées:
elles fe réduifent donc, ces paroiffes inractes, à celles du
Borgne, de Plaifance, de la Marmelade, du Petit-SaintLouis, & Bembarde voilà le tout; car le Port-Margot
étoit réduit au camp Berrin, où In municipalité s'étoit retirée
fous la protedticn de ia force armée, pour défendre le peu
d'habitations qui étcient intaétes > entre autres celle de
Gouy-d'Arcy. La paroiffe du Fort-au-Prince & de TerreNeuve avoient fabi des incendies particis 5 car létabliffement des eaux de Boyne avoit été incendié. Plufieurs
habitations, dans le quartict de Moufick, avoient été égalementincendiées, écilyavoit alers des taffemblemens contre
lefquels les habitans du Fort-à-Piment, de Jean 1- Rabel,
failoient la guerre : ces attroupemens étoient commandés pas
Q 4
. La paroiffe du Fort-au-Prince & de TerreNeuve avoient fabi des incendies particis 5 car létabliffement des eaux de Boyne avoit été incendié. Plufieurs
habitations, dans le quartict de Moufick, avoient été égalementincendiées, écilyavoit alers des taffemblemens contre
lefquels les habitans du Fort-à-Piment, de Jean 1- Rabel,
failoient la guerre : ces attroupemens étoient commandés pas
Q 4 --- Page 260 ---
le nègre Jofeph, Voilk, citoyens, quel étoit l'érat
de la province 'du Nord. Il réfalre de là que plus des
tiers de la province
Srdoee
duNord étoient parfaitement détruits &
incendiés. Silsagilloit de le prouver par les écrits dis colons:
eux-mèmes, je pourrcis le faire; whais j'efpère
he le.
nieront pas. Vous l'avez vu' par ce quej'ai dit. Je qu'ils me refume
en difant, contre T'h. Millet, que les deux tiers du Nordi
étoient entièrement incendiés; ( que la plaine du fort
étoit enticrement incendiée > à l'exception des trois Dauphin nabitations dont j'ai parlé;
le Trou & ie Terrier
>
au lieu de voir EUEISEAR facreries en activité, Rouge n'en'
avoient que quarorze : d'oà je conclus que, dansla partie de
TER, iln'y avoir que dixfep: habirarions qui n'eulien:
éré incendiées. J1 ne reftoir plus rien ni an Limbé, ni pas à
Lacul, ni à Ouanaminthe D ni dans le refte des
que j'ai déja citées. Hy avoit véritablement les deux paroilles
de la province incendiés. Ilne reftoit qu'sn tiers; & tiersi
dans ce tiers, il faut comprendre les quatre villes encore, que
citécs.
jai
Vorneuil: Je vousprie d'interpeller Sonthonax de déclarer
f, lorfqu'il elt arrivé de France 'dans la province di
il ne vous a pas déclaré que tour y étoit abfolunent Nord, incendié. Je vous prie de lui demander, s'il n'y avoit pas les
fucreries de Saine-Michel, des Pères, Ciariffe, & fi
là étoient brâlées.
celiesSonthonax: : Ily avoit l'habitation Baudin
n'étoit
en activité, non plus que celle'de Sainr-Michel; qui mais celle pas
ds Peres & celle de Lfevre éngiengecrimbement en ackivité
à inon arrivée au Cap. Vous fentez que deux fucreries en
adtivité ne dcivent pas détruire ce que.jai dit,
la totalité de la plaine du Capy éroit abfolument incendiée. que Ces
deux fucrecies étoient fous la prorcétion du canon de la
ville, & il n'et pas étonnan: qu'elles fullent en activité.
Verneril: Cen'eft pas ce queje demande. Je ne demande
pas fi clles étoient en adlivité,mais fi eiles ont été incendiées oui ou nou,
Sonthonax : Queiques plantations ont été inçendiées; les
habitarions ne lerotene-pas,
aine du Capy éroit abfolument incendiée. que Ces
deux fucrecies étoient fous la prorcétion du canon de la
ville, & il n'et pas étonnan: qu'elles fullent en activité.
Verneril: Cen'eft pas ce queje demande. Je ne demande
pas fi clles étoient en adlivité,mais fi eiles ont été incendiées oui ou nou,
Sonthonax : Queiques plantations ont été inçendiées; les
habitarions ne lerotene-pas, --- Page 261 ---
$57
Vernenil : Eh bien ! citoyens, il en eft de même dans
prefque toute la partie du Nord. Au Libe, au PortMargo, au Terrier - Rouge, au Trou & à Ouanaminthe,
a majeure partie des bâtimens n'étoient pas incendiés; les
cannes feules l'étcient, parce que, pour incendier une pièce
de cannes, il ne faut qu'une étincelle; mais il eft faux de
lire que les bâtimens aient été incendiés.
Sonthonas:L.es' bârimens fervant à la manufaéture du fucre
étoient incendiés. Les caies des nègres ne l'étoient pas;
mais tous les bâtiment fervant à la manufacture, tels que
purgerie 2 moulins > &cc., étoient abfolument incéndiés >
avec.la plus grande partie des grandes caies.
Verneuil : Citoyens, Sonthonax vient de vous dire, en'
parlant du- Port-Margor (qu'il ne connoit guère à la manière dont il en parle), qu'il n'y avoit que l'embarcadère
qui y fûr intad. C'eft précifément le contraite. L'embarcadère étoit brélé jufqu'à l'habitation de Gouy-d'Arcy. >
&c toutes les habitations julqu'au revers des montagnes qui
féparent le quartier du Sorgne, étoient parfaitement intactés.
Sonthonax : Je m'en réfère' là-deflus 2ux aétes dont vous
avez entendu la leéture.
Verneuil: Oui.
Page : Polverel vous a dit
j'avois écrit que la
du Cap avoit été abfolument Aueliaget : cela eft vrai, Pasts
plaine du Cap peur avoir deux lieues de long far trois lieues
de profondeur; elle s'étend depuis le Cap jufques à Limonade: Il eft très-vrai que, dans cette partie s partie des
habitations ont été incendiées, quciques - unes prefqu'entièrement bouleverfées. Dans la partie de TEt, plus avant,
il n'y a eu que deux incendies 2 c'eft-à-dire, incendie de
cannes; & encore, ces incendies n'étoient pas généraux. 11
y avoit quelques habitations privilégiées; & on remarque
que ces habitations privilégiées appartenoient ou étoient
celles qui tenoient de plus ou moins loin au gouyersement.
Polverel: Ceci rentre dans la queftion polirique.
Tome III,
Vingt-neuviime liyraifon,
Qs
que deux incendies 2 c'eft-à-dire, incendie de
cannes; & encore, ces incendies n'étoient pas généraux. 11
y avoit quelques habitations privilégiées; & on remarque
que ces habitations privilégiées appartenoient ou étoient
celles qui tenoient de plus ou moins loin au gouyersement.
Polverel: Ceci rentre dans la queftion polirique.
Tome III,
Vingt-neuviime liyraifon,
Qs --- Page 262 ---
Verneuil : Oui,
Page: Quant à la partie du Sud, je n'en ai
J'ai leulement dit que FArchaye & Jean Rabel avoient pas Farlé. été
agirés, difcours je croisi; mais, citoyéris, on'a invoqué ici-des
Il eft
ont été Fairs par le préfident des affemblées.
EuR naturel
thonax arrivèrent à que, au moment où Polverel & Senmalheurs, les
Saint-Donsingne, ehacun, frappé de fes
exprima avec plus ou moins de force & d'énergie; mais voici ce que l'on écrit des Cayes, le
tobre 1792.
I5 OCIllir:
4 Extrait des digerenees ieteres de la province du Sud. a
Sonthonax: C'eft depuis notre arrivée.
Page: C'eft du 15 octobre 1792.
Sonthonax : Un mois après notre arrivée.
Polverel: J'obferve que le fait avancé
& notcirement faux;
par Page eft faux
obligé de commander car, au mois de janvier 1793, j'ai été
mêmss hommes
une l'on expédition générale contre ces
l'ordre.
que
prétcndoit être entrès dans
Page: Jer maintiens ce que je dis.
Sonthonax: : J'obferve que c'eft après notre arrivée. Il ne
s'agit que de ce qui s'eft paffé depuis notre arrivée.
prie le citoyen préfident de rappeler le
à l'ordre Je
de la difcufion.
citoyen Page
différentes Page:1 Le
oétobre, on a fait au Cap le réfumé des
arrivées du
fattes
Jours
Sud. Il a fallu au moins huit
pour que ces lettres fcient arrivées au Cap; & en,
iuppolant que ce réfumé fût fait le plus fuhirement
fible, il eft encore vrai que ces nouvelles éroient pofavant l'arrivée de Polverel & Sonthonax; & Sonthonax parties &
Polverei font artivés au Cap le 17 feptembre. Iisi'ont
dans le moment de leur arrivée, organifé des
pas,
une expédicion pourla province du
meyens &c
Sud,quicfà cent vingr
arrivées au Cap; & en,
iuppolant que ce réfumé fût fait le plus fuhirement
fible, il eft encore vrai que ces nouvelles éroient pofavant l'arrivée de Polverel & Sonthonax; & Sonthonax parties &
Polverei font artivés au Cap le 17 feptembre. Iisi'ont
dans le moment de leur arrivée, organifé des
pas,
une expédicion pourla province du
meyens &c
Sud,quicfà cent vingr --- Page 263 ---
lieues. Ainfi donc, fi, à cette époque, les habitans du Sud
avoient ramené l'ordre dans leur quartier , ce n'étoit pas
par l'influence & les foins de Polverel & Sonthonax. Je
continue la lecture de l'extrait ci- deilus jufqu'au fecond
alinéa.
e6 Nous
alinftant, & c'eft une nouvelle trèssûre, que RERETENA Jérémie. , Cayemirte, Petit-Trou &
TAnfe-a-Veaux, ont cerné les brigands du Perit-Trou,
leur ont donné la chaffe pendant neuf jours, & 'les ont
prefque tous exterminés. Le refte a demandé grace, & tout
eftrentré dans l'ordre. 2 II ef bon d'obferver quils n'avoient,
pour les commander, aucun ancien agent dit pouvoir exécutif. 33
Sonthonax : Jc demande que Page life tout. Il ne lit que
ce qui lui elt avantageux.
Page: Je lis tout.
(II lit le fecond alinéa.)
Ec Nous n'avens ni cadres, ni toiles, ni vin, ni tafia,
ni argent pour ncs troupes : tâchez de nous en precurer.
Vous n'avez point d'idée de la froideur qui a été mife à
fournir ces braves compatriotés qui font venus à notre fccours, de ce qui leur étoit indilpenfable. M. le commiffaire répondoit à HOS obfervations, fur les difficultés que
nous éprouvions cet égard, qu'il n'avoit du tout point été
avifé offciellement qu'ii venoit des troupes. C'eft quelque
chofe, dinconcerabl.Jofars quand ferons-nous ainfi menés?
Nous fondons notre efpoir fur MM. les commiffaires nationaux civils,qui, nois afiurer-on, fervent avec un courage
incroyable cette malheureufe colonie, qui les bénira, ainfi
que la France entière. >>
Il réfulte donc de ces lettres que les commiffaires civils
n'étoient pas encore connus directement & ofliciellement
dans la province du Sud, puifque cette province fonde toutes
fos elpérances far l'arrivée de ces commiffaires. Voilà pour
la province du Sud. Qnant à la province du Nord, nous
avons des lettres pofitives qui annoncent tres-formelleanent
able cette malheureufe colonie, qui les bénira, ainfi
que la France entière. >>
Il réfulte donc de ces lettres que les commiffaires civils
n'étoient pas encore connus directement & ofliciellement
dans la province du Sud, puifque cette province fonde toutes
fos elpérances far l'arrivée de ces commiffaires. Voilà pour
la province du Sud. Qnant à la province du Nord, nous
avons des lettres pofitives qui annoncent tres-formelleanent --- Page 264 ---
les révoltés touchoient à leur terme quand Polverel 8t
Sundouc font arrivés.
Polverel: D'une par:, vous venez d'entendre arrivée, Page cherchet les difmoment de notre
a vous perfuader qu'au & fonctionnaires publics ont"voulu
férens corps populires fur le véritable état des colonies,, par. les tanous tromper moins
qu'ils nous en ont prélentés. Ci
bleaux au
exagérés
combien vous devez
cette obfervation
royens > jugez par
vous difent les colons. Si Page fupcompter ici fur ce que
& tous les fonciounaires
pole tous les corps populaires de nous mentir à l'inftant
gublics de la colonie capables de vérifer
nous e mêmes
où nous allons être en état foi pouvez-vous par ajouter à ce. que
Jeurs menfonges dire 53 quelie ies colons à dix-l huit cents lieues du
viennent théâtre oà vous les chofes fe font pallées 2
Ce font des hommes qui fentent & qui expriment
Page:
fortement leurs malheurs.
! D'un autre côté, la prétendue
Polverel: : Poétiquement à
du1s oétobre 1792, eft
réduction des révoltés, T'époque fauffe,
y a eu une exencore une fois fi no:oirement
qu'il & convocation
pédition générale commandée les par moi, du
pour marcher
armés de toutes parties
O
des citoyens
La commune de Jérémie, par parentbefe, à cette eft expédition. la feule qui n'ait pas fourni à cette expédition.
S'ils étoient rentrés dans le devcir en octobre 1792, nous eux
n'aurions pas été obligés de faire une expédition contre Jérémie à
Savez-vous ce qu'avoir produit
en janvier :
fut de faire venir dans la partie des Cayes
cette
MEa
nuée époque de
révoltés qei étoient venus grollir l'armée
une
nègres étcient campès au Platon.
de ceux qui
Miller:La parenthèfe de Polverel eft une impofture.
Polyerei: Elle ne Yeft pas.
Page: Comment voulez-vous, citoyens, que Jérémie;
avoit armé fes nègres pour fe sarantir de Tinfurrechon officieiles
3 Sud, comme cela a été prouvé par les pièces
qui vous ont été foumies dans Vaffaire de Tiburon; ait comdis-je, que ce même quartier
pu
ment voulez-vous,
ès au Platon.
de ceux qui
Miller:La parenthèfe de Polverel eft une impofture.
Polyerei: Elle ne Yeft pas.
Page: Comment voulez-vous, citoyens, que Jérémie;
avoit armé fes nègres pour fe sarantir de Tinfurrechon officieiles
3 Sud, comme cela a été prouvé par les pièces
qui vous ont été foumies dans Vaffaire de Tiburon; ait comdis-je, que ce même quartier
pu
ment voulez-vous, --- Page 265 ---
envoyer fes nègres pour groflir les révoltés de la provincs
du Sud? Une pareille impolture ef incroyable.
Polverel : Un moment.
Pege: Sonthonax a dit -
Rolverel: Je ne vons ai pas dit que la commune de J6rémie les
vous ai dit
ettenvoyés C oficiellement;je
queJérémie
avoit vomi une nuée de nègres infurgés qui étoient venus
groflir l'armée de ceux campès au Plaron. Le fait eft fi
yrai, cue ces hemmes venus de Jérémie font encore aux
Cayes - & fervent ia République dans la légion des
Cayes.
Pege: Les nègres de Jérémie ont demeuré conftamment
fideles à leurs maitres; mais Sonthonax vous a dit que ce
qui s'étoit paffe dansle Sud étoit de leur temps, & qu'alors
à eux feuls devoit en être attribuée la gloire.
Sonthonax: Je n'ai pas dit un mot de cela.
e
Page: : J'ai dit que c'étcit antérieur à leur arrivée; &
confeqmemment: > ce qui s'eft paffé dans le Sud n'étoit pas
leur ouvrage : eh bien! citoyens, voici une adrefle -
Sonthonax : J'obferve que je n'ai pas dit un mot de
cela.
Page: Voici l'adreffe du troifème bataillon du troifème
régiment, & de P'artillerie venue avec ces mêmes troupes 5
adreile faite à Polvcrei & Sonthonax, le 24, octobre. Cogsi
va VOWS prouver combien Sonthonax & Polverel ont aille
ces troupes dans l'inadtion.
Le préfident : Tu 1 n'as pas la parole fur cet objet..
Fondeyiolle : Sonthonax vous a dit que, dans la province
du Nord, toutes les habitacions étoient incendiées. J'oblerve
que dans le quartier Morin, les habirations Saine-Michel,
Craon, Charritre, Bonnet, ont roulé bien long-temps après
qu'ils font arrivés, puilgee, loriqu'ils ont érabli la coimiffion intermédiaire au Cap, il
eu un arrêté de la commillion qui drdonnoirau gérent 1 Thabiration St.-Michel
de faire rouler les cannes à fucre en frop pour-faire du
talia, &caqui l'autorifoit à le vendre au gouvernement, au
, les habirations Saine-Michel,
Craon, Charritre, Bonnet, ont roulé bien long-temps après
qu'ils font arrivés, puilgee, loriqu'ils ont érabli la coimiffion intermédiaire au Cap, il
eu un arrêté de la commillion qui drdonnoirau gérent 1 Thabiration St.-Michel
de faire rouler les cannes à fucre en frop pour-faire du
talia, &caqui l'autorifoit à le vendre au gouvernement, au --- Page 266 ---
lien de fucre qu'ilavoit fait jufque-l. Ily avoit donc dans le
quartier cing habitations qui rouloient, & l'on établiffoit
Thabitnsion Charri & l'habiration Duplatte pour y rouler.
Les cannes y étoient exiftantes : il n'y manquoit que de
forces.
Sonthonax: On vous a dit, dans les adreffes, que Polvercl
a lues, que trois mille habitarions dans la province du Nord
avoient été incendides, & Fondeviolle en a cité cinq qui
ont échappé.
Claufin : Polverel n'a pas fait le rableau de I'Oueft
felon le veu de la commiltion; cat 11 devoir dire: La
du Cul-dc-Sac, la partie de FOuef 8 Léogono, à plairie
de notre atrivée dans la colonie, 8E furtout dans cette l'époque province, étoicnt ou n'étoient pas incendices.
Vernetil : Nons l'avons fair, nous,ce tableau!
Clartfon : J'obferve, moi, que les plaines du Cul-de-Sac
étoient parfatement tranquilles; que les cogntnications y
éralent pariaitemont rérablies, & que-touires. les habirations'
y rouloient.
des Sonchonas: Claufon & Senac vons ont dit, dans le cours
dabars, que les habirations de Léogane, duPetit-Goave
& du Pore-au-Prince avoieut été incendiées, foit par. les
hommes de conleur, foir par la raflemblement formé au
Trou-Coff. Sit plufiours habirations Onlt été incenciées, foi:
à Liogaie foit au Petit-Goxve, foit dans les environs du
Pongas-Prinse, il n'eft donc pas vrai que, l'érat de cette
Prowince fr aufi floriffant qu'iis l'ont avancé.
Clafon : Le citoyen Sonthoria dic que Senac & moi
avens avoré, dans les débats précédens,que los habirations
des environs du Per--auPrince, & dansla partic du Petit
Goave, avoient été incendiées. Ce n'eft pas la ce
nous
avons dit. Les hommes de couleur bloquoient
aroitnt
ville >
E
incendié quelques habirasions qui la bordoient ;
mais nous n'avons pas parlé des plaines de Léogane & du.
Ctil-de-Snc. Or,anjourdihui; c'ef
plaine du Cul-deSac qu! s'agit; plains très-vafte dgla & trèsavoit ellayé quelanes Austuations; mais qui, Horillinre, à l'arrivée
Folverel
M
& dAilhou: dans cotta province, étoit parfai-
aroitnt
ville >
E
incendié quelques habirasions qui la bordoient ;
mais nous n'avons pas parlé des plaines de Léogane & du.
Ctil-de-Snc. Or,anjourdihui; c'ef
plaine du Cul-deSac qu! s'agit; plains très-vafte dgla & trèsavoit ellayé quelanes Austuations; mais qui, Horillinre, à l'arrivée
Folverel
M
& dAilhou: dans cotta province, étoit parfai- --- Page 267 ---
ment tranquille 51 &, dont les habitations rouloient duns
out, leur entier -
0 . . .
Senac : J'ai annoncé, dans les inftruétions que. jaidonnées
r Saint_Derinsue, que les hoimes de coulour avoient
acendié Bizoron & les habitarions qui étoient fur le : chelin jufqu'à Léogane; mais j'ai annoncé cela en
vant
de l'arrivée de Polverel & Scnthonax.
Tépoque
nis, les habirations ont été rérablies, > parce que les mouns & les manufactures n'avoient pas été inccndiés.
Clauffon : Il faut vous oblerver,-cioyensy, que l'incendie
es cannes. fe rétablit très aifément > & qu'il fufir que-les
anufactures & les bâtimens principaux foient refésinracts,
our que les cultures redeviennent Boriilantes en très-peu
e temps..
Th. Millet : C'eft même un moycn de: culture que da
nettre le feu aux cannes à fucre.
Pege: A cette époque toutes les villes éroient"foumifes
ux lois. de la République, & Pérendard de la révolte, le
rapeau blanc, ne Hottoirque dans le camp des révokés.
Sonthonax : C'eit vrai.
Te préfident accorde la parole à Erulley pour la leétura
e l'acte d'accufation.
Brulley : Enfin nous touchons à cet infant fi défiré par
es nombreufcs vidtimes des dévafateurs der Saine-Dominure; eniin nous allons dérouler aux yeux de la commiflion
les colonies la longue nomenclarure des forfaits dont Polrerel & Sonthonax ie font fouillés pendan: tort le cours
le leur mifion duns nctre infortunée colonie. Env vain COS
nommes, auffi aflucieux que coupobics, ont tâché de fe
nénager d'avance des moyens de juctiication, incervertiffant
orlre des événemens, la date & la réalité des faiis;touours confan dans la marche de ceux qri ont yunlape
dre le cemmerce par lardefruétion des colonies.
Sonchonax:. Je prie les citoyens tachygraphes de conftater
que le citoyen Brulley lit un difcours, ce qui eft centrairs
ieux que coupobics, ont tâché de fe
nénager d'avance des moyens de juctiication, incervertiffant
orlre des événemens, la date & la réalité des faiis;touours confan dans la marche de ceux qri ont yunlape
dre le cemmerce par lardefruétion des colonies.
Sonchonax:. Je prie les citoyens tachygraphes de conftater
que le citoyen Brulley lit un difcours, ce qui eft centrairs --- Page 268 ---
à le nature des débats. Nous fommes
nous devons réclamer dans les debats aujourd'hui la.faveur accufés eft
aux accufés. Je ne demande pas qu'on
qui de duc
mais je demande qu'il foit conftaté qu'il T'empèche lit,
lire
Brulley: : Ce font des notes au crayon que
ne lis pas.
je tiens; je
Sopthonax: Vouis lifez un difcours écrit au crayon.
Bralley : Je fais quclques oblervations
je vais en venir à ladte
préliminaires, &
d'accufation. -
Perneuil: Il me femble que Polverel a lu plufieurs fois..
Lc préfdent (à Brulley): Fais tes obfervations
.ment de l'ace courtes, parce que l'objet de la féance eft la extrême- lecture
:
d'accufacion.
vi Brulley la
: Je difois donc que c'eft en vain qu'ils ont fui
marche de tous ceux qui vouloient
merce français parla deftruction des
détruire le comles chofes & les perfonnes. Il a été colonies, démontré en confondant dans
précédens débats, & il demeurera conftant
les
vont finivre, que c'eft alors qu'il auroit calomnié par les ceux qui
populaires, qui ont toujours été conftans dans les
corpr
& leur attachement
la France. Un grand principes nombre
d'autres
vous ont ECe cités, & quin n'ont été
que par ae lertpes particulièras, déinontrent combattus
dence qute jamais les corps populaires n'ont jufqu'à varié l'évi
les principes de leur attachement à la France & à laRé- dans
publique françaife.
Sonthonax : Je demande la lecture de l'adte
d'eit.pour cela que nous fommes ici. .
d'accufation,
Polverd: Le citoyen Brulley rentre dans
de la première queftion.
la difcuflion
Brulley : Je ne difcure point, je ne fais que rélater
qui a été dit.
ce
Le préfident (à Brulley): La commiffion t'a
que. tu devois te borner à l'acte d'accufation, les déja obfervé
pemens viendront apres.
dévelop-
d'eit.pour cela que nous fommes ici. .
d'accufation,
Polverd: Le citoyen Brulley rentre dans
de la première queftion.
la difcuflion
Brulley : Je ne difcure point, je ne fais que rélater
qui a été dit.
ce
Le préfident (à Brulley): La commiffion t'a
que. tu devois te borner à l'acte d'accufation, les déja obfervé
pemens viendront apres.
dévelop- --- Page 269 ---
Brulley : TI cft certain qu'il eft inutile de tracer le tableau
les crimes de ces hoiest vopsaliez voir dans Jeurs
pres aétes, leurs forfaits, tout en caractères de feu
ang.
Bruliey lit lcs chefs d'accufation.
Nousi foussignés, commiflaires de Saint-Domingue, dépu.
tés près la Convention nationale, &c les colons souseignés, accusons Polverel el Sonthonax:
Premier chef.
De n'avoir
exécuté la loi du 4 avril 1791,'qui étoit
'objet exprès E leur miflion, &c même de s'être oppofés
fon exécution.
Sccond chif.
De s'être oppofés à l'exécution du décret du 22 aont
1792, relatif à la nomination des députés à la Convention
nationale.
Troifème chef.
D'avoir ufarpé le pouvoir légidlatif,8 de s'être attribus
es fonclions des pouvoirs exécuif & adminiftratif,
Quatriëme chef,
D'avoir paralyfe les forces de terre & de mer envoyées
par la France pour rétablit l'ordre dans h colonie, &
d'avoir tout tenté pour les détruire.
Cinquième chef:
D'avoir organifé la guerre civile dans la colonie, & proe
voqué la rebellion contre P'Afembiée nationale.
Sixième chef.
D'avoir canonué la ville du Port- au-Prince, &c incendié
celie du Cap-Frangais.
a --- Page 270 ---
Sepgième chef.
D'avoir délégué des pouvoirs, noramment le droit di
vie & de mort, au commandant militaire de la ville du
Cap.
Huirième chef.
D'avoir ordonné,dans tous lesports de Saiut-Demingue
de repouffer à coups de canons, tous les vaifleaux de FEra
sy pré'enceroient, fans diftinclion, quels que fuflen
Ruts beloins.
Neavième chef.
D'avoir préparé la cenquête de Saint-Domingue aux en
nemis de ia France, & d'avoir livré aux Anglais la ville
du Fore-au-Prince avec *tous les bâtimens du commerce
français qui s'y trouvoient.
Dixième chefi
D'avoir dilapidé le tréfor public & envahi les fortunes
particulières.
Orgième chef.
D'avoir cherché à avilir la repréfentarion nationale, en
envoyant poar fiéger dans fon fein ceux de leurs complices
qui sy font préfentés avec des pouvoirs illégaux.
Signé, DIAUBONNEAU, Thomas Mmrer, CLAUSSON,
DUNY, PAGE, Bxu ULLEY, VERNEUIL, SENAC, LARCHEVÉQUE THIBAUD, FONDEVOLLE.
Le préfident : Dépofe-le fur le bureau.
Brulley le dépofe.
Lepréfiden: : La commiflion va fe retirer pour délibérer.
Polverel: Je pric la commiftion de délibérer far la demande que nous lui faifons d'aveir une copie dés chefs
d'accufation qui fon: portés contre nous.
CLAUSSON,
DUNY, PAGE, Bxu ULLEY, VERNEUIL, SENAC, LARCHEVÉQUE THIBAUD, FONDEVOLLE.
Le préfident : Dépofe-le fur le bureau.
Brulley le dépofe.
Lepréfiden: : La commiflion va fe retirer pour délibérer.
Polverel: Je pric la commiftion de délibérer far la demande que nous lui faifons d'aveir une copie dés chefs
d'accufation qui fon: portés contre nous. --- Page 271 ---
Le prefdent : Cecin'a pas befoin de déibération; il eft
de droit qu'ua accufé reçoive la copie de fon acte d'accur
fation.
La commiflion fe retire pour délibirer.
Les membres rentrés, lo prélidont prononce, I'ajournement
de ia féance à demain neuf heures.
La fcthcc df levée
Le regifre des préfences e fgné,1.m. CARSAN,
PEYRE, J. LANTHENAS s Foucis - de Nanes), Gat-,
ECIEE, LECOINTE (des deux Sevres). --- Page 272 ---
:68
Du18 vencôfe, l'an troifème de la République frençaife 5
uné 6 indivifibie
ONe fait ledture des débats recueillis dans la féance
la rédadion eft adoptée.
d'hier;
Le préfident : La commiflion a arrêté que les débats fcroient fufpendus, jufqu'au jour cà elle fera avertir les
ties intérellées pour les reprendre.
parLa féance eft levée.
Le regifre des préfences ef
J. Ph. GARRAN,
LECOINTE ("des latfe Sèvres ): fecrétaire ;
Nantes), GRÉGOIRE, PEYRE, RABAUT,
RETL
% --- Page 273 ---
Du 22 Ventôfe, l'an troiftème de la République françaife,
une G indivifible.
Le préfident : Citoyens, cclui d'entre vous qui defire la
parole peut la prendre.
Polverel : Je la demande pour une réclamation d'ordre trèsintéreffante.
Citoyens, les colons nos accufareurs fe fonz préfentés dès
la première féance des débats, en leur nom perfonnel. Voici
les qualités qu'ils ont prifes.
Un colon : Je me nomme Pierre François Page, &
tant en mon nom que comme chargé des pouvoirs des colons parle
de Saint - Domingue 5 pour acculer Polverel 8c Sonthonax.
Duny : Tant en mon nom que comme chargé des pouvoirs
de mes compatriotes déportés aux Etars s-Unis, &
fur le territoire de la République, & comme accufateur répandus de
Polverel, Sonthonax & leurs complices.
Senac : Tant en mon nom perfonne! que comme fondé
de pouvoirs par les déportés & réfugiés de Sainr-Domingue,
actuiellement à Bordeaux.
Verneuil: Tant en mon nom perfonnel qu'au nom de mes
compatriotes de Saint-Domingue, accufateur de Polverel &
Sonthonax, dévaitateurs de Saint-Domingue, & leurs complices.
Thomas Millet : Accufateur individuel, & chargé de
voirs des patriotes colons de Saine-Domingne, pour
porPolverel & Sonthonax comme dévaftateurs de la parrie dénoncer françaife de Sainr-Dormingue, & partifans de l'Angleterre,
Brulley : Tant en mon nom que çomme fondé des pouvoirs
de nos compatriotes réfugiés aux Erats-Unis & en
accufateur' de Polverel, Sonthonax & autres agens de Franee; l'Anglererre.
Clanfon : Accufareur, tanr en mon ncm que comme fondé
de pouvoirs de mes compatriotes réfugiés, tantaux
III,
Tome
Trenzieme liyraifon.
Emats-Unis R
de l'Angleterre,
Brulley : Tant en mon nom que çomme fondé des pouvoirs
de nos compatriotes réfugiés aux Erats-Unis & en
accufateur' de Polverel, Sonthonax & autres agens de Franee; l'Anglererre.
Clanfon : Accufareur, tanr en mon ncm que comme fondé
de pouvoirs de mes compatriotes réfugiés, tantaux
III,
Tome
Trenzieme liyraifon.
Emats-Unis R --- Page 274 ---
Sonthonax, Polverel
dansla République, pouri pourfuivre
9 eue & leurs complices.
Daubonheau, je fuis chargé
Un autre colon : Je me nomme réfugiés en France, que par ceux
tant par les colons patriotes Erais-Unis d'Amérique, de pourfuivre
qui font rcftés Polverel dansles & leurs complices.
moh nom &
Sonthonax, Fondeviolle : Je iwe nomme Fondeviolle,: en
d'Améréfugiés aux Erars-Unis
au nom de mes concitoyens furla furface de la République > je me
rique, & répandus
Polverel & complices:
porte accufareur de Sonthonax, nom
par les colons
Cet engagement pris en dans le libelle perfonnel d'accufation dont la
nos acculateurs, difparoit fait hier donner copie. Voici tout ce que
commifion nous a
nous y voyoris.
(Il lit: )
décommifaires de Saine-Domingue,
>> Nous (ouflignés Convention nationale, &clescolons foullignés,
purés près Folverel la
& Sonthonax, &c. 92.
acculons
de bien obferver la différence des
Je vous prie, le(quelsles ciroyens, citoyens colons, > nos acculateurs, fe
rapports fous faccellivement, & fe préfentent aujourd'tui ils n'agiffent
font préfentés commiflaires d'une autorité légitime,
fuite des
S'ils font
volontairement, mais par une
plus fpontenément, font confiées; alors ils ne font plus pertonétions qui leur
& en cas de calomnie nous ne
fomnellement re/ponfables, qu'à la corporation ou à T'autorité
pouvcns nous en les prendre aura conftitués : ce feroit véritablement
quelconque fort leur aife; mais c'eft précifément ce rapport eux
les
LAEI
mertre
leur paffer. Quelques-uns d'entr'
que nous ne pouvons pas! commilfaires d'une autorité plus ou
ont pu être delaffemblée autrefois
coloniale de Saint-Domingue, été -
moins légale
puilfqu'elle n'a jamais
n'a jamais exifté légalement, de tous ies ciroyens de Saine-Domingue
corps eepréfenrade auroient pu être délégués de T'affemblée
Je difois donc qu'ils fa diffolution ils ne peuvent plus ètre
coloniale, mais depuis
coloniale ; car il eft bien
conm.iffaires de cette affemblée
à leurs commettans
evident que leur qualité n'a pu furvivre
Saint-Domingue, été -
moins légale
puilfqu'elle n'a jamais
n'a jamais exifté légalement, de tous ies ciroyens de Saine-Domingue
corps eepréfenrade auroient pu être délégués de T'affemblée
Je difois donc qu'ils fa diffolution ils ne peuvent plus ètre
coloniale, mais depuis
coloniale ; car il eft bien
conm.iffaires de cette affemblée
à leurs commettans
evident que leur qualité n'a pu furvivre --- Page 275 ---
d'ailleurs, cette qualiré de commiffaires n'a point été
par la Convention nationale; la
reccnnue
ajourné de pronencer fur cetté qualiré. Convention, Loit-on au la concaire, leurgatir
provifoirement, en atrendan: que la
connue : doit-on donner, fur-tou: à cette Convention eualié L2 Tequ'ils s'arrogent, l'effet important, l'cffe:
Frevitoire
contre nous une acculation en leur quald6 capital, de
dminer
à l'effer de fe fouftraire à l'engagement perfonn: comtaticircs, I
lomnie de cette accufation pourra icur faire courir? que Voilà la Lapremière conadéraaion.
la
La feconde porte fur leur quali é de fondés
des cclons réfugiés dans les Etats - f'nis d'Ar de rouvoirs
ce fecend rapport il faut que les colens remetien: ménigue: lears : us
voirs, ii faurg qu'on voye quels font leurs commer ans. pouintention n'a pas été & ne peur pas être
Youe
accufareurs contre les délégués de la naticn dacinettre françaife, comme des
émigrés : eh bien! les commettans des colons fonr pour la
plupart prefque tous des émigrés.
comme acculateurs conre noas un Vondricz-vous aimertre
autres émgrés?
Boutié,n Broglic &c
Plufieurs colons : Non, non
Polverei: Non, non,c'ef la même chofe: nous ne
reconnoirre conme accufateurs cue CCtX qui nous pouvons
teront un cage perfonnel. Les colons nos accoia préienannoncé qu'ils nous accufoient en leur nom
eurs ont
ce rapporr, nous les adumicnnvelnaam,en perfonncl: fous
qu'ils foient; mais qu'ils cominencen:
quelque nombre
d'aceufarion leurgualiré de commiffaires, par rayer de leur libelle
un acte par lequel ils fe fyndour.pecdonelismeat & qu'ils foufcrivent
du libelle d'accufation, du
& de refponfables
des divers chefs d'accnfaton. dévclopgement
l'événement
Brulley : Je demande a répondre.
Sonthonax: : Je demande à adhérer à ce
mon colligue, &à
que vient de dire
Le
dévelapper mes raifons.
préfident : Tu as la parcle; Brulley l'aura après.
Sonthonax : J'adhère formellemen: à la demande de mon
collegue, dpar des raifons
je vais
en très-peu de mots.
fubidininesqee
dévciopper
Citoyens, mon collègue vient de vous dire
ont envoyé ici nos accufateurs, font des émigrés; que ceux cui, Cri
iis
R 2
vient de dire
Le
dévelapper mes raifons.
préfident : Tu as la parcle; Brulley l'aura après.
Sonthonax : J'adhère formellemen: à la demande de mon
collegue, dpar des raifons
je vais
en très-peu de mots.
fubidininesqee
dévciopper
Citoyens, mon collègue vient de vous dire
ont envoyé ici nos accufateurs, font des émigrés; que ceux cui, Cri
iis
R 2 --- Page 276 ---
font des émigrés, paifque la pluparr de ceux qui leur ont
donné des pouvoirs font asjourdhui à Jérémie, au Male,
& que plulleurs même ont péri dans le mallacre du FortDauphin. La lifte des hommes qui ont péri aa Fort-Dauphin
eft au comire de falur public; je prie la commillion de le la
faire remettre : eile y verra que ces hommes, apres avoir
émigré à la Nouvelle-Angletcere, font revenus dans la cOlonie, fou: la prorection des Efpagnols. J ajonte autre chofe:
c'eft qu'il vous fera démontré par le. papiers envoyés de la
Nouvelle - Angleterre par Geneft & Tauché, & appoités
par le fecréraire de la figation de Fauché qui isitici; il.vous
fera démontré que les hommes
ont donné de prérendus
pouvoirs à nos accufateurs, font e vérirables émigres qui ont
machiné avec TAngleterre la trahifon de la colonie de SaintDomngue: ii vous fern démontré que ces hommes font revenus à Jérémie, au Mole, comme je vous T'ai dit tout-àTheure; & s'il falloit un témoignage étranger,le conful des
Etats-Unis a Paris, & le miniftre plénipotentiaire de cette
République vous donneront des témcignages irréprochables,
f vous le requérez : ce miniftre parlera, & tout le monde
fair la réparation de pattiorifme dont il jouit en Amérique.
J'adhére à ce qué mon collegue vient de demander: je demande fotmellement que les colons fouicrivent un engagement
perfonnel, qu'ils nous donnent une garantie pour les calomnies
qu'ils fe propotent de développer.
Polvaral: La réclamation fe réduit à trois points, radiation
de la qualité de commiffaires dans le libelle d'accufation 1
rapport &c communication des pouvoirs dent les colons fe
dilent porteuts, foufcription d'un aéte parlequel ils fe rendent
perfennellement rofponiables des événemens.
Bralley : Vous venez d'entendre ce préambule de formes
commencent à oppofer Polverel & Sonthonax à l'acte
que d'accutation que nous avons dreffé contr'eux; il eft très-aifé
de faire difparoitre les fophifmes qu'ils viennent d'élever, &
de rérablir Pordre-des faits : car il eft effentiel que vous ne
perdiez pas de vue que c'eft toujours en confondant les chofes
& les perfonnes que ces hommes cherchent à échapper à
l'inltant oû nous allons les faifir & développer leurs forfaits.
Polverel vous dit qu'il veut une garantie perfonnelle; il vous
dit qu'il n'en treuvera pas, fi nous nous renfermons dans
ifmes qu'ils viennent d'élever, &
de rérablir Pordre-des faits : car il eft effentiel que vous ne
perdiez pas de vue que c'eft toujours en confondant les chofes
& les perfonnes que ces hommes cherchent à échapper à
l'inltant oû nous allons les faifir & développer leurs forfaits.
