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- --- Page 5 ---
DÉ B AT 2 à S
E NT R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Lor DU 4 PLUYIOSE,
A
P ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
Pluviofe, > an III.
Tome I.
Première livraifon,
enns --- Page 3 --- --- Page 4 ---
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DÉ B AT 2 à S
E NT R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Lor DU 4 PLUYIOSE,
A
P ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
Pluviofe, > an III.
Tome I.
Première livraifon, --- Page 6 ---
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HKSONANYNON NATTONALI
ECA LI- a
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D E B ATS
Qui ont eu lieu.entre les
dans Paffaire des
accufateurs E les accufis,
loi du Apluvidfe. Colonies, en erécuiion de la
Loi du 4 pluviofe,
* LA Convention nationale
3> colonies entendra, fous
décrète que la commiffion des
trois
>> accufésdans l'affaire des
jours, les accufateurs & les
2> lieu feront recueillis, colonies; que les débats qui auront
imprimés &
23 tion nationale. 93
diftribués à la ConvenLoi du 7 pluviëfe,
c La Convention nationale, après avoir
>> miflion des colonies fur le mode
entend: fa com-
>>
de ce mois, qui ordonne
d'exécu:ion du décret du 4
qu'elle entendra
>> les accufateurs & les accufés dans
fous trois jours
s & que les débats feront
l'affaire des cclonies,
recueillis,
>3 à la Convention nationale,
imprimés & diftribués
décrète:
3> La commiflion des colonies fera
35 fence & fous fa furveillance,
recueillir, en fa pré-
>) débats qui doivent avoir lieu par des fténographes, les
>> accufés dans l'affaire des
entre les accufateurs & les
colonies. >>
Extrait des délibérations de la commifion des colonies, du
pluvidfe, l'an troifteme de la
II
République une G indivifble.
P R E M I E R A R R E T É.
Les notes prifes par les employés chargés de
débats entre les accufareurs & les accufés
recueillir les
Tome I.
dans T'affaire des
--- Page 8 ---
dépofées dans les bureaux de la commifcolonies, refteront
n'en pourra être faite que là,
ficn; la copie, mife au net,
fous les yeux d'un fecréraire-commis.
IL
que la leéture en
Les débars ne feront imprimés du qu'après où ils auront eu lieu,
aura été donnée, le lendemain
jour rédadtion aura été arrêtée
intéreffées, &c que la
aux perfonnes
en leur préfence par la commiffion.
Du 13 pluvidfe.
S E C O N D, ,A R R É I *.
les accufateurs &c les accufés dans l'affaire
Les débats entre
auflitôt que la rédes colonies, feront livrés à Iimprellion collationnée en aura
daétion en aura été arrêtée, 8c que copie
les membres de la commiflion.
étd fignée par
I 1e I.
les
& la copie
Les premières notes prifes par tachygraphes, des bureaux
ou mile au net de ces notes; , ne. fortiront point originales. On
de la commillion, 8c Vi refteront comme pièces coliationnées.
ne conficra a Timprellion que des copies 1
I I I.
retarder Timpreflion des débats & fatisfaire
Pour ne point
Convention nationale, il fera choifi
la jufte imparence dela
feront chargés, fous les
fix nouveaux employés écrivains qui
de copier les pièces
des citoyens Grimaud & Mefplé,
yeux
dans les débats, & de fairel les copies de ces débats
rapportées
qui feront confiées à T'imprimeur.
I V.
forinat in-8"., caraétère de
Les débats feront imprimés
philotophis,
Signé,1.Pu.G GARRAN,Fiiem
LECOINTE (des DeueSbre).fonstaise
fix nouveaux employés écrivains qui
de copier les pièces
des citoyens Grimaud & Mefplé,
yeux
dans les débats, & de fairel les copies de ces débats
rapportées
qui feront confiées à T'imprimeur.
I V.
forinat in-8"., caraétère de
Les débats feront imprimés
philotophis,
Signé,1.Pu.G GARRAN,Fiiem
LECOINTE (des DeueSbre).fonstaise --- Page 9 ---
PI REMIEI RESÉANCE
Du primidi II pluviofe, l'an troiftème de la Répullique
françaife unz & indivifble.
L. A commiffion des colonies ordonne
les
fe fon: rendus, en exécu ion de la loi du que
ciroyens qui
introduits dans le lieu de fes féances. 4 pluviôfe, feront
Le préfident donne leéture du dicret de la
nationale, qui ordonne
les débats entre les Corvention
& les accufés, dans Tadlitn des colonies, feront accuateurs
imprimés & diftribués aux repréfentans du
recuerlisa
aulli léture de celui du 7 pluviéfe, qui peuple; le il donue
lequel ces débats doivent érre recueillis. rigle mo.le dans
Ie préfident : La commiflion demande
font
vous, citoyens, les acc cufateurs &les accufés. quels
parmi
Page: Je parle au nom des colons qri m'ont
pouvoirs > m'on ordonnt de pouriuivre Polverel chargé de
Sonrhonnx comme dévaftateurs de là parrie françuife de Sr. &
Domingue. Ily a dix-huir mois, & c'étoir au mois
qu'on reçut de St. Domingue des lettres &
dejuin,
tions des' commiffaires civils Polverl&
dis proclamaavons vu qu'ils menacoient la colonie d'un Sonthonax; nous y
tale, & leurs actes cfficiels nous ont biensôt deftruction dimonré t0qu'ils vouloient faire. Nous avons fait part de nos craintes ce à
plufieurs Convention repréfentans du peuple; & fur notre
nationale a décréré d'accufarien demahds, Polyercl la
Sonthonax; nous n'avons pas cellé de folliciter
&
décret: le miniftre de li marine même
l'exécution du A
Plulieurs citoyens entrent dans la falle.
Sosthonax : Les citoyens qui fe difent ici
des colons, font à-peu-prcs au nombre de lesrepréfentans
mande que la commifion fixe le nombre de douze; je defe préfenrer dans cette enceinte, Ce n'eft ceux qui doivent
le nombre des hommes qui voudront
pas quoje redcute
déclare que la falle n'eft pas aflez vafte parl r conire moi; je
qui devrcient entendre le récit des hcrreurs pour contenir ceux
à révéier: mais je demande que, s'il eft que nous à avons
verfaires de faire enirer leurs amis, ia même, permis nos adfoit accerdée; que tousles amis que nous avons faculé ici,
nous
que tous
A 2
eft ceux qui doivent
le nombre des hommes qui voudront
pas quoje redcute
déclare que la falle n'eft pas aflez vafte parl r conire moi; je
qui devrcient entendre le récit des hcrreurs pour contenir ceux
à révéier: mais je demande que, s'il eft que nous à avons
verfaires de faire enirer leurs amis, ia même, permis nos adfoit accerdée; que tousles amis que nous avons faculé ici,
nous
que tous
A 2 --- Page 10 ---
les noirs & les hommes de couleur,, qui font le véritable admis
peuple des colonies, & que je ne vois pas ici, foient des colons
concurremment avec les foi-difant repréfentans
de Saint-Domingue, ou bien que le nombre de ces repréfoit réduit. Je demande,
fentans, députés par St.-Domingue,
chacun de
1". que le préfident de la commiflion interpelle leurs
ceux qui fe trouvent ici;
leurs noms, décide fi qualités la falle
foient connus, & qu'enfuite DHr commiflion
fera ouverte au public, ou fi clle ne. le fera qu'aux Polverel citoyens
qui ont des réclamations à faire contre les délégués
&c Sonthonax.
Un colon réclame la parole.
de la commifion :
Lecointe (des Deux - Sevres), falle connoitre membre fon nom, & en
Je demande que le ciroyen
quelle qualitéil parle. des
des colons de SaintSenac : Je fuis chargé les pouvoirs dévaftateurs de cette colonie,
Domingue, pour Polverel dénoncer & Sonthonax.
&c notamment Thomas Millet : Jene prends point de qualité: un décret de
la Convention ordonne qu'après l'examen dénoncer des papiers les > dé- on
vérifiera les pouvoirs de ceux qui viennent
vaftateurs de Saint-Domingue, Il importe cependant,
des colonies des lumières
castiulen
envitonneriacomugailicen à entendre un trop grand nombre de
de ne pas T'expofer
de longues differtations
perfonnes, qui pourroienr oi la Convention 2 par
nationale pourra Fret
éloigner le moment
affaire. Plus la décilion fera
fon opinion fur cette grande fc confolideront dans leurs conquêretardée; plus! les Anglais
aucune déterminates; car la Convention ne pourra prendre foit éclairée fur les faits.
tion. fur les colonies avant qu'elle
Il importe que nous demandions : , puifque Ce n'eft de qu'un nous
dicret qui peut prononcer fur nos pouvoirs, otdonnera.
retirer vers la Convention pour favoir ce qu'elle des
de
comme chargd de pouvoirs
parriotes
Je me préfente & accnfateur de Polverel & de Sonthonax,
SRTu dévaftateurs de partie françaife de St.-Domingue, & agens
de Polverel: l'Angleterre. Je déclare que je ne récufe aucun accufateur nombre 1e 3
aucun dénonciateur, aucun témoin, en quelque
qu'ils fe préfentenr.
d'être furpris que Thomas Millet
Sonzhonax : J'ai droit
comme chargd de pouvoirs
parriotes
Je me préfente & accnfateur de Polverel & de Sonthonax,
SRTu dévaftateurs de partie françaife de St.-Domingue, & agens
de Polverel: l'Angleterre. Je déclare que je ne récufe aucun accufateur nombre 1e 3
aucun dénonciateur, aucun témoin, en quelque
qu'ils fe préfentenr.
d'être furpris que Thomas Millet
Sonzhonax : J'ai droit --- Page 11 ---
préfente pour confidération de la briéveté des débats, la néceflité de fecourir la partie françaife de Saint-Domingue, lui
qui n'a demandé la fuppreflion de l'envoi des fecours que
pour donner aux Anglais Ja faculté de s'emparer de cette
partie de nos colonies.
Thomas Millet : Je demande acte de cette accufation.
Sonthonax : Je prouve ceci. Lorfqu'une maifon eftincendiée, , on y porte d'abord des fecours avant de rechercher
les auteurs de l'incendie. Nos adverfaires prérendent que la 0
néceflité de porter de prompts fecours aux colonies ne doit
pas permettre d'entendre beaucoup de témoins 5 moi & mon
collègue n'en ferons entendre que fubfidiairemenr. Ceft
avec leurs écrits même que nous les
c'eft
fur leurs actes que nous prouverons quels démafquerons; font les véritables dévaftateurs de Saint-Domingue. J'ai tout lieu de m'étonner que ceux qui ont paralyfé les forces qui alloient à
Saint-Domingue, difent aujourd'hui qu'il faut fe
& entendre très-peu de monde pour fecourir bientôt dépécher SaintDomingue : maisje quitte un inftant cet incident
venir
au principal,
pour
Thomas Millet prétend que la Convention a
cette difcuflion , jufqu'à ce qu'on ait pris connoiffance ajourné
des pouvoirs des commiffaires des colons, ou plutôt connoilfance des pouvoirs des commiffaires des émnigrés dans
la Nouvelle-Angleterre. Thomas Millet prétend qu'elle a
ajourné cette dilcuflion jufqu'à l'examen des pièces de cette
affaire. Je demande aéte d'abord de la renonciation de Thomas Millet à fa qualiré de commiffaire , quoiqu'il ne foit
demande pas plus dangereux commifaire que fimple particulier. Je
en fecond lieu qu'on interpelle chacun des
colons qui font dans cette enceinte de déclarer leurs citoyens noms,
& en quelle qualité ils fe préfentent, fauf Thomas Millet >
qui a renoncé à fontitre de commiflaire de
Thomas Miller : Je chéris trop l'honorable Saint-Domingue. miflion
mes conciroyens, qui m'ont chargé de venir dénoncer de
verel & Sonthonax comme partifans de IAngleterre Pol- &
dévafateurs de la partie françaife de Saint-Demingue,
y renoncer. Je n'y renonce point : envers & contre pour
& la rète furl'échafaud, je foutiendrai la million honcrable tous, >
dent je fuis chargé,
A 3
Thomas Miller : Je chéris trop l'honorable Saint-Domingue. miflion
mes conciroyens, qui m'ont chargé de venir dénoncer de
verel & Sonthonax comme partifans de IAngleterre Pol- &
dévafateurs de la partie françaife de Saint-Demingue,
y renoncer. Je n'y renonce point : envers & contre pour
& la rète furl'échafaud, je foutiendrai la million honcrable tous, >
dent je fuis chargé,
A 3 --- Page 12 ---
Sonthonax : Alors, foyez commiffaire.
Millet : Te dis qu'ileftinnporran: quela Convention décide
cette queftion, qui ne l'eft pas. Au refte, fi cela peut upr orter quelque lenteur dans cette affaire, je retire ma motion :
cere endant elle porroit êrre décidee dans li féance d'aujourd'hui: ce n'eft qu'un retard de tf is heures.
Page : La morion inci iente. que Con:honax a faite mérite
fans doute qne vous preniez des mefures a cet'é égard > afin
de favoir fi des perfonnes étrangères ne fe font pas mëlées
parmi nous. J'ignore fi parmi ncus ilya des perfonnes qui
me font
envoyées comme ommitlaires par la parie
fran.aife T Saint-Domingue ; je dcmande autli que chacun
denous déclare fon nom & fa quahré;je demanderai enfuite
qu'on palle à la difcuflion & qu'on entende les commiflaires.
Les membres de la commiflion fe retirent dans une
chambre particulière pour délib.rer fur la -demande qui a
été Les'r faite. 'mémbies renrrés, le préfident prononce quie la commillion arrête que chaque citoyen déclarera fon nom, & en
quelle quali é il p.I ro.t aux debats, foit comme accufateur
ou comme accufé.
je
Un colon : Je me nomme Pierre-François Page; colons parle
tant en mon nom que comme chargé des pouvoirs Conthonax. des
de Saint-Domingu-, 2 pour acculer Polverel &
Duny:Tar en men nom que comme chargé des pouvoirs
de me's comparriotes dépor és aux Era's-Unis, & répandus de
furle territoire de la République, & comme accufateur
Polverel, Son honax & leurs complices.
fondé de
Senac : Tin en mon nom perfonnel que cemme
pouvoirs par les déportés & réfugiés de Saint Doningue,
actuell thent à Bordeaux.
nom de mes
Verneuil:' Tan: en mon nom perfonnel qu'au
companiotes de Sain-Doningue, accufateur de Polverel 8E
Sonthonax, dévaftateurs de Saint-Domingue, & leurs complices. Thomas Millet : Accufareur individuel & chargé de
des
colons de Saine-Domingue,
docnone
voirs
parrjotes
pour la
cer Polverel & Sonthonax comme dévaftareurs de parie
françaife de Saint Domingue, & partifans del l"Angleterre.
Brulley : Tant en mon nom que comme fonde des pour
ain-Doningue, accufateur de Polverel 8E
Sonthonax, dévaftateurs de Saint-Domingue, & leurs complices. Thomas Millet : Accufareur individuel & chargé de
des
colons de Saine-Domingue,
docnone
voirs
parrjotes
pour la
cer Polverel & Sonthonax comme dévaftareurs de parie
françaife de Saint Domingue, & partifans del l"Angleterre.
Brulley : Tant en mon nom que comme fonde des pour --- Page 13 ---
voirs de nos compatriotes réfugiés aux Etars- Unis & en
France, accufateur de Polverel & Sonthonax & autres agens
de l'Angleterre.
Claufjon : Accufateur tant en mon nom que comme fondé
de pouvoirs de mes compatriotes réfugiés tant aux EtarsUnis qué dans la République, pour pourfuivre Sonthonax,
Polverel & leurs complices.
Un autre colon : Je me nomme Deaubonneau ; je fuis
chargé, tant par les colons patriotes réfugiés en Franc e
que par ceux qui sont reflés dans les Etats- Unis d'Amérique, de pourfuivre Sonthonax, Polverel & leurs complices.
Fondeviolle:Je me nomme Fondeviolle; en mon nom &
au nom de mes concitoyens réfugiés aux Etats-Unis d'Amérique & répandus fur la furface de la République, je me
porte accufateur de Sonthonax, Polverel & complices.
L'un des commi[faires : Sonthonax, lun des commilfaires
civils envoyés à Saine-Domingue pour rechercher les auteurs
des troubles avant mon arrivéc, comme auteurs d'un fyltème
d'indépendance, tendant non-feulement à fédéralifer les cOlonies, mais encore à les fouftraire à la France : je me porte
accufateur des allemblées coloniales & de leurs agens, pour
avoir machiné, avec le cabinet de Saint-James, le complot
de livrer les cclonies à l'Angleterre.
Le fecond commi[faire : Mon nom eft Etienne Polverel,
ci-devant commilfaire'delégué dans les Ixles-foms-le-Venije
ne me porre accufateur de perfonne; 5 malheureufement ily
aura ailez d'individus qui fe trouveront froiffés par les
pièces.
Le
d: la commilfion : La commifion a délibéré
qu'elle fnpletid à fes féances tous ceux qui fe porteroient
accufateurs ou qui feroieht accufés.
Sonthonax : Mème tous ceux qui ne font pas préfens.
Polverel: L'accufation porte contre Sonthonax, > Polverel
& complices 5 dans le nombre de ces complices fo trouve
un nomméFrançois Polverel, nommément accufé d'avoir fait
égorger des citoyens à Saint-Domingue:je demande fi celui-là
doit être préfent aux débats.
Clauffon : Je fais une obfervation 5 je dis qu'aucun des
camplices n'éuantaccufénommément, François Polverel fera
A 4
ens.
Polverel: L'accufation porte contre Sonthonax, > Polverel
& complices 5 dans le nombre de ces complices fo trouve
un nomméFrançois Polverel, nommément accufé d'avoir fait
égorger des citoyens à Saint-Domingue:je demande fi celui-là
doit être préfent aux débats.
Clauffon : Je fais une obfervation 5 je dis qu'aucun des
camplices n'éuantaccufénommément, François Polverel fera
A 4 --- Page 14 ---
débats lorfqu'il aura été nommé dans le récit des
appelé, aux
faits. Senac : A mon article jai'dit que j'ai été envoyé pour
dénoncer tous les auteurs des défaftres des colonies, ftipuler
pour la reftauration des Antilles.
pendant deux ans;
Polverel :J'ai été violemment inculpé deux
lieues de la
pendant dix -huit mcis jai été à
mille
fix
il m'étoit impollible de me défendre. Depuis
France, a queje fuis en France, il ne m'a pas été plus pollible
nots
toutes les pièces étoient sous les scellés,
de.me & je
pas cru devoir battre l'air d'un vain fon; jai fuis
fix
NE
filence. Gependant, depuis ces
mois
je feul
sariale
pas redlere un
en France, comme la calomnie auparavant, fe foit ilnes'eft exercée fur mon compte;
jour fans
affiches contre moi, toutes les rues de Paris
on a fait qec
les
en ont été inondés.
en ont été tapiffées, tous départemens motion d'ordre.
Cla:fJon : Ce n'est pas là une
Polyerel : Citoyens, vous ne devez pas m'interrompre;
jamais il ne m'arrivera de le faire à votre égard. faire Ciroyens,
je vous ai fait cet expofé préliminaire pour. vous combien fentir dû
e combion j'ai dû attendre avec impatience,
j'ai la
defirer T'ouverture des débats contradictoires qui, 'la calomnie. pour
première fois, me mettent à même de repouffer &
mes adreffes à
J'ai manifefté plufieurs fois cd veeu,
par
la Convention, & par cellesà fes comités de fait gouvernement, bien
à la commiflion même; & la commiflion
cette qu'ilna opérapas tenu à1 moi & à mon ci-devant colligue que été
tionn'airplutôt commencé, &c que cette affairen'ait fatisfaction, plutôt
éclaircie. Vous devez donc juger avec le quelle décret qui ordonne,
quelle reconnoilance,/ai dû recevoir
font à notre
l'ouverture des débats; mais toutesles pièces qui inventoriées;
charge out à notre décharge ne font pas arrivées encore avec nous de
il y a une partie de celles même n'eft pas achevé; il y a
Saint-Domingue, dont Vinventeire de déclarations faites à
une autre partie affez commilion confidérable forinée par le repréfentant
Breft, devant une
encore inventoriées ; il y a une
Frieur, qui ne font pas confidérable de pièces écrites, de déaurre partie faites bien par plus les prétendus patriotes colons aux Etatsclrations
font encore fous les fcellés & n'ont
Unis d'Amérique 2 qui
achevé; il y a
Saint-Domingue, dont Vinventeire de déclarations faites à
une autre partie affez commilion confidérable forinée par le repréfentant
Breft, devant une
encore inventoriées ; il y a une
Frieur, qui ne font pas confidérable de pièces écrites, de déaurre partie faites bien par plus les prétendus patriotes colons aux Etatsclrations
font encore fous les fcellés & n'ont
Unis d'Amérique 2 qui --- Page 15 ---
pas encore éréinventoriées; pièces d'autant plus
dont l'examen fera d'autant plus lumineux, importantes,
mettront à même de
du patriotifme des > qu'elles colons vous dont
les citoyens qui font ici ER difent les commilfaires délégués.
Citoyens, je foumets à votre fageffe les mefures à
pour que l'inventaire des pièces fous le fcellé aille prendre
remment avec les débats, de manière
nous concurinterdit de nous fervir de nos armes contre qu'ilne des hommes foit pas
nous attaquent armés de toutes pièces. Vous ne voulez qui
de demi-vérités, ou, pour mieux
de fauffes
vous êtes
dire,
dermater
tranfinertre chargés par, la Convention de recueillir & de.lui
les faits & les pièces qui viendront à votre
noillance fur les caufes & auteurs des troubles des
convous devez donc, vous voulez donc tranlmettre à colonies; la Convention toute la vérité. Pourrez-vous vous
de lui
tranfimettre toute la vérité lorfque vous garderez promettre fous
fcellé une foule de pièces
le
noîtrez pas & que vous ne importantes que vous ne contoyens, la première obfervation pourrez connoitre : Voilà, cià la feconde, j'imagine
que j'ai à vous faire. Quant
c'eft fur les mefures
que votre prévoyance yaura pourvu: :
affarer la fidélité de la que rédaction probablement du vous avez priles
chaque féance. Cette
de
journal de ces
Raters
fence des parties intéreflées efpèce
contrôle fe fera-t-il en préfeule l'exactitude de la rédaétion, ? La commiflion jugera-t-elle
tront-elles avant
ou les parties la connoil'impreflion ? Dans le cas
ne fe croiroit pas autorifée à ftatuer fur la où la commiflion
polition, je lui demande d'en référer à la Convention. première proPage : J'ignore f le préopinant a provoqué les débats
contradictoires; Nos
mais je vois qu'il fait tout pour les
elles paquers, , nos pièces, nos preuves font fous les empécher.
font aux archives de la commiflion des
fcellés;
nous fommes en mefure d'indiquer à la commiflion colonies : mais
colonies là ot font les pièces que nous réclamons, dont des
invoquons le témoignage pour
notre
nous
contre les commiffaires Polverel prouver & Sonthonax, accufation
mefure peut fervir à ces citoyens : ils favent fans La même
font les pièces dont ils invoquent le
doute où
les preuves de criminalité contre les affemblées témoignage, oà font
& çontre les çolons; ils indiqueront fans doute à coloniales la
com-
font les pièces que nous réclamons, dont des
invoquons le témoignage pour
notre
nous
contre les commiffaires Polverel prouver & Sonthonax, accufation
mefure peut fervir à ces citoyens : ils favent fans La même
font les pièces dont ils invoquent le
doute où
les preuves de criminalité contre les affemblées témoignage, oà font
& çontre les çolons; ils indiqueront fans doute à coloniales la
com- --- Page 16 ---
IO
miffion où font ces pièces. Je ne penfe
qu'il foit befoin
d'un long délai
obtenir ces pitces Pt la commiflion indes colonies. Il Kmren d'indiquer ob elles font 5 notre
térêt eft de les retrouver > afin
les foupçons qui ont
plané fi long-temps fur nos têtes SER planent plus encore >
& afin quelajufice nationale s'appelantille fur nous ii nous
fommes coupables Je mi'oppofe donc à la mefure propolée les.
Polverel, tendante à obrenit un déli pour que
papar piers foient remis. Je demande que les débats Sonthonax fe continuent &
comme ils ont commencé; les mefure commillaites d'ètre entendus.
Polverel feront toujours en
I'adopte au nom de
Quant à la feconde propclition, la fagelle je de la commiflion aura
mes collegues:je les penfc débats que foient communiqués aux parties
pourvu à ce afin que
chacune d'elles puifle y faire fes obintéreffées,
que
fervations. Sonthonax : J'ai une obfervation à faire fur ce qu'a dit
la Conventiona ordonné que nous
le citeyen Page. Lorique
avec lescoloms de Saintferions entendus contradichoirement: fur les caufes des troubles des colonies,
Domingue, à Paris,
ferions
de répondre
elle n'a pas entendu que nous
obligés des renfeignemémorialement & de donner mémerialement Notre million a été de deux
mens pofirifs fur ces troubles.
des difans; elle a été remplie d'orages; ce n'eft point mettre par fin ni
cuflions teftimoniales que nous entendons nationale K véritable caufe
même indiquer à la Convention dont nous parlons, que nous réclades troubles.Les pièces archives de la cammiflion civile; mais
mons, font dans les
du moins je ne me Hatte pas
nous ne nous Battons point,,
de favoir où fe trouvent
moi, commela faicle citoyen lui Page, ainfi que fur fes collègues.
les pièces que f'ai contre difcufion contradiétoire,
que
J'ajonte que, fur cette
éclairée, pour deter remla Convention foit parfaitement dans cette affaire, il ratk néceflaire
pliffe les fonétions de falfe jury fortir la vérité, du chaos qui l'enque la commiflion il cft néccflaire que la commiflion prelle . > par des
vironne; 3
des
> les différens accufés &
queftions , par c'eft (urle inrerpellatiens, vu des pièces, ceft' fur-tout fur ces
accufateurs; la difcuflion contradictoire doit avoir lieu; car
pilces que
dans cette affaire, il ratk néceflaire
pliffe les fonétions de falfe jury fortir la vérité, du chaos qui l'enque la commiflion il cft néccflaire que la commiflion prelle . > par des
vironne; 3
des
> les différens accufés &
queftions , par c'eft (urle inrerpellatiens, vu des pièces, ceft' fur-tout fur ces
accufateurs; la difcuflion contradictoire doit avoir lieu; car
pilces que --- Page 17 ---
II
c'eft fur les pièces & de ces pièces qu'on doit tirer les
ductions pour ou contre les accufés. La commiflion
inles fonétions de directeur dajury; c'eft clle
doit fait ici
les propofi-ions, c'eft ells-qui doit faire les qui
réfumer
les interpellations: &c comment pourra-t-elle interregarions le
&
probabilité pourra-t-elle établir la difcuilion, faire, fi avec elle.
connoilfance des
peie
Lnoat l'ombre de la
pièces, fi elle ne connoit pas feumon
première pièce? J'ai à dire, comme
font colligue > que les archives de la commiflion civile ne
pasles feules qui contiennent les preuves des intentions
perverfes de nos accufateurs. Une commifion
à Breft par Prieur (de la Marne ); cette commifficn a été formée
compolce de ciroyens arrivantdes cclonies,
a été
& reconnus pour tels par les autorités citoyens conftuuées. patriotes
hommes, chargés par Prieur d'interroger les colons
Ces
par le convoi, d'interroger les maielots,
arrivés
ciers de l'équipege, ont recueilli une foule Téquipage, de
les offi-.
qui doivent etre connus dans cette cnceinte. témoignages
ne les invoquerai que fublidinirement aux
Cependant je
parlé rout-à-Pheure, Ilelt un aurre dépôt; c'eft preuves celui dont j'ai
dietre envoyé par Gunef, miniftre de la
qui a
des Erars-Unis
Republique auprès
trouvéesfur Galuaud, d'Amérique : CP dipôr col ient les picces
les picces trouvées dans émigré le enfuite au Crnndasilcon-iene
Boillitre, ami de nos pecufarcurs. porre-feuille Ce"
de Tanguy ef
de la
laire, dans les Fapters
Tanguy
un follicula confpira ion quia éclarése duquel cn a trouvé des preuves de
Ces rices font arrivées en France, Cap,qu'il & a livré aux flammes.
bureau des relations exrérieures, conité ont de été dépofées au
le 11 brumure, an deuxième. fe dépôt eft falur public,
nos ennemis é-oien lesmaitres en
incact. Alors
Rob frierre, ils dictoient des lois Fruncesalors, aux colonies aux pieds de
qu'ils ont enchainé tous ceux qui ont voulu
: c'eta alors
à li Conrenrion; c'cftalors qu'ils font
porrer ln vérité
mander on'on nous michors dela loi: mefure venus à la barre decar dlors in'y avoit plus de difcullion
trés-commode,
d moyens d-fiire connoitre la vérié; & conradiétoire, dix
plus
être la r. ilolophie nous eû: vengé:
de dans beaux ans peutmais ces mellieurs eullent joui de leur par
ce difeours:
P: S fans doute. Mais
cela peridie, qui ne fera
peur que
ne fe fallet pas, ilfau: que
venus à la barre decar dlors in'y avoit plus de difcullion
trés-commode,
d moyens d-fiire connoitre la vérié; & conradiétoire, dix
plus
être la r. ilolophie nous eû: vengé:
de dans beaux ans peutmais ces mellieurs eullent joui de leur par
ce difeours:
P: S fans doute. Mais
cela peridie, qui ne fera
peur que
ne fe fallet pas, ilfau: que --- Page 18 ---
la commiflion voie les picces artivées de la Nouvelle-AnglePour vous en faire fentir la néceflité, je vais vous hre
terre.
été écrite
Gencft, miniftre pléniporenune lettre
ma Etats-Unis d'Amérique par
, qui endémontre toute
tiaire près
T'importance. Il lit:
Copie de la lettre du citoyen Genest, extraite de
la prockaunation de Sonthonax, du 17 septembre
2793.
New-Yorck, premier (eptembre 1793,
l'an II de la République.
de la République
Lc citayen Genef, 3 miniftre plénipotentiaire
civils à Saint-Dofrangaife, aux citoyens commifaires
mingue.
arrivée
bien
ee Depuis mon
à New-Yorck, nombre. j'ai éprouvé Les colons
3> des contrariétés & des embarras fans
avec leur
& de concert
5> fe font donné rendez-vous ici;
bas
de moyens
&'infames
>5 chef d'élite Galbaud, iln'eft pas
de
s) qu'ils n'aient employés depuis un mois pour les égarer forces de
rendre nulles ici
5> plus en plus les marins, &
3 JaF République.
de toutes ces ma1 >> Parvenu à connoitre enfin la trame
contre
1 chinations, j'ai follicité & obtenu un warrant
avoit été
fon collègue Buny
1> Tangay-Laboilise, Il font
fur pris; les conftables, & font
>> & quelques colons fe
jetés
été
& conduit
>5 parvenus à le faire évader. Duny a arrèté pris le cours de la
>3
en prifon, comme coupable d'avoir intéreffant
la chofe
35 juftice. Mais ce qui eft bien plus
pour la faifie
ce
éclairera tous les doutes, c'eft
$ publique > de qui
&c de Villandry: les effets de ces
p des papiers
Tanguy confulat de la
2 individus font dépoles au
République.
examinés de
, nous avons
3, Dans les papiers déja
Tanguy
de la
du Cap 3 les preuves
2) trouvéles preuves
confpiration le défordre dans Téquias des moyens employés
jeter
de Fefcadre;
22 page du Jupizer & dans RPRE autres équipages
de
fervir l'elcadre à laller re
>> les prerves d'un projet
faire
des
& la famme
correlponr
#
poreerl lefer
SaineDomingue:
avons
3, Dans les papiers déja
Tanguy
de la
du Cap 3 les preuves
2) trouvéles preuves
confpiration le défordre dans Téquias des moyens employés
jeter
de Fefcadre;
22 page du Jupizer & dans RPRE autres équipages
de
fervir l'elcadre à laller re
>> les prerves d'un projet
faire
des
& la famme
correlponr
#
poreerl lefer
SaineDomingue: --- Page 19 ---
3> dances éteient établies fur toute la côte
9)
d'Amétique;
de 2000' eolons devoient être embarqués fur l'efcadre, plus
35 pour fervir à cette nouvelle infamie.
>> C'eft dans COS circonfances ; après la découverte de
93 ces preuves écrites, que Galbaud fe voyant perdu,
35 fuadé qu'on alicit mettre au jour toutes les
per3> conftatoient fa trahifon, a tenté de fe fouftraire pièces
9> fuire
par
"
à la puniion qu'il méritoit. Maître du
>>
vaiffeau le
Jupiter, ayant à fa difpolition les vivres & le
9> a fait diftribuer à difcrérion aux matelots : vin,il en,
après avoir
corrompu, par Fer qu'il recevoit des agens de
s terre, les principaux acteurs de
l'Angle93
la nuit du
l'équipage , ila fui dans
29 au 30, accompagné de ion
> & d'un caporal du ci-devant régiment de la Reine, aide-de-camp nommé
9> Bonne.
>3 Une partie de l'équipage avoir lâchement confenti à fa
93 fuite, l'autre partie y avoit été forcée; tous defcendirent
2> à terre le lendemain, , & un énnipage far &
celui
3> de l'Embufcade, s'eft aufli-tôr emparé du patriote, vaiffeau. Un
>> grand nombre d'hommes da Jupiter, armés de fabres
de fufils, fe font rendus à
où Galbaud leur &
Philadelphie,
avoit donné rendez-vous.
33 D'après ces faits, j'ai dû
de l'arreftarion de
>>
m'occuper
Galbaud; un warrant m'ayant été
fait courir
délivré,Jai
après lui: il a été arréré à 28 milles de New-Yorck fur
93 la route du Canada,II alloit fe réfagier chez les
>> Voilà où en font les chofes : malgre les contrariétés Anglais.
>> j'éprouve, malgré les foupçons que
je crois utile que
>>
la République de faire fervir l'efcadre fai, à détruire ici le à
>> commerce anglais, & à protéger les iles.
do
>, loin, je fuivrai mon plan avec zèle, activité Quoique &c
>> tifime>,
Signé, GENEST. pacrioJe n'en dirai pas davantage sil fufit de dire que cette lettre
indique l'importance des pièces qui font au dépôt des relations extérieures, > limportance des pièces dui vous porterent
à la trace de la confpiration du Cap dont nous avons déjà
plulieurs fils, & que nous vous foumettzens. J'ai à vous
obferver que je crois impcflible que la cemmillion puitfe
faire aux accuiateurs 8c aux accuiés les interpclinticns né-
. pacrioJe n'en dirai pas davantage sil fufit de dire que cette lettre
indique l'importance des pièces qui font au dépôt des relations extérieures, > limportance des pièces dui vous porterent
à la trace de la confpiration du Cap dont nous avons déjà
plulieurs fils, & que nous vous foumettzens. J'ai à vous
obferver que je crois impcflible que la cemmillion puitfe
faire aux accuiateurs 8c aux accuiés les interpclinticns né- --- Page 20 ---
ceffaires pour éclairer fes délibérations, fans qu'au préalable des acelle ait connoiflance au mcins des pièces principales
cufateurs & des accufes: J'ai encore une autre cbfervation les
à faire, & une obfervation bien efientielle,c'e.t tant que en leur
colons qui fe préfentent ici pour. combattre, des colons réfugies aux
& privé nom, qu'au nom puilqu'ils fe difent patriotes,
E eltmcs-néceiaire, leur moralité & leur civilme. Les
qu'ils faffent connoitre être d'abord aflis fur la moraliré & le civifme
débats doivent
dans les archives de la commiflion deux
des accufés. Il y a
lettres écrites deux jours avant le IO août, qui elles prouvent
quel eft le civifme des citoyens Page & diffoudre Brulley; l'atlemblée prouveront leur accord avec le tyran, pour &
de la liaffe du
légiflative : ces pièces font cotées 35
36 donc
font inventoriées. Je demande
préal.ble20 juins elles voie
eft le patriorifme & la moralité des
ment qu'oi font quel des hommes qui accufent les comnif
hommes qui
ici, le
le
des colonies eft toutfaies: car, il faut dire, peuple le
des colonies n'eft
à-fait étrar ger à cette accufation, fedliun peuple du
5 cette (cétion
point ici,c'cft une tiès perite
taifoient peuple trafic des autres >
eft compcfée des homies mis qui fin
la féveriré de nos rétrafic auquel nous avons
par
le civifme
a
glemens. Ceft donc en ccmn ençant par examiner demande à la com-
& le moral de nos accufareurs, que je
nc us aumifion de fixer le carad éère des hommes ordonner auxquels de ces
rons à faire. Ia cemmiffien peut & dela lettre Farpert du citoyen
pièces > de laletre dn ciroyen Page
&
Brulley, qui ont été écrites avant le 1O août, qui prou- du
vent leur complicité avec le tyran pour la diffoluticn
corps Milet:Les légiflarif. débats feront imprimés. On vient des'appuyer
du témoignage d'un homme que j'accufe, noi. Je parle de
Geneft, infame confpivareur, que nous avons déncncé aux
Erats-Unis. Vous en trouverez les prerves dans les papiers
dépolés à la commifion des colonies. Nous prouverons que
Geneft fur dans lesEtars Cnis, ccmme Polverel & Sonthonax
dans les Anilles, Y'agent d'une faction confpiratrice contre
la liberté du reuple. Il eft bien étrange que nous entendions
citer .Geneft comme pouvant donner des "rerfeigneinens
fur les auteurs des troubles. Il cn étcit T'agent, & ce.n'eft
is. Vous en trouverez les prerves dans les papiers
dépolés à la commifion des colonies. Nous prouverons que
Geneft fur dans lesEtars Cnis, ccmme Polverel & Sonthonax
dans les Anilles, Y'agent d'une faction confpiratrice contre
la liberté du reuple. Il eft bien étrange que nous entendions
citer .Geneft comme pouvant donner des "rerfeigneinens
fur les auteurs des troubles. Il cn étcit T'agent, & ce.n'eft --- Page 21 ---
IS
pas là le moment dentrer dans la difcuflien. Il n'eft pas
queftion d'examiner la moralité des accufateurs &c des accufés; car à l'infant même nous ferions connoitre ce
nous avons été & ce que nous fommes : mais nous
que
rien à craindre de cet examen. Nous n'avons pas n'avons la
mer à nos frais.
paffe
II vous fera facile de connoitre les individus. Nous demandons, fans paffer plus avant, qu'il foit ftatué fur
mode des débats, & qui fera accufé ou accufateur.
le
Page : Polverel paroit vouloir écarter la difcuflion, fur ce
qu'il ne peur produireles pièces qui établiffent
contre nous. Il eft étonnant
Pelverel ne desaccufations connoiffe
mieux
Sonthonax a
indiqué la date
lettres
ArR
E:
& Page & Brulley, &le lieu ol elles étoient: il eft
donc éronnant que Polverel ne connoiffe pas aufli bien
Sonthonax les pièccs fur lefqueiles il veut pofer fon
que
contre nous.
accufation
Je demande donc que la difcuflion contradiétoire s'établifle
fans délai, faufà avoir fous les yeux les pièces demandées
Sonthonax. Quant à nous, nous ne voulons difcuter
par
actes de Polverel & Sonthonax : ce font ces actes, nous que les les
avons, & vous les avez, citoyens, c'eft fur ces aétes
nous appuyons laccufation des faits étonnans que nous avons que
aleurreprocher. Nous prouverons que Sonthonax. &
ont établi à Saint-Domingue un fyftême de
Polverel
folation & de mort; nous prouverons
c'eft tyranaie, de déarmé les hommes de couleur, & ont forcé que les colons eux qui de ont
livrer à l'Angleterre; nous prouverons que Geneft
fe
n'eft qu'une ramification de cette confpiration
lui-mème
prouverons que la faction anglaife
far les infame; Erars- nous
comme
elle
pèfe
Unis
pefoir fur Saint - Domingues nous
qu'elle pèfe far la France; que Poiverel 8c
prouverons
derrière eux des hommes qu'l eft important Senthonax que Ja
ont
blique connoille; il eft important, dis-je, que la
Répufache quels font les agens de la dévaftation des République
Jes ennemis de fa profpérité; il eft important colonies &c
vention connoiffe les véritables
que la Concolonies; & c'eft dansles aétes dePelverel coupables dans Taflaite des
nous les trouverons; c'eft fiur leurs
& Sonthonax que
clamations, leurs lettres envoyées ala propres actes, leurs ptovoulons afleoir notre accufation.
Convention, que nous
ache quels font les agens de la dévaftation des République
Jes ennemis de fa profpérité; il eft important colonies &c
vention connoiffe les véritables
que la Concolonies; & c'eft dansles aétes dePelverel coupables dans Taflaite des
nous les trouverons; c'eft fiur leurs
& Sonthonax que
clamations, leurs lettres envoyées ala propres actes, leurs ptovoulons afleoir notre accufation.
Convention, que nous --- Page 22 ---
Il y a enfuite des faits & inculpations particulières qui
reviendront après la difcuflion de ces actes : mais il importe,
avant tout, de connoitre le fyftème de tyrannie organifé dans
les colonies. Leurs actes, cxamincsifolément, font infiniment
coupables ; mais ils le font bien davantage 2 quand on démontre la perfidie avec laquelle ils ont été faits, & c'eft ce
que nous veulons prouver aufli : donc nous demandons à
difcuter contradi@oirement) les aétes dePolverel & Sonthonax.
Pendantla difcuflion deces actes, Sonthonax & Polverel feront
en mefure d'indiquer là où font ces aétes fur lefquels repolent
les réponfes à nos accufations: mais pour cela je demande,
la difcuflion contradictoire s'érabliffe dès cet
citoyens, inftant, , denL fe fuive & fe falle fur les aétes mêmes de
Polverel & Sonthonax.
Quant à Geneft, mon collègue vous a dit qu'il étoit un
agent de la fadtion anglaife: nous l'avons dénoncé à la Convention nationale fix mois avant qu'il eût organifé dans les
États-Unis le fyftême d'anarchie & de déforganifation du
gouvernement américain.
Thomas Millet : Je l'ai dénoncé à Walingthon.
confeil
Page : Nous avons connoifiance d'un arrêté du
exécutif, du 17 février 1793, qui organifoit aux Etats-Unis &
le même fyftême de défolation qu'aux colonies françailes, Geneft étoit
la Convention a appris fix mois trop tard que
en effet un homme coupable s que Genelt étoit un contpiannoncé de Genefts'eft réalilé;
rateur, & ce que nous avions
la force de fon génie & par
k fi Walingthon n'avoit pefé par c'en étoit fait de la liberté
fa popularité fur la faétion anglaile,
des Érats-Unis. donc
s'établiffe une difcuflion fur les aétes
Je demande & Sonthonax qu'il : nous vous cffrons enfuite la difde.Polverel
eft
enfin
les foupçons
cuflion perfonnelle, 3 car il
temps
que
seffent de planer fur nos têtes. à
fur ce que vient
Polyerel : Je naiqu'un mot répondre
la difcuflion
de dire le citoyen Page: je ne prématurerai pas
qui doit avoir lieu, ce feroit en ouvrir une inutile;je de réponds ce
seulement à l'induction que Page vient de tirer
que
Sonthonax a dit Sonthonax auparavant. connoiffoit le lieu oû font les pièces
11 a dit que Celan'cit
étonnant, elles font inventoriées:
dont il aparlé.
pas
mais
Je naiqu'un mot répondre
la difcuflion
de dire le citoyen Page: je ne prématurerai pas
qui doit avoir lieu, ce feroit en ouvrir une inutile;je de réponds ce
seulement à l'induction que Page vient de tirer
que
Sonthonax a dit Sonthonax auparavant. connoiffoit le lieu oû font les pièces
11 a dit que Celan'cit
étonnant, elles font inventoriées:
dont il aparlé.
pas
mais --- Page 23 ---
mais il n'en réfulte pas-que nous puiflions pour cela
fur-le-champ & précifemenr la place & le numéro indiquer
non inventoriées, & qui font encora fous le (cellé, des pièces
On veut, dit le ciroyen Page, nous
vaincre par nos actes: mais fi la iajeure inculper, de nous confont encore fous le focllé, fi les picces qui parrie
nOS actes
mêmes font encore fous le fcellé, comment juftifient ces aétes
nous répondions :
voulez-vous que
Brulley : J'entends parler ici dese pièces
c'eft le prétexre dont Oil fe ferc pour éviter inventorices, d'en
&c
bur ; le but eft d'éclairer ia Convention & le
venic au
çais fur les malheureux événemens
pouple francolonies, fur les forfaits dont fe fen: qui fouillés on: eu les licu d ns les
des colonies 5 voilà le but dont il ne faut dévaflateurs
or > puilque c'eft-là le bur, il nes'agit pas pas s'écarter:
il ne s'agit pas d'examiner des lertres, des d'individualifer,
nous y reviendrons dans la fuire; il faut corre/pondanes, difcurer les
ont été les principales caufes des Héaux
aétes
2 les colonies; ce font ces aêtes
qui ont pefé
Nous n'avons
de
qui ont caufé leur
falut
pius
commerce maritime, ( Le
perte.
public vous l'a dit il y. a quatre jours à la comité de
Pourquoi n'avez-vous plus de commerce maririme tribune.) ?
vous n'avez plus de celonies. Pourquoi
Parce
." colonies ? Parce qu'elles ont éé dévaftées n'avez-vous
& Sonthonax. Il n'eft pas
ici
par
S.a
toriées, mais des pièces queftion la
des p'èces non inverentre les mains, que Polverel que & comnilion Sonthonax des colonies a
ou qu'ils peuvent fe procurer
des ont également,
été affichées dans les colonies facilements &
pièces qui ont
tout le monde connoir.
par-tout ; des pièces que
Je ne préjuge rien fur les mefares
la
dra pour procurer à Polverel & Sonikonax que commifion
ils annoncent qu'ils auront befoin
la les picces PICE
dunlifer; maisiln'eft
par fuite pour indivila difcuflien contradidloire pas queftion d'inti rrompre, de ralentir
faires des pièces dont ils n'ont pour pas befoin procurer dans aux ex-commifIl eft aujourd'hui queltion de leurs
ce moment.
les ont pas, nousles remertrons fur le proclamations bureau, &c : s'ilsne
demanderons: Ces actes imprimés font-ils bien les nous leur
Alors, furseurs réponfes cathegoriques, la
vôires?
Tome I.
difcuflion s'ouB
pas queftion d'inti rrompre, de ralentir
faires des pièces dont ils n'ont pour pas befoin procurer dans aux ex-commifIl eft aujourd'hui queltion de leurs
ce moment.
les ont pas, nousles remertrons fur le proclamations bureau, &c : s'ilsne
demanderons: Ces actes imprimés font-ils bien les nous leur
Alors, furseurs réponfes cathegoriques, la
vôires?
Tome I.
difcuflion s'ouB --- Page 24 ---
vrira; nous examinerons chacun de ces aétes dans ce qu'il
eft; nous examinerons s'ils ont ou non perdu les colonies,
& fi le décret d'accufation a été juftement rendu.
Nous n'irons pas, nous, rechercher quelle eftla moralité
des accufés; fi luna rédigé des adrelles royalifles aux Jacobins, fi l'autre a défendu la noblelle dans ie Béarn: nous
dirons, Polverel & Sonthonax ont trouvé Saine-Domingue
dans telétat, ilsl'ont dévafté éparce qu'ils sont rendu telle telle
proclamation. Lorfque nous r'aurons prouvé, ils feront telle
récrimination qu'ils voudront; mais comme ce font eux qui
font véritablement accufés, c'eft par leurs réponfes aux
accufations que les débats doivent commencer. Je demande
donc l'ordre du jour far la propolition de Sonthonax.
Sonthonax: Le citoyen Brulley prétend que nous récriminons; moi, en mon privé nont, j'accufe nos adverfaires.
Brulley prétend que ce font nos actes qu'il accufe, nous accuferons aufli les leurs; leurs aôtes qui ne font pas feulement
relatifs à la France, maisqui touchent direétemnent les affaires
des colonies, d'autant plus direétement que nos accufateurs
écrivoient contre nous pour difcréditer notre miflion,
& tendoient à rendre nuls nos pouvoirs, & à nous empécher de faire le bien dans le cours de notre miflion.
D'ailleurs, dans la colonie de Saint-Domingue, lorfque nous
fommes arrivés, ily exiftoit déja de très-grands troubles:
A faudra ouvrir la difcullion fur les troubles qui les ont précédés, fur la caufe de ceux qui exiftoient avant notre arrivée. Nous avons éré chargés par la loi de rechercher les
auteurs de ceS troubles, de les envoyer à la Convention nationale, de faire accompagner les hommes que nous acculions
d'être les véritables auteurs de ces troubles, des preuves de
leurs mancuvres; nous avons donc été inveftis par la Convention, du drcit der rechercherl rles caufes & les auteurs des
troubles dela colonie. Quoiqu'enait dit Brulley, la colonie de
SaipelDoningseNeroirs pas dans un état brillant, quand nous
fommes arrivés; car, par les foins du citoyen Brulley &
2 fes pareils, Ja province du Nord étoit dévaftée: mais ce
n'eft pas ce qu'tl s'agit de prouver. On dit que nous récriminons: non, nous acccufons; 5 nous accufons en vertu de la
loi du 4avrili79.. Le citoyen. Brulley ajoute: Vous avezété
décrétés d'acculation. Je n'examine pas le mérite du décret
fommes arrivés; car, par les foins du citoyen Brulley &
2 fes pareils, Ja province du Nord étoit dévaftée: mais ce
n'eft pas ce qu'tl s'agit de prouver. On dit que nous récriminons: non, nous acccufons; 5 nous accufons en vertu de la
loi du 4avrili79.. Le citoyen. Brulley ajoute: Vous avezété
décrétés d'acculation. Je n'examine pas le mérite du décret --- Page 25 ---
d'accufation, nilaccufation en elle-même,
nous a
nombre des complices de
qui
mis au
Blanchelande,sr ces
rent
que Polverel & Sonthonax ont
ciroyensn'ignoen TEnar que c'eft fur leur dénonciation envoyé Blanchelande
a été mis en jugement &jugé, Nous n'examinons que Elanchelande
le mérite de ce décret d'accufation: ce décret eft donc point
c'eft comme s'il n'exiftoit pas; car dès
ne fufpendu,
la tête de celui qui ên étoit l'objet, qu'il celui-ci pèfe plus fur
état civil; ; nous agillons civilement aujourd'hu, recouvre fon
le décréteft ffpendu, &eperfonne ne nous a contefts depuis que nous que
puiflions agir civilement. Le décret d'accufarion
comme siln'exiftoit
encore
fufpendu eft
voir s'il doit exifter pas
> d c'eft précifémen: pour fafence des citoyens colons. que nous Je fommes aujourd'hui en prépropolition: 1.
la
me réfère donc à ma- première
que commitlion des colonies
nos picees inventoriées, S
, car je ie borne aujourd'hui ordonne à que
qui font inventoriées, que nos pièces invenroriées, cotées celles &c
paraphées par les membres de la commiflion des
nous foient données en
colonies
fions répondre aux accufations commenication, des
pour que nous puifmande encore, comme tout à Theure, ciroyens colons. la
Je denos acculateurs foit examinée; car dans toutes que les moralité de
res, lorfqu'un témoin ou dénonciateur fc
procédumière chofe que fait le tribunal,c'eft de
préfente, la prede faire connoitre le moral du dénonciateur. permetrre au dénoncé
damment des preuves quej'ai contre les affemblécs > aufli, indépen-
& leurs agens, contreles citoyens Brulley, Page, colgnialcs
bles contréres; je dis plus, quel les lettres citées leurshonora- doivent être
apporrées fur le burcau; qu'il en foir fait leéture : que Page &
Brulley, leurs
qui fontincapables de les avoir écrites, aient à nier
lignatures ou à les avouer, car ces lettres
des faits graves, des preuves de leurs machinations contiennent dans les
colonies; & fielles ne font pas étrangères à l'affaire des COlonies, elles doivent être examinées comme conftatant d'abord
l'immoralité desdénonciateurs, &c commejettant un
furleurs perfides manaeuvres.Je demande donc
grandjour ces
foient
que
pièces
apportées, > qu'elles foient lues, ( on les trouvera
ment), & que les citoyensPage & Brulley foient tenus facileavouer ou défavouer fur-le-champ.
de ies
Polverel: Je n'ai qu'un mot.
B 2
être examinées comme conftatant d'abord
l'immoralité desdénonciateurs, &c commejettant un
furleurs perfides manaeuvres.Je demande donc
grandjour ces
foient
que
pièces
apportées, > qu'elles foient lues, ( on les trouvera
ment), & que les citoyensPage & Brulley foient tenus facileavouer ou défavouer fur-le-champ.
de ies
Polverel: Je n'ai qu'un mot.
B 2 --- Page 26 ---
Sénac : Tour-à-tour, accordez la parole.
Le préfident : Je vais confulter la commillion.
(I! la confilte. )
Le
: La commiflion a arrêté, fur la demande da
débats, qu'clley ftatuera à la fin de la féance;
faire
efmil
fur le furplus, elle atrête que les débats fe continueront aux
termes du décret.
la difcuflion en thèfe générales'
Page : Nous donc préfenterons mois de juin 1793 nous avons dénous difons Polverel & qu'au Sonthonax à la Convention , qui lança
noncé
décret d'accufation; le miniftre de la marine
contre eux de un lexécution de ce décret; il nous invita à lui nifut chargé
cette miflion: nous lui indiquâmes
diquer deux perfonnes l'une pour eft actuellement à Rochefort, l'autre
deux perfonnes; 5 commiflion
à la Guadeloupe.
eft chargée d'une
paruiculière un bâtiment qui rentra 43
Le miniftre de la marine expédia
obtenir le
heures après être forti. Depuis, nous n'avons pu
fur
même objet. Nous n'avons jamais pu obtenir un rapport
la fituation des colonies, ni faire accorder des fecours aux'
colonies 5 nous avons > pendant un an.&c plus, fuivi le cOmité de falut public & les membres qui le compofoient: du
depuis huit heures
nous avons mème > pendant 42 jours;
les membres
foir jufqu'à deux heures du matin, fuivi
comité de falut
dans un moment
Ret
inviter le
public,
les
dans un moment où nous favions que
Anglais
gence armoiént 2 contre nos colenies; nous avons, dis-je, pendant
follicité auprès du comité de falut public, l'exé42 jours, du décret
mettoit en état d'arreflation Polverel
cution
l'exécution qui
de plusieurs décrets qui ordon-
& Sonthonax, le
fur les colonies, & lenvoi de prompts fenoient rapport
être admis dans
cours à ces colonies; nous n'avons cetteépoque jamais pu eft arrivé Dufay;
le comité. Quelque temps avons après demandé à être entendus condès fon arrivée, > nous
nous n'avons
l'obtenir, nous
tradiétoirement avec lui;
pu à
avons été incarcérés 5 &c c'eft à cette époque > l'époquede
notre incarcération, > qu'il a été envoyé un bâtiment pour
ramener en France Polverel & Sonthonax. Nécelfairement il eft donc
Dufay leur avoit écrit que nous étions en prifon;
elque temps avons après demandé à être entendus condès fon arrivée, > nous
nous n'avons
l'obtenir, nous
tradiétoirement avec lui;
pu à
avons été incarcérés 5 &c c'eft à cette époque > l'époquede
notre incarcération, > qu'il a été envoyé un bâtiment pour
ramener en France Polverel & Sonthonax. Nécelfairement il eft donc
Dufay leur avoit écrit que nous étions en prifon; --- Page 27 ---
étonnant que Sonthonax ait dit qu'alors nous étions
pieds de Robefpierre & de fes agens, dans un temps aux où
Robelpierre, voyé chercher , qui dominoit le comité de falut public, a enPolverel & Sonthonax, après nous
znettre en prifon. Polverel & Sonthonax font
avoir fait
avons aufli-tôt pourfuivi notre demande en
arrivés, nous
ils ont été mis en liberté, le décret d'accufation accufation : mais
contre eux a été fufpendu. Barère a fait
car
lancé
à la tribune de la
plus;,
il a dit,
zifme de Polverel & Convention, Sonthonax, qu'il répondoit du patriodit Dufay. Et
d'après ce que lui en avoir
inutilement nous, nous avons été remis fous les verroux:
nous avons demandé à être entendus contradictoirement, jamais nous n'avons pu
nous avons demandé qu'il fût furmé l'obtenir; une commiflion inurilement des
colonies, jamais nous n'avons pu l'obtenir;
colons fe font préfentés à la barre
inutilement les
(chofe fans exemple ) de fe conftituer > vainement ont-ils offert
tenir notre liberté, ils n'ont rien
prifonniers pour obmiflion des colonies a été formée, pu elle obrenir. exifte Enfin, la commois; nous n'avons ceflè de folliciter
depuis quatre
contradiétoire
> depuis 3 la difcuflion.
qui a eu lieu aujourd'hui.
Voilà la filiation des événemens, voilà comment
1793 rous n'avons ceffé d'accufer Polverel &c
depuis
Quant à l'accufation que nous avons portée contre Sonthonax.
les acculons d'avoir foulevé
eux, nous
gorgés de fang & d'or,d'y avoir Saine-Domingue, égorgé les
de s'y être
forcé le peu de colons qui onr
à pattiotes, d'avoir
de fe réfugier fous les étendards échappé de
leurs poignards,
accufens d'avoir été dans les colonies TAngleterre, les
de nous les
terre, qui a voulu les envahir > leur donner agens un
l'Anglequi peut-étre voudroit, par un fyftême encore maitre, plus hor- &c
rible, placer le duc d'Yorck fur le trône de
à la tête des Erats-Unis un prélident de France, fon choix. &
embraffe des vues
"TELRA
importe que la difcuflion ait lieu le grandes & générenfes; il
le peuple français foit éclairé fur plautôt fa polible > afin que
hommes
polition, & fur les
demandons quijouent un fi grand rôle dans cette affaire. Nous
de
que d'abord on établifle quelle. étoit la fituarion
Sain-Demingue, & quelle éroit fa
que & phylique, au moment cà Polverel phylionemie & Sonthonax politiy
B 3
importe que la difcuflion ait lieu le grandes & générenfes; il
le peuple français foit éclairé fur plautôt fa polible > afin que
hommes
polition, & fur les
demandons quijouent un fi grand rôle dans cette affaire. Nous
de
que d'abord on établifle quelle. étoit la fituarion
Sain-Demingue, & quelle éroit fa
que & phylique, au moment cà Polverel phylionemie & Sonthonax politiy
B 3 --- Page 28 ---
font arrivés: nous demanderons 5, car nous établirons ces
faits par les aétes de Polverel & Sonthonax, car vous ferez
étonnés de favoir que ces, hommes qui accufent l'affemblée
coloniale & les corps populaires établis à Saint-Domingue;
vous ferez fort étonnés, dis-je, de voir que dans leurs proclamations & dans leurs lertres à la Convention, ils font
vous
de ces mêmes corps populaires les plus grands éloges;
les verrez fans celfe en contradiétion avec eux-mémes, parce
qu'il eft impolible que le crime ne tergiverfe pas; vous
verrez, dis-je, par les lettres de Tex-commiffaire Roume, ,
quelle étoit la phyfionomie phyfique &c politique de SaintDomingue; vous verrez, par les lettres de T'aliemblée coloniale, fa correfpondances confidentielle avec nous, fesarrétés, lettres'de
queile étoit fa religion politique: vous verrez par les
Pelverel & Sonthonax au miniftre de la marine 2 à la Convention nationale, & enfin par leurs proclamations dans les
éroitla
de
colonies; vous verrez, dis-je, quelie
phyfionomie des affemSint-Domingue, quelle étoit la religion politique
c'eft
blées coloniales, des colons & des corps populaires;
ici que nous invoquons les aétes de Polverel & Sonthonax;
quello étoit fur-tout la fituation civile & politique de SaintDomingue : vous y verrez que le pavillon tricolor flottoit
par-tout dans Vile, excepté dans les camps des nègres révoltés que Sonthonax & Polverel armèrent le 21 juin 1793,
pour dévafter & incendier la ville du Cap & en égorger
les habitans 5. que cette ile, excepté la partie du Nord,q qui
étoit aux trois quarts incendiée, fut encore Horiflante; que
les villes étoient encore intadles , commerçantes; , populeufes;
le peu de quartiers qui ont échappea la famme &c au
ger des agens de Sonthonax & Polverel font entre les mains
des Anglais ; que ceux qui exiilent encore, n'exiftent que
parce que les Anglais y ont planté leurs étendards : nous vous
prouverons qu'ils n'ont marché contre Jérémie que parce
que Jérémie avoit refufé la protection des Anglais 5 nous
prouverons que Polverel & Sonthonax n'ont ceflé de marcher
contre le quartier de Jérémie que quand le pavillon anglais
a été arbores nous vous prouverons que Polverel &c Son- lorfthonax ont fait marcher contre Je Mole 30,000 nègres, du
que le vaifleau l'Europe étoit en croifière devant la rade
Mole; nous vous prouverons qu'au moment ollevailleay
oit refufé la protection des Anglais 5 nous
prouverons que Polverel & Sonthonax n'ont ceflé de marcher
contre le quartier de Jérémie que quand le pavillon anglais
a été arbores nous vous prouverons que Polverel &c Son- lorfthonax ont fait marcher contre Je Mole 30,000 nègres, du
que le vaifleau l'Europe étoit en croifière devant la rade
Mole; nous vous prouverons qu'au moment ollevailleay --- Page 29 ---
2;
PEuropa a été reçu, au moment o le pavillon
a été planté, alors feulement Polverel & Sonthonax bsitannique ont
fait retirer leurs fatellites. Ainfi c'elt de leurs propres aétes
écrits que nous ferons fortir l'accufation. Nous les difcuterons, ces actes, quant à eux & quant à leurs réfultats.
Nousvous prouverons qu'au lieu d'exécuter la loi du 4 avril,
conformément auxintentions de l'afemblée nationale, comme
ilsen avoient la million expreffe du tyran,, car ils étoient fes
agens 2 nous vous prouverons, dis-je, qu'au lieu d'exécuter
cette loi, ils ont empêché que les bommes de couleur ne
fuffent fondus dans la garde nationale blanche; nous vous
prouverons qu'au lieu d'exécuter la loi, qu'au lieu de former
une aflemblée coloniale de nègres, d'hommes de conleur & de
blancs, ils ont fubftirué à cette atiemblée.coleniale une
tion de douze hommes, moitié blançs, moitié noirs, corpora- dont fix
c'eft étoient choifis, nommés par eux.Nous vous prouverons
ainfi qu'ils ont eux-mêmes établi une ligne de
cation
OcAdpe
qui établifloit une différence très - grande entre les
hommes de couleur , les blancs & lesnègres; nous vous
verons que Sonthonax & Pelverel ont invefti cette prouration des droits qu'avoit l'aflemblée coloniale, du droit corpo- de
prononcer fur le fort des efclaves, de faire deslois
car ils ont dit que l'efclavage étoit néc faire aux provifoires;
&
appartenoit aux affemblées coloniales de colonies, >
fur R efclaves; ils ont dir ples, ils ont dit que fi prononcer jamais la
Convention ofoit porter atteinte aux prérogatives des
&c. 6 elle oloit toucher à l'efclavage des
ils colons,
de lui défobéir. Nous vous
nègres,
juroient
à leur choix a été fublutuée prouverons à l'afiembléc qu'i une corporation
fe font permis de déporter tous ceux qui n'étoient coloniale, qu'ils
tièrement foumis, pofitivement fubordonnés à toutes pas leurs envolontés ; qu'ils s'éroient arrogé le droit de
acres de cette commillion
fanétionner les
iniermédiaire, c'eft-à-dire, de les
approuver ol de les délapprouver, de manière
damment de l'influence qu'ils avoiert dans cette qu'indépendont ils avoient nommé la moitié des
corporation,
ont déporté
membres, en ce qu'ils
fubfidiairement ceux qui leur
font réfervé le droit de permettre r'exécution déplaifoient, ils fe
de ces actes. Nous vous prouverons qu'après oul'inexécution avoir établi ce
corps legillatif, car c'en étcit uir, iis ont cherché dans les
B 4
fluence qu'ils avoiert dans cette qu'indépendont ils avoient nommé la moitié des
corporation,
ont déporté
membres, en ce qu'ils
fubfidiairement ceux qui leur
font réfervé le droit de permettre r'exécution déplaifoient, ils fe
de ces actes. Nous vous prouverons qu'après oul'inexécution avoir établi ce
corps legillatif, car c'en étcit uir, iis ont cherché dans les
B 4 --- Page 30 ---
hommes de couleur, dans les blancs même, une garde prétorienne de laquelle ils fe font environnés pour faire exécuter
les aétes de cette commuflion intermédiaire &c les leurs.
Comment ont 1- ils fait pour érablir cette garde prétorienne :
nous vous le prouverons par les actes mêmes de Polverel &
Scn:honax; nous vous préfenterons une proclamation du 16
décembre 1792: par cette proclamation ils difent qu'il fera
formé des compagnies franches d'hommes de couleur & de
nègres feulement; ainfi ils donnoient une exclufion. formelle
aux blancs, & vous concevez que cette exclufion avoit de
grands motifs; des moufs puiffans, elle ne pouvoit que raviver les préjugés entre les hommes de couleur & les blanes,
fomenter le mécontentement & la méfiance entre eux, au
lieu de marier ces deux claffes d'hommes comme ellesl'étoient
déja: car nous vous prouverons que T'affemblée coloniale loi a
l'exécution de la
fait plus qu'elle ne pouvoit, queique civils. L'allemblée
du 4 avril fot réfervée aux commiffaires. la
dans Saintcoloniale, prévoyant qu'elle devoitrérablir paix
civil
Domingue, avoit requis le gouverneur & le commiffaire
qui y étoit alors, del laf faire exécuter. Enfuite nous vous prouverons qu'ils ont organifé un corps légiflatif, qu'ils ont formé
une force armée compofée d'hommes de couleur & de nègres
foulevés; ainfi, ilys avoit d'un cotéla garde nationale blanche,
& de l'autre la garde des hommes de couleur; enfuite ils
avoient extrait de cette même garde de couleur, une garde
prétorienne 5 &c dans le cas où cette garde d'hommes de
couleur & mulâtres auroit voulu bleller leurs intérêts, ils
ont cherché.dans les blancs eux-mèmes une nouvelle garde.
Par une proclamation de Polverel & de Sonthonax, tous fe
les commis d'adminifration de la marine & des finances
trouvent étrangers à la garde nationale; ils font obligés de
défob'ir aux réquifitions du commandant de la garde nationale, de manière qu'ils plaçoient fous leurs mains'une corporation d'hommes de couleur étrangers aux blancs, une
corporation de commis étrangers à tous les colons; car il
faut que vous fachiez que cette foule de commis d'adminif- de
tration, d'employés de la marine 3 compofoient le quart
la force armée de la colonie : ainfi donc.nous prouverons
qu'après avoir organifé cette force armée, ils ont formé des
ttibunaux, dont nous ferons voir la monftruofité; nous vous
'hommes de couleur étrangers aux blancs, une
corporation de commis étrangers à tous les colons; car il
faut que vous fachiez que cette foule de commis d'adminif- de
tration, d'employés de la marine 3 compofoient le quart
la force armée de la colonie : ainfi donc.nous prouverons
qu'après avoir organifé cette force armée, ils ont formé des
ttibunaux, dont nous ferons voir la monftruofité; nous vous --- Page 31 ---
prouverons bunal
que Sonthonnx, au nord, avoit organifs un tri:
de cinq juges, fans aucun juré. Par un article de fa
preclamation, il difoit: S'il s'élevoit quelque queftion d'incompétence, nous nousréfervons de fatuer deflus, dérogeant
pour cela à toutes les ordonnances; de manière que nonieulement ils avcient fait des lois, mais encore ils
celles qui étoient confiées à leur exécution. Polverel abrogeoient a fait
plus. car il a organifé dans l'oueft & le fud un tribunal de
trois individus, fans jury; la latitude des pouvoirs de ce tribunal eft épouvanrable. Nous vouspréfenterons ces deux
clamations, citoyens: vous verrez fi vous pouvez les lire
vous
Ee
horreur;
verrez que, par une difpolirion de cette
clamation., Polverel rend tous les propriétaires en
refponfables des faits
Fdnes
&
civiques &'militaires de leursp procureurs
gérans, 2 de manière, dic-il,que ti
de ces
de ces économes, fe rend coupablede quelqu'un délits gérans,
ou militaires qui en:rainent la confifcation quelques des civiques
les propriétés feront confifquées comme file
propriétés, luimemeie fat rendu coupable de ces délitsciviques propriétaire ou militaires.
Enfin, citovens, quand nous en ferons à la difcuflion "des
actes, nous les dépoferons fur le bureau, nousles
rons les uns après les autres, nous vous en ferons parcourla monitruofité; nous développerons le fyltême de
voir
nous prouverons que l'incendie du Cap n'eft que tyrannie: le développement de cette grande intrigue; que la
aulivraifon duPortPrince aux Anglais par Polverel & Sonthonax
qu'ue fuite de cette grande inrrigue, que
n'eft
de la colonie n'eft que le réfultat nécellaire Tanéantiffement de ce
de terreur & de mort organife
(yftème
& Sonthonax: vous le verrez par méchodiquement les proclamations par Polverel
vcus mettrons fous les yeux.
que nous
Miller : Si la commilion juge à propos de difcuter le
premier acte, c'eft-à-dire, leur proclamacion du I2 ocobre
1702.
La loi du 4 avril ordonnoit Ia formation d'une affemblée
ecloniale.
Page : Je demande qu'avant on conftate la
de Saint. - Domingue, àl T'époque oà Polverel & phyfionomie
y font arrivés.
Sonthonax
Miller : Sila commifion des colonies a befoin, à ceté égard,
à propos de difcuter le
premier acte, c'eft-à-dire, leur proclamacion du I2 ocobre
1702.
La loi du 4 avril ordonnoit Ia formation d'une affemblée
ecloniale.
Page : Je demande qu'avant on conftate la
de Saint. - Domingue, àl T'époque oà Polverel & phyfionomie
y font arrivés.
Sonthonax
Miller : Sila commifion des colonies a befoin, à ceté égard, --- Page 32 ---
d'une analyfe qui lui fera voir quelle a été la confpiration
contre les colonies, non - feulement depuis la révolution >
mais encore depuis 1787, confpiration dont voici les derniers
agens, je demande qu'on me permette de lire la révolution
de Saint - Domingue que j'écrivis pour la Convention nationale. Brulley : J'obferve que pour mettre de l'ordre dans la
difcuflion, il faudroit conftater quelle étoit la fituation de la
colonie à l'arrivée de Polverel &c Sonthonax.
Lecointe, membre de la commilion : J'avois aufli cetteidée:
la commiflion ne
juger del'état des colonies que par le
tableau de leur bnt à l'arrivée de Polverel & Sonthonax,
& par celui de leur état aétuel. Mais comment les citoyens
conftateront - ils l'état où fe trouvoient les cçlonies, quand
les commiffaires y font arrivés? un de ces citoyens pourroitil en préfenter maintenant le tableau?
fous
Millet : C'eft ce quejai propofé; & après avoir mis
les yeux une analyfe détaillée de l'état de Saint - Domingue
depuis le commencement de la révolution jufqu'à l'époque
de l'arrivée de Polverel & Sonthonax > le premier de leurs
aétes vous conftatera que le précis, dont je le ferai précéder,
eft la vérité. Dans leur premier adte ils ont fait le tableau de
fituation de Saint-Domingue & des opinions politiques de
l'affemblée coloniale.
de
Page : Je ne fuis pas éloigné d'entendre la ledture
l'écrit de Millet; mais je demande qu'auparavant on life
les actes de Polverel & de Sonthonax; on trouvera parmi
les
qui ont été emportées de chez nous, quinze ou
feize Fetit de l'affemblée coloniale de Saint-Demigue. Il
étoit d'autant plus facile de les trouver, que je les avois
analyfées avant notre arreftation. Le citoyen Lecointe fait
plus particulièrement oà elles font; car lorfqu'on leva les
Icellés chez nous > nous lui obfervâmes que nous en aurions
befoin, qu'elles pourroient jeter un grand jour fur l'état des
colonies. Je demanderois donc que la commillion voniôt bien
fe faire repréfenter cet extrait; enfuite je trouverois uine
du dévouement des colons à la France, de leurobéf
Ecor à la loi du 4 avril, dans une lettre du commiffaire
Roume à Sonthonax & Polverel à l'épeque de leur arrivée
à Saint-Domingue. Cértes, on ne peut pas die que Roume
, qu'elles pourroient jeter un grand jour fur l'état des
colonies. Je demanderois donc que la commillion voniôt bien
fe faire repréfenter cet extrait; enfuite je trouverois uine
du dévouement des colons à la France, de leurobéf
Ecor à la loi du 4 avril, dans une lettre du commiffaire
Roume à Sonthonax & Polverel à l'épeque de leur arrivée
à Saint-Domingue. Cértes, on ne peut pas die que Roume --- Page 33 ---
aimât les colonics, car nous l'avons dénoncé fans
mais encore ett-il vrai que fon témoignage eft d'autant ceffès moins
fufpect, que nous l'avons dénoncé fans celle. Voici cette
leitre que Roume écrivit à Polverel & à Sonthonax; lettre
qui fe trouve fous les fcéllés.
Lettre du citoyen Roume aux nouveaux commifaires nationaux
civils, > délegués à Saint-Domingae, en vertu de la loi du
4 ayril 1792.
Port-au-Prince, le II juillet 1792.
cc MESSIEURS,
>> M. Leborgne, fecrétaire adjoint de la commiflion, aura
T'honneur de vous donner tous les éclairciffemens que vous
defirez, foit relativement aux travaux de MM.
-
Saint Léger & Roume
Mirebeck,
> foit fur la colonie & les événemens qui s'y font paffés depuis la révolution. M.
ne vous lailfèra rien à defirer fur ces matières, 8c Leborgne la confiance qu'il mérite m'a beaucoup encouragé dans le parti
j'ai pris de m'abfenter du Cap pour venir préparer ans
f'Oueft l'exécution de la loi qui vous eft confiée.
miniftre >> Ci -joint, meflieurs, copie d'une lettre que j'écris au
le
par le navire l'Abracadabra, qui part ce foir
Hâvre; vous y verrez l'état adtuel des chofes dans pour
& le Sud.
l'Oueft
>J'ai la fatisfaction de pouvoir vous affutrer,
que, loin d'aveir à craindre le moindre obftacle, meflieurs, vous ferez
reçus comme les anges tutélaires de la partie françaife de
Saint-Domingue. Les ciroyens des trois couleurs
feront de vous prouver leur refpect & leur confiance. s'empref- Les
affemblées primairesfe formeront fous VOS yeux fans la
légère difficulré, & peur-être ne ferez-vous
plus
cas de juger des conteflations relatives à ces jamais affemblées. dans le
Vous formerez une affemblée coloniale qui réunira de bons
colons des trois couleurs; la paix & le bonheur
fous vos pas.
naîtront
Fifle, Dès que j'apprendrai , meflieurs, votre arrivée dans
ceflées, je me tiendrai pour averti que mes fonétions font
rendre & E profiterai de la premicie occafion pour me
foumettre près
vous, y prendre vos commifions, & aller
ma conduite à Kaflemblée nationale & au roi.
emblée coloniale qui réunira de bons
colons des trois couleurs; la paix & le bonheur
fous vos pas.
naîtront
Fifle, Dès que j'apprendrai , meflieurs, votre arrivée dans
ceflées, je me tiendrai pour averti que mes fonétions font
rendre & E profiterai de la premicie occafion pour me
foumettre près
vous, y prendre vos commifions, & aller
ma conduite à Kaflemblée nationale & au roi. --- Page 34 ---
meffieurs, fi vous jugiez dans votre fa9) Cependant,
je puiffe contribuer à
gelle, d'après ce que j'ai fait,
devoir prendre fur vous
&
vous jugiez
Fadira
vos fuccès,
que
temps dans la colonie,je fuis
de me retenir encore quelque & à continuer d'agir fous vos ordres;
prèt à m'y foumeture, chef depuis que je me fuis trouvé feul
comme je l'ai fait en de la commillion. C'eft un bon Franre/ponfable des travaux offre à trois bons Français.
gais qui fait cette
nacional, RoUME."
53 Signé, le commiffaire
des colons à l'époque de
Voilà
prouve les difpofitions A cette pièce nous joinl'arrivée Polverel 8c Sonthoxax. coloniale, qui prouve quel
drons un arrèté de l'affemblée il a été dans tous les temps.
étoit fon civifme, &c quel
del
coloniale dc la partic frangaife
Extrait des regifres l'afemblée
de Saint-Domingue.
féance du
1792 a été extrait ce qui
ce De la
4 feptembre
fuit:
coloniale, confidérant que, > depuis la pro-
>> L'affemblée
du avril, elle n'a celle de remoigner
mulgation de la loi
parfaite entre les diférentes
le delir Oincère d'une
dintol
tous fes
clafles de citoyens, & que toutes fes démarches,
aêtes ont conftamment tendu à intentions ce but; ont été contrariées
fes
>> Que jufqu'à préfent
fondant leurs'criminelles
parles canemis du bien public, qui,
ont employé toutes
efpérances fur les divilions des citoyens,
leurs manceuvres pour les perpétuer; qui menacent la colonie
>> Que pour déjouer les il complots refte un dernier moyen que l'afd'une deftruction totale, faifir; c'eft de faire procéder à l'exéfemblée s'empretie de de la loi du 4 avril, en ce qui concerne
cution immédiare
coloniale & des autres corps pola réélection de l'aflemblée
pulaires; T'affemblée coloniale avoit été retenue jufqu'à
>> Que
confidération, que T'exécution
préfent par cette avril importante eft exclufivement confiée aux nouveaux
de la loi du 4
l'arrivée de ces commillaires,
commiffaires civils; mais que
de lal loi, ayant été
qui devoient êre eux-mèmes porteurs
erne
cution immédiare
coloniale & des autres corps pola réélection de l'aflemblée
pulaires; T'affemblée coloniale avoit été retenue jufqu'à
>> Que
confidération, que T'exécution
préfent par cette avril importante eft exclufivement confiée aux nouveaux
de la loi du 4
l'arrivée de ces commillaires,
commiffaires civils; mais que
de lal loi, ayant été
qui devoient êre eux-mèmes porteurs --- Page 35 ---
zetardée jufqu'à de jour, cette confidération doit céder aujourd' hui au befoin impérieux d'une réunion
que MM. les commilfaires civils ne pourront, àleura générale, &
blâmer une démiarche qui accélére
arrivée,
>)
Que du moment que les hommes l'exécution de couleur de la loi;
concouru à l'éleétion des corps populaires, &
auront
à leurs délibérations, il ie pourra plus refter de participeront
divifions, & que la réunion des citoyensde toutes prétexte les
aux
qui feule peut opérer le falut de la colonie, doir claffes, être le
réfultat infaillible de cette démarche franche &c
des
préfentans de la colonie;
loyale
re-
>2 A arrêté & arrête que M. le
ment général, & M. le commiflaire lieutenant national civil, au gouvernedemeuren: expreffément
font &
colonie, de convoquer fans requis, délai au les nom du falut de la
à l'effet de procéder à la réélection de allemblées primaires,
& des autres corps populaires, conformément l'affemblée à coloniale
avril.
la loi du 4
>> Arrête en outre que T'allemblée coloniale
tinuera fes travaux jufqu'au moment où la nouvelle adtuelle concoloniale fera
allemblée
fubfifteront réunie, > & que les autres corps populaires
jufqu'à ce qu'ils aient été
3, Arrête enfin que les hommes de couleur remplacés. &
font de nouveau invités à envoyer,
nègres libres
du 19 août dernier, des commiffaires conformément dans le
à l'arrêté
femblée coloniale actuelle, pendant le
fein de l'aftin uera fes trayaux.
temps qu'eiie con-
>> Sera le préfent arrêté imprimé, lu, publié &
par-tout où befcin fera, & norifié aux
affiché
ciales & adminiftratives, qui demeurent allemblées provinnotifier aux municipalités de leur
chargées de le
>> Fait & arrêté en féance les arrondillement. mois &
deffius.
jour,
an que
>> Signé, Ramorsan.PrAClent ; GRASSET,
GOMBAULT, GARNIER, DuTEssi, BUREAU vice-préfident &
fecrétaires.
Laioux,
s Collationné, POITEVIN, garde des archives,
bléc 33 Collationné, PINCEMAILLE, garde des archives de
proyinciale, .3
Lafem-
ités de leur
chargées de le
>> Fait & arrêté en féance les arrondillement. mois &
deffius.
jour,
an que
>> Signé, Ramorsan.PrAClent ; GRASSET,
GOMBAULT, GARNIER, DuTEssi, BUREAU vice-préfident &
fecrétaires.
Laioux,
s Collationné, POITEVIN, garde des archives,
bléc 33 Collationné, PINCEMAILLE, garde des archives de
proyinciale, .3
Lafem- --- Page 36 ---
$o
Extrait des délibérations de P'affemblée provinciale du Nord,
féance du 2 Jeptembre, 1792.
de l'affemblée coloniale,
Cc On donne leéture d'un arrêté
à M.le lieuen date du 4 du courant > portant & réquifition à M. le commiflaire
tenant au gouvernement général
nationa! civil de convoquer les aflmblées primaires.
aux ar-
>> L'allemblée arrête que ledit arrèté fera dépolé
chives, imprimé & notifé aux municipalités &c autres
corps populaires de la province, pour être lu, publié &c
affiché dans leurs arrondiffemens refpedtifs.
MOREAU DE LISLET 3
>> Signé, GUILLEMAT,
vicepréfidents ; PyoT &
ftaL
des archives."
>> Collationné, PINCEMAILLE, garde
Je vais dire ce que c'eft que l'arrèté du 19 août, que
je L'aflemblée n'ai point apporté. coloniale, apprénant, le 27. mai, que la loi
du 4 avril avoit été rendue en France, mais ne Tapprenant
que par la voie de fes commiffaires auprès de l'affemblée
nationale, &c non d'une manière officielle, arrêta que. cette
loi feroit exécuté
de
Thomas Millet : Je relève une petite erreur
mémoire dans
qui échappe à mon collegue : la. lci du 4 avril arriva
la colonie le 24 mai; elle a été envoyée le 26 à l'aflemblée
coloniale, & le
elle a bré adoptée unanimement au
milieu des Stnitat de tout le peuple.
Brulley : J'ajoute qu'avant que la loi du 4avrilf fat arrivée
dans la colonie, l'aflemblée coloniale avoit annoncé, par
affichée,
avoit été rendu en France
une proclamation lui avoit qu'il été officiellement
;
une loi qui ne
pas
les appertée
mais que cette loi devant mettre fin à tous
troubles qui
exiftoient dans les colonies, elle annonçoit d'avance aux citoyens de toutes les clafles qu'elle étoit dans l'intention
d'obrempérer à cette loi; qu'en conféquence elie fufpendoit
la difcullion ouverte fur l'état des hommes de couleur dans
les colonies.
coloniale, voyant que la mefure qu'elle
Page : L'affemblée
officiellement
;
une loi qui ne
pas
les appertée
mais que cette loi devant mettre fin à tous
troubles qui
exiftoient dans les colonies, elle annonçoit d'avance aux citoyens de toutes les clafles qu'elle étoit dans l'intention
d'obrempérer à cette loi; qu'en conféquence elie fufpendoit
la difcullion ouverte fur l'état des hommes de couleur dans
les colonies.
coloniale, voyant que la mefure qu'elle
Page : L'affemblée --- Page 37 ---
avoit prife ne ramenoit pas le calme dans la
&
qu'elle ne pouvoit faire exécuter la loi dans toute colonie, fa latitude,
parce que le foin de l'exécution étoit réfervé aux commiffaires civils,pric lerg août u arrêré par lequel elle
les hommes de couleur & nègres libres à
invitoit
fein douze d'entre eux jufqu'ace qu'il eût envoyer été
dans fon
rééleétion des corps populaires
procédé à la
par le.commandant & les
commifiaires, qui étoient requis par le même adte de les
convoquer incontinent.
Lecointe (des Deux-Sevres), membre de la
:
Deux faits font allégués par le citoyen Page : le commifion
c'eft que la colonie étoit dans un état de calme; le premier,
que l'affemblée coloniale avoit pris des mefures fecond,
cuter la loi du 4 avril.Je demanderai que le
pour veuille exébien inrerpeller les commiffaires Polverel & préfident Sonthonax de
déclarer s'ils conviennent de ces faits.
Polverel: : Peur connoitre le véritable efprit de l'affemblée
coloniale fur la loi du 4 avril, il faudroit d'abord lire
a
arrêté du 27 mai; vous verriez, dans cet arrèté, fes motifs fon
& fes intentions en ordonnant l'exécurion de la loi du
avril; vous verriez que,, par cet arrété même, elle contefte 4
à T'affemblée légitlative le droit de porter cette loi; vous
verriez qu'elle ne cède qu'à des morifs de crainte,
y
fentiment de fa foibiefle. Quant à l'exécution de qu'au
demande aux colons G jamais la loi de l'égalité a été exécutée fait, je
dans Varronditement de Jacmel jufqu'au mois de
Je leur demanderai fi les hommes de couleur & mailt793. les
n'avoient pas été forcés de quitrer la ville, de
nègres &
d'errer dans les montagnes > par l'effer des menaces Jaemel, de
femblée coloniale & des colons.
T'afAu mois de décembre 1792, dans le temps même
agitoit le Cap contre les hommes de couleur &c
qu'on
voici ce qui m'arriva près de Jacmel. Je m'étois Sonthonax, mis
route pour aller organifer une
en
ment à la 1a du +avril. Je couchai municipaliré, au
3 conforméla route du Port-an-Prince à Jacmel. Je Grand-Goave, reçus là un
fur
nombre d'hommes de couleur & de nègres de cette
grand
armés. Ils me dirent qu'ils venoient pour m
paroiffe,
jufqu'à Jacmel. Je leur obfervai que l'état dans accompagner
vivoient dans ce moment pouvoit faire naitre des lequel inconvé- iis
ment à la 1a du +avril. Je couchai municipaliré, au
3 conforméla route du Port-an-Prince à Jacmel. Je Grand-Goave, reçus là un
fur
nombre d'hommes de couleur & de nègres de cette
grand
armés. Ils me dirent qu'ils venoient pour m
paroiffe,
jufqu'à Jacmel. Je leur obfervai que l'état dans accompagner
vivoient dans ce moment pouvoit faire naitre des lequel inconvé- iis --- Page 38 ---
s'ils
en armes dans la ville dont
aiens graves, >
paroiffoient leur dis
falloit d'abord préparer
ils étoient exclus, , àje
qu'il
à un
les voies. Pendant
je leur parlois > il arriva
capitaine des hommes Qce couleur, un courier qui lui apporta
l'ordre de Baudouin, commandant de lngarde-mationale , aux
cidoyens de la paroille de Jacmel, de fe rendre le lendemain civil.
atl fort de cette ville pour y receycir le commilfaire aéte
Je m'écriai aufli-tôt : Dieu foit loué! I Voilà le premier
de réconciliation, entre les blancs & vous qui paroitle fincère;
rendez-vous à I'ordre. Ce capiraine partit avec les hommes
Il éroi: alors neuf heures du foir.
qui Deux Taccompagnoient. heures après il arrive un pareil ordre pour le chef
d'un autre quarner de la même paroilfe. Ii mesle commu- Il
niqaa 5 je lui donnai le même confeil que le premier.
étoit trop tard pour aller dans fon quarme repréfenta cornoitre qu'il l'ordre &c armer les hommes de fa comtier faire Il ajoura : Nos chevaux font fatigués 5 & d'ailleurs
pagnie. n'aurai
le temps de raflembler ceux qui font fous
je ordres, pas & de les amener à Jacmel à T'heure indiquée ;
mes
nous le permettre, nous irons avec vous à
fi vous voulez
d'inconvénient à ce que ces hommes
Jacmel. Je ne vis pas dans fon fein y vinffent avec moi ; en
Jacmel appeloit fimes une
halre à la Brouffe. Là vint
Serir nous
petite nationale de Jacmel, &c un déau-devant de nous la garde nationale. Les chefs de cette
tachement de la gendarmerie avoient ordre d'interdire l'accès de
troupe nous dirent qu'ils
Je
Jacmel à tous les hommes armés autres qu'eux.
répondis les
exifter
les étrangers, que
cet ordre pouvoit n'efcortant pour jufqu'aux limites de la
Racnoms d'une paroiffe
entrer. fur le territoire
paroilfe prochaine, ne devoient pas
ne vous font
de leurs voifins : mais ceshemmes, , ajoutai-je ,
un ordre
point étrangers, ils font de votre garde nationale;
les appelle à Jacmel 3 quel inconvénient y auroit-il qu'ils
fans moi ils ont le droit d'y
y allallent avec moi,. fufpects puifque avec mci que fans moi ? On
entrrr? Sont-ils étoit impofible d'outre-paffer les ordres
me répondit
Me
donnés. Sur-le-champ f'expédiai un courier à la municipalité deJacmel. Je lui écrivis un bout de lettre tracée au
crayon,nayant fur moi nip plume ni encre. La municipalité à
eft impollible que ces hommesy entrent
me répond qu'il
ma
y allallent avec moi,. fufpects puifque avec mci que fans moi ? On
entrrr? Sont-ils étoit impofible d'outre-paffer les ordres
me répondit
Me
donnés. Sur-le-champ f'expédiai un courier à la municipalité deJacmel. Je lui écrivis un bout de lettre tracée au
crayon,nayant fur moi nip plume ni encre. La municipalité à
eft impollible que ces hommesy entrent
me répond qu'il
ma --- Page 39 ---
ma ftite. Je délibérai un moment fur cette réponfe
lière, & je dis, fi je perfifte à emmener ces homines fingu- avec
moi, je m'expofe à engager une rixe entre les blancs & les
gens de couléur > & je me rends refponfable, enversl'un &
Fautre des partis 3 des événemens qui
en
me déterminai alors à rebroufler
& à réfulter. Je
renvoyer à un
SELRE
tempspleshebreux & à un moment
-
de. la loi du 4 avril dans Tarrondiffement plusfavorable de Jacmel. l'exécution
Dans le quartier de la Grande-Anfe à Jérémie, voici
comme la loi du 4 avril avoit été exécutée : Ala Calmitte
plufieurs citoyens de couleur avoient été chaflès de leurs
propriétés, dans la colonie ainfi que leursnègres. Quand nous fimes arrivés
de couleur
> nous reçémes des pétitions de ces hommes
rétablir Irare pour être réintégrés dans leurs poffeflions & y
de
nègres, Neus répondimes à ces citoyens
nous va bientôt fe traniporter dans le fud il
: L/un
à vOs réclamations.
; fera droit
Ciauffon : J'ai une motion d'ordre à faire. On cherche
noyer la difcullion dans des incidens
eft
à
inutile de rapporter. Isagir de favoir fi, qu'il à
maintenant
mai, la loi du 4 avril éroitexécutée dans la colonie. fépoque du 27
parle de faits ultérieurs. Ceux relarifs Jacmel font On du vous
de décembre: : lorfque nous en ferons à cette
mcis
dirons ce qui s'eft paffe à Jacmel & à Jérémie époque, nous
fera étonné de l'eftronreric avec
> & l'on
demande qu'on rétablifle la quettion. laquelle on en impole ici..Je
à lépoque du 27 mai, la loi du avril Isagit de favoir fi,
Polverel : Si les citoyens colons 4
étoit exécutée.
ment l'ordre de la difcuilion,
prefcrivent, non-feulede ma juftification, je n'ai 2 mais me tracent encore celui
favoir fi avant notre arrivée qu'à la préfenter loi du ma têt Ilfaut
cutée.
4 avril étoit exéJe prouve que non-feulement elle ne
arrivée mais qu'elle ne l'étoit pas encorel l'étoit pas à notre
& qu'elle ne la jamais été dans le quartier long-temps de la après,
Anfe &c de Jérémie. Voilà ce que je prouve Grande- &
Parviens pour des temps poférieurs à notre arrivée, 5
ijy
nement je le prouve pour des temps anrérieurs à certairivée. Je continue donc le récit que j'ai
cette arferai pas long. Je parlois des propriéraires commencé; de cuuleur de je ne
Icme I.
la
C
it pas à notre
& qu'elle ne la jamais été dans le quartier long-temps de la après,
Anfe &c de Jérémie. Voilà ce que je prouve Grande- &
Parviens pour des temps poférieurs à notre arrivée, 5
ijy
nement je le prouve pour des temps anrérieurs à certairivée. Je continue donc le récit que j'ai
cette arferai pas long. Je parlois des propriéraires commencé; de cuuleur de je ne
Icme I.
la
C --- Page 40 ---
Calmitte qu'on avoit chalTés de chez eux, > & qui nous dif- demandcient à être réintégrés dans leurs propriérés. le fud. Nous Ailhaud
féràmes de ftatuer juiqu'a notre départ pour
avoit été deligné pour y aller, mais il revint en France jy
allai à fa place. Arrivé dans cette partie, les propriéraites la
renouvelèrent leurs pétitions 3 je les renvoyai à commif l'autoujeurs de compromettre
fion intermédicire, > craignant
torité nationale. intermédiaire prend un arrêté qui ordonne
La commillion feront réintégrés dans leurs proptiétés
que les citoyens feront rétablis. Le confeil-géneral de :
que les nègres dela Caimitte Y
arrête que la décilion dela commifcommune
ne
être & ne fera pas exécutée. En
fion intermédiaire
peur font revenus à moi pour me deconfequence, ordre. ces hommes Dans ce moment arriva un troifième fait,
mander un
de linutilité de
dont je vais parler, & qui me convainquit vous-mêmes, ciroyens 5
donner cet ordre. Vous en jugerez les circonftances > à
je ne pouvois me T'autorié" le permettre nationale > vu à une délufion évidente.
moins d'expofer
répondis-je aux pétitionnaires, de
II ne m'eft pas poflible,
Tordre
vous demanvous acçordcr, dans ce moment ,
que
rédez. Il dépendra des melures
nous prendrons pour
tablir l'autcrité nationale dans 26 Grande-Anfe.
J'obferve quil eft un fait à éclaircir avant tout.
Clauflon :
effet les colonies étoient dans un état HoIl faut lavoir fi en
civils.
riffant al'arrivée des commiffaires été
de ce fait.
Polyerel : Iln'apas encore fait queltion pofé les citoyens;
Le préfd-nt : C'eft le premier
qu'ont
celui que tu as difcuté eft le fecond. Je demande que les
Mogode, membre de la commifion aient feuls : ici le droit de faire
membres de la commillion
des morions.
femble
citoyen Page avoit comLe préfidont : Il me
quele étoit dans un état Horiffant
mencé par établir que la colonie & Sonthonax, k que la loi du 4
avan:larrivée de Polverel
avril y. étoit exécutée.
de
que la loi du 4 avril
Bralley : Ef-il queltion
prouver
avantlarrivée
é-oir exécutée, 2 autant qu'elle pouvoit Tètre, l'allemblée
de Polverel & Sonthonax, ou de prouver de la faire que exéeuter :
coloniale étoit dans la difpofition
que la colonie & Sonthonax, k que la loi du 4
avan:larrivée de Polverel
avril y. étoit exécutée.
de
que la loi du 4 avril
Bralley : Ef-il queltion
prouver
avantlarrivée
é-oir exécutée, 2 autant qu'elle pouvoit Tètre, l'allemblée
de Polverel & Sonthonax, ou de prouver de la faire que exéeuter :
coloniale étoit dans la difpofition --- Page 41 ---
l'affemblée coloniale étoit vraimerit la réunion des.
des colonies, &c.
citoyens
Le repréfentant du peuple Lecointe (des
Les regles d'une dilcuilion
Deue-Sèvres s):
que des inculpations faites & quelconque. des
ne doivent forar
On1 dit: l'état de la colonie eft actuellemen: pièces dépofées. Eh bien!
Té at del la colonie étoit florifant avant l'arrivée tres-défaftreux: des commif- :
faires; Voilà la preuve de cette alfertion, c'eft la lettre de
le premier point à éclaircir:
Romme.
Le fecond poinr eft que la loi du 4 avril étoit enrièrement
exécutée, & que > même avant l'arrivée des
civils > l'aflemblée coloniale avoit pris des arrêtés commiffaires
l'exécution de cette loi 5 voilà deux faits allégués tendans
Polverel répond , & ici ce n'eft point
auxquels
homme qui règle la difeutlion, mais les Fopinion & d'un
femble que le citoyen y eft rentré.
faits;
il me
Polverel : I1 ne me refte plus à parler que du
Jérémie. A la fin de février ou au commencement quarcier de de
1793, deux cent cinquante ciroyens de couleur
mars
femmes-& enfans, ont été forcés d'émigrer & > de hommes,
leurs paroiffes par la prife d'armes des blancs contr quitter
ils viennent aux Cayes, oà fiégeoit l'autoriré
r'sux ;
y viennent demander protection contre cet acte nationale, ils
dont ils étoient viétimes. Je n'avois pas de
d'oppretlion
auprès de la commune de Jérémie, car elle grands moyens
de la colonie qui n'avoit jamais voulu
étoit la feule
commillaires
correipondre avec les
la réception des nationaux, lois & des non actes pas même pour leur accufer
Je fus donc obligé de
quiluiavoient été envoyés.
négociation,
prendre un biais, d'agir par voie de
Je fis invitedla pour ne pas compromettre l'autori:e mtionale.
miffaires
municipaliré des Cayes à nommer des comconcilinteurs, &c les envoyer à Jérémie
gocier la paix entre les blancs & les hommes de pour néj'engagenil le commaridan: de la province à nommer un couleur;
de fa confiance & de la mienne,
fe
homma
millaires négociateurs de la
2 pour joindre aux comnai des inftrustions
municipalité des Cayes. Je don-
& en méme-temps particulères à ce commiffaire militaice,
lettre dans iaquelle f'écrivis à la confmune de Jérémie une
eus, les
je rappelai tous les torts qu'elle avoit
preuves non interrompues qu'elle en avoit données
C'z
à nommer un couleur;
de fa confiance & de la mienne,
fe
homma
millaires négociateurs de la
2 pour joindre aux comnai des inftrustions
municipalité des Cayes. Je don-
& en méme-temps particulères à ce commiffaire militaice,
lettre dans iaquelle f'écrivis à la confmune de Jérémie une
eus, les
je rappelai tous les torts qu'elle avoit
preuves non interrompues qu'elle en avoit données
C'z --- Page 42 ---
les commillaites civils étoient dans la - colonie. Je depuis tachai que de la ramener à l'efprit national par les principes
d'obeiffance due aux autorités narionales. J'entrai enfuite
dans la difcuflion de l'aéte relatif aux hommes de couleur ,
& je Y'engageai à rentrer à leur égard dans les difpolitions hommes
favorables de la loi du avril, & à recevoir ces
leur
de couleur & à les faite profiter des avantages que homdonnoit cette loi. Les négociateurs ne réufirent pas, les Ils
mes de couleur continuèrent d'ètre exilés de leur patrie. le font probablement encore. A mon dépert & à ma hors con- de
noiflance, les trois quarts au moins étoient encore
leur patrie, & quand ils euflent pu y rentrer depuis de'la que coles Anglais fe font rendus maitres de cette partie de cette
lonie, ils étoient trop bons patriotes pour profiter
à les
facilité. Mais jufqu'alors Jérémie a toujours perfévéré
tenir dans T'exil; voilà quelétoit l'efprit des différens partis
de la colonie fur l'exécution de la loi du 4 avril. colo--
Si l'on veut fe retrancher à parler de l'affemblée du
niale, je demande quil foit fait lecture de l'arrêté du 27
mai
lequel elle a eu l'air d'accepter la loi
1792, par aufli lecture de l'arrêté du
août fuivant,
avril. Jedemande paroiflant receveir à égalité de andis les ciroyens
lequel,
limitoit le nombre &
er couleur & les hommes libres, > elle
confultale rapport fous lefquels ils y feroient reçus à voix
tive Voilà feulement. les deux arrêtés dans lefquels la commiflion trouvera le vérirable efprit de l'allemblée coloniale s dans l'arrèté la loi
fur-tout du 27 mai, par lequel elle a paru accépter
du 4 avril. donner de véritables lumières
Sonthonax: : S'il fuffifoit, pour
de la colonie au
fur l'état de troubles ou de tranquillité
moment de l'arrivée de la loi du 4 avril; s'il fuffifoit > pour
des
fur les véritables intentions de Yafdonner coloniale renfeignemens & fur fes actes;s'il fuflifoit de prouver
femblée la loi du 4 avril n'a jamais été exécutée 5 je me
enerdte
mon collégue vient de le faire, à vous rappeler l'arcomme rêté de cette allemblée du 27 mai; je dirois que cet formel arrêté de
étoit une injure faite à la loi du 4avril, , un fincérité refus de véril'exécuter de bonne grace & dans toute la
du
mai,
tables patriotes; je dirois que, pour cet arrêté
--- Page 43 ---
Blanchelande a été décrété d'accufation par la
nationale ; que le fecond chefd'acculation
Convention
chelande, étoit d'avoir approuvé l'arrèté de porté contre Blanniale farla prétendie acc.
toit une injure faite à la loi du 4avril, , un fincérité refus de véril'exécuter de bonne grace & dans toute la
du
mai,
tables patriotes; je dirois que, pour cet arrêté
--- Page 43 ---
Blanchelande a été décrété d'accufation par la
nationale ; que le fecond chefd'acculation
Convention
chelande, étoit d'avoir approuvé l'arrèté de porté contre Blanniale farla prétendie acc. ptation de ln lei du lallemnblée colode plus
bienloin que'les colonsi blancs 4 avril.Je dirois
aient accepté dansia fincéricé ou patriores, puifloi du 4- avril, dans les derniers
de deleur COPlir
Foar
l'allembléc coloniale, on a vu les troubles temps fe renouveler l'exiftence de
Cap; depuis cette acceptation, on a falillé les
au
4 avril comme des bôtes fauves; je dirois
les hommes tenoit du
prifon dans une gabarre & à bord d'un bateau qu'on dans
en
du Cap;je dirois qu'à Jérémie O1 leuravoiri inoculé la rade
vérole, maladie pettilentielle dans ces climats,
détruire la perite
jufqu'à Teipéce; je dirois que c'elt
pour
*
ment de l'arrivée de la loi du
précifément dans le motans de la connoiflince de
4 avril, dans les derniers infles bateaux à
cette loi, qu'on a vu les noyades,
foupape > inventés dans les principales rades de
Saine-Domingue, tenoitles hommes & notamment au port de Paix, où
chofe
de couleur en prifon; je dirois
l'on
a été pratiquée à Jérémic, trois mois que la même
tation de la loi du 4avril :on fufilloit dansles après laccepde couleur comme des bêtes fauves. Et fi cela ruesles hommes
je dirai que l'arrêté du 27 inai étoit fi
ne fuffit
chelande a été décrété
criminel,, que
uate
donner une vérirable idée d'accufarion pour cet arrèté. Il faut
mens fur l'état de la colonie, > donner de véritables renfeigneJei mal n'a pas.précédé de
car le mal vient de plus loin: :
l'arrivée de la loi du
quelques jours ou de quelques mois. Sainr-Marc; le mal 4 avril; le mal vient de laflemblée de
mal vient de l'aflemblée vient de l'affemblée qui l'a fuivie ; le
noire. coleniale qui a arboré
. la cocarde
Thomas Millet : Je demande acte de la déelaration. Brulley : Je demande acte de tout le refte, car
tiff de menfonges. c'eft un,
Sonthonax : Cette cocarde noire a été transformée
écharpe noire, fous les prétextes les
vains &
en
ridicules.
lemblée de
mal vient de l'aflemblée vient de l'affemblée qui l'a fuivie ; le
noire. coleniale qui a arboré
. la cocarde
Thomas Millet : Je demande acte de la déelaration. Brulley : Je demande acte de tout le refte, car
tiff de menfonges. c'eft un,
Sonthonax : Cette cocarde noire a été transformée
écharpe noire, fous les prétextes les
vains &
en
ridicules. Le mal vient de ce que Taflemblée plus de
les plas
en fe conftituant, a commencé par brifer tous Sain-Mare, les
uniflent Saint-Domningue, à la Métropole. Le mal liens qui
qu'elle a commencé par licencier les
de vient de ce
troupes
ligne, defC 3 --- Page 44 ---
tituer les agens de la France, & fe déclarer indépendante .
fon décret du 28 mai 1790;de ce que, pour artaquer
par direétement les citoyens du 4 avril, elle a déclaré la fafdes efclaves dans la colonie ,
penfion afin de tarir de l'affranchillemenr la fource du bien que devoit opérer la liberté,
Le: mal vient de ce que cette aflemblée de Saint-Marc, CC après que
être venue ici à la fuite de T'affemblée. confituante, dans les archives; ,
je prouverai par les aétes qui repolent aprés être retournée
après avoir reçu une efpèce d'amniftie, far les mêmes erre mens qu'elle
dans los cclonies, a continué
la nouvelle -du
avoit commencé. Le mal vient de ce qu'à
décret, on
décret du 15 mai, loin de vouloir exécuter ce les principes
s'eft rétini ennftemblée coloniale pour repoulfer de la
de la Miotropole 5 le mal vient de ce que, avertila lors
loin d'avoir
Ftste
mière infarrection de 1791, bien
avoit
plailit foide cette infurredion, commse fi on
les pris armées & les
même à créer des embarras vient pour de appeler. ce
avoir mis un
Hlottes érrangères 5 le mal
farles vailleaux qu'apris français, Yac
embargo de près de 37 jours
avec la Méfemblée ccloniale rompant toute correfpondance directement aux Eris-Unis
nopole, envoya des commilfaires aflemblée en envoya à la
d'Amérique 5 de ce que cette
états de
Jamaique, à la cour d'Angleterre & auix la principaux , & lui enF'Europe pour fonner le toclin contre France coloniales. Le mal
lever la plus Aoriffante de fes poffellions
officiers
vient de ce que, malgré les pétitions à faire des principaux lever l'embargo fur
du commerce frnçais, tendantes
l'éreit déja
les navires français, pendant que mettoit cet embargo à même T'Anglefur les vailleaux étrangers, ce qui la France de la cataftrophe
terre d'ètre inftruire plutor que
coloniale déarrivée dans la province du Nord,Talismblée avoit lieu à délibérer fur la péclara par trois fois qu'il n'ya
un avilo,
tition du commerce français : elt refufa d'envoyer & tous les
& ce ne fut qu'après que tous, les étoient commerçans dans la rade, près
ofnciers des navircs français qui
la fommer d'envoyer
de s'infurger, vinrent en troupe pour Y'obtinta
trenteunavito, que,, comme jolaidéja dit, Oil
après allemblée
jostrsd'embuargo. Le mal vicnt de ce que cette
coloninte, fepr
qui éroir f attachée àux principes du gouverne-
&c fi amoureufe de la libaré& de légalicé,
FCA Srangass
la rade, près
ofnciers des navircs français qui
la fommer d'envoyer
de s'infurger, vinrent en troupe pour Y'obtinta
trenteunavito, que,, comme jolaidéja dit, Oil
après allemblée
jostrsd'embuargo. Le mal vicnt de ce que cette
coloninte, fepr
qui éroir f attachée àux principes du gouverne-
&c fi amoureufe de la libaré& de légalicé,
FCA Srangass --- Page 45 ---
a arreréaque les imprimeurs > les colporteurs & les diftributeurs d'ouvrages concernant la révolution françaifes C'eft feroicnt ainfi
traités comme perturbateurs ecincendinires publics. c'eft ainfi que
qu'ils étoient partifans des principes français;
rela liberté & l'égalité étoient dans leurs ceurs. Queilils
poulloient les principes français au point de ne pas & vouioir de les
laifler circuler les écrits qui parloient de liberté,
de
faire faifir!C'eft alors qu'ils inventèrent ces commillaires
rade, ces inquilitions des hommes attachés aux princives cOloniaux, pour incarcérer tous les Français qui arriveroient faveur de
avec des principes libres & un veeu prononcé du en mépris de
la loi du 4 avril. Le nal vient non-feulement des aflemcette loi, mais encore de cette lutte continuelle dans ce moblées légiflative & coloniale. Il m'eft impollible,d viens de
ment,de précifer davantege les répontes que je
faire; je crois que dans les débats eiles fuffirent poar vous
éclairer fur T'état de la colonie. Mais comme il ne fuffit pas
d'alléguer, qu'il faut prouver ce qu'on avance > je me ré- /
ferve de mettre les pièces fous vOS yeux; mais ne les
n'ayant
les accufations ,je vous fupplie
er2
pas,
pas prévu
me les
&
m'accorder ui délai quelconque pour
s'eft procurer palle dans la
vous faire un récit hiftorique de ce qui
colonie depuis 1789 jufqua l'arrivée du 3 avril.
les
Polverel : Le dernier fait qui annonça dans les colonies
bonnes difpofitions des colons blancs envers les citoyens de
couleur, ceft l'événement du 14 juillet 1793 dans la ville
des Cayes. Ce jour-là les blancs profitent de la cérémonie
pour maffacrer des citoyens de couleur, plufieurs coups de
piftelet & de fufil font tirés fur les chefs de ceS citoyens;
plulicurs coups partent de difurens côtès: la ville eftarmée
en deux partis: les citoyens de couleur fe retirent S alors ie
de toutes
Et voilà
canon & la moufquererie grondent
parrs. donnoientaux
les rémoignages d'amitié que les colons blancs
l'oa
hommes de couleur, & la preuve de I'cbéiffance que
avoit pour laloi du 4 avrill
Vorincuil: Ce font toujours les pibces qui nous appuient
quand nous parlons, nous. Ce qu'a dir Sonthonar cit tn
mentonge; ce qu'a dit Polverel en cft u autre.
Il vous a dit que la loi dutavril n'éoit pcinr acceptée: de fos
eh bien! je vais vous prouver, par une lettre d'uh
C 4.
oa
hommes de couleur, & la preuve de I'cbéiffance que
avoit pour laloi du 4 avrill
Vorincuil: Ce font toujours les pibces qui nous appuient
quand nous parlons, nous. Ce qu'a dir Sonthonar cit tn
mentonge; ce qu'a dit Polverel en cft u autre.
Il vous a dit que la loi dutavril n'éoit pcinr acceptée: de fos
eh bien! je vais vous prouver, par une lettre d'uh
C 4. --- Page 46 ---
miniftre de la marine, dont la Convention a a Ofagens au
que cette loi a été exécutée.
donné l'imprellion,
Lecere de M.
fecrétaire de la commilfion adreffée nationale à M. le
civile, datée IE du
le 29 juillet 1792,
miniftre de la marine & des colonies.
ville du
eft le bentre de toutes les opéracc La
Cap, qui celui des difcordes par les menées
tions, &' qui a coioniale érélonvent & de cerrains membres, ne préfente
de laffemblée
raffemblement de frères
plus, dans les trois couleurs, qu'un faire renaitre de fes cendres
& d'amis prèts à fe dévouer pour baignée de fang & fouillée
la partie du Nord fi malheureule, les brigands.
de tous les forfaits conmis du par
qui s'eft faite dans
>>
Cef à la fedération
14juillet,
des lois&
cette ville, que l'on a vu tout ce que peurlamour
de la patrie fur des ceeuts nationales français. donnèrent un repas frugal
>> Le foir les gardes
libres & aux troupes de ligne.
aux citoyens de couleur, la negre
fois, l'on vit réunis aux
Cette fete, oi, pour en première avoient été féparés depuis un
blancs des hommes qui Y'on croyoit impolible de franchir,
fiècle par une barrière aufli que hetreux pour les Français que celui
eft u événement
oû s'écroula le trône du deipotifme,
du 14 juillet 1789,
l'orgueil & le préjugé ont été
Ici, à la même époque,
ère vertu civique parut ef:
anéantis; l'égalité, cette prem de la couleur de ia
qui
facer même julqu'aux nuances des
& la : AEmendtd
diffinguoit les les oppreffeurs haines & toutes opprimés, les vengeances.
étoufia toutes
ces momens délicieux d'en93 Sailiflant avec emprellemenr les citoyens de couleur a rendre cette
thoufiafime afin , de j'engageai fortifier de plus en plus ces fentimensd'anion
fète,
Cette feçonde fête patriotique
parde fréquens rapprochemens. la confiance fut plus intime des deux corés,
eut lieu le 20; des trois couleurs fe confondant enfemble,
& les citoyens de leurs malheurs paffès, & ne fongeoient
fe confoloient
venir au fecours de la parrie; en lui
qu'à les réparer pour fidélité & l'attachement le plus inviolable,
jurant de nouveau d'accufer le
des colonies & dele
>>
Aini qu'on celle
averion peuple pour les hommes de
calomnier, en imputant à fon
la confiance fut plus intime des deux corés,
eut lieu le 20; des trois couleurs fe confondant enfemble,
& les citoyens de leurs malheurs paffès, & ne fongeoient
fe confoloient
venir au fecours de la parrie; en lui
qu'à les réparer pour fidélité & l'attachement le plus inviolable,
jurant de nouveau d'accufer le
des colonies & dele
>>
Aini qu'on celle
averion peuple pour les hommes de
calomnier, en imputant à fon --- Page 47 ---
couleur les maux de la colonic. Quand le
n'eft
trompé, il eft toujours le premier à
peuple
pays, l'exemple de toutes les vertus donner, dans tous R
fance aux lois. Ceux qui
civiques & de l'obéifégaliré politique-font ces murmurent aujourd'hui de cêtte
pertide d'en être les proredteurs. impofteurs Et qui quels s'arrogeoient font
le titre
ies ennemis de la conftitution, de la gloire & ces du hommes?.
de leur patrie. Ils mettent tout en ulage
bonheur
feconde lecoufle en féduifant les uns & en pour opérer les
une
C'eft pourquoi il eft bien
égarant
autres.
tement un général connu imporrant par fon attachement qu'il nous arrive promp-
& aux vétitables principes, & des
à la France
pour donner à
troupes pattiotiques,
& fuivi. Avec ces l'opinion fecours publique un mouvement uniforme
de T'empire français; & les colonies, nous triompherons des ennemis
en danger, pour perdre la France, que l'on a voulu mettre
merce, concourir aux dépenfes de la pourront, par fon com-
>> Déja les ciroyens de couleur de cette guerre. ville & de la
vince, quoique bien malheureux, > puifqu'ils ont
properdu leurs propriérés, fe propofent d'cuvrir
prefque erous
patriotique pour en offrir le montant à l'illemblée une foufcription
comme un hommage de leur reconnoiffince pour les nationale, bienfaits
qu'ils en ont reçus en leur donnant le tirre
citoyens français. Si leur préfence dans l'ile n'étoit glorieux de
ceflaire, ils auroient bientêt traverfé les
pas nécombaitre l'ennemi de la patrie.
mers pour aller
3) Les nègres révoltés font journellement de nouvelles
taques; on les travaille avec une ardeur inconcevable atles entretenir dans la révolte & les forfairs; on
pour
des prenves par les prétentions étonnantes
en voit
& auxquelles On les a menés par la féduction, qu'ils réclament, &
qu'enfin ils voient qu'on ne les a
parce
nous avons reçu des troupes de ligne, pas & atraqués on leur depuis a
que
tendre que le même projer qui les a armés fublifte faitenchaine les forces que la nation a
& enSonthonax : J'obferve que la lettre envoyées eft du contre eux. 3>
que c'eft le 14 août qu'on a falillé les citoyens 29 de juiller, &
qui étoient dans l'ile.
couleur
des Verneuil: faits. Eh Sonthonax vous a fait une longue énumération
bien! cesfaits font autant de menfonges; c'eft
que le même projer qui les a armés fublifte faitenchaine les forces que la nation a
& enSonthonax : J'obferve que la lettre envoyées eft du contre eux. 3>
que c'eft le 14 août qu'on a falillé les citoyens 29 de juiller, &
qui étoient dans l'ile.
couleur
des Verneuil: faits. Eh Sonthonax vous a fait une longue énumération
bien! cesfaits font autant de menfonges; c'eft --- Page 48 ---
T'homme le plus faux de la nature; en voici la preuve : (à
Sonthonax ) connoifez-vous cette proclamation ?
(II la remet au préfident.)
Proclamation de Polverel & Sonthonax, 3 commi[faires civils ;
faice au Cap le 12 octobre 1792.
AU NOM DE LA NATION.
Sonthonax, &
cc Nous, Etienne Polverel, Léger-Féliciré civilsdélégués
Jean-Antoine Ailhaud, conmilljxe-spdiomaux
établir
aux iles françailes d'Amérique fous le vent pour y
l'ordre & la tranquillité publique >
de Saint-Do22 Aux hommes libres de la partie françaife foldats de la
mingue, à tous les volontaires nationaux,
dans
garde nationale, troupes de ligne & matelots employés
T'expédition.
3> GITOYENS,
fureur vous agite? dans
Oà fommes-nous? quelle
quel
abyme. de maux allez-vous vous rlonger? L'ennemi eft à VOS
portes ; vOS champs & VOS habitations font dévorés par &
Y'incendie; le fang de vOS frères égorgés crie vengeance, civiles!
vous reftez en proie à la difeorde & aux diffentions
Comment, fpeétateurs indifférens de tant d'atrocités, ofezdébats
au devoir
vous préféret d'éternels
d'opinions
de
les derniers lambeaux
EEE
rieax pour vous d'arracher veulent fe les parrager?
Domingue aux brigands qui
de fauver la chofe
>5 Non, il n'eft plus qu'un moyen de
& de haine
publique : c'eft d'abjurer toute franchement efpèce querelle autour des lois &
perfonnelle, de vous réunit
de n'écouter que leurs organes.
venir pacifier
>> Bélégués par la nation françaife pour été
des
cette malbeureufe contrée', nous n'avons pas
effrayés Déja
difficcirés ni même des périls d'une pareilie entteprife. de la
nous avons remis aux chefs militaires la difpolition celle d'exéforce armée: il nous refte uné tâche à remplir; celle de donner
cuter les lois des 4 avril & 22 aott dernicrs; conflirutionnelles,
à la colonie des allembiées vérirablement
la nation françaife pour été
des
cette malbeureufe contrée', nous n'avons pas
effrayés Déja
difficcirés ni même des périls d'une pareilie entteprife. de la
nous avons remis aux chefs militaires la difpolition celle d'exéforce armée: il nous refte uné tâche à remplir; celle de donner
cuter les lois des 4 avril & 22 aott dernicrs; conflirutionnelles,
à la colonie des allembiées vérirablement --- Page 49 ---
enfin del la faire jouir du bienfair 43 de la
parla nomination de fes
à la régénération françaife
.3) Si nous avons différé députés
Convention nationale.
uniquement pour préparer les cette efprits grande à opérationi, c'étoit
dans les affemblées primaires, c'étoit afin l'union & à la paix
avant de le mettre en préfence de la loi. d'ufer le préjugé
aux pieds fans ménagement; puiffe l'intérér Nous l'avons foulé
tous les colons à mareher fur nos traces
public engager
s3 Lepremier pas à faire versleg
!
c'eft la formation des
gouvemement populaire, ,
pas conftituées felon municipalités la loi du
: toutes celles qui ne font
9) L'urgence de la Convention 4 avril doivent être changées.
force à ordonner la nomination des nationale de France nous
a la colonie de
fans dixchuirdépurés affectés
de Tatiemblée coloniale. Saint-Doeningut,
attendre la formation
leur > Les repréfenrans provifoires de la colonie
incompérence pour faire la
ayant reconnu
nous en laiflerons le foin à la commiflion répartition de ces dépurés,
adminiftrera la colonie dans lintervalle de intermédiaire, la
qui
T'allemblée actuelle à l'inftallation de la
diffolution de
million intermédiaire.
nouvelle. Cette comde couleur, cft Tunique > compofée de citoyens fans diftinétion
une repréfentation coloniale moyen d'accorderla nécellité d'avoir
en guerre avec fcs
avec l'intérêt d'un peuple
ctper do difeuflions efclaves, ne fauroir avoir le loilir de
politiques.
:
eft peu propre aux inflitutions Citovens,, fociales. le féjour des camps
vOus donner de bonnes lois.
La paix feule pourra
>> Dans ces circonftances, les
faire place aux nouvelles. Depuis amhoabléesprovifoirese la loi dui
doivent
reprefentent plus la colonie; elles font
4 avril, elles ne
travail, puifque, réunies pour
la fans objet dans - leur
niale, , clles ne peuvent plus préparer à confirution colovocu infopifant, & qui n'ef préfenter colui de la mérropele qu'un
hemmes libres.
pas
l'univerfalité des
51 C'eft donc feulement à des
blic, aux principes de la
faine confidérations d'intérèr putifs de paix générale çue plus doit céder policique & à des mopopulaires cétuels.
l'éxiftence des
corps
de tous Nous les 'os foins remercions, > au nom de la nation
qu'iis fe fon: donmés
françaife,
pour maintenir la
de la mérropele qu'un
hemmes libres.
pas
l'univerfalité des
51 C'eft donc feulement à des
blic, aux principes de la
faine confidérations d'intérèr putifs de paix générale çue plus doit céder policique & à des mopopulaires cétuels.
l'éxiftence des
corps
de tous Nous les 'os foins remercions, > au nom de la nation
qu'iis fe fon: donmés
françaife,
pour maintenir la --- Page 50 ---
depuis la publication de la loi du 4
tranquilliré dernier. publique, Nous remercions fur-tout cette affemblée coavril
préjugé qu'eclie.a trop long-temps parloniale, qui, partle
n'a fouvent eu d'autres
tagé fans doute avec fes commettans,
quelquefois dans
torts que ceux du patriotifime, quientrainés des agitations
de faufles mefures,
le torrent irrefiftible qu'à fa haine inpopulaires, n'a dû das égaremens paffagers
vincible pour les tyrans & la tyrannie. que-la loi du 4 avril eft
>> Un feul de fes aétes cenfure; 2 depuis c'eft fon arrêté du 27mai, en
connue > mérite notre les motifs qui précèdent le difpolitif. On
ce qui concerne
doute les pouvoirs de Taflemblée
a femblé Ye mettre en
au droit de ftatuer furl'état
nationale & du roi par rapport & le doute vient d'une erreur fondes citoyens fur de couleur, la nature du décret du 24 feptembre 1791.
damentale
décret eft conftitutionnel, & cependant
On publie que ce n'étoit plus conftituante à l'époque où
l'Allemblée nationale
jours auparavant elle avoit déclaré
il a été rendu. Vingt-huit étoit achevée, elle étoit devenue fimple
que la Conffitution n'avoit donc plus le droit de rendre des
légiflature 5 elle
Qu'on ne dife pas que le fort des
décrets conftirutionnels, mobiliaires des colons ne repofe pas furle décret feul
propriérés
Celui du 13 mai précédent eft le
du 24 feptembre. confticutionnel, parce quil a été rendu dans
véritablement
avoit encore les pouvoirs nécefun temps oû l'allemblée
faires pour ftatuer contlinudennalemesnt conftituant déclare comme article
3, Par ce décretle corps loi fur l'état des perfonnes non libres
confitutionnel qu'aucune
les colonies que
ne pourra être faice par le corps légifatif des
coloniales.
@
TeRte
far la demendeformelle ppontande des
des colons 5 voilà
>>
Voila le palladum ellentiels prérogatives qui uniffent la colonie à la
la bafe des rapports
métropole.
nationaux civils > après en avoir mû-
>> Les commiffaires ordonné &c ordonnent ce qui fuit:
rment délibéré, ont
ART IC L E P R E M I E R.
convocation des affemblées des paroiflès dont les
> La
eft définitivement fixée au
habitans nc font pas difperiés,
colons 5 voilà
>>
Voila le palladum ellentiels prérogatives qui uniffent la colonie à la
la bafe des rapports
métropole.
nationaux civils > après en avoir mû-
>> Les commiffaires ordonné &c ordonnent ce qui fuit:
rment délibéré, ont
ART IC L E P R E M I E R.
convocation des affemblées des paroiflès dont les
> La
eft définitivement fixée au
habitans nc font pas difperiés, --- Page 51 ---
premier novembre prochain, jour auquel les ciroyens adtifs
s'aflembleront pour procéder au renouvellement des municipalités.
I I.-
> Cellés qui auront été formées provifoirement depuis la
promulgation & felon les formes de la loi du 4 avril, feront
confervées, fauf l'effet des réclamations légales.
I I I.
