--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3habit Carter roni
Lilmary
Brumnt Ilniversity --- Page 3 ---
V
gyses --- Page 4 --- --- Page 5 ---
CRI DES COLONS. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
CRI DES COLONS
CONTRE UN OUVRAGE
DE
M. LEVÈQUE ET SENATEUN
GRÉGOIRE,
AYANT POUR TITRE DE LA LITTERATURE
DES NÈGRES s
OU
RÉFUTATION des inculpations calomnienses faites aax
Colons par l'auteur, et par les antres philosophes négrophiles, tels que Rayual, Valniont de Bomare, elc.
Conduite atroce des Negres et des Mulàtres qui out] joué les premiers rôles dans les scènes tragiques de S. Domingue, ct dont
l'érèque Grégoire préconise les qualités mnorales et sociales.
DISSERTATION SUR L'ESCLAVAGE.
Devoit-on ? pouroit-on affranchir tons les Nègres dans
un jonr? L'évéque Grégoire n'a point en pour but,
dans son ouvrage, de prouver! la Littérature des Negres.
A PARIS,
GAEDELAUNAY,Hbraire, Palai-Bepsigpleimndibes
1810. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
DÉDICACE.
Nomr dédicace sera courte; nous n'avons pas eu, comme les nègres, le bonheur de trouver cent soixante-dix-sept
défenseurs, dont l'évêque Grégoire cite
les noms, et auxquels il dédie son ouvrage. Nous faisons hommage du nôtre
à un seul François, dont nous ignorons
même le nom, mais dont le courageux
et vertueux dévouementà notre cause,
est parvenu jusqu'à nous au- delà des
mers, et restera pour jamais gravé dans
nos coeurs. Un seul François, rédacteur
du Journal historique et politique de
la Marine et des Colonies, en
1796', 7
osa faire entendre la vérité, ? en dénonçant au Directoire la perfidie et la
z Voyez Journal historique et politique de la
Marine et des Colonies, 1 27 novembre 1796, no. 102.
I --- Page 10 ---
(2)
scélératesse de ses agens dans les colonies.Nousallonsrapporter mot pour mot
l'article du journal, pour ne pas le dénaturer ni laffoiblir.
( Le Directoire, obligé de s'en rapporter aux déclarations'de ses agens dans
les colonics, est trompé, comme l'ont
étd les trois législatures qui ont précédé
la constitution de 1795. Des agens de
l'Angleterre, des ennemis implacables
de la classe la plus industrieuse des COlonies, occupent toutes Ics places dans
le Nouvean-Monde; et c'est sur le rapport de pareils hommes que le Corps
Législatif prononceroit sur la situation
politique et commerciale des colonies,!
surl lerapport des bourreaux on pronon-,
ceroit sur le sort des victimes! Non, lc iR
Directoire a été surpris; il ne confondra
pas long-temps l'imposture avec la vé-
des ennemis implacables
de la classe la plus industrieuse des COlonies, occupent toutes Ics places dans
le Nouvean-Monde; et c'est sur le rapport de pareils hommes que le Corps
Législatif prononceroit sur la situation
politique et commerciale des colonies,!
surl lerapport des bourreaux on pronon-,
ceroit sur le sort des victimes! Non, lc iR
Directoire a été surpris; il ne confondra
pas long-temps l'imposture avec la vé- --- Page 11 ---
(5)
rilé; les traitres qui ont perdu les colonies, avec ceux qui, après lcs avoir défendues au prix de leur sang et de leur
fortune, demandent justice ou la mort.
Cc rapport n'est pas du Directoire, des
sentimens plus justes l'eussent dicté;
protecteur de l'égalité, il n'eût pas laissé
dans l'oubli la classe blanche, classe respectable par ses malheurs, pour n'occuper le Corps législatif que des brigands
qui ont dévasté cet infortuné pays, que
des scélérats qui, après les avoir mis en
mnouvement, 7 surprennent sans cesse la
religion, ct trompent la confiance du
Directoire. Puisque le Directoire ne peut
se rapporter qu'à la correspondance de
ses agens 2 nous croirions trahir.les intérêts de la France et de ses colonies, si
nous n'observions pas combien il seroit
dangereux de ne pas remonter, plus haut.
( Quand les colonies fleurissoient-; ; --- Page 12 ---
: - w
(4)
quand la Francej jouissoit de la prépondérance dans le commerce du monde
entier, les propriétés étoient respectées,
la sûreté individuelle n'étoit pas une
chimère, la classe blanche animoit tout
la supériorité des moyens que la napar
Féducation lui donnoient sur les
ture et
du Directoire
autres clisses;Tinstallation
eût dû être le retour aux principes de
justice et de cette égalité que ses agens
méprisent et rejettent dans les colonies
de la manière la plus outrageante pour
le nom françois. Est-ce la persécution,
est-cela nullité des blancs qui doit constituer l'égalité des hommes libres dans
les colonies ? Voilà pourtant l'infamie,
l'injustice qu'on voudroit faire consacrer
au Corps législatif.
( On ne peut lire sans éprouver une
foule de sentimens contradictoires les
uns aux autres ; on ne peut lire sans --- Page 13 ---
(5)
gémir, le passage suivant de ce message:
(( L'article XV de la déclaration des
droits 2 assure à jamais à la Républiquc toute la population noire des colonies. Cet article, il est vrai, contrarie les
habitans et l'intérêt de quelques anciens
propriétaires; de la les haines contre les
agens, qui cependant ne doivent être
considérés que comme chargés de faire
exécuter le voeu du peuple françois. >>
( Par quel abus de mots on en impose sans cesse au Peuple françois, au
Corps législatif et au Directoire, qui,
dans ce moment, par une confiance immodérée, consacre dans ce paragraphe
l'assassinat des colons blancs et l'incendie des propriétés'! Il ne reste plus
qu'à faire égorger les restes de cette
triste population, qu'aincendierles Vestiges mémes de cette colonie (cela est
3 L'événement n'a que trop justifié cette assertion.
on en impose sans cesse au Peuple françois, au
Corps législatif et au Directoire, qui,
dans ce moment, par une confiance immodérée, consacre dans ce paragraphe
l'assassinat des colons blancs et l'incendie des propriétés'! Il ne reste plus
qu'à faire égorger les restes de cette
triste population, qu'aincendierles Vestiges mémes de cette colonie (cela est
3 L'événement n'a que trop justifié cette assertion. --- Page 14 ---
(6)
arrivé ),àquitoutes les villes maritimes
de la France ont dà leur élévation, ct
dontles puissances étrangères scrontéternellement jalouses, 2 si le gouvernement
redevient juste envers les colons.
( Connoit - on en France, le Directoire même connoit-il cette population
que l'article XV de la déclaration des
droits assure, dit-il, à la République?
Aveugle crédulité des François, opiniàtreté à ne point entendre les colons,
vous futes ( et vous êtes encore) la source
de tous nos maux ! Qui détruira votre funeste influence?le Directoirc. Les Francois savent - ils qu'avec une misérable
boutcille de taffia (eau-de-vie de sucre)
il n'est peut-être pas un nègre qu'on ne
rende François le matin, Anglois à midi,
ct Espagnol le soir'. C'est l'armée noire
En voicila preuve la plus convainquante. Quand les
Anglois se sont emparés des quartiers de S. -Mare, du --- Page 15 ---
(7)
de Sonthonax qui répondoit à la République de la sûreté du Port-an-Prince ct
des quarante a huit bàtimens de commerce qui étoient dans la rade. Les Anglois s'en sont emparés sans coup férir
(plusieurs de nous étoient témoins), , et
on affecte d'oublier quele général Montbrun, présent à l'attaque, a déclaré, a
imprimé que Sonthonax avoit livré cette
ville aux Anglois ' Accnsera-t-on les
blancs ? iln'y en avoit plus ; chassés 7
égorgés, déportés ou emprisonnés, tous
Port-au-Prince et Jérémic, ils ont formé des régimens de
nègres, commandés par des blanes; ces nègres se battoient contre les républicains qui vonloient leur donner
la liberté, et tuoient leurs frères nègres 2 parce qu'ils
vouloient être libres.
I Ce qui vient à l'appai de cette inculpation,c'est que
quand les Anglois curent pris possession de la ville du
Port-an-Prince 7 des habitans dirent au général anglois
quc Sonthonax étoit parti dela ville avec plusienrs mnlets
chargés d'argent; qu'il n'étoit pas encore bien loin, et
qu'il seroit facile de le joindre, Le général anglois répondit qu'il falloit le jaisser aller.
ègres 2 parce qu'ils
vouloient être libres.
I Ce qui vient à l'appai de cette inculpation,c'est que
quand les Anglois curent pris possession de la ville du
Port-an-Prince 7 des habitans dirent au général anglois
quc Sonthonax étoit parti dela ville avec plusienrs mnlets
chargés d'argent; qu'il n'étoit pas encore bien loin, et
qu'il seroit facile de le joindre, Le général anglois répondit qu'il falloit le jaisser aller. --- Page 16 ---
(8)
avoient disparu. Etoit-ce là l'esprit de
la constitution P Etoit-ce là le vceu du
peuplc françois P Et quand a-t-il manifestéle désir, la volonté de faire
égorger
parlesagens du
gouvernement, Ses amis,
ses parens, ses frères? Le peuple françois
connoissoit à peine l'état des colonies;
que pouvoit-il vouloir? quel voeu
voit-il former? il vouloit
poul'égalité, mais
ordonna-t-il à ses constitués le massacre
etl'incendie des colonies 2 Peuple françois, réponds enfin au cri des colons...
Le sang qui a coulé dans les colonies
n'est-il pas le sang qui circule dans tes
veines P et est-il un
Françoisqui n'ait pas
perdu à S-Domingue un
ami P et CC sont les
parent, ou un
plaintes des colons,
leur regrets, qu'on appelle résistance à
la loi! Falloit-il tendre la
gorge aux
couteaux africains P falloit-il encore baiser la main qui dirigeoit les torches
et --- Page 17 ---
(9)
les poignards? pense-t-on enfin que le
tropique ait altéré chez les colons le
caractère françois? Que lc François des
colonies ne soit pas sensible à l'injustice
et aux outrages ? il abhorre la tyrannic,
et celle qu'on luireproche 7 et qui étoit
plutôt une surveillance aussiindispensable qu'utile: à la métropole. e,aThumanité
servir
même, 7 fut toujours exagérée pour
de prétexte à la destruction des colonies
et aux projets de T'Angleterre.
(( Nos propriétés sont détruites 7
notre sûreté fut mille fois compromise;
nos familles sont dispersées, en proic à
la misère, après avoir été exposées au
mépris national, après avoir échappé à
la mort dans les deux hémisphères : tel
fut ( et tel est encore aujourd'hui ) le
sort des colons; le sort du plus infortuné propriétaire européen est-il comparable à celui du propriétaire de --- Page 18 ---
(10)
S.-Domingue ? Nous en appelons à tous
les peuples sensibles témoins de
nos
malheurs ).
Que regio in terris nostri non plena laboris.
Qui donc aura pitié denous
; qui iversera sur nos plaies, que le temps n'aj
pu
cicatriser, un baume salutaire P L'enfant prodigue
2 malgré ses fautes, 2 fut
reçu dans le sein de sa famille, et
trouva
y
secours et consolation; nos malheurs ne sont pas ( quoiqu'on en
l'effet de notre
dise)
inconduite; pourtant au
lieu de secours et de consolations
nous avions droit
que
d'espérer en rentrant
dans notre ancienne patrie, la
larmes
coupe de
et de ficl dont nous
sommes
abreuvésdepuis
long-temps, vient d'être
remplie de nouveau; ; et par qui? Nous
laissonsà une plume plus exercée que la
nôtre, 2 lc soin de le faire connoitre:
notre
dise)
inconduite; pourtant au
lieu de secours et de consolations
nous avions droit
que
d'espérer en rentrant
dans notre ancienne patrie, la
larmes
coupe de
et de ficl dont nous
sommes
abreuvésdepuis
long-temps, vient d'être
remplie de nouveau; ; et par qui? Nous
laissonsà une plume plus exercée que la
nôtre, 2 lc soin de le faire connoitre: --- Page 19 ---
(Ir)
(( Un athlète couragenx 2 dit M. dc
Lanjuinais, descend de nouveau dans
l'arêne, avec les armes qui lui sont depuis long-temps fanilières, ccllcs dc la
raison, de la religion, du sentiment ct
de l'érudition la plus étonnante; on
aime, dit-il, à voir s'avancer dans cette
noblecarrière, un membre distingué du
Sénat conservateur ct de l'Institut national, un évèque illustre, un écrivain
courageux, que rien n'a pu détacher des
idées religieuses ct libérales ; qui s'est
montré constamment le patron des opprimés ( noirs) >.
Nous eussions peut-être pensé comme
M. de Lanjuinais, en 1790, ( à quelques
modifications près. . . Mais depuis que
les prélendus opprimés sont devenus les
foulant aux
oppresseurs 7 depuis que
pieds tous les sentimens de la nature et
de la raison, ils ont assassiné les blancs, --- Page 20 ---
-
(12)
leursmaitres, del la manière la
et la plus
plus atroce
outrageante ; depuis qu'ils ont
poussé l'excès de dégradation
humaine
jusques à porterleurs
les blancs
mainssacriléges sur
mêmes, qui, après leur avoir
donné la liberté,
combattoient encore
avec eux pour la leur
conserver'; 9 depuis
qu'ils ont trempé leurs mains
dans le sang de leurs
parricides
hommes
propres enfans, les
de couleur et nègres
libres; derrapemtenore:
gesanguinaire surlesblancs
etsurlesmulâtres, ils sentre-détruisent
eux-mémes,
I Ils ont chassé de
appeloient leur père au Saint-Doningue Sonthonax, qu'ils
et ils l'auroicut détrait s'il commencement eit resté. dela révolution 2
dant nenf mois le commissaire
Ils ont détenu penpour enx, dans une prison
Roume, qui étoit tout
seroit mort de faim , siles étroite, an dondon, oit il
ne devoient l'être à l'égard blanes, des
plus charitables qu'ils
ne lni cussent fait passer des vivres, émissaires la République, 3
traité le général Vincent,
Ils ont horriblement
après les manvais traitemens qui n'a jamais cessé, même
leur cause.. e
qu'il cn a regus, de plaider
enx, dans une prison
Roume, qui étoit tout
seroit mort de faim , siles étroite, an dondon, oit il
ne devoient l'être à l'égard blanes, des
plus charitables qu'ils
ne lni cussent fait passer des vivres, émissaires la République, 3
traité le général Vincent,
Ils ont horriblement
après les manvais traitemens qui n'a jamais cessé, même
leur cause.. e
qu'il cn a regus, de plaider --- Page 21 ---
(15)
etqu'ils ont réduit à l'esclavage le plus
misérable ceux de leurs frères qui ne
sont pas en état deporter les armes pour
eux; depuis... n'en avons-nous pas assez
dit? nous en appclons au tribunal de la
raison, de la saine politique, de la religion méme ; pourra-t-on croire? la postérité croira-t-elle qu'une caste telle
que nous venons de la peindre P que
disons-nous, dont nous venons d'esquisser le tableau, a trouvé un célèbre
panégyriste. C'estselon luila raceprimitive,
le type du genre humain. C'est à cette
race que nous devons toutes les sciences
même l'art de
et
parler
d'écrire e - . au
moins l'auteur conviendra-t-il qu'il n'a
pas été heureux dans le choix des circonstances, pour faire paroitre ce panégyrique:
Non crat his locus... :
D'après la lecture de l'ouvrage de l6- --- Page 22 ---
SX
(14)
Grégoire, d'après celle de l'article
vèque
de la marine et des colodu journaliste
des
nies, nous laissons à la saine partie
coloFrançoisàp porter son jugement;les
l'opinion del'un,
nies sont perdues par
elles eussent été sauvées si l'on eût
écontél'autre.
Recevez Thommage de notre reconnoissance, vertueux et courageux Franmalheurensement pour la France,
çois,
malheumalheureusement pour nous,
reusement pour les nègres eux-mêmes,
dans le désert ; l'astre
vous avez préché
briller
de la vérité pouvoit-il faire
pur
travers des nuages épais de
ses feux au
toutes.les passions déchainées. --- Page 23 ---
(15)
AVANT-PROPOS.
Covcnis nonchalamment sur les
sombres bords du fleuve d'oubli, où
nous essayons vainement, depuis bien
des années, de noyer le triste souvenir
de nos malheurs 2 nous contemplions
avec surprise le nombre presque incalculable de productions éphémères dont
ce fleuve étoit couvert ,et qui livrées à la
rapidité de son courant, arrivent dans
peu de temps dans cette mer sans fond
où elles 'engloutissent pour jamais. Une
de ces productions peu éloignée du rivage, nous permit d'en lire le titre ( de
la Littérature des Negres ). En notre
qualitéde colons, ce titre étoit de: nature
de nos malheurs 2 nous contemplions
avec surprise le nombre presque incalculable de productions éphémères dont
ce fleuve étoit couvert ,et qui livrées à la
rapidité de son courant, arrivent dans
peu de temps dans cette mer sans fond
où elles 'engloutissent pour jamais. Une
de ces productions peu éloignée du rivage, nous permit d'en lire le titre ( de
la Littérature des Negres ). En notre
qualitéde colons, ce titre étoit de: nature --- Page 24 ---
(16)
à piquer notre curiosité,
nous fimes
donc tous nos efforts pour la retirer du
fleuve, et nous y réussimes. Après la
lecture de cet ouvrage qui excita notre
juste indignation, nous mimes en délibération si nous rejetterions dans le
fleuve cette compilation ridicule de
lomnies
cainvraisemblables, et de faits,
qui dans la supposition même
que
quelques-uns fussent vrais, ne
roient
prouvepas plus contre la généralité des
colons que le caractère féroce deRobespierre et de quelques autres monstres de
la révolution, prouve contre la nation
françoise,
Nous mettrons-nous en devoir de
confondre Tauteur?lalutte ne seroit
égale. M. de
pas.
Lanjuinais nous apprend.
I Voy. la notice de l'ouvrage de M.
et
teur Grégoire, par J.D.
T'évéque sénaLanjuinais, 2 pag. 6. --- Page 25 ---
(17)
que nous avons affaireà un athletevigonreux, habitué de longue main à manier
les armes triomphantes de l'érudition la
plus étonnante; tandis que nous, malheurenx colons, n'avons pas eu même
assez de connoissance en littérature pour
soupconner celle des nègres; et notre
intelligence est si bornée, que nous ne
l'avons pas plus connue après la lecture
de l'ouvrage de l'évéque Grégoire.
Peut-être devrions-nous nous borner
iinterposer rentre l'auteur et nouslabarrière du mépris : nous avions déjà pris
ce parti, relativement à ses anciennes
opinions, parce qu'elles furent énoncées
dans un temps où l'exaltation générale,
ayant fait dévier le génie et taire la raison, ne permettoit peut-être pas d'apercevoir dansl'avenir les conséquences funestes. 2 et pour les blancs et pour les
--- Page 26 ---
(18)
nègres eux-mêmes, que ces opinions, au
moinsinéllechies,p pouvoientetdevoient
eues
Hbosumamermenines
malheureusement ; mais depuis que la
raison, ayant repris son empire, a rendu
aux François leur forme
naturelle, et a
posé des digues inumontablewanslane
dévorantes que vomissoit un impur cratère; depuis que l'expérience, contre laquelle échouent toutes les théories et
tous les raisonnemens, a démontré à l'univers que la race actuelle des
nègres,
quin'a rien de commun que la couleur
avec quelques individus nègres dont
parle l'évèque Grégoire; que cette race,
disons-nous, étoiti
incapable de jouir de
la liberté sans y avoir été
préparée de
longue main ; l'évèque
Grégoire ose remuer des cendres encore
fumantes, et
ne craint pas d'exciter de nouveau
embrasement
un
qui pourra consumer le
que la race actuelle des
nègres,
quin'a rien de commun que la couleur
avec quelques individus nègres dont
parle l'évèque Grégoire; que cette race,
disons-nous, étoiti
incapable de jouir de
la liberté sans y avoir été
préparée de
longue main ; l'évèque
Grégoire ose remuer des cendres encore
fumantes, et
ne craint pas d'exciter de nouveau
embrasement
un
qui pourra consumer le --- Page 27 ---
(19 )
reste des colonies. L'expérience dupassé
n'est rien pour lui; lc massacre presque
général des colons, la destruction
presqu'entière des hommcs de couleur; l'anéantissement des. déux tiers de la
population noirc ; la misère affreuse: de
leurs vicillards, des infirmes, des orphelins, hors d'état de pourvoir à leur subsistance, et qui n'ont sorti de l'esclavage
moral, que pour tomber dans celui de la
nécessité, le pire de tous, la guerre sanglante qu'ils se font entr'eux, toutes ces
considérations sont nulles aux yeux de
l'auteur.