Polverel vous dit qu'il veut une garantie perfonnelle; il vous
dit qu'il n'en treuvera pas, fi nous nous renfermons dans --- Page 277 ---
la feule qualité de commifaires des colons : eh bien! Polverel
lui-mème a répondu
nous; > en donnant leéture de l'énonciation de laéte Eenonent Nous nous fommes portés
accufateurs 2 tant au nom de ceux qui nous ont donne des
pouvoirs, qu'en notre nom: individuel; & toutes-les fvisqu'un
homme ditfaccufe en mon noni individuel, ii ne cherche
à fe retrancher fur un caraétère public; il annonce d'avance pas
qu'il eft garant des accufations qu'il va perrer : par conféquent, Polverel a eu tort de dire que nous cherchions à
lui échaprer, que nous cherchions à nous couvrir de la
qualité de commilfaires des colons de
Je reviens maintenanr à cette qualité Saine-Domingue. qu'ils veulent faire
rayer : il n'eft ni au pouvoir de Polverel' & de
ni au pouvoir de qui que ce, foit de faire que ce Sonchonax, qui eft
foir pas : nous at ons des pouvoirs, nous fommes
ne
autorifésà à acculer Polverei & Sonthonax au nom légalemene des
qui ont des griefs contre eux. Certes, quinze mille colons
de Polverel& de Sonthonax ne pouveient pas routes victimes venir
enfembie accufer Polverel &c Sonthonax: ellos ont faivi
marche qu'elles devoient fuivre: : c'étcit celle de choifir
la
eux ceux qu'ils crovoient dignes de leur confiance
parmi
accufer Polverel. Sonthonar & leurs complices, pour venir
demander fecours, sûreté & protedtion : voilà le but pour venir
de notre miflion; voilà l'énoncé de nos pouvoirs qui font effentiel à
commiflion des colonies; voilà l'énoncé de.ces mêmes
la
que nous aurions préfentés i la Convention narionale, pouvoirs
même pendant notte détention, on n'avoit faiz décréter à f, la
Convention de tie fatuer fur nos pouvoirs
le
de la commiflion des colonies. La Convention, qu'après en rendant rapport
décret, a ftatué qu'on ne reconneitroit ces pouvoirs
ce
ils ne feroient plus utiles; mais enfin ils exiftent:
reconnoiffe tour de fuite, ou
les
R8T
ils n'en exiflent
qu'on différe à les reconnoitre,
pas moins, leur exiftence n'en eft pais moins
méelle; &c c'eft en vertu de ces pouvoirs que nous devons
agir, parce que tout fondé de pouveirs cui accepte une
doit la remplir, &: ne pour plusy renoncer; iln'eft million libre
d'abandonner une qualité quil a acceptée d'abord. pas
fommes donc bien réellement commiffaires nomnés Nons
vidtimes de Polrerel & de Sdnthonax, pour les acculer par les
& nousne devons, fous aucun rappcrt, nous défifter de cetre ici,
--- Page 278 ---
qualiré qu'il nous eft néceffaire de préndre, en ce
nous
a été donnée, é que nous l'avons acceprée
qu'ells
Foivorel & Sonthonix vous difent : Nous ne reconnoitrons
8 des pour accrfateurs des hommes qui viennen: au nom de Bouillé
à
émigris.
el & de Sdnthonax, pour les acculer par les
& nousne devons, fous aucun rappcrt, nous défifter de cetre ici,
--- Page 278 ---
qualiré qu'il nous eft néceffaire de préndre, en ce
nous
a été donnée, é que nous l'avons acceprée
qu'ells
Foivorel & Sonthonix vous difent : Nous ne reconnoitrons
8 des pour accrfateurs des hommes qui viennen: au nom de Bouillé
à
émigris. Citoyens, on a eu foin d adoprer cette tadtique
lépccre de l'enrrée de Dufay à la Convention:
Le prejiden: : A l'ordre, ciroyen, tu ne dois pas parler
des repréfenins du peuple,
Brilley : Je rends compte d'un fair il eft néceffaire de
parier de ce repréientant pour rendre compte de ce fait. C'eft
à l'entrée de Dufay dans ia Convention qu'on a commencé
à regarder comme émigrés les colons réfugiés à la NouvelleAngleterre. Le préfident : Je t'ai déja rappelé à l'ordre. Brilley : Mais un décret de ia Convention nationale, fapérieur à toure intinuadion de qui que ce puiffe être, bien
loin de' rerufer de counoitre les commilfaires des colens de
Siint - Domingur, au orife le miniftre de la marine à s'entendre avec les commifi.ires de Saint - Domingue, Page &
Brullev, fur ks moyens de faire retourner les eolons réfugiés,
foit a int-Domngue, foir en France. Sonthonax : Je deraande la date da décret, car iln'exifte
pas. Br:lley: Iletdn8 feprembre 17935 on va vousle montrer. Vous voyez donc quell étoit l'opinion de l'aflemblée nitionale, avan qu'en car cclomnie les colons réfugiés à In NouyrlcAngl-er./rchmi & Sonthonax vous difent 21 piefent:
Cas hommes font émigrés. Ils cherchent à lesconfondre avec
cesshommes qui fon: Lorris de la France pour s'armer contre
elic, & revchir déchirerie fein de leur patrie. ce
ne
font pas des vidtines telles que celies quis'échappent Cer.as, au
fer, au feu, avec letquels Polverel & Sonthonax les
fuivoient à Saint - Doningue; ce ne font pas ces hommes pourqu'on peur appeler énigrés, qui fe font iauvés avec leurs
feules hardes fur leur corps, qui font à peine échappés à
l'incendie du Cap, au bombardement du Port-au-Prince;
ce ne font pas la lcs hommes
peut réputer émigrés:
ce font des hommes chailés de Reere foyers,
avoir
vu
qui, après
égorger leurs fomnmes & leurs enfans, ont eu à peine le
temps de gagner les bitimens qui étoient en rade, pour fe
énigrés, qui fe font iauvés avec leurs
feules hardes fur leur corps, qui font à peine échappés à
l'incendie du Cap, au bombardement du Port-au-Prince;
ce ne font pas la lcs hommes
peut réputer émigrés:
ce font des hommes chailés de Reere foyers,
avoir
vu
qui, après
égorger leurs fomnmes & leurs enfans, ont eu à peine le
temps de gagner les bitimens qui étoient en rade, pour fe --- Page 279 ---
réfugier chez un peuple ami. Mais non-feulement on ne do
pas confidérer comme émigrés ces hommes challés par la
violence & les forfaits de Polverel & de Sonthonax, mais
encote on doit contidérer la conduite qu'ils ont tenue aux
Erars-Unis;
fuivre leur conduite fur cette terre hofpitalière, oû NE auroient pu de deux chofes Tune, ou fe
fondre avec ce reuple ami chez lequel iis étoient, ou redemandé à retourner à Saint-Doningue: ils ont toujours
ils
tourner. à Saint-Domingue. D'abord,foblerve qne quand
fe font réfugiés aux Etats-Unis, iis y ont été fors le pavillon
national, ils y ont été conduits par les vaiffeaux de la Republique : c'eit le convoi qui étoit en rade, & que Polverel
& Sonthonax vouloient braler, qui a eu le benheer de
s'échapper, & quia porté àla anveile-Andlesrgols demander plupart
de ces viétimes. Depuisieur arrivée, ilsn'ont ccfibded
au miniftre Genef, & nous en fournirons les preuves Genefh ma- les
térielles, ils n'ont celié de demander au miniftre
moyens de retourner à Sain-Domingue, non pas pour livrer
la colonie aux Anglais, comme le difent Polverel & Sonthonax , mais bien, au contraire, pours s'oppofer aux projets
de l'Angleterre, que Polverel & Sonthonax ne fervoient fous que
trop bien : ils ont fait plus, s,iis ont tenu une, aftemblée,
les aufpices des autorirés confitnées des Etais - Unis. Li,
qu'ontils fait? ils ont lu la confirurion françaife; ils y ont
juré fidélicé à la France; ils ont banni de leur fociété rous
ceux qui avoient des opinions contraires à la révelution françaife,ils n'ont ceffé d'agir dans le fens d'hommes enrizrement
attachés aux intérêts de la France, leur mete-parsiogils ont
dit que tranfportés pa: la violence & la force, & par la fuite
des forfaits de Polverel & Senthonax, chez up ceuple hofpiraler, : ils ne fe regardoiert pas moins comme Français;
quils n'avoient perdu aucun de leurs droi:s, & qu'ils entendoient cn faire ufage. Eh bien! citoyens, Tulage quils ont
fait de ce droit de français, ca été do nommer des commiffaires, de les dépurer vers la Convention nationcle, de
leur ordonner d'aller s'adjoindre CHA commiffaires de la Co"
lonie qui étoient ici; tous enfeniic d'accufer les dévaftureurs
idélité à la
de Saint - Domingue, tous cn.cmble de jnrer
France, tous enfemble de dernander des Tecours pour, reconquérir Saint - Domingue fur les ennemis de In France : ils
R 4
ce droit de français, ca été do nommer des commiffaires, de les dépurer vers la Convention nationcle, de
leur ordonner d'aller s'adjoindre CHA commiffaires de la Co"
lonie qui étoient ici; tous enfeniic d'accufer les dévaftureurs
idélité à la
de Saint - Domingue, tous cn.cmble de jnrer
France, tous enfemble de dernander des Tecours pour, reconquérir Saint - Domingue fur les ennemis de In France : ils
R 4 --- Page 280 ---
276.
ont fait plus encore : on vous a parlé d'un fervicé funebre
que l'on vouloit faire à l'occafion de la mort de Louis XVI,
Ceux qui provoquoient ce fervice étoient bien les
dont vous parlent Polverel & Sonthonax ; mais ce qui émigrés vous
prouve qu'il y-avoir alors deux partis bien prononcés, par
conféquent une diftinction à faire entre les
à la Nouvelie - Angleterre, c'efl qu'une parrie Frangais de réfugiés
très-conlidérable a prorefté centre ce fervice
Français &
ce
funebre,
projer de fervice n'a pas eu d'exécution, parce
que les
autorités confituées sy font oppofées.
que
Sonzhonax : Ce iervice : e
Le préfident : Tu n'as pas la parole.
Brilicy : Je demande que la paroie me foiz cenfervée, à
moins que ce ne foit une interpellation.
Sonthonax : C'eft pour une incerpellation.
Ic préfident : Tu la feras après.
Brulley : Savez-vous, ciroyens, ce qui eft réfultéde cette:
proteftaiion : c'eft que nous venons d'apprendre que cès
hommes qu'on dit rerournés à Saint -
> &
fonr encore à Philadelphic en tres-grand Domingue
.qui
nons
nombre; nousvebiens d'apprendre 2 dis-je, que ces hommes ont eu leurs.
confilqués à Scint-Demingue paries Anglais.
i ces hommes étoient retournés à
Certes,
: été pour avoir leurs biens Scinn-Derinsue, ce n'eit
pas devons dire
confilqués 5 & Sonthonax
vient
que ces hommes étoient énigtés. Eh bien!
ces ho. umesferoient -
regardés comme émigrés par les Français > & de la part des Anglais leurs biens ibroient confitqués & lears families proicrites ! jugez de leur fituation.
Je dis que la conduite des réfugiés aux Erats-Unis a toujours été la. nème. Une preuve bien folemnelie vient d'arriver à la Coi. wention narionale, Rappelez vousle paquer
que Letourneur (de la Manche ) vient de faire parvenis.
Éh bien ! Nous 1v ommes chargés par les colons de préfenter
à la Convention lie tionale le procès - verbal des fètes qui
ont été cilébrées en : umcire de la journée du IO août >
de préfenier cette mêmc - adreffe faite par ces hommes que
Fon dir énzigrés. Ces fot'e ont eu lieu conjointement 2vec
le peuple d'es Eratosliniss y verra les autorités conftituées tonne.: des preuves m.itiplides de leur atrachement
à la Républi gue fangaile, Onyy voit ies Frangais toujours
ionale le procès - verbal des fètes qui
ont été cilébrées en : umcire de la journée du IO août >
de préfenier cette mêmc - adreffe faite par ces hommes que
Fon dir énzigrés. Ces fot'e ont eu lieu conjointement 2vec
le peuple d'es Eratosliniss y verra les autorités conftituées tonne.: des preuves m.itiplides de leur atrachement
à la Républi gue fangaile, Onyy voit ies Frangais toujours --- Page 281 ---
perfiftans dansleur attachement à leur pays, nevouloir pas
fe refondre avec un peuple qu'ils regardent comme ami;
mais vouloir toujours être Français > vouloir toujours
tenir à la République françaile. Ces fenimens fonr exprimés avec une telle force > ces fentimens font tellement unanimes > que vouloir aujourd'hui fourenir que des hommes
qui ont tenu une telle conduite, qui n'ont jamais varie,
malgré Tétat de dérefle dans lequel ils font, privés de
leurs familles & de leurs propriénéss foutenir, dis-je:que
de tels hommes tonr émigrés, c'eft porter l'audace à un
point qu'il n'y a plus d'oxprefioz pour la qualifier. Ce
iont CCS mémes-bemmcs donr ks fegtimens vopt devenir
publics
la publicié que nous fommes chargésded donner
à ce ufit nous ont envoyé; ce iont ces mêmes hommes
qui nous Ont donné leurs pouvoirs 3 ce font les mêmes
hommes qui nous ont dic:" 46 Nous ne pouvons pas nous
traniporter tons en France pour acquier uos dév.flateurs, 2
pour accuier Polverel & Conthonar : nous denncns des
pouveirs à tels & tels qui ont mérité notre cenhiance 27,
Voila ce que font les pouvoirs en veru defqueis nous preRons la qualité-de conmmifaicezdeptiez prèsia Convention
nationale. Nous pronons ceite dénomination porco qurelie
eft celle de MIOS pouvoirs, & que nous fonnes auzorifés
prendre la oualificatton qui nous ci donnée par COux qui
nous ont inveflis de leur confiance. De plus, Polverel a dit
cue Saint - Domingue ne pouvoir pas avoir de dépurés cn
France. Eh bien I au contraireje trouve, le 8juilier 1792,
mineloi qui défend aux départen e:1s, municipalités & tribunaux d'envoyer des cemmifaires auprès du corps lécillarif, d'enveyer des députés auprea de corps lémalanif;
mais eil exceptant fornaillemest les colonies jufqura leur
organifarion définitive. Or,.Torgantfarien défizinve dascolonies n'a pas eu lieu : les commiilbires nemmés par la
colonie pour fe charger ici de fes affaires, font doncavoués
par cette loi, 8c autorifés à conferver cette qualiné, juf
qu'à ce que ics pouvoirs qui leur fent dennés par cOs repréfentzns de ls colonie leur foient retirés par ces ropréientons. Nulle révocation de pouvoirs n'a eu lieu par les
repréfentans de ia colonie, depais que les commi res
font à Faris; ils four denc roftis invosis Le ouyu
Tu
ici de fes affaires, font doncavoués
par cette loi, 8c autorifés à conferver cette qualiné, juf
qu'à ce que ics pouvoirs qui leur fent dennés par cOs repréfentzns de ls colonie leur foient retirés par ces ropréientons. Nulle révocation de pouvoirs n'a eu lieu par les
repréfentans de ia colonie, depais que les commi res
font à Faris; ils four denc roftis invosis Le ouyu
Tu --- Page 282 ---
2,3
donnés
les habitans de la colonie; ils font
leur ont été
par
de commiffaires de Saint-Doreftés inveflis de la qualiré autorilés à prendre par le décret du
mingue qu'ils étsient
les colons réfugies à la Nouvelle8 juiller 1792. Depuis, les mêmes pouvoirs à leurs comAngleterre ont coninne ils leur ont ordonné de porter accumifiaires en Frances
de preter fermentà à
fation contre Pelvere! a Sunthonax, & de demander fela nation, àln République fiangnife,
dans leur
cours &c proreéion pour ie rendre au plutôr Voilà Yobjer RPR
& en chafler les ennomis de la France. voili
voilà la caufede nGs pouvoirs;
pourquoi
norre mifion;
de commitlaires de Saint - Donous avons pris la qualité
narionale 5 qualification
mingue, députés vers la Convention
parce qu'elle
de laquelle nous ne pouvons nous départir, annuller &
exifte dans des aétes que nous fommes ne pouvons d'ailleurs dans la
qu'on ne peut annller. conforme Nous à la lei; denc, fous tous
loi, notre qualité eft
la qualité prife dans notre
les rapports, nous devons garder obfervation : cieft que nonaéte d'accufation. J'ajoute confiance une
des colons réfugiés aux
fgulement nous avens ia mais encore nous ayons la conErats-Unis de T'Amérique, iont
France. Ainfi donc cn ne
fianee des cclons qui
en font en France; car depuis
réputera pas émigrés ceux qui les
font en France
que nous fommes réunis ,
cclons"qui s'adjoindre à nous. Donc >
ont envoyé des commiffaires pour non-feulement de la portion
nous avons V'allenriment de Folverel & Sonthonax > rétugiés aux
des colons viétimes
confiance des colons
Etats-unis, mais encore nous avonsla venir en France. Ceft donc
qui ont eule bonheur de pouvoir de St-Dominsue, dépurés
avec la qualiré de commifinires nationale, que nousdevons accufer
auprès de la Convention car nous n'étions pas les feuls
Polverel & Sonthonax':
conrre Polverel &
ea
devions intenter une accufation
bien illufoire que de
thonax. Et certes > c'eit un victimes moyen a venir rouies indivouloir réduire quinze les milie hommes qui font les auteurs.de
viduellement acculer
conforme à la
lenrs maux ! Il eft conforme aux principes, cerrain nombre invefti
loi
Faccufation fe porte par un
c'eft nous.
de f confiance de tOMS : ce certain nombre 3 & certes >
de la confiance eft dans nos pouvoirss
ka preuve
ation
bien illufoire que de
thonax. Et certes > c'eit un victimes moyen a venir rouies indivouloir réduire quinze les milie hommes qui font les auteurs.de
viduellement acculer
conforme à la
lenrs maux ! Il eft conforme aux principes, cerrain nombre invefti
loi
Faccufation fe porte par un
c'eft nous.
de f confiance de tOMS : ce certain nombre 3 & certes >
de la confiance eft dans nos pouvoirss
ka preuve --- Page 283 ---
nous ne pouvons refufer la qualiré que nous avons prife,
& nous perliftons à prendre cette qualité. Quant à ia
rantie perfonnelle que demandent Pelverel &
nous
MEAtS
indigiduellement >
confentons à en prendre toute a
relponfabilité furi notre, tête. Nous l'avons annoncé dansles
débais; dans Tcce même, nous prenons far noure tête toute
la relponfab.lits de l'accufation que nous avons intentée.
Tous les colons : Tous, oui, tous.
Brulley : Ainfi plus de difficulré fur la refponfabilié:
pour la qualité > vous voyez qu'elle eft dans la loi. Nous
periiftons donc à demander que notre énoncé refeàla tête
de l'acte d'acculation, & nous demandons à paller fir cette
difcuflion de forme qui fait perdre du temps.
Sonthonax : J'a peu de mois à réyliquer au citoyen
Brulley. Il fembleroit, à entendre le ciroyen Brulley, que
nous chercherions à déclinerIaccufation portée conrenous.
Non, ce n'eft pas là le rôle que nous voulons jouer. Nous
avons annoncé dès le commencement que nous adinctrions
tous lesaccufateurs. Ce n'eftpas quinze mille accufateurs que
nous cherchons à appeler; mais que les défenfeurs oficieex
de ces quinze mille prennent fur eux la refponfabilins dont
Brulley vient de vous parler. In'ya donc plusde dificuird
far le fond; mais il eft néceffaire de rétablir les fairs far
ce que vous a dit Bruiley, par rapport aux cclons qu'il
dit réfugiés à la Nouglis.Ansimener Il a dit : ce Lesco-
-lons qui font aux Etats- Unis ne font pomz
> 1°.
ont été chaflés de Saint-Domingue énnigrés,
poria
parce qu'ils fe font réfugiés fous le
SAat cr
>2
national chez un peuple ami; 3°. parce qu'ils envolen: pavilion
>> de chez ce peuple ami journellement à la Convention
5> nationale des adreffes de foumiflion & des
de
fidélitéa la confiturion françaife >), Surle protefiations Prenier peint,
celui de la violcnce, > il faut Tajourner jufqu'a ce que les
débats prouvent de quel côté a été la viclence. Les colons
difent : Nous fommes réfugiés chez un peupie ami, &c
voila la raifon pour laquelle nous iie fommes pas énigrés.
Certes, tous les émigrés qui font en Suilfe font aufli chez
un peuple ami &c allié; & cependant, fi vous permettioz
Rux émigrés qui font en Suiffe de vous enyoyer des adrefles,
les
débats prouvent de quel côté a été la viclence. Les colons
difent : Nous fommes réfugiés chez un peupie ami, &c
voila la raifon pour laquelle nous iie fommes pas énigrés.
Certes, tous les émigrés qui font en Suilfe font aufli chez
un peuple ami &c allié; & cependant, fi vous permettioz
Rux émigrés qui font en Suiffe de vous enyoyer des adrefles, --- Page 284 ---
des proteftations de fidéliré - , de félicitation, vous n'en
mang uerez pas. Si aujourd'hui que,la République marche
de viGoire en vidtoire, elle permettoit aux émigrés de
Londres, de Madrid, d'envoyer des proteftations de figélité
à ia Convention nationale avec des députés, croyez-vous
que vous manquetiez d'adreles? croyez - vous que .VOS
féances feroient allez lougues pour les lire ? Ils vieynent
vous dire qu'ils vivent fous les lois françaifes anx EratsUnis, qu'ils ont refuie de fe fondre avec ce peuple prétendu ami,
Le préfidene : A Pordre.
Sonchonas: Avec 6e peuple ami, pour refler une portion
du peupie français, pour aller reconcuérir lentspropriérés,
D'abord, ils mentent fur le fond. Ces Français ion: es,
Jérémie, au Maie;, ils ne four B2S certaincment retouinés
dansia parne françaile de Sain-Domingus,, parce queleurs
biens fon: féquettrés & confiiqués ou profr de la République, parce qu'ils fervent ckez Jes enneinis de PEtar,
Ciroyens, vous acquerrez la ceritade inévitable que leriqu'on a atraqué lelosr-au-Feince, iya avoit 30c06 émigrés
avee les 1500 Anglais qui font venus CA faire le fidge. Ces
émigrés n'étoient autres cue des colons 5 inais Talen ,
kiais Noailles . mais Malouet, mais tous ceux quif faifoicnt
la fociété ordinaire des cclons qui font ici, &c qui accordeient leur pgo eftion à ceux qui font aétuciiencnt à ia
Nouelle-Argleterre, fonc Ceux qui dirigent aujourd. f'hui le
gouvensement amérisain. Ils vous dilent encore: cs Nous
9 dvens envoyé des seielts de folicitation j Lerourncur
39 (de le Manche) en a fait pailer a la Convention une
* qei a été lue 5. Eh bien ! oni, ils vous en enverront
fans ceffe; mais iis navous diront pasqu'en proteltant de
fidélicé pour la Convenrion, ils protefent auli contte les
décrets dela Conventiun. en voici la breuve dans leurs
abes. Cette preuve df titée de CCE ouvrage imprimé por
les foins de Page 8c Erulley. incitulé : Conspiration dsnoncee
les colonsfrançais Fieea en2 Amérique. C'eft de
la nEae pièce, page 16. Elle commenee ainfi: ec Cette
w pièce de la plus haute importance oft peu falceprible
A d'znalyfe 5 elle oft balde far la conftitution, & com-
* mence par le ferment de refler unis à la République
ée de CCE ouvrage imprimé por
les foins de Page 8c Erulley. incitulé : Conspiration dsnoncee
les colonsfrançais Fieea en2 Amérique. C'eft de
la nEae pièce, page 16. Elle commenee ainfi: ec Cette
w pièce de la plus haute importance oft peu falceprible
A d'znalyfe 5 elle oft balde far la conftitution, & com-
* mence par le ferment de refler unis à la République --- Page 285 ---
> françaife >, Vous allez voir, citoyens, s quelle valeur vous
devez donner à l'adhélion des colons qui ont toujours eu
foin de s'envelopper des couleurs nationales pour mieux
poignarder la métropole. Voici ce qu'ils difent à la fuite
de leur prétendue adhéfion : cc Les réclametions contre les
3 décrers font appuyées fur ce principe : ceus-lapourqui
>> la loi eft faite peuvent feuls la délibérer& la confenrir".
Vous voyez , citoyens > que les colons réclament exaétemenit, très-exnétement, d'une maniere très-explicire contre
les décrets de la Convention nationale, parce qu'ils ne les
ont ni délibérés ni conienris. Les colens n'abandonnent
jamais leur fyfteme favori : il faut qu'ils falfent leurs lois 3
il faut qu'ils foient indépendans de Y'aflemblée nationale 5
& en même-remps qu'ils viennent vous préter ferment de
fidélité, ils réclament contre vos décrets; ils ne veulent pas
de vos décrets, parce qu'ils ne les Ont ni délibérés ni confentis. Les colons'obleivent que les colonies ont été fans
repréfentation legale dans l'aflemblée conftituante, dans la
légillative &c dans la Convention. iis rappellent le décretdu
8 mars qui déclaroit les colonies non conprifes dans la conftitution françaife, & les propriétés coloniales fous la fanvegarde fpéciale de la narion; ils obfervent qu'aucun décret
n'a encore annullé CCS difpolitions,, ces intentions de la nation entière; ils citent le décret du 24 feptembre 1791,
quis'explique fur les propriétés coloniales, & obfervent
que la loi du 4 avril confirme les difpofitions du décret du
8 mars 1790 > en renvoyant les colonies à l'exécution de
ce décret. Vous voyez que les colens citent toujours le décret du 2.4 feptembre, dès long tomps abrogé; que les COlons, comme ils vous l'annoncent ici, ne veulent point des
décrets de la Convention nationale: ils envoient des aétes
de foumiffion & d'adhélion , en proreftant contre lesdécrets
de la Convenzion nationale. Ces proreltations contreles décrets .
dit
Bralley : Jamais nous n'avons
proteftation.
Sonthonax : Réciamation.
Bralley : Réclamation & proteftation fon: deux.
Duny: Il ne fera pas difficile de prouver que Sonthonax
en Sonthenax: impofe.
Vous veyez clairement que les cclons pro-
des aétes
de foumiffion & d'adhélion , en proreftant contre lesdécrets
de la Convenzion nationale. Ces proreltations contreles décrets .
dit
Bralley : Jamais nous n'avons
proteftation.
Sonthonax : Réciamation.
Bralley : Réclamation & proteftation fon: deux.
Duny: Il ne fera pas difficile de prouver que Sonthonax
en Sonthenax: impofe.
Vous veyez clairement que les cclons pro- --- Page 286 ---
contre vos décrets 5 & quand les
reRent aux Etats-Unis eft-ce
font dans un pays
colons y adhéreroient,
parce.quils font dans un pays
étranger; eft-ce fous
quitls courent les dangers
ami, quilsy reftent ?
ainfi qu'ils
erre
de la révolution; deft ainfi qu'en fe tenant dans des un ERC
garantiffant
chez un gouvernement: ami, sy envoyer des actes
Ti de révolution, ils en font quittes pour
les colons
d'adhéfion & de félicitarion. Mais je luppofe le que fer & par le
aient été challés de Saint Domingue par
feu, comme ilsle difent; que reçus chez un peuple bien ami, !
ilsy vivent fous les lois de la République frangaifesehl ecre conlidérés
fous ce rapport-là les colons doivent encore retourner dans
comme émigrés, dèsle moment qu'ayans dès pa le momen:que
leur parrie, ils ont refufé de ty rendre;
la
les agens confticutionnels aux Erats-Unispour fur République le convoi,
françaife leur ayant offert un pafage la gratuit ils ont refule
& 3c0 écus pour les frais de traverlée, refter dans ce paysles offres de ces agens pour pouvoir de IAngleterre, afin de
la machiner avec les envoyés
comme ils l'ont IO >
voir fe ménager les moyens foutenir d'aller, les Anglais dans leur inau Môle & à Jérémie,
foit
le
valion. Il eft prouvé dans les papiers envoyés, que Te cominiftre Fauchet, foit par le minitre Genet, fur les fomlons ont toujours refufé de paffer éll France les agens de la Rémarions que les autorités de conftituées, fe rendre dans le lein dela mèrepublique leur ont faites
Hé bien! s'ils
pamic. Ils cnt refufé de venir enl France.
font malheureux, comme ils le difent > que ne bras? viennent- Pourils au fein de la mère-patrie qui leur tendl,les
préferent-ils in:riguer dans un pays érranger, G bien, au.lieu qu'ils
République? leurs Isintriguent 5 car ils ofent
même cacher
intrigues
FEEA
ne favent pas
que je viens devous lire,
vous dire dans ce méme ouvrage cité dansle cours de la difcullion :
pièce. 30, ce quefai déja civils Polverei & Sonthonax luttent
que les commilfaires bienfaifance d'une nation ennemie,. qui veut arcontre la colonte à fa defirncion. On Lt à la page 56 :
facher la
n'eft
bientôt qu'un monceau de
ee Saint - Doisingue
plus ont achevé notre deftruc-
>9 cendres, & les menfres qui la bienfaifance d'une nation
52 tion luttent encore contie
:
pièce. 30, ce quefai déja civils Polverei & Sonthonax luttent
que les commilfaires bienfaifance d'une nation ennemie,. qui veut arcontre la colonte à fa defirncion. On Lt à la page 56 :
facher la
n'eft
bientôt qu'un monceau de
ee Saint - Doisingue
plus ont achevé notre deftruc-
>9 cendres, & les menfres qui la bienfaifance d'une nation
52 tion luttent encore contie --- Page 287 ---
28;
s ennemie qui voudroit arrachér au néant les reftes de la
>, plus floriflante des cclonies françaifes 32. C'eft
&
ont
Brulley qui
fait imprimer la piéce; ils l'ont fait Page
mer dans toute fon exactiruds. Nous fommes bien
coime luttant contre la bienfaifance
TStE
de IAngleterre qui
veut favorifer & proréger les colons : voilà les hommes
qw'on vous dit êtte des patriotes ; vailà les hommes qui
aiment mieux voir leurs propriérés en cendrès
de ies
voir palfer entre les mains des ennenuis. Ces hommes que
repréfentent les Anglais comne une puilfance amie & bienfailante; ces hommes vous difent que nous lurtions contre
les Anglais, & aujourdhui ils vont nous accufer d'avoir
livré Saine-Domingue aux Anglais s. . -
Pinfeurs colons : Oui, oui, & nous le prouverons.
Sonthona:: : Vous voyez jufqu'a quel poi: t ils fe mentent
à cux-mèmes; vous voyez julqu'a
ils font, attachés à la
quelpoint
République françaile! 4
J'ai une autre preuve que les colons ne renieront
:
c'eft la copie d'une lettre des citoyens Chorard & Mary pas à
Page, Brulley, Larcherefgue-Thhauk , Daugy & Raboteau, commiffiires de Saine-Domingue à Paris, datée du
18 mars 1724.
Diny: Nous demandons que la pièce foit dépofée fur
le bureau. Sonthonax avance ici des impoitures continuelles,
&k ne fournit point de preuves. Je demande, au nom de
tous mes collegnes, que Sonthonax fourniffe la
&
non point un chiffon comme ceux qu'il nous préfente pièce, tous
les jours.
- Le préfident : Tun'aplus la parole : c'eft afez;ta réclamarion eft entendue.
Sonthonax : Cette pièce ef entre ies mains de Raymond,
qri me la donnera demain, & je la. produirai; je l'ai
vue, je comnois les fignatures de Chorard & Mary.
Page: Je demande comment cn a eu cetfe pièce 2
Sonthonax : C'eft à Raymond que vous devéz le éemander.- Voici ce qu'écrivent Chorard & Marie, Nous nous
trouyons fore heureuz en raifon de notre condicion
(notez
Ce font les commetrans de nos accufareurs) pafec,
mais risen fant de beaucoup que nous ayons à nous louer
de la paifiance notre protediric, Si elle étoit gintreufe, le
Chorard & Mary.
Page: Je demande comment cn a eu cetfe pièce 2
Sonthonax : C'eft à Raymond que vous devéz le éemander.- Voici ce qu'écrivent Chorard & Marie, Nous nous
trouyons fore heureuz en raifon de notre condicion
(notez
Ce font les commetrans de nos accufareurs) pafec,
mais risen fant de beaucoup que nous ayons à nous louer
de la paifiance notre protediric, Si elle étoit gintreufe, le --- Page 288 ---
284 1
Port-au-Prince feroit er fen pouvoir, all lieu
le toujoufs Porde Sonchonax. (E: d'eft inoiqui
erde
au-Prince!) au pouvoir Et tant que les Cayerb le- Port-au-Prince dire feronz que
de Polverei Sonthonat, on ne
pas
au powvoir
foit fauvé. Voila ce mata Chotard8c
Saint-Domingue
où fe trouve
Marie a nos accufateurs. 1> T'indique le greffe
Dèmain
la letre originale, Eeft chez le citoyen fir lamaniere-dont Haymond.
elle
ils chicaneront tant qu'iis voudront
mais je
eft parvenue à Raymond, cela ne me regarde point; difent:
induction de la letre, quel les hommes qui
tire cette
mais ils ne_font pas
nous
afisgéntrans
Les Anglais
protégent, Polyercl 8 Sonthonax feront aux
avec nons; mais tart que
Saint-Domingue ni'ef
Cayes & au Port-a-Prince, donc s'en emparer, il n'y a que P
fauvé: Quils aillent puilfe nous iauver: vous verrez par
puillance angiaife qui
que les homies qui
les pièces que nous vous produirons, horreurs font les commertans de
ofent profbrer de pareilies N'eft-ce pas là le langage des émigrés ?
Page & Brulley.
arrivent des différens pays
Si vous compuliez les lettres qui
n'y trouveriez-vous
de T'Europe aumés contre la font Ftance, entrés dans Toulon, ils
pas que lorfque les Angiais de la France? Iis étoient les
étcient ies proxedteurs Toulonnais,, comme les Anglais Lvoet
teurs des infortunés dire de Chorard, & des commettans de
aujourd'nui, au
de la colonie.
nos accufateurs, les vérirables eft la moralité protedeurs des hommes qu'on
Voilà, ciroyens, quelle
des hommes qui envoient
vous dit n'être pas émtigrls, qui difent s'errerréfugiés chez
des adreffes à la Convention, vivre fous les lois françafes, des homun peuple ami, refufe poir d'obéir aux agens de In République,
mes
'ont
par ceux-ci de fe renare dans
ERdRe éroient interpellés des hommes qui ont teftifé de'
le fein de la méctopole, de ceux qui éralent aux Erats- Unis
paffer far le convoi,
de ccux qui difant qu'ils ont été
le luxe le plus infolent, & Sonthonax, vivent cependant aux
rpinés par Polverel
ont
foir deleur
Erars-Unis, foit des fondsqu'ils
emportés, qui leur tend les
induftric, &c qui rejettent la mere- posrie.
& Bruliey ont ajonsd: cc Nous fonimes commif
bras. Page
parce que nous avons éte inveftis de
faires de la colonic,
cette
i,
de ccux qui difant qu'ils ont été
le luxe le plus infolent, & Sonthonax, vivent cependant aux
rpinés par Polverel
ont
foir deleur
Erars-Unis, foit des fondsqu'ils
emportés, qui leur tend les
induftric, &c qui rejettent la mere- posrie.
& Bruliey ont ajonsd: cc Nous fonimes commif
bras. Page
parce que nous avons éte inveftis de
faires de la colonic,
cette --- Page 289 ---
28,
cêtte qualité par une autcrité légale, parce que nous l'avens été par l'atlemblée coloniale. >> A la vérité, cette affemblée avoit envoyé Fage & Eruiley pour intriguer
ment en
Franco, comme je vouslaiprouve par le politique- difcours
d'adicux du préfident de l'affemblée ccloniale à Page &c
Brulley & Lux lors de leur départ. Page & Brulley ont
élé envoyés pour apporterà la fanétion du tyran le décret
qui déclaroir l'efclavage éternel dans nos colenies: Page &
Brulley n'ont pu être confidérés comme commiffaires de
l'aflemblée coloniale,
pendant l'exiftence de cetre affemblée. Ils l'ont fi blieg fenti eux-mèmes, que vous trouverez dans vos archives > dans les liafles qui concernent
Lanchevefqee-Tluband, Page &c Brulley 5 une lettre de
Brulley-qui dit: cc Nos pouvoirs fon: finis par la diffolution de l'affemblée coloniale; nous ne pouvons plus exercer
fes fondions à Paris. 35 Il annonce même qu'il eft dans le
deffein de partir. Ce n'eft
tout; car la rénonciation
particulière de Brulley ne lirastent pas la commiion:
mais voici copie d'um aéte qui eft dans vos archives. C'eft
une défenfe à Page & Brulley, de prendre le titre de
commiflaires de la colonie de Saint-Domingue.
Brulley : Par qui donné?
Sonthonax : Par la commiffion intermédiaire de SaintDomingue, , avec laquelle vous avez correfpondu vousmêmes. Vous lui avez écrit pour lui demander de nouveaux
pouveirs, & voici fa réponie.
(Illit:)
Extrait des regiftres de Ta partie francaife de Saint-Domingue, du 13 mai 1793, P'an premier.
c A Par fuite de la lecture du procès-verbal de la féance
du II courant, un membre furla lertre des commiffaires
de Saint-Domingue en TALE adreffée à la commiftion,
obferve que depuis long-temps le rappel des giroyens
Lux, Page & Brulley, membres de l'aflemblée coloniale,
& nommés par elle pour porter à la fanction du roi le.
décret de cette aflemblée relatif à l'efclavage, avoit été
démandé; que la cominiflion n'ayant rien ftatué à leur
Tome III, Trenzième livraifon.
S
aires
de Saint-Domingue en TALE adreffée à la commiftion,
obferve que depuis long-temps le rappel des giroyens
Lux, Page & Brulley, membres de l'aflemblée coloniale,
& nommés par elle pour porter à la fanction du roi le.
décret de cette aflemblée relatif à l'efclavage, avoit été
démandé; que la cominiflion n'ayant rien ftatué à leur
Tome III, Trenzième livraifon.
S --- Page 290 ---
égard, ils continuent à prendre le titre de commiffaires de
Saint Domingue, qualité qui a dû néceffairement refter
fans cffer au moment de la diffolution du corps qui les
avoit choifis; qu'un plus long retard à prenoncer la fufpenfion de leurs fonctions ne pouvoit que les autorifer à
fe regarder comme approuvés par la commiflion, & augmenter les charges de la colonie, fans qu'il réfulte aucun
bénéfice pour elle, de leur féjour en France. Sur quoi délibérant, la commifion intermédiaire, après difcuflion,. arrête
qu'elle fuipend les citoyens Lux, Page & Brulley, dans
les fonétions de commillaires en France, de l'ailemblée
coloniale féante au Cap.
- 59 En conféquence declare qu'ils ne feront plus reconnus
à. l'avenit spour commifaires de Saint-Domingue, le corps
qui ies avoit nommésn'exitant plus, & la commiflion n'enrandant approuver aucun des adtes qu'ils pourroient avoir faits
en cettequalité, &cn'ayant pu les auroriferàfe perpétuer dans
des fondtions quileur avoient été déléguées parlallemblée cOcxiale difioure depuis le 13 octobre dernier, en vertu de la
proclamation des commifiaires civils. Artêteen outre que par
le préiident de la commiflion, expédition officielle du préfent airêté feta adroffée à la Convention nationale, &cc...
aux citoyens Lux, Page & Btulley, afin qu'ils aient asy
conformer.
Signt, BoUCHER, préfdents POILEVIN, fecrétaire.
*Citoyens, voilà les powvoirs dans lefquels Page & Brulley, 86 les atitres fckdifant commillaires de Saint-Demingue à Puris, prétendent être continués. Cen'ef pas tout:
c'eft qu'en principe de droit public, la Convention nationale de Francone doit pas reconnoitre ici une légation de
la colonie de Calnt-Domingue, d'uri pouple qui ne confent
à envoyer des dépucds pràs,que pourie dipenfer d'envoyer
des dépués à la Convention nationale. Les cclons ont
tonjours eu cette tadtique: car ,lors de l'afiemblée confuituante, en même -temps qu'ils avoient des députés dans
cette aflamblée, ilsaffectoient de ne les regarder que comme
des députés près de l'alemblée nationale. Ils ont toujours
eu des prétentions d'envoyer des légations auprès du corps
des dépucds pràs,que pourie dipenfer d'envoyer
des dépués à la Convention nationale. Les cclons ont
tonjours eu cette tadtique: car ,lors de l'afiemblée confuituante, en même -temps qu'ils avoient des députés dans
cette aflamblée, ilsaffectoient de ne les regarder que comme
des députés près de l'alemblée nationale. Ils ont toujours
eu des prétentions d'envoyer des légations auprès du corps --- Page 291 ---
légiflatif & près le pouvoir exécurif, afin de maintenir
leurs vieux préjugés de fe faire confidérer comme une
portioncule d'une nation, & d'une nation indépendante.
Voila la manière dent las colons ont toujours agi: c'eft
ainfi qu'ils fe font préfenrés à FAflembiée conftituante;
c'eft ainfi qu'ils fe préfentent à la Convention nationale.
Leurs pouvoirs d'aiilenrs font émanés d'hemmes qui ont
trahi leur patrie. > qui ne trouvenr pas les Anglais aflez
généreux, > parce qu'iis ne vonr pas conquérir le PortauPrince & les Cayes, d'hommes qui prétendent que la
bienfaifance anglaife, en ravilentla coionie àla France,
va la fauver. Cel ainti, citoyens, que ces hommes onc
toujours raifonnés"d'et ainii quils ont toujours contrarié
les décrets, qu'sls ent conjours oppote à la mérropole une
puiffance prétendae d'oppokrion, Coft ainli qu'ils veulent
perpétuer les débats furla loi du 16 pluviôfe, tant confr
mée par les décrets qui concernent la colonie, afin d'oppofer toujours ia réfifance anx adtes des Allemblées nationales, aux bienfaits de la nation. Je viens de vous peindre
ces hommes, il eft inutile de revenir li-dellus. Mon collegue 8 moi ayant adhéré à la declaration que vieunent de
faire les colons, je demande quon pafle à fordre. du jour, 2
& que les débats foient ouverts furce qui nous concerne.
Duny : Il elt bien étonnunt d'entendre Sonthonax s'cfforcer de vonloir peinrire comtae émigrés les colons qui
font aujourd' hai aux Erats-Unis. Et-il éronnant de voir
ces malheureux colons envoyer une première députation
compofée de Duny, Millet d Clauflon, jerés dans les
cachots à leur arrivée, fans être entendus? Une feconde
députation, Daubonneau à Nantes, eft arrêté en arrivant.
Efil étonnant de voir ces colons, trois mois après, qui
envoient le citoyen Fondeviolle? En arrivant à Breft, il
eft trainé dans les gachors faas être entendu. Les papiers
publics, 2 dans les Erars- Unis, ont'dit guillotinés Page >
Brulley, Duny, Miller, & vous voulez qu'à cette époque, >
les commiffaires dont ils connoificient les principes & le
républicanitme
paroifloien: avoir été victimes de leur
dévouement à ia Frare vous voulez qu'ils vinflent ici
fe dévouer, > au moment Si Sonthonax & Polverelarrivoionc
siomphans fur les rives de ja République ! Voila,ciroyens,
S 2
it guillotinés Page >
Brulley, Duny, Miller, & vous voulez qu'à cette époque, >
les commiffaires dont ils connoificient les principes & le
républicanitme
paroifloien: avoir été victimes de leur
dévouement à ia Frare vous voulez qu'ils vinflent ici
fe dévouer, > au moment Si Sonthonax & Polverelarrivoionc
siomphans fur les rives de ja République ! Voila,ciroyens,
S 2 --- Page 292 ---
empêché les colons de venir ici. Ils favoient gue
4e qui
étoient dans les prilons
trais atr de leurs compatriotes le régime de la France étoit
de la France; ils favoient que fur la Convention & fur le
un régime de fang qui pefoit hommes n'ont pas voulu
Peuple français : & ces mèmes Il falloit avoir une énergie
angmenter le nombre des viétimes. avons fait.
bien rare pour faire ce que nous de la moralité de ceux
Sénac. : 11 s'agit en ce moment & de notre moralité à
qui nous ont chargés de de pouvoirs, faveir fi ceux qui font au connous-mêmes. Il s'agit
des émigrés > ou s'ils
tinent américain font vérirablement s'ils n'ont pas été obligés de sy
ont été forcés de fuir;
le feu. Polverel vous a repreréfugier par le fer & par de fuir de Saint-Domingue comme
fenté ceux qu'ila forcés
la
attention
les amis de Bouillé. Sonthonax a eu tres-grande de Bouillé, Noailles
de vous dire
les liaifons particulières avec ceux qui nous ont chargés
& Talon gdel journalièies
dire
les Talon, les
de pouvoirs. Il eft bon de vous
que ou de liaifons
Noailles n'ont jamais eu de correipendance, accufent Polverel & Sonparticulières avec ceux qui,, ici,
& ils ont au
thonax > ni avec" ceux qu'ils repréfentent; comme des con(pirateurs,
contraire toujours été confidérés J'étois à Philadelphie ,
comme des ennemis de leur pays. de faire repaffer en France
lorfque linviration eft arrivée
Polverel & Sonthonax,
tous les colons qui, pourfuivis par It en eut envron 1,500
s étoient 3
réfugiés aux Elats-Unis. donné
1 minifre Fauchet;
qui: profiterent de l'avis
par l'ordre de ne laifler defmais, en arrivant à Breft, on reçtit embarqués; & quelque
cendre aucun de ceux qui s'étoient eut un tribunal inquifitorial
chofe de mieux, c'eft qu'il y hommes auxquels Polverel &
formé & compofs des feuls les hommes qu'il falloit arrêter,
Sonthonax avoient déligné délignoient eeux quil falloit mettre en
& ces Kommes-la du nombre. Je ne pus être entendu, je ne
prifon. Je fus
fais Sonthonax pourquoi. : Je demande à relever un fait.
dire
Senac: Je n'ai pas fini. Il eft bon de vous
quelles il eft
avec lelquelles je me fais préfenté;
font les pièces
font les hommes qui vinrent avec
bun de vous dire quels
& de cette tranquilliré que
saoi pour y jouir de çette paix
ux quil falloit mettre en
& ces Kommes-la du nombre. Je ne pus être entendu, je ne
prifon. Je fus
fais Sonthonax pourquoi. : Je demande à relever un fait.
dire
Senac: Je n'ai pas fini. Il eft bon de vous
quelles il eft
avec lelquelles je me fais préfenté;
font les pièces
font les hommes qui vinrent avec
bun de vous dire quels
& de cette tranquilliré que
saoi pour y jouir de çette paix --- Page 293 ---
28,
la liberté devoit nous procurer. Lors de la reddition du Mole
& de Jérémie, c'eft le miniftre Geneft qui repréfentoit l
République françaife auprès des Etats - Unis d'Amériquc.
