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--- Page 3 ---
D
E
B ATS
E N. T R
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMES EN EXÉCUTION DE LA Lo: DU 4 PLUVIOSE,
TOxE II.
A P A RIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
Pluviofe, an III.
Onzième liyraifon. --- Page 4 --- --- Page 5 ---
AKSONVANNON NANIONALER
CI
D É E BATS
Qui ont eu lieu entre les accufateurs e les accufés,
dans Paffaire des Colonies, en exécution de la
loi du Apluviéfe.
Du 22 pluviëfe, l'an croifième de la République françaife
une 6 indivifible.
ON fait leéture des débats qui ont eu lieu dans la féanced'hier 5 la rédaction en eft adoptée.
Le préfident : La commillion; 3 après avoir délibéré fur la.
demande faite hier au nom de la citoyenne Cambi, ajourne
à entendre fon mari.
Voici deux pièces qui nous font renvoyées par la Convention nationale. La première eft une adrefle des colons.
qui remercient la Conventien de ce qu'elle a ordonné la
difcuilion contradictoire entre les accufateurs & les accufés;
la feconde eft une adreffe des hcmmes de couleur & des
noirs 3
célébrer l'anniverfaire du décret rendu le 16
pluviô(e Pa Tan deuxième > & renouveler à cette occafion
leurs remercimens à la Convention. Ilfemble inutile de lire
ces pièces.
Sonthonax : Thcmas Millet a lu hier un très-long difcours
fur la difcuilion dans laquelle nous fommes engagés, Les.
citoyens rachygraphes ont oublié de mettre dans les debars,
que Thomas Millet avoit lu.
Thom: s Millet : Je rappelle & j'aflinne que j'avois à le
main des notes à l'aide delqueiles j'ai difcuté,
A 2
leurs remercimens à la Convention. Ilfemble inutile de lire
ces pièces.
Sonthonax : Thcmas Millet a lu hier un très-long difcours
fur la difcuilion dans laquelle nous fommes engagés, Les.
citoyens rachygraphes ont oublié de mettre dans les debars,
que Thomas Millet avoit lu.
Thom: s Millet : Je rappelle & j'aflinne que j'avois à le
main des notes à l'aide delqueiles j'ai difcuté,
A 2 --- Page 6 ---
Lepréfdent : La rédaction des débats eft
Keneu: Son-hon.x a
maintenue.
que letprit public étoir avance, dans la féance du
pour le prouver, ila nauvais à Saint Domingue ; 14,
fois
argué de ce
&,
préudent de laffemblée
- que Cadulch,elu deux
chapcau la cucarde noire & colonitie, le
avoit porié à fon
eft vrii que (ous fa premicre panache noir & blanc. Il
panache luif furent donnés
prelidence, Ja cccarde & le
maus Sonthonax ne
par la tmme de
fem'léc
vous a pas dir qu'à cette Elanchelandes
éoit en
époque laffut confiruée affemblee tres-perire minoricé
pui.qu'elle ne
1791 > &c que julqu'à celoniale que is 24
certe
leprembre
nue que lous ie nem de comiré époque clle ne fut cona pas dit que ce fini Gausin ésies gnèrai. Sonthonax ne vous
ment,
Perleurs mrigues, le parrifans du gouvemepréfiden.
firent élire àla
ne vous a
place de
rtunrie
ment julu'à far feconde
pas dit que, depuis ce modenoncia ions ou ilernir clection, il y eut conrre lui des
torche entre les mains des formeilement accufé d'avcir mis ia
nom du roi, à tout dévafter, nègres, Il
en les engageant, au
qu'ti fur réclu prélident,
ne vouS a pas dit
fens pour le taire nonmer, cette même cabale s'agita que,lorf- en tour
lni poroit, &c le mépris dunt afin il étoit d'offoibhr h heine qu'on
pas dit que > quelaue temps
couverk, II ne vous a
mander un congé. Iife retiraà après, il fe vit forcé de defoin de foulever les ateiiers. Il Cavaillon ,ou ils'occupa du
collègue Pagrle dénonça àl Taflemblée ne vous a pas dir que mnon
ciréscalimioit conmettre. &
coleninie porr) lesa atrolai d-s mefures fevères, molires demanda que l'on prir contte
qu'il étoir ipécinlment
qui furent fans cfer, > parce
nemen. Il ne vous a pas Proregé, di:
enconragé par le gouvervenion nationsle,en decembre qu'il a été dénoncé a ICon-
& qu'a certe époque kes
1791, par Page & Brulley,
comité
preuvés écrirés furent
leur colonial':il ne vous a pasdir que
dépolées au
a éé dénoncé à leut arrivée
ce mémé Cadulch
que, > loin delle faite arrèrer comme a SaineDomingue > &
allàilin: comme ineepdinite,
traitre ala parrie, comme
la fauve-g rde de la Joi. Je ilruc vais mis par onchonax lous
vienis d'avancer. Je vous ai dit vous Ftouver Ce que je
la première préfidence de Cadufch tour-a-Pheure & la
qu entre
feconde, > ily eut
a éé dénoncé à leut arrivée
ce mémé Cadulch
que, > loin delle faite arrèrer comme a SaineDomingue > &
allàilin: comme ineepdinite,
traitre ala parrie, comme
la fauve-g rde de la Joi. Je ilruc vais mis par onchonax lous
vienis d'avancer. Je vous ai dit vous Ftouver Ce que je
la première préfidence de Cadufch tour-a-Pheure & la
qu entre
feconde, > ily eut --- Page 7 ---
plufieurs dénonciations contre 3 lui. Il fut
h torche à la main des
& de accufé d'avoir mis
nom du roi.
negres,
les avoir
été brôlés Sonthonax a dit que.les greffes
foulevesau
au Cap, Comme is venoient
n'avoient point
de dénoncer les allemblées
ici dans linrention
qu'ils on: apporté avec eux coleniales, les regiltres ily de a licu de croire
ainfi il fera facile d'yavoir. recours, & de ces alembléess
don: voicilextrait:
vérifierles pièces,
Extrait des minutes dépofées aux archives
de la partie frongaife des
rofemntiliccotoniale
ce
Saint-Doning-e.
La ciroyenne Maric-ThdrfB-Jerne
citoyen Deber du Rougerai. a déciaré Pelletier, épcufe du
les révoltés, elle leur a entendu dire que > le prifonnière roi
chez
loient depuis deux ans, accordé des droits dont que les colons leur avoit,
pasles faire jonir;
ne vou-
>> Que le roi aveir cbargéle colonel
toyen Calufehde faire exéctter fes
Champefort, & lc cis> Oue Jes blancs t.itoient le roi ordres;
>> Qu'ilsavoiene pour eux le
commie uil chien 5
> Qu'ils tuerciens
roi, la nobleffe & le
enfans & les
a tous roi les blancs, excepté les femmes, clorgé; les
gens
.
Extrait des minutes dipolees ausarchives de
d: la Partic fransaife de Scint-Domingue. Paffumbitiscolonialé
€ La dame Marie Charbonel,
du
a dépofé qu'étant rétenue chez époufe les
citoyen Delille ,
entendas dire que le fieur Cadifch les révolrés', elle les a
la révolres qu'il leur avoit donné l'exemple avoit de provoqués *
qu'il leur a dir
c'éroit le fenl
lineendie;
à les faire jouir Ger Ia liberté
le moyen de forcer les blancs
55 Que le colonei Champefort Gtte roi leur avoit accordée;
troupe de ligne ne marcheroit
leur avcir promis que la
33 Que P loriqu'ils ont vu la pas troupe contre de eux;
ils ont dir que les blancs avoient forcé le ligne fortir du Cap;
venoient att Cap, , ils tuercient les
colonel, & que, s'ils
les gens du roi >),
bourgeois & re(pedteroient
C'cft ce qu'ils ont fait, quand Polvercl
ont inis en mouvemeur.
& Sonthonar les
A 3
avoit accordée;
troupe de ligne ne marcheroit
leur avcir promis que la
33 Que P loriqu'ils ont vu la pas troupe contre de eux;
ils ont dir que les blancs avoient forcé le ligne fortir du Cap;
venoient att Cap, , ils tuercient les
colonel, & que, s'ils
les gens du roi >),
bourgeois & re(pedteroient
C'cft ce qu'ils ont fait, quand Polvercl
ont inis en mouvemeur.
& Sonthonar les
A 3 --- Page 8 ---
Je paffe maintenant à Gauvin, que Sonthonax a cité
comme une preuve du mauvais efprit qui régnoit à SaintDomingue. Gauvin, membre delaflemblée coloniale, fuivant Sonthonax,, avoit effacé de la falle où elle tenoit fes
féances, partie d'une légende
contenoit ces mots : La
nation 2 laloi,le roi, &n'y
laile que ceux-ci:Leroi.
antte
Sonthonax : Je déclare que je n'ai pas dit cela. Jen'ai pas
parlé de roi; j'ai dit feulement qu'on avoit effacé la légende :
Lanation, la loi.
V'ernexil : Iy avoit dans la légende : La nation > la loi,
Ic roi. Je vous en parle favamment, parce que je les ai lus
deux mille fois. Ila a dit qu'on avoit effacé la nation , la loi;
conféquent il a donné à entendre qu'on avoit lailfé
lubfifter par
ces feuls mots : Le roi
n'éSonthonax: Donné à entendre, c'eft différent. Vous
tes pas juges de mesintentions.
la
- Verneuil : Sonthonax; dans fon accufation, a tronqué violent
vérité. Feignant en ce moment d'être animé d'un
amour de la patrie 2 patrie cependant qu'il a toujours trahie >
& qu'il trahira toujours 2 jufqu'a ce qa'il ceffe d'exifter fé
il nous a demandé avec emphafe comment il pouvoit
faire que de prétendus patriotes 2 après de pareils crimes s
n'euffent pas faifi & mis en pièces de pareils hommes ;
cominent nous ne les avions pas Jivrés à la vengeance des
lois 3 comment au moins nous ne les avions pas dénoncés;
qu'il n'y avoit que de lâches icélérats qui, dans une
circonftance pareille, puffent garder le filence. Voici ma réponfe. Jamais les colons de Saint-Domingue 7 peuple cultifurent
&
ainfi
Polverel & Sonvateur , ne
affallins; fi,
que les
thonax, ils euflent été fanguinaires, après brigandages,
les pillages, les vols, les incendics dont ils ont été les victimes dans cette contrée naguères fi Horiflante, & maintenant f malheureale, il y a long-temps que Polverel & Sonthonax n'exifteroient plus. Dans une popelation de 40,000
individus il ne s'eft
trouvé un feul honme qui ait
ofé arrêter > les progrès G' crime : en égorgeant l'un & l'autre 5 & certes fi cet aéte de juftice fc fût exécuté alors D
nous n'aurions pas à pleurer aujourd'hui un père, une femère, des enfans, des amis; les Français culivateurs
roient encore dans leur pays, la çolonie de Samt Domin-
elation de 40,000
individus il ne s'eft
trouvé un feul honme qui ait
ofé arrêter > les progrès G' crime : en égorgeant l'un & l'autre 5 & certes fi cet aéte de juftice fc fût exécuté alors D
nous n'aurions pas à pleurer aujourd'hui un père, une femère, des enfans, des amis; les Français culivateurs
roient encore dans leur pays, la çolonie de Samt Domin- --- Page 9 ---
détruite &
elle n'augue ne feroit pas
; jamais; nonjamais, demander
roit été livrée à l'Angleterre. Mais moi, > je vais
à
Polverel & Sonthonax, comment fe faic-il que vous quiavicz
la million expreife de déporter'en France les auteurs des
troubles de Saint-Dothingue, & qui aviez connoilfance de
ees faits horribles imputés à Gauvin & à Cadufch; comment (e faitil que vous ayez précifement accordé à ces la
hommes une proteétion marquée : Comment fe fait-il que
commune du Capqui vonsaveit dénoncé les ptincipaux traitres
& vousavoit donnéunel lifte danslaquelilc Gauvin, Cadufch,
Juftal, Dumas, Rouvrai, & bien d'autres, figurent, fans
doute; litte
vous fut préfentée ,2 avec inftante prière deles
éloigner de 182 colonie, ils y foient cependant demeurés à
T'aide de votre ptoteétion : comment fc faic-il que, malgré leur
les inftances réitérées des-colons, qui demandoient
à
embarquement, vous vous foyez conftamment oppofés
ce, quil eût lieu; & que, pour élader les fellicitations des
habitans, 2 vous ayez dmai une proclamarion quiles mettcit
Ipécialement fous la fauve-garde de la loi : comment fe
fair-il que cette lifte 2 qui eft en partie votre ouvrage ? puifqu'avant d'être livrée à Timprellion, elle eft reftée trois jours
manuicrite entre VOS mains 2 puifque vous y avez ajouté
vous-iêmes le nom de plufieurs individus : comment fe
fait-il, dis-je, que, malgré la promeffe pofitive de faire difparoixre de la colonie & d'envoyer en France ces déforganifateuts, vous vous foyez contentés d'embarquer quelques
individus : tels
Campfort,, Touzard, Liégard, Lamorandière, &cc., Rendhse que tous les aures,àlaide devospallefe promenoicnt impunémont dans tous lesquartiersde
Ertac colonie , & y fouffloient! le feu de la difcorde Je vais vous
prouver ce que j'avance : mais avant d'aller plus loin
citoyen prélident, je vous prie d'interpeller Sonthonax de
déclarer s'il eft auteur d'un écrit diftribué à la Convention
nationale & ayant
titre : cc Leégr-Felicité Sonthonax 3
commi[faire civil, BOa à Bourdon de roife, repréfentant du
peuple >,
(Le préfident de la commilfion invite le citoyen Verneuil
à remettre la pièce au citoyen Lecointe , fecrétaire de la
commiflion ). Verneuil la remet.
A 4
Sonthonax de
déclarer s'il eft auteur d'un écrit diftribué à la Convention
nationale & ayant
titre : cc Leégr-Felicité Sonthonax 3
commi[faire civil, BOa à Bourdon de roife, repréfentant du
peuple >,
(Le préfident de la commilfion invite le citoyen Verneuil
à remettre la pièce au citoyen Lecointe , fecrétaire de la
commiflion ). Verneuil la remet.
A 4 --- Page 10 ---
&
Sonthonax * Il me paroit, fans l'avoir lue,
eft
feétivement de inoi; je l'avone à quelques faures qu'elle
efpres; carilya eu des exemplaires tris-défechuens. d'imupretlion
thonax, Verneul: Vous allcz voir Far cet écrit avoué de
que ce méme Gauvin don: il vous fair un fi Sonéralage, a lépoque de l'incendie de la v.lle du
grand
encore daris cette ville.
Cap > étoit
(Hlit.)
Extrait de la Lettre de Sonthonax a Bourdon (de lOife
).
< Nons vous montrerons un Gauvin
cetreaffemblée coloniale, faifant efacerla > ex-préfident de
la loi, del'enceinre où elle tenoit fes
devife: Lan nation >
a prouver, par fon filence, cette infulre feances, à la & l'affemblee
Citoyens > pour vous prouver que Cadufch mépropale >.
été dénoncés à Polverel & Sonthonax lors de & leur Gauvin ont
je vous dirai que la commune du
dès le
arrivée >
avoit fait tnelifte oà tous. les mauvais Cap, citoyens éroient 14 octobre >
c'eft-à-dire ceux qui étoient violethment.
portés;
un grand nombre ont éré convaincus d'avoir fourçonnés, & dont
malheurs de la colonie. Je priole citoyen
coopéré aux
bi-n interpeller Sonthonax, de déciarer préfident s'il
de vouloit
pièce imprimée par Baillo.
reconnoit cette
Sonthonax : Je déclare qu'il y ent en effer une
primée par Baillo, conrenant les: nomsd des
lifte imcufoit d'avorprisparaue défaftre de S.J Domingue. peslennezqu'ionne Je
quecerrelifea été imprimécfans aucun
déclare
fansaucunzeip.ceder lignarure: que Tai rsecarlicommune bré
la commiffion, intrmédiaire,
obligé d'envoyerà
foire, quelle * foi
, pour favoir quel fond il falloit
-alles-ajovrerala hife
Quanr à moi, je ne peux reconnoirre comne imprimée' lifc par Bailio.
celle qui a 66 remife à la commiflion
légale que
a éré revêrue de L fignature du préfident inrermédiaire, & du
& qui
la co.rmiflion interme/taire.
fecrétaire de
Poiverdl: Te prie l citoyen préfident de
terpeller Verneul.de réponire à cette
vouloir bien.inque cette lifte. .me fut Picfentée pendant quefion. le
Prétend-il
fejour au Cap?
remps de mon
a 66 remife à la commiflion
légale que
a éré revêrue de L fignature du préfident inrermédiaire, & du
& qui
la co.rmiflion interme/taire.
fecrétaire de
Poiverdl: Te prie l citoyen préfident de
terpeller Verneul.de réponire à cette
vouloir bien.inque cette lifte. .me fut Picfentée pendant quefion. le
Prétend-il
fejour au Cap?
remps de mon --- Page 11 ---
-
Ferneuil.: Je réponds àu citoyen Polverel,que la lifta
manufcrite qui a été portée par la cominune à la fociéré
des Amis de la Convention > étoit revêtue de plus de joe
fignatures, , a été prélensée à Poiverel-&c Sonchonax, parce
qu'a Cette
Polverei n'étoit pas encore parri pour
le bas de la : c'cit pendant l'intervalle du 13 octobre
julqu'a fon départ.
Polverel : Point d'équivoque : je demande fi cette lifte
que vous produifez imprimée ,m'a été préfentée avant mon
départ du Cap.
Verneuil: Elle a été préfentée à Sonthonax.
Polverel : M'a-t-elle été préientée?
Verneuil: Vous éticz enfemble.
Polyerel: Prétendez-vous que j'étois encore au Cap quand
cette lifte ya été préfentée à Sonthonax 2
Duny : Les dates des aétes décideront.
Sonthonx: : Ily, a eu deux lifes, Iuneapportée par un
artroupement fous le nom de commune 5 alors Polverel éroit
encore au Cap. Quant à celle que Verneuil produit imprinée,
fans être revêtue de fignatures, & que j'avois renvoyée à la
commillion intermédinisc, alfichée depuis en forme de plale
cardi, cette lifte n'a été imprimée 3r publiée > gu'après
depart de mon collegue Polverel. Jedis donc que cerce lifte
imprimée par Baillo, réfuleat d'un tumulte dans une fociéré
populaires a été renvoyée
moi à la ccmmiflion intermédinire, pour y êrre RESRL La commillion intermédinire
me la renvoya par un arrèté en forme d'avis. Or,je ne puis
reconnoitre que celle qui fera revêtue des fignarures du préEdent & du lecréraire de la commillion intermédiaire, lielt
diaurant plus facile de ine la reprétencer, que je crois que
dans le temps elle a été renveyéo àPage & Brulley, alcss
commiffaires del'aflemblée coloniale; du moinsje' Muis fondé
à le croire, puifque Page & Brully en ont fait diveries
produétions dans ies bureaux du minittre de la marine.
Verneil: Ily a dans les archives de la commiftion.
Page: Permettéz que je réponde à Finterpeliation. J'obferverai qu'effechiventenr il nous a été envoyé une lifte
reille à celle qui doit être dans les archives; mais je ptie
E
commiffaires del'aflemblée coloniale; du moinsje' Muis fondé
à le croire, puifque Page & Brully en ont fait diveries
produétions dans ies bureaux du minittre de la marine.
Verneil: Ily a dans les archives de la commiftion.
Page: Permettéz que je réponde à Finterpeliation. J'obferverai qu'effechiventenr il nous a été envoyé une lifte
reille à celle qui doit être dans les archives; mais je ptie
E --- Page 12 ---
IO
couroitlànce citofen préfident d'interpeller Sonthonax de déclarer s'il a
par
que Gauvin, Juftal, Cadufch & autres nommés
Verneuil, étoient compris dans la lifte.
Sonthonax : Je ne me rappelle pas
y fût, mais je crois que Cadufch & Gauvin précifément que Juftal
Jen n'en demande
y étoient.
PAed Ileft donc clair pas davantage.
Gauvin ne font reftés au
maintenant que Cadufch &.
thonax, malgré les
Cap que parla proteétion de Sondemandoient à
réclamations de tous les citoyens qui
& les
grandscris quel'on éloignât tous, les
incendiaires de la partie françaile de
égorgeurs
Sonthonas vient de vous dire qu'il Increconnoit Saint-Domingue.
Eh'bien ! citoyens, > je vais
pas cette lifte.
vous dit cela, il vous en impole. vousprouver moi, > que > quand il
Commifion Nationale Civile, du 20 noyembre 1792.
< Vu: 1°; une lifte imprimée
publiée fous le nom de la commune par du Baillor le jeune , &c
noms de ceux qui font accufés d'être les Cap, > contenant les
de la colonie;
auteurs des maux
>> 2°. Norte
du
les membres de proclamarion la commiflion 1S de ce mois, portant que
s'expliquer dans trois jours far intermédinire la
feront tenus de
fonctionnaires publics infcrits fur queftion de favoir fi les
nom de la commune du
ladite lifte publiée fous le
peuple;
Cap, ont perdu la confiance du
3 3°. L'artéré de la commiflion
ce mois, en réponfe à l'article IVde intermédiaire, du 18 de
duquel il réfulte que ceux des
notredire proclamation,
les noms font infcrits fur ladite fonctionnzires lifte
publics donz
de la commune du
2 publiée fous-le nom
fiance de la colonie Cap, ont véritablement perdu la con-
",
Verneuil: Il faut vous ajouter que la commiflien
choifis médiaire, compofée de fix blancs & de fx hommcs dec couleur interpar Sonthonax &c
du 15 leur fut adreffée, Polverel, & leur lorfque la proclamarion
reconnoifloien:
enjoignit de déclarer s'ils
la lifte, le préfident pour mauvais ciroyens ceux qui étoient fur
&l'atiembice,aprcs) - Favoiresaminée,anre
Verneuil: Il faut vous ajouter que la commiflien
choifis médiaire, compofée de fix blancs & de fx hommcs dec couleur interpar Sonthonax &c
du 15 leur fut adreffée, Polverel, & leur lorfque la proclamarion
reconnoifloien:
enjoignit de déclarer s'ils
la lifte, le préfident pour mauvais ciroyens ceux qui étoient fur
&l'atiembice,aprcs) - Favoiresaminée,anre --- Page 13 ---
si
de cette lifte feroit fignée
le préfident;
tèrent que copie archives de la commitlion plAena &c
& dépofée aux
de
en produire aucune autre qui
je déne Sonthonax contorme pouvoir à celle-la, ou bien de prouver
ne fûr abfolument
celle-la imprimée; celle queje
quil en ait eu d'autres que femblable à celle qui a été
tiens I la main eft précilément foit dinsles quartiers; 2 dansles ports,
imprimée & diftibuée, foit aux Etats-Unis de VAmérique. &
de Saint-Domingue,
contefter fur la lifte, je
Sonthonax : Je ne, veux pas Comme fonctionnaire public,je
m'en vais vous le prouver. à aucune efpèce de lifte, à moins
n'ai jamais adhérer
les autorités conftituées : c'eft
qu'elle ne légalifée par à la commifion inrermédisire
pour cela
je Yai lifte renvoyée elt celle qui m'a été fournie par la
pour SRAtE cette
aulli des liftes dans mes archicommiflion Intermédiatre.T'ss le caradlère eft parfaitennent
ves, on en fera la comporaifon; chicanner fur ces liftes, felles
rellemblant: jeneprétends pas m'importe, > nous ne chicanfont conformes à la vérité; peu
Page & Brulley:
la-delluts
nerenspas. Dailleurs dans Jatinterpelle leurs archives.
elles doivent être
metere à votre aile en vous donnant
Senac: Je vais vous de la commiftion intermédiaire, du
eonnoiflance de l'arrêté
18 novembre 1792.
de
interméliaire de la partie frangaife
Arrêté de la commifion du lundi 19 novembre 1792.
Sain-Domingue,
Extrait de la féance du 18.
délibérant fur une lifte de
ec La commiflion intermédiaire, fous le nom de la commune du Cap,
profeription, publiée articles iV & V de l puoclanation
& fc conformant aux
M. le com.milfaire national en
faite le 15, de ce mois, par du Nord,"
réfidence dans la partie
>> Déclare en confiquence :
dont les noins font
>1". Que les fonationnaires il
publics ont efiectivement pérdu
inferits fur la lifte dont confianee s'agit,
parla manière
ou mérié de perdre la les uns, henal leurs
mnilitaires,
dont ils ont rempli,
articles iV & V de l puoclanation
& fc conformant aux
M. le com.milfaire national en
faite le 15, de ce mois, par du Nord,"
réfidence dans la partie
>> Déclare en confiquence :
dont les noins font
>1". Que les fonationnaires il
publics ont efiectivement pérdu
inferits fur la lifte dont confianee s'agit,
parla manière
ou mérié de perdre la les uns, henal leurs
mnilitaires,
dont ils ont rempli, --- Page 14 ---
judicisires &
I2
afalomblt. coloninls, adminibratives, les autres, celles de
manreuvres
enypetpeasnt
éroient chatgés combuiées de
> les maux de ehanan la
députés pardes
9.20, Que MM. defandres
colonie
invirés à prendre lcs cotainiftires
qu'ils
rons coavenables, cenrenx toures les narionanx mcfures civils font
retarder pluts
pour les mertre
qu'ils jugegénerale dans ietssimps la
le
de
s
3".
eolonie: retabiffenicnt oiineidt de lafera fiere Qu'un exemplaite
tranquillité
ves porr refter par le préfiden: imprimé da la fcance, de la lifte dont il
nom
de la colonie annexé à la préfenie
dépofé aux s'agit, archicommune du
enticre elle vête dsdlanation. des
&
fair fuccéder à Cap, la à railen de
remnercimens qu'au à la
fois Timpulion de toibl-fle avec l'énergie qu'elle a enfin
les auteurs des
cetix qu'elle laquelle clle a fuivi
35 4Ocenim maux de
dénonce fjudienecnr comie autredes
Detel ;
doia Anagces, étte
eft ERRRANn
tégé &, au contr.ire RERERE pailibslement dans cetie dindetneénéral iifte,
farvilines encouragé dos dans l'exercice de maintenu, fes
méme aqu'il
de
repréfentans de la
fonchions, fous
t
"s". OAEReTSIE
colonie, quant aux
& M. le Erentin, que MM: les comtiffaires
actes
commiflion wemeraineral font
à
narioneax-ciuils
leur
insermétnaites
inflamment les
priés, par la
>
dipofition,
d'emuploner
mont à rendre fans pour contraindre MM, noyens qui fent
aux termes des arrêtés délai les compres dont Proyf ils & Chauloniale, clare
T'effet de quoi, pris la à ce furjet par
fon: rentis,
bles meitre fous_la
conmition
Taffemblée coen retard:
fauve-gande del la leices intermédiuire deux
déà M, wArrève. Io que la préfenre déelacazion
comprapartie du commillaire nord,
national-civil en fera de faite remife
millaires nationaus-cbail envoyée oflieiellenens à réfidence MM. dans la
T'oueft, oi
écsen outre, impriméc, en réfidence dans la les comdamparnioneste Cetalié
pabliée & aflichée partie de
conforne à ce qui ia été lu en la
par-tout
féance des dé-
Arrève. Io que la préfenre déelacazion
comprapartie du commillaire nord,
national-civil en fera de faite remife
millaires nationaus-cbail envoyée oflieiellenens à réfidence MM. dans la
T'oueft, oi
écsen outre, impriméc, en réfidence dans la les comdamparnioneste Cetalié
pabliée & aflichée partie de
conforne à ce qui ia été lu en la
par-tout
féance des dé- --- Page 15 ---
-
bats du 22 pluviole, an troifième de la
& indivitible.
République une
Signe, THoMAS MrLer & BRULLEY.
Verneail: Je conrinue la lecture de la proclamation de
Sontuonax. (il la li:):
( Conlidérant que dans les circonftances
(e, trouvent les citoyens de la Farrie françuife de criciques od
mingue, il y. auroit
derlailler Same-Do plus
temps en plice les
longpublics > conaus
B
dénoncés pour leur haine invé: erée aux principes de
&
volution tançaile 5 qu'il eft d'ailleers' du devoir de larémes fonctionuaires publi:s de fubir Yoftraciime
ces meimpofe, puique lear prélence ne pourroit que qu'on fervir leur de
prétexte à la proloagation des troubles de la
>> Contidérant que les fimples ciroyens infcri.s colonie fur ; ladito
lifte,, qui vivent pailiblement & éloignés de toute efpèce
d'intrigues conprexevelationaies. fceux qui, étrangers aux
complots qui fe font tramés aSaint-Marc, aux
& dans le cordon de Foueft, fe foumertént fans Gonaivres
au joug de la loi, doivent étre protégés par ceux murmure cn
les organes;
qui
font
>> Qu'ils ne peuvent être troublés dans l'exercice des droits
fociauc, ou pourtuivis
les autorités conftituées,
d'après des faits fondés Rr des preuves légales.
que
Ciroyens, vous voyez, par la prociamation de
gu'il avoir formellement promis, > ( ece n'ett pas la Sonthonax,
fois,je vais le prouver tout-a-Fheure, 2
premnière
France,& de contraindre ceux qui froien: d'embarquer déligncs pour
ciroyens connus auteurs des délaftres de
parles
à quitter la colonie. L'a-t-il Faic? Nen, Suns-iioutinge, le
ragraphe adrefié à Bourdon delOife, dontjo puifqur viens par dev vous padonner leéture, il reconnoit que Ganvin éroit encore [au
Cap lois de l'incendie de cette ville, qui atziva lesojuin
1793.
Pourrez -vous bien croire, citppens, que d'aprds cetie
connus auteurs des délaftres de
parles
à quitter la colonie. L'a-t-il Faic? Nen, Suns-iioutinge, le
ragraphe adrefié à Bourdon delOife, dontjo puifqur viens par dev vous padonner leéture, il reconnoit que Ganvin éroit encore [au
Cap lois de l'incendie de cette ville, qui atziva lesojuin
1793.
Pourrez -vous bien croire, citppens, que d'aprds cetie --- Page 16 ---
promeffe, il edt laperfidie de rendre une autre
tion, le lendemain 21, qui atténue celle dont vous proclama- venez
d'enrendre la lecture?
Sonrhonax: J'obferve que les colons font
hors de la queftion; on reviendra fur ce dont perpétucllement ils
il s'agit feulement de prouver aujourd'hui
parlent :
n'a pas porré la cocarde noire, &c qu'il n'a pas que effacé Gauvin les
mots, la nation, la loi.
Senac : Sonthonax a accufé les colons de n'avoir
aflafliné Gauvin, parce qu'il avoit effacé la légende; point nous
prouvons à Sonthonax que lui-menme, loin de lavoir
fuivi lorfque nous le lui avons déroncé, & nous ne pourvions faire que cela à moins que de commettre
nous lui prouvons ,
taatadtr
dis-je, qu'il a accordé une
ouverte à Gauvin & Cadufch. Pour rerorquer les prorection faits
la conduite de Sonthonax, il faut que nous lifions leuts &
actes, afin de ne pas laiffer former des imprefions défavorables aux colons.
Thcmas Milet lit la proclamation fuivante :
Proclamation de, Sonzhonax, 3 du 21 novembre 1792.
cc Déclarons les membres de la ci-devant affemblée coloniale, infcrits far la lifte publiée fous le nom de la
du Cap, inviolables pour leurs opinions :
commune
>> En conféquence, ceux qai ne fe trouvent
les raflemblemens de Gonaives & de
point dans
mis par ces préfentes' fous la fauve-garde Saint-Marc, de la)
font
invitation aux municipalirés de furveiller leur conduite.s loi, avec
Verneuil : Polverel m'a dcmandé rout-à-Theure de répondre cathégoriquement, fi je pouvois prouver
eût
connoiffance de cette lefte.
qu'il
Gui, je vais le prouver par une proclamation de- Polverel, Sonthionax k Ailhaud, du 27 ocobre 1792.
Ii la lit:
6 Maisen vous promettant, fous cemnenenera@gon@bilité,
)
font
invitation aux municipalirés de furveiller leur conduite.s loi, avec
Verneuil : Polverel m'a dcmandé rout-à-Theure de répondre cathégoriquement, fi je pouvois prouver
eût
connoiffance de cette lefte.
qu'il
Gui, je vais le prouver par une proclamation de- Polverel, Sonthionax k Ailhaud, du 27 ocobre 1792.
Ii la lit:
6 Maisen vous promettant, fous cemnenenera@gon@bilité, --- Page 17 ---
IS
d'accueillir toutes les réclamations, toutes les dénonciarions
nous (eront faites contre tous les agens du pouvoir éxéqui cutif, contre tous les fonctionnaires publics; : 3 de fuivre la
vérification & de préparer la punition de tous les délits
nous (eront dénoncés, avec toute l'activité & l'impor
qui tialité dont Phomme eft capable : citoyens, > nous vous en
conjurons pour votre propre intérèt > que des agitations de
des
,
des voies
Fhe
pulaires, que
arreftations illégales que
les
que des menaces ne forcent plus les négocians cailles s
à déferter la colone > à potter leurs
2bten
priétaires moyens de toute elpèce dans desterres étrangères; qu'elles
ie
& l'adminiftration, par
ne paralyfent plus gouvernemen:
la frayeur & le découragemenr umanpasiarinats leur pofte dans un
ou qui les forceroient à abandonner & T'embarras des
moment où le vuide de la cailfe publique
finances exigent plus que jamais leur préfence & leur conles reffources & les facilités
cours > pour ne pas déroumer le commerce
feules nous
que leurs relations avec
peuvent
procurer, & qui feront nécellairement interceptées > s'ils
ceffent d'être inveftis de la confiance publique >.
deD'après la lecture que vous venez d'entendre, vous
Polverel Sonthonax & Ailhaud provez reinarquer qule
feront faites contre
mettent que toutes les dénonciations qui tous les fonctionles agens du pouvoir exécutif & contre
feron: forcés de
naires publics feront accueillies, & qu'ils
quitter la colonie; mais vous voyez qu'ils demnandent grace
les négocians, & pourquoi ? c'eft que les négocians
pour avoient des caifles qui excitcient leur convcitife, & cette
convoitife n'a
été trompée 5 car lors de l'incendie de la
ville du Cap, " ont puilé dans ces caifles, & s'en font
Je demanderai à Sonthonax : Comment fe fait-il
emparés.
fouffert ce même Gauvin dont nous deque vous ayez jour l'expulfion, qui étoit à la tête des
mandions volontaires chaque du Cap, connus à Saint-Demingue fous le nom
de pompo-s blancs, & qu'il commandoit encore à lépoque
de Tincendie du Cap ?
Je crois avoir prouvé jufqu'à lévidence que vous
à St. Domingue. Il ReUE
tégiez les come-revelutsmntines double front,
nous demander pourque vous ayez un
pour
Gauvin &c
quoi nous navons pas mis à mcrt Cadufch,
qui étoit à la tête des
mandions volontaires chaque du Cap, connus à Saint-Demingue fous le nom
de pompo-s blancs, & qu'il commandoit encore à lépoque
de Tincendie du Cap ?
Je crois avoir prouvé jufqu'à lévidence que vous
à St. Domingue. Il ReUE
tégiez les come-revelutsmntines double front,
nous demander pourque vous ayez un
pour
Gauvin &c
quoi nous navons pas mis à mcrt Cadufch, --- Page 18 ---
tous ceux qui font portés fer cette lifte, tandis
qui aviez l'autorité en main, les avez
que vous
nialgré ncs follicitauens journalicres. fpécialement prorégés,
Je palle à un autre article. Son:honax vous a dit
commiflaires de rade n'avoient 616 inftitués
que les
poufler ceux qui venoient de Francc dans la que pour regu'iis y propageoient les principes de liberté colonic, &
, parce
ilappuie cette alfertion fur une péticion qui fut d'égalié; ;
par les détenus dans la ville du Cap à la
adrefiée
tionale. Sonthonax a veulu détruire l'arrêté Convention de la
napaiité, du 31 décembre 1792, en difant
é.oit municivrage, & SagraimupunAcare qu'il
fon oupuilqu'ils étoient iunis de paffe-ports. Je ferai Pas des émigrés,
ma réponfe,
court dans
Si les commiffaires de rade, inflitués bien
avant fon arrivée > & qui étoient encore en long fonctions - temps
quand je fus enlevé de mon domicile par les fatellires de
Sonthorese les
le 6 décembre 1792 (& ces fatellires étoient
lons; dragons d'Ortéans), euffent été les infirumens des' cofi, au lieu d'arrèter & de faire conduire a la municipalité des hommes fans aveu, des
voyés par Ia faction anglaife pour précher deforganifarcurs le meurtre enFallatlinat, & feconder vos attentats; fi,
ils
&
font attachés qu'a vexer des patriotes,
dis-je,
ne fe
avez deftitué toutes les autorités
pourquoi vous, qui
propre volonté
conflituccs, qui, de votre
créazures,
3 avez rempli tous les tribunaux de VOS
avez donné les places ies plus
qui vousétoient dévoués; pourquoi vous, qui merquantesàceux
ici avec autant d'impudence pour les amis de vous annoncez
ne les avez-vous pas caflés, puifque VCS defirs Thumanité, feuls
des ordres qui bouleverloient tour fans obfacte ? étoient
dans un temps oà la colonie étoit entourée
Quoi !
lc nombre de ceux qu'eile avoit dans fon fein d'ennemis, oit
chaque jour par les foins infatigables de ceux qui augmentoit en France
vouloient, de la
speravokriaicéocrters toute la population blanche
colonic, la livrer enfuite à
arrivé. Vous voudriez aujourd'hui Lansieserre, ce qui eft
cette fage melure, tondis
vous efforcer de blancr
noins orageux fans doure qu'en France > dans des temps
pouvcir nuire à la chofe V peblique tout individa étoiz foupconné de
emprifenné à
T'inftant
vouloient, de la
speravokriaicéocrters toute la population blanche
colonic, la livrer enfuite à
arrivé. Vous voudriez aujourd'hui Lansieserre, ce qui eft
cette fage melure, tondis
vous efforcer de blancr
noins orageux fans doure qu'en France > dans des temps
pouvcir nuire à la chofe V peblique tout individa étoiz foupconné de
emprifenné à
T'inftant --- Page 19 ---
l'inftant même. Cerresfi la municipalité du Cap a fait.
une faute, ce n'eft pas d'avoir pris ces fages précautions,
mais c'eft de ne les avoir pas fait exécuter avec toute la
vigilance que les circonftances malheureufes où (e trouvoir la
colonie fembloient impérieufement commander. Quant à
T'arrêté de la municipalité du Cap, il eft faux qu'il- foit
votre ouvrage;. a cette époque la population blanche étoit
aflez confidérable pour vous forcerà des mefures fages; alors
vous ne vous ferviez encore que de la rufe pour entraver
les mefures fages qu'elle prencit. Nous ferons voir que depuis long-temps les émigrés fe rendcient à Saint-Domingue
déguifés fous toutes les formes 5 vous en êtes convenus
vous-mèmes. Nous favions qu'un rafemblamentsen formoit
à Montechrift; la foriété des Amis de la Convention en a
manifefté plus d'une fois fes cfaintes à Sonthonax, ce que
je prouve par fon arrêté du 2 novembre 1792, qui lui fuc
porté par moi-même > & la réponfe faite à cette million
par ce dictateur.
Annales patriotiques, feance du 2 novembre 1792.
Le préfident : Cette pilce eft étrangère aux débats.
Verneuil : Vous allez voir quelles font les précautions
Sonthonax a priles pour défendre la colonie 3 il n'en a que
aucune.
Dans ce moment-cicela ne paroit rien, mais nous pris
y reviendrons. Voici le réfumé de l'atlemblée qui envoie des
commillaires a Sonthonax:
Il lit :
es M. Verneuil demande la parole , & dit:
>> Mr SSIE U R S >
32 J'ai eu T'honneur de vous faire part, dans la féance
d'avant-hier. > qu'il fefait un raffemblement d'émigrés à Monrechrift; je vous ai préfenté le danger oà-fe trouyoit la cOlonie, , & les précautions qui lui reftoient à prendre. J'infifte aujourd'hui fur le même rapport, & je prie la Ho
Tome II. Onzième liyraifon.
B
la parole , & dit:
>> Mr SSIE U R S >
32 J'ai eu T'honneur de vous faire part, dans la féance
d'avant-hier. > qu'il fefait un raffemblement d'émigrés à Monrechrift; je vous ai préfenté le danger oà-fe trouyoit la cOlonie, , & les précautions qui lui reftoient à prendre. J'infifte aujourd'hui fur le même rapport, & je prie la Ho
Tome II. Onzième liyraifon.
B --- Page 20 ---
ciété de prendre dans la plus grande confidération un objet
qui, fuivant moi, eft de la plus grande importance. dontils attendent
>> Si les traîtres n'avoient un but choili perfide
leur raffemun fuccès inévitable, auroient-ils
pour
blement un lieu vcilin de nos polfellions : augmenteroient efils chaque jour le nombre de leurs profelytes 2 Si leur
étoit détruit, formeroient-ils, au milieu de cette fopoir ciété naiflante, ces cabales concertées qui n'ont d'autre but
fon anéantiflemenr, parce qu'elle peut nuire à leurs
ptojets que ? La rage d'avoir échoué ne leur fait pas fur aban- des
donner leurs abominables inttigues; ils comptent
moyens qui font d'autant plus sûrs qu'ils les croient & leur impé- fait
nétrables. Notre apathie a doublé leur audace, endormis
elpérer
3 pour nous tenir quelque leur temps encore
&
fur le Rond de l'abime, il ne
faut qu'adreffe
conftance.
chefs
-
fommes débarraffesd'une partie des
>> Nous horde nous fcélérate maisle nombre de ceux
reftent
de cette
5 combiné avec les forces 2 dehors,
encore dans la colonie,
faire naitre notre inquiérede :
n'eft-il pas affez grand pour
notre
La puiliance momentanée de ceux qui avoient juré mefentière deftruction eft-elle abattue fans retour ? Ncn,
fieurs. Ne nous abufons point 5 l'aétive méchanceté, qui
nous fuit, nous entoure; allife au mine lieu fomumeillejsmais, de nous, elle prend part à nos délibérations 2 &c calenle, dans l'ombre & le filence, le moment où elle peut
frapper un coup certain.
& déconcerter leurs
,
>> Pour (e tenir en mefure
projets &c
je réTtère la propopolinion que je vous ai déja faite, >
demande que lé Cap foit mis, dans le plus court délai,
en état de défente, en armant toutes les batteries,
nifant des
néceffaires; que les forts de Saint
ER
du Picolet grilles & du Grigri foient garnis de mortiers, que les
boinbes & les artirails néceffaires pour leur (ervice yfojent
portés, & que l'on prenne pour cette ville. les précautions
les Fius impofanies. forces navales
font dans cette rade
>) Tant que les
celles de qui terre toujours en érat d'ay.efiront ville feconléespar n'a rien a,crnindre du dehorss, mais il eft
gir,cene dat.s cerre colonie des points bien plus effenticls ad défendre
que les
boinbes & les artirails néceffaires pour leur (ervice yfojent
portés, & que l'on prenne pour cette ville. les précautions
les Fius impofanies. forces navales
font dans cette rade
>) Tant que les
celles de qui terre toujours en érat d'ay.efiront ville feconléespar n'a rien a,crnindre du dehorss, mais il eft
gir,cene dat.s cerre colonie des points bien plus effenticls ad défendre --- Page 21 ---
1g
qui échappent à votre prévoyance 2 &
vent caufer la ruine entière de
qui, négligés, peu
>> Le Mole, confidéré de tout Saint-Domingue. temps en
le Gibraltar de
France comme
feu, du calibre Saint-Domingue, de 24, & de armé de I20 bouches à
dont la polition eft telle que des 24 vaiffeaux mortiers de12 pouces >
feroiente en poilellion, nous couperoient toute ennemis, qui en
avec le refte de la colonie > prorégeroit
communication
volte des efclaves, & feroir un obftacle infinimen: la, réfaire rentrer dans le devoir les nègres du infurmontable quarrier de pour
Rabel, du Port-à-Piment, Terre-Neuve, du Mouftick Jean
Gros-Morne; la garnifon qui
trouve en ce moment &du eft
foible, & eft au dévouement' 2 fancion
Les officiers qui y commandent > placés par pouvoir M. exécutif.
lande, font imbusde fes principes ; & le
Blanchearbitraire continue d'y êrre exércé. Au milieu defporifine de le
dangers, nous croyons faire
tant
Pa
mide furveillance à ce qui nous benucoup entoure en bornant notre ti-
>> L'impoflibilité oà font les émigrés immédiatement, de
rentrer en France, > Je mal-être qu'ils
Coblentz de
terre étrangère, le projet formé & connu éprouvent de
dans une
nos poffeltions, le raffemblement qui fe fait à semparer de I
& dont le nombre devient de jour en
Mencchaif,
ne doit-il pas nous faire trembler : Une jour plus impofanr,
a contribué à augmenter nos maux, peillance & s'eft voifine
Te partie de nos dépouilles, ou une de celles enichie
contre nous, ne peut-elle pas Jeur préter les
fodérées
ils ont befoin ? Et avec ce fecours le Molé ne vaifleaux dont
à leur difpofition ?
fera-t-il I pas
>5 Il eft inftant, meflieurs, que la garnifon
foir relevée, qu'elle foit augmentée, &
guisy rrouve
troupes don: la religion foit
que remplacée les
Par des
foient d'un patriotifme à toute formne,
chefs fur-tour
feu y foient en état, les provifions épreuvé, de que les bouches à
& que les mefures les plus fages & les plus guerre aboridantes >'
employées
conferver à la colonie Lli2 prompres aufli foient
>
portant & Feute lequel l'efpoir de recouvrer polte
imeft à jamais perdu, La ville du Port-au-Prince nos poflellions
ment fe tenir fur fes gardes, non que fa
doit égaleles mêmes avantages aux ennemis que celle pofirion dont prélente
je viens
B 2
les mefures les plus fages & les plus guerre aboridantes >'
employées
conferver à la colonie Lli2 prompres aufli foient
>
portant & Feute lequel l'efpoir de recouvrer polte
imeft à jamais perdu, La ville du Port-au-Prince nos poflellions
ment fe tenir fur fes gardes, non que fa
doit égaleles mêmes avantages aux ennemis que celle pofirion dont prélente
je viens
B 2 --- Page 22 ---
de parler > mais parce que je la confidère comme une des
clefs de cette colonie, & que cette précaution me paroit
indifpenfable.
de
tous ceux qui
7) Redoublons, smeficurs, furveillance; que
fe rendront indifterens à la choiep pablique foicnt jugés coupabies; & sil eit vrai que, lorique Verat eiten danger, ,la
défance foic une vertu; i, mife en adtion, elic eft un titre
à la reconnoifance; donnons fans hétirer la couronne civique au ciroyen vigilane qui aura aflez de courage pour
dénoncer le traitre & la trahifon. Reconncillons enfin cette
vérité de circonftance, qui fera fentio fans doute de tous
Ou'il n'éft d'hommes dignes d'être
ceux qui m'enendent:
ae
vus que ceux qui ne craignent pas de'e moncrer. ne
2> Sechez que les demi-mefures que nous prenons peuaucun avantage récl, & ne font quetendre
vent produire
terrible : fachez que c'oft être méchant
notre pofition plus de mentrer de la commiferation pour ceux
foi-même que
tels,
qu'incapables de repentir,
qui font reconnus pour
active, parce
Que
leur haine en devient plus
plus prévoyante. ne
les aétes de bienfaifance qu'ils fe permettent quelquefois
c'eit le poifon narcorique avec lequel
nous en impofent la pas;
de votre vigilance > &c qui vous
ils endorment
fagacité
de leur trahifon. Loin de
expofera fans défenle aux coups
fantôme de
nous cette timidité craintive qui nous fait immédiate un
de tous
notre ombre, & qui eft la caufe la plus
nos maux!
avoir difcuté & mûrement examiné
>> La fociété,, fages après qui venoient de lui èrre préfentécs, &c
les combien précautions il étoit inftant d'en donner connoilfance à ceux
le falut de la colonie eft confié, a arrêté qu'il fera
à qui
moment même fix commilfaires pris dans fon
nommé au fe rendre auprès de M. Sonihonax le commiffein faire pour, civil, & le prier de pefer dans fa fagelle:
il eft inffant que la ville du Cap foit mife
>> 1°. Combien de défenfe, afin d'être préparée à touts les évéen état
nemens.
Mole,
par fa pofition, exige
pour
> 2°. Que le ville qui, & ôter aux ennemis de cette que, eelonie
s'affitrer la de. France cette les moyens de s'en rendre maitres, la gar-
& xifon de foit remplacée par des troupes patriotiques > qu' 'elle
ffant que la ville du Cap foit mife
>> 1°. Combien de défenfe, afin d'être préparée à touts les évéen état
nemens.
Mole,
par fa pofition, exige
pour
> 2°. Que le ville qui, & ôter aux ennemis de cette que, eelonie
s'affitrer la de. France cette les moyens de s'en rendre maitres, la gar-
& xifon de foit remplacée par des troupes patriotiques > qu' 'elle --- Page 23 ---
foit augmentée , & que le commandement en foit donné à
des hommes uniquement occupés du bien de la chofe > &
d'un, parriotifme à toute épreuve.
>> MM. les commiflaires chargés de cette million, après
s'en êre acquirtés, > rentrèrent au fein de la fociété, & lui
rendirent compte que M. Sonthonax les avoitaffurés qu'il
noirdans la plus grande confidération la ville du Cap,& Rea
alloit cn conférer à l'inftant même avec M. Ro:hambeau,
gouverneur géneral;
>> Que les precautions pour la ville du Mole fe rencontroien: parfairement avec celles déja prifes, & quilui étoient
prétentées parles.Amis dela Convention nationale; que toutes
les troupes & rous les chefs qui s'y, trouvcient dans ce moment, alluient être remplacés par des gardes nationales, &
que l'on accorderoit aux habitans une telle luicude, qu'ils
ne pourroient en aucune façon par la fuire être vexés par
le militzire.
>> M. le commilfuire civil remercia la fociété du zèle
qu'elle mon roit pour la chofe publique > l'engagea à continuer fa furveillance, & l'alfura que la France ne verroit
pas d'un ail indifférent combien fes foins avoient été utiles
à cette colonie. .>
D'après ce que vous venez d'entendre, vous trouverez
fans doute étrange qu'e lépoque oà j'ai quitré la colonie,
le 7 décembre 1792, ilny eût aucun pole en état de défenfe, malgré les repréfentations qui furent faites, non pas
une fois, cat Jérois chargé prefque toujours d'aller chez
Sonthonax, c'éroit toujours moi qui portois la parole, &
je jure ici, fur mon! honneur, que j'ai dic vingt fois àSonthonax qu'il éroit affreux qu'on n'eûr pris aucune mefure
pour mettre en état de défenfe, ioit le Mole, foit la ville
du Cap; foit lesaucres endreits qui en étoient fufceptibles.
Dany : J'ajou 1e que les habitans du Moleavoient envoyé
dépurations à Sonthonax, à l'effet de réclamer le
LELN des officiers quigommandoient au Mole, pour
empécher les maux qui depuis fon: arrivés.
Claufor : J'obferve, citoyens, que la difcuflion qui vient
d'avoir lieu el relative aux commiffaires de rade, .
-
Mon collègue a parfaitement détruit les affertions de Sonthonax. J'ajoute que legreproché d'avoir établi des inquitiB 3
épurations à Sonthonax, à l'effet de réclamer le
LELN des officiers quigommandoient au Mole, pour
empécher les maux qui depuis fon: arrivés.
Claufor : J'obferve, citoyens, que la difcuflion qui vient
d'avoir lieu el relative aux commiffaires de rade, .
-
Mon collègue a parfaitement détruit les affertions de Sonthonax. J'ajoute que legreproché d'avoir établi des inquitiB 3 --- Page 24 ---
tions & créé des commifaires de rades eft d'autant
ridicule, Sonthonax qu'après l'incendie du, Cap, fous les
de
lui-méme,
rtplat
Sonthonax: J'obferve ilyen avoit encore.
noient demander qu'on le que mit les patriores du Mole qui vea
livré le Mole aux Anglais,
en défenfe, font ceux quiont
Verneuil:Je réponds. Vous voyez qu'àla fin d'oétobre
1792, c'eft-à-dire, fix femaines après l'artivée de
quelles étoient les follicitations de tous les bons Sonthonax,
pour faire meitre les places en état; & certes qui patriotes de vous
pourra s'imaginer que ces mêmes hommes font ceux
ont livré les colonies à TAngleterre, qui demandoient qui à
grands cris que toutes les fortifications fuffent mifes fur le
pied de défenfe? S'ils fullent reftés à
&
qu'ils n'euffentpas été victimes de la fcélérateffe Saint-Domingne, de
&
Polverel'
Sonthonax 3 jamais, commeje vous l'aidir
la colonie n'eir été livrée à 'Angleterre, tout-à-Theure,
Z1 Brulley: eft
: C'elt par fuire de ce que vient de dire Verneuil.
un fait bien important qu'il a paffs fous
doute fon intention étcit Gu un de nous le dit, filence; Je
fans
cocardes & des écharpes; c'eft àl'occafion de Cadufch. parle des
devez vous rappeler que c'eft un des faits les
Vous
cirés par Polverel & Sonthonaz contre les affemblées plus graves coloniales; ce fairs dis-je, étoit relatif aux cocardes & aux
écharpes, & on en a tiré la conféçuence
ce
doit à ce fyfème d'indépendance dont Sonthonax que
figne tenles deux aflemblées répréfentatives
la cclonie. a accufé fes expreflions à ce fujet, &c je crois-ne de m'être J'ai copié
Scnthonax vous-a dit que les cocardes noires pas ont trompé: été arborées; il s'eft fervi de cette exprefion-là. Verneuil vient de
dire, & toute la colonie conviendra que Cadufchi eftl le feul
qui ait eu cette audace, lorique l'affemblée n'étoit encore
qu'un comité général, lorique ceux qui étoient dévoués au
gouvernenenr s'étoient empreffes de venir fe réunir à l'affemblée, lorfque la tres-grande majorité de l'aflemblée manquoir encore, Cadufch a eu T'audace d'arborer la cocarde
noire & un panache qui lui avoit été donné
la femme
de Blanchelande; mais Cadufch eft le feul qui par ait eu cette
audace 5 mais cette audace a été réprimée par une dénonElation formelle: & parquil la dénonciation a-t-elle été faire?
es de venir fe réunir à l'affemblée, lorfque la tres-grande majorité de l'aflemblée manquoir encore, Cadufch a eu T'audace d'arborer la cocarde
noire & un panache qui lui avoit été donné
la femme
de Blanchelande; mais Cadufch eft le feul qui par ait eu cette
audace 5 mais cette audace a été réprimée par une dénonElation formelle: & parquil la dénonciation a-t-elle été faire? --- Page 25 ---
e'eft précifément par un de ceux que l'on accufe de l'avoit
proveefes par nure collègue Page. Depuis, citeyens, on a
glillé lurl'article de cette cocaide; mais on vous a dit
avoir été convertie en écharpe noire, toujours dans
RSe
tion de porter les couleurs anglaifes, d'annoncer l'averlion
que les allemblées coloniales avoient pourla Francc. Eh bien!
citoyens > vous allez voir tout-à-Theure, par un arrêté de
lallemblée coloniale même, pourquoi cette echarpe avoit
été adoptée; vous allez y. voir que, > loin qu'on cût l'intention de prendre cette couleur qui annonce celle de I'Angleterre, ces écharpes, qui n'étcient que des crèpes,, étcicnt
un figne de ralliement que chaque membre de T'affemblée avoit
adopté pour fe reconnoitre dans le cas oû ils auroient beloin
de fe méler aux défenfeurs de la ville du Cap, qui au commencement de la révolte étoit chaque jour menac e de l'invafion. Je pourrois me borner à demender la lecture de cet
arrêté, > il répondroit victorieufement à Sonthonax; mais
comme'il a tiré des confequences de ces écharpes noires,
je lc fuivrai dans ces conféquences, & je dérruirai, jufqu'au
moindre foupçon, celles quil a voulu en tirer.
(On lit l'arrêté fuivant. )
e
Arrêté de l'affemblée coloniale, du 28 aoit 1791.
nécelfaire
ce Sur la motion faite par un membre qu'il eft
de donner aux repréfentans de Saint-Domingue une marque
diftinétive, pour qu'ils foient recomus & puiffent fe reconnoitre entre eux dans le tumulre des armes où ils font décidés de s'engnger dans un cas d'attaque, tant pour'partager
les périls des citoyens que pour animer leur zèle & conferver l'ordre:
3, L'allemblée générale de la partie françaife de SaintDomingue, confidérant que, file befoin devenoit preffant,
elle cefieroit de délibérer > pour agir;
79 Confidérant cue l'ordre dans les attaques augmente la
force;
>2 Confidérant que des individus épars n'offrent fouvent
que les effets d'un courage férile, tandis que, réunis en
B 4
animer leur zèle & conferver l'ordre:
3, L'allemblée générale de la partie françaife de SaintDomingue, confidérant que, file befoin devenoit preffant,
elle cefieroit de délibérer > pour agir;
79 Confidérant cue l'ordre dans les attaques augmente la
force;
>2 Confidérant que des individus épars n'offrent fouvent
que les effets d'un courage férile, tandis que, réunis en
B 4 --- Page 26 ---
24.
coips, ils
oppofer une, réfiftance vidtorieufe, furtout quand TeARcar font pénérrés, comme l'eft l'aflemblée générale,, de ja réloiution de mourir plurôt que de
la
place à un enncmi méprifable;
quitter
33 Confidérant que les fignes extérieurs font néceffaires pour
fe reconnoitre & fe rallier;
s> Confidérant que lel figne difinéif de laffemblée
rale de la parcie françalle de Saint-Doningue efe celui géné- qui
rappellera à tous la douleur dont fon ceeur eft pénétré dans
ces circonftances défaftreufes;
>> Confidérant que l'affimbiée provinciale da Norda a
noncé le même voou qu: Laffemnsblée ginérale, dans fon
même en lui
proteftant qu'elie fe joindroit a elle dans un cas
d'attaque;
3> Confidérant que ladite affemblée provinciale confervetoit, méme dans Fattaque, fes fonétions
& quil eft néceffaire qu'elle ait une marque d'admimifiration, diftinétive 8c
particulière, a arrété & arréte:
>> 1°. Quo chacun des membres de l'affemblée générale
portera en féance & fous les armes une écharpe de crépe
noir;
5) 20. Que chacun des membres de T'alfemblée provinciale
portera dans les mêmes circonflances une
image du fang dont leur territoire eft arroil; écharpe rouge 3
w3o. Que le préfident de Taifemblée générale
I choifi par les deux gllemblées, pour diriger & établir ayant l'ordre été
dans le cas de leur réunion, 2 portera une écharpe noire &
rouje, afin qu'il foit reconmu & qu'on obéiffe à
>>
: Le préfent avrété n'aura lieu que pendant le fa voix.
que carera l'érar de guerre cà nous nous trouvens, & temps fera
norifié aux aflemblées provinciales pour être'l lu, pablié &
affiché par-tour ou beloin fera 9).
Vous venez de T'entendte, citoyens; vous voyez quels ont
6é les motifs du figne de ralliement que chaque membre
de T'aflemblée coloniale portoit; vous voyez que c'étcic une
margue de deril; & il faut avoir bien envie de,prèter de
mauvaifes irtenticns pour donner à une écharpe Otl
u ne autre idée que celle de repréfenrer le deuil, dont crèpe
a
epe toujours été regardé comme l'embième. JLéroit ré- la
"farid a Sontlionnx de donner au crèpe une autre interpré-
que chaque membre
de T'aflemblée coloniale portoit; vous voyez que c'étcic une
margue de deril; & il faut avoir bien envie de,prèter de
mauvaifes irtenticns pour donner à une écharpe Otl
u ne autre idée que celle de repréfenrer le deuil, dont crèpe
a
epe toujours été regardé comme l'embième. JLéroit ré- la
"farid a Sontlionnx de donner au crèpe une autre interpré- --- Page 27 ---
tation. Que devient, maintenant l'accufarion que Sonthonar
a faite avec tant d'emphafe 2
Sonthonax : Je pric le préfident d'interpeller G lesé échatpes
noires de l'aflemblée, appelées du crèpe dans T'arrété, n'onc
pas été des écharges de foie, & s'il n'eft pas à fa connoiffance que tous les membres del'aflemblée coloniale ont poité
dçs écharpes de foie.
Brulley : Comme je ne fais arrivé à laffemblée qu'au mois
de mai, j'ai trouvé des écharpes de foie; je laille à mon
collègue Page, qui y étoit avant moi, à dire ce qu'il fait.
Page : Tant qu'on a trouvé du crèpe, On en a porté, j'en
ai porté moi-même; quand il a été ufe, comme mes collègues,
j'ai été forcé de porter de la foie : mes collegues er oit fait
autant.
Senac : J'obferve que les motifs qui ont déterminél'ar:eté
foni fafifans pour qu on ne diftingue pas Gl les écharpes éroient
de foie ou de crêpe.
Page:) L'écharpe n'a jamais été de mon avis; mais l'affemblée coloniale a été dirigée par les motifs que vous avez VaS;
car, à cette époque, ciroyens, nous délibérions le fufil à la
min, le fabre au coré, & les piftolets à la ceiture; nous
déliaérions ainfi la nuit &c le jour; nous étions entourés de
foixante mille nègres qui nous environnoient le fer & la
Aamme à la main; & nous n'avions pas mêmeà cette époque
une paliffade pour nous défendre: demanière donc que Taffimnbléc coloniale crut devoir prendre un figne caractérittique
pouveir fe rallier à un point donné. Cependant j'ai
AREI
la majorité > j'ai porté le crèpe; & quand il a été ufé, j'ai
porté de la foie.
Brutley : Vous voyez donc; ciroyens, que c'eft à tort que
Sonthonax donne à lacte de l'affemblée coloniale une autre
interprétation que celle que
l'arrêté lui - méme; vous
voyez que c'eft à tort que Jontelatre a ofé imprimer dans
fa lettre de Bourdon (de l'Oife), ces mots : Nous vous
montrons la cocarde > Bc., éc.
Vous voyez que Sonthonax a toujours eu l'intention de
trouver de la perfidie dans tous les actes de l'affemblée coloniale, lui cependant qui l'a remerciée, en a fait I'éloge,
&c vous a dit gue Blanchelande avoit fait préfent à chacun
de nous d'une cocarde noire. Je lis toujours fon ouviage,
ofé imprimer dans
fa lettre de Bourdon (de l'Oife), ces mots : Nous vous
montrons la cocarde > Bc., éc.
Vous voyez que Sonthonax a toujours eu l'intention de
trouver de la perfidie dans tous les actes de l'affemblée coloniale, lui cependant qui l'a remerciée, en a fait I'éloge,
&c vous a dit gue Blanchelande avoit fait préfent à chacun
de nous d'une cocarde noire. Je lis toujours fon ouviage, --- Page 28 ---
& e je vous prouverai que l'affemblée coloniale toujcurs
préfidie par Cadufch avec la cocarde noire au chapeau, &
les auires membres de cette affemblée recevant de Blanchelande ce figne affreux de la trahifon envers la France >. Je
porte le défi à Sonthonax de me prouver qu'il y ait eu
d'aurre que Cadufch qui ait porté la cocarde noire; encore
ne la-t-il portée que dans les premiers jours, & la dénonciation qui en a éré faite l'a-t-elle forcé de la mettre à bas.
Verneuil: : C'eft Page.
Sonthonax : Juftifiez de cette dénonciation 5 je vous en
défie.
Page:3 Je Tai dénoncé f oficfellement, qu'il eft intervenu
un arrèté de T'afftmnblée, On portoir aufli des cocardes vertes
& jaunes. Je me fuis élevé contre ces fignes carectériftiques
dunc concre-révolution, & fur ma demande l'affemblée coloniale a ordonné que chacun porreroit à fon ciapeau une
cocarde tricclore; car, cette époquel beaucoup
de contre-r@volurionaires fepermetrcient den'en d'nriitocrares, point porter
du tout. Mais j'ai fait pius; Tai dénoncé à l'affemblée conftiruante, le 14 mai 1792,(&ma dénonciationa éi6 imprimbe
dans toute la colonie, ellé a btd envoyée à l'aflemblée conftituante) j'ai dénoncé Cadulch & Gauvin nominativement
pour avoir cfacé la ligende qui fe trouvoit dans le lieu des
féances de Tallemblée coloniale, & Cadufch parricutièrement pour avoir reçu de la femme de Blanchelande une COcarde noire : mais ici Sonthonax vous a dit que chaque
membre avoit reçu de Blanchelande cette cocarde noire.
Eh bien! ! dans le procès de Blanchelande, Brulley & moi
avons fait un crime à Blanchelande d'avoir donné à Cadufch
la cocarde noire; & fi nous avions reçu de Blanchelande ce
figne de contre-révolution, à coup sûr Slanchelande fe feroit
dlevé contre nous lors de la dépolition que nous fimes centre
lui au tribunal révolutionnaire, pour le fait de cette cocarde
noire donnée par fa femme au préfident de, l'affemblée cOloniale.
Brulley,: : Je demande la leéture delarrèté del'affemblée,
relarif à la cocarde nationale. C'ef fur la dénonciarion de
Page qu'il ne devoit point y avoir d'aurre cocarde que la
cocarde nationale, que cet arrêté a ciérendu; & il ne vous
2 pas dit pourquoi, ou di moins l'aurre prétexte que l'on
de cette cocarde
noire donnée par fa femme au préfident de, l'affemblée cOloniale.
Brulley,: : Je demande la leéture delarrèté del'affemblée,
relarif à la cocarde nationale. C'ef fur la dénonciarion de
Page qu'il ne devoit point y avoir d'aurre cocarde que la
cocarde nationale, que cet arrêté a ciérendu; & il ne vous
2 pas dit pourquoi, ou di moins l'aurre prétexte que l'on --- Page 29 ---
donnoit à cette cocarde. C'eft que Touzard, Champfort,
& autres qui menoient hors de la ville des divifions
combattre les brigands, avoient donné
prétexte
CE
prife de ces cocardes de différentes Paoo.tper la néceffité de
reconnoitre les troupes qu'ils étoient chargés de commander;
on leur dit qu'ils reconnoitroient aufli bien les troupes quand
elles feroient revêtues du figne de la liberté, &c l'affemblée
fit défenfe de porter une autre cocarde que celle aux couleurs
nationales, Voici l'arrèté qu'elle prità cet égard.
Il lit:
Arrêté de l'afferblée coloniale, du 9 novembre 1791.
e L'affemblée gémérale, informée qu'il paroit depuis peu
dans la ville du Cap des cocardes de couleurs diftérentes; ;
>> Contidérant que ces cocardes pourroient être regardées
comme des diftinétions ou des corporations particulières, &
devenir ainfi uie occafion de troubles dans une circonftance
où la réunion eft plus nécellaire que jamais;
>> A arrêté & arrête que, conformément aux décrets nationaux, il ne fera porté dans la colonie d'autres cocardes
que la cocarde nationale 33.
Brulley : Je crois que tout T'échafaudage de l'accufation de
Sonthonax doit tomber d'après cet arrêté : ce feroit donc
en vain qu'il prétendroit inférer de ces cocardes, de ces
écharpes noires,
l'atiemblée coloniale prétendoit à lirdépendance 5 mais at a fait remonter cela plus haut, & il
a dit que cette indépendance venoit de l'idenrité de
cipes de l'affemblée coloniale avec l'allemblée de Saint
AEE
gui avoit cenftamment vifé à l'indépendance. Je ne répondrai
à tout ce qui a été dit, parce que je ne crois pas que
Ea ait répondu aux actes que nous avons cités, & aux
corollaires
nous en avons tirés; mais je releverai des
exprellions q: Sonthonax qui ne doivent pas être oubliécs
nous, parce qu'elles donnercient une idée défavorable
ET Taffemblée de Saint - Marc, & qu'elles (
achemineroient
vers cette idée d'indépendance qui n'a malheureufement été
que trop adoprée par les ennemis de la colonie.
Ea ait répondu aux actes que nous avons cités, & aux
corollaires
nous en avons tirés; mais je releverai des
exprellions q: Sonthonax qui ne doivent pas être oubliécs
nous, parce qu'elles donnercient une idée défavorable
ET Taffemblée de Saint - Marc, & qu'elles (
achemineroient
vers cette idée d'indépendance qui n'a malheureufement été
que trop adoprée par les ennemis de la colonie. --- Page 30 ---
Sonthonax vous a dit que notre décret du 28
fur
lequel j'ai gliffe comme fir des charbons
mai,
voit étre une conféquence du décret du"8 ardens, ne pouFépoque oà le décret de 28 inai a
mars > parce qu'à 8 mars n'étoit
été publié, celui du
pas encore arrivé: eh bien 4i1 Eft aifé de vous
prouver que, fur ce point comme : fur tout auire,
thonnx vous en a impolé.
SoaSentho.ax: Je n'ai point dit qu'il n'étoit pas arrivé officiellement 3 mais qu'il n'avoir pas été enregifré
l'affemblée. J'ai prouvéqu'il n'avoit point été
par
le décrer du 28 mai, en cirant
enregiftré avant
je crcis, du.. 9 juin. Je n'ai point Tenregiftrement la pièce fous qui les étoit,
mais je répère mon affertion.
yeux, >
Brulley; Mais, quand on parle de l'enregiftrement
décrét, c'eft fon envoi officiel; je ne me
d'un
Sonthonax vous a dit que le décret du 28 rhai trompe ne poinr.
pas être une conféquen. e du décrer du & mars, pouvoit
cette époque il néroic pas encore enregiftré.
puifqu'à
regiftrement ily a, eh bien ! dès le 20 avril, Puilque chacun en- des
membres de T'aflemblée de Saint - Marc avoir
du décret du 8 mars ; &s'il en falloit adminiftrer connoilfànce
:
nous la trouverions dans le rapportde Barnave. la preuve,
donner leéture d'un extrait d'un, rapport de Barnave, Onva vous dans
lequel cet ennemi irréconciliable de la colonie a été forcé
d'avouer, entrainé par la vérité, que le décret du 8 mars
étcit comnu de la colonie avant que le décret du 28 mai
fir émis. Je démande à mon collegue Millet de lire le
fage de ce rapport: : c'ef Barnave lui- même
pafprouver que le décret du 8 mars a été connu dans qui la va colonie vous
dès le 26 avril.
Sonthonax : Quelle eft la pièce :
Th. Millet: : Quand vous m'aurez entendu, vous me répondrez. Cequi va vous être lu eft un extrait du
fait à l'aflemblée confituane, les II & 12 octobre rapport
féance du foir, par Barnave, organe du comité des colonies. 1790,
On peut vérifier lexactitude des mnots qui ent été mis dans
ce recueil : voici cet extrait. éc. Le 26 avril, elle eut connoitlance non oficielle du décret du 8 mars; clle délibéra
une adrefle de remerciemensà T'affeniblée nationale, &c. >>
Brulley : Ce n'eft pas nous qui le difons, cett Bamave,
rapport
féance du foir, par Barnave, organe du comité des colonies. 1790,
On peut vérifier lexactitude des mnots qui ent été mis dans
ce recueil : voici cet extrait. éc. Le 26 avril, elle eut connoitlance non oficielle du décret du 8 mars; clle délibéra
une adrefle de remerciemensà T'affeniblée nationale, &c. >>
Brulley : Ce n'eft pas nous qui le difons, cett Bamave, --- Page 31 ---
le
cruel ennerai de Yaffemblée de Saint-Marc, qut.
plus
dès le 26 avril, on avoit eu connoilfance, à
atteite que, coloniale,, du.décret du 8 mars & que YJ'on
lalfemblée
adrelie de temerciemens 1 T'aliemblée
avoit délibéré une
dès le 26 avril, on avoit eu
nationale. Ainfi, puifque,
le décret du 8
connoilfance du décret du 8 mars, puifque
de Saintmars confacrpit les droits de la paitie françaile le-décret du
Domingue , - ne vous étonnez donc plus que avril, fàr Tex28 mai, qui a paru poférieurement au de 26 St-Domingue,
preffion des droits de la partic françaile il
avoit pas un feul
dans le décret du 8 mars. n'y
exprimés
de Saint - Marc qui,
des membres de lallemblée générale 28 mai, n'edt connoifance
avant l'émifion du décret du
les droits de la culonie:
du décret du 8 mars qui confacroic demande
font ces droits!
& aujourd'hui, on vous
quels nouvelle lecture
Pour les conftarer, il ne faudroit Yavez entendue, qu'une
une nouvelle
du décret du 83 mars: vous
Vous y avez vu de quelle
ledture deviendroit fuperflue. conftituante érabliffois, les droits de la
manière Tallembiée
licérales par lefquelles
colnie; vous L: avez droits vil lesexpreilions' de la colonie, droits que les colons
elle cculacre
récls, comme imprefétoient Fondés à regarder comme
qae T'eft le
criptibles, d'après un acte aufli aurhenriqse enfuite dans
décret du 8 mars. Qu'ily, ait conflituanre, eu conttadiction il n'eft pas moins
différens aétes de Tallemblée avoit conftaté
h colonie
vrai que le décret du S mars
&
de Saintavoit des droits;
Te.lit
de Sainr-Domingue
fon devoir, , confacrer ces
Marc a donc da, pour remplir Quel eft cet acte authendroits par un aéte du authentique. mai, dans lequel on s'elt évertué
tique 2 Le décret
d'indépendance, Cedécrec
à trouver des preuves d'un fyftème n'et autre chofe que le
du 28 mai, contenant dix articles,
de Sains-Domingue,
contenu du veeu de la parrie libremen: françaife élus. Ainfi, le dixième
émis par fes repréfentans chofe que lenvoi des neuf autres ararricle, qui n'eft aifez autre évidemment que G ce décret ou projet
ticles, annonce à l'égard de l'aflemblée conftiruante, ce
de décret ( car, de décret & à l'égard des colons > ce
n'eft qu'un projet
auroit été accepté
décret devoit devenir dcomnf loriquil termes du décret
T'allemblée nationale & le roi, aux
par
chofe que lenvoi des neuf autres ararricle, qui n'eft aifez autre évidemment que G ce décret ou projet
ticles, annonce à l'égard de l'aflemblée conftiruante, ce
de décret ( car, de décret & à l'égard des colons > ce
n'eft qu'un projet
auroit été accepté
décret devoit devenir dcomnf loriquil termes du décret
T'allemblée nationale & le roi, aux
par --- Page 32 ---
fo
du 8 mars, & du dixième article de
du 28 mai.)
notre projer de décret
Vous avez entendu Sonthonax
Pourquoi vous êtes - vous cru en qui droit nous de a demandé:
décrets, & pourquoi vous êtes-vous cru
préfenter des
votre projer de conflitution ?
en droit d'envoyer
de France avoient le droit El-ce que les départemens
Eft-ce que vOs droits étoient autres d'envoyér leur conftitution :
provinces de Bretagne, d'Anjou que ceux des ci-devant
il eft infiniment ellentiel de relever > de Maine : Ciroyens,
propagée, & qui exifte peut-être encore cette chez erreur qui s'eft
colonies. perionnes qui n'ont pas aflez approfondi les beaucoup affaires de
Cerres, fi Fatlemblée conftiruante
des
partie frauçaife de Saint-Domingue
avoit regardé la
fAnjou & le Maine, Iatiemblée
comme la Breragne s
n'entendoir pas cemprendre la colonie, n'auroit pas dit qu'elle
lonies
ou plurôr les
françaites > dans la conftitution. Jamais
COconfticuante n'a di: qu'eils ne comprenoit
lailemblée
titution FAnjou, la' Bretagne dk le
pas dans la conflittéralement qu'elle n'entendoir Maine; mais elle a dit
conflirution les colonies
pas comprendre dans la
aura des lois
frangailes: cela veut dire qu'il y
pliguée pefléricurement fépartes pour fur ce
Elle s'eft d'ailleurs exLaffemblée
ces Flle
fair bien aufli,(car confticuante il
favoit bien, & Songhonax le
non
n'y a ici de fa part que
ignorance), ce qu'étoir la colonie
perfidic &
tuante favoit bien que la population de 5 Taflembiée conftin'étoit pas la même que celle de
Saine-Domingue
favoit bien ; car > dans fa lettre France. Sonthonax le
difoit que, dans les colonies, il avoit du, 2 cctobre 1793, il
lifer. Sonthonax le favoit bien, y
UII peuple à cividans le rapport fait au nom de la quand fon amiDufay dit,
Sain-Domingte, qu'il y avoit à prétendue députation de
thropophages qui n cntendoient ni Saime-Demingse le
des anLaflembiée conftituante favoit donc bien français ni la raifen.
pas adaprer la conftitution françaife à u qu'elle ne pouvoir
ily avoit. des hommes à civilifer, & où P dans lequel
anthropophages Voilà
qui n'entendoient ni le
tronvoit des
donc pourquei Taffemblle
français nila raifon.
la Fartie frangaie de Saint- Demingue confituante a déclaré qué
avoit des drcis
des anLaflembiée conftituante favoit donc bien français ni la raifen.
pas adaprer la conftitution françaife à u qu'elle ne pouvoir
ily avoit. des hommes à civilifer, & où P dans lequel
anthropophages Voilà
qui n'entendoient ni le
tronvoit des
donc pourquei Taffemblle
français nila raifon.
la Fartie frangaie de Saint- Demingue confituante a déclaré qué
avoit des drcis --- Page 33 ---
qu'elle lai a confacrés. On nous fait un reproche d'avoit
envoyé un décret; on dit que nous n'aurions dû qu'émettre
notre veeul,
nous n'aurions pas dû hous fervir du terme
du terme ccceptation : & deft-là précifément
de décret J
Anea
la grande difpute élevée avec Barnave. Je demande à mon
collegue Miller de citer cc qui a été répondu à Barnave à
ce fujet; 5 & je me conrenterai de répondie
jamais Taffemblée de Saint- Marc n'avoir penfé à dute rendre indépendante 5 car enfin, ciroyens, pour en finir fur cet article >
je vois vous faire un raifonnoment qui vous paroitra péremptoire. Elt-ce qu'un peuple eftiindépendant par là-même qu'il
dit qu'il veut être indépendant ? Non. Pour être indépendant, il faut avoir des forces majeures capables de foutenir cette indépendance, ou il faut être appuyé d'une natellement
tellement
quil n'ait rien à
tion
forte, admettra aflez
bon fens à nous
redouter : or, on nous
Ps
colons, pour favoir que nous ne pouvions prétendre à l'inquand il nous manquoit les forces néceflaires
cette indépendance; & jamais les plus grands
pour
SPEenA
enneinis de l'aflemblée de Sainr-Marc n'ont cru à cette ina l'air,
on connoit la colonie de
dépendance, , qui d'un conte quand de la barbe-bieue. Qui décide
Saint-Domingue, Tindépendance : ce font les moyens de force qu'on a pour
la foutenir. Mais ces moyens de force nous manquoient, &
on nous admettra affoz de bon fens pour ne pas nous taxer
de vifer à une indépendance
nous ne pouvions défendire
en aucune manière. Je vois
rire..
Senthone
Son:honax : Cela n'eft pas vrai; je n'ai pas ri.
Br.lley: Il ne manquera pas de dire que nous avicns le
de nous faire appayer de toutes les forces de YAaprejet glererre, & il-ne manquera pas de vous citer un traité qui
a éré fait avec l'Angleterre
quelques intrigans, car c'eft
là fon grand cheval de EAL Nous favons qu'il prétend
nous afilier avec ceux qui ont fait ce traité, qu'il prétend
que nous fommes très-liés avec eux, qu'il ya identiré entre
les principes de ces hommes &c les nôtres : eh bicn ! Sonthonax, quand il vous dénoncera ce traité, n'en aura pas
les gants; car nous nous fommes préfentés à la barre avec
wn Stand nombre de colons, aullitôt que nous avons eu
à fon grand cheval de EAL Nous favons qu'il prétend
nous afilier avec ceux qui ont fait ce traité, qu'il prétend
que nous fommes très-liés avec eux, qu'il ya identiré entre
les principes de ces hommes &c les nôtres : eh bicn ! Sonthonax, quand il vous dénoncera ce traité, n'en aura pas
les gants; car nous nous fommes préfentés à la barre avec
wn Stand nombre de colons, aullitôt que nous avons eu --- Page 34 ---
connoiffance de ce projet, pour protefter
contre tout traité qui auroit EZ fait ou folemnellement
faire.
qui pourroit fe
Sonthonax : Dans quel teinps ?
Brulley: : La dénonciation eft dans les archives de la commiflion. A cette occafion,, j'oblerverai à la commiflion
Jérémie luriqu'on a appris aux Etats- Unis la prife du Môle & que, de
France par les Anglais, tous les colons reftés fidèles à la
écrivirent au minifre Geneft, & firent des
tations au confilar de la République à Philadelphie. prorefLa féance eft ajournée à demain.
Ie regifre des
ef ligné.
deux Signé > J. Pr.
, préfident 5 LECOINTE
riencs
Sèvres ), fecr.taire ; P.
(des
Ivantes), ALLASSEUR,
CASTILION 2 Foucri (de
CHAMPEAUX.
DEBRAY, PEYRE, J. F.PALASNEDu23
ft, & firent des
tations au confilar de la République à Philadelphie. prorefLa féance eft ajournée à demain.
Ie regifre des
ef ligné.
deux Signé > J. Pr.
, préfident 5 LECOINTE
riencs
Sèvres ), fecr.taire ; P.
(des
Ivantes), ALLASSEUR,
CASTILION 2 Foucri (de
CHAMPEAUX.
DEBRAY, PEYRE, J. F.PALASNEDu23 --- Page 35 ---
Dx 23 Pluvidfe, l'an troifièm: de la République françaife
une Gindiviftle.
O. fait lecture des débats recueillis dans la féance
la rédaction en eft adoptée.
d'hier;
Brulley : Vous avez enrendu
fur la date de la pro:efation faite Conhamc.mimerpael.s contre le trai é
hier
IAngleterre; je vais lui répondre
paife avec
expliquant, non-feulement
cathégoriquement, en lui
mais comment nous
comment nous avons Frotefté, -
il eft bon
avons eu connoiffance de ce traité : car,
que nous déuruifiens jufqu'au (oupçon que nous
la-deffus ayons pu participer à un pareil acte. Pour vous donner
la
une opinicn fixe, je me fuis muni dès
de
commillion de Saine-Domingue,
regiftres
Songhonax : J'oblerve que. ceft s'écarter de la
& que l'on parlera de ccla quand il s'igira de la livraifon queftion, de
la colonic. Il ne s'agit à préfent que de fixer quel étoit
l'efprit public qui y régnoit. Les colons cherchcnt
à occuper fculs les féances. Sur onze, ils en ont déjà toujours tenu
netf, & il doit nous être permis de demander qu'ils fe
renferment dans l'ordre du jour.
Brulley : J'oblerve que dans totites les féances
a toujours parlé & que dans les deux ot il a eu Sonthonax la
taucun de nous. Ha parlé, Jeu déclare que jai dans les parole,
la proreflationsfaite centre le traité pailé avec
mains
& que je fuis prét à la préfenter.
TAngleretre, >
Sonthonax : Je ne demande que la date.
E -Brulley : C'estle 5 nivéfe que nous avons
le
citoyen Rcbert Lindet, membre du comité de appris falat par
que le bruiz fe répandoit que le Mole dk Jérémie public,
pouvoir des Anglais. Dès le lendemain, nous avens étolent au
une proteftarion officielie au comiré de
& envoyé
favens écritau préfident de la Convention falurpublic, pour cbrenir d'être nous
sadmis des
Préfenter notre protefation. 2 avec lcs autres citoyens
colontes, la barre même de la Convention.
Tome Il. - Dougième livraifon.
Le C préfident
pandoit que le Mole dk Jérémie public,
pouvoir des Anglais. Dès le lendemain, nous avens étolent au
une proteftarion officielie au comiré de
& envoyé
favens écritau préfident de la Convention falurpublic, pour cbrenir d'être nous
sadmis des
Préfenter notre protefation. 2 avec lcs autres citoyens
colontes, la barre même de la Convention.
Tome Il. - Dougième livraifon.
Le C préfident --- Page 36 ---
répondit que nous ne pouvions être admis
le jour ou les
pétitionnaires ont couttme de paroitre; &
nous avons
jour d'enfuite
été admis à la barre, & la proteftation a été
confignée dans nos regiftres.
Page:Je penfe qu'il ne fuffirpas d'avoir donné les
Brulley doit répondre àl Tinculpation dirigée contre époques; nous
Sonthonax. Il a dit quel les colons s'éroient
par
aux Etats - Unis 5 qu'ils prenoient toutes refugiés les teintes; àLondres,
Londres,ils étoient royaliftes & les efclaves du roi Georges; qu'à
qu'aux Etats-Unis, ils ércient des hommes libres. Ila encore
invoqué contre les colons le traité fairà Londres.
trouve très-mauvais aujourd'hui que nous cherchions Sonthonax à
difculper fur ce fait; & pourquoi : parce que c'eft fur cecte neus
inculpation qu'il a bâti tout fon
contre nous : il importe donc que échafaudage nous nous d'accufation
cette accufation.
juftifions de
Le préfident : C'eft à la commiflion à voir fi elle veut
qu'on traite ce chef actuellement ou dans un autre
Le repréfentant du peuple Lecointe: Il me femble temps.
l'on traitoit actuellement ce chef d'accufation,
que G
dela marche tracée. 1
on déticroit
Clauffor : Par Sonthonax.
Le repréfentant Lecoiate: Par les uns & les autres. On
y revenir lorfqu'il fera queftion des
Teticede &c Sonthonax pourront faire dans la ftieaux inculpations que
colons; mais aétuellement il n'eft queftion que
citoyens
de l'efprit public avant T'arrivée de Polverel d'établirlérat &
à Saint-Domingue,
Sonthonax
< Brulley : J'obferve que l'interpellation a été faite
Sonthonax.
par
la Sonthonax: difcuflion, J'ai Je nai point parlé du traité dans le cours de
feulement fait l'obfervation
les
blées coloniales avoiene des légations chex que aflemfouverains de I'Europe: cela fera prouvé prefque par la fuite tous les
débass. J'ai dit que-les colons prenoient à
des
& le bonnet ronge, & cricient bien. haur Parisle viye la pantalon
que ! J'ai caractérifé ceux qui alloien: chez le roi Répubiià la Nouvell-Angleserre ouà la Jamaique 5 cela n'a GGcorges, été
par forme d'obfervation: mais je n'ai point parlé
çue
du traité paffé à Saint-Janes le 25 février 1793. directement
débass. J'ai dit que-les colons prenoient à
des
& le bonnet ronge, & cricient bien. haur Parisle viye la pantalon
que ! J'ai caractérifé ceux qui alloien: chez le roi Répubiià la Nouvell-Angleserre ouà la Jamaique 5 cela n'a GGcorges, été
par forme d'obfervation: mais je n'ai point parlé
çue
du traité paffé à Saint-Janes le 25 février 1793. directement --- Page 37 ---
Nous y reviendrons lorfqu'il s'agira de ce qui s'eft paffé
dans les colonies. J'infifte pour l'ordre dujour, d'autan:
que je m'apperçois que les colons ne prolongentla
& ne s'emparent des
aeh
féances, que pour, après avoir fatigué
long-temps Taflemblée, faire fermerles débats, & faire
fans qu'on foir éclairé.
juger
Brulley: : Vous interprétez bien mal les intentions des
colons; mais : par forme dower-aton-puique blervation
il y a,je demande a répondre à ce que vient de dire Sonthonax, il a caractérifé chacun des colons qui ont été en
Angleterre, ici 'ou ailleurs. Il dit qu'ici ils ont pris une
teinte différente de celle' qu'ils avoient ailleurs.
de notre part,,pour prouver la teinre qui nous caractérifoit Citoyens,
ici, nous allons lire l'acte public que nous avons préfenté
a la Convention nationale.
Le préfident: : Reviens à la vérirable queftion
eft l'état
de la colonies avant l'arrivée de Polveral & Sonthonax, qui
&
continuez, fi vous avez encore quelque chole à dire fur ce
fujer-la.
Thomas Miller
-
: Nous avons dit que nous fuivrions
à
pied Sonthonax > foit dans'les inculpations faites aux
blées
foit
Edl
coloniales,
aux.colons. Il a trouvé, comme Barnave fon prédéceffeur en calomnie, il a trouvé dans le mot
décret', employé par l'affemblée de Saint-Marc, une
de fon indépendan.e. Je demande , ciroyens, quel mot preuve l'affemblée générale devoit employer
caracténifer fes. réfolucions, > & je demande, fi TEtiE générale n'avoit
adopté celui-la, quel mot enfin elle devoit adoprer ? je
enfin
a23
mande
quel étoit alors la fixation 1légale, > conftitutionnelle & exclulive de ce mot, & s'il exifta un décret, une
loi qui ait défendu d'employer ce tere, &qui lait réfervé
à l'aflemblée nationale? L/affemblée conftituanre n' avoit-elle
pas confacré le mot fanition, comme terme facrameniel,
pour exprimer lacte par lèquel le chef di pouvoir exécutif
opéroit la confection de la loiz Lasrapports que l'affemblée
conftiruante avoit érablis entre le gouvernement de SaintDomingue & l'affemblée générale de Saine-Lomingne, n'étoient-ils pas"les mêmes que ceux établis entre elle & le
voir exécutif fuprème? le gouverneur ne fandionnoit-il poules actes de r'aflemblée générale, comme le roi fancionnoit pas
C 2
exécutif
opéroit la confection de la loiz Lasrapports que l'affemblée
conftiruante avoit érablis entre le gouvernement de SaintDomingue & l'affemblée générale de Saine-Lomingne, n'étoient-ils pas"les mêmes que ceux établis entre elle & le
voir exécutif fuprème? le gouverneur ne fandionnoit-il poules actes de r'aflemblée générale, comme le roi fancionnoit pas
C 2 --- Page 38 ---
les actes. de l'affemblée nationales & fi l'adte du
qui opéroir la confection de la loi, s'apeloit Jandlion gouverneur
qtoi T'acte légiflarif, dont le gouvernement
la , pourr
fection, ne fe feroit-il pas appelé décret? pouvoit-il opéroit même cons'appeler autrement? car, pour pouvoir être exécuré
foirement, il falloit bien que ces actes légiflatifs de
Domingue-fultent
Ee
foit qu'elle foit définitive, décrétés foir provifoirement qu'elle
; mais une loi,
crète pour être exécutée. Il falloir donc. foit provifoire, fe dédécret 3 & le reproche de ée mot eft une, employer le mot
Je vais paffer maintenant au reproche relatif chicane au ridicule,
tation , dont on nous a fait dans Taffemblée
mor accepcrime que répète Sonthonax dans
conftituante un.
femblée coloniale; ; &
fesinculpations contre T'aftextuelles de la réponfe ici, faite je à me fervirai des expreflions
ciateur de ce mot acceptation. Barnave,1 le premier dénionExtrait de l'examen du rapport de Barnave, année 1790:
ce-1 Une perire diflertation grammaticale auroit jeté du
fur ce point important. N'aurieavous pu dire. à l'aflemblee jour
naichale lemor acceptation at toujours fignifié dans la.
francaife, un acte libre, la faculté d'admerre cu de langue
Lorique nous avens organifé le pouveir exécu.if rejeter ?
à l condition d'aécepter les dois par lefquelles le fuprème P
français veut être gouverné, nous avons manqué de reuple termes
Four exprimer cette idée nouvelle. Il efl cerain que le mot
acceptation's dans le fens rigoure:x cà nous avons été
de Temployer, femble impliquer contradiction de
obligés
les idées qu'il repréfente d'adoprion forcée,. de confentemene même que
forte; cependanr, il a fallu fe fervir de ce
ou en
imaginer un' autre. Iis'enfuit donc que le mot teline,
à moins de le bannir d'ailleurs de' notre
acceptation,
peut avoir de fen; rigoureux que du pouvoir langue, > na & ne
tituant au pouvoir exécutif fuprème. Il s'enfuit légiflauifconf- donc auili
néceflairement que l'affemblée générale de
ne pouvant, fous aucun rapport,. confidérer Saint-Demingue, laflemblée
tionale comme un cerps organife'a la condition de donner nafon adoption forcée sfon confencemen: forcéaux lois par lefquelles le peuple français de certe ile doit êtte
n'a pu attacher au mot acceptation, d'autre idée goaverné, que celle
if fuprème. Il s'enfuit légiflauifconf- donc auili
néceflairement que l'affemblée générale de
ne pouvant, fous aucun rapport,. confidérer Saint-Demingue, laflemblée
tionale comme un cerps organife'a la condition de donner nafon adoption forcée sfon confencemen: forcéaux lois par lefquelles le peuple français de certe ile doit êtte
n'a pu attacher au mot acceptation, d'autre idée goaverné, que celle --- Page 39 ---
qu'ila dans - da langue françaife, hors le fens rigoureux nouvellement faiti par la conftitution 5 c'eft-à-dire , la facul:é
libre d'approuver ou de rejeter : & l'on en trouve la preuve
dans le detnier des confidérant de ce. même décret du 28
mai, qui manifefte leipérance que- l'affemblée nationaie
n'héfitera pas à reconnoitre les droits de Saint-Domingue,
par un décret folemnel & authentique 3.
TafC'étoit donc du décret folemnel & authentique-de
femblée conftituante', > que l'affemblée de Saint-Marc attendoit une conftitution pcur la partie françaife de Saint-Domingue. Enfin, fe réfumant comme Barnave, Sonthonax
a trouvé dans ces mots décrei, acceptation, la preuve précife de l'intenrion de l'allemblée de Saint-Marc, d'être indépendante de la France: Il a dit plus
Barnave; car
cclui-ci n'a ofé dire autre chofe, fi.ce Re quil avoit cru
remarquer dans ces ackes, l'intention de vifer à lindépendance : ce qu'il n'a jamais prouvé.
Vous voyez donc, citoyens : après cette difcuffion f claire,
après toutes les preuves qui yous ont été adminitrécs, vous
voyez que ce grand échafaudage de fouveraineté, de fcitlion,
d'indépendance, dont Barnave a été le premier architecte,
& dont Sonthonax n'a été que le mauvais replàtreur, eft
abfolument fans fondement. I nous refte à vous faire remarquer que Barnave, juge fouverain dans le comité colonial,
avoit fait décréter que le décret & fon rapport ne feroient
point imprimés; & dans le rapport qu'il ht, entrainé par
h force de la vérité, il détruifit hi-mème tour Téchafaudage
dont j'ni parlé; &. vous allez en juger par T'expreilion listérale de fon rapport , qui paroiffoit n'avoir pour bafe que
l'accufation d'independarce contre l'affembiée de Saint-Marc.
Voici fes exprefions 5 il parle des membres de cette affemblée.
Rapport de Barnave, 12 cliobre 1790.
Ils ont toujours rejeté les idées d'indépendances elles
ont conftamment, été repouilees pat des fentimens d'attachement & de fidélité à la nation frhnçaife.
Je vous demande, cicoyens , fiaprès l'aveu du fondateur
même de ce fyfteie 7 qui a tenu dans-lerreur tant de perC3
Voici fes exprefions 5 il parle des membres de cette affemblée.
Rapport de Barnave, 12 cliobre 1790.
Ils ont toujours rejeté les idées d'indépendances elles
ont conftamment, été repouilees pat des fentimens d'attachement & de fidélité à la nation frhnçaife.
Je vous demande, cicoyens , fiaprès l'aveu du fondateur
même de ce fyfteie 7 qui a tenu dans-lerreur tant de perC3 --- Page 40 ---
fonnes honnétes
3S
répliquer. Je, vous > cite il peut les refter à Sonthonax un feul mot à
fon rapport.
propres expreflions de Barnave dans
tions Continuant contre l'affemblée toujours de fuivre Barnave' dans fes inculpal'ouverture des ports
générale, Sonthonax vous a parlé de
al'étranger. Cettea acculation jetée ifoléRniUmeeniesena la profpérité de la
di paroitre à tousceux quiveulent
toyens, , je vais vous France, nettre un fous acte tres-criminel. Mais, cide cet acte ; vous verrez
les yenx le premier article
entière de cet échafaudage. dansTarticle premier la deftruétion
Sonthonax : Te demande Que l'acte
que la commiflion puille bien
foit luren entier, afin
Thomas Millet : L'acte fera lu juger l'elprit qui l'a dicté.
l'ordonne.
en entier fla commiffion
Ie préjident : Lis l'article.
Sonthonax Le
: Jenai pas la pièce.
tion. préfident : Tu as le droit d'en demander communicaMillet : Je répète à la commifion
en tirer la moindre induction.
que je lirai l'article fans
Illit: Séance du 20 juillet...
en entier).
( Voyez plus bas la pièce
Millet: Je n'ajoute aucune
taire à cet article ; vous voyez obfervation, qu'il
aucun commeninculpations.
répond à toutes les.
Sonthonax: : Je renouvelle ma
en entier, parce qu'il eft
demande, de
qu'on life la pièce
ticle le décret qui ordonne impollible Touverture juger fur un feul argers.
des ports aux étranIc préfident, à Millet : Lis la totalité,
Miller lic:
Séance de P'allemblée générale de la partie françaife de SaintDomingue, du -20 juillet 1790.
". Et le même jour, audit an > cing heures de relevée, --- Page 41 ---
Talfemblée réunie au lieu ordinaire de fes féances, M. le
préfident en a annoncé la continuation, & a ouvert la dif
cullion fur le réglement concernant les fubfiftances. Après
mure délibération, il a été rendu le décret fuivant:
réclamations de toutes
cc L'aflemblée confidérant que les
lesparoiléesdelar partie françaife de Saint-Domingue annoncent
depuis long-temps une difette alarmante; dernier, le
s5 Coniidérant que dès le 6 juin
gouverneur
M2nnAed pasfansingunttadefar
la rareté des farines dans la plus grande partie de cette COlonie; que les départemens principaux n'en étoient pas
aucun
rendu le décret fuivant:
réclamations de toutes
cc L'aflemblée confidérant que les
lesparoiléesdelar partie françaife de Saint-Domingue annoncent
depuis long-temps une difette alarmante; dernier, le
s5 Coniidérant que dès le 6 juin
gouverneur
M2nnAed pasfansingunttadefar
la rareté des farines dans la plus grande partie de cette COlonie; que les départemens principaux n'en étoient pas
aucun provilionnés; ; que le gouvernement n'avoit oà la difette moyen fe faifoit
venir aa fecours de différens quartiers
exiftoient dans
déja fentir ; que les spprowifionnemens qui affurer la fubfifles magalins du roi fuffioient à peine
tance des rationnaires julqu'à la fin T 5 que les nouvelles
qu'il avoit du continent lui faifoient craindre qu'il ne vint
que très-peu de farines; qu'ili fe porteroit enfin avec favorifer empreffementà accueillir tous les moyens qui pourroient
l'introduétion de ce comeftible > &c aflurer cette partie précieufe de la fubliftance des colons;
les.
> Confidérant que les relevés fournis
paroiffes,
prouvent que la plupart font dans un Pater de détrelle qui
fait craindre
elles une famine prochaine ; & que celles,
Jacmel,
du fort Dauphin,
entr'autres, > Ioin
Donanaminthe,
font à la veille d'éprouver ce Héau;
la
loi,
>> Confidérant
le falut du peuple eft (uprème
&
l'urgence es befoins doit déterminer" Furgence des
RE
>> Confidérant
ce principe de droit naturel eft confacré
parl'alfemblée HEenSLE elle-mème, qui, dans fon inftruction
du 28 mars, excepte formellement, du régime prohibitif du
commerce qui nous lie avec la France, les exceptions momentanées quipeuvent exiger desbefoins prelfans &i impérieux
à l'introduction des fublittances;
>> Confidérant que c'eft par une fuite du même Frincipe
que > pour maintenir dans un jufte équilibre des intérêts qui
doiventie favonicrmnaellemeat, ila fallu en différens temps
des modifications à la févérité des réglemens prohiSRSTE 8, qu'en dernier lieu, les circonftances follicitaut de
C 4
ées quipeuvent exiger desbefoins prelfans &i impérieux
à l'introduction des fublittances;
>> Confidérant que c'eft par une fuite du même Frincipe
que > pour maintenir dans un jufte équilibre des intérêts qui
doiventie favonicrmnaellemeat, ila fallu en différens temps
des modifications à la févérité des réglemens prohiSRSTE 8, qu'en dernier lieu, les circonftances follicitaut de
C 4 --- Page 42 ---
nouvéaux d'état, du adoucifemens 5 le roi,
l'arrêt de fon confeil
les
30 août 1784, a jugé Afitre convenoit de multiplier
lieu.d'un ports qu'il d'entrepôr, & en a établi trois dans cette ifle, au
encore a déterminé y avoit les auparavant; que le même principe
&, cn particulier, M. le gouverneurs comte de généraux & intendans,
à rendre differentes ordonnances Peynier & M. de Proisi,
bitives du commerce
pour modifier les lois prohis> Cenfidérant
dans les villes du que lérablifement du
de trois ports d'entrepôe
au lieu de remplir Cap le bur >
Pert-au-Prince & des Cayes,
d'approvifionner
qu'on s'éroit propofé,
étoit
de néceffité
tous les quarriers de la colonie, des qui objets
deftructeur, premicre, eft devenu l'occafion d'un
une fource
monopole
enfn des fpéculations d'aceaparcmens odieux, la matière
au profi: de quelqués mercantiles qui tournent uniquement
triment, tant de
capiraliftes qu'elles enrichiflent au déconfomme;
lerranger 0
qui vend, que du culivatcur qui
eft >> d'érendre Confiderant à quel'unique moyen d'anéanrir un tel
privilége accordé tous les ports ohiiy aura une municipalité, abus, le
feulement les moyens aux trois de principales villes; qu'alors, non*
tqus les citoyens, mais encore fiblittance Thabicanr feront plus à portée de
rectement-avee l'étreneer, celui-ci fera fur pouvant traiter diun bénéfice plus confidérable
fa marchandife
ce que gagnen: actucllenent fur 2 tandis lai ceux que qui l'autre les épargnera
la-feconde, de la troifième OlL de la
vendent de
cet avantage réciproque naitra
quanième main; & de
>> Confidérant que- les nonvelles labundances précautions a
Taflembiée pour prévenir les fraudes,
prifes par
elle eft de refpecter les liens qui uniflen témoipnent le defir oà
la France, dans tout" ce qui ne commande Saint-Domingue à
néceflité;
pas l'ablolue
fe >> confacrent Confidérant encore que la claffe utile des ciroyens
au cabotage, loin de fouffrir de l'extinétion
privilége dontr
ae
jouiffent les trois ports
de
lonie, va recevoir un encouragement principaux
la COla fplère do fon indufrie, fera, pour qui, la parie en agrandilfant
fiançaife de
Scine-Demingue profpérité;
> un principe nouyeau de force & de
ablolue
fe >> confacrent Confidérant encore que la claffe utile des ciroyens
au cabotage, loin de fouffrir de l'extinétion
privilége dontr
ae
jouiffent les trois ports
de
lonie, va recevoir un encouragement principaux
la COla fplère do fon indufrie, fera, pour qui, la parie en agrandilfant
fiançaife de
Scine-Demingue profpérité;
> un principe nouyeau de force & de --- Page 43 ---
enfin
des
caufes de. la dis Confidérant
qu'une
grandes
de
minution du numéraire dans la partic françaife
SaintDomingue eft cette défenfe abfurde - faite par un gouverà favorifer la France que les
nement toujours plus porté
colonies, de payer en denrées du pays, les objets qu'eilesfont
autorifées à tirer de l'étranger, , a décrété & décrète c2 qui
fuit :
A R T I CL E P r E M I E R.
Tout bâriment étranger, admis dans les ports du Cap,
du Port-au-P'rince.& des Cayes, ei vertu de l'arrèt du confeil d'etat du roi > du.zo aoit 1784 , & des ordonninces
fubféquenres des général & intendant , notamment de celles
des 26 décembre & 21 avril derniers, > fera également admis
dans tous les ports de la partie fançaile de Saint-Domingue, s
où ily aura une municipalité établic, & ne pourra y introduire que. les objets permis par lefdits amtrsscondcrnauces
I I.
arrivant dans lés
92 Tout capitaine de bàtiment étranger
de
ports cideffus délignés, 2 fera fa déclaration au grcffe la
municipalité du lieu, > &-y, préfentera la fadture originale
de fon chargement 5 laquelle fera enregiftrée dans ledie
greffe.
I I L.
9>
Tout capitaine de bâriment étranger fera tenu, aufitôt
fon bariment fera arrivé > de prévenir la municipalité de
Re arrivée >. & de préfenter au greffe de la municipalité
une caution domiciliée & folvable ;il ne pourra rien mettre
a.terre, > julqu'àce que cette caution ait été fournie.
I V.
>, La municipalité jugéra de la folvabilité des cautions
préfentées par les capitaincs érrangers.
V.
>: Les cautions répondront de la fdélité des déclarations
tranger fera tenu, aufitôt
fon bariment fera arrivé > de prévenir la municipalité de
Re arrivée >. & de préfenter au greffe de la municipalité
une caution domiciliée & folvable ;il ne pourra rien mettre
a.terre, > julqu'àce que cette caution ait été fournie.
I V.
>, La municipalité jugéra de la folvabilité des cautions
préfentées par les capitaincs érrangers.
V.
>: Les cautions répondront de la fdélité des déclarations --- Page 44 ---
& faétures des capitaines > ainfi que de
de
fonds, tel qu'il fera prefcrit ci-après, & l'emploi
Ieurs
les droits.
du paiement de tous
V I.
>> Les capiraines de bâtimens
en denrées coloniales le montant étrangers de la vente pourrent des employer
qu'ils auront importées.
fubfiftances
VII,
état 93 Tour détaillé capitaine de fa étranger 2 avant que de partir, fera tin
ment ; lequel
vente, de fes dépenfes & de fon chargearrêté
état, certifié par la caution > fera vérifié &
par la municipalité.
V I I I.
>> Les receveurs prépofés à la perception des
trois > ne pourront recevoir la déclaration des droits d'océtrangers , que conformément à l'état arrêté par capitaines la
cipalité.
muniI X.
>> Tefdits capitaines paieront tous les droits
impofés far lexporration des
actuellement
étrangers, > & il en fera délivré denrées, par les capitaines
quelle conftatera la quantité des denrées quitrance en forme > laimporteront.
coloniales qu'ils
X.
>> Dans les endroits où iln'ya point de receveurs
les droits feront perçus par le tréforier de la
d'octrois,
lequel fera tenu d'avoir un
municipalité s
compter fuivant les ordres de regiftre l'affemblée pour du cet cffet, & en
département.
X I.
>> Toute caution de capitaine étranger, 2 conyaincue
favorifé la fraude, fera déchue, pendant dix ans de d'avoir la
qua-
its où iln'ya point de receveurs
les droits feront perçus par le tréforier de la
d'octrois,
lequel fera tenu d'avoir un
municipalité s
compter fuivant les ordres de regiftre l'affemblée pour du cet cffet, & en
département.
X I.
>> Toute caution de capitaine étranger, 2 conyaincue
favorifé la fraude, fera déchue, pendant dix ans de d'avoir la
qua- --- Page 45 ---
lité de citoyen adlif, & ne 43
dant le même délai, & fera pourra plus être caution
au quadruple les droits
en outre condamnée à roealser
faufle déclaration ; elle fera qui auront été fouftraits par une
devant les juges qui en doivent pour connoitre, cet effet renvoyée parXIL
dant 35 Sera dix égalemeut déchu de la qualité de
fraude. ans > quiconque fera convaincu citoyen d'avoir actif, favorifé pen- la
X I I I.
9> Tout capiraine
être admis en cette étranger parti en fraude ne pourra plus
&,a ceteffet, les qualité en aucuns ports de cette colonies
les actes qui conftateront municipalités la fraude. fe communiqueront entr'elles
X I V.
3> Il fera accordé une prime
par barril de farine étrangère d'encouragement introduire
de IO liv.
françaife de
> dans la partie
més &c expédiés Saine-Dominge, dans
par les bâtimens français, arfur le produit du droit cette d'un colonie 5 ladite prime fera payée
pour cent.
Millet : Il faut que VOuS fachiez
cent étoit celui que payoient
que le droit d'un pour
nies. C'eft donc avec les tous,les étrangers dans les coloentretenir le commerce français. moyens étrangers qu'on vouloit
X V.
3, Les armateurs ou capiraines defdits
chercher des fubliftances dans les
bâtimens en allant
fe charger en denrées coloniales ports étrangers, pourront
de donner caution qu'ils
; mais à la charge par eux
concurrence du montant rapporteront des denrées des fubfiftances jufqu'à
exportées > laquelle caution fera de la coloniales qu'ils auront
a leur chargement en denrées coloniales. totalité du montant de
trangers qu'on vouloit
X V.
3, Les armateurs ou capiraines defdits
chercher des fubliftances dans les
bâtimens en allant
fe charger en denrées coloniales ports étrangers, pourront
de donner caution qu'ils
; mais à la charge par eux
concurrence du montant rapporteront des denrées des fubfiftances jufqu'à
exportées > laquelle caution fera de la coloniales qu'ils auront
a leur chargement en denrées coloniales. totalité du montant de --- Page 46 ---
XVL
>2 Seront au furplus leldits armateurs ou
mis aux'mêmes vifites & aux mêmes
capitaines fou
du cautionnement
formalirés, à T'exceprion
les mêmes
prefcrit par l'article III. Ils fubiront
les
peines en cas de contravention & ils
aufli
ils mêmes droits, à lexception de celui d'un fupporterent
feront difpenfés.
pour cent dont
X V I I.
9> Les armateurs ou capitaines
lonie pour aller chercher des fubliftances français, partis de la coqui auront chargé des denrées coloniales dans T'étranger, &
chat, feront tenus de faire leur retour pour en faire l'atre mois , palfé lefquels leurs cautions dans le délai de quafuivies.
pourront être pout-
( Millet observe.)
Vous voyez que l'intention de cet article étoit
qu'on ne vienne dans lesports étrangers des états d'empécher de
vendre les denrées coloniales, & le déiai de
TEurope
éroit le temps qu'il falloir pour fe rendre
quatre mois
acheter des cargaifons, les vendre & s'en revenir. aux Erats-Unis
XVIIL
c Les armateurs ou capitaines
fait leur rerour en (ubliflance,, frascais qui n'auront point
tant des denrées coloniales Aulga'a'coneurrence du monle délai ci-deflus
qurils auront chargées, 8c dans
avec leur
prefcrit 2 feront condamnés,
caution, a une amende qui fera de folidairement la moitié du
cauitionhemen.
>> Sera le préfent décret, ainfi que celuidu de ce
qui conflate Furgence 2 norifié au
mois,
conformément al'article VII du décrer gouverneur du 28 mai générel,
par lui le promulguer & faire exécuter ou dernier,
FARE à l'affemblée générale, dans
remettre
jours fixé par l'articla III du décret du 28 le délai de dix
mai; & enfiate
folidairement la moitié du
cauitionhemen.
>> Sera le préfent décret, ainfi que celuidu de ce
qui conflate Furgence 2 norifié au
mois,
conformément al'article VII du décrer gouverneur du 28 mai générel,
par lui le promulguer & faire exécuter ou dernier,
FARE à l'affemblée générale, dans
remettre
jours fixé par l'articla III du décret du 28 le délai de dix
mai; & enfiate --- Page 47 ---
feront, tant le préfent décret que celui du 17 de ce mois,
envoyés à la fanction royale.
> Collationné conforme, Délivré à Paris, le 6 novembre
1790.
3> Signé, 3 DENIx, DIAUBONNEAU s),
Le citoyen Sonthonax doit être bien fâché d'avoir allégué
cette accufation contre l'aflemblée générale de Saint-Marc >
& d'avoir, fur-tour, fait perdre le tempsde la commillion
à l'entendre, Il nous refte maintenant à détruire l'accufation faite contre
l'aflemblée générale, relative au licencicment des troupes.
Sonthonax, comme Barnave : vous a préfenté cet de acte la
comine. une mefure tendante à fe faifir du fcepure
colonie , à fe faifir del Tindépendance, & à fervir des projets
qui navoient d'antre but que celui de nuire à la mèrepatrie. Nous-dui. répondons ce que nous répondimes à laffemblée nationale 5 mais il eft important de vous donner
auparavant lecture d'uneslettre du gouverneur Peynièr entre écriles mains duquel étoit la force armée. Ce gouverneur
voit à latlembiée générale de Saint-Marc, le 22 avril 1790;
de
le .22
&c je vous piie, , citoyens baftille remarquer n'exiftoit l'époque., & alors
avril
A cette OII.
plus,
la tution étoit bien prononcée. Il écrivoit donc qu'il reconnoilloit pour fouyerain le roi de France.
Leccre de Peynier, 22avril 1790.
Peynier reconnoilfoi:
fouverain le roi de France,
avoué par la nation RERAA pour être le repréfentant de
tous les pouvoirs que celle-ci lui a cenfiés.
Que, ce, principe reçu,il ne peur exifter d'autre pouveir
exécutif & judiciaire
celui - qui eft confié & départi par
le roi aux perfonnes a a choifies lui-mème, tant au nom
de la nation qu'au fen, le degré de puitiance quil Jeur a
accordé pour maintenir le bon ordre. juer.les diférens
des particuliers, & défendre les colonies envers & contre
tous ole le fouvernin feul de l'état 8 là il enrend le roi)
doi: fandionner les lois, s'ilne les fait pas lui-môme;
ui - qui eft confié & départi par
le roi aux perfonnes a a choifies lui-mème, tant au nom
de la nation qu'au fen, le degré de puitiance quil Jeur a
accordé pour maintenir le bon ordre. juer.les diférens
des particuliers, & défendre les colonies envers & contre
tous ole le fouvernin feul de l'état 8 là il enrend le roi)
doi: fandionner les lois, s'ilne les fait pas lui-môme; --- Page 48 ---
Que la repréfentation du pouroir ainfi
préfentant feul peut
fanctionner reconnue, le reEnfin qu'il a été ordonner, commis' par le roi
& executer;
repréfentations de fes fujets, & qu'allemblés pour recevoir les
peuvent rien décider, fans quoi ils ceflent d'être ou non, ils ne
Vous voyez, citoyens, > quelle étoit
fujets.
revêtu d'une grande autorité, & chef l'opinion de
d'un homme
vous concevez par conféquent
la force armée ;
femblée
que nous étions tous à r'afcoloniale, > bien convaincus
un bon ufage 5 & vous allez en qu'il ne pouvoir en faire
de cet acte.
juger par le confidérant
cc L'afemblée générale, confidérant
à la tranquillité intérieure
que le foin de veiller
moins prelfant aux
, impofe un autre devoir non
Domingue, celui d'ôter repréfentansde à
la partie françaife de Saintgouverné lui-mème
un gouvemneuri mal. confeillé &
T'entourent, le
par une troupe d'hommes
des
moyen d'exécuter contre les habitans pervers qui
principales cités de cette colonie, & contre la d'tne
entière, des defleins dont la noirceur ne fe
colonie
trop dans des préparatifs de guerre qui menacent développe la ville que
Porr-au-Prince, & que rien ne
du
>) Confidérant
le devoir nécellite; devient
remplir, & plus d en même
plus imporrant a
la
françaife de
temps aux repréientans de
Saine-Domingue, à railon de
ont
Tattaaume
veulent conferver qu'ils
voué à la mère, patrie, à
ils
une colonie qui "eft fur le laquelle
échapper, par les criminels efforts de ceux-là point de lui
accufer l'allemblée générale de vifera
même qui ofent
effet les nouvelles alarmantes
T'indépendance; qu'en
de toutes parts, Me permettent que l'affemblée de
sénérale'reçoit
un plan formé pouropérer une plus
douter qu'il n'y dit
cette colonie à la France; que'les contre-rétolution, liaifons du fieur en enlevant
colonel du régiment du'
Mauduit,
la révolution, fon voyage Forrau.Pincevave d'Italie
les ennemis de
ouvertement à Paris contre la révolution 2 les propos, & qu'ila tenis
fignés dans les papiers publics le
, qui font coildans le gouvernement, dès l'inflant changement de
quis'eft opéré
à Saine-Domingue, les bravades de Tarrivée de ce colonel
femblée générale,
cer officier envers l'af
Fencouragement par lui conné à une cOi-
révolution, fon voyage Forrau.Pincevave d'Italie
les ennemis de
ouvertement à Paris contre la révolution 2 les propos, & qu'ila tenis
fignés dans les papiers publics le
, qui font coildans le gouvernement, dès l'inflant changement de
quis'eft opéré
à Saine-Domingue, les bravades de Tarrivée de ce colonel
femblée générale,
cer officier envers l'af
Fencouragement par lui conné à une cOi- --- Page 49 ---
femblée poration qui femble n'avoir Four objet que de traverfer l'afgénérale dans l'exécurion de fes
le
fuivi de ce nouveau commandanc par intérim décrers, de la ville concert du
Port-au-Prince, avec les officiers qui.
de cette même ville, fes démarches compofent conftatées l'érat-major auprès des
troupes foumifes à les ordres, les écrits incendiaires qu'il
répand livre parmi elles, les indécentes orgies auxquelles il fe
faire oublier avec ceux les qu'il exercices appelle mes foldats > comme pour leur
forcés par lefquels il les
tout, jufqu'à la procédure qui s'inftruir devant le écrale; 5
au nom de l'affemblée nationale, contre le miniftre châteler, prévaricateur, dont le fieur Mauduit eft un des agens les
tout annonce la vériré d'un complor, dol doivent plus affidés;
& le fuccès d'une contre-révolution Gi fouvent
dépendre
abandonnée, & avec elle, 3 le falut du miniftre, tentée,jamais
fi long-temps de l'exécration fi juftement méritée objet de depuis
françaife ( de Saine-Domingne, & avec elle encore les ambitieux la partie
projets de tant d'orgueilleux également dévorés de la foifdes
honneurs & de celle des richellès, &c vivemént intéreffés au
rérabliffement de l'ancien régime > feul favorable à leurs ef
pérances alières;
>> Confidérant enfin que tous les doutes font
tous les voiles font déformais levés par le ferment éclaircis,que criminel
quelel fieur Mauduit, abufant de l'ignoranceé 8cdelafoiblelle de
foldars peu inftruits & accoutumésà ployer fous fon
a ofé exiger d'eux, & dont il n'a pas craint d'adreffer autorité, à
femblée générale les formules diverfement impies; ferment l'afqui eft coupable, de cela feul qu'il eft différent de
a été prefcrir, foit
l'affemblée nationale, foit celuiqui
femblée générale de fap partie françaife de
par laffermen: dont le crime augmente & fe manifefte Sain-Domingue, de
en
-plus par fa clandeftinité même : car tout ferment plus
prèté par des foldats que dans l'enceinte de leurs qui n'eft
tout ferment qui n'eft point prèté par eux en cafernes, du
peuple ou de fes magiftrats, eftu un ferment clandeltin; préfence ferment
quelefieur ténébreufes Mauduir a cherché à propager par des voiesaulli
parmi les soldats du détachement en
en cette ville de S. Marc, en leur envoyant pour garnifon cet effet
deux officiers du même régiment, les fieurs de Ligneris &
Brunet; ferment qui décèle d'autant mieux l'efprit dans le-
èté par eux en cafernes, du
peuple ou de fes magiftrats, eftu un ferment clandeltin; préfence ferment
quelefieur ténébreufes Mauduir a cherché à propager par des voiesaulli
parmi les soldats du détachement en
en cette ville de S. Marc, en leur envoyant pour garnifon cet effet
deux officiers du même régiment, les fieurs de Ligneris &
Brunet; ferment qui décèle d'autant mieux l'efprit dans le- --- Page 50 ---
ila étéinventé, que le commandant de cette même ville
T S. Marc, le fieur de Grimonville, > s'cft oppolé aux recherches quele comité éroit chargé par l'affemblée genérale
de faire aux cafernes, pour conftater tne démarche aufli attentatoire à la liberté publiques ferment qui doit avoir été
exigé des autres troupes foldees de ia parrie françaife de
Sain-Domningues ferment enfin qui ne tend à rien moins
qu'as'afurer des foldars parles liens les plus facrés de I'honneur * de la religion, pour pouyoir tourner enfuite leurs
armes contre les citovens, G, ce que la plupart des foldats
ignorene, un ferment fait au-delà de ce que lesloisy prefcrivent
n'étoit pas nul, &c fi ceux à qui on la furpris n en étoient
pas relevés par fa propre illégalite >).