> Seront citoyens actifs & éligibles tous les hommes
Ages de 25 ans > propriétaires fonciers 3 ou, à défaut libres, d'une
telle propriéré, domiciliés dans la colonie
& payant une contribution queiconque. depuis deux ans >
I V.
>> Seront également confidérés comme actifs &
es citoyens libres, qui, âgés de 25 ans, auront cligibles
rmes pour la défenle de la colonie, depuis le
porré les
embre 1791.
premier fepV.
>> Immédiatement après l'inftallation des municipalités
onftirutionnelles, le premie: acte dont elles
era de prendre le vaeu de leurs communes fur s'occuperont, la nécellité
accélérer ou de différer la convocation des aflemblées
timaires, foit pour former l'affembléc coloniale, foit
S nominations des députés de la Convention nationale pour
rance 5 elles feront parvenir fur-le-champ leur délibéra- de
ton fur ce fujet aux commiflaires nationaux-civils.
V I.
>> Les municipalirés déja formées en exécution de la loi
a4avil, feront tenues également de raffembler le
ovembre prochain les citoyens actifs, ,
premier
cu fur les objets énoncés dans l'article pour prendre leur
anfmettre de fuite aux commiffaires nationaux-civils. précédent & le
pour
rance 5 elles feront parvenir fur-le-champ leur délibéra- de
ton fur ce fujet aux commiflaires nationaux-civils.
V I.
>> Les municipalirés déja formées en exécution de la loi
a4avil, feront tenues également de raffembler le
ovembre prochain les citoyens actifs, ,
premier
cu fur les objets énoncés dans l'article pour prendre leur
anfmettre de fuite aux commiffaires nationaux-civils. précédent & le --- Page 52 ---
V I I.
notification officielle de la
du jour de la
du nord,
9> A compter
les atlemblées Provinciales & d'union de Saintpréfenve mochamatont & du fud, le confeil de paix
font & demeuredelouelt
de Jérémie,
Marc, celui d'adminitration
ront fepprimés.
V I I I.
municipaux des lieux où ces les
aux officiers
>>
Ordonnons confeils tiennent leurs Téances, dappoler >
affemblées &
& d'en faire inventaire
fcellés fur les papiers &c regittres, fa clôture, aux commiflaires nalequel fera envoyé , après
tionaux civils.
I X.
notification de la préfente proclamation - ,
de la
ablo3> Le jour
élira au fcrutin, & à la majorité
Talfemblée coloniale fix de fes membres 2 lefquels formeront de ceux
lue des fuffrages, intermédiare avec fix autres citoyens coloniale
une commifion
dans T'atlemblée nationaux
qui ne font point nommés repréfenrés par les commiflaires
lefquels ieront
civils.
X.
deux feront attribués à la
ces fix membres à élire,
deux à celle du
39 De du Nord, deux à celle dans de TOueft, la même proportion.
province Sud; les autres feront répartis
X I.
intermédisires feront
fonétions des commiffaires
colo
>> Les
Texécution des arrètés de Talfemblée
3 1°., de furveiller la
des finances & de Tadminiftration des mun
dans
partie
fur les arrêtés
2°. connoitte des conteftations
leurs délibérations
cipalités, & de caffer ou d'approuver qui auroient été d
de décider de toutes les queftions coloniale.
i compétence de V'affemblée
médisires feront
fonétions des commiffaires
colo
>> Les
Texécution des arrètés de Talfemblée
3 1°., de furveiller la
des finances & de Tadminiftration des mun
dans
partie
fur les arrêtés
2°. connoitte des conteftations
leurs délibérations
cipalités, & de caffer ou d'approuver qui auroient été d
de décider de toutes les queftions coloniale.
i compétence de V'affemblée --- Page 53 ---
X I 1.
> Les arrêtés des commiffaires
ront être exécutés fans l'approbation intermédiaires des
ne pournaux civils.
commiffaires natioX I I I.
>> Inmédiatement après l'éledtion dss fix
intermédinires, l'allemblée coloniale fera tenue de çommiffaires fe féparer.
X I V.
la >> Les officiers municipaux de la ville du
fitôt
notification qui leur fera faite de la Cap,
après
tion, feront tenus drappofer les fcellés préfente fur
proclamaregiftres de l'affemblée coloniale
les papiers &
l'adreffer aux conmiffaires
, d'en faire inventaire & de
nationaux civils.
X V.
>> Les archiviftes des affemblées coloniale &
& des autres corps adminiftratifs
provinciales,
à la garde des fcellés.
fupprimés > feront prépofés
>> Ordonnons que la préfente proclamation fera
publiée & affichée par-tout où befoin fera. 1
imprimée,
>> Mandons aux corps adminiftratifs
cribunaur, de faire tranfcrire dans leurs > municipalités &
regiftres la;
>>
préfente.
fon exécution Requérons M. le gouverneur-général de tenir la main à
en ce quile concerne.
>> Fait au Cap, le 12 octobre 1792. Signé,
SONTHONAX > AILHAUD.
POLVERBL,
50 Par MM. les commiffaires nationaux civils.
33 O.F.I DELPECH, fecrétaire de la commiffion. >
Le ciroyen Verneuil remet au
de la municipalité du Cap dont citoyen préfident un arrêté
voici :
on denne lecture 2 & que --- Page 54 ---
de la muricipalité du
des regifres des delibérations
c Extrait
Cap.
>> Séance du 31 décembre.
donne leéture du réquide la commune
>> Le procureur
fitoire fuivanr :
5> CIT O Y E N S,
les
vient de proferire à jamais
françafe
3>
La deroutes République les clafles & de tous les févérité ordres de 5 eux-mèmes la France,
émigrés attiré fur leurs têtes coupables la été fi fouvent offert,
ont
un pardon qui leur a
déformais
en dédaignant
ne pourront plus
un pays quils
le
des citoyens
en ravagean:
en failant couler fang
a
leur patric,
leurs frères. La Republique
ne peuvenr plus nommer contre ceux qui fouilleroient
égale
deroutes République les clafles & de tous les févérité ordres de 5 eux-mèmes la France,
émigrés attiré fur leurs têtes coupables la été fi fouvent offert,
ont
un pardon qui leur a
déformais
en dédaignant
ne pourront plus
un pays quils
le
des citoyens
en ravagean:
en failant couler fang
a
leur patric,
leurs frères. La Republique
ne peuvenr plus nommer contre ceux qui fouilleroient
égale une
RES
prononcé
peine territoire français, ou qui feroient pris émileur préfence le
fera le fort de la plupart des
armes à la main. Quel
ce que la misère (je ne dirai
grés 2 Celui d'errer jufqu'à leur pénuble exiftence 2 OlL cu'un la
pas le remords ) fixe termine leur courle vagabonde 5 rejetés déntés par des
heureux hazard méprifés par les autres puillances >
befoins 3
France, néccllaires pour fubvenir à teurs premiers fe tourmoyens honneur comme fans vertus,, leurs erpérances comme
fans
doute vers les
les plus cloignés,
neront fans
cacher
honte & leur indigence.
à
favorables
ReE
eft regardé comme
les plus
Saint-Domingue
fait aborder
> Depuis long-temps & deft la raifon qui
un pays de relleusces,
& de gens fans aveu, auxquels acdans la colonie tant d'intrigans les malheurs qui nous
attribuer en paftic
voir refluer ici une
nous cablent. pouvons On peut donc s'attendre à
les recevoir 2 le
partie des émigrés 5 mais pouvons-nous
devons-nous :
parce que Saint - Domingue
>> Nous ne le pouvons & pas, que lcur profcription s'étend fur
fait partie de la France,
toutes les terres de la Républicas. que leur arrivée dans cette
>> Nous ne le devons pas, parce
colonie
heurs qui nous
attribuer en paftic
voir refluer ici une
nous cablent. pouvons On peut donc s'attendre à
les recevoir 2 le
partie des émigrés 5 mais pouvons-nous
devons-nous :
parce que Saint - Domingue
>> Nous ne le pouvons & pas, que lcur profcription s'étend fur
fait partie de la France,
toutes les terres de la Républicas. que leur arrivée dans cette
>> Nous ne le devons pas, parce
colonie --- Page 55 ---
colonie de contribuerà peur avoir un motif que nous devons fufpecter, celui
devons
àyp perpétuer les troubles, ou un but que nous ne
pas fouftair, celui d'échapper à une
juftement encourue.
peine qu'ils ont
>> Et
viendroient faire les émigrés à
Réfider 9B: leurs propriérés: ils
Saint-Domingue 2
confilquées. Solliciter des places? elles n'en font ont plus, elles font
aux patriores : Travailler à rendre ce
dévolues de droic
pas Youlu contribuer à la fplendeur paystoriffanr de celui où ils ais étoient nont
employés. ni de
Non, nous n'avons befoin ni de militaires
prètres réffactaires, ni de
traitres,
a imprimé str leurs fronts
magiftrats parjures: la France
permet pas à leur égard la un sceau de réprobation qui ne
>> Outre les
plus légère indulgence.
émigrés, vous verrez affluer à
beaucoup de ceux qui, oppofés
Shint-Domingue
la révolution, n'ont demeuré
principes ou intérêt à
dans
préfent en France
ICARE
T'efpoir d'un fuccès desarmées
que
le rerour de l'ancien régime, fuccès exnemies, qu'ils fe qui ameneroit
hâterou de feconder. Il n'eft point de ville de la propofent de
qui ne recèle une quantité de ces perturbateurs République de la
quilliré générale ; & leur arrivée fur ces bords eft
tranpius dangereufe pour nous - qu'ils feront porteurs de d'autant
de ports l'ordre qui ne nous permertront pas de les
des paffe-
& de la patrie : mais fi les
diftinguer
amis
avez à prendre doivent être rigoureufes, précautions il
que vous
pas impofer des conditions ou inutiles ou ne d'une faut pourtant
impollible. Depuis quelque temps on a exigé
exécution
part des arrivans
mais
caution de la
lument illufcire, d'Europes
ce caurionnement eft abloêtre mis à
puifque rien n'indique les cas où il
déterminée. exécution, &c que d'ailleurs la valeur n'eft peut
Cette condition renferme un vice
pas
féquent, en. ce que le cautionnement fe
bien plus conles moeurs: : car, que cautionne-t-on: trouve tel porter fur
troublera pas la tranquillité
que
particulier ne
font
dangereux pour la pablique, que fes priricipes ne
>> BA
colonie, &cc.
cete nature, peut-on dont valablement la durée n'eft contraéter un engagement de
peut-on recourir en dédommagement pas même déterminée ?
qui s'eft rendu le garant des vertus pécuniaire contre celui
punillent les mauvaifes
d'un autre : Les lois
Teme I.
adtions, & la crainte des lois eft
D.
ulier ne
font
dangereux pour la pablique, que fes priricipes ne
>> BA
colonie, &cc.
cete nature, peut-on dont valablement la durée n'eft contraéter un engagement de
peut-on recourir en dédommagement pas même déterminée ?
qui s'eft rendu le garant des vertus pécuniaire contre celui
punillent les mauvaifes
d'un autre : Les lois
Teme I.
adtions, & la crainte des lois eft
D. --- Page 56 ---
la 5a fociété : le cautionnement peut
la garantie du droit envers dans un cas différent, & lorfquil né
être exigible > mais
ci-dellus déraillés : ne reréunit pas les trois inconvéniens mefures d'une exécution facile, &c
courez done qu'à des la main à ce qu'elles foient ftrictement
tenez rigoareulemenr
arrête
oblervées.
je requiers que la municipalité
39 A ces caufes, arrivant au Cap? reconnue pour avoir
toute perfonne
oà la Répubslique a pro2 hets de la France, au générale moment contre tous les émigrés,
noncé une profeription par un congé bien circonftancié,
& qui ne pourra prouver, fa fortie des terres de la République avoit
qu'à cette époque
fera dérenue dans les prifons civiles
une'caule légaime >
& ayant ençourue les peines
comme coupable de trahilon, oétobre dernier, & comme tel
portées par le décret du 23
fubir fon jugement, par le
renvoyée en France, pour y à la voile P & adreffée à lal
premier bâriment qui metura ou le navire doit aborder.
municipalité de l'endtoit arrivant fur un bâriment français, &
>> Que tout paflager un pale-port de la - manicipalité &, de
ne pouvant repréfenter
fera envoyé en France,
T'endroit ou ils'eft embarqué, de fon départ, détenu dans les
en attendant le moment fournir caurion folvable de fe
prifons civiles, s'il ne peut
voudra le faire
repréfenter à la municipalicé lerqwelle fixta la fomme de 1
COCIERS
ledit cautionnement deineurant
Tinjonction qui aura été
exigible vingt-quatre heures après
d'avoir à repréle bureau de police au caution
T'amène
faite
fon embarquement > s'ili ne
fenter PE cautionné pour burcau de police : Tobligation conou ne le fait amener au
s'étendre au - dela"du terme
tradtée. ne pouvant cependant
d'un mois.
voudiz en cauj
3> Que dans le cas od un particulier fans
it fera tenti
tionner un autre qui fora venu
une pille-port, diclaration circonfde faire au bureau de furveillance fe rend caution de la rerfenne, d'un
tanciée, portant qu'il
toutes les fois qu'il en
tel; quil s'oblige de le repréfenrer
T'espace d'us
fera
le bureau de police, pendant dà cautionné, vingtmois, tE aa défaut de sepréfenration lui en aura été faite, a
quetre heures après ia demande qui délai, une forame" de
il fe foumer à payer, fans autre
10,c00 livres.
au bureau de furveillance fe rend caution de la rerfenne, d'un
tanciée, portant qu'il
toutes les fois qu'il en
tel; quil s'oblige de le repréfenrer
T'espace d'us
fera
le bureau de police, pendant dà cautionné, vingtmois, tE aa défaut de sepréfenration lui en aura été faite, a
quetre heures après ia demande qui délai, une forame" de
il fe foumer à payer, fans autre
10,c00 livres. --- Page 57 ---
SI
2) Que tout Français arrivant fur un bâtiment étranger, fera
tenu de juftifier de l'époqne de fon départ de France, ou
tout autre lieu faifant partie de la France, Scdu
de
fon féjour du pays d'on il fort, & qu'à*défaut temps des repréfentations des pafle-ports quilui ont.été nécellaires pour
paffer en pays étranger, il en foit ufé à fon égard comme
envers ceux dont il vient d'être parié,
>3 Que tout capitaine de navire, foir français ou
fera obligé de faire fa déclaration du nombre des étranger, pailagers
qui font à fon bord, dans laquelle mention fea faite de
leur nom & de leur âge, qu'il lui fera défendu fous
de punition corporelle, de lailler defcendre aucun peine
fans permis de la municipalité; que la même
pailager
lui
peine fera. par
encourue en cas de fauffe déclaration du nombre des
palfagers qu'il aura introduits dans la colonie.
>5 Que tous les pallè-ports des nouveaux arrivans feront
apportés à la municipalité par le capitaine du
lors de la déclaration qu'il viendra y faite; que lefdits bâtiment ,
ports Y refteront dépofés afin d'obvier aux inconvéniens paffe- qui
pourroient réfulter d'une complailance
13 Que MM, les commiffaires de rade dangereufe. feront invités à
redoubler, dans la circonftance, la furveillance dont ilsont
donné, depuis leur formation, des preuves multipliées, &
qu'ils feront tenus de remertre au capitaine de
bàtiment arrivant au Cap un exemplaire de l'arrété chaque à incaufe tervenir, & d'en exiger un reçu, afin qu'il n'en préteride
d'ignorance, lequel arrêté, à cet eller, fera
affiché par - tout cà befoin fera, & adrefle aux différentes iinprimé,
municipalités de la colonie.
r3 Le 13 décembre 1792. Signé, DELAVERGNE.
>> Sur quoi la matière mite en délibération, le denfeil
municipal arrète ce qui-fuit:
D'i
4C
ARTI I C L E .P. R E M I E R.
été >> Toute perfonne arrivant au Cap, reconnue pour avoir,
abfente, de France au moment ou la
a
noncé une profcription générale contre tous Républiquie les
Pre- &
qui ne
érigrés,
pourra prouver, 3 par un congé-bien crconfairidy
AVERGNE.
>> Sur quoi la matière mite en délibération, le denfeil
municipal arrète ce qui-fuit:
D'i
4C
ARTI I C L E .P. R E M I E R.
été >> Toute perfonne arrivant au Cap, reconnue pour avoir,
abfente, de France au moment ou la
a
noncé une profcription générale contre tous Républiquie les
Pre- &
qui ne
érigrés,
pourra prouver, 3 par un congé-bien crconfairidy --- Page 58 ---
avoit
fa fortie des terres dans de la République les prifons civiles
qu'à cette époque legiume, fera détenue
encouru les peines
une caufe coupable de trahifon, & ayant dernier, & comme tel le
comme
le décret da 23 octobre fubir fon jugement. par
portées renvoyée par en France : pour y à la voile, & adrellée à la
premier bâtiment qui mertra oà le navire doit aborder.
municipalité de T'endroit
IL
bàtiment français, & ne
arrivant fur un de la municipalité de
>> Tout palfager un paffe -
en France, &,
pouvant reprélenter s'ett
, es renvoyé détenu dans les
Y'endroit od il
embarqué, de fon départ, folvable de fe
en attendant le moment
fournir caution
civiles, s'il ne peut
voudra le faire partir:
prifons
loriquelle
de
hive
reprelenter à la municipalité demeurant fxé à la fomme qui 10,0001 aura été
ledit candonnemenr heures après Tinjonction d'avoir à repréfenter
& exigible vingt
police au caution conduire au bureau
le bureau
fait
sar
faite par
s'il ne l'amène ou ne le
cependant s6le cautionné,
contraactée ne pouvant
de police au-delà : Tobligation du terme d'un mois.
tendre
IIL
un autre ,venu fans
veut en cautionner
de furveillance
27 Siun particulier il fera tenu de faire au bureau quil fe rend caution
circonftanciées, portant de la repréfenter toutes,
une
& ce,
reAtaal
d'un tel; qwil-obtge
de police,
de la perfonne fera
par le buresu de
les fois quil en d'un requis mois; & qu'à défaut après reprefinration 'la demande
pendanr Tefpace
Vinge-quaire heures Tans autre délai,
par lui du caurionné, faite, il fe foumet à payer,
qui en fomme aura été de 10,b00 liv.
une
IV.
baiment étranger, (era
arrivant fur un
de France, ou
>> Tout Français de Yépoque de fon dépatt 8c du temps
tenu de juftifier lieu faifant partie de la Yrance,
de tout autre
; & qu'à défaut après reprefinration 'la demande
pendanr Tefpace
Vinge-quaire heures Tans autre délai,
par lui du caurionné, faite, il fe foumet à payer,
qui en fomme aura été de 10,b00 liv.
une
IV.
baiment étranger, (era
arrivant fur un
de France, ou
>> Tout Français de Yépoque de fon dépatt 8c du temps
tenu de juftifier lieu faifant partie de la Yrance,
de tout autre --- Page 59 ---
de fon féjour dans le pays d'ou il fort; & à défaut de repréfentation des palle-ports qui lui ont été nécellaires pour
paffer en pays éttanger, il en fera ufé à fon égard comme
envers ceux dont il vient d'être parlé.,
V.
>, Tout capitainc de navire, foit français ou étranger, fera
obligé de faire fa déclaration du nombre de pallagers
font à fon bord, dans laquelle . mention fera,faite de leur qui
nom & de leur âge. Il eft défendu, fous peine de 15oo liv.
d'amende, de laiffer defcendre aucun pallager fans
de la municipalicé ; & en cas de fauffe déclaration de permis leur
du nombre des paflagers qu'ils auront introduits, ils
punis
Etar
corporellement.
VL
95 Les paffe-ports des nouveaux atrivans feront
à la municipalité par les capitaines des
apportés
déclarations qu'ils viendront faire; lefdits bâtimens, > lors des
refteront dépolés, afin d'obvier y aux inconvéniens pafle - ports y
roient réfulter d'une complaifance dangereufe.
qui pourVII
33 Les commiffaires de rade font invités à redoubler, dans
la circonftance, la furveillance dont ils ont
leur formation, des preuves multipliées; ils donné, feront depuis
remettre au capitaine de chaque bàtiment un exemplaire tenus du de
préfent arrêté, & d'en exiger un reçu, afin
tende caufe d'ignorance, lequel à cet effet fera qu'il n'en préaffiché par-tout où. befoin fera, & adreffé aux différentes imprimé, >
municipalités de la colonie.
>2 Fait & arrêté en féance les jour & an que deffias.
>> Signé, CHEVALIER l'ainé, maire ; GARNISR,
grefier.".
foritaire- --- Page 60 ---
a dit que toutes les perfonnes qui
Verneuil : Sonthonax
faire exécuter la loi du 4 avril,
arrivoient de France pour
étoient inhumainement égorgées. dit cela.
Sonthonax : Je n'ai pas
Vernenil : Vous l'avez dit.
relever un faux.
Brulley : Je demande la parole les pour inftrucions particulières
Verneuil : Je demande que
& Polverel, foient lues.
& fecrètes, données à Sonthonax d'inftruétions fecrètes;
Sonthonax : Je n'aireçu de perfonne & dans les inftructions
font dans les décrets
mes pouvoirs exécutif,
aux bureaux de la marine,
reçues du confeil
dépolées confulter.
& que tout le monde peut
La fuite de la difcuflion eft remifo à demain.
Séance levée.
des
E Fgmés - J. Px. GARRAN,
Le regiftre LECOINTE préfences ( des Deux - Sèvres ), ferécaire
préfdent 3
FoUcHE (de Nantes), PÉYRE, picail
ALLASSCEUR, GRÉGOIRS, MAZADE, CASTILLON.
CHAMPEAUX,
Du 12.
confulter.
& que tout le monde peut
La fuite de la difcuflion eft remifo à demain.
Séance levée.
des
E Fgmés - J. Px. GARRAN,
Le regiftre LECOINTE préfences ( des Deux - Sèvres ), ferécaire
préfdent 3
FoUcHE (de Nantes), PÉYRE, picail
ALLASSCEUR, GRÉGOIRS, MAZADE, CASTILLON.
CHAMPEAUX,
Du 12. --- Page 61 ---
DEUXIÈME SÉANCE
Des débats qui ont eu lieu entre les accufateurs Ct
les accufés, dans Paffaire des colonies, devant la
commifion des colonies.
Du 12. pluviëfe, l'an troiftème de la République frangaife
une 6 indivifible.
LA féance [s'ouvre par la lecture des débats de la veille:
la rédaction en eft adoptée.
Le préfident donne leéture de la lettre fuivante.
Lc ciroyen Archevefg-e Thibaud, aux citayens
compofant la commiffion chargés dep préparer le repréfenrans de
l'afjaire des colories.
jugement
c Crro Y E N S,
s5 La démillion que j'avois donnée entre les mains de mes
collègues, de ma qualité de fondé des poavoirs des
patriotes de Saint-Domingue réfugiés aux Lnnts-Unis colons de
fAmérique, n'ayant point éré acceprée, il eft de mon
de vous prévenir que je conferve cette qualité, afin degoir
vouliez bien me comprendre dans les invirations ou que vous
tions que vous ferez dans le cas de faire à mes réquifinotamment dans le cours de la difcuflion
collgues,
vient de s'ouvrir entr'eux & les derniers contradiotoire agens du
qui
exécutifà Saint-Domingte,
pouvoir
s) Salur & fraternité,
e
>> Signé, 1'ARCHEVESQUE THIAUD.
A Paris, ce 2 pluviofe, l'an troifème de la
une. & indivifible.
République françaile
Sae
Tome I.
E
faire à mes réquifinotamment dans le cours de la difcuflion
collgues,
vient de s'ouvrir entr'eux & les derniers contradiotoire agens du
qui
exécutifà Saint-Domingte,
pouvoir
s) Salur & fraternité,
e
>> Signé, 1'ARCHEVESQUE THIAUD.
A Paris, ce 2 pluviofe, l'an troifème de la
une. & indivifible.
République françaile
Sae
Tome I.
E --- Page 62 ---
avoir délibéré fur cette lettre, Paffe
La commifion, morivé après fur l'arrêté pris hier, portant qu'elle
à Pordre duj jour les accufateurs & tous les accufés.
veut entendre tous
Brulley obtient la parole:
traitée hier étoit de favoir quléreit
Brulley : La queflion colonie, avant de faveir queléteit fon' état
T'efprit public de la
la conduite des commiflaircs qui
phdique, pour bien J'oblerve juger
qve les allemblécs coloniales
y ont btb envoyés. qui ditigeoit l'efprit public, cn a exaétant le thermomètre
de ces atlemblées 5 on a chfervé
miné quel étoit T'efprit public
difpofées à adopter les dén'eroient point
à ce (ujet qu'elles cclui du 4 avril. Eh bien ! je retracerai les
crets, notamment aété dit, pour vous remettre fous yeux
rapidement ce d'une qui manière plus cathégorique, du
mes réponfes
de ce que la loi
4avril
On vous a dit: c Le malvient le malvient de ce que lesalicmblées
n'a jamais été exécusée; été en fens inverfe des principes de
coloniales ont toujours, été
des homnes de
ont
la liberté,
toujours le perfécurrices vient encore de plus loin; il
couleur. On vous a dit: mai de cette allemiblée qui fut
vient de Vaflemblée de St-Marc, la colonie. Ceft cette allemtoujours une fadion funelte fource pour de tous les maux; c'eft eile
biée qui eft la premicre l'efprit public, &c on en a tiré depuis les la
guia empoifenné
aflemblée eft la caufe de tous
confequence que défolé cette la colonie de Saint-Demingue.. >>
maux qui ont
quel reproche a-t-on fait alaffemblée
Eh bien, citoyens,
éternel qu'on a toujours entendu
de Saint-Marc: ce reproche des confpiratenrs, & que perfonne
dans toutes les bouches
Tleftinfiniment
n'apu prouver, le reproche d'indépendance. ce point important.
eifantiel d'éclaircir dans ce fait moment-ci le défi à tous ceux qui, avec
Inutilement nous avons dans Yallemblée conftituante, d'en
audace, ont pofe ce fait jamais ils n'en ont produit une
adminiftrer des preuves bornés à 5 dire: les preuves de Tindépendance
feule; ils fe font coloniale de Saint-Marc font dans fes ackcs,
de Taffembléc
a rendu le 28 mai 1790. Ils ont cru
& dans le décretqu'elle à Tindépendance, parce que Barnave,
y trouver un donna penchant leéture à Tallenblée conftituante, retranlor/quil en
'en
audace, ont pofe ce fait jamais ils n'en ont produit une
adminiftrer des preuves bornés à 5 dire: les preuves de Tindépendance
feule; ils fe font coloniale de Saint-Marc font dans fes ackcs,
de Taffembléc
a rendu le 28 mai 1790. Ils ont cru
& dans le décretqu'elle à Tindépendance, parce que Barnave,
y trouver un donna penchant leéture à Tallenblée conftituante, retranlor/quil en --- Page 63 ---
$7
cha perfidement le confidérant gui motivoit ce décret, &
qu'il fupprima avec la même perhidie les lettres dent.1 laflemblée de Saint-Marc avoit accompagné ce décret, lettres dans
lefquellos on trouvoit le tableau. nidile des fenrimens d'attachemen: à laFrance, quel T'aflemblée de St.-Marc a toujours
dennés.
11 eft une autre preuve d'attachement à la France,dounée
per cette affembiée: c'eft cu'au noment où cile a diépouriuivie par. les conrgeadsolaiomiys, comme nus allonsle
prouver, c'eft en France qu'eile efvenue ferlfugier: Et LErtes, G elie eit eu des principes d'indegendunce, elic ne fo
roit pas venue chercher en France ia
*
propre condatnation nais je ne m'écarzerai pas des actes, J'ai dic que.je
nie difcurerois queles adtes à la main;je me bomne ià.
On a dit que le décret du 28mai 1790 étoit la preuve de
Tindépendarice de l'afiemblée coloniale de Saint-Marc; un
de mes colligucs va vous donner lecture de ce décret.
Décret de L'efemblée
de la partiefrangaife de SaintDomingue, renda l'unaniraicé, 'en Jafeance
zS nai
AYEE
du
1790.
<c L'affembiée générale , confidérant que les droits de la
partie françaife de Saint-Domingue, pouravoir été longtemps
méconnus & oublics, n'en font pas moins demeurés dans
toure leur intégtité ;
> Confidérant que lépoque d'une régénération générale
dans l'empire français, eft la feule où l'on puifle
d'une manière jute & invariable, tous fes droits, déterminer, don: las
uns fon: parciculiers, & les autres relarifs;
> Confidérant que le droit de faruer fur fon régime inrérieur appartient effentiellement & Récellairement à la narrie
françailede Saint-Domingue, 2 trop peit cone de
dont eile cft féparéc par un itomenfe
lFrance,
>>
intervalle;
Cenfidéran: cue los repréfentans de St-l'omingne ne
peuven: renoncer à ce droit impeeferiptible, fns
à leur devoir le plusfacré, quic de procurer à leurs mancue confr
tiruans des lois frges & kicutaifamres;
3, Confidérant que de relles lois ne peuvent être faires
qu'au féin méme de cette ifle, d'abcrd cn raifon de Ia diffeE 2
ervalle;
Cenfidéran: cue los repréfentans de St-l'omingne ne
peuven: renoncer à ce droit impeeferiptible, fns
à leur devoir le plusfacré, quic de procurer à leurs mancue confr
tiruans des lois frges & kicutaifamres;
3, Confidérant que de relles lois ne peuvent être faires
qu'au féin méme de cette ifle, d'abcrd cn raifon de Ia diffeE 2 --- Page 64 ---
;8
des mceurs, des
du climat, du genre de population, feulement qui ont
rence habirudes, & enfuite, 2 délibérer que ceux-là &c la confentir;
déloi
ne
rea
à la peuven:
a
intérêt
que Taffemblée nationale
Saint-Do3> Coniderant
intérieur
rette
les lois concernant le régime qu'cile a confacrés par
crérer fans renverfer les principes par la déclaration des
mingue,
décrets, &c noramment
fes droits premiers de Thomme;
décrets émanés de l'aflemblée des à
que les
être foumis
>> Confidétant de Saint-Domingue ne peuvenr qu'à lui feul apparrepeefenans fanction qu'à celle du roi, parce trône, & que nul autre,
d'autre
inhérente au
en être dépofitaire;
tient cette
francaife, ne peut ne peut être acfuivant la
de fanctionner
CRA
confequemment le droit étranger à cette contrée, & n'y
cordé que aut gouverneur autorité général, précaire & fubordomnée 5
comexerçant qu'une qu'en ce. qui concerne les entre rapports Saine-Do-
>) Confidérant & les autres rapports communs, contrat doit être formé
merciaux & la France, le nouveau, & le confentement des deux
mingue les'voux, les befoins,
d'après contractanvess
décret qui auroit pu ètre rendu
parties
que tout
les principes
3) Confidérant nationale, 8c qui conugarieroit
par Talfemblée d'ètre expofts, ne fauroit lier confenti Sain-Dominges à ces mèqui viennent été confiulré, & n'a point
qui n'a point
nationale, fi conftammes: déctets; enfin que T'affemblée
&c qui vient de
3> Confidérant
de jultice,
atachée aux ptincipes
des ifles françaifes
ment
le deffein d'affiuter la profpéricé reconnoitre les droits de
manifelter
n'hélitera pas à
& aurhentique:
de TAmérique, par un décret folemnel des 22, 26, 27, &
Saint-Doningne
dans fes féances à Tunanimité ce
>>
Après avourdelibéte a décrété &c décrète
dans celle de cejour,
quifuit: A R T I C L E P R E M I E R.
inléeiflasif, en ce qui concerne Taffemblée le régime de fes
wIe pouvoir
rélide dans
de la partie
rérionr de Saiat-Dentingue, conftitués en allemblée générale
lepscfeneans,
fangaite de SaincDomingue.
ances à Tunanimité ce
>>
Après avourdelibéte a décrété &c décrète
dans celle de cejour,
quifuit: A R T I C L E P R E M I E R.
inléeiflasif, en ce qui concerne Taffemblée le régime de fes
wIe pouvoir
rélide dans
de la partie
rérionr de Saiat-Dentingue, conftitués en allemblée générale
lepscfeneans,
fangaite de SaincDomingue. --- Page 65 ---
II.
s Aucun acte du corps légiflatif, en ce qui concerne le
régime intérieur, ne pourra être confidéré comme loi définitive, s'il n'eft fait par les repréfenrans de la partie françaife
de Saint-Domingue, librement & legalement élus, & s'il
n'eft fanctionné par le roi.
III
>> Tout actelégiflarif, fait par l'affemblée générale dans'le
cas de néceflité urgente. > & en ce qui concerne le régime intérieur, fera confidéré comme loi provifoire, & dans ce cas
ce décret fera notifié au gouverneur général qui, dans les dix
jours de la notification, le fera promulguer. , & tiendra la
main à fon exécution, ou remettra à l'aflemblée générale
fes obfervations fur le contenu audit décret.
I - V.
>> Lurgence qui déterminera l'exécution provifoire, fera
décidée par un décret féparéqui ne pourra être rendu
la
majorité des deux tiers des voix prifes par lappel nominal. qu'à
V.
s> Si le gouverneur général remet des ob(ervations, elles
feront auflitôt infcrires fur le regiftre de l'affemblée générale.
Il fera alors procédé à la révifion du décret d'après ces obfervations. Le décret & les obfervations feront livrées à la difcullion dans trois différentes féances; les voix feront données
par oui ou parnon, pour maintenir ou annuller le décret. Le
procès-verbal de la délibération fera figné par tous les membres préfens, & défignera la quantiré de voix qui auront été
pour Tune ou l'autre opinion. Si les deux tiers des voix maintiennent le décret, il fera promulgué par le gouverneur général, & exécuté fur-le-champ.
VI.
se La loi devant être le réfultat du confentement de
tous
E 3
par oui ou parnon, pour maintenir ou annuller le décret. Le
procès-verbal de la délibération fera figné par tous les membres préfens, & défignera la quantiré de voix qui auront été
pour Tune ou l'autre opinion. Si les deux tiers des voix maintiennent le décret, il fera promulgué par le gouverneur général, & exécuté fur-le-champ.
VI.
se La loi devant être le réfultat du confentement de
tous
E 3 --- Page 66 ---
de Saintpour qui elle eft faite, la partie françaife
comCeux Tomingue propolera les plans concernant & les les- rapports décrets qui
merciaus & autres rapports communs; T'allemblée narionale, ne fe:
feront rendus à cet égard par
de SaineDomingue,
ront exécurés dans la partie françaife l'aflemblée générale
loriqu'ils auront été confentis par
0 ies repréfenians.
VIL.
comptis dans la clafle des rapports
s Ne feront point
avec la France, les objets de
communs de Salne-Doningue forcera d'introduire ; mais les défubliftance que la nécellité
Taffemblée générale;
crets qui feront rendus à cet égard fi par le gouverneur genéral
feront aufli foumis à ia révifion, fur le contenu auxdits décrets, daus
des obfervations T'article IIL; & feront au furplus obferyées
Fr délai fixé par
parlarticle V.
toutes les formalités preferires
a
VIIL
T'affemblée générale &c exécuté
>> Tout aéte fait par de néceffité urgente, n'en fera
provifoirement dans le cas
à la fanction royale; & fi
moins envoyé fur-le-champ audit adte, Y'exécution en
T" roi refufe fon confentement ce refus fera légalement mafera fufpendue auflitôt que
nifelté à l'allemblée générale.
I X.
de Talfemblée générale fera de deux
>> Chaque légifarure des membres de chaque légiflaans, & le renouvellement
ture fera fait en totalité.
X.
décrète que les articles ci-deffus,
>> L'affemblée générale de la conftirution de la partie francomme faifant parie
inceflamment envoyés en
çaife de Saint - Domingue, feront
de l'aflenbiée
ètre
à Yacceptation
France > pour
préfentés
.
I X.
de Talfemblée générale fera de deux
>> Chaque légifarure des membres de chaque légiflaans, & le renouvellement
ture fera fait en totalité.
X.
décrète que les articles ci-deffus,
>> L'affemblée générale de la conftirution de la partie francomme faifant parie
inceflamment envoyés en
çaife de Saint - Domingue, feront
de l'aflenbiée
ètre
à Yacceptation
France > pour
préfentés --- Page 67 ---
nationale & du roi; feront en outre envoyés à toutes les
paroifles &c diftrists de la partie frànçaife de Saint - Domiugue,
33 Seront au furplus lefdits articles notifiés au gouvernetrgénéral.
Brulley reprend : Ciroyens, vous venez d'entendre la
lecture de ce fameux acté fur lequel on fe fonde
taxer
l'affemblée de Saint- Marc d'efprit d'indépendance pour : vous
avez remarqué que le décret eft compofé de dix
que les neuf premiers conciennent les bafes de la articles; confitution
l'affemblée coloniale croyoit pouvoir convenir
à la dlenst de Sains-Domingne. Remarquez aétuellement
que le dixième article eft l'envoi des neuf autres qui le
précèdent, à l'acceptation de l'affemblée narionale & du
roi: ainfi, les neufs premiers articles devenoient nuls, fi
cette accepratien n'avoit pas lieu, puifque c'eft de cette
acceptation qu'on faifoit dépendre leur validité.
Que vous a-t-on dit 2 Cette affemblée de Saint-1 Marc
n'avoit pas le droit de faire des lois qu'elle
enfuite à la fandtion de l'affemblée nationale: & envoyoit du roi. Eh
bien, citoyens, c'eft l'affemblée nationale elle-même
politivement, officiellemenr, & par décret, a dit à
femblée de
-
Saint Marc d'envoyer les bafes d'une confitution convenable à la colonie de
Lifez le décret du 8 mars 1790, Saint-Domingue. vous y trouverez
l'affemblée confituante dit Gae c'eft aux aflemblées que
niales à propofer la confirution cenvenable à leur coloor l'aliemblée de Saint- Marc étoit forcée
pays le :
-décret du 28 mai, & de mettre à la fin, qu'elle d'envoyer
en acceptation de l'affemblée nationale & du roi envoyoit les neuf
articles qu'elle croyoit devoir fervir débafe à la confitution
de Saint- Domingue. Ct eft donc Ià le inorif de
che d'indépendance 2 Appelle--on vouloir fe fouftraire repro- à h
France, un hommage rendu àl'affemblée
un acte de foumiffion aux lois de la métropole conftituanre, :
&
pelle vouloir fe fouftraire aux lois qui attachcient les
lonies à la mérropole,
AE
noit d'envoyer les bafes que'd'exécuter conftirutionaelles un décret quiordonlaffemblée nationale & du roi,
à l'acceptation de
Hy a rlus : on ne peut.
E4
repro- à h
France, un hommage rendu àl'affemblée
un acte de foumiffion aux lois de la métropole conftituanre, :
&
pelle vouloir fe fouftraire aux lois qui attachcient les
lonies à la mérropole,
AE
noit d'envoyer les bafes que'd'exécuter conftirutionaelles un décret quiordonlaffemblée nationale & du roi,
à l'acceptation de
Hy a rlus : on ne peut.
E4 --- Page 68 ---
donver dans cet adte ces motifs d'indépendance qu'on lu a
fiit fonner fans jamais les prouver. On n'a pas
tane plus la lettre d'envoi de ce déctet à toutes les compon
Saint-Domingue. Dans cette lettre l'affemablee de
munes.de
fes intentions & fes fentimens envers la
Saint-Marc expofe
France.
La voici.
de
de la partie françaife de SaintLettre
l'alfemblée générale
les
Domingue à fes conftituans, en lur envoyant
bafes
conflitutionnelles en date du 28 mai 1790.
CHERS CoxCITOYINS,
du bien public, ceux qui font intéreffés
e Les ennemis
de calomnier l'aflemblée
au maintien des abus, ne ceffent Ils cherchent à nous enlever
généiale de VOS repréfentans.
honorés. Ils veulent vous
la confiance dont vous nous avez
les
chers,
'trahiffant vos intérèts
plus
qui
pérfuader aulli
nôtres, 2
nous voulons nous déclarer indépeniont
Ser
fciffion avec la France. C'eft dans
dans, & opérer une hardiment, que nousn'avons pas voulu
ces vues,. affure-t-on
nous expliquer fur nos pouvoirs.
d'abord
ne nous appartient pas
5> Ners obfervons
qu'il
facrée de vos
d'expliauer nos pouvoirs; ils fent T'expretlion devons
droits & de votre volonté : mais nous vous
compte
de l'ufage. que nous vous propolons de faire de ces pouvoirs
illimirés.
doit avoir
bafe les prin-
>> Or, comme ce compte de la partie de Saint-Domingue pour
5 que
cipes dela confiturion devoient èare le réfukat d'un travail long &
ces principes
nous ne pouvions mieux
réfiéchi, vous conviendrez que femaines
préparer les
cmployer un intervalle de fix
qu'à quatte mois coninêmes objets importans, Y'alfemblée qui, pendant nationale avant de poufécurifs, ont occupé
voir être foumis àla difcuflion benheur publique. de vous mettre fous les
2) Nous avons enfin le
d'après lefquelles vous pour
yeux les bafes confiturionnelles
principes
nous ne pouvions mieux
réfiéchi, vous conviendrez que femaines
préparer les
cmployer un intervalle de fix
qu'à quatte mois coninêmes objets importans, Y'alfemblée qui, pendant nationale avant de poufécurifs, ont occupé
voir être foumis àla difcuflion benheur publique. de vous mettre fous les
2) Nous avons enfin le
d'après lefquelles vous pour
yeux les bafes confiturionnelles --- Page 69 ---
vez juger nos principes. Sans doute ils font
les vôtres, parce que nous fommes frères, & d'accord avec
nos intérèrs.f font inféparables.
que nos droits,
3> Quant aul projet de fciftion qu'on a ofé nous
avec quelques réflexions, vous n'y avez fans doute imputer;
ajouré foi;
pas
>> En effet, l'eftime & la confiance ont dà
le choix de VOS repréfentans. D'ailleurs, quel eft déterminer celui
tre nous qui ne foit attaché à la France par des liens d'en- de
fentimens & d'intérêts : quel eft celui d'entre nous
foit fier de tenir à une nation dont
fait qui ne
ration de l'univers ? quel eft celui l'énergie d'entre
l'admifoit pénétré d'amour & de vénération
nous qui ne
taurateur de la liberté françaife
pour un roi refnous enfin qui, s'il avoit le choix ? d'un quel eft celui d'entre
préférât, fans balancer,, celui de la gouvernement, ne
plus conforme aux lois de léquité naturelle France & 3 comme le
raifon?
de la faine
>' Jugez donc, chers conciroyens, fi jamais cet
& chimétique projet a pu nous occuper un
odieux
5, Toute notre attentien s'éft
feulinftant ?
vous vouliez détruire. Si
portée vers les abus que
pouvoir exécutif, c'eft
nous avons mandé les agens du
trop lang-temps
pour leur faire connoitre vos droits
hommes libres ignorés; c'eft pour leur apprendre que des
citoyens. Nous ne peuvent être commandés que par des chefs
doiventaffarer nous fommes occupés des érabliflemens
votre liberté : c'cft pour vous la
qui
c'eft pour vous mettre déformais à l'abri des vexations conferver,
voir arbitraire : que l'affemblée générale a décrété fa du pounence & l'amovibilité de fes membres: :
permavotre bonheur fous tous les
enfin, concourir à
bur
rapports poilibles, c'eft
nous nous propofons : y
ce lunique fera le
prix qec plus flatteur de nos
parvenir,
facrifices.
pénibles travaux & de nos
32. Voilà. ce que nous avons fait; il nous
doure beaucoup à faire : la conftance ne nous
refte fans
tant que nous ferons animés par votre confiance. manquera
commençons à marcher
ReUs
de
dans la route de la
vous confentiroiz à retourner fur fes
liberté, Qui
les chaines du pouvoir arbitraire : Le pas 2 pour reprendre
deipotifine expirant
venir,
facrifices.
pénibles travaux & de nos
32. Voilà. ce que nous avons fait; il nous
doure beaucoup à faire : la conftance ne nous
refte fans
tant que nous ferons animés par votre confiance. manquera
commençons à marcher
ReUs
de
dans la route de la
vous confentiroiz à retourner fur fes
liberté, Qui
les chaines du pouvoir arbitraire : Le pas 2 pour reprendre
deipotifine expirant --- Page 70 ---
64 excités, il les alimente &
fourit encore aux troubles qu'il a
vous atrend.
artachement,
avec un-inviolable
>> Nous fommes,
CHERS COXCITOYERS,
; DECADUSCH, vice-pré- fe
Atereeete LEGRAND, LAMEERT,
fiden: ; MiLEr, BaUnr,
crétaires.
d'entendre la
Brulley reprend : Citoyens, vous fe venez fonde pour accufer
lenre d'envoidu décret furl lequelon
& de vouloir
Yafemblée de Saint - Marc d'indépendance,
faire fcifion avec la France...
Brulley fcit interpellé de
Sonthonax : Je demandé 8 que mars ont été enresiftrés
déclarer fi les décrets des coloniale &28 de Saint-Mare, & s'il
8c reçus par T'allemblée
peut juflifier de cet enregirenent. du 8 mars a été reçu Sc enregiliré
Bruiley : Le décrct celui idu 28 mars a été également Var- énavec recounoitiance; moi qui en ai donré lecture, & aiflicôt
regiftré été ceft
5 on le prouvera
deux dérêté a
cdopté du peuple Lecointe : Il exifte
les
Le repréfentant
crois quil eft bon de ditinguer
crets du 28 mars; je ils Oinlt été rendus.
les
"années dans le/quelles le préfident d'interpelier
citoyens
Sonthonas : Je prie décrets ont été entegiltrés.
colons de déclarer li ces
Le préfident fait cette incerpellation.
à cette interBrullsy : Je réponds cathégoriquement été
je
donner
: ces décrets ont
enregittrés alors
pelatien
car
SCUNEttE
pofitifs,
j'étcis
après leut
des renfeisnemens & je Pris affurer qu'aulliér
de l'affemblée 2
Si Sonthonax & Polverels les
lecture, ils ont été enregiftrés. n'avcient pas fait broler
l'incendie du Cap,
nous vous metTors"de de l'affemblée de Saint - Marc, que nous les
archives
fous les yeux > parce e
trions ces regiftres
d'envci de cette
anrions.
lodlure de la lettre
On va vous donnet conflituante.
accentarien à l'alfemblée la letture de cecte lecere 6 decilleqei
Thomac Millet donne
du décret.
ecempignoit Pemoi du duplicata
broler
l'incendie du Cap,
nous vous metTors"de de l'affemblée de Saint - Marc, que nous les
archives
fous les yeux > parce e
trions ces regiftres
d'envci de cette
anrions.
lodlure de la lettre
On va vous donnet conflituante.
accentarien à l'alfemblée la letture de cecte lecere 6 decilleqei
Thomac Millet donne
du décret.
ecempignoit Pemoi du duplicata --- Page 71 ---
Leccre du 7 juin, qui accompagnoit le décret du 28 mai
rc' L'affemblée, dans le décret du 8 mi, a vu,
probation de fes bales conititutionnelles, à quclques TOLE
térences près, que les localités exigenr, qui n'ont pu être
jugées par nos frères d'Europe, piacésà deux mille lietes
de nous, mais qui font frappanics &c palpables pour ceux
qui arrofent de leurs fueurs" cerre terre bralante qui ne devient fertile que par des moyens abfolument étrangers à la
France
9, Acceptez meflieurs, & décrérez; préfentez à l'acceptation & à la fanction du roi les bates conftirurionnelles que nous avons I'nonneur de vous adreller :
vous portez la paix au milieu de nous 5 vous
par-li
ces fyitèmes deftrudteurs qui, fous le voile d'une repouifes chimérique perfection, troublent toutes les propriétés, & finiront par tarir les fources de la profpérité publique. Nous
bornerons là nos demandes adtuelles, & nous le faifens
avec d'autant plus de confiance que c'eft dans l'intérèt
cominun
la partie françaife de Saint - Domingue a
pris les Rotes qu'elle vous propofe,
feconder le ficn
& amener fa profpérité, de legueile
certe
dérance
préponTaLde
que l'Empire frangais a acquife dans la balince
tique de T'Europe.
polifaire >2 L'aflemblée génerale efpère que vous voudrez bien lui
parvenir le journal de vos précieux travaux > dans lefquels elle puifera les matériaux qui feront propres à compléter fa conftitution.
3, Attachement inviolable à la nation , foumifion reffont pectueufe les aux lois, amour pour le roi des Francois, tels
fentimens que la partie françaife de
dépofe dans le fein de la nation entière 32, Saint-Domingus
I donne en/uite lecture del'exireit 6 de la letere du
à PAlembléc nationale, > comme
21 juil'es
<
ilfair:
Nous vous avons rendu compre de nos travaux
ce jour. De grands événemens fe font paffes depuis. jufqu'à
croire
ofons
Nous
que vous voudrez bien fulpendre un inftant
vOs importantés occupations pour écouter les réclamations
dépofe dans le fein de la nation entière 32, Saint-Domingus
I donne en/uite lecture del'exireit 6 de la letere du
à PAlembléc nationale, > comme
21 juil'es
<
ilfair:
Nous vous avons rendu compre de nos travaux
ce jour. De grands événemens fe font paffes depuis. jufqu'à
croire
ofons
Nous
que vous voudrez bien fulpendre un inftant
vOs importantés occupations pour écouter les réclamations --- Page 72 ---
français, d'une
d'une aufli intérelfante portion de T'empire vous repoulleriez de
portion de ce peuple magnenime, que pour vos frères, s'ils
voire fein, que vous n 'avoueriez plus leur ont donnés la nan'employoien en tout les moyens que pour brifer les fers du defture 2 la raifon & votre exemple
pocilme.
des 22 avril
les lettres du sonverneurginéral
fes dif-
>> D'après
quelles font
& 27 mai, vous aurez jugé > Mellieurs, tout le bien que l'affempolitions pour contribuer à de opérer faire (1) ; mais quel fera votre du
blée générale fe propofe
que fimple agent
éronnement, lorique vous apprendrez déclaration en interprépouvoir exécurif, il proclame une nationale ! Il les modifie,
tation des décrets de Taflemblée conformément à fes vues
il les atténue 2 il les difant interprète revèru de la puillance fupréme , il
particulilires ; & fe
libres du peuple français de Saint-Dodéfend aux repréfentans de
dfiembiée de la nation >
à une émanation T'augele
à leurs
mingue , modifier vos Jages décrets > conformément difonsréunie pour locales &c paricuhères 5 il leur défend, foutiendra cette
convenances d'y rien ajourer , & déclare qu'il
font, en fes
nous,
avec toutes les forces qui
étrange proclamation
funeftes
mains.
peuvent être les fuites
3> Nous fentons quelles
à fe rappeocher de l'affemdu refus obftiné du gouverneur favons aufli ce que doivent de
blée génésale : mais nous les droits du
& le fucvrais Français pour foutenir doit opérer la EFL la gloire &c
cès d'une révolution qui
le bonheur de tout Y'empire.
& la prudence n'exla modération
>> Convaincus que & la fermeté, nous fuivrons votre &c la
cluent point le courage Mellieurs., fur la conftance
exemple 5 & comptez > de la partie françaife de Saintfidélité des reprélentans
des
Domingue >).
On fommdit hier les commifhaires
Thomas Millet :
moralité. Eh bien, Citoyeps
colons, de faire connoitre rédacteurs leur
de ces lettres > : &c je PEOs
Bruiley eft I'un des
confYautre.
Certes, f Bamave eût donné à T'affemblée
Brulley :
de la lettre du Sr, Peynier, du 2x avril.
(1) Ezprelfion
de Saintfidélité des reprélentans
des
Domingue >).
On fommdit hier les commifhaires
Thomas Millet :
moralité. Eh bien, Citoyeps
colons, de faire connoitre rédacteurs leur
de ces lettres > : &c je PEOs
Bruiley eft I'un des
confYautre.
Certes, f Bamave eût donné à T'affemblée
Brulley :
de la lettre du Sr, Peynier, du 2x avril.
(1) Ezprelfion --- Page 73 ---
tituante lecture de ces pièces, 2 jamais on ne l'eût écouté un feul
inftant proférer le mot d'indépendance contre une aflemblée
qui fe difoit elle-méme une fimple partie du Peuple français, contre une affemblée qui fe difoir ne vouloird'autre
conftitution que celle qui feroit adoptée par les
de la France. : mais on a calomnié cette allemblée repréfentans ; on la
calomnie encore aujourd'hui, & toujours par le même fyf.
téme, afin d'allumer le feu que lAngleterre foufile fans
fur les colonies. On a cherché à allumer la guerre cclle
on nous peignoir en France comme des
civile; &
nos
parmi
frères comme des ufurpateurs. On indépendans, a cherché à
confondre les chofes & les
& les affemblées de
France ont toujours été la dupe perfonnes; de tout ce que
a
des affemblées colonales. On reproche
l'on dit
blées d'autres actes aucun
encore à ces affem5
ne porte le caractère d'indépendance. On s'eft fur-tout attaché à celui dont nous venons de donner lecture ; & vous voyez 3
n'eft qu'une conféquence du décret du 8 mars Ciroyens, 1790, décret qu'il
reçu avec reconnoiffance, & exécuté aulli-:ôt
connu.
Je crois meintenant que ce reproche
que
loin d'avoir quelque créance auprès de d'indépendance vous 5
eft
comme il ne fuffi: pas de prouver que l'affemblée cependant, de SaintMarc"ne vouleit point proclamer lindépendance des colonies, ilfaut dire quel étoit le but de ceux
ce bur étoit la deflruction to:ale des colonies guilapourfvivotents ; je le
toujours les pièces en main.
prouve
On croyoit Barnave un rrès-grand parriote 5 on croyoit
que lorfqu'il faifoir Téloge de Mauduit, qu'il furprenoit à
TAilemblee nationale le décret du 12 octobre
il
loit en faveur d'un homme qui avoit été victime 1790, de la par- révolution. On croyoit aufli que Peynier étoit u
c'eft que Luzerne étoit le premier agent de la faction parriote an- :
glaife; c'eft que ce miniftre avoit jure la perie des colonies;
c'eltque Barnave, c'eit que iLameth, cefque Brillot, c'eft
que rous ceuxqai ont, depuis, manié lesaffiiresdes
ont fuivi les mêmes erremens jefqu'aPolverel & colonies,
Nous le prouverons par la lecture & la difcufion Sonthonax. des actes.
Iciilsagit de conftater que cet homnr, prôné
qui a été l'ennemi de Taffembiée de
Par Barnave,
main armée
Saine-Mare, qui, à
> l'a forcée de s'embarquer > parce çu'elle a
eft
que rous ceuxqai ont, depuis, manié lesaffiiresdes
ont fuivi les mêmes erremens jefqu'aPolverel & colonies,
Nous le prouverons par la lecture & la difcufion Sonthonax. des actes.
Iciilsagit de conftater que cet homnr, prôné
qui a été l'ennemi de Taffembiée de
Par Barnave,
main armée
Saine-Mare, qui, à
> l'a forcée de s'embarquer > parce çu'elle a --- Page 74 ---
elle etit été défendue
du (ang (car
leplus enragé
voulu emergaurieiséen colons), éroit le Senrertciesinunit deft une affertion vague,
parles aitj jamais exiflé. On croiroit que fortent de I bouche
qui
du genre de celles qui du tcut. Voici une
une affertion & de Southeraz 5 point
3 jè vous
de Polverel adrefléc a Aifomolée confituante, Vous allez
pièce olicielle avec la plus grande artention. Thomme qui
a prie de Técouter foltion de ces sintrigues en connoillant
avoir la
de cette faction.
étoit Fagent
à P'Affembiée
du Port-au-Prinse,
Adrefle de la municipalité nationale, du 9 mai 1791.
ME S S I E U RS,
faire deux adrefTès >
de vous
eu Phonneur
Dèsavant
23 Nous avons 3! du mois de mars derhier. du
Tune le 8, T'aurrele la nouvelie dé votre décret Cette premier noula date de la feconde,
à Sainte-Doningue.
dans
février 1791 etcit parvente avoit été reçue avec tranfport un
veile, cungulintincis 2
fud de la colonie, & dans
les parties de T'oueft & du de la partie du nord. Elle s'eft
grand nombre de paroilfes
pablics., &c par une infiniré bienconfirmée depuis parles papiers & nous nous Rattions de voir
de lettres partieulieres 5 les commifaires civils que ce détôt arriver fur nos bords ces miniftres de paix n ont point
cret nous annonce 5 décret mais n'eft pas même encore eflicielle- eft le
encore paru. Votre
3, celui du 12 octobre une conment connu à Saine-Doningue et, juiqu'à cette époque,
ces
feul dont nous ayons
ceux des 8 & 28 mars. Que
noiffance cfliciclle, depuis longs aux vrais amis de Francais, la paix!
retardemens paroiffoient enfin, comme les autres
Quand jouirons-nous
3 Larrivée des commidlaires font-ils
du bienfait de la régénération
: à peine fe
feule renplir nos efpérances
été
civils peut
que les troubles y ont
la
E
monrrés à Martinique., dont nous avons été agités nous: mêmes, foit
pailes. Ceux
pewvent cependane rennitre, foit par
més en paric aujourd'hei. incertrine &c flotrante du géméral, de la
par la cenduite
dans quelques paroiffes nous anle défaut de muenicipalirés civils que votre décret
cclenie. Si les commitinires
ances
été
civils peut
que les troubles y ont
la
E
monrrés à Martinique., dont nous avons été agités nous: mêmes, foit
pailes. Ceux
pewvent cependane rennitre, foit par
més en paric aujourd'hei. incertrine &c flotrante du géméral, de la
par la cenduite
dans quelques paroiffes nous anle défaut de muenicipalirés civils que votre décret
cclenie. Si les commitinires --- Page 75 ---
nonce, étoient artivés,la
dans toutes les parries de plus parfaite paix. régneroit déjà
en eux les dépolicaires de Salut-Dominguc 5 chacun verroit
nationale; chacun fercit avec Tautorinfepremne plaifir
de l'Ailemblée
nion particulière : car nous defirons le factifice de fon opivoir la colonie participer à la régénération tous unanimement de
çais; nous
de
. fur les
tendens au même bur, & nous ne l'empire différons frans> Le moyens que chacun veut prendre
que
gouvernement feul
pour y parvenir.
du moins ce que fait préfumer paroit la avoir conduite d'autres' vuesj-c'elt
lande, depuis le moment où ila mis le
de M. BlancheAlfervi en tout aux idées du
pied dans la colonic.
porté à tous les actes de violence colonel & Mauduit, il s'eft
ennemi juré de la révolution a
de tyrannie que cet
vu > Melleurs , une foible voylu exercer : vous en avez
adrelles. Maisponrvousi
efquitle dans nos
tions funeftes de cethomme, mettre plus. à portéede juger précédentes des intenordres pour M. Binchelande, dontles avis fembloient être des
lettre qu'ile écrivoit al'ambafiadeur nousallons tranfcrire iciune
fon retour' à Saint Domingue. Nous d'Efpagne en 1790, avant
brouillon de cette letire, écrit tour entier avons de en dépôt le.
fa main.
Copie de la letcre icrite
M.
etoit à Paris, en
à M. Maudait, le
dans le temps gs'il
comte de
rpr
ambefadeur dEfpugne,
Fernand Nues, 3
<c Vous m'avez comblé
ferai toute ma vie reconnoilfant d'intérét, M. le comte, & j'en
grande marque de
& 5 vous m'avez donné une
d'honneur qu'clle eft con@ance, bien
je vous done ma parole
defirs eft le bonheur de Caniles placée. Le plus ardent de ines
vaillerai fans celie,
& foyez sûr
Tra5; Je n'eftime
quejy
Nunès; je lui fitis perfonne plus que M. 2 le comre de Fernand
tances me forcent de profondément fa artaché: mais les circonfdans un hôtel garni. Je quitter cefferai de inaifon pour aller me
ment le fuivra
le voir, mais mon loger
>> Oui, je T'aimerai roujours.
fenii
dirai, avec' franchife, ce jufqu'à qui me mon dernicr moment ; je Jui
qui me peine & mafiligs.
détermine à cette domatcie
plus que M. 2 le comre de Fernand
tances me forcent de profondément fa artaché: mais les circonfdans un hôtel garni. Je quitter cefferai de inaifon pour aller me
ment le fuivra
le voir, mais mon loger
>> Oui, je T'aimerai roujours.
fenii
dirai, avec' franchife, ce jufqu'à qui me mon dernicr moment ; je Jui
qui me peine & mafiligs.
détermine à cette domatcie --- Page 76 ---
de mes
avec paflion I , j'aime le fang je fuis
$ J'aime ma patrie favoit Taimer ily a deux fiecless & tout
rois comme on
à la confirution de mon pays, du roi, en
artaché à la parrie, déchire. Lardémarche aéuelle
ceft,
ce qui arrive me
me paroit defefpérantes ceft
allant à Hatrebite-nastonsie torale de la monarchie; a rout
fuivant moi, la deftruction
rend au crime qui
que le fouverain
moi, un prince
un hommage détruit; c'elt, fuivant
de Re
bouleverfe, tout fidèles ferviteurs, les Tonnétesgsnt des
qui
abandonne fes aller-fe mettre à la tête
& miferables qui ont juré
royaume 2 pour qui ont détruit fon royaume,. roi qui fe coalife avec
Tont detrôné,
de bien; c'eft un
la perte des gens
anéantir toute vertu, tourhonneur,
le crime pour accabler,
M. le comte 5 jugez du
toute probiré.
de foi,
vous ai entendu,
>> Voilà ma profelion j'ai éprouvé lorfque je me dire que vous
déchirement foir, que dans votre amparternents ame en a (angne, &
mardi au
démarché. Oui, mon
moi-) même ;
approuvicz cette je vous évite, je m'évite
depuis ce moment & je vous quitte, noble efpagnol, , Franje fuis malneureux, M.le comte 2 vous ,
du fang de
- 93
un
Comment,
fouverain
la defçnis par votre mère, repréfentanr une révolution notre atroce, roi, Tavi-'
nos rois, vous approuvez le détrônement de de tous droits,
trudion de la religion, des Bourbons, la violation
Touvrage
liflement du fang T'ouvrage enfin de lingratitude, mépris public,
de toute juflice, voués depuis long - remps &c. au &c.1
des monfres leurs vices, > leur batlelle, croire que vous conconnus par
defirer, > pouvez-vous le veeu de ceux qui
>> Pouvez-vous dans la France une alliéc? Non: aufli en Efpagne. Vous
ferviez
eft de Y'opérer
ennemie que
ont fait la révolurion nation plus danerreule , plus
que
n'avez pas de
les honnétes gens même lien qui defireront nous unilloit
la France sénelle; votre alliance, à tout
de
Yon renonce à
la caule des fouverains,
à vous. Vous avez abandomné gens; on n'a pas fait un pas pour
la jultice, des torrent honnêtes qui a tour emporté. rois de YEurope a
arrèter le
des repetlentans des
& de la
"5> La politique fe réunir au vooul des monftres Sj'ole
été de paroitte
Oul.Tambaiadeur d'Efpegne, vous
popuiace parifichne.
à tout
de
Yon renonce à
la caule des fouverains,
à vous. Vous avez abandomné gens; on n'a pas fait un pas pour
la jultice, des torrent honnêtes qui a tour emporté. rois de YEurope a
arrèter le
des repetlentans des
& de la
"5> La politique fe réunir au vooul des monftres Sj'ole
été de paroitte
Oul.Tambaiadeur d'Efpegne, vous
popuiace parifichne. --- Page 77 ---
votis le dire, pafle dans le public pour avoir fervi à
volution.
la ré9> Enfin la France a été
&
la fecourir. Dans le nouvel dérruite, ordre de perfonne n'a voulu
françaife fit-eile de continuer fon alliance choles, la politique
quoi notte maiheureufe naticn peur - elle avec vous, en
comme alliée 2 Point de marine,
vous ètre utile
deviendront la proie des Anglais; excepté des vailleaux qui
d'argent; la difcorde qui déchirera bien point d'armées, point
voilà la France actuelle.
long-temps fon fein:
5, Ne croyez jamais que la nobleffe aura de
l'énergie dans le fyftème actuel : non, la claffe l'intérèt, de
officiers (& qui fait la force
de
générale des
& de iner ) n'agira pas; ainfi unique
nos armées de terre
*ficiers, fans chefs & fans
on aura des armées fans ofpas leurs emplois, ils n'y argenr; & liles oiticiers ne quittent
réuflir.
apporreront ni zèle ni delir de
9> Oui, M. le comte, je vous le
vous avez affitté à la moit de la dis & vous le répète ,
de votre marine, &
France & aux fimérailles
feules vous donnent par conféquent de vos
votre confidération;
colonies, qui
quel vous avez applaudi eft plus défaftreux oui, l'ouvrage auguerre de vingt ans & trente
pour vous qu'une /
>> Qu'il eft cruel
barailles perdues.
date de votre ambaflade pour vous que la ruine de votre marine
en France!
pour vous d'avoir remplacé M.
qu'il eft malheureux
ce fujet une vérité cruelle: on eft d'Aranda! Je vous dirai à
d'Aranda, T'Eipagne nous eût fecourus perfuadé &c
fous Ms
véritables imérèrs.
entendu
dpead
fes
chife, s Vous voyez qu'avec mes opinicns 8c mon
je ne puis plus habirer chez
aiftère franvous eftime & vous aime du fond vous.Je de
vous relpecte,
j'ai l'ame novrée.. Pourquoi vous
inon ame Oui,
combien il eft cruel de renoncer-à
ai-je connu ? Je fens
votre eftime, vous ne
vous, à votrea amitié,
Une autre lettre
pouvez me la refufer. 3>
pour
qu'un allié
Paris à la fin de 1790, vous fera de.M.Mauduir voir,
lui écrivoit de
époque iln'avoit pas changé
Mellicurs, qu'a cette
fes véritables intentionsl d'opinion; vousjugerez par lide
fang des colous.
loriquilveroit à Saint-Domingue le
Tome I.
F
votre eftime, vous ne
vous, à votrea amitié,
Une autre lettre
pouvez me la refufer. 3>
pour
qu'un allié
Paris à la fin de 1790, vous fera de.M.Mauduir voir,
lui écrivoit de
époque iln'avoit pas changé
Mellicurs, qu'a cette
fes véritables intentionsl d'opinion; vousjugerez par lide
fang des colous.
loriquilveroit à Saint-Domingue le
Tome I.
F --- Page 78 ---
Quand il fut parvenu à détruire au Port-au-Prince & à
il fit faire, de
Saine-Marc tous les érablillemens populaires,
concert avecle général, une députation auprès de vous par
la paroilfe de la Croia-des-Honguets. L'un des dépurés rut il
M. d'Auinay de Chitry, fon encle par aliiance, auquel
s'ouvrit vraifemiblablement fur les projets qu'il avoit conçus
avoit fait à Turin & à Nice. M.
pendant un voyage qu'il
le
décembre
la
d'Aulnay lui écrivoit àce fujer,
entré
lettre dont voici ia copie 78 &c dontl'original eft
aplfis
nos mains. avois mandé, mon cher chevalier, que le roi
Je vous fanétionné le décret de T'allemblée nation'avoir pas
le
avoit envoyé un counale concernant
clergé; qu'il
rier à Rome 3 depuis illa fanctionné, comme je vouslavois précédemmenti mandé. Les régimens ne font pas encore'
partis; ils font nommés &C leurs chefs. Je fouhaite que tout
cela ran.ène le bon cidre.
dans le ceurant de janvier avec
27 Je compte m'ebarquer delirc beauconp vous rejoindre.
madame.I Manduit > de qui
m'a dit fa façon de penfer fur
>> Le pro:edeur Camille de la
à croire aax Fables
ce qui fe patle:il a
pcinc
qu'on
débie pour la réunion des puiflances d'Europe aui prinremps;
il
qu'elles favent trop ce que coûte une guerre, &
fe contenteront de fe garder chez elles; il trouve
avancecs en France S ainf, mon
N
les chofes fone trop
& pour le mieux.
1 ami, condafeg-vous le fagement confeil de
que vous avez
>> J'ai vu avec pcine
faile guerre des
tenu: : je crains que cela ne vous
ennemis, quoique vous
je fois perfuadé que vous ne l'avez fait que parce que
le croyiez néceffaire, &c après de mûres réSexions.
5> Les quatre-vingt-cina font ce qu'ils pouvent pour rel'allembiée nationale 3 ils offrent de faire le ferment
gigner
civique.
bien, & croyez
>> Adieu, mon cher chevalier; attaché porrez-vous votre femme 8c
que perfonne ne vous eft pias
que
moi.
Signé, D'AUINAY.
P. S. Bien des chofes à mes anciens camarades. On veut
ici que vous rouliez avec les régimens de France pour les
gatnifons."
ina font ce qu'ils pouvent pour rel'allembiée nationale 3 ils offrent de faire le ferment
gigner
civique.
bien, & croyez
>> Adieu, mon cher chevalier; attaché porrez-vous votre femme 8c
que perfonne ne vous eft pias
que
moi.
Signé, D'AUINAY.
P. S. Bien des chofes à mes anciens camarades. On veut
ici que vous rouliez avec les régimens de France pour les
gatnifons." --- Page 79 ---
Millet : J'obferve que le confeil de guerre dont il eft
parié dans la lettre de Mauduir, a condamné à mort un
repréfentant de Saint-Domingus,
effenciclle Bruliey : Ciroyens, je 1egarde cette pièce comme trèsc'eft
aux débuts, & voici la preuve
j'en
que fi nous demontrons, nar cette que
donne;
des perfécureurs de T'aflemblée de
lette, que le chef
conre-réroletjennuire aufi
Sainr - Marc éroit un
qui a été avérée, non-fenlement prononcé qu'ill'étoit; la
la letre,
en avoit F'original, mais encore Par par les membres municipaliré de qui
femblée de Sainr-Marc, qui étoient ici, par l'ambafladeur Tafd'Eipagne, qui a rrcount avoir reçu cette
& en
offert unc copie cerifiée de lui..
lettre,
a
Thomas Aillet :-il l'a méme donnée.
Bruley : Ainfi catte piice a été conftarée autant
peut Tetre. S'ilet bien avéré que Mauduit étoit un que pièce
totalement oppeie aux principes de la
hemme
plus vous éronner d'avoir entendu Barnave révolution, fe ilne faur
le fort de Mauduit & far les événs mens
lamenter far
fort de CCt honime; il ne faut plus
qui ont amené le
nave ait dit à lafemblée conftituante vous éronner que Barfait égorger une faction du
que Mauduit avoit
avoit égorgé des parriotes fincires, Port-an-Prince. il avoir trainé Cependant il
boue les drapenux de la garde nationales
dans ln
égorgé un comité résni pour delibérer fans cependant il avoit
couvert de tant de forfairs innpardonnalles, armes. Quoigue
parvenu à le blanchir, Barnave a obreni
Barnave eft
des remerciemens à Manduit & à fon lil décret quivote
nave le mème fRême a été fuivi: Erillor
Lepnis Barlementé fur le forr
pluiieurs fois
SVER
thonax & Polverel de ce Maudnit, Briflor a prefenté Sonthonax & Polverei pour aller à Saine-Demingue, & SonMaudait
cnt agi dens le même fens
& Bridor. Cetie foction oft la
que Barnaye, les
fications font différentes, mais l'intentien méme; eft la
ramideftruction de Sainr-Domingte. Vous
neme, la
le reproche d'indépendance, le fenl qu'on voycz, oir ciroyens, que
l'affemblee de Saint-Marc, étoit dénvé de
pu ftire à
pendant, toujours on les pourftit
la fondement. méme
Cefans aucun fondement,
pour
caufe,
qu'on donne comme
pulfque du vous vovez que la pilce
preuve
fReme d'indléyendance de
F 2
uction de Sainr-Domingte. Vous
neme, la
le reproche d'indépendance, le fenl qu'on voycz, oir ciroyens, que
l'affemblee de Saint-Marc, étoit dénvé de
pu ftire à
pendant, toujours on les pourftit
la fondement. méme
Cefans aucun fondement,
pour
caufe,
qu'on donne comme
pulfque du vous vovez que la pilce
preuve
fReme d'indléyendance de
F 2 --- Page 80 ---
74 contraire fon attachement
Taffemblée coloniale, prouve Ainfi au le reproche d'indépendance les
de la nation.
au nom de tous
aux principes donc de lui-méme, & je
ici, d'adminifrer la
torbe
à Polverel &
ECISS
colons, le défi
fi fouvent reptochte,
moindre preuve de eteindependance plus : vous voulez connoitre occupe T'elprit
jamais
colonie; Ilya c'eft la queftion qui nous
ie
public rTS la
dindépendance n'eft
fublidiaire. fla macar le reproche
devoir
de connoicre cet efprit rpablic,
éroit attaché, aux
moyen des citoyens! habirans de S-Domingue voilà le vrai thermojorité
de Taffembiée de S.-Marc étoit 5 Pefprit public de S.-
principes vous fera connoirte quel
de Saintmêtre qui Eh bien! citovens, ,lorique Tallembiée de Saine-Domingue,
Domingue. Marc eurpofe lesbales cuntinsionnelies la leture lue, à toutes les communes
elle les envoya, Par avec le décret rendu le 28 mars foumit 1790, dès
de la colonie, fi bien accepté, que l'alfemblée sy le cas oà
y
été
dans avoit
ce décret il étoit dit
les
ne s'en
arriva; par aflemblée coloniale 53a. alffemblée paroilles conttauroit une
moins pour favoir fi cette
le texte du
réuniroient
oui ou non. Voilà à peu générale près et Elle a
nueroit
TR
du 28 mars. Qu'a fair lalfembiée nous foumet à une
décret voilà lc décret du 28 mars, qui de nos
à une
dit : nomination, à une révifion
elt pouvoirs, connu en
nouvelle de ferutin épuratoire (ce mot tous nos plus actes 2 nous
France). efpèce Eh bien ! nous envoyons notre conduite 2 les bafes
foumettons par conféquent à affurer la prorpériné doit, de oui la co- ou
nous croyons propres En délibérant fi elle
déléà toute la colonie. les
qu'elle nous a
Saros conferver dans
pouvoirs de caufe, & faura
non, nous elle nous jugera avec comnoillance nos fonétions. C'étoit
gués,. fommas dignes de continuer les
fe raffemblefi nous la quelion éroit polée : paroilfes on fe conforma
ainli que lut le décret du 28 mai 1790,
m'inrent > on
décret du 28 mars. Vous voyez qu'on
enrièrement au
s'il avoit été enregiftré & je le prouve
terpelleit de dire
dans les paroiffes de la colonie.
tout ce quifet rétulta-t-il paffé
: c'eft que, fur cincuante- de
8i délibéra : qu'en quarant-neuf confirmèren:l Taffemblée adhéroient
quatre communes, éloges, & déclarèrent qu'eiles
Saint-Marc avec
cret du 28 mars. Vous voyez qu'on
enrièrement au
s'il avoit été enregiftré & je le prouve
terpelleit de dire
dans les paroiffes de la colonie.
tout ce quifet rétulta-t-il paffé
: c'eft que, fur cincuante- de
8i délibéra : qu'en quarant-neuf confirmèren:l Taffemblée adhéroient
quatre communes, éloges, & déclarèrent qu'eiles
Saint-Marc avec --- Page 81 ---
à tous les principes décrétés parl'affémblée de Saint-Marc,
& envcyés à l'aflemblée conftiruante. Vous demandiez à
connoitre l'etprit public de la colonie; le voilà : les colons
en majorité adhéroient aux bafcs propofées
l'aflemblée
coloniale. Voilà qui dirige la connoiffance ae l'opinion à
l'époque de l'exiftence dei l'aflemblée de Saint-Marc:d
elle elt venue en France; on a fair-beaucoup de depuis,
aux
repreches
quatre-vingr-cing, reproches auxquels ils ont répondu,
vickorieufemenr, & qu'il feroir oifeux de répéter,
Une autre allemblée coloniale ie forma depuis à SaintDomingue, & c'eft de celle-là qu'il faut parier maintenant.
Pour connoitre lefprit peblic qui exiftoit à l'époque de fa
formation, quels étcient fes principes ? L'aflemblée
s'eft
formée depuis, s'eft également formée en vertu des qui décrets
des 8 & 28 mars 1790 : car il faut vous dire qu'il n'y a eu
de décrets promulgués dans la celonie, que ceux des 8 &
28 mars & 12 octobre 1790; ceux des 13 & 15 mai
n'y ont jamais étd proclamés.
Plufieurs colons : Jamais.
Les comm (aires : C'eft vrai.
Brulley : Ainfi, ciroyens, à l'époque oi la dernière affemblée coloniale s'eft formée, elle n'étoit pas inconftitutionnelle > puifqu'elle s'eft formée en vertu des décrets, Cette
affemblée a toujours trouvé un grand nombre d'obftacles
dans fa marche. Ces obftacles font venus de ce
de jours après fa formation, l'infurredtion a éclaié. que, > peu
fuivrai pas les actes de l'allemblée coloniale; cela Je feroit he
trop long; d'ailleurs la proclamation de Polverel & Sonthonax m'en évitera, la peine. Ce font eux-mémes,
Ce
parler,
font eux-mêmes qui vont vous dire ce quivont
cette aflemblée coloniale. (Il lit partie de cette proclamation qu'éroit
du 12 octobre 1792 (1), & il ajoute : venons à l'affemblée
coloniale ).
(Illit, un fecond article, commençant par ces mots: Nous
remerciuns l'afemblée coloniale 3 Gc).
Brulley reprend: Voilà la définition que Polverel & Son-
(1) Voyez page 42 de la première féance.
F 3
vont vous dire ce quivont
cette aflemblée coloniale. (Il lit partie de cette proclamation qu'éroit
du 12 octobre 1792 (1), & il ajoute : venons à l'affemblée
coloniale ).
(Illit, un fecond article, commençant par ces mots: Nous
remerciuns l'afemblée coloniale 3 Gc).
Brulley reprend: Voilà la définition que Polverel & Son-
(1) Voyez page 42 de la première féance.
F 3 --- Page 82 ---
cux-mèmes de cette affemblée col niale. Je
thondx donnent
continue. (II lit le paffege commençant ainfi: I n'en eAgu'unjeul
qui mérite dis reptoches Vous ). lavez entendu, citoyens 3 ce n'eft
Bruliey T'allembiée reprend: coloniale, c'eft Polvercl,c'eft Sonchonax qui
pas
dans tous les ades de Tatfemblée cOdifent cux-mémes acculent, que ils n'en ont trouvé qu'un à cenloniale qu'ils
que ce n'étoit qu'une erreur,
furer : encore convienment-ils jaftifier cux-mèmes, peifqu'ils difent
erreur qu'ils vient paroiffent du décret du 13 mai 1791. Or, paifqu'il n'y
qu'elle d'auures aétes que celui-là qui méricaffent la cenavoit
il eft inutile d'en lire d'autres. Un
fure E commiflaires, avons ici, & dont nous donnerons lextrais
feul que nous
lorfqu'il fera queftion de Blanchelande,
dans fon temps,
nous botnerons feulementà donner
fera effentiel : mais nous
vous verrez s'il contient 'la
leéture de celui du 27. mai;
trouvent, car alors
criminalité quel Polverel & Sonthonax y
On nous accule,ceft
ce
n'étoit qu'une Nous allons erreur; le aujourd'hui lire &c le difcuter.
an Clauffon crime. lit la pisce fuivante :
- 1
coloniale de la partic françaife de
Affemblée
Saint-Domingue.
Extrait de la Tance du 27 mai 1792.
coloniale de la partic françaife de Saintce L'affemblée dès les premicrs inftens de fa formation, a anDomingue,. fes arrêtés des 5, 6& 14 feptembre deraier, ia
difpofirion noncé par où elle étoit d'accorder aux hommes de couleur des coIouS les droits politiques que la juftice &c l'intérèt
lonios perinetront de leur concéder.
ces droits
2> Lafemblée nationale conftituante l'affemblée ayantfarus coloniale déua décret du, 15 mai 1791,
fuivant, qu'elle ne
E par fon arréré Fexécution du 20 feptembré de cette loi; dès l'inftant
s'orpobroit poiar à
& qu'elle s'occupequ'ells feroic oflicicllement promulguée,
politiques que la juftice &c l'intérèt
lonios perinetront de leur concéder.
ces droits
2> Lafemblée nationale conftituante l'affemblée ayantfarus coloniale déua décret du, 15 mai 1791,
fuivant, qu'elle ne
E par fon arréré Fexécution du 20 feptembré de cette loi; dès l'inftant
s'orpobroit poiar à
& qu'elle s'occupequ'ells feroic oflicicllement promulguée, --- Page 83 ---
roit à améliorer l'état de ceux qui n'étoient point
dans fes dipofitions.
compris
23 Depuis cette époque, l'affemblée nationale coiftituante,
par fon décrer confticutiennel du 24 feptembre 1791, accepté par leroi le 28 du méme mois, comme le
de la confiturion françaife, a dalégué aux alemblées complément coloniales aétuellement exifantes, & à celles
leur fuccéderont, le droit de prononcer exclufivement a l'état
des hommes de couleur & nègres libres. L'allemblée, politique
vaincue. que ce n'ef que dans un état de calme &c de tran- conquillité que les lois doivent êrte faites, & qu'elles
s'exécnter; cenvaincue également qu'il importoit aux
mes de couleur &
FEReS
fur leurs droits
négres libres, que la loi qui prononçoit
de la contrainte politiques, de
ne pût pas être fuppofée l'effer
ou
la violence, s'empreffa de déclarer
par fon arrêré du
novembre qu'elle farteroit fur l'état
des fiomthet de coxleur & nègres libres 1 dès
qu'ils auroient mis bas les
ic
3> Ces. dilpolitions bienfaifantes n'ayant armes. pas eu le fuccès
qu'elle avoir eu droit d'en attendre, l'allemblée s'étoit déterminée à employer le dernier moyen qui lui reftoir
ramenerleskomimes de couleur & nègres libres à l'ordre pour
raifon. En conféquence, elle avoitarrêté de
&ala
tivement fur leur érat politique, & fa décifion prononcer eût
definide fes promeffès fans bleffer les convenances remplilelies
>2 La commiflion qu'elle aveit nommée pour locales. lui
un plan fur les objers foumis à fon pouvoir
préfenter
fait fon rapport. Déjà l'affemblée avoir prononcé légiflatif, avoir
des efclaves, & depuis plufieurs jours la difcuffion furle fort
verte for l'érat politique des hommes de couleur & étoit Oullibres, lorfque T'aflemblée a étéi inftruite, d'abord par les nigres
piers de publics, enfitite par une lettre de fes
près l'affemblée nationale & du
ERAETEEE
tionale légiflative avoit rendu le roi, que l'allemblée na24 mars dernier un décret
&c qui prononce fur l'état politique des hommes de couleur
le roi negres.libres, le avril & que ce décret avoit été fanctionné
fuivant.
Far
> Quoique ce décret foit diamétralement oppofé aux dif
politions de la loi confitutionnelle du 28 feprombre
néanmoins. sl'affemblée coloniale ne voulant pas compromettte 1791,
F 4
ale légiflative avoit rendu le roi, que l'allemblée na24 mars dernier un décret
&c qui prononce fur l'état politique des hommes de couleur
le roi negres.libres, le avril & que ce décret avoit été fanctionné
fuivant.
Far
> Quoique ce décret foit diamétralement oppofé aux dif
politions de la loi confitutionnelle du 28 feprombre
néanmoins. sl'affemblée coloniale ne voulant pas compromettte 1791,
F 4 --- Page 84 ---
le falur des reftes de Saint-Domingue qu'il
par la réfiftance
à la
puifque fon commerce
importe de conferver millions France, d'hommes repofent entièrement
& Texiftence confervation, de fix
ne voulant pas nen plus mettre en
fur jeurle droit de faire, avec.la décifion
oppofition la,loi quillea de laflemblée nationale > parce que de ce
qui eft émanée
naitre des divifions &" des
conflit d'autorité accelercroient pourroienr la ruine de cette malheureufe
défordres qui
colonie:
déclare qu'attendu la connoiffance certaine
s) Laffemblée de Taffemblée nationale kégiflative, du
qu'elle a du décret fanctionné par, le roi le 4 avril uivant, ,
24 mars dernier,
fur Yétat politique des hommes
elle sabftient de prononcer libres, & qu'elle recennoit la néceflité
de couleur & nègres volonté de lallemblée nationaie & du
de fe foumettre à la
manifettée.
roi, leriqu' d'elle lui fera
déclara.ion fera im-
>> Lallemblée arrête quela préfente
primée; invite M, le lieurenant au Revetnmegsetnis à ladreffer à toutes
ja faire publier dans toute la colonie, demeurent chargées de la
les affemblées adminiftatives de 2 leur qui arronditfement; linvire en
notifier aux municipahirés
pour ordonner aux hommes
outre à faire une prociamation libres de rentrer dans l'ordre, & de
de couleur & nigres blancs dans leurs paroiffes relpedtives, pour
fe faire rétnir celler aux la révolte des efclaves >.
dont nous
Cullaionné & certifié conforme à la pièce des colons
donné leéturc. Les fondés des pouroirs
&
avons
e,acculateurs de Polverei, Sonthonax
de Saine-Domingue
complices. (Suiven: les fignntures de Bruiley; Duny, Senac). Verneuil,
Clauffon, Deauborneaus 3 Th. Millet, Page, vous venez d'enBrulley : Cirovens,, je vous bien le demande, vrai fans doute de dire que
tendre hre cet ace; il eft
: mais moi,je vais prouver
c'eft là tout au pius même une erreur la cenfare. On a fait un crime à
qu'il ne mérire pas des droits de la parie finnçaife de,
V'aflemblée de parler
que nous n'avons pas des
Saunc-Domingse. Eh quoi eft-ce du 8 mars 1790 n'exifoit pas?
droits : eit-ce que le décrer
pas que nous avions des
elt-ce que ce décret le n'annonçoit décrat du 24 feptcmbre, aceptéle
droits? eft-ce que
us même une erreur la cenfare. On a fait un crime à
qu'il ne mérire pas des droits de la parie finnçaife de,
V'aflemblée de parler
que nous n'avons pas des
Saunc-Domingse. Eh quoi eft-ce du 8 mars 1790 n'exifoit pas?
droits : eit-ce que le décrer
pas que nous avions des
elt-ce que ce décret le n'annonçoit décrat du 24 feptcmbre, aceptéle
droits? eft-ce que --- Page 85 ---
28, ne reconnoiffoir pas ces droits, > puifque l'affemblée COloniale fe trouve inveflie du droit de prononcer fur l'état des
hommes de couleur & nègres libres & non libres? Eh
on
reprochera à l'allemblée dépolitaire de la confiance quoi! de
la colonie > de' réclamer les droits de fes commettans, lorfqu'elle ne fait qu'exécuter la loi qui lui a été notifiée: A
t-on' oublié que lorfque cette loi fur rendue, nul repréfentant des colonies ne fiégeoit dans l'affemblée nationale de
France : A-ton oublié que les coloas favoient, comme tout
le peuple français, que nul n'eft obligé d'obéir qu'à une loi
quila confentie librement par lui ou par. fes repréfentans?
Cependant l'affemblée coloniale dit : La néceflité de rétablir
le calme dans la colonié > eft un irop puiffant motif
que nous nous éloignions d'un principe éternel; nous pour nous
foumettrons aux décrets de T'aflemblée nationale 5 nous ne
croyons pas que ce décret porte atteinte à nos droits inhérens à notre titre de Français. Et ce feroit des Français
qui leur en feroient un crime Jene le crois pas,
& je dis que cet acte, loin de mériter la cenfure, citoyens, prouve
combien l'aflemblée coloniale étoit décidée à faire toutes
fortes de facrifices pour ramener la paix & la tranquilliré.
Avez-vous remarqué dans cet acte tout ce qu'elle a fait
ramener la paix : avex-vous remarqué la lage précaution pour
prife lorfque le décret du 28 feptembre fut notifié? Certe loi
lui réfervoit de ftatuer fur les droirs des hommes de eouleur,
nègres libres ou non libres. L'affemblée coloniale dit auffitôt : On ne fait pas de lois les armes à la main 5 ce n'eft
pas dans le tumulte des armes qu'on fait des lois fages. Les
hommes de couleur attendent leur fort de nous;T'alembiée
nationale l'a remis entre nos mains : qu'ils mettent bas les
armes avant tout; qu'ils s'enténdent avec nous > & nous nous
concerterons fur Tapplication de tous les principes de juflice
& de conciliation. Cerres, ce raifonnement n'eft
de cenfure; certes, cet acte n'eft point un crime, pas &
torité
ne
LiE
qui le porte peut, quoi iqu'on en dife, être regardée
comme criminelle, Cependant, ciroyens, on a eu la
de faire un crime à Blanchelande d'avoir mis fa
pertidie aut
bas de cet acte, de l'avoir approuvé. Eh quoi! Blanchelande fignature
auroit été coupable d'approuver un adte par lequel l'affemblée coloniale annonçoir que lorfqu'un décret lui feroit ne-
pas &
torité
ne
LiE
qui le porte peut, quoi iqu'on en dife, être regardée
comme criminelle, Cependant, ciroyens, on a eu la
de faire un crime à Blanchelande d'avoir mis fa
pertidie aut
bas de cet acte, de l'avoir approuvé. Eh quoi! Blanchelande fignature
auroit été coupable d'approuver un adte par lequel l'affemblée coloniale annonçoir que lorfqu'un décret lui feroit ne- --- Page 86 ---
8o
tifié,elle sy foumettroit. C'eft un bouleverfement des principes, & je crois qu'il ne vous échappera manifefte pas qu'ily qui tendoit a eu
dans cet acte d'accufarion l'afferablée une coloniale perfidie at crime de Blancheà faire parriciper Blanchelande au crime
de l'affemblée COlande, ou
fuppofe la leêture de cet
loniale, car enfin vous venez d'entenare réfractaire à l'autorité naacte; vous voyez quila'eft point aucun caraétère criminel;
tionale; vous voyez il renferme qu'il ne toutes porte les mefures pour ramener
qu'au la paix contraire, 5 & cependant Sonthonax a dit avec vétité "Blanchelande. que c'étoit
1713 des chefs d'accufation intentés contre d'allez d'autres
Gertes, Blanchelande étoit bien coupable
ctimes, fans lui en faire un de ce qui ne pouveir, d'un crime pâs T'èrre.
Sonthonax n'a pas pu arguer contre nous
voulez-vous fuppofé à Blanchelande. Au furplus, ciroyens, êrre participante des
favoir fi T'allemblée coloniale" pouvoit connoitre les princrpes
crimes de Blanchelande 2 voulez-vous été remerciée par les deux
de l'aflemblée coloniale, Taccufer? qui a voulez-vous connoitre bien
hommes qui vienuent
cennoitre quelles
lictéralement fes principes : voulez-vous de cette aflemblée, 8c en
étoient les véritables inrentions
tout ce qu'elle avoit
même temps tout ce le't qu'elle bien? projetoit, Je demande leéture de ja lettre
envie de faire coloniale pour
à T'allemblée nationale, en date du
del l'allemblée
4 o8tobre 1792.
Thomas Millet lit cette lettre.
L'efTemblée coloniale de la partie frangaife de Saint-Domingue >
à Pafemblée rationale, - 4 oêtobre 1792.
de Saint-Domingue marchoit à grands pas
cc La colonie
les manceuvres des contrenrevoluvers la deftruétion 2 les par ordres du
exécutif. Depuis
tionnaires, & tous
pouvoir
des
long-temps la province du nord ne préfentoir celle
de décombres
Piun
&
fendts
monceaux de cendres
des ennemis de la révoviStime délignée de la vengeance & aux bataillons d'Artois,
lution, devoit à fa population réliftance 3 enfin la pto-
& de Normandie une plus longue livrée au fer &c à la farme.
vince du fnd venoit déte &c de la Conflitution dévoroient
33 Les amis de laFrance
province du nord ne préfentoir celle
de décombres
Piun
&
fendts
monceaux de cendres
des ennemis de la révoviStime délignée de la vengeance & aux bataillons d'Artois,
lution, devoit à fa population réliftance 3 enfin la pto-
& de Normandie une plus longue livrée au fer &c à la farme.
vince du fnd venoit déte &c de la Conflitution dévoroient
33 Les amis de laFrance --- Page 87 ---
Sr
en fecret leur douleur & leur indignation, tandis que l'impunité fuivoit le crime dans toures les patties de la colonie, & que les'bourreaux du peuple ofoient encore crier
vengeance contre leurs propres victimes. Voilà la pofition
douloureufe dans laquelle MM. les commiffaires nationaux
civiis ont trouvé notre trep malheureufe colonie. fouveraine
>> Enfin le langage des délégués d'une nation
vient de fe faire entendre pour la première fois dans un la
pays dont les malheurs n'ont excédé les forces que par
trahifon & la calomnie. SaintDomingue cependant refpire les
un moment ; les auteurs de fes maux font démafqués ; & la
lois vont venger fans doute la violation des proptiérés, .
mort de cent mille individus.
dans
>> L'aflenblée coloniale a dû indiquer à la nation,
les perfonnes de fes repréfencans à Saint-Domingue, > la main le
facrilège
défignant les vidtimes, conduifoit par-tout
fer & la El.de à fon gré.
2 Le fieur de Blanchelande eft dénoncé à MM.les commiffaires nationaux civils , &c Saint-Domingue > bientôt
délivré de fa préfence, > fouslégide des pouvoirs nationaux,
va fe relever & senaitre de fes cendres.
>> Unprojerde contre-révolution futformé à Saint-Domingue dès les commencemens de la révolution. Le colonel du
régiment du
le feur Mauduit, étoit chargé
de T'exécution FostTe : dès
arrivée dans cette ifle, après avoir
envahi l'autorité fous le gouverneur Peynier, il fe fit un
parti; mais pour le rendre impofant, il fallut calomnier rles
amis de la Conftitution 5 il fallut tromper la métropole, >
furprendre la religion de l'Alemblée nationale confituante,
& de prefque toutes les places de commerce de France.
>> La diflolution à main armée du comité de T'Oueft, la
violation des drapeaux de la garde nationale du Port-auPrince, & la deftitution de l'aliemblée de Saint-Marc par
le décret du 12. octobre 1791 5 voilà, > Mellisurs, les premiers
faccès des conre-révolsionntsies à Scint-Domingue, L'ambition, lerreur ou la foiblefle leur fournirent une foule de
partifans. Dès-lors les municipalités de l'oueft & du fud
reçoivent du feur Blanchelande ordre de fe difloudre; des
commandans font envoyés dans des paroiffes oà il n'y en
avoit pas : un projet que lon foupçonacit finitre étoit prêt
à éclarer.
iers
faccès des conre-révolsionntsies à Scint-Domingue, L'ambition, lerreur ou la foiblefle leur fournirent une foule de
partifans. Dès-lors les municipalités de l'oueft & du fud
reçoivent du feur Blanchelande ordre de fe difloudre; des
commandans font envoyés dans des paroiffes oà il n'y en
avoit pas : un projet que lon foupçonacit finitre étoit prêt
à éclarer. --- Page 88 ---
tout étoit calculé fur les
s Il eft vifible aujourd'hui La que fuite
du roi, en juin
mouvemens de la France.
precipitée par les plus
1791, devoit être marquée à Saint-Domingue d'Artois & de
grands malheurs: mais l'arrivée des baraillons criminelle du colonel
Normandie déconcerta la conduite furent-ils calonniés par le
Mauduit 5 aulli exécuuif ces bataillons & par fes agens 3 aufli M.de Blanchefdu chelande, pouvoir dans le mois de (epterabre de l'année dernière,fol- demandé de
liciroit-il du, miniftre le'rappel qu'il avoit déjà les contreces deux bataillons. Une liaifon coupable entre
& de
révolutionnaires de France , de événemens Saint Domingue dont la colonie
Coblentz dirigea ies malheureux
eft victime.
de la nuit du
au 30 juillet au Port-aus8 L'affaflinat
29 contre l'affemblée de SaintPrince, & l'artaque préméditée des malheureufes affaires de Nancy,
Marc étoient Timage
d'Avignon & d'Arles,
des baraillons fran9, Cependant la conduite patriotique du Port-an-Prince 5 il
çais fait ouvrir les yeux du au régiment de fes frères 3 la violation
voit fes armes teintes
fang
de cetté ville lui préfente
des drapeaux dela garde-nationisle excédé de fes réfexiens, il
un crime : livré à lui-même, > faite à la Conftitution 5 le
veut voir venger cette de injure fa tête l'excès & le crime de fes
colonel Mauduit paye
foldats.
déconcerté fans doute, quitte
>> M. de Blanchelande, fuit dans la
du Nord. Alors arrive au
fon pofte &
province On n'a jamais fn quelle étoit
Cap la frégate la Prudente.
l'arreftation du roi à
fa miflion > & il n'en a tranfpiré l'imagination que
des contre-révoMontmédi. A cette nouvelle Un décret Ju 25 mai paroît, & fert
lutionnaires s'élance.
de meurtre &c d'inde prérexte à un complot prémédité
cendie.
de la révolation furent les premières
9, Mais fi les amis l'incendie les citoyens attachés aux' corps
viétimes > fi depuis les feuls perfécurés par les agens du poupopelaires ont été
de la nation peuvent-ils envoir exécurif, les Repréfentans
core douter de la caule de nos hommes malheurs? de
abolis ferdes
couleur
>9 Les droits politiques
C'eflerteur
virent de prétexte aux contrerérolutionmairs.
ation furent les premières
9, Mais fi les amis l'incendie les citoyens attachés aux' corps
viétimes > fi depuis les feuls perfécurés par les agens du poupopelaires ont été
de la nation peuvent-ils envoir exécurif, les Repréfentans
core douter de la caule de nos hommes malheurs? de
abolis ferdes
couleur
>9 Les droits politiques
C'eflerteur
virent de prétexte aux contrerérolutionmairs. --- Page 89 ---
8;
des uns & l'acharnement des autres qui prolongént cette
malheureufe guerre : en voulant atrêrer les progrès de la
révolation, ruiner le commerce national, enfin méconnoiffant le courage des Français, ces ennemis de la patrie
roient, , par la ruine du commerce > anéantir la Conftitution. efpéMieux inftruits que nous > par tous les moyens que la difpofition des forces de mer leur donnoit, les agens du
voir exécutif éroient fans doute prévenus du mouvement pouqui devoit avoir lieu en France après la fédération de cette
année. Aufli le fieur de Blanchelande préparoit-il, dans toutes les parties de Saint-Domingue > le dernier coup
devoit y porter, & le défefpoir des colons. Lincendie qu'il
général du refte de la colonie devoir fignaler l'avantage
que les comtre-sivolutionnaires: attendoient des différens
complots qui fe font dernièrement manifeftés en
>>
France.
Voila, Meflieurs, le précis de la révolution de SaintDomingue. Vous en recevrez inceffamment les détails des
trois parties de la colonie. Ce rapprochement, dont nous
avons déjà donné une partie des pre uves à MM. les commiffaires nationaux civils, éclairera la France fur les vraies
difpofitions de Saint-I Domingue.
>> Laffemblée coloniale vient aufli de mettre fous
yeux
la conduire qu'elle a tenue depuis fon inftallation. leurs Perfécurée, calomniée, outragée même jufques dans fon fein
par le repréfentant' du roi 2 fa prudence ne l'abandonna.
jamais 5 & fi la profcription de plufieurs de fes
fi les dangers dont elle fut environnée nè l'ont point membres, intimidée, c'eft fon amour pour la Conftitution, c'eft fon attachement à fes conftituans qui l'ont maintenue dans le
où ces conftituans l'avoient placée.
pofte
>> Enfin T'erreur va fe difliper entièrement 5 l'énergie des
François d'Europe va paffer dans le coeur des colons, découragés par trois années confécutives de malheurs fous les
coups de la calomnie ;le refpect dû à la fouveraineté natiomle, énervera le courage de la fenfibilité des colons de SaintDomingue.
93 Repréfentans d'une nation fière & généreufe, > fi vous
avez pu douter de notre fidélité à la France, de notre foumillionàla loi, jetez un inftant les yeux fur nos malheurs...
Vous connoiflez aujourd'hui ce que peuvent l'intrigue & la.
malheurs fous les
coups de la calomnie ;le refpect dû à la fouveraineté natiomle, énervera le courage de la fenfibilité des colons de SaintDomingue.
93 Repréfentans d'une nation fière & généreufe, > fi vous
avez pu douter de notre fidélité à la France, de notre foumillionàla loi, jetez un inftant les yeux fur nos malheurs...
Vous connoiflez aujourd'hui ce que peuvent l'intrigue & la. --- Page 90 ---
-
perfidie. Vous en voyez en nous abreuvés les malheureufes des larmes vic- du
times 3 nous fimes trop long-temups Ne fouffrez plus qu'on cache
que nous reprélenrons. alors la France reconnoûtra les
EE plaintes des colonies 5
les vrais Français de Saintvrais amis de la Conflitation,
Domirgue.
en féance, les jour, mois & an que
>> Fait &c arrêté
deffus.
>> Signé, Duwaups@efemtis TRAINIR, & LEGER DuvAL,
MATPA
GEANTY, MAILLES,
taires.
POITTEVIN > garde des archiyes >>.
>> Collationné. Signé,
à connoitre l'efprit public : nous'
Citeyens, on cherchoit
T'aflemblée étoitle
fommes convenus que celui celui qui de dirigeoit la colonie. L'efprit public
véritable thermomètre de conforme à celui de Tallemblées
devoit être nécellairement fut celui de T'affemblée dans le
vous venez d'entendre quel Elle annonce qu'elle a rendu"
précis de ce qui s'eft pall,
&c
deftaprès
compte de fa conduite à Polverel Sonthonax; du décret
qu'elle a rendu compte de fa conduite, > font en venus vertu la remerdu4avril, que Polverel & Sonthonax
ils l'accucier. IlsT'ont donc jugée digne de donc remerciemens; d'accord avec eux-mèfent aujourd'hui, Quils foient
Si alors elle méritoit des remerciemens > aujourd'hui
mes.
accufce, cette affemblée. Il n'eft pas
elle ne doit pas dans être le moment où ils avcient encore la mépolible que 2 fraiche du compte que. l'aflemblée venoit de
moire toute
iln'et pas polible que ceux qui alors
rendre de fa conduite,
puitient aujourd'huilnola jugeoient digne d'être biâmable,ou remereiée louable. Le jour même'
cufer : car ou elle éroit ceffé d'exifter 3 elle n'a pas pu déoà ils Y'ontlouée Comment elle a fe fait-ilque ce qui éroitlouable
mérirer depuis.
Polverel 1& Sonthonnx foit blâmable
à Saint-Domingne
& Sonthonax : Je voudrois que
en France par
FaRELOr
deux hommes, pour fairo croire à leurprobité, fufient
ces
able,ou remereiée louable. Le jour même'
cufer : car ou elle éroit ceffé d'exifter 3 elle n'a pas pu déoà ils Y'ontlouée Comment elle a fe fait-ilque ce qui éroitlouable
mérirer depuis.
Polverel 1& Sonthonnx foit blâmable
à Saint-Domingne
& Sonthonax : Je voudrois que
en France par
FaRELOr
deux hommes, pour fairo croire à leurprobité, fufient
ces --- Page 91 ---
Ss
d'accord avec leurs adtes. Enfuite Polverel vous a dit, avec
ull ton affirmatif, fait pour en impoler, fi nous ne tenions
à la main un adte, de Polverel
prouve le contraire ; il
vous a dit que la loidu 4 avril de jamais été exécutée. Eh
bien'! Citoyens, c'eft Polverel lni-même qui va vous dire
que la loi a été exécutée. Ce n'ef pas ma faute, c'eft lui
qui va vous le prouyer. Je lis un article de la proclama-,
tion du I2 octobre 1792..
(Ilie: )
c Les municipalités déjà formées, en cxécution de la loi
>> du 4 avril 5 feront tenues de convoquer également les
>> citoyens, &c. 8cc.s
Brulley : Point de milieu; Ou la-loi du 4 avril étoit exécutée, ou eile ne l'étoit pas. Il n'eft pas poilible qu'un homme
vienrie ici vous dire cfrontément que jamais la loi du 4 avril
n'a été exécutée, & que ce même homme, à Saint-Domingue, ait fait une proclamation pour ceiles dds municipalités
avoient été formées en exécucion de In' loi du 4
avril.
voyez donc que c'eft par les
aétes
vA
propres
de ces
hommes que nous détruifons leurs accufations >, & l'édifice
dreflé pour détruirele refte des colonies s'écroulera avec tous
leurs raifoanemens > qui ne font fondés que fur l'impofture.
On vous a parlé de Jacmel & de Jérémic. On vous a
fait un long hilloriques Polver:1 vouS a fait un long récit
de fon vowage dans ces parries 3 il vous a parlé d'uaraffemblement d'hommes de coulour de Jacmel qui fe difvient
profcrits. Eh bien! On vous pronvera que lcs hoimes de
couleur de cette paroiffe n'ontpoint été perfbcueés. On vous
le prouvera, > car Il y a ici un e'icier-mannicipal de Jacmei
qui en a les prauves dans f pochh, Palverel a avancé qu'aucun homme de couicur n'écoit'relé a Jacmel ; le contraire
fera démentré.
Voicile fait, quia été défiguré par Polverel: Il fe trouvoit
à Jacmel quatre ou cing mauvais fujeis > conme il s'en
rencontre par-tout, qui, fedwits por les conte-r@vcluticnnaires, cherchoient à détruirela paroifs, # memeilsavoient
brale la ville. Ces quatre ou cinq chefs de parti, qui 2
'aucun homme de couicur n'écoit'relé a Jacmel ; le contraire
fera démentré.
Voicile fait, quia été défiguré par Polverel: Il fe trouvoit
à Jacmel quatre ou cing mauvais fujeis > conme il s'en
rencontre par-tout, qui, fedwits por les conte-r@vcluticnnaires, cherchoient à détruirela paroifs, # memeilsavoient
brale la ville. Ces quatre ou cinq chefs de parti, qui 2 --- Page 92 ---
-
S6
s'étoient
à des voies de fait 3
comme vors voyez, Folverel vouloit portls ramener avec lui; c'elt-à
étoient CCUX que
ne vouloit pas recevoir. Là dellus
dire, des égorgeurs qa'on
contenant des détails trèsil vous a fait le récit d'un voyage à favoir
vouloit introduire
oifeux. Tout cela fe réduit
qu'il
voulu
dans la paroilie, des égorgeurs dont on n'a pas
permettre Quant Tentrée. à Jérémie,* "il vous a dit que ce quartier étoit loi très- du
récalcitrants qu'on ne youloit point reconnoître la Eh bien 14 !
avril; qu'iy avoit ceci, qwil y avoit avoit cela... des hommes de
Citoyens, on, vous prouvera quly J'eipère que lorfqu'on aura
couleur dans la municipalité,
l'exiftence
donné icette preuve > dans lorfqu'on la municipalité aura démontré , ou verra tomd'hommes de couleur T'échafaudage
a élevé fur le refus
ber de lui-même
avril. Jérémie qu'on rentroit donc dans la
d'exécuter la loi du 4
inftiruées en exécution de la loi du
claffe de Cette ces municipalités loi étcit donc exécurée dans la prefque totaie aviil. de la colonie 5 car on ne vous a cité que ces deux quarMais
même vous admettriez ( ce qui eft contiers.
vériré quand
les deux quarters n'ont pas exécuré la
traire àla
) que même il feroit vrai que quelques auloi du4 avril; quand l'auroient
exécutée : ne feroitil"pas
tres quartiers ne
la3 leidu pas
n'éroit pas exécurée
ridicule. d'en inferwe que
c'eft 4arril comme filon difoit qu'en
dans T'érendue dela colonie :
France il y
France ilry a que dcs royeliftes, parce qu'en &c T'étendue
a une Vendée; & cerres, pour la romnlation
Jérémie &cJacmel font moins à Sain-Doringue del e la quen'eft de
la Vendée à ia Francc. Ainfije conclus que, prouvée par part fon
Polverel, il y a une allégarion éit quela feutle, loi du 4 avzil n Tétoit pas
aôte même, quandil
exécutée à Stist-Domingue, d'indépendance pariée contre lafJ'ai déruit Taccularion
confembléc de Saint-Mfore. J'ai détguit Facenierion portée civils
tre la feconde aflemblée > quoizne Jes corniflaires vous veniez d'enlui aient voré des remerciemens, quoique quila juftident. S'il éreit
tendre les aétes de cetteafleunblée conilenticlies, vous verriez quels
nécellaire de lireleslerres de cette affembiée 5 mais cette lecture
étcient les fentimens
vous vencz d'entendre la lecfercit furabondante, puifque
ture
civils
tre la feconde aflemblée > quoizne Jes corniflaires vous veniez d'enlui aient voré des remerciemens, quoique quila juftident. S'il éreit
tendre les aétes de cetteafleunblée conilenticlies, vous verriez quels
nécellaire de lireleslerres de cette affembiée 5 mais cette lecture
étcient les fentimens
vous vencz d'entendre la lecfercit furabondante, puifque
ture --- Page 93 ---
ture du feul aôte que les commiflaires trouvoient repréhenfible, & que vous avez reconnu qu'il n'étoit pas digne de
cenfure:
Nous voulions connoitre l'efprit public, les fentimens des
aflemblées coloniales; vous venez de voir que jamais elles
n'ont penfé à T'indépendance; que l'affemblée de Saint-Marc
n'a été pourfuivie que par Mauduir & par ceux qui, comme
lui, ont voulu perdre la colonie de Saint-Domingue , ou
la livrer aux Anglais. Toujours vous verrez le même langage. Voyez les écrits de Mauduir & ceux de Polverel &
Sonthonax; c'eft la même chofe : voyez ceux de Barnave;
c'eft la même chofe encore : tous font calqués furle même
plan, fur un fyftème d'indépendance attribué à l'allemblée
de Saint- Marc. Vous les entendez parler de la faction
desL.copardins; & quand lils ont ainfi làché quelques morsinfignifians, , ils croient avoir fourni des preuves. Eh
nous
les fommons de les donner, & nous leur portons bien! le
défi le. plus formel d'adminiftrer aucune preuve, de fournir aucune pièce contre l'aflemblée de Saint-Marc & contre
T'aflemblée coloniale; & certes. , il leur fera impollible de
produire d'autres actes.que ceux émanés d'eux-mémes.
Ainfi, lefprit public étoit bon dans la colonie S VOUS
voyez que la loi du 4 avril y étoit exécutée autant
étoit poflible : car ici il y a une obfervation importante qu'il à
faire ; la loi du 4 avril ne devoit pas être exécutée catièrement à l'arrivée des commiffaires civils Polverel 6c.
Sonthonax; un article de cette loi leur en réfervoit expreffément l'exécution ; quand ils fe font préfentés à SaintDomingue il Jeur étoit réfervé de compléter l'exéctition
de la loi. L'affemblée coloniale avoit voulu la mettre
en entier à exécution; elle en fut difluadée par Roume,
parce que la loi étoit tellement
0e
,
expreflive > qu'il ne lui
apparrenoir pas de la mettre à exécution. Elle avoit invité les hommes de couleur 2 cn attendant l'arrivée des
commiffaires civils, qui fe faifoient long - temps attendre,
parce que l'expédition avoit tardé à Breft; elle avoit in- >
vité les hommes de couleur à venir dâns fon
comme repréfentans, cela étoit défendu aux termes fein, mêmes non
de la loi, mais elle leur a dit: Venez aflifter à nos délibérations, & nous vous prouverons que nous ne voulons
Tome I.
G
couleur 2 cn attendant l'arrivée des
commiffaires civils, qui fe faifoient long - temps attendre,
parce que l'expédition avoit tardé à Breft; elle avoit in- >
vité les hommes de couleur à venir dâns fon
comme repréfentans, cela étoit défendu aux termes fein, mêmes non
de la loi, mais elle leur a dit: Venez aflifter à nos délibérations, & nous vous prouverons que nous ne voulons
Tome I.
G --- Page 94 ---
avec vous. Que devient a
qu'être unis fraternellement nous fait contingellement, , bafé
préfent le reproche qu'on des blancs pour les hommés de
fur la prérendue antipachie intérêt vouloit effentiellement que nous
couleur 2 Notre
& jamais l'efprit public n'a
fullions liés à ces hommes, Je foutiens que les affemblées
été prononcé contre eux. conduites d'après les principes
coloniales fe font dans toujours des intentions de juftice & de paix,
de la révolution, de Polverel & Sonthonax font abfolument
& les accufations
faulles.
étoit l'efprit public dans toute FéRefte à prouver quel fera Y'objét de la difcuflion dans la
tendue de l colonie; ce,
prochaine féance,
qu'un mot à dire anjourd'hui, car il
S-nthonax : Jen'ai de répondre à l'inftant.
me feroit impoflible
s'eft élevée entre les opDans la grande querelie & a défenfeurs 5 entre les mari
preffeurs de Thumanité
par la févérité de leurs
chands d'hommes & ceux qui, de ce trafic honteux; entre
mefures, ont tari les fources de Tindépendance & du féles partifans & les feétateurs ont toujours protégé la
déralifme colonial, & ceux qui demande, pour que Re
priété francaife en Amérique. je
avoir comgaiité puifie régner entre- nous dès 2 que pièces je puilte qui fe trouvent
municarion du grand nombre Les colons" en produifent
inventoriées, dans nos papiers. quils n'ont ett ni la remife 2
beaucounpiils difent cependant d'aucune; ils ont donc foufrait ces
ni la communication la levée des fcellés. H eft clair, quant
pièces avant ou après
à produire,, qu'ayant
des pièces importantes
le
2 moi, qu'ayant fut l'efprit public de la colonie depuis
à pronver quel de la révolution jufqu'à notre atrivée, nous
co.mencement le faire qu'autant que nous aurons nos pièces.
ne pourrons
du combat, fi, lorfqu'on nous
Oa feroit donc Tégalité difcufion vis-à-vis de tous les colons
force feuls à une
jamais aucun fonétionnaire
blancs, difcuffion à laquelle difcuffion mémoriale fur des aétes
public n'a éré fougis > coûté deux mois de réflexions; &
qui fouvent nous ont être fortis de notre mémoire. H'eft
dont les mbrifs peuvent y a une férie de faits; puifquil
donc
pusifqu'il font dans nos archives & inyeny a une férie pilees qui
E
-à-vis de tous les colons
force feuls à une
jamais aucun fonétionnaire
blancs, difcuffion à laquelle difcuffion mémoriale fur des aétes
public n'a éré fougis > coûté deux mois de réflexions; &
qui fouvent nous ont être fortis de notre mémoire. H'eft
dont les mbrifs peuvent y a une férie de faits; puifquil
donc
pusifqu'il font dans nos archives & inyeny a une férie pilees qui
E --- Page 95 ---
8s
toriées, , que nous les ayons, pour que nous foyons à armes
égales.
Hier, en même temps que je vous annonçois quel étoit
l'efprit des allemblées coloniales, je vous demandai un
délai très-bref pour avoir, les pièces & les mettre fous vos
yeux; elles font importantes, pour vous prouver
public de la colonie ; & voici une lettre du patriote T'efprit
Daugy, , commiflaire des foi-difant patriotes colons de SaintDomingue.
Le citoyen Brulley vous a affuré que les décrets des 8
& 28 mars 'avoient été reçus avec plaific &
& qu'on s'y étoit entièrement conformé.Je n'aurai enregiftrés, de
peine à vous prouver que le fait eft faux, puifque les pas allèmblées coloniales n'o ont jamais été compofées
de
& qu'un article des inftrudions du 28 mars que
blancs, difcit
précifément : que toute perfonne agée de 25 ans, domiciliée dans la colonie depuis 2 ans, devoit voter dans les
affemblées. Ainfi, l'on a exclu les citoyens de couleur, parce
qu'ilsn'étoient pas des perfonnes.
Voici ce qu'écrit Daugy.
Lettre de Dangy à meffiears les habitans de la dépendance
du Nord de Saint - Domingue. (1)
Paris,7 juin 1791.
ce MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
> Nos pollefions fe trouvent compromifes
le
de l'aflemblée nationale fur les gens de couleur par décret du
15 mai dernier. Il faut
nous les confervions libres, à méropole, en dépit des RRcdote ou aveugles, ou méchans, le
ou
Note jointe à la letere.
(1). Cette lettre dévoile l'efprit & le fyféme des colons
patriotes, émigrésà la
foi-difant
& fignéc, a été choifi Neuvelle-Angienarne par eux pour, coujointement Daugy, 2 qui l'a (criie
Brulley Larchevelque - Thibaud, Raboreau,, Thomas arec Miler, Page,
Chuta: Duny, &c., les repréfenter à la Convention
& y dénoncer & pourfuivre Polverel & Sonthonax.
nationale,
G 2
& le fyféme des colons
patriotes, émigrésà la
foi-difant
& fignéc, a été choifi Neuvelle-Angienarne par eux pour, coujointement Daugy, 2 qui l'a (criie
Brulley Larchevelque - Thibaud, Raboreau,, Thomas arec Miler, Page,
Chuta: Duny, &c., les repréfenter à la Convention
& y dénoncer & pourfuivre Polverel & Sonthonax.
nationale,
G 2 --- Page 96 ---
La
fait rendre'ce fatal défoudoyés parTAngleterre devient , qui ont le devoir de toutbon Francret. Ici,la réfiftance
réfiftance foit elilicaces il faut
çais; mais, pour que la
l'ètre que par le
ne
foit unanime; elle
peut
cclons plus
qu'elle
accord entre les
proincime & le plus jmperrurbable Ayons au moins à nos enpriétnires ou non-proptiétaires. du bien public, T'obligation de nous
nemis, aux ennemis
dont nous' fommes meavoir réunis dans la perte générale
aflemblée colonacés, & contre laquelle notre ptemière voulu vous prémunir.
niale de Saint - Marc a inutilement avoient fait demandei por la coSes pretfentimens qui lui légillatif, en ce qui ne touche
lonie "'exercice du pouvoir fes prelfentimens, dis-je : vous
fon régime intérieur;
: l'événement en vérifie auRea avez traités de vains prétextes
jourd'hui la jufteffe.
dit
dans la tribune
>> Périffent les colonies, a
Robefpierre
de cette
de l'affemblée nationale ( aux matiorpbsaitsen les colonics , plurôt
affemblée &c des galeries ) > atteinte périllent à la déclaration des Padus
de laiffer
la moindre
de HARET (1)1
& nous Tavienspréva, & vous
>> Celaeft clair, mellieurs 5 la lettre que M. Larchevelque
en trouvezla apredicion 1
dansl
de Saint-Marc le30
Thibaud &c moi nous vous écrivions être dans les archives de lafmai 1790. Cette lettre doit
Note jointe à la lettre.
depuis la perte des colonies,
des
Robefpierre a vouln,
dans
FSdE
vues bien oppolies au orincipe qu'il & profeffoit lui ont tenu les rènes du
conftituant:. Tant que fs complices dans lcs colonies aucun
ils n'ont envoyé
Frsnce. ilsfe font
serane
gouvernement; ancune nouvelle même fur la fituation la Convention' dela
avoit chargé fes
tamment oproles au rapport de marine que & des colonies, de lui faire fur &
comités de falut public, Texécution du déeret du 16 pluviëfe, I's
lcs mefures à prendre commiffaires pour
civils Polver.! & Sontl onax: ds
fur la conduite dcs du décret qui orienie cerapport, fait enlever les
ont, au mépris les deux commiffaires qui y. avoient dansTefjoir prnclamé les
Saint-Domingee Drois de PHlone, & ne les ont pas remplaces, fans guides, fubiroient Liease
"Africains 2 faris armes, fans fecours,
le joug des Ang'ais & des Empignols.
à prendre commiffaires pour
civils Polver.! & Sontl onax: ds
fur la conduite dcs du décret qui orienie cerapport, fait enlever les
ont, au mépris les deux commiffaires qui y. avoient dansTefjoir prnclamé les
Saint-Domingee Drois de PHlone, & ne les ont pas remplaces, fans guides, fubiroient Liease
"Africains 2 faris armes, fans fecours,
le joug des Ang'ais & des Empignols. --- Page 97 ---
femblée provinciale du Nord. Je n'affligerai pas vos cacurs
en vous rappelant la réponfe que Ton nous fit ; l'intérêt
général dont j'ai à vous entretenir eft bien autrement important que ce qui ne concerne que deux individus.
25 Vous étiez dahsl'erreur, Mellieurs, en taxant d'alarmes
fauffes &cMimulées les juftes crainres que nous caufoient & le
décret du 8 mars & les inftructions du 28 du même mois;
vous èriez dans l'erreur, en vous bornant à demander, dans
votre adreffe, que l'Allemblée nationale ne ftatuôt que d'après
les demandes des affemblées coloniales fur l'état des perfonnes
dans les colonies; enfin, vous êtiez dans Y'erreur en vous fét
licitant du décret de l'Affemblée nationale du I2 odobre,
dans le préambule duquel elle affure, f fanfement avoir toujours eu l'intention de décréter contiurionnellemenr ce que
nous condamner,
vous lui demandez. Remarquez que pour
comme elle l'a-fait par ce décret, il a fallu que, comme
vous, elle nous reprochât de manquer de confiance en elle;
que, comme vous, elle qualifiàt de faux & vains prétextes
la crainte
nous avions manifeftée de la voir prononcer
fuar l'état Sure perfonnes de la colonie, Jas attendre les demandes, des aljemblées coloniales.
93 L'ardente fociété des amis des noirs vous a fait
içi des
&c ce n'eft pas fans
Haiors
diguer
applaudiflemens,
puifque vous la ferviez à fon gré; premièrement, en envoyant, comme vous l'avezfait, des afranchis armés contre
votre affemblée coloniale; fecondement, en apprenant aux,
races africaines efclaves ou libros, que ce n'elt plus la loi, 3
mais la feule volonté des colons de Saint - Domingue qui
déformais retient les uns dans la fervitude, les autres à la
diftance qui, jufqu'a ce jour, a féparé & doit à jamais
féparer les affranchis de leurs patrons. Le rédaéteur de votre
adrelle a voulu, & fans doute a cru dire en d'autres termes
ce que nous entendions dire à Saint - Marc par le pouvoir
légillatif, pour le régime intérieur, & a cru aller aufli loin
que nous, & le fait eft que nous-mêmes, qui l'avons laiffé
bien de l'arrière, nous-mèmes, Mellieurs, n'avons pas été
allez loin, nous" nous fommes trompés en démandant à
l'Alemblée nationale la délégation du pouvoir légiflatif
notre
inrérieur; car c'étoit lai reconnoitre le
FOrst
de.nous régime le. refufer: c'étoit, à cet égard, nous mettre volon-
, & le fait eft que nous-mêmes, qui l'avons laiffé
bien de l'arrière, nous-mèmes, Mellieurs, n'avons pas été
allez loin, nous" nous fommes trompés en démandant à
l'Alemblée nationale la délégation du pouvoir légiflatif
notre
inrérieur; car c'étoit lai reconnoitre le
FOrst
de.nous régime le. refufer: c'étoit, à cet égard, nous mettre volon- --- Page 98 ---
tairement à fa difcrétion : il falloit dire, (& je vous le répère,
M.Galifet, & je VOMS prie de le faire favoir à M. Oded'apres
à Samr-Domtagm)atailiae dire : Cepoulonsfonrepsefentanes
voir legilaufappartient3 à lapartie intérieur Remcufetscam-iuanet ; & tout ce qui eft
en ce qui touche fon régime commerciaux avec la métropole : &
étranger à fes rapports la colonie de Saint-Domingue déclare
ce potvoir légifatif,
déléguer T'exercice que dans fon
le recenir, & n'entenden coloniales librement & legalement forfein aux aflemblées feule fanétion & acceptation du roi, &c-(s'il
mées, fousla le
convenable ) Tapprobation provifoire
lefaue & ga'on juge
du
doit être la bafede notre édifice : nous dirons
>> Faati quelle dans les termes dont je veux me fervir, au
enfuire, fnon
moins en fubftance :
A R TICI E P R E M I E R.
des noirs achetés à la côte d'Afrique, vendus
32 L'efclavage
& des enfans qui en proviennent, eft
à Saint - Domingue maintenu >
dans cette colonie.
irrévocablement
II
de la fervitude des noirs, le refpect impolé
35 Par fuite
affranchis & iffus d'affranchis, de
envers les blancs, aux foient, demeure aufli irrévocablement
quelqse couleur qu'ils
maintenu à Saint-Domingne.