Notre silence ne seroit- il pas coupable, 2 lorsque la sécurité des colonies
encore intactes et l'existence des colons
échappés aux premiers désastres est de
nouveau compromise ? Qu'on ne s'attende pas à trouver dans notre ouvrage --- Page 28 ---
(20)
ni pureté de style, ni érudition, > ni littérature ; des cultivateurs ne sont point
des savans: nous cédons à nos nègres la
prééminence que leur accorde, sur ce
Grépoint et sur bien d'autres, T'évèque
goire.
10t00 --- Page 29 ---
CRI DES COLONS
CONTRE UN OUVRAGE
DE
M. LEVEQUE ET SÉNATEUR
GRÉGOIRE,
AYANT POUR TITRE DE LA LITTÉRATURE
DES NEGRES.
CHAPITRE PREMIER.
ANALYSE DE LA DÉDICACE DE L'AUTEUR.
Ridiculum acreforties et melies magnas plerumgue secat res.
Monsieur l'abbé, vous n'ignorez de rien ;
Onc on ne vit mémoire si féconde !
Quine sera pas surpris avec nous de la prodigieuse mémoire de l'évêque Grégoire, qui
a pu se rappeler les noms ( dont plusieurs
sont, à la vérité,
de soixante
tres-mémorables)
- onze philantropes françois et une
Françoise ; de vingt-deux Américains ; de
forties et melies magnas plerumgue secat res.
Monsieur l'abbé, vous n'ignorez de rien ;
Onc on ne vit mémoire si féconde !
Quine sera pas surpris avec nous de la prodigieuse mémoire de l'évêque Grégoire, qui
a pu se rappeler les noms ( dont plusieurs
sont, à la vérité,
de soixante
tres-mémorables)
- onze philantropes françois et une
Françoise ; de vingt-deux Américains ; de --- Page 30 ---
22 )
neuf Nègres ou sang mêlé ; de sept Allemands et une Allemande; de huit
de huit Suédois; de six Hollandois Danois;
et une
Hollandoise; de quatre Italiens; d'un
gnol; de cent
EspatrenteseptAnglois et neufAngloises ; mais n'y auroit-il pas un
glomanie dans le fait de l'auteur? peu d'annation angloise l'auroit
Quoi, la
emporté en philantropiesurl la françoise! Au reste, , nous sommes
sur ce point un peu de son avis; car, en cherchant à améliorerle sort des nègres, les négrophiles anglois n'ont point à se reprocher
d'avoir fait sacrifier les blançs;et
parmi cent
quarante-six nomsd'Anglois que cite
Grégoire, il n'en est pas un seul
l'évèque
devoir être effacé des fastes de la connu pour
l'aveu même de l'auteur, ih
vertu : de
de quelques
n'en est pas ainsi
noms de François qu'il a cités,et
auxquels il a fait hommage de son
Ne serions-nous pas fondés à faire à ouvrage.
Grégoire le reproche d'avoir confondu l'évèque
noms des uns et des autres dans la même les
tation ? N'est-ce
cipas nous exposer à des incertitudes, à des méprises fàcheuses, et
être à exagérer le nombre des
peut
individus
se trouvent.dans la malheureuse
qui
hypothèse 2 --- Page 31 ---
(23)
L'espritdelhomme estsienclin à mal penser;
d'ailleurs, nous étions à dix-huit cents lieues
de la France,ct d'après la conduite atroce,
àn mndpasidendicpblagegienndumnt
venus de ce pays! là, n'étions-nous pas un peu
fondés à porter un jugement défavorable sur
le compte de ceux dont ils se disoient les
envoyés ? Cependant la connoissance
nous avons acquise de plusieurs d'entr'eux, que
à notre arrivée en France, nous a pleinement
convaincus de la pureté de leurs
ils vouloient un plan d'affranchissement intentions;
basé
sur la certitude morale, quel l'existence physique des colons ne seroit en aucune manière
compromise.
Revenons à la dédicace de l'évêque Grégoire. Il ne cite que vingt-deux Américains;
comment ce prélat a-t-il oublié de donner
les noms de tous les quakers? cette liste vraiment honorable auroit figuré merveilleusement dans sa dédicace ; nous croyons
deviner la cause de cet oubli ; la conduite
raisonnée de ces véritables
à
l'égard des nègres, auroit été philantropes la
>
critique la
Aotarmnenas Les
quakers cherchent à faire instruire et à ci-
Il ne cite que vingt-deux Américains;
comment ce prélat a-t-il oublié de donner
les noms de tous les quakers? cette liste vraiment honorable auroit figuré merveilleusement dans sa dédicace ; nous croyons
deviner la cause de cet oubli ; la conduite
raisonnée de ces véritables
à
l'égard des nègres, auroit été philantropes la
>
critique la
Aotarmnenas Les
quakers cherchent à faire instruire et à ci- --- Page 32 ---
(24)
viliser les nègres, afin de les mettre dans
cas de pouvoir jouir d'un bienfait dont il faut le
savoir apprécier l'étendue avec assez de discernement, culer
pour ne pas chercher à en reles limites d'une manière
pour la société, et pour soi-même. dangereuse
Qu'est-il arrivé en France, lorsque le mot
liberté a été prononcé parmi un
l'on revoit croire civilisé?
peuple que
n'ont
et les négrophiles
pu prévoir ce quipouvoit
des sauvages! ou,s'ils l'ont arriverparmi
ser d'une pareille
prévu, que penphilantropie? Allemagne,
Danemarck, Suède, Hollande, Italie, il
été préférable
eût
pour vous que l'évèque Grégoire vous eût oubliés
au moins ignoré
2 la postérité auroit
que, dans cinq
il
ne s'est trouvé
royaumes,
que trente-six
Mais ! nous
négrophiles.
tromperions - nous ?
Grégoire ne cite que buit nègres, l'évèque
mêlé; seroit-il possible,
ou sang
nombre de littérateurs que dans le grand
faire.
qu'il promet de nous
connoître, il se soit trotivé si peu de
nègres et de mulâtres qui aient
leurs talens littéraires à
employé
leurs frères et lal leur?
plaider la cause de
leur
Peut-on avoir de meilavocat que soi-mème ? d'ailleurs il en --- Page 33 ---
(25)
coûte moins, car il laut payer les commeitans
et les avocats. A Dieu ne plaise que nous
ayons l'intention de donner à entendre que
l'évêque Grégoire ait jamais rien recu des
nègres ou mulâtres; nous avons appris de
hui-même qu'il en a été soupconné, mais nous
luirendons lajustice gu'il mérite,et sommes
bien persuadés qu'il n'a soutenu la cause des
nègres, que par amour pour l'espèce humaine, noire! nous disons noire
dans des
3 parce que,
temps qu'il est douloureux de rappeler, quelques classes de la société blanche,
ayant été plus qu'opprimées, il ne nous est
parvenu, à Saint-Domingue, aucun ouvrage
de l'évèque Grégoire, qui eût pour but de
proasergieksindividus de ces.classes étoient
des hommes comme les autres, et qu'il falloit
les traiter en frères.
Heureux Avendano! votre nom inscritsenl
dans les fastes de la
philbantropicalricsint,e ,deviendra à jamais célèbre; qu'ent pensé la postérité de la nation espagnole et portugaise, si
l'évèque Grégoire ne
vous
lufetrappriaguicaivons
êtes mis seul en frais de prouver à Punivers que les nègres appartiennent à la
grande famille du genre humain, et non à
celle des singes, c'est qu'au-delà des Pyré-
nom inscritsenl
dans les fastes de la
philbantropicalricsint,e ,deviendra à jamais célèbre; qu'ent pensé la postérité de la nation espagnole et portugaise, si
l'évèque Grégoire ne
vous
lufetrappriaguicaivons
êtes mis seul en frais de prouver à Punivers que les nègres appartiennent à la
grande famille du genre humain, et non à
celle des singes, c'est qu'au-delà des Pyré- --- Page 34 ---
(26)
nées les droits des
nègres ne furent jamais
problématiques: nous vous avouerons franchement que cette assertion est un vrai
blème pour nous ; car si les
proles Portugais étoient bien Espagnols et
les nègres sont en tout leurs convaincus que
les mêmes droits
égaux et ont
qu'eux,
ils
maintiendroient
l'esclavage dans leurs colonies ? Ils font
donc comme beaucoup d'autres, ils
et écrivent très. - bien, et
pensent
Que l'évèque
agissent fort malser cette
Grégoire ne croye pas excudans leurs inconséquence, en avançant que,
établissemens, les Portugais et les
Espagnols envisagent les
frères d'une teinte
nègres comme des
borner
différente ; si, au lieu de
ses voyages à faire le tour deson cabinet, et avant de vouloir donner l'histoire
des nègres, des colonies et des colons
ne connoît pas., il eût eu l'occasion de qu'il
par ses propres yeux, il auroit su
voir les
nègres esclaves, loin d'ètre traités que
dans les colonies
en frères
espagnoles et
ne parlent jamais, à leurs maîtres portugaises,
un genou en terre; jamais ils n'ont , qu'ayant été
mis à ce degré d'humiliation,
sounies
dans les colofrançoises. Les
pas, à la
Espagnols ne SC servent
vérité, de fouet pour les châtier, --- Page 35 ---
(27)
mais ils employent une manchette, (espèce
desabre) avec laquelle, dans un mouvement.
de colère, ils petventlesblesser, et celan'arrive que trop souvent; ct lorsqu'un negre
récidive, ou à voler ou à aller marron, on lui
coupe le jarret, avec cet instroment, ou plutôt,,cette arme; cela vaut bien les coups de
fouet qu'on donne dans'les mêmes circonstanccs, dans les colonies françoises.
Ce que nous ne pouvons contester, c'est
que,dans les colonies espagnoles et portugaises, il existe une bien plus grande
tité d'affranchis que dans les colonies quan- françoises,et que les lois constitutionnelles leur
sont beaucoup plus favorables; nous allons en
donner la raison, qu'il ne faut chercher, ni
dans Thumanité,ni dans la
teur
fraternitéquel'auGrégoire suppose exister entre les maitres et les esclaves espagnols et portugais.
Peu habitués à la médisance,
presqu'inconnue dans nos pays, il nous en coûte de révéler, que la source de ces affranchissemens
n'est pas aussi pure que l'évêque Grégoire a
bien: voulu le persuader an public. Les besoins physiques,
plus pressans sous la zône
torride, portent presqu 'invinciblement un
sexe à rechercher l'autre; l'amour ne con-
et les esclaves espagnols et portugais.
Peu habitués à la médisance,
presqu'inconnue dans nos pays, il nous en coûte de révéler, que la source de ces affranchissemens
n'est pas aussi pure que l'évêque Grégoire a
bien: voulu le persuader an public. Les besoins physiques,
plus pressans sous la zône
torride, portent presqu 'invinciblement un
sexe à rechercher l'autre; l'amour ne con- --- Page 36 ---
(28)
noît point de différence entre les états ni
entre les couleurs ; lorsque, cédant à ce
maître du monde, les colons espagnols ou
portugais ont eu quelque liaison intime avec
une beauté africaine, et que cette- liaison a
eu des suites, les lois du pays obligent les
deux amans à devenirépoux;dec ces mariages
très-fréquens, résulte la liberté de la mère
négresse et de tous les enfans qui en proviennent; de là une grande quantité de négresses affranchies et un nombre encore plus
considérable de mulâtres, qui, quoiqu u'ils
n'aient ni la couleur de Jeur père blanc, ni
celle de leur mère
négresse, 3 n'en sont pas
moins légitimes et libres; et par une loi dictée, d'une part par la nature, de l'autre,
par l'orgueil, peut-être par une sage politique, ils jouissent du rang et des prérogativesdes citoyens blancs; ils peuvent, comme
eux, prétendre à toutes les places, lorsqu'ils
ont acquis par l'éducation le degré d'instruction nécesaire pour en remplir les devoirs:
on en voit d'avocats, de procureurs, de notaires et,même, de prètres. Comme il est
bon d'égayer, de temps à autre les lecteurs,
nous rapporterons que quelques-uns de nous
voyageant dans la partie espagnole de S.-Do- --- Page 37 ---
(29.)
mningue; avant qu'elle eût été cédée à la
France, nous. assistâmes à une
lébrée par un prètre
grand'messe cécain, ou éthiopien, nègre, ou noir, ou afiigré que nous fussions peutêtre maure; et malentourés
qui ne sont pas très-tolérans dans d'espagnols, les
il nous fut
églises,
rire,
impossible de nous empêcher de
lorsque le célébrant, avecce ton
rance que donne une foi vive,
d'assuvoix de Stentor: :
entonna d'une
Asperges me, domine,
sopo, et mundabor, lavabis
lyvem dealbabor.; il faudra
me, et super nibien du savon,nous
dimes-nous à l'oreille les uns
pourque tu deviennes plus blanc aux autres, s
Nous
que lar
ignorions, à cette
neige.
vèque Grégoire
époque, ce que l'é.
nous a appris dans son ouvrage; qu'un nègre pouvoit devenir
et qu'il ne falloit que quatre mille blanc,
ce changement.
ans pour
Il est clair, d'après ce que nous venons de
dire, que ce n'est point par la belle
qu'indique l'évêque
porte
noirs entrent dans la Grégoire, que les frères
famille des frères blancs
espagnols ou portugais : ce qui vient
à lappuide ce que nous
encore
il est
avançons, c'est que
presque sans exemple qu'une femme
espagnole blanche se marie à un esclave noir.
,
ce changement.
ans pour
Il est clair, d'après ce que nous venons de
dire, que ce n'est point par la belle
qu'indique l'évêque
porte
noirs entrent dans la Grégoire, que les frères
famille des frères blancs
espagnols ou portugais : ce qui vient
à lappuide ce que nous
encore
il est
avançons, c'est que
presque sans exemple qu'une femme
espagnole blanche se marie à un esclave noir. --- Page 38 ---
30 )
Selon l'évèque Grégoire, chez les Porfugais et chez les Espagnols, les droits des
nègres ne sont point
deux nations
problématiques, et ces
sont les premières de l'Europe qui aient acheté des Africains
faire des esclaves. Nc Sont-ce
pour en
pas les Espagnols,qui, sous le règue de la reine Anne,
passèrent un contrat avec les Anglois, contrat connu sous le nom d'assiento,
ces derniers
par lequel
s'engageoient à leur vendre la
quantité d'esclaves
de
scmesireafesplotatian
leurs colonies? N'est-ce pas un des Espa
gnols, le plus célèbre par son humanité, LasCasas, qui, outré de la barbarie de ses concitoyens envers les naturels du NouveauMonde, proposa de leur substituer des CSclaves africains, ce qui fut accepté et exé:
cuté ? Avant de terminer nos réflexions sur la
dédicace de l'évêque Grégoire,
qu'il nous
permette de lui témoigner notre, surprise.
Quels patrons a-t-il choisis! quelles autorités
à citer, que des hommes dont,
d'après son
propre aveu, les noms ne peuvent pas être
inscrits dans les fastes de la vertu ! De quel
ceil les gens honnêtes, dont
le
l'opinion 9 dictée
par
coeur (dont trop souvent l'esprit est --- Page 39 ---
(3r) )
dupe ), verront-ils leurs noms inscrits sur la
même ligne que ceux des * * * * dont
l'existence physique et morale pourroit être
regardée comme un tort de la nature et des
lois ? Heureux, pour quelques-uns, si leurs
noms pouyoient être oubliés comme leurs
ouvrages; carsi, comme le dit l'évèque Grégoire, il est des auteurs qui ne valent pas
leurs livres, , il est aussi des livres qui ne valent pas mieux que leurs auteurs ; et Pun
et l'autre méritent de tomber dans le fleuve
d'oubli. --- Page 40 ---
(32)
CHAPITRE II.
Cc gu'on entend par le mot nègre. Disparité
d'opinion sur leur origine. Unité du type
primilif de la race humaine.
Sr nous avons admiré dans la dédicace de
l'ouvrage de l'évèque Grégoire, la prodigieuse mémoire dont la nature:a a doué ce
prélat, nous ne sommes pas moins étonnés
de l'immensité des recherches qu'il lui a fallu
faire, pour nous apprendreles différens noms
qu'ont portés, autrefois, les nègres. < Les
< Grecs les appeloient Ethiopiens, et cette
sur des
de la
( assertion s'appuye
passages
des
d'Hérodote, de Théo-
< Bible
septante,
< phraste, de Pausanias, d'Athenée, d'Hé4 liodore, d'Eusebe, de Flavius-Joseph, de
K Pline l'ancien et de Térence. A Rome, O1)
K les appeloit Africains, mais la dénominaleur étoit donnée en
< tion d'Ethiopiens
par PEthio-
< Orient, parce qu'ilsyarrivoient
< pie. > Cela nous paroit concluant; cependant l'auteur nous apprend que la dénomination d'Africain prévaut actuellement,malgré
, d'Hé4 liodore, d'Eusebe, de Flavius-Joseph, de
K Pline l'ancien et de Térence. A Rome, O1)
K les appeloit Africains, mais la dénominaleur étoit donnée en
< tion d'Ethiopiens
par PEthio-
< Orient, parce qu'ilsyarrivoient
< pie. > Cela nous paroit concluant; cependant l'auteur nous apprend que la dénomination d'Africain prévaut actuellement,malgré --- Page 41 ---
( 33) )
qu'ily ait des noirs asiatiques ; plus loin,il
nous parle de nègres pasteurs ; ce seront
donc desnoirs, si Pon veut; desnègres, sion
l'aime micux; des Ethiopiens, si on le préfere; des Africains, selon d'autres ; des maurcs, même, selon quelques-uns ; mais l'auteurne nousdit pas à laquelle de ces dénominations il s'cst fixé; quoique cela importe
fort peu pour CC qui scmble être l'objet de
son ouvrage, nous cussions été bien aises de
le savoir, afin de ne pas nous scrvir de dénominations choquantes. Dans lc principe de la
révolution de S.-Domingue, les Africains ne
vouloient plus qu'on lesappelat nègres, mais
noirs; ; ensuite ils Se donnèrent entr'eux les
noms de Monsicur, Madame et Mademoisclle; et iis donnoient aux blancs celui de
Citoyenet Citoyenne; ils prétendoient n'être
plus ni nègres ni noirs. Ils ne croyoient pas,
à cette époque, que la couleur noire éloit la
couleur primitive. Cependant 1e 9 Sonthonax
leuravoit déjà dit: < Cette couleur noireétant,
< selon l'auteur, lc caractère le pins marqué
S quiséparedesblancs une partie de l'espece
< humaine, on a élé moins attentif aux dif-
< férences de conformation, qui, entre lcs
K noirs cux-mèmes,établissent des variétés. >
--- Page 42 ---
(34)
Il existe donc, d'après M.
riétés parmi les
Grégoire, des vanègres? Mais, n'y auroit-il
pas plus loin d'un blanc à un nègre,
nègre à un autre nègre? et s'il existe qued'un
sieurs variétés dans l'espèce
plu.
peut-il pas exister plusieurs d'hommes, ne
genre ? Les Asiatiques
espèces dans le
noirs, n'ont autre
que l'auteur appelle
des
chose, qui les distingue
blancs, que la couleur; tandis
les
Africains qu'il nomme
que
joues
nègres, ont les OS des
proéminens, l'os nazal si
est presque oblitéré, le coccis court, qu'il
de la laine sur la
très-allongé,
tête, au lieu de cheveux:
si,commel le pensoit l'illustre
Jeur noire éloit l'effet du
Buffon, la coucroire que les Asiatiques climat, on pourroit
étoient
ment blancs ; mais la différence originaire- de
mation dans une grande
conforpartie des
ne laisse pas, selon
Africains,
soient
nous, 9 de doute,
ne
une espèce particulière
qu'ils
diffèrent autant des
d'hommes qui
ropéens. Au
Asiatiques que des Eureste, que les nègres soient une
espèce, une variété, ou une race
avec la blanche, nous les avons identique
connus, quoi qu'en disent les toujours repour de véritables
négrophiles,
partie de
hommes, et la
nous les traitoit en
majeure
conséquence, 9
, 9 de doute,
ne
une espèce particulière
qu'ils
diffèrent autant des
d'hommes qui
ropéens. Au
Asiatiques que des Eureste, que les nègres soient une
espèce, une variété, ou une race
avec la blanche, nous les avons identique
connus, quoi qu'en disent les toujours repour de véritables
négrophiles,
partie de
hommes, et la
nous les traitoit en
majeure
conséquence, 9 --- Page 43 ---
(35 )
sitparhumanité.auity
nous les eussions mis pwrinucrétscar.quand au rang des bétes
somme, peu dîhommes sont
de
pour acheter des boeufs
assez insensés
Ou des
ne pas les nourrir, les
chevaux, et
tin au
assommer du masoir, et lcs faire mettre tout
dans un four; ces sortes de fantaisies vivans
tent trop cher. Mais cette digression coûéloigne de notresujet,etnous.
nous
impatience les
atténdons avec
chefs-d'aeuvres de littérature
que l'évèque Grégoire nous a annoncés,
doivent
qui
doit
prouver, 3 sans réplique, que l'on ne
pas juger des facultés intellectuelles d'un
homme par sa couleur, ni par Sal conformation. Ily auroit, comme le dit
quoirire. Cependant,que
l'anteur, de
trine du docteur Gall, qu'il Rronenousdeladoc cite
ration ? Ce docteur
avec vénéfameux, ne nous a-t-il
Peadénontrégnechaque:
avoit sa
ficulléintellectuelle
bosse particulière (ch.