Arrêté de l'afemilée de Saine-Mare, 27 juillet 1790.
J'ajouterai iici ce que nous avons la à la barre de l'affemblée conftituante.
Sonthonax : J'obferve que Thomas Millet a oublié de lire
le difpofitif du décret qui ordonne le licenciement.
Millet : Si la commiflion l'exige , jele lirai.
Le préfident : Ce difpolirif eft-il long?
Miller : Il eft Mil peu long.
Page : I orfqu'il a fallu faire leéture de la proteftarion que
nous avons faite contre le traité fait à Londres, & entrer
dans le développement de ce traité', Sonthonax réclamoit
contre la perte du"temps. : dans ce moment il n'en eft pas
avare 5 il veut pofler toute la féance en lecture de pieces.
Si Sonthonax a à parler contre quelque difpolitions de l'arrêté de latiemblée générale de Saint-Marc, il peur prendre la parole.
Sonthonax : Jc m'en rapporte à la prudence de la commiflion 5 je ne fais point faire des chicanes.
Leprefident à Millet : Continuc.
Millet : Voilà ce que nous difions à l'aflemblée conftisuante.
Tilit:
'en eft pas
avare 5 il veut pofler toute la féance en lecture de pieces.
Si Sonthonax a à parler contre quelque difpolitions de l'arrêté de latiemblée générale de Saint-Marc, il peur prendre la parole.
Sonthonax : Jc m'en rapporte à la prudence de la commiflion 5 je ne fais point faire des chicanes.
Leprefident à Millet : Continuc.
Millet : Voilà ce que nous difions à l'aflemblée conftisuante.
Tilit: --- Page 51 ---
Ilit.
Difcours à l'afemblie nationale fiur le licenciement des troupes
de ligne.
Ce C'eft quand nous avions cette coalition, ou perverfe,
ou aveugle, 3 à. combattre; c'eft quand nous étions menacés
par cette réunion, > non ipas de tous les pouvoirs, mais de
tous les excès >l qu'on nous reproche d'avoir'uté d'une autorité néceflaire, legitimes d'avoir > en licenciant, quant au
mot, des troupes foldées par la colonie, & qu'on alloit armer contre la colonie 3 voulu donner des défenfeurs fidèles;
d'avoir, conformément aux décrets de l'aflembléc nationale ,
voulu métamorphofer des fatellites dangereux en citoyens
utiles > en gardes-nationales ; c'eft quand les ennemis imnplacables de la révolution marchoient à nous fos cocpérateurs fidèles &c incorrupables, le for & le feu àln main,
qu'on fait un crime dnvoirpréperé des moyens de réfiftance,
trop sirs, fi nous avions voulu en ufer, fi nous n'avions,
par un.dernier trait de patrioti'ine ? quitté une terre qu'il
falloir baigner de fang pour la fauver.
Je n'ajouterai rien à cette réflexion qri a été frite à la
barre de l'affemblée confinante, fi ce n'eft que la polition
où nous nous trouvions dans la colonie à cette
s
étoit la même que celle où étoit la Trance le époque IO août
1792.
Page: J'ai été interpellé par Sonthonax.
Th. Mille: : J'ai un mot à dire encore; ilcf relatif aux
fecours que nousavons demandés à la Jarralque, lorfque
Finfurrection des nègres fe manifefta au Cap fur la fn du
inois d'aolit 1791.
Verneuil: le 24.
Thomas Millet : Une ville fans défenfe & environnée de
peut-être foixante mille houmas armés de torches, devoit
préfenter un état de crife bien alatmanc. A qai les habitans
& la partie des ciroyens réunis dans Taflemblde coloniale
pouvoient - ils avcir recours : nous étions à cette époque
en pleine paix avec toutes les puiffances de I'Europe. Ercis-ce
à la partie efpagnole 2 cela n'étcit pas pollible.
on
D'ailleurs,
ne pouvoit pas en attendre de grands fecours :
Tome II.
Dorième livraifon.
D cepen-
crife bien alatmanc. A qai les habitans
& la partie des ciroyens réunis dans Taflemblde coloniale
pouvoient - ils avcir recours : nous étions à cette époque
en pleine paix avec toutes les puiffances de I'Europe. Ercis-ce
à la partie efpagnole 2 cela n'étcit pas pollible.
on
D'ailleurs,
ne pouvoit pas en attendre de grands fecours :
Tome II.
Dorième livraifon.
D cepen- --- Page 52 ---
so,
dant, la démarchea 6:6 faite. Éroit ce au gouverneur de la
Havanne : la démarche a été faite aufli. Entin, ge fut donc
a la Jamaique, C'eft dans cette démarche que Sonchonax
trouve une preuve de compliciré de l'affombiée coioniale
avec los inglnis : ch bien citoyens, pour examiner cette
niatiére 8c ja couler à fond, nous vous renroyons au décret
de l'atlembiée lagiiarive, da 3 novembre 1791. Ce décret
requiere leroi de faire des remerciomens an gouternement
britaruniqus, pour avoir porce des fecours à une colonie
menacée d'une deftruction entière parla a révoke des nègres:
Gr, C2 feroit donc le gouvernement Gui feroit coupable',
& non ios citoyens habirans de Sain-Domingus, Ce fera
a nos aconfareurs à décider la quellion.
Pige: Ten trouve in prouve dans un2 feuille intitulée,
les Kevaluticns de Paris, par Prudhomme. Il y eft dit,
no. 122:
(ZI lit.)
ec M. lambaffadeur d'Angleterre a aprris, par uné letire
oficiclie du gouverneur de la Jatnatique, milord
en
EHfingom,
date ca7 feptembre, que les nlgros de Sate-Dominece
avoient détruit toutes les habitations à cinquante mille de
chaque dôté du Cap; que les g-ns de couleur s'étoient
réunis aux blancs, & que la ville du Cap manquoit preique
entièrement de vivres; que trente mille nègres, reftés fideles
à leurs maitres > s'y ércient réfugiés, & ofroient leurs
fecours contre les révoltés. Efingham a envoyé de la Jamaiqué des fecours d'armes & de vivres, entr'autres cinq
mille fulils & quatorze cents livres de balles. Le roi d'Angleretre, en ayant éré informé, a donné fon approbation.
Elinghnm a écrit à l'ambafladeur
en
d'Angleterre
France ;
X M. Deleffart, chargé par interim du miniftère des affaires
étrangires, en a fait part à l'affemblée nationale. M. Aubort
du Bayst a demande qu'il fut décrété des remerciemens à
milord' Efhnsham & au roi d'Anglerérre. L'affemblée a
applandi; clie a voté des remerciemens à la nation, au
gouverneinent anglais, de à Efingliam. >>
Millee : Je crois que de toutes les inculpations faires
jefqu'ici par Sonthonax, il n'en eft pas une qui n'ait été
pulyérifée. Cependant, il refte enccre à répondre au rc-
des remerciemens à
milord' Efhnsham & au roi d'Anglerérre. L'affemblée a
applandi; clie a voté des remerciemens à la nation, au
gouverneinent anglais, de à Efingliam. >>
Millee : Je crois que de toutes les inculpations faires
jefqu'ici par Sonthonax, il n'en eft pas une qui n'ait été
pulyérifée. Cependant, il refte enccre à répondre au rc- --- Page 53 ---
proche du retard qui a été mis dans l'expédition de l'avifo
qui devoit porter en France la nouvelle du défaftre des
colonies. Mon collegue, qui eft mieux informé
moi,
puilqu'il étoit alors au Cap, va vous donner des Beaise d
des preuves; car nous. ne marchons jamais fans preuves.
: Page : Avant de palfer à l'examen de cette circonfhurce,
je répondrai à Tinrerpellation qui m'a été faite hier par
Sonthonax. Ce fur le 14 inai 1791 que j'envoyai oflicicllemen: à l'aflemblée Légillative, fous le couvert de Ger
fonné, & que jenvoyai dans toute la colonie une dénonciation contre Caduch & Gauvin, pour avoir porté la cocarde noire & rayé la légende. Je lui envoyai autli le narré
fidèle de ce qui s'étoit paffe à Sain-Domingue jufqu'alors.
Sonthonax n'a pu n'accufer d'avoir gardé le flence fur ce
fait, puifque, dans.cemême ouyrage > j'avois fingulitremen:
improuvé les mouons faires par les parrifans du gouvernement, qui, dans les premiers jours de Iaifemblée, ln
dominoient, parce que ceux-là qui étoient dans le fecrcc
du gouvernement, avoient eu la précaurion de s'y rendre à
temps. Les pacriotes,. qui en furent empèchés par la révolte & l'incendie qui le promencient au-devant de leurs pas,
ne sy rendirent qu'a fur & mefure; & ce ne fut que du 20
au 23 feptembre que l'allemblée fur complère. Alors feulement, les patriores' y furent en majorité. Ainfi donc, , ce
fut moi qui, en France, qui, à Saint-Dominsue, m'élevai
contre cette cocarde; ce fur moi qui, à Saint-Domingue,
dénonçai ce fait: &c, citoyens, il faur vous dire comment
étoit fait ce chapeau; car Caduch: vouloit amener l'ailemblée
coloniale à fon but, par des moyens qui auroient pu féduire
l'aflemblée elle-même. C'étoit un chapeau rond, tel que le
portent les juges des tribunaux de France. Il avoit mis à ce
chapcau ou toque, > trois plumes, & fur le devant une COcarde noire,, de manière qie les patriotes mème de l'affemblée s'en laifsèrent impofer par ce coftune, & ne firent
pas d'abord grande attention à cette cocarde noire; inais
bientôr ils en furent frappés, & moi, nutamment, > je le
dénonçai : & voici ce que je difois dans ma dénonciation du
14 mai 1792.
cc Des orateurs de l'affemblée narionale ont accufé l'af-.
femblée coloniale de vifer à l'indépendance. La cocarde
D2
ifsèrent impofer par ce coftune, & ne firent
pas d'abord grande attention à cette cocarde noire; inais
bientôr ils en furent frappés, & moi, nutamment, > je le
dénonçai : & voici ce que je difois dans ma dénonciation du
14 mai 1792.
cc Des orateurs de l'affemblée narionale ont accufé l'af-.
femblée coloniale de vifer à l'indépendance. La cocarde
D2 --- Page 54 ---
noire dont fe para M. de Caduch pendant fa
la radiation faite en mérie temps fous linfpection préfidence, de M.
Gauvin, négociant au Cap, de. la
nation, 2 la loi, le roi, toutes ces légende fymbolique la
motiver cette accufation: mais Ce crime conlidérations n'ef
cclui Onr pu
T'aflembléc coloniale ; & le crédit dont jouifloir pas alors de
Caduch, dans cette affemblée
M.
fuencer fes délibérations, mais qu'il dominoit, > pouvoit jnnon la rendre
refte > ces deux repréfentans de Saint- Domingwe parjure. Au
alors, comme aujoand'hnmi,lresplus zélés partifans du étoient
Elanchelande.
général
Je dis donc, d'après Tinterpellation
m'a
dès le 14 mai 1792, j'avois dénoncé gui à
é.6 faite, >
emaie & à la colonie cette cocarde. J'avois l'aflemblée naparavant dénoncé Caduch peur d'autres fairs. long-remps Un
aufur fait; mais les ariftocrates eurent la
&
fut abfous.
majorité, ERIEIET
Parce que les ariftocrates doininoient
les affemblées, s'enfuit-il
quelquefois dans
Parce
que Telprir public foir vicieux :
que Robelpierte a quelque temps
vention nationale, s'enfuit-il que la Convention comprimé la Contoujours été pure, & ne veuille pas le bonheur du n'ait pas
11 me refte à répondre à la queftion de
thonax a fait à l'afiemblée coloniale un lefclavage.
FeN
décrété, , le I5 mai 1792, qu'il y auroit grand des crime d'avoir
Saint-Domingues 8, pour provoquer
efclaves à
mifération > il a dit que F'aflemblée avoit daventage déclaré votre comclavage fercit irrévocablement mnaintenu, Je
que l'efvous donner lecture de la déclaration
vais, citeyens,
l'allemblée coloniale,
qui a été faite par
(ILl@c.)
Extrait des
d: Talemblée coloniale de la
francaife de Ente fzance du 15 mi partie
1792.
cc L'affembiée coloniale de la partie frangaile de SaintDomingue légiflative, en vertu de la loi
du 28 feptembre 1791, reconnoit & déclare conftirusionnelle que la
de Sant-Domingte ne Feur exifter fans le mainticn colonie de l'ef-
l'allemblée coloniale,
qui a été faite par
(ILl@c.)
Extrait des
d: Talemblée coloniale de la
francaife de Ente fzance du 15 mi partie
1792.
cc L'affembiée coloniale de la partie frangaile de SaintDomingue légiflative, en vertu de la loi
du 28 feptembre 1791, reconnoit & déclare conftirusionnelle que la
de Sant-Domingte ne Feur exifter fans le mainticn colonie de l'ef- --- Page 55 ---
clavage 5 que l'efclave eft la propriété du maître > &
qu'ancune autorité ne peur portèr atteinte à cette propriété: en conléquence, > a décrété & décrète ce qui fuit:
A'RTIC L E P R E M I E R.
35 A l'allemblée coloniale (eule appartiendra de prononcer
les affranchiffemens des efclaves, fur la demande expreffe
des propriéraires, pour les caufcs, & fuivant le mode qui
fera déterminé par ja loi.
>2 L'arrèté qui prononcera l'affranchiffement fera foumis
à lapprobation du gouverneur.
II.
>> L'affemblée coloniale fera incelfamment tous les réglemens néceflaires pour le maintien, de l'efclavage & la difcipline des ciclaves.
9) Sera, le préfent décret, préfenté à l'approbation provifoire de M. le licutenant, au gouvernement général, &
envoyé pour être préfenté à la fanétion direéte & abfolue
du roi.
>> Fait & décrété en féance, les jour, mois & an que
dellus.
>> Signé, Lux,
; DEPONT,
BoUrIn,Pant. NEOAD
ainé,
BENDALNoTERE
fecrétaire.
93 J'approuve, le 20 mai. Signé, BIANCHELANDE.
On a fait un crime à l'aflemblée coloniale d'avoir delibéré fur l'elclavage, & del'avoir maintenu. En avoit-elle
le droit? C'eft d'abord une première queftion à traiter.
Ce droit, elle l'avoit puifé dans le décrêt du 13 miegt
de l'affemblée coxitituante; elle l'avoit puife dans l'ax. IIde
D 3i
rouve, le 20 mai. Signé, BIANCHELANDE.
On a fait un crime à l'aflemblée coloniale d'avoir delibéré fur l'elclavage, & del'avoir maintenu. En avoit-elle
le droit? C'eft d'abord une première queftion à traiter.
Ce droit, elle l'avoit puifé dans le décrêt du 13 miegt
de l'affemblée coxitituante; elle l'avoit puife dans l'ax. IIde
D 3i --- Page 56 ---
la loi du 24 feprembre 1791; elle l'avoit puifé enfin
l'art. XVI de la loi du +avril.
dans
Il lit:
ec Art. XVI de la loi du 4 avril, fur le droit de l'affemblée coloniale de ftatuer fur les efclaves.
>) Les décrets anrérieurs, concernant les colonies, feront
exécutés en tout ce qui n'ef pas contraire aux
du préfent décret. >2
difpofitions
La loi du 4 avril ne parle aucunement des efclaves. Ceux
l'ont rédigée connoilfoient parfaitement' les
qe la Joi du 24 feptembre, puifqu'ils ont
difpofitions une de
fes
abrogé
difpotitions, , ceile relative aux homines de couleur. Les
membres de l'affemblée légiflative qui ont fait rendre la loi
du 4 avril, n'ighoroient pas
'la loi du 24 décembre
conféroit aux atiemblées Eotailies le droit de ftatuer fur
les efclaves. Vous voyez donc que le droit de
fur l'efclavage étoit confié à laflemblée coloniale, prononcer nonfeulement par le décret du 13 mai, non-feulement par les
décrets du 8 mars, > du I2 odtobre, qui promettent que
l'allembiée nationale ne prononcera fur Tétar des
que fur la demande formelle de l'aflemblée coloniale; perfonnes nonfeulemen: Far la loi du 24 feptembre, mais encore par
Tart. XVI de la loi du 4 avril. JI eft bien étonnant que
Sonthonax veuille imputer à crime à Vaffemblée coloniale ce
droit 3 quand vous avez vu que > dans diverfes
mitions, noramment celle du 24 feptembre 3 il
cc procladéciarons qu'aux affemblées coloniales, légalément dit: formées, Nous
appartien: feulesle droit deprononcer fur le fort des efclaves.
Nous déclarons que Tefclavage eft nécellaire à la culaure
& à la, profpérité des colonies, &c qu'ii n'eft ni dans les
principes de l'affemblée nationale, ni dans ceux du roi, de
toncher à cet égard anx prérogatives des colens. 93
L'aflemblée coloniale a dit exaétement ce que Sonthonax
& Paiverel ont dit eux-mêmes le 24 feptembre; cependant
Tallembiée coloniale n'a pas ofé dire que f f'afiemblée nationale, égaréc, méconnoifoit ces drcits &p prérogatives des
colons, elle lui défobéiroit; eile n'a pas ofé dire cel: mais
c'eft Sonthonax & Polverel qui l'ont dit le 24 feptcmbre.
lemblée coloniale a dit exaétement ce que Sonthonax
& Paiverel ont dit eux-mêmes le 24 feptembre; cependant
Tallembiée coloniale n'a pas ofé dire que f f'afiemblée nationale, égaréc, méconnoifoit ces drcits &p prérogatives des
colons, elle lui défobéiroit; eile n'a pas ofé dire cel: mais
c'eft Sonthonax & Polverel qui l'ont dit le 24 feptcmbre. --- Page 57 ---
L'affemblée coloniale, toujours mue par les fentirens de
juftice & d'humanité > toujours guidée par l'amour du bicn,
nauroit pas, en compofant les lois rclatives à T'efclivage >
mis en activire dans Saint-Domingue cette lci defafreufe
de Louis XJV,qui ordonnoit de couper les creilles d les
jarrets aux nigres qui iroient marons; loi qui n'avoit jamais éré exécutée, & que certes lallemblée coloniale n'auroit jamais ravivée dans un temps oà les pricipes de la
philotophie dirigecient toutés fes opérations; mais ilrefoit
a Sonthonax & à Polverel de confacrer eux-mêmes ces difpolitions à Sainr-Domingesell eft donc étonnant que Sonthonax vienne faire à l'allemblée ccloniale le reproche d'avoir fait des lois fur l'efclavage dans un temps ou vous vOvez
que tous les aétes qu'elle a taits dans la colonie, & notamment celui du
aolt 1793, étoient diétés par leur intérèt, comme nous M prouverons; & Sonthonax avoit luiméme confacré ce travail. Il a dit enfuite que Brulley &
moi avions été envoyés uniquement vers le roi pour; porter
à fafanction le décret far l'eiclavage:) ileft mes-vraique,daprèsle décret du 28 feptembre, Tallemblée coloniale avoit
le droit de faire des lois fur l'efclavage , à la charge
elle
ces lois à
du roi. Cer:es,
VRA
de préfenter
l'acccpratien
femblée coloniale, ufant du droit que luidonnoit CC décrer,.
devoit envoyer les aétes qu'elle auroit faits à la fandion du
roi 5 pour cela, il falloit nommer des commillaires : Ccs.
commillaires furent Lux, Brullcy & moi, Mais nous ne
fimes pas feulement envoyés par devers le roi; notre million
exprelfe: notre milion première fut de nous retirer pardevers l'aflemblée nationale, & nous en trouverons la preuve
dans les inftructions qui nous ont été données.
Il lit:
Extrait des regiftres d: Paffembléc coloniale d: le partiefrapaife de Saint-Domingue, 3 du 29 mai 1792.
cc Sur la motion d'un membre, l'affemblée arrête qu'il
fera nemmé au fcrutin deux commillaires pour perter fon
D 4
prelfe: notre milion première fut de nous retirer pardevers l'aflemblée nationale, & nous en trouverons la preuve
dans les inftructions qui nous ont été données.
Il lit:
Extrait des regiftres d: Paffembléc coloniale d: le partiefrapaife de Saint-Domingue, 3 du 29 mai 1792.
cc Sur la motion d'un membre, l'affemblée arrête qu'il
fera nemmé au fcrutin deux commillaires pour perter fon
D 4 --- Page 58 ---
décret du Is mai courant à la fanction
roi.
immédiate du
>, Le dénouiliement a nommé MM. Lux
majorité abiolue.
& Page à la
2) L'allemblée charge fon
de
M, le lieutenant au
préfident
fe retirer pardevers
muniquer le préfent gouvernement arrêré, , à l'effer général, pour lui combation.
d'avoir fon appro-
>3 Fait & arrèté, > en
les
-
deffus. >>
fcance,
jour, mois & an que
Signt, Desous,prfidlent ; DUxAS,
TIN, MICHEL, LABORDERIE, &c
vicepréfdene : BouGRASSET, 3 Jecrécaires.
>> Erau bas d'ue expéilicion du pafent arrèté
archives; Japprouve, 30 mai.
dépoféaux
23 Signé, BLANCHELANDE.
>3 CollarionéjFgné, POrTEVIN, gade desarchiyes.
>.
Extrait des regiftres de l'afimbléc coloniale de la
frangaife de Ssint-Doringees du premier juin
partie
1792,
Ce Un mombre Rai: la motion
fième connifnire pour êue
tendante nommer un troiauprès du roi.
adjoint aux deux déja nonimés
>> M. le préfidont, apris difeulion,
fembice, met aux voix sil fera nommé, ayant confulté. l'afmillaire à la commifion
un troifième com-
>> L'aliemnblée arrête qu'il adhoc, fera nommé pour France;
millhire, & procédant de faite à fa
un troifitme comfe rénnifent 0nl fayeur de M. Brulley nomination, les voix
muiffaire adjoint aux deux précédtemment qui eft nommécomauprès du roi lui préfenter le
nommés poura aller
niale a rendu fer
décrer que Iafemblée colorion direése.
lelclavage, aux fnsd'en obtenir fa tanc-
/
33 L.aflémblée charge fon
de
M. le lieutenant au
préfident fo retirer pardevant
gouvernsuacn-gesml, pour lui com-
. Brulley nomination, les voix
muiffaire adjoint aux deux précédtemment qui eft nommécomauprès du roi lui préfenter le
nommés poura aller
niale a rendu fer
décrer que Iafemblée colorion direése.
lelclavage, aux fnsd'en obtenir fa tanc-
/
33 L.aflémblée charge fon
de
M. le lieutenant au
préfident fo retirer pardevant
gouvernsuacn-gesml, pour lui com- --- Page 59 ---
$7
muniquer le préfent arrêté, à l'effet d'avoir fon approbation.
33 Fair & arrêté en féance > les jours, mois & an que
dellus.
Bou33 Signé, Drrows.prefdent. ; DUMAS, vice-préfdent ;
TIN , MICHEL & GRASSET, Jecre taires.
33 Au bas d'une expédition du préfent, dépofée aux archives, eft écrit : J'approuve > 3 juin.
32 Signé, BLANCHELANDE.
3> Collationn:,. figné, POITTEVIN, garde des archiyes.
Voici, citoyens > nos infructions :
Il lit :
Infrudlion de l'affemblée coloniale de la partie francaife de
Sain-Domingue: à MM. Lux, Pagé é Brulley, commijaires auprès 2 P'efemolée nationale & du roi.
AR T I C L E P R E M I E R.
< MM. Lux; Page & Brulley , > à linftant de leur arrivéé
à Breft, profiteront de la première occafion pour en fairé
part à l'offembléc coloniale. Ils en donneront aufli avis furle-champ à MM. Millet, Lebeugnet, Lagourzue, Petit >
Deschampeanx 2 Lcloup - Defperelles, Legrand, Demun I >
de la Chevalerie & Beraud qui fornenrachucllemenr a Paris
le bureau de commifion de T'affemblée coloniale,-& auprès
defquels ils fe rendront enfembie le plus prompsemenrqulils
pourront.
II.
>, Arrivés à Paris, & réunis au bureau de commiflion de
l'affemblée coloniale, le bureau avilera, fans pertedet temps,
aux moyens d'obtenir la fanétion royale fur le décret lé 2
giflatif rendu le
mai dernier, parladice affemblée coloIome II. ALALE liyraifon.
D 5
coloniale,-& auprès
defquels ils fe rendront enfembie le plus prompsemenrqulils
pourront.
II.
>, Arrivés à Paris, & réunis au bureau de commiflion de
l'affemblée coloniale, le bureau avilera, fans pertedet temps,
aux moyens d'obtenir la fanétion royale fur le décret lé 2
giflatif rendu le
mai dernier, parladice affemblée coloIome II. ALALE liyraifon.
D 5 --- Page 60 ---
mhens. niale, fur l'état des efclaves & le mode des affranchifleIIL
's Auffitôr après l'obtention de ladite
de MM. Millet, Lebeugner &
fanction, lamifion
ils feront tous leurs efforts pour Lagourgie, fe rendre fera terminée,
l'aflemblée coloniale, &
dans le fein de
fanction royale far le
rapporter, tant le réfultat de la
deet
les paquers & inftructions legiflarif, leur du I5 mai dernier >
305 la commillion coloniale.
que
remettra le bureau
IV.
>> Dans le cas où les membres > tant
veaux de la commiffion coloniale, fe
anciens que nouOi abfens de Paris,MM. Lux,
trouveroient &
dilperlés
fur leurs têtes les pouvoirs donnés Page à
Brulley, réuniront
les précédentes infructions de Tallemblée ladite commillion par
coloniale,
3, Lu & arrêté en féance de T'affemblée
partie françaife de
le'
coloniale de la
Saint-Domingue, 2 juin 1792.
>> Signe,DaPoNs 1 > prefdmt;Dusas,
TIN, MICHEL,
vice-prefidenes Boucrétaires. 9>
Taxeursesadionstun, GRASSETS fcNous avions eu une miflion direéte
retirer vers le roi pour obtenir fa fanétion qui étoit de nous
l'affemblée coloniale, conformément
fur T'arrêté de
& celui du 24 feptembre.
au décret du 13 mai
1 Polyerel: : Je prie le citoyen Page de dire
de l'allemblée coloniale, ou fimplement
fic'eft un arrêré
comité,
des.intructionsd'un
: Ce font des inftruéions données
l'article dernier de ces
par laffemblée
LEA
à celles précédemment données à inftructionsnous des
renvoyoir
lonie, & celles-là font
commiffaires de la COde l'idée que la commiflion développées , & donnent la mefure
millaires delallemblée coloniale. peur Cesmémes prendre des premiers cominftructions vont
fimplement
fic'eft un arrêré
comité,
des.intructionsd'un
: Ce font des inftruéions données
l'article dernier de ces
par laffemblée
LEA
à celles précédemment données à inftructionsnous des
renvoyoir
lonie, & celles-là font
commiffaires de la COde l'idée que la commiflion développées , & donnent la mefure
millaires delallemblée coloniale. peur Cesmémes prendre des premiers cominftructions vont --- Page 61 ---
répondre aux inculpations dirigées par Sonthonax contre les
commiffaires délégués en France par l'allemblée coloniale :
ces inftructions font perfonnelles aux anciens commilfaires
auxquels nous venions nous joindre > & nous devenoient
connues par l'article IV des nôtres que je viens de lire.
Extrait des regifres de-l'aflembléc générale de la partie fru
gaiye de Sain-Domingue, du 27 feptembre 1791.
An T I C,L E P R E M I E R.
Les commilfaires étant arrivés dans un port de France,
s'emprefleront de fe rendre à Paris auprès de l'aflemblée nationale,
II.
>> Etant rendus à Paris, ils conféreront avec les députés
des places de commerce qui fe trouveront dans cette ville s
fur l'objet de cette miflion ;ils écriront en même temps aux
quatre-vingt trois dépariemens; 3 & aux différenres chambres
de commerce de France, pour lcs engager, de la manière la
plus preflante, à concourir avec eux au fuccès des demandes
qu'ils feront à l'affemblée nationale.
I I I:
>> Tls-demanderont à l'affeniblée nationale de vouloir bien
hâter l'envoi des décrets relarifs aux colonics , qui n'y font
point cennus officiellement, ainfi que le départ des commiffaires civils qui feront porteurs de ces décrets. >>.
Je vous prie d'obferver que ces commiffaires furent envoyés les premiers vers l'aflemblée nationale; & c'eft icile
cas de répondre à ce qu'a dit Sonthonax, du refus fait
l'aliemblée coloniale, ou du retard qu'elle avoit apporté E
l'envoi d'un avifo, pour prévenir la France de Tinvafion de
Ssint-Iemingue: Je n'étois pas encore à lallembiée coloniale, lorfque des colons proposèrent l'envoi d'un avifo à
T'aflemblée nationale & au roi.
D6
blée nationale; & c'eft icile
cas de répondre à ce qu'a dit Sonthonax, du refus fait
l'aliemblée coloniale, ou du retard qu'elle avoit apporté E
l'envoi d'un avifo, pour prévenir la France de Tinvafion de
Ssint-Iemingue: Je n'étois pas encore à lallembiée coloniale, lorfque des colons proposèrent l'envoi d'un avifo à
T'aflemblée nationale & au roi.
D6 --- Page 62 ---
a
à Iatiemblée Brily: J'obferve qu'aucun de ceux qui font ici, n'étoient
coloniale à cette époque.
Rage: : Mais je m'y fuis trouvé peu
voir quel étoit lefprit de
à après, & à portée de
tes defiroienr
Taflemblec cet égard. Les patriola France & lui envoyer demander promptemént des fecours. un avifo pour prévenir
intentions perfides leur difoient: la révolte Ceux qui avoient des
mencer, & nous pouvons neus-mêmes
ne fait que comIl vaut bien mieux noushâter
en arrêter les effets.
à la Jamaique, à
d'envoyer d'abord à Ja Havane,
cours plus célères, & Sauto-Domingo, quinze
, nous aurons des feces moyens, pour ramener l'ordre. jouts Si peur-être vous
fufiront, avec
le que va-t-il arriver? c'eftque le commerce envoyezenFrgniets de
mal encore plus grand qu'il ne l'eft; va fe Francecroyant refufer à nous
envoyer des fecours & des
toutes les peines du monde Spprovitionnemens. a perfuader
Nous aurons
France que la colonie n'ef pas en grand au commerce de
fans rifque, faire desexpéditions & des envois danger; qu'il peut,
La terreur va gagner le commerce, & le commerce envers nous.
pédiera plus des approvifionnensns à
n'exnous allons mourir de faim: : ce fera Satn-Domingue, le
alors
maux. Il vaut mieux envoyer à la Havane, pire à de tous les
à
la Jamaique,
révolte Santo-Domingo, alla
pour en obrenir des fecours célères. La
les fecours toujours croiflant; c'eft alors que nous dimes :
maique, feronr que nous recevrons de la Havane, de la Jatère très-grave. Il infoftifans; faut donc car la révolte. prend un caracà la France, & nous forions coupables, envoyer demander fi
des fecours
pas:alors,n non-fevlement on décida
nous ne le faifions
citoyens, ce n'eft plus un avifo que d'envoyer l'aflemblée unavifo. devoit Mais,
voyer avec des dépêches, ce font des commiffaires
end'infiruétions précifes. Ces commiffaires furent
chargés
de fix; ils curent ordre de fe préfenter à
au? nombre
nale, & d'y demander des fecours.
l'affeniblée natio-
(Il lit l'article III de l'arrèté ci-deffus. Voyez
P. 59-)
Millet : Je fais une obfervation qui a
à
ligns, & qu'il eft bien ellentiel de noter échappé c'eft mon coltembre que fe font données les inftrudions. 5 Le le 27
24 ART
és
de fix; ils curent ordre de fe préfenter à
au? nombre
nale, & d'y demander des fecours.
l'affeniblée natio-
(Il lit l'article III de l'arrèté ci-deffus. Voyez
P. 59-)
Millet : Je fais une obfervation qui a
à
ligns, & qu'il eft bien ellentiel de noter échappé c'eft mon coltembre que fe font données les inftrudions. 5 Le le 27
24 ART --- Page 63 ---
Taffemblée elle
coloniale s'eft trouvée en majorité, &
nomma des commiffaires & leur
desle
tions pour venir en France, & ils prépara des
Rlatze
bre 1791.
font partis le 2 octoIil, Vous. voyez donc > citoyens, par la
de
que
BSCal
Tatlemblée
difpolition
d'aller, comme l'a prérendu coloniale étoit infiniment loin
a
érrangeres, mendier des fecours Sonthonax, chez les puiffances
dante, puilque le premier ordre
à la rendre indépenfaires, eft de foliciter de l'allemblée eie donne à fes commifl'envoi de fes Jois relatives aux colonies nationale de France,
avoit été, rendu. Ce décret étoit celui 2 du & du décret qui
commiffaires qu'on attendoit étoient
15 mai, & les
nationale avoit ordonné l'envoi
ceux dônt T'aflemblee
IS mai.
pour exécuter le décyet du
Dira-e-on encore que cette affemblée. coloniale vifoit à
Findépendance, France 2; dira-t-on qu'elle a toujours méconmn les lois de la
aux déérets. relarifs encore aux homines qu'elie a voulu fur-tout rélifer
Kemeail:
de couleur?
un mor à dire Ciroyen-pefident, qui
relativement à l'avifo j'ai
vous dire que les commiflaires échappe au de citoven Pages : il vient de
partis le 2 octobre 1791.
l'allemblée coloniale font
Sonthonax : Je crois
c'eft-là
birgs a été levé le 27 feptembre. bienique
l'époque, cat l'emFerncuil: Eh bien ! je vais prouver
1791, Taffemblée nationale étoit
que le 2I oétobre
de Saine-Domingueg
déjà inftruite des malheurs
le 24août 1791,ccla , quand l'avifo auroir été envoyé dès
la
produit aucun
-
cee
malycillance avoit alors
effet, parce que
vais vous en doiner une preiwve beaucoup fans d'afcendanta Paris. Je
lecre de Raymond, écrite à fes
réplique >i tirée d'une.
mingue, Certe lettre eft datée du 21 concitoyens octobre à Saint-Do-
(Illie)."
1791 > page 7.
Lectre de J. Raymond 5 à fes frères les hommes de
couleur.
feilemblée On vient de chercher encore dans ce moment
dans des terreurs, en anpençant des nouvellès à jeter
doiner une preiwve beaucoup fans d'afcendanta Paris. Je
lecre de Raymond, écrite à fes
réplique >i tirée d'une.
mingue, Certe lettre eft datée du 21 concitoyens octobre à Saint-Do-
(Illie)."
1791 > page 7.
Lectre de J. Raymond 5 à fes frères les hommes de
couleur.
feilemblée On vient de chercher encore dans ce moment
dans des terreurs, en anpençant des nouvellès à jeter --- Page 64 ---
dont onreconnoit la faufferé au Gimple examen; on
ici
aurc cinquante mille efclaves révolrés.fortifics & armés répand
Cap, ravagent &c dévaftent la colonie.
auprès
à l'affemblée nationale
Nous avons prouvé
c'étoit un piége qu'onr , lui parlorgane tendoit, de nos défenfeurs, que
faire paller des troupes
faire pour avoir occafion de
de couleur. Nousavons dit pour
trembler les hommes
contiendroiencles
qu'eux feuls, s'ils étoient armés,
où tout étoit
efclaves; & nous avons cité la Martinique,
y ont été toujours tranquille > parce que les hommes de couleur
blanes, &
armés & foutenus par les planteurs
qu'ils jouillent des avantages du décret
C'eft un fait dont nous fommes affurés, &
du I5e
faire tout efpéret. 23
qui doit nous
Dans Citoyens,je le
n'ai.qu'une réflexion à faire fur cette
cours des débats, vous avez
pièce.
par la lectire des teftamens de mort de di.vous appercevoir
on vous a donné lecture > que la majeure Jacquor Ugé, dont
de couleur étoient à la tête des
partie des hommes
qui ont foulevé les ateliers; &, révoltés, des
que ce font eux
vous avez dû être convaincus par
pièces fubféquentes,
n'étoient condu ts
des que; , prefque tous les nègres
par
hommes de
vous attefter que, dpm la feule partie du couleur, j'ofe ici
au moins la moitié.J Jugez, d'après cela, de nord, la ily en avoit
doit avoir à celui qui allègue un
créance &
bien même l'avifo aurcit
pareil fait; fi,
LE
volte,
parti immédiatement
>
la colonie eût reçu des fecours plus
après la récolonale Page: Citoyens , Sonthonax vous a dit que prompts. cette aflemblée
il > qui vifoit à lindépendance & au fédéralifme
(car a confondu les deux
contentée d'envoyer des commiflaires aceulations), à l'allemblée ne s'étoit pas
& au roi, mais encore qu'elle en avoit
aux nationale
temens. Je vais lire les infrudions qu'ell: envoyé donna à déparmifaires. Comme je difeuterai far chacun des articles Jes com- des
inftructions, je ne les lirai que l'un après l'autre.
ec Article I". Érant rendus à Paris,ils conféreront avec
les dépurés des villes de commerce fur l'objer de cetie
miffion; ils écriront en même temps aux
aux différentes chambres de commerce de 8; France, départemens les &
engager, de la manière la plus pretlante, à concourir 3 pour avce
à déparmifaires. Comme je difeuterai far chacun des articles Jes com- des
inftructions, je ne les lirai que l'un après l'autre.
ec Article I". Érant rendus à Paris,ils conféreront avec
les dépurés des villes de commerce fur l'objer de cetie
miffion; ils écriront en même temps aux
aux différentes chambres de commerce de 8; France, départemens les &
engager, de la manière la plus pretlante, à concourir 3 pour avce --- Page 65 ---
eux aux fuccès des demandes qu'ils feront à l'affemblée nationale >3,
femblée Vous voyez donc, citoyens : que la démarche de l'afcoloniale, en envoyant des commiffaires en
en leur ordonnant de communiquer avec les dépurés France, des
8; départemens, 2 avec les chambres de
rien de criminel. Le but de cette démarche commerce, étoit de n'avoit
les chambres de commerce de France aux intérêts de la lier
lonie. Cerres, un pareil motif ne pouvoit être
COdevoit : en réfulter une intimité
criminel; il
colonie, & entre la France. Età plus qui parfaire > & entre la
dreffer pour demander des fecours en pouvoit-on faveur des mieux s'aqu'au commerce de France,
colonies,
toyen de' la
qui,plus que tout autre cipouvoient influer
pouvoir le bonheur connoitre de la combien les coionies
:
Vare
bien
l'affemblée coloniale avoit France? Vous voyez
peler T fon fecours toutes les chambres parfaitement de fait d'ap-.
puifque Raymond ici faifoit tout ce qu'il pouvoir commerce s
pêcher que cette même aflemblée nationale n envoyât. pour à Saint- emDomingue les troupes que la colonie demandoit
rétablir l'ordre. Je paffe aux inftructions du 28 mars pour y
parce qu'à cette époque il fut nommé de nouveaux 1792,
millaires. Un article de ces inftructions va prouver que com-, mala-propos femblée Sonthonax a voulu lier les commiflaires de l'afcoloniale, & Tallemblée coloniale elle mème
membres du club de l'hôtel Malliac ; fociété conrre , aux
nous n'avons ceffé de nous élever, & ce. n'eft pas à laquelle
c'eft du moment que nous fommes arriyés en
préfents,
nous avons des ouvrages imprimés, diftribués à France la
: &c
tion, envoyés officiellement à fon préfident; des Convendis-je , qui dénoncent les anciens membres du ouvrages, club de
Malliac, comme les inftigateurs de nos troubles & les
teurs de tous nos malheurs. Mais > à
ou aufommes arrivés, à la fin de jullet 1792, l'époque ce club n'exiftoit nous
plus: ainfi c'eft mal-à-propos que Sonthonax & fes
ont" voulu nous aflimiler à cette affociation criminelle. pareils
l'article IX des inftructions données, à cette
Je lis
miffaires qui vinrent en France,
époque, aux comLocointe, > m.mbre de la commiffion : Quels étoient ces
miffaires 2
com-
aufommes arrivés, à la fin de jullet 1792, l'époque ce club n'exiftoit nous
plus: ainfi c'eft mal-à-propos que Sonthonax & fes
ont" voulu nous aflimiler à cette affociation criminelle. pareils
l'article IX des inftructions données, à cette
Je lis
miffaires qui vinrent en France,
époque, aux comLocointe, > m.mbre de la commiffion : Quels étoient ces
miffaires 2
com- --- Page 66 ---
64.
Page: : C'éteicnt les citoyens Demun, Lachevalerie. 1 PetitDefchampeaux, , Legrand, 3 Berraux, Leloup-Delpeselles.
ce Article IX. Ne pouvant yavoir rien d'officiel entre MM.
les" commiffaires de Talfemblée coloniale & MM, les
ricains rélidant en France, : le bureau de la commillion. Amé-,
pourra delibérer, mais entre les membres feulement, fur les
ricains" communications amicales quiteur feroient Faites parles Améintéreffès à lap profpérié de la partie françaife de
Saine-Domingue.
>> Arricle X. Les commiffaires
avec la
grande inftance, leur admiflion a follicireront, la barre
plus
fi fair n'a été, au nom des habitans de , pour X préter le s
fermenr de fidélité à la nation, à la loi Saint-Domningue, & au roi, fous ie
bénéfice de la 10i conftitutionnelle du 28
Alors, & toutefois qu'ils fe préfenteront feptembre
devant l'affemblée.
officiellement,
M7Rat
nationale, foir devant Sa Majefté
près de fes miniftres, ils feron: vétus de deuil , emblème &au- des
meurtres qui ont été commis fur les colons blancs
les
efclaves révoltés & les hommes de
par
1 Ces deux
couleur libres..
>.
fociétés
difpolitions, > ciroyens, eroient relatives à deux
qui étoient établies mais dont l'aflemblée colomale, de qui je connois parftitement les intenrions,
qu'à cet inftant j'étois dans fon fein, dont,
puifblée coloniale ne voulut pas parler , pour ne dis-je,Taliem- les
efprirs des colons.
pas aigrir
Ces deux fociétés fiégeoient, l'une à
celle que dirigeoit la Luzerne : Fauire, ThovelMaflacic'éol rue
celle que dirigeoit Raymond. L'allemblée coloniale Jacob; c'étoit
heurter aucune pallion,. aucun intérêr. Ces deux ne fociérés vonlur
n'éroient pas fous la furveillance de l'aflemblée coloniale,
puifqu'elles éroient fous la main de l'aflemblée nationale.
Mais l'ailemblée coloniale recommanda à fes
:
n'entretenir: aucune relation avec aucun Américain, commiflaires Je de
que c'étcit tout ce que pouvoit faire cette aflemblée de penfe
& pour garentir fes commiffairés 'des Fiéges des membres tages, du
club de Malliac, & de ceux qui pourroienrlui être tendus
la fociété qui, depnis, s'eft réunie à Thôtel d'Argenfon par
rue Jaccb : je ne fais pas où elle fe réunifbit auparavant. ou
ir: aucune relation avec aucun Américain, commiflaires Je de
que c'étcit tout ce que pouvoit faire cette aflemblée de penfe
& pour garentir fes commiffairés 'des Fiéges des membres tages, du
club de Malliac, & de ceux qui pourroienrlui être tendus
la fociété qui, depnis, s'eft réunie à Thôtel d'Argenfon par
rue Jaccb : je ne fais pas où elle fe réunifbit auparavant. ou --- Page 67 ---
6s
Par la fecondé difpolition, vous voyez encoce u1l nouvel
hommage quel'afemblée coloniaie rend à la nation françaite;
elle donne encore une feeonde fois l'ordre à fes commettans
de préter ferment d'obéiffance à la nation, à la loi &au
roi. Vous verrez encore dans une des difpolitions de fes arrêtés, unc explication des écharpes noires, parce qu'clle ordonne à fes commillaires de fe revétir de deuil, pour eXprimer celui de la colonie, toutes les fois qu'iis agiroient
officiellement vis-à-vis de T'affembléc nationale, cit des miniftres, ou du roi. Je crois avoir parfaitement répondu à
ce qu'a dit Sonthonax; & relarivemenc à la inefure prife
par T'allemblée coloniale, d'après les décrets ancérieurs qui
Ini en donnoient le droit, & relativement aux efclaves. Ce
qu'ii a dit encore fur nes inffructions & fur nos rapports
avec l'hôtel de Malliac, jel lui porte le défi de prouver
jamais ni moi ni Erulley ayons été à l'hôtel Mallinc. dO
toyens, J'ai fini.
Sonthonax : Je réponds à Page
je ne l'ai jamais accufé, pou plus que Brulley, PaR.de été dans l'enceinte du
clab de Malliac; nais que j'ai très-bien diftingnéT'enccints
duclub dé Malliac, d'aveclesp perfonnes qui ile compofoient,ee
leurs opinions Jai rapproché enfuite les opinions de Page de
celles des membres du club de Thôtel de.Malline, &cj'ai dit
qu'ils parrageoient les opinions de ces membres; mais je ne
les ai point accufés, & je ne les accufe point d'avoir aflité
aux féances du club Maffhac.
Page: Je vous laille, cicoychs, à apprécier la futilité de
cette obfervation. nya une feconde inculpacion grave contre
les colons réfugiés 21 TAmérique du Nord; elle eft rclative à
Tauguy-Laboilitere Tungy-Laboufière eff auffi L1l pacriore >
dit' Sonthonax, iz ef auffi Pami de ces colons quife préfentent ici comme nos accufateurs. C'eft ainfi que 2 julqu'a ce
moment, il vous a promené d'allégations eh allégaiions,
nous
que
avons toures détruires, Ilet vrai, Tanaug-Laboiliere
rédige dans l'Amérique du Nerd des fenilies conrre-révolutionnaires. Ce n'cft pas Sonthonax qui vous l'a dit le
mier: car il y a plus d'au an, qucique temps avant notre prearreftation, que nous avons appris à la Convention nationale que Tang-Labotiitre étoit un contre-scvolutionnaize
chaffé de la iociété des patrictes; &j'en trouve la preuve
détruires, Ilet vrai, Tanaug-Laboiliere
rédige dans l'Amérique du Nerd des fenilies conrre-révolutionnaires. Ce n'cft pas Sonthonax qui vous l'a dit le
mier: car il y a plus d'au an, qucique temps avant notre prearreftation, que nous avons appris à la Convention nationale que Tang-Labotiitre étoit un contre-scvolutionnaize
chaffé de la iociété des patrictes; &j'en trouve la preuve --- Page 68 ---
dans tue délibération des colons réfugiés à New-Yorck
à Philadelphie, en date du 20 octobre 1793.
&c
(Page lit).
Con/pirations dénoncées par plus de dix mille Français
au
continent
réfugiés
I
de L'Amérique, éc.
Ce Dans la féance du premier octobre s. après la lecture des
la repréfentations & proteflations que nous avons deftinées à
la légillarure françaife s un membre , après avoir demandé
parole 2 a prononcé un difcours tendant à détruire l'exiftence de l'affemblée 3 fon droit de repréfentation à la légiflature françaife, & à jeter un voile épais fur la caufe
nos
de
maux. Ce difcours a été terminé par une invitation allez
véhémente aux Français, de n'avoir plus d'efpoir
dans
les puiffances ennemies, & de s'adrefler aux
gue
>> Des principes aufli extraordinaires onr exciré Efpagnols. la furprife & lindignation de T'Afemblée ; les affertions fauffes
qui en étoient la bafe, furent débattues avec chaleur.L'infurgent fut démafqué & fe retira.
5> Signe, les préfident & fecrétaires. s>
Senacle': J'obferve que c'eft fur ma motion à Philadelphie que cet homme a été chaffé de la fociété.
Page: : Jedemande, citoyens , quelprix vous devez mettre
déformais aux allégations faites par Sonthonax, &
pourroit vous faire. La tactique (des ennemis des
qu'il
& de la faction
colons,
chofes &c les
anglaife, > eft de confondre toujours & les
perfonnes 5 c'eft de préfenter tous les
comme
colons,
ne faifant
agrégation; c'eft de les
comme une E.IT d'ariftocrates & de contre-révolu- peindre
tionnaires. A Saint-Domingue comme en France, ila exifté
deux partis biens prononcés, les conre-révolationnsites
que dirigeoir le gouvernement, & les patriotes que dirigeoient les corps populaires. Il importe que, dans toute la
difcuffion qui va s'établir ici, vous fafliez parfaitement la
diftinétion de la différence qui exifte entre les colons dont
les uns fe font réfugiés à Londres fous la protection du
cabinet de Saint-James, & Oit traité avec lui, & dont les
é
deux partis biens prononcés, les conre-révolationnsites
que dirigeoir le gouvernement, & les patriotes que dirigeoient les corps populaires. Il importe que, dans toute la
difcuffion qui va s'établir ici, vous fafliez parfaitement la
diftinétion de la différence qui exifte entre les colons dont
les uns fe font réfugiés à Londres fous la protection du
cabinet de Saint-James, & Oit traité avec lui, & dont les --- Page 69 ---
autres fe font réfugiés aux Etats-Unis. Là ils fervent encore
les deffeins du cabinet de Londres fous l'influence de
Clinton, & fous l'influence du miniftre Geneft. Vous, allez
juger , citoyens, de la différence qui exifte dans l'opinion
de ces colons.
Brulley : Je vais dire quelque chofe de plus pofitif encore
relatif à Tanguy de Laboiliere, afin que ce que dit
Sonthonax foit totalement détruit. Le voici (il lit. ) * Confpirarions dénoncées, &c.
Quatorzième pièce envoyée de Philadelphie, du 2S
ostobre 1792.
>2 On antonce l'improbation donnée au difcours quele
journalifte Tansuy-Laboiffere a fait inférer dans le no. 6
de fes feuilles; OH protefte contre > & l'on veut envoyer
les proteitations à la Convention nationale,
9> Signé, BARRAULT NARGAY, préfident; CHOTARD,
feerezavre, & MARIE, fecrétaire ad hoc.
Je continue la ledture.
Quinzième pièce. Lettre écrite au rédaéteur du journal des révolutions de Saint-Domingue, datée de Philadelphie, du 21 octobre 1793.
>> Les colons refugiés à Philadelphie annoncent qu'ilsn'ont
pu voir fans peine les principes que le rédaéteur des révolutions de Saint-Domingue au Cap & dans fes autres
écrits publics, àla nouvelle Angleterre, & tout récemment
encore dans fa dénonciation contre Polverel, Sonthonax
& Delpech. On obferve que l'opinion du journalifte eft à
lui, mais qu'elle pourroit fervir de moyens de nuire,
lorfqu'elle feroit traveftie par les ennemis de'la colonie. En
conféquence, les colons proreftent contre toutes les inductions qu'on pourroit tirer des réflexions journalifées far les
maux de Saint-Domingue, qu'ils n'y prennent aucune part
& lesregardent comme des erreurs dangereufes qui ne peuvent qu'aggraver les maux de Saint-Domingue,
mSigné, BARRAUIT NARGAY,prodent, CHOTARD ainé,
fecrétatre, MARIE, fecrétaire ad hoc.
les ennemis de'la colonie. En
conféquence, les colons proreftent contre toutes les inductions qu'on pourroit tirer des réflexions journalifées far les
maux de Saint-Domingue, qu'ils n'y prennent aucune part
& lesregardent comme des erreurs dangereufes qui ne peuvent qu'aggraver les maux de Saint-Domingue,
mSigné, BARRAUIT NARGAY,prodent, CHOTARD ainé,
fecrétatre, MARIE, fecrétaire ad hoc. --- Page 70 ---
ferment Sonthonax : J'obferve encore que les colons ne fe
pas dans la queltion de fayoir quel éroic
renpublic dans la colonie avant notre
l'efprit
à nous de parler,. & de renverfer arrivée; car il notis tarde
cnt dit : il me femble
tout Ce que les citoyens
commencer & à occuper qu'ils la ne veulent tendre qu'à reféance de demain.
colons Page: On incuipe tous les colons; on
tous lcs
réfugiés 'aux Erits-Unis en
ditque
fent des
Angleterre, en France,
pas!.
conso-rorolatemater, & nous ne répondrions
Duny : J'ai été particuliérement inculpé
ait fujet de
par Sonrhonax
je réponds Tanguy à cette 3 pendant que j'ai réfidé Neuw-Yorck;
guy pendant qu'ila inculpation, que j'ai été lié avec Tanros de fon joural, rédigé au Cap les dix premiers numégu'ila été à
que je vous mettrai fous les yeux. Tant
perriorifme New-Yorck, il a marché dans le fen:ier du
: mais du moment qu'il a été à
a tergiverfé & quitré le chemin de la liberté. Philadelohie,
moment nous ne nous fommes plus vus.
Dès CO
xiré l'induction qu'ila été mon
oui il Sonthonax l'a
en a
a marché dans le fentier du ami;
été tant qu'il
fera ainfi; mais dès qu'il parrionifme : tout homme le
comme un monftre, & je le tergiverfera, dénoncerai adt le regarderai
Page: Sonthonaxs s'oppofe vielemment à nos tribunaux.
parce qu'elles dérruifent totalement le
explications,
établi fa defenfe; mais les colons plan fur lequel il a
demande à établir ia ligne de démarcation ont été inculpés: je.
colons patriotes & les colons
tracée entre les
pièce que je vais lire indique conse-résolationsires La
voici ce que les colons, conisre-ifvolationmaines parfaitement cette diftinétion :
Erars- Unis ont fairle-2i janvier
réfugiés aux
partie pour ne pas fatiguer la commition. 17945 je ne lirai qu'une
JI lit l'invitation au fervice' funèbre de Louis XVI
pofe
Je 21 janvier 1794, aux Français de tous. pro- les
àgos, Pour tous les climats, qui honerent la vertu, fervent
Dieu, & aiment le roi.
CL Laiffons aux farouches' ufurpareurs de
nous regrertetons, & dont le renverfement fut l'autorité
plorable des
lépoque 9ec
maux'de notre patrie, le dangereux
d'égarer, > par l'étalage facrilége d'une licence impie privilege & fan-
janvier 1794, aux Français de tous. pro- les
àgos, Pour tous les climats, qui honerent la vertu, fervent
Dieu, & aiment le roi.
CL Laiffons aux farouches' ufurpareurs de
nous regrertetons, & dont le renverfement fut l'autorité
plorable des
lépoque 9ec
maux'de notre patrie, le dangereux
d'égarer, > par l'étalage facrilége d'une licence impie privilege & fan- --- Page 71 ---
guinaire, 3 la candeur & la bonne-foi de. CeS hommes ignorans qui fe méprensent au mot de liberté; séparons-nous
de ces êtres odieux,. par une. religieule oblervance des devoirs
qu'ils atiectent de mépriler : mettons entre eux & nous Cet
intervalie immenfe que poie la vertu
épouvanier le
crime, & que mefure, avec refpect, Rewr même du méchant & de l'impie.
>>
Le préfident : 2 en interruption de la leéture) En voilà
aflez pour faire connoitre l'efprit de la pièce.
Page lit. . -
Le préfident : On t'a déja dit que tu en avois lu allez
pour faire connc.tre lefprit de la pièce. Vois linduction que
tu en veux tirer.
Pags: Voici quels font ceux des colons dont ceux-là
ont voulu fe féparer.
Thomas Millet lit une proreftarion des colons patriotes de
Saint-Domingue refugiés à Philidelphie, contre un écrit
intitulé : Service fuzebre de Louis XV1,&c. imprimé &c
rendu public.
< Les colons de Saint-Domingue foufligaés, réfugiés à
Philadelphie invariablement attachés à la confticution de
la République une & indivifible & àlintérêt des colonies
françailes, vonlant detourner le coup le plus perfide que
l'on puille porter dans cette circonfanceà ces mêmes colonies françailes, voulant anéantir un acte d'autant plus dangereux qu'ilp pourroit fervir àj juftifier la conduite des ennemis
de la France envers les colons de Saint-Domingue, après
les plus mûres réflexions, viennent configner au confulat
de Philadelphie la profeffion de foi fitivante, déja adreflée
au miniftre pléniporentiaice de la Hépublique francaife.
>> Des royaliftes infenfes, des habitans des Antilles françaifes, viennent de publier, > fans fignarure, un placard ayant
pour- titre : Service funèbre de Louis XVI,
pour le
21 janvier > aux Français de tous les âges & rande tous les climats qui honorent la vcrtu, fervent Dieu,, & aiment Je
rOl, commencant par ces mots : Séparés
Limmenfité des
mers, & finiflant par ceux-ci: le rejeton ILIa tant ds rois,lar
gufe Louis X/II.
ans des Antilles françaifes, viennent de publier, > fans fignarure, un placard ayant
pour- titre : Service funèbre de Louis XVI,
pour le
21 janvier > aux Français de tous les âges & rande tous les climats qui honorent la vcrtu, fervent Dieu,, & aiment Je
rOl, commencant par ces mots : Séparés
Limmenfité des
mers, & finiflant par ceux-ci: le rejeton ILIa tant ds rois,lar
gufe Louis X/II. --- Page 72 ---
>> C'eft, difent-ils, pour défendre la religion de leurs
que les ennemis de la France font armés.
pères
s> Depuis que nous avons les yeux ouverts fur la caufe
des peuples, > depuis les premiers efforts de l'ariftocratie
tre la liberté, depuis notre journée du 19 au 30 juillet con1790, depuis les premiers affaflinats commis dans la
du Port-au-Prince fur les amis de la Conftitution
ville
depuis que Saint-Domingue en cendrés eft victime françaife des >
prétendus défenfeurs de la religion de leurs pères >
moment oû des ordres arbitraires exécutés par la jufqu'au
juiqu'au moment oû le fer & la flamme nous ont violence, 3
de nes foyers, nous avons toujours lutté contre les éloignés
vres exécrables de ces prétendus amis des lois, de manceu- la religion & de leur patrie.
7, Les Américains ne feront pas dupes de la baffeffe avec
laquelle on les fatte 2 de l'affeétation avec
Ofi leur
cache la vraie caufe d'une guerre aufli générale laquelle
née. Libres & fans roi, ils reconnoûtront que le roi > aufliachar- des Français fervit de prétexte & d'inftrument aux horreurs dont ia
France eft environnée, comme le nom de Georges III
eux
pour
le fignal du carnage & de la dévaftation de leur fut
pays.
>> Les Etats-Unis de l'Amérique , en
ont fecoué
le joug des tyrans deL.ondres > & la France 1778, entière n'auroit
pas le droit de faire ce qu'une portion des Anglais a eule
courage d'entreprendre ! >>
Thomas Millee. : Je prie la commiffion de
les premières
remarquer que
fignatures font > Claullon & Millet.
Sénac : Tous nos pouvoirs font fignés de ceux qui font
fignataires de cette pièce.
Thomas Millet : Voilà ce qu'on appelle des contre-révolutionnaires.
Sonthonax : Je demande à la commiffion
Miller files lignatures font au-bas de la pièce qu'ila d'interpeller lue, &
combien elle en porte :
Claufon : Ily er'a une centaine.
Thomas Millet : Vous avez dans vos archives
originale de la pièce revètue de cent fignatures Texpédition
faite par Beauvarlet, chancelier du confulat a expédition France à
ataires de cette pièce.
Thomas Millet : Voilà ce qu'on appelle des contre-révolutionnaires.
Sonthonax : Je demande à la commiffion
Miller files lignatures font au-bas de la pièce qu'ila d'interpeller lue, &
combien elle en porte :
Claufon : Ily er'a une centaine.
Thomas Millet : Vous avez dans vos archives
originale de la pièce revètue de cent fignatures Texpédition
faite par Beauvarlet, chancelier du confulat a expédition France à --- Page 73 ---
Philadelphie. Toutes les fignatures y font relatées, 3 & ily
en a bien une centaine.
entièrement à T'inculpation de
Claufon : Pour répondre
la
Scuthonax, , j'ajoute à ce que vient de dire Millet, que
pièceeft collationnée par les agens de la République françaife
à Philadelphie. Outre céla, ily a une grande quantité dej
teftations de faites
des colons au confulat ; maisqui
fcnr
par
pas pu figner la pièce que nous produifons, parce qu'ils
demeuroient hors de Philadelphie à trois & quatre milles.
J'oblerve qu'a New-Yorck on n'avoit pas connoiflance du
placard contre lequel nous avons protelté, & que les
teftations par conféquent n'ont pas pu être fignées à FR
ladelphie.
Millet : J'ajouterai que nous > colons Ipatriotes , nous
avons fait nos repréfentations au magiftrat fur les inconvéniens funeftes d'une pareilic cérémonie & que 2 fur notre
repréfentation. > les magiftraré s malgré : grande liberté des
culres dans ce pays, ont défendu aux prètres catholiques de
célébrer ie fervice. La preuve en eft dans vOs archives.
Page : Quel que foitle nombre des fignataires, ii elt bien
conftant que ceux qui ont figné cette pièce font les ennemis
des- coatre-rerolutionnsires) 5 il eft bien conftant que les ennemis des colons & des colonies ont cherché toujours à
confondre les coions conre-tévolutionusires avec les colons
pattiotes. Mon collezue Clauffon a parfaitement répondu à Sonthonax, quand il a dit que beaucoup de colons réfugiés n'ont
pas figné cette proteltation 3 qu'il en étoit un grand nombre
qui demeuroicnt dans les campagnes près Philadelphie, > qui
n'ont pu donner leur adhéfion que depuis;
étoit encore
des viles, comme New-Yorck, oà ce
funèbre n'a
AEN
pas été propofé.
Sonthonax ne manquera pas de nous dice: x.Oui, fans
doute , les colons ont fait cette proteftation 5 c'eft un piége
qu'ils tendoient à la bonne-foi de la Convention : depuis
ils ont 2dhéré au traité fait à Londres 2, Citoyens * je dois
vous' prémunir contre cela, & je vais vous lire ce qu'ont
fait les colons relacivement à cette affertion.
(Illir:)
n'a
AEN
pas été propofé.
Sonthonax ne manquera pas de nous dice: x.Oui, fans
doute , les colons ont fait cette proteftation 5 c'eft un piége
qu'ils tendoient à la bonne-foi de la Convention : depuis
ils ont 2dhéré au traité fait à Londres 2, Citoyens * je dois
vous' prémunir contre cela, & je vais vous lire ce qu'ont
fait les colons relacivement à cette affertion.
(Illir:) --- Page 74 ---
72;
Letere des colons
aux Etats-Unis de
en Bruliey rinete >
22 octobre
"Embrigue, au
F3C
17943 fiar la prif de
Cc Enfin la République eft
Anglais fe font emparés, le complé-cment trakic : ks
le 22, du Méle.
17 fepiembre, de Jérémie, &
92 Voilà le 1éfultat de Texpatriion &
citoyens par les commillaires civils, à
déportation de
des
xarion de la guerre. Voilà où tendoit Tépoque
la déclaPrince >.
Fatcaque du Port-auconfiancesque Bralley : J'obferve que cette pièce mérite d'autant plus de
cen'eftpoints une; pieceoftenfible,
confidentieile. Les colons, en l'éetivant, n'étoient maistinepicce pas'dans
Tmentendepstisreerr
& que nous avons publiée TseCy@emeintestnufiel pour faire connoitre leurs à nous,
mens.C'oft à nous qu 'ils éetivoient; : vous venez de
fentiSénac : Toures ves précédentes féances ont
lenreudre.
à cennoitrel'efprit
été employées
thonax. Je n'entrerai public avant l'arrivéc de Polverel & Soncontenterai de lire une pas feule dans beaucoup dé détails; je me
tion iors de la deftruction de pièce la envoyée à la Convendoute, tous les habitans du
monarchie. Alors, fans
ment
rétinis d'intentiens, & Port-au-Prince leur vau étoit éroient pariniteune circenfance qu'il eft important de rémablir. fincère. T'sjoure
zarrerie qui ne fo conçoit pas, les trois cent Par une bitaires de cetre adreffe ont été
vinge-fix fignaverel & Sonthonax.
déportés ou (gorgés par Pol-
(Illit la pièce fivante : )
Au Port-au-Prince, capitale de la partie
le29 novembre del'an premiier de la foaareileoiscbeniepie, République fraacaife,
Lafocictédes amis delz Convention nationale, fiante az Porta-Prince, d la Convention nationale.
C CITO Y E N S,
>2 11 - efdonc un terme à la tyrannie, & vne
dieux de la terre s ces Héaux de Phumanité
fn pour les
Kâtre encenfa
qu'en peuple idotropleng-temps !
> Depuis
capitale de la partie
le29 novembre del'an premiier de la foaareileoiscbeniepie, République fraacaife,
Lafocictédes amis delz Convention nationale, fiante az Porta-Prince, d la Convention nationale.
C CITO Y E N S,
>2 11 - efdonc un terme à la tyrannie, & vne
dieux de la terre s ces Héaux de Phumanité
fn pour les
Kâtre encenfa
qu'en peuple idotropleng-temps !
> Depuis --- Page 75 ---
3 Depuis quatorze fiècles nous étions haraffés de
tence des rois; ils fe difoient orgueilleufement nos l'exif-
& nous étions hchement leurs efclaves. La vanité maitres,
caprices leur avoient fait entreprendre mlle
ou les
auroient converti en déferts les provincas les plus guerres
Ils enterroient dans la débauche, dans une
FERLE
licence
toujours dégottante, des contribaioms.immenimn
Frefque
la dilfipation, &. arrachées, par la violence, commandées des
E malheureux culivateur réduic à ne fe nourrir mains
pain, pour couvrir la table' de fon fultan des mets que de
tueux qu'ils dédaignoient, & remplir leurs
de fompfalines & de Lais. Les rois n'avoient
des palais
Mefune vertu ; ce n'étoit que des Sardanapales, que
des vices & pas
des Néron ou des Vitellius : &1 pour tant de
Caligula,
le cours de quatorze fiècles , G13 compre à monftres > dans
vertueux. Ils n'exiftent plus, ces fantômes de vanité peine un roi
ont écrafés fi long-temps fous le poids de leur qui nous
imaginaire. La royauté eft abolie ! Nous vous grandeur
repréfentans fuprèmes d'une nation libre
rendons 3
notre reconnoiffance & de tous les fentimens > Thommage de
naitre dans l'ame des vrais Républicains
qui peuvent
brifé le fceptre des tyrans & renverfé i pour avoir cnfin
fent les autres peuples avoir aufli des
tyrannie. Puiftir les tigres du nord qui nous menacent libérateurs, de &cs'anéandans leur propre férocité!
nous dévorer
>> Pour nous, 1800 lieues de la
d'une République auli immenfe mère-patrie, perite fection
pour fourenir & confacrer l'éternelle , nous périrons, a s'il le faur,
mais jetez encore un regard de fraterni:é fupptellion fur des rois :
Domingue dévafté, ruiné,. noyé dans le fang nous, de fes Saintheureux habitans égorgés par les agens
malroi qui n'exifte plus, va voir fes malheurs trop fidèles d'un
ruine fe confommuer, fi, par des fecours célères S'sccroitre & fa
mettez pas nos villes à l'abri d'une invalion
s vous ne
déjà des peuples ennemis. Nous fommes encore que à néceffitent
rir nos poliflions; 3 & fi vous vous laffezie nous reconquéles émigrés > les comtprésclrionnaies,.
fecourir,
maîtres d'un pays qui fournit des richeffes deviendront immenfes les
commerce de France : mais quel que foir le fort
au
attend, quels que foient vos moyens pour nous qui nous
Zons eil. Treiieme liyraifon.
garantir E
s
. Nous fommes encore que à néceffitent
rir nos poliflions; 3 & fi vous vous laffezie nous reconquéles émigrés > les comtprésclrionnaies,.
fecourir,
maîtres d'un pays qui fournit des richeffes deviendront immenfes les
commerce de France : mais quel que foir le fort
au
attend, quels que foient vos moyens pour nous qui nous
Zons eil. Treiieme liyraifon.
garantir E
s --- Page 76 ---
nous nei cefferons de juren union à la mère-patrie 3 haine
implacable à ceux qui regrettent la monarchie, > & la mort à
tous les lâches qui feroient encore tentés de-la rétablir.
>> Salut.
> Les citoyensréunis cn allemblée, fousle nomde Société
des Amis de la Comiention-nationale, féanter au Port-anFrince.
sonmine
f
olao xaait
> SignésAnvne:p préfidents COTLIGNONY vicesprefdenes
Michor > BAUDRY 5 LATTET, RENAULT & LEMAIRE;
fecrétuiresm a
eN , ff
A sb
Trt
€
af:
: 1
teo : totant
21 Suivent troiscent vingt-fix fotammres ast RO parlin 1
I Potif copie conforme à la lééure faite à la (éance des
débats de ce jour 3 le 13 pluviole de Tan deuxieme de la
Republique francaile une & indiyifible. acbne 21PO
S.r
yOI
sb guenco ard Signés BNULLEY, Ta. MILiET. 11
Caogr
cy: arot Lcprekdent : La parole eft; à Sonthonnx-& Poiverel.
Themes Millet pl.e citoyen Fouderiolles, notre colligue,
cui.sel abienté depais plusieurs fennceskmnia dauro motif
quune rres-grande maladies Jaicru devoir . cette déclaration
a la commnilion des colcnies.
HEN
nlpb
Tetetet ajournée. à demain,
D0r
u
berregiftre dossprefencis EF
JI FH. GARRAN ,
préfidine" 0 LECOINTE ( des
fetiétaire
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CASTIEBON, >" DABRAY, GRicoiks & "FouCHE
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- --- Page 77 ---
irol ingh
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D:14
Pluyidk, l'an troifème de la Républiqu: francaife
oulia
ovoun Tmune & indivifible,
b sulant D rs hrded
saqals wyachys
- sio1y
O, : fait lechare des débats recueillis dansla léance
la rédichion eft adoptée.
d'lier;
Clanffon demande la parole.
1 Le préfident : Anx termes de Tariêté de la commiffion, la
parole etaPolrerel & Sonthonax. 3J
a
0 Clanffon: Ce n'eft que ponr lire deux pièces
teron: le témoignage fur Tefprit public. Je ne qui compléenlever la"parole à Polveral & Sonclionax.
présends pas
( La commifion Taccorde a Chulfon ).
arrer
Claifon: La difcuffion qui Veil élevée furl'efprir public,
s'eft continuée jufqu'a préfent, elle fervira d'hittorique aux
affaires coloniales. Nonsallons vous donner lecture da'deux
pièces écrires par Polverel "luimeme. Hl'ef nécelldire de -
mettre en oppofition ce qu'ont écrit Polverel
à leur arrivée dans la colonie : avec ce,
fe Sonthonax
leur arrivéc."
-
qui
paffoit avant
(Ihlitla lettre fuivante )
3.
a
Au Port-au-Prince, , le 3 novembre 1795,Tan'premier
gde la République française.
Moniv Ala Convention na'ionale,
a
PLA
3) MESSIEUAS,
,, Iy: a longaremps A que je defirois le fupplément de révolurion, quie Je le regarduis coure indifpenfable & que je
le voyois fc préparer par une féric non- interrompue
&: de perfidis du confeil de Louis XVI. Sij'en avois defautes Crii
Tspayielatoaldne.k1 feiois énicore en France: mon; poite
E 2
Ala Convention na'ionale,
a
PLA
3) MESSIEUAS,
,, Iy: a longaremps A que je defirois le fupplément de révolurion, quie Je le regarduis coure indifpenfable & que je
le voyois fc préparer par une féric non- interrompue
&: de perfidis du confeil de Louis XVI. Sij'en avois defautes Crii
Tspayielatoaldne.k1 feiois énicore en France: mon; poite
E 2 --- Page 78 ---
fera toujours là où je croirai voir plus de dangers à coutir,
& plus, ide fervices à rendre à ma patrie.
+ >> Le forten a difpole anttement:jefuis à Sains-Domingue,
& iy refterai jufqu'a ce que j'aie rempli ma million, parce
que ce pofte a aufli fes dangers, & qu'on peut y faire quelque bien.
>> Nous y avors tronvé en arrivant un foyer de contrerévolution bien établi; & nous y aurions trouvé le pavillon
blanc arboré > fi M. Blanchelande avoit eu Taudace de
M. Behague. On ly auroit peut-être arboré depuis notre
arrivée, ii M. Defparbès avoit eu plus de tête & plus d'a-.
drelie, Snous: avions eu nous-mêmes moinsde furveillance
& de fermeté.
tête de
mais
>3 Nous ayons abattu ia principale
Thydre; TOueft. Il
elles fe mulriplient > fur-tout dans la partie de
exifte encore dans cette province un grand nombre d'anciens
défenfeurs des hommes ci-devant qualifiés de couleur,
leurs
que pour les
ele
n'avoient paru époufer
querelles
de
fervir d'intrument à la contre-révolution. Quelques-uns
Ces chefs de paiti tiennent encore dans leurs mains tous les
aceliers de leurs quartiers; au moindre fignal de leur part,
les efclaves feroient tous en infurrection , & toutes les
feroient brâlées & dévaftées : vous fentez,
*
BOUEatEse
priétés combien une pareille pofition exige de circonfpedion de
fe
autour de
notre part, Cependant Yelprit public domine dans propage la-ville du Portnous; le pattiotitme leplus pur
- au- Prince comme bien au Cap. à craindre dans l'une & l'autre ville
quelques > Nous têtes avons trop exaltées 5 mais je ne fais pas comme
M. Dupore-du.Tertre: j'aime mieux qu'on foit au-delà
deça, parce qu'il me paroit plus facile de dirigerle
ptse
que dele créer.
dominent encore à Saint-
>> Les conte-sévdlasonnsites
voilines. Vous
Marc,aux Gonaives & dans quelques pareiffes
avez 1u, par les dépèches que nous avons précédemment
adreffées alallemblee nationale > les événemens du 4 novambre dernier. Suint-Marc 2 fait depuis cette époque une
ncuvelle tentaiive; elle 2 voult faire une confédération, avec
cinq parcitfes voifines, contre l'autorité nationale & contre
les délégués de la naticn. Lesmelures que j'ai prifes & la
Marc,aux Gonaives & dans quelques pareiffes
avez 1u, par les dépèches que nous avons précédemment
adreffées alallemblee nationale > les événemens du 4 novambre dernier. Suint-Marc 2 fait depuis cette époque une
ncuvelle tentaiive; elle 2 voult faire une confédération, avec
cinq parcitfes voifines, contre l'autorité nationale & contre
les délégués de la naticn. Lesmelures que j'ai prifes & la --- Page 79 ---
eonduite fage de deux paroiffes qu'on vouloit faire entrerk dans
la confédération, ont déconcerté cette manaeuvre; &
que je n'aie à ma difpofition presqu'aucune force
quoirefpère ramener bientôr les contte-révolarionnaires phylique,. de SaintMarc 3 finon au patriotifme > du moins au filence & à
f'inaction.
>> Nous pouvons compter en général fur tout ce
d'hommes éclairés parmi les citoyens de couleur; qu'ilya mais la
maffe eft fans inftruction, & la reconnoiffance les tient dans
la fois dépendance des conge-térolutionnaires qui les ont autreprotégés. H eft de la plus grande importance de ramener
cette clafle aux principes de la révolution françaife,
que c'eft dans les citoyens de couleur que confifte la parce
pale force de la colonie. Je fais tous les jours parmi princi- eux
quelques nouveaux profélytes, & j'efpère pouvoir avant
vous annoncer leur converlien totale.
peu
>> Pour vous faire concevoir, mellieurs,
la Convention nationale
jufqu'à quel point
ni
peut compter fur moi, je ne vous
rappellerai dirai feulement mes principes connus ni ma vie paffée; je vous
que j'ai la conviction intime que
impollible, la contre-révolution venoit à
f,par ferois un
des premiers égorgés, & qu'en cela on s'opérer, ne feroit je que m'épargner la peine de terminer moi-même une vie
dans ce
cas 3 me feroitinfupportable.
qui,
> Le comnilfirm-anutional-civl
Polverel : J'obferve qu'il doit y avoir erreur dans la
car cette lettre contient des faits qui fe font
date; 5
rement à l'époque du 3 novembre
paflés poftérieurement à la date du décembre. > peur-être même poftérieu3
Claufon : Il feroit très-poffible
y ait erreur dans la
date; tour ce que je fais > c'eft qu' 3EIL a été copiée exactement.
Polverel: Je ne fais d'obfervation que fur la date.
(Clauffon lit la lettre fuiyante )
E3
cette lettre contient des faits qui fe font
date; 5
rement à l'époque du 3 novembre
paflés poftérieurement à la date du décembre. > peur-être même poftérieu3
Claufon : Il feroit très-poffible
y ait erreur dans la
date; tour ce que je fais > c'eft qu' 3EIL a été copiée exactement.
Polverel: Je ne fais d'obfervation que fur la date.
(Clauffon lit la lettre fuiyante )
E3 --- Page 80 ---
28 A
Letere de Polverel 2 Sonthonax, 16 décemire 1792. -
cc Yojre déréche du :8 novembre, mon cher collegne,
eft la dernitre que j.ai, reçue de vous, 8: les, précédencs me
fcnr parvenues fort long -temps après leur date. L.inexecs
tirude, de notre correlondance me déplair pour lemoins
autant qu'a vous. Je naprrends des nouvelies; du Cap qtre
par des voies indirectes, k, topjours elles font fort afiisesnTES. Je ny ajeure pas foij mais yraics cu, faufes, cles ront
ici beaucowp de mal:ks têtes fermenrent, &je n'ai aucun
moyen de démentir les fabricareurs de faulles nouvelles.qui
cherchent àngier le peuple contre les ccmunifmaregedaSed
& de T'Oueft par les événcmens finiftres quils atuibuent à
celui du Nerd.
>> Vous favez, mon cher collegue, combienje vous fuis devcué.Je connois VOS principes si& lapureré de vos intentions,
Sijen'yavois pas eu toure confiance, je mei ferois bien gatdé
de venur dans un pays du feul je ne pouvcis faire aucin
bien.
Y ag a
>> Cenendant, permettes-hiot devous faire obferver queloucs
actes de foiblefe & de legereté,qui ont eu ou quireuvent
avoir les-fuites les' plus facheufes.
s Veus aviez chargé la commiltion intermédiaire, par Vorie proclamarion du I S noyembre dernier, de siexpliquer fur
la queftion de fevoir fi les fonctionnires publics inicrits fur
la liée de profcription, imprimée par Baillo le jeune,
avoi'n: perda la confiance dupeuple.
pLa commiffion intermédinire.a déclaréqu'ils onr effedtivement perdu 3 mérité de perdre la confiance publique. Et
per votre proclamarion du 20 novembre, vous avez deftirué
tous ces fonclionnaires publies de leuts enplcis, 8: ieur
àvez enjoinr de s'abienter de la colonje.
>> La.loil vous autorifoit à fufpendre & non à deffitucr.
Elle vous autorifoit à fufpendre fur des fairs & des preuves, >
& nen fur une opinion populaire. Elle vous aurorifoir à
envoyer en France, l'aflemblée ou à la Convention natio-
du 20 novembre, vous avez deftirué
tous ces fonclionnaires publies de leuts enplcis, 8: ieur
àvez enjoinr de s'abienter de la colonje.
>> La.loil vous autorifoit à fufpendre & non à deffitucr.
Elle vous autorifoit à fufpendre fur des fairs & des preuves, >
& nen fur une opinion populaire. Elle vous aurorifoir à
envoyer en France, l'aflemblée ou à la Convention natio- --- Page 81 ---
nale, ceux' que vous atriez jugés avoir mérité d'érremislen
état d'accufarion, mais elle ne.vous autorifoit pasma prenoncer la déportation contre des ciroyens que vous n'aviez pas
jugé devoir mettre en état d'accufation.
je
T .
-
fuis Cil ne peut pas plus fatisfair du Port-au-Prince. Le
patriorifme demine; & la loi du 4 avril y. eib pleinentent
exécurée, 1h ciroyens ci-devant qualifiés des couleur cnt
remis leurs dspeaux, & ont été incorporés dans la garde nationale. Plufieurs d'entr'eux fe fonr enrélés dans la tronpe
foldée. Ily a bien eu àce fujer quelques mouvemens. line,
s'agilloir pas de moins que d'embarquer M. de la Salle. J'étois
alors à Léoganesje fisla proclamation du 6 décembre dont
je vous envoie. . . . exemplaire, & le'calme fut rétabli.
a
ici," comme par-tout ailleurs, des coodererdsisuiniteis Ily
des brigands qui cherchent à exciter les défordres fous le
manteau dui parriotifme," & des têtes bougtement folles &
parriotiques. Mais la peur réduit les premiers au
leconds fent furveilles de près, & les troifiémes flence,les. font contenus par la faine partie des parriotes qui veur fincèrement
la paix, l'exécution de la. loi & la Rérublique françaite.
>Je n'ai pas lieu d'èrre aufi fatisfair des autres cemmur 6 e
de l'Ouelt. Vous favez ce qui's'eft palle à Sainr-Marc." lis
viennent peu-a-peu à réfipifcence, & j'efpère que la force
morale fuffira pour les ramencr-aux bons
L.cs
Gonives font unwraifoverde
principes.
& la Petite-iljvère. fuivent rordirainionoxi avenglément l'impoifion des
Gonaives. J'efpire tirer pari de FArcahaye & du Mire
balais. La Crois-des-Biouques elt dans les mains d'un feul
homme qu'il faur ménager en l'ostrayant, Glon ne veut
pas mertre le feu dans la plus ricbe paroifle de la colonie:
Léogane, a des principes déteftables , mais elle obéira,
liya quelques patriores, mais en peritnombre. Le GrandGoave a pour maire un Mailiacois, bavard &
mais il na pasi assez d'érofie pour faire du mal: intrigant; avec un
peu de foin, les patriotes y feront bientôr les
I
plus forts.
2 Duny: Lhomme qu'on veut ménager dans cette lettre eft
Jumecouig..
E 4:
la colonie:
Léogane, a des principes déteftables , mais elle obéira,
liya quelques patriores, mais en peritnombre. Le GrandGoave a pour maire un Mailiacois, bavard &
mais il na pasi assez d'érofie pour faire du mal: intrigant; avec un
peu de foin, les patriotes y feront bientôr les
I
plus forts.
2 Duny: Lhomme qu'on veut ménager dans cette lettre eft
Jumecouig..
E 4: --- Page 82 ---
8o
Claufon: Vons avez vu que non-feulement l'efprit public
étoit bon avant l'arrivée de Polverel & Sonthonax, mais
encore que quelque temps après leur arrivée, ils ont rendu
bon compte du patriotifme qui régnoit au Port-au-Prince &
au Cap. Je m' abltiendrai de toute autre réflexion à cet égard,
parce que nous reviendrons fur ces lettres dans le cours de
la difcuflion.
Verneuil: Sijavois voulu parler du patriotifme de la COlonie, & lire les lettres de Polvercl & Sonthonax à cet égard,
font entre mes mains 2 j'en aurois eu pour un jour &
1EL mais j'attendrai - l'ordre de la difcuflion.
Polverel: Ce font les colons, nos
quiont euxmêmes indiqué l'ordre des debats que aceufateurs, la commillion a adopté.
Nous n'avons rien dit, rien fait pour diriger le plan
& de défenfe fur un point,
à un autre. d'artaque
même
préférence
Ce
ordre des débats a
déplu aux colons; la queftion
que la commiflion avoit
la première à l'ordre du jour
ET
leur a paru épineufe; un arrêté de la commiflion a maintenu
T'ordre qu'elle avoit établi : malgré cetarrêté, les colons n'ont
ceffé d'inrervertir cet ordre. Les uns ont fait des excurfions
prématurées en inculpations perfonnelles contre Sonthonax
& contre moi; les autres ont furchargé, ont noyé la
dans un océan fans fond d'hiftoires étrangères, la queflion
menfongères & altérées, mais dont on efpéroit qu'on ne plupare pourroit pas faire la vérification en France.
Je remarquerai d'abord fur l'obfervation qu'on a faite,
da queftion al l'ordre du jour n'étoit pas l'objet de la
ordonnée
EuAte
par la Convention nationale; je remarquerai
cette queition, eft précifément & doit être la bafe de la QHE
cuflion qui doit s'engager entre nous: car, fi l'efprit public >
fi les diipolitions de l'affemblée coloniale s des corps
laires & des.colons, étoient généralement favorables, à ECTME
Domingue, , à lal loi de légalité que nous étions chargés de
faire exécuter & aux principes de la métropole; fi les colons
de Saint-Domingue étoient affeétionnés, & aux principes de
la révolurion, àl la France: dans ce cas, iln'eft pas douteux
nons vons dG trouver beaucoup moins d'obftacles dang
de notre miflion, &
nous
Rotur
que
ferons bien plus cou-
ECTME
Domingue, , à lal loi de légalité que nous étions chargés de
faire exécuter & aux principes de la métropole; fi les colons
de Saint-Domingue étoient affeétionnés, & aux principes de
la révolurion, àl la France: dans ce cas, iln'eft pas douteux
nons vons dG trouver beaucoup moins d'obftacles dang
de notre miflion, &
nous
Rotur
que
ferons bien plus cou- --- Page 83 ---
8r
pables, bien plus' grièvement refponfables, 3 foit du bien que
nous 11 aurons pas fait, foit du mal que nous aurons fait ou
que nous aurons laillé faire. Si au contraire, cet efprit public
étoit perpétucllement en oppofition avec la loi de Tegaliré
nous étions chargés d'exécuter, & qu'il fût ennemi de
fte révolution & de la nation françaife, il eft évident que les
obftacles fe font multipliés devant nous , & que ce, feroit être
un peu trop févère que de nous rendre refponfables des maux
& des défordres qui auront réfulté des contradiétions
Sous ce
donc,
C
nous aurons éprotvées.
premier à
rapport du
eft
qui la première a été mife l'ordre
jour ,
ptss de la difcuffion ordonnée par l'allemblée nationale: mais fous un autre rapport encore > la folution de
fervira de
à Tinculpation
çette première queftion
réponfe faite dans des
qui fera faite contre nous 5 car elle a été déja
fera d'apamphlets imprimés contre nous. Un de nos crimes
voir diflous laflemblée coloniale ; & vraiment nous aurons
eu bien tort de la difloudre, ficette allemblée coloniale étoit
vraiment affectionnée à la France , vraiment attachée aux
principes. de la France, fi elle étoit foumife & réfolue de:
foulerire aveuglément & d'exécuter pleinement la loi de légalité en faveur des hommes de couleur: mais ( au contraire,
fous ces deux afpects, > l'aflemblée coloniale étoit abfolument
oppofce aux principes que nous étions chargés de faire triompher , à la loi du 4 avril; f elle étoit l'ame > la créatrice du
fyftême de l'indépendance; fi elle tendoit fe rendre indépendante fous l'autorité du roi, ou à faire fcillion avec la France;
fi nous prouvons que ces deux projetsalternatifsonts été conftamment dans leiprit, dans l'intention des deux aflemblées
coloniales qui fe font fuccédées à Saint-Domingue : alors
j'efpère que vous ne trouverez pas étrange que nous ayons
diffous cette aflemblée coloniale. Nous l'avons dâ en principe
polirique ; &, quand il en fera temps > nous prouverons que
nous en avions le droit.
Maintenant, citoyens, je répondrai > quoique ce ne foit
pas le véritable ordre de la difcullion , aux inculpations perfonnelles que Brulley & fes conforts ont faites contre moi.
J'y répondrai,
que je ne veux plus laiffer aux colons
l'avantage dont Fisos ont fi cruellement abufé pendant 2I ou
iale. Nous l'avons dâ en principe
polirique ; &, quand il en fera temps > nous prouverons que
nous en avions le droit.
Maintenant, citoyens, je répondrai > quoique ce ne foit
pas le véritable ordre de la difcullion , aux inculpations perfonnelles que Brulley & fes conforts ont faites contre moi.
J'y répondrai,
que je ne veux plus laiffer aux colons
l'avantage dont Fisos ont fi cruellement abufé pendant 2I ou --- Page 84 ---
22 mois, de calomnier chaque jour, à
deux
reux qui étoient à 1,800. lieues de Frrnce, T'aunel fans pouvoir malheu- fe
défendre. Tourcs les fois qu'ils mes feront une inculpatien
Ferternelle, je lès faifirai, je ics arréterais &
ne
pourra me refufer le droiade me létendre toutes perionnain lest fois
jdarai été accufé; mais avant d'ens venir à ces inculpations que
Kescanilies/etepiuidral du
la queftion quia été mifeal'ordre
jour , dk dont on n'auroit pas de sécarter.
J aS
La queftion cft,ce me femble, celle-ci: Que! étoit
public de l'allemblée coloniale & des corps
lefprit en
premier lieu, fur la lui de l'égalité en faveur populairess des
de conleur; en fecond heu, fur les rapports de la hom:nes
avec la, métropole; Sonthonax a parcouru les deux cclonie
de la queftion; moi je n'en ai atteint qu'une & fcrt branches leglrement; c'elt celle qui étoit rélative à la loi du
n'avois pas traité celle telative à Windépendance. 4 avil"le
Sonthonax, furla parrie relarive à la loi de l'égaliré, a
fonré un tableau très-mapide des fairs anérieurs alarréde
Fallemblée
t
coloniale, du 27 mai
s'eft arrêté
jai au contraire parlé de cet arreté, 1792,8 &i n'ai préfen:é qu'un la;
sabieau. encofe plus rapide & rlus incomplet des faics
rérieurs à ces arrétéss aufli l'arrété du 27 mai
pofr
trouvé-le véritable Foint de contact, enre Sonthonax 1792set &
:
ila a remonté aux époques antérieures is moije me fuis moi:
fermé dans quelques -poquesenemeecn
reny
amalhl
Sonthonax a trai-é 1 queftion furleprojer
dint je n'avois pas parle. Je mne"
d'inlépendance pour la
queftion relative aux' "pemmes del couleur, renfeemerai:" dans les' mêmes
botncs queje me fis preicrires. Je laifitrai àSonthonax li
pirtie dent il s'eft chanpe,, Parcere qu'il y, a cette différencé
etre' lui & mei, Gile Sonchennx s'cft porié accufareur, &
die moi jai-Wéclaré que jel ne me portois accufateur de
perfonne. Je donncrai auii quelques développemens &
guciques, preuves wouvelles, qui font échappées à mon
calligue Scrrhonas, ou quil n'a pas cu leacmps de! vous
donners : mais avant cela, je vous prie: de me peimettre
aine. oblervation sénérale, qui vous portera un rélultas
je crois lumineux dans cette aiicande vuus n ai deja que dit
jai-Wéclaré que jel ne me portois accufateur de
perfonne. Je donncrai auii quelques développemens &
guciques, preuves wouvelles, qui font échappées à mon
calligue Scrrhonas, ou quil n'a pas cu leacmps de! vous
donners : mais avant cela, je vous prie: de me peimettre
aine. oblervation sénérale, qui vous portera un rélultas
je crois lumineux dans cette aiicande vuus n ai deja que dit --- Page 85 ---
S3i
je n'étois point, accufateur. On ne prétend point cue
R été adeur dus toutes les horreurs &c les atrocisés
(e reprochoient les deux couleurs, avant notre arrivée à
SMES Puilcue je, ne fuis pas accufateur, &
l'en ne maceufe Fas d'etre
je crois
me
acteur,
qu'il
Rs
permis de déromner mes règards de deflus ces horibks
trbkaux, S de setuler, d'en èrre, foit lc fpectateur, foir le
narrareur. Nous fayiens, Sonthonax & moi, avant de quiter
la France,
les deux coulcurs fe reprochoient un tas
d'atrocilés. 1FA légiflative le favoit aulli bien
nous; elle faveis que les blancs avoienc donné
TeRAET
clle favoi: que, lcs blancs avoient peut - être comblé la mefure. Noue miflion étoit de tarir lafource de ces défafkres,
de rechercher les aureurs de Ces maux, de pourfuivre &
de punir tous les crimes irremillibles, tous les crimes qui
font crimes en guerre comme en paix;, mais de pardonner,
de faire oublier même, s'il étcit pelliole, tous les excès
intéparables d'une guerre civile, inévirables dans une guerie
civile, A Ssint-Dominsve, f'ai é:é neutre & impartial entre
les biuncs & les hommes de couleur. Plus de deux' centsfois
jai impoft foverement flence aux blancs & aux hommes de
couleur, lortqu'i's rappeloienc des fouverits qui pouveient
ranimer d'anciennes haines ou exciter de nouvelles querclles., Voilà pourquoi je fuis moins infruit qu'un autre des
fairs, des dozails de ce quia eu licu avant notre arrivéea
Saint-Domingue: ; & je m'en félicite, puilque mon ignorance
me difpenfera de retracer en France le rableau des atrociiés
dont Thunanie, dont ma couleur 2 puiiqu'oh veut auili
que j'aie une couleur didinative, s'cft fouillée à Sain:-Dot
mingue: mais je ne puis me refufer à unc réfexion deni la
jufteffe & Tévidente vent, j'eipère, vous frapper. Cron
entalfe dnns les deux baflins d'ane briznec; d'un côté les
crimes que lch reproche aux blancr, de l'autre ceux des
hommes de coulour'; qu'on fuppole, 6 Yon veut,, que ics
plus grandes horreurs onr été commites par les hommes
de couleur, cela ne me fempichera pas de penfer que ceux
qui, les premiers., ont munifelté des prérentions injuftes 5.
ceux qui Ont les premiers refuls d'accorder une chofe jultes
ont 6é les prom.ers agreileur, les premiers provocareurs
ch reproche aux blancr, de l'autre ceux des
hommes de coulour'; qu'on fuppole, 6 Yon veut,, que ics
plus grandes horreurs onr été commites par les hommes
de couleur, cela ne me fempichera pas de penfer que ceux
qui, les premiers., ont munifelté des prérentions injuftes 5.
ceux qui Ont les premiers refuls d'accorder une chofe jultes
ont 6é les prom.ers agreileur, les premiers provocareurs --- Page 86 ---
de la guerre civile, par conféquent feuls
toures les repréfailles qui en ont pu être refponfables la
de
fonne n'ofs conteiler, méme les colons,
fuite. Perrage, malgré que, fur ce point, ils mentent malgré à leur coucience comme fur beaucoup d'autres, les colons, leur confn'ofent pas contefter la juftice des droits
dis-je,
par jes hommes de couleur. D'après cette politiques donnée, réclamés
reporrez-vous à trois époques differentes depuis citoyens, à
Fallailinat de Ferrand de Baudière, à
1789,
& à l'époque du mois de novembre > Taflalinat Sur
d'Oger >
époque, les citoyens de couleur 1792.
la première
modefte, humble
préfentent une
même, aux blancs aflemblés au pésition
Goave, Si cette pétition eût été admife, les
Petitcoulenr euffent été fatisfaits, & jamais
auroit citoyens de
fang répandu. Quelle eft la réponfe des iln'y blancs à cette eu du
tition? On force les péritionnaires à déclarer l'auteur de pépétition, & le malheureux rédaétear eft aflafliné.
la
dit, pour excufer ce fait abominable, que ce rédaéteur On vous.
un homme taré, s un homme fufpect. Eh !
étoit
la. moralité de ce rédadteur: On1 n'avoit à examiner qu'importoit la
juftice ou l'injuftice de la pétition. Mais Ferrand de que
étoit-il donc un homme f taré, G fulpedt? C'étoit un Baudière homme
eftimé, chéri de fes concitoyens. Les blancs
ce momnent même de lui ei1 donner la
venoient ils
dans
de le nommer éleéteur. Au moment ou preuve; il a le malheur venoient de
exifte rédiger la pérition, on laffafline. La preuve de ce fait
au dépôt de la commiflion de la marine & des COlonies; & Ferrand, nommé éledteur, l'a bien été par les
blancs, poifqu'iln'y avoit qu'eux d'aflemblés.
Sur la deuxitme époque, Ogé arrive de France à SaintDomingne, porteur da décret du 8 mars & des
du 28 mars 1790. Il domande l'exécarion de lart. infructions
ces' iftruétions : à qui s'adrelie-t-il pour former cette IV de
mande? A qui: aux autorizés conflituées.
deBrullcy : Je VEUS prie d'interpeller le citoyen Polverel de
déclarer fi Ogé : a été porteur, > dans la colonie, des décrets
des 8 & 28 mars.
Palyerel: Que fignifient cesinterpellations: Citoyens
mars 1790. Il domande l'exécarion de lart. infructions
ces' iftruétions : à qui s'adrelie-t-il pour former cette IV de
mande? A qui: aux autorizés conflituées.
deBrullcy : Je VEUS prie d'interpeller le citoyen Polverel de
déclarer fi Ogé : a été porteur, > dans la colonie, des décrets
des 8 & 28 mars.
Palyerel: Que fignifient cesinterpellations: Citoyens --- Page 87 ---
8,
ce font de miférables cavillarions qu'on fait ici. Le décret
étoit arrivé long-temps auparavant ; il avoit été reçu officiellement par T'allemblée coloniale de Saint-Mare, longtemps auparavant. Des le inois de juin, l'alfemblée de SaintMarc avoit enregiftré lun & l'autre avec des proreftations,
avec des reftrictions dont nous parlerons aullis mais Ogé
n'étoit
moins porteur du titre qui lui donnoit l'exercice
des ardits politiques. Il écrivit au' gouvernement, à l'affemblée provinciale du Nord :
Jeur demandoit- ile la
jouiffance des droits que lui leroir l'art. IV des inftruc
tions du 28 mars.
Quelle eft, citoyens, la réponfe du gouvernement & de
l'allemblée provinciale: On fait marcher une armée contre
lui, on le prolcrit, on met fa tête à prix, on le réclame
fur le territoire efpagnol; ; il eft arrèté ramené dans les prifons du Cap. Un prix académique, une médaille d'or eft
décernée à celui
fera le meilleur quatrain fur la célebre
journée oû Ogé Ret amené dans les prifons du Cap. Voilà
la réponfe
les blancs,
les autorités conftituées de
Saint - SEE ont faite qLE ce malheureux. Venez dire,
pour juftifier cette atrocité, qu'Ogé a commis des crimes.
Quels font ces crimes : quand les at-il commis? Siln'en a
commis qu'après avoir écrit inutilement au gouverneur & à
l'affemblée provinciale, & après que le gouverneut, que
l'affemblée provinciale eurent fait marcher une armée contre
lui, f, dis-je, Ogé n'a commis des crimes qu'après, ce
n'eft
Ogé qui eft coupable, c'eft T'affemblée provinciale,
c'eft E" gouverneur, ce font les blancs qui lui ont refufé
l'exercice des droits politiques.
On vous dit encore s pour excufer ces horreurs, qu'Ogé
étoit un homme fufpect, point ami de la liberté, mais sle
principal agent d'un complot contre-rérolnionnaiei qu'il
avoit été, dans cette vue, fait colonel par la Luzernes
qu'il avoit été préfenté au roi, à la reine, au frère du roi,
au minifiresquilavoir été fait chevalier des ordres du prince
de Limbourg : eh bien! qu'importeroient tous ces miférables
accelloires? Oui, vous avez beau rire : la demande étoitelle julte, étoit-elle injufte ? voilà la feule quellion qu'il
falloit décider. D'abord, Toa avoit parlé d'sn brevét de
qu'il avoit été préfenté au roi, à la reine, au frère du roi,
au minifiresquilavoir été fait chevalier des ordres du prince
de Limbourg : eh bien! qu'importeroient tous ces miférables
accelloires? Oui, vous avez beau rire : la demande étoitelle julte, étoit-elle injufte ? voilà la feule quellion qu'il
falloit décider. D'abord, Toa avoit parlé d'sn brevét de --- Page 88 ---
colonel ghe Ton apporteroit; ce" d brtiela a difarn, on 'a
plus trouvé ce tite" de colonel que, dans tn diplômé de
fordre de Saine-Philippe du prince de Limbourz. Vraiinent,
je le croyois pas que-les colons, malgré la diftance ol ils
font de France, igmoraflent ailez ce que c'eft que 1. prince
de Limbourg, for" ordre & fesidiplemes, pour ajouter foi
à toures les énonciations conte nes dansi ce" dinlôme. "Tout
le monde fait que ces dislomes conroient les rues, ctoient
jerés à la tête de tout le monde' potr 3C ou 36liv. :voila
le prix de cet ordre de Saint Philinge qu'on diftribuoit i
tout venant, & dans lequel O1l inferoit tour ce que le
chevalier admis vonloit inferer. He minifre de la marine
n'a pas pu donner un brevet de colonela Oges car c'étoit
le miniftre de. la guerre quir failoit dos celonels.
Sur ia troifème éHoque. R fom
Th. Miller: Je relèye un faux; je 7 fuis breyeté par le miniftre' de la moring, & je le. prouverai.
Sonthonax: Colonele 151 65
asl >U
Millet :Non, mais officier."
3015 omgst
Sonthoraxs Tous les officiers de mer. -
Thi Millet: : Joine fais pisibreveté oflicica de mer, jerfuis
breverés officier de terre.
oTge
si0 sivons
Vemail: Le minifre de'la marine 2
faifoit, des
T
colonels
de terre; il nommoit les" colchcis I oer Tifle-de-Fr rance
pour ld Perrze-Frincts coft U & pour, roucsles colenics.
dP
Polvercl: Eh bien ! allez voir danslesbureans de lasma:
rine s'ii fe trouvera uil brevet de celonclsour Ogé. A Euoi
fe réauit la Pretive de cep prétcndu brevetCCn. iniorrempt)
Je n'ai irterrompn perlurine Bendaitt neur ieances; Jet
eu'ia patence: qu'on nit la bone de enrendre
nt
ler Peu de temps que ju à, parler. A quci le eu
it
toures les preuvès de ces honneurs, de ces, deeorations. d.
on a préténdu crOrt coir réver? a une lertie écine
fesGEus qu'il'contient avoir écrite pour Ran et
de fa mcFe. AisG difpareiffent, par Taycu. nérce
toutes CES veurs ou CS ces dignités doneua ret
patence: qu'on nit la bone de enrendre
nt
ler Peu de temps que ju à, parler. A quci le eu
it
toures les preuvès de ces honneurs, de ces, deeorations. d.
on a préténdu crOrt coir réver? a une lertie écine
fesGEus qu'il'contient avoir écrite pour Ran et
de fa mcFe. AisG difpareiffent, par Taycu. nérce
toutes CES veurs ou CS ces dignités doneua ret --- Page 89 ---
$7
Laroit revêtu dans, des insentions comr-seroluibensige
Sur-la troilcme époque du mois, de novembre 179191 les
quarorze paroifes dej LOuelt avoient reconnu les droits por
litiques des. hommes de couleurs il y avoit eu des concordars palius àlcet effet entre les. quatorze parbilles de
l'Oueft & les honimes de, conleur. Plufieurs paroilles du
Sad avoient adhéré aux concordatss ellest sy, éroient. conformées. Leshomires de, couleur y.jouiioient de leurs droits,
politiques; l'aflemblée a coloniale 2 par ies arrè:és du mois
de fepcembre 1795 3 ayoit déclaré qu'elle s'occupercit des:
droits des hommes der coalear, & avoit mème annoncé,
qa'elle feroit pour eux beaucoup plus. que n'avoit fait le
décret duuis mai 1791. Le rapport de cette rallaire étoit à
l'ordre du jour. Voici l'arrèré que Tatlem'blée colonialera,
pris-le, 5 novembre 17915 & l'adreile qai accompagnar
l'enyoi del cec arrèté. Quiqu'on vo.s aic.la ces denx,piècess:
ja crois devoir voas' les relires car il y a pour cerrains iifaurs
une méthode counue : il yen ai une pous les boireng qui,
veulent ditlimuler. Je lirai tout, pour qu'on puilestout
entendre,
O U5 b
aanl Nud
1 Il lit T'arrêté du 5 novembre déja cité. Voyez feance di"
21 pluviofe, page 34).
DON
0, 5b
21h Voic T'adrefe qui fur pablice 1e.7 a 01 norembre, en ToL meme
temps 9ue T'arrèré du 5.
II lit T'adrefle déja citéé. (Voyez féance du: 21, page 36).
-
à :
Vous T'entendez, ciroyens; T'affermbléscolonials arrête, lieig?,
novembré 1791, après lesi concordars pallesénrre les hommest
de'couleur & lesh quatorze Maroillessie 1'Ouel, elle arrète.
qu'eile ne s'occupera de l'étar desthoinmes de couleur r&c
nègres libres qulaprés la ceffation"des troubles occalionnés
par la révolte des eiclaves, & qu'apras qae les hommaside
couleur & les nègres libres, rentrés dans leurs paroilles refpectives, ou réunis d.isiles divers camps fous Pantorité du
rep-éfenrancda TO:, auront coopéré avec'les blancs a tamener
l'ordre & la tranquillité dans lar colouie. Vous sles aviezi donc
indignementt rompes,iogique, par womramoesdasolpsais
pracedanc, vous-deuravicn pro.nis mon-feulainenr de meture
qae les hommaside
couleur & les nègres libres, rentrés dans leurs paroilles refpectives, ou réunis d.isiles divers camps fous Pantorité du
rep-éfenrancda TO:, auront coopéré avec'les blancs a tamener
l'ordre & la tranquillité dans lar colouie. Vous sles aviezi donc
indignementt rompes,iogique, par womramoesdasolpsais
pracedanc, vous-deuravicn pro.nis mon-feulainenr de meture --- Page 90 ---
S8
à exécution le décret du I5 mai, mais encore d'étendre votre
follicitude aux hommes de couleur libres nés de pères & inères
non libres, dont la loi du I5 mai ne s'étoit pas occupée. Les
troubles exiftoient au 20 feptembre comme ils exiftoient au
5 novembre : de quel droit avez-vous impofé des conditions
a la deuxième époque, quand vous n'en aviez pas
à la première? Ne croyez pas que votre fecret nous impofé ait
échappé; il tranfpire dans les deux derniers confidérans de
votre arrêté : vous y dites qu'on a infpiré des opinions erronéesaux! hommes de couleur, fur le décret du 15 mai non
officiellement arrivé dans la colonie; vraiment vous étiez bien
stirs quilmyparoiereir pas officiellement, puilque Blanchelande avoit eu la lacheté de vous promettre de ne pas
cette
publier
loi, quand même elle lui feroit envoyée officiellement.
Vous dires que le décret conftitutionnel del'Allemblée conftituante, du 24 feptembre 1791, ne peut manquer de defliller
les yeux des hommes de couleur, & del les ramener à leur
devoir; le vcilà donc connu ce fecrer importan: : le 20
tembre vous promites tout, parce qu'il n'étoit pas alors fep- en"
vorre pouvoir de rien refufer; le décret du 15 mai étoit
alors la loi exiflante: au 5 novembre vous avicz un nouvezu
décret qui paroifloit vous donner le droir de tout accorder.
& de tout refufer; alers vous refutez rout, alors aufli vous
prenez le ton menaçant; vous vous rappelez les menaces
faites dans l'adreffe aux hommes de couleur. On leut dit que
les traités arrachés par la. force fent nuls; On les menace d'un
retour terrible. Je n'exige point quie les citoyens colons foient
meilleurs qu'ils ne le font; mais je voudrois qu'ils fuffent
moins abfurdes dans leurs atrocités. Les citoyens de couleur
étoienr, à cette, époque du 5 & du 7 novembre, les
forts dans Foueft, & ils étoient sûrs d'être aufli les plus
dans le
Elut
fud quand ils voudroient.
Senac : Je demande aéte de la déclaration.
Le Préfident : Tu en as acte, par cela feul qu'elle eft
inférée. dans les débats.
Polverel : Les quatorze communes de l'oueft avoient trairé
avec eux, &c avoient reconnu leursdroirs politiques; plofieurs
conmunes du fud avoient imité cet exemple : & c'eft dana
ce
plus
dans le
Elut
fud quand ils voudroient.
Senac : Je demande aéte de la déclaration.
Le Préfident : Tu en as acte, par cela feul qu'elle eft
inférée. dans les débats.
Polverel : Les quatorze communes de l'oueft avoient trairé
avec eux, &c avoient reconnu leursdroirs politiques; plofieurs
conmunes du fud avoient imité cet exemple : & c'eft dana
ce --- Page 91 ---
no a 201 s 90. 8, les Mat aogarand de çouleur I L
le,
ee moment que LU vous ifritez
hommes
par
refus de, tout CE que vous leur aviez- promis; que vousrato
noncez, la. nulité, de tous les traités qu'is avoient obrenussp.
que vous les, menacez d'une punition ternble Folt avoir. ob-k
tenu ces traités parla forces,que vous invitez touslos blanes
a.employer tons lesinoyens, toit force, foit peridie, pours
annuller ce, trairé quilsa avoionto obien,Je ne chercherai
délafires
ont
-
loin caufes, & les auteuts des
qui
E
plus vafté la colonie. les C'eft Nous.c'ed.votre arrété dus novembre's
celt votre: adrefle du. 17:7 quie quinze jours. apres onti
livré le Port-au-Prince aux Aammes, qui ont inccndié,
de
après la ville de Jacmsloi qui ont fair. conies
da
ruilfeaux temps de fang. daus lei fud,a Mous,eres feuis rolpontableni
de tous les malheurs quiont euileu depuis votieraurete.d due
novembre 1791 3 come les ellailans de Terrands des
Banaies & ceux d'Ose Tétoient des deiaitres antérieurs. Jes
prévois, citoyens, par les oblervations que des colons onte
difleminées., quils prétendront arpliquer aux réfulrats Eérl
néraux que je viens de préfenter,. des moyens par le/quels ils
-prétendront le dilculper. Sur CCS trois éuoques onvous dira
en premier, lieu; Le peuple frangais a bien auili commis, dès,
erreurs fur les droks des hommes, au moment de far régésr
nération. : n avons nous pu en commettre comme lui, En au
moment de, la. premicre péntion des hommes de çouleur?
France, ona refule lexercice des droits politiques aux juifss,
aux proteitans, aux comédieuss aux, domeltiques : à SaintDomningues on a cru devoir le refnler auxhommes de couleur;
Férreur des cclonsblancs, al'éposue del'alialinar de Ferrand,
de Baudiere, étoit donc exculable. En fecond lieu, on vous
dira ce que Millet vous a déja dit le 21 de ce mois > qu'avant
le décret du 12 octobre 1790 il n'exifioit aucun décrer de
T'Allemblée confituante qui donnit aux hommes de couleur
I'exercice des droits. politiques En.troilième lieu, on vous dira
ce que Page vousa dit dans la-féance du 18, que, le mot
perfoune porté dans les inftructions du 28 mars n 'étoit pas
applicable aux hommes de couleur,
que s'il leur étoit 2
applicable, ilTett éré aufli aux CARECST cles efciaves font
aufli desperfonnes., En quarrieme licu cn vousdira que cesinttruétions du 28 mars font l'ouvrage d'hommes
le
II.
penets.
Tome
Treizieme liyraifon.
la-féance du 18, que, le mot
perfoune porté dans les inftructions du 28 mars n 'étoit pas
applicable aux hommes de couleur,
que s'il leur étoit 2
applicable, ilTett éré aufli aux CARECST cles efciaves font
aufli desperfonnes., En quarrieme licu cn vousdira que cesinttruétions du 28 mars font l'ouvrage d'hommes
le
II.
penets.
Tome
Treizieme liyraifon. --- Page 92 ---
s0
fruit des mancenvres perfides; c'eft ce
les
ont déja dit dans plulieurs féances: les que colons, colons voûs
encore, ont donc été fondés à iepoufler la
dira-t-on
qui demandoit l'exécation de ces infructions qu'il pétition d'Ogé
à-fa manièré. En cinquièmé lieu, on vous dira ce incerpréroit
vous a déja dit dans la féance du 16,
que Page
tembre 1791 iln'étoit pas au pouvoir de qu'au mois de fepde prononcer fur l'érat des hommes de couleur; Tallemblée d'un coloniale
parce que le décret du 15 mai ne lui avoit
été côté,
ofliciellenienrs d'un aurre côré,
que la ior pas du I er envoyé
1791, qui annonçoit T'arrivée des
février
fendoit de mettre à
civils, lui déreaehni
de la colonie, avant exécution l'arrivée des aucun arrêté fur la fittation
lui être envoyées : or, ces inftructions inftructions ne nous qui devoient
encore arrivées au 21 novembre; nos arrétés du étoient
& du 25 n'étoient pas contraires
FretE
tifiés par les circonftances ou nous aux décrets, & éroient jufà la première objection relative à la nous trouvions. Je réponds
Baudière: : la pérition eût - elle dû être pétition de Ferrand de
falloit-il pas aflafliner le rédacteur. Je rejerée >: encore les
ne
ne font pas heureux dans le choix desautorirés réponds & que des colons
qu'ils oppolent aux ciroyens de couleur," Air moment exemples de
volution, en France, les proteftans & les juifs
la rédes droits poliriques & civils; les comédiens éroient étoient exclus
infames & exclas des mêmes droits : un décret du répurés 22
cembre 1789, qui depuis fut inféré dans la conftitution démowarchique de 1791, excluoit les domeftiques des affemblées
publiques; malgré les lois exiftantes contre les
les proreftans furent admis dans les affemblées proredlans,
le' peuple eut des repréfentans proteftans dans ptimaires, &
confituante. L'aflemblée conftituante réintégra les l'Allemblée
&c les' juifs dans l'exercice des droits politiques ; & comédiens un décret
confervatoire des droits de T'homme; un décret du
cembre 1789 déclara qu'il ne pourroit être
à 24 débilité d'aucun ciroyen, d'aurres morifs d'exclufion oppofé l'éligi- -
qui réfultent des décrets confirutionnels. Quel eft que le crime ceux
que je reproche aux colons blancs? ce n'eft
les droits politiques à des proteftans, à des pasd'avoir juifs, à des refufé
médiens qui avoient contre eux des lois anciennes COnon
1789 déclara qu'il ne pourroit être
à 24 débilité d'aucun ciroyen, d'aurres morifs d'exclufion oppofé l'éligi- -
qui réfultent des décrets confirutionnels. Quel eft que le crime ceux
que je reproche aux colons blancs? ce n'eft
les droits politiques à des proteftans, à des pasd'avoir juifs, à des refufé
médiens qui avoient contre eux des lois anciennes COnon --- Page 93 ---
abrogées ; je ne leur fait pas un crime de l'ayoir refulé à
des domeftiques contre leiquels il - y avoit alors un décrer
d'exclulion : mais ils ne fe difculperont pas, ini en
ni en mefure politique, > du refus qu'ils ont fait aux principe, homines
de couleur contre lefquels il n'y avois ni lois.anciennas, ri
lois confirutiounelles dexclufions mais en faveur delqueis au
contraire il exiftoit une loi-ancienne non-abrogée,
gueil des colons avoit empèché l'exécution depuis donrTorfiècle. Voici cette loi.
plus d'un
: Je demande que.le préfident interpelle Polverel de
G le décret du 2.4
aie
décembre 1789 a été envoyé à
Saint-Domingue..
Polverel : Je lignore abfolument, 8n'ai aucun
de le favcir.
vous pourrez tirer tous les
befoin
vous voudrez de l'ignorance od vous; prétendez avantages èrre: que
Page : Il n'ya pas été envoyé, & d'aillcurs il
cable qu'a la France; car, par la confitution de n'elappli- eft
dit que les colonies font hors de la confticution de 1789,11 la France.,
d Policret: C'eft lédit de mars 168;; voici ce
dit
ticle LIX de cet édir.
que
Tar
(Ilile-lit.)
cc Article LIX. Odtroyons aux affranchis les mémcs
droits 3 priviléges, immunités, 3 dont jouiflent les
nées libres; voulons que le mérite d'nne liberté
porfonnes
duife en eux, tant pour leuts perfonnes acquife, pour
biens, lcs
Eu
mêmes effets que le bonheur de 4A liberté naturelle caufe à nos autres fujets >),
J'ai entendu les colons fe faire un mérite de n'avoir
exécuré cet édit concernant les hommes de. couleur libres. pas
Cef par humanité au'iis ont refufe de le mettre à
car il'ya dans cct édit ds dilpofitions qui ordonnent exécution; que dans
certaiz c2s les hommes de coulenr feroient vends comme
claves. Je ne dirai pas que les colons ont menti, parce efje' ne fhis pas dire de pareilles groflitretés; mais je dirai que
que Talu & relu plalieurs fois cet élit, & que je n'yai
F 2
libres. pas
Cef par humanité au'iis ont refufe de le mettre à
car il'ya dans cct édit ds dilpofitions qui ordonnent exécution; que dans
certaiz c2s les hommes de coulenr feroient vends comme
claves. Je ne dirai pas que les colons ont menti, parce efje' ne fhis pas dire de pareilles groflitretés; mais je dirai que
que Talu & relu plalieurs fois cet élit, & que je n'yai
F 2 --- Page 94 ---
point trouvé la difpolition qu'il a plu:aux colons d'y
pofer. Voicil'édit : s'ils croient yi trouver la difpofition
Ot
ont citée, ils peuvent la faire connoitre.
& Page : Je vous demande, citoyen-prefident, en confor.
mité de ce qui a été dit hier,
cette pièce nous fcit com;
muniquée, parce que je fuis Soe que , dans le code noir, il
eft dit que les hommes de couleur qui fe rendront coupables
de ceriains. délits, feront vendus comme elclaves.
Lc préfident : Ce fera un - fair, qu'il vous fera permis de
Térablir demain ou après-demain.
6 Polyerel: C'eft une loi connue. Je répondsala fecounde objection, relative à l'aruicle IV des inftructions du 28 mars
1790, par ia lecture même de cet article.