IILles affranchis & iffus d'affranchis, de
33 En conféquence > foients demeurent à jamais exclus de
quelque affemblée couleur de quils blancs, & ne pourront ètre ni délibérans
toure
ni éloéteurs, ,ni éligibles; mais continueront d'ètre,
avec eux, les blancs, & fans aucune différence, fous la procomme
ure aufli irrévocablement
quelqse couleur qu'ils
maintenu à Saint-Domingne.
IILles affranchis & iffus d'affranchis, de
33 En conféquence > foients demeurent à jamais exclus de
quelque affemblée couleur de quils blancs, & ne pourront ètre ni délibérans
toure
ni éloéteurs, ,ni éligibles; mais continueront d'ètre,
avec eux, les blancs, & fans aucune différence, fous la procomme --- Page 99 ---
teétion des lois, pout la sureté de leurs perfonnes & de leurs
propriétés, & ils auront le droit de pétition aux allemblées,
>, Tels font, Meflieurs, tels me paroiffent du moins les
mêmes principes auxquels nous devons tous. nous rallier : nosfautes
, nos inimitiés, nos violences
&
nos
par
ennemis communs, , doivent être fuggérées déformais arifées
de notre union : qué rien ne la' trouble plus, & nous le triom- gage
pherons d'une fecte orgueilleufe & folle que
crois
criminelle encore qu'aveugle. Ne donnons ai je
plus
attachement d la
refe qic notre
défafreux décret de métropole "Allemblée 3 pour motifde notre réfance ai
d'abord,
nationale; nous fcroms vrais
puifque notre intérêt pour nous y
&
réclamer notre régime intérieur eft aufli l'intérêt oppofer de
& de plus, nous
bien
la
TLIOEr
Jerons
forts, f nous reftons unis.
3> J'ai l'honneur d'être, &c.
Signé, DAUGY.
9> P. S. Je remets cette lettre par duplicata, l'une i
Tremonderie, l'autre à M. Auvray : leur
à
la connoillance qu'ils y ont prife des vues féjour de Paris, &
nationale, leur ont fait apprécier les principes.qui l'Afembiée
l'aflemblée de Saint-Marc c: ils font en état de donner dirigeoient
lettre les développemens dont elle
avoir
à ma
peut
befoin.
93 Si l'on vous parle (& on vous en
d'adhélion de notre partaux décrets de l'Alfemblée parlera) d'ades
touchant les colonies, demander à nos
cè nationale
des obligations contraciées entre les deux arifarques guichets. >> que valent
9> Il eft ainfi en ladite pièce fignée, paraphée &c
la chancellerie du cunfulat de la République
dépofée en
de Penfylvanie,
frangaife, étar
la
> par adte du 12 décembre 1793, l'an II".de
République françaife. >>
Signé, BEAUVARLET.
à Sonthonax : Voilà, citoyens, la Jettre
a
fes commettans de la province du PRERET Daugy je la remetrrai éctite --- Page 100 ---
àlapremière féance : jeme réfume en ce momentenpriant la
commiflion de faire droit à mi première demande.
Polverel : J'obferve à la cummiflion que l'original de la
lettre dont mon colligue vient de donner lecture eft dépofé
au confulat de Philadelphie; nous n'avons entre les mains
qu'une copie certifiée par le chancelier Beauvarlet.
Le' préfident déclare que la féance cft levée.
Le regiftre des préfentes cf Fgné: J. Pi. GARRAN,
Préfident ; LECOINTE ( des Deux - Sèvres), Sccrétaire 3
CASTHLON, GRÉGOIRE: J. B. D. MAZADE, ALLASSEUR,
PIYRE, Fouciié (de Nantes ).
Troifieme Scance.
ons entre les mains
qu'une copie certifiée par le chancelier Beauvarlet.
Le' préfident déclare que la féance cft levée.
Le regiftre des préfentes cf Fgné: J. Pi. GARRAN,
Préfident ; LECOINTE ( des Deux - Sèvres), Sccrétaire 3
CASTHLON, GRÉGOIRE: J. B. D. MAZADE, ALLASSEUR,
PIYRE, Fouciié (de Nantes ).
Troifieme Scance. --- Page 101 ---
Du 13 Pluviofe.
LA rédaction des débats de la féance de la veille eft lue
& adoptée.
Le préfdent: Avant d'ouvrir la difcuffion, je vais denner
leéture du décret de la Convenrion nationale, du 4 pluviôfe,
qui ordonne l'ouverture des débars, & qui vient d'être envoyé officiellement à la commiflion des colonies, pendant
qu' on lifoit le procès-verbal d'hier.
Aucomité Extrait du procès-verbal de la Conyention nade marine &
tionale du quatrième
de
l'an
colonies,
jour
pluvidfe,
troifème de la République frangaife une &
indivifible, (1)
No.639.
cc La Convention nationale décrète que la
commiflion des colonies entendra, fous trois
jours, les accufateurs & les accufés dansl'affaire
des colonies; que les débats qui auront lieu,
feront recucillis, imprimés & diftribués à la
Convention nationale.
3> Vifé par le repréfentant du peuple infpecteur aux procès-verbaux. Signé, Vionr.
>> Collationné à l'original, par nous repréfentans du peuple, fecrétaires dela Convention nationale.
Paris,le 5pluviofe, de l'an fufdit.
> Signé, Roux, MERCIER, fecritaires."
(1) Renvoyé
le comité de marine & des colonies à la commiffion des rARBA0EIE le IO pluv.ôfe,an troifième de la République
françaife une & indivifible.
Signé, J. N. TOPSENT, Bausst,Ferdsin,
Tom: I.
. Troifièm: livraifon.
H
étaires dela Convention nationale.
Paris,le 5pluviofe, de l'an fufdit.
> Signé, Roux, MERCIER, fecritaires."
(1) Renvoyé
le comité de marine & des colonies à la commiffion des rARBA0EIE le IO pluv.ôfe,an troifième de la République
françaife une & indivifible.
Signé, J. N. TOPSENT, Bausst,Ferdsin,
Tom: I.
. Troifièm: livraifon.
H --- Page 102 ---
s6 donne leéure d' un arrêté de la
Lecointe ( des Deux-Sevrer date du 12 de ) ce mois.
commiflion, en
Troifième année, I2 pluviofe.
Commifion des Colonics.
A R R E T E.
confidérant
les débars
des colonies,
accufateurs
entre
La'commaifion
nationale,
A
ordonnés
la Convention Yaffaire des cclonies, nateindrovent
& les
dans
uns ou les autres
TREs
EE eseft propolt, fi les
dans la difle but qu'elle de déligner d'une manière précile, ou de la juftipas à même
à Yappui des incalpations
cullion, les pièces
aux accu fés les
fication 5
qu'il eft jufte de foarnir
les moyens
>> Confidérant
comme aux acculateurs ces ioyens
moyens de le défendre,
fur-rout lorfque
de prouver ce qu'ils ont avancé, ont été faifies en're leur: mains: des
réfulrent des pièces qui
appelés à la commillion mois,
wArrête que les citoyens de la loi du 4 de ce
qui
colonies, pour Texécution coarradiatoite entre les accufateurs
ordonne une difcuflion laffaire des colonies, pourront prendre leurs
& les accufés dans
ont été faifies entre comcommunication des pièces qui des colonies. Cette de
mains,8 dépolces à la commilion donnée que par un membre
munication ne pourra être
)
& fans déplacer.
nous-mèmes
la commilion, Nous allions vous demander
leur tadir
Verneuil :
Polverel &c Sonthonax
les pièces réclamées par
remifes.
dans la fiance d'hiers Iui
Sonthonax réclame la parole 2t débats.
a été promifa pour louverture
d'ondre,efenàf faire une propofition Hier, voyant que SonBrulley :Jedemande pabtic & pour nous. aux faits que j'avois
tielle pourt:
da'ienendio
J'oblerve feuthonax étoi: iteruienr Lomands à pourfuvre.
du reénoneés, je n'a 1S cas oà Sonthonax tireroit parti
icment que, dansle
ax réclame la parole 2t débats.
a été promifa pour louverture
d'ondre,efenàf faire une propofition Hier, voyant que SonBrulley :Jedemande pabtic & pour nous. aux faits que j'avois
tielle pourt:
da'ienendio
J'oblerve feuthonax étoi: iteruienr Lomands à pourfuvre.
du reénoneés, je n'a 1S cas oà Sonthonax tireroit parti
icment que, dansle --- Page 103 ---
proche d'avoir arboréla cocardenoire, d'avoir retardé l'envoi
del'avifo en France, de celui relarif aux bateaux à
ou d. celvi par lequel il annonce que destommes de foupape, couleur
Ont été ruilies comme des betes fauves, je me réferve exprefemen: de lui répondre.
La commiffion accorde à Brulley la faculté d: répondre à
So:chonax.
Sonthonax : En voyant l'acharnement
les ciroyens coleas meren: duis cette enceinte & hors qe. cetre allembléc,
je men fuis fouvent demandé la caufe, & je l'ai trouvée
dans le décret du 16 pluvibte, an 2. C'eft la liberré, c'eft
Tindépendance civile des Africains que les ciroyens colons
veulenr attaquer dans nos perfonnes; ils favent
nous
en avons été les plus fiers & les plus intrépides
Les colons blancs de Saint -
SERAt
Domingue, qui ont ici leurs.
partifans, convoquent dans ce moment le ban & l'arrièreban de la colonie de Saine-Do-ningue, Toute la nobleffe de
l Peau arrive à Paris de tous les points de la République,
poar machiner; non feulement contre nous, mais encore
contre la loi immorrelle de la liberté: & ce n'eft pas directement qu'on prétend l'astaquer, c'eft en T'embarraffant par
de prérendus réglemens de culture qui rattacheroient aux
ci-devant efclaves les fers que nous avons brifés. Les colons
ne fe conrentent pas de répandre la calomnie par - tout :
hicr, fur ha place du Carrouzel, en fortant de cette encointe,j'ai bré infuliésplus de deux cents colons ont ameuté
le peuple en l'excirant à me courir fus : mon collegue Polverel n'étoit
avec moi.
Verneuil: R demande acte de cette accrfation.
Sonthonax : Citoyens qui êtes ici préfens, je vous
d'infpirer plus de prudence à vos ficaires; j'ai fia braver tr
Saint-Domingue vos poignards, je ne. les redowre poinr ici.
Pailte-je périr affifliné, pourvu que j'emporte la douce fatisfiction de voir le peuple africain jibre & heureux, &
vous enduriez le fpeétacle de fon bonheur. Je paffe outre que
cette digreflion 5 jai été obligé de le dire pour vous
prouver l'acharnement qu'on met contre moi : je ne puis
pailer dans les falles, entrer ni fortir de la commiflion,
H 2
les redowre poinr ici.
Pailte-je périr affifliné, pourvu que j'emporte la douce fatisfiction de voir le peuple africain jibre & heureux, &
vous enduriez le fpeétacle de fon bonheur. Je paffe outre que
cette digreflion 5 jai été obligé de le dire pour vous
prouver l'acharnement qu'on met contre moi : je ne puis
pailer dans les falles, entrer ni fortir de la commiflion,
H 2 --- Page 104 ---
- -
témoins 98 des infultes qui m'ent été
fans être infulté. Les du Carronzel, font ici; mais il eft
faires hier fur la place entendre: je palle la-delfus, & je viens
inurile de les faire Taramedemniere féance,que la fource
au fait. J'aidit, dans
a
étoitdansle (ulenediademendans la
des maux des.-Domingue deux affemblées colonisiesgiai dit que
bien pfomoncé des aflemblées colenialeseft celle deSt-Marc:
premicre desdeux elleannonçoit, mais même elle exerçoit 'dit l'indé- la
non-feulément viendrois à bour de le prouver :jai
que des
pendancesje
maux des colonies venoit de Toppofition
fource de tousles coloniales & des corps populaires aux volontés
affemblées nationale de France. J'aidit que l'efprit
de l'affemblée
des colons
teas
des colons blancs, ou piurôr vouloir des entrainer mencurs dans une proferip-
(car il fercit ridicule hommes de
ont été plutôr égarés &
tion . générale des tes crimes par qui les principanx meneurs des
conduits à tous ccloniales), étcit leiprit dl'indépendance, Je
deux affemblées
preuves par lcs acles dcshcinomesquiont
vais commeneermes theitre de la révolution depuis 1787 jalqu'a
figuré fur le dans la colonie.
notre arrivée révolution coloniale a eu, comme en France,
Citoyens, la
T'opprellion fouslaquelle la colonie
pour gyeancpelveuienlst colonies francaifes, &: notammnent Saint-Dogémiffoit. Les gouvernées arbitrairement par des intendans,
mingue > étoient & des confeils fupéricurs qui fe difputoient >
des gouverneurs
non-feulement les colons blancs,
àqui dévoreroit le mieux leur étoient foumifes, & notammais toutes les clalles qui La premitre aurore,, onl plurôt
ment le peuple de couleur. arriva dans la colonic de la prife
la premiète nouvelle électrifa qui tous les efprits : tout le monde voulut blancs
de la Baftille chacun voulut I'ètre à fa mgnitre : les
être libre; mais
libres; mais ils voulurent repoufler des
voulurent bien être
de couleur : les biancs voulurent feaffemblées les hommes intendans, des gouverneurs, des confeils
couer le joug des
ceux qui parloient de lifupérieurs; mais ils. repoulerent eux; mais ils voulusent lefberté pour d'autres les que colonies pour & Péternel alfervillement des
clavage éternel dans
negres.
des affemblées primaires, 8c dans les
Dans le eommencement les blancs admirent ui moment
le fud de la colonie,
: les biancs voulurent feaffemblées les hommes intendans, des gouverneurs, des confeils
couer le joug des
ceux qui parloient de lifupérieurs; mais ils. repoulerent eux; mais ils voulusent lefberté pour d'autres les que colonies pour & Péternel alfervillement des
clavage éternel dans
negres.
des affemblées primaires, 8c dans les
Dans le eommencement les blancs admirent ui moment
le fud de la colonie, --- Page 105 ---
hommes de couleur; mais cela ne furpas de longue durée;
le préjugé reprit bientôt fon empire : & comment ne l'auroit-il pas repris, puifque ceux qui avoient la confiance des
colons blancs étoient les principaux excitateurs du
contre les hommes de coulear qui vouloient recouvrer préjugé leurs
droits? Au moment où l'allemblée nationale confituante fe
forma, divers oragesTenvinomnirent: chaflée parle
elle fut obligée de fe réfugier au jeu-de paume : royalifine, ce fut là
les prérendus députés des colons fe préfentèrent pour
Ra. admis dans l'aflemblée au nci de leurs ccmettans.
Dans T'enthoufiafimne général, l'affemblée nationale,
de grands in:érêts, féduite apparemment
le oceupée
de liberté
employoient, les admit au par nombre langage de fes
membres; T furent reçus à l'unanimité. C'elt de cette manière qu'ils fe font introduirs dans cette aflemblée qu'ils ont
fi fouvent fouillée par leurs motions intidieufes > & fur-tour
par leurs déclamnations confre les amis de la liberté,
les colons furent danslallemblée, & l'Archevefque Thibaut Lorfque
en étoit un, il n'eft aucune' mancouvre, il n'eft aucune efpèce de féduction, qu'ils n'aient employées pour faire rejeter
les réclamations des'hommnes de couleur: : alors ces derniers
avoient à Paris plufieurs de leurs commiffcires; ils demandèrent à avoir aufi des repréfentans dans T'affemblée; leur
demande fur renvoyée au comité colonial: : plufieurs dépurés,
recommandables par leurs lumières & leur parriorifmne, les
appuyèrent.
Ils furent conftamment repouffes par les intrigues des COlons blancs,
les intrigues de l'Archovefque Thibaul: &
par celles de d'Arcy, Le 12 aoûr 1789, ces hommes
inaginèrent de mettre le fou dans la colonie de Saint-Domingae enjetant le premier brandon qui devoit l'embrafer,
en femant le premier germe de divilion entre les couleurs.
Ces hommes, voyant arriver la déclaration des droirs,
voyant qu'elle alloit, finon affranchir, du moins préparer
Taffranchifiement & l'exercice des droits des hommes de
couleur, chérchèrent à réunir tous leurs moyeps pour entraver les ynesbienfsifantes de l'ailemblée conflituante; &c
voici, ciroyens, le premier fignal des démarches de l'allemblée coloniale contre l'aflemblée naricnale de. France : les
allemblées coloniales doiventleur vérirable origine à la haine
H 3
affranchir, du moins préparer
Taffranchifiement & l'exercice des droits des hommes de
couleur, chérchèrent à réunir tous leurs moyeps pour entraver les ynesbienfsifantes de l'ailemblée conflituante; &c
voici, ciroyens, le premier fignal des démarches de l'allemblée coloniale contre l'aflemblée naricnale de. France : les
allemblées coloniales doiventleur vérirable origine à la haine
H 3 --- Page 106 ---
10O
les hommes de couleur. Le premier véhides blancs contre
éré de
à 1: déclaration
cule de ces affemblécs a
s'oppofer contre la méropole,
des droits, de prendre des d'envoyer précatitions fcs lois dans un autre hépour empècher & de celle-ci les X f:ite exécuter.
vous lire.
n. ilphère Vous allez le voir par la lettre que je vais
Letere des colons fouffigmes.
Verfailles, lc I2 août 1792.
ec MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
de vous faire paller une de copie nos
>> Nous nous emprelliuns M. le comte Magallon, l'un
à
de T'avis alarman: que
Nore perplexiré eft affrecfe,
ccllegues, nous a denné. dont notre maliscureule col.nieeft
la vue du péril imminent
de relfource
dans les
menacée : nous n'avons apperçu aflemblée
dans
d'une
RAELE
promptes convocations Nous en avons fait la demande au
chaque département
de lei faire cette
nous difpenfer
miniftre : nous pouvions
par laff-mblée nademande, pailquil eft jugé aujourahei iociété a droit de s'afiembler
tionale elle-mème que toute
communes; & qu'elle
conférer librement des affaires
rcela. Les députés
pour befoin du concours delaurorinépoure des aftemblécs
n'a pas Domingue n'ont pas été élus dans
admis
de Saint-
& ces députés ont éré
autrement convoquées
nous fommes donc
Catles
V'affemblée na'ionale. Nous ne
autant que potible, la
que pour metrre,
Nota. Deau gouvernement co:é. Le minitre nous a refufés.
de
forme de notre écrite, le miniftre nous à fait offrir
puis notre lettre
l'affemnblée ou les alfemblees
fe concerter avec nous pour il a également rejeté d'autres deque nous lui demandons; lui avons faites &c que nous joignons ici
mandes que nous
avec fa réponfe. meffieurs, eft dans un double danger éga-
>> La colonie,
CCS vaiffeaux,
Jement prelfan"; danger aut 4ehersiqusymalene ètre fortis de TAnleque les pariers publics nonseprrennent cherche à (ouisver nes nègres.
terre : Tanger au dedans: mefurons Oil avec efreilunccfantre deces
Nous voyons &c nous
ons; lui avons faites &c que nous joignons ici
mandes que nous
avec fa réponfe. meffieurs, eft dans un double danger éga-
>> La colonie,
CCS vaiffeaux,
Jement prelfan"; danger aut 4ehersiqusymalene ètre fortis de TAnleque les pariers publics nonseprrennent cherche à (ouisver nes nègres.
terre : Tanger au dedans: mefurons Oil avec efreilunccfantre deces
Nous voyons &c nous --- Page 107 ---
IOI
dangers; mais, principalement le dernier cft vraiment d'une
nature à nous caufer les plus vives inquiétudes; nous le
voyons 2 & nous fommes forcés de nous taire. Oaf iyre de
libereé. Melieurs, une fociété d'enthouliaftcs, qui ont pris
le ritre d'amis des noirs, > écrit ouvertement contre nous ;
clle épie le moment favorable de faire explolion contie
Feiclaragr. 1l fofiroit peur-etre que nous euflions le malheur
de prenonrer le mot, pour qu'on faisit l'occalion de demander Fafranchsifoment de 110s negres. La crainte que nous en
avons nois réduit, malgré nous, au ilences le moment
ne feroit pas favorable pour engager l'affembiée nationale à entrer dans nos mefures. Four nous garantir du
danger qui nous menace, c'eft à vous, mellieurs, à voir le
parri qui convient dans une circonflance auili critique : nous
remplifions le feu! devoir dont il nous étcit permis de nous
acquitter; nous vous avertiffons : le péril eft grand, il eft
prochain: veillonsà notre sûreté ; mais veillons-y avec prudence. C'eftici qu'on a beloinde toure fa tère : ne réveillons
pasl'ennemi; mais ne nous laiffons
furprendre. Veillez,
encore une fois; veillez, car
nationale eft trop
TERLANLES
occupée de l'intérieur du royaume > pour pouvoir fonger a
nous. Nous avertiflons de tous côrés las Américains de
voler à la défenfe de leur patrie; fans doute laplupart vont
s'embarquer : ii y aura sûrement quclques-uns de nous qui
les fuivront, en attendant que tous puiffent fe réunir. Pienez les mefures que votre lngoite vous ditera 3 obfervez
bien les perfonnes &c les chofes; qu'on arrite les gens fef
peils, 9x 'on faffe les ccrits ok le mot mime LIBERTÉE
prononcé. Redoublez la garde far VOS habitarions, dans les
villes, dans les bourgs; par - tout artachons-les hummes de
couleur libres. Méfiez-rous de ceux qui vont vous arriver
d'Europe. C C'eft un de vCs plus grands malheurs, qu'on
n'ait pas pu, dans une circowfkance aufli critique, cipècher Pembarquement des gens de couleur qui étoient en
France. Nous l'avons démandé au miniftre: l'efprit du jour
s'oppofe fur Ce point à IICS defirs: empécher, fur noire demande, même T'en-barguement des efclaves, feroit regardé
comme un aéte de viclence qu'on dénoncercir à la nation.
>> Courage, chers compatriotes; ne vous laiffez pas abattre:nous continueross de faire fentinelle pour vous; 5 c'eft
H4
qui étoient en
France. Nous l'avons démandé au miniftre: l'efprit du jour
s'oppofe fur Ce point à IICS defirs: empécher, fur noire demande, même T'en-barguement des efclaves, feroit regardé
comme un aéte de viclence qu'on dénoncercir à la nation.
>> Courage, chers compatriotes; ne vous laiffez pas abattre:nous continueross de faire fentinelle pour vous; 5 c'eft
H4 --- Page 108 ---
à
IO2
dans le moment préfent. Le
tout ce que nous pouvons
mieux faire. Il
temps viendra sîrement où nous pourrons
durera
faut laiffer refroidir les efprits; cette crife ne
pas:
comptez fur nous.
-
avec les fentimens inalté5> Nous avons Thonneur d'ètre
rables de ia confraternité la plus intime,
35 Nos CHERS CONCITOYENS,
obéiffans ferviteurs,
5> Vos très-humbles,
LES DÉPUTÉS DE Sr. DOMINGUE.
& même
que les bruits
9>
P. S. Il eft impollible
probable font la matière de cette
alarmans qui fe font répandus, &c qui
il
facheux
lettre, nefoient pas fondés; Sc dans dans ce cas, la colonie, feroit qui, inque cela fit une fenfation trop forre
dépendamment des craintes qu'elle infpireroit, réels.
à
lieu à des
t
peuz- être donner
dangers plus & la prudence
vous,mefieuts, à agir avecla circonfpecion
vous
Mais nous penfons qu'une
votre fagelle
fuggérera. non
vous empécher
Rtaner dangereuie ne doit
plus produire dans
d'avoir les yeux ouverts fur ReL que pourra dans le royaume; &c
les colonies, la fermentation qui règne
s aucuns
vous ne devez négliger aucunes précautions & la fubordination
Rns, pour maintenir Vordre, la paix le meilleur moyen à
dans votre fein; & il me femble que les
le repos &
employer
affurer, dans tous
temps, à votte caufe
Y'exiftence Roaas la colonie, c'eft d'affectionner
conla ciafle des gens de couleur ( loin d'avoir fuivi ce contraire): fage
feil, les colons ont agi dans un fens tout-à-fait de confendre leurs
ils ne demandent sârement pas mieux que avec zèle pour la
inérêts avec les vêtres, & de s'empluyer de votre part que
sureté commune. Il n'eft donc quetion
de mieux en
d'ètre iuftes envers eux, de les trairer toujours le vrai boulemieux. Nous regardons cette cipèce Vous comme les affurer que
vard de la sireré del la colonie.
pouvez
avec zele
font aufli les leurs, scmploient
vos dépurés, l'aliemblée qui
nationale pour f'amélioration de leur
auprès de
êtres, & de s'empluyer de votre part que
sureté commune. Il n'eft donc quetion
de mieux en
d'ètre iuftes envers eux, de les trairer toujours le vrai boulemieux. Nous regardons cette cipèce Vous comme les affurer que
vard de la sireré del la colonie.
pouvez
avec zele
font aufli les leurs, scmploient
vos dépurés, l'aliemblée qui
nationale pour f'amélioration de leur
auprès de --- Page 109 ---
fort, & pour leur procurer la jufte confidération qui eft due
à tout "citoyen qui fc comporte honnètement.
s Certifié conforme à l'original. Signé, MILLET."
N. B. Ce pofl feripzum eft de M. Gérald.
: J'obferve que les honmes qui ont figné cette
lettre
jamais été reconnus par la colonie comme:fes
e
Renzi
repréféntans. Sonthonax : Leciroyen Gérald étoitl'un des députés dont
honnète
vous venez d'entendre la lettte; c'étoit le feul
homme de la pièce. Le citoyen Gérald a mis ce pofl
fcripeur: de fa main > pour détruire l'effet du venin contenu
dans la lettre.
vous
Vous voyez bien clairement dans les lignes qu'on
a lues,, que ce qu'on redoutcit le plus dans la colonie >
c'eft
étoit ivre de liberté en France; mais cela ne
C
durera qu'on pas (dit-on); la crife paflèra, & l'on en reviendra
aux vrais principes. Heureufemant pour la France que les
prédidions de M. T'Archevefque Thibault & de M. Gouy
d'Arcyn'ont pas été plusloin.
& difribuée à
C'eft fur cette lettre qui fut imprimée
toute la colonie, que les perits blancs furent ameutés dans par
les principaux meneurs contre les hommes de couleur;
cette lettre vous voyez quelArchevelque Thibault dit donncr que
l'un ou pluficurs d'entr'cux fe détacheront pour aller
du fecours à la colouie, & l'inftruire du pari
avoit
à prendre, Effedtivement PArchevefque Thibault déiacha;
EL
il quitta à cette époque l'allemblée confituante, > au côté
droi: de iaquelle il fégecit habinellement. lly a ici des
membres de l'allemblée confituante qui pourront affirmer
ce que je dis. Jl quira, dis-je, le côté droit pour aller en
Amérique accomplir familfion apofolique. L/Archevefque
Thibault, arrivé dans la colonie, a rempli cette miflion
en (oulevant les efprits pour décruire les germes de liberré
don: on étoit ivre , & empécher au'elle ne fit des progrès
dans Saing-Domingus. Des affomblles primaires fe formerent; il y en eut une au Petit Goave, qui fut fouillée
par le plus grand des crimes; qui fur fouillée par le
crime qui peur - être a été ia caute de tous les malheurs
ibault, arrivé dans la colonie, a rempli cette miflion
en (oulevant les efprits pour décruire les germes de liberré
don: on étoit ivre , & empécher au'elle ne fit des progrès
dans Saing-Domingus. Des affomblles primaires fe formerent; il y en eut une au Petit Goave, qui fut fouillée
par le plus grand des crimes; qui fur fouillée par le
crime qui peur - être a été ia caute de tous les malheurs --- Page 110 ---
dont CC pays a été le théâtre. L'affemblée fcnt primaire des perion- tient;
les hommes de couleur s'imaginent quils les bienfairs de la
nes, qu'ils ont des droits à partager blancs de la colonie; ; ils
révolution ftançaile comme affemblées les
fans avoir
n'ofent pas fe préfenter aux
& primaires vertueux qui leur
auparavant confulré un fur homme leur véricable probe droir. Ils 1e prédonnit des lumières
fentent 2u fénéchal du Peiit Goave, magitrat être admis refpectable; dans les
ils lui demandent s'ils ne doivenc blancs. pas Le vertueux Ferrand
allemblées comme les cirovens
eft
de Baudière leur répond que la régénération les frangnife 5
pour tous les citoyens français, pour tous de la opprimés colonie ;
qu'eux font pamiculitcemenr plus d'an les fiècle opprimés fous le plus altreux
gémiffen: les
depuis Ii s'ofire lui- même de rédiger une
1t tous
préjlugés.
vis-à-vis dcs blancs Phumbie polpétition 5 car ils prennent Ferrand de Baudière rédige cette a
ture de pédtiomnsires. citoyens de couleur la portent à.lailemblée
péition 5
demandent à fraternifer; ils demandent qu'on
primaire; Nirde
être regardés comme cireçoive leur vote, qu'ils puiffent s'ameute autour d'eux, on les
toyens français : auflitôt on
:
les avoir
faifit, on les conduit à la municipalité les avoir après menacés,
injuriés-de toutes les manières, fous la après gorge, le nom du blanc
on leur demande, le piftolet
Ces malheugénéreux qui leur avoir rédigé cette c'eft pétition. Ferrand de Baudière 5
reux 2 à genoux, 2 avouent Y'entraine que
à la
: &
Onl l'envoie chercher, on
municipalité difoient
d'une foule de cannibales qui
là, aux vociférations
avoir défendu le droit des
qu'il méritoit la mort pour
m'inhommes; aux vociférariens de ceux - là peut-être Feirand qui eft défultèrent hier fur la place du Carrouzel,
&
colé à l'inftant, fa tête mife au bout d'une dans pique les rues Pa
menée en triomphe
les cannibales falaire que le prèmier des
Perit-Goave. C'eft- 1à FE digne
dans la colonie,
philantropes, des amis de la liberté > recut des dtoits, ou
pour avoir ofé y parler de la déclaration humble
en faveur
plutôr pour avoir rédigé une
des pérition Heureudu peuple ad colonies 2 en faveur fe opprimés. d'une
fement la fcène du Pett Goave ne colonie. répéta A pas feumanière aufi tragique dans toute la
Aquin
it-Goave. C'eft- 1à FE digne
dans la colonie,
philantropes, des amis de la liberté > recut des dtoits, ou
pour avoir ofé y parler de la déclaration humble
en faveur
plutôr pour avoir rédigé une
des pérition Heureudu peuple ad colonies 2 en faveur fe opprimés. d'une
fement la fcène du Pett Goave ne colonie. répéta A pas feumanière aufi tragique dans toute la
Aquin --- Page 111 ---
1OS
fifilla
citoyens de couleur; 5 mais leur
lement on
cuclqacs modération
les
grande modération, leur
conftante, fi les préferva hommes de
blancs d'une defructicn totale 5 car
nombre,
couleur qui é:oient alors armés & en plus grand leur offroit
euflent profité de l'occafion
la perfidie
n'eut ,
cela eût cntrainé LE maflacre pdleal formérent heureufement alors dans
Les
pas lieu.
affemblées provinciales lallemblée de Saint-Marc fe
le Nord, le Sud & T'Ouct;
fa haine & (a vioforma également; elle fe diftingua par
l'aflence contre les hommes de couleur : elle fufpendit la loi de
frauchiffement, impofa aux hommes de couleur
refpecter ics blancs > de refpeéter ceux qui depuis L'aficmblée longtemps les tenoient fous le joug marcher & Tignoninie. à Plaffac contre un
de Saint-Marc fut celle qui fit
réclamoient
raffemblement d'hommes de couleur qui
l'égalité des droits. Elle impofa à toutes les affemblées ellesles Kommes provinciales de la colonie la loi de mander devant
décrets
de couleur, pour leur lire les décrets, les auguftes
de
de l'afiemblée féantei Saint - Marc, pour leur enjoindre trirefpeéter les blancs, leur dire de ne pas s'adreffer à de un leurs
bunal hcrs de la colonie pour réclainer l'exercice
feroit
droits, pour leur dire qu'on y penferoit lorfqu'il cn
temps. Citoyens, il eft néceffaire de vous lire le difcours du
préfident de Taffemblée du Sud, du 9 mai 1790, fait en
exécution des décrets de l'allemblée coloniale féante à SaintMarc; CC difcours s'adrefloit aux hommes de couleur qu'on
I avoit mandés à la barre, pour leur intimer ce qu'ils avoient
à faire.
Extrait des regiftres des délibérations d: T'alfemblée provinyinciale du Sad de Saint Domingses 8 de lafeance dug mai
1790, de relevée.
< Les gens de couleur ont été averris de fe préfenter;
ils ont été incroduits à la barre & Ont dit qu'iis fe rendoient aux ordres de Paffemblée;eux dbon,M.l-;ifidcnt
a dit:
été
la barre de l'afemblée
> Vous avez
mandés à
provinciale du Sud,dansljater poriuafion ol font les membres
emblée provinyinciale du Sad de Saint Domingses 8 de lafeance dug mai
1790, de relevée.
< Les gens de couleur ont été averris de fe préfenter;
ils ont été incroduits à la barre & Ont dit qu'iis fe rendoient aux ordres de Paffemblée;eux dbon,M.l-;ifidcnt
a dit:
été
la barre de l'afemblée
> Vous avez
mandés à
provinciale du Sud,dansljater poriuafion ol font les membres --- Page 112 ---
vous ne demandez & ne follicitezqu'ime explication de
Q arrêrés, ainfi que des décrets de Taflemblée générale
de Sainc-Tomingne, pour pouvoir vous y conformer entiè- à
rement & dans toute leur étendue. Vous avez avant
vous prémunir coptre les infinuations dangereufes que quelques-uns des vorres cherchent à répandre & à communiquer,
jefquelles vous précipiteroient indnibitzblement dans unefoule
de calamités aufli terribles que juftement méritées, fi vous
& vous avez
voUS abandonniez à de pareilies fuggeltions;
véencore à vous pénétrer de cette grande & importante altérer la
rité, que rien ne peut détruire, ni même
ligne
de démarcation que la nature & nos inftitutions ont également & irrévocablement fixée entre vous & vos bienfaiteurs.
l'affemblée
de Saint-
>> D'après les décrets de
générale
Domingue, qui obligent impétativement &c indiftinétment fous
tous les' individus de cette colonie, il vous eft enjoint,
peine d'être déclarés coupables du crime de lèze - nation
& d'êtte pourfuivis comme tels, de ne plus fortir de chez vous
armés , a moins que vous. ne foyez commandés pour quelque foit de
objet de fervice, foit de la part de voS officiers,
décelle des comités paroifliaux: & il vous cft également
fendu de fortir de vos parciffes, fans être précautionnés Tous au
préalable d'un paffe-port du comité de voure paroifle. mis
les gens de votre clafle font également, par ce fous décret, l'aurorité
à Yavenir fous la fauve-garde de la loi, &c
actuelde l'allemblée générale. L'aflemblée que vous voyez les
lement réunie, compofée de députés de toutes
paroif
fes de cette province, vous prend de même fous fa protection, & vous allure, par mon organe',. quaucune ni à at- la
teinte ne fera portée à -in streté de vos perfonnes,
libre difpolition de vos propriérés, 8 tant que vous foumiflion vous
mainiiendrez dans les bornes du refpect &c de la
que vous devez aux lois de Saint-Domingue. quelques-uns des
>> L'allemblée nationale, vers laquelle
fon déçret
vôtres s'etoiencretirés, vient de promuiguer, par demeure autdu 8 mars,.que la colonie de Saint-Domingue la confitution, ia
torifee à faire connoitre fon vecu fur
légiflation & ladminifration qui conviepnentà la prolpérité
& au bonhcur de fes habitans, & qu'elle n'a jamais en-
lois de Saint-Domingue. quelques-uns des
>> L'allemblée nationale, vers laquelle
fon déçret
vôtres s'etoiencretirés, vient de promuiguer, par demeure autdu 8 mars,.que la colonie de Saint-Domingue la confitution, ia
torifee à faire connoitre fon vecu fur
légiflation & ladminifration qui conviepnentà la prolpérité
& au bonhcur de fes habitans, & qu'elle n'a jamais en- --- Page 113 ---
tendu les affujérir à des lois qui pourroient être incompatibles avec leurs convenances locales & particulibres. Vous
devez donc déformais vouS adreder à Paflemblee générale"
de Saint-Domingus, & vous n'auriez jamais dû aveir recours à d'autre tibunal,
obienir lamélioration dont
voire fort & voue aer vous rendent fufceptibles, >
en vous foumetan: à tout ce qu'clle peut & pourra ordonner. Vous pouvez être cependant allurés, & nous vous
le confirmons de la manière la plus (olamnelle,qu'-clle vous
maintiendra dansl'esercice de tous vosdroits civils, & qu'elle
s'occupera fur-tour, par une combinaifon plus heurcufe
dans. fes lois, des moyens de vous mettre alaeri de toute
vexation particuliète, de manière que tour attentat en ce
gcnre, s'il ne devient pas impollible, ne refbora du moins
jamais impuni, quels que foientl'état & la condition de cclui
qui laura çommis. Mais gardez - vous de faire des demandes qui feroient incompaubles avec Vétat de fubordination dans lequel yoas devez refter 8c perfévérer avecles
blancs, & de la déférence reipectucule que vous leur
devez; & n'ayez pas l'orgueil ni le délire de croire que
vous puilliez jamais marcher l'égal de vos pattons, de VOS
bienfaiteurs, 2 vOS anciens maitres, ni de parriciper à toutes
les charges publiques & tous les droits publics.
& allez an-
>>
Retirez- vous donc en ploine fecurité,
du Sud eft
noncer aux vôtres que Vallemblée provinciale d l'exerdéterminée à vous maintenir dans la jouiflance
cice de tous VOS droits civils, & que vous pourrez en tout
temps & avec une pléine confiance, vous jeter dans fon fein,
& y trouver protection, sûreré & bonté.
obéif93 Jacques Bourry, fun d'eux, a promis pour tous
fance & fidélité, & ils fe fontretirés.
a été arrêté
>,
Les gens de couleur reiirés, il
qu'extrait
du préfent procès - verbal leur feroit remis s'ils le des
firoient.
dudit
>
Arrêté pareiliement qu'expédition
procès-verbal
feroit envoyée à tous les comités paroifliaux de la province.
>> Collationné au regiftre.
>> Signé, Cantiox,/arrdiaire. >
ux, a promis pour tous
fance & fidélité, & ils fe fontretirés.
a été arrêté
>,
Les gens de couleur reiirés, il
qu'extrait
du préfent procès - verbal leur feroit remis s'ils le des
firoient.
dudit
>
Arrêté pareiliement qu'expédition
procès-verbal
feroit envoyée à tous les comités paroifliaux de la province.
>> Collationné au regiftre.
>> Signé, Cantiox,/arrdiaire. > --- Page 114 --- Vous voyez, citoyens , quel étoit l'efprit
de qui Saint- animoit is colons & les membres de
AdtRdes
Marc; vous voyez fi l'on étoit difpoié à recevoir fratertern-liemenr les hommes de coulerr; vous voyezfi, comme
le diloit hier le citoyen Brulley, c'étoi: l'imérêt qui parioit
dans le coeur des citoyens colons. Croyez - vous, ciroyens >
fi l'aflemblée confti uan:e avoit fait venir à fa barre
que
de ce qu'on
autrefois la dernière
ue dépuration
lui eût appeloir avec cette infolence',
clatle du peuple, qu'clie
parls
conftituante
avec ce mépris; croyez - vous que l'allemblée & rendre de
eur pu opérer tout le bien qu.lle a fait,
affemblée
fi granis iervices à la liberté? Croyez-vous qu'une
d nommes, qui ofe intuker fes commettans, parce qu'ils
dans de bons
On toujours été opprimés, > foir
principes? : Ils
Croyez - vous que ce foit là des patriores puriécurés mais
lont été, je Y'avoue , par Mauduit & barroien: Peynier des ; contrec'etoient des contre révolutionnaires qui
révolationnaires; ce n'étoient pas des parrictes perfecurés
car Mauduit & Peynier ne
par des comrectolationnsifecs, dilputer le
de la colonie, que, vouloit
fatoient que
de Saint-.
A-t-eile fongé à améliorer
failir Faffemblee
FEO
le fort des eiclaves ? a rondre aux honimes de couleur de
leurs droits naaurels & civils? Non: toujours une ligne
toujours celle tracée dans le difcours que je
démarcation, viens de vous lire 5 & ce font-là des hommes quife difent
parce que Mauduit & Peynier voupatriores loient les perlecurés., mettre à la raiton. Je ne dis pas que Feynier &
Maudeir étoient des pairiotes, ils'en faur de beaucoup 5 &
danslejounal desrévolutions de Paris,
mol-mamersirrauvd difcuflion relative au Léopard, que les LéoparJors de la des ennenis de ia France, des indépendans,
dins éroient Mauduir & Peynier ne mériroient pas les remermis que
devoient ère defcimns qu'on leur a prodigués; qu'ils devoir êrre proferite,
ritués, comme Taifimblée générale des anis des
& qn'il falloit enveyer dans ce pavs écrit dans sle juurnal principes dcs'
&2 dola lheré: voila ce quejai
retolnrienedeParie
Tevirns donc davousprouver, > Citoyens s queléreirl'efprit fe font fordel ceionie, quend les 2 fiemblées coicniales de Saint-Marc un faits
mnées; J'aiarticule contie l'aflembléc
, comme Taifimblée générale des anis des
& qn'il falloit enveyer dans ce pavs écrit dans sle juurnal principes dcs'
&2 dola lheré: voila ce quejai
retolnrienedeParie
Tevirns donc davousprouver, > Citoyens s queléreirl'efprit fe font fordel ceionie, quend les 2 fiemblées coicniales de Saint-Marc un faits
mnées; J'aiarticule contie l'aflembléc --- Page 115 ---
j'aidit que: non-fenlement elle avoit affeSté T'indépendance, p
maais qu'eile en avoir ouvertement profele l'efptit ; & je
le ECle de Saint-Marc a rendu le décret du 28 mai
17905 ce décret a été lu hier. Onaprétendu vous prouver,
& Yon a glis là-deffuts, comme fur dus chatbons ardens:
l'on a prétendu vous prouver que ce dlerct étcit un chefd'aeuvre de dévouemen: à ia métropole : je le reprens, non
pour le ire,. mais pour vouS en faire remarquer les principales di(pofitions, &j'efpère çuevots: ne vous néprendrez
fur le véritable fens, & far les intentions de ceux qui
Foars rendu. Sonthonaolitle décret du 28 mai. (1)
Je m'arrète au confidérant, pour proiver I'clMEt d'indépendance. Citoyens, les colons vous ont dit hier que lablee
de TAliemblée conftituan:e, , leur
Menrefquiou > préfident
nécellaire
la
écrivit : ce Demandez tont ce qui vousfera
pour
profpéri:é des colonics 3 TAllemblce nationale & le roi vous
accorderont rout ce qui fera utile >. dit cela mais 'le fait
Thomas Millet : Nous n'avons pas
;
de
eftvrai. Son:honax eft inftruit que ce font lal les expreflions
l'Affemblée narionale.
Senac : Je demande qu'il foit fait mention de cette inter
ruption. Sonthon:x : Il me fembloit que le ciroyen Erulley avoit
dit que le préfident de l'Afiemblce nationale avoir éctit aux
colons, en envoyant les décrets dess & 28 mars : ce Demandez tout ce qui peut être conforme à Tétat des colonies, &
foyez surs que l'Affemblée & le roi feront cC qu'ils pour-.
rent. 5>
J'ai dit que le décre: du 28 mai 1790 étoit la
Braily:
conféquence du décret du S mars.
Sonthozx : Oui. D'abord vorre décret du 23 mai a été
rendu avant que vous cuffiez connoilance du décret du 8
mars, & des infiructions du 2Sseela eft un fait; car vous
ne Lavez 2
enregiftré que le
juin faivant, 8c je m'en vzis *
lire
& lorique CES infructions ion:
vous
f'enregiftroment.
(1) Voyez page 57, deuxième féance.
du S mars.
Sonthozx : Oui. D'abord vorre décret du 23 mai a été
rendu avant que vous cuffiez connoilance du décret du 8
mars, & des infiructions du 2Sseela eft un fait; car vous
ne Lavez 2
enregiftré que le
juin faivant, 8c je m'en vzis *
lire
& lorique CES infructions ion:
vous
f'enregiftroment.
(1) Voyez page 57, deuxième féance. --- Page 116 ---
-
ITC
arrivées, le décret du 2S mai exiftoit il falloit que la rédaétion au mcins en difparàr, & qu'on préfentât à T'Alem- à
blée nationale, non pas une Conflitation à refufer ou
accepter, mais des vues de Confitution > un plan de Conftitution d Mon pas un décret. Loriqu'on s'annonce auprès
de l'Allemblée nationale, en difant : Voilà un décretjacceprez ou refufez 5 lorique vous dites que vous annoncez de la
dans ce décret des principes contraires aux principes
France sjai) le droit de vous dire à mon tour que vousn'avez
point entendu envoyer un plande Conftiturion, mais que vous
avezprétendu enveyer une Conliratiomioue faite, que vous
préfentez à Tacceptation de la France, à-peu-près les décrets comme à la
Affemblee nationale de France préfentoir
fanction d roi 3 ouje ne me connois pas en expreflion, ou
c'eft-là celle que vous avez voulu donnerà ces mots: Confidérant, dites-vous, que le droit de Ratser furies lois concernant
Pintérieur dela colonis app.-reien: cffen icllement 3 Scc. Il eft
bien évident que vous drabliffez plutieurs principes là-deffius; & les lois
1°. que le drcit de faire votre régime intérieur il eft bien : évident
des cclonies vous appartient à vous :
lesloisqui conque vous érabliflez en fecend principe, que
cernent les colonies doivent êrre faites par clles, parce dcivent que 5
dites-vous, ceux-là feuls pour quila loi eft la faire France n'a
la confentir : donc ils'enfuiveoit de-là doit que
toucher à
pas d'intérèt aux colenies; qu'elle ne
pas vous feuls,
vos lois, puifqu'clie n'y eft pas inréreflée; que
habirans de Srine-Domingue, êtes intéreffès à votre régime dire
intérieur. Il femble bien évident > & vous femblez d'arralà,, que f vous le vouliez, f vous aviez intérêt
ERE à France la roffeflion des colonies, vous fur les pourriez colole faire : car fi la France n'a aucun droit
nies, vous étes donc un peuple indépendant 2 un peuple fé- le
déralifé. J'ajoute: Vous dites qu'à vous feuis appartient 2 Les
droit de faire votre régime intérienr. Eh ! de quel droit
départemens de la France ont-ils le droit de faire leurrégime
intérieur? Loriquil éroit queftion de fédécalifer les départemens de la Gironde & da midi, PAfemblée nationale at-clle été au-devant du vaude leuts habicans? eft-ce & qu'elle l'indine leur a pas dit: Vous avez voulu altérer l'uniré
vifibilité de la République 5 le régime de l'incérieur, peni-il que
r. Eh ! de quel droit
départemens de la France ont-ils le droit de faire leurrégime
intérieur? Loriquil éroit queftion de fédécalifer les départemens de la Gironde & da midi, PAfemblée nationale at-clle été au-devant du vaude leuts habicans? eft-ce & qu'elle l'indine leur a pas dit: Vous avez voulu altérer l'uniré
vifibilité de la République 5 le régime de l'incérieur, peni-il que --- Page 117 ---
III
peur-il ètre, G ce n'eft la véritable indépendance ? Car fi
vous me donnez le droit de faire mon régime intérieur ,jaurai bientôt > & j'ai de fait le régime extérieur. Mais il ya
quelque chofe de mieux s 8 nous verrons, par la fuite du
difcours, que l'aflemblée de Saint-Marc vouloit aufli faire
fes lois furle régime extérieur.
(Ilit:)
E:range abus des mots ! Quoi ! c'eft la déclaration des
droits que vous réclamez pour établir que vous avez feuls
le droit de faire votre fréginie intérieur. Quoi ! la France
bleffera ceite déclaration fi clle ne vous le donne pas > ce
droit. C'eft bien plutôt en vous le donnant qu'elle bleilera
la déclararion des droits de T'homme 5 c'eft bien plutôt en
vous livrant ce régime intérieur, en vous livrant, pieds &
poings liés , ces malheureux hommes de couleur , & les
noirs ; c'eft alors qu'eile blefle fa déclaration des droits :
car, en vous livrant le fort de deux malhéureufes caftes ,
que feriez-vous: qu'avez-vous fait pour eux ? C'eft bien
alors que Faflemblée ofenfoit la déclaration des droits, en
vous donnant celui de retenir ; comme vous avez fait, dans
un éternel efclavage, le peuple de Saint-Domingae.
(Illit 1472 autre conftdérant : )
C'eftici que perce fur-tout l'efprit d'indépendance :
(Icontinus.)
Le contrat doit être confentidu veeul & du confentement
des deux parties contractantes C'eftici que vous établiffez bien formeliement la fépararion des deux états. Il y.a
donc deux états féparés 5 la Colonie & la France ? Ily a
deux parties contractantes. Il faut le confentement de la colonie fur les réglemens de commerce que la France fera
dans la colonie 3 il lui faut le confentement de l'état COlonial, de la haute-puillance de l'aflemblée coloniale 1 pour
régir fon commerce des. Antilles. Vous voyez bien, Citoyens, >
Tome 1. Troisième livraifor.
I
y.a
donc deux états féparés 5 la Colonie & la France ? Ily a
deux parties contractantes. Il faut le confentement de la colonie fur les réglemens de commerce que la France fera
dans la colonie 3 il lui faut le confentement de l'état COlonial, de la haute-puillance de l'aflemblée coloniale 1 pour
régir fon commerce des. Antilles. Vous voyez bien, Citoyens, >
Tome 1. Troisième livraifor.
I --- Page 118 ---
a Le
II2
érabliffaat qu'il faut le
que Tatemblée de Saint-Marc c
pour faire les
conientemen: des deux parties érablitbien contractantes qu'il
deux érats
lois fur le regme la colenie extérieur, en eft un, & que nL loi venant
fépalos 3 que
cette colonie > fans fon
de lu métropole ne peut Y'obliger,
conientement.
(Illie: c Que tout décret, 8cc.)
Ainfi ils ne fe contentent pas d'établir leur (yAeme, voeu d'indé- mais
, iis nefe REBAIeaNE indépendans de faic : à prélent
Rrar difent : Nous fomm-s la ligne de démarcation entre la coque nous avons poie
arrive des décrets de TAdemlonie & la mérrepole, cette qu'il afiemblée s'explique : tant pis';
blée conflituanre, nous ne. que les avons pas ifaits, nous ne lesconnoifces décrets cllenlavoit tpasle. droit de les porter. Car , comme
fons pass
tour décret qui auroir Fu contrarier
ils le difent tres-bien, viennent d'expoler, ferent nuls pour la
les principes qu'iis
Ils écabliflent bien que tous les
colonie de Sain-Domingue. qui concernent Sain-Domingue,
décrets venant de France, dans le fens qu'ils viennent d'expoler 3
& ne, feront pas décrets-la feront déclarés comme nuls & non
que tous ces
par la fuite de leur conduite,
avenus:i ils Yont trop prouvé le commencement de Y'affemblée de
non feulement depuis même
la fn de la feconde atlemSatn-Marc, mais
jufqu'à
blée coloniale qui a été articles formée.
en a deux principaux.
Je palie enfuite aux
5 ily
(Illit: dAucun ade du corps! legiflarif,8c.)
n'ef
le corollaire des confidérans que je viens
Coci
La que loi devant erele réfultat, Eec.)
de Il lire. eft (x bien clair ici qu'il ne s'agir pas du rapport intéils'agit des rapports politiques 8c commerciaux qui
rieur 5
les deux états fedéralifés 5 car ils font fédéradoivent unir
le résime intérieur. Ilef bien clair que
lifés, d'abord n'a par le droit de faire deslois pour fon régime
fi la France
pas f elie n'a pas feple le droit dimpoter
commercial que ou telle condition, pour la protedtion qu'elle
zux colons
LA
'il ne s'agir pas du rapport intéils'agit des rapports politiques 8c commerciaux qui
rieur 5
les deux états fedéralifés 5 car ils font fédéradoivent unir
le résime intérieur. Ilef bien clair que
lifés, d'abord n'a par le droit de faire deslois pour fon régime
fi la France
pas f elie n'a pas feple le droit dimpoter
commercial que ou telle condition, pour la protedtion qu'elle
zux colons
LA --- Page 119 ---
ieur accorde; alors, non-feulement les colonies font un état
fedéralifé, mais, elles ont toute la latitude d'indépendance
qu'elles
prétendre : car f la France ne peut
jamais
par aucun de fes actes, 2 les colonies 5, il
ett clair que
fouveraineté ne rélide plus dans la métror
SEXE
5 elle réfide nécefiairement dans T'allemblée coloniale,
E la colonie 5 & le mot de France n'eft plus cu'un vain
mot dansla colonie, > & la France fera toujeurs infultée,
& la France jouera le. rôle TehS a voulu lui faire jouer
pendant tout 2 temps del'exiftence desaffemblées coloniales.
Le cioyen Brulley a di: que Saint-Domingue avoit des droits,
qu'il n'o avoit réclamé que les droits de la par:ie françaife de
Saint-Domingue ; je voudrois que le citoyen Erulley vint
nous dire pourquei la colonie de Sain-Domingue auroit
des droits indépendans de ceux des autres départemens.
Je voudrois bien que le citoyen Brulley nous dit fi la
colonie de Saint-Domingue avoit des droits plus facrés a
préfenrer à la France & aux alfemblecssf trangaifes , que.
les ci-devant Provinces de Eretagne, d'Anjou, du Maine, >
de Provence &: de Languedoc, dont la noblelfe venoit aufli
réclamer des droits 2 Car le citoyen Brulley 2 & les autres
fe difant chargés des pouvoirs des colons, formen: la n0blefle dela colonie, Cetre noblefle de la pezu vencit réclamer,
àla barre les priviléges dont elle (ecroyoit endroit dejouir;
& ils exigent que la Convention, qui a proferit tous les:
droirsde lanobleffes du clergé en France, > quia proferir les'
droitsde seuslesoppteffeurs de T'humanité enEurope, - veuille
bien les maintenir par égard pour leurs hauespuiffinces,
Le citoyen Brulley 2 dit hicr que l'aflemblée de Saint-Marc
avoit enregitté le décret du 8 mars 17à0, &c les inftructions qui font fuivis vous allezvoir. quelle valeur vous devez donner aux allertions du citoyen Brulley.
(lil: c Du premier juin 1790. Journal de laflemblée
colonale. )
9> L'alemblée générale, fur ces inftructions & le dicret
gui les accompagnc, a rendu aujourd'hui le décret (wivant:
I 2
r que l'aflemblée de Saint-Marc
avoit enregitté le décret du 8 mars 17à0, &c les inftructions qui font fuivis vous allezvoir. quelle valeur vous devez donner aux allertions du citoyen Brulley.
(lil: c Du premier juin 1790. Journal de laflemblée
colonale. )
9> L'alemblée générale, fur ces inftructions & le dicret
gui les accompagnc, a rendu aujourd'hui le décret (wivant:
I 2 --- Page 120 ---
II4
Du premier juin 1790.
faite du décret rendu par l'affemblée nationale. s
> Ledture dernier, & accepté par le roi, le 1O du même mois 2
le 8 mars
l'Aflemblée nationale, décré-
& des inftructions envoyées par
le roi:
tées le28 mars , & approuvées
fon décret du 28
>> L'aflemblée générale,
que
Reofitent
les véritables dreits de Saint - Domingue, &c
mai exprime
s'écarter de ce décret rendu à Tunanimité
qu'elle ne peut
droits dont elle n'eft que le dépolitaire;
fans bleller ces mêmes doit avoir le courage de lutter même
>9 Confidérant publique, qu'elle lorfque cette opinion eft malheucontre T'opinion abufée, parce que T'erreur ne fauroit être durable;
reufement
foit légalement
>>, Confidérant, au furplus, que libre quoiqu'elle des
& qu'elle
conftiruée , &c d'après le voeu
lui paroifles, convient
de
juge fa continuation néceffaire, il ne douteufe, il eft pas
conferver une confiance qui paroitroit du bien
flence
aux ennemis
public,
LETE
d'impofer un la pureté abfolu de fes intentions par une démarche
de
convaincre les
talaei
le
le
sûr de
22 Confidérant que moyen leur avantage plus a été conftamment
habitans de cette ille,
l'affemblée , & de les inviter à fe
des follicitudes l'objet
de nouveau, & à déclarer politivement s'ils enconvoquer continuer l'affemblée générale, & lui conferver leur
tendent
confiance ;
délibération, a décrété & décrète:
>) Après
A R T I C L E P 2e R I M I E R.
du décret rendu le 8 mars par l'affemblés
ss A l'égard & accepté par le roi le IO du même mois, qu'elle
nationale, adhère avec reconnoillance audit décret, en tout ce qui ne
contrarie point les droits de la partie françaife de SaintDomingue déja confacrés dans le décret rendu par l'aflemblée générale le 28 du mois dernier.
été & décrète:
>) Après
A R T I C L E P 2e R I M I E R.
du décret rendu le 8 mars par l'affemblés
ss A l'égard & accepté par le roi le IO du même mois, qu'elle
nationale, adhère avec reconnoillance audit décret, en tout ce qui ne
contrarie point les droits de la partie françaife de SaintDomingue déja confacrés dans le décret rendu par l'aflemblée générale le 28 du mois dernier. --- Page 121 ---
IIS
IL
> A T'égard.des inftruétions décrétées
tionale le 28 mars dernier, d approuvées par l'affemblé le
narien préjuger fur lefdires infiructions, l'aflemblée par roi, fans
invite les paroifles de la partie française de
généralé
à s'affembler inceffamment, & à déclarer fi Saint-Domingue elles entendent
former continuer l'affemblée générale telle qu'elle exifte, ou
une houvelle 3>,
en
dit, N'eft-ce pas là la preuve de l'indépendance? Ils vous ont
noilfance citoyens, le décret qu'ils du avoient 28
reçu avec refpedt & reconcorollaire du décret du 28 mars, 3 que ce n'étoit que comme
France, qu'ils envoycient à mars > qu'ils envoyoient à la
tionale, & comme confitution, Tacceptarion le décret de du l'Aflemblée 28 mai
na-
& ils difent ici qu'ils adhèrent aux
de
1790;
en tout ce qui ne contrarie point difpofitions les droits de ce la décret,
françaife de Saint-Domingue: : de forte
s'il a partie
décret & dans les inftructions du 28 mars que des y dans le
contrarient les droits de la partie françaife de
chofes qui
Is les rejexent; ils annoncent donc que l'allemblée SaineDomingue,
Ale droit de rejeter rout ce qui lui fera propofé
coloniale
blée narionale, qui fera contraire aux
par du T'AfemHu :8 mai. Certes, fi aujourd'hui, exprellions
décret
Allemblée
ou fous le temps de
conflituanre, un département
voyé un plan de conftitution fédéralifte à l'Affemblée français avoit entiruanre, & qu'il lui eût dit: Voilà le plan de
confque nous vous propofons; à la vérité, vous voulez conftitution
Honner une autre, ou vous voulez vous réferver le nous en
He celle que nous vous envoyons; mals nous vous contrôle
Rue nous voulons bien les accepter > excepté ce annonçons
raire à lz conftitution que nous vous
qui & eft conexprimé dans cet aéte , dans l'acte préfentons, qui eft
ons comme réglement conftiturif de que nous vous propoFaites tout ce que vous voudrez, décrétez notre tout département; ce
;
voudrez, envoyez - nous tout ce que vous
que vous
recevrons tout 3 excepté ce qui fera contraire voudrez, nous
28 mai que nous vous propofons comme
à l'acte du
complément de la
I;
qui & eft conexprimé dans cet aéte , dans l'acte préfentons, qui eft
ons comme réglement conftiturif de que nous vous propoFaites tout ce que vous voudrez, décrétez notre tout département; ce
;
voudrez, envoyez - nous tout ce que vous
que vous
recevrons tout 3 excepté ce qui fera contraire voudrez, nous
28 mai que nous vous propofons comme
à l'acte du
complément de la
I; --- Page 122 ---
ou il n'exifte aucun princonfticution de Ssine-Domingne: aucueevaleur des mots, ou je ne me connois
cipe politique, ne fe connoit en principes d'independance,
pas & décret perfonne du :8 mai eft la
du fyftême d'indapen- de
ou le
par T'affemblée Saintdance profelle &c fuivi
ait rendu; ; elle a
SLEE
Marc. Ce n'eft
le feul décret lorfque qu'elle Taffemblée de Stintouvert fes Rorts - Terranger, feroient ouverts aux étrangers;
Marc a décreté.que fes feroient ports licenciées; ainfi, des foldats
que les troupes de obligés ligne de renoncer à tous les fermens qu'ils
frangais étoient
ils devcient être diffous pourêtre
avoient faits à leur patrie; manière. Citoyens,, je vous demande
reformés d'une autre
d'indépendances Voilà
fice n'eft
là l'acte le plus polirif à T'aflemblée de Saintje Fondleih dire relativement
ce Marc. que
le déeret du 28 mai réfide le germe
J'ai prouvé que dans
j'ai prouvé
le décret
&la preuve de fon indépendance; la réliftence plus fordu I e juin 2 par lequel 8, mars, on oppofe lequel on annonce
les
melle ait décret du fontinicrites par daps le décret du Sm mai; dévues centinationnelles des droirs des colons, qu'ils ne s'en
que c'eft la le type qu'ils réfifteront à la métropole
jamais,
Et
partiront
veut coppoler à ce quils
faire daris
li la métropole
autant qu'on peur
EE
droits: alors, j'ai prouvé, exilte toute en débats, oà je n'ai preique
une difculion qui j'ai
dis-je, tout ce qu'on
pas lu de pièces;
prouvé, colons, pour
E
prouver contre le fyfème des
ont ouvert prouver jeurs ports
vouloient lindependance > lor/qu'ils licencié T'armée de ligme,, lorfà T'étranger, loriquils ont nouveau mode. Tai prouvé que
qu'ils lont recréée fous un faire un état fdéralife, mais
non-feulement ils vouloient indépendant, qu'il pût donner des
même un érat tellement France. Ce fyfème de Tindépendance >
lois même à la
dans Yaffemblée génécirayens, fe trouveii non-fenlarnenr
qui étoient une
rale, mais encore dns confirués les cerps popelires de Saint - Poringue : ils
émanation des corps fur-tout à Paris, par une fociété fociété célebre de
étoient profelfès,
Page & Brulley 5 cette
confpuce depuis. par
fes
d'indépendance,
T'hôtel Magiuc, f connue par
principes parce qu'il y
eu Tair d'être refpuée par ces citoyens,
a
larnenr
qui étoient une
rale, mais encore dns confirués les cerps popelires de Saint - Poringue : ils
émanation des corps fur-tout à Paris, par une fociété fociété célebre de
étoient profelfès,
Page & Brulley 5 cette
confpuce depuis. par
fes
d'indépendance,
T'hôtel Magiuc, f connue par
principes parce qu'il y
eu Tair d'être refpuée par ces citoyens,
a --- Page 123 ---
avoit des ariftocrares, parce qu'elle avoir un fyftême contraire aux principes coloniaux : ch bien! vous lerez é:cnnés
de trouver dans les actes de Thôrel Melfiac le même ciprit
dindépendance, les prétenicns de tous lcs colons, > les
principes de Page & Brelley: d'ch je conclurai que quand
ils'agi: de Thecel Maliac, il ne faurpas parler de cet horel
phyfiquement, mais bicn des individus compolent le rafien.
bl.ment, , mais bicn de tous ceux qui, lansyavoir é,pofeflent les mêmes principes.
Page : Je demande la parole
tl11 mot. Il s'ngit de faire
une demande utile à-l'ordre de FOPEA dicullion. Je m'apperçois
qu'on divague beaucoup dans la difcullion. On a dit quilielloit établir l'érac de la colonie à lépoque où Sonthorax 8c
Polverel font arrivés. Nous avons fournila preuve de la fituation politique de Samnt-Domingue, dans une Jettre de Roume
à Polverel &c Senthonax, dans l'arrêté de l'aflemblée coloniale du 4 feptembre, & enfin, dans la proclamation de
Polverel & Sonthonax, du 12 octobre. Nous avonsbeaucoup
de pièces que nous lirons, 8c dont déjà plufeurs font lces.
Sonthonax, au lieu de répondre à ces diférentes pilces, a
porré un grand nombre dinculpations contre les corps populaires & les colons. Hier, mon colllgue Brulley a pris la
parole pour répondre à C2S inculpations. Aujourdhui Sonthonax a repris la parole pour pourluivre ces incuipations.
Je ne m'y oppolo pas; mais je demande gu'uine-bomneteis
Polverel & Senthonax érablilint contre les corps contitués de Saint-Domingue toutes les inculparions qu'ils ont
à faire, & que la ditcullien s'émbiitic. Main enant que ce'
font les corps populeires de Saint-Iomingue qui fonr accufés par Polverel & Sonthonax, &c quiece ne font plus
les colons quiacculent Polvercioe Sonchonox, la difccilion
prend une faufle marche. Nous avons pris d'abord1 lari.ude
d'accufateurs de Polverel 8: Sonthonax; nous avons Git que
nous motiverions notie accufari 11 for lcs rêces dePolverel
& Sonthonax : avjourd'hei CO font eux qui accufn los affemblées coloniales..Je m'aprergoisque PelveraleeS- nonax
veulent prolonger les debais, corme ils ont voula los arvêter
avanthier: n'ayant pu lesarrèrer,il; veuknt lesp prelcng r;ils
veulent faire que les débats fe noyens tcllement que I la Con14
ions notie accufari 11 for lcs rêces dePolverel
& Sonthonax : avjourd'hei CO font eux qui accufn los affemblées coloniales..Je m'aprergoisque PelveraleeS- nonax
veulent prolonger les debais, corme ils ont voula los arvêter
avanthier: n'ayant pu lesarrèrer,il; veuknt lesp prelcng r;ils
veulent faire que les débats fe noyens tcllement que I la Con14 --- Page 124 ---
vention nationale fe fatigue fe laffe d'entendre, de voir des la
débats longs & inutiles. Vous concevez qu'il importe à
Convention de connoitre moins les adtes des corps populaires
de
colons, que de connoitre ce
& ceux particuliers quelques
a
Sonthonax & Polverci cnt fait Saint-Domingue.
que
(La commiffion délibère).
Leprésident : La commifion arrête que la parole eft mainà Sonthonax, artendu qu'il n'a fait que répondre aux'
tenue
faits avancés par Brulley.
demande la parole ; la commifion la maintient à
Page
Sonthonax.
Sonthonax : Je fuis f jaloux d'économifer VOS momens, la letre >
& de ne pas abufer de la parole 3 que je fupprime
vous
de Thôtel Mailiac; lorique vous forez votre Mafliac. rappott,
ferez à même d'apprécier Tefprit de Thôtel
/
Je demande la ledture de cette lettres je ne la
Page:
connois pas.
Senthonax lit.
de la lezere de MM. les colons, réunis à T'hôtel de
Copie
extraoidinaites da cemmerce.
Malfiac, aux députés
Dus7 février 1792.
M E 5 S I E U R S,
vous nous
en remplacement du
eA Le parti que
livré propofez à votre examen, fe réduifant
prejet que nous avions narionale de coafacrer par un décret
Tuemnweratetortis confidérant de calui du 12 oétobre quiannonce fon intenle tion de ne rien ftatuer far Tétat dos perfonnes
fur 8c la
des
nous
à-la-fois
indoanont
demande
colonies,
piroit
attenratoire aux droits des colonies. du 8 mars 1790 denne
32 Déjà le décret conftitutionnel
à votre examen, fe réduifant
prejet que nous avions narionale de coafacrer par un décret
Tuemnweratetortis confidérant de calui du 12 oétobre quiannonce fon intenle tion de ne rien ftatuer far Tétat dos perfonnes
fur 8c la
des
nous
à-la-fois
indoanont
demande
colonies,
piroit
attenratoire aux droits des colonies. du 8 mars 1790 denne
32 Déjà le décret conftitutionnel --- Page 125 ---
aux colanies l'initiative fur tout ce qui concerne leur conftitwrion, leur légiflation & leur adminiftration. Puifque cette
dilpofition générale & folemnelle ne garantit pas, comme
vous en convenez,d'une manière aflez certaine, les propriétés
des colons, le nouveau décret que vous voulez folliciter
feroit encore infuffifant; car il n'ajoureroit rien à la difpofition de l'article premier du décret du 8 mars 1790 ; au contraire, il préfente le grand inconvénient de fmbler téduire
l'initiative des colonies aux feules queftions relauves à l'état
des perfonnes.
35 Cette nouvelle loi,qui ne rempliroit pas fon objet, 2 porieroit donc une atteinte funcfte aux droits que les colonies
ont intérêt de conferver. Sous ce pcint de vue, Metlieurs,
nocre devoir eft de vous faire connoitre tous les dangers de
votre
>> Vatbrn fuppofant que l'effet de votre demande procuràt
le moment, aux colonies, la tranquillité aprèd laquelle
E foupirent, le décret dont il s'agit n'auroit jamais le
caradtère de ftabilité convenable.
>> En conftitution, Mellieurs, le corps légiflatif a le pouvoir de réformer telle ou telle lei, lortque les circonftances,
ou le développement de nouveaux principes, lui en démontrent la nécelliré.
s Lafenle erganifation des pouvoirs eft immuable & abfolamencindépendsne des temps, deslieux 8c des circonftances.
Le feul 1 moyen de donner aux colonies la confituuon
leur convient 3 doit être
dans la fource des
t
Fris
pouvoirs
il fau: puiferp pour ellesia portion qui leur eit néceffaire pour
leurs lois in:érieures.
>> La Nouz.lis-Anglererre eft avec fes états parfaitement
dans la mène hyporble que la France à l'égard de fes CClonies: fa déclaraion des droits de Thomme
2 comme
celle del France, que tousles homimes naiffen:
demcuene
TEAROTI
egauxen droies ; & cependant T'efclayage exifte dans preique
toutes fes paitier, , comme il exifte dans les colonies Frungaites.
>9 Cemmenr le congrès a-t-il pu acrorder le principe générol avc les exceptions parricnlières? c'eften liffanachaqte érat l droir de régir inrérieurement, & de n'allijerir les
partice qu'a l'incérêt général du :our. Au mbyen de cette
crganiiation politique, l'efclavage eft toiéré dans quciquea
ique
toutes fes paitier, , comme il exifte dans les colonies Frungaites.
>9 Cemmenr le congrès a-t-il pu acrorder le principe générol avc les exceptions parricnlières? c'eften liffanachaqte érat l droir de régir inrérieurement, & de n'allijerir les
partice qu'a l'incérêt général du :our. Au mbyen de cette
crganiiation politique, l'efclavage eft toiéré dans quciquea --- Page 126 ---
éiais, profcric dans d'nurres, fans que de le la corps liberté légiflatif & de
cenral ait violé le principe unirerfel
l'égalité.
doit déléguer aux colonies lefoin
5> Laflemblio narionale
De ceue monière, li déindifiri de leurr-gumne de domefligie. Phomme fera inracte, & les colenies
claration des drois S
aucune loi fun fe pour lar adn'auront jamais à craindre
à leurs
miniftrarion incirieure , 'ni attenratoire dans no yroprièes. re comité,
>> Cette vériré avoit déjà é é reconnue
n'en étoirnt
& les commiffaires
vous y. feule avez enyovéss
> pour
difconvenus. SELAT une
dificulresc'éroir nous
pas
difficul:e, que nous avions cru & que
lever cette
de rai.embler tous les articles
croyons encore conftituer indifpentable les rapports du commerce des coloqui doivent la France, afn de vous intéreller à demander
nies avec
coloniales, la faculté de faire
avec nous, pour les alfemblées blefferoit
leurs rapports
pour Tinférieur, tout ce qui ne
pas pour cela Tinitiaextétienrs. Les colonics ne perdroient puifquiln pas ne feroit rien ftatué
tive fur le régime prohibitif,
Témiflion de leur veeu :
définirivement à ce fujet , jufqulaprès feulemenc quels font les objets
cet apperçu leur indiqueroit &c fur lofquels elles ne peuvent
qu'elles doivent refpeéter,
auront droit de faite
induer que par les oblervations enfin, elles qu'eiles n'en perdroient pas plus,
à Tallemablée nationales leur initiative,, qu elles ne la perdent
par cette infrudtion, ett fur le point de leur adrefler pout,letr
par celles qu'on
conftirution intérieure. initiative accordée aux colonies acquerroit-
>> Mais cette
décret, un caractère plus relpedtable
elle, par uin nouveau
l'arricle premier du décret
celui qu'elle avoit roçu vraiment par s'cbufer que de le crcire;
208 mars 17907 ce (croit
de ce dernier décret ont été
8c cependant les difpoltions mois. D'abord elles n'étoient point
enfreintes le 28 du même
décrétée pour le royaume;
comprifes dans la conftirution colonics doivent manifelter leur voeu
& f,avant tout, les leur légifarion & leur adminiftration ,
fur la confitution, rien décrété à leur fujet que fur leur deil ne pouvoit être
28 du même mois, Yaflemblée natiomande. Cependent,le
de difpolitions tout-ànale les a aliujéties à une mukitude
'étoient point
enfreintes le 28 du même
décrétée pour le royaume;
comprifes dans la conftirution colonics doivent manifelter leur voeu
& f,avant tout, les leur légifarion & leur adminiftration ,
fur la confitution, rien décrété à leur fujet que fur leur deil ne pouvoit être
28 du même mois, Yaflemblée natiomande. Cependent,le
de difpolitions tout-ànale les a aliujéties à une mukitude --- Page 127 ---
12I
fait étrangères au décret du 8 mars, dont elles fembloient
étre le deyeloppement.
loi à
l'affem9> Ces-infitutions étoient donc une
laquelle de les
bléc nationale entendoit afujétir les colonies le avant décret du 8
avoir entendues. L'initiative confacrée par
mars 1790 étoit donc abfolument anéantie avant l'expiration du même mois.
dans la conftitution dé-
>> Siellesn'écoient point comprifes
ècre
crétée pour le royaume, elles ne pouvoient
allujéties
àaucune de fes parries; & cependant, le II novembre dernicr, il'a été décréré qu'elies fercient foumifes au tribunal
de caflation: Veffer de ce même décret a enfuire cédé à des
confidérations locales. Cela prouve de plus en plus combien
la loi eft obligée à fuivre les varia: ions des circonftances.
Nous petliflons donc à croire: 2 Mellicurs, qu'il n'y a que
la délégarion du pouvolr aux colonies pour régir incérieu- & difrement, qui puifs écarter d'elles tous les dangers,
fiper toutes leurs craintes.
commerciaux,
> En' propofant de seccuper-des objers
notre intention étoit de rendre à l'uniré du commerce de
France, Thommage que les colonies lui doivent : nous defirions que les infrudtions qtiauroient été relatives, acquif- infent, par le rapprochement & la difculion des partics ob:enir
rérieuces, le degré de bonté qu'clles ne fauroient
fans une combinnifon févère des intérêts communs.
des
dans cet enfemble
>> Les allembiées coleniales trouvent
la colonie
elyansfcommercianx, la limite de leurs pouvoirs; ;
n'aurcit pi déformais les accufer de les avoir ourre-palls,
& leur Voeu fur les modificacions, régime prohibiuif, aurcit
bté bien plus prempr & bien plus facile a manifefter. de l'ordre
laeur
>> Si ces nouvelles confidérations, que
changer votre
& le defir de la paix nous infpirent > peuvent
inexdélibérarion, nous verrons, mellicurs, avec une joie
primable, cette réunion comme un préfage certain de celle
qui s'opéreroir dans les cclonics; fi, au contraire 3 votre réfolution eft indbranlable, nous n'avron: qu'a gemir des malheurs qui / préparent pour 105 inforeunées contrées, comme
le cormerce Li-mime, & à Taire tons les efforis que
pour
notre intérèr
de
les
notre patriorifine 8
exigent
nous, pour
joie
primable, cette réunion comme un préfage certain de celle
qui s'opéreroir dans les cclonics; fi, au contraire 3 votre réfolution eft indbranlable, nous n'avron: qu'a gemir des malheurs qui / préparent pour 105 inforeunées contrées, comme
le cormerce Li-mime, & à Taire tons les efforis que
pour
notre intérèr
de
les
notre patriorifine 8
exigent
nous, pour --- Page 128 ---
garantir des maux dont l'ignorance des lieux, les paflions &
Tintérèr perfonnel les menacent.
5> Nous avons T'honneur d'être, &c."
les commiffaires des Ifles Françaifes, réunis à
nii de Malliac.
Ciroyens, vous venez de veir par-là que non-feulement les
toutes les affemblées coloniales, mais encore toutes
fociétés quien émanoient, étoient imprégnées des mêmes principes, c'eft-à-dire, des principes d'indépendance & de fédéralifine. J'ai à pdrler mointenant de la feconde affemblée
coloniale. Cette affemblée, citoyens, a marché précifément
fur les traces de la première; elle a adop:é également mais aufli 2 non fon
pas feulement fon fyftème d'indépendance, de fe livrer à
fyftème de fedéralifme 8c fon vceu prononcé
l'Angleterre. L'aflemblée fe forma à Leogane 5 je me rappelle
très-bien qu'à cette époque, qui eft,je crois, du II feptembre,. un décret qui envoyoit des commiflaires dans les colonies, portcic que les allemblées coloniales ne pourroient
feformer avantlarrivée defdits commiflaires civils. Ces commiffaires n'étoient pas encore arrivés, mais la nouvelle du
décret du I5 mai étoit parvenue dans lâ colonie: dès-lors fouilla
on foula aux pieds la cocarde nationale au Cap; on
par des vociférations affreufes le nom de la Metropole;laf fcanfemblée provinciale du Nord fic les morions les plus
daleufes; la colonie fut en feu; & cette fois-la encore, >
comme la première, on fe réunit contre l'allemblée nationale de France: : ce n'étoit pas pour le bien de la colonie,
mais pourarréter l'efier dela loidu 15mai. Les colons blancs
fonnèrens le toclin , & fe réunirent à Léogene ccntre le vaeu l'ardu décret qui défendoit aux colons de es'airmbler avant conftituée
rivée des commiflaires dans la cnlonie:Tefkinbige dès les
à Léogane arruta qu'elle fe tranfporreroit au Cap;
premiers momens de fon exiftence, eile fic connoire quelle fcs
étcit fon intention contre Taffemblée. narionale & contre
agens. Voici la délibérarion qu'elle pris le IO aoûr 1791
avant fon départ peur le Cap. On craignoit alors larrivée
des commiflaires civils; il falloit prendre des precautions
contr'eux.
la cnlonie:Tefkinbige dès les
à Léogane arruta qu'elle fe tranfporreroit au Cap;
premiers momens de fon exiftence, eile fic connoire quelle fcs
étcit fon intention contre Taffemblée. narionale & contre
agens. Voici la délibérarion qu'elle pris le IO aoûr 1791
avant fon départ peur le Cap. On craignoit alors larrivée
des commiflaires civils; il falloit prendre des precautions
contr'eux. --- Page 129 ---
Procis-verbaldu IO Aoit 1791.
> re Après différentes motions & obfervations fur cet
allemblée a adopté & rendu l'arrêté fuivant :
objet,
miffaires 3 L'affemblée a arrêté & arrête que dans lecas où les comcivils qui fon: annoncés arriveroient
avant le 25 de ce mois, elle autorife les huit commiffaires au Cap
deftinés ày difpofer fon inftallation,
autres membres de l'affemblés qui sy conjointement fon: rendus, à avec les
en fon nom, les commiffàires civils, de ne mettre à exécurion prier,
aucun point de Jeur miflion, qu'après la réunicn de
blée dans la ville du Cap.
l'affem-
>, Et dans le cas où les commillires-civils ne fe
point au voeu des commillaires de l'affemblée & rendroient des auttes
dépurés, elle les autorife à fe concerter avee l'affemblée
néceflaires provinciale du Nord, pour prendre toutes les réfolutons
délivrer de dans fuite la circonftance. Le bureau a été autorifé à
aux huit commiffaires
de
arrété.
expédition
cet
>2 Un membre a propofé
la commifion
Cap, pour difpofer
fût
envoyée au
>> Un autre a
appelée directoire.
feh
propoté de
comité
>> L'aflemblée a arrêté qu'elle Tappeler auroit fimplement intermédiuire, la
mination de commiflion de l'affemblée.
dénoVous des qu'il n'étoit queftion de rien moins
de
prendre
vigoureux contre
AESE
d'infolens
français qui venoient arrêter les
Touditiis
coloniale.
prétentions de l'afiemblée
Je paffe au difeours du préfident de l'affemblée
ciale, lors de la rédaétion de fa conftitution : c'étoit provinduch, quile premier a porté la cocarde noire.
CaProcès-verbal du 4 Septembre.
M.le préfident a prononcé le difcours fuivant,
ce MESSIEURS,
a Jamais époque ne fut plus mémorable pour Sain-Domingue que ceile oà nous fommes arrivés mais de quels
de l'afiemblée
Je paffe au difeours du préfident de l'affemblée
ciale, lors de la rédaétion de fa conftitution : c'étoit provinduch, quile premier a porté la cocarde noire.
CaProcès-verbal du 4 Septembre.
M.le préfident a prononcé le difcours fuivant,
ce MESSIEURS,
a Jamais époque ne fut plus mémorable pour Sain-Domingue que ceile oà nous fommes arrivés mais de quels --- Page 130 ---
les 114 faftes du monde 1 C'eft à la
traits elle fera marquée dans dévorent, que nous allons cherlueur des Hammes qui nous 8c pour parvenir à les fixer, d'écher les droits des peuples; malheureux pourront être faivis
combien d'événemens
G la fagetle ne porte pas
vénemens plus malheureux encore,
-
e
fon Hambeau devant nous .
e . . . -
générales elle commença
donc une affemblée
de la co-
>) Il feforma
convencir à la profpétié
à délibérer fur ce qui
lonie. : .
nationale, e
de fon coié,s'en étoit occurées S'etoit
>> Lalficmblée inftruélions nuifirent au bicn de gu'clie Ta soptine
mais de fatales
de nous faire. La bale
getérnis
fans doute propolé fervir à élever la notre. L'edlimbiee avec les poinut Dst
tion ne pouvoi: des bafes qui coniraftoiens affurerle Fren
a denc polé nationale, mais quirouvoiene éts feniis per
de Paflemblée
Les motifs nen ont
a
quillité de ce
opinions ont été SE le uesble le 1Cu4
tout le mondes PIS été difloure par celle qui exerce
régné; laflemblée a
des
veraineté nationale. régncit parmi nous, en attendant Axernotre que
3 La fupeur bienlong - temps amnoncées, vinflent
néce(
inftrwctions,
un décret défaftreux, confequence juffort;al leur celui place, des droits de Phomame, nouse" a annoncé; fait du moins
faite de
de Yallemblée diflouté, il
dé
tifiaut les craintes
de fes intentienss, & la réunien
reconnoirre la puscré
efprits à la premnière
toutes les opinions a Frolutheniende . . .
de toutes parts.
nouvelle de kefatalfirman.
éclatent
:
2> Le ztle 8c le patriosifime
e :
.
. e fans doute dans votre fageffe, Méflieurs, contre
>5 Vous peferez mettre à jamais à Yabri des entreprifes du dehors les lois
fi,pour vous vous devez attendre ou non verrez fi ces lois
YOS intérêts, doivent vous régir à Yayenirs vous qui doit être.foumis >
qui
être imaginées loin'da pays éclairés fous beaucoup, de
peuvent & par des hommes squi, quoique abfolement ancun de ceux fur
rapports 2 ne connoillent érablir vorre régime conftinutionels Frapce vous
leiquels on Ala peut préfence de cenx qui étcient afientiment, en
&c
déciderez
peur rermplaccr votre
cenfés vos députés,
régir à Yayenirs vous qui doit être.foumis >
qui
être imaginées loin'da pays éclairés fous beaucoup, de
peuvent & par des hommes squi, quoique abfolement ancun de ceux fur
rapports 2 ne connoillent érablir vorre régime conftinutionels Frapce vous
leiquels on Ala peut préfence de cenx qui étcient afientiment, en
&c
déciderez
peur rermplaccr votre
cenfés vos députés, --- Page 131 ---
f vous pouvez croire Saint- Domingue lié parleur aflitance
au fénat français.
> La réfexion, les événemens & la préfence du danger
vous ont éveillés: vous allez établir VOS droits oubliés ou
violds, k vous les établirez avec aflurance.
>> Quand on marche dans le fentier de la juftice, quand
on ne jouir que de fes droits, la crainte devroit-elle avoir
encore de I'empire fur les ames; je vois cependant que le
fentiment de nos propres forcés n'a pas encore pe la difliper
fans retour... Tel, pourfuivi par un animalféroce, T'homme
railemble fes forces & fuit; il eft déja loin du danger,quil
ne fonge pas à s'arrêter. Unis avec la France, y tenant par
les liens les
forts, roujours notre penchant nous a entrainés vers RHes : la beauté de fon climat, la douceur de fes
mours, los alliances que nous avons contractées avec fes
habirans, & qui font telles que lamoiné de nos familles
y. eft établie, tout lui a afferé une préférence, même aux
dépens de quelques-uns de TIOS intérèrs.
>> Nous attendions tout de fa régénérarion; mais, hélas!
quels fruits amers nous en avons recueillis! pourqyoi fauril que notre deftruclion foit la fuite néceflaire de fes
principes?
>> Nous voudrions pouvoir admirer fa confiturion: le
zèle avec lequel clle la défend prouve que fans doute elle
en attend les effers les plus heureux; mais nous qui fentons
déja que les différences locales demandent des différences
dans la confinution, voyons en quoi nous pouyons adoprer
ceile de France.
>> La confervation de nos propriérés & la jufte mefure
de notre foumiflion aux lois européennes.
>> Mellieurs les commillaires de rade, diftingués par la
nature devotre fervice, nous faifonsici de vous une mention
honorable pour lezèle avec lequel vous avez toujours rempli
vos fonétions : continaez à éloigner de nos côies ceux qui
fous une feinte huimanité viennent porter des principes deftruéteurs. >>
Dans ce difcours, on traite le décret du 15 mai de fatal
firmen. Le ztie & le patriorifme des colons dont on Y, parle,
ceft la cocarde noire prife par eux, & l'on y infulte aux
principaux membres del'Allenblée conftituante quis'étoient
particulitremenr difingués par leur philanthropie.
éloigner de nos côies ceux qui
fous une feinte huimanité viennent porter des principes deftruéteurs. >>
Dans ce difcours, on traite le décret du 15 mai de fatal
firmen. Le ztie & le patriorifme des colons dont on Y, parle,
ceft la cocarde noire prife par eux, & l'on y infulte aux
principaux membres del'Allenblée conftituante quis'étoient
particulitremenr difingués par leur philanthropie. --- Page 132 ---
a
clair? Enfeite le préfident de l'affemblée coCela elti il
corps préfens à la féance":
loniale s'adrelle aux differens
de rade, & vous verrez
Voyez ce qu'il dit aux d'avancer cemmiffaires que. ces commiflaires de rade,
qué Javois raifon
Vereuil dans une précédente féance,
dont a parlé le ciroyen
arrèter ceux qui pourroicht les
n'avoient été inftintés que pour des principes dhumanité,
venir dansla colonie apporter frangaile.
la
principes de la révoletion alers répondu par un arrêté de
Le citoyen Verneuil a du 31 décembre 1792.
muicipalice du Cap,
ordonné moi-meme la confedtion
J'érois alors au Cap.iai les émigrés de Coblentzqui venoient
de Tarrèré, pour prévenir dans la colonie; il n'eft pas éronnant des mefures que
mettre pied-a-terre la municipalité du Cap ait pris
fous mes émigrés. yeux
Mais cela prouve bien
commifiaires les émigrés,
contreles
à
3EA
de rade, que l'on a empiloyés depuis auparavant dans le deifein
avoient été inftitués long-temps les principes de la liberté
de repouller ceux qui apportoient aulli
linffiration ne date
& de légalité. Cela prouve mais dme qu'elle eft antérieure
pas du 31 décembre
eft le difcours prononcé par co1791.
au 4 (epterabre alors Caduch, préfident de Taflemblée
Caduch; mais
autres, emportés par leur anglomanie, non
loniale, & quciques cocarde noire; je puife cette vérité,
pas
arborèrent la
colonialei cat T'aflemblée codans les actes de T'affemblée de conligner dans fes regiftrés
loniale fe feroit bien elle gardée prend la cocarde noire i mais dit dans je
un arrêté dans par les lequel écrits du citoyen Fage lui-méme.
les
le puife
titre,, Dijeours hiforique
une brochure ayant pour
au comiré
aa
des défeftres des coloniss, dépoiée coloniale de Saintcaufes dans les archives de la commillion nationale 5 il dit dans
&
auprès de la Convention
Doningue
19):
la fermation
cet ouvrage (page calaminés n'empéchèrent pas fort du
>> Ces nouvelles coloniale: mais Dhanchelande, de la diriger à Fet
de Taffemblée Isy étoit donné, ne défefpéroir pas infuence, il fit donner
qu'il &
avoir la.mefure de fon
de cette allemblée,
gré; fa Reter à Caduch, prélident
une
par
5 il dit dans
&
auprès de la Convention
Doningue
19):
la fermation
cet ouvrage (page calaminés n'empéchèrent pas fort du
>> Ces nouvelles coloniale: mais Dhanchelande, de la diriger à Fet
de Taffemblée Isy étoit donné, ne défefpéroir pas infuence, il fit donner
qu'il &
avoir la.mefure de fon
de cette allemblée,
gré; fa Reter à Caduch, prélident
une
par --- Page 133 ---
wne dont toque le au panache noir & blanc, à la cocarde noire,
traître couvrit fon front d'airain.
9, silors > par les intrigues de Cadouche, les membres ds
l'affemblee colonin.ef.rent revètus d'une C charpe noire's , Jous des
précextesfrivoles qui ne laifèrent pas d'en
par des mocifs a peuprès- pareils-,
inpyeraurpatrivess
Nord eut fes écharpes rouges. Ces l'affemblée couleurs ennemies provintiale du
préfentées comm: les lgnes du deuil de la
G furent
verfe dans la province du Nord,
a colonie, dufing
du Alors furene effacés, par les foins de Gauvin,
Cap, o2 ces mots : la nation, la loi, &c., qui ornoient négociant le
temple J reunifoit l'allemblée coloniale,
>> Alors, 3 des orateurs malyeillans ou égarés
LAllembléc nationale, & cent mille
blalphémoiene
des blancs, la torche & le poignard à révoltés, la main, couverts leur
du Jang
moins dangereux que LAllemblée nationale.
parvifoi.ne
Vous voyez une peinture fidèle de l'effet qu'a
fur
quelques membres des aflemblées coloniales le produit
mai, Ici Page affire que Cadouche a
décret de la du
de Elanchelande un
à
reçu
daut
il affure enfitite
chapeau toque avec une cocardenoire;
de deffus les murs que de l'atlemblée Gauvin, négociant du Cap, a effacé
la Nation la Loi; il affire coloniale les
la légende facrée,
freufes & 14 'plus infidieufes que
motions les plus afcoloniale
Oit été faites dans
contre la nation francaife;
des
T'atlemblée
& malveillans les ont faites. Mais of que font donc oratears les égarés
verbaux qui conftaten: la réfiftance que vous
procèsà ces motions affreufes que quelques membres avez apportée
avec Cadouche ont faites contre la nation
qui étoient
venez de dire que Gauvin a effacé ces mots françaile? facrés : Vous
celui qui a oppofé de la réfiftance ?
queleft
De deux choles l'une : ou tous'les membres de
coloniale ont porté la cocarde noire, cu Cadouche l'affemblée feul l'a
portée 5 dans le premier cas, ils font des fcélérats bien
rés; dans le fecond cas, ils font de bien làches
avéqui n'ont pas ofé s'oppofer aux fcélératefles de fcélérats
qui n'ont pas ofé s'oppofer au fyiteme
Cadouche, s
qui ne l'ont jamais dénoncé à la France. dindépendanco, Ces
&
bien loin de dénoncer Cadouche, l'ont au contraire hommes-l,
Iome I. Troifième liyraifon,
K
con-
érats bien
rés; dans le fecond cas, ils font de bien làches
avéqui n'ont pas ofé s'oppofer aux fcélératefles de fcélérats
qui n'ont pas ofé s'oppofer au fyiteme
Cadouche, s
qui ne l'ont jamais dénoncé à la France. dindépendanco, Ces
&
bien loin de dénoncer Cadouche, l'ont au contraire hommes-l,
Iome I. Troifième liyraifon,
K
con- --- Page 134 ---
eIR
il a été nommé
dans la préfidence de r'affemblée; deux fois; & Cadouche,
tinué
&a été rénommé de la main des patriores
pour préfident, prix de fes crimes, a reçu de T'aflemblée coloniale, >
pour
deux fois la pralidence cocarde noire.
coloniaux
avec une
après Yavoir préfidée
Jl lit.
Affichen américainen.
le premier juin.
De Saint-Marc,
le 29 du mois dernier,
générale a procédé,
M. de Cadufch
< Laffemblée de fes nouveaux officiers. ; MM. Thoa la nomination épréfdent, M. Brulley, vicepréfdent fecrétaires. Ces
adénonmnés Millet & Gaul ont été choilis pour
mas
été inftallès hier. 7>
facrés de la Naofficiers ont
Gauvin effaçoit les mots fur lui! quoi!
Quoi! lorfque Loi, vous "ne vous êtes pas jetés un homme qui
tion, la l'avez
livré au peuple comme ne Tavez
au
vous ne les TaiReN de la France! vous vous ne E.ter pas
trahiffoit
de la France!
Gauvin a
moins livré aux bien! jugemens je vous dirai que ce même colons; puifdénoncé! Eh
de fes crimes des parriores
aller àla
encore reçu le donné prix une miflion pariculitre pour dans les
lui ont
la révolte fe manifeitoit vu fous fes
Te car lorfque Tatlemblée, après avoir fouffert qu'on
provinces du Nord,
noire , après avoir
la Loi,
yeux porter la enceinte cocarde ces mots lacrés: la Nation, avant
effacat de fon
puillances delEurope, direcenvoya des dépurés à rouresles yer à la France 5 elle en envoya
de fonger à en envoye
elle traita directement eût
des Etars-Unis;
la France
tement au congrès quoiqua cette époque elle envoya des comavec les Etats-Unis, aux Etars- Unis 5 fut
la France (cule :
un amballideur à la Jamaique, &cloubl jours PRSEL les feuls vailfeaux
miffarres
trenre-fept
On "Tefufoit
Y'embargo fut pendant
du commeice.
malgré les pétitions fallu une infurection
francnis,
il a prelque
pCur
des avifos;
en Francc. Lalicmbieée
d'envoyer qu'un avifo fit envoyé
chez les puillienecs
obtenir
des cotarifaites
loniale, en envevant
la Jamaique, &cloubl jours PRSEL les feuls vailfeaux
miffarres
trenre-fept
On "Tefufoit
Y'embargo fut pendant
du commeice.
malgré les pétitions fallu une infurection
francnis,
il a prelque
pCur
des avifos;
en Francc. Lalicmbieée
d'envoyer qu'un avifo fit envoyé
chez les puillienecs
obtenir
des cotarifaites
loniale, en envevant --- Page 135 ---
éttangères, a toujours joué le même rôle qu'elle. a continué
depuls, car les parriores colons ont
dans prefque toutes les cours de
prelque roujours eu >
qui étoient chargés de prendre la l'Europe temte & > les des principes commiffaires
éroient. Les coamiflhires des parnores de l'atlenblée quiy colo- y
niale, à Paris, prenoien: le pantalon & le bonnet
& fe difoient patriores, On les croyoit fur leur parole rouge 5 ceux >
qui alloienc à Londres, crioient : Vive le roi Georged la
protection de Ja majefé! ceux qui alloient aux
ne parloient que de fedéralitine, que de rallier Erais-Unis
des Antilles aux polletlions américaines; ceux qui VArchipel étoient à
la Jamaique profelloient l'indépendance des
de
fore flé que ces commiflaires, par - tour où ils ont colonies; été, ont
prore différens principes : ils étoient patriotes en
en
royalites
Angleterre, fédéraliftes aux Etats Unis France, d'Amérique; & prenoient la teinte des gouvernemens & des cours
par oi ils, avoient paffe. J'ai donc prouvé,
l'écrit de
mon adverfaire, qu'ls ont porté la cocarde noire, par
ont
fouttert
des fclérats la portaffent fous leurs qu'ils
ont onder qu'on inful-àt la narion en
yeux, qu'ils
etfaçàr la legende fublime qui étoit devant permettant eux;
qu'on
loin de punir les auteurs & inftigateurs de ces
bien
cxcès, ils les ont au contraire
SEADE
chargés de miflions
foit à la Jamaique, foit aux Etats-Unis.
fpéciales,
Je vous ai dit que les officiers des navires
avoient
demandé qu'on donnâr connoilfance à la France français de
de la colonie.
l'etat
Il lit.
Procès-verbal de l'affemblée générale de la partie françaife de
Saint-Domingu:, du 5 feptembre au Joir.
< L'affemblée a arrêté qu'elle les recevroit à fa féance de
demain dix heures du matin. .
37 Deux commiflaires de l'affemblée provinciale fe font
préfentés, accompagnés de plufieurs capitaines de la rade,
pour foumettre à alaffemblée une pétition tendante à ce qu'il
K 2
Procès-verbal de l'affemblée générale de la partie françaife de
Saint-Domingu:, du 5 feptembre au Joir.
< L'affemblée a arrêté qu'elle les recevroit à fa féance de
demain dix heures du matin. .
37 Deux commiflaires de l'affemblée provinciale fe font
préfentés, accompagnés de plufieurs capitaines de la rade,
pour foumettre à alaffemblée une pétition tendante à ce qu'il
K 2 --- Page 136 ---
deux bâtimens pour porter en France la nouvelle
fàt expédié qui nous afligent.
a
des malheurs
délibération fur cette pétirion,
>> L'allemblée, après lieu à délibérer, l'embargo demeurant en
arrêté quil n'y a
état.
un plan de diftribution de
>> M. le préfident a propofé comme fuit:
T'allfemblée en dix bureaux enfuite > indiqué la féance pour demain
>> M.le préfident a comité général. 22
matin huit heures, en
après midi, en comité général.
Séance du 7 feptembre
leéture d'une requère préfentée à M. le
ce Il a été fait
nombre des capitaines marchands,&
général par M. un le grand général à Yaflemblée.
avoir repréremife par cette
s les capitaines, après,
>>
Dans
requête fait déja vainement deux tentatives > defenté quils ont
de M. le gouverneur auprès de l'afmandent Tinrervention obtenir la permiflion d'expédier pour France des
femblée > pour bâtimens qui y porteroient les nouvelles
deux de leurs
J
défaftres de la colonie. été ouverte fur cet objet : différentes
>> La difcuflion a
pour quilfoit expédié
motions ont été faites, une à entreautres la métropole la nouvelle de nos
afin d'annoncer
un cnlamités. avifo
difcuflion, il a été arrêté qu'il
wAprès une très fatuer longue à préfent fur la pétition des
n'y avoit lieu de M. le quant préfident feroit part de cet arrêté
capitaines, &c que
à M. le général. concernant l'avifo, un membre a de-
> Sur la motion fût difcuré, à caufe de fon importance,
mandé
l'objet
dans edlire féances. tont-à-Theure de la cocarde noire portée
Je vous ai parlé de l'aflemblée coloniale &c par plufieurs
par le préfident
étonnant; voici la preuve de cette
inembres, ce n'ett pas noires, voici un arrêté où il eft
affection pour les couleurs noires & blanches.
queftion de cgavates
> Sur la motion fût difcuré, à caufe de fon importance,
mandé
l'objet
dans edlire féances. tont-à-Theure de la cocarde noire portée
Je vous ai parlé de l'aflemblée coloniale &c par plufieurs
par le préfident
étonnant; voici la preuve de cette
inembres, ce n'ett pas noires, voici un arrêté où il eft
affection pour les couleurs noires & blanches.
queftion de cgavates --- Page 137 ---
Arrété de l'afemblée générale de la partie françaife de SaintDomingue.
No. XIX.
Du 27 aoit 1791.
C6 L'affemblée générale ayant déterminé, dans fa
d'hier, la formation de régimens de gardes de Saint-Do- féance
mingue, foldés, a repris fa difcuflion fur
ces corps. .
l'organifation de
33 Après une longue difcullion & mûre
a arrêté & arrête ce qui fuit:
délibération, elle
d'un 4°. Chaque compagnie de cent hommes fera
capiraine, d'un lieutenant, d'un fous-lieutenant, compofée d'un
fourtier, quatre
huit,
deux tambours & fergens, de
caporaux, huit appointés,
Sonthonax: : Ce qui (oixanre-quacorze fuit c'eft la formation fuliliers.
des troupes.
& l'équipement
- Il lit.
DRAPEAUX
s3 12°. Premier drapeau, -
les cravates
rouges & blanches; au milieu blanc, une falamandre, noires >
mots 3 Je vis dans le feu.
avec ces
blanches 9> Deuxième drapeau, rouge, bleu & blanc > les cravates
; avec un phénix dans le
ces
Je renais de ma cendre.
blanc, portant
mots: :
femblée Vous voyez, > citoyens, qu'on peut bien induire
l'affouloit aux pieds les couleurs nationales, au que
d'adopter, malgré la Convenrion nationale & fes décrets point fur
l'organifation des troupes de ligne, des réglemens
donrioient des drapeaux à cravates noires &
qui leur
a-t-il fallu davantage du temps de l'aflemblée blanches. En
& de l'affemblée legiflative & de la Convention? conftituante En
il davantge pour conduire au dernier fupplice des falloitfoupçonnés de trahifon? Quoique ces hommes fe hommes difoient
K3 3
i
& fes décrets point fur
l'organifation des troupes de ligne, des réglemens
donrioient des drapeaux à cravates noires &
qui leur
a-t-il fallu davantage du temps de l'aflemblée blanches. En
& de l'affemblée legiflative & de la Convention? conftituante En
il davantge pour conduire au dernier fupplice des falloitfoupçonnés de trahifon? Quoique ces hommes fe hommes difoient
K3 3
i --- Page 138 ---
noire, ils ont porté
patriotes, ils fe font revêtus de ordonné, Técharpe un décret, que les.
la cocarde noire > & ils ont feroient noires par & blanches. Je
cravates des corps fen:-là armés des traits de révolte; fi, malgré tous
demande fi ce
cacher les traces de leur inles foins quils ont pris pour & de leur fyftême d'indépentelligence avec TAngleterre toujours. Je vous avois annoncé
dance, elles ne percent liberté pas de la preffe, le voici.
un arrêté fur la
No. 31.
Du 3 feptembre 1791.
incalculables que Ia
a
les malheurs
cc Un membre expolé
à Saint-Domingue ; il a
liberté de la preffe a multipliés
à tous libraires,
demandé qu'il fit défendu provifoirement vendre ou diftribuer aucun
imprimeurs & autres de publier, françaife, & tous les évéécrit concernant la révolution étrangers à Sain-Domingue,
nemens ou fyftêmes politiques,
& contraires à fon régime.
ample difcullion, arrète
> T'affemblée , après la plus
ait ftatué
SOERLARE
provifoirement & jufqu'a ce qu'elle elle défend à tous les liment fur la liberté de la prefle, générnlement à toutes
braires, imprimeurs, dans colperteurs. la colonie, ou Y arrivant, de
perfonnes réfidantes diftribuer ou donner aucun écrit re-. Le
vendre > imprimer, affaires
iques & à la révolution françaife. contrelarif aux
poli
fous peine contre les
préfent arrêté fera. exécuté, >
comme perrurbateurs &
venans, d'ètre pourfaivis & punis arrêté préfenté à M.
incendiaires publics. Sera le préfenr général pour avoir fon aple licurenanr, au gouvernemenr provinciales pour en af
probation. & notifé aux affemblées
furer l'exécution. >>
du refpedt de Valfemblée coloEft-ce là un monumest la confticution francaife &
niale
la liberté,
RRE
pour
de rr révolution ? voità. cependant à
tous les: principes
d'être les patriotes perfécurés
hommes qui fe vantent avois dit tour- à-Theure, & ue les
Saint - Domingue. Je vous
employés à vexeE
commiffaires de rade étoient Rrincipolement
furer l'exécution. >>
du refpedt de Valfemblée coloEft-ce là un monumest la confticution francaife &
niale
la liberté,
RRE
pour
de rr révolution ? voità. cependant à
tous les: principes
d'être les patriotes perfécurés
hommes qui fe vantent avois dit tour- à-Theure, & ue les
Saint - Domingue. Je vous
employés à vexeE
commiffaires de rade étoient Rrincipolement --- Page 139 ---
les Français qui arrivoient dans la colonie avec des principer
libres : jel le prouve.
Il lit:
Adrelfe de diy TS particuliers détenus dans la chapelle de le
Providence all Cap francais 3 dans la nuit du 2 au 3
oëtobre 1791, alaffemblee nationale.
64 MESSIEURS,
99 Du fein de l'infortune & des horreurs d'une injufte
opprellion n, à laquelle nous ne devions pas nous attendre
en arrivant dans un pays où nous comptions trouver des
Français & des frères, nous fommes obligés d'emprunter
le fecours des ténèbres pour vous ad:effer nos réclamations
& implorer de vorre juftice des réparations de la part des COlonsde Saint-Domingue & des indemnités pour les torts que
nous porten: les mauvais traitemens qu'ilscat exercés à notre
égard, & que nous allons vous mettre fous les yeux.
9> Accou:umés dapuislongstmpi3lodir des bienfaitsd'une
liberté que nous devons à nos efforts & à notre fagefle, s
nous croyions être. pour jamais à T'abri des traits odieux du
defporifmne, 8c cependant nous venons d'en éprouver toutes
les riguetrs, malgré toutes les preuves que nous avons fournies de la purcré de nos intentions. & des motifs qui nous
cn: conduits dans la colonie.
.3) Sansdoute , Mellieurs, vous n'ignorez pas les défaftres:
imprévus &c-accidentels réfultans de l'infurrection des nègres.
dans le Nord de la paitie françaife de Saint - Domingue ;
être
mais CCS. malheurs, quelque grands quils puillènt
s
niautorifen: pas ceux qui les ont éprouvés & ceux qui en
redoutoient les fuites, a nous e1l- faire fupporter l
& à rejeter far la mère-patrie la caufe des calamités
Aotie
eft bien Cloignée d'avoir produites.
s5 Ce font les paflagers amcnés de France dans la COlonie pour diverfes vues 2 qui vont préfenter 'à votre juftice fouflerpofé concis &. vérizable des maux qu'onleur a fait
K 4
pas ceux qui les ont éprouvés & ceux qui en
redoutoient les fuites, a nous e1l- faire fupporter l
& à rejeter far la mère-patrie la caufe des calamités
Aotie
eft bien Cloignée d'avoir produites.
s5 Ce font les paflagers amcnés de France dans la COlonie pour diverfes vues 2 qui vont préfenter 'à votre juftice fouflerpofé concis &. vérizable des maux qu'onleur a fait
K 4 --- Page 140 ---
circonftance, fans
frir' à Tépoque de cètte malheureufe ont apportés de France >
avoir égard aux palle-ports qu'ils
ont offertes inu-
* stretés qu'ils
& aux recommandations
tilement.
arrivés dans la rade du Cap français, nous
>> A peine
à bord de nos navires refpechifs, & cette
'avons été confignés liberté n'a été. qu'un prélude de foufprivarien de notte fait endurer depuis le 21 du mois de
frances qu'on nous a
été conduits au fort de Picoler,
fepsembre. Nous avons heures fans nous denner des vioi l'on nous, a laiflés 48
nous avons été transférés
vres. Dans la nuit du 22 au de 23, la Providence, od nous fomdans la chapelle dé Thôpital
à nos tyrans
mes encore dérenus jufqu'à ce qu'il plaile
de terminer nos fouffrances par notre expulfion.
des gens
le fort affreux
nous font éprouver
>2 Voilà
abufant que
du titre facré de la loi, s
injuftes & crucls, qui,
fe venger fur nous des maux
ont cru fans doute même pouvoir la poflibilité. Leur vengeance ne
dont nous ignorons
détention; une nourricure mals'eit pas bornée à notre
Thabitation d'un hôpital &c
faine; un air putride & vicié, nous étions obligés de faire
le méphirifme des ordures voilà que les dangers auxquels notre
dans l'endroit mêie : une dure traverfée dans un climat
fanté a été expolée après de
les nouveaux
brâlant qui demande tant
ménagemens été pour
malades,
arrivés. Plufieurs d'entre nous ont fuccombé grièvement fous tant de maux
& pêu s'en eftfallu qu'ils n'aient
réunis.
- ils les auen (ont les auteurs prétendront
2> Ceux alléguant qui
le faux prétexte de la sûreté publique :
torifer, en qu'elle dépendoit entièrement de notre déten- la
Diront-ils
cette foible excufe pallier toute
tion : Voidront-ils par traitemens qu'ils ont exercés fur nous ?
noirceur des mauvais fackent que, quand même le bien public
Eh bien ! qu'ils
momentanée de notre liberté,
aurcir demandé la privation lorfque nous avons fourni les preuves
elle devoit honnêteré celler, & de la pureté de nos. vues; que jufde notre devoient nous regarder comme fufpedts, & non
ques-là ils
même leur devoir étoit
comme criminels, & que par-là
'ils ont exercés fur nous ?
noirceur des mauvais fackent que, quand même le bien public
Eh bien ! qu'ils
momentanée de notre liberté,
aurcir demandé la privation lorfque nous avons fourni les preuves
elle devoit honnêteré celler, & de la pureté de nos. vues; que jufde notre devoient nous regarder comme fufpedts, & non
ques-là ils
même leur devoir étoit
comme criminels, & que par-là --- Page 141 ---
tout au plus de nous furveiller, & non de nous punit.
Mais les colons vouloient des viQtimes; & comme ils
attribuent à nos décrets la caufe de leurs maux, il leur a
fans doute été bien doux d'exercer leur vengeance fur de
malheureux français dont les papiers &c les pafle - ports
portoient l'empreinte d'une entière foumillion aux lois.
5> Maintenant ils vont nous renvoyer dans nos foyers,
et, nous nous fentons' encore heureux de quitter un pays
de défolation & d'injuftice > puifque nous allons refpirer de
nouveau l'air pur de la liberté. Mais, MM., fous un autre
rapport, eft-il pollible qu'un aéte arbitraire de la part des
Colons nous occalionne impunément des pertes conféquentes
& irréparables >3 ?
>> Etd'abord, nou's avons fait la dépenfe d'une traverfée
d'aller, qui eft tout-à-fait perdue pour nous > puifque nous
ne pouvons en retirer le fruit; enfuite, , nous voyons détruite
entièrement la perfpective que chacun de nous envifageoit C
dans ce pays; les uns venoient en recouvrement de fonds,
les autres pour gérer des habitations 5 certains pour e treprendre diverfes branches de commerce, & tous dans l'intention commune d'exercer leurs talens & leur induftrie -
avec toute l'honnèteté & la droiture convenable : & ce n'eft
pas une petite perte de voir renverfer en un feul inftant
tous les foins pris depuis long-temps. pour arriver au but
que chacun de nous fe propofoit >,
>, Le temps que nous avons perdu dans le
entrer
voyage, doit
pour beaucoup dans toutes ces cenfidérarions; &
vous
y ajoutez les délagrémens d'une traverfée d'hiver,
fi
nous fera faire fur le pont, vous aurez une jufte idée qu'on du
defpotifme qu'on exerce impitroyablement far nous 3?.
>> C'eft pourquoi nous n'héficons pas de vous demander
juftice de toutes ces
&c vous prions de
nous
bien
indemnifer des frais
nos paffages. Nous vouloir
de vous
venons
AES
tracer le rableau de: tyrannies dont nous avons
les malheurewfes victimes, malgré la proclamation
été
des droits de Thomme,, que nous ne croyions folemnelle
dansun démembrement d'une narion régénérée. NVous méprifés fommes
Tome I. Troifieme liyraifon.
Ks
ice de toutes ces
&c vous prions de
nous
bien
indemnifer des frais
nos paffages. Nous vouloir
de vous
venons
AES
tracer le rableau de: tyrannies dont nous avons
les malheurewfes victimes, malgré la proclamation
été
des droits de Thomme,, que nous ne croyions folemnelle
dansun démembrement d'une narion régénérée. NVous méprifés fommes
Tome I. Troifieme liyraifon.
Ks --- Page 142 ---
Français, & un peuple inholpitalier ofe aufli prendre ce
titre, après avoirrefulé notre fraternité, & nous avoir rejetés
de fon lein. Auffi nous foupirons tous après le mom nt qui
pourra nous rendre à nosvrais concitovens, & où nous pour- faites
rons vivre libres > à l'abrides fages lois que vous avez
pour le bonheur de la nation. Puifliez-vous 7 MM., jeter
un regard favcrable fur nos humbles demandes! la foumiflion Puifliez-vous & de
agréer le fincère hommage du refpect, de
la reconnoiffance des malheureux pallagers, détenus au moment même dans la chapelle de Thopital de la Providence,
au Cap Français, Isle Saint-Domingue.
ANTOINE
59 Signé, B. NoaNÉ, B. BURETTz.MAIZAC Marfeille
GERMOUX, C. CAPRON, L.DEPRAT, cadet (de
),
J. A. MOrLAc, ainé, COLIN, BEAUNE, le jeune, LIBERT,
COLLIN, VITALIIS, MOISFASTELLE, FOULoN, FOURNIER, NAu
ROMIEU > TEUTAIN , PIPERON, LAFERENDIÈRE,
(de Saint-Amant ) >,
7> P. S. En vertu de l'autorifation dés pafagers venus de la
de France, & renfermés dans la chapelle de Thopital
Providence > je m'engage à prendre à monanivée fûrement en France, à
tous les moyens nécellaires pour faire parvenir
l'affemblée nanonale le mémoire ci-joint; obfervant au nom
de mes compagnons d'infortune > que le peu d'ordre qui y
règne, une fuite de précautions noaturnes que nous avons
été obligés de prendre, & de la précipirarion qu'il nous a
fallu apporter à la rédaétion d'une adrefie, dont la découverte auroit fans doute pour nous les fuites les plus funeftes.
C'eft ce qui nous a empèché de bien circonftancier les faits,
& de faire envifager, fous mille autres rapports, l'injufice
des colons à notre égard, les torts confidérables qu'ils nous
portent & les maux qu'ils nous font fouffrir 3.
Au Cap Français,! le 6 octobre 1791.
Signé, J.A.MAISAC, ainé.
Après avoir expofé rousles crimes de l'affemblée coloniale
vous avoir expolé fcs liaifons avec l'Angleterre, les tenta_
ier les faits,
& de faire envifager, fous mille autres rapports, l'injufice
des colons à notre égard, les torts confidérables qu'ils nous
portent & les maux qu'ils nous font fouffrir 3.
Au Cap Français,! le 6 octobre 1791.
Signé, J.A.MAISAC, ainé.
Après avoir expofé rousles crimes de l'affemblée coloniale
vous avoir expolé fcs liaifons avec l'Angleterre, les tenta_ --- Page 143 ---
tives qu'elle a faites pour ravir les colonies à la France, je
vais vous donner une nouvelle preuve de fes criminelles
intentions. Voici ce que dit Mirbeck dans fon compte rendu,
en citant une adrelie faite le 7 novembre1791, aux hommes
de couleur. C'étoit à la fuite des concordats, à la fuite des
traités de paix que les blancs avoient acceptés, que l'affemblée coloniale fonnoit le toclin contre les hommes de
couleur qui les avoient obrenus. La voici:
Adrele de l'alemblie colonials > du 7 novembre 1791.
>> Les trairés arrachés par la force & la perfidie ne
vent avoir qu'un succès paflager > & le retour doit peu- être
terrible >>,
>> Craignez la jufe vengeance d'un peuple entier, dont
tous les intérêts cnt été 6 cruellement outragés.
>> Craignez la jufte & terrible vengeance d'une colonie
tombée en un inftant, du faite de la profpérité, dans toute
la profondeur de l'infortune.
>> Craignez le reffentiment inévitable de toutes les
fances qui nous environnent > & qui ont le même intérêt puifque nous.
>3 Tremblez fur-tout > que vous ne foyez reconnus &
jugés comme les auteurs ou les complices de tant de malheurs
& de forfaits >2,
Vous voyez que l'affemblée coloniale a encore l'infolence
de menacer les hommes de couleur de toute la vengeance
de l'Angleterre. C'étoir ainfi qu'elle fe préparoit de loin à
amener les Anglais dansl'ifle pour faire égorger les habitans
de couleur. Elle dit, craignez la vengeance du peuple entier.
On eft-il ce peuple : C'étoir le peuple qui é:oit opprimé,
c'étoit le peuple qui avoit fait le concordat. Elle menaçoit
le peuple des vengeances du peuple, & mêms de celle' de
toutes les puiffances de IEurope > & fur-tout de T'Angleterre.
paroit de loin à
amener les Anglais dansl'ifle pour faire égorger les habitans
de couleur. Elle dit, craignez la vengeance du peuple entier.
On eft-il ce peuple : C'étoir le peuple qui é:oit opprimé,
c'étoit le peuple qui avoit fait le concordat. Elle menaçoit
le peuple des vengeances du peuple, & mêms de celle' de
toutes les puiffances de IEurope > & fur-tout de T'Angleterre. --- Page 144 ---
La ledture continue:
lions-nous aux Anglais qui ont
Sonthonax : C'eft-à-dire,
les Anglais maintienle même intérêt que nous, parce
couleur & l'efclavage
des hommes g:
dront l'avilifiement Voila bien les raifons pour lefquelles les colons
des noirs. fur leurs côtes les Anglais; en voilà la véritable
ont appelé
ils en failoient la menace par la voix
preuve. Dès long-temps coloniales.
de leurs allemblées
Il lit: Craignex le refentiment, 8cc.
je crois qu'il en eft le réCette adrefle eft fignée, Page;
dasteur.
fur T'efprit qui dirigeoit les affemblées
Je parle toujours toujours de Tefprit public dans la cocoloniales; je parle
lonie. favoit
la loi du 4 avril avoit été faite en France:
On
que la nouvelle officielle mais perfonne ne
on n'en avoit pas
fc femblant de s'occaper desdroits
Tignoroit. Celt: talorsqu'on
on avoit annoncé précédemdes hommes decouleir,ausquels
de
'ment, c'eft-à-dire le 5 novembre ivaconsectrenteeg d'abord à
3 flatuer fur ces droits, mais qu'ils euffent français eit dépofer pris les
les armes; comme fi lorique le le peuple lui ent dit: pofe les armes 9
armes contre fon tyran, enfemble tyran de la paix. Le peuple français
8c nous traiterons
d'accepter cette condition impofée par
eûr-il été bien prudent
conquérir autrement
fon tyran : A-ton jamais vu un peuple Ils veulent faire un crime
fa iberté, que les armes à d'avoir la main? prisi les armes pour recouvrer
aux hommes de couleur n'alioient-ils au-devant d'eux pour les leur
lcurs droits. Que
étoit finie: alors les hommes de couleur
rendre ! alorslaffaire s'ils euffent continué à porter les
coflent été en révolte, contraire ceux qui leur refufoient l'exercice
armes. Ceft au
étoient les vérirables révolrés; car dans
: de leurs droits, qui
il
de révoltés que les defpetes
e langage de la raifon, n'ya
&: icS tyrans.
à l'affemblés
Voici ce que M. de Lsnlprepof@a.fantec:
de S. Marc.
alorslaffaire s'ils euffent continué à porter les
coflent été en révolte, contraire ceux qui leur refufoient l'exercice
armes. Ceft au
étoient les vérirables révolrés; car dans
: de leurs droits, qui
il
de révoltés que les defpetes
e langage de la raifon, n'ya
&: icS tyrans.
à l'affemblés
Voici ce que M. de Lsnlprepof@a.fantec:
de S. Marc. --- Page 145 ---
Il lit la pièce fuivante :
Moniteur Général de lat partie françaife de SaintDomingue, du mercredi 16 mai 1792.
Assemblée coloniale, présidence de M. Lux.
Extrait de la Séance du IS Mai.
M. de Laval
la motion qu'il
e A cette occalion,
reprend lecture, &
confifavoit faite hier, relativement à cette
qui
toit à demander:
-
en
59 1°. Que l'arrêté qui ordonne que chaque nationale préfident, & au
fortant de la préfidence, écrivealafemblée
roi, pour leur faire part de l'état où fe trouve la colonie, 3
foit ponctucllement exécuté.
>) 2°. Qu'il foit écrit à l'affemblée nationale légiflative -
avec dignité, mais avec la fermeté contenable à la circonftance, qu'elle n'a pas le droit d'annuller la loi conficutionnelle fes
du 28 Jeptembre ; que l'affemblée coloniale , tenant pouvoirs comme elle du corps conftituant , elle lui déclare celle
ne
reconnoitre d'autre loi, pour la confeétien
at
peut
de
que la
relative au régime domeftique
Saint-Domingue,
loi du 28 feptembre.
s, :. Quel la dépèche au roi lui témoigne toute la graritude
des colons de Saint-Domingue > de l'intérêt marqué qu'il le ne
ceffe de prendre à leur malheureux fort , l'engage à continuer, & fur toutes chofes lui rappelle que > comme gardien
de la conftiturien françaife, ils ne penfent pas qu'il laccorde
jamais fa fanétion à quelque décret inconitirerionnel, l'af- qui
enleveroit à la colonie le droit
lui eft conféré par
femblée conftituante, 3 & qui TaLte de la loi du 28 novembre; que cette dépèche lui apprenne enfin, que l'affemblée
coloniale s'occupe en ce moment des iois relatives. aux hoimes de couleur & nègres libres, & que fous peu de jours
elles feront envoyéesà fa fancticn par des commifaires.
à quelque décret inconitirerionnel, l'af- qui
enleveroit à la colonie le droit
lui eft conféré par
femblée conftituante, 3 & qui TaLte de la loi du 28 novembre; que cette dépèche lui apprenne enfin, que l'affemblée
coloniale s'occupe en ce moment des iois relatives. aux hoimes de couleur & nègres libres, & que fous peu de jours
elles feront envoyéesà fa fancticn par des commifaires. --- Page 146 ---
écrire aux
& aux
s. 4". Qu'il .faut aufli
8; départemens les adreffes
villes marirines & de commerce,en leur envoyont
à l'affemblée nationale & au roi, pour les engager de ne pas
fouffrir que la emblée légiflative touche au droit conféré
l'affemblée confituante à la colonie; puifque - 3 s'il en
par
la conftitution françaite feroit bientôt bouétoit autrement 2
même
atteinte, en comleverfée, & que ce feroit
y porter
mençant pari les cclonies.
dela
difcute fur-le-chemp le projet
>> so.Que l'affemblée
dont on a donné leéture hier à
commillion de faffe conlitution, la loi, & l'envoie de fure en France par
Taflemblée,
la préfenter à la fandlion direite
deux commillaires > pour
du roi. I
invite le
à faire tenir prét un bâ-
>> 6". Qu'elle
général
l'effet
timent léger pour mettre àla voile au premier jour, ,a
de porter les commiflaires & la loi.
".Etenfin, qu'ilfoit fait un relevé de tous les projets de
décrets, ainfi que de tous les décrets rendus, tant par fur l'af- lés.
femblée conftituante que par l'aliemblée légillarive
colonies, avec des oblervat ons qui prcaveront facilement
de
locale a produit une verlatilité
fe
le défaut connoiffance
faire
& incendier, &c
n'a pas peu contribué à nous
égorger & à'la France enqu'en envoyant cela aux 83 départemens
on
tière on lui feroit peur-être ouvrir les yeux s &
l'enga2 à fofcer l'affemblée nationale à nous abandonner notre
geroit intérieur, fans lequel les colonies ne peuvent plus
régime
exifler >,
écrit au:
Remarquez la diférence d'expreflions > lorfqu'on natiol'affemblée nationale. On écrit à l'aflemblée
gri ou à
avec
&c au roi On parle mielkunale avcc dignités,
fermeté,
fement d gruitude.
colons ont
Je continue de lire. .
. car confédération les
les
royjours mis ou voulu mettre dans leur
& leur fairevilles de commerce, comme pour les Ainf.Tatlemblée ruiner,
Caperdre leurs créances fur l'Amérique. à fe révolter contre TaC
Foniale inviroit les S3 départemens foutenir fon préjugé..
tm.blée nationale : pourquoi? pour
&c au roi On parle mielkunale avcc dignités,
fermeté,
fement d gruitude.
colons ont
Je continue de lire. .