Voila la lettre que je lui écrivis à cette époque : vous allez
voir quels font nos principes.
Philadelphie, le 29 ostobre 1793; & c'eft le 22 feptembre
précédent, que le Méle & Jérémie ont été livrés aux
Anglais. :
(Il lit:)
Philadelphic, 29 ocobre 1793.
Le citoyen Senac, colon de Ssint-Domingue, an citoyor
Genef, minifre de la République françaife.
€e CITOY E N,
> Jufqu'ici, la portion des colons de Saint - Domingue
amis de la France > réfugiés dans le continent par fuite des.
fcènes fanglantes occafionnées peut-être par la conduire des
commiffaires civils, ont
refter dans le flence : ils ont dû
gémir fur'la pofition I leur pays 3 en atrendant qu'un
meilleur ordre fe rétablit; mais ies chofes ne font plus les
de
mêmes : tout a changé. La malheureufe partie françaife
Saint-Dowingue eft au pouvoir des Anglais & des Efpagnols; & il me paroît impofible que vous n'ayez pas ie
projet d'employer toutes les forces qui vous font confiées
pour combattre les ennemis. A cet égard, je fuis convaincy
qu'il y a dans les Etats-Unis beaucoup de colons français,
malgré les mauvais traitemens qu'ils ont éprouvés, difpofés
à tout facrifier pour aller arracher des mains des puiflances
coalifées la plus intéreffante pofellion de la France.
>, Depuis le 15 mai, je fuis à Philadelphie. Mes prineipes pour les fuccès de la France n'ont jamais varié; ils
m'cnt mérité, fous l'ancien régime, des profcriptions do
tout genre : les Peiniers, les Blanchelande & les Mauduir,
m'ont tour-à-tour perfécuté &c mis aux fers; j'ai été forcé
de fuir, parce que j'ai voulu l'exécution de la volonté nationale. Les hommes de cculeur, agens du gouvernemese
pendant trop long- temps, m'ont également mis aux fexs.
S 3
'ont jamais varié; ils
m'cnt mérité, fous l'ancien régime, des profcriptions do
tout genre : les Peiniers, les Blanchelande & les Mauduir,
m'ont tour-à-tour perfécuté &c mis aux fers; j'ai été forcé
de fuir, parce que j'ai voulu l'exécution de la volonté nationale. Les hommes de cculeur, agens du gouvernemese
pendant trop long- temps, m'ont également mis aux fexs.
S 3 --- Page 294 ---
Derisièroment, les commiffhires, don: je n'approuve pas la
coaduite, m'ont réduit. à la néccliité de fitir, &c je me
trouve éligné de toutes nics propriétés. J'ai été déclaré
émigré; j'al été deflitue de ma plecos mes biens-fonds ont
été fequeftrés; ceux moiiliors Cl2t été vendus; le liz fur
lequel men époule étoic couchée ica pas même été. excepté:
en un mot, je fois privé de tour ce que j'ai de plus cher,
de mon époute er mes cufans; & pourtant, je nen aime
pas moins mon pays, 8c je u'en chéris pas molas le gouvernement qu'ila choiti. J'oublie tous les torts qu'ent eus
envers moi les délégués de la République, parce qae cet
à ia France à les juger; y'oublie egalement que jai une
femme. a Saint : Domingue & des entans, peur- être à la
difpofition des étrangers, pour ne penfer qu'a défendre ma
pairie. Tous ces motifs me déterminent à vous annoncer
que, malgré tout ce qu'on peut dire de vous," G vous disigez des forces centre les ennemis, vous pourrez compter
fur moi pour la piace à laquelle vous voudrez me commettie. Atrente ans, bien pormant, on pourreit étre-utile a
fon pays; &: je mourrois mécontent, s'il étoit poflible
je ne contribuaffe pas au bonheur de mes concitoyera, RuE
à celui que la polérié frangaife actend de l'état actuel des
chofes.
s) Salut.
>> Signé, SENAC,
>> Le citoyen CENEST, 2 minifire de la Republique frangajfe.
35 Pour copie coufonne, délivréc fur la demande du
citoyen Senac, à Phiadelrhie, 2 le 18° jour da 5 mois de
la 29 année de la République françaife, une &c indivifible,
(6 février 1794, fyie vuigaire.)
53 Signe, GENEST.
Depx mois s'écoulèrent, & je no reçus pas de nouvelles
de cette lettre. J'étois fort inquiec: cependanr, je voulois
avoirparlevers moi une preuve certaine de mon atrachement
àlal Iépublique. Je me tun(porrai, avec rlulleurs habiaus
5 mois de
la 29 année de la République françaife, une &c indivifible,
(6 février 1794, fyie vuigaire.)
53 Signe, GENEST.
Depx mois s'écoulèrent, & je no reçus pas de nouvelles
de cette lettre. J'étois fort inquiec: cependanr, je voulois
avoirparlevers moi une preuve certaine de mon atrachement
àlal Iépublique. Je me tun(porrai, avec rlulleurs habiaus --- Page 295 ---
de T'Oueft, au cenfulat de France à Baltimore, & voici la
proteftation que nous y fimcs:
(I lit:)
Extrait des minutes dépofées en la chancellerie du vice-confialat
de Baltimorc.
du
de rOucft
e Nous foufignés habitans
département
de la partie françaife de Ssinc-Domingue,
>> Déclarons qu'inviolablement attachés à la France &
à fes principes, nous n'avons pu voir fans indignation la
reddition d'une portion de Saint Domingue aux Anglais;
>> Que, fans vouloir approfondit les caules : fans doure
criminclles, de Tinfidélité de ceux qui onr confenti Oul f2vorifé là prile des colonies, nous ne devons
refter indifférens fur une telle
à cofiRened
condaire, puilquelle
prendre la totalité des colons dans un acte parfaitement
contraire aux intérêts de la République,
>> En confequence, jaloux de refter fiduies à notre patrie,
nous proreftons conte tout acte qui pourroit porter attcinte
à cet attachement, & pariculitreman: contre celai qui a
déterminé la remife de plufieurs places de la partie françaile
de Saint-Domingue. Nous-le regardons comme non avenu à
notte égatd, & indigne de notre approbarion; &loin d'yacquielcer, nous nous engageons a concourir de tour notre
pouvoir pour arracher des mains des puilances coalifees
cette précieule polletlion de la France; réfervant même OXpreflemnent nos droits contre les aujeurs des maux de SaintDomingue, , pour raifon des pertes que nous avons & quo
nous pourrons éprouver.
>> Baltimore, continent améficain, pays allié de la France
(le 15 janvier 1794),Tan 2 de la République frangaife.
e3 Signé, LASSERRE, SENAC, LABOUBÉR.
s Dépofée a ét6 la préfente déclaration par les citoyens
dlclarans ci-defius nonimds, ci la chancelierie du vive-cope
S 4
de SaintDomingue, , pour raifon des pertes que nous avons & quo
nous pourrons éprouver.
>> Baltimore, continent améficain, pays allié de la France
(le 15 janvier 1794),Tan 2 de la République frangaife.
e3 Signé, LASSERRE, SENAC, LABOUBÉR.
s Dépofée a ét6 la préfente déclaration par les citoyens
dlclarans ci-defius nonimds, ci la chancelierie du vive-cope
S 4 --- Page 296 ---
fulat de Balrimore > (le I5 janvier 1794), l'an 2 de la République françaife, & poar lefdits déclarans y avoir-recours
au befoin, ont figné avec nous chancelier.
>> Signé, LASSERRE, SENAC, LABOUBÉE, J.
chancelier.
MAGNAN, 3
3> Nous François Moifonier 3 vice-conful. de la République françaife dans l'état du Maryland, réfidant à Baltimore, certifions à tous qu'il apparriendra que la fignature ci-contre eft celie du citoyen J. Magnan notre chancelier, & que foi doit êcre ajourée à tous les aétes qu'il Gde gnera en cette qualité, tant en jugement que hors. En foi
quoi nous avons figné le préfent $ pour ferir ce
de
raifon, y avons appofé le fceau du confulat pour que d'authenticité,
plus
53 Donné en notre chancellerie, à Baltimore
vier 1794), l'an 2 de la République françaife. (le I5 jan32 Signé, F. MOISSONIER. 33
Ces pièces, > citoyens, > font très - officielles; elles font
dépofées au confulat de la République à
elles
font légalifées, revêtues du feeau, lignées Baltimnore;
Deux mois après, je conçus le projet de paffer MOISSONIER, en France
pour y jouir de la tranquillité. Je me déterminai à
de nouveau à Geneft, qui étoit encore miniftre de la écrire République. Je le priai de m'e envoyer une
collationnée
Ja lettie dont je viens de vous donner copie lecture, & voici de fa
réponfe.
(Il lit:)
LIBERTÉ, ÉGALITÉ
Philadelphie, le izème.jour du gème mois de l'an 2 de la
République françaije, une & indivifible.
Ie citoyen Genef, miniftre plénipotentiaire de la
françaife près les États-Unis, au citoyen Senac. Republique
ee J'ai reçu, > citoyen, votre lettre du 2 février. J'ai fait
rechercher la lettre que vous m'avez écrite le 29 actobre
:)
LIBERTÉ, ÉGALITÉ
Philadelphie, le izème.jour du gème mois de l'an 2 de la
République françaije, une & indivifible.
Ie citoyen Genef, miniftre plénipotentiaire de la
françaife près les États-Unis, au citoyen Senac. Republique
ee J'ai reçu, > citoyen, votre lettre du 2 février. J'ai fait
rechercher la lettre que vous m'avez écrite le 29 actobre --- Page 297 ---
dernier : je vous envoie une copie collationnée de cette
lettre, ainfi que vous le defirez. J'ai
les fentimens
qu'elle renferme; mais, lorfqu'elle ETRIAE m' parvenue. > la défection de l'efeadre & de nos forces de mer me mettoit dans
l'impoffibilité de vous fournir encore l'occalion de fervir
votre patrie.
39 Signé, GENEST.
Geneft refta encore quelque temps miniftre aux ÉratsUnis. Fauchet vint pour lui fuccéder:j'eus occafion de lui
écrire. Je lui érablis, d'une manière politive, les crimes de
Polverel & de Sonthonax; je lui demandai même Lin paffage pour revenir en,France, & voici la réponfe qu'il fit
à ma- très-longue lettre.
(Il lit:)
Philadelphie, le 18 Ventofe, l'an 2 de la Rép. franç.
une & indivifible.
Jofeph Fauchet, miniftre plénipotentiaire de la République
françaife près les Erats-Unis, au citqyen Senac.
Ce Ta franchife républicaine > citoyen 2 ta réfignation
dans le malheur, 2 > & Tinvariabilité des principes que tu profelfes, me font defirer plus de pouvoir & plas de moyens 3
mais je fuis porteur d'inftrnétions qui ne me laiffent aucune
alternative. Si tu veux paffer en France conformément à
l'avis public, adreffe-toi au conful qui fera à cet égard ce
qui lui eft prefcrit.
>> Salut.
9> Signé, Ju. FAUCHET. >9
D'après cette lettre, je me préfentai au conful de la
République à Baltimore; il me donna véritablement uls
paffe-port. J'arrivai à Breft, comme je vous l'ai déja dit 3
fur un bâtiment bordelais. JI eut l'ordre d'appareiller powr
fon port quelques jours après, & j'arrivai à Berdeanx, oû
communiquai toutes mes pièces au comité de furveillance.
5. les trouva bonnes, & je jôuis de la liberté; nais trois
préfentai au conful de la
République à Baltimore; il me donna véritablement uls
paffe-port. J'arrivai à Breft, comme je vous l'ai déja dit 3
fur un bâtiment bordelais. JI eut l'ordre d'appareiller powr
fon port quelques jours après, & j'arrivai à Berdeanx, oû
communiquai toutes mes pièces au comité de furveillance.
5. les trouva bonnes, & je jôuis de la liberté; nais trois --- Page 298 ---
arriva un arrêté ptis par
Tanchon-Sint-Ante
Jours après
du peupie, alors à
& Prieur (< de la Marne), reprefenians de furveillance de Bordeaux
Bref, qui erdennoit au comiré fans en déduire les 'morifs.
de me mettre en arreftation, j'exhibai toutes mes pièces, & je préJe fus fort étonné;,
Je ne pus rien obeenir, finon
tendis être mis en liberté. c'étoit fur la dénonciation de Polverel
qu'on m'annonça que
&
fils, qui étoit alors à Breft, que JenBen-Sulnt-Ande à me mettre en
Prieur (de la Marne) fe détermintrent je viens de lire, je
état d'arreflation. D'après dufle les être pièces mis que en arreftation, que je
ne croyois pas que je mois fans être entendu; & cependant,
dufe y refler quatre
je n'ai cellé d'écrire aux autorités
pendanr, tout ce temps-la, comités de falut public, de sûreté genérale,
confimées, & je n'en ai aux jamais cbtenu de répenfe,
Sonthonax veut
Clanffo: : J'aiun fait à relever. Le citoyen aétes. Tout-à-Theure,
éloigner les difcuffions fur fes propres des colons réfugiés à Philail vous a parlé d'une pièce
qui fe trouvent trondeinhies il'a rappelé des expreflions dans la pièce gu'il vous a
qudes: ily a erreur de copifte débats
les erreurs qui fe
lue. J'ai déduit dans les
antériewrs
citoyens,
trouvent'dans cette copierje demande eft aujourdhui, dépofée dans ves arpuifque T'original de cette pièce
que vous poilliez apchives; je demande, dis -je, pour la
foit dépolée
précier la moralité de Sonthonax, > les que pièce
fr votre bureau, & qu'on en voie Polverel véritables & expretions. Sonthonax
Je dis que cette picce porte de la que
angiaile, mais non
luttent centre les etiorts
bien puiflance ! je dirai plus; deft qu'à
pas contre la bienfaifance: les : culons ch auroient dit que Polverel
cette épeque, luwcicer quand contre la bienfaifance de la nation
&: Sonthonnx
Ox n'auroit pas pu blâmer les
anglaife, à cette époque
coions desètre fervi de cecte exprellion, Fareeguileitconbanr alors tout à feu & à
eue Polverel & Sonthonax meiroient parvencient dans les ports des
fn5i, & les nouvelles qui ia mort d un père, d'une mère,
Krats-Unisleur affafline apprenoient les fatellites de Sonthonax, leur apd'un frère
par de leurs biens, le pillnge de leurs
piencient le (équettre
priétése mobiliaires, enfin les réduifoientan
avoit
17RE
l Mole & Jérémie ont biép pris,le minifre Geneft cil
el & Sonthonax meiroient parvencient dans les ports des
fn5i, & les nouvelles qui ia mort d un père, d'une mère,
Krats-Unisleur affafline apprenoient les fatellites de Sonthonax, leur apd'un frère
par de leurs biens, le pillnge de leurs
piencient le (équettre
priétése mobiliaires, enfin les réduifoientan
avoit
17RE
l Mole & Jérémie ont biép pris,le minifre Geneft cil --- Page 299 ---
onnoiffance plus d'un mois avant. Il vous fera prouvé, par
es débats poftérieurs, que Geneft s'entendoir avec Polverel
I Sonthonax, & connoiffoit les machinatiens des Anglais
pour: - s'emparer des ports de Sains-Domingue, Nous avons
ait alors des reprétentations auprès du miniftze Geneft.
Nous yous remettrons fous les yeux la demande que nous
ui avons faite de repaffer à Saint-Domingne pour empècher de
es invaiions des Anglais, pour empêcher les vexarions
Polverel & Sonthonax, pour les arracher de ces pays 8c les
envoyer en France. Voila les réclamations que nous avons
aites auprès du miniftre Geneft : voilà ce que je rétablis.
Brulley : Nous demandons la leéture de l'original,
Sonthonax : J'ai à répondre à ceci, qu'il eft impollible que
'original de cette pièce exifte ici, & que f c'eft un original,
eft un faux: voici pourquoi. L'original doit être dépofé au
confulat de Philadelphic. Il ne peur vous arriver ici d'originaux, il ne peut vous arriver que des copies certifiées
par le conful à Philadelphic 5 car, Jorique des Français
font un aôte qaciconque en pays étranger, cet adte, pour
être aurhentique dans leur pays, doit être légaité par le
conful de leur patrie : vous n'avez donc pa avoir ici que la
copie de ja pièce dont l'original eft refts ai confulat de
Philadelphie > légalifée par le conful à Philadelphie. C'eft
juftement fur. cetre copie que Page & Brulley ont fait
imprimer la pièce e-que je VOnS ai luerl L'original apporté ici
eft un original faux; c'ef une pièce Fabriquée à Paris.
Clafon : C'ef ians doute de la pièce dont je viens de
parier.
Sonthonax: C'eftla pièce 30.
Claufon : C'eft celle-la : jai demandé que T'original. .
Lc préfident : Ol eft cette pièce :
Claalfon: : Dans VOS archives; je T'ai vue l'autre jour: elle
eft revêtue du fceau du confular, elle el lignée de Beauvarlet.
Sonthonax : Non pas revêtue de la fignature de Beaus
varlet.
Th. Millet à Chanffon: Il y a du mal-entendu dans Se qMe
tu as dit. La pièce 36 n'a pas éré dépofée, corame le dit
Sonthonax; car deft le réfuirat des déiibérasions des ciroyens
rounis à Philadelphie en affemblée > lous la protefion des
fceau du confular, elle el lignée de Beauvarlet.
Sonthonax : Non pas revêtue de la fignature de Beaus
varlet.
Th. Millet à Chanffon: Il y a du mal-entendu dans Se qMe
tu as dit. La pièce 36 n'a pas éré dépofée, corame le dit
Sonthonax; car deft le réfuirat des déiibérasions des ciroyens
rounis à Philadelphie en affemblée > lous la protefion des --- Page 300 ---
magiftrats de Philadelphie. Les
cette affemblée quand nous fommes perfonnes qui compofoien
Clauffon, Duny & moi vers la
venus en France
remis le regiftre même de leurs délibérations. Cenvention, nous on
giftre qui eft dans vos archives: voilà le fair.
C'eft ce re
Clauffon : C'eft vrai; je confondois deux pièces.
Sonthonax: : Je demande fi ce regiftre doit êare mis
balange avec l'authenticité d'une' copie certifiée
er
aux Erats-Unis. Je crois bien
du confu
chance tourmer, je crois bien qu'ayant vu en France la
de la France,, vous n'avez quand vous avez vul les fuccès
pas parlé de la bienfaifance de
TAngleierre, Alors, vous avez altéré vos regiftres, vos
ginaex; mais les feules pièces qui peuvent avoir ici
oricréance, la feule pièce qui peut être mife
quelque
des repréfentans du peuple, c'elt une
fous les
ce que veulent les lois
copie légalifée,
2Se
fiancailes, parl le conful de France...
Bralkytle.demande la parole.
Sonthonax : Si cette pièce-ci ne l'eft
fauffe.
pas, c'eft une pièce
Th. Miller : Nous ne vous avens
patlé de
lifée,ou qui dâtêtre légalifée par le
France pièce à 1éga-
:
IRA12S
delphie nous vous avoris parlé & mis fous les Philaactes de Français librement réunis fous les
yeux des
torités conftituées, à l'effer de nommer des aufpices des aupour venir auprès de la Convention nationale. commiffaires
réunis ont fait un regiftre de délibérations; ce regiftre Ces Français de
bérations eft celui qui eft entre VOS mains: or, il n'eft déliqueflion de pièce
dàt être légalifée, qui pit être
pas
par le conful des ESr On vous a dit
legalifée
les fuccès de la France, nous avions
que, connoilfant
eh bien ! ciroyens, vous ferez encore pu convaincus alerer.cette pièce;
pièces vous ont été apportées dircétement; que lors de que ces
arrivée à Nantes, nos papiers furent remis au
notre
falut du peuple
qu'ils ont été envoyés aux repréfentant comités de
public & de
générale réunis, & que c'eft là
RRISE
la commifion des colonies a puifé Ges pièces 5 que c'eft
qu'elle a trouvé
AE
quia été
cette pièce, qui n'eft pas la même que celle
imprimée : or, je demande fi, à notre
ment à Nantes, lorfque les officiers publics de. débarquefo font failis de nos papiers, les ont remis 2u repréfentant Paimbeuf
comités de
public & de
générale réunis, & que c'eft là
RRISE
la commifion des colonies a puifé Ges pièces 5 que c'eft
qu'elle a trouvé
AE
quia été
cette pièce, qui n'eft pas la même que celle
imprimée : or, je demande fi, à notre
ment à Nantes, lorfque les officiers publics de. débarquefo font failis de nos papiers, les ont remis 2u repréfentant Paimbeuf --- Page 301 ---
ui les a envoyés aux comités de falut public & de sûreté
énérale, qui les ont remis à la commiflion des colonies,
n peut fuppofer que nous les ayons altérés : Je demande
à que nignilie tout ce que vient débiter Sonthonax fur CG
air?
Perneuil: C'eft du pathos.
Sonthonax : Je réponds à Th. Millet qu'il vient de nous
évéler une chofe très- importante : c'eft que les prétendus
Etos des prétendus patriotes réfugiés à Philadelphie font des
Ctes qu'il fe font taits à eux - mêmes, fans le concours
ancune autorité légale. Qui vous
qui peut vous
citoyens 2 des éclairciflemens SEL fur conduite des
olons Philadelphie : Ce, font fans doure les repréfentans
le la République près les Erats-Unis, ce font les autorités
tonftituées près les Erats-Unis. Si un Français, comme je
lai dit toxt-à-Theure, fait. un acte en pays étranger, cet
cte ne peut avoir aucune authenticiré dans fa parrie, lorfquilneit pas revêtu de la légalifation des repréfentans de
a patrie dans le pays où il fe trouve. Ce qui fe fait pour le
moindre contrat de la vie civile, doità bien plus forte raifon
voir lieu quand il s'agit d'aôtes prétendus politiques, faits
par des hommes qui font véritablement émigrés, & qui
veulent fe couvrir du manteau de l'epprellion. Citoyens, je
perfifte à dire que les repréfentans du peuple ne peuvent reConnoitre d'autres titres, d'autres actes authentiques que ceux
qui ont- été légalifés par les autorités conftituées par la
Frànce en Amérique. Nous récufons, carj'efpère que mon
collègue ne me démentira pas; nous récufons, dis-je, nous
regardons cemme fauffe, altérée cu falfifiée, toute pièce qui
eft Fes revètue de la légalifation des confuls français aux
Erats-Unis.
Th. Millet : Citoyen - préfident, ce font de véritables fophifmes que vient de vous préfenter Senthonax; car les
Français réunis à Philadelphie, pour s'affembler, n'avoiens
befcin que de la permiffion du magifrat de la ville dans laquelle ils étoient réfugiés : & dans tous les pays du monde
oi certain nombre d'opprimés fcnt réunis, ils ont le droit
de s'aflembler pour demander juftice de f'opprellion qu'ils
éprouvent: voilà quelle étoit la pofition des Français réfugiés à Philadelphie. Ils ont demandé la concurrence du
phie, pour s'affembler, n'avoiens
befcin que de la permiffion du magifrat de la ville dans laquelle ils étoient réfugiés : & dans tous les pays du monde
oi certain nombre d'opprimés fcnt réunis, ils ont le droit
de s'aflembler pour demander juftice de f'opprellion qu'ils
éprouvent: voilà quelle étoit la pofition des Français réfugiés à Philadelphie. Ils ont demandé la concurrence du --- Page 302 ---
minitre Geneft, ils Ini ont fait parvenir copie de touter
leurs délibérations, & Geneft leur, en a accufé la réception.
Les pièees qui prouvent ce que j'avance font dans des archives. Je dis donc que, par Jes fophifmes
Sonthonax a
mis en avant, il ne prend pas garde qu'il Tidie méme, > f le
principeq qu'ilaavancé éroit Fotc-juiquàaraquere des membres
de la repréfentation nationale qui ont été élus en pays
étranger.
Lc préfident:Je te rappelle à l'ordre; tu ne peux pas difcuter iciles pouvoirs des repréfentans dup peupie.
Th. Millee: Je failois uné, comparaiion.
Claufon: Il paroitra étonnant à la Convention nationale
& au peuple français, que Polverel & Sonthonax aient attendu le jour oû la difcuflion fur leurs actes alloit s'engager,
pout former une oppofition, & difcuter fur notre qualité,
Lc prefident : Ceci eft entendu; paffons à un autre objet.
Poiverel: Linfertion,au procès-verbal de la féance d'aujourd'hui, de l'ensagement perfonnel ptis par chacun des
accufateurs ici preiens , farisfair au pincipalrobjet de ma
réclamation. Il y a deux autres points de vue auxquels cet
engagemient perfonnel ne facisfait pas. C'ef premièrement ia
dire qualité de commiffaire que je ne leur palfe pas, & quej'ofe
que la commiffion ne peut
leur palfer elle-mème,
Quant à moi, une proteftation Eian formelle contre cette
qualiré doit fuffire. C'eft à la commifion à juger fi elle n'a
pas elle-méme des mefures uitérieures à prendre. Cette
lité de commiffaire , je l'ai déja obfervé 2 n'eft dérivée quad' une corporation politique quin'exifte plus depuislong-temps que
On prétend l'étayers,-la cortoborer par les pouvoirs
à ces prétendus comriBinsprinclam réfuigiés aux donnés ErarsUnis d'Amérique : c'eftici que les mots deviennent
tans. Le mot de commiflaire fappofe une fonction imporune miffon donnée par une antorité vraiment légaie. pablique, Vous
reconnoitriez doncsen secomnolfanchnualit.ie commilfaire
donnée aux colons ici préfens par les colons réfugiés aux
Erats-Unis;, vous reconnoitriez, dis-je, que les colons réfugiés aux Erars-Unis forment une corpotation-legale, > politique, exerçant & avant le dreit d'exercer tine atiroriré
quclconque. Voila le point de vue queje dois préfenter à ia
sommillion, qui, d'unaute côré, ne doi; pas fonftir, ce
ilfaire
donnée aux colons ici préfens par les colons réfugiés aux
Erats-Unis;, vous reconnoitriez, dis-je, que les colons réfugiés aux Erars-Unis forment une corpotation-legale, > politique, exerçant & avant le dreit d'exercer tine atiroriré
quclconque. Voila le point de vue queje dois préfenter à ia
sommillion, qui, d'unaute côré, ne doi; pas fonftir, ce --- Page 303 ---
me femble; qu'un aéte émané de ces prétendus comraifaires
ait en tête le titre de commiffaires ; tandis que la Convention naticnale a elle-même fufpendu de prononcer far la reconnoilfance de cette qualité. Quant aux pouvoirs dont ils
fe prétendent.porreurs 2 j'ai demandé, & je me fuis borné
à cela, l'exhibition & la communication de ces pouvoirs. Il
a toujours été de principe que, lorfqu'une plainte étoit pertée
at nom d'un ablent, la procuration devoit tre jointe à la
plainte, , parce que ce n'elt que parla qu'on peut reconnoitre
d'un côté la capacité de Taccufatsut, de Tauue, l'étendue
& les limites de l'accufation. Voilà fur quoi J'infifte encore
fans retarder les débate; les débats iront leur train; mais
exhibition & communication de leurs porvoirs.
Le préfdent : La commidion a déjà déciaré qu'elle n'entendeit rejeter ni reconnoitre les qualités. Cela eft conferme
au décret de la Conveation > quia ajourné à ftaruer furces
mêmes qualités. Ainfi, cela ne peut pas faire un oblacle aux
débats.
Polverel: Il refte toujours la repréfensation des pouvoirs.
Lc préfident : (Aux colons. ) Qu'avez-vous à répondre :
Verneuil: : Les pouvoirs font dans les archives de la commiflion.
Le:ointe, repréfentant du pemple: Jedemande que la commiflion délibèrc.
La commiflion fe retire, & la commiffion étant rentrée:
Le préfident: La commillion invite les citoyens colons à
indiquer à netre collegue Lecointe p fecrétaire de la coinmiflion, le lieu précis oi fe trouve actuellement dans les archives A pièce ou les pilses qu'ils appellent leurs pouvoirs.
Claufjon: Je vais indiquer dans mes papiers les pièces qui
font nos pouvoirs.
Brully : Nous donnerons aufli ja note des notres. je demande que ces pouvoirs foient aufli mis fur le bureau:
o1 verra qu'ils nous maintienment, nous, Page &c Brulley,
commillaires deSaint-Domingne, tandis qu'ils rappellent ttors
les auttes.
Claugon: Pour fatisfaire à Tarrèré de la commifion, je
es qu'ils appellent leurs pouvoirs.
Claufjon: Je vais indiquer dans mes papiers les pièces qui
font nos pouvoirs.
Brully : Nous donnerons aufli ja note des notres. je demande que ces pouvoirs foient aufli mis fur le bureau:
o1 verra qu'ils nous maintienment, nous, Page &c Brulley,
commillaires deSaint-Domingne, tandis qu'ils rappellent ttors
les auttes.
Claugon: Pour fatisfaire à Tarrèré de la commifion, je --- Page 304 ---
300 tous les aétes des colons réunis
repréfente le cahier contenant
des fecrétaires de cette
à Philadelphie, figmés du préfidentoc Je vais donner leéture de
affemblée, chacune des (éances. qui nous ont été donnés.
la parie qui conftate les pouvoirs d'abord fi,cette pièce eft légalifée
Sonthonas: : Je demande de la France aux Erats-Unis.
par Claufon: leropréfenrant On vous a répondn à cela tout-à-lheure. fera donné communiPolverel: Vraifemblablenent: il nous
cation : ainfi,c'ett prémaruré. font en triplicata dans les arClaufon : Ces pouvoirs vais donner leéture du procès-verbal
chives. Cerendant je
de nomination.
(Il lit:),
de la nomination des citayens Thomas Millet', 3
Procèseverbal
Maupin & Souchère-Rivière.
françaife, & le dixième
€ L'an deuxième de la heures République da matin, lalfemblée des cojour d'oâobre à onze
tenue au lieu ordinaire de fes
Jons réfugiés à Philadelphie,
feances.
été faite du
de la (éance der-
>> La ledture a
procès-verbal
nière; ila été approuvé. annoncé le fujer de la délibération, &c
s5 Le préfident leéture a de la dénonciation faite par le citoyen
a fait donner
civils de Saint-Domingte.
Languy contre les commiffaires République françaile, décrétée
ainii quedel la contitatiendela nationale, & préfentée aux affemblées
par la Cenvention
primaires pour ratification.
de rédiger les proteflations .,
59 La commiflion chargée à faire contre les aétes émanés
rouvoirs & repwéfentations. civils à Saine-Domingue, eft interpellée par
des commiffaires
le préfident de faire fon rapport. donne lecure defdites re-
> Le commiffaire rapporteur &
Un feul membre
préfentations , pouvoirs proteflations. après avoir été difcuté &c après
sclève contre ce rapport qui,
mure délibération, eft adopté. à la nomination de trois com-
$9 Il eftd de fuite procédé à la légiflature frangaife lefdites remiffaires pour préfenter
préfentations,
pellée par
des commiffaires
le préfident de faire fon rapport. donne lecure defdites re-
> Le commiffaire rapporteur &
Un feul membre
préfentations , pouvoirs proteflations. après avoir été difcuté &c après
sclève contre ce rapport qui,
mure délibération, eft adopté. à la nomination de trois com-
$9 Il eftd de fuite procédé à la légiflature frangaife lefdites remiffaires pour préfenter
préfentations, --- Page 305 ---
préfentations, pouvoirs & prorefations; & les
mas Millet, Maupin & Souchère-Rivière font citoyens nommés Tho- à la
majorité des voix.
>> L'affemblée arrêre qu'expéditions feront envoyées aux
Français réfugiés à Neuw-Yorck & à Baltimore, avec
tation d'y donnér leur adhéfion ; que pareille expédition inyiadreffée
fera
avec
de
4CTELATTAEEain
réquifition faire dépofer ladite picce au confular de
Philadelphie; ; qu'il fera également remis à chacun defdits
commiflaires femblable expédition, ainfi
des
tout en forme,
que
pièces, le
>> Arrête en outre, l'affemblée, quie fon préfident demeure
chargé de faire la demande au miniftre
de
la République, > près les Etars-Unis, d'une plénipotentiaire fomme de douze
mille. livres tournois' , pour fubvenir aux frais de la
tation, & qu'il chargera deux colons français réfugiés dépu- à
Neuw-Yorck, de recevoir la réponle du.r miniftre, ou
t9
refus par écrit.
fon
> La même commifion chargée également de donner fon
avis fur l'article III del'arrèté du premier octobre
mois, fait fon rapporr 2 fur lequel T'aflemblée arrête préfent
fera fait, fur les deux"objets compris audit article
qu'il
tition individuelle.
> une pés Fait & closles jour > mois & an que delfus; & ont les préfident &i fecréraires, ligmés
Aidene; CHOTARD ainésfecrerairey BARRAD-NARCAY. CLAUSSON,
> préjecrétaire >),
Vous voyez par cette pièce , que Thomas Miller,
& Sonchère - Rivière ont été nommés commiflaires Maupin
les colons de Saint-Domingue réfugies * Philadelphie. Le par
ciroyen Thomas Miller feul eft ici. Les. citovens
& Souchère-Riviète n'ont pas accepté; ils ont bté Maupin,
1° par moi, , & quant au chupenSouchtre-tihias, ilna remplacés point
étéremplacé: Jénaipas ici mon pesbeschldnronitront
je l'apporreral demain. Je ne pouvois prévoir que cette demande feroit faire aujourd'hui, L'exrenfion de MOS pouvoirs
eft dans une partie'de Facte que je vais vous lire.
Tome III.
Trentième liyraifon,
T
ète n'ont pas accepté; ils ont bté Maupin,
1° par moi, , & quant au chupenSouchtre-tihias, ilna remplacés point
étéremplacé: Jénaipas ici mon pesbeschldnronitront
je l'apporreral demain. Je ne pouvois prévoir que cette demande feroit faire aujourd'hui, L'exrenfion de MOS pouvoirs
eft dans une partie'de Facte que je vais vous lire.
Tome III.
Trentième liyraifon,
T --- Page 306 ---
Il lit:
Procès-verbal de nomination de Thomas Millet, Maupin,
Souéhère-Rivière.
Thomas Miller, Maupin, Souchèrec Les citoyens les colons de Saint-Domingue réfugics
Rivière, nommés parl américain, font chargés de peéfenter à la
dans le conrinent françaife le dérail de nos autres grieis, de donner
légiflature au nom de la colonie, tous les renfeignemens
à la France 2
croiront capables de delliller fes
toutes les inftrudions du'ils de faire en leur qualité toutes les
yeux de tous les Français,
jugeront néceffaires pour la
péticions & protellations qu'ils Nous enjoignons à nofdits
reftauration de de Saint-Domingue. réunir leurs efferts aux intentions pures &
commiffaires
Dangy ,
courageufes des citoyens Tacieehgne-Thabal. & autres commillaires
Raboteau ?; Lavergne, Brulley,Page fes derniers défaftres. Ces vicavonés par la colcnie dus avant ennemis de la France recevront avec!
zimes comme nous hon.nage d'une colenie expirante. Nous les
joie ce dernier à 1s. fermeté & à la perfévérance dont ils
invitons nous ont toujours déjà donsé tant de preuves.
aufli difficiles, >
dans des circoaftances
>> No:te découvrir confiance Yétendue de leurs devoirs. Nous recémdeit leur leurs pecfonnesà tous les Français; ils feront conmandens noitre a la France nos veeux" pour le fuccès renouvelleront; de fes armes 2
ds l'ordre. Ils
B le
la recaelilliment colonie, le ferment de fidélité à la inèreau nom
PMEL
parrie >.
ent été don0
Ily, a en outre des Le pouvoirs citoyen particuliers Verneuil va qui vous en donner:
nés Nenw-Yorek. *
commoitfance. Sonthonas: Je demande la parole fur ce que vient de dire
Olffon. Je ptie la commifion de linterpeller revêtus lui & de les la
etires.colons d'avoir à dire fi ces actes iont
figmature de ceux qui ont donné ces dans prétendus les actes pouvoirs. mêmes.
Thomas Miller: : La rinonfoett
à cette interpellation,
Claufon : Nousavoas déjà répondu
qui vous en donner:
nés Nenw-Yorek. *
commoitfance. Sonthonas: Je demande la parole fur ce que vient de dire
Olffon. Je ptie la commifion de linterpeller revêtus lui & de les la
etires.colons d'avoir à dire fi ces actes iont
figmature de ceux qui ont donné ces dans prétendus les actes pouvoirs. mêmes.
Thomas Miller: : La rinonfoett
à cette interpellation,
Claufon : Nousavoas déjà répondu --- Page 307 ---
& nous répétons encore une fois quela réponfe eft conlignée
dans les
: Les colons ne
Ratan
répondent
car les pièces
ne font pas fous nos yeux. Nous deur mietin fi leurs
pouvoirs font lignés des colons dont ils. prétendent les
tenir.
Polverel: Les pièces nous feront communiquées probablement, & nous le verrons.
Th. Millet : Les pièces fent fignées du préfident & des
fecrérairesdel l'aflemblée.
Polverel: L'intention de la commiflion eft-elle que nous
n'ayons d'autre communication des pièces qu'ala volée, &
fur'le bureau, ou fituwme
Lc préfidane: : Les pièces font communes aux parties.
Dany: Efce que Polverel croit emporter ici nos pièces
comme à Saine-Doringue:
Lc préfident: [I n'eit point quefion de prendre des pièces;
mais dans tottes les accufations les pièces font communes
aux asculateurs & aux accufes; ians doute, ils ne les emporteront pas.
Cioufon: : Non-feulement Polverel & Sonthonax verront
les pièces dont nous venons de vous donner leéture; mais
jls vérront encore d'autres pièces où une grande quanriré de
colons ont ratifié les pouvoirs donnés aux commiffairès.
Yous, avez entendu la leéture d'une proteftation faite contre
un projet de fervice funèbre pour Louis XVI, fait Par des
G
eoniger@volurininsires. Vous avez vu une très-grande quantité de fignatures fur la proteftation faite contre ce fervice
funèbre, &c dénommées dans l'acte dont je viens de vous
donner. leéture.
Sonthonax : Ces fignataires de la proteftation contre le
fervice de! Louis XVI, font au nombre de cent; mais ce ne
font pas ceux qui ont figné les aétes dont on vient dé donner
leéture. Ces actosfont fignés feulement de Chatard & Marie.
Cerres, Chotard & Marie n'ont pas pouvoir de ftipuler au
nom des colons. Il ne
y avoir d'autre
méme illégale, des etiere que de ceux qui repréientation, auront figné les
pouvoirs de leurs défenfeurs officieux. Je vois, d'aprés les
pouvoirs qui.vous ont été montrés, que les
de ces
ngereis 2
dé donner
leéture. Ces actosfont fignés feulement de Chatard & Marie.
Cerres, Chotard & Marie n'ont pas pouvoir de ftipuler au
nom des colons. Il ne
y avoir d'autre
méme illégale, des etiere que de ceux qui repréientation, auront figné les
pouvoirs de leurs défenfeurs officieux. Je vois, d'aprés les
pouvoirs qui.vous ont été montrés, que les
de ces
ngereis 2 --- Page 308 ---
officieux $94 n'ont été
des chiffons faits
prétendus défenfeurs
de legaliChotard, qui ne font revêtus IE elpèce
d'ailpar de la
autorités conftituées. Je vois que
fation
partdes font
ici, &
elles y feroient
leurs les fignatures ne
pas
quand font véritablement
ces fignatutes, , qui vous atteftera qu'elles n'ya que les autorités
celles de Chotard & Marie, pailquil ont été faites, qui
conftituées des lieux où ces lignaturés font celles de Chotard,
pourtoienr attefter que ces fignatures
de Marie & des autres ? difcuflion eft prématurée.
