--- Page 1 ---
e --- Page 2 ---
Habnt Carter Brahon
filmry
Bmmu, Ruttrérsihy --- Page 3 --- --- Page 4 ---
C
n
xu9
: : --- Page 5 ---
D E
B AT S
E N T R E
LES ACCUSATEURS ET LES ACCUSÉS 3
DANS L'AFFAIRE DES COLONIES,
IMPRIMÉS EN EXÉCUTION DE LA Loi DU 4 PLUVIOSE
Tox E IV.
A P A RIS,
- DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
Ventôfe, an III.
Trente-deixième liyraifon. --- Page 6 ---
83 TVIC --- Page 7 ---
NCONVENTION NATIONALE
CA
D ÉBATS
Qui ont eu lieu entre les accufateurs & les accufés,
dans Paffaire des Colonies, en erécution de la
C loi du Apluvië/e.
Du 26 Ventôfe, l'an troifème de la République françaife,
une : & indivifible.
( N litla rédaétion des débats de la féance du 24 ventôfe;
elle eft adoptée.
Polyerel- : -Je fuis obligé de réitérer la demande quej'avois
faire de la préfenration de la pièce que les colons difent
officielle, & quils difent exifter dans les archives, concernant la proteftation contre le projet de fervice funèbre de
Louis XVI. Cette' pièce n'a été ni remife, ni indiquée au
citoyen Lecointe, comme cela avoit été promis. Je prie la
commillion d'engager les colons à fatisfaire à cet objet tout
de fuite..
Plufeurs colons : Oui, oui, de fuite.
Duny: Sonthonax a promis auffi, depuis quatre jours 3
une lettre qu'il n'a pas donnée.
Le pr fid-ne : Il ne s'agit pas encore de cette lettre-là, la
parole eltà Page.
Polyerel : Voulez - vous accorder la parole au citoyen
A 2
comme cela avoit été promis. Je prie la
commillion d'engager les colons à fatisfaire à cet objet tout
de fuite..
Plufeurs colons : Oui, oui, de fuite.
Duny: Sonthonax a promis auffi, depuis quatre jours 3
une lettre qu'il n'a pas donnée.
Le pr fid-ne : Il ne s'agit pas encore de cette lettre-là, la
parole eltà Page.
Polyerel : Voulez - vous accorder la parole au citoyen
A 2 --- Page 8 ---
Daubonneau: finie.
c'eft fur. les pouvoirs : ce fera une affaire
bureau. Daubonneau : Voila mes pouvoirs que je remets fur le
Page: Sonthonax n'a paslu fidelement, quand il a extrait
avant-hier, dans un de mes ouvrages, queiques
Il a fouftrait une phrafe fort importante;,
fragmens.
Ja faction de Saint-Marc ou de ce
lorfque je parle de
de Seint-Marc,) j'ajoute: Cette
que j'appelle la faétion
le droit defaire fes loislocales, evoire taction ami ne demande jamais que
elssj'enattfe la feuille No, 212 premier Brifot penfoit de comme
Cette partie-là a été entiérement fupprimée. trimeftre Ici, je n'ai 1790.
relatéce quec'étoirque ce numérosje l'ai poité dans une note pas
antécédente, & voici ce que je dis dans cette note.
Il lit:
Extrait d'un ouyrage intitu'é: Réflexions fier les colonies.
Paul Nerac, député à l'affemblée conftituante
bordelais, difoit qu'il ne falloit confidérer les colonies par le'p pays
comme desfermes 9a'1l falloic prefiurer pour les abandonner
fuite
après.Ses dignes fuccelleurs marchant fur fes
& Briffot. le tortueux Briflot, aflervifant les colonies erremens;
defpotifme de la France, oublia les principes
au
établis dans le No, 212, premier trimeftre de qu'il fa avoit
en 1790. < Quant au gouvernement des
gazette
il eft bien fimple à organifer: on doit l'envifager colonies, fous difoit-il, deux
rapports, intérieurs & extérieurs, , ou rapport avec la iétropole.Pour les premiers , il faut donner aux colonies un
vernement femblable à celui que nous
c'eft-à- gou-:
dire, une allemblée qui falle les lois avons.adopté, intérieures de la COF
lonie, les
un gouvernement avec un confeil exécurif, &
mettent en rapport ayec celuide la métropole, à
qui
blée de Inquelle ilfaut réferver les foins pour) les
l'aNlem:
térieurs des colonies. 5>
tapports exDe manière que les principes que j'ai profeffés dans mes:
ouvrages, font abfolument ceux que profelfoir Briffor en
été 1790 relativement aux colonies: ce qu'a. lu Sonthonax a
amené par des confidérations politiques, relativés au
confeil exécurif, &
mettent en rapport ayec celuide la métropole, à
qui
blée de Inquelle ilfaut réferver les foins pour) les
l'aNlem:
térieurs des colonies. 5>
tapports exDe manière que les principes que j'ai profeffés dans mes:
ouvrages, font abfolument ceux que profelfoir Briffor en
été 1790 relativement aux colonies: ce qu'a. lu Sonthonax a
amené par des confidérations politiques, relativés au --- Page 9 ---
fylème de PAngleterre, que jai parfaitement développé dès
1792, Car alors Brulley & moi avions annoncé ce qui eft
arrivé dans les colonies, & ce qui va arriver dans TAfic,
Effectivement alors nous étions f peu dans les principes des
émigrés,que nous écrivions:
Il lit:
Extrait d'un ouvrage intitulé: Réflexions fier les solonies.
'es Les patriotes & les comre-révolutionnaires fe
aux Antilles; & Briffor, calomniant les
déclirent
foit les contrtfroliutionnaine Il couvroit patriotes, d'un aporhéola vérité qu'il écarroit par fon crédit.
voile épais
3> A la Martinique l'ariftocratie triomphe, Pitt envoie
des émigrés français.
y
>> Pittfait très-bien que ces hommes affamés de
feront trembler les patriores,
vengeance
meront leurs nègres & s'enféveliront qui, pouffés fous au les défefpoir, arpays. 53
ruines de leur
Page: : Je ne) lis que des fragmens, afin de donner
du fyitème anglais..
l'efprit
(Il continue la lecture.)
e De proche en proche la révolte gagnera toutes les Antilles. L'Anglererre imprimera aux pofteffions continentales
de T'Efpagne (en Amétique) un mouvement révolutionnaire, & feule elle fera e commerce du monde. 33
Voilà lefprit du fyftème des Anglais,
& queje ne relate pas ici entiérement, quej'ai dévekoppé,
un peu long, & qu'avant-hier on m'a parce dit que l'ouvrage étoit
eft
de l'inférer aux débats. Mais fi cet
qu'il
inutile
les hommes d'état, ils
ouvrage eft jamais lu par
feflois alors, &
verront que les principes que je
feuls
je profeffe encore, font abfolument Fies
convenables 9 la retauration du commerce français.
Sonthonax: Je ne veux pas revenir far
mais
Page m'a accufé d'infidélité
Touvrage;
mal-à-propos, puifque je n'ai
feuille. pas l'ouvrage en entier, & qu'il m'en manque un quart de
A 3
ouvrage eft jamais lu par
feflois alors, &
verront que les principes que je
feuls
je profeffe encore, font abfolument Fies
convenables 9 la retauration du commerce français.
Sonthonax: Je ne veux pas revenir far
mais
Page m'a accufé d'infidélité
Touvrage;
mal-à-propos, puifque je n'ai
feuille. pas l'ouvrage en entier, & qu'il m'en manque un quart de
A 3 --- Page 10 ---
Vous l'avez, & le paffage que vous avez
eft z avec de l'encre.
tronqué
Sonthonax: Je n'ai que l'article fur Briffot.
Page : Vous le tenez, je le vois, il eft effacé avec de
I'encre.
Sonthonax: : Il eft fouligné, il n'eft point effacé avec de
T'encre.
Claufon: Le citoyen Lecointe a trouvé la pièce que défiroit. le ciroyen Polverel; il vala remettre fur le bureau.
Brulley: Dans la féance d'avant-hier, avant de vous donner leéture des inftruétions de Polverel & Sonthonax, j'ai
précifé quel avoit été notre but dans les onze chefs
nous avons mis fur le bureau; je vous ai expoft qu'ils
toient
de
que le développement du décret d'accufation rendu
contre Polverel & Sonthonax, & qui n'eft que fufpendu.
Mais j'ai omis de vous dire qu'avant d'envoyer chercher
Polverel & Sonthonax, lorfqu'on eut fait incarcérer les commiffaires & tous les colons, on avoit propofé infruétuenfement à la' Convention del rapporter ce décret, &
ce n'eft
que d'après cette démarche infructueufe
9eE décidé
à envoyer ce marin sir & intelligent qui a qu'on amené Sonthonax
& Polverel en France. Ce qui s'eft paffé à cet égard confirme encore davantage ce que j'ai dir de l'intelligence qui
régnoit entre ceux qui dirigeoient le gouvernement d'alors,
& Polverel & Sonthonax : la fuite des faits qui vont être
claffés à fur & mefure fous chacun des chefs d'accufation >
vous prouvera la concordance qu'ilya avoit entre la conduite
tenue à Saint-Domingue par Polverel & Sonthonax, &
celle qu'on tencit ici en France pour dominer le peuple
français parla terreur, & amener la contre-révoluion. Vous
verrez que dans le même temps ou lon dévaftoit les villes
de commerce > que dans le même temps où l'on menoit; par
charretées au fupplice la claffe d'hommes induftrieufe, active & riche, qui entretenoit la profpérité nationale par.le
commerce, les arts & les manufadkures; vous verrez que
dans le même temps, à Saint-Domingue, Polverel & Sonthonax faitoient pourluivre," incarcéroient arbitrairement
cette mnéme claffe d'hommes qui fertilifoient la plus belle
colonie de l'univers, imprimoient au commerce @ rançais un
mouvement annuel de 400 millions. Vous verréz que la dif;
ufe, active & riche, qui entretenoit la profpérité nationale par.le
commerce, les arts & les manufadkures; vous verrez que
dans le même temps, à Saint-Domingue, Polverel & Sonthonax faitoient pourluivre," incarcéroient arbitrairement
cette mnéme claffe d'hommes qui fertilifoient la plus belle
colonie de l'univers, imprimoient au commerce @ rançais un
mouvement annuel de 400 millions. Vous verréz que la dif; --- Page 11 ---
tinétion que faifoit Robefpierre parmi le
étoit faite à Saint-Domingue par Polverel & Sonthonax; peuple français, vous
verrez que, comme Robefpierre, qui difoit ici qu'il exiftoit
daias la nation deux fortes de peuples, celui qui mériroit
T'animadvetfion des patriotes > celui qui méritoit d'ètre
pourluivi & détruit, & celui qui avoit foif de la juftice,
c'eft-à-dire du fang de tous ceux qui l'empèchoient de tout
bouleverfer, Polverel & Sonthonax diftinguoient aufi deux
peuples à Saine-Domingue, & cette ditinétion étoit
frappante. En France, il fuffifoit d'avoir des talens, d'avoir plus
delénergie guidéeparlap probité pour être dévoué au
à Saine-Domingue, il fuffifoit d'être agriculteur fupplice:
d'être commerçant laborieux & actif;il fuflifoit d'ètre inteligent, riche,
il fuffifoit fur-iour d'ètre blanc pour ère dévoué à la mort.
Les profcriptions fe font toujours pourfuivies avec la même
force; les déportarjons n'ont pas ceflé; les maffacres, les incendies fe font exercés fans difcontinuer, jufqu'à ce qu'on
edt prefqu'annihilé la clafle des blancs, c'eft-à-dire celle des
Français: & Polverel & Sonthonax s'efforcent encore de
dire, ainfi que leurs complices, que c'étoit pour que les colonies reftaflent à la France, qu'ils détruifoient tous les Français; comme fi ce peuple qui avoit foif, non pas de la
juftice, comme difoir Robefpierre, > comme fi ce peuple
avoit foifdu pillage & du fang des Français, avoit dans SH
colonie des
des habitudes, des intérêts qui
l'attacher à FVERLA la
comme fi des Africains demi-fauva- puiffenr
ges, des Cannibales, des anchropophages, comme les ont
appelés les défenfeurs officieux de Polverel & Sonthonax,
pouvoient être utiles à la France, comme cette portion de
Francais dont l'induftrie & l'activité avoient élevé la colonie
de Saint-Domingue à un fi haut degré de profpérité ! Cette
marche parfaitement concordante entre la conduite de Robefpierre & fes complices en France, & celle de Polverel.
& Sonthonax à Sainr-Domingue, explique pourquoi,
dant une année entière, on n'a pu parvenir à faire mettre pen- à
exécution ledécrer d'accufation contre Polverel& Sonthonax.
Ils fervoient trop bien ies projets de ceux qui vouloient détruire une grande partie de la population françaife, de ceux
ach les vouloient anéantir le commerce, pour qu'on fe preffàr
rappeler. Ceux qui vouloient ne plus voir exifter ni
A 4
thonax à Sainr-Domingue, explique pourquoi,
dant une année entière, on n'a pu parvenir à faire mettre pen- à
exécution ledécrer d'accufation contre Polverel& Sonthonax.
Ils fervoient trop bien ies projets de ceux qui vouloient détruire une grande partie de la population françaife, de ceux
ach les vouloient anéantir le commerce, pour qu'on fe preffàr
rappeler. Ceux qui vouloient ne plus voir exifter ni
A 4 --- Page 12 ---
coinmerce, ni manufactwres, ni
ne vouloient régner que fur une portion manufa@turiers, du peuple ceux qui
ftupéfié, faveient que Polverel & Sonthonax leur inepte &
roienr à Saint-Domingte les moyens de régner fur un prépaple êncore plus inepre, encore plus féroce, encore peufauvage; ou plutôr qu'ils annihiloient enciérement les plus reffources que la France auroit pu tirer de
des ifles à fucre, pour reftaurer fon coinmerce, Sainr-Domingue, s'élever
niveau de la profpériré à laquelle elle avoit atteint
au
de fes colonies: dès-lors il n'eft plus étonnant par celle
laillé Polverel & Sonthonax parcourir
qu'on ait
cle d'atrocirés
tranquillement le cerfur & à mefure que nous allons vous mettre fous les yeux. au
des chefs
que ces faits viendront à l'appui de chacun
juger de leur d'accufation que nous venons d'articuler. Pour
d'abord donné plus ou moins de criminalité, nous avons
lecture de leurs inftructions. Nous obfervons
que, dans cette pièce importante, nous n'avons rien trouvé
qui pût autorifer la conduite arbitraire, vexatoire &
naire qu'ont tenue à Saint-Domingue Polverel & Sonthonax. fanguimodérarion Ncus y voyens au contraire que par-rout des principes de
& de douceur leur font recommandés; nous
voyons que par-tout Onl leur prefcrir de recourir à tous les
moyens de. conciliacion. Nous remarquons dans ces mêmes
inftructions un peu d'aigreur contre Jes aflemblées coloniales: mais elle ne doir pas étonner quand O11 fe
les commiffaires civils qui ont précédé Sonthonax rappelle & que
verel, avoient dans leur rappert aigri le gouvernement fran- Polçais contre T'affemblée coloniale. D'ailleurs les inftractions
des commidaires civils provenoient du pouvoir exécutif.
Tout! le monde connoit quelle étoir l'opinion dominante du
pouvoir blée
exécutif relativement aux corps populaires; l'affemvoir coloniale éroit un corps populaire, & dès lors le
exécutif deroit failir avec empreffement toutes les pou- GCcafions qui fe préfentoient de peindre ce corps comme danles. gereux, Mais comme difpofé à être réfraétaire aux lois nationavoit
encore eft-il vrai que dans ces infruétions, on n'y
rien, abfolument rien, qui auterifêt la conduite
tenue Polverel & Sonthonax à
qu'ont
vrai
dans ces inftruétions Saint-Domingue; ; encore eft-il
& de
on reconnoit des principes
modération, dès
TEA
principes de conciliation,
ient de peindre ce corps comme danles. gereux, Mais comme difpofé à être réfraétaire aux lois nationavoit
encore eft-il vrai que dans ces infruétions, on n'y
rien, abfolument rien, qui auterifêt la conduite
tenue Polverel & Sonthonax à
qu'ont
vrai
dans ces inftruétions Saint-Domingue; ; encore eft-il
& de
on reconnoit des principes
modération, dès
TEA
principes de conciliation, --- Page 13 ---
9.
defquels ils n'auroient jamais dû fe départir Chacun des
ragraphes de ces inftructions, lorfque j'en ai donné
TAGLIE
retraçoit à mes yeux les nombreufes prévarications dent
Polverel & Sonthonax fe font rendus coupables; chacun de .
ces paragraphes étoit la cenfure de la conduite qu'ils ont
tenue > & nous a pronofliqué d'avance jufqu'à quel point
d'évidence nous pouvons vous convaincre quils ne fe fent
jamais conformés à ces inftructions. Ces inftruétions n'ont
point été les feules qu'ils ont reçues; Sonthonax a dit' qu'ils
avoient aulli une partie de leurs inftructions contenue dans
les- décrets de l'affemblée nationale. Nous le"favons >
citoyens, la loi du 22 juin 1792 eft celle dont il a entendu
parler; nous allons en donner lecture, puifqu'elle fait partie
des inftructions.
Sonthonax: Lifez aufli la loi du 4 avril.
Brulley : Nous y vieadrons.
Il lit:
Loi relative aux commiffaires ciyils nommés pour la pacification
des colonies >
Donnée à Paris, le 22 juin 1792.
< Louis, par la grace de Dieu & la lci conftitntionnelle
de l'Etat, roi des Français : A tous préfens & à venir, falut.
L'affemblée nationale a décrété, & nous voulens & erdonnons ce qui fuit :
Décret de P'affemblée nationale, du 15 juin 1792.
s. L'affemblée nationale, confidérant qu'ilimporte au fuccès
de différentes expédirions ordonnées pour les colonies, deles
accélérer, & de terminer avec précifion les pouvoirs donnés
aux commiffaires civils chargésd'y ramener la paix, décrète
qu'il y a urgence.
décrété
dé3> L'affemblée naticnale, après avoir
l'urgence,
crète ce qui fuit:
ARTICLE P R E M I E R.
3> Les commifaires civils, nommés pour la pacification
'ilimporte au fuccès
de différentes expédirions ordonnées pour les colonies, deles
accélérer, & de terminer avec précifion les pouvoirs donnés
aux commiffaires civils chargésd'y ramener la paix, décrète
qu'il y a urgence.
décrété
dé3> L'affemblée naticnale, après avoir
l'urgence,
crète ce qui fuit:
ARTICLE P R E M I E R.
3> Les commifaires civils, nommés pour la pacification --- Page 14 ---
IO
des colomies en vertu du décret du 24
à fufpendre & à difloudre, non-feulement mars, font autorifés
doniales, mais encore les affemblées
les affemblées cecipalités, ainfi que tous les corps
provinciales, les munidifant populaires, fous quelque adminiftratifs,, dénomination ou autres fe
établis.
qu'ils foient
I I.
$ Les commiffaires civils font également autorifés à fufpendre provifoirement, & fauf le recours à
tionale, - Texécution des arrêtés defdites allemblées l'affemblée naqu'ils jugeroient contraires à la fouveraineré nationale ou corps >
au rétabliflement de la paix; & généralement dans
> ou
conflits des pouvoirs, dans les doutes qui
tous les
fur la nature cu l'étendue de ceux defdits pourroient s'élever
vils, on fera tenu,de déférer
commiffaires citions, faufle recours à l'aflemblée provifoirement nationale. à leurs réquifiIIL
3> Pourront les commiffaires civils, en attendant
fation définitive de l'ordre judiciaire dans les
l'organiblir &c remettre
colonies, rétaprovifoirement en aétivité les anciens
naux, tant de première inflance qte de dernier
tribuférer les féances defdits tribunaux dans tels reffort; lieux tranfcirconflances cxigeront. En cas
que les
des ci-devant titulaires, les commiffaires d'abfence, mort Oil démillion
au gouverneur général un nombre de fujets civils ayantles préfenteront
requifes par la loi pour être juges, double de celui des qualités
vacantes, & le gouverneur fera tenu de choifr entre places
jets préfentés, & de leur donner des commillions
les fu.
provifoires.
I V.
3> Dans le cas où les commifaires éprouveroient
difficultés pour débarquer dans les colonies, de la quelgues des
troapes de terre ou de mer qui s'y trouveront, ils part requerront, des par des avifo qu'ils enverront, tant à terre
bord
vaiffeaux êc frégates ftationnés, les cominandans qu'a
géné;
ur fera tenu de choifr entre places
jets préfentés, & de leur donner des commillions
les fu.
provifoires.
I V.
3> Dans le cas où les commifaires éprouveroient
difficultés pour débarquer dans les colonies, de la quelgues des
troapes de terre ou de mer qui s'y trouveront, ils part requerront, des par des avifo qu'ils enverront, tant à terre
bord
vaiffeaux êc frégates ftationnés, les cominandans qu'a
géné; --- Page 15 ---
II
&
adminiftrateurs civils, affemblées coloniales raux & particuliers, provinciales, municipalités & autres corps adniainfi
les cemmandans defdits vaiffeaux & fréniftratifs ,
que
& reconnoitre dans l'intérieur des
gates, de faire à proclamer. defdits vaiffeaux & frégares, le caraccolonies, & bord
civils que du
tère & l'autorité tant defdits commiffaires nommé
le roi, fur les
gouverneur général nouvellement
par d'eux certifiées
copies de leur commiflion qu'ils enverront leur font donnés, fur
vétirables, & d'obéir aux ordres qui
la réquifition defdits commiflaires.
. V.
comme crima de hante
>> La défobéiffance fera regardée
trahifon; & ceux qui s'en rendroient coupables, feront enconftateront le délit,
voyés en France avec les pièces qui
des lois.
pour être pourfuivis & jugés fuivant la rigueur
V I.
civils
dans l'exercice de
>> Les commiffaires
porteront,
fautoir, auquel
leurs fonétions, un ruban tricolor palfé en
fera fufpendue une médaille d'or portant d'un côté ces mots,
La nation, la loi & le roi, & de l'autre ceux-ci, Commifaires ciyils. 3>
Vous venez d'entendre la leéture du décret qui contient
les inftructions données par l'affemblée à Polverel & à
Sonthonax; vous voyez quelle étcit l'érendue des pouroirs
qui leur étoient donnés. Nous avons dû mettre fous vOs
yeux ce décret, ainfi que les inftructions; nous devons enfin
vous mettre fous les yeux ia loi du 4 avril, afn que vous
connoifliez toutes les fources dans lefquelles Polverel &
Sonthonax ont puifé leurs pouvoirs & l'autorité. qu'ils ont
exercée à Saint-) Domingue. J'obferve que malgré lesinftances fàt
de Polverel & de Sonthonax pour
la loi du 4 avril
lue, d'abord j'ai cru devoir la
lâ dernière des
A
ces relatives à leurs
parce
j'évite une
i
pouvoirs,
de
difculion qui va
en la
9ur
fubléquente,
rapprochant
s'ouvrir.
leurs pouvoirs & l'autorité. qu'ils ont
exercée à Saint-) Domingue. J'obferve que malgré lesinftances fàt
de Polverel & de Sonthonax pour
la loi du 4 avril
lue, d'abord j'ai cru devoir la
lâ dernière des
A
ces relatives à leurs
parce
j'évite une
i
pouvoirs,
de
difculion qui va
en la
9ur
fubléquente,
rapprochant
s'ouvrir. --- Page 16 ---
I2
Thomas Miller lit la loi du 4 avril.
Loi relative aux colonies, & aux moyens dy appaiser
les troubles,
Donnée à Faris, le 4avril 1792.
nelle e Louis,
la grace de Dieu, & par la loi conftitutionde RLI roi des Français;
3, A tous préfens & à venir falut. L'affemblée nationale a
décrété, & nous voulons &- ordonnons ce qui fuit:
Décret de P'assemblée. nationale, du 28 mars
1792.
chofe .35 L'affemblée nationale, conAdérant que les ennemis de la
fe font publique ont profité des germes de la difcorde qui
développés dans les colonies pour les livrer au danger. d'une fubverfion totale, en foulevant les ateliers, en
déforganifant la force publique, & en divifant les
dont les cfforts réunis pouvoient feuls préferver leurs citoyens,
priérés des horreurs du
& de
pro-
>3
pillage
l'incendie;
Que cet odieux complor paroit lié aux projets de confpiration qu'on a formés contre la nation
&
devoient éclater à-la-fois dans les deux françaife,
qui
9, Confidérant qu'elle a lieu d'efpérer hémisphères; de
de
les colons pour leur patrie, qu'oubliant les l'amour caufes de tous leur
fe délunion & les torts refpectifs qui en ont été la fuite, ils
livreront fans réferve à Ja douceur d'une réunion
& fincère, qui peut feule arrêter les troubles dont ils franche
tous été également vidtimes, & les faire jouir des
ont
d'une
folide & durable, décrète
y
avantages
>, Traitin nationale reconnoit & qu'il déclare a urgence,
mes de couleur & nègres libres doivent jouir, que ainfi les homcolons blancs, de l'égalité des droits politiques,
que les
décrété T'urgence, décrète ce qui fuit:
&,après avoir
AR: T I C I E P R E M I E R.
>> Immédiatement après la publication du préfent décrets
les faire jouir des
ont
d'une
folide & durable, décrète
y
avantages
>, Traitin nationale reconnoit & qu'il déclare a urgence,
mes de couleur & nègres libres doivent jouir, que ainfi les homcolons blancs, de l'égalité des droits politiques,
que les
décrété T'urgence, décrète ce qui fuit:
&,après avoir
AR: T I C I E P R E M I E R.
>> Immédiatement après la publication du préfent décrets --- Page 17 ---
il (era procédé dans chacune des colonies françaifes des Iflesdu-vent & fous-le-vent, à la rééleétion des aflemblées COloniales & des municipalités, dans les formes prefcrites par
le décret du 8 mars 1790 & l'inftrucion de l'aflemblée
nationale du 28 du même mois.
II.
feront admis
>> Les hommes de couleur & nègres libres
à voter dans toutes les allemblées paroilliales, & feront
éligibles à toutes les places, lorlquils réuniront d'ailleurs
les conditions prefcrites parl T'article IV. de l'inftrucion du 28
mars.
III
2> Il fera nommé par le roi, des commiffaires civils au
nombre de trois pour la colonie de Saint-Domingue, & de
quaire pour les ifles de la Martinique, de la Guadeloupe, de
Sainte-Lusie, de Tabago & de Cayenné.
I 1 V..
>> Ces commiffaires font autorifés à prononcer la fufpenfion &. même la diffolution des affemlblées coloniales actuellement exiftantes, à prendre toutes les mefures néceffaires pour accélérer ia convocationdes afentibesparoifiales
& y enreenicluion,fopig &la paix,' comme aufli à prononcer provifoirement, fauf le recours à l'affemblée nationale, fur toutes les queftions qui poursont s'élever fur la régularité des convocations 3 la ténue des aflemblées, la forme
des éleétions & l'éligibilité dès citoyens.
V.
>> Ils font également autorifés à prendre toutes les informations qu'ils pourront fe procurer fur les auteurs des
troubles de Saint-Domingue, & leur continuation, fi elle
avoit lieu, s'alfurer de la perfonne des coupablés, à les: mettre en état d'arreftation, & à les faire traduire en Frances
pour être mis en état d'accufation, en vertu d'un décret du
eorps légiflatif, s'ily à lieu.
ions & l'éligibilité dès citoyens.
V.
>> Ils font également autorifés à prendre toutes les informations qu'ils pourront fe procurer fur les auteurs des
troubles de Saint-Domingue, & leur continuation, fi elle
avoit lieu, s'alfurer de la perfonne des coupablés, à les: mettre en état d'arreftation, & à les faire traduire en Frances
pour être mis en état d'accufation, en vertu d'un décret du
eorps légiflatif, s'ily à lieu. --- Page 18 ---
I4
V I.
33 Les commifaires civilsferont tenus, à cereffer,d'adreffer à l'alemblée nationale une expédition en forme des
procès-verbaux qu'ils auroncadreffés &c des déclarations qu'ils,
auront reçues concernant leldits prévenus.
VIL
5> L'aflemblée nationale autorife les commiffaires civils à
requérir la force publique toutes les fois qu'ils le jugeront
convenable, foit pour leur propre sûreté, foit pour lexécution des ordres qu'ils auront donnés en vertu des précédens articles.
VIII
>> Le pouvoir exécutif.eft chargé de faire paffer dans lés
colomies une force armée fuffifante, & compofée en grande
partie de gardes nationales.
IX..
>> Immédiatement après leur formation & leur inftallation, les ailemblées coloniales émettront, au nom de chaque colonie leur voeu particulier fur la conftitution, la légillation & l'adminiftration qui conviennent à fa proipérité &
au bonheur de fes habirans, à la charge de fe conformer aux
principes généraux qui lient les colonies à la métropole, &
qui affurent la confervaiion de leurs intérêts refpedtifs, > confermément à ce qui eft prefcrit par le décret du 8 mars 179a
& l'inftruétion du 28 du même mois.
X.
> Auffitôt que les colonies auront émis lewrvau, elles le
feront parvenir fans délai au corps légillarif; clles nomme-:
ront aufi des repréfentans, qui fe réuniront à l'affemblée
nationale fuivant le nombre propottionnel qui fera incellamment déterminé par l'affemblée narionale, d'après les bafes
que fon comité colonial eft chargé de lui préfenter.
R
étion du 28 du même mois.
X.
> Auffitôt que les colonies auront émis lewrvau, elles le
feront parvenir fans délai au corps légillarif; clles nomme-:
ront aufi des repréfentans, qui fe réuniront à l'affemblée
nationale fuivant le nombre propottionnel qui fera incellamment déterminé par l'affemblée narionale, d'après les bafes
que fon comité colonial eft chargé de lui préfenter.
R --- Page 19 ---
I5
XI
a 93 Le comité colonial eft également chargé de préfenter
inceffimment à l'affemblée nationale un projet de loi
pour alfuarer l'exécution des difpofitions du préfent décret
dans les colonies afiatiques.
stob
XIL
lorewis
33 L'affemblée nationale, 3 defirant vénir au fecours de Ia
colonie de Saint - Domingue > met à la difpofition du miniftre de la marine une fomme de fix
faire parvenir
millions,,
des fubfiftances & des matériaux de
des
FeOZ
truction,
animaux & des inftrumens aratoires.
XIIL
53 Le miniftre indiquera inceffamment les moyens qu'il
jugera les plus convenables pour l'emploi & le recouvrement
de ces fonds, afin d'en affurer le rembourfement à la métropole.
XI V.
55 Les comités de légillation, de commerce & des CO
lonies, réunis s'occuperont inceffamment de la rédacion
d'un projet de loi pour affurer aux créanciers l'exercice de
Thypochèque fur les biens de leurs débiteurs dans toutes nos
colonies.
6:
XV.
cra Les officiersgénéraux, adminiftrateurs ou ordennateurs,
&c-les commiffaires. civils qui Ont été ou feront nommés,
pour cette fois feulement, pour le rétabliflement de l'ordre
dans les colonies. des Iles-du-Vent ou fous-le-Vent
culièrement pour-l'exécution du préfent décret, ney peurrons > partiêtre choils parmi les citoyens ayant des propriétés dans
les colonies d'Amérique.
colonies.
6:
XV.
cra Les officiersgénéraux, adminiftrateurs ou ordennateurs,
&c-les commiffaires. civils qui Ont été ou feront nommés,
pour cette fois feulement, pour le rétabliflement de l'ordre
dans les colonies. des Iles-du-Vent ou fous-le-Vent
culièrement pour-l'exécution du préfent décret, ney peurrons > partiêtre choils parmi les citoyens ayant des propriétés dans
les colonies d'Amérique. --- Page 20 ---
X V-I.
décrets antérieurs concernant les colonies feront
s> Les
tout ce qui n'eft pas contraire aux difpolitions
exécutés en
du préfent décret.
&
&c."
9>
Mandons ordonnons,
Vous venez d'entendre la leéture du décret dont
Brulley : étoit le principal objet de la million de Polverel
T'exécurion
Avant d'examiner juf
& de Sonthonax à Sain-Dominge. exécuté ou fait exécutér ce décret,
qu'à quel point ils ont connoiflions s'ils avoient d'autres
il eft elfentiel que nous d'autres autorifations des actes
guides de leur conduie,
Je prie donc le
qu'ils ont commis à Polverel SaincDoningue, & Sonthonax de déclarer M
fident d'interpeller inftructions que celles lues dans la féance
ont reçu d'autres la loi du 22 juin & celle du, 4 avril.
d'avant-hier >
n'ai d'autte réponie à faire à Brulley, f
Sonthonax: : 9
la fuite de la difcuffion &
ce n'eft qu'il connoitra, par
les
nous produirons,
fmhi
les moyens de défenfe que
que nous avions.
de Sonthonax eft évalive.
10S
Brulley: : La réponfe
que nous n'avons pasexécité
Sonthonax : Vous prétendez de
lire :
que nous Tavons
la loi. Vous venez
la
prouvez
violée. Polyerel: Développez Vos moyens.
Brulley : Vous, conmiffaires civils.
Sonthonax : Nous étions.
Lc préfident : Tu n'as pas la le parole. préfident me maintienne la
Brulley: : Je demande que
commiffaires du
parole. Je dis
Polverel & avoir Sonthonax, 5 'cutre les infructions
pouvoie Jedodir ponvoient fécrères quepduvent avoir: mooftenfibles; des inftruétions à Saint - Demingue - 5 & derces, quand
tivé léur conduite de mettre fur le bareau les inftructions
nous'les: fommons
avoir reçues, je ne: crois pas que
fecrètes qu'ils peuvent de la difcuflion. Pourquo: le demandonsnous nous éçartions
de connoitte le plus ou moins
nous ? c'eft qu'il nous importe
de
ponvoient fécrères quepduvent avoir: mooftenfibles; des inftruétions à Saint - Demingue - 5 & derces, quand
tivé léur conduite de mettre fur le bareau les inftructions
nous'les: fommons
avoir reçues, je ne: crois pas que
fecrètes qu'ils peuvent de la difcuflion. Pourquo: le demandonsnous nous éçartions
de connoitte le plus ou moins
nous ? c'eft qu'il nous importe
de --- Page 21 ---
de criminalité de ces hommes qu'ici nous accufons; c'eft
qu'il nous importe, à nous, de favoir pourquoi ils fe font
ainfi conduits, & que s'il exifte des inftruéhions fecrères du
pouvoir exécuuif, comme ils étoient commiffaires du pouvoir
exécutif, alors nous verrons que tel aéte qu'ils Ont fair eft
bafé fur telle ou telle par ie de leurs inftruétions fecrètes. 1
Nous demandons donc que, s'ils ont d'autres inftructions,
ils lcs dépofent fur le burenu, afin qu'une fois pour toutess
la malle d'inftruétions qui a pu leur être donnée nous foit
connue, & que nous puillions argumenter d'après les inftruétions fecrères.
Potverel : S'il étoit vrai que nous erflions des infructions
fecrètes du pouvoir exécutif, nous devrions compte de l'exécution de ces inftructions fecrètes au confeil exécutif & à
la Convention nationale, mais jamais aux citoyens colons
par cette raifon mêe que ce font des inftruétions fecrètes,
nous ne devrions pas donner le fecret de l'Etar à des traitres
à la parrie.
Sonthonax : J'ajoute à ce que vient de dire mon collègue,
que les colons doivent connoitre notre criminaliré. Depuis
deux ans ils nous accufent en Europe, & ils viennent dire
aujourd'hui: Nous ne pouvons engager nos accufations fans
connoitre VOS inftructions fecrètes. Quelles font donc les
prétendus crimes qu'iis ont à imputer aux commillaires?
Brulley : Nous n'avons jamais dit cela.
Sonthonax : Brulley vient de dire qu'il ne pouvoit pas
bafer les chefs d'accufation fans nous demahder nos inftriictions. Depuis deux ans, vous nous, accufez : vous devez
bafer Vos accufations fur les faits dont vous avez connoiffance. Renfermez-vous dans les fairs,; acculez-nous, & nous
répondrons.
Bralley : Nous ne fommes pas embarraflés de bafer,
puifque bafer ilya; car il n'eft pas une des proclamations
de Polverel &k Sonthonax, qui ne foit autant de crimes
de haute trahifon contre la pacrie, puifque Polverel fe
permer cette cxprcilion contre nous. Polverel nous traite de
trairres à la patrie 3 nous allons voir, p.r ladifcillion, quels
font les traitres, qui a trahi la patrie, s quila ruinée, quia
égorgé les vrais Françnis. Mais je dis que ce n'eft
POHE
Tome II. Tictc-destinsiaraijon,
l
qui ne foit autant de crimes
de haute trahifon contre la pacrie, puifque Polverel fe
permer cette cxprcilion contre nous. Polverel nous traite de
trairres à la patrie 3 nous allons voir, p.r ladifcillion, quels
font les traitres, qui a trahi la patrie, s quila ruinée, quia
égorgé les vrais Françnis. Mais je dis que ce n'eft
POHE
Tome II. Tictc-destinsiaraijon,
l --- Page 22 ---
nous que nous demandons ces inftructions fecrètes; mais
s'ils en ont, qu'ils les dépofent fur le bureau. Si Polverel
& Sonthonax n'ont poinr d'inftruétions fecrètes comme iis
le difent, ou s'ils ne veulcni pas les montrer > je vais leur
dire, noi, que, par Wii de leurs actes, ils oni eux-mêmes
annoncé quis avoient des inflructions fecrètes; & je trouve"
cette preuve dans la proclamation de Sonthonax, du 29 août
1793: Je trouve dans le préambule cette phrate remarquable: c Envoyés par la nacion en qualité de commiflaires
civils aSaint-1 Doningue, notre miflicn étci: d'y faire exécuter
la loi du +avril, de la faire régner dans:cute ia force, & d'y
préparer graduellement, fars déchirement & fans fecouffe,
fatrancballcment général des efclaves. >> Nous venons de lire
les infrrétions données à Polverel & Sonthonax
le roi;
nous venons de lire le décret de l'affemblée mofetie ou
plator la loi du 22 juin 5 nous avons lu la loi du 4 avril;
nous n'avons VLI dans aucune de CCS ureis pièces que Poiverel & Soncbonex fullent chargés de préparer gra uellement.
E fans fecorfe Laprenchif-ment géméral des eiclaves. S'ils
avcrnt ces intlrucDons fecrèces, c'étoien: donc des infructions particulieres : nous avons done eu raifon de dire à
Pelverel & Sonthonrx qu'ils avoien des infruclions fecretes: nous avons donc railon de ieur dire, non pas de
nous les donner, nous nen avons nul befoin pour prouver
qu'is font coupabies; mats de les dépoter fur le burcau en
préfence desmemsbres de In € envenion. C'eft à CeS menes
mumbres de h Converrion qu'ils doiven: commmnication te
cCs anftructions fecreress & ceries, ilny a plus de danger
à trahir des fecrets qui. ont ruiné le ccimerce de France:
au contaire,, il elt cllentiel de connoitre la fource première de tousles malheurs quis Ont fait plwvcir dans €0
pays, oû ils éroient envoyés pour rétablir l'ordre &: la
tranqgilir-é. Ils ont doncariculs formellement, oL du moins
Senrfonex a dit dans tie de les proclamations, qu'il avoit
é:é chvoyé à Stint-1 Pomingue pour préparci grduclioment
& faps fecoufe Taunranclufitesnenr géncral des efilaves. S'ils
ont éenvoyés pour ccit,ils cnr cu desinftructicns ad hoc;
& ce icnt ces inftruétions que nous demandons qu'ils depofent fur le bureau.
Senceorax: Oui, nous avons été envoyés à Sa-Domingue
onex a dit dans tie de les proclamations, qu'il avoit
é:é chvoyé à Stint-1 Pomingue pour préparci grduclioment
& faps fecoufe Taunranclufitesnenr géncral des efilaves. S'ils
ont éenvoyés pour ccit,ils cnr cu desinftructicns ad hoc;
& ce icnt ces inftruétions que nous demandons qu'ils depofent fur le bureau.
Senceorax: Oui, nous avons été envoyés à Sa-Domingue --- Page 23 ---
pour préparer graduellenaen: & fans fecouffe l'affranchiffement général des efclaves; car la loi du 4 avril n'eft
préparation a Teftranehinemene général des efclaves. qu'une
l'allemblée nationale a proclamé l'égalicé pour les Lorfque
libres & lcs hommes de couleur libres, cile n'a pas nègres
que les autres fuflent éternellemene efclaves;, elle entenda n'a
enrendu que les parens des hommes hbres fuffent éternel- pas
Jement efciaves. Les colons noûs dilcnt que nous avions des
inftrudions fecrêtes: nous déclarons que nous n'avions
cune inftraction fec ère ; & quand TouS en aurions aunous n'en devrions compre qu'atix mandataires,
eu >
préfentons du peuple, Les colens font-ils ici délégués qu'aux re- le
corps légiflarif pour nous accufer ? Les colons ne font par ici
que des dénonciateurs; is ne font point les commiffaires du
pouvoir légifluif, les commiffaires de l'aflémblée nationale.
Latfemblée nacionale foule a le droit de nous demander
fecrer de notte milion, duns le cas ot il y en auroit. J'ai le
déclaré qu'il n'y en avoit pas. Je réponds aux
les fommant de nous accuier. C'efà à eux de
colons, les ci
encore une fois, nous répondirons. Nous ne pofer devons faits:
déployer nos moyens de défenfe avant qu'ils aient
pas
fairs acculatifs.
pofé les
Larchesdqse-Thibaud : Polverel & Sonthonax avoient fi
peit miflion de préparer à Saint-Domingue
général des efclaves, que dans la proclamation F'afranchiflement ont
faire de la loi du 22 juin, après ces mors-ci, Décret qu'ils de
lallembls: nationale > du 15 juin 1792, ils ont retranché les
mots fuivans, l'an quatrième de la libercé.
Brulley :Je demande à continuer.
Polverel: Je n'ai qu'un moi à dire. Je prie la commilion
obferver que Fafirencriffemene général des efclaves ne fait
pas partie des onze chefs d'accufation.
Verneuil:le vous demando pardon.
Sonthonax: Ou Tafranchiflement des
de
des chefs d'acculation, ou il n'en part pas. nègres Sil part part de l'acte l'un
d'accufation, s il fortira certainement du chef
nous accufe d'avoir ufurpé le pouvoir légillatif; mais fur qui le
chef d'accufation, il ne peut &c ne doit nullement prémier être
queftion de T'ofirunchiffemnen: général des elciaves. Quand
B 2
vous demando pardon.
Sonthonax: Ou Tafranchiflement des
de
des chefs d'acculation, ou il n'en part pas. nègres Sil part part de l'acte l'un
d'accufation, s il fortira certainement du chef
nous accufe d'avoir ufurpé le pouvoir légillatif; mais fur qui le
chef d'accufation, il ne peut &c ne doit nullement prémier être
queftion de T'ofirunchiffemnen: général des elciaves. Quand
B 2 --- Page 24 ---
nous y viendrons, vous verrez fi les commiffaires civils ont
eu tort de proclamer l'affranchiffemen: des efclaves 5 mais
cela me donne occafion de faire une réfexion aux colons.
Iis ont dit dans les débats, Nous n'accufons pas ies commiffaires pour T'afranchiffemenr des efclaves; nous ne les
accufons pas pour l'efret du décret du 16 Fluvidfe: & cependant vous voyez aujourd'hui que la caufe de la haine
des colons eft relarive à leur préendue propricté penfante,
dourer à la-fin de la
comme vous n'aurez pas lieu d'en
de
diicuilion, & lorfque nous ferons venus à la par.ie
l'accufatien qui concerne ces prérendues proprictés penfantes. colons de
Je reviens à la queftion & à la fomma.ion aux
pofer les faits qui motivent le premier chef d'accufation;
car fi les colons divaguent fans celle, nous fer nS ici comme
des vidtimes expolées aux bétes; neus ne ferions, autre 4
chofe que des hommes qu'on égorgera par des divagations des
continuelles. Je demande qu'on entoure ici les acculés
formes proteétrices : nous fommes ici accufés; nous demandons que les accufateurs pofentl leurs moufs d'accufation,
& nous répondrons.
divague ici, c'eft Sonthonax.
Brulley : Siquelqu'un été
ici de favoir fi ies commiffaires'
Il n'a point bien
queftion fait d'affranchir les efclaves;" & l'on
avoient
ou mal
nous
remarquera: s par l'ordre que nous obferverons, que les chefs
n'avens l'intentien de divaguer ni de confondre
d'accufation 5 mais il a. été queftion fculement de mettre €11core une fois ( car déja cela nous eft arrivé), de mettre,
dis-je, Poiverel & Sonthonax en contradiction avec euxmêmes. Il a été queficn de vous préfenrer ces hoimes,
taitôt difent qu'ils Ont eu miffion de préparerl la liberté
graduclle qui
des eiclaves, tanrd jurant dans d'autres proclamations de mourir plutôt que d'obtempérer à un décret de
la Convention naticnaie. déja
que cela étoit faux.
Polyerel : Nous avons
prouvé
Bruliey: Les ciroyens commillaires fon: évidemment en
contradicion avec eux-mémes. Le pronier chefd'acculation
eft que non * jeulement Polverel 8c Sonthonex n'ont
exécs:é la loi du 4 avril, qui étoit le premier objer de EC2
miihon > mais fe font encore oppofés à Texécuricn de cette
loi. Les diiiérentes preuves que lon va vous foumettre à
el : Nous avons
prouvé
Bruliey: Les ciroyens commillaires fon: évidemment en
contradicion avec eux-mémes. Le pronier chefd'acculation
eft que non * jeulement Polverel 8c Sonthonex n'ont
exécs:é la loi du 4 avril, qui étoit le premier objer de EC2
miihon > mais fe font encore oppofés à Texécuricn de cette
loi. Les diiiérentes preuves que lon va vous foumettre à --- Page 25 ---
Tappui de ce premier chef, vont être érayées chacune fur
les lettres & proclamations de Polverel & de Sonthonax,
Ce font là les bales que nous prenons; nous ne nous en
écarterons point : nous renfermerons même les commiflaires
dans la difcuflion de leurs propres actes, de leurs propres
lettres officielles.
La féance eft levée.
Lc regiftre des préfences ef figné : J. Pa. GARRAN ;
Préfident ; LECOINTE (des Deux -
Secrétaire ;
LANTHENAS, FoucHé (de Nantes), DR RABAUT,
GREGOIRE,
B --- Page 26 ---
Du 27 Ventôfe, l'an troifème de la République françaife;
Lne 6 indivifible.
ONar lequre des débars recueillis dans la féance d'hier
la rédaction en'eft adopiée.
:
Polverel: : Citoyens, je m'érois propofé de vous préfenter
aujourd'hni Tanalyfe des adtes contenant les présendus
voirs des colons pour nous accuier; mais l'état de foibleffe pouauquel je fixis téduit dans ce moment ne me permer
d'aller julcu'au bour:j je prendrai le parti de refnettre mes pas
extraits à Sonthonax, qui aura la complaifance de les lire
demain àl'ouverture de la feunce.J'efpère que vous voudrez
bien lui accorder la parole pour cet objet.
Bralley : D'après un arrêré de la commiflion, il eft ftatué
des' que l'en ne prijugera rien fur la qualité dos accufateurs &
accufes : Polverel & Sonthonax eux-mêmes ont
de cet arrêté contre nous pour arrêtar la difcuflion fur profité nos
pouvoirs; d'aprés cela, nous regardons comme perdu le
temps qu'on pafferoit à une difcullion de cette
foit
verbale, foir par écrit, d'xutant plus que nous nous efpèce, fcmmes
portés accufateurs individucis; ainfi to:te difcutlion fur les
pouvcirs doit être clole, RUX termes mémes de l'arrêté de
la commiflion, & nous rélamons que la difouflion entamée
fur l'aôe d'accufation ne foit pas interrompue.
Claifon : Ce fonr eux-mêmes qui ont demandé qu'on
fupprimàc toute difcuffion anérieure à l'adte d'accufation.
Polverel: Ce n'eft fans doute pas en vain que la commilion a ordonné que les adlos contenant les préren-lus
voirs des accufarurs nous ferciont communiqués poupréliminaire dans toute accuiation ef d'examiner : lobjet
les pouvoirs de celui qui accule aul nom d'aurrui. quels font
ne prérendons pas que la commiffion rende un jugement Nous
kic e Tulc pour déclarer que ics citoyens colons ne font
ufation.
Polverel: Ce n'eft fans doute pas en vain que la commilion a ordonné que les adlos contenant les préren-lus
voirs des accufarurs nous ferciont communiqués poupréliminaire dans toute accuiation ef d'examiner : lobjet
les pouvoirs de celui qui accule aul nom d'aurrui. quels font
ne prérendons pas que la commiffion rende un jugement Nous
kic e Tulc pour déclarer que ics citoyens colons ne font --- Page 27 ---
point autorifés à porter une accufarion au nom d'autrui :
nous les tenous ici comme accutateurs individucls; nous
fuivrons avec eux, en cette quaiité, chaque chet d'accufation : mais comme nous a vons pris communication des actes
dans lefquels ils prétendent que font contenus leurs pouvoirs de nous accufer; comme il ne doit pas nous être
iadifférent d'avoir pour accufateurs quinze mille colons, ou
de n'en avoir que neuf ou dix, je crois que la commif on
ne peut pas nous interdire de mettre fous fes yenx le réfular deleurs propres aétes, fur ce:ie quedionpdliminaite,
qui eft de favoir s'ils font, oui ou non, chargés de nous
accufer au nom d'aurni, OL s'ils feront rédoits, oui ou
non, à leur fimple qualité d'accufateurs individuels,
Brulley: La commillion des colonics a les pouvoirs fous
les yeux; clle eft invefie du droit de ftatuer fur ncs pouvoirs,
d'en faire fon rapport à la Conventicn lerquilys aura licu:
mais que Folverel & Sonthonax trouvent les pouvoirs défrétucux ou qu'ils les trouve nt valides, cela ne doir apporter
aucun doure iur leurs adtes. Nous demandons donc que,
fans quil foit intercalé aucune difcuflion étranglre, on
pourfuive Taccufation portée contre Polverel & Sonthonax,
& bafée far leurs aétes.
La commiflion fe retire pour délibérer. Elle rentre.
Le préfident dit:
cc La commiflion des colonies . confidérant que les ci-.,
toyens colons accufent Polverel& Sonthonax, non-feulement
en leur nom particulier, mais encore au nom & comme fe
difan: chargés de pouvoirs d'un grand nombre d'habitans de
Saint-Domingte 5 que par la ils donnent à leur accufation
plus d'importance & de gravité ;
>> Qush Convention nationale, en ajorrnant fa décifion
fnr la qualité prife par les citoyens rolns, a voula que la
commiflion des colonirs, par tous les moyens poilbics, la
mit à même de prononcer far ces pouvoirs avec cornoiffance de caufe & 8'une manière conforme à la juftice &
à la vérité;
> Que déja les pièces que les colons difent contenir lenrs
pouvoirs ont été communiquéos à Poiverel &c à Sonthonax,
après avoir été mifes aux débats:
> Que ces pièces ayant été miles aux débats, la comB+
a voula que la
commiflion des colonirs, par tous les moyens poilbics, la
mit à même de prononcer far ces pouvoirs avec cornoiffance de caufe & 8'une manière conforme à la juftice &
à la vérité;
> Que déja les pièces que les colons difent contenir lenrs
pouvoirs ont été communiquéos à Poiverel &c à Sonthonax,
après avoir été mifes aux débats:
> Que ces pièces ayant été miles aux débats, la comB+ --- Page 28 ---
miflion ne peut pas intérdire aux accufés la faculté de lee
difcurer:
>, Arrête que Sonthonax aura la parole demain
cet
objet. 3>
pour
La commiffion invite le citoyen Scnthonax à fe ferrer le
plus qu'il pourm fur cet objet.
Sontho.ax: T'ai à faire une demande d'ordre. Hier j'ai
vu Thomas Millet, lorfqu'il prenoir la parolg dérouler
un très- gros volume de quinze pages de minutes in-folio:
Thomas Millet a coutume > toutes les fois qu'il parle dans
les débars, de lire des difcours préparés depuis deux ou trois
ans, colporrés-à h Nouvell-Amgleere & en France. Je
ne crois pas qu'il ait été dans l'inention de la Convention,
en ouvrant les débats entre les accufareurs & les accufés,
que lcs accufareurs auroient la facul:é de venir lire ici des
difcours préparés conre les nccutés, d'embarraffer enfuite
les accufés par des interpellations, lorfque les accufés fe
contentent de fe défendre de mémcires je crois au contraire
que l'intention de la Convenion a été de donner aux débats
la forme
ont dans les trbenaux olt ils fon: érab'is. Je
demande
que la facukté de
g0de
lire foit interdite aux accufateurs & aux accufés.
Th. Millec: Je répondrai très-brièvement à ce que vient
de dire Sonthonax. Je ne fuis ni légifte, ni publicifte; ni
rhéteur : j'aià exprimer des idées qui font épineufes,
ont befoin d'ètre réféchios; j'apporre des notes que qui j'ai
écrites & auxquelles je mélerai des réflexions, comme je le
fais queinuefois.
Lpréfdene: Tu as la parole.
So-chonar:Je demande qu'il foit conftité que Thomas
Millet lir.
Le préfdent : On ne peut pas conftater qu'il lit avant de
favoir s'il lira.
Th. Millet : Nous avons accufé Polverel & Sonthonax
de n'avoir pas exécuiré la loi du 4 avril 1792, qui étoit
Tobiet exprès d- leur million; nous les avons accufés même
de s'èrre oppofés à fon exécution : voilà le premier chef
d'accufarion dont nous allons commencer le développement.
Taia prouver que lcs aétes de Polverel & Sonthonax, qu'ils
préfentent comme lexécution littérale de ia loi, font au
ufé Polverel & Sonthonax
de n'avoir pas exécuiré la loi du 4 avril 1792, qui étoit
Tobiet exprès d- leur million; nous les avons accufés même
de s'èrre oppofés à fon exécution : voilà le premier chef
d'accufarion dont nous allons commencer le développement.
Taia prouver que lcs aétes de Polverel & Sonthonax, qu'ils
préfentent comme lexécution littérale de ia loi, font au --- Page 29 ---
eontraire une infraction formelle aux principes de la loi. Pour
difcurer ces queftions de droit public, je n'ai pas cru devoir
m'en rapporter à ma mémoire : la matière eft abftraite, elle
eft épineufe, elle a exigé de moi de profondes méditarions;
je les ai donc mifes par écrit; ce que je tiens à la main font
done des développemens écrirs que je prie les citoyens tachygraphes de recueillir, parce quej'y ajouterai des réfexions
qui réfulteront de la difcuflion.
La loi du 4 avril dit, article premier, qu'immédiatement
après la publication du décret, il fera procédé > dans chacune des municipalirés des ifcs du Vent & fous le Vent, à
la rééleétion des alfemblées coloniales. La loi du 4 avril ordonnoit donc la rélleétion immédiate d'une aflemblée coloniale; cette vclonté nationale, politivement & formellement
exprimée , ne pouvoit donc laiffer à Polverel & à Sonthonax, , agens du' pouvoir exécutif, la faculté d'interpréter ni
de commenter la loi, & de fubftituer fur-tout d'autres aggrégations de citoyens à cette aflemblée coloniale. Je me
garderai bien de difpurer aux commiflires civils le droit
de fufpendre, de deftituer même l'affemblée coloniale exiftante à leur arrivée : je fais que la loi étoit précife à cet
égard; car vous avez entendu, dans l'article IV, que ces
commiffaires font autorifés à prononcer la fufpenfion même
del'affembiée coloniale; mais vous avez entenda qu'ils doivent
prendre toutes les mefures néce Maires pour accélérer la convocation des aflemblées paroifliales &c y entretenir l'ordre
& la paix. Il n'eft pas poflible d'expliquer l'intention de la
loi autrement que par ceci : quil ne fera permis de fufpendre l'affemblée coloniale qu'à la charge de convoquer
fur-le-champ les aflemblées paroiffiales, qui, à Saint-Domingue, font effedlivement les aflemblées primaires, pour
procéder à la rééledtion d'une affemblée coloniale. Vous
avez aufli enrendu, par la lecture des inftructions
vous
qui
ont été foumifes, que c'étoir pofitivement l'intention
du pouvoir exécutif dans les inftructions qui ont été reiifes
à Polverel & Sonthonax. Il eft donc vrai de dire, après ces
expreflions, que l'on ne peut préfumer que l'autorité légiflative ait voulu
Saint-Domingue reflàt un feul moment
à la difpolition Sbratiar d'agens de la puiffance exécutrice,
qu'elle ait voulu remettre un feul inftant entre les mains
'étoir pofitivement l'intention
du pouvoir exécutif dans les inftructions qui ont été reiifes
à Polverel & Sonthonax. Il eft donc vrai de dire, après ces
expreflions, que l'on ne peut préfumer que l'autorité légiflative ait voulu
Saint-Domingue reflàt un feul moment
à la difpolition Sbratiar d'agens de la puiffance exécutrice,
qu'elle ait voulu remettre un feul inftant entre les mains --- Page 30 ---
de fes
une antori:é que la narion venoit de reconquérir, REPE exprafiuns, oprèshi publication de la loi, ilfera
procézs à la réstedion de Leagemblse coloniale, annoncend évidemmene quo lintention de l'atemblée narionale é:oit ma;
nifcftement exprimee, que Saint-Damingue ait une repréfentation légale fans délai, cu au moins dans le plus court
délai, &
conféquent que l'affemblée. coloniale, fnteile
même CtAE ne far fufpenduc ou diffoute que pour
être remplacée par une autre. Folvercl & Sonthonax ne
manqueront pas dovous dire que cette repréfentauon n ercit
plus légale, 3 puifqu'elle n'étoit pas compofée des élémens
preferits par la nouvelle loi. Mais, citoyens, les droits de
Téligibiliné pour la Convenion nationale n'éroient pas aitreints aux mêmes conditionsque les affembiées précldentes:
les éllmens qui devoient coopérer à la formation de la Convention nationale n'étoienr plus cenx qui avoient fermé
T'affembiée légidative exiflanro.Ilen étoit ainfi de l'affenbiée
coloniele. Si après aveir déterminé cette extention des élémens de la Convontion, Onl avoit conclu que T'affemblée
légiflative n'étoir lus légale; qu'en artendant la forma ion
de la Convention, elleidevoit être fufpendue ou cafiéc, ou,
pour me fervir des exrrefions de Sonthonax, qu'eile devojt
être chaffée, mife à la porte par ccin feul qu'elle n'ctoit
pas formée des élémens preferits par la demnière loi, quel
renverfemen: d'ordre, qu.lle borrible enerchie auroient été
la fuite de cette mefure! quelle dictature ne fo fcrvit Dis
établie dans cer intervallet Yous verrezs - parla fuite des debats,que ceft cetre rerrible euerité didatoriale, fubfinée
entre ls mains de Poiverel & Senchonax à Pautori:é nationale, qui, comme un iorent de feu de de fang, a tOuE
dévafé. Polvere! & Sonthonar dirpnr-ils encore que cotte
affemblée ércit crimind lie, qu'il Jeur Oroit impefibie da la
laifer fubifter dans les fonc'ions? Vous avez V11, dansle
cours des débnts, que cette affomblée coleniaie avant foumis
la féde de fes oplzations & de fes ackes à Pebarel &
Scurhonax, ceux-ci lei frent des remercienens. Ouoique
Sonthennx, pardonnez fije le répète, ait marqué fon peu
de ripeét pourles infiturions populaires, air indécemment
dit ici qu'il avoir challé cotte aliemblée colouiale,, 2 qu'il
Tavoit mile à, la porte, il n'en refera pas moins vrai que
blée coleniaie avant foumis
la féde de fes oplzations & de fes ackes à Pebarel &
Scurhonax, ceux-ci lei frent des remercienens. Ouoique
Sonthennx, pardonnez fije le répète, ait marqué fon peu
de ripeét pourles infiturions populaires, air indécemment
dit ici qu'il avoir challé cotte aliemblée colouiale,, 2 qu'il
Tavoit mile à, la porte, il n'en refera pas moins vrai que --- Page 31 ---
des remerciemens lui ont été faits, par un adte folomnel :
aurhentique , par des hommes revésusd'un caractère tel que
celui qui environnoit Polverel & Sonchonax, & fur-tou:
après l'examen de ces actes 5 ce qui prouve fans réplique
que cette allemblée avoit mériré & continué de mériter la
confance publique-de la partie françaife de Saine-Domingde,
celle de l'aflemblés nationale, celle de la nation françaile
entière 3 il n'étoit donc pas dans l'elprir de la loi de challer
cette affemblée ccloniale, de la mettre à la porte avanr d'en
avoir formé une aure; iln'y avoit pas même de
dans' fes actes, puifqu' i'clle tut remerciée par
qui éroient
ELRSST
chargés de la juger. Mais sles commiffaires civils
Polverel & Sonthonax ne vouloient pas d'atiemblée coloniale, Sonthonax for-rout, qui, le 9 décembre 1792, fe
difant revêru d'une dictature coloniale, ne vouloit pas que
la furveillance d'une auroricé légirime mit des bornes aux
entreprifes de fa puiffince dictaroriale. Je le répète, citoyens 3 les commillaires civils ne vouloient point d'allemblée
coloninle, & j'en trouve la preuve dans leur. condvite fub
féquente 5 ils ont teujours dit quele genre de popalaion de
la partie françuife de Sain -Dofningue expefotrfatlembile CO
loniale à être compofcedf'elemens vicieux. Onne fauroit mettre
en doute qu'ils ont purgé cette population par des moyciis
violens & tels que ce qui en ércis reité € devoit errc, dans
leur fens, bicn per; Ls déporrations, les proferiptions,
le for &1 la Hamme ont da frire diffsareitre Ce qu'il yavoir,
felon eux, de défectoux dans ces éléinens. Cependant, après
avoir déporté, chaffe, profcrit, égorgé, fulillé, mitaill,
noyé ces culivateurs induftrisux dont l'activiré enretencit
le commerce & la marine, ces culivateurs indufhicux qu'.ls
appellenr ici les hautes paiflinces de la colonie de SaintDomingne; les nobles de la
les prinees colons,
comme à Lyon, à Bordeaux, PE Nanres, à Paris,
rainer la forrune rublique en tuant les ferrunts - pardcu- poTr
leres & Tindafrie, en égorgeant . .
.
Sonthonux : J'obferve a la commitlion que ce n'et roint
là la queftion; que fi lo citoyen veur traurer la magitie CS
noysides, il reinetre sur-le-chump fur le burcan les itcès
qui appnient fes allégarions.
Th. Millec:Je remarquerai que, fac la demandeJeSontho
rune rublique en tuant les ferrunts - pardcu- poTr
leres & Tindafrie, en égorgeant . .
.
Sonthonux : J'obferve a la commitlion que ce n'et roint
là la queftion; que fi lo citoyen veur traurer la magitie CS
noysides, il reinetre sur-le-chump fur le burcan les itcès
qui appnient fes allégarions.
Th. Millec:Je remarquerai que, fac la demandeJeSontho --- Page 32 ---
28.
nax même, ila été dit qu'on ne feroit pas interrompu dans
la difcuflion. Ce que je dis ici font des induétions par lefdans quelles je vais vous prouver que Polverel & Son: nonax ,
leur proclamation du I 2 octobre 1792, en fubitituont
une commiflion intermédiaire à une ailemblée formnée par
la loi, ne vouloient point d'affemblée coloniale.
Sonthonax : Il n'eft donc pas queftion de noyades. Je
demande que la commiflion fixe un ordre de débats, que
ce foit
ordre de dates ou par ordre des chefs d'accufation. SO on difcute les chefs d'accufation. >
le premier
foit traité, & qu'on ne fe jette pas dans der divagations
continuelles. Il ne s'ogit pas, dans les débats, de jeter de
la défaveur fur les comiiflaires civils : fi vous aviez, de
bonnes raifons à dire, vous ne nous inculperiez pas aveç
des allégaiions vagues.
Brulley: J'obferve que mon collègue ne s'eft point écarté
un feul inftan: du premier chef d'accufation. Il préfente les
réfultais de la négligence de Polverel & de Sonthonax à
exécuter la loi du 4 avril, c'eft-à-dire à former une affemblée
coloniale ; ileftablolument dans ce premier chef, ,& il ne s'en
eft pas encore écarté un feul inftant. La fenfation que fait ce
tableau fur Polverel &c Sonthonax eft celle quils
ront
éprouvetoujours quand nous vous metrrons fous les yeux les
erimes dont ils fe font rendus coupables. Je le répète, Th.o
mas Miller ne s'eft poinr encore écarté du premier chef
d'acculation > qui eft linexécurion de la loi du 4 avril. -
Sonthonax : Nous éprouvons le (entiment de linnocence
devant la calomnie. Pailque vous avez tant de chefs d'ac
cufations, tanto d'horreurs'à nous reprocher,ne divaguez'pas
vous trouverez toujours bien l'occafion de nous accabler
puifque vous avez une fi benne caufe.
Th. Millet : J'ai dit que je voulois prouver que Sonthonax & Polverel ne vouloient pas d'alfemblee coloniale. Aprè
la terrible cataftrophe du Cap, pourquoi fonr-ils demeuré
jufqu'au 25 juin 1794 à Saine-Demingue, c'eft-à-dire, un
an, fans provoquer la formation d'une nouvelle affemblé
coloniale? Pourquei, dis-je, entourés de cette nouvelle na
tion que Sonthonax, fuivant fa letrre du 12 octobre 1792
efpéroir civilifer, n'ont-ils provequé la formation d'une nou
velle affemblée coloniale 2 qui, conformément à l'article IX
r-ils demeuré
jufqu'au 25 juin 1794 à Saine-Demingue, c'eft-à-dire, un
an, fans provoquer la formation d'une nouvelle affemblé
coloniale? Pourquei, dis-je, entourés de cette nouvelle na
tion que Sonthonax, fuivant fa letrre du 12 octobre 1792
efpéroir civilifer, n'ont-ils provequé la formation d'une nou
velle affemblée coloniale 2 qui, conformément à l'article IX --- Page 33 ---
de la loi du 4 avril 1792, devoit envoyer à la Convention
nationale fon vceu fur la conftimtion, fur l'adminiftration,
fur la légiflarion qui conviennent à leur profpérité & au
bonheur de Saint- Domingue? ? pourquoi ces ufurpations du
pouveir exécurif? lls vouloient eux-mèmes prononcer fur
la grande queftion réfervée à la puifance naticnale: c'eft
que cette puiflance fouveraine, déleguée à l'aflemblée COloniale par la loi du +avril 1792, devant être exercée par
eile, s'il en eûr exifté, Polverel & Senthonax n'aurcient pas
pus'en fifir. De même
Robefpicrre & fes complices
s'étoient failis en France de l'antorité, de toutes les branches de l'adminiftration , de même que le fanatifme d'un
côté > & le delporifime de l'autre , leur répondoient de
l'obéiffance de leurs agens & du renverlement de tout ordre:
de même , à Scint-Demingne, Polverel & Sonthenax, pour
tenir dans leurs mains les inftrumens aveugles de la confpiration qu'ils dirigoient, pour prononcer en fouverain fur
le fort de ces inftrumens, comme ils lont fait depuis, pour
préparer cet état de défoiganifarion &c d'anarchie deshommes
qui, de l'aveu de Dufay lui - même, n'entendent ni le
français..
Le préfident : A l'ordre; je t'ai déja dit que tu ne devois
pas méler ici des repréfentans du peuple.
Thomas Millet : J'ai l'honneur de vous obferver qve c'eft
del'aveu même de Dufay dans fon rapportà la Gonvenrion
natienale, & je ne dois pas être rappelé à l'ordre pour
cela.
Le préfident : Alors annonce que tu cites une pièce de
Dufay.
Senac : Son rapport a ét6 imprimé; On peut le vérifier.
Le préfident : Il ne per ut pas êrre queftion de Dufay; on
ne peur pas difcuter ici ce qui regarde un repréfentant du
peuple, car f vous aviez le droit de tirer des indudtions...
Sonzhonax : Je tirerois aufli des inductions contre des
membres de la Convention nationale, & c'eft ce que je ne
veux pas fire.
Thomas Miller : Te dis queje netire aucune induétion contre
Dufay; maisje le donne comme aurorité de ce que j'avance.
Il eft certain que Dufay , dans fon ranport à la Convention
nationale, a dit que les nègres révoltés n'entendoient ni le
car f vous aviez le droit de tirer des indudtions...
Sonzhonax : Je tirerois aufli des inductions contre des
membres de la Convention nationale, & c'eft ce que je ne
veux pas fire.
Thomas Miller : Te dis queje netire aucune induétion contre
Dufay; maisje le donne comme aurorité de ce que j'avance.
Il eft certain que Dufay , dans fon ranport à la Convention
nationale, a dit que les nègres révoltés n'entendoient ni le --- Page 34 ---
français ni la raifon, & que la plupart d'entre eux
des andhropophagessje cire ce quila dit
étoient
(Sonthonax Velit paricr.)
Le prefident : A l'ordre, croyen; (LL n'as pas la
Th. Milet: : Pour cloigner, par ce
parole,
la réiiftance
ls ennends de la République renverfenient d'ordre,
trouver Fberedit viendroient
pourroient
Folverel & Sonthonax, dis-jc, pour nont s'emparer dû de ia colcnie,
torité qui pû: furveiller ou balancer la pas lcur. Il foutitir n'en filicit d'aupas fur-tour à qui apparint Ie pouvoir
lein d'ufurper & quals onr
qu'ils avoient defpouvoir
li
nfurpé en cAet, c'eft à-dire, le
legillaof.
ne iai oir dunc pas a allenkice
niale; ils n'ont donc pas pu vouluir, isn'un: denc pas voulu coloqu'une affemblée coloniale exilar.
Senthonax:Je prie la commillion
Miller . .,
d'interpeller Thomas
Le profident : Tun'as pas la parole actucilemént
des in: erpellations: réferve-les,
pour faire
Th. Niiller : Eobelpierre & fes compiices
la Convention pour régner; par la méme recleientanéanir raifon,
& Sonrhenex ne vouloient pas d'affemblée coloniale Polverel :
méme mnain dirigea tour. Yexagération dos
la
verla les manufactures de Lyon, menaça
principes renfeille, d'une deltruction complète, Cette mémne Bordeaux, Maracheva la ruine des colonies. Kappolez-vous le mot exagérarion de Robelpierre: Périfent les olonies pluzôt que d'altérer
RCS principes ITapris ces déclumarions, fouenues enfeudda par les
déchmations de quclques cenfpirareurs fubclternes, cna
répété que les colonies ne pouvolent le conferver; que leur
régime eroirincoxpauble avec ies principes delad confituion
frangaifes le
que, par les grandes forcunes dont elles étoient
germe > elles ércicnt dangercufes & pour les mceurs &
pour los grands principes d'egalité d de isbertd: cn affitre
meme qu'elis étoient a char rge - àla: mere- parric; & le
trompé, le peuple, qui malhetureufenatint laifla à certains peupie
fadtieux qui le fubjageeren:, le foin de difcuter les principes des grandes admintfra-ieng 8 les rapports qui les
lieur; 3 le peuple enfin, fans rfcxion, fans cxamen, répeta
que les colonies éroienz à churgea la
SE sécria
de meme avcc Rebelpiene: Perifens mere-pacrie, rOS colo..ies plutd:
ghe
é, le peuple, qui malhetureufenatint laifla à certains peupie
fadtieux qui le fubjageeren:, le foin de difcuter les principes des grandes admintfra-ieng 8 les rapports qui les
lieur; 3 le peuple enfin, fans rfcxion, fans cxamen, répeta
que les colonies éroienz à churgea la
SE sécria
de meme avcc Rebelpiene: Perifens mere-pacrie, rOS colo..ies plutd:
ghe --- Page 35 ---
d: dévier d'aucun principe! De-là fon infouciance fur les
maux mncalculables qui onr affligé nos contrées; de-là les
arplaudifimens prodigués parferreur. 8 l'enthoufiaime poar
les féroces agens de
pour la ruine du coinmerce national. Çuel EC étoit alors tiomphe du confpirateur!
Quel étoi. celui du minifre britannigue ! Sans vaifleaux, 3
fans arnics, avec ce mot de Robefpierre, en mettant fur
les thédtres & en fe fervant de la peinture
préfenter
des rablecax exigérés du fort des nègres dans Fer colonies,
en foudoyant des calomniateurs contre les colons;e en fairant
circuler l ridicule inculpation d'indépendance, de louvefainete, de fcition,dfonverture de ports pour les étrangers;
en. pliénane conre oux la mère-pattic, & €n los préfensent
à leurs trères comme des enfans dénaturés, il obtenoir ce
que sent ans de guerre > d'intrigues, de ruies diplomariquer,
n'avojent PL opérer; il obicnoit enfin la ruine de nos poifelions de ou re-mer, , la ruine du commerce national,
1 ( onthonax demande la parole.)
Le prefdent : Tu ne l'as pas.
Th. Mullet : La ruine du commerce national, objet éternel
dc la jaloule de TAngleterre & de la guorre adtueile.
Le préfident : Reviens à likexécurion de la loi que tu cites s
à la Di du 4 avril.
Th. Millet: La loi qui vandalfa la France . e
: le préfdent: La commiflion, t'enjoint de revenir au premier chefd d'accufaion.
Th. Millet : M'y voici. Je croyois qu'il m'étoit permis de
faire quelques développemens qui viennent à Tappui de ce
que j'ai avancé.
Le préfident: Cela perd un temps précieux.
: Th. Milier : Je le crois très-préciux; mais ilet permis de
faire voir que les colonies .
Lepréfdlent : A l'ordr.
S The Millet : Vous allez voir que, comme Robefpierte
voulcit fubftituer à la repréfentation natiomle une commune
ignorante & confpiratrice ga'il avcir élan, qu'ii tenoitdans
fes inains, de même Polverel & Sonthonax ont fsbfirué à
laemblée coloniaie une corporatir 12 qu'ils avoient éine,
qu'ils tenoicne dans leurs mains. Polverel & Sonshonax,
parleur prociamation su I2 octobre, difont, article
C
IX,
pierte
voulcit fubftituer à la repréfentation natiomle une commune
ignorante & confpiratrice ga'il avcir élan, qu'ii tenoitdans
fes inains, de même Polverel & Sonthonax ont fsbfirué à
laemblée coloniaie une corporatir 12 qu'ils avoient éine,
qu'ils tenoicne dans leurs mains. Polverel & Sonshonax,
parleur prociamation su I2 octobre, difont, article
C
IX, --- Page 36 ---
que,le iour de la notification de la proclamation, l'affemblée coloniale élira au fcrutin & à la majorité.
(Il lit.)
Proclamation de Polyerel & Sonthonax, du 12 ottobre
1792.
ART T. IX.
ee Le jour de la notification de la préfente proclamation,
Faffemblée coloniale élira, au fcrutin & à la majoriré abfolue des fuffrages, fix de fes membr:s, lefquels formeront
une commiflion intermédiaire avec fix autres citoyens de
dinsl'allemblée coloniale,
ceux quine font point repréfentés les commilfaires nationaux cilefquels feront nommés par
vils. L'aflemblée 35
coloniale, ordonnée par la loi qui déclaroit
Turgence 2 eft donc remplacée par une autorité nommée par
Polverel & Sonthonnx, par un fantôme de repréfentation,
fous le titre de commiflion intermédiaire. Aucun décret n'ordonnoit la formation de cette commiflion intermédiaires
vous n'en avez vu. aucune trace dans les inftrudtions du
pouvoir exécurif; & par elle feule, les commillaires civils
ont donc fubftitué leur volonté à la volonté nationale, qui
ftipule expreffement qu'auflitor la promulgation du décret,
une affemblée coloniale feroit réélue : cé titre de commillion
intermédiaire annonçoir une courte exiftence del'agsrégarion
de ces ciroyens. cc La commiffion intermédiaire quiadminifirera
la colonie dans l'intervalle de la dfjolution de Laffemblie aczuelle al'inftallation de la nouv:ile", dit la proclamarion.
Elle fembloit donc d'après ccla, cette commiflion intermédiaire, ne devoir occuper que le court intervalle colo- qui
exifteroit entre la diffolution de la première aflemblée
niale > & l'organifation de la nouvelle : cependant, elle
exerçoit encore fes fonétions fur les ruines fumantes du Caps
un an après fa formation. Je ne fais à quelle époqué elle a
ceffé de l'exercer; je ne fais à qu-lle époque fixe le fantôme
d'autorité dont cile étoir revêtuc s'i & engloul i dansle gouffre
de l'autorité dictatoriale de Pulverel Sonthonax: mais je
vais vous prouver que 2 par la formation de cette commif- fion
ependant, elle
exerçoit encore fes fonétions fur les ruines fumantes du Caps
un an après fa formation. Je ne fais à quelle époqué elle a
ceffé de l'exercer; je ne fais à qu-lle époque fixe le fantôme
d'autorité dont cile étoir revêtuc s'i & engloul i dansle gouffre
de l'autorité dictatoriale de Pulverel Sonthonax: mais je
vais vous prouver que 2 par la formation de cette commif- fion --- Page 37 ---
fon intermédinire. , ils ont établi da ligne de démarcation
éteinte par la loi du 4 avril 1792, en donnant à chacune
des deux couleurs une repréienta:ion diftinéte. Jaidja fait
remarquer que le décret de convocation de l'allemblée nationale avoir étendu ie droit d'élire & d'ècre élus à une infinité de ciroyens qui, avant ceite époque, n'en jouifioient
pas. Cette melure effiça la ligne de démarcation tracée par
la confticution de 1791, qui réfervoit ce droit aux feuls
tiches; elle confondir le droit de ciroyen français dans le
droit commun, & ne forma pius qu'sn leul & même élément
dlans le corps focial, & par conféquent pour Téledtion des
corps conftitués. Ce principe pofe, je fuppofe qu'une loi
ait ftarué
2 pour concourir à la formation de Tallemblée
nationale, :; priilégiés par la confirution de 1791 éliroient
la moitié des députés parmi eux, &quelàurre moiié feroir
élue
les citoyens qui venoient d'obtenir le droit d'élire
& EREL élus: cette loi n'ett-elle pas été abfurde, n'eitelle pas détruit le principe qui venoit de confondre rous les
-droits dansle droit commun, le; principe qui venoit de former
un feul élément dans le corps focial; n'ett-elle pas érabli
un droit, dès prérogacives ditid@rs,n'etr-clle pas tracé une
ligne de démarcation entre cette fortes d'ariftgerates appelés
ciroyens actifs & ceux qui venoient d'être faits ciroyens?
Qui calculera tous les maux qui auroient néceffirement
éré la fuite d'une détermination aulli extraordinaite & aufli
liberticide : D'abord, elle eût établi deux partis dans la Convention nationale, > les ci-devant privilégiés & les nouveaux
neitoyens; elle eût mécontenté tous les ciroyens > qui, d'un
coré, n'auroient
vu cette élection comme un acte
& des députés Ee chacune des clafles des citoyens jufte, diftingués par la loi. Si l'une des- claffes fe trouvoit compolée uniquement de privilégiés, on eût violé le mode de
eischione la confervation - des principes de l'égainé; on
edt préfenté peut-ètre aux nouveaux citoyens le mécontenotement des anciens, comme un témbignage du chagrin de
avoir les pauvres aflimilés aux riches; on edt Vit enfin le
renverfement del tout ordre; détout fyftême focial,Tanarchie,
ela guerre: civile; la ruine de la République. Eh bien ! cieroyens, ce qui feroit arrivé en France fi une, aufli
umalure L elt été adoptée, eft arrivé à
étrange
Tom: IV. Trente-deuxi.me liyraifon. Saint-Doeingue, C
du chagrin de
avoir les pauvres aflimilés aux riches; on edt Vit enfin le
renverfement del tout ordre; détout fyftême focial,Tanarchie,
ela guerre: civile; la ruine de la République. Eh bien ! cieroyens, ce qui feroit arrivé en France fi une, aufli
umalure L elt été adoptée, eft arrivé à
étrange
Tom: IV. Trente-deuxi.me liyraifon. Saint-Doeingue, C --- Page 38 ---
parce qu'elle y a été employée. En donnant dans la
miflion intermédiaire, à chacune des
come
fentauon diftinéte, Poiverel & Sonthonax couleurs,. une repréqu'une loi déja exiftante avoit formé; ils ontbrilél le failceau
citoyens de couleur des divifions déja étouffées ont femé entre les
ils ont fur-tout abufé de l'ignorance des hommes
la Joi;
dans ce
IPco couleur,
qui,
procédé (frite de la violation du
ces principes ), les ont fecondés de tous leuis premier efiorts de
croyant toujours voir, dans cette organifation de la com- >
milftor intermédiaire, l'exécution de la
une repréfentation
loi, parce qu'ilsavoient
égale en nombre à celle des
Vainement Polverel & Sonrhonax.dirone-ils
blancs.
aux ciroyens blancs & aux ci.oyens de
qu'en donnant
fentation égale en nombre, ils ont refped couleur dté l'egaliné une de repré- leurs
droits: je répondrai que c'eft par là même
ont
dans leurs principes, les droits des' ciroyens qu'ils de
violé, de
l'auue
l'une &
couleur; car ces droits ne confiftoient
avoir
une repréfenration diftinéte, égale en nombre, pas mais à
fondue dans le droit commun; ils ne formoient tous con- enfemble, nègres, mulâtres & blanes,. qu'un feul élénient
pour le corps focial, & par conféquent pour l'éleétion des
autorités conftituées ; & lorique Polverel & Sonthonax
viennent vous parler ici de la diflinétion érablie entre. ceux
qu'ils de
appellent toujours les princes colons, & les hommes
couleur, qu'ils appellent exclufivement le
vous
le demande, ciroyens, cette diflinétion eft-elle peuple, je
ces prétendus princes
l'onvrage de
verel &
colons, qui, àvant l'arrivée de PolSonthonax, & de leur propre aveu, > avoient tout
foir pour l'exécurion de la loi, 2voient tout fait
le
maintien de l'ordre &c de la paix? Or, cette diftinclion pour eft
l'ouvrage lonté
de ceux qui ont fublirué leur volonté à Ja Vonationale , qui viclant les princines de la loi, ont
prononcé une ligne de démarcation.
lcs citoyens des deux couleurs, ligne précile, de
> formelle entre
effacée par une loi exécutée. Il refte démarcation, donc démontré dis-je,
Polverel & Sonthonax ont en ce point violé la loi que
avril. Je vais vous
du 4
démontrer, je vais vous
ont ufurpé les droits du peuple, en nommant prouver. eux-mèmes qu'ils
fix ciroyens de couleur qui formoient la moitié des membres
compofant la commiflion intermédiaire. Vous avez déja vu
de
> formelle entre
effacée par une loi exécutée. Il refte démarcation, donc démontré dis-je,
Polverel & Sonthonax ont en ce point violé la loi que
avril. Je vais vous
du 4
démontrer, je vais vous
ont ufurpé les droits du peuple, en nommant prouver. eux-mèmes qu'ils
fix ciroyens de couleur qui formoient la moitié des membres
compofant la commiflion intermédiaire. Vous avez déja vu --- Page 39 ---
à Tarticle IX de lour proclamation du 12 octobre 1792,
ou ils difent que les fix autres membres qui concourront
à la formation de la commitlion intermédinire, feront pris
parmi les citoyens qui ne font pas repréiencés dans Yafiemblée coloniale, lefquels feront nommés par les commiffaires nationaux civils. Polverel & Sonthonax ont porté
atteinte a la fouvcraineré du peuple, en élifant eux-mèmes
les fix hommes de couleur qui ont concouru à la formation
de la ccmmifion inzermédiaire. Sous quelque point de vue
envifage cette efpèce de repréfentacion coloniale, il
d toujours certain qu'eile devoit être élse par le peupie.
Il n'ef pas befoin de longs développeruens pour prouver
que de (imples agens du" pouvoir exécutif n1e pouvoient pas
mettre leur volonté à la place du fuffrage libre des communes légalement convoquées, & conformément à la loi
don: lexécution lcur étoit confiéc. En vain Polverel &c Sonthonax argucroient - ils du gouvernement révolutionnaire :
les mefures adop:ées par ce genre de gouvernement n'ont
pu l'ètre à Saint-Domingue, oà la loi n'étoit pas' officiellement connue. Ce-goqvernement révolutionnaire, au furrplus, n'exiftoit pas encore à l'époque du 12 oétobre 1792,
époque de la formation de cette commiflion intermédiaire;
& eit-il exifté, il n'a'conférd lc droit d'élire qu'aux feuls
repréfentans du peuple, & non pas aux agens du pouvoir
exésurif: encore ce droit fe bornoit - ilau choix desmembres
des corps adminiftratifs & municipaux; ou fi-les agens du
pouvoir exécutif ont été autorifés à élire, ils Font été par
des autorifations fpéciales que vous n'avez pas- vues dans la
loi du 4 avril, ni dans celie du 22 juin, ni dans les inftructions du pouvoir exécurif: autorifations que par conféquent ils n ont jamais reçues, fur-tour en ce qui concerne les affemblées légiflarives. Il eft donc démontré que
Polverel & Sonthonax ne peuvent pas s'autorifer du gouvernement révolutionnaire : d'abord, parce qu'il n'exiftoit
pas; 2°. parce que 5 agens du pouvoir exécurif, ils ne
peuvent fe prévaloir des droits réfervés aux feuls repréfentans du peuple 5 & ce qui ajoute à leur ufupation, de >
c'eft que ces fix hommes de couleur n'étoient pas même
dans la claffe de ceux que des repréientans du peuple autoient pu élire, parce quils concourcient à la formation
C 2
naire : d'abord, parce qu'il n'exiftoit
pas; 2°. parce que 5 agens du pouvoir exécurif, ils ne
peuvent fe prévaloir des droits réfervés aux feuls repréfentans du peuple 5 & ce qui ajoute à leur ufupation, de >
c'eft que ces fix hommes de couleur n'étoient pas même
dans la claffe de ceux que des repréientans du peuple autoient pu élire, parce quils concourcient à la formation
C 2 --- Page 40 ---
d'un corps revêtu de la fonétion légiflative. Il demeure
donc prouvé que Polverel & Sonthonax ont fur ce point
violé la loi du 4 avril, & qu'ils ont ufurpé la fouveraineté
du peuple. Je vais prouver comment ils ont violé la loi, en
forçant l'affemblée coloniale de nommer fix de fes merbres
pour concourir à la formation de la commnillion intermédiaire.
Sonthonax : Je demande à faire une obfervation fur une
phrafe qui ne m'a pas paru bien claire.' Th. Millet vient
de vous dire que les membres de la commiflion intermédiaire étoient revêtus du pouvoir légiflatif. Je le prie de
s'expliquer.
Le prefident : Ceci viendra dans i fuite.
Th. Miller: Cela va venir.
Plufteurs colons : Cela va venir tout-à-l'heure.
Lncointe, (inembre de ia commiflion ) :Je crois que dans
l'ordre des débats, lorfqu'il y a une interpellation de faite à
quelqu'tn, tous les autres membres ne doivént pas prendre
la parole: : fans quoi, il y aura une confufion fingulière dans
a les débars.
Th. Millet : Je vais répondre à l'inrerpellation qui m'eft
faite pir les adtes mêmes de P'olverel & Sonthonax. J'ai
dit que j'allois expliquer cominent ils ont enfreint cette loi,
Enl forçant l'aflembiée coloniale d'élire fix de fes membres
pour' concourir à la formation de la commiflion intermédiaire. Je vois dans leur proclamation du I2 octobre, toujours arr. IX, que le jour de la publication de la préfente
proclamation. > l'afiemblée coloniale élirà au fcrutin & à la
majerré abfolue des fuilrages fix de fes membres, lefquels
"foumérent une commiffion intermédiaire.. 11 n'eft pas encore
befoin d'un long déveloprement pour prouver Tinterve erfion
du principe quia dicté cette mefure, qui eft encore C11 cllemême une violation de la loi du 4 avrii. Ti eft bien évident
qu'aucun corps confizué n'a le droit d'élire celui qui doit le
remplacer.
Ces fx membres choifis dans Paffemblée coloniale par
l'ordre de Polvenel & Sonthonax > n'éroient point les repréfentans du peaple français de Saint-1 Domingue, mais
de fimples. commiffaires de l'affemblée coloniale élus par
*olverel & Sonthonax, qui oidonioient la dillolution de
avrii. Ti eft bien évident
qu'aucun corps confizué n'a le droit d'élire celui qui doit le
remplacer.
Ces fx membres choifis dans Paffemblée coloniale par
l'ordre de Polvenel & Sonthonax > n'éroient point les repréfentans du peaple français de Saint-1 Domingue, mais
de fimples. commiffaires de l'affemblée coloniale élus par
*olverel & Sonthonax, qui oidonioient la dillolution de --- Page 41 ---
eette affemblée coloniale, parce qu'elle ne fe trouvoit
formée par les élémens prefcrits par ia nouvelle loi. plus
Pouvoient-i ils lui ordonner de choifir dans fon fein fix
membres pour concourir à la formation d'une commiflion
intermédiaire ? Non, fans doute; car l'affemblée coloniale
n'étoit pas formée dans l'efpric de la loi du 4 avril : aucune émanarion comme aucun adte de cette affemblée ne
pouvoient plus être conformes à cette loi. De ceci il réfule donc que Polverel & Sonthonax, en ordonnant àlaf
femblée coloniale de nommer fix de fes membres pour la
formation de la commiflion intermédiaure, ont exigé qu'elle
portit aiteinte aux droits conditutionnels réfervés au
celui de nommer fes repréfentans dans les allimblées peuple, de
communes légalement convoquées: Ils ont exigéd'clle
violit les principes de la loi du 4 avril 1792,, puifque n'étant qu'elle
pas elles-mèmes élues fuivant cette loi, les fix membres
pris dans fon fein ne tencient pas Jeur caractère
ne tenoient pas leurs pouvoirs d'affemblérs
imées d'élémens
primaires,
Mre:
prefcrits par la nouvelle loi qu'il filloit alors
exécurer, & dont l'exécution étoir lobjet formel de la
mifion de Polverel & Sonthonax. J'ai donc prouvé de leur
part une quatrième viclation de la loi du 4 avril
Je vais dire comment ils ont arbitrairement atibué a
commillion intermédiaire
le droit de décider toutes les
quefhons qui auroient été de la compétence de l'allemblée
coloniale. Entr'aurres attributions données par Polverel &
Sonthonax à la commiffion intermédinire, je vois, art. XI:
Qu'elle décidera de toutes les queflions qai auroient été de
la compétence de Lafferblée coloriale. J'ai furfifamment prouvé
que les membres compofant la commillion incermédiaire ne
tenoient pas leurs pouyoirs du peuple français de Saint-:
Domingue; ils n'exiftoient que par la volonté d'agens du
pouvoir exécutif qui en avoient fixé le
qui en
avoient réglé l'éliction, ou qui, contre tous nombre,, les
les avoient élus eux - mêmes. Il elt été diffi.ile en principes, conftitution d'établir les fonctions, les attributions, la mefure
des pouvoirs d'une aufli étrange corporation; mais Polverel
& Sonthonax, qui viloient à la dickature, ne furent pas
plus embarralfés fur cette queftion que fur le refte. Je
viens l'obfervation de Polverel, Il n'a pas concouru à TECES
C 3
,, les
les avoient élus eux - mêmes. Il elt été diffi.ile en principes, conftitution d'établir les fonctions, les attributions, la mefure
des pouvoirs d'une aufli étrange corporation; mais Polverel
& Sonthonax, qui viloient à la dickature, ne furent pas
plus embarralfés fur cette queftion que fur le refte. Je
viens l'obfervation de Polverel, Il n'a pas concouru à TECES
C 3 --- Page 42 ---
;8
lequel Sonthonax, le 9 décembre 1791, fe dit revéru
Rer ia dictature coloniale; mais je lej réponds d'avance
qu'ayant, avec fon collegue, une miffion commune, > il
avoit aufli avec lui une relponfabilité commune. Quand il
me monuera unl acte par lequel il improuve ou défavoue
ce titre pris Par Sonthonax, par lequel il dénonce ou improuve cette uferpation d'auicrité, je croirai qu'il n'ya pas
Eris part.
Sonthonax: Je prie Millet de mettre, fur le bureau l'acte
par lequel j'ai
le titre de dictareur.
Les colons: pate proclamation dug décembre 1792.
Th. Millet : Je vais remettre fur le bureau la proclamation de Sonthomx: en date du 9 décembre, dans laquelle
il fe dit revéu de la dictiture coloniale. Je difois que les
commifiaires civils, en ce qui cencerne les pouvoirs qu'ils
donnoien: à cette commiflion inrermédinire,, ne furcne pas
embarraflès de les régler. Je me rarpelle ici ce que dit
Chauerte dans fa dépofirion au tribrnal révolutionnaire,
de la grande latitude que leur donnoint leurs inflructions;
& en effer, ils attribuèrenr à cetre commillicn intormédiaire
le droit de déeider de toures les quettions qui auroient été
de la compétence de l'affemblée colonialc: de forte que de
fimples agens du pouvoir exécutif donnèrent à cette étrange
corporation quilsaveient élue, des pouvoirs dont les élémens
ne iont que dans le peuple fouverain, c'eft-à-dire, la faculré
légiflative; Car ia décilion des queftions qui étoient de la
compérênce de l'affemblée coloniale, devoit néceffairement
& expraflément s'enrendre de la faculté réfervée aux affemblées coloniales, par les lois du 28 feptembre 1791 & 4
avril 1792, de ftatuer définitivemear fur le fort des
fonnes non-libres.
perPage: Je vais répondre à Tinterpellation de Sonthonax. Sa
proclamation eft du 9 décembre 1792.
Polverel : J'en demande leeture 5 parce que je ne la connois
pas.
(Page"lir:)
Au nom de la loi . 0
Sonthonax : Je demande qu'elle foit lue entièrement.
(On la lit.)
is du 28 feptembre 1791 & 4
avril 1792, de ftatuer définitivemear fur le fort des
fonnes non-libres.
perPage: Je vais répondre à Tinterpellation de Sonthonax. Sa
proclamation eft du 9 décembre 1792.
Polverel : J'en demande leeture 5 parce que je ne la connois
pas.
(Page"lir:)
Au nom de la loi . 0
Sonthonax : Je demande qu'elle foit lue entièrement.
(On la lit.) --- Page 43 ---
AU NO M. DE L A NATION
Commiffion nationale ciyile.
a Nous Léger-Féliciré Sonthonax, commiffaire national
eivil délégué aux Ifles françaifes de, l'Amérique fous le-vent,
pour y rétablir l'ordre & la tranquillité publique;
>5. Confideranc-que l'état de dérreffe ou fe trouve la COlonie de Saint-Lomingne. > épuifée par la longueur d'une
guerre atroce, néceflire l'emploi des fonds que l'affemblée
nationale a mis à la difpolition du dépariement de 1a marine
fur la dette du gouvernement américain, par fon décret
du 26 juin dernier;
5 Que ce décret eft comu aux Antilles & dans le continent; que fi, pour le mettre à exécution & en faire
le bienfailant effet à la colonie de Saint -
éprouver il
falloit attendre la manifeftation officielle aux Domingue, agens de la
France auprès.du gouvernement américain, la colonie, dans
Tinervalle, pourroit être précipitée dans le goustre
lui
creufe fans cefic chaque jour la négligence ou peut-ètre que la
malveillance des miniftres;
>> Que*c'eit aus commifaires nationaux civils, inveftis
la loi du 22" juin & par celle du 17 août dernier, de
Fa dictature. coloniale, à fuppléer, en vertu de leurs pouvoirs, au filence coupable des anciens agens du pouvoir
exécutif de France, & fur-tout à faire tous leurs efforts
pour éloigner du peuple foumis à leur gouvernenent les
horribles Héaux que lui prépare la difette de vivres & de
numéraire :
>5 Requérons M. de Ternan, miniftre de France
des États-Unis d'Amérique, au nom de la nation auprès
au nom
francaile,
de la colonie de Saint-Domingue prête à
fous fes ruines, de continuer efficacement fesnégociations s'engloutir
auprès du gouvermement des Erais-Unis, pour obrenir.dudit
gouvernement; > en vertu du décret du 26 juin dernier à lui
enveyé par nous dans le courant du mois d'cétobre, le
complément de la fomme de quatre millions de livres tournois, & de faire employer ces fommes à l'acquictemenr des
dépenfes néceffaires pour lapprovinionnement de Saint-Do
mingue, & particuhèrement au paiement des traites déja
tirées par l'adminifiration de cette colonie paur le même
objet;
C+
en vertu du décret du 26 juin dernier à lui
enveyé par nous dans le courant du mois d'cétobre, le
complément de la fomme de quatre millions de livres tournois, & de faire employer ces fommes à l'acquictemenr des
dépenfes néceffaires pour lapprovinionnement de Saint-Do
mingue, & particuhèrement au paiement des traites déja
tirées par l'adminifiration de cette colonie paur le même
objet;
C+ --- Page 44 ---
5, Rendant mondir feur de Ternan refponfable del tous
les maux qui pourreient réfulter de l'inexécution de notre
réquilition, proteftant même de le
dans ce
à Ja Convention nationale & au miniftre dénoncer, des affaires étran- cas,:
géres.
>" Fait au Cap,, le 9 décembre 1792,.
55 Signés SONTHONAX, O. F. DELPICHE,
de
la commifion >.
fecréraire
Th. Millet : Vous voyez bien démontré que dans fa
clamarion du 2 décembre
proSonthonax : Je demande à répondre fur ceite prétendue
proclamarion.
Th. Millet : Que dans fa proclamation du.9 décembre
1792.
Sonthonas': Ce n'eft pas une proclamation.
Millet : Sonthonax s'étoit invefti de la dictature
niale.
coloSonthonax:Je demandela parole fur le fait.
Le préfdent : Tu l'auras enfuite 5 je te la réferve lexpre"ément.
Th, Miller: J'ai dit que la queftion compétentel de
femblée colaniale, étoit de ftatuer exprefiément fur le l'af. fort
des perfonnes non libres : cette facuiré attribuée à des
fonnes qui n'étoirnt pas revêtues de pouvoirs légaux perfans douie une ufurpation des droits du peuple, Penferiez- étoit
vous, cicorens, que je puiffe garder le flence fur cette
queftion imperrante, comme far l'exiitence de la commiffion intermedi.ire? Si mes papiers n'avoient
été1 brulés
au Cap, , je vOuS fercis voir qrinurilemcnt) j'cHayois pas
d'ér
chirerle peuple fer les entreprifes dePolverel & Sonthonaxije vOUS terois veir à cet égard que, frappéde
aucun imprimeur n'ofa imprimer une diferiation terreurs
faite fur cetre macière; je vous ferois voir un refus quej'avois de l'imprimeur Barillor, dans la crainte d'ètre Fris &
Silimprimoit la, vérité, J'atrefte cC fait par ferment déporté > & >
mon arreftarion a fuivi de près, & Scnrbonax viéntide vous
dire touc-à-Fheure, qu'il falloit in'empêcher de lire deésécrits
faits il y a deux ans à Saint-Douningue,
Il favoit que déja.à Sumnt-Domingue je Tavois accufé lui
de l'imprimeur Barillor, dans la crainte d'ètre Fris &
Silimprimoit la, vérité, J'atrefte cC fait par ferment déporté > & >
mon arreftarion a fuivi de près, & Scnrbonax viéntide vous
dire touc-à-Fheure, qu'il falloit in'empêcher de lire deésécrits
faits il y a deux ans à Saint-Douningue,
Il favoit que déja.à Sumnt-Domingue je Tavois accufé lui --- Page 45 ---
& fon collègue de ce qui fait aujourd'hui l'objet des dés
bats.
demandé qu'on empêchàt
a Sonthonax : Je. n'ai jamais
Thomas Millet de lire des pièces.
accordée à la com-
€ Th. Millet : Cette faculté légillative
des commiffaires 1
miflion intérmédiaire, jointe à lobftination
but
civils à rejeter toutes les propofitions qui avoient pour à
la réunion des affemblées primaires, viennent pofitivement mefure eft
l'appui de ce que j'ai dit, c'eft-i-dire que cette
au
la conféquence néceffaire de ce que je vous ai.expofé Soncommencement des débats. Il imporroit à Polverel &
thonax de tenir dans leurs mains le fort des inftrumens
aveugles de la confpiration qwils dirigeoient, celui des efclaves révoltés, en donnant à cette corporation dont is ditous les mouvemens le droit de fatuer fur le fort
rigeoient de
c'eft : à-dire fur le fort des perfonnes
ces libres. inftrumens, Ils étoient bien affurés , quand il en feroit
non
de lui commander les mefures qui conviendrojent
temps,
avoir
les fonclions, les attribuà leurs vues > après
réglé
coloniale , revêru
tions de ce 1 fantome de repréfentation réduit peu après aux foncd'abord de la faculté légillarive, ils l'ont enfin réduit à rien. Il n'eit
tions adminiftratives; facile de
une aflemblée
fans doute pas étéaufli
comprimer
dont les membres fur-tout n'auroient pas pu s
coloniale, >
occafionnée > foit
le dégoût, foit par
par une retraite de faire le bien 3 ater dis-je, les membres
fimpofibilité n'augoient paspu êre choifis & nommés par Polverel& Sonthonax, comme ils lont fait pour la commillion intermédiaire; la majorité des membres de cette commifion , à
lépoque des défaftres qui ont achevé de tenverfer la profs
périté nationale aux Antilles, étoit abfolument élue par
eux 5 tous ceux > ou prefque tous ceux qui avoient été élus
T'aflemblée coloniale le retiroient, & à melure qu'ilste
par retiroient c'étoit Sonthonax qui les remplaçoit lui -
,
même. Cette corporation étoit entre leurs mains ce qu'et été
à Robefpierre & fes complices la commune de Paris fi
les uns & les autres n'avoient pas fuccombé à la journée
mémorable du 2 Thermidor; en effet vous verrez dans le
cours des débats cette commitlion intermédiaire menée par
Cs
Tome IV. Trenedenidmeivrajfon.
à melure qu'ilste
par retiroient c'étoit Sonthonax qui les remplaçoit lui -
,
même. Cette corporation étoit entre leurs mains ce qu'et été
à Robefpierre & fes complices la commune de Paris fi
les uns & les autres n'avoient pas fuccombé à la journée
mémorable du 2 Thermidor; en effet vous verrez dans le
cours des débats cette commitlion intermédiaire menée par
Cs
Tome IV. Trenedenidmeivrajfon. --- Page 46 ---
gradation à cet état d'aviliffement qui fervoit les
changer fon érat de puiffance légiflative en celle didareurs,
trarive; vous la verrez fervilement
d'adminifde Polverel & Sonthonax du pouvoir enregiftrer lufirpation
rez confacrer cette ufurpation de Sonthonax: légiflatif; & vous la ver-"
qui, prévenant la détermination légiflative de Polverel,
nationale, ont preponcé l'afiranchifiement des l'aflemblée
mettre dans leurs mains cette torche
efclaves, &
plus tertible combuftion, a frappé de qui, au milieu de la
colonies françaifes, le commerce national mort & la la liberté, les
fij'ai avancé, citoyens, qu'il entroit dans les marine; ; &
vérel & de Sonthonax de
vues de Polla commifion intermédiaire régler & de tous les mouvemens de
nations dans leurs mains; je le' tenir toutes fes dérermitribué par l'article XII de leur prouve > car ils fe font at1792 > de donner leur approbation proclamatien du 12 octobre
miflion intermédiaire
aux arrêtés de la commédiaire ne
2 les arrêtés de la commiflion intermilfaires civils. pouvant étre exécutés Jans l'approbation des comAprès avoir organifé ce corps
Fufurpation du pouvoir légiflatif, ils
fantaftique
inhérens au chef du pouvoir exécutif ufurpérent dont le les MroRs
fentant dans les colonies étoitr le gouverneur feul reprécontbirationnellemenr invefti du droit incellible ; de lui feul étoit
lesiactes du pouvoir légillatif; ils fe font
fanchionner
attribué -
de/potiquement
: Le préfident : L'aéte d'accufation porte d'avoir
pouvoir légiflatif, & cela' eft un des chefs
ufurpé le
ne pouvez pas le cumuler.
fubféquens; : vous
a Th. Millet : Je ne donnerai pas d'autres
que ceux relatifs à la commiflion
développemens
verel & Sonchonax ont nfurpé le intermédiaire, > car fi Pollégiflatif, celui d'approuver les actes pouvoir de la adminiftrarif commiflion &
termédiaire, il yabien d'autres cas dans
infont attribués ; mais je n'en parle ici
lefquels ils fe les
la commiffion intermédiaire
qu'en ce quiconcerne
potiquement artribué le droit 5 je reprends : Ils fe font delcommiflion qu'iis avoient
d'approuver les actes d'une
culté légiflative. Ils avoient de/poriquement donc
inveftie de la fatous les pouvoirs. Il eft certain qu'ils retenu dans leurs mains
le pouvoir légiflatif & le pcuvoir exécutif, devoient les furvéiller
rappeler à
les
la commiffion intermédiaire
qu'en ce quiconcerne
potiquement artribué le droit 5 je reprends : Ils fe font delcommiflion qu'iis avoient
d'approuver les actes d'une
culté légiflative. Ils avoient de/poriquement donc
inveftie de la fatous les pouvoirs. Il eft certain qu'ils retenu dans leurs mains
le pouvoir légiflatif & le pcuvoir exécutif, devoient les furvéiller
rappeler à --- Page 47 ---
43.
leur devoir s'ils s'en écartoient, les deftituer mdme s'ils pré- &
variquoienr, les faifir. .
- Le préfident : Ceci elt étranger à la loi dus avril.
Th. Millet : Ileft queftion de la commiflion inrermédiaire.
P Le préfident:" Tuy reviendras quand il en fera
Th. Miller : Ceci eft une. confequence nécellaire. temps.
Le prefident : Tu ne peux te livrer, à des développemens
écrangers.
Th. Millst : J'aurai fini dans deux minutes G vous- avez
la patience de m'entendre; car, il eft très-certain que
jai à dire ici n'a trait qu'a.lorganifation de la commiflion cerque.
intermédiaire, & pour prouver, qu'en formant cette coimillion intermédiaire > ils ont non - feulement voulu tenir
dans leurs mains tous les pouvoirs de - cette même commiflion; ils n'ont pas feulement voulu fe faifir de Fune, ou
l'autre des fonctions
lui avoient artribuées; ils ont fait
plus: : ils' ont woulu Et faifir de toutes les deux. Certes
c'ettla combinaifon d'un profond deffein; ;. Ce ne peut ètre s
l'effer de Terreurs en vain argueroient-ils de la déchéance e
du chef du pouvoir exécutif 5 cet événement ne changeoit
rien entre les rapports du gouverneur de la colonie & l'affemblée coloniale. Le décret du II août 1792 décida
mellement cette queftion; & quand dans les
forrieurs le gouverneur Galbaud demanda que la temps polté- R
nationale déterminâr fi la déchéance du roi & Convention,
de la royauté apportoient quelque changement au l'abolition droir de
veto du gouverneur- de la colonie fur les allemblées coloniales, fa pétition fut renvoyée au comité de la marine
& des colonies qui ne fit point de rapport, & les chofes
reftèrent au même érat; it demeure donc conftant
droit qu'ils fe font attribué
que le
les actes de la commiflion intermédiaire d'improuver eft ou d'approuver
tion manifefte qui n'avoit d'autre but que de régler une efurpa- à
-
gré les opérations de ce fantôme de repréfentation leur
niale qu'ils avoient créée > qu'ils avoient
dont colo-. its
avoient fixé le nombre des membres, déterminé élue, les fonctions,
tenoient entre
-
qu'ils
leurs mains comme
& fes complices tenoient entre leurs mains la Robelpierre commune
con/piratrice de Paris, J'ai donc prouvé lix violations de
la loi da 1 4 avril 1792; je l'ai prouvé par les
de Polverel & Sonthonax toujours en contradiclion propres actes
avec
iale qu'ils avoient créée > qu'ils avoient
dont colo-. its
avoient fixé le nombre des membres, déterminé élue, les fonctions,
tenoient entre
-
qu'ils
leurs mains comme
& fes complices tenoient entre leurs mains la Robelpierre commune
con/piratrice de Paris, J'ai donc prouvé lix violations de
la loi da 1 4 avril 1792; je l'ai prouvé par les
de Polverel & Sonthonax toujours en contradiclion propres actes
avec --- Page 48 ---
les lois qu'ils étoient chargés de faire exécuter, vous ont toujours été lues."
en contradiction avec lesintructions qui
les autres
Mon collègue va continuer de vous développer
violations de cette loi,
que la loi du 4. avril
Page : Vous avez vu, citoyens, à Polverel &c Sonthonax la forcommande imperieufement aflemblées coloniales; vous avez encore vu,
mation des
ont été lues, qu'illeur eft
TELET
les inftruétions
vous
laflemblée coloniale exiftante
lement enjoint de remplacer coloniale, de conferver mèmecelle
par: une autre affemblée moment où la nouvelle aflemblée coqui exifteroit juiqu'au organifée, à moins qu'ils n'euffent des railoniale feroit
diffoudre cette aflemblée coloniale.
fons très-urgentes pour la
du I2 octobre, comVous allez voir , par proclamation étoient loin de vouloir obéir à
bien. Sonthonax & Polverel
la loi; ils ont dit, art. V:
(Il lir:)
après l'inftallation des muniC Art. V. Immédiatement le
acte dont elles s'occipalités conftirutionnelles: > le vecu premier de leur commune fur la
cuperont fera d'accélérer de prendre ou de différer la convocation des afnécellité primaires, foit pour former Y'allemblée coloniale,
femblées les nominations des dépurés à la Convention nafoit pour de France; elles feront parvenir fur-le-champ leur
tionale
fur ce fujet aux commiffaires - nationaux
délibération
civils II réfulte >2,
de cet article que chaque municipalité aflemblées >. après
fon inftallation, devoit convoquer les de différer primairés l'exépour. faveir s'il convenoit d'accélérer la formation ou de Tallemblée cocution de la loi, c'eft-à-dire des députés à la Convention naloniale & la nomination
tionale. Dans T'arricle VI de la proclamation > Polverel & Sonthonax zjoutent :
Arricle VI de la proclamation du 12 ogtobre.
déja formées en exécution de la loi
ec Les municipalités feront tenues également d'aflembler , le premier
novémbre du 4 avril, prochain, les citoyens actifs, pour
& leur le
vceu fur les objers énoncés dans l'artiele
iten
9;
tranfmettre de fuite aux asataneneniemmcids
ale. Dans T'arricle VI de la proclamation > Polverel & Sonthonax zjoutent :
Arricle VI de la proclamation du 12 ogtobre.
déja formées en exécution de la loi
ec Les municipalités feront tenues également d'aflembler , le premier
novémbre du 4 avril, prochain, les citoyens actifs, pour
& leur le
vceu fur les objers énoncés dans l'artiele
iten
9;
tranfmettre de fuite aux asataneneniemmcids --- Page 49 ---
L'article VI de cette même proclamation ordonne done
aux 1 municipalités déja formées, car il réfulte de leur aveu
même ici, qua T'époque,de leur arrivée à Saint-Domingue
il exiSoit des municipalités confituionnellenenr formées ;
ils ordonnent, dis-je, à ces municipalirés de convoquer également les affemblées primaires pour délibérer fur cette même
quettion.
Vous avéz dû remarquer , citoyens, par ce que vous a
dit notre collègue Millet, que Sonthonax & Polverel 5
loin de fubftiruer une allemblée coloniale conftizurionnelle
à celle qu'ils éroient chargés de diffoudre, ils avoient au
contraire organifé une commiflion interméditire, une corporation de 12 individas qui, par la nature de leur inftitution, qui, par le choix qui en avoit' été fait & la nature-des pouvoirs dont ils éroient inveflis, demetroient entièrement entre les mains de Polvere! & Sonthonax. Si,
pour régner fous le nom & par le moyen de cette corporation, Polverel & Sonthonax ont pu politivement & précifément fubftituer indireéement leur volonté à la loi,que
n'ent-ils pas dû faire pour fubftituer aux pouveirs quils
avoient reçus un fyftème de domination & de tyrannie !
Que n'ont-ils pas de faire pour conferver auprès d'eux cet
inftfument fervile, & pour lempècher confequemment ia
formation d'une aflembiée coloniale contiturionmelle &
pour empêcher encore la nomination des dépurés à Vallemblée nationale! Des hommes qui, comie Polverel & Sonthônax, Ont ofé faire & confacter pat un acte public l'inverferde la Ioi & des inftructions qui leur avoient été données par le roi quiles avoirenveyés ont bien pa chercher
à paralyfer les difpolitions del la loi , lorfqu'elle génoit leurs
vues & leurs intérêtss enfin 2 des hommes qui, comme Polwenalic:Sonjomex,.cef ufurpé les drojrs du peuple & de
fes reprefenrahs, peuvent bien 'chercher à mettre ce même
peuple dens l'impotibilité de fe plaindre de la violarion de
les droits : itel étoit le bur de la proclamarion du 12 OC--
-tobrea Il n'eft pas queftion d'examiner" fiPolverel &c Sonthonax étoient ounétcient pas les agens des ènnemis de la
France, s'ils ont brale les' villes, devafté les campagnes 5
mais je dis que par cela même que Polverel &c Sonthonax
n'ont pas créé d'atlemblée coloniale, que par cela même
qu'il étcic de leur intérêt de ne la pas forners d'empècier
OC--
-tobrea Il n'eft pas queftion d'examiner" fiPolverel &c Sonthonax étoient ounétcient pas les agens des ènnemis de la
France, s'ils ont brale les' villes, devafté les campagnes 5
mais je dis que par cela même que Polverel &c Sonthonax
n'ont pas créé d'atlemblée coloniale, que par cela même
qu'il étcic de leur intérêt de ne la pas forners d'empècier --- Page 50 ---
fa formation, ils ont da empécher qu'elle n'edt
Les mêmes caufes les ont du déterminer à jamais lieu, les
nominations des députés à la Canvention nationale. empècher
Le préfident : Ceci ef le fecond chef d'accufation.
Pege:le vais vous lire leur preclamation.
Le préfident:Je ne fais pas ce que tu vas
vois bien par ce que tu dis que tu n'es lire., dans mais je
queftion.
pas
la
Page relit l'aricle V.
Lecointe, membre de la Commiffion : Il me femble
auroit un moyen bien fimple de fuivre les
de votre accufation. Par
différens
n'avoir
le promier > vous les accufez de
point exécuté la loi du 4 avril. Fh bien'! prenez
chaque article de la loi du 4 avril &
de la loi. Vous appliquerez les faits impurés chaque à Polverel difpofition &
Sonchonax qui prouveront, fuivant votré acte
que Ja loi du 4 avril n'a pas été exécutéc. d'accufation,
Page :Je vais vous expliquer ia manière dont
nous avons "bien faifio cette
je difcute:
marche, 9
Lecointe, membre de la commifton : Ce fontici des difcours
plurét que des débats.
Page: Je vais vous prouver que je ne fors pas del la
proclamation du 12 oétcbre , car ils ont dit (: article
Qulomndiasemyntcens la formation des municipalités
titutionnelles, le
ed
de prendre le premier acte dont elles s'occuperont fera
voou de leurs communes fur- la néceflité
d'accélérer ou de retarder la formation des affembiées
maires, foir pour former lallemblée coloniale foit prila nominarion desdéptités à T'aftfemblée nationalede , France. pour
Nous avons bien fait un chef d'acculation à Polverel &
Sonthonax pour avoir empêché l'exécution de la loi da
22 août, mais je digureaurtiaianide V de la
du (12 octobre de Polyerel &
proclamation
cette époque, ils ent pris des melinres Sonthonax , parce que , dès
pécher. que la formation d'une, allemblée générales coloniale pour eût em
mais lieu; pour: empécher qu'on ne nommât foit des dé- japarés à l'aflèmblée
narionale de
celoniale, 3 foit des députés à l'affemblée
France. J'ajoute àl'article V de Ja
ricn du I2 odtobre que je viens de lire, les' difpofitions proclamn- de
Taricle Xde la loi du 4 àvril.
que la formation d'une, allemblée générales coloniale pour eût em
mais lieu; pour: empécher qu'on ne nommât foit des dé- japarés à l'aflèmblée
narionale de
celoniale, 3 foit des députés à l'affemblée
France. J'ajoute àl'article V de Ja
ricn du I2 odtobre que je viens de lire, les' difpofitions proclamn- de
Taricle Xde la loi du 4 àvril. --- Page 51 ---
(Il lic :)
Articie X de la loi du 4 avril 1792.
voeul, clles
ce Aufitorique les colonies autont émis leur
le feront parvenir fans délai au corps" legulacif. Elles T'Affem- nommeront aufli des reprétentans qui ie réuniront à
fera
blée nationale, fuivant le nombre proportionnel qui
incéflamment déterminé par lallemblee nationale : d'apres
les baies que fon comité colonial eft chargé de lai préfenrer. Ce nombre 93
proportionnel. a été déterminé par la loi dit
12 aoit, & vous avez VLL que par T'article V de leur
du 12 oftobre, Sonthonax & Polverel ont
AEpe les commiffaires à fe réunir pour favoir s'il, convenoit.
d'accélérer ou de différer les aflemblees primaires 8c.la nomination des députésà l'aflemblée coloniale & calaflemblée nationale. liimporte de connoitre que lorfquePolverels: Sontho- des
nax dans l'empèchement qu'ils ont apportéà lai formation
aflemblées primaires pour nommer des députés à Taflemblée I
coloniale, n'auroient eu d'autre intérêt que la confervation
de leur autorité. C'auroit été (ans doure un morif fuflifant;
mais au premier motif fe joignoit l'intérêt de la hétion
qui Jes avoit nommés. Il importe de confidérer que Pslverel
& Sonthonax n'ont jamais été que les délégués du pouvoir
exécurif, & n'opt jamais pu être rangés dans la claite des
mandataires du peuple délégués dans les départemens, mais
bien parmi cette tourbe d'ingrigans que le roi ou le coniril
le malheur des
exécuuf ont trop long-temps. employés pour
le rci;
colonies. Polverel & Sonthonax étoient délégués par
porteurs d'ordres donnés par le roi; comptables aux miniftres du roi. Il eft pollible que le choix du roi ait ét6
infuencé? il paroit même par différentes pièces que nous
avons > qu'il Ta été par Brilfor; mais qu'ils aient éré nomt
més par le roi, 01 que le choix ait éréinfluencé par Bril.
fot, nous fommes autorilés à ne voir en eux que les ennemis de notre pays. Le roi vouloit la difolution momentanée de la colonie pour amener la ftagnnion du commeree
& des manufadtures, & la connre-révoluri,n, Brillot qui, a
la
VOS yeux > eft lagent de T'Angleterre, vouloit également
diffolution, laffervillement de ces mêmes colonies à FAn:
que le choix ait éréinfluencé par Bril.
fot, nous fommes autorilés à ne voir en eux que les ennemis de notre pays. Le roi vouloit la difolution momentanée de la colonie pour amener la ftagnnion du commeree
& des manufadtures, & la connre-révoluri,n, Brillot qui, a
la
VOS yeux > eft lagent de T'Angleterre, vouloit également
diffolution, laffervillement de ces mêmes colonies à FAn: --- Page 52 ---
gleterre. C'eft ainfi gue dèsle premier
ticn jufqu'à ce, moracnt, les colenies infant de la révolude
& fur-tout celle
froillits Sain-Domingne, &
5 qui les vaut toutes enfemble, ont été
coloniale, ruinées par toutes les factions. Une aflenblée
par le peuple, compofée invefic d'hommes de fa
probes, éclairés, choilis
trame que vendient ourdir à confance, atroir déjoué la
Sonthonax: mus par le double Svine-Doningue fentiment du Polverel &
tous, & de leur inrérêt particulier, ils aurcient bonheur de
dévclorpement de la grerre civile. Pour confommer empéché leurs le
artenrats, vironner Pelvorel & Yonthonax avoient le foin de
à
s'endes gens fans Ssinr-Poringue, avau, des
comme Robefpierre en France,
menc fcif de. rapine & de geus fans Ces infrgclion, ayant égaleauro: ent pas trouvé parmi les fang. colons dont liommes, ils ne les
moralité auroient fixé le choix du
Tinfrndtion ilé
& la
Tintérêt de Polverel, & de Sonthionax peuple : étcit donc de
tion de T'allemblée coloniale,
d'empécher la formacipèce d'hiommes
jufqu'au moment où cette
ceux, dont la majorité égorgée étoit ou oftraci'ée auroit fait place à
avengles du
peu infraite & qui,. infir: mens
révclation' 2 rayalifine, ceux
auroient , fervijans le favoirs la contrequi étoient encore des
fans aucun principe de fociabilicé, quifone d'autanie ntropephages, &
que depuis 5 ans 3 ils font uize
atroce
plus froces
CES hommes blancs, G CCS hommes guerre
auce blancs. Si
è à la révolurion, atrachés à la France artachés à la France
fang & de Tamitié,
les
par les liens du
peut-être plus
par
mémes gotts, & lidiome,
femblée coloniale, puiffan: encore, avoient été nommésà Taf
quel fe tenoient les ils auroient déchiré le voile derrière leroient Fas dit
defitudleurs de la colonie. Ceux-là n'auenvayer des tibunau que pour conferver les colonies, il ficfie dy
là n'auroient
dit révolationnaires 6 des guillorinsss, cenxde Polvercl & pas
que les colons échappés aux poignards
éroient des
Senthonax, & réfugiés aux Erats-Unis,
doit abandonner émigrés, fon ceux-là n'auroient pas dit que la France
celui des Antilles. Que commerce falloic-il d'Afie, iorfqu'elle a perdu
& anéantir fon
donc pour trahir la France
truits
conmerce? empécher que les colons
,
probes 8c arrachés aux deftinées de la
inffent dépuiés à Talemblée coloniale eeft France, fuf-
:
ce qu'ont fait
fugiés aux Erats-Unis,
doit abandonner émigrés, fon ceux-là n'auroient pas dit que la France
celui des Antilles. Que commerce falloic-il d'Afie, iorfqu'elle a perdu
& anéantir fon
donc pour trahir la France
truits
conmerce? empécher que les colons
,
probes 8c arrachés aux deftinées de la
inffent dépuiés à Talemblée coloniale eeft France, fuf-
:
ce qu'ont fait --- Page 53 ---
Polverel & Sonthonax par les articles V & VI de Jeut
proclamation du 12 oétobre : ils font coupables de rébellion
envers l'Aflemblée nationale pour avoir ordonné que les
communes feroient coniuitées fur la queftion de favoir s'il
convenoit d'accéierer ou de differer la nommnation des d8putés à l'aflemblée coloniale. Polverei d sonthonax font
encore coupables > parce que fubordonnant la loi aux délibérations de chaque commune, ils ont créé les élémens de
la guerre civile. En effet, quedanimoltés, que de haines,
ne devoient pasréfalter des différentes opinions qui pouvoient étre émifes par ditérens membres! -
Sonthonax : Gela n'eft pas compris dans le premier chef
d'accufarion: c'eft dans un autre chef qu'on nous accule
d'avoir organite la guerre civile. Il n'eft pas queftion ici de.
favoir fi nous avons organifé la guerre civile : j'obferve
d'ailleurs que Page lit un très-long difcouts, je demande
que cela foit conligné aux débats. Je demande aufli quela
commiffien le rappelle à l'ordre de la difcuflion.
- Page : Je lis & je ne lis pas. Je dis que par les articles
V & VI qui ordonnent aux municipalirés & aux communes de délibérer pour favoir s'il convenoit d'accélérer ou
de retarder'la nomination des députés à Taflemblée coloniale & à l'Afemblée nationale ; car ceft ainfi qu'ils
s'exprimen: : je dis que par ces articles ils ont crganité
à Suint-Domingue les élémens de la guerre civile.
Sonthonax : Ce n'eft pas là Fordre des débats.
Page: : Lorfqu'il fera queftion de la guerre civile, alors
nous fournirons encore d'autres dévéloppemens; mais Sonthonax ne mempéchera pas de dire que par les articles
V & VI de la proclamation du I2 oftobre', iis ont compofé les élémens de la guerre civiie, parce que néceffaitement ce devoir être le réfulrat des délberations de chaque
commune. Je dis plus : c'eft qu'efedtivement ces deax at+
ticles ont amené pour réfuitat la guerre civile. Is'enfuit
de cette difpofition.
Lecointe, >( membre de la commilion:)Je reviens encore
fur ion idée,, & je dis qu'il feroit plus mérhodique de
prendre en main la loi, 8c apres avoir pronvé qu'il n'étoin pas permis de confulter Jes paroiffes, on établiroit le
fait, qu' 'elles ont été contiultécs. Après avoir établi les difI
amené pour réfuitat la guerre civile. Is'enfuit
de cette difpofition.
Lecointe, >( membre de la commilion:)Je reviens encore
fur ion idée,, & je dis qu'il feroit plus mérhodique de
prendre en main la loi, 8c apres avoir pronvé qu'il n'étoin pas permis de confulter Jes paroiffes, on établiroit le
fait, qu' 'elles ont été contiultécs. Après avoir établi les difI --- Page 54 ---
5o
poftions de la loi, fixé le fait, on tireroit les conléquen:
ces : ils" font coupables ou non. C'eft la la manière la plus
fimple > & j'oblerve que lers qwe les citoyens colons ne
lifent pas, la difcuflion devient bien plus lamineufe.
Page: Se dis que la loi du 4 avril commandoit impérativement à Polverel & Sonthonax, de former une aifemblée coloniale.
Locointe, (membre de la commillion ) : L'ont-ils fait ou
non 2 Qu'ont-ils fubftitué à l'affemblée coloniale? Le corps
fubftitué a-t-il fait du bien ou du mal? S'il a fait du bien,
avoii-il mème le droit de le faire?
Page: Alors je dis que par leur proclamatien du2 OCtobre ils ont érmpéché l'exécucion de la loi du 4 avril:
j'en trouve la preuve dans les articles V & VI de cette
même proclamation. Ils ont dic dans cette même prociamation, que les communes feroient confultées pour favoir
s'il convencit d'accélérer ou de retarder la formation de
l'affemblée coloniale. Je ne trouve auicunement dans la loi
du 4 avril qu'ils fulient autorifés à confulfer les communes
fur la queftion de favoir s'ils exécuteroient ou non cette loi.
J'examine les inftruétions quileur ont été données, & dans
cette inftruction je ne trouve encore rien de tout cela,iy
vois au coutraire, qu'en arrivant à Saint-Domingue, Polverel & Sonthonax convoqueroient les affemblées primaires
pour formor l'aflemblée coloniale d'après les élémens indiqués dans la loi du 4 avril, laquelle loi du 4 avril renvoie
à l'article 4 des infructions du 28 mnars 1700.Ty vois'
encore que le pouvoir exécurif qui les avoit délégués,
prévoyant peut-être que Polvere! & Sonthonax, jaloux de
retenir l'antorité dans leurs mains, retarderoient le plus
qu'ils pourroient la formation de l'aflemblée coloniale, leur
dit : Je vous recommande de ne point diffoudre l'aflemblée
coloniale que vous trouverez exiftante, avant d'avoir organifeune autre aflemblée colonigle,
qu'il leur obferve
qu'il y auroit beaucoup de danger à FESREL la colonie fans
une. repréfentarion légale. Il leur dit cependant, que s'ils
trouvent l'allemblée coloniale dans des dilpofirions malveillantes, ilslaillent à leur fagelfe d'examiner sil ne convenoit
pas aux intérêts de la France & de la colonie de diffoudre
fur-le-clamp lafembléc coloniale cifante, fauf à la rem-
igle,
qu'il leur obferve
qu'il y auroit beaucoup de danger à FESREL la colonie fans
une. repréfentarion légale. Il leur dit cependant, que s'ils
trouvent l'allemblée coloniale dans des dilpofirions malveillantes, ilslaillent à leur fagelfe d'examiner sil ne convenoit
pas aux intérêts de la France & de la colonie de diffoudre
fur-le-clamp lafembléc coloniale cifante, fauf à la rem- --- Page 55 ---
SI
placer avec toute la célérité poflible > par une nouvelle organifation, d'après les élémens indiqués dans la loi du
avril. Eh bien! Polverel & Sonthonax,, au mépris de Ja loi, 4
au mépris des infructions extrèmement fages qui leur avoient
été données conformément à cette loi, bien loin de compofer une nouvelle aflemblée coloniale, & d'attendre, pour
dilfondre l'affembiée coloniale exiftante, quel'afiemblée qui
devoit la remplacer, fut organifee, fe font hatés de diffoudre cêtte allemblée. Cerendant il réfite de la difcufion
fur l'efprit public; il réfule de même de la lectare de la
preclamation du I2 odtobre, que l'affemblée coloniale
exiftoit alors, n'étoit dans aucun des cas prévus par qui le
pouvoir exécurif, parce que bicn loin d'avoir démériré
aux yeux de la France, de la colonie, aux yeux de Polverel & de Sonthonax, cette afemblée au contraire avoit
mérité les éloges de Polverel & Sonthonax. Ainfi donc ils
font doublement coupables dans la diffolution de cette affemblée coloniale, lorfqu'ils ne l'ont pas remplacée; ils
font coupablés en ce que cette affemblée n'étoit pas dans
le cas d'ètre diffoure tiur-le-champ d'après la loi spuifqu'elle
avoit bien mérité de la chofe publique. Ils font
encore en
coupabies
ce que bien Join de remplacer certe aflen-blée
coloniale par une autre afiemblée coloniale, formée
la loi, ils y Ont fubfirué une corporarion très-ariftocrati- d'après
que, une corporation incondisuticnnelic, compofée d'élémens vicieux 5 telle que Miliet vous Fa démontré, Mais
non-fepiement ils ont fubftué à l'aflemblée coloniale exiftante une corporation, une aggrégation d'individus trèsariftocratique 3 mais ils ont pris, ', par lesarricles V &
toutes les mefures convenables pour que jamais T'aflemblée VI,
coloniale pût être formée. Ils ont pris toutes les mefures
cenvenables, pour que cette commiflion intermediaire
avoient créé, demeurêt dans leurs mains autant que qu'ils leurs
paflions & leur intérèts T'exigeroient. Aulli ils ont foumis
la' queftion de favoir fi on obéiroit ou non à la loi
avril & à celle du 22 aoûr. Ilslont foumis à ia delibération du4
des communes. , à la délibération des fections ifolées du
peuple : je parle ici de la' loi du 22 août, parce qu fedtivement, l'article V de leur prociamation foumer cette
sion aux communes dontils ont ordonné la convocation q1f
:
Je.