. car confédération les
les
royjours mis ou voulu mettre dans leur
& leur fairevilles de commerce, comme pour les Ainf.Tatlemblée ruiner,
Caperdre leurs créances fur l'Amérique. à fe révolter contre TaC
Foniale inviroit les S3 départemens foutenir fon préjugé..
tm.blée nationale : pourquoi? pour --- Page 147 ---
14T
Il lit: Que r'affemblic difcuce fur-le-champ.
favoit que le décret
Il falloit vite fe dépècher, , parce qu'on
oit arriver.
I Il continue la lecture. )
-
étoient les
qu'on
Voilà, citoyens , quclles
propofitions
foit à r'affemblée coloniale; & ces propolitions n'ont jais été combattues s;c'étoit l'efprit genéral: car lorfque vous
rez fous les yeux les débats qui ont eu lieu à Yailemblée ferez
loniale fur l'acceptation de la loi du 4 avril, vous foumême de voir comment ils recevoient cette loi avec
iflion & reconnoilfance.
Brulley : Je prie Sonthonax de dire s'il y a eu un arrêté
pris fur la propolition de Laval.
Sontkonax : Je ne le crois pas.
Mil'et : Je prie les citoyens qui recueillent les débats, Son- de
cndre l'interpellation de Brulley & la réponfe de
onax.
-
Polverel: : L'arrêté en vertu duquel vous êtes venus ici,
adopté une partie de ces difpofitions.
Millet : C'eft un grand crime en effet de fe conformer à
n décret conftitucionnel, mais nous ne difcutons pas
ela.
Sonchonax : L'affemblée coloniale fit alors un décret, car
lors c'étoit un décret, par lequel elle déclaroit que l'efclaage des nègres étoit itrévocablement maintenu. C'eft ce
lécret que les ciroyens Page, Brulley & Lux ont été chargés
le venir préfenter à la fanction du tyran, décret qui n'a
Das été
parce que le roi étoit dans de vives inguiéeudes le MST IO le II aoit. Nous vous mettrons fous les yeux
eur correfpondance à cet égard: : ils n'ont pas pu le préfener. D'ailleurs, on étoit ivre de liberes en Frarce, c'ézoit une
frén fe; ils attendoient le moment favorable, 6 ils l'épioient.
C'eft lors de cette miflion donnée par l'affemblée coloniale
Lux, Page & Brulley, que prenoient congé de l'aflemblée
udes le MST IO le II aoit. Nous vous mettrons fous les yeux
eur correfpondance à cet égard: : ils n'ont pas pu le préfener. D'ailleurs, on étoit ivre de liberes en Frarce, c'ézoit une
frén fe; ils attendoient le moment favorable, 6 ils l'épioient.
C'eft lors de cette miflion donnée par l'affemblée coloniale
Lux, Page & Brulley, que prenoient congé de l'aflemblée --- Page 148 ---
difcours de Lu
coloniale > que. le préfident répond attention. aux 1l dit :
C'eftici que je réclame votre
Extrait de la Séance du 13 juin 1792.
au nom des trois commiffaires qui parte
a M. Lux,
le difccurs fuivant :
pour France, prononce
viennent vous faire leu
2, Vos conumiffaires, > meffieurs, fenfible regret de ne point pa
adieux; ils partent avec un leur terme. Ils partent , mais
tager vos travaux de caur jufqu'à & d'efprit avec vous; ls auront fat
refteront unis à leurs yeux les calamités de ce pays,,
cefle préfentes
l'affemblée coleniale a elluyées
traverles particulières que
dirigés, & qui Pa
les, principes qui vous ont de conftamment Nous allons porter à
reillement nous ferviront celle de vos guide. lois dont l'objet le plus dire
fandion du roi, des propriétés & de l'exiftence même (
eft la confervation
vous n'attendiez le falut de C
tous les colons. Bien que hors de fon fein cependant
pays que des l'affemblée fecours puilés des repréfentans de Scint-Domingu
mellieurs , l'autorité qui aura la plus grande influence fu
fera toujours
colonie. Puille cette colonie inforruné
lad deftinée detikcette vos foins de fa
totale, , en mème-tenp
être garantie par
de fanétion de votre décret
nous
Tert
nous
occuperons ef bien l'adion la plus utile & la plu
BEantr fon pays
grande.
recevez, mellieurs
>2> "Aumoment oinous nous féparons,
Texpreflion profonde de nore arrendritiement.
répond en ces termes :
22 M. le préfident
êtes chargés du
vous
dépé
9, Meflicursles commiffaires, la colonie pouvoir confier à fes repré
le plus précicux Vous allez que préfenter à la fanétion immédiate du roi
fentans. folemnel, qui fera un monument éternel de la recon d'ètre.
l'acte noillance d'un droit fans lequel la cclonie cefleroit & votre caVotre miffion ne pouvoir être
importante, temps allez-vous >
impofant. Mais ie quel
ractère plus
au fein de la métropole : loriqu'ella
incllicurs, paroitre
confier à fes repré
le plus précicux Vous allez que préfenter à la fanétion immédiate du roi
fentans. folemnel, qui fera un monument éternel de la recon d'ètre.
l'acte noillance d'un droit fans lequel la cclonie cefleroit & votre caVotre miffion ne pouvoir être
importante, temps allez-vous >
impofant. Mais ie quel
ractère plus
au fein de la métropole : loriqu'ella
incllicurs, paroitre --- Page 149 ---
buve toutes les convulfions de la liberté politique;
fémemo'erney fait confondre t045 les principes, &
tater
plus grands incérêts ; lorfque la France enfia paro't voaloir
Facrifier à cette idole du jour. il ne faur pas vous le diflier, meilieurs, vous trouverez un efprit prelque général de
veur contre us, La prévention, roujours ii aveugle,
rfuit & perfecuie les colons en France, , comme Gil le malE ne peloit
allez fur leur patrie défolée. Ne vous
ez vaincre A par les obftacles, ni décourager par les
bits &: les amertumes. Fidèles aux. principes dont l'afblée coloniale a confacré la nécellité, parlez, agiffez en
riques qui travaillent à la profpérité de leur pays,&
ez raifonner la philofophic,
L'idée d'un peuple de fages eft & fera toujours une
mère. Les richefles & le luxe fontaufli nécelfairesà une
harchie > qu'ils feroient nuifibles dans une république.
mpire français ne
trouver l'aliment de l'un & la
rce des autres. que DoE la profpérité de fes colonies ; &
partie françaife de Saint-Domingue n'a de fauve-garde
dans la déclaration dont vous êtes les dépofitaires
ef bien clair, d'après la réponfe que le préfident vient
faire dans Yaflemblée coloniale 2 que Page & Brulley
ient envoyés pour intriguer politiquement, Qu'importent Foulez
principes de la France : Son idole eft la liberté.
pieds fes pricipes 3 laiffez crier la philofophie > &
PZ à votré but. Page & Brulley remplirent fidèlement
te mition 5 & l'aflemblée coloniale >
la leur a donP, eft bien loin d'êrre une affemblée T patriotes : & le
nier de fes actes, que je viens de vous lire, 2 prouve ce
i eft dit dans les premicrs. Il prouve que l'aflemblée COhiale a conftamment marché fur les traces de l'alfemblée
Samt-Marc; que non-feulement elle a voulu fe rendre
lépendante de la métropole 5 inais que voyant le crédit
la maifen de Bourbon S afioiblir, elle a cherché une autre
prection en Angleterre 5 que c'eft-là le principe de toutes
liaifons des colonies avec PAnglererre, 2: que fi aujourhui quelques pertions de la colonie font entre les mains
s Anglais, c'elt que les deux aflemblées ont conftammens
arché dans le fens des puillances étrangercs.
lépendante de la métropole 5 inais que voyant le crédit
la maifen de Bourbon S afioiblir, elle a cherché une autre
prection en Angleterre 5 que c'eft-là le principe de toutes
liaifons des colonies avec PAnglererre, 2: que fi aujourhui quelques pertions de la colonie font entre les mains
s Anglais, c'elt que les deux aflemblées ont conftammens
arché dans le fens des puillances étrangercs. --- Page 150 ---
Millet : Ceft ce que nous verrons.
Millet relativeme
Sonthonax : J'ai à répondre au citoyen
T'acceptation
à l'arrèté du 27, mai 1792 > qui prononce je le commente : il
la loi du 4 avril. Il eft inutile que
d'indignation
impollible de' fe défendre d'un mouvement
dit cor
2e
en lifant les principes qu'on nationale 'y dévelopr's. de France Ony n'a pas
tamment que TAllemblée veut bien la recevoir 5 qu
droit de faire la loi; qu'on de recevoir ce qu'elle envoi
ne reconnoit la nécellité faire naitre un conflict d'autorité en
que pour ne pas
& l'allemblee coloniale. Je f
lAffemblée d'obferver nationals en même - temps, fur cet farrêt
bien aife
les membres de l'aller
qu'il n'elt pas étonnant l'ont eltr rendre, aient fait cette
blée coloniale e, qui bien compris la leçon qve leur donn
fexion ; car ils ontl
il leur dit : Sil'on YOMS pa
leur prélident Daugy > quand ef la valeur d'aëtes contrad
d'adhéfion > demander quelle Il eft bien certain qu'on a donné
entre les deux guichets.
toute la contexture toutes
cet acte toute la tournure acte > contracté entre Te deux 8
formes qui conftituent qu'il un étoit le réfultat de la force :
chets > pour colons prouver favent bien que le droit n'eft rién fa
comme les
T'Allemblée nationale ne fait pasa appuy
la force ; que lorique ils favent bien les éluder; ils fuivent
elle-mme fes lois,
"principes du patriote Daugy.
c'étoit P
Là-deffus le citoyen Brulley a prétendu que lallemb
l'effet d'une intrigue infernale qu'on la avoit Convention accolé lui a f
coloniale à Blanchelande, lorique d'avoir approuvé I'arre
un crime, dans l'acte d'accufaticn, a mieux fait : ila a
du 27 mai 1792, Le T'affaire citoyen Brulley de Blanchelande. En témd
un des témoins dans il lui a dit qu'il lui étoit fouvent arri
gnant contre lui,
révoltés, d'une montagne à l'autr
de haranguer les nègres vouloir parler de Montmartre au mo
C'eft comme fil'on réflexion eft
de chofe 5 je ne in
Valérien. Mais cette
peu
arrère pas.
de Blanchelande
Le citoyen Brulley a dit > en parlant cet arète > ma
won-feulement Blanchelande a approuvé
des témoins dans il lui a dit qu'il lui étoit fouvent arri
gnant contre lui,
révoltés, d'une montagne à l'autr
de haranguer les nègres vouloir parler de Montmartre au mo
C'eft comme fil'on réflexion eft
de chofe 5 je ne in
Valérien. Mais cette
peu
arrère pas.
de Blanchelande
Le citoyen Brulley a dit > en parlant cet arète > ma
won-feulement Blanchelande a approuvé --- Page 151 ---
a fait une proclamation dans le fens de Tarrêté du 27 mai,
Que le citoyen Brulley vienne nous dire aujourd'hui que cet
arrèté n'eft pas criminel, lui qui a fait un crime à Blanchelande d'avoir fait une proclamation dans le fens de cet
arrêté. Mais pourquoi nous arrèter à prouver fa criminalité : La Convention nationale l'a jugé criminel dans un
temps où il n'exiftoit point de factions, dans un temps
ou l'allemblée réunie de ceur 8c d'efprit ne voyoit
où
rendoit juftice à qui
#:
les principes,
l'aflemblée l'affemblée coloniale comme elle
appartenoit : Or elle a jugé
avant le mois de mars
la méritoit ; c'étoit quelque temps
1793. Le citoyen Brulley a parlé d'une lettre de Roume, d'une
de Leborgne & d'une proclamation de moi. Ces trois adtes, de
dit-il, font juftificatifs de la moralité. & du patriotifme fa
l'allemblée coloniale. D'abord Poume n'a point reconnu
lettre 5 Roume doit ètre appellé aux débats l'état > de parce la qu'il colonie 1 a
de grands renfeignemens à donner fur
avant notre arnivée, parce qu'il eft accufé, & qu'ilfaur qu'il
reconnoiffe fal lettre. Aifije ne me permettrai pas de la difcuter jusqnes' à l'inftint où il laura reconnue. Quant à à la la
lettre de Leborgne j'ai oblervé qu'elle éroit poftérieure
fédération du 14 juillet où les hommes de couleur avoient
été réunis aux blancs pour prèter ferment à la liberté &
à l'égalité. La lettre de Leborgne eft antéiieure à l'affaire
du 14 août : car, commeje l'ai dit dans une fance précédente , les hommes de couleur avoient été fufillés lettre comme il
des bêtes fauves. Leborgne n'a pas reconnu cette
:
doit être aulliappellé aux débats, parce qu'ila det très-grands
renfeignemens fur l'état de la colonie avant notre arrivée,
parce quil eft accufe par Page & Bralley, parce qu'il étoit
fecrétaite de la première commiflion civile.
Ileft bien étonnant que les colons regardent comme une
fin de non-recevoir de l'accufa:ion
je porte contre eux,
la proclamation dans laquelle je Re faifois des complidiffolvois lallemblée colomens, en même-temps que je
niale. Lorfque j'artive dans un pavs en qualité de pacificrteur, éroit-ce mon rôle d'attaquer les aflemblées coloniales, diffolvois
puifque jo venois pour les diloudre, & que je les
Ileft bien étonnant que les colons regardent comme une
fin de non-recevoir de l'accufa:ion
je porte contre eux,
la proclamation dans laquelle je Re faifois des complidiffolvois lallemblée colomens, en même-temps que je
niale. Lorfque j'artive dans un pavs en qualité de pacificrteur, éroit-ce mon rôle d'attaquer les aflemblées coloniales, diffolvois
puifque jo venois pour les diloudre, & que je les --- Page 152 ---
effedtivement : Falloit-il raliu.ner de vieilles haines, puifrenloit cette affemblée impuiffante ? Falloit-il que
Rat révéler tous les forfairs de fes membres > lorfque
je n'en avois Pas encore connciffance : Pouvois-je avoir
plus de tadtique, plus de fineife pour ( déméler leurs projets 3
que les deux Afemblées nationales de France qu'ils ont
conflamment trompées : Comment eft-il polible que moi ,
fimple particulier , peu verfé dans les aftaires coloniales, on
puille me faire un crime d'avoir ,a mon arnvée, fait des
complimens à l'aliemblée en lui fignifiant le décret qui la
met.oit a la porte ? Elil étonnant que je me fois renfermé
dans l'efpace qui s'étoit écouié depuis la proclamation de
la loi da' 4 avri, jufqu'au moment ol je fuis arrivé ; c'eftà-dire, cclui de fa diflolution : eftil étonnant que me renfermant dans cet cfpace 3 je n'aie pas été lui reprocher fcs
crimes paffès que je ne cennoitlois pas :
La féance eft levée & remife à demain.
Le regipr: des préfences efl Fgné J. Pr. GARRAN,
préfident 5 LECOINTE ( 2 des Deux - Sèvres ), fecrétaire
P.CASTILHON, ALLASSCEUR, GREGOIRE, PEYRE, J.F.P.
CHAMPEAUX.
Du 14 --- Page 153 ---
L
Du 14 pluvidfe, l'an croifième de la Républigue francaife
une & indivifible.
ON donne lecture des débats recueillis dans la féance
d'hier. La rédaction'eft adoptée:
- Le préfident donne lecture d'une lettre du ciroyen l'Archevefque-Thibault, arrivée à la fin de la féance d'hier.
Le citoyen "Archord/ase-Thibaule, > aux citoyens repréfantons
compofant la commifion des colonies de la Convention nauonale.
cc CITo Y E N S,
3, Je me hâte de vous informer que les citoyens
Brulley & leurs collègues viennent enfin de m'écrire
ont reçu la démiflion
je leur avois
Pat
de commiffaire,
que
donnée. de lal qualité
ou fondé de pouvoirs, des colons
réfugiés aux Etats-Unis delAmérique. S'ils avoient patriores
peine de le faire plus tôt, je n'aurois pas éré dans le pris cas la
me croire encore lié par cette qualirés ce
a donné lieu de à
la lettre que j'ai eu Thonneur de vous
&
hien;
RtE
qui devient dorénavant fans objer.
citoyensy
>> Salut & fraternité,
A
32 Signé, rasemivate-Trisnunt.-
A Paris, ce 13 pluviofe, l'an troifième de Ja
ane & indivifitle,
République frangaite
S
Page: Nous nlavons pas
la démiflion de
Thibault; il nousi a écrit EE abdiquoit la Archetelque: de
Tome I. Quacrièm: liyraifon
qualice L coin-
ient dorénavant fans objer.
citoyensy
>> Salut & fraternité,
A
32 Signé, rasemivate-Trisnunt.-
A Paris, ce 13 pluviofe, l'an troifième de Ja
ane & indivifitle,
République frangaite
S
Page: Nous nlavons pas
la démiflion de
Thibault; il nousi a écrit EE abdiquoit la Archetelque: de
Tome I. Quacrièm: liyraifon
qualice L coin- --- Page 154 ---
colons de
: nous avons configné
miffaire des
Saint-Domingue: la lettre quilnous a écrite à l'époque
dans notre procto-veebal s'eft réunie pour lever les fcellés appolés
où la commiflion
fur nos papiers. Dans la (éance d'hier, je crois avoir parfai- étoit
Sonthonax :
l'origine des troubles des colonies des
tement prouvé que des colons, ou plurêt des meneurs lois de
due aux blancs, inanceuvres qui s'oppoloient conftamment & aux à tout ce
colons lalfemblée nationale, aux principes dans la colonie français, un régime libre,
qui pouvoir tendre à érablir
à améliorer le fort des
à lui donner des lois & françailes, à les faire fortir enfin de l'état
hommes de couieur, on les tenoit depuis fi long-temps. des
d'ignominie dans lequel des. alfemblées qui étoient
déJ'ai prouvé que Yelprit de Saint - Marc, étoit aufli oppofe n ont
rivations de Tallemblée j'ai
que ces allemblées Ja
aux principes français; actes
des EENE a Thumanité, à partie de
fait dans leurs
que
qui étcient des hommes
de leurs commettans,
la fciflion
opprimée couleur; j'ai prouvé qu'elles ont toujours j'ai prouvé provoqué qu'ew France
de la colonie d'avec la métropole;
des dérivations qui
allemblées avoient des déiachemens:
Lancaltre &
ces
à T'hôtel Maffiac > à l'hôrel que lallemblée
satlembloiens ailleurs, od l'on fuivoit les mêmes jai principes prouvé que la feconde
celoniale fuivoit dans la colonie; marché continuellement fur les
affemblée coloniale avoit de Saint-Marc; j'ai prouvé que cette
erremens de Taffemblée n'avoit mis de différence dans {es projets
aflemblée coloninle
moyens de la fourenir, que. paf
J'indéptndance, , & efficace dansles de la maifon de Bourbon ou les de
la protechion dHanovres plus jai prouvé que dans tous les été temps des
celle
meneurs de ces allemblées n'ont demset
principaux hardis; j'ai prouvé que les agens-des
fi les
conipursteurs coloniales étoient des contre - révolutionnaires; à ces TEnbes
Peynier & les Mauduit ont été éntre oppofés Pevnier & Mauduits
coloniales, iln'ya eu de diftérence coloniales de Tautre, que celle
d'une
&c les alfemblées de confpirateurs qui vont tous
qui TE entre c'ellà-dire, deux cfpèces à fe ditpurer le iceptre de la
au même but,
les indépendans, Peynier, Mauduit
colonie; j'ai prouvé que
volutionnaires; à ces TEnbes
Peynier & les Mauduit ont été éntre oppofés Pevnier & Mauduits
coloniales, iln'ya eu de diftérence coloniales de Tautre, que celle
d'une
&c les alfemblées de confpirateurs qui vont tous
qui TE entre c'ellà-dire, deux cfpèces à fe ditpurer le iceptre de la
au même but,
les indépendans, Peynier, Mauduit
colonie; j'ai prouvé que --- Page 155 ---
& autres contre - révolutionnaires, ne fe font difputés
le faitir. Il me refte à prouver aujourd'hui ce que
f
pour déja avancé. qu'une foule d'affallinats juridiques ont été
commis contre les hommes de couleur, à prouver que les
noyades & les fuiilludes dont ceux ci ont été les vichines,
que les bareaux de mort avoient e:d inventés dans la colonie,
& qu'on s'en étoi. iervi, contre les hommes de couleur:
j'entre dans cette preuve, & je commence par l'arrivée
d'Ogés je ferai court. Oge arrive dans la colonie, porreur
des décrets des 8 & 28 mars : fon premier foin eft d'écrire
aux corps popalaires
leur annoncer qu'il vient réciamer
Texécurion de ces LATE & fur-tout de l'aricle IV de l'inftruction du 28 mars 1790. Il écrivit à l'aflemblée provinciale du Nord, au cher de la colonie, en leur difant : je
viens ici réclamer Texécution de nos droits, & vous forcer
à l'exécution des lois des 8 &c 28 mars, & fur-tout de
l'article IV des inftructions; cet article dir pofitivement que
toutes perfonies agdes de 25 ans accomplis, domiciliées
depuis deux ans, , ayant une proprié é dans la cclonie, doivent
être admifes à voter dansles afiimbiées primaires. Vous avez
violé la loi, vous avez méprifé ces articles; Vuus avez conftamment méprifémes frères : je demande que cetteloi foit exé-,
cutée. Vous parlerez fans doutedelancien préjugé desçolons;
mais l'AMemblée confticuante a-t-elle ménagé la nobleffe &
le clergé, lo fqu'elle a fait la confirution? a-t-elle ménagé
les parlemens, les vieux corps de la monarchie : Puiique
yous êtes G amis des principes, recevez donc les lcis qui
font faires pour les faire obferver; admettez que les hommes
de couleur feront reçus à voter dans les allemblées primaires.
La demande d'Ogé fot reçue comme los tyrans reçoivent,
les fuppliques des opprimés; on 6t matcher contre lai le régiment du Capo contre un feul homme, accompagné de
quatre-vingts aurres: la petire troupe dOgée eft défaite. Blanchelande & les corps populaires envoiene réclamer Ogé fur
le territoire efpagnel; ving. des fiens font faitis, amenés au
Cap: plongés dans les prfons : ils expirnt fur l'échaiud
le crime de T'Allemblée confiruante & de toute la nation
françaife, le crime d'avoir réclamé les droits de l'homme
L 2
quatre-vingts aurres: la petire troupe dOgée eft défaite. Blanchelande & les corps populaires envoiene réclamer Ogé fur
le territoire efpagnel; ving. des fiens font faitis, amenés au
Cap: plongés dans les prfons : ils expirnt fur l'échaiud
le crime de T'Allemblée confiruante & de toute la nation
françaife, le crime d'avoir réclamé les droits de l'homme
L 2 --- Page 156 ---
15o
fes
Voilà le fort qu'on réfervoit 2 Cgé & à
contre
tyrans. ils ont péri fur la roue! voila le meurtre
fes compagnions! incendié la provincedu Nord! Voilà l'infulte
juridique quia hommes de couleur, qui a forcé les hommes de
faite aux dont le cceur étoit déchiré par la manière dont on
couleur,
à réclamer leurs droits les armes à la main: :
les traitoit,
à de juftes relfentimens, en porne les' avoit-on pas poulfés la tête de Ferrand, de Baudière?
tant au bout d'une pique
de couleur du nord &c
peut-on faire un crime aux à hommes la réclamation des décrets des
de T'oueft, lorfqu'on faifant répond
Ogé fur Y'échafaud? C'eft:
8 & 28 mars, en
expirer allumé la torche qui a inainfi, barbares, que vous C'eft avez ainfi, citoyens, que vous avez
cendié vos propriétés. malhours.
Ogé a péri fur la
été les artifans de vos les droits Quoi! des hommes, & vous
roue pour avoir droits réclamé des hommes. Il. eft impollible
vos
réclamez les
accceillies,
que TAREANES
prétentions foient jamais
parce
la Conconftintante, l'Affemblée légiflative ent marché, que
nationale marchera toujours fur la même ligne,
vention le décret du 16 pluviôfe, an II. de la Répu
parce que
vous, malgré vos meneurs, malgré VOS facblique, malgré tiendra conftamment, & fera la grande charte
tions colonics. anglailes, 0:é expire fur la roue; pour ly faire conr
des
ne lui fait
un crime d'avoir réclamé l'exédamner, des on lois des 8& 28 point mars, mais on le condamne comme
cution
lorfqu'on veut attaquer ceux qui ont défendu
aflatlin ; car,
cherché à leur trouver
les droits des hommes , on a de toujours leur vie, dans les différentes
des crimes dans la conduite
les trainer à
circonftances oùr ils fe font' trouvés, pour défenfeurs de la
Y'échafaud. Ainfi, nous qui avons été les
les droits
Jiberté, on ne nous attaque pas pour avoir publié
pour
de (homme dans la colonie; on ne nous attaque pas on ne
les hommes de couleur avec énergie 5
avoir protégé
avoir repoulfe les Anglais de nos
nous atraque pas pour
défenfeurs à la liberté; on ne
côtes, en créant de nouveaux
les Anglais d'une
nous attaquera pas ol pour ils avoir étoient repoaffé le mieux établis; on s'en
des parties de lisle
V us avez connu : vous avez
gardera bien : mais cn dira;
défie de prouver,
protégé les affallins, les incendies, &je
oir protégé
avoir repoulfe les Anglais de nos
nous atraque pas pour
défenfeurs à la liberté; on ne
côtes, en créant de nouveaux
les Anglais d'une
nous attaquera pas ol pour ils avoir étoient repoaffé le mieux établis; on s'en
des parties de lisle
V us avez connu : vous avez
gardera bien : mais cn dira;
défie de prouver,
protégé les affallins, les incendies, &je --- Page 157 ---
ISI
je défie ros adverfaires de citer un feul affaflinat juridique
commis par nous; je défie nos adverfaires de citer un icul
homme fulillé par nOS ordres; je les défie de produire rien
qui puifle fouiller nos actions civiques dans les colonies.
Je viens de dife que le mcurtre juridique d'Ogé&, de 22
de fesi compagnons doit être confidéré comme la fource
des maux qui ont dévaflé la prevince du Nord & les autres
parties de la colonie; ce n'eft pas tout : lorfqu'au mois
d'aout 1792, la révolre & lincendie éclarèrent dans la province du Nord, au lieu de cherchera faire rentrer les ateliers
dans leurs habitations, en les ramenant à la deuceur envers
leuis anciens tyrans, au lieu d'enployer la perfualion, c'eft
alors qu'on créa des commiflions prévôtales,, qu'on fit
établir des boucheries pabliques dhommes dans la ville du
Cap. Treis échafands Croient éievés fur la place; tous les
chemins de la province du Nord femés de piquets, ail haut
dofquels étoient fichécs des têtes fangianres de nègees. Le
voyageur épouvanré fuyoit l'abord de cette province pour
aller dans des pays plus humains; il alloit habirer ics provinces du fad & de l'oucft ch CCS atrecités n'avoicnt pas
encore eu lieu. C'ef précifement à cette opinion des colons
blancs, des corps populires, à leer détoltable manière de
fufiller & de continuer à fuiiller les hommes de couleur,
qu'en doit la durée de Finfurredtien du nord. Les corps
popalires ont toujours été fl loin de traiter
Cat
aveclestrigands,
détoint de véritubles brige nds, les nègres du nord qui
porroient la cocarde noire & lo pavilion blanc: ils étcient
précifément dans le même rappert qu'eft la Vendée de
France arjourd'hui, avec cette diférence que l'allemblée
conventionnelle a accordé anx habians.de la Vrndée les
mèmes dreits civils politiques qu'tux autres habirans de la
Fépublique, & que les affomblées coloriales
)
jufificient,
ur ainti dire, la révolte des neirs, en leer ret: fnt ronfeulement Ja.liberé, mais meme l'amclioration dejeur fort.
Je convions bion Gue Ics noirs étcient révolés fous kes
couleurs infames, qu'ils étoient réveltés fous tin pavilleni injurieux porr la Répubique, &c ennemi de la libere; HRIS
fi vous vouliez les amener à cotte République, fiyous vouhez
les amener à combartre pour clle, comme nous l'avens fuir
L3
fnt ronfeulement Ja.liberé, mais meme l'amclioration dejeur fort.
Je convions bion Gue Ics noirs étcient révolés fous kes
couleurs infames, qu'ils étoient réveltés fous tin pavilleni injurieux porr la Répubique, &c ennemi de la libere; HRIS
fi vous vouliez les amener à cotte République, fiyous vouhez
les amener à combartre pour clle, comme nous l'avens fuir
L3 --- Page 158 ---
un
l'amélioration de leuf
dans la fuite, il falloit leur accorder leur dire : vous n'avez aucun
fort; alors vous auriez révoler; pu vous êtes de véritables rebelles.
prétexre pour vous
Mirbeck & Saint-Léger,
J'ajoute quel les commifsirecRotre, colonie, vouloient faire celfer par un
à leur arrivée dans la
régnoit dans la province du
accommodement la révol:e qui manière que la Convention
Nvord, a-peu-près de la même amniftie aux rebelles de la Vendée.
accurde aujourd'hui une
d'une amniftie générale fur
Les conmitfaires éroient porteurs dans la coionie : ils
les toubles qui s'étoient patles aux noirs révoltés; il lgt
pasérent d'étendre cette amniftie avec les
chets,
alors de les voir & de négocier dans l'ordre principaux d'ou ils n'auroient
pour faire rentrer les ateliers Roume & Saint-Léger, de l'aveu
jamais dû fortir. Niitbeck, les fait accompagner de huit'de
de l'affemblée colonisle, à qui la
Oi ils ont une confes membres, fe portent
chefs periteAnle, des rebelles; ces chefs ne
férence avec les principaux
libertés, ils ne pouvoient
demandoient alors que cinquante & leur demandes ils proborner davantage leur pétition leurs ateliers. Eh bien! quand on
mettoient de rentrer dans civils alloient acquérir de T'infuence
vit que les commifatires les noirs dans leurs devoirs, alors T'allemen faifant rentrer
les empécher de réulir, elle
blée coloniale fit tout, de manière la plus fcandnieufe, elle
leurs
FitT
difcuta
pouvoirs
dansla colonie, elle les abreuva
leur conrelta leurjuridiction elle empêcha l'effet des négociade dégoût & d'humilintion,
précife,. que far ces faits les
tions. Je demonde d'unemanière & Saint - Léger foient entendus; car,
comuiffaires ellenticl Roume de prouver que la prétendue aflemblée de
il eft bien
de maintenir cette révolte, afin
ccloniale a été bien-aife
des tréfors, des agens & des
dégodter la France d'envoyer afin de s'emparer du pouveir pour à
foldats en Amérique, l'indépendance, & de livraifon
confommer fon plan
. : : .
T'Angleterre . . - . . citoyens, que vous entendiez les
Je demande donc,
Roume & Saint-Léger, fur
commilfaires civils Mirbeck, la
du Nord, & fur les
la pacifention projetée de province à cet effet avec les nègres
négociations qui ont été entamées hommes de cculeur ont été renferrévokés. J'ai dit que les
en Amérique, l'indépendance, & de livraifon
confommer fon plan
. : : .
T'Angleterre . . - . . citoyens, que vous entendiez les
Je demande donc,
Roume & Saint-Léger, fur
commilfaires civils Mirbeck, la
du Nord, & fur les
la pacifention projetée de province à cet effet avec les nègres
négociations qui ont été entamées hommes de cculeur ont été renferrévokés. J'ai dit que les --- Page 159 ---
més dans des bateaux de mort, que ces bateaux éroient
cés dans la rade de la grande Anfe & dans celle du
AA
de-Paix. Je défie mes adverfaires de nier que les hommes
de couleur ont été menes dans un bateau en rade, où l'on
faifoit continuellement la morion de tirer le canon des forts
& de le couler bas: mes adverfaires ne pourront nier qu'au
Port-de-Paix les hommes de couleur ont été menés, pieds
& poings liés, à bord d'un bâtiment, & qu'on les
a
chargés de fers très-pefans; ils ne nieront pas non
&
Eal
le fait étoit notoire dans la colonie, que François Lavaux >
habitant du Port-de-Paix, fit une pétition pour demander
à la municipalité qu'on lui vendit le bateau, dont il offroit
30,000 liv., pour avoir le plaitir de le couler bas. On ne
niera pas fans doute qu'une pièce de canon de quatre fut
aménée fur le bord de la mer pour tirer fur le bareau &
enfevelir dans les Alots. jufqu'an fouvenir des hommes de
couleur. Le procureur de la commune du Port-de-Paix, le
citoyen Leroi,eft peut-être en France : il m'a affuré le fait;
silyeft,je demande qu'il foit entendu. S'il fe trouve encore
ici des hommes dul Port-de-Paix, ilspourronit égalementlattefter. Cen'eftpas tout : j'affure aulli,& mes adverfaires ne nieront pas cet affreux événement, que la plus horrible cruauté
a été exercée contre 300 nègres fuilles, qui avoiënt bien.fervi
les hommes de couleur au moment où ces derniers réclamoient leurs droits. Voici l'événement relatif à ces malheureux nègres fuiffes : les hommes de couleur > lorfqu'ils prirent
les armes pour demander auix colons blancs l'exécution des
décrets des 8 & 28 mars, ne fe croyant
aflez forts, le-.
vèrent fur les ateliers trois cents nègres Se: plus difpos &c
des plus robuftes, afin de leur donner 1a liberté, & de les
mèler à leur armée pour la fortifier contre les troupes de
ligne que les blancs envoyoient contre eux. Lors du concordat du 23 octobre 1791, paffe entre les citoyens blancs &
les hommes de couleur du Cap, il eut uin article que je
ne crois pas avoir été exprimé dans L cuncordat, mais qui
a été reconnu de part & d'autre 5 c'eft que les trois cents de
nègres fuifles qui avoient été employés par les hommes dercouleur pour appuyer la réclamation des, droits de ces
niers, ne devoient pas rentrer dans leurs ateliers, parce que
L 4
23 octobre 1791, paffe entre les citoyens blancs &
les hommes de couleur du Cap, il eut uin article que je
ne crois pas avoir été exprimé dans L cuncordat, mais qui
a été reconnu de part & d'autre 5 c'eft que les trois cents de
nègres fuifles qui avoient été employés par les hommes dercouleur pour appuyer la réclamation des, droits de ces
niers, ne devoient pas rentrer dans leurs ateliers, parce que
L 4 --- Page 160 ---
érant accoutumés à un régime libré, à une vie que l'exercice des armes ne faifoit que rendre plus deux dangereufe pour ces
ceux qui les employoients on jugea des
côrés que
hommes devoient être éloigués des ateliers, quilfilloitméme la
en purger la colonie. On arrêta de les renvoyer trois à baye mois
de Monftiques avec des approvifionnemens
de les
& des inftrumens aratoires. Un capitaine
chargé
iret
mener à la baye pour en purger la, colonie, & pour qu'une
fois déportés, ils ne fuffent plus dangereux, fi un projet
d'afranchillomenr fe plaçoit dans la tête de quelques - uns
d'entre eux. Le capitaine gci étoit chargé de les conduire étaà la baye de
les mena au contraire dans un
bliffement anglais at pour vendre. Ce honteux trafic eftçom- des
mun dans un
oû l'on regarde les noirs oà comme foutient
orangs-outans: > T on en fait un commerce , là nature on les a
qu'ils ne font pas fairs pour être libres,
Les
deftinés à être toute la vie achetés &
Anglais,
Reddts
fachant que les noirs avoient été en révolte à fur Saint-Do- les côtes
mingue, les rembarquèrenr & les renvoyèrent
d'ou ils venoient. Ces nègres, arrivés a Saint- Domingue,
relachèrent un inftant à la baye du Mole-Saine-Nicolas: à
alors le Mole étoit le réceptacle de tous ceux qui tenoient horde
lafaction léopardine; alors au Mole étoitr refugiée une
2 de fcélérats connus fous le no de faliniers; ces faliniers
étoient les ficaires de la faction de Borel & de l'aflemblée exécude Saint - Marc. Ces faliniers furent chargés fuilles d'une forcés de
tion à la Carrier fur les trois cents nègres
de
relacher dans la baye du Mole. Dans une nuit plufieurs
ces fcélérats fe dérachent, fe tranfporenta bord du vailleau, foixante
enferment le capitaine dans fa chambre, choififfent la tête les uns
des nègres les plus vigoureux, leur dans coupent la rader du Mole, fur
après les antres,8 les jettent flotter les cadavres de ceS
laquelle le Jendemain on voyoit
on a été
malhettréux. Apris cette affreule exécution,
auMele
pendant deux mois entiers fans ofer manger de desallemblees poiffon. Eh
bien! cetteaffreule exécutions'eft fite du temps
faliniers,
coloniales: qu'ont-eiles fait pour punir les infaines
fair?
agens du parsi leopardin : Mais; c'étoit que Lis-je! elle-mème qu'on-eles & les chefs
qu'aurotent-alls fair, puifque
on a été
malhettréux. Apris cette affreule exécution,
auMele
pendant deux mois entiers fans ofer manger de desallemblees poiffon. Eh
bien! cetteaffreule exécutions'eft fite du temps
faliniers,
coloniales: qu'ont-eiles fait pour punir les infaines
fair?
agens du parsi leopardin : Mais; c'étoit que Lis-je! elle-mème qu'on-eles & les chefs
qu'aurotent-alls fair, puifque --- Page 161 ---
commandoient ces horribles exécu-"
de ces affemblées qui iera
le maire du Mole,Jeanrions? Celle-ci vous
arteftée de l'altemblée par
coloniale, & le feul
ton, qui a été membre d'èire déporté
les Anglais; il fait
qui ait eu l'honneur les détails de Texécutions par elle a été comniife
parfaitement les mains de ceux qui étoient bien connus pour être du
par des allemblées coloniales, fous le nom de faliniers,
parti
ils s'éroient réfugiés dans un lieu nommé
parce ia faline. qu'autrerois Ces faliniers étoient connus par leur attachement
du Porc-au-Prince, du Léopard, de l'affemblée cOau loniale. parti Vous
donc regarder comme certain ce fait
tiens de
refpectable quel les Anglais ont jugé
ade
je
TROHELE
de déportation. Le commodore Ford motiva fon ordre de
déportation en lui écrivant qu'il étoit le feul républicain Jeanton
quilye eût auMole. Je demande donc
citoyen donc
foit entendu fur le fait que je viens de
J'ai
T
& crois avoir
juthfié ce que j'ai dit des
TERE
je
parfaitement ce
j'ai dit des fufillades dans la ruc,j'en
finats juridiques, celle
Lerlqu'onapprir au Cap l'inai oublié une,
aut afaoût.
cendie de la province du Nord, c'eftalors qu'on s'arma,
fe jeta fur les hommes de couleur, qu'on les fifilla,
N
les attacha à des échelles oàlon tira far eux, apris lesyavoir
fixés, afin de mieux leur donner le coup de la mcrt fans
quils puilent fe fauver. Voilà ce que la notoriété publique
attefte dans la colonie ce qui a tranfpiré cn Europe, ce que
tous ceux qui ont un peu connu les colonies peuvent vous
attefter. Et ceux qui font les défenfeurs de pareilles horreurs
veulentt raiter d'autres hommes de terroriftes, & de buveurs
de fang! & des hommes qui, depuis un fiècle & demi, >
s'abreuvent du fang des noirs, qui les ont fait travailler fous
le fouet (anglant de leurs économes, qui, depus le commencement de la révolution, ont toujours atraqué & torturé
les hommes de couleur , les ont fait fuliller, ont fait l'exécution fanglante de ces noirs dans la rade du Mole; ceux-là
yeulent traiter quelqu'un de terrorifte, de buveur de fang,
par-equilss s'imaginentnous accolertoujours aux factions dont
ils font eux-mèmes les agens! difcuter un feul fait : hier,. fort-.
Il ne me refte plus des qua
de la colonie à l'aflemblée
que j'ai lu la lettre
députés
Tome I.
Quatrième livraifon.
L, 5
anglante de ces noirs dans la rade du Mole; ceux-là
yeulent traiter quelqu'un de terrorifte, de buveur de fang,
par-equilss s'imaginentnous accolertoujours aux factions dont
ils font eux-mèmes les agens! difcuter un feul fait : hier,. fort-.
Il ne me refte plus des qua
de la colonie à l'aflemblée
que j'ai lu la lettre
députés
Tome I.
Quatrième livraifon.
L, 5 --- Page 162 ---
coloniale, j'ai entendu dire derrière moi, & on l'a entendu aujourdbui à la lectuue du procès - verbal, que les
députés des colons à l'affemblée conftituante n'étoient point bien
les dépurés de la colonie. Voici une pièce qui prouve
la reconnoillance de ces députés.
Sonthonax Jit.
Lectre dupréfident de Paffemblée générale de la partie françaife
de Saint-Domingue, 2 fes députés à l'afemblée nationale.
En radc de Breft, à bord du vaiffeau le Léopard,
le 12 feptembre 1790.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
t
des repréfentans de la partie frans) L'affemblée générale mé charge de vous faire part de
de Snint-Domingue iade de Breft fur le vaifleau le Léopard,
etr 1 arrivée dans la
des Français. Les bornes dune
fumommé par elle le Sauveur
de vous expofer dansun
fimple letre ne me permettent ont pas dérerminés sà nous rendre
grand détail Jes morifs qui nationale nous &c du troi. Vous faurez en
auprès de Taffemblée troublés dans nos fonchons, menacés d'ètre
fubftance, dans AC1A ville même de Saint - Marc oà Tallemblée force
attaqués tenoit fes féances, pouvant y repouffer la force per la nous
avec fuccès les ennemis du bien public,
& combarre confidéré que ce facile avantage feroit payé trop
avons cher du fang d'un feul des bons citoyens qui accouroient marchoient en
méme, parmi ceux qui
foule à notre feçours;
grand notnhroindienement
en armes contre nous,
ME
devcit exciter plus pirié que. de reflentiments
abufe,. qu'il étoit d'ailleurs du plus dangereux Tcandale civile. de Nous préfenter avons
à nos ateliers l'ombre même d'une l'avantage guerre certain d'obtenir
préféré, comme.nous de le faire devions, connoitre nos principes à lafjuflice des traitres,
dévoiler la conduite de
femblée narion.le & au roi, & de d'y mériter la confiance de nos
fon miniftre de la marine, Ces avantages ne nous ont coûté
frères rélidans en Europe,
dangereux Tcandale civile. de Nous préfenter avons
à nos ateliers l'ombre même d'une l'avantage guerre certain d'obtenir
préféré, comme.nous de le faire devions, connoitre nos principes à lafjuflice des traitres,
dévoiler la conduite de
femblée narion.le & au roi, & de d'y mériter la confiance de nos
fon miniftre de la marine, Ces avantages ne nous ont coûté
frères rélidans en Europe, --- Page 163 ---
le facrifice perfonnel de nos 157 commodirés, de notie fanté,
9e nos affaires & dune partie de notre fortune : nous nous
fommes encore eflimés heureux d'affurer à ce prix la tranquilliré, & fans doure la profpérité de nos conftiruans.
chers > Vous trouverez fous le pli de cette lettre, meffieurs &
charge compatriores, de
a copie
l'aflemblée générale me
vous faire parvenir de fes adrefles à l'allemblée
nationale, au roi, & àla municipalité de Breft.
>> C'eft aulli par fon ordre
jy, joins expédition du
cret de fon embarquement à Rord du vaifleau le
décopie de fa lettre aux chambres de commerce & Léopard, aux manufactures du royaume, & de celle aux Français du
tinent. Illui a paru fi important de rendre ces
contement publiques par. la voie de
pièces prompmière idée avoit été d'y pourvoir T'imprellion, à Breft même que à fa prede notre débarquement.
l'infiant
La réflexion lui afai: préférer VOS fecours dans la caelle pirale où les prefies fe trouvent en
grand
&
penfe que chacune des
vous nombre, adreffe
fe trouveri
E.Ar
imprimée au nombre de trois mille
peut
avant que nous foyons arrivés & réunis à Paris. exemplaires,
> Elle me charge tresexpreflement de vous recommander
ce fujet da plus grande diligence, & de vous
à
nous nous mettrons en route pour Paris dès prévenir nous
rons
que
c
débarqués à Breft,
fon
T
s J'ai lP'honneur d'ètre, ayec un fraternel attachement,
2 Meflieurs & chers compatriotes,
2,) ) Vorre très-humble & très-obéiffant ferviteur.
5 Signés DAteY, préfident de l'affemblée générale
de la partie françaife de.
P.2A
Saint-Domingue. .3
Te crois quril eft inutile de lire cette lettre tout au
quril fuffit de la tranfcrire au procès-verbal.
Jong;
le préfident de l'allemblée
Vous voyez que
coloniale elle-mcms,
colomiale, ou plutôt Taflemblée
correipondoit ayec Gouy & oflicielle-
5 Signés DAteY, préfident de l'affemblée générale
de la partie françaife de.
P.2A
Saint-Domingue. .3
Te crois quril eft inutile de lire cette lettre tout au
quril fuffit de la tranfcrire au procès-verbal.
Jong;
le préfident de l'allemblée
Vous voyez que
coloniale elle-mcms,
colomiale, ou plutôt Taflemblée
correipondoit ayec Gouy & oflicielle- --- Page 164 ---
a T'affemblée confiécrit à fes députés
ment, puilqu'elle
tuante.
non moins impottante 5 vous connoil- cOVoici une pièce Gony-dArcy eut aux troubles des
fez tous quelle allez part voir que Gouy l d'Arcy étoit le principal
lonies; vous T'allemblée de Saint- Marc.
agent de
Sonthonax lit.
del'affemblée genéaux archiyes
Extrait des minutes dépolées
de Saint - Domingue.
rale de la partic françaife
lettte de M. le comte Gouy a été extrait ce qui fuit.
Dela
de T'honorable affemblée cocc Je jure donc en de préfence laquelle j'alifte d'elprit & de cacut ;
loniale, aux féances toujours fidèle à la nation, à la loi >
je jure, dis-je , d'ètre je jure de maintenir de toutes mes
à la colonie & au roi; fe donnera la colonies de' concert droits
forces la confirution que de ne jamais méconnoitre les
de
avec la nation 5 qu'elle je jure s'elt acquis fur tous les momens dans
impreferiotibles exiftences je jure de lalui confacrer toute entière, demon fang,
mon
tousles momens, & de figner
tous leslieux , dans
irréfitagable. J'avoue que je
quand elle Yexigera, ce fur ferment le bronze; mais je déclare que la &
ne fais point
gravé dans mon ccur ,
reconnoilance FTE profondémens dureront autant que le refpect
que ces caraétères Thouneur ineffacables d'ètre.
avec lequel jai
Le COMTE DE Gouv. >>
Signé,
Juillet, de Saint - Marc.
Séance du premier
I'ASSINBLEE COLONIALE
ARRÉTÉ DE
dans aucun des
4 S'il eft envoyé des troupes de Saint- ou recrues Domingue, la muniports de la partie françaife provifoirement. > les logera & pourcipalité feule les recevra
il ne
en ètre difpole
voira à leur fubfiftance , &
pourra
auxquelles R
fur un ordre des allemblées de de département, rendre compte. Les troupes
municipalités feront renues
ASSINBLEE COLONIALE
ARRÉTÉ DE
dans aucun des
4 S'il eft envoyé des troupes de Saint- ou recrues Domingue, la muniports de la partie françaife provifoirement. > les logera & pourcipalité feule les recevra
il ne
en ètre difpole
voira à leur fubfiftance , &
pourra
auxquelles R
fur un ordre des allemblées de de département, rendre compte. Les troupes
municipalités feront renues --- Page 165 ---
u recrues, à leur débarquement; > prèteront, entre les. mains
es officiers de la municipalité, ferment.de fidélité à la
htion, à la partie françnife de Saint-Domingue, à laloi &c
roi.
en outre
toutes les
>> L'affemblée générale décrète
que
de
roupes de ligne en garnifon dans la partie françuife ferment le
aint-Domingue,, prèteront tous les ans le mèmie
4 Juillet en préfence des officiers municipaux, & qu'il de
Fra chanté un Te Deum le même jour en mémoire dans
heureufe révolution qui a rétabli la nation françaile
les droits, &à àlexemple de ce qui a été prefcrit par l'allemlée nationale pour les troupes de ligne de France. >9
Vous voycz comment l'allemblée recevoit refpectueufenent les fermens de M. le comte de Gouy, avec corref- lequel
lle avoit des correfpondances très-fréquentes ; ces
condswcesdoirent être au comité de marine; elles ont paru
Hans le temps, elles ont même fait beaucoup de bruit.
Il ne me refte ples qu'à parler fur ma proclamation du afin 12
patobre 1792, dont je demande la repréfentation,
Havoir les objets plus préfens.
Veici les remerciemens que j'ai adreffés aux corps pobulaires. Sonthonax lit le paragraphe de la proclamation qui contient
ces remerciemens, (1)
Il eft bien évident > ciroyens, que les remerciemens
à
coloniale
fur ce
a
HE
'adreffe l'affemblée
portent
qu'elle s'eft donné
depuis la loi du 4 avril 5 car j'avoue qu'elle
dequelques fcins pour maintenir la tranquilliré publique
puis la loi du 4 avril; & cerres, je reconnois ceux qu'elle fuSeft donnés, notamment le 14 août 1792,, loriqu'on
Glloit dans les rues aufli inhumainement les hommes de
couleur. I! n'eft pas étonnant qu'alors elle fe foit donné
des foins pour empécher le mallacre général des hommes
de cculenr, purfquil arrivoit de France fix mille hommes
chargés de mertre à la raifon ceux qui vouloient les maffacrérs il n'eft pas étonnant que, dans l'attente des forces
de Ffance, que dans l'attenie d'une loi proredtrice des
(1) Veyez page 43 de la premitre féance.
! n'eft pas étonnant qu'alors elle fe foit donné
des foins pour empécher le mallacre général des hommes
de cculenr, purfquil arrivoit de France fix mille hommes
chargés de mertre à la raifon ceux qui vouloient les maffacrérs il n'eft pas étonnant que, dans l'attente des forces
de Ffance, que dans l'attenie d'une loi proredtrice des
(1) Veyez page 43 de la premitre féance. --- Page 166 ---
I6O
hommes de couleur, elle ait voulu fe préfenter comme protégeant les hommes de couleur depuis la loi du 4 avril.
D'ailleurs, comme je vous T'ai dit hiet,
fignifie le re- où
merciement que je fais à l'aflemblée
à Tinftand
solbadlit
je venois la dilloudre : J'ai été chargé par l'affemblée légif- les
lative & le confeil exécurif, d'employer d'abord tous Falloitmoyens de pacification avant d'employer la hommes rigueur.
je
il réveiller de vieilles haines contre les
que
chaflois : Lorfque l'immortel la Chalorais, > procureur-général du parlement de Bretagne 2 fit le fameux réquilitoire des
conire les Jéfuites, lorfquil les chafla, il leur adreffa
louanges, & peut-on dire pour cela que la Chalotais ne
fût pas T'ennemi des Jéfuites, , qu'il ne les ait pas accufés, les
parce qu'il leur a parlé poliment dans le réquilitoire qui veuille
mettoit au tombeau? Il eftdonc bien étonnant quel'on in'a
induire dés fins de non - recevoir d'une proclamation qui ne
trait qu'a ce qui s'eft paffé le 14 août, tandis que je la
parle point de ce qui s'eft paffé long - temps avant arloi du 4 avril. Comment eft-il pothible que moi, connoitre
rivé depuis un mois dans la colonie, je pulle
aufli
toutes fes intrigues ? D'ailleurs, comme vous m'avez
loué, moi, reprenons chacun nos éloges, car je ne veux faut
des vôtres fous aucun rapport; c'eft aux faits qu'il
s'en rapporter, & non à des pièces infignifiantes faut & complimenteufes. Ce n'eft
avec ces pièces quil
juger
Yaffaire des colonies, BA avec les pièces des adverfaires,
c'eft avec les actes, c'eft avec notre conduite matérielle s
c'eft avec des faits, & non avec des complimens : voilà ce
que j'avois à dire.
faite
Sonthonax
Polverel: J'adhère à la demande
par
à l'ordre d'ap- du
peler aux débats, fur-tout à ceux actuellement La
à l'ordre
jour, Mirbeck, Roume & Saint-Léger.
queftion
du jour, dans. ce moment > eft de faire connoître coloniale l'opinion & des
politique & les difpolitions de Y'aflemblée à notre arrivée. Ces
corps populaires de Saint-Domingue
trois commillaires, & le fecrétaire de la commitlion,Leborgne, fur
peuvent & doivent être plus inftruits que nous encore
tout ce qui eft antérieur à notre arrivée à Saint-Domingue, débats.
Nous demandons qu'ils foient appelés aux
ger.
queftion
du jour, dans. ce moment > eft de faire connoître coloniale l'opinion & des
politique & les difpolitions de Y'aflemblée à notre arrivée. Ces
corps populaires de Saint-Domingue
trois commillaires, & le fecrétaire de la commitlion,Leborgne, fur
peuvent & doivent être plus inftruits que nous encore
tout ce qui eft antérieur à notre arrivée à Saint-Domingue, débats.
Nous demandons qu'ils foient appelés aux --- Page 167 ---
Verneuil: Sonthonax vous a dit hier qu'il avoit été griève- l'ament infulté dans la rue, que plus de deux cents colons
voient pourfuivi & avoient cherché à ameurer let peuple
contre, lui ; Sonthonax dans cette occafion, comme dans
beaucoup d'aurres, amenti impudemment. J'y étoislorfque
Sonthonax a paffe: il eft vrai
quelques colons ne poubuveur de lang,
vant retenir leur indignation 1,
appelé
jee,
égorgeur de leurs parens. J'étois là. J'allai vers eux; je leur
repréfentai que leur conduite étoit Tosta-faitinco@qlene,
que puifque Polverel & Sonthonax étoient en jugement >
la nation en feroit bientôt juftice. Sonthonax vous cherché a bien
dithier qu'il avoit été infulté grièvement, qu'onavoit
dit
à ameuter le peuple contre lui; mais il ne vous'a la pas fuite
la démarche que j'avois faite. Ceft ainfi que par
des débats on vous fera connoitre la vérité fur ce que vous
diront Sonthonax & Polverel. de démarche de la
du
Sonthonax : Je n'ai point vu
part eft
citoyen Verneuil 5 je crois même que le citoyen Verneuil
d'un caraétère trop irafcible pour faire la fonétion de conciliateur. Brulley * J'ai réclamé la parole pour répondre à Sontholui-mème &c, par fon collègue. Ce
nax. Je R répondrai par
leurs actes;
font eux-mèmes qui vont répondre en produifant &c
nous,
c'eft ainfi que nous les combattrons toujours >
que
prouverons qu'ils ont commis autant de fauffetés fixions que d'atro- la dif
cités : mais comme il eft effentiel que nous
le caraétère
cuflion 5 car eile deviéndroit interminable > par Sonthonax
qu'elle prend fur chaque point > or , je dis :
& de
vient de parcourir tès-longuement une férie d'actes étoit
faits par lefquels ila voulu prouver que l'efprit public Citoyens
mauvais à Saint-Domingue lors de fon arrivée.
>
il eft effentiel que fi Sonthonax & Polverel ont laiffé en
arrière quelques faits qui prouvent quelle étoit l'opinion
publique à Saint-Domingue à leur arrivée, ils aient de nou-
- afin
coulent à fond cette affaire.
veau la parole, > fini qu'ils
tout ce qu'ils croiront deLorfquils auront
d'expofer
voir fixer T'opinion fur T'efprit qui dirigeoit Saint-Domingue réà leur arrivée , alors nous prendrons la parole; 5 nous
pondrons cathégoriquement: 5 nous fuivrons cette même filia-
its qui prouvent quelle étoit l'opinion
publique à Saint-Domingue à leur arrivée, ils aient de nou-
- afin
coulent à fond cette affaire.
veau la parole, > fini qu'ils
tout ce qu'ils croiront deLorfquils auront
d'expofer
voir fixer T'opinion fur T'efprit qui dirigeoit Saint-Domingue réà leur arrivée , alors nous prendrons la parole; 5 nous
pondrons cathégoriquement: 5 nous fuivrons cette même filia- --- Page 168 ---
nous conftaterons par leurs
tion de dates & d'évènemens; de l'affemblée coloniale : quils en
propres aétes, & par ceux
jufqu'à la fin. Nous
ont impofé depuis le commencement &
nous aurons répondu caconftaterons tout cela;
quand ont avancé, qu'ils regardoient
thégoriquement à ce quils
&
nous le regardions
T'elprit public comme difcuflion mauvais > fera que terminée fur cet objet, >
comme bon, alors la
Je demande
&c alors la Convention & le public jugeront. la parole
donc que Polverel & Sonthonax afin reprennent ce point la RTEITOR
couler à fond cette affaire, conformément que au voeu de la Confoit
terminé
la difcuflion pourra fe" noyer
vention: IeTa m'apperçois que ils remontent fi haut, qu'on Anidans des détails faflidieux ;
difcuflion ne nous apprend
roit par dire # c Mais fait cette Sonthonax & Polverel la-bas.
tout ce qu'ont
font l'objet dés plaintes de ceux
Entomas & Polverel,
qui redemandent un père,
qui ont fait des pertesi immenfes; des
5 qui fe plaignent
une mère, un fls, une fceur,
parens , leurs
&c
a incendié leurs maifons,
propriétés,
de ce qu'on
rien de tout cela dans la difculion ; nous
nous ne voyons
d'oifeux. >> Voilà comme raifonne le
n'y voyons rien que
les faits. Or, pour éviter ce
public qui n'approfondir faut, fi vous pas le trouvez bon,
nous fixions
reproche, il la manière de finir ce point de Teutene T'efprit Sans
arlourd'hui
de bien conftatér quel étoit
doute il étoit nécelfaire à l'arrivée de Polverel & Sonthopublic de Saint-Domingue cette difcuflion foittelle, qu'on
nax: mais il ne faut pas que aéteurs qui feron: peut-être
matte en fcène trois nouveaux d'aurres. Cela finiroit par devenir
fuivis de trois douzaines diffule
n'y reconnoitroit plus rien.
une fcène tellement revenir $ qu'on mais il ne faur pas, pour écouIl fera temps d'y
comme devant paroitre en ce moter ceux quifont défignés difcuflion. Ils paroitront à leur tour quand
ment, rerarderla mais à préfent nous vàus donnerons les
il en fera temps ;
Mais pour que la difcuftion ne s6pièces que nous deux avons. hommes que voici, que nous ne voucarte pas des de vue, & que nous accuifons 2 nourdemanlons pas perdre
nous produirons, fignis de Poune
dons Gue les pièces que ferle bureau; & fi gela fait un point
& Leborgne, reftent
. Ils paroitront à leur tour quand
ment, rerarderla mais à préfent nous vàus donnerons les
il en fera temps ;
Mais pour que la difcuftion ne s6pièces que nous deux avons. hommes que voici, que nous ne voucarte pas des de vue, & que nous accuifons 2 nourdemanlons pas perdre
nous produirons, fignis de Poune
dons Gue les pièces que ferle bureau; & fi gela fait un point
& Leborgne, reftent --- Page 169 ---
16;
effenticl dans la difcuffion, on fera reconnoitre ces pièces
il fera néceffaire. Nous demandons que Polverel &
foient tenus de
certailicg
s'expliquer, s'ils ont coulé a fond
la matière concernant l'efprit public a Saint-Domingue. S'ils
ne l'ont pas fait, nous démandons qu'ils aient la parole
afin de couler cette affaire à fond de leur part > &
nous nous téfervons la parole pour répondre à ce puis
auront
quils
dit; & puis ceux
ont à nous juger nous jugeront. Je demande qu'il TelE fair droit à ma réclamation. Je
vous prie de faire droit à cette réclamation, & d'interpe!-
ler Polverel & Sonthonax de déclarer s'ils ort coulé à
fend cette affaire.
Polverel : J'e'père, Ciroyens, que nulle puilfance humaine'
ne pourra m'obligera déclarer que jai coulé à fond une ma-.
ière quandje n'ai pas parlé fur cette matière. J'efpère
cune
qu'aupuiflance humaine jufte ne voudra, en aucun temps,
m'interdire la défenfe.
Je fuis accufé, & je ne fuis que cela, puifque j'ai déclaré
que je n'acculoisaucun individu. Je fais, moi, 3 la demande
précifément inverfe de celle que vient de faire le citoyen
Brulley.
Je vous demande que tous ceux quijouent ici le rôle de
mes accufareurs conrinuent la difcuflion fiivant la férie
des queflions qui feront à l'ordre du jour. Je demande s
dis-je , que tous ceux qui jouent le rôle d'accufateurs,
lent tousles uns après Is aurres, coulentla matière à
>
enfuire
TeATy
je demanderai la parcie.
Le préfident : Les acculateurs ont-ils quelque chofe à
dire?
- Brulley : Nous demandions qu'on accerdit la parole >'
parce que ce que dira Polverel doit faire fuite à Soathonax.
Polverel: Jamais un accufé n'eft défendu par un autre.
Page : Dans ce moment-cic'ef Polverel & Sonthonax qui
accufent les corps populaires de Saint-Domingue, Pour répondre à Jeurs' accufations, il faut que nous les connoiffions. Sonthonax a établi un grand nombre de faits 5 mon
collègte Brulley avoit pris la parole avantlui, & n'a pu
répondre qu'a une très-foible partie des reproches faits aux
corps populaires de Saint-Domingue &2 aux allemblées
endu par un autre.
Page : Dans ce moment-cic'ef Polverel & Sonthonax qui
accufent les corps populaires de Saint-Domingue, Pour répondre à Jeurs' accufations, il faut que nous les connoiffions. Sonthonax a établi un grand nombre de faits 5 mon
collègte Brulley avoit pris la parole avantlui, & n'a pu
répondre qu'a une très-foible partie des reproches faits aux
corps populaires de Saint-Domingue &2 aux allemblées --- Page 170 ---
fi Polverel & Soncoloniales. Nous demandons donc à
que aux corps poputhonax ont encore des griefs reprocher nous puiflions y réponlaires, ils les érablitlent, pour que
les preniers,
dre. Mais s'ils demandent que nous la parlions Mais jufqu'ici
alors nous fommes prêts à prendre acculent parole. : fi donc Polverel
c'eft Polverel &c Sonthonax qui accufateurs, , je demande quils
& Sonthonax parlent à fond comme ; fi au contraire ilsn'accufent plus
coulent la matière la parole à l'inftant > comme accufateur
perfonne, je prends
de Polverel & Sonthonax.
&c je répète que je ne
Polyerel: Citoyens,, je réponds &c que, fur cette quellion >
fuis accufateur de perfonne , fuivront, je fuis accufé.
comme fur toutes ceiles qui
eft à l'ordre dujour, eft
La queftion qui dans ce moment
contre moi. Ona
la bafe fondamentale de Yacculation Y'état de portée la colonie au moment de
demandé à faire connoitre du degré de bien ou demal quefavois
mon arrivée
colonie. juger Cette première queflion eft doncla elle.
faire dans PRErA
formée contre moi;
Eue fondamentale de laccufation Sur celile-la , comme fur
fait partie intégrante donc de Y'accufation. le rôle d'accufe, &c je dois enten- à
les autres > je joue ou du moins je ne dois être forcé
dre mes accufateurs; quand 5 ils auront tous parlé.
me défendre que
entendu Sonthonax prendre la qualiré
Brulley : Vous avez
coloniales: Sonthonax a eu la
d'accufateur des affemblées & c'eftà ce titre qu'ila eu la parole
parole en cette qualiré ,
demanderois la lecture
préfent. Si on en douroit,ie
pris cette
jufqu'a
I & je prouverois qu'ila) vient de
du premier d'acculareur. procèsverbal Eh bien ! jexcipe de ce que je dequalnt
Sonthomax seft porté accufateur 5 doit
dire Polverel, que
Sonthonax ? accufareur ,
mande qu'il ait la parole. qu'il a portée > & nous le decctler à fond Y'acculation vient de vous dire que ce que nous dimandons. Polverel
3 d'eft un fophifme; On ne
fons fait partie de Faccufation'
tout ce qui s'eft palfe
peut imputer à crime à Polverel les aétes que nous voulons
avant fon arrivée. Les les faits, actes que vient de développer
dévelepper 5 les faits,
raprorts direéts avec la conduite
Sonrhonnx ont-ils quelques
la queltion à fon vrai
de Polvetel & Sonthonax: : Ramenons
. Polverel
3 d'eft un fophifme; On ne
fons fait partie de Faccufation'
tout ce qui s'eft palfe
peut imputer à crime à Polverel les aétes que nous voulons
avant fon arrivée. Les les faits, actes que vient de développer
dévelepper 5 les faits,
raprorts direéts avec la conduite
Sonrhonnx ont-ils quelques
la queltion à fon vrai
de Polvetel & Sonthonax: : Ramenons --- Page 171 ---
point, ne nous en écartons point. Il eft queftion de prou
ver quel étoi: l'efprit public de la colonie à l'arrivée de ces
Heux hommes. Eh bien ! l'efprit de la colonie étoit mauvais, >
Bit Sonchonax, , & il a.fait tout ce qu'il a pour le prouver;
pous, nous difons que l'efprit public Tede bon : je ne vcis
pas-la de motif d'accufation contre Polverel & Sonthohax. Mais Folverel, dit-on, tirera contre nous des
ves de la bonté de cet efprir public: maisquand nous preutons
parledireétement à Polverel d'accufation, quand nous lai dirons: : Vous vous, êtes fouillé de tel &c tel crime 5 vous êtes
an prévaricateur fous tel'rapport, vous avez volé la République fous tel autre; vous nous avez incendiés, pillés,
nous
égorgés,
vous accufons de tous ces crimes, 2 alors Polverel
aura droit de faire couler à fond nos accufations, il nous
répondra comme il voudra 3 mais lorfqu'il ne s'agira que
He faits, 2 que d'actes antérieurs à Polverel, il ne
être queftion de Polverel. Je demande donc que peut Sontho- pas
hax, quieft un avec Polverel, puifqu'ils ont formé enfemble
l'ancienne commiflion de Saint-Domingue 5 car ils ont dû
vouloir intenter enfemble cette accufation, parce qu'ils ont
toujours agi enfemble ; qu'ils ne peuvent pas avoir une
volonté divergente dans cette affaire, où ils font tellement
complices quils font infeparables; je demande donc
prennent la parole comme accufateurs, & gu'ils démontrent qu'ils
que l'efprit public étoit mauvais à Saint-Domingue à leur
arrivée. Quand ils auront coulé cette matière à fond, nous
apporterons toutes ies pièces qui prouvent le contraire.
La commiflion fe. retire
délibérer. Elle rentre, &le
préfident donne lecture de arence fuivant:
Arrêté de la commiffion des colories, du 14 pluviofe, an
troiftème.
4 Attendu:
39 I, Que les colons fe font portés accufateurs de Sonthonax & Polverel, que Polverel ne s'eft porté accufateur
de perfonne;
>> 2°. Que les débats ont été entamés par le ciroyen
Page, colon, qui a accufé les citoyens commiffaires
3> s°. Que la loi du 4 du préfent mois n'ordonne civils; des
iffion des colories, du 14 pluviofe, an
troiftème.
4 Attendu:
39 I, Que les colons fe font portés accufateurs de Sonthonax & Polverel, que Polverel ne s'eft porté accufateur
de perfonne;
>> 2°. Que les débats ont été entamés par le ciroyen
Page, colon, qui a accufé les citoyens commiffaires
3> s°. Que la loi du 4 du préfent mois n'ordonne civils; des --- Page 172 ---
les accufateurs & les accufés dans r'affaire
débats qu'entre
des colonies;
arrête
les" citoyens colons ont la
93 La commiflion continuer à établir, que > s'ils le jngent convenable
parole l'efprit pour public étoit bon à Saint-Domingue lorfque
Polverel que
& Sonthonax y font acrivés 5 efprit public 1, dont
établir les bafes de leur acculation.
ils ont parlé pour
La féance eft remife à demain.
des
ef
: J. Ps. GARRAN
Le regiftre LECOINTE préfentes (des Deux Egné - Sevres), Seerégaire
Préfident ;
DARAT.AuAseun. PEYRE, GREGOIRE
SEBntantineenpene P.CASTILHON,
FoUcHÉ ( de Nantes ).
Du --- Page 173 ---
Séance du quintidi I5 pluviofe, P'an troiftème de la République
françaife une & indovifible,
Lc préfident : La commiflion a ajourné à ftatuer fur la
demande en audition de Mirbeck, Roumé &
Quant à Leborgne, voici une pétition qu'ila Saint-Léger. à
la commiflion, le 7 de ce mois.
préfentée
Pierre - Jofeph Leborgne, ci-devant employé à SaintDomingue.
Cpenschosjnsras.
C Je fuis un des acculés - par les colons blancs dans
faire de Saint-Domingue ; je fuis une des victimes de leurs l'afaccufations, dans un temps où leur puillance en France étoir
d'autant plus grande, qu'ils avoient contribué à mettre la
repréfentation nationale en coupe réglée , & qu'ils étoient
liés à toutes les factions qui dominoient &
déchiroient
la République.
qui
>2 Je parle de l'époque du mois de brumaire, an deuxième.
J'arrivai alors de la Martinique, chargé de rendre
à la Convention nationale des fuccès
compte
cette ifle avoient remportés fur les Anglais que les & patriotes les colons de
réunis. Je venois demanderà laRépublique quelques
pour lui conferver fes poffeflions précicules des Illes-du- fecours,
Vent.
32 Les colons de Saint-Domingue m'arrêtèrent
fans l'ordre ni l'intervention d'aucune autorité eux-mèmes,
jour même que je devois être entendu par le comicé publique. de le
public. Ils me conduifirent au comité de fareté
falut
qui me traduifit au tribunal révolutionnaire, oi générale, j'ai refté
258 jours, c'eft-à-dire jufqu'au 21 Thermidor dernier.
n'a envoyé aucun fecours, & les colonies ont été
On
>>
Pendant ma détention, les colons, mes
prifes. ont
follicité & ont obtenu de ce même comiré de accufareurs, fireré générale,
Tome I.
Cinquième liyraifon.
M
au comité de fareté
falut
qui me traduifit au tribunal révolutionnaire, oi générale, j'ai refté
258 jours, c'eft-à-dire jufqu'au 21 Thermidor dernier.
n'a envoyé aucun fecours, & les colonies ont été
On
>>
Pendant ma détention, les colons, mes
prifes. ont
follicité & ont obtenu de ce même comiré de accufareurs, fireré générale,
Tome I.
Cinquième liyraifon.
M --- Page 174 ---
r68
fois Yordre de me mettre en jugement. avec le citoyen nous
deux
ordres n'eurent pas d'exécution , puifque
Raymond; ces
nous étions T'un &c lautre dans
vivons encore > parce que nous
pas de monter au
in érat de maladie qui ne
permettoit les colons vouloient nous
tribunal. 11 eft à remarquer que
à la Conciergerie > où
faire juger enfemble : ependinte.cet les mèmes intrigues, par la même
nous fames conduits par fommes vus pour la première fois.
atrocité, que nous nous
dans cette même affaire , re-
>> J'ai obtenu deux jugemens m'ont été faites par les colons:
latifs aux inculpations qui & des colonies fut chargé par la
9> Le comité de marine d'examiner ma conduires il procéda
Convention nationale de mes papiers, & il; un arrêté inà Yexamen préliminaire
époque oà Ton ntre 'étoit
le 12 venrôfe, an denxftime, liberté. 'Cet arrêté n'a eu 1ere exédulgent, pour ma mife Thermidoraa en
auquel concourut le comité
cution que le 21
de foreté générale.
queje jetois un trop le
> Les mêmes aefweun.derprenate criminelles, trouvèrent
grand jour fur leurs manceuvres à l2 Conciergetie lez brumaire:
fecrerde me faire réincareérer confeil du tribunal révolutionnaire, qui
Je fus jugé par le
me
me mit en liberté.
d'après ces jugemens, , ne plus
> Quoique je puffe,. acculée dans Taffaire de Saint-Doconfidérer comme partie contradictoire entre les différentes
la difcuflion
éclairer
Rea
mingue,
vient de décréter pour
ties, que la Convention t, me fait demander d'y concouriry
opinion & fon jugement
& de faire triompher
afin de confondre mes calomniateurs, C'eft un des moyens victorieux
pleinement mon innocence. l'eftime des repréfentans colonies, du peuple &
pour moi, d'examiner d'acquérir la queftion importante bien des mérié de la
chargés
décret qui déclare que jai
d'obtenir un
accufareur;
paurie.
d'accuféje, devienne
>> II eft auffi pollible feront que terribles. Ceneft pas ici uneafisite intérelle
mais mesaccufations c'eft une affaire gémérale, qui
d'individu à individu:
la juflice, Thumaniré, le comles principes , la politique, de la marine de la Republique, les &
merce, la fplendeur millions d'hommes qui habitent
la liberté des trois
aM
Antilles:
paurie.
d'accuféje, devienne
>> II eft auffi pollible feront que terribles. Ceneft pas ici uneafisite intérelle
mais mesaccufations c'eft une affaire gémérale, qui
d'individu à individu:
la juflice, Thumaniré, le comles principes , la politique, de la marine de la Republique, les &
merce, la fplendeur millions d'hommes qui habitent
la liberté des trois
aM
Antilles: --- Page 175 ---
>> En conféquence, s cihzenereprefantans, je demande la
priorité pour être entendu comme l'une des premières
times de l'acculation des colons de Saintviccomme étant fans ceffe attaqué dans leurs Doningue. libelles
&
nalicrs.
jour5, Vous vertez enfin dans cette confrontarion, & par des
pièces itrécufables, quels-ont été, de mes. accufateurs OuI de
moi, les plus zélés amis de la République, de T'humanité
de la liberté en Amérique.
&
>> Je me foumettrai à tous les ordres que me donnera la
commiflion des colonies.
Paris,le 7 pluviofe,l'an troifième de la République
frança: ale, une & indivi ifible.
> Signe, LEBORGNE, rue Chaifal,n.13".
Voici une demande qui paroit avoir le même
eft du citoyen Raymond.
objet; elle
Aux eicoyens-repr@jentans du peuple" compofant la commiffion
des colonies.
Corsnsechwsrneran,
c, - Par fon décret du 4 de ce mois, la Convention
nale a voulu qu'il s'établit une difcuflion
natioentre les accufés & les accufateurs dans l'affaire contradictoire des
lonies.
CO5> Comme je fuis le premier accufé & la
time de la calomnie des colons, je réclame de première vicd'ètre entendu
votre juftice
dront perfifter dans sontradidboirement les calomnies avec tous ceux qui vou-
&
qu'ils ont répandues contre
moi, qui ont occafionné ma longue détention & des
pertes confidérables.
>> Independamment de mon intérêt perfonnel dans la
difcuflion contradiétoire que je follicite. ,je préviens la
miflion qu'elle pourra acqué-ir beaucoup de lumières comles pièces
jai à lui préfenter, & par la conftance par
jai mile egde la révolution à fuivre l'affaire des que
lonies,
co33 Je "fupplie donc la commiflion de vouloir bien me faire
M 4
détention & des
pertes confidérables.
>> Independamment de mon intérêt perfonnel dans la
difcuflion contradiétoire que je follicite. ,je préviens la
miflion qu'elle pourra acqué-ir beaucoup de lumières comles pièces
jai à lui préfenter, & par la conftance par
jai mile egde la révolution à fuivre l'affaire des que
lonies,
co33 Je "fupplie donc la commiflion de vouloir bien me faire
M 4 --- Page 176 ---
170 avec mes dénonciateurs, avant
entendre contradiaoirenent
je fuis le premier attaqué,
tout autre. C'eft juftice , puifque
& la première victime de cette attaque.
Paris, 7 pluviofe,
maifon des Tuileries >
et Signé, Honoré RAYMOND, > n. 75. 3)
rue
vous porter accuLe
cux colons : Entendez-vous ?
fateurs
Leborgne & de Raymond
accufanous
FETA
Verneuil : Dans ce moment-ci feulement: nous
portons dans la fuite de
teurs de Polverel & Sonthonax feront nommés; mais dans ce
la difcuflion, leurs complices décret, nous nous bornons'à acmoment, conformément au
cufer Polverel & Sonthonax. décret de la Convention naSénac : Conformément Polverel au & Sonthonax, en mon nom
accufé
citionale > j'ai
d'avoir allumé la guerre
& celui de mes conftituans, fufiller les colons & les troupes de ligne,
vile,, d'avoir fait
& réduit le Cap en
d'avoir canonné le Por-au-Ftince au-deffus de la loi, d'avoir pillé les
cendres, de s'être mis
&cc. J'ai à érablir & à
fortunes publiques & particuliÈres, Toute autre difcuffion eft hors de
prouver ces accnfations. fur-tout relative à l'afferablée coloniale &
ma million: : celle
Polverel & Sonthonax à Saintà ceux qui ont préckdé étrangère. Quant aux membres
Domingtie, y eft pitfaitement
ayant toujours été conde Thôtei Malliac, leurs rejette principes tout ce qui pourroir émaner
traires aux micns,je
necnfatéurs, & n'étant
de là. Je demande Poiverel denc qu'étant & Sonthonax , : ceux-ci réponpoint accufés par
nous citons contre eux. Il eft temps
dent aux faits que fon
fixée fer les crimes dont
la Conventicn ait
opinion
fache que fes conque
Il faut que la France
fes
nous les accufons. ont eu, comme elle, fes tyrans,
citoyens d'outre-mer
Carrier & fes Robefpierre. la comrifion fuive l'ordre de
Polyerel :Je demande que elle- même.
la difcuffion qu'elle a commiflion preferit a détetminé hier le mode
Le prefident : La
avoit été fxé par le décret
de la dilcuflion, d'après nationale: ce qui la juftice & la marche naturelle
de la Convention
nous les accufons. ont eu, comme elle, fes tyrans,
citoyens d'outre-mer
Carrier & fes Robefpierre. la comrifion fuive l'ordre de
Polyerel :Je demande que elle- même.
la difcuffion qu'elle a commiflion preferit a détetminé hier le mode
Le prefident : La
avoit été fxé par le décret
de la dilcuflion, d'après nationale: ce qui la juftice & la marche naturelle
de la Convention --- Page 177 ---
que demande l'ordre de la difcuflion, > la commiflion les
maintiendra.
Vemeuil: Je demande à faire entendre une
Il eft d'ufage dans une accufation
réclamation. les
verbaux foient revus & fignés des criminelle, parties. Lesp que procèsdes débats qui ont lieu dans chaque féance procès-verbaux
le
font
>
lendemain, &c lus fur des feuilles volantes fur préfentés
on fait plufieurs ratures. Je demande 1°,
deux lefquelles
Hous foienr autorifés à parapher
que
d'erire
avec Polverel & Sonthonax 5 qu'il chaque foit
3 mention conjointement
dernière
fur
rat
la
de la quanrité des ratures & du nombre des feuilles
écrites; enfin, que les feuilles foient numérotées.
le cours de la levée des fcellés mis fur les
Si, des dans
lonies, cette mefure a été ptife, il me paroit papiers
cOqu'elle foit continuée dans la difcuffion
indilpenfable
Un membre de la commiflion obferve contradictoire.
entraînera des longueurs.
que cette formalité
Verneuil : Je ne penfe pas
ces fignatures
des longueurs. : pendant la
des
entraînent
.
Teadte
pourront être appofées à chaque feuille. procès-verbaux, elles
Sonthonax : Les citoyens colons, fer
par le préfident, s'ils fe portoient accufateurs Iinterpellation faite
& Raymond, ont répondu politivement qu'ils de fe Leborgne
accufateurs de ces deux citoyens ; mais
à
portoient
fe contentoient d'accufer Polverel & quant préfent, qu'ils
vouloient qu'à Polverel & Sonthonax Sonthonax; qu'ils n'en
Ils ont donc déclaré dans ce premier membre jufqu'a de ce moment.
Raymond Bc Leborgne étoient véritablement accufés phrafe,
cette affaire; ils l'ont
lme
déclaré dans leurs
ont une tactique à fuivre. Ils difent : En libelles; mais les ils
gards de la commiflion & ceux mêmes de la éloignant
retionale, des premiers crimes que nous avons Convention commis, & nan'ont fait que préparer la férie de ceux que
qui
thonax
Polvereléc Sonvenir prouveront contre nous lorfqu'ils feront
au fait de leur miflion, iI eft bien
obligésd'en
deffits. Ils s'oppofent donc à CC
important de glifferlàSaint-Léger foient entendus. C'eft que donc Raymond, Polverel Mirbeck &
que nous accufons d'abord > afin d'en avoir meilleur & Sonthonax
Quand nous aurons fait tomber les chefs, alors nous parti. nous
baignerons dans le fang de tousles agens de la République,
M 3
lorfqu'ils feront
au fait de leur miflion, iI eft bien
obligésd'en
deffits. Ils s'oppofent donc à CC
important de glifferlàSaint-Léger foient entendus. C'eft que donc Raymond, Polverel Mirbeck &
que nous accufons d'abord > afin d'en avoir meilleur & Sonthonax
Quand nous aurons fait tomber les chefs, alors nous parti. nous
baignerons dans le fang de tousles agens de la République,
M 3 --- Page 178 ---
172 dans T'affaire des colonies.
& de tous cetx qui ont eu part des colons : ils ont l'audace de
Voilà précifement la tadlique
mais la Convention naTannoncer à la France entière colonies ;
la fcrutera & la contionale & la commiflion fans des doute des moyens pour raffurer
noitra. Elle prendra les fcélérats qui la poutfuivens. Je reviens
Tinnocence contre
Verneuil. Le citoyen Verneuil deà ce qu'a dit le çitoyen les débais &c les feuilles: je m'én rapmande qu'on ligne de la commiflion, en obfervant
à la prudence
on n'a figné la
E
Emr que jamais dans aucun tribunal n'eft
fur des débats,
tion des débats , parce que tribunal ce prononce. pas
mais fur les pièces, qu'un
jamais à ce
Polyerel. : Certainement je ne m'oppoferai l'exaélitude du
tendre à affurer de plus en plus la commiflion à
journal qui pourra des débats: c'eft à la prudence fi les de leis aétueiles perfaire ce qu'elle croira convenable nouvelle formalité,
mettent d'introduire cette la parole fur le même objet.
Bralley: Je demande
ne voit
d'inconvéniens
Le préfdent : La commiffion le citoyen Vamncuts en conféà la formalité demandéc demain par les proces-verbeux précédens
quence elle arrête ainfi que celui du jour , par un des citoyens
feront lignés,
que
colons & par un des commillaires: la parole fur ce qu'a dit Sonthonax
Brulley : Je prends Roume & Saint-L.éger. Nos adverrelativement à Mirbeck, de notre tactique par la leur; ils
(aires jugent apparemment il n'y a rien de tortueux dans notre
fe trompent beaucoup:
ont une bien fauffe idée de notre
marche, S nos adverfaires de nos principes > comme ils
caraétère, de notre énergie >. bien faufle de notre conduite.
cherchent à en donner une le nombre des accufateurs & des
Nous ne redoutons point des colonies ; mais que cherchons-nous
accufés dans l'affaire
nous occupe 2 Célérité 6. lumières.
dans la grande affaire qui
à-la-fois dans cette
Plus il y aura de perfonnes clair, implinuées & plus lon retombera dans
affaire moins on verra trouvé, c'ell-a-dire dans la confufion
l'état dh l'ons'elt dea
C'eft toujours à l'abri de cette
des hommes & des chofes. les véritables ennemis de la
confulion que fo font cachés
Quant à nous notre
colonie et les agens de T'Anglererre. les intentions de i Contadtique n'eft autre que de fuivre
Plus il y aura de perfonnes clair, implinuées & plus lon retombera dans
affaire moins on verra trouvé, c'ell-a-dire dans la confufion
l'état dh l'ons'elt dea
C'eft toujours à l'abri de cette
des hommes & des chofes. les véritables ennemis de la
confulion que fo font cachés
Quant à nous notre
colonie et les agens de T'Anglererre. les intentions de i Contadtique n'eft autre que de fuivre --- Page 179 ---
vention mtionale : en trois mots je vais les expofer. Qu'est déce qui a motivé les débats qui ont lieu aujourthuis Qu'est- le
cret d'accufarien rendu contre Polverel&: Sonthenax.
ce qui a rendu le décret d'accufation contre Polverel & Sonthonax? c'eft la Convention nationale; & ce qu'ily a de plus
forc, c'eft
la Convention l'a rendu d'elle-mème : je defie
de prouver c: contraire, & nous. allens le démoncrer tout-àTheure. Jamais nous n'avons demandé le décret d'accufation
contre eux : nous avons demandé qu'ils fuffent rappelés pour
rendre compte de leur conduite; & la Convention indianéo
a porté contre eux le décret d'accufation : je vous en fer.i
T'hiftorique touc-à-i'heure, Je remonte à la fource, & je dis:
ledécret d'accufation rendu cftla fource première de T'affaire;
ils'agit donc de difcuter ce qui eft relatif à Polverel & Sonthonax, > pour favoir fi le décret a été bien ou mal rendu
la Convention narionale 3 puilqu'cile l'a fufpendu
TeRRIe
ne
enchevérrer lafce qu'elle fit inftruite. Or, pour
pas
Polverel &
faire, nous demandons que tout ce qui regarde
Sonthonax foit coulé à fond. Si, cemme I'ont dit mes-collègues, dans le cours de la difcullion il fe trouve des individus impliqués, à fur & mefere qu'ils le feront la commiffion jugera dans fa fagefle s'ils doivent être appelés, oui ou
non; mais, quant à préfent, nous demandons que) la difcuflion
fuive fon cours, & que Polverei & Sonthonax répondent.
Verneuil : J'obferve fur ce qu'a dit Brulley, qu'il eft vrai
que dansun de mes écrits jai dit que nous avicns demandé
le décret d'accufatien; je dis plus: j'avois - demandé la mife
hcrs ja loi; & fije ne Tai pas fait, j'avois envie de ie faire,
& je l'avoue.
Brulley : Cela n'a pas été fait.
les colons ont deSonthonax : J'oblerve qu'ellecivement
nousi fullions
mandéalaberre de la Cenvention naricnale que
pis hors la loi; & cela n'eft pas éronnant > parce que le
moyenett très-commode pour fe tirer de l'affaire des cclonies,
en ce cu'ii éreignoit & les honmes qui en ont été témoins,
& les picces que nois apportions.
Pour répondre far l'article de Leborgne & de.Raymond,
étant bien conltaté par les déclarations des colens & lespettions de Leborgue & de Rayinemd,qu'ils fon: accufateurs
saccufés, & que dans cette affaire la Convention nationale
M 4
que le
moyenett très-commode pour fe tirer de l'affaire des cclonies,
en ce cu'ii éreignoit & les honmes qui en ont été témoins,
& les picces que nois apportions.
Pour répondre far l'article de Leborgne & de.Raymond,
étant bien conltaté par les déclarations des colens & lespettions de Leborgue & de Rayinemd,qu'ils fon: accufateurs
saccufés, & que dans cette affaire la Convention nationale
M 4 --- Page 180 ---
-
voulu.
les accufateurs &c les accufés fuffent entendus;
a la commiflion que
des colonies a expreffément arrêté qu'elle
que entendroit tous les accufés & tous les accufateurs > je deLeborgne &c Raymond foient
mande en conféquence" que difcuter la lettre quila écrite au
appelés: Leborgne, pour & celle
enfuite écrite fur l'afminiftre de la marine,
fur qu'ila l'état de la colonie avant
faire du 14 août, & Raymond car il eft bien eflentiel
notre arrivée à Saint-Domingues des hommes de
étoit ici commiffaire
PAooatE
Raymond Raymond qui qui a obtenu du comité de la marine un arrêté
que qui déclare Page & Brulley d'infames fauflaires 5 je déclare eft
qu'il eft très-nécellaire que Raymond, dont la probité
très-connue, foit entendu; quil vous donne tous les renfeia fur les colonies 5 que Leborgne foit aufli apgnemens quil qu'ils font accufateurs & acculés, parce que
pelé, fur-tout fter colons avouent qu'ils font accufés; enfin, parce
qu'aux termes du décret de la Convention nationale, la feroient commiflion a arrêté que tous les accufateurs & les accufés
entendus. La commiffion fe retire pour délibérer.
donne lecture de l'arrêté pris par la com-
- Le préfident
miflion.
Arrêté de la commiffion des colonies, du 15 Pluviôse, an 3°.
de la République.
La commifion arrête qu'en exécution des décrets de la
Convention & de fes précédens arrètés, elle entendra tous
les accufareurs & les accufés dans l'affaire des la colonies fuite des 5
ajourne à entendre Leborgne & Raymond, fon arrêté dans d'hier qui règle
débats, s'ily, a lieu; arrète que
les
& les
Y'ordre actuel de la difcuflion entre le accufateurs arrêté fera
accufés préfens, fera exécuté, & que préfent
notifié à Leborgne & à Raymond.
pendant deux
Brulley : Citoyens, vous avez entendu,
féances confécutives, Sonthonax s'efforcer de vous prouver
les colons font les auteurs de tous les maux qui ont
que défolé la colonie de Saint-Domingue. Vous avez remarqué, dans
le
Sonthonax a puifé
fur-tout depuis, & > dont pathos il fe targue que tant toutes les fois qu'il
Prudhomme,
écuté, & que préfent
notifié à Leborgne & à Raymond.
pendant deux
Brulley : Citoyens, vous avez entendu,
féances confécutives, Sonthonax s'efforcer de vous prouver
les colons font les auteurs de tous les maux qui ont
que défolé la colonie de Saint-Domingue. Vous avez remarqué, dans
le
Sonthonax a puifé
fur-tout depuis, & > dont pathos il fe targue que tant toutes les fois qu'il
Prudhomme, --- Page 181 ---
n trouve l'occafion; vous avez > dis-je , entendu qu'après
voicrépérelépithière de marchands d'hommes, lieu commun,
ouvent rebattu, mais enfin aujourd'hui apprécié à fa julte
aleur par tous leshommes inftruits; vous avez entendu qu'il
donné pour motif des accufations 2 même de l'animadverion des colons, > le décret du 16 Pluviofe 3 an deuxième. Or,
titoyens,. comme nous devons fuivre pied à pied Sonthonax,
B prouver qu'il en impolé depuis le commencement jufqu'à à
a fin, comme je l'ai dit hier, nous le fuivons donc pas
pas. Ce ne fera pas par de grands mots > des épithètes, par des
Hes phrafes, par du pathos > mais par des pièces , par
Fapprochemens de dates > que je prouverai que cet homme
a bouleverfé tous les événemens > pour vous affurer qu'il
étoit innocent.
II vous a dit que c'étoit le décret du 16 Pluviofe qui
étoit la caufe de T'animadverlion des colons : eh bien ! citoyens, les pouvoirs donnés aux colons ici préfens ( carils
Hont bien erfedtivement fondés de pouvoirs pour venir ici
accufer Polverel & Sonthonax, & demander à la Convention juftice > proteétion & fecours pour les colonies ); conf- les
colonsont reçu, ces pouvoirs, fous T'anfpice des autorités
& la date de. ces
tituées, 2 aux Etats-Unis de l'Amérique 5 archives de Philapouvoirs, dont le double eft dépofé aux
delphie & dans les bureaux du miniftre de France; ces
pouvoirs font en date du 21 oCtobre 1793: on peut les vérifier; ils font à la commiflion des colonies. Le 22 oétcbre
répond au 2 Brumaire de l'an 2: or > lei décret n'a été
rendu que le 16 Pluviôfe; & certes > on n'a pas
prendre
en Brumaire un arrêté contre Polverel &
2 parce
RAtREL
la Convention devoit rendre, le 16 Pluviofe de l'année
que fuivante >1 un décret en faveur de la liberté des nègres, D'après
citoyens, je VouS laille à juger la
ce manière fimple de rapprochement, penfer & d'agir de ces hommes qui intervertiffent
toutes les dates pour fe rendre intéreflans > & faire croire
que ce n'eft pas pour eux qu'en les pourfuit, 3 mais feulement
en haine d'un décret rendu par la Convention. -Citoyens, vous
fentez toute la perfidie de cette marche. fi les colons fe trouvent ici
Il eft donc démontré que
c'eft
tous les
accufateurs de Polverel & Sonthonax,
pour
forfaits dont ils fe font fouillés 3 mais point du tout par
outes les dates pour fe rendre intéreflans > & faire croire
que ce n'eft pas pour eux qu'en les pourfuit, 3 mais feulement
en haine d'un décret rendu par la Convention. -Citoyens, vous
fentez toute la perfidie de cette marche. fi les colons fe trouvent ici
Il eft donc démontré que
c'eft
tous les
accufateurs de Polverel & Sonthonax,
pour
forfaits dont ils fe font fouillés 3 mais point du tout par --- Page 182 ---
-
rapport au décret du.16 Pluviofe, qui ne leur-éroit Polverel & ne
pouvoit leur ètre connu. Je vais plus loin. Quand
& Soathonax furent accufés devant la Convention, nous
étions bien plus loin encore du 16-Pluviofe. C'étoit au mois
de jeillet de lannée précédente que Page & Brulley, com
millaires de Sains-Pomingue, recevant de la colonie les nouvelies les plus défaftreules, apprenan: la férie des événemens la deftrucpar lefquels Polverel & Sonthonax marchèrent à
c'eft à
tion de la colonie ( & ils y font arrivés depuis arrivèrent )5 à la
cetre époque, dis-je, que Page & Brulley
la fituation
barre de la Convention nationale, y exposèrent Polverel &c Sonde Saint-Demingue, & demandèrent venir rendre que
à la Conthonax fullent rappelés pour
compte
vention nationale de leut conduite à Saint Domingue: voilà
la demande faite par nous. Je fus le rédaéteur de T'adreffe ;
eile eft ici, on peut la vérifier, & l'on verra que Sonrhonax demandé
en a encore impofé en difant que nous avions
contre lui & fon collègue le décret d'accufation. Qu'eit-il
arrivé? Que la Conventionnatienle, inftruite de la conduite
de Polverel & Sonthonax , qui alors n'avoient pas les forfaits encore
brilé le Cap, qui n'avoient pas encore complété indignée de leur
qu'ils ont commis depsis; la Convention, décréta
conduite, à l'époque du mois de juillet,
purement
& fimplement d'accufation Polverel & Sonthonax > fans autre
motif
fon indignation. Ce fut un, mouvement réfultat fpontané d'une
de la RECniet elle-méme, & non pas le
demande de Page, Brulley, ni d'aucun colon. Vous voyez,
citoyens, que le mois de juiller eft trop éloigné de l'époque
du 16 Pluvile, pour que jamais on puilie imaginer
le décret d'accufation a
E2
c'eft en haine de ce décret que
demandé contre Polverel & Sonthonax.
n'avons
Vous voyez donc, citoyens, que rendre nous
de
follicité ce décret, mais
vinrent
compte
ras
quils
conduite > comme ils le font aujourd'hui. Il y a plus donné : à
cette époque, les commiffaires n'avoient point encore
la liberté aux Africains; on ne favoit, on ne prévoyoit,
qu'ils donneroient jamais cette liberté, & ce quilsavoient Le
Tst auparavant ne le laiffoit pas même foupçonner. le répère
décret du 16 pluviofe n'étant point connu, je donné
encore
i
& Polverel & fon collegue n'ayant point
'hui. Il y a plus donné : à
cette époque, les commiffaires n'avoient point encore
la liberté aux Africains; on ne favoit, on ne prévoyoit,
qu'ils donneroient jamais cette liberté, & ce quilsavoient Le
Tst auparavant ne le laiffoit pas même foupçonner. le répère
décret du 16 pluviofe n'étant point connu, je donné
encore
i
& Polverel & fon collegue n'ayant point --- Page 183 ---
erté aux Afticains, ces actes ne peuvent avoir, été la
ufe du décrered'sctufation lancé par la Convention : ce
cret eft doncindépendant du décret du 16 pluviofe &c des
tts quil'ont motivé, & de tout ce qui s'eft palfe poftérieument. Sonthonax & Polverel vous ont dit encore que les colons
oient demandé leur mife hors de la loi, & ils vous ont
en plaifantant effrontément, qu'en effet il étoit plus
: de couper la tète à un homme que de lui répondre.
ien de tout ccla n'eft vrai, citoyens : nous prouverons,
r les
à Sonthonax, que 3 loin d'avoir demandé
ur mife Ftata de la loi , nous avons demandé pofirivement
Tils vinffent rendre compte de leur conduite. Nous nous
mmes bornés là, & n'avons pas fait autre chofe. Que la'
onvention les ait décrérés d'accufation, cela nous eft étran-'
r;" il ne nous appartient pas à nous de juger des inten-,
ons, des morifs de la Convention. Que des membres in*
gnés aient demandé que Polverel &c Sonthonax fuflent
is hors de la loi, devons- nous en répondre ? non : c'étoir
ur opinion, & il nous fuflit à nous de ne l'avoir pas
emandé, & il eft odieux de la part de ces hommes de
aire parler les colons, & de reporter l'animadverfion des:
olons fur un décret qui n'étoit pas connu & ne pouvoit
as l'être à l'époque ou les accufations intentées contre ces
ommifaires, à lépoque oû les pouvoirs ont été donnés aux
olons qui fe trouvoient réunis ici: voilà pour ce qui conerne le décret du 16 pluviofe. Vous voyez. que c'eft en
rain que Polverel & Sonthonax cherchent à fer rendre inéreflans fous ce rapport. En voici un autre. Iis répètent
ans celle-: C'eft parce que nous fommes les plus fermes
ppuis de Thumanité & de la liberté, que nous avons été
perfécurés. Lui, Sonthonax, le plus ferme appui de la liperté ! Ici, citoyens, > nous ferons parler les faits. C'eft
vainement que Sonthonax répétera qu'il a été le champion de la liberté; qu'il a été le rédactcur des feuilles de
Prudhomme , oà refpire à chaque page l'amour de la liberté: Sonthonax ne vous dit pas & ne vous difa
qu'il
n'a été rédacteur de cette feuille, que
que
n'a
REneS
pas trouvé fon ftyle convenable à la RERCES 5 &c certes, il
feroit ridicule de fe dire l'ami de la liberté >: quand en a
thonax répétera qu'il a été le champion de la liberté; qu'il a été le rédactcur des feuilles de
Prudhomme , oà refpire à chaque page l'amour de la liberté: Sonthonax ne vous dit pas & ne vous difa
qu'il
n'a été rédacteur de cette feuille, que
que
n'a
REneS
pas trouvé fon ftyle convenable à la RERCES 5 &c certes, il
feroit ridicule de fe dire l'ami de la liberté >: quand en a --- Page 184 ---
dire prétendu à rédiger lAmi du roi, Sil'on vénoit auffi
que Polverel eft una ardent defenfeur de la
vo
invoquerions le témoignage de tous ceux liberré, no
Polverel dès le commencement de la révolution qui ont cont
février: pellerions l'accufation qui lui fàt incentés à 5 nous raj
& tout Paris fait à qroi s'en tenir raifon à
du
Jamais ces hommes n'onz été les défenfeurs cie cet la égar
qu'autant qu'ils) X ont trouvé leur propre
& liber
toujours la ainfiqu'ils en ont agi, comine nous comptes
ce
par
fuire. Leurs opérations
vorsie pronveror
qui, avec dei beanx difcours,
- ou quelques-unes d'elles
n'étoient au fond que le Etsanae réfuitat d'une
cantille & très-fordide, qui,.en dernière ipéculation mer
remplir leurs poches aux dépens de qui il anaiyfe, devoi
Voila, ciroyens, leur conduire à Puris appartiendroi
Domingue. Mais, pour vous convaincre comme à Saint
n'étoient pas amis de la liberté, & ga'on que ces homme
n'étoient pas davanrage ceux dela
comptoit qu'il
voir dans quels principes ils font probicé, il fuffic de fa
mingue > & qui les y a fait aller : parris alors vous pour Saint - Do
jugement fain fur leur conduite & leurs
alleoirez un
actions nous
actions. Sur leurs
père qu'alors ilne produirons reftera un feul de leurs actes, & j'ef
Ils ont dit qu'ils étoient plus le les moindre doute.
avoient toujours été les
amis de la liberré; qu'ils
champions de la
n'avoient eu d'autre but que le
liberté; qu'ils
eh bien !
maincien de la
citoyens, qui a envoyé Polverel
révolation:
aux colonies : le pouvoir exécutif.
& Sonchonax
voirs ? qui les a préfentés : Briffor. Qui Il a rédigé leurs poupouvoir exécutif; pour faire paffer ces deux s'eniendir hommes avec le
Domingue. Je vois Sonthonax
&
à Saintne pourrons pas prouver que Briffot rire, étoit il croit que nous
mais la preuve que nous en donnerons. fon
tion elle-mème qui nous la fournit. Les 5 ceft la
Eetnss
fées au comité des sireté
pièces font dépoy ait de quoi rire là-dedans. générale, Dans 3 & je ne crcis Pas qu'il
cette grande affaire où l'on a contondu l'affaire de Brillot, dans
d'honnétes gens, d'hommes probes,
une grande parrie
mationale arendu unejuftice
dans auxquels la Convention
grompé beaucoup de monde éclatante,
cette affaire Briffot
par fes vues en apparence
fées au comité des sireté
pièces font dépoy ait de quoi rire là-dedans. générale, Dans 3 & je ne crcis Pas qu'il
cette grande affaire où l'on a contondu l'affaire de Brillot, dans
d'honnétes gens, d'hommes probes,
une grande parrie
mationale arendu unejuftice
dans auxquels la Convention
grompé beaucoup de monde éclatante,
cette affaire Briffot
par fes vues en apparence --- Page 185 ---
lanthropiques; mais qui étoient diétées par l'Angleterre;
ur perdre la France & fes colonies. Cette vérité eft dés
ntrée par l'acte d'accufation adopré par la Convention. Je
nande la lecture de l'extrait de l'aéte d'accufation.
Hraic de l'adle d'accufation contre Briffot & autres, préVenté au nom du comité de sûreté génerale 3 le 13 vendémiaire, l'an 2 de la République.
kc Pittvouloit perdre nos colonies ; Briffot & les Girondins
perdu nos colonies.
3 Briffot, Pétion, Guadet, Genfonné, Vergniaud, Ducos,
nfrède ont rédigé les opérations relatives à nos colonies,
nos colonies font réduites 2 la pius affreufe fituation. Les
mmiffhires coupables qui les ont bouleverfées de fond en
mble, Sonthonax & Polverel, font à-la-fois leur ouvrage
leurs complices.
>> C'eft en.yain cu'ils ont effayé de déguifer leur projet
rfide, fous le vuile de la philanthropie > comme ils ont
ché long -temps celui de reffifciter la royauté en France
usla forme de la République: il exifte des preuves même
térales deleur corruption dans la correspondance du nommé
Aymond,leur coopérateur & leur créature.
> Raymond preffircit les hommes de couleur pour
ger leur fubfance avec Briffor, Pétion, Guadet, rdate
nné, Vergniaux; ils étcient légiflateurs, & leurs opinions
r les colonies étoient un objet de trafic : leur langage ne
ère point de celui des tyrans ligués contre nous. >>
Brulley : Voilà, citoyens, ce
le comité de streté génélep préfentoira la Convention; 0E ce qui ia motivé le décrer
accufation. D'après certe pièce auchenrique, nous fommes
onc fondés à dire que Briffot a été le proteéteur, le paon de Polverel & Sonthonax. Vous voyez que les preuves
h exiftent au comité de sûreté générale. II y a encote
autres paragraphes de cet acte, qui ne font pas moins exlicatifs des liaifons de Briffot avec Polverel &c Sonthonax:
bus allez en entendre ela lecture,
Cc Briflor s'eft préfenté aux jacobins au mois d'août
our commencer l'exécution d'un plan d'inrigue, dégui(é 1790
bus une apparence de philanthropie, K dont le réfuiltat fut
h exiftent au comité de sûreté générale. II y a encote
autres paragraphes de cet acte, qui ne font pas moins exlicatifs des liaifons de Briffot avec Polverel &c Sonthonax:
bus allez en entendre ela lecture,
Cc Briflor s'eft préfenté aux jacobins au mois d'août
our commencer l'exécution d'un plan d'inrigue, dégui(é 1790
bus une apparence de philanthropie, K dont le réfuiltat fut --- Page 186 ---
ISo
4a ruine de nos colonies. Il a donné à Capet des conf
pernicieux à la liberté, prouvés dans fa leture à ce tyran
dépofée au comité de furveillance. Le féjour & les
trigues de Briflot en Angleterre, fes liaifons avec les 4
glais réfidans en, France > toutes ces circonftances & be
-
coupd'cutres avoient fignalé Briffor& fes complices com
les agens de la faction anglaife. 3,
(Moniteur, No. 36,27 oftobre 1793 V. S.)
Certifié conforme.
Signés DUNY.
Briffot étoit fignalé comme le chef de la fadtion anglai
comme dirigeant les événemens dans le fens le plus avantag
à lAnglererre. Or, ce qui étoit le plus avantageux à l'Ang franç
terre étoit fans doute la deftruétion du commerce ilfall
Pour opérer la deftruétion du commerce frangeis, les colonies
opérer celle des colonies hommes : pour de détruire chcix > des homn
falloit
envoyer des étoient néceffaires pour opérer cette d
dont 1 principes
trucion, & Jivrer le refte de la cclonie aux Anglais.
hommes que Briflot a choifis pour être envoyés S'ils aux ofoi
lenies, les voilà : c'eft Polverel & Sonthonax.
nier qu'ils aient été choifis par lui, nous citerions enc
le témoignage d'un homme qui a été leur ami, & qui Cha
puisa attiré fur fa têre la vengeance nationale : c'eft
mette.
Le voici.
Pefage tiré, du Moniteur, No, 36, 2ème année Républicai
Chaunaette contre Briffot.
1 7
DorasAre
'c CHAUMETTE:
7) 33 Lors du départ des commiflaires Sonthonax Prudhomm & Polver
pour Saint - Domingue travaillé 3 je travaillois autrefois, chez vint un jour 1
Sonthonax, qui y avoit
trouyer; il me dit:
les
une commiflion
col
>> Briffot m'a fait.avoir
pour de fecrétair
mies; voulez-vous parir avec moi en qualité
Chaunaette contre Briffot.
1 7
DorasAre
'c CHAUMETTE:
7) 33 Lors du départ des commiflaires Sonthonax Prudhomm & Polver
pour Saint - Domingue travaillé 3 je travaillois autrefois, chez vint un jour 1
Sonthonax, qui y avoit
trouyer; il me dit:
les
une commiflion
col
>> Briffot m'a fait.avoir
pour de fecrétair
mies; voulez-vous parir avec moi en qualité --- Page 187 ---
18:
entra enfuite dans quelques dérails, & me démandà fi
connoilfois le caractère des habitans de ce pays, & fi
vois des notions fur la nature de l'infurredtion qui is'y
anifeftoit. Je dis alors franchement ce que je penfois fur
cux qui avoient perdu cette portion de la République franife. La fuite de la converfation me prouva que j'avois
faire aux agens de quelques ambitieux.
9, Pendant le cours de notre entreticn, Sonthonax me dit
Foir avec fon collègue Polverel une commi(fion fecrète qui
S mettroit à l'aife. Il difoit avoir de grandes choles à
ire. Citoyens, ces" grandes choles font faures. Les comiflaires fe font fait proclamer rois en Amérique, ils fe
pnt érabli un trône fur les crânes fanglans des habitans
e la colonie,, & vous devez juger le mérite de ceux qui
s ont nommés à cette commilion, & quiles ont dirigés.
>, A la fuite de cette converfation, je refufai net Jeur
ropolition 3 je fis plus : je dénonçai ce que je pouvois
raindre d'une pareille million; vous voyez que la fuite a
iftifié mes craintes.
>> Sonthonax me renouvela cependant encore la
tion de partir avec luis je le refufai, & je lui dis que
RFE
inion quil portoiz dans la colonie n'étoit pas-la mienne;
ue j'avois toujours été pour la liberté des nègres. Ce fait,
Froyens,Jurés, prouve que Briffor eft en partie T'aureur des
éiaftres de nos colonies .22
>, Certifié conforme. Signé, DUNY >.
Vous venez, de l'entendre; un home, > loin de Polverel
dans
X Sonthonax , qui n'avoit pas d'intérêt à les acculer
e moment-la, dit: Sonthona: m'a fait telle & telle propoition lorfque je travaillcis avec lui chez Pradhomme 5 il
n'a propolé de le fuivre dans la miffion que lui procuroir
Briflor; il m'a dit qu'il étoit chargé de faire de grandes
tholes; & certes, cesgrandes chofes, il doit les avoir faites,
puilqu'il enl étoit chargé par Briffot; & nous pouvons d'auant moins en douter > que nous lifons cette phrafe dans
a correfpondance avec fes commettans : la voici :
cis avec lui chez Pradhomme 5 il
n'a propolé de le fuivre dans la miffion que lui procuroir
Briflor; il m'a dit qu'il étoit chargé de faire de grandes
tholes; & certes, cesgrandes chofes, il doit les avoir faites,
puilqu'il enl étoit chargé par Briffot; & nous pouvons d'auant moins en douter > que nous lifons cette phrafe dans
a correfpondance avec fes commettans : la voici : --- Page 188 ---
Extrait de P'Ouvrage intitulé : Jean-Pierre Briffot j
à fes commettans,
e Eh! quelle fuperbe carrière s'ouvroit alors devant étoit nous G
aux Indes-Occidenmales ! les colonies anglaifes qu'il
le
facile de bouleverfer, feulement en achevant de purifier
régime des nôtres , moyen qui n'étoit même pas compris>
Vous apprécicz la perfidie de cette phrafe; c'eft-à-dire c'eft-à
qu'il falloit commencer par purger nos colonies ,
dire, les détruire, les dévafter, pour voir enfuite fi, 1e
ce
> on détruiroit celles de I'Angleterre. Certes
tla
tiative moyen étoit bien funefte pour la France, & lon a exécuré
ce projet; ceux qui ont été prépofés pour le faire, font
Sonthonax & Polverel. Ils ne
pas nier qu'ils ont
été préfentés par Briflot, par NTAA qui difoit quily, avoit
une purification à faire. Sans doute cette purification devoit
être faite par la Ramme, le fer, le pillage, le carnage
car ce font là les moyens qu'ils ont employés
les
mais vots obferverez une chole:
T6
Colane
colonies;
ASte
poque oà ils font partis, ou ils étoient profondément difimulés, ou ils n'avoient pas deffein de donner la liberté
aux nègres. Chaumette dit qu'il n'approuvoit
le deflein
de ne
accorder la liberté aux nègres; &
&
ESntutate
Polverel pas la leur ont depuis donnée : Comment concilier ce
que Sonthonax difoit alors avec ce qu'il a fait depuis : On
croira peut-êrre que Sonthonax s'eft décidé à donner cettel
liberté par ces grands fentimens d'humanité qu'il a toujours
à la bouche 3 on croira peut-être
c'eft par la vue du
châtiment horrible des nègres ARE sy eft décidé : mais
cela eft faux. Les nègres viveient fous un régime vraiment
paternel de la part des blancs, & certes ce n'auroit pas été
avec des traitemens barbares que les colons français qui
habirent les Antilles françaifes, cuffent élevé le commerce
à la haute profpérité oà il a été porté. Il falloit
eût
un fyftème d'humanité combiné avec un fyfème
LPLAES
fuivi, bien organifé, pour que I'on ait vu S élever, à l'aide
du commerce des Antilles, les fuperbes villes de
Bordeaux', Marfeille, & toutes celles qui font la bafe
NE
la profpérité de la France. Les colons français, quoi qu'en
difent
élevé le commerce
à la haute profpérité oà il a été porté. Il falloit
eût
un fyftème d'humanité combiné avec un fyfème
LPLAES
fuivi, bien organifé, pour que I'on ait vu S élever, à l'aide
du commerce des Antilles, les fuperbes villes de
Bordeaux', Marfeille, & toutes celles qui font la bafe
NE
la profpérité de la France. Les colons français, quoi qu'en
difent --- Page 189 ---
18;
difent leurs calomniareurs & fur-tout Polveiel & Sonthonax,
Etoient les pères de leurs efclaves; ils nont jamais eu
eux le droit de vie & de mort. Polveiel & Sonthonax fur
bnt trouvé Ce régime à Saint-Domingue: ces hommes
ement
art
défenfeurs de la liberté & de
qui ont toujours ces
l'égalité,
grands mots à la bouchs, qui difent
c'eft
les avoir défendus qu'ils ont été perfécutés :
bient pour ces
nommes-là
nêmes
trouvoient ce régime trop doux; & ce font euxde qui, loriqu'ils ont été dans la colonie, ont jugé à
propos
faire couper les oreilles & les jarrets aux malheureux nègres. Ils en ont donné l'ordre par leur
nation, la voici. Je vous ai dir que nous irions proclaes aétes à la main; & vous allez voir ce que ces hoinmes toujours
humains ont ordonné contre ces nègres, dont Gi doucereux
s difent que nous fommes les perfécuteurs. Ils ont foin
ettre en têtede cette proclamation,
ce qu'ilsordonnent 1de
avoit été
Louis XIV, mais n'avoit que pas été exécuté.
La voici, att eft en langage nègre :
Polverel : Elle eft aufli en français.
Brulley : Je n'ai fous les yeux que celle qui eft en lanfage negre 3 je vais la traduire, > &cje me bornerai à trois
rticles qu'il eft ellentiel de bien conftater, afin de bien
onnoître l'huianité des commiflaires civils.
ARTICLE XXXIV.
XXXIV.
Toutes zefclaves qui va ref Tout efclave qui va
és marrons pendant yonmois, marron, (c'eft-à-dire fugitif), refter
compté danpuis jour la que pendant un mois du jour
haître ali va déclarer li a juf- le maitre l'aura, déclaré à
ice,
io va tienbé
ellentiel de bien conftater, afin de bien
onnoître l'huianité des commiflaires civils.
ARTICLE XXXIV.
XXXIV.
Toutes zefclaves qui va ref Tout efclave qui va
és marrons pendant yonmois, marron, (c'eft-à-dire fugitif), refter
compté danpuis jour la que pendant un mois du jour
haître ali va déclarer li a juf- le maitre l'aura, déclaré à
ice,
io va tienbé quand
li, io juflice, quand on va le tenir,
a coupé zoreilles ali, & io va on va lui couper les
harqué li M la fus zépaule & le marquer de la oreilles lettre M >
auche.
fur l'épaule gauche.
XXXV.
XXXV.
Toutes zefclaves qui va Tout efclave qui
le
uitté camps révoltés, pourlcamp des iévoltés quittera rentrer
Tome I. sème. liyraifon,
N pour --- Page 190 ---
mai- dans la maifon de fon maitre
zentrer doucementla caze
un mois après la publicarion
tres a io, yon mois après cila REC de cette proclamation, il ne
blication proclamation mais Allui fera rien fait 5 mais f,
io pas le fait io a rien
qu'il aura rentré,il reaprés que iorentré, io tournélapres tourne encore marron (fugitif),
alle marrons > io va gag gnerzo- Mon lui coupera les orcilles, &
reilles coupés, & marque
on le marquera d'une M fur
la fus zepaule gauche.
T'épaule gauche.
XXXVL
XXXyL
Tourefclave contemierd'al.
Toutes zefclaves zorcilles marro- ler en marronnage (en fuire)
niers qui déja gegné
M & quiaura eu les oreilles coua io coupées & marqué fi iopées,8
aura été marqué
la fus zepaule gauche,
di furlépaule gautourner aller murron encore delalertre che, s'il retourne encore en
pendant yon mois, io va gaun mois,
gner jarrets coupés, & droite. mar- macconnagerendane On lui coupèra le jarret , M &
qué M la fus zépaule
on le marquera de la lettre
fur T'épaule droite.
les articles les plus faillans de la proVoilà, citoyens, eft toute dans le mêmé genre.
clamation qui
la leéture du préambule car
Sonthonax : Je demande des citoyens colons, je 1 lis
lorfque je lis des pièces
entières.
que je vais traduire:
Thomas Millet : Voici le préambule
Sonthonax & Polyerel, du 5 mai1793.
Proclamation de
TRADUCTION DE MILLET.
CRÉOLE,
EN LANGAGE
Etienne Polverel &c
Etienne Polverel & Nous,,
Sonthunax
Nous
Léger - Félicité
de la Re
Léger - Félicité civils RETTE de la
commillaires civils délégués
commiffaires
frangalfe,
publique, quer nation ftagauelpubique
uire:
Thomas Millet : Voici le préambule
Sonthonax & Polyerel, du 5 mai1793.
Proclamation de
TRADUCTION DE MILLET.
CRÉOLE,
EN LANGAGE
Etienne Polverel &c
Etienne Polverel & Nous,,
Sonthunax
Nous
Léger - Félicité
de la Re
Léger - Félicité civils RETTE de la
commillaires civils délégués
commiffaires
frangalfe,
publique, quer nation ftagauelpubique --- Page 191 ---
voyez dans ce pays- ci pouridans les
mettre l'ordre & la tranquillité pour y. Hler-fous-le-Yenr, rérablir
tout par tout.
tranquillité,
l'ordre & la
N'apasy parmi nègres zefclaparmilesnègres
vesquifaur caufe
chercher ça qui la efclaves
faur
io foulever; n'a
ceux
chercher
fcern
tote io, n'a pas io même pour quilneft qui les ont foulevés 5 ce
cherché dérangé, c'eft monde
parmi eux qu'il faut
ceux
les ont
EURe
qui trompé io: cila qui fairel rangés : ce font qui les
déio agir, cila qui conduira io > qui les ont
perfonnes
io pas gagné
dans gui- les enfans des trompés; Ce font faits
née, CCAFLE c'eft perites dans ce
Français
al Francaisguifaites danspays- dre la pays squiont voulu perci,qui té-vlé perdi toutes co- cher de colonie, refter à la ou les empèlonies, ont bien empêché io font eux
France; ce
reftés pour la France; c'eft io homines de qui couleur ont engagé à
les
quifaire la guerre couleur pour égorger; ce font
s'entretoute monde libre s'entre égor- qui ont armé les efciaves eux encore
géi io; c'eft io même encore qui tuer tous les
armé zefclaves
tuer tou- & tous les blancs de EOur
tes blancs ecitonn & touresile monde connoit fang-mèlés. Tour
fangmèlés: danpuis longtems là la vérité.
que c'étoittoute monde connoit, c'eft la s'eft fauvé du D'abord Borel
vérité. D'abord Borel té fauvè avec une bande Port-au-Prince de
Porr-an-Prince: avec bande bri- qui éteient avec lui. brigands
gands qui té avec lui, toures nègres du Cul-de-fac Tous & les
nègres Cul-de-fac avec cila la la
de
Croix des Bouquets qui té de- s'étoient Creit-des-Bouguecs dérangés (ont qui
rangés, io toutes rentrés dans rentrés au travail.
tous
le travail, c'eft donc monde donc des hommes Ce font
libre qui faut punir, fi io vlel faut
fi l'en libres qu'il
toutes nègres rentrer dans l'ca-les nègres punir, rentrente dans veut que
dre.
l'ordre.
Mais ce qui a fait mauvais Mais ce
monde la io trouvé tant de gens ont trouvé quia le fait que ces
moyens
faire nègres rè- faire révolter les moyen d de
volter, -ECETE que n'y a point iquiln'ya pas affez nègres, c'eft
monde libre la fus habitations
d'hommes
outi
> libres dans les
you a eu pille nègres pourlil y a un grand habitations nombre où de
N 2
dre.
l'ordre.
Mais ce qui a fait mauvais Mais ce
monde la io trouvé tant de gens ont trouvé quia le fait que ces
moyens
faire nègres rè- faire révolter les moyen d de
volter, -ECETE que n'y a point iquiln'ya pas affez nègres, c'eft
monde libre la fus habitations
d'hommes
outi
> libres dans les
you a eu pille nègres pourlil y a un grand habitations nombre où de
N 2 --- Page 192 ---
empécher iol nègres pour les garder & les
garder io,
maitre a empécher de faire le mal; c'eft
faire mal; ECar que
maitres les battent pour
io batte io: pour
merci; fuivre quelesr rien; c'eft que leurs maîtres ne
c'eft qui maitre E pas la fus fuivent
les lois
les
tois qui obligé li gagner libres obligent Fanat fur M habihabitation allez mondes
tations affez d'hommes libres
pour veiller nègres a & li quand li pour veillerl leurs nègres, quand
11 gagné tout foin plcin, traité nègres que ils en ont beaucoup, & traiter quils
pas gagné,
n'ont pas foin de les
avec douceur.
toutes mon- avec douceur s d'empêcher
Pour empècher nègres gérans leurs gérans ou économes qui
des
gagné conduira attel- conduifent leurs ateliers de
ou .5 qui
mal- maltraiter les nègres &c de les
liers, de maltraiter nègres io battre mal-a-propos, & de leur
a-propos, &
obliger
faire exécuter feulemenclesangagné foin io Roer nous pas ciennes lois qui n'ont jamais
beloin, faire T'autres lois, févè- mais été fuivies.
feulement faire exécuter
rementcila io quite faiteslong
temps, &c
perfonne pas
été
dlimate
jamais
Nous voulons & ordonnons
Nous vlé & nous fuivre: ordonné Ice qui fuit :
io faire ça qui va
de
cette dernière phrafe:
Brulley : Je vous prie été remarquer fuivies. Donc, d'après l'aveu de
les lois quin'ont jemais jamais coupé les oreilles & les jarrets
Sonthonax, on n'avoit avoir fui pendant un mois. Certes, iln'eft
aux nègres pour dans la tête des colons d'infliger de pareilles
jamais entré
qu'ils
punitions; & je défie ces hommes, quelquimpateurs arrivé dans la colonie.
faient, de
aucun d'années; fait pareil tous ceux qui font ici
Certes, jy ES relté affez
il a foixante mille Tai
ont refté affez long-temps; & pas y un ne dira quil ait vu
qui connoiffent oreilles la colonie, & les jarrets aux nègres pour avoir fui
couper les
pendant un mois.
Je dis donc que ces hommes qui fe difent humains qui nous par
excellence, qui fe difent péttis de philanthropie,
ient, de
aucun d'années; fait pareil tous ceux qui font ici
Certes, jy ES relté affez
il a foixante mille Tai
ont refté affez long-temps; & pas y un ne dira quil ait vu
qui connoiffent oreilles la colonie, & les jarrets aux nègres pour avoir fui
couper les
pendant un mois.
Je dis donc que ces hommes qui fe difent humains qui nous par
excellence, qui fe difent péttis de philanthropie, --- Page 193 ---
appellent marehands
tives, qui difent qu'ils d'hommes, veulent qui nous accablent d'invecourragée; je dis que ces fentimens, venger en nous la nature
la philanchropie, ne le font
> loin d'être diétés par
homme vraiment
que par la mauvaife foi, parce
1T lois co.nme celles-là, philanchrope des lois ne fait point exécuter
& qui ont été diétées par Louis XIV tyranniques & barbares,
connoit la tyrannie. Je demande donc dont tout le monde
tera le moindre doute fur le caraétère maintenant & les
s'il exifPolverel & de Sonthonax, fi l'on
intentions de
hommes qui nous ont ordonné de pourra les croire que des
jarrets à nos nègres, > foient pénétrés couper des
oreilles & les
lanthropie donzi ils fe targuent avec tant principes de phimande à préfent Gi c'eft
d'infolence? Je deinfligé de fig grandes
par à fentiment d'humanité qu'ils ont
ordonné l'exécution peines des lois ces les Africalns, eux qui avoient
avoient ordonné l'exécution de celles plus barbares, eux qui
rejetées comme trop rigoureufes & que les colens avoient
donc que fi le fort des
trop barbares ? Je dis
c'eft à Polverel & Sonthonax nègres a empiré dans la colonie 3
les termes même de leur
qu'il faur s'en prendre, d'après
vous ne pourrez plus vous proclamation. Maintenant, citoyens,
ces hommes, quand ils vieadront méprendre fur les fentimens de
qu'ils ont rendu la liberté aux
vous dire que c'eft parce
contre eux; nous vous
nègres que nous nous foulevons
à leur philanthropie, répéterons que nous ne croyons pas
chez nous un caraétère précifément féroce. Eh parce qu'ils ont développé
raux en France ne pouvoient
!'des hommes fi immoroces à Saint-Domingue lorfqu'on effectivement leur
que devenir féétendue d'autorité.
donnoit une fi énorme
Je reviens: je dis que ces hommes qui
targués de la liberté donnée aux
depuis fe font tant
ment à la
nègres, ont menti
colonie, > ont fait
à la
impudemqui ne lui convenoit pas; 5 ceux parler qui ont bleffé nation un langage
cipes font coupables fous tous les
tous les prinleclure d'un acte qui va vous
rapports. Je vais donner
fe difent les défenfeurs des prouver que les hommes qui
liberté & de l'égalité, font des opprimés > les fectateurs de la
impofteurs, font des hommes
N 3
ment à la
nègres, ont menti
colonie, > ont fait
à la
impudemqui ne lui convenoit pas; 5 ceux parler qui ont bleffé nation un langage
cipes font coupables fous tous les
tous les prinleclure d'un acte qui va vous
rapports. Je vais donner
fe difent les défenfeurs des prouver que les hommes qui
liberté & de l'égalité, font des opprimés > les fectateurs de la
impofteurs, font des hommes
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n'ont rien fait que ce qui convenoit à leursintérèts particuliers qui
ou aux vues que leur avoit diétées Briffot pour cherche fervir
l'Angleterre. Vous les avez entendus vous dire, on leurs
des crimes à ceux
ont défendu Phumanités leur ce chercherons font
exprellions , je les f tranfcrites. Nous ne
nousles
point de crimes; ils en ont aflez commis pour que
écrafions; & à ce langage, citoyens, vous devez hommes reconnoitre déscelui de Robefpierre, de Carrier, de ces
ceshommes qui
honorent Thumanité; vous cherchent devegreconnoimetouse à rejeter leurs atrocités
profondément cruels, qui vidtimes.