< caractère
L,p. 6,)? < Le
spécifique des peuples est
< nent, tant que ce peuple est isolé, permaK
et
blit
ils'affoidisparoît par le mélange; cela
K contestable. > Ici, P'auteur paroît avoir estinblié qu'il n'admettoit
Oupas d'espèce dans le
genre homme : c'est donc le caractère national, et non le spécifique qui change; il dit, --- Page 44 ---
(36)
un peu plus bas,
tris-cloquenment, <
< les caractères nationaux sont
mé- que
presque
< connoissables au physique et au moral, deK puis que les peuples de notre continent
< sont transvasés les uns dans les autres >
L'expression de transvaserest riche,elle n'est
cependant pas neuve. Nous nous rappelons
que, dans notre enfance, qui, pour plusieurs
de nous, date de très-loin, nos bonnes nous
disoientquesil'on pouvoit faire une bouteille
assez grande, on pourroity transvaser
si cclaarrivoit, et qu'avee les Parisiens Paris;
on
transvasit tous les étrangersqueles conquêtes
de la France amenent à Paris, des Italiens,
des Espagnols, des Portugais, des Allemands,
des Russes, des Autrichiens, il n'y a pas de
doute que la physionomie nationale ne changeat; les Parisiens moins Frauçois tiendroient
un peu del'Allemand, un peu de l'Espagnol,
unpeu de PItalien, un peu du Portugais 5 un
peu de l'Autrichien, $ u peu du Russe. Oh,
jenrleomp,lyauroit de quoi rirede la bigarure des caractères physionomiques ! Les
cheveux plats des Espagnols, le teint jaune
des Portugais, les grands nez à la romaine
des Italiens, Pair sérieux des Allemandssquels
charmans composés que ces minoisgallo,lis-
-
peu de l'Espagnol,
unpeu de PItalien, un peu du Portugais 5 un
peu de l'Autrichien, $ u peu du Russe. Oh,
jenrleomp,lyauroit de quoi rirede la bigarure des caractères physionomiques ! Les
cheveux plats des Espagnols, le teint jaune
des Portugais, les grands nez à la romaine
des Italiens, Pair sérieux des Allemandssquels
charmans composés que ces minoisgallo,lis-
- --- Page 45 ---
(37)
panico, lusitanico, italico germanigues / Que
les Chinois sont sages! ils n'ont jamais voulu
laisser transvaserancun peuple étrangerdans
leurheucillenationalef aussiont-ils conservé
sans altération leurs grands fronts majestucux, leurs petits yeux ovales, enfin tous
leurs traits physionomiqnes primitifs; ; et ce
qu'ily a de plus précieux, leurs lois et leurs
mceurs.
Avant d'aborder la littérature des nègres,
monscigneur Grégoire pense qu'il est nécessaire que nousapprenions < que(ch.I,p.7)les
< Grecs avoient des esclaves nègres,qu'un de
* CéS nègres étoit employé au service des
( bains; mais on nc sait pas son nom ( ce qui
6 eût été d'un très-grand intérêt), que VisK conti et Caylus ont publié plusieurs figures
K de ces esclaves. Il nous apprend encore que
< les Hébreux achetoient des esclaves noirs
< et cunuques, malgré que la loi mosaique
< défendit de mutiler les hommes. Ruit in
K vetitum nefas gens hebraica. > Tout ccla
n'est pas encore bien concluant en faveur de
la littérature nègre; mais ce qui le devient,
c'est que Blumenbach, le plus fameux des
crânomanes, ct qui possède la plus belleco!-
lection de crânes humains, quisoit. au monde, --- Page 46 ---
(38 )
sans en excepter celle du docteur Gall(ch.I,
pag. II), < prétend que la figure du
< se trouve dans la figure
nègre
A s'en convaincre
dusphinx; ;on peut
en examinant les
< dessinés dans Caylus, dans
sphinx
dans
<
Norden,
Niehbur et Cassas. Volney et Olivier, qui
<,ont aussi examiné le sphinx sur les
< trouyent une ressemblance
Jieux,
< lenègre;
frappante avec
preuve
<
inconeuabiequecetals
race noire, aujourd'hui esclave, que nous
K devons les arts, les sciences, et
< l'art de la parole. > Salut aux
jusqu'à
tistes, aux premiers
premiers arsavans qui montrèrent
aux humains à attacher des idées aux différentesmodifications
sans doute c'est à eux del'air:Cen'estpase tout:
Qne nous devons encor cot art ingénienx
De peindre la parole et de parier anx yenx.
Volney, qui nous assure que les
nous
nègres
onta appris à parler, auroit bien dû nous
dire quelle espèce de langue ils nous ont
montrée; carlessavans blancs quiont succédé
aux nègres, ne sont point d'accord entr'eux,
quand il s'agit de décider quelle a été la
langue primitive : mais pourquoi, les nègres
quisont si savans dans l'artdela parole, n'ont-
peindre la parole et de parier anx yenx.
Volney, qui nous assure que les
nous
nègres
onta appris à parler, auroit bien dû nous
dire quelle espèce de langue ils nous ont
montrée; carlessavans blancs quiont succédé
aux nègres, ne sont point d'accord entr'eux,
quand il s'agit de décider quelle a été la
langue primitive : mais pourquoi, les nègres
quisont si savans dans l'artdela parole, n'ont- --- Page 47 ---
(39 )
ils pas montréà parler aux singes, qui,selon
eux,sontdes petitshommes fortadroits, mais
fort paresseux, , qui ne veulent pas apprendre
àj parler,p pourqu'on neles fasse] pas trayailler?
Les negres de Saint-Domingue, qui ont oublié leur langue primitive, disent, dans leur
idiome d'aujourd'hui, singes, captit monde,
quimalouc trop, io pas vle palé, pou que io
pafair travail.
Mais, si les nègres ont été si savans si
grands littérateurs, s comment ne reste-t-il 3
d'eux aucun ouvrage qui puisse nous tirer
de l'incertitude oùr nous sommes sur leur origine,sur la nature des grands événemens
qui, de la première nation du monde, en ont 9
fait la dernière?
Déplorable Alricnin qn'as-tn fait de ta gloire?
de ton antiqne grandenr,
II ne nous reste, hélas! quela triste mémoire !
mais M. Grégoire vous console,en vous présageant les plus hautes destinées (chap. IX,
pag. 283 ). < Peut-être, dit-il un jour, cette
( vieille et orgueilleuse Europe deviendra
< une colonie de l'Amérique 2 et alors, et
< alors : > Quelle heureuse prédiction pour
les Européens ! --- Page 48 ---
(40)
Ce qui prouye encore,sclon M.
queles sciences Dous ont été
Grégoire,
nègres, c'est quc, même dans transmises parles
elles nous seroient
Phypothèse où
venues de PInde, en Europe, clles auroient traversé
queles
P'Egypte; donc
nègres Ou Ethiopiense
en Egypte les ont
quiétoient alors
prises au
les transmettre;d donc
passage pour nous
dans Ics sciences:
qu'ils ont été nos pères
; cette vérité
augmente encore le désir
démontréc,
naitre en nous d'admirer les que l'auteur a fait
de CCS illustres nègres mais chefs-l'oenvres
;
ce n'est
core le moment, Monscigneur
pas enessayer de nous apprendre
Grégoire veut
cains sont noirs; seroit-ce pourquoi CCS Afriseroit-ce
l'effet du climat ?
parce qu'ils ont la membrane réticulaire noire ? seroit-ce, enfin,
couleur primitive de P'homme parce que la
adhuc sub judice lis est. La
étoit noire ?
facile à résoudre. Le climat question n'est pas
changer la couleur de la peut, sans doute,
certain point; mais les blancs peau jasqu'a un
qui sont établis
en Afrique, de temps
devenus bruns,
immémorial, y sont
leurmembrane basanés, mais, non pas noirs;
réticulaire est restéc
et les noirs, qui, depuis
blanche,
plusieurs
tions, ont habité
généraFEarope,n'y sont pas de-
it noire ?
facile à résoudre. Le climat question n'est pas
changer la couleur de la peut, sans doute,
certain point; mais les blancs peau jasqu'a un
qui sont établis
en Afrique, de temps
devenus bruns,
immémorial, y sont
leurmembrane basanés, mais, non pas noirs;
réticulaire est restéc
et les noirs, qui, depuis
blanche,
plusieurs
tions, ont habité
généraFEarope,n'y sont pas de- --- Page 49 ---
(41) )
venus blancs, ct leur membrane réticulaire
eSt toujours restéc la mênic,cest.à-dire, trèsnoire. Monseigneur Grégoire nC pourroit-il
pas nous dires'ilexiste d'autre dillérenceque
la couleur entrc la peau d'un negre et celle
d'wwblauc?luiquia vu, manié el observé tant
dedifférentes peauxhumaines, chezl'amateur
Bonn; maisilnel lesa observécs qu'après avoir
été tanuées; il cût fallu aller chezl'écorcheur
avant d'aller chez l'amateur.
Dans une
peau tannée le système cutané cst dénaturé,
la membrane réticulaire, noire chez les nègres, et blanche chez les Européens, n'offire plus,dans l'une et dans l'autre peau, que
les mêmcs résultats. Il étoit donc indispensable, comme nous avons cu l'honneur de le
dire à Monseigneur Grégoire, de se transporter chez l'écorcheur; là, il eût été possible d'observer les différens systèmes organiques qui composent le corps d'un blanc et celui d'un nègre; il eût pu voir si ces systèmes
sont égaux en nombre.silharmouie, la concordance qui règnent entr'eux est la même;
car c'est de cette harmonie, plus ou moins
parfaite, quej provient la différencequi existe
entrelesanimaux;d différencequi, selon ledocteurGall, est toujours anaoncée par des dis- --- Page 50 ---
4 42)
parités dans les organes
peaux n'ont pu fournir apparens. à
Mais siles
des caractères assez
l'auteur Grégoire
ou
tranchans, que de bosses,
crânes protubérances, il a dû observer sur les
africains, chez
plus belle collection Blumenbach, qui a la
monde (si,
de crânes qui soit au
charnier des toutefois, on en excepte l'aucien
Innocens )! Si
morale que M. Grégoire
chaque qualité
et
donne aux
chaque défaut , que leur
nègres,
de Bomare
attribue Valmont
tionnaire (Voyez Valmont de Bomare, Dicd'histoire naturelle, article
édition in-40.), ont leurs bosses
Nègre
quelques-uns de ces crânes ne particulières,
mal ressemblerà une
doivent pas
tant
pomme de pin, d'auqu'ilyen a quelgues-uns d'un
tus, à la Caraibe; d'autres,
peu poindoivent avoir l'air de melons plus arrondis.
comme on le sait,sont tout cantalous qui,
tubérances de différentes couverts de prodiniers nomment ces
grosseurs. Les jarlons de race, melons espèces de melons, meCC que toutes les bosses dequalité, dont sans doute par
sont des indices de
ils sontcouverts
seule analogie
qualités : ce n'est pas la
animal etle qui se trouve entre le règue
végétal.
Pour mettre noslecteursà à même dc se faire
l'air de melons plus arrondis.
comme on le sait,sont tout cantalous qui,
tubérances de différentes couverts de prodiniers nomment ces
grosseurs. Les jarlons de race, melons espèces de melons, meCC que toutes les bosses dequalité, dont sans doute par
sont des indices de
ils sontcouverts
seule analogie
qualités : ce n'est pas la
animal etle qui se trouve entre le règue
végétal.
Pour mettre noslecteursà à même dc se faire --- Page 51 ---
(43)
une idée de la grande quantité de protubérances bonnes ou mauvaises qui doivent couvrir les crânes des nègres, nous allons exposer, sous leurs yeux 9 deux tableaux fortement coloriés par deux grands maîtres :
l'évèque Grégoire ct Valmont de Bomare.
Ces deux tableaux, opposcs dans leur intention, sont un exemple frappant que, s'il
faut de l'élévation pour porter l'imagination
d'un peintre à la bauteur de son sujet,l'exaltation le porte toujours au-delà des bornesde
la vraisemblance,
L'abbé Grégoire, après avoir accordé aux
nègresles qualitésmorales les plus éminentes,
passe à l'énumération de leurs qualités phys
siques, - d'après des voyageurs,impardiaux sans
doute, et très dans le cas, d'en juger. (Chap.
1, P. 29.) Il parle de la bcauté sans égale
des négresses de Juida, d'après Bauman (sur.
nonimé,à Nantes, Baumenteur,et qui avoit
épousé une princesse noire en Afrique, non
pour'sa beauté, mais pour favoriser sa traite
d'esclaves.) Il cite les négresses Jaloses d'après Leydar et Lucas, coinme des modeles
de perfection pour les formes. Lobo vante
par-dessus tout la beauté des Abyssins: Adanson, celle des négresses du Séuégal: Cossi- --- Page 52 ---
(44)
gny n'a rien vu die bean
négresscs deGoréc.
conme les nègres ct
une
Ligons'est extasié devant
beauté négresse de S.-Yago, qui réunissoit la
ct la majesté,à un point, qu'il In'avoit
jamais vu rien de comparable. Robert
dans le Yaynge du Journal de
Chasle,
quesne, n'a rien vu de beau P'amiral Dugresses des iles du
comnie les néet Izert
cap Vert. Legnat, Ulloa
assurent qu'ils n'ont rien vu de comparable en beauté aux
de
négresses de Batavia,
l'Amérique et de Guinée. Osez donc
core,fiers
enEuropéens, vous
ractère de beauté et de enorgueillirdu casupériorité que vous
seposeczimprimcsurs VOS
un
frontsblancs.Faites
voyage en Afrique et en
vous
Amérique, ct
direz,avec tous les voyageurs
venons de citer, en
que nous
africaines
voyant une de ces beautés
sans parcille, nigra
sissima; ideo Voici donc la es,sedformoreçonnuc
couleur noire
pour type del la vraie beauté,
blez! tremblez!
Tremjeunes curopéennes,
la
prédiction de l'abbé
que
Grégoire ne s'accomplisse, et que P'Earope, devenant
d'Afrique, lcs négresses,
une colonic
fières de leurbeauté
originale, ne viennent vous ravir vos
époux et VOS tendres
jeunes
rer la race
amans, afin de régénéblanche, ct de lui rendre sa pri-
ire
pour type del la vraie beauté,
blez! tremblez!
Tremjeunes curopéennes,
la
prédiction de l'abbé
que
Grégoire ne s'accomplisse, et que P'Earope, devenant
d'Afrique, lcs négresses,
une colonic
fières de leurbeauté
originale, ne viennent vous ravir vos
époux et VOS tendres
jeunes
rer la race
amans, afin de régénéblanche, ct de lui rendre sa pri- --- Page 53 ---
(45)
mitive beauté. Que je vous plains ! génération présente! que je vous plains ! vous
ne verrez pas s'opérer cette heureuse métamorphose ! M. Grégoire nous apprend
qu'il faut cinq générations de race croisécs, et qu'il SC passera cent vingt-cing ans
avant l'époque heureuse oùt les enfans des
Européens n'auront plus à rougir d'avoir
reçu de leurs pères une preuve incontestable
de leur dégénération, 2 la couleur blanche; et
alors, 9 pour que Pharmonie soit
on
fera venir de la Guinée, des chiens complète, noirs,
des chats noirs, des moutons noirs,des boeufs
noirs, des chevaux noirs, des cochons noirs,
dessinges noirs, toutesortes d'oiseaux noirs;
surtout des cygnes, des perroquets noirs,
auxquels on apprendra: à dire aux perroquets
verts des autres pays, fi donc! fi donc! vilain
vert-vert. Nous oublions des poules noires;
c'est, dit-on,un trésor qu'une poule noire ?
Heurcuse Guinée, pays digne d'envie, où /
tous les animanx raisonnables et autres ont
conservé sans tachela conleurprimitive qu'ils
tiennent immédiatement du Créateur.
Nous venons d'exposer le tableau de lai race
nègre par l'abbé Grégoire, nous allons
ser, ci dessous son pendant, par Valmont expo- de --- Page 54 ---
(46
Bomare (articlenègre, Dict. d'Hist. Nat., par
Valmont de Bomare, édit. in-40.t t.Y,p. 267).