. Aulli ils ont foumis
la' queftion de favoir fi on obéiroit ou non à la loi
avril & à celle du 22 aoûr. Ilslont foumis à ia delibération du4
des communes. , à la délibération des fections ifolées du
peuple : je parle ici de la' loi du 22 août, parce qu fedtivement, l'article V de leur prociamation foumer cette
sion aux communes dontils ont ordonné la convocation q1f
:
Je. --- Page 56 ---
dis donc qu'il y a un premier délit, en ce qu'ils ont fabordonné à la décifion des aflemblées du peuple la queftion
de favair fi Yon exécutéroit la loi, & copendant obfervez
très-bien que dans la loi du 4 àvril l'urgence eft ablolument décrétée, & c'eft an mépris de cette urgence que
Sonthonax &t Polverel on: ordonné que les communes feroient confultécs, & eux-mèmes > dans leur proclamation,-
ils difent: cc L'urgence de l'Afemblée niationale de France
nous force à ordonner Ja nomination de dix-huit dépurés
affectés à la colonie de Saint-Domingue, fans attendre la
formation' de laffemblée coloniale. >> ils conviennent donc;
dans le préambule de leur proclamation, qu'ii y a urgeace
dans la convocation des affemblées primaires; & cependant
vous voyez que dans l'articie V iis font en contradicion
avec eux-mèmes. Ils prennent toutes les précautions convenables pour cue ces allemblées primaires ne s'effectvent
jamais. Mais indégendaimment du premier délit qui réfulte
même de la mefure prife
eux de foumettre aux communes la queftion de iediri fi Ion exécuteroit oui ou non
la loi, je eis qu'ily a encore un nouveau délit quiréfulte
du danger de cette mefure,, parce qu'ils organifoient, ils
créoient ainfi les élémens de la guerre civile, parce que
vous fentez: parfairemenr, citoyens,
e
Le
: Ne confondspas, ceci viendta dans a la faite
loriqu'il
quefion des autres chefs
de
fa
d'accufation,
l'organifation de la guerre civile.
Lecointe : Repréfentans du peuple, fone-ils coupables d'avoir confulté les communes fur Texécution de la' loi? Premier point.
Sont-ils coupables d'avair créé une commiflion inrermédiaire, oui ou non? Cette commifion a-t-elle fair du bien
ou du mal? Voiia la queftion. Il me ferable que c'eft ia
la marche la plas naturelle, & celle qui eft indiquée par
l'ordre des chofes.
La féance eft levée.
Le regiftre des préferices ef fign6,J. Ph. GARRAN,
préfident , LECOINTE ( des detx Sevres), feerdcaire, Foucut
(de Nantes), DumnAY,F. LANTHENAS, GRicorE.
0e
Dx28
du mal? Voiia la queftion. Il me ferable que c'eft ia
la marche la plas naturelle, & celle qui eft indiquée par
l'ordre des chofes.
La féance eft levée.
Le regiftre des préferices ef fign6,J. Ph. GARRAN,
préfident , LECOINTE ( des detx Sevres), feerdcaire, Foucut
(de Nantes), DumnAY,F. LANTHENAS, GRicorE.
0e
Dx28 --- Page 57 ---
Du:8 Yentôfe, L'an troifème de la République françaife une
6 indivifable.
ON fiicloéture des débars recueillis dans la féance d'hier;
la rédaétion en eft adoptée.
Brulley: Milles n'a pu paroitre à la fance, parce qu'il a
étéalligné pour dépoferau tribunal révolarionnnire des vexations qu'il a éprouvées dans les prifons", alin qu'on lache
f cela tienr à la gran.le aflaire de Fouquior-Tmnselis,
Sonthonax : Je prends li parole pour préfenter à Ie commillion des colonies Tanalyfe des préiendus pouvoirs des
foi-difant commilliires des colons émigrés à la NouvalleAngleterrr, Lorique la Convension a ordstunefouvertere des
débars, elle a entendu ians doute qu'ils rocleroient fur tous
les points de la difcuilion. C'un des plus effenticls fans doute
eft celui qui concerne les pouvoirs que nos accufateurs ont
dépofés far le bureau. Iis prérendent noûs accufer en nom
collectir, & en leur nom individuel; il n'eft pas indifférent
pour nous que le peuple français croie que les acculadions
porrées contre nous paitent du veeu de l'eniverfaliré des
colons blancs, ou,de dix hommes
la fuire des débats
fera connoitre pour ce qu'ils font. Vlatea l'extrair du procèsverbal de l'affemblee des colons, tenue à Philadelphic,
ce On fait lecture. dè la dénonciation faite par TanguyLaboilliere, contre les commilfures civils, & de la confitution décrétée
la Convention.
>> La Fotomiftel chargée de rédiger les
pouvoirs,
à
repréfeantations faire contre les actes prorellarions, émanés des
commiffaires civils, eft invitle à commaniquer fon' travail.
>, Le commiflaire rapporreur donne lecture des repréfentations > pouvoirs & proteltations. Ce rapport eft difcuté
& adopté.
>> Thomas Miliet, Maupin, Souchère-Rivière, font élus
commiffaires.
>> Envoi & invitation d'adhéfion aux Français réfugiés à
Balimore & à New-Yorck.
Tome IV.
Trense-troiftème liyraifon.
D
commiffaires civils, eft invitle à commaniquer fon' travail.
>, Le commiflaire rapporreur donne lecture des repréfentations > pouvoirs & proteltations. Ce rapport eft difcuté
& adopté.
>> Thomas Miliet, Maupin, Souchère-Rivière, font élus
commiffaires.
>> Envoi & invitation d'adhéfion aux Français réfugiés à
Balimore & à New-Yorck.
Tome IV.
Trense-troiftème liyraifon.
D --- Page 58 ---
23 Les fignatures font: Berrean-de-Narcey, Clauffon &c
Chotard >).
Extrait des repréfentations > pouvoirs 6 protefations.
Réclamation contre tous. les décrets des affemblées confituante 5 légiflative & conventionnelle, relatifs à la cclonie.
- Crimes des délégués de la République; caufes des défaftres de la colonic.
Voici ce qui eft extrait 8c copié littéralement de cette
pièce.
L'Angleterre, maltrelfe de la mer, diétera par-tout des
leis à la France, devénue une puifance ordinaire. Voila le
projer du miniftre bzitannique > & il n'a trouvé de proteétcurs que dansles ennemis du régimeintérieur descolonies.
Ce régime n'a plus d'appui que dans la fermeré des habitans
de Jérémic & du Méle 6 eux feuls ont pu réfifter à l'epprellion; tout le refle eft fubjugué, foumis ou perdu 1>,
Suivent ies acculations concre les commiffaires civils &
les proreftations contre leurs adtes. Les fignatures font: Bargeatde-Narcgupdfader ; Chotard ainésf-erctaires Clauffon, fans qualicé,
Page: La date?
Sonthonas: La date eft du IO oétobre 1793.
Extrait du procis-verbal de la fcance des colons. rfegiés à
New-Yorck, du 22 oflobre 1793.
Procès-verbal de la nomination des commiflaires chargés de
préfenrerà la légiflarire françaife &càtousles Républicains
frangais, les'r repréfentations & les proteltations des colons
blancs de Saint-Daminge, bannis, déperrés, exparriés
à New-Torck, dans les Heats-Unis del'Amérique, contre
Polvercl, Sonthonat & Delpech, s: ces dellgues parjures,
contre le minifre Geneit, contre les officiers de la marine
de FErat, qui ont fecondé les deflructeurs de la plus belle
colonie francaife; enfin 3 contre tous les complices &
agens qui fe font baignés'dans le fang de nos frères morts
fous les poignards aigailés par ces deforganifateurs.
cc Un des fecrétaires donne connoiffance de l'adreffe à 1
Polvercl, Sonthonat & Delpech, s: ces dellgues parjures,
contre le minifre Geneit, contre les officiers de la marine
de FErat, qui ont fecondé les deflructeurs de la plus belle
colonie francaife; enfin 3 contre tous les complices &
agens qui fe font baignés'dans le fang de nos frères morts
fous les poignards aigailés par ces deforganifateurs.
cc Un des fecrétaires donne connoiffance de l'adreffe à 1 --- Page 59 ---
lal légifiature & à tous les Républicains français; elle eft généralement applaudie.
23 Arrête qu'elie fera remife àux commilfaires qui vont
être nomnés.
>> Duny, Tarein, nommés fcrurateurs.
5> Commillaires
-
nommés auprès de la légiflature.
2 Larclereigte-Thubed, Dangy, Raboteau, Brulley >
Page,Lavergne, Verneuil, Hugues, actuellement en France,
Fondeviolle & Duny , maintenant à New-Yorck,
de fe réunir aux commiffaires nommés à Philadelphie chargés &
dans les autres villes des Etats-Unis , d de dénoncer tous les
ennemis, tous les auteurs des défaltres fanglans de SaintDomingue, > de réclamer, au nom delujuftice, del l'humanité
& de la nature outragées, vengeance éclatanre.
F'erneuil: Je demande que Sonthonax life
& ne fubltitue pas des nots à cetix quiy font. liséralemenr,
Sonthonax : L'extrait que je lis eft écrir de la main de
Polverel.
Polverel: C'eft un extrait.
Verneuil: : 1l faut lire exactement.
Brulley: Il ne faut pas tronquer.
Duny: Il tronque.
Polverel: On ne peut pas lire les mots (acramentels
font dans une pièce, d'après un extrait quia été fait très- qui
mpidemenrfousles yeux da citoyen Lecoinie. Ily y a un moyen
"Elus fimples c'eft que teus les actes foient lus.
Les colons : A la bonne heure.
Lecointe 3 repréfentant du peuple : Quels font ces adtes?
Patvegel: Tous ceux dont ils ont donns communication.
Dimp-Ce fout les pièces qui conftatent les pouvoirs.
Polverel: C'eft le procès-verbal de Philadeiphie, du IO
octobre; c'eft le procès-verbal de New-Yorck, du 22 oStobres'c'eft Ja pièce du 19 janvier 1794 > portant proteftation
contrele proje: de fervice funèbre.
Claxfon : Je fais où trouver tout ce que vous demandez-là.
Polverel: C'eft un acte particulier par lequel le préfident
de l'affembije de Philadelphie a nommé Clauilon pour. remplacer leciroyen Maupin. Le procès verbal fait à New-Yorcla
a déjà été lu.
D 2
orck, du 22 oStobres'c'eft Ja pièce du 19 janvier 1794 > portant proteftation
contrele proje: de fervice funèbre.
Claxfon : Je fais où trouver tout ce que vous demandez-là.
Polverel: C'eft un acte particulier par lequel le préfident
de l'affembije de Philadelphie a nommé Clauilon pour. remplacer leciroyen Maupin. Le procès verbal fait à New-Yorcla
a déjà été lu.
D 2 --- Page 60 ---
Sonthonax : Cen'eftpoint fur T'expreffion, c'eft furle
des chofes.
fond
Le préfid nt : Dans ce cas, > pourquoi faire des extraits?
Polverel: Je n'ai pas pu faire autrement.
Page: Comme nous difcutons pour la commiflion &
la Convention; ; en lifant les pièces; la Converttion
pour
nos
connoitra
pouvoirs, & fera à même de faire elle-meme ce qu'elle
jugera convenable.
Daubonneau : S'il n'y a pas d'ordre pour la lecture des
pièces, j'aifur moi cellès dontvous parle le citoyen Polverel,
&j'en vais donner leéture.
Un colon : Comnmence toujours.
Verneuil: J'ai la mienne aufli ; j'ai ce qui a été fait à
New-Yorck.
Le prefident: Il faur mieux attendre que le citoyen Lecoirte
foit révenu; alors on lira les pièces par ordre.
Lecointe, repréfentant du peuple: Voici les pièces.
Verneuil: Nous demandons la lecture de toutes les
Polverel: Quoiqu'elles aient été
pièces.
point été lues en entier..
imprimées s elles n'ont
Verneuil: : J'ailu entièrement celle de New-Yorck.
Clauffon : Voilà d'abord le procès verbal du IO octobre
1793, > portant nomination de trois commiffaires. Il a
été lu, > & doit êure imprimé dans une des
déja
féances.
précédentes
Il lit:
Voyez la féance du 22 ventôfe, 300.
Voilà la première pièce. Voici la deuxième que vous demandez.
Il lit:
1t
Repréfentations pouyoirs 6 proteftations des colons de SaintDomingue réfugiés dans le continent américain 3 contre les
attentats commis Jur cette partie de l'Empire fiançais 3 àle
législature françaife 6 à tous les Français,
Les colons: Oui, imprimée toute entière. (
Clayfor ; Je vais continuer.
ôfe, 300.
Voilà la première pièce. Voici la deuxième que vous demandez.
Il lit:
1t
Repréfentations pouyoirs 6 proteftations des colons de SaintDomingue réfugiés dans le continent américain 3 contre les
attentats commis Jur cette partie de l'Empire fiançais 3 àle
législature françaife 6 à tous les Français,
Les colons: Oui, imprimée toute entière. (
Clayfor ; Je vais continuer. --- Page 61 ---
Il lit:
e Les colons de Saine-Domingue réfugiés dans le eontinent
réunis paitiblement > & allemblés dans le lieu
ordinaire leurs féances, >
avoir médité
HESTA
les caufes de leurs malheurs après communs entendu férieufement lecture de
la confatution de la République françaife, décrétée par. la
Convenrion nationale, & prefentés aux affembléesp primaires
pour ratification, après avoir juré de refter unis à T'Empire
français, fous laréferve des droits. naturels à tous les
& réfiltans des articles I & XXVI de cette même peuples, conflitution,
9> Arrêtent : Les repréfentarions & les proteftations fuivan:es donnent aux commiflaires Y dénommés pour les
préfenter à la légillature françaife, les pouvoirs confignés
dans préfent acte.
2,
premier de la conftitution
REE
par la Convention, s'exprime ainfi : C Le françaife, but dela décrétée fociété
eft le bonheur commun >>. Le bonheur des colonies ne
être dans leur deftruétion, dans l'étar pallif & malheureux peut
auquel ciles font prètes à fuccomber.
>> L'article XXVI eft conçu en ces termes : ( Aucune
porrion da peuple ne
exercer la puiffance du peuple
entier; mais chaque Edond du fouverain affemblée
du droit d'exprimer fa volonté avec une entière liberté doitjouir 3),
>> Les colonies françaifes n'ont jamais" joui de çe droit
la première conftitution avoit également confacré. Les que
misrs repréfenrans de la-nation françaife opposèrent
celle aux ennemis
E
de la révolution le
ce principe eft fait
principe fuivant; &
pour triompher dans les deux hémifphères.
CE Ceux-là pour qui la loi eft faite, > peuvent feuls la délibérer & la confentir 32,
<c Le cri des çolonies , la voix de Ieurs repréfentans fut
toujours é:ouffée par des factions. L'aflemblée conftituante
avoit réparé, par fon décret du 24 feptembre
> une
partie des maux dont elles étoient menacées. Ce
n'a
été
et
point
annullé; & cependant les défaftres que les déferts
D3
faite, > peuvent feuls la délibérer & la confentir 32,
<c Le cri des çolonies , la voix de Ieurs repréfentans fut
toujours é:ouffée par des factions. L'aflemblée conftituante
avoit réparé, par fon décret du 24 feptembre
> une
partie des maux dont elles étoient menacées. Ce
n'a
été
et
point
annullé; & cependant les défaftres que les déferts
D3 --- Page 62 ---
feurs des colonies avoient prévus, font confommés
les
délégués de la République françaife, Polverel,
&
ERalnt
Delpech.
>) Quand la France eût décrété, le 8 mars 1790, que les
colonies faifoient partie de TEmpire
qu'elles n'étoient
français > elle déclara
pas comprifes dans la confticution décrétée
pour le royaume 3 elle mit par le même décretles
des colons fous la fauve-garde fpéciale de la nâtion propriérés 5 elle
déclara, en outre, > traitre àla patrie, & criminel de lefenation, quiconque exciteroit des foulèvemens
>> Aucun décret de l'aflemblée logifative ni contr'eux. de la
vention narionale n'a encore annullé ces difpolitions , Con- ces
intenrions de la nation entière. Ces difpofitions font la bale
de la fureté individuelle des colons > la garantie de toutes
les propriétés coloniales. Le' décret du 24 feptembre 1791
s'exilique la lei
fuffifamment fur la nature de ces propriétés . &
du 4 avril 1792, confirme encore le décret du"8 mars
1790, en renvoyant les colonies à l'exécution du
>> Cepencant Saine-Domingne gémir fous le dernier. des violatitns los plus inoules : les colons de cctte Hle coup infortunée,
dons les fers & fous le dofpocifine le plus incoléralpie,
rilent les uns par les poigpards des délegués de l Répu- péblique; les autres 5 expatriés par des déportaions arbitraires
ou par la terreur, voient leurs propridrés arrachées des mains
de leurs repréftnrans; leurs biens confifqués fous prétexte
d'émigration, tousleurs moyens d'exifkence bracliés,
2 Une négligence criminelle, ou unc
livre à l'enneni extérieur tous les Français combrnsifonperfide. échappésau fer
& Ala Hamme. Les vaifleaux, frégates, Sc autres bitimens
dellear,forces d'efcorter jufque dans le coninmnt aéricoin
les bacimens du commerce français, tous menacés
ces vaifleaux, dopuis trois mois., reftent inuriles d'incendies dans lcs
les étnis-mujors 8 les équipages voient leurzèle ml,
Ert courage enchainé, tandis que les débris des
françaifes, les refles maiheureux de noueexi@znce, proptiérés
par le droit de la guerre dins des mains cunemies, pallen:
>> La conduite des délégués de la Repeblique à SaintDomingue ne perinet plus de douter de lears intentions, ils
jes ont affez fait connoitre; 8ciad déclaration do guerre femble
avoir été pour noure ife le figuai del fs deri tors-1 malheurs.
tandis que les débris des
françaifes, les refles maiheureux de noueexi@znce, proptiérés
par le droit de la guerre dins des mains cunemies, pallen:
>> La conduite des délégués de la Repeblique à SaintDomingue ne perinet plus de douter de lears intentions, ils
jes ont affez fait connoitre; 8ciad déclaration do guerre femble
avoir été pour noure ife le figuai del fs deri tors-1 malheurs. --- Page 63 ---
Le repréfentant de la France auprès des Érats-Unis s le
contre-amiral Cambis, rendront fans doute compte à la légiflature françaile des raifons pour lefquclics le commerce
des colonies & la retraire forcée des colons n'ont pas été
prorégés - fur les côtes de Saint-Domingue & dans les débouquemens:
2> Polvere!, Sonthonax & Delpech, ces refponfables de
tant de maux à-la-fois, fous prétexte d'exécuter la loi du 4
avril, ont tout viols, tout perdu. Cette loi, déjà exécutée
dans tous les points dans lefquels les colons avoient
la
prévenir, n'exigeoit déformais que la formation d'une SiEenta
blée coloniale. Ces délégués ss'y Iont conftamment &oppreffivement oppofes; & s'ils onc ordonné la déportarion des
chefs du gouvernement, ce fut pour s'emparer eux-mêmes
de tous les pouvoirs > al n0m de la faction la plus coupable,
plucôr que pour accélérer le rétabliffemcht de fordre & de
la tranquillité.
> Sous'le mafque de la philofophic, fous l'éclat 1 impolunt
des pouvoirs de la République, lmpolure & la perfidie dévaftent une colonie trop malheurente, hélas. par fa trop
grande foumiflion aux pouvoirs nationaux.
> Trois hommes font refponfables, & Saine-Domingue
entier péric! & plus de quatre mille Français ont vu leur
liberté leur stireté, & leurs propriètés violées ! Des vidimes
fans nombre ont été, & font encorejoummellement immolées
à la rage ambiticufe de trois étrangers, donr la conduite, loit
d'être urile à no:re contervation, annonce pluré: une intélligence criminelle avec l'enneni extétieur.
3, Elt-ce donc ainfi que le but de la fociété fera rempli?
Eft ce par la defraétion des colonios ques'opéreralel bonheur
de l'empire français? La refpontabilité tera-t-elle jamais autre
chofe qu'une chimere, tant qu'elle fera placée à 1,8p0 lieues
du corps qui la détermine, de ialoi qui la juge? Que la 16giflature francai(e examine aujourd'hvi cembien de maux
dans les Anufies, combien de perres pour le France, cût
épargnés le régime intérieur des'ackenies; combien de inanèges & de perfidies euffent été doconcereés par cevou,
cette volonté depuis long-temps cxprimés des colons deSaineDomingue. Déchirés par tant de fadtions, los Français ne
dovoient-ils pas s'attendre à des abus de pouveirs, & à des
D 4
ien de maux
dans les Anufies, combien de perres pour le France, cût
épargnés le régime intérieur des'ackenies; combien de inanèges & de perfidies euffent été doconcereés par cevou,
cette volonté depuis long-temps cxprimés des colons deSaineDomingue. Déchirés par tant de fadtions, los Français ne
dovoient-ils pas s'attendre à des abus de pouveirs, & à des
D 4 --- Page 64 ---
6e
trahifons dans ces mêmes colonies? Et la France clle-mèine
n'a-i-elle pas eté contnecllenicn. trabie dans ion
fous fes yeux? Les fecours de la métropole
fein &
ou malasriqués ou mal dirigés. Enfin. le ont mal toujours eft à été
cumbles & ul eft aujourdfhuj-ioschaim
la
fon
conie erver S.ant-Domingue, fi des forces que France puille
nent pas prumprement
impofantes ne viende a culunis,
de proiéger fon régime in:érieur. Point
de
poin: commerce 5 point de cominerce > plus
maine; dis-lors Ilus de prépondérance,
mairetle de la mer, dictera par-tout des lois LAngleterse, à la
devenue une puillance ordinaire: voilà le projet du France, miniftre s
briannique, &il n'a irouvé de protedteurs
dans
mis du régime intérieur des colonies. Ce que
les enned'ampui que dans la formeté des kabituns de régime Jérémie n'a & pius
MAle: eux feuls ont pu réfifer, à
tour
du
'eft febjugué, foumis ou perdu. Nous l'oppreflion; ne
le refte
déauldes faits, des moyèns
vous ferons
le
velile de perdre fes colonies; par lefquels la France s à la
plaines ont du nous faire entendre. trop long-temps Nousne nos cris & nos
pas combien font coupables les délégués vous expoferons
chargés de Texécution de vos lois à
que vous avez
les yeux fur nous 3 la violation de Saint-Domingue, notre
de Jerez
propriérés, le fang innocent qui coule encore, liberré,. enfini nos
déplorable de cette malheurcule parrie
léat
ils pas autant d'ourrages à la légifleure delempire > ne fonttrages doivent être vengés, ou la France françaifez eft
Ces Oul'univers.
nulle dans
>> Tous les grands mouvemens de l'empire ont été rejetés
1Suint-Domiraus Larreftation de
fur le figmldel lincendie de la partie LouisXVIa du Nord, de Montnédi la
généraie dos hommes de couleur. & de
révolte
partie des ciroyens atrechés à la révolution. l'afliaflinat La
d'une
ditte du IO aont fut répétée à
journée médie de ha province du Sud, la Saint-Domingue, révolte générale >
l'incendece:te
Er efclaves
de
partie, & un mouvément preique général des hommes
capleur en faveur de T'encien gonvernement.
tion do guerre àTAngloterre vienr d'ètre
La déclaradu Poreau-Prince, lincend'e du
fignalée Far de fiige
les plus arbicraires. Enfin, par la même Cap , marche & les déporrations
lutionnaire, mais fous d'autres principes, les Polverel, concre-révc- Scn-
Er efclaves
de
partie, & un mouvément preique général des hommes
capleur en faveur de T'encien gonvernement.
tion do guerre àTAngloterre vienr d'ètre
La déclaradu Poreau-Prince, lincend'e du
fignalée Far de fiige
les plus arbicraires. Enfin, par la même Cap , marche & les déporrations
lutionnaire, mais fous d'autres principes, les Polverel, concre-révc- Scn- --- Page 65 ---
du miniftre britannique 9
thonax & Delpech > ces agens
fe font
ufurpanr le pouvoir legiflatif français,
aujourd'hui
un rempart des efclaves
depuis 1791, ont été continuellement entretengts dans trra révolte, au mépris des lois des
13 feptembre 1791 & 4 avril 1792. Ils établiffent par
cette infraétion manifefte, dans une colonie déjà trop tourfource intarilfable de malheurs & de divifions,
mentée > une
de la France, la perte de
dont réfultera, au gré desennemis
fes colonies , Tanéantifiemen: de fa marine.
a fuccédé la fadtion
s> A la cabale conterévolugonnsire dangercufe encore ; & le fil de toutes
philanthropique, eft plus-e
dans une main ennemie.
ces trames
horsi de l'empire
Enfin, depuis le premier décembre dernier, nous ne comptons
plus les heures que
des acies de tyrannie, nosjours que
par les violations ET plus meurtrières. Toutes les places
qui conftituent aujourd'buil le gonvernement: affreux de Saintdévolues
ia foiblefle, à la
Domingue , ne font plus
qu'à infortunée il ne-1 refte
lacheté et à la ballefle. Sur cette.t terre
plus de veflige de l'ancien gouvernement, ni du iégime d'un
peuple libre : T'exrinétion des Français & du commerce
narional femble y avoir été jurée au nom des ennemis de
la France.
France
3> Peiverel,Sonrhonas, & Delpech refpirent, > & la
parie encore de juftice 3 de liberré & de propriété!
de Saint-Do-
>> Dans un, pareil étarde choles, les colons
mingue,réfugies dans. le continent américain, voulant faire un
dernier eforr pour fauverl leurmalheureufe patrie, ont réfolu
de vous faire entendre le dernier cri de douleur de VOs
infortunées donc colonics.
la nation entière c'eft du "fein du
> C'eft
devant
,
ccntinent américain, od, quoiqu'expatriés , nous n'avons
aucun de nos dreits, que nous proteftons
MENATASE
lenent perdre con:re les adtes émanés des délégués de la Républifrançaife, Polverel, Sonthonax & Delpech, depuis le
que novembre
Nous les
à la nation, qui les
1792.
préfentons
jugera con.me. parjures à leurs fermens, comme ufurpateurs &
du pouvoir légillarif, comme criminels de lèfe-nation,
ayanr exercé fur toutes les claffes des aétes de tyrannie dont
Thittoire n'a Tas encore fourni d'exemple.
ils
33 Nous les, accufons de n'avoir pas publié, comme de-
ife, Polverel, Sonthonax & Delpech, depuis le
que novembre
Nous les
à la nation, qui les
1792.
préfentons
jugera con.me. parjures à leurs fermens, comme ufurpateurs &
du pouvoir légillarif, comme criminels de lèfe-nation,
ayanr exercé fur toutes les claffes des aétes de tyrannie dont
Thittoire n'a Tas encore fourni d'exemple.
ils
33 Nous les, accufons de n'avoir pas publié, comme de- --- Page 66 ---
voient le faire, 2 le décrer.qui confirue la France en
bliques. nous lés accufons d'avoir, par leur
Répu21 mars dernier , provoqué , alluméla guerre proclamation du
mant les hommes de corleur des 141
civile, de en arcoutre ia ville da
& paroiges avoir
ICueft s
érats-mnjors & équipages Por-au-Prince, des bâtimens de T'Erar, ordonné aux
hfhek la Précienfe, de faire feu fur le pavilion America, national
foutenu par les cicoyens de cette ville, qui fur canonnée
I2 avril dernicr pendant 24 heures, fous
faire le
arrêter quelques factieux qu'ils ont refusé prérexte de
d'y
maigré les repréfentations de la municipalité dénommer, du
Prince 3 celle de la Creis-des-Hougres, &c des
Port-audu commerce national: nous les accufons d'avoir repréfentans violé
les greffes, d'en avoir extrait une partie des pièces
tous
voient fervirà la défenfe de la colonie,
quipous
5> Nous-les accufons d'avoir compofé, le
ciclaves révôl:és de la prôvince da Nord; 2ojuin,avec les
ployé une partie, contre les intérè:s de la France d'enavoir à
emdie & au maffacre du Cap,d'avoir
> l'incencendie de tous les bârimens de TErar, projçté du en outre l'inçais &c'étranger, ou s'étoit réfugié la majeure commerce partie fran- des
citoycns de cette ville échappés au fer 8c à la
ce
qui a forcô,le 24 juin, le gériéral Ggllaud de flamme faire :
duire le convoi entier dans los porrs du continent améri- coicain 5 les ciroyens blancs de cette province ne trouvant
de sureté fous une pareille domination,
plus
55 Nous déclarons > enl tan que de befoin,que,
la
difloluion de T'allemblée coloniaie du Cap, la colonie depuis
fans repréfcmtation légnles que les délégués de la
eft
que fe ffonr confhaniment oppofès à la nouvelie Républition de la colonie 5 aux termes de la loi du 4 avril, repréfenra- réclamée
fortement par la vilie du Perr auPrnce : c'eft h vraie caufe
des derniers adtes de tyrannio contre cette
3>
viile.
Nous AatirEhamMleg
propriétaires. 8 auires. expat:iés ou: challes tant Par les
défaftres du Porau-tinse, di Cap & antres Jieux
par les déporrations arbirraires dent COS délaftres ont s que été
fuivis, que ln colorie méme.i ne pout être liée,. engagde
les adtes forcés auxquels le refte dts colonsa pu
Par
fc foumettte ou étre. fouis.
foulerire,
atirEhamMleg
propriétaires. 8 auires. expat:iés ou: challes tant Par les
défaftres du Porau-tinse, di Cap & antres Jieux
par les déporrations arbirraires dent COS délaftres ont s que été
fuivis, que ln colorie méme.i ne pout être liée,. engagde
les adtes forcés auxquels le refte dts colonsa pu
Par
fc foumettte ou étre. fouis.
foulerire, --- Page 67 ---
6;
e >> Nous proteftons auffi, cn tant que de befoin, contre
la homination illégale de dépurés qu'ils pourroicnt 1
avoir envoyés à la Convention mionale, pouricouvrir une paric
de leurs violations; déclarons lefdits dépurés tans rouvoirs,
la confanc peblique ayant été oppretiven.ent placée; declaronts enfin que ces actes ne réuvent eire que Je réfulrat
de la fuges fion des délegnés de la Répeblique, ou de Topprofhon dans laquelle ils tiennent eucore les malheurcux
colans qui 11 ont pas pu s'y fouflraire.
>2 L'infamie dont ces trOiS ryrans le fent ccuverts aux
yenx de tontes le S nations de la terre, eft le prix que les
coluns atachent à la conduite barbare qu'ils CBE 'tenue. &
fait tonir aux inftrumens de leur perficie 8 de leuf Rcheré.
>> Quandla légiflature françaife examinera les événcmens
quilont détrairia plus Roriflante des cclonies de Fepire,
quand elle envifagera quels furent toujours lçs inflrumens
aveugles des factions. qui ont conribt éà faperie, cie frémira ians doute de l'application de fes.bieniai S des 15 mai
& 4 avril; elle feconnoitra peuc-être eniin quels ferenr à
Sainr-Domingue les vrais amis de la Répeblique frangaile,
les foutiens de fa confitation Bc de faprofréri.é.
22 Les colons de Saine-Doiningue depuis 1790 font placés
enre la contre-ré:olution & la perie de leurs propridtés.
Fidele à la barien françaife, cette malheurcuie colonie r'a
fait que fe débattre entre. ces deux écucils imaginés par les
ennemis naturels de la France:
5): Les citoyens Thomas Millet, Maupin & la SouchèreRivière, nommés par les cclens de Saint-Domingue réfugiés dans le continent américain, font chargés de préfenter
à Ja légilature frangaife le détail de nos autres griefs; de
donner à la France,au nom dela colonie, tous los ronfeignemens > toutes les inflructions qu'sis cioiront capables de
defliller lesyeux de tous les Français; de faire, en leurqualité, toutesles pétitions Sc proteflations qu'ils jugeront néceffaires pour la reftauration de Stint-Domingue. Nous cnjoiguons à nofdits cemmillaires dc réunir leuts eforts aux in1tentions pures & couragenfes des citoyens LarchevefqueThibaud, Dausy; Rabosteau, Laverghe, Erelley,
& autres commillaires avoués par la calonio avant les
LE
niers défaltres, Ces victimes, comme nous 5 des crncmis de
pétitions Sc proteflations qu'ils jugeront néceffaires pour la reftauration de Stint-Domingue. Nous cnjoiguons à nofdits cemmillaires dc réunir leuts eforts aux in1tentions pures & couragenfes des citoyens LarchevefqueThibaud, Dausy; Rabosteau, Laverghe, Erelley,
& autres commillaires avoués par la calonio avant les
LE
niers défaltres, Ces victimes, comme nous 5 des crncmis de --- Page 68 ---
la France, recevront avec jois ce dernier
colonie expirante. Nous les invitons
hommage d'une
& à la perlévérance dont ils
icujours a la fermeré
preuves : notre confiance, dans nous des ont déja donné tant de
ciles, doit leur découvrir l'étendue de circonftances leurs
aufli eiftirecommandons leurs perionnes à tous-les devoirs. Nous
ront connoitre à la France nos veeux
Français; fuccès ils iearmes & le prompt rétabliflement de pourle
de fes
l'ordre : ils renouvelleront, au nom de la colonie, le ferment de fidélité à la
mère-pattic.
37 Nous ne l'avons pas encore accufée de nos
cependant Saine-Demingue eft à la veille d'être
maux; des
facticux revêtus des pouvoirs macionaux... anéanti La
par
mille fois trompée far la canfe de nos
France fut
h majoriré des colons lui ef toujours malieurs; fidelle: elle cependant
donc plus-déformais être abuléc.
ne peut
53 Sigie, EARREAU DE NARCEY, , préfident ;
CLAUSSON, CHOTARD ainé, fecrétaires. >
Polver.1:Voila un premier adte bien entendu. La
million vcut-elle bien que je lui falle bica
comcar je ne pourrois pas faire autrement,
fuccinétement, de
mier aéte?
l'analyfe ce preLes colons: Oui, oui.
Pilver.l: Cet acte pourroit être examiné fous différens
Je rapports: dicai rapport moral, rapport poluique & rapport
irespcu de chofes fous le premier rapport.
avezoblervé
Reu
voir de
d'abord, citoyens, que cet acte contenant
nous accufer, eft fondé uniquement fer la
ciation faite contre
PEctone
hohme
les
nous par Tanguy-la-Boiliere, par cet
que
colons eux-mêmes font forcés de reconnoitre
pour un consotérolutonnstire forcéné. C'eft fur la dérionciation de cet homme que la prétendue aflemblée des COlens de Philadelphie a formé une commifion; elle a
cette commilion de rédiger les proteftatrions & les chargé.
de nous accufer. Veilà la fliation de ces
pouvoirs de
nous acculer. Vous y avez obfervé de' plus que pouvoirs les mêmes
hommes qui ont denné powvoir à Clauffon &. aux autres
adicints de nous accuier, font les hommes qui réclament
perpércilemint dans lacte même contre les différens dé-
de Philadelphie a formé une commifion; elle a
cette commilion de rédiger les proteftatrions & les chargé.
de nous accufer. Veilà la fliation de ces
pouvoirs de
nous acculer. Vous y avez obfervé de' plus que pouvoirs les mêmes
hommes qui ont denné powvoir à Clauffon &. aux autres
adicints de nous accuier, font les hommes qui réclament
perpércilemint dans lacte même contre les différens dé- --- Page 69 ---
erets des affemblées conftituante & légiflative, relatifs aux
coloniés, qui cherchent même à in(pirer à la légiflature, car
ils ne difent pas convention > mais
qui cherchent
à lui intpirer des regrers fur le bientait de loi du 45 mzi
&
ME4
1791 del la loi du 4avril 1792.Vous pouvez juger
ce mot
diaprès
quels fonr les principes de nos prétendus accufareurs
fur l'égalité. Ce iont cesmêmes hommes qui, dans le cours
du même acte, vous difent que ce
a perda la colonie de
Saint-Domingue, ce font lesi EdELe qui ont agiré, qui
ont déchiré les diveries affemblées nationales de France,
toujours ennemies du régime. intérieur des colonies, Vousia
vez ce qu'ils entendent par régime. intérieur, c'eft-à-dire:
&c Laiflez-nous les maîtres de faire notre régime intérienr,
> comnfe nousfenten.drons; nous voulons, nous devons êure
92 les maitres fur ce point. Ce régime intérieur comprend ie
>> fort des ci-devant efclaves &-le fort des hommes de
couleur. >, Voilà, fuivant nos prétendis accufateurs, la
première caufe des défalres & des malheurs de Saint-Domingue; ce font les ennemis du régime intérieur de la colonie qui ont produit ces malheurs. Ils déplorent amèrement
refle fi
de
y qu'il
peu
défenfeurs du régime intérieur de.la
colonie s qu'ils. difent que cette haine du régime intérieur a
été infpirée par le miniftère anglais qui veut perdre les colonies, le commerce, &;
le commerce. la
-
par
> France. De là
cettel férie: plus de colonies, plus de commerce; plus de
commerce, plus de navigation; plus de navigation., plus de
France. Voici leur dernier réfultat fur ce point: cs
L'Angles
terre, maitrelfe de la mer, dictera par-tout des lois à la
> France devenue une puiflance ordinaire. Voilà le
s du miniftre britannique, & il n'a trouvé de
projer
>>
protecteurs
que dans les ennemis du régime intérieur des colonies. Ce
s régime n'a plus d'appui que dans la fermeré des
habirans
de Jérémie & du Môle 5 eux feuls ont réfifté à
l'oppreffion: toutle refte eft lubjugué, foumis ou perdu. 33 Voila,
citoyens, les habitans de Jérémie & du Mole qui, fuivant
nos prétendus accufateurs de Philadelphie, font les feuls héros dup parriotifine & de la caufe publique, les feuls fauveurs
de la colonie de Saint-Domingue; & à quelle époque'l les
colons réunis à Philadelphie tiennent-ils ce langage fur les
prérendus fauveurs de la colonie? le 19 octobre 1793, dix-
33 Voila,
citoyens, les habitans de Jérémie & du Mole qui, fuivant
nos prétendus accufateurs de Philadelphie, font les feuls héros dup parriotifine & de la caufe publique, les feuls fauveurs
de la colonie de Saint-Domingue; & à quelle époque'l les
colons réunis à Philadelphie tiennent-ils ce langage fur les
prérendus fauveurs de la colonie? le 19 octobre 1793, dix- --- Page 70 ---
jours apres que le Mole s'étoit livréaux Anglais, dix-neuf
ou vingt jours après que Jérémie s'ércit livrée aux Anglis;
c'eft-à-dire, dans un temps ot il érolt très-poflible qu'aPhiadelphie on. AAr infruit de la livraifon du Mele & de. Jérémie
aux Anglais, Je dis,Que cela feroit abiolument poilible; car
lc convoi partit du Cap le 24 oule 2.5 juin, convol dont la
marche na pas-da êrs aufli expeditive que celle d'un bateau léger gei feroit parride Jérénie & du Mole. Ce.convoi,
partile 25 juin du Cap, eft arrivé dans la rade de Philadelphie le 7 juillet : il n'ya pas ples loin du 25 juillet au 10
aodt que du 22 feptembre au 1O octobre.
dit quil feroir abfolument polible qu'à, Auill,iorique oi les jai 1
lons faifoient à Fhiladelphic l'éloge de ia lépoque reimeté des habi- COtans de' Mele & dodérimie, ii noferois pas abiolureent impofible que les colons ceffent été infiruis que les
du Méle & de Jéréinte s'é.oicnt déja rendus aux habicans
Mais je fuppofe, car je, ne préccnds pis aggraver Angluis. les LOItS
des colons per des fuppolitions chimériques;
les colons ne fulfent pas infruits àt Philadelpnie, jo-iuppole le IO que UGrobre, de la livraifon du Mole & de Jérone
le 22 feptemb:e; ils nignoroient pas du moins que auxAnglais le Mole
étoit en révoke ouverte contre les autorités nationales
le mois d'aoûr, un mois & domi auparavant; ils n'ignoroient depuis
pas que Jérémie étoit en révolte onverte contre les mêmes
autorités depuis le
juin précédent; & ils n'ignoroient
pas enfin que depuis A premicre apparition des
de
Ja. République à Satne-Domingen Jérémie s'étoit délégués
tuellement relitée 3 toute cipèce de relations avec ces
légués- de la
ESE
République, C'eft ce que les colons à Philadelphic ne pouvoient ignorer; &c cet le fachant bicn
ont fait léloge des habitans du Méle & de Jérémie qu'ils
érant les feuls désenfeurs du régime intérieur. En voilàsci- comme
toyens,. plus gu'il n'en faur pour juger de lamoralité des
homires que l'on, prétend avoir donné pouvoir de nous
accufer. Paflons à ln partie légale de l'acte.
Citoyens, vous avez Vii que dans cet aéte non-feulenient
iinya aucune fignature autre que celles de
Chotard ainé & Clauffon.a.
Darrea-IVarcés
Verneuil: Dites Barreau-Nares, préfideas:
Polverel: Je parlerai de la qualite de préfident, foyez-en
pour juger de lamoralité des
homires que l'on, prétend avoir donné pouvoir de nous
accufer. Paflons à ln partie légale de l'acte.
Citoyens, vous avez Vii que dans cet aéte non-feulenient
iinya aucune fignature autre que celles de
Chotard ainé & Clauffon.a.
Darrea-IVarcés
Verneuil: Dites Barreau-Nares, préfideas:
Polverel: Je parlerai de la qualite de préfident, foyez-en --- Page 71 ---
bien-str, puifque c'eft.la-deffis que fe fonde-la nullité. Il
n'y a pas d'aucres fignarures, ni même d'autre relanion de
fignatures, qu'une de Barreau-Naré, Chotard & Clasfos:
ainfi les prétendus colons qui ont formé la prétendne allemblée, font tous gens abfolument inconnus. Leur nombre,
leur qualité, voilà des points fur lefquels l'adte ne donne
aucune lumière. Quant aux fignatures de Barreau-Narce,
Chotard & Claullon; il n'exifte rien qui attefte la légalifation de ces fignarures, rien qui nous allire que ce font eil
effet les fignatures de Barreau-Narc6, Chotard & Claullon.
Mais je lcs fisppofe réellément les fignatures de ces citoyens: ce ne font pas ces trois hommes qui ont figné. individuellement le pouvoir de nous accufer; car s'ils avoientt
figné individuellemen: le pouvoir de nous acculer, vous trouveriez dans cet aéte le pouvoir donné par cOS trois individus:
mais ces hommes n'onr figné qu'en nom quelifié depréfdent
& de fecrétaires, de manière que f on venoit à recourir aijourd'hui contre eux, comme ayant porté une accufation
faufle & calomnieufe, ils dircient: Mais ce n'eft pas nous en
rnotre nom-qui àvons accufé, nous avons
un acte en
nom qualifié comme prétident & fecrétaires
affemblée; vous ne pouvez nous prendre que fous ce rapport li. Mais
j'ai une une marche plus directe contre cet aéte:' les lois
permertent bien aux citoyens de s'afiembler paifiblement &"
fans armes; fous ce rapport, les citoyens de Philadelphic ont
bien pu fe réunir. Ils difent qu'ils fc font réunis fous TautoCrité des magiftrars du pays; je veux: bien les en croire. Hs
difent que le minifre Geneft a été inftruit de leur aflemblée
&' a correlpondu avec clle;je veux bien ies croire encore.
J'admetrai que! leur affemblée étôit très-légalemene exifante;
mais les. mêmes lois qui permettent aux ciroyens de s'afiembler paifiblement & fans armes, leur défendent toute pérition, tout aéte de corporation, tout aôte collectif; ils ne
peuvent fe permettre que. des actes individuels: tout aête
colleétif & de corporarion qu'ils fe permettroient, non-feulement eft nul, mais même reprehentiblo, criminel. Je vous
parle', citoyens , le langage de la ioi; je n'ai pas beloin de
vous préfenter le texte des lois dont dos dates ne fontpas actuellement préfentes à ma mémoire. Je ne ferois pas cmbarraffé de prouver ce que j'avance; mais c'eft par ces lois que
tre que. des actes individuels: tout aête
colleétif & de corporarion qu'ils fe permettroient, non-feulement eft nul, mais même reprehentiblo, criminel. Je vous
parle', citoyens , le langage de la ioi; je n'ai pas beloin de
vous préfenter le texte des lois dont dos dates ne fontpas actuellement préfentes à ma mémoire. Je ne ferois pas cmbarraffé de prouver ce que j'avance; mais c'eft par ces lois que --- Page 72 ---
f'argue de nulliré le prérendu aéte donné pour nous accufer;
c'elt un aéto cohechr, acte donné par une corpora:ion, aéte
quin'eft revèru que de-fignatures preidentale & fecrérariales,
qui, fous ce rapport feul, ne peut pas loutenir VOS regards.
Brulley: En difcurant Tacte qui vient de vous êrre lu,
Polverel a dit qu'il l'envifagecir fous trois rapports:
moral, rapporr policigue, rappert ligal. Ila diz qu'il rapport ne s'appelanclioir pas fur le rpporc. mcral; cependan: il s'eft ef
forcé d'inrervertir le fens de la pièce qui vous a été lue. 3
& d'y trouver une moraliré qui ne convient point du tout
aux colons 1éunis à Philidelpbie.. Alfez d'auires
vous
ont été lus ici, no:amment la proreftation contre actesqui le fervice
funèbre & la correfpondance des colons qui eft ici, tous aétes
qui ont bié fairs à Philadelphic, vous prouvent évidemment
la moraliré. des colons n'eft pas celle
Polverel voudeat faire croire. Mais je vais le fuivre
toutes lesinductions
2:e,
qu'il en a tirées, & vous verrez qu'elles font dénuées de fondement. Il vous a dit
la pièce qui vient
d'être lue > étoit fondée uniquement 9Be la déponciation de
Tanguy; 3 la lecture qui vient de vous être donnée de la
vous prouve le conmraire.Sijaila mémoire jufte,il me femble pièce
eue l'on vient de lire qu'à la, vérité lecture avoir été ptife
de la dénonciarion de Tanguy, mais que l'allemblée avoit
nommé dans fon fein:rois commiffaires pour examiner cette
dénonciacion : car enfia l'afiemblée, après lecture d'une dénonciation quelconque > n'importe de quelle part elle
vienne, lor/qu'elle pole fur des frirs noroirement connus, &
pour lefquels chacun de fes membresa une dénonciation
reille à faire; ; T'allemblée, dis-je, doit, après avoir entendu palecture d'une telle picce,, ayant reconmu les mêmes faits,
les motifs d'accularion qu'elle a elle-même à énoncer, la
marche qu'elle a à fuivre eft de nsmmer une commiflion
dans fon fein, > pour examiner CCS faits, & voir fi In marche
qu'elle a tenue far cet cbjet, doit être bafée de la même
manière, doit être préfeniée & difcutée de ia même manières
L'aflemblée, des colons rérnis à Philadelphie > après avoir
pris lecture de la dénonciaticn de Tanguy ayant reconnu
les chefs de la dénonciation qu'elle devoit R0A elle-même,
a nommé trois commiflaires chargés de s'occuper de cet ouvrage.
, & voir fi In marche
qu'elle a tenue far cet cbjet, doit être bafée de la même
manière, doit être préfeniée & difcutée de ia même manières
L'aflemblée, des colons rérnis à Philadelphie > après avoir
pris lecture de la dénonciaticn de Tanguy ayant reconnu
les chefs de la dénonciation qu'elle devoit R0A elle-même,
a nommé trois commiflaires chargés de s'occuper de cet ouvrage. --- Page 73 ---
69'
vrage. Quel a été le réfultat'de l'ouvrage fait par les trois
commiflaires: Celui qu'on vient de lire. Or, l'ouvrage qu'on
vient de vous lire, n'eft point l'ouvrage de Tanguy > mais
bien celui de T'aflembléo des colons réuns à Pisladelphie
en allemblée très-légale, > ccmme Polverei lci-même en
convient.
Il vous a fait exeminer en paffant que cette pièce qualifioit la Convenzion nationale delegifiarure ; ila oubliéque, dans
les débars, mes collègues ont donné à ce fujeclà une
cation on ne
plus claire, &.qui démontre que
Hzeic
tion des colons EReLE pas été de méconnoitre la Convention
nationale, niis qu'cRectivement, > par les papiers publics
qu'ils avoient fous jesyerx lorique cette pièce a été rédigée,
ils croyoient que, loriqu'clie parviendroir en France, elle
parviendroit à une légiflaure, une afleinblée légiflarive.
Il vous a dit enfuite que cette pièce contenoit des réclamations contre des décrets, > des regrets perpétuels furles bienfaits des lois des 15 mai 8 4 aviii. Vous avez pu voir
dans cette pièce des réclamations contte les, décrets nationaux. Sans doute, ii n'eft pas indifférent aux droits des
Français réunis en allemblée de voir fi telle ou telle loi
a produit à leur égard tel ou tel cfer; il leur eft permis
de réclamer contre cette loi,en fuivant les formes reipectueules que lon dcit obierver vis-à-vis du pouvoir légiflacif.
C'eft ce qu'a fait l'affemblée Ges colons réunis à Philadelphie,
Cestonmes avoient vu fondre fur leur malheureux pays un
déluge de maux; ils en cherchoient la caufe, & iis ia trouvoienr dans la contradidtion manifefte des diverfes lois qui
avoient été faites pourcèpays. Ds-lors,leponveienr énoncer
leur opinion à cet égas, s'adreller à la Convention par
l'organe de ceux quils avoient inveftis de pouvoirs, & dire
formellement qu'ils avoièncà réclamer contre labuode telle
Oil telle loi, au fens contradidoire defquelles lois ils avoient
à attribuer les malheurs de leur pays. C'eft ce qu'a faitlaffemblée des colons réfugiés à Philadelphic. Vous avez vu
qu'elle a motivé l'opinion qu'elle portoit fur ces différenres
lois, far les maux- qui en ont réfulé; vous avez.vi que
cette partie avoit été difcurée de manière à ne pas laifier
le plus petit doure furleurs intentions, &: vous avez Vul que
Tome IV. Trente-troifime liyraifon.
E
attribuer les malheurs de leur pays. C'eft ce qu'a faitlaffemblée des colons réfugiés à Philadelphic. Vous avez vu
qu'elle a motivé l'opinion qu'elle portoit fur ces différenres
lois, far les maux- qui en ont réfulé; vous avez.vi que
cette partie avoit été difcurée de manière à ne pas laifier
le plus petit doure furleurs intentions, &: vous avez Vul que
Tome IV. Trente-troifime liyraifon.
E --- Page 74 ---
ces réclamations étoient le réfultar de la conviétion intime
avoient de la caufe de leurs maux. Polverel vous a
enfuite.
les colons
gran
del la France quie avoient été la faifoient caufe des obferver malheurs que de les frétions
& qu'il nommoir fadlieux ceux qui s'étoient
la colonie,
gime intérieur. Ceres, vous avez entendu dans oppofés les débats au réantérieurs, par tous les actes qui vous ont été mis feus
les yeux, que lopinion dominante des colons a toujours été
que ce qui convencit àl'exiftence de leurs propriérés, ce
convenoit à la profpérité de leur pays, c'étcit le droit qui
feroit reconnu par la France de s'orgunifer intérieurement. qui
Il a été conftaté que cette opinion, qui étoit celle de I'affemblée de Saine-Marc, qui a été confignée dans le décret
du 28 mai 1790, foumife enfuite à l'examen de toutes les
communes de la colonie, a réuni l'aflentiment général de
tous.les colons. D'après cet aflentiment, cette opinion bien
connue, ne vous étonnez donc plus de retrouver dans les
colons, fur-tout d'aprèsle décret du 24 fepteribre
confacré cette même opinion, ne vous étonnez donc quiavoit
d'y retouver certe même opinion qui avoit été forifiée plus
un décret qui abondoit dans le fens de ce qu'avoit
par
l'afemblée de Saint-Marc pour la confervation de
mingue. D'ailleurs, les
EUTRS
colons étoient d'autant plus fondés
dans cette opinion, que ie décret du 28 feptembre
annullé par h loi du 4 avril; donclopinion que leur n'efipas
intérieur : Cil plurôt que le droit de s'organifer
régime
ment éroit le mode confervatoire pour
intémjeuredevoit êue celie des colons; qui, dans S.in-Denatigue, tous les
l'avoient profeffee, & devoient par conféquent y temps >
Il n'y a donc de leur part aueune
perlifter.
crime de perlifter dans cette opinion , immoralité, après tous les aucun malheurs qu'ils avoient éprouvés, fur-teut après la détrefle où
ils fe trouvoient, fur-tour après la réalité des prédidtions
leur avoient été faites. Si nous n'avons pas l'orgenifation qui du
régime intérieur des colonies, les colonics fon: perdues, leur
avoit-on dir.
Enfuite Polverel vous a dit: Le Mole & Jérémie font les
feuis quartiers confervateurs, fauveurs de la colonie.
Sonthonax : Iln'a pas dit cela.
rouvés, fur-teut après la détrefle où
ils fe trouvoient, fur-tour après la réalité des prédidtions
leur avoient été faites. Si nous n'avons pas l'orgenifation qui du
régime intérieur des colonies, les colonics fon: perdues, leur
avoit-on dir.
Enfuite Polverel vous a dit: Le Mole & Jérémie font les
feuis quartiers confervateurs, fauveurs de la colonie.
Sonthonax : Iln'a pas dit cela. --- Page 75 ---
Brulley : Pardonnez- moi; il a dit : Le Méle & Jérémie font
les feuls fauveurs' de la colonie.
Sonthonax : Polvercl a dit quie vous l'aviez dit.
Brulley : Il a tiré de la pièce qui vous a été lue, > l'induétion que j'aitranfcrite: : Le Méle & Jérémie font les feuls
fauveurs' de la colonie.
Polverel: J'ai lu l'article.
Sonthonax: Folverel n'a pas tiré cette induétion. Ce font
vos commeitans de ia Notirelle-Anckererre quilont tirée.
Polverel a dit feulement qu'il réfuloir de la pièce qu'on
venoit de lire, que vOs prérendas commerrans avoient dic
cela; que le Mole & Jérémie étoient les fouis fauveurs de la
colonie.
Brulley: C'eft-là précifément ce
je difois. Je difois
que Polverel avoit tronvé dans la Tibe qui vous a été ine,
le Mole & Jérémie étoient ies quartiers jeuis fauveurs
3 la colonie. A cet égard, il eft entré dans des détnils, &i il
vous a fait obferver que le Moie & Jétémiic s'érant dans la
fuite livrés aux Anglais, ily avoit eu polibilicé qu'à Philadelphie On forinftruit de cet événement à l'époque oà cette
pièce a été rédigée, Le Môle & Jérémie fe fonr rendus,
à la vériré, aux époques cirées par Polverel; il vous a faic
un rapprochement pour vous prouver qu'il elt été poilible
qu'à cette époque on eit expédié à Philadeiphie L12 bateau
pour annoncer aux colons la livraifon de cés deux quartiers
aux Anglais, Le fait eft qu'à cette époque lés colons n'éoicat
point inftruits de cet événement; & jen trouve la preuve
dans la lettre qui nous a été écrite par les colons
à
-
réfingiés
Philadelphie 3 lettre qui fe trouve ici parii les
pofées fur le bureau, & dont le pof-feripeum, bien piéces.
à Ja rédadtion de cette pièce >, s'exprime ainfi : poitérieur Eafin la
France eft complètemet trahie à Sant-Domingi; ie Moic
6 Jéréme joni ail poavoir des Anglais. Voici le commencement du poll feripeums & en rapprochant la date de cette
lettre avec la date de la pièce, on reconnoitra évidemment
qu'a T'époque ed cette pièce a été préfentée & acceptée
par l'aflemblée de Philadelphie 2 on n'avoit pas conpoilance
de la livraifon du Mole & de Jérémie aux Anglois.
E2
Sant-Domingi; ie Moic
6 Jéréme joni ail poavoir des Anglais. Voici le commencement du poll feripeums & en rapprochant la date de cette
lettre avec la date de la pièce, on reconnoitra évidemment
qu'a T'époque ed cette pièce a été préfentée & acceptée
par l'aflemblée de Philadelphie 2 on n'avoit pas conpoilance
de la livraifon du Mole & de Jérémie aux Anglois.
E2 --- Page 76 ---
Polverel a dit cnftite.
Sonzhonax : La date de la pièce : *
Clauffor : Du 25 novembre; e'eft à cette époque feulement que nous avons appris la prife dul Méle & de Jérémie.
Bralley : J'entends dire à mes collegues, beaucoup mieux
infruits que moi fur l'ordre des dates, parce qu'ils étoient
fur les lieux & que je ny étois pas; je leur entends dire
qu'on' frouve une autre preuve que les Français, réunis en
allemblée à Philadelphie, n'étoient pas infruis de la livraifon du Méle &c de Jérémie, dans les letrres dé Geneft,
qui font fur le barezu. Aind denc il exifte des preuves
matérielles qu'à lépoque oh cette pièce a été rédigée, les
colons qei cempoleien Paffembléc del Philadelphie n'ércient
infruits de la reddicion du Mole & de Jérémic aux
a Anglais. pas
Ainfi donc c'ef à tOTE que vous tirez linduétion
que lesFrangais réfugiés APhiladelphie préfentoient le Mole
& Jérémie comme ies fanveurs de la colonie, parce qu'ils
avoieat été livrés aux Anglais. Pourquciles préfentoiens-ils
comme les quartiers fauveurs de la cclonie? Ie voilà, citoyons : c'eft que le Mole n'avoit poiat cncore é:é dévafté
comme les aures qun icrs del la colonie; 5 c'oft que le Méle
&c Jéremie, par leur poftiori, ue fc trouvolent pas dans
le ces-d'etre envahis, comme les aucres potteftions, par les
fntellires dévafareurs de Poiverei & Sonthonx. Ils avoient
réfité, parced que, s'eppercevant que Sonthonax &cPoiverel,
au lieu d'exécater ja loi du A avril, fubfituoient leur
volonté; parce que, d'appera evant. qne M conduite de Polverel ec Sonthonax éreit diaméemlomenr oppofée aux lois
qu'ils,érolent chaurgés de faire exécutot, ils s'éroient tenus
fur leurs gardoss 8, farvis par leur pofition topographique,
ils fe font confanimont préfervés contrs les cforrs qu'ils
Oirt faits pour dominer ce quartier & pour y faire exécuter
les'mêmes déportations, los nêmes meurrres, - les mêmes
mafacres, lesinouncs incendics quiont eulieu danslesautres
quartiors. Voila pourquei T'affembléo nommoir des deux quartiors du MAle &c de Jérémie los quarticrs iauvours de la
colonie, parce que dans ces quarriers, on conrinuoit à
faire tanguill ment des revenus; on y jouifloit de cette paix
faire exécuter
les'mêmes déportations, los nêmes meurrres, - les mêmes
mafacres, lesinouncs incendics quiont eulieu danslesautres
quartiors. Voila pourquei T'affembléo nommoir des deux quartiors du MAle &c de Jérémie los quarticrs iauvours de la
colonie, parce que dans ces quarriers, on conrinuoit à
faire tanguill ment des revenus; on y jouifloit de cette paix --- Page 77 ---
qui'n'a' érb troublée que par les vexatiens & la conduite
arroce de Polverei & Sonthonax.
Senac: : T'ajoute à Ce qu'a dit Erulley que ia dérermina- le rendre
tion a été prife par le Mole & Jérémie de ne pas receveir les
à la volonié des commifaires, &c de .ne pas
compagnies franches formées par Polverei, parce qu'ils
avoient fous les yeux la conduite féroce qu'ils avoient c'eft tenue
au Port-au- Prisice lors de la canonnade S &
pour
fe-fouferçire à la tyrannie qu'on vouloit exercer à laur égerd,
àu Mbie sux hommes de couleur
qu'ils Olt refulo Tencrée
les regardoient
forniés en compagnics franchcs, parce quils
comme des afalans.
c'eft
a Sorithonax : Je répends à Senac par til fait pefiif; du
jai ordlonné le renouvellement de la garniion
que Méie loriquej
dit quela garnifon feroit remplacés
, j'ai ipécialement
par des troupes de ligne.
Senac: J'aurai occalion de vous prouver Cue les compagnies Franches fe font préfentées fous les murs du Mole 2e
& qu'en n'a pas voulu Jes recevoir.
Brulley: Nous palferons maintenan: à ce qe'a dit Polverel
far le rapport légoi de la pilce. Il vousa dit daboriquil celle
ne voyoit fur cette pisce pour toates fignatures que fede Barreau de Narcs, prélidents Chotard 8s Claufon, de
créraires; il dit: Des-lorsque cette pièce, nef lignce que
trois hommes, Iun, préfident & les deux autres lecrétaires,
tous ceux
ont alitté à cette affemblée relbenrebfciament deincennus. t bien 1 citoyens, puifque Polverel vous a
veloppesles principes, develorporis-les aufi; ceft ici le cas
de les invoquer. Lorfque des hommes ent le droit de fe
réunir paifiole: oment ca allemblée poury.conferer, charger fans de armes, leur
fur les objets guiles intérellent, is peuvent
confiance, pour faire telle ourelle chole, tel on telindividu; obil n'y a point dc loi qui le leur imerdife, aprbs avoir
fervé les formes lagales preferites pour teutes las nilemblées 8 fepareilles 5 c'elt-à-dire, après avcir nommé préfidont de confier
créraires: il n'y a point de loi qui les empeche des autorités
le foin de faire telle ou télle opération près
E3
, is peuvent
confiance, pour faire telle ourelle chole, tel on telindividu; obil n'y a point dc loi qui le leur imerdife, aprbs avoir
fervé les formes lagales preferites pour teutes las nilemblées 8 fepareilles 5 c'elt-à-dire, après avcir nommé préfidont de confier
créraires: il n'y a point de loi qui les empeche des autorités
le foin de faire telle ou télle opération près
E3 --- Page 78 ---
conftiruées à tel ou tel individu. Je fais
a
loi
rès-récente qui ordonne à toutes les qu'ily une.
de figner individucllemen: jcs péticions O2 autresactes fociérés populaires
ferokn: elle
mais cette loi ne Feut pas avoir d'effet qu'elles
delphie. ne peur
s'eppliquer à ce gui s'eft pailé rétronchif; à PhilaPOCfELS fait à Philedelpbie ? On a demandé
magiftrars la permiflion de s'affembler; les magiftrats l'ont aux
scecriéc, les preuves matérieiles eli
fur le burenu,On s'est donc
exiftent actuellement
de colons francais réfugiés à réunipaifiolemere la
enaliemblée
vous royez que les colons, dzns Nouvelle la
- Anglererre, &
êuc lue, expliquen: ia manière dont pièce ils fe qui font vient de vous
caufes pour lelquclles ils fe font réunis, & ils difent réunis, les
croient pas, apres avoir fauisfnirà toutes les formes, qu'ils ne
qu'ils ne croient pas avoir perdu leurs droits de ils difent
quoiquertfugiés de
chez un peuple ami; çu'ils
Français, en
ces droirs de Français, &c nle renomcent agiffent vertu
dans ies protefarions
pas à ces droits
Benuvatlet, chancelier qu'ils du ventp préfenter comme Français.
verbaux de Taflemsblée : la confulat, prauve a reçu tous les procèsla correfpondance de Beauvarler. Dens marérielle en exifte dans
varl:t, jai vu qu'il écrivoit à l'aflemblée une lettre de Beawdiquit un leu dans lequel le minifre devoit pour adrefler qu'elle inréponfes qu'ilg pourroit être dansle cas de faire à cette même les, af
fembléc,ille dit éctivanrgunomde Geneft. La
a eu lieu conftamment: : les lettres ésrites de fa correfpondance
les pièces, & l'oa a indiqué pour le lieu central part oit font dans
niftre devroit adteffer fes lettres Barreat de Narcé, le miqualité de préfident de l'affembléc. Voila donc.
en
blée bien légale, reconnue par le miniftre fiançais une à aflemdelphie, qui eft en cotrelpondanse avec
Piilaune alflemblée bien
elle; voilà donc
layalo, avant fon
taires, & dost le préfident cit chargé préfident, de
fes les fegréda miniftre francais; lallembide étoit donc recevoir & lettres.
n'a pas été cortefté par Palverel, il en eft légale, ce point
femblée étant légale, dès-lors clle poivoir autorifer convenu. Latdénr & fes fecrétaires à figner telle
lui fon préliémanée de-ceite allemblée,
pièce qui plairoit,
Froduire S d à cet égard j'oblerverai pour avoir leffet qu'elle devoit
que-le ptocès-verbal
étoit donc recevoir & lettres.
n'a pas été cortefté par Palverel, il en eft légale, ce point
femblée étant légale, dès-lors clle poivoir autorifer convenu. Latdénr & fes fecrétaires à figner telle
lui fon préliémanée de-ceite allemblée,
pièce qui plairoit,
Froduire S d à cet égard j'oblerverai pour avoir leffet qu'elle devoit
que-le ptocès-verbal --- Page 79 ---
d'intallaticn del l'affemblée, dans leque! ont. pu bare relatées
les fignacures de tous cenx qui sy font trouvés d'abord,
n'eft point ici. S'il falloit d'autres fignatutes, fi Palverel &
Sonthonax.en exigeoient abfolumént d'aures, on leur repondroit; Il exifte ici une pièce lae, unc pièce dont Oil a lu
& relaté toutes les lignattres dans ies débats, une pièce
qui a été.revêtuc de toutes les formes
Vuus exigez pour
legalifer les fignatures; cette pièce eft SeE proreftation contre
le projet d'un fervice funebre pourlouis XVI; elle eft revêtue de cent fignatures; cotte pièce a été dépofée fur le
bureau. Vous avez vu qu'clle rariie les pouvcits qui nous
ont été donnés, & tous les autres aôtes de laffemblées donc
voilà cent fignarures qui peuvent natureilement être aopofées
à la fuite de nos pouvoirs : mais, en fuivant roujours la
marche des principes, quand une affemblée eft légalement
réunie, quand il ne s'élève pas de proteflarion contre ce
qu'elle a fait, quand elle a donné pouvoir à tel ou tel individu pour remplir telle 0u telle nillion, & quand il n'y
a aucune proteftarion conre la quaité de tel ou tel individu, il y, a affentiment général; &, en matière de gouvernement démecratique, lorfqu'une affemblée a pris un arrèté, lorfque cet arrêté a nommé tel ou teli individu pourtclle
Oul telle miftion, & lorfqu'il ne. fe préfence aucune oppofition, laffentiment de l'affemblée, Faffontiment de la majorité efl prononcé par le filence des autres, & la miffion
s'exécute comme fi clie avoit été confentie & exécurée liutéralement par tous ceuxqui oatintérêt à cette miflicn. C'oft C$
qui eft arrivé à la Nouvelle-Angleerre : tous les colons,
commeje l'ai déja dit, ne pouvoient fe trouver dans la même
aflemblée; cette affemblée ne porvoit pas être aufi nombreufe qu'elle l'eût été, fi deshommes, réduits à la plus
affrewfe détrefle, n'avoient été obligés de fe difféminer dans
les difféiens cantons de la Nouvele-Argiicire, pour fubvenir à leurs moyens d'exiftence. Un hemme qui cft dans
la détrelle peut difficiiement fo rendre dans les allemblées
civiles 5 il na pas un feul infant à perdre, & fouvent la
diftance du lieu cà lon a été obligé de fe retirer (car alors
qu'on eft dans lindigence,, on n'a pas le choix du lieu de
faretraite, an moins cn ael'a pas tosjours)alors ceshommes
E+
Argiicire, pour fubvenir à leurs moyens d'exiftence. Un hemme qui cft dans
la détrelle peut difficiiement fo rendre dans les allemblées
civiles 5 il na pas un feul infant à perdre, & fouvent la
diftance du lieu cà lon a été obligé de fe retirer (car alors
qu'on eft dans lindigence,, on n'a pas le choix du lieu de
faretraite, an moins cn ael'a pas tosjours)alors ceshommes
E+ --- Page 80 ---
difféminés fur différens points, ayant befoin du travail de
leurs mains pour fubvenir à leurs laefoms, n'ont pas
concourir à cette allemblée; il ne s9 eft donc rendu pu
les colons réfidans à Philadelphie, qui étoient à porrée que de
s'y réunir, parce qu'ils réfidoient dans lintérieur de cette
ville. C'oft aind que s'eft formée cette affemblée, d'ailieurs
reconnue légale. Aucun colon n'a protefté contre la miffion
donnée aux commiffaires qui vous ont été envoyés; cent
colons Eu contraire ont adhéré à ce qui a été fiit:vous en
avez la preuve far le bureau. Il y a donc uil affentiment
général bien prononcé; les pouvoirs donnés aux commillaires -
doivent donc avoir leur entier effet. Mais faites attention,
citoyens, à cette million :il ne s'agit pas ici de nommer 1711
repréfentant
aller fipulerles droits du peuple danstelle
ou telle RSRE ( peutêtre qu'alors on feroit, & avec raifon, bessicoup plus rigoureux far les formes)smais
de veair acculer des hommes que toute la colonie de ilsagit SaintDomingue accufe, des hommes conire lefqueis quarante
mille Francais s'élèvent & qui ont tous à s'en plaindre
ou moins. Or, quandilnes'agit que de donner des pouvoirs plus à
descommiffires pourvenir acculer ces hommes, pour venir
demander des fecpurs, pour venir prêter ferment de firdéliré
à la' Convenrion mationale, ce n'eit point envoyer des députés à Jai Convention pationale, CQ n'eft point envoyer dès
repréfenns des
quelconques; ce ne font que des agens, que
comamilflaices, que des chargés d'affaires : & 'certes
pour donner des pouvoirs à des chargés
il fufit
que les officiors ai une aflemblée bien légale, d'afaires, bien avouée
par les autorirés conflituées, fignent Ies pouvoirs au nom
de toute l'affemblée. To crois cette manière d'agir conforme
aux principes. Dillenrs je trouve la comparnifon à faire de
ces pouvoirs avec les nezres: icinous avons été reconnus
les comités dé gouvernement, par l'afiemblée légiflative, par
la Convention nationoles nous avons traité comme com- par
miffaires de Saint-] Domingue. Eh bienlles pouvoirs quir nous
ont été domnésyar l'allemblée coloninls, paries
de la colonie, 3 ces pouvoirs ne font fignés cue du repréfentans préfident &c
des fecrétaires; on n'a pas Cru néceflaire > pour nous reconnoite, que chaque menibre de l'alembiée eût figné individuellement. Onadit: Ce font des agens, des chargés d'affaires,
- par
miffaires de Saint-] Domingue. Eh bienlles pouvoirs quir nous
ont été domnésyar l'allemblée coloninls, paries
de la colonie, 3 ces pouvoirs ne font fignés cue du repréfentans préfident &c
des fecrétaires; on n'a pas Cru néceflaire > pour nous reconnoite, que chaque menibre de l'alembiée eût figné individuellement. Onadit: Ce font des agens, des chargés d'affaires, --- Page 81 ---
qui, aux termes du décret du 18juiller 1792, ont le dreit de.
réfider zuprès de Paffemblie comme chargés des affaires de la
colonic. Nous n'avions nul befcin d'exiger que ceux qui les
aing dond nous
cnc donnés les fignaffont indicidbelilement:
fans
avons rempli nos fondions de cohimiffaires,
qu'en
exigedt de nous les fignatures individuclles de ceux qui nous
avoient nommés. Cetre marche a été faivie exnitementpour
tous les, membres de, la commiflion qui fe font fuccédés;
la même marche a été enccre fuivie ici par les colons:
on n'oxcipera pas aujourd'hui centre CIX de ce que, cêtre
marche 'a été irivie; elle nous parci à nous parfitemsent
conforme aux frincines) & nous croyons que les ofliciers
d'une.affemblee que Polverel & Sonthonax ont eux-mites
reconnue légale, font fuffifans pour figner despouvoirs rels
qu'ils vous ont éid lass pouvcirs donnés à des hommes dont
la mifion elt circonfcrite, &c qui ne peuvent faite que ce
qui leur ef indigué.
rient
Ciaufon : Aux preaves que mon, collegue Bralley
de vous donner. pour réfmer les inductions que Yon a tirées
de la pièce dont je. vous ai donné lofture, & qui porie ces
mois, les colons réfegiés à Philadeipkie confdérent le Miole
& Sérémié coinme les feuis fauveurs'de la colonie, Érc., Polvercl a dir: A queile époque les colons à Philadsipltie Cntils tend celangage? A Téponue du IO odolre; d'ett à-dire,
à Pénoque Ohsérémic &c leMole fc font Ivrés aux Angleis.
Ila dirqe'il étcit impofible que.les celomsréfegiér n'enfient
connoillance de'la livrailen du Mole & de jérémieaux
pas Anghis;o erprndanPolgercles romemsp'igaisifi.res
polibloque les colons nen eulfent pas connoiffance. Ileltrdsellentiel que i'ajoute à ce qu'a dic mon coliègue Prulley,
qu'il étoit teilement polsie que lcs colons W'enfient
connoiffance de la livraifon aux Anglais du Mole 8c
28E
rémie, que les_Anglois avoient mis un embargo far tousJes
navires, & qu'ils croifoient lel Jongdela càte' pour empêcher
aucun bàriment de forrir. Quoi guilon foit, & cet embargo
n'auroit-il pas eu lieu, la véritd eft que ce n'ef' quà lafn
de novembre qu'on a connu à Philadelphie lat prife daMole &
de Jérémiepar lestAnglais: la vérité eft que 2 dans unelettre
du miniffre Geneft > darde du 2 feptembre, 2 ce minifre
nousaccufoi - davoir conuibué à cette livraifon; il nousaccu-
oi guilon foit, & cet embargo
n'auroit-il pas eu lieu, la véritd eft que ce n'ef' quà lafn
de novembre qu'on a connu à Philadelphie lat prife daMole &
de Jérémiepar lestAnglais: la vérité eft que 2 dans unelettre
du miniffre Geneft > darde du 2 feptembre, 2 ce minifre
nousaccufoi - davoir conuibué à cette livraifon; il nousaccu- --- Page 82 ---
foit, nous colons 5. d'avoir coopéré à la prife du MAle & de
ferémies vOus verrez donc dans la lettre du minifre
dans la réponfe fubléquenre que nous lui avons faite, Geneft,
étoit de toute impofibilié.que nous connufions la
qu'il
Mole c de Jérémie.
prifedu
La féance eft levée.
Ze regifre des préferres ef ligné: J. Py.
pdonss! LECOINTE (des Deux-Cevres), fecritaire; GARRANIPE DAERAY,
GREGGIRE, Fovcui ( de Nantes), LANTHENAS. e --- Page 83 ---
Du 29' Ventife, Pan troifteme de la République françaife,
une & indivifible.
Lx féance eft ouverte par la leéture des débats de la
veilles la rédrétion eftadoprée.
Clazion : Ciroyens, on vient de lire dans les débars
j'avois dit hier, alégard de la prife du Maie & de Idesdtae
que ç'étoit à la fin de novembre que les cclons réfugiés
aux Etats-Unis en cnt et connoiffance : c'et par une erreur
involoncaire de ma parr. J'ai do dire au liea de lafa de
novembre, à la fin d'odabre.La vérité eft que c'eft àla fin
d'oétobre feulement
nous en avons eu connoiflance. J'ai
dâ dire feulement T"1 la fin d'octobre, parce que j'ai dit
dans la fuite que la letré du citoyen Gezeft nous annonce
que c'étoit à certe époque-là feule qu'ôn E1 avoit ail connoiffance aux Erats-Unis.
Page : Ainfi je relève Ferreur. Il ne fuflit pas d'annoncer que c'eit à In fin d'oétobre Ott au coinmencement
de novembre qu'on cut connoiffance de la prife du Mele,
que le Mole avoit été livré aux Anglais : mais il faut
le prouver. La pitce gu'on vous a lue hier étcit du IO OCtobre; il éroit impolibie que les colons réfitgids aux LtetsUnis euffent counoilfance de la livraifon du Mole & de
Jérémie, parce que dans la lettre qu'ils nous écrivent le 22
octobre > épeque poftéricure à celle-là, ils nous difent, dans
un pof-feripiur: qui a été mis après la date preinière de
la leure : c Énfin la République eft entiérement trabie. a
Sonthonax : Vous avez lu cela hier. .
: Non.
ASCAN : Citoyens, c'eft dans le procès-verbal.
(Page lit.)
>. Les Anglais fe fon-emparés, le 17 feptembre, de Jérémie,
&,le 22, du Môle.. Voila le réfulrat del lexparriation des ci-
ent, dans
un pof-feripiur: qui a été mis après la date preinière de
la leure : c Énfin la République eft entiérement trabie. a
Sonthonax : Vous avez lu cela hier. .
: Non.
ASCAN : Citoyens, c'eft dans le procès-verbal.
(Page lit.)
>. Les Anglais fe fon-emparés, le 17 feptembre, de Jérémie,
&,le 22, du Môle.. Voila le réfulrat del lexparriation des ci- --- Page 84 ---
8o
toyens par les commiffaires civils, après la déclararion de la
guerre ; voilà où tendoit I'acaque du Port-au-Prince & du
Cap par Ces fcélérats; voila le réfultar de la rerenue pendant quarre thois des forces navales françaifes dans le continent améficain, par le minifre Geneft.
9> Voià le réfuleae des ordres donnés à Sain-Doringue
par Polvercl & Sonchonax, de faire feu far les bâtimens de
la République qui fc trouveroient dans les porrs français.
s* Voila le réfulat des vexations que les vrais amis de la
République ont toujours éprouvéos; veilà enfin le réfiltar
des erreurs qui ont privé Saint-Domingue de fon- régime
intérieur. Que le peuple fronçais ouvire donc enfin les yeux,
& qu'il reconnoiffe que ceft par le facrifice des amis de la
République que Saint-Domingee eit peur-etre perdu pour la
France.
39 Nous l'avons dit mille fois: les colons de Saint-Domingue furent toujours piacés entre la contre-révclnion &
la porte de lours propriétés. Depuis quaure ans, Saint-Domingue réfife aux cabales, à linorigues ics victimes fans
nombre rombenc de toutcs parrs.
9> Enfin, lennemi s'eft préfonté devant tin peuple foible,
épuifo de farigues &c de douleurs.
. Nous tirons le
rideaa fur cez événement.
An! !Français, dès
1790 le gouvemnement de Sxint-Doniggne vous tiahilloit;
il avoit des partifans par-tour. Vous l'avez Cru, VOUS lui
votiez des remerciemens; cependant Saint- Doningue fuccombe malgré lui: voilà od vos errours vous, ont cenduits.
5) Nous apprenons à l'inftanrque les commillaires civils,
ayant juré la deftrudtion des. blancs, faifoienr arnquer le
Mole par terre, avec trente mille negres révokés.. Quand
l'enneni s'eft préfené, Jérémie étoir épuifé 8: à ia veille
peut-être d'être nouvellement attaqué.
>> Signé, BARREAU-N ARCA
préfdent ; CHOTARD aîné
& CLAtSSON, fecrizaires.
Sonthonax : Cela el étranger àla queftion. .
. 1
Page: Non du rOry. Cela prouve clienticllement que. les
colons réfugiés aux Etars-Unis n'ont qu connoilfance de la
fené, Jérémie étoir épuifé 8: à ia veille
peut-être d'être nouvellement attaqué.
>> Signé, BARREAU-N ARCA
préfdent ; CHOTARD aîné
& CLAtSSON, fecrizaires.
Sonthonax : Cela el étranger àla queftion. .
. 1
Page: Non du rOry. Cela prouve clienticllement que. les
colons réfugiés aux Etars-Unis n'ont qu connoilfance de la --- Page 85 ---
S1
connoiflance
livraifon du Mele & de Jérémie, au'aprie-lt
le
des pièces que nous avons lues bier, celt à-dire après à la
22 oétobre. Cola prouve que, bimn loin d'eppiatidit contraire
livraifon du Môle 8 de Jerémie, ils prorefient au. Polverel &
contre cette livraifon, & ils acculent Geneft, de la coSonihonax, d'être la caufe de ce que ces pariics feulement
lonie fe font livrées aux Anglais. Mais ce n'eft
pas dans cette pièce-ci que leslabirans de Ssint-Domingnte, leur opinion. Is
refugiés aux Etats - Unis ont confacré novembre
cc On
vous difent dans leurs lettres du IO odicufe aSuin: 1793: - Doa dope enfin réuliàrendrela révolurion
mingue! ona donc challé, exparrié, déporté prefque rourela la
cafe blanche! ona étoufté dans sousles caurs T'amourde
&ce fonrdeshommes revêtus des pouvoirs de la Répuparries blique qui ont confirmé ce qu'avosent commencéf'ancicn gouvernement & fes partifnns..
eft fort longue ;
Joine lirai pas toute cette pièce, qui
j'en viens à celle-ci,
des ennemis de
cc Les colons fe font affemblés en dépit
la révolution , qui les pourfuivent par-tout. e Le miniftre calomplénipotentinite &c les confuls, s'érayant du rapport
nieux des commiffaires civils de Saint-Domingue, ont négligé les in:érêts de cette colonie > que les focces navales
aurcient reconquérir fi elles n'eufient éré retenues dans
le continent. pu Il efè vrai qu'il eAt falla harcher la loi à la
nous que la réfiftance
main, & nous n'aurons pius pour
efclaves de
à r'oppreflion; ; mais les troupes elles-mômes, de favoir à qui
leur ferment, euflent été fort embarraflécs des ordres
obéir: elles ont frémi mille fois elles-mèmes
qu'on
leur donncit.
forces
dans le continent ont éré
>) Toures ces
rerenues tandis qu'une poignée d'ennemis,
nulles pour la République; canons & detx frégatcs, fe font
un vaillenu de cinquante
emparés du Mble'& de Jérémie. far les parriotes de Saint-
>> La France devoit comprer fauvé:c'ef bien pourquoi le
Domingue; 3 ceux-lh l'eaftent
de in nation sy fons
gouvernement 8cy plalieurs Ceux-là repréfenians ont trabi la France & perdu
toujours ogpoles,
Saint-Domingue. coalifées contre la République n'ont pas
2 Les paillances
un vaillenu de cinquante
emparés du Mble'& de Jérémie. far les parriotes de Saint-
>> La France devoit comprer fauvé:c'ef bien pourquoi le
Domingue; 3 ceux-lh l'eaftent
de in nation sy fons
gouvernement 8cy plalieurs Ceux-là repréfenians ont trabi la France & perdu
toujours ogpoles,
Saint-Domingue. coalifées contre la République n'ont pas
2 Les paillances --- Page 86 ---
eu de plus zélés coopérateurs que tous ceux
la tête du gouvernement de
qui ont été à
France qu'on s'eft oppofé à Saint-Domingue. la loi du
On dira à la
toujours on lui en a impofé, 33
4avril; on mentira:
(Illit:)
Letere du 26 novembre 1790.
C Faute d'occafion, notre paquer & la
reftés juiqu'à ce jour : enn ce que nous préfente font
que nous avons prévu, eft arrivé; le miniftre craignions ce
trahi la France en éloignant les forces
Genef a
étoient à fa difpofision, au moment mème fupérieures qui
glais fe font emparés du Méle & de
auquel les An
Jérémie.. >>
J'ai encore fept à huit pièces
les réclamations de Polverel &c Sonthonax qui prouvent que
commile hier Par Clauffon font ablolument contre l'erreur
que les ccions n'ont celfe de s'élever, à perfides, parce
contre la livraifon du Môle & deJerémic. Philadelphie,
Sonthonax : J'obferve d'aburd, fur ce qu'a dit
qu'aucun citoyen, ni au Méle, ni à Jérémie, n'a Clauffon, ét6 déporré,
Sena: : Parce que vous n'y-avez pas part.
Sonthonax: Ce font donc lcs patriotes
ont
rémie & le Mole.
qui
livré JéPoge : Vous avez vu que Sonthonax tronque &
toujours ce qu'il lit. L'autre jour, il a pris
falifie
vous apporier une lettre de Marie & de Chorard F'engagement il
de
lu ce quil a appelé un extrgit : cet extrait eft enticrement 3 vous a
perfide. Sonthonax n'a pas moins pris
cette
lettre : je demande que vous lengagement fommiez Sonthonax d'apporter de
pioduire cette letre, Oil qu'il foit déclaré un vil
niateur.
calomSonchonax : Je réponds à Tinterpellacion de
cette lettre eft entre les mains de Raimond, & Fage que
porterai demain . - . -
que je I'apPage: Ily a huitjouzs qa'il'la promer .
Soathoriax: Je réponds à ce qu'a dit hier Brulley fur la
lettre : je demande que vous lengagement fommiez Sonthonax d'apporter de
pioduire cette letre, Oil qu'il foit déclaré un vil
niateur.
calomSonchonax : Je réponds à Tinterpellacion de
cette lettre eft entre les mains de Raimond, & Fage que
porterai demain . - . -
que je I'apPage: Ily a huitjouzs qa'il'la promer .
Soathoriax: Je réponds à ce qu'a dit hier Brulley fur la --- Page 87 ---
legalité des pouvoirs donnés, parles réfugiés de Philadelphie,
aux coramilaires de Saint- Doringue près la Convention
narionale. Polverel vous a proavé démenftrarivement la nullité ablolue de ces pouvoirs. Brulleyea répliqué & prérendu
vous prouver que ces pouvoirs éroient valides, & il s'eft
fondé d'abord fur ce que l'exiftence de l'allemblée de Philadelphie étoit légale; (econdement, fur ce que les décrets
de la Convention hationale > qui défendoient les actes en
nom collectif aux afiociations des-citoyens, étoient poftérieurs à l'exifience de cette aliembléc; : fur ce que Page
& Brulley avoient été reconnus commiffaires de T'affembiée
coloniale près de la Convenrion nationale, fur la fimple
nomination de l'alemblée coloniale 3 confatée par la feule
fignature du préfiden: & des fecrétaires, & non point par
la fignarere individueile de tOUS lsmenbres de Taitembiées
*": enfin, fur 'ce que les prétendus pouvoirs des commiffaires près la Convenrion nationale avoient ét6 ratifés par
cent colons, dans un abte inticulé : Procefiation coztre ie
projet d'un fervice fancbre pour Louis X/lsformi par dos
royalifes. Sur la premier: objedion, je me garderai bien de
ditpuier aux colons Texiftence légale de leur aflembléc. à
Philadelphie ; je reconnois que les ciroyens francais, partour oà ils fe trouvent, ont le dreit de s'aflembler paifiblement
& fans armes > pour délibérer fur leurs inrérêts communs;
je reconnois que les Frinçais réunis pailibiement en
biées ont le droit de nommer des prélidens 8des M
taires pour la police incérieure de ces affemblées;je reccnnois.
qu'ils peuvent même déléguér à ces préfidens &c fecrétaires
le droit de figner des aétes rolarifs fimpiement à la police
intérieure de ces' affemblées: mais loriqu'il s'agit d'adtes
litiques, lorfqu'il s'agir d'aétes publics, la loi s'oppofe fC
que les citoyens agificnt en nom colledtif On vous a dit
que cette loi éroit de beaucoup poftérieure à la tenue des
aftemblées à Philadelphie; cette loi a été rendue au contraire
par l'aflemblée conftituante, 3 les 29 & 30 feptembre 1791,
landtionnée par le roi le 9 odkobre. Voici les difpofitions de
cette loi qui s'appliquent aux colons de Philidelphie, &
qui s'appliquenr eifenticllement aux affociations & aux alfamblées de citoyens:.
46 L'ailimblée nationale, confidérant que nulle fociété,
cette loi a été rendue au contraire
par l'aflemblée conftituante, 3 les 29 & 30 feptembre 1791,
landtionnée par le roi le 9 odkobre. Voici les difpofitions de
cette loi qui s'appliquent aux colons de Philidelphie, &
qui s'appliquenr eifenticllement aux affociations & aux alfamblées de citoyens:.
46 L'ailimblée nationale, confidérant que nulle fociété, --- Page 88 ---
clab, aflociation de citoyens, ne peuvent avoir, fousancune
forme, une exiftence politique, ni exercer aucine action
fur les actes des pouvoirs conftiqués &c des autocirés légales;
que, fous aucun prétexte, ils ne peuvent paroitre fous ui
nom colledtif, foic pour former des pétitions ou des dépu
tations pour aflifer à des cérémonics publiques, foit pour
tout autre objet, décrète ce qui fuit:
A RT. II
3, En cas que lefdites fociétés, clubs ou affociations fiflent
quelques pétitions en nom colleétif, quelques dépurations
au nom de in fociété, &c généralement tous actes oû elles
parokrcient fous les formes de l'exiftence politique : ceux
qui auront préfidé aux dehiberations, porté les pétitions >
L
compofe ces députations, Oil, pris une part adtive à l'exécurion de ces actos, fercnt condamnés par la même voie à
être rayés, pandant fix mois, du tableau civique, fifpendus
de toutes fonctions pabliques, & déclarés inhubiles à être
élus à aucune place pendanr le même temps. 3>
Voila, citoyens, la loi quisoppole à ce que les affociations
de citoyens, formées pourjouir de leors droits : envcient des
députations, faffent' aucun acte en nom colleétif; parce
cu'alors clies ufurpent une puillance poltique qu'clles n'ont
pas: voilà la raifon pour laquelle le miniftre Geneft a refilé de reconnoitre ces affembiées; voilà, pourquoi il difcit
dans fes letures cui font imptimées, comme voLis le difcit
tourà-lheure le citoyen Page, voilà pourquoi il difoit que
cette affomblée étcir une corporation > 8c qu'il s'oppoleroit
àt rout ce qui avoit lair d'une corporation.
Les affemblées de Philadelphie n'avoient pas le drcit de
faire des aétcs en nom colledif, peifque la loi les prof
criveit; elles avoient encore moins le droit d'engager les
individus de cette allemifice par la fimple fignature des
préfident 8 fecrétaires: la loi's'y oppofe formellement. Il
s'agifloit d'accufcr,
ce quiel un adte public, d'envoyer
des commifiaires près E cerps légiflarif; il Hiy avoit que
des individus qui pullent concourir à ceta acte. Ce çui étoit
preferit par la loi, Tétcit aufi par la narure dcs chofes;
car lcs colons reconnoilent perpétuellement qu'il y a une
majorité
ident 8 fecrétaires: la loi's'y oppofe formellement. Il
s'agifloit d'accufcr,
ce quiel un adte public, d'envoyer
des commifiaires près E cerps légiflarif; il Hiy avoit que
des individus qui pullent concourir à ceta acte. Ce çui étoit
preferit par la loi, Tétcit aufi par la narure dcs chofes;
car lcs colons reconnoilent perpétuellement qu'il y a une
majorité --- Page 89 ---
8;
majorité de colons ariftocrates & royaliftes à la NouvelleAngleterre.
Comment pourriez - vous favoir f les hiommes
ont donné des pouvoirs font des royaliftes ou des qui leut
fi les noms des individus ne font pas inferits à la patriores, fuite des
prétendus pouvoirs dont ils vouS parient? Comment faurervous que ces individus font des parriores ? Sera-ce par la
fignature de Chotard, de Clauffon & de Bartaule-Narçait
Ces hommes que vous ne connoiliez pas, ces hommes
dont les fignatures ne fono Pas certifiées par les agens de la
République à la Nouvelle- Angleterre 5 peuyent - ils euxmêmes nous attefter le civifme del leurs copmetansPeuvent
ils, eux dont le civifine eft fi fulpect, fi équivoque, vous
tefter celui de leurs prétendus commettans 2 Voila,
atce que vous devez penfer, ce que la Convention citorens, nationale
doit penfer des prérendus pouvoirs donnés par des
à la Nouvell-Anglenetre ils difent: : Ces
émigrés
ratifiés par une centaine de fignatures des pouvoirs colons ont été
patriotes. Ils font reconnus patriotes par une proteftation reconnus
Louis gu'ils ont faite contre un projet de fervice funebre de
XVI, formé par des royaliftes : eh bien ! fur quoi fe
fondent -ils? Cet acte, difent - ils, contient une
formelle donnée alar nominacion descommillaires auprès achéfion de la
Convention nationale, par l'acte du IO octobre.
acte contint-il une adhéfion, il ne pourroit D'abord, rectifier cet
pouvoirs dont je viens de parler, dont je viens pas de vous dé- les
montrer l'illégalité; car un aéte abfolument nul ne
aucune force, aucune validité par une ratification fublé- reçoit
quente. de
Celui qui ratifie, celui qui confirine, ne donne rien
plus au pouvoir; il faut
le pouvoir foit
reconnu, il faur
le
exifte légalement, légalement
l'adhélion
Emnae
puiffe Aute quelque chofe. Ainli, filacte pour eft que
l'adhéfion ne le juftifie pas 5 f l'adhélion à l'acte nul nul, dont
je vous ai parlé ne peur pas lui ôrer le vice dont il eft infedté, l'acte d'adhéfion des prétendus patriotes qui ont
la proteftation contre le fervice de Louis
figné
faire à cet acte, ne peut pas lui donier XVi,ne une validité peur rien
n'a pas. Ce n'eft pas tout : ceft que cet aéte. > cette qu'il
tendue proteftation con re le fervice funebre de Louis XVI prén'eft pas mêre une rarificarion de l'acte du IO octobre
Tome IV. Trente-srojfème liyraifon,
F
i
endus patriotes qui ont
la proteftation contre le fervice de Louis
figné
faire à cet acte, ne peut pas lui donier XVi,ne une validité peur rien
n'a pas. Ce n'eft pas tout : ceft que cet aéte. > cette qu'il
tendue proteftation con re le fervice funebre de Louis XVI prén'eft pas mêre une rarificarion de l'acte du IO octobre
Tome IV. Trente-srojfème liyraifon,
F
i --- Page 90 ---
sar cet acte dit qu'une centaine de colons déclare ne recennoître que les actes émanés dit prélident & des fecrétaires
de l'affemblée des colons réfugiés à
nommés au procès-verbal du
Philadelphie > élus &
30 feptembre de l'année dernière. Ilsapprouvent les aétes faits & reconnus par le
verbal du 30 feptembre ; & non pas du tout les aétes procès- du
IO octobre. Que les colons ne viennent donc pas arguer de
cet aéte du IO octobre, puifqu'il ne s'agit, dans la
tation de leurs prétendus commettans, que du procès-verbal prorefdu 30 feptembre.
Perneuil : Je demande la parole. Sonthonax en impofe.
Sorthonax : Je ne vous interromps pas.
Verneuil: : Mais vous venez dire un menfonge
Je vais
lire l'article > 'car Sonthenax ne fait que mentir quand il
fait une citation... Voulez-vous qu'on life tout?
Sonthonax : Oui, lifez tout.
Verneuil: : Il veut qu'on life tout pour allonger les dé,
bats.
Sonthonax : Commenr ! Vous m'arguez de faux, &c vous
prétendez que jen'ai pas le droit de répondre ! Je demande,
citoyen prélident, , que vous rétabliffiez la décence dans les
débats; on m'inculpe, & je ne puis répondre! Lifezl'acte
en entier.
Le préfident : A l'ordre.
Page : Non, Verneuil, ne lifez que l'article.
Verneuil lit:
Extrait de la protefation des colons Patriotes de Saint-Do
mingue réfugiés à Philadelphie 3 contre Wn2 écrit intitulé :
Service funebre de Louis XVI, du 19 janvier
l'an troiftème de la République françaife une 6 1794 indi- 3
vifible.
c6 Nous proteftons encore > autant que de befoin, contre
toures les manceuvres, déclarations, , infinuations, inductions
l'on pourroit tirer de quelqueadte, de quelque
Rar public ou particulier, contre les colons de écritquece Saint-Domiags-eagenéalAaedharsm. Lmtni-twntatimetr
re de Louis XVI, du 19 janvier
l'an troiftème de la République françaife une 6 1794 indi- 3
vifible.
c6 Nous proteftons encore > autant que de befoin, contre
toures les manceuvres, déclarations, , infinuations, inductions
l'on pourroit tirer de quelqueadte, de quelque
Rar public ou particulier, contre les colons de écritquece Saint-Domiags-eagenéalAaedharsm. Lmtni-twntatimetr --- Page 91 ---
$7
révolutionnaires, infortunée
> auteurs & inftrumens des maux de cette
colonie 2 & n'approuver que les actes
préfident & Jecrétaires de Lafemblée des colons émanésid.s à Phitodelphie élus & nommés au procès-verbal du réfugiés
lannée dernière, qui avoient été
& 30 done Jeptemire de
tifions de nouveau > par ces préfentes autorifes, > tous les nous Taalegard de la Conyention nationale
du
aites, tant
publique frangaife auprès des Etats-Unis que
délég-é G
dela ReTaires dc Safat-Domingse auprès de la Convenzion 3
des commifVerneuil: Je vous demande
Sonthonax 39,
life l'article en entier, fi ce
veut qu'on
pas
deats
Polverel: Je demande la parole un momaent pour prolonger.
tout cet acte.
pour réfamer
fuite. Sonzhonax: Il
Laifle - moi parler; tu réfumeras l'acte enfaut que je réponde à l'accufation de
mandé fi vous avez apperçu dans ce qu'a lu faux.Je Verneuil demoindre trace du faux qui m'eft imputé, Lire faux, c'eft la
fubftituer des expreflions à. d'autres.
Cc
>> lons n'avoiént
J'ai lu que les COprétendu ratifier
9, du préfident & des fecrétaires de que les actes fignés
5,
laffemblée des
réfugiés à Philadelphie, élus & nommés au
colons
s du 30 feptembre >>,
procès-verbal
Verneuil : C'eft faux.
Sonthonax : J'ai lui cela : Lire faux, c'eft lire une expreflion, lire
tandis
la pièce lue en contient une autre
faux; c'eft uBur le texte.
;
Verneuil: C'eft ce que vous avez fait.
Le préfdent : A l'ordre.
Sonthonax : J'ai lu la pièce comme vous venez de
lire.
la
Verneuil: Non.
Sonthonax : En ce cas je ne réponds pas. Vous
qu'il eft bien clair que les colons qui ont figné cette voyez
teftation
que des actes émanés du
pro-
& des AEE des colons réfitgiés à
préfident
& nommés au procès-verbal du 30 feptembre, Philadelphie, Vous élus
que les adles éttangers au procès-verbal du
voyez
font parfaitement hors du cercle de ceux dont 30 feptembte. les
vous parient > dont ils entendent prouver la
colons
difent : Tour ce quis'ef fait en vertu de I'acte légalité. du
Tls
30 fepF 2
pro-
& des AEE des colons réfitgiés à
préfident
& nommés au procès-verbal du 30 feptembre, Philadelphie, Vous élus
que les adles éttangers au procès-verbal du
voyez
font parfaitement hors du cercle de ceux dont 30 feptembte. les
vous parient > dont ils entendent prouver la
colons
difent : Tour ce quis'ef fait en vertu de I'acte légalité. du
Tls
30 fepF 2 --- Page 92 ---
.38
tembre de l'année dernière eft-approuvé, mais tout ce qui
s'eft fai: auparavant 5 nous gardons le filence là - dellus.
Envain Brulley diroi-ii que le filence des colons fur les
prétendus pouvcirs des connifaires eft un aéte d'adhéfions c'eft comme fi > parce que les cclons fe mettoient
dans la tête ainti qu'ils le font aujourd'hui, de dire à tout
le monde qu'ils font les repréfentans'de tous les colons
qui font à Philadeiphie & en France, il falloit conclure
raifonnablement du Glence des colons qui font en France 2
& qui peurêre 'ne foupçonnent pas iexiftence des prétendus commitlaires; comme s'il falloir en conclure quils
foient ies approbateurs de leurs aétes. Non, citoyens, vous
n'intervertirez pas, & la Convenrion ne voudra
non
plus intérvertir les confequences des principes jufqu' Pau point
de dire qu'un homme , à I5oo lieues ds fon pays, > fans
avoir donné aucune efpèce d'adbétion à un engagement
par le fait feul de fon filence,'a aura concouru à la foriation d'un acte illégal; cela n'eft pas propolables & malgré
ce que vous diront Frulley 8c tous les colens, certes vous
n'insérerez pas de là que le filence
gardent ceux qui
n'ont point coopéré à leurs actes Teatire de la part des cOlons, une adhélion formelle à ces actes. Jajoute fur ce qui
vous a été dit'du procès-verbal de protefation,
les colons'vous ont dit que ies fignatures avoient. été
eaden
or, les fignasures n'ont pas été certifées. Le chancelier
Beauvarler dit: II ef ainfi cn Patte qui a été dépofe en la
chancelicric du corfilat de Philadelphic 5 mais le chancelier
Beauvarlet ne dit point que les lignstures de ceux qui ont
figné foient des fignatures légples; il ne dit pas que les fignatures appofces au bas de cet acte aient été vérirablement tracées par ceux qui l'ent dépofé. Voila. ce que le
chancelier Beauvarlet eût dû dire, pour que ces actes fullent
légalement certifés. Les fignatures que ces hommes ont
données.. font donc audi nulles
celles appofées au bas
du procès-verbal de ADETA d'ailleurs , je vous ai
prouvé que ce dernier ace étcit infedé d'une nullité radicale, quil n'étoit pas poflible qu'il plir foutenir vOs regards, > puilquil n'éroit l'ouvrage que de trois perfonnes >
Chorard, Barraulede-Nargny & Clauflon. Quand J'entends
les colons vouloir fonder leurs prétendus pouvoirs fur ccr
appofées au bas
du procès-verbal de ADETA d'ailleurs , je vous ai
prouvé que ce dernier ace étcit infedé d'une nullité radicale, quil n'étoit pas poflible qu'il plir foutenir vOs regards, > puilquil n'éroit l'ouvrage que de trois perfonnes >
Chorard, Barraulede-Nargny & Clauflon. Quand J'entends
les colons vouloir fonder leurs prétendus pouvoirs fur ccr --- Page 93 ---
adte, cela me rappelle fans celfe le juge de la comédie
qui, après avoir nommé dans une affaire ledemandeur & i
défendeur, dit à fon fils : Tuferas L'affemblée. Barrault-deNarçay fe fait préfident ; il a dit à Chotard: Tu feras fecrétaire; & toi Claullon, s tu feras l'affemblée. Voilà T'affemblée de Philadelphie. Cinq ou fix intrigans fe réuniflent; ils fe difent : Nous fommes les' colons pattiotes >
nous fommes les acculateurs de Polverel & Sonthonax ; toi,
tu es préfident, tci, tu es fecréraire 5 toi, tuiras enFrance
nous repréfenter. Voilà la fcène de la comédie
les COlons ontjouée à Philadelphie , qu'ils voudroient changer
er
en tragédie.
Plufieurs colons & Polverel demandent la parole.
Senac : Je demande la parole. J'étois à Philadelphie
lorfque les affemblées ont été convoquées:/étcis du nombre
des délibérans 5 &c certes, Sonthonax ne niera pas cela. S'il
me confidère comme un intrigant, un contre-révolutionnaire, il aura occafion de létablir, & mei 1 j'aurai occafion
de vous établir que'rien n'eft moins vrai, & que les perfidies
atroses de Polverel & Sonthonax font autant de fodlératefles de leur part; mais il a tiré de Tacte qu'il vient de:
lire la certitude que les aétes poftérieurs à la nominarion
des préfidens & fecréraires, le 30 feptembre > n'étoient
point approuvées. C'eft une infamie, tine peridie infigne;
car fi Sonthonax avoit bien voulu réféchir > il auroit vu
quie la nomination du 30, feptembre oft parfaitement ratifiée, D'abord, les délibérans approuvent la nomination
faite le 30 feptembre de leurs prelident & fecrétaires.Après
cette apprcbation, 2 ils déclarent qu'ils reconnoiflent comme
légaux rous les aétes qui émaneront du préfident & des
fecrétaires de l'affemblée à l'époque duso feptembre. A
cette époque,, il n'y avoir poiat d'adrefle à la légifature
françaile, > il n'y avoit
eu au 30. feptembre d'acte qui
confiatàt les pouveirs Emnts à Page, Brulley & autres 5
& cependant voila ce
difent ceux qui proteftent contre
le fervice funèbre: cc Rerate nommés au procès -verbal du
30 feptemibre de Fannée dernière, &c do.t nous ratifions
par ces préfentes tous les aétes:
Cc N'approuvons que les actes érmanés du préfident &
des fecrétaires émnanés de l'affemblée des cclons réfugiés
F 3
irs Emnts à Page, Brulley & autres 5
& cependant voila ce
difent ceux qui proteftent contre
le fervice funèbre: cc Rerate nommés au procès -verbal du
30 feptemibre de Fannée dernière, &c do.t nous ratifions
par ces préfentes tous les aétes:
Cc N'approuvons que les actes érmanés du préfident &
des fecrétaires émnanés de l'affemblée des cclons réfugiés
F 3 --- Page 94 ---
Philadelphie 3 tous les actes, tant à l'égard de la Convention
nationale > que du délégué de: la République françaife auprès des Erats-Unis, & des commiffaires de Saint-Domingue auprès de la Convention >, Le 30 feptembre il
avoit pas d'adte de la part du préfident de l'aflemblée n'y de
Philadelphie 5 ce font donc les aétes fubféquens de leur
nomination an 30 feptembre > que ceux qui proteftent prétendent racifier ; & certes, Sonthonax ne peut
veus
dire que ce n'eft que l'acte du 30 feptembre qu'on pas approuve, parce que cet aéte là, encore une fois 3 ne contient que la nomination du préfideut 8c des fecrétaires.
Polverel: : Citoyens, c'eft fur laéte contenant les proreflations contre le projet de fervice funèbre pour Louis XVI
que j'ai la parole. Pour abréger, je fuppofe légales & légalifées les fignatures des IOI proteftans, quoiqu'en effet
ciles ne le foient pas du tout. J'examine l'aéte en lui-méme;
mais d'aberd je pole un principe qui,je crois, ne peur être
révoqué en doure par qui que ce, foit, c'eft qu'un pouvoir
d'accufer aul nom d'aurrui ne peut rélulter que d'un aôte
fpécial;
pouvoir d'accufer tel & tel individu detel
ou tel ERCCONS On Re reconnoitra jamais le pouveir d'accufer
dansune énonciation vague. Les colons prétendus fignataires
de l'acte du 17 janvier 1794 ne rappellent pas même la
date de l'adte du IO octobre 1793; ils ne
ni
les commiffaires civils de Saint-Domingue ,. rappellent ni les faits
dont 011 prétend les accufer 3 ni les pouvoirs prétendus
donnés par. l'aflemblée des colons à Philadelphie 2e pour les
accufer. Qu'approuventils: 2 que ratifient-ils ? D'une
le procès-verbal de cette allemblée de Philadelphie, du part, 30
feptembre 1793, qui n'eft pas l'aéte du IO octobre; d'une
autre, part, ils approuvent vaguement & en général tous
*ps aétes émanés des hommes qui auront été élus par cette
affemblée du 30 feptembre, dans le nombre delquels ils
n'énoncent fpécialoment, ni d'aucune manière , l'acte du
IO cctabre. Ils approuvent indéfiniment les aétes qui feront
émanés du préfident & des fecrétaires élus par l'adte du
30 feptembre des colons réunis à Philadelphie. Encore une
fois, nul fait énoncé contre lcs commiffaires civils de St.-
Domingue, nul pouvoir de les accufer s nulle mention de.
T'ade du IO odtobre de l'affemblée de Philadelphie, nulle
'acte du
IO cctabre. Ils approuvent indéfiniment les aétes qui feront
émanés du préfident & des fecrétaires élus par l'adte du
30 feptembre des colons réunis à Philadelphie. Encore une
fois, nul fait énoncé contre lcs commiffaires civils de St.-
Domingue, nul pouvoir de les accufer s nulle mention de.
T'ade du IO odtobre de l'affemblée de Philadelphie, nulle --- Page 95 ---
9T
mention de l'acte du IO octobre, portant pouvoir de las
accufer. Les actes qu'ils approuvent ou paroiffent approuver fe bornent à ceci, & dont nous- ratifions de nouyeau par
ces préfentes tous les actes 3 tant al'égard de la Convention
nationale , que des délégués de la Repuiligue-Truncail - >
& des commiffaires de Saint-Domingue près la Convention
rationale ; parce qu'alors ils étoient en correfpondance avec
le miniftre auprès des Etats-Unis & les commiflaires de St.-
Domingue auprès de la Cenvention nationale. Nulle mention, encore une feis,, ni de loin ni de près, d'aucun fait
imputé aux commiffaires civils de Saint-Demingae, d'aucun pouvoir de les accufer. Rapprochez cette claufe-la du
principe > que le pouvoir d'acculer doit être (péeial; il he
peut pas y en avoir d'autres..
faut
Brulley : Citoyens, je n'ai qu'un. mot, parcequ.li ne
pas prolonger cette difcuflion qui nous éloigne du vrai but.
Vous venez d'entendre Polverel qui cherche à torturer un
fens qui s'offre tout naturellement. Que difent les colons
dans cette proteftation que je tiens à la main : Ils difent
qu'ils approuvent tous les actes; or un acte qui étoit an-.
térieur à cette proteftatien,n aéte bien authentique, un
acte bien connu des colons , puifqu'il avoit été rédigé par
la même affemblée, celui qui annonce les commiffaires
pour aller à la Convention
l'accufation qu'euxmêmes (pécifient dans Y'aéte dont CorT eft queftion; c'étoit >
dis-je, cet adte qui étoit le principal objet de l'affemblée
fur lequel repofoit la confiance de tous les français réfugiés ;
c'étoit cet acte là qu'ils "ont bien entendu ratifier comme
tous les autres 5 car ils ont dit tous les adtes. C'eft le 30
feprembre, jouroà les préfident Scfecrétaires ont été nommés
les officiers de l'alemblée, puifqu'ils ont approuvé tous les
actes, ils n'ontpas approuvé celui-là moins que les autres;
& s'ily y en avoit eu queiqu'un à excepter, ce ne feroit certainement pas celui qui étoit le plus authenrique, le plus
notoire , & qui paroifloit être mênae le but principal de'la,
réunion des colons à Philadelphie. Polverel vous dit que,
comme ils'agifloit d'aceufer, ilfalloir qu'il fit dit fpécialement qu'on charge les colons nommés commiffaires de
pouvoir accufer; mais tout Çe qu'on aureit dit iciétoit coni'gné dans l'adte, > tout ce que les colons auroient dit au
F+
, le plus
notoire , & qui paroifloit être mênae le but principal de'la,
réunion des colons à Philadelphie. Polverel vous dit que,
comme ils'agifloit d'aceufer, ilfalloir qu'il fit dit fpécialement qu'on charge les colons nommés commiffaires de
pouvoir accufer; mais tout Çe qu'on aureit dit iciétoit coni'gné dans l'adte, > tout ce que les colons auroient dit au
F+ --- Page 96 ---
roit été une répérition
&
Nous ratifions tous lesaétes, ferabendamtes &
quand ils difent :
prenons cetaéte > , ils dennent leur qu'ils adhéfion difent : bien Cc Nous combien legale, bien fpéciale à l'aéte qui aurorife formelle les
miffaires auprès de laflemblée
comPolverel & Sonthonax, à venir nationale, 5 à venir accufer
tection à la Convenion, à venir préter demander ferment fecours & procela me paroir démontré. Quant à la loi qui a éré de fidélité;
laquelle on a prérendu inférer que les colons
lue, de
le droit de faire figner leurs actes feulement n'avoient pas
dent & le fecrétaire, 2 > j'cbierverai
par le préliment en défuérude
que cette loi étoit tellevous
2 que tous les jours à la
avez vu préfenter des pétitions par, des fociétés, Convenrion des
aggrégations, fignés
, par des réunions tres-nombreufes des aétes
feulement des préfident & fecrétaires.
à votre barre des députations de commiflions Vous avez vu
& qui n'avoient d'autres pouvoirs que ceux fignés des nommées s
fecréraires, & T'allemblée a fi bien fenti
préfident
la manière dont on agifloit conftamment dans que c'étoit là
toutes les circonltances, ive à la
qu'elle a rendu tout récemment une loi relafociétés fociété des Jacobins, & relativement à toutes les
les pétitions populaires, à lavenir par feroient laquelle elle a ordonné que toutes
G cette loi qu'on vous a lue eût fignées exiftée, individuellement. a
Or,
exécutée, il eût été inutile que la Convention on l'eût toujours
cret qui preicrivit impérativement
rendit un déloi; &, quant au
cette forme. Veilà la
jai déja dit dans 1a procès-verbal, fuite des débats. 2 je m'enrapporre à ce que
Verneuil: Nous en fomines à la loi du 4 avril...
Sonthonas: : Sur les pouvoirs donnés à
les mèmes obfervations à-faire
fur New-Yorck > j'ai
phie. Mêmes irrégularités', mêmes que
ceux de Philadel-
& fecrétaires, même vice, même nulliré lignatures radicale des prélident
veirs donnés à New-Yorck, comme j'ai démontré des poulité de ceax donnés à Philadelphie.
la nulprétendus pouvoirs donnés à New-Yorck T'ajoute encore que les
aucun pouvoir fpécial d'accufer Polverel & ile contiennent
Th. Millee: C'eft faux.
Sonthonax.
Sopthonax : Permettez. Lorfque vousvousd dires ici, les rez
préfentans des colons > pour nous accufer, il fant un pou
à New-Yorck, comme j'ai démontré des poulité de ceax donnés à Philadelphie.
la nulprétendus pouvoirs donnés à New-Yorck T'ajoute encore que les
aucun pouvoir fpécial d'accufer Polverel & ile contiennent
Th. Millee: C'eft faux.
Sonthonax.
Sopthonax : Permettez. Lorfque vousvousd dires ici, les rez
préfentans des colons > pour nous accufer, il fant un pou --- Page 97 ---
voir fpécial figné indivi,uellement par les colons nos accufateurs. Vous ne pouvez point ufurper une qualité que
vous n'avez pas,. une qualité fondée fur un titre abfolument nul. Je laifle donc. les pouvoirs de New-Yorck; je
viens de démontrer qu'ils font auffi nuls que ceux de Philadelphie.
Verneuil: Je demande la parole.
Brulley : Voilà nos pouvoirs.
Sonthonax : Ieft inutile de les lirc.
Le préfident 1 : A l'ordre > Sonthonax > tu n'a pas la
parole.
Fondeviolle : Je demande à lire l'adreffe qui eft jointe au
procès-verbal.
Sonthonax: : Nous'a-t-elle été communiquée & mife fur
le bureau?.
Fondeviolle : Non, citoyens.
Sonthonax : En ce cas, nous ne la pouvons pas deviner.
Il eft inutile de prolonger la difcullion s parce que la nullité radicale de Tacte de Philadelphie porte. également fur
les pouvoirs de New-Yorck. Il n'exifte aucun pouvoir fpécial pour accufer.
(Polverel interrompt ).
Sonthonax : Cependant je veux bien les admettre. e
Polverel: Et non pas moi.
(Fondeviolle lit le titre de l'adreffe ).
Adreffe des colons de Saint-Domingue 3 bannis, exportés,
expatriés & réfugiés dans la vilie de New-Xorck, dans les
Etats-Unis del-Amérique, contre les actentats commis dans
cette colonie françaife par Polsere.,Sontbonax & Delpech,
leurs complices & leurs egens . à la liguiaurefanpnie,
à tous les républicains français,
Le préfident : Paffe à la partie de la pièce qui a rapport
à la difcuilion aétuelle.
Fondeviolle : Je vais le faire.
bannis, exportés,
expatriés & réfugiés dans la vilie de New-Xorck, dans les
Etats-Unis del-Amérique, contre les actentats commis dans
cette colonie françaife par Polsere.,Sontbonax & Delpech,
leurs complices & leurs egens . à la liguiaurefanpnie,
à tous les républicains français,
Le préfident : Paffe à la partie de la pièce qui a rapport
à la difcuilion aétuelle.
Fondeviolle : Je vais le faire. --- Page 98 ---
(Fondeviolle continue la leéture de l'adreffe).
cc LEGIstATIVAS,
23 Vosfrères les blancs de
ces vrais
de la révolution françaife, Saine-Dominge, ces hommes qui avoient terraflé amis
le defpotifme dans la mémorable journée du 19 octobre
bannis, sdéportés, expatriés, réfugiés dans la ville de
5 par les crimes des
NENe
agens de la faction déforganifurrice délégués prévaricateurs >
rroubles dans le territoire
qui a fomenté tous les
de la République, I réunis
ment, & affemblés fous l'autorifation des magiftrats pailible- de cette
vilie, après avoir entendu ledture de la conftitution de la
Bepublique 801
françaife, décrétée par la Convention nationale
préfentée aux aflerublécs primaires pour ratification; a
avoir prèré le ferment folemuel de la
après
3> Arrétent les repréfentations & protellations foutenir; fuivantes,
donnent aux commiffaires
pour les
à h légidature françaife, 12 dénommés, pouvoirs conlignés dans préfenter le
fent aéte.
pré23 Article premier de la conftitution, Le but de toute
ef le bonheur commun. Le bonheur des colonies nc fociété être
dans leur deftruétion.
peut
3> L'art. XXWI 2ccorde à chzdue fedtion du peuple affembléle droit d'exprimer fa volonté avec une
3> Saine-Domingue n'a jamais joui de"ce entière droit confacré liberté.
dans la première conftitution. L'affemblée confituante
pofa fans ceffe aux ennemis de la révolution ce principe op- :
& Ceux-l2 pour qui la loi ef faite 3 peuvent Jeuls la délibérer
liz confentir.
3, Le cri des colonies s la voix de leurs repréfentans furent
roujours étouffés par des factions. Le décret du 24 feprembre
1791 les sgaranriffoit des maux dent elles étoient menacées. Ce
décret n'a point été annullé, & cependant Jes défaltres
les céfenfours de la colonie avoientprévus, font confommés que
par-les délégués de la République Polverel, Sonthonax. &
Delgech.
*2 Quand ja France eut décrété le 8 mars 1790 3 que les
enionics faifoient partie de Lempire français, elle déclara
72 'étoient point comprifes dans la conpatution dicrétée qu'elles pour le
rejyaume ; elle mit par ce mime dicrct les propriétis des colons
ours de la colonie avoientprévus, font confommés que
par-les délégués de la République Polverel, Sonthonax. &
Delgech.
*2 Quand ja France eut décrété le 8 mars 1790 3 que les
enionics faifoient partie de Lempire français, elle déclara
72 'étoient point comprifes dans la conpatution dicrétée qu'elles pour le
rejyaume ; elle mit par ce mime dicrct les propriétis des colons --- Page 99 ---
fous la fauve-garde /péciale de la nation ; elle déclara en outre
traitre à la patrie 6 criminel de lese-nation quiconque exciteroit des Joulevemens contr'eux.
3> Aucun décret de' l'affemblée légiflative ni de la
tion nationale n'a annullé ces difpofitions. Cesi intentions Conven- de
la nation entière, ces difpofitions font la bafe de la fireté
individuelle des colons, la garantie de toutes les
coloniales. La loi du 24 feptembre 1791 s'explique propriétés fur la natufre de ces propriétés > & celle du 4 avril 1792 confirme
le décret du 8 mars 1790 > en renvoyant les colonies à lexécution de ce décret. Cependant Saint-Domingue n'eft plus
qu'un théàtre de tous les crimes, de tous les forfaits,
de
qu'un
champ carnage, > une vailée d'homicides. Polverel, Sonthonax & Delpech ,après avoir fait mallacrer par les hommes
de couleur & les nègres révoltés les blancs de cette ile infortunée , ont fait trainer dans les cachots les veuves & les
orphelins de ces triftes viétimes. Toutes les fcènes de douleur, de fouffrances, de cruauté, de barbarie, tous les tableaux
de la rage, de la fareur, du défefpoir s tous les crimes des
defpores connus, 3 tous les genres de mort, tous les tourmens
raflemblés ne font rien auprès des actes de ces anthropohages.
Ils' ont violé toutes les lois; ils ont reffuicité la
le defporifme ; ils ont attenté à la fouvetaineté nationale tyrannie >
ils ont outragé mille fois la juftice 3 T'humanité, la nature 5
& les ont outragées fans remords.
>
3, Tous ces crimes, tous ces forfaits, toutes ces horreurs
ont été commis fous le mafque de la
léclatimpofant des pouvoirs nationaux 5 & philofophie notre foumifion > fous
aveugle à ces délégués prévaricateurs nous a perdus. Ces,
hommes féroces pourfuivent encore jufques dans les EtarsUnis les colons réfugiés avec leurs armes familières, l'intrigue, l'impofture & la calomnie.
3, C'eft devant la nation entière que nous accufons ces
délégués nommés par Capet; c'eft du fein du continent Ariéricain, ou, quoique bannis, déportés, expatriés 2
s
nous
réfugies
n'avons pu perdre aucun de nos droits, que nous proteftons folemnellement contre tous leurs aétes depuis le 20
feptembre 1792.
>> Nous les accufons de tous les faits articulés dans la dé.
xonciation des Français blancs de Ssint-Domingue, inférée
ons ces
délégués nommés par Capet; c'eft du fein du continent Ariéricain, ou, quoique bannis, déportés, expatriés 2
s
nous
réfugies
n'avons pu perdre aucun de nos droits, que nous proteftons folemnellement contre tous leurs aétes depuis le 20
feptembre 1792.
>> Nous les accufons de tous les faits articulés dans la dé.
xonciation des Français blancs de Ssint-Domingue, inférée --- Page 100 ---
dans le n". II du journal des révolutions de la
çaife de
partie franSaiur-Domingue, > du lundi I6 feptembre
imprimée à New-Yorck en Français & en Anglais, 1793,
par Tanguy.
rédigée
>> Nous proteftons contre la nominarion des députés qu'ils
pourroient abufer
avoir envoyés à la Convention nationale
encore les repréfentans du peuple, déclarant ces pour dépurés complices de ces grands criminels.
>> Quand la légiflature examinera les événemens qui ont
détruit la plus floriffante des colonies françaifes, quand elle
apprendra
les hommes de couleur furent toujours les
inftrumens fans
factions qui ont hâté fa perte. - e elle frémira
doute de Fapplication de fes bienfaits des 15 mai & 4
avril; elle reconnoitra enfin quels ferent à
les vrais amis de la révolution
les Saint-Domingue
confitution, de fa profpérité. françaife >
foutiens de fa
33 Les citoyens Fondeviolle & Duny, adtuellement à
New-Yorck, fe rendront en France le
de concert avec les ciroyens Larcheveqte-Thband, pluror pollible, pour,
Raboueau,Lepage, Brulley, Lavergne, Verneuil & Daugy. ,
tous nommés dans T'aflemblée tenue par les colons Hugues,
à New-Yorck, fe réunir à nos compatriotes nommés réiugiés dans
Faffemblée des colons à Philadelphie & dans les autres villes
du continent, & peindre à la légiflature françaife la conduite
atrocement les
coupable de ces. hommes qui, après avoir détruit
autorités conflituces, entretenu par une fermentation criminelle les haines & les divifions ? ne laifferont à la France
que les lambeaux fanglans de cette infortunée colonie. Notre
confance, leur
ou plutôr nos malheurs fans exemple, doivent
découvrir l'érendue de leurs devoirs.
3> Nous recommandons leurs perfonnes à tous les
cains français ; leur enjoignohs de faire connoitre à la républinos
France
vOeux fincères
le faccès de fes armes, 8c de renouveller au nom de Toreo colonie, &c en notre nom
le ferment folemnel de fidélité à la mere-patrie e32. particulier,
Lecointe: : Je demande que, lorfqu'on domnera lecture d'une
pièce, on ne life que la partie qui aura
à la
tion quel I'on traitera ; car, bien certainement, rapport les deux quef tiers
noitre à la républinos
France
vOeux fincères
le faccès de fes armes, 8c de renouveller au nom de Toreo colonie, &c en notre nom
le ferment folemnel de fidélité à la mere-patrie e32. particulier,
Lecointe: : Je demande que, lorfqu'on domnera lecture d'une
pièce, on ne life que la partie qui aura
à la
tion quel I'on traitera ; car, bien certainement, rapport les deux quef tiers --- Page 101 ---
de la pièce qui vient de vous être lue > n'ont point de rapport à la difcufion Il eft inutile adtuelle. de faire des obfervations fur cet
Sonthonax :
acte. Fondeviolle: Ciroyens , j'ai Phonneur de vouS obferver
que cette pièce eft fignée par tous les colons qui étoient
à New-Yorck.
(Polvere! &c Sonthonax demandent la leéture des figna- -
zures; Fondeviolle les lit).
N. Cauvin, Rouffelière ainé, Saint-Amand, Rolert,
Marify, Frereland, Pacaud,Liron, Henri Ourard, s Lalacat,
Tarin, Colgmaud,Lntergue jsune 2 F. G. Negro, Laroche,
Arnand, Canderatz, Bernard,J. F. Armaud, Duny, républicain, Leroy ainé, Denian, Moutoa, Pean, Fontaine,
Berge, Laroufclière, J. Duglas, Baudi, Campagnac >
Combrey, Tre3hopmrReT s Tardy, Capelle,
Couvé jeunes Guyon, Efcande, Cairen ainé, Nicolas fecréBaudy fils, Brevilly, Victor, Labrson-Villandry, fecrétaire.
taire; J. Darregrand-Henga, Defondeviolle,
Polverel: Je demande le dépôt fur le bureau, afin qu'il
en foit donné communicatién, font-elles légalifées?
Sonthonax : Lcs fignatures fais
chez Geneft & chez le
Fondeviolle : Je me
préfenté
comme ils étoient
eonful, pour avoir leurs fignatures: ils ont 5 mais refufé de la ligners ils
dénoncés dans cette pièce,
ont 'également refufé de me donner acte de ma proteftation. le
Sonthonas : Je prie le ciroyen-préfident s'il
conftater d'interpeller un
ciroyen Fondeviolle de déclarer foit peur le confui, par foit
acte quel qu'il foit, le refus fait,
par
ces
par le miniftre Genest, d'approuver ou d'improuver
fignatures. Fondeviolle : Après la déclaration que je vous fais & que de
Geneft a refufé de me donner acte de ma préfence, &
légalifer les fignatures, parce que je le dénonçais,
je
puis Sonthonax le prouver.. : J'enténds bien que vous dites que Genclt
ur le confui, par foit
acte quel qu'il foit, le refus fait,
par
ces
par le miniftre Genest, d'approuver ou d'improuver
fignatures. Fondeviolle : Après la déclaration que je vous fais & que de
Geneft a refufé de me donner acte de ma préfence, &
légalifer les fignatures, parce que je le dénonçais,
je
puis Sonthonax le prouver.. : J'enténds bien que vous dites que Genclt --- Page 102 ---
& le conful vous ont refufé leurs
vous quelque preuve de ce refus : fignntures; mais avezla Duy : Cetli-defus, cicoyen préfident,
parcle. Jet prouverai dans ma
que je demande
qui eft dépofée à la commiffion, correipondance avec Geneft,
toute eipèce de difficulé de ia
que de nous avons éprouvé
tures ; cela eft conflant
les pare Geneft pour ces
par
fignafont ici, & qui feronr dépefées lettres fur le fignées de lui, qui
Thomas Millot : La feule
bureau.
un adte fair en pays étranger, c'eft manière la légale de conftater
français: : or, le: conful refufan: de le lagalifation du conful
pouvoir le faire à fa place? Or le faire, je demande qui
miniftre étant tous les deux dénommés conful de France & le
fant par ce morif de
&
dans cet acte, refuavoit aucune autre autorité Tenregiftrer d'en donner acte > ilny
pour cet objet.
françaite à qui l'on pàt S adrefler
parole. Sonthonax : On ne peut pas là-deffus vous en, croire fur
Polverel : Je réponds aux
Geneft a ceilé toutes fonations obfervations de Miller que
dès lemois de février
publiques aux Erats-Unis,
les colons ont eu le 1794. Depuis de
le mois de février
comme ils l'auroient temps
faire légalifer & enrégiftrer, 1794,
dans d'autres principes voulu, par le conlul qui difeit être
termine cette oblervation que ceux du miniftre Geneft. Je.
commillion, que cette
par la prière que je fais à la
l'ont été toutes les autres pièce me foit communiquée, comme
commiflion.