Polverel &c Sonfur ceux qui en ont étéles
Quand ils ont été reçus
thonax font arrivés à Saint- Domingue,
on a été à
comme des dieux, comme des anges des tutélaires;
des aucent lieues en mer au-devant d'eux; d'eux députations les complitorités conftituées ont été au devant de leur pour le terme
menter & les recevoir, en attendant Nous part le prélides maux qui affligeoient la colonie. Sonthonax d'avoir prions à répondre
dent d'interpeller Polverel s'il eft vrai &c qu'on a été au devant d'eux
cathégoriquement mer,
tous les corps conftitués ont enà cent lieues en
que les complimetter &c les recevoir.
voyé une députation pour
Le préfident : Répondez.
Polverel: Je ne fais ficeft à cent lieues,, je ne puis colo- fixer
la latitude : je fais que des députations nationale de Taffemblée aufi, enfin
niale, de la municipalité, de la garde au devant de nous.
de tous les corps conftitués, font venues
Brulley : Le but de cette députation n'étoit pas feulement objet des
une cérémonie : elle n'avoit pas feulement mais pour c'étoit
complimens vains, des politetles ridicules; n'avoient rien à reeatour
alfurer Polverel & Sonthonax qu'ils voudroient s'oppoler à
de Blanchelande &c des autres voilà qui
étoit le vrai but
leur arrivée dans la colonie :
quel Vous voyez que ces
de cette députation, & on le prouvera. été
comnme des envoyés
hommes, à leur arrivée", ont
reçus
de faire tout le
de la France, comme des hommes chargés des inftrucions
bien qu'ils devoient faire; mais ils avoient
les moyens
fecrètes de Briffot; mais Briffot leuravoit indiqué
de Blanchelande &c des autres voilà qui
étoit le vrai but
leur arrivée dans la colonie :
quel Vous voyez que ces
de cette députation, & on le prouvera. été
comnme des envoyés
hommes, à leur arrivée", ont
reçus
de faire tout le
de la France, comme des hommes chargés des inftrucions
bien qu'ils devoient faire; mais ils avoient
les moyens
fecrètes de Briffot; mais Briffot leuravoit indiqué --- Page 195 ---
de détruire les colonies pour de fuite ruiner
glais difoit-il); mais ilsa avoient un autre
celles des Ande la première entrevue, ils ne
plan à fuivre. Lors
neltes projets; ils tinrent une conduite dévoilerent point leurs fufident de l'aflemblée coloniale,à leur
très-adroite. Le préà peu près ce difcours que j'analyle. débarquement, leur tint
à Nous fommes dans vOs mains (en s'adreffant à
Sonthonax & à Alhiaud, car ils avoient
Polverel,
legue; il dit, au nom de tous. les
un troifième collonie, ) : nous fommes dans VOS mains repréfentans de la COvous pouvez brifer. On dit
un vafe d'argile que
lonté bien exprimée de la nation, que vous êres venus avec la voqui font parmi nous. Si telle eft d'affranchir les Africains
nous fommes prêts à nous foumettre; votre intention > parlez,
que ces hommes que nous avons fait mais venir nous à demandons
qui n'ont ni notre
grands frais,
tudes; foient reportés langage, ni nos meeurs, ni nos habis
peut fe paffer des riches pailiblement cultures chez eux; & fila France
commerce national n'eft point anéanti que nous avons ici, fi le
Jonie, fi enfin c'eft la volonté de la par la perte de la cofoumettrons. 33
nation, nous nous y
thonax Voili ce que le préfident dit aux
& Polverel : quelle eft la
commifaires civils Sone Qu'ils font bien éloignés de réponfe de Sonthonax :
Hiauchondelafemice nationalen'a cette miflion; que jamais
Ils vont plus loin; ils difent: : <Et fi été jamais
tionale,
>
égarée, provoquoit l'abolition de l'affemblée
jurons de nous
TA
y oppofer de tout notre T'efclavage, nous
pouvoir. >>
Voilà la réponfe de Polverel & de
mais comme Sonthonax eft fort
s'excufer Sonthonax analyfée;
plimens 2 il vous diroit peut-être pour
fur les comcompliment (ear il trouve des
que c'eft par forme de
proclamations, à plus forte raifon complimens en trouveroit-il juiques dansles
difcours lonie prononcés au moment ot il étoit
dans des
). Il faur donc vous mettre fous les reçu dans la COtenfible qui devoit fervir de
yeux un acte ofbafer leur opinion fur Polverel guide & aux colons, qui devoit
Sonthonax & fur les inN 4
-être pour
fur les comcompliment (ear il trouve des
que c'eft par forme de
proclamations, à plus forte raifon complimens en trouveroit-il juiques dansles
difcours lonie prononcés au moment ot il étoit
dans des
). Il faur donc vous mettre fous les reçu dans la COtenfible qui devoit fervir de
yeux un acte ofbafer leur opinion fur Polverel guide & aux colons, qui devoit
Sonthonax & fur les inN 4 --- Page 196 ---
rentions de la nation françaife; & certes, ce n'eft pas de le la
de faire des complimens quand on Parle au nom
cas
&
lon eft revêtu de pouvoirs aufli
nation françaife, Polverel que & Sonthonax. Ces hommes ont puétendus que
dont je vais donner ledture, proclablié la proclamation été lue & affichée, & qu'ils ne nieront pas,
mation qui a
à ce que j'efpère.
Sénac lit:
Proclamation faite ai Cap,le 14fepcembre 1792 s par Polyerel,
Sonthonax & Ailhaud, commi[faires nationaux civils.
attachés aux lois que nous venons faire
<c Invariablement déclarens au nom de la métropole > de
l'aflemblée exécuter > nous nationale & du , roi, que nous ne recomnoitrons
deux clafles d'hommes dans la colonie de
déformais que les libres fans aucune diftinction de couSaint-Domingue,
leur, & les efclaves.
déclarons
allemblées coloniales feules,
>> Nous
qu'aux formées, appartient le droit de proconflitutionnelleent,
noncer fur le fort des efclaves.
eft néceffaire à la cul-
>> Nous déclarons que des l'efclavage colonies, & qu'il n'eft ni dans
ture & à la profpérité dans la volonté de laflemblée nationale &
les principes ni
des colons.
du roi, de toucher à cet égard aux prérogatives
nous ne reconnoitrons
les amis
>>
Nous déclarons que
pour
de la France que ceux qui le feront de la confitution, fauf
commandent l'efclavage & les locales modifications que
lités.
nous
également & les
>> Nous déclarons que
pourfuivrons
ennemis de la loi,du 4 avril, & les méprifables confpirateurs
ont voulu faire des droits des citoyens ci-devant qualifiés
2" couleur une fpéculation contre-rérolutionaitre.
de foufftir l'exécution du
32 Nous mourrons p'utôt que
pour
de la France que ceux qui le feront de la confitution, fauf
commandent l'efclavage & les locales modifications que
lités.
nous
également & les
>> Nous déclarons que
pourfuivrons
ennemis de la loi,du 4 avril, & les méprifables confpirateurs
ont voulu faire des droits des citoyens ci-devant qualifiés
2" couleur une fpéculation contre-rérolutionaitre.
de foufftir l'exécution du
32 Nous mourrons p'utôt que --- Page 197 ---
I9I
anti-populaire; mais nous ne laifferons jamais avilir
projet le caractère national dont nous fommes revêtus, par une
tolérance coupable des injures faites à la métropole.
nous les regardons comme très92 Tels font nos principes; de la colonie. >>
effentiels au bonheur
Vous venez d'entendre la leéture d'un acte authentique aux
adreffé à tous les hommes libres de Saint - Domingue, à -la mafle du
foldats, aux matelots, &cc.,
conféquent Polverel & Sonthonax
de Saine-Domingue.
dhatico
ont voulu complimenter le peuple de
mit ne
pas qu'ils
Saint-Domingue. quand ils ont énoncé ces principes. Certes, la
Polverel & Sonthonax donnent dans cette proclamation faite du
preuve la plus complète de Y'ufurpation qu'ls, les ont intentions
pouvoir. Ces hommes chargés de faire connoitre annoncent
de l'allemblée nationale & du peuple français, deux claffès
qu'ils ne reconnoitront dans libres la colonie fans diftinétion que
de coud'hommes, celle des hommes
voila des hommes
leur, & celle des efclaves. Vous voyez sils que veulent partir dans
qui pofent des bafes d'après lefquelles voila des hommes
toutes leurs opérations; vous voyez de la que nation françaife eft de
qui nous difent que l'intention dans la colonie; vous voyez que voilà
maintenir ce régime
de nous toute idée
voudroit
des hommes qui éloignent
qu'on & ils
changer le régime dans la colonie: ils vont plus loin,
déclarent qu'ils feront rebelles aux ordres même de la nation,
ils déclarent qu'ils mourront plutôt que de foufrir qu'un
changement fi contraire aux intérêts de la colonie s'exécute;
&celt aujourd'hui ces hommes qui nous viennent & reprochet ils difent
d'ètre-les ennemis du décret qui a été rendu;
défoque c'eft nous qui nous fommes rendus coupables de la de
béiffance, & ils ont eu l'audace, eux envoyés
France,
de venit nous dire que fi l'affemblée nationale, égarée (temarquez bien ce mot), prenoit une autre loi. détermination, N'eft-ce
ils mourroient plutôt que d'exécuter de la rebellion cette
contre la pas vodonner aux colons l'exemple être fonctionnaire français prélonté nationale ? de n'eft-ce dire, leur arrivée dans la colonie : fi
varicateur,
f
Taflemblée nationale que
manifefte telle intention, nous mour-
envoyés
France,
de venit nous dire que fi l'affemblée nationale, égarée (temarquez bien ce mot), prenoit une autre loi. détermination, N'eft-ce
ils mourroient plutôt que d'exécuter de la rebellion cette
contre la pas vodonner aux colons l'exemple être fonctionnaire français prélonté nationale ? de n'eft-ce dire, leur arrivée dans la colonie : fi
varicateur,
f
Taflemblée nationale que
manifefte telle intention, nous mour- --- Page 198 ---
de nous conformer? Et voilà pourtant le
rons plurôt que
y
langage que ces hommes qui ont toujours prétendu arrivée prendre dans la
les intérèrs de la France, 2 ont tenu à leur
colonie, & voilà le langage qu'ils ont tenu dans le -cours
a
de leur réfidence dans la colonie. Ilya plus, citoyens,
c'eft
dans cette proclamation ils fe bornent à dire fimque
mourrons
de foufrir telle chofe;
piement: : nous
plurôt
a fait le ferment de ne
a été
atr
mais Sonthonax
plus loin,, narionale de France qui
pas exécurer un déctet de l'aflemblée colonie de
annulleroit les prérogatives de la
S.int-Domingue;
& ce ferment, illa configné dans une proclamation Certes, publique un
& affichée, dont on va vous donner lecture.
vous
ferment comme celui-là n'eft pas un compliment : on de va la reen donner leéture, & vous verrez tous les fignes
bellion la plus caraétérifée à la volonté nationale. --- Page 199 ---
AU NOM DE LA NATION.
Commilfion nationale civile.
national
cc Nous Léger-Félicité Sonthonax, commiffaire
civil, délégué aux isles françaifes d'Amérique fous le vent,
pour y rétablir l'ordre & la tranquillité publique,
>> Aux homies libres de la partie françaife de Saint-Domingue, aux foldats & matelots employés dans Texpédition.
CITO Y E N S,
>> La ville du Cap, la colonie entière, font dans le plus
grand danger : des haines invétérées, & que le befoin d'une
union réciproque fembloit devoir effacer, fe (ont emparées
de toutes les ames; on eft prèr à en venir aux mains; &,
fi vous n'y prenez garde, le précipice eft creufé où va s'engloutir Saint-Domingue. :
>> Au milieu de tant de malheurs, citoyens , les pouvoirs
font fans force & l'autorité nationale eft méconnue; les calomnies les plus ablurdes font accumulées fur la tête du
commiffaire civil. Auriez-vous oublié la déclaration folemnelle de nos principes, celle que nous avons faite en préfence de l'Etre-Supreme, à la face du peuple affemblé pour
notre inftallation : Je la renouvelle ici dans une circonftance
périlleufe; je la renouvelle pour fermer la bouche aux agitateurs & pour raffurer à jamais les bons citoyens.
55 Invariablement attachés aux lois que nous venons faire
exécuter 5 nous déclarons, au nom de la métropole &c de
laffemblée nationale, que nous ne reconnoitrous déformais
que deux claffes d'hommes dans la colonie de Saint - Domingue; les libres, fans aucune diftinétion de couleur > &c
les efclaves. Nous déclarons qu'aux aflemblées coloniales
feules, conficutionnellement, formées, appartient le droit de
pronencer fur le fort des efclaves.
culture
>> Nous déclarons que l'efclavage eft néceffaire à la
ole &c de
laffemblée nationale, que nous ne reconnoitrous déformais
que deux claffes d'hommes dans la colonie de Saint - Domingue; les libres, fans aucune diftinétion de couleur > &c
les efclaves. Nous déclarons qu'aux aflemblées coloniales
feules, conficutionnellement, formées, appartient le droit de
pronencer fur le fort des efclaves.
culture
>> Nous déclarons que l'efclavage eft néceffaire à la --- Page 200 ---
& à la profpérité des colonies , & qu'il n'eft ni dans les
principes ni dansla volonté del'affemblée nationalede touchen
à cet éegard aux prérogatives des colons.
35 Nous déclarons que nous ne reconnoîtrons pour les
amis de la France que ceux quile feront de la conflirution, &c les
fauf les modifications que commandent l'efclavage
de
localités: tels font mes principes, telle eft ma dernier profeflion de ma
foi; que le jour où j'en changerai foit le
vie !
nationale,
>> Et, s'il étoit pollible , citoyens, quel'affemblée des habitans
égarée, pit fe porter à oublier les prérogatives colonial,
de Saint-Domingue, & à détruire, dansle régime
le germe de fa profpétité > je déclare que je ne me rendrai
jamais l'exécureur d'une pareille injuftices je déclare
de toutes mes forces;
fais le ferment
my oppoferai
j'en
lemnel.
tous les bons citoyens à
>> Dans ces circonftances, j'invite
fe réunir autour des autorités conftituées 3 pour défendre
la loi, &c pour ramener efficacement la tranquillité publique,
fi,
mes
9,
Et fi, malgré mes fincères difpofitions 5 malgré
à vouloir me charger
fermens, les mal-intentionnés perlitenr
d'un erime qui doit me faire perdre la confiance publique ,
j'irai faire part à mes collègues de ma pofition, & J abandonnerai fans peine le timon des affaires.
national civil a ordonné & ordonne ce
>> Le commiflaire
qui fuit:
fur les navires de la rade.
>> Déclarons l'embargo bâtiment général de l'état ou du commerce
En confequence, de aucun la ville du
>
ce que par
ne
pourra fortir
Cap jufqu'à
nous il en ait été autrement ordonné.
fera publiée
>> Ordonnons que la préfente proclamation à la
fur-le-champ dans les rues & places publiques,
diligence
de la municipalité du Cap.
33 Mandons à la commiflion intermédiaire, > aux corps'ad-
rade.
>> Déclarons l'embargo bâtiment général de l'état ou du commerce
En confequence, de aucun la ville du
>
ce que par
ne
pourra fortir
Cap jufqu'à
nous il en ait été autrement ordonné.
fera publiée
>> Ordonnons que la préfente proclamation à la
fur-le-champ dans les rues & places publiques,
diligence
de la municipalité du Cap.
33 Mandons à la commiflion intermédiaire, > aux corps'ad- --- Page 201 ---
195 1
ainifbrarifs, de faire tranfcrire' la préfenre fur leurs regitres, de la faire publier & afficher oi befoin fera.
M. le
&c M. le com-
>9 Requérons de la flation, gouvernenr-général de tenir la main à l'exécution de la
nandant
préfente proclamation.
>3 Fait au Cap le 4 décembre 1792.
5> Le commiffaire civil. Signé, SONTHONAX.
> Par M. le commiffaire national civil.
Signé, O. F. Detricn,/ecrdaire de la commifion.
>> De l'imprimerie de la commillion nationale civile 22.
Brulley : Eh bien ! Citoyens, jugez actuellement de l'effronterie de Sonthonax > quand, hier, il m'interpelloit de
dire quels étoient les droits de Saint-Domingue 5 quand cet
homme a fait le ferment de ne pas exécuter un décret de
la Convention qui annulleroit les prérogatives de la'colonie
eft le'i mot dont ils'eft fervi.
de Saint-Domingue hier prérogatives étoient les droits de Saint-DoIl ine demandoit
quels
5 lorfqu'il a juré,
mingue, & il m interpelloit
fouffrir répondre l'exécution d'un acte
de mourir plutôt que
SOt
lui, national qui porteroit atteinte aux prérogatives de SaintDomingue. Iis me demandent quels font ces droits : Et
Polverel, Sonthonax & Ailhaur, en arrivant, & en exprimant les fentimens de la nation françaife, ont dit : c Nous
didhammrgissa@enblen coloniales feules , conflirutionnellement formées, appartient le droit de prononcer fur le fort
des efclaves 5 & ils viennent nous demander quels font les
droits de la colonie de Saint-Domingue, > & ils les ont confacrés en difant qu'ils font d'accord avec l'Afemblée nationale & le roi qui les confacrent 3 & aujourd'hui ils viennent les révoquer en doute, en difant que nous fommes des
c'eft la réclamation de ces droits qui a
indépendans dévafté Saint-Domingue. s que
Jugez maintenant la bonne-foi >
ou plutôt la perfidie de ces hommes, qui, depuis le com-
les
droits de la colonie de Saint-Domingue, > & ils les ont confacrés en difant qu'ils font d'accord avec l'Afemblée nationale & le roi qui les confacrent 3 & aujourd'hui ils viennent les révoquer en doute, en difant que nous fommes des
c'eft la réclamation de ces droits qui a
indépendans dévafté Saint-Domingue. s que
Jugez maintenant la bonne-foi >
ou plutôt la perfidie de ces hommes, qui, depuis le com- --- Page 202 ---
mencement jufqu'ala fin, vous en ont impofé ;qui, pen- de
dant tout le cours de leur miflion > ont préparé la perte dans
Saint-Domingne, Mais ce n'eft pas tout , Citoyens; ;
la dernière proclamation qu'on vient de vous lire > vous
le préambule annonceroit qu'il y avoit des trouvoyez que
une
au moins, quand Sonthobles au Cap,
fermentation
Il faut faire
nax a fait cette proclamation & & ce ferment. donnera la clef de la
ici une obfervation effentielle, qui
Saintconduite atroce que ces hommes affreux ont tenue à
Domingue. Ils avoient la taétique sûre de tous les confpirateurs, de tous les hommes de lang de leur efpèce. Sonthonax & Polverel voyoient par-tout des complots toujours
les
étoient dirigés condes confpirations; toujours poignards
ce
ici
tre leur fein : ils étoient à SaintDomingue
qu'étoit
Robefpierre 3 ils voyoient par-tout des ailaflins qui ils les menaçoient,, ainfi que les patriotes de leur efpèce; voyoient
des complots ,. des confpirations 5 et pourquoi :
par-tout
victimer celui ci, celui-là, & établir
pour en profiter, dictatoriale pour : car ils ont fuivi à Saint-Dominleur autorité marche
fuivie ici leur ami Robefpierre
gue la même
diétatoriat. qu'a Sonthonax même a fini par
pour parvenir le titre. au Ainfi, vous voyezque c'eftlamème marche: :
en prendre
la
de tous ces complots, de toutes
vous ne ferez point dupe
n'excufera pas le ferment
& Sonthonax
ces confpirations;
qu'il a fait folemnellement..
Sonthonax : Je demande à faire une interpellation. Je de
le titre
RI2E
Brulley de déclarer dans quel acte jai ptis
tateur.
titre étoit confacré dans une déclaraThomas Millet : Ce
de Saint-Domingue >
tion du général Lafalle, > gouverneur
qui eft en nos mains.
Gallino de Gafcq, fubdélégué de Sonthonax, au
Duny :
lui donnoit le titre de diétateur.
Port-de-Paix >
Brulley : Je difois donc que leur marche, à Saint-Docomme en France, étoit de dire que des complots
mingue
les poignards étojent dirigés
étoient ourdis contre eux, que de tous ces moyens bien concontre lear fein; qu'alappui
Lafalle, > gouverneur
qui eft en nos mains.
Gallino de Gafcq, fubdélégué de Sonthonax, au
Duny :
lui donnoit le titre de diétateur.
Port-de-Paix >
Brulley : Je difois donc que leur marche, à Saint-Docomme en France, étoit de dire que des complots
mingue
les poignards étojent dirigés
étoient ourdis contre eux, que de tous ces moyens bien concontre lear fein; qu'alappui --- Page 203 ---
nus , ils fe font acheminés à tous les forfaits; qu'à la fuite
de cette marche, ils font parvenus au période de puiffance
& dé grandeur qui étoit le but de leur conduite. Vous venez
de voir clairement que les hommes qui fe qualifient les amis
de la liberté & de l'humanité, vous venez de voir que ces
ont dit
hommes vous en ont grollièrement impolé, lor/quils l'anique c'é:oient ces deux qualités qui attiroient fur eux
madvertiondes colons. Vous avez vu, d'un autre côté,que ce
n'eft pas le décret du 16 pluviôfe qui a motivé lacculation
que nous intentons contre eux : voilà donc deux chefs faux
fur lefquels ils en ont groflièrement impofe, C'eft ainfi que
nous marcherons dans la fuite > dans la férie des preuves
nous vous donnerons que ces hommes font des impofque
teurs audacieux.
Je viens maintenant à ce qu'il vous a dit d'unea autre caufe
des malheurs de Saint-Domingue.
Sonthonax vous a dit: Cc Les colons blancs ont. caufé les
malheurs de Saint-Domingue; par leur réfiflance à ne point
accorder aux hommes de couleur leurs droits politiques >.
Sonthonax a
en thèfe. Eh bien ! fur ce
Voila ce que fur tous les autres pofé il vous en a encore impoint comme
>
pofé; ; & je vais le fuivre pas à pas.
Remontons à l'époque où les, allemblées primaires fe font
formées: il nous a gravement inculpé; il a dit que les
hommes de couleur avoient été tejerés des affemblées
maires 5 cependant il a avoué que dans quelques
fs
ils ont été admis ; & moi je vous affirme que dans beaucoup ils l'ont été. Mais > Citoyens > quand ils ne l'auroient
été dans aucune ! Pour bien juger les aétions des hommes > il
faut fe reporter au temps 5 &c fur-tout en révolution, il ne
faut pas confondre l'opinion du moment avec l'opinion qui a
été précédente de quelques années. Lorfque la révolution
a commencé en France, > a-t-on admis indiftinctement aux
affemblées primaires toutes les claffes d'hommes : Je fais scette
queftion à tout Français qui a vu naitre la révolutionin'étoitil
des claffes qui n'ont pas été admifes parmi les ciroyens
sali : N'aviez-vous pas les juifs : n'aviez-vous pas les
re l'opinion du moment avec l'opinion qui a
été précédente de quelques années. Lorfque la révolution
a commencé en France, > a-t-on admis indiftinctement aux
affemblées primaires toutes les claffes d'hommes : Je fais scette
queftion à tout Français qui a vu naitre la révolutionin'étoitil
des claffes qui n'ont pas été admifes parmi les ciroyens
sali : N'aviez-vous pas les juifs : n'aviez-vous pas les --- Page 204 ---
1os
comédiens, les domeftiques > les prote/tans , qui ne jouiffoient les
pas des droits politiques ? Eh bien ! Citoyens toutes
claffes d'hommes étoient donc, en quelque Tore, > (éeparées
de la malle des autres Français. Qu'a-t-on fait en France ?
Pour prononcer fur le fort de ces hommes, pour les rendre
à l'état politique , l'Affemblée confituante a rendu plufieurs
décrets ; & le citoyen Grégoire > ici préfent, le fait bien, les
puilqu'il a fait rendre lui-méme le décret qui concerne
juifs. Vous voyez denc cu'en France, au centre de la révolution, it exiftoit des claffes différentes; & que ces claffes
n'ont pas été admifes de fuite & indiftinétement aux affemblées primaires. Dans l'ancien gouvernement, & dans l'ancien régime des colonies , lesnoirs & les hommes de couleur
affranchisétoient bien plus loin des biancs français, que nel'étoient de leurs concitoyens en France, les juifs, les
teftans, les comédiens, les hommes en état de
It.I
il Y avoit chez eux une nuance marquéejufqu'à un certain marpoint par la nature , & il avoit une autre nuance & d'infquée, bien plus encore ; par - défaut de civilifation
truction. Ainfi quand mèmeles hommes de couleurn'auroient
pas été admis aux affemblées primaires, on ne devroit pas
en induire pour cela que c'eft la bale dela révolution à SaintDomingue > que c'eftla caufe de tous les malheurs dire quiyont
eu flieu : pourquoi ? c'eft qu'on ne peur pas c'eft qu'en
France, silya eu des maux dans la révolution,
que
dans les premières alfemblees.primaires on n'a pas admis
les juifs, les proteflans & les comédiens. Voilà,je crois, à
un rapprochement qui vous faifira, & qui vous mettra
même; de fixer votre opinion fur ce qu'a dit Sonthonax :
les hommes de couleur, dans la révolution, ne pouvoient
pas, être confondus, au commencemment, avec les Français
blancs 5 ils formoient une clalle d'hommes à
s bien &c
plus marquée, bien plus féparée de nous que Rery juifs.
Ainfi donc il falloit une loi qui
les autres dont j'ai parlé. de ces hommes, qui les
fatuât fur létat politique
les
& rappro- autres,
chât de nous > comme vous avez, pour avec juifs vous. Cette
une loi qui leur a permis de fe réunir & les hommes de couloi n'avoit pas encore été rendue,
Fexifleur ne pouvoient pas fe targuer de cette loi,-dont tence
&c
plus marquée, bien plus féparée de nous que Rery juifs.
Ainfi donc il falloit une loi qui
les autres dont j'ai parlé. de ces hommes, qui les
fatuât fur létat politique
les
& rappro- autres,
chât de nous > comme vous avez, pour avec juifs vous. Cette
une loi qui leur a permis de fe réunir & les hommes de couloi n'avoit pas encore été rendue,
Fexifleur ne pouvoient pas fe targuer de cette loi,-dont tence --- Page 205 ---
tence n'avoit pas lieu ;
conféquent, lorfque les
blées primaires ont eu Aear fi les hommes de
affemont pas été par-tout admis, c'eft parce qu'à
couleur n'y
comme ici on tenoit à la diftinction établie Sain-Poiningue entre les
rentes clafles d'hommes. Lorique le pouvoir exécurif, difféjours oppolé à la révolution dans
touçut
Sain-Domingue,
qu'on formoit des affembiées
il s'apperalloit brifer le fceptre de fon delpotime, primaires, il fentit vit qu'on
falloit fe concilier une partie des habirans
quillui
le trouble ; & c'eft alors que le gouverneur pour genéral y maintenir
à fe faire des partifans dans la clalle des
chercha
leur. Peynier intrigua à cet effet ; les preuves hommes de fes de cougues vous (eront produites. Voila
au
inniaux
affemblées primaires
donc, moins., quant
à même de voir que Sonthonax > un développement a
qui vous met
ter la fource des maux de ia' colonie eu à tort de faire remonmation des affemblées primaires.
cette première forNous pafferons actuellement à la difcullion des
ches faits par Sonthonax relativement à la fcène reprolieu au Petit-Goave: : nous avons parmi nous un qui a eis
cette paroiffe méme , qui va vous donner
habirant de
faits. Comme iln'a pas l'habitude de la parole, connoiffance ilva
des
les détails qu'il a écrits de ce qui s'eft paffe dans vous lire
de Ferraud-de-Baudicre,
l'affoire
Brulley : Comme le ciroyen Daubonneau
mélerfa lecture de réflexions ,
prie les
peur entregraphes de vouloir prendre ce del dira. citoyens tachy-
(Daubenneau lit ce qui faic : )
II vous a été dit, Citoyens 2
la commune du
Goave s'étoit rendue coupable Alus affaffinas dans Petitfonnede Ferzand-de-Bawvicre ;l'on vous a peint
la perBaudière comme un homme vertueux & marryrde Ferrand-de la
comme un magiftrat probe, 3 rempliffant alors la liberté.
fénéchal au Petit-Gonve, & dont le crime a été place de
rédigé une adreffe en faveur des hommes de
d'avoir'
toyens, nous vous dirons que nous fommes bien couleur. CiTome I.
Cinquième liyraifon,
O éloignés dle
and-de-Bawvicre ;l'on vous a peint
la perBaudière comme un homme vertueux & marryrde Ferrand-de la
comme un magiftrat probe, 3 rempliffant alors la liberté.
fénéchal au Petit-Gonve, & dont le crime a été place de
rédigé une adreffe en faveur des hommes de
d'avoir'
toyens, nous vous dirons que nous fommes bien couleur. CiTome I.
Cinquième liyraifon,
O éloignés dle --- Page 206 ---
il fut immolé dans in de ces momens
juftifer fon meurtre 5
populaire 5 rien ne put arrèer
irrenfibles de T'effervelcence depuis quelques jours il étoit
parce que
Laluzerne.
ce mouvement, d'avoir des rclations avec le miniftre de Ferrandfufpedté
fachiez quelle étoit la moralité
Il faur que vous Il avoit éré fenéchal, au Fetis-Goave pendant arrêt du
de-Baudière années: plafieurs foisil a été interdit le dernier par fut rendu
plufieurs confeil fupérieur du Port - au- Prince; de fes fonctions, & le
contre lui en:1784, le dépouilla aucune place à l'avenir 3 T'arrèt
déclara indigue d'impérrer
pour trois ans
en outre au bannillement
& les iA
le condamnoit Timprellion & l'affiche à fes dépens, par l'exéordonnoit failoient pièces au procès ont érebrulés savoient été proubelles : la haure-juftice. Ses concuflions Ainli Sonthonax a fait
cuteur vées, & il far condamné juftement.
étoit
vous a dit que Herandde-Bandiene
>
un faux , lorfquil du Pesie-Goave: & ne croyez pas, Citoyens :
alors Sénéchal veuille Hétrir la mémoire de TennlttBossite d'ètre
dans
je
aafli vils n'ont pas befoin
Larrét employés que
: moyens intereffante de nos sompatriores.
a éié Tun
la caufe
exifte. Le mnaire de Sainte-Foix
viens de citer
Ferrand 3 les confeillers
l'ont jugé
des accufateurs de
eft égalemen:: il peur t confulreé, d'infont ici 5 le greffier y ai dit quil avoit été fulpecté
s'il eft befoin. Je vous En efet, Rochefort, notaire au
teiligence avec Laluzerne. du citoyen Polverel & fon ami, 3
Peuit-Goave, bien conau & parmi fes papiers il a été trouvé
a fait fon inventaire, prouvoient clirement que Ferrand-de-Dau- avoit intri- -
des pièces
en France depuis fon jugement, un arrèt du cidière,
pour obtenir
Ta
gué dans tous les bureaux auroit callé celui de fa condamdevant confeil-d'état démarches qui ont été vaines jufqu'en 1789. A & ceite lui
nation., Laluzarne, Ses
palla au miniftère de la auroit marine, rempli la
époque l'arrèt quil follicitoit, Cette après miflion qu'il avoit pour but
promit miflion dont il l'avoit chargé. ont eu lieu dans fon quartier. Ces
de porter les troubles qui & fe trouveront dans les papiers de
notes ont érb envoyées
Bareau de Narcai.
Plufieurs yoix : Elles font ici Cil France.
1789. A & ceite lui
nation., Laluzarne, Ses
palla au miniftère de la auroit marine, rempli la
époque l'arrèt quil follicitoit, Cette après miflion qu'il avoit pour but
promit miflion dont il l'avoit chargé. ont eu lieu dans fon quartier. Ces
de porter les troubles qui & fe trouveront dans les papiers de
notes ont érb envoyées
Bareau de Narcai.
Plufieurs yoix : Elles font ici Cil France. --- Page 207 ---
Daubonneaz : Ferrand de Baudière arriva au Petit-Goave
les premiers jours de feprembre de lz même année, &. d'afes inftructions, fomenta des troubles & des exeès; il
que
bien réuffi.
HE
trop
Vous frémirezi d'hoireur,
dans le courant des débats, vous entendrez le Iecit des quand, fcènes
fanglantes qui ont eu lieu dans cette commune. Ce fera alors
fans-doure que le citoyen Sonthonax chercheri à
tous les aflaflinats commis par les gens de couleur; juflifier So habitans y ont été égorwés; 33,
ont été
deux à deux, dépouillés, conduits entr'aures, aux limites de la attachés
& ont été folillés pour la feule canfe qu'ils étoient ville,
Cette horrible exécurion a été ordonnée par Gafton blancs.
vivier > qui a été depuis revêtu d'une haute
Dele citoyen Polverel, devenu fon protedteur magiftrature & fon ami.
faur vous dire
F
que la veille de cette fanglante exécudon
Gafton avoit reçu l'amniftie générale de ce
à Saint-Domingue; il la cacha, & au retour quis'éteit de cet affaf- paffé
finar, il la fit publier. J'abrige cette horrible
fait frémir la nature. Il eft de mon devoir de dite fcène, la
elle
& je vous affirme que la commune du Petit-Goave eft vérité, une
de celles de la colonie qui a le plus marché dans la
du parriotifme, & que la plus grande parrie de fes habitans ligne
pa:riotes a été aflatlinée retugiée, déportée > tant
Blanchelande que Polverel; au furplus, tout ce
par
roit dire Sonthonax de cet événement feroit inurile, que pourle décret du 8 mars 1790 a jugé qu'il n'y avoit > parce
fes à inculpation conrre les intentions des
pas
Saint - Domingue. Voilà, citoyens, ce que j'avois citoyens à dire de
relativement à la commune du Perit-Goave, relativement
à difcufion. Ferani.de-Baudare Mon collègue va fuivre le fl de la
Page: Ce qu'a dit Sonthonax dans les trois féances précédentes, fe réfume à trois propotitions principales. Il a
dit que le refus que les colons blancs avoient fait aux
hommes de couleur & nègres libres de l'activité
que > étoit la caufe des malheurs de
politi- Un
fecond réfulrat eft celui-ci: il a dit que'Ja Saint-Domingne. caufe des malheurs étoit dans l'indépendance à laquelle afpiroient les
O
qu'a dit Sonthonax dans les trois féances précédentes, fe réfume à trois propotitions principales. Il a
dit que le refus que les colons blancs avoient fait aux
hommes de couleur & nègres libres de l'activité
que > étoit la caufe des malheurs de
politi- Un
fecond réfulrat eft celui-ci: il a dit que'Ja Saint-Domingne. caufe des malheurs étoit dans l'indépendance à laquelle afpiroient les
O --- Page 208 ---
& les colons. Un troifième réfultat eft que;
corps populaires lutte entre le gouvernement & les corps posil exiftoit une
n'étoit
qu'entre deux efpèces de
pulaires, cette lutte
'ennemies engagée de la France & de fes
confpirareurs également
faits particuliers, enprincipes. Il a encore articulé Goavé. plufieurs Mon collégue vient d'y rétr'auttes celui du Fetit
celui
pondre. Il a articulé celui de Plaffac,
d'Ogé.Jerépondrai d'abord à celui ci; enfuite je répondrai aux inculpations
Sonthonax a dit
l'ailemblée de Saint-Marc
premières.
la force
contre les homimes de coufait marcher
AER
avoit
dit Sonthonax eft un faux maleur réunis à Plaflac. Ce'qu'a des hommes de couleur à Plaffac
tériel. Le ralfemblement & l'allemblée générale de Sainteut lieu en janvier 1790,
mois d'avril fuivant. Qui a
Marc ne s'eft réunie qu'au de Plaflac : C'eft le gouvermarché contre le raffemblement Jui-mème avoit concerté, ce mouvement 5
neur Peynier qui
elle eft dans vOS archives, que
carnous avonsla preuve ,
de la révolution > comme
Peynier, > dès le commencement & comme les débats le prouvous l'a dit mon colligue, dans fes intérêts les hommes de couveront, avoit marcha mis conr'enx à Plaflac, ce n'eft que parce
leur. S'il
requis
les habitans mênes que ce
qu'il en fut fortement
marcha conur'eux à Plaffac,
incommodoir; raffemblement Peynier craignit d'être foupçonné de comc'eft parce que Vous allez juger, ciroyens, de la part que
plicité avec eux.
une circulaire
Peynier prenoit à tous ces mowvemens-l,par fubalternes des différens
quil envoyoir aux commandans le
de Saintquartiers 5 car vous faurez que gouvernement &
dans chaque
Domingue étoit purement militaite fous >
". immédiate du
homme placé
Yadien
quartier, étoit un
gouvernement. Ily eft dit :
(Il lit.)
Lettre de Peynier.
c Nous avons à nous louer des difpofitions que manifeftent les gens de couleur.
devenu
néceffaire
de ne leur donner
> Ileft
plus
quejamais
oir aux commandans le
de Saintquartiers 5 car vous faurez que gouvernement &
dans chaque
Domingue étoit purement militaite fous >
". immédiate du
homme placé
Yadien
quartier, étoit un
gouvernement. Ily eft dit :
(Il lit.)
Lettre de Peynier.
c Nous avons à nous louer des difpofitions que manifeftent les gens de couleur.
devenu
néceffaire
de ne leur donner
> Ileft
plus
quejamais --- Page 209 ---
20;
aucun dégoit, de les encourager > de les traiter comme
amis & des blancs. Votre conduite à leur égard doit être des
menagée & prudente: des entretiens , des
de
fiance & d'intérêt, opéreront l'effet que nous marques defirons con3).
Il ne fuffit pas, citovens, de vous indiquer cette lettre
de Peynier aux conmandans particuliers, pour vous
que les honmes de couleur étoient dès-lors les agens prouver du
gouvernement.
dans Indépendammenr le
des autres pièces que nous
cours des débats, nousallons vous
produirons une lettre
de l'homme de couleur Labullonière, écrite produire le
août
à Raymond, homme de couleur,, fe difant commiflaire 27
1791 des
hommes de couleur ; illui dit: < Je ferois charmé que vous
veyez M. le comte de Peynier, ci-devant gouverneur de la
partie françaife; communiquez.] lui ma lettre, G vous le
néceffaire, 1ly vous dira que c'eft parce que nous nous fommes jugez
offerts au gouvernement, qui a empéché la ruine torale du
Port-au Prince par l'armée des blancs, campée à
& à Saint-Marc, protégée par. le Léopard. Sans nous Léogane tout
étoit perdu. M. Mauduit > avec environ 600 hommes > effectifs, ne pouvoit empècher ces deux armées de fe
aul Port-sn-Prince. Il faut encore vous obferver
joindre le détachement de M. de Vincent, > campé aux
compofe d'environ IOCO
Rooatiesie
de conleur,
hommes, éroit une partie ou un tiers
> qui, par leur réfolution : faifoient trembler.
Joint à cela, on failoit courir le bruit ici quej'ai fortiavec
300 voiontaires, & que je m'étois rendu au
être
Port-au-Prince.
pour
tranquille après la retraite de cette armée;il m'a
fallu aveir le cercificat ci-inclus 32.
Effedtivement, citoyens, ce font Ies hommes de couleur
qui ont offert de marcher contre l'aflemblée générale, lorfPeynier & Mauduit préparoient une expédirion contre
La
comme
dt
lettre,
je vous l'ai dit, eft du 27 août
L'événement de Plaflac étoit donc antérieur à la
de l'affeblée
ostrites
ait fait marcher générale;'donc il eft faux que cC foit elle qui
contre ce raliemblement. C'eft un fait
particulier que je devois détruire. Je vais pafler ay
0;
Peynier & Mauduit préparoient une expédirion contre
La
comme
dt
lettre,
je vous l'ai dit, eft du 27 août
L'événement de Plaflac étoit donc antérieur à la
de l'affeblée
ostrites
ait fait marcher générale;'donc il eft faux que cC foit elle qui
contre ce raliemblement. C'eft un fait
particulier que je devois détruire. Je vais pafler ay
0; --- Page 210 ---
de vous faire connoltre
ralfemblement d'Ogl; il eft important de la philofophie , ce martyr
ce qu'éoit cet Ogé, cet apôtre
de la liberté & de Themanité
que Peynier; étoient en confpiration; c'étoit
Chroyens.Og6.ainfi les ralens d'un confpirateur ,
ce dernier n'avoit pas
fuivre
inftrument fervile des paflions dautre-Nousallons à Sainrun
France, en Anglererre 2 aux Erats-Unis,
n'a
Ogé en
& nous vous prouverons que cet contre homme le comDomingue,
de confpirer
&
ceffe de confpirer par-tonr, les colonies & la liberté. Oge
merce de France, de contre couleur tencient ici un club aPhôtel
quelques hommes
éroitle directéur,
d'Argenfon, en 1789. yelgefexmnitte. fut nommé à cette époque
le prélident dé ce club. exifte Ogé dans Jes
ont é:é
colonel, & fon brevet
brevet,
de
CAON
de la commiflion
de
RDE
apporrées
arrivoit Saint-Domincitoyens, donné à un homme étranger qui
au fyftème militaire >
gue,A un homme toralement homme qui, à Saine-Domingue,
au (yftème poltique , a un borderesux chez un négociant;
n'ayoit fait que quelques
lui être donné fans de grands
ce brevet, dis-je, ne pouvoit à la reine > à Monfieur;
motifs. Ogt fut préfenré dans au fes rci, propres aveux. Corres,Ogé,
nous en avonsla preuve
pour être colonel en
venu de Saint-Domingue tout exprès à la reine & à MonFrance, pour ètre préfenté au roi, qu'être deftiné à fervir de
fieur; ; ne pouvoir 2 je étoit le répète, chevalier de l'ordre de Limbourg,
grands projers. Ogé décoration à Saine-Domingae; il faifoit
il en a perié la
le travaillcit icià Paris, il traplus encore. Fendant qu'on les hommes de couleur dans fon
vailloit à Saint-Domingue & leur écrivit qu'il renoit d'être
fens; il avoit des parens,
Si vous le delirex 2
nommé commandant donnerai de Saine-Domingue. les
de ce que J'avance,
citoyens, je vous
preuves
à vous.
fut faite cette déclaration?
Sonthonax : Devant qui
Page : Devant an tribunal. de colonel exifte dans vos
Brulley: : Ciroyens, le brevet le ft avoir à Ogé, & tout le
archives; c'eft lo. Luzerne qui
monde connoit la Luzetne. --- Page 211 ---
20s
Thomas Millet : Sonthonax demande où eft la preuve de
cette déclaration. Sonthonax. : Non; j'ai demandé le tribunal qui l'avoit
reçue. Thomas Millet : Vous avez demandé oû avoit été faite
la déclaration ; eh bien ! citoyens, je vous dirai
cette
eft la
criminelle contre Ogé. paroit
9f7
pièce
procédure
étonnant à Sonthonax que nous l'ayons entre nos mains; car,
après l'avoir retirée du greffe criminel du Cap, il avoit défendu qu'on en délivrât expédition à perfonne 5 & pourquoi?
l'avoit
reçue. Thomas Millet : Vous avez demandé oû avoit été faite
la déclaration ; eh bien ! citoyens, je vous dirai
cette
eft la
criminelle contre Ogé. paroit
9f7
pièce
procédure
étonnant à Sonthonax que nous l'ayons entre nos mains; car,
après l'avoir retirée du greffe criminel du Cap, il avoit défendu qu'on en délivrât expédition à perfonne 5 & pourquoi? de
c'eft que cette
contient la
de complicité
tous les hommes
fang que ces
que vcici ent emte
ibtane
ployés. Cette pièce vous prouvera que tous ceux à qui ils
confioient des magiftratures, la force militaire, éroient les
premiers infhrumens de l'Angleterre. Dans cette pièce vous
trouverez leursnoms, > & il ne reftera pas de doute de ce que
nous avançons. Sonzhonax : Je dirai à Thomas Millet que je n'ai jamais
retiré aucune procédure du greffe du Cap. Thomas Millet : Je n'avance rien que je ne le prouve. Page. Ogé donc écrivoit à fes' parens qu'il étoit nommé
colonel commandant de la partie françaite de Saint- Domingue ; qu'il alloit bientôt partir pour Saint-Domingue, alloit
& qu'on eità l'attendre chez lui. Il difoit encore qu'il
à Saint-Domingue, porteur d'une loi qui devoit mettre les
hommes de couleur à l'égal des blancs, & leur faire partous leurs droits
Cette loi eft celle du 8
tager Je
politiques. dans ce moment fi effectivement
mars. n'examinerai la latitude pas
vouloit lui donner. Je fuicette loi avoit
qu'Ogé
miniftres
vrai Ogé dans fes rapports avec la cour > ies
>
& dans fon voyage à Londres, & puis dans fes actes à
Saint-Domingue & dans I'Amérique du Nord. Verneuil lit. /
--- Page 212 ---
Extrait. de la procédure d'Ogé
/
LETIRE A S ES SEUR S. A -lui préfenté que - fes écrits
qu'érant en France dans
ilavoit déja eul'in. ention sRteupeeert un foulèvement dans la
cette colonie, & de fe faire chef de il parti, dit d'écrire puifque à fa mère
même lettre du 5 novembre 1789,
de commandant;
les mots fuivans, c & que je pars en qualité qu'ils comprent fur
qu'ils m'attendent tous à la maifon, afin
a été
mon amitié & mon courage, 23 defquels mots illui
donné lecture. A répondu qu'il écrivoit ainfi fans conféquence > & l'amour- qu'il ne
prenoit cetrequalité de commandant que pour Hatter
propre de fes fceurs. Dis-lors
dès 1789, il exiftoit en France une
Page :
donc,,
étoit à cet hôtel
confpiration contre les colonies, dontle foyér
après au
d'Argenfon. Joly, ex- miniftre, ou quifut appelé comment
miniltère , Joly étoit l'ame de ce complot 5 car
deferoit-il poflible qu'Ugé , arrivé de Saint fût Domingue au
quelques mois, fàr nommé colonel,
préfenté
puis.
exiftoit en France une
Page :
donc,,
étoit à cet hôtel
confpiration contre les colonies, dontle foyér
après au
d'Argenfon. Joly, ex- miniftre, ou quifut appelé comment
miniltère , Joly étoit l'ame de ce complot 5 car
deferoit-il poflible qu'Ugé , arrivé de Saint fût Domingue au
quelques mois, fàr nommé colonel,
préfenté
puis. au roi, à la reine &c à Monfieur, fi ces actes ne devoient Londres
fournir. quelques grands réfulats 3
partir le nom pour de Poiflac,
en
fon aveit. Il pris
ES
1790, d'après celui d'Ogé, qui probablergent ne convenoit
& quitta
enfuite aux Erats-Unis. Il penfa
plus à fes intérêts , palfa direétement de Londres, à Saintfans doute qu'arrivant devenir fulpect, & faire connoitre
Domingue, il dans pourroit lefquelles il étoit venu. Il débarqua au
les intentions octobre
le 24 il fe rendit au Jondon,
Cap le 23 fur fon habirazion, 17905
là où il avoir recdinmandé
chez fiens lui, de venir fe réunir au moment de fon arrivée. aux Effedtvement la procédure vous fera connoitre que, dès des
l'inftant de' fon debarquement au hommes Cap, de Ogé couleur envoya fe font
émiffaires dans fon quartier.Les
raffemblement
réunis chez lui, & à fon arrivée.il trouva fes un opérations mide 80 ou IOO hommes. Ogé commença --- Page 213 ---
litaires ; le même jour il écrivit une lettre au gouverneur
général 0000
Verneuil : Cette lettre a été lue hier par le citoyen Sonthonax; il en écrivit une autre au préfident de l'atlemblée
provinciale du Nord, dontje vais donner leéture.
Copie d'une lettre adrellée par Ogé jeune à M. Chefneaude-la-Migrière 3 préfident de Lal mblée du Cap, en réponfe
de celle que Laiécrivoit M. Lambert 3 concernant les troubles
occaffonnés à la Grande-Rivière par ce même Ogé,quis
à la tête d'un troupe de mulâtres armés 3 ayoit projeté d'égorger tous les blancs ; ladite lettre interceptée par ce même
Ogé, à la tête de deux centsmulieres armés, en arrêtant
deux dragons de PImonade 3 qu'il a chargés de cette
réponfe.
Grande-Rivière, le 29 octobre 1790.
MONSIEUR,
Apprenez à apprécier le mérite d'un homme dont l'intoention eft pure. Lorfque j'ai follicité à l'affemblée nationale un décret que j'ai obtenu en faveur des colons américains, connus anciennement fous l'épithète injurieufe de
Jang milé, je n'ai point compris dans mes réclamations le
fort des nègres qui vivent dans l'efclavage : vous & tous nos -
adverfaires avez empoifonné mes déraarches, pour me faire
démériter des habitans honnètes
Non, non, monfieur, non, nous n'avons réclamé que
une claile d'hommes libres, qui étoient fous le joug
E l'oppretlion depuis deux fiècles. Nous voulons l'exécution du décret du 28 mars. Nous perfiftons à fa promulgation, & nous ne cefferons de répéter à nos amis, , que
nos adverfaires font injuftes, & qu'ils ne favent point concilier leurs intérêts avec les nôtres.
Page : Cette lettre fut adrefTée au préfident de l'affemblée
que
une claile d'hommes libres, qui étoient fous le joug
E l'oppretlion depuis deux fiècles. Nous voulons l'exécution du décret du 28 mars. Nous perfiftons à fa promulgation, & nous ne cefferons de répéter à nos amis, , que
nos adverfaires font injuftes, & qu'ils ne favent point concilier leurs intérêts avec les nôtres.
Page : Cette lettre fut adrefTée au préfident de l'affemblée --- Page 214 ---
du Nord. On demandera peut - être pourquei
provinciale
de couléur T'adicette affemblée n'accorda point T'allemblée Eouchonuines
du Nord
:
provinciale
vité politique.Je réponds adminiftrative de cette province 5
étoit une (imple allemblée lettre fut écrite il ny avoit
& à
où cette
de la colonie,
dans HTS colonie de corps difloute 'repréfentauif le canon de PeyFembun générale avoit été
par
venus denier & de Mauduit; 8; de fes membres de étoient cette violation.
mander à T'affemblée conftituante jultice Si
eût pu
Il écrivit une pareille lettre à Peynier. c'étoit cuelqu'un le gouverneur
faire exécuter la loi du 28 mars, l'exécution certes des lois étoit congénéralds la colonie, hier auquel une lettre de Peynier, & cette letfiée; mais on vouslut
idée des fentimens de cet homme
tre a dà vous donner une & les inflructions du 18, car lorffur le décret du 8 mars aflemblées
ila déclaré poliqu'ila a convoqué hommes les
de couleurene primaires, étoient exclus, & alors
tivement
les
lui feul Tedrd faifi de l'autorité.
Extrait de la lettre du gouverneur Peynier.
lon donne al'article IV
ce A Y'égard de Tinterprétation RSE décret du 8 mars, elle eft
des infructions qui & accompagnent fi les gens de couleur fe préfentoient à
fans fondement;
êtes endroit de ne lesy pasrecevoir.
l'aflembléed deparoille,vous
lettire à
de communiquer cette
>> Je vous prie, Monfieur, de la paroille des Verrettes. .>>
M.Martineau, marguillier
conforme à la pièce d'où je l'ai déclarée extraite,
>> Certifié Examen du rapport de Barnave.
picceintitulée:
Signés THOMAS MILLET.
Thomas Millet : Il faut que vous fachiez, c'étoient citoyens, les mar- que
dans l'ancien régime de Saint-Domingue,
guilliers qui convoquoient les paroifles.
Clau[fon : Je vous oblerverai, citoyens, que cette lettre a
été circulaire dans toute la colonie.
ier
conforme à la pièce d'où je l'ai déclarée extraite,
>> Certifié Examen du rapport de Barnave.
picceintitulée:
Signés THOMAS MILLET.
Thomas Millet : Il faut que vous fachiez, c'étoient citoyens, les mar- que
dans l'ancien régime de Saint-Domingue,
guilliers qui convoquoient les paroifles.
Clau[fon : Je vous oblerverai, citoyens, que cette lettre a
été circulaire dans toute la colonie. --- Page 215 ---
Thomas Millet: Et que la formarion des allemblées primaires, , en exécution de la loi du 28 mars, étoit entièrement
confiée au gouverneur.
Page: : Si Ogé avoit eu des intentions pures, il auroit atteudu fans doute qu'un décret formel déterminit bien préci- infément la latitude de (es droits; G Auger avoit eu des cût
tentions pures > il auroit attendu que le gouverneur
convoqué élesa aflemblées primaires, pour formerleratleniblécs coloniale n'exifcoloniales & les corpspopulaires;' l'affemblée
toit pas, je l'ai dir.
Brulley : L'affemblée coloniale exiftoit encore > mais elle
n'étoit pas dans la colonie; elle étoit en France.
Sonthonax : Jen'entendrai jamais tirer parti dans les débats
de quelque chofe qui feroi: échappé s & quand le citoyen
Page fe feroit trompé, je n'aurois regardé cela que comme
une erreur de date, fans prétendre en tirer avantage.
Page: Si Ogé avoit eu des intentions pures > arrivé de le fe
2; au Cap, il ne fe feroit pas hâté, , dèsle lendemain,
rendre au Dondon, pour fe mettre à la têre des hommes
de couleur & les armer. Si Ogé avoit eu des intentions
feroit
à l'aflemblée
du Nord,
pures > ilfe
adrefle
provinciale drcits à fa réclamaqueiqu'elle n'eût aucun titre pour faire
lieu
tion, ou au gouverneur de chez lui ou de tout autre
qui lui auroit para convenable à fa sûreté; mais Ogé commettre les armes à la main de fes frères contremença les colons par blancs. Ogé commença par défarmer les cclons
blancs qui l'environncient ?, & ce fut du milieu de cette
armée qu'il commandoit, qu'il 6 écrivoit au préfident de T'affemblée provinciale & au gouverneur, On regarda cette
démarche d'Ogé, comme une révolte, & Taflemblée previnciale & le commandant du Nord firent marchér contre
lui: la mefure que l'on prit étoit commandée parla néceflité;
Ogé avoit formé un raffemblement, Ogé avoit los aries
à la main, Ogé avoit défarmé tous les celons blancs qui
T'environnoient, Ogé avoit cherché à foulever les efclaves,
Ogé avoit fur-tout maffacré plufieurs habitans > d l'on va
vous faire leéture de la procédure qui prouve ce fait.
nt marchér contre
lui: la mefure que l'on prit étoit commandée parla néceflité;
Ogé avoit formé un raffemblement, Ogé avoit los aries
à la main, Ogé avoit défarmé tous les celons blancs qui
T'environnoient, Ogé avoit cherché à foulever les efclaves,
Ogé avoit fur-tout maffacré plufieurs habitans > d l'on va
vous faire leéture de la procédure qui prouve ce fait. --- Page 216 ---
Exerait des archives de la commifion de Saint-Domingue.
Extrait des minutes du confeil fupétieur du Cap.
cc L'an milfept cent quatte-vingt-onze
Antoine Etienne Ruote, confeiller du 3 le neuf mars, nous
fapérieur du Cap, &c Marie-Fran; roi, doyen au confeil
de Vertière, aulli confeiller du roi ois-Jofeph audit confeil Pouchereffe
du Cap, commillaires nommés par la cour , à l'effet fupérieur de faire
exécuter l'arrété de ladite cour, du cing du préfent mois
porrant condamnation à mort contre le nommé
>
Ogé, dir. Jaquot, quarteron libre; lequel étant à la chambre Jacques
criminelle, & après lecture à lui faite du fufdit
ce qui le concerne, a dit & déclaré pour la décharge arrêt, de en fa
çonfcience, levée devant ferment par lui préalablement fait > la main
nous, de dire la vérité : Que dans les
cemens du mois de février dernier, fi les rivières commen- n'avoient
pas été débordées, il devoit fe faire un
gens de couleur, qui devoient entrainer avec attroupement eux les
des
& devoit venit fondre fur la ville en nombre mes-confidérable; ateliers,
qu'ils éroient dérimémer@unisau, nombre de plus de onzemille
hommes... Que le débordement des rivières eft le feul obftacle quiles a empêché de fe réunir; cette quantité
étant compofée de gens de couleur de la colonie d'hommes entière de
Mirebalais, de T'Artibonite, du Limbé,d la Grande-Rivière, & génétalement de route d'Ouanaminthe, la colonie: de
cette époque il étoit forti du Cap cinq cents hommes Qu'à de
couleur pour fe joindre à cette troupe: Que l'accufé eft
alluré que les auteurs de cette révole font, les
nègres Jibre, dela Grande-Rivitre, accufésau procès; Dechains,
nègre libre; Bitonie, mulâtre libre,
Yvon,
nègre libres, accufé au procès; Marc, , Efpagnol dit
5 Dumas, >
accufé au procès; Pierre Godard & Jean-Baptifte Chavanne, aulli
Legrand, Mareau & Touffaint Mareau, nègre libre; Godard, Pierre
Jes Maury, mulâtre Jibre; Quiquo > Lapayre, 2 Cacha, Lamadien,
Labourins, Jean-Pierre Goudy, Maurice, nègres
Jofeph Lucas, mulitre libre > tous accufés au
libres;
les grands moteurs dans le bas de la Côte, font Fiseat Frenidés 5
ufé au procès; Pierre Godard & Jean-Baptifte Chavanne, aulli
Legrand, Mareau & Touffaint Mareau, nègre libre; Godard, Pierre
Jes Maury, mulâtre Jibre; Quiquo > Lapayre, 2 Cacha, Lamadien,
Labourins, Jean-Pierre Goudy, Maurice, nègres
Jofeph Lucas, mulitre libre > tous accufés au
libres;
les grands moteurs dans le bas de la Côte, font Fiseat Frenidés 5 --- Page 217 ---
21I
Daguin, accufé au procès; Rebel, demeurant au Mirbalais;
Pinchinar, acculé au, .procès 5 Labaftide, également acculé
au déclarer procès, & que l'accufé ici préfent > croit devoir nous
être un des plus ardens partifans de la révolte
a mi en grande partie celle qui a éclaté dans les environs qui
de S. Marc, & qui cherche l'occafion d'en fufciter une nouvelle: Qu'il y a dans ce moment plufieurs gens de couleur
employés à foulever les gens de couleur'dans différens
tiers, & bien réfolus à tenir à leurs projets,
quarqui ont trempé dans la révolte perdroient la vie: malgré : Quelaccufé que ceux
ici préfent ne peut pas fe fouvenir du nom de touS; mais
rappelle
le 6ls de Laplace, quarteron libre, dont
accufé a vu
Eries
g père dans les prifons, a quitté le Limbé
pour aller faire des recrues dans le quartier d'Ouanaminthe:
que ces recrues & ces foulèvemens des gens de couleur eft
foutenuici par la préfence, nommément des nommés
& I'Hirondelle Viard, députés des gens de couleur Fleury
de l'affemblée mationale, que lui acculé ici
auprès
fi ces députés fe tiennent chez eux; qu'il croit préfent, que le nommé ignore
Fleury fe tient au Mirbalais, & le nommé FHirondelle
Viard dans le quartier de la Grande-Rivière; que Ini accufé
ici préfent > eft affaré que l'infurreétion des
dans les fouterrains qui fe trouvent entre la Crête révoltés à
exifte
& le canton de Giromond, paroifle de la Grande Moreau, Rivière:
conféquence, fi Jui accufé pouvoir être conduit furdes
fmtene il fe feroit fort de faire prendre les chets de ces
voltés.
ré-
>> Que l'agitation dans laquelle il fe trouve, relativement
à fa pofition adtuelle ne lui permet pas de donner des détails plus circonftanciés,
nous les donnera par la fuite
& lorfqu'il fera un peu tranquille 3 gu'il lui vient en
ce moment à l'efprit, que le nommé Cafling , mulitre libre
de cette dépendance 2 ne fe trouve compris sen aucune manière
dans l'affaire actuelle, mais que lui accufe nous affure que
fi fon frère eût fuivi l'impullion dudit Cafting, il fe feroit
-porté à de bien plus grandes extrémités.
3> Qui eft tout ce qu'il a dit pouvoir nous déclarer
ce moment, dont il nous a demandé acte, &c. figns., dans
à l'efprit, que le nommé Cafling , mulitre libre
de cette dépendance 2 ne fe trouve compris sen aucune manière
dans l'affaire actuelle, mais que lui accufe nous affure que
fi fon frère eût fuivi l'impullion dudit Cafting, il fe feroit
-porté à de bien plus grandes extrémités.
3> Qui eft tout ce qu'il a dit pouvoir nous déclarer
ce moment, dont il nous a demandé acte, &c. figns., dans --- Page 218 ---
déclaration ou
leéture à lui faite de la préfente
33 Après
ainfi figné en cet endroit de la minure
tellament de mort, bas de
page , Jacques Ogé cadet.
des préfentes & au
chaque
de mort
déclaration portée au teftament
3> De laquelle Ogé, dit Jacquot > quarteron libre, donné nous
dudit Jacques
fufdits, lui avons
confeillers du roi, commillaires
du roi 2
être communique au Procareur-penttal
être
aéte pour
en être référé à la cour > pour
&c fur fcs conclufions
fatué ce quilappartiendra.
qu'il pourroit y avoir
Et néanmoins, attendu la nécellité
>3
laccufé ici préfent à ceux par lui dénommés de
de confronter teftament de mort, avons furlis à T'exécution ce
en fondit
dudit jour cinq du préfent mois, en qui
l'arrèt de la cour
Ogé, ditJacquor; lequel nous avons
concerne ledit dansles Jacques prifons par le concierge d'icelles.
fait réintégrer
deffus, &c avons figné
mois & an que
>> Fait lesjour,
de la cour. Ainfi ligné à la minute
avec le greffet-commis de chaque
d'icelles, , Jacques
des prétentes & au bas Pourcherelle de page Vertière, & Lundy, >
Ogé, cadet, Ruotte,
grefier-commis.
Landais, greffier en chef.
> Collationné.fgn
coloniale de la partie franféance de P'affemblée
<c Lu en
le 6 avril 1792.
çaife de Saint-Domingue
Movice-préfdent,
Signé, DANOY, préfident Escor, > JOUETTE, CHAUBAUD, jeretaires.
TARD ainé, JUSTAL,
POITTEVIN, DAUGY , préfident,
3> Collationné, Signé, & Escor,feritare.
CHOTARD aunc,fecretatire,
conforme à la pièce dépofée aux archi-
> Pour copie Paris le frimaire , an zème. de la Répuves, delivré à
& 2 indivifible. 5).
blique françaife une
donner leéture de l'exPage : Auparavant je vais vous qu'Ogé a affaffiné les
trait d'un interrogatoire qui prouve
blancs.
préfident,
3> Collationné, Signé, & Escor,feritare.
CHOTARD aunc,fecretatire,
conforme à la pièce dépofée aux archi-
> Pour copie Paris le frimaire , an zème. de la Répuves, delivré à
& 2 indivifible. 5).
blique françaife une
donner leéture de l'exPage : Auparavant je vais vous qu'Ogé a affaffiné les
trait d'un interrogatoire qui prouve
blancs. --- Page 219 ---
AI3
Verneuil : C'eft dans la première pièce dont le citcyen
Page à demandé la ledkure, que vous trouverez les noms
de tous ceux à qui Sonthonax & Polverel ont donné des
places, de tous les égorgeurs, à ceux qui font couverts de
crimes; il en a parmi ceux-là qui fe font plus à retirer
les yeux a blancs avec des pointes de fabre & des tirebouchons. Ces homnies là étoient de la compagnie de Sonthonax & de Polverel. Il eft donc bien probable que les
hommes de couleur à la tête defquels Ogé s'cft placé,
avoient affafliné des blancs.
Vernueil : Sicard n'étoit pas un homme de couleur-Sicard étoit un boucher , qui, dans la, nuit du 26 oétobre
1790, (je peux, , citoyens vous en parler favament,
parce que, dans cette nuit da 26,jétois chez un habirant,
le ciroyen Laroque 2
la grande rivière où il fe tranf
porra le matin. )11 sbms les habitans qui ne's'attendoient
à rien. A coed du bourg eft l'habitation du citoyen Laronous fumes enlevés par Ogé, & les hommes qui
ELislme : il êtoit véta d'un habit uniforine avec
des épaulertes d'or, décoré d'une croix, fe difant général
de Saint-l Domingue, & reçonnu comme tel par ceux qui
l'accompagnoient. Nous fumes conduits par Ogé, dont je
n'ai point à ine plaindre.
Sonthonax : Je demande aéte de la déclaration.
R
Verneuil: Dont je n'aipoint à me plaindre, excepté cepen- ailer
dant mon enlèverent. Ogé m'a cédé fon cheval pour
2u Presbyrère; là il nous a confignés tous les quatre & il
nous donna une garde de 15 hommes. J'envoyai, chercher
Ogl, je lui parini en particulier & lui fis toutes les repréfentations quli me fut poflible de lui faire. Ogé me
dénonça alors finfernal complot tramé pour la perte de la
colonie, & m'en nomma les auteurs. e
Page : J'ai marqué, citoyens, dans ce volume, les indications des faits
j'aiavancés; cn y trouvera qu'Ogé
a forcé les hommes D couleur à le fuivre, qu'il leur a
fait de furieufes menaces pour les entrainer avec lui.
Vousy trouverez encore, quelui & fa bande ont voulu --- Page 220 ---
forcer plufeurs nègres efclaves à le fuivre; certes l'intention d'Ogé &c de fes compagnons n'étoit pas de leur
donner-la liberté; car vous avez vu précédemment que Ce
n'étoient pas là fes difpolitions.
Le préfident ajourne la féance à demain.
Le regiftre des préfentes ef ligmé : J. Pa. GARRAN, 7
Préfident ; LECOINTE (des Deux l Sèvres), Sccrétaire ;
P.CASIILHON, ALLASSCEUR, GAiGONI,PIYas, ,DAERY.
Du 16
'étoit pas de leur
donner-la liberté; car vous avez vu précédemment que Ce
n'étoient pas là fes difpolitions.
Le préfident ajourne la féance à demain.
Le regiftre des préfentes ef ligmé : J. Pa. GARRAN, 7
Préfident ; LECOINTE (des Deux l Sèvres), Sccrétaire ;
P.CASIILHON, ALLASSCEUR, GAiGONI,PIYas, ,DAERY.
Du 16 --- Page 221 ---
Du 16 pluvidfe, l'an troiftème de la République
françaife
une & indivifible.
O. fair lecture des débats recueillis dans la féance
La rédaétion en eft adoptée.
d'hier.
Yerneuil: Vous avez entendu hier la leéture du
d'Ogé, intitulé : Extrait des régiftres des
teftament
feil fupériéur du Cap. Je vais vous lire aujourd'hui minutes du conplement à ce reftament-là,
le fuSontho-ax : Je demandeau préfident
fi ce teftament de mort eft d'Ogé venu d'interpeller en
Verneuil
d'Ogé connu à Seint-Domingue fous le nom de France, ou
Verneuil : Je repondrai au ciroyen
Jacquot.
noms font dans le teftament de mort d'Ogé, Sonthonax, &
que les
mande du citoyen Sonthonax tombe d'elle-mème. que la de:
Sonthonax,: Je vous demande pardon; elle ne tombe
Verneuil: Ecoutez, & vous neme ferez plus d'oblervations. pas.
Exrcait des archives de la commifion de Saint-Domingue.
Extrait des minutes du confail-fupérieur du Cap.
L'an mil fept cent quatre-vingt onze > le dix mars,
heures de relevée > en la chambre ctiminelle, nous
trois
Ruotte, confeiller du roi, doyen au
Antoine
Cap, & Marie-Frangob-Jofeph Pourchereffe confeil-fupérieur de
du
aufi confeiller du roi audit confeil, fupérieur Veriress du
commniffaires nommés parla cour ,fuivant arrêt de ce Cap,
rendu far les conclufions du procureur général du roi jour, en
ladite cour, à l'effet de procéder au récollemen: de la déclaration faite par le nommé Jacques Ogé, djt
quarteron libre, confignée dans fon teftament Jacquor, de
reçu par nous le jour dhier, avons mandé &c fait mort,
devant nous , par le concierge des prifons, ledit venir
Ogé,dir Jacquor, quarteron libre, lequel,
Jacques ferment
TomeI, Sixieme liyraifon,
"F
procureur général du roi jour, en
ladite cour, à l'effet de procéder au récollemen: de la déclaration faite par le nommé Jacques Ogé, djt
quarteron libre, confignée dans fon teftament Jacquor, de
reçu par nous le jour dhier, avons mandé &c fait mort,
devant nous , par le concierge des prifons, ledit venir
Ogé,dir Jacquor, quarteron libre, lequel,
Jacques ferment
TomeI, Sixieme liyraifon,
"F --- Page 222 ---
lamain levée devant nous, de dire vérité; &
fait par luiavoir lui, fait faiel-cure par legreflier-commis, , déla
après déclaration dujour d'hier, avons interpellé de nous déclaret
fi ladire déclaration contient vérité, s'il ne veut rien y
ajouter ni diminuer ia & déclaration s'il y. perlifte. du jour d'hier contient
A répondu que
&
y ajoute
les deux
vérité >
y. perhiAe,
qu'il
mulâtre
dont lun
grand que
Fases
Didier ASRL
plus
fois; Jean-Pierre
ou quarteron, neles ayant mulâtres vuS du que Cap, cette font employés à
Gerard &
la Grande-Rivitre; qu'ils font enfemles ateliers
CeRe
GETE le jour, & que de nuit ils font difperlés. Ajoute Lucas enque lors de fa confrontation avec Jacques
core,
luiaccufé içi préfent, T
il a éré dit par ce dernier, que à
lui accufé a répondu
voit menacé de le faire pendre: quoi
ledit
audit Jacques Lucas quil favoit bien lui pourquoi; acculé na > que pas déJacques Lucas n'ayant pas menace infifté, de fa
pour ne
claré le motif de cette
nous part, déclare les utes
perdre ledit Jacques Lucas 5 qu'il ledit Lucas lui ayant dit
comme elles fe font les palfees. ateliers Que de M. Bonami &c de divers
qu'ii avoit foulevé
aller égorger les blancs
autres habitans du quartier > pour au
de corne 3
chez le fiéur Cardmeau : qu
premier & coup fe joindroient
il étoit fàr que ces ateliers s'atrouperoient lui accufé, tenant
à la troupe des
de couleur ; qu'alors & dit au nommé
aux blancs, fut RtORE de cette barbarie,
méritoit
Jacques Lucas,
l'auteur d'un à pareil retirer projet les nègres
d'èrte pendu; Adr edt à l'inftant faire
quil avoit apoftés dans différens coins avec des donné cornes,
Que luiaccufe, ici préfent, nous déclare trois qu'il bouteilles a
au- de
dir Lucas trois pomponelles de tafia,
ledir Lucas en
vin & du pain, quil ignoroit fois
T'ufage ledit Lucas que vint en cherfaifoit.
la troifième
que lui
demandé ce
cher, E accufé > ici préfent ,
ayant
lui
qu'il
faifoit de ces boiffons & vivres, ledit Lucas de répondic côté &
que c'étoit pour les nègres qu'ilavoit ledit Lucas difpofés avoir le
d'autre; que ce qui prouve que
les
&c de projet faire
de foulever les nègres efclaves contre
blancs,
égorger ces derniers par ces premiers, c'eft la de propofitien venir fur
quil fit à Vincent Ogé, frère de lui accufé;
fent ,
ayant
lui
qu'il
faifoit de ces boiffons & vivres, ledit Lucas de répondic côté &
que c'étoit pour les nègres qu'ilavoit ledit Lucas difpofés avoir le
d'autre; que ce qui prouve que
les
&c de projet faire
de foulever les nègres efclaves contre
blancs,
égorger ces derniers par ces premiers, c'eft la de propofitien venir fur
quil fit à Vincent Ogé, frère de lui accufé; --- Page 223 ---
f'habitation du frère de lui Jacques
êtte
à portée de fe joindre aux nègres Lucas, peur
plus
qu'il avoit débauchés.
Que fi lui accufé n'a pas relevé tous ces faits à fa confrontation avec Jacques Lucas, c'eft qu'il s'eft
qu'ils n'éroient
connus, & qu'il n'a pas voulu
ledit Lucas; AUARS a néanmoins confervé la fatisfaction
voir détourné un crime horrible &
LEE
toit néanmoins réfervé de révéler àla abominable, juftice aufli-iôt 9 qu'il s'él'élargiffement de luiacculé, ici préfent; que ce même après Lucas eft celui qui a voulu couper la tête à deux blancs
fonniers, & notamment au jieur Belefte, pour lui avoir pri- enlevé une femme. Que Pierre Joubert Ota'le fabre des mains
dudit Jacques Lucas, & appela Vincent Oge, frère de
lui accufé ici préfent, qui fit une remcntrance audit JacLucas : que cependant ces prifenniers ont déclaré à
Alsa juftice que c'étoir lai accufé qui avoit eu ce deficin,
que même à la confronation, ils lelui ont
mais
que le fait s'étant palle de nuir, iesdits prifonniers foutenu; ont
pris lui accufé pour ledit Jacques Lucas, lorfque lui accufé n'a ceflè de les combler d'honnéteré, Qu'à la confrontation, lui accufé a cru qu'il étoit ftfffant de dire qute ce
n'étoit pas lur, & d'affirmer qu'il n'avoitjamais connu cette
femmes mais qu'aujourd'hui il fe croit obligé, pour la
décharge de fa confcience, de nous rendre les faits tels
qu'ils font,& d'infifter à nous jurer, qu'iin'a jamais ccnnu
cette femme. Ajoute l'accufé que les nommés Fletry &
Périffe, le premier, l'un des dépurés des gens de couleur
auprès de l'alfemblee nationale, font arrivés en cette colonie fur un bâtiment hordelais avec le nommé I'Hirondelle
Viart; que le capitaine a mis les deux premiers à
chez un nommé Dupont, homme de couleur, & le nommé Aquin,
I'Hirondelle Viart, également dépuré des gens de couleur
au Cap. Ajoute encore l'accufé qu'il nous auroit déclaré le
jour d'hier,. que le nommé Laplace, dont le père eft ici
dans lesi prifons, faifoit des recrues à Onanaminthe; qu'il
ajoute
le père dudit Laplace étoit du nombre de ceux
qui ont nateats du Limbé contre le Cap; que pour éloigner le foupçon, il eft allé au port
où il s'eft
tenu
Margor,
quelques jours caché, feignant d'avoir une Auxion;
que ledit Laplace père a dit à lui accufé qu'il étoit far
P:
ère eft ici
dans lesi prifons, faifoit des recrues à Onanaminthe; qu'il
ajoute
le père dudit Laplace étoit du nombre de ceux
qui ont nateats du Limbé contre le Cap; que pour éloigner le foupçon, il eft allé au port
où il s'eft
tenu
Margor,
quelques jours caché, feignant d'avoir une Auxion;
que ledit Laplace père a dit à lui accufé qu'il étoit far
P: --- Page 224 ---
qui eft un blanc, ne dépofera pas contre eft
que fon voifin,
fache toutes fes démarches 3 qu'il ces
lui, malgré quil le nommé Girardeau, détenu en
égeleonent alfuré révélera que rien; d'abord, parce qu'il eft trop fon il
pri! ons > ne
3 s'il le dénonçoir,
ami pour le découvrir; qu'enfuite beaucoup d'autres, tant du Limbé
feroit forcé d'en dénoncer Obfervel l'accufé que lorfquil nous
que des autres quartiers.
par Jacques Lucas pour foua parlé des moyens efclaves, employés il a omis de nous dire chez que
jever ces nègres avoit envoyé une trentaine d'elclaves
Fierre Moury accufe. avec Tagrément d'Ogé jeune, fon
Lucas 5 que lui
occationna une plainte généfrère, les renvoya, > ce qui
difant que c'étoit du renrale, tous les gens de couleur même à cette occafion une rixe
fort;
lui accufé des eut Didier, avec lequel il manqua de
avec fp plus grand foutenant,
qu'érant libre,
fe battre au piltolet; être allimilé aux blancs, n'étoit pas fait
à
NESOPis
& cherchant s'aflimiler à des efclaves; que d'ailleurs, des en blancs, foulevant &
Te efclaves, c'étoit détruire détruire les propriétés les leurs propres.
qu'en les dérruifant , depuis c'éroit qu'il eft dans les prilons,. a vu
Que lui accufé,
ledic Pierre Maury à Jean-Franun petit billet écrit lequel par il lui mande, quil continue à raçois Teffier , par & que le nègre nommé Coquin, apparmaffer du monde, Caftaing, armé d'une paire de piftolets
tenant à la veuve & d'une manchette que ledit Maury lui
garnis en argent, veille à tout ce qui feipalle, & en rend compte
a donnée, audit
Qui eft tout ce que laccufé ici
tous.les foits
déclaré, Maury. en nous conjurant denreperfundés
préienr nous a
d'obrenir miféricorde, ils'expofera
que, s'illui eft potible
faire arrêter les chefs de
volontiers à tous les dans dangers toutes pour les circonftances, il'prouces révoltés, zèle & & que Ion refpect pour les blancs.
vera fon
lui faite du préfent recollement 'de la déLedture à
d'hier, & de T'addition à icelle; a dit le
claration du jour
& nous a remis la lettre
tout contenir vérité, perfifter,
nous avons annexée
écrite par lui & de R fignée > laquelle nous ne varietur &
paraphée par
le
au preient, préalablemewt
commillaires fusdits &c
a ligné avec nous confeillers
sommis greffier de la cour.
ite du préfent recollement 'de la déLedture à
d'hier, & de T'addition à icelle; a dit le
claration du jour
& nous a remis la lettre
tout contenir vérité, perfifter,
nous avons annexée
écrite par lui & de R fignée > laquelle nous ne varietur &
paraphée par
le
au preient, préalablemewt
commillaires fusdits &c
a ligné avec nous confeillers
sommis greffier de la cour. --- Page 225 ---
Ainfi figné à la minute des préfentes, & au bas de chaque page dicelle, Jacques Ogé cadet,
Pourcherefle de Vertieres &
Ruore,
Lundy > greffier-commis.
Collationné, Signé, Laudais, 2. greffieren chef.
En la féance de l'affemblée coloniale de la patrie françaife de Ssint-Domingue, le 6 avril 1792.
Signél DAUGY , préfident, Tnuptiusiep@ies.Gie
TARD ainé, JUSTAL, Escor & CHAUBAUD.
Collationné, Signé, DAUGY, préfident, CHOTARD ainé
& Escor, fecrétaires, > & POIrTEVIN, garde des archives.
Pour copie collationnée conforme à la pièce originale aux
archives.
A Paris, le 24 frimaire, an 2 de la République une & indivifible.
Signé, LEGRAND fecritaire.
Page : Vous voyez donc que depuis long-temps la ville du
Cap étoit deftinée à fervir d'holocaufte à la révolution; vous
voyez qse, des 1790, Ogéavoit juré lajruine & l'incendie de
cette ville; vous voyez que fi à cette époque élle n'a
fuccombé fous les coups de cette cohorte que
pas
armée contre elle, ce ne fut que parce que le débordement Ogé avoir
des rivières empêcha ce torrent dévaftateur de fe
vers
cette cité. Vous verrez dans le cours des débats, porter
que toutes les fois que les affemblées primaires ont citoyens voulu >
fe former, foit pour' compofer des municipalités, foit
former des corps admmiftratifs, c'eft le moment oû PeS
attroupemens avoient lieu. Ilen fut de même au moment
les colons témoignoient le defir de fe raffembler en aflemblées ola.
primaires,/pour former l'affemblée générale de Saint-Marc;
cependant c'eft cette affemblée qu'on accufe d'avoir fait
marcher contre le raffemblement de Plaffac. Il en fut de
même au moment oàl'on convoqua les affemblées primaires
pour la compofition de l'affemblée coloniale : vous verrez
qu'au moment où cette affemblée coloniale s'eft réunie à
Léogane pour fe rendre au Cap, à ce momept-là,
a éclaté lincendie dans le nord de la colonie.
dis-je,
Lorlqu'hier nous avons parlé des déclarations faites par
Ogé, Sonthonax s'eft hâté de demander devant qui avoient
P $
convoqua les affemblées primaires
pour la compofition de l'affemblée coloniale : vous verrez
qu'au moment où cette affemblée coloniale s'eft réunie à
Léogane pour fe rendre au Cap, à ce momept-là,
a éclaté lincendie dans le nord de la colonie.
dis-je,
Lorlqu'hier nous avons parlé des déclarations faites par
Ogé, Sonthonax s'eft hâté de demander devant qui avoient
P $ --- Page 226 ---
il eroyoir fans doute avoir anéanti il
été faites ces déclarations; les
de la criminalité d'Ogé;
a Sain: - pomingue
preuves répérerici impunément toutes les
croyoi:, fens doure pouvoir contre les blancs, & toutes les apologies
imprécations vomies
Sonthonx a dû être bien éronné
ont é:é faites d'Ogé. inftruite contre Ogé avoit échappé
2 veir que la
ofticielle, elle eft dépofce dans
aux flamies;
une pièce
Mais avant de
CEaRe
delquelles clle a été tirée.
vos archives
d'an
Sotite
je vais vous lirela déclaration
:
courir cette fx pièce, mois chez les brigands, 8c a été leur fecrétaire comquia été
public, procureur de la
cet homme étoit fonctionnaire
mune de Vallière.
de la
Déclaration d'un détenu par, les révoltéss procureur
commune de Vallière.
mulâtre,
connu depuis pour un excellent
ce Aubert, quejai abufé des confidences importantes, à moi mais d'une dan-
& quin'aj jamais
dans fon fein, s'onvrit
gereules,
je dépofois
Notre cafte, me dit - il, s'eft
manière à AEetit la méfiance. elle n'elt pas genéralement coupable,
livrée à des excès, mais il en eft de plufieurs efpèces : je ils dif- le
& parmi les coupables
d'Ogé; pour ceux-là,
ringue d'abord les contumaces font eux qui ont foulevé les ateliers
font éngement; ce
peut-être des fcélérars, qui, Fans
& parmi eux fe trouvoit-il n'en étoient pas moins porrés au mal. d'Ogé
être contumax,
caractérife parfiitement la bande
(Vola bien ce'qui
& fes vues.) claffe eft celle des mulâtres moins ofés, qui, &
3> La feconde
attendoient en Gilence,
ne voulant Pa5 fe compromettre., révolution qu'ils croyoient devoir
avec plaitir, los effets d'une al'approche des brigands, loin de
leur étre fevorable: aufli, ils s'unirent à eux, & firent caufe
fe retirer avec les blancs,
commune.
claffe, enfin, bien intentionnée, mais
>> La troifème
la trame, fut
Phez
confinnte, ignorant danlcorsab/folomene! du mal, & contrainte,, après sètre
par la marche rrop quelques rapide jours dans les bois, à s'unir le defir avec
cachée pendant Ces derniers ont toujours confervé
leur
ces malheureux. de fe retirer; ils marchent le moins qu'il
bien, fincère
le pcuvent fans danger, ils fe çon
st pofibles & loriquils
ée, mais
>> La troifème
la trame, fut
Phez
confinnte, ignorant danlcorsab/folomene! du mal, & contrainte,, après sètre
par la marche rrop quelques rapide jours dans les bois, à s'unir le defir avec
cachée pendant Ces derniers ont toujours confervé
leur
ces malheureux. de fe retirer; ils marchent le moins qu'il
bien, fincère
le pcuvent fans danger, ils fe çon
st pofibles & loriquils --- Page 227 ---
certent enfemble. Mais, Meffieurs, vous verrez par vousmêmes combien nous fommes obfervés' répartis dans leur
camp; vous verrez par vous Thumiliation dans laquelle nous fi
vivons, les difficultés fans nombre que nous éprouverions
nous voulions nous féparer de leurs intérérs. Quant aux caufes
primitives de cette révolution, vous 11e devez pas douter d'un
inftant qu'elles ne
de Fraxce & de gens de la plus
haute diftinétion. ARcNR Mellieurs, les premiers qui ont porré
la torche & commandefincendic, font loin d'ici: non, jamais
ils n'euffent entrepris une pareille révolution d'eux - mêines;
il leur a fillu des ordres exprès & authentiques 32.
De l'aveu même d'un homme de couleur, (8 à cet aveu
nous en pourrions joindre une quancité d'autres), vous voyez
qu'Ogé étoit bien loin d'être le zélateur de la philofoplie, >
de laliberté : les mefures qu'il prenoit ne devoient pas amener dé
ce réfultat, & vous voyez; par Cet aveu d'un homme
couleur, qu'Ogé n'étoit qu'un inftrument des contte-révolutionnaires de France.
il
Hier je n'ai pas pu vous lire les interrogatoires d'Ogé;
importe cependant que je yous en donne connoillance, - parce
que dans le courant des débats leur exaétitude pourroit être
fufpectée :
ne pas revenir fur cette çueftion, je colonel vais reprendre les MEONET J'ai dit qu'Ogé avoit été nomié
d'abordles
dans ce qu'il écrit
en France; j'en trouve
preuves
Je
lui-même à fes foeurs; car il fe dit cnlonsi-commandant. fubi. Il lit.
vais vous lire cette partie d'interrogatoire qu'il a
-
dans les.
Cc A lui repréfenté qu'il a été ailez long temps
des.
affaires pour ne pas ignorer qu'il eft défendu de prendre les:
titres qui ne nous appartiennent pas, 8c que l'on voit par &
deux précédentes lettres qu'il
le titre de colonel lettre
de commandant de EENUEE & par une autre
en date du 7, du même mois de novembre 1789, figné
& adreflée à
mademoifelle
def
mademoifelle
Ogés
jeune, ricaine, , à Bordeaux, & de nous paraphée le I 4 du courant, >
il donne fon
que nous lui avons repréfentée, colonel par laquelle d'infanterie 3),
adreffe, à Monfieur Ogé
Ailleurs, dans le courant anril la procédure, ce reproche
lui avoit été fait; iladit que ce n'étoit uniquement que pour
flatter l'amour propre de fes fceurs. Illit: 4 A répondu quit
P 4
une, ricaine, , à Bordeaux, & de nous paraphée le I 4 du courant, >
il donne fon
que nous lui avons repréfentée, colonel par laquelle d'infanterie 3),
adreffe, à Monfieur Ogé
Ailleurs, dans le courant anril la procédure, ce reproche
lui avoit été fait; iladit que ce n'étoit uniquement que pour
flatter l'amour propre de fes fceurs. Illit: 4 A répondu quit
P 4 --- Page 228 ---
écrivoit (ans conféquence, qu'il ne prenoit cette qualité que
Aatter l'amour propre de fes fceurs >,
pour Citoyens, quand ce ne feroit vraiment qu'un ordre de
Limbourg, quand il n'auroit été que le colonel du acheré prince
de Limbourg, vous voyez que par cela feul qu'ila
cette qualification & cette décoration au comniencement fentimens
la révolution, il ne manifeftoit pas de grands jamais n'avoit
galité. Car, certes il eft étonnant qu'Oge, fa vie qui
porté les armes, qui avoit vécu toute
jufqu'en acheter un
dans un comptoir, s'en vint en France homme pour fe dit ami
brevet de colonel, & qu'enfuire s'en cet vint enfuite T Saint - Dode la liberté & de l'égalité,
après avoiracheté
mingue
propagerdes principes même pareils, de fon aveu, du duc de
'des REIEI des décorations,
d'examiner fi le duc de LimLimbourg : mais il eft queftion
& l'inveftir de fon
bourg a
lui donner cette qualification
qu'il étoit
lui eût prouvé auparavant
ordre > Anj qu'Ogé
du duc de Limbourg, il eft
colonel; car il neft pas colonel
& la preuve en eft
colonel des troupes de Saing-Domingue, d'obferver
nous
dans le brevet que voici. Je vous la prie main. Voici le brevet que en
marchons toujours les pièces à
date du novembre 1789. od il devoit fe tranfporrer à
Tin C'étoit T'époque de
hommes de couleur.
Saine-Domingue, efcorté vingt-huit louer un bâtiment avec un
Jl fut au Havre-de-Gràce pour le y.
des claffes s'oppofa à
capitaine nommé Hébert : capiraine
moment où il
fon départ, & il différa de le faire jufqu'au
a changé fon nom en celui de Poiflac. du duc de Limbourg,
Page : Je vais paffer les qualifications
qui nous importent peu. Illit le brevet.
Régiment XXIL
Philippe de Limbourg, &cc. 5
égard à T'expofé du
Déclarons par ces préfenres qu'ayant
du
feur Vincent Ogé jeune, > de la paroiffe des Saint-Martin de St.-
du
colonel
troupes
Dondon > dépendance
Cap,
honorables & fatisDomingue > ainfi qu'aux témoignages fur fes talens, fcience s
failans qui nous ont été rendus
ent peu. Illit le brevet.
Régiment XXIL
Philippe de Limbourg, &cc. 5
égard à T'expofé du
Déclarons par ces préfenres qu'ayant
du
feur Vincent Ogé jeune, > de la paroiffe des Saint-Martin de St.-
du
colonel
troupes
Dondon > dépendance
Cap,
honorables & fatisDomingue > ainfi qu'aux témoignages fur fes talens, fcience s
failans qui nous ont été rendus --- Page 229 ---
vie 1
expérience
bonne
>
bravoure,
capacité , probité,, louable & dillinguée, & voulant leiv
mceurs > conduie de norre cflime, bienveillance 8cafdonner des marques ec apris avoir par lui conftaté de
fection; à ces cnules, enfemble fon certincat, nous avons
fon extrair baptiltaire, jeune , nonmé & admis, ie nomledit fieur Vincent Ogé,j
héraut d'armes ad honores >
mons & admettons écuyer de Tordre ,
de mérite du lion de Limde la clafle militaire Tinvocation de Saint - Philippe, pour par lui
bourg, fous
droits, rangs, honneurs,, dicinctions,prijouir des titres,
& fous Tagrément de fon fouverain,
vileges, prérogatives, attachées à ladite qualité 8s endépendanves.
des décorations
commnandeurs 2 chevaliers,
Et mandons aux grand croix >
olficiers, > allociés >
hérauts d'armes, dames, dole amôniers, tenir, reconnoitre & honorer
confeillers dudit ordre,
avons aux préfentes fcomme tel; en foi de quoi,nous fait
pour l'abfence
gné de notre main, &
conrre-figner,
baron de
chancelier honoraire,
Cumedscieaiote
du
conieiller d'érat du Rci; T. C., président de
Châtillon,
de Tilôtel, & fait appendre le fcelde
quartier aux requêtes
nos armes.
le cinDonné à notre ville SOhed-ia-farh-Nalr Tan mil fept cent
quième jour du mois de Novembre,
quatre-ving neuf.
Signé,le chevalier de NOHIER - Boraners-n-Case & maitre des cérémoPAIGNE 2 chev: fier-commandeur
nies dudit ordre.
chferver qu'Ogé fe dit ici colonel
Je vous prie debien
des troupes de Srint-Dominge. le brevet n'eft pas ja commisVernexil : J'obferve feulement que le brevet de lordre de Limfion d'Ogé, muis de Limbourg receanoft par cette, combourg; la prince étoit déja cclonei dinfanterie.
miffion qu'il
1a comment elt conçue la commiilion
Mais ce n'eit pes
d'un colonel d'infanterie.
qui conftate
Ce
qu'Ogé
Page: J'obferve chovalier que de Aetarra Yordre
Limbourg, ce diavoit été reçu conflate que lui Ogé avoit certifié au dua
plome > dis-je, Sixième liyraifon.
PS
Tome I.
combourg; la prince étoit déja cclonei dinfanterie.
miffion qu'il
1a comment elt conçue la commiilion
Mais ce n'eit pes
d'un colonel d'infanterie.
qui conftate
Ce
qu'Ogé
Page: J'obferve chovalier que de Aetarra Yordre
Limbourg, ce diavoit été reçu conflate que lui Ogé avoit certifié au dua
plome > dis-je, Sixième liyraifon.
PS
Tome I. --- Page 230 ---
de Limbourg fa qualité; il 224
n'a ére donné à Ogé que de conflate encore que cet ordre
(Page fmit la lecture du brevee). lagrément de fon fouverain.
Vous voyez, ciroyens,
de
qu'Ogé fe dit colonel des
lonics sanetoningue, la furveillance &
troupes
la
apperticn: au miniftre de la
Tinfpedion des COmarine étoit la Luzerne;
marine ; ce miniftre de
nifre de la marine qui
dcc'otoit effectirement le midans des troupes de
délivroit les brevets de commandes troupes enveyées SanDheminge, de
foit des milices, foit
vu encere que la partie dela France dans ce pays. Vous avez
di: qu'Ogé avoit éré préfenré procédure que je vous ai lue
fieur. Les préfentations
all roi, à la reine &àMonqu'aurant que Tindividu individuelles ne fe faifoient jarnais
venu de Saint -
préfenté étoit cclonel : ainfi
au ffême de la Domingtie Frunce, en 1788, abfolument érranger Ogé
au roi, qu'autant qu'il avoit Oge, le dis-je > n'a pue érrepréfenté
être préfenté, ou tout autant
titre nécelfaire pour lui
dans les grands inrérêts dont qu'il il pouvoit être utile au roi,
voyez quels étoient les
devoit être chargé. Vous
& cettes nous avons acquis rapporis la entre Ogé & la Lizerne s
toit pas l'ami de la liberté Sc de prouve que la Luzerne n'éveir tous les partis; il avoit un frère lég-lité. La Luzerne fertemps avoit été miniftre de la cour à de Lonadres,qui longd'Angleterre 3 & certes la Luzerne
France près celle
étranger aux intérôts dela cour de
ne pouvoit pas être
cette cour s'eft roujours aitachée à Londres, car on fairque
que la France lai envoyoir. Ainf donc corrompre les miniftres
tour-à-tour ia maifon de Bourbon la Luzerne fervoit
Ogé eft venu dans norre
& celle d'Hanovre.
notre
imperroir
pays 2 parce que la ruine de
à celle PE Bourhon. égelement à la maifon
La ruine de norre
d'Hanovre &
Bourbons, la
parce que la ruine des colonies pays inportoit aux
fingnation des manufiétures & du
devoit amener
contre-révelution devoir en ètre la fitite commerce 7 Rc quela
Je Sonchonss : Je demande à faire De3 inéviratle.
m
fepplie le prélid. nt &h commilion cbfervation d'ordre.
d'avoir à déclarer s'il forrnit la
d'inrerpeller Page
d'Ogé à tous les princes de la preuve de la préfentation
Fge:laveisi:
famille de Bourben.
ufiétures & du
devoit amener
contre-révelution devoir en ètre la fitite commerce 7 Rc quela
Je Sonchonss : Je demande à faire De3 inéviratle.
m
fepplie le prélid. nt &h commilion cbfervation d'ordre.
d'avoir à déclarer s'il forrnit la
d'inrerpeller Page
d'Ogé à tous les princes de la preuve de la préfentation
Fge:laveisi:
famille de Bourben. --- Page 231 ---
Il lit:
Presibredogi
C Interrogé quelles
3 fes demandes, & démarches il a faires
33 A répondu
quels ont été fes
pour préfenter
$, à Tallemblée que lei & fes colligues proreckeurs? fe font
9> à la reine, > à nationsle, monfieur & qu'ils ont été préfentés préfentés au roi
Hy a un article ot
au minifre >),
a fenté hierau roi & à ilecrit à fes fours: cc J'ai
3 terie >. Je vais lire fcs frères, &cje fuis
été
Farticlo,
:
Et
d'infanterie, Brulley Pour couler à fond ce qui concerne le
ration infinimenr je prie que l'on faffe mention d'une coloncl obferollègue Page vient effenticlle de
dans le momen:
onftate la complicité de vous la dire que la teneur préfent; du brever mon
ont trop bien connues
Luzerne, dont les intentions
Domingue, nous ne pour que nous en
nel des troupes
connoiflions pas ce titre parlions,A de Sain:-
ne deux colonels, decaine-Donmte, celui
nous ne vague
COort-au-Prines, Il
du régiment du
cennoillions
ens avoient leur ine manquoit point de Cap & celui du
€ns du Cap & du colonel, &: jamais les colonels places: des ces régilonels des
Forr-au-Prince
régitroupes de Saint
n'avoient été qualinés
qualifiés colonelsdu
Domingae; ils ont
el du régiment du
régimen: du
toujours
res troupes de
Cap. ll faut vous Hor-au-Princon dire enfuite
COices; les milices Saini-Dominge étoient
que les
formioient
étoient des
GOmplement des
dans chaque paroifle compagnies d'habrans,
régimens de milice; il y avoit des 5 mais il n'y avoit pas qui
rallemiblement des
baraillons
coafequent til n'y avoir compagnies de differens compofés
ningue, mais il
pas de colonels de quartiers :
n'avoient
y avoit des commandans de milice à Sr.-
nt fic'eft querang cette
de capiraines, Or, je
bataillons
onner: car j obferve, qualiré que la Luzerne a demandemain- donnée
er un breve:
premièrement , que
ou a
8, G on n'a femblable à la chiancelletie l'on n'a
ui donnoient exlibé la preuve des
duduc de Latu
la qualité de
titres mentionnés
ingue; on 12 délivre pas de colonel des troupesaSainrpareils brevets fans qu'on
capiraines, Or, je
bataillons
onner: car j obferve, qualiré que la Luzerne a demandemain- donnée
er un breve:
premièrement , que
ou a
8, G on n'a femblable à la chiancelletie l'on n'a
ui donnoient exlibé la preuve des
duduc de Latu
la qualité de
titres mentionnés
ingue; on 12 délivre pas de colonel des troupesaSainrpareils brevets fans qu'on --- Page 232 ---
:26
on fonde la qualité
fur lefquelles
poaE
les pièces
donne à Ogé le brevet
montte obienir. Si donc la Luzerne
quel étoit le genre
les colonel des troupes à Saveboninena la Luzerne le mettoit > puisà la tète delquelics
il ny
de troupes viens de vous prouver qu'à Seintc-Doningse connus > & quil n'y
que je
deuscolonels en pied b'en é:oit donc le genre
avoit que de colonels de milice : Quel
le metroit? Vous
avoit pas àla tète delquelles la Luzerne d'avoir des troupes
de troupes denc bienquil yavoit un projet des colonics , & les boulvoyez
conire les intérèts
qui vous dcit
qui agiroient fuivant le fy/teme de TAnglererre par Ogé.
verfercient
&qui feroient commandses cette partie
être bien connu,
de Sonchonax
à Tinrerpellasion
Page: : J'ajoute
lui fervir un pareil
de Tnterrogareire.
à quoi pouvoient
les ait
lic: C6 Interrogé croix, en furpolant qu'il dans cette
ue & une pareille fur - tout voulant revenir
d'autres
achetés réellement, où il favoit bien que T'on ne reconnoilloit le roi de France :
colonie , 8: croix que ceux donnés par fans faire aucune rébrevets
qu'il les a achetès
>> A répendu
eft
>>
Aexion.
il faut vous obferver qu'Ogé il en ef
Poge : A ce fajet,
devant 120,000 liv., ,
Son
de Saint - Do:ningue
vais donner la preuve.
pari
lui-mème, &c j'en vifions à
pou
convenu
Tindependanse
thonax vous a dit que nous nous voulions nous mettr
nos dettes, que
les hommes de couleu
sie pas payer
il vous a diz que
vous alle
tous en faillire hommes 5
probes : eh bien ! citoyens,
étolent des étoit la piobité d'Ogé.
voir quelie
Prucès d'Ogé.
qu'il elt difficile de crojre une du
C A lui irepréfenté
de la ville
S
chofes que lei accuté étoit parti comme il eft convenu P
lnillane benucoup de dettes, doi: encore 60 à 70,000 liv.
haut; quily devoit e
par corps conre lui, a
meme des coutrainscs
qui a palle lui
ayant dit au capiteine amériezin
& plus
-
qu'illa
qu'il étoit plus firmple
une fig
en cette colonie; deites 'du Cap, avant d'emperter
de payer fes
chofes que lei accuté étoit parti comme il eft convenu P
lnillane benucoup de dettes, doi: encore 60 à 70,000 liv.
haut; quily devoit e
par corps conre lui, a
meme des coutrainscs
qui a palle lui
ayant dit au capiteine amériezin
& plus
-
qu'illa
qu'il étoit plus firmple
une fig
en cette colonie; deites 'du Cap, avant d'emperter
de payer fes --- Page 233 ---
fumme en France : ce qui fait croire qu'il n'a point fait
de recouvrement au Port-au-Prince.
>> A répondu qu'il n'a emporté fon argent en France
fans payer fes dettes du Cap, que parce qu'il a penfé comme
beaucoup de commerçans > qui croyent qu'en achetant en
France des marchandifes & les apportant en ce pays s-ci
pour les vendre, qu'on peut doubler & tripler fon
ce qui Tauroit mis à même de payer promptement capirai: ses
dettes; qu'au furplus, il n'a point dit au capitaine américain qui a paffé lui accufé en cette ville, qu'il avoit
des contraintes par corps en ladite ville. >>
Il eft étonnant que cet homme qui paffoit de SaintDomingue en France fans payer fes dettes, &
paftoit
furtivemen: , car il eft bon que vous fachiez
pas
n'éoit
permis de fortir
Rt
de Saint-] Domingue fans le confentement du gouverneur" & de l'amirauré, , & ce confentement
ne fe donnoit qu'autant que le partant avoit
de
fes créanciers.
l'agrément
Duny : Erqu'il avoit fait, avant de partir, trois
cations dans les papiers publics.
publiPage : Cerres, Ogé, en parrant, n'avoit point
de fcs créanciers : aufli eft-il étonnant qu'Ogé, l'agrément
de Saint-Demingue fans payer fes dettes, & qui partoit
fur les fonds
qui fpéculoit
qu'il apporreroit en revenant
les
ce qu'il n'a pas fait, ait acheté l'ordre de Limbourg pour
faire réflexion.
y
JESY
Il continue la lecture :
C A lui repréfenté que toutes les lettres qu'il a écrites S
fes feurs, , annoncent qu'il avoit des projers particuliers
qu'ila exécurés depuis fon arrivée dans ce pays, >
par la même lertre du 24 olobre que nous lui avons puifque, déja
repréfentée, & dans laquelle il fe dit colone! & commandant
de Suint-Domingue, il margue a fes faeurs : Ne m'écrivez
point, parce que
partirai ficôt
je ferai
de
chez le miniftre : M été préfenté Nee chez le roi expédié & monfieur. Ce qui annonce qu'il attendoit de chez le miniftre
des expéditions du commandant.
>> A répondu que, quand il a annoncé qu'il paruroit
repréfentée, & dans laquelle il fe dit colone! & commandant
de Suint-Domingue, il margue a fes faeurs : Ne m'écrivez
point, parce que
partirai ficôt
je ferai
de
chez le miniftre : M été préfenté Nee chez le roi expédié & monfieur. Ce qui annonce qu'il attendoit de chez le miniftre
des expéditions du commandant.
>> A répondu que, quand il a annoncé qu'il paruroit --- Page 234 ---
de chez le miniftre, il n'entendoit
quand il feroit expédié de fon frète Jean-Pierre Oge, &
parler que de fes Tafaire fCeurs à l'attendre avec patience.
pour engager
T'annonce qu'il fait dans cette
>> A lui repréfenté que
chez le roi & monfieur, ne
même lettre de fa préfentation qu'au titre de commandant
pouvoit avoir d'autre application dans cette lettre il difoit avoir.
de Saint-Domingue > que les
ne fignifioient rien du
>> A répondu que de expreftions fes faruts cela ne tiroit point à
tout, &- que vis-à-vis
conféquence. 33
fi
n'avoit eu avec le roi d'autres
Je ne fais pas, Ogé
on Teût préfenté à la faintérêts que ceux de fa famille,
l'étiquette de la cour
mille royale; je ne penfe pas que
le roi,
fouffit de pareilles vifites; je ne crois intérêts pas que : il eft E
les miniftres s'occupallent de pareils chez le miniftre, chez
bien prouvé qu'Ogé a été préfenté encore une fois, Ogé
le roi, chez monfieur, > & certes > différens
>
ètre préfenté chez ces
perfonnages
ne pouvoit
intérêts politiques: Nous allons
fans être lié à de très-grands
le fuivre en Angleterre.
fans le confentement des
Si Ogé étoit paffe en Angleterre étoit curieux de voir
miniftres, on auroit
dire > Ogé mais Ogé en a prévenu
Y'Angleterte, & d'y falie un voyage; étoit la Luzerne.
les miniftres, & parmi ces cherché miniltres à paffer dans la colonie
Cc Interrogé s'il n'a pas
par les autres ports du royaume; oui, mais qu'il, n'a pu obtenir pour
3) A répondu que dans les
lui aucun paffage
ports. ce n'eft pas furtivement
>5 Interrogé fi, au contraire, & a été dans les pays étrangers
qu'il eft parti de Paris, venir dans cette colonie;
pour sy embarquer; pour n'a
quicré Paris furtivement,
>> Ar répondu qu'il
point de Paris à Londres, qui
qu'il s'eft mis dans Ja diligence a
ce parti la,
eft une voiture publique,, & qu'1 pris de tous les ports Reres
qu'on lui avoit refufé le pallage
royaume.. Vous allez voir >3 fes rapports avec le miniftre.
s'eft
adreffè au miniftre pour
cc Interrogé s'il ne
obitacles; pas
avoir la main-levée de ces & que le miniftre lui réponp A répondu que oui,
point de Paris à Londres, qui
qu'il s'eft mis dans Ja diligence a
ce parti la,
eft une voiture publique,, & qu'1 pris de tous les ports Reres
qu'on lui avoit refufé le pallage
royaume.. Vous allez voir >3 fes rapports avec le miniftre.
s'eft
adreffè au miniftre pour
cc Interrogé s'il ne
obitacles; pas
avoir la main-levée de ces & que le miniftre lui réponp A répondu que oui, --- Page 235 ---
dit dans que les cela ne le regardoir
> &
a dû trouver
papiers de lui MOLETE des
de
à
fujer, & que ceft ce
lettres ce
L
pour arriver enfuite en quil'a determiné à paffer par Londres,
Il eft étonnant,
cette colonie. >>
en 1788, & qui jufques-là encore une n'avoit fois, été qu'Ogé, venu en France
à Saint-Domingue, edt des relations
dans un con.ptoir
rci, avec
Aim
monfieur, avec la Luzerne. importantes avec le
tionnaires Tout-a-Theure de France , je vous difois que les contre-révoluDomingue
avoient penfé que la ruine de Saintpar la perte pourroit du
exciter le mécontentement du
de la ftagnation commerce du
avec cette colonie > par la peuple fuite
cela pourroit produire commerce la
& des manufactures, & que
actuellement que la maifon contre-révolution. d'Hanovre
Je vous dirai
Jà, mais par des raifons différentes. Ainfi fervoit ces intérêtsagens, les mêmes moyens ont dû être donc les mêmes
deux maifons, quoiqu' elles euffent des intérêts employés par les
tincts, bien différens. La maifon d'Hanovre vouloit bien distiflément des colonies
T'anéantiffement
l'anéunmerce: : ainfi donc, il
de notre com-
*
pas étonnant
Tlar
ici les projets des contre-érglutionnaires qu'Ogé, qui fervoit
aufli fervir les projers de l'Angleterre de France, pût
étonnant que le miniftre la Luzerne, 3 & il n'eft pas
rapports avec le cabinet de
qui devoit avoir des
y avoit été long-temps ambafladeur; Londres, il parce que fon frère
que la Luzerne ait expédié
n'eft pas étonnant
avec le cabinet de Saint-James Ogé par Londres, pour prendre
ceffaires.
toutes les inftructions néOgé avoit des intentions criminelles en arrivant à
Domingue, & ce qui le proave, c'eft qu'il ne
Saintdébarquer au Cap; il vouloir fe faire mettre à vouloir pas
vement fur la partie efpagnole de
terre furtiavons la
dans fa
SaineDomingue:, nous en
I c Interrogé preuve s'il n'avoit déclaration.
pas engagé ce
Sarquer à Monte-Chif, -
capitaine à le dé-
>> A répondu que oui.
>> Interrogé pourquoi il a fait cette demande à ce
piraine 5
caa A répoadu que c'eft parce qu'il craignoit d'être arrêté
loir fe faire mettre à vouloir pas
vement fur la partie efpagnole de
terre furtiavons la
dans fa
SaineDomingue:, nous en
I c Interrogé preuve s'il n'avoit déclaration.
pas engagé ce
Sarquer à Monte-Chif, -
capitaine à le dé-
>> A répondu que oui.
>> Interrogé pourquoi il a fait cette demande à ce
piraine 5
caa A répoadu que c'eft parce qu'il craignoit d'être arrêté --- Page 236 ---
230 favoit
les députés de
au
d'après des lettres qu'il
écrites contre
re
avoient dit au
& à un des
EORLimt
capiraine
3> Interrogé s'il n'a pas débarquer au Cap, parce am
fagers quil ne vouloit point &
avoit coutre lui des pary avoit tué un honime,
quily
corps en cette ville;
>> A répondu que non. >> d'être arrêté au Cap, , pourquoi
Mais, fi Ogé craignoit
il y venoit donc avec des vues
venoit-il à Saint-Dotingue: s'il fit venu avec des intentions pacifiques,
hofbiles? car, vculu habiter dans la fociété, certainenent les
s'il avoit
T'empéchoient de defcendre au
coniid'rations qui
fur tout autre point Taurcient empéché de defcendre difoit : Je defcendrai fur le
Saint - Domingue; mais Ogé
j'habite , où j'ai mes
terriroire efpagnel; le quartier que
Efectivement, ce
relations, eft près les limites elpagnoles. le toyer de la révolte qui a
quartier-là eft devenu depuis
ce
a été le
amené la ruine de Saine-Demingue: les Elpagnols n quartier ont jamais ceflé
quartier-général dans lequel les
5 ce quartier a été le point
de correfpondre avec verfoient nègres toutes les munitions & les approoi les Eipagnols fourniffoient aux révoltés : vous en trouvifionnemens qu'ils
vous feront
verez la
dans les différentes Ainfi donc pièces Ogé qui n'avoit pas des
lues LSEL les débats. il eft parti de France pour Saintintentions pures, quand voulu defcendre far le territoire efDomingue, puilquil a
pagnol. Je difois, dans la féance d'hier, que marcher l'afiemblée la provinciale & le commandant du Nord firent
garde
nationale & les troupes de ligne il contre fe retira les fur raffemblemens le territoire
d'Ogé: Ogé fut obligé de fans fuir,, doute quelle attitude il
efpagnol. Vous ignorez
celle d'un
qui ait
fur ce territoire? ce n'étoit d'un pas ambaffadeur fugitif qui va 2 au nom
un afyles c'étoit celle
fidélité au roi d'Efpagne
des hommes de couleur, pour prèter
Verneuil Interrogéfi lit étant : àBanie, iln'a pas écrit au préfident
lettre dans
il
d'amballadeur
uRE
gnol une
laquelle ferment de fequalifie fidélité au roi d'Efpagne, &
de lui pour prêter
mal fur les blancs habitans français;
dans laquelle ils'explique
adeur fugitif qui va 2 au nom
un afyles c'étoit celle
fidélité au roi d'Efpagne
des hommes de couleur, pour prèter
Verneuil Interrogéfi lit étant : àBanie, iln'a pas écrit au préfident
lettre dans
il
d'amballadeur
uRE
gnol une
laquelle ferment de fequalifie fidélité au roi d'Efpagne, &
de lui pour prêter
mal fur les blancs habitans français;
dans laquelle ils'explique --- Page 237 ---
fident w A répondu qu'l convient avoir écrit une lettre au
lefquels efpugnol il éroit > qu'il a eu un pouvoir de tous ceux avec préde cette lettre ne pour fignifient l'écrire 5 qu'au furplus, les expreflions
qui étoient dans les fers en rien, étant écrite par des gens
à obienir leur liberté,
pays étranger, & qui cherchoient
Page : De manière qu'Ogé croyoit qu'il étoit de
confequence, > quand on étoit fur le
peu de
préter foi & hommage au roi
terriroire e(pagnol, de
y. a trois jours, de ce
dans laville d'Efiugne, du Onsetonnoit, il
affalliné Caduchs & dimdiat lorfqu'ils Cap on n'avoit
cèrent l'inferiprion qui fe trouvoit dans arrachèrent la
ou re
fair loriqu'ils effacèrent ces mots : Ia nation la loi même falle,
que jai dénoncé, non-feulement à
& le roi,
mais à la France, le 14 mai 1792. On T'affemblée coloniale,
qu'on n'eût pas affafliné Caduchs, & l'on s'étonnoir ; dis-je,
de ce qu'Og6, qui auroit
paifiblement ne s'éronnera pas
dans la parcie efpagnole, BAL de
foi chercher un alyle
roi d'Efpagne, au nom des hommes préter de & hommage au
fondé de pouvoirs!
couleur > comme
Voyez Tinterrogatoire ci-deffus rapporté.
Banie, Verneuil: il étoit J'obferve libre alors; que lorfqu'illui a écrit cette lertre à
le préfident efpagnol
5 car il n'a été pris
eut reçu cette lettre.
qu'après que
Page la : Ainli donc, citoyens, nous voici
que
volonté manileftée par
de venir parfaitement furs
mingue faire exécurer les décrets Oge, des 8 & 28 à Saint-Doexactemen..
inars, n'étoit
Sontho.ax: : Je prie la commiffion
lirela lettre parlaquelle Ogéa
d'interpeller Page de
au roi d'Elpagne.
offertdo prérer foi & hommage
Page: Sonthonax peut faire cette
aile,prts avoir bralé tous les papiers interpellation du'
tout à fon
Sonthonax : J'obferve que tous les Cap.
mingue font exiftans, que le citoyen greffes à Saint-Dotoujours greffier du Cap,
Comau-ha-Chspelle eft
que les étefiers des tribunaux qu'aucun du greffe n'a été altéré, >
Paris.
Cap font aétuellement à
brilée, Yerneail: Ccla eft faux, puifque la ville du Cap a été
,prts avoir bralé tous les papiers interpellation du'
tout à fon
Sonthonax : J'obferve que tous les Cap.
mingue font exiftans, que le citoyen greffes à Saint-Dotoujours greffier du Cap,
Comau-ha-Chspelle eft
que les étefiers des tribunaux qu'aucun du greffe n'a été altéré, >
Paris.
Cap font aétuellement à
brilée, Yerneail: Ccla eft faux, puifque la ville du Cap a été --- Page 238 ---
L'eriginal de la lettre exifte.
colons produifent
Reuli La procédure que les citoyens
en eft une preuve. Millet :"Je réponds à T'obfervation extraordinaire le 12 avril
Thomas Polverel, que cette copie a été expédice
du citoyen
avant leur arrivée à Sainr-Domingue. Landais,
1792, long-temps
que voila eft certifié
Page : Linrerrogatoire confeil fupérieur du Cap; Fea certifié
greffier en chef du
coloniale 5 il eft revêtu du
les officiers de F'atlemblee
par timbre de cette affemblée.
de la lettre.
Ici on vous demande demande un original feulement une copie certifiée
Sonthonax:" Non, je
par Landais.
ni T'original Inila copie certifiée, mais
Page : Nous n'avons de la lettre dans {on interrogatoire. il
nous avons un réfumé a écrit au préfident elpgaenol, pour
eft bien conftant qu'Ogé foi & hommage, en qualité dambaifadeur
lui offrir de prêter
de couleur. Voilà un fait bien confnommé
les hommes
de la lettre > & il eft bien
vraiment la morale
tant; MEET lettre-lui a été préfentée, puifque lui-mème
conftant que la I'a écrite : & certes il feroit étonnant qu'on ne
convient qu'il contrele fait de la lettre e parce qu'on cette
voulût s'élever
T'original ou T'expédition legale de
pouroit repréfenter doute
vous faire bien connoitre,
lettre. Il fufht fans
, pour d'Ogé, fes opinions; fes
pour bien caractérifer la il moralité fuffit de vous faire voir que dans
intentions, fon plan;
convenu avoir écrit au
fon interrogatoire, il a parfaitemenr lui prèrer foi & hommage: &c dans Il
préfident elpagnol Fea eft dit qu'il a reconnu cette lettre. lui avoit
fon interrogatoire avoir fes inftructions, & qu'on
.de
paroit donc qu'Ogé de France: < fi vous ne venez pas à bout chez
dit en partant fi vous n'avez pas de fuccès, retirez-vous on ne lui
vos projets,
dans tous les cas, quand même
les Efpagnols >). Et
il eft de fait qu'Ogé fut
auroit pas donné ces à inftructions, la France 5 qu'il a confpiré contre la
traitre à fa patrie,, fouveraineté de la France fur la colonie ,
colonie, contre la
roi
foi & hommage, tant
en offrant de prèter au de fes d'Efpagne concitoyens. Cela vous indique
en fon nom qu'au nom & les inftructions du 28 n'étoient
que le décret du 8 mars coloroit les intentions d'Ogé.
que le prétexte qui
it pas donné ces à inftructions, la France 5 qu'il a confpiré contre la
traitre à fa patrie,, fouveraineté de la France fur la colonie ,
colonie, contre la
roi
foi & hommage, tant
en offrant de prèter au de fes d'Efpagne concitoyens. Cela vous indique
en fon nom qu'au nom & les inftructions du 28 n'étoient
que le décret du 8 mars coloroit les intentions d'Ogé.
que le prétexte qui --- Page 239 ---
Pour qu'Ogé put fomenter des troubles à Saint - Domingue, & mettre dans fes intérêts les hommes de couleur,
ilfalioit néceflairement leur préfenter des avantages réfultans
de leur révolte; car, li Ogé eût ditauxhommes de
prenons les armes, parce que les colons blancs, ( couleur, pas tous >
les colons blancs, car il y, a une diftination à faire :
aScin-Domingue des colons patriotes & des colons contre- ily
révolaitionnaire:, & c'eft en confondant toujours les chofes
& les perfonnes que les ennemis des colons font parvenus à
tout brouiller, de manière qu'il eft impotible d'y rien
eomprendre ).
Sonthonax: : Oh que fi
Page : Oui, fans doute.
Th-mas Millet: On y verra clair.
Page: Si Ogé avoit dit à fes frères, prenons les armes >
parce
les colons blancs patriotes veulent naturalifer dans
la reolultirs la révolution de France, > parce qu'ils veulent brifer
le fceptre de fer, que les rois de France appéfantifent
un
fiècle & demi fur la colonie; citeyens, s'ii n'eût dit depuis
eela, les hommes de couleur auroient dit: nous aimons mieux que
refter fur nos habitations,. jouir de la richefle du pays,
de nous livrer à une guerre inutile, & dont le réfultat feroit que
la ruine de notre pays. Il falloit donc tenif aux hommes de
eouleur un autre langage; 5 il falloit bien parler de liberté,
d'égalité.
Nous vous avons dit quel'ancien gouvernement avoit
les hommes de couleur à une grande diftance des blancs. On placé a
voulu faire un reproche-aux blancs, fur lefquels pefoit d'une
manière infupportable le defpotifme du gouvernement, On
a voulu faire tomber fur eux le reproche qu'on auroit
faire au gouvernement lui-mème, d'avoir placé à une grande pu
diftance d'euxles hommes de couleur. Les hommes de couleur
devoient donc être impatiens de fe rapprocher, ils devoient
donc prendre tous les moyens qui les amenoient à ce but,
sans calculer fi les moyens qu'on préfentoit étoient bons ou
dangereux. Ainfi donc il falloir leur parler au nom de la
loi du 8 mars & des inftruétions du 28 mars, > inftruétions
perfidement rédigées; car nous prouverons , citoyens >
les malheurs des cclonies font dans les aétes rendus par l'af- que
femblée cenftituaute & par l'affemblée légiflative. La Con-
ce but,
sans calculer fi les moyens qu'on préfentoit étoient bons ou
dangereux. Ainfi donc il falloir leur parler au nom de la
loi du 8 mars & des inftruétions du 28 mars, > inftruétions
perfidement rédigées; car nous prouverons , citoyens >
les malheurs des cclonies font dans les aétes rendus par l'af- que
femblée cenftituaute & par l'affemblée légiflative. La Con- --- Page 240 ---
a -
elle-même n'a pas été exempte d'erreur. Nous le décret avons
vention comité de marine & des colonies > que
prouvé au
abfolument comre-révolutionunsies les fept
du 5 mars étoit
ont été rejetés par le comité de
articles qui le compoloient difcullion très-lumineufe. Celt donc dans
marine après une
conftituante , dens les intrigues des
les aôtes de l'affemblée dans les actes de l'affemblée légillaLameth & de Barnave, mêmes de la Convention 5 car Sonthonax
tive, dans ceux
le comité de
s'eft fervi de ce décret du 5 mars > rejeté par prifes à Saintmotiver les mefures quila
les
marine > pour le
août. Nous trouverons' dans ces actes
Domingue 29
des caufes de la ruine de Saintcaufes, ou du moins une
qui avoient ourdi la
Domingue; car s'enrendoient les confpirateurs de la France à TENEE
des colonies,
Peynier > Mauduit > Blanchelande s
En même temps des que troubles dans les différens quartiers, pour
provoquoient l'éleétion des municipalités & la réunion desafempècher
en même temps > dis-je, les Barnave,
femblées primaires; toutes les mefures dans l'affemblée le
les Lameth, prenoient légitimer tous les troubles excités par
conftituante pour
gouvernement.
à la difcuflion des décrets des 8 &c
Nous allons paffer
28 La mars. fuite des débats eft remife à demain.
ef figné J. Pu. GARRAN,
Le regifre LICOINTE des préfences ( des Deux - Sèvres ) fcrétaire Fouchi. 5
fem préfident
DARRAY,PEYRE, ALLASSEUR,
Du 17
prenoient légitimer tous les troubles excités par
conftituante pour
gouvernement.
à la difcuflion des décrets des 8 &c
Nous allons paffer
28 La mars. fuite des débats eft remife à demain.
ef figné J. Pu. GARRAN,
Le regifre LICOINTE des préfences ( des Deux - Sèvres ) fcrétaire Fouchi. 5
fem préfident
DARRAY,PEYRE, ALLASSEUR,
Du 17 --- Page 241 ---
a35
Du 17 Pluvidfe, l'an troifème de la République frengeila
une 6 indivifièle.
Ox fait leéture des débais recueillis dans la féance d'hier:
la rédaction en eft adoptéc.