< La laideur et Pirrégularité de la figure
du
les né-
< caractorisentfesérienr
nègre;
< gresses ont les reins écrasés et une croupe
< monstrueusc, ce qui donne à leur dos la
< forme d'une selle de cheval. Les vices les
ee plus marqués semblent être l'apanage de
< cette race ; la paresse, la perfidie, la ven-
< geance, la cruauté,1 l'impudence, le vol,le
la
< mensonge, l'irréligion, le libertinage,
< malpropreté et l'intempérance, semblent
< avoir étouffé chez eux tous les principes
<< de la loi naturelle, et les remords de la
< conscience; les sentimens de compassion
<< leur sont presque inconnus ; seroient-ils
terrible de la
de
< un exemple
corruption
ahandom@alni-mone? Pon
< Phommea
peut,
certain
les races
< jusqu'à un
point, regarder
4 des nègres comme des nations barbares,
< dégénérées ou avilics; leurs usages sont
< quelquefois si bizarres, si extravagans, ctsi
< déraisonnables, que leur conduite, jointe
< à leur couleur 3 a fait douter, pendant
étoicnt véritablement des
< long-temps,s'ils
R hommes issus du premier homme comme
R nous, tant leur férocité ct leur animalité
peut,
certain
les races
< jusqu'à un
point, regarder
4 des nègres comme des nations barbares,
< dégénérées ou avilics; leurs usages sont
< quelquefois si bizarres, si extravagans, ctsi
< déraisonnables, que leur conduite, jointe
< à leur couleur 3 a fait douter, pendant
étoicnt véritablement des
< long-temps,s'ils
R hommes issus du premier homme comme
R nous, tant leur férocité ct leur animalité --- Page 55 ---
(47)
< les fit, en corsinsciconstances,
< bler aux bètes les plus
On ressemsauvages.
a vude
< ces peuples se nourrir de leurs frères, ct
k dévorer leurs propres enfans. > Quel contraste avec le tableau de Pabbé Grégoire !
lequel des deux peintres a le plus
ché de la vérité? ni l'un ni l'autre; chacun approd'eux] Ponvoitsapplijucrles vers d'Horace:
Cur nescive, pudens prave, quam disceremalo?
Le savant professeur de Goettingue, attribuantlaconleur des nègres. au climat, avance
(chap. I., P. 16,) que < dans la Guinée, les
< hommes,les chiens, les chevaux, les boeufs,
K les oiseaux, et surtout les gallinacées, sont
< de couleur noire >. Cette assertion est absolument fausse, excepté pour les hommes, encore y a-t-il quelques familles d'hommes
blancs établies, de temps immémorial en Guinée; quant aux quadrupèdes, il n'y en a pas
plus de noirs et moins que dans d'autres
climats, car les poils noirs exposésà l'ardeur
du soleil, deviennent roux ; cela arrive aux
chevaux noirs qu'on transporte
dans les Antilies, Les
d'Europe
oiseaux, en Guinéesont
parés, comme dans presque tous les pays
chauds, des couleurs les plus variées, les plus --- Page 56 ---
48)
vives et les plus brillantes : on peut seconvaincre decette vérité, en observant la belle
collection de perroquets et autres oiseaux
d'Afrique, qui se trouve au muséum d'histoirenaturelleà Paris. Ilexiste,à la vérité, parmiles gallinacées, une variétéde poules dont
la peau et les OS sont noirs; mais la majeure
partie des autres poules est semblableà celles
d'Europe; nous pouvons le certifier, ayant
observé les volailles que portoient les capitaines négriers qui venoient de Guinée. ( La
< couleur noire étant donc, selon Knigt, l'at-
< tribut de la race primitive dans tous les
< animaux, il est évident, selon lui, que le
< nègre est le type original de l'espèce hu-
< maine. > Ilya un instant nous recherchions
la cause de la couleur noire des nègres; il
nous faut, actuellement chercherà découvrir
comment des nègres ont produit des blancs:
Felix qui potuit rerum cognoscere causas !
quant à nous, nous baissons pavillon; la physiologie n'est pas de notre compétence. Salut
à la race privilégiée, dont la couleur noire de
la peau est une preuve incontestable de sa
céleste origine; nous doutons, cependant que
le docteur Knigt puisse paryenirà persuader
noire des nègres; il
nous faut, actuellement chercherà découvrir
comment des nègres ont produit des blancs:
Felix qui potuit rerum cognoscere causas !
quant à nous, nous baissons pavillon; la physiologie n'est pas de notre compétence. Salut
à la race privilégiée, dont la couleur noire de
la peau est une preuve incontestable de sa
céleste origine; nous doutons, cependant que
le docteur Knigt puisse paryenirà persuader --- Page 57 ---
(49)
à nosjolies curopéennes, qu'one
peau noireet
3t-anhre-atpanken peaublanche
et fine dont le tissu, délicat et
laiseapercevoir les roses de la trausparent, 2
pudeur et ses
nuances variées à Pinfini, dont chacune,
gnant ui sentiment del'ame, faitde leur peisionomie un tableau magique et enchanteur. phyIL nous semble qu'après avoir cité l'autorité de Knigt,Pauteur tient
davantage à
nion de Buffon, de Camper, de Bonn,de l'opi.
Zimmermann, de Blumenbach, de Chardel, de
Sommering, qui attribuent la couleur des
nègres aux effets du climat, D'après cela,
nous lui demanderons,si c'est dans le
queles Africains étoient blancs,
temps
qu'ils étoient
nos maîtres dans les sciences et dans les
ou sic'est
arts,
depuis qu'ils sont devenus noirs ?
D'après Demanet et Imlay, les descendans
des Portugais établis au Congo sont devenus
noirs, mais ils ne nous disent pas si c'est
l'effet du climat, ou de leurs alliances
les négresses, ( ce qui est
avec
plus que vraisemblable). Un Portugais aura épousé ure
il en sera provenu des mulâtres, Congo,
mariant à une
qui, en se
négresse, auront fait des
griffes, lesquels griffes, se mariant encore à
une négresse, 2 pour lors, les enfans, qu'on
--- Page 58 ---
(50)
nomme
très-habitué
tecawcemataie
dans le pays pour les
d'avec les nègres: voilà
distinguer
comme les blancs
peuvent devenir noirs, et les noirs, devenir
blanes; en épousant des blanehes, et en
faisantéponser à leurs enfans
en
Selon un auteurquecite etpetits-enfans.
M.Grégoire, ilf faut
quatre mille ans pour qu'un nègre devienne
blanc par l'effet du climat, et six cents
seulement pour un Indien: ceci nous
ans
un peu problématique. Quant à
paroit
avauce, que les changemens
ce qu'il
vite chez les nègres, dans l'état s'opèrent de
plus
ticité, pour le moral, cela est vrai; domes- mais
pour la couleur, mieux un nègre est nourri
et à l'aise, plus il est noir;s'il est
ou qu'il ait du chagrin, Ou
maigre,
qu'il ne se porte
pas bien, il devient couleur de
bistre; nous
pensons aussi que c'est à un certain état de
maladie qu'il faut attribuer la couleur,
pas noire, mais très-brune,
non
de certaines femmes
que prend la peau
pendant leur
ce qu'on appelle le masque, Nous grossesse,
viendrons
ne conpas, pour cela, avec Hunter,
la race blanche soit une race
que
moins quant à la couleur
dégénérée, an
est vrai, comme l'assure le (chap. L.] p. 20). Il
chimiste Beddoés,
aussi que c'est à un certain état de
maladie qu'il faut attribuer la couleur,
pas noire, mais très-brune,
non
de certaines femmes
que prend la peau
pendant leur
ce qu'on appelle le masque, Nous grossesse,
viendrons
ne conpas, pour cela, avec Hunter,
la race blanche soit une race
que
moins quant à la couleur
dégénérée, an
est vrai, comme l'assure le (chap. L.] p. 20). Il
chimiste Beddoés, --- Page 59 ---
(51)
< qu'on peut blanchir la peau d'un nègre,
& avec de l'acide muriatique oxigéné, >> Il
n'est pas même besoin de cette dernière condition, tous les acides concentrés ont la propriété, en se combinant avec les corps gras,
d'en altérer la nature et la couleur; le feu ct
lescaustiques - prodnisent le même effetsurla
peaudes nègres: : ainsi, la compagnie de blanchisseurs qu'un journaliste,, grand ricaneur,
( dit l'évèque Crégoire, chap. I, P. 20) veut
envoyer en Afrique, pourra employer plus
d'un moyen : mais,si la race blanche, comme
le pensent quelques - uns des savans que
cite M. Grégoire, est une race dégénérée,
abatardic, ne désirera-t-elle
aitssi
pas
une
compagnie de noircissenrs ? Nous pensons
que cette dernière compagnie sera beaucoup
plus facile à compléter que la premièrc. La
chimie, pendant la révolution, a fait des découvertes si importantes pour les teintures
en noir, qu'on ne sera embarrassé que du
choix des sujets 5 quant au chef de la compaguie, cette place sera dévolue de droit
à personne ne peut ni ne veut la lui
contester: nous reyenons à Monseigneur Grégoire; nous lui ferons une question à laquelle
il ne sera sans doute pas embarrassé de ré- --- Page 60 ---
(52)
pondre. ADAM et EvE étoient-ils
blancs ? L'opinion de l'auteur
noirs, ott
semble être
prononcée en faveur de la couleur noire,
puisqu'il cite l'autorité de Knight (chap.I,
P. 16), qui pense que le nègre est le
original de l'espèce humaine. N'eut-il type
été plus exact de dire du
pas
gepre humain,
puisquelauteur Grégoire ne suppose point
d'espèce dans le genre homme? Plus loin,
(chap 11, P. 18) il cite une autre autorité,
T. Williams, qui dit que, pour amener les
noirs à la couleur blanche, sans croisement
de races, et, par la seule action du climat,
il faut quatre mille ans. Nous ferons, d'après
cela, une petite objection à M. Grégoire. A
Pépoque où vivoit Moise, il n'y avoit
deux mille cinq cents ans que le monde étoit que
créé; Moise et tous ceux qui existoient alors
étoient donc nègres, et il n'a dû paroître
d'hommes blancs que quinze cents ans après;
Credat judceus Appellal Dans un autre endroit ( chap. I, P. 7), Pévèque Grégoire
cite l'autorité de Jabn, qui, dans son Archéologie biblique, assure que les rois des Hébreux achetoient des autres nations, deseunuques, et spécialement des noirs: : ily avoit
donc, à l'époque de Moise, des hommes
ègres, et il n'a dû paroître
d'hommes blancs que quinze cents ans après;
Credat judceus Appellal Dans un autre endroit ( chap. I, P. 7), Pévèque Grégoire
cite l'autorité de Jabn, qui, dans son Archéologie biblique, assure que les rois des Hébreux achetoient des autres nations, deseunuques, et spécialement des noirs: : ily avoit
donc, à l'époque de Moise, des hommes --- Page 61 ---
(53) )
blancs et des hommes noirs: : qu'en conclure ?
Ou qu'il ne faut pas quatre mille ans, pour
blanchir un nègre, ou que la race primitive
n'étoit pas noire, ou qu'il s'est passé quatre
mille ans avant le déluge, ce qui feroit un
anachronisme dans notre cosmogonie chrétienne. Fiat lux.
L'évêque Grégoire cite (c chap. I, P. 26)
Sommering, qui, tout en disant: < qu'il n'ose
< décider si la race primitive de îhomme,
< en quelque coin de la terre que l'on place
< son berceau, s'est perfectionnée en Eu-
< rope, ou altérée en Nigritie, affirmé que
< pour la force et l'adresse, , la conformation
< des nègres est aussi accomplie et, peut-
< être plus que celle des Européens >. Voyez
le Dictionnaire d'Histoire naturelle de Valmont de Bomare, article Nègre, édition inquarto, t. V. p.257, il vous donnera uneidée
de la belle conformation et des.qualités éminentes des nègres d'Afrique. L'évèque Grégoire ne connoît pas sans doute cet ouvrage;
il n'eût pas oublié de donner au tableau qu'il
a fait des colons, un dernicr coupde pinceau
d'après le grand maître Valmont de
<
Bomare;
Les colons font ( selon lui) deux ou trois
< fois par an des visites dans les hôpitaux de --- Page 62 ---
54)
< leurs
habitations habitations, ( des hopitaux dans les
! les négrophiles
croire?) K N'allez
pourront-ils le
Bomare
pas vOus imaginer, ( dit
) < que ce soit pour
< cours que l'humanité
y porter les se-
< rêt
et même leur intéexigeroient; ; ces barbares vont
< des pistolets, ,et tuent tous les y
avec
< par vieillesse ou par des infirmités nègres qui,
< bles, sont bors d'état de rendre incura.
< Thabitation. >> Eh bien,
service à
vaut bien les nègres
Monseigneur! cela
fours,
cuisiniers jetés dans des
pour avoir manqué des plats de
serie? Admnirez donc notre bonhomie pâtistre bonne-foi, vous aviez oublié,
et noexamen général,ce
dans notre
pelons nous-mèmes gros péché, nous le rapà votre souvenir, mais
aussi, nous espérons que d'après cette
fession sincère; nous obtiendrons
conExcellence,
de Votre
tion finale. indulgence plénière et absoluNous venons de faire un
pas vers lé ciel, s'il est vrai,
grand
nous Pa appris dans
comme on
notre
est plus difficile à un riché jeunesse, qu'il
d'entrer dans le
royaume des cieux, qu'à un chameau de
passer par le chapd'ane aiguille, Nons
le plus grand espoir, il ne reste
avons
la majeure
plus rien à
partie de nous,ct les François
tion finale. indulgence plénière et absoluNous venons de faire un
pas vers lé ciel, s'il est vrai,
grand
nous Pa appris dans
comme on
notre
est plus difficile à un riché jeunesse, qu'il
d'entrer dans le
royaume des cieux, qu'à un chameau de
passer par le chapd'ane aiguille, Nons
le plus grand espoir, il ne reste
avons
la majeure
plus rien à
partie de nous,ct les François --- Page 63 ---
55 )
nos frères, ont trop à ceurnotre salut, pour
chercher à nous remettre dans la voie de la
perdition.
Revenons à votre peuple chéri. (C Les ne-
( gres, dites-vous 2 sont plus forts et plus
K adroits que les Européens; > nous vousl'accorderons, si cela vous fait plaisir; mais le
boeuf est aussi plus fort que l'homme, ,et le
singe est plus adroit; qu'en concluerez-vous?
< Les nègres, dites - vous s surpassent les
R blancs par la finesse exquise de leurs sens,
< surtout de l'odorat ( chap. I, pag. 26). >>
Prenez bien garde, Monseigneur, 2 les animaux les plus sauvages, les plus éloignés de
l'état de domesticité, sont ceux que la nature favorise le plus du côté de la finesse des
sens;il semble que cette bonne mère,aimant
également tous ses enfans, a voulu dédommager, sous quelques rapports, ceux auxquels elle a moins accordé SOUS d'autres.
Vous citez les negres marrons de la Jamaique, < comme des êtres doués d'un sens eXK quis, avec une taille droite, une conte-
< nance fière, et une vigueur qui indiquent
< leur supériorité. > Nous oserons vous dire,
Monseigneur, 2 que vous les avez vus, avec
votre lorgnette de cabinet, dont les verres, --- Page 64 ---
( 56 )
en grossissant trop les objets, Ics
totalement.
dénaturent
Le tableau que nous allons faire de
nègres est d'après nature
ces
surleslicux
; nous l'avons fait
même, dans les
de la Jamaique.
montagnes Bleues
Qu'on se ligure des hommes, dont
plus jaunes que noirs
les corps
verts à demi de
, décharnés, et couclaves n'oseroient haillons, que les nègres esfemmes, leurs
pas porter, laissant leurs
enfans, leurs vieillards
misère la plus
dans la
pas assez de crapuleuse, parce qu'ils sn'ont
courage pour cultiver les terres
Ils sont
a
t-Lemar-merenur
avilis, au point de
accordées.
jues pièces de monnoie, les livrer,pour quelqui viennent chez
nègres esclaves
eux se
vont chercher dans les
réfugier, ou qu'ils
les font avertir
bois, quand les Colons
qu'un d'eux a déserté,
moyen de vivre consiste
Leur
la chasse et la
principalement dans
mauvais
pêche ; mais quand par le
ils sont temps, cette ressource leur
forcés de descendre dans manque,
se
les plaines,
les loueralajouraée hommes
parmi les esclaves. Voilà
dont vous
rité, Nous les
préconisez la supériocar ils n'ont avons vuS dans leurs huttes,
pas eu même le courage ni T'a-
d'eux a déserté,
moyen de vivre consiste
Leur
la chasse et la
principalement dans
mauvais
pêche ; mais quand par le
ils sont temps, cette ressource leur
forcés de descendre dans manque,
se
les plaines,
les loueralajouraée hommes
parmi les esclaves. Voilà
dont vous
rité, Nous les
préconisez la supériocar ils n'ont avons vuS dans leurs huttes,
pas eu même le courage ni T'a- --- Page 65 ---
- 57 )
des
qui médresse de se construire
logemens
ritent le nom de cases. < Pourrez-vous nous
de la Montagne Bleue
K dire que ces nègres
$
<
s'organiser politiquement
ne peuvent
les arts de la paix ne peuvent
< parce que
toucultivés
une troupe fugitive,
K être
par
toujours OCcachée dans les forêts,
6 jours
déféndre contre
< cupée à se nourrir età se
dont
? > Mais les nègres
K ses oppresseurs
dans cette
nous parlons ne sont point
hypothèse ; le gouvernement est en pleine paix
avec eux; ils ont des terres qu'ils peuvent
ils n'ont pas besoin
cultiver tranquillement;
ils
de se défendre contre des oppresseurs ;
: pourquoi donc ne s'orgasont indépendans
et ne sontnisent-ils pas en corps politique,
association de lâches, de paresils qu'une
si la
deviendroit très-dangereuse,
seux, qui
eils vivent, n'écrapule honteuse dans laquelle
obstacle à
de leur
toient un
l'augmentation
population. Vous donnez encore pour preuve
de leur supériorité, la manière dont ils comentr'eux à des distances cousidémuniquent le
d'une corne. A yous enrables par moyen
sont rien en comtendre, nos télégraphes ne
de
paraison. Vous ignorez que dans la partic
a été cédée à la France
S, Domingue, qui --- Page 66 ---
( 58 N
par Ies Espagnols, tous les
nirleurs
pâtres font revetroupeaux) parle moyen
ou plus souyent un
d'uue corne,
lornby, dans lequet, coqnillage qu'on nomme
sonsv
en produisane certains
plus ou moins forts, ou différemment
modifiés, ils
leurs
appellent ou leurs cochons,ou
chevaux, ou leurs trompeaux de chèvres, et jamais unplace d'un
tronpeau ne vient dans la
autre; daprès cela,
veille que les nègres soient quelle mertr'enx, que lorsqulils:
conyenus entaine
sonneront d'une cermanière, Ce sera tel ou tel nègre
voudront désigner.
qu'ils
nons de vous dire D'après ce que nous vedes nègres de la Montagne Bleue de la
comme
Jamaique, ne les citez pas
exemple de la prééminence de la race
nègre sur la blanche; vous
à tous. ceux qui les
préteriez à rire
conviendrons
connoissent. Nous ne disnègres (non cependantpus qu'il n'y ait des
parmi eux) qui ont des
morales; nous dirons
qualités
couleur
même, à la honte de la
blanche, que si
de
de S. Domingne
beaucoup nègres
que les blanes de n'avoient pas été meilleurs
France, qui sont vepus les
Aesolationner,ln'etr) pas.restéun seul colon
pourépondreauxe calomnies des négrophiles,
Un
Hembodekannisemee absurdes.
ependantpus qu'il n'y ait des
parmi eux) qui ont des
morales; nous dirons
qualités
couleur
même, à la honte de la
blanche, que si
de
de S. Domingne
beaucoup nègres
que les blanes de n'avoient pas été meilleurs
France, qui sont vepus les
Aesolationner,ln'etr) pas.restéun seul colon
pourépondreauxe calomnies des négrophiles,
Un
Hembodekannisemee absurdes. --- Page 67 ---
(59 )
savant respectable, que vous avez désigné
par son nom, pour avoir méconnu des qualités morales dans les nègres,et les avoir assimilés aux singes, nous autorise à vous dire
que vous avez dénaturé totalement ce qu'il a
dit des nègres. Mais, tout en convenant qu'ils
sont des hommes, nons ne conviendrons pas
pour cela qu'ils soient des hommes comme
nous. La civilisation et l'éducation, quienest
Ja suite, ont mis entr'eux et nous, une distance immense, qu'ils ne pourront franchir
que peu à peu, par la succession des temps,
et des circonstances favorables, qui, malheureusement pour cux, sont bien plus éloignés
que vous le pensez. --- Page 68 ---
(60)
CHAPITRE III.
e Lrs systèmes qui
< rence essentielle supposent une difféx blancs, ont été entre les nègres et les
accueillis
< 1°, par ceux qui
(ch. IL,p. 30)
veulent à
< térialiser Phomme,
toute force maet lui
< pérances chères à
arracher des esson
< qui, dans une diversité coeur; 20, par ceux
G humaines, cherchent primitive de races
< tir le récit de
un moyen de démen30,
intéressés
Moise;
par ceux
aux cultures
qui,
< droient, dans l'absence coloniales, vou-
<e cultés morales du
supposée des fa4
nègre, se faire un titre
< des bêtes de
somme, >>
Aorritontene
Abstraction faite de ce
la religion
que nous enseigne
Phomme; catholique 7 de la création de
dans la supposition
gratuite)
( sans doute
que Dieu eût créé deux
d'hommes, l'une blanche
espèces
ce que nous ne
et l'autre noire, 2
sa toutecroyons pas contradietoireà
pouvoit-il puissance qui est sans bornes, ne
pasa waersenienhamaent --- Page 69 ---
(6r)
de ce souffle divin que nous appelons ame,
et que nous regardonsavee raison comme immortelle? La supposition de cette diversité
primitive de races humaines, ne tend donc'en
aucune manière à matérialiser l'homme;.si
cela étoit, la race blanche se trouveroit dans
la même hypothèse, et l'on auroit le même
titre pour la traiter comme des bêtes de
somme.