> par la voie du fecrétaire de la
Thomas Millet : Sijai bonne
Fauché, fuccelfeur de
mémoire, le miniftre
27 février.
Geneft; eft arrivé à Philadelphie le
Sonthonaz : Il a été préfenté le
Thomas Millet: Il eft arrivé le 25.
fenté le foir, il l'a été par
matin, il a été préT'affaire. Et nous, nous étions Gondolphe: je fais fort bien
février, c'elt-à-dire, fept à huir partis de Philadelphie le
citoyen Fauché, Nous nous étions jours avant l'arrivée d2
de Perfe en
tranfporrés dans le perit
E de mars, à trente Bohaille: lieues de nous nous fommes embarqués
Philadelghie, nous avons
é le foir, il l'a été par
matin, il a été préT'affaire. Et nous, nous étions Gondolphe: je fais fort bien
février, c'elt-à-dire, fept à huir partis de Philadelphie le
citoyen Fauché, Nous nous étions jours avant l'arrivée d2
de Perfe en
tranfporrés dans le perit
E de mars, à trente Bohaille: lieues de nous nous fommes embarqués
Philadelghie, nous avons --- Page 103 ---
appareillé le lendemain matin. Or, je demande fi nous
avons pu communiquer avec le miniftre Fauché?
Sonthonax : Le ciroyen Millet commet une erreur trèsgrave, fi ce n'eft pas quelque chole de mieux. Il applique
politivement aux pouvoirs de Philadelphie Timpoflibilicé de
légalifation que les colons" de New-Vorck veulent retenir
pour les pouvoirs de New-Yorck. Je fais bien que les colons
font partis de Philadelphie avant l'arrivée du convoi 3 mais
Fondevielle , mais ceux qui ont des pouveirs de Neweft bien
Yorck, ne font partis qu'avec le convoi. Or,
démontré que le convoi eft
poftérieurement à larrivée du miniftre Fauché;il eft ta démontré que les cclons
la liberté de
qui ont des pouvoirs de New-Yorck, avoient
les préfenter au miniftre Fauché ou à fon délégué à NewYorck. Ils ne peuvent donc pas arguer de leur départ de la
Nonvelle-Angleterre avant Farrivée- du miniftre Fauché.
Duny : Citoyens, > tout l'échafaudage de Sonthonax va
tomber dans l'inftant. Je fuis parti avec Millet furle même
bareau, & fept jours après Farrivée de Fauché, qui étoit
arrivé le 27 à Philadelphic, J'ai apporté des pièces qui ne
fe font pas trouvées fous les fcellés, en voici la raifon.
Ayant été arrêté par la gendarmerie à Paimbeuf, je mis
dans mes poches mes pouvoirs 3 afin de pouvoir montrer à
du
à
étoit
Garrau, > repréfentant
peuple Nantes,, le qu'elle fommai de
ma miffion. Ceft d'après ces pouvoirs que je
de
nous acheminer vers Paris, pour apporter aux comités
falut public & de fireté générale les preuves de notre ncmination," 7 & de l'obje: de notre miffion. Nous fumes pris
à la porre, on nous, met en prifon oà nous fommes reftés
huit mois. J'eus le foin de mettre mes papiers fous ma cafaque, ils font reftés huit mois dans ma chemife, ils ne
font pas fortis d'avec moi, les voici. II n'eft donc pas étonnan qu'ils foient arrivés en méme-temps que ceux de Millet.
Il n'elt donc pas étennant
je ne les cie pas pu. faire cerrifier par Fauché, par la Eaien
je fuis parti avec Millet
à Yépoque de fon arrivée. Ils dar pas pu l'être par Hauterive, conful à New-Yorck, ni par Genest, parce
c'éroient deux confpirateurs
dénonçois à la
Fader
queje
Sonthonax: : Fondeviolle eft pari de la Nouvelle-Angleterre fur le convoi; Fondeviolle avoit les mêmes pou-
tennant
je ne les cie pas pu. faire cerrifier par Fauché, par la Eaien
je fuis parti avec Millet
à Yépoque de fon arrivée. Ils dar pas pu l'être par Hauterive, conful à New-Yorck, ni par Genest, parce
c'éroient deux confpirateurs
dénonçois à la
Fader
queje
Sonthonax: : Fondeviolle eft pari de la Nouvelle-Angleterre fur le convoi; Fondeviolle avoit les mêmes pou- --- Page 104 ---
tod
voits que Duny. Je demande pourquoi Fondoviolle, s muni
des mêmes pouvoirs, ne les a pas fait légalifer par le miniftre Fauché ou par le conful à New-Yorck. Ce n'eft
tout; c'eft que Duny vient de dire qu'il étoit parti huir pas
jours avant larrivée de Fauché,
Duny: : De Perfe en Bohaille, c'eft-à-dire > à ttente
licues.
Sonthonax : Tous les faits qui conftatent
de vos pouvoirs, foit qu'ils proviennent de votre lillégalité
foit quils proviennent de vorre mauvaife volonté, nésligence, doivent
vous être impurés. Au lieu de partir avec des pouvoirs non
légalifés, vous devicz les faire légalifer, puifque, de votre
avev, > le miniftre étoit arrivé à votre depart.
Senac : Je demande la parole.
Foniieviolle : Je ne pouvois faire légalifer ccs pouvoirs,
puifque je ne les avois pas, & qie je me fnis
mourant
embarqué
fur le convoi; on a été obligé de me porter fur
un brancard fur les Deys-Jefephines de Nantes. Il falloir avoir
autant de defir que j'en avois en cffet, de me rendre en
Frnce, pour partir dans l'érar où j'étois; & je n'avois pas
les originaux 2 je n'avois qu'une expédition.
Le président : Ceci eft entendus palle à uin autre
objer.
Sonthonax : Les pouvoirs qui viennent enfuite font ceux
du ciroyen Daubonneau. Il eft inurile de les lire, parce que
le ciroyen Daubonneau conviendra qu'ils lui ont été
donnés feulement par Adelon > préfident d'une fociété de
colons français, réfidant à Philadelphie. Ces pouvoirs ont
été donnés 3 1101l pas par T'affemblée, mais par le préfident
du club de Philadel-hie, pour allerà la Convention préfenter des réflexions fur le décrer du 16 pluviéfe, 3I n'eft
queftion dans ces pouvoirs de nous accufer. Nous ne
Ender même dénoncés dans l'acte des pouvoirs donnés
à potfnnt Par qui ces pouvoirs ont-ils, été donnés ?
par Adelen, préfident de la fociété; car la focié:é n'a pas
même délibéré pour envoyer Daubonneau. La fociété a créé
à fon préfident une efpèce de pouvoir exécuxf pour, les
miffions à donner en France. Elle lui a dit: vous enverrez
tel homme que vous choifirez pour préfenter à la barre de
la Convention nationale nos réflexions fur le décret du 16
pluviôle.
-ils, été donnés ?
par Adelen, préfident de la fociété; car la focié:é n'a pas
même délibéré pour envoyer Daubonneau. La fociété a créé
à fon préfident une efpèce de pouvoir exécuxf pour, les
miffions à donner en France. Elle lui a dit: vous enverrez
tel homme que vous choifirez pour préfenter à la barre de
la Convention nationale nos réflexions fur le décret du 16
pluviôle. --- Page 105 ---
TOI
pluviole. Le préfiden: Adclon. en a chargé Dasbonpens,
& celui-ci ne niera pas qu'ils ne portent
pouvoir d'accufer, non-feulement les conimiflaires, PORILP mais même
aucun des fonctionnaires publics qui fe font trouvés dans
Ja colonie. Les pouvoirs de Daubonneau font donc parfaitement étrangers à l'accufation: Les pouvcirs dé Datbonnenn
n'émanent que d'un feul homme ; ecil cft plus que ridicule
que Daubonneau vicnne vous dire qu'ilef le repréfentant
de 10,000 colons, qui n'exiftent que dans la têe des colons
qui font ici. Donc,. les pouvoirs de Daubonneau n'étant
relazifs à l'aceufation, ils font nuls pour l'affaire dont
- eft queftion ici. J'ai prouvé d'ailleurs que ceux de Phila-'
delphie, ceux de New-Yorck, confiés aux colons nos accufatears qui font ici, font également nuls. Je paile à ceux
de Senac, ce font les derniers.
Daubonneai: Auflitôt que le décret du 4 février (vieux
ftyle, ce qui répond au 16 Pluviofe), qui confacre l'affranchiflement des noirs, fut connu à Philadelphie; tous les
colons réfugiés qui aiment la parrie fe font réunis; ils onc
délibéré fur une adreffe à envoyer à la Convention nationale.
Les colons alors demandoient un décret qui fecondat T'exécution de celui du 16 Pluviôle; & certainement ceft bicn
mal-apropos cue Sonthonax a dit qu'aucun colon n'aimoit
la liberté & Tegalité. Cette adrelle a'été faite : voilà les
pouvoirs qui en ont été la fuire, & je vais les lire. Atrivé
à Nantes, 3 je fus arrêté. J'écrivis au comité de faluty public.
Je difois que j'avois une miflion de Philadelphie qui madjoignoit aux commiffaires dos colons déjaàParis, Page, Bruliey,
Thomas Millet & autres : en conféquence je les priaidordonner àn la municipalité de Nantes qu'elle me mit en liberté pour. me rendre à Paris. Jen'eus pas de réponfe, J'envoyai au comité de falut public une adreffe qui renfermoit'
les véritables fentimens des colons qui éroient ala-NouvelleAngleterre, & auflitôt qu'il en eur connoiffance, il envoya
ordre à T'agent national de Nantes de me donner. un pallepour me rendre à Paris. Enfuite, par le proces-verbal
Er Philadelphie, qui étoit relatifà certe.adreffe, il fut dit,
article premier, queje ferois chargé de préfenter officiellement à la Convention nationale l'adreffe gui a été lue &
adoptée dans la' féance.
G
TomeIV. Hvente-rmeif@inehraijos.
'il en eur connoiffance, il envoya
ordre à T'agent national de Nantes de me donner. un pallepour me rendre à Paris. Enfuite, par le proces-verbal
Er Philadelphie, qui étoit relatifà certe.adreffe, il fut dit,
article premier, queje ferois chargé de préfenter officiellement à la Convention nationale l'adreffe gui a été lue &
adoptée dans la' féance.
G
TomeIV. Hvente-rmeif@inehraijos. --- Page 106 ---
1 C'eft d'après cette delibérarion d'une grande quantiré de
coluns, qu'Adelen, lieri cornn de Polverel & de Senthonax., & ils nerdircne pas ici qu'Adelon fe fois prété à
êre prélident d'une aliemblée de cenne-igrohuionnures &
d'émigréss; car Tinterpelle un moment Poiyerei & Sonthonax d'avcir à déclarerf adelon, quia prélidé ceite, alr
femblée > n'étoit pas, à Scine-Doringue, un excellent pa
triole employé par eux?
Polyerel: Nous connoiffons Adclon & a'eft queftion
ni de fa moralité ni de ies opinions pah ltiques.
Daubonneau : Eh bien ! c'eft ce que je voulois. Sonthonax
& Pelverel connoilicient Adcion.pou: un excelient pairiote;
& cortainement > fi Adelon eft véritable patriote, il ne fe
fera paspréré à etre à Philadeiphic 2 la tete à d'une aflemblée
compofee. d'émigrés & de comm.serelatuemains: & voici
les pouvoirs que lon a donnés, d'après ceux qu'ilavoir racus
de T'ailernblée.
(Il1 lit:)
Extraic d. procès-verbal fait à Philadeiphie Ze 8 Prairial, an
2 de la Republigue frangaile.
Ce L'affenblée, délibérant. fur,toutcs CCS mefures', a-arrèté:
23 1°. Qu'elle s'en rapporte à la prudence des préfident
& fecrétaires, pour faire rendre à la Conventien naticnale,
& officiellement, l'adrefle qui a é:é lue & adoptée, ainli
que le proeès-verbal de cette féance.>
Pouvoirs de Daubonneau.
LIB E RT E.
E G ALI T
>Je foufligné préfident de laflemblée des cclons républicains des Analles, réfegics aPhiladelphie. tenue le 8 Prairéal, l'an 2. de la République- françaife une & indivifible,
9> Déclare que le citoyen Daubonneau, aux termes de
:é lue & adoptée, ainli
que le proeès-verbal de cette féance.>
Pouvoirs de Daubonneau.
LIB E RT E.
E G ALI T
>Je foufligné préfident de laflemblée des cclons républicains des Analles, réfegics aPhiladelphie. tenue le 8 Prairéal, l'an 2. de la République- françaife une & indivifible,
9> Déclare que le citoyen Daubonneau, aux termes de --- Page 107 ---
F'art. Ier de Tarreié dudit jour, eft chargé de préfenter of
ficiellement à la Convention narionale l'adrelle quia été
ue & adoptée dans ladire féznce; A
,
>5 Enjoint, au nom de T'aflemblée, audit citoyen
bonneau de profiter, pour remplir fa: million; du premier Dauparlementaire qui va êtfe expédié pour France, &de fe
réunir aux commiffaires des colons patriores de
huprès de la Convention,
St-Demingue
s: Les colons républicains réfugiés à Philadelphie s'en
rapportent enticrement au. zèle. * at civilme du citoyen
Daubenneau, pour répondre aux objections qui
etre faites fur ladite adreile,
pourroient
: P Philidelphie, le E5 Prairial, l'an 1 de la République
Françaife une & indivifible:
> Signé, ADELON, préfident ; R. MARIE, fecrétaire. s8
Voil, civoyens,. les pouvoirs que j'ai eus : j'ai cru devoir
mc réuniraux autres commiffaires mes collègues, éomie
en avois le pouvoir.
Polyercl: Voyez a, foit dans les pounvoirs, foit dans le
procès-verbal de la (ennce, vous avèz un pouvoir
ufer.
d'acDaubonneau : Je crois que mes collègues y font
emert. dénommés. Je me joins à eux, & je remplis parfaipux ma milion. Mais, en fuppofant que je n'eulle avec- de
porvoirs particuliers' pour cete-million,je crois que
ci-.
oyen Polyetcl
T
He la't
ne, niera pas que jai au moins bién le droit
remplir pour mon compre, I
Polverel: : Individuellement, tant que vous voudrez.
Dauborneau: : Voilà ce que j'avois à dire relativement à
nes pouvoirs.
Sonthonax : Vous voyez que le citoyen Daubonneau ne
ient fcs potivoirs que d'in fenl homme: ceci n'eft
Fait de Taffemablée', ceft le fait d'Adelon, Adelonla pas lei
He fon autorité privée
ciivoyé
G2
remplir pour mon compre, I
Polverel: : Individuellement, tant que vous voudrez.
Dauborneau: : Voilà ce que j'avois à dire relativement à
nes pouvoirs.
Sonthonax : Vous voyez que le citoyen Daubonneau ne
ient fcs potivoirs que d'in fenl homme: ceci n'eft
Fait de Taffemablée', ceft le fait d'Adelon, Adelonla pas lei
He fon autorité privée
ciivoyé
G2 --- Page 108 ---
104:
Polièrel: Nul pouvoir d'accufer.
Sonthonax: Bien entendu,. nil pouvoir de nous accufers
je lai déja dit. Voici les ponrests de Senac : je prie le
Citoyenr Senac de les lire- lui-n méne, car je n'en ai qu'un
éxtrait.
(Senac fait lecture de fes pouvoirs.)
ce Les colons de Saint-Domingue déportés, réfugiés &
domiciliés - à Bordeaux,
53 Confidérant que la Convention nationale s'occupe enfin
de la grande queftion des colonies; qu'elie a Tintenrion de
connoinre & diltinguer les amis de la Képutlique des auteurs
des maux de Sainr-Domingue, & remédier aux défaftres des
Antilles qu'on ne peut plus ignorer, , parce que les traitres
awjourd'hiti n'en penvént plus cacher les efletsy
s Confidérant
s'il y a eu des lâches capables de fa
vorifer ou confentir AFA prile des colonies, il dt du devoir
des coloas reftés fidèles à la République de s'ifoler d'ewx, &
de fe réunir à ceux qui,, conflammcnt, en ont voulu le
bonheur & la confervation àla mére-patrie;
A s3 Confidérant que le procès-vetbal dréffé à New-Yorck
le 22 octobre 1793,, par la portion des colons de SaintDoiningue, amis de la France, qui y. fontréfugiés, d-préfenté à la Convention le 25 Brumaire derniers renferme
les expreilions des fentimens dont font animés les fonf
fignés;
3 Confidérant enfin quiheérelfes à laprofpérité ntionale,
& par conféquent au rérabliffenent de Tordre aux Amilles,
ils doivent fe confendre-dans la malle de ceux qui ont le
courage & l'énergie, de défendre ces précieules poffe(-
fions :
s Arrérent qu'ils donnerit T'adhéfion la plus formelle au
procès-verbal drelle àNew-Yorck lezz oétobie 1793 (v
Tanprouvent dans tout fon contenu, , confirment les pouvoirs. çui y "ont été conférés 2 en requèrént l'exécution, &
fe réunifier: à coux qui ont toujours voulu le bonheur
de Saint-Domingue & fa confervadion à la France;
précieules poffe(-
fions :
s Arrérent qu'ils donnerit T'adhéfion la plus formelle au
procès-verbal drelle àNew-Yorck lezz oétobie 1793 (v
Tanprouvent dans tout fon contenu, , confirment les pouvoirs. çui y "ont été conférés 2 en requèrént l'exécution, &
fe réunifier: à coux qui ont toujours voulu le bonheur
de Saint-Domingue & fa confervadion à la France; --- Page 109 ---
1OS
22 Nomment & choiliffent, les foutfignés, pour leurs com:
millaires, les citoyens Pons & Schac le premier habitant
de TArcahaye, & le fecond, du Peu-Goaye, à l'emer de fe
rendre. à Paris auprés de la Convention nationale & de la
commniflion, des colaniès, Poury réitérer, au nom des colons
amis de la France &
les foufignés
le ferient folemnel SOR fidélité à Ja parsicuhèrement,
faire, connoitre -leurs voeux lincères pour République, la, défaite > de & tous lui
fes ennemis.
23 Lefdits commilfaires fe réuniront enfuire à ceux ( déja
choitis & nommés par le procès - verbal fufdaté, s'occur
peront avec eux du foin d'érablir les caufes des défaftres
fanglans de Saint-I Domingue, d'en démafquer & dénoncer
da les auteurs; ils fé concerteront fur les moyens à propofer à
ils Convention pour la reftauration des' colonies : en un mot 2
feront, conjointement avec les autres commiflaires, tout
ce qu'ils croiront utile au bonheur de Saint-Domingue,
: s Bordeaux, le II Frimaire, ;* année républicaine.
s> Signe;Dantte, ICART - BATAGLIGNY, C. FORCADE,
TH. Duroux, GUILHENE, LAFFITAU ainé, LAGARDE,
PAUL GABEL, ANCAU, SENAC, GUILLORED, S. PoNs,
MAGONTI B. CLISSEY ? G. VILENEUVE, Riviine,
Dusors, DUMAs, ROUGERET, ROMAIN, T. VICTORIA
oncle,MARTIN HAERAT.AvouPtiNG CAPri.i..HoeARIE
THOMAS, SucHs fils.
Sonthonas: Yous voyez que les pouvoirs de Bordeaux
donnés à Scnac portênt fenlement adhéfion à ceux donnés
A New-Yorck : Tadhéfion donnée à Bordeaux ne
rectifier linvalidité des pouvoirs donnés à New VAE jai pas
prouyé que les pouvoirs donnés aNew-Yorck étoient radicalement nuls, parce qu'ils étoient contraires aux décrets des
allemblées eenftimuantes 8c de la Convention nationale; f
donc les pouyoirs donnés à New-Yorck font radicalement'
nuls, Tadhéfion donnée à Bordeaux ne
donner
une
folidité qu'ils n'avoient pas à
pasleur une adhéfion
donnée à
NLRPEP
des pouvoirs nuls feroit nulle elle-même , & ne
peut pas. devenir de pouveaux pauvoirs pour le citoyen Senac:
Gs
allemblées eenftimuantes 8c de la Convention nationale; f
donc les pouyoirs donnés à New-Yorck font radicalement'
nuls, Tadhéfion donnée à Bordeaux ne
donner
une
folidité qu'ils n'avoient pas à
pasleur une adhéfion
donnée à
NLRPEP
des pouvoirs nuls feroit nulle elle-même , & ne
peut pas. devenir de pouveaux pauvoirs pour le citoyen Senac:
Gs --- Page 110 ---
Si Tadhéfien donnée à Bordeaux ne peut pas reétifier Finvalilicé des pouvoirs donnés a New-Yorck, fi ces pouvoirs
font démonirés nuls,rcett en vain: que Senac arguera de
T'adhélion de Bordeaux : cette adhétion de Bordeaux ne
vaudra
mieux que les autres pouvoirs. J'cbferve autre
chofe: Eea qu'il vous a dit que ces pouvoirs étoient fignés
des patriotes. J'oblerve à cet égard que. je trouve là un
nommé Icart Baragligny, qui mia été dénoncé par ces prétendus patriotes comme un royalifte. Ce Icart- Batagligny
elt couché tout au long fur la lifte qui m'a été prélentée
par la fociété populaire du Cap, contenant les noms de
ceux qui étoient acculés d'avoir incendié la partie du Nord
de Saint-Domingue. Il eft bien étrange que ces patriores' >
fi délicais fur le choix des hommes qui leur donnent des
pouvoirs, aient accepté celui d'Icart. Je défie ici les colons
de nier ce que j'avance relasivement à cet homme. Senac a
reçu les pouvoirs d'un royalifte, d'un incendiaire de SaintDomineue, reconnu tel par la commune du Cap en entier.
Il eft bien éronnant qu'ils difent encare que ce font les
parriotes qui leur ont donné des pouvoirs : moi, je range
dans la-méme clafe tous ceux qui ont accolé leurs fignatures
à celle Saar-Butagligy.
Ileft denc bien démontré que la nullité radicale des
pouvoirs dépouille nos accufateurs du caraétère de repréfentens dont ils avoient voulu S 'envelopper; ils ne fonr
ils ne font
dix, hommes qui
E2
qu'eux-mèmes,
plus que
cendent dans l'arène pour accufer Polverel-& Sonthonax.
Vous nous avez jeté le gant, eh bien! nous le ramaffons:
c'eft à vous feuls que nous avons à faire. Ilne s'agit plus
de ces dix mille > de ces quarante mille colons dont vous
"parliez; il s'agit de vous feuls. Vous paroiflez nuds devant
la Convenrion narionale & devant la commiflion; c'eft vous
ictls qui nous attaquez, c'eft à vous feuls
nous répondrons. Il étcit très- effentiel que. cette
fit
Srraltesn
coulée à fond, parce qu'il eft néceflaire que la France fache
que ces dix hommes lui ont menti depeis dix mois',
loriqu'ils ont dir qu'ils étoient les repréfentans des colens,
Senac: Je ne rechercherai pas à vous prouver que je fuis
le repréfentant de dix ou de quize mille colons; mais je
'eft à vous feuls
nous répondrons. Il étcit très- effentiel que. cette
fit
Srraltesn
coulée à fond, parce qu'il eft néceflaire que la France fache
que ces dix hommes lui ont menti depeis dix mois',
loriqu'ils ont dir qu'ils étoient les repréfentans des colens,
Senac: Je ne rechercherai pas à vous prouver que je fuis
le repréfentant de dix ou de quize mille colons; mais je --- Page 111 ---
vais démentrer, que je fuis véritablement le: repréfenrant
des figaataires dap procès-verbal qui yous a éélu. Ces
parciculiers ont beaucoup de famille, beaucoup d'enfans qui,
par confequence , le trouvent çompris dans mes pour
voirs.
Sonthonax vous a dit qu'il vous avoit prouvé que le'
proceès-verbal drefié à Ney-Yorck étcit nul, & que par
cela feul le mien T'étoit aufi'; mais en feppofanc-que ie
preces-verbal dreffs à New-Yorck Fit nul, ce qui n'ef pas,.
puifque VOXS avez eu occaioa de vous / convaincie au'
contraire qu'il é:cit tres-régulier &. très en forme, ji net
réfulteroit pas moins que j'aurois encore le duoit, pour
ceux qui on figné mon proccs-verbal, d'accufer Polverel
& Senthonax, parce que jai million de. dénoncer les dévaftareurs ds Sulnr-Domingne, Les dévaftateurs de SoiniDomingue I font Polverel & Sonthonex, d'après mci &
d'aprés ceux qui m'onr donné des pouvoirs:je dois donc
les dénoncer, ies pourfnivre, tant devant la. commiflion
des colonies que devant la Convenrion nationale; il en réf
falre donc que je fitis bien fondé à les accuier. & en mon
nom pasticalier, ils le favent, bien, & au nom de mes
comnertans, ils le favent également. Larefpenfabilité érant
établie, &les fignatures appofees au bas de mes pouvoirs
étant connues;, je fuis fonde à agir. Sonthonax vous a
beaucoup parlé d'icart de Eaiagligny 2 dont le nom eft-au
bas de'mes pouvoirs; jignore ti cet homme éroit royalifte,
j'ignore 6il 266 compris dans la lifte de proicription qui
a été préfenroe à Polverel & Sonthonax: je voudrois voir
cetre lifte pour m'en convaincre.
Plafeurs colons : Il y cft.
Senac : Icart de Baragligny n'en avoit.pas moins tine propriété au Mirebalaye, Icart de Baragligny nen a pas moins
tout perdu_par le fair de Polverel & Sonthonax. Si Toattde Baragligny eft véritablenient contre- ravolorionnaire, iia
tort d'èrre en France; il eft adtuellement dans la Republinque françaife, 8c il a pn pourfaivre les dévafnteurs de
Saint-Domingne & de fa propriérd patticuliere. C'eft précifément fa polition quant à Polverel 8 Sonthonax. Oa
G 4
pas moins
tout perdu_par le fair de Polverel & Sonthonax. Si Toattde Baragligny eft véritablenient contre- ravolorionnaire, iia
tort d'èrre en France; il eft adtuellement dans la Republinque françaife, 8c il a pn pourfaivre les dévafnteurs de
Saint-Domingne & de fa propriérd patticuliere. C'eft précifément fa polition quant à Polverel 8 Sonthonax. Oa
G 4 --- Page 112 ---
R
1o8
fera a fon égard ce. qu'on jugera bon; pour
je défendrai fes intérêts, parce quil m'en a chargé. moi,
V'erheuil : Sonthonax a dit qu'Tcart de Batagligny étoir un
incendiaire & un dévaftateur de Saint-Domingue. Je vous
prie de vouloir bien Tinterpeller de déclarer fi cet Icart de
Baragligny, a été par lui envoyé en France, , fi ce même
hoime a été arrêié par lui & déporté en France.
Sonthonax : Je n'ai pas dit que Icart de Baragligny fût
ihcendiaires mais que vous, Verneuil & vos pareils, m'aviez
dit quTcart de Baragligny étoit un incendiaire,
que la fociété populairé du Cap m'avoit dénoncé c'elt-a-dire, Icart de
Bargligny comme un incendiaire. Je réponds à Verneuil
furla feconde partie de fon interpellation. Oui, j'ai déporté
Ieart-Batagligny; 5 je l'di déporté par une proclamation dans
laquellej'enjoins à tous les foncionnaires publies dénommés
dans la lifte
m'avoit été préfentée par la fociété. popalaire du c de vider la colonie. Icart de Batagligny
étoit lieutenant de vaifleau employé à bord des bacimens de
l'état ftationnés à Saint - Domingue. Icare - Batagligny. étoit
compris dans la difpolition générale, & ila été
inoi, C'eft ce déporté qui a chargé Senic de m'accufer.. déporté par
Senac : Par une proclamation poftérieure à la lifte de
profcription préfentée à Poiverel-& Sonthonax, vous avez
dû: voir que Sonthonax mettoit fous la fauve-garde de la loi
précifément tous les membres de Tatfemblée coloniale ; or,
Ieaee-Baragligny a été membre de certe affemblée : il a donc
éts mis fous la fauve- garde de la loi, il n'a donc pas été
déporté par Polverel 8c, Sonthonax.
Ie préfident : Ce n'eft pas la' qeefion.
Sonthonax: Je nie qu'Icart -
ait
F la fauve-garde de la loi.
Batagligny
été mis fous
Brully:Je n'ai qu'une obfervation à ajouter ici, & elle
eft concluante. Polverel & Sonthonax vous difent tranquillementiquils oht démontré fillégalité de nos pouvoirs.
Quenca moi, ilm'eft démontré qu'ils fe font complertement
trompés dans ce qu'ils ont dit; mais je fixe votre attention
fur une réflexion décifivé. Que. cherchez-vous à connoitre
ici? l'intention des colons à légard de Polverel & de Son-
n'ai qu'une obfervation à ajouter ici, & elle
eft concluante. Polverel & Sonthonax vous difent tranquillementiquils oht démontré fillégalité de nos pouvoirs.
Quenca moi, ilm'eft démontré qu'ils fe font complertement
trompés dans ce qu'ils ont dit; mais je fixe votre attention
fur une réflexion décifivé. Que. cherchez-vous à connoitre
ici? l'intention des colons à légard de Polverel & de Son- --- Page 113 ---
IC9,
thonax: : eh bien! ! cette intention eft auffi évidemment C'el connue le
qu'inrention
Tèures en voilà la preuve.
Ventôfe de Peteie dernière que Page -& Brulley: après
avoir reçu les duplicara des pouvoirs donnés à New-Yorck, à
à Philadelphie & à Balumore, > nous avons donné ces
pouvoirs toute, la publicité polible, Nous avons fait imptimer, au nombre de trois mille exemplaires, ces pouvoirs; on les a diffeminés par-tout, tant en. France. qu'en
Amérique, à la Nouvelle-Angleterte & à SaineDomingue,
on a envoyé par-tour ces pouvoirs : on a donc Sonthorax lu par-tour &
que nous étions tous ici chargés d'accufer caufe d'ignoPolverel. Aucun colon n'en a pu prétendre
rance., attendu la publiciré que ces. mêmes pouvoirs ont
un an. Eh bien! citoyens, fi les.colons n'éroient pas
f que nous accufallions Polverel & Sonthonax en leur
nom, lorique nous avons pablié que nous allions acculer
Polverel & Sonthonax en leur noi, lorfque noas avons
dit authentiquement, & aulli authentiquemment qu'il eft pof
fible, que nous étions' fondés de pouvoirs de plus de dix.
mille familles
accufer Polverel & Sonthonass f, dis-je, f
ces familles reNten pas eu l'intention de des acculer,
fix milie cclons qui font en France n'avoient pas eu lintention de les accufer, C fi ceux des colons qui-font reftés à
Saint-Domingue, &' qui ont eu connoiffance de ces mémes
pouvoirs, n'avoient pas voulu accuferPolyerel & Sonthonax,
certes, ils n'auroient pas manqué de défavouer ceux qaiici
en France s'annençoient pour vouloir accufer en leur nore
Polverel & Sonthonax. Eh bien! qu'on nous cite une feule
pretellation, aucin, défaveu fait contre ces pouvoirs fiaur
thentiquoment reconnus depuis un an; il n'en exifte point,
iln'en eft pas venu: à notte comnoiffance', il n'y en a point de
eu d'authentique, & tout annonce qu'il n'y cn a pas eu
privée chez aucun officier public. Dans tous les ças, apres
avoir donné ce degré de publicité à l'intention que nous de
avions d'accufer Polverel & Sonthonax,Tai donc raifon
dire
par-tout oit il y a filence en pareil cas, il y a ale'
temiten général ; j'ai donc. raifon de dire qu'alors même
qu'il fe feroit trouvé dans ces pouvoirs quelques défauts de
forme, l'intention des colons de Saine-Domingue pour, acr
cufer Polverel & Sonthonax éroit bien conftatée. Voila done
de publicité à l'intention que nous de
avions d'accufer Polverel & Sonthonax,Tai donc raifon
dire
par-tout oit il y a filence en pareil cas, il y a ale'
temiten général ; j'ai donc. raifon de dire qu'alors même
qu'il fe feroit trouvé dans ces pouvoirs quelques défauts de
forme, l'intention des colons de Saine-Domingue pour, acr
cufer Polverel & Sonthonax éroit bien conftatée. Voila done --- Page 114 ---
ITO
un aveu bien formel de tous les colons , tant en
qu'a Sgane-Domingue & à la Nouyelle. Anglererre, d'accufer France
Polverel & Sonthonax; tous ont vu dansle
&
doute avec fatisfaction
lilence, fans
milion pénile mois > que nous nous chargions. de cette
fentinent formei
importante; 5 tous y ont donne un at-
: &c certes, quand, après avoir annencé
çue nous étions chargés der cette million,
&
fes complices nous Ont fair refter dix mcis dans Robefpietre
céroit bien le moment oii les hommes foibles, les.cachore,
lons, pouvoient nous délavouer; c'étoit là le moment où eftrayés les Co- s
intimidés pr no re longue détention,
dire : Ces horias ne for: pas chargés de ROS pouvoirs pouvoient bien
R'adasrsns p.2s à Ce qu'ils ont die; ; is ne foat p.25 nOS ; coin- nous
mufaures ils n ont pas la mifion d'accufer Poivere! 6 Sonthonax 6 complices. Mais aucun d'eux ne l'a dit, tous
adhèrenr. Confultez les colons, écoutez-les rous
J
s'eleve en noare faveur. Nous fommes donc bien > leur voix
par tous les colons de
du
chargés, d'accu'er Polver:l &. Sonshonax, Saint-Domingue, ils.n'ont
pouvoir
gaiié des actes
poine infirmé la leJ'en conclus
dont.on vient de donner communication.
laq qualité.de done que c'eft avec raifon que nous avons pris
commsitihires de Sein-Domingue,
nom de tous les colons, d'accufer Polverel & Sonthonax. chargés, au
Polserel: Voila un principe de nouvelle
en
marière d'accufation. Jalqu'a préfent, il avoit création-, éré univerfellem-n reconhu que nil ny" pouvoir accufer au nom
d'anrai, fans un pouvoir formel dc-fpécil: aniourd'hui,
d'après le fyfime da Brulley, > le premier audacieux
vondra emprunter tin nom quelconque pour accufer le'p qui
mier ciroyen à qui il e: voudra, cet aud:cieux en aura- pre- la
ficuité; celei dun: il emprunrera le nom fera à quinze cents
ou deux mille lieues de Yendroit ou laccufarion sinrente &
fà pourfuits celui den: on empruntera le nom ignorer ce
fe paffera à quinze cents ou deux mille lieues de li;
Aie fe-t taira- fur ce qu'on fait en fon nom, parce qu'il l'isnore : Bc quand bicn même il en feroir inftreit,il
fe taire encote, parce qu'il fait bien qu'il ne peut pas poutra être
lie-pari-fon filence; il ne peur l'être. que par fon mandat
frécial pour aceufer: il fe taira donc, &
veut
le filonce de cet-honme dont on
Brulley le
qué
empruntera nom , éloigsis
Aie fe-t taira- fur ce qu'on fait en fon nom, parce qu'il l'isnore : Bc quand bicn même il en feroir inftreit,il
fe taire encote, parce qu'il fait bien qu'il ne peut pas poutra être
lie-pari-fon filence; il ne peur l'être. que par fon mandat
frécial pour aceufer: il fe taira donc, &
veut
le filonce de cet-honme dont on
Brulley le
qué
empruntera nom , éloigsis --- Page 115 ---
III
de quinze cents ou deux mille lieues, il veut que filence ce Glance d'un
puille valider l'accufation; il veut induire du,
de ies
homme qui ne le connoit pas , qu'il eft chargé
pouvoirs.
Le préfident : C'eft entendu,
je laiffe à la
Polverel: Les deux principes (ont entendus;
commilhicn à les apprécier.
on le défaBrulley: Si cela eft connu un an d'avanice,
vouera.
Ea féance eft ajournée au r Germinal.
Le regifre des préfences efl fignés J. Pa. GARRAN,
préfident LECOINT: E (des deux Sèvres), Jecrétaire e;
FoUeHE fas Nantes), DATRAY, > RAtAST.F.LANTHI-NS
GREGOIRE. --- Page 116 ---
Da premier Germinal, l'an troiftème de la République frangaife une & indivifible."
ON fait lecture des débats recueillis dans la féance
Ventôfe. La rédaétion eft adoptéé.
du:s
Sonthonax : Dans T'une des dernières féances j'ai cité
l'extrait d'une lettre écrite par les commettans de
Brulley & autres , datée de Philadelphie le 18 mars Page 3
Les colons ont demandé que je dépofaffe cette
1794.
tiens du citoyen Raymond,qui a même mis des lettre.Jela notes en
marge. C'eft par erreur quejai annoneé qu'elle étoit
Chotard & Marie, elle eft fignée de Marie feul. L'erreur fignée
vient de ce que Raymond me laveit affuré en me remettant
T'extrair, & de ce qu'a cette lettre fe trouvoit jointe uné feconde fignée de Chotard & Marie. Celle-ci eft
de
Marie feul, Iun des coimeitans des colons fignée font
ici.
qui
Page: Premièrement Sonchonaxa fait un fanx, en'difant
que cette letire eft des commertans des celons que vous
voyez ici. Il a fini par dire qu'elle étoit de Mare feul.
Vous voyez. que c'eft la une perfidie.
Sozthonax : Je demande que Page déclare fi Marie eft ou
non uu del fes commettans > & s'il a figné fes
voirs.
pouBrulley 4 Un n'ef pas tous.
font
ici.
qui
Page: Premièrement Sonchonaxa fait un fanx, en'difant
que cette letire eft des commertans des celons que vous
voyez ici. Il a fini par dire qu'elle étoit de Mare feul.
Vous voyez. que c'eft la une perfidie.
Sozthonax : Je demande que Page déclare fi Marie eft ou
non uu del fes commettans > & s'il a figné fes
voirs.
pouBrulley 4 Un n'ef pas tous. --- Page 117 ---
i13
Page : Sonthonax yous annoace encoré une autre lettre
fignée de nos commettans. Vous voyez bien, citoyens, que à
cès hommes & leur faction, apres nous avoir égorgés
Saine-Domingue, & apresavoir pillé nos propriétés 3 cherles agens de la Répuchent encore à corrompre par-tour
5 c'eft encore
blique, pour intercepter de nos la correfpondances; fcélérateffe de. ces hommes.
là une nouvelle preuve
Polverel
Polverel : Pourquoi mélez-vous perpécuellement
à des faits, qui lui font étrangers?
Sonthonax : La défenfe des accufés eft individuelle..
Page: Jeprie la commidion de fommer Sonthonax de
daire
lèttre
dit être
de Chorard &
RLSOT
l'autre
qu'il
de lignée celle
vient d'être dé-
&je demande la ledture
qui
pofée.
Sonthonax : je réponds a ce que vient de dire Page,
que n'ai aucune part à aucune interception de lettres ;
Eelt E Raymond de déclarer comment cette lettre lui eft arrivée. Nous n'avons pas demandé aux colons, lorfquils font
venas dans notre fecrétariat voler les minutés dit citoyen
Polvèrel, de qui ils les tenoient.
Clardfon : Jamais vous ne me prouverez que j'ai volé de
minutes.
Polyerel: Tout cela s'éclaircira:
Le
perfide de la lettre a été inféré
Duny :
paragraphe demande
la lettre entière y foit inaux debats 5 je.
que
férée.
Thomas Millet : Il importe cépendant de remarquer que
eette lettre eft adreffée à moi, & 3 en mon ablence à une
autre perfonne. Ceci n'a pas été dit. par Sonthonax 5 elle
eft adrellée à Millet, ou 2 en fon ablence, àtout autre.
Page: Je demande li parole fur l'accufation.
Lepréfident : Polverel demande la parole fur les pouvoirs,
Clauffon : La commiffion aveir ordonné qu'on parleroit
aujourdhui fur lès adtes.
pendant de remarquer que
eette lettre eft adreffée à moi, & 3 en mon ablence à une
autre perfonne. Ceci n'a pas été dit. par Sonthonax 5 elle
eft adrellée à Millet, ou 2 en fon ablence, àtout autre.
Page: Je demande li parole fur l'accufation.
Lepréfident : Polverel demande la parole fur les pouvoirs,
Clauffon : La commiffion aveir ordonné qu'on parleroit
aujourdhui fur lès adtes. --- Page 118 ---
I14
S1 Polyerel: la commifion ne peut pas avoir erdonné la
comnunication de pièces qui nous éroient inconnues, por
ne pas nous donner la: faculte d'y repondre, pour qu'ilne
nous foir pas permis de parlcr fur ces pleces.
Leprefidene: : Parle.
4 Palverel:l Les feuls adtes-cà les colons prétendent trouver
des pouvoits de nous accufer 1 2 dont ia difcullion nairpas
été complerre', > font ceux de New-Yorck. Ce n'eft
notre faute fi eile n'a pas été complece fur ce pcinr pas
comme, fur les autres. On nous avoit celé jufqu'a avani
hierune pitce principale; nous cil avons' eu enfn connoitlance. Les-prérendus pouvoirs. i dounés par les colons
réunisa New-Yorck confiftent en un procès-verbal de féance
d'unent prétendue allemblée tenue par les colons dansia vilie
de New-Yorck. On vous a dir quels étoient les VIcEs, les:
nullités propres.à ces géhes'du 1
22 oftobre; le
étcit cuiln ny aycit vérirablement aucuh rouvoir nous
accuier; nous n'étions pas défigués dans le proccs-verbal;
il nya avoitaucune incuipation contre nous; uinfi, que lacte
fit valable ou non, ilétoi impofibie dy trouver n pouvoir d'accufer. Là picce gu'on nous a communiguéo en
dernier lieu eft une adreile à la legifntura françaife, apProuvée par les. colons prétendus patriotes) rerugies- NewYorck; cette adrelle à la légidlature frangife contient vé=
ritablement des inculparions conre rbus, te pouvoir de
nous accufer'; je n'examincrai paslamoral de cette picce,
pas plus que je n'ai examiné celle. delacedel Philadelphie
du IO octobre; je" vous obferverai feulement qu'elle eft
dans le même efprit, Méme réciamation coitre. les décrets
denl'aflembiée nacionals relatils aux dolonies, 1&
leur rogime-intéreury & mêmes regrets" inipisés à H
vention fur
Ct
les décrets du 15 mai 1791, Sfur la loidu
4 avril 1792 en faveur des citoyens)de cauieuf: voilà poec
la moralité; quant à Indécalité, je mouve, à la fuite de
cette pièce 45 prétendues lignatures, Oit putet,45 nons
car je ne
pas dire que cé foient, des Asnasturess ceft
une pièce reeleue privée : c'eft une pièce.qui n'ef légar
lilée par aucun oflicier. rublic, par nucusesitotié confituée. Lesfignarters ne font pas cer.ifiécss pari confeqpent
à poec
la moralité; quant à Indécalité, je mouve, à la fuite de
cette pièce 45 prétendues lignatures, Oit putet,45 nons
car je ne
pas dire que cé foient, des Asnasturess ceft
une pièce reeleue privée : c'eft une pièce.qui n'ef légar
lilée par aucun oflicier. rublic, par nucusesitotié confituée. Lesfignarters ne font pas cer.ifiécss pari confeqpent --- Page 119 ---
il eft impoflible de trouver dans cette nièce aucun cenfis
tuant ayiant donne pouvcir de. nous acctier. Un vous dirs
pour échapper a cette nullie, qu'ila éié mpofible L
coluns de raire legaliier cette, piece, parce qucile coue
not nili.p pouvoir.de denoncer Genet, alers minifte. de
L l érmblique aux. E.ais-Uniss quaucun confil ne voulut
l: legi iile A celd ona répondu aux colonsu Gehetivéoit
plus mmitre -de la Keputlique lorique plufieurs d'encre
vous funr paris des Erais-Lais. Ceneita celle d'etre ini
nire dei la République aux Erats-Unis, le 25, février 17943
Fondeviolle qui fet trouve porteur de cette pitce > qui eft
celui qui Values axi elt celdi qui,en a duuné connoiffance, Fondevicile n'eft patri des Eats -
par-le
convoi, ccft-a-dire le 17 eule0avil 1794, -
302A
près de deux mojs après que Fatcher ayoit remplacé Gei
nelt dans lcs fonstions de miniftre., de l Republique pres
les Erais-Unis. Dans ce iong incervalle, Fondevielle a eu
tres-cortinement toute la faculté qu'ipouvoic delicer, , PCrT
faire logaliter la - piccequi conient fes prétendus pouvoirss
il le devoit, & ilne-la pas: fair. Si laiecfes conforts ne
rapportent pas cotte picce og'une autre revérue des fermes
legalesa ce ne fenr pas les accufes qui doivent en parit,
ce font lesuceudatcuts. Tout acculatcur, & fur-routifsacr
cufateurs an nora d'autrai, doivent préienter.leur accifation revêtue de toutes les formes legals, fans quoifuecalarion doit ere rejetée. Encore une toisyje ne: prérends
pas en conclure querleur accifation individuclie doitreure
rejerée, saais je prétends en cenclure qu'ils font fans port
Yoir d'accufer aul pom d'aucrui,
d W M
J'ai encore une aurre obfervationa faire fur les pouvoirs
donnés à Senac. IlsHonr uniquemenr relarifs a cenc.donnés
à New-Yorck. Orfi ceux.donnés à. New-Yerckfom nuls,
ceux de Senac le font auili; mais il y. a encore une nallicé
parriculière aux pouvoirs de Sennci-qui n'a pas éré relavée:
C'eft que les figna:ures des prétenius pouyoirs ne fent certifiés par aucun fonctionnaite pullics par aucune ancorité
confticuée. Ces pouvoirs ne font pas légalites icist ici. lon
ne peur pas dire que c'eft Tautorié de Geneft qui,a enpeché la légalifation 5 c'eft en France, c'elt a Bordeaux
une nallicé
parriculière aux pouvoirs de Sennci-qui n'a pas éré relavée:
C'eft que les figna:ures des prétenius pouyoirs ne fent certifiés par aucun fonctionnaite pullics par aucune ancorité
confticuée. Ces pouvoirs ne font pas légalites icist ici. lon
ne peur pas dire que c'eft Tautorié de Geneft qui,a enpeché la légalifation 5 c'eft en France, c'elt a Bordeaux --- Page 120 ---
que les pouvoirs ont été donnés; ils devoient être
ilny a ni légalifation ni certilication des pouvoirs légalifés; & des
fignatures, par confequent nullité de pouvoirs.
Parmi les pièces contenant' les prérendus pouvoirs des colons, ily en a plufieurs qui, je ne fais
fe trouvent hors des fcellés, ne fe trouvent parquell-faamiré, pas
archives de la commiflion; elles fe trotvent librement gans les au
pouvoir des colons; teis font entre autres les prétendus
voirs de Fondeviolle. Tel eft, fi je ne me trompe, celuide pouDaubonneau, & celui encore de Senac.
Plufieurs colons: Et les nôtres aufli.
Polverel : Comme tout pouvoir d'accufer doit être annexé
au libellé d'accufation porrée > au nom - d'autrui,
mande que toutés les pièces dans lelquelles les colons je detendent trouver des pouvoirs del nousaccufer foient remifes préà la commiflion pour être annexées à la férie d'accufations
portées contre nous.
Vernexil : La commifion a les originaux; ainfi nous ne
répondrons pas.
Polverel : La commillion n'a pas Toriginal des
de Fondeviolle.
pouvoirs
Clauffon : Il eft inforit aux débats.
Polverel: Une imprefion ne fuffit pas; il faur
le
pouvoir foit annexé. Je demande que la commiflion que délibère la-deflus.
Fondeviolle : Je relève une erreur du ciroyen Polverel.
Il nous a dit que j'étois parci de New-Yorcki le 18 avril.
Eh bien ! J'en fuis parti le 18 mars.
Polverel: Vousn'ètes donc' pas parti avec le convoi : a
Fondeviolle : Je vous demande pardon 3 je fuis Parti de
Chefapeack,
Polverel: : Je vous parle des Erats-Unis; je ne. vous parle
pas de New-Yorck.
Fondeviolle : J'ai oblervé que m'érant embarqué malade
à la baye de Chefapeack, fans fortir de ina cabane.
Polyerel:
h bien ! J'en fuis parti le 18 mars.
Polverel: Vousn'ètes donc' pas parti avec le convoi : a
Fondeviolle : Je vous demande pardon 3 je fuis Parti de
Chefapeack,
Polverel: : Je vous parle des Erats-Unis; je ne. vous parle
pas de New-Yorck.
Fondeviolle : J'ai oblervé que m'érant embarqué malade
à la baye de Chefapeack, fans fortir de ina cabane.
Polyerel: --- Page 121 ---
Polverel : Je n'ai pas parlé de votre départ de NewYorck, je ne le connoiffois pas;. mais j'ai parlé de votre déparr des Etats-Unis. Vous ètes parti'avec le convoi ?
Senac : Fondeviolle eft parti avec les bâtimens qui fe
font rendus dans la baye de Chelapéack, d'oà eft parti le
convoi général; mais sal'époque olil'eft parti de New-Yorck,
il lui,avoir été impollible de correlpondre avec le miniftre
Faucher,
que, comme il vous' la dit, lorfqu'il eft
arrivé dans PAri baye de Chelapeack, il ne pouvoit pas enfon avoit décore correfpondre avec Fauchet, parce Gue
fendu toute etpèce dé commanication entre les pallagers
qui fe trouyoient à bord de bàtimens dans la rade de Che-
(apeack. OF; roures les communications étant intercéptées,
il éroic impolible que Fondeviolle fit légalifer fa picce 5
puifquillavoit avéc lui. Voilà ce que j'aveis à dire relativement au départ du convoi,
Brulley : Poiverel vient de dire que nous tirions les pièces
à fur 3 mefure, &
celles que nous produifions n'éroient pas dans les endinte de la commiflion des colonies;
elles Y font cependant. Ce que fai dit" hier au fujet des
pouvoirs donnés, je l'ai dit au fujer de T'adrelle de NewYorck. L'expédition de cette adrelle nous a été envoyée avec
les pouvoirs.
a un an que nous avons fait imprimer
& publier Relhl de ces- pièces. Elles fefont trouvées dans
nos papiers à nous Page & Brulleys 8c elles iont dans
les archives de la coramillion avec tous nos papiers. Cette
piice n'a point éré cachée, pour que Polverel & Sonthonax n'en euffent pas counoilfance. Les colons de SaintDomingue favent que cette. pièce exife, parce.qu'elle a été
imprimée ,: Polverel le favoit aufli, parce gu'clie lui eft
parvenues. Polverel favoit.quil-avoit été figné une adrefle
dans Tallemblée de New-Yorck, qu'elle l'inculpoit lui &
Sonchonaxy.i1 In'a pas pu Tignorer
que tous ceux qui
connoinoient ce quiseit palie à
Polverel
N
& Sonthonax, avoient aflez d'intérêt à favoir ce quife pailoic
àla Nouvelle-Anglesere, & à. s'informer, à leur arrivée
en France, de ce qui é:oit relatifa eux, pour favoir que
scette pièce a été pubiiée par nous comme toures les auires.
Tome IV, Trenze-troifème liyraifor.
H
Tignorer
que tous ceux qui
connoinoient ce quiseit palie à
Polverel
N
& Sonthonax, avoient aflez d'intérêt à favoir ce quife pailoic
àla Nouvelle-Anglesere, & à. s'informer, à leur arrivée
en France, de ce qui é:oit relatifa eux, pour favoir que
scette pièce a été pubiiée par nous comme toures les auires.
Tome IV, Trenze-troifème liyraifor.
H --- Page 122 ---
Je vous ai dit avant-hier que G les colons
pas adhéré à ces: pouvoirs, à ces pièces,
n'avoien
an, ils auroient défavoué ceux. qui fe difent depuis leurs plus d'u
miffaires. Si Polverel & Sonthonax cherchoient
com
élever des doutes fur. les intentions des colons encore
citerois une preuve que j'ai omife, & qui fait notre , je vous
Quand nous avons été détenus, les colons fe font éloge
fentés plureurs fois à la barre;i ils ont demandé la pré
des commillairés qu'ils avoienr chargés d'accufer liberté
& Sonthonax. Ils ont offert de fe conftituer
Polverel
notre place, pour que nous euflions la liberté prifonniers à
afin de pourfuivre Polverel & Sonthonax en leur nécellaire
font les termes de leur pétition. Elle
nom : ce
bien marqué aux pouvoirs qui ont été donnés porte un à la affentiment NouvelleAngleterre > la preuve quils y ont adhéré alors, &
adhèrent encore. Je maintiens donc
qu'ils y
lescommillairesdes
que nous fommes bien
& Sonthonax. Deagmaixgndandenl Polverel
Le préfident : Ceci doit être coulé à fond; ; on ne
pas revenir fur cet cbjet.I! eft queflion du
& peut
pouvoirs de Fondeviolle. Les pouvoirs de Fondeviolle départ des
ils ou ne font-ils pas dans les archives de la commiflion fontdes colonies?
Polverel:C'ef une furprife bien marquée
faire. Brulley vient de vous affiurer quevous n'avez qu'on ici voudroit
expédition. Qu'eft-ce que ce peut être
qu'une
tion ? une pièce non légalifée, de lear que cette expédipar conféquent qui fe trouvera donnée par aveu, le préfident expédition de
lallemblée, par le préfident des. Rochés.
ce
c'eft que cette expédition ? Ce n'eft pas celle Qu'eft que
éré donnée en communication : c'eft la
qui nous a
qui n'a pas été mife fous les fcellés, qui na pièce originale été
ventoriée, qui ne porte aucune marque
pas
inde cote, ni de paraphe: elle eft libre entre d'invenraire, les mains de ni
Fondeviolle.
Duny: De Duny? je l'ai.
Polyerel : Elle a pu paffer dans vos mains > S mais je ne
que cette expédition ? Ce n'eft pas celle Qu'eft que
éré donnée en communication : c'eft la
qui nous a
qui n'a pas été mife fous les fcellés, qui na pièce originale été
ventoriée, qui ne porte aucune marque
pas
inde cote, ni de paraphe: elle eft libre entre d'invenraire, les mains de ni
Fondeviolle.
Duny: De Duny? je l'ai.
Polyerel : Elle a pu paffer dans vos mains > S mais je ne --- Page 123 ---
puis la reconmoître que dans celles de Fondeviolle, parce
que c'eft Fondeviolle qui s'en eft trouvé, porteur, , parce que
eft lui qui en a donné leéture, parce que c'elt Fondeiolle qui l'a donnée en communication. Qu'elle foit entre
es mains de Duny ou de Fondeviolle , elle doit toujours
tre anexée au libelle d'accufation, parce que, encore une
ois, aucune plainte, comme O1l difoit autrefcis, aucun
ibelle d'acculation, comme je dis aujourd'hui, ne peut
tre produit au nom d'autrui, qu'on n'y annexe le. pouoir en vertu duquel on accufe au nom d'autrui.
Duny : Vous voyez le fort qu'atroient eu ces deux
tes, fij je n'en avois pas pris le foin que j'ai pris, pièes fouftraire au comité de fûreté générale, lorique je pour fuis
rrivé. Depuis j'ai) préfenté plufieurs pétitions pour réclaner quarante-deux pièces ifolées, remifes par Garrau à
officier de gendarmerie qui nous efcortoit, contenant
ieurs lettres -de- change, & des pièces effentielles contre pluPolverel & Sonthonax. Aucune de ces pièces n'a encore
paru à la Commiflion des' colonies, & fi je n'avois
utant de foin des deux pièces que j'ai entre les mains pris
ien n'auroit pu conftater notre nomination à New-Yorck, 2
Te demande à garder la pièce & à la communiquer à tous
teux que la commiflion indiquera,
Le préfident : La commilion va fe retirer pour délibérer.
Verneuil : J'obferverai avant, que
ne peut nous
Hépouiller de nos propriétés. Quand Fetares même la commnillion exigeroit que les pièces originales foient
hous
remifes,
ne pourrions en donner que des expéditions. C'eft
hotre propriéré , & il n'y a point de puiflance qui
Rous les enlever.
puiffe
La commiffion fe retire peur délibérer.
Les membres étant rentrés,
Le prélident fait leéture de l'arrêté fuivant: :
a La commiflion arrête que les pièces qui font entre lec
H 2
etares même la commnillion exigeroit que les pièces originales foient
hous
remifes,
ne pourrions en donner que des expéditions. C'eft
hotre propriéré , & il n'y a point de puiflance qui
Rous les enlever.
puiffe
La commiffion fe retire peur délibérer.
Les membres étant rentrés,
Le prélident fait leéture de l'arrêté fuivant: :
a La commiflion arrête que les pièces qui font entre lec
H 2 --- Page 124 ---
mains des colons, & qu'ils appellent leuis pouvoirs, feron
à l'inftant parapliées ne varietur, par le préfident & le fe
crétaire de la commiflion, a! les accufateurs & les accufés
après quoi elles feront remifes aux colons.
Sénac : Je crois que les miens font reftés chez moi.
Th. Millet : Je vous prie. d'obferver que dans la lettr
vient de m'être remife il y a un mot rayé, & qu'i
PER d'une main étrangère.
Sonthonax : Il y en a deux : une incorredtion & u
noth propre.
Th. Millet: Ett-ce vous qui difcutez? Laiflez-moi énon
cer ce que jai à dire..
Sonthonax : Continue.
Th. Millet : Je vois ici un mot effacé, de & il T'eft ave
une encre étrangère. Ceci eft d'autant plus néceffaire
remarquer, que c'eft un nom propre. Quan: à l'autre rature
c'eft une correction de ftyle, &c pas autre chofe.Je fais cett
remarque, parce que lers de la difcuflion de la lettre 01
verra quel a été le motif de cette rature.
Page : Ily eft queftion de trois cents S portugaifes que Son
thonax faifoit payer à ceux qu'ii vouloit mettre en liberté
Le préfident : Il n'eft pas queftion de cela dans ce mo
ment.
Page : Je fomme Sonthonax de remettre l'autre lettr
qu'il a annoncé avoir de Chotard;j je le fomme encore de
remettre le mémoire qui éroit joint à cette. lettre, mémoire
Marie nous recommandoit de communiquerau comité
" falut public. Vous y verrez lai perverfité de Raimond
& de la fadtion criminelle dont Polverel & Sonthonax fon
les principaux agens; vous ywerrez l'intention de déguife
au gouvernement de France les événemens de Saint-Do
mingue : car: on nous recommande dans' -cette letres de
tout communiquer au comité de falur public, & lur-tou
le mémoire qui y ef joint, Ce ménoire ne fe trouve pas
communiquerau comité
" falut public. Vous y verrez lai perverfité de Raimond
& de la fadtion criminelle dont Polverel & Sonthonax fon
les principaux agens; vous ywerrez l'intention de déguife
au gouvernement de France les événemens de Saint-Do
mingue : car: on nous recommande dans' -cette letres de
tout communiquer au comité de falur public, & lur-tou
le mémoire qui y ef joint, Ce ménoire ne fe trouve pas --- Page 125 ---
12I
làs & jel demande encore une fois que'la commiffion lettre de Chotard, fomine
Sonthonas.de prefenter "ce mémoire. & la
Sonthonax La
viens de faire de cette
:
producion
a de Raymond. Je n'ai
letre, n'émane
de mci; Sted
celle
cité que cette Ttatd &je ne puis produire R lautre c
jai dépolée aujourd'lmi lur-le bureau. Quant
& liéu,
tre. de Chouardsiea donnerai cennoillance en,temps
lorfquil SPgia de firer des inductions de cette lettre,
Clauffon : La lettre dont il eft queftion, n'eft étcient pas venue joinà Harmond, fans que les autres pièces Il qui y facile à Sontes, me lui foient parvenues aufli.
a été
il lui
thonax d'aveir la lettre dont il a cité un fragment;
fera egrie ment facile de dépofer les pièces jointes au paquer.
Soniosa:Te n'ai aucune connoiffance des lettres jointes à cel que j'ai dépofée.
Poge: Je vous prie de donner ces pièces.
Milier: Certe obfervation eft d'autant plus importan' R vous verrez par la leéture de la letrre que Chotard& comme
M que Sonthorar & Polverel préfentent toujours
igré, des conmerevolntponnsirety envoyoient un mémfructif qu'ils annonçoient devoir être communiqué but de
a 2001 05 a mes collègues. Ce mémoire avoit pour
dér avrir a l France quel étoit l'érat de Saint-Domingue,
& Jes inoyens de ja reconquérir.
Erulley : Toblerve que ces lettres, d'après abfencel la fufeription, la
font les propriétés de Millet > Ol, en fon
foir nôtre,
Je demande donc que cette propriété nous
rendue >
à
foient
fur le bureau,
non pas: nous; mais qu'elles
dépofées & fervir à l'inftruction
pour connoiffance nous être donnée,
de l'affaire.
Sonthonax: Encore une fois, cette remife ne me regarde
pas, parce que cette lettre n'émane pas de ici.
Clauffon : C'eft à la commiffion à ftatuer fur la demande
de Brulley.
--- Page 126 ---
Le préfident, le fecrétaire de la commiflion & les
cufateurs, & les accufés paraphent, en éxécution de acrêté, les pièces.
l'arLa féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef Figné, J.Ph.
dent; LACOINTE (des deux Sevres), GAXXAN.préF
THENAS s CRIGOInE, DABRAY, RABAND, fecrécaire, Fovexi F. LANNantes).
(de
126 ---
Le préfident, le fecrétaire de la commiflion & les
cufateurs, & les accufés paraphent, en éxécution de acrêté, les pièces.
l'arLa féance eft levée.
Le regiftre des préfences ef Figné, J.Ph.
dent; LACOINTE (des deux Sevres), GAXXAN.préF
THENAS s CRIGOInE, DABRAY, RABAND, fecrécaire, Fovexi F. LANNantes).
(de --- Page 127 ---
r2g
Du 12 Germinal, l'an troiftème de la République françaife
une & indivifible.
ON fait lecture des débats recueillis dans la féance du
premier germinal. La rédaction eft adoptée.
Leprefident : Voici une lettre du général Galbaud.
(Il lit.)
Paris, le 17. ventôfe, l'an troifieme de la République
une & indivifible.
Galbaud, général de brigade, ci-devant gouverneur
de Saint-Domingue, aux citoyens représentans du
peuple > composant la commission des colonies.
CITOY YENS - REPRÉSEN NT A NS,
J'apprends que les débats entre les accufateurs & les acsufés dans l'affaire de Saint -Domingue vont s'entamer fur
les événemens qui fe font palfés dans cette ialheureufe COlonie pendant le féjour qu'y ont fait Polverel & Sonthonax.
Jufqu'à cette époque,j je devois garder le filence : aujourd'hui
le filence me rendroit coupable.
J'accufe Polverel & Sonthonax, 1°. d'avoir ufurpé la fouveraineté nationale, S en tronquan: la loi du 4avril 1792;
2°. D'avoir provoqué l'incendie du Cap, en attirant autour d'eux une troupe de nègres révoltés depuis
années, à qui le meurtre > l'incendie, le pillage éroient
vénus
Satatt
familiers;
:". D'avoir donné l'ordre de couler bas les vaifleaux de
la République;
oir ufurpé la fouveraineté nationale, S en tronquan: la loi du 4avril 1792;
2°. D'avoir provoqué l'incendie du Cap, en attirant autour d'eux une troupe de nègres révoltés depuis
années, à qui le meurtre > l'incendie, le pillage éroient
vénus
Satatt
familiers;
:". D'avoir donné l'ordre de couler bas les vaifleaux de
la République; --- Page 128 ---
4. D'avoir fourni aux Efpagnols les moyens d'entrer fur
le territoire français, en s'oppolant à Fenvoi des trompes
fur 5o. la De frontière; s'être gorgés d'or lors de leur expédition dans les
parties de T'Oueft & du Sud;
Celac
6°. De s'être érigés en juges de Tadjuidanr-general
Galbaud, qu'ils ont retenu dans les cachots > les fers aux
pieds , où fans doute il a péri vidtime de leur cruauté, au
lieu de le renvoyer en France rendre compte de fa conduite,
conformément à la loi du 4 avrile
5 de
sien 31
Galbaud. .
-
Signé,
ORU
Sur cette lettre, la commiflion a pris l'arrêté fuivant :
La commifiion des colonies - après avoir pris leSture d'une
lettre du général Galbaud, darée de Paris, le 17 ventôfe,
dans. laquelle il déclare fe porter accufateur de Polverel &
Sonthonax: Arrête, colformémént à fes précédens arrètés, que le citoyen Galbaud fera admis aux débats., & qu'eny conféquence lectre
le' préfent arrêté lni fera, notifié, &,
copie dela.
de Galband fera délivrée à Polverel Ss Sonthonax.
Le préfident: SiSonthonax &Polverel defirent une copie de
la lettre du général Galbaud, portant accufation contr'eux,
elle leur fera donnée.
Sonthonax6 Polyorel: Oui, citoyen, nous lai demandons.
a Le préfident : Les féances de la commiflion fe tiendront
dorénavant tous les jours pairs. 1o auroi
authnon
IT. La féance eft ajournée à quartidi,
Leregftre des préfences effigne, J.Ph.GARRAN, FOUCHÉ préfdents (de /
LECOINTE (des Deux- Sevres), fecrétaire 3
Nantes), LANTHENAS, GREGOIRE, DADRAY.
--- Page 129 ---
Du i8 Germinal, l'an- troiftème de la République frangaifa
une & indivifible
N fait lecture du procès-verbal de la dernière féance; la
réda éion en elt adoptée.
he Le préfident : Les ciroyens tachigraphes voudront bien
faire mention au procès-verbal, que le général Gaibaud eft
préfent à la féance,
e Voici un certificat, relatif à la fanté de Polverel,
On le lit.
< Je foulligné officier de fanté 2 médecin de Thofpice
d'humanité > certifie cue le citoyen Etienne Polverel eft détenu au lit par une duxion de poitrine catarrhale, accompagnée de diathife fcorbutique,
met danslimpollibilié
abiolue de vaquer à aucune
En foi de quoi j'ai figné,
Pait
le 16 getminal, an troifième.
Signé, Laverne.
>> Je certifie la fignature, M. Laverne, appolée ci-deffus,
véritable, le 16 germinal, de l'an troifième.
Signé, Gautier, fecréuaire-gre@hier.
Vu au. comité civil le certificat de l'autre part, ce. 16
germinal.
Signé, Tourneur, commiffaire civil; ; Damont, commiffaire ciyil.
Tome IV.
Trente-quacrième liyraifon.
I
.
Signé, Laverne.
>> Je certifie la fignature, M. Laverne, appolée ci-deffus,
véritable, le 16 germinal, de l'an troifième.
Signé, Gautier, fecréuaire-gre@hier.
Vu au. comité civil le certificat de l'autre part, ce. 16
germinal.
Signé, Tourneur, commiffaire civil; ; Damont, commiffaire ciyil.
Tome IV.
Trente-quacrième liyraifon.
I --- Page 130 ---
Sonthonax : Mon collegue Polverel eft mort hier à
des fuites d'une diarrhée
dont il
midi, 3
lcorbutique >
étoit attaqué
depuis plus d'un an. Sa mémoire refte chargée d'un foupçon
injurieux; j'elpère qu'elle fortira pure de la lurte dans laje fuis maintenant feul avec fes ennemis & les miens.
attendant 3 Je dois
petr
Convention, àla France apprendre encière, à la commiflion, > à la
par les colons, comme
, que cet homme pourfuivi
des fortunes publiques conculionnaire, & particulières, comme eft
dilapidateur
chambre garnie de la rue de Rohan
mort dans une
befoins les plus urgens 5 que fi les fecours > aux néceflaires prifes avec les
pu lui êcre adminiftrés,il vivroit encore.
euffent
Puilque le con.bat devient fi inégal entre mes
& moi, il doit m'être permis de repoufler de cette adverfaires enceinte
ceux contre lefquels les lois Ont parlé, Vous avez arrêté
dans la dernièré féance, que le général Galbaud feroit
mis, comme no:re acculateur. Quel eft donc ce généràl Gal- adbaud, qui prend ici l'attitude d'accufareur 2 Il favoit
devoit èe accufé dans les débats i il favoit
qu'il
crimes dans la colonie,, il 2 les a: encore
que, chargé de
grant au Canada, où il eft allé combiner augmentés, avec le en prince émiEdouard, fis du roi d'Angleterre,, la livraifon des
du
Vent. Jesf'examinerai pas ici fi le rôle d'accufé ou Ifles,
fateur doiti être préferé par nous 5 je n'examinerai d'accu- pas f
nousne.fcimmes pas-les accufateurs naturels d'un homme
la'loi du 4 avril nous faifoit un devoir d'accufer ;
ique
minerai pas fi, ayant envoyé à la Convention, le Jesn'exa IO
1793 , les procès-verbaux de l'incendie du
aveci juillet
pièces dépofées par nous, il ne s'en trouve Cap,
liguées & écrites de la main de Galbaud
pas
aiferai pas-fi celui que nous'avons accufé lui-mème; je
E
doit être aujourd'hui notre accufateur: mais au nom de la loi,
aux lois qui cnt été faites fur les émigrés. Il je ne m'en remets
ici d'un homme qui a été fe réfugier à la
s'agit plus
terre; il s'agit de celui qui, après avoir incendié Nouvelle-Angle- la ville du
Cap, Erats-Unis aprèsavoir fui aux Etars-Unis, après avoir effayé aux
de mettre linlurrection dans les
Fy avoir mife pout paralyfer les mefures du équipages, miniftre après
ageris de la République, eft enfuite allé au Canada, &c des
*os Anglais; ils'agit de favoir fi un pareil homme doit chez être
la
s'agit plus
terre; il s'agit de celui qui, après avoir incendié Nouvelle-Angle- la ville du
Cap, Erats-Unis aprèsavoir fui aux Etars-Unis, après avoir effayé aux
de mettre linlurrection dans les
Fy avoir mife pout paralyfer les mefures du équipages, miniftre après
ageris de la République, eft enfuite allé au Canada, &c des
*os Anglais; ils'agit de favoir fi un pareil homme doit chez être --- Page 131 ---
réçu acculateur d'un ciroyen français. J'ai les preuves certaines de l'émigration de Galbad. Il eft nocellaire de vous
dire quelques faics préliminaires cétte éenigsation.
Galbaud, arrivé à la Nouvel-Angiecirey V a- employé
les mémes manceuvres que celles qu'ila employées fur les batimens de la République, pour torcer les équipages à dof
cendre à terre, & à venir atraquer. à main armée les autorités conftituées. La, il a employé le mêmé efprit de révolte
& d'infurredtion; là, il a tenu conftamment la floite dans un
état de nullité, leslé équipagesten infurrection pour empêcher
les mefures du miniftre Geneft. Ce miniftre fatigué de voir
des Français nuiré aux interé S de'la République
julque chez fes alliés, fit arrêter Tanguy-Laboifiere françaife & Bre- >
ton-h-Vilaedrie, Cenx-ci échappèren: par les foins de
& de fes pareils, qui fe jetèrent fur les conftables, & Duny diflipèrent parla force-ceut qui parloient au nom de la loi. Galbaud effrayé des traces de conipiration trouvées dans les
papiers de'Tanguy, qui fonti maintenant à la commiflion des
colonies, partir pour le Canada, en donnant rendez-vous à
400 matelots-du - Jupicer à 3 Pliladelpitie, Ces malheureux
matelots partent armés de bâtons & de fabres, vont à Philadelphie, où la milice fe met fous les armes > s'en empare
& les met en prifon. Galbaud fe garda bien d'aller à Philadelphie; il alla droit au Canada. Il fur arrêté fur le chemin
de New-Yorck. Nouvel attentat des amis de Galbaud: arrêté
par la forcerarmée > on le fait relâcher, & il fuita au
Voici deslettres émanées de Galbaud lui-mème,
Canada.
il avoue qu'il a été chercher un afyle au Canada. parlefquelles Ces lettres
font en- original au comité de falut public; elles ont été
portées par le bricq lImpatient. Je trouve dans le journal apdu vendredi 27 décembre 1793 *à l'article New-Yorck, une
lettre de Galbaud à Tanguy. La voici,
Illa lit.
Lettre 2.1 Tanguy.
4 s6 Le malheur pèfe depuis
fir ma
il ne m'a pas encore ôté la faculré long-temps d'apprécier les tête, vrais mais
triotes. Toutes vOs feuilles me font parvenues 2 & je les M
I 2
Impatient. Je trouve dans le journal apdu vendredi 27 décembre 1793 *à l'article New-Yorck, une
lettre de Galbaud à Tanguy. La voici,
Illa lit.
Lettre 2.1 Tanguy.
4 s6 Le malheur pèfe depuis
fir ma
il ne m'a pas encore ôté la faculré long-temps d'apprécier les tête, vrais mais
triotes. Toutes vOs feuilles me font parvenues 2 & je les M
I 2 --- Page 132 ---
lues; elles refpirent la haine contre les defpotes
foient, & T'horreur de.la tyrannie. Voil le cachet quels du qu'ile vrai
infortunés républicanifme; continucz 5 frère & ami > à défendre les
colons, & vous mériterez bien de la patrie.
à moi, heureux fi en me facrifiant pour eux,je pouvois Quant
tomber la hâche fur la tête de Polverel, Sonthonax & faire Ge
neft, comine elle doit l'être au moment ou j'écris, fur Brilfot,
dont ils font les agens.
93 Je vous émbraffe en vrai Républicain.
93, Signé, Galbaud.
s> New-Yorck, le 23 décembre 1793 32,
Je remarquerai en paffant, que Galbaud appelle vrai Républicain > patriote per ,. ce
que je vous ai
comme
Tanguy
dénoncé
un journalifte ariftocrate & royali(te, qui eft avoué
comme tel parles colons, dans le temps qu'il étoit à Philadelphio; &c je vous obferve que fa gazerte eft imprimée à
Philadelphie par Parent. Voicil la lettre par
avoue fon émigration; elle eft adreflée au laquelle miniftre Galband Genel.
Il lit:.
Ls citayen Galbaud à Ginef.
Newyorck, lc 23 décembre 1793,1 Tan's deti
frangaise une erindivisible,
Republique
< Depuis treis mois vous avez
€e que la tyrannie & la calomnie pouvoient impunément épuifé tout
érouffer ia voix du patriotime opprimé mais imagincr le
pour
enfin arrivé de démafquer VGS peridies. : vous déclare remps eft
Galbaud, que vous avez la ballelle de déclarer traitre à que la
patrie, que Galbaud que vous accufez d'avoir été cacher
crimes fur une terre ennemie, eft à
fes
fuiles Etuts-Unis
Neuw-Yorck, qu'il n'a
que pour échapper au fer de VOS
que dans fon court fejour au Canada, il pleuroit de fatellites; fur
lanéccflicé ou vous l'avez réduir;
rage
le moinen: de retourner en France qu'ilanend dénoncer avec impatience
ainf qua ceux de Polverel &
vOS crimes, >
Sonthonax; qu'il partira avec
cacher
crimes fur une terre ennemie, eft à
fes
fuiles Etuts-Unis
Neuw-Yorck, qu'il n'a
que pour échapper au fer de VOS
que dans fon court fejour au Canada, il pleuroit de fatellites; fur
lanéccflicé ou vous l'avez réduir;
rage
le moinen: de retourner en France qu'ilanend dénoncer avec impatience
ainf qua ceux de Polverel &
vOS crimes, >
Sonthonax; qu'il partira avec --- Page 133 ---
joie pour préfenrer fa tère, bien perfundé que les vrais factieux, les iraitres couverts du manteau philantropique, ferent
démafqués blées
par la muliplicité des: preuves qu'il a raflemconur'cux, & qui, malgré VOs recherches, le précéderont en France.
>> Voila ma feule réponfe : elle aura la même
que vos calomnies.
publicité
22 Signé, Galbaud >,
Voici la réponfe du miniftre Geneft à Galbaud, tirée du
Courier Pulitique d: la France 8 de fes colonies > du 24
janvier 1794.
Il la lit.
Phiale'phic,4 déccmbre 1793 , l'an 2 de la République
fcangut.e.
Le minifire de la République frangaife , à Galbaud.
<c Puifque les Anglais ont dédaigné en vous comme en
Dumouriez, votre ami & votre patron > le traître dont ils
avoient mis à proit la trahifon; le conful de la République
vous indiquera un bord fur lequel vous ferez reçu & conduit
en France, où vous leriez depuis long-témps > fans votre abfurde rébellion, terminée par votre làche défertion.
2> Signé, Geneft 72,
Voila, 3 citoyens 2 les preuves qui démontrent jufqu'à l'évidence lémigrarion du général Galbaud au Canada. Il ne
faut pas être étonné du langage tenu ici par Galbaud, lorfqu'en avouant fon voyage au Canada, il a l'air
fa lettre d'un uniforme pacriotique: Galbaud étoit d'envelopper averti
fes amis, reftés à la Notzelle-Anglenenre, que les infortunés par
vingt-deux députés de la Gironde avoient péri fur l'échafaud;
que nous avions été accolés dans le rapport d'Amar, à ces
vingt-deux infortunés. Page ; Brulley & les colons qui étoient
à Paris > avoient averti les colons de
Philadelphie > leurs
cemnettans > que le temps étoir favorable pour venir en
I;
fes amis, reftés à la Notzelle-Anglenenre, que les infortunés par
vingt-deux députés de la Gironde avoient péri fur l'échafaud;
que nous avions été accolés dans le rapport d'Amar, à ces
vingt-deux infortunés. Page ; Brulley & les colons qui étoient
à Paris > avoient averti les colons de
Philadelphie > leurs
cemnettans > que le temps étoir favorable pour venir en
I; --- Page 134 ---
I30
France, qu'il falloit venir à la fuite de
anciens conirés de
Robelpierte & dès
chafaud ceux qui gouvernement, pour faire périr fur l'éde
avoient cu le malheur d'être liés
principes &. d'opinion avec les infortunés
d'amitié, de
Gironde. C'eft alors qu'on écrit à
dépurés la
venez en
Galbaud, au Canada: Retomber farl France Téchafaud > le moment eft faverable ; nous ferons
de
la tête de Polverel, de
tous ceux qui fe font mélés des affaires coloniales. Sonthonax, &
alors que Galbaud revient après zvoir
C'eft
T'humiliation de voir retuler fes fervices. elfuyé Il avoit au Canada des
cution. plans au prince Edouard;, on refula de lui en POETE l'exéles
Galbaud, émigré au Canada, & chaffé enfuite
Anglais s reviunt aux Etats-Unis, comptant bien par
puifque les infortunés dépurés de la Gironde
que
fur Técharaud, il n'y avoit plus d'appui pour la avoient péti
les amis de lois. Je termine ce que jai à dire, juftice, en
pour
préfident d'interpeller Galbaud d'avouer
priant le
fuite au Canala.
ou défavouer fa
Galbaud: Je me fuis déclaré accufateur de Polverel &
Sonthonax, parce
le devoir de ma confcience m'y obligeoit, parce que A été témoin de plulieurs faius
quejai 21 veng-runfrère qui eft probablement mort des > parce
des mauvais trairemens que Polverel &
fuires
fait éprouver: J'accufe donc Son-honax fur Sonthonax les fix chefs lui ont
tenus daus ma lettre. Lorfqu'il s'agira dans. les débacs con- de
répondre aux diatribes de Sonthonax, je le ferai d'une manière victorieufe, & non point en cirant des journaux.
répondrai par les pièces qui fonr maintenant à la
J'y
des colonies, & qui ont été trouvées dans mes commiflion Je
répondrai à la prétendue émigrarion, d'une manière papiers.
ne veux pas dire à Sonthonax. Je ne fuis point que je à
ne
difcuter, , je fuis qu'un vieux foldat, je nai point habirué la
à la bouche comme des gens habitués de tout
à
difculfion: mais j'ai pour mei
FTt
vice confant,Tefime de
trente-quatre annérs craeal ferfatisfaction
moi mes concitoyens, & c'eft une grande
pour
de plaider devant eux la caufe de Fhumaniré, qui a été méconnue atix colonies. Paris & les
temens fourmilleront de preuves fur ma moraliré.
déparSonthonav: Galbaud n'a répondu que d'une manière
évafive a linterpellation que je lui ai faite. Galbaud a très- écrit
t
vice confant,Tefime de
trente-quatre annérs craeal ferfatisfaction
moi mes concitoyens, & c'eft une grande
pour
de plaider devant eux la caufe de Fhumaniré, qui a été méconnue atix colonies. Paris & les
temens fourmilleront de preuves fur ma moraliré.
déparSonthonav: Galbaud n'a répondu que d'une manière
évafive a linterpellation que je lui ai faite. Galbaud a très- écrit --- Page 135 ---
à Tanguy, dont toute la correfpondance eft ici, qu'il avoir
été en Canada. Je fuis accufé, je fuis aux prifes avec leg
colons; je croirai que, lorfqu'un de mes collegues me manque qu'au moment où un défenleur des principes des deicend colons
au tombeau, au moment où le digne complice
paroir dans Tarène, il doit m'être permis de demander que"
lémigration de cer homme foit examinée. Elle eft prouvée;
cet homme ne peut donc pas paroitre ici comme inon accufareur. Si aujourd'hui l'aflemblée mettoit en jugement un
de fes membres, qui auroit été en million > & qu'elle lui
donnât pour accufateur des hommes qui auroient éuigré
chez les Anglais, chez les Eipagnols > auprès des princes
français, je vous demande f cet homme n'auroit pas le droit
de réculer le dénonciateur & l'accufateur, s'il n auroit pas
le droit de demander que Git homme fac écarté. Je Jenande
moi > comme le feroit ce repréfentant du peuple,, que l'arrèié Galbaud foit écarté des débats- comme accufareur 5 que
de la commiflion qui le concerne foit rapporté > &c qu'il foit
rendu compte à la Convenrion nationale de létar dans lequel
fepréfenre Galbaud. Voilà les trois propofitions fur leiquelles
j'infifte. Je demande que la commiflion délibère la-delfus. Je
ne prétends pas que les débats foient fufpendus avec mes
autres accufateurs. Le temps viendra oà , fi Galbaud eft 2
commeil le dit, bon citoyen & ami de Thumanié, il pourra
fe préfenter comme acculé 3 én attendant, je demande que
les débats foient reftreints aux dix ou douze chefs d'accufation
qui ont été portés contre moi, & que les acculations de
Galbaud foient ajournées jufqu'après
la commiflien ou
la Convention nationale aura décidé P'i l'on doit admettre
contre un ciroyen français, qui s'eft immelé pour lcs droits
de Thumanité > qui a défendu de toutes fes forces les
en Amérique je
dis,jc,
lon
priétés françaifes
5 demande,
doit entendre comme accufateurs de cet homme, des énigrés
revenus Galbaud du Canada. : Il faut enfin parler dcs morifs de l'émigration
que Sonthonax meren avant, pour m'écarter du réle d'accufateur que mon devoir & ma concience m'obligeoit de
prendre, J'ai été au Canada, je le dis tout haut, patce
que c'eft la vérité; mais dans quelle circonftance y, ai-je
été? Mon malheureux frère, fait prifonnier à l'incendie du
I 4
igrés
revenus Galbaud du Canada. : Il faut enfin parler dcs morifs de l'émigration
que Sonthonax meren avant, pour m'écarter du réle d'accufateur que mon devoir & ma concience m'obligeoit de
prendre, J'ai été au Canada, je le dis tout haut, patce
que c'eft la vérité; mais dans quelle circonftance y, ai-je
été? Mon malheureux frère, fait prifonnier à l'incendie du
I 4 --- Page 136 ---
Cap, & plongé dans les cachots, a trouvé le moyén, mal-.
gré la furveillance de fes boureaux Polverel &
de me faire parvenir les détzils de fa firuation Sonthonax, ; fa
eft à la commition. J'apprends que Polverel & Sonthonax lettre
traitent mon frère avec une barbarie fans exemple dans ies
pays policés ; la reffexion étoit toute fimple : fi je tombe
entre les mains de Polverel & Sonthonax; le même fort
m'artend , & jamais je ne parviendrai en France
me
juftifier : & J'avois bien raifon; car' mon frère
&
point
CefnSre
ici,
cependant Polverel & Sonthonax devoienr
ner avec eux. Connoiffant le fort qui m'artendoir f je l'ame- tombois entre leur maius, je devois nécellairemen:, faire. tout
ce qui étoit en moi pour échapper. Arrivé aux Erars-Unis,
non,libre, mais prifonnier à bord
toutes
fortes de perfécurions. , & des duJupiters gens otj'eprouvai
font ici, pourront certifier qu'on m'a mis del'équipage dans ce
qui
avec l'ordre de ne me donner aucune, nourriture ni vaiflenu
j'étois prifonnier, & je n'étois pas nourri; ma
érape; &
mes enfans qui m' accompagnoient, manquoienr femme
de tout. Dans cet état il falloit prendre un parti; également la brigue, , la cabale, cherchoient à forcer
du
de me livrer à Genelt, qui n'eft pas venu lénuipage
Jupiter
dre compte de fa conduite, &qui s'eft en'France efquivé, Je ren- dis
donc que, fachant par le bruit public & par des
qu'on pourra adinetsre, les rapports qui. exifoient prenves enrre
Polvere!, Sonthonax & Genelt; fachant que Geneft nagiffoir que d'après les idées & les plans de Polverel &
Sonthonax, je regardai Geneft comme mon ennemi perfonnel, & il l'étoit. Je dis, fi je tombe entre les mains
de Geneft, je ferai livré à Pelvere! & à Sonchonax, & le
for: de mon frère m'attend. Tous les jours
du,
vaifeau le Jupicer s'affoibliffoit; il étoit reduit Téquipage à IOO
mes, loriqu'il parut une proclamation de Geneft, homquelle ii étoit dit: que Leguipage du Jupirer évacucroit par la- le
vaifear : excepté cinquante honmes pour me garder. Me
trouvant alors livré aux agens de Genel, & par
aux complices de Polverel & de Sonthonax, je cenféquent ne peuvois
plus que fuir; je CrUS que, fije mertois pied à terre dans
ain pays neutre ami de la France, je jouirois du droit de
Thofpitalité, Je mis picd-à terre à New-Yorck, & fus
du Jupirer évacucroit par la- le
vaifear : excepté cinquante honmes pour me garder. Me
trouvant alors livré aux agens de Genel, & par
aux complices de Polverel & de Sonthonax, je cenféquent ne peuvois
plus que fuir; je CrUS que, fije mertois pied à terre dans
ain pays neutre ami de la France, je jouirois du droit de
Thofpitalité, Je mis picd-à terre à New-Yorck, & fus --- Page 137 ---
133,
oftenfiblement & publiquement , avec ma femme & mes
enfans, non pas fur le chemin du Canada, comme le dit
Sonchonax ; mais à Eaftchefter, qui n'eft pas fur la route
du Canada, , comme Oil peut le voir fur la carte. Là,con- des
duit par des Aunéricains qui me guidoient, nous n'elt primes 8
arrangemens pour me fixer dans ce pays, qui
lieues de New-Yoick, afin
d'un port mer,
Su
qu'étanti près
je pulfe profiter de la prenière occalion pour pafler en
France, & ne point tomber entre les mains de Polverel
& de Sonthonax.
heures.
J'étois à Eaftchefter tranquille depuis vinge-quatre
Les voitures qui nous avoient amenés éroient encore là,
loriqu'une force armée paroit pour m'enlever de la part
de Geneft. Etonné que Geneft eût une jurifdidion dansles de
Etats-Unis, je crus devoir écrire au gouverneur de l'état
New-Yorck qu'on appelle Clinton ; je reçus de lui une
réponie qui cit dans les papiers de la. commiflion. Par cette
réponfe, Clinton mannonçoit poiitivement que dans je Yétat n'avois de
aucun afyle, aucune proteétion à attendre
New-Yorck. J'étois donc livré à Geneft, 8c. par conféquent
à Polverel & à Sonthonax. Que faire dans une telle firuntion? Elle étoit affreufe. l'étois pourfuivi par Polverel &
Sonthonax juique dans les Etats-Unis, oà l'on me refufoit un alyle, & oûl'on m'arrèroit comme matelot, d'après
Tinfpedtion. d'une feule lifte dont jai vu la copie chez le
maire de New-Yorck. Il paroilfoit allez extraordinaire que
le ci-devant gouverneur de la colonie de Saint-Domingue,
officier-général en France, fût placéau nombre des mâtelots d'un vaifleau fur lequel il n'avoit fait aucun fervice,
Voyant donc la perfécution s'attacher à moi fous tous lcs
rapports & de toutes les manieres,je fus au Canada; mais,
en y entrant, je promis d'en fortir iè plutôt que je pourroic.
Ty fuis enrré le 16 feptembre, &j'en fuis forti pour rentrer
dans les Erats-Unis, le 16 oétobre; J'ai demcuré trente
jours à faire ce voyage. J'ai été prifonnier à Québec, j'ai
cu le bonheur de m'en échapper; & je revins aux EtatsUnis, HOI pas à New-Yorck, parce que j'ignorois quclle
infuence le miniftre Gensftpouvoir y avoir encore ; jorettai fur les bords du lac Clanplein. Tous ces faits iont
prouvés par des picces aurhenriques qui font dans mes pa-
étobre; J'ai demcuré trente
jours à faire ce voyage. J'ai été prifonnier à Québec, j'ai
cu le bonheur de m'en échapper; & je revins aux EtatsUnis, HOI pas à New-Yorck, parce que j'ignorois quclle
infuence le miniftre Gensftpouvoir y avoir encore ; jorettai fur les bords du lac Clanplein. Tous ces faits iont
prouvés par des picces aurhenriques qui font dans mes pa- --- Page 138 ---
jufqu'au piers, & que je montrerai lorfque je les aurai. Je reftai 12
citoyen Confcience commencement à New-Yorck de novembre 9, que i'envoyai le
avoit fureté
moi, & fi je pour favoir Gi enfin ily
Le citoyen
revint pouvois pafier en France.
me
Contatei
dire que je pouvois
roitre,
que Polverel & Sonthonax étoient
Dès lors
oabits
vis
peantee
France, &
je
que la juftice reparoiffoit en
France n'ofant que je pouvois me montrer, l'ambafladeur de
fation.
plus protéger des hommes déorétés d'accuJ'arrive à Néw-Yorek : j'éprouve encore la
Cependant, mieux inftruit des lois du pays, je perfécution. brave cette
perfécurion, je demande mon
la
on tergiverfa, on ne paria plus pallage de pour France; alors
le gourerneur Clinton n'y, étoit
m'enlever, parce qae
états à Albany. L'efpric
pas: : jl étoit a tenir les
du décret d'accufation. Ce public avoit changé à la nouvelle
après que j'ai enfin trouvé à n'a été que deux out trois mois
Philadelphie un bâtiment
jai frété à mes frais, le bateau à un mat
que
dans lequel je fuis venu en France rendre appellé la Maly,
prétendue émigration dont on me fait un compte & de la
fenter ma tête moi - même librement,
erime, préfcience eft pure. D'après cet expofé, la parce commiflion que ma conréduire cette émigrationà fa jufte valeur. Je ne
peut
que la commillion doive prononcer fur ce
prérends viens pas
dire; la commillion a les pièces. Sonthonax que je
de
extrait du Moniteur; je ne citerai point de vous a lu un.
thonax a parlé des pièces qu'il ne produit gazettes. Je fais Sonquej'ai écrit à Geneft, mais comme à mon pas.
fais ce
que je lui ai écrit comme à l'homme perfécureurije qui trahiffoit fon
pays; je lui ai écrit que j'étois las des
des calomnies qu'ilavoit vomies contre perlécurions moi ; c'eft atrocés,
lettres que Geneft a para ne plus fe foucier
après ces
en France, & toujours a retardé mon
que, je patlaffe
un mot feulement.
départ. Jajourerai
gliffée déja dans un Sonthonax écrità
a avancé une chofe qu'il a
j'étois le fecond, le complice & l'ami
il a gliffe
je lui en demande la
EfTan M5AREcAta
preuve.
Senac : Je demande la parole.
Sonthonax : Citoyens, je vous prie d'obferver
le
eiroyen Senac eft étranger à ces débats. Galbaud vient que enfin
feulement.
départ. Jajourerai
gliffée déja dans un Sonthonax écrità
a avancé une chofe qu'il a
j'étois le fecond, le complice & l'ami
il a gliffe
je lui en demande la
EfTan M5AREcAta
preuve.
Senac : Je demande la parole.
Sonthonax : Citoyens, je vous prie d'obferver
le
eiroyen Senac eft étranger à ces débats. Galbaud vient que enfin --- Page 139 ---
d'avouer
a été en Canada; ile n'eft plus queftion de
chicaner R les lettres que j'ai produites > lefquelles exiftent
en original. L'aveu eft faits Galbaud s'eft refugié en pays
ennemi. Il dit :j'ai étéy perfécuté par le miniftre de France
auprès des Ftass-Unis. Qui pourra croire que le miniftre
de France Geneft,
étoit en horreur au gouvernement
des Etats-Unis, que :t pouvoir exécutif des Erats-Unis a
conftamment perfécuté 3 qu'il a fini par perdre au comité à
de falut public dans fa correfpondance; peut-on croire
la perfécution du miniflre qui étoit contrarié continuellement par le pouvoir exécutif?
Plufieurs colo-s : Nous prouverons tous ces faits.
Sonchonax : Citoyens, Galbaud dir: j'étois perfécuté par
Genefi ; le gouverneur de New-Yorck m'avoit déclaré que
je ne trouverois pas d'afyle chez lui. Je le crois bien; on
connoiffoit Galbaud couvert de crimes au Cap. Je le crois
bien; le vertueux Clinton, l'ami de la France, a repoullé
Galbaud comme un homme marqué du fceau de la réprobatien; voilà pourquoi Galbaud n'a pas trouvé d'afyle à
New-Vorck. Mais pourquoi n'a-t-il pas été à Philadelphie?
Là ii auroit joui de la protedtion du gouvernement fedéral, Au lieu
il auroit trouvé un appui dans ce gouvernement.
d'aller à Philadelphie, il va droit chez les Anglais. Ilvous
dit : Genef, en m'arrèient, m'aureit envové d Polverel &
Sonzhonax mes ennemis décidés. Mais Geneft qui a eu en
fon pouveir Galbaud, qui lui a dit à fon retour du Canada : j'ai donns ordre au conful de vous donner pafage fur
un bâtiment
Geneft peut-il être raifonnablement foupçonné Lommtuse nous livrer, qui: la perfonne de Galbaud, comme fi, elle pouvoit être fortintéreflante, comme
fi ayant à conferver le dépôt de fon frère, qui eft aujourd'hui fort bien portant au Cap, & que cependant il prétend ètre fuccombé fous les prétendus mauvais traitemens
qu'il a éprouvés; je vous le demande, quel interêt pouvions nous avoir à tenir la perfonne de Galbaud, lorique -
le miniftre, maitre de. nous l'envoyer; lui dit: Vous iret
en France, rendre compte de votre conduite ; ily a long-temps
que vous_y fericr fans voire lâche défertion, votre abfarde
rebellion? Ce miniftre peut-il être foupçoné de l'avoir envoyé à nous? Il prétend que fon frère a effuyé de mau-
; je vous le demande, quel interêt pouvions nous avoir à tenir la perfonne de Galbaud, lorique -
le miniftre, maitre de. nous l'envoyer; lui dit: Vous iret
en France, rendre compte de votre conduite ; ily a long-temps
que vous_y fericr fans voire lâche défertion, votre abfarde
rebellion? Ce miniftre peut-il être foupçoné de l'avoir envoyé à nous? Il prétend que fon frère a effuyé de mau- --- Page 140 ---
vais traifemens. I'exiftence de 136 Céfar Galbaud atteite notre
indulgence. Céfar Galbaud a été pris les armes à la
contre des autorités conficuées. .
main
wLeprefdent : Ceci eft éuranger aux débats actuels.
Sonthonax : Alors je me réfume, & je reviens fur la
lois queftion de droit public. Ci:oyens,je réclame, au noin dest
clame francaifes, comme citoyen français persécuté, je.récontre l'admition d'un homme notoirement
mon accufateur. Jene cherche pas à éternifer les émigré,
car je demande qu'on pafle fin-le-champ à l'acte debats, d'accufation dreife
les colons; mais je demande
la commifion antler fur la queftion de favoir f que elle ne doit
fnite, pas écarter provifoirement Galbaud des débats, & fi envention d'après fur ma demande . 2 ellene doit pas référeràla Connemi de
celle de faveir f un émigré, notoirement en-
> Le
fon pays, peut être admis comme mon accufateur.
préfdent : Lac commnilionajourne à délibérer furcet
aprèsla féance.
objer
Th. Miller :Je demande communication de
il a été parlé dans la féance
la lettre dont
fentée par le citoyen Sonthonax, précédente lci ; la lettre préle citoyen Raymond.
qui
a été remife par.
Clydflon : Ilya tant d'identiré & de rapport enre
aux Erats-Unis & Pelverel & Sonchenax à Saint-Domin- Geneft
gue, que Gene tau continent avoit formé. une garde
tienar, comme Polverel & Sonthonax xà
lors du réfuge des
St-Demingue.
POa
Geneft les a malheureux colons aux Erats - Unis,
Sur le nommé Arnaud perfécutés par cette garde pré:onenne;
Prètry, le
fietré
qui ait exifté > qui étoit à la tête Lt eette
fcélérat &
qui pourfuivoir tous les colons que Sonthonax légion, voulcit
anéantr, afin de les empècher d'aller en France
des crimes de Polverel &c Sonthonax. Je me porrer trouvois la
Ewver entre...
Sonthonax: : C'eft étranger à la queftion.
Cla-ffon : Entre New-Yorck & Philndelphie, ,
un Américain, là je vis arriver un dérachement réfugié de chez
garde qui dit qu'il failcir qu'ils eufent le général
cette
mort ou en vie, & plufieurs colons; &je ne doute Galbaud
Geneft, dès le moment de larcivée des colons aux pas que.
Unis, aveir projeré de les empécher de verir cn France, Etats- &
anger à la queftion.
Cla-ffon : Entre New-Yorck & Philndelphie, ,
un Américain, là je vis arriver un dérachement réfugié de chez
garde qui dit qu'il failcir qu'ils eufent le général
cette
mort ou en vie, & plufieurs colons; &je ne doute Galbaud
Geneft, dès le moment de larcivée des colons aux pas que.
Unis, aveir projeré de les empécher de verir cn France, Etats- & --- Page 141 ---
que fon projet é:oit de les aflafiner, ou de les forcer a
alier dans un psys ennemi.
mots à
ditle
So.th.nax: : Je répends en deux
ceque
cioyen,
Claulion, par une letare de Geneft aux colons.
Foudeviolis: : Lorique je me fuis préfenté à New-Yorkau
miniftre français , pour lui dannder une exiftence ou de
l'émploi dans un bureau, pour netre p:s à li charge de
la République > Genell m'a refufe toute cfpice de fecours;
je n'avois pas de paini; je n'avois quie la chemife que j'avois fur le corps. il m : dit: < Si u veux avoir des fecours,
engage-toi dans le corps que je leve.w-Je lei demandai s'il
en : avoir le droit dans un pays: érranger. I me dit: : cc Ne
t'inquiete pas de cela; £ iu veux avcir des fecours', engaye-toi, . & tu fuivras les ordres qui te feront donnés. 23
Je lui dis : ce Citoyen miniftre, voyez combien mes cheveux
griscadreroient mai ayec des cheyeux bionds;jai d'aiileurs
vois
de Faure côré de ia
une incommodité; je Hy
pas
rue , & ce feroir compromette la sureté publique, Je
m'emploierai dans hakreabtotmpAe à la nui;
mais, pourfaire: un fervice,jo ne le puis plus. 3) ce Ehbien!
(me dit-il), je n'ai pas d'autres fecours 2 te donner.
Sonthonax : Deux mots en réponfe. Claution a dit. que
Geneft a fait tout ce-q qa'il a pu pour empècher lcs colons
de venir en France. Il cxifte une lett:e dans les papicrs ve7
nus de Philadelphic, imprimés par les foins de Page & Brulley, où Geneft répond aux colons < qu'il defire que la Ré
publique foit intruite, qu'il defiré que tous les colons
aillent en
mais qu'il ne veur pas leur paffer les
frais de Hein paffage
prérendits c.mmifleires. >2 Geneft ne
vouloit pas faire les frais d'une députation aufli illégale
que ceile que les colons vouloient envoyer en France.l U les
vouloitenvoyer comme parriculiers, & ne s'eAjamaisoppofs
à lcur départ. Il y a plus: fur cette: garde prérorienne dont Il
on parle & fur laquelle je ne veux pas m'appefancir.
eft vrai que fi Geneit avoitlevé un corps de volonraires frajiçuis,ill'avoit! formé édessoldats qui éroient partisavec Gaibard,
clavoit formé d'autres citoyens français, pour aller dans la
Floride & dansla Lonftane exdc uter un projer conçu
cien confcil exécutif. Voilà ce que c'eft que ces
REs
levés par Genef : , qu'on annonce comme garde prétorienne
pas m'appefancir.
eft vrai que fi Geneit avoitlevé un corps de volonraires frajiçuis,ill'avoit! formé édessoldats qui éroient partisavec Gaibard,
clavoit formé d'autres citoyens français, pour aller dans la
Floride & dansla Lonftane exdc uter un projer conçu
cien confcil exécutif. Voilà ce que c'eft que ces
REs
levés par Genef : , qu'on annonce comme garde prétorienne --- Page 142 ---
Leprefident : Cet objet a été ajourné;, ainfiiln'en
être queftion.
doit plus
Iea Galbaud : Je n'ai qu'une citation à faire; c'eft
que mon malheureux frere écrit à fon époufe.
une lettte
Ic préfident: Cela reviendra lersdes accufations.
Galbaud:Je lai
déclare que mon émigration a été occafionnée
Sonthonax. par crainte de tomber entre les mains de Polverel &
( Galbaud lit.)
Extrait d'une letere de Tadjudani-génénal Céfar Galbaud
Jon époufe, datée du Cepsle 25.août 17933lan II de ia à
lpubligue
cc A notre entrée dans la ville, je faillis
mal de l'odeur cadavéreufe caufée
à me trouver
de corps morts qui étoient reftés par plufieurs milliers
enterrés. Alors je fus mis dans une plufieurs jours fans être
fers aux pieds. Voici ma fituarion : prifon je fuis feul, ayant les
puis 67 jours; j'ai été pendant
prifonnier demuir; depuis ce temps
49 jours aux fers jour &
n'ai pour nourriture que du je ny fuis
la nuir;
Ha nilinge ni habit; je
pain & . l'eau ; je
mife dont
adiee tout nud avec une
on m'a.fait la charité; Je fuis
feule chepoux & les vermines; malgré cela,
conferve mangé par les
l'efpoir de te voir.
je
toujours
€
Signe, GALBAUD.
Thomas Millerreprend la difcuffion fur la lettre de Marie.
Thomas Mille: : Vous avez entendu Sonthonax
d'abord que cette lettre eft de- Chorard &
vous dire
qu'il étoit sûr de ce qu'il
Marie, affirmer
foit les fignatures de Chotard avançoir, & de > parce qu'il connoif
il eft certain qu'il n'a pas lu la
Marie; & cependant
vous-mêmes qu'elle n'elt
lettre, > car vous vérifierez
dit enfuite qu'elle étoit fignée fignée de que de Marie. IH Yous" a
Tedt été de nos commettans,
nos commertans ; fi elle
à Philadelphie - > elle eût été fignée cenformément des
à l'arrêté pris
crétaires, autorifés à figner toutes les préfident & feles colons réunis à Philndeiphie; eile eût pièces ét4 alors concenant
offis
qu'elle n'elt
lettre, > car vous vérifierez
dit enfuite qu'elle étoit fignée fignée de que de Marie. IH Yous" a
Tedt été de nos commettans,
nos commertans ; fi elle
à Philadelphie - > elle eût été fignée cenformément des
à l'arrêté pris
crétaires, autorifés à figner toutes les préfident & feles colons réunis à Philndeiphie; eile eût pièces ét4 alors concenant
offis --- Page 143 ---
eiclles, mais au contraire c'eft une lettre confidencielle écrite
par un ami à un ami, & en cas d'ablence de cet ami, aux
citoyens Thibaud, Dausy, Rabotteau & autres., 11 étcit
très- vraifemblable, dans la circonftance où les citoyens
Clauffon, Duny & mci nous fommes embarqués avec le
général Galbaud & fa famille pour venir en France, que
nous n'arrivaflions p2s; car nous fommes partis le 4 mars
fur un batteau avec lequel on n'eût peut-être pas ofé traverfer la Manche dans la faifon ou nous avons traverfé
l'Odéan. Il étoit donc pofible que nous n'artivaflions pas;
&. voilà pourquoi Marie- dit, en cas d'abfence, adt.flez
cette lettre aux citoyens Thibaud, Daugy > Rabo:teau, Brulley, Page & autres. Enfin Sonthonax vous a dic: J'ai été
mieux informé
le détenteur de cette letire, elle n'eft que
de Marie. REA n'eft-il pas un des commettans des colons qui font ici? Enfin, au milieu de ces divagations,
Sonthonax eft convennu que V cette- lettre lui a été remife
par Raymond. S'il exiftoir à cet égard quelque doute > on
pourra le vérifier. lorfqu'il en fera
, puifque les
notes mifes, à la marge de cette lettre PEE de laveu. de
Sonthonax,, de la main de Raymond. C'eft fans doute
une chofe bien étrange en morale commae en politique de
voir Raymond > le défenieur officieux d'hommes accufés,
convaincus même par les actes qu'il a dà lire, d'hommes
convaincus, aux yeux. de tous les colons, de l'inexécution
de la loi du 4 avril 1792, qui donnoit aux citoyens dè
couleur des droits après lefquels ils foupiroient depuis longtemps. & dont il avoit été Pardent provocateur; il eft bien
éirange de voir toujours Raymond, pallant pour un. bonnète homme, pour le coryphée de tous les parriotes coloniaux, fournir aux accufés des pièces qui ne lui font pas
parvenues , qui n'ont pu lui parvenir
par uncrime. &
contre tous les
de l'ordre
Teei
principes
Sonthonax : Je demande qu'on, conftate que le citoyen
Thomas Millet lit une diatribe. contre Raymond , & que
cela eft contraire à la nature des débats.
Millet : Le citoycn Sonthonax taxera, s'il veut, de diatribe ce
je lis. Je lis en effet fur des notes auxquelles
jajoute der réfexions. Comme je ne fuis
habitué à difcuter, je fuis obligé de jeter mes idées # le papier, &
incipes
Sonthonax : Je demande qu'on, conftate que le citoyen
Thomas Millet lit une diatribe. contre Raymond , & que
cela eft contraire à la nature des débats.
Millet : Le citoycn Sonthonax taxera, s'il veut, de diatribe ce
je lis. Je lis en effet fur des notes auxquelles
jajoute der réfexions. Comme je ne fuis
habitué à difcuter, je fuis obligé de jeter mes idées # le papier, & --- Page 144 ---
de les développer enfuire; au refte, il appellera, 2e s'il veut 2
diatribe, ce que je lis là; mais il
a
n'en réfulte pas moins, .
Le préfdent : A l'objer.
Th. Millec: Je paffe à la lecture de la lettre.
Il lit:
Philadelphie, le 18 mars 1794R. Marie, au citoyen Thomas' Millet ; en fon abfence, aux
citoyens' Larcheve/que - Thibaud, Dangy, liaboctcay
Brulley, Pages dc.
€ CIT O Y E N S
>>, Deux heures après que vous avez été
il a fait
un temps épouvantable a Amboye; maisjaime partis, à croire que
FOuS6 étiez dcja en haute nier; & comme le vent fouffloit
avec impértofité dans, la partie de T'Oueft, il vous aura
fait. fare.bien du chemin en droite route: Puiffe votre traverfée: avoir été heurenfe& la préfente vous trouver tous
arrivés abisn porrans ! Ji me tarde bien d'apprendre
vous-mémes votre aitivée 3x la récepiion que l'on YOuS par
aura fairela aulieu de voire débarquement, & far-tout à la
Convention. Je VOuS femme de me tenir parole & de m'écrire par toutes les occafions. Permettez que je veus
pelle de ne pas eublier les initérêts de M.Eutler
rap- fes
navires détent's à Bordeaux 5 & far toutes chofes, Pour
mon
veillez,
cher compatriore, à cé
le prix de l'aftrétement
foir payé exactenient >, foitipar a général Galbaud, foit
parsiStat. Vons fenrez qre fi cet cbjet n'étcit pas payé
exactement > ceinbien nous ferions inquiérés ici; vous conroiflez notre: atreufe polition, & que nous fommes bien
élsignés de pouvoir y faire face.
3) A mon ietour 1c, ily 2 fepr - jours, je me
chez lé citoyen J. Fauchet, le nouvean miniftre; faispréfenté je lai ai
remis les paquets que vous m'aviez remis potr lei & ceuX
des ciroyers Galbaud &: Confcience. Il m'a paru étonné
Galbaud iér parti; 6 enfuite il m'a témoigné que fon 8cs
part
élsignés de pouvoir y faire face.
3) A mon ietour 1c, ily 2 fepr - jours, je me
chez lé citoyen J. Fauchet, le nouvean miniftre; faispréfenté je lai ai
remis les paquets que vous m'aviez remis potr lei & ceuX
des ciroyers Galbaud &: Confcience. Il m'a paru étonné
Galbaud iér parti; 6 enfuite il m'a témoigné que fon 8cs
part --- Page 145 ---
14T
part lui faifcit plaifir 5 ainfi
celui des
La Convention avoit grand Gute d'ètre inftruire commillaires;que fur les vétitables caufes des événemens de Saint-] Domingue; que la
Cerivention n'avoit pu- prendre aucun parti,
chacun faifoit fon hiftoire à fa manière. Il m'a parce que
dez-vous
une entrevue particulière demain donné à midi. ren- Si
-
le convoi Rrot pas parti, vous faurezau bas de la préfente
le réfultat de la conférence.
> Tout ce que je puis vous dire, c'ef que le nouveau
miniftre. agit ablolument en fens contraire de fon
ceffeur. Il accueille bien ious les colons, & invite tout prédé- le
monde à aller en France; qu'elle a befoin d'ètre inftruire,
& que rous les colons feront
à porrée de retourner
A Saine-Dorningue étant en
qu'en reftant dans ce
Il garde le
Ta
pays.
plus profond filence fur les projers de ia
France envers la colonie de Saint-Domingne; mais il nous
affure en même temps que jamais la République ne s'eft
plus occupée de fes colonies, qu'elle le fait maintenant
de forte que, cela décide plus de trois mille colons à
>
fiter du convoi qui doit faire voile au premier jour. Il pro- ya
quelques navires ici, compris YIndiens: la ville de r'Orient,
qui doivent defcendre la rivière demain pour
ou tous les navires de New-Yorck, d'ici'&cd d'ailleurs, Chefapeack doivent fe réunir pour faire voile tous enfemble le 23 Qu le
24 du courant.
>> Nous aimons tous 2 croire que le nouveau miniftre
un ami chaud de la République. Dieu veuille que nous eft ne
foyons idée
trompés, & que fa conduite réponde àlal bonne
Tltr nous
cependant il n'a fait aucun changement dans les Arete &c tousles fubalternes font continués dans leurs fonctions.
>> Le convoi porte besucoup de farines. Dieu veuille
paffe heureufement, & quilechappesus vaifleaux quil
nemis de la République.
desen-
>. Nous écrivons à nos commiffaires auprès de la
vention une lettre fert déraillée ; je crois que vous Conbien de la faire imprimer : elle pourroir bien contribuer feriez
former l'opinion publique fur les malheurs de Saint - Do- à
mingne.
>> Cetre malheureufe colonie eft toujours en proie aux
Tome IV. Trente-quacrième liyraifon.
K
& quilechappesus vaifleaux quil
nemis de la République.
desen-
>. Nous écrivons à nos commiffaires auprès de la
vention une lettre fert déraillée ; je crois que vous Conbien de la faire imprimer : elle pourroir bien contribuer feriez
former l'opinion publique fur les malheurs de Saint - Do- à
mingne.
>> Cetre malheureufe colonie eft toujours en proie aux
Tome IV. Trente-quacrième liyraifon.
K --- Page 146 ---
projets deftructeurs de Polverel & Sonthonax. Le premier
eft toujours aux Cayes, & le dernier au
3>.
Je viens de recevoir des lettres de Saint- Portau-Prince, Marc, du
26 janvier dernier. Voici ce que l'on me dit, &. c'eft un
homme digné de foi, c'eft
qui eft forti de prifon
moyennant cent portugaifes dont Sonthonax lui a donne
5 & après avoir marchandé huit jours, Sonthonax vou
trois cents
Tor'a
portugaifes.
95 Tous les blancs ont été défarmés au Port-au-Prince
& aux Cayes, & jetés dans les prifons fans pudeur; &
par écrit le tigre Sonthonax offre à ces malheureufes victimes
Jeur. départ moyennant une fomme de trois cents portugaifes, les autres cent > les autres cinquante , fuivant les
facultés qu'il fuppole à chacun, & quinze portugaifes pour
chaque femme. Ceux & celles qui ne peuvent
reftent aux fers dans les prifons.
pas payer
33 Szint- Marc, Montlouis 5 les Vafes. Arcahaye &
Boucaflin font au pouvoir des Anglais. Saint-Marc
à deux officiers & trente-cinq foldars, & l'Arcahaye s'eftrendu s'elt
rendu au major Brisbau, commandant pour les Anglais à
Saint-Marc; fuivant la prifede poffellion que nous adreffons
à vous & à vos collègues ; elle eft du 24 décembre
dernier.
>3 Les Gonaives, Verretes, Petite - Rivière & le Mire
balais font Elpagnols en dépit de leur inclination pour le
gouvernement britannique,, par la faute de celui ci, de
n'avoir
leur donner une garnifon de cinquante foldats.
Toutes E paroiffes fous la domination clpagnole ne font
rien moins qu'heureufes. Au lieu de retrouver leurs nègres
infurgés, ceux qui éroient reftés fidèles
tous pour
fe réunir aux brigands. On contirue
Gonaives
& dans toute
AA
Sntbmimne
la plaine de FArcibonte.
f
Cette terrei eft purgée du fameux Savary; il éroit allé
à Sr.-Raphaël pour traiter & livrer St.-Marc aux Elpagnols
mais les Anglais s'étant préfentés pendant fon ablince, les 5
Efpagnols l'ont arrété, lié, garorté, &c eavoye prifonnier
à Santo-Domingo. Gabriel Lafond ( nègre") eft toujours
dans les prifons de St.- Marc. Nous nous trouvons fort
beureux à raifon de notre condition palfee ; mais il s'en faue
de beaucoup que nous ayons à nous louer de Te puifance
Marc aux Elpagnols
mais les Anglais s'étant préfentés pendant fon ablince, les 5
Efpagnols l'ont arrété, lié, garorté, &c eavoye prifonnier
à Santo-Domingo. Gabriel Lafond ( nègre") eft toujours
dans les prifons de St.- Marc. Nous nous trouvons fort
beureux à raifon de notre condition palfee ; mais il s'en faue
de beaucoup que nous ayons à nous louer de Te puifance --- Page 147 ---
'143
qui fe dit notre proteitrites Si elle étoit généreifes le Porz
au-Prince jeroit 'en fon pouvoir s au lieu gulidied ro-jours
enz celui de Sonthonax quifinire par tout anéentir; 6 tant
que les Cayes & le Pord-at-1 Prince feront 'au pouvoir des
monfres Polverel & Sonthonax 3 on ne peut pas dere que
Saint-Domingue foir fas, U0aE
-
>> Léogane seft rendu aux Anglais, après avoir repouffs
l'armée de Sonsbonax & cclle commandée parle molatre
Rigard. Cette 7 ville a foutenn onze jours de fiige s-les habitans ayant à leur tére"Campant; ancien commandant de
Sainr-Mare, fe-font défandus- cemme : des cnragésy & ont
fait vne boucherie des negras" &oides mulactes qui font
rentrés; favoir, l'armée de Sonrhonex au Port au-Prince 5
enlie retirant >
celle de Rigaud 3 au Grand-Goave: mais,
ils ont! incéndie toute lail plaine :: de Tieoganel & tous les
Momes. Cette partie de la celonie n'elt ples qu'un monçeat' de cendres.
Vo Li al : or S GI
à > Voici les placesau- pouvoir des commillaires:
2 3, La Croix-de-Pougges. tas Béeuvais, commandant cominandant.
s Le Port-au-Prince.
2. Montbrun,
s9 Grand.Goave.
à
:
s Perit-Gorve.
LTle-Ereffole, blanc.
> Mirgoanes.
x autres mulâtresavec
a Anle-a-Veau,
Rigaud
32 Prir -Trou.
les nègres. 1 4 :
>2: Jacmel.
S Baynet, 8c.
39 Les Cayes.
Polverel avec les mulâtres &
791 Cavaillon.
les nègres.
> Saint-Louis.
S 23 Aquin, &c.1
fuir de ces endroits ont
La Tous les blanes qui n'ont pu
éré pris, jetésdans les prifons, > clef ou égorgés dans impitoyable- les endroi:s
ment. Ce qu'il y a de bien SûF 3
blancs que foat en
o. règnent ces comillaites, tous les
prifon
& menacés d'èrte égorgés à rout moment.
des
Le refte des parties de l'Oueft eft au pouvoir
AnK 2
ces endroits ont
La Tous les blanes qui n'ont pu
éré pris, jetésdans les prifons, > clef ou égorgés dans impitoyable- les endroi:s
ment. Ce qu'il y a de bien SûF 3
blancs que foat en
o. règnent ces comillaites, tous les
prifon
& menacés d'èrte égorgés à rout moment.
des
Le refte des parties de l'Oueft eft au pouvoir
AnK 2 --- Page 148 ---
glais. Les Efpagnols font en poffellion depuis lArribonite
jufqu'au Cap. Cette ville fe défend contre les
& il n'y a que des nègres. Voici les dérails E/pagnols s
une- goelette venant du Cap. en feize jours., dans apportés par
deux blancs étoient paflagers. Lun d'eux étoit fecretaire laquelle de
la nouvelle municipalité, lautre de la délégation. Les rapports quils fonti de cêtte ville font affligeans. A
cinquante blancs reftent feuls dans cette infortunée
;
ils font tous dans la
Cadins
misère &c dans l'opprobre, Grand
nombre de femmes blancbes font forcées de vivre publiquement avec des nègres. Labbé de la Haye , ancien curé
du Dondon, eft officier municipal; c'eft enfin le iègne des
fcélérats. Le fort Duuphin , Jacqueli, Caracol & le Trou
font pris par-les, E(pagnols. Le général
& arrêter le. général Candie
Conquérant a fait
fes femblables, les a fait embarquer > mulitre, les avec fers cinq autres de
pieds, & les a envoyés à la Havanne,
au être cou & aux
aux mines.ed Il, promet le même fort à tous pour les. mulâtres. envoyés
feront pris.
qui
32 Dis-neuf mars. Ili vient auffi d'afrivér un bâtiment
de Saint-Marc en 22 jours > qui a. apporté des foldats d'Artois qui étoient en garnifon à Saint-Marc, lorfque cette
place s'eft rendue aux Anglais. Quatre-vingr-deux font encore à la: Providence > -8c font attendus ici à tout moment.
Ils ont été. indignés contre les habitans qui fe font livrés à
l'ennemi de la République. Ils n'ont pas voulu
ferment
prêter
au tyran d'Angleretre, & ont demande d'ètre renvoyés en France ou ici, ce qui leur a été accordé. Les
braves gens rapportent que les Anglais faifoient
les forts de tous leurs canons, & les embarquoient dégarnir à bord
deleurs barimens, ainfi que les mortiers, bombes, boulets,
poudres, &cc., & laifloient la place fans aucun moyeh de
défenfe; que cela avoit effrayé tous les
& que.
le conamasdant
leur
habitans,
anglais
avoit dit que c'étoit pour aller
faire le fiége du Port-au-Prince.
3> Je crois que vous ferez bien' d'inftruire le comité de
falut public dé ne pas dédaigner l'avis ci-deffus. Tour me
fait croire que les Anglais reconnoiffent leur' infuffifance
conferver cette belle calonie 5 & que leurs
Rua d'enlever ce qu'ils pourront, pour l'abandonner: projets alap-
leur
habitans,
anglais
avoit dit que c'étoit pour aller
faire le fiége du Port-au-Prince.
3> Je crois que vous ferez bien' d'inftruire le comité de
falut public dé ne pas dédaigner l'avis ci-deffus. Tour me
fait croire que les Anglais reconnoiffent leur' infuffifance
conferver cette belle calonie 5 & que leurs
Rua d'enlever ce qu'ils pourront, pour l'abandonner: projets alap- --- Page 149 ---
parition des forces
la République ne tardera pas à y
envoyer, de forte feroit très-potible qu'à leur arrivée
on ne trouvât plus ni canons 2 ni boulets > ni poudres, &cc,
même que la place du Môle fût toute dégarnie. Il me femble
appercevoir que les Anglais ne cherchent qu'à détruire > &
fur-tout à anéantir Saint-Domingue.
I
>3 Les mulâtres de Saint Marc font divifés, entre eux. Les
uns vouloient fe livrer aux Efpagnols, les autres aux Anglais. Onaflure que ces malhéureux ont prefque tous quitté 1
a ville, fe font réunis dans les hauts de Saint-Marc où ils
font campés, & font bande à part, & ne communiquent
plus avec les habitans de la ville. Si les Anglais abandonnoient cette place, après avoir enlevé tous les canons, munitions > &cc., jugez oi feroient réduits de nouveau nos
malheureux concitoyens.
33 L'efcadre - de l'amiral Jarwis eft arrivée aux Ifles du
Vent; ils ont attaqué la Martinique: ily a mis à terre
huit mille hommes. Rochambenu a fait la plus vigoureufe
Héfenfe, mais a été obligé de fe retirer au fort Bourbon.
Saint - Pierre a été incendié par l'armée de Rochampeau, & les Anglais font en poffeflion de toute l'ifle.
3) Les dernières nouvelles reçues ici & des ifles du Vent
annoncent que les Anglais fe difpofoient. d'aller faire le
liége de la Guadeloupe & de Sainte Lucie > pour enfuite
porter toutes leurs forces à Saine-Domingue, Puille la ConMention avoir pris des mefures pour envoyer à Saint-Domingue! puiffent les forces de la République arriver à
temps pour fauver les 70 à 75 navires qui font en rade
au Poctau-Prnce, & que Geneft auroit pu réunir ici >
au lieu de garder dans linaction la ftation de Saint - Doningue !
>> Tous les citoyens de cette ville fe font affemblés aujourd'hui dans l'hôtel de ville. L'aflemblée étoit compofée
de plus de quatre mille citoyens. Il a été arrêté:
9> 1" Quil fera fait une adreffe au congrès pour lui manifefter ledefir où eft cêt Etat,de refter uni d allié de la
République françaife;
>> 2°. Que I'on demandera à l'Angleterre la remife des
K 3
citoyens de cette ville fe font affemblés aujourd'hui dans l'hôtel de ville. L'aflemblée étoit compofée
de plus de quatre mille citoyens. Il a été arrêté:
9> 1" Quil fera fait une adreffe au congrès pour lui manifefter ledefir où eft cêt Etat,de refter uni d allié de la
République françaife;
>> 2°. Que I'on demandera à l'Angleterre la remife des
K 3 --- Page 150 ---
cargaifons & des bâtimens qu'elle retient dans les ports $
Rvec ws".Quilfem indemniré; employé tous les moyens potibles pour tirer
d'Alger les Améric.ins dé:enus;
>> 4". Quei pour l'exécurion de ces réfolutions, ils ont
déclaré alunanimiré quils facrifieroient leurs fortunes &
leurs.vies.
> Alifin de la féance on a annoncé que des nouvelles
cerraines confirmoient la reprife de Toulon. Les applaudiffemens les plus vifs fe font fait entendre avec ces cris
répétés de vive a République francaije!
fe
3> Les villes de Bofthon, > New-Yorck, Balramore, font
aulli affemblérs, & ont pris à peu-près le même arrèté.
> Lon répare & I'on arme tous les forts du continent
avec la plus grande activité. La motion a été faite de lever
une armée de quinze mille hommes; elle doit être difcutée
encore pendant deux féances, & l'on croit qu'elle fera
décrétée au congrès.
décidés à aller
>> Le citoyen Chorard & mnoi étions
vous
joindre, & a proficer du convoi; mais nous fommes retemus forcement par le caurionnement que nous avons fait
ici pour le prix de l'affrétement du bitiment qui porre le
général Galbaud en France. Ce n'eft que par la confiance
que M. Burler a eue enmci qu'il s'eit décidé à lui fréter
fon navire; mais ilm'impole la condirion que jene quitterai
le continent quil-nait avis que le prix en fàt payé en
Fanere fuivant la chartre parrie. J'y ai confenti,ne prévoyant pas que nous aurions un convoi de fitôt : on impole la méme loi à Chorard. Nous en avons prévenu la
Convenion dans notre adreffe du,I février dernier ; nous
venons d'en faire la déclaration au confulat, & nous vous
en remertons ci-joint une expédition légalifées nous vous
prions de la préfenrer à la Convention pour qu'elle ftatue
lur ces deux pièces.
s> Choard &c moinousvous prions très-inftamment d'employer tous les moyens pollibles pour que ce qui eft dû
au citoyen Antoine Burier fous notre caurionnement foir
payé exaétement. Nous n'avons jamais douté que la République ne fit face à cet objer, & nous avons cru, fans
tien préjuger fur la conduire de Galbaud, faire un adte
prions de la préfenrer à la Convention pour qu'elle ftatue
lur ces deux pièces.
s> Choard &c moinousvous prions très-inftamment d'employer tous les moyens pollibles pour que ce qui eft dû
au citoyen Antoine Burier fous notre caurionnement foir
payé exaétement. Nous n'avons jamais douté que la République ne fit face à cet objer, & nous avons cru, fans
tien préjuger fur la conduire de Galbaud, faire un adte --- Page 151 ---
le patriotifme en lui procurant les moyens d'aller en France
porter fa tête au tibunal de la nation, s'il eft coupable,
ou triompher 2 s'il eft innocent. Vous connoiflez notre pariotifme & notre attachement invariable à la République;
nous nous Hattons que nous ne verrons pas long - temps
notre liberté enchainée, & que nos frères d'Europe fauront
apprécier, dans la démarche que nous avons taite, le defir
bien prononcé d'éclairer la France fur les véritables meneurs
de Saine-Domingie.
>> Nous foupirons pour le moment où nous apprendrons
que les forces de la République font fur les côtes de SaintDomingue ; nous volerons aufli-tôt pour nous réunir à elles.
Nous voulons vivre libres et Français.
3> Signe, R. MARIE.
33 P.S.Un bâriment arrivé de Baltimore, du Port-au-Prince
ontpris
erde Saint-Marc 2 rapporte
depuisquelesAnglats des habitations,
poffelionde TArcahaye, la rdlire grande parrie
tant dans la plaine que dans les mornes,nt été incendiées;
que les nègres de la plaine de Léogane & des mornes
ont quitté leurs habitarions & se sont rétugiés auprès de
Sonchonax au Port-au- Prince &àla Croix-des Bouquets;
que ceux de la partie du côté du Grand-Goave en ont fait
de même 8c, grofliffent l'armée de Rigaud. Tout annonce
que les commillaires fe font réfervés le port de Jacmel
pour fuir, s'ils ne peuvent le conterver, l'un au Port-auPrince, l'autre aux Cayes. Nous gémiffons tous fur le fort
de nos malheureux concitoyens qui font en prifon. On compte
plus de quinze cents blancs, dans celle du Port-au-Prince, &
autant dans celles de Saint-Louis & des Cayes 7.