Lecoin € (membre de la commiffion ): Hier l commiflion
des colonies m'avoit chargé de faire parapher les d:bats
cueillis dans la féance de la veille & ceux desjours
re
par deux citoyens colons & par les citoyens Polverel précédens, k
Sonthonax : lorique je fus en melure, le citoyen Clautien,
qui étoit refté avec le citoyen Page pour remplir l'arrèté de
la commillion, dirqu'il étoit uniquement autorifé à parapher
les débats qui avoient été adoptes dans la feance. Je
dis que ce n'éroit pas là feulement l'inténtion de la répon- commullian,que fon arrêté avoit une plus grande étendue. Je
donnai comununication de cet arrêré,
porte en effer
que, non-feulement les débats adoptés aan la feance du
jour, mais ceux adoptés dansles féances précédentes, feroient
paraphés par. les ciroyens colons & par les citoyens Polverel
& Sonthonax, Là-deffus Polverel répondirg qu'il étoit
à exécuter l'arrèré : les citoyens Page & Clauffon dilpofé réniondirent qu'ils étoient auffi difpofés à exécuter l'arrète, mais
qu'opérant, dans cette circontance. > non 1- feulement en
Jeur nom perfonnel, mais comme repréfentant leurs
ne
Igues, ils
peuvoient pas prendre fur esx d'exécurer col;
Tarrèré, c'ett-à-dire, de
les débats qui avolent eu
lieu les jours précédens. EFTE refus de la part de Clauffon &
de Page a abfolument arrèé notre marche je demande que
la commifion prenne une mefure, foit pour faire exécuter
fon arrèré, foi: pour le rapporter.
Cladfjon : Il eft très-vrai que je me fuis arrêté hier avec >
le citoyen Pase, pour parap.er, non pas confarmémen: a
Tarrèté que ma mentré le citoyen Lecoinre, nais de li
manière dons la, propoliticn vous a été faite par le ciroyen
Verneuil. J'ai répondu au ciroyeu Lecoinre, loriqu'il in's
Tome I.
Septièms liyraifon.
Q
rapporter.
Cladfjon : Il eft très-vrai que je me fuis arrêté hier avec >
le citoyen Pase, pour parap.er, non pas confarmémen: a
Tarrèté que ma mentré le citoyen Lecoinre, nais de li
manière dons la, propoliticn vous a été faite par le ciroyen
Verneuil. J'ai répondu au ciroyeu Lecoinre, loriqu'il in's
Tome I.
Septièms liyraifon.
Q --- Page 242 ---
parapher aux termes de
montré l'arrêté, que je jaurois ne pouvois des pouvoirs pour cela, & je
l'arrèré, qu'aurant que la propofition faite par mon collegue
rétablis à cet égard
la commiilion ait en:éndu
Verneuil. Je ne crois pas que, l'une ou l'autre partic; je ne
qu'il y ait des furprifes pour ait voulu donner à fon arrèté
crois
que la commifion
en effet parapher de
rétroadtif. Nous ne pouvons
de la comun dbtr
fuivront la date de l'arrèté
pièces que celles qui.
changemens
miflion , parce
nous ne cpepeperneanet les débats an:érieurs. En effet, la
qui ont été Salis dans
citoyens ' que la diftriConvention nationale des a débats voulu, lui fàt faite joumellemens: font
bution fommes des journaux cenfés croire que les procts-verbaux doivent qui être
antérieurs nous
à l'arrèté, font en ce moment, ou parapher ce
imprimés; conféquemment nous d'une ne pouvens demandé que j'ai à
qui s'eft palfe. Ceft-la le fujet
que T'arrété qui a
vous faire : je demande en conféquence n'ait d'exécution qu'a compter
été pris dans la féance du 1S,
demande en outre que
de ce même jour 15 de ce diftribués mois; je , aux termes du décret
foient
les proctsverbaux au fur & mefure des débats.
de la Convention, demande la parole.
demander
Polverel
prie le citoyen préfident de
Polverel : D'abord,je s'ils prétendent,, oui ou non, qu'il y a
aux citoyens colons dans les procts-verbaux précédens, Polverel
des inexactirudes Je m'en vais répondre : le citoyen
Verneuil : interpelle les colons de dire fi nous Si l'on croyons veut
demande qu'on
dans les proces-verbauz demandons
qu'ily y ait inexadlitude ceux antérieurs à l'arrèté, nous
que nous fignions leéture.
à en prendre Citoyens, , la leéture a été faite publiquemient, & des
Polverel: de toutes les parties, des accufateurs du moins, à
accufés; en préfence il n'y a pas eu de fait réclamation, droit aux réclamations ou
qui
mefure de la leckure, on a
certainement, fi la comOnt été faites. Je ne m'oppofe de perdre pas encore le temps, qu'on
miflion juge à propos
mefure que
MEE
nouvelle lecture; mais, quelque
cède à cette
j'infifte pour que fon arèté
commillion adopte à cet éeard, raifon pour cela; 5 quand
foit exécuté, & j'ai: tine rres-bonne l'aurois moi-mème provoqué. Si
Farrêté n'exifteroit pas, je
Ont été faites. Je ne m'oppofe de perdre pas encore le temps, qu'on
miflion juge à propos
mefure que
MEE
nouvelle lecture; mais, quelque
cède à cette
j'infifte pour que fon arèté
commillion adopte à cet éeard, raifon pour cela; 5 quand
foit exécuté, & j'ai: tine rres-bonne l'aurois moi-mème provoqué. Si
Farrêté n'exifteroit pas, je --- Page 243 ---
l'arrêté ne portoit pas fur tous les débats
le
mencenent de leur ouverture, voici
depuis
coinreroient les ciroyens colons? ils diroient l'argument : les
qu'en tiété recueillis julqu'au moment de
débats qui ont
inexaéts, fontinfidiles, & c'eft
notre réquifition, font
avons été obligés de demander pour cette raifon que nous
fignés. Voilà la conféquence qu'ils fuflent paraphés &
manqueroient pas de tirer du
de les citoyens colons ne
ture
achian
des procès-verbaux
paraphe & de
mellement
précédens. Je demande donc
que l'arrêté de la
CE
Claufon :Je rétablis ce que commiflion je viens de foit exécuté,
point eu de défiance fur ce qui a été fait; j'ai vous dit dire. Je n'ai
que l'arrêté de la commiflion ne pouvoit pas avoir feulement
rétroaétif; jaidie que nous étions cenfés croire
d'effer
cès-verbaux des débats étoient diftribués à la que les
jour parjour; j'ai dit, & j'ai
Senertien
melure devoir fe borner la, demandé la en définitif, que cette
pas de collection
parce que Convention ne veut
brouillée dans un volumineufe; fatras
elle ne veut pas être emjour les débats. J'infifte donc d'écritures; fur
elle veut voir chaque
ne faire exécuter L'arrèté de la commillion ma propolition, qui eftde
il a été pris.
que du jour oi
dinaire Page du : Autrement nous demanderions une féance
foir.
extraortions; Le repréfentant la
du peuple Lecointe : Je fais deux obfervaconfiance première, de la Convention c'eft que la commiflion, revêtue de la
peur-être fe difpenfer d'adopter nationale, la demande auroit pu, auroit dd
de parapher chaque page des
qui a été faite
vention avoit décrété le mode fuivant débats, parce que la Conroient recueillis; elle avoit
lequel ces débats fcque les débats feroient recueillis indiqué, par des un décret pofitif,
lorfqu'elle avoit pris cette mefure, par elle n'avoit fténographes; &c
que la commiflion,
nommeroit ces
pas entendu
teroit que ces débats RRIi feroient fténographes, arrêa été lintention de la Convention paraphés; 2 C'eft car quelle
échappé dans certaines circonftances
faire qu'un mot
vérité & révéler ce qu'on auroit célé pât au fond connoitre la
& ii T'on admettoit une rédaction
de fon ame;
paaphoit chacune des feuilles de cette poftérieure, & f l'an
rédaction, peut-être
Q 2
teroit que ces débats RRIi feroient fténographes, arrêa été lintention de la Convention paraphés; 2 C'eft car quelle
échappé dans certaines circonftances
faire qu'un mot
vérité & révéler ce qu'on auroit célé pât au fond connoitre la
& ii T'on admettoit une rédaction
de fon ame;
paaphoit chacune des feuilles de cette poftérieure, & f l'an
rédaction, peut-être
Q 2 --- Page 244 ---
détruircit ce caraétère que la Convention a voulu faifr.
on
malgré cette forte raifon, comme les parties
Cependant , d'accord pour
les débats, la comfemibloient être
non-tenlement patmpher que la feance du jout
milion avoit arrèré, mais celles même des jours precédens : voilà
feroit paraphéel, cbfervation. La feccnde porte fur un raifonma première
fait par le colon Clauflen. Ila dit':
nemént de probabilité & croire que chaque jour Mes débats
nous devons penfer
Certes, ceft là T'inrention
font diftribués à la nationale, Convention. & la commiflion n'a pas
de la Convention du. ciroyen Claufien pour prendse
atteridu la rétlexion arrêté,
il a deux jours, figné
des mefures : un le fecrétaire pris. 2 la commillion,
par le préfident feront & diAribués jour pate jour à la D
que les debats les
feront copics
vention, &
originaux
CReA
; & le citoyen
GE
fans fortir de SEE commiftion
de temps, & que la
que les copies entrainent beaucoup de livrer les originaux à
commilion n'a
jugé fon but pruden: eft parfeiement rempli. Quant
:
P
l'impreflion par
je demande que la commiflion fe
a la' queftion déliberer, principale afin que dorénavant on ne puiffe pas
retire pour
de chergeries debars.
fe fervir des mots farprife des pofftilué solories ne foute pas que,
Il faut que la commithion lui fafle des repruches de cette narure:
devant elle, n'aurcient cn
être changees que par la commiffion
elle-tneme, les pièces câr elles pu Iont toutes entre fes mains.
enClauffon : Je Tignorois, & je déclare que je n'aijamais
tendu faire de reproche à la commiflion. cetté certirude.
Lecointe : Il eft bon que vonsa acquériez les individus; elle
Page : La réflexion ne fociéré, regarde encore que moins fur la comne peur des' porter colenies: fur une La réfexion peur porter néceftirement
mifiton
employées
la commifion des colonies,
fur les perfonnes de fes
et n'eft pas la première fois que
& chargées
papiers. linconvénient de l'infidelité des coriftess
nous avens éprouvé
fur la ccmmiflion, > &2 G la
mais la fifpicion ne porte pas les
débats foiert
commifion perfifte à vouloir que
premiers ces débats foient
fignés & paraphés, nous demandons que
du foir.
lus de nonveau dans une féance extraordinaire. Lecointe nous a dit que
Brulley : J'cbferve que le citoyen
. linconvénient de l'infidelité des coriftess
nous avens éprouvé
fur la ccmmiflion, > &2 G la
mais la fifpicion ne porte pas les
débats foiert
commifion perfifte à vouloir que
premiers ces débats foient
fignés & paraphés, nous demandons que
du foir.
lus de nonveau dans une féance extraordinaire. Lecointe nous a dit que
Brulley : J'cbferve que le citoyen --- Page 245 ---
les originaux des débars étoién: livrés à' dés copifcs. Eh
bien! connoilons-nous ces copiltes allez bien, pctir 11C pas
craindre qu'ils puiffent apporrer quelque changement a la
vériré? Jl me paroit roitt naturel, fi l'arréré doit avoir un
effer térroactif, que nous conftarions tous que nous avons
affaire à des hommes probes; qui n'ont point altéré le texre
qu'ils ont eu fous les yeux; car, citoyens, vous favez ga'un
mor, un poinc, une virgulechangent fouvent le fens d'une
phrafe, Vous avez confié ce,travail à des hommes étrangars
a vous &à nous : nous vous faifons quelques obfervariors;
ilne faut donc pas que la commifion prenne pour elle ces
obferva'ions. On ne peut nous refuier la lecture de ce que
nous parapherons,
Ciaafon : C'elb avfli que je T'enrendois; jamais je n'ai
entendu fire aucun reproche à la commitlien.
"Lecointe : Du mifonnament fait par le citoyen Brulley je
rirela confeqnence diredte, qu'avant de livrer les débats a
fanercfion, il Faut qu'ile foit relus & paraphés; car, s'ils
He léroienr pas, il fe pourroit quedes malveiilans répancditlent que ces débats ont été alterés ou chamigés; or ils
n'onté éré changes en rien, pas un feul mot n'a été efface
ni ajoaré,
-
(La commillion fe retire pour délibérer.)
(Elle renire. )
Le prefdst 4 L.cointe: : Tu as la parole pour lire l'arrêté
ds 15.
Lecointe : Je-vais donner leéture du premier arreré de la
comamiion, rendu en confequence de la demande du citoven
Verenal; qui portoit que la' feance du lendemam, ainli
quer les. feances précédentes, feroient paraphees de concert
Far les parties.
(ecolite lit.) 2 (Vovez page 172, quatriime alinéa ).
Le prefident : Sar la demande nouvelle des colorts, la commition palle à l'ordre du jour, & atrète qalil va erre denné
lecture des procès verbaux précédens, pour être à l'iniahe
paraphés.
-
Yernenil:Ie propoferois de parapher chaque feuille à mefure qu'on la lira.
Lccointe : Cela durera deux mille ans.
Verneuil : Cela no-dutem Pas kres-leng-tcmps, parce que
quatriime alinéa ).
Le prefident : Sar la demande nouvelle des colorts, la commition palle à l'ordre du jour, & atrète qalil va erre denné
lecture des procès verbaux précédens, pour être à l'iniahe
paraphés.
-
Yernenil:Ie propoferois de parapher chaque feuille à mefure qu'on la lira.
Lccointe : Cela durera deux mille ans.
Verneuil : Cela no-dutem Pas kres-leng-tcmps, parce que --- Page 246 ---
à 240 mefure de la lcéture & fans l'ineette formalité fe remplira fera d'autant plus fufifant, que le citoyen
terrompre, & cela affuré
les oniginaux ne fortoient pas
Lecointe nous a
que
feront préfenrés à la Cond'ici; nous ferons donc sûrs lieu. quils Nous voudrions trouver un
vention tels qu'ils ont eu
: il me femble qu'il
moyen autre d'abréger cette de opérarion la commillion eût la complaiferoit bon qu'un membre rayés & de les arrêter fur chaque
fance de compter lesmots plus qu'à parapher les renvois
page; alors nous n'aurions
marginaux à la fin de chaque page. excellenre.
Page: Cette mefure nous paroit
ne me déThomas Millet : J'ajouterai, & mes n'avons collègues aucune défiance
diront pas,. pour prouver dans que Pintérieus nous de la commillion, que
pour ce qui ife palle
du
Polverel; car nous
nous adhérons à la motion Tarrêté citoyen n'edt point d'effet réavons même infifté pour que demandé à parapher le
troadtif : nous avons feulement Mais afin que les chofes mee
cès-verbal du jour od vient précédent. de les mettre la commillion, & que
rent dans l'état
les debats, j'adhère à la
des difficultés ne prolongent pas Polverel, qu'après la lecture
melure propofée par le citoyen
vérifie les renvois &
un membre compte les mots rayés, qui ont précédé CteE
raphe lui feul sous les proces-verbaux de vérification foit tel, que
Grégoire : Il faut que le mode
ne puille avoir lieu
toutes les parties foient sûres, quil
éleyer au-
&c
ne puilfe
pl
à aucune réclamation,
qu'on
cun doute à cet égard.
Verneuil: Cela me paroit du jufte,
- verbal de la première
On commence la lecture
procès commencent par parapher
feance : un des colons .Sonthonax
chaque feuille.
une feuille paraphée, je demande
Lecointe : En prenant même dans cette feuille, des procureurs
a prouver que 5
car les citoyens n'ont pas paraphé une
trouveroient un faux, faite eux mêmes.
rature qu'ils ont
nous n'avons pas affaire à des pro
Verneuil: J'obferve que
cureurs, mais à des repréfentans. forcez cependant à procéder
Le préfident : Vous nous
comme eux.
ce qu'on viept de dire foit inf
Lecointe : Je demande que
crit au procès-verbal.
procureurs
a prouver que 5
car les citoyens n'ont pas paraphé une
trouveroient un faux, faite eux mêmes.
rature qu'ils ont
nous n'avons pas affaire à des pro
Verneuil: J'obferve que
cureurs, mais à des repréfentans. forcez cependant à procéder
Le préfident : Vous nous
comme eux.
ce qu'on viept de dire foit inf
Lecointe : Je demande que
crit au procès-verbal. --- Page 247 ---
Claufon : Je demande que l'on infcrive aufli ce que Verneuil vient de dire, que nous n'avons pas affaire à des procurcurs, mais à des repréfentans du
Sonthonax : En paraphant, je me
de toute refFaatn
ponfabilité, car j'entends bien que je n'y entends rien.
Lecoince : Je demande une feconde fois la parole : maintenant qu'on continue le paraphe & la fignarure, fuppofe
ou de deux mots,
une réAltc
qu'on fe trompe d'un
qu'on
clamation s'il fe trouve une faure, à qui s'en prendra-t-on?
La commiffion nomme un de fes membres pour parapher &
figner les feuilles conjointement ayec les parties.
La lecture eft reprife.
Polverel: : La (iance paroiffant confacrée à cette leéture,
comme je n'ai point de réclamation à faire fur un procèsverbal déja lu & adopté , je demande la permiflion de me
retirer. Je déclare que je m'en rapporte entièrement à mon
collègue. Le préfident : Tu es bien le maître de te retirer, fitu veux;
j'oblerve cependant que la féance tiendra en ton abfence
comme en ta Nous préfence. n'avons provoqué l'arrêté de la commifClauffon :
les
des
fion, que parce que nous croyons de que la
originaux Puif
procès-verbaux fortoient des bureaux
commillion.
que le repréfentant du peuple Lecointe a déclaté que les
originaux étoient copiés fous la furveillance de la, commiffion & reftoient entre fes mains, toute elpèce de crainte
eft diflipée, nous ne devons plus redouter d'erreur ou d'infidélité. Le préfident : Les citoyens colons fe défiftent-ils de leur
demande Plufieurs 2 colons réclament le rapport de l'arrêté.
Lepréfident : La commiflion ne rapporte pas fon arrêté;
mais elle ordonne l'exécution de fon précédent arrèté.
Lecointe > membre de la commiffion: Les obfervations ultérieures des citoyens ne tendent à rien moins qu'à détruire la propolition de Verneuil, de parapher toutes les feuilles des débats. commiflion
affuré
les copies origiSenac : La
ayant
que
nales ne fortent pas de la cominitlion, nos inquiétudes
celfent,
ne rapporte pas fon arrêté;
mais elle ordonne l'exécution de fon précédent arrèté.
Lecointe > membre de la commiffion: Les obfervations ultérieures des citoyens ne tendent à rien moins qu'à détruire la propolition de Verneuil, de parapher toutes les feuilles des débats. commiflion
affuré
les copies origiSenac : La
ayant
que
nales ne fortent pas de la cominitlion, nos inquiétudes
celfent, --- Page 248 ---
Verneil : Les pièces originales ne fortant pas, tous les
d.bats font finis.
de la
: Ainiil eft confant &
Lecointe, > membre
commifior feront
convenu que les feuilles des débats ne
pas paraphées.
Lepréfident : Si fait; eiles ne feront pas relues, > mais
paraphées.
dit :
Lecointe : Je reviens fer ce que j'ai déja
c'eft
la
Convention nationale ayant Aixé le mnode
Tra
les débats devoient être recuciliis > ayant fixé
feroient
dfi
recucillis par des tachygraphes, des fénographcs, elle a entendu accurder une confance entière aux tachygraphes ou
fténographes 5 & fi mémc > après les débats, & loriqu'on
les lit, "les colons & les commitfaires, ou quelques-uns
d'ennrcux, difoient qu'un mot n'a pas été dit, ou qu'une
phrafe n'a pas été énoncée; f les dichyeephevfausensine
que.ccla a été dit, & que cela eft dans leurs notes, peutétre la commiflion, & in'ya pas de doute, devroit-elle
décider que les mots ou la phrate refteroient. La Convention narionnle a voulu faifir la vérité, d'après les mots qui la
fortircient de la bouche des accufateurs ou des accufés;
Convention a voulu faifir la vérité, lors même qu'on voudroirla cacher : car quelautre but auroit-elle eu en ordonnant
des débats: : quelle autre intenrion auroit-elle eu en ordonnant
qu'ils fercient recueillispar des tachygraphes? D'après cette
obfervation, tout paraphe, toutes fignatures, toutes objecr
tions deviennent inutiles.
tout
à Grigoire, m:mbre de la commifion : Il me femble que
ceci doit êrre miri dans le particulier.
a Senac: La Convenrion ayant invefti la commiflion de fa
contiance, ayant décrété le incde d'après lequel les débars
feront recueillis ; la cemmiflien nous affirant aujourd'hui
que les originaux ne forrent pas de fcs bureaux > toutes les
craintes font dillipéés : les membres de la commiflion des
colonies peuvent chcifir les hommes qui leur conviendront
pour fxire les copies 5 mais du moment que la commillion
nous aflure que lesoriginaux ne fortent pas de fes bureaux 5
les craintes ne font pask ndées.
Da:bonnea : D'après certe obfervation > je demande que
la cemmiffion retire fes arrètés.
ilsdcivent fublifter;
Lecointe,memire delac acommifion:Nen,
mais
de la commiflion des
colonies peuvent chcifir les hommes qui leur conviendront
pour fxire les copies 5 mais du moment que la commillion
nous aflure que lesoriginaux ne fortent pas de fes bureaux 5
les craintes ne font pask ndées.
Da:bonnea : D'après certe obfervation > je demande que
la cemmiffion retire fes arrètés.
ilsdcivent fublifter;
Lecointe,memire delac acommifion:Nen,
mais --- Page 249 ---
243:
mnais il me femble que vous convenèz que la
pas fondée.
demande n'étoit
Dadonneau : elle l'étoit dans Thypochèfe.
je Sonti demande nax l'ordre : J'adhère à ce que viennent de dire les
du jour, roure.précaution étant colons;
Grigoire : Le défiftement eft. il bien conftaté? inutile.
Senac: Lec ciroyen Verneuil fe défifte.
Leprefident la
: Ce fon: les colons qui ont fait la
par beuche du citoyen Verneuil :
demande
à fa demanile, il fapt que les différens puifquilsont tous adbéré
cer objet par la commiffion, foient
arrètés, rendus fur
vouvdafftiez.devose demandes,
exécutés, ou que vous
un autrenode,
pour quelacommidion prenne
Verneul : En motivant.
Da-ho neat: Oui, en motivant.
Lepréfident: : Vous êtes maitres de
eomme vous voudrez.
motivervotte défiftement
Senac : Le défiftement eft fait, puifque tous mes
y confenrent.
collègues
Lepridfidene.: Vule défiftement donné
Jons de la manière énoncée dans les
par les citoyens COarrête qu'on va coatinuer
débats, la commiffion
débars.
purement & fimplement les
Grégoire : Le défiftement eft-il convenu
parrics :
par toutes les
Daubonneau: : Je penfe que le citoyen
pour fon. collègue.
Sonthonax convient
Sonthonax : J'y accède formellement;
mon collegue me démehte.
je ne crois pas que
Lepreient: : Les débars vont continuer.
Sonthonax : J'oblerve que mon
répondre au citoyen Pase, il a été collègue Polverel devant
alloit s'occuper de la leckure. Je lui trompé dans l'idée qu'on
fur ce que le citoyen Page aurà dit; remettrai mais bien des notes
différence de répondre fur des notes à
ily y a bien de la
a entendz. Jo réchme la juftice de la commillion. répondre fur ce qu'on
Daubonneau : Polverel entendra demain
débats.
la lecture des
Clazffon : La difcuflion doit fe continuer
Polverel & Sonthonax : d'ailleurs, le préfident furce qu'ont dit
Ieme I. Septitme lipraifon,
a déclaré qu'on
R
mais bien des notes
différence de répondre fur des notes à
ily y a bien de la
a entendz. Jo réchme la juftice de la commillion. répondre fur ce qu'on
Daubonneau : Polverel entendra demain
débats.
la lecture des
Clazffon : La difcuflion doit fe continuer
Polverel & Sonthonax : d'ailleurs, le préfident furce qu'ont dit
Ieme I. Septitme lipraifon,
a déclaré qu'on
R --- Page 250 ---
procéderoit s tant en l'abfence qu'en préfence. Ceci eft une
réponfe aux différens débats qui ont eu lieu précédemment. fi
Sonthonax : Mon collègue Polverel ne feroit pas forti,
les citoyens colons n'euffent obtenu l'arrêté pour figner &
parapher les débats. Je m'en rapporte cependant à la prudence de la commiffion.
très-avares du temps, &c
Page : Quoique nous d'accélérer foyons la difcuflion de l'affaire
que nous defirerions Samnt-Dominguc, pui(que Polverel doit réponregarde
dirai
il eft néceffaire qu'il m end à ce que je
aujourd'hui,
tende. Le préfident : La commillion ajourne les débats à demaina
neuf heures du matin très-préciles.
La féance eft levée.
Lerogifeduprefbect dffigné:1.Pu. GARRAN, préfident;
LECOINTE (des Deux-Sevres ) P.CASTIHON, ALLASCEUR,
DABRAY, GRÉGOIRE, PEYRE.
de
dirai
il eft néceffaire qu'il m end à ce que je
aujourd'hui,
tende. Le préfident : La commillion ajourne les débats à demaina
neuf heures du matin très-préciles.
La féance eft levée.
Lerogifeduprefbect dffigné:1.Pu. GARRAN, préfident;
LECOINTE (des Deux-Sevres ) P.CASTIHON, ALLASCEUR,
DABRAY, GRÉGOIRE, PEYRE. --- Page 251 ---
Dui8 Pluviofe, l'an troifème de la Républigue françaife
une & indivifible.
LA feance
la ledture des débats de la veille,
La rédaétion fnmAgt eft
Polverël:. Je demande aéte de mon adhéfion à la déclaration faite hier, en mon nom > par mon collègue Sonthonax.
Verneuil: Je demande la parole : c'eft pour relever une
erreur, de date concernant Ogé;jai dit qu'Oge S s'étoir rendu
au bourg de la Grande-Rivière le 26 octobre 1790; j'ai dit
cela de mémoire, > fans avoir confulté mon journal. Le fait
eft qu'il s'eft rendu chez le citoyen Laroque, dans la nuit
du jeudi au vendredi 28 octobre 1790, & enfuite chez le
citoyen Sicard, comme je l'annonçois dans une phrafe qui
n'a-pas été finie, dans la féance du IS. Après que mon
collegue Page aura fini de traiter l'affaire d'Ogé & de dire
tout ce qui y eft relatif, je reprendrai la parole, & je rectifierai ce qui eft. relatif à Sicard. (II lit):
Page: Je continue toujours de répondre aux imputations
portées par Sonthonax contre les corps populaires. Je difcis
qu'Ogé étoit revenu à Sainc-Domingue, fous prétexte d'exécutér les décrets des 8 & 28 mars. Je m'érois engagé de
démontrer que l'article IV des inftructions da 28 mars n'étoit nullement applicable aux hommes de couleur : je vais
en donner lecture. Illir:
tc Immédiatement après la proclamation & l'affiche du
décret & de l'inftruction dans chaque paroille toutes les
fonnes agées de 25 ans accomplis, propriétaires
ou à défaut
Hienfer
bles,
d'une telle propriété, domiciliées dans la
paroiffe depuis deux ans, & payant une contribution > fe*
réuniront pour former l'aflemblée paroiffiale 32,
C'eft-à-dire que toutes les perfonnes âgées de 25 ans
fent fe mêler dans ces aflemblées. Si cette difpolition puif
voit s'entendre des hommes de couleur comme Ogé le pou- préTome I. Huicième liyraifon.
R 2
ienfer
bles,
d'une telle propriété, domiciliées dans la
paroiffe depuis deux ans, & payant une contribution > fe*
réuniront pour former l'aflemblée paroiffiale 32,
C'eft-à-dire que toutes les perfonnes âgées de 25 ans
fent fe mêler dans ces aflemblées. Si cette difpolition puif
voit s'entendre des hommes de couleur comme Ogé le pou- préTome I. Huicième liyraifon.
R 2 --- Page 252 ---
les eltendoit, elle devoit s'entendre aufli des efclaves,car toute
claves font des perfonnes, 8c-l'article IV & ne quant dit pas à linfperfonne libre, mais dit : toute perfonne avoient ; nécellairement des
truction, ceux qui Font ils difoient: rédigée, S'il ne fuffit pas de mettre
intehtions perfides ;
de couleur des moyens de difdans les mains des hommes des colonies, il faut que nous puiffolution &c de ravage dans les mains des efclaves. Eectivement,
fions les placer où l'affemblée coloniale s'eft formée au Cap,les
à l'époque révoltés de la province du Nord demandoient ou
efclaves
ou la liberté; &,à l'époque
le retour à l'ancien régime eft arrivée à Saine-Domingue - les efoà la loi du 4 avril
les hommes de couleur jouillent des
claves difoient : Puifque voulons aufli jouir de la liberté, de
droits politiques, > nous
comme l'ont fort bien dit Sonmanière que les efclaves, dans différens actes, & notamment dans
thonax & Polverel
nationale, du 25 octobre 1792,
leur lettre à la Convention
des
certainement, n'éroit pas
Verminecebaae
ce qui,
des inftrumensde conre-révclution avengles,
la n'étoient que
de Ssint-Dominentre les mains des come-revelstionnaiter France, rédigeoient des lois
gue; &c ceux qui étoient en
de Saint-) Domingue
telles que les Conte-rerolationeates,
de déchirer les
pulffent y trouver tous les moyens cet pollibles article fe rapportoit aux
colonies. Vous voyez donc hommes que de couleur. Je penfe qu'il
efclaves comme lintention aux
de T'aflemblée conflimante, pas
n'étoit
dans l'intention de la fociété des amis des noirs,qui
mème E
les hommes de couleur jouiffene
a fi fouvent prétendu que
cet article aux efclaves. La
des droits politiques d'appliquer Sonthonax a dit: De quel droitles COchofe eft fi vraie que voulu marcher fur la même ligne que
lonies n'ont-eiles
droit les colonies vouloienv-elles
les
:
départemens 8e" quel
n'avoient pas les dépatjouir de droits, , de priviléges que étoit la population des cotemens? Il faut examiner quelle étoien:
les colonies,
a
lonies, & de quels élémens
compofées la population
& quels étoient les élémens qui compoloient & confacré dans les code Paris. L'efclavage étoit reconnu n'ont celfé de le reconlonies; & Sonthonax & Polverel même, jufgu'au moment
noitre, de le conftater, intérêts delaggraver de la faction qu'ils fervoicut,
ei kurs intérèts, les
? Il faut examiner quelle étoien:
les colonies,
a
lonies, & de quels élémens
compofées la population
& quels étoient les élémens qui compoloient & confacré dans les code Paris. L'efclavage étoit reconnu n'ont celfé de le reconlonies; & Sonthonax & Polverel même, jufgu'au moment
noitre, de le conftater, intérêts delaggraver de la faction qu'ils fervoicut,
ei kurs intérèts, les --- Page 253 ---
leur eurent commandé de penfer autrement.
au contraire, on ne connoiffoit. pas cette efpèce En France *
cependanr, en France, quoique tous les hommes d'hommes :
libres, tous n'avoient
les mêmes droits ; & mon fullent
Brulley vous a bien Rz fentir la différence des droits coliègue
litiques les juifs, qui les exiftoient entre les ciroyens vivant en
proteftans, les
AEE
mêmes ne jonitloient pas des droits domeftiques, les comédiens
d'après lacceptation que Southonax politiques. a donné à Cependarit,
de'la loi du 28 mars,il femblercit que les efclaves l'article IV
jouir de l'égalité politique, par cela feul qu'ils éroient devroient
perfonnes. Je ne m'appefancirai pas plus
fur des la
queftion de l'article IV, car nous reviendrons. long-temps Je
miner quelle a été l'intention a T'aflémblée vais exa -
quand elle a rendu ce décret, ou alors qu'elle a conftituante
inftruétions. Ces difpofitions fe trouvent dans tous décrété ces
qu'elle a confacrés poférieurement3 celui-là, & les aétes
légiflative les eonfacra dans l'article dernier de l'aflemblée
avril. L'affemblée confituante qui, le I2
la loi du 4
lesa adtes de l'affemblée de Saint-Marc, octobre 2 2 biné
fide, & menfonger de Barnaye, n'a d'aprèsle rapport
vices de la compolition de cette aflemblée aucunement de parlé RE
Barnave qui, pour trouver des torts à
Saint-Marcs
avoit fupprimé des articles du
l'aflemblée générale,
28 mai > furlequelilbafa fon accnfation; confidérant, de la loi du
roit
que cette affemblée n'étoit compolée Barnave qui n'ignoSter ne lai fit pas un crime de fa
que de colons
loin de lui faire un crime de fa
compolition; il fit & bien
qu'une nouvelle affemblée coloniale compolition, feroit
décréter
mêmes erremens. Certes, fil'affemblée
formée far les
qu'à cetté époque les hoinmes de couleur conftituante eût voulu P
avec les blancs à la' formation des
euffent concouru
fairement elle auroit fait un crime corps à populaires, nécefMarc de fa compolition ; &
l'allemblée de Saintia formation d'une nouvelle certainement, en.ordonnant
que fa compofition feroit faite affemblée, fur des elle auroit ordomé
Parle méme décret du 12 octobre,
crremens différens.
a voté des remerciemens à Pevnier. I'aflemblée Eh
confticuante
conflituante n'ignoroit
bien ! l'affemblée
ailx marguilliers, lue
que une Peynier, de
par une lertre éczite
vOs
ELe
léances anrérieures,
R 3
ofition feroit faite affemblée, fur des elle auroit ordomé
Parle méme décret du 12 octobre,
crremens différens.
a voté des remerciemens à Pevnier. I'aflemblée Eh
confticuante
conflituante n'ignoroit
bien ! l'affemblée
ailx marguilliers, lue
que une Peynier, de
par une lertre éczite
vOs
ELe
léances anrérieures,
R 3 --- Page 254 ---
248:
conftituante n'ignoroit pas, dis-je a , que Peynier dans
T'affemblée
d'admettre les hommes de couleur
léur avoit défendu
Il eft donc bien démontré
Tafles affemblées primaires.
voulu appliquer
FRALTT
femblée conftituanre n'avoit pas du 28 mars aux efclaves, 2 &
de la loi & les inftructions le. mot de perfonnes, que les
qu'elle n'avoit entendu par avoient joui à Saint-Domingue des
hommes qui jufqualors
relire la
droits politiques. Je demande à la commiffion de faire
Sonthonax :
minute de la lettre de Peynier. relire cette lettre ?
Le préfident : Voudriez-vous
Verneuil en fait la leéture (1).
dans le décret du 12 CCThomas Millet : J'ajonterai que,
le voeu formel de
tobre, l'allemblée conftituante a manifefté fur le voeu des afne ftatuer fur Térat des perfonnes que
femblées coloniales.
& je lis l'article da décret
Page : Je continue la vient difcuffion, de vous parler mon collègue.
du 12 octobre, dont
Décret du I2 octobre 1790.
l'affemblée nationale a premis aux cO- à
ec Confidérant que prochain des lois les plus leurs propres alarlonies Temiblifemnent qu'elle a,
calmer
voeux
affurer leur profpérité; Tintention Femtmnte leurs
mes, annoncé modifications d'avance
qui pourroient etre propolées volonté
far toutes les
du commerce, & la ferme
aux lois,P prohibitives conftitutionnel dans leur organifad'établir commé article lois fur létat des perfonnes ne précife feront &
tion, qu'aucunes les colonies, que fur la demande
décrérées des pour aflemblées coloniales >,
formelle
conflituanre n'ignoroit
Vous voyez que.l.alkmbice dans les colonies >
quily avoit d'autres perfonnes des membres de l'afiemblee de
as
avoit fous les yeux
Débats du 15 pluviofe, page 202.
(1) Voyez cette lettre,
commé article lois fur létat des perfonnes ne précife feront &
tion, qu'aucunes les colonies, que fur la demande
décrérées des pour aflemblées coloniales >,
formelle
conflituanre n'ignoroit
Vous voyez que.l.alkmbice dans les colonies >
quily avoit d'autres perfonnes des membres de l'afiemblee de
as
avoit fous les yeux
Débats du 15 pluviofe, page 202.
(1) Voyez cette lettre, --- Page 255 ---
Marc, & cependant elle difoit qu'elle ne ftatueroit affem- fur
létat des perfonnes, que fur la demande précife des donc
blées coloniales. L'allemblée conftituante n'ignoroit celles
avoit d'aucres perfonnes dans la colonie
pas qu'ily
l'aflemblée de Saint-Marc, & dc difoit
qui compofoient ne ftatueroit fur leur état que fur le voeu de cette
qu'elle
l'affemblée de Saintmême efpèce de colons qui compofoien: dans le décret du 15 mai
Marc. Mais nous trouvons encore celles contenues dans le décret
des preuves aufli fortes que
du 12 oétobre.
(Il lit le décret du I5 mai 1791.)
décrète
le
légiflarif ne
ce L'affemblée nationale
que corps couleur
délibérera jamais furlétat politique des gens de
> qui
nés de
& de mnères libres, fans le vceu
ne feroient
pères des colonies.;
les allemblées
préalable, RSR & fpontané
que
coloniales, actuellement exiftantes, fublifteront; mais que les
de couleurs nés de pères & de inères libres, feront admis
gens danstoutes les aflemblées paroilliales & caloniales futures,
s'ils ont d'ailleurs les qualités requifes>.
Si T'article IV des inftruétions du 28 mars eût été appli- fait
cable aux hommes de couleur, comment fe feroit-il droits
que
le décret du 15 mai , elle ett appelé aux & mères
SdRt les hommes de couleur nés de pères
libres? comment fe feroit-il fait
l'affembiée nationale
ce décret eût écarté de ces .3I allemblées tous les
par hommes de couleur qui ne feroient pas nés de pères &c mères
libres ? Ce décret du 15 mai fut confidéré par la fociété des
amis des noirs , & même parles hommes de I'article couleur, IV des comme infun bienfait de T'aflemblée nationale. Si
le décret du
tructions du 28 mars leur eit été applicable,
15 mai, loin d'ètre un bienfait de lallemblée conftituante,
auroit été un attentat aux droits déja reconnus des hommes
de couleur. L'affemblée conftiruante he s'eft pas bornée-la,
elle a, par le décret du 24 feptembre. .
e
n'étoit
* Sonthonax vous dit que le décret du 24 feptembre
pas confticutionnel; il a dit plus que l'allemblée légiflative :
R 4
it été applicable,
15 mai, loin d'ètre un bienfait de lallemblée conftituante,
auroit été un attentat aux droits déja reconnus des hommes
de couleur. L'affemblée conftiruante he s'eft pas bornée-la,
elle a, par le décret du 24 feptembre. .
e
n'étoit
* Sonthonax vous dit que le décret du 24 feptembre
pas confticutionnel; il a dit plus que l'allemblée légiflative :
R 4 --- Page 256 ---
2fo
car cette affemblée, après une longue
pas ofé dire que ce décret du 24
difcuffion, n'étoit n'avoit
titutionnel: mais l'aflemblée légillative feptembre
pas confle décret du 24 feptembre n'éroit
eit-elle déclaré
femblée coloniale
pas confticuticnnel, Rec
elle pouveit d'autant pouvoit plus porter un jugement tout different;
qu'avoir porté T'affemblée porter unjugement différent de celui
Mirbeck, Roume
légiflative, que'les comnillaires
civils, mandataires &-Scint-Léger, de l'aflemblée ces commiflaires nationaux,
confacré ce méme aéte Par une nationale & du roi, ont
ledture a été faire en temps & lieu proclamation ; car iis d'eux, > dcnt
hommes de couleur: Vous êtes rebelles à la volonré difoient aux
nàle, > à la volonté du roi, exprimées dans le décret natio- du
feptembre. Voicice décret. Je vais lire l'article
celui qui confacre les droits de la colonie.
IIL, qui eft
(Il lit l'article) ).
Décret du 24 feptembre 1791.
s> Article III. Les lois concernant l'état des
libres & l'état politique des hommes de couleur perfonnes & non
libres., ainfi que les règlemens relarifs à l'exécution de nègres
mêmes lois, feront faires
les affemblées coloniales cGS
tuellement exiftantés 5 & LIRE qui leur
s'exé- accuteront provifoirement avec lapprobation fuccéderont, des
des colonies, pendant l'efpace d'un an pour gouverneurs les colonies
d'Amerique, au-delà du Cap & pendant de
l'elpace d'un an pour les colonies -
direétement à la fanétion Bonne-Efpéranee, ablolue du & feront fans portées
décret antérieur puilfe porter obftacle au roi,
qu'aucun
droit conféré par ié préfent article aux plein allemblées exercice du
niales >.
coloSi T'article IV des inftrudtions du 28 mars, efit été
cable aux hommes de' couleur, l'afiemblée
appli- n
roit pas décrété le I5 mai fuivant que les cenftituante hommes de auleur, > nés de pères & mères libres feuls,
couà la formation des.affemblées &
feroient appeles
ke vous ferai connoitre toute la perhidie corps populaires. du décrct du Du moins,
5 mai;
ice du
niales >.
coloSi T'article IV des inftrudtions du 28 mars, efit été
cable aux hommes de' couleur, l'afiemblée
appli- n
roit pas décrété le I5 mai fuivant que les cenftituante hommes de auleur, > nés de pères & mères libres feuls,
couà la formation des.affemblées &
feroient appeles
ke vous ferai connoitre toute la perhidie corps populaires. du décrct du Du moins,
5 mai; --- Page 257 ---
e vous la démontrérai de telle manière
verrez
e décrer du
mai ne fut qu'un ferment que"vous de révolte, de que ddhirement & déforganifation dans la colonie. Vous voyez
Jonc, citoyens, par la lecture des actes qui vient de
tre donnée, qu'Ogé,
étoit venu à
vous
ous le prétexte d'exécurer * décret du 8 mars, Saint-Domingue n'étoit que
agent.d'une très-grande confpiration.
eft Il importe fur fon beaucoup de connoitre Ogé & fes projets, car
omnie
échafaud que Sonchonax a bâtile fyttèmne de caqu'il a lancé contre les
tranger aux armes, eft venu en France, corps populaires. a été préfenté Ogé, au >
oi, la reine > a été membre du club
on
u chez le roi, chez la reine, chez Monlieur d'Argenfon; l'a
iftres; il a été à
, chez les miLondres, y a changé de nom. Arrivé à
faint-Domingue, il n'a pas voulu débarquer fur la partie
rançaife, ila veulu débarquer fur la
e refte des débats vous fera voir quel partie parti les efpagnole ; &
ont pris aux révoltes de Saint-Domingue. Ogé Elpagnels arrive au
Lap le 23 octobre ; le 24, il a les armes à la
eft à la tête d'un raflemblement nombreux, main;le & dèscommence
jott
fes vols, fes brigandages &c fes affailinats. Vous
royez erfin Ogé, fe difant ambaffadeur, chargé des
oirs des hommes'de couleur,
préter foi &
pouu roi d'Efpagne. Ogéne pouvoit pour avoir des
hommage
k le décret du' 28 mars fur un
intentions pures,
utour de lui le plus de factieux pofihle. prétexte Sonthonax, pour raffembler fait
le grandes images > vous a repréfenté la ville du qui &c la
province du Nord, couvertes' de gibets, d'échafauds; Cap ;il vous
préfenté les complices d'Ozé victimés, - comme
prenx; il vous a dit que les tribunaux de la ville tres-nom- du
voient exercé fur euxd'efroyables barbaries. Les
Cap
FOgé étoient trèsnombreux, mais très-peu ent complices - péri fur
'échafaud. Ogé n'a été conduit à l'échafaud
vols & les allaflinats qu'il a commis.
les 'le
titoyen Verneuil vous
FIRE
Particulierement,
fera connoitre un fait qui luieft connu
Éroit prifonnier puifga'a cette époque, luic citoyen Verneuil
He fes
d'Ogé. Enfin Ogé - n'avois pas l'approbation
frères, & certes je crois qu'on
s'en
cet égard à la corze/pondance du citoyen peut Raymond,. rapporter dont à
ais vous donner lecture,
je
les 'le
titoyen Verneuil vous
FIRE
Particulierement,
fera connoitre un fait qui luieft connu
Éroit prifonnier puifga'a cette époque, luic citoyen Verneuil
He fes
d'Ogé. Enfin Ogé - n'avois pas l'approbation
frères, & certes je crois qu'on
s'en
cet égard à la corze/pondance du citoyen peut Raymond,. rapporter dont à
ais vous donner lecture,
je --- Page 258 ---
Corre/pon.dance de Raymond, du 17 mai 1791.
venu chercher Ogé dans ce pays-ci, ,
c Que diableeft
une
d'hommes au
E
mettre tout en feu, & faire
boucherie ? >9.
en dépit même du décret de pacification
étranger à Ogé,
Citoyens, je n'invoque pas un témoignage de Raymond, deshommes
puifque c'eltdansla correfpondance D'après ccla, ferez-vous étonnés
de couleur que je lai puifé. des colons à TAffemblée conftique les foi-difans députés aient éctit qu'ils faifoient ici des
tunate,Magallon & autres, les hommes de couleur ne paffallent
efforts pour empècher que
la caufe des foidans la colonie. Je ne prétends pas époufer
vous ait dit
difans députés de SaincDomingues écrite car 4 quoi Brellparles que
quatrele ciroyen Sonthonax d'une lettre
de Saint - Marc,
vinge-cing membres de Taffemblée générale
les (oi-dilans
cette affemblée avoit confacré par un conftituante arrêté que n'étoient pas
députés des colonies à T'Aifemblée vous devez voir dans, le
reconnus par elle, & effedlivement parle
courant dela lettre qui vous a étélue conviennent citoyenSonthonas, que leur
qu'eux-mèmes les foi- difans effeétivement députés
elle n'a jamais été
nomination n'eft pas légale; mais quant à cette partie de la lettre,
avouée par la colonie :
le retour de ces hommes de
ils avoient raifon de craindré
ignorer, étant
conleur à S. Dominguc, car ils ne pouvoientpas à Thôtel d'Aren France, qu'il fe formoit des rallemblemsns des hommes étrangers à la
genfon, & iis devoient fulpeéter être préfentés au roi.
cour, qui venoient exprès pour ce que je vais dire eft un fait
Verneuil : Je vais continuer: Dans la nuit du jeudi au vendredi, 28
qui m'eft perfonnel. à 30o' hommes de couleur, commandés
octobre 1790, 250
dans les haureurs du bourg de
bar Ogé, (e tranfporrèrent défarmer les habitans; rendus dans
fGrande-Riviète, pour y, de la GrandeRiviere.ila enlevèrent
cette nuit aul bourg dontle même nombre pouvoit s'évaluerà une vingtaine:
les habiraps,
le
Sicard qu'ils égorgerent; ils
iis furent de-là chez citoyen fon or & fon argent, &
pillèrent fa maifon., emporrèrent du citoyen Laroque, où je
de-là fe rendirent à Thabitarion
un officier shunicipalde
me trotvoisavectrois: anttesperfonnes, nommé Dupay; le procureuz
la paroilfe du Gros-Morne,
voit s'évaluerà une vingtaine:
les habiraps,
le
Sicard qu'ils égorgerent; ils
iis furent de-là chez citoyen fon or & fon argent, &
pillèrent fa maifon., emporrèrent du citoyen Laroque, où je
de-là fe rendirent à Thabitarion
un officier shunicipalde
me trotvoisavectrois: anttesperfonnes, nommé Dupay; le procureuz
la paroilfe du Gros-Morne, --- Page 259 ---
la commnune de la Grande-Rivière, nommé Joubert; &c
quatrième habitant, voifin du citoyen Laroque, dont je
me rappelle pas le nom.
efcorté de 25a
Dgé fe préfenta chez le citoyen Laroque, à la
00 hommes à cheval, & armés, l'épée nue
main:
entrant il nous déclara que nous étions fes prifonniers.
lei demandai quels étoient fes ordres : Ogé me montre il
troupe; il n'y avoit rien à répondre à cet argument,
it irrefiftible. Je-tachai de prendre Ogé en particulier; il
réuflis : je lui fis des remontrances fur fa démarche dans 5 la
avint qu'elle pouvoir conduire à de grands lots maux fe décida
onie; mais cependant il perfifta, & pour
conduire
aous défarmer. Il nous notifia qu'il alloit nous
presbyrère, où il nous lailferoit fous la garde de quinze
immes. Il défarma les trois perfonnes qui étoient avec moi;
ne demanda mes armes, qui confiftoient en ui fabre & une.
bien me faire
ire de piftolets : jelui répondis qu'rl pourroit armes il ne les
cher par morceaux > mais que force pour mes s'en emparer,
roit jamais: : loin d'employer la
pour brave
me répondit que ma réponfe étoit celle d'un
homme;
fr venir fon cheval, m'enfourcha dellus, & me conduifit
presbyrère, m'efcortant à pied à ma droite : voici pourJoi j'ai dit que quant à moi, lors de mon arreftation par
gé, je n'avois pas eu à me plaindre de lui. Lorfque nous
mes conduits au' presbyrère, il plaça quince hommes honine pour
stre garde, commandés par un nommé Chavannes,
uel, & li Ogé eût tardé cinq oul fix minutes à fe préfenter
lendemain qu'il vint pour nous parler vers les huit heures,
ous étions hachés ampiroyablement tous les quatre fus par arrêté ce
ême Chavannes & fa fuite. Fnfin, d'eftlorfque je d'arriver de
ue j'appris de la bouche d'Ogé qu'il venoit
'rance; qu'il étoit commandant de Saint-Domingue; & qu'une s'il
évolte générale alloit avoir lieu dans la colonie, que
e s'étoit pas amuté à défarmer. les hommes des montagnes,
1 ville du Cap feroit à fa difpolition. Je lui fis rémarquer
ue ce qu'il avançoit étcit ridicule, puifqu'il fournilloit n'ignoroir dix mille pas
que la ville du- Cap au premier fignal
Vousi
lommes fous les armes; il me répondit à cela:
ignorez
quelles fonr nos rellources; vous ignorezqu'en France, conme
ci, nous avons la protechon des hommes qui ont du pouvorr:
. les hommes des montagnes,
1 ville du Cap feroit à fa difpolition. Je lui fis rémarquer
ue ce qu'il avançoit étcit ridicule, puifqu'il fournilloit n'ignoroir dix mille pas
que la ville du- Cap au premier fignal
Vousi
lommes fous les armes; il me répondit à cela:
ignorez
quelles fonr nos rellources; vous ignorezqu'en France, conme
ci, nous avons la protechon des hommes qui ont du pouvorr: --- Page 260 ---
eeux qui ont de la prépondérance dans l'Afemblée
nous fonr enrièrement dévoués, & je n'hélite nationa à vot
nommer Lafayette, Barnave, Lameth, Briffor,, pas Clavier
Grégoire, & bien d'autres dont je ne me
l
noms : il m'affira que fi leurs forces jointes rappelle à celles pas
avoit déja ramallées erelentinfuifanses, il en auroit bient qu
d'autfess qu'il alloit avoir à fa difpofition deux
des troupes de débarquement; & ila ajouta enfuite que frégates fic
troupes encore étoient infuffifantes, il feroit foulever 1
atcliers. Je luirepréfentai que cette mefure n'étoit
eux fans inconvénient; qu'ils n'ignoroient pas la
pou im
placable
RdmAl
que leur portoient les negres, &que s'ils les faifoier
foulever, tôt ou tardilsen
maffacrés
il convint de cette vérité; fauionrimpitorNiemont: mais n'en perfifta pas moins dar
la fon conférence projet, Loriqueje fusau presbytère, & que je me, rappel
de
que j'avois eue avec lui,je priai un des
garde de le engager àsy traniporter;. il étoir alors homme
le moment d'après il arriva elcorté de douze hommes; au bourg nou
entrâmes lun & l'autre dans la chambre du curé, & nou
reprimes la converfation que j'avois eue avec lui chez
citoyen Laroque, Je fis de nouveaux efforts pour
de continuer ce qu'il avoit entrepris; je le trouvai l'empèche incertain
itréfolu: de fa
ayant gardé un moment le filence, il tira une lettr
poche, me la donna, & m'invita à la lire. Cette
étoit une lettre de l'affemblée provinciale du
Jettr
la municipalité de la Grande-Rivière, qui renfermoir Cap, écrite
près ceci: Ogé vient d'arrivèr de France, fes
a-peu
tructeurs ne font que trop connus ; je, vous inyite deffeirs à def
toites les précautions néceffaires pour s'afurer de
prendr
Après avoir lu fa lettre, je Ja lui remis; 3 i me Ja dit parfonne en la
recevant : Vous voyez bien qu'il ne me refte
rien
ménager. Je Ni demandai s'il comptoir nous tenir plus
prifonniers; il nous répondit demain matin à long-temp
vous faurez ma réponte : à huit heures précifes huir il fe heure rendi
cfodtivement; il nous déclara que nous étions
nous offrit mêmé des paffe-ports &c une
libres; 2
ious refufàmes. Avant de quitter le presbyrère, cfcotte, ce que
une montagne, T'habitude que jai de voir des qui eft fus
ft diftinguer très-clairement 250 hommes à cheval troupes, fur deux me
rangs, qu'il fi: défilcr par la droitc. Je me rendis chez la
fe heure rendi
cfodtivement; il nous déclara que nous étions
nous offrit mêmé des paffe-ports &c une
libres; 2
ious refufàmes. Avant de quitter le presbyrère, cfcotte, ce que
une montagne, T'habitude que jai de voir des qui eft fus
ft diftinguer très-clairement 250 hommes à cheval troupes, fur deux me
rangs, qu'il fi: défilcr par la droitc. Je me rendis chez la --- Page 261 ---
ren"Laroque. Ce fur là 255 ou
t rendu la liberté, c'eft
j'appris que f l'on nous
é avec fon efcorte fur RU cette nuit même Ogé s'étoit
quée , qu'il en aveit été paroifle repoulle de Doudon, l'avoit
pmmes quis'y trouvérent, & la
par une vingraine
les commandoit: fans cela nous préfence aurions d'elprit de celui
hiers pendant
été retenus priS ai dit, citoyens, très-long-temps, la bande comme bien d'autres. Je
mnême, s'eft portée Rte Ihabiration d'Ogé, da
&c non Ogé
Chavannes a tué le citoyen Sicard,; ciroyen Sicard;
haifon; que la troupe d'Ogé a ravi qu'il a volé, pillé
tions les hefliaux, & tué
dans toutes les haevé les nègres: c'eft ce leshommes, dont
enlevé les vivres,
convaincre par la lecture du vous avez eu la facilité de
, frère d'Ogé.
teftamengde mort de Jaquot
remière e ciroyen fois Sonthonax a pris une note fur ce
j'ai dit
onnellement je que n'avois j'ai parlé d'Ogé lorfque Aue dit
ner. macière à
point à nie en plaindre.
augmenter fa
FeLARE
que j'ai dit : Ogé traita mes noté, je m'en vais détailler
ne tcoup de plus durement que moi. compagnons Je ne le
d'infortune
nom; je n'érois
connu connoifoispas
s fimes au presbyrère, # me plus dit Vous de lui. Lorfque
gue route : fi vous avez befoin : de
avez fair une
lez; ; on va vous les doriner rout-de-fuire: rafraichillemens 2
avois point à me plaindre de lui; mais Certainement
ns vrai qu'il étoit à la tête d'une
iln'en de
eltpas
en eft pas moins vrai que le
troupe
brigands ;
n la Roque, nous vimes plulieurs lendenin, chez le ciarant & gémiffant 3 elles
femmes de mulâtres
leurs mulèts. Nous les enrendimes avoient avec elles leurs baufs
jent à prix fi ellesne fe méloient dire que leurs têtes
qu'elles alloient paffer chez
pas au rallemblerment
ent effectivement. Lorfque TE/pagnol; j'eus quitté plufieurs
Pyen la Roque, je me rendis
M
au
RRur
on de ce qui m'étoir arrivé au Cap 5 je fis une déclarendis-enfuite avec mon
citoyen à Vincent, & je
it celle du Gros-Morne. En collègue notre paroiffe qui
res les municipalités l'éveil de paffant, fe tenir nous fur donnames à
june révolte étoit organifée dans toute la colonie. leurs gardes;
Nous
agnol; j'eus quitté plufieurs
Pyen la Roque, je me rendis
M
au
RRur
on de ce qui m'étoir arrivé au Cap 5 je fis une déclarendis-enfuite avec mon
citoyen à Vincent, & je
it celle du Gros-Morne. En collègue notre paroiffe qui
res les municipalités l'éveil de paffant, fe tenir nous fur donnames à
june révolte étoit organifée dans toute la colonie. leurs gardes;
Nous --- Page 262 ---
arrivames à notre paroifle dans la nuit ; je convoquai
confcil-général de la commune; je dépofai ce qui in'ét
arrivé, etje pris, comme j'étois dis-je, commandanr-penéral des mefures fi promp
notre dépendance, je pris les >
d'Ogé.
que je fis échouer tous
projets Vemeuil relativement
Page : Ce qu'a dit le citoyen faifoit aux hommes de couleur d
Ogé et aux menaces fe joindre qu'il à fa troupe 2, coincide parfai
ne vouloient la pas déclaration dont je vous aicdonnéledure hie
ment déclaration avec faite par le citoyen Lègros i procureur de
de Valière. La révolte d'Ogé Saine-Doming
commune
à ce qui fe. palfoit en France a h mè
avoit rapport Pendant qu'Ogé révoltoit les hommes de coul
époque. dans sle quartier di Dondon & les quartiers voifins, B
& Lamech
en France les Ss memb
nave
de perfécuroient Saine-Marc; Barnave" & Lameth faifoi
de l'affemblée al'aflemblée conftituante de.difgotuentoistr-dd
prendre confignées dans le décret du 12 oétobre, difpolitions de difcord
portoient en elles-mèmes du décret un nouveau du 12 octobre germe dont ia co
Page fair ledture
fuit:
Du 12' Oétobre 1790.
Décret qui annulle les attes émanés de P'affemblée à la géné
de Saint-Domingue les déclare attentacoires
fou
raineté harionale & à la puif-nce légiflative 3 et pour
de rétablir le calme dans cette colonie.
aux moyens
nationales oui le rapport de fon con
< colonies L'aflemblée fur la fituation de Saint-Domingue etles
des
ont lieu
nemens qui y
1a
conftitutionnels ont
>> Confidérant T'exécution que de principes fes décrets a été fufpendue
violés, que
a été troublée par les actes
que la tranquillité générale publique féante à Saini-Marc, et que cette
laffemblée
& juftoment encouru fa diffolutic
icmblée a provoquée Taflemblée nationale a promis aux
> Confidérant que prochain des lois les plus
lonies Yétabliffement
calmer
a, pour
LI2R
affurerleur profpérites qu'clie
décrets a été fufpendue
violés, que
a été troublée par les actes
que la tranquillité générale publique féante à Saini-Marc, et que cette
laffemblée
& juftoment encouru fa diffolutic
icmblée a provoquée Taflemblée nationale a promis aux
> Confidérant que prochain des lois les plus
lonies Yétabliffement
calmer
a, pour
LI2R
affurerleur profpérites qu'clie --- Page 263 ---
annoncé d'avance l'intention d'entendre leurs vaeux fur toutes
les modifications qui pourroient être propoféesaux) lois prohibitives du commerce, & la ferme volenté d'établir comme lois
article confticutionnel dansleur organifation, qu'aucumes les colofur l'état des perfonnes ne feront décrétées formelle pour de leurs afnies que fur la demande précife et
femblées coloniales;
la
>) Qu'il eft preffant de réalifer ces difpofitions des décrets pour des
colonie de Saint-Domingue par les l'exécution mefures néceffaires pour e
8 &28 mars > & en prenant
- :
y maintenir l'ordre public et la tranquillité
émanés
>> Déclaré les prétendus décrets et autres actes , d'afde l'allemblée conftituée à Saint-Marc fous le titre
femblée générale de la partie françaife de Sainte-Domingue, léatten:atoires à la fouveraineté nationale età la puilfance
giflative, nuls & incapables de recevoir aucune exécution;
de fes
et tous
>> Déclare ladite aflemblée déchue
pouvoirs, à l'aflemfes membres dépouillés du caraétère de députés
blée coloniale de Saint-Domingue;
du Nord, les ci-
>> Déclare que l'aflemblée provinciale
toyens de la ville du Cap, ceux de la Croix-des-Bouquets
font reftées inviolablement
et de toutes les paroilles qui
attachées aux décrers de l'allemblée nationale > les troupes
patrioriques du Cap, les volontaires de Saint-Marc, ceux
du Porrau-Prince, & les autres citoyens de cette ville qui
ont agi dans les mêmes principes, ont rempli généralement &
tous les devoirs attachés au titre de citoyen français,
feront remerciés, au nom de la nation, par T'affemblée nationale;
-
des
>3 Déclare que M. de Peynier , gouverneur général
du
& du Port-auIfles -fous -le - Vent, les régimens Cap militaires de tout
Prince, le corps royal d'artillerie &c autres
grade qui ont fervi fidèlement fous fes ordres, et notamment les fieurs de Vincent & Mauduit ont rempli glorieufement les devoirs attachés à leurs fondtions;
>> Décrète que le roi fera prié de donner des ordrespour
les décrets & inftructions des 8 & 28 mars derniers
que reçoivent leur exécution dans la colonie de Saint-Domingue;
qu'en
il fera inceffamment procédé, fi fait
a'a été, AREAA à la
d'une nouvelle aflemblée coloniale,
èlement fous fes ordres, et notamment les fieurs de Vincent & Mauduit ont rempli glorieufement les devoirs attachés à leurs fondtions;
>> Décrète que le roi fera prié de donner des ordrespour
les décrets & inftructions des 8 & 28 mars derniers
que reçoivent leur exécution dans la colonie de Saint-Domingue;
qu'en
il fera inceffamment procédé, fi fait
a'a été, AREAA à la
d'une nouvelle aflemblée coloniale, --- Page 264 ---
L
fuivaht les règles prefcrires par lefdits décret 8intrudion,
auxquelles ladite nouvelle allemblée fera tenue de fe conformer ponétuellement toutes ; les lois établies continueront d'être
exécutées s Décrête dâns que la colonie de Saine-Domingee , jufqu'à ce
quilenair été fubftitué de nouvelles , en oblervantla marche
prefcrite par lefdits décrets;
&
35 Décrète néanmoins que provifeirement tribunaux t, jufqu'ace dans laqu'il ait été ftatué fur Torgamifarion des
fera maintenu
*dite colonie, le confeil fupérieur du Cap
les
dans la forme en laquelle ila été établi, et que
jugemens rendus pàr ledit confeil depuis sle IO janvier ne pourront ètre attaqués à raifon de l'illégalité du affurer tribunal; la tran33 Décrète que le roi fera prié,
vaifleaux de ligne
de la colonie, d'y envoyer
Eoer
quilité & un nombre de frégares proportiomné, et de porter au
complet les régimens du Cap & du Port au-Prince; ci-devant
les membres de la
3> Décrète, en outre, que
& les autres peraffemblée générale de Saint-Domingue; nationale
le
fonnes mandées sà la fuite de l'affemblée
par
déctét du 20 feptembre 1 demeureron: dans le même érnt,
jufqu'à ce qu'il ait été uitérieurement ftatué à leur égard >, le
Voilà - une difpolition qui devoit nécellairement porter "les mudéfordre dans la colonie, parce qu'à- cette époque le
nicipalités étoient organilées autant qu'avoit de la colonie pu
pér- 3 a
mettre le defpotilme du gouvernement de la France étant nturalifée
cette époque, la régénération
efforts du
à Saint-Domingue., autant que les
defpotifine
avoient pu le
cette difpofition de la loi devoit
diffolution de l'ordre exifant &
amener naturellement Nemeri
réle retour de l'ancien régime; il devoit néceliairemerit
fulter de ces difpolitions une lutte entre le gouvernement &
qui parloit au nom de la loi, & les corps devoient populaires
les colons patriores & révolttionnaires qui
antérieu- s'sp:
puyer fur la volonté de l'atiemblée conftituante à >
rement exprimée, de naturalifer la révolution Saint-Do- étamingue. Décrétez, difoit Barave, que toutes les lois
bliesà Saint-Domingue continueront d'exifterjufqu'a ce qu'il
en ait été fait de nouvelles; caflez teus actes delallemblée -
de Saint-Mare.
Les
ient populaires
les colons patriores & révolttionnaires qui
antérieu- s'sp:
puyer fur la volonté de l'atiemblée conftituante à >
rement exprimée, de naturalifer la révolution Saint-Do- étamingue. Décrétez, difoit Barave, que toutes les lois
bliesà Saint-Domingue continueront d'exifterjufqu'a ce qu'il
en ait été fait de nouvelles; caflez teus actes delallemblée -
de Saint-Mare.
Les --- Page 265 ---
Les corps populaires n'exiftoient à Saint-Domingue qu'en
vertu de Texiftence del'aflemblée de Saint-Marc ; fi les actes
de cette aflemblée font caffés, les corps populaires qui y
leur fource doivent être caffés: or, fi les CO ps populaites prennent font caflés, cesaétes étant frappés de nullité, vous
voyez naturellement le retour à T'ancien, régime. Ilyavoit
encore dans ce' décret une difpoli ion perfide dont je vais
vous donner leéture.
Il lit:
Décret du I2 Odobre 1790.
rt Décrète que toutes les lois érablies continueront d'èrre
>> exécutées dans la colonie de Saint-Domingue jufqu'a ce
> qu'il en ait été fubftitué de nouvelles , en-oblervantla
>> marche preferite par lefdits décrets >,
la
Ou Barnave connoiffoit, ou il ne connoiffoit pas
fomme de calpabilité, la fomme des reproches qu'il avoit
à faire à l'allemblée de Sainr-Marc. Lorfque Earnave a
préfenté à Taflemblée conftituanie le décret qui a caifel'asfemblée de Saint-Marc &cimprouvé fes actes, il devoirnéceflairement avoir pris connciffance de ces adtes; & alors
il étoit néceffairement en mefure de juger de la fomme des
reproches > de ja fomme de criminalité de chacun des smembres qui compofoient l'aflembiée générale de Saint-Marc;
mais ce n'étoient pas des principes de juftice qui déterminoient Barnave. Barnave difoir:Vcila 8; hommes qui tant
de fois ont obrenu la confiance de lcurs concitoyens 3 voilà
hommes énergiqnes (car il falloit avoir de l'énergie &
S I'attachement à la France pour être venu dè Saint-Domingue dénoncer le gouvernenient confrirateur), voila 8;
hommes qui, depuis qu'ils font enl France, connoiflent
notre plan, nos intrigues : s'ils retournent à Saint-Domingue, ils feront encore élusà l'affemblée coloniale dont nous
avons décrété la formation, & alors le syltème de difiolution que nous avons organifé pour les colonies, va s'écrouler devant'latrivée de ces horimcs dans les colonies.
Vous. voyez donc que tous ces actes, tous iont abfolument
Tefiet d'une grande jntrigue, d'une intrigue profondément
combinée contre les' colonies.
S
Tome I. Huizizmelivrafon.
-Domingue, ils feront encore élusà l'affemblée coloniale dont nous
avons décrété la formation, & alors le syltème de difiolution que nous avons organifé pour les colonies, va s'écrouler devant'latrivée de ces horimcs dans les colonies.
Vous. voyez donc que tous ces actes, tous iont abfolument
Tefiet d'une grande jntrigue, d'une intrigue profondément
combinée contre les' colonies.
S
Tome I. Huizizmelivrafon. --- Page 266 ---
-
de feire une obfervation échappée
Millet : Permette-moi obfervarion bien importante pour
à mon collegue la Page, du décret que Barnave fit rendre
faire connoitre oétobre, perfidic Dans ce décret fe trouvoit le germe
lui feul le I2
de Saint-Domingue : c'eft que Barnave
de la deftruction le décret & le rapport ne feroient pas
fit décréter que
difcutés. Ainfi, d'une part, dans le décret du 12 oétobre, France;
Page:
decolonsdévonessla
Barnave immole une affemblée les actes de cette affembléc
d'une autre part, fon il tronque accufation; d'une autre part encore >
fur lefquels repole remerciemensau: gouvernement confpirateur;
il fait voterdes
il
dans les deux difpofitions
d'une autre part > préparcic de nouveaux germes de difputes
que je viens de vous lire, les colonies. Ce décret fut rendu à-
& de diffentions dans
confpirant à Saintpeu-près dans le mème temps qu'Ogé; &c les efclaves. A cette
révoltoit les nègres
Domingue, , y devoient fe former de nouvelles aflembices
époque encore
affemblée coloniale daprès
primaires pour élire une Barnave nouvelle ne pouyoir pas ignorer que
le décret, parce que
à Saint-Domingue, nécelliteroit
tôtou tard le décret, envoyé
général uneaffémles colons à demander au gouvernement d'empécher la compolition
blée coloniale : le feul moyen c'étoit larévolte; Ogé en étoit
de cette allemblée coloniale,
FinArument:
lorfque l'affembléc de Saint-Marc voulut
C'eft ainfi que,
raffemblement à Plallac 5 ceft ainfi
fe former, il y eut. un
Tallemblée provinciale du
lorfqu'on voulut comprimer d'hommes de couleur
a cn forma encore une ainfi révolte lortque. T'on convoqua
dans cette partie 3 c'eft
que, une "révohe éclata dans ha
l'allemblée gémérale Sonthonax à Léogane, vous a dir qu'a lépoque oà
province da Nord. fut
dans la colonie, il'fe fit de
le décret du 15 mai
porté dans la ville du Cap. Ce moutrcs-grands meuvemens
eut lieu , non-feulement dans
vement & le mécontentement mais dans toute la colonie; 8c perfome
la ville du Cap,
d'un parcil acte. Chacun dut né-
"ne fe ditlimula la calculer perfidie les cfets, parce que S Yarticle IV
cellairement en mars' avoit iis en oppelition Jes hommes
du décret du 2S
le décrot du'ts mai devoit mettre
de couleur & les blancs,
la ville du Cap. Ce moutrcs-grands meuvemens
eut lieu , non-feulement dans
vement & le mécontentement mais dans toute la colonie; 8c perfome
la ville du Cap,
d'un parcil acte. Chacun dut né-
"ne fe ditlimula la calculer perfidie les cfets, parce que S Yarticle IV
cellairement en mars' avoit iis en oppelition Jes hommes
du décret du 2S
le décrot du'ts mai devoit mettre
de couleur & les blancs, --- Page 267 ---
en oppofition les hommes de couleur entre eux
ce décret ne portoit que fur le vingtième des > parce que
couleur. A Saint-Domingue, il y a très-peu d'hommes hommes de
couleur mariés; on ne trouva
le calcul de
en fut fait, que quatre ou cinq nlors, cents d'aprés qui euffent
qui
fiter de la loi : on crut donc qu'au nouveau
pu de
corde
le décret
moyen
FOue
du 'que
du 8 mars avoit placé dans les mains
gouvernement, laflemblée conftituante veuoit encore
d'ajouter le décrer du I5 mai. Le méconteatement
pira cet acte fut encore mo ivé fur la conduite qu'infBlanchelande. Blanchelande fe retira dans la ville que tint
je conviens qu'alors la ville du Cap étoit
du Cap:
primée
une affemblée provinciale gui opprimée n
> corale fens Ker la révolution. Cetre aflemblée 'étoit pas dans
celle-là même qui requit le commandant de la provinciale eft
Nord de fnarcher contre la ville de
province du
diffoudre T'affemblée générale.
Saint-Marc, & de
connoillance
Blanchelande, à la première
qu'il eut du décret du I5 mai, fe
au minifre, de lui annoncer que ce décret étoit hâta infiniment d'écrire
perfide qu'il devoit preduire des effets
rendir à lettre publique. Les motifs
défafkreux, & il
néceffairement
qu'il donnoit, devoienc.
frapper
tous les efprits. Je crois bien
Elnschelande, ayant cette opinion du
que
de meilleures vues que ceux
décret, n'avoit pas
dis ceux qui l'ont fait rendre, qail'ont fair rendre : quand je qui, dévorés de l'amour de la je ne confonds' - pas ici ceux
la
liberré, de Thumanité, de
philofophie, ne connoiffant pas les
vu tout le mal que ce décret pourroit localités, faire; n'ont pas
ceux qui Ont, provoqué ces décrets, quiles ont je fait parle de
Sonthonax vous a dit que le mécontentement
émettre.
aux colons le décret du 15 mai, les avoit qu'avoit caufé.
thonax n'a pas dit vrai. Les colons defiroient foulevés; Sontemps fe réunir en affemblées primaires,
depuis longaffemblée coloniale; & des le moment pour le former une
I2 octobre fut connu des colons, alors chacun que de décret du
éroient artachés à la France fentit la néceflité de ceux qui
aflemblées primaires; mais Blanchelande & fes former ces
s'oppofoiene toujours à cette réunion. Il eft
complices
décret du I5 mai ait pu décider
poflible
le
fe réunir en alemblées
quelque part les
à
Rndom
primaircs; & ce qu'il y a de trèsS2
octobre fut connu des colons, alors chacun que de décret du
éroient artachés à la France fentit la néceflité de ceux qui
aflemblées primaires; mais Blanchelande & fes former ces
s'oppofoiene toujours à cette réunion. Il eft
complices
décret du I5 mai ait pu décider
poflible
le
fe réunir en alemblées
quelque part les
à
Rndom
primaircs; & ce qu'il y a de trèsS2 --- Page 268 ---
sûr, c'eft que Blanchelande - , qui les avoit affemblècs jufqu'alors
écartées, les provoqua à cette époque. Lgs leur
fe
atitor
maires & Taflenblée le6 genérale août : le lieu formèrent; n'étoit pas convenable
eut lieu à déliberations; Leogane, mais la décret du 12 octobre avoit
pour défigné les le lieu ou l'on devoit fe réunir, & Ce fat là oà on
délibéra. Ce n'eft point ici le cas de vous parler des actes de cetté
affemblée, qui prouvent fon dévouement à la Frances
mais fon premier acte fut de déclarer qu'cile fous faifoit fa
&
ENE
integranre de la France,
qu'elle prenoit de la France. Certes,
garde toutes les créances du commerce d'une affen:blée qui vouloit
ce n'étoit pas là les difpolitions Dès les
inftans de la
fe féparer de la France,
Blanchelaude premicrs
qu'il
réunion de cette affemblée, l'infuence dont s'arperçat il sétoit flatté.
n'auroit pas fur elle toute enfaite dans la ville du Cap. Il fit
Cette aflemblée revint fait dans LLa autre. temps à Plaffac,
alors ce que avoit Peynieraveit fait dans ia province du Nord. Alors comce qu'Osé Yincendie de ia province du Nord & la révolte.
mença
membres de Talfemblee générale ne s'échappèrent
Quelques pcine, ily en eut même d'allailinés. Alors on s'apqu'avec
les révoltos cn vouloient poricilitrement a
perçut que. avoient apparrenu aux corps populnires & à l'afeeux qui
Le premier aête de cette ailemblée fut
femblée générale, des homnes de couleur. Sonthonax a
encore de s'occuper affemblée du Cap étoit inconfticudit d'abord il que impor.e cette beaucoup de relever cettei inculpation,
tionnelle: d'arriver aux actes relatifs aux hommés de couleur.
avant
coleniale, réunie au Cap, ne pouvoit être
L'affemblée incon.latudionnelle. Il a motivé fon opinion fur ce que cette
alfemblée n'avoit pas dans fon fcin des hommes de couleur.
c'eft
que les hommes de couleur
Sonchoras : Non, été admis dans parce les affemblées primaires qui
n'avoient pas
T'avoient formée.
a dit donc que ceite affemblée n'étoit
Page : Sonthonas
les hommes de couleur
conftitutionnelle. parce que
pas
pas concouru aux aflemblées ptimaires quil'avoient
navoient formée; mais vous avez vu que l'article IV des inftructions
n'avoit pas dans fon fcin des hommes de couleur.
c'eft
que les hommes de couleur
Sonchoras : Non, été admis dans parce les affemblées primaires qui
n'avoient pas
T'avoient formée.
a dit donc que ceite affemblée n'étoit
Page : Sonthonas
les hommes de couleur
conftitutionnelle. parce que
pas
pas concouru aux aflemblées ptimaires quil'avoient
navoient formée; mais vous avez vu que l'article IV des inftructions --- Page 269 ---
du 28 mars n'écit
26;
vous avez vu que le pas décrer applicable du
aux hommes de couleur;
deuxième affemblée coloniale 12 oétobre ordonnoit
erremens du décret du 8 & des feroit inftructions formée. DENE les
1790, cette alfembiée n'étoit
du 28 mars
qu'elle n'avoit
pas inconlinutionnelle
femblée
pas d'hommes de couleur > puifque
par fon
PIGe
conftinanre,
encore aux difpofitions de
décret du 15 mai, a ajouré
28 mars. Sonthennx
l'article IV des inftructions du
mencèrent les fulillades a dit dans encore la ville qu'à cette époque comhommes de couleur. Il eft vrai
du Cap envers les
de couleur furent fufillés dans que la ville le 25 août, des hommes
dit qu'on les avoit attachés fur des du Cap: Il vous a
filer' plus à fon aife. Je penfe
échelles pour les fuaflertion la valeur qu'elle doit que vouS donnerez à cette
une lutte, on ne prend
de avoir. Dans une rixe, dans
événement fut amené le 25 pas 2oût, pareilles précautions. Cet
14 aoft de l'année fuivante.
comme il fut amené le
Verneuil : Coime celui du 2 décembre
fait Pag:: : Sonthonax ne vous a pas dit
1792.
tout ce qu'elle avoit pu pour arrêter que les lallemblée fuites avoit
érenenent, & même pour le prévenir. Le
de cet
confpirateur qui devoient qui vouloit empécher la réunion gouvernement des
dis-je,
compofer T'aflemblée 5 le
hommes
qui aveit fait naitre la révolte & gouvernement, >
campagne, fit naitre encore des craintes fur l'incendic dans la
fémina couleur qui fe trouvoient dans la ville du les hommes de
des agitareurs qui
Cap. Il dif--
hommes de couleur étoient perfuadèrent au peuple que les
révoltés. Je ne fais combien en corre/pondance avec les
tués à cette époque; je crois d'hemmes le
de couleur furent
ou cinq.
que
nombre fut de quatre
Ferneuil: : Cinq.
Page: Du momént où l'afferablée fut inftruite
événement, elle mit les elle prit des mefures
en arrêter les de cet
hommes de couleur
fuites;
Rous en
fa
Eur
trouvons le preuve dans fon arrêté fauve-garde, de ce
> &
(Il le lit.)
jour.
S 3
à cette époque; je crois d'hemmes le
de couleur furent
ou cinq.
que
nombre fut de quatre
Ferneuil: : Cinq.
Page: Du momént où l'afferablée fut inftruite
événement, elle mit les elle prit des mefures
en arrêter les de cet
hommes de couleur
fuites;
Rous en
fa
Eur
trouvons le preuve dans fon arrêté fauve-garde, de ce
> &
(Il le lit.)
jour.
S 3 --- Page 270 ---
coloniale fur la fufllade desgens de
Arrêté de T'affemblée couleur, du . 28 aoit 1792.
inftruite
grand nour bre de gens
c L'affemblée, de fe retirer qu'tin. dans la falle de Tauditoire
de couleur venoient
& demandoient un afyle de
de la fénéchauliée du Cap,
fureté;
les mulâtrés &c gens de couleur qui
33 Confidérant que dans la ville du Cap, ont témoigné Jeurs
font actuellement
de donner les mains à la iévolre,
ctaintes d'être foupçonnés de leur innocence;
& proteftent au contraire eft néceflaire d'accorder protedion &
s> Confidérant qu'it fe contiennent dans les bornes de leurs
faveur à ceux qui doit faire juftice févère & rigoureule
devoirs, ainfi qu'on
de ceux qui s'en écartent :
les hommes de couleur
>> A arrêté &c arrête que tous fe retirer dans T'églife des
libres, qui le defireront, Urfclines pourront du Cap ; qu'ils y feront fous la
dames religieufes
,, pour leur propre
fauve-garde de Snint-Domingue
ladite églife, pour
une
fureré, il fera établi
garde à TEns l'abri des coups qu'ils
mettre ceux qui s'y rerireront là, ils recevront de leurs familles
peuvent redouter 5
defireront : ledit afyle ne pouvant
tous les fecours
mais aucunement comme un lieu d'arreltation,
être regardé
fauve - garde qu'ils ont réclamé euxbien comme une
mêmes.>
Une obfervation, citoyens : le citoyen Page
Verneuil.:,
les hommes de couleur d'avoir
vous a dit qu'on a foupconné 'Ces
éroient fondés fur ce
pris part àla révolte.
foupçons on les voyoit à la tête;
que, dans tous les de ratlemblemens, cela favamment , parce que j'ai été
& je vous parle combattre, & que je n'ai pas été un feul
trois mois à les
du port Margot coinjour fans en voir trente ou quarante
mander les nègres.
lorique nous fimes ln fortie au
Duny : J'ajouterai que commandée par, Touzard, lieuLimbe, dans Texpédition du Cap,
hommes -
tenant-colonel du régiment
on quane-vingts leur ft grace 'alors.
de couleur mirent bas les armes; les
depuis eu
Ils partirent dans la nuit, & nous
reprines
détail, avec de nouvelles armes,
du port Margot coinjour fans en voir trente ou quarante
mander les nègres.
lorique nous fimes ln fortie au
Duny : J'ajouterai que commandée par, Touzard, lieuLimbe, dans Texpédition du Cap,
hommes -
tenant-colonel du régiment
on quane-vingts leur ft grace 'alors.
de couleur mirent bas les armes; les
depuis eu
Ils partirent dans la nuit, & nous
reprines
détail, avec de nouvelles armes, --- Page 271 ---
F'erneuil: Et los mulâtres étoient ceux qui, chaque jour,
venoient nous charger. Il eft bon que vous fachicz
nous n'étions que deux cent cinquante blancs, & nous que
avions quatre cent cinquante femmes, tant blanches que de
couleur', à garder; & il n'étoir
pollible que nous obtinflions un feul baril de farine Emt livrer un combat : &
quels étoient les hommes que nous avions à combattre ?
fept mille nègres. Cerrainement, le citoyen
quoique cela fe fort paffe avant fon arrivée, Sonthonax, a refté trop
long-temps dans la colonie, pour ne pas en avoir entendu
parler. Jofe croire qu'il ne me démentira pas: d'ailleurs,
s'il le faifoit, vingt mille perfonnes ici attefteroient cette
vérité.
Brulley : Aux obfervations faites Par mes collègues, j'ajouterai, que comme pendant quatre mois j'ai aufli combattu
les révolrés , j'ai été à portée de les voir de très-près, &c
de confidérer leurs chels;, j'attefte que les révoltés avoient
à leur tête des hommes de couleur : nous en avons tué
plufieurs qui ont été reconnus pour être du Dondon &c
de la Grande-Rivière. Et moi, j'ai envoyé deux hommes
de couleur prifonniers au Cap, auxquels j'ai fait fubir
interrogaroire : parmi eux > un nommé Raynal,
étoit
encore dans les prifons du Cap lorfque Polverel qui & Sonthonax'éroient au Cap 5 & cet homme étoit un hcmma
de couleur de la Grunde-Rivière, de la bande
a
d'Ogé,
conftamment refté avec les brigands, & a été leur 2Et
puté lorfqu'il y a eu des pour-parlers entre les brigands &
f'allemblée.
Duny : Ily étoit, ce Raynal, dans les prifons , avec derx
autres qui avoient infurgé les nègres au nom du roi &
du clergé, > lorique Polverel & Sonthonax, à l'époque de
l'incendie du Cap, ouvrirent les portes à fept cents criminels.
Sonsionax : Je réponds à tout ce que les cclons viennent
de dire, & notamment Duny > que c'eft lui & ics
dépottés à bord du vailfeau
& pareils,
ont
Sainz-Hionoré,
ouvert
Galbaed,
qui
les portes à ces prifonniers. Lesincendiziree
drCap font ici.
Mille: : Les voil),
Sonthorax : C'efvous."
S 4
rirent les portes à fept cents criminels.
Sonsionax : Je réponds à tout ce que les cclons viennent
de dire, & notamment Duny > que c'eft lui & ics
dépottés à bord du vailfeau
& pareils,
ont
Sainz-Hionoré,
ouvert
Galbaed,
qui
les portes à ces prifonniers. Lesincendiziree
drCap font ici.
Mille: : Les voil),
Sonthorax : C'efvous."
S 4 --- Page 272 ---
Plufeurs colons : C'eft vous. les hommes de couleur d'être les
Peg: : On foupconnoit révolre dans la vile du Cap, & de l'incenauteurs de la
Effcâtivement la fuite des débats
die de ja plaine voifine.
ce font les hommes de colivous donnéra connoillance la révolte que des nègres, que ce font
leur qui ont provoqué l'incendie de la province edu Nord;
eux qui ont provoqué les atrocités commifes à cette épovous faurez que toutes hommes de couleur. Vous nè ferezrlus
que ,l'ont été par les dans la ville du Cap le peuple seft
étonnés de voir. que
couleur, & en a fcfilie quelqeeslevé contre les hommes.de à cette époque.Je ele tire des Révouns. Voici ce quisrei pallé
ciroyen Sonthonax lui-mème,
lutions de Paris, rédigées parle
Sonthonax : Ce n'eft pas de moi.
Page: Vous êtes convenu l'avoir rédigé. dit
j'avois fourni
Sonzhonax : Jen'ai pas dit ccla; ; j'ai
que
quelques articles : quel eft le numéro?
Page : 125.
avoit trois mcis que je n'avois rien fournis
Sonthonax : Il y
de Paris.
& j'érois al lors à deuxcentsliéues
(Page lit UR arzicle.)
Révolutions de Paris, n. 125.
les blancs, & les vendent
res Les Efpagnols livres repouflent tètc... Les Efpagnols ont eu tort.
aux 'nègres 132
par foient les blancs, ils ne l'étoient
Tellemen: coupables que
& la cruaaté de ceux-ci n'eft
point envers les Efpagnels ,
colons ! vous qui
point rexcufable. Mais vous, impitoyables ont été vendus
frémifiez. en racontant que vos femblables
vous
de T'argent, quelle leçon pour vous ! pour
,
pour
trafic! Nous
t:
depuis deux fiècles, faites cêt abominable
I
enfin punis del laloi du talion.
fur la
Page : Le rédaéteur de cette note ne s'appelantit pas
cruauté des nègres: ceft fur la cruauté des chez Efpagnois. les
ceft
Chez les E(pagnols, c'eft barbarie 5
nègres, il
juftice. Vous allez voir, que, par une autre fubléquente,
dit encore plus,
t:
depuis deux fiècles, faites cêt abominable
I
enfin punis del laloi du talion.
fur la
Page : Le rédaéteur de cette note ne s'appelantit pas
cruauté des nègres: ceft fur la cruauté des chez Efpagnois. les
ceft
Chez les E(pagnols, c'eft barbarie 5
nègres, il
juftice. Vous allez voir, que, par une autre fubléquente,
dit encore plus, --- Page 273 ---
lt :
blancs entre deux
Ce
FEL s,
noirs fcient des
planches..
fait eft cruel; il fait foulever le ceeur, & nous avouons qu'il
eft d'une férocité inouie. L'hiftoite ne nous offre rien d'auffi
répugnant, licenet) la traite des noirs>,
Page : Je ne. fais aucune oblervation fur la valeur d'un
pareil livre 5 mais vous y voyez ce qui fe paffoit au Cap.
Effectivement les blancs y étoient fciés entre des planches,
des enfans étoient portés au bout des piques. Caudy > qui
fit depuis la fociété de Polvere! & Sonthonax, 3 arrachoit alors
avec des tire-bouchons les yeux aux viétimes qu'ils avoient
crucifiées à dés arbres : voilà un fait.
dans
Duny, : J'ajoure que trente-trois pères de famille, > pris
leurs habirations, > furent pendus vivans au même arbre au
carrefour Alguier, & vingedeux autres furent pendus vivans
à des crochets fichés à fept pieds de hauteur.
. Page : A cette même époque encore, j'ajouterai que trois
nègres, , commandeurs de T'habiration Charitte près le Cap,
qui n'avoient pas voulu révolter leurs ateliers, furent accrochés par-deilousle menton. Là ils ont péri. On doit juger
quels furent les tourmens d'une telle mort. I n'eft donc pas
étonnant qu'alors les blancs de la ville du Cap priffent du
mécontentemenr, & ne conçullent les plus grandes craintes
des hommes de couleur qni étoient parmi eux; il n'étoit
pas étonnant > dis-je., que les horreurs commiles par mais leurs il
camarades hors la ville, ne provoquafient une rixo:
eft reconnu que ce fut le Shvoentsurgeneralatile, provoquoit, en difperfant fes. agens parmi le peuple: ne croyant aufli
pas que T'aflemblée coloniale prendroir des mefures côté
promptes > aulli fages , autli févères pour contenir d'un
les mécontens, & de l'autre mettre en sûreté les hommes de couleur. L'affemblée coloniale ne s'en tint pas là. Dès
le 6 feptembre 1791, elle s'occupa des hommes de couleur;
elle forma un cemité chargé de lui préfenter un mode convenable pour amener le calme dans la colonie , & pour
donner aux hommes de couleur uin état politique. Le 20
feptembre 1791 fut lépoque od le comité fit fon
i
T'aflemblée coloniale étoit fort embarraffée : d'un.
>
IPESE
elle voyoir que la loi du I5 mai ne lui étoif pas envoyée
officiellement; & vous favez que, le premier février de la
couleur;
elle forma un cemité chargé de lui préfenter un mode convenable pour amener le calme dans la colonie , & pour
donner aux hommes de couleur uin état politique. Le 20
feptembre 1791 fut lépoque od le comité fit fon
i
T'aflemblée coloniale étoit fort embarraffée : d'un.
>
IPESE
elle voyoir que la loi du I5 mai ne lui étoif pas envoyée
officiellement; & vous favez que, le premier février de la --- Page 274 ---
I A
confituante avoit décrété cu'tumêmc année, l'affemblée avan:
eôt été notifiée ofcune loi ne feroiz exécutée
qu'clle
donc
faire
ficiellement : l'allemblée coloniale ne pouvoit
pas
exécuter la loi du I5 mai, peifqu'elle n'en avoit pas une
connoifiànce officielle. Lallemblée coloniale ne pouvoir metles arrètés
auroit portés fur l'état
tre en exécurion
qu'elle
le premier fépolitique des hommes de couleur, parce confiruante que
avoit dévrier de la même innée, > T'aflemblée coloniale fur l'organicrété qu'aucun arrêté de Taflemblée
dans
fation de la colonie ne pourroi: être exécuré civils. Je vais la-colo- lire la
nie avant l'arrivée des commiffaires tous les efforts de l'afdifpofition de cette loi qui a parulyfé
femblée coloniale en faveur des hommes de couleur.
Décret du premier février 1791.
avoir entendu fon comité
ce L'affemblée nationale, après
à afdes colonies, voulant réunir tous les moyens propres
furer la tranquilliré des solonies, : & preffer l'érablifiement de
des lois qui doivent les faire participer à la régénération
l'empire :
à ce but elle a annoncé
>> Confidérant que pour parvenir adreflé des infructions S, &
qu'il leur feroit inceffamment mefure d'un
de
qu'en failant précéder cette ceffer les troubles développement & de raffurer
puiffance capable de faire
confié les
dans
les bons citoyens elle en a
difpofitions
les Ifes-du-Vent, A des commiflaires nationaux > pour que
Yinfluence de la perfualion pât toujours accompagner l'ufage
del'autoriés
dans fes vues de faire concourir
>> Quilencre fpécialement dans les autres colonies, & notamment
les mêmes mefures
ou, après avoir anéanti des
dans celle de Saint-Domingne, des moyens de (évérité pour
actes
&c employé
$3
illezaux
ileeft conforme à fes principes
maintenir Yantorité les deglois, faire celfer les divificns, conde vouloir calmer efprits,
defirent
duire paif@iblemen: à un voeu commun tous ceux qui
le bien public, décrète ce qei fuit:
A R T I C L E D R E M I L R.
dans la colonie de Saint-Do53 Le roifera pris d'envoyer
vérité pour
actes
&c employé
$3
illezaux
ileeft conforme à fes principes
maintenir Yantorité les deglois, faire celfer les divificns, conde vouloir calmer efprits,
defirent
duire paif@iblemen: à un voeu commun tous ceux qui
le bien public, décrète ce qei fuit:
A R T I C L E D R E M I L R.
dans la colonie de Saint-Do53 Le roifera pris d'envoyer --- Page 275 ---
ngue trois commiffaires civils, chargés d'y maintenir lor-
& la tranquillité publique 3 à l'effet de quoi il leur
a donné tous pouvoirs à ce néceffaires, même celui de
les
des afpendre 3 s'ils le jugent convenable,
jugemens
res criminelles qui avoient été intentés à raifon des
ubles qui ont eu lieu dans cette colonie > ainfi quel'exés
tion de ceux defdits jugemens qui auroient pu être
hdus.
II.
>> L'affemblée coloniale qui a dû être formée en exécution
décret du 12 octobre dernier, ne pourra mettre à exécution aucun de fes arrêtés fur l'organifation des colonies,
ant l'arrivée des inftructions qui lui feront inceffamment
rellèes.
I I I.
>> Le roi fera également prié d'envoyer dans la colonie
la Cayenne & la Guyane françaife deux commiffaires civils,
ur y exercer les fonétions & les pouvoirs délégués par le
cret du 29 novembre dernier aux commiffaires deftinés
ur les Ifles-du-Vent 33.
(IL lit P'article II.)
Cet article étoit donc relatif à l'affemblée coloniale qui
geoitau Cap. Illui sotal@olamenopoiclie, &c par cette
pofition l'affemblée conftituante défendoir à cette affemée d'exécuter aucun arrêté furles coloniesavant 1 Farrivée des
Aruétions qui devoient lui être adreflées. Ces infructions
arrivèrentque très-long-temps après, &c à-peu-près at temps
l'on connut à Sainr-Domingue le décret du 24 feptembre.
infi donc l'affemblée coloniale fe trouvoir dans une fituabn extrêmement critique. D'un cdré elle ne pouvoit pas
ire exécuter à Saint-Domingue le déctrt du 15 mai 3
e ce décret ne lui étoit
notifé officiellement 5 de
treut
pas
e côté, elle ne pouvoit pas prendre des mefures par elleême, parce qu'elle ne pouvoit pas les faire exécuter. L'afmble coloniale prit alors l'arrèté du 20 feprémbre 1791.
(Ille lit.)
abn extrêmement critique. D'un cdré elle ne pouvoit pas
ire exécuter à Saint-Domingue le déctrt du 15 mai 3
e ce décret ne lui étoit
notifé officiellement 5 de
treut
pas
e côté, elle ne pouvoit pas prendre des mefures par elleême, parce qu'elle ne pouvoit pas les faire exécuter. L'afmble coloniale prit alors l'arrèté du 20 feprémbre 1791.
(Ille lit.) --- Page 276 ---
de Saint-Domingue 3 du 2
Arrêté de T'aflfemblée générale
Jeptembre 1791 I.
de la
françaife de Sain
Cc
L'affemblée générale
partie
féances
Domingue, après avoir délibéré pendant quatre
a arrèté & arrète: :
A R T I C I E P R E M I E R.
à l'exécution de la loi d
.33 Qu'elle ne s'oppofera les hommes point de couleur libres, lorfqu'el
15 mai concernant
fera connue officiellement.
I I.
voulant donner aux hommes de couleur libres
nés > de Déclareque père & mère non libres, , & qui ne participent pa
au bénéfice de la, loi du 14 mai > une preuve non équivoqt
de la bienveillance qu'ils ont méritée par leur emprellemer
à défendre la caufe
elle fe propoleprontfeirenen
de M.
lieutenant au gouvernemer
avec T'approbation
EN
avec Tapprobation de lallemblé
général, &c définitivement fanétion du
d'améliorer leur état auff
nationale, & la
voi,
intention
tôt après la promulgation arrêtés de ladite de & loi', 6 & 14 de çe qu'elle mois.
déja manifeftée par fes
III
dénonc
>> Déclare en outre l'affemblée traitres générale à la qu'elle à la loi C
à la nation françaife de , comme couleur libres > qui sra auili
après
au rois, les hommes
arrèté, ne voleront pas à la dé
promulgation du préfent
&
>
tenfe de Saint-Domingue en danger
qui, voudroient tranquille jul
fpectateurs de l'incendie & des allallinats,
de l'aflein
tifier leur inaétion par le doute fur les intentions
blée généraie >2.
coloniale fit alors tout ce qui lui étoi
Ainfi l'aflemblée elle déclara que le décret du 15: ma
politible de faire:
, dès qu'il y feroit arriv
feroit exécuté à Saint-Domingue coloniale avoit bien fenti &
eliciellement. L'aflemblée
ient tranquille jul
fpectateurs de l'incendie & des allallinats,
de l'aflein
tifier leur inaétion par le doute fur les intentions
blée généraie >2.
coloniale fit alors tout ce qui lui étoi
Ainfi l'aflemblée elle déclara que le décret du 15: ma
politible de faire:
, dès qu'il y feroit arriv
feroit exécuté à Saint-Domingue coloniale avoit bien fenti &
eliciellement. L'aflemblée --- Page 277 ---
nnu toute la perfidie du décret du 15 mai qui devoit met3 la divilion entre les hommes de couleur iffas de père &
ère libres, & les hommes de couleur iffus de père & mère
nlibres. Nloalafemnbisccol.anicle penfaqu' elle devoit proettre à ceux-ci une amélioratien : mais l'aflemblée ne poupit le faire fur-le-champ > par cela même qu'elle ne pouvoit
ire exécuter la loi du 15 mai, par la raifon que T'arcicle
ux de la loi idu 21 février lai défend de mettre en exécution
icun de fes arrétés avant T'arrivée des inftruétions qui debient lui être adreliées, inftructions qui ne lui furent adrefes que fepr à'huit mois après.
Vous allez. voir quels furent les effets de l'arrêté de l'afmblée colonialc. Les contre-révolutionnaires furent
moment attérés par l'émilion de cet aéte. Les
TeLRces
couleur qui étoient 'affcz de bonne foi pour ne vouloir
le l'iniérêt public qui n'éroit que le prétexte de la reblte des auires, virent que l'allemblée coloniale avoit fait
out ce qu'elle avoir pu dans les circonftances oû elle fe
ouvoit. Cependant les hommes de couleur furent travailS dans la province de TOueft, & fur-tout dans un rafmblement à la Crohe-des-Hougsers: raffemblement dirigé
ar un Jumecour, dont les principes conie-rovolutionaires font prouvés par différentes pièces qui font dans le
ecueil annexé au rapport de Tarbé, fair à l'allemblée 1éillative, au nom du comité colonial: vous les trouverez
0.67, No.76.
CeJumecour, citoyens, qui étoit le chef de ce raffemlement contre- révolutionnaire d'hommes de couleur à la
Croixdes-Bouquers: , ce méme Jumecour devintle confident
e Polverel & Sonthonax.
Sonthonax : Nous l'avons fait arrêter.
Page : Vous l'avcz fait mettre en liberté.
Sonthonax : Cela eft faux.
Page : Ce méme Jumecourt eft aujourd'hui maj r-comnandant du Pert-au-Prince pour les Angiais; & lorique
es Anglais fe font préfentés devant Saint - Domingue, il
été fe rendre à eux avec un paffe-port de Polverel & Sonhonax, dans le même temps ol Son:honax & Polverel
nycient du côté de Jacmée avec foixante-dix mulets chargés
for.
: Vous l'avcz fait mettre en liberté.
Sonthonax : Cela eft faux.
Page : Ce méme Jumecourt eft aujourd'hui maj r-comnandant du Pert-au-Prince pour les Angiais; & lorique
es Anglais fe font préfentés devant Saint - Domingue, il
été fe rendre à eux avec un paffe-port de Polverel & Sonhonax, dans le même temps ol Son:honax & Polverel
nycient du côté de Jacmée avec foixante-dix mulets chargés
for. --- Page 278 ---
Sonthonax : Cela eft un menfonge atroce : foixante-di
mulets chargés d'or !
l'arrêté de lal
Page : Vous allez voir quelcfet a del produit YOueft.
femblée coloniale daas la province
Mémoire du deuxième bataillon du neuvième régiment d'in
fanterie 3 du, éc.
étoit la fituation des chofes lors de l'arrivée a
ce Telle- commiffaires nationaux civils, Mirbeck, Roum
9LA & des
& que le décret du 24 feptembre 1791 fu
promuigué dans la colon e. firent encore une fois renaitr
>> Ces deux nouvelles notre bataillon reffentit en pat
l'efpoir des bons citoyens; h plus grande: m is 'es citoyens d
ticulier la fatisfaction
-
couleur & les blancs contre révolutiennaires obftinés qui s'éroier à exige
réunis à eux, n'en.devinrent que de plus
Fexécution deleur rconcordar 8c traité paix.
comm
le décret du 24 feptembre
3> Loin de regarder
& arrachéo
deftrudtif de ces deux conventions illegales étoit confirmnatif d
la terreur > ils préendirent qu'il même la préfomptio
Ttare prétentions, & ils poufserent Vexécution du trait
jufqu'a exiger que nous remiflions garantillions entre leurs mains le
de paix, & que de nous ia ville, confiés ex.lafivement à noir
forts, proteckeurs
garde.
l'étendue de n0S devoirs; nou
>> Nous connoiffons trop
de refpeét pou
étions trop foumis à la loi, trop pénétrés G
fes organes, pour adhérer à des demandes des extravaganres
Nous leur répondimes que les décifions
la
da
été 8c fercient toujours
1PESF
de la nation avoient.
le décret du 24 feptemlbre 179
notre conduite officiellenient, 3 qu'ainfi
il fercit défermais le modéra
étant connu
dans ces principes la
teur de toutes nos démarches; dans la colonic que des commitlaires char
nation ayant envoyé à fen exécation &c de pacifier les diférens
gés de veillar
ne pas trouver de plus courte voie
partis, nous croyons d'envoyer auprès d'eux dcs députés
parvenir, & de s'cn que rapporier à leur décilion; cufin, qu
EEMA
aufli
il éteit au meit
s'ils adoptoient un moyen
prudent,.
la
teur de toutes nos démarches; dans la colonic que des commitlaires char
nation ayant envoyé à fen exécation &c de pacifier les diférens
gés de veillar
ne pas trouver de plus courte voie
partis, nous croyons d'envoyer auprès d'eux dcs députés
parvenir, & de s'cn que rapporier à leur décilion; cufin, qu
EEMA
aufli
il éteit au meit
s'ils adoptoient un moyen
prudent,. --- Page 279 ---
de toure jufice qu'ils confentiflent
f-fpention d'armes, 1
8c que denotre côtè provifoirement nous;
a une
notre honneur.
promections fur
>> Les citoyens de couleur parurent céder
à notre mo-jgration, & nommérenr des
effectivement
rendirent au Cap,o4 les nôtres fe
dépuiés qui ie
>> Le réfuleat de ces dépurations rendirent fut on auli.
honorable aux troupesde ligne; leur conduite fut ne peut plus
louée, applaudie par les commiflaires
apF rouvée,
T'ailemblee coloniale qui calià,
nationaux - civils; &c
le repréfentnt du pouvoir execurif, par un les arrêté approuvé Par
de paix dont on nous demandoit la garantie, concordat & & les traité
toyens de coulcur ne rapporrèrent d'autre fruit de cette dé- cimarche, que l'improbation 1. plus auchentique & la
générale.
plus
3> Si elle étoit due à leur conduite
celle
tenoit leur armée même pendant la dépatation, paffée, n'étoit que
moins digne de blâme & de punition. Ils coupèrent les pas
àla ville du Port au-Pince; la ferrèrent encore de
eaux
tant par terre que par mer; confruifirent des batteries plus près,
la commander; canonnèrent même le fort de Léogane, pour 8c
brdlèrent les habitations des envirens.
>> Nos députés rentrèrent au Port-au-Prince le
avec eux arrivèrent les bravés grenadiers & fufiliers 24, de & la
premicre compagnie du quatriène régiment qui vencit de
debarquerau des
Cap;le gouverneury fitpalfer aufii des
armes & des munitions de guerre : m:is ces vivres,
étoient bieni loin d'être proportionnés aux befoins de fecours cette
malheureufe cité, oubientôron: ne purplusfepsocuterdes fub:
filttances
par des forties & lesarmes à la
3>
Les 1RAaA conrinuerent
min.
dans tout le territoire qui
avec une les nouvelle fureur
vinrent de
Tenvironne;
dévafations deplus en plus terribles; les maflacres fe multiplièrent;' de nombreux partis de citoyens de couleur & de
nègrès non libres révolés, àla tête defquels fe montroient
avec audace tous les ci-devant qui s'étuient réunis à
nous tenoient étroitement renferm's au milieu des eux,
du Porr-au-Prince; & les fcélérateflès du fanatifine fe; ruines joignirent, comme Çn France, pour acbever la
de ix
colonie, aux fureurs del l'orguril & dpla tyrannic perte
fur leur trône.
chefcelanr
grès non libres révolés, àla tête defquels fe montroient
avec audace tous les ci-devant qui s'étuient réunis à
nous tenoient étroitement renferm's au milieu des eux,
du Porr-au-Prince; & les fcélérateflès du fanatifine fe; ruines joignirent, comme Çn France, pour acbever la
de ix
colonie, aux fureurs del l'orguril & dpla tyrannic perte
fur leur trône.
chefcelanr --- Page 280 ---
3 En effet, il ne refteit plus pour réuffir dans leurs de
projets, d'autre moyen aux agens du defpotifme que eux
ruiner la colonie entière, & tout fut mis en ufage par "Tans
Le plus sûr étoit de donner lieu,
pour le paroitre, y parvenir. à la diviion qui éclata peu après entre faifi les
colons de diverfes couledrs, & il fut aftucieufement la nouvelle
par eux. Ils firent répandre à Saine-Domingue rendus, relativement
qu'annullant les décreis précédemmnent Yaflemblée conftituante. avoit,
àla légiflation des colonies, les droits politiques aux hommes
le 15 mai 1791; > accordé & mère libres. Cette annonce qui
de couleur nés de père.
officielle, fut reçue din'étoit foutenue d'aucune clatis depèche dont étoit compolée la
verfement de diférentes
feule alors de 'la
des colanics, jouiffant
RURLEE
pulation des droits de citoyen. Celle des blancs ne regarda "ce de bruit la
les ennemis
que comme un détruire- prérexte employé des propriétés par garanties par les
colonie, pour
la
lois. Les haommes de couleur prirent Fapparence pour
réalité, & voulurent exécuter ce décret du 15 mai, quoicu'il lleur fut impoflible de prouver qu'il eût été reçu ofconféquent qu'il eftt force de loi. D'un
ficiellement; par les armes pour faire valorr fes prétentions;
côté, on prit
les
imaginables, au licn de fe
on fe perin à tous
excès
les faveurs 8c d'attendre
foumettre à la loi, de réclamer
fes décitions; de Kautre, on fe mit en défenfe. dont il La n'eft guerre pas
s'alluma &c fe fit avec une opiniatreté
d'exemple. Page: Vousvoyez donc, d'après le témoignage du deuxième
bataillon de Normandie, que les hommes de couleur ont fur
pris les armes, & que les blancs fe font feulement tenus
l défenfive.
hommes de couleur
Page continue : ce Lezsjuillet
IOueft 5 les 8c demandèrent
dans la
"7h
fe ralfemblèrent du décret du partie mai; les colons blancs s'y reY'exécution
formérent 15
une armée, obligerent des
fusèrent t; fes premiers à fe liguer avec eux, convoquérent des afcitoyens pailibles
des
>
femblées primaires & détruifirent municipalités.
Vous verrez bientôt que Sonthonax : & Polverel ont de
écrit à l'affembiée nationale que par-tout où les hommes coulcur
fe ralfemblèrent du décret du partie mai; les colons blancs s'y reY'exécution
formérent 15
une armée, obligerent des
fusèrent t; fes premiers à fe liguer avec eux, convoquérent des afcitoyens pailibles
des
>
femblées primaires & détruifirent municipalités.
Vous verrez bientôt que Sonthonax : & Polverel ont de
écrit à l'affembiée nationale que par-tout où les hommes coulcur --- Page 281 ---
couleur
fous & le porroient royalifine les reftauré. armes, les corps populaires étoient dif :
Sonthonax : Je ne me rappelle
prellionss mais je me rappelle
précifément les exchole de
BRaN
femblable à cela:
davoir. dit quelque
quedes aggrégations ariftocratiques, le.manicipolnes étoient 2 qui n éroient
Vernzul : En voilà la preuve,
difloutes.
Sonthonax : Vous avez falGhé
lettres.
Yerneuil: Si c'étoit vous : ( à pluficurs
vous :
Sonthonax ), reconnoifezfion. Lc préfident : Vous ne devez parler qu'à la commif
Sonthonax Verneuil : Je demande que le citoyen
de déclarer s'il reconnoit une préfident interpelle
25 octobre 1792, écrite à la
lettre en dare du
par ces mots : c Nous nous faifons, Convention, &c.
& commençant
Sonthonax : Je maintiens
à déclarer faufle toute lettre Tallégation, & je fuis autorifé
lignée de moi. Je me fouviens qu'on très-bien ne me repréfente pas
Con-ention. nationale une lettre
d'avoir écrit à la
une étrange erreur que célle qui qui commence ainfi : C'efe
croire
y ait eu à Saint - regne en Europe,
bonne F fir (arcicle des droits Domingue un2 leul blanc
leur. Je
des
eE
pafle à la fuite des faits. politiques J'ai
hommes' de couration de la
dit
la confédétaires, n'étoient Croie-des-Bouguers que des
> les Rorasdier des volonAu refte, je le répète,je ipéculations ne
conreterolunionnanes
ne vois pas. 4
puis avouer une Jettre que je
- Claufon : Il eft impollible d'avoir les
entre les-mains de la Convention.
originaux; ils font
Verneuil : Cette lettre a été imprimée
Convention, qui 'ne l'a ordonné
par ordre de la
eriginale; & ce feroit accufer la qu'après avoir lu la pièce
de nier lauthenticité de cette lettre, Convention de faux que
Sonthonax : Ilefta arrivé,
de falifier d'un, bout à T'autre noramment au citoyen Verneuil,
miniftre de la marine : or, fiVerneuil une lettre éctite de moi au
je le prouverai, eft-il étonnant
a fallifé une lettre, &
préfentée par un fauffaire connu?- que je récule une autre lèctre
Tore 4. Huitieme lyraifon,
T.
ier lauthenticité de cette lettre, Convention de faux que
Sonthonax : Ilefta arrivé,
de falifier d'un, bout à T'autre noramment au citoyen Verneuil,
miniftre de la marine : or, fiVerneuil une lettre éctite de moi au
je le prouverai, eft-il étonnant
a fallifé une lettre, &
préfentée par un fauffaire connu?- que je récule une autre lèctre
Tore 4. Huitieme lyraifon,
T. --- Page 282 ---
Nous reviendrons fur la Jlettre; ce n'eft pas le
Brulley :
moment. Je
les tachygraphes de recueillir ces ex-
:
prie dans une lettre de Poiverel & Sonvai confignées
thonax" :
des
de couleur eft peu inftruite ;
ce La majorité
citoyens
le favoir, les intérèts des
ils époufoient venglémart.&-ians oû leurs armes triomphoient,
ennemis de la France; reftauré, par-tout le gouvernement populaire
le royalifme étoit
détruit.
étoit évidente entre
Plus loin ils difent: ce La connivence décorés des ordres
I les révoltés & le gouvernement: blanche, : ceux-ci, ne parlent de liberté
du roi, parés de-la cocarde très-acceffoire aux caufes de leur
que comme d'un objet
difent-ils, notre bon roi
prile d'armes; ils veulent le venger, remettre fur le trône. Malheur
Louis XVI; ils veulent les mains avec le figne de la li:
à celui qui tombe fans entre mifericorde. Il'n'y, a de. sûreté
berté ! il eft haché
lécharpe blanche. Les Boteades
pour la cocarde bianche &
officiers de'Tancien régime,
généraux , les colonels & autres des révoltés; ils en font idopeuvent aller dans les camps
lacrés. >)
Ges mellieurs accollent d'autres lettres.
Sonthonax :
Page de déPolverel : Je prie le préfident d'interpeller aux hommes, de souclarer fi ce dernier paflage fe rapporte
leur ou aux efclaves infurgés." dit.
Page : Je rétablis ce fans que j'ai changer de, nom & d'objet, de
Polverel : Oui, mais les deux parties de la leture > de
façon que vous liez
& à la même claffe
manière à les rapporter au même objet
de perfonnes.
c'eft
y quand mon
Duny : Je ferai une obfervation;
parler que des hommes
collègue Page parle des révolrés,ilentend failoient qu'un.
de couleur & des efclaves qui ne
dans la lettre.
Sonthonax : Nous n'en parlons aflfez pas les hommes dont je
Page : La lettre caractérife décorés des ordres du roi, parés de la
parle: cc Ceux -ci,
de la liberté que comme d'un
cocarde blanche, ne parlent
veulent venger, difent-ils,
objet étranger àla prile d'armes.Ils ils veulene-le remettre - iur- le
notre bon roi Louis XVI; --- Page 283 ---
trône. Malheur à celui qui tombe entre lears mains avec le
figne de la liberté ! il elt haché fans miféricorde; blartche. il n'ya
de sûreté que pour la cocarde blanche & les l'écharpe officiers de l'anLes officiers- - généraux, les colonels &
des révolaller dans les camps
cien régime 3 ceux-là peuvent
tés;ils en font idolitrés."
Verneuil lit : Les officiers-généraux , colonels &c autrcs
officiers de l'ancien iégime, peuvent aller dans les camps des
révoltés; ils en font idolatrés.
iféricorde; blartche. il n'ya
de sûreté que pour la cocarde blanche & les l'écharpe officiers de l'anLes officiers- - généraux, les colonels &
des révolaller dans les camps
cien régime 3 ceux-là peuvent
tés;ils en font idolitrés."
Verneuil lit : Les officiers-généraux , colonels &c autrcs
officiers de l'ancien iégime, peuvent aller dans les camps des
révoltés; ils en font idolatrés. Sonthonax : De quelle date eft cette lettre ? Verneuil : Du 25 octobre 1792. des colonies :
a
Lecointe, membre de la commiffion
Ily
différence d'exprellions entre lalecturefaite parle citoyen Page
& celle du citoyen Verneuil. *
Sonthonax : 11 y a perfidie. Lecointe : Cela ne prouve pas qu'ily ait de la petfidie;
mais il faut connoitre le texte qua lu le citoyen Page. Page : Le texte que j'ai lu eft une copie faite fur une
autre copie,, pendant que j'étois en prifon. Jen'avois pas
le texte original fous ma main 5 &c remarquez, citoyens,
que fi, dans ce moment-ci, il nous reffe des preuves contre
Polverel & Sonthonax, c'eft qu'elles ont été dérobées à la
vigilance de nos ennemis pendant que nous étions en prifon:
les ouvrages imprimés même ont été mis fous les Icellés. Le comité de ialut public, je veux dire l'ancien comité,
ne nous a' fait incarcérer ie 16 Veniôfe,. que
qu'il
favoit.que, lé 17, nous- devions diftribuer à la
doreded
nationale -un ouvrage qui devoit jeter le plus grand jour
fur la fcélératelle de Polverel, Sonthenax , Dufay &c
complices. Ainfi, quand j'ai cité ce mémoire, je n'avois
pas le texte fous, les yeux; mais, dans ce moment-ci, je
demande que le citoyen Verneuil life le texte. Sonchonax : Je demande qu'on le life entier. Verneuil lit:
T2 2
--- Page 284 ---
Lettre des commifaires nationaux civils d légués aux Iles-fousle-Vent, adrpée à la Convention nationale. Au Cap, ce 25 octobre 1792, I'an 4 de la liberté. Monfieur le Prélident,
Nous nous faifons un devoir d'inftruire dans l'affemblée la ville na- dul
tionale des événemens qui fe céiubre font paffès
du 1O 'août,
Cap depnis la nouveile de la
l'état journée & les
& de lui peindre en peu de mots
difpolitions
de la colonie. erreur
celle qui règne en Europe,. C'eft une érrange
que
un feul blanc
- de croire qu'il ait eu dans la colonie
de couleur qui
fe foit montré 2 bonne foi l'ami des citoyens
libres. La fameufe confédération de la Crois-des-Bouquets, des
la prife d'armes de Saint - Marc, été les autre cajoleries. chole, à Seint- agens
du pouvoir militaire, n'ont jamais contre "révolutionnaires. Domingue, des ciroyens des fpéculations de couleur eft peu infruite: : acLa contumés majorié à Héchir devant l'ancienne tyrannie, repotiffés abri fous
trouver un
F
l'invincible préjugé, ils croyoient aveuglément, &c fans le
régime delporique 5 ils épouloient de la France.
cajoleries. chole, à Seint- agens
du pouvoir militaire, n'ont jamais contre "révolutionnaires. Domingue, des ciroyens des fpéculations de couleur eft peu infruite: : acLa contumés majorié à Héchir devant l'ancienne tyrannie, repotiffés abri fous
trouver un
F
l'invincible préjugé, ils croyoient aveuglément, &c fans le
régime delporique 5 ils épouloient de la France. Par-tout o. favoir, les intérèrs des ennemis, étoit reftauré, le
leur caule triomphoit, détruit. le royalifme Leurs chefs feuls, dévoués DELS
vernement populaire françaife, profiroient habilement des pallions
lafrévolution des amis de Coblentz,, de leur haine pour les municipa- leurs
liés. Les divilions des blancs les ont aidés Tallembléc à conquérit nationale,
gracesà
droits politiques: aujourd'hui,
-
ils font affurés pour jamais. colohie, les idées des ciroyens
Dès notre > artivée dans la
changées sà l'égard deleurs
de couleur bienfaiteuts; furent fingulièrement leur conduire à notre égard nous a
prétendus
en vain
convaincus de cette vérité 2 que cen'eftjamais droits, &c
tôt ou qu'on tard
ouvre les yeux au peuple fur fes
que
il reconnoit fès véritables amis. comme venant proclamer l'afOn nous avoit repréfentés des efclaves.
Dès notre > artivée dans la
changées sà l'égard deleurs
de couleur bienfaiteuts; furent fingulièrement leur conduire à notre égard nous a
prétendus
en vain
convaincus de cette vérité 2 que cen'eftjamais droits, &c
tôt ou qu'on tard
ouvre les yeux au peuple fur fes
que
il reconnoit fès véritables amis. comme venant proclamer l'afOn nous avoit repréfentés des efclaves. Notré profellion de foi,
franchiffement général l'objet des calomnies. Des gens 2
à cet égard, fit changer --- Page 285 ---
payés par le gouvernement pour détruire la confiance
nous infpirions, vinrent inlinuer aux citoyens de
nous ne voulions
HCLRue
que
pas" l'exécution de la loi du 4
& cela parce que nous ne détruifions pas afez tèc, à avril, leur
l'aflemblée coloniale.
: faut avouer
la haine
e1
femblée
que
qu'avoit infpirée cette afaux ciroyens de couleur, accréditoit ce bruir: :
cependanr ils furent bientôt défabufés, &c nos
tions des 4 & 12 de ce mois, que nous joignons proclama- ici fous
les nos I & 2, ne laiflent aucun doute fur nos difpofitions.
Ces citoyens, régénérés par l'affemblée nationale, nous
font invariablement attachés; ils viennent de donner, dans
des circonftances bien graves, la preuve de leur dévouemeif: non équivoque à la caufe de la révolution françaife.
Depuis long-temps les agens du potvoir militaire', enhardis par la révolte de la Marrinique, &
avec
fes chefs, méditoient à Sainr-Domingue d'intelligence les mêmes
complots. Un dérachement conlidérable des chevaliers de
Coblenty étoit venu préparer aux princes émigrés une retraite. dans la colonie. La connivence étoit évidente entre
le gouvernement & les efclaves révoltés : çeux-ci, décorés
des ordres du roi, parés de la cocarde blanche, ne
de la liberté que comme d'un objèt très-acceffoire parlent aux
caufes de leur prife d'armes. Ils veulent venger, difent-ils,
notre bon roi Lozis XVI; ils veulent le. remettre far le
trêne. Malheur à celri qui rombe enre leurs mains avec
le figne tricolor de Ia liberté ! il eft Haché-fans miféricorde:
ilny a de fire é que pour la cocarde & T'écharpe blanche.
Les officiers - généraux, les colonels & autres officiers de
l'ancien régime, ci-devant employés dans la colonie,
aller impunément dans les camps des brigands; il peuvent en font
idolatrés : quelques- uns s'y font promenés, & y ont
les honneurs militaires. Et Ton accufe la fociété des amis reçu
des noirs!
Avec d'aufli belles difpolitions, il ne manquoit plus aux
agens du pouvoir militaire, pour réuflir dans leurs
que de fe débarraller des oppofans. Des aflemblées projets >
nes fe forment 5 O11 tient des conciliabules où l'on' propofe nocturT 3
peuvent en font
idolatrés : quelques- uns s'y font promenés, & y ont
les honneurs militaires. Et Ton accufe la fociété des amis reçu
des noirs!
Avec d'aufli belles difpolitions, il ne manquoit plus aux
agens du pouvoir militaire, pour réuflir dans leurs
que de fe débarraller des oppofans. Des aflemblées projets >
nes fe forment 5 O11 tient des conciliabules où l'on' propofe nocturT 3 --- Page 286 ---
de nous embarquer pour France ; on nous ifole de toutes
Jes forces que nous avons amenées d'Europe : notre sûreté
eft confiée au régiment du Cap; qui, tout dévoué à fes
chefs, auroit peut-être obéi à leur impulfion criminelle.
Nous rappelons auprès de nous les dragons du 16ème.
régiment > qui retabliffent l'équilibre des forces. Cependant,
l'activité des manceuvres criminelles recommence'; l'efpoir
d'arborer le pavillon du royalifme renait, & fans les nouvelles de la journée du II aoit, le crime étoit'confommé.
Ce mouvement de Paris, fiextraordinatre, & tout à la
fois fi heureux,' s'elt fhit reflentir ici. Des raffemblemens
paifibles & fans armes fe font formés; un club s'eft établi
fous le nom des Amis de la Convention nationale; o11 y a
dénoncé hautement les anciens agens du pouvoir exécutif,
cemme les auteurs de tous les maux de la colonie. Ceclub
étoit formé de citoyens réunis des trois couleurs : quel-
'ques-uns nous ayant témoigné que ces élans de liberté pouvoient nuire dans un
d'efclavage, nous fimes inviter
la fociété à fe féparer P à ceffer fes féances, Deux minutes après que notre veeu fut connu, la foule des délibérans étoit difioée, tant les patriotes ont de refpect pour
les organes de la loi.
dans
Le lendemain, 18 octabre, la commune s'afiembla
l'églife: les dénonciations fe, renouvelèrent avec fureur;
la garde nationale prit les armes; & fur lefoir,la municipalité vint nous avertir que la foreté de la ville étoit
compromife, Le baraillon des citoyens de couleur étoit alors
autour de la maifon commillariale, mêlé avec la garde nationale blanche > pout veiller à ce que nos jours ne fullent
point en péril.
le
failoit mettre la troupe
Dans ces entrefaites , gouverneur
du
fe
fous les armes. Les cat fernes du régiment
Cap
rempliffoient de cheyaliers dupoignard qui venoient renforcer les
antipopulaire. Il étoit neuf heutes du foir: & pour
parti éviter toute effufion de fang, nous requimes M. Defparbès
de faire rentrer les troupes de ligne, & nous ordonnàmes
à la municipaliré de faire faire la même chofe aux gardes
nationales. Celies-ci étoient aflemblées fur la place d'armes;
deux de nos fecrétaires furent les haranguer > & elles fe
féparérent en patrouilles pour la sûreté de la ville,
étoit neuf heutes du foir: & pour
parti éviter toute effufion de fang, nous requimes M. Defparbès
de faire rentrer les troupes de ligne, & nous ordonnàmes
à la municipaliré de faire faire la même chofe aux gardes
nationales. Celies-ci étoient aflemblées fur la place d'armes;
deux de nos fecrétaires furent les haranguer > & elles fe
féparérent en patrouilles pour la sûreté de la ville, --- Page 287 ---
Le19,au matin, les raffemblemens continuèrent au gouvernement : le. peuple irrité battit la générale, malgré 'es
ordres du commandant de la,garde nationale & de la municipalité. On demandoit à grands cris T'embarquement de
M. Cambefort, colonel du régiment du Cap: : nous avions
déja de forts indices des crimes qu'on lui réprochoit 5 nous
ne réfiftàmes pas à la voix univerlelle des citoyens de toutes
les claffes réunis; nous lui envoyâmes I'ordre de fe rendre
à bord du vailleau l'Eole; nous requimes en même temps
M. le gouvernenr-géneral de faire exécuter cet ordre. Nous
fiunes complérement défobéis. M. de Cambefort fe retrancha aux cafernes fous un rempart d'officiers de la garnifon;
& M. Defparbès, au lieu d'exécurerlordre, mic aux arrêts
M. de Cambefort, pour couvrir fa défobéiflance. Lé peuple apprenant ces refus criminels > devint furieux ; le mépris de notre autorité de la,
de fes erinemis, fervit
d'excufe à tous fes excès; il Rerp porta à Tarfenal, epleva
des canons, & partit pour aller afiiéger les cafer.cs & le
gouvernement. M. Sonthonax, l'un de nous > courtt au-devant de la
colonne qui s'avançoit; il parvint à faire faire halte,
& à déterminer les citoyens à attendre qu'il eût ordonné au
régiment du Cap de fc réunir à eux.