( L'opinion de Pinfériorité des nègresn'est
< pas nouvelle; la prétendue supériorité des
< blancs, n'a pour défenseurs que des blancs
< juges et parties, dont on pourroit d'abord
< discuter la compétence, avant d'attaquer
< leur décision (chap. II, pag.35). >
M. Grégoire nous dit, d'une part, que l'opinion de l'infériorité des nègres n'est
pas
nouvelle; nous le savions déjà, , etils viennent
d'en donner une preuve toute récente, par la
maniéredontilsse sont comportés en recevant
la liberté. D'une autre part, il nous cite des
autorités imposantes, qui nous assurent que
ces mêmes nègres ont été nos pères et nos
maitres dans les sciences et dans les arts : cela
ne nous paroît pas trop conséquent: ; ce qui
ne l'est pas plus,c'estque,s selon lui, les blancs
ne peuvent pas s'ériger en défenseurs de leur
ils viennent
d'en donner une preuve toute récente, par la
maniéredontilsse sont comportés en recevant
la liberté. D'une autre part, il nous cite des
autorités imposantes, qui nous assurent que
ces mêmes nègres ont été nos pères et nos
maitres dans les sciences et dans les arts : cela
ne nous paroît pas trop conséquent: ; ce qui
ne l'est pas plus,c'estque,s selon lui, les blancs
ne peuvent pas s'ériger en défenseurs de leur --- Page 70 ---
(60)
propre cause, pour prouver leur prétendue
sepsenioniésurkenigres L'évèque Grégoire,
appelle-t-il être juge de sa cause, que d'en
être l'avocat? C'est sans doute pour éviter
que Pon ne fasse ce reproche aux
qu'ils'est constitué leur défenseur nègres s
Ce n'est qu'après avoir mis dans officieux.
de comparaison les
un creuset
celles des
productions des blancs et
nègres, qu'on peut assigner le degré de supériorité des uns sur les autres;l'6vèque Grégoire nous fera sans doute revenir
de notre prévention, en nous mettant sous
lesyeux les chefs-d'oeuvres de ces
il peut être certain que nous serons protégés;
Amicus Plato, magis amica veritas. Nous justes. demanderons,à M. Grégoire, si la citation de
l'apologue du lion, qui, en voyant un tableau
où l'on voyoit un lion terrassé
dit, les lions n'ont point de parunhomme,
le mérite de
peintres, a bien
l'apropos? Les nègres,
son
d'après
ouyrage, n'ont-ils pas des artistes et des
savans?
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
L'évèque Grégoire cite des autorités respectables, pour avoir le plaisir de les confondre (chap. II, p.36). K Hume, Jefferson, qui --- Page 71 ---
(63)
K tous deux prétendent que la race blanche
< est la seule cultivée, > que dans des circons-
< tances données les mêmes pour des blancs
K et des nègres, ceux-ci ne pouvoient jamais
K rivaliser avec ceux-là, que jamais on ne vit
< un nègre distingué par ses actions et parses
< lumières. >> Il cite encore Barré de S. Venant,à qui il fait dire, que si la nature
promet aux nègres quelques combinaisons, qui
les élèvent au-dessus des autres animanx,elle
leur interdit les impressions profondes,
l'exercice continu de l'esprit, du
2 et
génie et de
la raison. Nous nous permettrons d'observer;
à M. Grégoire , qu'il a dénaturé le
de Barréde S. Venant, en n'en citant passage
qu'une
partic. Le voici tel qu'il est. < Dans la Guinée,
< une atmopherenbraécanechalearcou
< tante, affaissele corps,portela torpeur dans
< tous les membres, et éloigne lhomme de
< tout travail; le développement des forces
K physiques et morales y est sans cesse arrêté
< par je ne sais quelleaction secrète, qui ôte
< toute Ssege.etploagehiommer (ilne dit
( pas seulement le nègre) dans une sorte de
< stupidité et d'engourdissement qui le ré-
< duit presque à l'état des brutes : si elle lui
K permet quelques petites combinaisons,qui
peur dans
< tous les membres, et éloigne lhomme de
< tout travail; le développement des forces
K physiques et morales y est sans cesse arrêté
< par je ne sais quelleaction secrète, qui ôte
< toute Ssege.etploagehiommer (ilne dit
( pas seulement le nègre) dans une sorte de
< stupidité et d'engourdissement qui le ré-
< duit presque à l'état des brutes : si elle lui
K permet quelques petites combinaisons,qui --- Page 72 ---
(64) )
K l'éleventau-dessus des autres animaux, elie
K lui interdit les impressions profondes et
< l'exercice continu de l'esprit, du génie et
< de la raison. > C'est donc au climat et non
alaqualitéd'homme noir, que Barré de SaintVenant attribue l'espèce d'abrutizsement des
hommes, de quelque couleur que vous les
supposiez, qui habitent la zone torride. La
preuye en deviendra évidente, par la citation
suivante du nême auteur (chap. I, pag.
K
La nature repousseroit-elle la civilisation 5):
< dans les pays chauds?I1 est impossible de
K le croire; l'homme, dans tous les climats,
( a reçu le même germe d'intelligence,
<
le rend partout également perfectible, qui le
K nègre d'Afrique, est donc appelé, comme
<. le blanc d'Europe, à jouir de ce bienfait;
< son organisation est la même
9 mais son
& gouvernement est différent. > Ilest évident
que ce passage détruit absolument l'inculpation que l'auteur fait à Barré de S. Venant.
Quand bien même Hume, Jefferson et Barré
de S. Venant admettroient une différence
entre l'homme nègre et l'homme blanc
quantaux
teobhoiaetiemelia,gase conclueroit-on? Ne remarque -t - on pas cette
même différence d'individu à individu parmi
la même
9 mais son
& gouvernement est différent. > Ilest évident
que ce passage détruit absolument l'inculpation que l'auteur fait à Barré de S. Venant.
Quand bien même Hume, Jefferson et Barré
de S. Venant admettroient une différence
entre l'homme nègre et l'homme blanc
quantaux
teobhoiaetiemelia,gase conclueroit-on? Ne remarque -t - on pas cette
même différence d'individu à individu parmi --- Page 73 ---
(65)
les blancs; de famille à famille ; de départes
mnentideparicment;d
à
dergyaumcaroysimez
plus forte raison peut-elle exister. d'un
climat à un climat tout à fait
n'y auroit donc rien
opposé ; il
différence
d'étonnant que cette
existât entre la race blanche et la
nègre; Pauteur a même cité des
font pencher la balanre du côté antoritésqui de
dernière. En notre qualité de colons cette
avons eu occasion d'observer
, nous
tions
différentes nanègres; nous avons trouvé, dans quelques-unes, des degrés d'intelligence,
tude à P'instruction, de beaucoup
d'aptià ceux que nous rencontrions dans supérieurs d'autres.
Les Congos sont, de tous les nègres,les
spirituels, les plus propres à faire des plus
vriers, des
ils sont
oudomestiques;
en général
petits. Pour les travaux de la terre, on choisit
de préférence les Sénégalais et les
ils ont moins
Aradas;
d'intelligence que les
mais ils sont plus laborieux. Les Aradas Congos;
ont
une aptitude ou un goût particulier pour la
connoissance des plantes usuelles,même des
vénéneuses;a aussitrouve-t-on parmieux beauconp de caprélatas,ce quisignifie en françois
des médecins;il ily en a ausside macanduls,ce
qui signifie empoisonneur, ensorcelleur. Les
--- Page 74 ---
66)
Congos sont naturellement gais, railleurs,
improviseurs de chansons qui ont
pour sujet de se moquerde
toujours
o1
quelqu'un, I nègre
blanc;quelquelois même de leurs
Les
maîtres.
ractère Mandingues ou Mondongucs ont un cade stupidité qui iva jusqu'à la
ils sont, pour la plupart,
férocité;
peut être est-ce
anthropophages;
pour cela que dans leur
on leur lime les dents en
pays
vent forcé de les détruire pointes : on est sousur les habitations,
pouravoirdévordum. camarade, ou des
< Il faut, pourqu'un peuple soit enfans.
< raison d'absence totale de
taxéavec
S existé en corps de nation, aussi génie, qu'il ait
< que les Grecs, avant d'avoir un long-temps
( les Romains, un Virgile; les
Homère;
< Racine
François, un
(chap.I,pag. 38). > Quiel pompeux
éloge l'évêque Grégoire fait de la race nègre,
puisqu'avant cette époque, elle peut
un abndire-cbnbedremnems compter
dans tous les genres, dont il promet distingués de
faire connoître les noms setlesotvrages. nous
a donc grand tort, lorsqu'il avance
Genty le
que
nie ne peut naître au sein de
ge.
Popprobre et de
lamisere,quand
long'entreroitantcune, récompense, aucun espoir de soulagement.
veut-il parler des nègres en
Genty
Afrique, ou des
poque, elle peut
un abndire-cbnbedremnems compter
dans tous les genres, dont il promet distingués de
faire connoître les noms setlesotvrages. nous
a donc grand tort, lorsqu'il avance
Genty le
que
nie ne peut naître au sein de
ge.
Popprobre et de
lamisere,quand
long'entreroitantcune, récompense, aucun espoir de soulagement.
veut-il parler des nègres en
Genty
Afrique, ou des --- Page 75 ---
(67)
esclaves de S. Domingue ? Ceux d'Afrique
xeatkpislesgcionps en corpsd de nation;
ils n'y ont pas étésansdoute assez long-temps.
Quant à ceux des Antilles et autres colonies
de S. Domingue, nous ferons obseryer à
M. Genty, que Ics deux mots opprobre et
misere sont inconyenans. Le mot opprobre
ne peut nullement s'appliquer aux esclayes
honnêtes, qui, en remplissant les devoirs attachésà leurcondition, quin'est malheureuse
que comparativement, sont tout aussi respectables, et s'estiment autant qu'une infinité de blancs qui, en se targuant du titre illusoire d'hommes libres, sont, 9 SOUS plusieurs
rapports, plus esclaves qu'eux, surtout Sous
celui dela misère, dontle nom seul estignoré
dans les Antilles ; fille des besoins naturels
multipliés sous les zones tempérées ou froides,e ellen'ajamais dépassé les tropiques. Tout
aussi vrais philantropes que quelques Européens, nous désirons, pour beaucoup d'individus, que nous avons sous les yeux, un sort
pareil à celui des nègres esclaves bons sujets.
Hélas! plus d'un tiers des Américains sont réduits en France à le désirer pour eux-mêmes.
Selon le curé Sibire, nous en sommes bien
dignes; 3 pourtant nous ne l'avons pas. --- Page 76 ---
(68)
chrétienne seroit sans doute
K La religion de hâter et de maintenir
< un grand moyen
41). x
(ch.1,p.
( la civilisation
disconvenir; sa morale
Nous n'en pouvons des
les plus
eublime devroit être un
moyens meilleurs;
de rendre les hommes
puissans
avec peine que son
mais hélas ! nous voyons infaillible;l le sang des
effet n'est pas toujours
fume-t-il
ministres de cette sainte religion,ne contre
encore ? ne crie-t-il pas vengeance
pas
SC décorant du nom pompeux
ceux qui, en
vautrés dans la fange, et
de chrétien, se sont
de tous les crimes
rendus coupables
se sont
Ne se disoientde la barbarie la plus sauvage? qui nous sont
chrétiens, les émissaires
ils pas
France aux Antilles : et qui ont
venus de
par des
souillé nos villes et nos campagnes, mieux
desanghumain ? N'edt-il pas
sacrifices
nous servir des propres expresvallu, pour
nous envoyer des sersions de M. Grégoire,
nous
? A Dieu ne plaise que
pens à sonnettes
si nous maintenons
la religion,
en accusions
un frein
seulement qu'elle n'ait pas toujours
la multitude,si un chef
assez puissant pour réunit à elle pour faire
juste et ferme ne se
lois.
respecter et exécuter ses attribuela barba43)
6 Barron (ch.1,P.
ous servir des propres expresvallu, pour
nous envoyer des sersions de M. Grégoire,
nous
? A Dieu ne plaise que
pens à sonnettes
si nous maintenons
la religion,
en accusions
un frein
seulement qu'elle n'ait pas toujours
la multitude,si un chef
assez puissant pour réunit à elle pour faire
juste et ferme ne se
lois.
respecter et exécuter ses attribuela barba43)
6 Barron (ch.1,P. --- Page 77 ---
(69 )
R ric actuelle de quelques contrées
< que, au commerce des esclaves. d'Afriplus vrai de dire
> Il seroit
quelccommerce
par les Européens, suscite
descsclaves
peut-être plus de
guerres en Afrique qu'il n'y en avoit autrefois; mais lcs souverains sont moins barbares
depuis qu'ils trouvent à vendre leurs
niers, puisqu'alors ils les faisoient prisonquoi qu'en disent les
périr; et
des Antilles
négrophiles, l'esclavage
fausse idée est préférable à la mort; et la
que les Européens s'en
ne provient que de l'exaltation sont fait,
gération
et de l'exaaden@grophilesqui
ils veulent à toute force dénatnrentiout;
<
les
< n'entrevoient dans l'avenir que
esclaves
< de récompense, ni de
aucun espoir
viendront-ils
soulagement. > Conqu'il y avoit dans les colonies
beaucoup d'affranchis ? D'ot leur est
cette liberté ? N'étoit-elle
venue
des services rendus à
pas la récompense
Il n'y avoit
Phabitation, au maître?
bitant mourût presque pas d'exemple qu'un hasans avoir, par son
légué la liberté à
testament,
plusieurs de ses sujets,soit
domestiques, soit cultivateurs; n'étoit-il
d'usage de donner la liberté
pas
qui avoient six enfans
aux négresses
avoient été nourrices vivans; à celles qui
des enfans du maitre ? --- Page 78 ---
(70)
des affranchissemens,
Mais, ne parlons pas
que d'un
quine pouvoient être la récompense
petitnombre de nègres,la certitude pourtous
vêtus, nourris, médicamentés
d'être logés, ouils cessent, par leur âge,
depuis l'époque rendre des services à Phabitation,
de pouvoir
quoi qu'en disentles
jusqu'à leur mort, qui,
arrive souvent à une époque
négrophiles > cettecertitude n'est-elle pas une
très-reculée;
de soulagement et de
récompense, un espoir
cn Eul'avenir? Vos journaliers,
repos pour tous les hommes sans propriétés ou
rope, et ont-ils scem même espoir ?Duj jour où
sans talens d'ètre utiles à la société, commence
il cessent
ressources finissentp précileur misere;etleurs ou leurs besoins augmensément à l'époque
Tnentusgatile
tent,quandla viennent les accabler. N'est-ce
compagnent
la nécessité, mille fois pire
pastialesclavagedel pourle malheur rdu plus grand
que celuidont,
les négrophiles ont denombre des nègres,
l'abolition, dans un
mandé imprudemment et de la manière la plus
temps inconvenant,
impolitique et la plus dangereuse.
con-
< Homère assure que quand Jupiter illuiôte la
< damne un hommealleselavage. pag. 44).>
< moitié de son esprit (chap.1,
-ce
compagnent
la nécessité, mille fois pire
pastialesclavagedel pourle malheur rdu plus grand
que celuidont,
les négrophiles ont denombre des nègres,
l'abolition, dans un
mandé imprudemment et de la manière la plus
temps inconvenant,
impolitique et la plus dangereuse.
con-
< Homère assure que quand Jupiter illuiôte la
< damne un hommealleselavage. pag. 44).>
< moitié de son esprit (chap.1, --- Page 79 ---
(71)
N'admirez-vous pas en cela, Monseigneur,
la bonté paternelle de Jupiter pour tous ses
enfans. Si les esclaves avoient autant d'esprit
et de copnoissance que leur maître, ne seroient-ils pas doublement malheureux, de
pouvoir faire la comparaison entre leur état
et le sien? Donnez à des enfans de paysans et
de journaliers la même éducation qu'aux enfans des riches qui sont destinés à remplir les
premières places dans le gouvernement; renvoyez-les ensuite à leurs pères, pensez-vous
qu'ils veuillent labourer ou bécher la terre?