: Cette lettre n'a pas befoin d'analyfe pour vous feule- faire
voir dans quel efprir elle a été écrite. Je vous ferai
la mauvaife foi
ment une oblervation s c'eft qu'avec
luieft ordinaire, Sonthonax vous a donné comme une
uSe
de, Marie ce qu'il a cité, ce quin'ef de fa
qu'nne ci-'
tation 5 & vous allez en juger par la phrafe
a tronsg
quée, oû il eft dit: Nous nous trouvons fort heureux à raiJon de notre ficuation pffée ; mais il s'en faut beaucoup que
K4
Je vous ferai
la mauvaife foi
ment une oblervation s c'eft qu'avec
luieft ordinaire, Sonthonax vous a donné comme une
uSe
de, Marie ce qu'il a cité, ce quin'ef de fa
qu'nne ci-'
tation 5 & vous allez en juger par la phrafe
a tronsg
quée, oû il eft dit: Nous nous trouvons fort heureux à raiJon de notre ficuation pffée ; mais il s'en faut beaucoup que
K4 --- Page 152 ---
nous ayons à nous louer de la
dit notre protectrice ; fi clle étoit pailfance dune nation qui fc
Cette partie eft une citacion genereufe, de Marie, éc. &
fait de Marie. Voilà comme
non pas le
fonnes & les chofes avec fa , perfidie confondant toujours les permet fur lel compte de Marie ce qui ordinaire, n'eft
Sonthonax
de fa Iettre. Citoyens, , comme il eft
qu'une citation
fition oi'e ef à préfent le comité de important dans la popréparant une expédition pour Saint gouvernement, -
fur-tout du
moins nous devons le préfumer. d'après Domingue la nomination s Où
la Convention a faire de repréfentans pour les Indes-Oc- que
cidentales,je démande
le comité de
connoiffe bien quelles lonuti Aur perfonnes
gouvernement
qui l'obsèdent peurêtres je demande quil'environnent >
lettre lui foit adrellée, afin qu'il ait l'occafion que copie de cette
ciroyen Rayniond & nous s s'il elt néceflaire, dappeler afin
le
connoifle ce que c'eft que ce Raymond qui
temps palle dans f'opinion
depuis
Ee
matriotes coloniaux. Je demande publique pour le coryphée des
Lecointe, 172 mbre de la
encore . . e
lons Ont des idées à
commifion : Si les cicoyens COcomité de
comminiquer, > ils fe préfenteront au
vention ne gouvernement nous a
pour lui en faire part; car la Contiative. Si les ciroyens pas érablis pour prendre là-deffus l'inile préfentent au comiré. apperçoivent un plan utile > qu'ils
Th. Millet : Dans ce cas je demande une
dition de cette lettre;' une, pour être remife au double comité expé- de
gouvernement; bunaux le détenteur & une de' autre, pour appeler devant les tricet e lettre a été
la lettre, parce que , de ce que
qui m'ont é:é adrelTées, interceptée &' les 3 je conclus que toutes celles
moi & ma famille qui ne me moyens font de fubliftance
toibés. duns les mêmes mains.
pas parvenus, Toat
Sonthonax : Je demande communication de la
à
Thomas Millet. Il dit qu'elle étoit fa
Jettre
d'abord qu'elle n'eft point adreffée à Thomas propriété; Miller j'obferve
mais à Page, Daugy, Larchevefque Thibault,
feul,
c'eft encore la propriété de ceux-là. Thomas Millet &c.3 aini
égalementdit que le paffage cité étoit
vous a
de Saint-Marc. Vous vous
l'opinion d'un habirant
tappelez fans doute que, lorf-
. Il dit qu'elle étoit fa
Jettre
d'abord qu'elle n'eft point adreffée à Thomas propriété; Miller j'obferve
mais à Page, Daugy, Larchevefque Thibault,
feul,
c'eft encore la propriété de ceux-là. Thomas Millet &c.3 aini
égalementdit que le paffage cité étoit
vous a
de Saint-Marc. Vous vous
l'opinion d'un habirant
tappelez fans doute que, lorf- --- Page 153 ---
que nous avons produit ici les fameufes lettres de Page &
Brulley qui conftatent leur complicité au IO août avec le
tyran pour diffoudre la repréfentation nationale 5 vous vous
rappelez, dis-je 2 que Brulley a dit que dans fa lettre il
ne préfentoit audli que Topinion des autres, parce qu'éloigné de Paris, il ne pouvoit pas être aflez inftruit pour
donner à fes commettans des idées juftes fur l'état du gouvernement français. Il en eft de même pour Marie , lalluce
eft. commune à tous les colons qui font ici & à leurs com-,
mettans. Quand ils veulent écrire quelque chofe d'oftenfible enveloppé d'une écorce pattiotique, quand ils veulent
faire paffer une idée contercvolutomnalte P alors ils font
femblant d'emprunter le mafque d'un autre. C'eft ce qui
eft arrivé à Marie.
Sonthonax lit :
ec Voici ce qu'on me dit, & c'eft un homme digne de
foi, c'eft un homme
eft forti de prifon moyennant cent
portugaifes dont EALO lui a donné reçu; & après avoir
marchandé huit jours > Sonthonax vouloit 300 portugaifes 32,
Après avoir guillemeté tout ce qui eft dans cette énonciation comme devant être mis fur le compte de l'habitant
à qui.Jai doné un reçu de cent portugaifes, pourlui permettre de fortir de
ces guillemers ne peuvent pas
indiquer que ce font Eft là
penfées de l'habitant plutôt que
celles de Marie. Cela eft fi vrai que tout ce qui fuit de cette
lettre que j'ai lue fur le compte de Marie lui eft tellement
commun, tellement perfonnel, qu'au moment où les guillemets ceffent > les mêmes idées continuent comme étant
l'opinion d'un habitant de Saint-Marc. Marie perfifte dans
cette opinion. Voici ce qu'il dit:
Cc Léogane s'eft vendu aux Anglais, après avoir répouffs
l'armée de Sonrhonax & celle commandée par le mulâtte
Rigaud. Les habirans ont foutenu onze jouts de fiége. Les
habitans avoient à leur tête Campan, ancien commandant
de St-Marc. Ils fe font défendus comme des enragés; on a
fait une boucherie des nègres & des mulâtres 33,
cette opinion. Voici ce qu'il dit:
Cc Léogane s'eft vendu aux Anglais, après avoir répouffs
l'armée de Sonrhonax & celle commandée par le mulâtte
Rigaud. Les habirans ont foutenu onze jouts de fiége. Les
habitans avoient à leur tête Campan, ancien commandant
de St-Marc. Ils fe font défendus comme des enragés; on a
fait une boucherie des nègres & des mulâtres 33, --- Page 154 ---
Igo
Vous voyez bien évidemment les
Marie 1e
principes qu'avoue
puifqu'il a' oublié de guillemerer aulli ce que je
viens de lire. Vous voyes qu'il perlifte à fe réjouir de ce
que l'armée de la République a éié
de ce
l'on
a fait une grande boucherie des nègres battue, qui attaquoient que Léogane pour T'enlever aux Anglais. Vous voyez les
de Marie ; vous voyez que Ce Marie eft le même piincipes
fément qui a écrit que fi les Anglais étoient généreux, préci- ils
viendroient chafler les commiffaires civils du Porcau-Prince,
Cet homme fe réjouit du malheur de la République: Vous
voyez que les colons ne fe cachent pas de leur haine
la République de leur inrelligence avec les Anglais, pour avec
cette nation quils ont fans cefle appelée bienfailante & g6néreufe; & certes, comment s'en cacheroient-ils chez Fetranger, lorfqu'à Paris, au milieu de la Conventien nationale, dans leurs écrits, ils cherchent à déprifer la nation françaife, en vantant conftamment cette nation généreufe. Voilà ce quej'avois à dire fur cette lettre.
Page : Je ne répondrai pas aux tours de force de Sonthonax; mais en fuppofant même que ce que Sonthonax a
tronqué autrefois & ce qu'il vient de dire aujourd'hui feroit du fait de Marie, je n'y verrois rien de criminel; &
lorfque j'ai eu connoiffance de ce traité fair avec les Anghais, je fuis allé au comité de falur public, & je dis au
eomiré que comme commiffaire de Saine-Demingue, mon
coliègue & moi nous proteftions contre ce trairé; mais
jajoutai :'x Je vous donne ma. parole d'honneur
32 vois été à Jétémie entre les égorgeurs de Polverel que & lij'a- de
33 Sonthonax & des Anglais 5 je n'aurois
93 pas à recevoir, mais à appeler les
pas balancé, non le
Anglais, parce que
premier devoir des hommes en fociéré eft de veiller à
3> leur confervation >, Vous avez vil que les habitans de
Léogane-f fe font défendus; contre qui? Sonthonax vous' dit
contre les armées de la République; c'eft contre les buveurs
de fang que Sonthonax & Polverel avoient égarés, trompés, quils avoient armés contre tous les colons qui avoient
des propriétés, quelqu'énerzies quelqu'induftrie , quelque
attachement pour la République 5 mais remarquez ici un
le point eflentiel, que Marie nous dit: Portez ma lettre &
mémoire qui y eft joint, mémoire qu'on a eu bien foin
contre les armées de la République; c'eft contre les buveurs
de fang que Sonthonax & Polverel avoient égarés, trompés, quils avoient armés contre tous les colons qui avoient
des propriétés, quelqu'énerzies quelqu'induftrie , quelque
attachement pour la République 5 mais remarquez ici un
le point eflentiel, que Marie nous dit: Portez ma lettre &
mémoire qui y eft joint, mémoire qu'on a eu bien foin --- Page 155 ---
ISI
au comité de falut pude re
préfentez-les des renfeigmemens nécelblic, aR ANTEN puille y trouver
? Il nous dit: Les
faires, Quels étoient ces renfeignemens
il ne refte
Anglais évacuent tel & tcl fort; dans ce moment
à la République
tel & tcl quartier à Saint-Domingues telle fiuadans ce momen' fer efprits étoient dans telle ou
dans telle ou telle
de Saini-Domingue; ou entien, ,
partie G-rwis
avec toures fes
fin dans ce momént l'amiral
part
forces pour aller attaquer la Martinique & la Guadeloupe.
C'eft précifément cette lettre & les pièces qui l'accompagncient que le complice de Sonthonax, que Raymond les a
eu la perfidie d'interceprer, de tehir cachées; on ne
pro- dû
duit qu'en ce moment. Sia lépoque où cetie lettre a
nous parvenir 7 nous en eullions eu connoiffance > nous
T'aurions communiquée au gouvemnement. Le gouvernement
auroit vu alors dans quclle fituanon éroit Scint-Domingue;
qu'on alloir attaquer les ifles-du-Vent; & alors nous n euf
fions pas perdu Saint-Domingue. Cetre lettre vous prouve
bien par Tinterception qu'on en a faire, par les moyens
qu'on a employés pour la dérober au gouvernement , que les
toute la faction dont Polverel & Sonthonax étoient
agens > avoit dans Ravmond un de fes principaux réfolut d'enlever direéteurs les
à Panis; que cette faction des Anglais
colonies à la France, d'égorger tous les colons qui tenoient.
aux principes frençais: car fice n'eût pas été dans des intencions parcilles, on ne nous auroit pas empéchés de communiquer ces pièces au gouvernem.nr.
Sorthorax: Je drmende à répondre à Page.
Vernezil: Des merfonges.
Le prefident : ATordre.
vonlez-vous
Sonthon: x: Je fuis feul contre vous;
m'égor- dire
ger fans m entendre 2 Vous venez d'entendre Prge vous
efrontém-n: ques'iayoi étéàlérémie ou au Mole ily ouroit app.lé les Anglais. Ils ne. rougiffent pas d'avouer qu'ils fe
auroient appele les Angleis. Ils dif.nt que c'etoit pour
garantir des hommcs qui vouloient leségorger;oui, ils vouJoient fe garanrir dcs homn.es qui vonloient enpécher le
villon blanc de Hotier fur les I orts de la colonic.
Tardee
j'ai fait attaquer Léogane, le pvillon blanc y Aottoit 5 je
vous en produirai les preuves. Il exifte dans mes.papiers.
ouer qu'ils fe
auroient appele les Angleis. Ils dif.nt que c'etoit pour
garantir des hommcs qui vouloient leségorger;oui, ils vouJoient fe garanrir dcs homn.es qui vonloient enpécher le
villon blanc de Hotier fur les I orts de la colonic.
Tardee
j'ai fait attaquer Léogane, le pvillon blanc y Aottoit 5 je
vous en produirai les preuves. Il exifte dans mes.papiers. --- Page 156 ---
les délibérations de la commune de Léogane, des
coalifées avec Saint-Mare, pour ériger, en
communes de
artachement à la monarchie françaife, le
figne
leur
leurs forts. Par qui ce pavillon a-t-il été drapeau 2 blanc fur
bitans de Saint-Domingue, les amis de érigé Par les haont l'effronterie de vous dire qu'ils euffent Page & Brulley, qui
glais.
appelé les AnTous les colons avec véhémence : C'eft-là un faux.
Le préfident : A l'ordre.
Sonthonax : Je fuis feul ici contre tous je fuis
mon collègue, & les colons veulent me priver 5 de
privé de
ils veulent m' 'empêcher de répondre : eh bien ! mes duffé-je moyens;
affafliné comme Duny m'en a menacé ici, comme
être
de la loi, par les colons, fi la
étant hors
pas juftice ; duffe-je defcendre Convention ne leur rendoit
Egue, je dirai la vérité. Les au colons tombeau de avec mon colviennent tel
d'avouer que nous avions mis la Saint-Domingue colonie dans un
l'étar, que s'ils y euflent étéils euffent
les
c'eft ce que vous avez dit,Page? Eft-ce appelé Anglais :
que je répète mal ce que vous avez que vous vousplaignez
fépétez-la, - cette
&
avancé a Eh bien !
objection, je répondrai.
falur. Page : Je dis & je répète ce que j'ai dit au comité de
public, à lépoque oi Sonthonax & Polverel ont enle voyé leurs fatellites qui ont marqué leurs pas par le
fang & les cadavres. Sijeufe été moi-mâme à Jérémie, feu,
j'asrois devoir appels moi- - même les Anglais, > parce que le premicr
d'une fociété d'hommes efl de veiller à fa
Le premier devoir des habitans de Jérémie étoit confervation. de veiller
à leur exiftence fociale & politique. Polverel & Sonthonax
étoient des allaflins; c'étoient des égorgeurs
leurs forces des nègres ignorans & féroces qui ajoutoient à
ans poignardoient &c alfiulinoient les colons. qui depuis ttois
abulant de leur férociré, Jes a fait marcher contre Sonthonax, Jérémie.
Ce que j'ai dit ici, je lai dit au comité de falut
a été frappé de fupeur. Citoyens leur
public, qui
vous-mèmes : Jurpofer-vous à.
5 & ai-je dit, rentres en
Jérémie, une armée
contre vous, armée par Polverel 6 Sonthonax d'égorgeurs
les colons : qu'auriey- vous faic ?
vous pour egorger
non les Anglais P Le comité refta Auriex- flupéfair.
appelé oui Ou
Sonthonax : Dans le courant des débats; on verra G nous
fupeur. Citoyens leur
public, qui
vous-mèmes : Jurpofer-vous à.
5 & ai-je dit, rentres en
Jérémie, une armée
contre vous, armée par Polverel 6 Sonthonax d'égorgeurs
les colons : qu'auriey- vous faic ?
vous pour egorger
non les Anglais P Le comité refta Auriex- flupéfair.
appelé oui Ou
Sonthonax : Dans le courant des débats; on verra G nous --- Page 157 ---
avons' envoyé des égorgeurs, placé les colons entre le fer
& le feu, & dans la néceflité de fe livrer à une nation
généreufe : vous verrez que, dès notre entrée dans la COlonie > hous avonstété conftamment perfécutés. Les mêmes
projets d'anglomanie, d'indépendance., de royalitme, ont
été repréfentés de toutes les manières. Si nous avons employé des meferes févères 2 nous y avons été forcés
loppofition coupable des colons aux lois françaifes.
cette
conftante
TClX
oppofition
quia prodair'tous leurs malheurs.
Ils n'ont jamais été que les victimes de leur orgtreil & de
deur injuftice.. Je. vous l'ai prouyé, & vous en ver rez de
nouvelies preaves dans le cours des débars: vous
alors de la perfidie de leurs afferzions, & fi vous, dievez. jugexez y
ajouter quelqué fei. Je reprends fur ce que vient, de dire
Page. A yant d'appeler les Anglais, vous aviez arboré: le
villon blanc : pourquci? C'elt, comme vous l'avez
parefpect pour la monarchie françaile : cela fera prouvé dit dans Dar
le cours de la difcuflion. C'eft allez diicuter fur cette
je demande qu'on paffe à Tordre du jour, & aux
lesue;
concernent le premier chef d'accufation.
débai-qui
Brulley : Il ny, a rien de f cominode que d'inculper, &:e
demander enfuite lordre du jour,
Senac : Sonthonax nous a inculpés directement 5 il a ciit
que les colons ont arboré le spavillon blanc. Sonthonax dit I
que le pavillon blanc a été planté.a Jérémie, à
f Sc
dans les communes voilines : c'eft un fait faux. Les St.-Marcy homm.s
de. couleur eux-mémes, indignés de la fcélératelle de Polverel & Sonthonax, font ceux qui ont convoqué les
femblées de communes. C'eft-là ce qui a déterminé les caf: COlons, qui avoient échappé aux mallacres de Polverels
Sonthonax,, à fe livrer aux Anglais qui venoient leur,
porter des fecours. Vous verrez > dans les
verbaux AFqui vous feront fournis, les noms de
procès- Savaré,
tous
Laboullonnière, de
les principaux Lapoine, chefs des
de couleur ) indignés de la icélératelle de Polverel honn:es &. Scnthonax & de leurs fatellites, vouloir mettre fur le
des colons blancs ce qui eft le fait des hommes de coirpte
ce qui elt la fuite de la conduite de Polverel & copleur,
ceft une infamie.
Sonrhonax:
Lepréfident : Ceci doit être terminé.
Wp
N
ouped
ous
Laboullonnière, de
les principaux Lapoine, chefs des
de couleur ) indignés de la icélératelle de Polverel honn:es &. Scnthonax & de leurs fatellites, vouloir mettre fur le
des colons blancs ce qui eft le fait des hommes de coirpte
ce qui elt la fuite de la conduite de Polverel & copleur,
ceft une infamie.
Sonrhonax:
Lepréfident : Ceci doit être terminé.
Wp
N
ouped --- Page 158 ---
Sonthonax : Je. demande à faire une feule interpellation i
je demande. d'interpeller les colons. . . - .
Le préfident (aux colons): Paffs au chef d'accufation.
Sonthonax: : Loriqu'on a appelé les Anglais à Jérémie &
au Mole. . ., e
Lc
Ce n'eft pas la queftion. homme de couleur
ELINrN : II n'y avoit pas ui feul
dans ces deux villes.
Brulley : Je dis que la lettre répond à tout ce que Sonthonax a' dit. D'abord, ii ne fe lavera pas du faux qu'il a
com mis en mettant fur le compte de Marie ce
elt Topinioni d'un autre. Je reviehs à la Sn de la
palle
LER
mènie fous filence ce que Son-honax a dit de moi; car il ne
les occafions de nous. inculper
il les trouve,
FC ae que, dans ma lectre, j'avois loin 1rTea prendre la tournur e de Marie, de donner pour bruit
ce qui étoit
mon
lors de cette lettre,
démon:ré que
TRTA
je n'étois opinion. pas J'ai; venu; & que par confequent je ne pouvois
pris parler exactement de ce quejen'avois pas vu. De même
je; dis que Marie, n'étant pas à Suint - Domingue, n'a pu
tranfineure ce qu'il n'a pas yu, & que l'identité exifte entre
lui & moi. Il n'a p:. tranfimettre ce qu'il n'a pas vu. Je
paffe à la fin de la lettre, où l'on voit l'opinion de Maric
telle qu'elle eft. On ne s'eft pas appefanri iur ce pallage de
la lettre , gui repréfente Topinion de Marie que Sonthona
inculpe. Marie dit qu'il envoie des mnémoires qui font joint
à fa lettte, & qu'au moyeri de ce mémoire qu'on le nous
fouftrait comme la lettre, nous pourrions inftruire gou de
vernement; & il efpère que le gouvernement enverra
fecours aflez à temps pour empècher les Anglis d'exécure d
leur projer : & alors, dit Mirie, nous noûs emprellerons le
nous rendre à Saint-Domingue 3 nous irons feconder
efforts de la République pour reconquérie Senthonax Saint-Domingt n'a pa
à la République. Voilà le pallage cités font que contradictoires ave
cité, parce que ceux qu'il a retourner aux colonies pou
l'opinion que Marie ém-t'de
delt tort que Soi
les défendre. Il eft donc-conftant que comme tous. les color
thonax Ta inculpé, &,que Marie, avoir déffein de fe rend
qui font réfugiés aux Etats-Unis. feconder los efforts de, la Rép
à Saint-Domingue pour
blique,
à la République. Voilà le pallage cités font que contradictoires ave
cité, parce que ceux qu'il a retourner aux colonies pou
l'opinion que Marie ém-t'de
delt tort que Soi
les défendre. Il eft donc-conftant que comme tous. les color
thonax Ta inculpé, &,que Marie, avoir déffein de fe rend
qui font réfugiés aux Etats-Unis. feconder los efforts de, la Rép
à Saint-Domingue pour
blique, --- Page 159 ---
Page: Dans une des féances qui ont précédé celles
Polverel & Sonthonax ont employées à des débats que.
fur nos pouvoirs, mon collègue Miller & moi avons oifeux
de quelques infractions à la loi du 4 avril. Dans cè moment, parlé
je vais vous fournir les preuves des développemens"
nous
vous avons donnes. Sonthonax & Polverei ont eux-mêmes que
choifi les fix hommes de couleur qui, avec les fix blancs
membres de l'aflemblée coloniale, compofoient la commif
Gon' intermédiaire formée par eux. 5 Ce choix eft de leur
fait, & la preuve en elt dans la proclamation même
octobre 1792, art. IX. Avoient-ils ou n'avoient-ils da.rz le
droir de former cette commiflion intermédinire : Ce fera pas une
queftion à traiter. Avoient ils ou n'avoientils pas le droit de
choitir des hommes de couleur
compoler cette commiflion intermédiaire?. Je crois que PIRT négarive éft démontrée,
1".. parce que la commiflion intermédiaire ne devoit pas
exifter; 2°. parce que la loi du 22 juin qu'ils n' ont ceffé
dinvoquer, , leur défendoit de choilir aucun fonctionnaire
public. Cette loi ordonnoit que les gouverneurs choifiroienr
les juges des tribunaux,. que Polverel & Sonthonax éroient
autorilés à rétablir provifoiremenr, en. attendant
farion définitive: or fi Sonthonax & Polverel n'avoient T'organile droit de choilir provifoirement les juges quti devoient com- pas
poler les tribunaux que la loi les, aurorifoit de former, à
plus forte. raifon ils n'avoient pas le droit de choifir les fix
hommes de couleur qui cencouroient à formerla commiflion
antermédiaire. Sans doute Sonthonax invequera en ce ioment. la loi du II aoit, qui donnoit aux commiflaires de
Tallemblée narionale chargés de fe tranfporter près les diveries arnées, la plus grande fomme de pouvoirs.
Il lit:
Ifrutior décrétée par lafembléc nationale le IO aoit
pour fervir aix
179:,
: le mame
commiff-ires rendre del'afembléc nationals nommés
jour pour
dés
atsE
3 /
auprès
armées.
T es Lès commiffoires font autorifés àfufpendre
remeat tant les généraux que les autres officiers provifoi- & fonctionnaires pablics, civils ecmilitaires, & même à les' faige
lit:
Ifrutior décrétée par lafembléc nationale le IO aoit
pour fervir aix
179:,
: le mame
commiff-ires rendre del'afembléc nationals nommés
jour pour
dés
atsE
3 /
auprès
armées.
T es Lès commiffoires font autorifés àfufpendre
remeat tant les généraux que les autres officiers provifoi- & fonctionnaires pablics, civils ecmilitaires, & même à les' faige --- Page 160 ---
I56
mettre en état d'arreftation, fi les circonfances l'exigent s
ainfi gue. de pourvoir à leur remplacement provifoire, s'ils
le jugent néceflaire > à la charge toutefois, dans l'un ou
l'autre cas, d'en inftruire l'aflemblée nationale. 35
R Sonthonax & Polverel invoqueront fans doute cette loi,
& chercheront, par lapplication qu'ils en cnt faite, à excufer les violations qu'ils ont faites de la loi du 4 avril, &
le droit légiflatif quils fe font attribué. Efectivement, nous
yoyons dans leur proclamation du 13 octobre 1792 qu'ils
s'appliquent cette loi.
Proclamation de Sonthonax, du 13 ottobre 1792.
e ee Elle (I'affemblée nationale ) a ordonné, par la loi du
II août, qu'il feroit nommé des commiffaires pour fe rendre
dans les différentes armées.
>3 Elle les a autorifés à fufpendre provifoirement tant les
généraux que tous autres officiers, fonctionnaires publics ,
civils & militaires, & même à les faire mettre en érat d'ar
reftation, fi les circonftances l'exigent, & à pourvoir à leur
remplacement provifoire,s'ilslejs jugent néceffaire; àla charge,
dans lun & l'autre cas, d'en inftruire fur-le-champ Tac
femblée rationale.
>> La colonie de Saint Domingue eft une partie précieule
de l'empire français : elle eft peuplée de Français, & fa
deftinée eft inféparable du fort de la mère-patrie. Citoyens,
troupes de lignes & de garde nationale, ofticiers-généraux 4
officiers & fous-officiers de tout grade, fonctionnaires publics
civils & miliraires, tous ont un intérêt commun aux grands
événemens qui vont changer la face de l'empire; tous ont
befoin d'être inftruits de la vérité, afin qu'on ne puifle pas
les égarer & les tromper par des récits menfongers. Aufli
T'alfemblée nationale a-t-elle cru que l'exécution de Ja loi du
LIe août n'étoit pas. moins néceffaire. dans les colonies. que
dans Ja métropole.
3> En confirmant., par la loi du 17 août, 2 les. pouvcirs
qu'elle nous avoit donnés par celles du 4 avril & du 22 juin
précédens > elleae enjoint: taux autorités conftituées d'exécuter
pancluellement les ordres & les décifions qui émaneroient
denous; elle a déclaré traitres à la patrie tout corps civil
ou
n'étoit pas. moins néceffaire. dans les colonies. que
dans Ja métropole.
3> En confirmant., par la loi du 17 août, 2 les. pouvcirs
qu'elle nous avoit donnés par celles du 4 avril & du 22 juin
précédens > elleae enjoint: taux autorités conftituées d'exécuter
pancluellement les ordres & les décifions qui émaneroient
denous; elle a déclaré traitres à la patrie tout corps civil
ou --- Page 161 ---
ou militaire, tout citoyen qui refuferoit l'obéiffance quinous
eft due.
39 > Ellea ordonné que toutes, les. lois par elle rendues,
tous les actes par elle faits, toutes les: pièces par elle rendues publiques depuis iel IO août, nous feroient
>
avec ordre de nous, y conformer. & de les faire envoyés
Nous fommes donc, par In.mtures des choles, puliere dif
tance
par.la
des lieux & par les ditpolitions de la loi, inveltis des
mêmes pouvoirs, chargés dese mémes fravaux qui ont été
confiés aux commillaires envoyés par la, loi du HI-Roût dans
les différentes armées & dans. les-divers. départemens de la
France., >5
or
on
€ Il importe de favoir ficcette loi du traoit étoir
cable à Sonthonax d Polvetel. Pour.réfoudre cette.queltion, applis
il-faur lire-le texte: de-j la loie I S3 3) A
EIO1 nob
in - a inp 38 S
- Décret du Lhaoit 1792arl T.Q ab bt 1
a s L'Allemblée nationole, confidéran: qu'il efnéceflaire
dè faire, connottre à Harmée, le: pluror pollible le détail
exact des événemens. sui.de-fontipalies à Pagis aujourd'hui,
ainti-que les cautes de. ces événemens & les remedes que. les
circonttances commandent ampeseulcment.dy
spe Décrète, quil fera, nommé.à kintant, dogze:
faires pris dans fon fein,
EPSIRAL
pour le.kendre fur-le-chamop dans
les différenres armées.
>> L'Affemblée nationale ayant procédé à leur
& MM. Couftard, Carnor ainé, Prieur, Galparin, nomination, Lacombe-Saint-Michel;Rouilse, Bellegardey Delmas, DuboisDubay, Antonelle, Privaldi & Kerfainr, ayant réuni Ja
majonté des fuffrages, l'Affemblée nationale adécrére
les trois premiers fe rendront a l'aninée du-Rhitp lès trcis que
faivans à celle du Midi 5 les feprième, hurititme 8cl nettvième à Farmée du Nord; & lés trois' derniers" àt l'arinée
du cenrre: 180, Jus 3E
- 3 ad 3n MR
2171 1
>> MM. les commiffaires défighés pour Parinee"du Nord
parcourront depuis Dankerjue julqu'a Maubeuge inclufivement;
Frig Ceux- pour farmée du centre, -dépuis Maubeuge iuf
qu'à Bitche inclufivement;
L I
Tome IV.
Trente-quacrizme liyraifon.
L
lés trois' derniers" àt l'arinée
du cenrre: 180, Jus 3E
- 3 ad 3n MR
2171 1
>> MM. les commiffaires défighés pour Parinee"du Nord
parcourront depuis Dankerjue julqu'a Maubeuge inclufivement;
Frig Ceux- pour farmée du centre, -dépuis Maubeuge iuf
qu'à Bitche inclufivement;
L I
Tome IV.
Trente-quacrizme liyraifon.
L --- Page 162 ---
33 Ceux du Rhin depuis Bitche & Landau, jufqu'à Befançon inclutivement;
Toulon &
3 Et ceux du Midi, depuis Befançon jufqu'à
Marfeille inclufivement.
L'Ailemblée nationale charge la commillion extraordinaire & fon. comité militaire réunis, de lui préfenter une
inftruct.on (éance tenante , pour être remife à ces commiffaires. Je ne 2> vois
jufqu'ici que cette loi puiffe être appliquée
à Sonthonax E2 Polverel ; je vois nominativement délignés
les douze commiflaires
l'affemblée nationale a nommés;
la miflion
jy vois nominativement RR pofitivement expliquée
de ces commiffaires; jy vois qu'on les envoie aux armées,
fur le fol français ou fur un territoire conquis par la France;
je ne vois enfin dans cette loi rien qui puille être appliqué
à Polverel & Sonthonax, & qui puilfc leur donner li moindre
latitude de puiffance. Cependmnt Sonthonax ne manquera
pas de dire que cette loi lui eft relative, & il ne manquera
de citer'la loi du 17 août; carils'eft parfaizement étayé
E cette loi dans cette mê me proclamation du 13 oétobre T'afproclamation dans laquelle il a ufurpé l'autorité que
femblée hationale a conférée à fes commiffaires, aux membres
de T'affemblée nationale envoyés dans les départemens. Il
faut lire la loi du
août pour favoir fi celle du II août
eft applicable à
EL.er
(II-lit.)
Décret du17 aoit 1792..
ee L'Affemblée nationale, confidérant combien, dans ces
infans de crifes, il feroit dangereux de laiffer aux ennemis
de la révolution les moyens - d'altérer sles faits d'induire
cette voie les habitans des colonies en erreurs, & de les
par divifer dans un temps oik Pintérêt général exige quion les Tamène à une même opinion; il importe de confirmer les
29 Confidérant combien
pour
voirs donnés aux commiffaires civils envoyés dans ces contrées, d'y maintenir le refpect qui leur eft dà, décrète qu'il
y a urgence.
emis
de la révolution les moyens - d'altérer sles faits d'induire
cette voie les habitans des colonies en erreurs, & de les
par divifer dans un temps oik Pintérêt général exige quion les Tamène à une même opinion; il importe de confirmer les
29 Confidérant combien
pour
voirs donnés aux commiffaires civils envoyés dans ces contrées, d'y maintenir le refpect qui leur eft dà, décrète qu'il
y a urgence. --- Page 163 ---
39 L'Affemblée nationale, après avoir décrété T'urgence,
décrète ce qui fuit:
A R TICLI E T R E M I E R.
3, L'Afenblée nationale confirme les pouvoirs donnés aux
commifiaires civils envoyés dans les diverfes colonies; enjoint aux autori:és conttinées, corps civils & militaires
d'exécurer ponchuellemen:lesordres & les décifions qui pourroient en émaner ; elle déclare traître à la parrie tout
civil & militaire, tout ciroyen qui refufera l'obéiffance corps
leur eft due.
qui
IL
>> Elle ordonne que toutes les lois qui feront
tous
les aétes par elle faits, toutes les picces par elle rendues, rendues
publiques depuis le IO de ce mois, feront envoyés aux
commiflaires des diverfes colonies, par les avifos dont l'armement a été décrété le IS de ce mois, avec ordre de sy
conformer & de les publier.>
Que trouvez 11 vous dans les difpofitions de cette loie
Vous voyez d'abord le motif qui détermine 'Allemblée nationale; ; c'eft d'empècher que les événemens du 1o,août &
que les faits qui leur font, relarifs foient altérés. Ilordonne
que tous les actes de l'Affemblée nationale feront envoyés à
Polverel & Sonthonax, & les moiifs de cet énvoi font aflez
connus par le confidérant de lar loi; mais dans le
article, vous voyez que l'affemblée dit qu'elle confrme
pouvoirs donnés aux
RrtN
commiffaires civils, &c. Je ne vois ici
qu'une confirmation des premiers pouvoirs donnés par l'affemblée nationale & le roi à Polverel & Sonthonax. Ces
pouvoirs font contenus dans la loi du 4 avril; ils font renfermés dans la loi du 22 juin & les inftructions qui leur
avoient été données par le roi. Je ne puis donc trouver,
dans cette difpolition de la loi,
la confirmation des
pouvoirs qui leur étoient donnés. Eent confirmarion étoit
néceflaire, parce que le gouvemement changeant d'attitude >
Sonthonax n'érant pas le repréfentant du
mais l'agent
du
peuple;
roi, il falloit que le roi, étant fulpendu de fes fonctions . e 0 e
L: a
tructions qui leur
avoient été données par le roi. Je ne puis donc trouver,
dans cette difpolition de la loi,
la confirmation des
pouvoirs qui leur étoient donnés. Eent confirmarion étoit
néceflaire, parce que le gouvemement changeant d'attitude >
Sonthonax n'érant pas le repréfentant du
mais l'agent
du
peuple;
roi, il falloit que le roi, étant fulpendu de fes fonctions . e 0 e
L: a --- Page 164 ---
Sonthona: : Je n'ai pas dit un mot de cela.
Page : Ilfalloit que l'Aflfemblée nationale s'expliquât fur la
fomme des pouvoirs que Sonthonax & Polverel devoient
exercer, d'après ce qui étoit arrivé le IO août. Que fait
salors l'Affemblee nationale ? elle dit qu'elle confirme ces
pouvoirs qui leur ont été donnés'; elle enjoint aux autorités
civiles& militaires d'exécuter ponctuellement les décifions &
ordres qui pourroient émaner des commiflaires civils : mais
;ces ordres & ces décifions étoient néceflairement renfermés
dans la loi. L'aflemblée nationale n'a pas entendu inveftir
Polverel & Sonthonax d'une didtarure, d'un pouvoir arbitraire; elle n'a entendu approuver leurs afrêtés & leurs décifions. qu'antant qu'elles feroier: conformes aux lois. Quelles
étoient ces lois 2 celles du 4 avril, du 22 juin, & les inftructions qui leur avoient été données. Mais fi la conviction
n'étoit pas encore complère, &-fiSonthonax vouloit encore
argumenter de cette. loi du 17 août, jinvoquerois celle du
2ssuqui eft bien plis politive, C'eft ici que vous verrez que
Tapplication qu'ils fe font faire de la loi du II août eft
cune ufurpation de cette-loi, prévue & défendue par la: loi
-même.
(Il lit. )
Décret du 25 aoit 1792.
5 ec L'Affemblée nationale déclare qu'elle n'a enzendu apporter, par fon décret du IO de ce mois, aucun changement àla nature des fonctions légalement établies d n.s les
colonies par le pouvoir
- tribuée àle
exéoutif, ni fifpends la faculté atgouvern mens : d'accord:r ou ds refufer
batin néceljairs aux arrêtés des affemblées
l'approcoloniales, > pour
etfeprovifourement Cx: cits, >>
:.
Cette doi, je penfe, n'a pas befoin de commentaires ;
& elle prouve que, la loi du II août, que Polverel &. Sonthonax fc. fonc.apliquée, ne leur étoit nullement applicable > puifque cette loi n'eft relarive qu'aux dépurés de
T'A flemblée nationale qu'elle a commis, &c, qui foni délignés
nominarivemenr. Comme cn avoit fans doute préfumé,
comme l'Affemblée avoit pu prévoir que Polverel & Sonthonax, placés à une grande diftance, feroient jaloux de fe
Polverel &. Sonthonax fc. fonc.apliquée, ne leur étoit nullement applicable > puifque cette loi n'eft relarive qu'aux dépurés de
T'A flemblée nationale qu'elle a commis, &c, qui foni délignés
nominarivemenr. Comme cn avoit fans doute préfumé,
comme l'Affemblée avoit pu prévoir que Polverel & Sonthonax, placés à une grande diftance, feroient jaloux de fe --- Page 165 ---
fervir de cette loi, & de tirer de celle du II août des induétions favorables à leurs vues ambiticufes, TAflemblée nafon décret du 25 août,
tionale, , dis-je 5 n'a pas manqué,
des
de prémunir les colons contre falard pouvoirs que
roient faire Polverel & Sonthonax; & vous voyez
etie
dit très-bien que 2 par ce décret du IO août ou la loi du I1,
elle n'a entendu changer rien à la nature des fonétions légalement établies dans les colonies par le pouvoir exécutif.
Ces fonétions étoient celles des commiflaires civils & des
gouverneurs généraux : leurs pouvoirs étoient circonfcrits
dans la loi du 4 avril & dans leurs inftiuétions. Ileft donc ils
bien évident qu'ils fe font appliqué la loi du I1 août; Ceft
fe font rendus coupables d'une ufurpation criminelle. la
probablement en vertu de cette loi que Sonthonax a créé
commilion intermédiaire, & choili les individus qui devoient
compofer cette commillion intermédiaire. J'obferverais,ci
toven-préfident, que je ferois bien aife que Sonthonax m'in-. la
terpellar quand il le trouvera bon,. parce
comme
difcuflion eft longue,. que ce. font ici des
qu'il imadTe
porte de ne pas enchevetrer des faits faux
dans les
Sonthonax E Jes n'ai point fait d'interpellation
féances ou Brulley. & Millet ont parlé; je demande que-ln
parole leur foit àccordée, pour couler à fondle premier chef
d'acculation, parce queje penfe que > comme acculé,jai
-le droit de parler ie demiet, & qu'is ne doivent pius parler
apres moi, Je peufe donc qu'ils doivent êtte invités à conler
à fond la difcullion fur le prèmicr chef d'accufation 5 moi,
je répondrai d'une manière péremproire. Je ne pais pas interpeller fur tel ou tel fait, Page qui fait icile procureur;
mais lorfque la parele me fera dévolue, je répondrai catégoriquement. Je demande donc due la commiflion érabliffe
un tel ordre de débats que. les colons foient tenus de couler
à fond, de pofer tous les faits fur les chefs d'accufation qu'ils
ont intentés; qu'ils foient exaétement circonfcrits comme
ceux qui accufent dans les tribunaux; qu'après avoir pofé
les faits, j'aie la parole pour répondre, & qu'iis n'aiont pas
le droit de répliquer.
a t Poge: Je confervela parole; mais je déclare que, cômme
( Sonthonax eft courumier d'avancer des faits faux, je me rea ferve la faculté. de l'interpeller. Sonthonax, après aveir ctéé
'ils foient exaétement circonfcrits comme
ceux qui accufent dans les tribunaux; qu'après avoir pofé
les faits, j'aie la parole pour répondre, & qu'iis n'aiont pas
le droit de répliquer.
a t Poge: Je confervela parole; mais je déclare que, cômme
( Sonthonax eft courumier d'avancer des faits faux, je me rea ferve la faculté. de l'interpeller. Sonthonax, après aveir ctéé --- Page 166 ---
devcienr cette commiflion intermédiaire, & choifi les
l compofer, a inveli cette
individus qui
de la faculrédetaire des lois.
comniflion intermédiaire
leur prociamation du 12 oétobre Nous en trouvons la preuve dans
1792.Ils
C Art. II. Jes fonétions des
y difent:
feronr; 19., :g, de décider commitliens de toutes les intermédiaires
auroient été de li compérence de l'aflemblée coloniale queftions qui
Actuellemen: il faur éxaminer quelle
>,
des affemblées
étoit la compétence
de vous dire: Commel coloniales; l'aflemblée car Southonax ne manquera pas
de faire des lois
ccloniale n'avoitp pas le droit
n'avoit
proviloires s la commiilion
pas cette faculié. Il faut donc
inrermédiaire
Sonthonax. D'ailleurs, c'eft qu'en
prévoir Tobjection de
pourroit me faire 3 je réponds en même prévenant lobjeétion à
qu'il
dire contre l'affemblée coloniale: j'en remps ce qu'il a
décret du 8 mars.
trouve la preuve dans
(Il-le lit:) )
Décret du 8 mars 1790.
ae L'Affemblée nationale déclare
lonies comme une partie de
que, 3 confidérant les cofaire jouir des fruits de Theureafe l'empire français , & defirant les
opérée elle n'a cependant jamais entendu régénération qui s'y eft
la conflitution qu'elle a décrétée
le
les comprendre dans
à des lois qui pourroient être pour royaume, 6 les affiajecir
nances locales &
incompatibles avec leurs conveparticulières 3.
Ac ce décret l'Affemblée nationale
anuée, ce qui fuit.
ajoute, > le 28 mars mème
Illit:
Décret du 28 mars 1790.
ec Les affemblées coloniales, occupées du travail de
titution, appercevront la diftinction des fonctions
la confexécutives 2 judiciaires > adminiftratives elles légilatives,
comment il convient de les organiler dans 5 la examineront
la colonie 3 les formes fuivant leiquelles le conftitution de
& exécutif doiventy être exercés;le
pouvoir légillarif
la hiérarchie des
nombre, la compofition,
tribunaux; en quelles mains doit être confiée
coloniales, occupées du travail de
titution, appercevront la diftinction des fonctions
la confexécutives 2 judiciaires > adminiftratives elles légilatives,
comment il convient de les organiler dans 5 la examineront
la colonie 3 les formes fuivant leiquelles le conftitution de
& exécutif doiventy être exercés;le
pouvoir légillarif
la hiérarchie des
nombre, la compofition,
tribunaux; en quelles mains doit être confiée --- Page 167 ---
a5s
ladminiftration; le nombre, la formation, la fubordination
des différentes affemblées qui doivent y concourir; les qualités qui pourront être exigées pour être citoyen actif, pour
exercer les divers emplois; en un mot, tout ce qui peut
enirer dans la compolition du gouvernement le plus propre à
affurer le bonheur & la tranquillité des colonies.
>. La nature de leurs intérêts > qui ne fauroient jamais
entièrement fe confondre avec ceux de la métropole 5 les
notions locales & particulières que néceflite la préparation
de leurs lois; enfin, la diftance des lieux, & le temps nécelfaire
pour les parcourir, établiffent de grandes différences de fituation entr 'elles & les provinces françailes & nécellitent par
conféquent des différences dans leur conftitution.
- >2 Mais en s'occupant à les rechercher, il ne faut jamais
perdre de vue qu'elles forment cependant une partie de
T'empire français, & que la protection qui leur eft due
toutes les fcrces nationales, que les engagemens qui doivent par
exifter entr'elles & le commercefiançais; en un mot , que tous
les liens d' utilité réciproque qui les attachent à la métropole,
n'auroient aucune efpèce de folidité fans l'exiftence des liens
politiques qui leur fervent de bafe.
>>, De ces différentes vués > il réfulte, quant au pouvoir
légiflacif, que les lois deftinées à tégir intérieurement les
colonies, indéperdamment des relations qui exiftent entr'elles
& la mérropoie peuvent & doivent fans difficulté fe préparer dans leur fein;
> Que les mêmes lois pevent être provifoirement exécutées
RvEG la fandion du gouverneur
Cependant, Polverel & Sonthonax, dans leurs éternelles
déclamations, vous difent que les colons n'avoient aucun
droit à exercer; mais aujourd'hui on ne doit pas réclamer
contre les colons, fi, dans des temps qui ne font pas ceuxci, ils ont réclamé l'exercice des droits que toutes les lois
leur ont accordés. Je viens de vous lire quelques difpofitions
de la loi du 8 mars. Il eft encore des difpofitions
ratives
plusimp6que nous trouverons dans les lois fubféquentes, dont
je vais vous donaer lecture.
Il lit:
Loi du 4 avril-1792:
a Art. IX. Immédiatement après leur formation & leur
contre les colons, fi, dans des temps qui ne font pas ceuxci, ils ont réclamé l'exercice des droits que toutes les lois
leur ont accordés. Je viens de vous lire quelques difpofitions
de la loi du 8 mars. Il eft encore des difpofitions
ratives
plusimp6que nous trouverons dans les lois fubféquentes, dont
je vais vous donaer lecture.
Il lit:
Loi du 4 avril-1792:
a Art. IX. Immédiatement après leur formation & leur --- Page 168 ---
inftallation, les' affemblées coleniales émettront, > au nom de
chaque colonie, leur vau particulier fur la conftirution, la
légiflation & T'adminifvration, qui conviennent à fa
& au bonheur de fes habitans; à ia charge de fe conformer profpérité
aux; principes généraux qui lient les colonies à la métropole,
& qui affurent la confervation de leurs intérêts refpectifs,
conformément à ce qui eft prefcrit par le décret du 8 inars.
1790, & l'inftruction du 28 du même mois. >>
Ces droits , Sonthonax & Polvérel eux-mêmes les. ont
confacrés dansleur proclamation du 24feptembre. La leéture
de ces pièces n'eft pas érrangire aux débars, parce que Son:
thonax ne manquera pas de dire que l'allemblée coloniale
n'ayant pas la faculté legifla:ive, 8c la commiflion intermédiaire devantl lai remplacer, ne devoit pas plus que cette affemblée, exercer cette faculté legiflative.
Le préfident : La féance eft ajournée à demain.
Sonthonax: Un arrêté de la comnillion a fixé fes féances
aux jours pairs.
Lecointe, repréfentant du peuple : Cet arrêté avoit pour
caufe l'affaire dont la Convéntion nationale étoit
La caufe n'exiftant plus, l'effer ne doit
occupée.
plus exifter.
Sonthenax: La.mort m'ayant privé de mon collegue,
s'étoir chargé d'une Partie de la difcullion 1', je refte feul; qui je
defirerois que la féance. fitajournée à primidi prochain.
Page : Depuis deux mois les débats n'ont encore eulaucun
réfultat. Depuis plulieurs jours nous n'avons point eu:de
féances s nous demandonsqu'elles continuent avec célérité.
Nous obfervons d'ailleurs que nous n'avons pas fini furvle
prémier chef d'accufarion:-
tGO
Le préfident : La. commiffion fe réferve de Atatuer: erfur lés
délais ou prorogations à accorder; & quant à préfent, elle
ajourne la (éance à demain.
unoo
La féance eft levée.
741 1O
mol
Leregiftre despréfences dff@gné.PW.GAnsAN, préfidont;
LECOINTE (desD'eax-Sevres), SscrétaireFoucnt (deNantes),
F. LANTHENAS, DABRAY.
Du 19
ion fe réferve de Atatuer: erfur lés
délais ou prorogations à accorder; & quant à préfent, elle
ajourne la (éance à demain.
unoo
La féance eft levée.
741 1O
mol
Leregiftre despréfences dff@gné.PW.GAnsAN, préfidont;
LECOINTE (desD'eax-Sevres), SscrétaireFoucnt (deNantes),
F. LANTHENAS, DABRAY.
Du 19 --- Page 169 ---
16;
Du 19 Germinal, l'an eroifème de la République
françaife
une é indivifile.
ON fait leéture des débats recueillis
d'hier; la rédaction en eft adoptée.
dans la féance
Le préfident : Voici un arrèté
baud.
concemsantTelrgintnal 1GalIl lit:
cc La commilfion, ftatuant fur la réclamation
contre l'admifion de l'ex-général Galbaud de Senthonax
fateurs,
parmi fes accu3> Confidérant que le fait matériel de
baud dans les colonies pollédées
le l'émigration de Galeft conftant & reconnu par lai; par gouvernement anglais
5, Que les lois rendues fur
exception en faveur de ceux lémigration qui
ne font aucune
forcés d'érigrer par des mauvais traitemens allèguent qu'ils ont été
femblables;
ou d'autres motifs
9> Que la Convention naticnale a rejeré, il y a
temps éncore, une cxception de cette
peu de
été préfentée par le comité de légillation, efpéce, qui lui avoit
reu-eénétal-fondic du Bas-Rhin, Levrant, pour T'ex-procutyrannie de Saint-Juft & Lebas;
émigré durant la
>> Que fila polition particulière des colonies
diquer des exceptions en leur faveur, la
peut revenattribution eft circonfcrite dans les bornes commillion, lui dont
lonnées par fon inftitution, na aucun
qui
ont. été
erononcer ou les provoquer;
pouvoir pour les
Tome IV. Trente-cinquième liyraifon.
M
al-fondic du Bas-Rhin, Levrant, pour T'ex-procutyrannie de Saint-Juft & Lebas;
émigré durant la
>> Que fila polition particulière des colonies
diquer des exceptions en leur faveur, la
peut revenattribution eft circonfcrite dans les bornes commillion, lui dont
lonnées par fon inftitution, na aucun
qui
ont. été
erononcer ou les provoquer;
pouvoir pour les
Tome IV. Trente-cinquième liyraifon.
M --- Page 170 ---
$ Que dans l'état adtuei des chofes, quelle
puiffe être
la circonfpection de la commiflion pour ne der préjuger ,
elle ne peut pas reconnoirre à T'ex-général Galbaud les droits
qui tiennent à la plénitude de l'état civit;
>> Arrête que la dénonciation de Sonthonax contre Galbaud
fera tranfimile au comité de légiflarion, > fauf audit Galbaud
à y préfenter fes moyens de juftification.
a
3 Arrête en outre que, jufqu'a ce qu'il ait été fdtué fur
cette dénonciation, TexgeneralGalboud ne peurra pas allifter
aux débats. 33
Galbaud: Puis-je avoir la parole là-deffus?
Lepréfident : Le droit de pétition eft facré.
Galbaud: En ce cas, je demande que les pièces qui mé
concernent, & qui conftatent les mocifs de mon ablence des
Etars-Unis, me foient remifes.
Lepréfdent: Rédige une pétition;la commiffion y flatuera
après la féance.
Galbaud: J'en ai déja fait plufieurs:je fuis enchanté de
cette occafion; elle me donnera les inoyens de pourfuivre
ies dévaftateurs de Saint-Domingue.
Th. Millet : Dans la féance du 7 ventôle, qui nous a été
diftribuée hier feulement > nous trouvons la
Sonthonax, en citant la lettre de Chotard & Misne Tonen a
fait lecture, encore avancé un fait faux : nous l'aurions re*
levé plutôr, fans le délai,
long peut-être pour linftruction
publique &pour celle de FEESE la
qu'éprouve
ia difributicn du journal des débats, puifque ce n'eft qte
trente-fix ou quarante, jours après la feance que ce numéro
nous a été difribué. Voici ce dont il s'agir.
Sonthonax dit, page 42:Je vous produirai des leteres de
Chotarde Marie, de leurs amis. dans la Noww-le-dingiauerres
dans lelquelles ils ont diz: Les Anglais nous traitent fort bien >
nous Jormes très-contens de ce que les Angiais font venus dans
la colonie : mais ils feroient bien pius genereux, s'ils a.lo.ent
attaquer Sonthonax aul Port-au-Prince. Vous aver entendu
hier'la lecture de cette lettre 5 vous n'avez point vu dans
cette lettre de Marie (car c'eft lui feul qui écrit), qu'il ait
dit lai-même, ou qu'il ait feulement cité ceS mots : Les bnglais nous traitent fort bien, nous fommes très-contens de 66
de ce que les Angiais font venus dans
la colonie : mais ils feroient bien pius genereux, s'ils a.lo.ent
attaquer Sonthonax aul Port-au-Prince. Vous aver entendu
hier'la lecture de cette lettre 5 vous n'avez point vu dans
cette lettre de Marie (car c'eft lui feul qui écrit), qu'il ait
dit lai-même, ou qu'il ait feulement cité ceS mots : Les bnglais nous traitent fort bien, nous fommes très-contens de 66 --- Page 171 ---
euc ics Anglais font venus dans la colonie. Vous voyez cependanr, citoyens, que ceci, écrit en err-dcreiralique,a Fait
a d'érre une citation prife dans la lettre d'un de nos
&
jetté dans l'opinion publique une grande défaveur amis, fur ces
hommes-l., & Fait croire gu'ily: a des colons qui fon: bien
ailes de l'arrivée des Anglais dans la colonie. Je demande
que Sonrhohax & ceux qui lui fourniffent des pièces, s'ils
ont ehtre les mains une Jeitre oà le trouvent ces
aien: à les dèpofer fur le bureau:
expreilions;
Sonchonax: Je fais bien étonné d'entendre Thomas Millet
& les eclons réclamer contre un prérendu faux, parce
j'oi dirg qu'ils ne treuvoient pas Cette nation angiaife aliez que
néreujes prifg'elle ne ven 2 pas 172 attaguer au
geJ'ailieu d'ere érouné qu'iis réclament
Port-au-Pruce.
periqne non-feulement ce' lont celles de contre leur correfpondance ces exprelions;
avecluscolons des Etats-Unis, mais que ce font celles de
au cothilé de falut public, oà ia dir ofliciellem.nt & ccnme Page
commitfiire : Je protefle contre L'eppei d.s Anglais à
mais commie, colon, J1 'avois été à derémie, r'aurois Jérémic;
les Anglais: Tns exprefions de Page, celles des Jeures éctites -ppelé
à Thonins Millers prouvenr Ce: que je n'ai coffé de dire dans
l: difculimi, Cuc les colons on lin langage officiel & un
larigage pacciculiers quetid is veulent tromper la France,
ils viennent à la berre protefter contre. le rraité fait aveci >
les Aighnis & concre leur admition à Jétémie &an Méle..:
Thoma: Miller:Conet font pasia les expreflions dela lertre:
Sonrbonax a-t-il une lercrelod Choard* Murie aient
les Anglais RO:S rrait T2L bien, nous fomies
cont dit, TiS
les Angiais fren verus dans lei coioze : 4 Soachonax
a pas, coiame ii
fe
celle
n'e pu trouver ces ezpieilions dans
qu'il a prodaire, iia commis ua frux; s'ii a la lottre
qui ies conrent, je le fomme de la produire:
Sonthonax: J'ai plus que les lertres; jailaveu des colons
eux-mêmes, fait à la commiffion des colonies.
Lc préfid nt : C'eft enrendu:
Th. Mille: : Hiér j'ai demandé une expédition en double
de l letre qui m'a été adreffée par Marie : dans
tion qui me fera donnée, rieni n'a annoncera que les Texpédi- nores
marginales fonr, comme l'a dit Sonthonax, de la main de
Raymond: Cependant il eft fort important que dans la comM 2
ons
eux-mêmes, fait à la commiffion des colonies.
Lc préfid nt : C'eft enrendu:
Th. Mille: : Hiér j'ai demandé une expédition en double
de l letre qui m'a été adreffée par Marie : dans
tion qui me fera donnée, rieni n'a annoncera que les Texpédi- nores
marginales fonr, comme l'a dit Sonthonax, de la main de
Raymond: Cependant il eft fort important que dans la comM 2 --- Page 172 ---
munication que je veux faire de cette lettre aux comités de
gouvernerpent, aux commiffaires nemmés pour les colonies
françaifes, & aux tribunaux où je me propofe d'appeler
Raymond,ilef fort important que je conftate que Sonthonax
a déclaré qu'il tenoit cctte lettre de la main de Raymond.
Je demande que la commiflion veuille bien prendre les mefures qu'elle jugera convenables
conftater que Sonthonax
a dit que cette lettre lui venoit ICRA Raymond, & que les notes
marginalés étoient de fa main.
Le préfident : Fais de ceci une pétition partieulière, fur laquelle la commiflion ftatuera.
Brulley : Mon collègue Millet vient de faire fentit à la
commilhon le délavantage qu'il y avoit, non-feulement pour
l'opinion publique, mais encore pour les débats, que leur
impreilion foit fi fort arriérée. Nous prions la commiflion
de vouloir bien prendre des mefures pour accélérer cette impreflien : il y a eu douze jours d'intervalle dans'les débats,
& pendant ce temps il n'y a eu que deux numéros im-,
primés; s'il y en cût eu un chaque jour d'imprimé, ilny.
auroir pas une cumulaticn arriérée, telle qu'on ne peut venir réclamer contre les infidélirés que trente ou quarante
jours après.
Leyi réftdent : Il ne s'eft pas treuvé d'infidélité dans la rédaction des débats 3 quant à Fimpreflion, il eft manifefte
que la Convention, ayant tenu fes féances nuit & jour, notre
collègue Lecoinre, qui s'eft livré à ce travail avec rout-le
zèle poflible, n'a pu y donner fes foins ces jours deiniers;
il le peut encore moins dans ce' : moment ou il eft malade.
La commilli n ne négligera rien pour la prompre impreflion
des numéros arriérés; mais jufqu'à préfent clle a fait tout
ce qu'elle pouvoit faire.
Bp-ller:le demandequeles melures foientles pluspromptes
pollibles, parce qu'cn en fent la nécellité.
Leprofdons: : Nous la fentons zufli.
Rage:le vous aia annoncé hier que Polverel &c Sonthonax,
dans une procinmarion de: 24 feptemabre 1792, avoient confacré les difpofitions des lois des 8 &c 28 mars, dont vous
avez encendu la lecture; ilsi difent dans cette proclamation
qu'al'afemblés coloniale feules con@itationnellnment. formét,
le droit de prononser fur le Jort dcs e/clayves- Il
a
partient
ufli.
Rage:le vous aia annoncé hier que Polverel &c Sonthonax,
dans une procinmarion de: 24 feptemabre 1792, avoient confacré les difpofitions des lois des 8 &c 28 mars, dont vous
avez encendu la lecture; ilsi difent dans cette proclamation
qu'al'afemblés coloniale feules con@itationnellnment. formét,
le droit de prononser fur le Jort dcs e/clayves- Il
a
partient --- Page 173 ---
pas queftion icid'examiner d'ou vient la différence de
de Sonthonax d'aujourd'hui, avec le Sonthonax de penfer
car aujourd'hui il nous fair un crime d'avoir eu des 1792;
& alors il difoit qu'aux affemblées coloniales feules efclaves,
noit le droit de prononcer fur le fort des efclaves. Il apparte- réfulte
donc de cette proclamation que laffemblée coloniale
des droits législatifs; &c cette difpofition > confacrée dans avoir la
proclamation du 24 feptembre 1792, , l'a été plus
ment encore dans celle du 4 décembre fuivant, qui pofitive- eft de
Sonthonax lui-même, où il dit que, s'il étoit poftible
Convention nationale - égarée - 9 pit fe porter à oublier les
rogatives des colons de Sains-Domingie, & a détruire
le régime colonial le
de
E
germe fa
il ne Je rendroie
jemais ii
P'exéeuteur d'une parcille injufice , qu'au contraire
le
Eatind
faifcit ferment de Sy oppofer de toutes fes forces. Nous
n'examincrons
ici quel pouvoit être le bur de Polverel
& Sonthonax Eat cette levée de bouclier, dans cette révolte
contre la volonté nationale; mais vouS y trouverez la
qu'à l'époque oi ils confacroient d'un côté Tefclavage, preuve de
laurre ils reconnoifloient à l'affemblée coloniale la faculté
législative quant à cette partie, Mais
de
à la commiffion que l'affemblée coloniale ilinporte n'avoit pas proaver la faculré léziflative feulement fur cet objet;j'en trouve la
dans les difpofitions du décret du 28 mars 1790. preuve
(Illit:)
Extrait du, décret du 28 mars 1790.
< Comme la nation françaife ne veut exercer fur elles (les
colonies) d'autre influence que celle des liens établis & ci-,
mentés pour l'urilité commune, elle n'eft
tablir ou de conferver des
point jaloufe d'émoyens d'opprelflion.
>> Et quelles fources de profpérité n'offriront
au
triotifimne des affemblées coloniales les diverfes parties pas du tra- pavail qui leur eft confié!
3> L'établiffement d'un ordre judiciaire fimple, aflurant aux
ciroyens une juftice impartiale & prompre 5 une adminiftration remife entre les mains de ceux qui y font intéreffés;
M 3
des
point jaloufe d'émoyens d'opprelflion.
>> Et quelles fources de profpérité n'offriront
au
triotifimne des affemblées coloniales les diverfes parties pas du tra- pavail qui leur eft confié!
3> L'établiffement d'un ordre judiciaire fimple, aflurant aux
ciroyens une juftice impartiale & prompre 5 une adminiftration remife entre les mains de ceux qui y font intéreffés;
M 3 --- Page 174 ---
un mode d'impofition approprié à leur convenance s dont les
fo mes ne pourront être changées, dont ja qucrité ne fera
réglée que par le voeu même des aflemblées coloniales !
>> La France ne cherche pas dans fes colonies un moven
d'affouvir lavidité, de Hatter la tyrannie de' quelques hommes
prépofés à leur adminifration; les intérêts des citovens doivent être gérés par eux-mémes, l'adminifration ne peut être
confiée qu a ceix qu ils ont librement élus. En admettant
les vues qui ont été expoféesfur leur régime intérieur, les colonies fone tranquilles 3 bien adminifrées 5 échappées à
preffion, il leur refte encore un beloin.
L'op3) Elles offrent à tous les peuples, par leurs richeffes,
I'objet d'une aétive ambition > & n'ont point la population,
& ne peuvent fe procurer des forces maritimes & militaires
qu'il eft néceffaire de leur oppofer.
35. Il faut donc qu'unies, identifiées avec une grande puif
fance, elles trouvent dansla difpofition de fes forces
une
acquifes
par
bonne conftitution, par de bonnes lois inrérieures...
33 Il faut que cette puiflance, inréreffée à leur confervation
par les avantages qu' elle recueillera de fes tranfaétions avec
elles, fe fale un devoir envers elles de la plus confente égaité,
qu'elie prélente toujours une mafle de forces, lifffantes à leur
prate-tion, & que, par fon induirie, par fes productions,
par fes capitaux, elle ait en elle tous les moyens qui doivert
préparer tous les rapports de commerce les plus avantageux.
2, Voilà ce qui, pour les colonies, forme le complérement
néceffaire de leur exiftence politique, en leur alliranr la
confervation de tous les biens intérieurs; voilà ce que doivent
Jeur avoir dir tous ceux qui leur ont infpiré Ve delir
bonne conftituticn.
d'une
>> Et quand ils fe Aatteroient qu'une domination établie fur
de tels fondeinens pût conferver pendant quelque remps une
apparénce de juftice, > on leur demanderoir encore
eft
cette
quelle
nation qui pourroit promertre à nos colonies plus de
loyanté, plus de fraternité que nous n'en prouvons
d'hui. s
aujour:
Dansla loi des 13 8c15 mai 1791, l'Affemblée conftituante a
tenoit un langage plus pofitif encore : elle difoit:
domination établie fur
de tels fondeinens pût conferver pendant quelque remps une
apparénce de juftice, > on leur demanderoir encore
eft
cette
quelle
nation qui pourroit promertre à nos colonies plus de
loyanté, plus de fraternité que nous n'en prouvons
d'hui. s
aujour:
Dansla loi des 13 8c15 mai 1791, l'Affemblée conftituante a
tenoit un langage plus pofitif encore : elle difoit: --- Page 175 ---
(II lit:)
Extrait des motifs qui ont déterminé l:s dicrets des I3 B1s
mai 1791, diastipurldfomnilie nationale le 29 mai 1791.
cc Dans cette jufte confiance, , & fans rien préjuger fur
le veeu que les colonies font autorifées à émettre relativevent aux lois qui peuvent leur convenir, l'Alembiée nationale a chargé fes comités réunis de conftirution, des COlonies 2 de commerce & de marine, de rédiger fans délai des
objets d'organifarion qui feront envoyés aux colonics, non
pour porter aucune attcinte à leur iniriative, mais comme
un recueil d'idéos qui peuvent être faluraires. Les alfemblées
coloniales font exhortéesà les confidérer d'après leur valeur
incrinseque, fans y attacher le poids d'aucun defir du corps
légiflarif; ellos pourront les adopter, les niodifier, les rejcter
même avec une entière liberté, en y, fubftiruant les autres
propefitions qu'eiles creiroient avoir à faire pour leur plus'
gran: bien.
,, L'Affembiée nationale ne doute
qu'elle ne propofe
à la prochaine légiflature les lois E les mefures les plus
propres à concilier tous les intérêts de la colonie & de la
iétropole, &2 concourir cficacement à la plus grande profpérité de toutes les parties de J'empire français. >>
Voila comme parloir TAemblee confituante dans les décrets des 28 mars 1790 & 29 mai 1791 5 & Polverel &.
Sonthonax viennent demander fur quoi repofoient les droits
des colons: ces droitsont été confacrés par l'Affemblée conftituante; ils l'ont été encore par P'Allemblée légillarive dans
fon-décret du 4 avril. Sonthonax & Polverel, & les tyrans
qui ont pefé fur la France, & qui ont voulu anéantir fon
commerce, y ont feuis porté atteinte. Mais pour vous prouver pofitivement que lAffemblée coloniale avcir > par la loi,
la faculré de faire dès lois provifoires, je ne vous lirai que
J'article V de la loi du IO juillet 1791.
< Les lois & réglemens fur le régime intérieur, c'eft-à-dire
ceux qui concernent. la colonie : iudépendamment & féparément de fes rapports de commerce &i de protedtion avec le
Métropcle, feromprope@spar l'alfemblée coloniale, pourronz:
M4
coloniale avcir > par la loi,
la faculré de faire dès lois provifoires, je ne vous lirai que
J'article V de la loi du IO juillet 1791.
< Les lois & réglemens fur le régime intérieur, c'eft-à-dire
ceux qui concernent. la colonie : iudépendamment & féparément de fes rapports de commerce &i de protedtion avec le
Métropcle, feromprope@spar l'alfemblée coloniale, pourronz:
M4 --- Page 176 ---
être exécutés provifoirement, aveclapprobation du
& feront foumis à la délibération du corps légiflatif gouverneur, & à la
fanction du rci, 33
Je ne parlerai pas de l'article III du décret du 24
tembre, qui confére aux affemblées coloniales le droit
prononcer
RE
fur l'étar des perfonnes libres & des
non libres : une de fcs difpofitious, 1 , relative aux perfonnes
libres, a été abrogée par la loi du 4 avril. La difpolition perfonnes
concerne l'état des perfonnes non libres, bien loin d'avoir qui été
abrogée, a été confirmée par cette même loi du 4 avril;
j'en trouve la preuve dans Tarticle XVI de cette loi.
(Il le lit:)
Cc Les décrets antérieurs, concernant les colonies, feront
du exécutés en tout ce qui in'ef pas contraire aux difpofitions
préfenr décrer 5,
celles Quelles font les difpofitions du préfent décret ? ce font
qui appellent à l'activité politique les hommes de
couleur & nègres libres; mais,puilque cette difpofition feule
eft abrogée, & que les autres lois font confervées, il en
rélhlte donc bien clairement que l'affemblée ccloniale avoit
la légiflation de fon pays quant aux perfonnes non
& qu'elle avoit la leguiflation
libres,
glemenraires
provifoire quant aux lois réfaire
: l'aflembiée coloniale avoit donc la faeulté de
provifoirement des lois pour la colonie,
Sonthonax & Polverel,quand ils ont dit, dans lcur proclamation du 12 oétobre, que la commiflion intermédiaire
décideroit de routes les quefions qui auroient été du reffort
femblée de l'afemblée coloniale, ne pouvoient pas ignorer que l'afcoloniale avoit la légilation de la colonie; cependant
Sonthonax fe retranchera fur cette difpofition de la loi qui
ce feront feulement les allemblées ccloniales confformées, & il vous dira enccre
EEat
avoit d'sutres allemblées ccloniales corfinsicnnelemient qu'ii for- n'y
mées que celles qui l'auroicnt été d'uprès la loi du 4 avril
Sonthonax le dira, parce quiila déja écrit,. & que mainte
perfonnes.égarées lonc dit & l'ont écri: avec & avant luir
de la loi qui
ce feront feulement les allemblées ccloniales confformées, & il vous dira enccre
EEat
avoit d'sutres allemblées ccloniales corfinsicnnelemient qu'ii for- n'y
mées que celles qui l'auroicnt été d'uprès la loi du 4 avril
Sonthonax le dira, parce quiila déja écrit,. & que mainte
perfonnes.égarées lonc dit & l'ont écri: avec & avant luir --- Page 177 ---
pour toute réponfe, je vais yous citer un fragment des décrets
du 13 & I5 mai 1791.
(Il le lit:)
Expofe d:s motifs des décrets des 13 & I5 mai fiar P'état
des perfonnes dans les coloniss, décrété le 29 mai 1791.
dans fa
< Cequ'elle a pu, ce qu'elle a fait, eft d'apporter
réfolurion toute la condefcendance pour les opinions reçues
dans les colonies,quine lui étoient pas foumellement interdites.
par les lois conflitutionnelles, Elle pouvoit repouller la propofition d'une clafle intermédiaire, elle pouvoit fe renfermer
dans le fens litiéral du décret déja rendu fur les perfonnes
libres; elle a préféré traiter les colons repréfentans des fondareurs des
comme une mnère tendre qui non-feulement veut REnS7 le bien fes enfans, mais fe plait à le faire de
la manière qui fe rapproche le plus des idées dont ils ont
contracté Thabitude. Elle a confenti à foriner la clalle intermédiaire que foilicitoient les colons blancs; elle y a compris
les affranchis, & même les perfonnes libres nées d'un père
ou d'ûne mère qui ne le feroient pas; ellea étendu fur eux
l'initiative concédée par la métropole aux colonies. Elld a
ainfi augmenté dans les afjemélies coloniales le droit éminent
que lear avoit déja conferé, relativement aux perfonnes iion
libres, ce droit précieux d'être l'origine d'unplus grund biez,
qui eft un des plus beaux 8c des plus noblés attributs du
corps conttituant.
>> Les colonies doivent favoir néanmoins que TAfemblée
nationale ne fe feroit pas permis cctte condeicendance pour de
des préjugés, elle ny ayoit pas envifagé 2172 principe
jufice; 5 car ce n'eft que par la juflice que Ion peur infuer de
fur les réfolutions, mais les colons blancs font zous nés
père & mère libres. Demanderla: mêmne condition auz hommes d'un autre couleur pour jouir des droits de citoyen actif,ce n'et que maintenir une égalité confitutionnelie &
légitime.
2> Les citoyens de la clalfe intermédiaire re font donc pas
Lijis : Sr ouant aux cclons, uh moment de réllexion pailble
juflice que Ion peur infuer de
fur les réfolutions, mais les colons blancs font zous nés
père & mère libres. Demanderla: mêmne condition auz hommes d'un autre couleur pour jouir des droits de citoyen actif,ce n'et que maintenir une égalité confitutionnelie &
légitime.
2> Les citoyens de la clalfe intermédiaire re font donc pas
Lijis : Sr ouant aux cclons, uh moment de réllexion pailble --- Page 178 ---
fuffira pour leur faire comprendre à quel pcint ilétoit imtérêt porrant que TAflembiée nationale leur artachât, par un inlibres. commun, tous les citoyens libres nés de père & mère
En recoinoiffant chez ceux-ci, comme clie T'avoit
fait, les droits que leur donnen: la nature & la
déja
a
créé dans les colonies la puillance la plus
fociéré, à réfifter elle
8c aux troubles intérieurs & aux attaques de l'ennemi. propre L'AC
à femblée nationale a pris une autre précaution bien propre
prévenir toute agitation dans les colonies; c'eft
Ln délai entre la promulgation de la loi qu'elle devoit d'erablir à la 4
parrie & à Thumanité, & la première occafion
certe loj.
d'appliquer
>> Le corps légiflarifa confirmé les affemblées coloniales
aétucllement cxiftantes, & leur a continué l'exerciee du
droit d'initiative accordé aux colonies, quoique ces aflembiées n'aient pas été élues par la totalité des
nés de père & mere iibres, de forte qu'ils n'auron: citoyens tous libres à
concourir qu'aux affemblées primaires qui fe tiendront
les élections qui fe feront à Yavenir, dont les règles locales pour
pour les colonies ne font pas encore décrétécs, &c auxquelles
même s'étend leur droit d'iniative 3,
Sans doute que toute la glofe de Sonthonax ne pourra
détruire le développement donné aux difpolitions de la
E des I3 & 15 mai I 791. Il eft bien démontré que l'af
femblée
aui exiftrita avantl'émiflion de la lei du 4
avril, étoit
confticurionnelle : que tous les raie
fonnemens que Polvèrel & Sonthonax vous ont faits fur
ticle IV des inftructions du 28 mars 1790. font abfolument T'armenfongers & calomnieux : il eft bien démontré que l'article IV des inftructions du 28 mars ne regardoit pas les
bommes de couleur & nègres libres; car, s'il leur eût été
rciatif, le décret du 15 mai n'auroit pas été néceffaire, ou
auroit de êrre regardé ccmme une dérogation à cet articleJV,
2u préjudice des hommes de coulcur 8r nègras l:bres. I'AL
femblée narionale n'ignoroit pas que les allemblécs coloniales
n'éroient compofezs que de blancs, que les affembiées primaires n'étoient compofees que de blancs, quie les nègres 8c,
Jes hommes de. couleur en avoient été écartés; & cependant
elle confirme, & clle dit : Nous les confirmons, Parce que
RoUs fentons bien quc Fappeique nous faifons des hommes
:bres. I'AL
femblée narionale n'ignoroit pas que les allemblécs coloniales
n'éroient compofezs que de blancs, que les affembiées primaires n'étoient compofees que de blancs, quie les nègres 8c,
Jes hommes de. couleur en avoient été écartés; & cependant
elle confirme, & clle dit : Nous les confirmons, Parce que
RoUs fentons bien quc Fappeique nous faifons des hommes --- Page 179 ---
de couleur 8c nègres libres, nés de père & mère
pourroit
amener une: commorion dangereufe
Bets
l colonie; peur-êrre il faur lesypréparer gradmellémént, & pour cela
nous voulens que les aflemblécs coloniales aétuelles exiften telles qu'elles fon: compofées, & préparenr la l'Affemblée légiflarion
dela colonie, qui fera définitivement decrétée par
narionale. Nen- feulement laffemblée coloniale étoit inveftie
de la faculté de faire provifoirement les lois de Saine-Domingue, mais la commititon inrermédinire elle-même s'étoit des
amibnéla faculré légifiative, & a cffeétivement porté
adtes légiflarifs : f'en trouve la prenve ici.
chef
Sontkozax: J'obierve que c'elt étranger au premier
d'accufation.
Les colons : Pas du tout.
l'abe
Son-honax: : Lorfque les colens difeureront
parlequel
jai ufurpé le pouvoir légiflasif, car la commiflion intermédiaire ne pouvoit pas Y'ufurper que je ne leuile ufurpé
moi-même, Page: Comme je vais prouver que Polvercl & Sonthonax
onr inflirné cérte commifion intermédiaure, qui n'a jamais
fervi
d'infirument Fatif à leur volon:é; en prouvant
que Re commifion intermédiaire s'étoit arrogé & avoit
ufurpé le pruvoir légiflarit conformément à lon infiturion,
je prouverai que Poiverel & Sonthonax avoirnt placé cette
commillion entre les colons & Eux pour ufurper le pouvoir
légiflarif. Sonthonax: Cela doir rentrer dans le chef d'accufation
d'avoir ufurpé le ponvoir légillarif: je demende donc qu'on la
renferme Page danslordre dujour, qui eft l'infraction à
loi du 4 avril. des aftes
Jefquels Sonthonax & PolPage : llya
par le pouvoir légilacif; mais ici
vere! onr ufarpé direétement
ils ont
ce.n'eft pas eux, c'oft la commiftion inermédinire :
confié à cette commiflion le droit de faire deslois, & cette
commifion s'cnet faific; mais independumemenr de ce que
nous pronverons que la commiilion intcrinédicire 4 afurpé
le pouvoir legillanif, c'elt que.nons pronverons queux, > par.
des abes qri leur font pérfonnels & diroénement émanés,
d'eux,. ont niurpé le potvoir légifiarif Voia précifement
€eque nous traitons actuellement, Tufurpatien du pouvois
, & cette
commifion s'cnet faific; mais independumemenr de ce que
nous pronverons que la commiilion intcrinédicire 4 afurpé
le pouvoir legillanif, c'elt que.nons pronverons queux, > par.
des abes qri leur font pérfonnels & diroénement émanés,
d'eux,. ont niurpé le potvoir légifiarif Voia précifement
€eque nous traitons actuellement, Tufurpatien du pouvois --- Page 180 ---
légiflatif par la commiflion intermédiaire; &
traiterons des ufurpacions direétes à
& lorfque nous
du pouvoir légifiauif, aiors
Polvere! Sonthonax,
leur font perfonsels: mais ces nous actes-ci préfenterons les aétes qui
mifion intermédiaire,
font ceux de la comLc Plufeurs colons : Ceft une infraclion à la loi du 4 avril.
prefdent : La commilion va fe retirer pour délibérer.
La commifion rentre.
Le préfident lir l'arrêté.
du La commiffion renvoie à traiter, lers de la difcuflion
3Lme. chef d'accatation, ce qui concerne
du pouvoir légiladf impurée a la comaifion l'uturpatich
comme ayant plus de connexité avec ce croilième intormédicire, chef
qu'avec le premier. >>
Page: Alors je vais fuivre la difcullion far les atieintes
que Polvere! & Sonthonax ont portdes à la loi du + avril
par Forganifation de la commifion incermédiaire.
nax & Polverel, d'après la loi, n'ont jamais eu le dreir Soncio- de
foumettre à leur approbation les arrétés de l'aflemblée COloniale 2 parce que jamais l'Alfemblée nationale n'avoir
croire que Polverel 8c Sonthonax auroient formé une pu
milfion intermédiaire, mais toutes les lois
comarrètés de l'aflemblée coloniale fuflent foumis vouloient à
que les
tion du souvemasur-péné-al. Qu'on: fait Polverel
thonax : ils ont d'abord
&
ree
allijétiles arrêtés de la commillion
intermédiaire leur
à leur approbation, & la preuve en eft dans
proclamarion du 12 octobre, & je
nax ne me démentira pas: il m'épargnera crois'que la peine Sontho- de citer
l'article. Qu'ont-ils fait quantà) la fanéion du gouverneurgénéral, fandtion exigée par la loi? Ils ont trouvé fort
commode d'en difpenfer la commiffion
en en fubordonnant les arrêtés à leer approbation intermédinire, tout
nelle, & j'en troave la
daris une lectre de perfonnax à la commiflion
C'oft de
Sonthocar'
VareadAiRe
Polverel y eft étranger.
Sonthonaz,
( Il lir.)
'ont-ils fait quantà) la fanéion du gouverneurgénéral, fandtion exigée par la loi? Ils ont trouvé fort
commode d'en difpenfer la commiffion
en en fubordonnant les arrêtés à leer approbation intermédinire, tout
nelle, & j'en troave la
daris une lectre de perfonnax à la commiflion
C'oft de
Sonthocar'
VareadAiRe
Polverel y eft étranger.
Sonthonaz,
( Il lir.) --- Page 181 ---
Extrait des regiftres de la commiffion intermédiaire de la par,
zie frangaife de Saunt-Dominguc.
Séance du 6 novembre 1792.
< On donne leéture d'une lettre de M. Sonthonax, commiffaire national-civil, en date de ce jour, conçue en, ces
termes.
>> MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
s> J'ai appris par un membre de la commiflion intermédiaire > que-la notifcation de fes arrêtés fe trouvoit iuterrompue par l'abfence de M.le gouverneur-general. Comme
Tordre public n'en doit point fouffrir je vous prie d'an-,
noncer ala commiflion que je P'aurorife à faire eile-même
cette notfi cation, jufqu' l'arrivée de M. Rochambeau, à
qui elle rendra compte de fon travail à cet égard.
>> Le commiliaire national-civil.
Signé, SONTHONAZ.
-
Sonthonax : Quclle eft la nature de la pitce que vous
citez? Page: C'eft un extrait des regiftres de la commiflion intermédiaire du 6 novembre 1792. Le timbre eft fur cette
feuille, elle eft très- officielle. 1l nous reltera encore plufieurs autres preuves de ce fait. Citoyens, vous avez dh
remarquer que dans leur proclamation du 12 octobre 1793,
crée cette commiffion intermédinire, ils ont et bien
2c d'ordonner qu'aucun de fes arrètés no feroit exécuré
fans leur approbation; mnis ils n'ont aucunement paris de
Yapprobarion du gouverneut-senirmal Cependant, comme la
commiflion devoit faivre la vieille rourine & cello fuivie par
l'affemblée coloniale > routine qui faifoit quel-gpuvernsur
génèral approuvoit tous les arrêtés de ces affemblées, fags
aufli les
doure que la commillion intermédiaire portoir
arrêrés à l'approbation du povernenr-ainefal. Sonrhonax,
qui ufarpoit les pouvoirs peu-d-pea, alijeriffoit la commillion intermédiaire à porter fes arrêtés à fa ratificatiost,
l'affemblée coloniale > routine qui faifoit quel-gpuvernsur
génèral approuvoit tous les arrêtés de ces affemblées, fags
aufli les
doure que la commillion intermédiaire portoir
arrêrés à l'approbation du povernenr-ainefal. Sonrhonax,
qui ufarpoit les pouvoirs peu-d-pea, alijeriffoit la commillion intermédiaire à porter fes arrêtés à fa ratificatiost, --- Page 182 ---
fans parler du gouverneur-g général; & comme
la commilion portoit tcajours fes arrêtés a lafanction fans doute di
gouverneur, fans doure Sonthonns a cru néct fire, par fa
lettre du 6 novembre, de les dipenfer de ceite. mefure;
Quelques-uns des memires de la commillion inie ermédmire
s'étoient révolrés du de(porifins de Polverel & de
nax; iis avoient de T'énergie, du
Sonihoment ils étcien: nuifibles à Palverei parriocimes &
conféquemtant mieux qu'ils réuniffoienr
de Sonthonax, s d'anbeaucoup talens. Ils
hommés par Failemiblée coloniale. Senthonax trouva éviént fort
commode de les dégarer. L'un d'enur'eux a éré
les Elpagnols, & Fautie Ta été
les
Fris par
Sonthonax trouva encore plus commede par de Anglais, mais luimême les hotores qu'il déportoit, de mahière remplacer
cette commiffion invermédinire, qui eft de ion qu'en créaht
a mis 6 hommes à lui, les 6 nègres ou mulàtes choix, il Y
nommés lui-mémne, & enfuite al a déporté les autres qu'il à a
fur & a mefure, & ila rerplacé par des hommes de fon
choix CELX quil a déporrés: Il pourroit nier ceite vérité
il faut que je lui en donne ia preuve:
(Il lit.)
Séance extraite des regiftres de la ccmmifion intermédiairé
du 13 janyier 1793:
éi. On donne leéture d'une lettre du
civil de la République en réfidence dans ciroyen la commifeire- du
€n date de ce ours par laquelle il auorif la partie nord,
termédiair: à nommer, 2 la majoruté des
commifion un2tre les ciroyens des-trois
Jagreges a cenx d'enles plus dévoués à la mère provinces que la commiflion croira
patrie, à la loi du
aux intérèts de la colonie, pour remplacer
4 avril, &
des mcmbres ablens. 33
provifoirement
Sonthonax vous dira fans doute : Ce n'eft pas moi
ai remplacé Ces membres, puifque fai aurorifé la commif- qui
ficn inrermédiaire à le faire. Mais, ii Sonthcnax
la commiftion intermédiaire à le faire, elle n'avoit autorifoit eonc
le droit de le faire; ii s'étoit dunc réfervé ce droit, pnif pas
remplacer
4 avril, &
des mcmbres ablens. 33
provifoirement
Sonthonax vous dira fans doute : Ce n'eft pas moi
ai remplacé Ces membres, puifque fai aurorifé la commif- qui
ficn inrermédiaire à le faire. Mais, ii Sonthcnax
la commiftion intermédiaire à le faire, elle n'avoit autorifoit eonc
le droit de le faire; ii s'étoit dunc réfervé ce droit, pnif pas --- Page 183 ---
que la commillion ne pouvoir le faire qu'autant qu'elle en
recevoit le droit de lui. Il eft donc bien évident qué Sonthonax s'éroit réfervé in petto le droit de nommer les
membres de la comiflion intermédiaire à la place de seux
qu'il déportoit; & s'il a attribué à la conimitlion intermé- -
jdiaire le droit de nommer par elle-mèmes c'eft qu'alors
cette commiflion n'étoit qu'un inftrument dans fes mains.
Il avoit déporté les membres qui avoient de l'énergie, des
lumieres & quelque courage 5 il ne reftoit plus que les 6
mulitres ou nègres, que Sonthonax avoit choifis & gili
éroient dévonés. Vous peniez bien, cicoyens, qu'en choififlant ces membiès à leur gré, ils ayoient choili- des
hommes qui leur étoient dévoués.
La féance eft levée.
Le regifre des prejences cefpneT. Pr. GinA.prdpenty
Fouc: ( de Nanres, j fecritaire 5 DADRAT, RABAUT, 3
GREGOIRE --- Page 184 ---
Du 21 Germinal, l'an troifème de la République francaife
une & indivifiile.
0 P N fait lecture des débars recueillis dans la féance du
la rédacticn en eft adopice.
19;
Le préfident : Voici une lettre de Poiverel fils.
(Il lit:)
L I B ER T é, Éca L I T E.
Paris, Je 2I germinal, l'an troifième de la République
françarfe une & indivifibie.
Francois Polverel, aux repréfentans du peuple compafant la
commi(fion des colonies établie par la loi du 9 vendémiaire.
Cc CITOYENS REPRESENT T A N S,
22 La République vient de pordre un défenfeur, T'humanité un ami, la liberté un apôrre, & moi j'ai perdu mon
père, victime d'une maiadie deftruclive, fruit de fon
à Saint-Domingue. Aprèsavoir donné les premiers momens voyage
à la. douleur & aux regrets, je dois fonger à fa mémoire;
je dois le venger des atroces calomnies que vomillent
deux ans cortre lui des hypocrites audacieux, ennemis depuis des
drcits des hommes, tour-à-tour couverts du mafque du
royalifine, > du terrorifme, & du patriotiime même, iuivant
qu'ils le jugent convenable à leurs intérèts, ou au triomphe de leurs coupables prétentions.
93 La mémoire de mon père eft Tunique bien qu'il me
laifle; il doit m'étre permis de vouloir le conferver intadt,
de le difputer à coux qui le pourfuivent ju'ques dans la
tombe.
des
drcits des hommes, tour-à-tour couverts du mafque du
royalifine, > du terrorifme, & du patriotiime même, iuivant
qu'ils le jugent convenable à leurs intérèts, ou au triomphe de leurs coupables prétentions.
93 La mémoire de mon père eft Tunique bien qu'il me
laifle; il doit m'étre permis de vouloir le conferver intadt,
de le difputer à coux qui le pourfuivent ju'ques dans la
tombe. --- Page 185 ---
1S1
ombe. Un aéte d'accufation exifte contre lui, les chefs d'accufation doivent être difcutés dans la fuite des débats. Vous
ne voudriez pas fans doute que Tun des accufés foit fans
léfenie, fans moyen de répouffer les acculations qui lui
ont intentées, Je puis fenl défendre cet accufé qui nexifte
pius. L'emploi que j'ai exercé auprès de lui pendant une
partie de fon fejour à Sainit-Domingue > m'a mis en état
le connoitre fes aétes & les motifs qui,les ont déterminés.
Fai feul inrérêt venger fa mémoire.. Cet intérêt & celui
le la nation fort d'accord, car la nation a beloin auli
Têtre éclairde fur les caufes & les auteurs des défaftres de
aint-Domingue, L'humanité à défendre, la France à infruire 2 la réputation d'un père à laver d'atroces calomnies
épandues avec profulion dans toute la république & dans
es deux mondes, tout m'appelle, citoyens, dans la lice
uverte entre les oppreffeurs des Africains & ceux qui
nt proclamé dans l'Amérique les droits de Phumanité,
ong-tenips méconnus.
>Je vous demande donc, citoyens repréfentans, d'ordoner mon adriffion aux débats ouverts devant vous, comme
éfenfeur de la mémoire d'Etienne Polverel, accufé par
es colons. Les motifs que je viens de déduire vous font
fez fenrir la juftice de ma demande. J'artends votre décion, à l'entrée du lieu de VOS féances.
Salut & fraternité,
Signé, F. Polverel.
Voici l'arrêté de la commiffion relatif à cette lettre.
Il lit:
cc La. commiflion confidérant que nul, ne peut en repréenter un autre dans les procédures crixinelles, & que
es citoyens ne peuvent être traduigs en juftice après leur
lort, pour y être accufés ou juftifiés, leur mémoire apartenant au jugement de la poftérité, paffe à l'ordre du
our fur la lettre de Polverel fils;
>> Ordonne qu'une expédition du préfent arrêté fera
dreflée à Polvercl fils. >>
Tome IV.
Trente-fixième liyraifon.
N
autre dans les procédures crixinelles, & que
es citoyens ne peuvent être traduigs en juftice après leur
lort, pour y être accufés ou juftifiés, leur mémoire apartenant au jugement de la poftérité, paffe à l'ordre du
our fur la lettre de Polverel fils;
>> Ordonne qu'une expédition du préfent arrêté fera
dreflée à Polvercl fils. >>
Tome IV.
Trente-fixième liyraifon.
N --- Page 186 ---
n82
Page : "Vous avez vu, dans les féances précédentes, que
la commillion inrermédiaire n'étcit qu'un inftrumenr fervil
dans les mains de Polverel & de Sonthonax; vous en trou
verez une nouvelle preuve dans la dégradarion de cett
mnéme commifion, & dans l'arrèté qu'elle a pris le 6 janvie
1793. Il avoit plu.à Sonthonax d'aller prendre l'air à la
campagne > & pendant fon ablence, la commiffion inter
médiaire a pris Tarrèté fuivant.
Il lit:
Arrêté de la 'commi(fion intermédiaire, du 16 janvier 1793
cc Sur la motion d'un membre, la commifion intermé
dinire; affectée de l'érat de maladie qui oblige le commif
faire-civil de la province du Nord à traniporter fa réfi
dence dans la banlicue du Cap, & jaloufe de donner au
cirovens T'exemple de la réunion aux autorités fupérieure
conitiruées;
>3 Confidérent qu'un devoir précicux à remplir pour elle
eft de fe rapprocher de la foule aucoriré qui puifle fanc
tionner fes actesya arrêce que fes mombres fe réuniront au
près du citoyen commiffaire-civil, & qu'une partie demeu
reront en état de perinanence pendant tout le teraps de 1
réfidence. >>
A coup sir Caper n'eàt jamais fouffert qu'un bailliage d
France etit pris un pareil arrête. Cependant la conmilio
intermédiaire la pris & la exécuté.
Sonthonax : De quelle date eft cet arrêré?
Page : Il cit du 6 janvier 1793. Te pourrois enccre cite
une nouvell preuve dans une leture écrite le 5 janvier 1793
par Sonthonax, àla commiflion intermédiaire. Je ien par
lerai pas ici, parce qu'elle fra lue quand on parlera de
la.dilapidation des finauces à Saint-Derningac : vous trou
verez dans cette leure, l'infolence d'un tyraa & le géni
d'un fripon.
Sonthoans : Je demande que cette pièce foit lue à l'inf
tant.
Page: Volontiers.
vell preuve dans une leture écrite le 5 janvier 1793
par Sonthonax, àla commiflion intermédiaire. Je ien par
lerai pas ici, parce qu'elle fra lue quand on parlera de
la.dilapidation des finauces à Saint-Derningac : vous trou
verez dans cette leure, l'infolence d'un tyraa & le géni
d'un fripon.
Sonthoans : Je demande que cette pièce foit lue à l'inf
tant.
Page: Volontiers. --- Page 187 ---
1S3
Il lit:
Lecere de Sonthonax aux membres" de la commifion intermédiaire, le 5 janyier 1793.
* Inftruit par la notoriété pablique, citoyens, des débats
fcandaleux qui ont eu lieu dans votre féance d'hier, ileft
de mon devoir de rappeler ,à l'ordre & aux principes ceux
de VOS membres qui s'en font écartés.
>> La difcuflion s'eft ouverte fur votre atrêté du 31 décembre, & fur la néceflité d'y donner fuite. Cet arrêté
ordonne, 1°. qu'il ne fera pailé aucun marché qu'avce le
concours du controleur de la marine, & en préfence des
commilfaires nommés à cet effer"par la commillion intermédiaire 5 2°. que le direéteur -général des finances fera
tentr de remettre dans la quinzaine, à la commiflion intermédinire, un état cxact &c détaillé des marchés paffés par
Tadminiftration, ftr la contintation ou fuppreflion delquels
elle fe réferve de prononcer.
3 De quel droit, citoyens, veus ingérez-vous de faire
des lois fur T'adminfrarion de la colonie : de quel droit
voulez-vous aflujettir les mandataires de la République à
l'approbation de leurs aétes par vOs commiflaires : Les
vieilleslois comme les nouvelles profcrivent également vos prétentions.Je ne vous citerai pas les premitres; 3 ce feroit vous
rappeleta l'ancionne fervirude, à ces triftes époques d'aviliflement & de honre, oi l'efciavage gradué, par la diftérence des couleurs, étoit géndrel pour tous les individus.
TAremblée nationale conflituante a brifé vos fors; eli: vous
a envoyé des infructions que to:t bon patrioce déiz
jufqia ce '
Joient remplacées par des décrets de
PETE
qu'elles
Convention nationale.
>> Les inftruétions décrétées le IS juin 1791 interdifent
abfolament, même à Vaflemblée coloniale, toute efpice
d'innovation par rapport aux fonétions de Pordonnarenrgénéral. Pat l'article XI de la fection XI, titre VI, elle
ef bornée au fimple droit de repréfentation.
C >> Les fondions du divreiteur-genéral ferone cclics quifont
attribudes à l'intendant, relatiyement à l'adminifration de la
N 2
truétions décrétées le IS juin 1791 interdifent
abfolament, même à Vaflemblée coloniale, toute efpice
d'innovation par rapport aux fonétions de Pordonnarenrgénéral. Pat l'article XI de la fection XI, titre VI, elle
ef bornée au fimple droit de repréfentation.
C >> Les fondions du divreiteur-genéral ferone cclics quifont
attribudes à l'intendant, relatiyement à l'adminifration de la
N 2 --- Page 188 ---
1S4
guerre & de la marine : l'afembléc coloniale pourra préfenter
Jes vues, fiur les changemens 6 les améliorations
pourroient être faits en cette partie, fur lefquels, il efi qui référyé
au corps légiflatif de Patuer, mime provifoirement.
>> Si l'aflemblée coloniale n'a pas le droit de ftatuer en
cette partie s même provifoirement. , que deviennent les
prétentions de la commillion inermédiaire, elle qui n'eft
qu'un fimple corps adminiftratif dont tous les arrètés doivent être foumis à l'affemblée coloniale, feule chargée, fi
elle les adopte, de les faire paffer à la fanétion des repréfentans dela République 2 Il eft donc bien certain que vous
n'avez pas le droit de prendre des arrêtés légillatifs,
vous, avez encore moins celui de régler les principes auc
Tadminiftration confiée aux mandataires de la France, Toutes les fois que vous l'exercerez, vous ufurperez la fouveraineté; vous veus rendrez coupables du crime de lefenation.
35, J'ajourerai qu'au fond votre arrêté a des inconvéniens
graves qui( ( (fufliez-vous compétens pour le rendre) ), m'auroient obligé d'en empècher l'exécution : VOS commiflaires
adjoints au marché, ne peuvent fervir qu'à écarter la refponfabilité des adminiftrateurs, ou plutôt à la rendre nulle;
& fous ce poin: de vue, la nomination des commiffaires
eft abfolument impolitique.Leur avis feraloi. L'ordonnateur & le contrôleur de la marine ile manqueront
comme ils l'ont déja fait en plulieurs circonftanaes
fur eux
P:
rejerer
toutes les claufes ruineufes des marchés.
Je m'en rapporre à vous, citoyens, les commiflaites de
votre aflemblée provinciale ont-ils épargné le tréfor de
l'étar :
s5 L'Affemblée nationale, qui fans doute fe connoiffoit en
principes d'adminiftration 1 > s'cft-elle jamais mélée de la confection des marchés du miniftère? Non. Elle favoit qu'en
y coopérant, elle s'ôrcit le droit de décréter d'aceufation les
prévaricateurs,
>> Vous parlez fans ceffe de la furveillance des corps
populaires. Feindriez-vous d'igrorer qu'ils ont été les auteurs ou les complices de toutes les dilapidations fnancières dans la colonie ; que les preuves de leurs délits exiltent dans les atchives du confeil exécutif & de la Con-
és du miniftère? Non. Elle favoit qu'en
y coopérant, elle s'ôrcit le droit de décréter d'aceufation les
prévaricateurs,
>> Vous parlez fans ceffe de la furveillance des corps
populaires. Feindriez-vous d'igrorer qu'ils ont été les auteurs ou les complices de toutes les dilapidations fnancières dans la colonie ; que les preuves de leurs délits exiltent dans les atchives du confeil exécutif & de la Con- --- Page 189 ---
18;
vention nationale? Vos corps populaires ont-ils été autre
chofe que des agrégations ariftocratiques, ennemies de toute
efpèce d'égalité > aux yeux defquelles tout attachement à
la métropole ou à fes principes étoit un crine digne du
dernier fupplice? Je veux bien croire que les circonftances
font changées , qu'infruirs à l'école du malheur > vous aurez
appris à aimer les lois françaifes; mais aui moins devezvous les premiers donner l'exemple de la foumiffion & du
dévouemént. le
Rappelez-vous 3 ciroyens, > que vous n'êtes
que conteil de la commiflion nationale, que vous n'avez
aticune jurifdiction fur les mandaraires de la
& que fi vous abufiez fciemment des pouvoirs République, qui vous
font confiés par les délégués de la France, 3 G vous réfifticz
à leurs ordres, vous deviendriez traitres à la patrie > fuivant l'exprellion littérale des décrets.
>5 Quanràr moi, je ne foufiriraijamaisque le commerce dont
les intérêts me font fpécialement confiés, foit vexé par une
take arbitraire des denrées fournies à l'adminiftration ; je
fouffrirai encore moins les ufurpations de la commifion intermédiaire s je les réprimerai-de tout mon pouvoir.
>> Dans ces circonftances, je vous enjoins de celfer toute
Hfculfion, furl'arrêté du 31 dicembre 3 relativement aux marchés de Yadminiftration, 3 ainfi que de. vous renfermer trèsrigoureufement dans les bornes des fonétions qui vous font
attribuées par l'article XI de la fedtion XI titre V des
inftructions décrétées le 15 juin 1791 par l'Affemblée naionale,. & par notre proclamation du I2 octobre dernier.
Le commiffaire civil de la République françaife.
Signé, SONTHONAX.
Il faut vous dire, citoyens, 3 puifque j'ai lu la lettre,
lans quelle circonftance elle a été écrire. La commiffion in- >
cermédiaire n'étoit pas encore tout-à-fait l'inftrument de
Sonthonax; ; ii y.avoit encore queiques honnêtes gens qui
lepuis ont éré déportés. Ces honnetes gens s'apperçurent
que Sonthonax voloit le tréfor public.
Sonthonax : Ce n'eft pas là la queftion; ; c'eft un fait de
dilapidation que vous me reprochez: : ii y a dans votre ae:
sufation un article précis là-deffus.
N 5
iaire n'étoit pas encore tout-à-fait l'inftrument de
Sonthonax; ; ii y.avoit encore queiques honnêtes gens qui
lepuis ont éré déportés. Ces honnetes gens s'apperçurent
que Sonthonax voloit le tréfor public.
Sonthonax : Ce n'eft pas là la queftion; ; c'eft un fait de
dilapidation que vous me reprochez: : ii y a dans votre ae:
sufation un article précis là-deffus.
N 5 --- Page 190 ---
186.
Page: Je fais que cela fiche Sonthonax.
Sonthonax: Alors je demande - Youvercure de la difcullion
fur l'arucle relatif aux dilapidations.
Page: Il ef nécetftire, puifguon i'a forcé à lire cette
leutre, que je dife dans quels morifs elle a été écrite.
Sonthonax: J'ai Jemandé la leéture de la lettre; mais
vous n'en pouvez tirer maintenant d'autres inductions que
celles relatives au premier chef d'accufation.
Page : Nous y reviendrons en temps & lieu. Je vous
ai donc démontré, cicoyens, que Sonthonaxa fubftitué une
commiflion intermédiaire à l'allembléc coloniale, que la loi
lui commandoit de forer; commiflion dont il a lui-même
nommé les membres, & dont il s'eft arrogé le pouvoir
d'approuver les aétes , en la difpenfant de Tapprobation
du gonverncti-senéral.
Voila, je crois, la preuve du defpotifme que Sonthonax
& Polverele exerçoient à Gain-Domingne, & de l'infraction
à ia Joi du 4 avril. Il falloit que Sonthonax pritdes moyens
pour rerenir fous (a main cet inftrament dela tyrannie; &
pour ccla, il falloir qu'il écartâr la tenue des aflemblées
primaires, dont il avoit promis la prochaine convocation
par fa proclamation du 12 odtobre 1792 : c'eft ce qu'il
hit.Lelendemain 13, ilprit, de concert avec fon colligue
Polverel, toutes les melures couvennbles. pour empécher
qu'elles n'euffenr lieu le 13 octobre. Après s'être appliqué
la loi du II acût & setre allimlés aux repréfentans du
peuple envoyeés aux armées par Taflembiée légilative, quoique cscte loi n'elt aucun rapport avec eux, ils difent dans
leur proclanacion du 13 octobre 1793.
c6 Qu'enfaite, nous pous diperferons dans les différentes
parties de la colonie; que chacun de ROuS ira dans la partie
qui lui aura été allignée par un-arréré de la commilion
nationale civile, faire les mêmes publications, & donner
les mémes iuftructions aux. trompes & équipages qui le
trouveront dans la parde pour laquclie il aura été délégué.
:3 Qu'à ce moyen, chacune des trois grandes divifions
de la colonie auta Pan de nous au nuilieu d'eile, à portée
de veiller fur ia régalarité des cenvocations des aflenblées
paroiliales, que nous avons ordonné être Haites par notre
prociamation du 12 octobre 1792, en exécucion des lois
les mémes iuftructions aux. trompes & équipages qui le
trouveront dans la parde pour laquclie il aura été délégué.
:3 Qu'à ce moyen, chacune des trois grandes divifions
de la colonie auta Pan de nous au nuilieu d'eile, à portée
de veiller fur ia régalarité des cenvocations des aflenblées
paroiliales, que nous avons ordonné être Haites par notre
prociamation du 12 octobre 1792, en exécucion des lois --- Page 191 ---
lu 4 avril & $2 août dernier, d'ye entretenir Funion > l'orlie & la paix, & de prononcer Frovifoirement fur toures
es queltions qui pourronr s'élever far la régularité des
convocations, la tenue des aflemblées, la forme des élecjons, & l'éligibilité dos ciroyens.
>> Déclarons, ali furplus > que,foit enfemble, foit fépardnent, les trois commiflaires narionaux civils exerceront
ous les" pouvoirs > prendront tous les r-nfeignemens, &
rempliront toutes les fonétions qui leur font connées ou
prefcrites par la loi du II aotit dernier, & par celles des
II février 1791, > 4 avril & 22 juin 1792.8
Vous voyez, citoyens, que par-là ils difoient aux afemblées provinciales: Attendez que nous foyons divifés,
afin de pouvoir diriger plus directement la tenue des, 2femblées primaires. Sans doute, ils cnt craint, fi les comnunes del'Oust k du Sud fe haroient defe réunir pendant
quils étoient tous au Cap, de n'avoir pas la même influence
(ur les élcétions de ces affemblées, que s'ils étoient euxmêmes dans chacune de ces provinces : aufi vous voyez
que par certe même proclamation ils indiquent aux communes qu'ils vout fe répandre dans les trois provinces. Jls
ne leur défendent pas pofitivement de fe réunit eil aflembléee primaires de > mais il leur difent que leur préfence eft
nécellaire pour veiller à la formation de cesallemblées; &c
quand iis fe font apperçus que cette proclamation-ci étoit
infufifante, ils ont porté des proclamations par lefquelles
ils défendent politivement la formation des affemblées primaires,
Sonthonax vous dira, fans doute, que perfque lui & fon
collègue ont mis l'afiembiée coloniale à la porte (ce font
fes expreflions) ce droit étoit puifé dans la lot du 4
avrii, & dans les inftruétions qui lui furent données par
le roi. Cela eft vrai, il en avoit le droit: mais auili i'les:
inftructions qui lui farent données par le roi, lui difoient
avec quelle lagefle, quelle scirconfpedion, il devoit metire
l'atlemblée" coloniale à la porce. Car voici comme s'expliquoient cOs inftrudtions.
N 4
R
toit puifé dans la lot du 4
avrii, & dans les inftruétions qui lui furent données par
le roi. Cela eft vrai, il en avoit le droit: mais auili i'les:
inftructions qui lui farent données par le roi, lui difoient
avec quelle lagefle, quelle scirconfpedion, il devoit metire
l'atlemblée" coloniale à la porce. Car voici comme s'expliquoient cOs inftrudtions.
N 4
R --- Page 192 ---
Extrait des inftructions Jir la loi du 4 ayril.
I faut defcendre ( dit le roi ) dans la loi même du 4
avril, & prévoir les détails d'exécution que les commiffaires
pourroient y rencontrer.
>2 L'article premier ordonne la rééledtion immédiate des
affemblers coloniales & municipalirés, auflitôt après la publication de la loi.
>> Cependant l'article IV autorife les fieurs commiffaires
à prononcer la fufpenfion > & même la diffolution des
alfemble-aduellemenr exiftantes. Ces deux
roient
difpolitions pourpréfenter une forte de contrariété entr'elles, en ce
que l'une eft impérative, & l'autre facultative feulement; &
encore en ce que la première fuppofe une exécution
la feconde une exécation retardéej jufqu'àla préfence des fubite, commiffaires civils.
2> Il faut les concilier, en obfervant qu'on aura di
céder fur-le-champ aux rééledtions prefcrires felon les formes prodes lois des 8. & 28 mars 1790; mais que dans l'efpace de
temps néceffaire pour" y parvenir, les affemblées coloniales
& autres auront continué leur activité, de manière
fi
Jes fieurs commiffaires les trouvent encore exiftantes, que & les
rééledtions non-achevées; ils auront le pouvoir de
& de difloudre ces affemblées. Ils accéléreront la convocation fufpendre
des aflemblées paroifliales s fi elles n'avoient pas été
faites, &c. 22.
A ces difpofitions premières, le roi ajoute celles-ci
€c Les commiffaires auront attention de ne pas compromettre l streté & la police intérieure, > par des mefures précipirées, dont T'effet feroit de détruire
fans"
avoir de quoi remplacer. C'eft ici qu'ils appliqueront brufquement, le
voir facultarif qui Jeur ef confié, de fulpendre ou de
foudre
Pate
l'affemblée coloniale , actuellement exiftante, fans atrendre la formation de la nouvelle; ils peferont les motifs
pour ou contre, d'après les difpofitions que l'affemblée actuellement exiltante aura manifeftées s3,
Vous avez vu, citoyens,, qu'alors que le roi a donné ces
de quoi remplacer. C'eft ici qu'ils appliqueront brufquement, le
voir facultarif qui Jeur ef confié, de fulpendre ou de
foudre
Pate
l'affemblée coloniale , actuellement exiftante, fans atrendre la formation de la nouvelle; ils peferont les motifs
pour ou contre, d'après les difpofitions que l'affemblée actuellement exiltante aura manifeftées s3,
Vous avez vu, citoyens,, qu'alors que le roi a donné ces --- Page 193 ---
inftruétions aux commiffaires civils, il portoit de l'affemblée
coloniale & de tous les
populaires une opinion extrèmement facheufe; car il C pas déguifé aux commillaires
civils qu'ils trouveroient beaucoup de difficultés à SaintDomingue; que pent-être ils en feroient repouiffes 2 parce
que, dir le roi, les aflemblées coloniales & les corps popu- étoit
laires s'y font toujours mal conduits. Voilà quelle
l'opinion du roi fur T'aflemblée colonialede Sainel Domingue,
& effeétivement elle s'étoitmal condute à fon fens; &
dant vous voyez
que le roi et de CES
REARES
que maigré
il recommande forrementà
coloniales une opinion pareille, de
dilloudre cette affemblée coloPolverel & Sonthonax ne
la remniale qu'après en avoir organifé une nouvelle pour
néplacer. Vous voyez que dans le cas où ils trouveroient coloniale,
ceffaire à la chole publique de diffoudre l'affemblée allemblée
ils doivent former le plurôt pollible une nouvelle avril. Vous
de la loi du 4
coloniale, 2 d'après les difpolitions la difcuflion
a eu lieu juf
avez dû vous convaincre, par
qui
coloniale
qu'a préfent, que bien loin de trouver T'aflembléc & Polverel
dans les difpofitions prévussparles roi, Sonthonax
cette
I'ont trouvée dans des difpofitions bienveillantes; car
affemblée coloniale & toutes les autorités condituées du Cap, de
craignant que les commillaires civils, prévenus par l'effet France
la malveillance du roi & des intrigues tramées en aborder rau
contre les intérêts des colons, ne vouluffent pas
des
Cap, avoient dépêché à plus de cent lieues en mer,
citoyens chargés d'inviter les commillaires à vênir dans la,
ville du Cap., Sonthonax dira : mais c'eft que l'afemblée
coloniale avoit grand peur des 6,000 hommes que nous
amenions avec nous pourles mettre ala raifon. Je ne parlerai
pas de l'accueil qui fur fait à ces fix mille hommes 5 mon
collègue Verneuilqui eft chargé de cette parr. vous prouvera
avec quelle affedtion, avec quelle cordialité, ces iix mille faut
hommes ont été reçus par les ciroyenss, & enfin ils'en
bien que la crainte ait déterminé l'aflembiée coloniale. Pour
le prouver, il me fuffit d'invoquerl le témoignage de Roume.
Certainement Roume ne peut être foupçonné de partialité été
en faveur de l'allemblée coloniale; car il en a toujours
le détraétear: cependant la force de la vérité lui a arraché
cet aveu-ci, dans fon compte rendu à l'allemblée nationale
fin ils'en
bien que la crainte ait déterminé l'aflembiée coloniale. Pour
le prouver, il me fuffit d'invoquerl le témoignage de Roume.
Certainement Roume ne peut être foupçonné de partialité été
en faveur de l'allemblée coloniale; car il en a toujours
le détraétear: cependant la force de la vérité lui a arraché
cet aveu-ci, dans fon compte rendu à l'allemblée nationale --- Page 194 ---
Il lit: :
Compte rend.s par Boume à l'affemblée nationale.
L'affemblée coloniale, ramenéeparla fuite des événemens,
& fans doute aufli par les propres fentimens > à des principes
dignes d'elle, effaça d'un feul trait tous les torts qu elle avoit
eus, facrifiant au Talur de ia colonie, comme à fon refpect
pour l'aflemblée nationale, fes préjuigés, fes principes &: fes
paflions 5 elle déclara, le 27 du mème mois, qu'elle fe "foumettroit à la loi du 4 avril. Il eft certain que la moindre
répugnance exprimée par elle, en cette occafion, eût donné
fource à un torrent de fang , qui du Cap fe feroit répandu
fur toute la furface de la colonie 93,
Certainement, citoyens > d'après ce qu'a dit Roume de
l'allemblee coloniale, elle ne pouvoir être déterminée par
un fentiment de crainte 3 car fi eile eût eu ce fentiment, il
eft certain que Polverel & Sonthonax n'auroient pas abordé
le rivage de Saint Domingue > parce que fix mille hommes
arrivés d'Europe n'eulfent pu entrer à Sainr-Demingue,
qu'aurant que les habiransl'euffan: bien voulu; mais l'alfemblée coloniale, comme le dictrès-bienle commillaire Roume,
pénétrée de refpeét pour l'affemblée nationale, s'eft foumife
fpontanément à la loi du 4 avril. Si elle s'eft foumife fpontanément à la loi du 4 avril, iln'y avoit pas d'urgence à la
diffoudre; & s'il n'y avoit pas urgence à la dilloudre, fi
T'aflemblee coloniale s'éroit bien comportée jufque-là, & fi
la colonie de Saint-Domingue étoit dans les difpofirions de la
loi du 4 avril, il n'y avoir pas de danger à la confirmer jufqu's la convocation des affemblées primaires.
Si le citoyen Lecointe étoit ici , je vous aurois lu une
Jettre que l'aflembiée coleniale nous a écrite à nous, commifires; une. lettre confidenticile danslaquelle elle concevoit
les plus hautes efpérances 5 dans laquelle elle fe félicitoit
d'avoir dans fon fein des hommes qu'elle croyoit purs, &
dans un dévouement abtolu pour ia nation françaife , &
devant cette lertre, auroient tombé routes les calomnies de
Sonthonax contre cotte aflemblée > & pour vous prouver
quel Taflerblée coloniale étoit dans de bonnes difpolitions >
commifires; une. lettre confidenticile danslaquelle elle concevoit
les plus hautes efpérances 5 dans laquelle elle fe félicitoit
d'avoir dans fon fein des hommes qu'elle croyoit purs, &
dans un dévouement abtolu pour ia nation françaife , &
devant cette lertre, auroient tombé routes les calomnies de
Sonthonax contre cotte aflemblée > & pour vous prouver
quel Taflerblée coloniale étoit dans de bonnes difpolitions > --- Page 195 ---
&eque la loi di 4 avril n'avoit éprouvé aucune réfiftance, de la dif-
&
par confequent il n'y avoit aucun vais danger vous citer un
EE & d'en créer une nouvelle, je
Polarrêté de cette même aflemblée, & la réponfe que
verel& Sonthonax lui firent.
Il lit:
A
Arrêté de l'afemblée coloniale, du 8 odobre 1792.
de SaintC L'aflemblée coloniale de la partie françaife
Domingue;
de fes devoirs eft de rétablic
>> Contidérant que le &c premier la
la loi du 4 avrii
dans la colonie Punion
paix que
1 fembloitlui promerire; évitant de donner lieu à des
153 Que ce,n'eft qu'en
des
de couleur,
-
out des réclamations de la
ciroyens
AUOT
part
peut y parvenir;
lui eft conféré
l'article II
3> Qu'en ufanr du droit qui
TES nombre de
du décret du 22 août dernier , pertant que
à la Condix-huit députés à envoyer par Saint-Domingue lallemblée coloniale entre
vention nationale, fera réporti par elle
être accufée
les trois provinces de la colonie,
pourroir intérêts n'ont pu
par ceux qui pourroient croire que leurs
bien éloiguée
ecre défendus dans fon fein, d'une partialité
de fes principes;
une autorité nationale, au5> Qu'il exifte dans la colonie
tour de laquelle tous les citoyens doivent la fe faculté rallier; dont Paf5> Qu'en inveltiflant cette autorité de
femblée ne fe dépouilleque par une fuite de ton vouloir amouf pour taire
la paix, elle ne doit point néanmoins paroitre
le lacrifice des droits de lacolonie; s'abftiendra de faire la répar-
>5 A arrêté & arrête qu'elle
II du décret du 22 aoit
tition quilui eftattrbuée parl'article
'dernier;
invite
les commilTiires
5> Qu'en conféquence, elle
MM.
d'apres
nationaux civils à faire eux-mémes ceite répartition,! cclles
fe
lcs connoiffances qu'ils peuvencd dejà avoir, &
qu'ils
procureront par la fuite;
n'entend poin: déroger aux
5, Déclare l'ailemblée qu'elle
'elle
II du décret du 22 aoit
tition quilui eftattrbuée parl'article
'dernier;
invite
les commilTiires
5> Qu'en conféquence, elle
MM.
d'apres
nationaux civils à faire eux-mémes ceite répartition,! cclles
fe
lcs connoiffances qu'ils peuvencd dejà avoir, &
qu'ils
procureront par la fuite;
n'entend poin: déroger aux
5, Déclare l'ailemblée qu'elle --- Page 196 ---
droits de la colonie pour fa
teinre à ceux de la nouvelle allemblée repréfentation", 3 ni porter atformer en exécution de la loi du 4 avril coloniale, qui va fe
Vous voyez donc
dernier >2,
facrifioit des droits >. citoyens lui
> que T'affemblée coloniale
aodt 1792, de crainte qui même étoient actribués par la loi du 22
leur. Polverel & Sonthonax l'ont d'inquiéter fi bien les hommes de couréponfe du lendemain, ils rendent à cette fenti, aflemblée que, le par tribut leur
d'éloges qu'elle mérite.
II lit:
Letere de Sonthonax & Palyerel, du 9 octobre 1792.
ec MoNSIEUR LE PRÉSIDENT,
93 Nous vous prions de notifier à l'affemblée
nous avons reçu fon arrêté d'hier, concernant coloniale que
des dix-huit députés qui doivent être nommés la répartition
de Sain-Domingue, àla Convention
pour la colonie
3> C'eft avec la plus vive fatisfaétion nationale de France.
marqué l'amour pour la paix publique que & nous avons relaffemblée n'a ceffé
,
les foins que
louable foumiflion à d'employer la loi du poor avril la maintenir depuis fa
adreffons nos
dernier. Nous lui en
dont nous
remerciemens au nom de la nation françaife,
fomies les délégués at nom de l'alfemblée repréfentative, gloire,
> que fes derniers décrets couvrent à jamais de
Je aux yeux des contemporains & de la poftérité 33,
ne vous rappellerai pas que, dans leur
I2 oétobre, Polverel &
proclamation du
de l'aflemblée coloniale. Sonthonax Il
ont fait de grands éloges
ils ontdit que c'étoient des eft vrai que dans d'autres remps
fe répêtent fouvent.
complimens; mais ces complimens
Sonthonax : J'obferve que, les colons divaguent ici
tuellement. Dans le cours des débats, jai déja parlé perpéfoumifion prétendne de l'allemblée coloniale à la loi de,la
avril, des bonnes difpofitions de cette affemblée.
du.t de
linfraction de cette loi. Je prie la commiflion de Ilsagit renfermer
Page dans l'ordre de la difcuflion.
Poge : Il entre dans l'ordre de la difcuflion que je prévoie
que, les colons divaguent ici
tuellement. Dans le cours des débats, jai déja parlé perpéfoumifion prétendne de l'allemblée coloniale à la loi de,la
avril, des bonnes difpofitions de cette affemblée.
du.t de
linfraction de cette loi. Je prie la commiflion de Ilsagit renfermer
Page dans l'ordre de la difcuflion.
Poge : Il entre dans l'ordre de la difcuflion que je prévoie --- Page 197 ---
toutes les objedtions de Sonthonax 3 & je difcuterai la loi
du 4avril, & lesinfractions
ont été faites, de manière
que Sonthonax n'aura plus E à dire. Comme Sonthonax
vous a dit qu'il vouloit parler le dernier > qu'ii ne vouloit
pas nous interrompre afin que nous ne l'interrompions
Sonthonax fe propofe de vous faire menfonge fur
pas, a
C'elt pourquoi je préviens tout ce qu'il pourra dire. menfonge. J'établis
les faits, les aétes de telle manière qué la queftion fera infiniment éclairée quand je ceflerai de parler, Actuellement
je dis : Sonthonax alléguera qu'à fon arrivée à Saint-Domingue > la colonie étoit trop agitée pour pouvoir
les aifemblées primaires. Je vaisvous faire voir que Sonthonax convoquer
mentira quand il vous dira cela. Il n'a pas trouvé de danger
à convoquer les communes quand illui fallut del'argent. Dans
fa proclamarion du 27 feptembre 1792, > Sonthonax
avoir demandé de l'argent...
ditaprès
Sonchonax: Je demande que la proclamation foit lue en
entier, parce qu'il faut voir commentje P'ai plemandé.
Page lit:
Extrait de la proclamation de Polverel, Sonthonax & Ailhaud,
du 27 oûtobre 1792.
< A cet effet, trois jours après la formation des nouvelles
municipalités il fera tenu dans chaque paroiffe une affemblée
de la commmune > foit pour arrêter une foumiflion
au nom de la commune, du montant de ia contribution collective, qu'elle
pourra & voudra fournir, foit pour ouvrir une lifte de foufcription individueile aul fecrétariat de la municipalité, fur laquelle chaque ciroyen pourra s'infcrire pour le montant de la
contribution qu'il voudra oifrir 32,
Sonthonax : Iy a une grande perfidie dans cette manière
de lire. Il femble qu'il s'agit d'une contribution
& ils'agir de propofer une contribution pour les pour frais de moi; la
guerre contre les révoltés.
Th. Millet : Il eft queftion d'expofer que Sonthonax a
toujours vu des inconvéniens, lorfqu'il a été
de la
réunion des aflemblées primaires, dont l'urgence quéftion étoit com-
ifrir 32,
Sonthonax : Iy a une grande perfidie dans cette manière
de lire. Il femble qu'il s'agit d'une contribution
& ils'agir de propofer une contribution pour les pour frais de moi; la
guerre contre les révoltés.
Th. Millet : Il eft queftion d'expofer que Sonthonax a
toujours vu des inconvéniens, lorfqu'il a été
de la
réunion des aflemblées primaires, dont l'urgence quéftion étoit com- --- Page 198 ---
mandée par la loi, pour élire des députés à la Cenvention
tionale > & qu'il n en trouveit pas lorfqu ii falloit de
Turgent.
L: préfidert : A l'ordre de la quefticn, citoyens. Il ne peut
ereici quction de larricle, relatif à la nomination des dépatesà ia Convention nationaie; car cela efl'objet d'un autre
cnet d'accufation.
Th. Miller: Je vouleis dire: : pour élire des députés à Laf
fembile colonial.
Page: Il n'y avoit donc pas d'inconvénient à former des
allenblées primaires; Oll pouvoit les convoquer fans danger,
puifque, par fa proclamation du 27 octobre, Sonthonax Ofdonnoit leur réunion. Sonthohax vous dira peut-être qu'avant de convoquer les affemblées primaires, pour qu'elies. s.ne
fullent pas compofées d'élémens vicieux, il falloit purger la
colonie des contre-révolutionasires qui s'y trouvoient.
Lc préfident : Je te rappelle aufli à l'ordre de la queftion ;
car de cette manière on ne finira jamais. Prouvez les infractions à la loi. Sile citoyen Sonthonax dit enfuite quelque
chofe qui vous paroiffe contraire à Ja vérité, vous pourrez
répliquer; mais vous ne pouvez pasprévoir perpérucllement
des cbjections, prolonger les débats d'une manière indéterminée.
Page: Je dirai qu's l'époque où Sonthonax a diffout l'affemblée coloniale, il étoit en melure de convoquer les affemblées; primaires, parce que les cnre-rérolurionhnires avoient
quirté Saint-Domingue 5 ils l'avoient quitté avant le 27
ostabre. Jc vais vous en donner la preave dans cette proclasnation, dont je ne vous lirai que deux lignes.
Il lit:
Extrait de la proclamation de Sonthonax & - Poiverel, du 27
ollobre 1792.
c Ces hommes ne font plus. Les uns vont fubir en France
lejugement de la nation, & la colonie fora vengée; les autres
fitient dans des terres étrangères 3 ils fabiront la peine
Il perable des fcélérats démafqués, % hente & la remoids 7,
preave dans cette proclasnation, dont je ne vous lirai que deux lignes.
Il lit:
Extrait de la proclamation de Sonthonax & - Poiverel, du 27
ollobre 1792.
c Ces hommes ne font plus. Les uns vont fubir en France
lejugement de la nation, & la colonie fora vengée; les autres
fitient dans des terres étrangères 3 ils fabiront la peine
Il perable des fcélérats démafqués, % hente & la remoids 7, --- Page 199 ---
A cette époque-la, tcus leshommes dénoncés par la commune du Cap ont été déportés en France, par une proclamation que Sonthonax a rendue, comme il paroit par cette
proclamation.
Vercexil: Iln'y a eu de déportés que Cambfort, Touzard,
Blanchelande & quelques autres, & tous ceux portés fur la
lifte font reflés dans la colonie.
Page: On a au moins donsé l'ordre de les déporter. Une
lettre du 25 octobre, adreffée à la Convenrion nationale, va
vous faire connoiire T'efprir qui régnoit alors; cettelettre vous
a é:é lue par Sonthonax dans fon fens.
Le préfident: : Il ne peut pas èure queftion de cela.
Page: Je vous ai prouvé que Sonthonax a remplacé l'affemblée coloniale par une commiflion intermédiaire , qu'ils
avoient invefti cette commiflion du droit de faire des lois;
qu'ils avoient affujerti fes arrêtés à leur approbation, en les
difpenfant de T'approbation du gouverneur général. Aétuellement j'allois prévoir ce que Sonthonax alloit dire pour
motiver la non-exécution de la loi du 4 avril; j'allbis vous
faire 'voir que , par une lettre du 25 octobre > il rend hommage au civilme des colons, ilrend hommage à leur intimité
avec les hommes de couleur i que par des lettres écrites à la
municipaliré du Port-an-Prince, ils rendentjufticn au civifme
de cette commune, ils la félicitent du bon orare que cette
municipaliré avoit établi dans la commune; & comme cette
Jettre n'a pas été lue, il importe que lecture vous en foit
donnée.
Leprfident : Je demande à la commiffion s'il eft néceffaire
d'entendre une leéture fi érrangère au fijer :
Page: Alors je demande que Sonthonax ait la parole.
Verneuil: Je demande la parole.
Claufjon: Jela demande aufli, ciroyen-préfident; c'eft pour
une fuite de l'inexécution de la loi du 4 avril dans la partie
de l'Oueft. Ils'agit de l'oppolition, qui a été apportée à la
formation de l'affemblée coloniale. Avant de traiter cet objet,
il eft néceflaire que je vous falle un hiftorique très-raccourci
de ce qui fe palloir dans T'Oueft; que j'érabliffe la phytionomie de ce quartier, afin que vous jugiez du bien que Polverel & Sonthonax auroient pu faire, & du mal quils ont
au contraire opéré. Je dis que cela eft d'aurant plus effen-
, qui a été apportée à la
formation de l'affemblée coloniale. Avant de traiter cet objet,
il eft néceflaire que je vous falle un hiftorique très-raccourci
de ce qui fe palloir dans T'Oueft; que j'érabliffe la phytionomie de ce quartier, afin que vous jugiez du bien que Polverel & Sonthonax auroient pu faire, & du mal quils ont
au contraire opéré. Je dis que cela eft d'aurant plus effen- --- Page 200 ---
196.
tiel que Sonthonax vous a dir le I3 ventôfe que la bafe de
leur juflification repofoit fur l'efprit public qui exifoit avant
leur arrivée dans la colonic. C'eit comne-fi Sonthonax vous
avoit dit: Nous avons confondu les chofes & lesnous
perfonnes;
avons rendu la difcuflion tellement difufe, qu'on ne
peut s'y reconnoirre. Moi, je fouriens au contraire que c'eft
à leur arrivée qu'on doit examiner l'état des choles, & c'eft
à quoi je paife. Depuis la promulgation de la loi dus avril,
la partie de I'Oueft, qui n'avoit pas fouffert dans fes cultures..
Sonthonax : Je pric la commifion de faire obferver aux
tachygraphes que Clauffon lit un difcours écrit.