Il arrive au champ de. Mars, où le régiment étoit en batailles : il lui parles il lui orkonne, au nom de la nation
françaife, , de fe réunir aux citoyens : les foldats s'ébranlent,
SmeneinomrerMSETEUELCaId fraternels,
fans la perfidie des officiers du régiment du Cap. Une pièce,
de canon étoit pointée contre eux: M. Sonthonax leur fait
un, rempart de fon corps; ; il fait rebrouffer chemin auxi
cannoniers.Pendanr qu'ils'o occupoitifaire faire cette heureufe
évolution , les officiers travaillent le régiment, les foldats
demandent leur colonel, & fi on les eût invités alors de
marcher, l'autorité nationale eût été compromife par leur
défobéiffance. M. Sonthonax fe retire en leur ordonnant
d'attendre, à Jeur pofte, les ordres de la commiflion nationale.
Il eft à remarquer
déja" les bataillons de Walsh,
de Royal-Comteis & T Béarn," étoient rentrés aux cafernes. Le troifième bataillon de I'Aifnes, les
dursème.
dmege
de
marcher, l'autorité nationale eût été compromife par leur
défobéiffance. M. Sonthonax fe retire en leur ordonnant
d'attendre, à Jeur pofte, les ordres de la commiflion nationale.
Il eft à remarquer
déja" les bataillons de Walsh,
de Royal-Comteis & T Béarn," étoient rentrés aux cafernes. Le troifième bataillon de I'Aifnes, les
dursème.
dmege --- Page 288 ---
régiment étoient réunis devant notre maifonavec le baraillon
dès citoyens de couleur , qui faifoient retentirl'air du cride
vive ia nation. Ils n'ont fair queleur devoir, la vérité; mais
ils avoient été depuis quelques jours f foriement rravaillés,
qu 'il- faut leur favoir gré d'avoir tourné
leurs armes contre des hommes à qui ils fe pattiotiquement croyoient liés
par la reconuoilfance. Nous vous répondons de leur fidéliré
alAffemblée nationale & à fes délégués.
Cependant une mefure prompte & décifive fauva le carnage général : par une réquilition faite à M. le gouverneur
nous ordonnàmes l'embarquement du régiment du
>
qui avoit demandé à fuivre fon colonel. M. Polverel Cap; fortit
auflitot pour lire cet crdre aux troupes & au
tous furent contens, & dans plufieurs quartiers peuple de la réunis; ville
on défarma.
Malheureufement il y avoit auprès des cafernes un
de cavalerie nationale volontaire, > qui, au lieu de fe réunir corps
aux citoyens, fe trouvoit parmi les fatellites du
ment. Ce corps portoit l'uniforme dela maifon de gouverneinnocemment fans doure;" mais des couleurs autli"univer- Condé, p
fellement profcrites devoient déplaire au
On
cria de fe déshabiller; l'un d'eux, jeune étourdi, peuple.
leur
par un coup de piftolet qui blella un ciroyen. Auflitôr répondit ue
grèle de balles fondit fur eux: trois furent tués; & fans le
courageux dévouement de M. Lavaux, lieutenant colonel
commandant les dragons du feizième régiment, qui leur fit
un tempart de fes troupes, ils étoient écharpés : ils en furent quittes pour être déshabillés.
Il étoit quatre heures du foir, heure fixée pour l'embarquement du régiment du Cap: déja les foldats, revenus
de leur erreur > ne veulent plus être embarqués; ils demandent à garder leurs drapeaux avec un très-petit nombre
d'officiers patriotes. La très-grande majorité eft conduité
nos ordres à bord du vaiffeau T'América
être par
barqué pour France, & aller rendre compte , pour de fa con- emduite à TAI femblée nationale.
Ainfi s'eft terminée lajournée du 19, octobre, dans
les amis & les correfpondans de Coblentz & de la laqualle Martinique devoient arborer la cocarde blanche. Les gardes
nadionaux, les foldats de la garnifon, pele-mèle avec les
ande majorité eft conduité
nos ordres à bord du vaiffeau T'América
être par
barqué pour France, & aller rendre compte , pour de fa con- emduite à TAI femblée nationale.
Ainfi s'eft terminée lajournée du 19, octobre, dans
les amis & les correfpondans de Coblentz & de la laqualle Martinique devoient arborer la cocarde blanche. Les gardes
nadionaux, les foldats de la garnifon, pele-mèle avec les --- Page 289 ---
28;
de couleur, font venus autour de notre maifon,
eitoyens criant tous : vive la nation ! La ville a été illuminée peuple toute
la nuit; & elle ne préfente plus aujourd'hur qu'un
de trères & d'amis.
Les commitiaires nationaux civils.
Sign:, POLVEREL, ALHAUD, SONTHONAX.
les fondateurs de ce
Page : J'obferve, , en palfant p que
le citoyen Verneuil
clab," patriores, ont été déportésdepuis;
en éroit un,
Duny: : Etmoi uin autre. commandois la colonne dont
Vornexil: C'eft moi qui
Senthonax parle,
ainfi
de la défaveur fur moi
Sonthonax : Ceft
qu'il jette
la
dans le cours des débais;au refte, ce n'eft pas-là la lecture queftion. la
Polyerel: Maintenant que je connois par
m'a
lertre quia été citée, je réponds à Tinterpellation de l'identité 8Lt toutes
été faite, que, fans pouvoir répondre
reconnois
les exprellions qui ont été lues, néanmoias écrite ou
écrire à la
avons
a
ceft la lettre que nous
& que le récit
Snremion nationale & au confeil-exécutif,
qu'eile contient J'adhère eft exadl, à la déclaration de mon.collegue.
Sonthonax :
ce n'a été que
Pag: : Sij'ai cité cette Jettre, citoyens,
établit entre
pour vous faire connoitre la diftinction & reyalifes qu'elle & les corps
les nègres conrersrolutionnaits
populaires. Verneuil: C'eft ce qu'on va vous prouver tour-à-Theure,
mais nous n'y fommes pas encore.
de NorPage reprend la lecture du mémoire du bataillon
mandie.
fut bientôt fuivi de linfurrection totale
c Ce foulèvement libres dans la partie du Nord, Ce fut fous
des hommes non
les
nommerent leurs
ces
malheureux aufpices coloniale, que
paroiffes fe réunit à Léogane le
députés à Taffemblée
de qui après, arrèta detranfpremier août1791, & qui, peu temps
férer fes féances' au Cap.
quelle étoit la ccnduite
>> Dans ces circonftauces critiques,
T 5
Tome I.
Huitième liyraifon.
partie du Nord, Ce fut fous
des hommes non
les
nommerent leurs
ces
malheureux aufpices coloniale, que
paroiffes fe réunit à Léogane le
députés à Taffemblée
de qui après, arrèta detranfpremier août1791, & qui, peu temps
férer fes féances' au Cap.
quelle étoit la ccnduite
>> Dans ces circonftauces critiques,
T 5
Tome I.
Huitième liyraifon. --- Page 290 ---
dti deuxième bataillon du neuvième régiment : fidèle à fes
devoirs & à fes fermens, il rempliffoit celui qu'il avoit fait
en quitrant la France, de n'avoir d'autre guide que la loi.
H fe voua à l'exécution des décrets tranfinis & promulgués
fuivant les formes prefcrites, & d'après les principes; il regarda comme rebelles ceux qu'il auroit foutenus lui-même 9
fila loi qu'ils invoquoient avcit été revètue des caraétères
& delauthenticité néceflaires pour lui donner de la force.
>5 Les hommes de couleur établirent un camp à la Charbonnière, près le Port-au-Prnce; à la demande de l'exécution du décret du 15 mai, ils joignirent celle d'ui: édit de
168,. Page: > : J'obferverai en paffant, que cet édit
les hommes
de couleur invoquoient, exiftoit réellement, Gmsie il ordonnoit que dans certaines circonftances. les hommes de couleur
feroient vendus comme efclaves. Ils invoquoient bien queldi(pofitions de cette loi, telle que celle qui) leur donne
ques le commandement de leurs corpsparticuliers; mais l'affemblée
coloniale qui n'avoir jamais donné d'exécution au code noir,
qui ordonnoit que les nègres marrons auroient l'oreille & le
jarret coupés > comme l'ont erdonné poftérieurement coloniale les
commiffaices Polverel & Sonthonax; l'allemblée
ne
fic
droit à cette demande.
Fand continue la lecture :
s3 Lallemblée provinciale de T'Oueft & la municipalité y
répondirent par écrit s par députations > & finirent enfin 3
voyant que tout moyen conciliatoire étoit inutile, par requérir
cinquante hommes de troupes de ligne pour dilliper tout
attroupement Page : Vous >). voyez donc que les colons n'ont rien négligé
ramener à l'ordre les hommes de couleur, raffemblés
pour à la Croix des Bouquets > fous les aufplces d'un gouverne- la loi
& fous le prétexte de faire exécuter
ment du 15 confpirateur, mai, qui ne pouvoir pas être exécutée, puifqu'un décret
deT'affemblée nationale défend de faire exécuter une loi avant
qu'clle foit cfficiellement notifiée.
Pege reprend la leéture.
II feptembre notre ba-
< Depuis fut fans cette ceffe époque occupé jufqu'au à fournir des détachemens pour
saillon cet objet, & fi tous les chefs avoient correfpondu aux intentions d:s foldats, & fuivi l'impulfion de leur courage & de
pas être exécutée, puifqu'un décret
deT'affemblée nationale défend de faire exécuter une loi avant
qu'clle foit cfficiellement notifiée.
Pege reprend la leéture.
II feptembre notre ba-
< Depuis fut fans cette ceffe époque occupé jufqu'au à fournir des détachemens pour
saillon cet objet, & fi tous les chefs avoient correfpondu aux intentions d:s foldats, & fuivi l'impulfion de leur courage & de --- Page 291 ---
28;
ils eullent
la mort del leurs camarades
leur civiqme ,
prévenu
dans les mornes, & ils
tués dansles combars, ou allaflinés
civile,
fuffeat aifément parvenus à terminer une guerre
éga- de
lement fanglante & ruineufe pour tous les propriétaires incendiées
cette contrée. Les plus riches habitarions étoient
ds
détachés -de l'armée des hommes de couleur >
par
partis
ils laifloient
condwitspard des Loemsicominumes
pour marque de leur pallage la dévaftation & le carnage
Maistirons le rideau fur les fcènes d'horreur dont nous avons
éré témoins. Trop fouvent la France a retenti du récit des
forfaits qui ont fouillé cette terre infortunée.. Enfin, le II
feptembte, > une lueur d'efpérance fait concevoir lapollibilité font faites
de concilier les partis; des propofitions de paix
le
& accueillies, & des commiflaires refpectifs concluent 14, de
des hommes
à la Croix des Bouquets > quartier-général
à
couleur, un concordat dont les articles parurent propres
terminer tous les différens. Les foldats de notre bataillon, au
comble de la joie de voir renaitre la tranquillité & l'efpoir
du bonheur, firent le facrific e dela vengeance qu'ils devoient
aux mânes de leurs camaradas maffacrés, & envoyèrent une
députation nombreufe au Te Deum, qui fe chanta en actions
de graces du retour de la paix,, & auquel afliftèrent de pareilles députations, du quarante-huiseme régiment, de toutes
les troupes de ligne, > de la garde nationale, de l'équipage du
Borée & de la marine marchande.
contraire,
>> Cependant ce concordat tne furpas exécuté; & il fallut au en venir
il parvint à mécontenter les deux partis,
de
à d'autres conférences qui fe rerminèrent par un traité
paix, conclu le 23 oétobre, parlequelles hommes de couleur
obtinrent beaucoup plus d'avanrages. Par T'article XXIII,
notre bataillon, celui du quarante- -huitième régmment & la
compagnie d'arullerie étoient priés de donner leur adhélion
au concordat 8c au traité de paix.
> Le 24, en vertu de cette dernière pacification > 1,509
hommes.de l'armée des citoyens de couleur entrèrent au
Porr-au-Prince aveclappareil du triomphe, &c ils établirenc
leur quartier-général au gouvernement, diftribuèrent le refte
de leur rroupe dans plufieurs endrcits de la ville; avec eux
is avoisnt iatroduit plufieurs nègres non libres, auxquels ils
T 6
é de paix.
> Le 24, en vertu de cette dernière pacification > 1,509
hommes.de l'armée des citoyens de couleur entrèrent au
Porr-au-Prince aveclappareil du triomphe, &c ils établirenc
leur quartier-général au gouvernement, diftribuèrent le refte
de leur rroupe dans plufieurs endrcits de la ville; avec eux
is avoisnt iatroduit plufieurs nègres non libres, auxquels ils
T 6 --- Page 292 ---
avoient mis les' atmes à la main , & qu'ils ne confentitent
qu'avec peine à faire conduire doûte à l'ifle fur Mouftick les lns des >2. dévaftaPage:Cela ne laifle plus de
fnivi a même marche.
teurs de S. Domingue; ils ont toujours
- Page reprend la leéture.
du tout
ce Un état auili pailible ne convenoit & aux point trames de la
aux intentions de la cabale fourde > Blanc n'avoit fait que fe
tyrannie. La corporation au fous pompon le voile du patriotifine &
cacher, elle exiftoit encore le défefpoir de n'avoir pu réullit dans
la rage que lui caufoit lui fi: employer auprès des ciroyens
fes criminels projets >
peut inventer la faduchion,
de couleur tous les moyens que contre nous la dénance L
& elle parvint à leur infpirer
à leur faire partager fon animofité
pour faire une
Thomas Mil.et: J'arrète ici mon collègue des milliers de malheuobfervation, c'eft que dansle nombre
défie
aux Erats-Unis,je
reuxi réfugiés en Amérique, déportés blanc; ils font tous reftés à
montre un fenl pompon la
de Polverel & SonEEN fous protection
thonax. Vernexil: Nous allons le prouver tout-à-Theure, nous
y arrivons. Sonchonax: : Nous en nommerons des centaines.
Clauffon : Protégés par vous-à Saine-Domingue. que trop; aux
La journéeda 2. novembrenenousle encrésenville prouve plufieurs autres
1,5o0 citoyens de couleur
étoientvenus lea4, fejoindre fuccef
dérachemens desascohommesd des blancs devint grande en proportion
fivement; Tinquiéuude conçurent desprélages terriblesquis ine
de cette afluence;ilsen.
nègre non libre, alors tambour
tardèrent pas à ferealifer.Un ciroyens de couleur, artaque dans la rue
dans F'arméc des
& tente de le défarmer, le fibre de
un canonnier national,
mains; conigre elt arrêté par
celui-ci fe brife entre leurs
à la
>
un mulirre & trois gendarmes conduit condamné minicipalité, à être pendu
livré à la commilion prévocale >:
& exécuté de fuite...
citoyens, que tous leshommes
Page: Vous voyez donc ,
aveugles des contre-révode conleur ont été les inftrumens ils oit été les inftrunicns de
lutionnaires comme depnis
Polyerel & soncionas.
conigre elt arrêté par
celui-ci fe brife entre leurs
à la
>
un mulirre & trois gendarmes conduit condamné minicipalité, à être pendu
livré à la commilion prévocale >:
& exécuté de fuite...
citoyens, que tous leshommes
Page: Vous voyez donc ,
aveugles des contre-révode conleur ont été les inftrumens ils oit été les inftrunicns de
lutionnaires comme depnis
Polyerel & soncionas. --- Page 293 ---
: Page coninue la lectu
fur-elle
cac A peine cette execution
faite, qu'un
ronnier national, chezl lequel logeoit le général des citoyens
d-euleur, tombe, cil pallant devant un de leuts corps-degarde, fous. une décharge de fept coups de fulil; auflitôt fe fait
Tatme (e répand dans tous les quartiers; ; la générale
enendre dans les caleines des citoyens de couleur. Les gardes
nenonales s'affemblent & demandent les aflallins du canonnier 5 les hommes decouleur leur refufent; nos patrouilles de
& les corps populaires s'oppofent en vain aux la furcur préparatifs étoit à
vengeance qui le font de part & d'aurre;
à
fon comble ; la générale, trois fois fufpendue, reprend
trois reprifes differenres.
ami des
de
>>
Notre bataillon, ami des blancs,
citoyens
couleur, & n'ayant d'autre but que la paix & la tranquilliré
publique, tenta en vain auprès des hommes de couleur
tous les moyens pollibies : en vain leur fit-i il alluret
que jamais nous n'avions eu une opinion attentatoire aux
droi.s prérendus par eux 5 en vain leur repréfentâmes - nous
que, dans nofre pofition douloureufe, comme force armée
ciellement, ob 0- nte, nous marcherions contr eux
aE
requis par les organes de la loi: toutes nos démarches furent
inutiles; leur armée > excitée par des blancs contre-révolu- &
tionnaires, mugifloit d'impatience d'en venir aux mains, où la
nos dépurés furent obligés de fe retirer au quartier,
municipalicé fe tranfporta aufli.
fecours des troupes
1 A cinq heures du foir, elle requit le
de ligne, & toutes, fous les ordres de leurs chefs refpectifs
& la direétion de la municipalité, fe préfentèrent en bataillo
devant! le gouvernement. Un dérichement de gardes nationales
fe porta fur le Bel-Air, autre point de ralliement des hommes
de couleur, cu ceux-ci, après quelques pour-parlers inutiles >
cemmencèrent le feuqui devint aufli-tôt le fignal d'une action
générale, & la, & au Gouvernement. Après une alfez vive
réfiftance, les citoyens de couleur furentrepouffés de ce dernier
pofte, & abandonnèrent quelques canons; mais un de leur
parti fe conferva an haut du Bel-Air, d'ou le lendemain,
après avoir paffe la nuit toujours fur le qui-vivé, nous
parvinmes enfin à les expulfer après un léger combat.
de la colonie
>> C'eft dans cette perrie malheureufe
& la barbarie que
RoUS fàmes témoins de tout ce que la rage
réfiftance, les citoyens de couleur furentrepouffés de ce dernier
pofte, & abandonnèrent quelques canons; mais un de leur
parti fe conferva an haut du Bel-Air, d'ou le lendemain,
après avoir paffe la nuit toujours fur le qui-vivé, nous
parvinmes enfin à les expulfer après un léger combat.
de la colonie
>> C'eft dans cette perrie malheureufe
& la barbarie que
RoUS fàmes témoins de tout ce que la rage --- Page 294 ---
vidimes
inventer de
affreux. De malheureufes
des
avoient peuvent été égorgées d1 la manière la avoient plus révoltante; été mallacrés :
blancs, malades à T'hôpi-al Robert, & dévaftées; des proprictaires
les maifons avoient été pillées &c, pour comble de delolation
avoient péri dans les tourmens;
déveroit les édifices,
& d'horreur, un incendie les épouvantable cadavres des ciroyens qui n'avoient
des richelles immenfes, à la fureur des Haimes. Quoique roujours
fe fouftraire
fimes tous nos efforts pour arrêter linReuce les armes, nous
oh nous croyions être parvenus
cendie; mais au moment général, fans qu'on : concevoir
Tembrafement devint donné lieu. Le centre de P ville, c'eftqui pouvoit y avoir plus riches ilots furen: rédui:sen cendres,
à-dirc,les vingt-fept
aux Hammes furent en grande
& le peu de maifons échappées rien ne peut exprimer. Les corps
parielivrées à un pillage que
aucun obltacle à d'aulli
popelires confternés n'apportérent commandant de la ville, ainfi
grandis Reaux, & aétuellement notre chet, fugitifs, au lieu d'employer les
que nus officiers
avoient en leur pouvoir, comme ils en le
mo vons faciles qu'ils
d'entre nous, pour faire celler
farent priés par plufieurs
aucune tentative pour
delordre, ne firent aucune difpolition, dont plufieurs d'entr'eux femarrêter le cours des le horreurs > . . . . e - - e e . -
bloient favourer fpeckacle mêmes officiers, ces mèmes comnPage : Ici, citoyens, bientôt ces le régiment.. c'elt contr'eux que
mandans quinerent
vint
plainte à TAllemblée
le barailion de Normandie la porter fuite de ce mémoire,, &
nationale; & la Convention, colonial, a déclaré ces officiers
d'apris le rapport du comité & la plus grande partie font
ennrmis du bien public;
émigrés . .
-
: : cafernes devinrent! le feul afyle
J-age reprend:.
c les Nos viétimes échappées aux poignards
oà purent fe réfugier
elles étoientr remplies de blancs,
& aux, torches des brgands: de tout fexe de tout àges la mude mulàtres & de nègres d'y tenir fes féances.
nicipalitd même fut s'écoulerent: obligée avant qu'aucune proclamation,
>> Quinze jours yuelconque eflayat de porter remède courir à tant fur
qu'aucune autorité
configne fût donnée pour
le
de maux, avant qu'aucune les auteurs, & on leur laiffa
ies fcélérats, qui en étoient
avec leasiches fruits de ieur
semps de difparoitre paifiblement
ègres d'y tenir fes féances.
nicipalitd même fut s'écoulerent: obligée avant qu'aucune proclamation,
>> Quinze jours yuelconque eflayat de porter remède courir à tant fur
qu'aucune autorité
configne fût donnée pour
le
de maux, avant qu'aucune les auteurs, & on leur laiffa
ies fcélérats, qui en étoient
avec leasiches fruits de ieur
semps de difparoitre paifiblement --- Page 295 ---
brizandage, des
en nous abandonnant des monceaux de
ruines & des cadavres.
cendres,
3, O horreur ! 6 abomination !
Ce n'étoit donc
feulement pas l'obrention' de leurs droits politiques a laquelle on faifoit
prétendre les ciroyens de couleur
mis les armes & la flamme à la main; on vouloit auxquels la on avoit
entière des blancs patriotes, attachés à la révolution deftruclion
foit le bonheur & la gloire de la mère
qui faijournée en fut la
patrie : cette fatale
preuve convaincante. 33
Page : Inutilement T'affemblée coloniale porta > le 20
rembre, un arrêté tel qu'eile devoit le
fepétoit impoflible de faire exécuter la loi porter, du
puifqu'il lui
autre arrêté qu'elle auroit
IS mai, ou tout
couleur;
pu prendre fur les hommes de
du 1r car, comme je vous fai dit, l'articie II de la loi
février lui défendoir de mettre à
lai avant fa norificarion dans la colonie; exécution les hommes aucune
couleur cepend:n argtioient toujours de'ce décret
de
il étoit le prétexie de leur prife d'armes. Vous duss mai;
d'après ce qu'a dit le bataillon de Normandie,
avez vu 9
populaires de la province de l'Oueft firent que les corps
purent pour amener la médiation; tous les tout ce qu'ils
inuriles jufqu'au 23 ou 24 octobre, époque moyens à
furent
conclu le traité depaix, traité bienzôt
laquelle fut
des conte-terolutionmaires
rompu par les intrigues
les hommes de couleur. Vous qui provoquèrent avez
encore une fois
Normandie fit tout ce qu'il
vu que le bataillon de
de couleur à l'ordre,
fa put pour ramener les hommes
pur empécher l'incendie que du médiation fur inutile, & ne.
d'une partie des blancs qui Port-au-Prince, T'habitoient.
& le maflacre
Claaffon : J'interromps un moment encore mon
pour dire que,, relativemnent à l'incendie du
collegue,
le bataillon de Normandie n'a pas dit qu'il Port-au-Prince, favoir
venoit cet incendie. J'obferve que lors de cet
de qui
j'ai vu arrêter plufieurs ciroyens de couleur
incendie,
des matières combuftibles, & mettant le feu déguifés, aux maifons. porrant
Sonzhonax : Le bataillon dit expreffément
a mis le feu: c'eft un menfonge,
qu'il ignore qui
Clauffon : Je fais aufli cette obfervation.
Sonthonax : C'eft un menfonge abominable
ebfervation; carles hommes de couleur, depuis que votre
n'éteioa: plus dans la ville.
feptheures,
ieurs ciroyens de couleur
incendie,
des matières combuftibles, & mettant le feu déguifés, aux maifons. porrant
Sonzhonax : Le bataillon dit expreffément
a mis le feu: c'eft un menfonge,
qu'il ignore qui
Clauffon : Je fais aufli cette obfervation.
Sonthonax : C'eft un menfonge abominable
ebfervation; carles hommes de couleur, depuis que votre
n'éteioa: plus dans la ville.
feptheures, --- Page 296 ---
Clauffon : Je ne vous reffemble 290
pas 5 je ne fais pas des
menfonges : d'ailleurs vous n'y étiez pas.
Page : Si l'on juge de l'incendie du Port-au-Prince par
les événemens qui ont précédé l'incendie, on en reconnoit dans
les auteurs dans les hommes de couléut. Vous verrez, trouvé
la fuite des débats, des pitces
conftatent qu'on combuftibles a
dans différentes maifons ESS de matières
qui n'avoient pas été embrafecs; vous verrez encore que le
projet d'incendie éroit connu de plufieurs contrerérelitionnaires à bord da vaifleau commandé par M: de Grimoard.
Vous avez vu, citoyens > que l'arrété du 2 feprembre ne
produifit aucun effet utile dans la province du Nord; il
n'en produifit pas davantage dans le quarrier de Jérémie. s'eft
Mon collègue va vous donner connoiffance de ce qui
paffe à cette époque dans le quartier de Jérémie.
Thomas Millet : Le quartier de Jérémie contient cinq
communes, celle de Tiburon, le Cap - Dame - Marie, les
Abricots,, Jérémie, & les Caymittes: ces cinq communes
femblent ifolées du refte de Saint - Domingues elles font
bornées d'un côté par de haures montagnes d'un accès difficile,
de l'autre par un canton extrémemen: érendu, & & jultement
appelé le Défert, parce qu'éant privé d'eau, habiré; ne & enfin préfentant que des terres arides, il n'eft point
de
la mer : cette pofition a torjours rrelervé ce quartier
E dévaftation qui a défolé toute la colonie. Jérémie n'avoit des
done & n'a jamais éprouvé d'infurredtion de la part
efclaves; mais quelques hommes de couleur du nord, qui
s'étoient coalifés avec les hommcs de couleur de la communé
communique avecla commune du Petitdes Caymittes, commencèrent qui à jeter des femences de divifion, &
Trou,
l'infurrection dans cette partic: Je demande que
à propager
le citoyer Pcivere! de déclarer
le citoyen préfident interpelle des hommes de
lvi avoient
s'il fe rappelle du nom
couleurqui dans leurs
préfenté des pétitions pour être réintégrés
poflefions dans la paroiffe des Caymittes.
Polverel : Je me rappelle le nom de lun d'eux; je ne me
rappelle pas ceux des aurres : il le nommoit Noël Azor.
Thomas Millet : Eh bien! ce Cadouche qu'on a préfenté
la
main fur l'aflemblee coloniale, ce
comme Cadouche ayant dont nous grande vous dirons en décil les crimes, ce
Cadouche avoit habiré quelque tem;s chez Noil Azor: ce
grés
poflefions dans la paroiffe des Caymittes.
Polverel : Je me rappelle le nom de lun d'eux; je ne me
rappelle pas ceux des aurres : il le nommoit Noël Azor.
Thomas Millet : Eh bien! ce Cadouche qu'on a préfenté
la
main fur l'aflemblee coloniale, ce
comme Cadouche ayant dont nous grande vous dirons en décil les crimes, ce
Cadouche avoit habiré quelque tem;s chez Noil Azor: ce --- Page 297 ---
nale, Cadouche que nous avons dénoncé à la
que nous avons dénoncé à
Convention narionous avons dénoncé à l'uuivers l'affemblée coloniale,
envoyé par Barnave dés le mois comme de un confpirateur, Ruc
moment oi l'on formoir à Paris les février 1791 > dans le
de "Saint- - Domingue, dans la
projets de dévaftation
avoit dans cette commune trois oùr commune des Caymirtes, Il y
hommes de couleur, dont les quatre propriétaires riches,
Lafond, Lepage, & un autre dont noms le étoient Noël Azor,
pas; ils étoient connus notoirement
nom ne me revient 1
pères, parce qu'ils vivoient
pour avoir aflafliné leurs
péchoienr de jouir aflez tôt de trop leur immenfe long - remps, & les emmême que ce procès fut examiné &
fortune. Jeldirai
ce relpectable magiftrat Ferrand de jugé par ce vertueux,
fais comment > trouva ces affaffins Baudiere, innocens, & qui, je ne
infurrection vint de ces hommes
La première
& le premier mouvement
que je viens de nommer;
porter chez une malheureufe que firent ces révoités fut de fe
qui étoit nouvellement
femme, la citoyenne Séjourné
au moment où l'on foupoit, mariée : ils pénèrrent dans la maifon
du jeune époux, T'actachent afladlinent à
la mère, fe failiflent
en fa préfence, & lui font un poteau, violent fa femme
dont le procès de Carrier" a fupporter toutes les indignités
Pinard a faires à la commune pu de donner J'idée, celies que
fur le corps de fix infortunées
Vue, ou il a fait paller
dont il étoit accompagné, 400 brigands mulâtres & nègres
avec cette malheureufe
Après s'être porrés à ces exeès
1a2 non, ils Taflaflinent, fenrne, lui croyez-vous qu'ilss'en tinrent
T'enfant qu'elle
ouvrent le ventre, en arrachent
Séjourné,
portoit, en frappent le vilage du malheureux
parcà cochon. T'afiafinent, Eh bien! & fortent en jetant l'enfant dans un
de la dépendance de Jérémie cette action atroce infpira aux nègres
révolte fur générale; mais une telle indignatich, que la
de couleur. Ils ctioient
contre qui? contre les hommes
voulons pas qu'ily ait un par-rour feul homme à leurs maitres: nous ne
colontes, ils vont fe porter aux mêmes
de couleur dans la
chez le citoyen Séjourné. Les
excès qu'ils ont commis
chassèrent & profcrivirent nègres du quartier de Jérémie
de nommer. La municipalité ceux de Jérémie des hommes que je viens
vefcence des nègres, voyant que les hommes voyant de cettè effercouleur ve-
ons pas qu'ily ait un par-rour feul homme à leurs maitres: nous ne
colontes, ils vont fe porter aux mêmes
de couleur dans la
chez le citoyen Séjourné. Les
excès qu'ils ont commis
chassèrent & profcrivirent nègres du quartier de Jérémie
de nommer. La municipalité ceux de Jérémie des hommes que je viens
vefcence des nègres, voyant que les hommes voyant de cettè effercouleur ve- --- Page 298 ---
noient auprès d'elle chercher un afyle contre révoltés, l'infurreétion leur offrit
des nègres que leurs atrocités oà avoient ils furent retirés, nourris &c
des bâtimens dans la rade, les
donc fur des bâtimensprotégés : la municipalité la plaça des biens, elle plaça fur
pour leur sûreté; & pour régie des
un régilleur
Phabication de ceux qui avoient
propriétés, effet rendit compie à
qui devoit rendre compte, & qai en de leurs revenus, foit
la femme & aux enfans du produic de leurs créanciers, foit pour
pour être verfé dans les mains
nier
jubvenir à leurs befoins; je ne crois pas qu'on leur bonne puiffe conce fait. Les hommes de couleur, connus dans la par ville, au milieu des
duite, reltèrent, fur leur parole, Branchereau, les Legrand,
blancs : 'de ce nombre étoient
autres.
Duroudard, Tripier , Rocher, & quelques
On vous a dit que les blancs avoient eu la fcélérateffe avoient
d'inoculer la petire vérole à ces malheureux qu'ils citoyens,
recueillis,pour les détruire: vous n'avez point cru,
à cette allertion aufli fauffe qu'elle eft vague & infignifiante; étoient dans
il eft certain que la petite véroie gagna ceux qui
les La vaiffeaux. loi du 4 avril eft arrivée à Saint-Domingue au moment
oà
étoient fur les vaifleaux : comme toutes les
ces hommes de la colonie fe portoient à l'exécuter, quoiquil civils fût
Erae qu'elle ne le' feroit que lorfque les fit commilfaires convoquer la coml'auroient promulguée, la municipalité
à de nonvelles éleétions; & ne voulant
mune pour procéder hommes
avoient des
fulfent difpas que des
qui élections, propriétés elle fit débarquer les
penfés de concourir à Les ces éleétions fe firent; & la' municipahommes de couleur.
les hommes de couleur Blanchereau,
lité nouvelle fut formée;
furent élus membres.
Tripier, & Jofeph Legrand, le
Blanchelande,
A 'cette même époque,
gouverneur
commanconnu pour un confpirateur, avoit envoyé a été > pour depuis revêtu
der à Térémie, Lopinor : ce France, Lopinor Monfieur, du titre de
par le foi-difant régent de
Il
avec lui un
commandant de Saint L- Domingue. furent diftribuées apporta aux hommes
très-grand nombre d'armes la qui garde nationale fut formée , &
de couleur. Cependant
à la loi du 4 avril. Peu après
tout fe paffa conformément
& la formation de la garde
cette élection de la" municipalité formèrent des raffemblemens; on de:
nationale, les mulàttes
fieur, du titre de
par le foi-difant régent de
Il
avec lui un
commandant de Saint L- Domingue. furent diftribuées apporta aux hommes
très-grand nombre d'armes la qui garde nationale fut formée , &
de couleur. Cependant
à la loi du 4 avril. Peu après
tout fe paffa conformément
& la formation de la garde
cette élection de la" municipalité formèrent des raffemblemens; on de:
nationale, les mulàttes --- Page 299 ---
couvrit qu'ils avoient des intelligences avec les révoltés de
la partie du Nord. Un d'eux allailina un nègre; il fut arrêté
& traduit devant un tribunal; auflitôr les hommes de couleur
prennent les armes. Vous voyez que tous ces mouvemens
étoient dirigés per la même main : ces hommes de couleur
en armes fe réunirent fur l'habitation Colimon, & de là firent
audacieufement demander aux autorités conftituées la liberté
de l'affaflin; ils firent plus, ils ajoutèrent
les motifs de
Jeur prife d'armes étoient la demande de 40 formation des
hommes de couleur. en compagnies franches, telles que &
Blanchelande les avoit infituées, & telles que Polverel
Sonthonax les ont formées depuis. La municipalité envoya
un de les membres, le citoyen Lafage : > qui, en obfervant
les formalités preferites par lalei, ordonna àce raflemblement donne
de mettre bas lesarmes. Ils réfitent; la municipalicé
ordre au commandant militaire de faire diffiper cet attroupement. Les hommes de couleur font feu fur les blanes;
plufieurs fonttués, Cmicnanntn
habitation; Toir , mon voifin : je ne me rappeile paslenom
desautres. Ce fut donc à cette épeque que leshommes decouleurp prirentla fuite, &fc retirerentau Capauprès de Polverel.
Sonthonax : J'obferve que le citoyen Millet eft dénonciateur & témoin dans fa propre caufe.
Th. Millet : Vous me prouverez cela, citoyen.
Sonthonax : J'y confens. dit
avoit invité la ville des
Th. Millet : Polverel a,
qu'il
efet, la
Cayes à envoyer une dépuration à Jérémie; en fraterdépuration fut envoyée, &c la municipalité lui remit
nellement les actes, les precès-verbaux de l'officier municipal envoyé
faire mettre bas les armes aux hommes
de couleur. Ecbont envoyés s'en retournèrent indignés de la
conduite qu'avoient tenue les homes de couleur de la dépendance de Jérémio: parrefped pour l'antorité nationale,
néanmoins cenx de Jérémie envoyèrent des commiffaires, 2
parmi lefquels étcient ce même Lafage & un notable, homme
de couleur, appeléJofeph Legrand;-jo heme rappelle pas du
nom des autres. Ils arrivèrent aux Cayes dans une goelette :
ils envoyèrent des hommes de couleur pour faire part de
leur miffion; ils ont difparu, On ignore quel a été leur fort.
Quant aux deux blancs, frappés de terreur de la difparution
de leurs caiarades, ils font reyenus à Jérémie fans avoir
, 2
parmi lefquels étcient ce même Lafage & un notable, homme
de couleur, appeléJofeph Legrand;-jo heme rappelle pas du
nom des autres. Ils arrivèrent aux Cayes dans une goelette :
ils envoyèrent des hommes de couleur pour faire part de
leur miffion; ils ont difparu, On ignore quel a été leur fort.
Quant aux deux blancs, frappés de terreur de la difparution
de leurs caiarades, ils font reyenus à Jérémie fans avoir --- Page 300 ---
rempli leur miffion, & ces hommes
verel protégeoit, qui lui préfenroient des fiintéreffans, que Poltrer dans leurs propriétés,
pétitions pour renpage & Noel Azor, aflailins éroient de leur ces mèmes Lafond, Leinfurrection, allaflins de la malheureufe père, femme auteurs d'une
Leurs propriétés, a-t-on dir, avoient été ravagées; Séjourné. mais
par, qui avoient-elles été ravagées? par un rattemblement
commandé de
par Lachaife, Lachaife infcrit fur la lifte civile
Louis XVI, Lachaife qui eft devenu le confident de
Polverel &c Sonthonax, Lachaife dénoncé aux Etats-Unis,
qui cherchoit à foulever les hibitans des frontières
les Elpagnols, contre iequel vous trouverez dans vos contre
une proclamarien du général Saint- Clair,
archives
la partie delOueltpourles Etats-Unis. CeLachaile gouverneur eftàP Paris. dans
Sonthonax : Je demande acte de' ce qu'a dit Thomas Millet, que Lachaife avoit vouiu exciter une infurrection des
Erats-Unis contre les E(pagnols.
Thomas Millet : Citoyens, vous m'avez bien entendu; &
Sonthonax aura beau intervertir nues paroles, il ne me fera
pas mentir. J'ai dit que le général Saint-Clair, gouverneur
pour les Erats-Unis dans la partie de l'Oueft,
une proclamation. contre ce Lachaife,
avoit fait
tière des Etats-Unis
foulevér > qui étoit far la fronEtats-Unis.
pour
les Elpagnols contre les
Sonthonax Je m'en rapporte aux tachygraphes & à la
commiflion, i vous n'avez pas dit que Lachaile
voulu foulever les habitansdes frontières contre les
avoit
Le repréfentant du peuple Lecointe : Il eft bien certain Efpagnols.
vous avez laille échapper quelques
que
à penfer que Lachaife avoit tenté de parcles louleverles qui donneroient habitations
américaines contre les Efpagnols.
Thomas Millet : Je rectifie ce que f'ai dir
ce
voulu dire : Lachaife a ingrigué
foulever par les que j'ai
contre les Efpagnols, comme Gimer avoit voulu foulever Erats-Unis les
Etats-Unis contre la France.
Verneuil : C'eft ce que nous prouverons.
Page : On a dit qu'a Jérémie on avoit jeté les hommes de
couleur dans les cachors, qu'on leur avoit inoculé la
vérole; on vous a dit que l'affemblée coloniale s'étoit petite refufée à mettre en liberté les hommes de couleur. Eh bien!
ciroyens, j'oppofe un arrêté de l'affemblée coloniale, qui
voulu foulever Erats-Unis les
Etats-Unis contre la France.
Verneuil : C'eft ce que nous prouverons.
Page : On a dit qu'a Jérémie on avoit jeté les hommes de
couleur dans les cachors, qu'on leur avoit inoculé la
vérole; on vous a dit que l'affemblée coloniale s'étoit petite refufée à mettre en liberté les hommes de couleur. Eh bien!
ciroyens, j'oppofe un arrêté de l'affemblée coloniale, qui --- Page 301 ---
prouve le contraire ; cet arrêté eft du
voici.
5 juin au matin. Le
< Sur. . la motion d'un membre, tendante à
hummes de, couleur, détenus dans le
ce que les
pour raifon
quartier de Jérémie
arrèté rendu d'infinrrection, én faveur des y jouilfent du même bénéfice de
hommes de couleur du
He-Paix, qui a ordonné la
Port-
> Laffemblée arrête la relaxation relaxation; des
Hérenus à Jérémie, autorife en
hommes de couleur
Térémie & des Cayes de (e retirer conféquence les dépurés de
hant-général,
auprès de M. le lieutemployer. afin d'éviter pour y concerter la
fir les moyens que l'on peut,
pette relaxation.>
cominotion que pourroir occalionner
Mon collègue vous a très - bien dit
les
pouleur, à Jérémie, avoient été arrétés que
homies de
reté. L'aflemblée coloniale n'avoit
par mefure de stcomme l'a dit Sonthonax : elle avoit pas fi ordonné de le faire,
Faire,
craignant que le ipedtacle des peu ordonné de le
par "AREL Lafiont, &c., n'excitàr le
crimes commis
laves, les homines de couleur avoient reffentiment des efous la protection de la municipalité de demandé à fe mettre
quartier de Jérémie. Il étoit difficile de Jérémie, dans le
lieu qui pêc abriter les hommes de couleur trouver du
un autre
nent & de la vengeance des noirs; car il n'eft mécontenteque, dansle moment ou les hommeside couleur fe pas éronnant
bar-rour & provoquojent par-tout la
révolroient
Térémie fe crullent obligés de
révolte, les habitans de
les hommes de couleur dans ces prendre des melures contre
ces mefures ont été uriles; ce quartier quartiers. feul Esfectivement,
Une adrefle du confeil de
a été confervé.
bar laquelle il demandoir Jérémie, en date du 17
enir les mulâtres,
un bâtiment de l'état pour mai, conÉté chaigés de fers pelans, indique commie que les l'a mulâtres n'avoient pas
conftant que la municipalinsmauroir
dit Sonthonax; ileft
ie T'état, s'ils l'euffen: été. Ils étoient pas demandé un bâtiment
pires; on: n'a demandé ce bâtiment en liberté fur les naincendie éclater dansles autres quartiers. que parce qu'on voyoit
Hement des révoltés dans cette
Craignantle déborprendre des mefures efficaces
province, on crut devoir
Hlans la rade ne le réuniflent pour empêcher
les détenus
he portaffent la dévaftation dans aux la révoltés r dehors, &
partie de Jérémie
>
un bâtiment
pires; on: n'a demandé ce bâtiment en liberté fur les naincendie éclater dansles autres quartiers. que parce qu'on voyoit
Hement des révoltés dans cette
Craignantle déborprendre des mefures efficaces
province, on crut devoir
Hlans la rade ne le réuniflent pour empêcher
les détenus
he portaffent la dévaftation dans aux la révoltés r dehors, &
partie de Jérémie
> --- Page 302 ---
ils avoient fait dans le refte de la province. Mon
comme
vous donner leéture du compte rendu par Taffemblée collègue de va la province du Sud, qui vous fera connoitre des
détails fur ce mouvement; car ce n'eft pas nous nous gui vous parlons, ce font les pièces qui érabliffent tout ce que
difons.
'rendu
provinciale du Sad.
Senac lit le compte
parl'effemblée d'inquiètude occafionnés
< Dès les premiers elclaves mouvemens du Nord, on, établit dans la
3> par la révolte des
farent compofés chacun
>> plaine du Fond deux camps qui
les
blancs foldés; & ce ne fut que lorfque
>, de quarante
eurent obrenu la raiification de toutes
>> gens de couleur
fe
aux blancs pour faire
2>
leurs demandes, qu'ils toutes joignirent les nuits; les hommes &
>> feulement une patrouille reftés dans cette fituation jufques vers les
3> les choles font
de Novembre.
5> premiers jouzs du mois
de la partie de T'Oueft de-
>> Les mouvemens continuels Nord la réunion & le campement
9> puis la révolte du dans , le bourg de la Croix-des-Bou
2 des gens de couleur même temps, & dans le même lieu,
>> quets, formoienten d'oi émanoient des arrêtés & des ordres
>> un conciliabule aufli fidellement que promptement exécutés
>> qui étoient
de TOueft & du Sud, lefquelspa-
> par tous les mulârres coalifés, mus par une feule impul2, roiffoient parfaitement même
tous ces germes enfin
>> fion, dirigés par d'anxiétés un
extrèmes efprit: : joints à la crainte de
>> de troubles &
incendiées &. ravagées, les
>> voir bientôt les propriésés devinrent les motifs déter-
>> nègres mis en infurredtion, engagèrent les blancs de la partie'
>5 minans &c impérieux foufcrire qui à toutes lès conditions renfermées
>> du Sud à
& comme les mêmes caufes d'in-
>, dans les concordats;
moment oà les gens de
>) quiétudes ont fublifté jufqu'au a commettre des aflaflinats de tout
3, couleur fe font portés
convainéuquele defir&clin-
>> genre, lon doiréitreintimémente étoient de imnbantaitsomridemeie
>> ererpréfenrdeshiancs aucun des engagemens pris avec eux.
1, & de n'enfreindre cela
s'éloigner beaucoup ode Tétat
- Lepr fident. : Tout
vous paroit réduifez pas à prouver quel
de la queftion; vous ne
En entallant une
étoit Tefprit public dè Saint-Domingue. n'entendra rien à l'accufation
queftion Tune fur l'autre, on
& à la défenfe.
imnbantaitsomridemeie
>> ererpréfenrdeshiancs aucun des engagemens pris avec eux.
1, & de n'enfreindre cela
s'éloigner beaucoup ode Tétat
- Lepr fident. : Tout
vous paroit réduifez pas à prouver quel
de la queftion; vous ne
En entallant une
étoit Tefprit public dè Saint-Domingue. n'entendra rien à l'accufation
queftion Tune fur l'autre, on
& à la défenfe. --- Page 303 ---
Bruley : Cependant, pour conftater quel étoit
il
blic avant l'arrivée de Polvercl. & de
Sonthonax, IMFEL
l'on fache, que l'on foit bien convaincu que les véAabion auteurs, ou du moins les véritables inftrumens de
la dévaftation, ont été les hommes de couleur à SaintDomingue.
à fond la
0e
Le préfident : Il faudroit donc couler d'abord & de fuite
première queftion, & venir enfuite à celle-ci,
aux points principaux. conftater
étoit
public de
Bruley : Pour bien
quel
Tefprit
-
Saint Domingue, il faut bien connoitre quel étoit l'efprit
des hommes de couleur qui font une grande partie du public; de plus, vousavez entendu Sonthonax vous dire qu' une
des caufes du mal éteit T'antipathie des blancs
les
hommes de couleur, & le refus de leur accorder
droits
Et
politiques. Il faut bien qu'on vous mette fous les yeux les
moyens qu'ont employés les hommes de couleur pour obtenir les droits politiques; car il faut répondre à Sonthonax,
& détruire ce qu'il a dit, que les maux font venus hommes du refus de
qu'on. a fait d'accorder les droits politiques aux fuivie les,
couleur. Il faut que vous voyez la marche qu'ont
hommes de couleur pour obtenir les droits qu'ils ont réçlamés avant quil y eût ouverture à ces droits 5 il faur,
pour répondre à Sonthonax, développer quel étoit Tefpric
public Senac à : Saint-Domingue. La difcuflion eft d'autant plus néceffaire, que vous
avez entendu Sonthonax vous dire qu'on fufilloit les hommes
de couleur comme des bêtes fauvess. il eft bon, dis-je >
les hommes de couleur foient bien connus par les crimes
21 les forfaits qu'ils ont commis à que les cheis foient aufli
afin
fache
5 bien connus de la commifion,
qu'on Polverel quelleaété &
la néceflité dans laquelle fe font trouvés
Son-"
thonax de donner les principales
à ceux quiontdirigé
& commandé tous ces forfaits: Vrs où nous en voulons
venir,, & ceft là ce qui conflitue T'efprit public avanrlarrivée de Polverel & Sonthonax.
Page : Les pièces que nous avons préfentées & que Polverel nous
préfenterons'e encore feront autant de preuves contre
& Sonthonax. Dans ce moment, fi Sonthonax etit youlu l'efeonfentir à ce que nous eulions caractérifé quel étoit
irigé
& commandé tous ces forfaits: Vrs où nous en voulons
venir,, & ceft là ce qui conflitue T'efprit public avanrlarrivée de Polverel & Sonthonax.
Page : Les pièces que nous avons préfentées & que Polverel nous
préfenterons'e encore feront autant de preuves contre
& Sonthonax. Dans ce moment, fi Sonthonax etit youlu l'efeonfentir à ce que nous eulions caractérifé quel étoit --- Page 304 ---
au moment de l'arrivée de Polverel & Senthoprit dans public la
eût voulu, dis-je, que nous euflions
nax
colonie;sil par fespropres actes, & qu'il n'eât.
conftaté l'efpric public
de faits antérieurs à
voulu entrer dans une difcnilion
&c fimIea arrivée, alors nous aurions préfenté purement érablifient
plemenr les aétes de Polverel & Sonthonnx qui veulent éterFefprit public; mais Sonthonax & mieux Polverel, faire qui tourner les déniler la difcuffion, qui aiment
contre les colons dont ils
bats contre les corps populaires contre 3 eux - mêmes, Sonthonax
fe portent Polverel accufateurs, font entrés que dans une digreflion ici 5 &; au lieu
& de difcuter leurs propres actes, au lieu de vouloir qu'on
leur dife, , Vous avez dévafté Saint-Domingue difent, 2 vous C'eft avez
égorgé les habitans 5 Sonthonax & Polverel refufoit aux hommes
vous , colons, c'eft votre orgucil qui qui avez été la caufe
de couleur leurs droits politiques, de
3 c'eftvous,
de la dévaftation
SaintDomingue
premicre colons, qui, par vOs efforts pour Te amener colonie. T'indépendance Il faut >
avez été la caufe des'défaftres de cette
que
nous répondions à toutes ces inculpations Polverel : lorfque & Sonthionax nous
aurons traité toutes celles portées de par
nous pafcontre les corps populaires Sainte-Domingue, nous ne devons
ferons à leurs actes : mais
penfe que
de Saint*
laiffer
fur E corps popalaites
pas
s'appelantic
réfulter des açcufaDomingue les foupçons
pourroient
dictions de Polverel & ESE : quoique cependantla
cuflion desactes de Polverel prouvera une telle criminalité 2
& accumulera fur eux un tel opprobre, quil fera impoflibie les
que les accufations qu'ils auront portées contre nous deman- corps
aient le moindre effet; cependant
populaires dons, avant d'entrer dans ane autre difcuilion a > qu'il nous
foit permis de répondre à ce, qu'adit Sonthonax.
Senac achève la leéture. :
La féance eft levée.
Le regiftre, des préfences Fgné: J. PH. GARRAN,
LECOINTE ( 1 Deux-Sèvres s) , fecrétaire ;
Retata 5
CASTILHON 3 DAERAY, PEYRE, J. F.PA-.
LASNE : CHAMPEAV et FOUcHÉ,
Du19
difcuilion a > qu'il nous
foit permis de répondre à ce, qu'adit Sonthonax.
Senac achève la leéture. :
La féance eft levée.
Le regiftre, des préfences Fgné: J. PH. GARRAN,
LECOINTE ( 1 Deux-Sèvres s) , fecrétaire ;
Retata 5
CASTILHON 3 DAERAY, PEYRE, J. F.PA-.
LASNE : CHAMPEAV et FOUcHÉ,
Du19 --- Page 305 ---
Du 19plaviëfe, D'an troiftème de la République
frangaife une
indivifible.
LA féance s'onvre par la leéture des débats
du 18.
de la féance
La rédaétion en eft adoptée.
Thomas Millet : Hier la commillion avoit confervé
parole au citoyen Senac : mais comme il
la
ion attention fur les cinq communes du
imporre de fixer
&
quartier de
que > dans tout le cours des débats > nous Jérémie,
des chofes importantes à vous dire fur cette aurons bien
je vais vous remettre fous les yeux un arrêté de dépendance,
vous
coloniale, qui
prouvera que ces communes Taflemblée
repréfentées comme étant en contradiction
> fans ceffe
comme ayant toujours repouffe la loi du
àvec la loi,
ayant toujours éré les perfécutrices des hommes 4 avril, de comme
ont toujours été au contraire les
couleur,
de couleur.
proteétrices des hommes
(Thomas. Millet lit cet arrêté
comniffion des colonies fous J dépofé le aux archives de la *
numero 217).
Arrêté de T'allembléc coloniale de
octobre
Saint-Domingue 3 du I3
1791.
ce Le'is octobre 1791 , l'affemblée coloniale
par des lettres de la municipalité de Jérémie du > informée
& par celle du commandant
le
7 oétobre,
tier, de la détention de dix pour hommes roi, de en ce même quar:
armes à la main.
couleur pris les
5, Confidétant que, , par fon arrêté du 20
T'affemblee coloniale a promis aux hommes de feptembre
les faire jouir du bénéfice de la loi du
mai, couleur 4
feroit eficiellement
dès qu'elle
>> Confidérant connue; 5
qu'elle a étendu fa bienfaifance
Tome I. Neavicme liyraifoa.
V fur ceux
ention de dix pour hommes roi, de en ce même quar:
armes à la main.
couleur pris les
5, Confidétant que, , par fon arrêté du 20
T'affemblee coloniale a promis aux hommes de feptembre
les faire jouir du bénéfice de la loi du
mai, couleur 4
feroit eficiellement
dès qu'elle
>> Confidérant connue; 5
qu'elle a étendu fa bienfaifance
Tome I. Neavicme liyraifoa.
V fur ceux --- Page 306 ---
joe ne font pas compris dans
des hommes libres de couleur qui
le bénéfice de ladite loi du 15 mai;
de bienfaifance de-
>> Confideranrque cet acte ipontanée des hommes libres de
voit lui obtenir la confiance d'élever genérale des prétenrions exagérées;
couleur, & les empécher contraire aux décrets de la naticn, ne
dont la réciamarion naitre des divifions funeftes à lintérét compeut que faire
malheurcufes oû ie trouve la
mun, dans les circonftances
partie frangaife de Saine-Demingue laille aux commiffaires civils
>> A arreté & arrête qu'elle
attendus dans la cOenvoyés par la nation 2 & joumellement la conduite tenue par les hommes
lonie, à prononcer fur
de la Cayemitte.
libres de covieur du quartier
réunis en
aimant à croire que 2 lorlque
>> L'aflemblée les I & 2 de ce mois, écrit, tant à la muarmes , ils ont,
Richard,leur capitaine >
nicipalité de la Cayemitte , qu'aM,
de fon arrèré du 20
il n'avoient point encore connoillance de la proclamation faite
leptembre dernier, non plus que
général 2 par fuite
par M. le lieutenant au gouvernement de
dudit arrété,le 26 du mois (eptembre; commencées contre les
>2 Ordonne que toures demeurerent procédares fufpendues , & que le
hommes de couleur créé à Jérémie ceflera fes fonétions 5
tribunal d'information hommes libres de couleur, au nombre
>> Ordonne que les
& détenus dans les prifons dc
de dix, donnés en Otage,
fousleurcaution juratoire,
Jérémie., feront à linfianerelaxés
duditlieu, & feront
qui fera reçue pardevant la municipalité
refter en état
renvoyés chacun dans fon domicile, Tarnivée 2 pour des y commiflaires
de fimpie arreftation > jufqu'à
civils;
fous fa fauve-garde fpé-
>> Arrête en outre qu'elle prend
de Jérémie & de
ciale, 8c met fous celle des municipalités libres de couleur de cette déla Cayemitte, les hommes
à maintenir la tranquillité
pehdancey
en contribuant des bienfaits de la nation >),
publique., tre rendront dignes
la municipalité
Cet arrêté, ponctuellement exécuté doute, par Citoyens > que
de Jérémie > ne vous laiffe aucun
le citoyen Sonthocette affertion vague, jetée en Jérémiea avant par
été en connax, -que la commune lei, de eft aufli peu toujours fondée que toutes
tradiction ayec la
hommes
à maintenir la tranquillité
pehdancey
en contribuant des bienfaits de la nation >),
publique., tre rendront dignes
la municipalité
Cet arrêté, ponctuellement exécuté doute, par Citoyens > que
de Jérémie > ne vous laiffe aucun
le citoyen Sonthocette affertion vague, jetée en Jérémiea avant par
été en connax, -que la commune lei, de eft aufli peu toujours fondée que toutes
tradiction ayec la --- Page 307 ---
eelles qui font avancées dans cette affaire. Je vous
une lettre de la mucinipaliré de Jérémie lirai, à
coloniale,. en date
à l'af
EAIT
du 20 octobre 1791.
Copie d'une lecere de la municipalité de
à
coloniale 3 fur les hommes de couleur, Tirénie, du 20 ottabre l'alfemblée
1791.
N Nous nous hâtons de vous annoncer
voies de conciliation employées
l'heureux effet des
faires,
par MM. vos commifle 35 Notre commune a, de fa propre
pardon des gens de couleur
volonté, prononcé
35 Ils ont à Tinflant été relâchés. arrètés Leur au fond dlaiue
velie dans un érernel oubli. MM.
faure a été enfeinftruiront, Mellieurs : ils n'ont point vOS commiffaires été
vous en
leurs vues bienfaifanres : nous étions
contrariés dans
dulgence >.
tous difpolés à l'inVous voyez, , Ciroyens,je vousle
peu fondées les allertions de
répète, combien étoient
de la commune de Jérémie à Sonthonax exécuter la fur les difpofitions
fur-tour à perfécuter les hommes de
loi du 42 avil,
Senac : Dans la féance d'hier couleur.
compte de la conduite d'Ogé dans s Citoyens,o la
on vous a rendu
on vous a prouvé fon identité avec province du Nord;
de Saine-Domingne,
tous les con/pirateurs
a établi enfuite les malheurs particnulicrement qu'ont avec Laluzerne 3 on
nations d'Ogé & dans la province du occalionnés les machivince du Nord : on a oublié de vous Sud & dans la proce qui s'eft paffe dans la province de rendre compte de tout
rendrai pas ce compte en
I'Oueft 5 je ne vous
trop longue ; je me bornerai entier à deux > Ténumération en feroit
vous prouver fur-tour les caufes des défaftres Ou trois faits,
Domingue.
arrivés adant
A l'arrivée de
hommes de couleur Roume, avoient > Mirbeck & Sain-Léger, les
occupoient toutes les places, fubjugué & tenoient tous les quartiers; ils
dance tous les blancs :
fous leur
égorgé quatre mille
mais, > comme ils en avoient dépenrefte 5 & toutes les prifons s* ils crurent de la qu'il falloit enfermer déja le
colonie en étoient pleines.
V 2
.
arrivés adant
A l'arrivée de
hommes de couleur Roume, avoient > Mirbeck & Sain-Léger, les
occupoient toutes les places, fubjugué & tenoient tous les quartiers; ils
dance tous les blancs :
fous leur
égorgé quatre mille
mais, > comme ils en avoient dépenrefte 5 & toutes les prifons s* ils crurent de la qu'il falloit enfermer déja le
colonie en étoient pleines.
V 2 --- Page 308 ---
ramener la
Roume, Mirbeck & Saint-Léget crurent , pour une araniftie >
paix,, devoir accorder à tous avoient les coupables été portées contre les
malgré les- plainres qui leur elle fut envoyte dans toutes
aflallins. L'amnifie commandant eut lieu, pour le roi alors > & aux
les communes conftituées. > au Elle arriva , cette amniftie , au Petit- alors
autorités
le
décembre 1791. Le comité étoit
Goave, à midi, 13
de couleur. Gafton Duvivier,
compolé de blanes@ed'hommer préiidoit alors ce comiré,
dont vous avez enterdu parler, de l'amniftie malgré lordre
& s'oppola à la proelamation le conimandant
le roi.
qui lui en avoit été fait par &c la féance fut ECE A trois
Lheure du diner arriva,
hommes de couleur allèrent à
heures après midi, cinquante
de trente-trois malieuAa geole du Petit-Goave, ,s'empartrent ils furentliés & garrottés,
reux qui y étoient détenus &eauxferss od ces cannibales eu-
"conduits aux limites du Perit-Goave,
& de les fabrer
rent la cruauté Le les fufiller aux jambes de fles voir mourir
enfuite pour avoir le criminel cruels. plailir Enfuite un dérachement
dans ies tourmens. les plus du Perit-Goave; pouraller dans
de xingecinghomtnes & partit le dérachement fut chargé d'exécuter
le Trou'Canarie, de Duvivier : & ces ordres furent teis, & fi
#es ordres
dans la journée du 13
Rbor
cifément exécutés, blancs que, furent les victimes de ces cannibales.
foixante-dix
ces malheureux, encore couverts
Après tous ces forfaits, les
encore palpitans de leurs vicde fang, vinrent fur quileuravoit corps
été adreffeepar Roume,
Haupobtselamnite J'interpelle le citoyen Polverel de
Mirbeck & Saint-Léger.
& dans fon
déclarer , fi, dans fon féjour au Pere-au-Prince, été connu.
au Petit Goave, ce fait-la ne luia pas
voyage Poiverel; J'ai entendu parler d'un meurtre commisfurles blancs ont eté
limites du Petit-Goave, dans lequel plufieurs mais même d'inf
coupables, non-feulement effets de comrlicié, des ntalheureux qu'ils savoient
rigation & de pillage des
égorgés. Je prends acte de ce que Polverel a dit avoir eu
Senac:
connoillance du fait quejsicisé. de couleur à Bayné ( Bayné
Un autre fait: Les hommes Ferit-Goave), les hommes
eft un bourg fitué à fix lieuesdu délibération; ils convoquent les
de coulear prétexient une
ieurs mais même d'inf
coupables, non-feulement effets de comrlicié, des ntalheureux qu'ils savoient
rigation & de pillage des
égorgés. Je prends acte de ce que Polverel a dit avoir eu
Senac:
connoillance du fait quejsicisé. de couleur à Bayné ( Bayné
Un autre fait: Les hommes Ferit-Goave), les hommes
eft un bourg fitué à fix lieuesdu délibération; ils convoquent les
de coulear prétexient une --- Page 309 ---
habitans de la commune: les habitans confians
des mornes
conférer avec eux, &, Réunis defcendent au
tente-fept oCpe piis, liés & garrottés, conduits à deux bourg, cents
pas du bourg, & fafillés par les homies de couleur. J'interpelle Polverel de déclarér.
Polverel:Je n'ai aucune connoiffance de ce fait.
Senac: Tel eft, en abrégé, le récit des forfaits commis
les hommes de couleur dans la province de
F eft inurile
j'entre dans d'autres faits
I'Oueft;
mais je vous 4 que, dans les hnuteurs de particuliers :
avoit un camp compofé d'hommes de couleur Léogane, I'on il y
appeloit le Trou-Coflé, Ce Trou-Coffe étoit
que
tout ce qu'il y avoit d'affatins dans la
compofé de
de
& rous ces hommes-là correfpondoient province l'Oueft;
T'armée campée à la Croix-des-Hosquers. & parfairement avec celle avec
à Biforon. Tous les jours, il forroit du
campée
vingt hommes de couleur qui alloient fur camp les habirations quinze ou
du parriculieres dépendanres de Léogane, du grand Goave,
perit Goave, > & de tout le quariier; fufilloient
toyablement tous les blancs qu'ils rencontroient,
impifemines & enfans; & ils n 'étoient bien recus du hommes, chef du
Trou-Cofle, qu'en rapportant Jes oreilles des blancs
avoient maflacrés. Voilà des faits
& qu'ils
de ce Trou-Coffé étoit un abbé très-politifs; nommé
à la tête
peut-être onl a beaucoup entendu parler Ouvière, & dont
trouve mainrenant dans le coninent américain. ici, Telle qui fe
dis-je, la conduite des hommes de couleur dans
a été,
province de T'Oueft; & cependant par une fatalité toute la
érrange, tous ceux qui fe font trouvés à la tête de bien
allaflinas ont été promus à des places
ces
Polvercl & Sonzhonax.
tres-importantes par
Duvivicr avoit éré nommé Hier, confeiller je vous difois que Gafion
du confeil du
au-Princes je vous difois que Pinchinar avoit été fait Portcureur-général; un autre particulier, nommé
proafiallin de toute la popularion blanche de Delille-Brellol,
environs, > homme acroce, incendiaite de Jacqmel de
& des
bitacions (faits bien connus à Polverel, plus
cent hade ccux qui les lai ont fait
puilque je fuis un
dans lcs prifons: en bienlce connoitre); Delille-Debreliol cet homme étoit
a été mis ei3
V 3
ur-général; un autre particulier, nommé
proafiallin de toute la popularion blanche de Delille-Brellol,
environs, > homme acroce, incendiaite de Jacqmel de
& des
bitacions (faits bien connus à Polverel, plus
cent hade ccux qui les lai ont fait
puilque je fuis un
dans lcs prifons: en bienlce connoitre); Delille-Debreliol cet homme étoit
a été mis ei3
V 3 --- Page 310 ---
à la tète de tous les
liberté par Polvercl, & il a été renvoyé & volé toutes les habrigands avec leiquels il avoit pillé Ce font-là des faits bien
birations des environs de Jacmel. les rappeler,
qu'ils
bien aife de vous
avez
confiaressjétois
dont vous
lRer
ajonteront aux renfeignemnens à la proclamation. de l'amniftie col- du
Claufor : Relativement f'ajouterai à ce qu'a dit mon environs
mois de décembre 1791, quand elle fut proclatée aux
legue Senac, que les hommés de couleur qui de bloquoient la procladu Por-au-Prince, auflitôt qu'ils eurent connoillance la ville du
la ville, firent trois attaques différentes contre'
(mation, Port-au-Prince.
dernière féance; vous a peint,
Duny: Sonthonax, dans la
le meurtre de
une fenfibilité atfectée & hypocrite,. dit être un homme
avec Ferrand de Baudiere, qu'il vous a
victimé. Mon
homme vertueux &c un patriote
ce Ferprobe , un
Daubonneau vous a prouvé que a dity
collègue Page ou de la Luzeine: Sonthonax vbus mon
rand étoit un agent
étcit un martyr de la liberté; du goule même jout, qu'Ogé
que c'étoit un agent
aux
collegue Page vous a prouvé Je vais maintenant répondre du
vernement confpirateur.
relativement à la paroille
fairs avanicés par Sonchonax, verrez avec quelle peridie il prète
Per-de-Paixs, &c vous
, & aux
les crimes des eomte-troientcnmaia qui doivent
aux parrioses
fenfibilité, T'humanité, en veus
Sonthonax ,
vrais
riiemmh
camétériter les
répeblicains.
parlant du Pore-de-Paix. e la commiflion falle conflater
Sonchonax : Je demande que
que le citoyen lit.
en vous parlant du Port-de-Paix, de couDuny l'effronterie : Somhonas, de vous dire,, i", que de leshommes mort & chargés
a eu
été entaffès .dans un bateau
trainé au bord
leor ont pefanres 5 2°. que les blancs ont bateau; ;".
de chaines une
de canon pour coulerce de la comde la mer Leroi,e pièce ci-devant procureur. fyndic Laveau a
que le citoven
l'a afluré que Frencois
faire
mune du Porede-Paix. d'acheter ce batcau pour Hel
propolé à la municipaliné couleur quiy étoient retenus. bien, de
périr les hommes de
de la profsmde foélératelle
citoyens > vous allez jnger exact dos fayss jy étois, A la nouSonchonax par le reçit
pièce ci-devant procureur. fyndic Laveau a
que le citoven
l'a afluré que Frencois
faire
mune du Porede-Paix. d'acheter ce batcau pour Hel
propolé à la municipaliné couleur quiy étoient retenus. bien, de
périr les hommes de
de la profsmde foélératelle
citoyens > vous allez jnger exact dos fayss jy étois, A la nouSonchonax par le reçit --- Page 311 ---
velle de l'incendie de la province 305 du
du Port-de-Paix, fur ma propelition, Nord, fe
les citoyens
Bertin oit commandoit Verneuil,
rendirent au camp
et l'incendies Cafa - Major,
pour arrêter le carnage
dans ce quartier > & agent 1", Blanchelande, commandoit pour le roi
l'ablence des colons patriores
> profira de
ce quartier; il fe fervit des pour hommes organifer de la révolte dans
volrèrent les nègres dansleur quarrier;
coulcur qui réles allaflinats, les incendies
&,le16 Har51792,
Les malheureux habitans
commencérent dans le nôtre,
gnards fe réfugièrent el échappés ville, àl la aux torches & aux poitravers des bois, tout nuds (car la faveur de la nuit, au
de la nuit), pleurant un
révôlte éclara.au milieu
ami & leurs propriétés incendiées. père, une mère, un fils, un
les caeurs , la crainte s'empara de Ce malheur glaça tous
commiffaires furent
tous les elprits, et des
fecours, Une partie du envoyés au Cap
demander des
voyée fous le commandement régiment de la Hlese nous fut encamp, &ccomplice de Blanchelande. de la Valtière maréchal-dejour les moyens qu'on prenoit pour Ce faire chefenrravoit chaque
de coaleur &c les efclaves dans Tordre; rentrer les hommnes
gandage confumoit de nouvelles
ciaquel jour le brile nombre des victimes. Des hommes habitations, de & augmentoir
par le mulàtre Pinchinat' de tousles
couleur envoyés
notre ville, armés de toutes pièces 5 quartiers ils
aflucientdans
sacre des habitans, le pillage des
projererent le masde la ville. Nous étions fur
propriétés & l'incendie
nous mettions les femmes, les piedjour & nuic; chaque foir
malades en sûreré dans le fort & enfans, dans > les les viealiards, les
Topération que nous étions obligés de faire vaifleaux. Voila
la nouvelle Rofalie de Bordeaux a fervi fouvent, tous les foirs;
inforrunés. Fatigués, indignés de la perfidie
d'afleà ces
couleur dirigés par la
les
des hommes de
tous intrigans venus Valiere, de
les Pigne, les Montaignhac,
-
agens contre révolutionnaires France, les Chanfaume 8c autres
major, les grenadiers de ce régiment >
la Valière, & Casaleurs camarades > leurs frères, et l'état enragés de ces de voir périr
n'avoient de vêtement
la
hrommes
& de François
générofité du maire Cestet
dis-je,
TSCELS E grenadiers de ce
réfolurent, pour s'affurer des hommes de réiment couleur, >
V 4
les Montaignhac,
-
agens contre révolutionnaires France, les Chanfaume 8c autres
major, les grenadiers de ce régiment >
la Valière, & Casaleurs camarades > leurs frères, et l'état enragés de ces de voir périr
n'avoient de vêtement
la
hrommes
& de François
générofité du maire Cestet
dis-je,
TSCELS E grenadiers de ce
réfolurent, pour s'affurer des hommes de réiment couleur, >
V 4 --- Page 312 ---
de les mettre à bord du navire la Nouvelle Rofalie. Cette au
réfolution prife, ils fe rendirent, au nombre de quarre >
quartier- général & à la municipalité; là > ils déclarerent
leur compagnie entouroit la ville fur les foffés, pour
que
tous les hommes de couleur qui s'y trouvoient
empècher alors d'en fortir ; ils demandèrent fortement qu'ils de n'être fuflent
embarqués, affurant que c'étoit le feul moyen Texiftence Ges
trahis au moment d'une fortie, & d'affurer des vieillards & orhommes, des femmes & des enfans,
phelins qui reftoient dans la ville. Le citoyen Baronal,of 5 mais
ficier municipal, chercha a calmer leurs inquiétudes leur directeur,
Labroulle, homme de couleur, leur chef& follicita lui- même
craignant les fuites de cette démarche, de couleur de fe
de la municipalité un ordre aux citoyens
rendre paifiblement à bord de la nouvelle où Rofalic, il leur aprèsavoir fercit dédépofe leurs armes au leur quartier-général accordé, &c ce qu'il effectua
livré un reçu;, ce qui
fut
Unarrèré de T'affemlui-même en s'embarquant le premier. Blanchelande les arma
blée coloniale les rendit à la liberté 5
d'autres mulâtres
de nouveau, les renvoya avec beaucoup faire fon plan de
étrangers dans cette paroiffe > pour y - Major revint comcontre - révolution. Le traitre Cafa les blancs qui s'émander dans cette ville où il perfecuta
de ces
toient montrés les amis de la révolution 5 plufieurs de ces conblancs furent envoyés à Pinchinat, le Coffinal intime de Polverel &
trées: ce Pinchinat a été le confident
d'un tribunal de
Sonthonax, & nommé depuis le préfident Trente - trois
fang qu'ils organisèrent au Port-au-Prince. cette ville on iln'ya avoit
furent proferits, & ils quittérent Je fus du nombre des
plus de streté pour les patriotes. Laveau, Egron, Leroi T"E
miers, ainfi que les citoyens
plufieurs autres. Sonthonax & Ailhaud arrivèrent aul Cap;
:
Polverel,
& 2
fus chargé par la commune de dénoncer Cafa-Major les décidai à
complices aux commiffaires; je les allumé harcelai, les torches dans
faire arrêrer cet homme qui ctiminalité avoit
leur furent remifes:
ce quartier; 5 les preuves de fa
parler. Depuis, nous
dès-lors nous n'en entendimes plus plus On a commis de crimes 3
avons eu connoiffance la que bienveillance de Sonthonax & Polplus on avoit part à
verel.
chargé par la commune de dénoncer Cafa-Major les décidai à
complices aux commiffaires; je les allumé harcelai, les torches dans
faire arrêrer cet homme qui ctiminalité avoit
leur furent remifes:
ce quartier; 5 les preuves de fa
parler. Depuis, nous
dès-lors nous n'en entendimes plus plus On a commis de crimes 3
avons eu connoiffance la que bienveillance de Sonthonax & Polplus on avoit part à
verel. --- Page 313 ---
Sonthonax : Je prie ln commiflicn
je nai pas fair arréter Cala-Major d'inrerpeller Deny,
les piècess & ii dit cependant
envoyé en Franceavec
qu'il n'en a éré rien fait.
Duny : Non, je n'en fais rien. 11
eré
il méritoit cent fois l'échafaud comme n'apoint tous
puni :
fuivi depuis.
ceux qui Yont
De concert avec Rochambeau Jeur
formé. une compagnie de couleur feulemcns, complice, & ils ont
pour- capitaine Dulac, nulatre;
nommé
de Casa-Major.
Rodouan, aide-de-camp
Sonchon.x : J'obferve que tout cela eft étranger à la
queftion.
Duny: Rodouan, aide-de-camp de Cafa-Major, &
mandant d'une de fes
lecyfar
des nègres révoltés; & compagaies Jean-Simon franches; Joteph, chef
Vous allez frémir,
Golard, negre libre:
Simon Golard
quand vous allez favoir
a
Jeanreçu une place de Polverel &
pour avoir affafliné Laveau
de
EdEs
qu'il avoit faits
les
coupable
tous les facrifices
od il fe rendoit pour fur fon habitation malheureux incendiés, zu moment
ricain
avec un capitaine amécheter. s pour lui payer une cargaifon quil" venoir d'aSonthonax : Je fupplie la commifion de vouloir
terpeller le citoyen Duny de fe renfermer dans la bieninqui eft la réponfe aux reproches faits aux
qucfion
à toutes les inculpations que j'ai faires aux corpepopulires, a.emilées
loniales, & fur-tout fur l'efprir public qui animoit COfemblée coloniale avant notre arrivée aux
cor Pas
s'agit ici de nous inculper, & de faire de colonicss faufles
s'il
tions prifes dans le mémcire delafalle, émigré aul inculpaj'ouvrirai la queltion far Lafalle, je demanderai Moie 2.
apporté ici la preuve de Pemigration de
qu'il foit
qu'il a combiné avec le commandant Lafalle 3 li preuve
du Môle; & alors nous verrions qui des ennemi colens la reddition
a rsifon : je fupplie donc que L commillion oude nous
Duny de fe renfermer dans'la queftion
erdonne à
traite la queflion de favoir fl l'efprit de l c'eft-aadire, qu'il
ou mauvais avant notre arrivée.
colonie étoir bon a
Duny : Je dois vous prouver ce qu'étoit
vaux qui a fait tOuTS les facrifices à la révolution. Frençois LaTomeI.
Neuyième Liyraijon,
Ys Erançois
plie donc que L commillion oude nous
Duny de fe renfermer dans'la queftion
erdonne à
traite la queflion de favoir fl l'efprit de l c'eft-aadire, qu'il
ou mauvais avant notre arrivée.
colonie étoir bon a
Duny : Je dois vous prouver ce qu'étoit
vaux qui a fait tOuTS les facrifices à la révolution. Frençois LaTomeI.
Neuyième Liyraijon,
Ys Erançois --- Page 314 ---
;c8
Laveaux étoit un millionnaire qui a dépenfé fa fortune pour
nous nourrir > nous ,nos femmes,, révoltés nos enfans à
échappés Polverel
aux poienards des affaflins, de ces
qui
& Sonthonax cnt donné des places; jai dû vous peindre
ce qu'il a fait. Hé bien ! ceft à Ce généreux Lavaux c'eft que aux
Sonihonax vous a pein: comme un cannibale les >
mânes de ce paniote à qui nos familles >
patriotes
doivent/'cxifte cnce, que Sonthonax ofe ici même infulrer.I
prévoyoit que laffailinat de cet homme respectable Cet s-qu'il imavoit commandé & récompen(o, feroit dénoncé.
pofteur impudent & atroce a ofé vous dire que le citoyen l'avoit
Leroi, ex-procureurde la commune du Port-de-Paix, dit
Lavaxx lui avoit
qu'il
alluaré que le citoyen Frinçois
le vaiffeau
donneroit 30,000 1à la municipalité de pouracheter couleur & le faire
cà éroient renfermés les hommes
de ce
couler bas. Connoiflez > citoyens, toute la perfidie Layaux;
monftre. Leroi éroit ami comme moi de il Frangeis étoit ami de la
comme moi il étoit patriote fes perlécute, devoirs de citoyen & d'érévolution 3 il Polverel remplfloit & Sonthonax ordonnèrent le maf3 lorfque
le pillage & l'incendie de la ville du
TSat des patriotes, même de Duffay qui a ufurpé la reCap., par l'organe
préfentation nationale. dul peuple : Si le citoyen accule
Lecointe comme > repréfentant la loi porte
les débats auront lieu entre
Duffay, les acculateurs & les ESIRST il faudfoit que Duffay fûr
ici. Dury : Hé bien ! je vais rétrancher ce qui regarde
Duffay. Son.honax : J'obferve que les citoyens ont également liberté accufé Leborgne & Raymond, & qu'ils n'ont pas la
de fe préfenter ici:
mais ils le
Verneuil : Nous ne les avons pas accufés,
feront.
CCS hommes de fang firent OlDuny : -Lorfque, disije, a
criminels & à deux curés
vrir les portes des prifons 700 du roi & du clergé
qui préchoient la révolte au nom ils
au
leur
>
MEE
fait
arrangement
expédièrent
e apresavoir
la nouvelle de cetre
de-Paix un courier > pour y porter
les compagnies
viétoire. L'arrivée de cet émillaire porta les brigandages,
franches à tous les forfaits: rappelez-vous
orfque, disije, a
criminels & à deux curés
vrir les portes des prifons 700 du roi & du clergé
qui préchoient la révolte au nom ils
au
leur
>
MEE
fait
arrangement
expédièrent
e apresavoir
la nouvelle de cetre
de-Paix un courier > pour y porter
les compagnies
viétoire. L'arrivée de cet émillaire porta les brigandages,
franches à tous les forfaits: rappelez-vous --- Page 315 ---
lieutenant de
les vols - , les pillages commis par foible Pimard, idée de la conduite
Carrir, & vous n'aurez qu'une Ils arrètérent tous ceux que j'ni
de Polverel & Sonthonax.
garrortérent far des chenommés &c plufieurs autresqu'ils diftant de trente lieues,
vaux 5 ils les conduifirent au Cap, ordonnèrent de faire fa-"
chez Polverel & Leroi Sonthonax & les autres qui dont j'ai parié 5 mais les
Gller lei mème humains qu'eux, ne voulurent pas exécuter cet
nègtes, plus
au cachot d'oà ils furent mis en
ordre , & les menérent
liberté, pour aller à la Nouvelle-Angleterre d'interpeller
Sonthonax : Te demande à la commiflion nous avons
Duny de produire les ordres qu'il prérend & un feul que de ceux qui
donnés pour faire fulller Leroi,
nous ont été amenés du Port-de-Paix. &
en fufiller 25,000 qui
Duny : Oui, afn citoyens 'de les voler pour & de,les pilier. Tfairbien
n'exiftent plus,
eft dansles Erats-Unis.
que cet officier municipal
ces ordres.
Sonthonax : Je demande que abandonné, Duny repréfente Sonhonax, en
Duny : Ta puiffance ta français. Le IO iH hermidor 2 C1l
abordant far le territoire
a brifé autli les,
brifant le fceptre de ton exécrable de parron, 5 vous n'étigerez
terroriftes & tous les buveurs
fang Citoyens, j'ai proavé
plus des tribunaux & des guillosines. ks bateaux à foupapes dont a
que les bateaux de n'ont morc, exifté qu'à Nantes. Polverel&c Sonparlé Sonthonax du fond de leur férnil, ordonnoient le maffacre )
thonax, blancs le
& l'incendie des villes, comme un
des
>
pillage
des détails
moyen le plus court, 8 ne t'occupoient pas dérruisit.
des exécanons; toit leur convenoit pourvu qu'on avoir calomnié
J'ai prouvé que le citoyen Lavaux, Leroi ne fur pouvoit in rombe duquel les
je malheureux François
des larmes. Je prouve
colons amis de l'humanité répandent de canon n'a pas été amenéc
aétuellement que la pièce
y couler bas le vaifleau la
fur le bord de la mer ,
forts dominent la rade, &
s
PRAT
Nouvelle Rofalic puifque blancs d'en diriger les canons qui
qu'il étoit facile aux
Polverel & Sonthonax
éroient à leur diipofirion. Citoyens, les colons de prouver qu'is ont
ont l'effronterie de défier
donné l'ordre de fufiler les blancs.
Plafteurs voiz: Ce n'eft pas la queflion.
fur la
Sonthonax : Je demaande à faire une obfervation
ade, &
s
PRAT
Nouvelle Rofalic puifque blancs d'en diriger les canons qui
qu'il étoit facile aux
Polverel & Sonthonax
éroient à leur diipofirion. Citoyens, les colons de prouver qu'is ont
ont l'effronterie de défier
donné l'ordre de fufiler les blancs.
Plafteurs voiz: Ce n'eft pas la queflion.
fur la
Sonthonax : Je demaande à faire une obfervation --- Page 316 ---
fituation des forts. Il eft bon 310
la rade du port de Paix eft
d'avertir la commifion que
près de terre; qu'il eft impollible tres-profonde; ; qu'il faut mouiller
toucher les bàrimens
fonr que les canons puiffent
forts font trop élevés, & qui qu'il faut en rade > parce que les
tout près. Il falloit donc amener queles bâtinens viennent
jai parlé, c'eft 111 fair
cette pièce de quatre dont.
bon à obferver. c'eft qu' politif 'il eft : mais ce qui devient trèsfaire de l'efter, 2e > loriquil eft impoflible qu'un caron puilfe
il tire, Voilà pourquoi les trop près de l'objet fur
fur les batimens qui fon: canons ne peuvent rien-des lequel forts
tous les marins & les guerriers dans la rade du port de' Paix: :
Yerneuil: J'ai commandé, connoilfent cela.
port de Paix; j'ai commandé pendant toute la guerre, 3 au
d'une chofe qui lai eft entièrement l'artillerie. Sonthonax parle
été faits pour rirer, non-feulement étrangere. Les forts Ont
arrivent dans la rade, mais fur
fur les vaifleaux qui
la moindre connoiflance dans
ceux quiy font. S'il avoit
débi:é tout - à -T'heure
cette partie-la, iln'auroit
ponmées les unes
cinq ou fix balourdifes toutes pas
que les autres.
plus
Brulley : Je demande à couler à fond
biic. bateaux à foupape; c'eft encore une
la de queftion des (
Vous avez entendu que l'on
partie
l'elprit
actes mêmes de la paroiffa de vous a démontre, par Pits
avoit pas cette forte anripathie vérémie, qu'a
d'abord qu'il n'y
Polverel contre la loi du
avril
annoncé le ciroyen
de couleur, mis à bord pour éviter 4
le > puifque les hommes
ont enfuire été relaxés; que même des reifentiment des nègres,
qui s'étoient rendus
hommes de couleur
par conféquene on n'a coupables > ont été pardonnés; & que
Jéremie, les bateaux à jamais eu l'intenrion d'imaginer, à
noyé ceux qui fe fonr retirés foupape à
que l'on a'y a jamais
avoit
Ils
TEctul
y
eu des bateaux à
des vous ont dit qu'il
au port de Paix: eh bien! foupape on vous >
bateaux de mort.
hommes de couleur ont été forcés a de prouvé que quand les
c'eft parce qu'une compagnie de
fe retirer à bord,
cette ville, a été indignée de la grenadiers, conduite
qui éroit dans
ienoient, vouloit les maffacrer, &'
que ces hommes
fin tragique, On a pris le parti de les quie, pour éviter leur
On vous a dit que, depuis, ce embirquer.
Caps & au Cap, tous ces hommes batiment avoit éré au
qui étoient à bord ont
hommes de couleur ont été forcés a de prouvé que quand les
c'eft parce qu'une compagnie de
fe retirer à bord,
cette ville, a été indignée de la grenadiers, conduite
qui éroit dans
ienoient, vouloit les maffacrer, &'
que ces hommes
fin tragique, On a pris le parti de les quie, pour éviter leur
On vous a dit que, depuis, ce embirquer.
Caps & au Cap, tous ces hommes batiment avoit éré au
qui étoient à bord ont --- Page 317 ---
3II
été relaxés par arrèté qu'on vous a montré. En conféquence, ni
il n'y a
eu des bareaux de mort ni à Jéremie ,
au port IP Paix. Refte un troifième fait.
Page: Je demande à donner connoillance d'une pièce qui
n'a pas été lue : la voici. Il lit.
Arrêté de Palfemblée coloniale, du 3 juin 1792.
de coulenr
<
On reprend.la difcuflion fur les hommes
Yafdu port de Paix; &, après nouvelle délibération, feront
femblée arrête que lefdits hommes de couleur
élargis. >>
laffemblée coloniale
Brulley : Vous venez de l'entendre;
du
a expreffement ordonné que les hommes de couleur port des
de Paix 2 mis à bord
les fauver du reffentiment
grenadiers ci-devant FT la reine 3 fuffent relaxés au Cap.
Ainfi
deux
de Sonthonax qui font
donc, > voilà
inculpations
fait,
démontrées évidemment fauffes : refte un troifième
celui relatif aux nègres appelés suiffes. Vous vous rappelez
bien que Sonthonax vous a dit
l'on avoit donné ce nom
à des nègres que les hommes PE couleur avoient révoltés
lors du raflemblement. Lorfqu'ily eut un concordat fait,
les hommes de couleur confentirent eux-mêmes à T'embarquement, &c mirent eux-mêmes à bord ces nègres qu'ils
avoient appclés fuiffes: ce ne font donc pas les blancs,
mais bien les hommes de couleur > qui ont mis à bord ces
nègres-là. Page: J'interromps mon collègue. Les hommes de couleur
n'y ont pas feulement confenti, mais ils l'ont effeétué euxmêmes. Vous allez en juger par une lettre de la Buflonnière,
hemme de couleur, écrite a Pinchinat le 9 novembre 1791.
Cette pièce a été portée de nos archives dans les vôtres:
elle eft officielle.
Page lit.
Extrait d'une lettre des hommes de couleur d'Aquin > au
mulatre Pinchinat, du 9 noyembre 1791.
rc C'eft ainfi que les mulâtres appelcient les chefs d'ateliers qu'ils avoient révoltés, & qu'ils jetèrent fur une côte
déferte du continent de l'Amérique, lorfqu'ils n'en eurent
plus befoin. .>
1791.
Cette pièce a été portée de nos archives dans les vôtres:
elle eft officielle.
Page lit.
Extrait d'une lettre des hommes de couleur d'Aquin > au
mulatre Pinchinat, du 9 noyembre 1791.
rc C'eft ainfi que les mulâtres appelcient les chefs d'ateliers qu'ils avoient révoltés, & qu'ils jetèrent fur une côte
déferte du continent de l'Amérique, lorfqu'ils n'en eurent
plus befoin. .> --- Page 318 ---
Iis ajoutent enfuire : Que
ce fur quinze jours après faut-il faire pour Jérémie ? Et
le quartier de Jérémie fut que cette lettré fut écrite, que
Thomas Miller
mis en feu.
: C'étoit Pinchinar qui dirigeoit tout.
de Bruley couleur : Vous entendez que ce font bien les homines
qui ont confenti & opéré
ces ilotes, On étoit convenu de lcs envoyer l'embarquement à la baie des de
Mouftick. Je crois qu'on a voulu. les débarquer fur une
pollellion anglaile : bref, ils font revenus à Saint - Domingue,
Verneuil : Et au Cap.
Bruley : Sonthonax vous a dit qu'ils avoient été
& il vous a dir, d'après l'autorité de Jeanton qu'il au Môle, cite,
qu'à lépoque où ce bâtiment qui contenoit les
entré au Môle, ceux qu'il appelle les faliniers & ilores eft
trouvoient alors, ont fait une exécution fanglante qui s'y
partie de ces malheureux. Vous devez avoir ce fair encore d'une
récent 5 carileft trop frappant
ch
vous ailez être bien éronnés pourl'avoir oublié: bien!
témoignage de ce
d'apprendre fes
c'eft par le
qui font dans la Jeanton, par
lettres ntie en original
eft
poche du commandant des faliniers qui
ici, que I'on prouvera à Sonthonax qu'il en a
effrontément lui & fon
impofé
à ces
Jeanton, parce que Jeanton écrit
au Môle. Jl
poftérieurement: à l'exécution qui a eu lieu
vrai, il n'eft
ETa
une exécution fanglante à
du trop bâtiment vrai qu'il y. a eu
:
CBudira
qui a-telle été faite cette exécution : Par le régiment mais par de
Dillon, la
dirigé par ceux qui cherchoient toujours à rendre
révolution odieufe à Saint -
elle a été faite
par les contre -
Domingue;
opérations
révolutionnaires qui ont toujours dirigé ces
fanglantes. Mais les faliniers, qu'on nous a
dépeints ici comme les ficaires de l'aflemblée de
ces mêmes hommes étoient ceux qui, fous mes St.-Marc, yeux au
cordon de l'Oueft, ont fait des prodiges de valeur à 2 laquelle on doit ia confervation d'une partie de la
de l'Oneft, & même la totalité. Ces hommes, province
letquels on fe répand en invectives aujourd'hui, > contre
bicn fans doure l'aninndverfion de ceux qui n'ont méritent
aucuns des moyens pollibles peur achever de ruiner négligé la coJonie.
Les faliniers n'ont cu d'auire tert que celui d'être trop
ordon de l'Oueft, ont fait des prodiges de valeur à 2 laquelle on doit ia confervation d'une partie de la
de l'Oneft, & même la totalité. Ces hommes, province
letquels on fe répand en invectives aujourd'hui, > contre
bicn fans doure l'aninndverfion de ceux qui n'ont méritent
aucuns des moyens pollibles peur achever de ruiner négligé la coJonie.
Les faliniers n'ont cu d'auire tert que celui d'être trop --- Page 319 ---
défenfeurs de la colonie, & qui
n'en être un &
aillans
de la
de Polverel
des deftruéteurs
Kart
qu'aux yeux
Sonthonax.
braves hommes eft ici, & a dans fa
Le chef de ces lettres dont je vous parle, & il prouvera
poche les deux
cathégoriquemenr..
le.
Sonthonax : Nommez chef fe nomme Dumonteiller ; il a
Br.lley : Ce brave lettres de Jeanton, , & il prouvera que
dans fa poche les
&
alors fe piquoit
cc Jeanton > maire du Môle, écrivoit au qui chef des faliniers, 3
d'ètre patriote, ce Jeanton
a eu lieu. >3 Antérienau camp des falines : te L'exécution des falniers n'étoit point enrement a la lettte, le camp encore venus au Mele: donc
core levés ils n'étoient foient point les faliniers qui aient fait l'exéil ef faux que ce
curion qui a eu lieu au Mviole.
c'étoit la garJe viens de vous dire tout-à-Theure
fouillé de cette
de Dillon qui
aatrg
nifen, le régiment
faite
par l'inftigation des
exécution, qui ne s'étcit
que ont été reconnus pour
chefs de ce régiment, qui, bien depuis, décidés, bien avérés : ils
des coma-rbvclutionaler
font paffes tous au fervice des Anglais. rour-à-Theure.
Verneail: Ceft ce qu'en vous bâtiment prouvera où étoient - renBrulley : Depnis > ce même ilores ou fuifles, embarqués
fetmés les reftes de ces mèmes
il étoit mouillé
par les horames de couleur, a été au Cap; étoient dans la rade
fous la volée des bârimens de l'étar qui
& à Polverel
du Cap, Nous portons le défi à Sonthonax fait des corps popude pronver quily aitjamais eu,du
des mouvemens
laires & des patriotes de Seint-Domingue,
tendans à faire couler bas ce bâtiment.
fur
citoyens, & je vous prie d'appeler
Mille: : J'attefte,
du contremamiral Cambis, comce fait le témoignage des forces navales de l'Amérique fousmandant la ftation
alors le vaiffeau le Jupiter ; j'étois
le-vent, & commandant
de l'ordre de Sonthonax & de
prfonnier fut ce vailienu, reviendrons. J'ércis au fectet,
Polverel, fur lequel nous
arrêté fans accufatien
prifonnier à bord'de ce vaiffeau,
par la fuite. J'ai
motif; ceci s'expliquera
prélable, > faris
de Yordre de Polverel &
vu venir à bord du vaiffeau, faire le fervice en qualité de marins
de Sonthonax: pour y
l'ordre de Sonthonax & de
prfonnier fut ce vailienu, reviendrons. J'ércis au fectet,
Polverel, fur lequel nous
arrêté fans accufatien
prifonnier à bord'de ce vaiffeau,
par la fuite. J'ai
motif; ceci s'expliquera
prélable, > faris
de Yordre de Polverel &
vu venir à bord du vaiffeau, faire le fervice en qualité de marins
de Sonthonax: pour y --- Page 320 ---
ou de garnifon du vaiffeau, ces- mêmes
nous dit avoir éré coulés bas.
hommes que l'on
Sonthonax : Je demande qu'on interpelle Miller" de
queleroitlenombre des nègres
dire
le Jopiter.
quifetrouvoient fur le vailieau
Shom.s Millet : Je ne fais pas le
j'érois au fecrer, A bord du
nombre, parce que
moi toures les
Jupiters On avoit écarté de
confolations; jai feulement
murmures, ce qui fe faifoit dans le
appris, par les
rection de l'équipage qui fe foulevoit vailleau, par finfurartendu qu'ils Voyoient dans ceux-là
contre cet ordre-là,
leurs frères. J'ai f que le
ceux qui avoien: égorgé
ordre de Sonthonax,
mouvement avoit pour caule cet
de l'état, des allaflins d'admettre à la défenfe des bâtimens
Sonthonax
des habirans de
: Les affaflinés !J'obferve Saint-Domingue.
dit Thomas Miller, que les nègres fuilles encore, étoient fur ce qu'a
lorfqu'ils ont été envoyés à la baie des Mouftick. trois cGnts,
Claaffon : C'eft faux; il n'y en avoit
trente. e
que deux cent
Sonthonax : Et que dans la rade du
foixante de décolés; que dans la rade du Môle, ily en a eu
parmi eux une maladie qu'on accufe des Cap, il s'eft mis
tionnés de leur avoir
gens mal-intende trois, cents qu'ils communiquée; que ces malheureux,
réduirs à dix-huit, qui éroient, font en moins d'un an ont été
du Jupiter : ils euffent
ceux qui ont été mis à bord
expié, par la mert du péri dernier jufqu'au dernier, ils auroient
fourenu la réclamation des
dentreux, le tort d'avoir
fi notre humaniré
droits des hommes de
vaifleau le
ne les avoit pas envoyés à couleur, bord du
Jupicer, en leur dounant
en leur ordonnant en
falftanchifement, &
Cambis, de leur faire méme-temps faire le
& au. contre-amiral
telots. Nous ne voulûmes
fervice en qualité de macompagnies franches,
point les incorporer dans les
corporer dans les troupes nous de ne voulimes point alors les inauroit dit que nous voulions Saint-Domingue, foufler la révolte 3 parce qu'on
rager la révolre des efclaves. C'eft
cela
ou encoumimes à bord du vaifleau de l'amiral pour Cambis que nous les
mation en fait foi. Peut-être font-ils
: f proclafais ce qu'ils font devenus : ils ont
morts depuis, je ne
peur-être été maflacrés
er dans les troupes nous de ne voulimes point alors les inauroit dit que nous voulions Saint-Domingue, foufler la révolte 3 parce qu'on
rager la révolre des efclaves. C'eft
cela
ou encoumimes à bord du vaifleau de l'amiral pour Cambis que nous les
mation en fait foi. Peut-être font-ils
: f proclafais ce qu'ils font devenus : ils ont
morts depuis, je ne
peur-être été maflacrés --- Page 321 ---
par bord, lcs imatelots, peut-être par les ordres de ceux qui étoient
ulii Thom. S Millet:Je ne répondrai pas à une accufation
rer. exiravagante; . - .
comment croire qu'un homme au feSontho.as : Au fecret! vous failiez des journaux.
Thomas Millec : Il ne nanquoir plusque de
plumes & de l'encre.
m'interdire des
Sonthonax : Ilss s'imprimoient tous les
&
pelez cela être au fecret!
jours;
vous apJe Thomas Millet : il me prouvera - que j'ai fait
ne répondrai pas à cette accufation
desjournaux.
fur un vailleau de quaire - vingts canons, extraordinaire, de
que
hommes d'équipage, jeufle,moi, lauroriédef faire huip cents
res dix-huit hommes; cela ne mérite aucune
maffacrer
remarquer cependant que Yhumanité. de Polverel réponfetje & ferai
thonax, qui s'cit portée à proréger les victimes
Sonblancs, ne s'eft éveillée qu'en avril,
des colons
Tarrivée de Sonthonax & Poiverel. Je ou huit mois après
& fi à cette époque ils ont
n'irai pas plus lain;
avoient des vues particulières pris cette mefure, c'eft quils
fuire.
que nous expliquerons par la
m Bralley: vient de C'eft toujours Sonthonax que je fuis
vous dire
humaniré, ils pied à pird.
tiré ces hommes du Alear 3 ils avoient été avoient enfin
les ont tirés du bord pour les employer. Eh enfermés; ils
thonax & Polverel les ont trouvés à bord, bien! s'ils fi Sonemployés, ils n'ont donc pas été mis fur un bateau les ont
pour étte noyés.
demort
Sonthoa x: : Nous les avons trouvés à bord du
Brulley : Ce bateau de mort a été
eux un bateau.
vie, puiique Polverel & Santhonax, pour
bareau de
arrivée. , fans s'étre occupés d'eux, les long-temps Ont
après Jeur
comme ils viennent de le dire : c'eft donc encore trouvés,
une impofture atroce de leur part; il n'y en une a eu calomnie,
rémie, ni au Cap, ni au
ni àJéété mis & n'ent
péri Portde-Paix; fur les vaiffeaux les ilotes n'ent pas
citoyens, il fied den à ces deux hommes de mort, Mais,
nous rangen fur la ligne des
qui fon: là d'ofer
être dépafle en bateaux de Carrier, eux qui l'ont peutvous fera frémir, un fait mort. Je vais citer un fait qui
qu'ils ne peuventnier, parce qu'il
a eu calomnie,
rémie, ni au Cap, ni au
ni àJéété mis & n'ent
péri Portde-Paix; fur les vaiffeaux les ilotes n'ent pas
citoyens, il fied den à ces deux hommes de mort, Mais,
nous rangen fur la ligne des
qui fon: là d'ofer
être dépafle en bateaux de Carrier, eux qui l'ont peutvous fera frémir, un fait mort. Je vais citer un fait qui
qu'ils ne peuventnier, parce qu'il --- Page 322 ---
& que des rémoins font ici
eft de notoriété publique, aétes exiftent. Citoyens', il FITSt
les démentir, , &
les vieille frégate nommée la Fine :
dans la rade du Rom hors une d'état de fervice; mais comme on
cette betoin frégate du étoit fervice de tous les bâtimens de l'état, on
avoit
confeil de marine pour favoir fi ce bitiment
avoit réuni un
de
faire le fervice, ne
pouvoit être réparé au point donc pouvoir convoqué ce confeil de
fit-ce que de la côte. On a
des différens bâtimens
marine;
conféquent les capitaines fe font réunis. Procèsde Pérat ET les maitres charpentiers conftaté
ta frégaie la Fine
verbal a été dreilé; on a la
&c que ce
étoit
étoit hors d'état de tenir
mer; état de la frégate procès-verbal la Fine, que
fi bien conforme au vérirable
de
conrinuelledans la rade même on étoit obligé renir pomper fur l'eau. Le fait
ment pour que ce vieux bâtiment pût
vous iera conftaré. : . e
les officiers généraux de la maThomas Millet : Par tous
rine commmandant la ftation. voilà un confeil qui annonce
Brulley : Ehl bien, citoyens, d'état de tenir la mer, même de
que ce bâtiment eft hors
arrivé? Polverel &c Sonfaire le fervice de la côte. Qu'eft-il
avoient de l'imthonax, malgré la notoriété pofitive cnt qu'ils décidé qu'il fervipofibilité d'employer ce bâtiment, à
cinq cents malroit; & favez-vous à quoi? à la tranfporter rage de leurs fatellites &
heureufes victinies échappées hommes ont été mis fur ce bâtiment,
à la leur; cinq mettre cents à la mer, & ce bâtiment s'eft ouvert;
on l'a forcé à
individus
y étoient n'a revu le
ancun des cinq cents
qui un bateau de mort. Je
jour. Voilà bien, ce qu'on fait appelle de
Quand Carrier agdéfie que Carrier ait rien & dans pire: Tes autres bâtimens quil
gloméroit dans une galiote
qu'il vouloit faire pétir,
avoit fur la Loire, les malheureux alloient perdre la vie:eh bien!
il avoit la certitude qu'ils ils ont amoncelé dans cette fréces deux hommes > quand individus, avoient la certitude
gare cinq cents malheureux bâtiment devoit s'ouvrir à la mer; & c'eft
ce
étoit
&c dans le
Requife arrivé, c'eft ce qui
immanquable;
avec
ce qui
vous
d
victimes, citoyens,
apprendrez
nombre de ces 5oo
volontaires, refte
horreur qu'il fe trouvoir quatre-vingr-deux venu à Saint-Domingue pour
du batailon de la Charente, fuite de ces deux hommes. Ces quatrenons fecourir, à Ja
devoit s'ouvrir à la mer; & c'eft
ce
étoit
&c dans le
Requife arrivé, c'eft ce qui
immanquable;
avec
ce qui
vous
d
victimes, citoyens,
apprendrez
nombre de ces 5oo
volontaires, refte
horreur qu'il fe trouvoir quatre-vingr-deux venu à Saint-Domingue pour
du batailon de la Charente, fuite de ces deux hommes. Ces quatrenons fecourir, à Ja --- Page 323 ---
vingt-deux malheureux olt parrage le fort des autres; &
jamais aucun de ces cinq cents individus n'a reparu.
Sonthonax : Ileft atroce qu'on veuille attribuer aux commiflaires civils l'effet des dangers de la mer & des naufrages. Voilà ce qui eft arrivé relativement à la Fine, En
effet, cette frégate a été vifitée; ; s'ily a un procès-verbal
qui a conftaté fon état, jamais ce procès - verbal n'a été
mis fous mes yeux; jamais ce bâtiment n'a été condamné.
Cen'eft pas tout; lorique jienvoyai à la
des malades qui ne pouvoient pas recevoir Nouvelle-Angleterre 'des fecours à
Saint-Domingue & à la ville du Cap, & qui pouvoient
être reftaurés par T'air d'un climat étrunger plus reffemblant
à l'air natal gerils avoient refpiré eii France, j'eus la
caution d'écrire au capitaine Truguer pour lui demander préme déclarât f la frégate la Fine étoit en état de faire quil un
voyage jufqu'à la Nouvelle - Angleterre. Les lettrès font
dans les archives; elles peuvent être mifes fous les
de
la commifion. Le capiraine Truguet me répondir yeux
en
qu'armaée
flite, elie pourroit arriverau port de la Nouvelle-Angleterre. Le citoyen Truguet, fr cette réponfe, fe
de conduire à la Nouvell-Aneieretre les
chargea
de véritables convalefcèns & non hors d'état maladesqui de foutenir étoient la
traverfée. Il elt de nororiété publique que ce basiment a
mouillé dans la rade d'Amrhon avant d'arriver à Philadelphie: c'eft pour avoir quitté la rade d'Amthon pour aller à
Philadelphie oû étoit fon adreffe, qu'il a péri aans un
de vent affreux qui a fait périn un autre bâtiment coup
PAimabie- Socité, bâciment qui n'avoi: jamais été appelé condamné, ainfi que deux aurres bàtimens américains
de la même Horte. Il eft bien évident que ce n'eft qui étoient de
notre faute 6 la Fine a été transformée en un bateau pas de
mort; il eft bien évident que Ja frégate la Fine n'a
par l'effer des dangers de la mer, que fur la
péri que
de fon capireine qui nous a dits, entre autres refponfabilite
que cette frégate étoit en état d'ailer à la
gleterrerJe vous demande,
RRSETE
quelle eft la valeur des aflertions ciroyens, d'apprécier à préfene
de mes accufateurs,
mande en même tomps que la commiffion veuille bien Je der
blir la décence dans les débats; je n'ai
donné
rétar
des atrocités & des injures qu'on débire pas ici : nous T'exemple
ici deux feuls, deux acculés, dix mille colons. nous foinmes
accu-
la
gleterrerJe vous demande,
RRSETE
quelle eft la valeur des aflertions ciroyens, d'apprécier à préfene
de mes accufateurs,
mande en même tomps que la commiffion veuille bien Je der
blir la décence dans les débats; je n'ai
donné
rétar
des atrocités & des injures qu'on débire pas ici : nous T'exemple
ici deux feuls, deux acculés, dix mille colons. nous foinmes
accu- --- Page 324 ---
fent, dit-on, difent au moins ces
eh
f
nous
fommes
melieurs;
bien!
deux contre dix mille, où eft donc la faveur
que l'on doit accorder aux accufés? L'accufe fera donc fans
celle torturé, épouvanté, tandis que nos acculateurs nous
tiendront le poignard fur la gorge, tandis qu'ils font ceux
qui nous injurient fans ceffe. Je demande a la commiflion
que ; fans géner la liberté des débats, elle veuille bien
peler icila décence, à peu près comme on voit dans les rapnaux
triburapeier à l'ordre les témoins & les accufés
s'en
écartent.
qui
Brulley : J'obferve que c'cft Sonthonax quia donnél'exemple des épithôtes, en nous appelant fcélérats: c'eft lui qui a 1
commencé; jufques - là perfonne ne s'étoit permis
thètcs.
d'épiIccoirte ( repréfentant du peuple):J J'obferve que déja
fieuis fis le préfident a rappeléal l'ordre tous ceux quis'en pluécartoient.
Polverel:Je crois devoir àla commiffion une obfervation:la
commiflion pourroit être étonnée de voirle citoyenSonthonax
piendre la parole pour répondre fur plufieurs faits. & moi me
renfermer conftamment dans le filence fur ces mêmes faits. Je
crois que les explications que'le cicoyen Sonthonax vient de
vous donner fur ce voyage de la frégaiela Fine, & celles
être plus complères qu'il vous donnera fur le même
vous paroitront
SEE
farisinifantes; mais le fait de l'ordre donné
pour le départ de la Fine, ainfi qu'une foule d'autres faits
qu'on arricule & qu'on a affecté d'articuler fur notre compre
colledivement far ma tête & fur colle de Sonthonax; ce
fair,,ainfi qu'une fouled'autres dont parlerai quandjaurai
la parole fur cet objet; ce fait-là TA parfaitement, étranger: :j'étois dans l'Oueft lorfque Sonthonax a donné au Cap
Fordre du départ de la frégate la Fine. e
Plafeurs colons : C'eft vrai.
Polverel: : Il en eft de même de plufieurs autres faits que
je rectifierai.
La féance eft levée.
Le regifre des préfinces ngne: J. Pr. GARRAN,
Préfident; ; LECOINTE (des 3. - Sbires), Secrétaire
P.CASTINONA PEYRE, ALLASSEUR, DALRAY, FOUcHE
(de Nantes), GREGOIRE.
Du 21
ate la Fine. e
Plafeurs colons : C'eft vrai.
Polverel: : Il en eft de même de plufieurs autres faits que
je rectifierai.
La féance eft levée.
Le regifre des préfinces ngne: J. Pr. GARRAN,
Préfident; ; LECOINTE (des 3. - Sbires), Secrétaire
P.CASTINONA PEYRE, ALLASSEUR, DALRAY, FOUcHE
(de Nantes), GREGOIRE.
Du 21 --- Page 325 ---
Da 2I Plaviëfe, l'an troiftème de la République
françaife
une 6 indivifiele.
LA féance s'ouvre par la lecture des
du 19: : la réd:dion en cft adoprée. débats de la féancé
L: préfident : Citoyenscolons, la commiffion vous
quelles tont les perionnes que vous entendez a.cufer demande
complices de Polverel & Sonthonax,
ccmme
verel Bruiley & Son.honax, : Quand nous aurons à ditcuter les adles de Pcllarifs aux agens de Polverel quand nous & en viendrons aux faits renommerons, & nous demanderons Sonthonax, qu'à fur & alors nous les
feronc accales, ils paroiffent conformément mcfare qu'ils
Page : Nous obferverens
au décret.
n'avons
que jufqu'à ce' moment nous
cufareurs aceuféperfonne : l'on a converti notre
en celle de défenfeurs des
qualité d'acthonax & Polverel, en parlant de corps populaires. Sonlonie, Ont fait une digtellion fur l'efprit les
publien de la conous répondrons à cela.
corps populaires j
Lecointe (des Deux-Sevres),
n'eft pas comme détenfeurs des repréfentant dupeaple : Ce
devons entendre les
corps populaires que nous
corps populaires; & colons, f'obierve car ils ne repréfentent pas les
lieu qu' entre les accufateurs que & les les débats ne doiven: avoir
confidérer tout CC qui fe paffe ici, comme accufés. bafe Nous devons
d'une part, & del'autre, > comme bafe
d'accufarion
très-évident, &t il faut bien s'arrèter dejultifications fur cette
carileft
f véritablement il s'agilloir
idéclà, que
blées coloniales ce
d'inculpations contre les aflem-
>
feroit les affemblées
devrojent être ici pour fe faire
-
ccloniales qui
que la difcullion contradidtoire entendre 3 puifque le décret
fera accufateurs & les accufés. Noàs doit aveir lien enire
je le répère, ce qui a été dit relativement ne devons à cunfidérer,
que, d'un côté, comme bafe d'accufation, & leferitrublic
comme. bafe de juftificarion.
de 4 Chp lantre : s
Tom: I. Dixième liyraifon.
X
faire
-
ccloniales qui
que la difcullion contradidtoire entendre 3 puifque le décret
fera accufateurs & les accufés. Noàs doit aveir lien enire
je le répère, ce qui a été dit relativement ne devons à cunfidérer,
que, d'un côté, comme bafe d'accufation, & leferitrublic
comme. bafe de juftificarion.
de 4 Chp lantre : s
Tom: I. Dixième liyraifon.
X --- Page 326 ---
Sonthonax : Lorfque dans cette enceinte le préfident rn'a
j'ai
dademandé en quelle qualité je procédois,
répondu
bord comme accufé parles colons, & fubfidiairement comdes
coloniales & des colons. Je
me accufateur
accufateur allemblées
vertu re la loi du 4
ne-me fuis porté
le devoir qu'en
de rechercherles
avril, qui des m'a impole dans la colonie rigoureux : d'ef donc en vertu de
auteurs
troubles
fublidiairement accette loi
j'ai été obligé de me porter
vient de
cufateur. # fens parfaitement la vérité de ce que
dire le citoyen Lecointe, que tout ce qu'on a dit jusqu'à.
.préfent ne peut pas faire élever une difcullion entre les afiemblées coloniales & celui qui les a accufécs > parce
coloniales ne font
ici 5 mais que
SHE
les aflemblées
point
doit être régardé purement & fimplement comme baled'nccufation & de ju.tification , comme devant démontrer quel
étoit Tefprit public de la colonie avant notre artivée. Ia
difcuflion s'cit engagée fur neuf féances;. les colons e11 ont
occupé
: je demande que ie préfident veuille bien interpeller FtS colons de couler à fond tous lours chefs d'accufation ou d'inculpation fur l'efprit pubiic dans ics CQicnies avant notre arrivée. J'ai à
aufli i; & fans de1 Polyerel a L pondu féances :
répondre les
j'elpère que la
mander autant de
que,
colons,
commillion. voudra bien m' en accorder une pour répondre
& palfer tres-promptemend à ce qui nous. regarde depuis
notre artivée; car nous fommes las. de cette affaire : ncus
fommes las de l'opinion que les colons cherchent-à empcifonner, en diftribuant chaque, jour un libelle contre nous;
nous fommes las de voir des intrignes que lon. fait jouer
tandis que nous fommes dans lcs débats. Ainhi,je démande
quzujourdhui les colons foient tents de fixer toutes leurs
obfervations fur ce qui s'efl paffé dans les colonies; Sonthonax & moi nous répondrons. Nous difeuterons enfuite
ce qui nous eft perfonnel, i
facilement on
: Ciroyen-préfident, j'obferverai que
fait 1 accufations. Julquici, nous n'avons répondu qu'à
une partie des inculpations de Sonthonax, & je penfe cependant que nous n'avons pas employé inarilement le temps les
de la commiflion. Nous, ayons préfenté-julqa'à préfent
adtcs de l'allemblée coloniale, & ceft avec ces aétes que
eft perfonnel, i
facilement on
: Ciroyen-préfident, j'obferverai que
fait 1 accufations. Julquici, nous n'avons répondu qu'à
une partie des inculpations de Sonthonax, & je penfe cependant que nous n'avons pas employé inarilement le temps les
de la commiflion. Nous, ayons préfenté-julqa'à préfent
adtcs de l'allemblée coloniale, & ceft avec ces aétes que --- Page 327 ---
nous avens' prouvé que- Sonthonax l'a calomniée.
thonax s'eft jeté dans une difcuflion étrangère, cen'eft Si Sonnorre faute; li Sonthonax a accufé Is allemblées
pas
& les corps populaires, ce n'eft,pas encore notre coloniales faute
mais nous fommes forcés de répondre. Cependanr,
;
préfident, fi vous voulez que nous prenions
ciroyennous
l'attitude
convient, que nous portions tous les chefs
qui
nous
d'accufation
alors que
avons à porter contre Senthenax & Folverei
nous préfenterons les chefs d'accufarion fur
nous prions la commiflion de porter une décifion; lefgucls Nous
érablirons ncs chefs d'acculation; la commifion les
dans fa main : nousles difcuterens article par article. tiendra Nous
demandons à vcus préfenter ces chefs
nous
les mettrons fer le burcau, & puis ils daeculatien; répondront.
Lc prefdent : Ii y a déjà un arrêté 4 la committion
qui ordonne aux colens d'épuiter tout ce qu'ils ont à dire
relativemnent à l'état de Saint Domingue antérieurement à
Farrivés de Folverel & Sonthonax, & qui réferve à Polverel. & Sonthonax la faculté de répondre. On,
enfuire. à laccufation.
paffera
Senac : Ce n'eft qu'en exécution de cet arrété
éntré dans quelques détails fur les renfcignemens que je fuis
à donner fur Satnt-Domingue ; car j'avois
que je n'érois
fondé à
> moi",
REFA
laires;
pas
difcurer pour les corps
je devois entrer en difculion avec Polverel &
thonax fir ce
rORAL
qui les regarde perfonnellemen's & cen'a été,
dis-je,. que pour obéir à votre arrêré qui décidoit
érabliroit l'éta: de la colonie avant T'arrivée de Polverel qu'on &c.
Sonthonax, que j'ai donné quelques
:
renfeignemens,
Brully J'obleive que ii vous nous entendez parler icide
bareaux à foupapes & de tous les fortaits qui ont été
à Saint-Domingne, c'eft Sonthonax qui nous a commis
cet ézard l'initiative. Si Sonthonax n'eit pas dit : donné Le mal à
vient de ce que les affembiées coloniales ont
aux hommes de couleur lcs droits politiques; toujours le mal refufé
de ce qu'il y a eu à Saint-Domingue des faétions dont vient les
fuites ont été cruelles; le mal vicnt de ce
a
traité les hommes de couleur, de ce qu'on les qu'on a mis malles bateaux à
8cc., 8cc.; f
dans
eût pas rangés t'i fous
ligne de Carrier, Sonthonax s'il ne nous ne eût nous
X 2
pas
affembiées coloniales ont
aux hommes de couleur lcs droits politiques; toujours le mal refufé
de ce qu'il y a eu à Saint-Domingue des faétions dont vient les
fuites ont été cruelles; le mal vicnt de ce
a
traité les hommes de couleur, de ce qu'on les qu'on a mis malles bateaux à
8cc., 8cc.; f
dans
eût pas rangés t'i fous
ligne de Carrier, Sonthonax s'il ne nous ne eût nous
X 2
pas --- Page 328 ---
grierement accufés, par ce nous ne nous ferions ils pas fe jetés fedans cette digrellion qui concerne ces faits-la;
nous.
naturellement dans leur ordre, lorfque
roient placés
il étoit elfentiel de relever ce
les autions difcutés : mais
d'obferver que nous
qu'avoit dit Sonthonax; cat jevous pric de
à tout
nie faifons pas d'autres choles ici que Je répondre me fuis même
ce qu'ont dit Polverei & Sonthonax.
: nous avons
aitreint à reproduire leurs propres exprellions ne ferons pas autre chofe
claile tout ce qu'il a dit, & nous
Polverel 8c Sonde parcourir la férie des faits que
que
articulés
érablir quel éroit l'efprit public à
tiouax ont
avant pour leur artivée. Ainfi donc, il étoitbien
Stint-Domingue
jamais iln'y avoit eu de bateaux
eilentiel de démontrer que
jamais les hommes decoude mort à Saint Domingue; que on n'avoit lévi contre cux,
lour n'ont été noyés 5 que fondement jamais Sonthonax. Nous avons
comme l'a dit ici fans
conftatent ces faits, & je
mis fous vos yeux les actes qui
doute. On vous a
crois à cet égard qu'il ne refte aucun dit la vériré fur
enfuite parlé des Ilotes, & nous avons font en.ièrement
ce qui les concerne; ainfi ces trois points
terminés.
de la fiégate la Finc ; mais quand
Nous avons parlé
Va
s'eft
relativement à ce barinous avons cité ce qui
pallé
à ce que Sonment, c'étoit pour le mettre en oppolition dit qu? nous étions
thonax nous a reproché, lorfqu'il a Nous avons dû être
les inventeurs des bateaux de mort.
quand
éronnés de nous. voir appliquer une telle acculation,
la certitude
lui fciemment a embarqué soo
nous avons
vailleau que
favoit hors d'érat de tchir
hommes dans un
qu'il vous a dir avant-hier, car
la iner 5 vous avez entendu beaucoup qu'il
: ii s'eft levé bruiquece iait a paru lui peler
parole. Lorfquil nous
& a demandela
ment pour répondre, S nous a dit que nous avicns ina aflinilés à Carrier,
nous ne nous fommes pas
vonté dos bateaux à foupapes,
lainé couler à fond
levés pour lui répondre 5 nous avons
pour répondre 5
ce fair. Hier 2 il s'eft levé brufquentent oblervé : eh bien!
nous l'avons laille faire, & vous l'avez
actes la fauf
awjourd'hui vous aliez voir dans fes propres vous a dit
I
gu'il
feré de tout CO qu'il a dit hier. Senthonax civils,u du mcins.
evoiratrocedimpuser aux commiffaires
ateaux à foupapes,
lainé couler à fond
levés pour lui répondre 5 nous avons
pour répondre 5
ce fair. Hier 2 il s'eft levé brufquentent oblervé : eh bien!
nous l'avons laille faire, & vous l'avez
actes la fauf
awjourd'hui vous aliez voir dans fes propres vous a dit
I
gu'il
feré de tout CO qu'il a dit hier. Senthonax civils,u du mcins.
evoiratrocedimpuser aux commiffaires --- Page 329 ---
ilne faut pas dire aux commiffaires 2 parce qute nous
tous convenus que Polverel étoit ablent lors de cet fommes événement; il eft atroce, dit Sonthonax, d'atribuer
mitiaire civil un événemens gui provient du
au commer. Il vous a dit d'abord Gu'l n'avoir
danger de la
fance du proces-veibal ; il a dit enfuite pas eu avoit connoifprocis-verbal; enfuite il vous a dit que la qu'il frégate y
un
pas été condaninée > car j'ai copié linéralement ces n'avoit trois
phrafes. d'accord Tàchons de les concilicr rour mettre
fe
avcc Ini même, ce qui cft fort
Sonthonax
fair-il que Sonzhonax nous dife : il dificile. Comment
cès-verbal, comme fi une convocation n'ya faite point eu de prode la' marine, un ratiemblement de tous les par les chct;
vaifleaux d'Em: & de tous les maitres
capitaines étoit de
ouvrage G caché; comme fi tout cela charpentiers, étoit une
un
fi clandeltine que Sonchonax n'en air point eu
opération
Comment fe fair-il qu'un homme qui gouvernoir cornaiffance, à
Domingse, comme il la toujours frit,
Saintn'ait eu aucune connoiffance de ce qui fe defporiquement failoit en
>
Idit enfuire : Ilya a eu un procts-verbud.Le
rade?
a dgbord dit ne pa5 connolire, lui a été procès porré là verbal
TEA Ce procès-vorbal eft tine pièce
lenéré fignée par des témoins
font
authentique qui a
tefteront, Certe pièce étoir gui
ici, > &gui, tous, Tatportée tou: de fuire au commiffaire trop majeure civil, pourn'avoir &
pas érd
pourquoielle a été portée de feite au commillaire :
favez- civil vous
jen prends la caufe dans une proclamarjon de
?
Sonthanax : Je demande à la commition Sonthonax.
Brulley de produire aujourd'hui ou demain, car dimnerpeller H
donner de la
le
faut lui
de la Finc. I marge,
procès-verbal de la condamnation
Bralley J'ai dir que je produirois des
pas dit que je repréfenterois le procts-verbal. rémoins; je n'ai
Senac : J'obferve que h demande de
à faux, parce que > dans la féance d'avant Sonthonax tombe
venu cuil y avoir un procès-verbal.
hier, il * eft conPolverel: Je demande la parole fur ce fair.
Brulicy Le
: J'obferve que jai toujours la parcle.
prefident à Polverci: Tu parleras après
a
Peiverel : C'eft psur yne Aimple obfervation Brulley. qui doir
X 3
je n'ai
Senac : J'obferve que h demande de
à faux, parce que > dans la féance d'avant Sonthonax tombe
venu cuil y avoir un procès-verbal.
hier, il * eft conPolverel: Je demande la parole fur ce fair.
Brulicy Le
: J'obferve que jai toujours la parcle.
prefident à Polverci: Tu parleras après
a
Peiverel : C'eft psur yne Aimple obfervation Brulley. qui doir
X 3 --- Page 330 ---
eft d'autant
éclaircir lefait dont il s'agit 3 mon semoiznnge conviennent que le
moins fufpeet
les cclons eux-mémes
étranger:
voyage de la FAE eft un fait qui m'eitalbfolument qui a été fait
voici donc ce que je fais du procès-vetbal arrivée du Pert-au-Prince au
très-peu de jours après notre
de vilite, &c il a
Cap. Hya eu en effet un procès-verbal quoique la fréréfulré de ce procès-verbal bon de vifite, état, clle que, n'étoit pasen état
gate la Fine ne fût pas en
fais fur ce fair.
d'être condamnée : voilà ce que je
je demande que vous
Th.mas Millet : Et moi, citoyens, qui commandcit la
falliez venir le contre-amiral Cambis ,
Cerfey, qui
ftarion des Isles-fous-le-Vents le contre-amiral commandoir la corvette
commandoit la Rotte 3 Ergo 3 qui Jes trois, ont coopéré
la Convention narionale, qui , tous
ancien marin , j'ai
à cet aéte 5 & je vous dirai la que frégate moi, la Fin:, &c en tranfvu fous mes yeux à défarmer bord d'un autre bâtiment. -
porter léquipage
la
Verneuil : Je demande parole.