Et dans la supposition qu'ils soient forcés de
le faire, ne souffriront-ils pas plus que ceux
de leurs frères, qui, sans chercher à s'élever
au-dessus de la profession de leurs pères 3 aurontappris dès leur enfance à labourer et à
bécher? Mais, nous direz-vous,on peut mettre
dans des places les fils de paysans, lorsqu'ils
ont reçu de l'éducation ; on ne peut en disconvenir; mais, qui labourera? qui béchera
la terre? Peuplez la terre de savans,cilesera
bien vite stérile. Remercions donc' 1 Jupiter de
n'avoir pas prodigué cette arme si dangereuse, qui,dans des mainsimprudentes, cause
la plus grande partie des malheurs de'la SOciété, T'esprit.. --- Page 80 ---
(72)
K Quels sentimens de dignité, de res-
< pect pour eux - mêmes, peuvent conce-
< voir des êtres considérés
comme le bé-
< tail, et que des maîtres jouent
( contre quelques barils de
quelquefois
riz, ou d'autres
< marchandises? Que peuvent être des indi-
< vidusdégradés au-dessous des
<
brutes,excé.
désdetravail, couverts de
dévorés
<
haillons,
par la faim, et pour la moindre faute, dé-
< chirés par le fouet sanglant d'un
< deur (chap. I,
commanpag. 44). >
Les négrophiles veulent, à toute
que les colons regardent leurs
force,
un troupeau de bétail!
nègres comme
nousleleur accordons
pour un instant. Il paroît qu'ils ne sont
au courant de ce qui se passe dans les pas
pagnes chez les laboureurs
camn'ont
d'Europe; qu'ils
jamais observé les soins particuliers
qu'ils prennent de leur bétail, qui fait leur
principale fortune. Un boeuf est-il malade?
rien n'est épargné pour avoir les médicamens nécessaires ; on se lève dix fois dans la
nuit, ou platôt on ne se conche pas,
-être à même de lui
pour
porter tous les secours
que demande son état: nous dirons, même
à la honte de Phomanité
le
que
paysan sera
parcimonieux lorsqu'il s'agira d'acheter des
qu'ils prennent de leur bétail, qui fait leur
principale fortune. Un boeuf est-il malade?
rien n'est épargné pour avoir les médicamens nécessaires ; on se lève dix fois dans la
nuit, ou platôt on ne se conche pas,
-être à même de lui
pour
porter tous les secours
que demande son état: nous dirons, même
à la honte de Phomanité
le
que
paysan sera
parcimonieux lorsqu'il s'agira d'acheter des --- Page 81 ---
(73)
remèdes pour sa femme ou ses
ne regardera
enfans, et qu'il
point à l'argent pour le soulagementde son boeuf Nousavons été
en France, qu'un labourcur,
témoins s
curé de
venant chez un
campagne, lui porter de
pour faire dire une messe pourle l'argent
ment d'un de SeS
rétablissebaufs, et que, le curé lui
ayant remontré qu'il devoit
dire pour sa femme,
plutôt en faire
trois mois, il lui
qui étoit au lit depuis
venoit à mourir, il répartit que si Sa femme
ne lui faudroit pas d'argent pour en avoir une autre, mais
étoit pas ainsi de son boeuf. Un qu'iln'en
coûte mille écus, et
nègre, qui
souvent
lorsqu'il a des talens,
beauconp plus
lons ni le sentiment n'excitera chez les COcelui de l'intérêt! de l'humanité ni même
Que doit-on
ceux qui ne supposent dans les colons penser de
ni l'autre de ces mobiles ?
ni l'un
nent tous pour des fous
qu'ils nous preny auroit-il existé
ou des barbares. Mais
dant de travail des colons riches, en excéleurs
nègres,et, ce qui est
contradictoire, en les faisant mourir de faim,
commesi l'homme ou la brute
gent pas pouvoient travailler qui ne manen les déchirant
ie
fortement) et
commandeurs? par
fouet sanglant des
Peut-on disconvenir que les --- Page 82 ---
(74)
deux tiers des colons, non-seulement
soient de très-grandes fortunes,
jouisfaisoient celle de tous les
mais encore
étoient en relation
Européens qui
de
avec eux ? Il seroit facile
démontrer cette vérité,d démentie
d'hui par une partie des négocians de France, aujourqui, ue pouvant plus sucerun sein tari par les
circonstances, le déchirent à belles dents. Il
en existe cependant encore un petit nombre
d'honnètes, qui, mêlant leurs larmes avec
les nôtres, gémissent sur le malheur de leur
patrie, de s'être laissée conduire
des
prits exaltés, de faux
par
esthéories
philosoples, dont les
dangereuses ne tendant pas moins
qu'à une anarchie
le plus beau
universelle, ont détruit
pays du monde, S. Domingue.
< Les colons (dit l'auteur) ) jouoient, aux
< cartes ou au billard, leurs esclaves contre
G quelques barils de ris. > L'évèjue Grégoire prouve bien par-là qu'il est dans Pignorance du prix des marchandises animales
€t végétales des colonies. Combien il auroit
fallu de barils de riz (qui, dans ce
est à un très-bas
pays-là,
prix d'un
prix), pour équivaloir au
nègre que les François nous vendoient au poids de l'or. Nous ne dirons
cependant, qu'on ne jouât pas quelquefois des pas
ris. > L'évèjue Grégoire prouve bien par-là qu'il est dans Pignorance du prix des marchandises animales
€t végétales des colonies. Combien il auroit
fallu de barils de riz (qui, dans ce
est à un très-bas
pays-là,
prix d'un
prix), pour équivaloir au
nègre que les François nous vendoient au poids de l'or. Nous ne dirons
cependant, qu'on ne jouât pas quelquefois des pas --- Page 83 ---
(75)
nègres; mais c'éloit de mauvais sujets que
l'on jouoit pour s'en défaire, et plutôtà qui
ne les auroit pas, qu'à qui les gagneroit ;
quoiqu'ils ne fussent pas regardés par nous
d'après leur
comme des brutes, cependant,
d'esclave, ils étoient vénals. Il paroit
qualité
les sentimens de pitié équ'ont ex.
que,d'apres cités dans l'ame sensible de l'évèque Gréchevaux de Paris, il ne vendroit pas
goire,les
forte raison, il
même les siens, et qu'à plus
ne les joueroit pas. Nous en trouvons cependans le clergé de Francedant un exemple
d'ailleurs, mais quiaiUn très-digne prélat
le
sont bommes
moit un peu jeu, (les prélats
quelquefois ) l'évèque de * , passant
doute,
près d'une maison quilconnoissoitsanse
soeur
étoit avec lui dans sa voidit à sa
qui
dans
ture, qu'il avoit affaire pour un instant
et qu'elle voulût bien l'attencette maison,
non-éeulemedt tout
dre; Monseigneur perdit
l'argent qu'ilavoit sur lui, mais joua sa voiture et ses chevaux et perdit tout; son vainimpatient dejouir de sa nouvelle conqueur,
de le conduire
quête offirit à Monseigneur
et descendit pour
à son palais épiscopal,
fut
de la voiture. Quel
prendre possession
dedans,
son étonnement, lorsqu'il aperçut, --- Page 84 ---
(76)
une dame: Madame en est-elle aussi?
à Monseigneur.
dit-il
Revenons à nos nègres; vous
quand bien même nous les mettrions voyez que,
des brutes; nous en aurions,
au rang
soin que l'on a des brutes,
cependant, le
tirer du travail;
quand on en veut
etqu'en les
les nourrissant
excédant, en ne
pas, en ne les vêtissant
en les faisant déchirerà
pas 2
n'irions pas à la fortune coups de fonet, nous
sible. Les
par cette voie imposEnropéens sont donc des
teurs,et non pas les colons,
imposvotreinestimable
comme le dit
cure Sibire, à qui il
que les François rendent la
paroît
est due. L'intérêt,
justice qui lui
le plus
Monseigneur! l'intérêt est
puissant de tous les mobiles; ; il commanderoit aux colons, si leur humanité
taisoit: nous ne pouyons cependant
se
venir qu'il se trouvât
disconsensés ( ne s'en
parmi eux quelques inqui sacrifioient, trouve-t-il pas en Europe ? ),
les
à leur brutal caractère, tous
sentimens d'humanité, même
mais le nombre en étoit si
d'intérêt;
qu'une
petit qu'il n'étoit
exception ; encore la faute doit - elle
en être imputée aux commandans et aux
gistrats qui sont chargés par le
mament de faire exécuter le code noir gouverne-
(cecode
'il se trouvât
disconsensés ( ne s'en
parmi eux quelques inqui sacrifioient, trouve-t-il pas en Europe ? ),
les
à leur brutal caractère, tous
sentimens d'humanité, même
mais le nombre en étoit si
d'intérêt;
qu'une
petit qu'il n'étoit
exception ; encore la faute doit - elle
en être imputée aux commandans et aux
gistrats qui sont chargés par le
mament de faire exécuter le code noir gouverne-
(cecode --- Page 85 ---
(7)
est un édit rendu par Louis XIV, en 1685,
touchant la police des iles françoises cultivées
pardes esclaves), . dans lequel sont clairement
et sagement énoncés les devoirs des esclaves
envers leurs maitres et les obligations des
maîtres envers leurs esclaves; dans ce code
est limitée l'étendue de leurs pouvoirs relativement aux châtimens des nègres. Quel
hommesera assez injuste et assezi impolitique,
pour prétendre qu'il faut laisser le crime ou
les fautes graves impunis, parmi iles nègres,
parce qu'ils ont le malheur d'être esclaves ?
Qu'arriveroit-il, dans les sociétés policées
etlibres, si la crainte du châtiment n'étoit un
frein pour les méchans? Chaque habitation
est l'image d'une petite république; supposez-la composée d'hommes sans défauts et
sans vices, le fouet sera aussi étranger aux
individus, queles punitions le sont aux blancs
libres qui SC comportent bien ; car, encore
une fois, on ne bat point son nègre, ni son
boeuf, ni son cheval pour le plaisir de le battre ; et si les chevaux de Paris, sur lesquels
l'extrême sensibilité de l'évèque Grégoire, a
laissé tomber des larmes de pitié, appartenoient aux charretiers qui les conduisent, ils
ne les traiteroient pas avec barbarie comme --- Page 86 ---
(78)
ils le font, A Dieu ne
plaise que nous veuillons reprocher, à l'évèque
Grégoire 2 son
amour bien prononcé pour les nègres d'Afrique, pour les chevaux de Paris, et pour les
oiseaux d'Italie. Nous connoissons des individus apatbiques qui n'aiment ni les hommes,
ni les bêtes, il y a donc un certain mérite à
aimer une partie de l'espèce, qu'on nomme
humaine(qui parfois ne l'est pas trop), ne
fût-ce que l'espèce noire.
Nous Sommes cependant forcés de faire
un aveu vraiment fait pour apitoyer sur
le sort des esclaves, mais
auquel on peut
remédier. Il reste, dans le coeur des blancs,
nés dans les colonies, une étincelle d'amour
pour leur ancienne patrie, la France ; de
cette source 3 qui paroît pure, jaillissent les
causes les plus directes des malheurs des
nègres, et même des blancs. Les colons
à peine sortis des mains de leurs
rices tournent leurs premiers
nourregards et leurs
premières pensées vers la France (inde mali
labes); tout ce qu'ils en entendent dire,
les Francois qui débarquent, exalte
par
leur imagination
encore
9 faute de connoître les véritables jouissances, , celles de l'ame et celles
de la nature; jouissances que P'homme
sage
des malheurs des
nègres, et même des blancs. Les colons
à peine sortis des mains de leurs
rices tournent leurs premiers
nourregards et leurs
premières pensées vers la France (inde mali
labes); tout ce qu'ils en entendent dire,
les Francois qui débarquent, exalte
par
leur imagination
encore
9 faute de connoître les véritables jouissances, , celles de l'ame et celles
de la nature; jouissances que P'homme
sage --- Page 87 ---
(79)
trouve partout, et peut-être plus facilement
en Amérique que dans les autres climats, ils
sont dans la fausse persuasion
que l'homme
richenej peut et ne doit trouverqu'en France
tous les moyens de satisfaire ses goûts et ses
passions. Oh! trop funeste erreur! les colons
sans expérience ignorent que ce
selon l'usage que l'on en fait, métal,qui,
ment le bonheuret] le malheur procure de
égaleceux quile
possedent, diminue des deux tiers en s'éloignant de la mine dont il est tiré,qu'il s'amincit à l'extrême, en passant par les filières
des régisseurs etdes négocians. Ques'ensuit-il
delà? Le colon vient chercher en France un
bonheur
imaginaire, y dérange sa fortune;
etce qu'il ya de plus affligeant pour les véritables amis de Phumanité, c'est qu'abandonnant à des mains mercénaires ses malheureux
esclaves, s'il n'a pas, eu le bonheur de choisir,
un régisseur honnête, ils seront victimes de
la cupidité de
PEuropéen 5 qui,ne les regardant pas comme sa propriété, les contraint à
des travaux qui excèdent leurs forces,les exténue, et fait périr ceux dont le
ment ne peut suffire aux grandes tempéram- fatigues.
Voici, Monseigneur, une des causes principales des mauvais traitemens des esclaves. Les --- Page 88 ---
80 )
accusent les colons, qui n'en
négrophiles en
indirecte en s'absentant;
sont qu'une cause
de l'opprobre des
mais doit-on les couvrir
toujours à
Européens ? Nous en revenons
et comrejeter la faute sur les magistrats
dans
des cultures, qui,
mandiane-inspecteurs
devroient
l'absence des colons propriétaires, des orregarder les nègres esclaves comme
et à
confiés à leurs soins paternels
phelins
leur bumanité,
Sibire,
après avoir
curé
qui
< L'estimable
est acmissionné avec succès en Afrique,
comme tant de dignes prêtres,
< tuellement, du ministère par des fanatiques;
K repoussé
des colons, ils
dit, en se moquant
< Sibire
si bizarres de la
K, ont fait des descriptions et sous des coude leurs nègres,
< béatitude
<
aimablesqenadinirant
leurssiriantesetsic
tableaux d'imagination, on regrette
< leurs
d'être libre, ,ou qu'il prend envie
K presque
pas à ces
< d'être
ils
Pedbve-desteataiene)
esclaves un pareil bonheur dont
< colons
dignes(eh.1.pag. 45). >
4 ne sont quedrop Grégoire nous cite parComme l'évèque
nous a mis sous
fois des apolngues, et qu'il
celui du lion, auquel on montroit
les yeux
un lion terrassé par
un tableau représentant
leurs
d'être libre, ,ou qu'il prend envie
K presque
pas à ces
< d'être
ils
Pedbve-desteataiene)
esclaves un pareil bonheur dont
< colons
dignes(eh.1.pag. 45). >
4 ne sont quedrop Grégoire nous cite parComme l'évèque
nous a mis sous
fois des apolngues, et qu'il
celui du lion, auquel on montroit
les yeux
un lion terrassé par
un tableau représentant --- Page 89 ---
(8r)
tin homme, nons allons aussi, à l'occasion
du bon Sibire, lui rappeler P'apologue du
lion mourant. Tu quoque mi Sibire / vous
nousdomnezatussien passant une petite ruade,
encore vous nous avertissez que c'est en vous
moquant de nous; nous sommes si bons, si
bons, qJu'en vérité nous ne l'eussions pas deviné; mais nous sommes sans
rancune, et
nous pensons , comme l'évèque
aussi
Grégoire,
qu'un
digne
ceclésiastiqueque vous,un
missionneur aussi zélé, qui a missionné (1)
en Afrique, avec tant de succès, ne devroit
pas être repoussé du ministère, dans une circonstancesurtout où l'on manque de
ce
prêtres;
ne peut-être, comme le dit très-bien Pévèque Grégoire, que l'effet du fanatisme.
Comme nous étions dans l'erreur
! nous
croyons ce monstre totalement terrassé en
France; eh! contre qui ose-t-il encore lever
sa tête altière? La France n'a telle pas à craindre, que le digne apôtre Sibire, secouant la
poussière de ses souliers, ne retourne en
(1) Le mot missionner est nouveau sans doste?, nous
ne le connoissions pes; aussi avons-nous inis missionneur au lieu du vieux mot missionnaire.
Ta verborum vetus interit cetas.
--- Page 90 ---
( (82) )
Afrique? Avec quel plaisir CGS chères brebis
noires reverroient leur bon
pasteur blane;
mais pourquoi n'iroit-il pas, à S
affermir les nègres dans la doctrine Domingue,
qu'il leur
a prêché?
< Les colons (ch. II, pag. 46),lit Sibire,
ic ont fait des descriptions si bizarres, de la
< béatitude de leurs nègres, qu'ils feroient
4 presqne désirer d'être esclave. >>
Si vous étiez capable, homme del Dieu,de
laisser tomber un regard de pitié sur les débris des malbeureuses familles américaines,
que VOS écrits et votre opinion exaltée ont
plongées dans l'abime de la misère la plus af
freuse, vous sauriez que plus des denx tiers
se regarderoient comme très-heurenx d'avoir le sort dont jouissoient leurs
bons
nègres
sujets; et ce sort que YOUS leur souhaitez, par dérision, est mille fois à préférer à
l'état précaire et malheureux de la majorité
d'eux. Nous ne conviendrons
pas 7 par exemple, que nous eussions autrefois changé énotre
sort avec celui de nos nègres,
fut
quoiqu'il ne
pas malheureux; et c'est une grosse absurdité, de la part du curé Sibire, de
avoir fait le reproche de ne l'ayoir
nous
cela ne prouye rien
pas fait;
pour lui, et l'ironien'est
à préférer à
l'état précaire et malheureux de la majorité
d'eux. Nous ne conviendrons
pas 7 par exemple, que nous eussions autrefois changé énotre
sort avec celui de nos nègres,
fut
quoiqu'il ne
pas malheureux; et c'est une grosse absurdité, de la part du curé Sibire, de
avoir fait le reproche de ne l'ayoir
nous
cela ne prouye rien
pas fait;
pour lui, et l'ironien'est --- Page 91 ---
( 83 )
pas heureuse: ; car beaucoup de blancs en
France sont heureux dans l'état de domesticité, Cependant il est sans exemple qu'un
maître ait eu la fantaisie de changer son état
avec son domestique, quoique souvent il fut,
sous bien des rapports, plus malheurenx que
lui. Quand l'évèque Grégoire siégeoit sur le
trône épiscopal, lui est-il jamais venu dans
l'idée de changer de place avec un de ses chanoines ? Cependant, les chanoines (dans l'ancien régime) étoient si heureux, qu'on disoit
trivialement : heureux comme Z12 chanoine
Et.vous, bon curé Sibire, vous est-il jamais
venu dans l'idée de vons mettre à la place
de votre sacristain, qui sans doute n'étoit pas
malheureux ?
< Siparimposibilité, - ilexistoitsurla terre
< un homme nécessité à servir de proie à ses
K semblables,ilseroit un angmmentinvincible
< contre la providence (ch. II, pag. 46). >
L'évèque Grégoire n'est pas beaucoup plus
habile que nous, quand il s'agit des décrets
de la providence; ils sont impénétrables aux
foibles mortels. N'existe-t-il pas des anthropophages au physique ct au moral? l'homme
qui sert de pâture ou de victime à un autre
homme, n'a-t-il pas le droit de penser, que
s'il n'a pas été créé pour cela, au moins --- Page 92 ---
(84)
il n'étoit pas dans les décrets du Père
commun de l'empêcher? L'homme
il
pauyre n'estpas nécessité de servir le riche, de lui vendre sa liberté? le pauyre et le riche ne sont
ils pas également les enfans du même Pere
commun? pourquoi donc ne sont-ils pas traités de la même manière? La timide brebis
devient la proie du tigre féroce ; le Créateur
lai a refusé les moyens de Se
défendre, et a
donnéau tigre une gueule énorme garnie de
dents déchirantes auxquelles elle ne peut
poser aucun moyen de résistance. La op- timide colombe, malgré son vol rapide, tombe
entre les serres poignantes de l'épervier,
en fait sa pâture. Un oiseau est
d'un qui
pouryu
large bec, d'un gosier énorme, il engloutit
dans un jour des milliers d'insectes. L'araignée est pourvue d'un réservoirrempli d'une
substance
glutineuse, qui, en se combinant
avec l'air et la lumière, prend assez de consistance pour former des fils d'un diamètre
infiniment petit,avec lesquels cetinsecte tisserand forme des filets en forme de réseau,
dans lesquels viennent Se prendre des mouches de toutes espèces, destinées à lui servir
denourriture. Combien de genresde
ne vivent que d'autres poissons ? L'homme poissons
omnivore fait serviràsa nourriture,quadru-
glutineuse, qui, en se combinant
avec l'air et la lumière, prend assez de consistance pour former des fils d'un diamètre
infiniment petit,avec lesquels cetinsecte tisserand forme des filets en forme de réseau,
dans lesquels viennent Se prendre des mouches de toutes espèces, destinées à lui servir
denourriture. Combien de genresde
ne vivent que d'autres poissons ? L'homme poissons
omnivore fait serviràsa nourriture,quadru- --- Page 93 ---
85 )
pèdes, oiseaux, poissons, végétaux, 3 même
ses semblables, et devient lui-même, après
sa mort, quelquefois même pendantsa vie, la
proie des insectes qui étoient l'objet de ses
mépris ; tout ce quia reçu l'existence ne peut
donc la prolonger que par la destruction des
êtres vivans comme lui. Voilà sans doute des
contradictions apparentes; ; mais n'est-ce pas
de Ces prétendues coutradictions que naît
l'ordre admirable qui maintient l'univers.