Polverel: Toute cette
2 elle n'eft pas prémaSonthonax: Je te demande pardon, le monde fache que nos accururée; car il eft bon fondés que tout de pouvcirs par rous les prétendus
fateurs,quile difent la nouvelle Angleterre , n'ont pas de
patriores réfugies à
des chiffons qu'ils fe font faits à
pouvoirs > quils n'ont que, qu'ils entrent en lice en leurs proprés
aux-mémes. A préfent,
& privés noms ;nous les tenue attendons. à Philadelphie a été alfez puClauffon : L'aflemblée dit
avoir érd tenue fous les aufpices
blique. On vous a qu'clle de
les pièces dont j'ai
des magiftrats: Vous venez voir, par
a bré.
donné leéture, qu'expédition de nos poctssesbaax c'eft le citoyen Fonenvoyée au miniftre de la République; lui-meme. Le ciroyen Geneft,
deviolle
les lui a remis
sentendoit parfaiminiftre la République trançaite,
pas fort curieux
& Sonraonax ,
RE.
tement avec Polverel
des'défaltres de aotre malheureux
d'inftruire Ia.mère-patrie le ciroyen Geneft s'eft conftammentr
pays; en conféquenice, non-feulement pour vivre aux Eratsoppofe à nos demandes, nous puifions repalfer en
Unis en attendant que
de fubvenir aux frais
E
mais à nous refufa auili les moyens en autre dans ce cahier une
la députation. Vous Bonvaret, trouverez chancelier au confulat de Phiréponfe du citoyen
du miniftre, dont ila reçulordre 2
ladelphie, qui, lui au nom indiquer un point central pour notre
nous invite à & il a accufé la réception des différens
correlpondance 5 nous lui avons envoyés. Donc le miniftre
proces-verbaux que françaife a provoqué lui-mème, par l'interde la République fon chancelier à Philadelphie, > un point cenural
médiaire de
refpedtive. Nous avons formelle-.
pour notre corre(pondance lepoint central de noue corre(pondance
ment répondu que
lui au nom indiquer un point central pour notre
nous invite à & il a accufé la réception des différens
correlpondance 5 nous lui avons envoyés. Donc le miniftre
proces-verbaux que françaife a provoqué lui-mème, par l'interde la République fon chancelier à Philadelphie, > un point cenural
médiaire de
refpedtive. Nous avons formelle-.
pour notre corre(pondance lepoint central de noue corre(pondance
ment répondu que --- Page 309 ---
30g
éteit l'adreffe de notre préfident; & c'eft d'après cette réponfe, que le miniftre Geneft a correfpondu avecl'affemblée
des colons tenue à Philadelphie.
Sonihonax: : Je n'ai qu'in mot à répondre à
c'eft que dans ce qu'a dirPage,il exifte une lettre du Clauffon; miniftre
Geneft, qui dit que cette aflemblée tenue à Philadelphie eft
compofée d'ariftucrares > que ce font des ennemis de la
France; & voilà les prétendus patriotes dont on
Quant à l'inculpation faite à Polverel & à moi vousparle.
nous entendions avec Geneft, & que Geneft s'entendoit > que nous
nous, je, déclare
je n'ai jamais vu Geneft ni en France avec
ni aux Etats-l nait déclare que je n'ai jamais eu avec
Geneft que des corre/pondances officielles, qui fent dans les:
archives dela commifion des colonies.Je ne me fuis
avec Geneft que pour faire le bien, &
faire entendu
les armes de la République françaile, pour
profpérer
Sénac: Et moi,je déclare qu'il
eu de mal reçus
continent américain que ceux quiavoient n'ya été
at
Polverel & Sonthenax
perfécutés par
toujours été
, & que tous les ariftocrates ont
protégés par Geneft.
Sonchonax : C'eft une fauffeté,
Le préfident : A l'ordre,
Sonthonax : C'eft de la plus grande faufferé;
deffus, non pas le témoignage des agens de la
limais le rémoignage du miniftre des
>
frped
France,1 le temoignagede Monnereau, Erais-Unis fénateur auprès du
de la
patriote connu,
quand vous le voudrez, vous congrès, dira ce
qu'il penfe de dmat des agens de la République des
réfugiés aux Erars-Unis, dc de tous les colons
la
qui font à
Nouwlic-inginmre, qu'on le confule,les
font
déja allés chez lu1.
citoyens
Senac : C'eft un faux; je n'ai jamais. fait,de démarche
chez lui ni-chez aucun autre.
Page : C'elt un fauix.
Tous Ls colons : C'eft un faux.
Verneiil : Il en fera bien d'autres.
:Je fomme Sonthonax de donner des
ce avance; de ma vie je n'ai vu, Monnereau preuves : il eft de
vrai que du fond de nos' prifons nous l'avons fommé de réndre
T 3
Senac : C'eft un faux; je n'ai jamais. fait,de démarche
chez lui ni-chez aucun autre.
Page : C'elt un fauix.
Tous Ls colons : C'eft un faux.
Verneiil : Il en fera bien d'autres.
:Je fomme Sonthonax de donner des
ce avance; de ma vie je n'ai vu, Monnereau preuves : il eft de
vrai que du fond de nos' prifons nous l'avons fommé de réndre
T 3 --- Page 310 ---
Unis, &
juftice aux cclons gai étoient réfugiés Polverel aux Erais & Sonthonax
Monnereau nous a fait répondre que mais qu'il ne vouleitle
lui avoient fait demandeciisverde, ni des unas ni des autres,. & quil ne
méler aucunement
Quelle que foit f'opinion de Monrépondroir à perfonne. attendions pas à la difcuflionide ce
nereau , nous ne nous apporté aucune des pièces qui auroient
matin; nous n'avons Polverel & Sonthopax. Mais voici ce quiconfondre
le 15 feprembte 1703:las colons
Ere pallé à. Philadelphie oni demandé au maire de Phila-:
réfugiés à Philadelphie de fe réunir. Le maire répondit quedelphie la permillion défendu par la loi éteit permis, &:
tout colons ce qui n'étoit fe font pas réunis.
-
les
(étoit le IS décembre; c'eft-àdire, huit jours"
Senac la : reddition du Mole & de Jérémie.
avant
membre de la commilfion : Il ya dans les archives- CCS
Lecointe, anglaife qui me paroit êue la réponfe de
une lettre
magiftrats.
de New-Yorck,ily en a deux;il
a Millet : Des aufi magiftrats des magiftrats de Philadelphic.
y en a une
quil y a eu une aflemblée.
Brulley : Ce qui prouve lui ai porté ia lettre avec Clauffon
Senai : C'eft moi-qui
& Lepréfient Marie.
: La parole eft à Page.
Page lit:
de Pafemblée ; du premier d'oitobre
Extrait du procès-yerbal
1793.
que, toujours inviclablementatc Arrête enfinl'affemblée & defirant lui en donner des
tachée à la mère - patrie > de fes repréienrans aux Etatspreuves dans Ia perfonne
feront adreffées
Unis,expédidons des pièces & proces-verbaux Geneft, miniftre
fon
au citoyen
e
officiellement par de la préfident République. .>
plénipotentiaire
Geneft connoiffoit donc parfaitement
les coPage :
Voici une difpolition de TFanez de
lons le affemblée, réuniffoient" du 1e, octobre 1793.
cette
ienrans aux Etatspreuves dans Ia perfonne
feront adreffées
Unis,expédidons des pièces & proces-verbaux Geneft, miniftre
fon
au citoyen
e
officiellement par de la préfident République. .>
plénipotentiaire
Geneft connoiffoit donc parfaitement
les coPage :
Voici une difpolition de TFanez de
lons le affemblée, réuniffoient" du 1e, octobre 1793.
cette --- Page 311 ---
$07
Page lit. (Voyez la pièce précédente.)
Ce n'eft pas la feule fois que Geneft a été mis en rapport avec les colons : plufieurs lettres lui ont éré écrites
le
de ces derniers,
a refufé d'y répondre.
M
pendant, préfident le'ii odtobre, le miniftre qui
accufe la réceprion das
pièces, annonce qu'il les a fait paller au confeil exécurif
de France; il allure qu'il eft dilpolé à rendre de bons offices à ceux des colons qui font attachés à la République,
& victimesdes malheureux événemens de Saint-Domingue.
Le IO octobre il fut tenu une afemblée dans laquelle'on
nomma des commiffaires porteurs de la dénonciation que
les mêmes colons failoient à l'aflemblée natonale contre
Polverel & Sonthonax. Le préfident de cette alfemblée fus
chargé d'en prévenir le miniftre Geneft, de lui demander
un fecours de 12,000 liv: pour fournir aux frais du voyage
que leurs commiflaires éroient obligés de faire pour venir
et
én France.Je vais vous donner leéture dela réponfe. que fit
Geneft:! le citoyen Geneft annonce, le 2 novembre 17935 qu'i2
répond aux lettres des 26 & 28 ogtobre dernier, qu il commence par s'affiger qu'un defin facheux ait
dans famif
des
don: il cit voulu s'ifolér; dit
TE
ce82
'lalConvencion fion
afaires nationale feule- qu'il doit le compte 1E
fitions qu'il a faises desforees navales. Il faur vous
aeter
citoyens, que, dans un des arrêtés antérieurs à la leitre
de Geneft aux.colons, les colons requirent de Geneft,
les forces navales qui éteient aux
lant
Saint-Domingue, Unis, compolées alors de deux vaiffeaux de ligne, de cinq
frégates & de plufieurs briqs. Ils l'avoient requis d'expédier
par ces vaiffeaux tous les colons qui s'étoient. réfugiés aux
Etats-Unis. A cette même époque, les colons oblervoient
que les Anglais devoient neceffairement chercher à
de Saunt-Domingue, & qu'ils le feroient d'autant plus
SMC
cilement,
dans ce moment, Saint - Domingue étoit
dénué de Rot navales; &c effectivement, dans le même,
temps, > les Anglais fe font emparés du Mole avec le vailfeau
l'Europa de cinquante canons &c une, feule frégate. Sialors
Geneft ett expédié, comme les colons l'avoient demandé,
les forces
fe trouvoient alors aux Etats-Unis, levaidfeau
TEuropa Suat pas pu tenir devant les forces proteétrices.
T 4
ue étoit
dénué de Rot navales; &c effectivement, dans le même,
temps, > les Anglais fe font emparés du Mole avec le vailfeau
l'Europa de cinquante canons &c une, feule frégate. Sialors
Geneft ett expédié, comme les colons l'avoient demandé,
les forces
fe trouvoient alors aux Etats-Unis, levaidfeau
TEuropa Suat pas pu tenir devant les forces proteétrices.
T 4 --- Page 312 ---
Sonchonax : Ce n'eft pas là li
: le
annoncé Thiftorique de fa
queftion ciroyen nous a
parle de ce qui s'eft
légarion en France. Sile citoyen
de
paffe au Mole, je démontrerai
môts, non - feulement que le vaifleau
en peu
pris le Mole, mais que la viile du Mole luia TEuropa.n'a pas.
dépurations pour le faire mouiller dans fa rade.. envoyé trois
Songhonax, Poge : Je parle fur l'enfemble de ce que dit Sonthonax.
pendant une demi-heure,
tour ce quil'a avaicé : il importe, diftillé le poifon dans
dans les mains,
je les mette fous puifque les jai des preuves
miflion. Geneft afrids donc
yeux de la comde la dilpofition
qu'il ne doit pas compte aux colons
il lès avoit envovées qu'il fe a brifer faite des fur forces navales; ces forces :
tandis que les colons les
les rochers de Miquelon,
& il fe refufe également requéroient de
pour fauver la colonie,
galement nommés, &
reconnoitre les commiffaires léfaciliter leur départ; de par manière conféquent de rien faire' pour.
que non-feulement Geneft a eu que vous voyez, citoycns,
tenues par les colons, mais connoillance des allemblées
donner des fecours à ces colons que même il s'eft refufé de
dénoncer Polverel & Sonthonax qui à vouloient la
venir en France
Sonthonax a dit que les colons
Convention.
teftoient fans ceffe contre les décrets réfugié-ausiormu-Unis de
pronalc. Le mot de proteflacion ne fe
l'affemblée. natioactes des colons
trouve dans aucun des
Jes colons
réfugiés aux Erats-Unis. Il'eft
ont réclamé contre les actes de très-vrai que
rionalo; &c nous - mêmes, le IO mars
laffemblée na-.
réclamé contre le décret du_s
1793 nous avons
tion, décret qui a été
mars, furptis à la Conven0e
qui a été' rejeté
le fufpendu far notre demande, décret
In n'cft donc
par comité de marine & des colonies,
Unis réclament pas étonnant que les colons qui font aux Etatsétions
contre l'exécurion dece décret,
parvenus à le faire fulpendre en France puifque nous
iejeter par le comité de marine & des
& à le faire.
défie Sonthonax & Polverel de
colonies; mais je
des colons réfugiésaux Erats-Unis, trouver > dans aucun acte.
les décrets de la Convention nationale. aucune proteftation contre
Sonthonax vous a dit encore que les
€
Erats - Uhis dans T'abondance, & dans colons le luxe. vivoient aux
citoyens, vous trouverez; ici une preuve de Térai de Eh malheur bient
eter par le comité de marine & des
& à le faire.
défie Sonthonax & Polverel de
colonies; mais je
des colons réfugiésaux Erats-Unis, trouver > dans aucun acte.
les décrets de la Convention nationale. aucune proteftation contre
Sonthonax vous a dit encore que les
€
Erats - Uhis dans T'abondance, & dans colons le luxe. vivoient aux
citoyens, vous trouverez; ici une preuve de Térai de Eh malheur bient --- Page 313 ---
dans lequel les çolons fe trouvoient, par lcs fecours que
New-Yorck & les autres villes viennent de leur accorder.
Le feul état du Maryland vient d'accorder aux malheureux
Français une fomme de 25,000 gourdes, à titre de fecours..
que leur refufcjt le miniftre Geneft fur les fonds de la République. Geneft fit plus. : non - feulement il refufoit aux colons
réfugiés dans lcs Etais-Unis les fecours dont ils avoient befoin, fecours squi éroient d'autant plus urgens, que le peuple
des Etats-Unis s'eft impofé lui-méme pour 1es leur donner,
quoique le peuple des Erats-Unis ne fait pas riche. Eh bien!
non feulement Geneft a refufé des fecours aux colons, mais
même il a voulu s'atrribuer la manntention des fecours
l'érat du Maryland fournifioit aux malheureux colons.
iDRns
la lettre que les colons nous écrivent le 28 novembre 1793,
e il a méme ofé (c'eft Geneft) propoler au' chef de cet
état de verfer dans fes mains cette fomme., Dieu fait.
9> Tufage qu'il en eût fait ! >>
Signé, CHOTARD & MARIE, facrétaires.
Sansi doute les Noailles, les Talons, dont vous a parlé
Sonthonax 2 peuvent vivre dans ce pays dans un Juxe indes
folent; mais vous avez bien vu, 2 par la proteftation
colons parriotes contre le fervice propofé par les colons
conte-tvolstionnaines, qu'il exilte une ligne de démarcation fi bien tracée entre cCS doux elpèces de colons,
eit étonnant que Polverel &c Sonthonax aient ici
T3
de vouloir confondre ces deux efpèces d'hommes qui font
fi divifés d'intérêts & de principes. Sonthonax a dit encore:
Vous veyez comme les colons s'élèvent fans ceffe contre:
les décrets de l'affembiée nationale, & comme ilsinvoquent
de décret du 24 feptembre, parce que ce décret Ieur attri-.
bucit des droits quils n'ont plus. Les colons n'ont pas tort
d'invequer le décret du 24 feptembre,
qu'une difpoGtion de ce décret a été confacrée par Firis loi du 4. avril,
& c'eft ce que les colons ont dit eux-mêmes dans Y'adrelle.
que Polverel & Sonthonax viennent de vous lire. lls vous.
difent qu'ils invoquent l'exécurion de la loi du 24 fepterobrey
parce qu'eile renferme dés difpofitions qui n'ont pas été
colons n'ont pas tort
d'invequer le décret du 24 feptembre,
qu'une difpoGtion de ce décret a été confacrée par Firis loi du 4. avril,
& c'eft ce que les colons ont dit eux-mêmes dans Y'adrelle.
que Polverel & Sonthonax viennent de vous lire. lls vous.
difent qu'ils invoquent l'exécurion de la loi du 24 fepterobrey
parce qu'eile renferme dés difpofitions qui n'ont pas été --- Page 314 ---
abrogées par la-loi da 4 avril. Serez-vous donc étonnés de
voir" Fles cclons invoquer une loi confirmée par une ioi fubféquente : & il eft étonnant que Polverel & Senthonax
tent les colons réfugiés aux Etats- Unis comme des préfen- contrerévolutionnaires > quand la ligne de démarcation eft aufi
vifiblement tracée. Je demande que Sonthonax produife l'original de la lettre dont il a lu l'extrait : que ce foit Sonthonax ou Raymond qui la produile, peu m'importe; mais
je la demande.
La féance eft levée.
Le regiftre dés préfences ef Fgné: J. PH.
préfid: TL 5
GARRAN,
LECOINTE ( des Deux - Sèvres), fecrétaire
F. LANTHENAS, FoucHi ( de Nantes), DABRAY, GAi
GOIRE, RAEAUT. --- Page 315 ---
31I
ACA
Du 23 Venefe, lan troifièm: de 1 la République françaife
une & indivifible.
ON fait lecture des débats recueillis dans la (éance d'hier;
la rédaction eni eft adoptée.
Duny: : Vousavez vu, s citoyens > hier Sonthonax, en vous
préfentanc une letre qu'il vous a dit tenir de Raymond s
affurer
la Jettre éroit politivement de Chotard 8 Mary >
T connoiffoi: tès-bien leurs deux fignatures ; vous
Rst vu enfuite, dans le même procès-verbal, demander qui
pourroir prouver > affurer la vérité de ces deux fignatures appofées fiar la pièce portant nomination des commillaires qui
font ici. Ainfi, d'un côté, vous voyez Sonthonax, qui connoit très-bien la fignature de Mary &c Chotard, quand 'il
tronque une lettre d'eux, dont il vous donne des fragmens,
ne plus reconnoitre ia fignature de Mary 8x Chorard, quand
elles font au-bas d'une pièce qui doit fervir alaccufer.
Brulley : Vous avez entendu dans le grocès-verbal que
Sonthonax a dit qu'iliexiftoir une leitre de moi, par laquelle
je renonçois au titre de commifiaire de Sainr-IPomingue.
Certes un homme comme Sonthonax > qui tous les jours en
impofe fous VOS yeux, , qui altère mêe le téxte qu'il lit fous
VOS yeux 3 n'eft pas croyable fur fa parole.
Le préfdent : Dis les faits fans injures.
Brulley : Je fomme Sonthonax de produire la lettre par.laquellei il prérend que j'ai renoncé aux fonétions de commiflaire
de St.-Domingue. Je déclare ici que jamais je n'ai renoncé à
ces fonétions.. Jedéclareque nous étions deuze commilfairesde
yeux, , qui altère mêe le téxte qu'il lit fous
VOS yeux 3 n'eft pas croyable fur fa parole.
Le préfdent : Dis les faits fans injures.
Brulley : Je fomme Sonthonax de produire la lettre par.laquellei il prérend que j'ai renoncé aux fonétions de commiflaire
de St.-Domingue. Je déclare ici que jamais je n'ai renoncé à
ces fonétions.. Jedéclareque nous étions deuze commilfairesde --- Page 316 ---
St-Dmingue ticulières en. France. Nousavons appris par des lettres
avant l'arrivée des lettres officielles,
parcolonialeécoit
que l'aflemblée
de St-Demingue diffoutesnous: avons apprisque les commiffaires
étoient rappelés. Dès-lors nous
mon collegue Page & moi,, que nous étions
avons cru,
tous les autres : mais, peu de temps après, il rappelés nous eft comme arrivé
unarrèté de Taflemblée coloniale, en date du
qui eft dans les archives de h commiffion des 24 feptembre,
sappeloir, à la vériré > neuf commifaires; mais colonies,
moit bien pofirivement
qui
TeE
tiens de commiffaires Page, de Lux & Erulley dans. les foncPolverel éroient alers à Saine-Domingue, Sonthonax &
yeux que l'aflemblée coloniale Saint-Domingue 5 & c'eft fous leurs
parvenu; & c'eft
a pris cet arrêté. Il nous eft
fe font
d'après cet arrê 6 que neuf des commiffaires
fe font retirés, & que Page & Brulley, > qui reftoient à Paris,
chargés des fonétions de commiflaires quileur
confervées. Vous voyez donc que fijai écrit à Saint-Do- étoient
mingue, que je regardois ma miflion comme finie, attendu
quel lallemblée colouiale alloit êrre
immédiatement après la lettre qui fupprimée > j'ai pu écrire
commiffaires étoient rappelés
annonçoit que tous les
cer à ma famille que mon intention indiflincemen,Jar étoit de pu annonSaine-Domingue, fi ma miflion étoit finie. Mais retourner à
mais dit: Je renonce à mes fonctions de commiffaire je'n'ai de Saint- ja
Domingue, mais
parce que l'aflemblée coloniale eft diffoute.
je n'ai fait ce raifonnement, & je ne pouvois pas Ja- le
faire, ciellement puifqu'en la nouvelle méme-temps que nous avons appris offique l'alfemblée coloniale
plus > nous avons reçu auffi l'arcèré qui nous confirmoit n'exiftoit
dansles fonéions' de commiffaires de
Certes, fi Polverel & Sonthonax Saint-Domingue,
tion de T'alfemblée coloniale
croyoient que la diffolupouvoirs,
entrainoit la cellation de nos
a
comment, fous leurs yeux , pendant qu'ils étoient
Seine-Domingne, ne fé font-ils pas
à un
nous continuoit Page & Brulley oppofes dans les fonctions arrété
commislaires de Saine-Domingne : L'aflemblée favoit
qu'elle alloit fe retirer le I2 octobre, &
nous continuoit dans la qualité de commiffaires cependant de Saint- elle
Dotingue, > parce que cette affemblée fentoit la nécellité
quily eût en France les fontionnires publics chatgés des
étoient
Seine-Domingne, ne fé font-ils pas
à un
nous continuoit Page & Brulley oppofes dans les fonctions arrété
commislaires de Saine-Domingne : L'aflemblée favoit
qu'elle alloit fe retirer le I2 octobre, &
nous continuoit dans la qualité de commiffaires cependant de Saint- elle
Dotingue, > parce que cette affemblée fentoit la nécellité
quily eût en France les fontionnires publics chatgés des --- Page 317 ---
intérêts de la colonie. C'eft fous ce rapport que nous avone
été confirmés > car notre miflion ne fe bornoir
à apporter
ici notre décret. Vous avez vu, par la lecture qui pas vous a été
donnée de n sinftructions, que nous avons été adjoints aux
commiflions coloniales rélidant ici, & vous avez vu que
d'après ces pouvoirs & ces inftructions - nous étions
des intérêts de la coloaié, 2 nous étions chargés de traiter chargés avec
le gouvernement, avec le commerce de France, 5 pour tout
ce qui pouvoit regarder les intérêrs de la colonis. Nous ne
pouvions donc pas Page & moi, dire quenous n'étions plus
commiffaires de Saint-Domingue 5 nous ne pouvions
renoncer à cette qualité 3 puilque, par l'arrêté de l'allèm- pas
blée coloniale > pris fous les yeux de Polverel & Sonthonax,
nous étions reconnus comme les feuls chargés des affaires de
la colonie > à Paris; fous le titre de commiffiires de SaintDomingue : nous n'avons ceffé de remplir cette miffion 5 nous
avons été conftamment en rapport, fous cette qualité, avec
lescomités de gonvernement & avecla Convention elle-mème:
Un décret du 8 feptembre le prouve formellement. Le
voici.
Polverel: Yous difcutez un objet fur lequel la commiflion
a déjà déclaré qu'elle ne pouvoit ftatuer.
Verneuil : Je vous demande pardon.
Polverel: Puifque la Convention nationale a ajourné
Brulley :Je demande la leéture du décret.
Verneuil: Sonthonax a dit hier que ce décret n'exiftoir
pas jje demande à en faire la leéture.
Le préfident à Verneuil: Lis-le.
Verneuil lit.
Décret de la Convention nationale, 9 du 8
l'an deux de la Ripubliguefrangafe une fepeembre 6 indivifible. 1793 >
c Sur la propofition faite par un membre, à la fuite de la
lecture de la lettre des commiffaires de
Convention décrète que cette lettre eft Saint-Domingue, renvoyée au comité > la
de falut public, > pour fixer les fecours à accorder aux mal--
heureux colons qui, 2 dans l'incendie du Cap, ont été cher-,
Gher, dans la Nouvell-dngice.re, ui afyle chez un pouple
angafe une fepeembre 6 indivifible. 1793 >
c Sur la propofition faite par un membre, à la fuite de la
lecture de la lettre des commiffaires de
Convention décrète que cette lettre eft Saint-Domingue, renvoyée au comité > la
de falut public, > pour fixer les fecours à accorder aux mal--
heureux colons qui, 2 dans l'incendie du Cap, ont été cher-,
Gher, dans la Nouvell-dngice.re, ui afyle chez un pouple --- Page 318 ---
hofpitalier & bienfaifant. La Convention décrète anlfi-que
le miniltre de la marine fe concertera avec les commiffaires, le tranfport
de Saint-Domninguel fur les mefuresà safoit prendre dans pour les colonies. >>
de ces inforcunés, foit en. France
Collationné & trouvé conforme I l'original dépofé aux
archives de la République françaile. En foi de quoijai
figné &c fait appoler le fceau defdites archives.
brumaire > Tani 3 de laRépublique e, une
A Paris 3 le 14
& indivitible.
L'un des Repréfentans du peuple remplaçant l'archivife
abfent.
Signé, P. E. L. BAUDIN, fecrétaire.
Voilà comme la Convention veut alimenter les
Duny: :
Émigrés.
raifon de dire hier qu'il
Brulley : Vous voyerquelai'eu la Conveation nationale ne
exiftoit un décret par lequel les infortunés colons qui s'éregardoit pas comme émigrés d'Amérique 5 Sonthonax avoit
toient réfugiés aux Erais-Unis une chofe que je demande à
nié le fait: il a de plus ajouté elfentiel. Sonthonax vous a lu
combattre,
que c'eft intermédiaire qui nous rappelle, 2
un arrêté de Fisen commifion
nous, Page & Brulley, & qui.., le
la maintient à
Sonthonaxi réclame la 'parole, préfident
Brulley. Brulley: Ila dit plus ; il a dit que nous avions demandé Il n'elt
à la conmillion intermédiaire deinandé. de nouveaux de nouveaux pouvoirs. pouvoirs
poflible que nous intermédinire, ayons
& je le prouve par la récepi
PP commifion de l'arrèté de l'affemblée coloniale qui nous contion méme
encere, parce que la commiflion intinue 3 je le elle-même prouve nous a écrit 3 & nous avons reçu 9
termédiaire
que Tarrèté du 24 feptembre, la
prefque €nl mème-temps intermédiaire qui nous écrivoit, à
lettre de la commifion comme commillaires de Saint-Dos
nous,Page &c Brulley, c'étoit que cette commiflion in
mingue, Or,
à que
parler > les mannequins
rermédiaite :
proprement.
avoient
ndpee
de Polverei & Sonthonnx ; c'étoit un cerps qu'sls
ire
que Tarrèté du 24 feptembre, la
prefque €nl mème-temps intermédiaire qui nous écrivoit, à
lettre de la commifion comme commillaires de Saint-Dos
nous,Page &c Brulley, c'étoit que cette commiflion in
mingue, Or,
à que
parler > les mannequins
rermédiaite :
proprement.
avoient
ndpee
de Polverei & Sonthonnx ; c'étoit un cerps qu'sls --- Page 319 ---
eux-même créé, & qu'ils dirigeoient à volonté. Puifque
Polverel & Sonthonax permettoient que leurs
nous
écriviflent après la diffolution de l'affemblée mannequins coloniale
comme commiffiires de Sainc-Pomingue, n'eftil pas ridicule qu'aujourd' l'hui ces hommes. vignnent vous dire, l'affemblée coloniale difloure, > les gouvoirs de fage & Brulley
devoient ceffer.Nous fommes donc commiflàires de SaintDomingue : la commillion intermédisire. s alors même
qu'ello aurqit pu érre légale, & alors même qu'cile auroit pris un arrêté qui nous auroit dévêtus de notre
de commiffaires de Sain-Domingue, & de ces
qualité
n'auroit
fonctions, >
pas pu alrérer notre caraétère, ici, en France 5 &
vojci pourquoi : c'eft que, cet arrêté ne nous a pa pu êtte
connu ofliciellement. La raifon eft qu'il a été renduala fin
de mais795, & qu'à cette époque aucun bâtiment n'eft parti
de la colonie ; que depuis cêtte époque, jufqu'à l'incendie ,
aucun n'en eft forri : que > par conféquent > cet arrêté n'auroit pu nous parvenir que par le convoi. L'inftant oà ce
convoi-eft entré dans lesports de France, , Page & moi nous
étions en prifon : Robelpierre & fes complices nous y
avoient fait mettre. Ainfi nous ne connoiffons pas cette
pièce, d'abord parce
a été-émanée. d'un corps.illégal, enfuite parce qu' daste ne. nous a pas' 6i6 communiquée officiellement ; &c j'ajoute que qua:re jours avant notre
déterition, nous avons reçu officiellemenr les pouvoirs qui
nous adjoignoient les commillaires ici préfens. Vous avez
entendu hier, dans les pouvoirs donnés à
guils ont ordre de fe joindre aux commniflaires déjàen Philndelphie s
ainfi les colens réfugiés à la Nouvelle-Anglatere France; fe fouvenoient denc bien qu'ils avoient des commifiaires en France,
Les colons réfugiés nous regardoienr roujours > Page & moi,
comme commiffaires de Sain-Doningue : & à
où on nous a compris dans les pouvoirs, ce n'a New-Yorck été que >
furabondance, & pour nous andiquer que. notre miflion
cipale étoit de pourfuivre Polverel & Sonthonax &
fer Gchelt; ; car, citoyens > il eft
D
bon de vous obferver que
quand Sonthonax a dit hier que Geneft auroit dà certifier
les pièces qui vous ont été lues, il éroit ridicule de
à certifier à Geneft des pièces qui chargeoient ceix prélenter qui en:
étoient porteurs de venir le dénoncer en France : la preuve
en exifte daus les pouvoirs de New-Yorck, libellés politive-
el & Sonthonax &
fer Gchelt; ; car, citoyens > il eft
D
bon de vous obferver que
quand Sonthonax a dit hier que Geneft auroit dà certifier
les pièces qui vous ont été lues, il éroit ridicule de
à certifier à Geneft des pièces qui chargeoient ceix prélenter qui en:
étoient porteurs de venir le dénoncer en France : la preuve
en exifte daus les pouvoirs de New-Yorck, libellés politive- --- Page 320 ---
& dont demande ledture. Certes il
mént fur ce point, >
ait eu je des allemblées légales. Vous
n'eft pas étonnant qu'il dans y les
qui font dans vos
en avez la preuvé
pièces leéture vous en avez
archives, & dont on vous a Edonné
5 le citoyen
la preuve par les lettres des magiftrats, avez donc que vu
eu
Lecointe lui-mème a vues: vous fous les aufpices des quilya autorités
des affemblées légales, tenues & fecrétaire ont pu figner les
conftituées. Orlés préfident d'authenticité nécellaite; les
pièces, elles ont tout le degré font donc véirablement les
colons
fe prélentent ici
aux Erats-Unis: ils
fondés 3ct pouvoirs des colons réfugiés commiffaires,
font venus s'adjoindre à nous comine & Polverel , pour pour
pourfnivre l'accufation contre Sonthonax
de retourner
demander des fecours, & fur-tout les les ennemis moyens de la France,
à Saint-Domingue pour en chaffer
qui a été faite contre
On vous a dit hier que la proreftation du roi, étoit, à la vérité >
le projet de fervice en mémoire colons.; mais Sonthonax a dit que
fignée de plus de cent les lignataires de nos pouroirs : je
ces colons-là n'étoient pas
prends cette pièce en main.
Verneuil: Qui eft légale. dans les archives de la commiflion des
Brulley : Et qui eft
le conful.
colonies & bien légalifée dans mes papiers 5 elle eft revètue
: Cette
Claiffon
pièce alrds
& de toutes les fordu cachet du confulat de Philadelphie
malités qui conftatent la légalifation. été lue.
Sonzhonax : La pièce a déjà lire
cette pièce ; elle
Brulley: Je ne veux pasla ; la prends réponfe la plus forarticle
#
a été lue : j'en lis Sonthonax un
a qui -dit hier pour prouver que les
melle à. ce
ne font pas ceux de nos
figuataires e" cette proteftation
pouvoirs.
(Illit.)
des colons patriotes de Saint-DominExtrait de la proteRation
contre un écrit intitulé :
réfugiés a Philadelphie >
Sied funebre de Louis XVI.
encore > en tantque de befoin, contre
ec Nous proreftons déclarations , infinuations, inductions
toutes les manceuvres tirer , de quel acte > de quelque écrit
ce
que I'on pourtoit
oae
font pas ceux de nos
figuataires e" cette proteftation
pouvoirs.
(Illit.)
des colons patriotes de Saint-DominExtrait de la proteRation
contre un écrit intitulé :
réfugiés a Philadelphie >
Sied funebre de Louis XVI.
encore > en tantque de befoin, contre
ec Nous proreftons déclarations , infinuations, inductions
toutes les manceuvres tirer , de quel acte > de quelque écrit
ce
que I'on pourtoit
oae --- Page 321 ---
foit, public ou particulier, contre les colons de Saint-Domingue en général, déclarant nous être toujours ifolés des
conte-ovolidosthaires, auteurs & inftrumens des maux de
cette infortunée colonie, & napprouver que les actes émanés
des préfidens & fecrétaires de lafleinblée des colons réfitgiés à Philadelphie, élus & nommés au procès-verbal du
30 feptémbre de l'année dernière, quiavoient été autorifés,
& dont nous ratifions de nouveau , par ces préfenres, tous
les adles, tant à l'égard de la Convention nationale, que
du délégué de la République françaife auprès des Etats-Unis
& de commiffaires de Saint-Domingue. auprès de la Convention; déclarons & affirmons que fauteur apparent 3 que le
diftributeur de cette pièce > intitulée : Service Funebre de
Louis XVI, & qui excire T'indignation de tous les bons
citoyens, n'eft point colon de Saint-Domingtte 37.
Vous voyez par cet article bien formel, que cette
revêtue de plus de cent fignatures , comme vous l'a dit atene
thonax, eft abfolument dans le fons du procès-verbal.
Sonthonax: : Je demande qu'on life les fignatures.
Polverel : Si c'eft un des actes conftatant les pouvoirs des
solons, ils feront remis, & nous feront communiqués.
Brulley : C'eft une ratificarion de pouvoirs.
Polverel: Si c'eft un, des actes de vOS pouvoirs, il doir
être dépofé.
Brulley: : C'eft jufte.
Lecointe, membre de la commifton : Lis-t-on les fignaures :
Le préfident : Lifez les fignatures.
Thomas Millet lit les fignatures:
Signé à la minute : CLAUSSON, fonctionnaire public &
habirant de la pareiffe du Port-an-Prince;
TH. MILLET. > habitant de Jérémie, & membre de l'afemblée de Saint-Marc 3
MARIE, habitant à Saint Marc, membre de l'allemblée
le Saint-Marc & de. celle du Cap;
GARNIER, marchand au Port-au-Prince;
Yome III.
Trencième liyraifon.
V
les fignatures.
Thomas Millet lit les fignatures:
Signé à la minute : CLAUSSON, fonctionnaire public &
habirant de la pareiffe du Port-an-Prince;
TH. MILLET. > habitant de Jérémie, & membre de l'afemblée de Saint-Marc 3
MARIE, habitant à Saint Marc, membre de l'allemblée
le Saint-Marc & de. celle du Cap;
GARNIER, marchand au Port-au-Prince;
Yome III.
Trencième liyraifon.
V --- Page 322 ---
officier 318 municipal du Port - au -
BAAxAEEENASCAIE à l'aflemblée du Cap;
Prince & députe-fuppléant
national de
PARRAN, habitant de Saint - Marc, garde
T'Artibonite; FAVRE-I Fitrx, négociant au Port-au-Prince;
J. H. ROBERJOT > négociant membre au Cap; de l'affemblée provinLENTIGNIER, orfèvre &
ciale de IOueft;
LENOIR, négociant du Port-an-Princes.
PARENT, imprimeur du Cap;
compagnie d'artilST-HELME, capitaine de la douzième Praloto, & halerie de la garde nationale commandés par
bitant du Port-au-Prince; machinifte à Léogane, & habirant
BABTISTE MASSIEU,
du Petit-Goave;
de la ville du Pore-au-Prince;
HUBERT, propriétaire maire de la paroiffe des Cayes -Jacmel;
CHOTARDainé,
GAILLARD, habitant du Port-au-Prince;, de T'Arcahaie;
FORESTIER, capiraine de la gendarmerie de la garde nationale de
SIMONOT, habitant & capitaine
T'Artibonite;
& major - général de la
DUMONTELLIERE chirurgien réfugié >
à la Saline;
garde nationale de Saint-Marc, Port-au-Prince, grenadier de
J. LASSERRE, habitant au
la garde nationale; canonnier de la garde nationale du Port-auDUFOUR,
Princes
de navire, garde national du
DUPONT, ainé, capitaine
Port-au-Prince;
de la garde nationale du Port-auDUCLAU, grenadier
Princes POMMIER tenant le café national & républi
VEUVE
>
cain au Port-au-Prince; fergent-major de l'artillerie nationale du
ANGOULEVANT,
Port-au-Prince; cultivateur de la paroiffe de l'Ar
Lz MiRCIER,
çahaie;
garde nationale du Port-auDUFOUR,
Princes
de navire, garde national du
DUPONT, ainé, capitaine
Port-au-Prince;
de la garde nationale du Port-auDUCLAU, grenadier
Princes POMMIER tenant le café national & républi
VEUVE
>
cain au Port-au-Prince; fergent-major de l'artillerie nationale du
ANGOULEVANT,
Port-au-Prince; cultivateur de la paroiffe de l'Ar
Lz MiRCIER,
çahaie; --- Page 323 ---
CHAUDIÉ-Roux, tapilier, garde national 5
DUMOND, coutelier, garde nacional 3
CHARPENET, > menuifier, garde national de Léogane 3
THIBAULT, orfèvre, garde national;
LEGRAND, inftituteur au Port-au-Prince;
BAPTISTE LAFORGUE, 2 officier municipal des CayesTacmel;
MOREL, notaire à Jacmel;
FERRIER, habitant de Jacmel;
J. GOULARD, marchand , garde national; ;
B. LAMARQUE, commerçant à I'Artibonite;
BERNIAUD, cadet, négociant au Cap;
AVRARD, garde national de Saint-Marc;
BAUDRY, interprète des langues efpagnole & portugaife,
égociant au Port-au-Prince, & membre de l'aflemblée Cooniale du Cap;
MASSON , garde national;
CoRVOISIER, ainé > garde national du Port-au-Prince;
BACHELIER , fan's-culotte pour la vie;
SUCHE, fils, garde national;
Gov, garde-magalin du Port-au-Prince;
LOYAUTÉ , garde national de Saint-Marc;
DunoIs, père, notable de la commune du Port-au-.
rince;
DUPERRON , interprète de la langue anglaife au FortDauphin;
LEROUX, chaircuitier au Cap, &c garde national; ;
FAURE, jeune, - . . 5
LAVIGNARRE, > garde national;
NICOLAS, ainé, propriétaire & ancien commandant de
garde nationale du Pore-au-Prince;
SERVIÈRE,. e - - 5
LEGRAIN, garde national 5
LauGaAsDAnuass, de St.-Marc;
V 2 --- Page 324 ---
;20
LEPLEUX , de Léogane 5
CHEVALIER, . . 5
& caporal de la garde
SAUVINET, , négociant au Cap ,
nationale 5
négociant au Cap, foldat du feptième difBARAILLON,
triét de la garde nationale ;
Saint-Louis;
BEAUDOT, officier municipal au petit & garde national; ;
habitant du Cap
TH. CARTELLIER, les patriotes du Mouftique au PortREMIS, commandant
de-Paix;
de la compagnie de dragons natioMOREL, fergent
naux;
ainé, ancien commandant du pofte Pilboreau
DEVILLE,
a Plaifance; ;
de la compagnie Martois du Cap;
COURT, fergent
MERCHIE , garde national du Cap; 5
compagnie
STx,' canonnier national du Poreau-Prince,
Praloto;
Detnts-CHAUTICRIT, , - . - 5
BRUGUITTE, marchand au Cap;
JEAN D'USELIE, . . : 5
PAULY, marin ;
DE Lauar-aPaantJosme
LECOMTE, prévôt à St-Marc;
CRAMAY > 0 : garde national > habitant au port
M. B. TURnst,
Margot;
P.Duroux, garde national; de la Grande-Rivière &c garde
L. SAIILANT, habitant
mational; BONNAUD, chapelier au Fort-Dauphin 1;
VINCINT, marchand au Cap;
CusamonSz.tisuty . .;
CLANET, garde national au Cap;
FONBERTEAU: , chatpentier au Fort-Dauphin;
DaFros, caporal de la garde nationale du Cap 5
/
ant au port
M. B. TURnst,
Margot;
P.Duroux, garde national; de la Grande-Rivière &c garde
L. SAIILANT, habitant
mational; BONNAUD, chapelier au Fort-Dauphin 1;
VINCINT, marchand au Cap;
CusamonSz.tisuty . .;
CLANET, garde national au Cap;
FONBERTEAU: , chatpentier au Fort-Dauphin;
DaFros, caporal de la garde nationale du Cap 5
/ --- Page 325 ---
Le NORMAND, > erfevre, garde national au FortDauphin.
MARVEREUX, chaudronnier, garde national à la PetiteAnfe;
LECLAIR, dragon de la garde nationale du Cap ;
LANDRY, fous-lieutenant de la garde nationale foldéedu
Port-au-Prince;
P. MARCHAND: > entrepreneur & garde national au Portau-Prince 3
PASCAL RocoFFORT, 3 marchand au Cap;.
BORNEILLE, jeune > garde national à cheval, ci-devans
dragon du Cap;
LIEUTAUD, 2 fergent a canonnier 2 garde national au
Cap;
PERREIN, propriétaire au Cap;
DoAZAN, propriétaire au Fort-Dauphin;
FAIPOUX, 3 armurier de la République françaife au
Cap;
BABTISTE Mepoux, propriétaire du quartierde Vaillière,
dépendant du Fort-Dauphin > & major-général de la garde
nationale du Mole-Saint-Nicolas;
T. R. GUITAT-DE - NANTILLY, maître en pharmacie à
Saint-Marc, & garde national.