à F'obfervation de
Sonthonax : Je demande à répondre
fur la Fine;
"Thomas Millet. Je aétuellement répondrai. péremptoirement à Tinterpellation que j'ai
mais je me borne
le contre-amiral
déja faite. Je défie le sgnmeaminicatey. du monde, de produire un proCambis & tous les colons de la frégate la Finc. Toutes
cès-verbal de condamnation n'a
été coudamné, l'autorité a
les fois qu'un bâriment d'aurant pas plus quetout lemonde fair
le droit de T'eiployer, faire des
de vifites
que fouvent on a fait
proces-verbaux afin de faire gagner de
pour faire condainer les bàrimens,
5 toutt le monde
Tor aux chnrpentiers, aux' entrepreneurs Fait fauflement condamner les
fait cela dans la marine: on
réforier les chevaux
vaiffeaux a-peu-prts comme on fair France
le bàtiment
dans la cavalerie. II eft arrivé eil
que
le Flamand. de 74 Ce canons', n'eft
1à la queftion.
Thomas Mille: :
point La commitlion tinvite à renter
Le préfdent à Sonthonas:
dans la queftion.
je me réferte laparole, &
Sonchonax : Dans ce cas-là, amiral Cambis,"le ecntreje répère que je défie le contre' 'tous les officiers de marine 2
amiral Cerley > tous les colonss de cendamnation, à meins
de produire uin procès-verbal
qu'il n'ait été fait à Paris.
à la queftion.
Thomas Mille: :
point La commitlion tinvite à renter
Le préfdent à Sonthonas:
dans la queftion.
je me réferte laparole, &
Sonchonax : Dans ce cas-là, amiral Cambis,"le ecntreje répère que je défie le contre' 'tous les officiers de marine 2
amiral Cerley > tous les colonss de cendamnation, à meins
de produire uin procès-verbal
qu'il n'ait été fait à Paris. --- Page 331 ---
3is
Lecoinees membre de la commiftion : S'il étoit befoin
dans cette affaire la comiiflion prit des renfeignemens que
lui étrangers.aux, débas, relativement à la frégate la Fine > je
la annonce qu'il y a dans fes archives une pièce concernant
frégate la Fin: & fon état. Il eft bon d'ajourer
cette
note conlifte dans uil mémoire fourni par Engor, que ligné de
lui, qui a éré dépofé.
- Brailley : Il eft donc conftant qu'tl y a eu un
verbal.
procès-
. Sonthonex : Je h'en perfifte pas moins à demander
la commillion interpelle les, colons de produire un
verbal de condamnation.
AC4IE
Brulley : Ilef ridicule que Sonthonax qui convient
yae eu un procès-verbal, vienne à nous demander, à nous qu'i
fimples particuliers, de repréfenter des procès-verbaux; mais >
s'il demande qui doit avoir le procès-verbal, ce font les
hommes qui commandoient la marine '. & qui défendoient
qu'ily eût un feul mouvement dans la rade fanisl leursordres.
Voila la ptoclamation 3 & quand un homme a l'effronterie
de dire, iln'y a poinr de proces-verbal, & enfuite
a un, enfuite ce proeès-verbal ne condamnoit
la ilyen
la Fines vous vous appercevrez bien que cet pas homme frégate tergivelle, & qu'il cherche à écarter la quellien. Mais voicice
qui vous
qu'il a eu connoiflance du procès-verbal.
FRTO II de la proclamation du
feptembre
jy trouve ces mots.
:4
1792:
< Art. II.Le commandant des forces" navales demeurera
requis, à compter du jour de la norification de la préfente
proclamation, & fous la refponfabiliré prononcée
du 12 juin, de ne lailler partir aucun hitiment de perllei
fans le confentement par écrit des commifaires FEtar >
civils ".
C
narionaux
Brulley: Puilque vous aviez donné l'ordre aux chefsrde
la marine de TEar, de ne laifler partir aucun
puifque vous ériez abiolument les maicres des mousemens baciment;
de la marine, cerres on n'a point dû dreffer un procis verbal
pour condamner un biiment fans Que vous en enllez connoillance; on n'a pu condamner la Fine fans vous entonner
connoiffance, parce que tout, chef de la marine de FEra: &
autres febalremes devcient néceilairement vous fnire parc de
X 4
rde
la marine de TEar, de ne laifler partir aucun
puifque vous ériez abiolument les maicres des mousemens baciment;
de la marine, cerres on n'a point dû dreffer un procis verbal
pour condamner un biiment fans Que vous en enllez connoillance; on n'a pu condamner la Fine fans vous entonner
connoiffance, parce que tout, chef de la marine de FEra: &
autres febalremes devcient néceilairement vous fnire parc de
X 4 --- Page 332 ---
fe
dans, la rade: par conféquent vous avez da
ce qui pelfcit inftruits de ce qui concernoit la Finé. Nous
être parfaitement le
& T'obfervation du citoyen Lecointe le
avons, je répère,,
déterptouve; nous avons des renfeignemens qui peuvént d'ailleurs
miner T'opinion de la commiflion à cet égard: mais
avoit
je trouve dans ce qu'a dit Sonthonax la prenve quil
connoillance du proces-verbals car ilvous a dit: Lorigu'ufu
quefion d faire partir, la Fine, sl'écrivis ait capilaine Irguet, Si vous >
pour fnoir la frégate étoit en état de favoic tenirla fila mer. frégate étoit
avez etrit au capitaine Truguet, pour donc
cette frégate
en état de tenir la mer, vous faviez la
lni que
étoit t-dans un état, tel que tenir mer vous étoirimpellible; favicz donc
vous favicz donc qu'clle étoit condamnées del Temployer: mais vous avez
au moins qu'il étoit dangereux
dit encore:je me fuis dé.idé à la metere en mets parce
en
a
le capiraine Truguer m'a alluré que armée Auces,
pouroir tenir la mer. Ainfi, vous mertez en oppolitien l'opir
nion d'un fimple capitaine avec un acte autli authentique tous
qu'un procès-verbal, dreffé par reus les capitaincs, par vous
les mpnitres charpentiers de la marine. C'et d'humanité en vain que que vous
voulez perfuader
ceft petfenunuenz
vic:
avez enraffe dans. dMe Aégate ia Fias 500 mallemveufcs i711
timcs, pour leur faire prendre à la nouvelle bien, Angleterre !
air plus conforme a leur pays natal. Eh
Sonthonax femblable
G vous aviez envie de faire prendre un air victimes; plus
f vraià leur pays natal'à ces 5oo malheureules des fentimens d'humanié; fi
men: vcus étiez l'inten poufis ion par"
noyer, vous auriez diftribué
vousn'aviez eu fur dix bàrimens deles fort bons, , qui à cette
ces 5oo hommes
Vous avez eu grand foin de ne
époque mêmcl ont apparcillé.
& autres, ou Gallino: de
pas meture fur cette irégate Dufay eu bien foin de ne
Gafque, votre ficairc; vous avez de vOS victimes du
far
ReTt
metwe
la frégate les dépouilles bien effectivement artivés. Un;
mais les dix batimens, font
connoilfance
de
dites veus, a péri; je n'ai aucune dirai que la précife Fine n'a
ce fait, je ne le nierai pas: mais dans larade d'Ampton;
comme vous l'aviez
a
point mouillé
par fenuiment
que fi elle y cêt mouillé, elleautpit avoit débarqué, à bord, & qu'elle
d'humaniré, les malades quelte
w'auroit pas expofés 2u danger d'un nouveau majet, leriqu'on
noilfance
de
dites veus, a péri; je n'ai aucune dirai que la précife Fine n'a
ce fait, je ne le nierai pas: mais dans larade d'Ampton;
comme vous l'aviez
a
point mouillé
par fenuiment
que fi elle y cêt mouillé, elleautpit avoit débarqué, à bord, & qu'elle
d'humaniré, les malades quelte
w'auroit pas expofés 2u danger d'un nouveau majet, leriqu'on --- Page 333 ---
avoit ett tan: de reine à arriver jufques-la:
il récl? li elt conftaté par des témoins
mais CC fair roft
ja frégate la Fine s'eft engloucie dans les prefqu'oculaires, flors, &
que
vidtimes que vous y avicz entafiées ong toutes que lesyoo
A préfent, puifque vous aviez un
péci. -
vous infruifoit des dangers qu'il
procès de
verbal qui
cette frégate; puilque vous n'avez yavoir à citer mettre la en mer
d'un fimple capiraine, lettre qui ne peur
que
lettre
tin proces-verbalaie cette nature, je dis pas réfifter contre
avez expolé a la iner sao malkeureux que fciemment vous
que ce fait peut allera auprés de çeux de individus; & J'ajoute
re vous convenoit point, à voUs,
Carrier: & ccrres, il
cctte nature, de nous reprocher d'avoir çoupable d'un forfair de
à foupapes. Je crois avoir allea éclairci inventé des bareaux
ché, ilie trouve desp pilccs dans Ja
ce fait; d'un autre
Co qui achevera de portér la convidion commifion à
des colonies,
roujours Sonchonax dans ce quiiadi. cerégard: fuivons
Verneui : J'obierve relarivetnengala frégate
Scuthonsx devoit d'autantinieux favoir le
liFine, que
avci; été dreffe, que le capiraine
procis-veibal éroir
qui
ami, & qu'il dinoir & foupoit tous Truguet les
fon intime
Canthonx: Ceft fans doute
cela jours avec lui.
ncver.
pour
que je voulois le
Bralicy: Je réponds *l'obtervation de
que fans. doae c'cit pour cela gu'il vouloit Sonthonax, faire qui die
coriraine Traguét; je vous oblerve
noyer le
elt tant foir peu avarié, & qu'il n'aà bord que lorfqu' un harimenic
iy a toujours bien plus de refource
que des fon équipage,
font habicués aux érénemens de la mer, pour
marias qui
hcuretfes vidlimes qui ne peuvent que
que pour 5oo mal
auroit pa périr; Turguer & fon équipage périr. auroient Ainfilebtriment
ver, & les joo convaleicans qui éroienr dans le Pa fe fauroient pas pu fe fsuver. Maintenan: pour ne navire n'auplus long-temps cette- difeution, je vousdirai pas prolonger
(cc ie font que de fimpies réponfes
nous que Sonthonax
cir qu'une des caufes des maux dela que
faifons) vous a
duite de l'aflembiée de St. Marc
tolonie, éroit Ja conleur; caril faut enfin
envers les hommes de coumillion fur la conduire que de nous fixions lattention de ia comhommes de couleur, I vods l'affemblée a dit qu'une coloniale des caufes envers les
eflen-
dirai pas prolonger
(cc ie font que de fimpies réponfes
nous que Sonthonax
cir qu'une des caufes des maux dela que
faifons) vous a
duite de l'aflembiée de St. Marc
tolonie, éroit Ja conleur; caril faut enfin
envers les hommes de coumillion fur la conduire que de nous fixions lattention de ia comhommes de couleur, I vods l'affemblée a dit qu'une coloniale des caufes envers les
eflen- --- Page 334 ---
tielles des maux de la colonie étoit la conduite & de fa Taffembléer réfiftance à
coloniale envers les hommes de couleur,
Millet va
leur accorder les droits politiques: mon coilgue
prendre) la parole &0 dilcuter Tous lcs ce actes fait. de Yaffemblée coloniale,
Thomas Millet: vous ont été mis fous lesyeux, & particuféante au Cap; foir arrêté qui du 27 mai 1792, préfenté par Polverel
lièrement
criminel, vous ont fufilamment dé-
& Sonthonax laffemblée comme coloniale, féante an Cap, avoit fait
montré que
des
de couleur,
>
lo bonheur, le repos Tutilité
hommes
pour au-dela même de ce que lui prelcrivoit conftitua la loi. le 15 avril 1760,
Latlemblée de Saint-Marc commençàt sy
par s'organifer; & cerIl fallut d'aberd qu'elle
cette aflenblée de Saint-Do-
(ES, fi ceux qui compoleient portirent
mingue, féante à St. Marc, Xe de bicn qeelqu'infiruction, feire, on ne peut
quelaues lumièyes, queique
qui étoit celle du commen
fe diflimuler qu'à cette époque,
que fuffent CCS
cement de la révolution, qu'ils quelqu'écisirés fuffent à faire le bien, il y
hommes, quclque pertés fatient
étrangers au
en avoit fort peu qui ne iear éroit perfzitement confé.
genre d'admmiifration devoir comme qui le premier foin de T'affemblée
4 Le premier
fur de faire jouir fes confcoloniale de bienfaiss Scine-D'omingue, de la révoluion, & de les foufiraire
ticuans des
militaire fous lequel ils gémifioient depuis
ail lérablillement defpotifine de la colonie frangaife à Srint-Domingue fubalrerne
& fur-tour au delpotifine de chnque yran
tcutes
qui,fous le tiue d'cficier .de l'érat-majer, ceite tyrannifoit affemblée tant
lcs communes. Elle fentit néanmoins, d'édifier avant de décalomniée, qu'il étoit tres-prudent
fotfitayoient
truire; & tandis que les comités militaire, Farcillisux elie iravailla à VéJes communes-au defporifme des municipalités ( & cette
tabli foritent 8 à forgonilation le 20 mai 1790)3 elle prit des meorération fut terminée Faméhionaion -du fort des colons de
fures provifgites pour
d'un fervice militaire qu'ils faiconleury clie les difpenfa
d'écats-majers en qualité de
foient près des commandans dire valets. L'aflemblée travailla en
gardosiy on * pourroir fur T'adminiftation. intérieure de ia
inbnentemps 2 s'éclairer enfin dons cette caverne d'horreurs
colonies ele pénétra
orération fut terminée Faméhionaion -du fort des colons de
fures provifgites pour
d'un fervice militaire qu'ils faiconleury clie les difpenfa
d'écats-majers en qualité de
foient près des commandans dire valets. L'aflemblée travailla en
gardosiy on * pourroir fur T'adminiftation. intérieure de ia
inbnentemps 2 s'éclairer enfin dons cette caverne d'horreurs
colonies ele pénétra --- Page 335 ---
dans cette fentine d'iniquicé, qui couvroit toutes
rations de ladminiftration des finances. Ces
les
cupèrent
opérations
RRE
tionnelles jufqu'au
mais qu'elle pofa les bales conftituqu'elle devoit prefenucrafAtembse
cette dernière opération fui terminée, comme confiruante:
vous le dire, le 28 mai. Vous conviendrez je viens de
de corps delibérans, qui, dans l'efpace de
qu'il eft peu
organifé des municipalités & pofé les bales 43 jours, conftitution- aient
nelles qui convenoient à leurs
trois
le premier juin, elle reçur les localités: inftruétions jours 28 après,
1790. Elle ne balança pas malgré les rifques d'une du rédlec- mars
tion, de
rilque auquelfAfembiee conftituante a craint même
inftructions. s'expoter; Elle elle ne balanca pas, dis-je, à cbéir à ces
femblées
invita le gouverneur à convoquer les afchargé primaires; les
le gouverneur en étcit
par
inftructions, & étoit chargé de fpécialemen:
juger la validité des fufrages.
limiter &
Peyuier Remarguez étoit que Sonthonax vous a dit que ce gouverneur
êtrc
un contre-évolutionnsine. Quelle devoit donc
linquiénude des honnêtes gens, des
la loi du 28 mars lai donnoit le patriotes, droit de en voyant
R ia légitimité, la validité
prononcer
cider à lui foul s'ily aurcit on desfuitrages; auroit c'eftà dire, démingue une émanation du
n'y
pas à Saint-Dovenoit de s'érablir en France. gouvernement repréfentarif qut
ln En effet, que ne fit pas ce gouverneur
nouvelle élection de l'aflemblée
pour s'oppofer à
fer de i'érvange prérogétive
lui générale, & pour abutions! Mais fes tentativesfuren: que
donnoient les infhiuctriompha, le gouvernement
voines, ln caufe du peupls
reprélentans d'abord nommés repréfentatif le furanr fut, cenfirmé, les
l'examen de leurs aûtes. Je recucillerai aufli, ici les & cela après
preflions'de Sonthenax : Il vous a dir
ce propres exles colons' en général qui furent les que auteurs n'étcient des
pas
mais les meneurs des colons. Je ne
maux, >
de ces fortes de perfonmalités; mais difcuterai pcint le ber
fuire obferver
je me bornerai à vous
que 401 & quelgites demmunes; 5 des
compofeient la cclonierde
54 qui
tous les repréientans
Saint-Bomingue confirmérent
examiné la pureré de premicrenimn: leurs
élus, & après-aveir
pristipes & les adtes qu'iis
meneurs des colons. Je ne
maux, >
de ces fortes de perfonmalités; mais difcuterai pcint le ber
fuire obferver
je me bornerai à vous
que 401 & quelgites demmunes; 5 des
compofeient la cclonierde
54 qui
tous les repréientans
Saint-Bomingue confirmérent
examiné la pureré de premicrenimn: leurs
élus, & après-aveir
pristipes & les adtes qu'iis --- Page 336 ---
330.
étcit convenable, je vous expliavcicnt faits. Si ce moment
du 28 mars 1790, de
querois fintention de ces intrudions
10 jours après
ces inftruclions qui nous furent envovées,
décrété
T'Ailemblée conftituante avoit folemnelletent confque qu'clie attendroit notre vocu pour prononcer fur notre
notre adminiftration 5 je prouutution, notre legillation, quclanc jour, que ces inftructions
verois, & je le prouverai
conttituante -que ces
furprites par Barnave à PAtlembiée fil de la confpiration, jeress par
infuctions, le premier
colonial de YAffeublée coalila Luzerne dans le comi à
d'eroufier à fa naiffance
tuante, n'avoient d'autre bur Ssint-Domingue. que
Malgre Tinfle gowvernement populiirea legiflatives, de cerie aflemblée toutabilité des difpolitions deux
qui s'arrachoient rériprojours fottante entre
partis
citoyens, qu'iife foit
quement des décrets., ne penfez de Tas
afcn auo
janis élevé duns nos contrées ebcifance T'oppotiion fans bornes à fcs
rité. C'cit au contraire une
qui nous a pouf
décrets, malgrelcur évidente contradichion, fur cet érat; nous voyions
fes dans l'abame. Nous gémitions la
nous fainous courions à la ruine
plus complete;
que
elles étoient repoullécs: nous obeiffions decréclamations,
fions.
delAffembléc légifaive, & il en a été
Il ena été ainfi
narionale. En eliet, le décret du
ainii de la Convention demande notre veu.fur notre confii8 mars 1790 nous
norre adminittration, & prenonce
tinion, notre légillation, TAliemilée conftitumnte n'apas entendu
fermellement que dans une conftiturion qui pourrcit
ACus comprendre localités: cependant 20 jours après, feuêtre contraire aux
antre décret fixe la déreriminatira: 16lemcn: 20 jours, un inrérèts, On ne préfrmera jamais
siliarive fur les grands
pu frire parverir àf 1 flemque dans 20 jours nous ayons nous avoit demandlé : le
biée conftituante le phn qu'elle conftituanre, apris fon décret
prenvier acte de TAllemblée été de manquer à fcs engagemens endu 8 mas, a donc
-
vers nous.
Tu dois parler avec refpect des affembiées
narionales Leprefident : fe font fuccédéesen France.
confiMiilet : n'eit point faire injure à l'affemblée ut3 autre.
de dire qu'un décret cn a contedit
manre, que
oit demandlé : le
biée conftituante le phn qu'elle conftituanre, apris fon décret
prenvier acte de TAllemblée été de manquer à fcs engagemens endu 8 mas, a donc
-
vers nous.
Tu dois parler avec refpect des affembiées
narionales Leprefident : fe font fuccédéesen France.
confiMiilet : n'eit point faire injure à l'affemblée ut3 autre.
de dire qu'un décret cn a contedit
manre, que --- Page 337 ---
Six mojs après, le I2 oétobre 1790, uin, décret
l'affemblée a la ferme volonté de fixer comme article porre que
titutionnel dans l'organifation des
contfuc l'érat des perfonnes ne fera Fortée colonies, fans lavis qu'aucune formel des loi
aflemblées coloniales. Ce meme décret portoit néanmoins
qu'il étoit preflant d'exccuter ces difpofitions
la
lorie de Saint - Domingue, en y affarant l'exécation pour
co- de
ceux des 8 & 28-mars, auxqueis l'affamblée coloniale
tenne de fe conformer ponctucllement; & ce décret du fera 28 .
mars, par fon article IV; dans l'opinion de
ciroyens, décidoit eufin l'é:ar des perfonnes. beaucoup Voilà de
encore une dipolirion par laquelle l'affembiée contituante donc'
conredifoit fon décret du 8 mars. Jugez
devoit êrre
notre embarras : dans cette
quel
tuante avoit annoncé, article pofition 3 l'atlemblée conftiprenonceroit far l'état des perfonnes conltitutionnel, fur qu'elle ne
dos aflemblées coloniales; dans le décret quie du la demande
étcit un faux macériel. 11 n'exifte aucun acte 12 octobre,
époque, ot l'allemblée cooftiruante fe foit
avant cette
termes.Par ce décret du 12 adtobre, la exprimée en ces
affimblée coloniale étoit ordonnée. Comment formation d'une
fe former cette aflemblée coloniale ? étoit-ce
devoit- elle
au décret par lequel elle avoit dit qu'elle ne conformément prononceroit
fur l'étar des perionnes, que fur la demande formelle des
affemblées coloniales? ou étoit - ce conformément à
tenfion qu'on pouvoit donner au molperfounes dans l'exde cette inflruction ? Quel parti devions-nous
l'ar.IV
co décret, dans lequel étoit très-bicn prononcé prendre? le
cat
factions qui depuis ontidivifé les colonies,
germe des
les anciens agens du pouvoir exécutif, ceux pour dont favorifer
lation avoit renverfé
la révodes
lesrpeérogacives deftructives du dreit
ciennes citoyens; lois feroient ce décret porroir tres-précifément que les anbien dit, cirovens, exécutées. Un de nos collègues vous 2
il Fau: fe
que pour juger fainement les chofes >
traniporter aux lieux oa elles s'étoient
& certes, je vous le deminde, trois difpofitions pallees;
toires, danr une étoit un faux matériel, fe trouvoient concradiecette loi, à deux mille lieues de la métronole, ayant à dans
battre contre chacun des parcisqui fe faililloient de ce coméroit favorable dans ce désrer, quelle devoit être ia polition qui lui
2
il Fau: fe
que pour juger fainement les chofes >
traniporter aux lieux oa elles s'étoient
& certes, je vous le deminde, trois difpofitions pallees;
toires, danr une étoit un faux matériel, fe trouvoient concradiecette loi, à deux mille lieues de la métronole, ayant à dans
battre contre chacun des parcisqui fe faililloient de ce coméroit favorable dans ce désrer, quelle devoit être ia polition qui lui --- Page 338 ---
coloniales avoient eu Tin
des patriotes: Et A ces affemblées de fe faifir du fcepite
tention, comme l'a dit Sonthonax, la colonie, dans les remps d'anarde la fouveraineté dons
conurachie qui cnt été la fuite de ces trois difpolitions faifies ? Et
dictoires de la lei, ne s'en feroient-elles & c'eft cette pas cbéiffance >
qu'ont-elles fair? elles ont cbéi;
la France, qui
cenmendée par lemour & le relpedt pour Car, n'en dourez
a été la caufe de la ruine de ncs colonies.
ces maux
0 pas, citoyens, fi nous avions été confultés, bien tous loin d'emre feroient Fas arrivés : mais les factieux, confervateurs
ployer cette mefure peifée dans les principes notre internon-fenlement ont éloigné
de la conflitution > les lois
nous concernoient, mais ont
vention fur toutcs confeils. qui
mois après ce décret dont
même éloigné nos le
février Cing
un quatrième décret
je viens de parler, II
1791, des alfemblées coloniales
fufpendic l'exercice des fonétions décret prononça fur l'état
formées; le 15 mai, un de cinquième couleur: voilà donc encore une
rolitique des hommes
avec lai déctet
fois Faflemblée conftituante €n les contradiction bafes des drois-de la COconftisutionnel qui avoit pofe & les difpofitions de cette loi
lonie de Saint-Domingue; ;
les
les moins
furent tellement combinées, réfulter que étcient conféquences la guerre civile
tuneftes qui en devoient de couleur; car elle érablifloit une ligne
entre les hommes bien prononcée entre eux. Le 24 feptembre
de démarcation déclaré
&cpreclamé comme
fuivant, un décret
confitutionneld trançaife
les miniftres
le complément de la conftitution
de Sainr-Doncingne, par
du rci, envoyés dans la partie françnite
far l'état des
remet aux allemblées coloniales à prononcer feule du roi. Le 28
hommes de couleur, avec la fanétion fait
une allembiée
mars 1792, un feprième décret anéantit ,
par ce décret conftituqui n'étoit pas confticuante > : voilà donc une quatrième
tionnel furlérat des perfonnes confitutionnel qui poloit les
contradiction avec le décret
de Saint-Domingues
bafes des droirs de la partie françaife de deux ans, fept
voila donc enfin, dans le court efpace" Quand vous le-jugerez à
lois évideminent contradi@toires. dans cette extrême verfalité des
ciroyens, ce fera différentes où ces lois ont été renI dans les époques
les ont diotées, dans les coudues, dans les facions qui
érat des perfonnes confitutionnel qui poloit les
contradiction avec le décret
de Saint-Domingues
bafes des droirs de la partie françaife de deux ans, fept
voila donc enfin, dans le court efpace" Quand vous le-jugerez à
lois évideminent contradi@toires. dans cette extrême verfalité des
ciroyens, ce fera différentes où ces lois ont été renI dans les époques
les ont diotées, dans les coudues, dans les facions qui --- Page 339 ---
pables agens.qui ont.été choilis pour leur
je vons trouverai ia caufe, la vérirable caufe, exécution, la feule que e
de la dévaftation des colonies, & non pas, fuivant lesal- caule
-légations qui vous ont été
e colons blancs à
faites, dans Ja réfiftance des
accorder aux hommes de couleur leurs droits
politiques.
J'ai dit que 5 dans les diverfes
les
ont provoqué la dillolution des colonies, affemblées, la fadieux
tion des lois: variables & contradictoires; mais par
provocapas dit avec quelle adrefle les
je ne vous'ai
contre-l'allembice -
générale de pecfécutions farent dirigées
avoue dans fon rapport, que la Scint-Domingae, diffolution de Barnave
coloniale étoit déja réfolue au comité, à une l'affemblée
l'on n'ignorci: aucun de ces aétes. L'allemblée époque ol
féante à Saine-Mate, pour évirer l'effufion du fang, générale, s'embarque fur le vailleau le Léopard 5 elle. débarque à
14 fepcembre. Le 10, une infurrachion avoit eu Breft-le
l'efcedre françaife commandée par Albert de Rioms. lienfur
calm, l'intime ami de la 1 Luzerne
Montcomme un des auteurs de la dévaftation > de qui a été dénoncé
Montcalm monta à la tribune, , dénonça Saint-Domingus, les quatrecinq membres de l'aliembléo coloniale
vingrcomme les auteurs de la révolre arrivée de fur Saint - Marc,
Breft: &acette époque, ilsétoient encore à denx l'elcad:ede
de mer. Sur cetre faulleté, annoncée par. un ami centslieues
zerne, , l'allemblée confisuante,
derla-Lu7 qui appelle à fa barre les quatre-vinge-cing trompée, membres rend'un de décret
femblée de Saint-Marc. Quel étoit le bur
lafde convertir en acculé l'érat d'accufation de dela Luzerne?
€ nérale de Snint-Miarc:Pen de jours après, l'atiemblée g6M rituante fur informée que ce décret étoit l'atlembiée fans
confDes commifaires furent envoyés à Breftyils
fondemen.
le foulèvement avoit eu pour caufe l'extrême rapporrèrent que
code pénal, relatif aux gens de mer. Lei
rigueur du
- à la barre les quatre-vingt-cing fut maineenu, décret & qui arpeloit
coloniale de Sainte-Domingue ne fat entendue à la l'allemblée
coinme accufée & non, comme accufatrice.
barre que
après cette mefure, Barnave, quis'éroir faili dans Quelque temps
confiruante de toutes les affaires coleniales,
Fatiemblée à
femblée
préfenta laf
conflituante, comme une mefure d'indulgence,
re les quatre-vingt-cing fut maineenu, décret & qui arpeloit
coloniale de Sainte-Domingue ne fat entendue à la l'allemblée
coinme accufée & non, comme accufatrice.
barre que
après cette mefure, Barnave, quis'éroir faili dans Quelque temps
confiruante de toutes les affaires coleniales,
Fatiemblée à
femblée
préfenta laf
conflituante, comme une mefure d'indulgence, --- Page 340 ---
comme une mefure d'humanité, qu'il étoit dangereux peut
être
uil grand nombie de vicillards qui fe' trouvoient
pour
nacmbres de laffemblée de St.-
parmi les quarre- vinge-cing
éloignés de leur
Mare, de les tenir trop long-temps le comité colonial, .E
prieré; il demanda donc que à donner des congés à ceux des
dire Bamave, tàr aurorite appelés chez.eux parles intérêts
habitans de Scint-Domingte
de leur fortune ou de leur le fan:é. laifta aller à cette mefure qui
L'aftemblée conficuante
& Barnave qui agiffeit
paroilloit diétée par Thumanicé;
fe trouva invefti
fouverainement dans le comité-colenial, danner des
- ports aux
du droit de donner ou ne pas, retourner à Saint-Domingue, pafle
:
habirans qvi demanderoienta
T'affemblée générale.
c'et-à-due, à ceux qui compoloient arrive à Chartres une
Quelques jours après cette demande epoque, un palle-port pour aller
partie de ma familles je à l'ordre du jour fur ma demande.
a Chaturcs, on palie même Cadufch que nous vous ferons
Danis ce teraps la fuite, , Cadufch demande un palle-port à
comnoitre par aller a Saint - Domingue ; il part, & nous
Barnave ferons pour voir que Cadufth a été Tinftrument de la ruine
vcus
jours apres,J. Gault demande.
de Sum-Domingus. Tobrient.(J. Quelques Goulta fini par être fecrétaite
liil patie-pert.il de Polverel & Sonthonax.)
de la con.mition
àla queftion que j'avois commencée
Je reviens, ciroyens,
à traiter.
infrudions du 28 mars
Je vous ai dic qu'en exécuniontdes les aflemblées primaires
1750, le gouvernent convoqua de Saint-Marc fercit ou ne feroit
pour facuer ii Tafiemblee
étcit
chargé
pus confirmée; je vous ai dit qu'il
expreffement 5 &
la
de régier le mode de CES affcmbltes primaires;
aux
E
lettre gri vous a été lues adrellée
marguilliers marsuilifer de R
roifles, 8c particnlicroment à Dubourg, dû voir quelles étoient
paroitle de Saint F Mare, vous avez à l'égard des hommes de
Is dilpdlitions de ce gouverneur
couleur. a
l'on domne à Yart. IV
SA l'égard de T'interprétation que le docret du 8 mars ,
des inftroctions qui accompagnent elle eltians fondement; &c fi les gens
dicit Çe gouverneur,
de
illiers marsuilifer de R
roifles, 8c particnlicroment à Dubourg, dû voir quelles étoient
paroitle de Saint F Mare, vous avez à l'égard des hommes de
Is dilpdlitions de ce gouverneur
couleur. a
l'on domne à Yart. IV
SA l'égard de T'interprétation que le docret du 8 mars ,
des inftroctions qui accompagnent elle eltians fondement; &c fi les gens
dicit Çe gouverneur,
de --- Page 341 ---
de couleur f préfentent à T'affemblée
roiffe, vous êtcs en droit de ne pas les recevoir: générale 31 de la paSi Folverel & Sonthonax > en
aux fammes, n'avoient fait briler livrant la ville du Cap
bliques, je vous repréfenterois cecte toutes lettre; les archives puorigina! entre mes mains. Ceffune lerre ; je l'ai eue en
nier" aux marguilliers de différenres
cirenlaire de Pey:
cen'eft pasTillemblée ccloniale paroiffes; elle prouve a
3ee couleut, mais-bien le
quhrepoufa les hommesgénérale fur confiumée gonverneur Peyhier. L'allemblée
1790; elle reprit fes fonctions, par tne procianation &c voulur du 13 juillet
s'occuper de l'état politique des hommes de ftr-le-champ
préfenrai un plan. Cerre nouvelle
couleur: je lui
tan: d'influence fur le (yfème meftre, qui devoit avoir
traitéé avec la plus grande colonial; demandoit à être
précautions; elle concernoit des prudence, hommes fort & avec de fages'
(je ne fais que répéter ce
Polverel
peu inftruits
dir dans - leur lèttre du 25. octobre que
& Sonrhonax ont
coloniale, 5 perfuadée que c'eft en 1792); & l'affamblée
en leur doimant, par un commencemenr éclairant ces hommes,
une partie de lumières qui leur
de fociabilité ,
pouvoir efpérer de les conduire à la, manquoienr, liberré
que l'on
fur & ficile ; elle favoit qu'en acherant par un chemin
fang, par des déchiremnens affreux, en par des' torrens de
le témps devoit amener fans grands livrant au"hafard ce
etainets que défaftres & la
facrifices, il ne'
favoir > cette affemblée générale ruine & la mort 3 elie
renverle un yftème focial , avant > que de chiaque fois qu'on
ceux qu'il engage, quelle' eft la mefure de faire connoitre à
le rompant, on a le projet perfide de perdre leurs la droits; en
d'érouffer la raifon; elle favoit, cette
liberté &
les fecoulles violentes ne pouvoient aflemblée > que toutes"
de la profpérité des colonies, du commerce régénérer les inftrumens
marine; elle favoit enfin que la vraie
national & de la
fifte pas à imaginer des hommes pour philofophie la
ne conpliquer -la loi aux habitudes
loi, mais à apn'eit pas N, je le fais, la philofophie nécellaires de des hommes : ce
Sonthonax; mais c'eft la'
& c'eft Polverel & de
je rédigeai le plan d'organifation mienne,
dans ce fens
gens de couleur, qui fut préfenté pour l'état politique es
Tome I. Dixizme livraijon.
a-laffemblée coloniale
Y
hommes pour philofophie la
ne conpliquer -la loi aux habitudes
loi, mais à apn'eit pas N, je le fais, la philofophie nécellaires de des hommes : ce
Sonthonax; mais c'eft la'
& c'eft Polverel & de
je rédigeai le plan d'organifation mienne,
dans ce fens
gens de couleur, qui fut préfenté pour l'état politique es
Tome I. Dixizme livraijon.
a-laffemblée coloniale
Y --- Page 342 ---
a
de donc, Sainz - Domingues féante à Saint - Mard,
jugeant qu'il étcit néceflaire.de mettre la L'affemblée
prudence dans f'exécution -du
plus grande
fenté., en ordonna limpreflion. plan Ce que je lui avois préPort-au-Prines, parce que la feule plan. fut envoyé au
au fervice de Faliemiblée générale fufifoit preffe que à nous avions
preilion de.nos procès-verbaux,
peine à l'imles jours, & que nous envoyions que nous. diftribuions tous
les rendre aini témoins de nos opérations. aux cemmunes C'étoit 3
au-Prince
rélidoit le
au Hour
noiffance CaRue ce plan; ; il vit gouverneur bien
Peynier. Il eut conen donnant aux gens de couleur que une l'aflemblée exiftence coloniale,
caur, alloit lui arracher les inftrumens
felon leur
fervoit pour opérer la
aveugles dont il fe
cette mefure, en donnant contre-retolation; une, coniftance il vit bien que
fentatif du peuple, levoit tous les obftacles, au & corps reprémarcher à grands pas vers fachèvement
qu'il alloir
il prononça donc, le.7 juillet, la diliolurion de. la de révolution; l'aflemblée ;
penene,cenilie, lacheté, perhidie.,
quize jours après l'avoir confirmée:
aux droits du reuple, menionge, deitruction delposifime des outré , attentats
tionnels; enfin tout ce qui peut confituer principes le
conftinucudacieux fe trouvcir dans certe.
libelle le plus
Peynier, & cependant Barnavel lui prociamation fit voter, du Eouverneur
conilinuanses des remerciemens pour s'être conduit par l'allemblée en
çitoyen.
bon
f Lraflemblée, 3 comme je l'ai dit,
pour éviter l'etfulion du langs. & vous sembargua.ponr voyez
France
s'embarquer, moins de trois iemaines
fa qu'obligés de
il lui fut impollible, fur cette matière après réinftallation,
de continuer, fes opéracions. Sonthonax comme fur les autres,
ces dérails : cependant, il vous
nignore aucun de
aux colons de couleur de fortir de préfente leur paroiffe cette-défenfe faite
& port &.de fortir en armes, comme une mefure fans paffeoppreflive: Vous 2vez cntendu ce qu'éroit le vexatoire
Ogé; car fi les confpirateurs qui dirigeoient confpirateur les
deftructives de lai colonic
mefures
avoianr leurs correfpondances, fiengaile les
de Saint - Domingue
leurs; & ces correlpondances les informoient patriores avoient aufli les
préparoir en France contre nous, & pour détruire de ce la qu'on
co-
ir en armes, comme une mefure fans paffeoppreflive: Vous 2vez cntendu ce qu'éroit le vexatoire
Ogé; car fi les confpirateurs qui dirigeoient confpirateur les
deftructives de lai colonic
mefures
avoianr leurs correfpondances, fiengaile les
de Saint - Domingue
leurs; & ces correlpondances les informoient patriores avoient aufli les
préparoir en France contre nous, & pour détruire de ce la qu'on
co- --- Page 343 ---
337.
lonie françnife, Membres d'une
les traces de"ce complor, j'avois commifion, découvert chargé de fuivre
pement, ce rallemblements- cette prife d'armes quie cet attrou-"
Plallic,avoiene fa fource dansles opérations
au camp de
Ogé; & ce n'eft pas fans connoiflance' de concertéesici par
été nommé pour recueillir' & rechercher caufe que javois
fervi à motiver la dénonciation contre la les pièces qui ont
auteur de tous les maux de Saint-Domingue L.uzerne, & des miniftre,
françaifes. Dans ces recherches, je découwris
colonies
blement des hommes de couleur à
que ce raflem-:
en France : en cffer, rapprochez les Plaflàc dates avoit fa fource'
1789, Ogé nommé colonel, Ogé
: le 4 octobre
reine, au miniftre, , écrivoit qu'on - f'artendit préfeneé au- chez roi; à la
c'eft-deux mois après qu'il a recommandé
lui; &'
chez lui & qu'on fit des
qu'on T'attendit
couleur prennent les armes préparatifs daris différenites , que les hommes de
colonie. Au refte, ce n'eft pas nous qui avons di: parties de la,
que les hommes de couleur avoient éré
les premiers'
de lariftocratie; c'eft, je-le répête, Polverel desinftrumens & aveugles,
qui l'ont écrit dans leur lettre du 25 octobre Sonthonax
navons fait qu'adminiftrer la preuve de ce
1792 : nous
Mni, qui donnois les plus fages confeils qu'ils ontannoncé.
couleur; & Sonthonax le fait bien; nioi aux homres de
voté le rérabliflement de'leurs droits
> qui lé premier ai'
cacher les erreurs' des nns'& les crimes politiques; des je ne faurois'
erreur," parce que la plupart ont été féduits autres; je dis
qui leur promettoit nos propriétés : certes, par un fripon
agitateurs étoit puiflant fur eux; il étoit tel Fafcendant des
limaginériez pas vous-mèmes.
que vous ne'
La magie qui.avoit environné autrefois les
l'aurorire du tyran, a' enveloppé depuis ceux dépofitaires de'
revêtus de Taurorité mtionale; & ce n'eft qui ont été
vous: le prouverons , ceft
je vais pas nous qui
roles: : c'eftitiré du mémoire Sonchonax; du
citer fes
le gouverneur Lafalle qui parle. gouverneur Lafalle, T
Y 2
a a
pas vous-mèmes.
que vous ne'
La magie qui.avoit environné autrefois les
l'aurorire du tyran, a' enveloppé depuis ceux dépofitaires de'
revêtus de Taurorité mtionale; & ce n'eft qui ont été
vous: le prouverons , ceft
je vais pas nous qui
roles: : c'eftitiré du mémoire Sonchonax; du
citer fes
le gouverneur Lafalle qui parle. gouverneur Lafalle, T
Y 2
a a --- Page 344 ---
Excrait du mémoire de Lafalle, gouvernenrs par interim, des
Isles-/ourde-V'ent.
e Un jour Lavaux vint me rendre compte
les & nègres leur
crioient dans les rues qu'il falloit tuer les
Erartle
couper la
(ce qui veut dire, dans leur ftyle, tuer
les. blancs & dtEr mularres). Quoique j'eulle alors la fièvre,
je montai avec lui chez Sonthonax ( depuis du tempsPolverel
étoit, retourné dans la province de T'Ouelt ) : il lui répéta le
même rapport.. Ne craignez rien, dit-il, tant que men autorité fera re/peckée.Je me tiens loin d'eux, aufond de leurs mon
férail, comme les fophis de Perfe; & je ne parois à
comme un dieu prêt à répandre des bienfaits, ou
yeux
à ader la foudren'eft *
parle, mais
Sonthonax : J'obferve que ce
pas moiqui
le général Thomas Lafalie. Millct : Tels furent ces hommes de couleur entie
les mains des.agitateurs, de tous ceux qui fe faifirent de leur
ignorance & de leur foibleffe. Penfez-vous que le gouvernemen: de Sain:-Domingue ait éré donné i la Luzerne, dont
le frère étoit amballadeur eit Angleterre , fans de grands
delleins 2 penlcz - vous qu'il n'ait
étudié, pendant fon
féjour dans cette ifle, les moyens I réuflir dans fon projet,
dans cette trame dont tous les fils étoient entre les mains
que durant fon féjour
du cabinet bri-anniquee penfez-vous
étoit la. moralité
a Saint - Domingue il, n ait
fuie vu quelle lui fervir d'inftrumens?
des hommes qui devoien:
.ritr
pen.ez-vous quilnai pas yu que F'orgueil étoit le principal
de leurs vices? En effet, ciroyens, on flatte Forgueil d'Ogé,
on le fait chevalier de Limbourg, on te fait colonel, i1 devint on fale préfente a, Monfieur, au roi & à la reine; Jes
il
milier dans la maifon de ce qu'on appeloit en l'attendant grands:
devint plusfanarique que Séide. faifoit Ses complices des rallemblemens; les
faifoient leurs Saiguiloient difpolitions, fous la on proteétion du gouvernement; >
poignards qui leur fournifloit même des armes, fomentoit cette infurrection qui, comme un torrent, a dévafté le plus riche pays
du monde, & le plus utile fans doute à la profpérité Polverel na- &.
tionale. Mais je ne dois pas m'étonner de, voir
endant grands:
devint plusfanarique que Séide. faifoit Ses complices des rallemblemens; les
faifoient leurs Saiguiloient difpolitions, fous la on proteétion du gouvernement; >
poignards qui leur fournifloit même des armes, fomentoit cette infurrection qui, comme un torrent, a dévafté le plus riche pays
du monde, & le plus utile fans doute à la profpérité Polverel na- &.
tionale. Mais je ne dois pas m'étonner de, voir --- Page 345 ---
ration, Sonthonax, les derniers, les plus furieux agens de cette
improuver des mefures qui rerardérent
confpila dévaftation dela partie françaite de
pendant longPSR par cette melure; celle de l'aflemblée SsintDomingue; générale de
Saine-Domingue, quartier du Fond -Parifien qui crdonnoit aux hommes de couleur du
pour ce quartier ) de ne former (car' aucun l'ordre n'a éré donné que
fans point fortir avec des armes, & de ne pas raffamnblement, quitter. leurs de ne
paffe-ports. Certes, citoyens, l'alfemblée
paroiffes
pas conçu le projer injufte de priver de leurs générale droits n'avoit
hommes' la fociété, qui fupporroient comme elle tortes les charges des de
chole
furtout ce qui concerne ladminiftration de Ja
inftrumens publique; mais elle favoi: quels étoient ces hommes:
pulfions des aveugles des factieux, ils fuivoient toutes les imfous les ordres conipirareurs; de Mauduir, ellefavoit qu'ils feroient royaliftes
fous Ogé, Pinchinat,
comme als onr été terroriftes
jamais développé de caradtère Candy; eile favoir qu'ils n'avoient
attendant que des lois
que celui de la férocité, en
à en faire des hommes adaptées aux localités. commençaffent
fociables, &
chans au vol, au pillage & à
réprimaffent leurs penelle devoit d'un côté les attacher Tincendie; elle fertoit que fi
organifation commune, ainfi aux colons blancs par une
fociéré bien organifée, d'un que l'exige tout principe de
réaction d'un reffort brifé
autre côté elle favoit que la
funeftes, Je le fais, je le trop violemment auroir des fuites
la plilofophie de Polverel répéte, & de ce n'eft pas là encore de
& Sonthonax vouloient détruire Sonthonax; mais Polverel
vouloit conferver, & c'étoit dars > ce & fens l'aflemblée coloniale
hommes de couleur le préfident de
que parloit aux
du fud, dans le difcours duiquel Sonthonax Iaflemblée provinciale
de trouver des crimes. Je vous le demande, s'eft ranc efforcé
blée générale féanre à Saint-Marc a-t-elle ciroyens, l'affemla ruine de ves colonies, fruit de l'abus été prévoyante ?
principes facrés de la révoletion,
que l'on a fait des
légitimité de fes crainres? J'adjure vous ici prouvera - t-elle la
de dire ce qui s'eft pafe dans une
le citoyen Grégoire
eut lieu entre nous en 1791, en longue converfation
lebre en littéracure, dont ilavoir préfence d'un homme OE
hui.ai-je dit fur tous les maux qui lui-mème feroient fait la fuite choix. Que
de meY 3
rés de la révoletion,
que l'on a fait des
légitimité de fes crainres? J'adjure vous ici prouvera - t-elle la
de dire ce qui s'eft pafe dans une
le citoyen Grégoire
eut lieu entre nous en 1791, en longue converfation
lebre en littéracure, dont ilavoir préfence d'un homme OE
hui.ai-je dit fur tous les maux qui lui-mème feroient fait la fuite choix. Que
de meY 3 --- Page 346 ---
-
& qui alloient défoler notre pays ? Moi,
fures prématurées, avant de finir, je veux vous citer Un fait qui jetera
civoyens, queique jour fur. T'origine de nos maux. Il n'eft pas
peut-être
étoit
de Mirabeau
-
uin de vous qui ne fache quelle du moins l'opinion celle qu'il profefloit
fur le fyfteme colonial, d'octobre ou
1790, à l'époque où fut
publiquemene au mois
la
de nos cOprononcé ce décret - funefte qui entraina
perte
lonies.
avec f lui de ces grands intérèrs, il me fit
20 M'entretenant
de TAllembite conftitiante étoit de
: enténdre quie Vintention
les
blancs. par la
remplacer à Saine-Domingue
propriétuires cette melure étoit diôtée
clafle des affranchis; il ajouta que &c que c'ércient-la les
par T'humanité & cTuulité générale, continuelle qui moifmoyens d'arrêter enfin cette émigration alloient de nos ccnirées
7 fontoit cette foule d'hommes On qui accufe, lui dis-je; l'allempérir viétimes de leur cupidité.
cn Taccule d'avoir
blée coloniale de vifer à T'indépendaace; eh bien.! ceft vous, ce font
voulu- fe donner à IAngleterre:
cherchent à rcndre Jes
31 ceux qui débitent vOs maximes vifentà qui lesilivrérà l'Angleterre.
colonies indépendanres, qui
vousiaurez rompu les liens
Penfez-vous Jui dis-je, quand
rappor's de
du fang, de l'amirié, les rapports les d'inneret,-les colons blancs à leur mère
goût & d'habitude qui-oniflent
patrie ; quil fera difficile à une puillance qui de.préfentera
€ en armes.
d'un homme dent
5 La il mintertompir avec Timpatience la vélémence qui lai étcit fi
lon a furpris le fecret, Habitans avec des Anzilles, vous dormet ai
naturelle, & me-dit: Eh bien! répondis-je, nous dormirons tranpied du Véfeve.
mettez
le feu. Ehbien!
quilles fi vous & vos pareils n'y
pas
que j'ai
a citoyens 2 ce plan de deltrucion, de confpitation, développé pendant
deviné dès-lers, que jai fi'inucilement a été depuis exécuté
toute T'année -1791;
j'ai ont publie, chatle de Saint-Domingue
par Polverel &
EAr
tenoient à la France par les liens du fang,
tous ceux qui
Tintérêt, par le rapport du goûty de T'hapar Tamirie, par
desécrangers, desAfricains,
Bitude; slesy Onr remplacés par
s'eft prefrnrée
qui fe font denés à la pretnière puiffance qui confriration
en armes. Ainfi donc seft terminéer venir cette à les grande fins. perfides, a
de l'Angleterre, qui', pour .en
tenoient à la France par les liens du fang,
tous ceux qui
Tintérêt, par le rapport du goûty de T'hapar Tamirie, par
desécrangers, desAfricains,
Bitude; slesy Onr remplacés par
s'eft prefrnrée
qui fe font denés à la pretnière puiffance qui confriration
en armes. Ainfi donc seft terminéer venir cette à les grande fins. perfides, a
de l'Angleterre, qui', pour .en --- Page 347 ---
fait jouer tant de refforts d'autant plus dangereux, qu'ils
avoient paru avoir pour bafe les principes de l'humanité :
cependant Polverel & Sonthonax vous ont dit que nos
collègues Page &c Brulley avoient miflion de venit machiner
en France avec le gouvernement contre les principes de la révolution, &c cela pour le fervice del'Angleterre. Mais à quelle
époque font-ils partis pour Saint-Domingue: à quelle
ont-ils di recevoir ces inftruétions fecrètes dont parle
ERAE
mette dans fon interrogatoire, & qui leur donnoit une f
grande latitude ? c'eft fans contredit en juin & enjuillet 1792.
Qui doute aujourd'hui qu'a cette époque le geuvernement
confpiroit avec T'Angleterre contre la fouveraineré du peuple?
Les inftructions fecrères données à Polverel & Sonthonax, &
dans lefquelles je ne fais pourquoi Polverel & Sonthonax ne
parlent jamais d'Ailhaud; ces infructions ont été dornées
confpiroit évidemment avec l'Anpar un gouvernement qui
gleterre. Qu'induirez - vous de-la, citoyens : qu'un moyen
employé conflamment parles faétieux qui méditoientla ruine
de la colonie, étoit d'accufer les colons des crimes qu'ils
avoient commis ou qu'ils allojent commettre.
Mais Polverel &c Sonthonax, qui ont toujours préfenté
les affemblées coloniales comme perfécutrices des colons de
couleur, > comme leur refufant les droits politiques : euxmêmes citoyens, chargés de l'exécution de la loi du 4 avril,
devoient > donc donner aux hommes de couleur les droits
leur accordoit cette loi; car
la loi du 4
Pandis
que.portoit
A R T ICI L E p R E M I E R.
ec Immédiatement après la publication du préfent décret,
il fera procédé, dans chacune des colonies franenifes'dans les
Isles-du-Vent & Sous-le-Venr, à la rééleétion desa aflemblées
coloniales, conformément au décret du 8 mnars 1790, & à
l'inftruction du 2S du même mois.
I I.,
s Les perfonnes de couleur & nègres libres feront admis
à voter dans toutes les affemblées primaires & électorales,
-
& feront éligibles à toutes les places, lorfquils. réuniront
Y 4
enifes'dans les
Isles-du-Vent & Sous-le-Venr, à la rééleétion desa aflemblées
coloniales, conformément au décret du 8 mnars 1790, & à
l'inftruction du 2S du même mois.
I I.,
s Les perfonnes de couleur & nègres libres feront admis
à voter dans toutes les affemblées primaires & électorales,
-
& feront éligibles à toutes les places, lorfquils. réuniront
Y 4 --- Page 348 ---
d'ailleurs les conditions preicrires par l'article IV de l'inftruction du 28. mars 2,
Le devoir de Poiverel & Sonthonax,
leur arcivée, étoir donc de former une immédiatemen: affemblée
apris
& de la compofer d'hommes blancs d de couleur. coloniale,
Sonthonax : Je prie la commitlion de faire rentrer dans la
arrivée, queftion. Jine s'agit pas ce ce que nous avons fait à notre
de
ni de. ce que nous avons di faire; mais feulement
l'efpric public qui exiftoir alors à Saint-Domingue. -
eft Thomas demandé; Millee : Ciroyens, je me conformerai à ce qui
toujours pris. la cependant marche de comme jufqu'à préfent nous avons
Polverel & Sonthonax
mettre en oppofition les actes de
des crimes quils
pour prouver qu'ils font coupables
dans la formation imputent, de la commiflion je voulois vous faire voir que
mile, à la rlace de l'affemblée ccloniale intermédinire, qu'ils ont
violé les principes qui reconnoiffoient les droits > ils ont eux feuls
hommes de couleur.
politiques des
la Page difcuflion : Dans la féance précédenre j'ai été interrompu dans.
que je faifois des actes de l'atlemblée
féan:e au Cap. Vous avez vu,
coloniale
20 feptembre, loin de produire un citoyens effet utile 3 que fur les l'arrèré du:
de couleur, na fait
provoquer de nouveau la hommes
& la iévolte. Le HEdAer du 24 feptembre avoit été dévaftation
il arriva à Saint- Doningue quelques jours
rendu ;
commiffaires Mirbeck, Roume &
auparavanr les
fur
Saint-Léger; dès
conna - voici T'artété que prit Fallemblée
qu'il
5 novembre 1792:
coloniale lo
< Sur la motion faite Par un
l'érat politique des hommes de couleur membire, & negres relativement à
T'affemblée générale de la partie françaife des Saine-Domingner libres, à
de >> conf Corfidérant fion
que ce n'eft pas dans un semps de troubles,
de
& de révolte > qu'elle peut s'occuper de
certe motion;
l'obiet
9> Confidérant que - ces arrêtés des 5,6 14 & 20
dernier, leur ont été infidieulement
feptenibre
33 Confidésan: que les hommes de couleur interprérés; & nègres libres
de la partie françaife des Saine-Domingner libres, à
de >> conf Corfidérant fion
que ce n'eft pas dans un semps de troubles,
de
& de révolte > qu'elle peut s'occuper de
certe motion;
l'obiet
9> Confidérant que - ces arrêtés des 5,6 14 & 20
dernier, leur ont été infidieulement
feptenibre
33 Confidésan: que les hommes de couleur interprérés; & nègres libres --- Page 349 ---
ent les décrets été méchamment excités par des opinions erronées fur
n'a nationaux, & notamment fur celui du
qui
j.mais été ofliciellement envoyé dans cette 15 mai,
lonie;
COwConfidérant que le décret confitutionnel de
nationale conftituante, du 24 feptembre
l'Alfemblée
manquer de défiller leurs
& de les ramener dernier, à ne
voir; & dans ce cas
leur
POS
fpéciale,
Komtacies les prendre fous fa
a arrêté & arrête :
fauve-garde
"I. Qu'eile ne s'occupera de l'état
de couleur & nègres libres qu'à la ceflation politique des deshommes
occafionnés parla révolte des efclaves, &
troubles
homnes de couleur & nègres libres, qu'après que lefdirs
roifles refpectives, fous l'autorité de rentrés dans leurs paou réunis dans les différens camps fous laflemblée les ordres sénérale,
fentant du roi, auront coopéré avec les
du repréramener l'ordre & la Paix dans la
citoyens blancs à
> 2°. Que les homines de couleur colonie & ;
tenus de fecenformer au précédent article nègres libres feront
pourftivis & jugés par les tribunaux comme > fous féditieux peine d'étre
turbateurs du repos public,
& per-
>> :" Ordonne que tous projets & plans
concernant l'état politique des hommes de couleur déja propofés &
libres, feront remis à fon comiré de
nègres
préfenter fes vues auili tôt que la
confticution, pour lui
mettra de s'occuper de cette queftion. tranquilliré rétablie perfesarrétés >Déciare des Taflemblée 6 & génétale qu'elle maintient de plus fort
autorife les hommes 5,
de 14 couleur feptembre & dernier; en conféquence
paroifle à lei préfenter leurs
nègres libres de chaque
lible de faire
pétitions, qu'il leur fera loiparvenir par un d'entre eux, choili
propriéraires, > né de pere & mere
parmi des
refter dans le lien de la réfidence de libres, lefquels pourront
y faire telles autres pétitions que l'intérêt l'aflemblée générale
couleur &n nègres libres femblera
defdits honanics EPHE
"4o. Qu'elie accorde anifie exiger; générale
couleur & nègres libres qui
aux hommes de
actes de violence, tant contre pourroient ies citoyens s'être portés à des
corps populaires, & qui fe fcront armési
que contre les
illegalemens, toutes
quels pourront
y faire telles autres pétitions que l'intérêt l'aflemblée générale
couleur &n nègres libres femblera
defdits honanics EPHE
"4o. Qu'elie accorde anifie exiger; générale
couleur & nègres libres qui
aux hommes de
actes de violence, tant contre pourroient ies citoyens s'être portés à des
corps populaires, & qui fe fcront armési
que contre les
illegalemens, toutes --- Page 350 ---
les fois qu'ils rentreront dans leur devoir auflitôt la promulgation du prefenc arréré,
fous
En conlequence > Vaflemblée prend
fa fauve-garde arrête
fpéciale leidits hommes de couleur & nègres libres;
en ourre qulilfefa fait une mention honorable dans fon du
cesverbal, des.hommes de couleur & nègres libres
& 'autrés
ent concouru avec les blancs à
E
quartiers, qui
défenie communc, contre les brigands."
étoit l'efprit
Cet arrèté vous développe parfaitement
côré,
de Tallemblée féantè au
Vous yoyez,
quelle
jl
Cap,
de
déclare aux homnes de couleur qu'elle ne peur feroient s'occuper rentrés
leurs, droits
qu'au moment où its le
des
dans leurs
& qu'ils auroient quitté camp
Vous
ce
a
révoltés ou ils fe. trouvoient.
fenrez que n'éroit
pas-dans ce moment de défordre 8c d'anarchie fable fut quel'afemblée le compte des
pouvoit preudre, une détermination aufli qu'elle invite les
hommes de couleur; vous voyez autour d'elle; &c craignanthommes de corleur à fe rallier
ne les
que les crimes dont ils s'étoient rendus coupables &
éloignafient d'elle,, elle leur accorde une amnifie pardon.
Vous voyez auffi qu'elle prend fous fa fauve-garde rendre les hommes coude couleur &c nègres libres qui auroient pu fe
pables de quelque crime, s'ils fc rèndent dansleurs communes
refpedtivess. vous voyez encore qu'elle adrelle devoir. des Cet'a rémercie- arrêté
mens à ceux qui font, reftés fidèles à leur
a été attafut accompagné d'une adrelle dont une difpofition
quée"par Sonthonax. -
Il lit l'adre(fe du.7 novembre 1791.
Adrefe de T'affembiée generake de la
françaife de SaintDomingue aux hommes dacouleur negres libres, du 7
noyembre 1791Ict secand
H bienfaifante, n'a jaCc L'affemblée à aller générale, toujours de vous , quand elle a penié
mais héfité démarche au-devant à votre bonheur & pouvoir
que cette
importoit
fervir la chole publique. une douleur extrème & un mé-
>5 Mais elle voit avec
"ou vous
contentement trop jufte les manceuvres coupables
SaintDomingue aux hommes dacouleur negres libres, du 7
noyembre 1791Ict secand
H bienfaifante, n'a jaCc L'affemblée à aller générale, toujours de vous , quand elle a penié
mais héfité démarche au-devant à votre bonheur & pouvoir
que cette
importoit
fervir la chole publique. une douleur extrème & un mé-
>5 Mais elle voit avec
"ou vous
contentement trop jufte les manceuvres coupables --- Page 351 ---
ont entrainés, & dans lefquellesvous entretiennent fans doure
des erreurs funeftes & des infinuations
>> Ce n'eft point fur la féditicn & la pertides. violence que vous
deviez fonder votre efpoir.
>> Les traités arrachés par la force & la perfidie ne
vent avoir qu'un fuccis paflager, & le retour doit peu- être
terrible.
>> L'affemblée générale vous avoit tracé une route
heureufe & plus sire : c'eft dans le fein de fa juftice, plus de
fa bonré, que vous deviez voler & vous réunir.
> Cellez d'iwvoquer aveuglément des lois éteintes,
vous portoient les coups les plus rigoureux.
qui
>> Cellez de croire que le fage fénat de la France, ,
le roi, que le peuple français puiffent approuver un moment que
le défordre & le crime.
> Craignez pluôt ja jafte févérité de cette affemblée augulte dont les fentimens & les décrets ont été calomnieufement interpretés.
>> Crnignez la terrible &jafte vengeance d'un
entier dont tous les intérêts Ont été fi cruellement peuple outragés :
craignez la terrible & jufte vengeance d'une colonie tombée
en un inftant du faite de la profpérité dans routella
fondeur de l'infortune : craignez enfin l'éclat de cette pro-
& le reffentinent inévitable de toutes les
chate
"nous ensironnenr, qui ont les mèmes inrérêts puiflances que nous: qui
tremblez fur- tout que vous ne foyez reconnus &
comme les auteurs & les complices sde tant de malheurs jugés
de forfaits.
V
&
22, Le jour de la clémence n'efpase icore palie: : Tadfemnblee
générale vous ouvre fes bras piote teurs; venez.y
vos chagrins & VOS efpérances.
dépoler
>> Comprez entièrement fur fa loyauté & fur fa bienfaifance; mais comptez auli irrévocablement fur toute l'étendue
de fa juftice & de fa fermeté.
Vous voyez, citoyens, que l'a"emblée coloniale prend ici
le ton paternel qui convenoit à fon caractère; vous voyez
qu'elle écarte la menace vis-à-vis des hommes de
lors même qu'ils étoient à:la têre des révoltés & des coulcur, incendiaires de Sain: - Domingue; vous voyez qu'elle leur dis:
ifance; mais comptez auli irrévocablement fur toute l'étendue
de fa juftice & de fa fermeté.
Vous voyez, citoyens, que l'a"emblée coloniale prend ici
le ton paternel qui convenoit à fon caractère; vous voyez
qu'elle écarte la menace vis-à-vis des hommes de
lors même qu'ils étoient à:la têre des révoltés & des coulcur, incendiaires de Sain: - Domingue; vous voyez qu'elle leur dis: --- Page 352 ---
les déctets de T'Affemblée
C'eft à tort que vous interprétez de fes décrets n'a jufquici fixé
conftituante, puilfqu'aucun votre état pclitique 5 attendez que ces
bien politivement
connus, &c alors nous nous
décrets nous foient officiellemien: les
Elle leur dit encore :
empreflerons de vous lois éteintes appliquer. & qui vous porteroient les
Cellez d'invoquer.les funeftes. Ceci étoit aprlicable aux hemmes
conps les plus
qui réclamoient lcs
de couleur de la Croix-des- Louis Bouquers, XIV, de 1683. L'aflemblée
difpolitions d'un édit de
cette demande avoit été fufcoloniale avoit bien fenti que
55 car fi les hommes de
citée par les sonredioludenesises, fon efiet, d'une partie des droits
couleur jouiffoient, d'elt-à-dire par la faculté de fe commander entre eux
politiques, le
militaire, cette loi vouloit aufli que,
fous drapeau ils fuflent vendus comme efclaves. Ertter
un certain délit,
vouloit parler T'affemblée coloniale
nax a dit de quel peuple
de couleur : Craignez le refquand elle difoit aux dont hommes les intérêts ont été fi cruellement
fentiment du peuple
toure cette adreffe refpire
ontragés. Ne voyez-vous pas que les volontés de la France?
le relped le pluis profond les pour intentions de l'aflemblée coloPeut-on mal interptéter
que le fage fénat de la
niale, loriqu'elle dit : Croyez-vous
puillent approuvér
France > que le roi, que le peuple français
le crime? &cc.
de la proclamation, que
Ceft en ifolant cette crime. phrafe Vous allez voir, citoyens',
Sonthonax y a trouvé un & cette adreffe & cet arrêté.
quels effets produifirent Mais tu ne
pas à ce qu'a dit
Brulley à Page : adrelle relativément réponds
aux' puillances
Sonthonax fur cette
étrangères, L'afiemblée coloniale n'ignoroit pas
les hommes
Page:
afliftance & fecours dee les Efpade couleur trouvoient
qui avoient excité la révolre,
gnols; c'étoient les des Epagnols armes dont le dépôr étoit au quartier
qui avoient fourni
cela qu'clle leur dit: Craignez le refdu Dondon; c'eft pour voifin. L'aflemblée coloniale devoit
fentiment d'un peuple
hommes de couleur que fi lès
nécellairement faire lentir aux
dévafter la colonie de
Elpagnols fe fervoient d'eux les pour
les châtieroient
Saint-Domingue, tôt ou tard
Efpagnols dévafter cette promême des moyens qu'ils avoient pris pour
oient fourni
cela qu'clle leur dit: Craignez le refdu Dondon; c'eft pour voifin. L'aflemblée coloniale devoit
fentiment d'un peuple
hommes de couleur que fi lès
nécellairement faire lentir aux
dévafter la colonie de
Elpagnols fe fervoient d'eux les pour
les châtieroient
Saint-Domingue, tôt ou tard
Efpagnols dévafter cette promême des moyens qu'ils avoient pris pour --- Page 353 ---
347:
vince. Ainfi cette difpofition de l'adreffe éroit
agx:
Elpagnols. Sonchonax yous a dit quej'étois
reiarive
teurs
de cette adrelle; le fait eft vrai : vous Iun allez des'tédac-,
,
toyens quel effet a produit çet arrêté; vous le voir, ci-i
une pièce qui fe trouve, dans vos archives, no. 104. verrez par
Lc préfdent : Eft-ce un arrêté de l'allemblée coloniale?
Page : Non, citoyens, c'eftun arrêté
couleur, réunis à la Croix des-Bouquers, prisgarleshommesde fous' les ordres &
l'influence de Jemécontiaconshonas vous a dit
youloient lindépendance & le fédéralifme : d1 les colons,
voyez que c'étoient ces mêmes hommes de
bien! vous
à T'allemblée coloniale, qui fe fédéralifoient couieur, &
oppols
nom d'armée fédérée. Vous allez juger, par la prenoient le:
cet arrêté, quelle étoit la melure d' obéiflance di(pofition ces
de
de couleur portoient, & aux décrets de l'aflemblée que
hoinmes,
& aux arrêtés de l'allemblée coloniale.
nationale,
Page lit cet,arrêté.
- Arrêté des hommes de couleur, du I5 décembre s
1791, ala Croir-des-Bougsets.
soloniale établie Confidérant que le jugement de l'affenblée
fonnes, de
au Cap pourroit
fur l'état des
quelque nature qu'il
& influcroit
perdinairement
dere
fur lavenir, & entraineroir
extraormaux incalculables, qu'il eft de la iagelles infailliblement de la
des
des conftituans de prévenir 5
prévoyance
s> Confidérant que les plans
la colonie de Saint-Domingue, d'organifation confacrés amoncés le
15 juin, ne fauroient être'
par décret
Eat
le concoursde tous ceux qui acceptés, onc.intérét modifiés à ia loi, ou rejetés fars
femblée nationale clla-méme a établi
puilque Taie
mental quela loin' oblige que
pour principe fonda-
& confenrie;
ceugpourquieile. a éré délibérée
des >> Confidérant enfin que les concordats & traités
II feptembre & 23 octobre derniers, loin
de paix
arrachés par la violence & la.pertidie, font au contraire d'avoir été des
hommages rendus à la vérité, à la juftice, à
au décret de l'augulte fénat
Thumanité &c
français, que ces actes contien-
& confenrie;
ceugpourquieile. a éré délibérée
des >> Confidérant enfin que les concordats & traités
II feptembre & 23 octobre derniers, loin
de paix
arrachés par la violence & la.pertidie, font au contraire d'avoir été des
hommages rendus à la vérité, à la juftice, à
au décret de l'augulte fénat
Thumanité &c
français, que ces actes contien- --- Page 354 ---
des conventions facrées, inviolables, & fans léxécution
nent
aflurer en aucune manière le falut de.
delquelles on ne peut
la colonie :
& les commiffaires fufdits, perfiflant dans
>> Le arrêté confeil du 6 du préfent mois, dont l'expédition a été
leur adreflée à MM. les commillaires nationaux civils, ont arrêté & arrêtent reconnoiffent :
MM. de Mircbeck, Roume &
1°. Qu'ils
commiflaires nationaux civils délégués
de Saint-L ger
de P'Amérique fous le vent;
par le roi aux Hier françaites
de
quilsairenden: leur arrivée dans cetté province avecautant
d'impatience, &, qu'en attendant cette heureule
refpect s feront invités , par une adrefle particulière, > à
époque, correfpondre directement avec le confeil delarmée combinée ce
&, lefdits commilfaires des paroifles réunies, pour de Ouelts tout
quia rapport aux affaires politiques dela province ni à lacidans cé moment, ne fe de trouve T'Oueft, repréfentéc ni à la foi-difant
Ta allemblée provinciale diflolution de lar première & le
aflemblée générale, ya la,
de ies dépurés ali feconde;
de-la province de
terel Qu'attendu le rappel des-dépuids générale féante au Cap,.
T'Oueft à la foi-difant allemblée contre tous les actes de ladre ailemils proteftent de nullité ladite
: & ce 2 confora
blée €n ce qui concerne
de provirice du octobre dernier;
mément à l'article 8 du traité paix nationaux 22
civils font
93 :" Que MM. les commitlaires le préfent arrêté, de donner leur
fupplits-de nouvean; fufait par traité dé
du 2; octobre dernicr;
approbation au leur
paix à ce fujet comme le feul
& de regarder
apprebanen
moten de fauver cette colonie 3).
le eis décembre, lorfPoge: Vous voyez, citoyens, que,
de l'arrèré
que les hommes de couleur eurent coloniale, connoitlance & de T'adrefle
pris le 5 novembre par l'aflemblée cet arrèré, les hommes
de cette allemblée qui-accompaghe
l'aflemblée code couleur arrétèrent de ne plus reconnoitre obeiflance à aucun de"fes
loniale, & refuférent de prèter les
des
arrérés.Tls vous ont dit ici que l'affemblée dépurés coloninle provincek : ceft
'de lOueft ne siégeoient plus dans dans l'affemblée coloniale,
un faux; hommcs ces depurés de couleur; fégeoient qui avoient comprimé jaf
mais les
qui-accompaghe
l'aflemblée code couleur arrétèrent de ne plus reconnoitre obeiflance à aucun de"fes
loniale, & refuférent de prèter les
des
arrérés.Tls vous ont dit ici que l'affemblée dépurés coloninle provincek : ceft
'de lOueft ne siégeoient plus dans dans l'affemblée coloniale,
un faux; hommcs ces depurés de couleur; fégeoient qui avoient comprimé jaf
mais les --- Page 355 ---
qu'alors eées de quarorze communes' der A la, - colonie, , lesaveiens
rappeler les dépurés que chacune. de
for
avoit à Tallenblée coloniale. Les dépurés
CES Paroitles
rendre aux ordres de leurs paroiffes, parce refus.rent de fe
que ces ordres n'émanoient que de la, Violence qu'ils & de virent bicn
Quarorze paroifles 9 placées 5 d'un eoré, entre la nécelliré la.force,
sappeler leurs députés & le danger de sgir leurs
de
rayagées , incendiées & leurs efclaves misea.rérolie, propriétés
fans.donre iedescuedsbondljeur
crurenr
aux hommes. de couleur, & rappelerenr eonéstunrion: leurs, elles.obéirent
dépurés firent leur devcir rencbéilanraus arrêtés depurés. Les
coloniale. Vous voyez parfairement .par ces delafleriblée
que les hommes de couleur, bien, loinide fe dalnofiions,
rérés de l'affemblée coleniale, qui alors,, rendrera aux.arfeptembre, 3 étoit bien légalement suroricea par degret Cu, 24
Fétat civil & polirique des hommes de
prononcer fur
de couleur, dis-je, deselors déclarérent couleur; les homines
commiflaires civils qu'ils refufoient de au gouverneur & aux
cette affemblée, & ils, requirent même
abeillance à
commiffaires
gouverneur &les -
Fanuir
Vous allez voir, civils citoyens, de correfpondre direétemenr avec eux.
commiffaires civils; vous quelle allez fut la réponfe que firent les
fit bien de mainténir fon acrêté. juger fi Fatiemblée coloniale
Page lit.
Ct
Réponfe des commilfaires nationaax civils aux
d la Craise-des-Bagaets, le 21 dacmnbie1791. perfonnes réunies
*10. Le titre que prennent les' fignatnires de la Jettre
peue exifer à que dans le defordre & Imhnarchie, 3 e vous
ne
rier pless moins de vous déclarer rebelles, vous cnferrir re
long-temps. En effer, peut-il exifter une
faiue
paroilles liguées
armée de quatorze
Cette arnice, 7 quandrelle pour obliger les antres d'oblir àfa volontas
feroir formde
pourroit-elle déliberer frsndte des contigatiognalleent arrérés: Son' confeil
d'adminifracion pourroir-il s'occurer d'aurre
lintérieur de T'arimée ? pourroit-clle, non-fenlement objet Gue de
dépendre des prdrést du repréfenten: du roTA mais méme ofer lui ne diétcr pas
Pourroir-elle abufer de fa force au
point d'exiger,
oblir àfa volontas
feroir formde
pourroit-elle déliberer frsndte des contigatiognalleent arrérés: Son' confeil
d'adminifracion pourroir-il s'occurer d'aurre
lintérieur de T'arimée ? pourroit-clle, non-fenlement objet Gue de
dépendre des prdrést du repréfenten: du roTA mais méme ofer lui ne diétcr pas
Pourroir-elle abufer de fa force au
point d'exiger, --- Page 356 ---
la formation des aflemblées primaires,
dans ces
outre
tousl les
confaflemblées on violarinditindenent
ARadir
titutionnels, Vate en détruilant les municipalités pour irrévo- en
creer de nouvelles, foit en' révoquant des députés &c.?
cables, ou en annullant des corps admmitftratifs,
Ce font c.pendant les fxites fatales de votre confédération;
malgré la pureté de vOS principes, ce font les & commiffaires feroient
de la hation & dy roi qui vous en averciffent, qui confiance
trop malheureux fi vous ne Jes écoutez pas avec la
qui leur eft due,
fur le récit des faits
22 2°. Nous ne nous dans arrêterons l'ile
pas la révolurion; ouqui fe font fuccédés
des depuis haines, des vengeances s
blions à jamais des (oupcons, meurtres, des incendies &c des atrodes proferiptiens ,'des Dans une crife nationale quel eft celui
cités de tout genre. torrent? Quel eft le nombre d'hommes
qui peut réfifterau n'ont aucun reproche à fe faire, en comparaifon vertueux de qui ceux qui ont fait le mal, & fouvent
erreur? avec le
Faut-il confondre le .lit
Faur-illes punir tous : les diftinguer dans ia confulion
mnechant 2 E: pourroiron des
> des rumeurs
générale des événemens,
apparences des
Refpectons le
prbliques & dans la prévention
partis? devoirs
citoyen qui 2 n'a jamais perdu de vue les
politiques
& moraux; mais encore une fois pardonnons - nous mattres réciprocuement des torts que nous été n'érions dans le abie
fèvre
euflions
Ata
d'éviter que fi nous TAflemblée nationale & le roi. Ils ont
ardente, Imitons à jamais mémorabic, de T'acceptation de
confacré l'époque, un décret portant amniftie genérale s
la inviation Confitution, à la paix par & à Tonbli du pafe.
dans Tile;
les mêmes bienfaits
>> Nous avons proclamé réduit au néant toute difcufion fur
& notre proclamation relatifs à la révolution, antérieurs à l publication
les faits même amniftie dans l'ile. Nous ne pouvens prendre
connoilfance de la
de ces faits, ni en parler, qu'autant qu'ils
ferviroient à nous éclairer fur l'avenir & à confeils tempérer & ceux
dont nous pouvens ealmer l'efprit des par nos & des amis par
norre fenibilité fur les malheurs
parens
3>
qu'ils regrettent & que nous pleurons avec eux. T'affemblée :
Voilà, citoyens, ce qui vous conftate que coloniale
l'ile. Nous ne pouvens prendre
connoilfance de la
de ces faits, ni en parler, qu'autant qu'ils
ferviroient à nous éclairer fur l'avenir & à confeils tempérer & ceux
dont nous pouvens ealmer l'efprit des par nos & des amis par
norre fenibilité fur les malheurs
parens
3>
qu'ils regrettent & que nous pleurons avec eux. T'affemblée :
Voilà, citoyens, ce qui vous conftate que coloniale --- Page 357 ---
coloniale avoit
ment aurorifée a parfiniremene ftatuer fur l'état fait & s'éteit crue fuffiamconleur, à l'époque où le décret du policique des homnes de
envoyé; clle puifa ce droit
24 feptemnbre lui fuc
dans ladrefle
non-feulement dans la
vrage des commiflaires dontje vous ai donné lecture & loi, mais
civils.
quifurloution Page des lit La déclaration des droiss
à
vérités éternelles, qui ne font contient moins T'espofiTétoient Conllantinople & dans TIndeltan
évidentes
moins au
France,
Coctey
qu'au
fiècle
tcmps de Lycurgue & de qui ne
:
"alne
les Tures; les Lacédémoniens néanmoins on voir des efclaves Moife, chez
Indiens font divifés par caftes, avoient &
leurs Ilores; ; les
tribus: heureufe la nation
Ifraël fut partagé en
affez mire pour fixer les bufes qui comme de fa la France fe trouve
droits de Thomme & du
confitution fur les
n'en font pas moins des citoyen! Mais les autres
2 Lurs ujagess 6 chex sfute politiques à defauc fo mis. à leurs peyples lois 3
iJaut adopi.r les moins
d'excellentes lois J
de gouvernemensde procurerl mauyaifes. la plus Il s'agir dans ces fortes
poffible 2 chaque individu dans la grande fomme dé bonheur
sspra la confidération des
Iphère gui lui ef allignées
mioins favorife à celui qui l'ef rapports plais, gui doivent lierTetrele
font 3> Nos colonies 3 dens le fens
des parties intégrantes de actuelde ce. mot cn France,
lonies, enrendi aulli une partie l'empire féparée : di mais qui dir copite par le vafte Océan,
centre de l'emnoirs, de libres, d'efclaves, & partie pewplée de blane,, des
noirs; partie qui, par la nature du.melange des blancss & de
fite une confticuuon locale
de fa popclation, nécefvesi &c. l'étar polirique de ceux pour qui l'étar d'exilence des efclacivils.& qui réclamen:
jouiffenr déja des droirs
- >> Cette vérité fut fentie lactivité les du citoyen.
dèsile premier inftant qu'ils par régénérateurs de la France
décret du 8 mars 1790 autorife x'ocoupèrent des colonies. Le
niale, alors, exiftant, a
chaque aifemblée colola conititution, la lasiflation exprimer & le veeu de la colonie fur
yiennent à fa prolpérité.
Tadminiftration qui conTome I. Dixièm: yraifon. OrfAlemblie nazionale a'ignoroie
Z
dèsile premier inftant qu'ils par régénérateurs de la France
décret du 8 mars 1790 autorife x'ocoupèrent des colonies. Le
niale, alors, exiftant, a
chaque aifemblée colola conititution, la lasiflation exprimer & le veeu de la colonie fur
yiennent à fa prolpérité.
Tadminiftration qui conTome I. Dixièm: yraifon. OrfAlemblie nazionale a'ignoroie
Z --- Page 358 ---
pas que les afemblées, alors formées aux colonies 3 n'ctoient
compofées que deblancs. Elle a donc jugé dans fa Jagele que
les blancs pouvoient feuls propofer les lois conyenables aux
perfonnes de codleur quoique. celles-ci cuffent dija réclamé,
devant elle, des droits politiques. Elle a fans doute fuppote
que les blancs feroient trop juftes pour ne pas accorder
tout, ce gui feroit compatible > tant avec l'ordre établi par
les circonftances locales gu'avee le danger de détruire précipitamment des prijugés trop puiffans
ne pas les ménager. les
aura en oitre
que les
accordés par
frairs
Elle
pen(é la reconnoillance des perfonnes de
blancs augmenteroient
couleur. - cT
B
dans fon décret du 12 octobre
3) L'Affemblée nationale,
1790, a contirmé la ferme volonté d'établir comme article
conftinutionnel dans l'organifation des colonies; qu'aucune la
loi fur l'érat des perfonnes ne: feroit décrèrée que fur
demande précife & formelle de leurs aflemblées coloniales.
fon décret du
mai
FAf5>
Si enfuite,, par
demier.,
fembléel nationale prit fuz, elle de régler une partie de ces
droits, elle eut foin de en'enpas faire 2:72 ariicle conflicutionnel,
quoiquieile cût décrété le 13 du même mois sonficutionnellés lois à faire fur l'état des
lement ce qui libres. concernoit Nous obfervons que l'Affemblée per- nafonnes tionale non réunifloi: en elle tous les pouveirs conftituans &
légillarifs ; qu'elle ne Jesa jamais confondus, & qu'au
contraire, elle a toujotrs prisleplus grand toin de déclarer fufconfticutionnel les dédrets qu'elle ne croyoir pas
ceptibles de changement : quant aux : autres , téputés lois
ils reftoient expofés à la révifion & à celle
réglementaires, La feule comparaifon de ces deux derniers
des décrets, légiflatures. faits pour les mêmes parties de l'empire, à deux
feulement d'intervalle, prouve
I'Ailemblée natiojours confidéroit le premier comme Treraerble fixé,
nale
le fecond dépendoit du fiuccès qu'il auroit aux
tandis que
colonies.
wRien ne juftifie mieux cette précaution, que ce qui malherreufement eftarrivé depuis. L'hortille explofion que produifit
la fimple rouvelle du décret du 1s mai, alla
à St.-Domingue
, à deux
feulement d'intervalle, prouve
I'Ailemblée natiojours confidéroit le premier comme Treraerble fixé,
nale
le fecond dépendoit du fiuccès qu'il auroit aux
tandis que
colonies.
wRien ne juftifie mieux cette précaution, que ce qui malherreufement eftarrivé depuis. L'hortille explofion que produifit
la fimple rouvelle du décret du 1s mai, alla
à St.-Domingue --- Page 359 ---
prefqu'au les
point de noyer dans le même déluge de
blancs, les hommés de couleur & les efclaves. Le fang
fur fi imminent, que M. le général crut devoir danger
fur fa refponfabilité toutes les mefures propres à prendre
le mal; il promit même, pour fauver la colonie, empêcher de ne
publier le décret > s'il le recevoit officiellement.
pas
L'Affemblée nationale avoit effayé de vaincre
deshommes de couleur les préjugés qui exiftoient en faveur
elle ne vouloit pas anéantr des colonies
font contr'eux, la
périté du commerce & des monufactures du qui
profcore moins votloit-elle des horreurs e des royaume; envenoir, parla confitution qu'avoit acceptée le caluitesselle
cer le fimple ciroyen nen actif au-deflus des roi, lcs de planobles des autres: royaumes : elle concevoit fujets
plus
fimple citoyen & celui qui jouit de toute fon qu'enrte ce il
pouvoit fe former dens les colonies des grades activiré,
&
ces srades ne peuvent juftement être incermédiaires, apprécies
fur der lienx. Sulhifamment inftruice par le
que
tat de fes bienfaifantes tentarives, elle défaltreux réful-
-
tembre dernier, dans la plénitude des décréta le 24 fepconftituant, ce qui fuir :
poavoirs du corps
<c Les lois concernant l'état des perfonnes non libres
T'écat politique des hommes de couleur &
&
ainfi que les réslemens relatifs à l'exécution nègres de ces Hibres, mêmes
lois, feront faires par les a@emblées.colomiales actucllement
exiftantes & celles qui leur fuccéderonts elles s'exécureront
provifoirement, sveclapprobatien des gouverneurs des colonies, pendant l'efpace d'un an pour les colonies
& pendanr l'efpace de deux pour les colonies d'Amérique, au-delà du
Cap de Bonne-Eiperance, & fercn: portées
à la fanction ablolue du roi, fans qu' aucun décret directement
rieur puille porter obftacle au plein exercice du droit anté- conferé par le préfent article aux allemblées coloniales.
Ce décret conftirutionnel fut accepté
le
n'eft pas moins le palladium des perfonnes par de
roi, &c
celui des blancs de Saint- Domingue. D'après couleur les
décrétées par la révifion des
Cendet
articles conftirutionnels, la
Z: -
ction ablolue du roi, fans qu' aucun décret directement
rieur puille porter obftacle au plein exercice du droit anté- conferé par le préfent article aux allemblées coloniales.
Ce décret conftirutionnel fut accepté
le
n'eft pas moins le palladium des perfonnes par de
roi, &c
celui des blancs de Saint- Domingue. D'après couleur les
décrétées par la révifion des
Cendet
articles conftirutionnels, la
Z: - --- Page 360 ---
légiflature actuelle & la fuivante ne pourrent en propofcr avoic
la réforme: cette réforme ne peut avoir confécurives: lieu qu'apres ce quine
été demandée par toucher trois legiflacures avant dix ans pour le plutôt, c'elt
permet Taflemblée pas d'y coloniale actuclle > puilqu' 'elle exiftoit à
donc
feule connoitre des
l'époque du -
fepkembre, qui des peur
de couleur s&
lois a Faire az l'état politique le
ni perfomes la legiflature préfente, n
ni vous, ni nous, ni roi,
atteinte, a ce
les quatre qui fuivront, ne pourront porter
à
droit.
Cetre adrefle des commiffaires Mirbeck 5 Roume
alors agens de T'afiemblée narionale & du roi
& o auorifoit furiiamment l'affemblée Coà Saine-Domingue, dans un confidérant de Parrèté du 27 mai,
loniale 9 lorique Yexécution de la loi du 4 avril, eile dit qu'elle
qui obéira ordonne à la loi de l'allemblée narionale, aveient mais ere qu'elleravont erablis par
antli des droits à exercerj ces droits Screconmuts & promeigrés €
le décret du 24 lepiembre ci ils 1701, Mirbeck , Houme s Saint-Leger.
par. les commillaires
deila France pouvoir être
Qui mieux que des mandataires coloniale les interprètes de la ioi ?
auprès de laffemblée
de l'arrèré ce T'ailemblée cCAinfi donc', fi cette dipolirion
prétenrer queioue blàne,
loniale, du 27 mai deingreableenr 1792, pouvoit ou'la committion des coavoir pul frapper
nationale, l'aflembiée colonialea trouvé
lontes, > out T'aflemblée dans la loi du" 24 feptembre & dansladretle des
fes morifs civils. Je vous ai dit quelallenblée coloniale
commilfaires les homnies de couleur tout ce qu'il éroit
avoir fait pour de faire; eile avoit pris" roures les melures
en fon ponvoir & les ditpoliions deslois de l'aflemblée naoue fa lagelie
lui
J'arrêté du 5 novembre
tionale avoient pu bon permettre. vous en: avez'
juger
ne produilit aucun
eftet, de la confédération R la EEdet
larrêté du T5 Vous'avez décembre dû être convaincus que les hommes
des-B-miqhers. couleur ie font conftamment oppoles à fon exécution:
de
trouvérez. encore a la prenve, dans le mémcire du
vous en batailion du 'sème. régiment dinfanterie; il eft
deuxième
lecture,,
que la commif
inutile de vous en donner convaincue parce que Tallemblée cofion, doit ètre parfaitement
ération R la EEdet
larrêté du T5 Vous'avez décembre dû être convaincus que les hommes
des-B-miqhers. couleur ie font conftamment oppoles à fon exécution:
de
trouvérez. encore a la prenve, dans le mémcire du
vous en batailion du 'sème. régiment dinfanterie; il eft
deuxième
lecture,,
que la commif
inutile de vous en donner convaincue parce que Tallemblée cofion, doit ètre parfaitement --- Page 361 ---
loniale avoit fait tout ce qui étoit. en elle
les hommes de' couleur: J'ajouterai à toutes pour farisfaire
tirées des pièces qui font dans les archives de la ces preuves,
coloniale, des preuves prifes dans la
commiflion
Raymond. Vous lifez dans cette
correlpondance de
de Boisrond à Raymond, en date du correfpondance 12 juiliet
une lettre dans
laquelle il dit: c La loi du 4 ayril produit ici 1792, le
effer; vous verrez
les Papiers-nouvelles & bulletins meilleur
inclus, comment . a été reçue au Cap, qu'elle a été citres-bien vue; les citoyens blancs s'y fontfoumisa avec empreffement ??.
P.T.
à Peut-on douter encore de la foumiflion des colons
cette loi, d'après l'aveu même d'un des chefs
blancs
des hommes de couleur? J'en trcuve encote une autre principaux
dans une lettre de Labadie à Julien Raymond,
preuve
1792. Il lit : c Le général Blanchelande avoit dug fait juillet
mulguer deux proclamations concernant le décret
pro4 avril) qui n'a été publié ici,. aux Cayes & ( à la Sainu loi du
Louis, étoit que du 21 au 23 juin, parce que le décret ne loi
pas encore arrivé olliciellement; l'affimblée ccloniale
quil'avoit reçu par fes dépurés à l'affemblée nationle, avoit
arrèré.le de le faire 27 mai qu'elle s'y conformoit 3 &, prioitlegénéral
exécuter.
35 Le général eft au Port-au-Prince depuis le 26
il écrit, bord duJupiter, à toutes les paroifles de juin ;
>
gane grand & petit Goave, Saint-Michel &
Léofins, > d'envoyer des hommes de couleura Eizoton circonvoi- militaire des mulitres révoltés, qui ténoient la ville ( du pole
au- Prince bloquée ) 2 pour empèchier que perfonne ne Port- fe
fauve. Cependant le bruit court
Dioloto,
d'artillerie 6 patriote renommé, RE fauvé : il commaniant a été
finé par ordré de Blancheiande & Roume 32,
afafA cette preuve, j'ajourerai une lettre de la Buffonnière
àJulien Raymond, darée du 6 juillet 1792. I
loi fi delirée ( la Ini du 4 avril) eft enfin parvenue litsCerte
ciellement peu de jours avant votre lettre 3 elie a éré olfi- RrOZ 3
illerie 6 patriote renommé, RE fauvé : il commaniant a été
finé par ordré de Blancheiande & Roume 32,
afafA cette preuve, j'ajourerai une lettre de la Buffonnière
àJulien Raymond, darée du 6 juillet 1792. I
loi fi delirée ( la Ini du 4 avril) eft enfin parvenue litsCerte
ciellement peu de jours avant votre lettre 3 elie a éré olfi- RrOZ 3 --- Page 362 ---
mulguée dans toute la partie du' Nordavec autant de tran*
quillité, &c
P. T.>.
citoyens, d'après la correlpondance des
Vous
donc,
Julien
la loi du
hommes OTed couleur avec fuccès Kaymond, dans la colonie. que
A ces
4 avril a été exécutée avec ajouter celles de la correfpondance
preuves nous
T'aflemblée coloniale avec nous : vous y
confidentielle
été exéFTIL
trouverez non feulement que la loi du
avril dévouement a
de
cutée; mais vous y trouverez la preuve nationale du 8c à la France.
l'affemblée coloniale à l'aflemblée
Il lit :
Extrait d'zne letere de P'affemblée coloniale 2fes commilfaires,
du 20 aoit 1792.
fi franchement n'a produit
e La loi du 4 avril acceptée
nous fommes mile fois
aucun foulagement à nos fon maux artivée, 5
Ce n'étoit point les
glus malheureux qu'avant
de couleur
ocdtoits politiques refufés aux hommes
cnt faitleur quilcs rinf
cafionnoient; les conue-rérolonionusiri fi Horiffant. en
.
trument pour anéantir ce pays jadis
nationale qui a conftamment prisle change
fur >, la L'affemblée caufe de nos malheurs - a perdu la colonie 5 ce qui
la
contre-révolasion, &-Tanéanrifeanent
entrainera di peut-être le plus utile & le plus laborieux de
du quart
peuple
l'empire frangais.
fait
conferver la paix
>> L'aflemblée coloniale a tout
pour
la franchife
à Saint-Domingue. Tous fes actes annoncent avez eu conà l'égard des hommes de couleur; vous, en arrêté
admet
noillance : elle vient enccre de. prendre un de la colonie qui avec
dans fon fcin 18 hommes - de couleur
Son arrêté
voix confultative; favoir - 6 de chaque province. dans
afégalement qu'il y, en aura quatre
chaque
ESL edminiftrative, & un dans Rmmicipalnesjuiqei
Tarrivée des nouveaux commiffaires civils.
P.T.>
cent avez eu conà l'égard des hommes de couleur; vous, en arrêté
admet
noillance : elle vient enccre de. prendre un de la colonie qui avec
dans fon fcin 18 hommes - de couleur
Son arrêté
voix confultative; favoir - 6 de chaque province. dans
afégalement qu'il y, en aura quatre
chaque
ESL edminiftrative, & un dans Rmmicipalnesjuiqei
Tarrivée des nouveaux commiffaires civils.
P.T.> --- Page 363 ---
du Car, avril eiroyent, éroit confiée vous obferverez que l'exécurion de la loi
maatt coloniale l'avoit aux commidaires civils, & que fi
mettre le complément à fon exécucion. acceptée, elle ne pouvoit pas
nous écrivit le 2 juillet
L'affemblée coloniale
.
1792,
Il lit:
Extrait d'une lectre de laffemblée coloniale afes
le 2 juilletr 1792,
commifaires,
& ec d'un Vous avez fans doute befoin de toute votre
dévouement tout particulier
énergie
quelque fuccès les droits &c les
, pour de défendre avec
quoi ! fe peur-il que la France intérêrs la colonie. Eh
trée de cette terrible vérité? Sans ne foit pas encore pénémerce; fans commerce
colonies > point de comredoubleront en raifon > de plss la de conftitution. Les befoins
fatisfaire; & les hommes,
diminution des moyens d'y
par le défaur d'ouvrage & devenus la
à charge à eux-mèmes
viendron: funeftes à l'étar
leur ruine des mannfachures, derichifloir.
que
induftrie foutenoit & en-
>9 On nous
cetté confitution abandonne le 3 cn nous livre aux ennemis de
ont juré de périr. pour Artendrons-nous foutien delaquelle rouslesFrançais
qui, Fortan: à
encore en vain' un chef
la
foulage Saine-Domingue les malheureufes des vertus & l'amour de
LEA à la France & à fes lois? vidimes de leur attaT.F.
lettres Ciroyens, écrites je vous épargne la lecture de
chez
dans le même fens, &
benuccupd'antres
nous dans les archives de la
qu'on a apportées de
rentes preuves de l'exécurion de la commiflion. loi du
A ces difféajouterons une proclamation des commiffaires 4 avail, nous
Polverely hommes du 27 octobre 1792; elle vous Sonthonax &c
de couleur & Jes nèrres n'ont
prouvera que les
inftrumens des eonte-rérolationsitesr jamais été que les
Z 4
même fens, &
benuccupd'antres
nous dans les archives de la
qu'on a apportées de
rentes preuves de l'exécurion de la commiflion. loi du
A ces difféajouterons une proclamation des commiffaires 4 avail, nous
Polverely hommes du 27 octobre 1792; elle vous Sonthonax &c
de couleur & Jes nèrres n'ont
prouvera que les
inftrumens des eonte-rérolationsitesr jamais été que les
Z 4 --- Page 364 ---
3,8
des commiffaires Polverel & SonOn lit la proclamation
thonax.
Du 27 odlobre 1792.
( CITOYENS,
ennemis étoient au milieu de vous 3
35 Vos plus grands
voila délivrés à
Ceux qui
ils n'y font plus: vous en la révolte de vos jamais. efclaves 5 ceux
avoient excité ou protégé
vos frères, VOS époufes;
qui avoient fait égorger vos pères,
ceux
&
VOS
qui ,
VOS enfans, 3 brûler
dévafter
propriétés; contre les brigands > a
chargés de diriger la force publique
aux
la tournoient contre vous-mémes 5 ceux qui révéloient le
brigands le fecret de vOs forces & de votre foiblelle,
lieu, le jour, le moment des marches & des attaques fuir p:ojetées; qui leurdifoient : aujourd'hui vous dévez
parce
votre défaite feroit inévitable 5 demain vous pourrez
que
ou nous attendre de pied ferme, parce que
nous attaquer ferez sûrs de vaincre; ceux qui faifoient diftribuer aux
vous brigands les armes & les munirions de guerre & de bouche
la métropole vous envoyoir pour votre défenfe; ceux
que
fait
les trois
des troupes qui font vequi ont
périr
quarts
des lieux oû ils
nues à votre fecours > foit linadion par T'infalubricé ou ils les ont fait lanles ont poftées, foit, par
ious le feu des brigands, à de
guir, foit en les difleminant des autres, fur des
oà
tès-grandes diftances les unes
& oblesbris points
elles ne pouvoient fe fecourir marellement, ceux qui ont laiffé
gands pouvoient facilement les couper; les camps fans un
quelquefuis pendant plus dé quinze leur jours fervir de figital de remot d'ordie commun > qui pur
haines,
connoiflance; ceux qui ont fi Hlongrenp.fomeaneics civile entre les
f long-temps loufile le feu de la guerre
s'égordifférentes clalles d'hommes libres , pour de fe' qu'ils rallier à la
geallent entre eux > pour les empècher
vous
défenie de-la caufe commune 3 cetix qui ontvoulu mitlion &
armer conre nous 1- mêmes , parce que notre ramener tous à
& notre voeu imperturbable é:oient de vous
jamais refans lequel la colonie ne reut
un centredimités,
fondcient des efpérances de
naitre de fes cendres 3 ceux qui
de calarui:és, fur lacontre-révoiati,n en France fur tant
eux > pour les empècher
vous
défenie de-la caufe commune 3 cetix qui ontvoulu mitlion &
armer conre nous 1- mêmes , parce que notre ramener tous à
& notre voeu imperturbable é:oient de vous
jamais refans lequel la colonie ne reut
un centredimités,
fondcient des efpérances de
naitre de fes cendres 3 ceux qui
de calarui:és, fur lacontre-révoiati,n en France fur tant --- Page 365 ---
359 fur la ruine du commerce frannéantiffement de la colonie , les fuccès éphémètes du traitre
çais; ou qui 3 encouragés d'arborer par
bientôt le pavillon blanc à
Behague, fc Aattoient
courber de nouveau fouslejoug
Saine-Domingue & de ces vous hommes ne font plus : les uns
du defporifmne . . ; le
de la nation > & la covont fubit en France les autres jugement fuient dans des terres étranlonie fera vengée;
des Icélérats dégères : ils fubiront la peine intéparable 5
mafqués, & honte & les rémords:
fut rendue eft ceile oà
L'époque où cette proclamation Blanchelande avoit été dénoncé
Blanchelande fut déporté.
avoit été dénoncé
l'afà Polverel I & aSonthonax ; il leur fociété
ser titre
femblée. coloniale & par une
été dénoncé qui prenoir tous les
dAmis de la Conventions il avoit
par nombre.
patriores de la colonie, & ils étoient en grand
n'eft point exaét. Jamais ceux qui ont
Verneuil dans : Page la colonie n'ont été dénoncés par la fociété
malverfé des Amis de la Convention, mais par la commune;ce que
je prouverai par les pièces.
je n'étois
Pagé : J'ai
commettfe cette erreur parce que Sonthonax
alors fur E lieux 5 c'eft à cette époque que
vous
pas dit Vos
grands ennemis ne font plus parmi
:
plus
recevoir le châtiment dû à leurs forfaits.
ils vont en France,
uni nombre infini de preuves tirées
Si nous vonlions ajouter
le faire ; mais nous inde nos archives, nous le numéro pourrions des différentes pièces dans
diquerons feulement
les hommes de conleur , parJelquelles on peut puifer que
furtout oà ils fe font portés, - ont dévafté les propriétés, nous
tout celles des parriotes & fonctionnaires publics;
encore fous VOS yeux les lettres confidentielies que
mettrons coloniale nous écrivoit indépendamment de celles
l'affemblée relatives à la loi du 4 avril. La commifion fe convaincra coloniale
la lecture de ces pièces, que jamaisl'atlemblée nationale
THE ceflé de nous demander dinroqneclatisntice car c'eftlà
qu'elle nous envoyat un général Elle n'à parriote, jamais cellé de nous
Keetbdt ce qu'elle demandoit.
qui, fous le.
inviter à dénoncer les contrerévolantornines
Tome I. Dixième liyraifon
Z 5
à la loi du 4 avril. La commifion fe convaincra coloniale
la lecture de ces pièces, que jamaisl'atlemblée nationale
THE ceflé de nous demander dinroqneclatisntice car c'eftlà
qu'elle nous envoyat un général Elle n'à parriote, jamais cellé de nous
Keetbdt ce qu'elle demandoit.
qui, fous le.
inviter à dénoncer les contrerévolantornines
Tome I. Dixième liyraifon
Z 5 --- Page 366 ---
mafque de la philantropie & du
Saint-Domingue provoquer le maflacre pattiotifine & le > venoient à
Polverel : Je ne crois pas qu'il foit dans meurtre.
commiflion de faire des débats qui ne foient l'intention de la
dictoires, d'inftruire & de juger le
fur pas contraque nous ne connoiffons pas. Comment procès
des pièces
y répondions?
veut-on que nous
Page: : Je vais en donner lecture:
Exrait d'une letere de l'affembléc coloniale à Jes
commifaires,
du 21 février 1792.
ée Une obfervation quenousallons vous faire
des preuves que nous avons acquifes
vient àl'appoi
la philantropie qui femble avoir armé , pour demontrerque
que le manteau dont fe couvre
nos efclaves, n eft
un peuple enthoufiafiné de la l'ariftocrarie pour tromper
la deftracion,de
conftitution, & opérer > par
platôt la ruine ablolue Sant-Bomingue, de la France. la contre-révolution, ou
>s Cette oblervation, c'eft que dans tous les
hommes de couleur & les nègres révoltés incendient quartiers les
préférence les propriétés
par
des corps populaires. Au Ar appartiennent aux membres
jours
la Inunicipalité fut inftallée Dauphin > il y a quelques
gufte Rire fixivie de l'incendie de
3 cette cérémonie auvoit épargnées la fureur des brigands. toutes les habirations qu'a33 Le maire de Léogane a été livré à des
ribles. Les officiers municipaux de Jamel
fupplices horles premiers ; les biens des membres de ont été incendiés
font dans le même cas. Ils ont même, l'affemblée coloniale
notamment à l'égard du maire du , en plufieurs endroitss
l'intention de maflacrer & de ruiner Port-au-Prince, tous ceux
annoncé
affez de courage pour être les pères & les qui auroient
peuple.
défenfeurs du
>9 Eh! ! pourroient-ils avoir d'autres projets
sentre-révolation,
que ceux d'une
quand on voit à leur tête des agens du's
font dans le même cas. Ils ont même, l'affemblée coloniale
notamment à l'égard du maire du , en plufieurs endroitss
l'intention de maflacrer & de ruiner Port-au-Prince, tous ceux
annoncé
affez de courage pour être les pères & les qui auroient
peuple.
défenfeurs du
>9 Eh! ! pourroient-ils avoir d'autres projets
sentre-révolation,
que ceux d'une
quand on voit à leur tête des agens du's --- Page 367 ---
pouvoir exécutif, des hommes
par habitude &
intérêt, doivent combattre poûr alt régime 3
par
voir enfin les Elpagnols, les plus cruels ennemis de quahd la nation on
françaife régénérée, favorifer ouvertement leurs
alimenter leur fureur, & feconder leurs complots prétentions, criminels?
S. T.
Extrait d'une lettre de P'afemblée colonialc afes commifaires;
du 2 juillet 1792.
ce La promulgation de la loi du 4 avril a été faite dans
l'Oueft & dans le Sud, &c nous pouvons
de vous annoncer que les citoyens de la partie prendre françaife fur nous de
Saint-] Domingue facrifierent tout, pour
à la France
combien ils ont été injuftenuent
à
lorfqu'on les a
RELET
lever repréfentés fans cefle l'aflemblée nationale toujours prêts à fe foucontre la volonté de la nation & du roi.
mais >> Nous ignorons encore l'effet que cette loi aura
il femble que le chef du pouvoir exécutif fafle produit >
pour qu'elle ne puifle que manquer fon but 7,
tout
P. T.
Eft-ce ainfi que s'exprimeroit une affemblée de
teurs, une affemblée de factieux : non, > fans
confpira- & cette
lettre n'a point été fabriquée à Paris, car nous doute; ne favions
pas, lorfqu'elle a été écrite, qu'on mettroit les fcellés fur
nos papiers, & qu'elle pourroit fervir un jour dans un grand
procès.
(Il lit).
Excrait d'une lettre écrité le 4 décembre 1791 par la municipalité du Port-au-Prince, à l'affemolée coloniale,
cc Nous ne pouvons plus douter aujourd'hui de la coaliion : des mal-intentionnés avec les
de couleur:
ont été que les inftrumens de leur gens fureur
ceux-ci
pérer une contre-révolution fur les ruines de 5 cette Oll vouloir ville &
nos papiers, & qu'elle pourroit fervir un jour dans un grand
procès.
(Il lit).
Excrait d'une lettre écrité le 4 décembre 1791 par la municipalité du Port-au-Prince, à l'affemolée coloniale,
cc Nous ne pouvons plus douter aujourd'hui de la coaliion : des mal-intentionnés avec les
de couleur:
ont été que les inftrumens de leur gens fureur
ceux-ci
pérer une contre-révolution fur les ruines de 5 cette Oll vouloir ville & --- Page 368 ---
$61
la deftrudtion de tous fes habitans, & les trames les
après odieufes menaçoient le refte de la colonie
plus
blancs de la Crois-des-Bouquets fi35 Plufieurs citoyens mulàtres. Vous
notre indignation,
gurent parmi les
partagerez font les auteurs de nos
vous" demeurerez convaincus quils
connoiffance des
maux, fur tout lorfque vous aurez pris
Lifez, mefleitres & des pians des conme-esolationsites, Hanus de Jumécourt à Pinchinat
fieurs, les lettres de M.
T.p.T.
Extrait d'une lettre écrite lé 28 janyier 1792 par Paffemblés
coloniale à fes commiffaires.
ils ont farpris ui camp où il y avoit
te Au Pott-à-Piment
de femmes & des enfans:
cent vingt blancs avec beaucoup
femmés fe fauLes deux tiers ont éré allallinés: plufieurs ils l'ont coulé bas
voient dans un- canot avec leurs enfans;
d'un coup de canon 5 tout a été noyé.
en ont fait autant aux Bavadières $
33 On prétend qu'ils
mulâtres ont paru fe réunir de
auprès des Cayemites : dans des la nuit ils les ont tous égorgés:
benne foi aux blancs;
coalifés avec les blancs ,
Les mulâtres d'Ouanaminthe, confiance en eux & qui étoient
qui avoient la plus grande
été
il y a environ
tous réunis dans un camp 5 ont
attaqués de ces derniers, ces
vingt jours par les nègres : à T'approche leurs arines contre les blancs
fcélérars de mulâtres ont tourné
&c fe font réunis aux révoltés.
P.p.F.
Estrait d'une leutre de Lafembléc colonidle à fes commifaires.
nos maux ne font
à leur comble :
ll paroit que
nous arrivent T tous les quartiers
toutes les nouvelies qui
brigandages, incende la colonie ne nous annoncent les gens que de couleur & nègres
dies & meurtres commis blancs par
les corporations
libres conlifés-avec les
quiformoient
ont tourné
&c fe font réunis aux révoltés.
P.p.F.
Estrait d'une leutre de Lafembléc colonidle à fes commifaires.
nos maux ne font
à leur comble :
ll paroit que
nous arrivent T tous les quartiers
toutes les nouvelies qui
brigandages, incende la colonie ne nous annoncent les gens que de couleur & nègres
dies & meurtres commis blancs par
les corporations
libres conlifés-avec les
quiformoient --- Page 369 ---
érablies, pour le malheur de 343
Mauduit, fous le nom de volontaites Saine-Domingue, par. le fieur
>> A Léogane,
au pompon blanc.
gées les hommes quaure-ringt-quatre de
perfonnes ont été égorle elt à leur tête. couleur Le
: Villars, , commandant pour
l'une des premières victimes; pauvre Longpré, maire, a été
bien cruelle.
on l'a aflatiné d'une manière
>> A Jacmel ou dans les
en a foixante-treize qui ont environs, fubi le même on nous affure au'il y
Goave on en a fufillé un nombre
fort; au PetitVeaux, dix-huit.
confidérables ; à l'Anfe-àde >3 fureurs Les Cayemires, Jérémie & Plimouth
Ils
des hommes de couleur à n'ontpas étéexempts
ont égorgé hommes
la tête de leurs nègres
cendié plufieurs habirations. , femmes, Ce
enfans, & ils ont inqui ne. connoiffent pas
qui étonnera fans doute ceux
maitres envers leurs efclaves, Saint-Domingue c'eft
& Thumanité des
leurs maitres à Jérémie & aux
que ceux-ci ont défendu
plufieurs de la fureur des hommes Cayemites, de
& en ont fauvé
batrant à ourtance.
couleur, en les comfur 93 la Vous conduire trouverez ci-joint des pièces bien convaincantes
très-eflentiel de les criminelle faire connoître. des capitaines bordelais. Il eft
Vous avez eu occafion de voir,
P.F.
qui vous ont déja été donnés de citoyens, dans les détails
ce n'eft
la première fois
la province du Sud, que
feignant R (e rapprocher des
les hommes de couleur,
pactes, des trairés
faifant avec eux
Rrer
feur tomber fur le d'union, ne, cherchoient que
des
finer.
corps, de les défarmer & de l'occafionde les affàfIl llit:
Extrait d'une lectre de l'affemblée coloniale
du 28 janvier 1792. afes commifaires *
des cc Ires hommes de couleur &
blancs qui les font mouvoir nègres libres, coalifés avec
pour opérer la perre de
,
pactes, des trairés
faifant avec eux
Rrer
feur tomber fur le d'union, ne, cherchoient que
des
finer.
corps, de les défarmer & de l'occafionde les affàfIl llit:
Extrait d'une lectre de l'affemblée coloniale
du 28 janvier 1792. afes commifaires *
des cc Ires hommes de couleur &
blancs qui les font mouvoir nègres libres, coalifés avec
pour opérer la perre de --- Page 370 ---
SgDamingue, > & par contre- ccup ine contre-révoludion
eri "France; iont lès auteurs de nos maux. L'ariftocratie, une >
iotis le manteau de la philanthropic, eft en eft de également réfifer à un
fui:e; jugez, d'après cela,'s s'il
poflible
pareil torrent.
3> Nous oublions de vous parler dans d'un Ja nouveau raffinement du fond ils
de cruauré des gens de couleur: & les
plaine à leurs chacoupent les oreilles des blancs,
portent
peaux au lieu de cocardes.
blancs,
avoir fufillé trente-fepr
33 Au PetitGoave, après
ils ont eu la cruauté de
ainfi que nous vous l'avons fumans marqué, Y'amniftie propofée par les comlire fur les cadavres
miffairés civils.
P. T.
Cela fe
fous mes yeux; j'étois dans les
Senac :
paffoit
fers alors.
lire les pièces qui conftatent
: Fuifqu'il de couleur fautencore & nègres n'ont été que les inftruque
gens
PE
milieu
mens de la contre-révolution, nousallons choifir > au
déclarations,
de celles qui portent
de 2000
de vérité quelques-unes tel qu'il ne pourra vous refter auuin caraétère
cun doute.
Fage licTextrait fuivan::
Extrait de l'interrogatoire ds Larogue : décenu pendant huit
mois chex les Tevoltés.
ecne Jeannot, l'un des géce Obferve ledit fieur Laroque
fcis que M.le comte
néraux des révolés, lai a dit plrfeurs
nod'Artois avoit à Sain: - Domingue des repréfentans, & que
ramment le fieur Millen qui ne fe montroit feroit point, étonné s'il
Jedit Jeannot lui a pareillement dit qu'il qui étoient des perlui nommoit les autres repréfentans diflinaion;
a
fonnes confidérables & de la premitre
quil
des cocardes bianches,
remarqué que les révoltés portent defquelles font écrits : Vie
ou vertes ou rouges, de autour
eft gens duroi.>
le rois que leur mot recornoillance
& que
ramment le fieur Millen qui ne fe montroit feroit point, étonné s'il
Jedit Jeannot lui a pareillement dit qu'il qui étoient des perlui nommoit les autres repréfentans diflinaion;
a
fonnes confidérables & de la premitre
quil
des cocardes bianches,
remarqué que les révoltés portent defquelles font écrits : Vie
ou vertes ou rouges, de autour
eft gens duroi.>
le rois que leur mot recornoillance --- Page 371 ---
J'ajouterai la déclaration du
tenu chezles révoltés.Elle a étéfaite citoven a la Duhoux - aufli déIl la lit :
municipalité du Cap.
Déclaration faice le IS mai 1792 ,4 la
du
par le ciroyen Lehoux
municipalité
Cop,
- détenu chex les révoltés.
cafion Ayant de été les fait prifonnier par les révolrés
d'entre
quelionner fur l'objet de
, j'ai eu OCdinairement eux, nommé Defprés, mulatre libre, leui iévole : un
murier, narif au de Fort-Dauphin ou il exerce la profellion demetprantor- d'arparmi les gens de Nanres, cette cafle, homme d'un elprit peu commun
qu'ils failoient de la déclaration m'a dit que la réclamation
de leur état polirique, n'éroit
des droits de T'homme &
fervi pour malquer le vrai que le prétexte dont on s'étoit
fenri quil falloit engager Je projet commun 5 qu'on des avoit fort bien
litres la
par Un intérêt qui leur fit
nègres & des muruine de la colonies
de-là particulier devoit
pour opérer
révolution en France;s
naitre la concrede tout ce qui fe paffoit; A0TT n'avoit pas été un inftant
tréelavoit rapproché de que lintelligence qu'ilavoit mon- dupe
reconnoitre pour les auteurs gens de que je ferois bien furpris de
qu'il avoir bien éprouvé de la tout ce qui nous artivoir;
pareilles mcnées, mais que deux répugnance à fe prèter à de
miné; le premier, , de fe venger du mouifs comité ly de avoient déterFore-Daupam) qui l'avoit vexé; le
la ville ( le
qu'on lui a faite de le placer
fecond, la promelle
faire fa fortune, , siseullifonca aventageufemene & de lui
avoit levé tous fos
boulevetfer lacolonie;
le roi feroit fur le fcrupules ;: en T'affurant gu'anficoe qu'on
taires de fout ce qu'ils trône, avoient on dédommageroir les
& lui
perdu
RORRE
avoient été mis en jeu
5 que fes camarades
avoit promis fa protedtion.
par le gouvernement quileur
étoit toute
Voyez ma cocarde, , me
chote de bien blanche), confirarionnal: ne trouvez-vous donc pas là dit-il(elle
nant
quelque
fon chapeau: Je lus en effe: Lifez, far me dit-il, en tourlarge de quatre doigrs, en très-gros une bande de papier
caractères : Vive Louis
perdu
RORRE
avoient été mis en jeu
5 que fes camarades
avoit promis fa protedtion.
par le gouvernement quileur
étoit toute
Voyez ma cocarde, , me
chote de bien blanche), confirarionnal: ne trouvez-vous donc pas là dit-il(elle
nant
quelque
fon chapeau: Je lus en effe: Lifez, far me dit-il, en tourlarge de quatre doigrs, en très-gros une bande de papier
caractères : Vive Louis --- Page 372 ---
XVI, roi de France & de Navarre. Voila , me dit-il 1
tout le fecret. >>
Le préfdent : Voici une pétition qui vient de m'ètre remife par Yun de nos collègues.
Illalit:
Aux citoyens compofant la commiffion des co'oni:s.
< CITOYENS- RiPRisENTANS,
>> Jofeph Cambis, ancien contre-amiral, fe faire entendre la
de
AE dmup
fon retour lui avoit Scint-Domingue été confiée. Depuis le 9 Thermidor & fon
fion qui
feroit
à cet effet :
élargillement > il a éfpéré qu'il
Paris.
la loi le retient à Chartres, à 20 lieuès
IT
>> Je demande, en mon nom > la permitionde me rendre
incelfamment à Paris, pour) y rendre compte de fa conduite.
32 Signé, femme CAMBIS.
Paris 9 ce 20 Pluvidfe, l'an 3, etc. 92
: L'époufe du ciroyen Cambis
Le repréfentant Yaugeois elle defireroit avoir une départ demain pour Chartres; ne peut pas faire de difficulté,
cifion de la commiflion qui
l'intérêt d'un officier
tant pour l'intérêt général que pour
fufpendu qui doit être entendu.
Le préfident : La commiffion délibérera furcet objet: mais il
quant à préfent le citoyen Cambis n'eft point accufe; continuer.
ne s'eft point porté accufateur. Les débats vont
Page licl'extrait fuivant :
déclarations
à la manicipalité de
Extrait de plufeurs
nègres & fites autres gens de couleur.
Jacmel par plufteurs
tout ce
avoit entendu dire, il y
cc Oue d'après
de qu'elle Coutard commandoit le camp
avcit lieu de croire que
y avoit quatre principaux
de la Croirdce.Bouquets la colonie qu'il , dont le but étoit de rétablir
agens répartis dans
états-majors >.
Yancienrégime, & fur-toutles
la manicipalité de
Extrait de plufeurs
nègres & fites autres gens de couleur.
Jacmel par plufteurs
tout ce
avoit entendu dire, il y
cc Oue d'après
de qu'elle Coutard commandoit le camp
avcit lieu de croire que
y avoit quatre principaux
de la Croirdce.Bouquets la colonie qu'il , dont le but étoit de rétablir
agens répartis dans
états-majors >.
Yancienrégime, & fur-toutles --- Page 373 ---
Poge: : Cette déclaration conftate donc que le
ment de Saint-Domingue , car M. Courard étant gouvernedant de la province de l'Oueft pour le roi, cette commanprouve, dis-je > que le gouvernement de
pièce
avoit la part la plus active dans les mouvemens Saint-Domingue
lieu. Vous verrez que le colonel du régiment quiavoient du
Campfort, n'y avoit pas une part moins active.
Cap, >
Il lit l'extrait fuivant:
Extrait du journal, des opérations du camp des Mornes, , du 5
Jeptembre 1790.
I
ce Il fut pareillement amené quatre nègres, dont trois in-,
térrogés ont en réfumé fait la
dépolition fuivante, favoir:
> Que c'étoit Barthelemi, nègre de M.
la Petite-Anfe, qui y étoit le chef avec
Roquefort, de
a un roi nommé Yorch, nègre de M. Boukman; Biallou.
qu'il y
2 5> Qu'il y a dans la bande beaucoup de
c'eft le colonel du régiment du Cap qui les mulâtres; a portés à
révolte;
a
lui-même que Barthelemi : premier général, leur a parlé
plufiears fois au bord de la
jourd'hui, à titdi.ilfobareréausin. tlieu inerdefOnetbyqnan uneg
de muniticns & provifions qui fe portent au goclettechargée de
bitarion la Pligne, & qui leur font fournies camp P'halonel.
par ce CO3> Qu'Adonis, domeftique du cclonel, eft le général du
camp du Limbé, & placé par fon maiure même. >9
Vous voyez cue cet agent de Blanchelande faifoit
volter fes propres nègres à lui, mais encore il leur rénifloit des vivres & des municions. A cette
fourjoute celle-ci:
déclaration,JaExtrait d'une déclaration faite, le 21 janyier
à la
municipalité du Port-as-Prince, par Jofeph
m.aitre
charpentier, &
E72
Michenor, feieur de lonig.
c Declarent, en outre , que les brigands (les mulâtres &
nègres révoltés) lancent des chiens dans les bois,
pour
nègres à lui, mais encore il leur rénifloit des vivres & des municions. A cette
fourjoute celle-ci:
déclaration,JaExtrait d'une déclaration faite, le 21 janyier
à la
municipalité du Port-as-Prince, par Jofeph
m.aitre
charpentier, &
E72
Michenor, feieur de lonig.
c Declarent, en outre , que les brigands (les mulâtres &
nègres révoltés) lancent des chiens dans les bois,
pour --- Page 374 ---
forcer les blancs qui s'y réfugient d'en fortir; que les mulâtres, après s'en être emparés, leur font faire un repas
avec eux, & les tuent & mallacrent enfuite. >>
Ce'; n'eft là qu'une très- petite portion des preuves que
vous avez dans VOS archives, & dont je vous indiquerai
les numéros 5 G les citoyens Polverel & Sonthonax defirent
en prendre lecture, ils pourront le faire.
Vous avez vu que les aflemblées coloniales Oit fait tout
ce qui éroir en elles Four ramener lcs hommes de couleur
à l'ordre & à la tranquillité > qu'elles ont fait tout ce qui
étoit en elles pour faire exécuter les lois de l'affemblée nationale; voUS avez vu quelle eft la réfifance'que les hommes
de couleur onta apporrée aux arrèrés del'affemblée coloniales
fur-tout vous avez vu quelle eft la réfiftance que leshommes
de couleur, réunis à la Crole-des-Rouquers ont apportée
à l'arrété du 5 novembre 1791. Eh bien, citoyens, je vais
vous préfenter deux pitces; elles vous prouverontquel étoit
lacharnement des hommes de couleur contre l'allemblée
coloniale.,
Extrait d'une lettre écrite aux hommes de couleur > le 17 mai
1792, par de Coine, ogicier d'adminifration & neyeu du
commandant pour le roi dans la proyince dz Sud, à Pinchinat 3 mulatre, 6 préfident du confeil de la Croix - desBouquets.
dA Concitoyens, il en dfe temps encore; ramallons nos forces,
pour nous réunir centre les auteurs de nos maux, contre
Talembice coloniale; efropions le pulype qui nous defsèche,
&1 nous verronstemaiereles beaux jours de profpérice,hchast
trop rapidement écoulés 2,
Ccs beaus jours étoient néccilairement ceux de l'ancien.
régime 5 nuiique Pinchinat avoit tonjours. marché fous la
cocarde binche, & commandé fous Jumecours & autres
egens de l'ancien régine. --- Page 375 ---
36s
Extrait d'une proclamation du comfzil de Parmie d: la Croixdes - Bougu.es, préfidé par Pinchinat, aux hommes de
coulour.
* Volons, chers amis, vers le fiége du Port au-Princes
plongeons nos bras enfanglantés, vengeurs du crime & de
la perfidie, dans le fein de ces monftres d'Europe. 9>
Je n'ajoute > citoyens, aucunes réflexions à celles qui
vous ont été préfenrées déja, foit fur les aétes de l'allemblée
coloniale, foit fur ceux qui font dans VOS archives 3 & qui
prouvent que les hommes de couleur ont été les infrumens
des contre-révolurionnaircs. Acuellement il nous refte à répondre à l'acculation d'indépendance portée par Sonthonax
& Polverel.
La féance eft ajournée à demain."
Le regiftre des préfences efl figné, J. Pr. GARRAN,
préfdent LECOINTE ( des Deux - Sèvres ) ;' fecrétaire ;
pethied DABRAY, PEYRE, ALLASSGEUR, GREGOIRE,
Feucné(de Nantes.)
Fin du Tome premier.
urionnaircs. Acuellement il nous refte à répondre à l'acculation d'indépendance portée par Sonthonax
& Polverel.
La féance eft ajournée à demain."
Le regiftre des préfences efl figné, J. Pr. GARRAN,
préfdent LECOINTE ( des Deux - Sèvres ) ;' fecrétaire ;
pethied DABRAY, PEYRE, ALLASSGEUR, GREGOIRE,
Feucné(de Nantes.)
Fin du Tome premier. --- Page 376 --- --- Page 377 ---
E
E B - ATS
ENT R F
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS,
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMES EN EXECUTION DE LA - Loi DU 4 PLUVIOSE,
To: M E II.
AP ARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
Pluviôle, an III.
Onzième liyraifon. --- Page 378 --- --- Page 379 ---
E795
D23be
V.
Ceop roe)
Jarbir Carter Broton
Lilmry
Bmmn Mnirersihy --- Page 380 ---