Claulfon : J'improvile fur des notes plus ou moins étendues ; je puis avoir moins-de facilité que Sonthonax. Il a
eu le talent d'égorger les colons; j'aurai le talent de I'en
convaincre. Depuis la promulgation de la.loi du 4 avrii, la
partie de l'Oueft, qui avoit peu fouffert dans fes"cultures >
vit tous feshabitans, fans diftinétion de çouleurs, fe donner
des témoignages réciproques de confiance. On attendoir de
part & d'aurre les commiffaires civils annoncés pour exécuter les articles elfentiels de certeloi. Cependant, leshonmes
dec couleuravoient déjà cédé auxtivesfeilicimuons des blancs,
& s'étoient fondus avec eux dans-la garde natonale, de manière qu'iln'y avoit plus de ligne de démarention, de manière qu'il a fallu plus d'aftuce pour les défunir,afin de
combler la melure des projets que Polverel & Sonthonax
machinoient. Le premier novembre 1792, une aflemblée de
commune fe forme. Tous les hommes à qui la loi accordoit
les droits politiques fe réunirent aux blancs. Vous pouvez
juger. de la tranquilliré qui régnoit dans cette affemblée de
commune > par la leéture d'une lettre du ciroyen Lafalle,
en date du premier novembre. Je ne puis que vous en donner
la fubitances, elle eft dans mes papiers. Le ciroyen Lecointe
n'étant pas ici , je ne puis pas la produire. Le citoyen
Lafalle rend compte en peu de mots de l'union & du calme
régna dans cette affemblée. Vous y verrez qu'en vertu
21 la loi du 4. avril, & fans aucune impulfion, la commune
du Port-au-Prince avoit nommé de nouveaux magiftrats. De
ce nombre étoient quatre hommes de couleur; & vous jugerez
aifément combien tout étoit favorable aux hommes de cou-
. leur,
n'étant pas ici , je ne puis pas la produire. Le citoyen
Lafalle rend compte en peu de mots de l'union & du calme
régna dans cette affemblée. Vous y verrez qu'en vertu
21 la loi du 4. avril, & fans aucune impulfion, la commune
du Port-au-Prince avoit nommé de nouveaux magiftrats. De
ce nombre étoient quatre hommes de couleur; & vous jugerez
aifément combien tout étoit favorable aux hommes de cou-
. leur, --- Page 201 ---
letr, puifque dans cette commune le nombre des 12
votans excédoir celui des hommes de coulour des fept
tièmes.. -Le même mode d'affemblée eur lica le neme
époque dans toutes los communes de lOuef. Enho,t vi
verel & Ailhaud arrivèrent aSunt-Marc dans les preusiers
jours de novembre 1792. Je n'écois pas préient à leur débarquement, mis je fais que la délémation nationale tut
compromife & mienacée. Te fais GW'an Decoiene, dont voss
avez entendu parier plufears fois, fe mit à la êre des VOlontaires à pompons blancs & dorhommes de coujeor, qu'it
fe porra vers la demeure des comultaires civils; je lais qu'il
fullur toute li, prudence de Polverel & Ailhaud pour cepoulfer cet attroupement illégal & fedirieux; je iais aalii .
qu'une autre partie dès ciroyens, a la tête deiqnels étoit
Dumonilier, que Sonthonnxgous: 2 fauilemen: Der comme
un affallin > a fait une diverfion utile contre ies tekelles;il
prouva ainii fon refpedt & fa foumillon: ala déléga rion nationale. Jefais encore, & c'eft ce quilvotsparoi ra bizarre,
mais ce' qui vous fera démontré, quze cenix qui, dâns ce moment > défendirent les commiffaires civils > furent ccux-ià
même qui ont été dans la fuite déportés, challes & pcrfécutés. Quoi qu'il'en foit, Polverel & Aithaud jogerent à
propos de ne pas refter plus long-temps à
ils
fe rembarquerent après deux ou trois jours, Saur-Mare; & virrent
mouiller dans ia rade du Port-au Prince, o lefprir public
étoir bien différent. Les frégares qui les portoienr eurent à
peine mouillé dans cette rade > qué les dép.arations de tous
les corps condineésf-mpref@ron: d'aller à
la fatisfaétion des
Borelcurienoience
ciroyens, & lesaffhrer en icar nom de
leur parfaite foumiflion aux autorirés nationales. Peu de
jours après, une affemblée de paroifles fut convogice. Folverel, dans un long difcours. 2 fit le dérail de lajonnés du
IO août, & termiina par faire préter le ferent à toures
les autorités conftituées d'exécuter toutes les leis de T'af
femblée conftituante M de la Convention nationale, iant
cellesrendmes qu'arendreparla Convéntion
l'extenfion de ce ferment, > qui n'a pas d'exemple, mational..Milgeé ( caron n'a
jamais prêté ferment d'exécuiter des loisà à Bire) rouS kscitoyens s'emprefferent de le prèter, & la féance je termina
par une contribution volontaire d Un million, fur Vinviation
lom: IV. Tren:e-fixième lyraifon,
O
Convention nationale, iant
cellesrendmes qu'arendreparla Convéntion
l'extenfion de ce ferment, > qui n'a pas d'exemple, mational..Milgeé ( caron n'a
jamais prêté ferment d'exécuiter des loisà à Bire) rouS kscitoyens s'emprefferent de le prèter, & la féance je termina
par une contribution volontaire d Un million, fur Vinviation
lom: IV. Tren:e-fixième lyraifon,
O --- Page 202 ---
de Polverel, pour aider à foutenir la province du Nord,
feur de celle de.l'Oueft. Polverel jugea dès-lors de T'efprit
public qui exiftoit au Portau-Prince & dans toute la
l'adhéfion de tous les habitans à cette
aniEe
vince, tion. 1f par s'en exprime ainfi dans une lettre à la municipalité.
(Il lit)
Port-au-Prince, le 23 novembre 1793.
a donné
ct
La commune que vous repréfentez, Mellieurs,
un grand exemple de partiotifmne. Après avoir éprouvé
dant plus d'un an tous les Aéaux de la guerre, de
HRESE
& des brigandages de toute efpèce > la malheureufe ville du
Port-au-Prince a pourtant trouvé dans les débris de fon ancienne opulence de quoi fachifier un million au falut de la
colonie; & plufieurs de fes habitans ont offert à l'envi leur
temps & leurs foins pour la perception de cette contribution, en renonçant d'avance à toute efpèce d'émolument
* d'indemnité,
1s5 Il faut
toute la colonie connoiffe ce beau dévouement à la Bofe publique,
éleétrifer les amesles plus
froides & les plus égoiftes. Fa faut que la France en foit
à connoitre les vrais amis de la
inftruite ,
apprendre
nulle
la loin'a de
patrie ; ATa faura
nous que
part
foumis, plus
rigoureux ametneti Métropole d'enfansplus
hi la révolution frangaile & la Convention nationale de
plus graniis défenfeurs qu'au Port-au-Prince. Veuillez, meffieurs, tranfmettre à vos concitoyens les témoignages de ma
fatisfaction, & la promeffe que je leur fais de confacrer tous
& moraux, & ma vie même, s'il
mes moyens falut phyliques de la colonie, & au bonheur des braves
le faut, au qui ont fi bien mérité le titre de citoyens français
dont patriotes ils s'honorent, &c que je me félicite de partager aves
eux.
Le commiffaire national civil,
Signis Polverel. 1e
mettre à vos concitoyens les témoignages de ma
fatisfaction, & la promeffe que je leur fais de confacrer tous
& moraux, & ma vie même, s'il
mes moyens falut phyliques de la colonie, & au bonheur des braves
le faut, au qui ont fi bien mérité le titre de citoyens français
dont patriotes ils s'honorent, &c que je me félicite de partager aves
eux.
Le commiffaire national civil,
Signis Polverel. 1e --- Page 203 ---
16 Polverel décembre jugea bien encore de cet efprit public, quand le
dans l'Oueft, il 1792, écrivoir plus à de fix femaines après fon arrivée
pur
au Port-arPrince. Sonthonax Je
: le patriotieme le plus
fta de Polverel & d'Anlhaud, paffe à mon objet, Depue
le momen: d'une organifation chacun croyoir voir arriver
Plulfeursdcmarshes) furent faires conforme à la loi du 4 avril.
toures infructuenfes. Il Fartit pour presdoPolverel; les
; elles furent
beau-oup; il garda le plu; profond tilence Cayes fur en promettant
que lui faifoir la colonie de la tirer del'état
la demande
lequel cile éroit plerigée. Moins
d'anarchie dans
que ne l'étoit la partie du Nord fubjuguée alors par Polverel
invefti de la dictature.c coloniale par Sonrhionax, qui fe difoic
Prince céda au vaeu des habitans > la municipalité de
du Port-auen convoquant les aflemblées
toures les couleurs,
dans les premiers jours de janvier primaires; il s'en forma une
nommés pour laffembiie coloniale 1793. Des dépurés furent
temps àla nomination d'éiecteurs ; on procéda en mêmeà la Convention nationale,
> pour envoyer des
en
dépiftés
août. On fixa au IO mars 1793 exécution la réunion de à la loi du 22
députés à l'affemblée coloniale. Veus
Léogane des
vue ce que nous avons fait toujours n'avez pas perdu de
la colonie marchoit à fon
remarquer , que lorique
des infurrections venoient croifer organifation, politique & légale, *
l'on faitoit pour y parvenir. Ces toutes les démarches que
vrage des conme-teeclitionnaier, infurrections étoient Toudécouvrir fur-le-champ les auteurs, mais on ne pouvoir en
du malque de l'intérér commun parce qu'ils fe couvroient
timent de la douleur. Eh
, &quils affcctoient le fenl'évidence
bien! en vous
que Polverel & Sonthonax démontrant jufqu'a
cution de la loi du avril, vous vous s'cppofoient à l'exépart qu'ils prenoient 1 ces mouvemens, de convaincrez leur
de la
avecles confr-té-olsrisnsites.
connivence
populaires: ily avoit ieulement qui ne vonloient pas de corps
Konttexerolmrionnstins vouloient cette le
diftérence >
des
gime, & que Sonthonax & Polverel rerour de TAdEt rérégner à Saint Domingue, A la même vouloient au contraire
Sonthonax: Te demarderoisà faire te époque
non pas fur L fond,n mais furi lu
domanded'orde,
miflion trouve bun que les debats difcuilion:puifque fo
la compaiient en difcours
O a
ne vonloient pas de corps
Konttexerolmrionnstins vouloient cette le
diftérence >
des
gime, & que Sonthonax & Polverel rerour de TAdEt rérégner à Saint Domingue, A la même vouloient au contraire
Sonthonax: Te demarderoisà faire te époque
non pas fur L fond,n mais furi lu
domanded'orde,
miflion trouve bun que les debats difcuilion:puifque fo
la compaiient en difcours
O a --- Page 204 ---
à mcide m'y
Je demande pour
écrits, ce n'eft pas
oppofer,
de
perlonnel, parce quil ne nieft pas poflible
mon inrérè: moi-méme 3c feul les nores fur les débats des
recueillir
lirons un difcours ; je demande, dis-je,
des colons 2 loriqu'ils à la An de. la feance, >
prenne
les
qu'ils
dépoient
c'eft
loriqu'on quef'en parle de
HrT
communication; les idées voicipourquoi: font bien moins prellées > & quil Y 2e a
mémoire,
de
perdues 5 lorfqu on
dans le difcours une infinité
phrafes ment, & oil ne divague
écrit; les idées fe fuccèdent Y'intérét rapide del'accufé, quel lorique
pae.Je demande donc, lire, pour puifqu'on leur permet de lire dans
les colons voudrone dlitcourslu & recucilii par les tachigraphes,
les débats,leur foit remis à la fix de la féance, afin que j'en prenne
me
communication. Claufon : J'ai déclaré que je ne Hfois que des notes plus
étendues
ajoute des réfexions; je ne crois pas
ou moins
siiy, veuille s'arrèter à ces puérilités.
que la commiffion La commiflion délibérera là-deffus après la
Le préfident :
féance. Cianufion : A la même époque, pour refferrer la confiance la
réunilloit les blancs & les hommés de couleur, muqui
du Port-au-Prince 2 ceile de la Croix-des-Eounicipalité
toutes les communes de I'Oueft à une
quets : appelérenr dont le but unique "étoit de refferrer les affecfédération, & de déraciner cet efprit de méfiance qui n'avoir que
tions >
exifté chez les hommes de couleur. Je ne
trop long remps ici la circulaires, parce qu'clle eft étrangère.
vous lirai pas avis de ce projet de fédération, il eii cut cmPolverei 8 cut comme il n'avoit pas' dépendu de lui d'empêcher
brage, des hommes de couleur dans la garde nationale >
la fulion
rien & agilfeit fecrètement pour les détacher
il n'épargnoit des blancs. Néanmoins , comme il ne pouveit
enrieremen: blamerla confédération des quatorze paroilles
fagsimpudeur., YOueft; il en prépara la nullité par le projet que vous
de
dans le Mesireur.
trouverez
deinande que le projet de fédératicn des
Sonthonas : Te de POuef foit lu & infciit.aux débats.
quarorze, paroitles : Si vous êtes d'accord fur les faits?
Le prefdent Ajors je demande feulement qu'il me foit
Sonthenas :
débats.
denné communication de cette pièce apresles
agsimpudeur., YOueft; il en prépara la nullité par le projet que vous
de
dans le Mesireur.
trouverez
deinande que le projet de fédératicn des
Sonthonas : Te de POuef foit lu & infciit.aux débats.
quarorze, paroitles : Si vous êtes d'accord fur les faits?
Le prefdent Ajors je demande feulement qu'il me foit
Sonthenas :
débats.
denné communication de cette pièce apresles --- Page 205 ---
Le.préfident: Il n'y. a pas de difficulté. Clazjon : Je viens de vous parler de cette fédération &
de la preclamation que Polyera avoit rendue poar l'enpécher. Je ne ferai
de raifonnement fur cette fédérations
ni fur la
les pièces expliqueront aflez quel
du
Je me borserai
RaiteN
étoit le but de la paroitie Port-au-Prince. lieu: Le
à vous dire que la-fédération projetrée fubite n'eut pas éclata dans
mo:if quiT'empécha fut T'infurrection
des qui mefures telles
la plaine du Cul-de-Sac &c qui néçeflita les blancs & les hommes
avec l'union qui exiftoit fe, entre
de réduire en peu de
2 couleur, on pouvoit
promettre
temps tous les nègres révoltés. La ville du Port-an-Prince
vcla de fuite au feeours de la plaine; un piège éroit tendu
aux hommes de couleur, par celui-là même qu'en Jumecourt reconnut
bientôr pour être l'aureur de cette infurrection. demandoit des homaies decouleur feuls en détachement pour
les facrifier à la haine qu'il avoit conçue contr'eux depuis
la loi du 4 avril, & fur-tout depuis'e quils paroiffoient avoir
renoncé à fon influence; iais Borel qu'on a calomnié ici,
Borel, dont je ne fuis pas le défenfeur officieux, & à la
conduite duquel je dois, rendre hommage - 2x Borel répondit
que la ville du Port-au-Prince fourniroir des forces au
marcheroient à Rcer
rata des hommes de. chaqué coul-ur qui
tête, &c qu'il n'y àvoit plus de diftinétion. En effet. 2 on
pourfuivit les révoltés, on les combattit & on les difperfa,
& l'armée campa en plaine. de
Le préfdent : Vous avez déjà difcuté la phyfionomie
Ssine-Dongingue avant l'arrivée de Polverel & Sonthonax;
il eft temps de faivre la queftion, & de ne plus divaguer. Clasfon : J'aivoulu en parlerlors de l'efprit public, vous
m avez dit:" tu en parleras quand nous en ferons à la diccuflion desactes, & nous y, fommes arrivés.Le IO mars 1793,
jour fixé pour la réunion à Léogane des députés nommés à
la nouvelle affemblée coloniale ceux du Port-au-Priance,du
Grand-Goave & du Petit-Goave s'y rendirent; mais quelle
fut leur furprife lorlque, réunis pailiblement lè lendemain
à onze heures, la municipaliré de Léogane leur' fit lgnifier
une proclamation de Poiverel, portant ordre de dilliper
coloniale,
toute réunion de foi-difant députés à P'alfemblée alors à faire lee
commne autroupement fédicieux !
blée coloniale ceux du Port-au-Priance,du
Grand-Goave & du Petit-Goave s'y rendirent; mais quelle
fut leur furprife lorlque, réunis pailiblement lè lendemain
à onze heures, la municipaliré de Léogane leur' fit lgnifier
une proclamation de Poiverel, portant ordre de dilliper
coloniale,
toute réunion de foi-difant députés à P'alfemblée alors à faire lee
commne autroupement fédicieux ! Qu'avoient
--- Page 206 ---
citoyens nommés par l'afemblée coloniale 2 ils drefferent
procès-verbal de lacte qui tenoit de leur être fignifié par la
municipalité de Loogane, & fe retirèrent dans leurs communes refpectives. Il eft évident que Polverel s'cft oppolé
à l'exécution de la loi du 4 avril, qu'il In'a eu d'autre motif
que d'alimenter l'anarchie, de fe donner tous les pouvoirs, &
de conferver la cclonie dans un état de Hexibilité qui pût
lui reporrer, ainfi qu'à fon coilègue, tcute l'aurorité. On
donncit pour motif qué la colonie ne jouilfoir pas du calme
néceffaire pour la formarion des aflemblées primaires : mais
je vous ai démontré que la partie de l'Oueft, à l'époque de
la noininacion de fes députés, étoit parfaitement calme, fes
habirans parfaitement unis; rien ne pouveir donc empécher
T'exécurion de la loi. Cette loi éroit d'ailleurs impérative,
& la colonie étoit fufifamment garantie par fes
Sonthonax
dilpolitions. fe rétranchera peut-être fur fa proclamation du
I2 octobre, & s'excufera fur l'inexécution d'un article qui
porte que toutes les communes fe raffemblerant & émettront
leur veulur la queftion de favoir s'il étoit utile d'accélérer
ou de différeria convocation des aflemblées primaires: mais
je répondrai à Sonthonax que cettè proclamation efl un
crime, parce qu'il n'avoit pas le droit de fe mettre au-deffus
de la loi, & que c'eft ainfi qu'ils ont préparé de lein les divilions & la guerre civie. Il mettoit donc ainfi en queftion
ce qui étoit impérativement réfolu par la loi; & d'ailleurs,
çe quiséroit pratiqué par la formation des mauicipalirés,ne
pouvoit-il pas également fe pratiquer par la formation de
laffemblée coloniale 2 Je me réfume, & je dis qu'en admettant le droit qu'avoient Polverel & Sonthonax
diffeudre l'aflemblée coloniale, ilsne pouvoient Eesamnbotev s'einpécher, aux termes de la loi du 4 avril, immédiatement
après cette diffolution, de provoquer la réunicn desafiemblées
primaires à.
alirés,ne
pouvoit-il pas également fe pratiquer par la formation de
laffemblée coloniale 2 Je me réfume, & je dis qu'en admettant le droit qu'avoient Polverel & Sonthonax
diffeudre l'aflemblée coloniale, ilsne pouvoient Eesamnbotev s'einpécher, aux termes de la loi du 4 avril, immédiatement
après cette diffolution, de provoquer la réunicn desafiemblées
primaires à. l'effer de former une affemblée coloniale en
exécuricn de la loi du 4 avril. Donc ce font eux qui l'ont
inexécutée en s'oppofant à l'exécution de cette loi, lotique
toutes les communes la réclamoient. Miller : Je fuis obligé de me rendre à midi au tribunal
révolationnaire, je demande à la commiflion la permiflion
de me retirer. --- Page 207 ---
Verneuil: -Je préviens Sonthonax que je vais lire : je
n'ai point l'habitude de difcuter , je n'aijamais parlé
foldats. Il ne faur point, pour fe faire entendre
être
Tar
éloquent mais feulement prècher d'exemple 5 je
déclare donc i Sonthonax que je vais lire. Sonthonax
& Polverel ont accordé une protection légale aux auteurs
des troubles de Saint-Domingue. , aumépris de T'article y de
la loi du 4 avril, qui leur ordonne de s'affurer de leur perfonne, & de T'envoyer en France. Pour donner plus de
clareré à ce
fuivre, je vais reprendre les événemens
au moment T'2e leur arrivée. Lorfque Polverel & Sonthonaxdebarquérenr à Saint-Domingue le 18 feptembre 1792,
depuis Gx mois nous étions dans les plus vives inquiérudes
dans la ville du Cap: toutes les nuits, les citoyens en fentinelle au coin de chaque rue, les parrouilles étoient n ombreufes, parce que nous favions que Blanchelande, Campfort, Touzard, tous les partifans du gouvernement avoient
formé le projet d'égorger une partie des habirans, d'incendier la ville, d'arborer le drapeau blanc. , d'exécuter dansla
colonie de Saint-Domingue ce que Béhague avoit fait dans
la. Martinique; i le danger augmentoit de jour en jour 5 & fi
la Rotte tant defirée eàt tardé à paroître, ce qui s'oft exécuté
le 20 juin 1793 fous les ordres de Polverel & de Sonthonax,
fe feroit alors réalifé. Sitôt que Polverel, Sonthonax & Ailhaud furent débarqués, les plaintes fe firent entendre de tous
les cêtés, & s'ils cédèrent aux inftances réitérées de tous
ceux qui étoient inviolablement artachés aux intérêts de la
France, ce fut moins l'amour du bien public qui les détermina, que leur intérêt perfonnel. A peine le vaifleag quiles
portoit eut-il mouillé qu'il s'éleva entr'eux & le chef du
pouvoir exécutif une rixe indécente fur les prérogatives de
leurs autorités relpedtives ; les matelots, les foldats en furent
témoins; nous ne tardâmes pas nous-mêmes à en être inftruits, ce qui nous fit préfager un avenir funefte. Les commilfaires prétendoient que les troupes ne pourroient faire
aucun mouvement fans leur réquifition, & iis s'opposèrent
en conféquence à C€ qu'aucuiie troupe defcendit à terre. Les
feuls dragons d'Orléans, au nombre de 200, &à qui Polverel & Sonthonax. .
.
Lepréfident: Je remarque que cela e étranger à la difC 4
, ce qui nous fit préfager un avenir funefte. Les commilfaires prétendoient que les troupes ne pourroient faire
aucun mouvement fans leur réquifition, & iis s'opposèrent
en conféquence à C€ qu'aucuiie troupe defcendit à terre. Les
feuls dragons d'Orléans, au nombre de 200, &à qui Polverel & Sonthonax. .
.
Lepréfident: Je remarque que cela e étranger à la difC 4 --- Page 208 ---
cuffion; on vous a déja fair obfervet Que, quand VOLLS lifiez,
vous divaguiez roujours. Donne-toi las peine de clakeriel
04 rel fait d'ot" tu induiras linfradtion à ia loi du 4avrilg
tu iras plus diredtgment au bur.
Verueuil: Dans la difcullien fur l'efprit public, j'ai fcuvent demandé li parole pour vous reuracer CC qui s'eroit
paile dans la province du Nord; il eft impoflible, fi on
nevousen fait pas le tableau, que jamais vous puilliez en
avoir connoiffance; A vous voulez écourer quatre minutes
avec patience > vous allez voir que c'eft entrer dans la
queition.
Ze préfid-nt : Vous feriez mieux de difcuter de vive.
voix.
Bruiley : Il eft queftion de favoir fi Polverel & Sonthionax, en déportant ceux que la loi du 4 avril délignoit,
ont farisfait à ceite loi, comment les déportations fe fent
opérées, pourquoi elies fe font faites; alors il me paroit impolible de fupprimer les faits qui expliquent pcurquoi &
comment ces déporiations fe font faires.
Senac : Je prie la commiflion d'obfervér qu'elle ne fair
pas encore comment fe font conduits Polverel & Sonthonax
à leur. arrivée 5 il n'a pas été queftion encore de favoir ce
que Polverel &c Sonthonax ont fait après leur arrivée, car
nous nous fommes occupés feulement de ce qui avoit eu lieu
avant eux. Il ef bon de rapporter quelques traits hiftoriques.
Verneuil: M'y voilà, & je ne fupprime rien. J'ai dit
que ce qui détermina les commiffaires à leur arrivéeà céder aux inftances des citoyens momentanément, ce fut
moins i'amour de l'ordre que leur intérêt perfonnel, & je
le prouve. Sonthonax & Polverel étoient initruirs qu'ilésiftoit
de la part du gouvernement une lifte de Profcriptionsdont
ils failoient partie. Auffiro: quals connurent las réalité de ce
projet, tous les fecréraires de la commiflion civile fé mirent
en mouvement 3 ils fe rendirent atl club des Amis de la
Convention nationale, excitèrent par los motions les plus
incendiaires les ciroyens à prendre les armes. Piquenard >
lun d'eux, monta plufieurs jours fur le bereati de la fociété > pérora,.réclama tous'les citoyens dans les lieux publics
partie. Auffiro: quals connurent las réalité de ce
projet, tous les fecréraires de la commiflion civile fé mirent
en mouvement 3 ils fe rendirent atl club des Amis de la
Convention nationale, excitèrent par los motions les plus
incendiaires les ciroyens à prendre les armes. Piquenard >
lun d'eux, monta plufieurs jours fur le bereati de la fociété > pérora,.réclama tous'les citoyens dans les lieux publics --- Page 209 ---
ob ilsfe trouvoient. Ils fe rafemblirent. 9 & ilp parvint parfes
manceuvres & Lelles de fes collegses a rare p.endre les
armes alix habitans, le iS odtobse 1792, quatre heures
apres midi; CE jour-là ia commone-aveit reçu lapirmitlion
de s'aflembler legei lement. Fas citoyens fe reenirent dans
Tégliie; ce méme Picqoenerd s'empara de la chaire, ec
firit fon diiccurs 4 ébément par CeB mbts: Cc Nos momens
> font précieux; la délbérarion sft fuffifante: aux armes >
> cioyens, aux armes! >> Ce cri dei suerre prononcé avec
force voie de bouche en bouche, & chacun forit pours'ar-,
mer, & le" réndit enfuive iur le pitce d'armes. La nuit approchoit, ils ignoroient le nombre de leurs ennemis; il étoit
prudent de ne fien encreprendre dans Tobfcurité, & ce ne
fur pas fans peinc quelon parvint à ralentir leur ardeur
juiqu aulendemam, & à copvertir eil patrouilles noinbreufes
la force armée qui S étoit rendue pour combattre: les partifans du gouvernement & ieurs latellites eil firent audi 2
mais le nombre leur en impofa, & leur rage impuiffante
fe bornagour cette uuit aux inveétives qu'ils fe permireat.
Le lendemain 193. les mêmes fecréraires fe rendirent parmi
les ciroyens, & les dérerminerent à courir aux armes. La
généralo fut battue 5 tout le monde fe rendir à fon pofte,
& fur les-cing heures du foir 2 Campfort s Touzars 2
Poitou, la Morandière & quolques autres furent embarqués & conduirs par Polverelà bord du vaiffean VAmirica.
Dix mille hommes dans cetce journée étcient fouslesarmes,
c'eft-à-dire tous les habirans de la ville du Cap. Polverel
revint enfuire comjlimenrerla garde narionale & les troupes
far leor dévouement à la chiote publiqae , & fur la manière
diftinguée avec laqueile tout le monde. s'étoit comporté. Il
engagea les EIS a tunuer danspleurs cafernes, 3 les autres a
fe tépater, & promt de faire Aroit fur les dénonciations
portées par les citoyens conte les autres traitres accufts
d'etre les auteurs des malheurs de Saint-Daningue. Blanchelande & tous les partifans, ainfi que Polverel & Sonthonax, avoient pour bur la deftruction de la colonie; ainf
que lei, ils vouloient employer poar fa deftraction le fer >
le feu, la déporration & e poifon; ainfi que Blanchelande,
ils vouloient s'approprier toutes les dépouilles des habitans.
après les avoir4gorges ou mis en fuite. Le réfultat de-leur
a
etre les auteurs des malheurs de Saint-Daningue. Blanchelande & tous les partifans, ainfi que Polverel & Sonthonax, avoient pour bur la deftruction de la colonie; ainf
que lei, ils vouloient employer poar fa deftraction le fer >
le feu, la déporration & e poifon; ainfi que Blanchelande,
ils vouloient s'approprier toutes les dépouilles des habitans.
après les avoir4gorges ou mis en fuite. Le réfultat de-leur
a --- Page 210 ---
206,
conduite futle même ; ils ne différoient
dans les
& les crimes médités alors par le gouvernement que
furent moyens,
rement exécutés depuis par les commifaires
ftricle
civils; ce
prouve, c'eft que ces hommes accufés & convaincus qui
tous les maux de la colonie ont cependant été traités de
beaucoup de ménagemens & d'égards par les
avec
civils. Pour vous donner l'idée des crimes dont commiffaires ils
rendus coupables, je vais vous lire leur proclamation s'étoient du
27 oétobre 1792.
: Proclamation de Polverel, Sonthonax & Ailhaud,
A CIror E N S,
ils >> Vos plus gran'ds ennemis étoient au milieu de vous 3
n'y font plus 5 vous en voilà délivrés à jamais, Ceux
qui avoient exciré ou protégé la révolte de vos
ceux qui avoient fait égorger VOS pères, vOs framps, elclaves.; vos
époufes, vos enfans, briler & dévafter vos
ceux qui, chargés de diriger la force publique contre propriéréss lesbrigands, la tourncient contre vous-mémes 5 ceux
révéloient aux brigands le fecret de vOS forees & de qui votre foibleffe, le lieu, le jour, le moment des marches & des
attaques deves projetées; qui leur difoient : Aujourd'hui vous
fuir, parce que votre défaite feroit inévitable demain vous pourrez nous attaquer ou nous attendre de ; pied
ferme, parce que vous ferez flrs de vaincre; ceux
faifoient diftribuer aux brigands les armes & les munitions qui de
guerre & de bouche, que la métropole vous
votre défenfe; ceux qui ont fair périr les trois envoyoit quarts pour des
brité troupes qui font venues à votre fecours, foit par linfaludes lieux ot ils les ont poftées, foit par
ils les ont fait languir, foit en les difléminant. linactionou fous le feu
des brigands à de tres-gtandes diftances les uns des
fur des points oi elles ne pouvoient pas fe fecourir autres, mutuéllement > & où les brigands poavoient facilement les
couper; ceux qui ont laiffé quelquefois pendant plus de
quinze jours les camps fans tin mot d'ordre commun
pir leur fervir de fignal de reconnoifance 5 ceux qui ont qui f
long-temps fomenté les haines, fi long-temps foufilé le feu
minant. linactionou fous le feu
des brigands à de tres-gtandes diftances les uns des
fur des points oi elles ne pouvoient pas fe fecourir autres, mutuéllement > & où les brigands poavoient facilement les
couper; ceux qui ont laiffé quelquefois pendant plus de
quinze jours les camps fans tin mot d'ordre commun
pir leur fervir de fignal de reconnoifance 5 ceux qui ont qui f
long-temps fomenté les haines, fi long-temps foufilé le feu --- Page 211 ---
la guerre civile entre les diffétentes claffes d'hommes
res , pour qu'ils s'égorgeallent entreeux , pourles empécher
fe rallier à la déienie de la caufe commune ; ceux qui
t voulu vous armer contre nous-mèmnes, parce que notre
flion & notre voeu impercurbable étoient de vous ramener
s au centre d'unité, fans lequel la colonie ne peut jahis renaitre de fes cendres; ceux qui fondoient des efpéhces de contre-révolution, en France, fur tant de calami-
- fur l'anéanriffement de la colonie, fur la ruine du
mmerce français; ou qui, encouragés par les fuccès épheEres du traitre Béhague, fe Aattoient d'arborer bientôr le
villon blanc à Saint-l Domingue , & de-vous courber de
uveau fous e joug du defpotifme .. . . Ces hommes ne
ht plus >),
Te pourrois encore vous lire une lettre de Sonthonax, Poltel & Ailhaud, du 25 oétobre 1792 5 mais elle a déja
lue plufieurs fois par fragmens. ils y font à peu - près
même énumération
celle que vous venez d'entendre,
S crimes de ceux
déportoient; 5 mais pour ne pas
-
ait
ufer de VOS momens. 2 je la fupprime,, parce que je crois
clle a été relatée prefqu'emièremen: dans les précédens
bats. D'après l'énumération des faits dont vous venez
ntendre la leéture > pourriez-vous penfer que ces mêmes
lividus, une fois rendus à bord, ont eu la permiflion d'y
cevoir leurs parens, leurs amis, que le fcellé ne fut point
pofé fur leurs papiers. 2 qu'on leur rendit tout ce qui
r appartenoit, qu'ils ne furent point déclarés en état
trellation, & qu'a leur arrivée en France ils eurent un
pis pour venir rendre compte de leur conduite à la barre
la Convention, à dater rdu jour de leur débarquement?
On hit la pièce fuivante :
gerait du mémoire de Cambefort 3 préfenté à la Conyertion
nationale.
ec C'eft alors que commença une fcène atroce. Ia Cale, a
Rivage, la Batterie, > les autres embatcations fon: remplies
hommes armés; les cris, les vociferations, les inlultes
eurent un
pis pour venir rendre compte de leur conduite à la barre
la Convention, à dater rdu jour de leur débarquement?
On hit la pièce fuivante :
gerait du mémoire de Cambefort 3 préfenté à la Conyertion
nationale.
ec C'eft alors que commença une fcène atroce. Ia Cale, a
Rivage, la Batterie, > les autres embatcations fon: remplies
hommes armés; les cris, les vociferations, les inlultes --- Page 212 ---
les menaces,' les fufils préfenrés fur la poitrine des offi
ciers, ia" demande de leurs armes, les canons qu'on avoi
fait fuivre, enfin 7 à 8 mille hommes pour en
une
embarque
quarantaine , tout fit croire que le chef & ceux qui
par devoir, par honneur & par-obéiffance envers les com
miffaires, l'avoient fuivi, alloient ètre autant de viétimes
Cn demanda avec le même tumulte que noys fullions con
duits à bord de VAménicas cette demande fut acceptée fan
aucune repréfentation par des hommes quir regardoien
comme peu important ic choix du lieu dans lequel ilss'at
tendoient à être facrifiés.
>9 On nous conduifit à bord de ce yaiffeau 5 nous rci
tames en rade dix jours,. pendant lefquels
a lailt
la liberié de recevoir nos amis & de leur TE Cambys
commandint du dernier convoi, vint de la part des com
miffaires nous donner la lifte des batimens pièts à fair
voile, Le 27,, il fut remis à chacun de nous, par un offi
cier de fon bord un extrait du procès-verbal ou arrèté de
commiffaires; cet ordre nous accordoit un mois de délai
du moment de notre arrivée en France, pour nous rendr
à, la Convention nationale, & déclaroir que nous n'e étion
pas en état d'arreftation 3,
Ceux qui furent embarqués, & dont. vous venez d'en
tendre les noms , n'éroient pas les feuis dont la coloni
avoit à fe plaindre. Une longue lifte des anieursdenos mau
fut préfentée par la coimune du Cap à la feciéré de
Amis de la Convention; ; clle étoit fignée par la majeure
partie des citoyens, des matelots, fous-oficiers & foldats
le 16 oétobre 1792. Elle fut demandée par les commifaires
civils, à qui elle fut remife. Je vous ai déja dit qu'eile ef
reftée trois jours entiers entre leurs mains, qu'ils ont augmenté eux-mêmes les noms de ceux qui Y étoient portés
&c que ce n'eftque trois jours après qu'elle fut livrée à l'im
preffion.
Sonzhonax : Je demande que Je citoyen Verneuil juftifie
de la demande que nous avons faite de cette lifle.
- Varneuil: Sonthonax me demande que je juflifie de lademande qu'ils ont faite de cette lifte. Il me femble avoir vu
ile ef
reftée trois jours entiers entre leurs mains, qu'ils ont augmenté eux-mêmes les noms de ceux qui Y étoient portés
&c que ce n'eftque trois jours après qu'elle fut livrée à l'im
preffion.
Sonzhonax : Je demande que Je citoyen Verneuil juftifie
de la demande que nous avons faite de cette lifle.
- Varneuil: Sonthonax me demande que je juflifie de lademande qu'ils ont faite de cette lifte. Il me femble avoir vu --- Page 213 ---
n'rer ici un de ces jours derniers Picquenard, un de leurs
ecrétaires. Si la conmiftion croit qu'il foit utile de le manc'eft Picquenatd lui-même qui a mis le tirre dont je
ler,
donner lecture, , & certainemene. il ne niera pas
ais vous même litte eft reftée pendant trois jours entre.
que certe des coumiflaires. 1I me icroit impcfible de vous
esi mains
ont eu cette litte pendant trois jours 5 mais
prouver our-à-l'heure qu'ils je vais vous prouver que la lilte manufcrite
été entre les mains de Poiverel & Sonthonax.
Sonthonax : Ce n'eft pas cC que je demande à Verneuil.
Jc lui demande de juftiner de la demande que nous avons Si
faite àla commune du Cap d'une lifte de profcriprion. Eh
nous avons Fait cette demande, elle a été cificielle.
bien ! qu'on rapporte cet ordre.
Verneuil : La demande n'a pas été faite officiellement à
dû Cap; c'eft un des fecreraires de la comla commune civile, nommé Picquenard, qui a ére chargé de
million venir la demander au nom des cemmillaires 5 cette lifte
remife; elleef teftée troisjours enire leurs mains.
lui a été
le
Polverel & Sonthonax ont augmencé conlidérablement
nombre de ceux qui étoient pertés fur cette liite.
Sonthonax : Je n'aij jamais donné la miffion à aucun feerétaire de demander à un attroupement formé fous le nom
de cominune du Cap, aucune litte de' profcription. J'aurai
occafion dans le cours de la difcullion de vous prouver que
j'ai écrit contre cette lifte, queje me fuis élevél contre cette
j'ai défendu qu'il lui fût donné fuire.
lifte, que
Verneui: : Je vais vaus prouver d'une manière très-peremptoire que cette lifte a éié entre leurs mains.
Le préfident : Iln'a pas nié cela.
Sonthonax: Elle m'oft tombée entre les mains lorfqu'elle a
a éré imprimée.
Verneuil : Point du tout, manufcrite 5 je le prouverai
de
déja été mife furle bureau,
par une lettre fecrétaires Polverel quia de la commiflion, reconnue par
écrite par un des
de fa main. Elle eft en
Polverel pour avoir été apoftiliée
date du 16 décembre 1793 2 adrelfee à Sonthonax; ceftune
lettre confidentielle.
tombée entre les mains lorfqu'elle a
a éré imprimée.
Verneuil : Point du tout, manufcrite 5 je le prouverai
de
déja été mife furle bureau,
par une lettre fecrétaires Polverel quia de la commiflion, reconnue par
écrite par un des
de fa main. Elle eft en
Polverel pour avoir été apoftiliée
date du 16 décembre 1793 2 adrelfee à Sonthonax; ceftune
lettre confidentielle. --- Page 214 ---
(Illit:)
Cc S'ileft vrai, comme On vous l'a dit,
fini par diffoudre le club,je vous
que VOHS ave
cet acte comme une fuite néceflaire plains de : je regarde bie
avez laiffé prendre fur vous 5 maisil n'en l'empire eft que vou
une violation manifefte des droits de Phomme pas & du moin
toyen; & de plus, il ne remédie
ci
le club s: vous n'anéantiflez
les àrrien, car, en dérruifan
ritez par un aôte d'oppreflion, pas & individus; vous les 11
réunir , foit en attroupemens
vous les autorifez â f
légales de la commune. Ce n'eft tumultueux, ainfi foir enaffemblées
opéré pendant que nous étions enfemble pas
que nous avions
de
au Cap. La
nous
prolcription
fut préfentée alors,
litte
nombre prodigieux de lignatures,
, revêtuc d'un
la commune 32.
appuyée par le vceu de
D'après l'énonié de ce parngraphe - vous
verel &. Sonthonax ont eu une parfaite connoilfance voyez que de Pollife, qu'elle a été revêtue d'un nombre
cette
Snarures; & tout -à- Theure,
prodigieux de fileéture du titre que
> je m'en vais vous donner
ra jafqu'à l'évidence portoit cette lifte, qui vous démontrede ceux quiy y font dénommés. qu'ils n'ont point ignoré les crimes
Page : Il eft bon d'obferver que fir la lifts
n'y a pas une feule fignature, &c Gi Polverel a dit imprimée,il
de Agnarures 5 ce n'étoit donc pas la lifte
bezucump
la lifte manwicrite,
imprimée, c'étoit
Verneuil: Le titre que cette lifte porte fur fait
quenard, l'an des fecrétaires de la commiffion.
Pic- &
Picquehard 2 quitté le
PEREP
Cap avec Polverel le
1792; il eft donc éviden: que Polverel &
29 octobre
ont eu connoifance, puifque Picquenard a quitté Sonrhonax le en
& que c'étoit lui qui avoit inféré le titre dont je Cap, vais
donnerlcéture.
Sonthonas: J'ai cependant à obferver fur la
de cette lifte, qu'il peur fe faire que Polverel connoifance ait eu connoiflance d'une lifte revêtue del fignatures; mais moi ofi-
il eft donc éviden: que Polverel &
29 octobre
ont eu connoifance, puifque Picquenard a quitté Sonrhonax le en
& que c'étoit lui qui avoit inféré le titre dont je Cap, vais
donnerlcéture.
Sonthonas: J'ai cependant à obferver fur la
de cette lifte, qu'il peur fe faire que Polverel connoifance ait eu connoiflance d'une lifte revêtue del fignatures; mais moi ofi- --- Page 215 ---
21I
eiellement, individuellement , je n'ai eu connoiffance que
de la lifte imprimée fans fignatures, (ans nom d'auteur.
Claufon : Vous voyez que la lettre de Polverel à Son-"
thonax dit que la lifte leur a été préfentée.
Sonthonax : La lettre porte qu'elle nous a étépréfentée;
mais elle ne porte pas de ma part aveu de l'avoir vue, car
il arrivoit fouvent que lun des commillirescivils, quoique
réunis, avoit connoiffance individuelle & féparée des fairs
que l'autre ne connoifloit pas.
Verneuil: : Sonthonax. avoit une parfaite connoiffance de
cette lifte manufcrite;j'ai dit dans les débats antérieurs que
j'étois prefque toujours chargé de lui porter la parole; je
fus député nombre de fois à Sonthonax lui-même pour lui
demander l'expulfion de plufieurs de ceux à quiila accordé
une parfaite prorection, & j'ai eu occafion de lui parler
plus de vingt fois de cette lifte dont il avoit une parfaite
connoiffance ; ainfi ce que vient de dire Sonthonax eftune.
divagation.
Sonthonax : Je répondrai péremptoirement, > lorfque la parole me fera dévolue.
Page: Cela eft G vrai que Polverel lui-même 3 dans une
féance oà il a été queftion de lifte > a répondu : Cela ne me
regarde pas, cela regarde Sonthonax. On
confulrer les
débats antérieurs; d'ailleurs j'obferve que PoeA un aéte
blic & revêtu de plufeurs fignatures,
puBrulley: C'étoit un acte public, un aéte de la commune;
il eft impollible que Sonthonax, alors commiffaire civil >
ne en eût pas connoiffance.
Sonthona: : Si cette lifte a été dreffée par la commune
allemblée, les procès-verbaux exiftent. I1 eft impoflible que
les colons mes accufateurs n'aient pas apporré ces
verbaux; je demande qu'ils foient dépolés fur le bureau. procèsLa commiflion ne peut reyarder comme authentique une
pièce qui ne dui eft pas repréfentée.
Duny, : Je prends l'engagement de prouver demain que
Polverel & Sonthonax ont ordonné à ia commiffion ài-
lemblée, les procès-verbaux exiftent. I1 eft impoflible que
les colons mes accufateurs n'aient pas apporré ces
verbaux; je demande qu'ils foient dépolés fur le bureau. procèsLa commiflion ne peut reyarder comme authentique une
pièce qui ne dui eft pas repréfentée.
Duny, : Je prends l'engagement de prouver demain que
Polverel & Sonthonax ont ordonné à ia commiffion ài- --- Page 216 ---
termédiaire de s'occuper de cette lifte, & d'avoir à prononcer dellus.
Sonthonax : Ce n'eft pas de cela qu'il s'agit 5 vous le
prouverez facilement 2 car ma proclmation cxiite; mais
vous ne prouverez pas que la commune du Cap ait dreflé
procès verbal d'une lifte de proicription demandée par les
coramiffaires- civils.
Claufon : Vous voUs êtes emparé de toutes les pièces &
de tous les dépôts publics.
Vernexil: Voici le titre de la lifte dont je viens deparler,
qui a été rédigé par Picquenard, focrétaire de Polverel.
Noms des perfonres traitres 2 la pacrie 3 auteurs des maux
de Sant-Loningue, don: les infames projets étoient de
jaire égorger les cicayuns d. toutes les claijes Lzs uns
les aueres, & de livrer nos propristés aux émigrés de E
blenz, donnés à la focisté des r'mis de la Convintion
Nationale par la commune du Caps les fous - oficiers -
foldats d: la garnifon 3 81s marins employés dans l'expaidition, préfentéss à MM. les commif: :ires nationauxe
civils, comme des hommes dangereux e couverts du fang
de icurs concitoyens, avec infiante piière. d'en ordoaner
l'embarquement 8 l'enyoi en France dans le plus court
délai.
Dans la lifte dont vous venez de voir le titre,les noms
des Caiufch, des Gauvin, des Roxvrai, des Gatterrau,
le folliculaire dont vouS a parlé ici plufieurs fois Sonthonax, de Dofigné, > habirant du Gros-Momne, que Sonthonax
a mis aufi fur la fcène , tous ces individus y font inferits;.
mais vous devez vous rappeler que 2 d'après la déclaration
de Polverel lui-mème, ce Gaxvin dont il a été tant de
fois queftion loin d'êrre arrêté comme égorgeur &c dévaftateur de fon
, a reçu de Polverel 3 Sonthonax
uil pafle-port pour F2 rendre aul quuarier de Térémie. Je
pxie le préfidenr d'interpeller Sonthonax de déclarer fi aucun
de ceux qui ont été portés fur cette lifte, excepté ceux, qui
ont été embarqués le 19 octobre 1792, & quelques of
ficiers
a été tant de
fois queftion loin d'êrre arrêté comme égorgeur &c dévaftateur de fon
, a reçu de Polverel 3 Sonthonax
uil pafle-port pour F2 rendre aul quuarier de Térémie. Je
pxie le préfidenr d'interpeller Sonthonax de déclarer fi aucun
de ceux qui ont été portés fur cette lifte, excepté ceux, qui
ont été embarqués le 19 octobre 1792, & quelques of
ficiers --- Page 217 ---
ficiers de la marine, il en eft un feul qu'ils aient fait
paller en 1 France pour caufe d'incivifme ou de fufpicion.
Sonthonax : Je réponds à l'interpellation n; que la difcuffion fur cette lifte devant être appuyée de faits antérieurs
ou poftérieurs à l'opération décilive que nous avons faite
fur la déportation générale de.ceux qui y étoient infcrits, >
je ne puis y répondre que.dans le cours de la difcution,
lorique la paroie me fera dévolue.
Verneuil : Chiroyen-préfident, je vous prie de vouloir bien
interpeller Sonthonax fi, au contraire, > plufieurs perfonnes
Héfignées fur cette lifte, n'ont pas reçu de lui des paffeports pour paffer dans différens endroits de la colonie, & fibeaucoup d'eux ne font pas reftés au Cap.
Sonthonax : Je n'ai pas connoiffance qu'un feul ait eu
Hes palle-porrs de moi pour fe rendre dans différens
tiers, de la colonie; j'ai connoiflance au contraire d'une quarclamation qui leur enjoint de fortir de la colonie 8 jours propprès la publication de cette proclama:ion.
Fondeviolle : J'ai expédié des paile-ports à
tous
ceux qui éroien: fur cette lifte. Comme fecréraire prefque de la
municipalité, j'ai été forcé de leur lâcher leurs
tionnés par Sonchonax.parce que Sonthonax les mettoit paffe-ports. fous
a protedtion de la ioi.
-
Sonthonax : Les regiftres de -la municipalité du
Hoivent faire mention des paite-poris que j'ai accordés. . Cap
Fordeviolle : Vousles avez fait brûler.
Sonthonax : Lorique nous ferons à l'article des incen-.
Hies, nous verrons quels furencles incendiaires.
Fondeyio.le : C'eft vous.
Son honax : C'ef vous,.c'eft votre digne acolyte écarté
des débats. Ciroyens, il-eit inurile d'interpeller continuellement pour divaguer. J'ai fait deux proclamarions; je me
réfere à ces prociamations : voilà les actes qu'on'a à
duire. Jle elt bien étonnanr que ceux qui me démoncent Pe
veuillent être dénonciateure & témoins; il ne s'agit pas
Tome IP. Trentefivième liyraijon.
P
,.c'eft votre digne acolyte écarté
des débats. Ciroyens, il-eit inurile d'interpeller continuellement pour divaguer. J'ai fait deux proclamarions; je me
réfere à ces prociamations : voilà les actes qu'on'a à
duire. Jle elt bien étonnanr que ceux qui me démoncent Pe
veuillent être dénonciateure & témoins; il ne s'agit pas
Tome IP. Trentefivième liyraijon.
P --- Page 218 ---
de témoignages verbaux, il s'agit d'aétes authentiques, Je
vous déclare que je n'ai aucune connoilfance des prétendus
pafle-ports dont vous me parlez 5 que fi j'ai donné des
palle-ports, s cen'eft qu'à ceux qui n'éroient point accufés
des faits pofitifs, & qui in'étoient pas convaincus d'être bet
auteurs des délits commis dans la colonie. J'avois le droit
de les mettre fous la fauve-garde de la loi, parce qu'un citoyen quin'el pas accufé legalement, dans les formes prefcrites par la loi, doit être fous la fauve-garde de1 la loi: voilà
ce que jai à vous répondre. Je demande que les débats
continuent.
Senac : Il y aura beaucoup de chofes dont nous ne
pourrons donner des preuves matérielles, & que Sonthonax fe propofe de nier; mais il eft. bon de vous dire
quand nous avons été obligés de fuir, il ne nous a DEE
poflible d'emporter aucun des papiers qui pouvoient
ver notre innocence; car moi,Jai été forcé de fuir SOOE
Domingue, 3 le fer dans les reins. Il fait que je- fuis forti
déguifé en matclot, fans pouvoir emporter une feule pièce
qui eût. pu prouver mon innocence. Il en eft autant de
tous ceux qui ont éré déportés, de tous ceux qui Ont été
forcés de fuir, & il eft étonnant qu'aujourd'hui Sonthonax
vienne demander des preuves natérielies, quand le fait eft
aufli évident.
Sonthonax : Il eft de principe qu'on ne peut décruire un
néte-auchentique par des témoignages verbaux. Il eft bien
étonnant
pour faire tomber l'anchenticiré d'un acte
public dans Ai: colonie, - on vienne préfenter
temoins
des coions mes accufateurs, ceux dont jai EE obligé de
froiffer les intérêts par devcir, par amour pour la patrie.
Citoyens, les colons divaguent fans ceffe fur les déportations 5 & ce Sénac qivousditquila fuidéguifs. en matelor,
a été arrêté chez lui & conduit à bord d'un bâtiment
être envoyé ei Frarice; 8c cet homine arrêté chez FRt
mis à bord d'un bâtiment pour arriver en France, dit
qu'il a fui déguifé.
Senac: Il eft faux, parfaitement faux que j'aie été arrêté
chez moi. Le 13 avril, Sonthonas & Polverel font defcendus
au Port-au-Prince; j'ai fui le 13 avril au matin, parce
en matelor,
a été arrêté chez lui & conduit à bord d'un bâtiment
être envoyé ei Frarice; 8c cet homine arrêté chez FRt
mis à bord d'un bâtiment pour arriver en France, dit
qu'il a fui déguifé.
Senac: Il eft faux, parfaitement faux que j'aie été arrêté
chez moi. Le 13 avril, Sonthonas & Polverel font defcendus
au Port-au-Prince; j'ai fui le 13 avril au matin, parce --- Page 219 ---
que j'ai été prévenu que j'étois à la tête de la lifte de
profcriptien dreflée par Sonthonax, & dont étoit porteur
Lapointe, > mon plus cruel ennemi, par celafeal
j'étois
patriote, & Lapointe un contre-révolutionnairs. R.m me fuis
caché dans les décombres & des ravalemens des maifons
de mes amis. Je reftailà pendant fix jours fans pouvoir vivre de ce que me faifoit palfer ma femme , & Jai été obligé
de me déguifer en femme pour me tranfporter à bord des
vaifleaux améticains. J'empruntai de plufieurs matelotsdes
vêtemens pour me fouftraire aux perquifitions de Polverel
& Sonthonax; & c'eft le 19 avril que je me fuis embarqhé, au milieu de la rade de Léogane, >, dans un bâtiment
américain, & je fuis abordé, le I5 mai, à
Il e infame, il eft déteftable de dire que j'aie Philadelphie. été arréré;
& en fuppolant que éela fat yrai, quand il s'agira des
déportations, , je demanderai quel étoit mon crime.
Sonthonax : Il eft étonnant que Senac fe préfente comme
un homme perfécuté, comme un homme fuyant déguifé
en femme pour échapper à la perfécution; il eft bien étonnant qu'un homme qui préfidoit la commune du Port-auPrince quand il arriva une lettre de la Jamaique pour exciter le peuple au Port-au-Prince, & continuer la révolte
contre les commilfaires civils; il eft bien étonnant que Senac
qui préfidoit cette commune.
Le préfdent : Je te rappelle à l'ordre de la difcuffion,
Sonthonax : Rappelez-y donc aufli Senac.
Ic préfident : Il s'agit d'un fait matériel.
Verneiil: Sonthonax a dit, dans une précédente féance,
qu'on lui avoit préfenté une lifte imprimée fans lignarure;
qu'iln'yavoit aueun fait matérielcontreles perfomnesinfcrires
fur la lifte; qu'il ne croyoit pas avoir le droi: de vie
contr'eux. Quoi ! lorfque toute une. commune, les citoyens,
les fous-officiers, les foldâts de la garnifon, les marins
employés dans lexpédition, fe réunifent pour accuier
ceux quiyfont pottes,davoicyoulu: fairc égorger
de toutes les conleurs 3 qu'ils les dénoncent lesciroyens comme des
hommes teints du fang de leurs. concitoyens, avec infP2
royoit pas avoir le droi: de vie
contr'eux. Quoi ! lorfque toute une. commune, les citoyens,
les fous-officiers, les foldâts de la garnifon, les marins
employés dans lexpédition, fe réunifent pour accuier
ceux quiyfont pottes,davoicyoulu: fairc égorger
de toutes les conleurs 3 qu'ils les dénoncent lesciroyens comme des
hommes teints du fang de leurs. concitoyens, avec infP2 --- Page 220 ---
tante prière de les embarquer & de les envoyer dans le
plus court délai; lorfque cette lifte manufcrite 5 fignée de
tous les habitans > eft reftée trois jours entre les mains de
Sonthonax, Sonthonax feint de. douter de leurs crimes !
il élude les repréfentationsqui ilui font faites, & Sonthonax
ne feroit
leur complice ! En vain cherche-t-il à fe
difculper 11 la connivence avec eux, iln'y réuffira jamais.
Tour horame qui réféchit fera convaincu de fa perfidie.
Depuis le moment que cette lifte fut rendue publique, il
ne fc paffa pas un : feul jour fans que les citoyens ne
réitéralfent leuts inflances; & ce fut un mois après que >
preffé de nouveau, il rendit, le IS novembre 1792, une
proclamation qui enjoignoit à la commiflion intermédiaired'avoir à déclarer fous trois jours fi ceux qui y font portés
font connus comme les auteurs des maux de la colonie:
D'après l'arrêté dela commiffion intermédiaire du 18, qui
déclare qu'ils ont juftement perdu la confiance de la COlonie, Sonthonax rend, le 28 du même mois, une proclamation par laquelle il promet de les chaffer de SaintDomingue > & le lendemain 21 il en fait parcitre une autre, oà il les mit fous la fauve - garde immédiate de la
loi.
(Ili:)
COMMISSION N. ATIONALE CIVILE,
Proclamation de Sonthonax, du 20 noyembre 1792.
cc Yu, 1". une lifte imprimée par Baillo le jeune > &
publiée fous le nom de la commune du' Cap, contenant
les noms de ceux qui font accufés d'être les auteurs des
maux de la colonie;
>> 2°. Notre proclamation du IS de ce mois, portant
que les membres de la commiflion intermédiaire feront tenus de s'expliquer dans trois jours fur la queftion de favoir G les fonctionnaires publics, infcrits fur ladire liAe
publiée fous le nom de la commune du Cap > oilt perdu
la confiance du peuple;
ous le nom de la commune du' Cap, contenant
les noms de ceux qui font accufés d'être les auteurs des
maux de la colonie;
>> 2°. Notre proclamation du IS de ce mois, portant
que les membres de la commiflion intermédiaire feront tenus de s'expliquer dans trois jours fur la queftion de favoir G les fonctionnaires publics, infcrits fur ladire liAe
publiée fous le nom de la commune du Cap > oilt perdu
la confiance du peuple; --- Page 221 ---
de la
intermédiaire du 18 de ce
>> y.Larrèté à T'article commiflion IV de notredite proclamation,
mois, en réponfe
ceux des fonctionnaires publics, dont
duquel il réfulte font inferits que fur ladite lifte publiée fous le nom de
les noms
du Cap, ont véritablement perdu la confiance
la. communede la colonie;
dans les circonftances critiques oà fe
9> Confidérast les
que de la partie françaife de Saint-Dotrouvent
auroit citoyens de Timprudence à laiffer plus long-temps
mingue e,ily les fonétionnaires publics > : connus & dénoncés
en place leur haine invétérée des principes de la révolution
françaife; pour
qu'il eft d'ailleurs du devoir de ces mêmes fonctionnaires publics de fubir l'oftracifme qu'sn leur impofe,
puifque leur préfence. he pourroit
fervir de. prétexte à
ides troubles de la domurs ;
la prolongation
les
citoyens infcrits fur ladite
5 Confidérant que
fimples & éloignés de toute efpèce
lifte, qui vivent paifiblement ;'ceux qui, étrangers aux
d'intrigue conrerevolntionaite, fe font tramés à Sainr-Marc >i aux Gonaïves 5
coimplors le qui cordon de IOueft, ie foumettent fans murmure
& dans de la loi, doivent être protégés par ceux qui en
au joug
font les organés :
ne
être troublés dans l'exercice des
35 Qu'ils
peuvent
les autorités conftituées
droits fociaux , ou pourfuivis par
que d'après des faits fur des preuves légales ;
>> Avons ordonné & ordonnons ce quifuit:
A R T I C L E P. R E M I E R.
en réfidence dans la
>> Les fonétionnaires dont les publics noms fe trouvent infcrits fur RPT
vince du nord, Baillo jeune,. & publiée fous le nom de
lifte imprimée du par Cap, font & demeurent deflitués de leur
la commune
de s'abfenter de. la coloxie, > fous
emploi, avec injonction des troubles que leur préfence y.
peine d'ètre tefpon(ables a
pecalionneroit
- Tome IV. Trentefixième livraifon.
)
P3
Les fonétionnaires dont les publics noms fe trouvent infcrits fur RPT
vince du nord, Baillo jeune,. & publiée fous le nom de
lifte imprimée du par Cap, font & demeurent deflitués de leur
la commune
de s'abfenter de. la coloxie, > fous
emploi, avec injonction des troubles que leur préfence y.
peine d'ètre tefpon(ables a
pecalionneroit
- Tome IV. Trentefixième livraifon.
)
P3 --- Page 222 ---
Autre; proclamation du 21 novembre 1791.
de CC l'article Surce qui, nous a été repréfenté que le fens littéral
premier du difpoliuf de notre proclaiation. du
jour d'hier , pouvoit lailler dcs doutes
nous avons donnée à l'arrété dela commiflion furlapprobation intermédiaire, que
relativeinenr à la lifte des perfonnes accufées d'avoir fomenté
les troubles de la colonie ;
9> Que l'idée oû étoient les citoyens s que Tordre de s'abfenter de la colonie enveloppoir également le fieur Pouget,
direceur- général' des finances :, formeliement
le, vdeu de la commiflion intermédi.ire, ainli que excépré les fieurs par
lacolonie Proily & François de Chaumont, qui ne peuvent quitter
qu'apres avoir rendu des comptes 5 que cette idée,
difons-nous, pouvoit, occafionner des troubles ;
>> Que l'article III de netredite
à la queftion déja propofée, de favoir proclamation fi les membres donne dela lieu
ci-devant affemblée coloniale ayant été falariés par la nation,
Hferont, comme'les autres fonctionnaires
à
s'ablentet dé la colonie; 5
publics, affujétis
>5 Confidérant que les membrès de F'affemblée B coloniale
ont été reconnus inviolables par un arrêré 5 qu'ili eft d'ailleurs dans les princines d'une. confituion libre,
les
opinions des repréfenrans du peuple ne foient foumifes que à
aucune. efpèce de refponfabilité; que cette
créer par tous les publiciftes, a. été conflamment doctriné, fuivie confal'allemblée nationale de France, refpectée méme par
au milieu des
te
ciroycns, de l'empire français: mouvemens qui ont agité la capirale
53 Avons ordonné & ordonnons ce qui fuit;
A: RTIC L E' P R E M E R.
95 Le feur Pouget , diredeur-général des finances de la
colonie, demeure formellement excépté du
ticle preinier de notre ordonnance du jour d'hier. difpolitifide Fars
blée nationale de France, refpectée méme par
au milieu des
te
ciroycns, de l'empire français: mouvemens qui ont agité la capirale
53 Avons ordonné & ordonnons ce qui fuit;
A: RTIC L E' P R E M E R.
95 Le feur Pouget , diredeur-général des finances de la
colonie, demeure formellement excépté du
ticle preinier de notre ordonnance du jour d'hier. difpolitifide Fars --- Page 223 ---
219.
35: Em conféquence il fera. maintenur dans fa
&.
fousia fauve-garde nationale.
place mis
HL." Ajournons à prononcer fur les" fieurs. Proify &
Francois de Chaumont, jufqu'nprès la reddition
comptess les mettant, par ces préfentes, fous-la de'leurs
garde nationale,
fauve-
-
3, III. Déclarons les membres de la ci-devant
coloniale inferits fur la lifte'publiée fous le nom de alfemblée la
mune du Cap;, inviolables pour leurs opinions." En confé- comquence > ceux qui ne fe trouvent point dans les
mens des Gonaives & de Saint-Marc , font mis, raffemble- par les
préfentes : fous la fauve-garde de la, loi, avec invitation
auxi municipalités de furveiller leur conduite 32,.
Vous venez de voir par ces deux proclamations
Pôl,
verel & Sonthonax accordent une prorection
que à
qui faifoient: partie de l'aflemblée coloniale. marquée Il y en avoit ceux
plulicurs de cette affemblée fur, la lifte 5 entr'autres
He Cadoufch, Polverel Dumas, &c
Jufal. Vous avez vu quece Gauvin Gauyins a reçu
de Sonthonax un pafle-port pour fe rendre
u. quartier de Jérémie. Dumas,. - le plus déterminé des facieux, Tagent de Blanchelande dévaflateur connu de Sainr-,
Dominguey ainfi rque Juftal; ont: aufli teçu.une protedtion
harquée de Sonthonax. Moi-mème j'ai été chez
our Ini demander Texpullion de Dumas: : la; deuxième Sonthonax fois
m'a fort mal reçu. Je prie le préfident de vouloir
Frpeller Sonthonax: de répondre cathégotiquement bienin
as été envoyé chez: lui par la fociéré populaire des fije.nai
e la Convention nationale, pour. lui demander
Amis
e Damas. &. de Juftal.
Texpullion
Sonthonax Ieft eres-vrai que Verneuil eft venu à la'
te d'attroupemens compofés de. 20 à 30. individus , à la
Ammiflion civile, 3 pour me forcer la main, fur la
Ps citoyens défignés. Je ne me rappelle pas qu'il déporration
ais. parlé de Dumass. mais.jaffure que. quand Verneuil m'ait. ja- &
ttoupe": d'affaflins fuffent venus POLE me forcer la main
phtre Dumas & Juftal, fans articuler les délits dont ils
oient coupables, J'aurois réfifté à Verneuil, parce qu'il
Ammiflion civile, 3 pour me forcer la main, fur la
Ps citoyens défignés. Je ne me rappelle pas qu'il déporration
ais. parlé de Dumass. mais.jaffure que. quand Verneuil m'ait. ja- &
ttoupe": d'affaflins fuffent venus POLE me forcer la main
phtre Dumas & Juftal, fans articuler les délits dont ils
oient coupables, J'aurois réfifté à Verneuil, parce qu'il --- Page 224 ---
étoit du devoir du commiffaire civil de ne déporter perfonne fans avoir contre lui des/preuves marériclles ou des
foupçons tellement graves qu'on ne pût empécher cette déportation.
Page: Sonthonax vient de vous préfenter comme des attroupemens féditieux des dépurations auxquelles ila luimème répondu, dans le Cas dont Verneuil vient de parler.
Voici ce
la fociété'des amis de la Convention arrèta le
17 Romate pour être, préfenté à Sonthonax..
Il lir: :
Arrêté de la fociété des Amis dela Conyention nationale >
du 17 novembre 1792.
ec Plufieurs membres ayant demandé qu'il fat nommé une
commiffion pour répondre à la proclamation de M. le commiffairenational civil, M.Flaveto rdemande la parole; & après
lavoir obtenue. > il propofe les eblervations fuivantes: >>
Déclaration des citoyens de la cominune du Caps réunis er
focistédes Amis de la Convention nationale.
nationale. confidérant
Ce Les amis de la Convention
,
que
les fcélérats dont les forfaits fcnt peints avec tant d'énergie
dans la proclamation de. MM. les commiflaires nationaux
civils, en date du 27 octobre dernier, font toujours fous
le coup de l'indignation publique;
>> Confidérant que les traitres que la commune du Cap
leur a délignés comme des hommes dangereux & teints'du
fang de leurs concitoyens ,.n'ont pu cefler de l'être, & ac
quérir aucun droit à la bienveillance des repréfentans de
la nation 5
> Confidérant que le féjour prolongé dans la colonie de
ces hommes pervers & profcrits
l'opinion publique le ne
que renouveler fans, ceffe 2 aigrir plus vivement
juftes peur reffentimens d'un peuple irrité;
ignés comme des hommes dangereux & teints'du
fang de leurs concitoyens ,.n'ont pu cefler de l'être, & ac
quérir aucun droit à la bienveillance des repréfentans de
la nation 5
> Confidérant que le féjour prolongé dans la colonie de
ces hommes pervers & profcrits
l'opinion publique le ne
que renouveler fans, ceffe 2 aigrir plus vivement
juftes peur reffentimens d'un peuple irrité; --- Page 225 ---
>> Confidérant enfin que la proclamation du 15 de cemois
n'eft que l'exprellion d'une loi diétée par l'amour de l'ordre,
fans être un attentat aux droits facrés que la conftituticn
garantir à tous les Français; que les principes qu'elle
fente ont toujours été & feront toujours la bafe de Jeur pré- inftitution, & qu'ils n'ont jamais prétendus'écarter des bornes
dans lefquelles ils font circonferirs; les amis de la Convention narionale ont jugé convenable au falat de la chofe
publique > que toute la fociété, organe du peuple entier
le tranfportera pardevant M. lc commiffaire national civil;
qu'elle lui peindra > par l'organe de fon préfident, les inquiétudes qu'infpire à tous les citoyens le féjour
font
dans la colonie les trairres dont la commiffion nationalecivile que
a accueilli la dénonciation; ; qu'elle Tinvitera, au nom de
la patrie en danger, de vouloir bien donner fuite à la dédu nonciation qui leur a été faite > au nom de la commune
Cap;
2> Qu'elle lui repréfentera que la proteétion fignalée
vient d'accoxder à un citoyen dénoncé, > quoique fondée qu'it fur
l'obfervation des leis, peut devenir un encouragement
ceux qui fe font répandus dans les divers cantons de pour cette
colonie; qu'elle lui mettra fous les yeux les outrages que fes
collègues viennent d'éprouver dans la ville de Saint - Marc
par une partie de ces hemmes pervers, & l'indignation
cet événement infpire à tous les bons citoyens ;
que lui
déclarera que la confiance du peuple dans fes qu'elle chefs fera
toujours femée de méfiance & d'inquiérude, tant
verra
dans fon fein les monftres qui ont contribué à la qu'il ruine de
le cette fort colonie > & tant que fon opinion ne fera pas fixée fur
totalité qu'ils de fes doivent éprouver; qu'elle lui proteftera que la
membres eft animée du
& que fi des citoyens aigris
le malheur plus
patriotifime, font
un
PAE
écartés
inftant du fentier de la PE ils trouvent leur excufe dans
le motif de leur conduite ;
>> Déclare qu'elle regarde les articles VI, VII, VIII &
IX de la proclamation du 15 de ce mois comme la manifeftation de la volonté nationale, puifée dans lest décrets
de la conftitution > 'dont la fociété a fait & fera toujours
ft animée du
& que fi des citoyens aigris
le malheur plus
patriotifime, font
un
PAE
écartés
inftant du fentier de la PE ils trouvent leur excufe dans
le motif de leur conduite ;
>> Déclare qu'elle regarde les articles VI, VII, VIII &
IX de la proclamation du 15 de ce mois comme la manifeftation de la volonté nationale, puifée dans lest décrets
de la conftitution > 'dont la fociété a fait & fera toujours --- Page 226 ---
la-bafe de fa conduite; que loin de trouver dans cet acte
dicté par l'amour de l'ordre une atteinte portée à fon exiftence 3 eile le regarde au contraire comme le palladium de
fon inflitution >.
Ce citoyen , c'étoit le même Dumas & ce Juftal dont'
vient de vous parler mon collegue Verneuil. Vous avez encore occafion de voir par la Jecture, que je viens de faire de
cette picce,
la melure prife par la commune du Cap
de dénonser 95 Sonthonax les fédireux du Cap, n'étoit que
le réfiltat de la proclamation des commiffaires civils, du
28 oétobre 5 & enfin voici la réponfe que Sonthonax fait
à cette députation nommée par lui raljemblement de
tieux.
facVerneuil : C'étoit moi qui portois la parole.
Page: Voici la réponfe de Sonthonax:
(Ilit:).
cc CITOYENS,
>3 Je réçois avec une vive fatisfaétion le témoignage éclatant de votre foumillion à la loi ade votre refpectpour les
autorités conftituées.
33 Déja les ennemis du bien public tiroient avantage de
votre filence : pour vous peindre comme des factieux infracteurs des lois & violateurs de tous les principes; votre
démarche va les anéantir.
5> Comme votre frère &c ami,javois pris votre défenfe;
comme magiftrat, je protégerai VOS droits; ils font garantis
par la conftiturion : ne craignez pas que, le délégué de la
nation françaife y porte jamais atteinte. >>
Sonthonas: Je prie le préfident d'interpeller Page de déclarerfi la réponte qu'il ie prète, & qu'il vient de lire, a
été faire à la députation chargée de demander la déportation
de Dumas..
ère &c ami,javois pris votre défenfe;
comme magiftrat, je protégerai VOS droits; ils font garantis
par la conftiturion : ne craignez pas que, le délégué de la
nation françaife y porte jamais atteinte. >>
Sonthonas: Je prie le préfident d'interpeller Page de déclarerfi la réponte qu'il ie prète, & qu'il vient de lire, a
été faire à la députation chargée de demander la déportation
de Dumas.. --- Page 227 ---
Page : Je ne fais pas fi c'eft Dumas ou un autre.
Sorithonax: : Il y a dans cette réponfe une mauvaife foi
que je dois relever far-le-champ.Lorique l'onm'a demandé
continuellement S des déportations, lerfque le club voulcit
ufurper une autorité rivale de celle dcs commiffaires;,
qu'on me demandoir, dis-je, des
lorfmembres de l'aflemblée coloniale qu'on dépprtations accufoit contre des
opinions, j'ai toujours déclaré quej je
pour & j'ai leurs
ffté aux cris féditieux. J'étois précifément rémitereis, dans la méme réfition
l'affemblée nationale, lorfqu'une fociéré
podiéter des lois à la France > vouloir confncrer le vouloit
J'étois dans les mêmes rapports, j'étcis alcrs fous 31 le mai,
teau des affaflins qui couroient les rues
couforce une foule de citoyens paifibles, & pour embarquer de
toyen Maffar, capiraine de port, âgé de notamment près de 80 le ciVerneuil, à la tête d'un raflemblement, fi: briller fon ans.
aux yeux de cet homme , Tem-barqualuiméme dans une fabre
loupe, & le força à aller à bord du vaiffeau T'Eole, chaalors que je fis une proclamation le lendemain
C'eft
réintégrer ce malheureux Maffat dans fon
pour faite
jai répondu à la fociété des amis de la Convention domicile.Lor/que ce
vient de vous lire Page, c'eft dans une circonftance oi que
avoir > par lne proclamation, circonferitle
>
ea le
que Taflemblée conftituante aveir tracé clubdans
ciétés populaires, des commiflaires vinrent
aux fotémoignage. de foumiflion du club, l'adhéfon m'apporter de ce club le
C'eft comme fijen avois eu befoin pour faire exécuter la
alors que féduit par les apparences de foumition lol.
venoient me montrer, 2 je leur répondis quej'étois bien qu'ils
de voir qu'ils étcient foumis aux lois françaifes,
aife
leur frère & ami je foutiendrois leurs droirs que comme
leur ai jamais répondu que je foutiendrois les ; mais je ne
Jes déportations arbiiraires de Verneuil; mais vexations &
répondu à l'attrompement qui vencit me demander jen'aijamais les déportations des citoyens, fans vouloir articuler contre Cux
aucun fait. Je vous prierai de demander aux colons
ont envie de tenir toute Ja féance de demain ; j'ai befoin s'ils
d'un délai pour me préparer à répondre.
ai jamais répondu que je foutiendrois les ; mais je ne
Jes déportations arbiiraires de Verneuil; mais vexations &
répondu à l'attrompement qui vencit me demander jen'aijamais les déportations des citoyens, fans vouloir articuler contre Cux
aucun fait. Je vous prierai de demander aux colons
ont envie de tenir toute Ja féance de demain ; j'ai befoin s'ils
d'un délai pour me préparer à répondre. --- Page 228 ---
Ferneuil : Je demande la paro'e
demain fur une
frite de l'infraction faite à la loi four 4 avril, &c même
pour répondre aux faux avancés par Sonthonax.
La féance eft levée.
Ic regifire des pr:fences eft
J.PH. GARRAN,
gréfident ; Foucue de AdA fecrétaire ; RABAUT,
REGOIRE, F.LANTHENAS, DABRAY.
Dx 22 --- Page 229 ---
Du22 Germinal, P'an troiftème de la République frangaifa
une & indivifible.
N fair lecture des débats recueillis dansla féance
a rédaétion en eft adoptée.
d'hier;
Le préfident : Je vais donner lecture de trois arrêtés
par la commiflion, à la fuite de la féance d'hier.
pris
Il lit:
Premier arrêté de la commifion des colonies, du 21
l'an 3 de la République frangaife. germinal,
c. Leéture faite d'uné feconde pérition adreffée à la commniflion, durant la féance, par Polverel fils, dans
il demande de nouveau à être admis aux
laquelle
noins que la commiflien écarte dans la fuite de débats, la ou du
four ce qui peut concerner les aétes de fon père, & difcuflion reftreigne les colons dans le cercle des faits perfonnels à Sonthonax
Heul:
33 La commiflion paffe à l'ordre du jour, motivé fur ce
qu'en reconnoilfant, dans fon arrêté d'hier, que les
he peuvent être traduirs en juftice après la mort citoyens
Etre accufés ou jultifiés, leur mémoire appartenant pour y
nent au jugement de la poftérité , elle a fuffifamment uniqueclaré qu'il ne pouvoit plus être queftion dans les débats dé- de
te' qui, concernoit
Polverel père, , & que fes-actes
he pourroient êrre Rare de la difcuflion > qu'autant qu'ils
uroient un rapport néceflaire aveclaccufation portée contre
Sonthonax 3
Tome IF. Trenze-fopcième liyraifon,
--- Page 230 ---
s Arrête qu'une expédition du préfent arrêté fera délivrée.
à Polverel fils.
66 Signé, J.Ph. Garran, préfident ; Fouché,. fecrétaire.>
Second arrêté.
€6 Sur la demande formée par Sonthonax, en communication des notes ou difcours prononcés par Clauffon dans la
féance de ce jour:
3, La commiflion
à l'ordre du jour > motivé fur ce
que tout ce qui eft Snfa dans les débats devant être recueilli,
aux termes des décrets de la Convention nationale 3 par des
fténographes 3 pour être livré à l'impreflion, & diftribué aux
repréientans du peuple s la commiflion ne peut reconnoitre
ni donner d'authenticité qu'aux difcours recueillis en fap préfence par les fténographes.
P3 Signé, J.PH. Garran, préfident; Fouché (-de Nantes ),
fecrétaire 9?,
Troifième arrêté de la commiffion.
€c La, çomiffion, voulant, en exécution de fes précédens
arrêtés, prévenir, dans ia difcuffion de l'accufation portée
devant elie par les colons de Saint-Domingue contre Sonthonax , les longueurs & les divagations qui ont le double
inconvénient de prolonger les débats de la manière la plus
indéfinie, & de rendre plus difficile à découvrir la vérité qui
doit en êcre l'objet;
>9 Arrête qu'avant d'entrer dans aucune difcuflion, > les
cclons feront tenus d'annoncèr & de précifer fur chaque chef
d'accufation les faits qu'ils imputeront à Sontbonax, & qu'ils
écartéront dans la difcuflion tout ce qui pourroit être étranger
à ces faits > en fe bornant à fournir fur chacun d'eux les
preuves qui y feront relatives.
35 Signé, 3 J. Ph. Garran, préfident ; Fouché ( de Nantes ),
fecrétaire 3).
Verneuil: Sonthonax vous a dit hier qu'il : avoit cru devoir
de précifer fur chaque chef
d'accufation les faits qu'ils imputeront à Sontbonax, & qu'ils
écartéront dans la difcuflion tout ce qui pourroit être étranger
à ces faits > en fe bornant à fournir fur chacun d'eux les
preuves qui y feront relatives.
35 Signé, 3 J. Ph. Garran, préfident ; Fouché ( de Nantes ),
fecrétaire 3).
Verneuil: Sonthonax vous a dit hier qu'il : avoit cru devoir --- Page 231 ---
corder protedtion à plafieurs membres de laffemblée copiale, c'eft-à-dire à Cadufch, Gauvin, Juftal, Dumas &
tres > parce qu'ils n'avoient d'autre - tort à fes yeux que
avoir émis librementleurs opinions dans Talfembléecolonisle.
brfque nous avons dénoncé ces hommes à Sonthonax > ce
Étoit certainement pas pour leurs opinions; nous les avons
noncés, parce quils étoient les principaux agens de Blanelande, parce que c'étoient les ennemis del leur pays, parce
Fils avoient favorifé le meurtre & l'incendie à Saint-Do
ingue, & parce qu'ils avoient pouffé l'indécence jufqu'à ils
re des paris dans l'aflemblée même, par lefquels
an:
nçoient que la contre-révolution étoit en France. Ce Duas, ce Juftal, ce Gauvin, lorfqu'un navire étoit fignalé,
mettoient à là fenêtre de V'aflemblée coloniale, regardoient
navirefitôt qu'il pouvoit être apperçu, & faifoient, comme
viens de vous le dire, le pari deil portoit le pavillon blanc.
es faits ne font pas ignorés de Sonthonax; je lui en ai fair
rt. Il étoit bien notcire que CCS hommes étoient des contrevoluriennaires & des égorgeurs; 8: fi Sonthonax les a proés, c'eft qu'ils étoient tout-à-fait dans fon fens.
Sonthonax : S'ileftvrai que Verneuil ait dénoncé Cadufch,
huvin, Dumas, Juftal, comine conre-sévoludonnsifes &
rifans de Blanchelande 5 s'il les a dénoncés comme fe
ettant à la fenêtre de l'affemblée coloniale, pour voir fi
pavillons des vaiffeaux qui abordoient a.Saint-Domingue,
rtoient les couleurs conme-réooludonmsines. je demande
e la dénonciation
Verneuil prétend m'avoir faite, foit
linftant dépofée fur LPiE bureati; car il eft impoffible d'adettre les allégations d'un homme que j'ai déporté pour
ufe de contre-révolution. Il,eft impolible qu'un homme
e je vous fignalerai comme l'affaflin des autorités natioles, quand ia fuite de la difcuflion le permettra > puife être
à fur une fimple allégation. Je demande donc qu'il dépofe
rle burcau la dénonciation en forme qu'il prétend m'avoir
ite, des chefs d'acdufation articulés contre Dumas, Gauvin,
Aal Ce & n'eft Cadufch. pas tout 5 il a mis dans la férie des membtes de
femblée coleniale qui m'avoient étéc dénoncésparle club, Cafch: Cadufch n'en nétoit
ii ne s'agilloit que de Dumas
deJufhal.lissgilloit fipeu EeTE Cadufchquecchu-eie étoitalors
Q 2
'avoir
ite, des chefs d'acdufation articulés contre Dumas, Gauvin,
Aal Ce & n'eft Cadufch. pas tout 5 il a mis dans la férie des membtes de
femblée coleniale qui m'avoient étéc dénoncésparle club, Cafch: Cadufch n'en nétoit
ii ne s'agilloit que de Dumas
deJufhal.lissgilloit fipeu EeTE Cadufchquecchu-eie étoitalors
Q 2 --- Page 232 ---
dansla province du Sud,& quelajurifdicion du commiffaire
civil en téfidence dans la province du Nord ne pouvoi
point atteindre Cadufch, qui é:oit dans lé Sud.
Verneuil: Lorfque j'érois envoyé vers Sonthonax par l
fociété des Amis de la Convenzion nationale, je ne lui por
tois rien par écrit; mais il n'en eft pas moins vrai que, cette
fois, j'ai été chatgé, ainfi que pluleurs autres, de Vinvite
à embarquer pour France Gauvin, Dumas & Cadulch
& quej'ai fair part à Sonthonax de toas les crimes don: ce
hommes s'étoient rendus coupables à Sainr-Domangue.
Sonthonax dit qu'il m'a déporté; je vais vous prouyer qu
c'eft un crime de plas qu'il a commis.
Le prefident: Il ne peut pas être quefion de cela au
jourdhui."
Th. Millet : Sonthonax met au défi de vous produire l'act
qui étoit porté contre les membres de l'affemblée colonial
dontil a été queltion, & donne pour des aliégations infi
dicufes , perfides, ce que Verneuil a dit : mais vous ave
fort bien entendu que, dans le couIs de la difcuffion, Sqn
thonax nous a reproché, avec fa véhémence ordinaire, d
n'avoir pas allarine,
Gauvin qui avoit effacé l
légende, la nation, la AIPE étoit bien iadene de ce crime
& cependant il la mis au rang de ceux qu'il a mis fous la
fauve-garde de la loi.
S
Sonthona:: Il y a une perfidie arune aftuce épouvantabl
dans la manière dont les colons enlacen: Jalife de profcrip
tion dont il eft ici queftion. Cette lifte de profcripiion m
été préfentée impriniée fans nom dauteur, fans aucune ref
ponfabilité. Un attroupement compofé d'hemmes ivres Tap
poria à la commilion civile; cet attroupement étoit prélid
par Verneuil; alors je répondis à Verneuil: < Vous voule;
qu'on déporre des citoyens; 5 quels font les' faits que vou
articulez contre eux? Je coniens à les dépoiter, les envoya
en France, à la barre dei la Convention nationale: mai
dans l'état de paix cu nous fommes, dans Tétat ou eft au
jourd'hui la Lfgilarure françoife, comment voulez-vous.qu
le commiliaire civilluienvoie comme coupables, deshomme
contre leiquels ilne peurarticuler u feul fait > :
Millet: Et nous tous ?
Sonthonex: ce Si vous ne pouvez pas articuler un feul fai
contre eux? Je coniens à les dépoiter, les envoya
en France, à la barre dei la Convention nationale: mai
dans l'état de paix cu nous fommes, dans Tétat ou eft au
jourd'hui la Lfgilarure françoife, comment voulez-vous.qu
le commiliaire civilluienvoie comme coupables, deshomme
contre leiquels ilne peurarticuler u feul fait > :
Millet: Et nous tous ?
Sonthonex: ce Si vous ne pouvez pas articuler un feul fai --- Page 233 ---
ontre eux, , vous voulez m'entraîner dans un adte arbitraire;
réfifterai fans cefles, Voila, citoyens, ce que j'ai dit conhuollemcnr aux atiroupemens qui m'éroient envoyés. Si
Ainjai envoyé cette lifte à la commifion intermédiaire,
déportation qui en a faivi eft le fait de la commiffion inmédiaire elle-mème i elle eft devenue légale par l'avis
pnné par cette commhilion; car, la commifion intermédiaire
enant, fur fa refponfabilité, de déclarer quelesfondionnaites
ablics infcrits far cette litte avoient perdu la conffance de
colonie, je n'avois plus à examiner les fairs prétendus, ou
fairs qu'on ne vouloit pas articuler contre les hommes
prtés far cette lifte. Jc T'envoyai purement & fimplement à
commitlion intermédiaire. Je difois à la Convéntion napnale: cc La commillion intermédiaire a jugé que les foncpanaires publics infcrits fur cette lifte avoienr perdu la
nfance de la colonie 5 c'eft à vous > membres du corps
giflatif, à approuver ou défapprouver ces opinions>,
( Millet & Brulley demandent la parole ).
Le préfident : Cet objet doit être terminé, paffez à un
tre.
Verneuil : Je paffe à un autre article , toujours relatif à
nfraction de la loi du4 avril; ; mais, avant de difcuter, je
manderai à la commiflion qu'il me foit permis de répondre
une interpellaticn grave qui m'a éré faite dans
-
la féance
- 18 pluviole, page 175. Je ferai très-court. Sonthonax m'a
cafe d'avoir tallifié plulieurs lettres.
Le préfident: Pafle à l'objet dè la difcution. Si vous renez continuellement fur ce qui a été fait, far des objers
jà traités ; far lefqueis vous avez eu le droit de réndre .
Verneuil: Citoyen préfident,je vous demandai la parole;
us me la refusâtes > en difant que je l'aurois en temps &
u, & lorfque cela feroit relarifà ce quej'avance.
Le préfidene : Claffe ce fait fous un des chefxd'accufation;
quant à préfent, > patfe au premier chef qui nous OCpe.
Verneuil: Sonthonax & Polverelont perfécurd les meilleurs
toyens, les ont profcrits, déportés, malgrdles réclamations
Q 3
je vous demandai la parole;
us me la refusâtes > en difant que je l'aurois en temps &
u, & lorfque cela feroit relarifà ce quej'avance.
Le préfidene : Claffe ce fait fous un des chefxd'accufation;
quant à préfent, > patfe au premier chef qui nous OCpe.
Verneuil: Sonthonax & Polverelont perfécurd les meilleurs
toyens, les ont profcrits, déportés, malgrdles réclamations
Q 3 --- Page 234 ---
des corps conftitués, & fans au préalable, comme le pre
crivoitl'article VI de la loi du 4 avril, avoir rempli aucur
des formalités prefcrites par la loi. Une grande partie de
troupes envoyées de France au fecours de la colonie > le
hôpitnux en étoient gorgés, on les amenoit chaque jour P
charretées, cxpofées pendant toute lauroute au foleil brala
de ce climat: pour en empécher la ruine totale, la focié
des Amis de la Convention naticnale
Sonthonax : J'obferve que ce fait doir rentrer dans le ch
d'accufation, > dans lequel je fuis accufé d'avoir annihilé
forces de Ja cclonie. Je demande donc qu'on circonicri
Verneuil dans l'ordre de la difcuffion > & fur-rout que
commillion maintienne fon arrêté par lequel elle'ordon
auxcolons depofer les faits quiappuiencles chefsd'acculati
qu'lls ont articulés.
Poge: : Ce que dit Vernenil eft néceffaire , parce. qu'il
va tirer la preuve que Sonthonayn'a déporté ces ciroye
que parce qu'ils foignoient les foldats, queSonchonax voul
faire périr dans les camps.
Verneuil : Sonthonax a fans doute un intérêt majeur
vouloir découdre tout pour empêcher que nous n'établiflio
une liaifon dans la férie des faits que nous avons à VO
préfenter. Il eft pourtant ellentiel que vous (achiez ce a
s'eft paffé dans la ville du Cap > avant la déportation
citoyens; parce que filon ne vous en fait pas part: > il vO
fera impolible de juger la conduite qu'a tenue Scnthon
Dans les chefs d'accufarion il y a beaucoup de chofes 0
vous échapperont, f vous ne nous permettez pas de faire
hiftorique très-courr de ce qui s'eft pailé à leur arrivée,
demande que > malgré Farreté de la commiflion , il me (
permis de dire ce que j'aifu & vu jufqu'au moment de i
embarquement, relativement aux déportations.
Le préfident: Si cela elt relatif aux infractions de la loi
4avril, tu as la parcle far cet objet.
Verneuil; J'ai quarante-trois pièces & titres contre So
thonax. Pour empécher ia ruine totale, la fociété des Am
dela Convention nationale ouvrit une contribution volo
taire, & dès les premiers jours de fon établiliement eile
portée.à I 50,000 livres; fomme quine devoit point tari
parce que çeux qui l'avoieat fournie s'éroient engagés
4avril, tu as la parcle far cet objet.
Verneuil; J'ai quarante-trois pièces & titres contre So
thonax. Pour empécher ia ruine totale, la fociété des Am
dela Convention nationale ouvrit une contribution volo
taire, & dès les premiers jours de fon établiliement eile
portée.à I 50,000 livres; fomme quine devoit point tari
parce que çeux qui l'avoieat fournie s'éroient engagés --- Page 235 ---
donner, chaque mois, les mêmes contributions volontaires qui
étoient deftinées au foulagement de nos frères d'armes malades. La fociété ne s'eft pas tenue là; douze cents foldats
furent placés dans les maifons des citoyens, où toute efpèce
de foins leur furent prodigués 5 & lorfquer les maifons ne
purent
en contenir, cette même fociété créa à fes frais
des ART 5 les femmes fournirent le linge néceffaire...
Lc préfident : Ceci eft étranger. Palle diredtement au
premier chef d'accufation 3 finon je te dirai. de paffer à
un Th. autre. Miller: Vous allez voir que c'eft à l'époque oà cette
fociété faifoit cela qu'elle a été diffoute.
Le prifident: : Si vous ne mettez aucune liaifon
Brulley : Ce font des faits préliminaires qui vous feront
juger silya eu infraction oui ou non à la loi du 4, avril,
dans quel fens Sonthonax avoit fait ces déportations, &
qu'elles étoient contraires à la loi du 4 avril. Pour prouver
que c'étoit une infraction à la loi du 4 avril, il faut que les
faits antérieurs annoncent que les déportations n'étoient pas
conformes à cette loi.
Lepréfident : Il faudroit dire au moins de quelle déportation
on entend parler. Comment veux-tu qu'en fuive la liaifen
de faits qui n'en ont aucune?
Polverel
Verneuil:Je dis, dans mon chef d'accufation, que
& Sonthonax , après la première infraction dont je vous ai
fait part hier, ont embarque les meilleurs citoyens; qu'is les
ont preferits, > déportés.
Le préfident: : Lefquels?
Verneuil: Tous ceux qu'ils ont voulu.
Le préfident: : Dis donc les membres de cette fociété qui
ont fait cela, il faut que cela fe lie 5 continue, mais réfume-toi.
Verneuil: Les chirurgiens, > les médecins 3 furent nommés;
& cela étoit d'autant
précieux > que les hôpiraux de
l'Etat étoient les antres l la mort. Vous venez de voir quels
étoient les fervices
la fociété des Amis de la Convention
nationale rendoit à P chofe publique; & vous aurez peine
à croire que les hommes qui la compofcient > uniquement
occupés à fecourir leurs frères d'armes 3 à foulager les
malheureux, à venir au fecours des foldats. envoyés par la
Q 4
ant
précieux > que les hôpiraux de
l'Etat étoient les antres l la mort. Vous venez de voir quels
étoient les fervices
la fociété des Amis de la Convention
nationale rendoit à P chofe publique; & vous aurez peine
à croire que les hommes qui la compofcient > uniquement
occupés à fecourir leurs frères d'armes 3 à foulager les
malheureux, à venir au fecours des foldats. envoyés par la
Q 4 --- Page 236 ---
métropole
nous défendre, fullent des malveillans. Ceux
cependant ROT la compofoient, après avoir été. chaffés par
Sonthonax, en furent lachement calomniés. A l'aide de féloignement, fachant qu'il pouvoir tout écrire fans craindre
d'êtte démenti,i eut la hardiefle d'entaller contre eux menfonges fur menfonges, dans la relation officielle qu'ila adrella
à la Convention nationale fur les journées des I er 2, 3, 4,
5,6,7 & 8 décembre 1792 5 & voicicomment ils'e
:
cc
C'eltavec douleur rque nousr nous voyons forcés de exprime rapporrer
les foarcesde ces troubles à une fociété dont nous ayons fait
T'éloge, qui s'étoir formée far les bales de l'égalité, don: le
titre fembloit garantir la dostrine, qui avoit fait ferment de
confacrer tous les iravaux à la régénération de la colonie,
& qui paroilloi: deftinée à nous feccnder dans le grand cuvre
de la régénération de la colonie de Saint-Domingue >>,
A cette pièce dont je viens de vous donner leéture > je vais
joindre une autre de Sonthonax. Le contrafte qu'clle préfente
avec la première, vous fera aifément juger de la véracité de
la première.
Lettre de Sonthonax. à la fociété des Amis de la Conyention
nationale 3 16 novembre 1792.
ee Le commiffaire national-civil, inftruit que dés gens mal
intentionnés, ennemis de toute efpèce de gouvernement
libre, cherchoient a perfuader au peuple
la proclamation d'hicr étoit dirigée contre la
s
RecAE
qu'elle accufoit notamment celle des Amis de la patriotique Convention
nationale d'avoir occafionné les fcènes fcandaleufes qui ont
eu lieu le 14 de ce mois, déclare qu'il feroit injufte d'attribuer à une affociation dont la très-grande majorité eft compofée d'hommes probes & pleins de patrioti(me : des délits'
dont les auteurs ne peuvent être que des ennemis très-décidés des fociétés populaires > & fur-tout de ce
tendre à fauver la colonie; ; je déclare
plein de qui peut
pour les droits que ha conftitution affure de: chaque citoyen relpect
français > je protégerai toujours celui de s'aflembler & de
difcuter fur les affaires publiques, pourvu que ce foit fuivant
les règles établies par la loi. Signés Sonthônax. 35
Sonthonax: : Je prie la commiflion de vouloir.biea inter-
-tout de ce
tendre à fauver la colonie; ; je déclare
plein de qui peut
pour les droits que ha conftitution affure de: chaque citoyen relpect
français > je protégerai toujours celui de s'aflembler & de
difcuter fur les affaires publiques, pourvu que ce foit fuivant
les règles établies par la loi. Signés Sonthônax. 35
Sonthonax: : Je prie la commiflion de vouloir.biea inter- --- Page 237 ---
peller Vernenil de déclarer fi la lettre dont il vient de faire
ledkure. n'et pas antérieure de quinze jours au moins à la
relation officielle,
Duny : Les dates le difent.
Verneuil: Si Sonthonax avoit écouté, il ne m'auroit pas
fai: cette interpellation.
Le préfident : Réponds diredtement à l'interpellation, > ou
déciare que tu ne veux pas y répondre.
Verneuil: Je déclare que la lettre eft de feize jours avant
le 2 décembre.
Sonthonax: Ce-n'eft pas cela. Je demande fi elle n'eft pas
antérieure de quinze joursàla rélation officielle des événemens
Hu: décembre.
Verneuil: Je conviens que la lettre eft antérieure de quinze
jours; mais cela ne change rien aux faits. Quoi ! les membres
de cette fociéré, dont la très-grande majorité étoit conmpofée devenus
d'hommes prebes, en moins de quatorze jours font
des brigands, des aflailins , des réfractaires à la loi! Quoi! des.
hommes qui avoient tenu la conduite patriorique la plus
remarquable; i qui, pour la, plupart, étoient des hommes
facrifices;
det
avoient fait à la mére-patrie les plus grands
de
pères de famille, des propriéraires ont cellé tout-à-coup
bien mériter d'elle ! car, citoyens, , i eft bon que vous fachiez
qu'elle a éré difloute par Sonthonax, le premier feptembre
1792. Perfonne ne pourra croire que, dans un aulli court à
elpace de temps, Ion puifle renoncer à fes inclinations,
fon choix, à fes habitudes; qu'après un dévouement fans
borhes à la France, on en devienne l'ennemi le plus implacable. De pareillesabfurdinés peuventfe ranger, j'en conviens,
dans la tête de Sonthenax, parce su'il a le plus grand intérêt fs
à le faire croire; mais j'ai peine à m'imaginer qu'il puille fci. Il
faire par cette allégation un feul partifan de bonne
n'y avoit déja prefque plus, dans les camps, de foldats en état
de faire le fervice, & notre état devenoit chaque jour plus
alarmant. Sonthonax, d'accord avec Rochambeau, Lavaux de
& Pinchina , homme de. couieur 2 voulutnous priver
notre dernière feffource, ec exécuter dans ce moment ce qui
'ai peine à m'imaginer qu'il puille fci. Il
faire par cette allégation un feul partifan de bonne
n'y avoit déja prefque plus, dans les camps, de foldats en état
de faire le fervice, & notre état devenoit chaque jour plus
alarmant. Sonthonax, d'accord avec Rochambeau, Lavaux de
& Pinchina , homme de. couieur 2 voulutnous priver
notre dernière feffource, ec exécuter dans ce moment ce qui --- Page 238 ---
eft arrivé dans la fatale journée du 20 juin
Le
du Cap, depuis Jong temps aclimaré & 1793. qui avoit régiment
les plus grands fervices à la chofe
ainfi
rendu
taillon de Walfch, étoient les feuls publique,
que le ba
une force réunie. Il pouvoit traverfer corps les qui vues préfenraffen perfides de
Sonthonax, en fe réuniffant aux ciroyens; &
ne
aucun obftacle à fes projets 5 il voulut en priver pour la colonie trouver
Quelques jours auparavant, la compagnie de grenadiers du
régiment du Cap fur envoyée au camp Clerifle. Le
décembre, 1792, on fit raflembler les troupes au
premier
Mars, fous le prétexte fpéeieux de leur faire préter Champ-de le ferment
d'obéillance, le ferment de fe foumettre à la loi du
e
ferment qu'ils avoient fait à la confédération du 4 avril
1792, ce que je prouve par la lettre de
14 dont juillet
vais vous donner lecture.
Leborgae,
je
Sonthonax: C'eft inuile.
Kerneuil: Vous l'avez défavoué.
le Sonthonax:. Je ne défavoue pas que les troupes aient
14 juillet, ferment à la loi du 4avril.
prèté,
Verneuil: : Ils avoient réitéré ce ferment lors de la réils ception de Rochambeau, au mois d'octobre. A peine furentréunis, qu'on leur propofa de recevoir d'emblée des
hommes ae couleur pour officiers : et quels étoient ces
hommes? 2 ceux qui s'étoient couverts de tous les
et
s'étoient montrés les plus zélés défenfeurs des crimes, fureurs du
gouvernement. La réponfe du
du
E Nous avons, dirent-ils,
régiment
Cap fut
> prèté deux fois le ferment
cuter la loi du 4 avrii; & la façon loyale et franche avec
laquelle nous l'avons rempli, ne laiffe rien à defirer. Pour
prouver notre foumiflion à la loi, nous fomnes
de
recevoir comme foldats les hommes de couleur prèts ainfi
que nous, recevront du temps & de leur bonne qui, conduite
Favancement aux grades d'officiers>, Sonthonax les attendoit
l, pour les déclarer réfractaires à la loi. Les foldats des
troupes de ligne n'ignoroient pas les bruits publics, quii étoient
telleinent accrédités, que les nègres & les mulâtres difoient
hautement dans, les rues que chacune des places
obzenoient dans lès grades inférieurs, leur coûtoient qu'ils
tugaifes, 3,300 liv.
jo por-
ancement aux grades d'officiers>, Sonthonax les attendoit
l, pour les déclarer réfractaires à la loi. Les foldats des
troupes de ligne n'ignoroient pas les bruits publics, quii étoient
telleinent accrédités, que les nègres & les mulâtres difoient
hautement dans, les rues que chacune des places
obzenoient dans lès grades inférieurs, leur coûtoient qu'ils
tugaifes, 3,300 liv.
jo por- --- Page 239 ---
Sonthonax: : Je demande que Verneuil fourniffe des preuves
matérielles de ce qu'il vient de dire ici; car il ne s'agit pas
des fonctionnaires publics qui
d'inculper perpétuellement ici
honorable
Je le répète:
n'ont Verneuil apporté foit qu'une fommé de donner fur-le-champ pauvreté. les preuves
g ce qu'il avance, ou qu'il- paffe pour un infame calomniateur.
Verneuil : Je réponds à Sonthonax. Je viens de dire qu'il
étoit de notoriété publique,. au Cap, que Sonthonax livres ven- ou
doit les places, dans les grades inférieurs, Sonthonax 3,300 faifoit cela, je
50 portugaifes. Si.j'avois dic que
mais il y. a ici fix
devrois fans doute en fournir Ja preuve; 5
eft de
cents colons qui vous attefteront ce fait, parce qu'il de nous
notoriété publique, parce" qu'il ny en a pas un & des muqui ne T'ait engendu de la bouche des nègres
nommé
& la chofe a été an point que le nègre
:
Fmt a dit, en préfence de plus de quarante perfonnes m'a
s6 Si Sonthonax ne veut pas me donner la place me qu'il rende
promi(e (c'étoit une place de capitaine), quil
mes 10,000 liv.s
fans
Sonthonax : Il eft affreux que je fois ici calomnié Latortue
qu'on apporté les preuvesde ce qu'on dit. Le nègre fent ici; il
eft mort; il a été aflafline par Jes hommes la qui journée du 20
a été aflaffiné dans la rade du Cap, dans
voilà
juin. Cet homme affailiné ne peut plus parler :
pour- ici
quoi on lui prête le propos afireux qui m incalpe. & de la Ilyai du
une foule d'hommes de couleur du Cap
parcie
Nord;je demande que vous les falliez mettte en Je réquifition, demande,
pour qu'ils aient à rendre térnoignage des faits. me fais rendu
citoyens, que vous éclairiez la calemnie: fije'r demande qu'eile
coupable d'une conduitel aufi in@àme, je
fur
foit éclairée. Je ine fouinets à rouresles peines; jappeile la com1 moi toutes les relpentabilités : mais il me femble foit que continuelmiffion ne doit pas permetrre lui Orant qu'un tous' acculé les moyens dei fe délement calomné, en
demande
la commiflion
féndre. Je me rélume, & je
que
tous
prenne un arrêté par lequel elle mettra en réquitirion donnet
les hommes de couleur qui font en France, pour
des éclaarciffemens fur les faits çu'on m'impute. Citoyens,
toutes les relpentabilités : mais il me femble foit que continuelmiffion ne doit pas permetrre lui Orant qu'un tous' acculé les moyens dei fe délement calomné, en
demande
la commiflion
féndre. Je me rélume, & je
que
tous
prenne un arrêté par lequel elle mettra en réquitirion donnet
les hommes de couleur qui font en France, pour
des éclaarciffemens fur les faits çu'on m'impute. Citoyens, --- Page 240 ---
je crois bien que les colons trouveront des
diront qu'il étoit de notoriété
fcélérats qui
places.Si, pour faire tomber ma publique tète, il que falloit je vendois les
lons vintlent dire que j'ai mangé des enfans
que les cOdit de Blanchelande,
comme ils l'ont
de ceux qui m'accufent, ilny a pas un feul colon de lefpèce
Les colons, quand il
qui ne proclamit cette calomnie.
comprimé leurs actes s'agit &k leurs d'atraquer les hommes qui ont
projets
naires, ne favént ménager ni les termes, concre-révolutionils ne favent que
ni les allégations;
doivent fournirdes calomnier : mais quand ils accufent, ils
preuves.
Le préident : Ceci doit ètre
du dixième chef, relatif faux ajourné lors de la difcuflion
envahiffement des fortunes dilapidations du tréfor public &
parler ackucllement.
particulières. Tu ne dois pas en
Verneuil : Par une perfidie bien
de railembler la troupe de ligne, ilavoit digne de Sonthonax,a avant
mation le 30 novembre 1792, oà il
rendu une proclacourir un faux décret : ce qui fut
proreftoit lui le qu'on faifoit
foudre le club des Amis de la
prétexte de difdéfenfe
à
& d'adreffer une
EnPLt
fous les exprelfe la municipalité du Cap, qui lui enjoignoit,
peines les plus rigoureufes, de
mune de S'atfembler. Je m'en vais
permettre à la comproclamation.
vous donner lecture de la
(Il la lit : )
Proclamation de Sonthonax, du 30 Novembre 1792.
nifiez-vous cc Citoyens-foldars, vous tous amis de la France, réuautour du délégué de la nation. Une faction
coupable, Frofcrite par l'Ailemblée nationale, n'ayant du
parriorifme que le mafquesennemie de
de la loi du avril, veut achever la l'égalité de la & fur-tout
O crime ! on h circuler un faux décret perte de l'Affemblée colonie, narionale, ficiars. qui défend aux ciroyens de couleur d'être faits of
Je jure par le falut de la patrie, au rom de l'égalité des hommes libres, que ce décret n'exifte pas.
l'Ailemblée nationale, n'ayant du
parriorifme que le mafquesennemie de
de la loi du avril, veut achever la l'égalité de la & fur-tout
O crime ! on h circuler un faux décret perte de l'Affemblée colonie, narionale, ficiars. qui défend aux ciroyens de couleur d'être faits of
Je jure par le falut de la patrie, au rom de l'égalité des hommes libres, que ce décret n'exifte pas. --- Page 241 ---
5> Aces caufes, en vertu de la plénitude des pouvoirs
qui nous ont été délégués par la nation > nous avons O1donné & ordonnons ce qui fuit: -
ARTIC L 'E P R E M I E R.
>) Défendons provifoirement toute elpèce de raffemblement, même ceux de la commune & des Amis de la Convention nationale; enjoignons à la municipalité du
fous la refponfabilité la plus rigoureufe, de tenir la Cap, main
à l'exécution du préfent article.
II
23 Enjoignons en mhême temps au commandant de la
vince du Nord, à celui des gardes nationales du Cap, pro- de
proréger la sûreté publique par des patrouilles nombreufes,
chargées de difliper les attroupemens.
I I I.
9> Il fera informé, par le@commiflaire national
contre les auteurs. > fauteurs & diftributeurs du faux décret civil,
concernant les citoyens de couleur, pour être enfuite ordonné ce qu'il appartiendra.
>> Prenant en confidération la néceffité de venir au fecours
des gardes nationales du Cap, fur-tout
rapport au fervice perfonnel & au loyer des maifons, PE commillaire national civil s'occupera, dans les quarante-huit heures, de
pourvoir eflicacement à ces deux objets.
>> Ordonnons que la préfente proclamation fera
à l'inftant de la norification, dans les rues & places publiée,
bliques de la ville du Cap, à la diligence de la munici- pupalité.
R
>> Mandons à la commiflion intermédiaire & aux
adminiftratifs de la province du Nord de tranfcrire la corps pré- --- Page 242 ---
2;8
fente dans leurs regifres, de la faire publer & afficher
par-tout où befoin fera.
>> Donné au Cap, le 30 novembre 1792, le commiffaire national civil, SONTHONAX.
92 Par M. le commiffaire national civil, O. F. DELPUH,
fecrétaire de la commiffion. >>
La féance eft levée.
Lc regiftre des préfences ef Agné : J. Pa. GARRAN,
Prafident; LANTHENAS, Foucie (de Nantes) Secrétdire,
DAanAY, GRÉGOIRE.
& afficher
par-tout où befoin fera.
>> Donné au Cap, le 30 novembre 1792, le commiffaire national civil, SONTHONAX.
92 Par M. le commiffaire national civil, O. F. DELPUH,
fecrétaire de la commiffion. >>
La féance eft levée.
Lc regiftre des préfences ef Agné : J. Pa. GARRAN,
Prafident; LANTHENAS, Foucie (de Nantes) Secrétdire,
DAanAY, GRÉGOIRE. --- Page 243 ---
Du 24 Germinal, l'an troifième de la République françaife
une & indivifible
LA rédaétion des débats du 22 eft lue & adoptée.
Senac : Je demande à donner un nouvel éclairciffement fur.
ce qu'a dit Verneuil, qu'il étoit de notoriété publique que
Sonthonax vendoit les places du Cap.
obLe préfident : La commillion ne peut f'entendre far cet
jet maintenant: ceci doit être renvoyé au dixième chef,
objet la
tréfor public et
Ranet
a pour
dilapidation-du
hiffement des fortunes particulières.
Th. Millet: J'ai une petite obfervation à faire fur le contenu au procès-verbal. La dernière pièce lue eft une proclamation par laquelle, comme l'a très-bien dit mon collègue
Verneuil, Sonthonax avoit jeté dans la commune du Cap,
lui chargé par la loi du 4 avril de rétablir le calme & la
tranquillité, avoit, dis-je, jeté une femence de divifion, en
difant qu'il circuloit un faux décret. Verneuil vous expliquera
le motif de cette affertion vague & qui n'a jamais été conftatée 5 mais il eft important que vous remarquiez que, dans
cette proclamation, comme dans unacte qui a fuivi quelques
jours apiès, & qui vous ont été mis fous les yeux, Sonthonaz
parle au nom de la plénitude des pouvoirs qui lui ont été
donnés par la nation. Je ne fais fi, dans toutes les pièces
qui vous ont été foumifes, dans la loi du 4 avril, dans celle
du 22 juin; fi dans les inftructions qui lui ont été données
par le roi, vous avez vu que Sonthonax eût une plénitude
de pouvoirs; j'entends par plénitude de pouvoirs . . e
Lc préfidnt : Il ne
être queftion de cela ici; car vous
avez un troifième chef Facotdet qui concerne l'ufurpation
du pouvoir légillatif & celle des fonétions adminiftratives &
exécutives.
, dans la loi du 4 avril, dans celle
du 22 juin; fi dans les inftructions qui lui ont été données
par le roi, vous avez vu que Sonthonax eût une plénitude
de pouvoirs; j'entends par plénitude de pouvoirs . . e
Lc préfidnt : Il ne
être queftion de cela ici; car vous
avez un troifième chef Facotdet qui concerne l'ufurpation
du pouvoir légillatif & celle des fonétions adminiftratives &
exécutives. --- Page 244 ---
Sonthonax : Dans le procès-verbal d'avant-hier je me fuis
explique fur T'allégation des colons relativement à la vente
des places qu'on m'attribue.
Le prepid.nt : Tune peux pas revenit là-deffis non plus.
Sonthonax:Ceft une cbfersation d'ordre : comme je m'arperçois que les.colons veulent arguer d'une notoriété publicue
quis forment eux-mémes, je demande de nouveau que la
commifiton mette en réquiition les' hommes de coaleur du
Cap et de la province du Nord qui font ici; ily eii a un
que Jai fair cclonel, & qui eft maintenant chef- de brigade,
& qui va partir pour Srine-Domingue. .
Le; préfdent: : La commillion a déja ajourné pour cet.objet; iu n'as pas la parcle.
Page: Un homme de couleur, nommé colonel par Sonthonax, part pour Saint-Doiningue:
Sonthouax: Il en part bien d'aurres.
Le préfident : Préfente une pétition par écrit, puifque cela
eft étraniger à l'objet actuel des débats.
Les colons: Nous en préfenterons aufli.
Verneuil : J'ai fini la journée d'hier par la ledture de la
proclamation da 30 novembre: cette prociamation étoit relarive à un faux décret que Sonthonax difcit qu'on failoit
circuler dans la ville du Cop. Ce décret a exité, Oil c'eft
une invention de Sonthonax; s'ila exifé, il doit être entre
fes mains ou dans fes papiers, & je le fomme de le produire..
Sonthonax : Je réponds à linterpellation de Verneuil, que
ce faux décret a exifte & a circulé dans les cafernes; que
j'ai. ordonné une inftruétion coltre les infigateurs & fabricateurs de ce faux décret; que la dénonciation de ce faux
décret m'a bré faite par le commandant de ja province du
Nord, aujourd'hui gouverneur-génèral de Saint Domingue,
& nommé, par le comiré de fniur public, général de divifion,
Cet homme, qui foutient aujourd'hui la puiffance françaile
en Amérique concre les efforts réunis del'Eipagne &c del'Angleterre; 2 eft celui qui m'a dénoncé l'exiftence de ce faux
décret. Non-feulement jai reçu la dénonciation de Texiftehce
d'un faux décrer par le commandant de la province du Nord,
mais encore par une foule d'officiers, fous ofliciers& foldats
des
, général de divifion,
Cet homme, qui foutient aujourd'hui la puiffance françaile
en Amérique concre les efforts réunis del'Eipagne &c del'Angleterre; 2 eft celui qui m'a dénoncé l'exiftence de ce faux
décret. Non-feulement jai reçu la dénonciation de Texiftehce
d'un faux décrer par le commandant de la province du Nord,
mais encore par une foule d'officiers, fous ofliciers& foldats
des --- Page 245 ---
des régimens qui compofoient la garnifon. Lorfque-les colons
ont commis un pareil crime, ce n'étoit pas la première fois;
car lorfqu'ils ont fait tomber la tête du colonel
c'étoit à l'aide d'un faux décret que la faction du Mauduit, Port-auPrince avoir publié dans cette ville; ce n'étoitdonc pas la
première fois . . .
Le préfident : Tu divaues fans ceffe.
Sonthonax : Je réponds à cela que, dans le cours de la dif.
cuflion, je donneraila
del'exiftence de ce faux décret.
Verneuil:Je viens Erden demander à Sonthonax de prednire
ce. faux décret, & il a elcobarbé la demande.
Le préfident : Al'ordre: al n'ef 1
néceffaire d'exprellions
indécentes; ceci ne fait,rien au oma du procès.
Verneuil : Si Sonthonax ne produit pas ce prérendu décret
faux, il fera prouvé que c'eft des mille 8c une rêveries dont
lil s'eft fervi pour éluder l'exécurion du décret.
Le préfident : A l'ordre.
Verncuil : Afin d'applanir toutes les difficul:és, il rendit
une proclamation le premier décembre 1792, par
il remit entre les mains de Rochambeau le, commandement laquelle
des troupes patriotiques, les retira de delfous la furveillance
iminédiate de la municipalité, & paralyfa, par cer aéte arbitraire, toutes les melures qu'on auroit pu prendre
réfifter à'la perfécusion en laiffant à la dilpolition de lcar
chambeau les hommes de couleur qui devoient, dans cette
journée, > y jouer un Gi grand rôle; ce que Blanchelande
n'avoit pu obtenir par un an de rufes & de perfidies > fut
opéré par un mot de Sonthonax. Je vaisvous donner lecture de la proclamation du premier décembre 1792.
Fondeviolle lit:
cc Nous Léger - Félicité Sonthonax, commiffaire national
civil délégué aux ifles françaifes de PAmérique fous le vént
pour rétablir l'ordre & la tranquillité publique,
>>
que, dans les circonitances où fe trouve
Lrabale
la
ville du Cap, il eft néceflaire, pour l'exécution de la loi,
que toutes les forces foient réunies dans la même
>>
main;
Mettons. à la difpofition de M. le général toures les
troupes patriotiques de la ville du Cap; 5 enjoignons au fieur
Tome IV. Trentefeptième liyraifon.
R
vént
pour rétablir l'ordre & la tranquillité publique,
>>
que, dans les circonitances où fe trouve
Lrabale
la
ville du Cap, il eft néceflaire, pour l'exécution de la loi,
que toutes les forces foient réunies dans la même
>>
main;
Mettons. à la difpofition de M. le général toures les
troupes patriotiques de la ville du Cap; 5 enjoignons au fieur
Tome IV. Trentefeptième liyraifon.
R --- Page 246 ---
Lachaife, commandant-général, & à tous les eommandans
des baaillons, de lui obeir ponckuellenment;
5> Enjoignons à la municipalité du Cap de tenir la main
à l'exécurion du préfent crdre.
3 Fait au Cap, le premier décembre 1792.
> Le commiffaire national civil.
3 Signé, SONTHONAX. 3
Après la réponfe du régiment du Cap, où le commiffaire
auditeur Leborgne futn nommé à une place quin'ajamaisexilté
que peur lui, les troupes reçurent l'ordre de rentrer dans
leurs cafernes, & le refte de la journée fut empleyé à concerter les meyens d'embarquer le lendemain les régimens du
& de Walsch.
préfident : Je te
à l'ordre
CL
rappelle
de la difcuflion; vous
avez un article qui porte fur cela.
Verneuil: C'eft fur les déportations arbitraires qui ont été
faites & les infractions à la loi du 4 avril. Pendant cette
journée & celle antéricure, le bataillon entier dés hommes
de couleur fut employé à des patrouilles nombreufes. Ils
étoient armés de la manière la plus affectée; ils avoient >
outre le fufil & la balonnette, un fabre & des piftolets d'arçon : ils difoient hautement gu'il y avoit aflez long-temps
que les blancs étoient à Saint-Domingue, que le pays leur
appartencit, & que, s'ils s'obftinoient à y refter, ils feroient
tous égorgés & mis en pièces. La loi du avril étoit devenue
nulle pour eux > parce que, pour mieux 1a féduire, on leur
avoit promis la polleflion de toutes les cultures & l'expulfion
des véritables prorriétaires. Ces différensraffemblemens furent
fouftraits à la connoilfance de la municipaliré & perfonne
autre que les troupes de ligue ne fut appelé au champ de
Mars . e
- e
Le préfident : Ce que tu dis ne regarde pas l'objet aétuel de
la dilcuflion; ceci cencerne l'organifation de la guerre civile.
Sonthonax : Je crois qu'il' eft très- effentiel que Verneuil
foit entendu : commne il prétend
la déportation du régiment du Cap est une infraction SE la loi du 4 avril, je ne
autre que les troupes de ligue ne fut appelé au champ de
Mars . e
- e
Le préfident : Ce que tu dis ne regarde pas l'objet aétuel de
la dilcuflion; ceci cencerne l'organifation de la guerre civile.
Sonthonax : Je crois qu'il' eft très- effentiel que Verneuil
foit entendu : commne il prétend
la déportation du régiment du Cap est une infraction SE la loi du 4 avril, je ne --- Page 247 ---
erois pas qu'il puiffe parler de cette déportation fans donner
une, idée des faits qui l'ont précédée.
Verneuil lit:
Lettre de Sonthonax à la municipalité, le premier décembre
1792.
Cc Meflieurs les officiers municipaux,
>> J'ai l'honneur de vous prévenir que les patrouilles
fe font dans la ville font ordonnées par le commandant qui de
la garde nationale: cependant, craignant qne leur nombre
ne causât Shileuesinoti@tedes, j'ai donné ordre au commandant du lixitme bataillon (&c ce commandanc étoit Quéron
& l'affidé de Sonrhonax) de divifer fa troupe &c de la réduire au nombre ordinaire.
>> Signé, SONTHONAX.
Pour peu que l'on réfléchiffe à la proclamation qui remet les gardes nationales au pouvoir de Rochambeau, &
que l'en.mette en oppofition celle rendue le 5 du mois fuivant, & dont je vais bientôt vous donner lecture, il fera
démontré qu'elle n'avoit été rendue que pour favorifer les"
maffacres en paralyfant la municipalité; & tout CC quis'eft
paffé dans les journées des I,, 2, 3, 4, 5, 6,7 & 8 décembre 1792,eft l'ouvrage combiné de Sonthonax,
Etienne Laveaux. Le lendemain 2 décembre, l'ordre Pinchina, fut envoyé de grand matin au capitaine du vaiffeau I'Amfrica d'avoir à recevoir à fon bord les régimens du Cap & de Walfch,
& le citoyen Daffas fut averti det tenir prêts tous les canots
qui étoient à fa difpofition pour les conduire à bord.
Il lit:
Grdre remis à la municipalité par Dafas.
e En vertu des ordres à nous donnés par M. le commifaire civil, je prie M. Daffas ainé de tenir tous les canots
R 2
au capitaine du vaiffeau I'Amfrica d'avoir à recevoir à fon bord les régimens du Cap & de Walfch,
& le citoyen Daffas fut averti det tenir prêts tous les canots
qui étoient à fa difpofition pour les conduire à bord.
Il lit:
Grdre remis à la municipalité par Dafas.
e En vertu des ordres à nous donnés par M. le commifaire civil, je prie M. Daffas ainé de tenir tous les canots
R 2 --- Page 248 ---
prêts aux ordres de M. le commiffaire civil & du gouvernéur
général.
30 Au Cap, le 2 décembre 1792.
se Signé, SAUTEL."
Sautel étoit un capitaine de port de la création de Sonthonax &c de Rochambeau, arrivé depuis trois mois dans la
colonie: d'après la démiflion de Maljor 3 il fut nommé à
cette place, malgré la réclamation de tous les citoyens;. &
il eft de notoriété publique qu'il la paya mille portugaifes.
Le préfident: On t'a déja dit oue cela reviendroit dansle
temps; voilà l'inconvénient de faire des difcours écrits dans
les débats.
claffer les fairs de méFerneuil:Jamais je ne pourrois
moire. Le même jour, à fix heures du matin, le régimentdu Cap, ce qui reftoit du régiment Royal-Comtois, un peloton de Béarn, les dragons du feizième régiment, reçurent
ordre de fe rendre au champ de Mars: à peine y. furent-ils
arrivés & rangés eri bataille > que l'ordre fut donné aux
hemmes de couleur par un homme de couleur qui étoit appofté à cet effet, de sy porter 5 huit à neuf cents hommes
de couleur & nègres librese non libres fe rendirent au champ
ede Mars, armés comme.je vous l'ai déja dit. Sitôt qu'ils y
furent rendus, on affeda de leur faire charger leurs armes
devant la troupe, qui n'avoit pas de cartouches. Quelques des
citoyens qui sy trouvoient remarquant que les gibe:nes
hommes de couleur en étoient remplies, crièrent à la trahifon, & le bruit s'en répandit auflitôt dans toute la ville.
Sonthonax a prétendu & prétend encore fans doute qu'ils ne
furent aflemblés que pour leur faire prèter le ferment de
maintenir la loi du 4 avril; mais, pour prèter ce ferment >
étoit-il befoin de faire charger les armes des hommes de couleur? étoit-ilnécellaire de remplir les gibernes de cartouches?
éroicil néceflaire qu'ils porrallent à leur ceinture des piftolets
d'arçon? étoit-il neci@iredsspenterles nombré des hommes
de couleur de quatre cents nègres non libres 2 puifque ce
ferment à prérer ne pouvoir les regarder? étoit-il néceffaire
4e déguifer à la muaicipalité la çonnoilance de ces railem- --- Page 249 ---
blemens ? C'eft ce que la Convention & le public décide-
/
ront. D'après les plaintes de différens citoyens, la municipalité
fe tranfporta au champ de Miars, & delà chez Rochamnbeau dansles
oi Sonthonax s'étoit retiré. Vous verrez, citoyens, donnerai
procès - verbaux de la municipalité, dont je vous
leéture, qui font des pièces officielles, les converfations le qui
eurent lieu entre les magiftrats de la ville du Cap, gouverneur.
la Convention & le public décide-
/
ront. D'après les plaintes de différens citoyens, la municipalité
fe tranfporta au champ de Miars, & delà chez Rochamnbeau dansles
oi Sonthonax s'étoit retiré. Vous verrez, citoyens, donnerai
procès - verbaux de la municipalité, dont je vous
leéture, qui font des pièces officielles, les converfations le qui
eurent lieu entre les magiftrats de la ville du Cap, gouverneur. & le commilfaire civil, & la réponfe
ce dernier
(e permir. Un nègre portant un fac plein, en Rte rendant des au
champ de Mars, fut arrêté : Quéron, chef de bataillon & Lahommes de couleur, homme de couleur lui-mème, furent
de la
du Nord,n'en
pas
veaux, commandant
province de le réclamer comme
plurôr instruits qu'ils s'emprelleren: hommes de couleur. un fac de bifcuit que I'on porroir l'ouverture aux
en fut faite par
Malgré leurs vives réclamations,
de
il
le citoyen Picard, officier municipal; au lieu cartouches bifcuit,
fe trouva rempli de quatre-vingt-fept paquets facilité de de me conprovenant delarfenal, ce dont j'ai eu la
vaincre. Thomas Millet : Le procès-verbal de la municipalité l'ate
tefte. deux choles
Verneuil : Dans ce que vcus venez d'entendre, & nègres
fontà remarquer: : 1°. la prife d'armes des mulâtres & dont la
libres & non libres, au nombre de neuf cents ,
moitié étoit efclave; 2°. les cartouches portées dans un abon- fae
leurs
en fuffent
qui en étoit rempli, Sunthonax, quoique
dans gibernes le compte qu'il rend
damment pourvies. exécutif & X la Convention
de cet événement au pouvoir
le
nationale, tronque la vérité, &, par une duplicité qui
caractérife, il feint d'en ignorer la caufe. Voici comme il :
s'explique. Il lit:
incidens dont les caufes nous font inconnues $
cc Deux
comme une mamais que nous ne pouvons regarder fcélérateffe que profende, ache-,
noeuvre très-bien calcnlée d'une &c de femer dans les détachevèrent d'échauffer les têtes,
Le fixième
mens armés l'efprit de fureur & de vengeance. R
--- Page 250 ---
bataillon, celui des hommes de couleur, pour
nous
avions fait expédier nn ordredefournir
qui
en envoya trois cent cinquante qui vinrent ceneingsantchommes fe ranger en
taille fur le champ de Mars. Soit qu'il eût mal compris bal'ordrè, foit qu'il eût été induit en erreur
une fauffe. démarche afin de femer l'alarme ECNE l'engager la
à à
peine le commandant de la province du Nord
ville, le commandant étoir Laveaux, dont Sonthonat vous a (&c parlé toutà-l'heure) ie fut apperçu de cette erreur, donti il prévit les
fuites, qu'il envoya ordre au détachement de fe
à
cent
réduire
cinquante; ce qui fut exécuté
car ces
hommes ne favent qu'obéir à la loi far-le-champ, (felon lui).
NE l'engager la
à à
peine le commandant de la province du Nord
ville, le commandant étoir Laveaux, dont Sonthonat vous a (&c parlé toutà-l'heure) ie fut apperçu de cette erreur, donti il prévit les
fuites, qu'il envoya ordre au détachement de fe
à
cent
réduire
cinquante; ce qui fut exécuté
car ces
hommes ne favent qu'obéir à la loi far-le-champ, (felon lui). Un inftant
après, un nègre chargé d'un fae, lequel ne cherchoit
le dérober aux yeux, fe porra vers le détachement du
à
lataillon; cet
TrREne
homme fur à l'infant arrèté par
ticuliers & couché en joue: plufieurs officiers quelques par-
& ne purent, - dans le tumalte, parvenir à connoitre ssy porrèrent,
contenoit le fac, que plulieurs affurèrent néanmoins ne ce con- que
tenir que du pain. Le porteur fut, dit-on, conduit à la, municipalité, oà l'ouverture du fac y ayant été faite, on
trouva remp'i de cartouches; c'eit du moins ce que le
Ces porten: plufeurs perfonnes qui difent en avoir été témoins. rapbruits alarmans fe répandirent detous côtés; les factieux
profitent de l'épouvante qu'ils jerèrent, ils font battre la générals, raffemblent queiques centaines d'hommes ek
à l'arfenal, & forcent le dircéteur à délivrer
feportent
avec leurs trains, neuf cents fufils, quinze mille quatre cartouches canons
& autres munitions & équipages en. proportion 92,
Sonthonax ole-til bien dire qu'il ignoràt la caule des deux
incidens dont je viens de vous
& attribuer à
d'autres une fcdlératelle profonde entretenir, dont ileftle
teur? poxvoit il ignorer lo nombre dès mulitres principal &c
aunon libres à qui lon avoit fait prendre les armes. negres
Quéton leur chofn'agifioit rque d'après les ordres de 2 puilque
commandant de la province, & un des cemplices Laveaux, de
Sonthonax?
caule des deux
incidens dont je viens de vous
& attribuer à
d'autres une fcdlératelle profonde entretenir, dont ileftle
teur? poxvoit il ignorer lo nombre dès mulitres principal &c
aunon libres à qui lon avoit fait prendre les armes. negres
Quéton leur chofn'agifioit rque d'après les ordres de 2 puilque
commandant de la province, & un des cemplices Laveaux, de
Sonthonax? pouvoit-il, ians chercher à indeire la Convention en errour, , réduire, dans le récit gu'il lui a
le nombre à trois cent cinquante, leriqu'il éft conftaré fait,
des pièces auchentiques &c officiolles qu'il étoit porré à neuf par
cents, y compris les nègres non libres? pouvoit-ii ignorer --- Page 251 ---
fufage qu'on fe propofoit de faire des
avance que le fac qui les contenoit fut cartouches,
ciers, fous prétexre qu'il étoit rempli réclamé de
par lertogt des
ofliciers, dant on tait artificieufement les pain, & que ces
& Laveaux?
noms, font Quéron
Duny : Comme il exifte à
veaux, je demande,pour
SaineDomingue plufieurs LaLav aux.
lintelligence, quel'gnmette Etienne
clair. Sonthonax : Mettez le général Laveaux; cela fera plus
Le Plufeurs colons : Non, Etienne Laveaux.
férée préfidert : La réclamation de Sonthonax
aux débats. . -
doit être inVerneuil: Comment Sonchonax
ou tard démenc, quand il affare n'a-t-ilpas craint d'être tôt
l'ordre de fe réduire à cent
que ce détachement reçut
exécuré
cinquante hommes, ce
fur
favoient fur-le-champ qu'obéir à la par loi, ces hommes qui, (uivant R ne
qu a pcine ils eurent quité le lorfqu'il eft de prouvé au contraire
en colonnes, commencérent champ Mars, ils fe mirent
qu'ils purent atreindre : & il l'artaque n'a
en falillant les blancs
ceux de cette cafte fuffent maflacres pas dans tenu à eux que tous
qui auroit eu lieu fi leur courage eût cette journée; ce
chanceré & aux vues fcélérates de répondu à leur méagir. Sonthonax n'eft pas
vrai ceux qui les faifoient
tain que quatre canons taitg tirés quand de l'arfenal il donne pour cerattirail, neuf cents futils, quinze mille
avec rout leur
munitions à proportion : il' n'y eut de cartouches & autres
deux pièces de
tiré de l'arfenal
quant aux fufils, quatre. > avec le fimple coffret
comment
adieuaes
s'en foient
perfuaderoir-il que les
jour depuis eniparés le
> eux qui, obligés de combattre citoyens
doute les
commencement de la
chaque
armes qui leur étoient révelution, avoient fans 1
fenfe? Je ne prérends point dire néceffàires pour leur défut pas enlevé de Tarfenal; mais que J'aflirme ce nombre d'armes ne
point été par les blancs.
qu'elles ne l'ont
s'il Sonthonax n'étoit : Je ptie la commiffion
pas à la tête du détachement d'interpeller Verneuil
prendre les deux pièces de
qui a été à l'acfenal
Vereuil: Je répondrai qu'il canons. eft faux quejaie été à la tête
R 4
point dire néceffàires pour leur défut pas enlevé de Tarfenal; mais que J'aflirme ce nombre d'armes ne
point été par les blancs.
qu'elles ne l'ont
s'il Sonthonax n'étoit : Je ptie la commiffion
pas à la tête du détachement d'interpeller Verneuil
prendre les deux pièces de
qui a été à l'acfenal
Vereuil: Je répondrai qu'il canons. eft faux quejaie été à la tête
R 4 --- Page 252 ---
du raffemblement qui a tiré deux canons de larfenal; je me
fuis joint à la colonne lorfqu'elle débouchoi: fur la place
d'armes, & je n'ai point ce jour-là mis.le pied à l'arfenal.