(Il lir T'article IV des inftructions).
: )
Si
Du 28mars 1790.
o 21
e Article IV. Immédiasement après la promnlgation &
affiche du décret 8c de finftruction dans chaquepatcilles,
toutes les perfonnes âgées de 25 ansaccompliss proprietaires
d'immeubles, ou, à défaur d'une telle propricee, domicilices
dans la parciffe depuis deux ans, & pavan: une centributicn, fc-réuniront pour former-Fatlèrctiée paroilliate's,
2 9 Toutes perfonmas Agées de 2.5 ats wscomplis, 6rel Voila le
ritre dont je térère qn'Oge éroit porteur. On nous dit
fi cet article s'aprliqucit aux hemmes de conleur, il
Inutor
falla lappliquer aux efclaves, parce que :o les efclaves C
font 1
aufli des perfonnes.
and
20 Verneuil: ils paient des'c commribitions.
t
. Polverl: Ici.lcs colons ne fe trompent PASS mais ils voudroient noustromper. Iis n'ignocent pas que les eiclaves ne
font pas coniderés par EUx comme des periopnes 5 ils cons
nciflent bicu T'exprelion qui leur cft beaucoup srop. famir
lière,, de leur mobilier, Joriquils yeuien: parler de leurs efclaves. Cette exprellion m'a trop fouvent choquéies oreilles,
dans Tifle de Saihe-Demingue meme, depuis les proclama-
.lcs colons ne fe trompent PASS mais ils voudroient noustromper. Iis n'ignocent pas que les eiclaves ne
font pas coniderés par EUx comme des periopnes 5 ils cons
nciflent bicu T'exprelion qui leur cft beaucoup srop. famir
lière,, de leur mobilier, Joriquils yeuien: parler de leurs efclaves. Cette exprellion m'a trop fouvent choquéies oreilles,
dans Tifle de Saihe-Demingue meme, depuis les proclama- --- Page 95 ---
tions far la liberté, pour que je n'aie
dà en conferver, des
le fouvehir. Mais, expliquons les lois par Pe langage
loiss, les
& non par" le vocabalaire barbare des coions. Chez T'homme, tous
qut ont admis l'efclavage, on a diftingué
SE la perlonne. Le nom d'homme étoitle titre générique qui
defignoit l'état naturel de chaque individu, qui sappliquoit étoit,
à Fefclave comme à Thomme libre.. Le mot perfone hommes
affecté aux droits civils, ne sappliquant qu'aux n'étoient
libres jouillant des droits civi S. Les elclavcs
pas
des perfornes ; parce qu'ils ne jouilloient point de cet état
civil qui diftinguoit Thonme libre, ce qu'on appelois
liberum. Onna donc jamais pilcroire de bonne foi que ARAE
ticle IV des inftructions du 28 mars pût s'appliquer aux'
elclaves, & les-attirer dans les affernblées primaires, Mais
aufii on.n'a jamais pu douter de bonne foi qu'il dirs'appli- étoient
quer aux hommes de couleut libres,
bien que loin ceux-ci
incontellablemens desperfonnes. Je Et
d'approuver
toures les modifications, toutes les reftrictions, toutcs les
inconféquences peur-êrre des décrets dès 15 & 19 mai
ce dernier eft
pur en principes.
ne
O1E
mais
quand il générnlement juftifie les difpofitions de celui du 15.
gauchit Les colons que. connoifent certainement ce dernier décret, quoiquils fe foient bien gardés d'en parler. Je de vais l'article en donner IV des
lecture; ils y. trouveront le véritable fens
inftructions. du 28 mars.
(Polverel lit).
Décret du 29 mai 1791,
ec L'allemblée nationale, &c..
bon
texte
des lois, difoient
>> Là raifon, le
fens,le de politif tous les citoyens libres
que les colonies font compofées
devroient donc
qui les habitent, & que tous ces citoyens deftinées à exercer
prendre part a-lélection des aflemblées
pour eux leuts droits d'initiative. Sous l'ancien régime mème,
& fous le.plus despotique des régimes, Tédit de 1685 avoit
donné aux affranchis tous les droits dont jouiffoient alors
F
a5
ifon, le
fens,le de politif tous les citoyens libres
que les colonies font compofées
devroient donc
qui les habitent, & que tous ces citoyens deftinées à exercer
prendre part a-lélection des aflemblées
pour eux leuts droits d'initiative. Sous l'ancien régime mème,
& fous le.plus despotique des régimes, Tédit de 1685 avoit
donné aux affranchis tous les droits dont jouiffoient alors
F
a5 --- Page 96 ---
les autres citoyens. Ilauroit fallu une loir nouvelle
exclure' des nouveaux drois dans leiqucls les
pour lcs.
rentrés parla révolution 5 & s'il y avoit cu citoyens font
titude, cile auroit été levée par le décret du 28 queigu'incerreçu dans les colonies avec recornoillanice, & mars, s qui,
droits de citoven aélif d'après les mêmes
y réglant les
tionnels par lefquels ils le font
principes dit
conflitu-
& fans
renrance, formeliement
exception 3 arricle IV, < que route perfonne libre s
proprictaire, ou domiciliée depais deusans,
du droit de fuffrnge qui confitue la Scontribuable, qualité de jouira
actif,
citoyen
13 Il ne dépendoit pas de Fatlemblée nationale de fe refuler à rendre ce décret du 28 mars; il ne dépendoit
d'eile d'en reftreindre le fens, en poitant atteinte aux droits pas
effentiels de
des citoyens; elle ne pouvoit accorder à une partie
T'empire la faculé d'exclure des drcits de citoyen
des honnies à qui les lois con/tinutionnelles affurent adtif,
droirs dans l'empire entier. Les. droirs des citoyens font an- ces
térieurs à la feciéré, ils lui fervent de bafe;
tionale n'a pu que les reconnoirre & les déclarer. Taflembléena- Elle eft
dans Tesrsatempuitace de les enfreindre; ; elle
en détourner les yeux , lotiqu'clle a été
de n'a pu
cer
fur les, propolitions que lcs dépurés obligce des colonies prononfaitcs à la mbpne 3. Voaia ce. que ditoit laflemblée
cnt
tuante fur les droits des homres de couleer & fur le conftidu 1S mai, dans les infiructions du 29 mai,
décret
Fhomas Millet : Je vous prie,
une fois, d'inerpeller Palverel der ciroven-préfdent; déclater fi les
encote
de ce décret. du 15 mai ont été envoyées infirucions
à Saint-Donninguc.
officicikmene
Polyerel: Je répondrai, une fois pour toutes, que vous
n'avez pas le dreit de me faire interpeller Arr un fait
m'eft érranger; que les lois rendues avant mon arrivée dans qui
la cclonie 2 zient' été ou non envoyées, ce ne
étre
de mon far,cene peut êrre de ma
peut
dois pasy repondre.
à
coonoiffance, & je ne
biiliet : Je demande, cirayens, d'interpeller Pciverel
a connoiflance quie le decrer dont il vignt de parlor, &l s'il les
de me faire interpeller Arr un fait
m'eft érranger; que les lois rendues avant mon arrivée dans qui
la cclonie 2 zient' été ou non envoyées, ce ne
étre
de mon far,cene peut êrre de ma
peut
dois pasy repondre.
à
coonoiffance, & je ne
biiliet : Je demande, cirayens, d'interpeller Pciverel
a connoiflance quie le decrer dont il vignt de parlor, &l s'il les --- Page 97 ---
-
inftructions qui T'accompagnent, aient étc notifiés officiellement dans la colonie.
Polverel: Non, je n'en ai pas connoilfance. J'ai au contraire connoiffance que Blanchelande avoir eu la lâcheté de
promettre à l'aflemblée coloniale de ne pas publier cC
décret, quand même il lui feroit envoyé ofliciellement.
Verneuil: Voilà ce que nous demandions.
Polverel : Long-temps avant le décret du 29 mai
long-temps avant le facrifice da malheureux Ogé, le
NEON4
du 12 octobre
avoit préfenté bien nettement à Y'affemblée coloniale 1 fens dans lequel elle devoit prendre
les inftructions du 28 niars. Voici ce que porte le décret du
12 octobre 1790.
(Polverel lit ce décret).
Décret du I2 ottobre 1790.
-L.fioilione-doendbedigtie quele roi fera prié de donner
des ordres, pour que les décrets & inftrudions des 8 & 28
mars dernier reçoivent leur exécuticn dans la colonie de
Saint-Domingue 5 qu'en conféquence, , il fera inceffamment
procédé s fi fait na été, à la formation d'une nouvelle
allemblée coloniale, fuivant les rigles prefcrites par lefdirs
décrets & inftructions, auxquels ladite nouvelle affemblée
fera tenue de fe conformer ponétuellement.
>> Décrète que toutes les lois érablies continueront d'être
exécutées dans la colonie de Samnt-Domingue, iuiqu'a ce
qu'i! en ait été fubftirué de nouvelles ; en obfervant l marche
prefcrite par lefdits décrets.
Polverel: Il n'étoit pas poflible de sy méprendre. L'article IV des inftructions du 28 mars devoit ètre exécuré,
c'eft-à-dire > que toutes perfonnes ayant les qualités requifes
devoient être admifcs dans les aflemblées primaires. Toures
les lois érablies devoient êrre exécutées à Saint-Domingue,
julqu'a, ce qu'il leur en fûr fubftiué de nouvelles, c'elt-àdire e,que l'article LIX de l'édit de mars 168; devoit être
F 4
uctions du 28 mars devoit ètre exécuré,
c'eft-à-dire > que toutes perfonnes ayant les qualités requifes
devoient être admifcs dans les aflemblées primaires. Toures
les lois érablies devoient êrre exécutées à Saint-Domingue,
julqu'a, ce qu'il leur en fûr fubftiué de nouvelles, c'elt-àdire e,que l'article LIX de l'édit de mars 168; devoit être
F 4 --- Page 98 ---
exécuté : que 1:s afranchis 8: defcendans
-voient jouir dtsmcmes
d'affranchis.de
jonirient les
dioits > privileges & immunités eont
devoi: lear per.onnes nées libress" que la liberté acquife
relle. denne pocurerle meme:honhtenr que la liberté natuCre.La APKI autres Français; voilà ce que demandoit
réinion: cédigée parFerrand-de Baudicre demancoiencere bieu moissaLes farcenés ent tout
ils
afialliné
ils
refule ont
malheureux FemanddeW.ndie, ont allailiné Ogs & les
comgagrons; & ils teht é.onnés
de conjeurs aient crit avoir des vongcances à que les honies
les blancs de SaintJe
exercer contre
Domingue.
réponds à là quotrième
cbjedtion : Mais ce décret du8 mars 3 les
du 28
mars., dit-on, fonclourrage de la
infrucions
- de manauyres abominail.s gdes-dense perverfté, acies
de la perfidie 3
perts 6 de la ruine de Suar-Domigsc.del. font la caufe dela
ce ne font plus les hommes de
vois bien i
Polverel &
couleur, ce, ne fonr plus
Sonthonak, , ce fera Vallemblée conftituante
d'intelligence avec l'Angleterre, avec le miniftre
qui,
aura porté le fer & le feu dans lei finide la colonie anglais de >
Sain-Domingue. fonr Feffer d'une Oci, je cony lens que ces deux décrets
conviencrai méme, inigue,"d'une fi l'on
manetvre infemnzle; je
démontré,
veut, parce que cela me paroit
que Barnave & les Laneth y ORt
mais
je dirai en même temps 1 parce qac ceci me trempé;
mieux démontré, que le vérhabls foyer de parcit bien
à Sains-Drsningue, 8c que les principaux acteurs Tintigue en France étoit
étsient-les députés de la coloniede
femblée provinciale du Nordi & T'aflemblée Sos-Pommear.t.f de Saint - Marc
étcirnt bisn d'acecrd à ce que les dépe:és de la celonie ne
parofn: point être fes-repeéfenans cans l'alfenblée conftinante. Je vais vous prouver le marériel du faitr, &
vois dirai, dans un autre infant, pcuquoi; mais ces deux je
corporations éteienit bien aifes auli que 3 malgré leur défavespparene, les dépurés des colonies eutlent dansl'affembléc conftinianie tous les droits de membres
& qu'ils obtinflent toute l'infuence que devoit vorans nactrellement bet donner le titre de repréfentans d'une ricke
lonic. Je yais"encore vous en Jonner Ja
VOTIS co- en
indiquer les motifs, & les voics
ie Js A par lefquelles
colons
ASTLM
bien aifes auli que 3 malgré leur défavespparene, les dépurés des colonies eutlent dansl'affembléc conftinianie tous les droits de membres
& qu'ils obtinflent toute l'infuence que devoit vorans nactrellement bet donner le titre de repréfentans d'une ricke
lonic. Je yais"encore vous en Jonner Ja
VOTIS co- en
indiquer les motifs, & les voics
ie Js A par lefquelles
colons
ASTLM --- Page 99 ---
a
marchuient a-la-fois vers ces deux buts qui paroifent 1
oppofes.
L'affemblée conftiquante venoit d'ordonner la
Eesadien
d'un comité , pour s'occuper de l'examen des affaires COloniales. On y avoit nommé deux députés de Saint - maffe DoGerard & Reynaud, qui avoient accepté. La
mingue >
contre leur acceptation. La
de cette dépuration protelta
voici:
rul
Th. Millet : D'oh cette pièce eft-elle tirée :
Polverel : D'une gazette imprimée à Saint-Marc.
Th. Millet : Nous n'avions pas d'imptimerie à Saint,-
Marc.
Polverel: Si, vous en aviez une.
Th. Millet: Pas au mois de mars.
Polverel lit :
Protcftation contre la nomination de Gerard & de Reycomité colonial de l'affemblée conftituanre.
: naud au
Exerait de lafance de Paffemblée générale de la partie françaife de Scint-Domingue 2 du 14-jsin 1790.
de fOucitde
ce Nous foulignés dépurés de la province
Sain-Domingue, réunis en comité particulier;
> D'après la connoiffance
nous avons, > qu'au mépris
d'un arrêté pris le 3 de ce eadirp par la députaticn des trois
colonies réunies au comité , portant qu'aucun député des
cclonies n'entrera dans le comité formé par un décretrde
l'atiemblée nationale
l'cxamen des matières' coloniales
& comnerciales, idrau arrèté annoncé à laflemblée nationale, le 4:par M. de Cocherel, un de nos colegues, au
défaut de M. Reynaud qui en avoit été chargé (pécialement: M. de Reynand, député de la province A du Nord,
député des
cclonies n'entrera dans le comité formé par un décretrde
l'atiemblée nationale
l'cxamen des matières' coloniales
& comnerciales, idrau arrèté annoncé à laflemblée nationale, le 4:par M. de Cocherel, un de nos colegues, au
défaut de M. Reynaud qui en avoit été chargé (pécialement: M. de Reynand, député de la province A du Nord, --- Page 100 ---
&. M.: Gerard,
à leur nominarion dépuré de la province du Sud,
nale, formé le
au comité colonial de Taflemblée oncadhéré
méme un des 4 de ce mois, > dans lequel on ne voir natiodéputés de la
pas
> D'après encore
province d-TOust;
mier, pris dans un un fecond fecond comité arrété, contradiftoire as preentrsorclinairement, en vertu
tenu-ler 4, & convcqué
nexée & certifice, dont le bit d'une letre de même dateanration à prendre fur un mémoire nannonçoir qu'une délibéde
inflructif,
Laborie, pour le comité des douze,
rédigé parM.
l'arréré prisla veille, MM. les
, & non darévoquer
cherel, nommémen:,
corntes O-Gorman & de( Covitative un morif allez n'aranspas inftant trouvé dans cette lettre infuivre avec exactitude, &
pour arriver à ce comité & le
aux moyens employés
par -là être à même de s'oppofer
annoncé à l'aflemblée pour détruire le premier arrêté déja
9p
nationale;
& protefter Déclarons ne pouvoir reconnoitre ce fecond arrêté
rard, & nous contre Facceptarion de MM, Reynaud & Gé- >
oppofer, en outre, au nom
mettans 2 à tout ce qui
être confenai de nos comReynand & Gérard dans comiré,
par MM. de
contre
FirEon
Saint-Dominene 5 déclarons, de
les intérêts de
vons ni ne devons propofer à plus, que nous ne poudecret fuivant, conforme aux ordres Taflemblée de.
nationale que le
33 L'aflemblée nationale,
nos commettans. L
du régime de la France à celti confidérane des tla difference abfolue
cette raifon, que fon décrer des colonies > déclarant, par
si ne doitles concorer, décrête droits de Thomms ne peur
gué, fous quelque prétexte
qu'il n'y fera pas
core qu'elle reconnoit
que ce puitle etre'; décrète proinul- elifaire clles-menes laur aux coloniés francailes le droit de
voyé à leurs dépurés, conflitution être
2. dont l'arréré fera €llceffhirc.
pour
prétenté à la fanction no53 Signé, CocKEnEL,le comte
Docoz.
O-GoxaN,I MAGALLON,
2> Coniorme à l'orizinal, le 6 mars 1790.
"Siené, levicomid dé
de Aanate Jocrétaire Goantariar geniral deli
j le chevalier
loniese N
deputatish des co-
voyé à leurs dépurés, conflitution être
2. dont l'arréré fera €llceffhirc.
pour
prétenté à la fanction no53 Signé, CocKEnEL,le comte
Docoz.
O-GoxaN,I MAGALLON,
2> Coniorme à l'orizinal, le 6 mars 1790.
"Siené, levicomid dé
de Aanate Jocrétaire Goantariar geniral deli
j le chevalier
loniese N
deputatish des co- --- Page 101 ---
Polverel: Ala fuité de cette pièce eft une lettre d'O-Gorman, qui ne fait que délayer & répéter ce que dit la
teftation : elles furent toutes deux approuvées &
à
ERETS
-
Saint Domingue, fous la préfidence de Brulley; Thomas
Millet étoit fecrétaire, ils doivent en favoir quelque chofe
Jun & lautre.
Il lit.
Proteftation contre la nomination de Gérard & de Reynaud
au comité colonial de l'allemblée conftituante.
Extrait de la feance de P'alfemblée générale de la partiefrangaifa
de Saint-Domingue, du 14 juin 1790.
PT
-Ona donné leéture de la gazette de Paris du mars
elle contenoit une
des
de
proteftation
députés 1
vince 1790: de l'Oueft de Saint-Domingue à l'affemblée
aaSEs
contre Tacceptation faite par MM. de Reynaud & Gérard
d'une place dans le comité des douze.
>> L'affemblée confidérant qu'il eft avantageux que cette
proceftation foit rendue publique, a ar êré que tout ce qui
eft inféré dans la gazette de Paris du 27 mars 1790, relatif
à Saine-Domingue, fera inféré inceflamment dans la gazette
de Saint-Domingue.
> Fait en affemblée générale à Saint- Marc, le 14 juin
1790.
Signé, Brulley, préfident; Bérault, vice-préfiene ; Cault,
E. Suire, Th. Millet & Demoncaigu, fecidtaires.
C'elt à la fuire de cet arrété de l'atlemblée de Saint-Marc
que viennent la proteflation & la letrre d'0-Gomman:
quelques jours après Iaflemblée provinciale du Nord reçoit
une lettre des députés de la colonie. 1 faur voir dans la:
le 14 juin
1790.
Signé, Brulley, préfident; Bérault, vice-préfiene ; Cault,
E. Suire, Th. Millet & Demoncaigu, fecidtaires.
C'elt à la fuire de cet arrété de l'atlemblée de Saint-Marc
que viennent la proteflation & la letrre d'0-Gomman:
quelques jours après Iaflemblée provinciale du Nord reçoit
une lettre des députés de la colonie. 1 faur voir dans la: --- Page 102 ---
IOO
de'la letrre même de -ces députés combien, ils félicitent la colenie
& dans. victoire les infructions qu'elle a renporrée dans le décret du 8 mars.
der! la merveilleufe
du 28; combien ils sapplaudililent
Laflemblée
taétique qui leur a. procuré ce fuccès.
imerime leur-lettre provinciale en juge comme les dépurés., elle
cité, elle intitule 5 mais fidelle à fon caractère de
cette lettre de manière à
duplidu caractère de fes députés à l'aflemblée paroitre douter
conftituante, 1
S Voici-la dettre,
Extrait d'une lettre écrite de Paris, et date du 25 avril.
017903 al'affemblée du nord provinciale de St.-Domingue .
pat MM, le marquis de Périgny, le chevalier de
Courvejolles, Magalion, Reynaud,
Marmé 3
de
Chabanon, Cocherel,
Villeblanche, :
le comte de, Gouy 2 dépurés de Saint-
"Boshingue auprès de T'affemblée nationale.
Yous EN
a
connoitre voyez que les corps populaires avoient l'air de més
ces députés.
e1
Sinplémént aux Abiches américaines, 14 juillet 1790.
de axllnous fereirimpofible, mellieurs & chers
vous exprimer toutes les démarches auxqueiles compatriores,
nous préter dais certe circonftance
il a fallu
men: tous les cipriss pour plier vers pour le difpofer même bur favorable- tant
manières de voir oppolées, pour réuilir,en un
de
un fucels que nalle queftion cncore n'avoit ob:enuj mot, à obtenir
jour, c'eft-à-dire, I'unanimité, à fepr voix près, de julguace rous
tepréferitans de la nation en faveur du
les,
8 mars, dont nous avions
fameux décret du
fnggéré
tous les
21 comité . cokiniah,
prefque
articles
Cette victpire, bien douce récompenfe de notre prévoyance, 9Uo
poiigne..devimn: pour nous tn: cncostageinent à perlifter
obtenir
jour, c'eft-à-dire, I'unanimité, à fepr voix près, de julguace rous
tepréferitans de la nation en faveur du
les,
8 mars, dont nous avions
fameux décret du
fnggéré
tous les
21 comité . cokiniah,
prefque
articles
Cette victpire, bien douce récompenfe de notre prévoyance, 9Uo
poiigne..devimn: pour nous tn: cncostageinent à perlifter --- Page 103 ---
fo1
danstesmèmes mefures) jufqu'à ce que nt Tmftuction qui Pattoit
accompagnerle décret du S tut décrétée elle-mème ecfinaioninée parle roi. Lallembiéc nationale prononca.fur cet objer le
28 mars, le roi fanctionna à da mi-avril ; & à compter dece
imoment qui alluroit Tacomplifemene de vos vues, piilquril
Jlailloit à la colonie la liberté de faire elle-mêne rélelames fa conftitucion , à compter de cet inftant, dis-je, ordires nous
à éxécuter les derniets
qui, rede cemment ne pas arrivés differer à la province du Nord, s'accordoiene parfaitement avec les intentions que celles de YOuel & J i duSud ents
-nous avoient précédemment manifeltles: ale
Ao
démontre irréniftiblement J A A
3 combien oup
: a e été (agole parti N3
adoptépar Ceci la colonie, d'avoir des
elafemilee pasionales & combien étoit impolitique emn fyftème de, quelques
ne devoit avoir
"colons, qui précendoient quesane-Domnagae de Talfemblée de la natien. Poir
des chvoyés auprès
il
de
e
Rie lentendre certe diftinaion fubrile, impore 7aitr
la très-grande différence entre un dépuré &2 un anvaytaspres:
l'ervoye taupres, rélégué dans une tribune oà rherolreft
al niapas de
ne peut allifter
rarement auxfeances,
onatalite E interer. parce" ar ent petr effentiel pour
lui d'approfondir "ce qu'il ne doir pas difcurer; de là
expofé à prendre Tombre pouir-le CorpeRe ne pas cétte toujours A etretr 1
adoptei Topinion laphus fanie P porte enfuite 4o.
'dans la difcullion des affaires de fes commettans : 1T peut
Jes connoitre très-bien; mais comme il connoit Resplrer
femblée; ilarrivera
qu'il formera des demandes
"contraires à fes décrers,. EETA fon efprit 3 & qu'elles L feront
"éconduites; enfin, G;" dans' uine occafiont majeure P 2da' ilcfait TC
sinporcenr'de yadteler lui-mème fangiatermédiaice "delk
fembléer mtionale", 'apres avoit, follicité quelquefdis à la Barts,
mois" une audience "de dix maidutés.1 Iperoft on
roujouss embarratie parce qu'ila pen d'habirude : Tecouke Guhnd
par procedé pluror
par inérer, ilh'a pas patte
il a voulu, on le fait TSE quand"H He'veur pas). Ohdedibère fins avoir fecueill pous fés moyens; on differte Tuun
giolnt qui nai ipaserep bien fentendu, il na pas fedlelhent
la liberté d'élever la voix pour Sexptqatts il feroiejege
oft on
roujouss embarratie parce qu'ila pen d'habirude : Tecouke Guhnd
par procedé pluror
par inérer, ilh'a pas patte
il a voulu, on le fait TSE quand"H He'veur pas). Ohdedibère fins avoir fecueill pous fés moyens; on differte Tuun
giolnt qui nai ipaserep bien fentendu, il na pas fedlelhent
la liberté d'élever la voix pour Sexptqatts il feroiejege --- Page 104 ---
fans.avoir
rôle
pu interpréter fes premières
que joue un. envoyé auprès de expreflions: voilà le
Un député, au contraire, fuit - l'aflemblée nationale.
les affaires : pénétré des décifions toutes les féances, toutes
il n'y parle jamais fans les avoir, de l'aflemblée nationale,
fous les yeux; ailis parmi les
pour ainfi dire, toutes
les connoit, les apprécie, les repréfenrans de la narion, il
des liaifons plus intimes avec confulte, ceux de fes les prévient; ilforme
le
d'intluence; &p 'par cette politique collègues qui ont
Eae jamais de compromettre les'
très-louable , il ne
tans. Il fe tait quand il faur, il
intérêts de fes commeccute, >. éclaircir, replique ; & dans parle la quand il veurs il difprépare à chaque inftant la
converfation même il
de la tribune dans les efprits. conviction, qu'il finit par infmuct
lors de C'eft leur ainfi
les députés de Saint-Doingue,
nbaicie de Tignorance ou. l'on
cfrayésa
portance de nos colonies, font
à étoit fur limpeu tous les membres de
parvenus inftruire peu, à
dès le aoûit, :Baré le coup Taflemublees, astreux, c'eft ainfi qu'ils onts
gérée t fur le point de porrer à la, que la philolophie exapriérés- coloniales snc'eft ainti qu'en nasion & aux prom
répétées des mulârres, ils ont réudi rélifant 1
aux tentatives
femblée narionale ou un pact.purilfanc vouloir les exclure de l'afmertres. enfin c'eft ainfi,
les
les faire adr
mingueont eu le bonheur obtenit tepréfentans de Saine-Dodans Tallemblée nationale pour fe allez. de prépondérance
décret du 8 mars, une unanimité procurer, 2 Jors du fameux
pour eux & bien utile pourla colonie, bien, rare, bien Aatteufe
éloigné I
la queflioni. de
puilqu'ellea àj jamais
de Tabolition de la traire, Talfanchufesneat & qu'ellea des efclaves 3 celle
eette précieufe contrée, en lui
alfuré le,t bonheur, de
elle-méme fa conftitution, & dela reconnoilant le droit de faire
à l'aflemblée nationale qui la, préfenter, pour la formes
fanctionnera. Elt-on jamais obtenu décréteras &, au roi quida
des envoyés, des
de (emblables fuccès avec
aujourd'hui vides amballideurs, de fens., puifqu' 9 Homs fuperbes jadis, mais
le repréfentant d'un fouverain, un amballadeur nett que
nation toute entière:w
& qu'un député l'elt de sla
RON ei
a
lemblée nationale qui la, préfenter, pour la formes
fanctionnera. Elt-on jamais obtenu décréteras &, au roi quida
des envoyés, des
de (emblables fuccès avec
aujourd'hui vides amballideurs, de fens., puifqu' 9 Homs fuperbes jadis, mais
le repréfentant d'un fouverain, un amballadeur nett que
nation toute entière:w
& qu'un député l'elt de sla
RON ei
a --- Page 105 ---
Io3: -
Voilà, citoyens, sla loyauté des colons dans léurs relations
avec la métropole : députés votans comme membres dans
l'affemblée conftituantes 3l 'auxquels les. colons ne.vealent cependant reconnoitre que le caraétère d'amballadeur d'un
peuple indépendant auprès d'un autre péuple fon égal. Voilà
Tintrigue & les manguvres qui ont produit les fameux actes
des 8 & 28 mars 1790, Ces deux actes fruit de lintrigue
dé la colonie, qu'elle le felicicoit d'avoir obtenus, les colons
blancs- les réprouvent atjourdhui, les reprélentent comme
la fource des maux de la colonie; ces colons font cependant un mérite à l'alfemblée de Saint-Marc. & à la population blanche de lesavoir acceptés avec graces, de les avoir
réligieufement exécutés.
Je prouverai rourà-Thenre qu'à l'inftant même où laffemblée de Saint-Marc paroilloir les aceepter, elle les anéantifloit autant qu'il étoit à fon pouvoir. Voila les carefles
des colons; ils étouffent en embraffant : & lorfqu'Ogé vint
réclainer au Cap l'exécution de cette loi fi religieutement
exécutée, ils font marcher une armée contre lui, & mettent
fa tête à prix; ils le font arrèter fur le territoire efpagnol,
et lui font, fubir une mort honteufe. Encore une fois, les
colons s'étonnent que les frères d'Ogé aient cru avcir des
vengeances à exercer contre les blancs.
Page : Je demande
l'on obferve dans les débats,
comme on T'a fait pour usate d'entre nous qui ont lu, que
le citoyen Polverel,a lu fon difcours.
Polverel:Je confens que l'on obferve toutes les fois que
je lirai ou que j'improviferni, que l'on note mes geites,
mes mouvemens, ceux fur - tout qui peignent mon ame : je
voudrois qu'on pâr y voir toutes mes paroles, toutes mes
penfees, toutes mes actions; mais au furplus je prie les citoyens colons de ne pas trouver mauvais de ce qu'après les
avoirentendus pendant neuf féances amalgamer desfaits étrangers lun à Tautre, j'aie eu recours àla plume,. non-feulement pour me reffouvenir de cette dilcuflion f difficile à
retenir, mais encore pour placer. les faits & les raifonnemens dans la férie à laquelle ils appartiennent. Au furplus,
mon ige & mes maladies ont pu affeiblirma mémoire. Au
prie les citoyens colons de ne pas trouver mauvais de ce qu'après les
avoirentendus pendant neuf féances amalgamer desfaits étrangers lun à Tautre, j'aie eu recours àla plume,. non-feulement pour me reffouvenir de cette dilcuflion f difficile à
retenir, mais encore pour placer. les faits & les raifonnemens dans la férie à laquelle ils appartiennent. Au furplus,
mon ige & mes maladies ont pu affeiblirma mémoire. Au --- Page 106 ---
1e4
refte S jè prie lès ciroyens colons d'obfervér
neft
que ma mémoire
pas une marchandi(e de traite; qu'aucun colon ni négrier
à
-
n'alatquis prix d'argent fur elle le droit d'efclavage.
La féance eft levée. Lc
regiftre des préfences eft
. J. PH. GARRAN,
préfdente 5 LECOINTE (-des
-
fecrécaire
Sevres.),
;
Mas
P.CASTILHON, DASRAX,Foucmi, ALLASSCEUR, S, F.PALASNE-CHANTEAUX. 2
1oT St
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Du 25 --- Page 107 ---
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Du 25 Pluvidfe, l'an eroifeeme de la République frangaifs
uie 6 indivifible.
ON fait lecture des débats recueillis dans la séance
d'hier; la rédaction enreft adopree,
Polyere.: J'ai été interpellé hier fur la queftion de iavoir
file décret du 15 mai avoitéréadrelle officiellement à l'affemblée coloniale. Cetie interpellation a dû me paroitre
étranges puilqu'cile m étcit faite fur une chofe qui m'eft
ablolument étrangere, dunt je ne pouvois pas avoir de
connoillance perionnelle; elle a dà me paroirre. bien plus
étrange encore lorique c'éroit par le fait de l'affemblée COJoniale, & de Blancinciande d'accord avec. elle, ,
le
décret du 15 mai ne lui avoit pas été adreilé
ment. Vous avez. entendu
ASTRe
en effet, dans' les féances
dentes, 2 quil a été avoué par les coions blancs que
chelande
RRSE
sétoic engagé à ne pas. publier dans la colonie
le décret du 45 mai, quand même il le recevroit officiellement. Ce fair eft tellement certain, qu'il eft un de ceux
impurés à Blanchelande dans l'acte d'accufation dreilé contre
lui par la Convention nationale.
Adle d'cecufation ou interrogation de Teais-PHfban-Frendos
Roujel Blanchelande, du jeudi II ayril 1793.
e Il paroit, d'après le même procès-verbal, que
Blanchelande a déclaré par acrit qu'il ne le préteroit jamais
à l'exécution du décret du 15 mnai 1791, ii ce décret lut
étoit envoyé officiellement.
s> Pourquei la Convenrion accufe Blarchelande d'avoir,
diredtement & par abus de fes fonétions, provoqué les citoyens a défobéir à la loi 8: aux aurorités
la déclaration.ci-defs énoncée > article V, léeirimes, fection
titre du
3)
Vas
I
code penal.
Le citoyen Erulley qui a denie furce fait, dic:
Tome TI. Quatorziame lyraifen,
G
envoyé officiellement.
s> Pourquei la Convenrion accufe Blarchelande d'avoir,
diredtement & par abus de fes fonétions, provoqué les citoyens a défobéir à la loi 8: aux aurorités
la déclaration.ci-defs énoncée > article V, léeirimes, fection
titre du
3)
Vas
I
code penal.
Le citoyen Erulley qui a denie furce fait, dic:
Tome TI. Quatorziame lyraifen,
G --- Page 108 ---
e4
Sur le fecond chef d'acbfation, le dépofant dit aveir
eu connoiffance qu'à l'époque de la nouvelle du décret du
I5 mai, Blanchelande a écrit qu'il en retardereit la
A
mulgation, julqu'à ce que la colonie ait eu le
profaire les repréfentations pour obtenir la révocation' temps de
décret. >>
du
Page : Je prie le préfident d'interpeller Polverel de dire
fi Tallemblée coloniale a fait aucune oblervation fur,1 le
cret du IS mai.
déPolyerd:Je n'ai rien à repondre à cela, parce
l'affembléc coloniale étant bien fare, par la promeffe ST Blanchelande, que le décret ne lui feroit jamais officiellement
envoyé, fe propofoit fans doute d'obtenir, comme elle l'a
fait, par fes manceuvrés, un décret qui rendroit le premier
illufoire.
Page : J'obferve que l'affemblée coloniale n'a été réunie
que le 25 août 1791. J'obferverai encore en paflant que
Blanchelande & T'allemblée coloniale ont toujours été en
oppolition.
Polverel : Pas toujours, nous vous le prouverons.
J'en étois à ma réponfe à Ia cinquième objection
je prévoyois
les colons feroient à l'obfervation géné- que
rale que PPncdeTe faite ; je dis que je le prévoyois par les
obfervations qu'ils ont déja difléminées dans le cours de
-la difcufion. Cette cinquième objedtion, la voici :
nous faites un crime ( Page la déja dit) de n'avoir Vous reconnu les droits des. hommes de couleur au mois de pas
tembre cctobre & novembre 1791 : mais alors nous étions fepblée paralyfés, nous étions maitrifés par les décrets de l'Affemconftituante. Un décret du premier février, qui nous
annonçoit l'envoi de commiflaires civils, nous défendoit en
même temps d'exécuter aucun de nos arrêtés relatifsàl'organifation intérieure de la colonie, jufqu'à ce que des
inftructions relatives à ce décret nous fuffent
Ces inflruétions ne nous étoient
parvénues.
d'octobre, ni au mois de novembre parvenues > ni au mois
étoic impoflible de
1791 5, donc il nous
prendre aucun arrêté fur l'état
des hommes de couleur, à cette époque,
politique
La loi du premier février 1791 vous défendoit d'exécuter les arrêtés que vous auriez pris fur l'organifation inté-
que des
inftructions relatives à ce décret nous fuffent
Ces inflruétions ne nous étoient
parvénues.
d'octobre, ni au mois de novembre parvenues > ni au mois
étoic impoflible de
1791 5, donc il nous
prendre aucun arrêté fur l'état
des hommes de couleur, à cette époque,
politique
La loi du premier février 1791 vous défendoit d'exécuter les arrêtés que vous auriez pris fur l'organifation inté- --- Page 109 ---
1of
rieure de la colonie; mais vous défendre d'exécuter ce
n'éroit pas vous défendre de prendre des arrètés.
vez pas cru
NOLAS
vous-mèmes, au mois de feptembre
vous fit défendu par cette loi de prendre des 1791, arrêtés qu'il fur
l'état politique des citoyens de couleur, puifqu'à cette
vous en avez pris plufieurs
préparer votre arrèté époRuhaur fur l'étar politique des domntr de couleur. Si la
loi du premier février 1791 vous avoit défendu de
des arrêtés fur l'état des hommes de couleur, il ne prendre vous
auroir pas été plus permis d'en prendre contre que, pours ces
pendant vous avez pris le novembre 1791 cette arréré
foudroyant ; vous avez.f fait L 73 novembre cette adreffe, plus
foudroyante fied bien encore > contre les hommes de couleur. Il vous
eft
encore de dire que le décret du T5 mai ne vous
la criminelle- pas parvenu officiellement; après que'vous étiez sûrs, par
feroit
complaifance de Blanchelande, qu'il ne vous
francs jamais envoyé officiellement. Soyez du moins aufli
aujourd'hui que vous avez été haurains, durs, cruels,
lors de votre arrêté du S novembre & de votre adreffe
du 7. Alors vous avez dit franchement le véritable motif
de vorre changemen: de taétique. Vous difiez aux
de couleur : Vous ériez trompés. Mais vous ériez hommes atterrés
vous-mèmes, c'eft ce
vous n'avez pas dit. C'eft ce
réfulre néceffairement votre arrèté. cc Vous
qui
s pés, difiez-vous aux hommes de couleur,
fes étiez trom5 erronées qu'on repandoit fur les motifs du par opinions
* mai >, J'ajoure que vous étiez atterrés décret du 15
parce qu'alors vous fentiez, qu'il ne vous étoit vous-mèmes, >
de refuler ce que la loi du I5 mnai accordoit: pas mais, polible lorfque le décret da 24 feptembre eft arrivé,
vous êtes vus maitres de refufer, c'eft alors lorfque vous
avez parlé fans équivoque 3 c'eft alors que vous que vous avez
annoncé aux hommes de couleur que vous ne leur accorderiez rien, julqu'à ce qu'ils l'euffent acheté en
leur fang pour faire rentrer les nègres révoltés dans verfant le
voir. C'elt alors que vous leur avez fait cette déclaration deimprudente que les concordats qu'ils avoient faits avec les
quatorze paroiffes de l'oueftquiy y: avoient rétabli laj
avez déclaré que les concordats étoient nuls, paix, vous
avoient été arrachés par la force : vous avez dit parce que qu'ils c'éG 2
'euffent acheté en
leur fang pour faire rentrer les nègres révoltés dans verfant le
voir. C'elt alors que vous leur avez fait cette déclaration deimprudente que les concordats qu'ils avoient faits avec les
quatorze paroiffes de l'oueftquiy y: avoient rétabli laj
avez déclaré que les concordats étoient nuls, paix, vous
avoient été arrachés par la force : vous avez dit parce que qu'ils c'éG 2 --- Page 110 ---
toit un crime aux hommes de couleur, de les avoir arra*
chés par la force, & que le retour feroit terrible contre
eux. Vous leur dites:
c On vous a donné une opinion errenée fur'le décret du
15 mai; ce décret n'exifte plus, le décret du 24 feprembre
1791 Fa anéanti, Cen'sft plus de l'Affemblée nationale,
cek de nous que votre fort dépend déformais dans l'oueft. de
Vous êtes en armes & les plus forts, vous menacez
vous lever en maffe ailleurs. Dans l'oueft vous avez obtenu
h reconnoiliance de VOS droits politiques, ces traités fon:
nuls; vous paierez cher l'audace que vous avez eue de les
arracher par la force; vous ne devez plus rien attendre que
de nous, & vous n'obriendrez rien de nous, que nous ne
jugions que vous I'ayez mérité, qu'aurant que vous aurez
paye vos droits cil verfant votre iang pour nous contre nos
siclaves révoltés. >>
le
de
Voilà ce que les colons appellent langage faifoit paternel de l'arme
T'aflemblée coloniale! voilà Tulrge qu'elle
terrible que le décret du 24 leptembre 1791 venoit de remet
tre dans fes mains! Et dans quelle circonftance parloit-olle les
ainfi? les honmes de couleur, érojent fupérieurs en torces,
hommes de couleur avoient palle des concordars avec quatorze parciles de IOueft; plulieurs pareifles du Sudy avoient
adhéré & les avoient exécutés." Un feul mot del l'aflen.blée
coloniale, la pacification étoit générale; ce mot, bien loin
de le dire, lifiemblée coloniale dit au contraire que ces concordats fon: nuls, que les citoyens de couleur feronr punis
pour les avoir arrachés par la force. C'eft ainfi que vous agitiez le Aambeau qui devoit incendier la colonie.
Senac: Je demande à Polverel fi, à lépoque oûles concordats ont été foufcrits à la Croix-des-Bonques., la cafte
blanche dans la partie de lOueft n'étoit pas prelqu'entièrehommes de couleur. Je lui demande
ment exrerminée parles)
n'éroit
encore f le confeil érabli à la Croit-des-Bouques
pas de
prélidé & compofé par tous les copresevolutionnsires Jumécourt,
Sain-Desningue, par ceux quil'ont livrée, par
Coufard, Finchinat & Lapointe. de vouloir bien décider fi
Polverel: Je prie la commillion
des
ia dois tueà chaque inftant interrompu par
inrerpella- font abtions qui sAlvent de tous côtés (uir des fairsuime
fchument ewrangers.
it-des-Bouques
pas de
prélidé & compofé par tous les copresevolutionnsires Jumécourt,
Sain-Desningue, par ceux quil'ont livrée, par
Coufard, Finchinat & Lapointe. de vouloir bien décider fi
Polverel: Je prie la commillion
des
ia dois tueà chaque inftant interrompu par
inrerpella- font abtions qui sAlvent de tous côtés (uir des fairsuime
fchument ewrangers. --- Page 111 ---
Sennc: J'obferve que ce font des débars, & qu'il feroia
impotlibie de revenir enfuite fur chaque fait. Verneuil : Polverc! dit qu'il eft étonnont qu'on l'interpelle
fur des fairs qui lui font étrangers. Eh bicn ! ii ces' faits
lui font € ringers, ponreuci metil donc tant d'acharnement
à les retracer : Si les retrace, > c'eft pour faire croire le droit que
Ivérréa exitté tclle qu'il la préfente ; nous avons font faux. deriwr des tais quil avance, 2 lorfque cesfaits
Eriley: D'ailleurs jobterve que la loi doit être égale. Sonthen.x a toujours en la parole plus ou moins dans les. feances oà les colons ont parls ; ainf les cclons doivent
l'avoir plas ou moins, lorfque Polverci parlera. Songhonax : J'obferve que je ne vous aij jamais interpellé fur des. que fur des faits qui vous. éroient per.onnels > &
far
pièces que je vous deman-ois de' produire > mais jamais
des faits qui s'étoient pallès auparavant. d'autant
effentielle, que
Senac : Mon oblervation eft
plus linckécution
oelle de Polverel tend à faire croire que c'eft
qui à
du traité de paix conclu à la Couis-dasDoadgpetty ne doit fon
décidé la ruine de la colonie. Lc traité derOuch ariftocrates
effet qu'aux affallinats anrérieurs. Tous les
sy
étoient réunis aux ennemis de Saint-Doningue, beaucoup
de patriores y' avoient perdu la vie. Daubonnea: : Polverel répl lique. Poiverel : Jé ne réplique pas 3 jen'ai pas encore parlé; je
ne fais que répondee. délibérer. La commniflion fe retire pour
- le préfident à Senac : L'inrerpellation eft une fnculréinhérente a la nature mème des débats; mais pour être productive de l'objet auquel tendent les débats, ailo doit être claites
traite dans le moment
précife - & rela ive à l'objet quel'on
même. D'après cela >. citoyen, la commilion t'engage iprécifer ton interpellation, & à la dépouiller de tout raifonne
ment, de manfere qu'on y puille répondre facilcment. à
Senac : Voici T'interpellation que je prie le préfident de
faire à Polverel : Si à T'éroque oà les concordars ont été
lignés à la Crone-des-Bonqusts, une grande partie des patriotesblancs feuls n'avoit pas été Lgorgée. n'en fais
Polverel : Sur' le premier fair,je réponds queje
abfolument rien,
G
--- Page 112 ---
Senac : Je demande encore fi Polverel n'a
fance que l'affemblée formée à la
pas connoif
toit compoféc qué de
Croix-des-Bonquets n'épas un raffemblement Couesholnismatm.ts de
elle n'é.oit
vince de l'Ouelt, tant blancs comregévolutonnaites qu'hommes de
de la proPolverel: Je réponds que j'ai oui dire , & couleur que je fais ?
abfolument rien,
G
--- Page 112 ---
Senac : Je demande encore fi Polverel n'a
fance que l'affemblée formée à la
pas connoif
toit compoféc qué de
Croix-des-Bonquets n'épas un raffemblement Couesholnismatm.ts de
elle n'é.oit
vince de l'Ouelt, tant blancs comregévolutonnaites qu'hommes de
de la proPolverel: Je réponds que j'ai oui dire , & couleur que je fais ? plufieurs actes, qu'il y avoit en effet des blancs contre-révo- par
fationnaites, couleur
qui,, protégeoient linfurrection des
>
parce qu'ils efpéroient s'en faire un moyen hommes de de
tre-révolution 3 parmi ceux-là je fais qu'éroient Hanus-de- conJumecourt, pelle
le Chini, &c plufieurs autres dont je ne me
pas nom ; j'ajouterai à cela, mais ceci n'eft rapopinion &c non un fait, jajourerai, dis-je
qu'une
bien qu'il y avoit dans le nombre des hommes , que de je crois
révolutionnaires quelques hommes qui étoient égarés, féduits par les couleur contre5 mais j'ajourerai aufli
mes ily en avoit qui ne faifoient fervir que les parmi ces homtionnaires que d'initrumens pour leurs droits conre-révoluSenac: Je prie la commiflion
politiques. s'il n'a pas connoiffànce fil
d'interpeller Polverel. de dire
Savary n'étoient pas de ce Lapointe confeil, > Pinchinat, & fi
Chanlatte,
mémes hommes qui ont livré
ce ne font pas les
mes font les plus inftruirs de ce Saint-Domingue. quartier-la. Ces homPolverel: Je réponds que je ne fais pas fi les
nes que vient de nommer Senac étoient ou n'e 'étoient quatre perfoneonfeil. Je réponds que je crois bien; ; mais ceci n'eft pas à ce
qu'une opinion, & une opinicn qui ne m'eft venue enccre
eérieurement par la conduite de ce
pofnue ; que je crois bien
particulier que
con9es
fecret des contre-tévolutionnaiter que Lapoinre étoit un peu dans le
zemps que je ne crois
5 mais je dis en mêine
& Savary y. aient jamais pas que du Pinchinar Chanlatte
trempé,
moins Totsl les
ecote-esghtionnaires Jnchevernimar réponfeàlac rapports
objection. Les citoyens colon: font convenus,
cinquième
bonne-foi & de modellic, , que l'arrêté du , avec un air de
l'adrefle du 7 n'avoient
5 novembre &
femblée coloniale en efpéroit. pas produit le bon effet que T'afsout ce qu'on auroit pu vous dire Onne vousa pas dit à cet égard
s'eft quinze jours après cet arrêté : & on ne vous a pas dit que
eitoyens de couleur, attirés dans la ville cette du arelle, que les
Port-au-Pince,
-foi & de modellic, , que l'arrêté du , avec un air de
l'adrefle du 7 n'avoient
5 novembre &
femblée coloniale en efpéroit. pas produit le bon effet que T'afsout ce qu'on auroit pu vous dire Onne vousa pas dit à cet égard
s'eft quinze jours après cet arrêté : & on ne vous a pas dit que
eitoyens de couleur, attirés dans la ville cette du arelle, que les
Port-au-Pince, --- Page 113 ---
fon avoit l'air de
fur la foi des concordats paflés, 7 & que dit, dis-je , que les
vouloir exécuter 5 on ne vous dans a la pas ville du Porr-au-Prince,
citoyens de couleur attirés & que la ville étoit brûléc. Je
le combat s'étoit engagé ,
de la queftion de favoir qui
n'entrerai pas ici dans Texamen affaire-là; Sonthonax vous exa été Tagtelleur dans cette
été l'auteur immédiat de ce
pliquera cela. Mais quel qu'ait
il eft arrivé quinze jours après.
délaftre au Porran-pance, l'adreffe
ce fera, ou perfidie des blancs
F'arrêté du 5 &
du7: deshommes de couleur; ce
du Port-au-Prince, l'arrèté 5 oi délefpoir du 5 & l'adrefle du 7 qui ont été
fera, toujours
Ce défaftre du Port-au-Prince: a été
les caufes de ce défaftre. d'un parcil défaftre qu'a elluyé la ville de
à fon tour la caufe
de
5 ce défaftre à fon toura
Jacmel, & qui a d'armes fuivi dans très-près le fud. Les citoyens de couleur
produit la prife
T'affemblée coloniale ; fe voyant fruffe voyant trompés par
avoient paffés dans! l'oueft
trés de T'effet des concordats menacés, qu'ils
non-feulement de n'aavec les blancs fe yoyant mais même d'ètre punis pourles
voir aucuns
eeia politiques,
avoir réclamés ; fe voyant pourfuivis les 7 égorgés de perfidement couleur ont
dans la ville du Port-au-Prince: ;
citoyens
la véritable
pris les armes pour leur défenfe: éclaté voilà, dans citoyens le nord > & dans le
caufe de la guerre civile qui Vous a tenez maintenant la clef de
fud de Saint-Domingue. de Saint-Domingue depuis 1789. Ces
l'hiftoire des guerres
trois époques bien fixées, bien confatées 2 allaflinat vous de
maux de
ERE
lacaule de touslesi
avoir St-Domingue.L., rédigé une pétition d'honumes
rand-de-Baudiere, avoient des Pdet beaucoup plus érendus 2 qu'ils réclamoient qui
alors l'allaflinat d'Ose, , qui venoit réclamer > pour
lui & fes Ra l'exécution des inftructions - du 28 mars refufe 1790; aux
l'arrêté du 5 noyembre, & T'adrefle du 7 > qui en la nullité de
hommes de couleur lezécution dans l'oueft > & prononce avec les blancs : voilà
tous les concordats pailès de tous les troubles, de toutes les
les trois caufes principales de tous les malheurs de la colonie.
guerres civiles,
vous
d'inrerpeller le
Page : Citoyen préfident, , je de favcir prie fi les commiffaires
citoyen Polverel Mirebeck furla queftion & Saint-Léger n'ont pas déclaré
eivils Roumé,
G 4
dans l'oueft > & prononce avec les blancs : voilà
tous les concordats pailès de tous les troubles, de toutes les
les trois caufes principales de tous les malheurs de la colonie.
guerres civiles,
vous
d'inrerpeller le
Page : Citoyen préfident, , je de favcir prie fi les commiffaires
citoyen Polverel Mirebeck furla queftion & Saint-Léger n'ont pas déclaré
eivils Roumé,
G 4 --- Page 114 ---
IIO
les concordats faits à la
ayanr été erraches par la Ci-de-Bouquest Fosce & la violcnce. comme nuls,
Le préfdentis :: Polvetel, tu as entendu
qu'as-u à y répondre :
liucerpellation ;
Pobyerel: Je fais que les citoyens Mircbeck, Roume &c
Saine-L.oger, confulrés
la qui nous Onr précédés à par garde nationale du
Saine-Domingue
bataillons d'Artois & de Nermandie, Portan-Petice, & les
concordats ne devoient pas être
ont déclaré que les
été faite poftérieurement à l'arrété exécutés. de
Cetre réponfe a
du S norembre: J'ai été inftruit de Fallemblée coloniale
partir de France ; &c j'ai manifefte certe.réponte alors,
avant del
plufieurs perionnes, mon opinion for cette en préfence de
polible que je fuffe dans Terreur ; mais voici mefure. Il eft
inots que jaidits à cet égard. Jaidit
les' propres
le plus heureux que les commilfaires que civils c'étoit le moment
pour rétablir l'ordre dans la colonie. Voilà pullent defirer
fes, c'elb-a-dire, près du tiers de la
quatorze paroifémisleur vaeu pour faire jouir les
coloniey qui avoient
leurs droits politiques : voilà quelques hommesde couleur de tous
qui paroilfenr adhérer au concordat paroiffes dans le fud,
de l'ouef. Sij'eufle été commiffaire civil pallé à dans les paroifles
cêtte époque, j'aurois pris pour veeu initiauf St-Demingue , à
été émis par les quatorze paroilfes ; j'aurcis celui qui avoit
vocation de toutes les allemblécs des
ordonné la connie 5 je leur aurois demandé leur voeu communes fur
de la coloémis les quatorze paroifles de l'oueft. Je celui qu'avoient
far lcs cinquante-deux ou cinquante-quatre fuis perfuadé que
pofenr la partie françaife de
paroilles qui comauroit pas eu quatre qui euffent Saint-Domingue refufé d'adhérer 2 ii n'y en
dats pailés par les quatorze paroiffes de l'oueft, aux concorVoilà ce que j'ai dit alors. Encore une
queje fulle danslereur; mais voilà
fois, ilefipollible
& mon opinion n'a pas changé. J'ai quelle donc éroitmon opinicn,
encore > que les commiffaires qui nous ont précédésa cru, & je Saint- crois
Domingue, ont pris une faufle mefitre,
exécurer les
is
lorfqu'au liea de faire
n'auroient concordats,
ont déclaré que les concordats
pas d'exécution,
dit alors. Encore une
queje fulle danslereur; mais voilà
fois, ilefipollible
& mon opinion n'a pas changé. J'ai quelle donc éroitmon opinicn,
encore > que les commiffaires qui nous ont précédésa cru, & je Saint- crois
Domingue, ont pris une faufle mefitre,
exécurer les
is
lorfqu'au liea de faire
n'auroient concordats,
ont déclaré que les concordats
pas d'exécution, --- Page 115 ---
IIX
Claulfon : Le citoyen Polverel ne répond pas d'une ma
nière cathégorique à finterpellation, il réponidu une manière
infidieules, car il vous a dit : eIl Faut favoir à quelle éroquea éré faite l'adrefle de la garde nationale & des bataillons
qui étoient au Port-au-Prince, aux commifiaires civils qai
ont précédé ; mais il ne dit pas précifément fi les conmiffaires civiis qui l'on: précédé, ont déclaré nuls les concordats avant que les adrelles des bataillons & de la garde
nationale aient eu lieu.
Polverel: C'eft ce que je ne fais pas. Je ne connois d'autre
décifion', d'autre manifeftation d'opinion des commillaires
civils , qu'en'réponfe aux bataillons, & à je ne iais quelautre
corps qui les a confultés.
Page : Je continuerai mon obfervation demain 5 je
vous apporterai la proclamarion des com.niffaires civils
Mirbeck, Roume & Saint-Lager, qui déclarent effectivement que les traités ont été arrachés par la force : mais
voici l'inesrpellation que je prie le préfident de faire au
citoyen Polverel; favoir, s'il a connoillance que l'armée
fédérée a la Croix-des-Beuquets, dirigée par Jumecourt &c
autres conme-révdlumionnaires, n'a pas pris un arrêté par
lequel elle déclare qu'elle ne reconnoît pas l'affemblée coloniale en état de prononcer fur les hommes de couleur.
Polverel: Je réponds que je n'en fais rien 5 je réponds
que j'ai bien dans les procès-verbaux de l'allemblée coloniale
l'énonciation de quelques aétcs de l'armée fédérée, >
améconnoilfoient l'autorité de l'affemblée coloniale dans
quelle ils n'étoient pas repréfentés 3 voilà tout ce que je
inis,Ténonciation faite dans quelques procès-verbaux.
Page : La pièce, citoyens S, vous a été communiquée,
Polyerel : A moi !
3D Plufieurs colons : Non, non : à la commiflion.
Sonthonax : Polverel a oublié une chofe fur la famçufe
adretle du 7 novembre , rédigée par Page > ainfi qu'il l'a
avoué. Il y a dans cette adrelle une menace aux hommee
voilà tout ce que je
inis,Ténonciation faite dans quelques procès-verbaux.
Page : La pièce, citoyens S, vous a été communiquée,
Polyerel : A moi !
3D Plufieurs colons : Non, non : à la commiflion.
Sonthonax : Polverel a oublié une chofe fur la famçufe
adretle du 7 novembre , rédigée par Page > ainfi qu'il l'a
avoué. Il y a dans cette adrelle une menace aux hommee --- Page 116 ---
II2
de couleur, des puiffances étrangeres
le même intérêt
qui , dit l'adrefe, det
que, les colons. Page nous a
menace regardoit feulement les
dit que cetie
que, étoient d'accord aveclcs Eipaenols.qui,d hommes de
cette épofournifloione des armes. Comment eft-il couleur & leuf
menaces faites aux hommes de couleur pullenr pollible que les
Epagnols > qui étoient, difoit-on, d'accord avec regarder les
mes de couleur 2 Cen'eft pas tour. Il eft bien
les homles Efpagnols n'ont jamais reconnu les diftinétions conftant de que
leurs; car, dans les polleflions
couhommes de couleur & les noirs cfpagnoles libres , les blancs, les
tinctement aux emplois civils, militaires, parviennent & mème
indiftiques ; car il y a des noirs revêtus de l'épifcopar dans ecclétiafpolletlions de TAmérique du fud. Cette menace ne Jeurs
donc regarder que les Anglais &les Hollandais, les pouvoit
nations qui partageaflent avec les colons fvançais Thorrible feules
préjugé des couleurs. Ceux-là feuls avoient le même
que les colons qui ont le même préjugé qu'eux.
intérèt
C'ef donc véritablement des Anglais que Faffemblée
loniale menaçoir les hommes de couleurs elle n'a que coprouvé, par la fuite de fa conduite > que c'étoit aux
trop
qu'elle vouloit s'adreffer pour comprimer les hommes Anglais
couleur. Jenai pasbeloin de m'étendre
de
de cette menace. Je finis ici mon obfervation. davantage fur l'excufe
Polverel : Je reprends la difcuffion à l'endroit où elle
dans une précédente féance; je veux dire aux faits relatifs étoit à
T'arrêté du 27 mai1792. Je trouve dans cer arrèté
de la perfévérance bien obftinée de l'aflemblée la preuve
dans fa haine contre les hommes de couleur, & coloniale dans fa
répugnance à leur accorder leurs droirs
je
dans cet arrêté une provocarion à tous politiques; les colons
trouve
fe fouftraire à la loi du 4 avril , &
blancs de
tôt ou tard cette loi.
l'efpérance d'anéantir
Voici ce qui eft dit dans cet arrêté du 27.
manifefte à toute la colonie que la loi du 4 avril D'abord eft On
métralement contraire aux difpofitions de la loi
dianelle du 28 feptembre 1791 5 on y
la conficutionavril de décifion > & on met cette décifion qualifie de l'allemblée loi du 4
, &
blancs de
tôt ou tard cette loi.
l'efpérance d'anéantir
Voici ce qui eft dit dans cet arrêté du 27.
manifefte à toute la colonie que la loi du 4 avril D'abord eft On
métralement contraire aux difpofitions de la loi
dianelle du 28 feptembre 1791 5 on y
la conficutionavril de décifion > & on met cette décifion qualifie de l'allemblée loi du 4 --- Page 117 ---
I13
fous cette dénomination, avec la loi
ionale en contrafte, coloniale feule auroit le droit de faire; dél'allemblée
loi,, c'eft
pr, ç'eft ce que. feroit lallemblée feule le légiflacive; droit de faire.
que l'aflemblée coloniale a
Verneuil: Je demande à interpeller. - -
Lccointe : Attendez que le raifonnement foit fini.
Verneuil : C'eft fur la loi du 4 avril.
Polyerel: Je ne pourrai donc pas conferver la parole; 5 je
la commiflion de me la maintenir.
V'ernsuil : Dites la vérité 5 on ne vous interpellera
Lepréfident (à Verneuil) : Laiffe finir le raifonnement ;
feras tes interpellations après.
Polverèl: Si l'affemblée coloniale ne lève pas dans le moEntactuelun contit d'autorité (carle mot confu: eft dansle le
kret), c'eft pour ne pas compromettre faire par la naltre réliftance des dite de Saint-Domingue > pour accéléretoient ne pas la ruine de cette
ions & des colonie'; défordres ce qui font les termes de l'arrèté du 27
i: hlheureufe voilà l'unique motif qui détermina l'affemblée colo- la
hle, non
à reconnoitre la loi du 4 avril 9 mais natioceflité de ER foumnettre à la volonté de l'aflemblée néle & du rvi; elle ne cède pas à la juftice, mais à la lui
lité, à la force, tranchons le mot, à la terreur que dont
t infpirée les 6oco hommes de troupes parriotiques
elle ne cède que
I annonçoit l'arrivée à Saint-Domingne;
qu'a ce qu'elle ait plus de forees, ou la protedtion d'une l'arlillance ennemie de la France; & voilà, citoyens, de
té qu'on vous donne
de bonnes de couleur dilpolitions & la loi
Hiflemblée coloniale pour Per hommes
haines
1 4 avril ! N'eft-ce pas plutôr pour ranimer les Comment s
ue l'aflemblée coloniale a pris un pareil arrêté? blancs
t-elle pu croire qu'elle infpireroit aux colons
quel- cette
u'affection pour la loi da 4 avril, en leurpréfentant
comme un acte
1 comme une ufurpation de fouveraineté,
appreflion de T'aflemblée légiflative à laquelle l'allemablée
Per hommes
haines
1 4 avril ! N'eft-ce pas plutôr pour ranimer les Comment s
ue l'aflemblée coloniale a pris un pareil arrêté? blancs
t-elle pu croire qu'elle infpireroit aux colons
quel- cette
u'affection pour la loi da 4 avril, en leurpréfentant
comme un acte
1 comme une ufurpation de fouveraineté,
appreflion de T'aflemblée légiflative à laquelle l'allemablée --- Page 118 ---
I14
eoloniale ne cédoit que momchtanément, & parle fenime
de la foiblefle ? Comment a-t-elle
croire qu'elle inlpir
roit quelque confiance aux Hietuc de couleur fur 1
obaillance prétendue à la lettre de la loi, Lurfqu'elle-mer
déclaroit qu'elle ne cédoit qu'à la force? Penfoit-elle qu'
oublieroit les ptincipes profellés par Dargy dans fa lett
du 7 juin 1721 : < Par fuite de la fervicude des noir
le relpect envers les blanics, aux affranchis & iffus d'a
franchis, de quelque couleur qu'ils foient, demeure irr
vocablement maintenu à Saine-domingue; 5 en conféquence
les affranchis & ilins d'affranchis , de quelque coule
qu'ils foient, demeurent aj:mais exclus de toure allemblé
& ne pourront, par confequent, êcre délibérans avic
blancs, ni être éleéteurs avec eux, ni éligibles. Silon voi
parle, 3 ajoure toujours Daugy,' d'adhéfion de notre part. at
décrers de la Convention natienale touchant les colonies
demandez à nos ariftarques ce que valent des obligation
contractées entre les deux guichets s, L'aflemblée colonial
pénétrée des mêmes principes que Dauzy, dé lare publ
quement, à la face de l'univers, que 'a foumillion momer
tanée à la loi du 4 avril eft une obligation paflée ent
deux guicheis. Si vous pouvez douter encore des moufs
des intentions qui ont dicte l'arrêté du 27 mai, je vais vOI
lire deux pièces qui livercnt ce doute: lune pourra ferv
de préambule à la loi du 27 mai, & l'autre en eft la Pa
raphrafe.
Page: : Je demanderai, citoyen-préfident, GDaugy ,
ila écrit cette lettre, étoit en Francel ou à Saint- quan De
mingue.
Polverel: Il étoit en France.
Brulley : Je demande à faire une interpellarion aPolw
rel ; qu'it dife fi l'affemblée légiflative a déclaré que la lc
du 28 feptembre n'étoit point conftizutionnelle à l'égard de
colonies, oui ou non.
Ie prefident : Ceci n'eft point l'objet d'une interpellarion
je demande que la commiflion prononce fi ce fait eit de
nature des débars.
De
mingue.
Polverel: Il étoit en France.
Brulley : Je demande à faire une interpellarion aPolw
rel ; qu'it dife fi l'affemblée légiflative a déclaré que la lc
du 28 feptembre n'étoit point conftizutionnelle à l'égard de
colonies, oui ou non.
Ie prefident : Ceci n'eft point l'objet d'une interpellarion
je demande que la commiflion prononce fi ce fait eit de
nature des débars. --- Page 119 ---
YIS
Brilley : Je demarde fetilement GPolverel a connoiffance
fait.
à d'autres
j'aurois difcutés
Pulver.l: Ce faic.tenoit
que
ns un autre temps 5 mais je vais répondre, puifqu'on aveuy force, car je vois bien qu'il faut que j'obéille -
ément à la volonté des colons.
Duny: Vous inculpez la commiflion.
D
Polverel: Je n'inculpe point la commiflion ; j'en la fuisbien
oin. (Aux colons. ) Refpectez-la autant que je
refpecte.
L'affemblée léziflativea afait plus quedeprouver que cetteloi
contlicutionnalle; elle a décrété précilément
'étoit point
cette loi; &c voici
e contraire de l'a ce fait qu'avoir & dû le prononcé faire. Je conviens que l'afbourquoi conftiruante, elle
quiavoit ceflé de Tètre à cette époque,
emblée
décrétoit conftiretonnellement le 24 fepa déclaré mais qu'clle je vais prouver qu'il n'étoit pas au pouvoir
rembre 5
confitationellement à cette
de l'allemblée. de décréter
époque.
Senac : Je demande à dire un mot.
Polverel a demandé à donner des éclaircifle
Lc préfident: fur la loi du 4 avril:il va continuer; retenez vos obmens
fervations.
du pauple Lecointe : Je demande que la
Le repréfentant incerdife à Tavenir toute interpellation furle fens
commiflion
du fens des lois, mais des
d'une loi; 5 car il ne s'agit pas
faits.
T'obferveraiauffi qu'il s'agilleit (eulement de-favoir
Senac:
connoillance du décret de l'allemblée léfi Polverel avoit
celui du 24 feptembre n'étoit pas
gillative qui déclaroitque Voila tout, & la réponle fe bornoit là.
conftirutionnel, Nous n'en demandons pas davantage.
Brulley :
obfervation. Le fait
Lecointe : Je perlifte dans n'exifte mon
eft étranger alafde favoir fi une loi exifte ou
pas
faire des colonies.
- C'eft à vous à confulter la
Sonthonax ( aux colons ) :
eollection des lois.
ui du 24 feptembre n'étoit pas
gillative qui déclaroitque Voila tout, & la réponle fe bornoit là.
conftirutionnel, Nous n'en demandons pas davantage.
Brulley :
obfervation. Le fait
Lecointe : Je perlifte dans n'exifte mon
eft étranger alafde favoir fi une loi exifte ou
pas
faire des colonies.
- C'eft à vous à confulter la
Sonthonax ( aux colons ) :
eollection des lois. --- Page 120 ---
II6
Senac : C'eft que Polverel en tiroit une induction.
Lecointe : Si linduction eft
mais 5 encore une foisy il ne s'agit fauffe, vous de y répondrez
des lois, mais les faits.
pas
difcuter le fer
Pclverel lit:
Adrefe de
FArdiontge-Thkaur, procureur de la commune d
Cap.
Pour perdre moins de
extraits de cette pièce
temps, s je vais lire feulement le
copiée par Sonthonax.
Verneuil : Nous demandons que la
entier.
pièce foit lue er
Sonthonax : Lis en entier.
Polyerel : Ce n'eft pas
municipalité du Cap qui adreffe TAnhesdade-Tibaur. cette lettre. La mais la
entièrement de la main de FArchevégue-Thibant minute eft
La municipalité du Cap 2 l'alfemblée coloniale de Saine-Dok
minguee
ec MISSIrURS,
93 Nous fommes les
les
de la comiune du repréfentans, & à tous magiftrats, > lespères
vous faire part des Cap;
ces titres nous venons
moment préfent; elles inquiétudes font horribles. qui la tourmentent dans le
53 Nous voici enfin arrivés à l'inftant où vous
noncer fur l'état politique des hommes de
allez pr
eret que vous allez rendre dépend le deftin couleurs-du de
déon le fent, & c'eft ce qui fait que jamais les la colonie:
été auffi agités, fur liffue
efprits n'ont
wations.
que doivent avoir vos délibée
ces titres nous venons
moment préfent; elles inquiétudes font horribles. qui la tourmentent dans le
53 Nous voici enfin arrivés à l'inftant où vous
noncer fur l'état politique des hommes de
allez pr
eret que vous allez rendre dépend le deftin couleurs-du de
déon le fent, & c'eft ce qui fait que jamais les la colonie:
été auffi agités, fur liffue
efprits n'ont
wations.
que doivent avoir vos délibée --- Page 121 ---
1k7
3> La çommune eft fur-tout en convulfion depuis que,
queljues motions , faites ces jours-ci dans votre fein, > ont
tranfpiré au dehors : on craint qu'clles ne foiencadopeées;
& comme le mal feroit alots fans remède, on fe livre d'avance à un défefpoir qui préfage les fuites les plus defaftreufes. On eft d'autant plus porté à le croire, 2 qu'il
paroit exifter un décret qui accorde tout aux gons de couleur. Sans doute ce décret eft controuvé; il n'eft pas poffible en effet que le corps légillatifde France veuillerendre
s des décrets
la colonie de Saint-Dymingue, tantqu'elle
l'affemblée nationale confn'y aura pas arde députés > puifque
être foumis
tituante a reconnu que nul ne pouvoir
àla loi,
s'il n'avoit concouru à fa formation par lui-même ou parfes
repréfentons; il n'eft pas poflible fur-tourqu'elle ait entrepris
de donner atteintes au décret du- 24 feptembre dernier >
puifque c'eft là un décret confitutionnel, auquel il ne lui
eft pas permis de toucher, pas même en vertu de l'article
de la conftitution qui dit qu'on ne
rien ajouter à
l'acte conftitutionnel, parce qu'il s'agit PBTa de la conttitution
décrétée pour le continent; 2 &c que l'affemblée nationale
sonftituante étant
à faire, non feulement la conftitution du continent FTT l'empire > mais encore celle des COlonies, elle a rempli cette miflion par un acte conftitutionnel
féparé; 5 favoir 3 patle décret du 24, (eptembre 5 décret
aufli relpectable , auffi invariable que l'acte conftirutionnel
décrété pour la France, 2 puifquil eft émané de la même
fource 5 ilr n'eft pas pollible enfin, fi le prétendu décret du
24 mars exiftoit, que le roi l'eût fanctionné, parce qu'aueun miniftre n'auroit ofé encourir une relpontabilite aufli
terrible que celle qui réfulteroit des fuites d'une pareille
fanétion.
33 Mais, quoique ce décret ne puilfe pas exifter, on ne
eraint pas moins qu'il n'infuence vos délibérations, & c'eft
se qui redouble les inquiétudes de la commune. du Cap.
33 Il n'eft qu'un moyen, mefficurs s de les faire ceffer 9
& ce moyen procurera l'avantage de préparer les efprits au
décret que vous allez prononcer fur la grande queftion de
e Tétat politique des hommes de couleur ; c'eftderendre pu-
quoique ce décret ne puilfe pas exifter, on ne
eraint pas moins qu'il n'infuence vos délibérations, & c'eft
se qui redouble les inquiétudes de la commune. du Cap.
33 Il n'eft qu'un moyen, mefficurs s de les faire ceffer 9
& ce moyen procurera l'avantage de préparer les efprits au
décret que vous allez prononcer fur la grande queftion de
e Tétat politique des hommes de couleur ; c'eftderendre pu- --- Page 122 ---
bliques vos délibérations fur cette matière :
faura les mocifs qui vous auront déterminés quand le peuple
aura entendu le développeinent dans
> quand il en
il refpedltera votre décret, quel. qu'il VOS foit; difcullions, le
alors
difparu, la raifon aura fair entendre la voix préjugé & la aura
million fera sûre, parce qu'elle fera éclairée. ,
fou-
>> Mais, > fi vous perfiftez à tenir vos
fur un point qui tient de fi près à l'exiftence délibérations fecrètes
de vos frères, de vos concitoyens,
même phylique
hommes de
que l'état politique des
couleur; nous aurons le courage de vous le
mellieurs, & vous aurez la prudence de l'entendre : Votre dire,
décret, delà de pour peu qu'il favorife les gens de couleur
ce que leur accorde une opinion affez
auformée, loin de commander
généralement
civile; une
implacable
Tobeilance, appellerala guerre
de
&c
vengeance le noiera dans des
au
fang,
rien
monde ne fera
flots
reur d'un peuple quife croira facrifié capable d'arrêter la fumis fa confiance: & facrifié à qui? par à ceux des hommes en quiilavoit
méconnoiflant la
également la voix de la nature & celle
ont eu
C:
de reconnoilfance,, plus noir, & la cruauté recours de à tont ce que la perfidie a
à bout de leur orgueilleux deffein. plus barbare, pour venir
>3 Oui, meflieurs, votre décret rencontrera une réfiftance
opiniâtre dans T'exécntion; & cette réfiftance
être invincible, parce que ce fera celle du
fera peutvous difons là , meffieurs des
défefpoir. Nous
n'eft plus le temps de dire la > vérité vérités à. demi. fortes; Nous mais ce
au moment de périr; il faut ofer montrer au touchons
écueils qu'il n'apperçoit pas, tandis
pilote les
de les éviter.
qu'ileft encore
temps
Polverel:Vous voyez, citoyens, quelle étoit à cette
en faveur des hommes de couleur, Telprit de la
époque,
du-Cap; &,sil faut l'en croire, l'efprit des blancs municipalité du
elle menace qu'ils fe porteront à toutes les
Cap:
solonie fera noyée dans le fang, fi l'on accorde futreurs; auxhommes que la
de
apperçoit pas, tandis
pilote les
de les éviter.
qu'ileft encore
temps
Polverel:Vous voyez, citoyens, quelle étoit à cette
en faveur des hommes de couleur, Telprit de la
époque,
du-Cap; &,sil faut l'en croire, l'efprit des blancs municipalité du
elle menace qu'ils fe porteront à toutes les
Cap:
solonie fera noyée dans le fang, fi l'on accorde futreurs; auxhommes que la
de --- Page 123 ---
de couleur plus que l'opinion allez générale croit qu'on peut
leur accorder. Tclles étoient les difpefitions des corps populaires aux épogues voilines de ce décret.
Verneuil : Il Y. a long-temps que j'ai demandé la parole.
Le pr.Fdent : Tu l'auras quand Pelverel aura fini fur la
loi du 4 avril.
Page : Ef-ce une adreffe, ou une minute d'adreffe?
Verneuil : Et la fignature.
Page:Jeprie le citoyen prélident devouloi: bieni interpeller
Polverel de déclarerf cette. picce a éte adop éc per la municipalité du Cap, & remife à l'atfemblée colontale,.ou fi
c'eft feulement un projet refté dans le porte-feuille de l'Ar
chevelque-Thibault.
Sonthonax : Il fera entendu lui-même ici. 38O
Polverel : Je n'en fais rien; cette pièce don: Sonthenax
peur mieux vous indiquer l'origine que moi, a-telle été expédice officicllement ou non par la mun:cipalité du
c'elt ce que je ne fais pas : mais cette ininute eft écrite
A2TA
la main de FArehoveique-flitsuh; on peut favoir la vérité.
Sonthoncx : On m'a dit au Cap,, quand jy étois, que
Tadretle avoit été préfentée à Tallemblee ccloniale, quily
avoit eu a cette éroque une cilervefcence populaire, D'aileurs
filon veut des renfeignemens plus sûts, FArcherelque-ribaul: eft ici; la commiflion reur le faire venir & Tinserpeller.
Senac : Je demande àla commiflion d'interpeller Scnthowax
comment cette minute lui eft parvenue.
torgion
Sonthonax : Je réponds quice cette lettre s'eft treuvés dans
les papiers de I'Archevefque - Thibault, fur lefquels j'avois
fait mettre les fcellés en l'envoyant en France pour être
juge.
Senac : Voilà tout ce que nous voulions favoir.
Polverel : Voici une autre lettre écrite, peu de temps apris
l'arrêté du 27 mai, par un membre de Tallemblée coloniale,
Pitra; elle éroitadreflec à M. Cotterelle de lToffe, réuni à
fes concitoyens, au fort de Jaciel.
Tome II.
Quateraième liyraifon.
H
fait mettre les fcellés en l'envoyant en France pour être
juge.
Senac : Voilà tout ce que nous voulions favoir.
Polverel : Voici une autre lettre écrite, peu de temps apris
l'arrêté du 27 mai, par un membre de Tallemblée coloniale,
Pitra; elle éroitadreflec à M. Cotterelle de lToffe, réuni à
fes concitoyens, au fort de Jaciel.
Tome II.
Quateraième liyraifon.
H --- Page 124 ---
Lectre de Pitra à Cotcerelle, datce du Cap, lc 12
juillet 1792.
N Jamais, mon bon ami, je n'ai pris la plume avec plus
damertume, jamais je n'ai eu tâche plus douloureufe à
remplir. Il faut vous rendre compte de la ville du
de
l'aflemblée coloniale; desévénemenis de notre polition. Cap, N
qu'un avenir malheureux pour perfpective, des clpérances ayant
bien foibles appuyées fur des conjectures tres-incertaines,
vais m'efforcer de vous mettre en état de porter un
je
fi tourefois on peur en porter un.
jugement,
35. A mon arrivée au Cap, je trouvai, comme d'ufage >
l'aflemblée divifée en deux partis; l'un gouvernemenitaire
ou bien.le côté eff; l'autre antr-gouterhemenesie, ou bien 2
le côté ouef. Ce dernier, quoique moins actif, 2 moins "vigilant que le premier,. failoit néanmoins pencher la balance
en fa faveur, & cet érat de chofes dura jufqu'à la fin de
mars, qu'arrivèrent les fcènes étonnantes que vous avez
lire dans le Moniteur que je vous envoyai alors. A cette pu
même époque l'allemblée envoya en France fix
le fort tomba fur fix membres du côté oueft, membres commillaires;
de talens, de lumières, maniant bien la parole: mais, fi pleins
zele alloit nous être utile en France, le côté oueft s'affoi- leur
blifloit d'autant. Entre T'affemblée & 1 général s'engagea une
eipèce de lutte indécenté dans la manière dont cet homme
artaquoit. Cet homme, qui, par" une' poltronerie ignominieufe, avoit lachement déferté fon pofte au Port-au-Pic,
étoit venu ramper.au Cap devant l'aflemblée provinciale
avec
:y Nord,
la fouplelle, la fubtilité d'un ferpent, fentant
fon parti fortifié, joignit alors l'arrogance, l'infolence la
outrée, à la duplicité la mieux caraétérifée. Le commillaire plus
Roume, femblable à l'âne de la fable, voulut aufli donner
des coups de pied au lion affoibli & expirant.
3> Le côté oueft reprit un inftant fon énergie, mit une
oppolition infurmontable aux mancenvres des chefs d'émeute
du côté cft, & enfin l'aflemblée s'élevant de nouveau à la
hauteur que la digniré de fon rang lui alligne, répondit au
caraétérifée. Le commillaire plus
Roume, femblable à l'âne de la fable, voulut aufli donner
des coups de pied au lion affoibli & expirant.
3> Le côté oueft reprit un inftant fon énergie, mit une
oppolition infurmontable aux mancenvres des chefs d'émeute
du côté cft, & enfin l'aflemblée s'élevant de nouveau à la
hauteur que la digniré de fon rang lui alligne, répondit au --- Page 125 ---
1li
ténéral avec aurant de noblefe & de fermeté que de juftice.
Le général fe tut, & continua à manceuvrer dans T'ombré.
T'ordre du jour, en un mot
>2 Des queftions le
préalables, fut la feule réponfe que, l'affemblée
le perhfilage vis-à-vis plus du poii trinitaire Roume. Le coié ef, furieux
employa
hué, fiflé par les galeries, vint
de ce changement, fes fouvens de faire fortir un arrèté qui
à bout,, par
mancuvres,
fixoir les (Lances-a huis clos, avec un piquet de gardes. Dès
ce momen leur impudeur nétant plus bridée par la crainte A
des galeries, donna le jour aux motions les.plus perfides.
leur rête on dittinguoit le marquis de Cadufch, que nous
appelons à di jufte titre Carrouche, un Juftal du Cap, ) un
Dumasdu Port-an-Prince, un Tavarange de Jérémie, &c.im
confitution fur les efclaves &1 les
33 Enfin, le projet de
les parrifans des mulitres
hommes de couleur fut ptefen'é.Ici leur aftuce
les avantager;' &
déployèrent leur fubiitire,
pour du
tel qui avoit paru le plus ardent ennemi
gouvernicment, tous les
voymt'la -prepondérance que ce dernier le" décihra acquéroit
des
jours, pour ie rapprocher de lui,
le
parifan de
mulâtres. Le projet de confticition pour gouvernement
Saint-Domingue fur aufli préfenré.. a
> Cerératdschofes exiftoit ainfi; lorfque des papiers publics,
arrivés de France nous annoncèrent la préfenration d'm du
décret; d'autres fublequens apperitrent le décret même à
24 mars; enfin des letties des commiflaires de l'atlemblée
Paris le confirmcrent, ainti que fa fanction par le roi.
>L'aGembléc qui venoirde rendre fon décret cfurlefclavage, de
qui étoit prète, à prononcer fon décret far les hommes
couleur & nègres biess, aprts des difcutlious très-longues,
unanignement convaincxe combien ce
tres-inrereflan'es > qzoigu G
nl, vir néanmoins
décret étoit inconflitutionnel parfaiterent
les maiheurs
le parti le ples prident pour ne pas aggraver
% la colonie, etoit de rendré la déclara. ion qu'elle a rendue
le
mai 1792, avec les confidérans qxi la précldent; 5 lifer
5,6 pele-la bien attentivement.
>> Deux jours après, arriva officiellement cet inconcevablé inais
décret, cet acte aulli impolitique q'inconflitationnel,
H 2
inconflitutionnel parfaiterent
les maiheurs
le parti le ples prident pour ne pas aggraver
% la colonie, etoit de rendré la déclara. ion qu'elle a rendue
le
mai 1792, avec les confidérans qxi la précldent; 5 lifer
5,6 pele-la bien attentivement.
>> Deux jours après, arriva officiellement cet inconcevablé inais
décret, cet acte aulli impolitique q'inconflitationnel,
H 2 --- Page 126 ---
enfin émané d'un tribunal Japérieur en
&
en raifon. Il a.été promulgué
forces ilne l'ef pas
Cap, dans lesautres villes & , proclame de'la dans la ville du
Je tout bien tranquillement. Vous camps devez province du Nurd,
ce décret a été accueilli à Saint - Marc, bien où penfer les comnee
commandenr. Vous favez mieux que moi ce qui s'eft mulitres
au Pors-au-Prince, à Jérémie, aur
palle
quelle fera da décifion du quarcier de CpeahePoniJignus Jacmel fur ce:
sily adhérera, J s'il fe conformera à fon cxécution. décrer, le
polle oi mes concitoyens Inont plicé, jez leurn dois Dans mes
confeils, & les voici:c'efl de sy conformer jufeua des
plus heureus; 5 u.c réffiance da S CE momen: Jeroit vainés temps
feroit gl'accelérer notre ruine. Mais il eft un peint
Gne
aucun prix, fous aucune raifon qucleonque, fans duquel à
vous ne devez vous déparcir 2 qui eft de ne point exception, défarmer, de ne point receyoir les mulitres armést yous.
vaut abandonner le. pays une bonne fois,
mieux. vous
vos armes, vOS poftes de défenie, & vous que mettre d'abandenner
une fois à la merci ide ces mouftres perfides,
encore
eux-mèmes de l'énormité de leurs crimes, quizépouvantés 1 'ofent,ie fier à
l'incroyable pardon qu'on leur accorde:
>, Les difiérentes caufes de nos maux partent dest diférens
poin.s la d'un: mêne, cercle,
fe réunir auF point La
& nous y accabler par Penai sfors forant cencral,
mnafic. Entreprendre de les détailler toutcs, feroit.dune.l une feule.
gueur infinie; mais à l'égard
lon;
bien fondée: : icsi inftigareurs desamaux desmalseres.yeki quinecabient une la allertion
ont nis cn jeu la cafte. des mulanes, fous le
colonie,
texte de Jeur feire réclamer dés droits politiques, ipéciux mais préfondpcur aceéiérer la ruine
a les
au
féduits
decaa-Dotringues mulitres,
par Tappàr offer: à lenrlbsgueil, ont agt, il cA VTa,
d'après ce principe, mais jetr imniagination, exci:ée par cette
aremière. itpulions a Fouffe leur ambition au-dela du but
qui leur a été propofe, &: ils fenten: parfaitemcht"
lcs
aroits qu'on lsur accorde ne repotant quefur un décret que inconftitutionnel, fur une bale de crimes érouvancables, ne
lonie Jeuvent acquérir une folidité réclie qu'en envahiffant la CO=
la deftruction rntière, envabiflenient qui ne peur avoir lieu
ou lemigration de la race blanche, Aqu que pat
ulions a Fouffe leur ambition au-dela du but
qui leur a été propofe, &: ils fenten: parfaitemcht"
lcs
aroits qu'on lsur accorde ne repotant quefur un décret que inconftitutionnel, fur une bale de crimes érouvancables, ne
lonie Jeuvent acquérir une folidité réclie qu'en envahiffant la CO=
la deftruction rntière, envabiflenient qui ne peur avoir lieu
ou lemigration de la race blanche, Aqu que pat --- Page 127 ---
sertainement n'ett point chimérique d'après la nullité abfolue
d'énergie des blanes, à l'exception ieulement de Jacmel,
Tiburon & Jérémie.
tendent
9> Les démarches des mulàtres, Meurs manceuvres,
leur
cenftamment à ce but; ils fentent que dans ce moment
coup eft manqué: nous pouvons préfunxr la
peur-être la modé- vontils jouir. des taveurs' du décret avec
LEIE
ration la plus propré à nous aveugler > nous- endormir; &c
quand une conipiration mieux combinés,, des mefures mieux
prifes leur préfenteront un fuccès infaillible, alors la mine
éclatera. Gctie véricé, au furplus, elt demontrée julqu'à Tévidence dans l'écrit intitulé : Quefion polit que des affranchis
M. Pons, habitant à Ouana-
& defcendans d'affranchis 5 par
minthe, que je vous ai déja exvoyé.
wOr, je conclus que nous ne pouvons celfer un inftant
d'ètre en garde, & que l'inftant où nous nous livrerons à
la fécurité que doit naturellement infpirer la loi, fera.
l'infant de notre deftruction.
>> D'un autre côté , nous fommes livrés à l'alternative lr
plus cruelle : eft-ce les droits politiques feulement
a
voulus en faveur des mulâtres : el bien! ils font
nt
El-ce l'ancien régime qu'on veut : eh! grand dicu, que
pouvons-nous dans Saint- Domingae, que recevoir la loi de
celui qui voudra prendre la peine de nous la'donner ! Ce
n'eft donc ni l'un ni l'autre > mais bien la ruine totale de
la colonie , qui eft le but auquel nos crucls ennemis afpirent.
Il eft bien conftant que les princes émigrés, d'accori
avec les bureaux miniftériels, font les auteurs des malheurs
de Saint-Domingue. Il eft bien conftant que leur agent dans
ce pays n'eft autre*
le pouvoir exécutif; & la preuve
de la criminelle editue de ce derniet, eft non
tant
dans ce
a fait,
dans ce
n'a
& de
alc's
qu'il
quil
pas
ce qu'il auroit pu & 3aia faire; c'eft-à-dite > dans toutes les,
mefures qu'il auroit pu prendre pour arrèter le mal,
qu'il n'a pas prifes; & qu'au contraire, il a conftamment
cherché à entraver les mefures que l'on prencit pour opérer
le bien.
H. 3
de ce derniet, eft non
tant
dans ce
a fait,
dans ce
n'a
& de
alc's
qu'il
quil
pas
ce qu'il auroit pu & 3aia faire; c'eft-à-dite > dans toutes les,
mefures qu'il auroit pu prendre pour arrèter le mal,
qu'il n'a pas prifes; & qu'au contraire, il a conftamment
cherché à entraver les mefures que l'on prencit pour opérer
le bien.
H. 3 --- Page 128 ---
35 A tous ces coagge-sevoluionnsires s'eft jointe , par une
marche diferenie, l'aflemblée. nacienale actuelle ,
au
lieu de fe mouvoir avec le pas égal & modéré d'un qui, vrai
legitlareur, au lieu de chercher feulement à appliquer avec
la fuccellicn du temps la porrion de fes principes que la
conftirution d'une colonie a efclsves étoit fufceptible d'admeitre fans alérer le bonheur de fes. hibirans, fe livré à
tout ce qu'a pu lui infpirer li pallion, la
le fanatifme des vertus qui n'exiftérent jamais dans rage, fon fcin, a
renverfé la loi du 24 feptembre 1791 une des bales de la
conftitetion françaife, & que le. roi a acceprée & fanctionnée > comme en étant le complément 5 car tel eft fon
énoncé: décrète une force armée pour main:enir, par les
armes, un aéte inconftituticnn'l, égorgar, au nom de la
loi,, Thomine qui réclamera la loi. Telle ef la conduite
de l'atlemblée nationale envers nous; & cette conduite
nous mene naturellement à une réfexion bien fingulière,
3> Bien desperfennes fenr perfuadées que Y'on veut anéantir
les colonies pour orérer la coure-révrolution en
& moi
France;
je dis & j'afirme quilnya que ja prompte réuflite
de l conrre-révolution en France qui puilie fauver les COJonies, & je le prouve. Hleftbien conftant que les princes.
émigrés & leurs agens, d'un coié, nous font affailiner, incencier dans les colonies. D'un autre cété, l'aflemblée nationale, qui devroit nous fecourir, nous abandonne , en
nous appliquant les principes de la conftitution : elle vient
de prononcer l'égalité, & ne tardera pas à prononcer la
liberré, c'eft-a-dire, à anéantir nos propriétés. Il
donc
faut
nécefairement > pour opérer notre Jalut notre confir
va-ion, que les princes émigrés 6 leurs partifans rentrent ei
France >
que les per/écutions de leurs agens cefent dans
le pays 3 R que l'alfemblée nationale foir renverfce avant
gui'elle prononce la liberté, qi'clle ancantife . nos propriétés.
Voila des vérités bien amères, mais inconteftables; & d ns
le pofte où mes concitoyens m'ont placé, mon devoir eft
de les leur annoncer.
5> Quant à la pauvre affemblée. coloniale & corps repréfentatif de Saint - Domingu, cette prétendue égide
tectrice de nos droits eft tomb.e dans un
proà
affaifiment, pour
gui'elle prononce la liberté, qi'clle ancantife . nos propriétés.
Voila des vérités bien amères, mais inconteftables; & d ns
le pofte où mes concitoyens m'ont placé, mon devoir eft
de les leur annoncer.
5> Quant à la pauvre affemblée. coloniale & corps repréfentatif de Saint - Domingu, cette prétendue égide
tectrice de nos droits eft tomb.e dans un
proà
affaifiment, pour --- Page 129 ---
125:
ne pas dire un aviliffement extrènue, une nullité ablolue eit
Le côté Ouelt, qui jufqu'alors s'étoit G bien montrés
réduit à rien
la défection d'une grande partie de fes. membres. Les : par uns, par, une infouciance criminelle, ne fent
point exacts aux feances; les autres. 3 par timidité, ne des s'y,
préfentent point > crainte d'ètre notés pour le jour Nouprofcriptions. Un grand nombre ont déja pafle à la
la
velle Angleterre. Plufieurs n'ayant d'autre principe que
loi du plus fort, & dominés par leur égotimne, ont Entorte pailé
du côté Ef 2 elpérant y trouver mieux intentionnés leur compte. & fermes
le nombre des membres bien
élever
& réduit à fi peu de chole, qu'ils ne
qu'uner
voix impuillante & inutile, & ESCNMR n'êue en féance
confacrer toutes les fottifes que le côté Eft,. pour
que
contradicfaire POar cour au pouvoir exécutif, tait palfer de l'altoirement avec eux. Tel eft l'état de la fituation
femblée. Il ne faut pas vous laifler ignorer que les nombre vingtquatre députés de la ville du Cap, le plus grand de TOuelt &
de ceux de la province du Nord, & plafieurs
exécutif,
du Sud, ont été conftamment dévoués au pouvoir Nord. conjointement avec T'aflemblée provinciale du
3> Mais un problème impotible pour moi à réfoudre >
c'eft la torpeur, la ftupeur dans laquelle la ville du Cap
eft profondément endormie. Cette nouvelle Ninive, pour
laquelle la colonie entière eft un nouveau Jonas, infenfible
aux malheurs dont nous fommes la vidtime, n'eft feulement
pas capable de fuppoler un inflant Contens que notre dc anéantilfement baifer la main
entraînera inévirablement le fien. ils
qui les a fait brâler, de lui faire fervilement la cour > les
attendent nonchalamment qu'il lai plaife de faire rentrer
nègres dans l'ordre, de les remettre dans leurs poflellions Le >
& de les gouverner à l'ancienne manière, virga ferrei. négociant de cette ville, , fon argent en caiffe , en rade ou en
France , infenfible aux malheurs des temps, tirant toujours circonf- 3
néanmoins le meilleur parti,
fon intérêt, des
&
tances, croit
la bale de Tot colonie réfide en lui,
le refte n 9eR qu'un accelfoire. Je reprends le fil d:s'
eque
événemens. les lettres de fes commif-
>> L'aflemblée coloniale reçut
entr'autres,
faires de Paris, en date du 28 avrii dernicr, qui, H
--- Page 130 ---
annonce l'envoi de M.
3
néanmoins le meilleur parti,
fon intérêt, des
&
tances, croit
la bale de Tot colonie réfide en lui,
le refte n 9eR qu'un accelfoire. Je reprends le fil d:s'
eque
événemens. les lettres de fes commif-
>> L'aflemblée coloniale reçut
entr'autres,
faires de Paris, en date du 28 avrii dernicr, qui, H
--- Page 130 ---
annonce l'envoi de M. Collot pour
fix
de troupes', trois nouveaux
général,
mille hommes
metrre à 1; voile dans les
commiffaires, & qui ont di e
9> Auflirot Blanchelande premiers jours de juin. camp de Rouferay & celui de va Pajot. au Terrier- De Rouge vifiter leit
s'embarque dans le Jupiter de 74, & va à retour Saint-Marc. au Cap, il
lettres particulières nous apprennent, avec la plus grande Des
fiurprile, que M. de Borel, mcmbre de l'affemblée coloriale, qui fe rendoit, au Port-au-Prince avcc environ cent
bonite, cinquante. & citoyens blancs, > échappés du carnage de T'Artiqui étoient réfugiés au Mole, avoient été arrèrés
par.le Bone, commandé par M. Grimouard. Vous fentez
qté M. Grimouard ne s'eft permis cette arreftarion
Uni ordre de M. Bianchelande. Une lettre de
que fur
acrite de Saint-Marc àlaflimblée, lvi
ce dernier,
r3s-fiurpris de trosver en arrivant M. de apprend qu'il a été
relation à bord de Dorée, G
Borel en etat d'arville de Saint-Marc
que la furear des habitans de la
calnzer 6 fituv r la vie cortre 2M. M. Borel cott celle, 91 pour les
faire mertre dzerre à la
Borel, il aveit été obligé de L:
roaze, Nous avons fu parfaitement Géole, ainfi
Jes avoit compagnons de
fers, & la
éié mis aux
4.a
procédure inftruire contre lui. C'elt ainli
la
profcription fentans de la elt ouverte > & commnence par un des que
colonie. repré-
>> Le général S elt enfitire rendu au
il a écrit à laffemblce que, d'accord Por-au-Prince, avec
d'oit
vincialo & la mbnisapalité, il avoit fait
l'allemblée prohuit factieux avec le bataillon de Normandie; embarquer fept our
mettre au Port-an-Prince une's garnifon de hoica quil compre
mulitres, & fe rendre
neufcents
J coloniale, n'ayant aucune incellamment au Cap. L'afiemblée
attendu
ancre.nouvelle du Port-au-Prince,
femblée l'embargo que le général y a mis, a enjoinr à l'alde lui provinciale & à la municipalité du Port an-Prince,
s'étoit envoyer le procès- verbal très-exack de tout ce
pallé au Port-an-Prince depuis l'arrivée du
qui
Vous qui êtes fi près du
avoir général. par tetre des détails que Dor-au-Prince, nous n'avons
pouvez
reçu
>> Quoi qu'il eil foit,.
cre.nouvelle du Port-au-Prince,
femblée l'embargo que le général y a mis, a enjoinr à l'alde lui provinciale & à la municipalité du Port an-Prince,
s'étoit envoyer le procès- verbal très-exack de tout ce
pallé au Port-an-Prince depuis l'arrivée du
qui
Vous qui êtes fi près du
avoir général. par tetre des détails que Dor-au-Prince, nous n'avons
pouvez
reçu
>> Quoi qu'il eil foit,. vous voyez que pas. la lifte de
cripion eft ouverte, quele pouvoir exécutifa levéle profdédnigne de fe couvricale la loi &: la fait taire devanr maique, lui; --- Page 131 ---
que nous voil retombés, non pas fous lancien régime,
mais
bas, fous le pouvoir arbitraire & profcripteur.
99 Stust condoite fait augurer un avenir bicn finiftre. Le
fentiment eft allez général qu'il viendra au Cap dilloudre
l'atlemblée ccloniale, & peut-êrre embarquer aufli ceux qui
lui auroient déplu; peut-èrre aulli mettre dans le Cap une
garnifon de mulitres, & je vous réponds qu'ils font allez
laches pour le foutfrir.
>> En un mot, il ne nous refte d'efrérance, pour arrêtet
le cours des nouveaux malheurs qui s'ouvrent devant nous,
que dans la très-prompte arrivée de M. Collot & du cenvoi,
& encore nos efpérances n'ont-elles d'appui que dans l'inccrtirude où nous fommes des principes de M. Collor. Je dois
néanmoins aufli vous dire qu'on s'accorde allez à en parler
favoriblement.
>> Voila, ainfi que je vous T'ni promis, u111 tableau autant
que j'ai pu, pour vous mettre en état de porter un jugemont
par vous - mêmes. Si vous me damandez à cette heure mon
fen:iment à moi, le voici: : C'eft que, malgré tout, malgré
que nos malheurs ne foient pas tour-à-fair terminés, j'ole
croire à un avenir plus houreux, & jy crois, &je nè fuis
pas le feul ici; mais il faut voir arriver M. Collor.
>> Ce matin, 14 du courant, ia fédération a été célébrée
fur le champ de Mars 5 par tous les corps popubires, les
gardes nationales blancs, noirs & jaunes > lès rroupes de
ligne, équipages des vailleaux de létat, lefquels ont tous
Frété le ferment fédératif. Les gardes notionnles blancs ont
donné un grand repas aux troupes de ligne, aux nojrs,8c
jaunes : tout s'eft palle bien tranquillement.
>> Un'bateax arrivé hier au foir du Pott-au-Prince, nous
apprend que l'orage qui s'annonçoit s'eft heurenfement diffipé; que, fur la réquifitien de l'allembiée coloniale, le
général aveir fur-le-champ dorné l'ordre de la relaxation
de M. de Borel & de-fas compagnons; que l'on avoit furle-champ expédié du Port-au-Prince le vaiffeau PAgathe,
pour aller le chercher à Saint - Miarc : mille autres détails
infiniment longs,
peut-être vous favez micux que moi.
Les uns difent que 2 général eft parri pour Saint-Marc;
d'autres, pour aller à Jérémie, de-la, aux Cayes, de-l à
Jacmel. Si cela eft, atten:ion! de Tohion plus que jamais,
l & de-fas compagnons; que l'on avoit furle-champ expédié du Port-au-Prince le vaiffeau PAgathe,
pour aller le chercher à Saint - Miarc : mille autres détails
infiniment longs,
peut-être vous favez micux que moi.
Les uns difent que 2 général eft parri pour Saint-Marc;
d'autres, pour aller à Jérémie, de-la, aux Cayes, de-l à
Jacmel. Si cela eft, atten:ion! de Tohion plus que jamais, --- Page 132 ---
des partis fermes, décififs, & fans balancer; en un mot,
à aucun prix ne fouffrez d'adte arbitraire : la loi, la loi.
Quant au fieur Roume, foyez bien convaincus, bien perfuadés que cet homme, qui ala rage de vouloir être quelque
chofe, n'eft rien, eft nul; que la loi du 24 mars une fois
promulguée, il n'a aucun droit pour vous faire aucune réquilition, & que vous feriez dans votre torta d'y obrempérer.
Voila pour votre inftruction; & je vous avoue franchement
que je le foupçonne très L- dangereux pour la troifième
clafle.
a Adieu, bonne fanré; foyez mon interprète auprès de
tous mes concitoyens.
N Salut, PrraA. 52
Sénac : Sur tous ces faits-là, comme il s'agit de débats 9
je demande d'interpeller Sonthonax & Polverel de dire oà
ils ont trouvé cette pièce.
Polverel: Ceci me regarde; c'eft un fait perfonnel. Elle
a été trouvée au greffe de la commune des Cayes-Jacmel.
Sonthonax: Le procès-verbal de déport nous a été adreflé
par les officiers municipaux des Cayes - Jacmel, il doit
exifter dans nos archives, & la lettre porte encore l'empreinte de ce que je viens de dire, car elle eft cotée &
SAt ne varietur par un officier municipal des CayesPolverel: Citoyens, vous voyez quel étoit l'efprit du citoyen Pina, & quel efprit il cherchoir à comminiquer au
quartier de Jacmel fur ia loi du 4 avril, &c fur les caufes
qui avoient forcé lafiemblée coloniale à paroitre sy fouinettre 5 vous voyez quels confeils il donne à fon correfpondant > maire des Cayes -Jacmel, & à tous fes concitoyens, > de paroitre céder pour le moment & juiqu'a un
temps plus heureux; mais cependant, ifles invite à n'avoir
aucune confiance à la loi méme; car certe confiance, fi elle
étoit trompée, feroit d'un effer cruel : voilà le fens de la
lettre qu'ii écrit à fon ami. Il leur confeille en' même
de contrerenir à la loi; car il leur dit: Gardez-vous temps bien
d'abandonner VOS armes; gardez - vous bien de recevoir les
hommes de couleur en armes. 33 Voila ce qu'ont fair les
ifles invite à n'avoir
aucune confiance à la loi méme; car certe confiance, fi elle
étoit trompée, feroit d'un effer cruel : voilà le fens de la
lettre qu'ii écrit à fon ami. Il leur confeille en' même
de contrerenir à la loi; car il leur dit: Gardez-vous temps bien
d'abandonner VOS armes; gardez - vous bien de recevoir les
hommes de couleur en armes. 33 Voila ce qu'ont fair les --- Page 133 ---
yens de Jacmel, & ce qui me ramène à quelques faits
térieurs à l'arrêté du 27 mai.
Le préfident : Citoyen Verneuil, voici le moment de faire
interpellation.
Verneuil : L'interpellation que j'avois à faire eft tombée
près la lettre qui vient de vous ètre lue, 2 parce que vous
z eu occafion de vous convaincre que la loi du 4 avril
pit été exécutée dans toute ia colonie, & que la fédéion avoit eu lieu entre tous les citoyens.
Page:Je prie le ciroyen préfident de demander à Polelii, an-éricurement à la loi du 4 avril,, Jacmel
voit pas fait ul traité avec les hommes de couleur, &
les hommes de couleur n'avoient pas abule du défarment des citoyens blancs pour les égorger.
Polyerel : J'ignore abiolument ce traité. Tout ce
je
S, c'eft qu'après l'incendie de la' ville du
NsAEF
y eut une prife d'aries dans les environs de Jacmel,
Jacmel même > & qu'il y eut quelques maifons d'inndiées.
Page: Je demande fi,
ce traité-là, f à
au petit Goave, , il ne RT
fait des traités entre
Teaurts
uncs & les hommes de EEE traités par lefquels les
incs accordoient aux hommes de couleur tout ce qu'ils
mandoient; fi,à Cavaillon, il n'en fut pas fait autant >
f les blancs > après avoir quitté leur camp, ne furent pas
orgés.
Polverel: J'ai déjà dit qu'il y avoit eu, dans plufieurs
roilles du Sud, des adhéfions aux concordats pailès avec
hommes de couleur , mais cela eft antérieur à la loi du 4
ril. Sur tous les autres faits, je nai aucune connoiflance
erfonnelle.
Page : Demain, ciroyens, je vous apporterai la pièce à
appui de ce que je viens de dire.
Senac : Je prie le préfident d'interpeller Polverel de dire
il entend fe déclarer dénonciateur des habitans de SaintDomingue, car il tire de la letrelT'induction que c'étoit-là
efprit de tous les habitans. Le citoyen Sonthonax s'eft
éclaré accufateur des corps populaires & des habitans de :
aint-Domingue; Polverel a annoncé au contraire qu'il ne
portoit point accufateur.
ui de ce que je viens de dire.
Senac : Je prie le préfident d'interpeller Polverel de dire
il entend fe déclarer dénonciateur des habitans de SaintDomingue, car il tire de la letrelT'induction que c'étoit-là
efprit de tous les habitans. Le citoyen Sonthonax s'eft
éclaré accufateur des corps populaires & des habitans de :
aint-Domingue; Polverel a annoncé au contraire qu'il ne
portoit point accufateur. --- Page 134 ---
I3o I
Cependant, d'après la lettre qu'il vient' de life s'il
qu'ildoire ètre entendu comme témoin, comme dénonciareu parc
puilqu'il paroit vouloir induire de cette. lettre que
qui y règne étoit parragé par l'affemblée
l'efp
tous les habitans, , & prouve par-là
colonials & P
mauvais dans la colonie.
que lefprit public étc
Le préfident a Polverel: Le citoyen te demande de d
élarer fi tu entends te déclarer dénonciareur.
Polverel: T'ai déclaré & je réitère ma
ne" me rends dénonciareur d'aucun individu. déclararion, Je tiens que à
queftion qui a été mife à l'ordre du jour;
qu'elle a été mife à l'oidre du jour
dabord. par
entre dans ma jufhitication. Je centinne. > enfuite parce qu'ei
J'ai dit que la loi du 4 avrii avoir
rêté du 27 mai, qu'elle éprouvoir même éprouré,-depuis Ta
rivée à Sain-Domingne, des obltacles dars depuis notre a
de la colonie ; gu'ca sénéral, les efprits
divertes partia
à l'exécurion de cette loi. Brulley ma ércient donné peu dilpof
un démenti; il m'a démenti par le
fur ce Foir
tenu dans notre prociamarion du 12 langage que nous avion
ce
octobre
que nous avons dit dans cette proclamation. 1792. Je Void
a
que ce que je croirai relatif à la difcuflion. Si les ne lira
tronvent que je n'en lis pas allez, ils me reprendronr. colon
D'abord, dans le premier préambule > voici CC
difons: C Le premicr pas à faire vers le gouverncment que nou
pulaire, eft la formation des municipalités.
celles po
ne font pas confituées felon la loi du 4 Toutes avril
qu
être changées >. Voilà le premier point; je lis , doiven
l'article 1I.
maintenan
e(Les municipalirés), celles qui auront été formées
vifoitement & depuis ia promulgation de la loi du
pro
& (cionlefprir de cette loi, feront confervées, fauf 4avril les ré
formations pour caufe d'ililégalité.
< Article VI. Lies municipalités déjà formées
tion de la loi du 4 avril, feront tenues également en de exécufembler au premier novembre prochain les ciroyens rafpour prendre leur vocu fur les objets énoncés en actifs
précédent, & le tranfmettre de fuite au commilfaire Larticle civil
Voila, je crois; tous les articles d'après
>.
lefquels vous ar-
ées, fauf 4avril les ré
formations pour caufe d'ililégalité.
< Article VI. Lies municipalités déjà formées
tion de la loi du 4 avril, feront tenues également en de exécufembler au premier novembre prochain les ciroyens rafpour prendre leur vocu fur les objets énoncés en actifs
précédent, & le tranfmettre de fuite au commilfaire Larticle civil
Voila, je crois; tous les articles d'après
>.
lefquels vous ar- --- Page 135 ---
nentez, fur cet objet-là,de nore proclamation du I2
re. Vous: concluez de Fartiele II & de l'article VI, oc:
voit des municipalités formées conformément à Ja qu'il loi-
+ aviloe je conviens que vous avez rifon. Sijai dit
nulle. part,. dans aucune commune, la loi du avril
voit pas été exécurée, & quilny avoit eu aucune 4 mit
ipalie organifée en:cxécution & conformément à certe
je vous pardonne le démenti que vous m'avez
rai eu torr de le dire: mais lijamais ce mot n'a donné,
ma, bouche, fijai dit au contraire que dans tel échappé ou tel
roir que jai déterminé, les municipalirés n'avoient
régénérées cenformémen: à Ja loi du 4 avril,
cette pas
n'avont, pas été exécutée, qu'elie y avoit éprouvé que des conHichions, des cbftacles perpétu Is, que les habians de ces
anunes étoient lesi ennemis jurés de cette loi du
ncore une, fois jai, dérermine, j'ai borné mon atfertion 4avril;
elle ou, telle, partie de la colonie, & que, dans le fair;
ie trouve vrai; alors il faudra. bien encore vous
pncr.des démentis > mnais je crois que.vous ne devezi paré
A5,Jes parionner à vous mêmes. Or,v voyez
pas
Jai dir qu'à Jacmel, quand nous fommes arrivés ce.que.jai dans
tolonie, xily fubliftoit encore, au mois de décembre
hninritreconaliable pourles hommes de couleur; 1792;
Dit éré poullee au point que les hommes de couleuravoient qu'ella
obligés de fair de Jacmel, d'errer dans les
exception de trois ou quatre qui éroient reftés montagnes dans Ja 5
e que lorfque j'allai à Jacmel
ticher.d'y rétablir
dre, pour y opérer l'exécution IE loi-du 4 avrib &
tappeochement des deux corieurs, je vous ai racohté
dre,qui avoir été doané au commandan: des homines
couleur qui étoient avec moi pour les
acme). V ous n'avez pas pu nier le fait, il empécher d'aller
le nier, il étoit trop notoire; les
étoi: impollibie
lesaux archives. Vous avez feulement preuves dit Gil éroient ins
avoient déserminé la commune de Jacmel que à les motifs
ô: à refufer d'admertre les hommes de couleur éloigner atmés oi
étoienr avec msi, c'étoit parce. qu'il en avoit
nore qui'avoient connis des atrocités, des y allailints, dans le
sandages qu'il étoit
leur
des
-
préfen dansla.ville impollible de Jacme.y de
pard rdonner, & que
aurois répandulefirei
roient ins
avoient déserminé la commune de Jacmel que à les motifs
ô: à refufer d'admertre les hommes de couleur éloigner atmés oi
étoienr avec msi, c'étoit parce. qu'il en avoit
nore qui'avoient connis des atrocités, des y allailints, dans le
sandages qu'il étoit
leur
des
-
préfen dansla.ville impollible de Jacme.y de
pard rdonner, & que
aurois répandulefirei --- Page 136 ---
& l'épouvante. Eh bien! citoyens, voici un fait que je dé
qui que ce foit de démentir. Il reftoit avec moi envire
cinquante hommes armés, de la paroifle de Jacmel, to
de la compagnie du citoyen Dnfau, homme decouleur, q
étoir à leur tête. Ced citoyen Dufau étoit, de l'aveu des bland
regardé comme ui des hommes de couleur le plus pro
& le plus doux. Voilà le feul officier qui étoit avec mo
les auures étoient tous des hommes de fa compagnie >
fon quarcier, aufli tranquilles
lui. La veille, au gra
Goave ou j'avois couché, je d inftruit qu'ily avoit da
le nombre, des hommes de couleur de la parcilffe de Jacm
qui étoient venus au-devant de moi 5 qu'il y en avoit u
dis-je.qui étoit prévenu du crime de violence ; je le nomm
c'eft Pierre Ridoré, Bien inftruit de ce fait-la, je fis paf
dans une chambre féparée Pierre Ridoré; je lui rej réfen
qu'étant chargé d'aufi graves inculpations, denr je ne juge
cependant pas la légitimité ou lillegitimité, je croyois qe
y auroit de l'inconvénient à ce quil fe préfenât à Jact
dans un moment oà les anciennes haines n éroient pas enc
oubliées. Pierre Ridoré, fur la feule repréfentation que
lui en fis, déclara qu'il n'iroit pas, & en effet, il'n'y
pas: ilretourna dans le voifinage du Bénêt,ou il deme
roit.Ily avoit aulli au grand Goave un blanc que lon dif
& que je crois aufli avoir été très lié avec les hommes
couleur; ils'appeloit Deflandes. Deflandes'avoir été pré
de la maréchauliée à Jacmel. Ce Deflandes étoit bien F
détefté à Jacmel que les hommes de couleur, & peur-e
avoit-on raifon : ce Deflandes vouloit aufli venir avec n
à Jacmel. Oh! pour celui-la, je' ne voulus pas' confent
je le lui défendis polirivement. Voilà comment yai pris
mefures pour. purger la compagnie d'hommes qui venci
avec moi dans la ville de Jacmel, de tout ce quia auroit
être odieux aux blancs de Jacmel, de tous ceux quia auroi
rallumer de vieilles haines: Après avoir pris cette 1
En.c après avoir déclaré au capitaine Seuft, command
du détachement qui vint au devant de' moi, mon éton
ment fut grand loriqu'il me montra cet ordre fingulier.
Tinterpellai fur le fait de favoir f, parmi ceux quil vo
avecmoi, il y, en avoir quelques-uns auxquels on mais reproc il
des atrocités. Il fut forcé de convenr que non;
I
de tous ceux quia auroi
rallumer de vieilles haines: Après avoir pris cette 1
En.c après avoir déclaré au capitaine Seuft, command
du détachement qui vint au devant de' moi, mon éton
ment fut grand loriqu'il me montra cet ordre fingulier.
Tinterpellai fur le fait de favoir f, parmi ceux quil vo
avecmoi, il y, en avoir quelques-uns auxquels on mais reproc il
des atrocités. Il fut forcé de convenr que non;
I --- Page 137 ---
fifta à dire qu'il étoit obligé d'exécuter les ordres qu'il avoit
reçus. C'eft donc après que j'eus pris ces mefures, que la
comnune deJacmel donne l'ordre inconcevable de repoufler
des hommes de couleur quis je le répère, éroient de cette
même ville de Jacmel, &
la feule raifon qu'ils étoient
avec moi. C'eft ainfi que E blancs de Jacmel étoient difpoles à exécurer ia loi du 4: avril. La commune s'étoit
formée fans y admettre aucun homme de couleur; on parut
bien vouloir les admettre au vote, mais la terreur les tenoit
depuis long-temps éloignés de la ville 3 aucun n'ofe y aller.
- De tous les hommes de couleur de la paroiffe. de Jacmael,
& il y en a beaucoup , quatre feulement osèrent aller fe
préfenter pour donner un fcrutin. Vous fentez bien qu'aucun homme de couleur ne fut membre de la municipalité >
& les hommes de couleur reftèrent errans dans les montagnes
où jls avoient été forcés de fe réfugier.
Verneuil: Je prie lecitoyen prélident d'interpeller Polverel
de déclarer f les quatre hommes de couleur qui fe. font préfentés > ont été bien ou mal reçus par les habitans de
Jacmel.
Polverel : On ne leura pas fait de mal,ileft vrai; mais
on leur a fait dépoler les armes, non
à l'entrée de la
falle des, délibérations, mais à l'entrée RE la ville. On n'a
pas même voulu fouffrir qu'ils portallent même un fabre.
Senac : Je n'entreprendrai pas de défendre la municipalité
de Jacmel; mais je vous prie, citoyen-prefident, de demander
au citoyen Polverel la correlpondance de cette municipalité;
elle eft dans les archives, & comme elle ne peur fe défendre >
cette municipalité, vous verrez dans ces pièces fa juftification.
Le préfident : Il faut, ou abandonner toute interpellation,
ou la précifer.
Senac : Comme la municipalité ne peur pas fe défendre,
jedemande que le ciroyen Polverel produifela cortefpondance
de la municipalité de Jacmel.
Lc préfident : Toutes les pièces qui font dans les archives
font communes aux acculateurs & aux accufés; ce ne peut
donc pas être le fait du citoyen Polverel de donner cette
communication-la; fi tu en as une à demander, c'eft à la
commillion que tu dois t'adreffer.
précifer.
Senac : Comme la municipalité ne peur pas fe défendre,
jedemande que le ciroyen Polverel produifela cortefpondance
de la municipalité de Jacmel.
Lc préfident : Toutes les pièces qui font dans les archives
font communes aux acculateurs & aux accufés; ce ne peut
donc pas être le fait du citoyen Polverel de donner cette
communication-la; fi tu en as une à demander, c'eft à la
commillion que tu dois t'adreffer. --- Page 138 ---
Claufion : Je
le préfident d'interpeller Polverel furla
queltion de Retite fi, lors du voyage donti! vien: de rendre
compte à Jacmel, & qui fera la matière de la difcuflion
des actes des commiffaires civils; G, dis-je,. la ville de
Jacmel & toute la commune ne lui a pas déclaré qu'elle
éroit préie. à le recevoir lui & toute fa troupe, àl l'excepiion
de quatre hommes qu'elle lui déligna comme allallins: & je
dis
lorique nous ferons à la ditcullion de ces actes, clet
un Rt que je prouverai matériellement.
Polverel:. Le fait eft faux.
Verneil: C'elt ce que nous verrons demain.
Le préfident : La feance eft ajournée à demain. La commiilion trouve-t-elle convenable que le procès-verbal des
débats fafle mention de l'abfence du citoyen Thomas Millet,
comme de celle du tiroyew-Fondeviolle 2
Un descolons : J'obferve que'Thomas Milletn'a pufe trouver à la féance pour caufe d'incommodité.
La féance eft levée.
LerogifredeipeCacer dPfipné:1.Pu. GARRAN, préfident;
LECOINTE (dés Deux - Sevres),. fecritaire 5 ALLASSEUR,
CASTILHON, , DEBRAY, Foucut, GRÉGOARE.
,
comme de celle du tiroyew-Fondeviolle 2
Un descolons : J'obferve que'Thomas Milletn'a pufe trouver à la féance pour caufe d'incommodité.
La féance eft levée.