& Si les esclaves sont si iheureux, pourquoi
< enlevoit-on annuellement d'Afrique qua-
< tre-vingtmille noirs, pour remplacer ceux
< qui avoient succombé aux fatigues, à la
< misère, , au désespoir; car, de l'aveu des
< planteurs, il en périt beaucoup dans les
< premiers temps de leurséjour en Amériquie
< (chap. II, pag. 46). >
S'il arrivoitaux.Antilles quatre-vingt mille
nègres tous lesans,cequi est exagéré, ce n'étoit pas tant pour remplacerles mortalitésque
pour augmenter les cultures, en faisant de
nouveaux défrichemens; et s'il en périssoit
une partie pendant les premières années de
leur séjour,cen'étoit ni parles fatigues, ni par
la misère, ni par le désespoir. Les Européens
de bonne foi,qui sont allés dans les colonies,
attesteront que Pon ayoit un soin tout par- --- Page 94 ---
(86)
ticulier des nègres nouvellement arrivés
qu'on leur donnoit une nourriture
$
abondante,)
saine et
parce qu'ils n'avoient pas encore,
comme les nègres anciens, des volailles, des
cochons, ua petit jardin particulier à fruits
età légumes; qu'on ne les faisoit travailler
qu'antanton'il falloit, pour que cela leurservit d'exercice. Ce ne sont donc pas, comme le
disent les négrophiles, ni la faim, ni les fatigues qui causent la mort des nègres qui arriventdansles colonies, mais les mêmes causes
gRiovesianratlanurida Européens,quoiqu'ils n'éprouvent en arrivant ni misère ni
fatigue, le changement de climat, de nourriture, et surtout les affections morales.
des nègres assez bornés
Ilya
blancs les ont achetés pour croire que les
pour les engraisser, les
manger, et boire leur sang. Cette malheureuse prévention porte à se détruire, ceux
d'entr'eux surtont, quicroient à la métempsycose (les mina sont surtout dans ce cas
nuais CCS sortes de suicides sont
la);
moins communs que veulent le faire beaucoup croire
les négrophiles, et ils n'ont lieu quedans les
premiers temps de l'arrivée des negres dans
Jes colonies, lorsqu'ils sont encore dans Pincertitude de leur sort. lls avouent tous
suite, qu'ils préferent leur nouvel
parla
état, au
, ceux
d'entr'eux surtont, quicroient à la métempsycose (les mina sont surtout dans ce cas
nuais CCS sortes de suicides sont
la);
moins communs que veulent le faire beaucoup croire
les négrophiles, et ils n'ont lieu quedans les
premiers temps de l'arrivée des negres dans
Jes colonies, lorsqu'ils sont encore dans Pincertitude de leur sort. lls avouent tous
suite, qu'ils préferent leur nouvel
parla
état, au --- Page 95 ---
I 87 )
sort incertain qu'ils avoient dans leur pays.
Les prétendus élans d'allégresse que suppose
l'évèque Grégoire, aux nègres,lorsqu'ils assistent aux fumnérailles de leurs camarades,
ou de leurs parens, ne sont rien moins quela
preuve qu'ilsontbien aiscsdeles voirdélivrés
de l'esclavage ct de la misère. Chaque caste
Ou nation nègrea SCS cérémonies particulières
pour les funérailles de ses morts: ; mais nous
avons observéque toutess s'accordentaurdenx
points principaux ; toutes conduisent le mort
à sa tombe, en pleurant,ou feignant de pleurcr, et en chantant des airs lugubres ; et
toutes reviennent de la cérémonie en chantant des airs gais, que leur inspirent les libations abondantes de taffia qu'elles ont faites
sur cette tombe; et les unes etlesautres passent la nuit à boire et à danser.
( A Batavia ( chap. II., P. 48. ), d'après
< Barrow, on s'abonne, à tant par année,
< pour faire fouetter en masse les esclaves,
< et, sur le champ, On prévient la gangrène
( en couvrant les plaies de poivre et de sel >.
Nous regardons cette assertion comme si
invraisemblable que nous nous croyons en
droit de la nier : pourtant, dans la supposition que les nègres de Batavia fussent de la --- Page 96 ---
(8 88 )
nature des sabots,
qui ne tournent
qu'on les fouette,
que lorsJons de
pourquoi imputer aux COdois, S-Domingue, la cruauté des
ct supposer à nos esclaves
Hollanvices qu'aux leurs ?
les mêmes
boucs émissaires
Sommes - nous donc les
de tous les
çois, ne sommes-nous
peuples? Franles
plus VOS frères? Hélas!
pauvres n'ont plus de frères:
dépouillés, et
nous sommes
devoient
par qui? par ceux même
nous
qui
garantir nos
qu'ils nous les avoient
propriétés, puisAbandonnant
vendues(1).
pour un instant les
l'évéque Grégoire cite
colons,
& pitaine négrier
l'anecdote < d'un caqui, manquant d'eau et
(r) Barrow a onblié, ou
manière se fait cette flagellation pent-être ne sait pas de quelle
nenr, dit-on, a des
cn masse, L'ontrepre
on prétend que deux mécaniques, cents
des espèces de moulins; :
ce qu'ils
nègres, en se présentant
acquièrent par la grande
bien,
cevoir le fonct en même tem Vive habitade , peuvent Telinvention ! nons autres ps.
les Hollandois pour
encore rendns à ce degré François de
nous ne sommes pas
fouetter nos negres (car il perfection fant
; anssi, pour faire
fouettés), on commence au
que des nègres soient
fini lorsque la nuit vient, chant du cog, etl'on n'a pas
Grégoire, d'après
C'est ce qu'assure T'érèqae
dantla récolution Wimphen, qui éerivoit,
; or, cc quia été
dit-il, pendoip être cru comme parole
écrità cette époque,
d'érangile,
fouetter nos negres (car il perfection fant
; anssi, pour faire
fouettés), on commence au
que des nègres soient
fini lorsque la nuit vient, chant du cog, etl'on n'a pas
Grégoire, d'après
C'est ce qu'assure T'érèqae
dantla récolution Wimphen, qui éerivoit,
; or, cc quia été
dit-il, pendoip être cru comme parole
écrità cette époque,
d'érangile, --- Page 97 ---
( 80 )
< voyant la mortalité rayager sa cargaison,
< jetoit, par centaines, les nègres à la mer >.
Le capitaine n'en etit-il jetéque deux cents,
engloutissoit dans les flots, une somme de
quatre ceut mille francs: à qui l'évèque Grégoire pourra-t-il faire croire qu'un homme,
par un caprice barbare, se décide à perdre
une pareille somme ? Si le fait est vrai, il ne
peut être attribué qu'à la force des circonstances, et ne peut nullement être imputé
au capitaine. La disette de vivres, par la
longueur des traversées, a mis, plus d'une
fois les capitaines dans la dure nécessité de
sacrifier une partie des hommes de leur vaisseau pour conserver l'autre, lors même qu'il
n'y avoit que des blancs à bord. Comment
M. Grégoire, quia tant lu, ne connoît-il pas
ces anecdotes ? Sion huidioitgeilWattroind
des circonstances où l'on a tiré au sort, pour
décider lequel des hommes d'un vaisseau serviroit de pâture aux autres. Nous ponvons citer un fait, dont il existe à Paris des témoins
quise sont trouvés dans une conjoncture où
l'on a tiré au sort à qui seroit sauvé, ou à
qui seroit noyé; l'on ne pouvoit sauver que
la moitié des individus, il falloit en passer par
là ou périr tous..
Il n'y a donc que des --- Page 98 ---
(90) )
capitaineaj
Sathncatnene
jetéparcapriceony parbarbarie edes
negresàla mer,et] par centaines. S'ilaétéforcé
parles circonstances, que signifie cette inculpation? en qnoi consiste le
Suit Pauecdote dan crimeducapitaine?
autre
< las d'entendre les cris del'enfant capitaine qui,
< gresse, l'arrache du sein de
d'une né-
< le précipite dans les flots
sa mère, ct
>.
En niant la possibilité de ce fait, nous nous
permettons de rappeler à la charité chrétienne l'évèque Grégoire;s son zèle
et fait tort à sa cause : qui dit
l'emporte
souvent rien.
trop, ne dit
Que d'erreurs sont
à
à commettre, les savans de cabinet, sujets le
défaut deconnoissances
par
locales! erreurs d'autant plus funestes que la réputation, P'esprit
etl'éruditionde ceux quiles avancent, les font
arlopter presque sans examen. La chambredu
capitaine est très-loin de l'entre-pont oùt l'on
tient les nègres, et les négresses
venir surle, gaillard de l'arrière, ne peuyent
au bout duquel se trouve cette chambre, qu'autant
le capitaine le leur permet, et il cst naturel que
que si l'enfant d'ane négresse incommodoit
le capitaine, il lui ordonneroit de
l'emporter,
carenlejetant à la met,ilneromédicroit, point
. La chambredu
capitaine est très-loin de l'entre-pont oùt l'on
tient les nègres, et les négresses
venir surle, gaillard de l'arrière, ne peuyent
au bout duquel se trouve cette chambre, qu'autant
le capitaine le leur permet, et il cst naturel que
que si l'enfant d'ane négresse incommodoit
le capitaine, il lui ordonneroit de
l'emporter,
carenlejetant à la met,ilneromédicroit, point --- Page 99 ---
(91)
à l'incommodité d'entendre crier un enfant,
puisqu'il s'en trouye toujours plusicurs dans
une cargaison de nègres. Le capitaine anroit
aussi jetélai mere(ditcharitablementl'évèque
Grégoire), s'il n'eût espéré en tirer parti.
Monseigneur ignoroit qu'une négresse avec
son enfant se vend plus cher de 2 à3001.
La troisième anecdote que cite l'évèque
Grégoire n'est pas si dépourvue de vraiscmblance.
< Un capitaine ayant apaisé une insurrec-
< tion de nègres dans son bâtiment, s'exer-
< çoit à chercher des genres de supplice,
< pour punir CC qu'il à appeloit une révolte *.
Il ne faut jamais faire un métier à demi,
puisque ce capitaine étoit marchand d'esclaves, ne devoit-il pas prendre tous les moyens
possibles, soit pour apaiser cette révolte,
soit pour empécherqu'elle ne recommencât?
ccla est dans l'ordre ct indispensable, si l'on
veut éviter de tomber soi-même entre les
mains des esclaves. C'est la loi du plus fort,
ou du plus rusé, qui, presque toujours, est
la meilleure: ; cette loi quoiqu'injuste en apparence, est dictée par la nature, puisqu'elle
cst établie même parmi les animaux irraisonnables. Mais, si les anecdotes sque vient de --- Page 100 ---
(92)
citer l'évèque Grégoire,
ton, sont vraies,
d'après John Newles capitaines ? La pourquoi ne pas nommer
un bon
médisance a
en
côté, faisant connoitre quelquefois des
elle peut porter à se corriger,
fautes,
elle sert aux bons à
ou, au moins
SC prémunir contre les
pervers : mais, la calomnie! la
( Outre les coups de fouet, calomnie!.
< on déchire les nègres, à la
par Jesquels
K musélç, pour les
Jamaique, on les
< des cannes à
empécher de sucer une
sucre arrosées de leur
< et l'instrument de fer, avec
sueur,
< comprime la bouche,
lequel on leur
empêche
< tendre leurs cris
encored'enlorsqu'on les
< pitre
fouette (chaIL,p. 50.) >.
Comme
l'imagination des
active quand il s'agit de calomnics négrophiles est
colons! Cette dernière
contre les
vraisemblable,
est si outrée et si inqu'elle tombe
Les colons de la Jamaique
d'elle-mème.
d'y répondre. Plusieurs
n'ont pas besoin
de nous avons habité
assez long-temps cette colonie, même à l'époque que cite l'évèque
Grégoire, et
nous n'avons vu, ni même entendu
jamais
l'instrument ridicule
parler de
dit,
et barbare avec lequel,
impudemment un imposteur et,
lui, l'évèque
d'après
Grégoire, on musèle les nègres
de la Jamaique
d'elle-mème.
d'y répondre. Plusieurs
n'ont pas besoin
de nous avons habité
assez long-temps cette colonie, même à l'époque que cite l'évèque
Grégoire, et
nous n'avons vu, ni même entendu
jamais
l'instrument ridicule
parler de
dit,
et barbare avec lequel,
impudemment un imposteur et,
lui, l'évèque
d'après
Grégoire, on musèle les nègres --- Page 101 ---
(93)
pour les empêcher de sucer les cannes à Slcre,et quisert, en outre, à leur comprimer
Ja bouche, pour empécher qu'on entende
leurs cris lorsqu'on les fouette: cet instrumentueles empècheroit-il pas aussi de respirer ? Cela seroit peu de chose. Cette méchante inculpation cst si fausse, , que tous les
nègres, quand ils coupent des cannes à sucre,
non-senlement en sucent à discrétion, mais
encore, en emportent à leur casé pour leurs
enfans et leurs vieillards. L'auteur d'une pareille imposture mériteroit bien qu'on lui
comprimatla boucheayec l'instrumentdeson
invention. Ce sont de semblables calomnies
émises parles ennemis de la France, quilui
ont fait perdre ses colonies, et fait tarir la
source principale de son commerce et de ses
richesses. Les nègres, même, n'ont-ils pas
été, et ne sont-ils pas encore victimes des
maux incalculables sortis de la boîte infernale du négrophilisme, au fond de laquelle
il n'est pas même resté l'espoir.
< La crainte qu'inspirèrent les marrons
e de la Jamaique, en 1795, fit tremblerles
K planteurs ; un colonel Quarrel offrical'as-
< semblée coloniale d'aller à Cuba chercher
K des chiens dévorateurs; ; Sa proposition est --- Page 102 ---
(94)
: il part; arrivé à
ayec transport
< accueillie
à la Jamaique avec ses
il revient
< Cuba,
chasseurs qui, heureusement,
< chiens et ses
qu'on fit la paix
servirent pas. , parce
< ne
p.5r.)
les marrons. (chap.1l.p
< avec
mais il est denaturé dans
Ce fait est vrai,
envoyèrent à Cuba
Pintention. Les Anglois
dévorer les
chercher des chiens, non pour découvrir
nègres marrons, mais bien pour nègres leur
lever les embuscades que ces
et
dans les bois et dans les ravines des
tendoient d'ailleurs, peut-on supposerque
montagnes; de l'ile de Cuba, qui n'ont jales Espagnols les droits des nègres et qui
mais méconnu
traités comme des frères
les ont toujours diflerente(v. les pages II et 12
d'une teinte
peut-on supM. Grégoire);
de la dédicacede
fssent dresque ces mêmes Espagnols
poser
des chiens dévorateurs, et qu'ils
ser et styler
les autres insulaires,en
cn fissent trafic avec
habitués à conmême les chasseurs
envoyant
Si le fait est
duire ces meutes négrophages?
d'en raM. Grégoire nous permettra
vrai,
de ces bons Espagnols,
battre sur le compte
de ses
< Il
une
phrases:
et de leurappliquer toujours la soif de lor
< est donc vrai que (éroces,altère leur raison
K rend les hommes
vorateurs, et qu'ils
ser et styler
les autres insulaires,en
cn fissent trafic avec
habitués à conmême les chasseurs
envoyant
Si le fait est
duire ces meutes négrophages?
d'en raM. Grégoire nous permettra
vrai,
de ces bons Espagnols,
battre sur le compte
de ses
< Il
une
phrases:
et de leurappliquer toujours la soif de lor
< est donc vrai que (éroces,altère leur raison
K rend les hommes --- Page 103 ---
(95)
< et anéantit tout sentiment moral >>. Nous
demanderons al'évèque Grégoire, si le colonel Quarret, qui a fait l'acquisition des
chiens, est plus conpable que ceux qui les
font dresser pour les vendre. Pour inspirer
quelque confiance, il tant, au moins être
juste, et surtont conséquent, Lt Dalias que
PevéqueGrégoirea cicpinsemalis.comne
une antorité amthentigne,n'tst pius iciqu'un
écrivain partial, pour avoir prétendu que la
mesure que les Auglois avoientprise,de faire
venir des chiens, étoitl légitime, etqa'on pouvoit aussi bjen les employer à la guerre,que
des éléphans ct des chevaux.
< Plut à Dieu, ajoute le sensible Grégoire,
< que les flots eussent englouti ces nieates
< antropoplhages, stylées et dressécs par des
< hommes, contre des hommes (chap. II,
< pag. 53). >>
Et ces hommes, comme nous l'avons dit
plus haut, étoient des Espagnols, chez lesquels, dit l'évèque Grégoire les droits des
nègres n'ont jamais été problématiques,
< J'ai oui assurer, dit encorel'evèque Gré-
< goire, plus bas, quc lors de l'arrivée des
< chiens de Cuba à S. Domingue, on leur
6 livra, par mamerc d'essai,lepremicr nègre --- Page 104 ---
(96)
trouva sous la main;la promptitude
< quise
ils dévorèrent cette curée,
<< avec laquelle blancs à figure humaine.
< réjovitdles tigres
d'une nouvelle
Quant il s'agit de charger
Hoenetadnmgms
iniqnitélesr
pres.Lefait que
ne sont] pasi à un anachronisme dont nous avons aussi
cite l'évèque Grégoire,
est arrivé à une époque, ,oû,
entendu parler,
colons à S. Dos'il existoit encore quelques de la nullité la
mingne, ils étoient frappés
part à ce
absoluc, et n'avoient aucune
plus
qui se passoit.
écrivoit pendant la ré-
< Wimphen, qui
S. Domingue, les
déclare, qu'à
e volution, de fouet et les gémissemens rempla-
< coups le chant du coq (chap. II, p. 53 ). >
< coient
mot à dire pour réfuter
Il n'y a qu'un
A l'époque où
cette méchante inculpation. la révolution),
Wimphen écrivoit (pendant des blancs, cométoient maîtres
les negres
reçu le fouet ?
ment en auroient-ils
causa sint proxima vovis.
Ficta voluptatis
forte raison, comment auroientils
A plus
femme eût fait jeter son
souffert < qu'une dans un four, pour avoir
< cuisinier nègre
Avant clle,
un plat de pâtisseric,
< mauqué
ette méchante inculpation. la révolution),
Wimphen écrivoit (pendant des blancs, cométoient maîtres
les negres
reçu le fouet ?
ment en auroient-ils
causa sint proxima vovis.
Ficta voluptatis
forte raison, comment auroientils
A plus
femme eût fait jeter son
souffert < qu'une dans un four, pour avoir
< cuisinier nègre
Avant clle,
un plat de pâtisseric,
< mauqué --- Page 105 ---
(97)
K dit le même Wimphen, un autre planteur
< en avoit fait autant. >
Plusieurs de nous avons habité S. Dominguc pendant très-long-temps, plusicurs autres y sommes nés, et ne sommcs sortis de
cette ile infortunée, qu'après l'arrivée des
commissaires françois 7 époque trop mémorable de la perte de la colonic ; nous pouyons
certifier, a avec vérité, quenous n'avons jamais
entendu parler de ces deux horribles forfaits.
Quand bien même on pourroit en prouver
l'existence: dans tous les temps et dans tous
les pays,n'y a-t-il pas eu des fous et des barbares? Qu'en peuton conclure contre la généralité des colons? Robespierre a existé en
France; qu'en concluera-t-on ? Nous avons
déjà fait cette objection, et nous la répétons.
Wimphen et l'évèque Grégoire peuvent-ils
supposer, que si le planteur qu'ils accusent
de ce crime, s'en est réellement rendu coupable s le gouver nement ne soit pas intervenu 7 et n'ait pas fait un exemple tellement frappant dans sa personne, qu'il eût
effrayé l'américaine dont ils parlent, et l'eût
certainement détournée de se couvrir d'une
pareille infamie. Ces messieurs ignorent sans
doute qu'un negre cuisinier coûte dix à douze
--- Page 106 ---
(58)
mille francs, et que l'intérêt est un contrepoidsbien
la LouiCCILeTaaaites
lisant Robin
voyagéà
< En
(quia
Gréet à la Floride), dit l'évèque
< siane
de femmes
< goire, onl voit que beaucoup
onta
la pudeur et la douceur,
< créoles
abjuré
de leursexe.