Fondeviolle:Je demande à faire une oblervation fur cet
objet : loifque l'affaire du 2 décembre arriva, dans l'affaire
du 19 actobre, par l'ordre des commillaires civils Polverel
& Sonthonax, je livrai au fixième bacuillon des hommes de
couleur à-peurès trois cents fulils, pris à la municipaliré
fur les deux inilie que nous avions obrenus de Blanchelande pour armer les gardes nationales; il en reftoit à
cette époque environ fept ceits; j'étois chargé de ce détail,
& j'avois, commeje viens de le dire, l'ordre de livrer trois
cents fufils au bataillon compofé des. hommes de couleur >
de negres libres , pour l'affaire du 19 oétobre. Si les gardes
naticnales avoient eu à fe porter à quelques poftes, elles
feroient venues fans contredit demander des armes à la municipalité, & celle-ci fc feroit empreffée d'armer les gardes
nationales; ils n'avoient donc pas befoin d'aller à I'arfenal
pour prendre des fufiis.
Sonthonax : J'obferve que Verneuil vient de déclarer qu'il
a rencontré la colonne qui a forcé l'arfenal, & qu'il s'eft
mis à fa tête.
Vernenil:I1 eft bien étrange que Sonthonax me prête les
exprelions qui luia appartiennent : je n'ai pas dit
je me
feis mis à la tète de la colonne loriqu'elle aterdin fur la
place d'armes, que cette colonne força l'arfenal. Je défie
puifque les tachygraphes ont recueilli mes expreflions, dire que J'aieavoné que la colonne ait été forcer
F
Parfenal; ceux qui étoient à In garde de l'arfenal ont librement ouvert les portes & laillé prendre deux canons 5' voici
ce que j'ai dit, voici l'exacte vérité.
Sonthonas: Je demande, citoyen-préfident, que Verneuil
foir interpallé de déclarer s'il n'eft pasà fa connoiflance que
Groflidier, commandant alors T'arfenal, ait refufé des armes
aux gardes nationales blanches qui s'y font préfentées, &
fi ce n'eft pas malgré Grofdidicr, commandant de Tarfenal,
que les armes & les canons ont été enlevés.
Verneuil: Ciroyens, ma réponfe fera courte. J'ai une parfaite comnoilance qu'il a été enlevé deux cancns de quatre
à l'arfenlsje crois, comme je vais vousle démontrer, qu'il
alors T'arfenal, ait refufé des armes
aux gardes nationales blanches qui s'y font préfentées, &
fi ce n'eft pas malgré Grofdidicr, commandant de Tarfenal,
que les armes & les canons ont été enlevés.
Verneuil: Ciroyens, ma réponfe fera courte. J'ai une parfaite comnoilance qu'il a été enlevé deux cancns de quatre
à l'arfenlsje crois, comme je vais vousle démontrer, qu'il --- Page 253 ---
a été enlevé un certain nombre de fufils à T'Arfenal; mais
je puis vous attefter que ce nombre de fufiis na point été
enlevé par les blancs; & je vais vous dire par les ordres de
qui &c pourquoi ces fulils furent enlevés à fArienal. Je crois
que les détails quej je vais vous donner éclairciront pleinemen:
la çueltion.
dire
ce
Je vous difois donc que je ne prétendois pas
que
nombre d'armes n'ait pas éré enlevé à PArienal 5 mais que
Taffirmerai feulement qu'elle ne l'ont point été par les blancs.
J'ai même une intime perfuafion qu'elles en ont été tirées;
& ceux-là feuls à qui elles étoient néceflaires , ont donné
l'ordre de les prendre. Ne vous eft-ii pas démontré que Sonthonax étoit le chef principal de cette conjuration ? et quel
autre que lui a pu fe rendre coupable de eet enlevement? Sa
ractique confifte à accufer les autres de ce qu'il: a pu faire,
parce qu'il fait qu'il eft difficile de détruire une première impreflion. I1 eft fouvent difficile de détruire une faulleré quand
elle eft appuyée fur des probabilités qui 2 toutes fauffes
qu'elles font, n'en paroilfent pas moins vraifemblables lorfqu'elles font habillées avec art. Lorfque les mulàtres prirent
la fuite, ils furent fuivis par beaucoup d'efciaves qu'ilfalloit
armer, & l'on peut aflirer, 2 fans crainte de fe tromper, que
ces armes furenr'employées à cet ufage. Plufieurs nègres
furent arrêtés, pallant des fufils, au travers des paliflades, 2
aux nègres qui étoient dans l'intérieur. Cette découverte
ayant augmenté la furveillance , on fe fervit d'un autre
moyen. Plufieurs fulils étoient arrangés fur une planche,
los crolles formoient la tête, les platines formoient les bras,
à l'aide d'un oreiller, & les canons les pieds. Le tout étoit
revêtu d'une toile. coufue > & deux nègres la porroient comme
s'ils alloient mettre un cadavre en terre. Cette matotte fut
encore découverte. Les nègres chargés de ce fardeau furent
arrêtés 8c conduits à la municipalité , & l'on découvrit la
fupercherie. Sonthonax en fut averti, > & ordonna que l'on
remit ces fufils aux hommes de couleur. Celui qui a été
chargé de les remettre eft le citoyen Fonleviolle & je
prie la commifion d'interpeller Fondeviolle de déclarer la
vérité Fondeviolle: à cet égard. Ii eft conftaté dans le procès-verbal de la mu
nicipalité du Capo.
ité , & l'on découvrit la
fupercherie. Sonthonax en fut averti, > & ordonna que l'on
remit ces fufils aux hommes de couleur. Celui qui a été
chargé de les remettre eft le citoyen Fonleviolle & je
prie la commifion d'interpeller Fondeviolle de déclarer la
vérité Fondeviolle: à cet égard. Ii eft conftaté dans le procès-verbal de la mu
nicipalité du Capo. --- Page 254 ---
2go
Sonthonex : Je prie la commiffion
de déclarer s'il nr'incvlge d'aveir fait d'interpeller Fondeviolle
couleur , & d'avoir fait rendre
atier des citoyens de
armes trouvées dans
aux horames de ceuleur ies
jamais enendu parler. une prétendue bière; fait dont je n'ai
Duny : F'en fus rémoin.
Lep prefdent: A Tordre; c'eft à l'interpellé à
Fondeviolle : Je répondrai à Sonthonax
répondre.
qu'il n'a jamais entendu
de
qu'il a tort de dire
toyen Brocas, un des parler
ce fait, parce que le ciSicard, tut envoyé chez offeiene-municipanx Rochr mbeau ou s'étoit 2 arec le ciroyen
thonax, pour le prévenir qu'on avoir arrêré un réfugié Sondavre, qui étoit compofé dc cinq fuffis, &là deflus prérendu le
caSonthonax remercia le citoyen Brocas du zèle ate la ci:cyen muniIl cipalité dit qu'il mertoit falloit pour découvrir les auteurs de cer événement.
dépofer ces armes au grefte de la
palité : en conféquence ce prérendu cadavre fut mrnicidans une chamnbre, & 1 lendemain il vint un ordre dépofé
toyen Sonthonax, 5 de remettre les armes aux hommes du cicouleur, auxquels il difoit qu'elles
& de
étoient des citeyens de l ville; & le citoyen appartenojcnt,
qui
de couleur, qui eft actueilement à Paris,
Laforeft, homie
oflieier-municipal, mais quin'éroit point > quiavcit encore enf été nommé
malgré quil elt écé revêru d'une
fondtions,
parce qu Oil connoiffoit fa probité, écharpe eft celni au 2 décembre s
livrer les fulils qui avoient éré
qui eft venu faire
orare des commiffaires civils, portés en forme de cadavre par
Sontho. ax: Sij'at donné cet ordre, il dcit exifter
demancie qu'il foit dépofé fur le bureau 5 car je
écrit;je
je n'ai jamais cu connoifance du fait des fulils déclare que
une bière.
arrêtés dans
Verneuil: La trahifon étant notoire, les
fe
nirent. A reine différens pslbtons
citoyens réuformer, qu'ils furent attaqué:
des commencèrent-ils à fe
La générale peur lors fur
par
hommes de couleur.
portée ripoferent, d'autres barrue; fe rendirent CcuX qui à fe trouvèrent à
tirèrent deux piècas de quatre, qu'ils conduifirent T'Arfenal, & en
Tattaque. Crspièces furen: augmenrées,
au lieu de
troifième prile fur la piace
aprèsl'action 5 d'une
Efpognole.
d'armes 3 & menée à la rue
ils à fe
La générale peur lors fur
par
hommes de couleur.
portée ripoferent, d'autres barrue; fe rendirent CcuX qui à fe trouvèrent à
tirèrent deux piècas de quatre, qu'ils conduifirent T'Arfenal, & en
Tattaque. Crspièces furen: augmenrées,
au lieu de
troifième prile fur la piace
aprèsl'action 5 d'une
Efpognole.
d'armes 3 & menée à la rue --- Page 255 ---
Sonthonax: Je prie d'interpeller Vernenil siln'eft pas 3
connoiffance que le combat ait commencé entre les
ancs & les hozmes de couleur, après que les pièces de
anon tirées de I'Arfenal eurent été amendes, foit fur la
ace du Champ-de-Mars > fcit à l'enuée des cafernes du
giment Verneuil: du Cap. Je réponds que lorfquè les pièces de canon pail avoit déjà trois ou quatre ioldats du régiment
E a
H aux fenêtres de leurs cafernes par les hommes
e couleur, & qu'il y avoit eu dans la rue Saint-FrançoisKavier, trois ou quatre rafales tirées fuir les blancs. Siôt
ue, les colonnes des blancs commencèrent: à fe former,
a
à
des hommes de couleur, ,
Ppar
oppofer fe I'atraque à Fune imprévue d'elles; c'eft celle dont parle Soneaux préfenta fe
au Champ-de-Mars, & à la tête de
honax > qui porta
Sonthonax lui-mêmé. Je dis
Aquelle fe trouva un moment fe
à la tête de cette
onc que le général Laveaux préfenta
d'effet.
olonne pour la haranguers fon dilcours produifit peu
Caveaux, furnommé le brave
Sonthonnx, fe retira aux
ieilles cafernes, où il fe .le dans un lieu infedt, qui
ervoit de latrines aux hommes de la petite Guinée, & prit
pour chef de file un mur fort épais.
le
Sonthonax: Les calomnies des colons honorent général
Laveaux ; fa bravoure n'a jamais été incertainc, clle eft retonnue des peuples qui, > dans les Antilles, > fon:laguerre aux
Français. Certainement Laveaux > qui feul au Pore-de-Paix
vec 1,000 hommes de troupes de ligue 2 & environné d'Aricains, foutint lepoids des colonnes efpagnoies & anglaifes;
ui qui donna à fes foldats l'exemple de la bravoure, qui a
éré conftamment à leur tère, par-tout où il a renverfé les
polonnes ennemies, ne pent pas être foupçonné de lâcheté.
Quant à moi, je ne dois pas permettre que Laveaux la 2 caufe mon
Frère en révolution, celui quia fervifi puiffamment
Françaife à Saint Domingue 5 foit infulré aufli gratuitement.
D'ailleurs, je n'en fuis pas farpris > les colons ne peuvent
nuire aux hommes qu'en difant du bien d'eux. Laveaux & fes
Page : Nous expliquerons ce que c'oft que
fuccès au Pore-de-Paix.
Verneuil: Ce que vient de vous dire Sonthonax ne peut
pas détruire des faits. Je ne vousles préfente pas pour avilir
quia fervifi puiffamment
Françaife à Saint Domingue 5 foit infulré aufli gratuitement.
D'ailleurs, je n'en fuis pas farpris > les colons ne peuvent
nuire aux hommes qu'en difant du bien d'eux. Laveaux & fes
Page : Nous expliquerons ce que c'oft que
fuccès au Pore-de-Paix.
Verneuil: Ce que vient de vous dire Sonthonax ne peut
pas détruire des faits. Je ne vousles préfente pas pour avilir --- Page 256 ---
la réputation de Laveaux;c'eft une chofe dontj'ai été le té
moin > & certainement j'ai été dans l'action. Lorfque le
hommes de couleur eurent pris la fuite, il parut l'épée à A
main, à la tête de cinquanre hommes d'Orléans, s'achemin
vers ia barrière de la Fauffette pour y faire lire une procla
mation de Sonthonax. Un piquer de dragons, de garde na
tionale,s'y trouva. Laveaux prenant alors fon cafque, couru
vers un de ceux qui étoient en tête au premier rang, lui fitr mill
proteftations de fincérité lui remit fon épée, fe déclar
fon prifonnier, & poulfa ia tartufferie jufqu'à répandre de
larmes. Ce citoyen, qui étoit Gervais, & qui maintenant el
a Paris, lui rendit fon éple > ne voulut point qu'il fit for
prifonnier, & lui fir remarquer que. dans ce momentil étoi
àla tête de cinquante hommes, ce qui rendoit cette démarche
très-ridicule. Cettepalquinade ne trompa perfonne, &Laveauy
fut apprécié à fa jufte valeur. Pluieurs décharges furen
faites
les hommes de couleur contre les foldats du
ment
régi
ad Cap, d & plufieurs d'enur'eux furent tués aux fenê
tres de leur cafernes. Daflas, colonel du régiment du Cap
& qui avoir été auparavant commandant-général de la garde
nacionale, dans le commencement de l'action fe porta parmi
les hommes de couleur, s'efforça par fes difcours de les faire
rentrer dans Je devoir, en leur repréfentant qu'ils étoient
égarés, féduits, & qu'ils fe perdoient aux yeux de la nation.
Les repréfentations furent inutiles; & au moment où il fe
retiroit, il fur làchement affalliné par eux. Son domeftique
fut percé de coups à fes côiés 3 & Dalbau, major de fon
régiment , n'évita un pareil fort que parce que fon cheval,
en fe cabrant, reçut les coups quilui étoient portés. Daffas,
baigné dans fon fang, fe fir tranfporter dans les caferncs des
mulitres; & malgré les douleurs de fes blellures, il tenta
encore. s mais vainement, de les défabufer. Ne pouvant y
réuflir, il fe fit conduire à fon domicile. Le nombre des blancs
augmentant, les hommes de couleur prirent la fuite: : ils fe
rendirent maitres du pofte de la Faullette' > gardé par dix
t vétérans des troupes patriotiques 5 ils braquérent les deux
pièces de douze qui fe trouvoient dans la rue E(pagnolo, &
le moment d'après ils en conduifirent une dans la rue SaintLouis; elle fut tirée deux fois à boilet & à mitraille contre
les blancs, ainfi que celle de la rue Elpagnole. Les décharges
de couleur prirent la fuite: : ils fe
rendirent maitres du pofte de la Faullette' > gardé par dix
t vétérans des troupes patriotiques 5 ils braquérent les deux
pièces de douze qui fe trouvoient dans la rue E(pagnolo, &
le moment d'après ils en conduifirent une dans la rue SaintLouis; elle fut tirée deux fois à boilet & à mitraille contre
les blancs, ainfi que celle de la rue Elpagnole. Les décharges --- Page 257 ---
nous recerions , & dont le feu étoit
€ moufquererie intervalle, força que les citoyens à ripofter d'un coup de
ans
les
à fe réunir. tous à la
anon, ce qui dérermina premiers chevaux qui étoient en
Fauflerte; ils volèrent, en fuyant, les commande la ville da
ente, & prirent le pofte d'Orléans, Belair qui & vingt hommes des
Cap: Cinquante dragons ci-devant Rohan-Soubile, fe porrenadiers du régiment
Laveaux à leur tète, & le refto
erent à la Faullette, ayant
Sitôt
Sonthonas,
le la journée fe palla en députatjons
0 fon attente >
vit que lef fuccès de la journée nne répondoit tranfporta pas
en conIvoulut pendre lerôle de pacificateur défait, ; ilfe & tremblant de peur,
équence aulieu du combat, pale,
les feux fe
Emportéparla foule, il fe trouva dans un endroirod
fauva
troiloient, & craignant d'être atteint par une chez balle, lui; ilfe il fit foichez Dallas qui n étoit pas encore rendu cette mefure ingneufement fermer les portes, & où croyant ilfe cacha fous des mauffifante, il monta au grenier, viens de dire fait rire Sonkelas Citoyens, ce que je
chonax
aux injures gratuires de
Sonthonax : Je ne répondrai de pas
fi je ne me fuis
Verneuil; mais je vOuS prie linterpeller à la tète des colonnes des
pas tranfporté au lieu du corabat, de couleur
troupes des blancs &c des hommes l'effufion du fang; pourinterpofer fi mon armon autorité, lieu du pour combat empècher n'a
précédé les premières hofrivée tilités, au fi dans le feu du combat pas un officier municipal qui
m'acompaghoit n'a pas été blellé d'une balle.
Verzuil: Citoyens, je vais vous dire là-deffus ce que %
fais. Dans le commencement du combat > Sonthonax
vers les blancs pour les empêcher de ripofter. L'attaque
avoit porta déja été commencée par les hommes de couleur; il y
avoit déjà plufieurs per onnes tuées; certes, Sonthonax fais s'ap- dans
percevoit bien que la partie n'étoit pas égale.Je nommé que comme
ce moment il étoit avec un officier municipal
il le dit, car je ne le connois
Joyeux 3 ce peut êtrelui;
mais il avoit aufli à fes côtés P prévôr du Port-de-Paix, &c lui dit:
Verdier ; mais Sonthonax étoit tremblant de peur, décoration
Verdier lui dit: avec votre
ne m'abandonnez pas. moi, avec mon habit militaire, tous
vous ne craignez feront rien; portés fur moi. Vous ne courez aucun
les coups
officier municipal
il le dit, car je ne le connois
Joyeux 3 ce peut êtrelui;
mais il avoit aufli à fes côtés P prévôr du Port-de-Paix, &c lui dit:
Verdier ; mais Sonthonax étoit tremblant de peur, décoration
Verdier lui dit: avec votre
ne m'abandonnez pas. moi, avec mon habit militaire, tous
vous ne craignez feront rien; portés fur moi. Vous ne courez aucun
les coups --- Page 258 ---
rifques, & la feule chofe que je priffe faire dans cette
fion, c'elt de volis reconduire au logement de
occa
Voici ce queje fais. Je faisaufli
Rochambeau
malgré lai par une colonne qui queconthonax n'étoir
a été entrain
quil fut mené dans la rue
pas trop en ordre,
quand il fut devant une ruedont Sanehrangas-Xevier jeneme
5 & que
les feux de fulils qui fe trouvoient croifés rep Ppelle pas le nom
thonax à entrer chez Dallas. Je prie d'interpelier déierminérents Son
s'il n'eft pas entré dans la maifon
Sonthonas
aufitét fait fermer la porte.
Dadlas, &siln'm.ap Fas
tilleric, Sonthonas: Il eft très-vrai que, porté fous le feu
commandée par Verneuil, veyant He
deTarblelfé à côté de moi, voyant le combat engagé, ciroyen je Joycux
parles
de couleur & malgré moi chez Dallas fus porté
refté. PTa fuis entré avec Verdier
oije fuis
parier; bien lcin de vouloir le 3 dont Verneuil vient de
à Verdiér de courir à une pièce garder dont le avec feu moi,j'ai enjoint
faire fes efforts pour empécher que le combat celfcit, ne
& de
parce que voyant
les hommes de couleur
continuât;
de tous cotés, Tadiere for que dèsle moment où s'échappoient ils fe
emparés des forte, ils feroient les maitres de à la
fercient
ia ville feroic perdue. Voilà pourquoi je faifois ville, & que
efforts pour empécher l'action; voilà
tous mes
tien cetfa,J'enjoignis à Verdier de faire pourquoi, tous fes quand l'acfaire Tentrer dans l'ordre tous ceux qui étoient eforts au pour
Mais j'ai une interpellation à faire à Verneuil, & je canon. le
citoyen préfident de le fommer de dire fi cette colonne prie
laquelie j'ai bté emporté par le feu croifé des hommes par
coulcur & des
de
de blancs.
blancs, n'était pas unc colonne compofée
Perncuil: La colonne par laquelle Sonthonax a été
porté étoit en efiet compctée de blancs.
emtous fes efforts pour empécher que les colons Sonthonax faifcit
auroit bien defiré que nous reftaflions
ripoftaffent. Il
recevoir le feu des hommes de couleur tes-tanquillement : 8c à nous laiffer à
égorger; mais nous n'ésiouspas d'huneur à recevoir des
de fuill ians e11 rendre. Sonthonax s'étoit mis à la tête coups de
colonne des blancs pour ticher de les empécher de
la
cux qui avoienr déja perdu plufieurs
tandis ripofter,
elt bicn prouvé que los hommes de honmess, souleur n'avoient qu'i
pas
recevoir le feu des hommes de couleur tes-tanquillement : 8c à nous laiffer à
égorger; mais nous n'ésiouspas d'huneur à recevoir des
de fuill ians e11 rendre. Sonthonax s'étoit mis à la tête coups de
colonne des blancs pour ticher de les empécher de
la
cux qui avoienr déja perdu plufieurs
tandis ripofter,
elt bicn prouvé que los hommes de honmess, souleur n'avoient qu'i
pas --- Page 259 ---
encore un feul, homme de bleffé. Dans la fuite de la difcuffion
je vais proaver, non pispar des dires, mais par les
actes de Sonthonax, que ceft lui qui eft le principal propres auteur,
le machinateur de cette joirnée du 2 décembre ; & je le
défie, > malgre fon audaee malgré les menfonges quil fe
permer à tout moment, de pouvoir me démentir.
Sonthonax : Il eft clair d'apres ce que vient de dire Verneuil, que les blancs font ceux qui 1e , malgré kes ordres des
commiffaires civils, ont porté le commiffaire civil & l'officier
municipal quil'accompagnoit fous le feu du canon, quiétoit
placé à la porte des cafernes des foldats du régiment du
Verneuil dir: Les hommes de couleur avoient tiré, il y Cap. avoit
des blancs tués, & c'eft pour faire tuer jufqu'au dernier
des blancs, que Sonthonax a vonli faire celier.le feu. Je prie
le citoyen préfident d'interpeller Verneuil de déclarer fi les
blancs qui avoient été tués , l'avoient été dansle lieu de
la fcène.
Verneuil: Ce n'eft pas icile moment de répondre à Sonthonax; ce feroit faire une rérériuon; car dans cerinflant,
je m'en vais venir à Tinterpellarion qu'il me fait. S'il trouve
que je
ai pas fuffifaunment faristair, il lui fera permis
pour lors d me la répéter. Je demande à continuer.
Senthonax: J'attendrai que Verneuil réponde; maisj je déclare qu'il eft très-faux que les hommes de couleur aient été
les agreffeurs, ce qui fera prouvé lerfque la parole me fera
dévolue. Que Verneuil concinue.
Th. Millet: J'ai demandé la parole pour faire une interpellation. à Sonthonax. Il a dit qu'un officier
nommé Joyeux, a été bleffé à fes chtés. Je demande municipal, de
côté eft venu le coup de fufil quia ble fTé ce ciroyen.
quel
Sonthonax: : Il venoit du côté des blancs > & il, venoit
tellement de la colonne des blancs > quel le citoyen
& moi étions alors au milieu des hommes de couleur, Joyeux
nous nous efforcions de faire rentrer dans leurs cafernes. que
Th. Millet : Tout-à-Theure Sonthonax vient de dire
avoit été entrainé par la colonne des
or, comment qu'il
à côté de Sonthonax, Joyeux fur-il blancss
hommes de couleur, & par les blancs, bleffé au milieu des
lorfqu'il vient de
vous dire qu'ilavoit été en rainé par la celonne des blancs?
Sonthonax: Tout cela fe concilie partaitement > car c'eft
ous nous efforcions de faire rentrer dans leurs cafernes. que
Th. Millet : Tout-à-Theure Sonthonax vient de dire
avoit été entrainé par la colonne des
or, comment qu'il
à côté de Sonthonax, Joyeux fur-il blancss
hommes de couleur, & par les blancs, bleffé au milieu des
lorfqu'il vient de
vous dire qu'ilavoit été en rainé par la celonne des blancs?
Sonthonax: Tout cela fe concilie partaitement > car c'eft --- Page 260 ---
la vérité. Lorfque j'ai été entrainé par les blancs, j'ai été
pouffe nécellairemen: du côté des hommes de couleur,
que l'intervalie qui les féparoit, n'étoit que celui de la fRece
gueur de la rue, depuis la maifon de citoyen Daffas jufqu'à
la porte des cafernes du régiment du Cap. Tout le monde
fait qu'iln'y a pas cinquante pas de diftance. Non-feulement
mon devoir étoit de me porter devant ies blancs pour les
empècher de tiret 5 & au moment où un oficier-municipal,
Domergue, > reftoit auprès de certe colonne de blancs, pour
lui infpirer des intentions pacifiques, je me portai avec le
citoyen Joyeux au milieu des hommes de couleur, pour les
faire rentrer dans leurs caiernes 5 & après avoir rémpli le
rôle de médiareur & de pacificateur auprès de la' colonne
des biancs, ce fut alors quz je'me portai auprès des hommes
de couleur; & c'eft au monent ou je remplis le rôle de médiateur & de pacificateur , que quatre coups de canon à
mitraille font tirés far moi, & que le ciroyen Joyeux qui
m'accompagneit eut une balle quile bleila dans le côté.
Verneuil: Citoyen préfident , je vous prie d'interpeller
Sonthonax, qui vient de vous dire que c'eft au moment où
il étoit à la tête des homies de couleur, > pour leur faire
mettre bas les armes > qu'il a été tiré fur lui quatre
de canon à mitraille, de déclarer où étoit placée la pièce coups qui
a tiré fur lui.
Sonthonas: La pièce dont on s'eft fervi étoit à la porte de
la caferne du régiment du Cap, & la bouche de cette pièce
étoit fixée, > je crois, far la longueur de larue Saint-FrançoisXavier , mais fur-tout dans la rue dontla mifon du citoyen
Daffas faic le coin; c'étoit là oû elle étoit fixée. La rue va
au pont; la pièce de canon qui tireit fur moi étoit dans
une direction trop élevée. D'ailleurs les canonniers étoient
ivres; il n'eft donc pas étonnant que cette pièce n'ait
blelé beaucoup de monde,&le ciroyen Joyeuxn'a étéb ctcims
que légèrement. Il étoit bien naturel qu'une pièce portée
à T'entrée de la rue où demeure le citoyen Dallas, tirât
dans la direétion de la rue où fe trouve lai maifon du citoyen
Daflas.
Th. Miliet : Et cette pitce a tiré quatre coups ?
Fondeviolle : Il y avoit une pièce de canon qui étoirdireckementvis-2-vis la rue Efpagnole; il y en avoit une autre
dans
tcims
que légèrement. Il étoit bien naturel qu'une pièce portée
à T'entrée de la rue où demeure le citoyen Dallas, tirât
dans la direétion de la rue où fe trouve lai maifon du citoyen
Daflas.
Th. Miliet : Et cette pitce a tiré quatre coups ?
Fondeviolle : Il y avoit une pièce de canon qui étoirdireckementvis-2-vis la rue Efpagnole; il y en avoit une autre
dans --- Page 261 ---
dans la rue Martin. Effectivement dans la rue des Cafernes, & qui eft féparée par un illet enrier, le coup de
feu qu'a
le citoyen Joyeule eft une balle de fuli
eft partie T la colonne des hommes de couleur, lor/quils qui
étoient à la tête de la colonne des blancs, & il n'a été
qu'efleuré. C'eft un coup de fulil tiré du côté des mulatres; il n'a pas été tiré un coup de canon de ce côré là.
L'une" des pièces étoit vis-à-vis le caporal de la troupe >
vis-à-vis larue des Cafernes; & la rue San-Frangols-Xavet
eft tout-à- fait oppofée. :
Sonchonax : Je prie la commiflien d'interpeller Fondeviolle d'avoir à déclarer fi à la porte de la caserne du régiment du Cap dont la diredtion eft fur la rue au coin
de laquélle eft la maifon du chevalier Dassas, iln'y avoit
pas une pièce de canon.
Fondeviolle : Si j'avois le plan du Cap, je montrerois
comment étoit placée la pièce de canon 5 il en avoit
une effedtivement conare la porte des casernes d régiment
du Cap; mais elle ne pouvoit être dirigée fur la rue où
étoit la maifchde Daflas , parce qu'il y a un contour d'un
double iflet, & un angle.
Brully : Cen'est pas la même diredtion.
Sonthonax : Il eft bien fingulier que les colons nient un
fait de notoriété publique. La porte des casernes du régiment du Cap regarde directement la rue où éft fituée la
maifon du citoyen Dafas; c'éroit de cet endroit qu'eft
le feu que le citoyen Joyeufe & moi avons effuyé. Je parti fuis
feul ici dans les débats; les colons croient qu'en mentant
perpécuellemenr, ils obliendront de la croyance 5 ileftimpolible que la commiflion fe fixe fer ceux qui ont commencé le fou; il eft impoflible que la Convention puiffefe
fixer là-deffus avatit de n'avoir entendu &. d'avoir vu les
pièces que j'ai envoyécs à la Convention, les pièces qui
prouyent demonftrativement que Verneuil étoit a la tête
des mouvemens qui ont eu lieu dans cette journée. Je le
prouverai à Verneuil, non pas parles affertions des hommes
de couleur, car il diroir que V'efprit de parti dirige leurs
déclarations 5 je, le prouverai par les déclarations de fes
amis eu%-mémes, Je prie la commifion-de conferverla parole à Verneuil; je répondrai d'une manitre péremproire eet
Tome IV. Trentefeptième. livraifon,
S
tête
des mouvemens qui ont eu lieu dans cette journée. Je le
prouverai à Verneuil, non pas parles affertions des hommes
de couleur, car il diroir que V'efprit de parti dirige leurs
déclarations 5 je, le prouverai par les déclarations de fes
amis eu%-mémes, Je prie la commifion-de conferverla parole à Verneuil; je répondrai d'une manitre péremproire eet
Tome IV. Trentefeptième. livraifon,
S --- Page 262 ---
fatisfaifanre frr tous les Sairs des journées défaltreufes
2 décembre & jours fuivans.
da
Verneui! : J'éviterai à Sonthonax la peine de
les pièces qu'il annonce; je. les ai dans mes mains. produire
avec
Cef
ces pieces là même que je veux convaincre Sonthona
d'impofure. Je reviens à la fitation de la pièce que
thonax foutient avoir été placée à la porte des calernes Son- du
c'eft regiment du Cap. C'ef une vérité; mais ce qui eft un faux
que Sonthonax prétend que Cette piece
à la
porte des cafernes du régiment du Cap
placée enfiler
rue où étoit ia maifon du citoyen Daflas pouvoit
la
exaét de la viile du
&
; j'ai un plan fort
évidence
Cap,
je vous démonrrerai avec
qu'il y a deux iflets entiers- 'depuis la
des çafernes juiqu'à la ruc où demeuroir Dallas, ce porte
folument inexaét le compie qui vient de vous êue quirendab fait
Sonthonax.
par
Page : Sonthonax vous a dit qu'il avoit été malgré lui
porté chez Dallas par des hommes de couleur; mais comment feroit-il pollible que ces hommes eullent
Sonthonax chez Dallas, qu'ils euilent choili le domicile porié
Dailas pour
de
Daflas venoit Sonthonax, d'ètre
lorfque vous venez de voir' que
égorgé par les hommes de
& qu'il fe trainoit avec le
de force quilui couleur
cafernes de ces hommes od avoit effayé inutileinent reftoitaux
les amener à des voies de paix :
de
1 Perneuil: On ly portoir,
Si Dallas eût eu la confance des hommes de couleur, n'euffent pas dré fur
T
de cculeur n'eulfent
lni; nécefairemen: les hemmes
pas fait feu fur lui :il n'eft done
pollible que les homies de couleur dans ces
pas
aient choifi la maifon de Dallas
circonftances
nax. T! eft donc bien démontré pour y entrainer Sontholontairement.
que Sonthonax y eft allé voSonthonax : Je réponds à ce que dit Page des
de Dalias pour les hommes de couleur
follicirudes
des auteurs de certe
, que Daffas eft un
Dans le combat, ila a joutnée, qu'il en 2 été juftement puni.
été effedivement
reçu une balle à travers le talon ; ila
vois alors.
traniporté dans fa maifon où je me trouIl y avoir un quart-d'heure
été
par les hommes de couleur qui vouloient quejyavois perré
nje louftraire àla
de Dalias pour les hommes de couleur
follicirudes
des auteurs de certe
, que Daffas eft un
Dans le combat, ila a joutnée, qu'il en 2 été juftement puni.
été effedivement
reçu une balle à travers le talon ; ila
vois alors.
traniporté dans fa maifon où je me trouIl y avoir un quart-d'heure
été
par les hommes de couleur qui vouloient quejyavois perré
nje louftraire àla --- Page 263 ---
Kage dcs agrefturs, ce fut alors que Daffas arriva dans (a
mafon; & il n'y a rien d'incomparible entre le traniport de
ma perfonne dans la maifon de Daflas & le tranfporr de la
perfonne de.Dallas dans fa maifon > lorfqu'il a étébleflé.
Vernenil : Sije voulois éterniler lesdebats, jerépondrois
a cela.
Le pr. fident : Continue.
Page : Ceft entendu cela.
Verneuil: Vousvoyez, ciroyens, dâns la relation
ici par Sonthonax & dans fa leure du 6 décembre envoyée
adreffée au pouvoir exécutif &c lue à la Convention 1792 natio- ?
nale, le 18 janvier 1793,quil ofe avancer qu'on l'a affaf
finé, que l'on a tiré fur lui quatre coups de canon à mitraille, qu'ila bravé tous les dangers pour caimer la fureur
des blancs. Il vous a dit, & vous vous en rappelez
qu'il ne craignoit pas plus nos poignards en Francs qu'ilkcs s
avoit craint a Saint-Domingue, Il vous a dirqu'en différentes
occafions il a fait un rempart de fon corps aux hommes de
couleur pourfuivis par les blancs. A voir tant d'auace ne feroit-on past porté à croire que Sonthonax eft unnouvel Achille
dont le courage croit dans les combats : Ii n'en eft rien ces
pendan:. La lacheté & la cruauré, , comipagnes
font ce wi le caracktriient; & malgré l distature infeparables, & les
cohortes affaflines qu'il faifoit mouvoir à fon gré, l'ombre
d'un bomme le fai'oit palir.J'ai déja ditque le refte de la
journée da 2 décembre 1792 fe pallà en députarions de la
patr des blancs; le temps de la nuit qui fuivit fut employé
par Sonthonax, parRochambeau, Lavaux &
méditer les plus grands forfaits, & à méditer Pinchinat,a la
tion de ceux qui avoient le mieux fervi les intérêts déporta- de la
colonie. Le lendemain 3, Pinchinat, homme de
membre de la commiflion intermédiaire, nommé couleur s
thonax, abandonna fon pofte; &, fous le prétexre par Sonde rempir le rôle de conciliateur, fut mettre à (pécieux
ee qui avoit éré arrèté au confeil de Sonrhonax & exécution de Rochambeau pendant ia nuit. Ditigeant les hommes de couleur, il
à ce qu'ils rentraffent en ville; il écrivit
à Candy pane commandoit à 400 hommes de couleur de fe
réunir à lai; & Candy dont on vous a déja
fe faifoit un jeu de tirer avec la pointe de entrerenu, fon fabte qui
ou
S 2 2:
fut mettre à (pécieux
ee qui avoit éré arrèté au confeil de Sonrhonax & exécution de Rochambeau pendant ia nuit. Ditigeant les hommes de couleur, il
à ce qu'ils rentraffent en ville; il écrivit
à Candy pane commandoit à 400 hommes de couleur de fe
réunir à lai; & Candy dont on vous a déja
fe faifoit un jeu de tirer avec la pointe de entrerenu, fon fabte qui
ou
S 2 2: --- Page 264 ---
avec un tire-bouchon les yeux des blancs
lui tomboient
enre les mains, refufa cependant de fe COUJ à fon invitation. Ce Pinchinat, qui dès 158pfoulevoit les ateliers dans
la colonie, qui eft déligné dans le teftament de mort d'Ogé
comme un chef de la révolte, 2 excitoit encore dans ce moment
ceux de fa cafte, & les efclaves à fe couvrirde nouveaux
crimes. Peut-on douter de cette vérité, citoyens, korique
dans la journée du 6 décembre, Sonthonax & Rochambeau, qui étoient allés au devant des iiommes de couleur,
abordèrent Pinchinat, louèrent hauiement fa conduite : &
après l'avoir embraffé l'un & T'autre, le général lui dit :
ce M. le commiflaire civil & moi avons fait embarquer une
9> partie des citoyens qui vousdéplaifent; les autresle feront
22 aufli >2, Ce neft donc pas...
Sonthonax : Jc prie lar commiffion d'interpeller Verneuil
Le préfident : Laiffe continuer.
Porneuil : Cen'elt denc pas à caufe de leurs crimes >
cemme l'a dit Sonthonax, qu'ils cnt été ensbarqués arruchés du fein de leurs familles, enlevés del leurs propriérés
fans aucune formalité, & parl l'aéte le plus arbiuraire,mais
feulement parce qu'ils déplaifoient à Pinchinat. Mon fang
bouillonne d'indignation aul recit de CCS horreurs, & elles
ne font cependant qu'un foiblé échantillon de cellesqui vous
feront préfenténs dans, la fuite des débats.
Sonthonaz: Je prie Verneuil de dépofer fur le bureau la
preuve matérielle de ce qu'il vient d'annoncer, que j'ai dit
a Pinchinat: Cc Je vicns de faire embarquer les hemmesqui
*> vous déplaifent, & j'en embarquerai bien d'autres >,
N'eftce pas ce que vous avez dit 2
Verneuil : Oui, je m'engageà ia remettre avant la fin
de la féance 5 mais ilfaur la chercher dans les procis-verbaux de la municipalité du Cap. Comnae il y en a
fix...
Le préfident: Continue,
Veinexil: D'arres ceguivenoitde fe paffer, la municipalité
du Cap crut qu'ii étoit de fa fagelfe de propofer à Sonthonax que l'embargo fit mis fur tous les cabotcurs, & d'attondre, pour le lever D que la nouvelle cficiclle de ce
fin
de la féance 5 mais ilfaur la chercher dans les procis-verbaux de la municipalité du Cap. Comnae il y en a
fix...
Le préfident: Continue,
Veinexil: D'arres ceguivenoitde fe paffer, la municipalité
du Cap crut qu'ii étoit de fa fagelfe de propofer à Sonthonax que l'embargo fit mis fur tous les cabotcurs, & d'attondre, pour le lever D que la nouvelle cficiclle de ce --- Page 265 ---
malheureux événement fit adreffée à toutes les municipalités de la colonie.
(Il lit:):
Adrelfe de la municipalité du Caps en date du 2 décembre
1792 > à Sonthonax.
la nouvelle
K La municipalité du Cap, craignant que
des troubles quiagitent la ville, portée dans les autres quartiers de la colunie n'y répande l'alarme & n'y produife
des effets funeftes, invite M. le commiffaire civil à mettre
l'embargo fur la rade, afin qu'aucun bâtiment ne puiffe forir
demain matin, , & jufqu'à ce qu'il en ait lui-même autrement ordonné.
5 En féance du confeil, le 2 décembre 1792.
wSigné, CHEVALIER (ainé), , maire 5 FoxDEVIOLLE > fecrétaure 32,
Réponfe de Sonthonax.
Cc J'obferve à la municipaliré du Cap que l'embargo fur
les bârimens du commerce-eft un attentat à la liberté ; les
nouvelles de la journée pénétreront aifément par terre; &
pour contre-balancer le témoignage de ceux qui ont la liberté de voyager ainii, je crois quil'eft nécellaire de laifler
parir les caboteurs.
€c Signé, SONTHONAX >:
Je ne me permettrai dans ce moment aucune réflexion
fur la perfilie de cette lettre; elle fera mile en oppofition
avec une autre de Sonthonax fur le même objet; il fera
temps alers de vous fignaler fa conduite .
Fondeyiolle : Voici la pièce que Verneuil n'a pas pu
trouver.
S 3
qui ont la liberté de voyager ainii, je crois quil'eft nécellaire de laifler
parir les caboteurs.
€c Signé, SONTHONAX >:
Je ne me permettrai dans ce moment aucune réflexion
fur la perfilie de cette lettre; elle fera mile en oppofition
avec une autre de Sonthonax fur le même objet; il fera
temps alers de vous fignaler fa conduite .
Fondeyiolle : Voici la pièce que Verneuil n'a pas pu
trouver.
S 3 --- Page 266 ---
(nnd)
Extrait du procès-verbal de la municipalité du Cop Français 3
ile Saint-Domingue; 5 fcance du 6 octobre 1792.
et On prévient que le fixième bataillon approche. M. lo
commiffaire national civil, M. le gouverneur général &
M. le maire montent en catoffe & vont - a ccompagnés
du cortège & d'un détachement de dragons di 16tme régiment, hors les barrières de la Follètte 5 à peu-près une.
heure d'attente, > les citoyens du fixième bataillon tant à
Fied qu'à chevel, paroiffent & font Jalte fur le grand
chemin, en ligne des Champs-Elyfkes, M. le général leur
envoiet un aide-de- camp pour leur dire d'avancer; iis fc
mettent de fuite en marche, fous la conduite de Taide-decamp & de leur commendant; M. Pinchina en voiture
fuivoir derrière. En l'abordant, M.le commillaire national
civil & M. le général l'embrafferent ; celui-ci lui dit : M.
le commillaire & moi avons fait embarquer une partie des
citoyens qui vous déplaifent; les autres le feront. Le bème
baraillon défile, entre en ville, les armes hautes, tambour
batrant > &c.
Sonchonax : Avant de faire aucure réflexion fur l'acte
qu'on vient de vous lire, je remarque que la municipalité
atcribne aujourd'hui à Rochambeau..
Ferneuil: Je prie les citoyens tachygraphes de vouloir
bien lire...
Sonthonax : Lorfque j'ai fait Tinterpellation,, j'ai demandé
que Verneuil dépolit fur le bureau la preuve de ce quej'avois dit à Pinchina : c Nous venons d'embarquer
quelquesuns des hommes qui vous déplaifent; nous en
embarquerons bien d'autres >. J'ai ajouté à cela: S Verneuil,eft-ce
23 cela que vous avez dit"? 22 Vous m'avez répondu: Sc Oui,
3 c'eft ce que j'ai dit >, Il eft bien étonnant que les citoyens
colons appellent preuve materielle fénonciaticn d'un procès-verbal rédigé par la municipalité du Cap; ; il'r me fenble
qu'en jurifprudence & en droit on appelle preuve matériclle
ane preave émanée de l'accufé lui-mème. Or, comme je
fuis accule, je ne vois pas le matériel de certe pièce deus
'avez répondu: Sc Oui,
3 c'eft ce que j'ai dit >, Il eft bien étonnant que les citoyens
colons appellent preuve materielle fénonciaticn d'un procès-verbal rédigé par la municipalité du Cap; ; il'r me fenble
qu'en jurifprudence & en droit on appelle preuve matériclle
ane preave émanée de l'accufé lui-mème. Or, comme je
fuis accule, je ne vois pas le matériel de certe pièce deus --- Page 267 ---
Fallégation de la municipalité du
c'elt que cette muicipelité du Cap. étoit Ce n'ef. pas tout 3
vemens du 2 décembre , c'eft Cap
complice des mouCap étoit dans le méme
que cette municipaliré du,
Paris vis-à-vis la Convention rapport avec moi, que ceile de
de la
la
nationale. J'étois le délégué
la délégation de
monicipalité du Cap confpiroit contre
5 j'ai donc
AAATL
qu'un proeès-verbal, Républigue qui n'eft
lieudéneétomé
m'a jamais été préfenté, don: pas ligué de moi, qui ne
connoiffance,
je n'ai eu
difcuterai > ferve de preuve matérieile contre qu'aujourdhui.
dans la fuite les procès-verbaux
moi. Je
dir Cap, fi on les lit; je prouverai la de Ja municipalité
cipalité, c'eft-à-dire, des
perfidie de la muniici un officier municipal, du membresqui Cap, le la dirigoient. Il y a
homme à la probiré duquel les colons citoyen Laforêt, , cet
jaftice. Eh bien ! je demande
la viehnent de rendre
entendre, & l'on verra, quels Roere les commillion' le fafle
décembre. Je me réfume, & je dis confpirateurs du 2.
Convenrion nationale &c à la commitlion que je donnerai à la:
ciffemens defirables"
tous les éclairjournées défaftreufes. lorique je difcuterai les caufes de ces
la Th. Millet : Ciroyens, Senthonax vient de vous
journée du 2 décembre la. municipalité du
dire qu'à
rappert à lui ce qu'étoit la commune
Cap étoit par
par rapport à la Convention nationale. confpiratrice Je
de Paris de
dinterpeller Sonthonax de déclarer fi à prie le préfident
à celle du 3, fentant l'impuillance de la journée du 2 ou
dans la ville, fi lui n'a
remis rérablir la tranquilliré
nicipalité qu'il appelle aujourd'hui pas
ces pouvoirs à cette muSonthonay: Je n'ai remis mes pouvoirs confpiratrice à :
cipalité ; j'ai exhorté la munieipaliré du aucune munil'ordre , puifqu'elle avoit de Finfluence fur Cap les blancs. à rétablir
municipalité du Cap étoiz taute compofée de
La'
T'exception de Laforêt qui n'éroit
blancs, à
cier municipal. Cette municipalité pas encore inftallé offitieux le même empire que les chefs devoir, avoir fur les facVoilà pourquoi j'ai invité la
ont fur les fubalternes,
le calme dans la ville
municipalité du Cap à ramener
avoir; mais il fera prouvé par dans tous les le moyens qu'elle pouvoit
municipalité du Cap
cours des débats
la
confpiroit coutre la loi du 4 ir
S 4
n'éroit
blancs, à
cier municipal. Cette municipalité pas encore inftallé offitieux le même empire que les chefs devoir, avoir fur les facVoilà pourquoi j'ai invité la
ont fur les fubalternes,
le calme dans la ville
municipalité du Cap à ramener
avoir; mais il fera prouvé par dans tous les le moyens qu'elle pouvoit
municipalité du Cap
cours des débats
la
confpiroit coutre la loi du 4 ir
S 4 --- Page 268 ---
Sondionax Fond.violle: Je. demande la parole, quant à ce que dit
guilna pas remis fes
le 2. 2 décembre : après que le citoyen pouvoirs à la municipalité
il a été conduit dans la falle de la Joyeux a été bl:fé 5.
municipalité
lescitoyens Brocas, ; Domergue & Joyeufe, Là il a
améncle
honorable à
iRar
la municipalité de l'avoir traitée
ment dans la matinée > en lui Orant tout le trop indignedevoit avoir fur la garde nationale; &
pouvoir qu'elle
a remis les troupes de ligne à la difpofition en conféquence de la muni- il
cipalité.
- II lit l'extrait du procès-verbal de la municipalté du
Françdis, du 2 décembre 1792.
Cap
Cc M. le, commiffaire civil entre dans la falle du confeil,
accompagné de deux commiflaires envoyés vers lui, &
Pavoient trouvé chez M. Daflas à qui on venoit de qui
le premier appareil fur fa bl:fliure. Il leur difoit en poter
rendant que c'étoit avec bien du plailirqu'il vénoit
sy
isin de hmunicipaliré; qu'il avoit un grand poids dans fur le, le
ccear, qu'il defiroit ie décharger. Efectivement,
à la municipalité fa faricfaétion de la conduite iltém.oigne
tenue dans ce moment de crife, fon regret de qu'elle a
ce matin de négligence et de foibleile; qu'il en l'avoirtaxée de
grandccur amende honorable, (Ce fontfes propres faifoic
Les mêmes commiffaires & le procureur de la commune exprellions) vont
l'acrompagner à la maifon de M. le
où la
maladie de ce dernier avoit fixé ia réflence gouvernerr, de M.le
millire civil. Des le matin, ils font rencontre du
coide Walch faifant partie des troupes de ligne requifes. bataillon
le procareur de la commune propofe de retourner Alors
feul avec ce bataillon à la Maifon-Comune
lui
divifer cette force d'une manière efficace; la > pour y faire
adopiée particulièrement
M. le commiffaire propofition national eft
civil,
ly engage. RRELIarA àla
le
taillon ae 73ime régiment
Maifen-Commune, ba2 ci-devant
réunit à celui du g2tme, ci-devant Walsch. Royal-Comtois > fe
Sonthonax: Je crois que toures les
font dans les débats par lescolons ne rendent interpellations qui (e
la di cullion générale fur cet aricle cà je adts LEMES
particulièrement
M. le commiffaire propofition national eft
civil,
ly engage. RRELIarA àla
le
taillon ae 73ime régiment
Maifen-Commune, ba2 ci-devant
réunit à celui du g2tme, ci-devant Walsch. Royal-Comtois > fe
Sonthonax: Je crois que toures les
font dans les débats par lescolons ne rendent interpellations qui (e
la di cullion générale fur cet aricle cà je adts LEMES --- Page 269 ---
éclaircifemens; mais fur ce que dir Fondeviolle - , jai le
droit d'ètre étonné
me parle d'amende honorable envers la municipalité 2: Lap. Je prie Fondeviolle d'è re un
peu plus d'accord avec le caraétère que me prêtent 'les colons. Jamnis je n'ai Fait d'amende honorable à perfonne
dans la colonie;jamais je n'ya ai été difpolé, fur-tout à Pégard d'une municipalité qui confpiroit contre la loi du 4
avril.
Verneuil : Je ne. répondrai pas à ce que dit Sonthonax 5
j'aurois cependant à produire des pièces triomphantes qui
viendront dans la fuire de la difcuflion. Je continue : La
journée du 3 fut employée en, députations de la part des
blancs 5 tous les corps civils & miliraires fe rendirent près
les hommes de couleur. La reconciliation de léur part parut
fincère ; ils promirent de rentrer en ville 5 cependant iis
n'en firent rien. Je crois bien que plufieurs d'entre eux
étoient de bonne foi; mais Pinchina qui avoit été envoyé
vers eux par Sonthonax, Rochambeau &c Lavaux 5 Pinchina
qui connoiffoit le nceud de l'intrigue, faifoit changerlemonvement a'après leur réfolution 3 & toutes ces- dépurations
aboutirent à des démarches inutiles. Les membres de la commillion inteimédiaire, ceux de la municipalité envoyés vers
eux, rendirent compte à Sonthonax du peu de fuccès de,
leurs démarches. Il fut invité à proclamer la loi martiale ;
Sonthonax s'en défendit, & rendit la proclamation dont je
vais vous douner leéture.
Proclamation de Sonthonax 3 du 3 décembre 1792,6c.
ce Autorifons la municipalité du Cap à fommer les citoyens affemblés hoflilement dans les poltes de la Fossette et
des environs du Cap de fe retirer fur-le-champ dans leurs
demeures refpedtives, faute de quei ils y feront contraints,
par les troupes de ligne qui font mifes par ces préfentes à la
difpofition de la municipalité.
33 Au Cap, le 3 décembre 1792.
9> Signés SONTHONAX >,
c.
ce Autorifons la municipalité du Cap à fommer les citoyens affemblés hoflilement dans les poltes de la Fossette et
des environs du Cap de fe retirer fur-le-champ dans leurs
demeures refpedtives, faute de quei ils y feront contraints,
par les troupes de ligne qui font mifes par ces préfentes à la
difpofition de la municipalité.
33 Au Cap, le 3 décembre 1792.
9> Signés SONTHONAX >, --- Page 270 ---
II cf bon de vous
thonar rendit cette obferver, citdyens, que lorfque Sonnicipaux
proclamarion, ii dit aux Cficiers mu-.
que puifqu'il avoit perdu la confiance des ciroyens, il'remertoir entre fes mains touS fes pouvoirs. Le
momept d'après la municipalinérendit uine proclamation
fut envoyée aux hommes de couleur, & dont onleurdonna qui
leéture; elle étoit zinfi conçue.
C Au nom de,la nation, nous > maire & officiers mi-.
nicipaux de la ville & banlieue du Cap, ordonnons aux citoyens du fizième bataillon de la garde nationale, réunis &
armés dans la Savanne de la Follèrte, de déclarer fur-lechamp, à peine d'être déclarés traîtres à la loi, les mulirres-& les
nègres efclaves qui, fe trouvent parmi eux, & de
de la remettre for-le-champ entre les mains des commiflaires
municipaliré, quiles feront traduire, fous la fauvegarde de la loi & des citoyens dans les prifons du
pour être enfuite ordonné ce qu'il appartiendra.
Cap,
>> Donné.an Cap, enaffemblée municipale le 3 décembre 1792. Signé , CHEVALIER T'ainé, maire ; FoxDEVIOLLE > Jecrétaire-grefier. >9
Cetre proclamarion a éré fans effet, malgré la certitude
que beaucoup d'efclaves étoient entre les mains des mulâtres
réunis en armcs hors la ville & dans les environs du
Si volis rapprochez cet événement de ce qui s'eit paffé Cap. dans
TOueft, > & dont on vous a donné connnoitlànce dans lès
précéden:cs féances, oà les mulâtres foreèrant les nègres les
pius vigoureux, les plus ingambes des ateliers de marcher
avec Eux, 8c donr le non:bre fut de trois cents, >
fous le nom de frifess vous ferez convaincus
le défignés
efprit dirigeoit dans ce moment ce qui fe paffoit que au meme,
Dans FOueft, les contre - révolutionnaires Anus de Jume- Cap.
cour 3 Chitry,, Pinchinat, les faifoient mouvoir. Dans le
Nord, c'étoit Lavaux, Rochambeax,
& ce
même Pinchinat.
Sonthonas,
Sonthonax: Je prie le préfident d'interpeller Verneuil de
déciarer fi, dans les mouvemens qui ont eu lieu dans la
défignés
efprit dirigeoit dans ce moment ce qui fe paffoit que au meme,
Dans FOueft, les contre - révolutionnaires Anus de Jume- Cap.
cour 3 Chitry,, Pinchinat, les faifoient mouvoir. Dans le
Nord, c'étoit Lavaux, Rochambeax,
& ce
même Pinchinat.
Sonthonas,
Sonthonax: Je prie le préfident d'interpeller Verneuil de
déciarer fi, dans les mouvemens qui ont eu lieu dans la --- Page 271 ---
journée du 2 décembre & jours teivans, f c'eft dans ce
moment-la que les hommes de couleur ou nègres del'Ouef
éroient en armes, réunis aux nègres appelés fuiljes, avec de
PE. chinat, Chitry & Anus de Jumécour, dont il vient
parler. Verneiil: Il eft bien éronnant que Sonthonax me fafle
une interpellarion pareille. Je ne dis pas que les nègres du
Nord étoient armés dirigés par Anus de Jumécour; mais
dis, & la coinmilion fe rappelle à merveille, que lors de
: difcullion fur l'efprit public, il fut queftion de ces' nègies
conduirs par Anus de Junécour & par Pinchinat. O fuivic faivit à
cerie époque précifément la même inarche que Ion
au Cap, dans la journée du 2 décembre. néceflaire
Sonzhonax : Cette explication étoit
> puilque fe taiVeinenil difoit que, dans le même temps, au Cap,
foir-la même chole.
Vern:uil: Je n'ai point dit cela.
Sonthonax: Je prie Vernenil de recommencer la phrafe. de
Verneuil: La voici: Si vous rapprochez cet événement
celui qui s'eit paffe dans l'Oueft, & dont O11 vous a donné
connoillance dans les précédenres féances, oè les mulâtres
forçoient les nègres les plus vigoureux, > les plus ingambes de
marcher avec cux, & dont le nombre, fuivant Sonthonax,
étoit de trois cents, appelés friffes 3 vous ferez convaincus Je
que le même efprir dirigeoit ce qui fe paffoit au Cap. T'Oueft,
ne dis point du tout qu'il V avoit à cette époque, dans
des nègres qui étoient foulevés par Pinchinat : c'elt un rapprochement queje fais entre ce queje vous ai dit & ce qui
le paffoit au Cap le 2 décembre 1791. Le même plan étoit de
defrustion 3 quoique dans des temps bien différens, de , fcéléconfbamment faivi; & tant d'efforts de perfilie,
ratelle, devoient produire ce qui eft arrivé, la defiuction
de la population blanche & la ruine de la colonie. Vous
venez de voir que Sonchonax rendit, le 3, tne proclamation
autorife la municipalicé à employer la force,
Efu fur-le-champles hommesde couleura rentrer Mons
leurs demeures refpedtives 5 & que teignant de fe dépouiller
de tous fes pouvoirs, iilesmit entre les mains des magiftrars
dut peuple. Dans la relarien de cet événement, envoyée par lui
efficisllement à la Convention nationale, voici comme il
s'expliques
Vous
venez de voir que Sonchonax rendit, le 3, tne proclamation
autorife la municipalicé à employer la force,
Efu fur-le-champles hommesde couleura rentrer Mons
leurs demeures refpedtives 5 & que teignant de fe dépouiller
de tous fes pouvoirs, iilesmit entre les mains des magiftrars
dut peuple. Dans la relarien de cet événement, envoyée par lui
efficisllement à la Convention nationale, voici comme il
s'expliques --- Page 272 ---
k Craignant de compromettre notre autorité, dont les
hommes de couleur ne parloient jamais qu'avec refpect, nous
crâmes devoir réfifter aux inftances qu'on nous failoit,
que nous leur ordonnallions de rentrer en ville. Cette pour demande étoit perfide & inconfidérée : toute leur confiance
étoiten nous; & en précipitant unl pareil ordre, nous nous
expolions à la perdre, &, avec clle, tout
de réu-
>>
nion.
efpoir
Il falloir que Sonthonax fe crit, dans tous les
sûr
de maitrifes ies événemens, pour fe permettre temps, de pareils
inenfonges; ilfalloit qu'ilfe crit sûr de Y'aide de ceux qui,
juiqu'a préfenr, l'ont couvert de leur ombre; il Falloir
eut une grande affarance que la juftice nationale, fouvent qu'il
tardive & lente dans fa marche, > ne pourroit jamais l'atreindre, pour cfer en impoler à la nation entière. Toures
fes combinaifons feronr, je Telpère, réduires à l'abfurde ;
les crimes dé Sonthonax feront expofés au grand
&c
le glaive de la loi qui, depnis fi long-temps, plane jour, fur fa
tère, fnira par sy appefantir,
Sonthonax : Je prie la commillion de fommer Verneuil de
remettre fur le burean T'ade parlequelyai remis mnes pouvoirs
à la municipalité du Cap. Cet adte doit nécellairement
exifter (ur les regiftres, foit en minute, foit en copie, puifqu'il a été donné à la' municipalité du Cap. Les gens qui
m'accufent R'onr stirement pas manqué d'apporter ces pièces:
je demande qu'elles foient dépofées.
Verneril:. Je ne fais pas pourquoi Sonthonax prend à tèche
de me faire dire ce
je n'ai pas dit. Je n'ai pas dit certainement que Receotieue avoit renoncé à fes pouvoirs par
écrit; mais jai dit, & je le répère, parce que c'eft exactement la vériré, que loriqu'il remit à la municipalité >
une proclamarion,le pouveir de dilpofer de toutes les
par
de ligne, > il diry verbalement à cette municipalité : Puifque troupes
Ferdu la conftance des
j'ai
citayens, je yous remets entre les mains
tous mes pouvoirs. Et s'il ne l'avoit pas fait à cette
Sonthonax, dont vous allez voir ia rouerie, fe feroit époque bien ,
donné de garde de remettre à cette époque, dans les mains
de la municipalité, ces troupes de ligne, puifqu'avec ces
par
de ligne, > il diry verbalement à cette municipalité : Puifque troupes
Ferdu la conftance des
j'ai
citayens, je yous remets entre les mains
tous mes pouvoirs. Et s'il ne l'avoit pas fait à cette
Sonthonax, dont vous allez voir ia rouerie, fe feroit époque bien ,
donné de garde de remettre à cette époque, dans les mains
de la municipalité, ces troupes de ligne, puifqu'avec ces --- Page 273 ---
mêmes troupes de ligne, fi la municipalité eût été moins
attachée à la loi, elle pouvoit d'un feul morbouleverfer tous
les projets finiftres de Sonthonax , & rendre aux citoyens
toute l'énergie gu'ils avoient perdue. la commiflion
VerSonthonax : Je demande que
interpelle remis à la
nevil de dépofer fur le bureau l'acte par lequelj'ai
municipalité la difpofition des troupes de ligne.
Verneuil: Je vais le faire.
(Fondeyiolle lit.)
national
cc Nous Léger-Félicité Sonthonax commiffaire
civil, délégué aux ifles françaifes de l'Amérique fous-le-vent
pour y rétablir l'ordre & la tranquillité à
les ci-
>> Aurorifons la municipalité du Cap
Peter
toyens allemblés hoflilement dans les poftes de la Foflette &
des environs du Cap de fe retirer fur-le-champ dans leurs
domicilés refpeétifs, faute de quoi ils y feront contraints
par les troupes de ligne qui font remifes par CeS préfentes à
la difpolition de la municipalité.
s Au Cap, le 3 décembre 1791.
23 Le commiffaire national civil. Signé, SONTHONAX. >
Sonthonax : Je demande pour une bonne fois que chaque
fois que les colons citent une de mes proclamations, ils la
dépofent fur le bureau; qu'ils dépolent fur le bureau les
originaux qui leur ont été donnés.
Verneuil: Citoyen-préfident, Sonthonax a toujours, dans
fes demandes, des portes de derrière. Comment veut-il,
comment peut-il demander à la commiflion que nous, qui
avons été arrachés à nos familles, à nos propriétés, prelque
nuds, fans aucuns papiers, mmis au fecret, Ini produiliens
dans cet inftant les pièces originales qu'il réclame? Avionsnous ce droit, nous fimples individus, d'aller au greffe
fommer la municipalité que lon nous remit les pièces originales? nefbce pas plurô: àlei à les produire ?
Sonchonax : Citoyens, les colons venlent avoir le droit
d'accufer & de calomnier, &c ils vouient être crus fur leur
, fans aucuns papiers, mmis au fecret, Ini produiliens
dans cet inftant les pièces originales qu'il réclame? Avionsnous ce droit, nous fimples individus, d'aller au greffe
fommer la municipalité que lon nous remit les pièces originales? nefbce pas plurô: àlei à les produire ?
Sonchonax : Citoyens, les colons venlent avoir le droit
d'accufer & de calomnier, &c ils vouient être crus fur leur --- Page 274 ---
parole. Les cclons difent que je fuis l'auteur des événemens
défaftreux du 2 décembre; ils citent à Tappui des
tions de moi, & je n'aurai pas le droit de réclamer proclama- ces
proclamnations ! je n'aurai pas le droit de demander
mne foient produites > pour que j'aie à les reconnoitre qu'eiles ou à
les délavouer 1O eft donc la jurifprudence 1 où eft donc la
faveur ou plutôt la juftice dont on doit inveftir l'accufé :
Quoilils me calomnient fans celle, & je n'aurai pas le
croit de demander qu'ils appuient de quelque apparence de
preuve leurs calomnies & leurs prétendues acculations ! Je
renouvelle ma demande, que chaque fois que les colons
parleronr d'actes émanés de mei, ils foient tenus de les remettre fur le bureau, afin que je les reconnoifle ou que je
les défavoue.
La féance eft levée.
Ze regiftre des préfences eff Agnf:1, Pa. GARRAN,PE
fdente 5 FOUCHE (de Nantes) > fecrétaire 5 LANTEENAS;
Garcoms, DASRAY. --- Page 275 ---
271.
à RC 2
Du 25 Germinal, l'an eroijfième de la Répzblique françaifa
une 6 indivifible.
LA rédaction des débats de la veilie eft lue &c adoprée.
Th. Milier : Je préviens ia commifion qu'a midije ferai oblige de me rendre at tribunal révolutionnaice, 6.ant
alligné pour dépofer dans l'alaire de Fouquicr-iniavite,
Fondeviolie : Vous avez entendu daas le pro:es-vebal
que Sonthonax a dit hier que la municipalicé du Cap étoit
vis-à-vis les autorirés conftiruées ce que la comin: mue confpiratrice de Paris étoit à l'égard d: ia Conventiou mi.onale.
Sonchonaz : Si c'efl là-deffus que VOIS voulez parler j'ai
la parole avant vous; je penfois que vous vouliez por cler
de la rue Martin.
Fondeviolle : La rue Martin n'exifte pas au Cap. J'ai
dit qu'une pièce de canon étoit placée rue des Cafemei, &
y. en avoit une autre vis-à-vis ia porre des calernes
régiment
T"
du Cap. Je n'ai
parlé de la rue Mutin,
parce qu'eile n'exifte point ;
une erreur que les : 1
JPL
graphes auroient commife, ou moi-mème : mais cetre rue
n'exifte pas.
Sonthonax : Hier dans le cours de la difcuffion, lescolons ont parlé d'une prociamarion de moi, par laquellej'ai
remis à la difpofition de la municipalité les trouses de
ligues de la ville du Cap. C'eft dans cette pièce qu iis ont
prétendu trouver la preuve queje lui avois remis mes pouvoirs. Je demande qu'ils dépofent fur le bureau cette pros
clamation.,
Page: Sonthonax vous a demandé hier la preuye marétielle da difcours du général Rochambeau : comme fi i'on
uffion, lescolons ont parlé d'une prociamarion de moi, par laquellej'ai
remis à la difpofition de la municipalité les trouses de
ligues de la ville du Cap. C'eft dans cette pièce qu iis ont
prétendu trouver la preuve queje lui avois remis mes pouvoirs. Je demande qu'ils dépofent fur le bureau cette pros
clamation.,
Page: Sonthonax vous a demandé hier la preuye marétielle da difcours du général Rochambeau : comme fi i'on --- Page 276 ---
pouvoit donner une preuve plus légale d'un difcours tenu s
que celle fournie d'un procès-verbal d'une municipalité ;
maintenant il demande qu'en lui apporte la-pièce diredtement émanée de lui, la
matérielle de la remife
a faire de fes
qu'il
pouvoirs FLemt municipalité: Eh bien! le
cèsverbal de la municipalité..
e
proSonthonax : Ce n'eft pcint cela
je demande. Jede
mande la proclamation par laquelle 9es remis à la municipalité du Cap, la dilpofition des troupes de ligne qui
formoient la garnifon du Cap.
Page: La preuve de cette prociamation fetrouve confacrée
par le procès-verbal de la municipalité. Mon collègue Vernezil, qui étoit au Cap, vous donnera des renfeignemens
plus pofitifs.
Vernzuil: Cen'ef poin: une proclamation que Sonthonax
a envoyée à lamunicipaliré, iais c'cft uneadrelle officielle par
Inquelle ill'autorifa à requerir toutes lestroupes de ligne, &
Sonthonax qui, dans ce moment-ci, feint de ne pasfe iouvenir
de ce quil a fait alors, va tout-à-I'heure être convaincu, 3
parce que le 4, par une proclamation qui a été affichée >
i- teciré ces mêmes pouvoirs à la municipalité.
Braliey : S'illes a retirés, c'eft qu'il les avoit donnés.
Sonchonax : Je réitère mon ingerpellation, & cela eft
d'autant pius néceflaire que les hommes qui m'accufent,
font les hommes que j'ai mis ell jugement & accufés moimême. Si ces hommes qui m'accufent, que j'ai envoyés à
la Convention pour rendre compte de leur conduite, s'ils
fe prélentent avec des faits, ils doivent prouver ces faits,
jis doivent prouver ce qu'ils avancent : loriqu'ils citent de
moi une adreffe, une proclamation ou une pièce quelconil faur qu'ils les dépolent fur le bureau, fous peine
drraetif pour fauffaires.
Vernexil: Lorfque Sonthonax demande qu'on mette fur
le bureau Tadrefie originale qu'il a envoyce aux,autorités
conftiruécs, cerrainement c'eft ine plaifanterie que Senrhonax fait; car lorfque nous vous remettons les prosès-verbaux
qui conitatent que CCS picces ont été envoyées à ia municipalicé du Cap, lépoqne ot clle les a recues, & qui entrent dans les plus grands détails fur ce qui s'eft pate,je
crois que cette pi.ceef aufli authemique qu'clle peut Verre.
Et
refie originale qu'il a envoyce aux,autorités
conftiruécs, cerrainement c'eft ine plaifanterie que Senrhonax fait; car lorfque nous vous remettons les prosès-verbaux
qui conitatent que CCS picces ont été envoyées à ia municipalicé du Cap, lépoqne ot clle les a recues, & qui entrent dans les plus grands détails fur ce qui s'eft pate,je
crois que cette pi.ceef aufli authemique qu'clle peut Verre.
Et --- Page 277 ---
Et certes il fercit ridicule
Sonthonax exigeit de nous
que nous produifions toutes pièces, puifquil eft infiniment perfaadé qu'elles lui font reftées entre les
&
que la majeure paruie de celles qui ont été à fa mains,
été incendiées par Jui, puifqu'il nous a lui-même charge, fait l'aveu ont
que fon regiftre a été livré aux flammes.
Bralley : Je demande la permiflion d'ajouter wne obfervation.
Le préfident : Tu l'auras enfuite.
Sonthonax : Comment veut-on
j'admette pour
contre moi, des pièces émanées 3i municipalité pièces
ratrice, des pièces émanées des complices de ceux que confpienvoyés à la barre de la Convention nationale : Je réitère jai
mon interpellation, Lorique les colons difent que ces
kes font devenues la proie des fammes, je ne
piè- affurer ce qu'eft devenu le greffe ou le fecrétariat peux de la pas muhicipalité du Cap;mais lec citoyen Fondeviolle étoit fecrétaire
He la municipalité du Cap, & fait ce que font devenues
Ees pièces. Il'les a eues avant le 20 juin, car il eft parti du
Cap Fuler avant l'incendie. Lui qui venoit en France pour acPolverel & Sonthonax, devoit néceffairement fe muhir des pièces de conviction contre eux. J'ai donc droir de
m'étonner que des hommes qui ont les pièces en leur pofeflion viennent s'appuyer de pièces fournies; par qui? par
Fondeviolle, gteffier de la' municipalité, mon accufareur.
Croyez-vous que lorfqu'un accufateur fe préfente en
mnent, il foit déchargé de l'obligation ou il eft de jugeHuire des pièces contre l'accufe, en difant, ces pièces
dans un
Eoer
topiées
procès-verbal que j'ai figné moi-même
Fondeviolle eft mon accufateur, il figne une copie du
brocès-verbal, & dit
ce procès-verbal doir être une
breuve contre moi. cite le procès-verbal n'eft ni de
non aveu, ni de ma connoiliance. Je demande donc
fourniffe les pièces originales, fur-tout fur des faits qu'on aufli
graves que ceux dont on m'inculpe.
Bralley : Il ne s'agit pas de favoir quelles preuves Sonthonax admet ou n'admet pas : il s'agit de favoir
ont celles qui font admiflibles. Or sje maintiens qu'en quelles juric
prudence, puifque Sonthonax l'a citéc, toute pièce
émanée d'un corps conftitué, eft une preuve admiffibie officielle
Tom: IY. Trente-huitième livraifon.
T
que ceux dont on m'inculpe.
Bralley : Il ne s'agit pas de favoir quelles preuves Sonthonax admet ou n'admet pas : il s'agit de favoir
ont celles qui font admiflibles. Or sje maintiens qu'en quelles juric
prudence, puifque Sonthonax l'a citéc, toute pièce
émanée d'un corps conftitué, eft une preuve admiffibie officielle
Tom: IY. Trente-huitième livraifon.
T --- Page 278 ---
dans tous les cas; & depuis qu'il s'eft intenté des accufa
tions, on n'a jamais rejeté un procès-verbal d'une muni
cipaliré, fous prétexte que la municipalité étcit
de ceux de l'affaire defquels On traitoit. Ici je ne complice vois pa
que Sonthonax ait lui dans un temps oppertun accufé la
municipaliré d'être complice de cenx qu'il dit être coupa
blestjenev voisdas que Sonthonax sirdans un temps opportun
réclamé d'avance contre ce qui peut être mentionné dans
le procès-verbal. Je vois au contraire par le procès-verba
qui vous a été cité, & par les pièces qui vous le feron
aujourd'hui, que .la municipalité s'eft teujours conduite
dans le fens qu'elle devoir fe conduire. Je vois que Son
thicnax éfoir à côté des" officiers municipatx, à côté d'ur
officier municipal bletfe, que cette municipalité s'eft conf
tamment conduie dans le fens çu'elle le devoit, pour main
tenir l'ordre & la tranquilliré. Donc Sonthonax n'eft
admiffible à rejeter ces preuves, & à dire qu'il ne pa le
recevra pas. Qu'ef-ce qu'on vous préfente? C'eft un procès
verbal d'une municipalité réguliérement conftituée, en vertu
de la loi du 4 avril:" Car," encore qu'elle n'ait été inftallé
que le 26 décémbre, il n'eni eft pas moins vrai, que ceu
qui rempliffoient les fencions municipales, étoient les of
ficiers noimés dans une affemblée de commene, , nommé
conformément à la lci du avril. Vous avez vu d'ailleur
qu'il y avoit, à l'époque a 2. décembré, un homme de
coulent exerçant los fonétions municipales: donc cette mu
nicipalité étoit conftituée conformémentà la loi du 4 avril
donc Sonchonax ne peut, ni fous prétexte de complicite
de la municipalité, ni fous prétexte qu'elle n'étoit pas lé
galement conftituée, rejeter le procès verbal qui vous étoi
préfanté. J'ajoute maintenant que Sonthonax veut qu'or
produile les. pièces origitinles qu'on cite de lui, comme
letrress adrefies, proclamations, &c. Eh bien'! moi, j
maintiens que toutes lés tois que je trouverai un procès
verbal bicn en regle d'ane municipalité, cue jy verrai que
telle proclansation, tolle adrelle, a éré mife fur le bureau.
qu'on Tal lue, qu'on 'a délibéré, je dis moi, que je fui
difpenté de repréfenter les, pièccs, for rout quand je traite
d'une affaire quis'eitpalfce à deux milie licues d'ici, pourvu
que je repréfcnite un procès verbal duemént figné par las
A
bicn en regle d'ane municipalité, cue jy verrai que
telle proclansation, tolle adrelle, a éré mife fur le bureau.
qu'on Tal lue, qu'on 'a délibéré, je dis moi, que je fui
difpenté de repréfenter les, pièccs, for rout quand je traite
d'une affaire quis'eitpalfce à deux milie licues d'ici, pourvu
que je repréfcnite un procès verbal duemént figné par las
A --- Page 279 ---
officiers de la municipalité, qui conftate que. la
tion, l'adrelle ou lettre, a été due en féance lgale proclama- de la
aanicipali-é; ce fonr-là. des preuves
il ny en eut, & iln'y a pas d'exemple officielles, qu'on air ou jamais
dans aucun tribunal l'adniflion d'un procès-verbal retufé de la
municipalié, comme pièce non admiflible,
dit quil exigeoit qu'on apportàr toures les Sonrhonax a
donr on parle; eh bien 5 ciroyens, ,.01 n'a pas proclamarions encore
d'une feule. proclamation dei Polvérel &
parlé
ne l'ai remile fur le bureau,
Sonthenax, qu'on
Ici il demande une, proclamation menrionnée dans un
cès-verbal. Parce qu'on n'aurcit pas cette pièce, s'enfuivroir- pro*
ilqu'elle n'ett pasexifté? Il vaudroittour: aurant nier
du procès-verbal; car, file procès-verbal a exifté, je l'exiftence maintiens
moi , que la preuve de l'exiftence des picces eft acquife,
Le préfidente : C'eft entendu.
Sonthonax : Brulley vient d'érablir une doétrine
neuve fur la manière dont on doit convaincre
tout-à-fait
vous dit: La municipalité du Cap a fait un lesaccu.és. Il
les faitsiénonçés font contre les commillaires procès-verbal;
-cela mêmer que, ce procès-verbal a été fait par.la civils; & par
al doit fervir depreuve concre:les commiflaires civils. municipalité,
lorfque deux autorités 3 dont l'une eft
(Cerres,
:ces deux. autorités font contradictoires en fupérieure, fait, il me lorfque
qu'il faut être un peu plus réfervé que ne l'eft Brulley, femble
Samesrsféenenciation, del'auorirés inférieure contrel auorité pour
Mfupérieure: Il me femble que lorique cetre
a été accufée de confpiration à la
municipalité qui
une
lettre écrite: le 6 janvier 1793 Convention 5 il me fembie nationale, par
municipaliné,accufce de complicité avec les
que cette
doit.p pas repouffer cette acculation de
confpirateurs, ne
dun procès verbal fait contreiles commillaires compliciré, civils en: argnant
ont. pas: eu connoillance. Je vais plus loin.
qui n'en
fi aujourdhui on faifoit le procès-verbal de Croyez-vous ce
que
de 9 thermidor à Paris, cràyez-vous que G les quis'eft pallé
cette municipaliré confpiratrice faifoient ce membres de
al devroit faire foi conire la Convenrion nationale, procès-verbal,
témoiguage de tous les bons Frangais qui ont
contre.l le
municipalité confpiratrice ? Croyez-veus, citoyens, profcrit cette lor(
qu'une smunicipalité.aura fait uny procès-verbal avec que les agiT 2
ez-vous ce
que
de 9 thermidor à Paris, cràyez-vous que G les quis'eft pallé
cette municipaliré confpiratrice faifoient ce membres de
al devroit faire foi conire la Convenrion nationale, procès-verbal,
témoiguage de tous les bons Frangais qui ont
contre.l le
municipalité confpiratrice ? Croyez-veus, citoyens, profcrit cette lor(
qu'une smunicipalité.aura fait uny procès-verbal avec que les agiT 2 --- Page 280 ---
tateurs contre le commiffaire civil, le commiflaire civil devra
être accufé en vertu du procès-verbal de la municipalité? Je
ne parle pas du procès-verbal en lui-même: j'aurai occafion
peut-être de m infcrire en faux contre ce procès-verbal,
lorfqu'on en fera lecture ici; mais je maintiens que la pièce
ciée étant ifolée, étant dite de moi, doit être produite furle-champ. Les colons ne peuvent pas dire qu'ils ont eu impofibilité del la produire; elle étoit trop effentielle.
Lc préfident : Ceci doit être terminé. Vos obfervations
font entendues.
Sonthonax: J'ai une obfervation plus frappânte à faire fur
le fond de la pièce elle-même. Ce qui prouve que cette
pièce n'exifte pas, c'eft que les colons ont dit dans le cours
des débats, s que je m'étois oppofé à la publication de la loi
martiale contre les hommes de couleur réunis au Port de la
Follette, , &de les faire fommer parla municipalité de mettre
bas les armes.
Ce n'eft pas d'aujourd'hui que les colons commettent dés
faux, qu'ils ont inventé des aétes, fait de faux décrets,falffié des lettres. Dans la fuite de la difculliony'aurai occafion
de le prouver comme je l'annonce aujourd'hui. J'ai donc
bien le droit de demander aux colons, lorfqu'ils fe préfentent
pour m'accufer, d'avoir à dépofer fur le bureau les pièces
émanées de moi, dont ils veulent fe fervir pour motiver leur
accufation.
Page: Sonthonax vous a dit que cette municipalité confpiroit, qu'elle étoit en révolte. Si Sonthonax eût eu un feul
prétexte de la dilfoudre, ne l'eût-il pas fait? La loi du 22
juin Fy. autorifoit. Sonthonax feroit criminel de ne l'avoir
pas dilloute fur-leichamp, en ayant la conviétion intime,
du moment ou ilavoit la faculé de le faire ; mais VCuS avez
dà obferver que Sonthonax abufoit allez des lois pour pouvoir ufer d'une qui le mettoit en mefure de diffoudre un
corps qui gênoit fon autorité. Cependant il a confervé cette
municipalité jufqu'après l'incendie du Cap. Si, comme nous
l'avons dit, Sonthonax s'eft réfufé à publier la loi martiale,
la demande qui lui en avoit été faite étoit antérieure à l'époque où Sonthonax a fait à la municipalité la remife de
ies pouvoirs. D'ailleurs notre collègue Verneuil vous a annoncé une proclamation qui détruira cela', parce que, Far
de
ité. Cependant il a confervé cette
municipalité jufqu'après l'incendie du Cap. Si, comme nous
l'avons dit, Sonthonax s'eft réfufé à publier la loi martiale,
la demande qui lui en avoit été faite étoit antérieure à l'époque où Sonthonax a fait à la municipalité la remife de
ies pouvoirs. D'ailleurs notre collègue Verneuil vous a annoncé une proclamation qui détruira cela', parce que, Far
de --- Page 281 ---
cette proclamation, il fera 277
à lui fes fonctions...
Prouvé que Sonthonax a rappelé
Plafeurs colons : S'il 1 les a repris, il les
Sonthonar: Je perlifte dans ma demandé. avoir-données.
Fondeviolle: Je
égard. Quand la demande a faire une obfervation à cet
des journées des municipalité 2,
du Cap a dreflé procès-verbal
loin de prévoir qu'en 3,4, 5 & 6 décembre, elle étoit bien
commis à
viendroit ici plaider pour les fouai's
faire ces extrairs Saint-Domingue. de
Je m érois amufe moi-iméme 2
jurifdidtion du Cap procts-verbaux. la
J'ai fait au greffe je fa
en arrivant à Breft j'en déclaration ai
de l'incendie da Cap.e
fentant Prieur de la Marne. donné une expédition aut rprécette expédition, & je dois lui La commiflion des colonies a
me foit rendue, Mais
faire une pétition pour qu'eile
n'étoit pas
pour prouver que la
demande de confpirarrice, comme la dit
manicip:lité
vous donner leéture
Sonthonax, je vous
thonax à la municipalité le
d'une lettre écrite par Sontation de
I2 janvier. Lors de la
bruit fe répandit TaherchqsseTiaus qu'une
> Daugy & Deleyre,
partie des
EE
loient être embarqués. Un des
offeciers-inunicipaux alci avoit placé infpeckeur de. agens de Sonthonax, que celuiappartin: à la
police, malgré que le droit en
en conféquence, municipaliré, les
, étoit celui qui répandoit . ce bruir;
fenter de leurs fonctions. ofider-municipaixe Le
cherchèren: à s'abpectable, homme de foixante- maire de la ville, , homme refcitoyen Sonthonax pour lui douze ans, fe rendit chez le
la réponfe que lui fit le commiffaire faire part de fes alarmes. Voici
civil,
Extrait des pièces
dépofées aux archives de la municipalité du
Cap, I2 janvier 1793.
Le commiffaire civil de la
de la ville République du
2 au citoyén maire
Cap.
la < Vos alarmes citoyen, fur la sûreté de vOs
de municipalité les
> arocte fait beaucoup de peine. Je collègues à
fonge allurer, de la part du délégué de la
vous prie
pas du tout à exercer fur
nation, qu'il ne
eux une févériré qu'il ne
T 3
Cap, I2 janvier 1793.
Le commiffaire civil de la
de la ville République du
2 au citoyén maire
Cap.
la < Vos alarmes citoyen, fur la sûreté de vOs
de municipalité les
> arocte fait beaucoup de peine. Je collègues à
fonge allurer, de la part du délégué de la
vous prie
pas du tout à exercer fur
nation, qu'il ne
eux une févériré qu'il ne
T 3 --- Page 282 ---
verroir point juflifiée par une conduite contraire aux lois.
Dites-leur au contraire de ma part, que mon intention eft
qu'ils foient tranquiles, & qu'ils teprennent des fonctions
néceffaires à la sureté publique, & que je leur vois abandonner avec regrét. Les magiftrats du peuple doivent continucilement veiller pour lui.
a Le commiffaire de la République.
33 Signé, Sonthonax, 32,
Brulley. : Voilà cette municipali-é confpirarrice
Fondeviolle: A lappui de celle-la je vous donnerai lecture
d'une autre > du 24 janvier, écrite par Sonrhonax lui-mème,
éran: au haut du Cap, oi il avoir pretexté une maladie, &
où la commiflion intermédiaiie tenoit fes féances perma-.
nen:es.
Au haut du Cap, le 24 janvier 1793 2 l'an premicr
de a République française.
Le commifaire civil de la République.aux citoyens membres
de la municipalité du Cap.
e J'ai reçu, citoyens, votre dépèche d'hier avec les deux
arrêtés qui y étoient joints, concernant les moyens de recrurer Parmée qui a fi bien mérité de la colonie par fes
fuccès contre les révoltés.
35 Recevez les rémoignages de ma fatisfaétion > en reconnoiflince des efforts que vous faites pour parvenir à vaincre
la partie de la majorité des citoyens de votre ville. Certes,
il n'y a pas de la faute des magiftrats du peuple > fi les enrôlemens ne réufliffent pas 5 & leur devoir n'eft pas moins
rempli, puifque la tiche eft impoflible à achever.
>5 Demain, ci:oyehs, je me rendrai à la Tannerie, & je
cor cei terai avec le général Lavaux. de nouveaux moyers de
recrutement; j'aurai foin de vous en faire part, & j'elpère
que vous nous feconderez de toutes VOS forces.
33 Je compte toujou:s. fury votre zèle, & en artendant qu'il
ait des. effe.s plus réels,je vais écrire au corps des' bouchers
la tiche eft impoflible à achever.
>5 Demain, ci:oyehs, je me rendrai à la Tannerie, & je
cor cei terai avec le général Lavaux. de nouveaux moyers de
recrutement; j'aurai foin de vous en faire part, & j'elpère
que vous nous feconderez de toutes VOS forces.
33 Je compte toujou:s. fury votre zèle, & en artendant qu'il
ait des. effe.s plus réels,je vais écrire au corps des' bouchers --- Page 283 ---
pour les raffermir dans leur réfolution de
prdres du citoyen Dubuiflon,
marcher fous les
7 Le commiffaire civil de la République.
>2 Sigaé, Sonthonax 3),
décembre; Voila, citoyens, c'eft Ja 9 même la municipalité
étoit en activité le 2
novembre, & qui fut rééluel qui lors avoit de 2 la fecoade nommée le premierlaugmenration du ciroyen Laforêt,
élection, avec
a éré inftallée le 26 décembre fur le homme de couleur. Elle
faire civil, du 24 décembre. Ainfi, réquilitoire du commifje m'étende davantage furle civifme citoyens, del la il eft ineuleque
thonax du
aura beau dire; ; ce civifme eft reconnu municipalité. de toute la SonCap. Cetemunicipalité a fait
ville
pu, tant qu'elle n'at été paralyfée hemainemengtoure ce qu'ellea
puis elle la été atautt qu'elle n'a par Sonthonax; 5 maisdea fes ordres.
plus un homme probe
Freuves Sonthonax: Il faut que les colons foient bien dénués de
de la municipalité pour venir vous donner en témoignage du civifime
un mois ou fix
des lettres qu'on dit que je lui ai écrites
je dis que ondutet la municipalité après Taffaire du 2 décembre; lorfRrco
étoit confpiratrice, jei
jours confpiration de novembre aux actes qui fe font palfés depuis les rapporte derniers
pas des relations > jufqu'au milieu de décembre. Il ne s'agit
palité: : lorfque la qué j'ai pu avoir enfuite avec la municiavec' moi fur des municipalité faits
a eu quelque correfpondance
jullifie pas la municipalité étrangers de la au 2 décembre > cela ne
dans laflaire du 2 décembre complicité dont je l'accufe
complicité n'eft qu'une allégation 3 mais de jufqu'à préfent cette
le cours de la difcuflion
la
ma part; ; ce fera. dans
me fera dévolue. Je
je prouverai, lorfque la parole
après
ainil que I'on paffe à l'ordre du
ELa la proclamation néanmoins que les colons auront remis far le'
auront annoncé qu'ils nelont que je demande, ol du moins qu'ils
Senac : Toures les pièces que pas. nous citons
que Sonthonax doit avoir lui-mème
font des
pièce que nous invoquons ne fe
pour fa défenfe. rert Si
trouve pas entre fes
- T 4 mains,
je prouverai, lorfque la parole
après
ainil que I'on paffe à l'ordre du
ELa la proclamation néanmoins que les colons auront remis far le'
auront annoncé qu'ils nelont que je demande, ol du moins qu'ils
Senac : Toures les pièces que pas. nous citons
que Sonthonax doit avoir lui-mème
font des
pièce que nous invoquons ne fe
pour fa défenfe. rert Si
trouve pas entre fes
- T 4 mains, --- Page 284 ---
:80
je dois mettre fur le bureau le regiftre où toutes fes
mations ont été portées; & alors vous aurez la
proclaintime que la proclamation, que les actes que nous conviétion
que la correfpondance qu'il eut' avec les autorités alléguons,
n'a pas eu lieu; parce que, encore une fois, Sonthonax conftituées
pas dû faire un feul aéte d'autorité &
n'a
n'ait été porté fur fes regiftres,
d'adminiftration qui
établiroit fon
fur
parce qu'il a dà penfer qu'il
giftre
compte
ces pièces. Je demande que le reparticulier des adtes de Sonthonax foit
nous donnerons la date de telle ou telle dépofé, & quand
nerons fi cette pièce exilte fur les regiftres; pièce, nous examinous
trouverons la preuve complette de la vérité. c'eft par-là que
feuilleter Sonthonax: Citoyens colons > vous pouvez parcourir >
tous mes regiftres. Ces pièces fent communes aux
accufareuts & aux accufés; mais je vous défie de trouver la
proclamation dont vous parlez.
Senac : C'eft une adreffe.
Sonthorax: Une adreffe, fi vous voulez; mon regiftre de
lettres eft précifément ici; on peur le faire apporter furle-champ.
Senac: Je perfifte dans ma demande.
Claufon : Comme la commiflion a arrêté
la communication fera commune, elle a arrêté que aae à
on
demandera des
qui
pièces > fera tenue de les indiquer.
Vernenil: Sonthonax a dit qu'une pièce de canon étoit
placée à la porte des cafernes du régiment du
pièce de canon avoit été tirée quatre fois fur Cap; que à cette
traille 5 qu'elle avoit fait feu au moment où lui lui, & mifur emporté par la colonne de blancs chez le citoyen Sonthonax
Pour vous prouver que c'eft un menfonge ; je vais Daflas. vous
donner la polition des cafernes, & celle de la maifon du
ciroyen Daflas.
Lc préfidene : Communique le plan à
que vous puifliez vous accorder fur la vérité Sonthonax, des faits. afin
Sonthonax : Je me fuis inftruit hier des
eft très-vrai que je me fuis trompé; que la
localités, de la 3 & il
du Cap n'a pas la fortie fur la rue où fe porte trouve la caferne maifon
Daffas; mais iln'en refte pas moins vrai
fois trompé fur la ropographie des lieux que , quoique je me
aufli préfente que les colons; il n'en eft s que je n'ai pas
pas moins vrai, dis-
its. afin
Sonthonax : Je me fuis inftruit hier des
eft très-vrai que je me fuis trompé; que la
localités, de la 3 & il
du Cap n'a pas la fortie fur la rue où fe porte trouve la caferne maifon
Daffas; mais iln'en refte pas moins vrai
fois trompé fur la ropographie des lieux que , quoique je me
aufli préfente que les colons; il n'en eft s que je n'ai pas
pas moins vrai, dis- --- Page 285 ---
i81
je, qu'il avoit une pièce de canon) l'entrée de la rue cà
&
deft cette pièce qui a tiré fur moi. Vous en
Jerois, > la que preuve
les dépolitions que je vous mettrai
acquerrez fous les
D'ailleurs, par Fondeviolle vous a très-bien dit
qu'il y avoit yeux. deux pièces de canon, Yune dans la rue Efpagnole,1 l'autre rue Ssin-Frangeis-Xavist.
de déclarer
Verneuil: Je vous prie d'interpeller dit Sonthonax avoir été tirées fur lui
earhégoriquement files pièces quil
étoient celles qu'il dis placées dans la rue Efpagnole, ou
bien celles
étoient placées à la porte des calernes du régiment du e
Sonthonax : Je ne peux pas déclarer que. la
à
des cafernes a tiré fur moi,
m'eft
AXE
la porte
parce
s
montré qu'elle n'étoit point placée à la porte des. cafernes
du régiment du Cap. Fondeviolle vous a dit qu'il y. avoit
deux pièces de canon, J'une dans la rue Efpagnole, , l'autre
à lentrée de celle Francois-Xavier, Je demande à mon tour
Verneuil foit interpellé de déclarer sil ny avoit pas à
femree de la rue François-Xavier, ou du moins de la rue
au' coin de laquelle fe trouve la maifon du citoyen Daffas, fi
à l'entrée de cette rue il n'y avoit point une
de canon de
fur les hommes de couleur & dans direétion
Fiaa
dirigée
cette rue?
à l'interpellation, 8c déclare fi tu
Le pr-fident : Réponds dans
étoit fituée la maifon
fais quelle eft la rue
laquelle
Daffas. Verneuil: La maifon du citoyen Daffas eft fituée dans la
rue Saint-Jacques. Sonthonax établit des faits
j'ai recueillis ; &
Page:
les
je ne fuffe pas préfent, je
parfairement
LdbBals
quoique lieux, &
ce que vous a dit Sonthonax P & ce que j'ai
recueilli. ESAS. je le prouverai, en impo(s audacieufement dans ce moment, & il examine le plan pour combiner les chofes qu'il a dites avec les lieux. Voilà pourquoi je
demande que le colloque entre mon collègue Verneuil &c
lui foit recueilli, afin que nous l'entendions; & quand Verneuil aura fait voir ce que Sonthonax demande, je me referve Sonthonax de parler. Je demande à faire
d'une obfervation.
Il réfulte de : celles que nous avons part faites, que le citoyen
(s audacieufement dans ce moment, & il examine le plan pour combiner les chofes qu'il a dites avec les lieux. Voilà pourquoi je
demande que le colloque entre mon collègue Verneuil &c
lui foit recueilli, afin que nous l'entendions; & quand Verneuil aura fait voir ce que Sonthonax demande, je me referve Sonthonax de parler. Je demande à faire
d'une obfervation.
Il réfulte de : celles que nous avons part faites, que le citoyen --- Page 286 ---
282.
Verneuil & moi fommes parfaitement contraires en faits. Je
prérends
y avoir une pièce de canon dans la direétion
de la rue 3512 fe trouve le derrière de la maifon du citoyen
Daflas, & Vermeuil prérend le contraire. Nous fommes donc
parfairement contraires en faits. Il eft inutile que les colons
cherchent à me prendre fur des noms de rues que ne fuis
pas cenfé favoir, que je ne puis favoir. Lor/que #
me fera dévolue, je répendrai aux faits qui me fonc parole imputés.
Le prefident: : La féance eft ajournée à après-demain.
La féance eft levée,
Le regifire des préfences
fignés J. Pr. GARRAN,
préfident ; Fovcue (de
Jercaire; F. LANTHENAS,
RIy
DAURAY, RABAUT, GRÉGOIRE. --- Page 287 ---
Du 27 germinal, lan troisième de la République
frangaise, une et indivisible.
LA rédaétion des débats de la veille eft lue & adoptée.
Fhomas Millet : Le citoyen Fondeviolle étoit abfent lors
la lecture des débats; il n'a pas entendu que Sonthonax,
pur atténuer les faits, a avancé un faux qu'il importe de
tablir: Il a dit que Fondeviolle étoit parti du Cap avant
20 juin, & le citoyen Fondeviolle vous dira qu'il eft
pri le 4 aott.
Sonthonax:Tai dit après le 20 juin.
Plufieurs colons : Ily a avant.
Sonthonax: Je demande que l'on confulte les notes des,
achigraphes; ; il doity avoir après.
(On vérifie les notes, & elles portent : Avant Pincendie
L Cap.)
Sonthonax : Alors, je redtifie ce que fai dit du départ
u ciroyen Fondeviolle dans la dernière féance. Je déclare
ue-jai voulu dire & que je dis que le citoyen Fondeviolle
A parti du Cap & de Saine-Lomingue après l'incendie.
Th. Millet : Cela fuffit, ilny a rien à répondre.
Brulley : Je dois oblerver à la commifion que les citoyens
Page & Senac font abfens pour caufe de maladie; ils font
lités.
Verneuil: : Ciroyen-préfident, Sonthonax vous a dit dans
a féance d'hier qu'une piècé de canon étoit placée devant
a porte de la calerne des régimens du Cap; ; il vous a dit
ans l'avant - dernière, au contraire, qu'elle étoit fituée
lans la. rue qui fixe celle où eft placée la maifon du ci-
ion que les citoyens
Page & Senac font abfens pour caufe de maladie; ils font
lités.
Verneuil: : Ciroyen-préfident, Sonthonax vous a dit dans
a féance d'hier qu'une piècé de canon étoit placée devant
a porte de la calerne des régimens du Cap; ; il vous a dit
ans l'avant - dernière, au contraire, qu'elle étoit fituée
lans la. rue qui fixe celle où eft placée la maifon du ci- --- Page 288 ---
toyen Daffas. Je communique le plan à
afin
qu'il puiffe dire d'une manière invarjable Sonrhonax, où étoit
la pièce de canon qu'il prérend avoir tiré fur lui placée
coups à mitraille. Je prie le citoyen préfident de vouloir quatre bien
interpeller Sonthonax de déclarer canhégoriquemenr où étoit
placéc la pièce de canon quia tiré fur lui.a
Sonthonax : Par étar, , obligé & attaché à mon cabinet,
je ne m'occupois pas, à Saine-Domingic, à battre le
du Cap; il n'eft pas étonnant que je faile des fautes de pavé topographie. Je déclare que la pièce de canon qui a tiré
moi à micraille éroit placée dans le haut de la rue dont fur la
maifon Daflas fait le coin par les derrières, Je déclare
le fait de cette pièce de canon fera prouvé dans le cours que de
la difcuflion : lorfque j'aurai la parole, jy reviendrai,
Verneuil : Je vous prie d'interpeller Sonthonax de déclarer pofitivement s'il a été tiré fur lui par les
de
canon qui fe trouvoient dans la rue Efpagnole. pièces
Sonthonax : Je déclare qu'il n'a pas été tiré fur moi
les pièces de canon qui fe trouvoient dans la rue
gnole.
Hipe
Vernexil: : Citoyen - préfident, je vous prie
Sonthonax de déclarer s'ila connoilfance de ceux d'interpeller étoient
aux pièces placées dans la rue Efpagnole, & qui quel étoit
celai qui les commandoit.
Sonthonax : Je réponds que les colons veulent me tendre
un piège, en m'interpellant fur des pièces que je n'ai
encore vues. Les pièces qui conftatent & l'affuire du pas
& les faits que j'articulerai dans
Cap
archives de la commiflion des colonies: la fuite 3 font dans les
: lorfaue je les aurai
confulrées, je répondrai à l'interpellatien de'Verneuil. Je
penfe
la Convention n'a pas entendu que je répondrois
EoClimco fans avoir confulté mes pièces. Je n'en
prendrai communication que lorique les colons auront
épuifé la matière far la queftion qu'ils traitent: : alors je répordrai péremptoirement.
Verneuil: L'aveu que vient de faire Sonthonax me fiffit.
Il vous a dit que la pièce qui a tiré fur lui quatre coups à
mitraille étoit placée au haut de la rue qui fixe le derrière
de la maifon Daflas. Je vais vous prouver que j'ai commandé deux autres pièces de canon, & que ces pièces
lorique les colons auront
épuifé la matière far la queftion qu'ils traitent: : alors je répordrai péremptoirement.
Verneuil: L'aveu que vient de faire Sonthonax me fiffit.
Il vous a dit que la pièce qui a tiré fur lui quatre coups à
mitraille étoit placée au haut de la rue qui fixe le derrière
de la maifon Daflas. Je vais vous prouver que j'ai commandé deux autres pièces de canon, & que ces pièces --- Page 289 ---
28s
toient fituées dans la rue Elpagnole : ce qui va démontrer
Hqu'a l'évidence que l'inculpation gratuite
m'a faite
onthonax lorfqu'il ofe avancer que j'ai Rodlir l'aflaffiner
F attenter à la vie des commiffaires, eft un faux. Je connue la difcullion.
Dans la journée du 3, des matelors defcendirent à
E la générale fut battue par eux, Des officiers municipaux terre,
tranlportèrent fur les lieux & les firent rentrer. La pluie
pmboit par torrent, & perfonne.ne prit les armes.
Le 4 décembre 1792, Sonthonax écrivit à la municipalité
u Cap. Voici fa lettre.
ettre de Sonthonax à la municipalité du Cap, Ze 4 décembre 1792.
c Monfieur le maire >
s Au moment cù je
votre lettre , j'allois faire exédier l'ordre d'embargo TRE tous les bâdens de la rade
néfure d'aitant plus néceilaire, qu'on m'a dit que l'émi- 5
ration de la ville étoit confidérable. Je vais l'adrefler à
. Cambys, qui le mettra fur-le-champ à exécution.
>> Le' commillaire civil,
>2 Signé, SONTHONAX.
Sonthonax : Je demande à faire une obfervation. La lettre
ue vient de lire Verneuil eft une nouvelle preuve
avcis pas remis la force publique. entre les mains que de je la
hunicipalité du Cap; car, G j'ain moi-mème mis T'embargo,
j'ai moi-méme ordonné au contre-amiral Cambys
echer la fortie des vailleaux, il efti bien clair qué je n'avois d'empas remis, comme l'ont dit aflez plaifamment les colons,
hes pouvoirs entre les mains de la municipalité du Cap.
Fomouil: C'eft ce que nous verrons. Vous avez vu que
,rla municipalité du Cap propofa à Sonthonax, comme
mefure de prudence de mettre l'embargo fur les bâtimens
ela rade, & qu'il s'y refufa, parce
étoit un attentat à la liberté du commerce. que, > fuivant lui,
I ne craint plus de commettre un attentat ; il Aujourd'hui, au
tontraire la mefure qui lui avoir été propofée guelquesjours propole
il: C'eft ce que nous verrons. Vous avez vu que
,rla municipalité du Cap propofa à Sonthonax, comme
mefure de prudence de mettre l'embargo fur les bâtimens
ela rade, & qu'il s'y refufa, parce
étoit un attentat à la liberté du commerce. que, > fuivant lui,
I ne craint plus de commettre un attentat ; il Aujourd'hui, au
tontraire la mefure qui lui avoir été propofée guelquesjours propole --- Page 290 ---
auparavint 5 &pour nelp pas fe montrer en contradiction,
fait une émigration contidérable, Lorique Scnthonax fe re
fula aux. inftances de ia municipaliré dans la journée du 2
ile croyoit sûr du fuccès, d'après les mefures qu':! avoi
prifes. Il vou.cit que cette nouvelle le répandit, avec tcut
la-célérité poilible dans tous les aquarsers de la cclonie
afin que les mulatres, , encouragés par ce qui fe palloi: a
Cap, pullent imiter ceux de cette ville, en inlurgeant le
negres & en immolant impitoyablemenr toure la population
blanche. L'événement n'ayant pas répondu à fon atten:e
& ayant réfolu, de concert avec
Pinchia &
<
Hochunbonss
Lavaux, l'enlèvemen: des ciroyens qui s'eroient eonftammen
dévoués, depuis la révolu ion, à la défen'e de la colonie
don: laréputarion éroit conue, & cui jouiffbien; de l'eftim
des habirans, & craignant, non fans. raifoni, que cette nou
velle ne poriâr à quelque démarche vigoureule, crut qu'i
éroit prudent de Jeur, cn- foufraire la connoitlance; & pou
y parvenir, ii détermina l'embargo. Tout étoit fubordonnt
à Ics projets, & la deftrudljon de la colonie étoit le 1 bu
conflant de fes démarches. 1l s'emibarrafleit peu de palle
pour incenfequent, pourvu qu'il put l'atteindre. Camby
reçut l'ordre de ne lailler forur aucun bâtiinent quel qu'i
fit, & ceite défenfe rat prolongée méme quinze jours aprè
notre départ. Lcs hommes de couleur qui étoient en arme
dans les environs du Cap, & dont la révolte étoit foutenue
Scnthonax, à l'aide'de Pinchina qui les faifoit mouvoi
TL fongee, fit demander
quclques-uns d'entre eux lemberquemenr du réginient au Cap, celui de Perneuil, Gervais
Fournier, Baillea, ce qui fut le motif d'une nouvelle de
putation qui s'ellorga de faire fentir'le ridicule de,leur de
mande. J'ai omis dei vous parler d'une proclamation de Sonthonax, du 31 octobre 1792; j'ai omis de vous. pacier d'one
autre proclamation du 2 décembre de la même année afin
de 1 reunir dans le même tableaule contrafte frappant qu'elles 2,
préfentent avec celle du 4 du même mois.
R ab e
: Proclamation de Sonthonax, du 31 oobre 1792.
B
A R T I CL E P RE M I E R.
C. A compter du premier novembre prochain, il n'y aura
de Sonthonax, du 31 octobre 1792; j'ai omis de vous. pacier d'one
autre proclamation du 2 décembre de la même année afin
de 1 reunir dans le même tableaule contrafte frappant qu'elles 2,
préfentent avec celle du 4 du même mois.
R ab e
: Proclamation de Sonthonax, du 31 oobre 1792.
B
A R T I CL E P RE M I E R.
C. A compter du premier novembre prochain, il n'y aura --- Page 291 ---
qu'un feul corps de gardes nationales dans la ville du
formé de gens à pied &-à cheval; tous les
Bm
auront
actifs
droit d'entrer dans Fun & l'autre, fans citoyens
fous aucun prérexre, on puiffe les refufer., >>
que 3
Sonthonax: De quelle date eft cette proclamation ?
Perneuil: Du 31 octobre 1792. Cette proclamation,
s'étendit fur tous les citoyens, n'atteignir pas cependant qui
les hommes de couleur & nègres libres; iis n'en reftèrent
pas moins cafernés, malgré la réclamation de tous les' corps
conftimés & le veeu de tous les habitans. Quelques-uns
d'entr'eux, amis de la paix fans doute, s'incorporèrens parmi
Jes blanés: : bientôt ceux qui les dirigeoient les contraignirent
d'en fortir; il leur fut fait des menaces par ceux de leur
couleur, & ils continuèrent d'être cafernés, quoique chacun
d'eux edt fon logcmnent en ville. Le bacaiilon des
mulâtres &c
nègres libres étoit compofé de cinq cents horames au plus;
ils recevoient chaque jour, des magafins de l'étar, 1,069
rations de pain, , viande fraiche, vin, légume, huile, &cc.;
tandis que des habirans naguère fortunés, qui s'étoient
fouftraits aux égorgeurs, étoient réduirs à une demi-ration
S dé pain & de viande-falée. Pendant le gouvernement de
Elanchelande e ces abus exifteient, parce qu'ils éroient nécellaires à fes projets, comme ils l'oat été aux autres" dévaftateurs de da colonie, & notamment à Polverel & Sonthonax. Le 2 décembre 1792, Sonthonax rendit une
clamarion qui enjuignoit à la municipalité de les décaferner, pro-
& de con:raindre chacun d'éux à occuper leurs logemens
refpectifs : prociamation qui navoit d'autte but que de
tromper la maffe des eiroyens 2 puifque, deux jours après,
il en'fit une autre qui remettoit les choles dans le même
état qu'auparavant.
Proclamation du 4 déceméré 1792.
'ee Nous L.éger, &c. >,
Sonthonax : Avant de pallerà cette proclamation ; je demande que Vernenil dépole fur le bureau ja preclamation
du 2 décembre dont il vient de parler.
Pernexil: C'eft Ce que je ferai. Page devoit les apporter;
maffe des eiroyens 2 puifque, deux jours après,
il en'fit une autre qui remettoit les choles dans le même
état qu'auparavant.
Proclamation du 4 déceméré 1792.
'ee Nous L.éger, &c. >,
Sonthonax : Avant de pallerà cette proclamation ; je demande que Vernenil dépole fur le bureau ja preclamation
du 2 décembre dont il vient de parler.
Pernexil: C'eft Ce que je ferai. Page devoit les apporter; --- Page 292 ---
mais il eft malade: c'eft Page qui en étoit chargé. Je ne les
trouve pas, mais . - .
Sonthonax: : Si vous vouliez indiquer la page.
Verneuil : Je ne fais pas la page 5 mais je vous dis la
dare.
Brulley : Nous prenons l'engagement de les mettre fur le
bureau.
(Verneuil reprend la lecture.)
cc Sur les repréfentations qui nous ont été faites par la
députation des membres de la commiflion
de la municipalicé & des autres citoyens qui antermédiaire, fe font
au fixième bataillon pour l'inviter à revenir parmi fes
que ces
TICAES
citoyens, déterminés à ce retour tant defiré, demandent à rentrer provifoirement dans leurs cafernes 3 à
raifon du défaut de leurs domiciles & des moyens de s'en
procurer à grand nombre d'entre eux; cerrains des
fitions pacifiques qui les animent, &c confidérant l'impoffi- difpobilité de leur procurer dans le moment des logemens fuflifans, ayant d'ailleurs reconnu, avec toute la députation
l néceflité d'éviter tout ce qui pourroit être un obftacle à 2
la réunion, , autorifons la nunicipalité à réintégrer provifoirement dans leurs quartiers les citoyens compofant le fixième bataillon, jufqu'à l'organifation conftitutionnelle de
la garde nationale, qui aura lieu"t tres-inceffamment, révoquant. tout ordre antérieur contraire au préfent.
>9, Donné au Cap, le 4 décembre 1792.
Signé, SONTHONAX.
En lifant attentivement ces différentes proclamations > ne
fera-t-on pas convaincu de la perfidie de Sonthonax : Ne
voit-on pas que fi, le 2 du même mois > les blancs
les armes, ce ne fut que
repouffer la force prirent par la
force,. empècher l'incendie EE la ville, & la mort de tous
les citoyens : Immédiatement après l'action, tous les corps
députèrent vers les hommes de couleur, employèrent les
paroles de paix pour les engager à rentrer dans le devoir s
leur faire fentir que la majeure partie d'eux avoit été féduite
ou
-on pas que fi, le 2 du même mois > les blancs
les armes, ce ne fut que
repouffer la force prirent par la
force,. empècher l'incendie EE la ville, & la mort de tous
les citoyens : Immédiatement après l'action, tous les corps
députèrent vers les hommes de couleur, employèrent les
paroles de paix pour les engager à rentrer dans le devoir s
leur faire fentir que la majeure partie d'eux avoit été féduite
ou --- Page 293 ---
pu trompée, > les inviter à faire ceffer toutes les
R à ne s'o occuper que du' falut de la chofe publique. divifions, Sonhonax vous dira-t-il, ainfi qu'il l'a déja avancé quand il a
parlé des troubles de l'Oueft fafcités & entreténus par eux, 3
ue fi les blancs frent ces démarches, ils étoient
par la crainte, > puifqu'il convient que les hommes de dirigés côueur étoient les,plus foibles, malgré lès
avoient
flociés à leur révolte ? non, > fans doute. efclavesquils De fon aveu, ils
bnt été mis en fuire par quelques centaines de
1 ne s'en fût échappé aucun, li, dans cette occalion, blancss ainf &
jue dans toutes les autres qui ont eu lieu, ils n'euffent
couté que leurs reffansimens, en fe repréfentant le tableau,
les atrocités dont les hommes de couleur fe font rendus
oupables dans tous les temps. Par cette dernière
fon, vous voyezqu'on ordonneà. un grand nombre
e couleur de rentrer
ERdiess
provileirement dans leurs
parce qu'un grand nombre d'entre, eux manquoient cafernes, de dohicile. La proclamation du 2 atmer-elle des exceptions a
on, fans doute. Tous les mulârres & nègres du Cap avoient
eur domicile en ville, & In' reftridion inférée, dans celle'
u4 démontre jufqu'à T'évidence que ceux des autres
oilles étoient venus fe joindre à eux; qu'il étoit néceffaire paTen dérober le nombre aux habitans, de la ville, ainfi
es nègres efclaves qui faifoient la plus grande partie-de que
eur troupe. Ce qui démontréra encore
ce projez inernal étoit le"fruic d'uné longue
&
n'a'
u être exécuté
qu'ii
m
que par ceux qui l'avoient conçu, c'ef-àire, par Sonthonax, Rochamécau, Laveau. &
eft que ce jour-là même, les dépurations furent Pinchina, plus
ombreufes que celles qui les avoiènt précédées.. Les mutres dirigés par Pinchina favoient à quoi s'en ténir, & les
hofes reftèrent dans le même érat. Jepalle à la journée du
. Dès le point du jour; MM. Brocas'&c. Fouchés, officiers
hunicipaux > furent nommés commiflaires pour fe
ers les hommes de couleur,. réunis'en armes hors porter
C dans les environs de la ville du Cap. Ces officiers l'enceinte manipaux, après plufieurs pourparlers avecles chefsdes shommes
e couleur, > les avoient déterminés à rentrer en ville, &charchoient à leur tête; lorique Pinchina fut apperçu. Ilfe
endit auprès d'eux, invité par des dragons de fa couleur
Tomely, Trenre-huitième liyraifon,
V.
aires pour fe
ers les hommes de couleur,. réunis'en armes hors porter
C dans les environs de la ville du Cap. Ces officiers l'enceinte manipaux, après plufieurs pourparlers avecles chefsdes shommes
e couleur, > les avoient déterminés à rentrer en ville, &charchoient à leur tête; lorique Pinchina fut apperçu. Ilfe
endit auprès d'eux, invité par des dragons de fa couleur
Tomely, Trenre-huitième liyraifon,
V. --- Page 294 ---
la marche fut arrêrée;. & ayant mis pied à terre, ilentaavec.
les différens municipaux chiez.l: ciroyen Dupont. Ils lui obfervèrent que la loi ne permettoir pas que des citoyens
armés reftallent hors l'enceinte d'une ville, fous de vains
prétextes. Pinchina répondit que tous les hommes de couleur avoient bien la volonté d'y rentrer, mais que lui ne
rentreroit pas. Les Oficicrs municipaux lci répondirent :
Comment, > monfieur, vous, > membre de la commiflicn intermédiaire, vous ne connoifez donc pas la loi2 il répondit qu'ii n'y avoit pas de loi qui plt le forcer'à rentrer
en ville. Après différens colloques, il; promir que les hommes
de couleur renteroiont, fi f'on vouloi: reiplir un
lable. On Finvie à s'espliquer; il liche le mot , &
la
Pats
Si municipalité vcut embarquer le régiment du Cap, les
citoyens de couleur rentrerent de fuite. Les cficiers municipaux répondirent qu'ils n'avoient pas ce pouvoir, qu'une,
pareille capitulation n'étoit pas" recevable dans une circonftance parcille à celle où l'on fe touvoit, 8z qu'ils étoient
bien convaincus de l'influence
avoit fur les hoimes de
couleur; qu'en conféquence, Tinvitcient à faire connoitre
At
quel étoit le compté qu'ils devoient rendre au général, aux
commiffaires civils & à la municipalité. Tout ce qui vient
de fe palfer entre nous, répondit-il, eft que je. ne connois
pas de loi qui puille ine forcer de rentrer cn yille, fi je
ne veux pas. Dapres le rapport des officicrs municipaux,
Sonthonax adreffa un crdre ofticiel au confeil-général de la
commune, conçu en CES termes :
ce Nous Léger, &cc.; confidérant que la trangrillité pupublique, troublée depuis quelques jours par des factieux,
eft enfin rétablie par les foins dés autoriés cenftiruées; confidérant que lcs troupes de
érant inutiles dans les
mains des corps populaires, : nécelfairement retourner
dans les mains des repréfenrans de Faurorité civile, feuls
dépofitaires avec le' comunandant de la force pablique ar-,
rivée de France; avons ordonné & ordcunons ce qui fuit:
Les troupes de iigne de ia ville du Cap ne pourrent agir,
fur les réquititions du commiflaire national civil, &:
Rote les ordres de M. le gouverneur général; failons une
exprefle défenfe & inhibition à la municipalité de leur
retourner
dans les mains des repréfenrans de Faurorité civile, feuls
dépofitaires avec le' comunandant de la force pablique ar-,
rivée de France; avons ordonné & ordcunons ce qui fuit:
Les troupes de iigne de ia ville du Cap ne pourrent agir,
fur les réquititions du commiflaire national civil, &:
Rote les ordres de M. le gouverneur général; failons une
exprefle défenfe & inhibition à la municipalité de leur --- Page 295 ---
bnner aucun ordre dire2 cu indired; requérons M. le
buverneur général de tenir la main à l'exécurion du
dre.
préfen:
>> Donné au Cap, le 5 décembre 1792.
s, Le commiffaire national civil, figné, SONTHONAX,
Sonzhonas:Je demande que Verneuil dépofe fur le bureau
ette proclanaiion.
Verneuil: : Je la dépoferai avec les autres.
Citoyens, vous avez vu que le 5, Sonthonax dépofe fes
buvoirs entre les mains de la municipalits, pour
ar la force les hommes de couleur à renuer dans leurs contraindre
que les troupes de ligne furent miles entre Jes mains foyers, de
municipalité, Sonthonax craignoit alors que les
éunis ne le portaffent contre les révol:és, & ne
ciroyens
ar cette melure un, plan fi bien combiné. Aujourd'hui, dérruififlent sûr
u fuccès, il paralyle de nouveau la municipalicé,
u'il lui importoi de le faire. L'embdrquemens du
parce
u Cap étoit réfolu, ainfi
celui des citoyens qui régiment avoient
endu les plus grands MEdOC à Ja colonie
le
hencement de Ja révolurion; ; & il croyoit quil) depuis yY. auroit com- de
maladreffe à laiffer entre. lcs mains de la
des
prces qui, réunies aux citoyens, aurcient municipalicé fait avorter fes
rojets. L'énergie & le dévouement àla chofe
des
itoyens dont il vouloi: fe défure, lui faifoit publique naitre des
taintes; il falloit les faire périr ou les éloigner. Il fe
ermina à CC dernier parci. Vous remarquerez aufli déar fa proclamation du Ier feptembre 1792, Sonthonax que,
hit cntre les mains de Rochambeau les gardes nationales re- du
ap, en retira la direction & Ja haute police à la municialité, parce que 3 dans ce moment, ii falloit les rendre
uls, & incapables d'agiren maffe. Dans celle-ci, il
u centraire que des troupes de ligne, & femble rendre ne parle à la
hunicipalité la diredtion des ciroyens que la loi lui accoroit 2 parce que fes mefures ércien: prifes, & que les
el ligne lvi portoient ombrage. Il étoit queftion troupes
uer-deux régimens acclimatés qui fondoicnt tout d'embar- notte efoir, qui s'éroien: fignalés dans tous les combars. En rey
V 2
centraire que des troupes de ligne, & femble rendre ne parle à la
hunicipalité la diredtion des ciroyens que la loi lui accoroit 2 parce que fes mefures ércien: prifes, & que les
el ligne lvi portoient ombrage. Il étoit queftion troupes
uer-deux régimens acclimatés qui fondoicnt tout d'embar- notte efoir, qui s'éroien: fignalés dans tous les combars. En rey
V 2 --- Page 296 ---
mettant toutes les troupes de ligne au pouvoir de Rochan
beau, avec lequel il étoit d'accord, qui étoit fon com
plice, il rendoit nulles les démarches que leur défefpoi
pouvoit leur infpirer. En fuivant pied à pied Sonthonax
fa conduite eft un compofé de rufes & de contradidtior
apparentes & le réfultat de tant de démarches qui fembler
contraires I Thommesiréféechi, avoit cependant pour bu
la deftruction de la colonie. II y eut dans Taprès-midi C
nouvelles députations vers les hommes de couleur; ; ell
furent compolées de tous les corps. Sonthonax donna
parole alors que le lendemain il leur enverroit un ordi
politif pour ie rendre; & il étoit ti sûr du fuccès, qu
difpofa l'ordre de la marche qui a été fuivie
alier
leur rencontre. Ce même jour, dans la nuit, Rest mulitr
qui occupoient le pofte Bel-Air qui commande la ville
feignirent d'étre attaqués par les nègres révolés; &
occalionner une alarme, ils tirèrent coup fur
L
coups de canon de gros calibre. Cette feinte
avoit é
SeeP
fuggérée par les agens de Sonthonax, parce
certail
ceux qui veilloient fans ceffe pour la streté a la vil
Rnouenr les premiers à fe rendre vers l'attaque prétendue
on efpéreit 2 à l'aide de la nuit & du trouble, pouvoir
faire difparoitre 5 &c les dragons qui étoient de garde à
Fauffette avoient reçu l'ordre de s'emparer d'eux. Citoyens
c'eft d'eux-mèmes de qui je tiens le fait. Lorfque j'ai é
arrêté par eux, un coupe-jarret qui étoit à leur tête; & q
étcit dragon comme eux 3 me dit : Nous f'avons manqu
dans la nuit du 5 au 6; nous te tenons aujourd'hui. Pendar
les trois dernières nuits, il y avoit eu des attaques faite
par les nègres révoltés, au nom du roi, dans les différer
poftes extérieurs , ce qui n'étonnera pas, puifque Pinchin
& Sonthonax étcient en relation avec eux; mais il eft un
vérité : c'eft que les hommes de couleur qui s'étoient empard
du fort Bel-Air & du pofte du haut du Cap, n'ont pu de
fendre que ces poftes, & qu'ils n'ont point été attaqué
Ceux qui l'ont été font les poftes Bourgeois, Mayanos
Metayer, Saint-Martin & Juonton, 8c ils éroient défendu
par; les troupes de ligne & le cinquième bataillon de
garde nationale de la ville da Cap. Ce qui eft cerrain
c'eft que ks hommes de couleur" ont confiammen: rcfuf
du pofte du haut du Cap, n'ont pu de
fendre que ces poftes, & qu'ils n'ont point été attaqué
Ceux qui l'ont été font les poftes Bourgeois, Mayanos
Metayer, Saint-Martin & Juonton, 8c ils éroient défendu
par; les troupes de ligne & le cinquième bataillon de
garde nationale de la ville da Cap. Ce qui eft cerrain
c'eft que ks hommes de couleur" ont confiammen: rcfuf --- Page 297 ---
uoiqu'ils y envoyer. des fecours , notamment à celui de
fullent au moins cent
Jeuron,
gel-Air. Ce feroir ici le lieu de cinquante parler des hommes au polte
gales qui fe font faites dans la nuit du arreftations ilentrer dans ce détail, je vais
de 55: mais avant
ans la journée du 6, afin de mettre parler
ce qui.s'eft paffé
arration des événemens.
plus d'ordre dans la
Journée du 6.
Dès le matin, la commiflion
E, le commandant de la intermédiaire, la municipaofficiers de T'érat-major de province du Nord, beaucoup
beaucoup de citoyens fe T'armée, ou chefs de
e Rockamzezu. On vint réunirent auprès de Sonthonax corps, &
vançoient. Le maire, le prévenir que les hommes de couleur
trent en
gouverneur & Sonthonax
tizième voiture > efcortés d'un piquet de
monrégiment. Pinchina étoit avec
dragons du
h voiture; ils fuivoient les mulâtres eux; & ils étoient aufli
honax & Rochambeau, en l'abordant, les nègres. Sonjalement, & Rochambeau lui dit :
l'embraflent corkire & moi avons fait
Monfieur le commifui vous déplaifoient; ; les embarquer autres le une feront. partie des hommes
arlér, les hommes de couleur
Après ce pourrmes hautes, tambour battant, rentrèrent le
en ville, les
rapeau étoit un drap de lit , drapeau déployé, Ce
uquel on avoit ajouté deux bandes sjufté au bout d'une perche,
buge. Ils fe rendirent au
> F'une bleue, l'autre
Ps harangua devant tous les Champ-de-Mars citoyens,
oi Sonthonax
Hoges, , les félicita fur la réfiftance
leur prodigua des
hite contre les brigands réfiftance vigoureufe qu'ils avoient
k termina fon difcours en les
qui n'eft qu'imaginaire,
olonie.
qualifiant de fauveurs de la
Rais Rochambeau parler
prit enfuite la parole & leur dit : Je ne
uite
que pour doniger des ordres
> continuer.
sj'epprouve votre conecture Quand n'exifteroient toutes les pièces dont je viens de vous donner
larangue de Rochambeau pas, le difcours de Sonthonax & la
rouver qu'ils font les auteurs ne fufirgjent-ils de
pas
vous
tout ce qui Ratr paffé
V 3
ie.
qualifiant de fauveurs de la
Rais Rochambeau parler
prit enfuite la parole & leur dit : Je ne
uite
que pour doniger des ordres
> continuer.
sj'epprouve votre conecture Quand n'exifteroient toutes les pièces dont je viens de vous donner
larangue de Rochambeau pas, le difcours de Sonthonax & la
rouver qu'ils font les auteurs ne fufirgjent-ils de
pas
vous
tout ce qui Ratr paffé
V 3 --- Page 298 ---
Quoi! dans une proclamation du : 3 Sonthorax reconnoi
les hommes de couleur pour être des révoltés contre l
loi, il autorife la municipalité a employer la force pou
les faire rentrer dans leur devcir;.& le 6 il porie la per
fidie jufqu'à les qualifier de fauveurs de la colonie ! Le
rétlexions que je me permettrois fur ce qui a été, dit pa
Rochamberu ne feroient qu'affoiblir. celles
je lifle fair
à mes leéteurs; & ils 1 fe pénétreront fans que doute de l'efpri
qui le dirigeoit, ainli que de celui de Sonthonax.
Je paffe à l'enlèvement arbitraire exécuté dans la puirdi
au 6 par des dragonedOriénus, & d'après les ordres de
Soncionax, furquaure cioyens demeurantau Cap, quifuren
lespremicre, vidtimes du dictateur;ée cesquatre viétimes fon
Gervais, Fournier, Bayor & inoi. Vous venez d'enrendre
que dans la nuit les mulitres qui s'étoient emparés du
pofte da Bel-Air feignirent une faufle attaque. Les canon
du fortfurent tirés, & Talarme fut donnéeà toute la ville
ce qui prouve qu'elle étoirbien concertée entre Sonthonax
Rochambenu, Lavaux & Pinchina, c'eft qu'il ne paru
aucun chef, &c que les troupes de ligne refterent au Cap
dans leurs cafernes. Lesciroyens, après s'être affurés..
Sonthonax : De quei fait parlez-vous ?
4 Verneuil: Je ne parle d'aucun fait, vous n'écoutez pas;
je vais recommencer.
(Verneuil relic une partie de fon difcours & contine).