LerogifredeipeCacer dPfipné:1.Pu. GARRAN, préfident;
LECOINTE (dés Deux - Sevres),. fecritaire 5 ALLASSEUR,
CASTILHON, , DEBRAY, Foucut, GRÉGOARE. --- Page 139 ---
Du 26 pluviofes l'an troifteme de la République françaife
une & indivifible,
O. fait leéture des débats recueillis dans la féance
d'hier. La rédaction eft adoptée.
Polverel: Vous avez vu, par le compte que je vous ai rendu
hier' de mon voyage à Jacmel, quel étoit l'efprit de la commune de Jacmel fur les gens de couleur. Ce n'el point
qu'il y avoit parmi eux des hommes fufpects d'atrocités, PAPSE
violences, qu on refufa de recevoir les hommes de couleur
qui étoient avec moi; mais c'eft que la commune de Jacmel a retenu les hommes de couleur de fa paroille dans la
prolcription, dans l'exil, errans & fugitifs dans les montagnes, comme le lui avoit confeillé Piura par la lettre dont
je vous ai fait lectwre. Gaxdez-vous, difoit-il, de livrer vos
armes, de recevoir les gens, de couleur en armes : voilà le
véritable mouif du refus des habirans de Jacmel. Cet elprit
n'eft point l'effet d'un mouvement inftantané; c'eft un
pris depuis long-temps chez eux & conftamment exécuté.
de
rCs
temps après la publication de l'arrêté du 27 mai, quelparoilles voilines de Jacmel, dont les difpolitions ércient 9
Se pacifiques, plus amicales envers les hommes de couleur,
firent des tentatives pour ramener au même fentiment les
blancs de la paroiffe de Jacmel; il y eut des conimilfaizes
nommés, qui eurent des conférerices avec les commillaires
nommés par les blancs de Jacmel. Ces conférences n'aboutirent à rien : les habitans de Jacmel perfévérèrent dans leur
réfolution de ne pas recevoir les honmes de couleur dans
la ville de Jacmel; 8c c'eft ainfi que ces malheureux reftèrent toujours fugitifs jufqu'à T'époque de mon voyage à
Jacmel; c'eft ainfi qu'ils y reftèrent encore long-temps
julqw'à ce que nous eûmes les moyens de faire exécuter après, la
loi à Jacmel.
Senac : Ce que vient de dire Polverel eft un chef
fation contre lui, car il vous rend compte de fa conduite. d'accuTome II, Quingième livraifon.
I
8c c'eft ainfi que ces malheureux reftèrent toujours fugitifs jufqu'à T'époque de mon voyage à
Jacmel; c'eft ainfi qu'ils y reftèrent encore long-temps
julqw'à ce que nous eûmes les moyens de faire exécuter après, la
loi à Jacmel.
Senac : Ce que vient de dire Polverel eft un chef
fation contre lui, car il vous rend compte de fa conduite. d'accuTome II, Quingième livraifon.
I --- Page 140 ---
136:
Il eft queftion de favoir ce qui a eu lieu avant fon arrivée
& non après fon arrivée: ceft-la où il-m'a rappelé moimême, & c'eft-là où il doit fe borner.
Polverel:Je réitérerai à la commillion la demande que j'air
déja faite, de me maintenir la parole : je n'empècherai pas
que les colons répondent à leur tour tout ce qu'ils voudront,
qu'ils tirent tous les avantages de ce que j'aurai dit ou de ce
que je n'aurai pas dit; mais, en grace, je, demande que la'
parole me foit confervée. Les faits dont ils'agit font évidenmentinhérens à la difculfion; mais quand ils y feroient étrangers, il fuffiroit qu'on m'edt inculpé fur ce point-là, pour
qu'il doive m'être permis d'en parler. Qxoi! il fera permis
de corrompre l'opinion d'avance en failant des inculpations
avant d'avoir déterminé l'accufation n, & il ne me fera pas
permis de répondre! Vous fentez combien la difcuflion perd
par ces interruptions; j'ai beaucoup de peine a retrouver le
fil de mes idées.
Le préfident : Continue.
Polverel: : J'avois aufli parlé de la profeription que les citoyens de couleur avoient éprouvée à Jérémie; je
rois par un fair poftérieur encore à notre arrivée à SaintLTRN
mingue, mais qui déceloit l'efprit de la commune de Jérémie
àlépoque & avant notre arrivée. On m'a réponda à cela
que les citoyens de couleur étoient fort bien traités a
Jérémie; qu'ils avoient été d'abord dérenus, mais qu'ils
evoient enfuite été mis en liberté; que plufieurs avoient été
même nommésà la municipalité; que l'émigration des hommes
de couleur, qui avoient été forcés poftérieurement de fe retirer vers la ville des Cayes; avoit été provoquée par euxmêmes, par leur prife d'armes pour obtenir par la force la
liberté de leurs frères qui avoient été mis en état d'arreftation : voila én gros ce qu'on vous a dit far ce' point. Vous
allez bientôt connoitre l'efprit de Ia commune de Jérén.ie
& des autres paroifes du quartier de la Grande-Anfe, qui
font Tiburon, la Caymitte, le Cap, Dame-Morie & les
Abricots. J1 ett vrai qu'en 1791 les hommes de couleur
avoienti été mis en arreftation tant dans lesparoilles de Jérémie que dans celle des Caymittes; il eft vrai encore qu'en
octobre 1791, fijene me trompe, l'affemblée coloniale avoit
nommé deux commillaires pour tâcher de né gocier avec les
paroifes du quartier de la Grande-Anfe, qui
font Tiburon, la Caymitte, le Cap, Dame-Morie & les
Abricots. J1 ett vrai qu'en 1791 les hommes de couleur
avoienti été mis en arreftation tant dans lesparoilles de Jérémie que dans celle des Caymittes; il eft vrai encore qu'en
octobre 1791, fijene me trompe, l'affemblée coloniale avoit
nommé deux commillaires pour tâcher de né gocier avec les --- Page 141 ---
habitans de Jérémie la libertér des hoames de couleur qui
étoient détenus. Les commillaires remplirent leur milfion', :
c'étoiend Cadufch& Raboteaugils la remplirent avect un' fuccèst
apparent : les hommes de couleur Furent mis en liberté tant
à Jé.émie qu'anla Cayinite,ice premier fait eft vrai; mais
voici d'aurres faits dont On n'a -pas parié : bientôt après
les hommes de couleur furent arrêtés, mis en détention par
lesi habitans de Jérémie.
& de
3 Par fuite de l'arrèré de pridencevde circonfpection
crainte, du 27 mai, l'allemblée coloniale ordonna, par arrêté du S juin
la mile en liberé des cirovens de
couleur détenus Ai paroitle de Jétémie; le conieil d'ad-.
miniftration du quartier dè laj Grande-A Anle envoie une
députation à T'allemblée coloniale pour lui repréfenter!
quil y a grand danger à mertre lest hommes de couleur
en liberté > qu'il eft impotlible derles metre en liberté 5'
fans avoir pris des mefures pour la tranquilité
Les orateurs mêmes de cette dépuration jultifient
ase
oà ils font de ne point mettre ces hemmes de couleur en
liberté; ils le juitifient par! les principes mêmes de l'alfemblée
coloniale. Ces orateurs lui difent: C'eft vous
nous. avez
de mertre ces hommes couleur en
a
mis dans Timpuillance
liberté, parla publiciré que vous avez donnée à vos principes
& à ceux du rapporteur du comité furles droits des-hommes
de couleur. Lallemblée coloniale fe trouve fort enbarrallée:
elle prend un arrèré, non pour ordonner l'exécution de fcn
arrèré-du 5 juin, mais elle renvoie à Blanchelande pour fe
concerter avec le confeil d'adminiftration de la Grande-Anfe
pour tâcher de rendre la liberté aux hommes de couleur.
Blanchelande, en effet, dansle malheureux voyage, voyage
trop mlheureux pour la colonie, qu'il fit dans la partie du
Sud, paffa à Jéremie; & là, par fa préfence. & celle d'une
force militaire impofante. 1E > fit mettre en libercé les hommes
de couleur qui éroient depuis long-remps détenus. Voila les
difpolirions des habirans de la commune de Jérémie, méme
après V'arrèré du 27 mai 1792.
des habiThonias Mil'et: Pour bien juger ces difpolitions
tans de Jérémie, fans doute les commiflaires qu'ils ont envoyés à la commiflion des colonies auront eu des inftruétions
conformes a ces difpofitions: Je demande la lecture des difcours faits par ces députés.
I à
mps détenus. Voila les
difpolirions des habirans de la commune de Jérémie, méme
après V'arrèré du 27 mai 1792.
des habiThonias Mil'et: Pour bien juger ces difpolitions
tans de Jérémie, fans doute les commiflaires qu'ils ont envoyés à la commiflion des colonies auront eu des inftruétions
conformes a ces difpofitions: Je demande la lecture des difcours faits par ces députés.
I à --- Page 142 ---
1;8
Polyerel: Je ne demande pas mieux que de faire cette
leéture; c'étoit pour économifer du temps & des frais d'impreflion, car je vous préviens
ce que j'aià lire contiend.a douze pages d'imprellion Rrse
Le préfident: Si cela eft relatif à la difcuflion.
Verneuil : Oui, citoyen.
Polverel: Je vais en donner lecture,
Millet : Je ne demande pas la lecture de toute la difcuflion qui a eu lieu, mais feulement du difcours qui a été
prononcé à la barre.
Polverel: Je lirai ce difcours; mais
vous
des
puifque
lectures, il faut que je vous life aufli le difcours exigez tenu
dans l'afiemblée coloniale par Onfroy, l'unn des commiffaires.
Millet: Fort bien ; nous aurons le droit de dire ce
c'eft qu'Onfroy, après cela.
que
Polverel lit :
Extrait du Moniteur général de la partie françaife de SaintDomingue, du 24juin 1792, No 41.
Séance du 23.
cc Une députation extraordinaire du quartier de la GrandeAnfe fe prefente à la barre : M. Charles, , I'un des commiffaires, s'exprime, au nom de la députation, , àp
en
ces termes :
peu près
>> M. le préfident, Meflieurs,
>> Le confeil adminiftratif de la Grande - Anfe, en nous
députant extraordinairement vers vous, nous a chargés
million bien impertante, , puifque de fon fuccès
d'une le
falut de fa dépendance.
dépend
> Depuis deux jours étoit annoncée à Jérémie l'arrivée de
la gabarre le Chameau, portant trois cent cinquante honimes
du régiment de Berwick, & M. le major-général, chargé
d'opérer le débarquément des hommes de couleur détenus
dans la rade. Cette nouvelle court avec la plus grande cé-
chargés
million bien impertante, , puifque de fon fuccès
d'une le
falut de fa dépendance.
dépend
> Depuis deux jours étoit annoncée à Jérémie l'arrivée de
la gabarre le Chameau, portant trois cent cinquante honimes
du régiment de Berwick, & M. le major-général, chargé
d'opérer le débarquément des hommes de couleur détenus
dans la rade. Cette nouvelle court avec la plus grande cé- --- Page 143 ---
lérité: chacun fe peint le danger d'autant plus imminent,
que, la femaine précedenre, leurs femblables avoient encore
renté, dans le quartier des Cayemittes, une invafion heureufement repoullée.
extraordinaire-
>> Les paroilles de la dépendance députent
ment vers le confeil adminiftratif: grand nombre de ciroyens
de la campagne defcendent de tous côtés; la fermentation
eft extrème, la gabarre paroit, .
Des commiffaites font
députés vers le major-général pour lui faire part des cruelles
inqsiérudes des ciroyens fur l'objet de (a million. Bienrôt
ilsreviennent, & donnent quelqu'efpoir de tranquillité. Enfin
M. de Rochefontaine paroit dans le fein de l'aflemblée, &
lui remet la lettre à elle adreffée par: M. le commiffaire national civil : fa lecture ranime la fermentation dans les efprits
avec d'autant plus de violence , que, dans tout fon contenu, les ciroyens y font gravement & fauffement inculpés. recevoir
On propofe de nei s occuper dans ce moment qu'à
le, brave dérachement de Berwick, & d'ajourner la féance
au lendemain. Cette propolition eft acceptée,, & tous les
citoyens yont s'acquitter envers ces braves militaires de devoir
facré de Thofpitalité.
J 22 L'orateur rend compte ici de la féance du lendemain
juin, d'oà il réfulte que la commiflion extraordinaire de
# Grande -Anfe a été nommée pour venir demander aux
trois autorités réunies au Cap, tant pour la propre sûreté
des hommes de couleur que pour le maintien du bon' ordre
dans le quartier, un furlis pour la promulgation de la loi du
4 avril & pour la rélaxation des hommes de couleur dérenus
dans la rade de Jérémie. Il prévient toutes les objections
qu'on peut lui faire; il rend compte de leur embarquement
qui a prefque sout été fait fans réliftance & même de bonne
volonté, des foins de la commune de ce quartier pourleur
fournir tous leurs befoinsà bord, & pour faire conrintter &
fructifier la culture fur leurs propriétés. Enfin il demande,
au nom de l'humanité, & fur-tour
la sûreté parriculière des hommes de couleur détenus P bord, quoiquil réporide de la modération des blancs & de leurs bons procédés à leur égard, & même, d'après l'intention bien manifeftée de beaucoup d'entre eux > qu'il foit furlis à leur
I 3
leur
fournir tous leurs befoinsà bord, & pour faire conrintter &
fructifier la culture fur leurs propriétés. Enfin il demande,
au nom de l'humanité, & fur-tour
la sûreté parriculière des hommes de couleur détenus P bord, quoiquil réporide de la modération des blancs & de leurs bons procédés à leur égard, & même, d'après l'intention bien manifeftée de beaucoup d'entre eux > qu'il foit furlis à leur
I 3 --- Page 144 ---
rélaxation jufqu'à ce que le ben ordre foit parfairémene
rérabli dans les quartiers circonvoifins. >> 7R
Voila la pétition, le difcours dés déparés à l'affemblée
coloniale : voici ce.que dit Onfray,
Polverel lit:
sonth -
nes
7+3 Difcours a'Cifroy, excrait du Monicaur général.
Séance du 22 juin.
w
Onfroy continue.
wpla
"Toujours amis de la vérités pourrions nous, )
vous
taire que vos commettans fe font nourris de meflieurs, ves
cipes: 2 Ils ont lu avec empreflement le rapport de la prin- commiflion que vous aviez chargée de vous préfenter un plan
d'organifation pour Saint-Demingue: 5 ils" y ont vu que M,
Dumas, rapporteur, nous repréfente les hommesde couleur
comme une clafe infermédiaire, devenue le Réar de SaintDomingues la caufe de tous fes defapres. Il ne peut encore
concilier ces fentimens avec les bienfai-s inouis
leur
accorde, & far-rour avec l'crdre de leur
à J6rémie. Et
ERAEST
plus loin, er parlant de l'ancien régime, M: le
rapporreur ajoute : Croyez-vous que le pouvoir que vousiau=
riez rétabli dans la colonie pir vous - garantir des atteintes
que le pouvoir léaiflatif de France voudroit porter à vos
propriérés & à vos droits 2 Auroitil les moyens de réfifterà
des décrets dictés par Fenthonfiafme des nouveaux principes? Non fans doute 5 réduità une obéillance. pallive, ce
pouvoir que vous auriez appeié pour vous protéger, feroit
obligé de coopérer lui-mème à votreld deftruction fi elie étoit
ordonnée. Je ne vois plus dans cette lorganifation que de
nouveaux troubles, de nouveaux défaftres 5 qui confommeront la perte de la colonie, V0
3> Je-le dis avec lè fentiment d'une intime
d'une profonde convidtion, la colonie ne peut renaitre confiance, de
fes cendres; fa poftérité ne peut être. rétablie fur des bafes
folides
fous la loi confticusionnelle du 28 feptembre
1791; cae loi eft le véritable palladium qui garantit fon
exiftence & fa sireté. 3 --- Page 145 ---
Après cet extrait du rapport, Onfroy reprend :
ce font-là les
Ies
ec
Confidérez, meflieurs, que
principes, & imfentimens avoués hautement dans cette aflemblée, confidérez mainprimés par fon ordre dans le mois dernier;
s'il eft poftenant notre éloignement de la capitale, & voyez
auili
fible d'exiger un retour aulli prompt, > un changement
fubit dans les opinions que nous portions dans.le cur > que
nous avons vu profeller par Tatlemblée de nos repréfentans.
Ies
ec
Confidérez, meflieurs, que
principes, & imfentimens avoués hautement dans cette aflemblée, confidérez mainprimés par fon ordre dans le mois dernier;
s'il eft poftenant notre éloignement de la capitale, & voyez
auili
fible d'exiger un retour aulli prompt, > un changement
fubit dans les opinions que nous portions dans.le cur > que
nous avons vu profeller par Tatlemblée de nos repréfentans. lui én faire
Si c'eft une erreur, lallemblé coloniale elle-mème. ne peur Nous avons
uni crime 3 elle y auroit été induite
&c
vu dans fes principes la confervation de nos ptopriétés,
nous efpérions trouver en elle le véritable palladium
& nos
Quoi qu'il en
Te
garantit notre exiftence
propiétés, la nécellité de vous
meflieurs, puifque vous avez reconnu nationale, daignez au
foumettre à la volonté de l'allemblée
fe
moins vous abandonner à cette fatale nécellté hâter loriqu'elle les inffera (entir : nous vous conjurons de n'en pas
avec honneur;
tans : & s'il faut périr, nous faurons le faire les derniers
mais lailfez à d'autres le foin de nous porrer
coups. >>
Voilà difcours
Taflembléc ccloniale fouffre
21 Polverel:
le
que
la détenticn
que Yon tienne dans fon fein pour prolonger
Tdesi hommes de couleur dans le quartier de la Grandc-Anfe,
contre la lettre de fon arrèté du 27 mai, & par conféquent la lettre de
-contre la loi du 4 avril; mais quoique contre
étcient
Parrèté, précitement en vertu dés principes qui Y. énoncés, Vaflemblée coloniale enténd fort tranquillement,
fort bénévolement, tout ce qu'on lui répète de ces principes,
& finit par ordoner, non pas l'exécurion de ce qu'on
Wui demandoit; mais voici les termes de l'arrèré. c'est
Thomas Millet : Jepriela commiflion d'obferver que &
Charles qui a porté la parole au nom de la commune,
l'opinion qui vient d'ètre émife ércit celle d'Onfroy ,
que ci-devant confeillr au parlament de Bretagne, réfugié à
Saint-Domingue depuis la révolution. Senthonax : Membre de Tallembléc coloniale. Thomas Miller : Il n'étoit pas membre de lailemblée CO
louiale. --- Page 146 ---
-142
Polverel: Il étoit l'un des commiflaires
tion. de cette députaIl lit:
Arrêté de r'afembléc coloniale, du 25 juin
1792. Extraitdu Moniteur général. ec L'affemblée, après avoir entendu les
naires de la Grande-Anfe, les renvoie
dépurés extraorditenant au gouvernement général, à l'effer pardevant de
M.le lieului les moyens les plus convenables de
concerter avec
de fon arrèré du 5 juin dernier, fans parvenir à l'exécution
reté des quartiers de Jérémie &
comprometrre la sûdes hommes de couleur détenus dépendances, dans la rade ni l'exiftence
arrête en outre que les députés de ce
de Jérémie;
aux dépurés extraordinaires
quartier fe réuniront
95 Déclare,
pour parvenir à ce but.
ffer pardevant de
M.le lieului les moyens les plus convenables de
concerter avec
de fon arrèré du 5 juin dernier, fans parvenir à l'exécution
reté des quartiers de Jérémie &
comprometrre la sûdes hommes de couleur détenus dépendances, dans la rade ni l'exiftence
arrête en outre que les députés de ce
de Jérémie;
aux dépurés extraordinaires
quartier fe réuniront
95 Déclare,
pour parvenir à ce but. dant la durée des laflembiée, troubles 3 que depuis la naiflance &
quartiers, les paroiffes de Jérémic, qui ont dévafté preique tous MOe
buron > des Abricers & du
des Cayemittes, de' Tiun courage, une fermeré, une Cap-Dame-Maric, union qui
ont déployé
droits légitimes à la reconnoiffance
leuront
des
tend de leur parriorifine tous les facrifices publique, &
atmrt
opérer le falut de la colonie. 3>
nécelfaires pour
Poge : Je demande que le ciroyen
verel de déclarer fi le rapport fait
interpelle Polcomité de conftirution de Faffemblée par
au nom du
mfea
Dumas dit qu'il regarde le décret du coloniale, dans lequel
comme le palladium de Ja colonie
24 feptembre 1791
rieur ou poftérieur à T'arrivée & à s la file rapport eft antédu 4. avril. connoiflance de la loi
Polverel: Je n'en fais rien.
: Je demande que le ciroyen
verel de déclarer fi le rapport fait
interpelle Polcomité de conftirution de Faffemblée par
au nom du
mfea
Dumas dit qu'il regarde le décret du coloniale, dans lequel
comme le palladium de Ja colonie
24 feptembre 1791
rieur ou poftérieur à T'arrivée & à s la file rapport eft antédu 4. avril. connoiflance de la loi
Polverel: Je n'en fais rien. : Iépeque eft conme,
Eh bien, vous
RSF
facile de fixer l'époque de la fixerez; ; il vous eft bien plus
ne les connois pas & ne dois vOs pas propres les connoitre. actes que moi qui
Senac : Il faudra revenir érernellement fur
il feroit plus fimple de terminer,
ces faits là; --- Page 147 ---
Polverdl : Voilà quel étoit l'efprit de Jérémie, après l'arrêté du 27 mai 3 ou même en vertu des principes contenus
dans cet arrêté. La municipalité deJérémie a été
& on vous a dit qu'ily a eu deux ou trois citoyens organifée, decouleur nommés dans la municipalité; j'ai oui dire, en effer,
qu'il y avoit eu deux hommes de couleur nommés dans le
confeil-général ; un > Blanchero: >' & u111 autre dont je ne
me rappelle pas le nom : mais on m'a dit que ce Blancherot & cet autre avoient reçu des lettres anonymes qui leur
avoient annoncé des difpolitions fi favorables de la part de
leurs concitoyens > qu'ils s'étoient hâtés de donner leur démiflion.
: Pernexil:Je demande que Polverel articule la
de
ce qu'il avance.
preuve
Pobverel: Je vous disqu'on me l'a dit; d'ailleurs la preuve
n'en fera pas fi difficile que vous le croyez.
Kerneuil: C'eft ce que nous verrons.
Polverel: Quelque temps après, & à l'époque de la fuite
des habitans deJérémie ou de leurs frères, un nommé Thomany , fi je ne me trompe, fous prérexte d'une rixe
avoit eue avec un noir, eft arrêté. Les hommes de couleur qu'il
préfentent une pétition pour obtenir la liberté de ce Thomany. Cette pétition, elt rejetée par la municipalité, fous
qu'elle n'eft pas fignée. Les citoyens de couleur font
PES la
de fe raflembler pour figner une pétition 3 ils font
armés, car dans ce pays là on ne
fur-tour
les troubles, qu'avec fes armes. Voila veyage, ou les attendoit depuis la
municipalité de Jerémie; elle fonne le roclin dans le
tier contre les citoyens de couleur; elle écrit aux
quarroifles de la Grande-Anfe,
appeler des forces quatre auxiliaires pade leur part, ordonne & ee effectuer lap prife d'armes contre
ces mâlheureux citoyens de couleur 3 qui font
defe
fauver par des montagnes inaccellibles 8c julqu'alors obligés non pratiquées. les
celles' de la Hotte > je crois, de fe fauver vers
Cayes, & ils n'ont
pu, depuis tout-à-Theure
ans, > rentrer fur les TEE Voila, ciroyens, les deux
fitions lors actuelles en 1792 & 1793, de la part des
blancs de Jérémie envers les
ade
même jai été le premier à blâmer hommes la faute de couleur 5u car moicitoyens de couleur de fe raffembler en armes, qu'avoient foit dans faite les
une
, de fe fauver vers
Cayes, & ils n'ont
pu, depuis tout-à-Theure
ans, > rentrer fur les TEE Voila, ciroyens, les deux
fitions lors actuelles en 1792 & 1793, de la part des
blancs de Jérémie envers les
ade
même jai été le premier à blâmer hommes la faute de couleur 5u car moicitoyens de couleur de fe raffembler en armes, qu'avoient foit dans faite les
une --- Page 148 ---
C
lettre que j'adreffai à eux-mèmes, foit dans une lettré que
j'envoyaia la municipaité de Jérémie, foit énîn dans les
inftructions
je donnai à un militaire envoyé dans ce
quartier par qpr commandant de la parrie du Sud.
Verneuil: : Le noi de ce milizaire,
J Polverel : Il eft mort malhearaufement 3 fon nom eft
Mony. C'étoit un des meilleurs republicuins envoyés par le
commandant de la parrie du Sad;, les infructions exiftent.
J'avois denc blâmé la faure faite par les citoyens de couleur,
que je regardois comme une très-grande imprudence 5 mais
cé:oit un piège que la' municipaliré elle - mème leur avoit
tendu: mais en, fuppolanela faute encore plus gravequ'elle
ne' Téroir, cela devoit-il retenir ces malheureux loin de leurs
foyers, loin de leurs propriétés, pendant déux ans,, car ils
y-fonr encore? L
Senac : Je vous prie, ciroyen-préfident, de vouloir bien
interpeller le ciroyen Polverel, car il paroit avoir des notions très-précifes fur rout ce quivet palle; s'il fait A,
F Poque du raffemblement qui a eu lieu-à Jérémie, des
citoyens aflemblés au Petit-Trou n'ont pas été affaflinés
lieu
& 11 ce n'eft pas la' fuire de cet affallinat qui a donné
aux mefures qui ont été prifes.
2, Polverel: C'eft,dites- vous, far un affafinat commnis au
Perit-Trou?
LAL Senac: Oui.
alo Polverel: En quelleannée?
pt Senac : En 1790.
Polverel: Le fait don: je parle eft arri.é en 1793.
Senac : C'eft que les mefures prifes
la municipalié
'de Jérémie Y'ont éré d'après cet
SEREN
S77 Poiverel: J'ai déja répondu a des faits que lè citoyen
Miliét a dits,ou du moins je vais répondre.
q yvosl
-SI Sende: : Vous n'en'avez pas connoilance?
de
210 Pohverel: : Non. Je vous avois patié : citoyens 3
quelques hommes de couleur dans le quiartier dela Grande
Anle, Fqu'on avoi: challés de leurs propriétés > dont 01
avoit même chaifé les noirs alors efclaves, & qu'on na
voit jamais voulu', permettre à ces citoyens de rentrer fu le
Heuts propriétés' avec leuirs efclaves. On ma demandé
wom'de ces citoyens'; je me fuis "rappele le nom.de Tun
Non. Je vous avois patié : citoyens 3
quelques hommes de couleur dans le quiartier dela Grande
Anle, Fqu'on avoi: challés de leurs propriétés > dont 01
avoit même chaifé les noirs alors efclaves, & qu'on na
voit jamais voulu', permettre à ces citoyens de rentrer fu le
Heuts propriétés' avec leuirs efclaves. On ma demandé
wom'de ces citoyens'; je me fuis "rappele le nom.de Tun --- Page 149 ---
d'eux, & je Tai ditsje ne me fuis pas ropio-lesieil des
autres , & je ne l'ai pas dit. J'ai nammé Nocl Wzor; far
de champ o11 s'eft emparé de ce Noël Azor ; on'lui a accollé
trois autres hommes , un nommé Lepage & deux'autres dont
jen ne me rappelle pasiles nois 5 on"leur a imputé en mafle allaldes crimes les plus abominables , aflhlinats dé rère,
inats de mère 5 vielation de femmes enceintes, en un mot
-tontes les horreurs. - Impute-ton les trois crimes à Noel
Azor? Ne lui en impute-t-on quer deux : Ne lui €n impute-t-on
? Voila des faits que d'abord il cût fallu
fixer 5 car FR eft facile d'accufer en malle, mais ileft trèsdifficile de répondre à de pareilles impurations, quand les
ce
dit Milletà
faits ne font pas préciles. ii paroit, par qu'a Azor devoient
cet égard , que les crimes impurés à Noel
été ablous
ètre dune ancienne date, car il a dit qu'il avoit
par jugement; &
infiumer la conféquence qu'on pou- dit
voit tirer mtumnitnet de ce jugement d'ablolution, ila
que c'étoit ferrand-de-Baudidtee qui avoit juge le proces,
& l'on avoit commencé par prévenir les efprits, en annonçanrique Fertand de-Baudière étoironmmuvais fujet.Je 1 n'entrerai pas dans' ia difeuflion de la moraliré de Ferrand-deBaudicre; il ett allez connu , & fa mémoire allez refpectée;
mais je me fixe fur l'époque de jugement des faits impurés - il
à Noël Azor, Sirceft Ferrand-de-Baudière qui la jugé >
eft évident quel c'efti avant d'être affaffiné qu'il a rendu ce
jugement; par confequent, ceft avant 1790, &c c'eft en
1792 & 1793 que la commune de la Caymitte s'arroge le
droit de punir! par Texil & la privation de fes propriétés un
homme que la juftice avoit abfous'd den crimes antérieurs.
Thomas Miller: Jen'ai pas dit cela. J'ai dit que ,par des
faits antérieursà la révolution , Lepage & Latond, ainfi
que Noël Azory avoient été Violemment compromis 3 &c
qu'un jugement jes avoit ablouss mais ce fait là n'a aucune elpéce de rapport à la révolition; je Tai cité pour
vous faire connoitre ces hommes qui ont commis, depuis,
Jes-horreurs qui ont foulevé les noirs, & les ont fairchaffer
de leurs propriérés.
-
Polverel: Cen'eft donc
ces crimes que Noël
Azor & les autres ont été
leurs propriétés:
dertt
Miller : J'ai dit politivemen: que c'étoit pour l'affa ffinat
de la femme Séjourné,
là n'a aucune elpéce de rapport à la révolition; je Tai cité pour
vous faire connoitre ces hommes qui ont commis, depuis,
Jes-horreurs qui ont foulevé les noirs, & les ont fairchaffer
de leurs propriérés.
-
Polverel: Cen'eft donc
ces crimes que Noël
Azor & les autres ont été
leurs propriétés:
dertt
Miller : J'ai dit politivemen: que c'étoit pour l'affa ffinat
de la femme Séjourné, --- Page 150 ---
Polverel: : Quelle eft l'époque du prétendu affaffinat de
sette femme Séjourné :
Page : A la fin de feptembre ou dans les premiers jours
d'octobre 1791.
Polverel: Voilà bien l'époque de l'affaffinar commis
Noël Azor & fes préténdus compli:es fixée, de ce crime par
dure pour lequel Azor c les autres onr ét6 punis d'un exil
encore ; eh bien! c'eft au mois d'octobre 17917 8t
toyens, vous allez voir que les commiflaires de laffemblée
coloniale fe trantportent d.ns la peroiffe de la Caymitte pour
réconcilier les blancs; avec les hommes de couleur
tâcher de rapprocher les efprirs 5 c'eft à cette
> pour 1
la commune de la Caymitte confent, par les foins époque de fes com- que
millaires, à une amniftie générale envers les hommes de
couleur , fans aucune exceprion - Noël Azor n'en eft pas
plus excepté que les hommes de couleur ; c'eft en 1792
qu'onle bannit, & c'eft en 1793 qu'on perfévère dans cette
mefure qui le tient encore loin de fes propriérés. Le
cès-verbal fait par les deux commillaires de l'affemblée pro- COloniale eft du 22 octobre 1791; & fi l'on fe
à
nier que l'amniftie ait été génétale & qu'il y ait prépare eu une
exception pour tel & tel, je lirai le procès-verbal, fi l'on
m'y contraint. Vous verrez, citoyens.quil.ny a aucune
exception, que tous les hommes de couleur: ont amniftie
& que ceux qui étoient détenus font mis en liberté,
>
Poge : Je vous prie > citoyen-prdlident, d'interpeller Polverel de dire quel a été le motif de l'amniftie accordée
l'allemblée de Jérémie & l'allemblée coloniale.
par
Polverel: Je répondrai par la lecture du procès-verbal - >
que je ne connois ce qui s'eft paffe
par le
ESTOURI Je vais le lire; cela fera
plus Sor
: J'ai
Te
Page
dit qu'à la fin d'oétobre Noël Azor,
& autres prirent les armes > que le quartier a de Jérémie Lepage fe
poria contre'eux. Dix à douze d'entre eux furent pris & conftitués prifonniers. Le quartier de Jérémie dépata vers l'af
femblée coloniale pour favoir ce qu'il devoit faire de ces
hommes de couleur 3 l'affemblée coloniale prit un arrêté
par lequel elle envoyoit deux commiflaires à Jérémie
faire rendre la liberté à ces hommes de. couleur faits pour
fonniers par les blancs; & dansl'arrèté de l'affemblée colo- pti-
furent pris & conftitués prifonniers. Le quartier de Jérémie dépata vers l'af
femblée coloniale pour favoir ce qu'il devoit faire de ces
hommes de couleur 3 l'affemblée coloniale prit un arrêté
par lequel elle envoyoit deux commiflaires à Jérémie
faire rendre la liberté à ces hommes de. couleur faits pour
fonniers par les blancs; & dansl'arrèté de l'affemblée colo- pti- --- Page 151 ---
niale, elle dit qu'elle réferve aux commiffaires civils
famment attendus dans la colonie, de ftatuer fur ce incefconviendra de faire de ces hommes de
qu'il
à la main, Les commiffaires de l'affemblée couleur pris les armes
à la municipalité de Jérémie
coloniale, réunis
hommes de couleur furent mis , portèrent l'amniftie. Les
encore après. Ceft
en liberté, ils fe réunirent
faflinat de la femme après cette époque que fut commis l'affut commis à la fin Sgjournés de
&c fj'ai dit que le meurtre
feptembre ou au
d'octobre, s c'eft une erreur de temps; ce fut commencemient
niftie qui fut portée le 20. Les
de après l'amexiften: dans vOs regiftres; & demain preuves
Taflaflinat
dates.
je vous apporrerailes
Polyerel: Ce ne fera pas là lar dernière
verrez les citoyens colons varier fur les dates fois que vous
faits.
& fur les
Page : J'ai défigné une époque.
Polverel : Vous l'aviez établie fr la fin de
au commencement
feptembre ou
en auront pris note. d'odobre,f'efpere Voici le procès-verbal. que les tachygraphes
Illit:
mois c L'an d'octobre, mil fept cent quatre - vingt onze , le 22 du
heures du matin, nous fommes partis, de Jérémie, fept
& de, M.I Delombrayes, accompagnés de deux officiersn municipaux
cortés par un détachement commandant de
pour le roi, & ef3) Arrivés au' corps-de-garde dragons, des Rofeaux, lieu
pour latréunion, peu après font arrivés MM. les indiqué
municipaux de la Cayemite, accompagnés de
ofliciers
bitans blancs du difirict, & fuivis d'une
plufieurs hades hommes de couleur défarmés.
certaine quantité
>> Après avoir fait connoitre à MM. les officiers munifaires cipaux T'mrention de l'allemblée en envoyant des
pris dans fon fein, nous avons
commifde couleur les torts qu'ils avoient expofé aux hommes
dit que l'aflemblée
eus 3 nous leur avons
étoient entrainés
> des convaincue par leur mobilité
fa fageffe de les raiiurer par
confeils pernicieux, avoit cru qu'ils de
feltées déja dans fon arrêté une du fois fur fes intentions maniclamation du général qui l'avoit 20 fuivi feptembre leur . > que la
avoit tracé Ie
, nous avons
commifde couleur les torts qu'ils avoient expofé aux hommes
dit que l'aflemblée
eus 3 nous leur avons
étoient entrainés
> des convaincue par leur mobilité
fa fageffe de les raiiurer par
confeils pernicieux, avoit cru qu'ils de
feltées déja dans fon arrêté une du fois fur fes intentions maniclamation du général qui l'avoit 20 fuivi feptembre leur . > que la
avoit tracé Ie --- Page 152 ---
14S
dévoir, &i que cependant sau mépris det toures lesaurorités
légirimes , ils avoient fairaumain armée des demandes, non
feulement ontrées, mais nuilibles à leurs propres in:érèts. Ils
nous. ont- dit quils n'avoient pas connoitlance de' lar proclahations 5 & que c'étoit le concordat qui les aveit égarés
croyant qu'érant accepce pour le Port-au-Ptince, & rendu.
public par l'impretlion, il étoit avoué: &c accepié.
31 Alors nousleuravons remis la proclamation du général.
Raffurez-vous, leur avons-nous dit, &. armez-vous contre
tout ce que lon ponrroit vous dire pour alrérer votre confiance en. lallemblée générales elle n'a pour but que la
cenfervation des propriérés & le bonheur commun. Cen'eft
pas dans le trouble & dans la guerre qu'elle peut le faire
éclore; croyez donc qu'ellone voust a pas fait des promelfes
qui, fi élles devanoient vaines, feroient la fource d'un
trouble pareil à celui que vOs doutes fur fes intentions ont
fair naitre s & qui feroit alorsi légitimé par fon infidélité.
décret
On vous dit qu'elle vous promer-fexéeuion. d'un
qu'elle fait ne pas devoirartiver, & dont elle follicite vivement Tancansilismenc: fermez l'oreille à de parcils propos.
annonce deElle a envoyé'en Francefix commillairesiqu'elle
puis fi long-temps avec tous Tes décrets qui peuvent être appliqués à la conititution de Sainte-Domingue, & ceux qu'ellé
ainfi
1 des forces nécefa rendus fpécialement pour elle,
que"
faires pour faire finir la révolte des negres.
> On vous a fait aroire aufli que l'allemblée générale
dans cette ifle les Anglais
la leur livrer
a0Ec
peloit
pour
& 8c, éluder
des forces majeures, détruire vOS prétentions
fes
promefles.
>> Nous fommes nous-mêmes les commiffaires chargés
d'expédition près du gouvernement anglais. Voicinotre miflion
confignée dans cet imprimé. Lifez tout cela avec quelqu'attention parmi vous; & quand vous aurez bien reconnu la
fauffeté des avis qu'on vous a donnés , jugez des motifs, &
reconnoilfez enfin dans ceux qui vous confeillent, vOs véritables ennemis & les notres, car notre fort eft commun.
voilà le lien
enit
La confervation de'nos propriérés,
qui avoir
nosintérèrs, & la mefurede la confiance que vous devez
dans l'aflemblée des repréfenrans de Saint-Domningue, --- Page 153 ---
(49
53 Voyez encore dans le nouvel arrèré qu'elle vient des
pfendre > fi elle fe lafle d'étendre fa bienveillance fiur
hommes de couleur ; la formation qu'elle a arrêrée, offre.a les;
peauicoupd'entre vous les moyens d'avoir la jouiflance
Hune liberté qui pouvoir être recherchée.
pailible,
> Aur refte, reconnoiilez encore que c'eft vous-mèmes
tetardez les eilets de fa promeffe;le trouble qui règne, la
ifion des
dans le nouvel arrèré qu'elle vient des
pfendre > fi elle fe lafle d'étendre fa bienveillance fiur
hommes de couleur ; la formation qu'elle a arrêrée, offre.a les;
peauicoupd'entre vous les moyens d'avoir la jouiflance
Hune liberté qui pouvoir être recherchée.
pailible,
> Aur refte, reconnoiilez encore que c'eft vous-mèmes
tetardez les eilets de fa promeffe;le trouble qui règne, la
ifion des efprits,s'oppofexr: à ce qu'elle pole les grandes bafest
jui doiven: ulligner à chacun la portion ve droits & de pour
Foirs qui lui appartient. Uniffez-vous, faites régner la
& vous hârerez votre jouitfance.
paix,
35 Si julques-la vous avez des ob ervations, des demandes
quelconques à faire, adreffez-vous avec confiance à l'affemblée
rénérale; vos pères la compolent, & vous entendront avec
al bonté quiles caractérife. Si quelqu'inguftice vous eft faire,
blnignez-vous,8 vous verrez, par la juftice qui vous fera renHue, que tout eft égal aux yeux de la loi.
3, A ces paroles paternelles > les hommes de couleur ont
Abjuré leur erreur > protefté contre toutes leurs fautes, les
ejetant fur leur ignorance, & nous alfurent que leur coeur
Etoit pur. Non contens de Thommage qu'ils vous ont rendu
Hans les perfonnes de VOS commillaires, ilsnous ont'dit
voulcient vous faire une adreffe oà tous leurs fentimens qu'ils fePojsntespcimésque rienàl'avenir. ne pourroitles détourner de
a,confiançe quils avoient en vous, & du refpect éternel
vouloient vous conferver.
qu'ils
>> Nous avohs alors requis la municipalité de les remettre
en armes, afin que fervant, non pas par
bien diins leurs diftriéts refpectifs, ils
compagnie, mais
fuiveillance générale. Il nous a été ablervé puflen: concourit lors du à la
Karmement, la municipaliré des Cayemittes que, n'avoit
d6- été
maitreile d'empècher quep plufieurs particuliers de las commune pas
ne Priffent de ces armes; à quoi nous avons
bien il étoit furpremant que l
le témoigné comfacré de tois, ne far pas refpectés "propriété & confidérant >
droit le
peut-être alimenter des
que ce
etut
dec couleur , que de ne pas inquiétudes les réarmer, dans après l'efprit des hommes
faires le leur ont promis, nous avons réclamé que vos commil
de la conmune des Cayenirtes, il fir donné à qu'aux ces
des armes équivalentes à celles
im
qu'ils avoienr dépofces; &c à
de tois, ne far pas refpectés "propriété & confidérant >
droit le
peut-être alimenter des
que ce
etut
dec couleur , que de ne pas inquiétudes les réarmer, dans après l'efprit des hommes
faires le leur ont promis, nous avons réclamé que vos commil
de la conmune des Cayenirtes, il fir donné à qu'aux ces
des armes équivalentes à celles
im
qu'ils avoienr dépofces; &c à --- Page 154 ---
Ige
avons avertiles mulatres de n'être pointinquiets du
set effet,
occalionner leur réarmement.
petit retard
pourtoit fe font réunis une feconde fois pour venir
22 Ces
.dotte
les affurances de tous les fentimens,
encore nous renouveler
les ciqu'ils nous avoient exprimés > nous priant d'engager
des Cayemittes de les traiter avec bonté.
donne
toyens
tous les vifages la fatisfaction que
>> Ayant vu fur
nous nous fommes féparés 8c
Tefpoir de la tranquillité >
nous avoit accomremis en route avec le même cortége qui
pagnés de Jérémie.
avons été reçus au bruit d'une
>> Rentrés en ville, nous avoir y appris à la municipalité le
falve d'artillerie, & après
congé, & nous fommes
fuccès de notre miflion, en avons drefler pris le préfent procès-verbal
retirés en notre logis pour y
qui contient vérité >2,
Signé, P. L. de CADUSCH & P. J.RAROTEAU.
Voilà, citoyens, la date de ce rapprochement accordée des efprits, aux
de cette amnifties fi lon veut Tappeler ainfi, & encore une
hommes de couleur, au 22 octobre
délit que l'on
une
antérieure pour
Roti.
fois on a fixé
époque à Noël Azor & à fes prérendus comprétend attribuer avois
d'un autre fait antérieur à notre
plices- Je vous
parlé & poftérieur à l'arrêté du 27 mai
arrivée à Sam-Domingnes
1791: : c'eft la fufillade du Cap.
la-deffus;
juflifier cet événement; on a gliffe
On ne pouvoit voulu chercher quels étcient les premiers
on n'a pas même fufillade; il étoit affez facile de les trouver.
auteurs. de cette
dans des fources fufpedtes à
Je ne veux point les' chercher c'eft dans le récit de ces événemens là,
l'aflemblée coloniale;
chercherai les
fait par fes ordres, & qu'clle a adopré, que a fabré, blellé
C'eft un blanc
eer
auteurs de cet événement.
eu aucun
à mort un homme de couleur > avec lequeliln'aveit réfulte du récit fait par
démèlé. Voilà, citoyens 5 ce qui coloniale. Cette affemblée
l'ordre& Coamlenye.ietuimmble
dans laquelle
a fait, peu de temps après, une proclamation troubles avoient pour caufe
elleeftconvenue que ces nouveaux exiftoit encore entre les deux cour
une méfiance générale qui
leurs;
>
auteurs de cet événement.
eu aucun
à mort un homme de couleur > avec lequeliln'aveit réfulte du récit fait par
démèlé. Voilà, citoyens 5 ce qui coloniale. Cette affemblée
l'ordre& Coamlenye.ietuimmble
dans laquelle
a fait, peu de temps après, une proclamation troubles avoient pour caufe
elleeftconvenue que ces nouveaux exiftoit encore entre les deux cour
une méfiance générale qui
leurs;
> --- Page 155 ---
leurs; voilà le fait de la méfiance générale avouée, à une
époque très-rapprochée de notre arrivée à
dans le mois d'aofit 1792; ; voilà, dis-je, cette Saint-Domingue, méfiance entre
les deux couleurs avouée par l'aflemblée coloniale.
Verneuil : La leéture.
Polverel: Volontiers. De quoi demandez-vous lecture? 1
Verneuil: Je demande lecture du récit fait à l'affemblée
coloniale de l'affaflinat du nègre.
(Polverel le lit ).
Récit des événemens qui ont troublé La tranquillicé
-
dans
publique
laville du Caples 13 6 14août 1792, & des mefures
ont
qui
été prifes pour la rétablir.
ce Le 13 août, vers 7 heures du foir : un nègre & une
nègreffe elclaves prennent querelle, en viennent aux
au carrefour des rues Taranne de Vaudreuil. Un mains, le
fieur Sourbes > devant la demeure duquel fe pafloit blanc, cette
fcène, veut y mettre fin. Ilentre dans fa maifon; fon fabre
fe rencontre fous fa main; ils'en faifit, fort, &, fans
ner, frappe fur les combattans, afin de les féparer. dégai-
>> A leur grouppe s'étoit mélé un nègre, Hasard, dit
Montfort, venu pourl les féparer auffi.
9> Il eft un de ceux fur qui tombent les coups-du fieur
Sourbes; il fe trouve bleflé grièvement. On le conduit chez
fa frur, 3 la demoifelle Catherine, dite Montfort, nègrefle
libre, logée dans le même iflet, fur la rue Royale.
> Cet événement attire beaucoup de monde,
d'hommes de coaleur & de nègres libres. Il s'élève une beaucoup grande
rumeur, il fe tient des propos alarmans.
3> L'avis en parvient à l'affemblée provinciale - alors en
féances elle le fait paffer par des commiflaires, à M. le maire,
à M. le procureur ds la conmane: : & vul'urgence > elle fair
donner ordre à l'officier commandant des gardes nationales
Tome II.
Quinzième liyraifon.
K
coaleur & de nègres libres. Il s'élève une beaucoup grande
rumeur, il fe tient des propos alarmans.
3> L'avis en parvient à l'affemblée provinciale - alors en
féances elle le fait paffer par des commiflaires, à M. le maire,
à M. le procureur ds la conmane: : & vul'urgence > elle fair
donner ordre à l'officier commandant des gardes nationales
Tome II.
Quinzième liyraifon.
K --- Page 156 ---
à cheval, de fervice au pofte de la maifon commune. , de fe
tranfporter fur les lieux avec une. patrouille , pour difliper
l'atroupement.
elle
>> L'ordre eft auflicôt exécuré ; la parrouille arrive:
trouve effeélivement beaucoup d'hommes de couleur & de
nègres libres en armes, raffemblés dans la rue Royale. Elle
leur fairles repréfentations convenables > ils promettent de fe
retirei : elle va battre les environs, retourne & retrouve le
même attroupement; elle y entend des propos incendiaires:
elle ordonne alors aux perfonnes attroupées de fe retirer, &
parvient à fe faire obéir.
le fieur
fe munit
> Un brigadier de maréchauflée,
Belifle,
d'une déclaration du fieur Sourbes fur le fait qui vient de.
fepalfer, & la porte à un officier-municipal 3 M. Domergue.
L.ofmeier-municipal fe tranfporte auprès de l'homme bleffé;
il arrive au moment où Tartroupement fe diflipe à la voix
du commandant de la patrouille. Il s'affure par fes yeux du
corps du délit, il requiert les médecin & chirurgien du roi
de venir de fnite le conftater. Le chirurgien du rci, & un
autre chirurgien qui avoita adminiftré les premiers fecours à
Hafard, dit Mon:fort, lui atteftent la 'réalité des bleflures.
Il mande le fieur Sourbes & l'interroge ; le fieur Sourbes
convient que c'eit lui qui a frappé & bleffé Hafard, dit
Montfort: mais il ajoute qu'illa pris pour un efclave, &
pour être un de ceux qui le bartoient > qu'il n'a frappé fur
eux que dans l'intentionde les féparer; que fon fabre n'étoit
point. dégainé, & que fi Hafard, dit Montfort, fe trouve
bleflé, c'elt par un accident involontaire > c'eft parce que
l'embout a quitté le fourreau dans les mouvemens qu'il a
faits.
du
du délit &
>> Malgré fes excufes, l'évidence
corps
l'aveu du fieur Sourbes déterminent Toffcie-municipala le
faire mettre en état d'arreftation aux prifons civiles; ily eft
conduit vers IO heures du foir.
93 Au Cap, cei7 août 1792.
de
coloniale
93 Signé, JOUETTE, préfident Paffemblée
; SALENAVE, préfident de laffemblée provinciales CHEVALIER,
maire de la ville du
; CAMPEFORT commandant par
interim de la province
Nord ;
commandant des
Bamas,
gardes natienales >,
faire mettre en état d'arreftation aux prifons civiles; ily eft
conduit vers IO heures du foir.
93 Au Cap, cei7 août 1792.
de
coloniale
93 Signé, JOUETTE, préfident Paffemblée
; SALENAVE, préfident de laffemblée provinciales CHEVALIER,
maire de la ville du
; CAMPEFORT commandant par
interim de la province
Nord ;
commandant des
Bamas,
gardes natienales >, --- Page 157 ---
-Page: L'allemblée coloniale a pris toutes les mefurés
empécher cet événemént.
pour
Polverel: Je n'accufe pas l'affemblée coloniale d'avoir
trempé dans cer affiflinat t, & même de n'avoir pas pris
toures les melures néceflaires pour en arréter les
mais je prétends d'une part qu'il réfullede cet elprit progrts; de méfiance générale,
déjà avoue T'affemblée coloniale dans
quelques-uns de a actes, du même temps que 'afemblée
coloniale en'eroirpast strunquille fari réhabiliration
de couleur dans leurs droits par l'effer de la loi deshonmes du
ces'
+avril,
que
droits politiques & ces' droits d'égalité
à cette époque de grandes duficuliés, de grandes éprouvoient conradictions de la parr des blancs, de grandes craintes de la
des ciroyens de couleur; voilk le matériel du fart, qui fafitroit part
pouriervir de réponfe à la queition qui eft. à l'crdre du jour:
quel éroir Tefpric public, l'efprit du peuple & delaflemblée
coloniale fur la loi du 4 avril? Maisj'en tire une autre conféquence ; c'eft que cette méfiance qui, de l'aveu de l'affemblée coloniale, fubliftoit encore au mois d'aott
étoit elle-mème entretenue
l'arrêté du 27 mai 1792 1792,
parce que laffembiée totontire ya avoir dit qu'elle ne failoit
que céder àlar nécelliré, quel lal loi étoit ant-contindonnell,
&
l'affemblée légiflacve n'avoit pas le droit de la
& as elle feule, aflemblée coloniale appartenoitle droitde faire,
prononcer fur l'étar politique des hommes de couleur.
Verneuil : Je demande que vous vouliez bien
Polverel de déclarer fi, le 14 juiller 1792, la interpeller fédération
n'a pas eu lieu entre les hommes de toutesles couleurs,
f le gouvernenent ne fit pas tout pour l'empécher.
Poiverel: J'ai eutendu dire, je crois meme avoir lu dans
les écrits du temps que la fédération s'étoit efsctivement
pailée d'une manière pailible : mais le citeyen
s'eft chargé de difcuter ce fait, qu'il a été plus Soncenax à
de connoitre que moi; puifqu'il eft refté au Cap portée
temps que moi , qui
pour ainfi dire, fair
longT.
Je demande
pafler.
a
Ferncail:
: Polvere! s'il ne fait pas
nemment que les mouvemens qui ont eu lieu au Cap perci- à
ditférentes époques, y ont été fomentés par les inurigues du
K 2,
s'eft chargé de difcuter ce fait, qu'il a été plus Soncenax à
de connoitre que moi; puifqu'il eft refté au Cap portée
temps que moi , qui
pour ainfi dire, fair
longT.
Je demande
pafler.
a
Ferncail:
: Polvere! s'il ne fait pas
nemment que les mouvemens qui ont eu lieu au Cap perci- à
ditférentes époques, y ont été fomentés par les inurigues du
K 2, --- Page 158 ---
gouvernement, par celles de Blanchelande, Campefort &
fes agens.
Polverel: Voilà ce quejignore encore.
Verneuil : Nous vous le prouverons.
Polyerel: J'ai foupçonné Jatjaileu quelque probabilité >
que Blanchelande, que bien d'autres agens du- gouvernement avoient trempé dans quelques troubles, dans quelques
défordres 5 mais de certitude far ce fait-là, je n'en ai aucune.
Page: Je
le citoyen préfident d'interpeller Polverel &c
Sonthonax, SCS déclarer fi, dans la proclamation qu'ils ont
portée le 27 octobre, ils n'ont pas dit : < C'eft eux qui ont
femé la difcorde entre vous >> ( en parlant de Blanchelande
& fes complices ).
Polverel: A cette époque nous avons eu des déclarations
l'aflemblée coloniale nous a fournies relativement aux
manéges que
de Campefort & autres.
J'ai parlé aufli d'un dernier fait, fur lequel je n'infifterai
long-temps, parce qu'on n'y a pas répondu ; c'eft le mafpas facre qui àvoit été comploté
les blancs des Cayes & de
Torbeck contre les citoyens S2rF couleur le 14 juillet 1793.
Ce fait eft conitant s notoire, & nous en donnerons. les
preuves.
Verneuil : Nous les demandons.
Polverel: Nous les donnerons.
Brulley : C'eft poftérieur.
Polverel :Je le fais bien.
Brulley : Cela'n'eft pas, relatif à l'efprit public à votre
arrivée dans la colonie.
Poiverel: Pardonnez-moi; 3 cela prouve la pérfévérance
Tefprit
relativement aux hommes de couleur.
de
public
Voila, citoyens, les principaux faits dont j'avois à parler
conftater lefprit public relativement aux hommes
pour de couleur & à la loi du 4 avril. Je termine-là cet article.
:Je le fais bien.
Brulley : Cela'n'eft pas, relatif à l'efprit public à votre
arrivée dans la colonie.
Poiverel: Pardonnez-moi; 3 cela prouve la pérfévérance
Tefprit
relativement aux hommes de couleur.
de
public
Voila, citoyens, les principaux faits dont j'avois à parler
conftater lefprit public relativement aux hommes
pour de couleur & à la loi du 4 avril. Je termine-là cet article. --- Page 159 ---
ISS
Senac : Citoyens , je voulois vous faire obferver
ce
ici Polverel eft fi peu relatif à l'efprit
IRE
qu'établit nous
, dans la fuite de la difcullion 3
ces
que faits-là font prouverons la fuite même de leur conduite. Aulli il d impollible qu'ils établiffent 2 comme bafe de l'efprit public, des
événemens poftérieurs à leur 'arrivée.
Polverel: : Le fecond membre de la queftion porte fur
Tefprit public, (oit de l'allemblée coloniale, foir des colons,
fur les rapports de la colonie de Saint-Domingue avec la
métropole. Sur ce point, citoyens, ily a fort long-temps
que mon opinion eft fixée; 5 & fj je fuis dans l'erreur, on
ne pourra pas dire que c'eftlerreur du moment, >. une erreur
fuggérée par le beloin de me défendre.
J'ai connu l'efprit de l'affemblée de Saint-Marc d'un
dans
de fon arrivée en France. Dès
EC
près
le temps
arrivée plulieurs des commiffaires de cette affemblée vinrent chezl moi pour me prier d'être leur défenfeur officieux.
Millet : Je prie le citoyen préfident d'interpeller Polverel
de déclarer quels étoient ces commillaires.
Polverel: Valentin Cullion, , Borel, Lachevalerie s & vous,
que je n'ai pas vu, mais qui vous êtes préfenté chez moi , &
qui ne m'avez pas trouvé.
Millet : J'avoue le fait. Nous nous fommes tranfportés
chez le citoyen Polverel, mais nous ne lui avons pas parlé.
Polverel: Cela eft vrai; mais ces conférences ont eu des
fuites que veus n'avez pas ignorées.
Valentin Cullion, Borel; . .
Sonthonax : Bacon-Lachevalerie .
Polyerel : Cela eft différent. Les conférences de 'celui-là
avec moi ont eu lieu féparément des trois autres. Ceux-ci
ont eu avec moi, pendant trois jours, plufieurs conférences
fur les actes de l'affemblée de Saint-Marc. Voici quel a été
le réfultat de ces- conférences.
Page : Un mot. Je prie le préfident d'interpeller Polverel
K 3
Borel; . .
Sonthonax : Bacon-Lachevalerie .
Polyerel : Cela eft différent. Les conférences de 'celui-là
avec moi ont eu lieu féparément des trois autres. Ceux-ci
ont eu avec moi, pendant trois jours, plufieurs conférences
fur les actes de l'affemblée de Saint-Marc. Voici quel a été
le réfultat de ces- conférences.
Page : Un mot. Je prie le préfident d'interpeller Polverel
K 3 --- Page 160 ---
de déclarer en quel lieu ces hommes ont eu des conférences
avec lai.
Poiverel: Bacon-Lachevalerie > chez moi... Ilef vena à IK
heures du toir, y eft refté juiqu'à trois heures du maiin.
Page: Enquellicu: A
Pobverel: Chezmoi, vous dis-je. Valentin Cullion, après
erre venu chez mi, & n m'ayant pas trouve, me relança
à cette epoque, maifon ci-devant Decquevilly, au Marais,
oi j'avois aff.ire. J'abandornai celle-là pour la dernitre >
me parut d'une toute au re importance. Ce fut alors que
2 firent nos premires conférenices 5 mais ncus en eûmes
enfuite deux autres à la maifon de Valois, rue de la loi,
ci-devant Richelieu,, où d meurcit certainement Borel, &
où demeuroit, je crois, Valenrin Cullion. Voici, dis-je',le
réfulrar de ces conferences : je dis aux commiflaires : < Je
n'argrmenterai
des morions qui ont éé faites, & qu'on
m'a dit avoir 8es applaudies dans votre tribune fur vne
fciflion effective, parce que, quand Çe fait feroirv-ai, dès
que l'affemblée de Saine-Marc ne l'aurcir pas offici-llem nt
adopré, je n'en conclurois pas que l'affemblée de SaintMarc a voulu fe féparer de la f'rance, i mais je parie de
vOs aétes, de votre prétendu décret du 2Smai
Comment avez-vous pu imaginer qu'un peuple qui 1E4 déclare
libre, & qui vent conferver fa lib.né, tel que le peuple
francais.foufifirott >
que fonpouvoirexéeunif eût fous famain
direchement, & d'une manière indépendante de l'aflemblée
légiflative, des porfeilions, & fur-tout des polfeltions aufli
riches, , auffi précieufes
les colonies à fucre 2 Ce peuple
voudroit donc laidor à Que roile moyen der reprendre demain
l'autorité qu'il auroit cédée aujourd'hui. Vous avez dû juger
qu'il étoit impollible que le peuple français & fes repréfentans vous paffaffent ce fyfême, Je ne cherche pas à évaluer
cn politique vos prérentions & vos droirs je ne chercherai pas même à les évaluer en morale. 1 me bornerai à
vous dire que je fuis Français, > que je ne fuis que Français,
& ga'il m'eft impoflible de forvir d'organe à un projet
le vôtre >, Là finirent mes conférences & mes
les commiflaires de
m2a2
l'affemblée de Saint-Marc.
ce fyfême, Je ne cherche pas à évaluer
cn politique vos prérentions & vos droirs je ne chercherai pas même à les évaluer en morale. 1 me bornerai à
vous dire que je fuis Français, > que je ne fuis que Français,
& ga'il m'eft impoflible de forvir d'organe à un projet
le vôtre >, Là finirent mes conférences & mes
les commiflaires de
m2a2
l'affemblée de Saint-Marc. --- Page 161 ---
Maintenant examinons les' aétes des différens corps populaires de Saint-Domingue fous ce rapport. L'affemblée de
Saint-Marc n'a pas éré précifement la créatrice du tyftème
de rendre la colonie de Saint-Domingue indépendante du
peurle français & de fon pouvoir logiflatif; elle la feulement perfectionné. L'allemblée provinciale du Nord avoit
déjà ébauché ce fyftême de rendre les colonies indépendantes
de T'aflemblée nationale de France. Voici ce que T'aflemblée
provinciale écrivoit aux comités de l'Oueft & du Sud, 24 décembre 1789.
Il lit' :
Extrait de la lettre de l'aflfemblée provinciale du Nord aux
comités de L'Oueft & du Sud, du 2t décembre 1789.
c Aujourd'hui i, Mellieurs > que vOs vues & les nôtres
s'accordent
une allemblée coloniale > nous devons
entrer dans EHrt plus grands détails fur le mode de convocation prelcrit par le miniftre aux adminiftrateurs > & vous
faire connoitre nos principes, &, en quelque forte, notre
profellion de foi, farforganifation & les pouvoirs de cette
allemblée.
92 Il faut une affemblée générale de la colonie, & cette
tenue doit avoir lieu le plus tôr pollible. Voilà le mot. Il faut
donner aux colons une repréfentation parfaitement libre 2
pour qu'ils pviffent propoler fans contrainte > & avec la
plus entière confiance ce qui leur paroitrà le plus avantageux aux intérêts de fille 5 & en conféquence cette affemblée doit être uniquement compofée de repréfentans des
differentes paroilles & fénéchauilées librement élus : voilà
quel en efl Tefprir.
2> La colonie fait fans doute partie de la confédération
qui unit toutes les provinces de l'empire français; ceft donc
dans
comme alliée, & non comme fujetre, > qu'elle figure
l'affemblée de la grande famille. Si vous doutiez,
qu'un rapport aufli eflentiel fit celui fous lequel on dû:
ari
K 4
éfentans des
differentes paroilles & fénéchauilées librement élus : voilà
quel en efl Tefprir.
2> La colonie fait fans doute partie de la confédération
qui unit toutes les provinces de l'empire français; ceft donc
dans
comme alliée, & non comme fujetre, > qu'elle figure
l'affemblée de la grande famille. Si vous doutiez,
qu'un rapport aufli eflentiel fit celui fous lequel on dû:
ari
K 4 --- Page 162 ---
confidérer, nous vous prierions de jeter lesyeux fur.la feizième
lettre du comte de Mirabeau à fes commettans, & vous
verriez que ce font - là les principes. d'un grand miniftre,
M. Turgor, qui donne même à ce mot d'allié un fens
beaucoup plus étendu.
55 La colonie a donc le droit de faire elle-mème fa conftitution en tout ce qui regarde fon régime intérieur: ce n'eft
que dans fes rapports avec la métropole, foit en ce qui
touche lesimpolitions, foiten ce qui concerne le commerce,
Qu enfin en tout ce qui tient à l'union commune & génerale,
fon droit, fe borne à des propolitions qu'il dépendra de
métropole
ou
fome
d'accepter
de retufer ; & à cet égard, on
doit tout cfpérer 2 tout attendre de l'efprit de juftice qui ditige
l'Affemblée nationale.
>> Qu'importe, en effet, à la métropole que la colonie ait
un régime différent de celui de toutes les autres provinces du
royaume, pourvu qu'elle contribue comme elles à l'urilité générale : c'eft- là tout ce que la France peut exiger, parce
qu'elle n'a
intérêt d'exiger autre chole; car lintérér elt
la mefure dcs droits de fociété à fociété, comme il eft la
mefure des actions de parciculier à particuiier ,
Voici encore ce. qu'elle écrivoit aux députés de la' colonie
à l'Afemblée conftituante, 3 le 29 janvier 1790.
Il lit:
Extrait de la lettre de l'alfemblée provinciale du Cap, du 29
janvier 1790, aux députés de la colonie à PAlemblée nationale.
R Au refte, Meflieurs, l'afiemblée provinciale du Nord
trouveroit mauvais que vous prifliez fur vous de rien
pofer à I'Affemblée nationale touchant la conftitution de pro- Ja
colonie, ou qui téndit à donner une atteinte quelconque à
fes privilèges, d'autant qu'elle eft tout-à-fait hors des termes
dans lefquels fe trouvent les autres provinces du royaume;
colonie à PAlemblée nationale.
R Au refte, Meflieurs, l'afiemblée provinciale du Nord
trouveroit mauvais que vous prifliez fur vous de rien
pofer à I'Affemblée nationale touchant la conftitution de pro- Ja
colonie, ou qui téndit à donner une atteinte quelconque à
fes privilèges, d'autant qu'elle eft tout-à-fait hors des termes
dans lefquels fe trouvent les autres provinces du royaume; --- Page 163 ---
tontentez-vous de veiller pour elle, & attendez fes ordres
ur quoi que ce foit : la voi: far le po.nt de s'affembler;
lle fera elle-mème (a conftitution,, & alors elid vous fera
parvenir les nouveaux pouvoirs & les nouvelles inftrudtions
Hont l'état actuel des chofes vous fait un befoin indilpenable >),
Vous voyez, citoyens, dans l'efprit qui a diété cette lettre
He laflembiée provinciale aux dépurés des colonies à TAL
Temblée conftituante, , le motif qui engageoit cette aflemblée
brovinciale à les méconnoitre en cette qualité, & à tranfformer cette qualité en celle de fimples députés auprès de
'Affemblée conftiruante; vous
encore la raifon
a
cette
avoit
de
contre
Feer
laquelle
dépuration
TSre prorefter
beptation de deux de fes membres en qualité de membres
du comitél colonial, tandis que ces mêmes députés, par leurs
manceuvres, par leurs intrigues, failoient adopter, par TAC
femblée conftituante s le décret du 8 mars, & les inftrucions du 28 mars, dont depuis on a dit tant de mal.
Page:Je demande la date de la lettre.
Polverel : 29 janvier 1790. L'allemblée de Saint-Marc eft
allée un peu plus loin que l'affemblée provinciale du Nord.
Vous voyez que cette dernière ne prétendoit laiffer àla
colonie que le droit de faire fa conftitution; ; elle réfervoit
ou paroilfoit téferver à l'affemblée légillative de France) le
droit de faire les lois relatives aux impofitions & aux relations commerciales de la métropole avec les colonies.
L'aflemblée de Saint - Marc avoit une autre prétention.
D'abord,
fon prérendu décret du 28 mai, elle a polé,
pour bafe S2 fa conftitution, que ce feroit l'aflemblée COloniale elle-mème
feroit cette conftirution; & cette bafe,
elle Ta pofée fous P titre impolant de décret : mais elle a
voulu de plus, > par un autre article du même décret, que
les lois qui devoient déterminer les rapports de la colonie
avec la métropole, ne puffent être exécutées comme lois
dans la colonie, qu'autant qu'elles feroient confenties
les allemblées coloniales. Ainfi elle fe réfervoit >
Eet
la protedtion immédiate du roi, & d'une manière indé-
elle Ta pofée fous P titre impolant de décret : mais elle a
voulu de plus, > par un autre article du même décret, que
les lois qui devoient déterminer les rapports de la colonie
avec la métropole, ne puffent être exécutées comme lois
dans la colonie, qu'autant qu'elles feroient confenties
les allemblées coloniales. Ainfi elle fe réfervoit >
Eet
la protedtion immédiate du roi, & d'une manière indé- --- Page 164 ---
pendante de la légiflature de Franice, d'établir les bafes
fondamen:ales de la confiturion; & pour les lois qui devoient dérerminer ie rapport de la métropole avec nos COlonies, elle ne vouloi: pas que les-lois de la puiffance légiflarive de France pullent recevoir leur exécution fans
avoir Créconfenties par la colonie.
Th. Miller : Je prie le préfident d'interpeller Polverel
s'il connoir l'article de la grande charre conftrucionnelle 5
porie que nui ne. Feut eure cbligé par, une loi, s'il ne
ou confentic.
accep'ée
Polverel: : C'eft une queftion de droit à laquelle je répondrai lorique l'ordre de la difcullion m'y amcnera. Vous
ne lavez pastencore quelles confequences je veux tirer, ou
fi je veux feulement poler le matériel du fait des principes de-l'allemblée de Sain-Marc.
Sonthonax : C'eft fur de pareils motifs que vous avez
toujours refufé d'exécuier, la loi du 4 avril.
Th. Millet : C'eft ce que nous verrons.
Polverel: On vous a dit que cet article étoit conforme au
décrct du 8 mars 790 : cependant, vous allez voir qu'il y
eft diamétralement oppofé.
(Il lit les articles fuivans.)
Décret du 8 mars 1790.
ARTIC L E, P R E M I'E R.
ce Chaque colonie eft autorifée à faire connoitre fon vaeu
fur la conftirution s la légiflation & T'adminiftration qui
convicnn-nt à fa profpérité & au bonheur de fes habirans,
à la charge de fe conformer aux principes sénéraux
lient les colonies à la métropole, & qui ailurent la Tiadel
vatiun de leurs intérêts refpectifs.
8 mars 1790.
ARTIC L E, P R E M I'E R.
ce Chaque colonie eft autorifée à faire connoitre fon vaeu
fur la conftirution s la légiflation & T'adminiftration qui
convicnn-nt à fa profpérité & au bonheur de fes habirans,
à la charge de fe conformer aux principes sénéraux
lient les colonies à la métropole, & qui ailurent la Tiadel
vatiun de leurs intérêts refpectifs. --- Page 165 ---
ART. IV.
> Les
préparés dans lefdites aflemblées coloniales
eront RAt à Taflemblée nationale, pour être examinés &
écretés par elle, & préfentés à l'acceptation & à la fancjon du roi.
ART. VI.
> Les mèmes allemblées coloniales énonceront leur voru
jur les modifications qui pourront ètre apporrdes au régime
prohibitif da commerce entre les colonies & la métropole,
pour êrre, fur leur réticions & après avoir entendu les repréfentations du commerce français, ftatué par l'affemblée
arionale ainfi qu'il appartiendri."
Voici ce qu'on vous a dir : Le décret du 27 mai devoit
tre préfenté à l'aflemblée nationale conftituante : conféjuemment, nous n'avens pas voulu artenter à fes droits.
Dui, vous l'avez préfenté à Y'acceptation de l'allemblée
confaimantes & d'abord vous avez pofé
bafe fondanentale
votre confitution ne feroit
qu'à l'acdemic
que
conforme au
teptation du roi, ce qui étoit précifement
conftiHecret du 8 mars 1790: mais outre cela, l'affemblée
tuanre s'éroit réfervé le droit de décréter, fur vOs plans,
les bafes de votre conftitation. Vous ne pouviez donc pas
lécréter, mais feulement envoyer un plan à T'aflemblée
conftituante, par forme de pétition ou de mémoire, &
non par forme de décret. L'article VI dit: ce Les affemblées
coloniales enonceront leur vaeu fur les modifications qui
pourront être apporrées, &cc.&cc." C'étoit donc à l'aflemblée
nationale foit
foit légiflative > que Y'art. VI
réfervoit le > droit conftituante, de fatuer fur les rapports commerciaux de
la métropole avec les colonies. Et vous, par votre décret
du 27 mai, vous avez dit, au contraire,
les lois qui
dérermineroient les
de la colonie avec
as métropoles
rapports
été conne feroient exécurées qu'aurant qu'elles auroierx
ait
fentics par l'affemblée coloniale. Je ne crois pas qu'il
rien de
diamétralement oppofc, de plus
TaRaiL.
plus
uer fur les rapports commerciaux de
la métropole avec les colonies. Et vous, par votre décret
du 27 mai, vous avez dit, au contraire,
les lois qui
dérermineroient les
de la colonie avec
as métropoles
rapports
été conne feroient exécurées qu'aurant qu'elles auroierx
ait
fentics par l'affemblée coloniale. Je ne crois pas qu'il
rien de
diamétralement oppofc, de plus
TaRaiL.
plus --- Page 166 ---
attentatoire au décrer de l'affemblée conftituante, que vous
connoilliez alors, puique vous êtes convenus que vous en
aviez eu connoiflance le 20 ou. 26 avril. Quelle eft votre
manceuvre alors? Vous vous hâtez de faire ce décret que
vous prétendez être le décret fondamental de votre conftitution; vous confacrez, dans ce décret, des droits ablolument contraires à ceux portés dans le décret du 8 mars,
que vous connoillez ; vous vous hâtez de rédiger ce décret
formellement attentatoire aux droits que la.confliturion a
réfervés au pouvoir légiflatif de la nation fouveraine; vous
vous hâtcz, dis-je, de rédiger ce décret, & ce D'eft qu'après
l'avoir rédigé, après lui avoir donné, autant qu'il étoit en
vous > la torme légale & conftiracionnelle, que vous enregiftrez, dix ou douze jours après (le rojuin, fi je ne me
trompe), ce décrer du 8 mars: : & comment l'enregiftrezvous 2 dans tout ce qui ne fera pas contraire aux dilpolitions' du décret du 28 'mai; c'eft-à-dire, que vous anéantiflez le décret du 8 mars, tout en faifant mine de l'enregiftrer; car, fi le décret étoit, dans fa' totalité, contraire
au principe que vous aviez confacré dans votre décret du
28 mai, il cft évident que vous anéantifliez le décret du
8 mars. Je m'arrêterai ici, me réfervant la parole pour la
prochaine féance.
Page: : Interpellé par Polverel de dire à quelles époques
les allaflinnts ont été commis à Jérémie, ayant la mémoire
fort infidele, fur-tour depuis ma maladie, & n'ayant
les preuves fous les yeux, j'ai dit que c'étoit fur la fin M4
feptembre ou dans les premiers jours d'odtobre : je rétablis
les faits, d'après les pièces. dépolées dans VOS archives.
(Il lit.)
Lettre de la municipalité de Jérémie à l'afembléc coloniale,
20 octobre 1791,
ce Nous nous hâtons de vous annoncer l'heureux effet des
, fur-tour depuis ma maladie, & n'ayant
les preuves fous les yeux, j'ai dit que c'étoit fur la fin M4
feptembre ou dans les premiers jours d'odtobre : je rétablis
les faits, d'après les pièces. dépolées dans VOS archives.
(Il lit.)
Lettre de la municipalité de Jérémie à l'afembléc coloniale,
20 octobre 1791,
ce Nous nous hâtons de vous annoncer l'heureux effet des --- Page 167 ---
$91
oies de conciliation employées par MM. VOS commifaires.
>> Notre commune a, de fa propre volonté, unanimement
rononcé le pardon des gens de couleur arrêtés au fond
Icaque ; ils ont a T'inftant été relàchés : leur faute a été
nfevelie dans un éternel oubli. >>
Voilà la première époque. Voici une lettre du 6 déembre, qui fixe les autres époques auxquelles les hommes
le couleur ont recommencé les meurtres & les incendies.
(Il lit une autte lettre de la municipalité de Jérémie 5
n date du 6 décembre 1791.)
ce Les gens de couleur ont enfin confommé les projets
Heftructeurs qu'ils avoient tant de fois formés contre nous 5
dans les
des Cayemittes S
ls ont foulevé les ateliers
quartiers
&
Hu fond des Halliers, des hauteurs du Grand-Vincenr,
Hes Rofeaux. Ils conduifent les révolrés au meurtre & aux
incendies; les fuccès de leur brigandage (ont affreux : un
grand nombre d'habitations font réduites en cendre. PluKeurs habitans > leurs enfans, leurs femmes, ont été égorgés
de la main des mulâtres; il n'y a rien de facré pour eux: :
ils pourfuivent leurs maflacres & s'approchent de nos foyers.
meflieurs,
des feSil en eft encore temps,
procuréznous de bouche
cours; fourniffez-nous au moins des munitions
& de guerre : la ville va bientôt être affamée par les malheureux qui viennent de tous côtés s'y réfugier > & qui
font fans arines. 9>
Le II décembre, cette municipalité écrit à l'ailemblée
provinciale de l'Oueft:
c Les chefs des brigands, ces mêmes hommes de couleur
auxquels nous avions eu la générofité de fauver la vie,
loriquils avoient mérité de la perdre dans les fupplices >
ces fcélérars lient par le crime ceux qu'ils ont forcés d'èrre
leurs complices; ils mettent à prix les têtes des blancs, &
ce ptix ei-ferapuleufement payé: cependant, leurs brigan-
'ailemblée
provinciale de l'Oueft:
c Les chefs des brigands, ces mêmes hommes de couleur
auxquels nous avions eu la générofité de fauver la vie,
loriquils avoient mérité de la perdre dans les fupplices >
ces fcélérars lient par le crime ceux qu'ils ont forcés d'èrre
leurs complices; ils mettent à prix les têtes des blancs, &
ce ptix ei-ferapuleufement payé: cependant, leurs brigan- --- Page 168 ---
dages n'ont pas une fuite aufli rapide qu'ils fe Péroient
promis. La plus grande partie des ateliers eft reftée fidcle
aux blancs; ceux qui ont été furpris s'échappent, & fe
rendent à leurs maitres. *
. .
.
.
e
Les gens de couleur de notre département avoient formé le
projet de renouveler, à l'égard des blancs de nos campagnes,
la fcène de la Saint-Barthelemi; de les égorger dans leurs
habitations, pour s'emparer enfuite de la ville. >>
Ily a plufieurs autres lettres qui font dans le même fens 5
mais celles-ci fuffifent pour fixerlépoque.
Polverel : Une obfervation fur ces lettres -là. Il étoit
queftion de fiver l'époque du crime imputé nominativement
à Noël Azor, & c'eft relativement à ce prétendu crime que
j'ai prié le préfident d'interpeller les colons de fixer lépoque
à laquelle ils prétendoient que ce crime avoit été commis.
C'eft relativement à ce prétendu crime de Noël Azor que
Page a prétendu que c'étoit à la fn du mois de feprembre
ou au commencement du mois d'octobre 1791. Pour rectifier les époques, le citoyen Page vient de vous faire lecture, dans ce moment, de diveries lerares de hmunicipalité deJérémie, relarives à de prétendres infurredtions des
hommes de couleur, mais od il n'y a rien de rebrf aux
prétendus crimes de Noël Azog: par confequent, il na pas
reétifié la prétendue erreur qu'ila commife.
Page: Je demande f, lorfque Polverel parle des crimes
de le Page, deN Noël Azor, il entond parler de l'affalinat
de leurs pèrés.
Polverel: Cen'et'pas à moi à répondre à cela.
Page : S'il parle de l'aflafinat commis par Simon le Pege
& complices furleurs pères 2 je déclare quej'en igrore ablolument l'époque; s'il parie des époques de la révolte ou
le. Page & Azor fe font mis à la tète des hommes de cculeur, les voici. Ce font Ces mêmes hommes de couleur qui
font les auteurs de la révolte du fond des Halliers; car ils
kabitoient ces quartiers-l. La municipalité de Jérémie n'a
de l'aflafinat commis par Simon le Pege
& complices furleurs pères 2 je déclare quej'en igrore ablolument l'époque; s'il parie des époques de la révolte ou
le. Page & Azor fe font mis à la tète des hommes de cculeur, les voici. Ce font Ces mêmes hommes de couleur qui
font les auteurs de la révolte du fond des Halliers; car ils
kabitoient ces quartiers-l. La municipalité de Jérémie n'a --- Page 169 ---
LBS
pas éctit que ce fulfent Azor & le'Page notninativemms,
inais les hommes de couleur fortis du fond des Hallers,
qui avoient commis ces malfacres & ces incendies : mais il
étoit de notoriété publique
le Page & Azor étcient à
la tête de ces hommes de tuclese & moi- même j'érois
lintime ami de ce Séjourné quih été aflaffiné; & puifqu'on
le veut, je vais vous en donner les preuves.
(Illt.)
Lettre de la cizoyenne Defmarais de Mont-1 Félix, 2 avril
1792, fur le 172 (Jacre de la femme Séjourné.
ss Si les brigands n'ont pas incendié notre quartier la aufli
généralement que le vôtre, c'eft qu'ils ont trouvé de réfiftance d'une patt, & que, de l'autres la plus grande partie
de nos.ateliers nous font reftés fidèles; mais leurs cruautés
envers ceux de nos frères qu'ils ont pu furprendre , n'en
ont été que plus combinées & plus atroces. (Interruption de
la leéture.) J'aurois voulu vous épargner le tableau de ces
horreurs. (11 achève la lecture.) >, Vous n'avez pas ignoré
lesa abominations inouies qu'ils ont exercées fur la malheureufe
famille Plinguel, leur première viétime. La mère & le
gendre coupés en morceaux: : la jeune femme, enceinte, a
vu7 toute vivante, déchirer fes entrailles, en arracher fon
enfant, qu'on a fait manger à des pourceaux; trois enfans,
depuis fix ansj jufqu'à dix, ont été découpés de vingt coups
de manchettes, & onteu les pieds grillésientemenr. Depuis,
deux pris vivans ont fervi, par leurs tourmens, de fpectacle
à ces monfres: lun a été écorché tour vivant, & I'on a
fait
à l'autre fa tête & fa peau, dont ils ont fait un
dans le lieu on il a fubi le même
>
ErcOrT jufque
fupplice; un autre blanc, pris par les mulâtres, a eu le poing
coupé, & le lendemain, on les a fait cuire devant lui & on
la forcé de les manger, en attendant les autres exécrations
qui lui onl enfin donné la mort. -
. .
Dans le récit de ces mallacres qui vous a été fait'précédemment, on vous a indiqué les perfonnages qui étoient à
la tête de çes meuvemens; 5 mais les uns & les autres avoient
upplice; un autre blanc, pris par les mulâtres, a eu le poing
coupé, & le lendemain, on les a fait cuire devant lui & on
la forcé de les manger, en attendant les autres exécrations
qui lui onl enfin donné la mort. -
. .
Dans le récit de ces mallacres qui vous a été fait'précédemment, on vous a indiqué les perfonnages qui étoient à
la tête de çes meuvemens; 5 mais les uns & les autres avoient --- Page 170 ---
quatre cents nègres, s & c'eft avec ces efclaves qu'ils ont
commencé la révolte.
La féance eft ajournée à demain.
Le regiftre des préfences eft figné: J. Pr. GARRAN,prE
fident ; LECOINTE (des deux Sevres),/ecriaire; : ALLASSEUR,
P. CASTILHON > DABRAY, GRECOIRE, FoucHi ( de
Nantes).
Duz 27 --- Page 171 ---
Du 17 Pluvidfe, l'an troiftème de la République françaife
une Gindivifible.
LA féance s'ouvre par, la leéture des débats de la veille:
la rédaétion en eft adoptée,
: J'ai demandé au ciroyen Polverel, dans la féance
fi le
de Dumas étoit antérieur
adeer
la loi du 4 ATOE a été envoyée & publiée dans à les l'époque colonies. où
Il m'a dit que c'étoit à nous à fixer l'époque 5 je la trouve
dans. les procès-verbaux de l'allemblée celoniale, du 12 mai
1792. Par conféquent, ce rapport eft anrérieur à la connoillance qu'a eula colonie, du décret du 4 avril.
on avoit lieu de regarder la loi du 24 feprembre Jufqu'alors
comme le palladium des droi:s de la colonie s puriqu'à 1791 cette 2
époque la loi du 4 avril ne lui étoit pas encore connue.
Je demande encore la parole pour un autre fait.
Le citoyen Polverel vous a dit hier que l'Affemblée coloniale, 3 ftatuant fur la demande des habitans de
fur
la queftion de favoir s'il ne feroit pas convenable Téremie, au
de ce quar:ier , d'y fufpendre la pubication &
de la loi du
&
houanten
4 avril, 'la mife en liberré des hommes de
couleur; la mife en liberié ordonnée
niale, 2 le 5 juin ; Polverel, dis-je > a dirque par Taffmbiée l'affemblée colo- coloniale, pour fe débarrafler des réclamations des hommes de
couleur de Térémie, les a renvoyés devant le gouverneur
général,
à l'exécurion de cet arrété, > telles
Sioitiibes dinie jugeroit tonvenables: mais Polverel
eu tort > ciroyens, de ne pas vous lire l'arrêté de l'affemblée a
cotunialc. Citoyens, , je vais vous rétablir l'arrêté
doit celui dont il vous a été donné
quiprécéelle perfevère d.ns celui du 5 juin, counoillince, qui ordonnoit par la lequel mife
en liberté des hemmes de couleur.
Tome I1,
Scizième liyraifon.
L
jugeroit tonvenables: mais Polverel
eu tort > ciroyens, de ne pas vous lire l'arrêté de l'affemblée a
cotunialc. Citoyens, , je vais vous rétablir l'arrêté
doit celui dont il vous a été donné
quiprécéelle perfevère d.ns celui du 5 juin, counoillince, qui ordonnoit par la lequel mife
en liberté des hemmes de couleur.
Tome I1,
Scizième liyraifon.
L --- Page 172 ---
(Page lit).
Scance de Pafemblée coloniale 3 25 jain 1792.
fi T'affemblée reviendra ou
ce On: met aux voix la queftion
non fur fon arrêté du 5 juin courant > qui ordonne la relaxation des hommes de couleur détenus à 'bord des bâtimens
marchands dans la rade de Jérémie l'allemblée arrête qu'elle
maintient de plus fort fon arrêté du 5 courant ),
Demanière donc, citoyens, que vous voyez que l'affemblée
coloniale a commencé par arrêter qu'elle maintient fon arrêté du 5 juin, de mettre en dibertél les hommes de couleur ;
feulement elle renvoya les mêmes commiflaires devant le
gouverneur général, par un arrêté fubféquent dont Polverel
a donné lecture, pour prendre avec lui les moyens convenables pour que i'cxécution de cet arrêté ne pût compromettre
la tranquilliré du quartier de Jérémie : mais Polverel a eu
tort de ne pas faire précéder ce renvoi au gouverneur général,
de l'arrêté de T'affemblée coloniale qui ordonne de plus fort,
& formellement l'exécution de fon arrèté du. 5 juin.
Polverel: Non-feulement je n'ai rien dit de contraire à
T'obfervation du citoyen Pages mais même, parf'arrêté dont
j'ai fait lecture, il étoit clair que T'allemblée coloniale perfévéroit dans fon arrêté du 5 juin, & voici ce qu'il porte:.
(IlI lit).
C Lallemblée, après avoir entendu les députés extraordinaires de la Grande-Anfe, les renvoie devant M. le lieutenant au gouvernement généralya l'effet de concerter avec
lui les moyens les plus convenables de parvenir à l'exécution
de fon arrêté du 5 juin dernier >.
Je ne difois donc pas quel'affemblée coloniale ett révoqué
fon arrêté du 5 juin 5 mais j'ai dit qu'elle avoit été émbarrallée fur lexécution de cet arrêté, & qu'elle avoit renvoyé
au gouverneur général, & avec les reitrictions fuivantes,
cc de prendre les mefures lcs plus convenables pour parvenir
à-lexécction de fon arrêté du 5 juin, fans comprométtre
la streté des quartiers de Jérémie & dépendances, ni
l'exiftence des hommes de couleur détenus dans la rade à
Jérémie. a
5 mais j'ai dit qu'elle avoit été émbarrallée fur lexécution de cet arrêté, & qu'elle avoit renvoyé
au gouverneur général, & avec les reitrictions fuivantes,
cc de prendre les mefures lcs plus convenables pour parvenir
à-lexécction de fon arrêté du 5 juin, fans comprométtre
la streté des quartiers de Jérémie & dépendances, ni
l'exiftence des hommes de couleur détenus dans la rade à
Jérémie. a --- Page 173 ---
e Arrête en outre que les dépurés de ces
niront aux députés extraordinaites
quarriers fe réuCette mocification renvoyoir fort pour bien, parvenir & laiftoit à ce but>,
près à la difpolition des habitans de Jéremie,
a-peu-
&le mode d'exécurion de T'arrêté du juin. Voilà l'exécucion tout ce
que j'ai entendu conclure de l'arrèté ant jai fait lecture.
Verneuil : Le citoyen Polverel a dit hier
l'affemblée coloniale, après avoir entendu pofitivement la
que
hommes de couleur deJeremis,aulicu. de donner pétition, des ordres des
polirifs; avoir renvoyé au gouvernenr général
cution. Polverel ignocoit-il que Tallembléc coloniale pour l'exéque le droit de confirmer fon arrêté , ce qu'elle a fait, comme n'avoit
Nouslevoyez, le
par lal lecturequ'on vient de vous donner, &
l'arrêré pouvoir de exécutif feul Gtoit chargé de iettre à
T'affembléc
ercaden
de fa
coloniale 2 Ainti c'eft une efcobarderie
n'avoit part, quand il vous a dit que Taflemblée coloniale
Polverel pas confirmé ce qu'elle avoit arrêté le même jour.
: Je paffe fur T'expretlion d'efcobarderic. Les
prellions honnètes de la part des colons m'
eXautre chofe eft de renvoyer au. pouvoir exécuuif affectent peu; mais
cution pure & fimple d'un arrêté de l'affemblés pour l'exéautre chofe eft de renvoyer les députés de la coloniale;
devers le pouvoir exécutif, > pour fe concerter avec. grande-Anfe lui
moyens de concilier l'exécurion avec les
furles
fireté de ces quartiers exigeoit.
mefures que la
Vern-uil: : Ce font deux chofes
verel n'ignore pas qu'à cette époquelatlemblée fpeu différentes, , que Polpouvoir, &c que legouvernemenr la maitrifoir de n'avoir teile aucun
çue quand bien même T'afiemblée coloniale Ruroit façon,
arrèté tres-polirif, le gouverneur l'auroit exécuté, rendu un
eût fait plailir.
fi ceia lui
Le préfident : L'ohjeétion eft entendue.
Polverel : Je reprends l'ordre de la difcullion au
j'en étois hier. Les quatre-vingt-cing membres de point où
de Saint-Marc fe préfentent à la barre de l'aflemiée Tallemblée conftituante, , ayant à leur tête pour orateur
confehti d'étre le défenfeur officieux de cette Linguer, > qui avoit
le refus que j'en avois fait. Voici ce
affemblée, fur
-
barre, au nom &c en préfence des membres qui s'eft prononcé à la
de Saint-Marc, & qui a été enfuite imprimé, de A Tallemblee In fuite de
L 2
fentent à la barre de l'aflemiée Tallemblée conftituante, , ayant à leur tête pour orateur
confehti d'étre le défenfeur officieux de cette Linguer, > qui avoit
le refus que j'en avois fait. Voici ce
affemblée, fur
-
barre, au nom &c en préfence des membres qui s'eft prononcé à la
de Saint-Marc, & qui a été enfuite imprimé, de A Tallemblee In fuite de
L 2 --- Page 174 ---
la pièce, font énoncées une foule - de fignatures que je lirai.
Voici ce que les colons ont dit à J'aflemblée coniticuante.
la colonie tenoit-elle
à la France que la
ec Au fond,
plus venoit de renverfer :
France elle-même au régime qu'elle
n'étcit-ce pas ce régime odieux qui conftituoit tous nos rapau
oû il Fenoit de céder à l'infura
ports antérieurs? moment nous lier encore ? ne falloit-il
rection d'Europe, pouvoit-il confacrer nos relations à veni::
pas un nouveau contrat pour
le droit d'en préfenter les
& ce contrat, n'avions-nous celles dont pas nous failions le prix de notre
claufes, de déclarer
attachement furur :
le vou de la colonie
C'étoit bien là incontefablement
careflée,
entière. L'aflemblée provinciale du Nord, louée, comité,
couronnée par l'aflemblée nationale ou plutôt par le
n'a-t-elle pas dit les mêines chofes que nous > & bien plus
formellement encore ? n'a-t-elle pas notifié en termes précis
colonie ce qu'elle demandoit,
que, fi on n'accordoit pas àla les mêmes choles qui forment
(&: c'étoit en d'autres termes
étoit
? Notre
notre décret du 28 mai), ie pade de décence interrompu dans nos excrime feroit-il d'avoir mis plus
de l'affemblée natioprellions, d'avoir employé en parlant elle-méme injurieux,
nale, un mot qu'elle n'avoit pas adapté cru à fes relations avec
puifqu'elle l'avoit venoit fpécialement de déclarer le chef de l'empire P
l'homme qu'elle
avec
toute notre affaire
>2 L'inconcevable légéreré
n'a laquelle
une minute
a été rangée en une minute,
pas permis féduit
le vieil
d'y réfléchir. Le comité , ou aveuglé, ou
par nous a reefprit des bureaux-& des places de commerce, ,
gardesa-peu-près comme des enfans mutinés, dont un coup
d'ail fevère & quelques coups de fouet, diftribués au hafard, auroit
déconcerteroient les préteniions comme les idées. On
nous étions des hommes aufli, &
dû penfer peut-être que
nos idées > nous en avoit donné
la liberté , en mûrifant
mais fur nos droits.
e juftes', non pas fur nos prétentions ,
eft défor-
'Tour le vain étalage de l'érudition des publiciftes de
mais fuperilu & fans valeur dans les éclairciflemens peuple
à peuple, & des différentes parties même d'un peuple folide, avec
lesautres. Elles ne peuvent former une union flable, combinées à
qu'autanr qu'un intérêt commur & des lois
lavantage mutuel des contractans, en font la bafe. A quel
fur nos droits.
e juftes', non pas fur nos prétentions ,
eft défor-
'Tour le vain étalage de l'érudition des publiciftes de
mais fuperilu & fans valeur dans les éclairciflemens peuple
à peuple, & des différentes parties même d'un peuple folide, avec
lesautres. Elles ne peuvent former une union flable, combinées à
qu'autanr qu'un intérêt commur & des lois
lavantage mutuel des contractans, en font la bafe. A quel --- Page 175 ---
Oà titre réclameroir-on fur nous un autre genre de
eft le ferment qui nous a
avant dépendances P
1790, liés à la nation frangaife: jamais En >
le 14 juillet
au roi de France ?
avions-nous fait meme
roi régnoit fur nous Concitoyens comme fur d'un autre hemifphère, ce
ce droit vous l'avez brifé
vous par le d.oir dé lépées
vous?Vous
5 mais n'eft-il anéanti que pour
de ce déporifme croyez-vous héritiers, à la charge de vOs colonies,
que vous avez fi heureulement
vous : Le trône d'aujourd'hui n'eft plus celui des éteint chez
rieurs à 1789. Vous y avez fait alleoir un roi temps antéélu , vous lui avez donné dans le ferment nouvellement lui affure
couronne, , deux collègues, deux antécédans
différens des la
la
r
France anciens, nation 5 la loi; voilà les vrais fouverains de la
déformais. Loin que notre décret du 28
un attentat contre la nation, c'eft au contraire un titre mai for- fût
f mel, la facrés
en fa faveur. En quoi donc feroit-elle
colonie M
léfée,
prétendoient déformais Saint-Domingue, lui être
2 fi toutes les colonies ne
portée à ce décret du 28 mai, foumifes en lui
par la déférence
tention dont le
même l'exAuetut
mot acceptation feroit fulceptible: -
avoir , peut-elle en revendiquer un autre :
Peur-elle en
de la France fur nous, , c'eft la difpofition Le de premier droit
lui refter unis ; le fecond c'eft notre intérêr. Si nos coeurs à
manquoient, comment pourroit-elle fe flatter de ces deux liens
ferver 2
nous con-
>, Elle enverroit des forces , comme nous l'a dit
tiquemenr, > bénignement le rapporteur ;
parrionous allailineroit
ceft-à-dire , que l'on
pondu le plus
pour nous régir ! Ehiquauroit donc réinirépide, le plus, vil fatellire de l'ancien régime ! Des forces! L.elfeacisen feroit
nation des efprits certaine mais
douteule > & l'aliémenace du
comment concilier, cette
inftruétions' du rapporteuc 28
avec ces mots confignés dans les
mars 2 L'afombléc
méprife fur-tou les moyens de capciver les nationalc-ignares
que par la jufice. Actachement
Psupless autrement
muns, inaltérable fidélité
réciproque, > avantages comqu'ell: vous
&
5 voila, peuple des colonies 3 ce
Vo:là promet, ce qu'elle vous demande 3,
les
ce que dit la nation, à quoi elle
envers
colonies 5 & un rapporreur vient les menacer s'engage ga'il les
fubjuguera par la foree 5 & ce rapporteur a furpris des déL3
que par la jufice. Actachement
Psupless autrement
muns, inaltérable fidélité
réciproque, > avantages comqu'ell: vous
&
5 voila, peuple des colonies 3 ce
Vo:là promet, ce qu'elle vous demande 3,
les
ce que dit la nation, à quoi elle
envers
colonies 5 & un rapporreur vient les menacer s'engage ga'il les
fubjuguera par la foree 5 & ce rapporteur a furpris des déL3 --- Page 176 ---
crets. qui cafent (ans. formalicé l'affemblée coloniale'-la plus
logipime 1 en emprilonne les meanbress il rejette même
leurs offres de fe lier a la Fraes la répértion ducclebre
ferment du 14 juiller, prété fur rEent de la liberré, dans fon
temples cell-a-dire, au milieu del'aflemblés nactonals; cnfin
ilte
ce que le delporime le plus inyéréré, dans, le;
temps PITTE fon afcendant le pls, irelifhiole > de fes caprices
les plus furieux n'auroit ofe même imaginer !
> Le principe que Yadhéfion future des colons à la France
dépend de leur volonté, d'un nouveau contract fpontané
eltiivrai,que dans les inftructions du.28 mars, il eft fort
mellement configné. Le tiers de ces inftructions eft confacté
a prouver aux colonies., quiellesine peuve- mieux faire
de rfera attachées, incorporées à la France. O2 leur. donne DEs
s'idenmotifs 3: onpoleen princip: qu'ilfaut qa'-ciexs'saudonr;
cifient ayec une grande pailfaneed dans la doijpolition. des forces
de laquelle elles erouyent, non pas la mort, non à pas! lefclavage, comme le veur le rapporteur, mais largarantic des biens
dud leur Jon: acquiss par. une bonne corfirution, par de bornes
epis intéricures. Iljaut, 9HE cerrepuilfances intérefée à leur confervarionpar les avantages qu'elle récucillera dejes trarfations
avec elle (obfervez ce mot, ledteurs, stranfation 2 fefalle un
devoir, envers elle de la
confanté éqaicé. Enfin on avoué
guielles r'onti pas.julqu? Ae jour récucilli dans zoute leur étendne les fruiss que ces diverfes confidérations devoien: leur: faire
cteindrecMais oi éroit la caufe de cetteféniliréys'e éctientles
inftructeurs,. fron dans les, abus: que.nous avons détruitster
Th Miller:Je déclare avant rourque je' fusyavecLianguer,
le rédadleur de ce mémoire, & ler premicr'fignatsire-
- Potverel : Voiciles. figniatures JA rénoncées
nemno BS On a zngis
2 Il lit les fignatures.
30 0107E01
35 Signé, E. Guerin, Auberr, Peychaud, Devafe, Labarte de Sainte-Foy. Delcarede-Lelgae, Legrand, Lar
Higzu-de-Bedou, Bontin, Monrmounier, Sauvaire, TattiaBournes: Suire, Venmaleds-Chamuly, > Durand, Avelie,
Rattier, Carre," Chaumerte, Pouquet, Largumudait,Daugy,
Duverger > Daihére, Thomas Millet, Dion, Nectoux )
Pourcin, Cabannes, Vigoureux, Larchevesque Thibaul,
RarelCiradhione >>
. Delcarede-Lelgae, Legrand, Lar
Higzu-de-Bedou, Bontin, Monrmounier, Sauvaire, TattiaBournes: Suire, Venmaleds-Chamuly, > Durand, Avelie,
Rattier, Carre," Chaumerte, Pouquet, Largumudait,Daugy,
Duverger > Daihére, Thomas Millet, Dion, Nectoux )
Pourcin, Cabannes, Vigoureux, Larchevesque Thibaul,
RarelCiradhione >> --- Page 177 ---
Marc Voilà ncer que difoient les membres' de Taffemblée de
à la batre', à la face de l'affemblée
St.-
c'eft-à-dire , qu'ilslui difoient dans d'autres termes conftituante' 5
que je vais vous dire eft, en dernière
le
car ce
cel qu'ils ont dit, & même prefque analyfe, dans réfultat de
termes : cc Nous ne tenons plus à la-France toujours
les mémes
nous ne pouvons y tenir déformais que par un par aucun lien;
Nous avons droit de déclarer les
nouveau lien.
ment futur; cette -adhéfion furure-des claufes de notre: . attachedépend de leurs volontés. Nous ne fommes colons à la France
on. ne nousdéconcertera pas par des menaces' plus des enfans;
de fouet. Nous fommes homities aufi
ou des coups
110S droits, nous: faurons les-maintenir; , la nous connoifons
en açquérir fur nous > qu'autant
nous France ne'peut
tout ce que nous demandons,
qu'elle
accordera
& Omple -de notre décret du 23-mai. c'eft-a-dire; Si Texécurion pure
un feul
Fon 'err retranche
fe point, > le paéte eft rompu, & la France
pas fatter de nous conferver. Emploiera-celle la nel peur
nous.retenir ? L'eflicacité eli feroit douteufe', & force pour
des efprits certaine. En un mot, nous ne'
l'animofiré
la France que par un pacte fédératif entre pouvons deux tenir à
indépendans Fun de Tautres fi:l'on ne veut
peuples
nous faifons fcillion laved la Frànce S,
pasde ce pacte,
Polverel, Verneuil : Pour trancher en un mot fur tout ce
j'oblerverai que ce. difcours, de fon
qu'adir
prononcé à la barre de Faffemblée
àvel, a été
crété enfuite que.l'afiemblée de
conftituante qui a déde toute inculpation. Il eft ridicale SainiMarc étoit déchargee
de l'affemblée
que y d'après le décret
l'analyse d'un difcours conttiruante, Polverel veuille revenir faire
membres:
qui cerrainementa été failpar tous les
qui.compofoient Pa@femnbke.confireanir
$21 Polyerel. :Je répondrai A dans fon temps à
que vient de faire le citoyen Verneuil, &c. je l'obfervation vais même
y répondre à Tuitane, car l'ordre de la difcuflion
ramène. Vous feriez probablement étonnés fi le
nous y
cret du 28 mai 1790 avoit paffe fous les
fameuxdeblée conflizuante, fi le
dont
yeux de l'affemun fragment 3 avoit été difcours, lu àJa barre de je l'atlemblée viens de vous lire
tuante, fi ce même difcours avoir paru
conftiyeux de l'allemblée conflituante
imprimé fous les
> &c que cependant TafL 4
iez probablement étonnés fi le
nous y
cret du 28 mai 1790 avoit paffe fous les
fameuxdeblée conflizuante, fi le
dont
yeux de l'affemun fragment 3 avoit été difcours, lu àJa barre de je l'atlemblée viens de vous lire
tuante, fi ce même difcours avoir paru
conftiyeux de l'allemblée conflituante
imprimé fous les
> &c que cependant TafL 4 --- Page 178 ---
femblée conftituante n'edt pas manifefté fon improbation 9
foit iur l'arrèté du 28 mai, foit fur les autres actes delaffembiée coloniale de St-Marc, foit fur le langage féditieux
cette même allemblée a ofé tenir à fa barre, & faire
imprimer que
fous fes yeux 5 vous en concluriez allez naturellement que nous avons tort de cenfurer aujourd'hui ce que
l'ailemblee narionale a vu, entendu, & n'apas défapprouvé.
Voila,je crois, l'objection du citoyen Verneuil développée
avec toute fon étendue. Voici ma réponfe; D'abord, l'aflemblee quant
au décret du 28 mai, voici ce que prononça antérieur
conftiruante par fon décret du 12 octobre 1790, dont
à la prononciation & à limprellion du difcours
je
viens de lire un tragment. L'allemblée conftituante ne pouvoit denc prononcer à l'époque du 12 octobre 1790, que
fur les actes de l'aflemblée de Saini-Marcà Saint-Domingue
même. Or, voici çe qu'elle prononça fur ceux-ci...
C Déclare, &c.
Brulley: Des remerciemens à Mauduit.
Polverel : C'eft étranger.
Brulley : Lifez-les toujours.
Polv-rel : Je ne veux pas ; lifez - les vous - mêmes; cela
m'écarte de ma difcuflion. Au refte, je les lirai bien. J'ai
reconnu qu'on a eu tort de renvoyer Peynier & Mauduit.
Si vous ne voulez pas que je fafle l'aveu de ce fait-la, je
le fais.
nous ne demandions cette lecture
Brulley : J'obferverai que
dans lequel ce décret a été
pour faire connoitre l'efprit
Semc
Le préfident : Voilà ce qui eft entendu. fuit, &
eft
Verneuil: Je demande que l'article qui
qui Tautre
relatif à Mauduit & à Peynier foit inféré ainfi. que
dans les débats.
Leprefden : Lifez-le donc dans ce cas-là.
Polvarel: Volontiers.
11 le liten entier,
(Voyez-le dans la féance du 18, p. 256 & fuivantes.)
Veila la toralité du décret, à l'exception du préambule,
Voilà ce qui eft entendu. fuit, &
eft
Verneuil: Je demande que l'article qui
qui Tautre
relatif à Mauduit & à Peynier foit inféré ainfi. que
dans les débats.
Leprefden : Lifez-le donc dans ce cas-là.
Polvarel: Volontiers.
11 le liten entier,
(Voyez-le dans la féance du 18, p. 256 & fuivantes.)
Veila la toralité du décret, à l'exception du préambule, --- Page 179 ---
du Voici, foir & citoyens, c'eft de un celui-là autre décret du 28 juin 1791, féance
ciroyen Verneuil,
dont parloit tout-a-Theure le
Il lit :
e Sur un projet de décret
des colonies > de la
préfenré, au nom des comités
- & de commerce
marine, 3 de conftitution >
vant aflemblee > rendant à juitifier la conduire d'agriculture de la ci-decoloniale de
cun des individus qui la Saine-Mare. à accorder à chalivres fur les ronds du compofoient une avance de fixmille
berté de s'embarquer fur déparremen: le vaiffeau de la marine 3 & la limiflaires civils a
qui tranfportera les com-
>3 Un
Sunt-Poninguen
membre a propofé de délibérer fur les
difpolitions, & de les
au
principales
une nouvelle rédaction. renvoyer
comité pour préfenter
crété, 3> Cette 1. propolition a été adoptée, & l'affemblée a déde la rétractation qu'il fera fait men:ion dans le nouveau projet
2"-qu'il
des 8s membres de la ci-devant
s". qu'ils n'y feront a pas lieu à inculpation contre fes affemblée; membres
libres de retourner dans leur
Vous le voyez, > l'affemblée conftituante
patrie. >,
n'y avoit pas lieu
n'a déclaré qu'il
de l'allemblée de Saint-Marc ainculpation contre les indiyidus membres
dition de la récraétation
qu'à la charge & fous la confemblée de Saine-Marc; préal.ble des 8s membres de l'afconftituante a ufe à l'égard vous des voyez donc que 3. fi l'allemblée
de Saint-Marc d'une
8; membres de l'aflemblée
du moins été jufte vis-à-vis indulgence de la peut-être excellive, elle a
par fon décret du 12 octobre
corporation, elle
puifque >
déclarer T'aflemblée de Saint-Marc 1790, déchue a commenicé par
& tous fes membres
du
de fes pouvoirs >
T'aflemblée coloniale de dépouillés
caradtère de députés à
que l'aflemblée conftituante Saint-Domingues n'a fait
vous voyez encore
pureté des principes & les droits de aucun la
facrifice fur la
de par fon décret du I2 octobre, elle a déclaré nation, puifque, >
Tallémblée de Saint-Marc atrentatoires à tous les actes
nationale & à la puiffance
la fouveraineté
de recevoir aucune exécution légiflative, * nuls & incapables
5 vous voyez enfin qu'elle a'a
aflemblée conftituante Saint-Domingues n'a fait
vous voyez encore
pureté des principes & les droits de aucun la
facrifice fur la
de par fon décret du I2 octobre, elle a déclaré nation, puifque, >
Tallémblée de Saint-Marc atrentatoires à tous les actes
nationale & à la puiffance
la fouveraineté
de recevoir aucune exécution légiflative, * nuls & incapables
5 vous voyez enfin qu'elle a'a --- Page 180 ---
pas mêmer pardonné les principes féditieux mis en avant
par les membres dei Laflemblée de Saint-Marc 2 puilque,
par le décret du 28 juin, en pardonnantyelle n'a fait grace
que d'après la rétractation prélable des 85 membres de laffemblée de Saint-Marc, & de la mention expreffe qui fera
faite. dans le nouveau- projer. de cete.rétractatien.
Th. Millet : Je vous demande la parole > citoyen 71 préfident,-pour rétablir ici un fait. Cen'elt pas.le moment de
difcuter f,
le décret du 12 cctobre, le rapporteur
faire E que l'affemblée nationale déciaroit déchue
SER fes pouyoirs une allemblée légalement conftituée; mais
dans ce qui concerne-le décret du 28 juin,.vous avez' dû
voir que Barnave, d'intrigues en intrigues, a conftamment
trompé l'affemblée nationale. Vous avez vu dans ce décret
quila été queftion d'une indemnité a accorderà chacundes
membres deTaflemblée de" Saint-Marc; le rapporteur
toit à 6000 liv.; elle n'a été comprée à péctenne,
EREE
un piège de Barnave. Avec cet appas, fentant
ya avoir
ici
perfonnes'
fe trouvoient dans
beloin,
pluticurs
il les porta au nombre qet 47, & non pas des-85, afiguer où fe
cet adte de rétractation. Cet acte fut apporté au lieu
réuniffoient les miembres de Tatfemblée" de Saint-Marc; il
me fut préfenté, 8c japporterai les preuves, filon veut,
qu'après en avoir faic voir à tous les membres-de l'aflemblée
coloniale les inconvéniens , je le déchirai: La frayeur , la
feduction', le befoin d'argent effrayèrent un certain nombre
des nembres qui lefignèrentr Moi,je déclare à la face de l'univers que je ne l'ai pas figné, & quejai protefté contre
dans le comité de conititution : entre les mains de Defmeunier. Cet aéte a été l'effet de la féduction & des menaces r
de Barnave. Voila tout.
Polverel: J'invite les citoyens colons qui crient fi : fort &
fi fouvent contre l'intimité que Barnave leur avoit vouée;
je les invite, dis-je, à ne pas me mettre dans l'obligation s
de dévoiler certains faits qui fontà ma connoillance.
Th. Millet : J'interpelle Polverel, en mon hom particus
lier, de les dire.
Polverel : Et dont je pourreis donner de bonnes preuves.
Par la même raifon que je n'accufe pasi les vivans, je ref
pedterai encore davantage la mémoire des morts.Je me bor.
l'intimité que Barnave leur avoit vouée;
je les invite, dis-je, à ne pas me mettre dans l'obligation s
de dévoiler certains faits qui fontà ma connoillance.
Th. Millet : J'interpelle Polverel, en mon hom particus
lier, de les dire.
Polverel : Et dont je pourreis donner de bonnes preuves.
Par la même raifon que je n'accufe pasi les vivans, je ref
pedterai encore davantage la mémoire des morts.Je me bor. --- Page 181 ---
nerai' à des faits notoires, & dont la preuve eft déja acquife
par. les débats.
3 The Miller : Iln'eft pas queftion de refpedt dà aux / morts,
mais du refpect di à la vérité. J'interpelle de nouveau Polverelide déclarer quelles font ces intimités & Ces rapports
fi prononcés entre Barnave & les colons.
Brulley : Tous les colons l'en interpellent.
Polyerel : Voici le fait dans lequel je me renfermerai
pour le moment. Barnave étoit notoirement l'ami intime
& le commenfal de Charles & Alexandre Lameth; il logeoit
avec eux.. Charles & Alexandre étoient propriéraires de fucreries à Saint-Domingue; Barnave & Alexandre Lameth
furent les meneurs de ce comité établi au mois de mars
1790 ,. danslequel furent introduits Gérard & Reynand, dépurés de la colonie de Saint-Domingue. Ce fut par le fecours: de Barnave & de Lameth que Gérard & Reynaud
obrinrent ce fameux décret du 8 mars, dont ils fe féliciroient f fort dans leur lettre à l'allemblée du Nord, dont
lecture a déja été faite , qu'ils regardoient comme un
ttiomphe
la colonie, dont ils s'applaudiffoient comme
du FIERtI de la manceuvre & de l'intrigue 5 c'eft à
Barnave & à Laneth qu'ils ont dû ce premier fuccès. Je
couviens > parce que jele fais, que Barnave, àl'arrivée des
8r.montra un peu de févérité; mais je fais que bientôt il
s'humanifa, que biencô: les efprits fe rapprochèrent 72 &
que tel'des dépurés. qui avoit retufé de le voir, malgré
ent auparavant des relations avec lui, fe
qu'il
avec lai des liaifons
rapprocha 2 & eut
rres-fréquentes.
)
Verneuil : Nommez-le.
Polverel: Je ne veux pas le nommer.
Verneuil :Nous vous en fommons.
i1 Poiverel : Je ne veux pasr répondre à votre fommation. t
Yerneuil: Eh bien, c'eft faux. fae
Polvercl:Je dirai encore, parce
c'eft un fait public,
que Barnave a éprouvé une LimEDe publique
avoir
menti, non pas contre la colonie, mais en fa Rriteer & je
pourrois, prouver Ce fait.
Verneuil: : Prouvez-le donc.
Sonthenax : Mon collegue a oublié quelque chofe fur
les relations intimes qu'avoit Barnave avec les 85, depnis
ation. t
Yerneuil: Eh bien, c'eft faux. fae
Polvercl:Je dirai encore, parce
c'eft un fait public,
que Barnave a éprouvé une LimEDe publique
avoir
menti, non pas contre la colonie, mais en fa Rriteer & je
pourrois, prouver Ce fait.
Verneuil: : Prouvez-le donc.
Sonthenax : Mon collegue a oublié quelque chofe fur
les relations intimes qu'avoit Barnave avec les 85, depnis --- Page 182 ---
que les 8; fe font rétractés, & depuis qu'ils ont obtenu
le décret qui les déclare non inculpables. Je le
non par des allégations vagues, mais par les actes T'AF
fembiée
ETAE
conftimante, & les opinions confignées tant dans
le journal des débats que dans le moniteur du temps. N'eftil pas de notoriéré publique que Barnave a été le plus
ennemi de l'extenlion des inftructions du 28 mars, en grand faveur des hommes de couleur ? N'eft-il pas de notoriété publique que Barnave a été le plus grand adverfaire du décretduis mai? N'eftilpas de notoriété publique que. Barnave
a fait jouer toutes fes intrigues pour empécher l'extenfion
de ce décret que les hommes véritablement attachés à la
France & aux colonies vouloient 2 N'eft-il pas de notoriété
publique que Barnave étoit lié avec Gouy-d'Arcy & Cocherel', tous deux membres de l'Affemblée nationale , correlpondans avec l'aflemblée de Saint-Marc: N'elt-il pas de
notoriété publique que Barnave, Gouy & Cocherel fe font
oppofés, fair à l'extenfion naturelle des inftructions du 28
mars, foit au décret du IS mai? N'eft-il pas de notoriété
publique qu'ils ont fait rendre le décret du 24 feptembre
qui a mis le feu dans la colonie?
Brulley : Ces notoriétés publiques-la font des notoriétés
menfongères.
Verne. i: Je n'ai qu'une chofe à dire : c'eft qu'il faut
tâcher de mettre Polverel & Sonthonax d'accord avec euxmêmes. L'un dit que Barnave étoit ami des colons;
l'autre dit qu'il étoit l'ennemi des colonies. Si, vous
concilier ces deux contraires, ce fera fans doute une pouvez chofe
très-avantageufe,
Polverel: Rien n'eft moins contradictoire que cela.
Sonthonax : Il eft facile de les concilier. D'abord Barnave a été très-revèche à l'égard des 85; mais je dis que
la preuve 'qu'il eft venu d'accord avec les 85, c'eft qu'il
leur a fait obtenir un déeret qui les déclare non inculpables; c'ef qu'il s'eft joint aux 8s contre le décret du I5
mai; c'eft que Barnave d'abord ennemi des 8s, eft entré
dans leur fyftème. Cette contradidtion ne confifte que dan
la conduite de Barnave & non dans ce que nous difons
D'ailleurs conlultez le Journal des débats & le Moniteur
du temps, vous y verrezlès opinions de Barnave; vous y
ir un déeret qui les déclare non inculpables; c'ef qu'il s'eft joint aux 8s contre le décret du I5
mai; c'eft que Barnave d'abord ennemi des 8s, eft entré
dans leur fyftème. Cette contradidtion ne confifte que dan
la conduite de Barnave & non dans ce que nous difons
D'ailleurs conlultez le Journal des débats & le Moniteur
du temps, vous y verrezlès opinions de Barnave; vous y --- Page 183 ---
verrez combien il a été contraire au décret du
tout ce qu'il a fait pour faire rendre le décret 15 mai, &
tembre. Vous voyez donc que mon
du'24 & fepnous fommes pas contredits.
collègue
moi ne
Th. Millet : Sonthonax vient d'établir par des
fauffes que Barnave étoit l'ennemi des colonies; allégations mais il n'a
point prouvé qu'il fût l'ami des colons, & je l'en défie.