Th. Millet : Voilà les marquis émigrés : ce font des charpentiers, des menuifiers, des chaircuitiers, &c.
Duny : J'ai à parler fur le même objet. J'obferve
d'après ce que Miller vient de vous dire, que cette que; ,
a
été faite à Philadelphie, nous étiens à New -Yorck. pièce Là
Geneft , & Hauterive, conful, exerçoient un defpotifine
terrible. Ils nous faifcient affaffiner la nuit. Un nommé
Breton-Villandry, qui va venir bientôt pour accufer aufli
Polverel & Sonthonax', étoit guetté ainfi que moi; ce Villandry étoit de la corpulence de Millet, & un
lui
Français
pris pour
a été affalliné. Nous avions appris par la
correfpondancede nos amis de Philadelphie qu'on fe
pofoit de faire un fervice pour le roi dans ce pays. seoe
avons à New-Yorck été chez Hauterive, conful de-la Re
V 3
ientôt pour accufer aufli
Polverel & Sonthonax', étoit guetté ainfi que moi; ce Villandry étoit de la corpulence de Millet, & un
lui
Français
pris pour
a été affalliné. Nous avions appris par la
correfpondancede nos amis de Philadelphie qu'on fe
pofoit de faire un fervice pour le roi dans ce pays. seoe
avons à New-Yorck été chez Hauterive, conful de-la Re
V 3 --- Page 326 ---
il ne voulut pas
publique, pour y faire notre proteftation;
la recevoir.
dans mes papiers > parce
Vous trouverez ma été proteftatien arrêtés en arrivant en France 2
que mes papiers ont
autres.
comme CEux de plafieurs
dornés par les colons de St.
Verneuil: Voici les" pouvoits
Domingue réfugiés à New-Yorck.
Il lit les pouvoirs.
Du 22 ogobre1793.
des commiffaires chargés
Procès- -verbal de la nomination françaife & à tous les réde préfencer à la légiflature
& protellations
publicains français les repréfentations bannis, déportés,
des colons blan.s de Saine-Domingne, Yorck, dans les Etatsexpatriés & réfugiés à NewUnis de l'Amérique :
Polverel, Sonthonax. & Delpech L 2 ces délégués
Contre
le miniftre
Geneft;
contre
parjures;
plenipotostisire de FExat
ont fecontre les officiers de la marine
riche 2 colonies
condé les deftrugteurs de la les plus
& agens qui
françaifes; enfin contre tous
complices "morts fous
'fe font baignés dans le fang de nos frères
les poignards aiguifés par ces déforganifareurs; dela
treize, le deuxième
L'an mil fept cent Rrangatie, quatre-vinge &. le vingt - deuxième jour. du
République d'Oétobre, trois heures de relevée.
mois
réfugiés dans
colons
de Sainte-Domingue,
< Les
français fe font affemblés dans la falie pala ville de New-Yorck, Etats, lieu de Jeurs féances, conformétriotique desdits
de la féance du 19 du courant.
ment à T'ajournement
étant fans doute malade,, & ne
>5 Le citoyen Joyeux fa place de préfident: les citoyens
pouvant venir occuper unanime nommé le ciroyen Defroches, , qui
ont d'une voix
de fuite a prèté le ferment d'être fa accepté > conftitution, & qui
& l'a'de fuite exigé des citeyensqui
dèle à la préfens à la dernière féance,
n'étoient pas
du courant.
ment à T'ajournement
étant fans doute malade,, & ne
>5 Le citoyen Joyeux fa place de préfident: les citoyens
pouvant venir occuper unanime nommé le ciroyen Defroches, , qui
ont d'une voix
de fuite a prèté le ferment d'être fa accepté > conftitution, & qui
& l'a'de fuite exigé des citeyensqui
dèle à la préfens à la dernière féance,
n'étoient pas --- Page 327 ---
>3 Le citoyen prélident a ouvert la féance, & a demandé
leéture du procès-verbal du 19 du courant > après laquelle
lun des fecrétaires a donné communication de l'adrefle à
la légiflature & à tousles républicains français; elle a été
généralement approuvée. Il a été arrêté à lunanimité qu'elle
feroit remife aux citoyens commiffaires qui feront déiignés
par les fcrutins dont on va s'occuper féance tenante.
93 L'affemblée a procédé à la nomination de deux fcrutateurs, & les citoyens Duny & Tarin ont été à l'unanimité appelés à ces fonétions.
>, Un membre s'eft levé, & a demandé la parole qui
lni a été accordée. Il a développé avec énergie les vertus
civiques, les principes invatiables, la fermeté courageufe
de ces viétimes arrachées du fein de leurs familles
les
fatellites de Sonthonax, & a
les facrifices > déT
rappelé
vouement des commiffaires des colonies à Paris; chacun
leur a donné lés éloges mérités à tant de titres, & l'on
eft paffe au fcrutin pour la nomination des commiffaires
auprès de la légillature.Le dépouillement nous a donné ces
noms fi chers à nos coeurs : Larchevefque - Thibaud Verneuil s
Daugy, Rabotteau, Page, Brulley , Lavergne :
& Rugues aétuellement en France 5 & de Fondeviolle &
Duny, maintenant àN New-Yorck, qui tous, collectivement à
ou individuellement, réunis à nos compatriores nommés font
Philadelphie & dans les autres villes des Etats s-Unis,
chargés de dénoncer tous les ennernis, tous les auteurs des
défaftres fanglans de Saint-Domingue 5 de réclamer s au
nom de la juftice, de l'humanité, de la nature outragée >
vengeance éclatante; d'employer tous les moyens pour obtenir de promprs lecours en hommes, armes, munitions
bouche, bâtimens de l'état & de
de guerre, > de
tranfport; les obftad'en accélérer le départ, chaque jour augmaentant
cles au rétabliflement de Saint-Domingue;,
>> De rappeler à la France les fervices fignalés; le zèle >
le courage, le dévouement des braves citoyens militaires du
4ème régiment > ci-devant Provence 5 du Sème régiment
du
ci-devant
A
ci-devant Normandie;
49ème régimment,
tois; & enfin du 1o8ème régiment > ci- devant du Cap >
viétimes comme les colons de leur attachement à la révolution, & d'en folliciter le retour dans la colonie, ainfi
V+
De rappeler à la France les fervices fignalés; le zèle >
le courage, le dévouement des braves citoyens militaires du
4ème régiment > ci-devant Provence 5 du Sème régiment
du
ci-devant
A
ci-devant Normandie;
49ème régimment,
tois; & enfin du 1o8ème régiment > ci- devant du Cap >
viétimes comme les colons de leur attachement à la révolution, & d'en folliciter le retour dans la colonie, ainfi
V+ --- Page 328 ---
celui du brave Daffas, colonel du rocème régiment,
que fi bien mérité de la colonie par fon courage & fon
:qui a
civifme;
au nom de la colonie, , tous les renfei-
>> De donner,
croiront capables d'égnemens, toutes les inftructions qu'ils
clairer tous les Français.
de fe préfenfer à la
P Nous les chargeons fpécialement au nom de la colonie
barre de l'aflemblée pour y prononcer, le ferment folemnel de fidélité
& en notre nom particulier, & d'y faire connoitre nos vaeux finà la
de fes armes & la défaite entière de fes
cères pour le
TEL
méprifables ennemis.
lefdits jour >
23 Clos, & arrêté en la préfente heures de féance, relevée, & ont, tous
mois &c an que dellius, fix figné à la minute avec le préfiles citoyerts deux delibérans,
laquelle refte dépofée. :
dent & les
fecrétaires, conforme à T'original par nous
>> Pour copie collationnée de l'affemblée à New-Yorck, lepiepréfident & fecrétaires
deuxième de la République
mier novembre 1793 .lan
françaife.
VIOLLE 2 fecrécaires
Signé, Dusngt-rBos.heer
La BRETON & VILLANDRAY.
ces pouvoirs lescommifaires
. Brulley: Vous voyez par
leur étoient votés
France recevoient des remercimens 1d
en les colons; que les cclons réfugiés àla nouvelle Anglepar
foit à Phladelphie, à Balrimore
- terre > feit à Neuw-Yorck,
fe font reffouvenus quils
ou dans d'autres lieux, par-tour 3
ilsfe font rapavoient des commiffaires en France par-tout leur avoient donné
peliquilravsienr des commillaires, quils certes , ne font pas
ces pouvoirs & ces inftzuétions Etc qui, Sonthonax a dit hier que.
données par des émigrés. des quand émigrés, de tous les émigrés
vous recevriez des chez adrefles les diférentes puillances;, certes, on
font réfugiés
à ceux-ci. Certes, les
a donnera pas des pouvoirs pareils dans les endroits où font
magilrars qui ont lautorité en main
à faire des fêtes en
réfugiès les émigrés, ne concourroient françaife , pas én mémoire de la
Thonneur de la République août, Certes , voici des vérités. Nous
chûte du roi, , du oflicielles IO
qui conftatent que les magiftrats
evons des pièces
à ceux-ci. Certes, les
a donnera pas des pouvoirs pareils dans les endroits où font
magilrars qui ont lautorité en main
à faire des fêtes en
réfugiès les émigrés, ne concourroient françaife , pas én mémoire de la
Thonneur de la République août, Certes , voici des vérités. Nous
chûte du roi, , du oflicielles IO
qui conftatent que les magiftrats
evons des pièces --- Page 329 ---
de la nouvelle Angleterre fe font réunis avec les Français
pour célébrer l'époque de la confitution de la République
françaife, pour feterle roaoût. Les pièces officiellesen feront
remiles à la Convention par nous, conformément aux ordres
que nous avons reçus de nos commettans; & fi nos commettans, commne le difent Polverel & Sonthonax, étoient àJérémie > au Môle, ils ne feroient pas à la nouvelle Angleterre à s'occuper à des fêtes pattioriques, çonjointement avec
le pcuple des États-Unis d'Amérique. Vous avez remarqué
quilny ai ici qu'un très-petit nombre de fignatures > en comparoifon des colons qui font dans la nouvelle Angleterre; &
mais je préviens d'avance l'objection qu'on pourroit faire;
je dis que la plus grande partie de ces colons font dans dans un
état de détrelle & dindigence, &c forcés à fe difperfer
une grande quantité de petits endroits où ils puillent fubvenir
à leurs befoins: de-là vient qu'on ne peut opérer des réunions
aufi nombreufes qu'on le defireroit : de-là vient que des
hommes qui font obligés de travailler chaque jour pour leur
fubliftance, ne peuven: pas confacrer à des difcullions politiquesle temps qu'ils font obligés d'employer pour fenourrir
& fe vêtir. Maisily a une infinité d'adhéfionsà ces pouvoirs de
données dans les différens confulats; mais il, n'ya pas eu
réclamations ni de la part des colons aux Etats-Unis, ni de
ceux qui font en France. Par-tour oh il n'ya pas réclamation
contre des pièces parcilles, ily a adhéfion. Nous avons pris
ce caraétère publiquement. A la vérité, la Convenrion a
ajourné à prononcer furlaqualité denos pouvoirsjufqulapres
le rapport
lui fera fait: mais la Convention, en rendant
ce décret, Mi pas éntendu abroger les pouvoirs qu'clle nous
reconnoit à nous > Page & Bralley: raaisl la Convention n'a
pas entendu s'élever contre une loi qu'elle n'a pas abrogée,
qui autorifeles colenies à avoir des commiffaires dépurés vers
la Convention, jufqu'à leur organifation définitive. Certes, de
Palverel 8c Sonthonaz, qui ont déforganifé la colonie
Saint-Domingue, ne viendrent pas vous dire que T'organifarion définitive y a eu lieu, Silforganifarion définitive n'ya
pas cu lieu, ily. a donc lieu à avoir en France des commiffaites des colonies députés prèsla Cometuon.faidrligrSonthonax: : Je n'ai pas nié le décret.:
étoit aroués
Brullay : J'ai dit hier que ceite nomination
de
Palverel 8c Sonthonaz, qui ont déforganifé la colonie
Saint-Domingue, ne viendrent pas vous dire que T'organifarion définitive y a eu lieu, Silforganifarion définitive n'ya
pas cu lieu, ily. a donc lieu à avoir en France des commiffaites des colonies députés prèsla Cometuon.faidrligrSonthonax: : Je n'ai pas nié le décret.:
étoit aroués
Brullay : J'ai dit hier que ceite nomination --- Page 330 ---
parla loi,&jai ciréa cet égard la loi du 8 juillet
Je
Kaiepponée, & je vais €il donner lecture.
1792.
Il lit:
Loi relative aux députés extraordinaires
dz corps legyhacif, donnée à Paris, le qui 8 fijournent auprès
4 deia iiberté.
juaillet 1792, Tan
cc L'affemblée nationale, confidérant que les
extraordinaires confituent. les
en frais députations
queles dépurés €X raordinaires muicipalités quif féjournent
inutiles;
légiflatif, font prefque tous functionnnires auprès du corps
inltan: deles rendre àleurs fonctions, 8c de publics; ; qu'il eft
l'abus guilesen éloigne, décrète
préveniral'avenit
3) Laliemblée narionale
qu'ily y a urgence.
décrère que le décret du 24 > décembre après avoir décrété T'urgence >
adniniftrations de département & de diftrict 1790, qui défend aux des
agens auprès du corps lègillatif & du roi, fera d'entretenir étendu aux
municipalirés & aux tribunaux,
3> Les colonies font exceptées du
leur organifarion défiritive
préfent décret jufqu'à
a Je crois que d'après cette >, loi précife, les
la colonie onlt pu k dû maintenir ici des' repréfentans de
chargés des affaires de la colonie auprès de
commiffaires
& ce font les fonctions
la Convention;
toujours remrlies, fonétions que nous, avouées Page & Brulley, avons
comme vous le voyez par le décret, fonétions par la Convention, qui n'ont été
abrogées par perfonne, fonétions qui
exifter juiqu'a ce qu'il y ait une organifation doiventpar définitive. conféquent Les
commiffaires ils
adjoints rentrent donc aufli dans
de
loi; ont été envoyés avec une miflion
l'efprit nous eft cette
mune; vous venez d'en entendre les
Toute coinne d'analyfe
feroit qu'affoiblir les fontimens
efpèce
Jes ont diétés. Nous avons donc dû prendre patriotiques la
commiffaires de
qualiré narionale, Nous Sainr-Domingue, perfiflons à la conferver. députés près là Convention
lonies Th. des Millec: J'ai à communiquer à la commiflion des cofont les colons pièces très-récentes qui fe font qui feront connpitre enfin quels
réfiugiés aux Erats-Unis. Hier
Senthonax a réclamé comme une autorité trés-refpedtable
>
ont diétés. Nous avons donc dû prendre patriotiques la
commiffaires de
qualiré narionale, Nous Sainr-Domingue, perfiflons à la conferver. députés près là Convention
lonies Th. des Millec: J'ai à communiquer à la commiflion des cofont les colons pièces très-récentes qui fe font qui feront connpitre enfin quels
réfiugiés aux Erats-Unis. Hier
Senthonax a réclamé comme une autorité trés-refpedtable
> --- Page 331 ---
( & c'en eft une en effet
le miniftre des Erats-Unis près
la République françaife E quelque chole pouvoit rendre
cette autorité fulpecte; d Yimprudence que Sonthonax a
eu de dire que le gouvernement des Erats-Unis étoit dirigé
par les Noailles, Talon & autres : mais nous allons vous
donner lecture des pièces qui ont un caraétère plus formel
d'authenticité, puilgu'elles ont eu. la concurrence du miniftre
de France près les Erars-Unis d'Amérique. Je vais d'abord
vous donner leéture d'un fragment de cette lettre qui accompagne le procès-verbal dont je vous donnerai enfuite leéture.
Ill lit:
Extrait d'une lettre datéc de Philad-iphic le 26 Frim ire >
Pan 3 de la République françaife une & indivifible.
Anflitôt que des forces républicaines que nous cfpérons
depuis long-temps, arriveront à Sainr-Domingue, nous nous
joindrons, , citoyens, & notre chère patrie apptendra que
L refte infortuné de (es fidèles enfans ont contribué à chadler.
les Anglais & les Efpagnols de Saint-Domingue, qu'ils n'euf- n'auroient jamais ofé attaquer, & c'eft une vérité, fi nous
les
fions pas été déportés, ou obligés de fuir les torches &
poignards.
U Dans Jérémie & le Port républicain il y a un parti
vue
national
Pla
triote quin'attend que la
du pavillon
pour
montrer. Les Anglais y ont très-peu de forces en ce moment:.
mais on dit quils en attendent compofées d'Anglais & d'émigrés.
Salut. Signé, R. MARY, préfident ; Hi. GUÉRIN, fecrétaire.
Ainfi Mary n'ef pas au Mole. du
& des fecrétaires
Voilà les exprefionsliterales, préfident
des colons réfugiés à Philadelphie.
Je vais vous donner ledture maintenant du procès-verbal
dont voici le titre.
Procès-verbal de - célébration de la fere du 23 Th.rmidors
(1o août vieux ftyle ).
une & indice L'an deuxième de la République françaile
actuelviGble, & le 24 Thermidor - 2 les citoyens Français
a
Mole. du
& des fecrétaires
Voilà les exprefionsliterales, préfident
des colons réfugiés à Philadelphie.
Je vais vous donner ledture maintenant du procès-verbal
dont voici le titre.
Procès-verbal de - célébration de la fere du 23 Th.rmidors
(1o août vieux ftyle ).
une & indice L'an deuxième de la République françaile
actuelviGble, & le 24 Thermidor - 2 les citoyens Français
a --- Page 332 ---
lement à Philadelphie, voulant donner aux repréfentans da
dévouement français & à tous leurs frères d'Europe une preuve de
à la
EP
à la République
caufe de la liberté, de leur attachement
du décret qui confacre françaile la ; fète mais du defirant allier l'exécution
miffion qu'ils doivenrjaux lois & IO août 1722 avecla foudeftinent le dimanche à la
ufages des Érats-Unis, qui
religieux
tranquillité & au recueillement
ladite fète, 3 après avoir fixé au jour fuivant la célébration de
d'an peuple jaloux allié de de la manifefter leur enthoufiafme au milieu
fiivante.
France, y ont procédé de la manière
3> Au foleil levant 3 la fète fut annoncée fur
centre. > lieu de la réunion
la place du
canon, I 0 par allufion au 22 > par une falve de 22 coups de
3> A huit heures du
feptembre ).
de canon annonça la fète matin, du une autre falve de IO' coups
blemenr.
IO 2oût, & I'heure du raflem-
>5 L.es citoyens Français & Américains fe rendirent far la
La placedu centre; onl'ordre de la marche devoir être diftribué.
chêne plus & grande des partie des citoyens portoient des branches de
tricolors.
bouquets d'épis de bled > ornés de rubans
3> Au milieu de cette place étoit élevé un
coré des attributs de la liberté: fur les
obelifque débafe étoient gravées les infcriptions fuivantes. quatre faces de fa
A lImmortalité.
La République françaife une & indivifible.
Liberté, Egaliré, Fraternité.
Tremblez, tyrans 3 votre règne eft paffé,
33 Une députation de citoyens
du raffemblement, & fe rendit chez français le miniftre partir alors du liet,
ércient rénnis les chefs civils & militaires de français, oi
filvanie. Un député annonça
l'étar de Pentendoit fes repréfentans; auflitôt au miniftre, que le peuple atils arrivent far la
tous fe mettent en marche,
nations,
place , précédés des drapeaux des
au bruit des tambours & du canon
deux
fois répétés de viye la
> atix cris cent
vivent les Etats-Unis! Répablique Une
françaife une e indivifeble !
pagné leur marche &
mulique guerrière avoit accomgues aux tranfports qui 3
jouoit par interValle des airs analeéclatoient de toutes parts.
le peuple atils arrivent far la
tous fe mettent en marche,
nations,
place , précédés des drapeaux des
au bruit des tambours & du canon
deux
fois répétés de viye la
> atix cris cent
vivent les Etats-Unis! Répablique Une
françaife une e indivifeble !
pagné leur marche &
mulique guerrière avoit accomgues aux tranfports qui 3
jouoit par interValle des airs analeéclatoient de toutes parts. --- Page 333 ---
> Quand tout fut difpofé pour la marche 5 elle fut annoncée par dix coups de canon. Elle fut ouverte par deux
pièces d'arillerie fervies par des canonniérs français & amé
ricains ; O1l lifoit fur toutes les figures la haine que chaque
citoyen alloitjurer aux tyrans: T'anniverfaire de la deftruétion
du defpotifine faifoit éclater fur tous les vifages l'amour de
la patrie, de la liberté & de l'égalité.
>> Les tambours battoient alternativement avec la mulique
des marches françaifes.
-> L'obélifque étoit porté par quatre citoyens Français à le
& Américains; 4 un grenadier français fuivoit, de la liberté. tenant De
main une pique furmontée du bonnet de couronnés &c
jeunes citoyennes vêtues de blanc, pagées
corbeille de
de ceintures tricolores portant Paroiffoient chacune une enfuite des draHeurs, entouroient T'obélifque.
fur
peaux des deux nations, , précédés du corps de mufique,
deux colonnesà droite & à gauche; depuis la tête du cortége
jufquala fin, marchoient tous les citoyens Français & Ambricains, confondus; tandis quele miniftre, les confuls français,
les chefs civils & militaires de Penfilvanie tenoient le centre
de la marche. Des bonquets d'épis de bled, ornés de rubans
rricolors s furent les feules armes employés à maintenir
l'ordre de la marche. Les couleurs nationales étoient refpectées à l'envi par l'affluence des citoyens qui afliftoient à
cette >3 On cérémonie. fe rendit dans cet ordre fur un enclos dépendant
de la maifon du miniftre de la République françaife. Là étoit
élévé un autel à la pairie, fur lequel éroit la ftatue de la
liberté. Les drapeaux des deux nations furent plantés à fès
corés;autour de l'autel étoient modeftement: trangéesles jeunes
citoyennes; des hymnes patrioriques furent chantés & accompagnés par la mufique, tandis qu'aux invocations les
plus touchantes, les jeunes citoyennes faifoient à la liberté
hommage des Aeurs qu'elles avoient apportées, & dont elles
couvrirent fon autel avec le zèle intéreflant de leur âge.
99 Les hymnes patriotiques finis > le citoyen minittre de
la République françaife ptit place ala droite de Yaurel de
la pattie ; le citoyen Chotard ainé fe plaça à la gauche, &
fit un difcours analogue à la journée du IO août, à la fuite
duquel il prononça le ferment de fidélité à la République s
elles avoient apportées, & dont elles
couvrirent fon autel avec le zèle intéreflant de leur âge.
99 Les hymnes patriotiques finis > le citoyen minittre de
la République françaife ptit place ala droite de Yaurel de
la pattie ; le citoyen Chotard ainé fe plaça à la gauche, &
fit un difcours analogue à la journée du IO août, à la fuite
duquel il prononça le ferment de fidélité à la République s --- Page 334 ---
au nom de tous les Français qui 2 avec le plus
enthoulialme, répérèrent, nous le jurons à
grand
du ferment.
> chaque divifion
5> Le miniftre de la République, invité à être
des
Français auprès de la Convention nationale, , l'organe avoir
moigné fa fentibilité, ajouta :
après
té-
>, Citayens, vous venex de prêter le ferment entre
comme repréfentane de la
mes mains >
comme failant partie de Repabligue la
frangaife di ; recevct, le mien
Il répéta le mème
Jouverainets" à peine l'eut-ii
frangais.
far interrompu par fermenty les cris de
quil
fa3tte
& indivifbl:,
viye la République françaife une
& >9 le Une roulement décharge del coups de canon, > une marche
du tambour, fignalèrent la
guerrière
& annoncèrent que tous les ceeurs
joie du peuple,
>> Auflitôt des danfes fe formérent étoient fatisfaits.
patrie fur toute l'étendue de l'enclos. autour La de l'autel de la
thoufialme de fes enfans; elle a entendu liberté a vu I'enleparjure qui héfiteroit un inftant à les nos fermens: périffe
>> Le refte du jour la joie publique s'eft remplir!
la ville; un repas frugal, préparé en manifeftée par toute
amis de la liberté & de l'égalité. Le plein miniftre air, attendoir les
confuls, > les chefs civils & militaires
français & les
ment; réunis aux Français & aux y. afliftèren: indiftinéteJap parrie, & les vertus que les Républicains Américains : les amis de
yont été fêtés aubruir ducanon.
français honorent,
un feu d'artifice, orné deplufieuts Lajournée a ététerminée
& quia été tiré devant la maifon pièces du miniftre analogues à la aBaS
la rue la plus fpacieufe de la ville, & la plus français, dans
l'étendue du ipectacle.
commode pour
3> Les membres du comité français
de
tion. Signé, Chotard ainé, préfident du comité; chargés Dubois l'organifapréfidene de laflfembléc 3 adjoint au comité; A. C.
père,
Parent, Hurtel, A. Champes,James
Duplaine, >
crétaire.
Vallée; Dubois, > fen
2> Pour copie conforme.
>> Signé, Dubois, fccrétaire >2.
'e Vousvoyez que ce Chotard, que l'on dit être émigré,
jours àla tête des fètes patriotiques. Si la commiflion eftrous le juge
chargés Dubois l'organifapréfidene de laflfembléc 3 adjoint au comité; A. C.
père,
Parent, Hurtel, A. Champes,James
Duplaine, >
crétaire.
Vallée; Dubois, > fen
2> Pour copie conforme.
>> Signé, Dubois, fccrétaire >2.
'e Vousvoyez que ce Chotard, que l'on dit être émigré,
jours àla tête des fètes patriotiques. Si la commiflion eftrous le juge --- Page 335 ---
à propos, nous allons lui donner lecture d'une adreffe à la
Convention nationale, envoyée. par les mêmes perionnes
officiellement avec le procès-verbal quej'aientre les mains >
& que nous fommes chargés par une lettre particulière de
remettre. à la Convention.
Il lit:
Adreffe à la Convention nationale.
Philadelphie 2 le 25 Thermidor, l'an deuxième de la
République une & indivifiblc.
c6 Croviw-Rumnissram,
33 Par-tout où la France a des amis, la liberté veille fur
les peuples > elle jette la terreur dans l'ame des tyrans 3 elle
verle la haine & le mépris fur les efclaves qui ont encore la
lâcheté de les fervir. Tandis que les Français en Europe honorent la divinité en combattant les rois > les
des
Républicains
Antilles françaifes, les cultivateurs contre qui l'atroce
politique des Anglais &c des Efpagnols dirige depuis
ans les poignards de la royauté 2 les torches du
ceux qu'a acculent depuis
les
ESEET
célébrant à Philadelphie 1790 la deftruétion conte-rérolucionmuines, du defpotifme e, ces en
amis de la liberté Viennent de repouflerle fedéralifime
dans fes derniers retranchemens: 5 le dieu des êtres dont jufque la
Convention a rétabli 1E vrai culte, , IEtre-fuprème a entenda
le nouveau (erment que nous avons prononcé fur l'autel de
la liberté, en préfence du miniftre de la République françaife.
Nous l'avons invité à le tranfmettre aux reprélentans du
peuple français, à être l'organe de notre fidélité, de notre
inviolable attachement à Iunité ; à l'indivifibilité de la
Répulplique.
>5 Echappés au fer & à la flamme, réfugiés dans le coltinent américain, nous avons vu notre patrie trahie dans les
deux hémifphères; nous l'avons vue, au moment où fes ennemis les jugeoient près de fuccomber 2 s'avancer fièrement,
& frapper à la fois tous les tyrans de l'Europe : nous avons
vu la juftice éternelle diriger les coups qu'elle vient de porger
dans les deux mondes, à tous les genres de defporifime; nous
l'avons vuc difliper par-tout fes ennemis s & écarter
qu'en un moment tous les Aéaux dont on vouloit FRSE
cabler.
ons vue, au moment où fes ennemis les jugeoient près de fuccomber 2 s'avancer fièrement,
& frapper à la fois tous les tyrans de l'Europe : nous avons
vu la juftice éternelle diriger les coups qu'elle vient de porger
dans les deux mondes, à tous les genres de defporifime; nous
l'avons vuc difliper par-tout fes ennemis s & écarter
qu'en un moment tous les Aéaux dont on vouloit FRSE
cabler. --- Page 336 ---
plus encore que le
D Le poids des vertus républicaines, va anéantir la coalition impie
courage des armées frangaifes déjà les > peuples ébranlés balancent
des defpores liber:é européens: K la
Lap paix quel lambition desrois)
entre la
tyrannier de
comme un obftacle au
a préfentée aux peuples TEurope
ont écartée
bonheur du genre humain, cette paix qu'ils inventer de A
tout ce que Y'orgueil & la barbarie peuvent enfin que leur caur
odieux, de plus infulrant; cette paix invoque, fera la fentence
>
repoulle, mais que jeur l'ont foiblelle dédaignées ils ne pourront furde mort des tyrans de qui la liberté, & linftant de leur deftrucvivre tion fera au triomphe celui ol la nature rejertera avec tranfport le deuil
auquel ilslavoient condamnée depuis le fi long-temps. de la divinité,
>> Chtoxenwrepscdfenvate, le cule plus pur les Français ne
le bonheur du monde fera. votre od le ouvrage fort les ; placera, ilsle rapl'oublieront jamais; par-tour
pelleront fans cefle à Tunivers étonné.
de la fête du IO
9, Les membres chargés le de devoir T'organifation leur impole la COilaolit, jaloux de remplir
que a la Convention nafiance de leurs concitoyens de , la adreflent cérémonie & le difcours qui
tionale le, procès-verbal
T'a terminée.
du comité; Dubois
Salut. Signé, Chorard ainé, préfident ; A. C. Duplaine,
préfdent de l'alfemblée > adjoint
FC Hurtel, Valiée, A. Champésy Dubois 2 Jecrér
taire.
>> Pour copie conforme.
28 Signé, Dubois, fecrtaite".
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné, J. Pe. GARRAN,P GRÉGOIRE, préfident ; LECOINTE (des Deux-Sevres), FoUcHi ( de fecrécaires Nantes ).
Damar:Larmunas,
Dx:;
Fap --- Page 337 ---
Du 24 ventôse, T'an troisième de la Republique
française, une et indivisible.
C N fait leéture des débats recueillis dans la féance
la rédaction en eft adoprée.
d'hier;
déclarer Polverel: Je prie le préfident d'interpeller les colons de
s'ils niont pas d'autres pièces que celles initulées:,
Proteflations nèbre
contre un écrit relacif. à un projet de fervice
pour Louis XVI. Ils n'ont produit qu'une pièce
fans nom
la Republique
française, une et indivisible.
C N fait leéture des débats recueillis dans la féance
la rédaction en eft adoprée.
d'hier;
déclarer Polverel: Je prie le préfident d'interpeller les colons de
s'ils niont pas d'autres pièces que celles initulées:,
Proteflations nèbre
contre un écrit relacif. à un projet de fervice
pour Louis XVI. Ils n'ont produit qu'une pièce
fans nom fignacure, oà elle
d'imprimeur, fans indication du lieu
a été imprimée. Je demande s'il n'y a pas dins leurs
archives une pièce officielle , : ou qu'ils regardent comme
telle :
Th, Millét : Si Polverel avoit bien entendu la leéture : qui
vient d'étre faite du procès-verbal d'hier, il fauroit que la
pièce que nous avons remife fur le bureau étoit dans les archives de la commiflion, & revêtue de tout ce qui
lui donner un caraétère légal.
pouvoir
Polverel: Dans ce cas, je prie la commniffion d'ordonner
aux citoyens colons d'indiquer au citoyen Lecointe où eft
cette pièce, pour qu'il nous en foit donnée communication.
- - Clauffon : Nous l'avons indiquée.
Le préfident : Après . la féance..
Th. Millet : A Finftant même, 6 l'on veut.
Polverel : Jajouteà cela la prière que je fais, que les.
colons fe hâtent de communiquer tous les actes contenant,
leurs pouvoirs, afin.que nous foyons fixés fur cet objet.
Clauljon: : Toutes nos pièces font à la commiflion.
Leconte', repréfentant du peuple : Comme fecrétaire de la
commiffion, je.ne puis comnuniquer que les picces qui ont,
été citées aux débats.
Tome III. Trente-unième livraifon.
X
: Jajouteà cela la prière que je fais, que les.
colons fe hâtent de communiquer tous les actes contenant,
leurs pouvoirs, afin.que nous foyons fixés fur cet objet.
Clauljon: : Toutes nos pièces font à la commiflion.
Leconte', repréfentant du peuple : Comme fecrétaire de la
commiffion, je.ne puis comnuniquer que les picces qui ont,
été citées aux débats.
Tome III. Trente-unième livraifon.
X --- Page 338 ---
ils ont été
Th. Miller: On nous demande nos pouvoirs;
lus dans la féance d'hier.
d'autres?
Polverel : N'en avez-vous pas
vont vous être lus.
Th. Millet : Ilyen: a d'autres qui qui contiennent nos pouvoirs
Page : Les proces-verbaux du
Lecointe, qui les a extraits
font entre les mains citoyen
des archives, &lesa mis dans un carton. ) : Jen'ai vu, dans. les
Lecointe (membre de la commillion
que ceux od fe
pièces mifes aux débats, d'autres pouvéirs Maupin 3 Millet, &
trouvent les noms de Souchere-Kivière,
la proreftation.
donnés à Brulley & à moi ont déja
Page: Ces pouvoirs des débats antérieurs; ils fonr imprimés , ils
été lus dans
ils en ont été extraits par le citoyen
font dans les archives, mis dans un carton particulier. Si l'on en'
Lecointe, qui les a
nouvelle, je prie qu'en me les reveut une communication
metre. Polverel: Ils ne m'ont pas encore été communiqués.
Vernexil : Vous les avez vus. de l'imprimé hi'eft pas la
Polverel: La communication
communication de la pièce.
foient remis
Page : Je demande alors que nos pouvoirs
fur lel "bureau. membre de la commifion : Il faut pour cela que
Lecointe Page 2
m'indique oà ils font.
le citoyen
(Ils vont enfemble les chercher.)
Dans la féancé du 22 de ce mois, jai donné
Claulfon :
L'une eft un procèsverbal des colons
leéture de deux pièces. & réunis en allemblée > portant noréfugiés à Philadelphie, commiffaires près la Convention nationale;
mination de trois
intirulée : Protefiations, repréfentations
Tautre-eft une Ces pièce deux pitcés ne me défignoient nullement dit
& poxvoirs.
ai déduit la raifon, & jai
comme commiffaire 5 j'en.
de nomination 5
que j'avois un procès - verbal la demande particulier m'en feroit faite, je
que ne prévoyant pas que & je le promis pour le lendemain.
ne l'avois
apporré, avoir la parole : aujourd'hui, jelobtiens,
Hier,je trr pas pu
On demnandera peut-êure pourquoi
& je préfente la pièce.
ullement dit
& poxvoirs.
ai déduit la raifon, & jai
comme commiffaire 5 j'en.
de nomination 5
que j'avois un procès - verbal la demande particulier m'en feroit faite, je
que ne prévoyant pas que & je le promis pour le lendemain.
ne l'avois
apporré, avoir la parole : aujourd'hui, jelobtiens,
Hier,je trr pas pu
On demnandera peut-êure pourquoi
& je préfente la pièce. --- Page 339 ---
eette pièce ne s'eft pas trouvée fous més fcellés: deux mots
d'explication de
vont fuffire. J'avois mis mes papiers &
mon collègue Millet dans le double fond
ceux
afin de les fouftraire à la vigilance des coriaires d'une malle, $
dans le cas d'une rencontre en mer. Je confervai le ennemis
verbal de ma nomination, que je cachai fous
procèsd'un bonner, parce que je voulois toujours avoir T'enveloppe deux
à mon arc. Lorfque nous arrivâmes à Paimbeuf & cordes les
fcellés furent mis fur nos papiers, j'avois mis mon que
verbal dans mon porte-fenille ; & comme le
procèsn'avoit eu ordre de mettre les fcellés que far juge-de-paix les
renfermés dans les malles, il n'y compiit pas ce papiers étoit
dans mon porte-feuille ;
je lui oltris. J'ai donc qui con*
fervé cette pièce, & la Aoter
8 Il a lit:
e Nous fouflignés préfident & fecrétaire de
des colons de Sainr - Domingue, réfugiés à
l'affemblée
vu l'abfence du ciroyen Maupin, nommé Philadelphie s
les délibérations & proreftations du II octobre commillaire, de
par
vu
dernière;
la difliculté de découvrir le lieu de fa r'année rélidence dans le continent américain, & la néceflité de le
fe remplacer, pour profiter de la première occalion qui pourra
préfenter, de
3 déclarons que le citoyen Clauffon a réuni le
plus voix après le citoyen Maupin,
eft admisà ladite commiflion nommée dans conféquemment les
qu'il
& proteftations ci-deffus, & conjointement avec délibérations ies
Th. Millet, la Souchère-1 Rivière, & autres commiflaires ciroyens
nommés par les colons réfugiés à New-Yorck.
s> En foi de quoi, nous lui avons expédié le
lui fervir aux fins des repréfontations &c
préfent pour des
colons de Saint- Domingue réfugiés à Philadelphie, proteftations conjointement-avec le ciroyen Th. Miller & autres adjoints dénommés actuellement en France : lefdites
datées du II octobre 1793.
repréfentations
>3 Philadelphie, le 17 janvier 1794, l'an 2 de,la
blique françaile, une & indivifible,
Répu9> Signé, BARRAUT-I NARCEY, préfiden: ;
CHOTARD siné,/ecrétaires,
RIMARIE,
X 2
Philadelphie, proteftations conjointement-avec le ciroyen Th. Miller & autres adjoints dénommés actuellement en France : lefdites
datées du II octobre 1793.
repréfentations
>3 Philadelphie, le 17 janvier 1794, l'an 2 de,la
blique françaile, une & indivifible,
Répu9> Signé, BARRAUT-I NARCEY, préfiden: ;
CHOTARD siné,/ecrétaires,
RIMARIE,
X 2 --- Page 340 ---
donc par ce procès - verbal, que je fuis
Vous voyez.
lun des commiffaires nommés le II OCadmis à remplacer
encore que les pouvoirs qui me
tobre 17935 vous voyez les colons déja nommés pour S adjoindre
font communs avec Brulley & autres, font ratifiéspar laéte
aux ci: oyens Page, vous a donné connoiffance hier, ledit
authenrique dont on
contre un projet de fervice
acte intiulé : Protefations
de
ttiea
de Louis XVI. Je n'ai que
nèbre en mémoire
& Polla conteftation
ELELS
à ajouter:c'ell que
& raifonnement qu'ils
verel élèvent fur nos abfolument pouvoirs, à faux , puifque le miniftre
en tirent, tombent les colons réunis en allemblée, dans la perGeneft a invité
même allemblée, à lui indiquer
fonne du_fecrétaire de cette
La lettre officielle
un poiar central pour fa correlpondance. alors du conlulat français à Phieft de Beauyarlet, chargé
m'en fouvenir,
Indelphie; elle eft datée, autant que je puifle clle exifte en oridu mois-de novembre 1793, T'indiquerai. : au furplus, La réponfe à cette
ginal dans mes papiers; je
de fecrétaire de
Jet.ren eft fignée de moi, en ma qualité l'adrefle du prélident
Yallemblée des colons : elle indique
elle eft confignée
pour point central de correfpondance: de l'allemblée. Vousy verrez auffi
dans le cahier des aêtes
du miniftre Geneft: ce qui vous
touresles-lerres fubféquenres recouna Tallemblée tenue par
prouvera évidemment qu'ila & certes, la recownoiflance de
les: colons à Philadelphie; les lettres
lui a écrites font bien
cette allem.blée &
qu'il de
du défaut
fuppléuives à toutes les formes veulent légalifation, aujourd'hui exdeiquelles Polverel & Sonthonax I'a très- bien développé hier
ciper : mais, comme vous préfenter à la légalitation des
Erulley, les colons pouvoieneils
dénonciations contre)
actes dans lef uels fe rencontrent.des feuls la qualité pour les légalifer?
les hommes qui avoient erre. Il eft donc bien évident que nos
Cela ne pouvoir pas
peuvenr Tètre;
pouvoirs font auili en règle que l'attachement pouvoirs à la mère-paurie
quils émancnt d'hommes dunt : il eft bien évident que Polne peut pas être équivoque conteftent
cei mènes
verel & Sonthonax ne
veulent aujoord'hoi pas aborder la dif--
porvons, que paice qu'ils-ne Une fimple explication devcit leur fufcuflion de leurs actes.
Cela ne pouvoir pas
peuvenr Tètre;
pouvoirs font auili en règle que l'attachement pouvoirs à la mère-paurie
quils émancnt d'hommes dunt : il eft bien évident que Polne peut pas être équivoque conteftent
cei mènes
verel & Sonthonax ne
veulent aujoord'hoi pas aborder la dif--
porvons, que paice qu'ils-ne Une fimple explication devcit leur fufcuflion de leurs actes. --- Page 341 ---
fre; & fic'étoit une refponfabilité qu'ils voulvient, nous la
leur avens offerte.
Plufieurs colons : Et donnée.
Claulfon : Elle fe puife dans la qualité d'accufateurs individuels que nous avons tous cumulée avec celle de fondés
de pouvoirs des colons de Saint - Domingue. Céroir à la
commiflion qu'étoit réfervée la' connoiffance du furplus.
Polverel: Voici ce que j'ai lu ce matin dans le.
nouvelle, intitulé le Batave, du quartidi 24 Venrèle. papier
Il lit:
L. E BATAVE
Quartidi, 24 Ventofe (14 Mars, ère ancienne),
l'an III de la liberté & de Tégalité,
ac Ceux qui fuivent avec attention la marche des événeméns révolutionnaires, ontt toujours penlé
des colonies françaifes étoit une partie ellentielie queladevaltation du plan de
ces confpirateurs qui vouloient anéantir le commerce français. Les denrées coloniales en furent toujours le principal
aliment; elles fournilloient à la France de riches moyens
d'échange. II étoit donc néceffaire de détruire les colonies
pour annuller le commerce. Ce fut toujours le plan des
agens de IAngleterre; ce fut encore celui de Ces terroriftes, 3
de ces hommes de fang qui vouloient dominer la nation
françaife par l'effroi, la mifère & la mnort. 3,
Le préfident : Il ne peut pas être queftfon de ce
dans les débars.
papier
Polverel: : Vous allez voir qu'il eft abfolumént queftion de
nous,, & qu'on y annonce la publication de l'acte d'accufarion lu ici.