Les citoyens, après s'être affurés que les brigands n'a
voient pas paru, & que cette attaque n'avoit d'autre but
que de cauler de linquiénude aux habitans, fe rei irèrênt
chacun chez eux. Il y avoir à peine une demi heure que
j'étois chaz moi, lorfque j'entendis frapper à ma
On me nomm, j'ouvris; & je ne fus pas peu
un
furpris
voir
phri
homme, que je ne.connoiffois pas: > me dire que
Son:honax demandoir à me parlef. Je crus que ce qui
venoit de fe pafler en étoitla caufe. Je rentrai pour nyhabiller &c hillai ma porte ouverte. Vinge-cinq dragons d'Orléans qui éroient en embufcade fe précipiterent dans ma
chambre, n'ayant auctn oflicieràl leur téte; & fans m'a-
un
furpris
voir
phri
homme, que je ne.connoiffois pas: > me dire que
Son:honax demandoir à me parlef. Je crus que ce qui
venoit de fe pafler en étoitla caufe. Je rentrai pour nyhabiller &c hillai ma porte ouverte. Vinge-cinq dragons d'Orléans qui éroient en embufcade fe précipiterent dans ma
chambre, n'ayant auctn oflicieràl leur téte; & fans m'a- --- Page 299 ---
voir
fuivre. communiqué Après m'avoir aucun conduit ordre, ils me forcèrent de les
rivai au corps-de-gerde du pofte par des de rues dérournées, j'arforrune trouvai lel citoyen Fournier, un de mes Rochambeau, où je
infant > qui y avoit été conduit de la même compagnons d'inaprès Baillean,arriva Giroux,
manière. Un
infizument de Sonthonax, le même l'arracheur de dents, 3
moi, fur l'avertir que Garereau le
qui étoit venu chez
ce Gatereau étoit un folliculaire jeune avoit été alfifiné;
thonax.
qui fut déporté par Son4,à Sonchonax : Je prie le préfident
Gamreuuretelr l'époque ch les affaires da 2 décembre d'interpeller le font Verneuil
Verneuil
pas aux Erars-Unise depuis deux pallées,
fut
: Il y aveit au Cap deux Garereau mois.
le embarqué
Polverel & Sonthonax le
; l'un qui
RatanstEn de l'affaire qui s'eft
lendemain ou
1792. Il avoit laiffé au Cap fon
pafiée le 19 octobre
carcéré par Sonrhonax, parce
frère, vivant qui avoit éré interonne, & ayant cil querelle avec que elle, il avec une QuarQnsteronne, qui, par
donna, à cet:e
de
parenthèfe, étoit aufli
Sonthonas, 2 un foufler.
la maitrefle
fit commencer contre lui une Sonthonax le ft incarcérer, 3
rien moins que la menace
procédure; & il n'a fallu
rendre cette nouvelle
que l'on fit à Sonthonax de
liberté,
publique, pour qu'il fûr rendu à la
de Sonchonax venir rechercher : Je ne penfe pas qu'il foir permis à Verneuil
n'ai jamaiseu aucune ma cfpèce vie de domeflique; je déclare que je
Je déclare mesmcurs, à maitrefle au Cap.
mais que ce Ne point fur mes cetégard,font irds-connues, >
des colonies a charge d'inftruire. mccurs que la commiflion
n'a Je déclare que l'objet de mon
été relarif aux faits
interpellarion à Verneuil
RoeLed aux faits articulés perfonnels à (atercan, mais
quis'étoir trouvé avecl luic par luisq que Gaterenu, le même
lefolliculaire Gatereau. Verneuil idanslesafiaires vient de du 2 décembre, étoit
liculaire avoit été embarqué
moi vous dire quecefolcétobre 5 comment Cst
par
déux jours après le 19
apris le19 odtobre, fe retrouwve-t-il homme > lici embarqus à
deux jours
jouer un rôle dans
V 4
(atercan, mais
quis'étoir trouvé avecl luic par luisq que Gaterenu, le même
lefolliculaire Gatereau. Verneuil idanslesafiaires vient de du 2 décembre, étoit
liculaire avoit été embarqué
moi vous dire quecefolcétobre 5 comment Cst
par
déux jours après le 19
apris le19 odtobre, fe retrouwve-t-il homme > lici embarqus à
deux jours
jouer un rôle dans
V 4 --- Page 300 ---
la journée du 2.. décembre? C'eft ce que je prie Vernéuil
de veuloir bien nous expliquer.
Ferneuil : Je m'en vais faire une explication fuffifante.
Gatereau étoit un folliculaire qui a été déporté
Sonthonax & Polverel. le frère de Garereau étuit cdiTa folliculaite, qui fur égalenent déporté par Sonthonax, , & non
par Poiverel, qui, depuis long - temps n'étoit plus au
Cap.
Je reprends la difcuflion.
Une pareille annonce fit naître le foupçon de Bailleau, - >
il répondit, que voulez-vous que jy fafle? Gignioux ajouta :
Parent vous demande. Ce Parent eft un autre
Si Parcn: me demande, qu'il vienne me trouver. imprimeur. Au même
moment l'ordre fu: donné d'enfoncer les portes. Se croyant
alors entouré d'affaflins, , il fe jeta dans la maifon voiline
il la fit ouvrir & fe lauva dans la rue en criant : au meutre. 5
Deux dragons du I6ême. régiment le pourfuivirent &c le
couchèrent en joue. Ilie rendit pour lois, fut conduit cbez
lui pour s'habiller, & un moment après, il vint nous
dre. 4 heures venoient de frapper; ceux qui exécutoient rejoinl'ordre, craignant d'être furpris par le jour, nous reconduifirent au bord de la mer & pendant le temps qu'on
préparoir les canots & que nous étions fur la
vironnés d'une garde nombreufe, le citoyen Gervais cale,enavec fon efcorte. Chacun de nous entra dans un canot parut
avec un certain nombre de dragons. On nous conduilit à
bord du vaiffeau PEole. D'auires foldats y
fe
mirent en haie; & queigues-uns s'abcuehèrent monrèrent, avec les
de léquipage, en nous repréfentant comme des ariftocrates gens
empoilomnoient les vivres des foldats & des matelots.
8e trait de feélérareffe ne nous échappa pas. Une fermentation foudaine fe fic entendre parmi léquipage; & fi les
officiers qui s'en apperçurent, ile nous euffent engagés à
defcendre dans la grande chambre, nous euflions immanquablement été hillès au haut de la vergue. Co n'ef
un fait faux; car la cartahur étoit déja defcenduc. Nous point
fimes laiffés à ia garde du citoyen Cambys : arrachés
la rule & la violence du fein de ncs familles, fans avoir par
aine fe fic entendre parmi léquipage; & fi les
officiers qui s'en apperçurent, ile nous euffent engagés à
defcendre dans la grande chambre, nous euflions immanquablement été hillès au haut de la vergue. Co n'ef
un fait faux; car la cartahur étoit déja defcenduc. Nous point
fimes laiffés à ia garde du citoyen Cambys : arrachés
la rule & la violence du fein de ncs familles, fans avoir par --- Page 301 ---
été éntendus, fans qu'aucun ordre nous ait été communi- flotqué , nous fumes mis au fecret à bord de cetteprifon le navire le
tante, & dans Jes 24 heures on contraignit Une
Pacifique ( de Nantes) a partir pour France. Toutes goelette les
de Tétat nous efcorta julqu'au débarquement.
avoient
précautions furent prifes contre des citoyens qui & dont la
rendu les plus grands fervices à la colonie,,
conduite étoit fans reproche. Citoyens , voici les différens
ordres qui en 24 hetires ent été envoyés le par contre-amiral Sonthonax
au commandant de la ftation, qui étoit
Cambys. Sonthonax: : Avant que le citoyen Verneuil paffe à un
nouveau fait, je demande la parole. fur ma prétendue rivalité domeftique qu'il m'a attribuée tour-à-Theure 5 carjai des
droit d'être étonné que les colons viennent ici parler
quand il a dans cette enceinte un homme qui a
EUPL brûlé cervelle / fon beau-frère pour vivre avec fa bellefaeur; un autre a poignardé. .
la
là-deffius.
Le préfident : A Yordre, tu n'a: pas
parole Je
Sorthonax : Ce font eux qui ont commencé... ils prie
la' commiflion d'impofer filence aux coions quand
parlent de moralité.
d'accufer un des
Duny : Sonthonax vient tout-à-Theure demande
le
colons qui font dans cette enceinte 5 je
qu'il
nomme. Sonthonax: : Je le nommerai, G la commiffion le demande.
Je nommerai aulli le colon qui a poignardé fa maitrelle
en préfence de fon époufe. . *
Le profident : Je te rappelle à l'ordre. homme d'un crime auffi
Millet : Quand on a accufé un,
atroce, il faut prouver ce qu'on avance. celui
a afTous les colons fa lèvent : Qu'il nomme
qui
falliné fon beau-frere. la
le demande, je vais donner
Sonthonax : Si commilion
des explications là-deffus.
Clauffon : Sonthonax vit lei-même en concubinage. à l'ordre : il
Le préfid.nt : Je vous rappelle de nouveau débats.
ne peut pas être queftion de cela dans les
Brulley: : Citoyen préfident, le foupsen plang fur nous
tous,
a afTous les colons fa lèvent : Qu'il nomme
qui
falliné fon beau-frere. la
le demande, je vais donner
Sonthonax : Si commilion
des explications là-deffus.
Clauffon : Sonthonax vit lei-même en concubinage. à l'ordre : il
Le préfid.nt : Je vous rappelle de nouveau débats.
ne peut pas être queftion de cela dans les
Brulley: : Citoyen préfident, le foupsen plang fur nous
tous, --- Page 302 ---
Le préfdent : Après la féance la commificn
rora fur cet objet.
délibéVernexil : Je vais vous donner lecture des ordres de
thenex à- celui qui commandoit l fation, &
Sonvous convaincre qu'il étcit bien preffé de nous faire vous allez
partir.
Il lit:
K Copie exaéte des crdres
ont été adreffés au commandant de la fation, au ELA de MM.Verneuil,
Fournier & Gervais, & d'après. lefqueis s'eft opéré Baillor
embatquement à
Teut
bord du navire le
de Nantes.
Cette copie donnée fur In réquifition Pacifique, faite
écrit
M. Verneuil, un des détenus. sp
par
Par
6 Décembre 1792.
Pramier ordre. .
COMMISSION NATIONALE CIVILE.
AU N OM DE LA NATIO N.
ce Nous Leger-Félicité Sonthonax, commiffaire,
donnons 2 au fieur Verneuil de fe rendre
&cc., orà bordde l'Eole, pour y demeurer à notre fiar-le-champ
qu'à ce qu'il en foit par nous autrement difpolilion juf-
>>. Reqtiérons M. le commandant de la ordonné, fation
la main à l'exécution du préfent.
de tenir
et Signi, SONTHONAX ".
Par M. le commiffaire national-civil, O. F. DELPECH.
Même ordre pour le fieur GERVAIS.
heme ordre pour le fieur FOURNIER.
Aieme ordre pour le fieur BAILLIO.
Matin à 9 heures.
Deuième crdre.
COMMISSION NATIONALE- CIVILE.
A U NO M DI E LA NATIO N.
R Requérons M. le commandant de la ftation de fuire
wanfporter furle-champ a bord du grand Dalembert les --- Page 303 ---
feurs Paillio & Geryais pour y refter jufqu'après nos ordres nitérieurs,
< Signé, SONTHONAX.
Le foir à IO heures.
Troiftèm: ordre.
COM d MISSION NATIONALE-CIVILE.
A U N OM DE L A NATIO N.
ce Requérons M. le commandant de la fation, de faire
transférer de fuire à bord du navire le Pacifique les fieurs
Verneuil, Geryais, Baillio & Fournier.
C Signé, SONTHONAK".
7 Décembre à minuit & demi.
Quatrieme ordre.
COMMISSION NATIONALE-CIVILE.
AU U NOM DE LA NATION,
a4 Requérons M.le commandant de la ftation, de faire
parrir avant le jour le navire le Pacifique, avec les fieurs
Baillio, Verneuil, Gervais & Fournier, & de le forcer
de mettre à la voile dansle cas oû il refuféroit de le faire;
le requérens, en même temps, de défendre à bord dudit
navire le Pacifique, toute vifite des commiffaires de rade;
bién entendu que ledit navire partira fans aucun permis
de la municipalité.
ct Signé, SONTHONAX."
Tous les ordres ci-deffus font datés du 6 décembre.
< Nous commandant de la fation 1 > devant fournit
à tous les ciroyens que nous fommes forcés de dérenir, 0u
envers qui nous fommes tenus d'agir, tous les moyens qui
endre à bord dudit
navire le Pacifique, toute vifite des commiffaires de rade;
bién entendu que ledit navire partira fans aucun permis
de la municipalité.
ct Signé, SONTHONAX."
Tous les ordres ci-deffus font datés du 6 décembre.
< Nous commandant de la fation 1 > devant fournit
à tous les ciroyens que nous fommes forcés de dérenir, 0u
envers qui nous fommes tenus d'agir, tous les moyens qui --- Page 304 ---
3co
peuvent les conduire à manifefter
&
ce qu'ils requièrent de nous, lorfque Jeur.imnocence, nos ordres tout
oppofent.pas; nous certifions que la teneur des ordres ne s'y
font dans nos mains eft conforme à la teneur
qui
ci-deffi:s. CA
exprimée
c Le commandan; de la ftation, Signé, CAXBIS s,
Copie d'une lettre de M. le commifaire national-civil,'sprès laquelle J'ai donné l'ordre au capitaine du GRAND
D'ALEMERT, d bord
de veiller à ce que les perfonnes détenues
ne regoivenznilatres nipaquers.
les wJe vous prie, monfieur le commandant, de donner
bord, ordres les plas févères pour que les détenus à votre.
foient tenus au fecret le plus rigoureux, & ne reçoivent niletres ni paqueis.
c Signé, SONTHONAX 39,
Four copie conforme, le commandant de la ftation, >
CAMEIS. >>
ce Nous commandant de la fation, certifions
le féjour à bord du vaiffeau P'Eole, de meflieurs que pendant
Gervais, Fournier & Baillio, ces citoyens détenus Verneuil, fe font
comportés avec décence & foumiflion aux ordres
nous
avons été chargés d'exécufer.
que
cc A bord du vaiffeau PÉole, le 7 décembre
1792.
cc Le commandant de la ftation. Signé, CAMBIS >.
Malgré le myftère de notre embarquement, la ville
tière en fut informée, à la pointe du jour. Une foule. en- de
ciroyens fe tranfporta à la municipalité pour nous
Les magiftrats da
réclamer.
leur devoir de
peuple crurem avec raifon qu'il étoit de
protéger de tout leur pouvoir l'innocence
primée, & ils fe tranfporrèrent au moment même
opde Sonthonax &die Rochambeau pour réclamer notre auprès
Cette première demande fut fans fuccès. La
liberté.
pour Icrs fc réunit à la conmitlion intermédiaire municipalité
5 après
fporta à la municipalité pour nous
Les magiftrats da
réclamer.
leur devoir de
peuple crurem avec raifon qu'il étoit de
protéger de tout leur pouvoir l'innocence
primée, & ils fe tranfporrèrent au moment même
opde Sonthonax &die Rochambeau pour réclamer notre auprès
Cette première demande fut fans fuccès. La
liberté.
pour Icrs fc réunit à la conmitlion intermédiaire municipalité
5 après --- Page 305 ---
faires-civils avoir examiné qu'il eft impolible que meffieurs les
& M. le général fermentles yeux fur commif
Tembarquementd des 40 citoyens détenusà
Finjuftice de
rent que deux membres de la commiflion borideffnloametse
& deux officiers municipaux. fe rendroient de inteunédiaire
d'eux pour leur demander avec inftance
fuite auprès
de ces
citoyens. Cette fecende
le débarqueuent
fans moAeril Ilsfe rendirent au lieu ordinaire tentative fur encore
& après mûre délibération, arrêtèrent de de leurs féances,
prélident de la commillion
nouveau que le
le procureur de la commune intermédiaire, M. le maire &c
vives
> iroient de fuite réitérer
Cap, inllances, la mife au nom de tous les citoyens de la villé leurs
l'Eole. pour
en liberté de tous les détenus à bord du de
De retour de leur miflion, ils rendent.
municipal lalfemblé, que M. le
compte au corps
au voeu qu'ils lui ont manifefté; commiffaire-civil s'eft refulé
partir pour France les quaire ciroyens qu'il perfiftoit à faire
ordre; que l'ordre & la tranquilliré publique embarqués par fon
que d'ailleurs cet
Pexiseoients
avoit opéré la embarquement réunion des étoit une des conditions
S la ville du Cap.
ciroyens de couleur à ceux
Vers le foir, une nombreufe
des
titués fe rendit auprès de Sonthonax dépatation
cerps confIls firent les plus vives inftances
pour le méme objer.
des quatre citoyens. Sonthonax les pour obtenir Télarsiflement
de leurs féances, & à y attendre fa invita à fe retirer au lieu
du foir il la leur fit parvenir. Elle décifion. A IO heures
c Les réclamations que vous avez faites, étoit en ces termes :
d'une importance allez grave pour exiger de melfieurs, étoient
Je.les ai Fuites, elles font invariables
mâres réflexions.
Je regarde les agitateurs
: en voici le réfultar.
ordres, comme les auteurs embarqués des maux aujourd'hui par mes
du Cap; &, fi quelque chofe a droit qui de déchirent la ville
c'eft que ces
me furprendre,
- fieurs de ceux mêmes qui fiégent hommes m'ont été indiqués par pirfe. déclaren: Jeurs. défenfeurs: parmi vous, & qui aujourd'hui
vocable & ils.partiront.
néanmoins mnon arrêt cfi irréleurs complices cherchent J'apprends à exciter de en même temps-que
comme ils ne peuvent naitre queide la nouveaux difcuffion troubless
prolon-
droit qui de déchirent la ville
c'eft que ces
me furprendre,
- fieurs de ceux mêmes qui fiégent hommes m'ont été indiqués par pirfe. déclaren: Jeurs. défenfeurs: parmi vous, & qui aujourd'hui
vocable & ils.partiront.
néanmoins mnon arrêt cfi irréleurs complices cherchent J'apprends à exciter de en même temps-que
comme ils ne peuvent naitre queide la nouveaux difcuffion troubless
prolon- --- Page 306 ---
gée de pareils objets, je vous engage de ceffer de vous éf,
occuper, &c vous travaillerez plus eificacement pour le falur
public.
cs Au Cap, le 6 décombre 1792.
< Signé, SONTHONAX.
lorique Rappelez-vous, Sonthonax citoyens > que dans la journée du 6 5
& Rochambeau fe portérent au devantdes
révoltés pour rendre leur entrée plus triumphante,. que le
général dit à Pinchina: c M. le commiflaire civil &
:3
moi
avons fait embarquer quelques-uns de ceux qui vous dé35 plaifent; les autres le feront. >>
Ajoutez-y la réponfe
de Sonthonax aux corps confitués qui demandoienr, avec
les plus vives initances, & au nem de tous les
que nous fullions rendus à nos familles. Cette citoyens,
ec
Leur
eft
réponfe fur:
embarquement
une des conditions
ont
93 la réunion des hommes de couleur avecles
qui de la opéré
du Capw; &c vous ferez convaincus que ciroyens notre feul crime ville
étoit d'avoir eu le malheur de déplaire au vertueux Pinchina,
& que, fi nous avions été coupables de queiques
fi
nous avions été des fcélérats, comme il Fa prétendu fautes, dspuis,
cktoit fans doute le moment de faire l'énumération de nos
crimes.
Je n'avois jamais parlé à Finchina, je le connoiffois à
peine de nom, ainfi que Cnfin;, ils faifcient partie lun
& l'autre de la commiflion intcrmédiaire; & il eftà croire
que Sonthonax parle d'eux, loriqu'il dit qu'il eft furpris que
des menbres qui compofent la commiflion intermédiaire,
demandent l'élargiflement des citoyens détenus, tandis
avoient porté plainte contre nous. Je prie le ciroyen qu'ils
dent d'interpeler le ciroyen Sonthonax de déclarer préliment quels font CCIX qui ont porté des plaintes contre pofitive- nous
avant notre arreftation,
Sonchonax: Je vaisle dire fur-le-champ; c'ef Larchevefque-Thibaur...
Larchundisae.Thibend: Cef un menionge abominable.
Sonthonax: Dans la réponfe que jai faite , je n'ai pas entendu parler de la commiflien intermédiaire.. Verneuil fait
bien qu'alors cette commiflien étoit réunie à la municipalité,
font CCIX qui ont porté des plaintes contre pofitive- nous
avant notre arreftation,
Sonchonax: Je vaisle dire fur-le-champ; c'ef Larchevefque-Thibaur...
Larchundisae.Thibend: Cef un menionge abominable.
Sonthonax: Dans la réponfe que jai faite , je n'ai pas entendu parler de la commiflien intermédiaire.. Verneuil fait
bien qu'alors cette commiflien étoit réunie à la municipalité, --- Page 307 ---
& Larchersfqus-Thibaur éioit dans le fein de la
:
comme faifant partie de la municipaliré, C'eft commilion
Thibaut qui, le 30 novembre ou le Fremier Lacchevaque- décembre,
m'a dit d'une manière tres-pofitive que Vernezil étoit un des >
plus grands agitateurs de la ville du Cap.Jenarois pasl befoin
de ce témoignage pour le croire, 3 car Vernexi! s'eft rendu
coupable dans la jgurnée du 2 décembre, cn fe mettant à,
la tère des canons dirigés par les révolés contre les
rités conflirudes. L'aveu de Verneuil à cet égard eft autodans les débats d'aujourd'hui; il a dit qu'il étoit à la configné tête des
canons plaçés dans in rue Elpagnois,
Larkndhaue-Thibau: Ce que vient de dire Sonthonax
un, menfonge abominable; &,h heureufement pour. moi, cela eft
elt prouvé de la manière la plus victorieufe par la conduite
là que feconde J'ai tenue ce jour-1 là. J'écois un des trois membres de
tation étoit dépuration compofée du envoyée préfident vers de Sonthonax; la
cette dérumédiaire. , du maire de ja ville du Cap, & commillion de
interreur de la communc. J'étcis rentré dans ceite moi, procu-.
deux jours. Eh bien ! c'cft précifément pour avoit place pris depuis avec
chaleur, devan: ce tyran, devant ce fatrape, la défenfe de
quatre des plus chauds patriotes du Cap, fur
vencit d'appelantir rfon bras defpoticue, quej'ai été lefcuels il
&cla preuve en eft dansla relation oflicieile adreffée àla déporté;
vention des journées des.2 décembre & jours fuivans, Cmn- dans
l'arrêté qu'il a pris poftérieurement à mon arreftation & à
ma déportation pourla France. Croirez-vous, d'après
l'homme qui a pris avec tant de chaleurla défenie des cela, que,
viclimes du defpotifine de Senchonax, foit cclsi
quatre
dénoncé IS jours auparavant Verneuil comme un qui dcs lui air
cipaux agitateurs du Cap? Moi qui, dans tous les prinal dit, &c noiamment à Sonthonax, que Verneuii temps,
des patriotesles plus précieux dela colenie; GIIC fon étoit civifine un
courageux nes s'étoit jainais démeari. Ce menionge doit
accolié à cclai que vous a fait dernictement
être
lorfqu'ii vous a di: qu'on avoit vu entrer Vernenii Sonthonar, chez
miriftre des Etars-Unis. Sonthonax cherche à 110115
le.
il n'y réuffira pas. La vérité, quief une, ef
divifer,
nous ferons uns & indivifibles comme cile. pour nous,
Sonthonax: Les colons qui fc réunifent loriqu'til s'agit de
. Ce menionge doit
accolié à cclai que vous a fait dernictement
être
lorfqu'ii vous a di: qu'on avoit vu entrer Vernenii Sonthonar, chez
miriftre des Etars-Unis. Sonthonax cherche à 110115
le.
il n'y réuffira pas. La vérité, quief une, ef
divifer,
nous ferons uns & indivifibles comme cile. pour nous,
Sonthonax: Les colons qui fc réunifent loriqu'til s'agit de --- Page 308 ---
m'accufer, étoient toujours divifés dans la colonie.
voulois un exemple, je citerois un homme accollé Sij'en
d'hui aux colons, dans toutes les dépurations qu'ils viennent aujourfaire à la barre de la Convention; je citerois Théroux,
m'a été dénoncé
Verneuil comme ull desa agitateurs qui del
Saint-Domingue. 8 Tiéroux, qui eft fur la lifte
chez Baillot jeune 5 que Verneuil nous a produite lui-mème; imprimée
d'ou je conclus queles colons quis'entre-d dénonçoient à Saint-:
Domingue > loriquil s'agifloit de tromper les antcrités conftituées , fe réuniffent à Paris loriqu'ii faur les écràfer; &
Tarchereigue-Phadsur, cet homme qui voudroit être aujourd'hui le défenfeur de Verneil, ne l'a fait que
a f que Verneuil étoit un de ines affaflins. Larchevelque- lorfqu'il
Thibaura garantile patriotifme de Vernenilaprès l'affaire du
2 décembre.
Larchevchue-Thikaur : Cela eft faux.
Sonthonax : il m'eft impoflible d'en donner la
le
témoin de notre converfation eft mort , c'étoit preuve; le cioyen
Pouget. Il caufoit avec moi dans les corridors de-la mailon
du gouvernement. C'eft-là où Larchereique'Tiubaur m'a dit
que Verneuil étoit un agitateur > caufe de tous les troubles'
au Cap.:
Lancherfaaec-Thibast : Il cite des morts pour témoins, ci-"
toyens, vous l'entendez !
Verneuil: Je ne répondrai pas à ce que. vient de dire Sonthonax, car il faudroit fans ceffe relever des menfonges, en
démontrer la turpirude; je fuis las de faire ce métier.
Duny: : J'étois dans la tribune publique de la commiffion
intermédiaire, lorique. Tarchevefue-Thbatt. envoyé à Sonthonax avec les autres, pour réclamer la liberté des
citoyens 2 rentra dans le fein de l'affembléc. Thibaut, quatre" indigné de la réponfe qui venoit de lui être faite par Sonthonax,
s'exprima dans des termes auffi forts qu'il vient de le faire'
dans l'inflant. Latorcue, nègre libre, membre de la commiflion intermédiaire nommée par Sonthonax, monta fur la
table s & interpella les membres de la commiflion & de'la
municipalité de déclarer quels étoient ceux d'entre eux
avoient dénoncé les hommes dont il étoit queftion. Chacun qui
prorefta de fon innocence; & Pinchina & Caflin, tous deux'
membres de la commillion intermédiaire, étcient dans ce
mnoment
, nègre libre, membre de la commiflion intermédiaire nommée par Sonthonax, monta fur la
table s & interpella les membres de la commiflion & de'la
municipalité de déclarer quels étoient ceux d'entre eux
avoient dénoncé les hommes dont il étoit queftion. Chacun qui
prorefta de fon innocence; & Pinchina & Caflin, tous deux'
membres de la commillion intermédiaire, étcient dans ce
mnoment --- Page 309 ---
moment réunis à Sonthonax chez Rochambeau. Il fur
que c'éroient ces deux coquins-là qui éroient d'accord prouvé
lai, &c dont Sonthonax a entendu parier. J'étois
avec
oculaire & auriculaire.
témoin
Sonchonax : Les colons font intéreffés dans cette
puifqu'ils font mnes accufareurs ; ils four douze
caufe, 9
ils cumulent calomnies fur calomnies. Qwand j'aurai contre la un 5
role, je prouverai qu'ils en ont impofé d'un bout à
Brulley : Nous attendons ce
Rute
Vernèuil : Je reprends. Les temps-là. déinarches des
tués n'ayant produit aucun effet fur les réfolutions corps du confti- dicateur, lai municipalité fe détermina à adreffer aux
Hes pièces authenriques pour conitater leur amour déportés la
patrie, leur bonne conduite J leur refpect pour la pour
ervices qu'ils avoient rendus dans tous les temps loi, à la les
onie, Lesimefures de Sonthonax étoient fi bien
COhe' purent les recevoir avant leur départ. Il leur prifes en eft qu'ils
pendant parvenu d'autres depuis leur arrivée en
ceVais vous-en donner lecture.
France;je
Extrait desi registres des délibérations de la municipalité de la ville et banlieue du Cap.
Séance du 8 janvier 1793, an premier de la République
françai(e,.huit heures du foir.
ce Le corps municipal légalement affemblé, le
natre ouvre la féance.
ciroyen
< Le procureur degla commune donne lecture du
oire fuivant :
réquifi-
# Ciroyens maire & officiers municipaux, la
lans plufieurs familles , la confternation dans tous défolation les
eft
Depuis quelque
> dest citoyens font enlevés avec cceurs. éclat
pendant la nuit, Etir en. rade; & telle eft
lont on ufe avec eux > qu'on ne leur
la rigueur
le munir de linge & vètemens, &
permet pas même de
uire pour
devant
que, deftinés à partir de
France,
y, aborder dans une faifon
oureufe , ils éprouveront doublement T'horreur de leur riion. Ces arreftations qui s'étoient ralenties
fituavec plus de force, & cette nuit encore
> reprennent
Tomc 17 Trente-haitième liyraifon. plulieurs citoyens
X
'on ne leur
la rigueur
le munir de linge & vètemens, &
permet pas même de
uire pour
devant
que, deftinés à partir de
France,
y, aborder dans une faifon
oureufe , ils éprouveront doublement T'horreur de leur riion. Ces arreftations qui s'étoient ralenties
fituavec plus de force, & cette nuit encore
> reprennent
Tomc 17 Trente-haitième liyraifon. plulieurs citoyens
X --- Page 310 ---
ont: été arrachés daleurs maifons, des bras de leurs époufes
de leurs enfans, avec un fcandale qui ne fait qu'ajonter
l'intérêt que le public paroit prondre à leur fort.
>> Queleft leur crime? Je l'ignore; Sc tant que je ne le
reconnoitai pas coupables, comme défenfeur du droit de
cicoyens, 2 ina voix doit s'élever en leur faveur.
>> Je fais que l'autorité dont font revêtus les commillaire
civils, ne les aftreint pas a rendre compte à la coionie de
morifs qui les font agir : mais feroir- cei bleifer cecte au
toriré que de fairea au citoyen Soncionax des repréfenrations
fur. des déportarions qui peuvent produire les cffets les plu
dangeren: 2 croiroir-il avoir avili cetre même auterité, fi
avant de condamner des cizoyens, il avoit confulté la mu
nicipalité? Ehi qui miaux qu'elle pouvoit lui donner des
senfignemens fnt ceux qui lui ont paru coupables?" Non
dealément j'ignore leur crime,, mais je ne connois même
pas lec scculareurs; car c'et dans le filence qu'ils portent
Joure coups. Cemyiere dansles dénonciations ne doit-il pa
Bcrr iurpeck au citcyen Sonthonax : peur ii fe promettre que
fa religion n'eft PaS furprife : que faudroitil pour l'eclairer
forungrin-jafufkation des accufés : mais c'eit un droit
leur cf ravi,
qui
33 Ce n'af pas ainfi qu'ont agi les amis de la révolutionà
Soint-Domingue, > lorfquils dononcèrent les chefs du
voir exécutif 8 les conpre-révolatioatmires qui vouloient pouravir cètre colonie à la France. Iis fe montrèrent, ils accu
sèrent hautement, publiquement, , ils fournirentdes preuyes;
& leurs ennemis ne faccombèrent que lorfque leur tralon
fut portée au dernier degré de conviétion. Mais, malgré
l'évidence de leurs criminels complots, ils ne furent
avec une févérité égale à celle dont cn ufc avécles pas ciroyens trpités
qui viennent d'êtré ehlevés. Quel eft done leur crime? combien ne doic-il pas'être horrible > puifque > par la différence
de manière d'agir à leut égard, il doit excéder le crime de
haute trahifon 2 & pourtant la connoillance de ce crine ne
fe rend pas publique:
>> Mais, fuflent-ilsles plus coupables de tous les
la loi leur permet de fe défendre. Me dira-r-on hommes, qu'ils fe
difculperont en France ? Je réponds à cela d'zbord,
rivant comme coupables, envoyés par un commiflaire qu'ar- na-
> par la différence
de manière d'agir à leut égard, il doit excéder le crime de
haute trahifon 2 & pourtant la connoillance de ce crine ne
fe rend pas publique:
>> Mais, fuflent-ilsles plus coupables de tous les
la loi leur permet de fe défendre. Me dira-r-on hommes, qu'ils fe
difculperont en France ? Je réponds à cela d'zbord,
rivant comme coupables, envoyés par un commiflaire qu'ar- na- --- Page 311 ---
tional, ileft tres-pofible que la jufte vengeance que la France
a le droit'd'exercer contre les auteurs desmaux de Saint-Do-.
mingue Mertranfmemane au peuple de l'endroit où ils abonderont, cclui-ci confordangles détits & les regardant tous
du même ganre, ne leer permerte. pas d'ouvrir la bouche
pour fe déiendre, & que ceire erreur leur devienne funefte..
Mais quand méme ils feroiene admis à fe juftifier, cominent
produiront-ils des preuves de leur innocence? ont-ils eu la
faculté de s'en procurer avant letir départ? La plus grande 1 -
ob:enir, fera donc de languir dans les -
grace qu'ils pourront cette
Et s'ils eroient inprifons, en attendant remords jullification" ie
Sonthenax ne feroit-il
nocens , de queis
ci:oyen
pas déchiré !
arrête des.
3> A ces caufes, je requiers que la municipalité Sonthonax fur:
repréfentations au commiffaire national ciyil
les dangers qui peuvent réfulter de ces déportations pounla
tranquilliré publique > qu'elle réclame les ciroyens embarqués
qui iont encore à bord , qu'eile l'engage à vouloir faire
cefferles alarmes des citoyens: : que Tarrèé à intervenir qui.
fera mis à la fuite du préient féqrilitoire , lui foit porté et
corps
la municipalité, après la préfenre féance.
35 AC Cap, ce 8 janvier 1793.
3> Le procureur, de la communa du Cap.
Ce Signe, Lavergne >
ec Sur quoi , la matière mife en délibération, le confeil
municipal prenant en grande confidération le réquifitoire du"
procureur de la commune: 5
e font fes lé-
> Confidérant que les magifirats du"peuple
gitimes défenfeurs, & que la municipalité n'a aucune connoiflance de la caufe de l'enlèvement nocturne * déportation des cigoyens;
:
32 Contidérant que ces enleveménsjetentla" confternationparmi iles habitans qui éprouventt peur euxmêmes des craintes
lur le fort fubi par les autres citoyens >r parce que le motif
de leur détention n'eft pas comnu : a
395 Confidérant que les citoyens arrêrés n'ont pas été en-:
tendus dans les moyens de défenfe qu'ils auroient
alléen ce fnoment
une
(Ola
guer; qu'ils fuccombent peur-étre
faulle accufation, qui peut entrainer une mort' infamanté en
X 2
mêmes des craintes
lur le fort fubi par les autres citoyens >r parce que le motif
de leur détention n'eft pas comnu : a
395 Confidérant que les citoyens arrêrés n'ont pas été en-:
tendus dans les moyens de défenfe qu'ils auroient
alléen ce fnoment
une
(Ola
guer; qu'ils fuccombent peur-étre
faulle accufation, qui peut entrainer une mort' infamanté en
X 2 --- Page 312 ---
France, avant qu'ils ayent pu: fe procurer les
ficatives ;
pièces jufti-
*3> Confidérant que la mort a moifforiné
mois la majeure partie des habimars de cette depuis infortunée dix-huit
lonie, par les fatigues continuelles qulis ont
coque prefque tous ceux embarqués on combattu éprouvées ;
ment, pour fa confervation ; que queiques uns conftamtr'eux ont donné des preuyes de la plus o ande mée d'en-
& rendu des fervices fignalés à Ja chofe publique, bravoure, &
avoient le droit d'attendre un autre lorr;
qu'ils
35 Confidérant enfn que le ciroyen commiligire national
civil., par. fa lettre du 22 décembre dernier; qui ordonne
l'inftallation derla municipaliré conformément à
loi
4 avril, lui a garanti la jouiffance de toute la piénitude la' des du
pouvoirs préfentans qui fongaccordés par la nation à ce corps des rede réciamer dupeuple;
ces pouvoirs leur donnent le droit'
en faveur er la liberté de fes. conftituans lorfqu'ils croyent que leur arreftation n'ef pas revêtue des formes 2
légales;
35 Arrête à P'unanimité que le commifaire national civil
fera, invité à ordonner la relaxation des ciroyens enlevés &
familles actuéllement défolées détenus en rade, autant pour rendre eà des
la tranquillité dontelles font
pour raffurer lesautres citoyens fur le fort dont privées ils fe > que
menacés.
croyent
35 Déclare la municipalité qu'elle ne reconnoit point les
eitoyens enlevés, coupables d'aucua délit contre les lois ou la
tranquillité publique.
33 Sera le préfent arrêté tranfcrit à la fuite du
du procureur de la commune > & porté de fuite réquifitoire la
nicipalité en corps au commiffaire national civil. par mu33, En fkance, à huit heurcs & demie du foir ledit
Et par fuite de ladite délibéracion & dudit arrêté, le jour.
municipal, à l'exception des citoyens Gautier
corps
& Joyeux 3 abfens pour caufe de maladie, s'cft 2 Laganterie
en la maifon de ia commiflion nationale
tranfporté
arrivé, T'huiffier de fervice auroit dit
civile le 2 o étant
miffaire national civil étoit chez le citoyen que
ciroyen comnéral. A quoi le citoyen maire a répondu gouverneur-géaller avertir le citoyen commiffaire national -quil lengageoit à
civil, que la
fens pour caufe de maladie, s'cft 2 Laganterie
en la maifon de ia commiflion nationale
tranfporté
arrivé, T'huiffier de fervice auroit dit
civile le 2 o étant
miffaire national civil étoit chez le citoyen que
ciroyen comnéral. A quoi le citoyen maire a répondu gouverneur-géaller avertir le citoyen commiffaire national -quil lengageoit à
civil, que la --- Page 313 ---
municipalité l'attendoir chez lui,
tante 5 mais que fi fes occuparions le pour affaire très-imporbiement dans ia maifon du ciroyen reteneient indifpentacipalité pafant par-deffus les
Rechambeau,la muni-
> Et, après avoir attendu formes, environ iroit le trouver.
arrivé le ciroyen Muller, fecrétaire de un quart-d'heure, eft
tionale ; lequel a déclaré qu'il étoit
la commiflion nacommiffaire national civil pour dire de envoyé (a
par le citoyen
nicipal qu'il étoit
tard
parr au corps mule lendemain; &c. le trop ciroyen maire pour l'entendre, & qu'il revint
liré, ayant
> au nom de la
téreffantes infifté, > attendu gu'il s'agiffoir d'affaires municipa- très-inrépondu concernant les citoyens, ledit ciroyen
que ces nouvelles obfervarions
Muller a
clnanger à la détermination
ne pouvoient rien
a été remis audit ciroyen Muller finconenuiautenajonal &c alorsil
de l'arrêté ci-deffus , avec
expédition du réquifitoire &
de fuire au citoyen commifhire très-preffante national invitation de la porter
le
municipal eft retourné civilSonthonax. dans
Après
Tt fes EET il a clos le
le lieu ordinaire
valoir & fervir ce qu'il
préfent procès-verbal, pour
oficiers municipaux figné avec appartiendra le
; & ont tous les
taire-greffier, > ledit jour, à
citoyeri maire & le fecré-
> Signé au regiftre & à la neufheures minate & demie du foir.
maire ; Picard, officier mnnicipal; 3 Chevalier Painé,
nicipal; Daubagne, officier municipal Brocns, officier mu-,
municipal; Charrier, municipal ;
; Carrier, officier
Delayre, oficier municipal; Luforét Lalaune, municipal;
nicipal; Louis Poucher, offi.ier
ainé, officier muprocureur de la commune 3 &
municipal; Delaverg-e,
2, Pour expédition collationnée. Garnier, Meertmirsgretien
Signe,
secrétaire-grofier 3>.
Fondeviolle,
n'eft Le procureur de la commune qui a fait ce
vient pas de Larchevefque récriminer -Thibaur, contre lequel réquifitoire, Sonthonax
mune étoit un homme tout-à-lheure. reconau Ce procureur de' la comun homme plein de lumières par Sonthonax, pour probe,
Ront ces fonctions; c'eft le citoyen 3 & qu'il plaça lu-même
thonax, en le nommant procureur de Lavergne. la
Quoique Sondefiràr pafe fes pouvoirs s il n'y avoir pas un commune feul
s eûr outrede le voir à cette place.
habitant qui ne
quel réquifitoire, Sonthonax
mune étoit un homme tout-à-lheure. reconau Ce procureur de' la comun homme plein de lumières par Sonthonax, pour probe,
Ront ces fonctions; c'eft le citoyen 3 & qu'il plaça lu-même
thonax, en le nommant procureur de Lavergne. la
Quoique Sondefiràr pafe fes pouvoirs s il n'y avoir pas un commune feul
s eûr outrede le voir à cette place.
habitant qui ne --- Page 314 ---
Voici la preuve que "c'eft Sonthonax qui la nommé.
(Il lit).
Leters de Sonthonax,
Au Cap, le.13 novembre 1792.
C6 F'airequ, monfieur, votre iettre de ce jour,
vous me demandez, azl nom de la commune , di par laquelle
décifion fur la validité de l'élecion de M.
Cap, une
>> Relativement aux ralens, aux
Lavergne. au
de votre fucceffeur déligné, il ne lumières, fauroir avoir partiotifme
à fon inftallation ; le peuple ne fait que lui y. rendre d'obltacie
& il s'eft roujours montré digne d'être fon
juftice,
cc La feule difficnké eft dans le doute de défenfeur. fon.
il eft tres-vruiquele vou des citoyens du Cap pourroit domicile êrre ;
contrarid, fi la, réiidence de M. Lavergne dans cette
étoit aufli courte gu'on le prétend.
ville
*s Mais ilm'a éré cerridé par plufieurs ciroyens qu'il'a
depuis long-cemps uin domicile chez M. Delaire ,
qui lai-même elb prêr à Tattefter. Ce domicile de négociant; fait fuffit.
pour la validiré de léleéion de M.
qui
point exercé ion droir de cité dans le lieu de
n'ayant de
fes biens, doit au moins
ftuation
STT
Une
enjouir dans celui.de. fa réfidence.
fondée autre far con.idération, le
& la plus puiffante, ceft celle
faiiage de la majorité de la commune du
Cap: moi foul ai le droit de le
s> Je vous prie de nodfier ma réponte conrrarier; à la je le confirme..
municipalité.
5, Le conmiffaire national civil,
Signé, 3 Sonthonax >,
Claifon: e Je demande que cette lettre
à Semthonax, afin qu'il déclare s'il reconnoit foit communiquée fa fignature.
Sonthonax : Je reconnois ia fignature & le corps de la
leure, telle qu'eile vient d'être lue.
S'il a été pollible atix colons de fe procurer Foriginal de
ceite lettre, à plus forre raifon ont-ils pu fe procurer les
la proclamations originales qu'ils ont citées dans le cours de
difcuflion pour, m'inculper. Je ne cefferai de demander
qu'elles foient produites 5 je ne ceflerai de protefter contre
Sonthonax : Je reconnois ia fignature & le corps de la
leure, telle qu'eile vient d'être lue.
S'il a été pollible atix colons de fe procurer Foriginal de
ceite lettre, à plus forre raifon ont-ils pu fe procurer les
la proclamations originales qu'ils ont citées dans le cours de
difcuflion pour, m'inculper. Je ne cefferai de demander
qu'elles foient produites 5 je ne ceflerai de protefter contre --- Page 315 ---
31I
qu'eiles ees prétendues font proclamations, parce que je fuis convaincu
à la remite faulles & fappotées. Je parle de celles
eutre IES mains"de la
relatives.
armée.
municipalité, de la force
Brulley : On les produira.
- Perneuil. : Nous
1 fera
vous produirons Ja
pas défavouée par vous, par laqtelie proclamation, VOUS
qui ne
municipaliré du Cap les toipes qui avoien: été reiirez mifes à à la
difpofition. S'il exifte
fa
à la municipalié, il y.en un#erochimation avoit tne autre qui qui retire le lui ce pouveir
Que Sonthonax fe retourhe comme ily
donnoit.
les chofes dans tous les fens, je ladélie voudra; de fe qu'il tirer' combine
fyflême Sonthonax : Comme ily a de la part des colons delà.
de défenfe d'artaque, 3 il doir y avoir de ma
un
UR
combiné fur lingénuité" de
fyfème
lès
Fr
lorfque
colons indiquent des pièces, ils
difcullion ;
duire. Je demande que la commillion ordonne doivent les proferont communiquées à la fin de la féance. qu'elles me
Verneuil: : Je coniinue.
Ic préfident : La commiflion vous ordonne de
pièces, ou de déclarer quand vous pourrez le produire ces
Verneuil : Nous avons dit deux fois dans la faire.
jourd'hui que demain nous les produirions. Notre féance d'auPage, qui a le Moniteur, n'eft pas venu à la,
collegue
qu'il eft malade.
féance, , parce
Sonthenax: : Les colons parlent du
pas là des griginaux. Cependant fi ces Moniteur; ce ne font
Moaiteur,* je les reconnoîtai,
pièces font dans le
public,
parce que c'eft un éctit
Yerneuil: Sonthonax voulant
recueillit, les 7 &c 8, les dépofitions senvelopper contre
des" formes,
plus dans la colonie; élles
ceux quin'éroient
fecrer impénétrable les couvrit, furencrédigées à fon gré, &c un
magiftrats du peuple ignoroient de puilqte le 8 janvier les
vions être accufés. Les délateurs furent quels crimes nous pouLachaife, garde-du-corps, porté fur la au lifte nombre de quatre:
de profellion 2 arrivé depuis peu dans la colonie civile s intrigant
coinme vous l'a dit Th. Miller, après la ruine > de &
Domingue, fe tranfporta aux
les couvrit, furencrédigées à fon gré, &c un
magiftrats du peuple ignoroient de puilqte le 8 janvier les
vions être accufés. Les délateurs furent quels crimes nous pouLachaife, garde-du-corps, porté fur la au lifte nombre de quatre:
de profellion 2 arrivé depuis peu dans la colonie civile s intrigant
coinme vous l'a dit Th. Miller, après la ruine > de &
Domingue, fe tranfporta aux Caroline du
EramUnis, &
:
Sud pour y fouléver les nègres 5 fait pafla dans la
qui a été --- Page 316 ---
dénoncé à Wafingthon lui-même; Baley, lieutenant en
dans la garde doldée, arrivé depuis quelques mois dans fecond la
colonie, homme que je ne connois quepour lui avoir
une ou deux fois; Gignoux, arracheur de dents,
parlé
peu de temps à
depuis trèsvu ni entendu, Saint-Domingue, > homme que je n'ai jamais
lui
porteur des ordres de Sonthonax, nommé
d'arullerie, par
commandant du Cap en 1793 , puis commandant
& qui faifoit fufiller, comme nous vous le démontrerons,, ceux qui étoient réfractaires aux
des commiffaires civils, après l'incendie du proclamations Cap; Henri
Loyer-Beaupuis, mais
que je ne connois pas, & dont je
entendu parler. Ces quatre individus font n'aijaont dépofé contre Gervais, Fournier, Bailot & moi, ceux Lar- qui
Spreisntbasamse & dix autres
ont éré déportés les 8 & 2 janvier 1793. Je colons la qui
miflion de vouloir bien me communiquer les prie comces quatre hommes. Elles ont été remifes ici dépofitions par le comité de
de marine ; l'invenraire en a été fait par le
elles font dans le troifième carton
citoyen Fouché:
> coté 14."
Vous verrez que ces dépofitions ont été mendiées ; &
lorfque officielle je vous donnerai enfuite connoillance de la relation
jufqu'ou il qui a pouffe a été envoyée l'audace par Sonthonax, vous verrez
Le
& l'impofture.
préfident : On te remettra ces pièces au commencement
de la feance'de demain.
La féance ef levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. PH.
dent ; FoucHi ( de Nantes),/cretaire LANTHRNAS, GARRAN;
GOIRE,
endt
DABRAY, RABAUB, Nauita
Du 28
ufqu'ou il qui a pouffe a été envoyée l'audace par Sonthonax, vous verrez
Le
& l'impofture.
préfident : On te remettra ces pièces au commencement
de la feance'de demain.
La féance ef levée.
Le regiftre des préfences eft figné : J. PH.
dent ; FoucHi ( de Nantes),/cretaire LANTHRNAS, GARRAN;
GOIRE,
endt
DABRAY, RABAUB, Nauita
Du 28 --- Page 317 ---
Du 28 Germinal, l'an troiftème de la République frangaife
une & indivifible.
LA rédaction des débats de la féance de la veille
& adopréc.
eft lue
Daubonneau: : Les citoyens
& Senac m'ont
prévenir la commillion qu'ils n
pu allifter chargé de
aux
TAELA
pour caufe de maladie.
débats
Le prefidene : Voici un arrêté de la commiffion, fur
demnande des colons.
la
Arrêté de la commilfion des colonies, - du 27 germinal,
l'an III de la République françaife.
,
ce La commiffion confidérant qu'elle ne doit
que les accufateurs ou les accufés fe livrent, pas fous permettre
prétexte que ce foit, à des divagations qui font
quel
à l'objet actuel des
étrangères
9>
débats;
Que bien loin d'admettre l'inculpation
colons par Sonchonax, quoique Verneuillui dirigée contre
syn en quelque forte T'exemple, en mélant à la en eût
des inculpations relatives à fes mceurs, elle a rappellé difculion itérativement Sonthonax. à l'ordre 5
33 Paffe à l'ordre du jour fur la demande des
tendant à faire expliquer Sonthonax fur cette
colons,
inculpation 1>,
CiTO Y E. N S,
La commilion vous rappelle
fous un régime
blicain l décence doit être lecoe.fe refpectée; répudébats ouverts pour de fi grands intérêts ne doivent que des
Tome IV. Trente-neyième liyraifon..
pu offrir
ion itérativement Sonthonax. à l'ordre 5
33 Paffe à l'ordre du jour fur la demande des
tendant à faire expliquer Sonthonax fur cette
colons,
inculpation 1>,
CiTO Y E. N S,
La commilion vous rappelle
fous un régime
blicain l décence doit être lecoe.fe refpectée; répudébats ouverts pour de fi grands intérêts ne doivent que des
Tome IV. Trente-neyième liyraifon..
pu offrir --- Page 318 ---
la lutte fcandaleufe des paflions privées, & que la Convention nationale ne peur manquer de défapprouver des emperremens plus proprès à oblcurcir la vérité qu'à en opérer
la maniteftatien.
Bralley : Sans nous livrer à aucun emportement , nous
pouvens repréfenter que le foupçon plane fur nous tous; il
ieroit facile à Sonthonax de nommer les deux individus.
- Le préfident : Vous.avez entendul'arrété de la commiflion:
en nommant, ilfaudroir que Sonthonax articulât des preuves;
cela feroit maitre des objeétions étrangères aux débats.
Brulley : Alors nous ie ferons paroitre devant un tribunal.
Le préfident : Cela doit être terminé là.
Verne.il: : Sonthoxax veus a parlé hier des proclamations
dont je vous ai donné leéture : voici celle du II décembre
1792, par laquelle il ordonne l'embargo.
cc Déclarons, y eft-il dit, l'embargo général fur les navires
de la rade; en conféquence, aucun batiment de l'état cu
du commerce ne pourra fortir du port de la ville du Cap
jufqu'à ce qu'il en ait été par nous autrement ordonné. Ordonnons que la préfente proclamation fera publiée fur-lechamp dans toutes les places publiques, à la diligence de la
municipalité du Cap. Mandons, Bc. >.
Signé, SONTHONAX.
Sonthonax : J'obferve que ce n'eft pas là la proclamation
que j'ai demandée au citoyen Verneuil; car celle-ci a été
avouée par moi, & la communication en devient inutile: :
je demande qu'il me donne communication des deux prétendues proclamations telatives à la remife de la foree publique entre les mains de la municipalité du Cap.
Verneuil: Citoyens, Sonthonax affurément a perdu lamémoire fur ce qui a été dit de fon adreffe à la municipalité:
je n'ai pas dit que Sonthonax ait adreffé une proclamation à
la municipalité du Cap, mais bien une adrefle officielle, &
qui lui a été adreffée le 2 décembre; je vous en ai donné
leéture : je vais vous donner leéture, en ce moment, de celle
qui lui a été adreffée le 5 & certes, ce ne peut être que
dans'les actes de la municipalité que nous pouvons trouver
les pièces quilui ont été adreliées direétement par Sonthonx.
'ai pas dit que Sonthonax ait adreffé une proclamation à
la municipalité du Cap, mais bien une adrefle officielle, &
qui lui a été adreffée le 2 décembre; je vous en ai donné
leéture : je vais vous donner leéture, en ce moment, de celle
qui lui a été adreffée le 5 & certes, ce ne peut être que
dans'les actes de la municipalité que nous pouvons trouver
les pièces quilui ont été adreliées direétement par Sonthonx. --- Page 319 ---
Sonthonax : J'obferve que cette proclumation a déja été
lue hier.
Verncuil : Non.
Sonthonax : Je ne vous demande pas la lecture de cette proclamation 5 je vous demande, felon la promefle que vous
m'avez faite hier, d'apporrer ou les originaux de mes proclamations, ou des copies,certifides par les aurorités conftituées, ou enfinl le Moniteur; carvous aviez promis
la relation de ce qui a eu lien dans le Moniteur, sd'apporter &je,n n'ai
point refafé de rec connoitre le Moniteur; je demande, disje, que vous teniez la promeile que vous avez faite effrontément.
Duny : Il eft expreffément défendu à la municipalité de
faire imprimer aucune de ces pièces; & il eft défendu aux
imprimeurs, fons peine de cachot & de dépertation, de rien
inprimer de ces pièces là.
Le préfident : Ainli, vous dites qu'ciles ne font pas dans le
Monitewr, 3 & que vous ne les avez pas.
Plufieurs colons : Elles font dans ie procès - verbal de la
municipalité
Sonathonax : Auparavant je demande que la commifion
fomm: Dany de dépofer fur le bureau l'ordre que jai donné
aux diferens inprimeurs & rédacteurs des feuilles de la ville
du Cap, de ne rien inprimer de relatif aux journdes des
2, 3 décembre, fous peine de cachor.
Duny : Quand Verneuil aura CO le à fond la difendion,
pour n'en pas entraver la marche, je vous donnerai lecture
des ordres de Polverel & Sonthonax pour arrecer Ls inprimeurs toutes les fois qu'ils imprimoien: des écrits contraires à leurs vues. Je vous dépoferai fur le bureau l'ordre
de Polverel &c de Sonthonax.
Sonthonax : Ce n'eft pas là ce que je demande; je demande que vous remettiez fuar le bureap l'ordre que j'ai
donné aux imprimeurs de ne rien imprimer de ce qui étoit
reiarif aux événemens du 2 décembre.
Duny : Nous n'avons point cet ordre dans nos mains.
Sonthonax nous a fait prendre chez nous pendant la noit
pour enlever nos papiers, & ceux quej'avois recreillis in'ont
été enlevés par le conipirateur Geneft, ainii que les pièces
que j'apporrois en France; mais pour ne pas enrraver la.d dif
Y 2
que j'ai
donné aux imprimeurs de ne rien imprimer de ce qui étoit
reiarif aux événemens du 2 décembre.
Duny : Nous n'avons point cet ordre dans nos mains.
Sonthonax nous a fait prendre chez nous pendant la noit
pour enlever nos papiers, & ceux quej'avois recreillis in'ont
été enlevés par le conipirateur Geneft, ainii que les pièces
que j'apporrois en France; mais pour ne pas enrraver la.d dif
Y 2 --- Page 320 ---
cuffion, nous allons fuivre la ferie des faits, & nous vous
mettrons fous les yeux les pièces à mefure qu'elles fe
fenteront.
préSonthonax : Rien n'eft comparable à,l'audace des colons:
hier ils annonçoient des piéces; ils promettoient de les
apporter aujourd'hui; aujourd'huije les demande, & ils divaguent encore.
Verneuil: Les voilà.
Sonthonax : Produifez-les
Vous appeiez cela des pièces originales? Vous avez
des picces originales ou le Moniteur.
d'après promis le
fyflème de calonnie organifé par les colons, Ciroyens, d'après le défaut
de
qu'ils laiffent percer fans celle
je leur
le Eocues pour les obliger à les produire, lorique je demande prefle
commiflion prenne enfin un arrêté décerminant pour foutenir quela
celui qu'elle a pris lorfqu'elle a demandé aux colons d'expoler fuccellivement les. faits fur lefquels le premier chef
d'accufation doit être poté. Les colons divaguent
tuellement; les colons, au lieu de faits, apportent ici perpé- des
difcours. écrits avec lefquels ils organifent un
contraire à toute efpèce de jurifprudence. fyitime La
d'attaque
bien fenti dans fa fagelfe que ce n'étoit pas commifion ainfi
a
traitoit un accufé
aveit été fonctionnaire
qu'on
a
fenti qu'elle Fiindtre organifer un tel fyftême public; elle
de defenfe, que l'innocence ne pûr pas. être d'attaque elle &.
a
fenti qu'il étoit néceflaire, comme on l'a égorgée; tait dans la
Convention nationale, lorfque quelques repréfentans du
peuple ont été accufés, elle a fenti, dis-je,
ces repréfentans ont répondu aux faits pofés contr'eux, que, puifque dans
la commiflion des colonies égalemenr, les chefs d'accufation
devoient être pofés, féparés, précifés par les colons, afin
que l'accufé put y répondre. Je demande- denc
la commiflion maintienne encore plus fort fon arrêté, que qu'elle ordonne aux colons de précifer les fairs, & non pas
ici des difcours dans lefqu-ls ils viennent me ealomnier, d'apporter
entacher ma moralité domellique.Je demande,
que
vous veuillez bien maintenir cet arrété; que-Verneuil citoyens, qui a
longuement parlé fur la déportation, qui a dit & répété rout
ce qu'il a voulu pour prouver que les déportations étcient
illégales, refte enfin. dans le filence, & que vous ordonaiez
les fairs, & non pas
ici des difcours dans lefqu-ls ils viennent me ealomnier, d'apporter
entacher ma moralité domellique.Je demande,
que
vous veuillez bien maintenir cet arrété; que-Verneuil citoyens, qui a
longuement parlé fur la déportation, qui a dit & répété rout
ce qu'il a voulu pour prouver que les déportations étcient
illégales, refte enfin. dans le filence, & que vous ordonaiez --- Page 321 ---
à ceux qui ont à parler fuccellivement 317
fur
bafer le premier
les faits qui doivent
faits, afin que' je chefdaccufation, fois tenu d'y
de pofer & précifer les
plaira à la commiflion de m'accorder. répondre dans le délai quil
à Lc préfdene : La commifion maintiendra fon
prélent, Verneuil a la parole pour lire un arrêté; quant
annoncé hier.
arrêté qui a été
fi Verneuil: clle m'a accordé J'oblerverai en deux mots à la commiffion
mande de Sonthonax jufqu'à préfent la parole, c'eft fur la Mc
lui-méme.
Il lit la proclamation du 5 feptembre
1793Sonthonax demande qu'on lui produife les
certes, je crois que les pièces
nous pièces originales:
moment - ci font dès pièces très que -
produifons dans ce
officielles; ce font des procès-verbaux authentiques, de la
des pièces
Cap, revêtus de toutes les forimalités
municipaliré du
Sonthonax : Je demande
prefcrites par la loi.
Verneuil:
que Verneuil life les fignarures.
Collationné, figné, Foudeviolle,
adjoint; avec le timbre de la municipalité. fecrétiregreffier
Sonthonax : Je demande fi vous
moi, ciroyens > une pièce contenue pouvez admettre contre
Foudeviolle mon accufateur? je
dans un recueil figné de
ce Foudeviolle qui a pu fe procurer demanderai les encore pourquoi
qu'il vous a produires hier relativement pièces originales
commurie du Cap, pourquoi ces mêmes au colons procureur dé la
pas apporté ces deux proclamations dont ils n'auroient
parler, fi ces proclamations avoient exifté?je viennent de
f'exifience de ces proclamations. Je
protefte contre
ces hommes; je vous déclare
m'infcris en faux contre
cation du procès-verbal
que lorfque j'aurai communien peine de vous €nl démontrer qu'on vient la de lire, je ne fitis pas
les actes qu'on vous produira de la faufleré, comme de tous
lorfqu'il s'agit de Fexemple & de la municipalité du Cap,
du 2 décembre 1792.
complicité des troubles
Millet: I1 eft très-certain que 6 CES actes avoient été
Far Foudevielle, depuis le temps oû il a éé élu pour fignés venir
Y 3
j'aurai communien peine de vous €nl démontrer qu'on vient la de lire, je ne fitis pas
les actes qu'on vous produira de la faufleré, comme de tous
lorfqu'il s'agit de Fexemple & de la municipalité du Cap,
du 2 décembre 1792.
complicité des troubles
Millet: I1 eft très-certain que 6 CES actes avoient été
Far Foudevielle, depuis le temps oû il a éé élu pour fignés venir
Y 3 --- Page 322 ---
accufer Polverel & Sonthonax, celui-ci auroit droit de le
técufer; il cft très-cerrain que la qualité antérieure de fecréunire-greffter qu'il
ne peur rien diminuer de la légalité des actes
a iignes en cette qualiré:ilaéé nommépour veniraccufer
Polverel 8 Sonthenax, &c j'en trouve la preuve: j'ai été ces
jours-ci appelé au tribunal révolutionnaire, jaivul le
Paris qui étoit bien grefier du mbumTrevolerionaie greflier dans
le temps que Fouqeier-Tinville €ll étoit accufateur
j'ai VE Paris, greffier, accufateur de Fouquier - public;
produire des pièces fignées par lui greffier, contre Tinville,
Oinville.
Fouquiere
Sonthonax : Je n'argumenterai pas ici de la
citée par Thomas Miller; la commifion faura
procédure ce
faudra faire pour moistenir les Frincipes; je demande juger qu'il
Pafle à l'ordre du jour, puifqu'il eft bien démentré qu'on
colens n'ont pas les pièces qu'ils cnt annoncées. que les
Vernevil: C'efta la commillion, c'eft à la Convention
nationtle à juger fi les pièces que nous lui préfenrons font
légales ou non.
Le préfident : Palfe à un autre objet.
Vernezil: : Sonthonax vous a dit hier qae j'étois le d6nonciareur de Theroux, & Cite c'eft moi qui l'avois fait
porterfur la life de ia dénonciarion. Je
le
iident de vouloir bien interpeller Sonthonax pric de citoyen préquelle époque Therowx a écé embarque pour venir déclarer enFrance a
rendre compte de fa conduire.
Sonthonax : Jerourrois me difpenfer de
à
fait pardculier de la nature de cclui que cite répondre ici Vernegil, un
parce que cela éloigne toujours de la grande diferfien, &
c'eft ceque Cenepermsieseoleny mais furlarticle deTheroux,
j'ai dit hier que Theronx cavoit éréinferit fur la lifte
par la comaune du Cap, imprimde choz Bailland préfenrée le
& préfentée par un atroupcment, à la tête duquel jeune, étoit
Vemneuil, comne il vous la annoncé dans les
fénces, ca vous difant que Javoisrefifo moi de précédentes faire droit
aUX dnonciarions quil venoir mne fuire, en
ia
life de la commune du Crp. J'ai donc dit que m'apportant ce Theroux
ércirfur ceite lifle; jaid ciouté 8: fajouie encore
a été un de ceux oui étciont à la tère de Iasroupement que Verneuil
mn'apporroit cette lifte; A Verneuil éteit de l'arroupemenr qui qui
vous difant que Javoisrefifo moi de précédentes faire droit
aUX dnonciarions quil venoir mne fuire, en
ia
life de la commune du Crp. J'ai donc dit que m'apportant ce Theroux
ércirfur ceite lifle; jaid ciouté 8: fajouie encore
a été un de ceux oui étciont à la tère de Iasroupement que Verneuil
mn'apporroit cette lifte; A Verneuil éteit de l'arroupemenr qui qui --- Page 323 ---
m'a apporté la lifte, il étoit donc le dénonciateur de ceux qui
éroienc fur la lifte: or Theroux fe trouvoit & fe trouve. encore
fur cette lifte;donc Verneuil eft le dénonciatear de Theroux.
e Verneuil : Ce n'eft pas là répondre à T'interpellation, eft entendu.
Le préfidene : Pafle à un autre objet, celui-ci
Brulley : (à Verneuil) Theroux a été,déporté avant que
la lifte hie préfentée à Sonthonax. la féance d'hier à l'article des déVerneuil: : On a laiffé
pofitions qui ont été mendiées contre nous par Sonthonax; donner
Ja commiflion me les ayant remifes, je vais en
leéture.
fommairemeat l'inducLe préfident : Je te prie d'indiquer
tion Gue.u veux tirer de la picce.
Verneuil: Je veux tirer l'induétion que Sonthonax a commis un faux.
cela n'elt
Les arrêtés
Lc préfident : Lequel?
pas précifé.
de la commiflion vous prefcrivent, avant d'adminiftrer une
preuve, de précifer le fait que cette preuve a pour objet
d'établit. Vernexil: Sonthonax a dit que nous avons été les égorgeurs & les dévaftateurs de Scint-Dorringuc
Sonthonax: Jen'ai rien dit encore.
Le prifident : A l'ordre.
Verneuil: Que dans les journées du premier, 2, 3, 4, 5
8c 6 décembre, c'étoient nous qui avions ameuté les citoyens,
c'étoient nous qui avions fait bartre la générale que
Rua moi qui ai fait tirer fur lui quatre coups de canon à mitraille', & que ceft nous qui avions excité les citoyens à fe
porter en armes conrreleshozmes de couleur; & pour preuve,
Sonthonax a cité les dépofitions dont je vais vous donner
ledture. Sonthonax: J'obferve cue Verneuil, dans la difcuflicn,
tombe dans le même inconvénient que la commifion a re-.
proché à Page, qui croycit, ponr m'empécher de parler,
devoir faire précéder, dans la difcufion, fes réponies 2ux
objections que. je devois faire. Vernenil dit: < Sonthonax a
>, dir.que nous étions des égorgeurs, des dévafateurs: je
> m'en vais proaver,
les désolitions que Sonthonax a
nilun ni Pautre >5, Je n'ai
> envoyées, 5 nionous
pas
Renbere
encere parié fur lafaire du 2 décembre; je n'ai parlé que
Y 4
, dans la difcufion, fes réponies 2ux
objections que. je devois faire. Vernenil dit: < Sonthonax a
>, dir.que nous étions des égorgeurs, des dévafateurs: je
> m'en vais proaver,
les désolitions que Sonthonax a
nilun ni Pautre >5, Je n'ai
> envoyées, 5 nionous
pas
Renbere
encere parié fur lafaire du 2 décembre; je n'ai parlé que
Y 4 --- Page 324 ---
dit, comme Verneul. interpellé, & pour jeter des obfervations fur ee
chef
Celui-ci a tenu la parole pour bafer le
que
d'accufation fur des fairs politifs. Le
premier
il culation confifte à dire que nous avions
premier chefd'nene s'agit que de cela. Verneuil
violé laloi dusavril :
illegalement, donc ils
a dit: s'ils ont déporté
avril. Verneuil a entensu ont éré réfraétaires à la loi du 4
tion: il ne peut à préfent prouver avoir la l'illégalité de fa déportacette déportarion,
parole fur l'injufticé de
alors il le défendra que lorique je l'aurai moi-mème accufé,
il ; mais, 3 comme julqu'à préfent il n'eft
qu'accufateur, parlan: des
ne peur pas interrompre la ditcuflion, enl
mande donc objections que je n'ai pas encore faites. Je derôle
que, comme voUs avez renfermé Page dans le
des d'accufateur, faits far
dans le rêle dun homme qui devoit pofer
vous avez pris lefqueis la
enfuite je devrois répondre; comme
fur ce que je n'ai précaution d'inrerdire la' parole à Page
Verneuil, & qu'il pas. . dit, vous fatiiez de même pour
que je n'ai pas dit, n'ait pas la parole pour répondre à ce
n'ai pas encore formées. pour répondre à des accufations que je
l'égard Brulley de : Iyy a nulle idenrité entre ce qui s'eft
à
Page & ce qu'a fair Verneuil. Verneuil paffé
dir: pas: Sonthonax dia ceci, dira cela. Voici ce que Verneuil ne dit
Sonthonax eft réfractaire à la loidu
tations qu'il s'eft permifes n'éroient
4 avril; les déporPourp
point cenformes à lat loi.
il faut prouver en
que ces déporra: ricns étoient contraires à la
ce
prouver l'injuttice > il faut prouver
loi,
que ces déporrations n'ont pas été fondées l'iliégalité fur
é,en
diqués par la loi du 4 avril: il faut
les cas inont été déportés n'étoient pas dans la prouver que ceux qui
loi indiquoit pour être
il clafle de ceux que la
pièces envoyées
déportés ;
faut prouver que les
la légalité des par Sonthonax, pour mouver, pour appuyer
tradicloires entr' deportaticns, 'elles & , font dénuées de fondement, conpris de fabriquer ces ,
que malgré tour le foin qu'on a
pièces, non pas avant , mais
déporration; > ces mêmes pièces font tellement
après la
entr'elles, ellesfontfi grofièrement
contradictoires
que les agens de Sonthonax n'ont faites,qu'ellcs démontrent
entr'eux, pour dire, non la vérité, pas mais même des pu s'accorder
Ces faits font contradictoires,
faits apparens.
ces pièces font contradictoires;
quer ces ,
que malgré tour le foin qu'on a
pièces, non pas avant , mais
déporration; > ces mêmes pièces font tellement
après la
entr'elles, ellesfontfi grofièrement
contradictoires
que les agens de Sonthonax n'ont faites,qu'ellcs démontrent
entr'eux, pour dire, non la vérité, pas mais même des pu s'accorder
Ces faits font contradictoires,
faits apparens.
ces pièces font contradictoires; --- Page 325 ---
prtation. les démontrent à-la-fois linjuflice & l'illégalité de la deèces qui L'illégalité, motivaffent les en ce que Sonthonax devoit avoir des
bn après;
déportations avant de les faire &
èces qui conftatent linjuftice, les en délits ce
Sonthonax n'avoit pas de
Tentiel de vous établir
c'eft de ceux qu'il a déportés. Ileft
, en ce que la déportation que
une infraction formelle à la
eft pas conforme à la loi du opérée avril. à l'égard des citoyens
Lepréfident: Cela eft entendu, 4 la
La commifion fort.
commifion va délibérer.
La commiflion rentrée:
Le préfident : La commiflion accorde la
pur la lecture de la
parole à Verneuil
pièce qu'il a annencée.
Verneuil lit :
péclaration de M. Augufe
commandant
nationale du
relative Lnuchaife,
de lagarde
ville le 2 de ce Caps mois.
aux troubles qui ont agité cette
cc Aujourdhui fept décembre mil
cent
puze, à onze heures du matin
fept
quatre-vingeArional
2 pardevant nous commiffaire
civil, délégué aux Ifles françaifes de l'Amérique
Vent,
y rérablir l'ordre & la
fous
trivant le Poenl O. F.Delpech, fecrétaire tranquillité publique,
tionale civile, s'eft préfenté le fieur Augufte de la commillion
Evant commandant de la garde nationale, Lachaife, ciiclaré
lequel nous a
>> Dans at7y journée du dimanche,
icore commandant de la garde 2 du préfentmois, étant
cun ordre pour battre la générale nationale, &
il n'a donné
ttioriques;
raffemblerles troupes
23 Qu'inftruit de la grande
ville & des mouvemens fermentation; fe
/ qui régnoit dans
yens , entr'autres le fieur Baillo, que donnoienr le
plufieurs cii-méme, pour faire batre la générale que & déclarant a vu
royens, 3 il'fe rendit à la
raffembler les.
tte effervefcence
municipaliré pour l'avertir de
tompts
> & l'inviter à prendre les moyensles
pour l'appaifer;
plus
23 Qu'au fortir Ze la
il
ns ofliciers-de la garde municipaliré miionale, fe porta vers diffepour les charger d'in
que donnoienr le
plufieurs cii-méme, pour faire batre la générale que & déclarant a vu
royens, 3 il'fe rendit à la
raffembler les.
tte effervefcence
municipaliré pour l'avertir de
tompts
> & l'inviter à prendre les moyensles
pour l'appaifer;
plus
23 Qu'au fortir Ze la
il
ns ofliciers-de la garde municipaliré miionale, fe porta vers diffepour les charger d'in --- Page 326 ---
vit Tadjudane-généal, Oll à fon défaur le commandan
de bataillon, à furveiller les mouvemens, jugeans, lui dé
ciamntyque fon pofte étcitau Champ-de-Mars avec les autre
chefsde corps;
72 Qu'au moment ct il apprit par un citoyen du fixièm
barsilion, que diflérentes cclonnes de la garde national
s'arançoient avec du canon vers le Champ-de-Mars, 8
seis les cafernes dudit bataillon, il s'y porta avec M
Lntaux, commandant de la province ; qu 'alors il demand
à la premère colonne s'ils marchoient contre leurs frère
da fixième baraillon 5 qu'ils lui répondirent que non 2 qu'i
vencient réclamer leurs droits & T'inrercallacion du fixièm
horaillon dans les diftricrs, &c que le régimen: du Cap ne fo
Foiat embarqué;
>> Qu'il fur entrainé fur le Champ-de-Mars avec led
Sicnr commandant par ladite colenme; qu'il reconnut à
tote le fieur Gervais, par qui- méme il enrendit faire
IAure d'un ordre de M. le commifiaire rarional civil, q
Venoit d'accourir lui-même pour arrêter la marche de là cC
lonie; qu'il entendit après cette lecture ledit feur Gervai
s'écxier : Vive la nation ! allons, mes amis, marchons...
: Que cette même colonne l'entraina, ainfi que. M.
commiflaire national civil & M. le commandant de la pre
vince, vers le régiment du Cap, quié étoit en bataille devar
Jis cafernes, & anqucl de eile fcjoignits
32 Qu'slors il entendit un coup de fulii & ce cri: : 0
cafine nos freres, fans poaveir déligner de quel endro
penoitian eclaucre;
>2 Qo'au même inftantil partit de la colonne un coupd
canon &' un feu de Gle dirigé fur les citoyens du fixièn
bwatliens: rafiemblés dans la rue de leurs caferncs, ayap
parmi eux M. le commiffaire harional civil, M. Je com
sandan: de la province 8 divers citoyens qui étoient par
winusil lesramener vers leurs quartiers;
SA Qae les citcyens de co:leur, forcés de- fe défendré
fralièrent & ripofirenrsan'claml cruts lui déclarant, qu'
étcit de fon.devoir de s'interpofer cntre CeS dcux feux, pou
Sneri leffeficn du fangs
7 :
ue ios citoyens 'de cosleur, fur fon invitation, cel
. Je com
sandan: de la province 8 divers citoyens qui étoient par
winusil lesramener vers leurs quartiers;
SA Qae les citcyens de co:leur, forcés de- fe défendré
fralièrent & ripofirenrsan'claml cruts lui déclarant, qu'
étcit de fon.devoir de s'interpofer cntre CeS dcux feux, pou
Sneri leffeficn du fangs
7 :
ue ios citoyens 'de cosleur, fur fon invitation, cel --- Page 327 ---
rent leurf feu; & chargèrent le feur Cairon & divers auttes
ficiers d'affifrer les ciroyens biancs qu'ils alloient rentrer
IS leurs cafernes, fi la colonne fe retitoit avec fon
non;
95 Qus cette dépuration n'eut pas plucôt rempli fa mifon, qu'un aurre coup de canon & uil nouveau feu de
e partirent del la même ccloane, malgré tous les çfforts
déclaranr du commandant du fixième baitaillon,du fieur
oudrai, obicier au régiment du Cap, lequel fe jeta une
is fur le canon pour empècher de tirer;
>5 Qu'en rendant juftice aux ofliciers de ce régiment s qui
arurent faire leur devoit, il doit obferver qu'il remarqua
auceur plus d'animefiréparmi les foldats de CC même rémen: que parmi les ciroyens;
>> Que le déclarant & le fieur Cairon, qui ne s'étoient
binc quirtés Bc n'étoient point fortis .d'entre les deux COnnes, éroient enfn
à faire celfer toute hoftié de part & d'autre, FeES colonnes fe tenant toujours en
éfence, lorique le déclarant apperçut une nouvelle cenne. de cioyens blancs qui s'avançoit par la trouée des
fernes du iixicme baraillon, avec une pièce de canon; 3
our venir prendre en Aanc les citoyens de couleur;
> Que le-déclarant s'y précipira, leur fit part des difofitions de paix cà Yon étoit, & les engagea à fe rerirer,
ais inurilement; &
file canon ne tira pas,, ce fut
niquement 4 raifon 205 la grande diftance &c'de l'embarsde la pofirion, tant étoit grande T'efferveicence & l'aniofiré des citoyens 5
>3 Qu'il. doit obferver que la pièce dont il eft parlé ciant étoit deffervie pardes canoniers de ligne, celle-cipar
s matelots;
33 Quo le déclarant fo porta de cette feconde colonne à
1e toifème qui fe troivoit dans la rue Efpagnole; qu'il
trouya même animofré & le voeu général de marcher
ontre la Follere,o s'étcit réfugiée une grande parrie des
toyens du fixicme barillon; qu'ii vit à la tête de cette
simnaz le four Verneuil, commandant in pièce de canon,
uicurs cidevant dragons jaunes, & le fiour Lefevre qui,
Quo le déclarant fo porta de cette feconde colonne à
1e toifème qui fe troivoit dans la rue Efpagnole; qu'il
trouya même animofré & le voeu général de marcher
ontre la Follere,o s'étcit réfugiée une grande parrie des
toyens du fixicme barillon; qu'ii vit à la tête de cette
simnaz le four Verneuil, commandant in pièce de canon,
uicurs cidevant dragons jaunes, & le fiour Lefevre qui, --- Page 328 ---
en fa qualité daside-de-camp-dy commandant de la gard
nationale, manquoit doublement à fon devoir en nefe trouvai
pasà fon pofte.
>> Ajoute le déclarant que, dans différentes députation
vers les citoyens de couleur, où il s'eft trouvé avec leu
propres officiers, il les a toujours vus dans la difpolition' d
rentrer en ville, moyennant que les canons fullent rem
dans l'arfenal, & prèts à fe foumettre à la loi & aux au
torités.
39 Ajoute encore le déclarant qu'il'a reçu de vifs repro
ches des fieurs Flanet, Fournier & Gervais, de ce qu
n'avoit pas montré dans cette affaire la même énergie
la journée du 19; à quoi il avoit répondu qu'il avoit S
à la loi, & aux ordres des autorités conftituées, & qu'e
fa qualité de commandant - général, il ne connoiffoit. pa
d'autres règles, > & devoit s'expofer aux dangers pour main
tenir l'ordre & épargner l'effufion du fang; qu'il palfe a
furplus fous filence tous les propos injurieux & calomnieu
dont il a été aceablé par les gardes nationales pour avoi
fait fon devoir, & a figné avec nous Ja préfente déclara
tion, par nous cotée & paraphée en toutes fes pages.
39 Sign:, Auc. LACHAISE, ci-devant commandant de I &
garde nationale; SONTHONAX, commiffaire national-civil
& O.F.DELPECH, fecrétaire de la commillion.
>7 Pour copie conforme.
>3 Signé, O. F. DELPECH, fecrétaire de la commiffion..
Citoyens > fur cette piècej'ai quelques remarques à vous
faire : la première, c'eft que fi vous l'avez écoutée attenti
vement > vous avez dû remarquer que I achaife, qui étoi
à cette époque commandant de Ja garde narionale, c'eft
à-dire, dans la journée du 2 décembre 2 eft précifemen
cclui qui, d'accord avec Rochambeau & Sonthonax, > au
lieu d'empècher les citoyens de couleur de fe rendre au
Champ-de-Mars au nombre de I5O., comme Sonthonar
déclare qu'ils ont été invités de sy rendre > laiffa leur
nombre s'accroitre jufqu'à 900; que ce même Lachaife ne
poque commandant de Ja garde narionale, c'eft
à-dire, dans la journée du 2 décembre 2 eft précifemen
cclui qui, d'accord avec Rochambeau & Sonthonax, > au
lieu d'empècher les citoyens de couleur de fe rendre au
Champ-de-Mars au nombre de I5O., comme Sonthonar
déclare qu'ils ont été invités de sy rendre > laiffa leur
nombre s'accroitre jufqu'à 900; que ce même Lachaife ne --- Page 329 ---
ndit aucun compte à la municipalité des patrouilles nomreufes qui ont eu lieu dans la ville du Cap le premier & Z
cembre 1792; & que, lorfqu'il fut mandé à la municialité fut ceite innovation, ii a déclaré que c'étoit Sonnonax lui-mème quien avoit donnél l'oidre. Vous avez vu
ans la féance d'avant-hier que cette lettre de Sonthonat
été produite; elle eft inférée. dans le Moniseur;, il ne
tra pas que c'eft une lettre controuvée. Je vous obferve
ncore que vous venez de voir > par la déclaration de Lahaife, qu'il a été fait des foux de file, & que cerendaut
es troupes étoient en colonne. Il eft bon que vous fachiez,
iroyens, que les rues de la ville du Cap où s'eft
action > excepté la rue Efpagnole > n'ont que
saMes
ieds de large; or > je vous demande comment un ancien
nilitaire, comment un commandant général de la"garde
nationale peut ofer dire
fe failoit un feu de flo.
Qu'eft-ce qu'un feu de A en colonne 2 c'eft celui de 4
ou 5 hommes, au plus. Il dit qu'il fut tiré un coup de
canon fur les hommes de couleur, & que Sonthonax étoit
parmi eux, ainfi qu'Erienne Lavaux : commandant de la
province du Nord. Ceci n'eft pas d'accord avec la déclatation de Sonthonax. Vous allez voirpar celle dontje vais
vous donner lecture, que, quoiqu'elles aient été distées
par Sonthonax lui-mème, elies font cependant toutes en
contradiction. Celui-ci dit qu'ila été tiré un feul coup de
canon fur Sonthonax, & Sonrhonax dit lui que la môme
pièce a tiré quatre coups à micaille fur lai. Certes, quand
on eft auili peu d'accord fur les mêmes faits, je demande
fil'on peut ajouter la moindre croyance à des déclarations
qui ont été mendiées par ceux qui avoient intérêt deles
faire faire. Je vous obferverai encore que la déclaration
de Lachaife eft du 7, & que nous avons été embarqués
pour France dans la nuit du s*au 6; que nous n'avons
eu la liberté de parler a perfonne; & je demande f ce
n'eft pas une infraction manifefte àlaloi du 4 avril, que
d'en.barquer des ciroyens, de les arracher à leurs propriétés, à leurs familles > fans les avoir entendus; & attendre > pour mandier des dépolitions > qa'iis ne foient
plus en étar d'être préfentés à leurs accufateurs. Ce Lachaife,
dans la journée du 22 c'oft-à-dire, lorfqu'il y avoit le.plus
parler a perfonne; & je demande f ce
n'eft pas une infraction manifefte àlaloi du 4 avril, que
d'en.barquer des ciroyens, de les arracher à leurs propriétés, à leurs familles > fans les avoir entendus; & attendre > pour mandier des dépolitions > qa'iis ne foient
plus en étar d'être préfentés à leurs accufateurs. Ce Lachaife,
dans la journée du 22 c'oft-à-dire, lorfqu'il y avoit le.plus --- Page 330 ---
grand danger pour la chofe publique, fut mandé par
municipalité & cenvaincu de connivence avec Sonthonax &
Rochambeau. Il voulur donner fa démifionsil la
même, arracha fes épaulettes de colère, & les jeta far doun du
pain defliné pour les foldats, qui éroient à Ja
d
la municipalité & à la garde des drapeaux. La ditpolition
licé lui repréfenta que ce n'étoit pas lorlque municipa la chof
publique étoit en danger que l'on pouvoit donner fa dé
miflion. Alois Lachaile, chauffant le cothurne 3 dit
n'avoit plus qu'à boire la cigué, Lachaife favoit bien qu'i
n'y avoit point de cigué à Saint - Domingue 5 il n'eri qu'i but
pas. Le lendemain il perlifta danse fa démillion; & moi je
fus la ville nommé commandant - général de la garde nationale de
du Cap, du veeu unanine des habitans.
reçu des nouvelles pofitives que l'incendie gagnoit mon f'avois ha
bitation du Gros-Morne. Je fis mes efforts pour tâcher de
m'y rendre, ce qui mempêcha de répondre la
de mes concitoyens.
4 confiance
Je pafle à la feconde dépofition.
Sonthonax : Auparavant > je
la commifion d'iaterpeller Verneuil de dépoter fur E bureau lacte
il a été nommé commandant du Cap.
par lequel
le Verneuil : Si j'avois accepré, je pourrois vous
procès-verbal de la municipalités mais comme cette produire niomination a été faite fsontanément par tous les
&
que j'ai refulé au même inflant, ilya ici deux citoyens, cents colons
qui pourront attefter ce fait, ii n'y a point eu de
verbal. Si un de ceux qui font ici contefte le fair, procès- confcns de paffer pour un calomniateur.
je
Duny : Au refus de Verneuil,le citoyen Verdier fat
nommé & remercia, parce qu'il vit qu'il étoiri
faire le bien fous la dicature de
impollible &
de
prouverai qu'il a donné fa démiffion Somhouax: le
je vous
ee que je vous lirai dans le Moniteur. lendemain, d'aprôs
Sonthonas: Les colons appellent faire le
horames de coulézr.
bien,fiufiller les
Verneuil: C'eft ce.que nous verrons,
Ic prefident : A l'ordre.
& remercia, parce qu'il vit qu'il étoiri
faire le bien fous la dicature de
impollible &
de
prouverai qu'il a donné fa démiffion Somhouax: le
je vous
ee que je vous lirai dans le Moniteur. lendemain, d'aprôs
Sonthonas: Les colons appellent faire le
horames de coulézr.
bien,fiufiller les
Verneuil: C'eft ce.que nous verrons,
Ic prefident : A l'ordre. --- Page 331 ---
(Verneuil liz :)
(Dépofition du deuxième témoin.)
éclaration du feur Henri Lohier-Baupuy 3 lieutenant a2
regiment du Cap, relative aux troubles qui ont éclaté da.s
cette ville le 2 décembre.
c Aujourd'hui famedi huit décembre mil fept cent quatreingt-douze" > pardevant nous Léger-Felicité Sunthonax >
ommillaire national civil délégué aux ifles françaifes de
Amérique fous-le-vent, pour y rétabiir l'ordre & l tranuilliré publique, écrivant le ficur O. F. Delpech fecréire de la commil ifion narionale civile, s'cft préfenté l
eur Henri Lohier Baupuy 5 lieutenant au régiment du Cap,
abitant de Saint-Dormingue, 2 lequel nous a déclaré ce qui
it:
SA V O I R:
3 Que le famedi premier du courant, lorfque les troupes
e ligns furent rentrées dans la caferne apris la preftation
u ferment, il vir le Geur Verneuil entrer dans Ja CoLI, &
hercher à fonder les officiers & foldars du rigiment du
fur leurs difpofitions relativement à la loi du 4
a
>> Quc le même
en fe rendant Vaprès-midi defr.
naifon aux calernes, Jr vit ledit feur Perncuil à la
Tun café, armé d'un fufil, de deux piftolers & d'on ERES
nrouré de citoyens qu'il entrerenci avec chaleur;
>> Que le lendemain, jour de Vinfurreftion, il vit ledic
ieur Verneuil dans la rue Efpagnole > à la tête d'une coonne des' gardes nationales, avec une pièce de canon dirigée contre les citoyens du fixième bataillon qui avoicnr
gagné la Follere;
>> Que le même jour, un peu avant la marche des citoyens contre le fixième bataillon, le feur Bailio entra dans,
les cafernes, & fit tous fes efforts pour engager le régiment
ci-devant Walfch à forrir pour le joindre aux gardes nationales, 8c marcher avec ellcs contre le fixième baraillon;
d'une coonne des' gardes nationales, avec une pièce de canon dirigée contre les citoyens du fixième bataillon qui avoicnr
gagné la Follere;
>> Que le même jour, un peu avant la marche des citoyens contre le fixième bataillon, le feur Bailio entra dans,
les cafernes, & fit tous fes efforts pour engager le régiment
ci-devant Walfch à forrir pour le joindre aux gardes nationales, 8c marcher avec ellcs contre le fixième baraillon; --- Page 332 ---
$28
mais que fes tentatives furent vaines, & que le régimen
fut inebranlable; qu'il n'en fut pas de même du régimen
du Cap; dont un détachement ailez fort fortit à l'inftant
>> Qu'au moment où les gardes nationales parurent de
> vant les cafernes, il reconnut à leur tête le lieur Henri
mulicien au régirment du Cap, & que ce même Henri s'étoi
porté le matin dans différentes parties de la ville, pour
ioalever le peuple & faire batre la générale;
>> Que pendant l'action, il a vu le fieur Gervais à la têt
d'un détachement de dragons patrioriques, près de la pièc
de canon commandée par le fieur Verneuil,
>) Et lecture à lui faite, a dit perfifter dans fa déclaration, que nous avons cotee & paraphée en toutes fcs
pages, & ge'ilaf lignée avec nous.
5, Signé, Lohier- Baupuy, Sonthonax ; O. F. Delpech
fecrétaire de la commillion.
>> Pour copie conforme, O. F. DELPECH, fecrétaire de
la commi(fton. >>
Verneuil: Plufieurs chofes font à remarquer dans cette
dépofition : 1". Il eft de nosoriété, & je lai avoué moimème > Sonthonax le connoit, puifque dans la relation qu'il
a envoyée à la Convention, il, dit que c'étoit moi qui étois
à la tête des citoyens. Oui, citoyens, je commandois la
colonne qui étoit dans la' rue Elpagnoles & certes, > quand
on commande une colonne, & quand, felon Sonthonas,
on eft le diredteur d'une pièce, on n'eft point armé d'un
fulil, d'une paire da'piftolets. Mais certainement, je ne
pouvois pas avoir un fefl; cetre arme m'étoit rout à-fait
inutile, ce qui prouve la contradidion manifefte qu'il y a
entre cette déclaration & la première dont vous entendez la
leéture. Une autre chofe qui doit vous frapper, c'eft que
vous avez dû remarquer dans"la déclaration de Lachaife que
Geryais, qui étoit à cheval & au premier rang des gardes
nationales, fut celui qui fut chargé par Sonthonax lui-même
de lire la proclamarion au Champ-de-Mars : or: citoyens,
il y a une grande diftance du Champ-de-Mars à la rie EC
pagnole, ohj'avois pris pofte. Lachaife dit poltivement que
Ger:ais
e qui doit vous frapper, c'eft que
vous avez dû remarquer dans"la déclaration de Lachaife que
Geryais, qui étoit à cheval & au premier rang des gardes
nationales, fut celui qui fut chargé par Sonthonax lui-même
de lire la proclamarion au Champ-de-Mars : or: citoyens,
il y a une grande diftance du Champ-de-Mars à la rie EC
pagnole, ohj'avois pris pofte. Lachaife dit poltivement que
Ger:ais --- Page 333 ---
Geryais - lorlaptoclamation de Sonthonaxau Champ-de-Mars,
qu'il étoit à la tête de la colonne.
Claufio: Au champ de Mars.
Verneuil: : De la colonne quiTenrainas avec Rochambeau,
dans les rues oû étoit le logement de d'Alfas. 11 eft donc
polirivement ridicule que >. dàns cette depofition-ci, on
vienne mettre Gervais à mon côté, tandis qu'il n'y avoit
que de l'infanterie, & que Gervais étoic à cheval. Voici
comme le témoin sexplique : Que le 2, à l'inftant où lè
combat fut engagé, ila vu Gervais à la tête d'un détachement commandé par le fieur Verneuil. Ceci porte une
contradiction manifelte, & vous verrez quelle foi vous devez
donner aux dépofitions. Ce font des pièces mandiées par
Sunchonax.
Verneuil
Sonikonax : Je prie le préfident d'interpcller
de dire par quel ordre il commandoit Y'artillerie le 2 décembre.
frce
Verneuil: J'ai donné les'plus grands-détails
quis'eft
palle dans la journée du 2 décembre. Le premier devoir
de tous citoyens réunis en fociéfé 2 eft de ne point fe laiffer
égorger comme des fois. Nous avons vu tous les homines
de couleur qui, fuivant Sonthonax, ne devoient ètre qu'au
nombre de, cent cinquante, fe porter au Champ-de-Mars au
nombre de neuf cent, en comptant les nègres efclaves, atmés' de tottes pièces 5 leurs gibernes pleines de cartouches.
Indépendammene de cela, un fac rempli de cartouches fut
furpris. Nous étions pailibles; fans armes : nous crâmes,
avec raifop, que nous allions être égorgés par eux, & la
fuite n'a que trop prouvé
> dans ces momens terribles >
nous àvions trop de anader Ce font les hommes de couleur qui, les premiers s ont fait feu fur nous; nous avons
eru qu'il étoit de norre devoir de courir aux armes, & de
nous défendres, & certes, Sonthonax auroit bien defiré que
nous nous couchaflions , afin qu'ôn nous immolàt avec plus
de facilité: Mais ce n'étoit pas la rélolurion de chacun de
nous, de moi toujours; & je me fais" gleire d'avoir été à
lat tète d'une colonne qui a peut-être empéché. une grande
cffufion de fang; & ce Sonthonax n'exifteroit. peut-ère plus
fije n'avois pas commandé cette colonne.,
Tome IV. Trente-neuvième liyraifon.
Z
couchaflions , afin qu'ôn nous immolàt avec plus
de facilité: Mais ce n'étoit pas la rélolurion de chacun de
nous, de moi toujours; & je me fais" gleire d'avoir été à
lat tète d'une colonne qui a peut-être empéché. une grande
cffufion de fang; & ce Sonthonax n'exifteroit. peut-ère plus
fije n'avois pas commandé cette colonne.,
Tome IV. Trente-neuvième liyraifon.
Z --- Page 334 ---
Sonthonax : Verneuil vient de dire qu'on a tiré fur moi
dans cette journée.
Verneuil: Je n'ai pas dit.cela.
Sonthonax : Et cependant il a empèché l'effulion du
Je prie le préfident d'i interpeller Verneuil de dire fi le nombre fang.
des blancs dans la ville du Cap n'étoit pas décuple de celui
des hommes de couleur libres.
Verneuil: Lorfque Sonthonax me fait cette
al doit favoir que lorfque j'ai dit à la commiflion interpellation, le
nombre de citoyens de couleur & nègres libres étant que au
plus de. Cinq cents hommes, je favois à merveille
le
nombre des citoyens blancs étoit décuple des citoyens que de
couleur.;. &c c'eft pour cette raifon là que Sonthonax avoit
joint aux hommes de couleur les nègres efclaves. Si au lieu
ide neuf cent il ne s'en eft pas trouvé vingt mille, ce n'eft
das faute de Sonthonax. Cireyens, c'étoit bien le projet
E Sonthonax, & ce jour-là eût été le dernier de la ville du
Cap. Son projet, d'après les preuves que je vous ai mifes
fous los.yeux, ne doit' vous laiffer aucun doute
s'il
eût réufi ce jour-là, il feroit arrivé ce qui eft arrivé que le
420 juin 1793.
Sonthonas : Verneuil vient de vous dire qu'il
avoit
que. 15oo hommes dè couleur libres dans la ville n'y du
&c que, dans cette journée, javois ordonné qu'il fe Cap,
à eux 400 nègres efciaves, ce qui portoir le nombre joignit à
Je prie la commiffion d'interpelier Verneuil de dépofer
le bureau l'ordre
PR:
que j'ai donné pour enrôler des efclaves
datis la journée du 2 décembre.
Verneuil : Je ne réponds pas à linterpellation de Sonthonax; il feroit ridicule qu'un malfaiteur qui veut faire affafliner quelqu'un donne un ordre, & dife à celui qu'il aaffalliné, prouves-moi mon ordre: certes, je le
fi les morts étoient ici; je dirois voici les témoins, produirois,
Sonthonax : Puifque Verneuil ne produir pas l'ordre e
j'ai donné pour enrôler 400 efclaves ie 2 décembre, il doit que
au moins apporter des femi - preuves qui donnent quelque
probabilité. de ce-fait. S'il y a eu des elclaves enrôlés dans
la ville da Cap le 2 décembre, il y. a cu-nécefifairement
des plaintes des maitres qui cnt été faites à la municipalité; il doit y avoir eu des réclamations des maitres dont
neuil ne produir pas l'ordre e
j'ai donné pour enrôler 400 efclaves ie 2 décembre, il doit que
au moins apporter des femi - preuves qui donnent quelque
probabilité. de ce-fait. S'il y a eu des elclaves enrôlés dans
la ville da Cap le 2 décembre, il y. a cu-nécefifairement
des plaintes des maitres qui cnt été faites à la municipalité; il doit y avoir eu des réclamations des maitres dont --- Page 335 ---
les efclaves s'éroient enrôlés fous leg drapeaux des hommes
de couleur. Je demande que les colons qui ont G bien recueilli toutes les pièçes
pouvoient être à ma charge,
mettent ici fur le bureau Rt déclarations faires à la municipaliré par les maitres qui avoient été abandonnés de leurs
efclaves, enrélés fous lès drapeaux des hommes de couleur
le 2 décemibre. Is étoient fous la verge diétaroriale, & ils
Claufon :
n'ont pu faire de réclamarions. en demande la
: je vais la
Verneuil : Sonthonax
preuve
donner. Elle eft confignée dans les procès - verbaux de la
municipalité, & le nombre eft très-exact; car il eft porté
à 900. D'ailleurs) j'é:ois adtif ce jour-las j'aivu tout mulâtres ce qui
s'eft paffe; j'ai vu défiler les nègres efclaves. & les allez exercé
des caferines; j'erai compté les fls, &jail'ail
lorfqu'une troupe eft en bataillé, pour juger le nombre
d'hommes qui la compofent.
La féance eft levée.
Lc regiftre 'des
efl rigne, J.Ph. GARRAN,prefdent; Foucut (de ceush Tecrétaire 5 F. LANTHENAS, S
CAEGOIRE, MOLLÉVAU, DABRAY.
7 2 --- Page 336 ---
Du 29 Germinal, l'an troifème de la République frangaife
une & indivifble.
LA rédaction des débats de la veille eft luc & adoptée.
Daubonneau : Je'préviens la commiflion des colonies que
les citoyens Page & Senac font encore retenus chez eux par
indifpolition, & n'ont pu fe rendre à la france.
Vemeul: Je coninue les oblervations fur la
-
dépolition
de..
Le préfdent : Il eft temps de pafer à autre chofe : l'objet
de toutes ces dépofitions doit être fini; c'eft un incident.
Verneuils J'obferverai feulement que ces dépofitions. ont
été faites, l'une le 7, les attres le 8 décembre 1792, &
qu'il eft ridicule que, lorfque nous étions déja fort loin
en mer : .
- .
Le préfident : Paffe à autre chcfe.
Verneuil: Je vais continuer la difcuflion.
Le président: : Je te prie d'indiquer quels faits tu vas difcuter : contre la loi du 4 avril?
Verneu: l: Je pafle à lillégalté des déportations faites par
Sonthonax, déportations qui
été arbitraires & tout-àfait contraires à la loi du 4 SeL
Le président : De quelles déportations entends-tu parler :
Verneuil: De la mienne & de celle de mes colligues.
Le président : Pafleà une autre, on ne peut pas faire des
volumes fur.chaque objet.
Verneuil: En ce cas, je vais garder le filence. J'ai des
preuves de Sonthonax même, qui atteftent mon innocence &
celle de tous ceux qu'il a déportés depuis la journée du 2
décembre jufqu'à la fin du mois de janvier.
Le président : Quand Sonthonax aura juftifié ou prétendu
juftifier ces déportations-là, la commifion verra sily a' liea
afleà une autre, on ne peut pas faire des
volumes fur.chaque objet.
Verneuil: En ce cas, je vais garder le filence. J'ai des
preuves de Sonthonax même, qui atteftent mon innocence &
celle de tous ceux qu'il a déportés depuis la journée du 2
décembre jufqu'à la fin du mois de janvier.
Le président : Quand Sonthonax aura juftifié ou prétendu
juftifier ces déportations-là, la commifion verra sily a' liea --- Page 337 ---
à vous accorder sne réplique Tur cet objet; mais on ne doit
pas faire des volumes fur un fait de cette l'infraétion efpèce. à la loi
Bfulley : Noue intention étoit d'établir
du 4. avril.
I
Le président : Ça doit être terminé.
il
efBrulley : Verneuil annonce qu'il a des pièces; paroit
fentiel de les' lire.
Le président : Celles que vous avez préfentées jufqu'h préfent paroitien: étrangères. Sonthonax étoit dans l'intention
Duny: : Vous verrez que
de dépeupler la colonie de tous fes véritables défenfeuis;
afin de pbuvoir la livrer plus facilement aux enneinis de la
France; ou la ruiner entièrement.
fur
: Le président : On verra ce que Sonthonax répondra
les déportations; cet objet doit être épuifé.
Thibaud demande la parole.
Ire président : Sur quel objet?
Thibaud : Sur le même objer 5 je demande à vous donnerla
fuite des développemens qui vous ont été faits par Verneuil
dans les précédentes féances, relativementaux déportations
arbitraires faites pari Sonthonax.
a
demande.
Ic président : La même réponie convient à la
Thibaud : Il cft impoflible que Sonthonax réponde à des
objets qu'il ne conoit pas : je veux parler de déportations
d'un autre genre.
Le président : Lefquelles
celle de
Thibeud: La mienne, celle de Daugy, Raboteau,
fept oui huis citoyens da Cap.
cbfervation d'ordre
Sonthonax : Je demande à faireune
qui n'intervertira pas la difcuflion. Puifque les colons veulent parler firr lcs déportations, je crois que la commillion
devroit claller CES déportations per ordre de dates > parce
qye ii on les entafloit depuis mon arrivée dans la colonie
juiqu'au moment de mon. départ, la difcuflion feroit tellement enchevèurée, que ma réponte feroi: difficile à faifir. Je
demande donc que les colons foient circonfcrits dansun cercle
déterminé; c'eft-à-die, par exemple, fur les déportations
qui ont été faites dopuis mon arrivée dans la colonie jufZ 1 3
de dates > parce
qye ii on les entafloit depuis mon arrivée dans la colonie
juiqu'au moment de mon. départ, la difcuflion feroit tellement enchevèurée, que ma réponte feroi: difficile à faifir. Je
demande donc que les colons foient circonfcrits dansun cercle
déterminé; c'eft-à-die, par exemple, fur les déportations
qui ont été faites dopuis mon arrivée dans la colonie jufZ 1 3 --- Page 338 ---
qn'à la' fin' de janvier 17935 car ce font ces déportations
qui ont pour objet Larchieveique-Thabaur, Daugy, Raboteau 8eVerneiuil.
e
Claaffon : Je.m'y oppofe; parce qu'ilne fuffit pas d'établir
Pillegalité des déportations-qui Ont eu Jieu depuis l'arrivée
de Polvetel-& Sonthonax julqua-la fin de' janvier 1793,
mais encore celles qui ont été faites après le mois de.
janvier.
Le président : Sonthonax oft d'accord que LarchevefqueThibaud peut parler fur l'objet du 4 avril; quand On paf
fera à un autre, alors la commiflion verra ce qu'il y a à
faire.
Thibaud:Fai prévu l'obfervation de.Sonthonax . -
Lc président : Tu n'as pas la parole fur cet objet. Viens
au fait des dépotationsqmire concernent, & prouve en quoi
elles font contraires à la loi du 4 avril 1793.
Thibaud: Je vais donc continucr les développemens de ce
qui ivous a éré dit par Verneuil dans les précédentes féances
touchast lcs déportations arbitraires dont Sonthonax s'eft
rendu ccupable, j'epère que de la difcuffion dans laquelle
jer vais entrer réfultera le complément des preuves les plus
fatisfaifantes des vues fcélérates qui ont dirigé la conduite
de Sonthonax dis linfiant qu'il a eu la liberté d'agir, &
qui ont enfin aboutiaux déportations.
Le préfdene : Viens directement à la déportation qui te
concerne : voilà ce. que. c'eft que de faire des difcours écrits;
la commiflion fera obligée de prendre un arzêté pour vous
interdire les difcours écrits, S cela coninue, car on ne peut
pas faire des débats de ceite manière; on ne doit point fe
porter accufateur quand on ne peut. pas" fuivre les formes
établies par les, lois.
Thibaud: Citoyens, j'ai vu que cette forme avoir été adcptée par Vernenil, malgré Senthonax; qu'en conféquence ce
citoyen avoi: été reçu à lire un difcours écrit; il m'eft moins
facile de faire des notes..
Le préfident": Co ne font pas des nores, Ce font des volumes que VOUS préfenrez.
Claufon : Non, citoyens, c'eft pour inftruire le public &
la Convenrion .
établies par les, lois.
Thibaud: Citoyens, j'ai vu que cette forme avoir été adcptée par Vernenil, malgré Senthonax; qu'en conféquence ce
citoyen avoi: été reçu à lire un difcours écrit; il m'eft moins
facile de faire des notes..
Le préfident": Co ne font pas des nores, Ce font des volumes que VOUS préfenrez.
Claufon : Non, citoyens, c'eft pour inftruire le public &
la Convenrion . --- Page 339 ---
Thibaud: Sije ne. dis rien d'inutile, f tout cC que je dis
frappe', fi je ne divague pas' . . : tu dis eft inurile; ce font
Le préfidernt : C'eft que ce que
doivent éclairer & la
les faits & non pas des injures nationale. qui
commiflion & la Convention
Avant de me livrer à cette difcuflion, permertez-
- Thibaud :
fous les
les articles V& VI de
moi de vous mettre
yeux
la loi du 4 avril.
1 lit:
Extrait du décret du 4 aprili792.
V.
à
toutes les infor6c Ils font également autorifés prendre fur les auteurs des
mations qu'ils pourront fe procurer & leur continuation f elle.
troubles de Saint- Domingue,
des
à les
avoit lieu; à s'aflurer de la perfonne
coupables; France
mettre en état d'arreftation & à les faire traduire d'uni en décret
pour y être mis en état d'accufation en vertu
du corps légillatif,sil y a lieu.
V I.
a
civils feront tenus, à cet effet, d'adref
>> Les commiffaires
en forme
fer al'Affemblée nationalei une expédition déclarations despror
cès-verbaux qu'ils auront dreffés & des
quils
auront reçues concernant lefdits prévenus.
bien difComme vous le voyez, ily a quatre difpofitions la
tindtes contenues dans ces deux articles; par civils première de bien
difpolition, il eft prefcrit aux commiffaires des troubles de Saint-Dos'aitacher à connoitre les auteurs
ils font tenus, après
mingue; 5 par la feconde difpofition, vétitables auteurs de ces
avoir reconnu les coupables, 5. les
& de les mettre
troubles, de saffurer de leurs perfonnes 5
leur eft
la troiftmne difpolidion,
en état d'arreltation; par les hommcs qui font dans! le cas
enjoint d'envoyer en être France mis en état d'acculation, s'il y a
de la loi, pour
enfin, par la derr
lieu, par un ESLE du corps celle légiflarif: de l'article VI,illepr efo ornière ditpolition, > qui-cf
a lallembléc nationale les
donné d'adreller en même temps
qu'iis auront drefids
expédlitions en forme des pracesverbaux
Z 4
hommcs qui font dans! le cas
enjoint d'envoyer en être France mis en état d'acculation, s'il y a
de la loi, pour
enfin, par la derr
lieu, par un ESLE du corps celle légiflarif: de l'article VI,illepr efo ornière ditpolition, > qui-cf
a lallembléc nationale les
donné d'adreller en même temps
qu'iis auront drefids
expédlitions en forme des pracesverbaux
Z 4 --- Page 340 ---
& des déclarations qu'ils auront reçués à
nus. Eh bien! citoyens, j'arcule
l'égard des
thonax eft formellement
& mets en fair que
ror
voilà
eft
contrevenu à ces quatre
ma
quelle
thèfe, & je me Hatte de la difpoiitions:
qu'à la démonftration. Touchant la première prouvér julvous venez de voir qu'en conformité de cette difpolition,
les commiffaires civils! éroient tenus de s'attacher diipotiaion, à
,
nolire les véritables auteuis des troubles de
bien conUne remarque bien frappante à cet égard, c'eft Saine-Domingue. de
les déportations qui ont été faites par les commiffaires que toltes civils, il n'en eft pas une feule qui
fur un feul
de couleur; pas ln feul de ceux-ci Tes été déporré Homme ni dans
le Noid, sli dans l'Oue, ni dans le Sud de la colonie
aucun, ablolument aucun n'a été par eux foumis à cette ;
peine, & pouriant c'eft une vérizé bien conflante
ce
font les hommes de couleur qui ont eu là
que
aux troubles de
&: à plus gtande pare
bien conftanr, deft Saint-Pomingue;
cet égard, un fait
lifésavec le
que les hommes de couleur fe font coaparti conpe-rerolusionnaire, voilà mon
fait; un fecond fait égolemént bien confant, c'eft premier ce
font les hommes de couleur qui ont provoquéda révolte que des
nigres; un. troifième fait également
hommes de couleur fe font armés conftant > c'eft que les
levé contre' eux l'étendard de la contre les blancs, & ont
Senthonas:Je prie le préfident de guerre renfermér civile.
Thibaud dans. l'ordre de; la difcuflion: : il ne Larchevefquede ce qui s'eft patfé dans la
avant
s'agit pas ici
e'eftli-dellus Gite' Thibaud entamel colonie ladifcullion notre arrivée, &
la révoke des nègres, ia prife
scarlesfaits de
d'armesdeshommes de
ont précédé la loi du 4 avril, ont précédé notre couleur arrivée.
Si ces fairs ont précédé notre arrivée, ils Ont été traités
la queftion de'fefprit public. Je demande que Thibaut dans foit
rnkemidansl-byet de la difcullion, c'efta-dire, dans colle:
relative aux infractions de la loi du 4 avril depuis mon
rivée dans la cclonie.
arThibaud:Je m'y renferme & je le prouve. La loi veut
Qtie les coumiffaires civils s'arrachent bien à connoitre les
auteurs des roubles de Saint-Domingue & de leur contination, felle avoirlien. Si la ioi-difoit qu'ils s'attacheront
# conpoitre ceux qui auroient é:é les auteurs de la cona-
-dire, dans colle:
relative aux infractions de la loi du 4 avril depuis mon
rivée dans la cclonie.
arThibaud:Je m'y renferme & je le prouve. La loi veut
Qtie les coumiffaires civils s'arrachent bien à connoitre les
auteurs des roubles de Saint-Domingue & de leur contination, felle avoirlien. Si la ioi-difoit qu'ils s'attacheront
# conpoitre ceux qui auroient é:é les auteurs de la cona- --- Page 341 ---
pation de ces' troubles, je conviens que Sonthonax auroit
tifon; il pourra me dire":il n'eft pas queftion des troubles Ii n'eft
piont eu lieu avant notre arrivée, mais bien après.
neftion que "des trcubles qui ont fuivi; nous n'avons pas des
mpli nos devoirs, en ne recherchant pas les auteurs
oubles de Saint-Domingue & en ne les envoyant pas en
rance, nous avons tort. Mais la loi dit: comme la colonie
-
Saint-Domingue a été en proie à des déchiremens affreux,
eft queftion de favoir quels font ceux qui ont caufé ces
échiremens.
Le préfident: : La commiffion a déja décidé, par des arrêtés
récis, que tu iie pourrois pas revenir fur ce qui concerne
fprir public de St-Domingue avant l'arrivée de Sonrhonax, s
arce que celaavoit été traité avant ton arrivée. Tuviens dans
moment de nous annoncer que, l'objet que tu voulois
celles de
ta
aiter étoit. déportation perfennelle,
Dangy,
Rabotteau, & plufieurs autres déporrations que tu as annoncé fans
tre coniraires à la lpi da 4 avril. Suis l'ordre arrêté;
Ela il eft impoflible de rien déterminer; je ne pais perpettre les divagations perpéruclles : onl fe plaint perpéruelment de la confufion extrême qui.rigne dans cCS débacs.
Thibaud: J'en vais venir à ina. déportation perfomnelie,.
d'infortune
& Rabotà celle de mes compagnons
Daugy de Sonpau. Le II décembre 1792, la main diétatorinle
d'abord far le citoyen Galibeft . .
honax Le prefident s'appefantit : Visns à ce qui te concerne : citoyen, je ne
bermettrai pas qu'on enchevêtre tour.
Thibaud: J'ai en même temps ennoncé que je parlerois des
de Daugy & de Rabotreau & de fept à huit
léportations utres citoyens du Cap, déporrés en même temps que moi.
Fe fuis accufateur de Sonthonax, non-feulement Cil mon
hom, mais encore comme commiflaire ad hoc, nommé par
es citoyens réfugiés aux Etats-Unis. Je dois vous rapporter
outes les. infracions faites à la loi du 4 avril par les débortations que Sonthonax a exercécs; je ne crois donc pas
n'écarter de l'ordre actuel de la difcuflion, mais traiter
thaque objet perticulièremen. reviendras
la fuire.
Lc Thiband:Je prifdens:" Tu fuis y l'ordre d.s dares par que Sonchonax vous a
e
citoyens réfugiés aux Etats-Unis. Je dois vous rapporter
outes les. infracions faites à la loi du 4 avril par les débortations que Sonthonax a exercécs; je ne crois donc pas
n'écarter de l'ordre actuel de la difcuflion, mais traiter
thaque objet perticulièremen. reviendras
la fuire.
Lc Thiband:Je prifdens:" Tu fuis y l'ordre d.s dares par que Sonchonax vous a
e --- Page 342 ---
& prié de me prefcrire: je commence par le II décembre
ie viendrai' jufqu'au 9 janvier 17931792
Sonthonas: : J'ai une obfervation à faire; elle eft
eflentielle. Toute accufation contre un fondtionnaire trèsdcit être individuelle, on ne peut fe préfenter pour accufer public
d'un délit pariculier,
loriqu'on: a un pouvoir exprès de
Thomme qui fe plaint RE cet acte.
Le président : La quefion des pouvoirs a été traitée 5 tu
n'as pas la parole,
Sontho-as: Galibert n'eft pas ici, & o
Le président : Tu n'as pas,là parole fur cet objet.
Thibaud:1 Du moment que nous confidérons ces
tions comme des infradtions à la loi du 4 avril, fi déporta- nous ne
le prouvons pas, il eft impoffible de motiver notre accufation; ; & G nous ne le prouvons pas > nous fommes des accufareurs calomnieux.
Jc difois donc: que Galibert étoit un patriote
s'étoit
fait remarquer dans plus d'une occafion par fon qui
mais de pareils hommes ne convenoient plus au-nouvelordre énergie ;
de chofes que vouloit introduire Sonthonax : Galibert fur
enlevé la nuir par un détachement de la garde prétorienne
de Sonthonax, c'elt-à-dire
. du feizième
par un détachemenr de dragons
régiment. Le pauvre malheureux étoit
moribond; cependant il fut forcé de marchér; feulement preique il
obtint de Sonthonax la permiflion de fe faire accompagner
par fon frère pour prendre foin de lui pendant la
mais l'infortuné Galibert étoit deftiné à
victime traveriée; de la
calomnie,. Arrêté ei vertu du décret du 19 périr ventôfe de l'année dernière, quoiqu'il ne fir pas compris dans les
ce
pofitions de décret, il fut traduir dans les prifons difpo- de la
conciergerie. Danslei inois de germinal foivant, le dénonciateur, s a la vériré, a payé de fa tête fa calomnie; 5 mais l'innocént calomnié, atteint dans fa prifon d'une maladie mnortelle, avoit déja payé le tribut à la nature, & cette fin
maturée doit être regardée comme.u une fuite de fa
prés
tion. Plus d'un mois s'éconia fans qu'il y eût d'autres déporta- déportations que celle du citoyen Ferrand, qui ne tarda
mis
être
en liberré, Sonthonax peut feul nous révéler pas le fer
cret de cette arreftation & de T'elargiffeunent qui l'a fuivie
de près,
ie mnortelle, avoit déja payé le tribut à la nature, & cette fin
maturée doit être regardée comme.u une fuite de fa
prés
tion. Plus d'un mois s'éconia fans qu'il y eût d'autres déporta- déportations que celle du citoyen Ferrand, qui ne tarda
mis
être
en liberré, Sonthonax peut feul nous révéler pas le fer
cret de cette arreftation & de T'elargiffeunent qui l'a fuivie
de près, --- Page 343 ---
Nous voilà arrivés, la nuit du 7 au S janvier. Cette nuit,
toyens, fut marquée par l'arreftation des plus zélés patriotes, font les
de la colonie;.ce
P cinq des
zélés défenfeurs Serre, Bardel, Fromenteau,
royens N.LT Schomper;
aveit trois de mariés,
iches & Molard; de ces cine il en
Tous fuqui furent arrachés des. bras 2 leurs époufes.
nt . jetés dans des baftilles Botrantes; c'éroient les nouvelles
ifons de l'invention de Sonthionax. Ces arreftations devoir nocrnes éveillèrent l'énergie de la municipalité qui crut décemvir
rendre un arrêté pour faire des repréfentations au
onthonax. Cetarrêté eft celui dont Verneuil vous a donné
onnoiffance dans la (éance d'hier cu d'avant-hier; par cet
rêté la municipalité rendoit hautement témoignage au paiotifime; non-leulement de ces cinq vidimes de la politique
u commiffaire dépor ateur , mais encore de celles
vocet arrêté
Rit
uoient déja
fe rendre en France;
c'eft Ptis
ar le corps UREET entier; & quand je dis entier, eât
ue
comprends le feul homme de couleur qu'il chez y Sonans * municipaliré; tous fe renditent en corps
de
honx qui étoit alors à fe délaffer dans la cour galante
a créature Rochambeau .
e
Le président : A l'ordre. 11 étoit huit heures & demie du
Lanhovcfque-Thisat:, vifite
dérangecit fans doute fes
bir ; cette
municipale
laifirs. Le préfident : A Tordre; il n'eft pas quelion d'acculcr
Bonthonax fur fes mccurs.
une demie heure
Lamhedfe-TAket:. fu:
Après de fe retirer, & de laiffer
a
cbligée
daes
rrêté municipalité dans les mains du fecréraire qui venoit lui notifier la
rolonté de Sonthonax. Cet arrèté néanmoins eut fon eflet,
hon pàs pour faire mettre en liberté les cinq far mais lefqueis
Bonthonax avoit appéfanti fon bras commifarial;
posr
Faire changer Theure des arreftations. Cependant par un ran
finement de barbarie, > dont les tyrans font fouls capables,,
les rénebres de la nuit ne firent place à T'éclat du jour, qukr
éclaira les arreftations fublequenies, que pour arrètées, ajonter & reut- à la
Ali-fois & à l'humilation des porfonnes dans Tame des ciu
terreur que ces atrelbotions imprinérenc
conféquenti
toyens. Desle 9 du mêmemois dejanvier, par
finement de barbarie, > dont les tyrans font fouls capables,,
les rénebres de la nuit ne firent place à T'éclat du jour, qukr
éclaira les arreftations fublequenies, que pour arrètées, ajonter & reut- à la
Ali-fois & à l'humilation des porfonnes dans Tame des ciu
terreur que ces atrelbotions imprinérenc
conféquenti
toyens. Desle 9 du mêmemois dejanvier, par --- Page 344 ---
dès le lendemain, de Farrèié de la municipalité le nouvel
ordre de chofes cemmença fon ccurs pàr cinq nouveiles ,
arreftations > dont une à la vérité fat manquée > mais dont
I'appareil n'en coniribua pas moins à rehaufler le
du commiflaire arréreur, &c.dugénéral lexécuteur. delpotifme De l'hôtel
de'la commifion partoient à-la-fois & à huit heures du
matin, cing ordres d'arreltarion , accompagmés d'autant de
délachemens de troupes nombreufes à piedi & à cheval,
toutes
conleurs. De ces cinq ordres,Iun étoit décerné contre de
moi, & lés autres contre les cicoyens Daugy,
Deieyre & Lalanc. Les deux premiers étoient membres Raboreau, de
Ia commiffion intermédiaire;) logroiticmne: favoirs Delaire,
officiermtnicipal, négociant &2 tréforier-général de la fubvention exraoidinaire. Le dernier : favoir; L:lane, cficiermunicipal,& négociant > rous les quarre pères de famille
comme moi. Ces cinq arreftations eurent leur effet
à l'exception de la dernière. Le citoyen Lalane avoit. complet, eu le
bonheur 4e s'évader par une fenèrre d'oi il s'étoit gliffé
parmi des chaudières à fucre , çui ie dérobérent aux recherches des sbires de Sonthonax, jufqu'à-la nuit, dont il
profit pour s'enfuir par mer au Fort-Dauphins à douze
lienes du Cap. Une fixième arreftation vient fe joindre accidentellement aux cing autres, vers midi où une heure du
mémejour; c'cfeclie du cioyen Dufault, qui efedtivement
avoit commis tu1 grand crime. Employé dans ies bureaux de
l'état-major de Tamée du Nord, il's'étoit permisde dire
fa façon de penfer, modeftement cependant, 8c
voix bafle, fur les expéditions qui avoient eu lieu prefqira dans la
matinéc. Aufli, citoyens, fer-il cruellemcnt puni de fon
indilerétion, non-fenlement ilfut arrété, mais
avec
tant
de rigueur, qu'il futcbligé de faire le voyage déporté de France
au milieu de T'hiver avec fcs feuls vêtemens d'éré, dout il fe
trouvoit couvert au moment de fa capture. Il fut embaftillé
à bord du vaitieau VAmiral.; Daugy, Raboreau,
& moi, nous nous rencontrimes dans la grande chambre Deleyre du
vaifieau Vamérica, où nous fimes confignés, avec défenfe
de communiquer avec l'équipage ? qui fut bien & ducment
averti que nous étions ia pire cipèce des ariftocrates & des.
confpirateurs. Cependant il faut rendre cette juftice à léquipage,.que F'opinion publique ne fat pas fi aifeeà corrompre
bord du vaitieau VAmiral.; Daugy, Raboreau,
& moi, nous nous rencontrimes dans la grande chambre Deleyre du
vaifieau Vamérica, où nous fimes confignés, avec défenfe
de communiquer avec l'équipage ? qui fut bien & ducment
averti que nous étions ia pire cipèce des ariftocrates & des.
confpirateurs. Cependant il faut rendre cette juftice à léquipage,.que F'opinion publique ne fat pas fi aifeeà corrompre --- Page 345 ---
- 341
T'avoit cru. Je ne vous rendrai pas compte de endormir toutes
Au'on
Sonthonax a mi'es en ufage pour
es pertidies
lattentat quil méditoit contre leur liber:é,
es victimes Qori
je ne crois pas qu'il I y ait (uria
Des perfidies font telles que poulfer plus loin la duplicité, la
terre uil homme qui pâr Sonchonax Ta fait. Il me fuilira
autleté, la fourberie la veille que de mon arreftation 0e , il m'avoit
He vous dire que
bonne Martie de mon argenEmpranté mon argenterie donnoit une
ce jour-la > & dont le
eric, pour un repas "quil
ne méroir pas encore rennorif ie devine aiféments qu'elle
j'aic refté quatre
lue au moment de mon départ, quoique mavoit fait demande du
ours dans la rade du
quil &
n'avoit pas rougi d' acvin de
& de
qu3l
A
liqueurs douze boureilles de liqueucs...
tepter Sonthonax: Je demande la parole,
Qu'à la demande
Thibaud: Vous aurez la parole apresie. de le (uivre au Môle, od
que je lui faifois de me difpenfer ics commiffions civile & inparoilloit. vouloir rranfporter civile de la marine , il n'aermédiaire, & ladminiftration difant: je vous aime trop pour vous
voit répondu en me
il avoit engagé pour le lendemain
aiffer; qu'en ma préfence étoit venu lai demander file congé
A diner Raborteau, qui étoit expédiés que pendant que jequi lui avoit été promis fait
pour lui demandér un
tois-la; Daug? l'avoit
appeller d'une affaire importante > &
rendez-vous, pour Yentretenit avoit été affigné pour le lendemain matin
que ce rendez-vous
au momentmême de mon arrefà neuf heures; qu'enfin m'habillois >
pour me rendre à bord du
tation, lurique je Albert, le fecrétaire & le confident de
vaiffeau VAmérica, dans ma chambre à travers les gardes
Sonthonax, étoit venu me dire de la part de fon protedeur
qui me cernoients pour
mon arrefation étoit fimplement
que je ne parrirois pas; que
fuite je faurois les motifs;
une mefure de sûreté, > dont parla
pas trempé dans
que M. Sonthonax favoit bien que jen'avois veille.Je m'attends
F'arrèté de la municipalité du Cap, prisla
pas de nicr
bien, citoyens, que Sonthonnx des ne preuves. manquera La preuve, citous ces faits, & de demander mille
que Sonthonax votis
toyens, 2 elle eft dans dix
menfonges font commencés: elle eft dans
a faits depuis que les débats
même en lifant les pièces
Paudace avec laquelle il tronque,
ille.Je m'attends
F'arrèté de la municipalité du Cap, prisla
pas de nicr
bien, citoyens, que Sonthonnx des ne preuves. manquera La preuve, citous ces faits, & de demander mille
que Sonthonax votis
toyens, 2 elle eft dans dix
menfonges font commencés: elle eft dans
a faits depuis que les débats
même en lifant les pièces
Paudace avec laquelle il tronque, --- Page 346 ---
qu'il a occafion de citer, & dont les doubles fe
entre les mains de fes accuiateurs; elle eft cette preuve trouven dan
Tinvraifemblance des faits qu'il allegue; elle eft
la
à
laquelle remontent les plaintes que jai faites contre dans dar
thonax. Ce n'eft
d'aujourd'hui que j'ai acculé la Son
cité, la fauffeté, ME fourberie de Sonthonax, à mon dupli
& ceux avec quije fuis paffé en France > vous attelteron égard
Rata dès l'inftant ou de L'américa je me fuis vu tranfporté
d'un vaiffeau
f tible alors de douter marchand, de
& qu'il ne m'a plus été pof
ma déportation , je me fuis exhale
en reproches amers contte les démonttrations. pèrfides
s'efepermifes à mon égard; enfn elle me fera bien qu'i
cette preuve, du moins pour: mon argenterie > acquife le
dixième chefd'acculation fera établi, lorique Sonthonax lorfque fera
convaincu d'avoir envahi les fortunes
alors fans
doute on n'aura pas de peine à croire particulires; qu'ila voulu
prier d'avance les effets"d'un homme qu'il pen.oit s'appro bientô
mener à l'échafaud, & dont il regardoit les biens comne
cohfifqués.
Sonthonax: Je prie la commifion d'interpeller Thibaud
par quije lui ai fait demander fon argen:erie. Tour le monde
iait qu'a la commiffion civile du Cap ily avoit
de
marcs d'argenterie; tout le monde fait qu'on plus
befoin de l'argenterie de Larcheveigse-Thibiud n'avoir pas
un repas à la commiflion civile. Il eft bien étonnant pour donner
Larchevefqre-Thibaud vienne vous parler ici de vins que de
liqueurs qu'il ditm'avoir envoyés: eft-ce que j'avois
chofe à déméler avec mon maitre-d'hôtel fur l'arricle quelque de
l'argenterie & des vins de liqueurs ? Je demande que Lar
chevefque-Thibaud déclare s'il entend m'accufer de lui avoir
pris de largenteric, , cu de lui en avoir volé, 3 ou de, lui
avoir demandé?
€12
Thibaud: Je réponds que je n'entends pas pour le
accufer Sonthonax d'avoir voulu voler mon argenterie; préfent mais
ilétoit néceflaire en parlant de ma déportation,'de
en même tenps de cet accefloire.
parler
Sonthonax: Voyez la perfidie de
il dit : l'argenterie ne m étoit pas encore Lrcherefque-Thilandi rendue, lorfque je
fus arrêté; enfuite il dit: je ne prérends pas l'accufer, quant
à préfenr. Quand YCUS pouiz ia foélératelle juiqu'à calom-
; préfent mais
ilétoit néceflaire en parlant de ma déportation,'de
en même tenps de cet accefloire.
parler
Sonthonax: Voyez la perfidie de
il dit : l'argenterie ne m étoit pas encore Lrcherefque-Thilandi rendue, lorfque je
fus arrêté; enfuite il dit: je ne prérends pas l'accufer, quant
à préfenr. Quand YCUS pouiz ia foélératelle juiqu'à calom- --- Page 347 ---
lier à ce point, je dois vous-preffer de vous expliquer cahégoriquement > & de déclarer fi Y'argenterie dont vous
arlez m'a été remife, où G elle vous a été rendue.
Thibaud: Je'n'accule pas Sonthonax en ce moment deant la commillion > parce que la commiflion n'eft pas un
ribunal.
Le préfident: :: Réponds ail fait.
Le
Thibaud: : Voici comment les chofes fe font paffées.
natin du jour où Sonthonax devoit donner à diner, fon
ecrétaire Albert vint trouver ma femme, & la pria de lui
Prèter fon argenterie. Vous fentez
dans le moment, ma
emme ne demanda point à Albert 9ME n'y.a avoit pas d'argenerie à la commiflion civile, fi l'on avoit des I0,1 15,, 20
pu 30 marcs d'argenterie, ou f elle n'en avoit pas. Ma
femme lui remit tout unimenclargengerie dont il avoit befoin.