Polverd: Je paffe aux principes de l'aflemblée coloniale
formée à Léogane, &c réunie au Cap, après la
de celle de Saint - Marc. Cette aflemblée a hérité diffolution des
des affections, > des fentimens de l'affemblée de
Cela n'eft pas
ESSNTLS
qu'entièrement
étonnant; car elle étoit prefcompofée des ci-devant mem.bres de l'affemblée de Saint-Marc; je ne parlerai ni de la
ni de lécharpe noire, ni des fecours demandés à la cocarde, Jamaiaoût, que, fur aux Eats-Unis, ni de l'embargo mis, le 24 ou le
tous les bâtimens du commerce
&
ne fut levé
la fin du mois
français;
at
qu'a
de feptembre fuivant.
paffe tout cela fous filence parce que cela rentre dans Je
la partie de difcullion dont Sonthonax eft
lerai feulement de quelques fairs plus récens chargé; je par-
& qui établiflent non pas le projer de fcillion que ceux-là,
des faits
qui réfuire
bien formé que Sonchonax a développés , mais le projer
niale. 7l s'éleva d'indépendance par la dernière affemblée coloau mois de novembre & de
une ditfention dans l'affemblée générale fur la décembre',
de favoir fi elle changera la dénomination
queftion
rale qu'elle avoit portée jufqu'alors, en d'atlemblce-genl- celle
coloniale. Cette queftion a paru de la
d'aflemblée
tance à l'affemblée coloniale ; elle me paroit plus haute allez imporrente à moi, car les mots ne me touchent
indiftmais il y a cependant un rapport fous lequel pas beaucoups
cette queftion, & la dénomination
l'agitation de
étoient un attentat de plus à l'autorité dallembléeginérale de l'Allemblée conftituante; car, dans tous les décrets relazifs aux
l'Aflemblée conftituante n'avoit jamais donné aux colonies >
des colonies que le nom d'affemblées coloniales. affemblées Au
pris de cette dénomination que TAffemblée
méallignoit aux aflemblées des colonies, celle du conftituante à
l'exemple de celle de Saint-Mars, avoit pris le titre Cap, d'af-
orité dallembléeginérale de l'Allemblée conftituante; car, dans tous les décrets relazifs aux
l'Aflemblée conftituante n'avoit jamais donné aux colonies >
des colonies que le nom d'affemblées coloniales. affemblées Au
pris de cette dénomination que TAffemblée
méallignoit aux aflemblées des colonies, celle du conftituante à
l'exemple de celle de Saint-Mars, avoit pris le titre Cap, d'af- --- Page 184 ---
ISO
femblée-genérale, & l'avoit confervé jufqu'à l'infant où
la difcullion s'ouvre. Mais ce font les motifs fur lefquels
fe fondoient les partifans de la dénomination d'affembléegénérale, , : qui mérizent de fixer votre attention. Les uns
difoient: nous ne devons pas adopter la dénomination d'afa
femblée coloniale, nous devons conferver la dénon.ination
daliemblée-sénérale, parce que la dénomination d'allemblée
coloniale fuppofoit que Saint-Domingue eft une colonie >
ou une dépendance de la France : or, Saint-Domingue n'eft
ni ne peut être une colonie, une dépendance de la France:
Deçe fyftème étoient Th. Millet, Allain, Chaudru, Morel,
Efcofte.
Thomas Millet : Je demande la leéture de ce que j'ai dit à
cette occalion.
Polverel:Je le veux bien ; vous avez parlé assez longtemps.
(IL lit.)
Cc Difcours de Th. Millet à l'affembléc coloniale, 7 décemére
1791.
5, MESSIEURS,
>> L'on vous propofe de changer de nouveau votre dénomination, confacrée par un arrêté pris à Léogane,
trois jours de délibération. Le feul motif que l'on vous
a
lgue eft le refpect que vous devez aux termes dont fe fert
à votre égard le tribunal de la nation fouveraine. Perfonne
n'eft plus que moi foumis aux dérerminations de l'affomblée
nationaie; 5 mais perfonne aufli n'eft plus en garde contre
l'abus que I'on a fait & que l'on pourroir faire encore du
nom facré de la loi & de la volonté de la nation, : manifelléc par les décrets. C'eft au nom de la loi qu'on a folliciré
la diflolution d'une affemblée conftituée par la loi,
obliffoit à la loi, mais qui, dans les difpolitions d'un
a
qui n'étoit pas une. loi, mais de imples inftrudions, avoit
vu la fource de la fubverlion' "totale de ces contrées, & qui,
par une ferme réfftauce à cette difpofiticn, avoit voulu en
prévenir, ci empécher la ruine.
nom de la loi qu'on a folliciré
la diflolution d'une affemblée conftituée par la loi,
obliffoit à la loi, mais qui, dans les difpolitions d'un
a
qui n'étoit pas une. loi, mais de imples inftrudions, avoit
vu la fource de la fubverlion' "totale de ces contrées, & qui,
par une ferme réfftauce à cette difpofiticn, avoit voulu en
prévenir, ci empécher la ruine. --- Page 185 ---
1St1
>> On veut 3 MM., que vous preniez le titre d'affemblée
coloniale. Le décret du 12 octobre, rendu dans la févérité
la plus rigoureufe contre une affemblée accufée d'indépendance, pour avoir établi pour bafes confticustionnelles de
cette fection de l'empire, ceiles que l'affemblée nationale
elle-même a pofées depuis dans fon décret du 24 feptembre
dernier, > pour avoir fauvé aux repréfentans de la nation
Tinconféquence impardonnable, > après la déclaration des
droits, de difcuter des lois fur les elclaves & fur les affranchis; ce décret enfin na point improuvé la dénomination
prile par cette ailemblée, d'affemblée générale de la partie
frangaile de Saint-Domingue. 3 parce qu' on a vu dans certe
exprellion partie francaife, l'unité de la monarchie, ce
fultifoit pour établir le rapport entre toutes les parties M
l'empire, & qu'on n'avoit pas befoin d'en. exprimer la dépendance.
>> On veut, MM., que vous preniez la dénonination
d'affemblée coloniale > parce que, par un mélange des anciennes idées & des nouvelles , on veut que, comme COlonie, vous foyez une dépendance immédiate de la
ce qui feroit contraire à la confitution, à l'unité Francs, de la
monarchie, & non pas une portion de cet empire pour laquelie fon climat, les productions de fon fol, les moeurs &
les habitudes de fes habitans exigent une confitution
culière.
parti-
>> On ne fauroit fe diffimuler la puiffante influence fur
l'aflemblée nationale &c fur-tout fur les dérerminations du
comité colonial, de cette corporation riche, intermédiaire
entre les cultivateurs, les manufacturiers de France &
de cette corporation qui, confondant rous les intérêts. nous; du
commerçant avec les intérêts du commerce, voit dans les
lois prohibitives & exclufives, le plus sâr garant de fes fuccès
particuliers.
3> On ne fauroit fe diflimuler que cette corporation a
diété le premier & le fecond article du décret du 24
tembre, dans lequel l'affemblée nationale, dérogeant fep- à 'la
loi conftitutionnelle de l'Etat, qui porte
la loi.ne
être délibérée & cozfentie que par ceux gu'e 1OT
peut s'et
réfervé de ftatuer exclufivement fur des intérêts foumt, communs,
& qui établiffent ellentiellement VOS rapports avec la mbre >
patrie.
le premier & le fecond article du décret du 24
tembre, dans lequel l'affemblée nationale, dérogeant fep- à 'la
loi conftitutionnelle de l'Etat, qui porte
la loi.ne
être délibérée & cozfentie que par ceux gu'e 1OT
peut s'et
réfervé de ftatuer exclufivement fur des intérêts foumt, communs,
& qui établiffent ellentiellement VOS rapports avec la mbre >
patrie. --- Page 186 ---
3 Il m'en coûte de le dire, MM.; mais certe. dérogation fi manifefte à la loi conftituticnnelle de IErat, qui ne
vous laille que la prérogative d'envoyer.à deux mille lieues.
d'humbles pétitions fur VOS intérêts communs, cette dérogation, dis-je, eft un aéte de defpotiline arraché à l'affemblée nationale par l'obfeflion de ceux qui ont toujours
voulu vous conferver dans leur dépendance.
> Tl feroit fort facile de vous démontrer que , G le COmité colonialavoit été compofé d'autres hommes que.de ceux
qui avoien: intérêt à vous impofer des ters 3 que fi notre
caufe avoit été défendue, à l'allemblée nationale, par les
dépurés que vous y aviez, vous n'auriez point été réduits
alhumble attitude de pétitionnaires, dans la difcuflion des
lois qui établiflent vOS rapports les plus intimes & les plus
précieux avec la mère patrie.
9> Que fera-ce donc, MM., qnand vous vous préfenterez comme pétitionnaires à cette importante difcuflion, &
comme pétitionnaires d'une colonie 2
>> Je fais bien qu'en retour des dépenfes que fait la mère
patrie pour notre confervation, nous ne devons ne vendre
qu'a elle, n'acheter que d'elle; mais cette rigoureufe exclufion exige des modifications locales qu'il ne fera plus à votre
difpofition d'étendre, quelque prellantes que foient les circonftances. Lorfque vous ferez à cet egard des pétitions,
comment réfifteront elles à cette mafle énorme d'influence
fur l'opinion publique, qu'elles trouveront fufcitees dans
tous les efprits? On vous répondra : Une colonie tormée
à nos frais & par nous, ne l'a éré que pour notre uuli é;
nous voulons nous en réferver tous les fruits : & par les
lois les plus févères, on vous préfentera toujours comme
une colonie; & pour la foule qui ne difcute poit , pour
la foule qui voit dans un rerme bien ou mal appliqué
toute l'extenfion que l'on peut donrier à une idée, vous
ferez roujours confidérés ccn.mé une colonie, c'eft-à-dire,
comme les fermiers d'une corperation qui fe regarde comme
véritable propriétaire de vor biens, alleruon avancée au
fein même de T:flen.blée nationale.
de
>> L'expreflion aljemblee generale de la partie françaife
Saint-Domingue, démontre bien authentiquement vos'liaitons
intimes avec la mère patrie., vous prélente comme une
porton
vous
ferez roujours confidérés ccn.mé une colonie, c'eft-à-dire,
comme les fermiers d'une corperation qui fe regarde comme
véritable propriétaire de vor biens, alleruon avancée au
fein même de T:flen.blée nationale.
de
>> L'expreflion aljemblee generale de la partie françaife
Saint-Domingue, démontre bien authentiquement vos'liaitons
intimes avec la mère patrie., vous prélente comme une
porton --- Page 187 ---
portion intégrante de l'empire exprime folémnellemient
funité de la monarchie : affemblée coloniale, au
préfente une idée de dépendance & d'atferviliement. contraire,
a vous, MM., de choifir. Voulez-vous être une, C'eft
intégrante de l'empire qui confitue l'unité de la monarchie? portion
Voulez-vous êre une portion, une dépendance del la
une propriété qu'elle puille céder, aliéner? Vous, France,
propriétés, > que VOS familles attachent aufol de ces que con- VOS
trées, vous, qui devez jeter VOS regards plus,loin
qui ne font attachés ici que par des intérêts que ceux
voulez-vous envifager la perfpective de ceffer d'être pallagers >
Ce fera celle de ces deux idées à laquelle vous vous français?
qui doir déterminer votre dénomination. s>
arréterez,
Vous voye ez toujours le même efprit de conferver le nom
d'aflemblée générale, & cela par la raifon que le'mot coloniale fuppoleroir une colonie , une dépendance; mais le
bien citoyen Millet, dans une autre circonftance, a prononcé
plus formellement encore, que
ne
pouvoir ètre confidéré comme une colonie, Saint-Domingue comme
dépendance. .
une
Miller :Je demande la lecture de ce
celui - là vous n'avez trouvé qu'un attachement difcours; car dans
aux principes français.
au nom &c
Polverel: Ily a toujours le même voile, mais
même profeflion de foi, que Saint-Domingue n'eft toujours & la
peut être regardé comme une colonie > comme une dé- ne
pendance.
Thomas Millet : Pour épargner la poitrine de
je vais lire.
Polyerel,
Verneuit: C'eft du temps perdu.
Th. Millet : Si je ne fuis pas aflez juftifié par ce
de lire Folverel, je lirai la fuite.
que vienr
Duny : On vous fera imprimer tour ce qu'on a écrit depuis cinq ans dans la colonie.
Th. Miliet : J'ai demandé cette
la lettre qui a été lue & qui manifefe leoure, quels parce étoient qu'après
fentimens d'attachement à la France, on a continné à mes
cufer d'efprit d'indépendance : fi la commiflion n'eft m'acfuffifamment inftruite, je demande la leckure; fi elle l'ea pas
fufh'amment, je me tais.
Tom:11, Seigième liyraifon.
M
colonie.
Th. Miliet : J'ai demandé cette
la lettre qui a été lue & qui manifefe leoure, quels parce étoient qu'après
fentimens d'attachement à la France, on a continné à mes
cufer d'efprit d'indépendance : fi la commiflion n'eft m'acfuffifamment inftruite, je demande la leckure; fi elle l'ea pas
fufh'amment, je me tais.
Tom:11, Seigième liyraifon.
M --- Page 188 ---
Polverel : Voici comme Alain parle.
(Ilit.)
d'Alain à
coloniale, 6 décembre
* Difcours
P'affemblée
1791. 1
> M. Millet vient de wous prouver combien peu vous
feriez confidérés, S vous vous préfentez comme pétitionnaires d'une colonie : je vais métendre davantage.
affemblée coloniale 2 vous recon3> En vous conftituant
eft une colonie,. c'eft-àdire,
noilfez que Saint-Domingue
&
par une
propriété nationale; une terre conquife peuplée eft dans fa dénation étrangère > & qui, par conféquent, réclamer des droits
pendance ablolue. Lorfque vous voudrez
qu'on ne vous reconnoit pas dans le moment > vous n'aurez
aucun titre : on vous dira : Si vous êtes colonie de la Fr-nce,
vous êtes dans Ja dépendance ; f vous êtes dans fa dépendance,
recevoir la loi
vous faic. MM., eft-ce
yous devex
qu'clle
votre intention? N'ètes - vous nommés par le peuple que le
garder le Glence fur fes plus chers intérêts, &
pour
réclamer fes droits? 9>
mettre dans le cas de ne pouvoir plus dans le mêie fyftême de
Vous voyez
c'eft toujours
vouloir
décolonie, de ne
pas être
ne vouloir pas
Aie
pendante de la France, qu'Alain, Millet & tous les autres
j'ai nommés, perliftoient à youloir conferver la qualification que d'allemblée générale. Un autre membre de la même
allemblée . e a
m'eft
Th. Millet : Après cette nouvelle inculpation qui
de
faire, je vous ne6a.cipreuprubient de me permettre
lire fix lignes
font le réfumé de ce difcours fur lequel
on fe piait à
.
ELEE
(Il lit ce pallage.)
contraire, MM.,
le moyen d'obéit.
cc Je penfe au
>
êres que
de la révoaux décrets, de"prouver que vous
dignes
lution, que vous formez des liens indiflolubles avec les'
de
eft
l'aflemblée générale del la
autres parties l'empire, que
partie françaife de Saint-Domingue, & non l'allemblée co-
fur lequel
on fe piait à
.
ELEE
(Il lit ce pallage.)
contraire, MM.,
le moyen d'obéit.
cc Je penfe au
>
êres que
de la révoaux décrets, de"prouver que vous
dignes
lution, que vous formez des liens indiflolubles avec les'
de
eft
l'aflemblée générale del la
autres parties l'empire, que
partie françaife de Saint-Domingue, & non l'allemblée co- --- Page 189 ---
i8;
loniale, déclare vouloir être partie intègrante de l'empire
francais , conftituer avec les auttes parties de l'empire
l'uniré de la monarchie , & ne
être une colonie.
Pege: Si Millet a voté
T dénomination d'affemblée
générale j'avois voté pour hera dénomination d'allemblée coloniale ; mais ce ne font pas les opinions individuelles qu'il
faut confidérer : il faut confidérer quel eft l'arrèré pris
Fallemblée coloniale, & c'eft-là
feulement, ciroyens,, Pes
vous trouverez le véritable efprit de l'affemblée coloniale.
Je vais donc vous donner leéture de l'arrêté pris par T'affemblée coloniale : c'eft cela feul qui va vous donner la
melure de l'opinion publique, . . e
l'arrêté
Polverel : be quelle date 2. car je ne connois pas
définitif.
Page: Je vais le lire, puifqu'on ne le connoit pas. 7
(Page lit.)
ee Extrait de la féance de l'alfemblée coloriale du IO d.cembre
1791.
s L'affemblée générale > confidérant que les décrets natiomaux qui lui ont été officiellement manifeftés, notamment le
décret du 24 feptembre 1791, accepté le 28du mêrne mois,
ainfi
les proclamations du roi, fe fervent particulièrement uc expreftions, afjemblée coloniale, loriqu'il eft queflion
de défigner l'affemblée des repréfentans de cette portien de.
l'empire français;
nation
>> Confidérant combien cille defire de témoigner à la
françaife & fon amour & fa fidélité;
>2 Déclare que, quoique la dénomination d'affemblée générale n'ait jamais été que l'exprellion de la fidélité & du
pattiorifime les plus purs, & qu'elle ne puilfe êire fiuteeptible d'aucune interprétatien contraire aux intérêts de l'empire français;
d'affemblée
n'ait
>> Que,q quoiquela dénomination
générale
jamais été improuvée par l'ailemblée nationale conitituante >
tlle veut fe modeiet fur la lettre même deldits décrets;
> En conféquence, que, revenant fur fon arrêté du 5 août
demier,, approuvé,
M 2
qu'elle ne puilfe êire fiuteeptible d'aucune interprétatien contraire aux intérêts de l'empire français;
d'affemblée
n'ait
>> Que,q quoiquela dénomination
générale
jamais été improuvée par l'ailemblée nationale conitituante >
tlle veut fe modeiet fur la lettre même deldits décrets;
> En conféquence, que, revenant fur fon arrêté du 5 août
demier,, approuvé,
M 2 --- Page 190 ---
35 Elle change fa dénomination d'affemblée générale en
eelle d'alfemblée coloniale de la partie frangaife de SaintDomingsc,
" N'enrendant néanmoins, par l'effet de ce
aucune
changement,
porrer
aiteinte à fes travaux précédens & 2ux droits:
politiques de la partie françaile de Sainr- Domingue, 3 notamment dans tous les points de confitution & de legifiation
ne lui fonr point communs avec la métropole; fe réfpecialement, en tant
Reued
que de befoin, Indice aflemblée,
que des mots coloniale ou colonie on ne puille jamais inférer
aucune erreur fur l'établiffement dc cette contrée, ni que
qui
ce foit puiffe jamais prétendre que cette parrie del
en foit une propriét - inaliénable en manière
RELAe
ladire affemblée ftaruanr de plus fort, d'après la confticurion quelconque;
françaife décrétée par T'affemblée narionale conftituante, &c
acceptée par le roi le 14 feptembre 1791. 5
Ceci eft relatif, ciroyens, à la vente faite, parle gouvernement, de laLouifiane & du Canada, &c prouve combien la colonie vouloit refter attachée à la France.
Il conrinue de lire.
cc Que la partie françaife de Saint-Domingue eft & demeure irrévocablement portioninrésrante de l'empire français,
fous les modificacions conftitutionnelles néceffaires aux convenances locales & particulières, & conrenues au décret
conftitutionnel rendu par l'affemblée nationale conftituante,
le :4 feptembre 1791, accepté par le roi le 28 du même
mois. 59
Le refte eft inutile à lire : mais vous voyez-là l'efprit de
laffemblée coloniale, qui vouloir toujours faire partie intégrante de la France, & qu'elle n'a fait' cette reftriction dans
un des articles dont je viens de vous donner lecture, que
qu'elle avoit vu que le gouvernement avoit vendu la
Enuettie aux Efpagnols; elle anonçoit à la France qu'elle
defiroit, qu'elle vouloir faire partie intégrante de la France.
Th. Millet : Mon collegue vous a expofé les inquiétudes
des membres de T'aflemblée coloniale far l'aliénation faire
les miniftres, de la colonie de la Louifiane; mais ce
là
irelote
pas
feulement qu'éroient leurs inquiétudes, mais dans les
expreflions de Barnave dans fon rapport des II & 12 Octobre, & je m'en vais vous le mettre fous les yeux.
qu'elle vouloir faire partie intégrante de la France.
Th. Millet : Mon collegue vous a expofé les inquiétudes
des membres de T'aflemblée coloniale far l'aliénation faire
les miniftres, de la colonie de la Louifiane; mais ce
là
irelote
pas
feulement qu'éroient leurs inquiétudes, mais dans les
expreflions de Barnave dans fon rapport des II & 12 Octobre, & je m'en vais vous le mettre fous les yeux. --- Page 191 ---
Ia difcuffion:on ne nie pas
préfident foit : Celaenchevèree Jans le
de Barnave.
la Mi ne let: Mon intention rapport eft de vous raire voir que toutes
efures del'aliemblée colonule rendsirur:dempecher 1
cette
ation dont elle avoit T'exemple, & dont malheureun l'indicarion étoit dans le décret du 12 octobre. vient
olyerel: Citoyens, vous voyez dans l'arrété dont on
ous donner lecture , -quel a
étoir l'elprit laffemblée de T'allemblée ccloniale, vous voyez que par cet arréré tirer de la noua foin de réferver qu'on ne ccl-niale, pourra aucune inducdénomination d'aflemblée
à la colonte de
contre les droits poliriques apparrenans & vous verrez encure
1t-Domingue. On vous a déja dir,
quoi l'on faifcit
ux dans la fuire de la, difcuflion, en
éroient
Gfter ces droits poli-iques : cas droits poliiques
cifemenr confacrés dans le décrer du 28 mai, profcrit droits
latlemblée conflituante. Ces rebtenions de
uire par
Ton vouloit conferver, qu'on rrétendoir coniriques fon: que bien plus franchemenr développées dans T'opiver,
Laval, dont les croyens col ns ne contefon du citoyen fans doute le parrionifine dns lar fens. Voici
ont pas
qu'il eft précieux de recueillir.
pinion du citoyen Laval,
Il lit:
Difcours de Laval dans la fcance du 7 feptembre 1791.
Si je me décidois à traiter la matière au fond,je vous iuuémontrerois facilement que les différens orateurs qui
ennent qu'on doit changer de denonainaion,s'ont cmployé
des
parvenir à leur bur.
ue
fophifimes pour en cutre que nons devons avoir
>> Je vous denontrerois
fous le jtre deffemilée
Saint - Domingue une affemblée fins
que nous,
énérale. comme las Angiais, dénomination, plus
policiquus dans Tille dela
en ont une fous une parcille difficile de vous prouver que
Jamaique. Il ne me feroit n'eft pas poinc & ne peur pas è re une
lifle de Saint-Domingue
écarrons pas des décret: natiocolonie ; que nous ne nous ordonne de, nous qualifer du
naux, puifqu'aucun ne nous
ce mot doit Eeu imtitte d'aflemblée coloniale, parce que
porter a l'allemblée nationale,.
M 3
Tome II. Seigieme livraifon.
ille difficile de vous prouver que
Jamaique. Il ne me feroit n'eft pas poinc & ne peur pas è re une
lifle de Saint-Domingue
écarrons pas des décret: natiocolonie ; que nous ne nous ordonne de, nous qualifer du
naux, puifqu'aucun ne nous
ce mot doit Eeu imtitte d'aflemblée coloniale, parce que
porter a l'allemblée nationale,.
M 3
Tome II. Seigieme livraifon. --- Page 192 ---
wJe vous démontrerois qu'il eft d'un intérêt
Saint-Domigue qu'il eft du devoir de ne pas être traité comme une majeur colenie
pofer.
des propriétaires culivateurs de s'y
>> Je vous démontrerois enfin que l'ifle de
mingue n'eft ni province ni departement de la
Sain:-
que c'eft une portion vraiment fedérative de France, 1
çais; que l'affemblée nationale n'a
l'empire fi
la repréfenter; qu'elle ne
pas été élue par elle a
décréter pour elle, quant à peur ce qui en concerne confequence ni ftipule
intérieur; ; que lifle de
tout fon rég
avoir des dépurés dans T'aflemblée Saint-Domingue ne peur & ne
qu'elle dait, comme les ifles repréfentative de la Fran
Bensy lifle même
anglaifes, étre
> & que toute auire,
repréfen
letitre imparfaite; 3 je foutiendrai enfin que c'eft repréfentation aux affemblécs fer f
à, faruer d'affemblées fur tous les générales, &c non àl'allemblée nationa
au-delà de l'enceinte de rapports donc la chaîne ne s'érend
mal fondée d'indépendatce iifle; & pour prévenir l'objecti
j'ajoute que les aflembices générales que l'on reproche à ce fyftèm
comme loi dans leur territcire
ne pourront rien étab
du-roi des
qu'avec la fanction imiédia
foire du Français, ou T'approbation immédiate ou
Dans gouverneur qui le repréfente. 9,
prov
tout ccla, toutes les affemblées
me font comptécs pour rien,
nationales de Fran
Senac : Je demande T'arrèté qui a fuivi.
Polverel: On a pofé d'abord la
fi, cui cu non, il'yavoit lieu à délibérer. queftion préalables favoir
lable a été écartée; Onl a arrêté
La queftion pré
ror, à la pluralité de
qu'il y avoit lieu à délib
doux : voila comment a quarante-fepe pafle
voix contre quarante
ronciation faite par le Moniteur Tarcésjel de
le vois ici dans T6
Voilà, cicoyens, quel étoir l'efprit Saine-Domingue.
coloniale au moment de la difcuflion dominant fur
de l'aflemblé
aux mois de novembre & de décembre fa dénemination
remarquer dans Tanalyfe que jai faite 179%. Vous du avez pu
179:, que cCt arrêté décile encore defarrété
27 ma
de laffemblée coloniale
l'efpri: d'indapendance
que je viens de vous lire; beaucoup vous voyez mieux que les opinions
tecefemen: de la loi du 4 avril : elle la qu'elle qualific parle de déciliou refpec
ion dominant fur
de l'aflemblé
aux mois de novembre & de décembre fa dénemination
remarquer dans Tanalyfe que jai faite 179%. Vous du avez pu
179:, que cCt arrêté décile encore defarrété
27 ma
de laffemblée coloniale
l'efpri: d'indapendance
que je viens de vous lire; beaucoup vous voyez mieux que les opinions
tecefemen: de la loi du 4 avril : elle la qu'elle qualific parle de déciliou refpec --- Page 193 ---
& la met en contrafte
le droit de faire; qu'elle avec la loi qu'elle difoit avoir feulo
de Saint
préfente cette décilion au
puillance Domingue comme une loi injufte, faice peuple
incompétenre, & à laquelle elle
par uns
que par la crainte & la nécellité. Il
ne cède elle-mèime
époque une autre opinion de Laval, y a encore à la même
déja la parlé & vous parlera ensore : vous donrSonthonax vous 2
letre de Pitra, autre membre
avez vu de plus dans
loniale, quels font fes
patriote de l'affemblée coOlindependance, quel eft principes fon efpoir, > quels font fes voux pour
circonlances actuelles, &
malgré la dificulé des
ment fur la contre-révolution que cet efpoir eft fondé
ils ne fondent l'efpoir d'une qui s'opérera en France; unique- car
Domingue que fur la fuppolition mcilleure ficuation pour Sainerentreront en France, &
la que les princes émigrés
rera : voilà ce qui eft écrit que
contre-révolation s'opéPirra, autre fameux patriote, caril politivemen: étoit dans la leitre de
Sontho:ax : C'étoit un membre bien du côré Oueft.
triote.
diftingué du côté par
Page : C'eft vrai:je prie les cicovens
configner; jeprie la commiffion
tachigraphes de le
letue Pitra na énoncé qu'une d'obferver que dans cette
écrit cette" lettre qu'à un particulier opinion individuclle : il n'a
Sonthonax : A tous fes
mel: c'eft une lettre officielle contiroyens d'un réunis au fort de Jaccolons dans le fort de Jacmel.
colon à tous les autres
Page: : Cette lettre caractérife
qui doit être établie entre les colons parfaitement la diférenco
pauesetolatiomaies Cette lettre patriotes & les colons
les patriotes, dansl l'affemblée coloniale, vous indique bien que
primés par les contre -
font fouvent comles intérèrs du gouvernement. révolutionnaites, lefquels font dans
dus Pitra vous dit que les malheurs de
volucion aux princes émnigrés; & s'il vous Saine-Domingue dit
la
font
peut fauver
que contre-rérité : car vous voyez Saine-Donmingue, très-bien
il vous a dit la vétriotes ont oppofé une réfiftance que c'eft parce que les pavolationnaires, qu'ils ont été
vigoureufe auix contre-ré-
& Sonthonax, comme ils I'ont anéantis été & égorgéspar Polverel
E les patriores avoien; voulu compofer par Blanchelande. Certes,
avec les contre-sévoe
dit
la
font
peut fauver
que contre-rérité : car vous voyez Saine-Donmingue, très-bien
il vous a dit la vétriotes ont oppofé une réfiftance que c'eft parce que les pavolationnaires, qu'ils ont été
vigoureufe auix contre-ré-
& Sonthonax, comme ils I'ont anéantis été & égorgéspar Polverel
E les patriores avoien; voulu compofer par Blanchelande. Certes,
avec les contre-sévoe --- Page 194 ---
ferions demeurés fur nos propriétés:
lutionnaires, nous
été dévaflé, anéanti; mais c'eft
Saint Domingue n'auroit une lurte pas conft nte > parce que les paparce qui a cefle exifté de luner con:re les Rcndbselunikmanten
triotes n'ont
de Saint - Domingue ont eu heu. Prra
que les événemens
il difeit : Si nous voulions foufirir
avoi: donc reifon quand
heudans - la colonie, nous ferions plus
la cenrre-révolation
naturalifer la révolution à Saintreux; mais nous voulions
Dominguc.
encore dans la pièce dont je vais
Palverel : Vous verrez étoient les affections des différens
quelles
vous donneriecture,
la France & pour la révolumembres de T'affemblée pour
membre de l'afti-n:c'eft une lettre de Coignec-) Mion,
coloniale, dépuré
elle en France.
femblée
: Et
à
CELINL
paffe
PEF Lequel côté étoit-il?
Polverel:Je n'en fais rien.
individuelle.
Senac : Cen'eft qu'une opinion un à un.
Polverel: Nous vous aurons
Verneail: C'eft cà nous vous ntrendens. coloniale à Londres.
Sonthonax: Commifaire de Paflemblée foin d'envoyer des copies
Polverel : Lettre dont o11 artivée, a eu
car cela a coincidé avec
dans toute la colonie à notre
norre arrivée.
ces copies certifiées?
: Qui envoyoit n'en fais rien : attendez . . : Je connois Parmi bien
ont mifes en circulation.
ARLAS
plufieurs de ceux qui les
a aufli d'autres envoyées fous
ceux- là étoit Peyra; il y en
Y'anonyme,
les doures, préfident, je vous
Senac: Moi qui n'aime pas Polverel de dire qui a fait cirprie d'inrerpeller le ciroyen les corps populaires, dans toutes
culer cette lettre dans tous
les communes de Saine-Domingue,
Polyerel: Peyra : voilà le cettelettre principal. eft 2 adreffée alaffemblée
Sonthonax: J'ajoute
connue de l'aflemblée coloniale,
a
der
coloniale, qu'elle
fon fecrétariat, que, bien loin de la
qu'elle eft reftée dans fait de l'aflemblée coloniale qu'elie a été
réprouver; c'eft du colonie. Ce n'eft pas tout : il eft tacile de
répandue dans la
il n'eft pas un membre de l'affembleé
prouver ce fait, car
affemblée
Sonthonax: J'ajoute
connue de l'aflemblée coloniale,
a
der
coloniale, qu'elle
fon fecrétariat, que, bien loin de la
qu'elle eft reftée dans fait de l'aflemblée coloniale qu'elie a été
réprouver; c'eft du colonie. Ce n'eft pas tout : il eft tacile de
répandue dans la
il n'eft pas un membre de l'affembleé
prouver ce fait, car --- Page 195 ---
I9I
coloniale, qui, avant fa diflolution,
de cette lettre, & jamais I'aflemblée coloniale, n'edt.eu connoilfance" dans
de fes actes,.'a fait croire qu'elle en ignoràt l'exiftence aucun
ia circulation.
&
Th. Miller: Tamaisaffemblée délibérante
fure.fans
na pris une meTarrété prendre un arréré:je demande que Sonthonax cite
Par loquel laifemblée coloniale a ordonné qu'onrepandit cette lettre.
Sonthonex : Je dis' que c'ef dur fait individuel des
membres de Taliemblée coloniale.
quelques
A7 Miller : Sonthonax a dit tout à-Pheure du fait de l'affemblée
coloniale.
d'ailieus Sonthonas Je n'aip point ditl'affembléc, mais les membres:.
je ne cherche pas à vousprendre fur les
vous.les recofez tant que vous voulez, je demande expreflions; la même
indulgence. J'ai dit : les membressc'eft du fait individuel de
plufieurs membres de Taflemblée coloniale. Je me
jufement de ce qu'il n'y a point eu d'arrèté de
plains
coloniale qui en empéchat la circulation; c'eft un T'aflemblée des
grands attentats contre la métropole, c'eft une des mancuvres plus
les plus infernales ga'on ait fait jouer pour, faire
hotre miflion; cette manceuvre avoit déja été difcrédirer
France par Thôtel Malliac & fes adhérens : employée'en j'en rendrai
tompte quand la parole me fera dévoluc.
e Senac l'affemblée : J'obferve encore que Peyra.n'a jamais été membre
affemblée coleniale; & comme Peyra n'a jamais été dans
oniale.
coloniale, ce n'eft pas du fair de l'affemblée COndividus Poiverel : Ne combinez' pas, je vous prie, ce
ont dit, fur la tête d'un de ces
que deux
metre ce dernier en contradiétion avec lui-même individus, : c'eft
honax qui vous a dit
Ecus
oniale avoient
que des membres de l'affemblée COhoi
coopéré à la circulation de cette lettre;
qui vous ai dit que je connoiffois Peyra
un c'elt
Feux qui avoient mis cette lettre en circulation pour
de.
jouter que j'enavois des preuves; mais je n'ai : je pouvois
Fs membres de l'allemblée coloniale l'avoient point dit
ai dit feuleinent, Çe qui va être
fait
Rarecaee
a lettre eft adreflée alaflemblée coniaté coloniale. par la lecture, que
Page-Avint la lecture de cette lettre, je demande que le
vous ai dit que je connoiffois Peyra
un c'elt
Feux qui avoient mis cette lettre en circulation pour
de.
jouter que j'enavois des preuves; mais je n'ai : je pouvois
Fs membres de l'allemblée coloniale l'avoient point dit
ai dit feuleinent, Çe qui va être
fait
Rarecaee
a lettre eft adreflée alaflemblée coniaté coloniale. par la lecture, que
Page-Avint la lecture de cette lettre, je demande que le --- Page 196 ---
prélident veuille bien interpeller Polverel de déclarer od il
a trouvé cete lettre.
Polverel : Vous allez le voir.
: Je prie le citoyen préfident de faire l'interpellation.
A Vous allez le voir par la leéture.
Polverel lit : ce Exrait des minutes dépolées au greffe de
la municipalité des Cayes >..
avoir été trouvée
Page : Polverel a dit que cette lettre
dans les archives de laffemblée coloniale.
Polverd: Je n'ai pas dit, cela.
c'eft ainfi
Sonthonax : Polverel n'a pas dit cela :
qu'on jette
des inculpations à travers la difcuflion.
de bien noter
Polver.l: Je prie les citoyens tachygrahes font faites, & de n'en pas
les différentes inculpations qui me
perdre une..
Polverel lit la lettre fuivante :
Extrait des minutes dépofées au greffe de la municipalité
des Cayes.
Coignacq de Mion, à l'affemblée coloniale de la partiefrangaifa
de Saint-Domingue.
De Londres, le 20 juillet 1792.
cJe vous remets, Meflieurs, un décret de l'Affemblée lef
nationale, qui vous donnera le fecret des opérations laffran par
quelles fes commiffaires doivent conduire lesn nègres à
chiffement général.
fuis
& je vous
>>
N'en doutez pas, Meflieurs, j'en
sàr.
jure fur Thonneur : le travail eft. prèt à l'Allemblée na
& il fera prononcé auflitôr que des commiffaires
Le
de cette
tiSh
fef feront cmparis de toutes les autorités.
projet les
alferablée cft d'afftanchir tous les nègres dans toutes
co
lonies frangaifes, de pourfuivre Taffranchitiement dans toutes & de
les colonies étrangères avec les premiers aftanchis, dan
porter ainfi la révole & fuccellivement Tindépendance
routle Nouvean-Mende. ce qui, felon elle, > lui redonneroi
encore la prépondérance far toutes les puiflances de TEurope
&k ce plan atroce gui doit faire couler tant de fang fera
d'afftanchir tous les nègres dans toutes
co
lonies frangaifes, de pourfuivre Taffranchitiement dans toutes & de
les colonies étrangères avec les premiers aftanchis, dan
porter ainfi la révole & fuccellivement Tindépendance
routle Nouvean-Mende. ce qui, felon elle, > lui redonneroi
encore la prépondérance far toutes les puiflances de TEurope
&k ce plan atroce gui doit faire couler tant de fang fera --- Page 197 ---
A
exécuré, f a vQus ne mettez toute la célérité poflible dans vOs
réfolutions, le concert le plus parfait dans vos mefures, &
Tintrépidité d'un peuple au délefpoir dans votre réfiftance.
Repouflez, > Mellieurs, repouffez ces tigres altérés de fang;
érouffez dans le ceeur de ces fcélérats leurs projers barbares,
& méritez l'amour de VOS compatriotes, & bientôt les bénédictions de l'univers fauvé, par votre courage, des convulfions atroces de ces forcénés.
3> Salut, Signé, COIGNACQ Miox.
>> P.S. Ils ont 20,000 fulils, outre leur armement
armer les nègres; ils ont des munitions & des Fpprovitionne- pour
mens pour un an : marchez au-devant d'eux avec VOS forces
navales; ils n'ont qu'une frégate, allez vous en
;
prenez les approvifionnemens, armez > accueillez les emparer;
de ligne, gardez les commiffaires, & faites convoyer troupes leurs
fatellites hors du débouquement, avec défenie d'y
fous peine d'ètre coulés bas >,
rentrer, >
Polverd: Ces fatellites étoient les gardes nationales de
France.
Il achève la lecture.
a Si vous êtes aflez réunis pour fuivre ce confeil, je vous
réponds du falut de Saint-Domingue. Au refte,
ne fe flatte auprès d'eux d'aucune
leur que perfonne
vélifme n'en impofe à perfonne;
que les machiafeuls
Reidi
dansleurs attections, & tous les blancs, fans
nègres
tous les mulatres, feront profcrits; ils font tous diftinction,
à leurs projets, difent-ils, & ils feront tous facrifiés dangereux aufitôt
qu'on aura pu enlever tous les officiers
auflitôe
aura
employés,
qu'on
licencié les troupes de ligne : auflicôt
les
commiflaires, encore une fois, feront maitres de toutes que les
autorités.
a Collationné, Jigné, POYDRAS, Rertairegrefter",
Verneuil : De quelle date ?
Polverl: Du 20 juiller 1792.
Verneuil: Je n'ai qu'un mot à dire : Je demande fi
Polverel & Sonthonax fon; arrivés, on n'a pas été
quand
d'eux.
au-devat --- Page 198 ---
Lc préfident : Cela a déja été dit.
Polverel: C'eft ce que nous verrons.
Page : J'obferve que Coignacq-Mion étoit à Londres, &
il n'eft pas étonnant qu'il edt le fecret de ces Mellieurs.
Sonthonax : La lertre prouve évidemment qu'ily a identité
de principes entre Coignacc-Mion & les colons qui font ici.
Le préfident ajourne la féance à demain.
Le regiftre des préfences cfl figné J. P. H.
préfident LECOINTE ( des Deux - Sevres ), fecrétaire ;
Gasate
Ematl AILASSEUR, D'ABRAY, FoucHe ( de Nantes).
qu'il edt le fecret de ces Mellieurs.
Sonthonax : La lertre prouve évidemment qu'ily a identité
de principes entre Coignacc-Mion & les colons qui font ici.
Le préfident ajourne la féance à demain.
Le regiftre des préfences cfl figné J. P. H.
préfident LECOINTE ( des Deux - Sevres ), fecrétaire ;
Gasate
Ematl AILASSEUR, D'ABRAY, FoucHe ( de Nantes). --- Page 199 ---
F95
De18 Plaviëfe, l'an croifème de la Répuilique
une 6 indivifible.
françaife
féance LA féance s'ouvre par la leéture du
du 275 la rédaction en eft adoptée. procès-verbal de la
Mion, Yomenil:Je demande la parole fur la lettre de
meni; pour prouver que Polverel &
Coignaccomme ils font depuis le matin Senthonax vous onti
verel, dans la féance
julqu'au foir. Pollettre de Coignac-Mion, d'hier-, vous a donné lecture d'une:
datée
membre de T'affemblée
d'Angleterre > le 12 juillet
coloniales.
par cette lettre, 2 que tout ce qui 1792. devoir Vous être avez, da voir,
Polverel,& Sonrhonax, à
exécuté par
Sonthonax : J'obferve neDoninese,ye à la
eftannoncé.
une interpellation.
commiflion que ce n'eft pas la,
Verneuil: Vous avez peur que l'on entre
que je vais traiter.
dans les matières,
Lep président : Fais donc ton interpellation.
Verneuil: : Il faur bien quej'entre
détails,
auparavant dansquelques
Le préfident : Il paroît que ce n'eft
une interpellation doit être réduite à pas une une interpellation;
fimple,
- queftion pure &
Senac : Je prie le prélident
dant fon féjour, tant à
d'interpeller Polverel fi,
dans toutes les routes, Saint-Domingue il a jamais entendu qu'aux Cayes, ME
lettre de Coignac-Mion fût entre les
dire que cette
fi jamais on lui a fait fentir les effets mains des patriores, &
duire,
qu'elle pouvoir proPobvere: Je réponds à cette
d'autant plus volonriers , qu'elle me interpellation; iy réponds
tera peur-érre du jour à cet
ramène fur
à un fair qui jercntre Sonthonax & les citoyens égard colons. la difcuffion élevée
Tome II. Dixfptieme liyraifon,
La lettre dont j'ai
N
ût entre les
dire que cette
fi jamais on lui a fait fentir les effets mains des patriores, &
duire,
qu'elle pouvoir proPobvere: Je réponds à cette
d'autant plus volonriers , qu'elle me interpellation; iy réponds
tera peur-érre du jour à cet
ramène fur
à un fair qui jercntre Sonthonax & les citoyens égard colons. la difcuffion élevée
Tome II. Dixfptieme liyraifon,
La lettre dont j'ai
N --- Page 200 ---
fait leéture hier; n'eft point une des copies miles en circulation & certifiées par Peyta; c'eft une copie certifiée
de la municipalité des Cayes, fur F
le lettre fecréraire-greffier originale qui exifte à la municipalité des Cayes. Vous
oblerverez, citoyens, que Laval, le patriote Laval, membre
de l'aflemblée coloniale, étoit maire de la ville des
Je n'affirmerai
moi; car, je le répète, mon
TALTRa
pas,
ceft
d'accufer qui que ce foit; je n'affirmerai pas que
Eai qui a porté cette lettre a la municipalité des Cayes:
mais je fais que la lettre adreffée à l'affemblée coloniale fe
trouve au greffe des Cayes, que c'eft fur cette lettre originale que le fecrétaire-greffier Poydras Ta certifié.
Senac : Polverel n'a
répondu à mon interpellafion. fon Je
lui ai demandé f, à B artivée au Cap, fi, pendant
f, pendant fon féjour dans les
colonies, féjour au Port-au-Prince, il-a fenti les effets que devoit produire cette
lettre Polverel: là. : Très-fort. Je ne l'ai point connue au Cap,a ma
première arrivée, du moins je ne m'en fouviens point, Je
lai connue dans mon premier voyage du Cap dans T'Oueft,
dans les premiers jours de novembre 1792. J'en ai vu,
cette époque là, une copie qui avoit été mife en circulation,
à ce qu'on m'a dit, non par un patriore, mais crois, par De- un
contrererolutonnsite bien décidé; c'étoit, je
coigne. Depuis, je ne connois d'autre circulateur politif
qué Peyra : mais on me demande G elle n'a pas produit
quelques effets fur les patriotes : n'eft-ce pas cela? civils,
Senae : Si vous en avez, vous: > comme commiffaires
fenti Polver.l: les effets Oui, ? je les ai fentis,
que cette lettre a été
comme je vous l'ai dit HrS à prefque toutes les
de. IOueft & du Sud; elle a été envoyée
de Jacmel,
de jours
trair
principalement à la municipalité
peu
la révolte de Jacmel. La municipalité de Jacmel, ou
après eft la même chole, la fociété populaire de Jacmel,
ce qui
de Jacmel, a envoyé une copie de cette lettre, s
des patriores
&
la fociéré populaire des
avec commentaire fociété paraphra(es,al de Jacmel en a aufli. en:
Cayes. La même
populaire d'un mémoire très-virulent
voyé une copie , accompagnée civils, à la comuns de Jérémie.
eonue les. commiffaires
mel. La municipalité de Jacmel, ou
après eft la même chole, la fociété populaire de Jacmel,
ce qui
de Jacmel, a envoyé une copie de cette lettre, s
des patriores
&
la fociéré populaire des
avec commentaire fociété paraphra(es,al de Jacmel en a aufli. en:
Cayes. La même
populaire d'un mémoire très-virulent
voyé une copie , accompagnée civils, à la comuns de Jérémie.
eonue les. commiffaires --- Page 201 --- Senac:1 Préfident, le citoyen Polverel ne répond
point. à mon interpellation. Il vient de fe reporter à toujours
de fon voyage à Jacmel, ce n'eft pas cela. Il a Tépoque fair
voyage à Jacmel cinq ou fix mois après fon arrivée à Saint- fon
Domingue. Avant cette époque là...
Polv.rel: Je fuis arrivé le 17 feptembre ; j'ai fait le
voyage à Jacmel 'dans les premiers jours de décembre.
Sunac: Mais jufqu'à cette époque la, il a refté avec les
foit. patriotes, avec tous ceux dans la fociéré defquels il fe
Je demande f cette lettre y a caufé quelques effeisy plai- fi
lui, lettre perfonnellement, a à fe plaindre d'y avoir vu cette
exécurée.
Polverel: : Il 2 y a eu plufieurs tentatives à cet
tous les obftacles que nous avons rencontrés ont été égard, en &c
faite correfpondance avec les confeils donnés par la lettre par- de
Coignac-Mion. Vous verrez dans la fuite des
On ne les
débats,
quoi
a pas exécutés dès notre arrivée. La
citoyens, en eft.
ltouns
fimple. Nous avions fix mille hommes avec
nous: 5 on ne l'a pas olé: : mais tous les événemens, toutes
les contrariétés
nous avons éprouvées,
les défaftres
Coer maintenant venus depuis peut-être tous:
par le fait
notre arrivée,
colons, 3 font
3E
en parfaite
en parfaite analogie avec la lettre de Coignac-Mion. correfpondance,
: Je prie le préfident d'interpeller Polverel de déce
a fait des
anete
qu'il
fix mille patriotes qui font
avec Juis sils n'ont pas été empoifonnés,
venus
minés dans les lieux les plus mal-fains ?
aflallinés, difféLc préfidert : Ceci viendra dans la fuite de la
tu ne peux
faire d'interpellation là-deffus. difcufion;
Verneuil: : R prie le préfident d'interpeller Sonthonax
au. mois d'oétobre 1792, il n'a pas eu connoiffance de cette f,
lettre pour la première. fois? Elie étoit entre les mains
jeune homme nommé Turreau. Si, cette époque, iln'étoit d'un
pas, avec Rochambeau, chez unnommé Chartier,
meure à un quart de lieue du Cap
qui deLo préfident : Voilà deux interpellations; laiffe
I
la première.
répondre à
Sonthonax : Le citoyen Verneuil vient de faire deux interpellations; la première, de déclarer fi, dans les
jours éu mois de novembre, je n'ai pas' eu connoiflance premiers de
N 2
au. Si, cette époque, iln'étoit d'un
pas, avec Rochambeau, chez unnommé Chartier,
meure à un quart de lieue du Cap
qui deLo préfident : Voilà deux interpellations; laiffe
I
la première.
répondre à
Sonthonax : Le citoyen Verneuil vient de faire deux interpellations; la première, de déclarer fi, dans les
jours éu mois de novembre, je n'ai pas' eu connoiflance premiers de
N 2 --- Page 202 ---
ia lettre de Coignac-Mion 5 fi je ne l'ai pas vue entre les
mains d'un jeune homme nommé Turreau :..
3e Verneuil: : Ce n'eft pas cela. Si, pour la première fois,
vous n'avez pas eu connoiffance de cette lettre au mois de
novembre 1792, & fi vous n'avez pas fu qu'elle étoit entre
lesn mains d'u nommé Turreau, négociant au Cap, ou chez
un négociant du Cap?
Sonthonax : Sur la première interpellation - > je déclare
qu'au mois de novembre, je n'ai point eu connoiffance de
la lettre de Coignac- Mion, c'elt-à-dire, qu'elle ne m'a
point été préfentée dans ce temps-la; que je ne T'ai connue
que par le fait de mon colleguePolverel, qui m'ena tranfmis
une copie des Cayes. Je réponds,
plus grande extenfion, qu'il eft très-vrai que cette EOuE circuloit au Cap à
la fin de novembre & dans les premiers jours de décembre.
Eile eft la caufe que j'ai été affalliné au Cap: que quatre
coups de canon chargés à mitraille ont été dirigés fur moi,
lerique j'étois à faire rentrer les hommes de couleur du
Cap dans leurs cafernes, pour éviter leffufion du fang.
Le temps viendra,lors de ia difcullion de nos actes,d'éclaircir
le fait que je viens d'annoncer. Il eft tfes-certain donc
dans le temps, cette lettre circuloit au
qu'elle
Tait
Cap;
le prétexte de l'infarrection dirigée contre les commiffaires
civils,
des hommes que je nommerai, & auxquels Verneuil e point étranger; de l'infurrection alors dirigée
contre la loi du 4 avril. Je déclare que je n'ai point eu
une connoifance officielle & matérielle de cette letire,
d'eft-à-dire, qu'elle ne m'a pas été préfentée. Il eft vrai
qu'étant chez le gouverneur général Rochambenu, je fis
venir le citoyen Tonean; que la, je linterpellai de nie
montrer cette lettre, parce que plufieurs perfonnes m'avoient
dit qu'elles l'avoient vue entre fos mains. Turreau me répondir qu'il ne l'avoit pas vue, > mais qu'il favoit qu'elle
circuloit dans les derniers jours de novembre ou les premiers de décembre : voilà ce que jai à répondre à Tinterpellation de Verneuil, voilà ce que jaià dire.
Verneuil: Je vous prie de demander à Sonthonax s'il n'a
pas fait venir, comme il vient de le dire, Turreau à T'habitation Charrier, ou s'étoient rendus Rochambeau & luis,
al ne lui demanda pas la lettre avec des menaces; ; fi cette
qu'il favoit qu'elle
circuloit dans les derniers jours de novembre ou les premiers de décembre : voilà ce que jai à répondre à Tinterpellation de Verneuil, voilà ce que jaià dire.
Verneuil: Je vous prie de demander à Sonthonax s'il n'a
pas fait venir, comme il vient de le dire, Turreau à T'habitation Charrier, ou s'étoient rendus Rochambeau & luis,
al ne lui demanda pas la lettre avec des menaces; ; fi cette --- Page 203 ---
lettre ne lui fut pas communiquée > & f: après en avoir
pris lecure, "Turreau, , menacé par lui, n'eut pas d'autrés
moyens de fe fouftraire eà fa vengeance. > qu'en avouant qu'il
ne croyoit pas un mot de ce quiy éroit renfermé :.
Sonthonax: Jamais
n'ai vu' Turreau fur Thabirariou
Charrier pendant-que S ai été. Je déclare que je n'ai vu
Turreau que dans la maifon du gouverneu: général Rochambeau 5 que l, je linterpeliai de me remectre cette
lertre; que Turreau m'a répondu qu'il ne l'avoir point, &c
que je ne lai ai fait aucune menace. Je déclare d'ailleurs
quand même Turreau eût eu cette lettre, quand je
Rea menacé, quand il me l'eit remile, quand je me
fulle afluré de fa perfonne, j'euffe pris à fon égard une
melure qui étoit dans les principes ; car le colporteur d'une
pareille lettre méritoit d'ètre renvoyé en Frange pour êrre
peni. Je réponds donc à Verneuil que, fjecile pris cette
mefure, J'eufle bien fait; mais en mème-temps, je réponds
que je ne T'ai pas fait >
que Turreau m'a dit qu'il
n'avoit aucune connoitlance nelinie de ce fait; qu'il favoit
qu'elle circuloir. Elle étoit caufe de l'affallinat tenté fur m
perfonne. Je déclare donc que Turreau me dit qu'il n'avoit
eu aucune connoiflance de cette lettre 5 quant à moi, je ne
la connoiffois pas: voilà ce que j'ai à répondre.
de
Clauffon : Je penfe qu'il eft temps de finir ce qu'il y a
relatif à la lette de Coignac- - Mion. Si Polverel veut me
céder la parole, je vais dire ce que je fais s'ètre paffe au
Poreau-Prince,, à T'époque od on en a eu connoillance..
Le préfident : Tu as la parole,
Page:Je la demande.
Le préfident : Les débats ne doivent pas être croifés.
Pag:: :Je pric d'interpeller Sonthonax à quelle époque il
a eu connoillance que la lettre de Coignac-Mion étoit dans
le fecrétariat de F'affemblée coloniale?
Sonthonax : Je réponds à Page qu'il m'eft-impolible de
donner la date à laquelle la lettre étoit dans le fecrétariat
de l'affemblée coloniale. Je me fuis réfervé d'en donner des
preuves dans le temps , quand la parole me fera dévolue:
mon eollègue Polverel vous en donnera peut-être. la lettre
Page : Je demande que Sonthonax dife s'il a vu
dansle fecrétariat de l'affemblée coloniale.
N 3
ax : Je réponds à Page qu'il m'eft-impolible de
donner la date à laquelle la lettre étoit dans le fecrétariat
de l'affemblée coloniale. Je me fuis réfervé d'en donner des
preuves dans le temps , quand la parole me fera dévolue:
mon eollègue Polverel vous en donnera peut-être. la lettre
Page : Je demande que Sonthonax dife s'il a vu
dansle fecrétariat de l'affemblée coloniale.
N 3 --- Page 204 ---
Sonthonax : Je déclare queje ne Ty ai point vue,p
je n'ai jamais été rien chercher dans le fecrétariat RE
femblée
AEE
coloniale.
Page:Je demande encore que Sonthonax dife comment il
fair que cette lettre a été répandue dans la colonie par le fait
delatiemblée coloniale.
Sonthonax : Je répondrai à cela dans le temps, quand la
parole me fera dévolue; car ceci tient à d'autres faits qui,
s'enchainant les uns aux autres > vous prouveront la vérité
de ce que je dis.
Page:le demande G Polverel perlifte à dire qu'il'a vu
loriginal à la municipalité des Cayes?
Polverel: Je ne perfifte pas à dire cela, car je n'ai jamais
dit
je l'y, euffe vue e
.
: Qu'elle y étoit.
Preuve par l'expédition.
E
Page : Je demande comment il peut fe faire que Polverel
yous ai dit en méme-temps que c'étoient la commune & la
fociété populaire de Jacmel" qui avoient envoyé copie de
cette lettre à la municipalité des Cayes, avec commentaire 2
Polverel:L'un & l'aurre fait font vrais. La commune & le
maire' de Jacmel ne favoient pas
la lettre
-
étoit au greffe de la municipalicté des que Cayes. La.commune originale
ou la fociété populaire de Jacmel avoit reçu une des
copies certifiées de Peyra, Comme elle trouvoit là-dedans
un Aambeau pour' mettre l'incendie contre toutes les autorités conftituées envoyées de France, la fociété populaire
de Jacmel s'eft empreffée d'envoyer copie de cette copie
à la fociété populaire des Cayes.
Verneuil : Je demande encore, 3 citoyen préfident, que
vous interpelliez Polverel de déclarer comment il fe fait
que cette lettre ayant été répandue avec profulion dans
toutes les municipalités, il n'air
rapporté de ces mèmes copies pour preuve de ce lt. avance :
Polverel : Je ne fais pas encore combien, dans les archives' de la' commiflion civile qui fonr ici, il exifte de ces
copies; mais je fais
plufieurs municipalirés m'ont envoyé des copies GrdRE de celles qui lear ayoient eré
adrellées. Jenairegu de PAnss-d-Yeau, dPour- Trou,
pandue avec profulion dans
toutes les municipalités, il n'air
rapporté de ces mèmes copies pour preuve de ce lt. avance :
Polverel : Je ne fais pas encore combien, dans les archives' de la' commiflion civile qui fonr ici, il exifte de ces
copies; mais je fais
plufieurs municipalirés m'ont envoyé des copies GrdRE de celles qui lear ayoient eré
adrellées. Jenairegu de PAnss-d-Yeau, dPour- Trou, --- Page 205 ---
du Fondsdes-Negresile ne peux pas me rappeller le nombre
de celles que j'ai reçues, mais j'en ai reçu un nombre trèsconfidérable.
n'en vouloient
Claufon : C'eft une preuve qu'elles
pas
fare Polverel ulage. : Elles doivent fe trouver dans la partie des
archives qui eft ici, ou dans celle qui eft reftée au Cap.
Sonthonax : Je déclare qu'il Ya ici des copies envoyées
par la municipalité de T'Ance à-Veau.
Polverel
Pag: : Il refulte de la déclaration faite par
la que
l'original de la lettre de Coignac - Mion étoit à
municipalité & au greffe des Cayes. Et il refulte de la' déclaration de Sonthonax que l'original étoit dans le fecrétariat
de l'aflemblée coloniale. Mais je demanderai actuellement
à Polverel ce que c'étoit que Peyra.
à
Sonthonax : Auparavant Jai à repondre
l'interpella- de
tion de Page,, qui dit qu'il refulte de la déclaration. étoit
Polverel que l'original de la lettre de Coignac -Mion
augreffe de la municipalité des Cayes; & qu'il réfulte de ma
déclararion encore que cet original fe trouvoit au fecrérariat de l'affemblee coloniale féante au Cap. Je déclare que
ces faits s'arrangent parfaitement : que cette lettre a été
dépolée; comme je le prouverai , au fecrétriat de Tallemblée coloniale, d'ou elle a été emportée & dépolée à la
m.nicipalité des Cayes
Layal, maire des Cayes, &
membre de l'afiemblée lintr
Verneuil : Pour prouver avec quelle impudence Sonthonax Lecointe en impole (Membre e :. de la commiflion ) : Cef une injure.
Vereuil : Non; quand on ment devant vous, citoyens,
il faut être impudent. I
Lecoinze : J'obferve que : la décence des débats exige
qu'on s'interdife > toute efpèce d'injures. Verneuil vient
d'en proférer une : je déclare qu'en ma qualité de repréfentant du peuple , je ne fouffrirai
qu'on en les profire,
foit contre les commiffaires civils, Eat contre
colons.
Duny : Comment s'expliquara-t-on , s'il vous plait, 3
citoyens Lecointe ? 2 ( Repréfentant du peuple), difcutez, citoyens a
& point d'injures.
N4
fpèce d'injures. Verneuil vient
d'en proférer une : je déclare qu'en ma qualité de repréfentant du peuple , je ne fouffrirai
qu'on en les profire,
foit contre les commiffaires civils, Eat contre
colons.
Duny : Comment s'expliquara-t-on , s'il vous plait, 3
citoyens Lecointe ? 2 ( Repréfentant du peuple), difcutez, citoyens a
& point d'injures.
N4 --- Page 206 ---
Verneuil: Sonthonax vient de vous déclarer qu'il
n'avoit
point eu communication avec le fecré ariat de laficmblée
coioniale 5 & dans ce moment, il avoue que la lettre a été
dépolée au fccrétariat de l'aflemblée coleniale. Je demande
que les tachigraphes relifent ce qui vient d'être" dir.
Le préfident : Tout cela fe trouvera demain configné dans
les débats.
Sonthonax : In'y a qu'un inftant que j'ai dit que je n'avois, pas vu la lettre au fecrétariat de T'affemblée coloniale,
mais que je prouverais, par un enchainement de faits &
de preuves , que cette lettre a été dépofée au fecrétariat de
l'afiemblée coloniale féante au Cap, qu'elle a été dépofée
au fecrétariat de la municipalité des Cayes. Laval, membre de l'affemblée coloniale, maire de la ville des Cayes
l'a dépofée au Cap; il peut très-bien avoir enlevé cette lettre
pour la porter à la municipalité des Cayes. Je prouverai
tout cela Jorfque la parole me fera dévolue": je prie la
commiffion de ramener la difcuffion aux faits, a Tordre de
la difcuflion entamée par Polverel, parce qu'enfuite je
parlerai fur cette letre, quand la parole me fera accordée.
Page : Je confens que Sonthonax premne tout le" temps
polible pour expliquer ce qu'il a dir de contradictoire;
mais je Prie Polverel de me dire ce qu'il fait de ce Peyra.
Polyerd: Voici ce que j'en fais. C'est le fils de Peyra,
propriéraite d'une fucrerie à Stint-Domingue, dans la plaine
du Cul-de-fac, dont le
eft mort , à ce que j'ai appris,
depuis mon retour en
ystore
Page: : Je prie le citoyen préfident de demandet à Polverel
depuis combien de temps Peyra étoit au Cap', avant leur
arrivée, & s'il étoit lors de fon arrivée.
Polverel: Je Tc fais rien.
Page:1 Peyra, quoique- propriétaire, étoit étrangerà SaintDomingue. 11 y.eft arrivé à peu-près dans le même temps
que les commillaires.
Le préfident : La parole eft continuée à Polverel.
Polver.!: Je ne ferai aucune autre obfervation fur la
lettre de Coigme-Mion, aucun commeitaire. Le texte eft
f clair que ce feroit l'affoiblir que de le commenter.
Brulley : J'attendais que Polverel tirit des inductions de
cette lettre pour prendre la parole. Je vous prie, cicoyeg
. 11 y.eft arrivé à peu-près dans le même temps
que les commillaires.
Le préfident : La parole eft continuée à Polverel.
Polver.!: Je ne ferai aucune autre obfervation fur la
lettre de Coigme-Mion, aucun commeitaire. Le texte eft
f clair que ce feroit l'affoiblir que de le commenter.
Brulley : J'attendais que Polverel tirit des inductions de
cette lettre pour prendre la parole. Je vous prie, cicoyeg --- Page 207 ---
20;
ped@denes d'interpeller Polverel de déclarer s'il fait quel
dégré d'influence Coignac-Mion pouvoit avoir dans la cOlonie. Polyerel: Je fais qu'il étoit membre de l'affemblée coloniale, qu'il avoit été choifi par l'affembiée coloniale pour
être fon commillaire en France.
Senac : De quel côté étoit-il?
Polverdl:Je n'en fais rien.
Brulley : J'obferverai alors à Polverel que cette lettre dont
il a fait tant d'étalage, ne pouvoit être d'aucun dérefté dans poids, la
parce que Coignac-Mion étoit l'ennemi étoit généralement des patriotes, contre lefcolonie, parce qu'il
del la manière la
forte; il étoit
quels il S étoit prononcé étoit tellement déreilé, plus
que c'eft
genéreiement honni: : il
en France
une efpèce de grace qu'on lui a faite de T'envoyer voilà des faits.
pour l fouftraire à la haine des colons:
de
Sonthonas : C'eft une grace qu'on lui a faite coloniale. Tenvoyer
en France, comme commiffaire de V'aflemblée de demander au
Polyerel: Je prie le citoyen reconnoit préfident la lettre que voici.
citoyen Brulley J'obferve de déclarersil la lettre de Coignac-Mion n'a eu
aucune Claufon: influence, & e fuire des débats prouvera que la
prédidion ne s'eft malheureufement
trop effectuéc.
a
Polverel réitère fon interpellation T Erulley.
Brulley : Tout ce que je puis dire, c'eft que cette lettre
eft de mon écriture ; mais, après deux ans, il mais ne m'elt cela
pas poffible de donner la garantie de ma fignature;
&
a bien l'air d'être de mon écriture : donnez-en lecture,
€
je verrai fi je reconnois ce qu'elle contient.
eft
Lecointe I repréfentant du peuple) : L'interpellarion fa
celle-ci, que le citoyen Brulley nie ou reconnoille fignafure.
la mienne. .
e Brulley : La fignature paroît être
Permettez que je tegarde la date.
Polverel: 30 juiller
ce
en France . .
Brulley : J'étois bien 7AEa temps-là
je crois bien reconnoitre ma fignature. à
Delaire & ChauPolycrel: Au bas eft l'adrelle, MM.
dru, négocians au Cap.
e
, que le citoyen Brulley nie ou reconnoille fignafure.
la mienne. .
e Brulley : La fignature paroît être
Permettez que je tegarde la date.
Polverel: 30 juiller
ce
en France . .
Brulley : J'étois bien 7AEa temps-là
je crois bien reconnoitre ma fignature. à
Delaire & ChauPolycrel: Au bas eft l'adrelle, MM.
dru, négocians au Cap.
e --- Page 208 ---
Polverel lit:
La Flèche, GC 30 juillet 1792.
M E S SI E U R
e Je profite avec empreffement de la permiflion
m'avez donnée de vous adrefler mes letires. Je que vous
vouloir bien faire remettre à mon beau frère celles vous prie de
Notre traverfée s'eft faite on nepeur plusheureufement ci-jointes. en
d'une vingt-cinq jours & demi : fi je n'eulle été tès-incommodé
diarrhée qui s'eft déclarée à bord, j'aurois
T'agrément qu'ont eu mes collègues par les honnètetés partagé
attentions du capiraine & de létatmajor; malgré
& les
fuis-arrivé malade, & je continue àl'ètre.
tout, je
je me trouve un peu mieux, je vais me rendre Cependant à comme
la fin de la fenaine. J'attends
fois
Paris fur
événemens & dans ce foyer des
je
au centre des
manière franche
3 pour écrire
amutut
de
& détaillee; je craindrois >
d'une
vous induire en erreur
quant à préfent,
moi-même
> parce que jai pu être trompé
>En
par ceux qui me tranfimettent des nouvelles.
attendant, je.vous avoue que je ne reconnois
la
France : ce n'ef plus ni la même température ni la plus même
manière d'être & de iter d'affaires; onfe
neuf en reparoiffant dans fon pays : voilà trouveabfolament ce
m'arrive.
Peut-érre vois-je mal, parce que ma fanté eft qui
je me fuis trompé, je vous en ferai l'aveu avec altérée; @
ce qu'ilya de certain, c'eft qu'à bien des
franchife:
dans ce moment la préférence au féjour égards, de
je donnerois
fur celui de ce pays; je fuis bien décidé à Saint-Domingue
fible
y retourner
faire.mon pol-
>> Seant vous recevrez promptement. lai
vu Anion, le général
vous aurez fans doute
Defparbès,
fecrétaire
l'aide -
Gatereau, 2
ERSTE
de-camp Monbrun, les commiffaires civils
tes, &c. &cc. Il me tarde beaucoup
jacobimeflieurs auront opéré à
d'apprendre ferai ce que ces
Saint-Domingue :
dansle cas de vous mander fi leur befogne tiendra je
bientôt
mence par vous annoncer d'avance
doute. 5 je comici au moment de la crife, & elle quej'en ne paroit
devoir On touche être
avorable aux décréteursactucls: : ils commencent pas eux-mêimes
les commiffaires civils
tes, &c. &cc. Il me tarde beaucoup
jacobimeflieurs auront opéré à
d'apprendre ferai ce que ces
Saint-Domingue :
dansle cas de vous mander fi leur befogne tiendra je
bientôt
mence par vous annoncer d'avance
doute. 5 je comici au moment de la crife, & elle quej'en ne paroit
devoir On touche être
avorable aux décréteursactucls: : ils commencent pas eux-mêimes --- Page 209 ---
à craindre; ils parlent de transférer l'affemblée nationale a
Tours; mais ce n'eft pas décidé. Les armées ennemies font
cependant entrées fur le territoire de France : point d'union,
peu de fubordination dans les armées nationales, très-peu
dapptovilionnemnens, , beaucoup de dénonciations, une défiance générale les uns des autres; c'eft ce qu'écrivent des
défenleurs campés fur les frontières. Je ferai plus inftruit
à Paris; aétuellement je fuis forcé de me borner à 4 vous
réitérer l'affurance des Kenimensdanachenent avec lefquels
jai T'honneur d'ètre,
* Mellieurs,
5 Votre très-humble & obéiffant ferviteur.
>> Signé, BRULLEY,
33 Mille amitiés,je vous prie, à tous mes chers eollègues, fe
notamment à MM. Delaval, Chotard, & autres qui
fouviennent de moi. Adreffez-moi vos lettres chez M. Gafnier jeune, négociant à Nantes; & ce pour caufe. >>
Quoique cette lettre foit plus mefurée & plus fine
celle de
crois
n'a
plus
Toedin
Coignac-Mion, je
qu'elle
de commentaire
l'autre : vous y voyez
le citoyen
aiELi
Brulley refpectoit que Taflemblée nationale de France, les décréteurs actuels ; vous y, voyez combien il eft dévoué, avec
quels fentimens de douleur il peignoit L tableau des défaftres dont il croyoit la France menacée : & vous voyez
combien il éroit, plusqu'il ne le dira, dans la confidence des
complots du cabinet aurrichien au IO août; c'eft au 30 juillet.
qu'il annonçoit la deftruétion des décrétears actuels.
0 Brulley :Je prie Polvere! de relire le dernier paragraphe
du dernier alinéa de cette lettre, pour toute réponfe,
Polyerel : Je relirai tout T'alinéa.
Il lic:
Quand vous racevteclaprfente, éc.
Brulley, : Je vois bien aufli que vous ne voulez pas lire ce
qui ajoute le plus de croyahce à la lettre; lifez le fecond
alinéa.
annonçoit la deftruétion des décrétears actuels.
0 Brulley :Je prie Polvere! de relire le dernier paragraphe
du dernier alinéa de cette lettre, pour toute réponfe,
Polyerel : Je relirai tout T'alinéa.
Il lic:
Quand vous racevteclaprfente, éc.
Brulley, : Je vois bien aufli que vous ne voulez pas lire ce
qui ajoute le plus de croyahce à la lettre; lifez le fecond
alinéa. --- Page 210 ---
Polverel donne lecture de l'alinéa fecond.
Bralley: :Je demands que Polvetel life la
annonce que je ne fuis pas encore inftruit, & partie
attendre
qu'on
ao.
que je fois'à Paris. 4
Une vore:Ieft inuile de recueillir ceci,
Locoins- (membre de la commition):il eft effentiel de
cueillir crste lébais pour qu'ils confervent leur caraétère relesrétlexions R interpellations foienrrecueillies; car autrement > que
dla Convention euroit bien - un réfultat, mais rie jugeroit pas
comme nous du caraétère des débats.
Sonthonar : Je demande la parole.
Leprefident : Tu n'as pas la parole; Brulley a demandé
qu'on-reldr un alinéa de la lettre.
Polverel: Ef-ce le premier alinéa?
Bralley: : La fin. t
Poteerel: C'eft sûrementle fecond alinéa que vous voulez;
le premier eft bien court : je vais lire.
Il lic:
Brilley:Jai pu être trompé moi-même par ceux qui me
tranfineiroient les nouvelles; ainfi je n'ai fair que les tranf
mettre: fijai été trompé, ce n'eft pas ma faute.
Polverel: Ainfi le citoyen Bruiley a pu fe tromper,
qu'il n'étoit pas dans le foyer des nouvelles, fur cette parce ex
preflion, les commifaires civils
& fur cette autre
les-décréceurs adlucls. Il peut idmenturd avoir été trompé fur les
nouvelles; mais il ne la pas été fur ces expreilions
cèlent les fendmens de fon ame.
qui déSonthonax : Je prie le préfident d'interpeller Brulley fi,
pendant qu'il étoit en prifon, il n'a pas fait paroicre un écrit
intitulé : Noces fir les lettres de Page Gn
produites
par les
Brulley,
favoué commilfaires civils 3 & fi dans cet écrit il n'a pas dé
formellement la lettre dojt mon collegue Vient de
vous donner lecture.
Brulley: : Cette léttre eft de deux ans : je me
mon arrivée en France j'écrivis quelque chofe qui rappelle reliemble qu'à
à cette lettre-là. Mais quel eft celui d'entre vous
au
bout de* deux ans, lorfqu'on lui préfente des extraits qui, de
letures non fignés, peur dire :j'ai écrit, ou je n'ai pa
S
dans cet écrit il n'a pas dé
formellement la lettre dojt mon collegue Vient de
vous donner lecture.
Brulley: : Cette léttre eft de deux ans : je me
mon arrivée en France j'écrivis quelque chofe qui rappelle reliemble qu'à
à cette lettre-là. Mais quel eft celui d'entre vous
au
bout de* deux ans, lorfqu'on lui préfente des extraits qui, de
letures non fignés, peur dire :j'ai écrit, ou je n'ai pa
S --- Page 211 ---
207:
éerit; lorfqu'on ne lui remet pas fous les yeux fon
fa fignature, puitle reconnoitre ce qu'il a écrit il écritures a
ans ? D'ailleurs, Sonthonax n'a produir que des extraits y deux
a dit.qu'il avoit des copies collationnées; aujourd'hui 5 il
préfente de mon écriture, Je me rappelle bien d'avoir ilme. écrit
quelque chole comme cela;mais je ne crois pas
ait
d'homme qui ait une mémoire alfez locale pour qu'ily me dire:
ily a deux ans j'ai écrit telle chofe à telle perfonne. Je
détie qu'homme aul monde puille vous donner une
reille allertion ; au contraire, un homme qui ne veut pala vérité dit franchement: : je ne me rappelle pas avoir écrie. que
telle lettre. Jc demande, à mon tour, que vous
Sonthionax de déclarer comment il a violé le fecret interpelliez des lettres
confidentielles, & comment il s'eft procuré cette lettre ecrite
par moi à Delaire & Chaudru.
Sonthonax : Je vais répondreà cette
mais
auparavant
je pourftis la mienne a Bruiley interpellarion; ;je lui demande
f dans lécrit que je viens de citer, il n'a pas défavoué.
cette lettre, &ditque c'étoient les commiflaires civils qui la-/
voien: fabrignée & calquée fur fon écriture.
Leprefdne à Brulley : Réponds à l'interpellation.
Sonthons - Par oui ou par non.
L: préfdent: Chacun peut répondre à fa manière; ; le citoyen répondra comme il voudra.
Bralley : Sonthonax fe croit à Saint-Domingue 5 mais heureufement il n'y eft plus.
Lorfque Sonthonax a préfenté des fragmens de cette letre,:
lorfquill'a envenimée, en ne préfentant que ce qui étoitt
défavorable, en préfentant de ma, part comme affirmatif ce,
qui n'étoit que des nouvelles que je difois m'avoir été tranf-,
nifes, & dont je pouvois. douter alcrs, j'ai reconnu les
doigt de ce même Sonthonax qui m'eft fi jaftement
puilqu'il eft T'affallin de, tout ce que j'avois de plus fufpect, cher aut
monde; jai dit:il n'ef pas poflible que j'aie écrit une letre
fiinverfe de mon opinion; il eft bien pollible
écrit:
les nouvelles qui circuloient alors. Citoyens, il
eft
un de vous
ne fache
pas;
15i
qui
qu'à l'époque du 30 juiller 1792,
lorique deux partis bien prononcés fe divifoient la
les.n nouyelles fe croifoient, fuivant les hommes qu'on France,: fré-.
quentoit dans les départemens comme à Paris. Je n'étois
lible que j'aie écrit une letre
fiinverfe de mon opinion; il eft bien pollible
écrit:
les nouvelles qui circuloient alors. Citoyens, il
eft
un de vous
ne fache
pas;
15i
qui
qu'à l'époque du 30 juiller 1792,
lorique deux partis bien prononcés fe divifoient la
les.n nouyelles fe croifoient, fuivant les hommes qu'on France,: fré-.
quentoit dans les départemens comme à Paris. Je n'étois --- Page 212 ---
208pas à Paris, je n'y, étois pas encore venu; j'étois environné
d'hommes qui tenoient les mêmes propos que j'ai tranfmis,
& j'ai eu foin de dire que je ne faifois que tranfmettre les
nouvelles; que j'avois pu être trompe;
quandje ferois
à Paris, j'écrirois d'une manière plus rudre Sijais marqué
de la défiance fur la miflion de ces hommes, je l'ai pu,
je l'ai dû; quoique je les aie traités de jacobins, cela eft
vrai, & ils Font prouvé, & ils ont jufifié qu'ils l'étoient.
Polverel & Sonthonaux: Oui, nous étions jacobins.
Brulley: Je dis donc que j'ai pu & dû dire dans l'écrit
inritulé: Notes fur les leccres de Page & Brulley, j'ai dû dire
je n'avois pas écrit une lettre telle que les extraits
Stndoetae préfentoit. SiSonthonax eûti imprimé la lettre Stic
lue, fij'avoisvu ma fignature, ou quej'eulle vu dans
pealte de la lettre, que j'avois dire ou écrire ce
l'on citoit
alors
Eeu effectivement: j'ai
des
par extrait,
j'aurois
Sonthonax
pu écrire cette lettreil y a deux ans. Mais lorfque
me préfente des extraits malignement interprétés, loriqu'il a
voulu y chercher ce qui ny étoit pas, J'ai dû repouller ces
extraits. Aujourd'hui on me repréfente ma lettre; je réponds
je me rappelle qu'a cette époque j'ai pu écrire une
ftej à - peu - près comme celle - là ; je ne peux pas
donner là - dellus l'affirmative, parce qu'encore un coup, >
T'homme le plus prudent ne peut
après deux ans, dire
s'il a écrit une lettre confidentielle Naete telle ou telle manière.
On ne doit point inférer de ce
j'ai dit que Sonthonax
a commis un faux relativenient e cette lettre, que moimêmej'en ai commis un. Aujourd'hui qu'il me repréfente
cette lettre entière. Certes, il n'eft pas un homme prudent
qui, en la lifant, Re voie qu'elle eft celle d'un homme qui,
en arrivant enFrance, craint d'induire fes correfpondans en
erreur. Pour prémunir contre les inductions qu'on pourroir
tirer de la lettre, je mande que je ne fais que tranfmettre
ce qu'on dit autourkle moi; queje puis être mal inftruit :attendez que je fois à Paris, & je vous écrirai d'une manière
plus certaine , parce que je ferai moi-même plus inftruit.
Sonthonax : Je réponds à l'interpellation qu'on m'a faite
précédemment, de déclarer dans quel dépôt j'ai trouvé la
lettre que nous venons de citer:elle étoit fous les fcellés de
Delaire, allocié de la maifon Chaudru, prévenu d'une conjuration contre la liberté.
inftruit :attendez que je fois à Paris, & je vous écrirai d'une manière
plus certaine , parce que je ferai moi-même plus inftruit.
Sonthonax : Je réponds à l'interpellation qu'on m'a faite
précédemment, de déclarer dans quel dépôt j'ai trouvé la
lettre que nous venons de citer:elle étoit fous les fcellés de
Delaire, allocié de la maifon Chaudru, prévenu d'une conjuration contre la liberté. --- Page 213 ---
de Dury:J'obferve que c'étoit une de de plus fortes maifons
commerce, & qu'il y avoit beaucoup d'or.
Sonthonax : Les fcellés ont été appoles
du Cap; la lettre m'a été remife
lui; l'inventaire parle fénéchal
fairen préfence des repréfentans CD Delaire.
a étéClauffon : J'oblerve que, malgré ces précautions > les
piers ne devoient pas pafler entre les mains de
pa4
& Polverel, & que c'eit une (poliation de leur Sonthonax
Sonthonax : Ce n'étoit pas là une lettre de
part.
c'étoient des papiers de
& ils commerçants.
entre mes mains.
confpirateurs,
devoient pailer
I
Plufeurs colons: C'eft une fpoliation.
Sonthonax : J'ai aufli un fair à rétablir : j'entends dire
colons que j'avois été jacobin en 1792 &
aux
à cela
ce font les citoyens colons qui 1794-Je m' ont fait réponds chaflér
jacobins de
AetsSrat
Je vous dirai
92, je n'y ai jamais été en 1794.
mois de février que Page s'eft fait recevoir aux jacobins au
ai été challé; 1793., quec'eftà cette époque que, moi,jen
thermidor.. J'ai je ne pouvois donc pas. être jacobin au
le
une autre
à vous donner; 5 c'eft 9
IO chermidor dernier, Frite mouillé dans la rade de
d'Ay à
Ade
Jacobins Rochefort; le
certes, je ne pouvois donc pas être aux
9 thermidor, puifque j'étois à
en mer.
cinquante lieues
le Clauffon : C'eft moi qui ai dit que Sonthonax étoit
17 thermidor, & je
qu'à cette
jacobin il
un des plus forcenés prouverai
époque étoit
:
jacobins.
Page : Je réponds à l'obfervation de Sonthonax
tivement en janvier ou février 1793, j'ai été
qu'effeo- aux
cobins.
reçu
jail Sonthonax: :Je déclare que ce n'eft poinr une
y avoit beaucoup de bons ciroyens qui en étoient. accufation;
Page: : J'ai été reçu aux jacobins au mcis de janvier ou
fevriers jy ai été préfenré par Moneftier & par CollotdHerbois; j'ai fuiviles féances. de cette fociété; pendant
mois > après ce itemps j'ai demandé un congé, & deux
je n'y ai reparu; 3 j'ai. mème préfenté le con,é
jamais
levé les fcellés chez moi. Je vis
cette fociété lorfqu'on étoit
a
polée de beaucoup d'hommes
qui fe laiffoient mener com-:
par dés
fake
fripons.
oneftier & par CollotdHerbois; j'ai fuiviles féances. de cette fociété; pendant
mois > après ce itemps j'ai demandé un congé, & deux
je n'y ai reparu; 3 j'ai. mème préfenté le con,é
jamais
levé les fcellés chez moi. Je vis
cette fociété lorfqu'on étoit
a
polée de beaucoup d'hommes
qui fe laiffoient mener com-:
par dés
fake
fripons. --- Page 214 ---
Polverel: Je prie le préfident de préfenter cette lettre au
citoyen Page pout favoit s'il reconnoitra fa fignature.
Page: Cette fignature ne reffemble aucunement à ma fignature actuelle; ; mais comme je lai fouvent variée, il eft pof
fible que cette fignature foit de moi.
Lecointe ( repréfentant du peuple): Il faudroit précifer.
Page: Cette fignature, > comparée à beaucoup d'autres,
préfente des différences 5 mais, comme j'écris fort vite &
que ma fignature eft fouvent variée, il eft poflible qu'élle foit
de moi : d'ailleurs, comme on a fait des extraits de la lettre
qui a été lue, je la difcuterai. Je dis encore que dans le
corps de la lettre je reconnois mon écriture; ce n'eft pas ma
fignature.
Sonthonax : Aéuelle donc ?
Polverel: : Ce n'eft pas votre fignature adtuelle?
Page: Non, cela ne reffemble pas à ma fignature actuelle,
& jecrois que, depuis trois ou quatre ans , on ne préfentera
pas de fignature qui rellemble à celle-là; mais cependant le
corps de la lettre me fait croire qu'elle eft de moi, parce
qu'il y a des traits de plume qui m'appartiennent. le ciPolverd:Je prie le citoyen préfident d'interpeller
toyen Page fur le corps de l'écriture.
Page : Le corps de fécriture paroit être le mien.
Senthonax : J'obferve fur ce que dit le citoyen Page
& cette obfervation eft
que dans les
dins
très-eflenielle,
rens écrirs que j'ai du citoyen Page, & dont je tirerai des
conféquences , iln'eft aucunes des fignatures qui foient identiquenent les mêmes; je ne fais pourquoi Page varie fes
fignatures; dans les unes, il ya un paraphe 3 dans d'autres
il n'y en a pas.
L Pege: J/obfervation de Sonthonax eft inutile, carje l'ai
faite moi-même.
Sonthonax : En ce cas , il faut donc avouer votre fignature. Page : J'ai déja dit que le corps de l'écriture paroiffoit
être de moi.
Polverel licla lettre de Page, en date du 19 juiller 1792,
adreilée à Larchevelgue-Tlitadi
Lettre
un paraphe 3 dans d'autres
il n'y en a pas.
L Pege: J/obfervation de Sonthonax eft inutile, carje l'ai
faite moi-même.
Sonthonax : En ce cas , il faut donc avouer votre fignature. Page : J'ai déja dit que le corps de l'écriture paroiffoit
être de moi.
Polverel licla lettre de Page, en date du 19 juiller 1792,
adreilée à Larchevelgue-Tlitadi
Lettre --- Page 215 ---
2II
Leure de Page a Larhevefque-Thibuad, procureur de la cermune du Cap-Frangais,a Saint-Domingue, datée del
d
le 19 juiil:t 1792.
Nantes,
cc Mox CHER Fxèxs,
> Je fuis plus heureux que je ne l'avois penfé. M. de
Sérais & fon état-major ontrendu ma traverfée auffi
qu'il leur a éré poflible, & les vents concourant agréable avec
m'ont fait arriver à l'Orient dans vingt-fix jours. Je lui
écris de Nantes d'oà je pars demain matin à trois vous
J'ai fait un long courier , je fuis preffe, > il eft
heures,
pars de grand matin; ne perdons pas le
nuit, &je
92 Le 20 juin, une foule immenfe prophana temps.
du
roi que la France chérit aujourd'hui, & le
l'afyle fe
montra digne de commander.
monarque
>> Lallemblée nationale avoit émis
refufoit d'approuver ; voila le fujet ou plufieurs le prétexte décretsqu'il de
incurfion.
cette
MM. Pétion & Manuel ont été
de
fonctions par le département, pour ne fufpendus
leurs
cet attroupement 5 mais l'allemblée pas s'être oppolés à
Pétion, & n'a
fur nationale a rétabli M.
pas prononcé
M.
2> L'aflemblée nationale étoit divifée Manuel, en deux
les monarchiftes & les républiciftes. Le 7: Ils fe fadtions font >
prochés, embraffès : &le lendemain ils fe
>3 La France eft tranquille & ris-copfinuniommelle font battus, E
n'a ofé ni ofera arborer la cocarde blanche
; nul
de plufieurs des gardes nationales eft: Vivela > & le fentiment
tyran!
loispérafe le
s> Toutes les factions paroiffent fe fondre
deux feulement, & c'eft déja trop, les
aujourd'huien
les républiciftes. Les premiers font les conftitutionnels &
30 T'afenbicenatiomaibet fansrefpec plus nombreux,
fans refpect pour la conftitution, & le pour les propriérés, fe
fon audace.
peuple latle de
>) Les armées vont être en préfence ; Luckner & la
Fayette commandent pour la France. Brunswik commande
a
Tome I.
Dixfeptitras liyraifon,
G
ux feulement, & c'eft déja trop, les
aujourd'huien
les républiciftes. Les premiers font les conftitutionnels &
30 T'afenbicenatiomaibet fansrefpec plus nombreux,
fans refpect pour la conftitution, & le pour les propriérés, fe
fon audace.
peuple latle de
>) Les armées vont être en préfence ; Luckner & la
Fayette commandent pour la France. Brunswik commande
a
Tome I.
Dixfeptitras liyraifon,
G --- Page 216 ---
212 1
& fous fes ordres font le roi de Pruffe & l'emles ennemis, dit couronné. La Sardaigne, Naples arment
pereur qu'on & I'Angleterre a mis des vailleaux à la mer.
egalemens,
vont à Cayenne, al la Martinique. Il
>> Des troupes nationales foldées & deux mille
ts:
quatre mille gardes
des généraux à toutes les code ligne à Saine-Domingue, Soint-Domingue 3 un commanlonies, & Defparbès pour trois aides-de-camp parmi lefdant pour chaque le province,, mulâtte Montbrun, trois commiffaires
quels fe. trouvé Il court
un bruit depuis hier
civils des Jacobins.
cependant Peut-être en choifique les commiflaires ne partiront de la pas. colonie.
'ra-t-on de moins malveillans
>> Je vous aviferai de tout.
33 Signé, PAGE 33.
Polverel : Je ne crois pas que cette lettre ait plus parfaite- befoin
de commentaire que les deux autres. Page atrachement peint
à
la
&
a
ment fon amour pour de France. République ce Cette affemblée, dit-il,
raflemblée. légillative ni les
ni la conftitution, & le
ne refpecte
propriétés Il
aufli fon
fe lafle de fon audaces. il y peint du roi : (( Le roi que
car vous voyez comme y parle
32,
E
France chérit, & qui fe montre fi digne de il commander des arVous voyez encore avec quelle forte de plaifir parle la France ;
mées, des forces qui menacent de toutes parts commisà Saintenfin, vous voyez qu'avant que nouseuflions crimes qu'on nous a reDomingue aucun des prétendus
arrivés > avant
prochés depuis, avant que nous y de fuflions France, vous voyez
même que nous fullions déteftoit; partis & notre feul crime étoitd'ètre
combien Page nous
originel
nous portions à SaintJacobins. Voila le péché
crime que pour des marchands
Domingue 5 c'étoit un grand
Shommes. Duny : : Vous l'avez prouvé. le
Cette lettre
Page : Je fuis arrivé à l'Orient II Je juillet. ne pouvois tranfparoit avoir été écrite cinqjours aprèr. voyois circuler' autour de
mettre que les nouvelles effet que que je le peuple s'étoit porté au
mbi; j'ai appris en
été prétent j'aurois puj juger
chàteau des "elesies,fjeatte
ue 5 c'étoit un grand
Shommes. Duny : : Vous l'avez prouvé. le
Cette lettre
Page : Je fuis arrivé à l'Orient II Je juillet. ne pouvois tranfparoit avoir été écrite cinqjours aprèr. voyois circuler' autour de
mettre que les nouvelles effet que que je le peuple s'étoit porté au
mbi; j'ai appris en
été prétent j'aurois puj juger
chàteau des "elesies,fjeatte --- Page 217 ---
le motif ou la régularité du mouvement. Placé à 180 lieues
de Paris, étranger à la France', je ne pouvois juger le mouyement que par ce qui. circuloit autour de. moi; ce mouVement, je ne devois le confidérer que comme un acte crimincl, puifque le départem.nt de Paris venoi: defufpendre
Pétion & Manucl, pour ne s'y être point oppolés. Je
vous demande > citoyens, fi, placés à 180 licues de Paris,
arrivant en France, étranger à tous ces
vous
auriez porté de ces mouvemens un autre jugement ésénemens, que moi,
fur-tout maire de lorique vous auriez appris en même temps que le
Paris, chargé de la furveillance de cette commune
avoit été fufpendu pour n'avoir pas empèché ce movuement,
Je dis plus; Iai apptis que lallamblée nationale avoit envoyé des commiflaires auprès de la perfonne du roi. Certes,
ces commiffaires n'étoient envoyés que pour inipirer au
peuple le refpect envers le roi qui, à cette
> étoit
une autorité conlliturionnelle, Toute ma lettre époque l'amour & le dévouement. à la conftiturion, Alors, relpire &
dans mon cceur j'eulle pu être républicain, je.devois, quoique moi,
qui n'éroisipas légiflateur, émettre une opinion conforme à la
-loi. Quelle étoitla loi? Elle étoit confitutionnelle. Comment
n'aurois-je pas relpecté la perfonne du roi , puifqu'il étoit
une autorité conftitutionnelle à cette époque : Comment
l'aflemblée n'aurois-je pas refpedté la conftitution, moi qui favois que
légiflative l'avoit jurée : Comimmenr/atroinsts
criminel, fi je n'eufle pas refpecté une conftitution que l'affemblée légiflative avoit confacrée dans tous fes aétes. Ainfi
donc on ne voit dans cette lettre que mon refpect pour la
conftitution. Je ferois fans doute criminel fi,
du roaoût; A, à l'époque ou la confticution après fut renverfée, lépoque
j'avois tranfmis à d'autres le mémeelprit d'amour pour cette
conftitution ;j'aurois été repréhenfible, mais à
je crois, encore une fois, que j'aurois été criminel cetteépoque, d'avoir
d'autres fentimens.
J'ai dit que l'affemblée nationale étoit divifée en deux
partis, & que c'étoit déja trop. Je crois. que ce fentiment
là n'eft pas celui d'un mauvais citoyen. J'ai apptis par. les
papiers publics que cette divifion exiftoit au fein de l'afiemblée légiflative. En bon citoyen > je devois gémir de
cette divifion. La confitution venoit d'être jurée; je devois
O 2
blée nationale étoit divifée en deux
partis, & que c'étoit déja trop. Je crois. que ce fentiment
là n'eft pas celui d'un mauvais citoyen. J'ai apptis par. les
papiers publics que cette divifion exiftoit au fein de l'afiemblée légiflative. En bon citoyen > je devois gémir de
cette divifion. La confitution venoit d'être jurée; je devois
O 2 --- Page 218 ---
donc defirer que tout le monde fot conflitutionnel, afin
la France
un regulateur unanime dans fa volonté ,
de
jouir du bonheur ayant que la conftitution lui promettoir; Con- tout
verrois avec horreur dans la
comme aujourd'hui je
la conftitution
vention une faction qui ne recevroit pas fur-tout
aétuelle 2 parce qu'il eff d'un bon citoyen, la charte conftitu- lorique
la loi a la fanction du peuple, comme
tionnelle l'avoit alors, d'y être attaché.
s'étoient
J'ai dir que les deux partis de cette affemblée
abbé
rapprochés, carj'ai lu dans les papiers publics qu'un
nommé Lamourette avoit fait une motion tendante à ce
rapprochément,, que par un mouvement fpontané & s'étoit fans
doute d'amour du bich public 2 Tallemblce entière
j'ai
levée, & que tous les membres s'éroient ils rapprochés; s'étoient encore
vu en même temps que le lendemain, battus. Certainement il n'y
divifés , qu'ils s'étoient même
avoit
de crime à mettre dans une lettre confidentielle rien de crice
dit tous les journaux. Je ne vois
&
eEtaar
minel à cela. ec La France étoit tranquille
très-conftitu-
>> tionnelle >), Ici,
la manière dont on vous lit ce paal'air vous faire croirequece
dis exs
ragraphe on
Pas
<
ofé 8e
ce
:
un fens inverfe de quej
jécris: Rare
prime
arborer cocarde blanche >, Voudroir - on dire
>> n'ofera
la
à
un
par ce paragraphe je veux porter Saint-Domingue la contreReter de contre-revolurion, quandjécriveis que
révolution étoit impollible ? Mais certes , fi ce paragraphe il eft
devoit porter un : effet dans l'eiprit de celui à qui
adrellé, c'eftde luidire néceflairement : Si vous êtes contrerévolutionnaire, gardez-vous d'émettre votre opinion > car
en France perfonne ne paroit vouloir foutenirle parti contrerévolutionnaire. Auffi, loin de porter à Saint-Domingue un
ferment de contre-révolution, fj'euffe écrit à un contre-révolutionnaire (ce qui n'ef pas), cette. lettreauroit produit
un effet contraire &c auroit empêché lémiflion d'une opinion
contre-tévoluionnaire. J'ajoute : dLa Françe eft tranguille
nul n'a ofé & n'ofera arborer
>> & tres-conditutionnelle; & le
de
gardes na95 la cocarde blanche,
ferment le plefienrs 3
39 tionales eft : Viye la loi! Périffc tytan!.
chofe
Exifte-t-il à la"fuite de ce paragraphe quelque
croire
ce n'étoit pas mon opinion 1:
fat
puile faire
que
évoluionnaire. J'ajoute : dLa Françe eft tranguille
nul n'a ofé & n'ofera arborer
>> & tres-conditutionnelle; & le
de
gardes na95 la cocarde blanche,
ferment le plefienrs 3
39 tionales eft : Viye la loi! Périffc tytan!.
chofe
Exifte-t-il à la"fuite de ce paragraphe quelque
croire
ce n'étoit pas mon opinion 1:
fat
puile faire
que --- Page 219 ---
215:
da tout. Toute ma vie politique, & certainement Polverel
& Sonthonax qui ont. cherché à me trouver des crimes dans
ma vie politique & dans ma vie fociale, n'ont pu trouver
un délit, un fait civil ou policique quelconque condamnable; & je les défie de citer un fait qui puille
pas toujours été un hommé plein
aCtERmOE
2 n'eft je.naie pas à moi à parler de cela, mais je les défie de
citer comme coupable un fait de ma vie civile ou
tique. C'eft moi qui ai fait émettre à l'affemblée
a
un arrêté qui ordonnoit de porter la cocarde nationale 5
ceft moi qui, à Saint- Domingue, ai pris > autant que tout
autre, toutes les mefures poffibles pour démafquer le
vernement conre-rexolutiounsite, memeenFrance.F
fee
le 14 -mai 179a,1ai dénoncé officiellement & Cadufchi &
Gauvin & Blanchelande & tous les contte-sevolutionnsines
de Saint-Domingue 5 mais f, à cette époque , jai dit
le
des gardes nationales étoit : Vive la loi!
le
FEA
ferm:nc tyran! ce qual me fouvient très-bien , c'eft qu'a Marfeille
le maire ft prêter ce ferment aux gardes nationales de cette
ville; & malgré tout le,r refpect que j'avois pour la conftitution, je puis attefler tous ceux qui m'ont vu en France
à cette époque, & avant à Saint-Demingue, fi je n'étois
pas républicain. Tout le monde peut atteftcr, (du moins
tous ceux qui me connoiffent) ) que de tout temps, en adorant lâ conftinition, jy trouvois de trop grands défauts s 1
parce qu'elle plaçoit dans les mains du roi, 1°, un veto
ablolu; 20 une lifte civile confidérable
lui donnoit de
grands moyens de corruption; RTIA donnoit auroi
la facuké de faire la paix & L guerre : telle, eft mon opinion; je Yai émife dans mes écrits imprimés : Ainfi donc
T'opinion que j'émets aujourd'hui relativement à la confifution, je T'ai confignée dans mes ouvrages à Saint - Domingue. ce Toutes les factions paroiffent fe fondke aujour-
>> d'hui en deux,, & cela eft déja trop >2, Cette téllexion,
loin d'être celle d'un mauvais citoyen, doit nécelfairement
naitre dans le ceur d'un homme de bien qui doit vouloir
dans le régulateur de la France concordance &, union.
Ici je dis : ce L'affemblée nationale eft fans refpe&t pour
Le
>) la conftitution
fans refpect pour les propriétés,
>2 peuple fe laffe de fon audace s.
Os
-
>> d'hui en deux,, & cela eft déja trop >2, Cette téllexion,
loin d'être celle d'un mauvais citoyen, doit nécelfairement
naitre dans le ceur d'un homme de bien qui doit vouloir
dans le régulateur de la France concordance &, union.
Ici je dis : ce L'affemblée nationale eft fans refpe&t pour
Le
>) la conftitution
fans refpect pour les propriétés,
>2 peuple fe laffe de fon audace s.
Os --- Page 220 ---
Je ne fais pas trop commentj'ai pu dire que f'affemblée
étoit fans relpect pour les propriétés. Encore une fois jex
n'ai pu émettre que ce que je trouvois dans lesjournaux, s
parce gu'il étoit impollible que moi, qui dans tout le corps
de la lettre ai manifefté mon refpedt pour la loi, aie pu
émettre, quant à l'aflemblée nationale, une opinion difié-
&
m' entouroient
rénte, > fi les journaux du.temps
ceuxiqui
n'eufient pas eté dans ce fens la. D'ailleurs, je ne faifois'
que tranfmettre l'opinion d'autrui.
Il lit: :
cc Les armées font en préfence, &c. >Je ne vois pas trop
pourquoi Polverel prétend que je me félicite de ce que les!
ennemis font en nombre, & que je delire qu'ils entrent
fur le territoire de France. Ici, je fuis un narrateur exact
de ce que j'ai lu. Je le tranfmets fans faire aucune réfexion ; mais silfalloit en faire nne ici, je dirois quej'ai vu
à Saint-Domingue une lettre, avant mon voyageenkrance.,
dans laquelle on faifoit des voeux pour que Tennemi entrât
en France; & cette lettre, je l'ai dénoncée à l'aflemblée
coloniale 5 cette lettre étoit connue de Sonthonax &de Polverel qui, loin de chaffer Tauteur, l'ont couvert de leur
protection ; c'étoit Rouv ray, qui écrivoit, au mois de juin
1791, à Leger-Duval, un de fes amis, & il étoit biendans
le fecret, ainfi que Coignac-Mion apparemment.
< Avant ttois mois, vos efclaves feront révoltés & vOs
incendiées. Il
>> propriétés ravagées 3 VOS habitations feront
la
>> ny, a qu'un moyen de vous fauver, c'eftd'arborer COs9 carde blanche, & ne croyez pas, vous parriores, que la
>> France viendra à votre fecours, parce qu'a cette
la fenêtre
mille allemands auront jeté par
Ree
cinquante
>> canaille légiflative >,
Je vous rends rextuellement ce qui a été écrit par ce
de Rouvray : prorégé de Polverel & Senthonax.
l'avons
Sonthonax Nous l'avons fi peu protégé, que'nous
chaflé de la colonie.
Page : Moi, je me garde bien d'émettre une pareille
opinion, > je nomme feulement les généraux qui commandent
les deux armées, je me garde même de parler du numbre des
cinquante
>> canaille légiflative >,
Je vous rends rextuellement ce qui a été écrit par ce
de Rouvray : prorégé de Polverel & Senthonax.
l'avons
Sonthonax Nous l'avons fi peu protégé, que'nous
chaflé de la colonie.
Page : Moi, je me garde bien d'émettre une pareille
opinion, > je nomme feulement les généraux qui commandent
les deux armées, je me garde même de parler du numbre des --- Page 221 ---
foldats qui font' de part & 217 d'autre.
eft donc perfide de tirer del
Il eft bien abfurde, il
minelles,
cette lettre des inductions criActuellement, citoyen-préfident. , je vous -
Polverel lettre. & Sonthonax de me dire où ils ont prie d'interpellet
trouvé cette
Sonthonax : Je réponds à
lettre s'eft trouvée fous les fcellés Tinterpellation. de
de Page que fa
envoyé en France pour la
LacheneiqueFilond
cette lettre a été inventoriée confpiration le
du 2 décembresq
été remife
lui,
par fénéchal du Cap, , & a
Duny : E fénéchal, c'eft
chonax & Polverel; ces hommes, Vergniaud, dont ils créature de Son:
moignage, font des hommes
appellent le té:
particuliers.Jep prieles
placés par eux & leurs protégés
cette affertion.
choyetonchygnpherdes ne pas omettré
: Cette lettre a éprouvé le fort de douze mille
, & de
livres
AELEE
que Sonthonax a volés beaucoup à
d'autres effets & vins de liqueur
:
Sonthonax... Je défie archevefgne-Thbind Page... .Il eft plus facile
toujours que de prouver.
c
d'inculper
Tantèt, vous dires quej'ai emmené du
70 mulers, chargés d'or.
Port-au-Prince
Day: : Nous le prouverons à Sonthonax.
Sonthonax : Tantarquefat volé de
que je n'aimis le fcellé nulle
T'argenterie. Je déclare
nulle parc; &, silya eu des
, que je n'ai inventorié
taires
dprE
dans la colonie, ce
je fuis commis bien dans des invençonner, ils ne peuvent raedire été
éloigné de fouptériels de la juitice. Je fomme le que par les officiers minif
s'il entend m'inculper
citoyen Page de déclarer
commis chez
perfonnellement d'un prétendu vol
Verneuil : Je Latchesefque-Thibud demande la parole.
Je répondrai,
tuelle; Le préfident : Ceci ne peut enrer dans la
ilsagic de conftater l'état de
difcuflion acDotingue.
lelprit public à SuintSonthonax: : Alors Page ne doit
difculper d'avoir écrit des lettres
m'inculper, Pour fe
Le préfident : Je rappele l'étar de la
Repen
Senac : Je vois Polverel fe
difcuflion.
ranger dans un point parfaiO 4
ud demande la parole.
Je répondrai,
tuelle; Le préfident : Ceci ne peut enrer dans la
ilsagic de conftater l'état de
difcuflion acDotingue.
lelprit public à SuintSonthonax: : Alors Page ne doit
difculper d'avoir écrit des lettres
m'inculper, Pour fe
Le préfident : Je rappele l'étar de la
Repen
Senac : Je vois Polverel fe
difcuflion.
ranger dans un point parfaiO 4 --- Page 222 ---
à la queftion actuelle. Il'sagit de prouver
tement éroit étranger Tétat phyfique & politique de Saint-Domingue
quel fon arrivée 5 il me femble qu'il s'en écarte politiavant
vement. Polverel : Je ne crois pas m'en écarter. Sonthonax s'elt porié
Verneuil: C'eft une rule de Polverel;
la qualité
accufareurs Polverel a dit qu'il voilà ne prenoit fe porte point acculateur.
d'accufateur 5 maintenants le &c détourner qui les véritables acC'eft pour tromper le public, à
contr'eux.
cufatiens
nous avons porter
de vouloir bien interSenac : T prie le citoyen-prebidenr de déclarer quels font préciftpeller Polverel & ils Sonthonax fe porter acculateurs. Mou,je
ment ceux dont nominarivement prétendent ; & je fuis bien aile de
les ai accufés fuis du nombre des accufés.
favoir fije
Je répète que ce n'eft pas là T'objet de la
Lc préfident: L'objet de la difcuflion eft Tétat de la colonie
difcuffon.
des commiffaires.
avant larrivée
a déclaré qui'il accufoit les colons.
Senac : Sonthonax Ceci n'eft
de l'ordre de la difcuflion;
Lc préfident : fon
ne faut pas embatraller la difcela viendra en
temps.
F
caflion adtuelle d'objets qui lui font étrangers. de
je
Polverel: Comme je ne fuis accufateur la nature de perfonne. la difcuflion
me renfermerai dans le rôle de que fixer l'opinion publique fur
m'impole. Il coloniale étoit queftion & fur les principaux meneurs de TafTallemblée coloniale. Je crois avoir fixé T'opinion de la commiffemblée
de l'aflemblée coloniale; & je vais maintenant
fion fixer furlefprit fur celui des individus qui compoloient l'aflemblée cola
la menoiènt, fur-tout des individus qui fe diloniale & qui
excellence. Je crois qu'en indiquant, qu'en
fent patriores l'opinion par de ces individus, membres & meneurs
confarant
à fixer r'opinion gédel l'aflemblée coloniale. > je parviendrai "la colledtion des epinions
nérale, qui ne fe forme que par celle des hommes qui ont le
individuelles., & futout
Je ne chercherai
plus d'influence furle refte Et: corporation. Page eft plus ou moins
donc pas à dire ou à prouver que
même,
eriminel pour avoir écrit cette lettre:je.le fuppoferai Tavoir écrite
irépeochable pour
Ton veut, parfaitement le matériel de la manifeftation de tzu
je ne chercherai que
viendrai "la colledtion des epinions
nérale, qui ne fe forme que par celle des hommes qui ont le
individuelles., & futout
Je ne chercherai
plus d'influence furle refte Et: corporation. Page eft plus ou moins
donc pas à dire ou à prouver que
même,
eriminel pour avoir écrit cette lettre:je.le fuppoferai Tavoir écrite
irépeochable pour
Ton veut, parfaitement le matériel de la manifeftation de tzu
je ne chercherai que --- Page 223 ---
quelle étoit fon opinion fur le tyran, fur T'ac
opinion femblée ,, legiflative; quelle étoit fon opinion fur la commillion que T'aflemblée légiflative envoyoit à Saint-Domin- crient vive
gue. Voici ce qu'il dit:" Pluficurs gardes nationales
la loi : périffe le tyran! Il eft très - vrai qu'ici il ne parle
que comme narrateur, comme hiftorien; mais quelques
phrafes plus haut, il dit que ce tyran-la eft un monarque
chéri, Un monarque digne de commander. Il donc ne le regardoit le cri
donc pas comme un tytan,1 n'approuvoit
pas
de périjfe le tyran!
>> Lallemblée nationale eft fans refpedt pourlepropeiétés,
fans refpeét pour la conftitution 2 le peuple fe laffe de fon
audace >. Je n'ajouterai aucune réflexion à cette phrafes le
citoyen Page n'a pas pu la juftifier. Il vous a dit à qu'il ne
concevoit pas comment il avoit pu Vécrire. Quant Saint-Demin- la commillion que l'aflemblée légillative envoyoit à
vous voyez encore combien il déteftoir cette opération,
& gue cela ? par la (eule raifon que les commilffaires étcient Jacobins des
Jacobins; our, des Jacobins de 92, & non des"
du 9 Thermidor. 1
d'inrerpeller a
Verneuil: Je vous prie , ciroyen-prasdent, entéré nonmés
Polverel & Sonthonax de déclarerfi, ils leriqu'ils n'ont pas éprouvé de la
pour aller à Saint-Domingue, toutes les diflicultés
oui, ou non.
part du miniftère
pofibles:
avoir été
Polv.rel: Je reponds à Yinerpellation des qu'après de m'avoir
nommé, le roi a en effet marqrié
regrets fut
nommé. Je ne fais par qui ce repenrir lui
fuggéré; je
le fais, mais je dirai la caufe de cette répusmance. Jene
les dirai pas toutes 2 parce qu'il y en avoit d'originaires. .
Verneuil : Nous les dirons, nous.
Poly rl: Et moi aulli, quand vous voudrez, de je diraila
caufe, du temps ol le rci montroit des Le regrets roi fut n'avoir inftrtit
nommé commiflare à Saine-Domingue. légiflative une
avoit lu à la barre delaflemblée
pérition le
E d'un grand nombre de cioyens; pétition que avoit roi,
au confeil d'état, qualifioit de pérition (éditieufe. l'olverel: On c'eft
dit au roi que cette pétition avoit été lue par donner une
là-delfus
le roi déclara qu'il ne favoit adreffe pas feditieute
commiflion - th homme qui avoit lu une
à la barre de l'affemblée narionale. Le fait tut expliqué par
Tome II. Dis-/epcième liyraifon
Os
ition que avoit roi,
au confeil d'état, qualifioit de pérition (éditieufe. l'olverel: On c'eft
dit au roi que cette pétition avoit été lue par donner une
là-delfus
le roi déclara qu'il ne favoit adreffe pas feditieute
commiflion - th homme qui avoit lu une
à la barre de l'affemblée narionale. Le fait tut expliqué par
Tome II. Dis-/epcième liyraifon
Os --- Page 224 ---
le minifre ; on remonta à la fource, Cen'éroitpas Polverel,
commilfairecwil, qui avoit lu cette pétition, c'étoit François
Polverel, fils de Folverel, commiffaire civil. Le fait far expliqueen préfence du roi. Cette pétition, que le roi qualifioit de féditieufe, n'éroit autre chole qu't une péticion pour
que l'aflemblée légiflative obligcat le roiàfe défaire enhin de
fes gardes-fuilles; voilà l'objer de la pétition, & cet objet
étoit G peu féditienx, 8c pouvcit. même fi peule paroitre aux
yeux" du roi, que leroi ayoit déciaré publiquement
la
folde des gardes-fnifles 112 devoir plus êure à la charge la
lifte civile, puifqu'ils n'étcien: Tas de fa maifon militaire,
Verneuil:" Celt étranger ila queftion.
Polverel: Point du tout, puifque c'eft la réponfe précife
a vorre interpellation,
Sonthonax' : Je déclare, fur l'interpellarion de Verneuil,
que fur les obfervations des colons à Paris, & notamment
ceux de l'hôtel de Mafliac, nous avons vu pendant quelque
teinps notre. départ firfpendu. Le miniftre Lacofte qui m'avoit
pommé pour fe popularifer > propcla ma fufpention qui
fur appuyée par Dumouriez dont vous connoiflez la trahifon, par Dutanthen, garde des fceaux de l'Etat.Je fus foutenu par Servan, miniftre de la guerre, & ma commiflion
fur maintenue à la pluralité des voix. Pour donner de plus
gaands renftignemens fur cette affaire, fur la correfpondance
de Page, de Brulley, qui écrivoient alors que ious ne partirions pas, je reviendrai fur cet, objet, & jeprouverai
les trames dont nous avons été victimes dans la reterde
aveicntleur origine enEurope, à Paris:maisnousn'enfommes
pas encore à ce fait. Lorique la parole me fera dévolue,
lorfqu'il.s'agira de répondre à mes premières opérations dans
la colonie, je répondrai d'une manière plus pofitive. Je demande donc que la commiflion palfe à l'ordre duj jour, &
qu'elle continue à entendre Polvercl.
Page : Sonthonax &c Polverel ont été nommés par l'infuence de Briflot; 5 & le miniftre Lacofe déclara qu'il donneroit fa démiflion, fi l'on perfiftoit à vouloir les envoyer
dans les colonies, parce qu'il prévoyoit les malheurs quils
pourroient y çaufer.
Sonthonax : Si on ouvre la queftion là-deffus, je demande
la parole pour que je réponde, & alors cela allongera la
difcuflion,
-
thonax &c Polverel ont été nommés par l'infuence de Briflot; 5 & le miniftre Lacofe déclara qu'il donneroit fa démiflion, fi l'on perfiftoit à vouloir les envoyer
dans les colonies, parce qu'il prévoyoit les malheurs quils
pourroient y çaufer.
Sonthonax : Si on ouvre la queftion là-deffus, je demande
la parole pour que je réponde, & alors cela allongera la
difcuflion,
- --- Page 225 ---
Le préfident: Ce n'eft pas là l'objet de la,
Brulley - J'oblerve que toures ces interpellacions difcuflion. & toutes
ces réponfes reviendront lors de la difcuflion.
Polverel: Voilà pourquoi vous avez eu tort de prématurer,
Polverel Page: Mon opinion fur le tyran n'étoit pas celle
avoit manifeftée lors des étars-généraux, & que le
prouverai par un mémoire du temps. Mon opinion fur je le
tyran étoit celle de prefque tOuS les
étoit celle
de Robefpierie qui parloit aux jacobins Frangais, en faveur des royaliftes; mon opinion n'étoit pas celle de Sonthonax qui rédigeoit des adrefles royaliftes.
Sonthonax: J'interpelle Page de me montrer les adrefles
royaliftes chercher
f'ai rédigées. Je lui donne trois jours pour les
2ir lesi produire,
Verneuil : En voilà la preuve,
Il lit:
Extrait d'une lettre envoyée a la Jociété de
ment de la Loire-Inferieure,
la fociétémère déparcele 29janvier
darta Paris,
1793, P'an AAA la Ripablique.
FRERES ET AMIS,
cc Nous avons reçu votre miflive du 18 du courant, aveo
copie à la Convention del'adrelle quie plufieurs cireyens de Nantes ont adreffée
defpotifine
nationale, relarivement: aux vexations &c au
que Sonthonax exerce à Saine-Domingue. Les députés patriotes qui fiégent parmi nous, l'appuieront de toutes
leurs forces. Nous vous obfervons que nous connoiffons
faitement Sonthonax. Ce vil incrigant étoit de notre fociété pardans un temps où le parti de Briflor & confors voulcit
dominer; il y étoit dans un temps où il fuffifoir de
y
les meilleurs patriores pour avoir une
& il en décrier a
une..
heuréufement pour la chofe place; les
eu
toujoursfermes & inexorables dans leuts rantique, principes, >
jacobins
leur fociété de tous les intrigans, de tous les aboyeurs ont purgé à
ges qui ne furent jamais pair:otes qu'à force d'argent & ga- de
places.
32 Surveillez comme hous > frères et amis, tous les êtres
temps où il fuffifoir de
y
les meilleurs patriores pour avoir une
& il en décrier a
une..
heuréufement pour la chofe place; les
eu
toujoursfermes & inexorables dans leuts rantique, principes, >
jacobins
leur fociété de tous les intrigans, de tous les aboyeurs ont purgé à
ges qui ne furent jamais pair:otes qu'à force d'argent & ga- de
places.
32 Surveillez comme hous > frères et amis, tous les êtres --- Page 226 ---
vils qui ne veulent le bien de leur patrie que pour se T'approptier. Sonthonax : Je demande, citoyens, si c'est-là une adresse
royaliste, comme celles dont paile Page. Je prouverai que
cette lettre de Nantes eft une intrigue ourdie à Nantes,
et je prouverai par qui ces incrigues ont été ourdies.
Lé préfident : En divagant de cette manière > la queftion
delelprit public de la colonie ne fera jamais éclaircie. Je te
rappelle à l'ordre naturel de la difcullion.
Sonthonax : Je demande en quoijai étél l'agent de Brilfot.
Duny : Et la dépofition de Chaun.etre?
fous la
Sonthonax : Chaumette, confpirateur, qui a péri
hache des lois !
des
Polyerel: : Lorfque nous en ferons là; nousproduirons
pièces écrites par Chaumette lui-mème, qui détruiront fa
dépofition. Les morts parleront.
Sonthonaz: Je défie qu'on produife aucune pièce, aucune
preuve qui puille démontrer que j'aie été, non-feulement
fagent de Brillot, dont je ne veux pas attaquer la mémoire,
mais de qui que ce foit, fur-tour de ceux qui ont été à la tête
du Page gouvernement. : Lorique Sonthonax &c Polverel fe fout préfentés
aux jacobins 5, Dufourny dit que Polverel & Sonthonax éroient
des intrigans; que c'étoit Sonthonax
fous la diétée de
avoit rédigé l'adrelfe au roi. E pièce eft tignée de
Briflot >
Dufourny. Sonthonax : Voilà une belle autorité que celle de Dufourny! Je demande
vous produifiez cette adrelle; car
il ne s'agit pas de andirs fi vous avez foufflé à Dufourny de
dire cela; mais il faut produire les adreffes; je vous donne
tour le temps poflible pour les produire , ouj je demande que il
la commilion le fixe ; car il ne fuffit pas de calomnier,
faut Page prouver. : Je m'en remets au dire de Dufourny 5 mais je
pourrai peut-êrre vculs prouver matériellement que vous avez
rédigé des journaux pour Royou.
Sonthonax": : C'eft ce que je demande.
Page: Quant à mon opinion fur le tyran, elle étoit conforme ala confitution. Lorfque jai fu que le tyran confpidir avec
-
roit, lorfque j'ai pule voir par moi-sême, je l'ai
de calomnier,
faut Page prouver. : Je m'en remets au dire de Dufourny 5 mais je
pourrai peut-êrre vculs prouver matériellement que vous avez
rédigé des journaux pour Royou.
Sonthonax": : C'eft ce que je demande.
Page: Quant à mon opinion fur le tyran, elle étoit conforme ala confitution. Lorfque jai fu que le tyran confpidir avec
-
roit, lorfque j'ai pule voir par moi-sême, je l'ai --- Page 227 ---
tous les ciroyens; alorsj'ai di
eux
aufli long-temps
honniravec le tyran; mais
confticurionnelle; j'ai vu le roi environné de la chartre
la
dû parler de lui avec le refpeét dû à
conftirution; dans
mais encore une foisvousa avez dû
que
cette lettre, moi qui étois arrivé en appercevoir
cinq jours, & qui avois paffé ces
France depuis
pofte de l'Orient à Nantes;
n'avois cinq jours à voyager en
repos, & par conféquent 9L
pas eu 24 heures de
voyez que je n'ai pu que tranfmettre temps pour réfléchir, vous
entendu à mon arrivée à Nantes. littéralement ce quej jai
Le préfidene : Polverel a la parcle,
Polverel: : Je prie le ciroyen préfident
déclarer s'il reconnoît la lettre
d'interpeller Page de
Page : Je fais la même répon(e que je lui préfente.
Polverel: C'eft-à-dire incertaine. quej j'ai déja faite.
Page: : Non!j je reconnois mon
elle eft adroitement copiée.
écriture; ficen'ef pas elle,
Polverel lit:
Lecere de Page, datée de Paris, le II aoit
1792.