Vernexil : Tout cel eft pour éloigner les débats.
Polverel : Je vous affure que non. .
Avant d'aborder l'acte d'accufation, vous cherchez à COrrompre l'opinion, même en notre préfence, comme vous
l'avez fair pendant deux ans en notre abfence.
X 3
el: : Vous allez voir qu'il eft abfolumént queftion de
nous,, & qu'on y annonce la publication de l'acte d'accufarion lu ici.
Vernexil : Tout cel eft pour éloigner les débats.
Polverel : Je vous affure que non. .
Avant d'aborder l'acte d'accufation, vous cherchez à COrrompre l'opinion, même en notre préfence, comme vous
l'avez fair pendant deux ans en notre abfence.
X 3 --- Page 342 ---
3;8
(Polverel reprend la lécture.)
Extrait du Bataye.
ec Si Ton doutoit encore de la connivence des dévaftateurs
de nos colonies avec ceux de la Françe, on vient d'en acquérir la preuve.
5> Des lettres de Nantes annoncent qu'un certain Léonard
le Bleis a été arrêtéau comité de furveillance de cette ville
lorfqu'il faifoit vifer un palle-porr figné
,
thon & Saine-Juf. Cet
feeret
Robe/pierre > Couagent
, Tun des coryphées des
Jacobins, étoit chargé d'une miffion parriculière pour St.-
Domingite. Ilf fur d'abord le dénonciateur de
Milfent
& Belley, > de Polverel, Sonthonax & complices. Dufay, Il devint
enfuite leur défenfeur le plus chaud. Qualloit faire à St.-
Domingue un pareil homme : Quelle étoit cette commiflion
fecrère, donnée par les Robelpierre, les
Couthon?
e
Saint-Jufs les
53 Il fera bicn intéreffant de connoitre l'objet de cette
million; & fur-tout de conftater les intentions de ces
geurs, en enyoyant un homme de leur trempe à Saint-Do- égormingue.
53 Sans doure, , le comité de sûreté générale aura
les
mefures les plus stres pour avoir connoiffance exacte pris
cette miflion iectère, & l'agent qui en étoit
de
l'être aulli de papiers bien importans.
chargé, > devoit
9, En attendant qu'on'en ait
les commiffaires des colons de
connoiffance,
Sain-Domingue continuent à difcuter
contre les principaux dévaftateurs de cette colonie, Polverel
& Sonthonax.
>> Après avoir employé trene.quatre.feances à faire connoître l'elprit public de Saini- -Domingue avant l'arrivée de
Polverel 3 Sonthonax, ils viennent de
&
mettre fur le bureau de la commiflion des préfenter
rebien important: ce font les chefs d'acculonon colonies un acte
contre Polverel & Sonthonax, Ils affurent que chacun qu'ils portent de ces
chefs d'accufarion eft piouvé par les actes mêmes de ces
deux diétateurs jacobins. >>'
Je prie d'abord la commiflion d'interpeller les celons de
arrivée de
Polverel 3 Sonthonax, ils viennent de
&
mettre fur le bureau de la commiflion des préfenter
rebien important: ce font les chefs d'acculonon colonies un acte
contre Polverel & Sonthonax, Ils affurent que chacun qu'ils portent de ces
chefs d'accufarion eft piouvé par les actes mêmes de ces
deux diétateurs jacobins. >>'
Je prie d'abord la commiflion d'interpeller les celons de --- Page 343 ---
dire s'ils font les auteurs de cette note > ou s'ils les connoiffent?
Le préfdent : La commiflion ne peut faire.
fur eet objet.
d'interpellation
Yerneuil: Nous ne pouvons répondre à une pareike interpellation.
Lepréfident: : Tu'n 'n'as pas la parole pour répondre à une
interpellation qui ne teft
faite.
Polvere: J'elpère que f commiffion ne me refufera pas
actede la déclaration
je vais faire. .
Lc préfiient: : Cela Res conftaté aux débars.
Pelverel : Je déclare que Léonard le Blois eft un des
hommes que Sonthonax & moi avons jugé néceffaire d'envoyer en France en. état d'arreftation, à la barre de la Convention nationale. Depuis notre retour en France, j'ai
pris que Léonard le Blois étoit l'un des plus chauds de ap- ce
qu'on appeloit montagnards. Je défie qui que ce foit de
prouver que j'aie eu aucune intelligence, aucune liaifon
avec Léonard le Blois..
Page : Je montre nies pouvoirs & ceux de Brulley.
Lecointe ( membre de la commiflion): Le citoyen Polverel
en a demandé communication : les voilà fur le
cela
eft fini.
bareau;
Senac : Voici les. miens qu'on a également réclamés.
Page: : Citoyens, avant-hier; Sonthonax avoit pris l'engagement de repréfenter la lettre. .
Le préfident : Tureviendrasa celaenfuite:nous en fommes
aux pouvoirs.
Sonthonax : Je la remettrai tout-à-T'heure à la commiflion.
Verneuil : Cela ne fufit pas;" il faut la lire.
Daubonneau: : Dans ce moment, > je n'ai pas mes pouvoirs
fur moi; demain, je les dépoferai fur le bureau.
Le prélident : Les citoyens colons ont-ils encore à parler
fur les pouvoirs? :
Plufieurs colons : Non.
Le prefident : La parole eft à Sonthonax.
Sonthonax: : Je prends la parole fur ce qu'a dit hier le citoyen Brulley, & fur ce qu' ont dit enfuite fes collègues. Le
citoyen Erulley yous a fait un très-long difcours pour vous
X 4
irs
fur moi; demain, je les dépoferai fur le bureau.
Le prélident : Les citoyens colons ont-ils encore à parler
fur les pouvoirs? :
Plufieurs colons : Non.
Le prefident : La parole eft à Sonthonax.
Sonthonax: : Je prends la parole fur ce qu'a dit hier le citoyen Brulley, & fur ce qu' ont dit enfuite fes collègues. Le
citoyen Erulley yous a fait un très-long difcours pour vous
X 4 --- Page 344 ---
prouver qu'ils. ont la confiance de. Saint -i Domingue. Ses
collegues ont parlé enfuite fur la morali:é polirique & civile
des colons émigrés-à la Nouvelle-Angleterre, Sur le premier
poinr > je me garderai-bien de rouvrir la difcullion, ,
que
m importe la qualicé fous laqu-lle fe préfentent
Ils
RPIE
20E.ACTE fe préfentent comme acculateurs; & il eft dans
mon.opinion., que toutes les fois qu'un homme fe préfente
comme accufateur, & qu'il a jeré le gant à un accufe,
l'accufé doit repondre. Sur la moralité des colons émigrés à
la Nouvelle-Angiatetre, il cfti important que nous vous en entretenions : les colons ont eu l'initiative la-deffus. Il eft néceffire que nous vous démonrions ce que nous avons annoncé dans le cours des débats. Cela, eit d'aurant plus néceffaire, que fi les colons réfugiés à la
font
Nouvelle-Angleenre
des parriotes, font des amis de la France & de la Réfi ceux qu'ils ont envoyés font des ainis. de.la
FUR & de la République,leurs: accufations ont infiniment
plus de poids: & certainement nous ferons coupables d'avoir
éloigné des côtes de Saintliomingue des hommes aulli précieux. Les colons vous ont.cité une, infinité de.; pièces,
defquelles ils ont paru inférer que les colons émigrés étoient
les vrais aniis de la République. Ils vous ont ciré une adrefle
à la Convenrion narionale, par laquelle ces colons
ferment de fidéliré à l'aflemblée. légillative de France. prétenr Ils ont
enfuire lu Un procls-verbal de célébration de Fanniverfaire
de la journée du IO àoût, procès.- verbal qui eft revètu,
difenr ils, de la figuature du miniftre français auprès des
Erais-Unis.
Th.Millee: Nous n'avons pas dit cela.
Sonthonax : Vous avez dit que le miniftre Fauchety avait
afifé.
Fhom S Millet : Qu'ilavoit conceuruihacerémode: : vous
avancez des fauix.
Sonthonax : fe frit eft affez inipertaht. Avez-vous dit
qu'il étoit préfent à Ja céréminie 2
Les colons: Qui, c'eft vrai.
Sonthonax: Sur ces-deux pièces, je dirai.aux cclons : En
-1793 >: vous édez à la Nouvell-. Angleterre; le IO août,
vous vous y Frouviez; le. tjuillet, vous vous y
e
troiviçz;
21 feprcmbrea vous étiez encore fur ces
eh
S
rives: bieu!
ipertaht. Avez-vous dit
qu'il étoit préfent à Ja céréminie 2
Les colons: Qui, c'eft vrai.
Sonthonax: Sur ces-deux pièces, je dirai.aux cclons : En
-1793 >: vous édez à la Nouvell-. Angleterre; le IO août,
vous vous y Frouviez; le. tjuillet, vous vous y
e
troiviçz;
21 feprcmbrea vous étiez encore fur ces
eh
S
rives: bieu! --- Page 345 ---
ayez - vous envoyé alors des adreffes de féliciration à ta
Convenrion nationale ? Avez-vous célébré les inmortelles
journées du IO août, & du 21 feptembre? Non, fans doute.
Toulon étoit pris nlors; la France éioit plongée dans le
deuil & le malnewr; nos frontières ércient (ncamére:"alors,
vous faifiez la cour à TAngleterre; ; alors, vous alliez chez
les différens confuls des nations érrangères mendier des
prèts fur les habirarions que vous livriez d'avance. Vous
voris gardiez bien d'enwoyer des adrellesd'adhcfion à la Convention nationale de France.
Th. Miller : Les preuves de cela?
Sonthonax: Les
s'en trouveront dans les papiers
de la commiflion ESUAe colonies, établie à Breft par Pricur
(de la Marne). Ces preuves ne feront plus des ténoignages
reçus par cette commillion: ce feront desi pièues ofacieiles
envoyces par les agens de la République 5 ce fcront des.fignarures des colens qui cnt eux - mêmes livré une parrie
des volunies françaifes aux Anglais & anx Efpagnols. Jenai
pas allez de preuves pour incalper quelques uns de ceux
qui font ici, > n'ayant pas eu communication de CCS pièces 5
nusis j'inifte pour que la commifion fe les falle apporter >
fi elle e les a pas encore : car elley trouvera la preure du
prétendu civitme des colons émigrés à la Nouvelle-Angleterre. Je dis donc qu'à ces époques, les colous fe gardoient
bien d'enveyer des adrelles de felicitation,, de purier les
Ggnes tricolors de ia liberté. A ces époques, ils ne portuient
point la cocarde nationale, excepté loriqu'ils fc préfentoient
chez les agons de la République : ils la prenoient à la porte,
la' mettoient à leur chapeau 5 & l'andience finie, là remettoient dans la poche : voilà ly conduite des ciroyens celons
émigrés, qui envoient aujourd'bui des adreffes de felicitatians
à ia Convenrion nationale. Je le répere, cirgyens: le breit
de VOS victoires ayant éronné toute l'Earope, it n'efl pas
étonnant que des hommes qui toujours. ont éré fans patrie s
gui fe fon: toujours vendus au premier peuple qui a voulu
les acheter, qui out fai: platement leur cour à toutes les
puillances maritimes de TEurope foient venus, par un'retour d'égottine, à envoyer en France des adrefles de félicirarion & d'adhéfion. Il n'elt pas étonnant que la- France
triomphante, pouvan: feule aujourd'sui reconquérir les An-
tonnant que des hommes qui toujours. ont éré fans patrie s
gui fe fon: toujours vendus au premier peuple qui a voulu
les acheter, qui out fai: platement leur cour à toutes les
puillances maritimes de TEurope foient venus, par un'retour d'égottine, à envoyer en France des adrefles de félicirarion & d'adhéfion. Il n'elt pas étonnant que la- France
triomphante, pouvan: feule aujourd'sui reconquérir les An- --- Page 346 ---
tilles, devant, par fes décrets, devenir maîtreffe de tout
TArchipel du Mexique; il n'eft pas étonnant, dis-je,
les colons foient venus lui préfenter des adreffes de félicita- que
tion &' 'd'adiélion. Je répère que fi, aujourd'hui, la Convenriorf nationale permettoit, non-feulement aux émigrés
qui font en Suifle, 3 mais encore à ceux qui font répandus
dans les diveries cours de TEurope, de lui préfenter des
adreffes de féliciration & d'adhéfion, ils reviendroient tous
dans la République, ne fit-ce que pour opprimer les pariotes qui ont fait la réyolution. Vous ne pouvez douter de
cette vérité; citoyens, que fi vous permettiez à ces hommes
qui ont combartu contre vous, de revenir vous préfenter des
adrelles, de Faire femblant d'avoir voulu croire à la révolution ; vous ne pouvez pas douter qu'ils ne vinffent à VOS
genoux. J'ai dit que les Français émigrés à la NouvelleAngleterte ne porroient pas la cocarde tricolore, avant qu'on
apprit dans ce pays-la la nouvelle de Ja prife de Toulon.
En voici la preuve: : elle eft extraite de la gazette d'un de
lears amis (Tango-Labojine), fur lequel je vous dirai
un mot.
(Les colcns interrompent.)
Ti. Milet: Citoyen - prélident, permettéz une obfervation.
Ie préfident : Sonthonax a la parole.
Sonthonax : Hier > je ne vous ai point interrompu, & le
préfident vous a maintenu la parole. Voici l'extrait de ce
journal, intitulé: TEtoile américaine, par Tangayr-Labeiffiere.
No, 10, famedi 22 février 1794. Cette gazette eft imprimée
àl Philadelphie.
Page : liy avoit fix mois que Tanguy - Laboiffière étoit
chaffe & détoncé par les colons patriotes.
(Sonthonax lit:)
Estrait de PEtoie américaine, > iz Février 1794: avis
ericolor.
cc Depuis que l'on.a la certitude que M. Geneft eft
enfin rappclé, la cohfance renait chez les Français. Ils
10, famedi 22 février 1794. Cette gazette eft imprimée
àl Philadelphie.
Page : liy avoit fix mois que Tanguy - Laboiffière étoit
chaffe & détoncé par les colons patriotes.
(Sonthonax lit:)
Estrait de PEtoie américaine, > iz Février 1794: avis
ericolor.
cc Depuis que l'on.a la certitude que M. Geneft eft
enfin rappclé, la cohfance renait chez les Français. Ils --- Page 347 ---
éroient librés fans doute, dans un pays libre & neutre, de
porter ou de ne pas porter la cocarde nationale. Beaucoup
d'entr'eux viennent d'arborer les fignes nationaux, ce qu'ils
n'avoient pas voulu faireavant eetre époque,regardant comme
profanées ces mèmes couleuts porrées par M. Geneft & fon
inconftirunionnelle cohorte. >3
Voilà ce que dit le journal de Tanguy. J'enrends les COlons qui vous difent: Ce journalifte n'étoit plus patriore:
Il éroit patriore au Cap, il l'éroit à New-Yorck; mais arrivé à Philadelphie, ce journalifte a abandonné le fentier du
pattiotifine, pour fuivre l'étendard royalifte. C'eft ainfi que
lorfque, parmi les patriotes colons , lun d'eux fe rend
coupable de quelqu'imprudence s ils ont foin de rouler fur
lui la défaveur qu' 'elle peut leur attirer dans le public, afin
de fe maintenir toujours dansThypocrifie de leurs manoeuvres.
Les colons vous difent : Tanguy - Laboillière étoit parriote à
New-Yarck : eh bien ! quil foit patriote à New- Yorck.
Vons allez connoitre fes efforts de patrietifme dans cette
ville.
Ici j'efpère que les colons ne chicaneront pas.
(Il lic),
ce Extrait d'un imprimé de Tanguy- Laboillière, intitulé 2
le Pere Duchelie aux bons enfaris des vaiffeaux le
P'Eole, & à tous les Français qui péchent à la Jupite dans ,
la rivière du Nord, & qui mangent des' pommes ligne aux coins
des rues.
(Ce flyle paroitra fingulier).
Duny : Je demande la parole pour mettre fuar le bureau...
Sonthonax : Ceite
telle qu'elle eft, fe trouve 1tprimée ici à la fzite de mes proclamations à Saint-Domingue; elle eft extraite mot à mot dune pièce intitulde:
Supplément au jowrnal de Tangay-Laboifitre, à
qui fe trouve dans nos archives. Je ne
New-Yorck,
à préfent, mais ce foir je la retrouverai. peux pas l'indiquer
Duny : Le citoyen Leçointe va me la remettre; & je
mettrai fur le bureau.
a la a
fe trouve 1tprimée ici à la fzite de mes proclamations à Saint-Domingue; elle eft extraite mot à mot dune pièce intitulde:
Supplément au jowrnal de Tangay-Laboifitre, à
qui fe trouve dans nos archives. Je ne
New-Yorck,
à préfent, mais ce foir je la retrouverai. peux pas l'indiquer
Duny : Le citoyen Leçointe va me la remettre; & je
mettrai fur le bureau.
a la a --- Page 348 ---
Sonchonax: Sans doute vous ne nierez pas cette pièce de
Tangrg-latoificre.
Duny : Non; mais celle que tu vas lire eft peut-être
tronquee.
Sonthonax : Voilà ce qu'ilyae. Je ne l'ai point tronquée.
Je demande pardon à la commiffion des expreflions.
(II lit),
ee Par la facrenom de deux bourafques & d'un calme
plat, f'apprends de belles nouvelles ! - : On m'a dit que
vous alliez fler du cable, & mettre le cap fur Breft pour
mener Galbaud à la Convention; qu'on vous travailioit,
qu'on vous défoniffoit, > qu'on vous infpiroit de la défiance
les uns contre les autres; enfin, qu'en vous foutoit dedans...
Vous vous difpofez, dit-on, aller le fac fur le dos, comme
de foutus payfans de Bauce ou de Brie, plaider cette affaire
devant les baillis de la Con:endion. Belle foutue befogne!
jolie bougre de confcil que vous denne là votre avocar !
c'eft foutre bien la peine d'avoir des canons, des vailleaux &
des bras, pour aller à l'audience ! C'eft au combat, mille
bombes, qve des républicains doivent marcher, & non au
greffe de la Convention; c'eft à la vengeance, ntille noms
d'une amorce > qu'il faur ccurr, & non à Finftruction diun
procès. La conquète de Saint-Domingue eft un beau laurier.
a cucillir : & un laurier vaut mieux qu'un procès. Ily a dans
ce pays-ci deux mille bons lurons qui fe démènent depuis
Savanah julqu'à Bofton, pour trouver des armes, des munitions, des vaiffeaux de tranfport, des vivres, &c. pour aller
foutre le tour à Sonthonax, & une troupe de mulets qui
font la garde. : .
e .
. .
.
e a €
Etfi vous ne ie favez pas , le Pere Duchêne vonslapprend, &
le Pere Duchêne ne ment jamais. Ces chiens de commiffaires
font rappells PRr 111 bel & bon décret de la Convention
nationale, rendu tour julte le dimanche 19 mai, > jour de la
Pentecète 5 par uninfpiration du Saint-Efprit, quin'ef fourre
pas un ariftocrate, qucique vOS menreurs de commiflaires
aient fait imprimer à Saint-Marc que le Pere éternel l'étoir.
Ils en ont menti, de partous les diables! ces chiens d'enragés
ne veulent pas exécucer le décret qui le calle comme un verre
à bierre.
ationale, rendu tour julte le dimanche 19 mai, > jour de la
Pentecète 5 par uninfpiration du Saint-Efprit, quin'ef fourre
pas un ariftocrate, qucique vOS menreurs de commiflaires
aient fait imprimer à Saint-Marc que le Pere éternel l'étoir.
Ils en ont menti, de partous les diables! ces chiens d'enragés
ne veulent pas exécucer le décret qui le calle comme un verre
à bierre. --- Page 349 ---
sa C'eftaux Français feuls, inoculés de la révolurion, qu'it
appartient d'aborder fans riique le-lit du malade; ils favent"
feuls comment cela fe traite. On a voulu faire boire lesmulets à la talle de l'égalicé avec les hommes 3 les bougres ont
troublé la liqueur apmès s'êrre foûlés comme des bères
brures. Il faut clarifier cela : M'entendez-vous, enfans? Je
parle à tout. le monde , aux foldats, aux marins, , aux colons,
à tous les hommes portant le nom français, qui ont des
priétés à conquérir, des outrages à venger, &.
à
chercher...
lvgtls
3 Pour extrait conforme à l'imprimé de Tanguy-I.aboif
fière, intitulé le Père Duchône, aux bons enfans des vailfeaux
le Jupiter & P'Eole, &c. s.dépofé aux archives de la commiflion civile.
>> Signt, Muller, fecrétaire ad hoc de la
eivile.
commifion
>> Certifié conforme à l'original. Signé,
adjoint de la commifion.
Gault,ferécire
Clauffon: Ce n'eft pas tout
Sonthonax : Vous voyez, ciroyens, d'après le journal du
journalifte Tanguy; 5 comment il parle de la Convention nationale. Le minittre Geneft, alors & les"agens de la
blique, vouloient que Galbaudi fût envoyé à la barré Répu- de la
Convention nationale; que les marins qu'il avoit égarés àu
Gap, &c à la tête delqueis il s'étoir mis pour brâler la ville,
le conduifilfent en France pour recevoir la peine due à fest
crimes. Hé bien ! on appelle cela: travailier les
Et dans quel fens les travailleneils ? C'eft. en difanc: équipages. vous
allez plider devant les baillis de la Convention nationale.
Fres-vous f... pour plaider : Pardon 5 mais c'eft l'expreflion.
Etes-vous faits pour plaider? Reftez ici, ou challezles fonc- 4
tionnaires publics de Saine-Domingue, chaflez-enles délégués
de la République. Voilà le parriorifme de
Boiflière. Les colons l'avouoienr aiors pour Tangay-da-la-, leur ami. Son:
parriotifine n'a changé que far la nuance des expretlions,
mais pas du tout fur le fond du caractère S Car les colons
expreflion.
Etes-vous faits pour plaider? Reftez ici, ou challezles fonc- 4
tionnaires publics de Saine-Domingue, chaflez-enles délégués
de la République. Voilà le parriorifme de
Boiflière. Les colons l'avouoienr aiors pour Tangay-da-la-, leur ami. Son:
parriotifine n'a changé que far la nuance des expretlions,
mais pas du tout fur le fond du caractère S Car les colons --- Page 350 ---
qui fe difent patriotes, ont cela de commun avec les royalifles, qu'ils déteftent également la liberté &. l'égaliré. Ceux
qui fe difent patriotes 2 pourroient l'êure à la liberté, à-l'égalité près. Voila, quelle eft leur morale; & vous en allez
juger par un article, extrait du journal de Tanguy, à Philedelphie, > qui eft parfaitement dans le fens des colons. Des
expreflions lemblables fe trouvent dans les éctits de
& Brulley.
Page
Duny: Je demande à être autorifé à chercher la
avec le ciroyen Lecointe; on y verra ces mots : <C
vous aurez aufli f... à
Peter
bas Ces, brigands d'Anglais, vous irez
alors reconquérir Saint-Domingue, & vous en chafferez les
brigands de Polverci & Sonthonax 32,
Sonthonax: Vous allez voir que ces expreflions font précifément celles cui fe trouvent dans les écrits de Page &c
Brulley, dans toutes. les gazettès prétendues parriotiques des
colons. Voici la manière dont Tanguy raconte la féance du
16 pluviôte, & les événemens quil'ont fuivie. Voici pourquoij'infifte; c'eft'q 'que. les exprcilions de Tanguy font cclles
des colons, qui l'avouent pour leur ami à Newyorck.Si, arrivé à Philadelpbic, il à profeflé les mêmes principes
dans ce pays, ils'enfuit.
que
Le préfident: Ils'agit de ha moralité.
Polverel: Je demande la parole pour un mot. C'eft fur la
dénonciation de CC même Tanguy, que les premiers pouvoirs
ont été donnés aux colons pour nous accufer. Je le prouve *
par l'acte qui contient leurs pouvoirs.
Sonthonas: Voici l'extrait du journal intitulé : l'Etoile
Américaine, du Jamedi 3 mai 1794.
Etoile Américaine > du Jamedi 3 mai 1794.
Convention nationale; du 4 février.
cf Cette'féance eft remarquable par le décret, au fujet des
nègres, par les farces & le délire qui on: accompagné cette
monftrucufe impolitique. Au fujet de ce décret qui ruineroit
les colonies f elles ne létoient déja; Danton remarque
cette mefure eft le coup de mort de Pirt. Cette réflexion que eft
le mot du décret. La haine contre les colons alimentée depuis
.
Convention nationale; du 4 février.
cf Cette'féance eft remarquable par le décret, au fujet des
nègres, par les farces & le délire qui on: accompagné cette
monftrucufe impolitique. Au fujet de ce décret qui ruineroit
les colonies f elles ne létoient déja; Danton remarque
cette mefure eft le coup de mort de Pirt. Cette réflexion que eft
le mot du décret. La haine contre les colons alimentée depuis --- Page 351 ---
4-ans dans toutes les affemblées de France, > la rage & le
davoir, par fon délire
dépit
la conviction de ne pouvoir philantropique les
> perdu les colonies;
blouir le peuple fur cette
reconquérir, le befoin déplus de 6 millions d'individus perte qui enlève la fubliftance à
Convention à rendre
en France, ont déterminé la
il
ce décret. Quant à l'effer
en
attend, ne le produira pas. Aflez
les qu'elie
& les mandataires ont bouleverfé les colonies; long-temgs les décrets
proteétrices fauront émouffer les nouveaux poignards, puillances &c
éteindre les nouvelles torches que la. Conventicn vient
voyer dans un pays où elle eft maintenan: fans influence. dena la cértirude qu'elle y envoie des miflionnaires
On
prècher ces funeftes maximes : qu'elle en envoie déguiles,
chez toutes les nations qui onr des efclaves, foit également
ennemies ou amies; 5 mais l'expérience de toutes qu'elles les foient
binières 2 fans doute appris à tous les gouvernemens jacofur leurs gardes.
à fe.tenir
>> A la même féance du 4 , il n'y a eu que cent
vingt votans al'élection qui a porié Dubarran à la quatreCe nombre n'eft pas tout-à-fair le quart de celui des préfidence.
envoyés par les départemens, en feprembre 1792. députés
9> A la féance du 8, la Convention eft tombée dans
nouvel accès anti-colonial. On y a lu les adrefles les un
délirantes de quelques communes de France
plus
ignorantes fur le fyftème politique des colonies , abfolument
diflent au décret du 4, & elle y a admis une nouvelle qui
tation des affallins & desincendinires de
E
hommes de couleur qui, en la fohcitant, Saine-Domingue. comme on devoit bes
s'y attendre, fur fon décret > l'ont encore entretenue bien de
menfonges & d'impo/tures atroces contre la colonie,
ont couverte de malfacres & de ruines
qu'ils
& bien long-temps
conféquent avant pendanrquatre pour fe années, fouftraire au fer & à la Esncerd elle firforcée 307 donner à des
puiffances protectrices.
>3 Quand les Américains fe font plaints du
la
delporifine de
Grande-Breragne, > n'ont-ils pas eu le droit
à
fecours des puiffances prorectrices : Le droit d'appeler de repouffer Jeur
l'oppreflion feroit-il donc interdit aux feuls colons de Saint-.
Domingue qui, on peut le prouver, n'ont jamais été les fu-
fer & à la Esncerd elle firforcée 307 donner à des
puiffances protectrices.
>3 Quand les Américains fe font plaints du
la
delporifine de
Grande-Breragne, > n'ont-ils pas eu le droit
à
fecours des puiffances prorectrices : Le droit d'appeler de repouffer Jeur
l'oppreflion feroit-il donc interdit aux feuls colons de Saint-.
Domingue qui, on peut le prouver, n'ont jamais été les fu- --- Page 352 ---
jets de la France , avec' laquelle leurs ancètres avoient volons :
tairement traité pour en êure protégés & nonallallints vifs
>>. Ces députés ont été reçus avec les plus fe difant applaudittal député del
mens. Le nègre Jean-Bapulte motion Belley, tendante à faire arrêter
Snine-Domsingue, a fait de la une vraie aflemblée coloniale. Cette
tous les chefs blancs
de falut public & de.s streté.
motion a éié renvoyée au comité
mais tous les négrogénérale: aufli Briflot a été guillotiné; Tont
été; &il
philes qu'il a laiflés en mourant, ne
qu'ils pas dominent e
roirbien par coynonvelles' extravagantes,
core à la Convéndon.
Briffot, c'eft donc-l'or de Pitt
33, Si l'or de Pitt a fait agir Si Brillot adté traitre à la France;
quifait agirla Convention. de la
des colonies > par le négrophilifine,
dans le fyftème
elle-mème coupable du même crime,
la Convention eft
aNeraN
& ceux qui applauditfent.m.
Verneuil: Citoyen prélident,je demande la parole, l'ai
Sonthonax : Vous venez de voir, comme je vous de
annonce avant de lire la pièce, que jes exprellions vous Tanguy répètent
font les mêmes mot à mor , que celles que Ils vous, ont dit
depuis un an Page, Brulley & compagnie. deux poids & deux
dans leurs écrits aufli, quilnyaveit fi les Américains pas
avoient eu le
mefures pour la jullice; indépendans, que
le même privilége devoit
droit de fe déclarer
Ilsivous ont dit que le
appartenir aux colories étoit frangaifes. combiné avec Pitt.Ils vous ont
décret du le 16 décret pluviôfe du 16 pluvioie éioir une monfruofité
dit que
des adrelles de TRC
litique; & même tout en vous envoyant colons patriotes qui
licitation & d'adhétion, ces prétendus fe font bien gardés d'adhérer.
font à lal Nosvle.Angleemte, que vous verrez dans les
au décret du 16 des pluvi8le, > parce de Saint-Domingte, à Philacorrelpondances les colons citoyens qui font ici; yous verrez , dis-je
delphie, avec
qu'ils cnt toujours des poisenions
dans ces cotrelpondances,, intérieur. Ceft la railon pour laquelle ils re-!
à leur régime
le décret du 16 pluviofe. Il ne faudra rien
fusèrent toujours
d'indépendance civile où fe trou-i
moins que Pétat refpectable les nègres en Amérique > par ia protection,
vent aujourd'hui nationale, &c il ne faudra pas moins que cet
de la Convention
état
-je
delphie, avec
qu'ils cnt toujours des poisenions
dans ces cotrelpondances,, intérieur. Ceft la railon pour laquelle ils re-!
à leur régime
le décret du 16 pluviofe. Il ne faudra rien
fusèrent toujours
d'indépendance civile où fe trou-i
moins que Pétat refpectable les nègres en Amérique > par ia protection,
vent aujourd'hui nationale, &c il ne faudra pas moins que cet
de la Convention
état --- Page 353 ---
état pour empécher les efforts des colons
veulent
le germe de la liberté fi folemnellement qui planté
détruire la
vention nationale.
par ConMillet : Je demande da parole.
Lepréfident : Tu l'auras quand il aura fini ; Je verrais'il
-change d'o objet.
:
Sonthonax: : J'ai cité les' journaux tirés de la NouvelleAngleterre, pour prouver T'efprir public des colons, parce
que n'ayant pas , moi, cônnoiflance des dépôts
vous: avez
à la' commifion des colonies, qui conftatent marériellement que
cet efprit public des colons. émigrés, il m'a été
: de"vous fournir autre chofe.Je dis plus: c'eft impoffible
on veitt juger l'efprit public d'un pays, la
, quand
:
eft de
manière
SchAae
confulter lesuj wjournaux. A la
, les
journaux
Nouvelle-Anpleretre,
qui parlent des colonies, , tous les journaux français
font dans le. fens. ariftocratique ; le Courier poiague de la
France'e des Colonies > PÉtoile Américaine >
font leg
feuls journaux connus, iont dansle fens
qui dans
lè fens de celui que je vicns'de vous lire, ariftocratique, Vous allez
e
par Ja lecture d'un extrait du Courier politigne, enjuger eft
avis au miniftre d'Angleterre 7 & au chargé d'affuires qui de l'EC UII
pagne & de Hollande s far des fecours que le miniftre de
Franceenvoyoira Sains-Domingue, pour en
les
: contre I'invalicn des Anglais.
garantir reftes
Verneuil: De qui?
(Sonthonax lit):
Courier politique, du fam:di 19 otlobre 1793.
Yerneuil: L'ayeeur?
Sonthonax : Je vous le dirai tour-à-Pheure. Ie miniftre
français avoir frété un petit bâtiment pour le pallage des
fecours qui deyoient aider aux autorités conftituées par la
France, foit à garantir le refte du territoire de l'invafion-a anglaife, foit à recouvrer les parties qai en. avoient été
chées. On avoit chargé à bord une cargaifon de poudres détaautres munitions
enveyer au général Lavaux, gai. &e
voit alors que 5o ReCEL de poudres dans les magalins du Port- n'a
de-Paix.
Tome IIL
Trente-unième liyraifon.
Y
, foit à garantir le refte du territoire de l'invafion-a anglaife, foit à recouvrer les parties qai en. avoient été
chées. On avoit chargé à bord une cargaifon de poudres détaautres munitions
enveyer au général Lavaux, gai. &e
voit alors que 5o ReCEL de poudres dans les magalins du Port- n'a
de-Paix.
Tome IIL
Trente-unième liyraifon.
Y --- Page 354 ---
3j9
Ildir:
Excrait du Courier politique de la France & defes colonies,9
odlobre 1793.
Avis au miniftre d'Angleterre & aux chargés d'affaires d'Efpagne & de Hollande.
ce Il doit partir inceffamment de Philadelphie une
fon de mulrres, de nègres, de munitions de guerre cargai- & de
bouche, adreffée à Polverel, Sonthonax & Delpech, commiflaires civils , délégués à Saint-Domingue pour dévafter
cette colanie, & porter les nègres des fles voifines à Vinfurrection. On croit que cette cargaifon nefera pas, comme elle
devoitletre, mife a'bord du brick français que commande
le capikminsal.szclle, mais bien far quelque bâtiment américain >.
Les journaliftes colons ont l'audace à la
terre,,
d'inflruire le miniftre des puiflances Nouvelle-Angle- étrangères, des
expéditions, des préparatifs que faicle miniftre français
fauver la colonie., Les colons vont me dire que le
de cette gazette eft.
OLACE
un ariftocrate. Eh bien ! Oui, c'eft un
ariftocrate; mais cet ariftocrate parle comme vous; s'ila les
mêmes principes
vous; fi cet ariftocrate dit
fommes Erehsar des colonies; s'il dit
que nous :
lacres.
-
que les muVerneuil: On a demandé le nom, & il ne veut pas le
dis.
Sonthogax : Je ne dis pas le nom 5 mais je vois par fes
principesque c'eft un royalifte. Les colons vont me dire
lautearee cette gazette eft un royalifteyelle eft rédigée
le fens
ue
royalitte,j'en. conviens; mais comment fe
les opinions de ce royalifte coincident parfaitement faitcilque avec les
vôtres?
Comment fe fait- -il-que -
ce royalifte qui nons blâme
refter à Saint-Domningue pour le défendre
de
nouswenvoyer des fecoursi, ait précifément s les qui mêmes empêche de
nious que vous > lorique vous faites-u un crime à Geneft opi- de
yelle eft rédigée
le fens
ue
royalitte,j'en. conviens; mais comment fe
les opinions de ce royalifte coincident parfaitement faitcilque avec les
vôtres?
Comment fe fait- -il-que -
ce royalifte qui nons blâme
refter à Saint-Domningue pour le défendre
de
nouswenvoyer des fecoursi, ait précifément s les qui mêmes empêche de
nious que vous > lorique vous faites-u un crime à Geneft opi- de --- Page 355 ---
nous envoyer de la poudre & des munitions pour défendre
Saint-Domingue: Garreau, c'eft le mom du
nous rraite, comme vous, de dévaftateurs de Saint-Domingue, journalifte qui
d'egorgeurs, d'empoifouneurs, d'ennemi, des
ment fe fait il que fur Farticle des colonies, cet colons. Comfi facilemenr d'accerd avec vous
homme foit
qu'à Saint Domingue, les deux parris Ons(elevexpligue: qui ont régné, étoient c'eft
également liftes vouloit ennemis de la France; c'eft que le parri des royafouftraire la colonie à' 'la
>
entre les mains du roi; c'eft que le parti France, des pour la mettre
prérendus patriotes, voaloirfoufiraire.iae colonie patrietes, à la
des
pour. ia rendre indépendante fous la protection de la France, maifon
d'Hanovre; ; c'eft que les prétendus patriotes des
mingue n'on: jamais éré comme l'oat dit ici les Stint-Do-:
les inftrumens des allemblées coloniales. Les colons colons, que
dit: Les parrictes:de Saine-Demingue étoien:
vous ont
geojent les atfemblées coloniales : mais
ceux que diridans le cours de ja
les hommes je vous ai prouvé:
aflembiées coloniales dileullion.quel ne pouvoient être
dirigés par les,
ou des anglomanes, parce que les deux que des-indépertians
ont toujours Mulelieiind@pendanon allemblces coloniales
blées coloniales ont toujours tenré parce de founettre que les deux affeme
à
la
s
femblées TAngleterre, & quie les agens principaux de ces deux colonie ac
de deurs coloniales font venus à bout d'exéçater une
projets.
J
partie
Verneuil: Je demande la parole,
Le préfident: : Je te rappelle à l'ordre.
Verne il: Comme vous voudrez.
Lepreidenc: Je te rappelle à l'ordre avec
peur fe, comporter avec une telle indécence cenfitre; dans onne
débars.
les
lation Bralley : Peur- on avoir la parole pour une
?.
interpellegues Le préfident. : Vous l'aurez enfuire : deux de vOs collont déja demandée & obrenue.
Sonthorax : J'ai dit hier 2 & jai affuré
de ceux dort parlent les colons, quand ils difenr que la
poavoirs. de la part des parriotes
avoir
RlPS
avoi-n: palfe, foit à
, étoient des hommes qui
Jérémie, foit au Mole, , foit au
FortDauphin.Je trouve cette preuve dans le Courtier
Y 2
po
enfuire : deux de vOs collont déja demandée & obrenue.
Sonthorax : J'ai dit hier 2 & jai affuré
de ceux dort parlent les colons, quand ils difenr que la
poavoirs. de la part des parriotes
avoir
RlPS
avoi-n: palfe, foit à
, étoient des hommes qui
Jérémie, foit au Mole, , foit au
FortDauphin.Je trouve cette preuve dans le Courtier
Y 2
po --- Page 356 ---
352.
déde la France & de fes colonies, du mardi 31 de
litique
à T'article : Nouvelles relatiyes à la colonie
cembre 1793, ,
Saint-Domingus:
de la France & de fes colonies,
Extrait du courier policique
31 décembre 1793.
Nouvelles relatives à Saine-Domingue.
bâtimens chargés de paffagers &c de vivres font
te Cinq
de ftonit Bovont à Jérémie , deux au Mole; le trop fameux
la deftination des derniers.
REEE
rel a fuivi
à. Jérémie près de ;ooo blancs arrivés *,
: 35 On compte
: Voilà
eftextrait d'un jour-
-
Les colons diront encore:
qui que nous avons acnal. ariftocrate ,i fait par un royalifte mais au moins ils ne nieront
cufé nous-mèmes comme s'il tel; n'a pas enteindu parler des colons
pas que ce journalifte, moins entendu parler des colons ariftopatriotes, a du
à lat Grandecrates. Voila cinq mille colons anifloeraresarmés il y en a
Anle, il en avoit 8oo au Fort-Dauphin; avoir trois railleraul
e1l
vo
de trois Raic au Mole; ily lorfqu'ils én fnifoientle fiége.
du-Prince, réunis aux Anglais
les 1OCOO colons dont
Voilà, > fi je fais bien conipter 2 Ils vous difent : Nous
parlent fans cefle Page & Brulley.
colons réfugiés àl
fommes fondés de pouvoirs de 10,000 colons fe trouvent aujou:
Nouvell-Anglrene Ces 10,000 mais ils' ont trouvé que cent .:
d'hui à Sainr-Domingue des colons 5
patrio:es > càr ils ont fign
ces colons éroient
le fervice funcbre de Louis XV:
une proteftation contre
Cette centaine de colons dont
projeté par les ariftocrates. font leurs commettans ; mais
ils produifent les fignarures annoncé à la
'entière quils
pourquoi ont-ils donc défenfeurs officieux France'e de 1O,000 coétoient repréfentans & vous annoncez de toute part quel'r.
lons : Quoi 1 lorlque colons' blancs s'éleve contre nous, le uomby;
niverfalité des
donné des pouvoirs ne s'élève pas d
de ceux. qui vous ont ainfi
vous avez menti à la natior
plus de cent!Ceft
que corrompez T'opinion publiqur
entière, c'eft ainfi que vous
ils donc défenfeurs officieux France'e de 1O,000 coétoient repréfentans & vous annoncez de toute part quel'r.
lons : Quoi 1 lorlque colons' blancs s'éleve contre nous, le uomby;
niverfalité des
donné des pouvoirs ne s'élève pas d
de ceux. qui vous ont ainfi
vous avez menti à la natior
plus de cent!Ceft
que corrompez T'opinion publiqur
entière, c'eft ainfi que vous --- Page 357 ---
Vous vous dites les défenfeurs de l'univerfaliré des colons,
tandis que cgn: hommes olfcurs, parnfi lefquels il y a des
affallins, car on a nommé hier le chef du camp de Lafaline,
homine accufé d'avoir poignardé au Mole les ciroyens
Matfer & Guyton qui ont péri fous: fes coups. Eh bien !
c'eft parmi ces hommes que vous allez chercher. de vos Saint- com:
mettans 5 d'eit parmi les affallins, 5 les égorgeurs
Domingue; & ceft nous gue, vous acculez de ces atrocités!
Soyez un peu- plus prudens dans la manière dont vous
voulez circonvenir T'opinion publique, Tot ou tard cette
opinion fera détrompée; elle le fera quand on faura quels
font vos pouvoirs; 5 que, vous difant repréfentans fe borne de à celle 10,000 de
colons perfécutés, votre repréfentation fe trouvent des égorgeurs &
IOO hommes parmi lefquels
vous avoir
des aflaflins des honnètes gens. Ciroyens, après
vais
parlé du'prétendu patriouilme des colons émigrés, je
venir aufli à celui de leurs défenfeurs officieux.
a Lepréfident : On a demandé la parole pour te répondre,
La parole eft d'abord à Larcheveique - Thibaulr, enfuite
à Millet, enfuite à Verneuil,
dit
Verneuil. : Je n'ai pas à répondre : tout ce qu'il a
font des menfonges. la commiflion d'obferver
m'ar
Sonzhonax : Je prie
qu'elle
voit accordé la parole pour répondre à tout ce qu'avoient
dit Le Page préfident & Brulley. : Tu reviendras far cet objet: tu as traité e
jufqu'à préfent ce qui concerne l'elprit des citoyens réfugiés
à la Nouvell-Angleterre 5 on ne péut mélér cet objet avec
un Larcherdque-Thiaud autre.