1 lui demanda en même-temps fi elle n'avoit
du vin de
Malaga & de la liqueur de la Martinique. NW femme lui
épondit: : depuis les troubles ces objets font épuifés chez
noi; je ne les ai pas renouvellés ;. cependant je vais faire
tout mon poflible
en procurer à M. Sonthonax. Ma
temme me parle de FirS je lui dis : nous P n'avons pas de
liqueurs de la Martinique; mais il y a madame
narchande au Cap, , qui en eft abondamment pourvue.
IETOE
tainement elle ne me refufera pas une caiffe de liqueurs;je
ferai même charmé de faire ce léger cadeau à M. Sonthonax.
J'écrivis en conféquence àia citoyenne Démarets de m'envoyer une caifle de liqueurs de douzé bouteilles 5 elle me
T'envoya fur-le-champ; ma femme envoya cette caiffe à Sonrenvoya d'abord &t fit quelquesfaçons;
thonax, 3 Sonthonaxla
ima fenme infifta, & là-dellus Albert fe rendit, & fit emrorter la caiffe; il revient un inftant après > & dit: & le
Malaga 2 Il m'eft impoflible de vous en procurer, dit ma
femme , il eft très-rare 5 mais je vais m'adrefler-à-ue
amie.
Lic préfident : Paffe à un autre fait, & précife chaque
fait en indiquant la preuve. Tu conviens que tu n'as pasde
preuves à donner fur cet objet; tu as eu tort de l'avancer.
Sonthonax:" Je renouvelle mon interpellation fur l'argenterie.
Thibaud: J'ai ajouté que mon argenterie ne m'étoit pas
vous en procurer, dit ma
femme , il eft très-rare 5 mais je vais m'adrefler-à-ue
amie.
Lic préfident : Paffe à un autre fait, & précife chaque
fait en indiquant la preuve. Tu conviens que tu n'as pasde
preuves à donner fur cet objet; tu as eu tort de l'avancer.
Sonthonax:" Je renouvelle mon interpellation fur l'argenterie.
Thibaud: J'ai ajouté que mon argenterie ne m'étoit pas --- Page 348 ---
encore rendue au moment de,ma déportation pour France
c'eltun fait.
Jeprefident : La commiflion t'ordonne de paffer aux - de
portations; tu cites des faits dont tu ne peux pas donner de
preuves. La commiflion ne peut pasles entendre.
Thibaud: Venant au fait des déporations, j'obferve qu'?
Tégard des ciroyens Galiberr, Deleyre, Michel Schompert
Molard, T'ordre des déporrations prouve qu'il n'aété envoy
contr'eux abiolument aucune pièce ni déclaration, ni aucut
aéte quelcoaque. Ces citoyens, au nembre de fept, n'on
donc été déporrés que parce que tél a éré le bon plailir d
Sonthonaxs & certes il a fallu que ce fuffent des citoyen
bien tranquilles, bien pailibles >
qu'il air été impoibl
à Sonthonax de trouver plus Neer indice conr'eux. Le fai
que je viens d'articuler
pas hafardé: Je le
AA
puife dan
le rapport qui a été fait à la Convention parl le reprefentan
du peuple Martel, au nom du comité de marine. Qu'il me
foit permis de vous remettre fous les yeux l'article de ce rap
port, qui concerne ces fept infortunés.
Il lit:
Extrait du rapport général far les déporeés des colonis
francaifes ; par le cisqyen Martel,. membre du comité d
marine ; imprimé par ordre de Zz Convention nationale.
ce Cependant Larchevefque - Thibaud > Rabetteau &
Daugy, > ont été enlevés à leurs fondtions: Le premier ef
arrivé en France fur le nàvire l'Eclatant Raborteau &
Daugy, dans la traverfée, ont été enlevés & fart prifonniers;
l'un
les Anglais, &c l'autre par les Efpagnols.
9> n'eft pas encore-là que fe bome Tinjulice, ou
plurôt la (célérateffe du diétateur: 1l aégalement faitarrérer
arbirmairement & fans aucune, efpèce de forme préliminaire
les citoyens Gimer, Bernard, Galibert, Bardet Fromentean,
Cucher, Jacques Molart, Jofeph Serre, Michel Scherneper
.& Dufoo, qu'ila envovés en France > en les faifant arracher inhunsainement de leur domicile, les enlevant tout-à
la-fois à leur famille, à leurs propriérés & à leur commrce, par le nommé Ginionx 3 accompagné des dragons
du
érer
arbirmairement & fans aucune, efpèce de forme préliminaire
les citoyens Gimer, Bernard, Galibert, Bardet Fromentean,
Cucher, Jacques Molart, Jofeph Serre, Michel Scherneper
.& Dufoo, qu'ila envovés en France > en les faifant arracher inhunsainement de leur domicile, les enlevant tout-à
la-fois à leur famille, à leurs propriérés & à leur commrce, par le nommé Ginionx 3 accompagné des dragons
du --- Page 349 ---
s'éxécuta
Ce fut le II décembre que
du feizième barbare régiment. à Yégard de Galibert , qui fut conduit
cet ordre
la
Rofalie, débarqué à Rochefort;
à bord du navire jeune ce, fur dans" la nuit du 7 au 8 jan-
& à l'égard des inconrinent autres > jetés dans des baftilles florrantess
vier. Ils furent France, oh, en arrivant à Rochefort, ils
& tranfporrés en
par la municipalité , & delà traout été mis en arreftation de la
à Tabbaye,d'oh ils
duits 2 fous Yelcorte décret gendarmerie, du... qui les retient provifoirefont fortis par d'arreftation votre
en cette ville. L.es corps populaires
ment en état
réclamé contre linjuftice faite à ces
du Cap ont également lui-même n'ayant envoyé aucune pièce
déportés. Sonthonax
votre comité n'a encore vu
à lappui de ces, arreftations des vidtimesde >
l'autorité defporique
danscesmalieureus, que
du traitre diétateur.
n'a
Vous le voyez ! La déportation de ces fept particuliers clle n'a pour
donc pour bafe que la volonté de dans Sonthonax; une lettre qu'ila écrite
bafe qu'une affertion contence II février 1793, où ils'expliqua
au miniftre de la marine,le coupables m' ont été dénoncés par
de la forte. < Cinq autres les inftigateurs des troubles qui ont
la voix publique, comme de décembre dernier; ils ont fubi
eu lieu au commencement celui de la déportation 92. Quel meilleur Orle même fort,
de F'opinion publique
la municipalité
gane peut-ilyavoir eft-ce qui peut mieux RerdET que les autorités
dun lieu? Qui à la stireté du peuple, quels font les citoyens
qui veilient
mieux
atl
troublent cette streté? : Qui eft-ce (iles citoyens qui pouvoit en queftion étoient
que la municipalisé du Cap, 2
des malheureufes journées
ou n'étoient pas les infigateurs de décembre? Or, la municipalité avoit
du commencemenr dit, par fon arrêté du 12, qu'elle, ne recon- fait
formellement
coupables d'aucun déli-. Elle avoit
noiffoit ces citoyens déclaré que prefque tous lcs ciroyens emplus:-elle avoit
avoient combattu conftamment pour la
barqués confervation jufqu'alors, de la colonie; que même quelques-uns bravonre, d'en:r'eux qu'ils
avoient donné des marques de la fervices plus grande à la
avoient rendu les plus droit grands- d'attendre un autre fort. Ainfi
TC
& quils avoient Trenteneuvième le
livraifon.
A a
Tome IV.
oyens déclaré que prefque tous lcs ciroyens emplus:-elle avoit
avoient combattu conftamment pour la
barqués confervation jufqu'alors, de la colonie; que même quelques-uns bravonre, d'en:r'eux qu'ils
avoient donné des marques de la fervices plus grande à la
avoient rendu les plus droit grands- d'attendre un autre fort. Ainfi
TC
& quils avoient Trenteneuvième le
livraifon.
A a
Tome IV. --- Page 350 ---
ces citoyens, non-fenlemen: n'éroicne pas coupables , mais
éroient au contraire dignes d'éloges > Gu'ils avoient bien
mérité de la colonie, quils devoient être plutôr récompenfés
que punis.
4 Jeviens maintenant aux déportarions excrcés contre Dangy,
Rabotteau & inoi. Ici je dépole pour un moment le rôle
d'accufatcur, pour prendre celui d'accufe, dont Sonthonax
m'a revétu pour me déporter en France. Je vais donner lecture de l'acie d'accufa ion qu'il a dreffé contre moi, & qu'il
a envoyé à la Cenvention nationale > où il efpéroit le faire
convertir en déctet d'accularion, qui m'auroit envoyé droit
à l'échataud. Cet acte d'accufation neft commun avec
Daugy & Fabotteau. Je le difcuterai pied-à-pied, &j'efpère
vous convaincre qu'il ne fut jamais de calomnie plus mal
ourdie que celle qui fait la bafe de : cet aéte d'accufation.
(Il li:)
Commiffion nationale civile.
ec Nous, > Léger-Félicité Sonthonar, 8cc.;
>5 Confidérant que la fource des maux de Saint" Domingue exifte dans les denx fadtions qui tour-à-tour fe font
difputé lours dépouilles; que ces deux iactions font les royaliftes &c les ariftocrates de la peau; que ces deux claffes
d'hommes , également ennemies des lois françaifes, n'avoient pris les livrées de l'égalité que pour allalliner plus
sfirement les citoyens de couleur, &c river à jamais les
chaines des efclaves :
92 Confidérant que les chefs duparti royalifte n'ont pas été
fitôt embarqués,
leurs dénonciateurs ont voulu s'emparer fur-le-chemp es rêncs du souvernement , ont atraqué
les pouvoirs de la commiflion nationale, méconnu fon autorité & outragé ceux qui cil étoicnt revêtes: :
53 Confidérant que les plus furieux d'entre. les agitateurs
de ce paryi ont été & fent encore les membres de la cidevant aflemblée coloniale, de cette allemblee qui, ayant
n'ont pas été
fitôt embarqués,
leurs dénonciateurs ont voulu s'emparer fur-le-chemp es rêncs du souvernement , ont atraqué
les pouvoirs de la commiflion nationale, méconnu fon autorité & outragé ceux qui cil étoicnt revêtes: :
53 Confidérant que les plus furieux d'entre. les agitateurs
de ce paryi ont été & fent encore les membres de la cidevant aflemblée coloniale, de cette allemblee qui, ayant --- Page 351 ---
fes mains le fort des hommes de couleur >. a
tenu dans refufé de déclarer leurs droits; que ces agitaconftamment été
fecondés par quelques membres de
teurs n'ont
trop du Porr-au-Prince , des Cayes s
la municipalité : Cap,
du Port-de-Paix, du Méle, 8cc. :
ITSI
- Thibault,
Confidéfant que les citoyens Larchevefque ci-devant
de la
Daugy & Raboteau, le premier,
procureur de la
commune du Cap, & enfuire contrôleur de provifoire la commiflion inmarine, & les deux autres , membres chefse direéteurs de toutes.
rermédiaite, ont toujours été les
& notamment contre
les traines dirigées contre la France,
les décrets des 15 mai 1791 & 28 mars 1792;
du
membre
> Confidérant que Lardapefque-Thdanl. conftinante, &c lié avec tous les
côté droit de l'affemblée
les trcis mois qu'il a
ennemis de la révolution eftrevenu pendant enfuite à Saint - Domingue
fiézé fecouer à la légiflature les torches > de la difcorde, & y arborer l'érendard
L l'indépendance & de la révolte contre la mère patrie ;
qu'il a été lun des plus ardens promoteurs de été la doctrine lun des
de Saint-Marc dont il étoit membre ; qu'ila bâtiment
8; embarqués fur le vaiffeau le Liopard, mandataires de qu'ils la
avoient fouftrait à l'autorité des
France;
en France avec fes complices
5> Que depuis fon arrivée
criminelles avec
il n'a ceffe d'entrerenir des correfpondances & de la fanction exclufive du
les partifans de l'ariftocratie
rétulte de cette correfponroi pour les lois coloniales 5 qu'il conftitution
ceux
dance , que les principes de la
claffes françaife,
de légalité politique entre toutes les
d'hommeslibres Larchevefquen'ont jamais eu d'ennemi plus dangercux que,
Thibault;
ab5>
Qa'il n'a ceffé de précher T'indépendance d'exciter les
folue de P'affemblée nationale de France : x
colons à repouffer le décret du 15 mai; que a lettre duze. fait
août 1791 cotée II, prouve avéc évidence qu'ii a
tous fes efforts pour réunir le pari royalifte & le fien,afin
de s'oppoler à Texésution de la loi; qu'à fon retour à StDomingue 3 après le décret du 1 2 octobre 1790 2 qui
nonce la diffolution de P'aflemblée de Saint-Marc, il a
LPESE
Aaz
repouffer le décret du 15 mai; que a lettre duze. fait
août 1791 cotée II, prouve avéc évidence qu'ii a
tous fes efforts pour réunir le pari royalifte & le fien,afin
de s'oppoler à Texésution de la loi; qu'à fon retour à StDomingue 3 après le décret du 1 2 octobre 1790 2 qui
nonce la diffolution de P'aflemblée de Saint-Marc, il a
LPESE
Aaz --- Page 352 ---
es pratique la doétrine de fes lettres-; 5 que nommé
reur-fyndic de la cominune du Cap, il s'eft conftamment procuentouré d'une horde d'affaflins exécureurs & miniftres
fes vengeances, les mêmes dont la jufte févérité de la com- de
miffion nationale a purgé la capirale du Nord, en les envoyant à la Convention nationale; ;
.
>> Que chaque fois que le petir nombre de
fiégeoicnt à a la ci-devant affemblée coloniale bons eflayoit efprits
l'artention fur la nécefliré
T
homes de
de déclarer les droits des
couleur, Larechereique-Thabuult améuroit des
hommes connus fous le nom de
tous
fiers du privilége de la peau, vomiffoient Petits-Blanes, les plus horribles qui
imprécations contre ceux
amis de bonne foi des
cipcs
ofoisn: 24A propofer d'améliorer prin- la
condition Eret de cofteafticainos
33 Que Taffemblée coloniale ayant fait fermer fes galeries
difcuter librerient fir la nécellité de fe foumettre à
Et loi du.4 avril., Lapehevefque-Thitaul. vint en demander
l'ouvertre à la tête de. la municipalité, au nom de
fcélérats quil appeloic la
quelques
53 Que dans le difcours coimanes qu'il
lequel eft a
tout encier de fa main, il excite prononça., d'avance à la défobéillance, écrit
enprétendant que la lei du 4 avril, déja connueà Saint-Do
mingue par les gazettes, n'exiftoit pas, & que-T'alfemblée
nationale ni le ci-devant roi n'avoient pas le. droit de la
rendre;
35 Que dans toutes les circonftances & à toutes les
ceffé de précher cuvertement la haine des époTi couleur dans fes actes publics;
citoyens
>> Qu'il a entretenu avec le fieur
fe difant
de l'aflemblée coloniale à Paris, Page,,
dépuré
minelle, & qui annonce combien font une correfpondance les critendus patriores de
hypocrites
préde Page eft remplie SaincDomingues, que l'une des lettres.
d'injures contre l'aflemblée
contre les républicains qui la foutenoient,8 & légiflative de
>
pour le ci-devant roi;
louanges
loi >> du Que Larchevéque-Thibeul: n'a paru fe foumettre à la
chaflé # les avril,
pour mieux l'éluder, lorfqu'après avoir
civils,
les
eotatifaute
ésabli le fyftème de Saint-Marc, gagné le parti troupes des ariftocrates blanches & de
d'injures contre l'aflemblée
contre les républicains qui la foutenoient,8 & légiflative de
>
pour le ci-devant roi;
louanges
loi >> du Que Larchevéque-Thibeul: n'a paru fe foumettre à la
chaflé # les avril,
pour mieux l'éluder, lorfqu'après avoir
civils,
les
eotatifaute
ésabli le fyftème de Saint-Marc, gagné le parti troupes des ariftocrates blanches & de --- Page 353 ---
la peau fe trouveroit en force 5 que les préparatifs de ce
projet alloient être mis à exécution dans lesjournées du I au 6.
décembre, fans notre vigilance & l'énergie du général Rochambeau;
d'une
de con-
>5 Que Tarciexefque-Thiboauh honoré
place
fiance par les délégués de la République, & voyant fon
projet de confpiration avorté , reprit lécharpe municipale
pour le faire revivre 5
&
évidem-
> Qu'il eft de notoriété publique, qu'ilréfulte Larchevefquiement du témoignage de plalieurso citoyens, que blancs
Thibaule a excité publiquesinent les citoyens
às'oppofer à T'embarquemente des alfaflins deshommes de couleur,
& à réfifter aux ordres de la commiflion nationale :
>> Confidérant que les citoyens Raboreau coloniale, & Daugy,tous & endeux membres de la ci-devant allemblée
les
fuite de la commiflion intermédinire, ont été lun complices des néde Tarcheosique-Thihanlr; que Raboteau a été
gociateurs de l'affemblée coloniale à la Jamaique, pour
les:
à s'emparer de la colonie ; qu'il a
reTee
peler
Anglais
ci-devant
de Cadufch,
cette mifion avec le
détraéteur marquis des lois françaifes, qu'il &
seft toujours montré le
de
il
fur-tout de celle du 4 avril, à la réception
laquelle
s'eft oppofé de toutes fes forces ;
des
>> Quil réfulte des déclarations faites contre lui par de
cicoyens dignes de foi, qa'il a été Fun des inftigateurs
la révolte des premiers jours du mois de décembre dernier
il a
& que par les propos les plus incendiaires libre de la appelé colonie à
deux caftes quitfocment la population
s'earr'égorger: :
comu
l'un des coryphées
>> Confidérant que Daugy,
pour des 8s membres
de l'affemblée de Saint-Marc, ésoirpréfident
ont paffa en France fur le vaifleau le Léopard; qu'ileft
q notoriéré pablique gu'ila rédigé, de concert avec Larcheveque-Tluboulra le fameux arrêté du 28 mai 1790, ou
Fallemblée de Saint-Marc, infulgnt à la légiflature conftituane, témoignoit pour le ci-devant roi la dépendance la
plus fervile a 5
eonnu à Paris
fes'linifons avec les Cocherel, >>. Quil les Gouy-d'Arsy, été
les Cazales par & tous Ics inembres
du côté droit de) Yallemblée conftituante;
Aa 3
ra le fameux arrêté du 28 mai 1790, ou
Fallemblée de Saint-Marc, infulgnt à la légiflature conftituane, témoignoit pour le ci-devant roi la dépendance la
plus fervile a 5
eonnu à Paris
fes'linifons avec les Cocherel, >>. Quil les Gouy-d'Arsy, été
les Cazales par & tous Ics inembres
du côté droit de) Yallemblée conftituante;
Aa 3 --- Page 354 ---
93 Qu'il a figné, en fa qualité de membre du comité
vincial du Nord, un ordre d'arrêter les lettres adreffées pro- aux
membres de l'adminiftration de la colonie 5 qu'il.a été lun
des oppofans à la réception de la loi du 4 avril; qu'il a
préché oxvertement dans les deux affemblées coloniales le
mépris de la métropole, la haine des citoyens de couleur &
Tindépendance de Saint-Domingue;
>> Avons ordonné & ordonnons ce qui fuir:
>> Larcherofque-Thibault, arrêtê & embarqué
France
en vertu de nos ordres, demeurera fufpendu
fes
tions de
foncFIPRt
contrôleur provifoire de la' marine jufqu'à ce
en ait été autrement ordonné par la Convention nationale. qu'il
Raboteau & Daugy, arrêtés & embarqués pour France
en vertu de ncs ordres, demeureront également
de leurs fonctions de membres de la commiflion fufpendus intermédiaire de.la colonie , jufqu'à ce qu'il en ait été autrement
ordonné par la Convention nationale.
>> Au Cap, le 18- janvier 1793 > l'an premier de la République françaife,
- I
33 Signé, SONTHONAX.
>> Par. le commiffaire civil de la République
françaife i
35 Signé , O. F.DELPECH, fecrétaire de la commiflion
nationale civile.
J'étois embarqué le, 9. & parti le 133 cet àête
comme vous le voyez, ad 18. Daugy & Raboteau étoient eft,
également partis le même jour 13, en forte
nous avoir fulpendus defait que Sonthonax nous que c'eftaprès de
droit.
fufpend
Il eft fans doute ridicule de prendre un arrêté
dire
que des fonctionnaires pablics qu'on envoie de
mingue. en
SGurber
France, pour être jugés par la Convention nationale, demeureront fufpendus de leurs fonétions
ce que l'affemblée nationale en ait autrement ordonné; jufqu'à lorfqu'il ne dépend pas d'eux d'exercer ces fonctions.
defait que Sonthonax nous que c'eftaprès de
droit.
fufpend
Il eft fans doute ridicule de prendre un arrêté
dire
que des fonctionnaires pablics qu'on envoie de
mingue. en
SGurber
France, pour être jugés par la Convention nationale, demeureront fufpendus de leurs fonétions
ce que l'affemblée nationale en ait autrement ordonné; jufqu'à lorfqu'il ne dépend pas d'eux d'exercer ces fonctions. --- Page 355 ---
Une autre obfervation que me fournit la date de trouvées cerarrèté, fur
c'eft qu'il eft en partie calqué fur des été pièces levés que le 17
eux feuls au Cap, & les fcellés n'ont
j'étois; parti pour
janvier; &, comme je vous l'ai déja dit,
France le 13. Cet aéte a donc été dreffe après coup des 5 décla- & je
n'ai été déporté uniquement que fur le rélultat
cirations faites contre moi au fecrétariat de fur la le commifion réfultar de ces
viles je ne
avoir été déporté de dire que
aufliaux ciaccufations. Pet que je viens
étoient s'applique dans ce même cas.
toyens Daugy & Raboteau, qui n'étoient
encore levés
Les fcellés appofés chez eux
A pas des déclaralorfqu'ils font partis
France.
l'égard
viens
tions (ar lelquelles a Kebe bafé Tacted'aculation queje vous
de lire, iy reviendrai
& je crois mauvais que referez facilement convaincus que ce
qu'on
EEEAEL
qui fert à démontrer de plus en plus l'abus que Je
ESELS a fait des pouvoirs qui lui ont été difcuter confiés. article
vais' reprendre cet aéte d'accufation, &c le
par article. : -
Illit le premier confidérant.
( Voyez la pièce précédente) e).
il me fuffit d'oppoler le
A ce prémier confidérant,
de Polverel,
de la
TaRNer
mier paragraphe
du proclamation oétobre 1792. Voilà comme il
nax & Ailhaud,
eft rapportée dans le Monis'exprime : Cette proclamation
teur du 31 octobre 1792.
Sonthonax : Cela a : déja été lu dix fois.
Larchevefque-Tibaud: : Je nepourftuvrai donc pas cette lecture, mais vous aurez. occalion de remarquer que ceux les qui
été
Polverel & Sonthonax comme prinont
fignalés des par troubles de Saint-Domingue > éroient le
cipaux auteurs & ceux qui étoient artachés a fon parti.
goavernement également vous rappèler que dans cetie proVous
n'eit
queftion de deux factions, T'une de
claination ENITRO point
de la peau, qu'ainli cette
royaliftes, l'autre d'ariftocrates des ariftocrates de la peau eft une pure innouvelle faction
A a 4-
olverel & Sonthonax comme prinont
fignalés des par troubles de Saint-Domingue > éroient le
cipaux auteurs & ceux qui étoient artachés a fon parti.
goavernement également vous rappèler que dans cetie proVous
n'eit
queftion de deux factions, T'une de
claination ENITRO point
de la peau, qu'ainli cette
royaliftes, l'autre d'ariftocrates des ariftocrates de la peau eft une pure innouvelle faction
A a 4- --- Page 356 ---
venrion de Sonthenax, faite après coup
la déportation qu'il s'eft permife à mon pour égard pouvoir & à colorer
Daugy & Raborcan, & des autres
celui de
rêtés avec moi. Sonthonax, dans le citoyens qui ont été arde lire, accufe Ge qu'il appelle les confidérant que je viens
davoirvoulu river à jamais les fers ariftocrates des efclaves. de la peau
Le préfdent : Palle à un autre objet, ceci doit
tendu; ilf faur, quand on difcute un objet, le traiter être enmairement & d'une manitre ferrée.
fomparle Hendevfjue-Ihtuad: Sonthonax
Veusvoresqueledeune factionsdont
exifté.
n'ont jamais exifé > car fi elles avoient
libérer. Le préfident :Je prie la commilion de fe retirer pour déLa commifion fort; les membres rentrés
dit:
3 le préfident a
fois Citoyen Thibaulr, la commiflion te rappelle encore une
que l'objet actuel de la difcullion eft ta
fonnelle & celle de qnelques autres
déportation percomme infraction à la akidu
citoyens 5 confidérées
cette déportation
4 avrilique les aceefloires de
but, font étrangers eux-mèmes, à
loriqu'ils ne vont point au
t'invite à te borner cet objet-là; en conféquence :. elle
c'eft-à-dire à l'infraction uniquement à ce point des déportations ,
4 avril 1792, & elle ne que tu crois trouver à la loi du
parément chacan de ces confdérans. permettra point que tu difcutes fément le moven d'éternifer
> ce qui eft véritablecette, difcuflien.
Landhcwline-Titats Je vais fuivre
appuyé de
très-fuccinsemenr, 3 &c
cette même Mecesjefhifieatives; loi, &
la
par les articles V & VI de
fait obferver
les par
première difpolition ,je vous ai
que
commiffaires civils ne
porter que les véritables auteurs des troubles pouvoient de
démingue; fi je prouve que, foit
&
Saint-Do- 2
les citoyens embarqnés dans la Dangy nuit du Raboteau , foit
foit le citoyen Galiberg, foit moi
7. au 8 janvier >
bons patriores
' nous avons tous été de
tituées
> recolinus pour tels par les autorirés conf
Sonthonax s1 reconnus lui-méme pour tels, au moins quant à moi, par
alors il fera bien prouré jufqu'au moment de ma déportation,
teurs des troubles
que je n'étois point un des audeSaint-Domingue. 3 &q gue par conféquent
it
foit le citoyen Galiberg, foit moi
7. au 8 janvier >
bons patriores
' nous avons tous été de
tituées
> recolinus pour tels par les autorirés conf
Sonthonax s1 reconnus lui-méme pour tels, au moins quant à moi, par
alors il fera bien prouré jufqu'au moment de ma déportation,
teurs des troubles
que je n'étois point un des audeSaint-Domingue. 3 &q gue par conféquent --- Page 357 ---
de la.manière la plus formelle à
fonthonax du a avril. contrevenu citoyensi, voici, quant à ce qui me
a loi
Or,
établiffent que j'étois un bon
oncerne, les preuves qui homne ami de l'ordre & de la paix,
patriote, que j'érois un
des
de Saintque je n'érois pas un des auteurs
troubles
Domingue. La première de ces preuves réfulte d'une attef- le
ation qui m'a été donnée par la municipalité du Cap Voici
our même de mon arreftation, le 9 janvier 1793.
tomme elle s'explique :
(Il lit': : )
Au N OM D's LA RÉrusLiQvE: : FRAN Ç AISE.
a Municipalité da Cap.
ville & banlieue
c Nous,maire & oficiers municipaux dela
H Cap, voulant donner au citoyen Laraheveique-Thtbult,
Ancien procureur-fyndic de la commune de cette ville, une
preuve de notre eftime parriculitre & de l'attachement réuni que
hous lui avons voué, déclarons & atteftons qu'ayant la place de
les (uffrages unanimes de fes concitoyens pour fon, exercice les
leur procureur-fyndic, il a donné pendant le
& le
preuves les plus éclatantes du patriauifime plus pur
plus ardent'; qu'en défendant les droits de fes concitoyens il
avec la plus grande force & une énergie peu commune, > ria démontré un zèle infatigable, & par deffus tout une
gide obfervance aux décrets nationaux, & s'eft dans toutes
Jles occalions montré Y'ami de la conftitution; déclarons enfin qu'il n'a donné fa démitlion de ln place de procureur celle de
de la commune de cette Vilie que pour remplir
contrôleur de la marine, cà les fuffrages du citoyen commiffaire-civil de la République & du ciroyen dirocteur-général des Anances lont appelé, place que nous lui avons
Vul quitter avec un regret que tous fcs concitoyens ont parragé.
le
d'une manière
>2 En conféquence, nous recommandons les
fpéciale à toutes les municipalites, à tous
corps légalement conititués auxqueis i fe préfentern, promeicentd'a- offrant
voirpour agréable l'accueil Fraternel qu'on lui fera,
ivil de la République & du ciroyen dirocteur-général des Anances lont appelé, place que nous lui avons
Vul quitter avec un regret que tous fcs concitoyens ont parragé.
le
d'une manière
>2 En conféquence, nous recommandons les
fpéciale à toutes les municipalites, à tous
corps légalement conititués auxqueis i fe préfentern, promeicentd'a- offrant
voirpour agréable l'accueil Fraternel qu'on lui fera, --- Page 358 ---
le même à ceux qui, commelui, feront
reille recommandation.
porteurs d'une pa-
>) Donné en la maifon commune, le
l'an premier de la République françaile. 9 janvier 1793
5 Signé, Chevalier (l'ainé), maire 3 Carrier, Charrier
Daubagna, Picard, Louis Foucher, Brocas
cipaux; Delavergne, procureur de la communé; 3 officiers-muni
fecrétire-grefiecr >,
Fonderiolle,
fairà Une la feconde preuve, > citoyens, je la puife dans le
Convention nationale par le citoyen
tapport
miflaire civil à Saine-Domingue. , rapport
Roume, comcret du 29 janvier 1793. Voici comme il imprimé par à déégard :
s'exprime mon
Extrait du rapport de Philippe- Rofe Roume Jur fa milfion à
Saint-Doningue, 3 en qualité de commiltaie-national civil,
imprimé par décret du 29) janvier 1793 > l'an I de la Répiblique.
C Le parti des amis de l'ordre, renforcé par I
de l'ancien régime colonial & les
les parrifans
fe rendit maitre des délibérarions conpre-evglationnairer de l'aflemblée coloniale. 3
Ses mefures ne tendoient à rien moins qu'à
toutes
les parties del Tadminiftration dans les mains,du gouverneur placer
&c
d'un très-perit nombre de riches colons. Plulieurs arrêrès
fur la conftitution de Saine-Domingue, & les débats de laffemblée, mettent en évidence les principes qui
ces prétendus amis de l'ordre. Leur parti acquir dirigeoient encore de
nouvelles forces par un nombre"des citoyens quijufqu'alers
aveientfoutenu les corps populaires; ces nouveaux auxiliaires
prévoyant, d'après les journaux de l'affemblée narionale
que les hommes decouleur & nègres libres alloient être affimilés aux blancs, aimant mieux ne plus avoir de droits politiques fous que d'en faire avec eux le parrage 2 fe rangèrent
lesdrapeaux del Domas;de forre que les
de ce parti, aveuglés par leurs fuccès, ne plus parloient véhémens
que du rérabliffement de l'ancien régime a
plus
& en France.
Saint-Domingue
journaux de l'affemblée narionale
que les hommes decouleur & nègres libres alloient être affimilés aux blancs, aimant mieux ne plus avoir de droits politiques fous que d'en faire avec eux le parrage 2 fe rangèrent
lesdrapeaux del Domas;de forre que les
de ce parti, aveuglés par leurs fuccès, ne plus parloient véhémens
que du rérabliffement de l'ancien régime a
plus
& en France.
Saint-Domingue --- Page 359 ---
-laschendque-Tilash, procureur-fyndic de la comnune du Cap, leur oppofoit un civifme infurmontable 5
nais n'écourant que fon zèle, & négligeant de caleuler
infériorité du nombre des patriores au Cap il ne fentoit
pas qu'il s'agifloit de patienter jufqu'aux difpolitions
nationale,
les rapports de
AReC
prendroit l'allemblée
d'après
beck & Saint-Leger; plufieurs fois il faillit mettre fon parti
aux prifes avec celui de Dumas; ; je fus même un jour force, la
pour empécher ce malheur, de blâmer publiquement à
municipalité des démarches trop peu mefurées de ce procurendis
à la foliteur-fypdic, en même temps que je
juftice
dité de fes principes. D'Aflas, capitaine-général de la garde
nationale du Cap, aufli courageux que le parent dont il
porte le nom , aufli bon patriote que Larchevelque - Thibaul, mais poffédant un rare (ang-froid, fut celui qui
ce jour fe conduifit le micux de nous trois >,
La démarche
prétend blâmer là le ciroyen
c'elt un
Je m'en vais vous donnerlecture de
Betts
uncr.uer
fin de ce réquifitoire. J'exerçois alors la place de procureur dois
de la commune; ce réquifitoire fut donné par moisje
vous. . en faire leéture pour" vous faire connoitre mes prin- fur
cipes. Ce réquifitoite fut donné par moi le avril 1792, laune lettre
Blanchelande avoit écfite à
& par
AE
quelle il ara demandoit le compre le plus exaét de la garde
nationale du Cap. Blanchelande n'avoit plus que ce pas à
faire ; il avoit à fa difpolition toutes les troupes de ligne 5
il àvoit un parti très-forr fur-tour au Cap, > de gens amis
de l'ancien régime. Blanchelande n'avoit en tête 3 pour rs'oppofer à fes défleins, pour le barrer dans le dellein, que la
commune du Cap; du moins les bons ciroyens qui y étoient
en grande majorité; mais coime ces patriotes étoient dans la
la garde nationale au moment où Blanchelande avoit
garde nationale fous fa main,il étcit évident qu'ii pouvoit
difpofer arbitrairement -
Lc préfident : Iln'eftpas quettion ici de Blanchelande. *
Thibaud : Je fus donc obligé de faire CE requifitoire, &c
voici comme il eft terminé.
Lepréfident : Palle à un autre point.
étoient
en grande majorité; mais coime ces patriotes étoient dans la
la garde nationale au moment où Blanchelande avoit
garde nationale fous fa main,il étcit évident qu'ii pouvoit
difpofer arbitrairement -
Lc préfident : Iln'eftpas quettion ici de Blanchelande. *
Thibaud : Je fus donc obligé de faire CE requifitoire, &c
voici comme il eft terminé.
Lepréfident : Palle à un autre point. --- Page 360 ---
la Thibaud: France. On m'accufe d'avoir préché la défobéilfance
Vous faurez que le
à
ma qualité de procureur
premier aéte que j'aie fait en
fyndic > ce fut l'organifation de la
garde-nationale , que je fus chargé de ce, travail, qui n'étoit
Eizad dilicile, puifque je le calquai fur les décrets de
nationale de France. Mais, fuivant le
T'affemfemblée conftituante fir
décret de l'afde France, les drapeaux deveien: l'organifation de la garde nationale
libres Ou mourit. Il y avoir alors des porter efclaves cette à devife : Vivre
gue; fer S l'efclavage y étoit en vigueur:j il y avoit tout Saint-Domin- lieu de
que F'efclavage feroit mainienu; vous fcntez
penVivre libres o2 mourir, ne pouvoit pas convenir que la devife
à elclavcs. Voici cellc
dans un
Cap:
que je propofai à la municipalité EI:
ct Les drapeaux de la garde nationale du
trois couleurs, & perteront CCS mots : La partie Cap feront aux de
Se-Domingues Enfin,
& ces atitres mots : Viyre Français françaife O2 mourirz.
thonax quant aux témcignages , je vous cirerai ceux de Sonlut-méme; car ils font
un bicn précieux configné dans mulripliés. la commiflion D'abord ily en a
née de connôleur de la marinc. La date de cette qu'il ma doneflp Précienfe à recucillir; elle eft du 2 novembre commifion
comme elle eft conçue.,
1792 : voici
(Illit.),
AU NOM DE LA NATION,
55 Nous, Léger-Félicité Sonthonax
civil,d délégué aux ides françaifes de 2 commiffaire natienal
3 Sur ce qui nous a été reprôfenté l'Amérique M. fous-le-vent: :
général des linances: que la plice de contrôleur par
l'ordonnateurs de
eft racante à
la marire
Saln-Doringue, parja mort de M.
qui en étoit titulaire : comnoiffant le
les talens Defchamps le
triotifme 6 les lumières du ficur J-bri-caltdlaine geles
5 pav.fque-Thibaud, nommd 8c
precureur de la comune du Cap 5 l'avons
contréleur nommons, de la marine par Ces préfentes > à ladice place de
neurs &c prérogatives > pour font jouir des émclumens hon
quiy
astachés; le tour proviloire-
qui en étoit titulaire : comnoiffant le
les talens Defchamps le
triotifme 6 les lumières du ficur J-bri-caltdlaine geles
5 pav.fque-Thibaud, nommd 8c
precureur de la comune du Cap 5 l'avons
contréleur nommons, de la marine par Ces préfentes > à ladice place de
neurs &c prérogatives > pour font jouir des émclumens hon
quiy
astachés; le tour proviloire- --- Page 361 ---
nent, & jufqu'a ce qu'il en ait été autrement ordonné par
e pouvoir exécutif national.
>> Fait au Cap ce 2 novembre 1792.
>> Le commifaire national-civil. Signe, SONTHONAX.
9, Par M. le commiffaire national civil. Signé, O. F.
DELRECH,/ecreaire de a commifion.
32 Soit enregiftré au contrôle, le 16 novembre 1792.
Signi, POUGET. 5>
Ainfi donc > comme vous VOVeZ, jufqu'à Pépoque at
moins du 2 novembre 1792,, de l'aveu même de Sonthonax',
'étois un bon patriore > je n'étois pas un homme qui eût
coopéré aux troubles de la colonie : ce n'eft pas tout 5 comme
jen'étois que coniréleur provifoire de la marine, que d'ailleurs je me trouvois dans ce temps procureur de la commune , & que ces' deux places n 'étcieni pas compatibles,
Sonrhonaxjugea à propos de lever cette incompatibiliré, 3 &c
voici la lettre que Sonthonax m'écrivit à ce fujet, en date
du 5 du mois de décembre fuivant.
(Il lit.)
Extrait des pièces dépofées aux archives de la municipalité d: la
villé & banlieue du Cap.
e Revêtu provifoirement monfieur de > de la place de procureur de la commune par A municipalité du Cap > je ne vois
aucun inconvénisnt A ce que vous gardiez en méme-teinps
les fonétions de contréleur de la marine. Il feroit facheux,
& ce n'eft pas à moi à le fousrir, que vous fulfier victime de
votre dévouement à la chofe pablique. Je vous confirme las
deux charges dont vous êtes honoré, jufqu'après P'arrivée
de M. Lavergne , qui remplira alors défnitivement hn inagiftrature que vous allez provifoirement exercer.
>> Le commiffaite national civil. Signi, SONTHONAX. :
33 Au Cap, les 5 décerhbre 1792.
>2 Collationné par nous contrôleu: de la marine.
>> Au Cap, le 5 décembre 1792.
- : Signé, Lancnvaxee-Tarace.
>> Pour expjitioncilatimnis. Signi,DE FONDIvIOLLS,
fecritaire-grefher >,
, qui remplira alors défnitivement hn inagiftrature que vous allez provifoirement exercer.
>> Le commiffaite national civil. Signi, SONTHONAX. :
33 Au Cap, les 5 décerhbre 1792.
>2 Collationné par nous contrôleu: de la marine.
>> Au Cap, le 5 décembre 1792.
- : Signé, Lancnvaxee-Tarace.
>> Pour expjitioncilatimnis. Signi,DE FONDIvIOLLS,
fecritaire-grefher >, --- Page 362 ---
C'eft une expédition qui me fat remife par le citoyen
Lavergne, mon fuccelleur dans la place de procureur de
la commune, pour faire valider mes adtes de procureur de
la cemmune : j'ai fait enregiftrer cette pièce au greffe de la
municipalité du Cap, J'avois gardé pardevers moi l'original
qui a di fe trouver fous les fcellés, & dont Sonthonaxa a été
depuis le détentear.
Vous voyez encore une nouvelle preuve que j'étois patriote au moins jufqu'alépoque du 5 décembre 1792; car fi
réellement je n'avois pas été attaché autant à la révolution
que je l'étois; fi j'avois été un agitateur, un fadtieux, un
perturbateur, Sonthonax en auroit fu des nouvelles depuis
plus de fx femaines qu'il étoir dans la colonie ; & il ne
m'auroit pas accordé une place telle que celle de contrôleur
de la marine, s la feconde & l'une des plus importantes de
Tadminiftration ; Sonthonax n'auroit pas appuyé fur mon
partiocifme, > Sonthonax n'aurcit pas levé lincompauibilité
qui fe trouvoit entre cette place & celle de procureur de
la commune; Sonthonax ne fe feroit pas déterminé fur-tout
par ce motif, qu'il feroir facheux, & que cen'ctoit pas à lui
2 foufrar
fuffe vittime de mon devosemene a la chofe
publique.
donc un aveu bien formel de
dad
la part de
Sonchonas, qu'il reconnoiffoir mon patriotifine > mon amour
pour la révolution, mon attachement à la mère-patrie. Il
eft donc bien étonnant qu'il vienne, dans les confidérans
dont je vous ai donné lecture, mne préfenter comme un
homme qui julqu'alors avoit fecoué les brandons de la
guerre civile, qui avoit arboré l'étendard de la rébellion
contre la métropole s & n'avoit ceflé d'agiter fes concitoyens.
Ce n'eft pas tout encore.
Dès que je fus nommé à la place de contrôleur de la
marine, la fociété des amis de la Convention envoya à Sonthonax une députation nombreufe pour lui porrer le voeu
de la commune.
Verneuil: Ce fat moi qui portai la parcle,
Thibaud: Et voici la réponfe que fit Sonthonax à cette
dépuration 5 elle 'eft comfignée dans le Moniteur de SaintDomingue, du 7 novembre 1792.
itoyens.
Ce n'eft pas tout encore.
Dès que je fus nommé à la place de contrôleur de la
marine, la fociété des amis de la Convention envoya à Sonthonax une députation nombreufe pour lui porrer le voeu
de la commune.
Verneuil: Ce fat moi qui portai la parcle,
Thibaud: Et voici la réponfe que fit Sonthonax à cette
dépuration 5 elle 'eft comfignée dans le Moniteur de SaintDomingue, du 7 novembre 1792. --- Page 363 ---
(Illit.)
Sxtrait du Moniteur gégéral de la partie françaife de SaintDomingue du mereredi7 novembre 1792.
Société des Amis de la Convention nationale.
Séarce du 5ee Je vois avec plaifir, difoit M. Sonthonax à la dépuraion qui lui, fur envoyée par la fociété des amis de la Convention nationale, poitr l'engager à ne paspriver la commune
du Cap de fon unique foutien > de fon plas ferme appui, de'
fon meilleur ami, de fon vertueux père > de M.Larchevefque-Thibaud : je vois avec le plus grand plaifir difoit-il, la
gloire de ce amagiftrat 5 tous les cceurs font à lui, tous lcs
citoyens lui adrefient le tribut de leur confiance & de leur
reconnoiffance : voilà la vraie récompenfe d'un magiftrat
du peuple. Qu'il eft heureux, Thomme incoruparable qui., >
après avoir lutté avec courage & conftance contre toutes
les perfidies de l'ariftocratie, après avoir défendu & confervé les intérêts & les droits du peuple que J'ancien régime cherchoit à écrafer, après avoir déjoué par fa vigilauce & fon aétivité los projets finiftres des contre réyolutionnaires, fe voit, au milien de fes concitoyens, comme
un père dans le fcin de fa famille ! Tous tremblent qu'il
ne parte, qu'il ne les abandonne 3 toutes les voix le rappellent; mais l'intérêt colonial-exige un homme intègre, zélé,
laborieux - inftruit, vigilant, aétif &c
pour remplir une place qui n'ofre que des épines, 8c
HEA
peut-èrre, ne pourroit trouver des srofes, fice n'eft M.
NCTE:
cheveque.Thibsgud 5 il eft le feul qui puiffe trouver le fl
de ce dédale d'intrigue & de fraude ;il éft le feul qui puiffe
rendre à cette machine immenfe & dérraquée un mouvedonner
ment régulier & falutaire 3 il eft le feul qui puiffe
cours à la fource féconde des finances qui eft depuis fi longtemps tarie par la rapacité & la malverfation ; il eft donc
le feul fur qui M. le commiffaire national ait dû jeter les
yeux. C'eft un malheur, fans doute, pour la cominune du
Cap mais i a tracé la route que fon faccelfeur doit fuivre : A eft à préfumer que celuiqui fera déformais dépolitaire
aire 3 il eft le feul qui puiffe
cours à la fource féconde des finances qui eft depuis fi longtemps tarie par la rapacité & la malverfation ; il eft donc
le feul fur qui M. le commiffaire national ait dû jeter les
yeux. C'eft un malheur, fans doute, pour la cominune du
Cap mais i a tracé la route que fon faccelfeur doit fuivre : A eft à préfumer que celuiqui fera déformais dépolitaire --- Page 364 ---
de la confiance de la commune > ne cherchera
modèle .
pas d'autre
Sonthonax : Je priel le préfident d'interpeller LarchevefqueThibaud, de déclarer fi T'eloge qu'il vient de tracer de luimême eft de moi 2 ou l'opinion dujournalifte lui-mème ?
Liachoygue-Thikand: :Je n'étois paslà lorique Sonthonax
répondit à la dépuration; VOLS trouverez bon, gitoyens, que
je pric le citoyen Verneuil de répondre à cette interpeliarion.
Verneuil : C'eft moi qui portai ia parole. Voici ce que
Sonthonax répondit
Cc Je n'envie point la gloire de
mais c'eft aujourd'hui unl jour de triomphe Larcdhorefque-Thlund,
à-coup-sûr, le plus beau moment de fa vie . pour lui; c'eft, 2
La féance eft levée.
Ie regiftre des
eft figné: J. PH.
dent ; Foucié (de rfut F.LANTRENAS, GARRAN,pROE MOILEVAU,
fecrétaire.
Dn --- Page 365 ---
Séance du premier Floréal, Pan troifème de la République
frangaife une & indtvifible.
ONdome lecture des débats du 29 Germinal : la rédaction
eft adoptée.
Le citoyen Sénac eft préfent aux débats.
Le préfident : Citoyens, , vous vous ètes fi bien apperçus
vous-mémes de Tinutilité de ce qui a été dit par quelquesd'entre vous dans la dernière féance des débats, que
uns
demandé la
La commiflion n'a
vous en avez
fuppreflion. fit aucune altération dans ces
pas cru devoir doivent permettre être fidellement qu'on
tran@mis à la Convention
débats, qui
elle faifit cette occalion de vous rap-
& au public ; elle mais l'a déja fait tant de fois, Ia néceflité
peler, comme
de tendre direétement: à 1objet
d'éviter toutes les divagations. ordonne >
de terminer ce qui conde l'accufation : elle vous
féance.
cerne les déportations, > dans cette
cela, après LarcheDuny : Je demande la parole pour
vefque-Thibaud. Dans la difcuflion qui a etl lieu hier fur l'imSonthonax ridicule : de Thibaud: , on ma, fait dire que je n.aputation vcis rien de commun avec mon maitre-d'hovel. Ce mot déclare mon
maitre-d'hôtel donneroit à penfer que j'en ai eu; je
je n'en ai jamais eu, mais qu'ily avoità faifoit la le corpmillion fervice de
aRmd du Cap un nègre domefique qui
maitr-d'hôtel, & qu'on appeloit le maitre-d'hôtil. obfervation
Thibaud: Je ne me permettral qu'une fimple
fur l'arrèré de la commiffion.. d'obfervation -
là-deffus : va, au
Le préfident : Ilr n'y a pas
but, ou je te retirerai la parole.
B b
iTà: I V. Quarantième liyraifon.
ervice de
aRmd du Cap un nègre domefique qui
maitr-d'hôtel, & qu'on appeloit le maitre-d'hôtil. obfervation
Thibaud: Je ne me permettral qu'une fimple
fur l'arrèré de la commiffion.. d'obfervation -
là-deffus : va, au
Le préfident : Ilr n'y a pas
but, ou je te retirerai la parole.
B b
iTà: I V. Quarantième liyraifon. --- Page 366 ---
Thibaud: L'arrêté que la commiffion des colonies a
ees jours derniers pour m 'ordonner de me reftreindre
tement dans
des
et
l'objet
déportarions
j'avois
m'a forcé de renoncer au plan que Ret m'érois formé: annoncées, :
conféquent, venant à ma déporcauion, je n'ai pu vous par
fenter au hafard que quelques
prédes preuves de mon patrioti/me pièces &
> pour vous donner
par conféquent de l'illégalité, l'injuftice de ma déporration, & par fuite encore de
la contravention formelle de Sonthonax, à l'article V &
de la loi du avril. Je reprends cette difcuflion; &
VI
mettre de fadars je diftingue deux temps; celui qui pour a y
cédé l'arrivée de Sonthenax dans la colonie, &
préftivi, Quant au temps quia précédé l'arrivée de celuiquila Sonithonax
dans la colonie, il comprend deux périodes de mna vie pus
blique: celle qui renferme le temps qui s'eft écoulé
j'exerçois la place de procureur de la commune du pendant
celle
>
2 qui comprend le temps quis'eft écoulé pendant Cap,
j'étois membre de l'aflemblée de Saint-Marc, &
rement encore
cREdiS
pendant que j'étois membre de T'afleinblée
conftituante.
Verneuil: C'eft étranger aux débats.
Laciordarc-Ihikuads Citoyens, au témoignage
vous ai cité dernièrement du ciroyen Roume, je que je
en lire un autre qui n'eft pas moins formel en ma dois.vous
il eft tiré du même écrit.
fayeur;
Il lit:
Extrait du rarport de Philppe-Rofe Roume, ,. à la Convention
nationales Jier Ja malfion dans los colonies, Gc.
e La loi du 4 avril, promulguée paifiblement a Saint-Domingue , devoit étouffer tous les germes de divifions 3 mais
du contraire ce fut alors qu'on vit naitre des foupçons & des
fureurs s-dans la ville du Cap, dont pérfonne ne pouvoit
aligner la caufe.
>> Larcdevefqae-Thihend, procureur-Smdic de la commune
dwCap,fit diftribuer dansle Nord, alépoque du
aolit, un développement des malheurs actuels de la premier
f lumineux 8rfipropre à réiveutarlafarvailance des colonie, >
patriotes,
du contraire ce fut alors qu'on vit naitre des foupçons & des
fureurs s-dans la ville du Cap, dont pérfonne ne pouvoit
aligner la caufe.
>> Larcdevefqae-Thihend, procureur-Smdic de la commune
dwCap,fit diftribuer dansle Nord, alépoque du
aolit, un développement des malheurs actuels de la premier
f lumineux 8rfipropre à réiveutarlafarvailance des colonie, >
patriotes, --- Page 367 ---
quej j'en ordomnaiTimprefion au nombre de deux mille exemQUI PRODUISIRENT UN EXCELLENT EFFET DANS
plaires , :
L'OvEsT Er DANS LE Sup>.
à Senthonax & à fes
Citoyens, , cet ouvrige fur envoyé
deux collègues Polverel & Ailhaud, pendant qu'ilsseroient
en mer à bord de TAmérica, par I eborgne 2 qui méme at- leg
tefta à Delpech, fecrétaire de la committion civile ( qee
commiflaires civils avoient envoyé à la decouverre ),mon
triorifine & mes fentimens touchan: la révolittien, & ma Eur
million aux décrets del'allen.blée nationale, Jeprie le ciroyen
préfident d'interpeller le citoyen Sonthonax sil,eft viai que
le citoyen Leborgne lui a envoyé &c à fes collegues, pendant qu'ils éroient encure en mer, des exemplaires de cet
écrit dont parle Roume , & fi le, citoyen Delpech ne leur
a pas dit que le citoyen Leborgne lui avoit rendu iur mon
compte les témoignages les plus avantagenx.
Sonthonax : Je'ne me rappelle pas de ce fait.. .
Thibaud: C'eft que ce fait a été conveni par Leborgne au
comié de fireté générale dans fon inrerrogatoire. A ces deux
témoignages du citoyen Roume; j'en ajourerai deux auresnon
moins précieux; ils fon: confignés dans deux lettres qu'il
m'a écrites, Tune, > pendant que j'étois à Saint-Domingue;
Fautre, depuis mon arrivée en France. Voici ce que date porte du
celle que m'a écrite Roume à Saint-Domingue 3 en
Port-au-Prince, le 28 août 1792.
Il la lit:
Extrait d'une lettre écrite par le citoyen Roume au citoyen
Larchevelque Thibaud.
Du Port-au Prince, le 28 août 1792.
monfieur,
homme doué
e Je fais très-heureux,
qu'un ait eu Ze
de vOs talens s & placé comme vous Tètes,
courage
de yaincre entièrement des préjugés aulfi enracinés de que la deftrac- colonie
teurs > pour ne plus voir de poffibilité des ail trois felat coulerors.
que dans l'unionparfaite des citayens les têtes blanches Acheveg jufvotre ouvrage, & dillipez dans toures
qu'au fouvenir de ces ablurdes diftinations qui n'ontjamais b2
B
de vOs talens s & placé comme vous Tètes,
courage
de yaincre entièrement des préjugés aulfi enracinés de que la deftrac- colonie
teurs > pour ne plus voir de poffibilité des ail trois felat coulerors.
que dans l'unionparfaite des citayens les têtes blanches Acheveg jufvotre ouvrage, & dillipez dans toures
qu'au fouvenir de ces ablurdes diftinations qui n'ontjamais b2
B --- Page 368 ---
fait que du mal aux colonies, &c qui, depuis la loi du 4
avril, les perdroient fans reflource, fi elles' n'étoiént extirpées de bonne foi, & pour toujours >2,
Voici ce que porte la lettre qu'il m'a écrite depuis mon arrivée en France; ; elle eft datée de Paris, le 16 mars 1793.
6 (I1 commence la lecture).
Le préfident : La commiflion a déja déclaré qu'elle ne
recevroit pas de témoignage écrit. Ainfi, ceci n'ayant aucune
date certaine , & ne s'étant point paflé à Saint-Domingue,
la commiflion ne peut le recevoir.
Thibaud: : Le citoyen Roume eft ici.
Le préfident: C'eft par cette raifon même. On pourra l'entendre,sil eft néceffaire.
Thibaud : Je vous ai lu dernièrement > citoyens, une atteftation de la commune du Cap, qui prouve 2 fi je ne me
trompe, que j'ai toujours tenu la conduite d'un bon patriote.
Je pourrois, fi je ne craignois d'abufer de VOS momens >
vous lire une lettre que la municipalité du Cap m'a écrite >
lorfque je lui envoyai ma démiflion de procureur de la commune, & qui contient les mêmes expreflious, & peut-être
même encore des termes plus forts. Enfin, je vous ai rapporté un témoignage de Sonthonax lui-même. Vous avez
vu, citoyens, de quelle manière il.s'exprime , &c dans la
commiffion de contrôleur de la marine qu'il m'a donnée,
& dans la lettre qu'il m'a écrite le 5 décembre 1792, pour
que je pulle exercer cette place avec celle de procureur de
la commune. Mais ce n'eft pas tout ; relativement même à
la loi du 4 avril, dont Sonthonax dit que j'étois un des
plus furieux détraéteurs > relativemént à cette loi, voilà un
témoignage précieux de Sonthonax lui-même , dans une lettre
quila écrite à Raymond (j'en ignore la dare), & que Raymond rapporte dans un ouvrage intitulé : Mémoire fiur les
caufes.des troubles & défordres de Saint-Domingue. C'elt à
la page 45. Voici ce que dit Raymond:
II lic:
€6 On a accufé le commiffaire Sonthonax d'avoir voulu,
au mépris de la loi, éloigner le rapprochement des blancs
& des citoyens de couleur. Je répondrai à cette accufation
dans une lettre
quila écrite à Raymond (j'en ignore la dare), & que Raymond rapporte dans un ouvrage intitulé : Mémoire fiur les
caufes.des troubles & défordres de Saint-Domingue. C'elt à
la page 45. Voici ce que dit Raymond:
II lic:
€6 On a accufé le commiffaire Sonthonax d'avoir voulu,
au mépris de la loi, éloigner le rapprochement des blancs
& des citoyens de couleur. Je répondrai à cette accufation --- Page 369 ---
fuivant d'une lettre de Sonthonax. Vous
par le paffage de folic les habitans de la province du
a quel point
des couleurs. Eh bien 1 depris notre
toient le
THEZ
préjugé
J'ai fait diner chez moi Larcheve/queiZ eft prefque effare. deux
libres.
Thibaud entre
nègres
débats, a ca*
Citoyens, Sonthonax, dans les précédens j'étois membre de Taflomnié mes principes Avantque pendant que je fulle admis aux débats, il
femblée conftirmante. d'une lettre écrite par les députés de
vous a donné leéture à l'affemblée conftinuante, , le 12 août
Saint - Sonthonax Domingue a tiré de cette lettre les indudions al1789.
d'abord qu'il y a
3t
voulu; mais je dois remarquer dont deux font copiées par Sons
térations dans cette letre, ,
intitulé: Sa correjpondance
thonax , d'un écrit de Raymend, de fon fait. La première
avec fes frères,8c dont la troifieme-eltd
ne git
altération paroit peu de chofe au premier ootpalimiheller
dansunp point. Après ces mots, on efti thoedienhlenet dans la
que
dans la lettre 3 telle quelle eft rapportée
un point
de Raymond. Moi; qui ai eu quelque partdans
correlpondances déclare
lieu du point, inyavonr qu'une de licette letresje voici le fens. qu'au Au lieu de dire : on eft ivre
:
vitgule; & feroit croire que c'eft la France, on difoit
berté, ce qui
Une fociété d'enthoufiaftes >
Onef ivre de liberté, melfieurs. des noirs, écrit ouvertement contre
qui ont ptis le titre le d'amis après ces mots > meflieurs. de
nous. En mettant point
c'eft le comble du
Le prfident : Paffe à un autre objet:
ridicule.
altération,, ceft en ce qui porte :
Thibaud: Une autre hommes. de couleur. Il fembleroit par'li
par-rout attachons sles
par-tout les hommes de counous difions: cela: lie, garrose nous diftons : artachons-nous par-tout
2 Ce n'eft
& la preuve que c'étoit-là ce
les hommes de ARLECOE
oû nous difions 45
portoit la lettre, réfulre du poft-ferptim. le plus qw'il feroit polible,
desaffectionner,
nos concitoyens des hommes de couleur. Enfin.. Talrération quireft
la clalle
eft dans ce poft-/eripcum même. Il y
du fait de Sonthonax,, dans la leitre telle quelle eftrapportée dans
eft dit, du moins
le mzilleur moyen à employer pour
les débats : il me [emble que de la coionie 3 c'eft d'ageaiomner
alfurer l'exiflence & le repos
B b'3
qw'il feroit polible,
desaffectionner,
nos concitoyens des hommes de couleur. Enfin.. Talrération quireft
la clalle
eft dans ce poft-/eripcum même. Il y
du fait de Sonthonax,, dans la leitre telle quelle eftrapportée dans
eft dit, du moins
le mzilleur moyen à employer pour
les débats : il me [emble que de la coionie 3 c'eft d'ageaiomner
alfurer l'exiflence & le repos
B b'3 --- Page 370 ---
a votre caufe la clalfe des hommes de couleur: au lieu de i7 ne
fomble, 3 il y a dans la correlpondance de Raymond, il nous
fembie. Je fais cette obfervation, parce que Sonthonax a
Bec ce pof-feripcum étoit l'ouvrage du citoyen Gérard feul:au dit
que meitanr ul nous fanile, ce pef-feriptum
eire,
cômme i l'eft en effet, l'ouvrage de tous les paroit de l'affemblée confhituante.
députés
Vernruil: Ce font-là des difcuflions grammaticales.
Thibaad-: Ainfi, iout
fonder ma
aux déclarations mendiées par
Ces déportation, déclarations
font au nombre
ACaCEE
de trois; mais j'obferve : que des trois
fonnes qui ont dépofé contre moi, ily ena a deux
fecréraires de
qui
entence
Sonthonex. L'un, l'étoi: en titre, le
Mulier; fautre avoir cefle de l'etre en apparence > c'éroi: citoyen le
ci-oyen Alberr. Mais, quoique le citoyen Albert edt été
par lui commiflaire de la marine, il n'en. éroit
faic
le tecréraire & le centident de Sonthonax. Albert pas, moins
chez lar &c mangeoit à fa table. Cet Albert étoir couchoit
lié avec Son:honax, Indépendsmment de la qualité intimement de ce
témnom, je vous ferois voir, @ je' ne crrignois
vOs mcmens, les conrradictions fans nombre d'abu'er de
dans geS, dépolitions-la; je vous ferois voir
qui exiftent
yen rit une de faite le 8 décembre le que, quoiqu'il
iaire, ne fe rappelle
de
>
témoin qui l'a
qu'il
pas
l'événement à la date du 6,8
place cet événement à la date du 4. Il eft une foule
abufer d'autres des con ridictions que je ne relève pas-, pour ne
momens' die la commillion. .Il y a une foule
yraitemblances
asnt
dans ces
ces déclarations font
piemen &
declarauons;
finpiemenr des menfonges. Je pafle aux deux
autres déportantons de Dangy & de Raboreau.
Quanc 1 celle de Dungy, , je ne m'en occuperai
attenda que je viens d'apprendre. -
pas,
Sonthonar: fe prie da commiflion d'interpeller Latchevelque-3 bibaud de de.farer fi, dans un
an I3, il u'a pas dir que le ciroyen Albert, ouvrage imprimé
fenre comme moi fecrétaire & con.me
qu'il repréneroit pas au conrure fon commental, nangeant & ne avec moi,
pares fiti.
logeoit. pas
hiant : Te n'ai pas dic celi:j'ai dit que le citoyen Albert
Mailgcol fouvent clez moi, A légard du logensent,) J'ai di:
eller Latchevelque-3 bibaud de de.farer fi, dans un
an I3, il u'a pas dir que le ciroyen Albert, ouvrage imprimé
fenre comme moi fecrétaire & con.me
qu'il repréneroit pas au conrure fon commental, nangeant & ne avec moi,
pares fiti.
logeoit. pas
hiant : Te n'ai pas dic celi:j'ai dit que le citoyen Albert
Mailgcol fouvent clez moi, A légard du logensent,) J'ai di: --- Page 371 ---
que j'avois donné à ce citoyen un logement pour fes bureaux; mais quoiqu'il tint fes burcaux chez mci, il logeoiz
chez Sonthonax: : c'eft ici un fait de notoriété publique, qui
feroit atiefté par tous les colons du Cap; & pour avoir eu
duelquefois. , (onvent même, $ à manger chcz moi le citoyen
Albert, qui étoit lelpion de Sonthonax, & qui ne vénoit
piquer mon aflierte que pour favoir ce qui fe paffoit chez
moi.
Lc préfident : A Tordre
Thibaut : Trs-cerainement; on ne peut pas dire qu'il
fit mon commenfal. Je palfe à la déportation de Dangy;
je ne m'en occuperai pas, dis-je, parce que je viens. d'ape d'EC
prendre guil ct mort à Grenade, dans les prifons
pagne, oùt jl n'avoir d'autres moyens de fubfifance que dix
fous par jour. A l'égard de la déportation de Rabotteau,
vous vous rappellerez qu'il eft dic dans l'aéte d'accufation
que Sonthonax a drefs centre nous, que Rabotteau avoit
été envoyé à la Jamaique par l'afiemblée coloniale pour apprier les Anglais à Saint-Domingue: ; miflion s. dicil,
Rabotteau
remplie avec le ti-devant marquis de
&
avoit
dufch. Eh bien! citoyens, > pour vous donner une preuve
de la manière dont on vous en impofe, vous me permettrez de vous donner leéture d'un arrêté de l'aflemblée coloniale, qu'il cite, ou du moins fur lequel il s'appuie. Il In'eft
pas Sonthonax long.
: Avant la lecture de Farrêté, je
la commillion d'interpeller Thibaut de déclarer s'il
pas à fa
E
connoiffance que Rabotteau a été envoyé à la Jamaique, &
s'il n'eft pas à fa connoiffance qu'il a rempli à la Jamaique
la million dont il avoit été chargé.
Thitaut: : Je réponds que lorfque Rabotteaua été envoyé
à la Jamaique, j'érois encore en France; sje réponds
je
n'ai nulle connoifance d'une autre commilion dont
HRtEue
teau ait été chargé, que celle qui lui avoit été donnée par X
l'affemblée coloniale, & que vous avez dû counoitre...
Th. Millet : Je répondrai à cette interpellasion, que dans Raborteau eft un de ceux qui, lors dela révolte des nègres
la partie du Nord
Duny 1 En Au 1791... mois d'acût
a éié
à la JaMizler :
1791,
envoyé
Bb 4
commilion dont
HRtEue
teau ait été chargé, que celle qui lui avoit été donnée par X
l'affemblée coloniale, & que vous avez dû counoitre...
Th. Millet : Je répondrai à cette interpellasion, que dans Raborteau eft un de ceux qui, lors dela révolte des nègres
la partie du Nord
Duny 1 En Au 1791... mois d'acût
a éié
à la JaMizler :
1791,
envoyé
Bb 4 --- Page 372 ---
maique, , que cette époque étoit bien antérieure à la
ration de guerre 5 que cette miflion de Rabotreau a déclalement été approuvéé par T'affemblée nationale, mais non-feur
T'allemblée nationale a encore décrété que le
que
cutif d'alors, dont le roi étoit le chef, feroit des pouvoir exémens au gouvernement
remercieneur de la Jamaique, britannique s parce que le gouver-,
Le préfident : Cecieft entendu & a déja été dit dans les
précédeus débats.
Thiband : L'arrèté dont je parle eft du
1791 : voicifon difpofitif.
25 feptembre
(Il lit).
Arrêté de Laffemblée générale de la
e somingue, di
partie françaifa de Saint25 feptembre 1791.
Ce L'aflemblée générale de la partie françaife de SaintDomingue a arrêté & arrête que, vu l'impoflibilité
fique de fe procurer de France, avant cinq ou' fix phyles fecours. uigens dot dépendent le falut &
mois,
tion de la colone 2 eile follicitera ces premiers la refiaurala géniérofité de l'affembiée générale de la
fecours de
Jamaique.
fuffilans En. conféquence, elle donne mandement &k pouvoirs
à MM, Tauzias & Rabotreau de fe
laJ Jamaique, pour y traiter d'un emprunt de 180,000 tranfporter livres à
fterlings, ou de 725,000 piaftres gourdes > aux condirions
ci-aprés, &c. 3>
Comme vous voyez, ce n'eft point pour
Anglais à
appeler les
Jamaique Saint-Domingue que Rabotteau fut envoyé à la
par l'aflemblée coloniale. Vous
auffi
n'y fut pas avec Cadufch, mais avec
La qu'il
oi
fource
TasAee
je puife çet arrêté ne doit pas être
car
trouve dans le recueil des
furlpecte;
je le
fait à l'affemblée légiflative pièces Charles juftificarives da rapport
Sonthonax : Je prie la commiflion par
Tarbé. les colons
d'avoir à déclarer s'il n'eft pas à leur d'interpeller connoiffance
Tauzias n'a pas été à la Jamalque, & que Cadufch a que
nommé à fa place.
été
Th. Milice :Je répondrai, citoyens, queTauzias n'a point
dans le recueil des
furlpecte;
je le
fait à l'affemblée légiflative pièces Charles juftificarives da rapport
Sonthonax : Je prie la commiflion par
Tarbé. les colons
d'avoir à déclarer s'il n'eft pas à leur d'interpeller connoiffance
Tauzias n'a pas été à la Jamalque, & que Cadufch a que
nommé à fa place.
été
Th. Milice :Je répondrai, citoyens, queTauzias n'a point --- Page 373 ---
étéàl la Jamaique,que Gadusch a été nemmé à fa place & n'a
point été à la Jamaique à cette époque-ia;
la miflion de Cadufch & de Rabotteau > ena allant à Jamaique,
f"ia
étoit de commencer par rétablir la paix dans la commune
de Jérémie 3 ce que vous avez Vu dans les débats précé- à
dens; que Rabottean feul continua fa route pour aller
la Jamaique , & que Cadafch refta chez les hommes de
çouleur avec Noël Azor, Lepage & autres dont il a
déja été queftion, & qu'il n'a pas été à la Jamaique à cette
époque-là. Sonthonax: : Je prie la commiflion d'interpeller Thomas
Millet de déclarer s'il neft pas à fa connoiffance
à la miflion de Cadufch à Jérémie, il a
REi
poftérieurement
la Jamaique.
Th. Millet : Il eft à ma conreiffance que, poftérieurementà la mifion remplie
Cadufch à Jérémie, Rabotreau
s'eft (éparé de lui, a été " la Jamaique, & que Cadufch,
après, avoir tiavaillé à foulever, les hommes de couleur à
la Calemite eft paffe à Cavaillon, & enfuite eft revenu
au Cap, recnla point été à la Jamaique à cette époque-là.
Sonthonax : Je prie la commiflion d'interpelier Thomas
Millet fi Cadufch n'a pas été à la Jamaique en vertu de
la miffion qui lui a été donnée par l'aflemblée coloniale.
Thomas Millet : Non.
Sonthonax : Je, demande
Thomas Millet s'explique
fur le fait du voyage de. ltecal à la Jamaique, ceft-àdire, qu'il avoue Oti défavoue le voyage fait par Cadufch à
la Jamaique. Millet
entendu ou ne véut
1 Thomas
: Sonthonax n'a pas
été
entendre que jai dit que Caduich n'avoit point
m Jamaique à cette époque-là. Je ne dis point
Cadufch n'a point été à la Jamaique : je dis qu'il 3 a pas
été à cette époque; il y. a été poftérieurement à la diffolution de laffemblée coloniale du Cap, à l'arrivée de Polverel
-
& de Sonthonax.
le
a
Fondeviolle: Nous le prouverons par
compte qui
été rendu à l'affemblée, coloniale ; lorique Cadufch eft
arrivé de Jérémie, il n'avoit pas rempli fa miflion.
Bralley : Illa lui - même dit à la barre de l'affemblée.
Thibaud: Reftent donc les déclarations égalemenemendiées,
ée coloniale du Cap, à l'arrivée de Polverel
-
& de Sonthonax.
le
a
Fondeviolle: Nous le prouverons par
compte qui
été rendu à l'affemblée, coloniale ; lorique Cadufch eft
arrivé de Jérémie, il n'avoit pas rempli fa miflion.
Bralley : Illa lui - même dit à la barre de l'affemblée.
Thibaud: Reftent donc les déclarations égalemenemendiées, --- Page 374 ---
par'Senrhonax font
contre Daugy & Rabotteau: : ces déclarations
au, nombre de trois. Jobferve que de ces trois
uue dece même ciroyen Albert dontje Viens de votis faire il y en a
noitre ics liaifons avec Senthonns-fa
eft du conk citoyen
depsieme
Penan: > aide-de-cim def
complice de Senthonas: -8c1rt
aclNochiunhens,
2 -
troillene
Je ne ferai ancutic obfrlation : fur, fetfonds entat citoyen de Dufay.
rations; mais, pour PaDE faitrfentir
ces déclarations font menfousefes '361
combien ces déclavous faire remarquer leurs dates. calbnunicufest1 La première me eft fuffira du 8 dé- de
ccmbre 1792;la7 lecoride edu72 Ahaviok 1793, de la veille
dudepardeDaugys
& ladernière,
celle du
-
DAATNETRNS
cisoyen Duiay, eft du'f8 février de lauméme année
fi 1793. Je vous laiffe à penfer s'il eft permis de laiffer un
long intervalle entre ces trois déclatations, les feules
air pu fe procurer contre Daugy & Rabottean; s'il qu'on étoit
pc/mible que les crimes gu'on impuroit à ces deux citoyens
eulfen: été aufi publics 2, awill MetAuans E
fur-tout que
thonx dit dans lon npe anecantidh. Comine vous
Sonil réfuke de ma difetilontTot d première
le voyez,
articles V & VI de 58 NTA 4 "avril, gie difrolition des
a contrevenu de la maniere Khr
Sonthonax y
les ciroyens les plus painbiet
plus rothells,en déportant
parriotiline defqueis il n'a rien a arriculé parriotes, conire te
moins complaifans ont bien Pulu dire contr'eux. qué ce que les téJe paie à la feconde dfpolition. Par la feconde
fition des articles V &c VI, les commiffaires civils étoient difpotinus de s'affirer de la Ferfonne de
les auteurs des tronbles de Saint - cesx-prévenus & de d'être
mettre en arrefhation. J6dis que Domingue, Sonthonax a
les
venu à cetre difpelidion, eil
Senthonax contre- ainfi
qup fos collegues Poivenl-& coicte
>
trairement CCS
- Ole
Ailhantl: 9
interprérant arbianida 2 oit fais en arreftation les citorens qu'ils ont 3AR ptdpbs
& n'ont
mis
"agteanorter,
en état d'arrelation d'autres citoyens qu'ils ont pas
loment déportés pour France, 8 qui éroient véritablement égacoupabos, tels que Cotbfort, Touzard &
tres. J'aiici Farrèrs des commiffitires civils, beaucoup du 22 uctobre d'au1792, qui rore formellement que ces citoyens ne
CS cinis eil état d'arreltasion. Indegendamment de tcla, feront. Sona
"agteanorter,
en état d'arrelation d'autres citoyens qu'ils ont pas
loment déportés pour France, 8 qui éroient véritablement égacoupabos, tels que Cotbfort, Touzard &
tres. J'aiici Farrèrs des commiffitires civils, beaucoup du 22 uctobre d'au1792, qui rore formellement que ces citoyens ne
CS cinis eil état d'arreltasion. Indegendamment de tcla, feront. Sona --- Page 375 ---
371,
thonax y eft eantrevenu, & voici cemment. Cette difpofition porte
les commiffaires civils s'atfureroient implement de A perfonne des prévenus, & les nettroient
fuivant la déclaration des droits
en état d'arreftation; ; mais,
ce
de Thomme, un citoyen eft préfiumé innocent jufqu'à
foit déclaré coupable; & s'il eft jugé indifpehfable de
ReaLlet toute rigueur inutile pour s'aslurer de la perfonne
de T'accufé , doit êcre févèrement réprimée par la loi. Eh
bien ! c'eft dans ce fens que Sonthonax eft formellemént
eontrevenu à la loi du 4 avril.
de
J'ai eu T'honneur de" vous dire dernièrement qu'une
fes viétimes éroit partie pour France avec les feuls vêtemens dont elle étoit couverte. Ce n'eft pas la feule vexation exercée contre les déportés: ils ont été mis dans des
prifons qui n'éroient pas deftinées à cet objet; ils ont bté
mis dans des fortereffes Rottantes; ils ont été mis la au
fecret; ils ont été privés de toute commuwication avec la
terre; ils ont été privés de communiquer fur - tout avec
leurs amis. Quant à moi; je n'ai pu avoir de communication qu'avec un feul ami,le citoyen Aval.Ils ont été privés,
indépendamment de cela, de pouvoir mettre ordre à leurs
affaires. Je n'ai fu
je parrois
France que la veille
de ma tranflarion du SRCdE ETah à celui ide YEclatant. Il
m'a été-impolible de mertre de l'ordre dans mespapiers, ni
de,pourvoir à la manière dont mes affaires feroien: réglées
pendant mon abfence. Il en eft de même des citoyens Dausy
& Rabotteau. Je le demande : des hommes qui fe comportent de la forte, des hommes qui envoient en France
des citoyens injuftement dénoncés, 8c qui ne leur donnent
pas le temps de faire les préparati's d'un fi grand voynge,
ni de régler leurs affaires > ne fe comportoientils pas comme
des tyrans, comme des defpores : Net-il pas vrai de dire
que Sonthonax eft contrevénu à certe difpolition 2 Je paffe
àla trolfième difpolfition. Par ceite troifième diipofition laloi
du 4 avril veut que les prévenus d'êtte les auteurs des troubles
de Saint- Don,insue, fercient tranfportés cn France, pour
être jugés, s'il y a lieu. Eh bien ! ciroyens, qu'a fat
Esnede ? ila fubflirué l'efracifine à la déporiation, d'abord à légard de Delaire. Deiairo, comme vous l'avez vu,
a été arrêté comme moi, Eh biculce peétenda factieux,
laloi
du 4 avril veut que les prévenus d'êtte les auteurs des troubles
de Saint- Don,insue, fercient tranfportés cn France, pour
être jugés, s'il y a lieu. Eh bien ! ciroyens, qu'a fat
Esnede ? ila fubflirué l'efracifine à la déporiation, d'abord à légard de Delaire. Deiairo, comme vous l'avez vu,
a été arrêté comme moi, Eh biculce peétenda factieux, --- Page 376 ---
ce prérendu aureur des troubles de Sainta
teni de Sonthonax la permilion d'aller à Domingue, la Nouvelle-An- obglerere ; &, par cet ordre, Sonthonax l'a mis encore
la faure-garde des lois.
fous
Je tiens, citoyens , une copie fignée de Delaire, de
dre, cu du moins de la permitlion que Sonthonax lui donna l'orpour lors.
Voici comme elle eft conçue.
(Il1 lit:)
Commi(fion nationale civile,
* Nous Léger-Félicité Sonthonax, commilfaire national
eivil, délégué aux ifles françaifes de
pour y rétablir l'ordre & la tranquillité TAmétintedou-de-Vem,
>> 11 eft permis au citoyen Delaire de publique;
la Nouvell-Angletere fur le navire le Tortola-Paket, s'embarquer pour
pitaine William
cala
Shrondy > le mettant par ces préfentes fous
fauve-garde de la loi, & d'amener avec lui deux nègres
domeftiques:
33 Haut du Cap, le 14 janvier 1793, I'an premier de la
République.
>> Signé, SONTHONAX.
>> Et plus bas, par le citoyen commiffaire civil de la République.
>> Signé MULLER, fecrétaire ad hoc.
$ Et le fceau de la*nation.
53 Certifié conforme à l'original en mes mains:
ce
18. janvier 1793.
Cap,
9 Signé, J. DELAIRE.
laire Que Sonthonax ne vienne pas dire que le départ de Deétoit purement volontaire de fa
5 car fi
crois .
part;
je ne
la
République.
>> Signé, SONTHONAX.
>> Et plus bas, par le citoyen commiffaire civil de la République.
>> Signé MULLER, fecrétaire ad hoc.
$ Et le fceau de la*nation.
53 Certifié conforme à l'original en mes mains:
ce
18. janvier 1793.
Cap,
9 Signé, J. DELAIRE.
laire Que Sonthonax ne vienne pas dire que le départ de Deétoit purement volontaire de fa
5 car fi
crois .
part;
je ne --- Page 377 ---
Le préfidens, : Paffe à un autre point : tu ne peux pas
prévoir ce que Sonthonax dira ou ne dira pas.
fubftitué
Thibaud: En fecond lieu, Sonthonax a encore
P'oftracifme à la déportation dans la perfonne des fonétionnaires publics qu'il a deftitués, conformément à l'avis de
la commillion itermédiaire intervenue fur une adrefle de
Sonthonax,je crois, 5 cette même commnilionintermsdiure d'orVous l'avez vu, citoyens, Sonthonax s'eft contenté fur la
donner aux fonciennaires publics qui étoient portés
lifte imprimée par Bailleau, de sabfenter de la colonies
ce
vouloit l'article VI de la loi
mais ce n'eft L/arricle pas là VI que vouloit
fi des citoyens étoient
du 4 avril.
d'être que les auteurs des troubles
réellement reconnus coupables ils fullent traduits en France pour
de Saint-Domingue,
T'article VI ne
pas
TZ
être punis, sily avoirlieu;
Ou d'oftracifer. portoir La loi ne
ternative de déporter en France
leur donnoit pas l'alfernative: c'étoit la déportation qu'ils
devoient prononcer, & non pas l'oltracifine 5 cependant,
comme vous l'avez vu, Sonthonax s'eft permis d'ordonner
à ces fondionnaires publics de s'abfenter de la colonie; il
intermédiaire lui avoit af
Ta fait fur ce que la commillion
avoient perdu la confuré que ces fonctionnaires publics
fiance publique. Sonthonax eft donc formellement contrevenu
à la difpofition de cet article, en fubftituant l'oftracifme à
la déportation. Ce n'eft pas le tout, citoyens : vous avez
pu voir, par la lifte - imprimée chez Bailleau, que Sonthonax
avoit mis fous la faure-garde de la lci les membres de la
ci-devant affembiée coloniale, & leur avoit permis de refler
dans la colonie. Cependant, citoyens, les membres de la
ci-devant affemblée coloniale ne lui étoient pas mcins fila commifion mtermédiaire, comme les auteurs
gnalés des troubles > par de Saint-Domingue; que les fonctionnaires publics. Sonthonax, il eft vrai, n'avoit interrogé cette commiflion que pour favoir f les fonétionnaites portés furla
lifte avoient,, ou non, perdu la coniance publique, &c en
cela même c'étoit une contravention à la loi; car la loi
ne difoit pas : vous vous informerez quels font ceitx qui ont
perdu la confiance publique, mais quels font les anteurs des
troubles de la colonie. # La commiffion intermédiaire, qui
n'avoit pas pris le change, avoit en même temps déclaré,
f les fonétionnaites portés furla
lifte avoient,, ou non, perdu la coniance publique, &c en
cela même c'étoit une contravention à la loi; car la loi
ne difoit pas : vous vous informerez quels font ceitx qui ont
perdu la confiance publique, mais quels font les anteurs des
troubles de la colonie. # La commiffion intermédiaire, qui
n'avoit pas pris le change, avoit en même temps déclaré, --- Page 378 ---
en s'expliquant fur le point qui concernoit les foncionnaires
Joniale publies, avoit déclaré que les membres de l'allemblée cOcolone, n'avoient pas moins contribué aux troubles de la
érokunt non pas par leurs opinions, fous ce rapport ils
inviolables, mais parleurs manceuvres, Du moment
qu'ils étoient fignalés à Sonthonax pour être les auteurs des
troubles de la colonie par leurs manceuvres
ces deux mots fe trouvent dans l'arréié de combinées, la commiflion car
intermédiaire, la
ds ce moment ils éroieng fous le
de
loi, des ce moment Sonthonax devoi: les faire coup
caFranco, Point du tout; ils font demeurés libres déporter dans la
colonie, ils ont été mis fous la fauve-girde de la loi par
Sonthonax; 5 enfin, ci:oyensa vous avez vu que cette lifte
imyrimée par Eailleu, renfermoit beaucoup de fimples citoyens; ces ciroyens n'éroient pas mcins fignalés comme les
auteurs des treubles der la colonie,
les fonétionnaires
publics : cela réfulte du confidérant Rum arrêté de la commifion intermédinice, rendu fur linvitation de Sonthonax.
Pour ne poin: abufer de VOS momens, > je ne lirai point à
prefent le confidérant, d'autan: que je crois que cer arrété
vous a été lu en entier.
A l'égard de la lifte, je prie le ciroyen préfident d'interpeiler Sonthonax de déclarer fi la lifteimprimée chez Bailleau
lui a éré remile manufcrite ou imprimée.
Lepréadone : Cet objer a déja éré épuifé.
Thibaud: C'eft que j'ai la preuve . . e
Ic préfident : Ilflioit la montrer dans le temps.
Thitaud: Je n'avois pas la pièce dans ce
là; d'ailleurs j'ai été malade pendant trois jours. temps- a
ne
Ily,
me trompe, S-nihonax n'a jamais préfenté cette plus, lifte, fi,je
Le président : Tu n'a pas la parole là-deffus.
Thibaad:Je palf: à la dernière difpofition : fuivant cette
difpolition, les commiffaires civils devoient envoyeren France
les prévenus, avec les pièces à charge > tine expédition en
forme des procès-verbaux qu'ils auroient diellés & les déclarations qu'ils auroient reçues. Léquité veut qu'on ne puiffe
pas envoyer les pièces à la charge d'un accufé, qu'on
voie les pièces à fa décharge. , ou fi on ne les a
n'enlui permette au moins de les emporter avec lui; pas, c'eft qu'on en
cela que je fais confifter la contravention de Sonthenax à
avec les pièces à charge > tine expédition en
forme des procès-verbaux qu'ils auroient diellés & les déclarations qu'ils auroient reçues. Léquité veut qu'on ne puiffe
pas envoyer les pièces à la charge d'un accufé, qu'on
voie les pièces à fa décharge. , ou fi on ne les a
n'enlui permette au moins de les emporter avec lui; pas, c'eft qu'on en
cela que je fais confifter la contravention de Sonthenax à --- Page 379 ---
cette quatrième difpofition. Or, il cft un fait bien confant,
c'eft que ni Daugy, ni Rabotteau, ni les huir citeyens déportés antérieurement, ni moi, n'avons pu nous procurer les
pièces à décharge, les pièces qui pouvoient orérer noue
jufification, en France. Le jour ou nous avons été arrètés,
& à l'inftant de, noure arreflation, les iceller'ant éré
chez chacun de nous, chez Daugy, chez
LERE
pofés chez moi. De ce moment, nos papiers ayant été mis fous
les icellés, il nous a été impoflible d'en apporier aucun.,
Quan: à moi, j'affirme que le feul papier que j'aie pu emportér avec moi, a été ma commiilion de contreleur de la'
marine ,'parce que , par le plus grand hafard, elle fe trouva
dans la poche de mon habir vouà tout ce quej'ai puavoirs
tous les autres m'ont été remis; favoir Tattefarion delamunicipaliré du Cap,par Lavergue, à bord de WAmérica &de
YEciatant ; les autre: pièces par mes compaenons T.
d'infortune qui y éroient avec moi. Depuis que je fuis en France,
diverfes perfonnes *qui prennent inrérét à mon fort m'ont,
également remis d'autres papiers; mais encore une fois, je,
le répère, tous mes, papiers, à l'exception de ma cemiftion,
de controleur de la marine, 3 font reités fous les Icollés au
Cap. Je fais parci le 13 janvier, les (celiés n'ont éié levés
que le 175 ils l'ont été, ciroyens,de la manière la plus ty
rannique, ,la plus defpotique. Je n'abuferai pas de vOs momens; en conléquence je ne vous lirai pas lprotefation
mon
Avala faite contre ia manitre
atamait
repréfenran:
dont l'agent de Sonthonax s'eft conduit dans cette opération;
vous en feriez révoleés s: en temps & lieu, lorfqueje répondrai à Sonthonax, peur-être me forcera-t-il a vous cn doguer
lecture; mais Yagent de Sonthonax s'eit.comporré fi delpotiquement dans cette opération, que, non-ienlement ilna
pas fourni à mon repréfentant une expédition du procdsverbal de la levée de fcellés, mais. qu'encore il na pas
voulu que mon repréfenrant fit écrire fous la diétée deceiui
qui procédoit à cette opération,, pour avoir une copis de
cette pièce; de manière quejufqu'à ce jour, je ne puisfaroie
ce qui y eft contenu; je fnis.feulement, parh prowfbcion cabinet
de mon ami, que les papiers enlevés de mon
&c
transportés chez Sonthonax, doivent siélever, fuivant lel
nombre d'alphabets fous lefquels iis fout corés, à deux cen
crire fous la diétée deceiui
qui procédoit à cette opération,, pour avoir une copis de
cette pièce; de manière quejufqu'à ce jour, je ne puisfaroie
ce qui y eft contenu; je fnis.feulement, parh prowfbcion cabinet
de mon ami, que les papiers enlevés de mon
&c
transportés chez Sonthonax, doivent siélever, fuivant lel
nombre d'alphabets fous lefquels iis fout corés, à deux cen --- Page 380 ---
cinquante-quatre été
pièces : voilà le volume de pièces dont j'ai
dévalife pendant mon ablence.
Sonthonax : Je demande à Larchevefque-Thubaud de déclarer s'il n'eft pas à fa connoilfance
le ciroyen Aval
fon repréfentant a figné le procès- comtif d'inventaire & de
levée de fceliés faits chez lui par le juge de la fénéchauffée
du Cap.
Thibaud: Il paroit l'avoir figné; au refte, je ne l'affirmerai
pas, parce que je n'ai pas vu la pièce; maisje fais que ce
procès-verbal doit contenir beaucoup de dires de mon re
préfentant, qui tous vous affirmeront ce que je viens de
vous dire rout-à-Theure. Ainfi donc, citoyens .
Le président : Réponds plus directement à Tinterpellation;
déclare fi ru as connoillarice du fait.
Thibaud: Je crois que mon repréfentant l'a figné; mais
quand ill'auroit figné, je demande s'il peut réfulter de cette
fignature que toutes les formes n'ont pas été violées à mon
égard, s'il peur rélulter de là qu'on n'ait
enlevé de mon
cabinet un volume de pièces dont j'ai RPR privé jufqu'à ce
jour. Voilà comme Sonthonax s'eft comporté à mon égard.
J'ai eu l'honneur de vous dire dernièrement
des fept ou huit ciroyens qui ont été déportés qu'à depuis légard le
II janvier jufqu'à ce jour, il n'avoit été envoyé contre eux
aucune efpèce de déclaration quelconque, pas la moindre
preuve, pas le moindreindice; : il nya d'autre preuve contre
eux que la fimple alfertion de Sonthonax : c'eft-là encore une
contravention de fa part à cette difpoficion de la loi. Voila
oi fe borne cette difeullion, pour me renfermer le
fible-dans les limites que m'a tracées la commiflion plus des pof- colonies. Je me réferve de répondre à Sonthonax & de
pléer à ce que je n'ai pu dire.
fupLe citoyen Page entre dans la falle.
Duny : Je n'entretiendrai pas la commiffion de la tyrannie
que Sonthonax a exercée fur mei; aflez de millier's d'autres
victimes l'ont éprouvée comme moi, & c'eft de ces mêmes
victimes dont je vais vous parler. Tous les vaifeaux de
l'étar, tous les bâtimens de commerce étoient autant de baftilles Hottantes e
Sonthonax:
pu dire.
fupLe citoyen Page entre dans la falle.
Duny : Je n'entretiendrai pas la commiffion de la tyrannie
que Sonthonax a exercée fur mei; aflez de millier's d'autres
victimes l'ont éprouvée comme moi, & c'eft de ces mêmes
victimes dont je vais vous parler. Tous les vaifeaux de
l'étar, tous les bâtimens de commerce étoient autant de baftilles Hottantes e
Sonthonax: --- Page 381 ---
la commiflion de faire conftater que
Sonthonax : Je prie
le citoyen Duny lit. ce font des notes pour vous donner le
Duny: des : vaifleaux Ciroyens, & des viétimes, parce que je veux que
nom foit claflé dans fa prifon, & je veux le faire rouchacun
gir .
a
Le préfident: A l'ordre. les bârimens de l'état & de commerce
Duny : Tous de baftilles Hotrantes, > tous les capitaines
étoient autant
tous les officiers autant de geoliers. Le
aurant de VAmérica concierges, reçut les premières viétimes, YEole reçut
vaiffeau
Maire, Fonteneau , Petit, Jonquitre, > Trotin,
les citoyens Bouguerau, qui avoient éréplongés arbitrairement
Labbaye,
terhps avant leur emba rquement.
dans les cachots J'avois quelque demandé que la commiflion voulût bien
Sonthonax:
au-delà de laquelle les colons ne
fixer une fuite parler d'époques des déportatious, > du moins quant à
pourroient afin pas que j'aie le temps de confulter les pièces qui
préfent, font néceflaires pour répondre aux inculpations qui me
me font faites. Julqu'à préfent om a parlé des déportations de
dépuis
arrivée dans! la colonie jufqu'au mois janvier; je ptie
mon
de circonferire les colons dans cet ordre, fi
la commifion
elle le trouve bon. commiffion a crdonné que les colons épuiLc préfident : La
concerne les
feroient aujourd'hui ce très-court. qui
Le citoyen déportations. Paul fut emDuny : Je vais être à bord de ce vaifleau en qualité de
barqué arbitrairement, d'Hauterive, fous -lieutenant au quaimatelor; le citoyen
fut embarqué arbitrairement
trième régiment d'infanterie le , citoyen Valadon fut embarqué
fur la frégate la Surveillante; fur la frégate TInco-fante ; les citoyens Dearbitrairement Badu, Tachon ont été embarqués arbitrairement fur
lage,
Ducharelier, Caire, officier
la frégate la Fine Dumentelier, ; les citoyens Foreftier, Parent, habitans,
de gendarmerie; de militaires des 4, 9 & 48".r régimens, ci-de-
& quantité
Normandie & Artois, ont été embarqués
arbitrairement vant Provence, fur la Aûte Ia Normand:; le citoyen Courty
déporté fur le brik le Gerf; les' citoyens
a été arbitrairement Jourgeon, Marify, Fontaine s Longa, Montblanc,
Belley, Bauffera, officier de police; les citoyens Baftide,
Duport,
liyraifon.
Cc
Tome IV. Quarantième
imens, ci-de-
& quantité
Normandie & Artois, ont été embarqués
arbitrairement vant Provence, fur la Aûte Ia Normand:; le citoyen Courty
déporté fur le brik le Gerf; les' citoyens
a été arbitrairement Jourgeon, Marify, Fontaine s Longa, Montblanc,
Belley, Bauffera, officier de police; les citoyens Baftide,
Duport,
liyraifon.
Cc
Tome IV. Quarantième --- Page 382 ---
Pafquer, Malahard, Allain, Dubois père, Dir
Taxis
de Elereau, Brevon, Villandry, membres de la rand,
Jité du Por-au-Prince, cent fix ciroyens blancs municipa- dont
me rappelle
les noms, & qui ont été enfermés je avec ne
avec moi à bcatien du Saine-Honoré; vingt-neuf citoyens blancs
de la garde foldée du
quatre malleureufes
feimcs
Per-au-Pince,
, dont deux foxagénaires, ont été entallés dans
navire le Saint-Honor: de Nantes, capiraine
le
fans lit, fans linge, fans argent, fans fecours, Lucerbecq, fans vivres
frais, fans eau, lans communication :
de ces
fortunés font morts: dans cette bierre' Hottante plufieurs 5 j'en ai in- vu
jeter quatre à la mer. Les ciroyens Badingte,
Brémont, Sauvé, Ducos, Corner, Daviat, Damnct, Monrdefir, Marganin : Malle, Allar, Guiper, Larofe, Kafler,
Fures, Marchand, Deville,
Tarre,
Laplace 3 Pafcal(Mautice &
Royer, ont été arbitrairement arrachés à leurs familles, à
leurs affaires, à leurs.proprictés, comme ceux que j'ai cideffus dénommés; ils ont éré jerés far la frégate la
en qualité de matelots, > dépourvus de tout. Citoyeris, Précieufe, iln'eft
aucun de vous qui ne fache que la mer ne convient
à
tous les cempéramens, que l'état de matelot exige de pas fexpérience, que l'état de marelor ne convient pas à des culrivateurs paifibles, fur-tour à des pères de famille menacés
elu fcorbur: fans doute ce' crime eft atroce, Eh bien!
vOS cccurs voit faigner en-apprenant
la viellefle citoyens, la
avancée n'a pas même été relpectée : 1PER citoyen
plus
plus que feprwagénaire, depuis plus de quarante Lauchillon, -
ans
dans la colonie, chéri, relpeété de tous fes
cinq
a été arraché de fon lit à deux heures du matin concitoyens;
rante-quatre mulâtres & nègres commandés par par quaqui l'ont cenduit dans un cachot d'oà il n'effforti Kerlegan, que huit
jours après pour êtze renfermé arbitrairement dans ie vailleau
PEole , & transféré enfuite à bord de la Finepour fervir
en qualité de matelot, un homme de foixanre-feize'a ans! y Ce
malheureux vieillard, arraché à tout ce qu'ila de plus
courbé fous le poids de lage, étendu far un lit de mort cher, à
Thôpital de la Charité, rue des Pères à Paris, rend les derniers foupirs; il tourne fes regards vers vous &c vous de
mande juftice de fon bourrrau. Citoyens, il eft encore une
quantité de déportations arbitraires dont j'ignore les noms:
de foixanre-feize'a ans! y Ce
malheureux vieillard, arraché à tout ce qu'ila de plus
courbé fous le poids de lage, étendu far un lit de mort cher, à
Thôpital de la Charité, rue des Pères à Paris, rend les derniers foupirs; il tourne fes regards vers vous &c vous de
mande juftice de fon bourrrau. Citoyens, il eft encore une
quantité de déportations arbitraires dont j'ignore les noms: --- Page 383 ---
je fais que le vaiffeau le Jupiter, commandé par le contreamiral Cambyle, a aufli été transformé en baltille, ainfi *
que plufieurs aurres navires. Je vous en ai cité un aflez
grand nombre pour avoir rempli ma tâche. Les
conftarent T'exnéte vérité de l'énumération
preuves qui
vous faire des baftilles fottantes & des victimes que je viens de
fermoient, font dans les rôles d'équipages des badimens qu'elles lenj'ai cités, font dans les certificats délivrés par
taine à chacun des colons
chaque
PeORe
dans les pièces officielles que j'ai nommés, font fur-iour
dépofées ici à la commifion des
colonies, dans les papiers du général Galbaud. Veus
fans douite étonnés, citoyens, de voir ces nombreufes arref- étes
tations dans tous les quarriers de Saint - Domingue? votre
étonnement va cefler quand vous faurez
inêmes
voirs attribués en France par les décemvirs queles à tons les poumités révolutionnaires de la République, étoient atribués cO- à
Saint-Domingue à tous les nègres, a tous les mulâtres
couroient par bandes fur toires les habitations', dans qui
les maifons, les pilloient, les incendioient, égorgeoien: toutes les
habirans & violoient les femmnes & les filles de ceux
trainoient à bord; enfin la compagnie des nègres &c, qu'ils
fous les ordres de Pinard à Nantes,.ne vousa donné mulitres
elquille de tous les larigandages commis par les
qu'une'
couleur dans la colonie, par ces hommes de feu hommes & de de
par les ordres de Polverel & Sonthonax.
fang,
Sonthonax : J'ai quelques obfervarions préliminaires à faire
ala commiflion, fur ce que vient de dire Duny.
dé 1". la Je demande une copie exndte de cotte lilte, à la fin
Je féance, des prérendus déportés qu'ily vienr de nommer,
demande enfiite qu'il foir tenu de dépoler fur le bureau
lés ordres de dérortation qui concernent ces citovens. le
demande en troifième lieu qu'il lui foit ordonné de claffer
ces déportations, , &c de dire de quelle commune & de
partie de la colonie étoient les hommes dont it vient de quelle faire
f'énumération. Il eft impollible que" - je réponde fur ce
vient de dire Dany, fans 912 ce préliminnire fit
que
car je ne connois pas la donzième pardie de ceux rempli;
de nommer. Je déciare en mâme-temps que rn qu'il ai vienr bien
reconnu queiques-uns pour être de ceu qui ont tiré à 1
Cc2
dire de quelle commune & de
partie de la colonie étoient les hommes dont it vient de quelle faire
f'énumération. Il eft impollible que" - je réponde fur ce
vient de dire Dany, fans 912 ce préliminnire fit
que
car je ne connois pas la donzième pardie de ceux rempli;
de nommer. Je déciare en mâme-temps que rn qu'il ai vienr bien
reconnu queiques-uns pour être de ceu qui ont tiré à 1
Cc2 --- Page 384 ---
boulets rouges fur les vaiffeaux de l'érat, quand j'étois devant
le Port-au-Prince. Je ne puis donc répondre à ces déportations
lorfque le chef d'accufation qui concerne la canonade Qu Port-au-Prince aura été difcuté, par les colons
eux-mémes. C'eft la raifon pour laquelle je demande que
Duny s'explique tant fur les perfonnes
fur les ordres
de dépormiion qui les concernent, & adira dife en mèmetemps de quelle commune, , de quelle partie de la colonie
font "Jes hommes qu'ila énumérés.
Le prefident : L'interpellation a trois objèts principaux : le
premier, de donner la lifte des perfonnes citées par toi
commédéportées par Sonthonax; le fecond, de produire les
ordres en vertu deiquels ils ont é:é déportés; & le troifième,
de dire le lieu d'oi éroient les citoyens qui ont été déporrés.
Duny: Je viens de dire pofitivement
toutes les preuves
exiftent fous les fcellés, parce que
repréfentant
dnacue
du peuple, les ayant fait mettre à Nantes fur les papiers
de Galbaud, les miens ont été confondus dans un fac avec
les fiens, & ils font ici à la commiflion des "colonies. Vous
en trouverez un double dans les mains de tous les capitaines
cités, afin quelebourreau des mes concitoyens . . .
sulm préfident : AT'ordre.
Duny : Sonthonax doit avoir fon livre d'ordres; mais il
faifoit comme Carrier à Nantes. Ila donné à des hommés
le pouvoir d'arracher les colons de chez eux pendant la nuit;
mais jamais il ne leur donnoit d'ordre par écrit. lla fait
comme Robelpierre à Paris. Aucun citoyen ne pouvoit dormir
tranquille chez luis il étoit arraché à fa femme, à fes enfans; il étoit aflaffiné, pillé > volé: voilà ce qu'a fait Sonthonax. Vous aurez ie nom des vaifleaux & des capitaines
qui ont déporré les viétimes, par l'amiral Cercey qui eft
aétuellement à Paris.
Clauffon : Il eft bien étonnant que Sonthonax vienne nous
demander les ordres des déporrations qui orit. eu lieu : s'il
eût donné des ordres, nous ne lui ferions peut-èrre pas un
crime de la nature de celui que nous lui faifons aujourd'hui, parce qu'il y auroit en des formalités; mais nous lui
reprochons d'avoir, déporté arbitrairement une foule de ci-
par l'amiral Cercey qui eft
aétuellement à Paris.
Clauffon : Il eft bien étonnant que Sonthonax vienne nous
demander les ordres des déporrations qui orit. eu lieu : s'il
eût donné des ordres, nous ne lui ferions peut-èrre pas un
crime de la nature de celui que nous lui faifons aujourd'hui, parce qu'il y auroit en des formalités; mais nous lui
reprochons d'avoir, déporté arbitrairement une foule de ci- --- Page 385 ---
avoir envoyé aucune pièce
pât juftifier leur
toyens embarquement. , fans Duny a dit & je le etgtr . .
Le prefidenc: : Il etinuile de répéter ce que tes camarades
ont Sonthonax dit.
: Il eft fort cominode pour les colons d'accufer
fans preuve.
e
Lc préfident : A l'ordre, Sonthonax. je n'ai jamais embarqué
Sonzhonax : Je déclare ici que
aucun blanc,
pour France ou
la Nouvelle-Aggleterre
que l'ordre ne itrate ait été notifié.
: Ceci fera ta réponfe.
- Le préfident
dans ma demande; je
Sonthonax : En ce cas, je fentira perfifte la néceflité. Je la
crois que la commiffion en la lifte de ceux qui ont prie été
d'ordenner qu'on me remette de la
de la colonie oû ils
nommés, avec les noms
partie
étoient.
Les
vivantes exiftent ici; elles font en
Clauffon :
preuves
France. Lepréfident : A l'ordre : il fera facile de donner demain
à Sonthonax un extrait du prosès-verbal des la débats. fuite des déDaubonneau : Je demande la parole pour
Mes colportations : je n'abuferai pas de vOs momens.
lègues vous ont prouvé avec quelle perfidie, Dans avec la quelle
defpotifime Polverel & Sonchonax en ont agi.
partie
du Nord, on a obfervé quelque apparence de juftice > dé- en
mettant en avant quelques dénonciations OM quelques
clarations mendiées, même après que Dans les aêtes le Sud arbirraires & dans
ont été commandés par. Sonthonax. été fuivies.
T'Oueft aicunes formalités n'ont
Sonthonax : Je
les tachygraphes.de remarquer que
Daubonneau lit un - prie difcours écrit,
c'eft
Daubonneay: : Ce ne font que des faits & des noms :
très-court. Dans l'Oueft & dans le Sud, on ne fuivit aucune formalité; & bien lein que les colons méritaffent une
en fait
les commifaires
peinc aufi capitale > je
qae incxécuté la loi
civils ont >
toutes
déportations,
FeE
du 4 avril, Le pour 9 juillet 1793, au Petit- Goave, Un un détachement de 68 hommes de couleur fut formé.
nègre
libre nommé Apollon, P fameux, par les atfallinats quil a
Ccs
fuivit aucune formalité; & bien lein que les colons méritaffent une
en fait
les commifaires
peinc aufi capitale > je
qae incxécuté la loi
civils ont >
toutes
déportations,
FeE
du 4 avril, Le pour 9 juillet 1793, au Petit- Goave, Un un détachement de 68 hommes de couleur fut formé.
nègre
libre nommé Apollon, P fameux, par les atfallinats quil a
Ccs --- Page 386 ---
;82
commis', commandoit ce détachement.
nuit . e e e .
On arrêta dans la
Sonthonax: Ces faits concernent Polverel.
L-prefident: A l'ordre; tu n'as pas la parole.
Deulonneau : On arrêta le citoyen Huet-Lachelle',
néchal 5 Viol des Collines, confeiller ; Fénérol,
> f6Las, procureur; Vincent, notaire; Dupanis ainé, Dupanis avocat;
jeune, Saurer ainé, Jouamette jeune, ,
Démery, medecin; Fouré & moi, nous Bailly ffimes > tous grether;
duis dans les prifons du Ferit'Goave. Aullitôr,
condeux pièces de canon fur la porre de la
on braqua
étabir Unl pole deso hommes de coulcur prifon , & l'on
en nous infulrant, que leurs bons amis qui les nous difoicnt
civils vouloienr déporter rous les blancs & leur commiffaires donner nos
propriétés. Plufieurs maifons furent
L'on
à moi, foixenre-cing
pillées.
m'a volé,
reibes
quadruples en or, & des armes fuque'j'avois faic faire à Paris. Nous demandâmes
comunanication de Y'ordre en vertu daque! nous étions
rechés à nos fmilles; les fatellices nous
arne vouloient rien nois communiquer. Trois répordirent qu'ils
on nous notifia que nous allions êire transférés jours après, 3
au-Prince; l'en nous permit à peine de DOUS procurer au Port- des
chevaux, & l'on nous fr partir dans la
leur. La garde nombreule
plus grande chapermir pas de nous arréter au qui Grand-Goave, nous conduifoit ne nous
forca de nous rendre a
oà
2. & l'on nous
prifon. Lel
Léogane, nous defcendimes en
Bc lendemrin, directement nouS nous rendimes au Port auPrince,
en prifon : là, nous
au nommé Tata Figaud qui commandoit la garde demandâmes
conduifoit, de ROUS conmuniquer l'ordie qu'il deveir qui avoir nous
n'ceffhirement avec: luis, il le refufa, & le ciroyèn Rainville, concierge de la prifon du Port au-Prince : nous
Quc wozlerivous P - je /ais hien que c'efi Ltie injufice dit:
cef aimfgs'on Cii cgit envers zous lès habitans.
; mais
alors 496 prifonniers entaffés dans cette
Ily avoir
faifor l pius' rigoureufe par Ja chalotr. prifon., Ce
dans la
accitr de banceups car loifeue j'cn fortis le II nombre s'eft
il y avoir encere 646 détenus & beaucenp' avoicnt feptenibre,
déportés. Dans le neunbre de crux que je veus ai nommés, éré
pludeurs avoient des plases; iis OME réçu-leur delitinions
affés dans cette
Ily avoir
faifor l pius' rigoureufe par Ja chalotr. prifon., Ce
dans la
accitr de banceups car loifeue j'cn fortis le II nombre s'eft
il y avoir encere 646 détenus & beaucenp' avoicnt feptenibre,
déportés. Dans le neunbre de crux que je veus ai nommés, éré
pludeurs avoient des plases; iis OME réçu-leur delitinions --- Page 387 ---
38;
& fans aucune formalité, fans procédure, fans jugement, 1
ils ont été déclarés indignes d'o 'occuper à l'avenir aucune
place dans la' Républiqne 3 & leurs emplois ont été donnés
à des hommes de couleur, s
l'autorité feule des commiffaires civils, & fans que 1Ppe peuple y ait eu aucune part.
J'ignore ce que font devenus ies malheureux compagnons;
ils éroienr encore en prifon lorfque je fus embarqué par.
force fur un bâtiment neutre. Citoyens, je n'afiligerai pas
vos' coeurs par le récit des atrocirés dont nous avôns érélos
vidtimes: toute confolation nous étant refulée fur une
tendue confpiration des prifons, nous n'avions plus pré- les
confolations de voit nos parens & nos anis. Le pain qu'on
apporroit. de la ville étoit coupé en cuatre, 2 pour voir fi
quelqu'un nous écrivoit, Notre correfpondance étoit faifte
à toutes les poftes; nous n'avions pour nous que le défefpoir: mais, citoyens, une double infraction à la loi dui
4 avril, & qui, dans fou cfpècc, eft bien batbare, c'efl.
la manière dont Ces exécrables déportations farent conçues.-
La loi du 4 avril veur que les aureurs des troubles de St.-
Domingue foient envoyés en France pour y' être jugds: je
vais vous donner leéture de l'acte arbiraire qui m'a fait
déporter,
(Il commence la lecture.)
Le préfidene : Si cela eft purement relarif à Polverel. -
Sonzhonas : Tout ce qu on vient de dire-là regarde la
province de l'Oueft & Polverel.
- Lep préfident, : Il ne peur pas être queftion d'un adte purement relarifà Polverel.
Daubonneau : Sans doute, > citoyens, je ne re fiis pas
caché que j'étois déporté > danis les bureaux du miniftre à
Philadelphie & par-tout; j'ai même fait enregiftrer ma déportarion, Le foupcon
planer fur la' têto de tous ceux
qui-on: été déporrés, 2 RCUT ceft pourquoi je demande que.
vous preniez communiénrion des dépêrs cui vous feront
faits; car il eft bien cruel d'aveir 6t6 arraché de f
des bras de fes enfans, d'être einbarqaé & traité faumille,, comme
un criminci:.8 de quel droit encore nous a-t-on traicés
Cc4
iftrer ma déportarion, Le foupcon
planer fur la' têto de tous ceux
qui-on: été déporrés, 2 RCUT ceft pourquoi je demande que.
vous preniez communiénrion des dépêrs cui vous feront
faits; car il eft bien cruel d'aveir 6t6 arraché de f
des bras de fes enfans, d'être einbarqaé & traité faumille,, comme
un criminci:.8 de quel droit encore nous a-t-on traicés
Cc4 --- Page 388 ---
ainfi: on nous déportoit, & l'on nous envoyoit à la NouVelle-Angleterre.
Lc prefidene : Tu peux, fi tu le veux, dépofer à la commiffion telles pièces ou telles obfervations que tu jugeras à
propos, & la commiflion en fera ufage lors du
mais dans les débars > il ne peur plus êtré queftion rapport de ce 5
qui eft relacifà Polverel, qui eft décédé.
Sénac : Nous qui fommes de l'Oueft, nous avons cependant beaucoup de renfeignemens à donner fur la conduite
de Polverel: quel parti prendre?
Lc préfident : J'ai déja répondu à cela : tu, peux donner
des ren(eignemens, remettre des pièces relatives à
mais elles ne peuvent faire partie des débats.
Polverel;
Sénac : A la place du déport dont vient de parler Daubonneau, je vais vous donner lecture d'un autre déport
eft de l'Oueft également, qui jfuftifie ce que vient de. dire qui
Daubonneau.
(Il lit)
Au N O M D E L A RÉPUBI L I Q U E.
Commiffion civile.
ec Nous Etienne Polverel & L.éger-Félicité
commiflàires civils de la
Sonthonax,
françaifes de l'Amérique fous-le-vent, République >: délégués aux iflés
& la tranquillité publique;
pour y rétablir l'ordre
>> Permeitons à Roux de s'embarquer, & d'aller à la
Nouvell-Anglererre, > à la charge par lui de ne pas
dans la colonie avant la fin de la guerre extérieure reparoitre & des
troubles intérieurs.
3> Ordonnons que ledit Roux, détenu par nos ordres à
bord du navire le Saint-Honoré, fera à l'inftant
& conduit dans les prifons du Port-an-Prince, ot débarqué il reftera
jufqu'au moient de fon départ; lui permettant toutes les
communications néceffaires pour s'y di(pofer.
, > à la charge par lui de ne pas
dans la colonie avant la fin de la guerre extérieure reparoitre & des
troubles intérieurs.
3> Ordonnons que ledit Roux, détenu par nos ordres à
bord du navire le Saint-Honoré, fera à l'inftant
& conduit dans les prifons du Port-an-Prince, ot débarqué il reftera
jufqu'au moient de fon départ; lui permettant toutes les
communications néceffaires pour s'y di(pofer. --- Page 389 ---
38;
de la ftation &c, le commandant >> Requérons de la place le commandant de tenir la main à l'exécution du préfent ordre, chacan en ce qui les concerne.
le
mai
l'an Ier de
3> Fait au Port-au-Prince, I*r
1793,1
la République.
3> Signé, POLVEREL, SONTHONAX.
s Par les commiffaires civils de la République.
5: O: F. DELPECH, fecrétaire de la commiffion civile."
Affurément, citoyens, Sonthonax ne niera pas ce déportlà; il eft de la nature de tous ceux dont j'aurois à vous
rendre compte dans T'Oueft, fi nos collègues n'avoient pas
déja établi tous ces événemens-là.
Daubonneau de déSonthonax : Je vous prie d'interpeller
dont il vient de
clarer Gi j'ai quelque part aux déportations
vous Daubonneau faire l'hiftoire. Je déclate
Sonthonax a part à ces dé-
:
les arreftations que
ont été faites dans la
portations > parce que
les délégués de Polverel & de
paroille du Pettr-Geave, & par
Ils avoient délégué ces
Sonthonax, Pinchina
Rigaud. ils étoient alors au Cap. Nous
hommes au Petit-Trou; hommes, eux, & conduits dans les prifons
fûmes arrêtés par ces
du Port-au-Prince.
de renouveler mon
Sonrhonax : Je ptie. la commiflion à la communication
interpellation aux colons, relativement
des ordres de déportation. Ceci eft terminé : cela fera partie de ta déLc
:
fenfe, rt tu le juges convenable.
comvous
de huit cents déportations
1 Clauffon : On
a parle
là-deffus:
mifes en malle dans T'Ouelt; je ne reviendrai pas été faites arje dirai feulement que ces déportations ont d'ordre, mais
bitrairement 5 que Sonthonax ne donnoit point
& dans.
il faifoit arrêter dans les rues du Port-au-Prince, dont il vouloit fc
toutes les communes voilines, les citoyens de conferver la
défaire, les habitans qui avoient intérêt eût exécuté la
colonie à Ia France 5, & certes, fi Sonthonax & des malloi du's avril à l'égard des auteurs des troubles
heurs de la colone, il n'eût pas manqué d'embarquer pour
ax ne donnoit point
& dans.
il faifoit arrêter dans les rues du Port-au-Prince, dont il vouloit fc
toutes les communes voilines, les citoyens de conferver la
défaire, les habitans qui avoient intérêt eût exécuté la
colonie à Ia France 5, & certes, fi Sonthonax & des malloi du's avril à l'égard des auteurs des troubles
heurs de la colone, il n'eût pas manqué d'embarquer pour --- Page 390 ---
;86
France Jumécourt, connu pour èrre le
ces uroubles. Je demanderai
principal auteur de
il n'a
embarqué le frère du encore à Sonthonax pourquoi
cule
marché
général Gaibaud, qu'il ac--
contre
ENAC
lors de l'incendie du Cap? les Certes délégués de la République >
à embarquer, c'étoient
> s'ily àvoit des hommes
preuves; mais Polzerci & ceux Sonthonax contre lefquels il y avoit des
foule de ciroyens paifibies, fans
ont fait embarquer une
d'ordres : tou, CCS ciroyens onr été dénonciarion, embaftillés, fans donner
doits au Cap, oi ils iont reftés dans la rade, ont pendant été con- fix
femaines 3 parce que Folverel & Sonthonax,
euflent ordre de faire parrir le convoi pour France, quoiqu' avoient 'ils
projeré de le faire pourrir dans ia,
& de
enfuire. Nous reviendrons fur cet arricle. rade,
le brûler
On vouS a parlé aulli d'une quantité de
ordonnées pour la
déportations
porratiens doivent Nouwelise-Anglestre. Sans doute ces dévous paroitre bizarres; car f Polverel &0
Sonthonex avoient jugé 1e à propes d'embarquer les babitans
qui avoient troubié l'ordre; fles hommes qu'ils
étoient jugés par eux être les auteurs des tronbles déportuient de SaintDomiugue, du.
alors ils rentroient dans T'applicarion de la loi
4 avril, & devoien; néceffairemen: êrte,
Frunice. On vous. a lu rout-à-Theure un ordre embarqués donné à pour
citoyen de s'emberquer pour la Nouvelle
U1l
ordre eft concu à la charge de ne reparoizre Anglererre; dans la
cet
qu'a la cefation d 5 eroubles de lz colonie 6 de la colonie.
térieure. De çuel droit , je vous le demnande,
guerre excPolverel embarquoienrils
Senthonax &i
ciroyens qui, s'iis euffent bté pour la Nouvelle-Anele erre des
des troubles,
reconnus pour être les auteurs
être embarqués devoient, aux termes de la loi du avril,.
pour France: Ce n'ett.
toutes ies dévortations eurent
pas tout.
Laits
éré effedluées à la Nouvelie-.
Angleterre, habicans de , la Jorfque le convoi y fur arivé, lorique tous'les
colonie arriveren: en inalle aux Brars-Unis,
Sonthonas, qui connoilfoir forr bien que touies Ces déportations étoient arbjlrmniter, illégales, &
grand foin d'employer tors les moyens, polibies ininfies, avoit
pécher qu'ils ne pailafient en France: antli écrivoit-il pour €m- à
Genel: Employet 2015 les moycns
lis hibitans du
paffiies pour evip.cher.
Porca-Prines - firioae d cauje ds icur roi-.
thonas, qui connoilfoir forr bien que touies Ces déportations étoient arbjlrmniter, illégales, &
grand foin d'employer tors les moyens, polibies ininfies, avoit
pécher qu'ils ne pailafient en France: antli écrivoit-il pour €m- à
Genel: Employet 2015 les moycns
lis hibitans du
paffiies pour evip.cher.
Porca-Prines - firioae d cauje ds icur roi-. --- Page 391 ---
leur connue, de paffer en France. Je vous prie d'interpeller
Sonthenax de déclater fi ces exprefions ne font pas confignées dans fa correipondance avec Geneft.
Sonthonax : Je n'ai jamais écrit de chofes (emblables à
Geneft, ni à d'autres perionnes employées à la NouvelleAngleterre.
Claufon : Nous aurons occalion, citoyens, quand nous
eviendrons fur la correfpondance de Geneft, de
tela. Je parle maintenant de mon embarquement. prouver Je demnanderai à Sonthonax quelle eft la dénonciarion qui a bré
aite contre moi, & les piètes qu'il a envoyées lorfqu'on
mn'a embarqué :
Sonthonax : Je réponds à Clauffon que lorfque nous (eons arrivés au chef d'accufaton qui traire de l'arraque &
He la canonade du Port-an-Prince. je pronverai par des
bièces tris-auhensiques, que Clauffon eft lun des auteurs
He Tinfurredtion & des troubles du Port-au-Prince contre
es troupes françaifes, & qu'il a machiné, avec les chefs
He cette infurrection, la livraifon du
aux
e
Port-au-Frince
Anglais.
Claufon: Eh bien ! citoyens, G Clauffon eft l'auteur de
a révolte du Port-au-Prince 3 f Clauffon a machiné contre
es délégués de 'la République, fans doute les délégués de
a République ont de faire conftater ccha; & lorfqu'ils ont
hir embarquer Clauflon, ils ont da remettre au capiraine
Hlu bâtimen: à bord duquel ils plaçoienr
ui conftatoient fon délit, & Ics envoyer Chullon, en 3 France, les' pièces Si
Bonthonax ne produit pas ces pièces, je déclare qu'il eft un
yran & un calomniateur.
Sonthonar:Je produirai les pièces,
Claifon : Sonthonax a commis, une f grande quantiré
H'actes arbirraires, qu'il ne fe rappelic pas méme de ceux
qui ont été déportés par lui, ou de ccux qui ont fni ia
profcription
éviter la, déportation. Vous en avez un
xémple dans TE perfonne de Senac, "qu'iia dit avoir déporté. : randis que Senac a fui déguifé en marelot ; mais
oici l'ordre donne pour moi, &wous allez voir que ce
Heft Pas une déportarion.
é
H'actes arbirraires, qu'il ne fe rappelic pas méme de ceux
qui ont été déportés par lui, ou de ccux qui ont fni ia
profcription
éviter la, déportation. Vous en avez un
xémple dans TE perfonne de Senac, "qu'iia dit avoir déporté. : randis que Senac a fui déguifé en marelot ; mais
oici l'ordre donne pour moi, &wous allez voir que ce
Heft Pas une déportarion. --- Page 392 ---
;88
(Illit:)
LIBIRTE, EGALITÉ, FRATERNITL
ec Je foufligné certifie que le citoyen Clauffon a, été
barqué à bord de la flûte Lz Normande, - cominandée par a
citoyen Ogier, le 17 avril 1793 (vieux ftyle 1 , par un ordre
du commandant Truguer > capitaine de la frégaie la Fine $
au Port-au-Prince, contenant les expreflions fuivantes:
83 Conformém:nt aux ordres des commifaires civils J ordonnons au citoyen Ogier, con:mandant la Normande, de
garder à fon boid, jafqu'anoxvel ordre, le nommé
&c.
Claufoa,
35 En foi de quoi je lui ai donné le préfent, pour lui
fervir & valoir ce que de raifon.
35 A Paris, 29 nivôfe, l'an 3* de la République françaife.
>> Signé, PRENTOUT, officier chargé du détail.
>3 Certifié véritable.
> Signé, SERCEY, contre-amiral commandant le convoi. >>
Le préfidens : On avoit déja dit qu'on ne liroit pas de
eerrificat écrit.
Claufon : C'eft un abte authentique des officiers de la
matine, c'eft l'extrait des regiftres du contre-amiral Sercey.
Vous voyez donc par cette pièce bien authentique, que lors
de la canonade du Port-au-Prince, il n'y a pas eu d'ordre
des commiffaires civils de me déporrer en France. Ainfi,
j'avois donc raifon d'avancer tour-à-Theure que Sonthonax
& Polverel commetroient des actes fi arbitraires &c en G
grande quantité qu'ils ne favoient pas feulement fur qui
frappoient les déportations & les profcriptions ; ainfi, j'ai
donc raifon de me plaindre de ma déportation. Sonthonax
a beau me renvoyer à la canonade du Port-au-Prince, en
annonçant qu'il a des picces que je l'ai désé de produire,
ou que je déclare d'avance fauiles & calomnicufes; Son-
verel commetroient des actes fi arbitraires &c en G
grande quantité qu'ils ne favoient pas feulement fur qui
frappoient les déportations & les profcriptions ; ainfi, j'ai
donc raifon de me plaindre de ma déportation. Sonthonax
a beau me renvoyer à la canonade du Port-au-Prince, en
annonçant qu'il a des picces que je l'ai désé de produire,
ou que je déclare d'avance fauiles & calomnicufes; Son- --- Page 393 ---
:Ss
thonaz a beau dire, ma déportation eft
elle eft contraire à la loi du 4 avril, parce illégale > injufte;
V de ladite loi, il devoit remettre aux capitaines. que > par des l'art.
kimens à bord delquels nous étions
bâpièces qui conflatoienr nos délits, & les embarqués, pièces devoient toutes les
F'accufe 2vec nous en France; elle eft injufte, parce que, veni
Polverel & Sonthonax de m'avoir déporté, lorfque il faut
qu'ils délit produifent far-le-champ les pièces qui confatent le
qui a motivé mon embarquement. Une autre
tarion, & t'eft celle par laquelle je vais finir, une déportation qui vous paroitra bien bixarre, &
eft déporde Sonthonax hui-mème eft
qui
du fait
maitre en pharmacie à Saint-Marc. >
celle Ce du citoyen Guyter,
en France depuis dix-huit mois ou deux citoyen ans; Guyter il
étoit
France dans le commencement de janvier 1793 5 il partit fur de
prifonnier & conduit à la
où il refta
fait
fix mois. Le ciroyen Guytet Jamaique, arriva dans fes
pendant
courant d'octobre 1793. A peine débarqué, foyers fes dans le
tourent dans une maifon, & lui demandent des amis T'enSavary, l'un des coryphées des hommes.de couleur, nouvelles.
de Sonchonas, étoit dans cette maifon. Guytet fatellites
fes amis
a lu dans une gazette anglaife
apprend à
Briffor. da nouvelle circule dans la ville, l'arrellation & dès
de
même Guyte: eft arrèté, embarqué 5 il n'a pas le foir
foyers: Il eft ici, on
l'entendre : je défie
revu fes
juftifier cette Mtaioe
Sonthonax de
Sonthonax: Je demande à Clauffon à quelle
a annoncé l'arreftation de Briffor?
époque Guyter
Clauffon : J'ai dit tout-à-lheure que
étoit
dans le courant d'octobre
Guytet
revenu
mais ce que j'ai oublié de 1793 dire, , des c'sit prifons de la Jamatigue;
du fait dont Guytet rendoit que Sonthonax fut fi
SE pendant cinq jours.
compte, qu'il en fut
Senac:Je ne vous parlerai pas des
on vous en a déja entretenus. Je ne déportations vous
de TOueft:
moi non plus, parce
j'ai déja eu occafion parlerai de pas de
que je n'avois comiis T's
vous dire
aéte capable de mériter Saint-Domningue: l'animadverfion des aucun délit, aucun
République; mais il falloit chaffer tous les délégués de la
à la France, &c j'ai été confidéré fous ce habitans artachés
rapport. J'ai réd
déja entretenus. Je ne déportations vous
de TOueft:
moi non plus, parce
j'ai déja eu occafion parlerai de pas de
que je n'avois comiis T's
vous dire
aéte capable de mériter Saint-Domningue: l'animadverfion des aucun délit, aucun
République; mais il falloit chaffer tous les délégués de la
à la France, &c j'ai été confidéré fous ce habitans artachés
rapport. J'ai réd --- Page 394 --- ponds dernièrement à Sonthonax, qui avoit
m'avoit déporé; j'ai dit que, par une
avancé qu'il
mai, i avoir mis tous mes biens à la proclamation de du
publiques j'ai dit que
difpolition
la
Ié2
il avoit fair mettre les , fcellés par une' chez proclamation moi,
poléricure,
mes papiers à fa difpolition ; & fans 2 qu'il avoit eu tous
de toute ma corre/pondance, Je le fomme doure, il fe fera faiG
s'agit de perfécutions aibitraires, &
ici, puifqu'i!
mienne fous ce rapport, de donner les que je regarde la
légitimer ces déportations, & la
preuves
puiffent
à mon égard. e
détermination
a prife
#:
Sonthonax: Je réponds que je n'ai déporté ni
Clauffon, ni aucun de ceux qui ont étéà à bord du Senac, vaiffeau ni
Sain-Honoré, ni de ceux dont o11 vous a fait l'énumération.
Ces.hormes ont été arrêtés par fuite de la canonade du
Portaw-Prince; ils Ont été mis fur des bâtimens de
dans la rade du Cap; ils font parris fous la conduite TEtat du
général Galbaud, allant à la Nouvelle-
&
je n'avois pas alers donné l'ordre de Anglererre: certes,
avoit une procédure à inftruire contre ces dérottation; car il y
tiré à bonlets rouges fur les bâtimens de la hommes qui avoient
procédure n'a pu être infruire à caufe des République. Cette
au Cap le 20 juin & jours fuivans.
événemens paffes
venus à cette
Lorique nous en ferons
époque, > la commiflion recevra alors tous les
renfeighemens fe font
pollibles fur les faits dont Sénac &
rendus coupables.
compagnie
La féance eft levée.
1 Le regifre des préfences efl
-
figné,. Ph.
>: FoUcHE (de Nantes), jecrétaires MOLLEVAU, GARRAN,
DABRAY, MIRLONO.
EReal
Fin du Tome quuacrième. --- Page 395 ---
CON: ENTION NATIONALE
R APPO R T
SUR LES COLONIES
Par PAUTRIZEL, (de la Gaudeloupe),
Représentant du peuple.
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE LA. CexVENTION NATIONALE,
Ds les premiers infans de la révolution, lescolonies
parurentdeilinées: ien être les
le dur égoilme, l'arittocratie, vidtimes:lorgueil, tout
l'avarice,
la population de fes iles; blancs,
confpirà à détruire
enfans d'une même mére; livrés.i imularres. nègres, > tous
a delfein, n'usèrent des armes qu'ils desdiliencions tenoient de la fomentées
pour s'entr'égorger. L'Affemblée cunfticnante Fraace,
EEEL & des intrudions, fruit de fon 2 par ses
Jonial, rivalifa avec le fyième miniftériel comité COpour femer
A --- Page 396 --- --- Page 397 ---
E7A5
D236e
V.2 --- Page 398 ---