MESSIEURS ET AMIS,
e Je ne vous entretiendrai pas d'affaires
prenant lecture des divers papiers
politiques : en
faurez tout ce
je
que je vous adrefle, vous
& veuillez les Ac pourrois vous en apprendre : lifez-les,
MM.Dubofese parvenir à leurs adrefles re/pectives. Si
leur communiquer Larchereique-Thihaudr les détails dans
fontiau Cap, veuillez
gérant fur ce qui s'eft paffé dans les lefquels j'entre avec mon
>> Notre colonie eft bien malade, journées &
des 9, IO, &cc.
rent une chance bien dangereufe. Un nos propriétés couc'eft Thorreur de l'efclavage & l'enthouliafme feul elprit règne ici,
C'eft une frénélie qui gagne toutes les
de la liberré !
va croiffant. J'cftime cependant
refte têtes, & toujours elle
qu'un
de
propriétaires. 3 réduits à la plus affreufe
pitié pour des
toucher nos légiflateurs. A ce fentiment s'enj indigence, pourra
puiflant à leurs yeux, c'eft Ja crainte joindra de l'abus un autre
pourroit faire de
Racer
apprécié eft d'une affez fa liberté : & certes, le motifbien que
3> J'eltime donc
grande confidération.
que T'elclavage fera circonfcrit, & l'af.
réduits à la plus affreufe
pitié pour des
toucher nos légiflateurs. A ce fentiment s'enj indigence, pourra
puiflant à leurs yeux, c'eft Ja crainte joindra de l'abus un autre
pourroit faire de
Racer
apprécié eft d'une affez fa liberté : & certes, le motifbien que
3> J'eltime donc
grande confidération.
que T'elclavage fera circonfcrit, & l'af. --- Page 228 ---
Le franchiffement des colonies fera reculé d'ici à 20 ou 30 ans.
nègre fera confidéré comme engagé à fon
cet eipace de temps; car l'idée de
maitre le mot
même feront
Tefclavage,
FRut
bannis.
33 Vous fentez qu'avec de telles notions far
de
T'allemblée
l'efprit
à la fanction nationales nous nous fenmesgardés de préfenter
royale notre déclaration
dans ce moment où le roi étoit dans les delefclavage, plus vives
fur-tour
wJe ne vOis de falut que dans deux moyens inquiérudes. que voici:
déterminer la Convention nationale à confidérer les colonies
comme des états fédérés & libres dans leur légiflation intérieure, ou bien ilfaut fo contenter de cenfidérer
non comme notre propriété, mais comme une fomme l'efclave en- >
paedepaurlépoque que détèrminera l'aflenblée nationaley&
hilferau temps à faire le refte.
>> Si vous avez des revenus à moi, faites-moi le
de me les faire paffer: Je prévois que je touche au moment plaifir
odj'en aurai befoin. Les dépenfes font ici exceflives, & je
demeurerai en France
long-temps que je ne penfois. La
Convention nationale Sira décidera.
Salur. Signé, Page.
Vous voyez, citoyens, que l'événement du IO août avoit
un peu changé le ftyle oftenfible du citoyen Page; nous ne
du poavons pas vous dire quelle étoit fonopinionf furla révolution
IO août, parce quila eu foin de la mettre dans des paquets féparés que nous ne connoiffons pas; mais très-certainement je ne tirerai aucune induction des chofes que
ne connois pas.
je
Page: Comment peut-il fe faire qu'un paquet que j'annonce, & qui doit avoir accompagné cette lettre ne fe trouve
pas2.Certes, on n'inquiette pas ceux à qui on écrit, en annençant des paquets qu'on n'envoie pas. Sijai écrit à SaintDomingue: 3 fjai adreffé à Delaire & Chaudru une lettre
dans laquelle j'annonçois un journal, contenant ce qui s'étoit palfe le IO aoit; je n'ai pas
manquer d'yj joindre ce
Paquet. Quant à la lettre, je ne ghs quelle induction on en
peut tirer, Il n'eft pas d'hommes d'écat, qui, cette
n'eit la même opinion des rapports de la colonie avec
France. Et
EET
certes, vous avez dà vous appercevoir que, quand
j'écrivis cette lettre; je n'éteis pas un ami fi décidé de l'ef-
ce qui s'étoit palfe le IO aoit; je n'ai pas
manquer d'yj joindre ce
Paquet. Quant à la lettre, je ne ghs quelle induction on en
peut tirer, Il n'eft pas d'hommes d'écat, qui, cette
n'eit la même opinion des rapports de la colonie avec
France. Et
EET
certes, vous avez dà vous appercevoir que, quand
j'écrivis cette lettre; je n'éteis pas un ami fi décidé de l'ef- --- Page 229 ---
quine clavage, feroitpas puilque moi-même je régarde comme une mefure
aux nègres. Certe très-défaftreufe mefure eft de donner la liberte graduelle
organifces, dans toutes les tétes entrée d'hommesd dans toutes les têtes
citer ici un rémoignage, je citerois le d'étar;écs s'ilfalloit
ciroyens, qui me dit: cc Donner la mot de l'un de vous,
ce moment, ce feroit donner un
liberté de aux nègres dans
groffe, pour la faire accoucher coup
pied à une femme
qui a tenu ce langage Re
plus êtte vite >> : Et cettes, celuiGrégoire.
peur
fufpect; c'eft le citoyent
du Polveres citoyen Nous parlerons de cela dans le
nalité dans Grégoire, mais du fait. Je ne mets temps, 3 non pas
tout cela.
pas de crimiJ'ai deja expliqué à la commiflion
lettre, c'eft pour conftater le matériel pourqnoi je lifois cette
qui l'a écrite. Encore une fois
de-1 f'opinion de celui
je veux fixer la commiflion furla , je n'inculpe pas Page, mais
Or. je vois dans cette lettre manifeftaticn de fon opinion:
Theure un mérite d'avoir voté que Page la qui fe faifoit tout-àd'aflemblée coloniale, & contre pour le titre confervacton du titre
tienr comme les autres au fyftème de fédération; d'aflembiée générale,
al'indépendancedes colonies.
c'elt-a-dite,
veuille tirer de cette
Voilalafenle confequence je
*
lettre,
que
- Page : Les opinions d'un homme
raifon des circonftances où il fe
d'étar font toujours en
j'ai parfitement connu
lai trouve. A Saint-Domingue,
nègres, étoit le plus funeRe que
liberté fubite donnée aux
proaverai dans le courant des préfent débats qu'on pût léur faire. Je
Aueneé plus directement que l'on ne que Angieterre a inprife àla Convention
le 16 penfe fur la melure furla Convention a parfaitement nationale, bien faitde Pluviôfe. Aujourd'hui;
fon premier décret à cet égard
confacrer elle-mème
ne peut plus retirer ce bienfaits; 2 & parce qu'effedtivement elle
mefuresconvenables
c'eft à elle à prendre des
feau qui avoit auili Rets la en maintenir leffet faluraire. Rouf
le témoignage, , le difoit lui-méme philofophie, & dont j'invoque ici
Il difoit: < Gardez-vous bien aux Polonais.
un' préfent funefte que vous leur d'affranchir feriez.
vOs ferfs, c'eft
ment d'une digeftion difficile; il faut La liberté eft un alipour le digérer. Lhifteire nous
un eftomach robufte
apprend que par-tour ollon
ir leffet faluraire. Rouf
le témoignage, , le difoit lui-méme philofophie, & dont j'invoque ici
Il difoit: < Gardez-vous bien aux Polonais.
un' préfent funefte que vous leur d'affranchir feriez.
vOs ferfs, c'eft
ment d'une digeftion difficile; il faut La liberté eft un alipour le digérer. Lhifteire nous
un eftomach robufte
apprend que par-tour ollon --- Page 230 ---
afranchit
fubizement les e(claves, on a néceffirement de
déforganife T fyftème focial & politique. LImpératrice elle a voulu
Ruflie elle-même nous en a donné de un exemple; fes
Le
donner la liberté aux ferfs d'une
provinces, d'aflalliner Eurs
mier ufage quils ont fait de la liberté, les a été
du temps s
maitres; alors de l'aveu de tous
philofophes contre ces afranchis,
T'impérattice a fait marcher foumis des troupes à Tefclavage. Je ne cher-
& les a une feconde fois
dans Tantiquités mais jen recherai pas d'autres exemples oû jai voré , comme jelai fait
viens à dire, qu'à Tépoque étions dans des circonftances difféà Saine-Doutingue, nous
penfé que le bonheur
rentes. Quandjai été bonheur en France, & la jai
du commerce
de la colonie, que le la colonie eût profperité la faculté d'organifer
français s vouloient que que je difois quil étoiti impollible
fon régime intérieur, nationale, parce
avoit allis la conftitution fur
l'affemblée
conferver dans les colonies un
e principes de liberté, : avec la liberté & la conftifyfème quine fàr pas identique Sonthonax & Polverel veuillent
tution. Ileft étonnant que
à
ont dit
m'en faire le reproche, eux qui coleniales Saine-Domingue, feules appartenoit
aux colons > qu'aux alfemblées fur l'elclavages eux qui ont dit que fi
le droit de prononcer nationale égaréc, attea:oit à ce droit des
jamais Tallemblée refuferoient de lui obéir. Eh bien! citoyens, ai-je
colons, ils
lettre confidentielle le même langage qu'eux
tenu dans une
Non:jai ditque nous devions folliciter
dans un aéte public? nationale une organifation propre à
auprès de l'affemblée nousdevions lui demânder à faire notre confnotre pays, Il eft que bien étonnant
lon veuille tirer des inductitution. d'une
lettre 5 il TE plus étonnant encore qu'on
tions
pareille
fur la journée du 10
ne vous prélente pas mon opinion
août.
La lettre dont on vient de vous donner lecture ,
Claufon :
font adreffées aux citoyens Delaire,
ainfi que la précédenre, 8cc. Sonthonax, > interpellé
Chaudru Dumoutier, ,
lettre > a répondu que
re pays, Il eft que bien étonnant
lon veuille tirer des inductitution. d'une
lettre 5 il TE plus étonnant encore qu'on
tions
pareille
fur la journée du 10
ne vous prélente pas mon opinion
août.
La lettre dont on vient de vous donner lecture ,
Claufon :
font adreffées aux citoyens Delaire,
ainfi que la précédenre, 8cc. Sonthonax, > interpellé
Chaudru Dumoutier, ,
lettre > a répondu que favoir oû 'i avoit trouvé la
& quil avoit dii
dans les papiers de Delaire, un conjuré, mais cette lettre étoit
s'emparer des lettres des Dumoutier: conjurés; :
lors de la
auffi à Chaudrn & à
remife pourquoi, à Chaudru &
levée des fcellés, ne T'a-t-on.pas --- Page 231 ---
Dumoutier ? Confequemment, c'eft une (poliation, un val
faits par Sonthonax à la fociété.
Sonthonax : Je ne me permets aucune réponfe à l'obfervation du citoyen Clauffon.
Polverel : Je m'en permetrrai une. Pourquoi Clauffon
rend-il commun à Polverel & Sonthonax un fait qui n'eft
relatif qu'à Sonthonax feul :
Claulfon : Cela n'a de rapport qu'à Sonthonax ; fj'ai
parlé de Polverel, c'eft par erreur.
Page:Je vousai dit, relativement à ma première
dans mon opinion imprimée avant le IO aolt,Javois leure,
que
Tr l'aflemblée conftituante avoit eu tort de donner au
roi une lifte civile corruptive, la faculté de faire la
& fa paix, & un vero ablolu, qui le mettoit au-deflus guerre de
la volonté de la nation : eh bien !
lettre
nécelfairement, 3 dans la
qu'on ne vous préfente pas, mais qui n'a pas dà
échapper à l'eil vigilant de Polverel & Sonthonax,
alloient fpolier tous les greffes > pour lefquels rien n'étoit qui
facré, , qui alloient, dans toutes les familles, puifer les
profonds fecrers, j'ai dû nécellairement érablir dans cette plus
lettre les principes que j'ai profeffés à
ceux d'une liberté abfolue.
Saint-Domingue,
Sonthonax : Je réponds à ce que vient de dire
qu'il n'eft pas étonnant que le juge du Cap ne m'ait Page,
temis la lettre dans laquelle Page exprime fon opinion pas fur
les événemens du IO août, puilquil dit dans celle que nous
avons, que l'autre n'étoit point adreffée à Delaire s mais à
fon gérant; il n'efl pas étonnant que n'ayant pas mis
fcellés fur les papiers du gérant, on n'ait pas trouvé les la
feconde lettre.
Brulley : A la fin.de la lettre de Page, Polverel s'eft arrêté avec affectation, pour vous
que Page avoit
dit qu'il falloit que les colonies oiteuries fédéralifécs.
Polvera: Oui, détermin.r la Convention à regarder
celonies comme un état fédéré 6 libre dans leur
Lcs
intérieure.
adminifration
Brulley : J'ai entendu enfuite Polverel qui vous a
lorlquil a voulu faire connoûtre le matériel de
dit, de
Pases car fe fonr fes expreflions 5 il vous a dit : lopinion Voila donc
ke byfème d'indépendanc: des colonies bien connu. Voilà la
.
Polvera: Oui, détermin.r la Convention à regarder
celonies comme un état fédéré 6 libre dans leur
Lcs
intérieure.
adminifration
Brulley : J'ai entendu enfuite Polverel qui vous a
lorlquil a voulu faire connoûtre le matériel de
dit, de
Pases car fe fonr fes expreflions 5 il vous a dit : lopinion Voila donc
ke byfème d'indépendanc: des colonies bien connu. Voilà la --- Page 232 ---
première fois
du mot fédéralifte nous avons vu tirer
finduction de Te préténtion à T'indépendance. Jufquici - >
j'avois cru que qui difoit fidéralife ne difoit pas indépendant, Il
& que qui difoit ind'p-ndant ne difoit pas fedéralife.
étoit réfervé à ces deux homimes d'allier tous les contraires.
Nous les interpellons une bonne fois de fixer leurs idées fur
ces mots, entre lefquels les publiciftes ont établi une grande
différence. Le préfident : Vous dilcutez là une Le queffion politique. Je
vous rappelle à l'ordre de la difcuffion.
Page : Je reviens à l'efprit de ma lettre. Je ne dis
il faut
la colonie foit indépendante, qu'elle falle
A1
giflation; que mais je dis : Il faut que nous dérerminions Taffemblée nationale à nous accorder la faculté de faire notre
légiflarion. Si Ton veut induire que j'ai voulu confeiller lindépendance de mon pays, il faut certainement bien torturer
le fens de ma lettre 2 pour en tirer une pareille de induction; la France,
carfij'avois voulu rendre mon paysindépendant
je n'aurois pas dit qu'il falloit nous adreller à l'aflemblée
nationale pour obtenir d'elle le droit de faire notre législation; & je crois même qu'il étoit impoflible de mieux
conftater mon dévouement 2 la France, le defir que j'avois
de voir les colonies unies à la France.
terminé. La
Le préfident : Cet objet doit être entièrement
parole eft à Polverel.
Daubonnedu: Je démande que Polverel ait la parole:
Polyerel: Je n'air plus for cette partie de la difcuflion qu'à
préfenter un extrait d'une lettre du citoyen d'Augy.
Duny: J'obferve que le citoyen d'A Augy a été déporté par les
Polverel & Sonthonax, & qu'ila été fait prifonnier par
Efpagnols, lorfqu'il venoit en France.
Polverel: Cela n'a rien de commun avec les conféquences
que je veux tirer de fa lettre.
Illit:
Lettre d'Augy à MM. les habitans de la dépendance du Nord
de Saint- Domingue. Paris, 7 juia 1791.
cc Nous nous fommes trompés en demandant à l'affemblée
nationale la délégation du pouvoir légiflatif pour notre régime
qu'ila été fait prifonnier par
Efpagnols, lorfqu'il venoit en France.
Polverel: Cela n'a rien de commun avec les conféquences
que je veux tirer de fa lettre.
Illit:
Lettre d'Augy à MM. les habitans de la dépendance du Nord
de Saint- Domingue. Paris, 7 juia 1791.
cc Nous nous fommes trompés en demandant à l'affemblée
nationale la délégation du pouvoir légiflatif pour notre régime --- Page 233 ---
intérieur; ; car c'éroit lui recoanoître le droit de le refufer:
Ceut.acerécard.tous Il falloit dire, & je vous mettre le répète volontairement à fa'diferétion. 0e .
d'après M.
je vous prie de le faire favoir à M. Odelucq, fon Galifer, &
à Saine-Domingue > il falloit dire : Le pouvoir reprelenrant
partient à la partie françaife de Saint -
legsilatifapqui touche fon régime intérieur, & tout Domingue ce
eft > en ce
i fes rapports commerciaux avec la métropole qui ; & ce étranger
légiflatif, la colonie de Saint-Domingue déclare le pouvoir
& n'entend en déléguer I'exercice que dans fon fein retenir, 3
affemblées coloniales librement & légalement formées, fous aux
la, Jeule fanétion & acceptation du roi, &c (s'il le faut &
qu'on le juge convenable) lapprobation provifoire du
verneur.
gou33 Voilà quelle doit être la bafe de notre édifice. 2
les Vous voyes que d'Augy eft parfairement d'accord avec
autres parriotes (car ceft aufli un pattiore), avec les
citoyens Miller, Lux, Page, Brulley, Morel, Elcotte.
Chaudru. Ils font tous parfaicement d'accord fur le
&
de rendre Saint-Domingue indépendant de la
fyftème
fédéré avec la France, c'eft-à-dire, égal à la France, état
on entend par fidération un pacte entre deux Frances car
& indépendans l'un de lautre : voilà ce que peuples le met égaux emdominant porte. Vous voyez que ce fyitème a toujours été le
des colons de Saint - Domingue, le
toutes les aflemblées
fyftème
SATE
c'eft ainfi
politiques qui ont exifté à S.
que l'ailemblée provinciale du Nord Domingues
aux comités du Sud & de l'Oucft , foit aux écrivoit, foit
Saint-I Domingue, & leur écrivoit, dès le
députés de
de la révolution, que Saint-Domingue étoit commencement & devoit
un peuple allié de la Frances c'eft ainfi
être
Saint - Marc établiffoit cette indépendance que l'affemblée de
décret du 28 mai 1791; ceft ainfi qu'elle l'établiffoit par fon fameux bien
plus audacieufement encore à la barre de laflemblée
tuante, , par ce fameux difcours prononcé par
conftienfuite imprimé fous les yeux de l'aflemblée Linguer, &
c'eft ainfi qu'à différenres époques de fon contituante;
femblée coloniale de
exiftence, l'affyftéme
Saint-Domingue a toujours reffufciré ce
depencance. d'indépendance, ce fyftème de non-colonie 3 de non-
ement encore à la barre de laflemblée
tuante, , par ce fameux difcours prononcé par
conftienfuite imprimé fous les yeux de l'aflemblée Linguer, &
c'eft ainfi qu'à différenres époques de fon contituante;
femblée coloniale de
exiftence, l'affyftéme
Saint-Domingue a toujours reffufciré ce
depencance. d'indépendance, ce fyftème de non-colonie 3 de non- --- Page 234 ---
lors
Vous avez vu ce (yftème profondément développé d'afde la difcuflion fur le changement de la dénomination
femblée générale en celle d'aflemblée coloniale 5 vous avez
vu ce fyftème bien fortement prononcé dâns les cofidérans
de l'arrété du 27 mai 1792 : enfin, vous le voyezn bien
développé, vous voyez encore la haine, l'indignation, 3 le
defpect po:f le corps légiliacif de France, & la haine de
la révolution de France; vous voyez tous ces fentimens là
bien exprimés, bien nettement manifeftés dans les lettres
dont je vous ai fait lecture; leitres émanées encore une
fois de ce qu'on appelle les patrictes de Saint-Bomingue >
& qui étoient les ptincipaux meneurs de l'allemblée coloniale. On vous a dit que tout le mal qui a été fait à SaintDomingue a été fait, non par les patriotes, mais par les
contre-revolationaince Page : Je demande à rétablir un fait; s'il faut être légifte
ou rhéteur, je ne fuis nilun ni l'autre; fil'on tire de mes
lettres des inductions aulli perfides que, celles
en tire,
car
dit & je dis encore, i1 faut qu'on le
que
AESE
ce n'eft jai pas vouloir traiter d'égal à éga
Le préfident : C'eft revenir fur des queftions politiques.
fuis
nominativement, il faur
Page : Puifque & je Polvercl attaqué ne doit pas hafarder ainfi de
je réplique,
Sonveate opinions. -
foit maintenue à Polverel.
On demande que la parole
Lecointe, (des deux Sèvres ), membre de la commiffion :
Il faudra remarquer que le citoyen Thomas Millet elt abs
fent.
Plufieurs colons : Il eft malade.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef fignés, J. Pa. GARRAN,
préfident LECOINTE ( des Deux * Sèvres )2 fecrécaire D
fremnue GRÉGOIRE, Foucai, (de Nantes), ALEASIVR, DABRAY.
deux Sèvres ), membre de la commiffion :
Il faudra remarquer que le citoyen Thomas Millet elt abs
fent.
Plufieurs colons : Il eft malade.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef fignés, J. Pa. GARRAN,
préfident LECOINTE ( des Deux * Sèvres )2 fecrécaire D
fremnue GRÉGOIRE, Foucai, (de Nantes), ALEASIVR, DABRAY. --- Page 235 ---
a3k:
Du 29 Pluviëfe, l'an troifème de. la République frangaijfe
une & indivifible.
LA féance s'ouvre par. la lecture du
féance du 28.
procts-verbal de lz
La rédaction eft adoptée.
Thomas Millet : Ila eté arrêté par la
colonies, & je l'ai enrendu dire par le
commiffion des
feroit imprimé dans. le journal des debats préfiden:, les qu'il ne
qui feroient lues & qui auroient donné heu que a
pièces
dans la feance. Cerres Onl ne fauroit
difcutfion
de la commiflion des colones; je trop louerla prudence
par -là prévenir toute induction penfe qu'clie a voulu
toutes picces qui auroient été imptinées qu'on pourroir tirer de
des débars, & qui n'auroient point éré ditcutées dans le journal
féances. Cependant, dans
dans les
bats P , je vois des notes le fecondip". cu journal de. déféances.
qui n'ont pas été lues dans les"
Polvere: J'en ai fait moi-même
Th. Millet : Permetter-moi d'achevér la/remarque,
à1 la fuite d'une.lerure de
Ces nores font
Ces" notes ne peuvent être de Daugy, , datée du 7 jain' 1791.
qu'elles font relatives à des Daugy taits , non feulement
réelle de la lettte, mais encure fort poftérieurs à la Patne
ou, après avoir éte eleveasbigairemenr poftérieures de
à T'époque
il a été déporté en France, pris dans le fon domicile,
en Efpagne où il eft encore. Par la lecture trajet & conduit
vous verrez qu'eiles font
de ces notes,
ont produit les pièces après l'ouvrage, les avoir , ou lues des perfonnes 8cid
qui
ou de telles autres perfonnes; mais ces notes ont difeusées, été
primées après la remife des picces par Polverel
imthonax; les pièces ont, été lues par P Iverel &
& Son-.
difcutées par eux , & par
avouées Sonrhonax,
Par l'exhibirion de cette pièce, conféquenr otl
par eux,
verel & Sonthonax, la com.nifion linterpellation faura de
à Pol-,
notes. Je prie le ciroyen prélicear de voulerr bien qui font fe ces
repréfenter les picces ou dinseraeller Polverel.
faire
Tome II. Dix-haitième liyraifon.
P
P Iverel &
& Son-.
difcutées par eux , & par
avouées Sonrhonax,
Par l'exhibirion de cette pièce, conféquenr otl
par eux,
verel & Sonthonax, la com.nifion linterpellation faura de
à Pol-,
notes. Je prie le ciroyen prélicear de voulerr bien qui font fe ces
repréfenter les picces ou dinseraeller Polverel.
faire
Tome II. Dix-haitième liyraifon.
P --- Page 236 ---
232Lepréfdent : Il faut Tun & l'autre : on fera dabord
T'exhibition des pièces; on interpellera enfuite. hier fur:
Polverel : Au premier coup-d'ail
jai jeté
oble no. du journal des débats, jai Taltind moi-mème cette
fervation. Les notes n'ont point été lues : elles ne devoient
être
C'eft apparemament un fuperfu de COpas piftes. Quant imprimées. à l'auteur des notes, le mémoire indique le
nom de l'auteur , c'eft celuide T'éditeur, François Polverel,
Lecointe, membre de la commilfion. : Lorique je fis la lecture de l'épreuve fortant de limprimerie, > je ne me rappelai pas que cette note eût été lue 5 je demandai au copilte
fi on: avoit dit de copier la pièce en entier & telle
avoit été remife: il me répondit qu'on lui avoit dit coS
pier la pièce telle qu'on T'avoit remife ici, Alors voulant
tout à la fois, & remplir le but de la commiflion, & qa'il
s'y eût pas de furprile, j'ajoutai au-deffus de la note ces
mots en italique : Note
ef jointe à la lezere ; c'eft moi
qui ai mis ces mots en tarte afin qu'il n'y eût point elle
defurprife, & afin qu'on relevât Terreur, dans le'eas ou
auroit Polyerel: été faite. Je fuis faché de n'avoir pas ici le coup-d'ail
impartial. . .
Duny : Oui, impartial & très-impartial. .
fait
Polverel : Parce que vous verrez que je n'avois
l'accolade que fur le corps L la lettre & point du tout
fur les notes.
Virneuil : J'ailà la pièce.
fur
Polyerel , Non, il faudroit avoir ici la pièce
laquelle
j'ai fait la leéture.
- Lecointe, membre de la commifion : D'ailleurs 2 ce qui fe.
fait à cette heuré eft une rectification: ; maisj'obferve que, >
en faifant la lecture de
ne me rappellant affez
notes euffent été lues
m'en rapporte
T
ces
je
que
ERTE
ma mémoire ),j'en fis la queftion à l'employé, & l'employé me dit : on a donné la pièce à copier en entier. Alors
voulant à la fois que mon foupçon produisit fon effet, &
cependant la pièce fût copiée, > j'ajoutai ces mots qui
Roer en lettres italiques, note jointe à la pièce. Car je ne
voulois point que cette note parit être l'ouvrage de la
commifion, OM de l'employé, ou d'aucun des colons,
employé, & l'employé me dit : on a donné la pièce à copier en entier. Alors
voulant à la fois que mon foupçon produisit fon effet, &
cependant la pièce fût copiée, > j'ajoutai ces mots qui
Roer en lettres italiques, note jointe à la pièce. Car je ne
voulois point que cette note parit être l'ouvrage de la
commifion, OM de l'employé, ou d'aucun des colons, --- Page 237 ---
233;
eit Ctmfon été lue: : Vous-ne vous rappeliez donc, point' qu'elle
Lecointe, membre de la
ment.
commilfion : Non pas préciféPolverel:
I
citoyen
Jefuissord'avoirs remis moi-méne
fur le Lecointe, & je fuis sûr de n'avoir.
Tesemplaire au
corps de la lertre.
fuirlaccolade. h que
Th. Millet : Par l'aveu de
certain que ces notes font Polverel, il eft donc "bien.
* tirées. d'un recueil inticulé: annexées. à la lettre de-Dausys
Acwation de
Cosp-dail imparcicl fur leil
bien! que ces datnr-Dominges notes foient rédigé par Peiverel Als Eh
Touvrage de Polverel
T'ouvrage de Folverel
& de Sonthonax, il eft père, qu'elles foient enfin de Polverel. hilsou
nexéès à an ouvrage lu.pat toujours eux, difcuré bien vrai qu'elles font anpar eux, & que je puis dire avoué par eux, bien connu
lui ces notes que tandis que les
par eux, Je vois dans
on tenu e rènes-da
complices de Robefpierre &
dansles colonies aucun fecours, gouvernement, ils n'ont envoyé.
fur la. firuation de'.Ja France. , Il aucunes nouvelles, même
Anglais & les Efpagnols ne fe font en refulre done-que les!
avoir mingue: tedte parce que l'ancien comité emparés de falut de Saint-DoSonthonax les. commiflaires civils.
public :en:
Th. Millet : C'eft étranger à la queition.
-fans fecours, : Dans fans l'efpoir que les Africains, fans
Anglais & des Efpagnols. guides, Je fubiroient bientôt le joug armes, des
d'une part, à Polverel & Sonthonax, vois donc que la faure en eft,
égorgé, chaflé, pillé, déporté,
3 qui n'ont
& les troupes qui éroienta
defarmé les colons torturé, blancs
une proclamation du 24 Saint-Domingue, ordonné,
de canon tous les vaiffeaux juin de la 1793, de repoulfer à coups par
ce procédé n'ont laiffé à
Republigue, & qui
que des Africains fans armcs, Saint-Domingue pour le
autre
faus
AFSE
côté, que la faute en eft à guides; je vois, d'un
public qui a laiffe les colonies àla Tancien défente comité de falut
armes, fans fecours & fans
d'Africains, 2 fans
même de Polverel & de
guides, Voilà donc, de l'aveu
de la trahifon qui a livré Sonthonax, la colonis la caufe bien connue
& britanniques. Cette caufe réfide,d'une aux armes efpasnoles
part, dans Polverel
P 2
ft à guides; je vois, d'un
public qui a laiffe les colonies àla Tancien défente comité de falut
armes, fans fecours & fans
d'Africains, 2 fans
même de Polverel & de
guides, Voilà donc, de l'aveu
de la trahifon qui a livré Sonthonax, la colonis la caufe bien connue
& britanniques. Cette caufe réfide,d'une aux armes efpasnoles
part, dans Polverel
P 2 --- Page 238 ---
& Sonthonax, & de l'atitre part, dans les membres de colons. T'ancien comite de falut public. Ce: ne font donc pas les
- Le préfdent :: C'eft étranger à la queltion.
Th. Millet : J'en ai pour un inftant, & je vais vous dire
quelle induétion on doit tirer de cette note ; on en tirées: tirera
les-inductions quelon voudra, après cellesque aurois j'aurai tiré les
fi la note eût éré lue lors des débats - j'en
induétions que j'én tire aujourd'hui. a TE De deux chofes
Lecointe 5 membre dewla commifion alors elle : doit être dans les
Fune,ouil la'note a été Ines, &
doit
débats," ou eile n'a pas été lue; , &a aloreelle ne
pass'y.
trouver. FToutes'les fois d'ailleurs qu'une-nore n'eft pasrayée,
elle-fait néceffairement partie de. la citation, & iln'eft pas
étonnant dès-lors que celle-ci inferée ait été dahs copiée. les débats; elle a
L Tha Millet : La note eft
; on en a
été imptimée ejxelle a éiélue après" l'imprellion ici
cela
tité des inductionsy-8Cj je dois difcurer
pour
l'aveu
nJe dis donc
voila,
T
foit configné aux débats.
caufe
la trahifon qui a
& de
Ea
des Polverel
Sonhonax,la
& britanniques.
Letc-Sajin-Dominge aux armes elpagnoles
Ge' font, d'u une part, Polverch & Sonchonax; ce font, d'une
les anciens membres du comité de falut pablic 5
ce.ne attre (ont. parti, donc pas les colons qui, à cette: époque, étoient font
réfugiés, foit aux Erats-Unis, foit en France; ce ne
commiflaires des colons'patriores, qui,à cette épo:
pas nous; ler8 juin, gémillions dans.les: cachots en France: ; je
que,1 le repère, c'eft de l'aveu de Polverel que la queftion eft ré- de
folue; c'eft Polvérel & Sonthonax >- c'eft les membres colonie de
lancien comité de falut public qui ont livré la commifSaint-Domingue aux Anglais & aux Efpagnols : la
fion jugera quel parti elle doit prendre à cet égard.
dit
Polverel : Je croyois, d'une
que le mot que j'avois
fur l'impreflion de la note ENS3E à un confentement mention
formel pour retrancher la note, ou qu'il en fit fait
dans le procès-verbal d'aujourd'hui; d'un autre l'ordre côté, on de ne la
intervertir
devoit pas en prendre prétexte
fur des
& faire encore une
prématurée
hretudien
difcuffion, faits qui ne font pas à l'ordre du jour. Quant faits aux induétions & des réqu'on tire contre Polverel & Sonthonax des
donne ces
déxions inférées dans cette note; lorfqu'on vous
ou qu'il en fit fait
dans le procès-verbal d'aujourd'hui; d'un autre l'ordre côté, on de ne la
intervertir
devoit pas en prendre prétexte
fur des
& faire encore une
prématurée
hretudien
difcuffion, faits qui ne font pas à l'ordre du jour. Quant faits aux induétions & des réqu'on tire contre Polverel & Sonthonax des
donne ces
déxions inférées dans cette note; lorfqu'on vous --- Page 239 ---
motes &c ces faits comme
de
on eft encore bien loin de Touvrage la vérité, Polverel & Sonthionax.
Sonchonax étoient à peine partis de >
que Polverel, &,
moment oule récit
L7
Ese
par Polverel fils avéc. les pièces & les notes Domingue, ont
au
au comité de faluz
été remis
avoué, eft confirmé par une lettre public; de
cela même eft
commifion des colonies, lettre
Polverel fils à la
fon récit à la commiflion. Polverel qui ni accompagna la remife de
fuggérer ni faire inférer les deux Sonthonax nont donc
S: la lettre. Au furplus, à
cela notes qui font au bas
on que ces deux nores donnent quoi matière fe reduicilz prétendIonfe déclare
à inculpation: que
il n'eft pas loin; fut-le-champ il fe préfentera accufateur. de François Polverel:
pas plus les clameurs des colons toujours, & ne craindra
père.
qu'Etienne Polverel fon
L Sonthonax : D'abord, fur
dirai qu'elies font l'ouvrage l'infertion matériclle
de
denores,je
Dangy, dépofée à la defrangosfolveni, fur la lettre
à Philadelphie, qui eft chancellerie dans les du confulat de France,
des colonies, ce
archives de la commiflion
pas cette
S
être. copiée, c'eft la copie
lettre qui a été produite
point émargé, comme l'a identique dit
de cette lectre, On FotE
ce ne peut être qu'une erreur mon de
les notes, &
tronvées dans le Journal des
copifte, clles ont été
M
à ce qu'elles foient
Débats. Comme nous conlentons
qu'elles foient regardécs rayéesi, ou du moins qu'on
ne font
comme non avenues dans les prononce
T'ouvrage que de l'auteur de
débars,
Comp-d'ail
E
imparticlfior
T'imprimé inque l'on palle àl'ordre du jour Sajne-Domingse, je demande
a dit aujourd'hui, &
ce fur ce que Thomas Millet
débats.
que
ne foit poin: inféré dans les
Les citoyens colons
bation.
interrompent par des lignes d'improLes membres de la
& cela reftera.
commifion : Non, non , cela eft écrit,
& Sonthonax : Alors on ouvrira la
nous combattrons l'induction difcuflion fur ce point,
de ces notes.
que les colons veulent tirer
Claufon : C'eft vous qui
notes.
ayez provoqué l'infertion des
P 3
.
que
ne foit poin: inféré dans les
Les citoyens colons
bation.
interrompent par des lignes d'improLes membres de la
& cela reftera.
commifion : Non, non , cela eft écrit,
& Sonthonax : Alors on ouvrira la
nous combattrons l'induction difcuflion fur ce point,
de ces notes.
que les colons veulent tirer
Claufon : C'eft vous qui
notes.
ayez provoqué l'infertion des
P 3 --- Page 240 ---
Polverel & Sonthonax : Point du tout; il n'en eft rien
Brulley : Cela exifte, cela eft imprimé, cela a été lu. de
Lecointe 5 repréfentant du peuple : Voici d'oà vient T'erreur.
Jc réitére ma première obfervation. Dès qu'on met une accolade fur la partie d'un ouvrage cité, & qu'il y a dans ce le
corps de l'ouvrage une note dépendante de la citation, &
copitte eft autorifé à croire que la note doit être copiée,
fait partie de la citation, & à moins que Ton ne
T que la note ne fait pas partie de la pièce, qu'on Ces'exprime Formellement,. le copifte la copiera toujours.
pendant je vous réitére l'obfervation que j'ai déja faite; lettres ne
me rappellant pas que ia note eût été lue, j'at ajouté, en
iraliques, ces mots : Notes jointes à la letere. obfervation à faire;
Sonthonax : Alors,je n'ai plus cé qu'une Thomas Millet a dit
elle eft bien fimple: c'eft que
que
refte dans les débars, puifque la commiffion'le juge à propos, tirées 2
ainfi que les notes qui ont' donné lieu aux inductions
par Thomas Miller, afin qu'à côté des inductions on trouve
les Thomas notes. Millet : J'ai lu les deux notes en entier.
Dany. : Ceci prouve la perfidie de Sonthonax.
Senac : Je prie Sonthonax de déclarer s'il regarde comme dans
vraies les notes inférées dans les débats qui ont paru c'eft fon
la deuxième livraifon; s'il les reconnoît, fans:doure
la
veut
foient en oppolition avec
ouvrage > puifquil
qu'elles
réponfe. Sonthonax : Je les reconnois comme faifant partie de l'ouvrage intigulé : Coyp-d'ail très-impartial : par Polverel fils.
Dury: : Ancien fectétaire de la commiflion civile. fournit
Ie prefident : Ceci me faitnaitre une idée. Quand on
une pièce tirée d'un ouvrage, il faudroit le dire, & indiquer
de quel ouvrage on l'extrait, lorlque ce n'eft pas Toriginal
qu'on produit, afin qu'on puilfe établir les différences qui
fe trouvent quelquefois entre une copie & un original. ccla.
Lecointe : C'eft à celui qui fait la citation, à fournir
Dautonneau : Cette lettre ne peut avoir été extraite que
de l'ouvrage connu fous le nom de Coup-d'ail impartial.
Thcmas Millets: La note eft de l'auteur.
Lecointe : Il n'y a
de été doute remife là-deffus. dans le temps à la
Thomas Millet : Eie a
établir les différences qui
fe trouvent quelquefois entre une copie & un original. ccla.
Lecointe : C'eft à celui qui fait la citation, à fournir
Dautonneau : Cette lettre ne peut avoir été extraite que
de l'ouvrage connu fous le nom de Coup-d'ail impartial.
Thcmas Millets: La note eft de l'auteur.
Lecointe : Il n'y a
de été doute remife là-deffus. dans le temps à la
Thomas Millet : Eie a --- Page 241 ---
commiffion des colonies, par François
trouver au. fecrétariat de la commition. Polverel; elle doir fe
Le préfident : L'ordre du jour.
:les Polverel: crimes, : Pour atténuer & pallier les erreurs, les torts ou
rations
comme on voudra dire, des différentes
politiques, & fur-tour de la dernière aflemblée corpoloniale, on vous a dit qu'il exiftoit une loi du 24
cOmémes 1791 qui leur attribuoit aux colonies le droir de régler feptembre ellesrégime intérieur, & leur donnoit
prononcer fur le fort des perfonnes de couleur le droit de
celui des hommes de couleur &
libres, & fur
Texiftence de ce décret, dont la nègres date non eft du libres. Ciroyens,
loniale, 1791, pourroit en effet atténuer les torts de 24 feptembre
ceux qu'elle a pu avoir depuis
Ce Taffemblee coPublié à Saint-Domingue; mais il ne jufhifieroit que
décret a été
qu'ont eus l'affemblée provinciale du Nord pas les torts
laffemblée de Saint-Marc en 1790, & la
en 1789, &c
elle-mëme avantla publication de ce décret à dernière allemblée
Mais comme, , encore une fois, je n'inculpa Saint-Domingue. perfonne
importe qu'il n'y ait qu'erreur, qu'il
ait
> peu
plus ou moins légère de la
des n'y
eu que faute
Finfluence dominante de
part
colons; ceft toujours
je cherche à conftater : voilà l'opinion le feul dans but Saint-Domingue de la
que
jai faite 3 & Lexiftence du décret du
difcuflion que
change rien à cette opinion.
24 feprembre 1791 ne
que j'ai voulu prouver. Au furplus.. L'opinion exifte; voilà tout ce
de Yorneuil: l'Aflemblée Interpellez Polverel s'il ne connoit pas le décrer
du Nord
conflimante, loue l'affemblée
pour ce qu'elle a A dans l'année
provinciale
Polverel: Je l'ai lu moi-même.
1789.
Verneuil: : Pourquoi donc n'en rappelcz z-vous
la
Poly-rel: On ajoute que ce décret du 24
pas date 2
étoit, ou du moins paroiffoit être
feptembre 1791
l'avoit annoncé comme le complément confbintiounel; de
le roi
donc l'affemblée coloniale devoit le regarder la conflitution ;
à jamais la bafe de la
coinme formant
2 Je réponds qu'il eft impoflible conftitutien & de fes droits politiques.
foit méprife de bonne foi fur ce que point. T'allemblée Lorfque coloniale fe
confituante a rendu le décret du
r'Affemblée
avoit vingt-un jours qu'elle avoit 24 celle feptembre d'être 1791, il y
conftituante,
P 4
blée coloniale devoit le regarder la conflitution ;
à jamais la bafe de la
coinme formant
2 Je réponds qu'il eft impoflible conftitutien & de fes droits politiques.
foit méprife de bonne foi fur ce que point. T'allemblée Lorfque coloniale fe
confituante a rendu le décret du
r'Affemblée
avoit vingt-un jours qu'elle avoit 24 celle feptembre d'être 1791, il y
conftituante,
P 4 --- Page 242 ---
-238
vingt-un de
jours qu'elle s'étoit interdit à e.le-même la faculté
rien ajouter à la conftitution. Voici la
de cette
affertion.
preuve
Déclaration de LAlfemblée conficuance, fer la clôture de la
conficuzion, du 3 Jeptembre 1791.
* L'affemblée nationale ayant entendu la leéture de l'aéte
conftiturionnel ci-deffus, & après l'avoir approuvé,
-
que la conftitution eft terminée, & qu'elle ne peur déclare y rien
changer.
>> 1l fera nommé à l'inftant une déparation de foixante
membres pcer offrir, dans le jour, l'acte conftituiionnel
foi 3?,
au
Page : Jinrerpelle Polverel de dire G l'Aflemblée conftituante n'avoit pas mis les cclonies hors de la conftiturion.
devoit Polverel: Oai; mais conme la confti:ution de la colonie
tionnels néceffaurement de la
changer, altérer les droirs- confitumétropole, uravailler fur la confitution de la
colonie, c'éroiz altérer la confirurion de la France.
voilà ce que l'Affemblée confiruante de France, qui avoit Or,
ceffedelére, ne pouvoit plus faire; ellele poevoit d'autant
moins, que la conflinution non-feulemient étoit clofe, mais
elle éroir acceptée par le roi, depris le 14feptembre, dix
jours avant ce décret prérendu conftirutionnel, Il eft
bien conftint que la facuiré pour l'Afiemblée confticuante donc de
faire des actes conftirurionnels, de travailler à la
avoit cefle depuis le 14 feptembre 1791. Le décret conftitution, n'a donc
jamais pu être regardé comme conftirutionnel, *
Page: : Je dirai.pour répondre en un mot aux
de Polverel : l'Affemblée conftituante avoit déclaré fophifines les
colonies étoient hors de la conftirution; & lorsque la que conftiturion fut clofe & acceprée par le roi,je crois bien, avec
Polverel, que TAifemblée conftituante s'étoit interdit la faculté d'y rien ajouter, &je crois tès-bien, ainfi
Polverel
le dit, qu'elle n'avoit plus le droit de toucher à que cette conftitution; mais par cela même qu'elle avoit déclaré les coJonies hors de fa conftitution &c.qu'elle n'avoit rien fatué
relativement aux colonies > cie confervoit, quant aux COlonies, fa puiflance conftituante; &.c'eft. de ce droit qu'elle
ftituante s'étoit interdit la faculté d'y rien ajouter, &je crois tès-bien, ainfi
Polverel
le dit, qu'elle n'avoit plus le droit de toucher à que cette conftitution; mais par cela même qu'elle avoit déclaré les coJonies hors de fa conftitution &c.qu'elle n'avoit rien fatué
relativement aux colonies > cie confervoit, quant aux COlonies, fa puiflance conftituante; &.c'eft. de ce droit qu'elle --- Page 243 ---
a ufe le 24 feptembre. Ainfi donc
avoir mis les colonies hors de fa
T'Alfemblée nationale
pas abandonner les colonies, elle conflitution; elle ne pouvoit
conftituante, avant d'avoir déterminé ne pouvoi: celler d'êrre
leur conftitution; elle avuit bien
ce qui étoi: relatif à
lativement à la
mais
terminé la conftitution re-
& c'eft ce qu'elle France, ft le 24
non relativement aux colonics,
queftion dans Jaquelle Polverel feptembre : d'ailleurs ceci eft une
lonie a dû obeir & faire fon ne devroit d'une pas entrer. La çolatlemblée confhruante, Cen'etoit profit à la loi rendue par
moins à Polverel,à examiner fil'allemblée pas
colonie, & encore
cou n'avoit pas, le 24 (eptembre, le droit conftituante de ftatuer confti- avoit
rucionnellement fur les
F. Ce quily a de très-certain, colonies. c'eft
lonies euffent acquis, par le décrer du que, malgré que les COde ftaruer fur leur régime intérieur, elles 24 feprembre, le droit
obéi à la loi du 4 avril, > quand T'aflemblée n'en ont pas moins
à-propos d'abroger, quant à-cela, le décret légiflarive du
a jugé
fort Brulley: Je demande à faire à Polverel une 24 (eptembre.
fimple & qui n'exige
interpellation
vient rour-à-Theure
très-peu d'obfervations. Il
coloniale, & de dire d'exciper c la conduire de l'affemblée
du décrer du
qu'elle n'étoit pas de bonne foi à
fer24 feptembre, parce qu'elle ne devoit l'égard
lire, que s'étoit l'aflemblée conltinante, par lacte
pas peninterdit la faculté de rien
qu'il à vient de
tion, & que, d'après' cet acte-là, il changer la conftitudire que cette loi étoit conftirutionnelle, y avoit mauvaile foi de
mauvaifefoi, pour quily edt, de fa
Pour qu'il eûit
droit qu'il eût été oficiellement part, criminalité, 1 fauterpelle Polverel de déclarer fi envoyé dans la colonie.Jinconnu de la colonie, afin qu'il ce fervit décret de étoit officiellement
coloniale.
règle à l'aflemblée
Polverel: Je réponds qu'il n'avoit pas été
lement; bres de mais J'interpelle à mon tour tous les envoyé colons, officiel- meml'aflemblée de St-Marc, s'ils oferont
l'époque où ce décrer a été envoyé, ils
dire qu'a
conftiturion avoit été clole, fermée le ignoroienr que la
le roi l'avoir acceptée le 14.
3 feptembre, & que
Brulley : La réponfe eft dans le décret
Thomas Millet: La
même.
réponfe aux fophifmes cauteleux de
elle à mon tour tous les envoyé colons, officiel- meml'aflemblée de St-Marc, s'ils oferont
l'époque où ce décrer a été envoyé, ils
dire qu'a
conftiturion avoit été clole, fermée le ignoroienr que la
le roi l'avoir acceptée le 14.
3 feptembre, & que
Brulley : La réponfe eft dans le décret
Thomas Millet: La
même.
réponfe aux fophifmes cauteleux de --- Page 244 ---
Polverel eft dans le texte même de la loi; & c'eft
termes mêmes de la loi que nous allons lui
par les
crois pas qu'ilya ait une manière plus cathégorique. répondre, Je ne
Il lit:
Décret du 24Jeptembre 1791.
es L'affemblée nationale conftiruanre, voulant, avant
terminer fes travaux, affurer d'une manière invariable de la
France tranquilliré intérieure des' colonies, & les avantages que la
retire de cesi importanres poffeflions,
acte conftirutionnel pour les colonies, ce qui décrète, fuit: >>, comme
Or, ce n'étoit donc pas pour; la conftitution de France
qu'elle travailloit, c'étoir pour les colonies.
Polverel: C'eft là un raifonnement, & non pas une répon(e à une interpellation.
Thomas Millet : Un arricle d'une loi, un raifonnement!
Pobverel: C'eft far un fait que j'ai prié le citoyen préfident
dinterpeller les colons, membres de l'aliemblée coloniale.
Conneilflient-ils, ou non, à l'époque où le décret du
feptembre eft arrivé aux colonies, que l'affemblée
ruante avoit terminé la conftitution le 3
& conftiroi l'avoit acceptée le 14?
feptembre, quele
Le préfident répète l'interpellation de Polverel.
Brulley : Ilfaut diftinguer deux chofes dans
car autre chofe eft que les membres fachent l'interpellation; telle ou telle
chofe, ou qu'uneaffemblée ait la connoilfance d'une. loi. On
demande files membres de l'affemblée favoient quel'affemblée
conftituante avoit déclaré que la conftitution étoit
Je réponds à cela qu'en même temps qu'ils favoient parachevée.
T'aflemblée avoit fait cette déclaration, ils favoient,
que
décret du 8 mars, qu'ils étoient hors de la conftitution par le
la France; ainfi is ne pouvoient pas exécuter un acte de
ne leur avoit pas été envoyé officiellement. C'eft à
qui
Polverel incrimine l'aflemblée coloniale de ne s'être tort-que
conformée à unadtequi ne. lui a pasétéenvoyé
pas
il vient de le dire lui-mème; 3 car ce que les individus officiellement:
nie fait rien pour une affemblée > qui ne doit avoir favent
règle de fa conduite que les décrets officiellement notifiés. d'autre
écuter un acte de
ne leur avoit pas été envoyé officiellement. C'eft à
qui
Polverel incrimine l'aflemblée coloniale de ne s'être tort-que
conformée à unadtequi ne. lui a pasétéenvoyé
pas
il vient de le dire lui-mème; 3 car ce que les individus officiellement:
nie fait rien pour une affemblée > qui ne doit avoir favent
règle de fa conduite que les décrets officiellement notifiés. d'autre --- Page 245 ---
précife, Polver.1:Je fi les membres n'incrimine de pas, maisj je demande une réponfe
l'affemblée coloniale
ce décret.
connoifloient
Le préfident: : Comme individus, cela doit être fini.
Comme abfolument hommes, nous le connoiflions : ce font des
oifeufes;
E
hler du
Polverel & Sonthonax veulent
temps. Qu'ils parlent des actes de
ont des crimes à nous
Tallembléessils
des picces,
les reprocher 3 qu'ils le faffent ; s'ils ont
produifent.
Brulley: : ett'la ont des lettres, qu'ils les produifent.
Page: Mais, encore une fois, qu'ils ne nous faflent
vention perdre un temps précieux, pour fatiguer vous & la
nationale, afin
TEBAS
propres actes. Je penfe qu'on ne pailfe pas atteindre leurs
vous ont produit des titres que, ifolés, depuis dix-huit féances qu'ils
écrites en France, defquelles ils ont voulu des lettres induire particulières
public étoit mauvais à Saint-Domingue; des actes que l'efprir
d'érablir que lefprit public étoit mauvais
qui, loin
rement vous faire connoitre
3 ont dû néceffaibon. Je demande
que cet efprit étoit extrêmement
de nouveaux griefs que Polverel fe réfume une fois : s'il a
mais
contre les coions, qu'il les
qu'il ne nous occupe pas par des queftions produile;
parce qu'il eft temps que les difcuflions
oifeufes,
niffent, & que nous entamions la
d'efprit public flonie.
grande affaire de la cOlons; Polvercl:Je fais bien que la vériré gène les
; mais, fans m'embarrafler fi cet ordre citoyens COleur plait, ou
je dois fatisfaire
de difcuflion
venrion nationale toé à celui de la
au vaeu de la Conla Convention nationale,
commiflion. Le vaeu de
de connoitre, autant
exprimé dans fon décret, a été
ritables caufes des troubles que pollible, & des par les débats, les véde
malheurs de la colonie
à l'ordre Saint-Domingue, du jour fur Le la but de la commiflion , en mettant
particulièrement du citoyen propofition même des colons, &
public dans la colonie, le bur Page, de la la queftion de l'elprit
demment, , par la difcullion de cette commiflion a été éviconnoître quel étoit l'efprit
première queflion, de
coloniales, foit des
politique, foit des aflemblées
corperations populaires, en un mot, de
Saine-Domingue; par cela même que la commiflion a mie
mettant
particulièrement du citoyen propofition même des colons, &
public dans la colonie, le bur Page, de la la queftion de l'elprit
demment, , par la difcullion de cette commiflion a été éviconnoître quel étoit l'efprit
première queflion, de
coloniales, foit des
politique, foit des aflemblées
corperations populaires, en un mot, de
Saine-Domingue; par cela même que la commiflion a mie --- Page 246 ---
eette queftion la premicre à l'ordre du
tous
font appelés aux débats, non-feulement jour,
ceux qui
lobligation leur eft impofée de donner à ont la le droit , mais
par elle à la Convention, tous les
commifion, &
à leur connoiffance. Aucune des éclairciffemens qui font
bats n'a le droit de reftreindre ces parties intéreffees aux déà l'une des
& de dire
éclaircillemens,
- Verneuil parties : vous en dites trop.
: Je demande la parole.
Le préfident: . Les débats vont coninuer fur
dans la colonie.
l'efprit public
Verneuil: : Citoyens, ce n'eft pas là ce
vous
rêté; vous avez arrèté qu'on conftateroit l'étar que de Saint-Do- avezarmingue à l'arrivée des commiffaires civils Polverel & Sonthonax, d cela. ne concerne pas l'efprit
Polverel : Pardonnez-moi.
public.
Le préfident : L'arrêté de la commiffion eft précis;
public dans la colonie.
l'efprit
Polverel: : Etfur la motion de Page
la
nomie politique de la colonie; ce font lui-mème, fes
phyfio
fions.
propres exprefLepréfdent : Continue les débats.
Polverel: On a demandé encore fur le décret du 24
tembre; on m'a même interpellé
fcp-,
fur ce fait-là. L'aflemblée legillative perfonnellement, a-t-elle déclaré je crois,
décret-là n'étoit pas confitutionnel: qu'importeroit, que ee
prie , le filence de lallemblée
je vous
filence pourroi-il dénaturer le décret légiflative du fur ce point? Ce
roit-il faire
cefsât d'être ce qu'il eft 24 feptembre? par lui-mème, pourfa nature Vaa il ne peut être conficitionnel, à raifon fi
Erau de l'aflemblée quil'a rendu? Le filence de l'affemblée
légiflative pourreir-il lui donner un caraétère qu'il n'auroit
nine pourroir avoir par fa narure? Mais l'aflembiée
a bien mieux fait que de déclarer qu'il n'étoir pas légiflative conftitutionnel; elle l'a traité comme purement
cela même qu'elle a rendu un décret
règlementaire, par
ment
contraire à ce décret prérendu formellement, conftirutionnel littéralepouvoir pas plus expreffément déclarer qu'il n'étoit : on conf- ne
titutionnel Mais, nous dit-on, avons nous pu nous pas
de cenfurer les actes de l'affemblée coloniale,
permettre
arrivée dans la colonie, nous avons fair
lorfqu'à de notre
l'éloge
tous fes
a même qu'elle a rendu un décret
règlementaire, par
ment
contraire à ce décret prérendu formellement, conftirutionnel littéralepouvoir pas plus expreffément déclarer qu'il n'étoit : on conf- ne
titutionnel Mais, nous dit-on, avons nous pu nous pas
de cenfurer les actes de l'affemblée coloniale,
permettre
arrivée dans la colonie, nous avons fair
lorfqu'à de notre
l'éloge
tous fes --- Page 247 ---
adtes & de fa conduite ? On 243 vous a cité
proclamation du 12 octobre 1792. Voici pour preuve notre
proclamation, ou nous parlons de T'aflemblée cette partie ( de notre
(Illitl'article de la proclamation.
coloniale.
page 42 de la première feance ).
Voyex cette proclamation,
blée Voila, citoyens, > ce que nous difions des actes de
coloniale, 3 poftérieurs à laj
l'affemavril, & non de ceux antétieurs publication de la loi du 4
pas. Pourroit-on conclure de
; car nous n'en parlons
nous aurions faite des actes Tapprobation formelle mème
3eis la loi, du 4 avril, pourroit-on poltérieurs conclure, à la publication
approbation, que nous aurions
dis-je > de cette
dont nous n'avons pas parlé; approuvé les actes antérieurs
nous aurions: approuvé les actesméme peur-on conclure fur-tour que
Peut-on conclure que nous avens
nous cenfucions?
l'cfprit
qui régnoit dans Tallemblée, PART l'éloge indéfini de
mée,dans lemème préambule, de lorique nouslavons blaencore avecifes commettans? Nous préjugés avons qu'elle partageoir
ces actes, nous n'avens attribué
doucement cenfuré
de l'arrété. du 27 mai 1792,
qu'à l'erreur les confidérans
fible qu'il ny eût que de parce qu'il étoit abfolument pof
fe fût laiffé induire. en erreur ferteur, , le que l'affemblée coloniale
1791; ; il étoit pollible qu'elle par edt décret du 24 feprembre
vraiment conftirutionnel. Voila regatdé ce décret comme
de fuppoler de l'erreur: dans le pourquoi fair de il nous étoit permis
fur ce poinr. Je vous prie d'obferver l'aflemblée coloniale
la colonie, que nous diffolvions que nous arrivions dans
que nous croyions > non-feulemenr l'affemblée fon coloniale, parce
tutionnelle, mais même qu'elle pouvoir être exiftence inconftil'efprit colonie. public Nous & à l'exécation de la loi du 4 tres-fanefte avril
à
la dillolvions; devions-nous
dans la.
grets que chacun de fes membres devoit ajouter aux- retoute fonexiftence politique?
avoir de perdre
individuel le fentiment pénible devions-nous d'une
ajouter à ce regret
feroit réfulté d'une
cenfure politique, qui
& des melures févères défapprobation que nous aurions que nous aurions faite, 3
decrime ce que. nousavons cru ne
prifes, en qualifiant
Nous avons cru qu'il éroit de la véritable devotrqualifier que d'ecreur?
les mefures les plus douces contre un pelitique de prendre
vions, que nous mettions dans Timpuilfance corps que de nous diffolfaire du mai,
ajouter à ce regret
feroit réfulté d'une
cenfure politique, qui
& des melures févères défapprobation que nous aurions que nous aurions faite, 3
decrime ce que. nousavons cru ne
prifes, en qualifiant
Nous avons cru qu'il éroit de la véritable devotrqualifier que d'ecreur?
les mefures les plus douces contre un pelitique de prendre
vions, que nous mettions dans Timpuilfance corps que de nous diffolfaire du mai, --- Page 248 ---
& ne luiinfpirer le defir ; ni lui donner pour prérexte fe feroit d'exer- trouvé
cer des vengeances, l'honneur d'un corps qui
compromis par des reproches trop amers ou trop graves. Polverel
Page : Je
le ciroyen préfident d'interpeller çue l'aflemblée
de déclarer "" S n'eft pas à fa connoillance à Roune fon
fois
:
prédécoloniale le a defir témoigné de fe plufieurs taire remplacer par une allemblée confcefleur,
titutionnelle. Polverel: J'ignore ce fait, je n'étois pas à Saint-Domingue;
Roume
éclaircir ce fait.
il faudroit appeler à
a connoiflance que l'afJe denande
Fuenisas
femblée Page: coloniale, dès le 4 feptembre, a requis formellement
& le commilfaire Roume qui, jufle gonvemeur-general refufés à fon invitation, de convoquer
'alors 5 s'étoient
former une nouvelle affemblée
f aflemblées. primaires pour
coloniale.
connois cet arrêté; je crois même, auPolverel: Oui, m'en je fouvenir , que ceft un de ceux que
laffemblée tant que je coloniale puis
nous apporta en mer : maist cet arrêté
une rufe de l'aflemblée, pour arranger à fa maétoit encore
& les corps populaires 5 c'étoit une
nière les municipalités formelle de la loi du 4 avril > qui réfervoit aux
violation
civils qui n'étoient pas encore arrivés,
nouveaux commillaires de l'exécution de cette loi.
le complétement
d'interpeller Polverel
Page: Je prie le ciroyen-préfident
qu elle ne pouvoit
fi, le 19 août, l'allemblée fentanttres-bien affemblée coloniale fuivant les
pas organifer une nouvelle du avril
le complément de
principes de la loi 4
, puifque civils qui n'étoient
cette loi étoit attribué aux confidérant commiflaires cependant
l'impapas encore arrivés, mais de couleur avoient de de de cette
tience que les hommes la caufe de ce que les hommes de couleur
loi, pouvoit être
elle n'a
invité les hommes de
demeuroient en dans armes, fon fein, & pas aller dans toutes les municouleur à venir
voix confultative.
cipalités Polverel: pour J'ai yavoir déja reconnu ce fait dans les précédens étoit débats, & j'ai obfervé en même temps que ceci des encore hommes de
aux droits politiques
un attentat provifoire lieu de leur accorder ces droits, on
couleur > puifqu'au les rellreindre à la voix confultative.
vouloit provifoirement
uroient en dans armes, fon fein, & pas aller dans toutes les municouleur à venir
voix confultative.
cipalités Polverel: pour J'ai yavoir déja reconnu ce fait dans les précédens étoit débats, & j'ai obfervé en même temps que ceci des encore hommes de
aux droits politiques
un attentat provifoire lieu de leur accorder ces droits, on
couleur > puifqu'au les rellreindre à la voix confultative.
vouloit provifoirement --- Page 249 ---
dè
:Je demande que Polverel dife f,
Iah du 4 feprembre, Tallémblée dansles confidérans
tivé les réquifitionsqu'elle a
coloniale n'a pas mofur ce que, malgré lesi sinvirationsé Sutesaucommillaite les
civil Roume,
hommes de couleur, ils étoient
follicitations faites aux
des nègres révoltés.
conftamment reftés à la têre
Polvere:Je ne me
contenir quelque chofe Ferisentrdecoautieni de
ils
viens pas; vous en donnerez femblable, > mais je ne mn en
fi
SENTNt
Page: Ileft de fait que l'affemblée lecture, vous voulez.
fon arrêté. Il eft donc abfolument coloniale a motivé ainfi
vouloir tirer de cet arrêté les inductions perfide 3 il eft atroce de
tire de dire qu'il craignoit, (
à
ou criminelles il
qu'il en
clamation du 12 octobre, qui dillolvoit l'époque T'affemblée portoit la
AH craignoit
chacun desmembres quila
PORLAENO
humilié de tendier renvoyé, ne fer
compofojenr ne
par cela feul
l'aflemblée étoit caffee, poràr à des extrémités,
Verneuil: 9: vous prie
déclarer f, lors de la
d'interpeller Polverel d'avoir à
d'éux en mer, lorfque députation les commiflaires qui fut envoyée au-devant
avoient voulu difoudre Tallemblée, Polverel lui firent part qu'ils
filallemblée coloniale eût été diffoute, il n'a pas dit
-
faché,
en eit été 'des
Je Polverel: me fouviens Je ne me fouviens pas d'avoir dit un mot de
arrêtés relatifs à feulement la loi du qu'ils nous préfentérent les cela. trois
4 avril, & que nous
Qenoundeapptouwame ocles confidérans
à l'inftant mêmel'arrété blimimes, du 27
Il
qui étoient joints à cet arrêté.
mai,
Polverel: Page: y a toujours de la perfidie dans tout
: je prie le préficent
ce qu'a dit
dans queile intention il ptéfume d'interpeller Polverel de dire
porté l'arrèté du 4
que r'aflemblée coloninle a
des aflemblées primaires feptembre, ordonnoir la convocation
populaires.
pour P renouvellement des
corps
Polverel: Ne m'interrogez pas fur vos
que je ne fuis pas fcrutateur des
intentions, parce
votre accufateur. Je ne répondrai confciences. Je ne fuis pas
une connoiffance perfonnelle;
que fur les faits dontjai
faits que je ne puis ni ne dois je ne répondrai pas fur des
des intentions.
connoitte, encore moins fur
blées primaires feptembre, ordonnoir la convocation
populaires.
pour P renouvellement des
corps
Polverel: Ne m'interrogez pas fur vos
que je ne fuis pas fcrutateur des
intentions, parce
votre accufateur. Je ne répondrai confciences. Je ne fuis pas
une connoiffance perfonnelle;
que fur les faits dontjai
faits que je ne puis ni ne dois je ne répondrai pas fur des
des intentions.
connoitte, encore moins fur --- Page 250 ---
Page : Ceci doit être entendu...
-
Verneuil: On répète toujours la même chofe; ce qu'a dit
Sonthonax, > Poiverel le répète 5 Sonthonax le rabâchera
encore.
La féance eft levée,
Le regiftre des préfences eft figné : J. PH. GARRAN, préfident ; LECOINTE ( des Deux-Sèvres ) ,, fecrétaire 3 DABRAY,
FoUCHÉ, CASTILHON, ALLASSEUR, 3 GRÉGOIRE, PAYRE.
Du --- Page 251 ---
Dupr.mier ventôfe, l'an troifième de la République
françaife
une 6 indivifible,
Li débats de la veille font lus 3c adoptés.
Le préfident lit'une lettre du
baud.
citoyen Larchevefque-ThiK Le citdyen
Landheidquc-Tubuat, J cultiyateur de SaintDomingue, aux citoyens repréfentans compofant la
milfion des colonies de la Convention nationale,
com-
>> CITOYINS,
viofe 13 Lorlque je vous ai écrit le 12, & non pas le
dernier > la lettre
fe trouve en
2 pluverbal de votre dernière
tête du procèsaviez
j'ignorois
EE
pris la veille, én ces termes:
l'arrêté que vous
re La commifion a délibéré
3 tous ceux quife porteroient qu'elle admettroit à fes féances
> cufés. 33 (1 Procès-verbal de accufateurs la rete
ou qui feroient ac5, Ce n'eft
feance, page 7.)
eu connoiffànce qu'avant-hier, de cet arréré, 9 nonidi 29 pluviole , que j'ai
premiers procès-verbaux
par la lecture de vos deux
ce jour-là. Si je l'avois connu imptimés, le 12 lefquels n'ont paru
dès-lors ce que je fais
pluviole, j'aurois Ruz
du jour m'a feule empèché anjourd'hui, de faire ce que la circonfance
je me ferois porté d'emblée accufareur hier, de Polverel c'eft-à-dire,
thonax. On peut
de
&
sauc
la lettre que f'écrivois juger le même mes difpolirions à cet, égard par
Iome II.
jour, 12 pluviôfe, aux ciDis-neryième liyraifon,
Q
fais
pluviole, j'aurois Ruz
du jour m'a feule empèché anjourd'hui, de faire ce que la circonfance
je me ferois porté d'emblée accufareur hier, de Polverel c'eft-à-dire,
thonax. On peut
de
&
sauc
la lettre que f'écrivois juger le même mes difpolirions à cet, égard par
Iome II.
jour, 12 pluviôfe, aux ciDis-neryième liyraifon,
Q --- Page 252 ---
Brulley, & à leurs collegues. Voici en effet
toyens Page;
comme je m'y exprime:
3, Mes CHERS COLLÈGUES,
>> Le mauvais étt de ma fanté m'avoit porté à me démettre des fonétions de fondé de pouvoirs des colons pa- de
triotes de Saint-Domingue, réfugiés aux Etats-Unis
l'Amérique.
& ma démiflion
Ma fanté fe rétabliffant
n'ayant pas
mes chers collegues, de vous
été acceptée 2 je m'emprefles à
dès aujourd'hui, les
déclarer que je fuis prèt reprendre,
à
fonétions qu'une miflion commune m'appelle de
avec vous. Je les reprends avec d'autant plus
FRE
que ie brôle d'entrer en lice avec les ennemis de mon pays,
la difcuflion contradictoire
avec lefquels jai appris que
étoit ouverte d'hier.
mes chers
de me faire favoir
>> Je vous prie,
collegues, afin
je puifle
l'ordre & le temps de VOS travaux :
que
y
coopérer autant que mes forces me le permettront..
2) Salut & fraternité,
33 Signé, Lascomvuge-Tusaens
naturelle à cette lettre ? C'étoit
s Quelle étoit la réponfe
l'arrêté
la veille par la
tout uniment de m'apprendre & de me dire pris
vertu de cet
coramillion des colonies,
qu'en le voudrois,
arrèté, il m'étoit libre d'entrer en lice, quand jel
avec Polverel & Sonthonax; que je n'avois qu'à me porter
leur accufareur.
voici celle qu'ils m'ont faite,
>> Au lieu de cette réponfe,
darée du I2.
& que je n'ai reçue que le 13, quoique
ou
des
des colons de St.-
>2 Les commifaires
fondis
pouvoirs
Domingue, au citoyen Larchard/gse-thitand
> Citr'o Y E N,
brumaire dernier (c'eft celle
>> Votre lettre du 24
mes fonétions
M
laquelle je leur ai déclaté que j'abdiquois
'ont faite,
>> Au lieu de cette réponfe,
darée du I2.
& que je n'ai reçue que le 13, quoique
ou
des
des colons de St.-
>2 Les commifaires
fondis
pouvoirs
Domingue, au citoyen Larchard/gse-thitand
> Citr'o Y E N,
brumaire dernier (c'eft celle
>> Votre lettre du 24
mes fonétions
M
laquelle je leur ai déclaté que j'abdiquois --- Page 253 ---
fondé de pouvoirs des patriotes de Saint -
fugiés aux Erats-Unis dAmérique) ), eft Domingue , réregiftres de la commiflion des colonics : ainfi conlignée dans les
ne vous a plus, dès cette époque , confidéré que nous, elle
partie des commiflaires ou tondés de pouvoirs comme des colons faifne de
Saint-Domingue.
39 Copie de cette lettre, les circonftances
& fuivie, font envoyées aux colons
quil'ont amenée
& en France. Cescolons
réfugiés aux Erats-Cis
eux feuls
lont VOS confbicuans & les
peuvent vous conférer des pouvoirs que vous nétres;
mais abdiqués; bien car cen'eft pas une démiflion que vous avez
avez
une abdicarion volontaire,
donnée,
>> Salur & fraternité,
>> Signé, TH. MILET, VERNEUIL, SENAC,
CLAUSSON,PAGE, FOUDEVIOILE,
BRELLEv,
3,
DAUBONNEAU, Duxv.
A Paris, le I2 Pluviôfe, l'an 3 de la
françaife.
République
ce J'ignore ce que les citoyens Page,
&
collègues entendent par les circonftances Brulley
leurs
felon eux, & fuivi mon abdication, & dont qui ont amené,
faic l'envoi avec la copie de ma lettre.
ils difent avoir
>> Si, par les circonftances
ont amené mon
carion, ils entendent celles qui Ret
abdia pas d'autre que le mauvais érat de déterminée, ma
il n'y er
motif exprimé par ma lettre du 24
fanté; c'eft le feul
n'étoit
controuvé, En effet', le brumaire, 3 & ce mo:if
leur eudern parfaitement
délabrement de ma fanté
fur-tout,
connu,, aux citoyens
&
depuis l'époque, où ils étoient devenus Page Brulley
pagnons de captivité.
mes com-
>> Sans doute d'aurres circonflances aggravoient
le poids de la miflion que je pariageois avec
pour & moi
fallu faire des facrifices de plus d'un
eux; ilm'a
fuis décidé à la reprendre: mais le genre, motif lorfque je ne
mon abdication, c'éroit ma mauvaife fanté; déterminant &
de
en eft que, dès qu'elle a commencé à fe rérablir, la preuve
que leur filence fur ma lettre du 24 brumaire croyant
qu'ils n'acceptoient pas ma démillion, je n'ai pas figninois balancé
Q:
fallu faire des facrifices de plus d'un
eux; ilm'a
fuis décidé à la reprendre: mais le genre, motif lorfque je ne
mon abdication, c'éroit ma mauvaife fanté; déterminant &
de
en eft que, dès qu'elle a commencé à fe rérablir, la preuve
que leur filence fur ma lettre du 24 brumaire croyant
qu'ils n'acceptoient pas ma démillion, je n'ai pas figninois balancé
Q: --- Page 254 ---
être leur fecond dans le combat qu'ils livrent
à m'ofirir Polverel pour & à Sonthonax, & qui eft le principal objet de
à
leur million. encore f la diftinétion que font les citoyens
s> J'ignore Brulley & leurs collegues, entre une démiffion & une
Page, abdication yolontaire, n'eft pas plus fubtile que folide. Ce
je
affurer, c'eft qu'en abdiquant , j'ai entendu
que
peux & fimplement me démettre; ; & la
en eft
puremene la lettre
j'ai écrite : le 25 brumaire, la comRTT
dans million des colonies, que
& dans laquelle, en parlant de mon
abdication, je difois
je m'étois démis. moins vrai
les
eft
que
> Quoi qu'il en But il n'en
pas m'ont laiflé comciroyens Page, Brulley & leurs collègues
&
ignorer votre arrêté du II pluvio(e,
que 2
plerement dans Yignorance où ils ont affecté de me tenir, fur ce point, >
j'ai dû d'autant plus me croire exclu de la difcullion ouverte me
entr'eux & les dévaltateurs de Saint-Domingue 2 qu'ils dès
difoient
vous-mèmes, citoyens, vous aviez celle, confidérer
l'époque d ma Jettre du 24 brumaire, de me
comme faifant partie d.s commilfaires ou fondés de pouvoirs
des colons de Saint-Domingue,
les vues qui ont
>> Je ne chercherai point à pénérrer collègues, à
& leurs
AaRet
porter les citoyens Page, dilcullion Brulley aétuelle. J'obferverai feulement
de m'écarter de la
Jeur
qu'il lefta allez extraordinaire que > tout en reconnoiflant
incompétence pour accepter ma démi(fion ou mon abdication 2
comme ils voudront Tappeler, > & en attendant que nos
ils aient
fur eux
conftiruans communs y aient prononcé,
pris
de m'exclure provifoirenent' de cette difcuffion.
(oient,
>7, J'obferverai encore quel leurs
quelles avec qu'elles l'intérêt de
ne
pas tout-à-fait
etadben
paroillent dont ils s'honorent, ainfi que moi, d'avoir la conceux fiance : car quel doit être leur but dans cette affaire? n'eft-ce
de répandre le plus de lumières poilible? & dès-lors,
pas
raifonnablement former le projet de repouller
ont-ils pu
foibles quils les
celles que je pouvois y apporter > quelque
fuppofenc? ?
-
j'ai enfin connoiffance de
3> Aujourd'hui, citoyens, laille le que
libre
attaquer 9
votre arrêté qui me
les Carrier champ de Saine-Domingue. pour
: 3
conjointement avec eux,
de répandre le plus de lumières poilible? & dès-lors,
pas
raifonnablement former le projet de repouller
ont-ils pu
foibles quils les
celles que je pouvois y apporter > quelque
fuppofenc? ?
-
j'ai enfin connoiffance de
3> Aujourd'hui, citoyens, laille le que
libre
attaquer 9
votre arrêté qui me
les Carrier champ de Saine-Domingue. pour
: 3
conjointement avec eux, --- Page 255 ---
jaccours remplir un devoir qui m'eft cher à toutes fortes
de titres. En le rempliflfant, je contribuerai à
pays des maux que Polverel & Sonthonax lui ont venger caufés; mon
ferai difparoitre les foupçons que leurs calomnics ont
je
fur mon patriorifme, & fir celui d'une foule d'infonunés élevés à
qui ces barbares voudroient ravir le feul bien
leur
le titre de bon Français; & enfin, j'aiderai à faire qui connoitre reite,
à la République fes vrais ennemis, ceux
avoir
trahi fes intérèts de la manière la
infame, qui, après
la perfidie de fe couvrir des apparences plus du zèle le ont encore"
dent pour fa gloire & fa profpérité,
plus ar33 Dans ces circonftances,
mon nom perfonnel & individuel citoyens,, je déclare, tant én
fondé de pouvoirs ad hpc des colons qu'au patriotes nom de & Saint-Do- comme
mingue, réfugiés aux Etats-Unis de TAmérique, me porter
accufateur de Polverel & de Sonthonax, 3 ex-c
civils du pouvoir exécutif à Saint-Domingtte, cemmilfaires Je
en conféquence d'être admis à voS féances,
deinande
à votre arrêté du II pluviôfe.
conformément
>> Je demande en outre que la préfente
foit
férée au procès-verbal de votre féance de ce pétition
in5> J'attends, citoyens, à la porte du lieu de jour. VOS
votre décifion fur le premier chef de mes
féances,
à venir prendre place parmi les accufateurs demandes, de Polverel prét &
Sonthonax, auflitôt que vous me l'aurez fait favoir.
33 Salut & fraternité,
Signé, LARCHEVESQUE THIBAVD.
.3 Paris, Ier ventôle, l'an 3" de la
indivifible. >3
République une &
Lecointe ( membre de la commiflion) : Je crois
comniflion doit délibérer fur cette lettre; mais,
que la
délibération, il eft bon de faire une obfervatien avant à toute
elle donne lieu, Il eft dit que, depuis telle
laquelle
commiflion a ceffé de le
époque, la
colons patriotes
regarder comme commiflaire des
réfugiés aux Érars-Unis. Cette
fembleroir débgner qu'avant cette
on énonciation l'avoir
époque,
reQ,3
1.
lion doit délibérer fur cette lettre; mais,
que la
délibération, il eft bon de faire une obfervatien avant à toute
elle donne lieu, Il eft dit que, depuis telle
laquelle
commiflion a ceffé de le
époque, la
colons patriotes
regarder comme commiflaire des
réfugiés aux Érars-Unis. Cette
fembleroir débgner qu'avant cette
on énonciation l'avoir
époque,
reQ,3
1. --- Page 256 ---
gardé comme commiflaire des colons patriores de SaintDomingue réfugiés aux Erats-Unis de l"Amérique; & cela
n'eft pas : car jamais la commiflion n'a qualifié ces citoyens
que de prétendus commiffaires des culons patriotes réfugiés
aux Erats-Unis, & n'aj jamais reconnu ni réprouvé aucune
dénomination.
La commiflion fe retire pour délibérer. La commiflion
rentre.
Le préfident : Introduifez le citoyen Larchevefque-Thibaud.
Le préfident lit l'arrêté que la commiflion vient de
prendre.
c La commiflion arrête que, conformément à fes précédens arrêtés, le citoyen larckeveique-Thteud, fe présfentant comme accufateur de Polverel & Sonthonax , fera
admis dans les débats, fans que fon admiflion puifle en intervertir l'ordre actuel. 9> 1
Polverel: : Pour vous donner des preuves de l'efprit
blic, du parriotifme , non des habirans de toute la
Goc.er
mais de ceux du Pore-au-Prince, Senac vous a fait lecture de
deux lettres ou deux copies de lettres prérendues écrites par
moi, Iune à la Convention, l'autre a Sonthonax.
Sénac : Ce n'eft pas moi, c'eft Clauffon.
Page: : Il paroit
Polverel ne reconnoit pas ces lettres;
je prie le préfident d les lui repréfenter, & de linterpeller
il ces lettres font avouées par lui.
Polverel: Toutes mes lettres, foit à la Convention nationale, foit à Sonthonax, font à la commiflion. Elles fe
retrouveront dans les archives de la commiffion. Je ne puis
reconnoitre pour micnnes des'lettres ou copies de lettres
pas qui feront repréfenrées dans le cours des débars, fi elles ne
pertent pas un caractère officiel; car je ne puis reconnoitre
pour micn que ce que j'ai véricablement écrit, & qui fera
legalement conftaté avoir été écril par moi.
le
Polverel de
Claifen : Je prie
préfident d'interpeller
déclarer fi, à la Icéture d'une de ces leitres, il ne l'a pas --- Page 257 ---
+j3
reconnue
être de lui, faufla date fur
pas PRLI9 :
laquelle iln'étoit
Polverel: : Encore une fois, je ne
tenu d'ine lettre dont on fair leéture puis à la reconnoitre le conle
volée,
. coradère officicl qu'elle portera. Les véritables que d'aprés
Jai écrites, à cette époque-la, exiftent
lettres
IST erchives de la colonie: : ce font celles-là certainement dans Rec
- les autres ont un caractère officiel, que les je reconnoitrai. alors. je
reconnoitrai
vouloir Clauffon : En ce cas, je prie le
bien me communiquer ces lettres, citoyen Lecointe de
j'aurai la difcuilion quelques interpellations à faire: : il parce faut couler qte la-deffas à
fur ces letresy & faire en
fond
reconnoifle ou les défavoue. forre'quie Polyerel les
au On
a
préfente une pièce à Polverel,
Polverel: Cela n'a rien d'officiel.
vouloir Clauffon : En ce cas, je prie le
bien me communiquer ces lettres, citoyen Lecointe de
j'aurai la difcuilion quelques interpellations à faire: : il parce faut couler qte la-deffas à
fur ces letresy & faire en
fond
reconnoifle ou les défavoue. forre'quie Polyerel les
au On
a
préfente une pièce à Polverel,
Polverel: Cela n'a rien d'officiel. Polverel Clauffon: Vous ne la reconnoifez pas? des commis : du Je burean crois reconnoitre l'écriture pour être d'un
de la commiflion. Claufon : Je vous prie de me la
vous indiquer
communiquer, afin de
e Polverel: Je quelques crois moyens de reconnoiflance."
t5e
recomnoftte lécriture. Clafon : Il croit que cette lettre eft de
quelqu un du
Fécriture de
T Le
bureau.. préfident : Un de nos
que voici: c'eft qu'il eft
collègues fait une oblervation
"de cette lettre; ; fi elle eft dans plus les court archives de rechercher l'original
il fera facile de la
de la commiflior:
- Un membre de la trouver. commifion : La date:
Clauffon : Du 16 décembre 1792 : mais fans
peine àla commiffion. donner cette
Le préfident : Cela abrégera. Lecoinre ( membre de la
: Dans
féance ou les colons
commilion):
Ta dernicre
3 de deux fragmens de avoient la parole, on a donné kcéture
ces lettres; &
pour Polverel; Qite de répondre aux actuellement,il induétions ne s'agit,
tirécs; & je ne vois pas pourquoi ca fe donneroit qu'on cn a
un cais
e. +
--- Page 258 ---
barras qui, d'un côré, ne prouveroit pas ce que les colons
ont dit, & qui, demande de l'autre à e faire une obfervation fur ces
Clauffon : :Je
desinductions tirées de ces lettres. lettres.1i n'eft queftion nie la connoiffance de ces lettres; il exLe cituyen
toutFERCa
de ces lettres, & il a dit
cipe de la non-connoillance rien avouer que d'oficiel; & en
à-lheure qu'il ne pouvoit il
pas officielle. Deux
examinant cette pièce, airgualenet c'elt
marge, de la deuxième
mots vont lever les doutes;
qu'en entier de la main de Polpage, il y a un renvoi écrit en
verel. La pièce eft de nouveau repréfentée. Polverel (après l'avoir examinée): : Eh bien! la lettre je l'avouerais eft toute
oui, le renvoi eit de ma main, & fecrétaire comme de la commifs
entière de la main d'un ancien
fion.. Lecointe: Alors,, il faut fupprimer le mot prétendue. Polverel: Cela m'eft égal. débats; quant à l'autre lettre,
Claufon : Cela reltera aux
elle a été avouée de Polverel, avoué l'autre que celle-là; jai
Polverel: Je n'ai pas plus
qu'elle fûr du décembre,
feulement dit qu'il étoit lettre, impollible il étoit parle de fd poltérieurs
parce que, dans cette
au 3 décembre.
faut fupprimer le mot prétendue. Polverel: Cela m'eft égal. débats; quant à l'autre lettre,
Claufon : Cela reltera aux
elle a été avouée de Polverel, avoué l'autre que celle-là; jai
Polverel: Je n'ai pas plus
qu'elle fûr du décembre,
feulement dit qu'il étoit lettre, impollible il étoit parle de fd poltérieurs
parce que, dans cette
au 3 décembre. J'ai,
alors le préfident de vous interpeller
Claufon :
prié
lettre dont je vous failois
de déclarer fi vous recomnoiliezla oui, à T'exception de la date. lecture. Vous répondites défavoné que cette lettre qui a été lue. Vous n'avez Fe n'ai pas pu non plus avouer une lettre que
Polyerel:
un caraétère officiel, & dont vous faites
je n'ai pas vue avec
leéture à la Ceft féance. fous fa diétée au bureau.
'ai,
alors le préfident de vous interpeller
Claufon :
prié
lettre dont je vous failois
de déclarer fi vous recomnoiliezla oui, à T'exception de la date. lecture. Vous répondites défavoné que cette lettre qui a été lue. Vous n'avez Fe n'ai pas pu non plus avouer une lettre que
Polyerel:
un caraétère officiel, & dont vous faites
je n'ai pas vue avec
leéture à la Ceft féance. fous fa diétée au bureau. Clarfon :
copié
bien
fimple : c'eft
Senac : J'ai ane autre propofition
car enfin >
de fes regiftres de
E
d'ordonner T'apport de fes lettres. Alors, toutes les dates
il doit avoir une copie & l'on vérifiera toutes les lettres,
s'y rencontreront,
(La feconde pièce eft repréfentée.)
Polverel: C'eft la même écxiture, --- Page 259 ---
la main Claufon d'un : Polverel de fes fecrétaires. convient donc qu'elles font écrites de
Polver.l: Très-fort : oui, voilà de
Duny : D'ailleurs, Polverel &
quoi je conviens.
avec an décret d'accufation, n'ont Sonthonsx, qui venoient
à
les papiers
les chargeoient. point fans doute apporté
Polverel: 85 tiré
de
ptir public étoit bon linduction au
ces lettres-là, que T'elblancs de la ville du
Porrau-Peince, que les citoyens
triotes français, bons Porr-an-Prince étoient d'excellens papreuve de Imduction républicains. tirée de
On a ajouré une deuxième
envoyée à laflemblée nationale, ces lettres : 'c'eft une adreffe
remps, par la fociété populaire de à-peu-près la ville du dans le mème
Catoyens, dit dans quant aux fFaits, je fuis fir
Port-au-Prinéc.
ces lettres eft vrai. Quant à. que tout ce que j'ai
de prendre de, Tolprir public du Porrau-Prince l'opinion que j'ai pu
temps
iy fuis. refté, il feroit
pendant le
trompé 1RS2 les fentimens intérieurs poilible que je me aolie
malque dont ils purent s'affubler à des habitans, par le
partie de la colonie. Quant à cette adrefle mon arrivée dans cette
peu-près dans le même temps à l'allemblée qui fur écrite àpouvoir être une mefure de plus pour me
nationale S Ce
Patriocifime, pour. m'alliurer de leurs
convaincre de leur
prie. de faire une obfervation
fentimens : mais je vous
plus d'une fois, en en faifant que déja les colons ont faite
Fapplicatien n'en fera pas fauife. une Cette faufle application : igi
du concevoir bien ou mal-à propos du patriorifine opinion des que j'ai pu
Port-au-Prinee, Tadrelle
habitans
par la fociété populaire du prétendue républicaine envoyée
nationale, font poitérieures à Poreau-Prince notre arrivée. à la Convention
ainfi, que les fentimens
à Saint-Domingue:
fincères ou fimulés, > ils ne exprimés dans cette adrelle, fuffent
de Sains-Domingne avant notre conftateroient arrivée, pas l'e(prie public
rerpellation. Clauffon : Je prie le citoyen-préfident de faire
une inaprès. Le préfidene : Laiffe achever, tu feras ton
interpellarion
Port-au-Prince Polverel: : Pour conftater l'efprit public des
j'ai une pièce avant notre arrivée à
habitans, du
qui pourra fixer votre opinion, Saint-Domingue fixe S
qui
au
fuffent
de Sains-Domingne avant notre conftateroient arrivée, pas l'e(prie public
rerpellation. Clauffon : Je prie le citoyen-préfident de faire
une inaprès. Le préfidene : Laiffe achever, tu feras ton
interpellarion
Port-au-Prince Polverel: : Pour conftater l'efprit public des
j'ai une pièce avant notre arrivée à
habitans, du
qui pourra fixer votre opinion, Saint-Domingue fixe S
qui
au --- Page 260 ---
moins la mienne 2 que je ne connoiffois pas alors, & que
je connois aujourd'hui. La voici cette pièce,
Claulfon : Je prie le citoyen-préfident d'interpeller Polverel de déclarer sil n'a pas connoiliance qu'avant fon arrivée, il"avoit été fait Idiverfes adreffes à la Convention par
la fociété populaire de la commune du Port-an-Prince,
Polverei: Je n'ai aucune connoifiance d'aucune adrefle
patriorique envoyée, foit par les habitans, foit par la for
ciété populaire du Pare-au-Princeà la Convention nationale,
avant notre arrivée.
D
Senac : Je prie le préfident d'interpeller Polverel de déclarer fi, lors de fon arrivée à Saint-Marc, il a été bien
ou mal reçu; c'eft que cela donnera leu à une nouvelle
interpellation.
trèsPolverel : Voulez-vous me réduire à faire un recit
long, & qui eft tout-à-fait étranger à l'objet des débats >
dans ce moment ci
Senac : Ce ne fera pas long.
Polverel: Ce ne fera pas long, dites-vous ; mais vous
ne pouvez réduire mna réponfe à un ozi ou un non fec, lorf-
"cuiil devient néceffaire, pour expliquer ce oui ou ce non, >
de donner d'alfez longs développemens.
4 Senac : Polverel cherche ici à jeter du doute fur le patriorifme du Port-au-Prince avant fon arrivée; & à cela
je répondrai par cêtre interpellatien : N'atil pas vu toute
la ville du Port-au-Prince prète à marcher contre SaintMarc pour venger l'injure qui avoit éré faite .
Polbierd : Je le déclare ; 1ai blâmé dansle temps ce projet
rde mouvement auquel je me ferois oppole fi on avoit voulu
l'exbenrer. & que Fen eulle été inftruit.
Fermeul : Polverel vous dit que les patriotes du Port-auPrince éteient des' patriotés comme ça , & que s'il les a
Jenés dans ce temps-la, ce ne fut pas parce qu'ils étoient
lables", mais parce qu'il avoit des rairons pour le
C faire,
i
Polichi:Jenat rien dit de pareil!
S
Lc préfident : Ceci n'eft point une interpeliation. Il exifte
ain arrêié de la commiflion portant que les interpellations
ferent précilées; précife donc toi interpellation.
Port-auPrince éteient des' patriotés comme ça , & que s'il les a
Jenés dans ce temps-la, ce ne fut pas parce qu'ils étoient
lables", mais parce qu'il avoit des rairons pour le
C faire,
i
Polichi:Jenat rien dit de pareil!
S
Lc préfident : Ceci n'eft point une interpeliation. Il exifte
ain arrêié de la commiflion portant que les interpellations
ferent précilées; précife donc toi interpellation. --- Page 261 ---
Perncuil : Ceque je vais dire eft un démenti que je donne
à Polverel en m'appuyant de fes propres ouvrages.
Polver-l: Mais vous. donnez un démentià C€ que jenai
point dit. Il n'eft pas vrai que j'aic dit que j'avois eu l'air
de croire CC que je ne croyois pas. J'ai dit qu'il étoit pof
fible squej'culle éré trompé dans un temps parlexrétieur
les habitans
me tromper, Voilà ce que
prenoient
pour
dit.
Verneuil: Citoyen - pré dent, je vous prie d'inserpeller
Polverel de déclarer f al'époque du 22 novembre 1792, de
il étoit encore trompé fur le pairiorifme des habitans
Saint-Domingue.
Lc pr. fid-ne : L'objer de l'interpellation eft poftérieur au
fujet de la difcullion ; elle ne peut, être faite en ce moment;
on te la réfervera dans un autre temps.
Vernzuil: Mais Polverellai-mème parle de faits poftirieurs
à fon arrivée, puifqu'il parle d'adrefles envoyées après for
arrivée au Port-au-Prince. Certainement cela n'eft pas antérieur à fon arrivée.
le
mais bien le
Polveral : Je n'en ai pas parlé premier, du
citoyen Clauffon qui la citoit comme preuve
patrio
tifmne des habitans de Soinr-Domingue; mais voicinne pièce
qui eft antéricure à la date del notre arrivée àpt Saint-Dos Laf
mingue, & poftérieure de près d'un mois à l'arrèté de
femblée coloniale du 27 mai : 1792, clle eft du 19 juin
1792.
ME Vo nde
db pp suads 142 mal
La voici:
W-uova ozizay
nb sl abevr
Adrfe ati roi des, Francais, par les citoyens desia garde
nationale du Port-an-Prince.
-
3) T
Pori-au Prince, I- 19 juin 1798
mingue, & poftérieure de près d'un mois à l'arrèté de
femblée coloniale du 27 mai : 1792, clle eft du 19 juin
1792.
ME Vo nde
db pp suads 142 mal
La voici:
W-uova ozizay
nb sl abevr
Adrfe ati roi des, Francais, par les citoyens desia garde
nationale du Port-an-Prince.
-
3) T
Pori-au Prince, I- 19 juin 1798 SIRE,
>5 Voire majefté apprendra avec douleur qu'au miliet.des
tribulations que des ennemis de la France vOUs fonr --- Page 262 ---
éprouver, les peines & les craintes de VOS fujers de Saint
Domingue font incalculables. Nos campagnes
formoient
une portion des, richefles de T'empire, n'offrent qui
des monceaux de cendres. C'eft au nom de la plus que
la loi & du roi, qu'une intrigue perfide tramée nation, de
mécontens de la révolution a fait égorger une quantité par in- les
nombrable de Français. Vérité cruelle, > fire! Ce font les
Taflemblée agens du pouvoir exécutif qui ont furpris la religion de
nationale > pour réuflir, à l'ombre de fes décrets, dans leurs complots criminels; & c'eft dans'
rance de la fubverfion totale des colonies
ont l'elpéle fénat françaisde confacrer les droits
qu'ils
engagé
de couleur & nègres libres dont l'éducation politiquesdes & les hommes maeurs
font arriérées de 17 fiècles, & qui confondant le
de liberté avec la licence, ont défolé cette malheureufe morfacré contrée par les Aéaux les plus terribles, la mort, le viol , les
incendies, , le
le vol & Finfurredtion
nos ateliers. Ute font ces monftres
générale de
penfe de leurs forfaits dans le décrer qui du trouvent 28 mars la dernier récomfanctionné par votre majefté le 4 avril fuivant,
99 Avant la régénération de l'empire > n'avions-nous
donné à ces ingrats des preuves de notre bienveillance pas
aotre humanité ? Leur affranchiflement & les
& de
dont ils jouiffent n'étoient-ils point de surs garans propriétés nous
leur euflions continué nos bienfaits, fi, le fer d'une que main
& la torche de l'autre, ils n'euffent prématurément
exigé des droits qu'ils ne pouvoient & ne devoient
lement obtenir que de leurs premiers protecteurs : légavérité avoit tellement pénétré l'affemblée nationale Cette
rendit le décret confticutionnel du 24 feptembre 1791 qu'elle
ateribue aux affemblées coloniales feules le droit de prononcer > qui
difinitivement Tur le Jort des hommes de couleur & nègres libres - fur l'efclavage > & enfin fur zout ce qui concerne les
localités. Ce décret étoit d'aurant plus conflitutionnel, que
lors de votre acceptation, fire > l'aflemblée nationale déclara que les colonies n'étoient point comprifes dans la
gution
confi-
> Par quelle fatalité a-t-elle donc fubltirué à cette loi
blées coloniales feules le droit de prononcer > qui
difinitivement Tur le Jort des hommes de couleur & nègres libres - fur l'efclavage > & enfin fur zout ce qui concerne les
localités. Ce décret étoit d'aurant plus conflitutionnel, que
lors de votre acceptation, fire > l'aflemblée nationale déclara que les colonies n'étoient point comprifes dans la
gution
confi-
> Par quelle fatalité a-t-elle donc fubltirué à cette loi --- Page 263 ---
dictée par la fagelle, celle du 259 28mars
Fintrigue, la perfidie & la calomnie ? Les dernier fuggérée
régine que vous avez
abus de
profcrits >
acelies
née & cette contradiction
reffufcitent par cette meEnéanties, tantôt
périodique. Les autorités tantôt
nirateurs de la révolution confondues, ne laillent entrevoir aux adcife, variable & peu déterminée françaife, qu'une volonté indéde fixer leurs opinions. C'elft enfin , de qui leur ôte la faculté
cellif de pouvoirs qu'émane la fource cet des écroulement fucDoaningue, & les lecours peu fuffifans malheurs de St.-
bientôt mnétropole ne nous donnent pas lieu que nous promet la
tarir. Notre foumiflion à la d'efpérer de la voir
vera notre fidélité à la pation
dernière loi vous
A votre majefté. Puiffent les hommes françaile & notre attachement proubres que la nation, de concert
de couleur R nègres
galité des droits politiques avec les avec vous , a élevés à l'éFendre dignes de cet effort de
blancs, leurs patrons, fe
Féroces & fauvages, réunis à générolité ! mais leurs
reront que trop qu'ayant méconnu Texpétiences ne vous
k
la
rimcase
continué leurs hoftilités, ils
loi du 24 feptembr ie
celle du 28 mars dernier. Eh ! méconnoitront également
anguinaires des droits, politiques Quimporre à ces hommés
Hentre eux ne connoifent point ? le les fept-dixièmes
ances fur nos
defaut de
se
riompher fur la localites qui interdir à la philofophie connoif de
emblée nationale, politique, nous eftle principe des erreurs de l'afnédiatenr 5 c'eft le feul vous conjurons, > fire, d'être notre
es débris de cette ifle inforrunée. moyen qui Ce nous refte pour fauver
épérous, ire, , les décrets
font, nous vous le
ordre dans nos colonies, réfultat nationaux qui ont porté le déradiclions, Puille lei reproche
nous malheuteux de leurs conHe nos frères allalinés, ne que
leur faifons, au nom
verfion ! Il eft permis de fe pas nous attirer fon animadR ruiné.
plaindre quand on eft aflalliné
>> Et vous, > fire, au nom de
hotre proteéteur, notre appui; votrebonté &
paternelle, foyez
appelez M. de Blanchelande,
pour l'être avec fuccès
ningue; iln'a pas la confiance des gouverneur de Saint - Dohuire général qui,
colons. Donnez-nous un
n'adoptan: aucun des partis, aucune des
! Il eft permis de fe pas nous attirer fon animadR ruiné.
plaindre quand on eft aflalliné
>> Et vous, > fire, au nom de
hotre proteéteur, notre appui; votrebonté &
paternelle, foyez
appelez M. de Blanchelande,
pour l'être avec fuccès
ningue; iln'a pas la confiance des gouverneur de Saint - Dohuire général qui,
colons. Donnez-nous un
n'adoptan: aucun des partis, aucune des --- Page 264 ---
factions qui défolent. ce
ramènera l'ordre & la pais
dont nous fommes privés 2TA2 fon gouvernement.
>2 Nous (ommes avec refpect,
SIRE,
> DE VOTRE M TAJESTÉ,
>2 Les très-humbles & obéiflans ferviteurs & fujets, les
membres du confeil de la garde nationale.
22 Signé, J. B. LESPINASSE, chef d'efcadron & pré-
/ fident;
>> Lal Line-Saint-Jacques, commiffaire de'latroifième compagie du troifième bataillon,
>> Nougués , commiflaire de la première divifion du
zème bataillon;
>> Gabriel Caftro, commiffaire de la sème compagnie du
sème bataillon 5
de
de
>> Jouanne , commiffaire
la 3ème compagnie
Tef
cadron Lefpinalle;
. >> Pafcaud, commiffaire de la 3ème compagnie du sème
baraillon;
>> Juré, ainé, commiffaire de la deuxième compagnie des
dragons; ;
>> Bertinor, commiffaire de la quatrième compagnie du
2ème baraillon;
5> Maillard, commiffaire de la deuxième compagnie du
premier bataillon ;
les fonétions
2>
Canteloup, major-général, faifant
de commandant;
>> Alexandre Menet, commillaire de la 2ème compagnie
du 2ème bataillon;
>> Duffourd, commiffaire de la première compagnie du
premier bataillon;
>>. J. Muhcenl , commillaire de la première compagnie
de dragons 5
> J. E. Cavalier, commiflaire de la 3ème compagnie du
4ème bataillon;
>> Froiffard, commiffaire de la 4ème compaguie d'artillerie;
>> Simon, commiflaire de la 3ème compagnie du 2ème
bataillon >),
ie
du 2ème bataillon;
>> Duffourd, commiffaire de la première compagnie du
premier bataillon;
>>. J. Muhcenl , commillaire de la première compagnie
de dragons 5
> J. E. Cavalier, commiflaire de la 3ème compagnie du
4ème bataillon;
>> Froiffard, commiffaire de la 4ème compaguie d'artillerie;
>> Simon, commiflaire de la 3ème compagnie du 2ème
bataillon >), --- Page 265 ---
Vous
dans cette lettre quel étoit T'éloignement des
colons' AICAEF du Port-au-Prince pour les hommes de couleur; vous voyez quelle étoit la lincérité de la foumiflion
des blancs du Port-au-Prince pour la loi du + avril; vous
voyez la cenfure amère (à laquelleje he puis pas donner
l'expretlion font des qui lui appartient), la cenfure que ces citoyens
prérendues contradictions de l'affemblée nationale
conftiruante & de l'affemblée légiflative. Ils leur
tous les malheurs & les défaftres de ia colonie imputent de SaintDomingue. bons
Vous voyez enfin le tendre épanchement de ces
ciroyens, de ces francs républicains envers Louis XVI.
Sire, lui difent-ils, Joyex notre protecteur ; cette
nationale eft votre ennemie Gla notre ;
affemblée contre
elle nous nous prononcerons pour vous. promoncecvous Voila le véritable
réfultat de cette lettre, & on ne pourra
dire
des contre-révolutionumites qui l'ont PECARe Ah! quece font
ce font des patriores > non pas des patriotes
Sansdoute
des patriores coloniaux. Ce font eux qui fe français, mais des
agens du pouvoir exécutif, & notamment de plaignent
Point de doure donc; ce font les
Blanchelande.
ont rédigé cette adreffe. Jugez par là, prétendus citovens, patriotes des qui
cipes & des affections de ces parriotes à
du prinjuin 1791, un mois après T'arrèté du 27 l'époque mai
:Je prie le
Mnratt
de a silnedt
citoyen-préfident vrai
dans d'interpeller Polverel
que,
les débats
a dit
c'éoit he verfatiliré des aflemblées conflituante antérieurs, il
Leih.de qui avoit caufé les défordres arrivés à Saint-Do- &
mingue.
Lecointe > membre de la commilfion : Si le citoyen Polverel
a dit quelque chofe de femblable, cela fera
les débars.
configné dans
Claufon : Je prie le ciroyen-préfident
-
verel de déclarer comment cette lettre d'interpeller originale lui Poltombée entre les mains.
eft
Polverel : Je n'ai pas demandé à Clauffon de
il avoit reçu les deux minutes de lettres
quelle main
& qui n'ont pu lui parvenir que par une qu'il a produires,
ce fonr des minures écrites de la main d'un insdélité, fecrécaire
commiflion civile, &
aal
adreffée ni à la
que fur-tour cclleàs Sonchonax n'éroit
Convention, ni au confeil exéoutif, ni à
tombée entre les mains.
eft
Polverel : Je n'ai pas demandé à Clauffon de
il avoit reçu les deux minutes de lettres
quelle main
& qui n'ont pu lui parvenir que par une qu'il a produires,
ce fonr des minures écrites de la main d'un insdélité, fecrécaire
commiflion civile, &
aal
adreffée ni à la
que fur-tour cclleàs Sonchonax n'éroit
Convention, ni au confeil exéoutif, ni à --- Page 266 ---
aucune corporation. Je le répète, il n'a puavoir ces pièces
que par une infidélité; néanmoins je vais répondre à fon
interpellation. Cette adrelle, citoyens, je n'en foupçonnois
pas l'exiftence octidi dernier, au matin; elle m'a éi6 envoyée
odtidi foir par une main inconnue. Jer ne fais comment elle
a été contervéc, & m'a été tranfmife; mais par fa date du
juin 1792 &
fa proximité des événemens du 10
août, 19,
je préfame AAE fut envoyée à une époque a laà fa deftination.
quelle il n étoit plus pollible qu'elle parvint de la remettre
Alors, citoyens > celui qui aura été chargé
elle
l'aura confervée. Je le répète, je 1 ne fais par qui
m'a de
été cranfmife, mais elle eft originale. Il y a beaucoup &
fignatures que je reconnois, que T'on pourra dans vérifier, les archives qui de
font les mêmes que celles qui exiftent
Clauflon &
la commiflion. Mais, à mon tour , j'interpelle &
doivent conSenac
étoient au Port-au-Prince,
qui au bas de cette
noitre E plupart des fignatures appofées
de
adrefle, de déclarer s'ils connoillent ou non aucune ces
fignatures.
+ Page: Nous faifons plus, nous avouons l'adreffe: j'ai été
Clauffon : Je réponds. à l'interpellation, puifque
nommé ainfi que Senac.
j'étois vidlime de l'arbiA l'époque du 19 juin 1792,
été
traire & du defpotilme de Blanchelande ; j'avois
pris
par le Borée, & mis en prifon oû je fuis refté environ 35
jours. Ce n'eft qu'après l'arrivée de Blanchelande j'ai au été Port-au- mis en
Prince > c'eft-à-dire le 15 ou 16 juillet, que n'avois aucune conliberté.Je le déclare pofivement:alorsje
des
noiffance de cette adrefle, mais je ne penfe pas qu'aucun
fignataires la défavoue. Quant aux lettres que elles j'ai
voies'
ER
duites, je déclare que j'ignore
quelles des
toient parvenues; 5 mais ce eRetien pas
originaux,'é
toient des copies.,
une minutte en marge
Polyerel : Ce ne font pasdescopies; écrite de ma main ne
de laquelle je trouve une addition c'eft une minute fansdoute
peut être regardée comme copie;
fouftraite au fecrétaire.
de Polverel, que je reSenac : Je tSpondsslhintempelldon des fignatures
être
connois eclleshabituelles effeétivement de ceux quelques-unes, avec qui j'ai vécu au Hoere auPrince;
inaux,'é
toient des copies.,
une minutte en marge
Polyerel : Ce ne font pasdescopies; écrite de ma main ne
de laquelle je trouve une addition c'eft une minute fansdoute
peut être regardée comme copie;
fouftraite au fecrétaire.
de Polverel, que je reSenac : Je tSpondsslhintempelldon des fignatures
être
connois eclleshabituelles effeétivement de ceux quelques-unes, avec qui j'ai vécu au Hoere auPrince; --- Page 267 ---
263:
Prince. Je, crois! qu'effedtivement cette adreffe fut
au Port-au-Prince dans linincon de l'envoyer au projerée roi des'
Français, car le Pou-au-krince étoit Ms-contuutionnel,
Paiveteledtil farisinis : .. Cependant je voudrois
Polverel, dans la difcuthon des actes, fe fervit des que expreflions.quil yi tenconure,Dans. la lecture il vousa annoncé
dleur que les habisans du Port-au Prince ont écrit au roi comme
proteiteur; poin: du toud: : ils fe font adreffés à
pour ére leur mediareur entre laflemblée narionale
Jui
qui, àns Saint -Desingue dévaftoicnr leurs propriétés. &ceux Il eftérrange que les subitans du Fortau-Prince, dit
fe plalgnent del.cese que les hommes rdecouleur ont Polverel'y
leurs, propuérés; il eft érange 5 dir-il encore
ravagé
plaignent contre les agens. du pouvoir exécutif > qu'ils fe
les hommes de couletur: mais, ilime femble qui ont'a eft arme! bien!
juite que des hommes qui ont été pillés.,
quil
gnent de ceux.qui fonr les auteurs de tous allaflinés,fe ces maux. piain'a 'avois pas figné cette adreffe, ije la lignerois, car elle Sijer
ferme les véritables inteations: n des patriotes du Port - renPrince 5 & ce font ceux quis réfugiés aux Erats A Unis aud) det
LAmetiques nous ont fondét de pouvoirs.
Polyerel: : Vous pouvez juger par- là le pattiotifine dest
réfugiés aux Etats-Unisa
Senac : Oui.
e.
s0t
du Page Port- - : Je najourerai qu'un mot. Si la lettre n'éroit
Qu'imported au- dces Prince, > je T'avouerois, moi. On vous dit pas :
neuf-dixièmes d'entre hommes de couleur des droits politiques que les
Sonthonax
euxr ne connoiffene pas ? Mais
ne
Polverel-de
vention
parlent point de ce "qu'ils ont écrità là Con-.
nationale, > du. 25 odobre. La majorité des
de couleur eft peu inftruite; ils épouloient
hommes
fans le favoir, , les intérêts des ennemis de aveugiéments lai France. &
tour ou leur caufe triomphoit > le royaliime étoit
Par-'
les corps populaires détraits. Eftil
reftauré, >
les" habitans du Port-au-I Prince, viétimes étonnant, de CeS citoyens, que
aient: tenu ce langage > qu'ils aient écrit alors événemens, au roi des
Français; autorité alors forc conftitutionnells : Je
vois
rien de criminel. Les hommes de couleur n'ont n'y
Nous ne voulons pas exécuter la loi, mais feulement pas dit:
fepe-disièmes ne font pas à portée d'apprécier les
: Les *
Tome II. Dix-neuvième liyraifon.
R avantages
tonnant, de CeS citoyens, que
aient: tenu ce langage > qu'ils aient écrit alors événemens, au roi des
Français; autorité alors forc conftitutionnells : Je
vois
rien de criminel. Les hommes de couleur n'ont n'y
Nous ne voulons pas exécuter la loi, mais feulement pas dit:
fepe-disièmes ne font pas à portée d'apprécier les
: Les *
Tome II. Dix-neuvième liyraifon.
R avantages --- Page 268 ---
a
de cette loi. Au Port-au-Prince on vous difoit exactement
ce que Polverel & Sonthonax écrivoient trois ou quatre mois
après; cependant, deux ou trois mois après, - les hommes de
couleur s'étoient façonnés à la.loi du 4 avril , puifqu'alses
avoient l'exercice depuis trois ou quatre mois.
Sonthonax : Je reponds à l'obfervation de Page.. .
Lecointe (repréfentant du peuple): : Page n'a pas fini.
Sonthonax : Il me céde la parole.
Polverel : Laifle le finir.
Page : Je dis que lorfque les habitans du Port-au-Prince
ont expofé au roi toutes les atrocités dont ils ont été les
victimes, qu'ils lutont expofa l'ignorance des hemmes de
couleur," ils difent qu'ils fe foumettent aveuglément à la
loi; & lors qu'ils invoquent le roi, ce n'eft pas vis à-vis de
l'Affemblée nationale pour qu'elle retire la loi, mais pour
que le roi rappelle Blanchelande & qu'il envoie un gouverneur dans les principes de la conftitution ; car ils difent :
ee Et vous , fire, au nom de votre bonté paternelle s
foyez notre protecteur & notre appui, > & pour l'être s
rappelez M. Blanchelande, gouverneur de Saint-Domingue e;
il n'a plus la confiance des colons. Donnez - nous un autre
général qui n'adopte aucun parti, aucune faétion de celles
qui déchirent ce pays. Il y. rameneral l'ordre & la paix, dont:
nous fommes privés depuis fon gouvernement. 5> -
Leur réflexion, la réflexion des colons, leur adreffe ne
font pas relarives à la loi du 4 avril. Ils ne difent pas :
Interpefeg-vous entre TAlfemblée nationale G nous - pour
qu'elle retire fa loi. Ils dilent au contraire : Nous obéirons
2cecte loi. Mais ils difent : Rappelez M. Blanchelande, parce
que M. Planchelande eft à la tête des contre-révolationnaires; envoyez-nous un général qui n'époufe aucun parti
& les comprime tous. Voilà ce' que difent les colons patriotes. Polverel ne lit pas comme nous, parce qu'il a tous
les détours canteleux d'un avocat. Il ifole des phrafes
d'autres phrafes qui les développent & les expliquent. Je
vous prie, citoyens, d'apprécier à leur jufte valeur tous
les moyens que Polverel vous préfente, & leur but d'utiliré, pour qu'encore une fois nous puifions aborder la
grande queftion des colonies.
Sonzhonax : Je réponds à l'obfervation de Page. Il eft bien
'il a tous
les détours canteleux d'un avocat. Il ifole des phrafes
d'autres phrafes qui les développent & les expliquent. Je
vous prie, citoyens, d'apprécier à leur jufte valeur tous
les moyens que Polverel vous préfente, & leur but d'utiliré, pour qu'encore une fois nous puifions aborder la
grande queftion des colonies.
Sonzhonax : Je réponds à l'obfervation de Page. Il eft bien --- Page 269 ---
26;
éronnant volte & à que leur les royalifme colons veuillent nous affocier à leur réavons écrit à la Convention bien prononcé, la
parce que nous
de couleur n'éroient pas inftruits. que majorité des hommes
& nous le répérons. Il eft très vrai Oui, nous l'avons écrit >
du peuple de Saint-Domingue étoir que la majeure partie
même raifon que la majeure partie de peu inftruire, par la
Ei inftruite: : mais nous n'avons
tous les peuples eft
hommes de, couleur ne dulfent pas conclu dela, >
1 avril, ni être allociés à l'état pas profiter de la lei ras
colonie. Nous n'avons Jamais Politique des blancs de
a-t-il peuple de philofophés pour jouir des conchi drojts qu'il falloit un
pas dans nos
un
politiques. N'y
tans qui ne favent pas départemens mème le
grand nombre d'habitionale les a-r-elle pour cela privés Français de ? LAflemblée naques : A-t-elle jamais fongé à punir leurs droits politidonnant
le droit de délibérer fur l'ignorance, 3 en ne lui
pourtant Ter doctrine que les
fes intérérs: Voilà
Ils difent : Les dix-neuf
colons viennent débiter ici.
leur ne font pas à même vingtièmes des hommes de couc'eft une atrocité de les en d'apprécier avoir fait les droits politiques,
vérirable de T'adreffe, voilà celui
jouir.f Voila le fens
lopper les colons. Il eft bien clair
viennent de dévévoulu partager les
cela qu'ils
Tmelir
:
droirs
n'ont
4: avril, parce que,
politiques avec les hommes
les principes qu'ils viennent difent-ils, ils font ignorans. Voila
rale J de leur patriotifime. dévélopper : jugez de leur moPolverel : Page vient de vous dire
recouroient auprès de Louis Caper que les. colons ne
médiateur auprès de l'Alfemblée
qu'il fàt leur
peler Blanchelande,
3 que
CARCSET
Page : Je n'ai pas dit cela. Je ne
pour rapme falle parler comme
veux pas que Polverel
J'ai dit que les habitans certainemenr du Pon-au-Prince je ne l'ai pas fair.
Interpofez- mais ils difent vous pour qu'on rapporte la n'ont loi du pas écrit:
au roi des
4 avril;
notre proteéteur; rappelez Francais Blanchela:a : de Sovez notre
ment eft défaftreux.
dont le gouverne- appui,
avoienr le droit de Effectivement > à cette
à T'Aflemblée
parler au roi,
que ce époque ils
nationale qu'ils hafntr s'adreffer, n'éroit
mais ules
R 2
pofez- mais ils difent vous pour qu'on rapporte la n'ont loi du pas écrit:
au roi des
4 avril;
notre proteéteur; rappelez Francais Blanchela:a : de Sovez notre
ment eft défaftreux.
dont le gouverne- appui,
avoienr le droit de Effectivement > à cette
à T'Aflemblée
parler au roi,
que ce époque ils
nationale qu'ils hafntr s'adreffer, n'éroit
mais ules
R 2 --- Page 270 ---
au roi; parce - çue le gouverneur n'étoit
nommé par le rci. Ainfi Polverel me fait faire qu'ux un egent
nement vicieux. Il eft faux
railonque j'aie dit. .
Polyerel : Ils lui ont dit précifément Iun & T'autre.
ont' recouru à lui comme médiateur & comme
Ils
Comme médiateur, voici ce qu'ils lui ont dit > proteéteur.
avoir dit : eh ! qu'importe à ces hommes des droits après poli- lui
tiques que les dix-neuf vingtièmes d'entr'eux ne connoiffcient pas ?
cc Le defaut de connoiffance des localités qui interdit à la philofophie de triompher. de la
efl le princ pe des erreurs de LAlfemblée nationale. politique, Nous vous
conjurons, fire, d'êcre nosre médiateur; ; c'eft le
qui nous refe de Jauver cette ifle infortunées Ce feul moyen
vous. le répetons, , les décrets' nationaux qui ont porté Jone > le nous déJordre dans ros colonies par leur étonnante contradiction. >013
Voici maintenant ce quils lui difoient comme
Je conviens que, , comine, protedteur, 4 ils lui demandoient protedteur. le
Blanchelande rappel de Blanchelande : mais ce n'eft pas le rappel de
qu'ils lui demandoient comme médiateur.
venez.
Vous
d'entendre ce qu'ils Iui demandoient à.ce titre de
médiateur. Vous voyez G cè. n'eft pas
de la loi
du avril qu'ils lui demandoient.
Je.rapport
A Millct :Je vous prie d'interpeller. Polverel Gi le roi
par la conftiturion n'en étoit pas le confervatewr.
S: Le prejident : Ceci a eft. un-opinion polirique qui ne
Pas entrer dans la queftion. L'opinion del Polverel ne peut
roit rien ajouter à Tétàt de la queftion:
pour- 1
Brulley: Polverel trouve étonnant qu'on fe foitadreffé au roi.
Polverel: Pour, faire révoqueri un décrer qu'il avoirfanctionné. 1 Le
préfident : Continue la difcuflion.
Iam Polverel: : On vous a dit encore : Geux quiont fait le mal
ne font pas les pacriotes de
ce
les
-
Saint-Liomingacs Jont
contre. révclutionnairis. Ily avoit beaucoup de contre - révolutionnaires à Saint-Domingne: 5 tous; ou
tous
les agens du pouvoir exécurif étoient contre prefque - révolutionnaires. Beaucoup de celons l'étoient : il y en avoit dans
Taflemblée ccloniale; &, dans les premicrs tenups de la
dernière affemblée. çoloniale, ils ont eu la majorité, avant
gRe rous les membres fulloat réumis. Citoyens, je conviens
& Al
. Ily avoit beaucoup de contre - révolutionnaires à Saint-Domingne: 5 tous; ou
tous
les agens du pouvoir exécurif étoient contre prefque - révolutionnaires. Beaucoup de celons l'étoient : il y en avoit dans
Taflemblée ccloniale; &, dans les premicrs tenups de la
dernière affemblée. çoloniale, ils ont eu la majorité, avant
gRe rous les membres fulloat réumis. Citoyens, je conviens
& Al --- Page 271 ---
16y
très-fort avec les colons qu'sl y avoic beaucoup 2 de, contre
révolutionnaires que prelque. tous les agens de l'ancien
avoit gouvernement même dans étoient l'affemblée conte-rdrolutiomates 3 qu'il y err
de
coloniale. Mais',je vous prie.
remarquer quels étoient les pointsde réunion ou
polition entre les conte-sérohitionmire & les patriores d'op:
colonanx. Les' premiers vouloientla perte destolonies,
qu'ils la regardoient comme un moyen'de
en France : les
RRLOERCAESS
autres déteftoient les droits de Thomme,
déteftoient la liberté & l'égaliré, &c. craignoient que la rés
voluion,
les principes quie. le peuple Français avoit
adoptés > aree propageaflent julqu'a Sain: - Domingue Is
fegardoicnt la contre -révolurion en Frence & leur indé-.
pendance de la France comme le feul moyen de conferver,
ce qu'ilsappeloienr leurmobilier & leursdroits defuprématio >
fur les hommes de couleut libres. Voilà la
entre les conmre-séaciutioniaite
1mnETE
étoient
& les pauiotes
qui
au moins aufli ennemis de la métropole que f
conprenc-olusiomiaites, Ces parriores, quels étoient-ils?
toient ceux qui manaçoient PAllemiblée nationale ; c'étoient C'éceux quiinduengolcu-le plus les délibérations de l'affemblée
coloniale,' c'éroieneDaugy, Pitra, Buabssupl.val/Tiemar
Millet, Page, Brulley,
-
Allain, tous de l'affembiee coloniale.