: Je vous prie d'interpeller Sonthonax de déclarer s'il n'y ak la Nouvelle-Angleserre
les deux papiers publics dont il vient de vous lire
fragmens Sonthonax ? : Je ne connois que treis efpéees de papiers
publics français à la Nonvelle-Angleterre. , celui de Tangui
Laboifiere ; celai counu fous le nom de. Courier
de ia France & dey fes colonies. J'ai cependant depuis
a
connu un troilième papier intirulé le Courier Français. Ce
courier frangais eft foit fous les aulpices da ciroyen Fauchet,
miniftre de la République Pres les, Etats-Unis. Les, bureaux
Y 3.:
éees de papiers
publics français à la Nonvelle-Angleterre. , celui de Tangui
Laboifiere ; celai counu fous le nom de. Courier
de ia France & dey fes colonies. J'ai cependant depuis
a
connu un troilième papier intirulé le Courier Français. Ce
courier frangais eft foit fous les aulpices da ciroyen Fauchet,
miniftre de la République Pres les, Etats-Unis. Les, bureaux
Y 3.: --- Page 358 ---
du citoyen Fauchet eenfurerr eux-mèmes les articles dece
journal : il devient impolibie au rédaéteur dannoncer des
principes mais les deux aufli feuls dangereux- que ceux dont je yiens de parler;
journaux qui foient libres 2 ia NouvelleAngletetre font les journaux ariftocrates. Je défié les COlons de nier le fait.
Dauboneau : Te déclare que c'eft le citoyen Chotardainé
qui eit le rédacteurdu Courier frungais. Il étoir, cemmencé
avant T'arrivée du citoyen Faucher. Alors Parent,
meur de cette feuille, chafla
imprie
de la
Tanguy, 31 & pria Chotard ainé
rédiger: & moi - même , pendan: Je
que j'ai
pale à Philadelphie > jy ai fourni plutieurs temps notes, d elles
font fignées de moi.
Sonthohasx : Il eft libre aux colons de dire tout ce qu'ils
veulent fur le Conrier français;le Courier français-eftredisé
fuis par lel citoyen Leclerc, & non par le ciroyen Chorard, Je
de parfaitement inftruit de tout ce qui fe
au fujer
ce papier. Le citoyen Chotard pout bien paile metire des
ticles comme Daubonneau dit qu'if en. a mis ; js ne ferois ar-#
pas éronné que ces articles fuflent patriores ; quand il eft
quéftion de la France; mais je vous affuré
quand il
parle des colonies, il eft patriore à la liberré que, & à Tégalité
près. Il m'eft tombé entre les mains, même hier,
méro de ce journal dans lequel elt un arcidle
réclame un-nucontre la barbarid des Onakers qui enlèvent lesmalheureux qui
noirs ài'efclavage que les colons veulent
fur
etx.
perpétuer
Th. Millet : Ja prie la. commiflion de remarquer que Sonthonax avide de chercher des crimes à Chorard & autres,
implique liberré Je miniftre Fauchet de gêner aux Erars-Unis la
de la prefle; .car il dit que ce journal imprimé &
fous lamcenfure du miniftre Fauchet, ne pourroit
,
des arcisles reiatifs à la révolution 5 & à
sér comporter tout le
monde fait
G la liberté de la prefe cftre'pectéequel- coup.
que part, ut dans les Etas-Unis 5 & qu'aucun fondtionnaire public , quel qu'il foit, ne fe mékreit de géner l'opinion publique la-deffius. Mais Gn fait qu'il faut rétablir,
e'e't ce qu'a dit Daubonneau : c'eit que Chotard eft rédacteur decette ferille qui ne fuit que l'impulfion de fon
eivifise, & gue-le miniltre Fauchet n'a rien voif
qu'il fnit,t f
a
fur 6e
les Etas-Unis 5 & qu'aucun fondtionnaire public , quel qu'il foit, ne fe mékreit de géner l'opinion publique la-deffius. Mais Gn fait qu'il faut rétablir,
e'e't ce qu'a dit Daubonneau : c'eit que Chotard eft rédacteur decette ferille qui ne fuit que l'impulfion de fon
eivifise, & gue-le miniltre Fauchet n'a rien voif
qu'il fnit,t f
a
fur 6e --- Page 359 ---
Clarlfon : Il n'a aucume influence fur Chotard.
Sonthonax: : Citoyens, vous faurez, par les opinions de
ee Chotard," juger de ce que vient de vous dire Thomas
Milltle réponds à fon interpellation relativement à -ce
que jut dit du miniftre Fauchet. Je ne dis pas
le minifre Fauchet gênir la liberté de la preffes adir jai dit
que le miniftre Fauchet patriote dirigeoit l'efprit du jour-.
nal; parce qu'il n'y a Pas de mal à un miniftre français
de diriger un journal qui fe fait, pour ainfi die, fousles
aufpices de fes buereaux 5 ilny a
de mal à le maintenir dans un bon elprir. Je fais LER que la liberté de la
preile eft érablie à la Nouvelle - Anglererre : & deft.en
verru de la liberté de la pralle que Tanguy, patriote à
New-York, royalifte à Philadelphie, répète & recueille
toures ies atrocités que vous reverrez énfuite dans les papiers de Page & Brulley.
des
Claufort Le miniftte pourroit-il donc recueillir
émigrés?
Tarchesdfque-Thibasd : Je vais vous lire deux arriclesde
ee Courier dont O1l vient de vous douner enfin connoiflance,
& vous allez juger par les termes de ces deux articles s'ils
font Texpretlion libre ou forcée des fentimens du journalifte.
Voici le premier arricle :
Extrait d'un papir-nosvclle de Philadeishie, inticulé: Courier Français. en dace du 9 P ndsmirire 30 fe tumbre
1754 (vieix Ryle )e, an troifième de la Républigue frangaije une & indivifible.
*
Re Nous ne pouvons nous difpenfer de blamer la négligence des citoyens chargés de taire paffer à la Convention
nationale les nouvelles preuves de civifme queles Français
parriores des Antilles viennent de donner à Philadelphie par
la célébration de la fête du IO août, malgré les eppolitions fecrettes dont on a voulu l'entraver,
5> Le parlemenraire dont on eût pu profiter eft parifans
en être chargé; on n'a pas voulu fentit que c'ef du. flence des patriotes que Ton a tisé toutes les accufations
Y 4
Convention
nationale les nouvelles preuves de civifme queles Français
parriores des Antilles viennent de donner à Philadelphie par
la célébration de la fête du IO août, malgré les eppolitions fecrettes dont on a voulu l'entraver,
5> Le parlemenraire dont on eût pu profiter eft parifans
en être chargé; on n'a pas voulu fentit que c'ef du. flence des patriotes que Ton a tisé toutes les accufations
Y 4 --- Page 360 ---
qae l'on a portées contre eux. Cependant) tnous devons croire
miniftre de la République frangaile n'aura
E inftruire officiellement la Convention.
pasmanqué
thentiquement invité, au nom de la
ILy du a été aufrançais qui, après avoir avec le plus portion
peuple
prêté entre fes mainsle ferment de fidélité grand à enthoufiafme
une &, indivilible, 3 a reçu le fien, & l'aura la République
fent.. Les repréfentans du peuple en
roujours préla voie de limprellion les comptes qu'ils France rendent publienc des
publiques. Cette
Rtes
folation
les imitation eût été un grand fujet de conpour
vrais patriores. des' colonies
retient dans le concinent; & il faut déclarer, que la nécellité
douleur, que le miniftre Fauchet aura été le quoiqu'avec.
tionnaire public français en
premier fonc-!
cet objet, hommage à la vérité. Amérique Nous favons qui ait rendu fur
d'un acte 'de civiline eft dans le coeur de quie lc mérite
mais il doit être permisà des homines
celui qui le faits.
par tout ce que la France a de repréfentans long-temps calomniés
rique, il doit leur être permis de delirer dans l'Améde plus.
quelque chole
> D'ailleurs,ne feroit-ce
tromper la
lui laifler ignorer qu'elle a Dont le continent France des
que de
amis fideles 3 Ne feroirce pasl'abufer, que de lui enfans, desi
fondre l'innocent avec le coupable, que de ne laifler conlos rapports calomnieux dont elle.a été oblédée pas détruire
qui ont intérêt à la tromper?
par ceux
> La-purfidie a fait ufage de In publication
pour Louis XVI; mais on a laiffe dans
d'un fervice:
ttion quia été dépofée au confulat de, Phildelphie, l'oubli la protefperfécutions qui font promifes à
& les
taires de cette
Saint-Domingue aux figna23 Sous le prédécefleut proteftation. du miniftre *
Fauchet
bliquement tous les actes
On relevoirpit
étouffoit tous les efforts des ariftocratiques, pairiotes. Des fecours tandis que. fon,
prodigués aux ennemis de la France; les parriores étoient
rebutés, perfidement méconnus; & comme fila
éroient
pouvoit les décourager,. ils ont été injuriés, perfécution
dire d'arbitresy en anglais &. en.
mais calomniés à;
n'a fait que les, roidir contre leurs françaiss perfécuteurs. linjuftice Le
des patriores n'étoit-il pas. Tannée dernière le même dans. forts
ours tandis que. fon,
prodigués aux ennemis de la France; les parriores étoient
rebutés, perfidement méconnus; & comme fila
éroient
pouvoit les décourager,. ils ont été injuriés, perfécution
dire d'arbitresy en anglais &. en.
mais calomniés à;
n'a fait que les, roidir contre leurs françaiss perfécuteurs. linjuftice Le
des patriores n'étoit-il pas. Tannée dernière le même dans. forts --- Page 361 ---
les deux hémifphères A Londres , à Vienne & à Madrid
on calomnioit la Convention & les faus-culottes de
la commitlion civile à Saint-Domingue, l'ex - miniftre France; &c.
fes confuls dans: le continent américain calomnioient fansdiftinétion tous les blancs'd des colonies, peuple &
tans.
On a refulé, on s'eft
à leur dépugation repréfen- à la
Conventon dans un temps ert la République avoitle
befoin d'inftruction. fir les colonies." Sonthonax envoie pius désdéputés à Philadelohie; ils font accueillis, par l'ex-minifte;
ils partent
Frances & comme files hommes de couleur & les Comal n'éroient pas égaux aux yeux de la Convention, comme fila vérité n'étoit
une , on prétend
lgy configner dans la bouché des tafmeu oj prétend l'incarcérer, F'enchainerjufqua ce que la: Convention ait dé
cidé du fort des colonies. On met par-tout lès inftructions
fecrettes de la fadtion Briffor à la place de la loi, & par
la même perndie: qui devoit divifer en France les
mens du Nord avec ceux du Midi., on divifoit départe- à SaineDomingue les -blancs avec les hommes de couleur. Le
traitre Camboulas propofoit aux conmiffaires de Saint-Domingue auprès de la Convention l'indépendance des colonics, s'ils laiffoient paffer, fans rien dire, le décret du 5
mars 1793, randis que Sonthonax > Polverel & Geneft
accufbient. indiftinétement tous les colons blancs d'ariftocratie, d'indépendince & de trahifon. Furil jamais combinaifon plus perfide ! &s la vétité n'éclaireroit pas tant d'atrocités ! Puiflions - nous voir bientôt le patriotifme confolé; ThypocriGe confondue ! &cc.
L-préfideme: : Ces détails paroiffent étrangers aux débars.
(Le citayen Larcheveique, . Thibault difcontinue cetté A
lecaure.)
LpciofsneTihibasd: Citoyens, l'autre article dont je
voulois vous donner lecture eit une'adreffe projetée par les
patriotes de Philadelphie à la fociété des Jaccbins de Paris. Cette adreffe eft Lll peu longue; elle devient inurile
par T'extinétion de cette focidté. Je me difpenferai de vous
en donner ledlure., pour ne pas abufer de vOS momens :
dans queiques jonrs je VOUS en ligai quclques articles in
téreffans; mais, ciroyens, je vighs de recevoir le 14 dece
mois une lettre de Philadeiphio, datée du. 21 Frimaife,da
des Jaccbins de Paris. Cette adreffe eft Lll peu longue; elle devient inurile
par T'extinétion de cette focidté. Je me difpenferai de vous
en donner ledlure., pour ne pas abufer de vOS momens :
dans queiques jonrs je VOUS en ligai quclques articles in
téreffans; mais, ciroyens, je vighs de recevoir le 14 dece
mois une lettre de Philadeiphio, datée du. 21 Frimaife,da --- Page 362 ---
ciroyen Thurminger, négociant de
qui eft
à
Philadeiphic il y a à peu près un an, Namtes, & voici ce paffé me
'marque fur le citoyen Tanguy: je vous prie de m'en gu'il
mettre la lecture.
per-
(Ile:)
Extrait d'une lettre écrite à Larchevgue-Thibaud dpar. le cizoyen Tharminger, négociant à Nantes > aclucllement 2
Phitadephie, datée de cetie dernière ville, le
l'an seme de la République.
afrimaire,
de CE Vous recevrez aufli par duplicata les écrits
Tanguy conire fes perfécuteurs Sonthonax & imprimés
& leur complce Geneft, trois ulira-révolutionnaies. Polverel, Le défefpoir & la faim od Tanguy a été réduit par ces
tions, l'ont depuis jeté dans le parti contre-rerolutonnaire perfécuqui, en le faifant vivré phyliqnement, a tué fa
>
de patriore, & l'a fait ceffer de viyre moralement, réputation
qu'ile en a perdu la tète de honte & de remords.
puiftafie, enl lui ôtant tout droit de fe plaindre, ne-doit Sonapof- cede pendant condamner pas empécher les amis de la juftice & de la vérité
la conduite des fonctiotinaires
zrcien: fnit fubira Ca malheureux Tanguy une publics"
épresive pour
trop
tl
lui a fait abandonner pouvoir la fourenir. La haine contre l'abus
tion
la chofe;ila écrit contre la révolupar abufant défefpoir, & il eft prefque aufli coupable quie ceux
quis
de leur autcrité, l'ont réduit à ce
kur tyrannie;. car il paroit qu'érant aux Cayes défelpoir &
par au
Cap, il étoit ben parriote & un citoyen
puis
vous pourrez en juger comme moi par l'extrait irréprochable ci-
:
d'une lettre qu'il avoit écrite au général Galbaud lettre joint
qui, avec d'autres papiers, fe trouvoit dans le temps 3 enregifirée au greffe de la municipalité du Cap >9,
Ainf vous voyez s citoyens, que l'apoftafie même de de
citoyen Tangay quel les colons patriotes de
ent rejeté avec horreur > avec indignation de Saint-Domingue leur
cette apoftafie eft T'ouvrage nême de Polverel fein, & Scn- que
ahonat,
rite au général Galbaud lettre joint
qui, avec d'autres papiers, fe trouvoit dans le temps 3 enregifirée au greffe de la municipalité du Cap >9,
Ainf vous voyez s citoyens, que l'apoftafie même de de
citoyen Tangay quel les colons patriotes de
ent rejeté avec horreur > avec indignation de Saint-Domingue leur
cette apoftafie eft T'ouvrage nême de Polverel fein, & Scn- que
ahonat, --- Page 363 ---
- Sonthonax :Je déclare que quoiqu'il lfoit dit dans le Couticr lu par Tardhevelque-Thstauir que j'ai 'envers des dé-.
purés, je. déclare que je n'en ai jamais envoy,
Th Millet : Les députés dont il eft queftion dans ce journai font les dépurés qui, partant de
la Convention nationale, ont abor#e Saint-Puninete à Philadeip i pour
Sonthonax : C'eft le peuple de la province du Nordqui
s'eft réuni en affemblées primaires & enfitite en alfembiée
électorale, qui les ai envoyés: . a
Th. Millet : Je vais. vous lire une phra'e de ce pétitouvrage intitulé : Avis du père Duchen:, parce q.e vous
verrez que'linrention de fausenr étoit de porierles marins y
de la florte - à combattre les Angliis , & nonl pas à aller
incendier Saint- Domingue, Voici d'abord une phrafe
Sonthonax n'a pas lue.
que
3 (Hllit:)
: s C'éroit. bien la. peine de me foutre en pagaille dans ce
cul pourri de. navire iclandais qui a demeuré huit femaines
en, route, &-m'a jeté ici hier au foir , pour m'entendre
dire qile Saint-Domingge eft fouru, que le Cap ett rôti,
que près de quarre mille Français porrant. juppes ou Culortes font ici à laumône, que fix cents enfans a la mameile
fucent du lait de chèvre,. parce que les: tetons de leurs
mères font applaris Par la mifere & defféchés par le chagrin. J'ai, demandé quels étoienr les bougres qui avoient
fait tour cela; on m'a nommé Sonthonax & Polverei 37.
Th. Miller: Voici l'autte pallages.
Illit:
< P. S.
ma patraphe griffonnée, f'apprends
vous êtes Damt à tenter de prendre un convoi fur que ces
dogues bretons. Eh bien ! enfans 5 puilque votre départ eft
fixé, partez; foutezmoi le tour à ces enragés qui ne veulent
pas que nous foyons libres; mais rentrez bien vire, > &
tons pour Saint-Doningue; & après nous irons mener part ces
de Sonthonax & complices à la Convention,oà
leur fera la barbe de
3,
faman
près
, f'apprends
vous êtes Damt à tenter de prendre un convoi fur que ces
dogues bretons. Eh bien ! enfans 5 puilque votre départ eft
fixé, partez; foutezmoi le tour à ces enragés qui ne veulent
pas que nous foyons libres; mais rentrez bien vire, > &
tons pour Saint-Doningue; & après nous irons mener part ces
de Sonthonax & complices à la Convention,oà
leur fera la barbe de
3,
faman
près --- Page 364 ---
Voil les expreflions littérales
l'auteur. de cet ouvrage avoit l'intention qui: annoncent de bien que
marins .
porter les
Sonthonax A s'emparer des délégués de la
blique.
RépuTh. Millet : L'intention del'auteur étoit de
rins à combattre les Anglais.
porter les maPour prévenir les inductious particulières
fion pourroit tirer des journaux de
la commiftainement rien à la moralité des colons Tanguy
ne font cerUnis, car ce,Tanguy n'a jamais aflifté
aux EtatsFALTE
colons, > vous allez voir
dans
aux allemblées des
les colons
que,
un acte authentique
tirer de ont protefté contre toute induétion
tout écric public ou particulier.
qu'on pourroit
Sonthonax: : Vous avez lu hier cet article.
Th. Millet : S'il en a été donné lecture
avez
entendu d'avance la réponfe aux induétions hier, vous
a voulu tirer.
que Sonthonax
fignatures. Sonthonax : La proteltation n'eft revêtue que de cent
Th. Millet : Mais quand il n'y en auroit
cent là vaudroient bien lun qui a écrit, & contre que cent, ces
ont protelté,
lequel ils
Non - feulement lui : mais encore l'auteur du
politique de France & de fes
Courier
ladelphie pour être le rédacteur colonies, &
qui paffoit à Phidu fervice propofé pour la mort limprimeur du tyran, duprogramme & il eft
tamment déligné dans cette
nocc Que l'auteur apparent, proteflation le
en ces termes :
>> n'eft pas un colon >WCer homme diftributeur eft de cette pièce
toujours été refpué par les colons.
Gatreau qui a
Senac : Ce Gaireau eft arrivé à
lité dè fecrétaire de Sonthonax. Saint-Demingue en quaPlufieurs colons : Non, non.
Sonthonax : Je déclare que jamais Gatréati n'a été
fecrétaire.
mon
* Plefieurs colons : Non,, c'eft de Defparbès.
Brulley : Je demandie la parole peur une interpellation
tres-imporante.
Sonthonax: Il faur que je réponde à Th. Millet.wIl eft
Gatreau qui a
Senac : Ce Gaireau eft arrivé à
lité dè fecrétaire de Sonthonax. Saint-Demingue en quaPlufieurs colons : Non, non.
Sonthonax : Je déclare que jamais Gatréati n'a été
fecrétaire.
mon
* Plefieurs colons : Non,, c'eft de Defparbès.
Brulley : Je demandie la parole peur une interpellation
tres-imporante.
Sonthonax: Il faur que je réponde à Th. Millet.wIl eft --- Page 365 ---
tres-clair, d'après ce qu'il vient de vous dire, que le projet
infinué aux matelots' étoit de porter le fer & le feu à St.-
Domingue; car il eft bien sûr que fi l'efcadre nous eût attaqués: les délégués de la Répablique euffent été obligés
de fe défendre. De cette réfiftance"feroient nés les malheurs
que les colons vouloiento opérer.
: lls n'y alloient qu'après le décret d'accufation.
: Je vous, demande pardon, La feuille
Eotdt
parle
d'un décret rendu le 19 mai, jour de la Penrecôte, par
linfpiration du Saint-Efprir: or, tout le monde fait qu'il
na jamais été queftion d'un décret du 19 mai,
Un colon : C'eft une erreur'dé date.
Sonthonax : Vous en avez fait beaicoup comme celle-là.
Le décret d'accufation a été annoncé à Saint-Demingue trois
mois avant qu'il ne fit rendu.
Page : La feuille dit pofitivement que Sonthonax, & Polverel étoient décrétés d'accufation.
Sonthonax : De quelle date. éft-elle?
Page : C'eft celle que votts avez lue.
Sonthonax: De quelle date? e
: Page: 3 mar: vous. devez favoir la date,
Sonthonax : Si elle eft du 3 mai, nous n'étions pas décrétés d'accufation à cette époqtie.
Page: Vous avez été décrétés d'accufation le 6 juin.
Sonthonax : Nous avons, été décrétés d'accufation le 16
juillet. C'eft Billaud-Varemnes qui a demandé que nous fuf -
fions mis en état d'accufation, comme complices de Clavière,
Briffor > &c.
e Polverel: Sur la dénonciation des colons.
sp Brulley : J'ai demandé la parole pour une interpellation.
Je viens d'enrendre dire à Sonthonax, &c fai écrità mefure
qu'il parloit, qu'il retrouvoit dans les ouvrages de Page &
Brulley les expreflions que je vais vous, lire,
avoit le droit de faire comme l, peuple des Etats- Sc-Demingee Unis, &
pour afurer fon indipendence, d'implorer le fecours d.s cours
de PEarope. Je fomme Sonthonax, fous peine d'ètre
une fois reconnu & déclaré calomninteur, de mettre encore fur-lechamp fur le bureau celui de nos écrits oà l'on peut trouyer
une phrafe comme celle-là, ni même aucune phrafe qui en
approche; ; car je ne crois pas que Page ni moi ayions ja-
des Etats- Sc-Demingee Unis, &
pour afurer fon indipendence, d'implorer le fecours d.s cours
de PEarope. Je fomme Sonthonax, fous peine d'ètre
une fois reconnu & déclaré calomninteur, de mettre encore fur-lechamp fur le bureau celui de nos écrits oà l'on peut trouyer
une phrafe comme celle-là, ni même aucune phrafe qui en
approche; ; car je ne crois pas que Page ni moi ayions ja- --- Page 366 ---
le mais rien écrit de; pareil,que nous euffions dit : Que, comme
peuple des Erats-Cnis; nous avions ie droit d'appeler les
puillances écrangères a no re fecours pour affurer notre indépendance. Jej le fomme de prodaite la preave de ce
avancé,
qu'ila
Sonthonax : Je réponds fur le-champ à
&: c'eft par un ouvrage que fins doure le Tinterpillation?
niera pas:c'ef un orvrage intitulé,
citoyen Page les ne
lonies. Je citerai enfuite d'autres.
Réflexions Lis fur
COla France appelle fes colonies , n'ont preuves. pas été con-rées
n'onz pas
conguifess
F:
été achetees: : elles n- peaveut être la
de là
France > parce gu'un pespie ne peu appartenir propriété à un autre
peuple. Vous voyez qhe cela a l'air d'ètre extrait prefque. mMot
pour mot du journal de Tanguy que je vous al cité, des
viofe. réflexions de Zengg-lidoffere, far la décret du 16 PluBrullcy: Ce n'eft pas-la la phrafe que je dcmande.
Sonthonax : Je vais.y venir.
II lit:
"Siles ariftocrates de la Gironde ne vouloient
les colonies; fi les bommes à grands
opprimer
fervis Oul trompés par cettc troupe principes Eberticide, n'étoient , la Con- tat
Vention déclareroit que ls co.onies ont 3 comme les autres
pesples, le libre exercice d: leur
- Je donner teil: forme de gouvernement foverainetés quils perveng
>>
nable.
qui leur fera conveCela a encore l'air d'êrre extrait des journaux ariitocratiques que js viens de vous citer.
>3 Oue la Convention de chacune des colonies émettra
vou fur la forme & la nature du gouvernoment
fon
aui pays qu'elle rejwéfente; que fon vaa feri toumis applicable à la
déliberarion & à l'approbation de tous les cizoyens teunis ei
aflemblées primaires. >>
Voici enfuire des notes de Page,
€c Les patriotes de Sainc-Domingue fe font laiffés ruiner
piutôt que de compofer avec l'ancien régime, & les gl
chacune des colonies émettra
vou fur la forme & la nature du gouvernoment
fon
aui pays qu'elle rejwéfente; que fon vaa feri toumis applicable à la
déliberarion & à l'approbation de tous les cizoyens teunis ei
aflemblées primaires. >>
Voici enfuire des notes de Page,
€c Les patriotes de Sainc-Domingue fe font laiffés ruiner
piutôt que de compofer avec l'ancien régime, & les gl --- Page 367 ---
rondins ofent propofer a leurs plus zélés défenfeurs cet arrangement criminel!s
(Iagilloit de l'indépendance des cclonies que Page les
accufoit de lui avoir propofée.)
< Je me fuis occupé de déjoucr leurs projets S, & les
laches ont ofe délibérer fur mon empeifonnement 1 Guadet,
Briflor , Fonfreyde, en ont fait la propolition au comité
de dérenfegénérale. Les patriotes I'ont rejeré avec horreur.
Francklin, l'immortel Francklin, à qni la France régénérée élève des autels, eft été incarcéré & gaillotiné
ces agitareurs. Les perfides!ils ignorent que f Louis
par
leur jetiche, mérita jamais de Thumanité, cef
Capet,
tegea
loriqu'u'proFindépendance du peaple américain. Les droits da
des Ancilles font-ils donc moins facrés? La juftice éternelle pauple
a-t-elle deux poids & deux mefures?>
Voilà ce que j'aveis à répondre à Brulley. Page ajoute enfeite:
ce La faétion de Saine-Marc, la
-
A les patriotes de Saiut-Domingue la connoiffez compofents vous & ? les Tous
triores poffedoient quatre milliards de, erichefles qu'ils pa- ont
facrifiéos non pas à leur projer d'indépendance, mais à leur
attachement à la révolution que vous déshonorez. Cetté
fadlien auroit encore fes richelles patlées, fi, commne vous
le dites, eile edivoulu compoferavec le tyran. Cette faétion
ne demanda. jamais que le droit de faire fes lois locales. Si
demande asjourd'hui que mon pays ait le libre exercice de
ce
%
Jouyeraineté,
n'eft que parce que vous opinez dans
la Convention. >>
Je crois
cela répond parfairement à l'interpellation
qui m'a été Rire par Brulley, & jé continue enfuite fur le
dilcons hiftorique de Page. . e
Brulley : Ca nè répond pas à l'interpellation.
Sonthonax : Permettez. Tout-a-Pheure, vous ferez vos
réflexions. Dire quefii jamais Loxis Copets leur
mérita de l'humanité, cef alors gu'ip proteges findpendance fétiche, di
>>
Je crois
cela répond parfairement à l'interpellation
qui m'a été Rire par Brulley, & jé continue enfuite fur le
dilcons hiftorique de Page. . e
Brulley : Ca nè répond pas à l'interpellation.
Sonthonax : Permettez. Tout-a-Pheure, vous ferez vos
réflexions. Dire quefii jamais Loxis Copets leur
mérita de l'humanité, cef alors gu'ip proteges findpendance fétiche, di --- Page 368 ---
peuple améritain - n'eft ce pas dire que files Anglais
Tindépendauce de Saine-Domingue, ils" mériceron: prorégent bien de
Thumanité & des colons? Lorfquil dit: Les droits du
des Antilles Jont-ils moins facrés? La jufice ét; rnelle a peuple telle
deux poids & deux mefures? Neil-ce pas dire: Les droits
des Antilles font érablis; les Antilles-ont le droitdetresindépendanses. Siteft vrai de dire, dans le fens des-colons,
que Jes Anglais Oni proségé les Ancilles, n'eft-ce pas dire
que fi Louis, Caper a bien mérité de Phumanité en protégeant
lindépendance dipespie américain, 5 lepeuplequi
Findépendance des An iiles gft i12 peisple genereux proedsc qui imite la
leyauté de Louis Capesi
J'ai
Avant de répondre à ceci, je vais rétablir un fait.
que la feuille
f
le titre de Père
quivous a écé lue par Sonthonax, fous
elle
Diuchefne 3 éroit du 31 mai: je me fuis
trompé,
eftda mcis de feptombre.
Sonzhonax : Elle eft fans date.
Page: Blle eft du.mois de feptembrer: mes :
viennent de m'en faire appercevoir.
collègues
Th. Millet: Tanguy n'a pu arriver à Nev-Yorck
mois d'aodr, avec la Horte du contre-amiral Cercey fur qu'au laquelle il éroit.
Senac: J'étois aWNew-York alors; & c'eft. au mois de
feptembre en 1793, que la feuille du Père Duchefne a
pourla première fois.
paru
Poge: En fuppofant donc que Tangay .eât écrit
feuille à fon arrivée, il deveit avoir connoiffance du décret cette
d'accufasion qui avoit été rendu le 16 juillet contre Pclvérel.& Sonthonax : OF, s'il ctnnciffoir ce décrer
tien, il n'eft pas érohnant cu'il inviràt les marins d'accufa- de
cadre à aller à Snint Domingue cnlever Polverel & Tefthonax, & les traduire à la barte de'la Convention. SonSenac: J'ajoure à ce* senfimsinysmeia.-mrens au mois
d'aoûit Philadelphic, il circulcit dans la ville
ce décret
d'accufation contre Polverel & Sonthonax avoir que été vu fur
le bureau du minifre de la République 3 alors
- Sonthorax : J'affirme davantage : ceft que Geneft. dans la rade
du Cap, le 25 juin 1793, veille du dépert du convoi,
eirculoit parii des équipages, & notanment à bord du i
*
Jipiters
mrens au mois
d'aoûit Philadelphic, il circulcit dans la ville
ce décret
d'accufation contre Polverel & Sonthonax avoir que été vu fur
le bureau du minifre de la République 3 alors
- Sonthorax : J'affirme davantage : ceft que Geneft. dans la rade
du Cap, le 25 juin 1793, veille du dépert du convoi,
eirculoit parii des équipages, & notanment à bord du i
*
Jipiters --- Page 369 ---
365 a
picer 3 que nous étions décrétés' d'acéufation,
un mois avant aue le decret fûr rendu.
c'eft-à-dire,
Clautjon: Inya pas deréponfe à cela..
Page : Jai écrit & envové cela officiellement à la Con-
.vention nationale, J'ai envoyé à la' Convention notre Ouvrage > que Sonthonax a citésjelai écrit
la
tion nationale & lesi homines.d'érat. Je TfRn aux Conven- hommes
d'étatsc à la Convention dé juger mes opinions
Je-n'ai pas été blâmé Guand je les.ai écrites. Je politiques. l'ai
Sen 1793911 a êté diltibué àlla: Convention. Mes écrit
spenr- m ètre àvant péuy, G elles ne, le font pas
idées.,
-feronr confidérées comme les feules
aujourd'hui,
rvant Keules fairel profpérer les colonies faluraires, & le comme poufrançais. Jengnefais pas ledture'; 8ci comme Sonthonax commerce
conoit &.guil len. a tirért tout ce. qu'il a pu: en tirer, les
remettrai au fecréraire, pour qu'il. foit inféré dans les je le
aJe ne lei lirai pas, puifqu'al eft conau
débats.
tu Lep préfidine: On ne
des parties.
a Jercrois querce feroit uf peut hors-d'auvre pas.Timprimer silin'eft de
pas lu.
débars, d'après les obfervations que tu viens que de l'inférer aux
392 Page :Ceft qu'autement, 1 j'entrérai dans- des faire. développemens qui feroient peut-ére plus longs que lâ lecture de
f'ouvrage lurmème, Ellevoisio occuperoit uil, temps infini;
pullque Sonthonax len connoir, il me
S donner lecture. b : - ei
paroit inutile d'gri
- Lccointe s membre de.la
a revenir dans une autre partie commifion des débats.. : Cela peusd'ailleurs
t Le préfdent: II ne s'agit que de vOS pouvoirs.
Pege: Sil, n'eft pas permis de s'écarter de la queltion
actuelie, tje"ne répondrai qu'un motà une
acié gleitéen c'eft que ce iont ici des phrafes inculpation tronquées qui.
orriquenidi elles:ifont ifolées des circonttances qui les ont 5
amenées, clles peuvent toujours paroitre criminelles. Je
demanderai donc, & il
- lireng mon
imporre beaucoup que ceux qui
articles
ouvrage > que - chacun de ceux- qui liront las I
que Sonchonax a tirés de mon ouvrage,, puiffe en
méme-temps lire l'ouvrige & le juger. Vous avez bien raifon,
ciroyen- préfident, > de déclarer que nous ne devons
parler fur: lefpric public; vous favez que. nous avons pas
noncé à ia patole fur çet obiet , quoique nous euflions re- à
Tome III. Trente-uniems ivraifon.
Z
chacun de ceux- qui liront las I
que Sonchonax a tirés de mon ouvrage,, puiffe en
méme-temps lire l'ouvrige & le juger. Vous avez bien raifon,
ciroyen- préfident, > de déclarer que nous ne devons
parler fur: lefpric public; vous favez que. nous avons pas
noncé à ia patole fur çet obiet , quoique nous euflions re- à
Tome III. Trente-uniems ivraifon.
Z --- Page 370 ---
: 366
répondre à Polverel & à Son:honax, qui ont parlé pendant
vingt jours : cependant 2 Polverel & Sonthonax les aflemblées viennent
encore de faite une fugue; ils ont inculpé
Nous
"toloniaies anjourd'hui, comme ils l'avoient faithier.
n'y répondrons pas, parce que, dans le cours des débats:, étoit.
nous aurons occation de prouver que l'efprit befoin public d'afleoir
effentiellement bon;, & nous. n'avons pas & Sonthonax d'une
l'elprit public avant l'arrivée de Polverel
les
manière plus" pofitive
nousl'avons fait, parce que
actes de Polverel & Senate font aflez criminels par
eux-mêmes pour eue nous n'ayons pas befoin de ces moyens citlà; mais'je vais relever un faux que Sonthonax a fait
"culer, car il ne fait jamais autre chofe. Il a dit que Tanguy
Faveit figné les pouvoirs des colons qui fontjci.
Sonchonax : Je n'ai pas dit un mot de cela.
Page : Celt n'ai Polverel. dit. cela non plus. J'ai dit que
P.iverdsle
pas
c'étoit fur la dénonciation de Tanguy-Labonliene qu'avoit
été pris le premier arrêré contenant vos prétendus dans pouyoirs l'acte
de nous açcufer , & que. la preuve en exiftoit eût ligné cet
même. Jen'ai pas dit que Tanguy-Laboillare
adte. Clauffon : Je me réfervois la parole, & je vouiois dire
la dénonciation rédigée par Tanguy contrePolverel & de
l'avoit été pendant le cours de fa traverfée
SEnieceuse
à New-York. Effectivément >: cette dénonSaint-Domingue
Tanguy a été envoyée aux: colons à
ciation rédigée par
lecture dans la
aflemPhiladelphie; on en a fait
première franblée', ainfi que de la conititution de la République
caife: mais ce n'eft pas cette dénonciation qui ja provoqué
faflemblée des eolons à Philadelphie contre Polverel& Sonque tous les colons connoifloient parfaitement
thonax, chefs > parce d'acculation rédigés par Tanguy.
les Vernenit : Tous ces débats là ne font qu'éloisner l'objet la
principely" & je demande, difcuilion moi, que des nous actès de abordions Sonthonax
grande queftion, qui eft la
& Sonthonaw: Polverel. Je . le veux bien. Je renonce à la parole.
: Les colons ont la parole fur le premier chef
Le prefident
d'acculation. -
ifloient parfaitement
thonax, chefs > parce d'acculation rédigés par Tanguy.
les Vernenit : Tous ces débats là ne font qu'éloisner l'objet la
principely" & je demande, difcuilion moi, que des nous actès de abordions Sonthonax
grande queftion, qui eft la
& Sonthonaw: Polverel. Je . le veux bien. Je renonce à la parole.
: Les colons ont la parole fur le premier chef
Le prefident
d'acculation. - --- Page 371 ---
Brulley. : Citoyens, les onze chefs d'accufation
ayons préfentés , lignés & dépofés fer le bureau, que ne hous
que le développement du décret d'accufation rendu font la
Convention nationale contre Polverel &
par
de nous colons, pas même les commiffaires Sonthonax. de
Aucun
mingue alors en fonétions, navoient follicité ce décret Saint-Do- d'accufation 5 nous nous étions conrentés nous, s
&
Brulley, de mettre. fous-les yeux de la Convention Page
les plaihtes qui nous parvenoient, chaque jour contre'la nationale
duite arbitraire & les actes atroces &
connoient à Saint-Domingue Polverel & fanguinaires que
adreffes qui nous éroient
Sonthonas; & PiES
Convenrion nationale
envoyées ont été préfentées à la
en eft réfulté différens" en notre qualité de' commiffaires. Il
Celui d'accufacion
décrets; on vous en a lu un hier.
fentée
a été rendu à la fuire d'une adrefie
également par Page & Brulley 5 commiffaires de préDomingue. Nous demandions, dans cette adrefle,
Sr.4
verel & Sonthonax fullent
que Pol
leur conduite. Un membre rappelés de la Convention pour rendre compte de
je "crois que c'eft Bréard: il fit une longue prit la parole;
plaintes
parvenoient
énumérapion des
fit
chaque jour contre Polverei & Sonune
thonax; T%
longue énumerarion de tout ce.
côlons avoient eu à touffir de la part de CES
que les
D'autres membres de la Convention' prirent la dictateurs.
Jui. Le tableau que l'on fit de la cénduire de parole Polvere! après
Scnthonax anima tellement la Conrencion contre
&
le décret d'acculation fur rendu: c'e:oit le 16 eux, que
Depuis cette époque > nous n'avons ceflè de juillet 1793.
ce décret fûr mis à exécution. Nous avons agi demander que
miniftre; nous avons fourni des notes :
auprès du
a lues; & vous y avez vu
Sonthonax vous les
mandé qu'ils fullent
que, > toujours, nous ayons decharge & à décharge amenés cil France avec leurs papiers-à
qu'ils rendiflent compte ; toujours de leur nous avons en le prejet
avons voulu les
conduite ; toujours nous
leurs
aétes. convaincre, comme nous allons le faire,
propres
Si ce décret eft sefté un ai
par
cution, malgré nos follicitations
fans exélonie, c'eft une
preffantes au nom de la COthonax étoient preuve très-évidente que Polverel &c Sonnement d'alors. protégés par ceux qui dirigeoient le gouverQuand a-t-on enyoyé mettre ie décret a
ca
exéZ 2
conduite ; toujours nous
leurs
aétes. convaincre, comme nous allons le faire,
propres
Si ce décret eft sefté un ai
par
cution, malgré nos follicitations
fans exélonie, c'eft une
preffantes au nom de la COthonax étoient preuve très-évidente que Polverel &c Sonnement d'alors. protégés par ceux qui dirigeoient le gouverQuand a-t-on enyoyé mettre ie décret a
ca
exéZ 2 --- Page 372 ---
cution : C'eft lorfque les mêmes confpirateurs, qui dirigeoient
élois le gouvernement, nous ont fait incarcérer, nous com-. c'eft
miffaires de Saine-Domingue, , ainti quc tous les colons;
lorfque Yon a accumulé toutes les calomnies fur les colons 3
de manière que Y'on trembloit d'être reconnu pour colons en
France: c'eft alors que Barère a dit qu'onr avoit envoyé un
mar, sûr & intelligent vers Polverel & Sonthonax 3
mettre le décret à exécution. Jene
ReuE
m'appefantirai
hazard qui a fait que ce marin foir venu "au bas AETE la côte,
à Jacmel, trouver Polverel'& Sonthonax, en prenant une
route, toute. différente de celle qu'on prend, ordinairement
pour arriver à Saint-Domingue; mais il eft. au moins extraordinaire qu'il-air trouvé à point nommé ces deux hommes;
&c qu'il les ait décidés de fuite à venir en France. Ils fe font
fait un mérite de leur prompte obéiflance au décret d'accu- été
fation; mais confidérez, citoyens >. que ce décret n'a
mis à exécution qu'un an après quil a été rendu; confidérez demanqu'il n'a été misà exécution qu'après
nous, qui rendre
dions
Polverel & Sonthonax Pasliat en France
compte au leur conduite,. avions été incarcérés; qu'après
que tous les colons, leurs acculateurs, ont été également incarcérés. Quand Polverel & Sonthonax font partis pour France,
ils avoient donc la certitude que tous ceux qui pouvoient donc
porier la parole contre eux étoient en prifon; ilsavoient
la, certitude que les réclamations feroient mulles: peat - être
mème ( & fans doute on le leur avoit promis), peut, - être
mème avoient-ils la certitude de nous voir confondus dans
ces liftes farales
ont fait. périr tant de viétimes. Mais
enfin le décret a 8. mis à exécution; ils fe font embarqués;
ils ont montré beaucoup de dévouement, d'obéiffance ; &
cette obéiffance n'étoit pas bien méritoire, puifquilsavoient
la certitude de ne plus trouver ici leurs legitinies accufateurs.