Thomas Millet' : Fai la parole pour un fai:. J'obferve,
que je n'étois dans Tallenibiée coloriale qu'avec vcix con
falarive, &- que jamais je n'y ai delibéré; je n'ai jemais
Ainfi parlé que guandiai eula permillion de dunner mon opinion.
voici Uh faux.
Brulley: Encore un fanx. J'éois à la vérité membre da
l'allemblée coloniale > mais je fuis toujours reftéau ccrdon de
r'Oueft, où la confiance de mes conpitoyens me tl mienoir,
& od je me rendois utile de mon mieux. Je ne fuisrefte
mois à l'affemblée
qu'un -
coloniale.
Polyerel : J'ajoute à cette' lifte unl autre
une opinion fort prononcée en France, dont patriote jer qui.avoit encore parlé parce que les nuances par le/quelles Raf.paL les colens
diftinguent ie patriores & les cpnycirolstionmaires
déliées, G
fons f
dit
imnpeiceptibles : que tout de, fuite ils
: Celur-la étoit un contre révolarionnaires 1
: mais's mauroient
j'ai vu qtie ce ciroyen avoir' éte de
depuis *
a Ju a sommiDro-Xdont les cin
R3
dont patriote jer qui.avoit encore parlé parce que les nuances par le/quelles Raf.paL les colens
diftinguent ie patriores & les cpnycirolstionmaires
déliées, G
fons f
dit
imnpeiceptibles : que tout de, fuite ils
: Celur-la étoit un contre révolarionnaires 1
: mais's mauroient
j'ai vu qtie ce ciroyen avoir' éte de
depuis *
a Ju a sommiDro-Xdont les cin
R3 --- Page 272 ---
toyens Page & Brulley avoient été membres en
cru auffi pouvoir T'ajouter à la lifte. Ce ciroyen eft France. le
J'ai
Demun.
citoyen
Or., voici comment le ciroyen
commiffaire
France avec les ciroyens Page & Demun, Brulley;
en
comment il s'ft expliqué fur les
de la voici, dis-je s
la métropole, dans une
rapports
colonie avec
les
ouvrage incimlé : Obfervations fur
rapports aituels, portant la date du 21 novembre 1792.
(li lit).
Extrait des obfervations far les colonies
Deman, du 21 novembre 1792. frangaifes, par
ec Quels droits véritablement la France pouvoit-elle avoir de
maitrifer la colonie de St-Domingue en particulier : avoit-elle
conquis-la partie françaile de cette ifler Non, fans
&
titre qui ne feroit fondé que fur des
doute; le
avoir la moindre valeur aux yeux de conquètes, la
ne pourroit
5> Suint-Domingue s'étoit-il dorné à narion la France? régénérée. ?
jamais affiurément; 5 & malgré fon dévouement inaltérable Non à 3
T'empire & fans réferve. français iln'auroit pu fe livrer ainfi fans reftriction
délire, de la féduction Un pareil abandon feroit cenfé l'effe du
ou de la violence, & pourroit être
toujours révoqué,
>, En vain quelques perfonnes abufées penferoient
la
partie françaile de Saint-Domingue a fourni fes
que
à l'allemblée nationale. Saint-Domingue leur repréfentans
cette croyance eft une erreur.
répondra que
>5 Il eft t-bien vrai que s fur la fin de 1788, des individus
propriétairesà Saint-Domingue, & réfidans en France,
par zèle certainement pour la chofe
firent,
au roi, pour obrenir l'admifion aux états-généraux publique , une d'une pétition
préfentation coloniale. Il eft bien vrai que cette
cir- recula dans Paris & fut offerte à la fighature des pétition
la partie françaife de Saint-Domingue qui fe trouvoient habitans de
dans cette cité,
alors
92 Il eft bien vrai que, de la méme
il fur
dans quelque partie de cette colonie unl fource, mémoire envoyé
à faire confentir & procéder à la nomination des tendant
aux états-généraux, & çue dans.quelques villes de Sainc-Do- dépurés
mingue il fe fit certain raffemblement partiel & fecret,
nomma enfin fes délégués particuliers.
qui
-Domingue qui fe trouvoient habitans de
dans cette cité,
alors
92 Il eft bien vrai que, de la méme
il fur
dans quelque partie de cette colonie unl fource, mémoire envoyé
à faire confentir & procéder à la nomination des tendant
aux états-généraux, & çue dans.quelques villes de Sainc-Do- dépurés
mingue il fe fit certain raffemblement partiel & fecret,
nomma enfin fes délégués particuliers.
qui --- Page 273 ---
a l'affemblée à il. eft très-vraie encore que ces délégués , ces
nationale, 3 réunis au jeu de
repréfentans
moment de vive agitation, furent
paume > dans un
de commiflions régulières.
reçus par elle comme munis
>> Mais il n'en eft pas moins conftant
des habitans de Saint-Domingue n'a que la prefque totalité
putation; que jamais laflemblée générale, jamais reconnu cette déMare,nar reconnu ces prétendus
féante à Saintne lesa employés ni traités
députés généraux. & qu'elle
des repréfentans de la nation. que comme commiflaires auprès
>> In'en eft pas mois conftant que jamais
mingue n'a eu aucune efpèce de
à Saint-Donationale légiflative , & qu'au contraire députation cette
l'aflemblée
tinué d'avoir des commiflaires auprès des colonie a conFrance, commillaires qui ont été
légillateurs de la
mêmes légiflateurs.
légalement reconnus par ces
92 Ileft également
autorité
former des députés conflantqu'aucune.
ne peut tranf
le vau prefque unanime particuliers de la en députés généraux, contre
pofés repréfenter. Un fyftême contraire population offriroit qu'ils feroient
fources à T'ardeur de dominer, mais
bien des aSE
un peuple de fages qui auroit
ne fauroir convenir à
plus folemnels, 2 fa volenté immuable manifefté, de par les actes les
conquêtes. .
ne jamais faire des
>9 La France n'a donc aucun
a
réel pour tégir fouverainement les titte.légitime, aucun titre
ramment celle de Saint-Domingue. colonies françaifes, noavoir pour opérer leur
Comment; pourroit-elle en
ent paru defirer, ; & que defruclion, tant d'autres que quelques perfonnes
Verneuil: : Cela n'a rien de commun ont redonrée ?
Polverel: J'efpère que fi.
avec l'efprit public.
Verneuil: : J'efpère que non,
Polverel : Mais vous y voyez les
Demun.
principes du citoyen
tions Polverel du continue : Je vous prie de voir dans les obferval'aflemblée patriote Demun les principes déjà
provinciale du nord & laffemblée profeffés
ceux d'indépendance abfoiue de la colonie de ESEOLNT de
mingue, > par rapport à la métropole, Je vous prie Sainr-Do- d'oblerver
R 4
que non,
Polverel : Mais vous y voyez les
Demun.
principes du citoyen
tions Polverel du continue : Je vous prie de voir dans les obferval'aflemblée patriote Demun les principes déjà
provinciale du nord & laffemblée profeffés
ceux d'indépendance abfoiue de la colonie de ESEOLNT de
mingue, > par rapport à la métropole, Je vous prie Sainr-Do- d'oblerver
R 4 --- Page 274 ---
que Yousy voyez,les mênes manèges, les mémes manceuvres
dont avoient déjà ufé l'allemblée générale de Saine-Marc &
Jallemblée provinciale du nordis. qui avoient lair de méconnoitre les dépurés des colonies à-l'aflemblée nationale confatiruante, de ne jles confidérer que comme
de cette aflemblée, tandis que la colonie de déptirés auprès
laflemblée de Saint Marc & celle du Nord Sant-Domingte
toute leur influence, pour. obrenir, par furprife,ile employoient décrer du
8 mars & les inftructions du 28 , que ces alfemblées
les députés regardoien: comme de plus grandif faccès que & la
colonie pàt obtenir. Voilà, citoyens, la nouvelle
de
la loyauté des corps politiques de Sain-Domningue preuvé de leuts
principes, de leur opinion fur la colonie par rapport à la
métropole.
Sonthonax : J'ai une interpellation à faire à Page &
Brulley. Je prie le préfident de leur demander fi,d dans les
projets d'un envoi de forces dans la colonie, ils n'ont pas
délisné, foit an comité de falut public, foit à
alors miniftre de lal marine > Demun - comme devant Dalbarade, être
gouverneur général del la parrie françaife de Ssinc-Domingue.
Page : Citoyens, il paroir que Polverel & 3 Sonthonax
font parfaitement bien d'accord avec quelques bureaux du
gouvernement
Brulley : Nommment avec la commiflion de lai marine.
Page : La pièee qu'on vous-a lue, & qui ne" peut
extraire des bureaux de la marine, l'indique aflez. Je vais qu'être répondre à Tinterpeliation. On nous'avoir demandé
les moyens de fauver Sanie-Domingne; & Dolbarade, d'indiquer
avoir lu notre mémoire, nous dir: Si le comiré de falur après
blien'adopte pas vos vues,ceft qu'il ne veurpas'de colonies' Pu- 5,
Il ajoura même, & il.nous l'a-dit cinquanre fois; c A mefure que je veux faire un pas vers les'colonies, une main
invifible m'en fait faire vingt en arrière: cette main, je la
vois derrière unnuages mais jer ne fuis jamais a même de la
fentirn.Voilà précilément les exprefions de Dalbarade. Il fir
-plus un jourgilnous dir à Brulley &à moi: Il faut des hommes de confance; & après cclle queje vous porte à l'un &
- à lautre, je vous invite à accepter Fan oul'autre le
nement deSuin-Domig-s
gouverNous répondimes à Dalbarade: cc. Nilun ni latitre nous
: cette main, je la
vois derrière unnuages mais jer ne fuis jamais a même de la
fentirn.Voilà précilément les exprefions de Dalbarade. Il fir
-plus un jourgilnous dir à Brulley &à moi: Il faut des hommes de confance; & après cclle queje vous porte à l'un &
- à lautre, je vous invite à accepter Fan oul'autre le
nement deSuin-Domig-s
gouverNous répondimes à Dalbarade: cc. Nilun ni latitre nous --- Page 275 ---
ne voulons.de place dans le gouvernement; 5 nous,
confunce des colons, nous fommés
avons la
Ta Convention nationale
difcuter envoyés leurs par eux devers
perderions leur confance, nous:
la intérêts 5 nous
vous
F1S
nous propolez, & nous nous adoptions devons mefure que
mandat quils nous ont donné, Nous devons nous abfolument au
1a-dedans. > Dalbarade nous djt: < Mais au
renfermer vous
pourriez fiance m'indiquer les hommes qui méritent affez moins, de contrôlerons pour les yêtre envoyés. >> Nous lui dimes: < Nous
lonics;
individus que vous voudrez
conr
5 nous vous dirons : Nous croyons tels envoyer aux COQu tels & tels nous paroiffent
* & tels propres,
Verons notre opinion en leur peu. propres; 5 nous motijours matché ainfi, 21 Dalbarade préfence, car nous avons totià qui m'adrefler:
nous dit : C Maisje.ne fais
mois de
connoiffez - vous quelqu'un? > Après un
un individu follicirations, dans
nous lui dimes: c Nous connoiflons
c'eft Demun i c'eft lequel un parfait nous avons honnère une
coufiances
ex-noble, &
mais il eft
Llnet
titte: d'exclufion je crois que cette feule. ceniidération eft un
Dalbarade me dit pour une miflion de cette imporiance.
plors : c J'en Parlerai au
public. > Nous lui répondimes : e Oblervez comité de falut
propofons pas pour être
que nous ne. le
nous vous engageons à examiner gouverneur fi Demun > mais feulement eft
que
fort gouvernement. 93 Je défie Sonthonax & Polverel propre au
des bien avec les bureaux de la
car qui font
débars prouvera que la main de marine,
le réfultat
de la marine..
Pitt-dirige les bureaux
TAngleterre Soncho-ax : Quand vous étiez bien avec Dalbarade,
pouvoit diriger fes bureaux.,
Page : Je difingue Dalbarade de fes
fes éroit-il barcaux un honnère honime : je n'en fais bureaux. rien ; Dalbarade mais dans
de Pict. Mais font je défie des contre -révolutionnaires & des agens
mon appoftille à aucun qu'on mémoire. puiffe dire que j'ai jamais mis
voulu mainrefois nous tendre des Cependant Adet, quia
vingt colons en leur difant: Si vous pièges > nous a envoyé
Page & Brulley, vous Jereg-placés m'apportez un mot de
Polverel & Southonss, qui font furle-champ, Jel défie
les bureaux de la marine, de mapporterune parfaitement feule bien avec
appoftille
révolutionnaires & des agens
mon appoftille à aucun qu'on mémoire. puiffe dire que j'ai jamais mis
voulu mainrefois nous tendre des Cependant Adet, quia
vingt colons en leur difant: Si vous pièges > nous a envoyé
Page & Brulley, vous Jereg-placés m'apportez un mot de
Polverel & Southonss, qui font furle-champ, Jel défie
les bureaux de la marine, de mapporterune parfaitement feule bien avec
appoftille --- Page 276 ---
de ma main." Je fais très-bien qu'un jour j'ai dit à
qu'ilexaminit f Demun étoit propre à la million dont Dalbarade il étoit
queftion.
Sonthonax : Je réponds à l'inrerpellation de
d'abord J'apporterai demain la preuve que les colons, Page après s avoir que
propofé Fierville, commiffaire à
pour l'un des plus grands fouteneus du fyftème Saint-Domingue >
dance, le rejerèrent fous prétexte qu'il étoit malade d'indépenpropofer Demun.
> pour
Il eft vrai; nous avions préfenté Fierville avant
propolé Demun.
sfr
déclare Sonthonax : Il ont dit qu'Adet étoit bien avec nous : je
ni chez que, moi, ni depuis ailleurs. mon arrivée > je ne l'aiv vu ni chez lui,
Polverel:Je déclare que je l'ai vu une feule
notre arrivée, par hafard, dans l'un des bureaux fois depuis de la
marine, ailleurs. Je &
je ne me fuis pas préfenté pour le voir
dans un autre
a
relarions avec la commiflion de temps la
quelles ont été mes
juger fi elles ont été auffi amicales mariné, qu'en le & l'on pourra
On vous a dit que les hommes de couleur prétend. étoient les
Tai agens, les infrumens de la contre-révolution. A cet égard,
répondu les
d'avance que les hommes de couleur n'étoient
pas
agens de la contre - révolution; mais
vorent au contraire de quelques
qu'ils fe feravoient l'air de les protéger, qu'ils conure-révolutionnaites qui
trumens pour les aider à recouvrer employoient leurs droits comme inf-
& il ne faut qu'avoir le fens commun,
politiques;
les hommes de couleur ne
être pour concevoir que
tionnaires. Qu'avoient-ils pouvoient
contre - révoluobtenu de l'ancien
cent cinq ans d'oppreffion ? Ils avoient
régime pendant
leur affuroit l'égaliré des droits avec les
eux & la loi qui
des droits politiques. Cependant, l'ancien fOR l'exercice
refufé ces droits, les avoit laiffés fous la régime plus cruelle leur avoit
prellion, avoit même autorifé cetre oppreflion par les
glemens
avoit faits
%
done, qu'il
pour les colonies. Ils ne
ces malheureux, elpérer de redevenir hommes pouvoient
par le maintien de la révolution francaife. J'ai
que
font les feules expreflions dont je me fuis fervi, ajouté, l'horime & cè
que Jai nommé la Pointe étoit un agent de la tontre-révolu- que
le leur avoit
prellion, avoit même autorifé cetre oppreflion par les
glemens
avoit faits
%
done, qu'il
pour les colonies. Ils ne
ces malheureux, elpérer de redevenir hommes pouvoient
par le maintien de la révolution francaife. J'ai
que
font les feules expreflions dont je me fuis fervi, ajouté, l'horime & cè
que Jai nommé la Pointe étoit un agent de la tontre-révolu- que --- Page 277 ---
tion. Je puis maintenant en ajouter un autre, patce que de
je m'en, 7 louviens 5 ceft la Bui(onière 3 autie homme
couleur. Senac: Je prie le préfident d'interpeller Polverel de dire
f a ce n'eft pas. la Pointe
commandoit le détachement
eft venu attaquer le Apiner lors du bombarEar & fi, à Léogane, ce n'étoit pas la Buiflonière
qui commandoit avec Beauvais les hommes de couleur?
Polverel:Je réponds fur le premier fait, oui. La Pointe
commandoit le détachement de T'Arcahaye : mais il a bien
prouvé, dans cette affaire même , combien.il étoit attaché
auxautorités nationales; car il eft toujours refté en arrière, &
a refufé de marcher. Quant à la Buiflonière, cela eft faux.
Bien loin d'avoir commandé aucun détachement pour venir
au fecours del l'autorité nationale, ils'eft oppofé conftamment
àce que fes frères les hommes de coulcur de Léogane
marchaflent & vinffent joindre l'armée de Beauvais. I en
eft venu un très-petit nombre.
Buiffonière n'étoit
Senac : Je demande à Polverel f la
pas maire de Léogane à cette époque.
Polverel: Fort bien.
la Buiffonnière abufa de fa
Sonthonax : J'ajoute. que
les hommes:
lité
de
de maire
Léogane pour empêcher
couleur & les autres gardes nationaux blancs de Léogane le
de fe réunir contre le parti anglais qui dominoit alors de
Port-au-Prince. Il ne S agit pas, dans ce moment Ci,
difcuter ce fait: quand nous y, viendrons, je vous annonce
des lettres de la Jamaique 9 lues dans une affemblée au
Port-au-Prince, dans lefquelles on écrivoit de renir bon,
que les Aottes & les armées anglaifes alloient arriver. Senac
préfidoit alors la commune; je le fomme de dire ce qu'il
fait à cet égard.
la Pointe
Senac : Polverel vient de dire qu'il avoit reconnu
pour être un agent de la contre-révo'urion à St.-Domingue.
A cet égard, je vous avois prié de linterpeller s'il n'étoit
pas le chef du détachement qui devoir bombarder le Portau-Prince; ; & Polverel vous a dit qu'il avoit fi mal exécuté
les ordres de la commiffion civile, qu'il étoit refté en arrière. Je vous prie maintenant d'interpeller Polverel de déelarer a ce n'eft pas la Pointe qui, à la tête d'un déta-
vo'urion à St.-Domingue.
A cet égard, je vous avois prié de linterpeller s'il n'étoit
pas le chef du détachement qui devoir bombarder le Portau-Prince; ; & Polverel vous a dit qu'il avoit fi mal exécuté
les ordres de la commiffion civile, qu'il étoit refté en arrière. Je vous prie maintenant d'interpeller Polverel de déelarer a ce n'eft pas la Pointe qui, à la tête d'un déta- --- Page 278 ---
ciemont de
des Telverci, drsgonaenf-Odlésinegis sairerer sdans
a eréyrd'après les' ordres
délignés par Fulverel & Son:honax. tolies.les maifonss les citoyenst
s iver itfe ne fais
la-Pointe a été à la
qusique détachénient y Simth d'interieur du
tèté'de
peur exécuter quelques-uns de ios
Port-nu-Prince,
avoit entre la Painte & nous le ordres 3 parce qu'il
intermédiaire.
-
R. commandanr, reltics
S Dunys Nommez CC commandant.
connoitre Palycrels les C'éroit Laff le.. Nous ne devions & ne pouvions'
exécuter ies ordres cfliciersqu étoient employés par Lafale,
Senac
que nous donnions.
pour
nement, : Eh & c'eft bien! la toures les lifes ont été faites au gouververel & Sonthonas, Pointe C'cft lui eui exécuroit les ordres de Pol-.
trente hommes, caffer & brifer qui ett venu chez moi, avec*
qui a été chargs d'atrèrer. les officiers: tout ce-c quej j'avois; c'eft lui
en écharpe. Iln'y avoit d'autre table au menicipaux, meme
celle.de Polverel & Sontlionax,
les gouvernement que >
vient de vous
pour
hommes dont on
Polver L: iate çe que nous çxaminerons
temps. Ces fairs-là font poftérieurs. S6
dans un autre
faire Verneuil croire : Polverel vient de dire qu'il étoit ridicule de
4:2 avril, que les gens de couleur n'aimoient pas la loi du'
ios droits parce qu'il n'y avoit que cette loi qui leur donnir
d Polverel, politiques. Je VOES prie d'inrerpeiler Senthonax
décembre
d'avoir à déclarer, fi à lépoque du moiy de
hautement 1791 3 lcs hommes de couleur ne
affez
au Cap, & dans" toute la enlonie, qu'il difoient pas.
longtempsque lest blancsd dominoient as
y avoit
qu'il falloit enfn
Saint-Domingue,
que tous les blancs qu'une'cafle fuffent fit place à laurre a > qu'il flloit
colonie. Voisilefpoit don: les mis leuroir à mort ou- challés de la-
& le motif de leur conduite.
Polverel&c Sonthonax,
& Le
: Ceci eft poftérieur à l'arrivée de
eret à Saine-Domingue.
Poiverel
Yerneuil.: Ce que difoientau mois
mes. decculeur a ils le difoient avant lewr de décembre les hem
il-W'ef pes poitible que Sonthonax 8c Polvetel arrivée; & certes',
rigeaienty qui les sfailoiant
quites diétoit Jeur principal agen. mouvoir, neifachen-pas quel"
Sonthonax,
& Le
: Ceci eft poftérieur à l'arrivée de
eret à Saine-Domingue.
Poiverel
Yerneuil.: Ce que difoientau mois
mes. decculeur a ils le difoient avant lewr de décembre les hem
il-W'ef pes poitible que Sonthonax 8c Polvetel arrivée; & certes',
rigeaienty qui les sfailoiant
quites diétoit Jeur principal agen. mouvoir, neifachen-pas quel" --- Page 279 ---
Le prifident i Ceci fe traitera par la
A a
en ferons àn l'accufation que tu 'te
quend nous
tre Polverel &
propofes porter conKL
de l'efprit public. Sonthonax; S'e
mais à préfent il eft
- guchi3p
Sonthonax : Je rappelle l'iuterpellation
a
ciroyen Senac. 33 que j'ai faire a5 au
Senac : J'avoue que j'érois alors
du Port-au-Prince ; & quand il préfident de de'la la commune
Polverel &. Sonthonax
Sagira
conduie de
cette époque,
> je dirai tour ce gui s'eft pafe 1
-
parce que je ne contois ni
fonge.
TD onl, -
1 TRSD ent
el
ni men- 1
0)
Fecbdir.e
Verneuil Brulley, : Une obfervation d'un mot. Ce Ale
a été lu dans une précédente
que vient de dire
expreilions de Rigaur, elles fonits féance; 5 ce font les
ERTE Desle 5 févtier,
confignées aux
verel & Sonthonax. - long-temps avant l'arrivée de Pol9 .
Page : Je demande à faire une
mais > avant tout , j'oblerverai interpellarion à Polyetel ;
ces deux homines ils enchevétrent que quand on veut attaquer
unes avec les autres ; il faut les ramener toutes les queftions les
de la difcuflion, Polverel vous a dit
au les vérirable poinc
couleur avoient fait fervir les
que
hommes de
intérêts, qu'ils s'étoient fervis cogmte-acrolationnsineg d'eux
à leurs
Domingue l'égalité politique. Je
pour amener à Saintd'accord avec lui-mème.
prierai alors Polverel d'èure
que la majorité des hommes Pourquol de couleur le 25 octobre éctveit-il
époufoient aveuglement, & fans le étoiti ignoranre, qu'ils
ennemis de la France ? Comment favoir, les intérèts des
25 octobre Polverel préfente à la Peut-il fe faire qtle le
des hommes de couleur comme Convention la majorité
fervant d'inftrument aux contre peu inftruite, & comme
fe peut-il QuanjeurdhuiPolverd révolutionnaires dife le
? Comment
dife que c'étoient les hommes de couleur contraire > & qu'il
des cente-sesalationnaiger à
qui faifoient fervir
Je le prie de fe mettre d'accord l'obrention de la loi du 4 avril?
Polverel: : Pour cela, il faut relire avec lui-méme.
pas lire des fragmens détachés. Voici toute fous la lettre, & n'en
homes de couleur fervoient les
quel rapport ies
Quel étoit le but des
eanercralanonaires
ceonterdrolaucionnares ? Cen'étoit pas
& qu'il
des cente-sesalationnaiger à
qui faifoient fervir
Je le prie de fe mettre d'accord l'obrention de la loi du 4 avril?
Polverel: : Pour cela, il faut relire avec lui-méme.
pas lire des fragmens détachés. Voici toute fous la lettre, & n'en
homes de couleur fervoient les
quel rapport ies
Quel étoit le but des
eanercralanonaires
ceonterdrolaucionnares ? Cen'étoit pas --- Page 280 ---
de protéger les droits ou les prétentions des
leur ; c'étoit de faire périr les deux caftes hommes de couCela a été bien formellement avoué
l'une parl'autre:
contre révolutionnaire de Coigne. Ce dansla n'étoit fameufe lettre du
pour les hommes de couleur qu'ils les
pas par amour
toit uniquement pour que ce qu'on protégeeient : c'éblancs & les hommes de couleur fulfent appeloir les petits
les autres. C'eft fous ce rapport que les hommes égorgés de les uns par
fervoient, > fans le favoir, d'inftrument aux
couleur
ils tionnaires ; nais il n'en eft pas muins vrai contre-révolufaifoient fervir les condercrolutonnaites, que fciemment
geoient, d'inftrumens au recouvrement de leurs: qui droits les proté:
litiques.
poLa féance eft levée.
Lc regiftre des préfences eft fgné:: Pr.
fident ; LECOINTE (des deux
GARRAN, préHON 2 FoucHE ( de
Scvres), :feer.taire; P. CASTILFE.baurblmiumit Nantes), 3 DABRAY, GREGOIRE
e!
do --- Page 281 ---
De 2 Ventife, l'an troifeme de la République françaife
une & indsyifible.
Ox fait lecture des débats de la veille. La 25 rédaction
adoptée.
eft
Sonthohax : Hier, d'après Tinterpellation
Page & Brulley, s'ils n'avoient
que j'ai faite à
falut public ou'à Dalbarade, alors pas miniftre préfenré de au la comité de
citoyen Fierville & le citoyen
marine, le
gouverneurs généraux de la partie Demun, françaife comme de devant être
mingue, Page s'eft levé & a répondu qu'il n'avoit Saint e Doprélenté perfonne; que c'eft fur les inftances réitérées jamais dui
miniltre, qu'il avoit jeté en avant Demun qu'il
propre, par fon patriotifme, , à remplir cette croyoit trèscependant fa qualité d'ex noble fembloit
place, dont
noncé alors que j'apporterois la pièce
l'exclure. J'ai an-
& Brulley avoiént préfenté Fierville qui & prouvoit que Page
verrez que les colons circonfcrivoient alors Demuns & vous
la marine dans un cercle au delà
il le miniftre de
agir. Je ne lirai pas la pièce en duquel entier. ne pouvoir plus
Page : Je demande la lecture entière.
Sonthonax : Je le veux bien; mais cela fait
temps.
perdre du
Copie des notes que fournifent
& Brulley au
la marine 3 pour fervir a
du décret minifire de
contre
Triars
les commiplaires de Sainz-Domingue. d'arrefiation
c Le citoyen Fierville ne
à caufe
vaife fanté 3 fe porter à
pouvant, les de fa maue
de cette colonie propofent Saint-Domingue, au miniftre de la marine commiffaires le
toyen Demun, connu à Saint-Domingue
ciment à la'
par fon attacherévolution, par. l'eftime & la confiance dont H
fervir a
du décret minifire de
contre
Triars
les commiplaires de Sainz-Domingue. d'arrefiation
c Le citoyen Fierville ne
à caufe
vaife fanté 3 fe porter à
pouvant, les de fa maue
de cette colonie propofent Saint-Domingue, au miniftre de la marine commiffaires le
toyen Demun, connu à Saint-Domingue
ciment à la'
par fon attacherévolution, par. l'eftime & la confiance dont H --- Page 282 ---
jouit dans toute la colonie, & par fes
taires.
connoiffances mili:
# > Les citoyens Demun & Simondès ont
latitude d'autorité > que toutes les
befoin d'une telle
forces de terre & de mer, 1, que la garde autorités; que toutes les
meurent temporairement fubordonnées nationale; leur deordres dont ils font porteurs. € - u pour l'exécution des
>, Les commiflaires civils Polverel & Sonthonax ont des
complices plus ou moins puiffans, & qui nécellairement
HairiastosirAontiona emploieront tous les, moyens polibles pour foufraire à (la)
arreftation fur les
& Polverel,ou pour venger leur
auront aidé à Hon exécution, ciroyens qui & lauronr fur- tout exécurée, ou qui
connus pour avoir provoqué en France: fe décret ceux qui ferontr
tiein En confequencey "les commiffaires de Saint-Domingue daccufscitimentiquil feroit inftant quelc mriftre de'la
pellai tes citoyens Lafal'e, commandanr lat
marine rapLavaix, commandant celle du
MrovincedeTOnelt,
liorinot', Couitard > Villars, Non,Jumécoort, tous trés - connus Decoigne, >
principes contre- révolationnaires ,
rendre par leurs!
laurle lconduire là Convention nationale. pour
1A J compte de
SLei miniftrene doit pas perdre' de vue
Nonge a nommé pour troifème: commillaire que à l'ex-miniftre Saint-Doningtey-pour crércitelldtes comnillaires remplacer Ailhau, Delpech, ci-dévant feeft n(celrirenenit dansi lès Polverel mêmés & Sonthionax. Ce cicoyen
& Polverel; il cftaufli dangereux qu'ils principes le que Sontonax
il eft leur complice, ; & nécetfairement font eux-mémes;"
rappolé & anedeSil en étoit autrement, Delpech 1a colonie doit cct'e
expofée 3 un déchirement abfolu;
feroit
fes fonctions à SaintDelpech, maintenu 'dans
far les TationsTarreftation de vengeroir néceffairement,
59. Il feroit donc
& Sonchonax,
STARS
accordés aux citoyens néceffaire Demun qué d"Simoades; les pouvoirs' temporaires
duréc le. temps, néceflaire pour mettre en
eulent pour
plices dé Sonthionax & Polverel,
ne arreflationdescenyde fe venger par Ja deftruction de *
manqueroient pas
37 Si le génétal Galband n'eft pas a colonie. loo
le
gouvernement. de cette. colonie fe trouvé Saint-Domingue, vaquant;
trcts
provinces du Nords du Sud & def'Oueit font également les
dénuées
Simoades; les pouvoirs' temporaires
duréc le. temps, néceflaire pour mettre en
eulent pour
plices dé Sonthionax & Polverel,
ne arreflationdescenyde fe venger par Ja deftruction de *
manqueroient pas
37 Si le génétal Galband n'eft pas a colonie. loo
le
gouvernement. de cette. colonie fe trouvé Saint-Domingue, vaquant;
trcts
provinces du Nords du Sud & def'Oueit font également les
dénuées --- Page 283 ---
dénuécs de leur commandant miliraire, par la
reftarion demaridée des citoyens Lavaux &
fuite delarfuite de l'abfence du citoyen
Lafalle, & par
féquence, les commiffaires Measiquon-Peranase de
Enconau miniftre de la marine de pourvoir Saint-Domingue propoferont
poraire de cette colonie, juiqu'a ce au gouvernement temdes mefures ultérieures.
qu'ils puillent prendre
>> Il fereit aufli néceflaire que le commandant des
maritimes, Cambis, fû: remplacé, attendu
forces
des accufés.
qu'il eft complice
le 55 De nommer pour commandant de la province du
ciroyen d'Afàs; pour la province de
Nord,
Demun; & le citoyen Simondès
le fOuclt, 3 le "citoyen
forces navales. Ils propoferont le citoyen pour commandément Fierville
des
mander dans le Sud, lorlque fa fanté lui
pour comà Saint-Domingue.
permettra d'aller
3 Le miniftre eft inviré à donner aux citoyens
Simondès toute la latitude néceffaite
Demun &c
les archives & tous les autres papiers pour des qu'ils puiffent failir
thonax & Polverel, tant ceux qui leur font commitliresSonceux qui font relatifs à la commiflion,
perfonnels, que
être fait par eux, en préfence &
pour inventaire en
autorités légalement conftituées. Il concurremment fera néceflaire avec les
citoyens Demun & Simondès faflent fitivre
que les
Polverel de ceux de leurs papiers
Sonthonax &c
à charge & à décharges comme aulli pouvant il fera fervir contre eux
dépoler en lieu sûr, à
néceffaire de
qui, n'ayant pas unrapport Saine-Domingue,, direét avec Polverel ceux de ces
nax, pourront fervir à la
&
CiOs
colonie.
>> Les commiffaires de Saint-Domingue efliment
cès de cette expédition & le bonheur de cette colonie que le fuceffentiellement aux mefures qu'ils
tiennent
la marine,
propofent au mniniftre de
> Les cemmilfaires de Saint-Domingue.
>> Signé, PAGE, BRULLEY,
33 Pour copie conforme.
3, Signé, P.A. ADET. >>
Tome II. Vingtième liyraifon.
S
à la
&
CiOs
colonie.
>> Les commiffaires de Saint-Domingue efliment
cès de cette expédition & le bonheur de cette colonie que le fuceffentiellement aux mefures qu'ils
tiennent
la marine,
propofent au mniniftre de
> Les cemmilfaires de Saint-Domingue.
>> Signé, PAGE, BRULLEY,
33 Pour copie conforme.
3, Signé, P.A. ADET. >>
Tome II. Vingtième liyraifon.
S --- Page 284 ---
Vous voyez, cisoyens, rar ceite pièce, qu'il eft bien évident que P.ge & Prulley étoient alors diétareurs de la commition de marine; c'étoicnt eux qui dirigeoient les bureaux,
qui difcien: quii flioit donner à Demen une autorité dictatoriale fur los forces de iner & de terre, fur les gardes
narioniles , pour arrèter, qui? Polvercl &Sonthenax, qui
Ont été arretés à Jacmel par le commandant d'une COIvette que nous aurions pu couler bas, fi nous avions fongé
à la révole; & ces hommes, qu'on préfente comme ré-r
vol-ésccn rela Comemtionantionals,e fontliveseux-nedincs.
Le Préfident : Cela eft étranger à la queftion.
Sonthonas :Je le fais; mais le ciroyen Page fe prépare à
répondre à cette pitce, qui ne mérite aucune réponte, qui
feulement qu'ils diétoient alors des lois à la coinprouve million de marine, qu'ils nous repréfenroient comme des.
révoltés, qu'ils difoien: que nous protégions Jumécourt, &c.
y accoloient alors le brave gouverneur général Lavaux, qui
eft avjonurdhuiala: tête de Tarmée de Saint-Domingue,, qui
maintient lautorité de la France, &c repouffe les Anglais.
y Verneuil: Ce n'elt pas là la queftion.
Sonthonax: Si Fait: cela prouve que Page & Brulley abufoient de leur diétature pour anacher à ia France fes plus
chauds défenfeurs.
Vernesil: Les buveurs de fang,
Leprefident : Tu.n'as pas la parole.
Puge : Je fuis forcé de répondre.
Ce n'eft
T'or
Lecointe (mcmbre de la commifion):
pas
dre, de la dilcullion.
Page:1 Il eft bien érennant, citoyen Lecoinre .
Lecointe : Je dis formeilement qu'ayant interdit la parole
à Son-honax, la difcuflion doit celfer fur cet objet.
Lz prefdent à Pege: Tu auras la parole dans un autre
momant.
les imprcflions reftent.
Ce que Sonthonax vient de dire eft écrir
il en a
dit
TEPAL
Page : Qu'il continue, je lui répondrai;
déja
afes pour
je doive lui répondre.
ETRLE ditalorsque Ton nous préfemsoitilalrinee
des révoltés, que l'on demandoit à la barre que nous
fulionsmis çomme
hors de la lci, &j'epporterai la pièce qui prouve
dans un autre
momant.
les imprcflions reftent.
Ce que Sonthonax vient de dire eft écrir
il en a
dit
TEPAL
Page : Qu'il continue, je lui répondrai;
déja
afes pour
je doive lui répondre.
ETRLE ditalorsque Ton nous préfemsoitilalrinee
des révoltés, que l'on demandoit à la barre que nous
fulionsmis çomme
hors de la lci, &j'epporterai la pièce qui prouve --- Page 285 ---
Page & Brulleyled demandoient, quolqu'ils le nient (c'eft
je combatirai roujours); On noaspréfentoit comme
des
: eh bien! les rebelles qui étoicntà la tête d
EAR
force affez contidérable lorfqu'on leur a préfenté
une
comité de falur public, en exécution du décret d'accufation l'arrête du
obtenu par Page.&c Brulley, fe font liviés
font démis de leurs papiets, ont remis les fur-le-champ, clefs de toutes fe
les armoires du burcau, ont livré tous les papiers inventoriés; mis fous les fcellés, ils ont été tranfporcés à bord de
la corvette lEfpérance, fans aucune efpéce de
Ce n'eft pas trut; c'eft qu'afin que le commandant réclamation. de
force armée, qui étoit dans nos intérêts, ne fit pas fur- la
pris de cette arreftation : nous lui écrivimes le biller
voici les véritables expreilions.
dont
6c Nous vous prévenons, citoyen > que la force
vous commandez eft aétuellement à la defpolition armée du citoyen' que
Chambon, commandan: de la corvetre
devez cbéir à tous les ordres qu'il TRiperance, vous
que vous
contre nous. 3>
donera, mêine
Nous prouverons dans le temps, > par tous les
verbaux d'arreftation, d'appofition de fcellés, les procèsverbaux d'inventaire, , par les dépolitions de léquipage procès- & du
commandant, que nous nous fommes véritablement
entre leurs mains > & qu'en bons & véritables
remis
nous avons obéi aux ordres de la Convention Français,
parce
nasionale,
qu'ayant toujours fuivi fes
nous
nous ne pouvions pas ètre punis principes, pour avoir fait exécurer favions que
lois; & c'eft alors que Page & Brulley nous
les
comme révol:és, & alloient demander à la barre repréien nore oient
hors de la loi; & il n'a pas tenu à grande choie mife la
grande infuence qu'ils avoient dans les comirés, que
ment dans l'ancien comiré de falur public, ne nous notam- ait fait
romber fous la hache des lois, lans êure jugés.
Polyerel :Je n'ajoute qu'un mor à ce qu'a dit
c'eft fur ce qui a précédé notre livraifon volontaire. Sonthomax,
Chambous débarqua à Jacmel, nous lui dena ndâmes s'il Lorique étoit
porteur de dépèchesà notreaurelfe; il répondi: que non.
ce cas, lni dis-je, vouS êtes porteur d'ordres contre Dans
fi cela eft, vous pouvez vous livrer à nous avec une eurière nous;
confiance, parce que cela même eft néceflaire. Notre 2rre(-
S 2
ce qui a précédé notre livraifon volontaire. Sonthomax,
Chambous débarqua à Jacmel, nous lui dena ndâmes s'il Lorique étoit
porteur de dépèchesà notreaurelfe; il répondi: que non.
ce cas, lni dis-je, vouS êtes porteur d'ordres contre Dans
fi cela eft, vous pouvez vous livrer à nous avec une eurière nous;
confiance, parce que cela même eft néceflaire. Notre 2rre(-
S 2 --- Page 286 ---
tation; f elle faifoinde Téclat, pourroir
des troubles
dont enfuire on nous accuferoit (On fait cffectivement
Erdes
depuis); dires-nous denc la vérité avec franchife. Le capitaine Chambon, après avoir héfité un moment, nous avoua
qu'il étoit porteur d'ordres contre nous: far le champ je mis
la main à la plume
écrire au commandant de la place
le billet dont EIE a parlé.
demandé
Page: Sonthonax a dit : Page & Brulley ont
avions
notre arreftation & notre mile hors de la loi; fi nous
voulu nous révolter, nous euflions pu le faire aifément, car
nous étions à la tête d'une force confidérable; cependant Chambon.
nous nous fommes livrés tout de fuite au capitaine étoient
Comment fe fair-il que Polverel &c Sonthonax, qui
à cette époque à la téte d'une force confidérable, eullent,
quelques jours auparavant, livré la ville du Port-au-Prince
à 1,400 Anglait? Cer
là la
Sonthonas : n'eft pas
queftion.
Verneuil: Si.
néceffairement la difcuflion
Sonthonas: Alors on engagera
fur la trahifon du Port-au-Prince. & Sonthonax ont obéi à l'ordre du comité
Page falut : Poiverel Le bâtiment
eft allé les chercher, eft
de
public.
qui & celle de tous les colons
parti après notre atreftation,, dans la Convention nationale, où il
sprèsl'entrée de Dufay
avcit
avoit une grande influence. Ileft à préfumer que Dufay
dû néceflairement écrire à Polverel& Sonthonax dans quelle
fituation nous nous trouvions. Alors il n'ef plus étonnant
Polverel &c Sonthonax fe foignt déterminés à fe rendre
que
en SonthonaxtJe France.
déclare que je n'ai
de Dufay aucune
lettre, & que jamnis les nouvelles de
n'ont tranfpiré
Pnde
dans la colonie; tout s'eit borné éà la fignification du décret.
Polrerel: On peut interpeller la-delips le commandant &
léquipage; nous n'avons reçu aucune lettre.
Yerneuil: Nous verrons.
d'une
Page: On a dit que Page & Brulley jouiffoient
grande influence dans le comité de falut public; pour juger
de l'influence dont nous jouiflions, lifez le rapport de
Courtois; vous verrez que Lictéc, notre ami, le feul qui
sous ait RAMREnI dans la Convention nationale, étoit pour-
Polrerel: On peut interpeller la-delips le commandant &
léquipage; nous n'avons reçu aucune lettre.
Yerneuil: Nous verrons.
d'une
Page: On a dit que Page & Brulley jouiffoient
grande influence dans le comité de falut public; pour juger
de l'influence dont nous jouiflions, lifez le rapport de
Courtois; vous verrez que Lictéc, notre ami, le feul qui
sous ait RAMREnI dans la Convention nationale, étoit pour- --- Page 287 ---
13;
faivis par les agens de Robefpierre; & vous
quelle précaution Robefpierre fe faifoit rendre y verrez avee
numéros
nous adreflions au comiré de falur cempte des
titulés: feur aul comité de Jalut public. Si
public, indans un fi grand rappore avec le comité de falut nous euflions été
belpierre recherches n 'auroir pas fait épier nos démarches, public, & fair Ro- des
n'écrivions pourf favoir &
ce que nous écrivions & ce que nous
ner Lictée, pas; enfin il n'auroit pas fait luivre &
Dans la qui étcit notre prorecteur dans la
cipionnote que nous avons donnée au miniftre Convention.
rine, vous avez vu que nous recommandions
de Ja maDecoigne,Jamecour &c autres.
l'arrefationds
Sonthonax vous a dit, . . . e
relativement Brulley : Attends, tu oublies ici une remarque effensielle
comité de falur à l'inlluence que l'en dit que nous avions au
à mon collegue; public; c'eft ilfaur dire une chole qui
que le méme comité de
échappe
nous a mis, nous a tenus en état
falur public
mois. Le fait eft aifé à conftater d'arreftation pendant dix.
rale; c'eft le comité de falur
au comité de sûreté génénous arrêter.
public qui a donné l'ordre de
Sonthonas : Ils ont été arrêtés en vertu du décret
ventôfe, falut
& non pas en vertu d'un ordre du comité durg de
public.
Plafteurs colons : C'eft faux.
Bralley: : Nous avons été arrêtés le 17 ven:ôfe.
Page: Je vais entrer dans quelques détails
oubliés. Le 14 ventôle, Dufay nous a
que j'avois
des Tuileries :le comité
dénoncés à la fection
révolutionnaire de cette fection
tranfporté au comité révolutionnaire de la
s'eft
tier, & de là chez nous pour nous y arrérer. feétion Le
tion Lepeletier s'y eft
14, la fous fes
traduits fortement oppofé; nous avons été,
fection des aufpices,
au comiré révolarionnaire de la
Tuileries; la difcufion fur notre
remife au lendemain, pardevant le comité de arreftacion sûreté
a éré
Nous nous fommes rendus le lendemain à ce
générale.
la furveillance de deux officiers de la garde nationale comité, fous
fection Lepeletier, & encore fous la
de la
membres du comité révolurionnaire furveillance de deux
mité de sûreré générale, faifant
de cette feétion. Le COdroic à lal dénonciation de
S 3
remife au lendemain, pardevant le comité de arreftacion sûreté
a éré
Nous nous fommes rendus le lendemain à ce
générale.
la furveillance de deux officiers de la garde nationale comité, fous
fection Lepeletier, & encore fous la
de la
membres du comité révolurionnaire furveillance de deux
mité de sûreré générale, faifant
de cette feétion. Le COdroic à lal dénonciation de
S 3 --- Page 288 ---
Dufay & de la fection des Tuileries, nous mit en liberré. Le même jour, à neuf heures, nous nous rendimes
au comité de sûreté générale qui nous avoit dir de nous retirer chez nous en liberté, mais de revenir le foir: : nous
ne pûmes pas avoir audience du comité qui étoit fort occupé;
nous nous retirâmes chez' nous a onze heures. A minuit >
mon collègue & moi reçûmes un mandat d'arrêt du comité
de sureté générale, lun pour Sainte-Pélagie , l'autre pour les
Carmes; ce fut dans la nuit du 15 au 16.Le citoyen Larcherelque-"Thuband alla le lendemain chez Amar, lui témoigna fon étonnement de notre arreftation.Le citoyen Amar
lai dit: nousavons cédé à des ordres fupérieurs; & je demande
le ciroyen
rende compte de ce
que
Lancheveique'Thitaud
qu'Amarlui a dit à ce fujet.
l'arreftaLaranghate-Ihud: 11 eft très-vrai qu'aptès
tion de Page &c Brulley, & le matin mème de cette arrellation, j'allai chez le ciroyen Amar lui témoigner ma
furprife &c celle de tous les colons, de.cette arreftation; le.
citoyen Amar me parut confterné, & me dit : Que voulezvous? Nous n'avons pu réfifter aux inftances que nous ont de
faires les commilfaires
nous a envoyés le comité
falut public à-cet effet. 8t commillaires nous ont invicés à
faire arrèter Page & Brulley pour des caufes très-graves. affez
Là-deffis, fai dit : Je ne connois point de caufes
graves pour motiver leur arreftation ; je ne connois d'autres
caufes contre eux qu'une certaine dénonciation faite ferons par
Roume, ou plurèr
Duffay; &c ce Duffay, nous
peut-être un jour fs le cas de le faire arrèter. Voilà tout
ce que je connois contre eux, & ce n'eft pas là un motif la
d'arrefiation. N'importe, dirent les commillaires, par
fuite vous connoitrez les motifs de cette arreftation. Nous
avons donc été obligés de la figner. Voilà ce que le citoyen
Amarm'a dit; à moi parlant.
de falut
a OrBr.lley : C'eft donc le comité
public qui
donné Page: l'arreftation. Voici les motifs de notre arreftation : Nousavions
le
fous prelfe un ouvrage qui devoit produire
grand
qui devoir perdre Duffay dans la
Bltae
effet, nationale. ouvrage Nous avons été arrétés, & notre ouvrage a été
figner. Voilà ce que le citoyen
Amarm'a dit; à moi parlant.
de falut
a OrBr.lley : C'eft donc le comité
public qui
donné Page: l'arreftation. Voici les motifs de notre arreftation : Nousavions
le
fous prelfe un ouvrage qui devoit produire
grand
qui devoir perdre Duffay dans la
Bltae
effet, nationale. ouvrage Nous avons été arrétés, & notre ouvrage a été --- Page 289 ---
28;
mis fous les fcellés. Nous avions encore un
fous preffe... -
autre ouvrage
Sonthonax : Cela eft étranger à la quefton.
Brulley : Cela répond à la prérendue intluence
nous prète au comité de falur public.
que l'on
il Page fuilira : Sans entrer dans les détails de notre
de vous dire qu'elle eft antérieure de arreftarion,
au décret du 19 Ventôle, qui ordomnelartetlation deux des jours
lons, membres del l'allemblée coloniale & des
CGlaires. A cette époque, Duflay lut dans la
corps popuextraits des lettres qu'on vous a lues. Un Convention membre de des, la
Convention révolationnaire demanda que nous fallions traduirs au tribunal
nérale dit Il ; alors un membre du comité de Oreré
: eftfort inutile de les décréter d'arreftation gé- &
d'accufation. Quant à larreftation, le comirél'a déja ordonnée; eft
quant à laccufation, le comité de sûreté
autorifé à prendre les mefures nécellires
générale
duction devant le tribunal révolusionnaite. Voila pour le traJa difcufion à ce
quelle fut
t
fujer, le 19 Ventôle. Aini
que nous fimes arrérés par l'ordre du comitéide- vous vo7ez filut
public,
Sonthonnx vous a dit qu'il tenoi:
au Port au-Prince 5 il ne vous a pas Jumdcourr dir vrai. en prifon
a été arrêté par Borel, & je prie le préfident Jumécourt
Sonthonax de dire fice fait eft vrai,
d'interpeller
l'arreftation Sonthonax de : Je rendrai compre de tout ce qui concerne
Jumécourt & Borel,
cela eft parfairement érranger à la
quand ilfera temps :
terpellation à laquelle le citoyen Senac difcullion, a refufe > comme de
linhier.
répond:e
Senac demande la parcle avec inflance. Le
fait obferver qu'on ne peur croifer les débats. préfident lui
Page: Je continue fure fait. Je dis que
éré arrèté par Borel, à la tête de la garde Jumécourr nationale du a
Poct-au-Prince; je dis que Jumécourt a été en
qu'au moment ou, mis enliberté par Polverel
prifon jufil a été joindre
& Sonrhonax,
Prince, d'ou il eft les.Anglais forti
en rade devant le Port- aumander cn qualité de major-commaudan: pour venir au Port-an-Prince comde la place.
S 4 -
éré arrèté par Borel, à la tête de la garde Jumécourr nationale du a
Poct-au-Prince; je dis que Jumécourt a été en
qu'au moment ou, mis enliberté par Polverel
prifon jufil a été joindre
& Sonrhonax,
Prince, d'ou il eft les.Anglais forti
en rade devant le Port- aumander cn qualité de major-commaudan: pour venir au Port-an-Prince comde la place.
S 4 - --- Page 290 ---
Sonthonax : Ni mon collègue ni moi n'avons jamais mis
Jumécourt en liberté.
Le préfident rappelie Sonthonax à l'ordre.
Polverel: : Il faut bien, malgré nous, que nous répondions
à ces accufations anticipées.
ait voulu incriminer
Pag:: Quant à Demun, quoiqu'on
conire lui fur ce qu'il a écrit, je I'avoue ponr mnon ami,
& il ne me fera pas difficile de le jufffier.Je répends qu'on
ne peur
imputer à crime des opinions politiques > &
fur-tout 8C; opinions politiques.fur les colonies. Pour cela,
j'invoquerai Barnave qui,. dans fon rapport, au nom du
comité celonial, difoit? cc Il exifte entre les différentes par-
> ties d'un état un contract qui les tient unies, & qui ne
tacite
>
être diffous que parla majorité. Ce contract,
& formel
9> EReS la plupart des peuples, étoit authentiqué
>2 entre les colonies & la France >, Lorfque Barnave, s qui,
certes > n'étoit pas l'ami de l'allemblée générale de SaintMarc s'eftexpliqué ainfi fur les droits des cclonies; Demun
a eu le droit de s'expliquer de même.
trimeftre
Quand Eriffot, dans fon numéro 212, premier
de 1790, > difoit: cc Quant au souvernement des. colonies, deux
>
il eft bien aifé à organifer 5 il faut T'envifager fous
9>
rapports: 2 intérieurs & extéricurs. Pour les premiers, il
à
>>
faut. donner aux colonies un gouvernement femblable
>> celui que nous avons adopté; ceft-à dire une allemblée fe-
>>
qui falle les lois intérieuies de la colonie; pour les
9> conds, un gouvernement qui les mettent en rapport avec
>> la métropole à Jaquelle il faut réferver les lois pour les
crime
3> rapports extérieurs de la colonie >, A-t-on fait un
à Brillot d'avoir émis une opinion pareille fur les colonies?
A-ton fait un crime à Barnave d'avoir énis une pareille
opinion fur les colonies ? L'aflemblée nationale a-relle fait
un crime à Bruiley & à moi d'avoir dit, le 15 mars 1792,
quelque chofe d'aulli fort? Ce Français comme vous, légifila33 teurs, les colons font vos frères; comme vous, ils ont des
32 droits; ccmmé vous, ils les réclament, & c'eft avec vous
22 qu'ils veulent en ufer :.
adreffe
La Convention n'a pas délapprouvé uneparcille
il s'en faut de beaucoup, car elie fut couverte" d'aprlaudiffemens, Au çomité colouial, dans la difcnflion qui a cu
quelque chofe d'aulli fort? Ce Français comme vous, légifila33 teurs, les colons font vos frères; comme vous, ils ont des
32 droits; ccmmé vous, ils les réclament, & c'eft avec vous
22 qu'ils veulent en ufer :.
adreffe
La Convention n'a pas délapprouvé uneparcille
il s'en faut de beaucoup, car elie fut couverte" d'aprlaudiffemens, Au çomité colouial, dans la difcnflion qui a cu --- Page 291 ---
lieu en raifon de la loi du 5 mars, nous avens direxpreffément aux comités réunis de marine & des colonies, nous
Jeur avons dit quenous gémillions de la ficuacion de
55 efclave, mais
nous croyions
T'homme
s3 fenr, la
feroit
que, > dansle moment préeux
TReREIE
pour
un
5> nous fentions la néceflité de les préparer préfent à la funefte; liberté ; que
3> la douceur & par la bienfaifance >,
avons par
ce
aufli qu'aux feuls colonsou à leurs
Nous
dit
33 élus appartencit cette tèche honorable repréfentans librement
9>
qu'ils
avec générolité >), Pour le prouver, nous avons rempliroient attefté
la grande fomme des affranchilfemens donnés
traves qu'apporroir le gouvernement à ces actes malgrélesen- de bienfaifance. Nous avons. dit qu'aux colons Ou à leurs repréfentans
appartient cette tiche, parce que la Convention nationale
ne peur décréter l'efclavage de l'homme dans
après avoir reconnu fes droits en Europe, parce l'Amérique
Convention
ne peut rendre la liberté à un
fans que indemnifer celei quil'a acheté felon la loi; efclave, que ce feroit
faire à l'efclave un préfent funefte qui naturaliferoir parce
dans les'
colonies toutes les horreurs de
France ne pouvoit fatuer far la FAfique > parce que la
d'un peuple qui n'ef
confitution ou lesp propriétés
même de la
pas repréfenté par le fait ides agens
comités de marine Képublicte. Voila ce que nous avons dit aux
voici T'arrêté
8c des colonies, réunis, & fur ce dire,
quia été pris.
Il lic l'arrêté,
(e Il a été convenu que l'article V du décret porté par la
Convention feroit rejeté, & voici cerarticle:
A R T. V.
93 Les commiffaires nationaux & gouverneurs -
font autorifés à faire, dans les règlemens de
& généraux de difcipline des ateliers, 5 tousles changemens qu'ils-j police
cellaires au maintien de la paix inrérieure des jugeront colonies. néSur nos obfervations > ces difpofitions de ce décret
mars Ont été rejetées par la queltion préalable, & du il S a
été arrêté & configné fur les regiftres du comité
que cet
V.
93 Les commiffaires nationaux & gouverneurs -
font autorifés à faire, dans les règlemens de
& généraux de difcipline des ateliers, 5 tousles changemens qu'ils-j police
cellaires au maintien de la paix inrérieure des jugeront colonies. néSur nos obfervations > ces difpofitions de ce décret
mars Ont été rejetées par la queltion préalable, & du il S a
été arrêté & configné fur les regiftres du comité
que cet --- Page 292 ---
article étoit rejeté par la queftion préalable, & qu'il feroit
feulement décrété qu'auflitor que les aurorités civiles feront
conftituées, elles S oecuperoient de l'amélioration du fort des
efclaves, hommes
la loi n'admer pas à voter. Nous
avons émis dans Rtrnts temps des opinions aufli hardies
que celles de Den.un à- la Convention nationale, à
nous avons écrit; car nous n'avens rien écrit que nous qui ne
Tayonsenvoyé olicic llemenrala Convenionnationsle, Non!
Nous n'avons jamais rien écrit que la diftribution n'en ait
été faite à la Convenrion. Eh bien! Aucune de nos
nions n'a éré improuvée, parce qu'on ne peur faire à opi- un
homme un crime d'une opinion roli: içue, fur-tour
le gouvernement n'a pas encore déterminé le cercle lorfque dans
lequel elics doiven: être circonfcrires; il ne l'avoir pas fait
avoient par rapport'aux colonies, car on avoit dit que les colonies
des droi:s, fans dérerminerle cercle danslrquel ces
droits devcient êre exercés. Alors donc, chacun de ceux
qui trai:oient l'affaire des colonies pouvoit émertre une opinion, fans que cette opinion puifle être impurée à crime.
Brulley : Sonthonax a cru nous préfenter une pièce qui
jetreroit fur notre conduite un jour très-défaverable, Ila
prétendu prouver,par cette pièce, que nous influençions les
opérations du miniftre d'Albarade. La réponfe
nous
avons à tirer de cette induction eft on ne peut que
finple; c'eft un décret de la Convention nationale. E
vention
d
nationale, , au mois de feptembre, après le décret
d'accufarion rendu contre Polverel & Sonthenax, fur la
demande que nous failions de fecours & de moyens à employer
reporter les colons chez eux > ou faire venir
en Ptered celles des famillesqui éroient réfugiées à la Nouvelle-Angleterre, la Convention nationale a rendu un décret
formel qui autorife le miniftre de la marine à s'entendre
avec nous Page & Brulley, commiflaires des colons de St.-
Domingue, > fur la melure à prendre pour rétablir dans les
colonics la paix & la tranquillité, Le miniftre de la marine,
auquel étoit attribué l'exécurion du décret d'accufation porté
contre Polverel & Sonthonax, devoit nous confulter, nous
qui connoiflions mieux le pays, pour favoir quels étoient
les meilleurs moyens pour mettre ce décret à exécution.
B'Albarads MouS a dit: Donnez-moi vOS idées pour mettre
, > fur la melure à prendre pour rétablir dans les
colonics la paix & la tranquillité, Le miniftre de la marine,
auquel étoit attribué l'exécurion du décret d'accufation porté
contre Polverel & Sonthonax, devoit nous confulter, nous
qui connoiflions mieux le pays, pour favoir quels étoient
les meilleurs moyens pour mettre ce décret à exécution.
B'Albarads MouS a dit: Donnez-moi vOS idées pour mettre --- Page 293 ---
à exécurion sérement le décret d'accufaticn contre Polverel
& Sonthonax, Sur, cetie demande, nous re pouvions pas
nous refufer à donaer nOS idees > parce qu'si (roit de notre
devoir de les donner, comme c'éroir le devoir de d'Albarade de nous les demander, conformément au décret dela
Convention narionale. Nous donnâmes donc les infructions
que Sonthonax vien: de vous lire. Veusy avez vuique nons
indiquions tous les moyens pour empécher qu'il arrivât des
détoidres lors de l'arrefation de ces hommes qui avoient à
Saint-Domingue une aurorité dictatorale. Il fe plaint de ce
que nous avons demandé que les citoyens Demun &
Smondes, indiqués pour aller mettre le décret à exécurion,
fuflent inveftis d' une grande autorité; il falloit uneautorié
affez grande pour contre-balancer celle de ces deux hommes
qui tenoient dans leurs mains la vie de tous lescolons. Vous
voyez donc que lorique nous avons préfenté Demun &
Simondès pour mettre ce décret à exécution, nous avons
rempli notre devoir, & que nous n'avons pas cherché à
infmencecles opérations du miniftre d'Albarade.
autre
d'un
côté
Vousvoyez,
> que nous. avons eu foin de moriver les
mefures que nous indiquions; que nous avons eu foin de.
recommander que les fcellés fullent mis fur tous leurs papiers, que ceux à charge & à décharge fallent exaétement
apporrés. Vous voyez denc qu'avant tout > nous voulions
que la juftice Riterigoureufement exercée 5 & qu'alors même
que nous avions la conviction intime des forraits de Poiverel & Sonthonax, nous voulions qu'ils euffent tous les
moyens de juftification > lorfqu'ils viendroien: en France
cenformément au décret d'accufarion lancé contre eux, il
n'eft donc pas pollible d'inférer de cette note > comme i'a
dit Sonthonax, que nous preferivions à d'Albarade le cercle
qu'il devoit parcourir. Il n'eft pas poilible d'inzérer de là
que nous intluençions d'Albarade, mais que d'Albaradenons
avoit fait une demande qu'il-lei eroit nécellire de faire 5
que nous > de notre côtéi , nous avions fait ce que nous
nous devions faire pour epérer le bien de la colonic > cil
indiquant tles moyens qui nous paroilloient propresà exécuter:
le décret d'accufation contre Polverei & Sontionax.
Sonthonax vous diti enfuite que nous avons me ici
nous eullions demande leur mife hots de la loi. Je que me.
Albaradenons
avoit fait une demande qu'il-lei eroit nécellire de faire 5
que nous > de notre côtéi , nous avions fait ce que nous
nous devions faire pour epérer le bien de la colonic > cil
indiquant tles moyens qui nous paroilloient propresà exécuter:
le décret d'accufation contre Polverei & Sontionax.
Sonthonax vous diti enfuite que nous avons me ici
nous eullions demande leur mife hots de la loi. Je que me. --- Page 294 ---
29e
rappélle que , ros-potésieuremett, quand nous vinmés
teiter contre le traité avec TAngleterre, il fut
propofe T
mettre > enfuite de cette proteftation, une demande 'de mife
hors de la loi contre Polverel & Sonthonax, attendu qu'ils
n'avoient pas obéi au décret, & qu'ils paroiffoient voulcir
fe fouftraire à celui lancé contre eux. Voila,je crois, les
morifs. Sonthonax vous dit qu'il produira la pétition ; alors il
en doanera lecture > & vous verrez les motifs qui ont
déterminé certe demande : mais quant à nous, à cette
eft infiniment éloignée de celle où ils ont bié
EOE
cretés que qui d'accufation loin de demander leur mife hors de
,
vienla loi, commne vous le voyez d'après les notes qui
nent d'être lues, nous demandions qu'ils vinilent ici avec
les papiers à charge & à décharge. Cela' ne s'appelle pas
demander que ces hommes foient rais hors de la loi. Il
n'y auroit aucun rapport entre une pareille demande & celle
de mife hors delal loi. Ce n'eft donc pas dufait de Page & de
Brulley ; mais il eft poflible que les colons, dans le fentiment qu'ils avoient des maux que ces hommes cnt caufés
à Saint Domingue, dans un moment d'explofion > aient
demandé la mife hors de la loi, & qu'ils l'aient confignéo
dans une pétition. Cela peut être.
Vereuil: Je me fouviens de l'avoir demandée.
Sonthonax : Page & Brulley l'ont demandée, cela fera
facile à prouver. Je demande l'ordre du jour. Je prouvetai
par la fuite, non-feule-nent qu'ils ont demandé notre mife
hors de la loi dans leur pétition, mais qu'ils l'ont demandée
encore par des notès remifes au comité de falut public. Mefure très-commode, comme je l'ai obfervé.
les
Duny : Je vais plus loin : je dis que leurs forfaits
mettent encore aujourd'hui hors de la loi vis-à-vis de tous
les colons : fi nous, n'attendions
juftice de l'autorité
nationale > nous nous la ferions felers il y a long-temps.
Larchevc/que-Thibead : Avant que les débats s'entament
fur l'ordre du jour 3 je vous prie de me permettre une pro-"
pofirion relative à l'ordre du jour. En affiftant aux débats
de la féance d'hier, j'ai vu que la difcuflion rouloit actuellement fur Férat de l'efprit public qui régnoit à Saint-Domingue antérieurement: tal'arrivée de Polverel 8c Sonthonaz'
-temps.
Larchevc/que-Thibead : Avant que les débats s'entament
fur l'ordre du jour 3 je vous prie de me permettre une pro-"
pofirion relative à l'ordre du jour. En affiftant aux débats
de la féance d'hier, j'ai vu que la difcuflion rouloit actuellement fur Férat de l'efprit public qui régnoit à Saint-Domingue antérieurement: tal'arrivée de Polverel 8c Sonthonaz' --- Page 295 ---
dans cetteifle:à cette occafion.jedemanide: avanttour
thonax foit tenu de repréfenter fans
que Sonont été extraites de mon cabinet, & délaitoutes les pièces qui
de la levée des fcellés appofés fur apportées chez lui lors
cabiner, au Cap. Il eft bon,
mes papiers dans mon
la faveur de cette opération citoyens, que vous fachiez qu'à
fouftrait
> Sonthonax n'a rien moins
que 254 pièces, autant du moins
en
juger par le nombre d'alphabets dont les qu'on
peut
coter les mèmes pièces. C'elt
lettres fervent a
d'après ce nombre
la que levée mon des repréfentant au Cap, ,en) préfence de qui d'alphabets s'eft faite
dans
fcellés, a ljuge
deux boites dé fer-blanc 9
lelquelles ces pièces ont Dec mifes, >
I25 pièces, & l'autre 129, ce qui fait un contenoient, total de
lune
demande que Sonthonax: foit tenu de
254. Je
pour que l'examen en foit fait en ma repréfenter ces pièces 9
cet examen, & après que vous aurez préfence gardé celles ; afin qui qu'après
paroitront nécelfaires pour Téclaircifiement des
vous
comme originaux de celles dont Sonthonax
faits, foit
France de prétendues copies, foit à tout autre a envoyé en'
cédant me foit rendu, comme étant ma
titre, i'éxdeux boites de ferl blanc qui les contiennent, propriété, avec les
les euls effets que j'aurai fauvés du mobilier &qui j'avois feronti
Cap. Mon intérét, citoyens, à la remife que que je demande. au
. -
- e
.
Le préfident : Il ne peut s'agir de cela en ce
n'as été admis hier aux
moment. Ta:
fion, que pour y aflifter féances, fans intervertir par un arrêté de la commiffion. Lordre des débats actuels eft l'ordre de la difcuf
gnoit à Saint-Domingue avant l'arrivée l'efpric de public qui réthonax. Quand il en fera
Polverel & SonLa commiflion alors
temps > til feras ta réclamarion.
quant à préfent la difcuflion ftatuera ce qu'elle jugera convenable;
va continuer.
(Larderefgpe-Thhami parole, Le
infifte plufieurs fois pour avoir la:
préfiden:la luiefule & le rappelle
Forché ( de Nantes), repréfintant
cal'ordre.)
tion par écrit.
dapeuple : Fais ta pétiPolyerel: Ce quePage vous a dit fur
de Saint-Domingue avec la
larmparadelscolomis
vous ai déjà dit de l'efprit public métropole de la colonie > confirme & de ce que jer
blée coloniale fur ces mêmes rapports ; il n'infirme en l'affemque j'ai pu dire, car il s'eft retranché à dire
cela n'avoit rien ce
que
éfintant
cal'ordre.)
tion par écrit.
dapeuple : Fais ta pétiPolyerel: Ce quePage vous a dit fur
de Saint-Domingue avec la
larmparadelscolomis
vous ai déjà dit de l'efprit public métropole de la colonie > confirme & de ce que jer
blée coloniale fur ces mêmes rapports ; il n'infirme en l'affemque j'ai pu dire, car il s'eft retranché à dire
cela n'avoit rien ce
que --- Page 296 ---
292.
rien de criminel i que les solons , quel'alfemblée coloniale 3
que les commillaires de lallembiée pouvoient manifefter
leurs rrincipes & leurs prétentions fans crime. Mais comme
jai déclaré perpétucllenment que je ne prérendois pas incri-'
miner , que je ne (uis pas accufateur, queje me renfermerai"
ftuétement dans le cercle des opinions, des fentimens &
de l'efprit public, dansla queftion entin, qui eft de conftater
cet elprit public 2 je conclus que, d'un côté, ce que le
citoyen Pagea dit ne combat nalbomenr,mais,au contraire,'
vient à Tappui de ce que j'ai dit. Ii ne me reftel, for cette
partie de la difcullion, qu'un dernier coup de crayon à
donner, : pour achever l'elquilfe que je vous ai préfenrée ;
c'eft relauvement à Taccueil que lafieniblée colonile préparcit aux délégués de ia nation fouveraine. Citoyens 2 qu'on
nous ait préparé on fait un mauvais accueil, je n'ex fuis pas
étonné 5 car nous étions porteurs d'ordres Qui blefloienr tous'
les préjugés, tous les prétendus intérêts, toutes les facticns
qui divilcient Saine-Domingse.
Polverel de-déThomas Miliet: Je vous prie d'interpeller
elarer & de-dire quel eft le mauvais accueil-qu'on lui a fait'
à Suint-Domiogue,
annoncé
entrer 'ans la
Polverel: Je vous ai
que j'allois
difcuflion de ce fait, & vous m'interpellez! ! eh, je vais le déelarer 5 mais fachez qu'un an auparayant 1 lorique l'arrivée
prochaine de Mirbeck, Roune & Saint-Léger fut annoncée
dans la colonie 7 quoique leurpréfence dit être bien moins
redoutable à l'aflemblée coloniale (parce que ces commiffaires civils éroient invefiis de pouvoirs beaucoup moins
étendus
les nôtres, &c parce que, d'un. autre côté, la
colonie Senir à craindre d'eux antre chofe que le décret
du 15 mai, qui n'accordoit les droits polisiques qu'à une
très-petite portion des hommes de couleur); quoique leur
prélence, dis-je, dût êtce beaucoup noins reduutable à la)
coicnie que la nôtre, cependame loriqu'on annonce cette
arrivée prochtine, dis les premiers inftans de la formation
de Faflemblée coloniale à Saint-Domingus, > voici quelles
font les mefures que cette affemblée prend contre les mêmes
commiffaires: elie arrête de fe trantporter & de fe réunit
au Capi; relle nomme des commiffaires pour préparer ce
raffemblement; 5 & voici la million exprelle qu'elle donne à
ses mémes commiflaircs.
ame loriqu'on annonce cette
arrivée prochtine, dis les premiers inftans de la formation
de Faflemblée coloniale à Saint-Domingus, > voici quelles
font les mefures que cette affemblée prend contre les mêmes
commiffaires: elie arrête de fe trantporter & de fe réunit
au Capi; relle nomme des commiffaires pour préparer ce
raffemblement; 5 & voici la million exprelle qu'elle donne à
ses mémes commiflaircs. --- Page 297 ---
Brulley : Je vous prie d'interpeller Polverel de diré
à produire contre moi des écrits qui atteftent
s'ila
Tennenai de la colonie, & que jai déclaré
que je fuis:
pas faire partie de la France.
qu'elle ne devoit
Le préfident: : Ce n'eft pas là l'ordre de la difcuflion.
Bratey: : Cela eft dans T'ordre 5 je vois qu'il a fini cette
partie. J al été vivement irculpé hierà la Convention.
Lc préfid nt: : La parole eft à Polverel.
Bralley : Je me réferve de répondre, & de faire une interpellation.
Le préfident : Tu l'auras après ; elle eft à Polverel:
(Polyerel lit : )
Extrait du procès-verbal des féances de l'affemblée générale
de la partie françaife deSt-Iomningue, du IO aoit 1791.
Arrété de l'afemblée coloniale fier les comiffaires civils: ::
i7
a Un membre a repréfen:é le danger de l'arrivée des
eommillaires civils au Cap > avant que l'affemblée
fur'
réunie.
sy
> Après différentes motions & obfervations fur cet objet,
l'allemblée a adopté & rendu l'arrêté fuivant :
>) L'affemblée a arrété & arrète que, dans le cas ol
eommillaires civils qui font annoncés,
les'
avant le 25 de ce mois 2 elle aurorife 3 les arriveroient huit
au Cap'
deftinés à y difpofer fon inft:llation 2
commiffaires
les autres membresde l'aflemblée quis'y font conjointement rendus, à avee'
en fon nom, les commilfaires civils de ne mettre à exécu- prier,
tion aucun point de leur million, qu'après la réunion.de
l'affemblée dans la ville du Cap.
93 Et dans le cas oix les commi(faires civils ne fe rendroiene
point all veu des commiffaires delaffenlilée 6 des autres
tés, elle les autorife fe concerteravec Laljerablic
depies
du
prendre touies les réfolutions néce(uires provirciale dans. Is
circonfances
J
RedLOTEr
Vous fentez 2 citoyens, quelles étoient les mefures
huit comniffaires étoient chargés de prendre, dans cuel'ec le cas
le cas oix les commi(faires civils ne fe rendroiene
point all veu des commiffaires delaffenlilée 6 des autres
tés, elle les autorife fe concerteravec Laljerablic
depies
du
prendre touies les réfolutions néce(uires provirciale dans. Is
circonfances
J
RedLOTEr
Vous fentez 2 citoyens, quelles étoient les mefures
huit comniffaires étoient chargés de prendre, dans cuel'ec le cas --- Page 298 ---
où les commiffaires civils n'auroient pas égard à la réquifition
qui leur feroit faire de fufpendre toutes leurs opérations
julqu'a la réunion de T'aflemblée ccloniale au Cap. C'étoit
nécefiairement des mefures hoftiles; car des melures quidevoient fe concerter entre les commiffaires de l'atiemblée &
les autres corporations du Cap, dans le cas du refus des
commillaires civils de fufpendre leurs opérations jufqu'à la
réunion de l'affemblée coloniale, ne pouvoient étre que des
mefures hoftiles . . . -
car ici
L Page: Préfident : une interpellarion s je vous prie ; des
c'eft un 1 fait bien grave. Polverel a-t-il connoilfance le
infructions dennées par cette même aflembiée coloniale,
27 feptembre de la même année > aux commilisires,quelle
envoyoit près la Convention nationale :
de l'arrèté du
14 Polyerel: Non 5 je n'ai connoiliance que
mois d'août 1791. lavoit connoifance de ces inftrucions,
Page : SiPolverel
tire.
il n'en auroit pas tiré les inductions qu'il cn
Ilatiroit
vu, article 3: les cemmifjaires demanderont 2 l'elfemblée nationale de voaloir bien hàter l'envoi des décrets relatifs aux
colenies, qui n'yfone pas encore parvenus efjicicliements, de ainfe ces
que le depart des conmiflaires ciyils quiferont cule 8 porteurs da mois d'août
décrets- Je penfe que di,ie 20,lero
1791, l'affemblée celoniale avoit envoyé des commifiaites
au Cap, afin de prendre, de concert avec l'affemblée provinciaie du Nord, des mefures hofliles contre les commiffaires civils, le 27 feptembre, d'ell-a-dire, un nois après,
eile n'auroit pas enzoyé des cominiffaires près l'aflemblée
nationale, pour prefer le départ & Yenvoi des décrets nationaux, & fur-tout poui prier l'affemblée de hâter le départ
des cenamiflaires quiferoientp porreurs de ces décrets.
Poirerui: Votre arrêté du 27 feptembre ne peut pas em-.
pècher qie T'arrètédu paodt n exific.Je laiffe à la commifion
3 pefer & à apprécier les conféquences quii réfultent de cet
arrêté du tO acàr.
Polverel annonce
les mefures
Vernexil: Le citoyen
être que des mefures
prifes
les commillaires ne pcuvoient
que
TALET Je Tinterpelle moi, de déclarer quelles éicient ces
mefures hoftiles. Qu'il en produife les preuves; ou bien, tout
ce qu'ila dit n'efl qu'tin tiffa de menfonges.
Polyerel:
conféquences quii réfultent de cet
arrêté du tO acàr.
Polverel annonce
les mefures
Vernexil: Le citoyen
être que des mefures
prifes
les commillaires ne pcuvoient
que
TALET Je Tinterpelle moi, de déclarer quelles éicient ces
mefures hoftiles. Qu'il en produife les preuves; ou bien, tout
ce qu'ila dit n'efl qu'tin tiffa de menfonges.
Polyerel: --- Page 299 ---
Polverel: Les commiffaires civils arrivèrent plus
n'étoient attendus. Ils porrèrent dans lacclonie
tard qu'ils
les plus paciliques, les plus amicales, ks feules les difpofitions
les lmires dans lefquelles leurs pouvoirs éoien méme que
par la loi du premier février pouvoient leur
circonfcrits
gré cela, & piobablemenr à caufe de cela permestre. Malà elluyer beaticoup, de difficul.és, de
môme, ils curent
dégoits. Pour favoir julqu'à quel point conridictions Tatlemblée ' & de
porta fon refpect, je dirai micux, fes
cclsniale
pour les délégués de la narion
détérences, fes ésards
je jufqu'a quel point d'indéeence francaile; fes procédés pour favoir, disil faudroit que vous entendilliezles commiflaires- furcnep portés,
beck, Roume & Saint-Léger; il faudroit du civils Mirvous Frilliez connoiffance des compres rendus.à moins que
nationale par les commillires-civils Roune
l'afiembléc
vous y verriez que les mangwemens, & je & Sainc-Léger;
volte obligérent Mirbeck &
dirai plus la réque Roume quiy refta, fur Sainr-Léger à fuir la celonie;
longatiou de fa réfidence à pendant Sain:- tout le temps de la profubjugué, & toujours Iinfrumencimrolenare Domingue baffoué ou
coloniale
de
ou de Planchelande.
l'aflemblée
jai Verneuil: faite.
Ce n'eit pas là répondre à lincerpellation que
-.
Polverel: Jen'y réponds point.
Brulley : Je vais moi vous faire une
quelle je vous prie de répondre. Jedemand inrerpellation rai
à lafemblée coloniale fut couflituée en majorité, quel jour l'afPolverel: Je n'ai poin: parle de
J'ai parlé de l'aflemblée tenue à Léogans. majorité ou de minorité,
Bralley: Vous avez mis en rarallile deux
mois d'août, un autre du mois de fep-embre. arrétés, un du
que T'affemblée coloniale ne s'eit fu riéo en majorité Or, je déclare
24 eft feprembre; que par con. éqoungloréé du
que le
cel i auquel on doir prmcip lemne ajourer 27 foi, iep. embre
qu'clors (erlement elle étoit en majorité.
parce
en fournit la preuve.
Son procès-verbal
Polvrel: Jevous laille la carrière libre pour tirer en votre
Tome II.
Ying:ième liyvriaifon.
T
it fu riéo en majorité Or, je déclare
24 eft feprembre; que par con. éqoungloréé du
que le
cel i auquel on doir prmcip lemne ajourer 27 foi, iep. embre
qu'clors (erlement elle étoit en majorité.
parce
en fournit la preuve.
Son procès-verbal
Polvrel: Jevous laille la carrière libre pour tirer en votre
Tome II.
Ying:ième liyvriaifon.
T --- Page 300 ---
faveur toutes les inductions qu'il vous plaira de votre arrêté
mais l'arrèté du mois d'anûr tient toujours.
du RLES feptembre; Je demanderai l'impreflion de cet arrêté aux débats,
afin que lon puiffe juger de fon efprit.
Le préfident:, Tout ce qui eft lu ou dit teft imprimé.
Th. Millet: L'organe de Tefprit public de Saine-Domingue coloniale.
devoit être fans doute le préfident life de le laffemblée dilcours du préfidens,
Ehbien,je demande que Polverel
à Y'arrivée des commiflaires.
Nous devions préPolvercl: Je n'ai garde d'y plus manquer. odieux à la colonie, que les
fenter un afpect beaucoup
nous
commifaires-civils qui nous ont précédés, l'allemblée parce
regarloi
RCSE,
étions portei urs de cette Aufli, que commença-t-on par corrompre
doit comme fi funelte.
du
Dans Tune
l'opinion publique dans les gazettes de la partie pays. françaife de
d'elles, dans le Moriteur général 1792, on dit:
Saint-Domingue, du jeudi 21 juin
deftinés
< Leroiz aufli nommé lcs trois commiffiures-civils
pour Sain:-Domingue.
ancien avocat au parlement
9> Le premier eft M. Polverel, Clavière.
de Paris, préfenté par M.
M. de la
>> Le fecond eft M. Sonthonax, préfenté par
Flanière, beau-frère de M. Briffor 93,
on nous anDe manière que, dès ce premicr lcs moment, les créatures
noncoit dans la eolcnie, comme regardés protégas, comme les plus grands
des deux hommes de Fiance que tous deux étoient amis des
ennemis dela colonie; parie
Scrit en faveur de la liberté
que. tous deux avoient
noirs > parce
& del'égalire.
note-là?"
Sénac: De quielt cette
Moniteur.
Polverel: Je Tignore; ; elle eft dansle
Sénac: Le nom de l'auteur?
Polvercl: Eft-ce que je connois vos auteurs?
Sénac : Quia figné l'article?
vous renvoye
Polverel: Voyez le Moniteur. Je ne puis
qu'à cela.
ie; parie
Scrit en faveur de la liberté
que. tous deux avoient
noirs > parce
& del'égalire.
note-là?"
Sénac: De quielt cette
Moniteur.
Polverel: Je Tignore; ; elle eft dansle
Sénac: Le nom de l'auteur?
Polvercl: Eft-ce que je connois vos auteurs?
Sénac : Quia figné l'article?
vous renvoye
Polverel: Voyez le Moniteur. Je ne puis
qu'à cela. --- Page 301 ---
Le préfident : Continue la difcullion.
Polyerel: On employa enfuite un autre moyen de
ruption de l'opinion publique. On écrivit un
corde lettres contre nous dans la colonie, & contre grand les nombre
tions dont nous étions cenfés
inftrucfeins préfumés funeftes à la colonie. porteurs, > & contre nos defVous vous rappelez la lettre de
n'alloit pas moins qu'à comfeiller à l'allemblée Coignacmion. Celui-la
nous faire atrêter, & de renvoyer jufques hors coloniale des
de
quemens, les citoyens-foldats patriotes qui nous débowgnoient.
accompaDuny : Plàt à Dieu qu'on l'eût fait!
Polyerel continuc : D'un autre côté, Page &
moient l'affemblée coloniale de défiance contre Brulley arfeule raifon que nous étions, difoienz-ils, des nous, commillaires par la
jacobites.
Duny : Des aflaflins!
Polverel: Citoyen-préfident, je vous prie de vouloir bien
impofer filence aux citoyens colons , & fur-rout à lun
qui ne cefle, même dans votre fein > de proférer à d'eux,
in.tant les horreurs les plus abominables.
chaque
Lc préfident : Continue.
Polverel: Pendant que l'on écrivoit à
contre
un
Saint-Domingue
nous, repréfentant du peuple me dit un
étoit chargé par Moreau Saint-Méti, de m'exhorter foir, à abdi- qu'il
Queclamiondent/ents, chargés quelesplus grands malheurs
m'y attendoient; qu'en débarquant je ferois infailliblemen:
pendu ou allafliné; qu'ilétoit parti plus de quatre cents lettres
contre nous pour Saine-Domingue.
Je répondis à eet avis que l'on n'avoit en effet d'autre
moyen den m'empècher de remplir ma miflion, que de m'affalliner ou de m'empoitonner 5 mais
cette crainte
m empicheroirpuademen charger, & AT la
ne
bout.
remplir juiqu'au
Le citoyen qui me donna cet avis, je vais le
quoique je fache le danger qu'ily a de faire connoitre nommer, J
vance aux citoyens colons les hommes qui peuvent nuire d'a- à
leur fyftême : mais je fuis fàr de lincorruptibilité du témoin
T a
de m'affalliner ou de m'empoitonner 5 mais
cette crainte
m empicheroirpuademen charger, & AT la
ne
bout.
remplir juiqu'au
Le citoyen qui me donna cet avis, je vais le
quoique je fache le danger qu'ily a de faire connoitre nommer, J
vance aux citoyens colons les hommes qui peuvent nuire d'a- à
leur fyftême : mais je fuis fàr de lincorruptibilité du témoin
T a --- Page 302 ---
dontje parle; & quoique depuis mon retour je ne lui aie pas
demondé s'ilfe fouvenoit de notre converfatien,Tefpere qu'il
s'en fouviendra; ceft le citoyen Laignelot.
Séncc: Ils ont fait aflalliner fon frère.
Polverel: On parlera des prétendus affallinats quand il en
fera temps.
Onap prétendu quel'ennons: avoit fait, en arrivant à SaintDomingue, un acéueil qui démentoit tous les prépararifs
qu'on nous avoit fait craindre. Cet acceuil, citoyens, a cOllffé, d'une part, dans lu députa icn envoyée en merau devant d4e nous, & de Taurre, dans le difcours prononcé alorsl'affem- lors
de notre indallacien,par Daugy, qui prélidoit
blée ccloniale.Si lescolons veulen: qu'on jugeleurs-afiections
leur cérémonial , nous pourrions dire qu'ils ont eu un
par peu plus. d'affection pour Angleierre que pourla accueil France; irèscar une année auparavant ils avoient fait un
frédiftingué au commodore Afleck, qui venoit avec réclamés trois à
gates leur apporrer les fecours quils avoient
de la
Edouerd, préfident du comi.é de correfpondance
Jamaiques ils écrivirent des lettres rès-afectueules, pleines de la
de témoignages de reconnoillance au gonverneur
Jamaique > & à ce miniftre Pitt dont ils prétendent. que
Ils n'oublièrent pas d'y faire mention
nous fommes lesragens.
Mais mettons le cérémonial
tris-honorable du roi Georges.
à part, & apprécions en elles-mêmes ces deux cirçonftances.
On a envoyé une députation en mer au devant de nous:
c'est vrai; mais vous allez voir, dans l'arrêté par lequel voici? on
nomma cette dépucation, quels en étoit les motifs, les
Moniteur général de la partie françaife de Saint-Domingue, du vendredi 14 feptembre 1792.
Arrêté de Laferablée colonials ,relarifa la dépssazion envoyée
en mer al devant des commiffaires civils.
inftruite
une note officielle de M. le
C L'affemblée >
par
de l'arrivée très-prolieutenant au gouvernement général, de MM. les commiflaires
chaine du nouveau gouverneur,
ation, quels en étoit les motifs, les
Moniteur général de la partie françaife de Saint-Domingue, du vendredi 14 feptembre 1792.
Arrêté de Laferablée colonials ,relarifa la dépssazion envoyée
en mer al devant des commiffaires civils.
inftruite
une note officielle de M. le
C L'affemblée >
par
de l'arrivée très-prolieutenant au gouvernement général, de MM. les commiflaires
chaine du nouveau gouverneur, --- Page 303 ---
nationaux civils, de l'arrivée d'un avifo qui porte le
fecrétaire de la commiflion';
> Confidérant qu'il eft effen:iel que M. le gouverneur
& MM. les commillaires nationaux civils, foient
du's véritable état de Saint-Domingue > pour être à méme inftruits de
remplir la milfion importante qui leur efé confiée;
33 Confidérant que MM.les commiffaires, abufés en France
Jir les di/peftions des citoyens de Saint domingue > ont
concevoir des préventions gai efi important de dilfiper; Px
Confidérant gu'ilef également important de les corvaincre
de la parfaice Joumifton des colons de Saint-Domingne, a la
loi du 4 avril de L'empreffement avec lequel ils Jont attendus,
de la Jatisjaition avec laquelle ils feront recus > & d:s
rances
/
epéquc les colons de Saini-Domingue fondent furleur pa
trotifme:
>> A arrèré & arrête
trcis. commiffaires pris dans fon
fcin feront envoyés fur 925 bâtiment de T'état que doir
dier M. le lieutenant au gouvernement genéral, au devant expéde M. le gouverneur, > & de MM. les commiffaires nationaux
civils, à l'effet de remplir cette miffion.
>7 Et procédant à la nomination de ces commiffaires, l'af
femblée a' nommé MM. Raboteau, Jouette 8c Depons. >>
Il réfulte de cet arrêté, citoyens, que le véritable
de la députation étoit de nous donner des inftructions objet fur
les difpolitions de l'aflemblée coloniale, & fur les
tions que nous pouvions avoir contre elle, c'eft-à-dire, préven- de
nous tromper fur le véritable état de la colonie de SaintDomingue, de nous tendre un piége en nous préfentant le
beaucôré de l'arrèté du 27 mai &c des deuxarrètés
afin
fubfequens,
de foutirer de nous d'avance, avant que nous cullions
reçu des renfeignemens, > un figne d'approbation de leur
conduite. Nous ne domâmes pas dans le piége : à la
mière lecture de ces arrêtés, nous eli jugeâmes le
prenous le
vice,de
déclarâmes franchement à bord mênie de l'América fur lequel ils vinrent nous voir. Ce premier piége
n'ayant par réuffi, l'affemblée coloniale nous en tendit un
autre qui étoit uil peu plus perfide. C'eft dans le famout
T 3
ation de leur
conduite. Nous ne domâmes pas dans le piége : à la
mière lecture de ces arrêtés, nous eli jugeâmes le
prenous le
vice,de
déclarâmes franchement à bord mênie de l'América fur lequel ils vinrent nous voir. Ce premier piége
n'ayant par réuffi, l'affemblée coloniale nous en tendit un
autre qui étoit uil peu plus perfide. C'eft dans le famout
T 3 --- Page 304 ---
difcours du préfident de l'affemblée coloniale; qu'on vous a
dit être une preuvedu bon accueil qu'on nous a fait. Rien
n'avoir annoncé à la colonie de Saint-Domingue que nous
euflions des inftructions fecrètes pour proclamer la liberté
générale des efclaves; il étoit même impolible, par la nature des chofes, que nous euflions des inftructions fecrètes
fur cet objet. Nous ne. pouvions avoir fur une matière
àufli importante que des inftructions conformes à la loi,
fondées fur la To. or, il étoit impollible qu'il exiftât une
loi qui ne fit pas publique, puilqu'elles étoient toutes délibérées pabliquement. Eh bien! malgré cette impollibilité
évidente d'inftructions fecrètes pour la liberté des efclaves,
& l'impoffibilité plus pofirive encore de notre part de donner cette liberté fans une loi à cette égard, on nous fait
un difcours de réception qui foule aniquement fur la ruppolition que nous fommes porreurs d'inftructions fecrètes
pour donner la liberté aux elclaves; & ce difcours eft
noncé en préfence de tout le peuple de la ville du
E
allemblé dans l'églife pour aflifter à notre infallation: ; c'eft-àdire que, dès le moment de notre arrivée à la colonie, on
nous préfente au peuple comme les ennemis de la colonie,
comme des hommes qui viennent pour anéantir toutes les
propriétés (car les hommes à cette époque étoient aufli
des propriétés ) On crie haro fur nous, on provoque toute
forte d'hoftilités contre nous. Ce devoit être le réfultat
inévitable du difcours promoncé par le préfident de l'affemblée coloniale.
Il lit :
Difcours de M. Daugy, préfident de Lallemblée coloniale,
dans la féance publique, tous les corps réunis,le 20 feptembre 1791 3 jour de l'infallation ds MM. les commi(aires
nationaux civils, 6 de M. le poegmgr-dsmarpend
des iles françaifes de PÉmérigse fous le vent.
e MM. les commiffaires nationaux civils délégués par le
roi aux iles françaifes de P'Amérique fous le vent >
* La diétature qui vous eft confiée par le roi des Fran-
féance publique, tous les corps réunis,le 20 feptembre 1791 3 jour de l'infallation ds MM. les commi(aires
nationaux civils, 6 de M. le poegmgr-dsmarpend
des iles françaifes de PÉmérigse fous le vent.
e MM. les commiffaires nationaux civils délégués par le
roi aux iles françaifes de P'Amérique fous le vent >
* La diétature qui vous eft confiée par le roi des Fran- --- Page 305 ---
3ei
nous garantit la cerritude où étoit fa majefté de votre
gais, attachement à la conftitution, & de la fincérité de vos voeux
le falut de cette importante fection de l'empire. Vous
pour
mefiieurs, avec le repréfentant du roi, &
y coopérerez,
la conftitution françaife, fans comprovous maintiendrez
mettre la bafe de notre exiftence.
le vafe
>> Nous (ommes, dans vos mains, comme c'eft donc d'argile aufli
que vous pouvez brifer à l'inftant même;
Vinftant, & peut-être le feul, de vous faire connoitre une
vérité importante, mal connue de meflieurs les commiffaires nationaux civils vos prédécelfeurs. T'Affemblée confti-
>> Cette vérité - fentie à la fin par de culture à Sainttuante, c'eft qu'il ne
point yavoir
été chercher
Domingue fans Tctter c'eft qu'onn'a point
& acheter à la côte d'Afrique cinq cent mille fauvages
efclaves pour les introduire dans la colonie en, qualité &c
au titre de citoyens français; c'eftque leur fubfiftance comme
avec l'exiftence de
libres y eft phyliqnement incompanble
VOS frères eutopéens.
mefieurs,
les
>) Déterminés que vous feriez, >
, d'après à
inftrudtions dont vous pouvez être porteurs, , déterminés
faire perdre àla métropole le produit de nos cultures,. cette
fource G féconde de richelles & de puillance, plurôt que
de fouffrir des efclaves dans ces contrées, vous ne pourriezau moins, fans joindre à l'injuftice la plus criante une
barbarie féroce & homicide, vous difpenfer de reporter ces
efclaves au lieu où les ont pris VOS frères européens: car
enfn nos terres font un genre de propriété qui apparemment n'a rien d'incompaible avec la conflicurion fraunçaifes
& perfonne ne peut nous impofer la loi d'y fouffrir des
êtres que la liberté meneroit tout de fuite au vagabondage,
au pillage, aux dévaftations & aux affaflinats.
nationale conftituante nous
>) Voilà pourquoi l'Afémblée
adélégué, par la loi conftirutionnelle du 28 feptenbre 1791,
le pouvoir légiflatif fur ce qui concerne l'état des perionnes non libres. Cette difpoftion de la loi conftitutionnelle
n'ayant encote reçu aucune atteinte de la part de l'aflemblée nationale légillative , nous avons ufé du droir qui nous
étoit conféré : nous avons déclaré, par un décret du mois
de juin dernier, que l'efclavage des noirs étoit irrévorable
T 4
nelle du 28 feptenbre 1791,
le pouvoir légiflatif fur ce qui concerne l'état des perionnes non libres. Cette difpoftion de la loi conftitutionnelle
n'ayant encote reçu aucune atteinte de la part de l'aflemblée nationale légillative , nous avons ufé du droir qui nous
étoit conféré : nous avons déclaré, par un décret du mois
de juin dernier, que l'efclavage des noirs étoit irrévorable
T 4 --- Page 306 ---
ment maintenu dans les colonies. Ce décret a été porté à
la fanétion immédiare du roi, par trois commiffairés pris
dans le fein de Tallemblée; ils fc font rendus en France,
& l cclonie atiend journ.llement la fanétion inévitable
de ce décret.
3 Vous allez matcher, meflieurs, entre deux écueils
également funefbes: les ennemis de la confticution, c'eft-àdire, les hommes intére ffès à maintenir les anciens abus,
vous diront que les maux de la colonie prennent leur fource
dans l'érablifemient des corps populaires;, qu'adapter à
Saint-Domingue la conftitution françaife, c'eft arborer l'étendard dela révolre contre le. gouvernement; & que nos
nègres fe régénèrent aufli en fe révolrant à leur tour contre
leurs maîtres. Tout cela n'ett que perfidie ou ineptie.
>> Nous fommss-Feanatss quoique réfidant à SaintDomingur, 2 à quinze cents lieues de la mérropole, & féparés
d'elle par TOcéan, nous devons jouir de la conftitution
françaile, avec les modificarions que nos localirés exigent.
C'eft vous dire que 2 d'une parr',il nous faut des officiers
municipaux &june aflemblée permanente de fes repréfentans, & que, d'un autre cbé, l'efclavage des noirs doit
être maintenu, autant Four leur intérêt perfonnel
la confervation, de la. culture &
la sûreté
aer
pour
ESas
maitres.
s> Achetés à la côte d'Afrique, &c introduits aux Antilles
les nègres ny éprouvent qu'un changement tout à leur avantage, dans la fervitude à liquelle ils font devoués, par le
fenlfait de leur naiflance; lcar efclavage originel eft même
déja adouci dans Jeur propre pays, par lintérêt de ceux qui
fepropofenr deles vendre iciaux commerçans européens; diftribués enfuite & répartis fur les érablilfenens en culrare,
ils y trouvent une nouvelle garantie dans l'intérêt de leurs
maitres, à les ménager & à les conferver; ils y deviendroient
les plus malhéurenx, les plus miférables de tous les hommes,
s'il X ét ient abandonnés à eux-mèmes; cette vérité, déja
conftarée par l'expérience d'un fècle, l'eft bien plus encore
par les maux fans nombre dont ils font accablés dans leur
érat aétuel de révolte. Vous ne tarderez pas, Mellieurs, à
en être inflruits.
2 Il réfulte de là que la bafe des lois réglementaires, au
iendroient
les plus malhéurenx, les plus miférables de tous les hommes,
s'il X ét ient abandonnés à eux-mèmes; cette vérité, déja
conftarée par l'expérience d'un fècle, l'eft bien plus encore
par les maux fans nombre dont ils font accablés dans leur
érat aétuel de révolte. Vous ne tarderez pas, Mellieurs, à
en être inflruits.
2 Il réfulte de là que la bafe des lois réglementaires, au --- Page 307 ---
fujet des efclaves, doit être de leur procurer malgré cux la
fomme de bonheur dont ils font fufceptibles, en échange du
travailmodéré auquel on les affujétit. A cet égard,
la colonie n'a henreufement dautre mefure à prendre Mcllieurs,
d'ériger en loi ce qu'un ufage général a déja confacré, depuis que
long-temps, pour la conduire & le régime des ateliers; mais
le maintien de cette loi tutélaire des efclaves ne peut être
eficacement confié qu'aux cultivateurs eux - mêmes,
nellement intéreffès à la furveillance en cette partie. perfon- La loi
manqueroit fon but, fi entrel le maitre & T'efclave celui-cientrevoyoit une autorité érrangère capable dele fouftraire à colle
du propriéraire : ileft contrel'effence delafervitude des
contre leur bonbeur, , conrre. leur sûreté, de porter la noirs, plus
légère atteinte au bienfafant empire du cultivateur, en failant
intervenir, 3 comme cela ne s'eft vu que trop fouvent, les
indiferètes difpolitions du gouvernement, ou les formes des
tribunaux de juftice. Ce n'eft enfin qu'à la partie faine, &
par conféquent à la prefque totaliré des
doit accorder une forte de juridiction fraternelle culrivaseurs, qu'on'
tenir fans ceffe dans de juftes bornes les maitres capcbles pour con- de
compromettre l'intérêt général & la stircté commune, par des
excès de févérité ou de foiblefle cnvers leurs efclaves.
33 Vos prédéceffeurs, Mellieurs, faute de commonications
aflez fréquentes, allez in-imes avec l'aflemblée des repréfentans de la colonie, Ont méconnu & contrarié ces
par des conférences & des conventions particulières & principes focrètes
entre eux & les efclaves révol és.
>> Ceg genre de proprieré, entreles mains du
eft & doit être tell menti indépendanc de toute autorité' cukivateur, étrangère & nen intéreflée, quel'affemblée coloniale,
de
reconnoifl nce pour le roi des Français,
pénérrée
à fonr repréfenrant unp amnifieen
loriqu'iladrefloir ici
s'eft attribué à elle feule la difpenfati Cordnsbunveiomabor il d'une grace
effeclivement ne devoit émaner que des repréfentans de Puni- qui
verfalité des rropriéraires. La colonie entitre, qui vousparle
aujourd'hui par notre organe 5 vous prie, Meflicurs, de
prendre ces principes, ces bafes, dans la plus haute confidérarion; nous trahirions nos confiruans, nos fermens &
nos devoirs, fi nous ne vous tenions ce langage, au
inftant où nous avonsle bonheur de vous poileder & de premier
entretenic,
vou;
éfentans de Puni- qui
verfalité des rropriéraires. La colonie entitre, qui vousparle
aujourd'hui par notre organe 5 vous prie, Meflicurs, de
prendre ces principes, ces bafes, dans la plus haute confidérarion; nous trahirions nos confiruans, nos fermens &
nos devoirs, fi nous ne vous tenions ce langage, au
inftant où nous avonsle bonheur de vous poileder & de premier
entretenic,
vou; --- Page 308 ---
95 Sans doute, Mellieurs, vous êtes déja informés, par les
commillaires, que l'affemblée coloniale a envoyés en mer, audevant de vous, de tout ce qu'elle a fait pour ne laiffer
aucun doute fur fa parfaite foumiflion à la loi du 4. avril
dernier, en faveur des hommes de couleur & nègres libres;
nous vous en réitérons l'allurance, en vous priant de prendre
cette
vous - mêmes lcs melures les plus promptes pour
la loi.
claffe de citoyens jouiffe conftamment du bénéfice at
>5 Nous avons été calomniés, nous nous attendiens à l'être,
& nous fentions que c'eft un fort rélervé aux affemblées cOloniales de ja partie françaife de Saint - Domingue, où tant
de perfonnes font intéreflées au maintien des anciens abus
que ces aifeinblées fonta appelées à dérruire : on a été jufqu'a
nous imputer, à nous propriétajres, 3 les défaftres de la COlonie; & à ce fujet peur êtte n'ètes-vous pas vous - mèmes
fans quelque prévention défavorable à notre égard: tant
mieux, notre juftification n'en fera
plus éclatante, puifque fans deute vous nous jugerez quE nos ceuvres, & que
les autres feront jugés de même. Le compte de notre conduite
eft tout prèt; nous le devons à nos conftituans, nous vous
le devons à vous - mêmes, Meflieurs, & nous vous prions
d'indiquer le moment le plus prochain où vous pourrez l'entendre. Cherchez, démaiquez les vrais coupables 5 c'eft un
des principaux devoirs que vous impofe l'Aflemblée nationale; vous fervirez auffi cette malheureufe colonie en le rempliffant promptement.
Vous avez néznmoins de grandes lumières à acquérir
encore à ce fujet, dans la réduction des efclaves révolrés,
c'eft -2 à - dire, 3 dans les déclaracions que feront leurs chefs.
Ainfi, Mellieurs, pour fauver la colonie & poir la
,
nous vous
en fon nom, & avec inflance,
rePT8CA
quérir M. le prions gouverneur ,
général de déployer, fans délai,
contreles nègres en révoke, lesforces qui font à fa difpofition.
>5 Au refte, Meflieurs, la confiance que vous nous avez
infpirée eft fans bornes, comme les pouvoirs dont vous étes
inveftis
l'Allemblée nationale & par le choix du rci des
par
Français. Polverel : Je ne fuivrai pas les fophifimes dont ce difcours
eft plein,
juftifier l'efclavage, & même pour prouver
le
des efclaves, leur fouverain bonheur, confifte
guc
Eer
5 Au refte, Meflieurs, la confiance que vous nous avez
infpirée eft fans bornes, comme les pouvoirs dont vous étes
inveftis
l'Allemblée nationale & par le choix du rci des
par
Français. Polverel : Je ne fuivrai pas les fophifimes dont ce difcours
eft plein,
juftifier l'efclavage, & même pour prouver
le
des efclaves, leur fouverain bonheur, confifte
guc
Eer --- Page 309 ---
à n'avoir aucune ioi proteftrice entr'eux & leurs maitres : s
à êtte fous l'empire arbitraire de leurs maitres, fans que les
tribunaux puiffentvenir àl leur fecours. Cen'eftp pas lemoment
de difcuter cette queftion; elle efto depuis long-temps jugée 2uX
des
elle eft jugée heureufement & irréyeux vocablement philofophes, par la Convention nationale: mais je ne cefferai
de m'étonner que fans.avoir aucun fondement qui puiffe faire
foupçonner à V'aflemblée coloniale que nous étions porteurs
d'initructions fecrères pour prononcer la liberté des eiclares,
avecla cerritude méme qu'it étoit impoflible que nous fuflions
porteurs de pareils ordres; je ne cefferai, dis-je,, jamais de
métonner que faflemblée coloniale ait fait cette (uppofition
évidemment: faulle, qu'elle aic
texte preique unique
du difcours de fon préfident, BE" RUtr de notre inftallation,
de nous fuppofer ce deffain & ces inftructions de la part de
ètre le bus de cette conduite,
nos commertans. celui d'armer Quel pouvoit contre nous tous ies habitans de la 1
colonie, autre que dès l'inftant même de notre arrivée? Encore une
fois, comme je ne fuis p2s accufateur, je neschercherai pas
à apprécier cet acte aux yeux de la loi; je m' abftiendrai
même de le qualifer en morale; mais en politique, je
& je dois dire que c'eft le chef-d'ceuvre du
EES-REE
& que jamais Tibère ni Louis XI n'ont mieux fait Je
palfe
Le préfident : Il parcit que Page veut parler. fur Roume &
Page : C'elt
je vois fuir la difcufion vient de dire
Saint-Léger; il RAre effentiel que je relève ce que
&
Polverela ce fujet. Polverel combine toujours fes intérêts
ceux de fon collègue, avec les intérêts de fes prédécelleurs; été
leur caufe eft pourtant différente. Il vous a dit qu'ils ont
fort mal accueillis à leur arrivée' par l'ailemblée colonial
Polverel : Ce n'eft pas à leur arrivée.
Page : Puifqu'il a appelé le témoignage des opinions individuelles Thomas Millet .
: J'ai demandé la parole là-deffus.
Page : Je parcourrai toutesles époques. Comme Polverel,
dis-je, a invoqué le témoignage des opinions individuelles,
je crois devoir faire connoûtre la mienne, parce qu'elle caradérife l'efpri: public, puifque l'arrèté a été ptis conformément à mon opinion, & eR fecond lieu, parce qu'elle
ée.
Page : Puifqu'il a appelé le témoignage des opinions individuelles Thomas Millet .
: J'ai demandé la parole là-deffus.
Page : Je parcourrai toutesles époques. Comme Polverel,
dis-je, a invoqué le témoignage des opinions individuelles,
je crois devoir faire connoûtre la mienne, parce qu'elle caradérife l'efpri: public, puifque l'arrèté a été ptis conformément à mon opinion, & eR fecond lieu, parce qu'elle --- Page 310 ---
détruit tout ce que Polverel a dit contre moi. Voici mon
opinion.
Il lit: cc Difcours de Page fur la place que devoient OCeuper les commiffaires 2 léance du 30 novembre 1791 *,
Page: Le préopinant a dit tout ce
falloit pour me
convaincre, que MM. les commiffaires
doivent occuper
aMi
la droite de M. le préfident: : ils font commis par la nation,
elle-même & le roi a été chargé de les déléguer; ils repréfentent donc ici & la nation & le roi lui-mème : fous ces
premiers. rapporrs ils doivent être tout au moins à la droite
de M. le prefident, & fur la même eftrade.
>> S'ils font venus pour établirl l'ordre, ils ont donc le droit
de prononcer entre ceux qui pourroient le troubler; ils ont
conféquemment le droit de les punir
la loi, fi le gouverneur général & les repréfentans R Saint - Domingue
diflidoient entr'eux, dans Texercice de leurs fonctions, nul
doute que MM. les commiffaires civils ne puiffent, ail nom
de la loi,.e en fufpendre l'exercice : une commiflion, revètue
de tels pouvoirs, ne peut rien trouver au - deffus d'elle;
chacuns des membres qui la compolent, confidérés individuellement, font fubordonnés aux pouvoirs qui régiffent la
colonie; mais la commillion elle-même doit marcher entr'eux;
& je propofe que (ur la même eftrade MM. les commillaires
nationaux foient placés à la droite de M. le prélident, &
M. le général à la droite des commiflaires.
35 Je fuis bien éloigné de vouloir qu'on les confulte à cet
effet, çomme quelqu'un l'a déja propofé : c'eft à nous à
manifelteràl la nation, dans la perfonne de (es commiflaires,
le refpect que nous avons pour elle; & le placement
j'indique fera lemblème de l'union de la France & de P:
colonie >,
Signé, PAGE.
Vous- voyez, ciroyens, quel étoit, à cette. époque, le
refpedt profond que Ton avoit pour les commiflaires civils;
l'allemblée coloniale étoit elle-mème f pénétrée de ce refpect
& du plailir qu'elle avoit de recevoir des commiffaires de
commiflaires,
le refpect que nous avons pour elle; & le placement
j'indique fera lemblème de l'union de la France & de P:
colonie >,
Signé, PAGE.
Vous- voyez, ciroyens, quel étoit, à cette. époque, le
refpedt profond que Ton avoit pour les commiflaires civils;
l'allemblée coloniale étoit elle-mème f pénétrée de ce refpect
& du plailir qu'elle avoit de recevoir des commiffaires de --- Page 311 ---
h nation dans fon fein, qu'elle dit, fur la motion d'un
membre.
Il lit :
Arrêté de l'affemblée coloniale 3 fur Parriyée des
commifaires.
Séance du 28 Novembre 1791.
ec Sur la'motion d' un membre, l'affemblée arrête
pour
répandre, avec célérité, > dans toute la colonie, la
ARCLRONE
confolanre del'arrivée des commiffaires nationaux choifis par
le roi, le Paquebot deftiné pour le Port-au-Prince, qui eft
fur fon départ, s'arrètera au Port-de - Paix, chargé d'une
lettre d'avis pour la municipalité de ladite ville, & d'une
autre lettre d'avis que ladite municipalité fera chargée d'expédier , fans délai, par un exprès > & par terre, à toutes
les. municipalités & corps populaires de la route, jufqu'au
Port-au-Prince; qu'auflitor après la remife faire par le capitaine du
des paquets deftinés pour le Port-dePaix, il continuera Lareaa route jufqu'au lieu de fa deftination.
>, Arrête en outre qu'il fera remis une pareille lettre d'avis
au capitaine Barabé partant demain pour Saint-Marc, pour
la remife en ètre par lui faite à la municipaliré dudit lieu
à fon' arrivée > &c. 9,
Le refte de T'arrèté eft une férie des moyens pour preffer
au plutô: l'arrivée confolante de MM. Mirbeck,Roume &c
Saint Léger, commiflaires nationaux: : tout cela vous caractérife parfaitement,, que les individus qui compoloient l'affemblée, & l'affemblée elle - même avoient conçu le
plaifir de l'arrivée des commifaires, & s'étoient
e
grand
de répandre, comme une mefure très- utile, la nouvelle
confolante, dit-elle, de leur arrivée dans la colonie. Polverel
a inculpé fortement l'allemblée coloniale quant à fes intentions 5 il a dit qu'elle avoit envoyé devers lui & fon
collègue, afin de les féduire &c de les gagner. Ce n'étoit
nullement les intentions de l'affemblée coloniale; elle favoit
par les inftructions qui Jeur avoient été données par
Sul Capet; ils devoienteux, Polverel& Sonthonax, ayoir
elle, de leur arrivée dans la colonie. Polverel
a inculpé fortement l'allemblée coloniale quant à fes intentions 5 il a dit qu'elle avoit envoyé devers lui & fon
collègue, afin de les féduire &c de les gagner. Ce n'étoit
nullement les intentions de l'affemblée coloniale; elle favoit
par les inftructions qui Jeur avoient été données par
Sul Capet; ils devoienteux, Polverel& Sonthonax, ayoir --- Page 312 ---
3cS
pris des préventions contre l'affemblée coloniale; car, dans
cef inftructions que j'ai lues, Louis Capet incrimine cette
ailemblée, il la repréfente comme oppofée à fes volontés;
Gc Vinterpelle ici Polverel & Sonthonax de dire fi effectivenjent, dans lesinfrudtions quileur ont été données, onn'a
pas repréfenté cette affemblée comme un compofé de fé-.
ditieux.
Polverel: : Je répondrai que ces inftructions ont été rédigées
un des meilleurs amis des colons , par l'ex- miniftre
TLaR qui, je crois, à cette époque, étoit encore colon,
S9 qui avoit été pendant fort long-temps député de la COlonie de Saint-Do.mingue en France.
Sonthonax : Je ne me rappelle pas dans ce moment le
contenu des inftrudtions: ; peais ce n'étoient pas les inftructions
elles-mêmes qui nous donnoient des prévenrions défavorables
contre les affemblees coloniales, c'eft P'Aflemblée légiflative
eile-meme, qui, par fon décret du 22 juin, avoit pris des
mefures contre la fédition pellible des aflemblées coloniales.
La féance eft levée.
Le regifre des préfences efl nigné: J. PH. GARRAN, D
LECOINTE ( des Deux- Sevres), fecrétaire 5
ol. FoucHi (de Nantes), PAYRE, CASTILHON.
affemblees coloniales, c'eft P'Aflemblée légiflative
eile-meme, qui, par fon décret du 22 juin, avoit pris des
mefures contre la fédition pellible des aflemblées coloniales.
La féance eft levée.
Le regifre des préfences efl nigné: J. PH. GARRAN, D
LECOINTE ( des Deux- Sevres), fecrétaire 5
ol. FoucHi (de Nantes), PAYRE, CASTILHON. --- Page 313 ---
Du 3 Ventôfe, Pan troifième de la Répablique françaife,
une & indivifible.
LA féance eft ouverte par la lecture du procès-verbal de
la féance de la veille : la rédaction eft adoptée.
Lc préfident : Voici un paquet adreflé aux
du
compofant la commiffion des colonies, en
rerfmea
C'elt peuple un imprimé intitulé : A Dufay qui prétend cacomme s'il
l'être. 11
fignature de
Moenee f
lomnié,
pouvoit de
(. En s'adrefant
Brulley 5 commiflaire
Saint-Domingue. eft-ce toi
à Brulley) : Eft-ce là ta fignature, citoyen
qui l'a adreffé à la commillion.
Brulley : Oui.
?
Le préfdent : Veux-tu en figner un exemplaire
Brulley Duny : figne. Ceft moi qui ai écrit I'adreffe ; je vais la fignet.
(11 Lecointe figne fur ( ioeth. membre de commiflion ) : Je demande que la
pièce foit paraphée,
ou la pièce eft relative aux
débars, ou elle ne 1REA pas. GMET elie a rapport aux débats,
il fast qu'il foit contaté qu'elle devoit être lue en féance ;
ou finon, la commillion verra la mefure ultérieure qu'elle
a à prendre.
mefure vous prendrez; mais je
Brulley : J'ignore quelle
vous ai vu lire ici, citoyens, un écrit par lequel Dufay fous
m'a calomnié. Je crois avoir le droit de vous mettre
les yeux ma réponfe : voilà mon droit & mon titre, parçe
que je fuis Français.
La commillion fe retite pour délibérer.
La commiffion rentrée >
Le préfident : ss La commifion, confidérant
les décrets
de la Convention & les arrêtés de la
portent
eaetisder
J'ignore quelle
vous ai vu lire ici, citoyens, un écrit par lequel Dufay fous
m'a calomnié. Je crois avoir le droit de vous mettre
les yeux ma réponfe : voilà mon droit & mon titre, parçe
que je fuis Français.
La commillion fe retite pour délibérer.
La commiffion rentrée >
Le préfident : ss La commifion, confidérant
les décrets
de la Convention & les arrêtés de la
portent
eaetisder --- Page 314 ---
31a
que los débats ne peuvent avoir lieu qu'entre les accufés &
les accufateus, palfe à l'ordre du jour: La commiflion a'
arrèré en outre que, pour prévenir à lavenir que I'on
s'écarte de la décence dins les débats, quia été peu obfervée jufqu'a ce jour, elle infcrira au procès-verbal, avec
cenfure, celui qui s'en écarcera, en fe permettant des ex-,
pretlions injurieufes. 29
Sonthonax : Je demande la parole.
Brulley :Je I'avois demandée dès hier pour parler fur un
fait.
Le
: Vous l'aurez tour-à-tour; il ne s'agit que
de la Sften
Sonthonax : Hier, dans la chaleur de la difcuffion, il
m'eft échappé de dire que , lors de notre arreftation à Jacmel; il y avoit eu des procès-verbaux d'inventaire des.papiers foilis à la commiflion civile. Je déclare qu'il n'y a
point e de procès-verbaux d'invenraire, ni d'inventaire des
papiers faifis à la commiflion civile 5 parce qu'il auroit été
impofible de concilier la mefure de l'inyentaire avec la
promptitude de l'exécution de l'ordre du comité de faluc
public; car l'inventaire eût duré au moins trois mois, &c
il étoit certainenent contre l'intention de la Convention &c
du comité que nous reftallions trois mois de plus dans,la cOlonie, fans objer, parce que fon intention étoit de nous faire
venir promprement en France pour êrrè jugés. Voilà ce que
j'avois à dire, & je renouvelle la déclaration qu'il n'y a
jamais eu d'inventaire, & que ce mot m'eft échappé.
5 Polverel: Citoyens, c'elt pour une addition très-courte à
ce que vient de dire Senthonax, que je demande la parole,
La longueur de l'inventaire ne fut pas le feul miorif qui
empècha le conmandant de la corvette de faire l'inva ntaire
far les lieux. Il fenroit le danger qu'auroir fur les licux la
publicité de notre arreftation, > & qu'il étoit impoflible de
faire un inventaire fur les lieux fans rendre notre arreftation
publique. Cefutlalep ptincipal motif qui le détermina, & cui
doit avoir été configné dans les proces-verbaux remis parle
commandant de la corvette au comité de falut public.
Th. Millet : L'écrit qui vient de vous être didribué, &
qui a donné lieu à une explication qui a été inférée au
journal des débats -
Le préfdent:
qu'il étoit impoflible de
faire un inventaire fur les lieux fans rendre notre arreftation
publique. Cefutlalep ptincipal motif qui le détermina, & cui
doit avoir été configné dans les proces-verbaux remis parle
commandant de la corvette au comité de falut public.
Th. Millet : L'écrit qui vient de vous être didribué, &
qui a donné lieu à une explication qui a été inférée au
journal des débats -
Le préfdent: --- Page 315 ---
Le préfideni : II lie peut être élevé de difcuflion fur un
objet fur leguel la cummillion vient de patèr à l'ordre du
jour.
Thomas Millet : Cet érrit, ciroyen-prétilent, fe termine
de la part de moi collègue Prulicy par uil défi formel fait
au citoyen Dulay, > tant en fon nci qu'en celuide: fescollegues .
.
Le prefident : Nous ne pouvons rien entindte ici qui
concerne un reprélenran: dipeuplseu une penonne abiente.
La commiffion a palfe 2 Tordre dajour.