Ils font arrivés en France; à quelle époque: à celle où Robefpierre & fes complices peloient fur la Convention & le
peuple, par le régime, de la terreur. On avoit envoyé ver's
ces hommes, dans le temps où Robefpierre avec fes complices
étoient en poffefion de, diriger > par la terreur, le gouver- sûr
nement français, on avoit envoyé,, difoit-on, un marin
& intelligent; & c'elt Barère qui Ta dit lorlque Polverel &c
arrivés en France; à quelle époque: à celle où Robefpierre & fes complices peloient fur la Convention & le
peuple, par le régime, de la terreur. On avoit envoyé ver's
ces hommes, dans le temps où Robefpierre avec fes complices
étoient en poffefion de, diriger > par la terreur, le gouver- sûr
nement français, on avoit envoyé,, difoit-on, un marin
& intelligent; & c'elt Barère qui Ta dit lorlque Polverel &c --- Page 373 ---
Sonthonax fe font
Ori a-dit
& c'eft encore Barere, qu'il TEROESS potlible que Polverel encore, & Sonthonax
euffent été calomniés. Barère l'a articuié, d'après les affurances à lui dorinées. par ceux que Polverel & Sonthonax
avoient envoyés pour fiéger dans le fcip de la Convention.
Lc préfdene : Je te rappelle à l'ordre. Je t'ai déja dit
tu ne pouvois méler dans la difcuflion les repréfenrans
3: peuple ni leurs pouvoirs. Les décrets de la
ne
Convention
permettent pas cette'dilcullion.
€ Brulley : Josferve que toutes les fois
je rends
des faits, , je fuis obligé de parler de ces membres que
del la compte Convention. Comme aucuns des celons ne les reconnoifienr;
fuis obligé de m'exprimer de cette manière.
je
Poge: Ce font des faits.
font. Lecointe, de
repréfentavt du peuple : Cependant, fi les fairs
les
nature à inculper des repréfentans. l'cn ne
entendre. .ici. Nous ne fommes pas-établis pour juger peut les
pouvoirs de nos collègues.
Lc préfident : Les décrets far'la garantie de la
tation nationale ne le permettent pas.
répréfenPage: Ce n'eft pas Dufay, .qu'on inculpe; on ne Fait
citer un fait.
que
3 Le préfident, : Faffeà un autre objet.
Brulley : On a demandé à la Convention la
du décret d'accufation. Oi a'dir:i eit poffible fiulpenfion
verel & Sonthonax aient été calomniés,
de que ce Polcipe de juftice, la Convention nationale
décidée, prin- non
pas à annuller fon
décrer,
décrer, majs à le finfpendre. Eh bien!ce
qui a été rendu fans être motivé, qui n'a été
motifs, fufpendu, nous venons aujourd'hui vous en préfenter
Les onze founis font le
chefs d'accufarion que nous' vous avons
culation
développement de ce décret; ces chefs d'accomprennent dans: : les) différens corollaires
en
doivent étre tirés, car ils ne font en
forte qui les
axiômes d'accufarion : chacun des ccrollaires quelque eft que
les attes de Polverel & Sonthonax. Sévères dans bafé le choix fur
des moyens que nous devons employer pour pronver ces
chefs, nous ne nous fommes permis d'en admettre aucun
qui"ne reposit fur les Proclamations de Polverel & de SonZ 5
ent dans: : les) différens corollaires
en
doivent étre tirés, car ils ne font en
forte qui les
axiômes d'accufarion : chacun des ccrollaires quelque eft que
les attes de Polverel & Sonthonax. Sévères dans bafé le choix fur
des moyens que nous devons employer pour pronver ces
chefs, nous ne nous fommes permis d'en admettre aucun
qui"ne reposit fur les Proclamations de Polverel & de SonZ 5 --- Page 374 ---
thonax, fur leurs proclamarions, , "far leurs lettres officielles. eft,
Mais avant d'en venir à la difcuflion dû preinier chef, il
effentiel, citoyens, de nettre fous VOS yeux les pièces importanres d'après lefquelles O11 fera en état de juger du-plus
ou moins de criminalité de Polverel &c Sonthonax, du plus
ou moins de mérire de notre Polverel accufation. & Sonthonax ont éré enNoublions pas que
commillaires du pouvoir
voyés à Saint Domingue comme
Leurs
exécutif. A ce titre, ils ont dà avoir des inftruétions.
la
pouvoirs ont été fixés par les décrets ; nous demandons
la leéture de ces
lcéture de ces décrets: nous demandons
de difcuflion
inftructions qui doivent précéder toute efpèce donc la leéture
fur less chefs d'accufation, Nous demandons
d'abord de leurs inftruétions 5 nous les avons dans nos ar-.
chives : mais fi Sonihonax & Polverel les ont, nous les invitons à les mettre fur le bureau.
Polverel: Décret du 4 avril,
.
Brulley : Le décret du 4 avril; nous le lirons.
de difSonthonax : J'aià propofer aux colons un ordre
cuflion que j'efpère que la commiflion fandtionnera, parce à
qu'il eft tres-favorable aux débats, & qu'il ne nuira pas
lintérét des colons; c'eft. d'arréter qu'on n'interrompra pas
le difcours lorfque la parole vous fera dévolue, pas même.
pour des interpellations, avant que le difcours ne foit
a fini. Verneuil. : Je crois que mes collègues & moi nous fouf-.
crirons à cette Fropofition. fi Polverel & Sonthonax le
ne dire
comme nous
"
mettent de
que- ia vériré ,
rons, Sonthonax : Nous ne pouvons pas dire autre chofe que
la vérité; mais fi vous voulez nous interrompre à chaque
inftant, nous ne finirons pas. du
: C'ef à la commiflion à
Leco.me, repréfentant peuple elle le
conveétablir l'ordre des débats comme
jugera
nabie. Brulley : Je lis la pilce que Sonthonax vient de re-.
mettre fur le bureau, & que Sonthonax. dit êcre fes-inftructions. Sonthonax : Brulley vient de dire qne je dis mes infrucsions. Là-deffus, je fuis cbligé de déclarer que toures nos --- Page 375 ---
inftructions ne font pas dans ce mémoire, que nos inftructions font dans les décrets de Laficmbiée nationale. Page: Nous y viendrons. (Brulley lit les inftructions. )
Mémoire du rois pourfervir d'inftrudtion aux feurs Polv.rel, al'exéSonthonax & Aithaud, commufaires civils, prépofés
cution. de la loi du 4 0 avril 1792, à Suine-Domingue. cc La colonie de Sgine-Domingue, objet de la jaloufiede.
, que nos inftructions font dans les décrets de Laficmbiée nationale. Page: Nous y viendrons. (Brulley lit les inftructions. )
Mémoire du rois pourfervir d'inftrudtion aux feurs Polv.rel, al'exéSonthonax & Aithaud, commufaires civils, prépofés
cution. de la loi du 4 0 avril 1792, à Suine-Domingue. cc La colonie de Sgine-Domingue, objet de la jaloufiede. toutes les nations de F'Europe, par l'érendue de fon territoire & par la richefe de fes produits, n'offre plus à
T'ail confterné qu'un vafte champ de défordres, de pillages, d'incendie, de carnage, de crimcs, de défolacion. Un préjugé faral à ceux qui fe font armés pour la défendre, comme a ceux qui prétendent la' maintenir, a fait
également le maiheur de tous. De premiers germes de divilions en ont fuccellivement déveloypés de nouveaux. Chaque pari s'eft divifé &2 mbaivilé en difféiens partis
qui, fe croifant & fe choquant dans tous les fens, femblent
ne s'accorder que pour précipirer à l'envi cette belle &
Aoriflante contrée vers fa deitruction, avec une rapidiré
d'autant plus effrayante que l'exemple du defordre a entrainé une grande partie des areliers de noirs, au (oulévement & à tous les excès du brigandage le plus cArénd. Les honmes de couleur, libres, ont reyendiqué les droits
de l'égalité polirique; ils fe fontprévalus contre les blancs,. & les blancs fe iont prévalus contre eux à leur tour, de
quelques lois dont ils s'oppofent mutuellement les difpofitions diverfes. Des camps fe font formés; des concordats
locaux ont été paffes, violés., & enfuite renonvelés; des
coalitions de blancs & d'hommes de couleur fe font liablies dans les campagnes: > contre d'autres coalitions de
citoyens blancs, dans les villes; le fang-a coulé des deux:
parts avec profufion, à la honte de Phumanité, & à celle
des vainquehrs, , ainfi que des vaincus. Toute la plaine de
TEA & du Nord a éré bralée, dévaftteson y eft en guerre
continuelle contre les noirs révolcés & contre les brigands
qui les. dirigent. Les mêmes déaux ie font rlns ou mcins
--- Page 376 ---
les
de la colonie. L'anarchie y:
êtendus. fur teutes tribunaux parties y. font réduits at Glence;
eft à fon comble ; les
les lois font fans vigueur; 5
l'autorité y eft fans force; font rares, y difficiles & précailes moyens de fubfiftance y ceux que le fer & l faim
res. Les maladies emportent l'induftrie reftc fans action, les cultures
avoient épargnés 5
national & étranger fe
font interrompues; le défolées; commerce le
5 le gérent
de ces
propriétaire
retire
plages
foyers: les contributions locales
défertent leurs propres & le faix des dépenles énoront cellé dy èfre perçues, de chofes G. pèfe en
un
néceffite
état
déplorable
mes que
fur la métropole qui n'en fiupportoit
entier" aujourd'hui légère portion.
és 5
national & étranger fe
font interrompues; le défolées; commerce le
5 le gérent
de ces
propriétaire
retire
plages
foyers: les contributions locales
défertent leurs propres & le faix des dépenles énoront cellé dy èfre perçues, de chofes G. pèfe en
un
néceffite
état
déplorable
mes que
fur la métropole qui n'en fiupportoit
entier" aujourd'hui légère portion. De toutes parts Saintei-devant qu'une des cris gémiflans vers la France, en
Domingue pouffe
des (écours, des forces &i
la conjurant de lui faire patler
de T'argent. le tableau malheurenfemenr trop:
>> Teleft en abrégé
duou les lieurs Polverel,
fidèle de la fituation préfente pays nommés par le toi
Sonthonax &"
commillaites da 4 avril dernier, vont travailpour T'exécution de la
AETA
retour de la
de Fordre & de la profpérité pujer au Fut-iljamais paix, de million
grande, plus impor
bliques. ! Sans tr elle eft environnée
tante &
augulte n'entend pomt difimuler aux fieurs
2écueils. t majefté
auront à furmonter; on
commiffaires les obltacles qu'ils
: mais elle
ne doit rien' cacher au véritable fur leur courage zèle. Elle s'affociera AEE
fur leur"patriotifine & leur
tous les moyens"
même à leurs efforts, en
procurant qu'ils fouriennent rdignequi feront ren fon pouvoir, pour &c
qu'ils remplillent
ment Yhonneur de fon choix,
pour. de la nation
fuccès Fattente & les voeux
frangaile. avec
leur développer fes.intentions fur
Elle va dans cet efprit à tenir
faire triompher la
la conduite qu'ils auront de toutes pour les réfiftances qu'elles
joi & la volonté nationales, à
de la part
pourront encore rencontrer Saint-Dotingue,
de quelque réfractaire que ce favent foir. qu'ils fuccèdent à de
97 Les fieurs commiflaires dont, T'envoi avoit été décrété le
précédenis a commilfaires derniers w'ont réuffi qu'imparfai.
le va dans cet efprit à tenir
faire triompher la
la conduite qu'ils auront de toutes pour les réfiftances qu'elles
joi & la volonté nationales, à
de la part
pourront encore rencontrer Saint-Dotingue,
de quelque réfractaire que ce favent foir. qu'ils fuccèdent à de
97 Les fieurs commiflaires dont, T'envoi avoit été décrété le
précédenis a commilfaires derniers w'ont réuffi qu'imparfai. 11 février 1791 S de ces leur délégations:le roi ne leur rend
tement dans T'objet --- Page 377 ---
$75
moins la juftice qui leur dt due. Les circonftances no
pas
le bien qui étoic réfervé à de,
leur ont pâs permis d'opérer Flucés entre des, leis conmeilleures inclures de produire, drcits
des hommes de
traires relativement aux dû fe renfermer politiques dans les difpofitions
couleur libres, iis ont
mettoit le forc de cotte claile
de la pius récente,, difcrétion qui de l'affemblée colonialg. Iis'n'ont
d'horhmes à la
de la.colorie à prononcer
pu qu'inviter les repréfentans fur des' droits jufqu'alors
promptemment & favorabieneng de fixer. Ils avoient d'autant plus
méconnus, quilimponoir cet acte de juitice & de convenance,, que
lieu d'efpérer elle-mème avoit annoncé des difpolicions
déja latlemblée
Il eft malheurcux que'cés difpo-.
farisfaifantes fur ce point. fefroidies par F'impatience &
fitions aient été rout-à-coup de couleur, par des concordats
la prife d'armes des gens &, enfin; par dcs révcltes d'arecimentés dans des camps, des incendies Oimulranés. Cette afliliers, des ineuitres devente ,
le fignal d'une défiance, d'un
geante époque réciproqse,. eft
& de torts refpectifs. Dans ce
averglement
civils ent inicipoié la médiation la
confit, les commillaires
trop échauffés, les
plus active; mais les partis éroient avoit eu
eiprits trop aigris; néanmoins de s elle Y'oueft. L'affenioide qu'elqu'effet. colofur les mulatres de la partie leur défarmement : elle 2 improuvé
niale a perlins à cxiget
civils; elle s'oft refulée à leurs
la conduite des commillaires déclinéleut autorité, rais leurs pouvoirs
réquifitions 3 elle & en a doute: en un mot > elle fes a forcls,
en difcullion
ouverte, à abandonner la fuire de leus
par une & rupture à repaffer en Europe. Au furplus, leurs foncmiffion, cuffent bienror cellé de droit par les difpolitions de
tions loi du avril dernier, quand même elles n'aurcient pas
la
la réunion des. conjonétures dont on
celle de Cate
roi ne les retrace ici fonmairement que
vient
M
de" faire parler. obferver aux fieurs commiffaires adtuels, combien pour leur fituation à Saint-Domingue fera différente de
celie des commiffuires qui les fait ont exécurer précédés. la loi du 24 fep:.
33 Les premiers foumetroit avoienr lès hommes de couleur libres'
tembre 1790, coloniale; qai
les feconds font chargés de msttre'
Alemblée
:
f'ome III: Trente-unieme liyraifons
Z5
" faire parler. obferver aux fieurs commiffaires adtuels, combien pour leur fituation à Saint-Domingue fera différente de
celie des commiffuires qui les fait ont exécurer précédés. la loi du 24 fep:.
33 Les premiers foumetroit avoienr lès hommes de couleur libres'
tembre 1790, coloniale; qai
les feconds font chargés de msttre'
Alemblée
:
f'ome III: Trente-unieme liyraifons
Z5 --- Page 378 ---
à exécation la' loi du4 avril, qui
"des.d droius politiques entre cette" clulle prononce l'égalité
:> Les pt-micrs avoien* à concilier la ox celie des blancs.
avec les confeils & les follicirations de rigueur de la loi'
deux partis irrités: les feconds font forts l'équité, entre
velle qui ne permer plus bi zux uns
d'une loi noutres de refufer ou de
d'exiger, ni aux au23 Les preiniers" nycienr, tempouler. au défaut de
dans des gamnilons épuiices &
la perfuafion,
foibles moyens à requérir &c à peu employer, nombreufes, foit que de
iiapoler aux faclieux, fuit pour faire rentrer
pour en
vol rés dans le devoir & la
les ateliers réveront à leur arrivée 5 a 6000 foumiflion hommes : de les feçends troueil fus de In force armée qui exiftoit
troupes dans réglées,
& la même expédition gai les
déja
la colonie;
tionbre de 4 mille volontaires dé L porre garde , augmentera ce
que de deux mille foldats de ligne,
nationale, ainfi
garnifons &: équipages des bâtimens de indépendamment des
tonnés anx iles fous le vent. Sa,
TEtar, qui font ftamalle de forces de 13 à 14 mille honimes majefté a penfé
cette
les inunitions
pourvus 3t toutes
remplirle
nécefairos, feroit plus que fuffilante
Variip particulier de l'article
pour
Bc pour alfirer en général l'exécution VIII-dela loi du4a avril,,
les dhilpofitions qu'tile contiens.
parfaire de toutes
révoquer en doute le refoef dun Tusnais le roi ne pourra
mandemens de lal loi mais, fi 2 lifuprofition f'rançais pour les comrépugne aurant a fon ceeur qu'au caraére dene'réffance national, il
néanmoins dans les plans de la
de
eft
à limpolible, alin d'érouffer fagelle, prévoir jufques
f'obéillance. Or, 6 les deux parris julques aux fe murmures de
avant l'envoi de forces fuccellives ptincipaux & nouvelles à balançoient Saint-Domingue, ne doit-en pas croire que lun de tes partis, accru
d'unrafort de près de 14 mille
dans Pheuzeufe
hommes, conftituera l'autre
vaix de fes organes. impuilince de méconnoitre la loi & la
rioa quiinveftira los fieurs L'apparcil feul' des moyens de réduccommilfaires, les d.fpenfera donc
inévitablement dans
d'en faire aucun nfage. Le roi
cet efpoir confolant, de la necelliré ct il
de
ger vers
une
eft
ATi
Les fieurs Saint-Do-irgae
partie de la force publique,
commifaires ne foft pas moins pénétres du
impuilince de méconnoitre la loi & la
rioa quiinveftira los fieurs L'apparcil feul' des moyens de réduccommilfaires, les d.fpenfera donc
inévitablement dans
d'en faire aucun nfage. Le roi
cet efpoir confolant, de la necelliré ct il
de
ger vers
une
eft
ATi
Les fieurs Saint-Do-irgae
partie de la force publique,
commifaires ne foft pas moins pénétres du --- Page 379 ---
devoir privilégié de mettre tout en ceuvre
venir à des voies, même à des
9 avant que d'en
cependant ils avoient épuifé,envain menaces les
e de' rigueur, Si
fon, du parriorifme, de la
teffources de la raimarche uitérieure eft tracée dans perfualion, l'article de VII Tlonnesr, jeur
4a avril, Sa majefté leur enjoint de
de ia loi da
guil doive leur en caûter; mais, même sy ens conforiner, quoi
elle ne peut trop leur recommander les s'y confortant,
Fon doit à des frères, tout en les
menigcmens çue
& le falut de la patrie.
puniffant poar lintérêr
a Ce feroit négliger là plus
de
de ne pas mettre dans ane puiffante évidence toutes lesarmes
der de la loi commife aux foins des
palpable Jes moEn conféquence, ils feront fentir
fieurs commiffaires,
Hibres, la grandeur du bienfait aux hommes de couleur
cice de tous les droits de la liberté qui & les de rétablir dans f'exerrappelleront par la reconnoilance, à la confervation l'égalité. Ils les
propriétés, au rétabliffemhent de l'ordre
des
au refpect qu'ils ne doivent jamais
moral & focial,
les Ont tirés de-l'érar de fervitude, perdre Il:
eavers ceux qui
habitans blancs, l'intérêt réel
ont à perlaaderont aux
mes de couleur libres, > à la mêine qu'ils hauteur éléver les hongarantie muruelle de leurs pofleflions
qu'eux; pour la
rieure & extérieure, ainfi
D de leur fureré intevemens féditieux de leurs ateliers. que pour Iis la répreflion des mnourepréfenter que cetre clafle d'hommes n'oublieront leur
pas de leur 9
unie par les liens de lâ nature & du fang; eft prefque toute,
cheroient-ils à dégrader leur
pourquoi cher-.
vraifembliblement pas difficile propre ouvrage ? Ii ne fera
convaincre les uns & les autres aux fieurs le commillaites de
pice qu'ils ont éprouvées; qu'iln'et par perres de toute efrefource, & qu'elle n'exifte que dans plis une pour eux qu'une
fincère & inairérable. L'intérêt le
réunion franche,
f'ordonne, la loi, la nation & le roi commande, la veulen: la parrie
femenr: : déja les efprits doivent y être
impérieublication de la loi du 4 avril, doxt difpofes par la pua été chargé, ayec ordre de s'y conformer le gouverneur &
général
exécuter en tout ce qui i'eft pas textellement de ha fuire 0
A
laCion directe des feurs commiffaires. Si fa' réforvé à
rérardé cette publication
majafté ent
jufqu'a l'époque de leur artivée
emenr: : déja les efprits doivent y être
impérieublication de la loi du 4 avril, doxt difpofes par la pua été chargé, ayec ordre de s'y conformer le gouverneur &
général
exécuter en tout ce qui i'eft pas textellement de ha fuire 0
A
laCion directe des feurs commiffaires. Si fa' réforvé à
rérardé cette publication
majafté ent
jufqu'a l'époque de leur artivée --- Page 380 ---
de donner dccas
dans la colonie, iledt été très-dangereax dans in intervalle de temps ob
fion-à de nouveaux auroit excès, abufé de la loi du feptembre pour
e'un coré I'on
de couleur Nbres,, : on l'avoit pu,
accabler les honmes
de_li nororiéré de :
& de l'autre on fe feroit prévalu
fe maintenir
nouvelle lot," quoique non la Aamme officiclle, & Tie gleive. 4
dans les prétentions par
ficurs commillaires les faits-
>5 Après avoir appliqus néceflaire aux de les inftruires, leur avoir
principaux dont il étoit
du lésislateur, 3 leur avoir
développé les intentions fondamentauix généralas *fur leiquels ils doivent
expole les principes
il faut defcendre
régler leurs upérations à Salnt-Domingne, même du 4 avril, & prévoir les
dans les dérails de la loi pourroient y.I rencontrer.
difficultés d'exécution qu'ils ordonne la reclecion inmédiate des
22 L'article premier
auficot-après la
affemblées coloniales & des municipalirés, I'article IV autorife les fieurs
publication de la loi; cependant la fufper. A n &c même la diffolution.
commiffaires à pronencer exiflantes.
des affemblées askuellement pouiroient préfenter une forte de
>3 Ces deux. difpofitions ce
Tune eft impérative, &
*contrariéré entr'elles; feulements s en
&e que encore en ce que la première.
Yautre faculative
fubite , la feconde une exécution re-.
fuppofe une cxécution
des commiffaires civils. Il faut les
tardée julqu'ala oblervant prélence, qu'on aura dà procéder fur-le-champ
econcilier en
fclon les formes des lois des 8 86
aux rééledtions preferites mais que dans Tefpace de'temps néceflaire.
28 mars 17903 les allemblées coloniales & autres auront
pour y parvenir activité; de manière que fi les fieurs commillaires- achevées,
continuéleurs
exiftantes & les réélections non
les trouvent encore
ou de diffoudre ces affemils auront le pouvcir de-fafpendre la convocation des aflemblécs pablées : ils accéléreront
été faite; ils y feront régner
roifliales, fi elle n'avoit pas
faufl le recours
T'ordre & la paix; ils jugeront provifoirement, les
qui pourroient
à TAffeniblée nationale, toutes
queftions la tenue des affèms'élever fur la régularité des convocations, & T'eligibilité des citoyens.
blées, la forme des éleétions, leur arrivée il n'y aura encore
Ily a toure apparence qu'à d'exécution; ce fera à eux de
rien d'entamé fur cette partie avecl les précautions que la prudence
la mettre en mouvement
la paix; ils jugeront provifoirement, les
qui pourroient
à TAffeniblée nationale, toutes
queftions la tenue des affèms'élever fur la régularité des convocations, & T'eligibilité des citoyens.
blées, la forme des éleétions, leur arrivée il n'y aura encore
Ily a toure apparence qu'à d'exécution; ce fera à eux de
rien d'entamé fur cette partie avecl les précautions que la prudence
la mettre en mouvement --- Page 381 ---
leur diétera. Ils autont attention de ne pas compromettre la
sûreté & la police intérieure par des mefures précipitées dont
Teffet féroit de détruire brufquement fans avoir de quoi rem-.
placer : c'eft ici'qu'ils appliqueront le pouvoir facultatif qui:
leur eft conféré, de fulpendre ou de diffoudre T'alfemblée
coloniale, fansattendre la formation de l'affemblée nouvelle;.
ils péferont les motifs pour & contre, d'après les difpolitions
T'affemblée zétuelle aura manifeftées : fi Fon, juge de,
Remtar par le paffs, ces difpofitions feront peu condiliantes;
ainfi il y a lien de prévoir que les fieurs commilfaites ne
tarderont pas à la diffoudre; i fera néanmoins indifpenfable,
qu'ils s'en soient fait reconnoitre auparavant, : > ainfi qué de
tous les corps adminiftratifs, des tribunatix & des dépolitsires'
de la force publique: ils s'adrefferont à cet effet au fieur de:
Blanchelande, ouà cobiquleregef@antrolo tdansles fonctions,
de gouverneur par intérim de la colonie dé Saint-Domingue.
Quoique cetoflicieegénéralair obtenu fon rappel, fesfonctions.
ne cefferont que loriqu'il aura (atisfait à ce devoir, &
aura procédé enfuite a l'inftallation du fieur d'Elparbes,
D
tenant-général dés armées, dans l'exercice de la place de gouverneur-général dés Idles-(ousle-Vent.
3, Il feroit douleureux de penfer
les fieurs commiffaires
& le fieur d'Efparbès puffent fe frdlurd expofés à éprouver de
la réfiftance a cet égard: f "ce malheur artivoit, alors la
coaction fupplécroit à l'obéiffance; on pafferoir à un enre-.
giftrement d'aurorité. Un, malheur plus grand, 86 tout-àla-fois plus invraifemblable encore, eft aufli dans l'ordre des'
chofes pollibles; c'eft celui du réfus que feroit le Caps de
l'admilion des fieurs commiffaires, du monkenusgoasemnentay
& même de la force armée qui les accompagne. Il lewr - fera
aifé de s'appercevoir, avant que de s'engager dans la patfe,
fi on leur prépare une réception amicale ou hoftile : dans
le premier cas,, ils mouilleront & ils débarqueropt fans
difficulté; dans le fecond cas, ils fe riendront hors de la
portée des forts, & enverront en. parlementaire 2 a raffeny,
blée coloniale, au gouverneur & ala place, une réquifition
de les recevoir, libellée au nom de' laloi, de la nation &
du roi. Sielle ne produit aucun effet, ils"fe teanlporreteur,
avec le convoi, foit à Saint-Marc, foit au Port au-Prigge
foit à Léogane, felon la dérermination qu'iis prendrost
riendront hors de la
portée des forts, & enverront en. parlementaire 2 a raffeny,
blée coloniale, au gouverneur & ala place, une réquifition
de les recevoir, libellée au nom de' laloi, de la nation &
du roi. Sielle ne produit aucun effet, ils"fe teanlporreteur,
avec le convoi, foit à Saint-Marc, foit au Port au-Prigge
foit à Léogane, felon la dérermination qu'iis prendrost --- Page 382 ---
les avis
leur feront donnés fur la côte, & prind'après
at bâtimens de létat, dont les commandans de
cipalerient feront tenus, par fur la réquilition des fieurs commiffaires,
& d'affurer la marche & le débarquement qu'il çonproréger viendra de préférer. Ce que les fiéurs conmiffaires la auroient reconfait au Cap, de même que le gouverneur i pour le feront dans
noiflance de leurs pouvoirs & caractères, adminiftrarifs, des
le lieu oà ils aborderont, près dés corps
de fuité par
tribunaux & des garnifons locales, en l'étendant
des proclamations à toute la colonie. décidera les (ieurs com-
>> Le même taÉt de circonftancés l'endroit ou la nouvelle aflemblée,
miffaires fur le choix de
tenir fes féances.
coloniale devra être convoquée pour y.
33 En ordonnant la tenue des atlemblkes paroilliales coloniales, Pout
les rééledtions des municipalités & aliemblécs de la loi du 4 avril
sappelleront la di(pofition les hommes impérative de couleur & nègres libres
dernier, qui veut que & foient éligibles à toutes les places;
foient admis à voter, d'ailleurs les conditions prefctites par
pourvu qu'ils réuniffent du .28 mars 1790 : ils énonceront
Yarticle IV des ingructions inftruiront le peuple des formes prefcrites
ces conditions; loi du : 8 ils du même mois; ces deux lois font connues
par la
elles ont été publiées dans la cOaux fieurs commifiairos; trouveront, & en emporteront encore d'ici
lonie: ils les y Pour
le voeu de ces lois ne foit pas éludé
des exemplaires.
que tous les moyens qui pourront
par le fait, efficacement ils emploieront le libre accès, tant des blancs que
affurer plus de-couleur, aux aflemblées primaires & autres :
des hommes
des décifions prompies & provifoires toutes
ils applaniront par viendront à selever dans les alfembiéess
fes conteftations qui
de Tégalité & la libérté des déils y feront obferver les règles
aucune acception de
libérations : la loi du A avril ne failant
ni préférences
couleur & de perfonnes, ils ne_ fe permettront
ni partialité.
effentiellement, & dèslé premier inftant,
>> Ilss'occuperont
foit avec les corps adminiftratifs fubde leur débarquemenr, leur fuccéderont, des difpofitrions à
fiftans, foit avec ceux qui
la confance, la confraterfaire pour rétablir la tranquillité, le travail & la foumifion des
nité, la sûreté domeftique, avec ces mêmes corps & ayee
ateliers; ils fe concerteront
.
effentiellement, & dèslé premier inftant,
>> Ilss'occuperont
foit avec les corps adminiftratifs fubde leur débarquemenr, leur fuccéderont, des difpofitrions à
fiftans, foit avec ceux qui
la confance, la confraterfaire pour rétablir la tranquillité, le travail & la foumifion des
nité, la sûreté domeftique, avec ces mêmes corps & ayee
ateliers; ils fe concerteront --- Page 383 ---
le gouverneur-général pour faire difparoitre les
les
rafiemblemens
les dépôts
d'armes
cutale
hoftiles,
privés
ou défenfives 5 en un mot, pour effacer, s'il eft pollible, enjufqu'aux traces de la guerre inteftine qui a le fi fouvent colon juftefanglanté ce m.heureux fol : ils raffureront d'oà la crainte
ment effrayé, & le rameneront à des foyers
de la mort l'avoit exilé; ils le mettront fous la fauive-garde voler à
de la loi & des bras armés par la mère-patrie, foldat pour de
fon fecours; ils lui montreront dans chaque aurantd'amis, ligne,.
dans chaquevolan'aite. deshartlontsationaue,
ces
autant da frères; ils feront vivre en bonne intelligence de concorde
militaires avec eux & entr'eux-mémes; nul motif
& de confolation ne fera oublié, & les fieurs commilfaires les adouprodigueronr, a des caeutsaigris par l'infortune, tous
cillemens que la raifon, la perfuafion, s lhumanité conftant coipa- des
tiflante fauront leur infpirer; ce fera le plus
devoirs qu'ilsaurontà. acquitter; il leur fera adouxdeler remplir; font
mais en même-temps' ils ne perdrent pas de vue quils
chargés d'un autre miniftère plus pénible,. plus rigoureux 1
& non moins faluraire, celui de la recherche des tâche coupables leur eft
auteurs des troubles de Satht-Domingue : cette du
ils
impofée paf les articles V & VI de la loi
4 avril; mais
devront non - fculement la fournir avec inflexibilité > le
encore fe conformer en ce pointau genre d'inftruction que
corps légiflatif a jugé à propos de leur prefcrire.. fur les élémens
5> Lallemblée coloniale une fois formée
des lois des 8 & 28 mars 1790, & ceux de la loi du 4 avril,
il faudra
les fieurs commiffaires la follicitent fans relâche
pour Tendlitl de fon vau fur la conftitution, , la c'étoit-là légiflation le
& fadminiftration la' rlus favorable à la colonie:
grand objet que les aflembléés coloniales devoiexc avoir en
vae; & c'eft la chofe dont elles fe font le moins occupées
jufqu'a préfent. Il imporce de les rattacher à ce travail par
leur propre intérêt, le retour à l'ordre en dépend; conmiffaires & cette
confidération préfentée avec force
les fieurs eft droit
ne pourra manquer de produire 1Eme que Ton les en voies
d'en. attendre : ils favent quils n'ont fur cela que
de l'ercitation; ils n'ont point d'ailleursà concouriradavement
avec l'affemblée délibérante: : mais fa majefté ne doute point
qu'ils ne foient fouvent confultés, &.quils ne S'empreflent
miffaires & cette
confidération préfentée avec force
les fieurs eft droit
ne pourra manquer de produire 1Eme que Ton les en voies
d'en. attendre : ils favent quils n'ont fur cela que
de l'ercitation; ils n'ont point d'ailleursà concouriradavement
avec l'affemblée délibérante: : mais fa majefté ne doute point
qu'ils ne foient fouvent confultés, &.quils ne S'empreflent --- Page 384 ---
alors à communiqtier le. réfulrat de leurs fages confeils & de
Jeurs lumières. acquifes. S'il arrivoit que l'allemblée fe
de prendre des arrètés qui fuffent contraires aux principes
damentaux de la
frent
conftitution & de la légiflation
ou
aux lois décrétées particulièremen: pour les françaife,
fieurs commiflaires ne pourroient les.paller fous colonies, filence; les ils
en, requerroient la redtification; ils s'oppoferoient dans la
même forme à la fandtion provifoire da gouverneur, & à
l'exécution de ces actes illégaux d'une autorité
ils
iroient mème, fous leur relponfabilité
ufurpée;
cette exécution par des proclamations clairement jufqu'à fulpendre
ils en rendroient compte
libellées, &
rine & des colonies
fur-le-champ au miniftie de la maqui prendroit les ordres de
nationale & du roi : enfin, ils fe diront fans cefle l'AMfemblée le
falut public & la tranquillité de Saint-Demningue font cominis que
à leurs foins. La force armée, le gouverneur- général, les tribunaux, les corps adminiftratifs, tour eft foumis à
de leur réquifition, pour qu'ils puiffent parvenir fans l'empire obftacle
au but que la narion & le roi fe font propofé dans leur
miflion : ils répondront de l'emploi qu'ils auront fait
aulli grande autorité.
.
d'une
>.Tels font les développemens dont la loi da 4 avril a
paru fufceptible à fa majefté, en,ce qui touche les fonctions
fiite qui Y font attribuées saux fieurs' commiffaires civils : par une
de Ja confiance que le roi a en eux, il les
de
plus de donner une. attention particulière à quelques charge
de l'adminiftration locale ,"qui intéreffent le bien' du fervice objets
de l'état.
919, Ils vérifieront la tenue des hôpitaux, en' techerchecheront les abus, s'il s'y en trouve , les dénonceront aux
trThsoroiedatre miniftre, pouryètre
felon l'exigence des cas.
pouryu
>> 2°. Ils fe feront rendre compte de l'état des magafins
detoute efpèce, de lordre qui y règne, des moyens d'éclairer
la confommation & la comprabilité des matières, ainfi
des tegles de la plus ftricté & de la plus vigikainte économie que
à y intreduire; ils y- feront rentrer tout ce qui en auroit
été diftrair.
>>. ; Ils prendront connoifance de la fituation des
& veilleront à: ce.qu'e elles foieng bien adminiftrées. Les finances dé-
afins
detoute efpèce, de lordre qui y règne, des moyens d'éclairer
la confommation & la comprabilité des matières, ainfi
des tegles de la plus ftricté & de la plus vigikainte économie que
à y intreduire; ils y- feront rentrer tout ce qui en auroit
été diftrair.
>>. ; Ils prendront connoifance de la fituation des
& veilleront à: ce.qu'e elles foieng bien adminiftrées. Les finances dé- --- Page 385 ---
penfes de Saint-I Domingue font devenues écrafantes; elles
pefent aujourd'hui prefqu'en entier fur la métopole, tandis
que ci-devant les revenus de là. colonie fuffifoient pour y
faire face. Les circonftances fans doute néceflirent de grands
frais, de grandes pertes, de grandes diminutions dans les
contributions: 3 mais les corps adminiftatifs abufent des deniers publics. qu'ils pompent & abforbent : l'ordonnateur eft
fous le joug, il eft néceflaire de l'en affranchir. Les fieurs
commsifirespeéteront aux fieurs, adminiftrateurs commiflaires
toute- leur autorité pour rétablir en cette partie l'ordre &
la, compétence également blelfés. Ils auront foi de procurer
au miniftre. les états de recette & de dépenfes qu'il a demandés, avec tous, les détails propres à faire connoitre la
nature, le bon ou mauvais emploi,Texcès ou la jufte mefure
de chaque. article impertant, de ce qui fe paie dans la cOlonie, foit en numéraire, foit en lettres de
. >>
change.
: 4". A melure, qae le caline renaîtra, que la confiance
regagnera le deffus, que l'induftrie rentrera dans fon activité
ordinaire, que le travail des ateliers reprendra fon cours 3
ils felont rérablir les perceptions interrompues, & ils feront
jouir le commerce national des droits qui lui font acquis
par. les lois coloniales.
92., s": Ils communiqueront aux adminiftrateurs toutes
les obfervations que leur zèle : pourra leur fuggérer fur
e
quelque partie du fervice que ce foit; mais ils fe fouviendront qu'ils ne doivent prendre, aucune part à I'adminiftration courante, fi cer n'elt par des repréfentations
ou même par des réquifitions > que roujours ils fages, ren-,
fermeront dans le fecret d'une communication intérieure,
afin de ne point affoiblir la confidération dont les
agens du pouvoir exédutif ont befoin pour agir avec principaux fruir.,
: 6°. Is tacheront de devenir le point de ralliement d'une
femblable intimité & union entre les corps adminiftratifs,
les gouverneurs, ordonnateurs & eux-mêmes. Une telie harmonie fera la plus courte & la plus stre de toutes les voies
pour éteindre les partis, étouffer les germes de divifion &
déconcerter les factieux.
>> Les adminiftrateurs auront l'ordre de ne rien dérober
aux regards des fieurs commillaires, de ce qui a rapport au
fervice, & de leur faire fournir tous les documens qu'ils
blable intimité & union entre les corps adminiftratifs,
les gouverneurs, ordonnateurs & eux-mêmes. Une telie harmonie fera la plus courte & la plus stre de toutes les voies
pour éteindre les partis, étouffer les germes de divifion &
déconcerter les factieux.
>> Les adminiftrateurs auront l'ordre de ne rien dérober
aux regards des fieurs commillaires, de ce qui a rapport au
fervice, & de leur faire fournir tous les documens qu'ils --- Page 386 ---
;8:
defireront, Les commiffaires à leur tour communiqueront
aux adminiftrateurs tant la préfente inftrustion que les plans
& les aétes eflentiels de la million qu'ils vont templir.
>> Sa majefté laiffe à leur prudence de fe divifer, lorfqu'a
la plucalité des voix ils auront jugé uxile de le faire pour
opérer pius de bien en même temps & en divers points;
mais ils commenecront
fe tenir réunis, afin de fe tracer
une marche certaine, & Aore finiront de même par fe recueillir
fur lenfemble de leurs opérations.
du
>> En cas de pariage d'avis entre eux, l'opinion
plus
ancien d'age" prévaudra. Si les deux ne croyoient devoir
atrendre le fufrage du troifième ablent, & dans : cas oû
l'un' des trois commiffaites ne fera pas de l'avis de la majorité, il pourra configner & motiver fon opinion fur les.
regiftres de la commillion, mais fans pouvoir lui donner aucune. publicité.
de toutes les occafions
fe
Ils profiteront
qui
préfenteadreller au miniftre l'état de fituation de la CO:
ront pour
lonie.
&
s'il le faut, en
>> Ils écriront par duplicata
triplicata, double même nombre
obfervant de joindre toujours à chaque
d'expéditions de pièces. Il eft d'une très-grande conféquence devancer
d'uferà ce fujet du plus de diligence pollible, & de
les nouvelles particulières, qui fouvent font inexadtes, détermi- partiules, exagérées, & peuvent conduire à de faufles
A
nations. Dans le cas d'événemens majeurs, le gouvernent les
général expédiera des bâtimens légers de la ftarion, &
fieurs commillaires pourront l'en requérir toutes les fois qu'ils
le jugeront opportun. étendront ainfi leur follicitude fur des
s2. Pendant quils
intérêts de
objets qui touchent d'aufli près aux premiers le miniftre du déT'état & au coeur paternel de fa majeftés colonies fecondera ici de
partement de la marine & des les
des fieurs comtoutes fes forces les efforts & leurs progrès
il rendra
miffaires dans Tenchainement de
travanx;
à l'affemblée nationale & au roi de tout ce qu'ils
auront compte fait ainfi
de tour ce qu'ils propoferont; ila appuiera
leurs demandes; auros l'ardent folliciteur de celles qui feront
juftes & praricables; il foutiendra leur couraze, il s'occupera de toutes les tellources qui pourront accélérer la reftau-
comtoutes fes forces les efforts & leurs progrès
il rendra
miffaires dans Tenchainement de
travanx;
à l'affemblée nationale & au roi de tout ce qu'ils
auront compte fait ainfi
de tour ce qu'ils propoferont; ila appuiera
leurs demandes; auros l'ardent folliciteur de celles qui feront
juftes & praricables; il foutiendra leur couraze, il s'occupera de toutes les tellources qui pourront accélérer la reftau- --- Page 387 ---
38;
ration de la plus importante & de la plus malheureufe, de
nos polfellions d'outre-mer; il s'emprelfera, de tranfinettre
aux fieurs commilfaires les réfultats de leurs inftances& des
fiennes propres : il fe fera un devoir 9 ou plutôt ce fera
lui la plus douce fatisfaction de rendre juftice à leur AeS
à leur patriotifime éclairé, à toutes les actions par lefquelles
ils auront bien mérité de la patrie, du roi, de la colonie,
de la chofe publique & de la reconnoillance des bons citoyens.
Fait à Paris, le 17 juin 1791.
Signé, Louis, LACOSTE.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences efl figné: J. PH. GARRAN.PÉ
LECOINTE des Deunsoves)./ageer) ; GREGOIRE,
frilts F. LANTHENAS, FoucHÉ (de Nantes. ).
Fin du Tome troifème. --- Page 388 ---
s
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22ns
D
E
B A,T . S
E NT R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS;
DANS LAFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Lor DU 4 PLUVIOSE
T 0 M E IV.
A P ARIS,
e DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
Ventôfe, 3 an III.
Trente-deuxième livraifon. --- Page 390 --- --- Page 391 ---
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D236e
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