Th. Milict : Je voulois déclarer quej'adhère à la fignature
de mon collègue.
Page: Nous adhérons tous.
Brulley : Si 12 debars s'ouvrent, je réclame la parcle que
j'avois denandée bier.
Th. Millet : Il clt fort douloureux pour nous d'avoir à
faire des réclamarions (ur des ereurs qui fe trouvent dans
le journai des debars : je dis douloureus, parce que jufqu'a
préfent eiles fe trouvent à no.re préjudice. Jeivois dans un
écrit qui a été cité & lu,je crois > par Polverel, porrant
pour titre : Litire des colons, datée de Verjailles.
Sonthonax : C'eft moi.
Thomas Miller : Je demande comment il fe fair qu'une
pièce citée par Senthonax foir citée certifice par moi?
Sonthonax : Je vais vous le dire. L'écritque jai produit,
& fur lequel il y a une erreur de date que je releverai
tour-à-l'heure > eft extrait de-la correlpondanice de Raymond;
& je l'ai nommé & indiqué dans le temps. Raimond a les
originaux; Rammond a ciré dans l'écrit que je produis, intitule Corre/pondanse de Reymond, a cité la certincation de
Millet. Je ne fais pas ficelt Jeah-Baptifte Millercu Thomas
Miller,, car il y en a deux; inais ce quily a de sûr, c'eft
qu'on n'a copié que ce que j'ai lu.
Thomas Millet : Je déclare qre ni Jean-Bapaifte Millet,
mon frère, qui a été membre de l'allemblée coioniale de
Saint-Lomingue, ni moi, ne fignons de méme : lun liene
Jean-Bapaifte Miller, & l'autre Thomas Miller. Je paile à
une autre chofe. Je vois, citoyens, à li page 1a8y-fy
vois que Sonthonax, après de grandes réclamations centre
les colons pour ne pas aveir acculé Cadufch, pourlui avoir
TomeI1. Vingt-unième liyraifon.
V
bre de l'allemblée coioniale de
Saint-Lomingue, ni moi, ne fignons de méme : lun liene
Jean-Bapaifte Miller, & l'autre Thomas Miller. Je paile à
une autre chofe. Je vois, citoyens, à li page 1a8y-fy
vois que Sonthonax, après de grandes réclamations centre
les colons pour ne pas aveir acculé Cadufch, pourlui avoir
TomeI1. Vingt-unième liyraifon.
V --- Page 316 ---
accordé deux fois la préfidence, cite une pièce dans laquelle je yois trois faux.
Sonthonax : Citoyens, c'eft une erreur.
Millet : Je demande à achever. Je vois d'abord que l'on
accole Cadufch, préfident, avec Brulley: > vice - préfident.
D'abord, Cadufch n'a pas été préfident avec Brulley, vicepréfident.
Drulley : Jamais je n'ai été officier de l'affemblée CO*
loni..le.
Thomas Millet : Enfaite, on y accole Thomas Millet
comme fecrétire, & ileft très-certain que Thomas Millet,
dans l'affemblée coloniale féante au Cap, n'a jamais été
officier, reifqu'il n'y a eu que voie confultative : voilà
donc trois fanx dans ce fair. Je trouve u1 quatrième faux
commis pour nous accoler, moi, & Brulley ici préfent,
avec Cadufch & Gau, connus pour être devenus, depuis
leur voyage en France, les Robefpierre de l'aflemblée coJoniale. ila pris fa citarion dans un aéte de l'affemblée généraie de Saint-Marc, tandis sue la cocarde noire n'a été
donnée qu'à l'aflemblée coloniale au Cap. Lorfque Sonthonax, en votre préfence, ofe avancer des faux,je vous
demande CA qu'il a fait à Soint-Domingue?
Lecointe (membre de la commillion): Dans quelle page
fe trouve la pièce contre laquelle vous réclamez?
Thomas Millet. : La voici.
Sonthonax : Si Thomas Millet m'eêt laifle prendre la
parole d'abord, il auroit vu que j'allois réclamer contre ce
faux. Je n'ai pas lu la pièce qui fe trouve à la page 128,
fous le titre d'Extrait des afiches américaines, daté de St.-
Marc. Elle ne peut y être que par etreur de copifte.
Lecointe ( membre de la commillion): Ou par la vôtre,
fi vous avez mis une aceolade. . . .
Sonthonax. : Jen'ai pu mettre une accolade, parce que je
ne l'ai lue aux débats. Si je l'avois lue, Thomas Millet
& Brulley qui en ont été rémoins, auroient tres- cerlainement réclamé; car cela ne leur auroit pas échappe.
Th. Millet : Ce précifément parce qu'elle na pas été
lue. o
Sonthonax: Ce n'eft pas tout. J'ai fi peu prononcé cela
ici, qu'il n'a jamais été queftion, dans les débats pour
pu mettre une accolade, parce que je
ne l'ai lue aux débats. Si je l'avois lue, Thomas Millet
& Brulley qui en ont été rémoins, auroient tres- cerlainement réclamé; car cela ne leur auroit pas échappe.
Th. Millet : Ce précifément parce qu'elle na pas été
lue. o
Sonthonax: Ce n'eft pas tout. J'ai fi peu prononcé cela
ici, qu'il n'a jamais été queftion, dans les débats pour --- Page 317 ---
Cadufch, que de fa double préfidence dans l'affemblée COloniale formée à Léogane. Je n'aurois pas pu argumenter
d'une adrefle de Saint-Marc, pour prouver qu'il avoit été
deux fois prélident de T'affemblée formée à L.éogane ; car
dans la pièce citée alors, il ne s'agit que de T'allemblée
générale de Saint-Marc. Ce n'eft pas tout. C'eft qu'il eft
impollible que, dans cet endroit, j'aie jamais rien lu de
femblable, > puifqu'après. avoir cité ce pallage des affiches
américaines, je pars de là par une interjection 1, & je dis:
Quoi'lor/que Gauvin effaçoit les mots facrés, LA NATION,
LA LOI, &c., il eft bien facile de voir que cette exclamation ne peut tomber que fur la citation relative à Gauvin.
Au lieu de cette citation des affiches américaines, j'ai au
contraire cité un faitrelatifà Gauvin, fe trouve page 127,
extrait d'un ouvrage de Page, dont T relu l'alinéa. Au
momnent où j'ai fait T'exclamation, j'ai lu: Alors furent ef
facés par les foins de Gauvin, négociant au Cap, 2 > ces mots
Facrés , LA NATION, 3 LA
ornoient le temple oik
fc réuniffoit l'afemblée coloniale.
fur cet alinéa que je
Ea
fuis parti par une interjection, & quej'ai dit: Quoillor/que
Gauvin efacoit les mots facrés, LA NATION, LA LOI,
&c. C'elt donc par une erreur de copiftes que l'on a inféré un fait totalement étranger à la difcuflion qui fe faifoit
alors, parfaitemen: étranger aux deux préidences de Cadufch, & à l'affemblé: coloniale de Lécgane dont il eft
queftion. Il' eft bien aifé de réparer cette erreur. Il n'y a
qu'à mettre à la tête du numéro prochain un errata : cet
errata eft d'autant plus néceffaire qu'ily a des fautes & des
inex-éitudes qui ne font
au défavantage des colons >
mais au mien, & dont HS Millet n'a pas parlé, parce
qu'il ne doit pas plaider ma caufe.
Page demande la parole fur le même objet.
Lepréfident à Sonthonax : As-tu fini?
Sonthonas: Oui, fur la page 128.
Page : Ce que vient de dire Sonthonax me prouve qu'il a
fait un cinquième faux : le voici, Il vous dic que
Cadufch avoit éré deux feis Fréfident de PRUE
prouver femblée que coloniale féante au Cap, il n'auroit pas confilé
les regiftres de Saint-Marc : mais vous avez dà obferver 1
citoyens > que Sonthonax fait ici un quatre & cinquième
V 2
Sonthonas: Oui, fur la page 128.
Page : Ce que vient de dire Sonthonax me prouve qu'il a
fait un cinquième faux : le voici, Il vous dic que
Cadufch avoit éré deux feis Fréfident de PRUE
prouver femblée que coloniale féante au Cap, il n'auroit pas confilé
les regiftres de Saint-Marc : mais vous avez dà obferver 1
citoyens > que Sonthonax fait ici un quatre & cinquième
V 2 --- Page 318 ---
faux, qui annoncent la perfidie, parce qu'il fc garde bien
de dire de quelle année eft T'extrait qu'il ciie ici. Ilv vous dit,
Alfiches americaines, du 20 juin : mais il'ne dit pas fic'eft
de 90 ou de 92, parce que l'aflemblée de Saint- Marc
s'ltoit formée en 1790, & celle du Cap en 1791. Ainfi,
cette omiffion de la date préfixe de l'année indique Tofitivement que Sonthonax avoit bien l'intention de tromper
ceux qui lc liroient, en laiffant ignorer l'epoque préfixe de
l'annéc dans l'affiche américaine.
Brulley : J'obferve que le copifte a dû copier la lettre; 5
elle fe trouve dans les Affiches américaines, & les journaux
mettent la date.
Sonthonax : Il eft impoflible d'inculper mes intentions fur
cet arucle, car j'allois moi-même relever cette erreur. Quelle
pouvoit être mon intention, en fourniffant au copifte une
pièce que je n'avois pas lue dans les débats? Je vous déclare
que je ne l'ai pas fournie. Il fe pourroit que j'eufle donné
au copifte une gazette où fe trouvoit cela, mais jamais je
n'ai dit au copifte: Copiez cela. Pour prouver la chof
cela cft fi peu dans mes intentions, que cela tourneroit conire
moi. Il ne sy agit que delr'aflemblée de Saint-Marc; & ne
voulant pas accoler ce qui eft relatifà l'affemblée coloniale
forméc à Léogane > à ce qui eft relatif à l'affemblée de
Saint-Marc, le faux feroit évidemment contre inoi; & c'eit
juftement pour cela que j'ai demandé la parole pour redtifier
cette erreur. A quei bon interrompre fans celle les débats
pour faire naitre des incidens, des interpellations inutiles
& minutieufes? On ne dira pas aujourd'lini que c'eft nous
qui prolengeons les débats. Sans ceffe vous parlez de faux;
vous dites que tout le monde confpire centre vous, & c'eft
vous qui confpirez fans ceffe contre la tranquillité des débats,
contre la brièveré des débats. Voili ce que favois à dire fur
cet article. Je prie qu'il me foit permis de paller à la page 3, >
pour relever wile inexaétitude qui m'eft défavorable,
Th. Millet : Je demande à répliquer à ceci. 11 eft trèsévident que la pièce n'a pas été lee, & qu'cllea été inférée,
& que ceux qui la liron: Cil tireront des inductions défavorables." J'en concleds que le fauixa été commis avec intention
& mis dans une intention perfide, d'autant mieux qu'ilya
faux dans la date & dans la pièce.
3, >
pour relever wile inexaétitude qui m'eft défavorable,
Th. Millet : Je demande à répliquer à ceci. 11 eft trèsévident que la pièce n'a pas été lee, & qu'cllea été inférée,
& que ceux qui la liron: Cil tireront des inductions défavorables." J'en concleds que le fauixa été commis avec intention
& mis dans une intention perfide, d'autant mieux qu'ilya
faux dans la date & dans la pièce. --- Page 319 ---
: Brulley: : Je prie le préfident d'interpeller Sonthonax, pour
qu'il réponde pour
pièce ila remis celle-ci.
Sonthonas : Je
fais ricn, je n'ai pas la
ari
gazeire ici.
Bralley : C'eft qu'il n'y a aucune pièce dans les afliches
américaines, qui levienne à ceci: donc ceci a eté lait à
di flein.
Polverel:Je dois faire ici une obforvation. Le citoyen
Brulley fe trompe très-fort quand il dit qu'il n'ya. ancune
pièce tirée des affichés américnines, qui ait étér remife & lue,
& qui ait été copiée. J'en ai la & remis, & qui probablenent feront impriniécs.
Brulley: Froit-ce dans cette féance? ?
Polverel:Je n'en fais rien;je n'ai pas lu encore la troifitme
féancé.
Lecointe (membre de la commiflion ) : Ily a ici une cbfervation à faire. Il faur que Sonthonax dife quelle autre citation il a faite, &: quelle eft la pi.ce qu'il faut mettre à la
place de celle qui ne devoir pas érrei imprimée, parce
mettra certe ciration à la tee des débats, en
qu'on
ce
indiquant que
qui a été mis l'a éré par erreur.
Sonthonax: C'eft jufte. Page 128, a haut de lapage, il
ya: (Ii lit.) Placex ici la picce med-d-propos citée à l
128. D'aberd, je déclare Gueje n'ai jamais rien lu de lem- puge
blable. Voici ce quej'ai la politivement, qui elt extrait de
la page 127: : Alors furent elfieés par les foins de Gauvin,
12 gociant a Caps les mots LA NATION, LA LOI,, qri
ornoient le temple oi Je réunifoir Lalfemblée coloniale. Voili
ce qu'on devreir lire, voilà ce qu'il falloit mettre : de Ih
je paffe à linterje.tion. C'eft cet alinéa, compofe de trois
lignes, qu'ilfaut motreàla place des Afiches américaines.
Sur la page III ilya dos inexactitudes qui fon: à mon
préjudice, & Jes voici. Lorfque la Conventicn a décrété
les débers, elle a voulu qu'ils fullent tellement figurés,
qu'on pût mettre tousles repréfentans & ceux qui lircicn:
lcs débats à portée de s'infruire fir les affaires coloniales,.
julqu'ici très- embrouillées. Lorfqu'à la huiième ligne,
page III, ily a: (Il lir.) I! n'ya pas ce que je lis,
de renvoià ce que Jailn. Cette omifion doit embarintler pain:
le lecteur C:l le repréfentant du peuple, ou tout autre lecteur qui a en main les débats. Il mie femble qu'il auroir
V 3
lcs débats à portée de s'infruire fir les affaires coloniales,.
julqu'ici très- embrouillées. Lorfqu'à la huiième ligne,
page III, ily a: (Il lir.) I! n'ya pas ce que je lis,
de renvoià ce que Jailn. Cette omifion doit embarintler pain:
le lecteur C:l le repréfentant du peuple, ou tout autre lecteur qui a en main les débats. Il mie femble qu'il auroir
V 3 --- Page 320 ---
fillu, pour être exaét, mettre ce que j'ai lu ou renvoyé au
cinquième confidérant; car c'eft clui-] là que Jai lu. Enfuite, ily a: Etrange abus des mots , &cc. C'elt fur le cinquième confidérant que j'ai fait cette réflexion. Il faut dire
de même dans la même
, à l'article oà l'on dit: II lit
un autre confidérant, fans Pine quel coniidérant. Il faudroit
indiquer ou bien renvoyer au foptième confidérant; car c'eft
le feptième confidérant qu'il faut lire pour fuivre les inductions que j'en tire. A la page 112, ily a : IL lit: Tout
décrit.
e Iln'eft pas exact de dire
Illie:
Tout décret, par les raifons que j'ai déja fimplement, dites. Il falloit
tranfcrire le confdérant en entier ou renvoyer au
celt le huidième quie j'ai lu. Il faur dire: Il lit confidérant: le huitieme
confiderant. Alors, on verroit ce que j'ai la, & le lecteur
feroit à même de voir f j'ai tiré de vraies ou de faulfes
confequences. Dans la méme page, il ya a : Tout aile du
corps legifarif: c'eft dans la même page. Il me femble,
plus grande exactitade, qu'il faudroit mettre : Il lit
IL; car c'eit
TOtLIt
l'article II du difpofirif du décret du
28 mai
je lus alors. Voil, ciroyens, les obfervations
que ASI à faire pour l'exaétirude des débats. Il eft facile
da les réparer. A la-Gn de la féance, d'accord avec les COlons, on pourra rédiger un Errata qui fera mis à la tête
du premier numéro qui fera imprimé,
Lecointe ( membre de la commifion des colonies): Ce
qui fe pafle dans ce moment prouve d'une manière trèsévidente la juftelle des rematcues qu'on a déja faites,
c'eft-à-dire, que lorqu'en difeurant on lit une citation 2
qu'on fair une réflexion, qu'on lit enfuite une citation, il
eft impofible aux rackigraphes, il eft impoflible aux COpiftes & à la perfonne qui dirige Timprelion, de s'y reconnoitre. Cette obfervation a été déja faite, & trouvée
jufte. Il ne doit point y avoir d'Errata autre que celui relaurà la fauffe ciration, & nous devons terminer par renouveler aux parties l'invitarion qui leur a déja été faite,
de ne Foint mêler des réflexions avec des cirations. Il.eft
aifé de lire une citation en entier, & de faire enfuite toutes
les obfervations qu'elle peut faire naître. Je demande,
mettre plus d'ordre dans Fimprelfion, pour qu'ily y ait pour plus
d'ordre dansles copies, & que celui qui les a données s'y
à la fauffe ciration, & nous devons terminer par renouveler aux parties l'invitarion qui leur a déja été faite,
de ne Foint mêler des réflexions avec des cirations. Il.eft
aifé de lire une citation en entier, & de faire enfuite toutes
les obfervations qu'elle peut faire naître. Je demande,
mettre plus d'ordre dans Fimprelfion, pour qu'ily y ait pour plus
d'ordre dansles copies, & que celui qui les a données s'y --- Page 321 ---
seconnoiffe, que le préfident commonique l'arrèré
a
été pris à cet égard, à ceux qui font aux débats; que qui les
copies foient repréfentées à CCux qui auront fait les citations, afin qu'ils les fignent, & qu'il n'y ait rlus de
verfation. lly auroit peur-être un moyen d'exécurer rergi- cet
arrèté. On avoit demands que quiconque auroi: fait une
citation fûc tenu d'en apporter le lendemain des coptes fignées de lui, & je demande, moi, que la commiflion s'en
tienne à cette melure. Alors, il n'yaura plus de tergiverfation, plus de difliculrés, plus" d'inculpations, & les chofes
en feront plus méthodiques.
Polverel : Je demande la parole fur ce qu'a dit le ciroyen
Lecointe,
Duny : Nous fommes fans argent.
Lecointe : Il ne faut que de T'enere & du papier.
Lepréfident : Il me femble qu'il eft facile de tout concilier.
On fera copier les pièces ici, & le lendemain ceux
auront fait les cirations, figneront les copies.
qui
Polverel: Je demande à faire une oblervation.
Le prefident : La commiflion a arrêté que pour éviter les
erreurs dans les copies de pièces ou parties de pièces
feroient lues par Fune ou l'autre des parties J los
feroient fignées par elles,
avoir
De
après
été collationnées &
remifes enfuite dans cet état à la commiflion.
Polverel: Je demande la parole fur une obfervation du
ciroyen Lecointe. Je' 'conviens qu'il feroit impoffible de faire
des copies exactes, ,1 fi l'on croifoit la lecture par des réflexions
incidentes; mais je crois que cette obferv ition ne peut
s'appliquer qu'à la première leéture de la pièce, carilarrive
nécelfairement tous les jours que; pour développer lesréHexions qui naifient de la pièce qu' on a lue, > 011 reprend les
divers articles à l'appui du raifonnement, ou des conféquences qu'on en tire.
Lecointe, membre de la commiffion : Il y, a une manière
fimple d'éviter ceti inconvénient: c'eft que, lorfqu'on voudra
difcuter une pièce par parrie, il faut prier les citoyens tachygraphes de prendre la difcuflion, comme la déjà fait le
ciroyen Erulley.
Sonthonax: : La commifion ne fatue rien fur les omiflions
que f'ai relevées 2
y 4
équences qu'on en tire.
Lecointe, membre de la commiffion : Il y, a une manière
fimple d'éviter ceti inconvénient: c'eft que, lorfqu'on voudra
difcuter une pièce par parrie, il faut prier les citoyens tachygraphes de prendre la difcuflion, comme la déjà fait le
ciroyen Erulley.
Sonthonax: : La commifion ne fatue rien fur les omiflions
que f'ai relevées 2
y 4 --- Page 322 ---
Lc préfident : La réclamation eft confarée dans lcs débats
datjoutalui, & veila rout ierrara que Ton peut faire.
Verneril: Page 100, on ne vous agas dit tour ce qu'ily
avoit a dire. Sonthonax a cinl unele.ede Ra: mond. Cete
letare porte cn tire: Letire des colons fonfignés. Dansi l'onvrage de Raymad,y a tous lus noms de ceuix qui ont
appo:é leur lignauire. Je vois avcc furprite qu'il n'y ena
aucun.
Lwelateprgtdfnpant du peuple: Si ellcs n'ont pas été lues :
Verneuil: Lles Y'ont ére.
Sonthonax : C'eft vrai.
Vernexl: Cc qui eft une, très grande infidélité. Sonthonax
a dunné aufli la iecture de la letire de MM. les colans
réunis à Thôtel de Malliac, aux dépurés extraordinaites du
coinmerce du II février 1792 : page IIS, Sonthonax vous
a lu la plus grande partie des. fignatures qui étoien: au bas
de cette lettre : c'eft le citoyen pretident qui la interrorapu,
en lui difan : S'Hy en a encore beaucomps. il de inutile.de
les lire, on les umprimera.
L: préfident : Jen'ai pas dit: on les imprimera, cn n'imprime que ce qui eft lu.
Verne.il: Si vous n'aviez pas interrompu lai lecure des
nois.
Lc préfident : Jen'ai pas dit cela.
Verneail: Ma mémoire Feut me tromper 5 mais mon obfervation eft faite.L'écrir pore:Nous avons Thonneurderc,
éc., figné les commifaires riunis aikeeld. Maffiac, Sans
aucune
C'eft d'autan: plus pcrfidesque deux pages
après,
parle de Pace & Brulicy, &i ill les accule
E8aah
avec les membres de fnorel Mafliac ; en ne metrant pas les
fignarures de ceux qui cnt figné,c'eit fcire croire que Tage
& Brulley éroient du nombre de ceux qui, ont figné ceite
adrefles que P'age & Erelley étoient delhotel de Maliac:
ce qui eft abfelunent faux.
Sonthonax : In'y a pas eu de fignatures lucs apris la
lettre de Thorel Mafliac.
Verneuit: Ily en a cu.
Sonthoni: In'y en2 pas Ou: je vais rétablir les faits.
Le ci-pyen Verneuil di: que j'ai lu des fignatures au bas
d'une lottre, Sc qu'en a arrêté fur la ledture des fignatures.
P'age & Erelley étoient delhotel de Maliac:
ce qui eft abfelunent faux.
Sonthonax : In'y a pas eu de fignatures lucs apris la
lettre de Thorel Mafliac.
Verneuit: Ily en a cu.
Sonthoni: In'y en2 pas Ou: je vais rétablir les faits.
Le ci-pyen Verneuil di: que j'ai lu des fignatures au bas
d'une lottre, Sc qu'en a arrêté fur la ledture des fignatures. --- Page 323 ---
C'eft fet la lettre des Francais emprifonnés dens la cha30 pclie de la providence aut Cap, qu'on a fair cette obfervatien. On ne
pas aveir hn dès fignatures au bas dela
lettre de Thôrel Pag Mafliac ; car il n'y en avoiz pas. Cette
leture eft extraice d'un ouvrage publié. In'y a pas de figaature, & je vous Tapporterai demain, fi vous voulez.
Verneuil: Je vous demande fi. Sonthenax auroit ofé vous
denner comiunication d'une picce qui in'aurcit été revêtue
d'aucune fignanre : auroit eile été légale? auroit-elle éé
a reçue Lc préfident par vcus? : Tous les jours vous lifez des imprimés.
-
Il faut,
ces divers points: ily a d'abord
n Lecoinie :
régler dires
des
: les
la lettre des colons. Vous
qu'ilya
lignatures
€ avez-vous lues?
la
damain. Il Y. a autre
Sonchonax : F'apporterai
pièce c'eft
eft datée du
chefe. à obferver iur cette lettre;
qu'elle
eft du 12 août 1789.
P12 2oût 1792 > tandis qu'elle
obfervation.
Thomas Millct : Je fais une autre
5 c'eftqu'on
intitule cette letire: Lectre des colons fonfignés, & mon
nom feul cit figné, il n'y a pas d'autre iignature que.la
mierye.. IL en réfulte que ce font des colons, & pourtant
colons
ont
cette lettre. Ce font
ce ne font pas les
qui
figné nationale
des coccux qui fc difoient à l'aflemblée
députés la Cenvention
Junies. Cei ne font pas les colons, & pourrant
de ceux
P creira que c'eft un écrit des colons, certifié par un
I qui-font ici aux débats.
bien
Senac : Il eft. certain qu'ily y a là dedans une perfidie lu
Car enfin, toutes les fois que" Sonthonax a
a crimineile.
eu attenticn,
nous fixer nous-
- une pièce, il a bien
étoient pour fur les
: c'eft
de lire les.fignarures qui
pièces
9u mèmes, donc jeter dans le public: qite les colens qui.font ici, font
les amis des celons de T'hôtel Mafliac, & cela n'eft pas; car,
il eft d'autant moins vrai, que je fuis autant l'ennemi des de
colons de T'hôtel Malliac,
je fuis le dénonciateur
Polverei &
& d eft étrange qué Polverel &
Sonthonax eri cherchent
joindre aux membres de T'horel
Mafliac les colons qui font ici.
membre de la commilion : Jl eft donc convenu
D Lecointe,
ont été lues mais me
ici que >
f
que les fignatures
je
rappelle nombre de nuiés
lorfqu'on mapporta cette lettre, un grand
colons de T'hôtel Malliac,
je fuis le dénonciateur
Polverei &
& d eft étrange qué Polverel &
Sonthonax eri cherchent
joindre aux membres de T'horel
Mafliac les colons qui font ici.
membre de la commilion : Jl eft donc convenu
D Lecointe,
ont été lues mais me
ici que >
f
que les fignatures
je
rappelle nombre de nuiés
lorfqu'on mapporta cette lettre, un grand --- Page 324 ---
manufcrites ajourées
y étcient jointes > & que les copiftes les
en paranthèfe 5 je les bâtonnai
avoient
fura apportée, & il eft polible que l'on ait fur/spreuve qui me
j'avois faites fur la note pour des
pris lcs lignes que
On pourroir à ce fujer faire repréfenter radiadions la
de lignatures.
Souhonas: C'eft donc une erreur de prenière épreuve.
polible d'y voir de ma
copifte, , & il efti imDuny : Nous fommes part bien une perfidie.
Lecoince,
pavés pour cela.
, membre de la
:
tures arrétées pour cette lettre. commilfion ( A
Voilà donc les fignales indiquer :
Sonthonax) Pouvez-vous
Millee: Je prie le citoyen
les yeux, de dire s'ily y avoir Lecointe, lettre des colons. puifqu'il l'a eue fous
Fernzcil: Je vous apporrerai demain la lettre où font les
fienatures, & qui eft foulcrire par Raymond.
qui a éré lue par
C'eft cêtte lettre
demande
dans Sonthonax.. le
(On inrerrompr).. . Je
le fait ofed
cas où il n'y auroit pas de lignarures,
Mafliac
conligné dans l'etrara; car la lettre du
ne porte pas de fignatures,
club de
fignatures, il faut qu'elles foient S'ilya au contraire des
Sonthonax : On ne peur pourtant toutes faire imprimées.
Le préfident : L'errata eft dans les débats l'errata..
Un colon: C'eftie meilleur.
mûmes.
Brully : Malheureufrmont cet errata
fort
Verneuil: Il elt une autre erreur qu'il faut paroitra
tard.
page 133 jufqu'à 1 136. Dans la pétition faite àla relever à ' la
nationale par ceux dos détonus au
&
Conventien
rêtés en arrivaht dans la colonie, Cap, qui ont été ara parlé avec beancoup
pétiticn dout on vous a
tum le nom de Mallac. d'emphafe Je ne vois je vois danslepoft-fcripparrie de ceux
ont ligné la lettre. pas que ce Malfac falle
Sonthonas: 8 une faute d'inpreflion.
Lecointe 3 membre de la commifion : Oui.
Vorneui: Enfin, citayens, c'eft
Sonthonax : C'eft une chicane.. pofible 5 mais, -
Yerenil: Je ne fuis pas chicaneur.
autre obfervation.
Ily a encore une
les colons
Sonthonax a dit: Il et bien étonnant
prennent pour fin de non recevoir de
que
que je porte contr'eux ; la proclamation
l'accufation
méme-temps que je congédiois l'alfemblée coloniale, par laquelle en
&cc.; &
, citayens, c'eft
Sonthonax : C'eft une chicane.. pofible 5 mais, -
Yerenil: Je ne fuis pas chicaneur.
autre obfervation.
Ily a encore une
les colons
Sonthonax a dit: Il et bien étonnant
prennent pour fin de non recevoir de
que
que je porte contr'eux ; la proclamation
l'accufation
méme-temps que je congédiois l'alfemblée coloniale, par laquelle en
&cc.; & --- Page 325 ---
il a ajouté : que je la chaljois. Je demande que le mot foit
réinrégré. Le préfident : Il faut confulrer les originaux des rachigraphes: ilnya a que ce moyen de rectifier une erreur , fi toutefois il en exifte. Il eft impollible de changer un mot actucllement, fans ce préalable.
Le
Daxbonneau : La féance fut levée à cet en.droi-l.
lendemain on reprit la difcullion, & c'eft dans cette reprife dide difcuffion, que I'on trouverâ le mot chafe dans ie
cours de Sonthonax.
demandé la
une interBrulley : Hier > j'aveis
parole concerne pour la commifpeliation très-impertante, parce qu'elle
n'étoit
dans
fion des colonies & moi. On a dat qu'elle
pas
l'ordre de la difcullion quiaveit lieu alors. fe demande donc,
& j'expliquerai dans le temps mes motifs, qu'il eft important de connoitre ; je demande au préfident débats d'interpeller it a lu
Polverel de déclarer fi, dans les précédens
,
un écrit de moi, qui portoit que javois dit que les colonies, de la
& far-cou Saint-Domingue > ne devoient pas faire partie
France S fi dans cet écrit jai déclaré que les colonies ne
de la
Saint -
B
voient pas faire partie
Francs, fur-tout
mingue. Le préfident : Il me femble que cela ne peut pas faire 9
partie des débats. Cela eft très-fort dans l'ordre des débars: J'ai été
incclpé Brulley dans : le fein de la Convention par un repréfentant
du peuple 5 il faur donc que la Convention; quele même public, fervi
fachens
l'inculpation portoit à fanx. Onset
du nom roFahs membre de la commifion des colonies, pour
donner plus de poids à Y'accufation qu'on; portoi: contre moi.
On Ta dit en pieine Convenrion : des membres de lai Convention l'ont entendu, & l'ont redit à Page à la Convention; car moi je ne peux pasaller à la Conveation : ma (anté
m'oblige à retourner chez moi après les débats. Un membre
de la Convention a dit pabliquement, & à voix aflez haute
pour être entendu de fes coliègues S, qu'ou avoit lu aux
débats un écrit de Erulley, qui difoit formeliement que les
colonics, fur-tout celle de Saint-Domingue.. e
Le préfident : Oà a-t-on dit cela ?
Bralley: A la Convention.
peux pasaller à la Conveation : ma (anté
m'oblige à retourner chez moi après les débats. Un membre
de la Convention a dit pabliquement, & à voix aflez haute
pour être entendu de fes coliègues S, qu'ou avoit lu aux
débats un écrit de Erulley, qui difoit formeliement que les
colonics, fur-tout celle de Saint-Domingue.. e
Le préfident : Oà a-t-on dit cela ?
Bralley: A la Convention. --- Page 326 ---
Le prefidene : Eh bient le 322
2 été dit,
procès-verbal fera foile ce qui
niilion Brulley: des : On a dit que c'éroit un membre de la
giner qu'il colonies & il eft pénible pour
comy ait dans la commiflion des
moi d'imaquand je ne dois y trouver que
colonios un ennémi
i2 deilis que je demand.is la parole. juftice & imperrialité. C'eft
Ie préfident : Je te raprelle à
tu trouves.
l'ordre pour avoir dit que
Brulley: :Jai dit qu'il feroir
de limparfrit. Page étoit
douloureux; je me ftis fervi
faits.
préfent, il rendra rompte des
Page : En fortant de la
TORe) 6c Littée qui me Conrentien, je vis Bourdon (de
débats un ouvrige de dirent: C On a la aujourd'lti aux
& notarsment.celle de Brolley qui annonce que les colonirs,
donnéo, qui NO teft jamais Sunt-Domingee vendue
çui ne s'eft jamais
avife, avoit dioir plus
> quir n'a jamais éte conFrance ,
que toute autre à fe feparer de la
Grigeire, membre de la
ce membre.
commifion, demande qu'on norme
- Page: Ils me direnr le tenirda
ilef faux que l'ona aid lu aujourd'hui ciroyenLecointe, rien
Je disalors:
connois trop les principes de Brulley
de femblable, & je
Bunaiabeptesimomiomn, &
pour croire que cela fit
tention. Voilà ma réponfe. J'ai que jamaisil ait manifefté cetreindemes amis nommé de
ajouté : on a lu un écrit d'un
Voilà ce que je répondis Deman, à Bourdoa maisje le difcuterai demain.
Lecointe, membre de la
(de lOife) ).
qu'on ait lu dans les-débats commilfion la
: D'abord il eft faux
eft faux quej'aie dit CC fait;
pièce dcnt on parle; & il
débars une pièce de Brulley que J'aie dit qu'on avoir lu aux
ne dis
qu'il ne foit
qui à portoit ces mots-là: : mais je
qu'il Taie: des pièces écrites pas de ma la connoiffance individuclle
tent ces maots
main de Brulley qui
tres-précis: c
por-
>> donné à la France, n'a Saint-Pomingue ne S' eft jamais
3, la France, n'a jamais été jamais été acquis ni conquis par
>> principe, cette colonie fut vendu à la France : dans-le
:>) nations de
&, peuplée d'individus de diverfes
9>
FEurope,
cherché dans le principe Sainr-Domingue la
n'a jamais reque protection de la France &
clle
tent ces maots
main de Brulley qui
tres-précis: c
por-
>> donné à la France, n'a Saint-Pomingue ne S' eft jamais
3, la France, n'a jamais été jamais été acquis ni conquis par
>> principe, cette colonie fut vendu à la France : dans-le
:>) nations de
&, peuplée d'individus de diverfes
9>
FEurope,
cherché dans le principe Sainr-Domingue la
n'a jamais reque protection de la France & --- Page 327 ---
a les intérêts de fon commerce. 3, Je ne dis pas
je n2
connois pas moi individuellement ces pièces;mais 9PE ett faux
que j'aie dit qu'on ait lu aux débats des pièces parcillos.
D'ailleursil ne s'agit pas de ces faits actueilemenr.
la circonflance fera venue de les préfeater aux débars,la Loriqns
commillion Yordonnera, & j'ajoure que CCS pièces connes
indrviduellemien: par moi, ont.été foumitès a la commnition.
Page: Je ne fais fi Brulley a écrit ceia; mais je lai écrir,
moi, au préfident de la Convenrion nationale ; ma lettre y a
été lue, &! la Convention ne I'a pas improuvée.
Le préfident: Ce ne pouvoir pas être l'objet d'une interpellarion à Polverel,
Brulley : Je vous demande pardon, car cela tient à mes
écrits.
Polverel: Comment pouvez-veus m'interpeller fur des
propos tenus à la Convention nationale, & qui ne l'ont
été par moi ?
pas.
Brulley: Vous ne m'entendez pas, ciroven; j'ai demandé.
fi vous aviez connoilfance de l'exiftence de pareilles pièces.
Lecointe, membre de le Convention : Il étoit eflentiel de
donner cette explication-là; & il eft poffible que moi, chargé
par la commiflion dé l'examen des papiers
Brulley: Si j'ai traité l'hiftorique de Ssint-Domingue,fai
du écrire cela, parce que c'eft la vérité.
Le préfident : Polverel a la parole.
Vernexil: Polverel avoit dit hier qu'il n'avoit
coup de crayon à donner
finir fon efquille; plus qu'un
il a tenu hier toute la RCEROUTN pour ce
de cependant
- -
coup
crayon, &.
. . e .
- e
. - e
.
-
.Polverel: Cen'ef pas au citoyen Verneuil, mon accufateur, à tracer le cercie dans lequel je dois circonferire ma
défenfe.
Lecointe, membre d: la commi/fon : Je demande que dorenavant la féance ne foit jamais levée que les pièces de ia
veille n'aient été lues à voix haute, & que tous les intéreflés aux débats foient convaincus de l'exaétitude des co-
e
. - e
.
-
.Polverel: Cen'ef pas au citoyen Verneuil, mon accufateur, à tracer le cercie dans lequel je dois circonferire ma
défenfe.
Lecointe, membre d: la commi/fon : Je demande que dorenavant la féance ne foit jamais levée que les pièces de ia
veille n'aient été lues à voix haute, & que tous les intéreflés aux débats foient convaincus de l'exaétitude des co- --- Page 328 ---
pies. L'un de nous reftera avec un fecrétaire - commis pour
lire & examiner les pièces en préfence des parties.
La commillion arrête cette propolition.
La féance eft levée.
Le regipre des préfences ef figné : J. Pr. GARRAN,
Préfcdent LECOINTE (des Deux - Sevres), Secrétaire ;
P. Cemiat DANRAY,Gascons, Foucai( de Nantes) --- Page 329 ---
Du 5 ventôfe, l'an croiftème de la République françaife
une & indivifible.
Le préfident fait lecture de T'arrèté de la
relatif à la pétition du ciroyen
commiffion,
dans la féance d'hier.
Latheveiqu-Thibund, remife
Arrêté de la commifion des colonies fier la pécition de
Larcievfaue-Thisuad.
Vu la pétition de Lancherefque-Thilaud, la commifion
confidérant qu'en ladmenaar, quoiqu'il eût anmoncé
fa lettre du 14 Fluviôfe dernier 3 quiln'entendoit
dans être
SHEA , elle a arrêté que ce feroit fans inervertir-Jordre pasy des
Que cet ordre eft la réponfe de Polverel &
aux faits annoncés par les colons de
Sonthonax
tivement à l'étar de la colonie, antérieurement Saine-Dormingue, à
relaces ex-commiffaires civils;
l'arrivée de
Que la demande de Lancherefque-Thibend a
des papiers qu'il dit lui avoir été enlevés par
objet
Que dans cette
ALpEL
fuppolition, les papiers réclamés par Larchevefque Thibaud ont dû être compris daus le nombre
ceux qui ont été mis fous les fcellés; lors de l'arreflation de de
Sonthonax;
Que la commillion ignore fi teus les papiers de
& Sonthonax luient été effectivemént remis;
Polverel
Qu'en tout Cas elle ne pourroit faire la remile de ceux
font Naminirinneiaa
qui
fait la racherche & l'examen;
qu'après enavoir
apiers réclamés par Larchevefque Thibaud ont dû être compris daus le nombre
ceux qui ont été mis fous les fcellés; lors de l'arreflation de de
Sonthonax;
Que la commillion ignore fi teus les papiers de
& Sonthonax luient été effectivemént remis;
Polverel
Qu'en tout Cas elle ne pourroit faire la remile de ceux
font Naminirinneiaa
qui
fait la racherche & l'examen;
qu'après enavoir --- Page 330 ---
Que les débats n'ont pas permis à la commiflion de faire
cette recherche & cet examen;
Que les papiers de Polverel & Sonthonax ne font pas
même encere tous inventoriés > & tirés de deffous les
icellés;
Que ce font-là les motifs qui ont déja fair prononcer à
la commiffionl l'ajournement furia demande del.archevelqueThibaud, du 3 de ce mois, après en avoir pris leéture, quoique Larcheyeiqe-Thiband n ait pas craint d'affirmer le contraire dans fa pétition; ;
Qu'enfin lcs débats doivent être faits verbalement, fans
qu'on puiffe en dénaturer le caractère par des péticions
écrites:
Pafe à l'ordre du jour, motivé fur fon précédent ajournement.
Larchacfuc-THlend:3 Je demande une feule obfervation.
Je demande acte de
Le préfident : Vous venez d'entendre l'arrèté dela commiffion; la commiffion ne fouffrira pas qu'on inrerverrifle
l'ordre des débats par des incidens éternels. La parole eft à
Polverel.
Latchoygfase-Thidand: J'ai plus à caeur que perfonne...
Le préfidene : A l'ordre.
Poiverel: Après avoir terminé ce que' j'avois à dire
fur la phyfionomie politique de Ssint-Domingue à notre. arrivée dans cette ifle, je pelle à l'examen des inculpations
fonnelles qui ont été intercalées dans cette difcullion par
Es
fieurs colons, & notamment par Brulley.
Pag:: J'obferverai, avant que les débats. s'ouvrent, que
dans Yavant-dernière féance j'avois demandé la parole pour
répondre aux inductions que Polverel avoir tirées de fenvoi des commiffaires au-devant de lui, & pour répondreauli
aux inductions qu'il avoit tirées du difcours de Daugy, Cependant, comme il paroit que Polverel a très-peu de chofes
à dire,, je me réferve la parole pour lui répendre leriqu'il
aua fini, & j'efpère qu'en une demi-heuref'aurai repoufle
tout ce quils a avancé.
à la difcullion de
Polverel: J'annonce que je ne fuis plus
l'objet polirique.
Page: Je répondrai à tout à-la-fois.
Ie
ées du difcours de Daugy, Cependant, comme il paroit que Polverel a très-peu de chofes
à dire,, je me réferve la parole pour lui répendre leriqu'il
aua fini, & j'efpère qu'en une demi-heuref'aurai repoufle
tout ce quils a avancé.
à la difcullion de
Polverel: J'annonce que je ne fuis plus
l'objet polirique.
Page: Je répondrai à tout à-la-fois.
Ie --- Page 331 ---
Le
il faut préfident : Il ne fanr pas faire des
cue ces débats aient une fin.
plaidoyers étcrncls;
Page:d'oblerverai queles deux
a parié, nous n'avons faita aucune premiers jours où Polverel
pellation. Il nous refte par
cblervarion, aucune interqu'il a dit relativement à Jérémie confégacat & à décuire tout ce
faudra qu'ua quart-d'heure pour
à-Facnel; il ne me
la difcufion qui s'eft ouverte répondre à cet objer, &à
demain, à l'ouverure de la avant-luer; de manière que
viron je répondrai à tout. feance, en lne demi-heure enparole Sonthonax fur : J'obferve qu'avant que les
cet cbjer-là, j'ai à
les cclons aient la
leur & fur les inculpations qui font parlerfur hommes de couinculpationg qui tendroienr à faire relatives a leiprit public;
couleur comme des
regardorles hommes de
ler furl'efprit desall@anblées CotgNolusummaie Taiautlàt parvelles preuves deleipric colonialcs, dk à donner de noules dirigeoir.
d'indépendance & d'anglomanie qui
Je répondrai auflia aux
brb faites pendant le cours inculpations des
perfonnolles quimont
tenir plus de deux féances
dibars.Jer ne cruispns devoir
on paflera fiuele-champ à la pour ccla; fi ios cclons laveulent,
Leprfidenes Ce fera à la difcullion de nosactes,
revenir encore furl Tefprit public. commiffion Il n'eft à décidor s'il faudra
y a des fuirs qui te foient
pasdontux ques s'il
nera la parole pour y
perfonnels,la comm million tedonce qu'a dit Pelverel doit répondre : mais far l'objat
*
Sonrhonax : Je vous demande èrre commun. à vous deux. principal,
réfervé une partie de la défenfc. pardon; cur Poiverel m'a
Le préfideit: La parole efà Polverel.
Polverel: Je Frie la commiffion d'obferver
pasaccufateur, & que Sonthonax l'et. Ne que je no fiis
toyens, que fbufede la parole
craigncepas, cidicuter des inculpations quin n'ont qui m'eft accorihe, pour
rénfeumerai dans celles qui déja ont Gquanmonede. éré faires
4 me
veloppées; mais, avant de vous Occuper de
& même deéclaircillemens far en frqui ef
moi, je dois des
n'eit pas que je veuille
perfonnelà Sonchonax, Ce
Sonrhonns; il n'en a pasb merigr befoin, il en eft défenfeur officieux de
fendra mieux qie je ne pourrois le enp peéfencc,ilfede
Teme II. Vingedaxiinme
faire; mais ce
j'ai
livraifon.
Sue
, avant de vous Occuper de
& même deéclaircillemens far en frqui ef
moi, je dois des
n'eit pas que je veuille
perfonnelà Sonchonax, Ce
Sonrhonns; il n'en a pasb merigr befoin, il en eft défenfeur officieux de
fendra mieux qie je ne pourrois le enp peéfencc,ilfede
Teme II. Vingedaxiinme
faire; mais ce
j'ai
livraifon.
Sue --- Page 332 ---
à dire fur ce fait eft configné dans des pièces qui
tiennent perfonnellement, je les préfenterai; ce fera
Letrger
thonax à en tirer les inductions qui en réfultent.
On a accufé Sonthonax d'avoir offert à Chaumette la
place de fecrétaire de la commiffion civile à Saint-Domingue, d'avoir fair même des inftances pour l'engager à l'accepter, en lui préfentant le rableau des avantages que Chaumette pourroit trouver. Onaa appuyé cette imputatien fur
la dépolition 2 Chaumette dans le procès de Briflot. Voici
fa dépofition.
(Voyez la féance du 15 Pluviôfe, page 180).
Citoyens, voici tris-cvadement-ce çui s'eft paffé fur le
fecrétariat de la cemmiflion 5 le récit n'en fera
long.
Nous
au confeil-exécutif, pour
de la
enti
proposimes
commiflion, le citoyen Ader. Le confeil-exécutif le nomma,
mais Adet refufa. Après fon refus
nous convinmes à
Tunanimité de propofer le citoyen Delpech ; mais comme
nous ne voulions pas rous expofer à un fecond refus, nous
ne voulâmes le propofer qu'après être alfurés qu'il accepteroit. Le citoyen Delpech étoit alors dans une maifon de
campagne aux environs de Paris: nous lui fimes écrire 5
& au moment où je vencis de recevoir fa réponfe, portant
acceptation , avant même que f'aie pu la communiquer à
mes collègues Sonthonax & Ailhaud, le citoyen Chaumette
entra chez moi, Il me dit que le cizoyen Sonthonax lui avoit
fait efpérer la place de fecréraire de la commiflion civile ;il
me demanda mon fuffrage, Je répondis au citoyen Chaumette : Je fuis,je l'avoue, éronné que le ciroyen Sonthonax
vous ai fait efpérer la place de fecrétaire de la commiflion >
fur-tout aux termes ol nous en fommes; il eft vrai que Sonthonax ignoroit fi Delpech accepteroit cette ;lace; mais je
viens de recevoir de Delpech une réponfe portant acceptation. Chaumette fe retira. Le lendemain je reçus du maire
Petion une lectre, par le canal de Chaumetté, & une de
Chaumette lui-même, Ce font ces deux lettres dontje vais
veusdonner lecture.
érer la place de fecrétaire de la commiflion >
fur-tout aux termes ol nous en fommes; il eft vrai que Sonthonax ignoroit fi Delpech accepteroit cette ;lace; mais je
viens de recevoir de Delpech une réponfe portant acceptation. Chaumette fe retira. Le lendemain je reçus du maire
Petion une lectre, par le canal de Chaumetté, & une de
Chaumette lui-même, Ce font ces deux lettres dontje vais
veusdonner lecture. --- Page 333 ---
Lostre de Petion.
avoir érél'un des
e M. Chaumette qui paroit, Monfieur,
amis drlintanunephloiophe Ferrand de Baudière, fénéchal
du petit Goave, & avoir eu beaucoup de relations avec cette
colonie, delireroit ebtenir la place de fecrétaire de la commiffion coloniale. Il m'a
de vous écrire en fa faveur, & je
delir
j'aurois de voir donner à
ne
témoigner
que
PRE
puis que eftimable,
aufli
que bon
ce citoyen
paroit
philanthrope
>, une place
les connoiffances pourroient être
pattioté
utiles.
Signé, le maire de Paris, PsTION.
Je reçus la lettre de Petion décaohetée > comme vous
l'allez voir.
Lettre de Chaumette.
a Je viens de recevoir, Monfieur, à mon numéro, une
lettre fous votre couvert. Mon époufe l'a décachetée felon
fa coutume, la croyant pour mowJe m'emprefle de vous la
renvoyer, & vous fais milis excules de cette faute. Il paroit,
Monfieur, que Menfieur le maire vous parle de mei: je lui
écrivis en effet après notre entrevne avec M. Sonthonax; il
m'avoit affuré que je feroisnomme fecrétaire de la commiffion; fans fon imnprudence > je n'aurois pas écrit à M. le
maire; cela me fait peine, car il eft défagréable de voir un
homme tel que lui, faire une fautle démarche. Que M.Sonthonax me faic tort ! Loin de me prévenir qu'un autre étoit
fur la voie,il me letait: il m'expofe moi-même à aller vous
parler à ce (ujet, & me donne par conféquent l'apparence
d'un fupplanteur.
vous pouvez me pardonner la violation
>> Adieu, Monfieur:
involontaire du cachet de votre letre; mais je ne me la
donne pas. Il femble que, dans cette maudite affaire des
Te
lonies, tour fe réunilie
me vexer.. J'ai écrithietaM.Ver.
nier, à Bizoton; je lui ISTES annoncé une commiflion choifie
par lesplus chauds partifans de la libert!, Adien, Monlieur,
X2
arence
d'un fupplanteur.
vous pouvez me pardonner la violation
>> Adieu, Monfieur:
involontaire du cachet de votre letre; mais je ne me la
donne pas. Il femble que, dans cette maudite affaire des
Te
lonies, tour fe réunilie
me vexer.. J'ai écrithietaM.Ver.
nier, à Bizoton; je lui ISTES annoncé une commiflion choifie
par lesplus chauds partifans de la libert!, Adien, Monlieur,
X2 --- Page 334 ---
je vous fouhaire mn fuccès aufli certain que vOS intentions
font pures. Puilliez-vous avoir l'art de vous faire entendre
aux noirs! mais le moyen? Puifliez-vous n'ètre entouré que
de blanes-hopmes. Al ! craignez fur-tout les colons OIgueilleux... Pardon, je vous prends du temps; fur-rout,
pardon pour la rupture du cachet.
Votre concitoyen,
Signé, Anaxagoras Chaumette, rue Serpente, n*. 23 39,
Les obfervations que je ferai fur ces lettres feront trèscourtes. D'un côté je vois que dans fa dépofition, Anaxagoras Chaumette prétend que Sonthonax Ini a propolé la
place, de fecrétaire de la commifion civile. Dans fa lettre,
au contraire, > je vois qu'il n'ole pas dire que Sonthonarlui
a propolé, mais qu'illui a affuré qu'illui fercit avoir la
de fecrétaire. Je vois dans la dépolition d'Anaxagoras ais
mette, que fir la propofition de Sonthonax ila refufé net:
cerendant, poftérieurement à cette prétendue propolition,
&àc ce précendu refus, Anaxagoras Chaumette me, fait écrire
par Petion, & vient lui-même chez moi me demander mon
fufrases cela n'annonce cerrainement pas un homme qui a
refufé une place que l'en lai offroit. Troificme obfervation
nie paroit réfuiter de ces lettres. Anaxagoras Chaumette
3 dans, fa
que ce quil'a déterminé à refufer la
prétendue propofition Sonthonas,ceft qu'ila vu que nous
CAS
étions chargés de quelques miflions fecrètes contre la liberté,
& qu'il étoit lui ami de la liberté; &j je vois dans fa lettre,
au contraire, qu'il rendhommageà la pureré de nos fentimens
pour laliberté. Je croisqu'il eft impotlible qu'un homme foit
démenti par lui-mème > aufi clairement, aufi poiitivement
qu'Anaxagoras Chaumette.
Sonthonas: J'aià ajouter quelque chofe à ce que vient
de eire mon colligue. Il vient de prouver qu'il ef très-faux
que Chaumerre ait refufé une place
je lui.offrois. Ileft
très-vrai que Chaumette eft venu
pour me demander de
aat
venir à la fuire de la cormifion, en qualité de fecrétaire; mais il eft très-vrai anfi quej'air refufe pofitivement.
Chaumette. Le fait pourra êcre attefté par Prud'homme lui-
chofe à ce que vient
de eire mon colligue. Il vient de prouver qu'il ef très-faux
que Chaumerre ait refufé une place
je lui.offrois. Ileft
très-vrai que Chaumette eft venu
pour me demander de
aat
venir à la fuire de la cormifion, en qualité de fecrétaire; mais il eft très-vrai anfi quej'air refufe pofitivement.
Chaumette. Le fait pourra êcre attefté par Prud'homme lui- --- Page 335 ---
même , que je confultai fur le moral
mette. Prud'homme me dit Jue pour avoir d'Anaxagoras de
Chauinepaigul/pesmanesl 1
plus grandes
de l'allemblée légillarive. Celui-ci Hémul-de-Sechelies, membre
qu'Anaxagoras Chatimerte étoit un mauvais répondit politivement
qui étoit très-p propre à jeter du trouble dans fujer, le un homme
lois chercher à pacifier, & qu'il
pays quej'albeloin de Iatteltation de Heranl-de-Secheles falloirpacifer.Je navoispas
nertement Anasagoras Chaumetre. Je le refulai pour, refufer
là le motif de fon chagrin. Vous ferez à meme donc;c'efla fignature de Chaumette avec 11 grand nombre de comparer
fignatures qui fe trouvent au thibunal
de fes
commune, & par-tout. Voilà ce que Rivolationnaire j'avois à dire
à la
objet pour) n'y plus revenir.
fur cet
Polverel : Je viens à ce qui me concerne
ment. Une des principalos inculpations mifes perfonnelleBrulley contre moi, c'eft que
le
en avant par
la révolution, , j'ai toujours érd depuis commencemen: de
la liberté. A cet égard comme à regaidé tous les comme l'ennemi de
de me fouvenir, comme cela convienr à autres, je tàcherai
cat, de la difference
un homme deliVoici l'idée
quily a entre lapologie & l'éloge,
de la révolution qu'on ett de moi depuis le commencement
gue, & je dirai jufqu'à un mot mon très-court départ pour Sains-Dominpu déterminer l'opinion
fur les adtis' qui ont
commencement de janviet publique fur inon co.mpte. Au
pour me rendre aux Pyrénées 1759,je dans la fuis parti de Paris
loit, dans uns circonftance zufli
Navart,oh m'arej'occupois aux érats-généraux de importonte, ia Navarre: la place que
environ fix mois perpstuellement
: jy ai pills
ple fimple & ignorant, &c à le préparer occupé à à éclairer unpeuà neutralifer l'ariftocratie de la noblef- & du la r-voletion,
je crois, fous l'un & fous l'aure
clergos &
été inttile à la révolution, & à la rapport, n'avoir poinc
cipes de la liberré, Je ne fuis. arrivé propagation a Paris des prinjuillet 1789: fiur-le-chsmp je me fuis
que le 22
filles, & jy ai fixé ina réiidence pendunc rraniparté à Verque l'Affemblée conftiruante y a renu les touc le temps
de" la miflion dont j'érois chargé par les Gaapnces; parce
Navarre, m'en faifoit un devoir. du mois Brats-Cionerzux d'aoi
1789,
X 3
arrivé propagation a Paris des prinjuillet 1789: fiur-le-chsmp je me fuis
que le 22
filles, & jy ai fixé ina réiidence pendunc rraniparté à Verque l'Affemblée conftiruante y a renu les touc le temps
de" la miflion dont j'érois chargé par les Gaapnces; parce
Navarre, m'en faifoit un devoir. du mois Brats-Cionerzux d'aoi
1789,
X 3 --- Page 336 ---
j'étois à Verfailles, la grande qeeftion du véto
pendant que
des oblervations fur cette queftion :
royal sagita; 5 je publiai
voir
ces oblervations exiftent encore, on pourra
quelle
fur la liberté, fur les Eea d'un gouétoit mon opinion on y verra que je refufai net toute elpèce
vernement libre;
fcit abfoiu. En novembre 1789,
de vêto, foit (ulpenhif, & fans occupations , je confentis à
de retour à Paris,
d'un
, intitulé
concourir à la rédaction fis marcher parier-nouselle de frontavec cette
gagette nationale étrangère ; je
d'un ouvrage un peu plus
gazette la diftribuion péricdique Tableau des révolucions du
important, ayant pour titte :
de feuilles.
dix haitiemefele. II en parur un certain nombre dans la fociété
Dans lcs premiers mois de 1790, j'entrai refté jufqu'au 25
des jaccbins, & jy ai conitamment Saint-Donuingue.
juin 1792, jour de mon départ
lu à la tribune de
Dans ce long efpace de temps,
"i
difcours fur des matières
la fociété des jacobins pluficurs difcours ont été dans le
intéreffantes. Une partie ordre de ces de la fociété des jacobims;
temos imprimés fecrétaire par de cette fociété 3 j'ai été long - temps
jai été
j'ofe dire très-actif, du comité de .correfmembre 1& de cette fociété. Au mois d'octabre 1790 2
pondance
fections de Paris ont formé une comles querante-huit dénoncer les trois miniftres Champion- Cicé,
miflion pour
Saint-Prieft. J'ai été nommé
la Tourdu-Fin &c Guignard
J'ai été
par ma fedtion membre de cette commillion. de la rélaction de la
nemmé fecréraire, & j'ai été chargé de recueillir & metdénonciation contre les trois miniftres,
&
ordre les
à Tappui de la dénonciation,
tre en
pièces Vers la mème
été nommé
j'oi rempli ma tàche.
de Paris. Versle époquej'ai commencement
éleéteur du département été nommé à la place d'accufateur public
de 1791, fai
de Paris. J'ai
près le tribunal du prenier arrondiffement premiers mois de 1792, époexercé ces fondtions été jufqu'aux nemmé membre du confeil-général
que à laquelle j'ai J'ai abdiqué alors les fonctions d'accufade' la commune, exercé celles de membre de la conmune
reuir poblicijai moment de mon départ pcur Saintde Faris jufqu'au Voilà citoyen, ma vie pelitique depuis le
Domingue.
de , :789 jufqu'au moment de mon départ
commencement
iers mois de 1792, époexercé ces fondtions été jufqu'aux nemmé membre du confeil-général
que à laquelle j'ai J'ai abdiqué alors les fonctions d'accufade' la commune, exercé celles de membre de la conmune
reuir poblicijai moment de mon départ pcur Saintde Faris jufqu'au Voilà citoyen, ma vie pelitique depuis le
Domingue.
de , :789 jufqu'au moment de mon départ
commencement --- Page 337 ---
pour Saint-Domingue, J'efpère qu'on n'y trouvera pas la
moindre preuve, le moindre indice que j'eufle perdu la
coniance de mes concitoyens, que l'on me regardat comme
un ennemi de la liberré. Avoisje mérité de la perdre, cette
confiance: : je livrerai aux cclons, s'ils le jugent nécellaire,
ce qui me refle des ouvrages que j'ai faits, de qui ont éré
imprimés ' & publiés dans ce temps-là; ils pourront, d'un
autre câté, porter l'inquifition la plus rigoureufe fur mes
actes: qa'ils lifent, quils épiloguent mes actes; je fuis
sèr d'avance, malgréle principe du fanyeux Laubardemont,
donemoifclignes de la main de cet hommes, je me charge de
le-condiire 2 léchafaud; malgré cela je délie T'inquitition des
citoyens colons del trouver, ni dansmes actes, ni dans mes
écrits ,rien quiprouve que jen'ai pas écé lamile plus chaud,
le plas conitanr, le plus intrépide, de laliberté, fcit publifoit, individuclie. On a inffté, O1l a donné cn preuve
T cette inculpation de haine contre la liber:é, une accufarion qu'on a prétendu avoir été portée contre moi au
fajet de laffaire du 28 février 1791: Qu'a-t-on entendu
dire parlàla-t-on prétendu dire que j'avcis été un des acteurs dans certe fameufe journée, un des chevaliers du
poignard 2 Qu'on s'expiique, carl'accufationa été préfentée
d'une manière équivoque. En attendant qu'on
fur ce point je dirai que j'ai, connu des colons s'explique qui ont
joué un rcle didingué dans cette journée, mais que certainement je n'en ai pas été; je. n'ai pas été accufe fur
cette journée, mais j'ai été. accufareur. Linfruction étoir
commencée, quand j'ai été appelé à la place d'accufateur
pablic près le tribunal du premier arrondillément de Paris.
Pen de jours après,je fus nommé S je fuivis
1€ la fuivis avec adtivité, avec fermeté; ; & s'il Tinfruction, n'y a
en dans le temps des décrets graves contre quelques-unes pas de
ces tètes qu'on appelloit alors importanres, ce n'a pas été.
de ma faure, & il n'a pas tenu à moi. Peut-étre même
ai-je eu licu de montrer dans cette occafion un peu de fermeté; & c'ef là une des fources de la' haine du tyran
€
couronné à mon égard.
Parmi les opérations dont le tribunal étoit
étoir
h rifite d'un corridor noir qui fervoit de commtnicarion chargé,
aax petits appartemens de Capet. Caper avoit montté
X 4
.
de ma faure, & il n'a pas tenu à moi. Peut-étre même
ai-je eu licu de montrer dans cette occafion un peu de fermeté; & c'ef là une des fources de la' haine du tyran
€
couronné à mon égard.
Parmi les opérations dont le tribunal étoit
étoir
h rifite d'un corridor noir qui fervoit de commtnicarion chargé,
aax petits appartemens de Capet. Caper avoit montté
X 4 --- Page 338 ---
beaucoup de répugnance à ce qu'on fit'la vifte de Ce
corndor noir. infiftai; j'écrivis au miniftre de la
pctit
jel lu lis fentir la néceffité, Findifpenfable nécellité juftice; de cette
vilite. Le miniftre de la jufice en parla au roi, & le détermina. Le roi confentit à fouftir vcette vilite. Nous nous
préfentàmes
la faire, le comgmifineinfradeur Carouge moi, PRCE greffier du tribunal, un huiflier, & deux
norables adjoints. Nous trouvons un premicr valer-de-cheu-bre
duroi, auquel nous expofons le fujer de notre millicn. Le
valer- de- chambre nous répond qu'il ne peut
le permettre > qu'il n'a pas reçu d'ordre à ce fujer. E lui préfente la lettre du miniftre de la iylices ilperfévére à fe refufer à laiffer faire la vifirc. Jele fomme d'aller fur-le-champ
prendre les ordres du roi. Aprèsquelgues difficulrés, il feint
de fe rendre à nos follicirations preflanres; il nous quite
& revient nous dire qu'il n'a Pas trouvé le roi.
nous
Sioas
dérachons Tuifier vers le minifre de lajufice, pour
qu'il vienne mettre ordre à cette dificuld; 8c cependant,
j'intifte, Oje revions à la charge auprts du valer-de-chmmbee,
& je lui dis: Vous Perez ceffer cette mauvaife difficulré. I1
feroir ficheux pour vous & pour nous que nous fullions réduits àla duré néccilié de requérir &c de fire exécuter furle-champ un décret de prife-de-corps ccntre vous.
Ce dernier propos ft fon cire: far le vaige-de-shambre; il
retourna devers le rei, le trouva enfin. Le roi confenut à
la vifre, vint lni-mane porter les clefs communiquant à
toutesles iffhos du corridor noirs ii nous expliqua lui-même
toutc; les communications de CO corridcr: voia coinment
fe termina cetre opération. Ainl, on ne trouvera pas que
j'aie été acculo, ni que j'aie mérité de Tétre pour Taffuire
du 28 fovrier. Je conviendrai cependant que j'ai fubi une
accufarion dans la mémne année, bien plas qu'une accufation; carjai frbi un: condamnation. Je doisen dire le (ujet
oul prérexte, & en faire conno.tre Lhiftorique. Un décret
de-intiemblée confli uante .
-
Le prifilent 1 : Reffrre iplus que til porrras.
Polveid: Jo fuis nccufé, je dois des emplicarions fur ma
cond ir.. Je ne dirai rien du nuen fur ce poincli; je ne
forai que hire les pilces &c ce 902 j'ai écrir a Pallemblée
coatiuante, d'aprts le Logographe.
te, & en faire conno.tre Lhiftorique. Un décret
de-intiemblée confli uante .
-
Le prifilent 1 : Reffrre iplus que til porrras.
Polveid: Jo fuis nccufé, je dois des emplicarions fur ma
cond ir.. Je ne dirai rien du nuen fur ce poincli; je ne
forai que hire les pilces &c ce 902 j'ai écrir a Pallemblée
coatiuante, d'aprts le Logographe. --- Page 339 ---
Il lit:
CC Dicret qui fafpend de fes fonîtions l'accufateur public dx
tribaal di premuer arrondijement de Paris, du 29 juillés
1791.
>) L/affemblée nationale décrète que l'accufareur public du
tribaald premer sirenditfanent de Paris fera" provifoiren.n tipeudt de fs Konctions, & que les juges du
mec mbutel feron: renus de nommer, dans le jour, pre- un
Lomme de loi, pour romplir provilcirement les fonctions de
Tacculacesr public; charge fon comité de confticution de
loi prefenrer inceffamment fes vues fur la manière de pourfeivre les accularecrs"pobli.s qui fe rendroiene coupables
de nésligence dans l'exercice de leurs fonctions. 13
Je n'avois pas alors bé entendu. Je me préfentai le lendemain matin à l'affemblée coaftituante; elle m'entendit,
malgré l'oppofition de quelques membres; & voici le décret
qu'elle rendir le même jour.
Il lit.
e Décret qui lève la fulpenfion prononcée contre l'accufateur
public dii tribunal du premier arrondiffement de Paris, du 30
juillet 1791.
23 L'affemblée nationale, après avoir entendu l'accufareur
public du tribunal du premier arrondiffement, & fur le
compre qu'il lui a rendu de l'emploi de fon temps, des
diligences qu'ila faites dans l'affaire des faux aflignats, &
dans rlufieurs autres qui ont occupé fes momens, & notammenc d.as la recherche des fairs relatifs au départ du
rois décrète que la fafpention prononcée contre l'accufatear
public da promier arrondiflèment eft levée, d'après les nouveaux éclair-illemens qui opèrent fa juftfication. 2
Sans doare la journée du 28 février, Ou plutôt la conduite que j'avois tenue dans l'inftruction de cette affaire,
avoit bien pu être un des motiis fecrets.
Voici,
ciroyens, Fuftorique de ce qui s'eft pallé relativement à
décrète que la fafpention prononcée contre l'accufatear
public da promier arrondiflèment eft levée, d'après les nouveaux éclair-illemens qui opèrent fa juftfication. 2
Sans doare la journée du 28 février, Ou plutôt la conduite que j'avois tenue dans l'inftruction de cette affaire,
avoit bien pu être un des motiis fecrets.
Voici,
ciroyens, Fuftorique de ce qui s'eft pallé relativement à --- Page 340 ---
cette fufpenfion provifoire révoquée le lendemain. Je vais
dire ce que le Logographe en dit ; & pour abréger, je ne
que le récit qu'il fait du moment où je iuis entré
ITeas àla
Je certifie que cela a été copié fur le Logographe,
du 30 juillet 1791.
no. 56,
Il Jit:
9, Extrait du Logographe, Grc.
s> M. Lavigne : Voici une lettre du tribunal du premier
arrondiffement.
c M.le préfident, les papiers publics nous ont inftruits que
*l'accufateur peblic avoit été dénoncé à l'affemblée comme
s n'ayant pas pourfuivi avec allez d'activité les fabricateurs
> de faux aflignats; ; nous devons rendre hommage à
*2
fonzèle,
& allerer l'affemblée nationale qu'il a mis
de
>> vigilance dans les affaires quil a pourfuivies. beaucoup Ncus
w fomnes, &c.
>> M. Dandré: L'aflemblée a décidé hier, avec raifon,
de fufpendre provifoirement l'accufateur public de fes fonctions. Meflieurs, le motif que vuus avez ei a été que vous
n'avez pas vu, dans la conduite de l'accufateur public,
l'activité qu'il avoit dû y mettre : or: > aujourd'hui,
le compte qui vous cft rendu par le tribunal du premier d'aprcs arrondifiément qu'ila fait fon devoir, je penfe Gue CCS *témoignages publics doivent fiffire pour lever uie fulpenfion
provifcire.
35 11, le préfident : Je préviens Faffemblée que M. Polvorel s'cft préien'é ce maun chez moi, & m'a demandé la
grace d'être admis à la barre.
> Plfeurs voix: : Oui, Oui.
>> M. Camus: Je crois qu'il feroit du plus grand danger
de fe rétracter du décret rendu hier; c'eft d'après ce que
vous avez vu qu'il étoit queftion de faux aflignars, qu'ils
fe muliplicient, ce qui vraifemblablement ne feroit pas arsivé fi les coupables avoient été punis, cue vous avez
Fendu ce décrer. Le miniftre de la jrilive m'a envoyé une
kare de M. Pelverel; voici fespropres cxpreflions:
32. Les procès-v verbaux, picces de procédure & autres
'eft d'après ce que
vous avez vu qu'il étoit queftion de faux aflignars, qu'ils
fe muliplicient, ce qui vraifemblablement ne feroit pas arsivé fi les coupables avoient été punis, cue vous avez
Fendu ce décrer. Le miniftre de la jrilive m'a envoyé une
kare de M. Pelverel; voici fespropres cxpreflions:
32. Les procès-v verbaux, picces de procédure & autres --- Page 341 ---
renfeignemens du comité des recherches ont été réunis fucceflivement au greffe du tribunal les 26, 27 &
mai
a
une
cinq dernier. Le 3juin, le tribunal reçu
plainte; Ona continné
accufés ort fubi un interrogateire le L'evénement 9 juin.
de la nuit
le 16 & le 18, & (ni le 20 juin.
fait lailfer linfdu 20 au 21, & ce qui s'eneft fuivi, ont environ trois
truétion de cette aflaile en fouffrance pendant
femaines.
voilà le véritable crime du
s3 A mes yeux, Mellieurs,
c'eft d'avoir fulpendu,
tribunal & de Yaccufateur public;
tout bon cine fit-ce que d'une heure. Je dis que,, l'événement pour du 21 juin
toyen, pour tout accufateur public,
avec une grande
éroit une raifon de plus L'information pour pourfuivre n'a commencé que le
févérité. On ajoute : c'eft-là encore un tort très-grave,
16 juillet préfent mois;
avoient été fubis le 31 mai,
que li les interrogatoires
les témoins tout
Fa falloit
l'accufateur public préfentat
Le cOde fuite, e" les témoins n'étuient pas équivoques. fon travail fur les
mité des recherches avoit rendu public il failoit s'adreffer
faux allignats, & on favoit bien à qui
avoir des témoins. Depuis le 16 jufqu'au 27, dix-fept,
pour
été
refte un effentiel à entendre,
témoins ont
entendus; eft abfent: ilen : mais lors du commencement
c'eftle graveur, qui
de la procédure, - il étoit à Paris. Refe encore les opérations du rétard.
des experts graveur & paperier, qui ont éprouvé c'eft à lui à
C'eft-la le dernier tort de l'accufateur public; (oient faites, & il
requérir que CES opérations d'experts même
tous les témoins
peut bien le requérir > avant
que
Je
foient entendus. Je vois donc là une négligence grave.
dis que vous ne devez recevoir la requête & font la eux-mèmes recommandation des juges du tribunal, parce qu'ils l'accufateur public.
coupables pour n'avoir pas fait avancer & ayant éré rendu, TafJc dis que votre décret étant jufte rendre juce & le faire
femblée nationzle eft faite pour
d'entrer dans de
exécuter. Jc re crois pas quilfoit néceflaire
fuis furpris
plus grands détails à cet égard, &j'avoue aas je jour.)
qu'on fafle une autre propofirien, (Lordre
que vous n'entendiez pas
32 M. Biusgur:) eit impotible
foit entendu.
l'acculareur public; je demande qu'il voulez faire un exemple
2 M. Gospil: Mellicurs, vous
ite pour
d'entrer dans de
exécuter. Jc re crois pas quilfoit néceflaire
fuis furpris
plus grands détails à cet égard, &j'avoue aas je jour.)
qu'on fafle une autre propofirien, (Lordre
que vous n'entendiez pas
32 M. Biusgur:) eit impotible
foit entendu.
l'acculareur public; je demande qu'il voulez faire un exemple
2 M. Gospil: Mellicurs, vous --- Page 342 ---
3;8
de flrérité: ehl bien!
votre but, en n'entendane Mellieurs, vous irez diredtement contre.
innocent cu il eft coupable, pas & M. Polvercl. En effet, ilcit
reprochable, ne lui donnez >
reprochable le droit ou non. S'il eft
Fas voulu l'entendre; J'ai bte pas
de dire qu'on n'a
Siln'eil pas reprochsble, je demande opprimé, je n'ai pas été jugé.
fe jufhifier.
qu'il foit entendu pour
>> M. Saijnt-Martin: On ne flétrit
l'entendre. (L'ordre du
pas un homme fans
>> M. Reynaud:Je demande jour.) la
Polverel.
priorité pour entendre M.
Polvercl 3> L'allemblée décrète que M. Polverel fera
eit introduità la
entendu. M.
barre.
M. le préfident : Vous avez demandé àlaffemblée
entendus elle le rend à vOS
d'être
>9 M. Polverel: M. l-prétident, defits, vous avez la parole.
clamé hier par T'affemblée narionale, mellieurs > j'ai été procoime un magiftrat ccupable d'une dans tout T'empire,
le rendre fufpect de prévarication négligence aflez grave
EE dans ia pourfuite de
dans fes fonclions.
faux allignars,
laffaire contre les fabricatcurs de
3> Je vais que j'ai éré accufé de cette
VOits dire
négligence.
été chargé de faire, ce fimplement, quej'ai
Mellieurs, ce que j'ai
&: d'après cet expole, vous
fair, ce que j'ai da faire;
micux gne je n'ai fair.
jugerez fj'ai pu faire plus ou
>> Trois fabrieations de faux
au tribuual du premier
allignats cnt été renvoyées
trois affaires. L'une avoit arrondiflement, été commife pour inftruire ces
Paris, & les prévenus avoient été
ou conmencée à
>> Une fecende avoit été
arrétés à Paris.
avcient été arrêtés commencéé à
à Londres, & les
Tnrous
Londres, & transférés à
53 Une troifme avoit é:6 commencée à
l'accufé avoit dré arrêté à Limoges. Je
Limoges, de
&
miere, car il me paroir que c'eft dans parlerai celle-la la
qu'en m'inculpe.
iedh.ite
dans 3> Les pièces de convidion & les pièces de
cctte première altaire de Paris, ont été procédure e,
grefe du tribunal fucceilivement le 26, le
& remifes au
dernier. Comme ces pieces étoient la bale 27
le 31 mai
unique de la
arrêté à Limoges. Je
Limoges, de
&
miere, car il me paroir que c'eft dans parlerai celle-la la
qu'en m'inculpe.
iedh.ite
dans 3> Les pièces de convidion & les pièces de
cctte première altaire de Paris, ont été procédure e,
grefe du tribunal fucceilivement le 26, le
& remifes au
dernier. Comme ces pieces étoient la bale 27
le 31 mai
unique de la --- Page 343 ---
plainte
je devois rendre, je n'ai
la HEEARE de cette
pas pu m'occuper de
plainte avant T'apport de ces
par mife conféquent avant le 31 mai, époque de la dernière picces, requi a été faite au grefte des pièces de conviction
procédure. >>
& de
Lc préfdent : Ilme femble, d'après le décret de Faffemblée
conftituante inutile.
qui a innocenté Polverel, que certe"leéture eft
Verneuit : C'eft pour gagner du temps.
Polverel: Je n'en ai ni lair ni le jeu.
le Autre inculpation. J'ai défenen la nobleffe de Béarn
peuple. Je n'ai jamais rien fait ni
la
contre.
pour ni contre le peuple de Béarn. nhaRet un noblelle, affez ni
confidérable, non pas pour le Blarn, mais
ouvrage la
Cet ouvrage exifte encore; je le dépolerai pour : les colons Navarrg. en
portoir pourront fur prendre l'univerfalité connoiffance; 5 ils verront que cet cuvrage
dans la Navarre. Je défendois du franc-aleu ou de la féodaliré
niftration des domaines, l'univerfalité conire du le fifc, contre l'admiNavarre, fur toutes les terres auxqueiles franc-aleu dans la
pas appliquer un titre de féodalité. Le fifc on ne pourroit
contraire y établir le fyftème de féodalité prérendoit au
toutes les terres dont le propriéraire
uRiverfelle fur
les titres de liberté. Voila à quoi fe réduifoittoute ne rapporteroit la
pas
l'ai tâché de démontrer, dans la confultation
queftion.
à ce fujet, que lallodialiré; la liberté des terres que jai étoit faite
droit naturel, même de droir pofitif, non-feulsment dans de la
Navarre, mais en France.J J'ai combartn de toutes mes
contre le fyftême de féodalité eniverfelle.
forces r
n'étoit pas là me déclarer f'ennemi de la Certainement, car-ii ce
bien diflicile que le défenfeur de la liberté libertés terrireriale eft
l'ennemi de la liberré desperfonses.
la
foit
défendire la ncblefle contre le reuple. Cen'ellpas D'un côré, non ceft plus
fendre l'unicerfaliré da peuple, V compris la
dede l'autre, c'eft défendre plus
noblelle; mais
peloit le peuple : ear cn fait bien fpécislement que cen'cf ce qu'on apou du moins ce qu'alors on appeloir ainfi, pas le peuple,
des terres feignouriales, de grandes enclaves, & qui polledoit
prérendre aux droits féodaux. Céroir donc défendre qui pouvoit
(ément le peuple de Navarre centre la noblotle, en même préci-
, V compris la
dede l'autre, c'eft défendre plus
noblelle; mais
peloit le peuple : ear cn fait bien fpécislement que cen'cf ce qu'on apou du moins ce qu'alors on appeloir ainfi, pas le peuple,
des terres feignouriales, de grandes enclaves, & qui polledoit
prérendre aux droits féodaux. Céroir donc défendre qui pouvoit
(ément le peuple de Navarre centre la noblotle, en même préci- --- Page 344 ---
que je défendois le peuple & la nobleffe contre le fifc.
remps Le citoyen Page a énoncé une autre inculpaticn que je n'ai dit
entendue, car il ne Ta pas développée nettemen:. Ila
pas mon cpinion > en 1792, n'étoit pas conforme à celle.
que
manireftée eil 1789. Je le prie & le fomme de
quejavois pofer bien nettement fon accufation, de dire quelle étoit
Y'opinion par moi émile en 1789, dont il a parlé avec un
ton d'improbation. Je lui promets que ma réponfe fera
prompre Quelques & colons nette. : Le ciroyen Page vient de fortir.
Polverel: On me dit: Suppofons que vous ayez étél'ami
de la liberté générale en France, il eft bien certain que vous
n'avez pas été l'ami de la liberté des noirs. A cet égard >
j'ai encore une réponfe prompte ; elle confifte d'une
de deux
da difcours
PAS
dans la ledture
lignes
préliminaire
tableau des révolutions du, I Sème fiècle. Voici les deux premières lignes de ce difcours :
la liberté
Cc La nature a fait Thomme pour
>
Tégala fociété. Nul hoame n'a reçu de Tome nature le
lité, droit pour de commander à d'autres hoimes , ni de difpofer
d'eux 33.
fi l'homme
a
ce
Je vous demande, ciroyens,,
qui pofé l'ami de
principe fans diftinétion de coulaur, pouvoit être
l'efclavage des noirs ?
Duny : J'obferve que Robefpierre en a dit vingt fois
autant. Polverel : Voilà une autre preuve tirée de mon ouvrage
intitulé gatette nationale & cerangere, dont je vous ai dit
que j'étois un des rédaéteurs :
Vendredi, 29 janvier 178p.
Lettre az rédacleur.
Je (uppole cette lettre de Bordeaux
Lc préfident : Cela paroit inutile.
Polverel: Vous avez entendu les inculpations . .
: Le préfident : On ne t'ena pas fait fur cet ouvrage.
Polverel: C'eft vrai, mais ma juftification confille dans ce
ouvrage.
atette nationale & cerangere, dont je vous ai dit
que j'étois un des rédaéteurs :
Vendredi, 29 janvier 178p.
Lettre az rédacleur.
Je (uppole cette lettre de Bordeaux
Lc préfident : Cela paroit inutile.
Polverel: Vous avez entendu les inculpations . .
: Le préfident : On ne t'ena pas fait fur cet ouvrage.
Polverel: C'eft vrai, mais ma juftification confille dans ce
ouvrage. --- Page 345 ---
Vernexil : Du tout.
Le préfid.ne : Palle à un autre objet.
Poiverel: Mais ce fon; des incuiparions particulières.
Verneuil: Cela regarde-t-il l'efpiit public avant votre are
rivée :
Polverel: Ona dit encore : Vous ne vouliez certainement
pas la liberté des noirs à votre arrivée à
Senac demande la parole.
Saint-Domingue.
Le préfident : Vous ne pouvez pas prévoir ce que Polverel
va dire. (A Polverel) ) Continue.
Polverel : Vous ne la vouliez pas, puifque vous avez
déclaré formellement & publiquement, le 20
1702, que fi l'affemblée nationale changeoit quelque feptembre chofe
aTétat des propriétés mobiliaires, vous abdiqueriez votre
million.
Verneuil : Il tronque le paffige. Je demande
le life
tel qu'il eft.
qu'il
Polverel: : C'eft ce que je vais faire.
Frneuil: Bah! bah!
Lc préfident: Je te rappelle à l'ordre.
V'erneuil : Si c'étoit nous, on ne nous laifferoit
parler.
pas
Lecointe, membre de la commilfion : Citoyen - préfident
jedeminde que le citoyen colon loit rappclé au
doit aux repréfentans du peuple. Ces débats
relpectqurii
ractère indécen:.
prennent un caLe préfident : Je vais confulter la comiifiion pour favoir
fi, aux termes de fon arrèté d'hier, je dois infcrire le citoyen Verneuil avec cenfure au procès-verbal.
Grégoire 3 membre de la corrniffion : L'arrèté eft pour
tonsindistinctemenn,
Le pr.fidea :Ii s'agit de l'application.
Lecoints, , membre de la commifion: : Le ciroyen Verneuil
a dit : Si c'éroir nous, on ne nous laifferoit pas parier.
On paffe bien deux, trois & même quatre fois des
mens de vivacité à un homme 5 inais
mouvetoutes les féances, celà eft trop fort.
continuelleament, à
Le préfident : La première fois j'infcrirai au
verbal avec cenfure celui qui fe permetira des
procèsreilles.
choles pa
application.
Lecoints, , membre de la commifion: : Le ciroyen Verneuil
a dit : Si c'éroir nous, on ne nous laifferoit pas parier.
On paffe bien deux, trois & même quatre fois des
mens de vivacité à un homme 5 inais
mouvetoutes les féances, celà eft trop fort.
continuelleament, à
Le préfident : La première fois j'infcrirai au
verbal avec cenfure celui qui fe permetira des
procèsreilles.
choles pa --- Page 346 ---
Lecointe, membre de la commiffiom: : L'inculpation eft dirigée contre la commifion. On Yaccule de parriali . lé,d'injuftice; elle en eft incapable. Je m'apperçois qu'en commence par adreffer des reproches particuliers auxmembres
de la'c commilion, enfuite on luien fait colle@tivemenr. F lle
ne doit pas le foufrir davantage; 5 elle doit en faire rapport
à la Convenzion.
Senac: Citoyen, vous avez tort.
Lecointe 3 mem.bre dela Convention : Ciroyen, je n'ai point
de débars a avoir avec vous.
Senac:Jene vEEXJES être inculpé,& çu'cn tet
intentions que je n'ai pas.
Lecointe, membre de la commifFon : Ce
mais le ciroyen Verneuii... Jed dumande'que
délibère.
La commiflion fort porr délibérer Elle renre. Le
préfident pronouce farreté fuivaar:
Arrêtéde la commifion.
cLa commiflion, confidérantque, dans cette féancemême,
lorfque Polverel répondeit à dis incilpatons oci"lui ont
été faites par les colons, elle a plefieurs fois rifufé de ie
laiffer centinuer , quand les déreils auxquelsilfe livfoit lui
ont paru étrangers aux débats on fufifomment éclaircis;
>> Que néanmoins Vemsri! s'cf écarté du refpect qu'il
doit aux repréfentans du peuple,par des interruptions in-"
décenres 5 que rappcié à Pordre par le préfident > il a incuipé la commiflion de partialités arrête que fon nom fera
infcrit avec cenfure aux débats, conformément afonarrété
dy 3 de ce mois P,
Verneuil : Ciroyen-préfident, je n'sipcinrinculéls commiflion de partialité, J'ai dit ces mots : fi 1 c'ércit nous, on
ne nous lailferoit ras parler. Voilà ce que j'ai dit, & je
prie les ci:oyens tachygraphes de remettre mes expreflions.
Le préfident : (A Polverci) Continue.
Polverel : En
de c que je n'étois pas dans l'intention de donner MTTS liberré aux neeres, lors de mon arxivée à Saint-Domingue, on a donc dit que le zo. feptembre
ité, J'ai dit ces mots : fi 1 c'ércit nous, on
ne nous lailferoit ras parler. Voilà ce que j'ai dit, & je
prie les ci:oyens tachygraphes de remettre mes expreflions.
Le préfident : (A Polverci) Continue.
Polverel : En
de c que je n'étois pas dans l'intention de donner MTTS liberré aux neeres, lors de mon arxivée à Saint-Domingue, on a donc dit que le zo. feptembre --- Page 347 ---
3+3
tembre 1792 j'avois déclaré publiquement
je mourrois
plurôt que de foutrir l'exécution d'un
projer, & me
rendant ainfi
catpe
Sonhonax commune une proclemation qui appartenoit à
feul, celle du 4 décembre 1792, ona
que nous avions dit que fi l'afleniblée nationale prétendu
toit atteinie aux propriétés mobiliaires des colons égaree pornous cppolerions de toutes nos torcus à l'exécution > de nous ce"
décrer.
Ainti, ajoure-t-on, > je portois h haine de la liberté des
noirs julqu'a promettre la défobéiflince aux décrets del'al
femblée nauionale, fi elle pronon,oir certe liberié,
donner aux colons des confeils, & l'exemple de la révolte. jniqu'à
Bralley : J'obierve que c'eft moi quiai ciré les deux
clamations, & J'ai dir, en parlan. de celle du 4
proSonthonax a éré plus loin, &a faic le fe ment, décembre: &c.
Hy a dans celle duzo feptembre : Nous mourrons
& dans celle du 4 décembre: Nous faifons le ferment plutôt.., &cc.
J'ai diftingué ce qui étoit du fait de Polverel, de
& d'Ailhaud, & ce qui etoit du fai: de Se ni honax Son:honax feul.
Polverel:En ce cas, je fupprimeraima réponfe à ce dernier arricle.
Ciroyens, vous avez vu le piège qui nous fur tendu
l'aflembiée ccloniale de Saint Domingue, en femant la
en
R2
fiance, armant tous les propriécaires d'efclaves de SaintDomingue contre nous. Dès l'inftant de notre arrivée, nous
fentimes le piège & l'efiet funefte qu'il pourroir avoir 5 &
dans linftant, je le fis fentir par une réponfe improvifée.
La voici 5 elle eft très-courte :
Extrait du difcours de M. Polverel, commifaire - nationalcivil.
e J'ai été furpris, je lavoue, de voir des craintes fe
manifeiter dans ceite affemblée fur des inftrudtions fecrettes
dont on nous fuppole porteurs, comme fi nous pouvions
avoir d'autres inftructions que la loi; & comme fi la loi
pouvoit n'ètre pas publique.
>> Ermoi, je vous declare, au nom de mes
fans cr-indre d'en être defavoué; je vous déclare collègues, en mon
non que f1, par impollible, l'affemblée nationale changeoit
forne II. Vingt-deuxième liyraifon.
Y
des inftrudtions fecrettes
dont on nous fuppole porteurs, comme fi nous pouvions
avoir d'autres inftructions que la loi; & comme fi la loi
pouvoit n'ètre pas publique.
>> Ermoi, je vous declare, au nom de mes
fans cr-indre d'en être defavoué; je vous déclare collègues, en mon
non que f1, par impollible, l'affemblée nationale changeoit
forne II. Vingt-deuxième liyraifon.
Y --- Page 348 ---
j'abquelque chofe à l'état de vos propriétés mobiliaires,
diquerois fur-le-champ toute miflion, & remettrois entre
les mains de la nation les pouvoirs qu'elle m'a confiés funefte 9
plutôr que de me rendre complice d'une erreur aufli
à la colonie. 9>
certainement
là annoncer l'intenCitoyens, ce n'eft
décret pas de l'affemblée légiftion de me révolter contre un
à
lative 5 c'eft une réfolution prife de ne pas l'allemblée concourir lélexécution d'un décret que je croyois que
giflative ne pouvoit pas rendre,
d'interpeller PolClaufon : Je prie le ciroyen-préfident ila écrit, le 16 décembre 1792,
verel de déclarer fi ou non
une lettre dans laà la municipalité du Pert-au-Prince réitéré
fois le ferment
quelle il annonce qu'il a
plufieurs
de ne point attenter aux propriétés. & 1 je dirai à quelle OCPolvercl: Il eft vrai; j'ai Port-au-Prince éctiti,"
avoit l'air de voucafion la municipalité du entre la commune de Jacmel
loir fe porrer médiatrice
à l'exécution de la
& les commiffaires civils > relativement lettre à cette dernière comloi du 4 avril. Elle adrefla elle lui une parle avec le ton de la mémune dans laquelle
contre l'efpric dominant Breffrayane
fiance 1 plus prononcte Ce font les expretions de la lettre.
de la France.
Clanfon : Je Ciroyens,. réponds à votre incnipatien. J'écrivis donc
Polverel:
du Porrau-Prince, pour lui demander ce
à la municipalité
:
dominant &
qu'elle entendoit par ces expretlions nettement Fefpric : elle dit
eifiayant de la France. Elle s'expliqua étoit
réfolution de
que cet efprit dominant & effrayant
la,
c'étoit
donner la liberte aux efclaves. Là-deffus , comme
encore dans les temps voifins de notre arrivée 3 & comme
j'érois encore dans la même pofition qu'au moment de notre
Puifque nous ne connoiflions pas les, bafes fur lef
EV guelles
Convention fonderoit la nouvelle conftitution ),
c'bcoit,, ije ne me trompe 2 vers la fin de décembre
d'un autre côté combien cet elprit déa
comme je voyois cherchoit à reprendre dans la colonie pouvoit
fiance aliéner qu'on les' efprits de la colonie contre la métropole; comme
javois à eceur de prévenir l'exécution de ce projet quin'exifsoit encore que dans leur imagination > j'écrivis à la mu
EV guelles
Convention fonderoit la nouvelle conftitution ),
c'bcoit,, ije ne me trompe 2 vers la fin de décembre
d'un autre côté combien cet elprit déa
comme je voyois cherchoit à reprendre dans la colonie pouvoit
fiance aliéner qu'on les' efprits de la colonie contre la métropole; comme
javois à eceur de prévenir l'exécution de ce projet quin'exifsoit encore que dans leur imagination > j'écrivis à la mu --- Page 349 ---
nicipalité
que je n'avois
ne me rappelle pas
pas de pouvoirs ni d'inftrudions. Je
me prendre encore précilément les termes; ainfi
fubftance de ma lettre , parce que je ne vous donne n'allez que
écrite.
, deux ans
:
après qu'elle a été
Clauffon : Je demande la leéture.
Polverel : Elle fe fera; je
tort de s'alarmer fur le projet continue éventuel > & je dis qu'elle avoit
dation de la République
& poflible de la fonçaife ne feroit pas le premier françaife ; que la République franfervé des efclaves. Je cirai peuple libre qsi auroit conplufieurs autres Républiques en excmple Sparte, Rome &c
libres, au moins
anciennes qui, quoique trèsmoins' des efclaves. quelques-tnes Voila
d'elies, confervoient néantance d'avoir écrit à la
ce que je me rappelle en fubfClauffon : Je demande municipalité la
du Port-au-Prince.
Le préfid nt : Tuas fait que une lettre foit lue.
y a répondu. Cette lettre eft inrerpellation à Polverel 3 il
verel a Sainr-Domingne, En poftérieure fe
à l'artivée de Polfent, on croiferoit les débars livrant à cet examen à
objer, quand On difcutera les actes ; tu auras la parole fur pré- cet .
Cla-fion : Je vous
des commiffaires.
lettre
démontrerai,
Le
ciroyens > que cette
faire préfident : Tu n'as ples la parole 3 il ne faut
desinepellations fur des objets
pas
Ctaufon : ly a de la cohérence, poftérieurs :
Senac : Je prie le préfident
elarer fi à cette époque toure d'interpeller la
Polverel de dé.
la municipalite en téré, & la
ville du Port-au-Prince s
envoyé des députés
commune de Léogance n'ont
Senet"
pour ramener la tranquillité à
Senac Polverel: Oui, mais ils n'ont rien
n'y avoit : Je.vous prie de déclarer fi produit. dans la
Polverel: pas des hommes de couleur.
dépuration il
Oui, il y en avoit.
Senac: Et Daguini car je les choifis Beauvais..
Polverel: Jen'en fais
moi-méme.
y avoir éré. Ouatre jours rien : je vous nomme celui que je fais
Faffemblée coloniale, dans après le difcours du préfident de
eu occafion d'éprouver
T'intervalle defquels nous avions
que ce difcours avoit déjà fait de
Y 2
olverel: pas des hommes de couleur.
dépuration il
Oui, il y en avoit.
Senac: Et Daguini car je les choifis Beauvais..
Polverel: Jen'en fais
moi-méme.
y avoir éré. Ouatre jours rien : je vous nomme celui que je fais
Faffemblée coloniale, dans après le difcours du préfident de
eu occafion d'éprouver
T'intervalle defquels nous avions
que ce difcours avoit déjà fait de
Y 2 --- Page 350 ---
mauvaifes impteffions relativement aux autorités nationales
nouvellement arrivées > voici ce qui nous détermina à faire
la proclamarion du 24 feptembre > dont je vaislire l'exorde.
1 Lprefident : Disla fubitance 5 car cela eft encore poftérieur a ton arrivée.
Polverel : Il eft peut-êrre néceffaire que je life toute cette
partie la, parce quelen a voulu aprliquer tn mot d'un arOn
ticle, nous mourrons platôt que de fonfrir l'ixécution S &c.
a voulu lappliquer au décret rollbie qui denneroit la liberté
aux eiclaves, & ily eft abfolument étranger.
Il lit:
Proclamation du 24J feptembre 1792.
€ CirO Y E N S 3
>" Les commiffairés nationaux civils, à leur débarquement à
Saint-Doningue > onz dté environnes de defiance par les ennemis de la chofe publiqu. Calomniés dans leurs jentimens 3 ils
vous doivent une explication folemneile fur leurs véritables
principes > ainfi que fur la nature & l'étendue des droits
que l'aflemblee narionale & le roi leur ont confiés.
> Que les hommes foibles & crédules ne fe.(candalifent
plus 5 que les pervers ceffent leurs' complots. Voicile fymbole de notre religion politique, nous n'en changerons jamais.
'3> Invariablement attachés aux lois que nous venons faire
exécurer, nous déclarons, au nom de la métropcle , de
l'aflemblée nàtionale & du roi, que nous ne reconnoitrons
déformais que deux clafles d'hemmes dans la colonie de
S.int-Domingue 3 les libres fans aucune diftinétion de
couleur, & les efclaves.
>2 Nous déclarons qu'aux affemblées coloniales feules,
confirurioenellament formées, appartient le droit de pronon
cer fur le fort des efclaves.
>> Nous déclarons que l'efclavage ef néceffaire à la cultur:
& à la profpérité des colonies, & quiln'eft ni dans les principes, ni dans la volonté de l'affemblée nationale & du roi, 2
de teucher à cet égard aux prérogatives des cclons.
a Nous déclarons que nous ne reconnoitrons pour les
emblées coloniales feules,
confirurioenellament formées, appartient le droit de pronon
cer fur le fort des efclaves.
>> Nous déclarons que l'efclavage ef néceffaire à la cultur:
& à la profpérité des colonies, & quiln'eft ni dans les principes, ni dans la volonté de l'affemblée nationale & du roi, 2
de teucher à cet égard aux prérogatives des cclons.
a Nous déclarons que nous ne reconnoitrons pour les --- Page 351 ---
amis de la France, , que ceux qui le feron: de fa
tion, fauf les modilications que comnandent
confitles localirés.
i'efclavage &
2) Nour déclarons que nous pourfuivrons
les ennemis de ia ioidu * avril, & les
égulemenr, &
pirateurs, qui ont voula faire des droits des mépritables confqualifiés de couleur uné
citoyens ci-devant
>> Nous mourrons plutôr (péculation de con:re- révoluntionnaire.
projer
que
fouftirit l'exécution d'in
le caraétere anti-populaire national ; mais nous ne laiflerons jamais avilir
tolérance coupable des dont nous fommes revêtus par une
Vous T'entendez, injures faites à la métropole 3>,
plutôt que de fouffrir l'exécution citoyens I cette réfolurion de mourir
ett évidemment abfolument
d'un projet anti-populaire,
dit plus haut fur la pollibilité étrangère à ce que nous avons
fur les efclaves. Iy a deux articles d'un décret qui prononceroit
dit fur la liberté des
& enrre ce que nous avons
plucôt, &c. Sur ce rapport efclaves, il eft ces évident mots : Nous mourrons
étranger au premier article 3 mais de plus les que deux ce mot eft
intermédiaires des
ne parient plus, de la liberté des
articles
amis de la France, des amis de la
nègres, mais
nemis de la loi du 4 avril, des méprifables confituition, des enqui ont voulu faire > des droits des hommes confpirateurs
couleur, une fpéculation
qualifiés de
pos de ces hommes, conrerévoluticennaire : c'eft à pronous difons
, énoncés dans les deux articles, - ,
rion d'un que nous mourrons plutôt que de Jouprir l'exécu- que
ce dernier prajer article anti-populaire ; & par le repprochement de
d'un décret poilible avec fur ceux la liberté dans leiquels des
nous avons parlé
dire que nous mourrons piurôt que efclaves. de
cn nous fait
des déerers qui pourroient accorder la liberté fouffrir l'exécution
Je vous laifle, ciroyens, le foin
aux efclaves.
nière de combattre,
d'apprécicr une' pareille màTh. Millet : Je prie le préfident
s'il ne regardoit pas, dans cette proclamation, d'interpeller Polverel,
jets anti populaire, tout ce qui pouvoir
> comme proprérogatives d'une partie du peuple.
porter attcinte aux
Poiverel:Je regardois comme projers
que pourroient tenier les ennemis de la anti-populgires de
ceux
Nirurion. 9 les conure-réralusionnsies Frince, , la confTome II. Pingt-dexxième
ennenis de la loi da
liyraifon.
Y 3
ne regardoit pas, dans cette proclamation, d'interpeller Polverel,
jets anti populaire, tout ce qui pouvoir
> comme proprérogatives d'une partie du peuple.
porter attcinte aux
Poiverel:Je regardois comme projers
que pourroient tenier les ennemis de la anti-populgires de
ceux
Nirurion. 9 les conure-réralusionnsies Frince, , la confTome II. Pingt-dexxième
ennenis de la loi da
liyraifon.
Y 3 --- Page 352 ---
sacil,eui faifoient de cette loi & des droits des hommes de
couleur une ipeculation de contre-révolation, Voila les projets que je regerdois comme anti-populaires. Vous ne pouveapas forir des termes dans lefquels eft conçue notre proclanistien, pour interprécer mes intentions, > & appliqser
à laliber:é desnoirs une protcitation qui lui elt ablolement
étrenglre. Yerrenil: Polverel vous a dit qu'à fon débarquement à
Scine-Leningees le Tréfident de l'affemblée coloniale lui
avoit tendu tin riége qu'il s'cn éroit apperçu, & que ce
qui la forcé a faare 4 réponie
vient de lire relativement aux nègres, eft quly y
beaucoup deiperfonnes
L
armées contr'eux. Je prie le citoyen préfidentid d'interpeller
Polverel de déclarer quelles étoient CCS perfonnes, & en quel
nombre elles étoienr.
2170 6
Polvercl: Jei n'ai pas ditunmo: de cela.
-
Vernexil : Yous Yaves dit.
Polverel : Non.
T
Ferzeuil-: J'enappelle aux tachygraphes.
Leprofident's Ton interpellation eft infcrite, & la répon(e
de Polverel Tefl aufli 5 c'elt ailez. A l'ordre. (4 Polyerel)
Reprends la difcuflion:
AL Polverel: Je ne vous donnerai pas un long développement,
rour expliquer les motifs pour lefquels nous croyions ce que
nous déclarions, & les morifs qui, dans la fuite , ont dà
nous faire adopter des principes ibiclument oppofés. Nous
penfions que l'aliemblée implement légillative étoit liée far
ie fort des perfonnes non-librès, par le décret conftitutionnel
du 13 mai 1791. Voilà pourquoi nous penfions qu'elle ne
pourroir pas pronencer fur la liberté des noirs. Monropinion étoit fondée far les grandes difficultés qu'il auroit
à cbrenir da travail des Africains devenus libres.
opiMeart
nion étcit fondée for les relations de pluficurs voyageurs >,
la plupart marchands d'hommes, qui avoient pu à ce titre
m'induire en' erreur. Elle étoit fondée fur des relaticus de
pius de trente ans, que j'avois eues., foit avec des armateurs pour la traite , foit avec-ides. armateurs pour
les colonies, foit avec des colons. Mon opinion a.changé
dans la fuite par les principes far. lefquels la Conventiun a. fondé l République 5 unité, indivifibilité de la
ands d'hommes, qui avoient pu à ce titre
m'induire en' erreur. Elle étoit fondée fur des relaticus de
pius de trente ans, que j'avois eues., foit avec des armateurs pour la traite , foit avec-ides. armateurs pour
les colonies, foit avec des colons. Mon opinion a.changé
dans la fuite par les principes far. lefquels la Conventiun a. fondé l République 5 unité, indivifibilité de la --- Page 353 ---
République 5 liberté : égalité > bafes' fondamentales de la
Africains République. Mon opinion fur la poflibilité du travail des.
devenus libres, a changé, par la très-grande fréquentation des ateliers & des Articains encore elclaves.
étudié leur caradère, j'ai étudié leurs
J'ai
dire que je fuis parvenua les connoitre mieux difpolitions ; & j'ole
tres. Un efclave dillimslera
que leurs.maifera jamais juge ce qu'il eft tonjours foni avec fon maître ;4 il ne
parlois pas en maitre, je leur par
maitre. Moi, je ne leur
fuis. parvenu à connoître leurs parlois en ami; & par-là; je
juger ce qu'on pourroit
dilpofitions, leur efprit, > à
morifs de
efpérer ou craindre d'eux. Voila
mes différentes opinions aux deux
les
férenres. Ona donné encore une autre
époques diftion. On a dit : Vous étiez au mois preuve de mai de linculpaennemis fortement prononcés de la liberté des 1793 les
cette époque VOLIS ne vouliez pas la leur' donner. noirs Il 5 a à
qu'alors ce n'étoit pas notre intention' > nous ne
eft-vrai
que tees-imparfauremenr les bafes fur lefquelles connoiflions la
blique françaile éroit fondée. Nous nous
encore Répufermés dans les limites des pouvoirs qui croyions nous avoient rendonnési dans le cours de l'affemblée légiflative. Je me
été
mois.alors fi ftrictement dans ces
renferjamais permis de connoitre d'aucune limites, que je ne m'étois
d'aucune
queftion de liberté x
conreftation entre les maitres & leurs efclaves.
puis en donaer des preuves par deuxi prociamations
Je
publiai, l'une à l'occation d'une accufation
que je
Léon
-
intentée contre
Périgny, > accufé d'avoir excité &
la
des noirs dans le Sud, & de leur avoir prorégé fourni des révolte
tiens de guerre & de bouche, La municipalité des Euni-
-la fénéchauflée même
Cayes &
> eurent des doutes fur la
tencer de.la fénéchauflée pour connoître de cette
compéEllese fondoient fur la loi du 4
qui nous accufation.
la connoiffance de tous les délits avril,g
attribuoit
& elles regardoient cette révolte contre-revolstionnaies comme un délit
*
révolutionnaire.
contreJy vis, moi, un délit d'abord bien colonial ; c'étoit h
proteticn. accordée à la révolte, Sous ce
crus
que c'étoit aux tribunaux de la colonie à connoitre rapport, du je
j'ordonnai que la fénéchauflée continueroit la
fairi; jufd
qu'a fentence
procédure
inclufivement 2 fauf l'appel. On le At; OlI
stionnaies comme un délit
*
révolutionnaire.
contreJy vis, moi, un délit d'abord bien colonial ; c'étoit h
proteticn. accordée à la révolte, Sous ce
crus
que c'étoit aux tribunaux de la colonie à connoitre rapport, du je
j'ordonnai que la fénéchauflée continueroit la
fairi; jufd
qu'a fentence
procédure
inclufivement 2 fauf l'appel. On le At; OlI --- Page 354 ---
3ge
jugea cette affaire. Je fis la mêmé profellion de foi à l'oécafion dHlamur-dsumc-our, & de plufieurs autres qui furent arrêtés avec lui. Dans celle-ci, je vis deux délits bien
formellement diftingués: lun, accufation d'excication desnoirs
à la révolte , que je confidérai comme délit purement colonial ; Tautre, aéte & complot de contre-révolution civile 5 je
réfervai la connoillance de celui-ci à la commiflion
& à la Convention nationale. Ce fut fous cette diftinétion
que d'abord les tribunaux de la colonie infque truiroient Yordonnai fur le délit colonial de la révolte des nègres, refervant à la commillion civile & à la Convention nationale
à rechercher & à prononcer fur les délits contre-révolution- de
naires. Voilà, citoyens, dans
efprit j'étois au mois
étoit la commiffion civile >
mai
fur Tincompétence
da
1793,
fur la liberté des efclaves. Je n'avois donc
garde pour prononcer de croire alors qu'il étoit en notre pouvoir de donner
a liberté aux noirs. Mais on tire de notre prociamation du
mai une conféquence bien plus étendue, On a dit : c Vous
5 avez fait par cette proclamation revivre d'anciennes lois FéThumanité des maitres avcit laife tomber en dénales, fuétude, que telles que jarrets, oreilles coupés pour maronage. >>
On a dir même quelque chofe de plus dans une dénonciation à la Convention nationale. On a dit que > par cette proclamation du S mai, nous nous étions ingérés en légiflateurs,
& que nous avions créé des peines qui jufqu'alors avoient
été inccnnues. C'étoit donner à enrendre que nous en avions
inventé qui n'exiftoient pas dans les anciennes lois 5 & pour
donner à ces réglemens un caractère de fouveraineté Deplus,
les colons nous ont préienté une traduétion de notre proclamation en langue créole. Ils ont trouvé dans cette proclamation les 12 ots créoles, nou v'le & ordonné, qui correfpon- N'ef-ce
dent aux mots français, nous youlons & ordonnons.
dit, le langage des tyrans : Nous tenterions
. pas là, a-t-on
de nous rejeter fur le texte franvaincment, a-t-on ajouté >
modérés',
qui emploie en apparence des termes pius
les
çais, mors, nous avons ordonnéé ordonnons : car, , d'un côté, celui
qui nous a dénoncé à la Convention nationale a décidé
la proclamation originale étoit cn créole, & qu'elle a
Re tradiite 61l français 3 d'en autre coté, nous avons ordonrié
enterions
. pas là, a-t-on
de nous rejeter fur le texte franvaincment, a-t-on ajouté >
modérés',
qui emploie en apparence des termes pius
les
çais, mors, nous avons ordonnéé ordonnons : car, , d'un côté, celui
qui nous a dénoncé à la Convention nationale a décidé
la proclamation originale étoit cn créole, & qu'elle a
Re tradiite 61l français 3 d'en autre coté, nous avons ordonrié --- Page 355 ---
& ordonnons
nous voulons & 3 ne ordonnons. fentent guères moins le defpote que les mots,
Vern uil: J'oblerve
Je réponds d'abord...
je prie les ciroyens que le citoyen Polverel lit ce qu'ildits
débars.
tachygraphes de le configner dans les
Polverel : Je lis vOs objections.
ce deinier article : nous n'entendons -Je réponds d'abord à
nous. n'avons jamais écrit une feule pas la langue créole >
creele; toutes nos
preclamation en
proclamations,
langue
nos ordres ont été écrits en
tcuics nos décifions, tous
ment quelques-uns dont il étoit langue urile françaile; de
il en eft feuleaux noirs; de celles-là feulement donner connoilfance
traduétion, limprellion & la
nous avons ordonné la
C'eft ainfi
nous avons fait publication en langue créole.
5 mai, & Rer n'a,
pour notre proclaination du
nous ordonnons R.Re pas à méprendre, car elle dit bien
2us traduire du créole
traduite; mais dit-on qu'elle
traire, du
en français : Non, elle dit au confur ce fait, français je
en créole. Sil'on éleveit quelque doute
Verneuil : C'elt pourrois inutile. en douner la preuve.
proclamation Polverel: Cet article , par lequel nous ordonnons
fera traduite de
que la
encore dans la traduétion
français en créole, fe trouve
ont dans ies mains; nient-ils en langue créole, que les colons
Les colons : Noa.
encore ce fait?
Polverel: Vous avez donc
en langue créole
vu, par la proclamation même
étoit en
que vous teniez àla main, que
français; vous ne pouviez donc
l'original
par une traduction inexaéte qui auroit pas nous inculper
d'aurres que par neus, puifqu'encore
être faite par
dions pas la langue créole.
une bi nous n'entenrefponfables de
On ne peur donc pas nous rendre
Tinrerprétation finiftre
nous vléé ordonné,
qu'on donne aux mots,
de notre
puifque ces mots ne font
bouche ou de notre
jamais fortis
relponfables que- de la déclaration plume; nous ne pouvons être
fortie de nos mains, Or, dans le françaife telle qu'elle eft
pas les mots, nous voulons G texte français, on ne trouve
nous avons ordonné 6 noNs ordonnons. ordonnons, , ony trouve ceux-ci,
Mais on nous fait encore un crime de
exprellions : cependant la loi du
avril ces dernières
& celle du
ces mots ne font
bouche ou de notre
jamais fortis
relponfables que- de la déclaration plume; nous ne pouvons être
fortie de nos mains, Or, dans le françaife telle qu'elle eft
pas les mots, nous voulons G texte français, on ne trouve
nous avons ordonné 6 noNs ordonnons. ordonnons, , ony trouve ceux-ci,
Mais on nous fait encore un crime de
exprellions : cependant la loi du
avril ces dernières
& celle du --- Page 356 ---
22 juin 1792 nous autorifoient à donner des ordres. Les
ordonnateurs, qui, dans l'ordre politique, occupoient un
degré au-deflous de nous, donnoient des ordres;, ies ordonnateurs font dans I'uiage de donner des ordres,
feul qu'ils font qualifiés d'ordonnateurs; & l'on nous par fera cela
un crime à nous d'avoir enployé les mots que la loi
L: prifident : C'eft entendu: pafle à un autre fait.
Senac : Je vous prie d'interpeller Polverel de dire
a
été le, traduéteur de cette proclamation.
quel
Polverel: Vous 1 m'en demandez trop, car je n'en fais rien
du tout.
Duny: : Et moi je dis que.ces proclamations ont été traduités par Pinchinaz.
Polverel: Je n'en fais rien; a Sonthonax en fait davantage,
qu'il le dife.
Duny : Par Pinchinat, > homme de couleur, & commiffaire
du pouvoir exécurif près le confeil du Port-au-Prince, de
la création de,Polverel & Sonthonax,
Brulley :Je prie le préfident d'intergeller Polverel de dire
fi cette proclamation a été affichée à Saint-Domingue en
langue créole.
Polverel: Oui, dans I'une & l'autre langue.
: C'eft donc une preuve qu'ils en avoient connoifpuifqu'elle étoit affichée
fie2
créole.
par leurs ordres en langue
Verneuil: C'eft clair.
drez Polvarel:Tirez-en toutes les conféquences
vous you-
: pour juger des motifs qui ont néceflité
de cette
publication il
proclamation & del'efprit qui nous la fait
faut vous en lire le préambule; il faur aufi vous faire, faire
remarquer auparavant dans quclle circcnflance nous étions.
Le nord de la colonie étoirdévaité
dans le fud, des nègres révoltés étoient pardlesi rafiemblés nègres en révole; &
pés & armés près des Cayes; dans Y'oueft, la coalicion cam- des
conrerévoluionnaires avec les patriotes, cçalition dont
vous donnerai des preuves dans le temps , avoir tendu à ex- je
cirer la révolte dans le Cul-de-fac & dans les mornes envircnnans. L'arreftation d'Hanus de Jumécourt, d'une
la fuite de Boiel & de fes principaux aides-de-camp part, à la
Janaique, avoient fuffi pour terminer cette guerre des noirs
oueft, la coalicion cam- des
conrerévoluionnaires avec les patriotes, cçalition dont
vous donnerai des preuves dans le temps , avoir tendu à ex- je
cirer la révolte dans le Cul-de-fac & dans les mornes envircnnans. L'arreftation d'Hanus de Jumécourt, d'une
la fuite de Boiel & de fes principaux aides-de-camp part, à la
Janaique, avoient fuffi pour terminer cette guerre des noirs --- Page 357 ---
du Cul-de-fie : nous avions 333 trouvé
leur toutes les facilités pour les faire auprès deccs malheureux
faire reprendre leurs travaux, rentrer La
dans le devoir &
mina, les armes furent rendues; & à révolte en effet fe terpetit nombre, dont les uns fe
Texception d'un trèsfur elpagnol, & ies autres fe
refusierent fur le territoire
des mornes
difperserent & fe retranchèrent
petit nombre, toute inaccefibies, la malle de à T'erception, dis-je, de ce
tra dans fes ateliers & reprit fes ces Afticains révoliés renverelde Ferneul: Je prie le citoyen préfident travaux.
Polverel déclarer quelfurle nombre de ceux d'interpeller Pol-
: La prefque-totalité,
quifé rendirenr.
Verneuil : Polverel vient de dire environ dix mille.
armes.
qu'ils rendirent leurs
Polverel : Il n'y a pas eu dix mille armes
Vemeaal: La quantité? /
rendues.
Polverel: : Je n'en fais rien,
Earde-magafin ni T'adjudant de parce que je n'étois pas le
Voilà les circonftances dans Tarmée.
la de proclamation du 5 mai lefquelles nous avons publié
la réclamarion des
1792. Un des grands objets
leur infurraction, étoit les noirs,, mauvais un des grands motifs de
(nyoient, de toutes parts. La plaine dy traitemens qu'ils ef:
dilpofésà tagne voiline n'éroient pas les feules Cul-de-fac où les
& la monétoient daris Tinfurecion; les
preique touresles
elprits fuffent
mêmes
paroiffes de l'Ouef
su'à la
dhipofiions depuis lcs Gonalves jufs
Cror-des-Bouqueis Voici le
/
préambule.
Proclamacion de. Polverel 6
Sonthonax, du 5 mai
aCe n'eft pas chez ies elclaves
1793:
saufes de leur
qu'il faut chercher les
mêmes qu'ils fe infarrections révoltent ce n'eft ii pour
pullions étgangéres. Leurs : ils ne font
céder eux'nid'eux- à des imrien de commun avec le fang agirareurs, Oune meneurs n'ont
fils de Francais, citovens de afficain; ce font des
voulu que la Colonie fûr
Saint - Domingus 5 Français, - ont
celsât d'exifter pour la
détruite; ou que duelle
avoir
ce
Fretar
excité la guerie des Frances de
font eux qui,
ks hommes libres les uns gens les couleur > pour faire après
par autres, ont armé les efclaves égorger
avec le fang agirareurs, Oune meneurs n'ont
fils de Francais, citovens de afficain; ce font des
voulu que la Colonie fûr
Saint - Domingus 5 Français, - ont
celsât d'exifter pour la
détruite; ou que duelle
avoir
ce
Fretar
excité la guerie des Frances de
font eux qui,
ks hommes libres les uns gens les couleur > pour faire après
par autres, ont armé les efclaves égorger --- Page 358 --- contre les hommes libres pourachever d'exterminer à SaintDomingue toutes les ramitications, toutes les nuances vérité de la
race européenne. Veut-on encore des preuvés de cette
depuis longstemps reconnue? il n'a fallu que la fuité de Borel
& del fa horde, pour ramener au devoir les efclavesinfurgés libres de
la Croix des-Bouquets. C'eft donc fur des têres
des qu'il effaut
fil'on veut faire celfer les infurrections
claves. ERET comment eft - il fi facile aujourd'hui de faire
circuler & adoprer des projets de révolte dans les ateliers ?
C'eft que les areliers fone mal farveillés > mal contenus; c'eft
queles efclaves font trairésaveci inhumanire; c'eit qu'onnere- fur leurs
cute ni les lois qui obligent les propriétaires à tenir à celui des
ateliers un nombre de furveillans proportionné traitement des
efclaves, ni celles qui ont pourvu au bon
efclaves.
befoin de
>> Pour remédier à ces abus, nous n'avons pas mais feulefaire de nouvelles lois fur le fort des efclaves,
les lois
ment de rappeler & de faire exécuter févèrement
qui-exiltent fur cette matière.
&c."
>> Nous avons ordonné & ordonnons ce
fuir, la
Voilà citoyens 2 les motifs qui ont
procla-"
EOELE
mation du 5 mai. Notre intention n'a pas été de créer af- de
nouvelles peines auxquelles les efclaves n'éroient point
fujétis auparavant ; notre inrention n'étoit pas de faire des revivre contre les efclaves des lois pénales que l'humanité
maitres avoit fait tomber en défuétude ; mais notre intention les
a été de faire exécuter févèrement les lois qui obligeoient d'hommes
propriétairés à,avoir fur leurs ateliers un nombre
libres fuffilant
contenir & furveiller les efclaves ; notre
intention a été PO faire revivre les lois qui ordonnent le bon
trâitement des nègres : voila Tefprit dens lequei notre proclamation.a été faite.
La féance eft levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. Pit. GARRAN, préfdent : LECOINTE ( des Deux - Sèvres), fecrétaire ; Fouchi
(de Nantes), DABRAY, GREGOIRE, CASTILHON.
Fin du Tome fecond. --- Page 359 ---
VUES
GENÉRALES
da commerce des Coloniess
SUR Tamportanoe
dai Peuple
-
le caractére
Ajus
sur Torigino et
A
M
de
% ainsi que sur les moyens
les cultive 2
qui N lcur convient,
Iaire la à constitution 5:
sur les
obenuattons werifestons
Avec qutlguts désastres de celles de Nouyeausources des
Nonde, depuis la Réyoluton
à da Convention a
naTéeentecs le 6 frimairo
Représentat da
tionale par B. GOULYS
Peuple, Député de Tiale-de-tranon
A PARIS,
de RUBAT,TIC Mclées n9.55.
Dellinprinrgie --- Page 360 ---