K
quisontl Théritage patrimonial elles vont
effronterie cynique
< Avec quelle
nègres
les marchés visiter,acheterdes
< dans
dans les ateliers 2
K nus, et qu'on transporte
se couleur donner de vêtemens pour
( sans
réduits à se faire des cein-
< vrir; ils sont
>>
de mousse (chap. II, pag. 54).
K tures
allés à la Loaisiane
Nous ne sommes point
l'évèque
ni à la Floride; mais d'après CC que
Grégoire nous a dit de la nation espagnole,
n'avoit jamais mis en problème les
qu'elle
nous étions bien loin de
droits des nègres, ,
queles dames créoles de ces pays,
soupçonner
eussent
qui sont presque toutes espagnoles,
abjuréla padeur ct la douceur,au point que
le dit le voyageur Robin, et qu'elles aillent
visiter ct acheter leurs frères
elles - mêmes
d'une teinte différente; mais nous pouvons
dans les Antilles, quand les
certifier, que
ni frères, elles envoient
créoles n'ont tni mari,
et leur chirurgien pour yisiter
leur régisseur
oles de ces pays,
soupçonner
eussent
qui sont presque toutes espagnoles,
abjuréla padeur ct la douceur,au point que
le dit le voyageur Robin, et qu'elles aillent
visiter ct acheter leurs frères
elles - mêmes
d'une teinte différente; mais nous pouvons
dans les Antilles, quand les
certifier, que
ni frères, elles envoient
créoles n'ont tni mari,
et leur chirurgien pour yisiter
leur régisseur --- Page 107 ---
(99 )
etacheterlesnigres dont ellesont besoin pour
lescultures. Cesnègres, commele dit Robin,
sont nus; mais ponrrions-nons nous en rapporter à la bonne foi des capitaines négriers,
qui, d'après l'assertion même de l'évêque
Grégoire, ordonnent à leurs chirurgiens de
donner aux nègres des remèdes pour répercuter les maladies cutanées qu'ils pourrcient
avoir, et qui feroicnt tort à leur vente? Ces
mêmes nègres, s'ils étoient habillés, ne pourroient-ils pas, sous leurs vêtemens, cacher
des vices naturels plus considérables que les
maladies cutanées ; nous payions les nègres
deux mille francs,et plus quelquefois, cela
valoit bien la peine de les visiter ; et n'estil pas des cas, en Europe, où l'on visite aussi
les blancs libres? Il est également certain,
dans les Antilles, qu'on ne mène les nègres,
dans les ateliers, qu'après leur avoir donné
une chemise et un pantalon.
Le même voyageur Robin, pour donnerla
dernier coupde pinceau aufjoli portrait itqu'il
vient de faire des créoles de la Floride et de
la Louisiane, ajoute, qu'elles renchérissent
encoresurla cruautédes hommes. Oh!M.Robin!ou vous n'aimiez past les femmes, ou vous
n'en étiez pas aimé; cependant nous ne dis- --- Page 108 ---
100)
les Antilles même,
conviendrons pas,quedansl
sfemmes quiaientsorti
Resoitwonscqpeluan
caractère de douceur et d'humanitéqui
de ce
de leur sexe, en ordondoit être P'apanage
trop sévères : nous
nant parfois des châtimens bizarrerie de la
même avons gémi sur cette chercherla cause,
nature, etavons essayéd'en trouvé dans l'extrême
que nous croyons avoir cela paroît un parasensibilité des femmes;
doxe.N'importe,! nous allons développernotre
Chezles femmes, le sysidée,s'il cst possible.
délicat,plus
tême nerveux est beaucoupplus de cette grande
susceptible d'ébranlement; doute
il résulte sans
quelques
susceptibilité, mais elle n'est pas exempte d'inavantages,
convéniens. observé les créoles, lorsqu'elles
Nous avons
où on avoit coutume
reviennent de France,
recevoir
de les envoyer très-jeunes, pour y
obplus soignées nous avons
une éducation
qui viennent pour la
servé les Européennes colonies: les unes ni iles
première fois dansles
mème l'idée
autres ne pouvoient supporter faisoit fouetter; elles sse
d'un nègreique l'on
trouvémal,sie elles seussentétéforcées
seroient
daus le vrai,
d'assisterà ce chatiment,qui, souslesyeux
être exécuté
nc devroit jamais
-jeunes, pour y
obplus soignées nous avons
une éducation
qui viennent pour la
servé les Européennes colonies: les unes ni iles
première fois dansles
mème l'idée
autres ne pouvoient supporter faisoit fouetter; elles sse
d'un nègreique l'on
trouvémal,sie elles seussentétéforcées
seroient
daus le vrai,
d'assisterà ce chatiment,qui, souslesyeux
être exécuté
nc devroit jamais --- Page 109 ---
(101 )
d'unc femme. Les nègres domestiques squiont
connoître lecaractère
un tact partieulierpoure parfaitement metdes blanes, ct qui savent
jamais
tre à profit leurs foibles, ne manquent créoles et
d'abuser de la pitié naturelle des
des curopéennes qui ne les connoissent font pas
quelques mois, ils le
encore; pendant
impunément; on se plaint, on se fiche,mais
cela ne va pas plus loin : après avoir pardon.
né plusieurs fois et que l'esclave tombe toudans la même fante,la patience se lassc,
jours la
diminue, on veut se faire servir, on
pitié
menacer; les menaces sont
commence par
rien par les nègres;
toujoure comptées pour
nos bonnes
enfin, nos sensibles européennes, venir à des châticréoles sont forcées d'en
mensquin'anroienty pas eu lieu siles nègres,
s'étoient bien aperçus de leur foiblesse,
qui n'eussent été dans la perstasion qu'ils poumanquer à leurs devoirs:
voient impunément
pour lors, ces
et les châtimens qu'ordonnent,
sévères
dames détrompées, sont d'autant plus
à bout, leura amourque leur patience, poussée
sans effet trop
propre, piqué éd'avoir pardonné dans ces châtisouvent, semblent trouver', d'avoir été trop
mens, une petite vengeance
est, ditlong-tempsleur dupe. La vengeance --- Page 110 ---
102 )
des dieux; les foibles mortels
on, le plaisir
donnent aussi, parfois, ce petit passese
trop loin,
temps, mais ils vont quelquefois
en
ce qui nous autorise,
nous en convenons,
réflexion à cet
quelque sorte, à faire une
égard ( dont nOUS demandons pardon au
voudrions que, dans les CObeau-sexe): nous
lequel il
lonies, il existât un règlement par de faire
seroit
à une femme
ne
pas permis
elle
châtier un nègre sous ses yeux 5
porteau
qui proportionroit ses plaintes régisseur, délit. Nous connoisneroit le châtiment au
les nègres d'après une eXsons parfaitement
années, et nous avons
périence de plusieurs
eux il ne faut ni tort ni grace,
appris qu'avec et ferme sans sévérité; si on
il faut être juste
les châtie sans
est foible, ils en abusent: ; si on
s'en mêlera, et comme ils ne garaison, ledépit rien à bien faire, ils feront mal; il est
gneroient fassent s'ils sontsûrs d'être punis.
rare qu'ilslel des ateliers de 3à 400 nègres,
Nous avons vu
missent dans le
oàil n'y en avoit pas six quise
les
d'être
; encore c'étoit toujours
cas
panis voloient ou leur maître ou leurs
mêmes qui
camarades: les régisseurs ne leur passoient
rien et ils le savoient bien, aussi leur manquoient-ils moins qu'au maitre.
neroient fassent s'ils sontsûrs d'être punis.
rare qu'ilslel des ateliers de 3à 400 nègres,
Nous avons vu
missent dans le
oàil n'y en avoit pas six quise
les
d'être
; encore c'étoit toujours
cas
panis voloient ou leur maître ou leurs
mêmes qui
camarades: les régisseurs ne leur passoient
rien et ils le savoient bien, aussi leur manquoient-ils moins qu'au maitre. --- Page 111 ---
(103 - )
< Les nègres condamnés au fouet,
K nue Robin, sont attachés la face conti-
< terre entre quatre piquets (ch.
contre
Cela est vrai; mais on
1,p-54).
que dans lcs cas oùt
n'emploie ce moyen
faute
un nègre a commis une
boeuf, grave, par exemple, pour le vol d'un
des
d'un cochon, scit à un maître, soit à
voisins,soit à des camarades. Mais nous
demandons ce que l'on feroit en
un blanc libre,
Europe, à
qui se seroit rendu
du même crime? Dans
coupable
seroit condamné
beaucoup de pays, il
à la mort; ; daus d'autres,ce
qui pourroit lui arriver de moindre,ce seroit
d'être
marquéavec un fer
et envové aux gafères, rougesur-fépaule,
posé attaché à
après avoir été exface
un poteau sur un échafaud, la
découverte, et ostensible à tout un
ple, qui vient être témoin de
peuson infamic.
Avouezque cela équivaut bien à être
la face contre terre entre
attaché
Voudroit-on donc
quatre piquets.
quelecrime
parce que c'est un nègre esclave restatimpuni,
mis ? Pourroit-il exister des
quil'a compareil zégime? ? mais
colonies avec un
quiète les
ce n'est pas ce qui innégrophiles; nous nous
encore de leu:
rappelons
phrase : périssent plutôt les
colonies, qu'un seul de nos principes. Com- --- Page 112 ---
(104)
ajouté,et les colons aussi;
mentn'ont-ils pas
hélas'ils le pensoient, et cela est malheureuarrivé. Tonta péri,colonies etcolons.
semént enfans blancs, d'après le même Ro-
< Les
d'inhumanité,
fontleur aprentissage
< bin, s'amusant à tourmenter les négrillons
< en
< (chap. II, pag. 55). >
à la
Cela pent-être, chez les Espagnols 1
Louisiane et à la Floride, où a voyagé M.Romais rien de semblable ne se voyoitdans
bin;
s'amusoient
les Antilles. Les petits négrillons
absoavec les petits blancs, et se traitoient
camarades.jnsqu'a ce que les
lument comme fussent arrivés à un âge, ou
uns et les autres
nécessaire de faire sentir au domesil étoit
la distance
devoit
tique, ou à l'esclave, 2
qui
entre lui et le maître: ; mais les petits
exister conservoient toujours une affection
blancs
leur donpartieulière pour eux, quelquefois
noientle nom de frères, et il n'étoit pas rare
les pères et mères, en mourant, léguasque liberté aux nègres enfans de la noursent la
été élevés avec eux.
rice des leurs,quiavoient
s'élève de
le cri de Phumanité
< Quoique contre les forfaits de la traite
< toutes parts
le Danemarck,
K et de Pesclavage, quoique
et les Etats-Unis repoussent
c l'Angleterre
fois
noientle nom de frères, et il n'étoit pas rare
les pères et mères, en mourant, léguasque liberté aux nègres enfans de la noursent la
été élevés avec eux.
rice des leurs,quiavoient
s'élève de
le cri de Phumanité
< Quoique contre les forfaits de la traite
< toutes parts
le Danemarck,
K et de Pesclavage, quoique
et les Etats-Unis repoussent
c l'Angleterre --- Page 113 ---
(105)
on ose en France, dit P6K Pun ct l'autre,
solliciter le rétablisR vèque Grégoire, en
rendus, et ces
les décrets
< sement, malgré
du chef de la naK mots de la proclamation
Vous
aux
de S. Domingue :
K tion,
nègres libres devant Dieu el la
< étcs tous égaua et
II,
55).>
< république (chap.
pag.
GréMalgré cela, on osc, dit l'évèque
solliciter encore le rétablissement de
goire,
l'esclavageàs S. Domingue, et la continuation
cessé d'exister dans les autres
de celui quin'a
colonies françoises.
Négrophiles olidoudpeadesanineet
révofait les nègres, au commencement.lela leur
Jution, après que Polverel et Sonthonax
maitres mêmes,
ont fait proclamer, parleurs
libres? Nous
le funeste décret qui les rendoit
disons funeste; il l'a été pour les nègres mèmes. Qu'ontils faità une autre époquedlorsque
lechefdela nation leura adresséla proclamaGrégoire vient de citer, qui
tion que l'évèque
et libres deleur disoit: Vous étes tous égaux
vant Dieuetla maibpunistentdemetles
leur
maîtres, même ccepsquandentpecdnet
avec eux pour
liberté, et quiavoientcombatte: eux-mêmes,
la conserver. Les commissaires,
de
victimes
-
s'ils n'eussent tfui, auroient étéles --- Page 114 ---
( 10 106 )
leurimprudence, pour ne rien dire de plus. Et
que lévèc'estaprès une pareilleexpérience. nouvel ouque Grégoire sollicite 1 dans un
dans les
wrage.Poiranehisewear des nègres
oseleur prédirede nouveau
autres colonies,et
bientôt le soleil n'é-
(voy-p- 281, ch. II), que hommes libres sur les
clairera plus que des
rivages des Antilles.
malheuColons de S. Domingue! ! victimes
des faux systèmes, et de l'exaltation
reuses
sang, qui fume encore,
desn@grophiles.vetre de vos femmes, et de vOs
celui de voS pères,
est encore
enfans, dontle sol de S. Domingue
rougi,n'est point un holocauste assez expiales prétendus crimes des colons
toire, pour esclaves; il faut de nouvellesvicenversleurs
les réclame, et c'est
times, le négrophilisme
la voix d'un ministre des autels!
par
Eh qusile d'un prêtre est. ce là le langage?
lieu
son génie, sa prodiSi au
d'employer
érudition,sa
gieuse mémoire, son étonnante
religion, à composer
raison, ses sentimens,sa: faire connoître de noudes volumes, pour
les
des nègres
veau, et remettre sous
yeux des colons de
les crimes vrais, ou prétendus
Grégoire eût employé
tous les pays,l'évêque
Eh qusile d'un prêtre est. ce là le langage?
lieu
son génie, sa prodiSi au
d'employer
érudition,sa
gieuse mémoire, son étonnante
religion, à composer
raison, ses sentimens,sa: faire connoître de noudes volumes, pour
les
des nègres
veau, et remettre sous
yeux des colons de
les crimes vrais, ou prétendus
Grégoire eût employé
tous les pays,l'évêque --- Page 115 ---
(1 107 )
tous ses talens, à combiner sagementun plan,
unaffianchisscnicent: successif, raisonnapour
: ni la
ble, possible enfin, sans compromettre. dont la
vie des nègres, ni celle des colons,
qu'en disent les négromajeure partie (quoi
philes ) n'a jamais mérité, sous aucun rap- il
a eue;
port, le sort malheurenx qu'elle
auroit eu des droits sàlajuste reconnoissance,
et à l'estime des blancs et des nègres,les uns
etl les autres lui eussent érigé des autels. Mais
non'lesnégrophiles ont détruit Pédifice eavant
d'avoir aucuns matériaux pour le reconstruire; et de quelle manière l'ont - ils rendessous une mine, dont
versé? en établissant
tous
l'effet a été si subit et si terrible, que
qui étoient aux environs ont été enseceux
velis sous ses décombres.
les
l'évèque Grégoire,
< Mais, objecte
un afdes noirs ne vouloient point
< amis
subit et général. >
K franchissement colons qu'ils ne le vouQu'importe aux
effectué lun et
lussent pas, lorsqu'ils ont
n'estl'autre. Penser le bien et faire le mal,
il pas le comble de la déraison?
Grécontinue l'évèque
< Les planteurs,
les
ont
avec acharnement,
( goire,
repoussé l'assembléc consn-
< décrets par lesquels --- Page 116 ---
(108 )
amener des
K tuante vouloit graduellement
< réformes salutaires. >
S'il étoit vrai que les colons eussent pu
les décrets de l'assemblée constirepousser
graduel,
tuante, pour un affranchissement
auroient-ils accepté le décret de l'affranchissement subit et général qu'ils ont proclamé
eux-mêmes, par les ordres de Sonthonax, et
savoient bien devoir entraîner la perte
qu'ils de la colonie? Certes,s'il eût été à leur pouils l'auroient fait,
voir de les repousser, ,
et dans un autre temps, la France leur auroitvoté des remercimens, comme un malade
guéri de la fièvre ardente, remercie ceux qui
la fenêtre.
l'ont empèché de se précipiter par
N'est-ce pas une dérision de nous citer
T'Angleterre et les Etats-Unis, ,comme repoussant la traite et l'esclavage, lorsque ces deux
nations ont des colonies cultivécs par des esde l'aveu même de M. Gréclaves, et que,
des nègres avec
goire, ils font le commerce
à la
les autres iles, et vont, pour cet effet,
côte d'Afrique pour en traiter? ?
des
sans cesse
<
Ces pamphlétaires parlent
malheucolons, et jamais des
K malheureux
56). >>
$ reux noirs (chap. II, pag.
Grégoire,
Puissions-nous dire de l'évèque
colonies cultivécs par des esde l'aveu même de M. Gréclaves, et que,
des nègres avec
goire, ils font le commerce
à la
les autres iles, et vont, pour cet effet,
côte d'Afrique pour en traiter? ?
des
sans cesse
<
Ces pamphlétaires parlent
malheucolons, et jamais des
K malheureux
56). >>
$ reux noirs (chap. II, pag.
Grégoire,
Puissions-nous dire de l'évèque --- Page 117 ---
(109 )
qu'il parle toujours des malheureux noirs,
et jamais des malheureux colons !
< Les plantcurs répètent que le sol des CO-
< lonies. a étéarroséde leurs sueurs, etjamais
< un mot sur la sueur des esclaves. >
L'évèque Grégoire prouye bien, qu'il connoît peu le caractère de l'esclave noir; s'il
lui arrive de suer, c'est par la chaleur du
climat, et jamais par le travail qu'il fait
pour le maitre; aussi rien de plus faux
que
leproverbe trivial, travaillercomme unnègre.
Un paysan fait dans un jour plus de travail
que n'en feroient quatre nègres; ; aussi employoit-on dans les colonies deux cents nègres, pour cultiver un terrain, que trente vignerons auroient pu entretenir, si toutefois
le climat permettoit aux blancs comme aux
nègres d'Afrique, de braver les ardeurs du
soleil.
< Les colons peignent, avec raison, comme
< des monstres, les nègres de S.-Domingue,
< qui, usant de coupables représailles, ont
< égorgé des blancs, et jamais ils ne disent
< que les blancs ont provoqué ces vengean-
< ces, en noyant des nègres, en les faisant
< dévorer par des chiens (chap. IL,p. 56.). >
Il falloitencore unanachronisme, pour ex- --- Page 118 ---
(11O )
barbarie des nègres envers les colons
cuser la
l'évèque Grégoire n'est
de S.-Domingue; sont ses lieux communs:
pas à cela près, ce
les premiers
peut-il, eependant,ignorer que
des colons ont été exécutés plumassacres
les
de negres, et
sieurs années avant noyades
l'on cût fait venir des chiens, pour
avant que contr'eux, 1 dans la guerre qu'on a
s'en servir leur faire,et les derniers masété forcé de
ont eu lieu à l'arrivée
sacres des blancs qui
ont
des François à S. Domingue, en 1802,
et non l'effet des fusillades et
été la cause
les François ardes noyades des nègres, par la mort des
rivant, qui ont voulu venger cadavres muticolons leurs frères, dont les
encore les grands chemins au
lés, jonchoient
Les massamoment de leur idébarquement.
donc
des blancs par les nègres ne sont
cres
: et quelles étoient les
pas des repréailles fumoit encore? Nous
victimes dont le sang
dit
hant, ceux même quiaprès
l'avons
donnéla plus liberté; avenglés par une
leur avoir
confiance, avoient eu limprumalheureuse
la révoludence de rester avec eux pendant
les
tion, et de faire cause commune contre d'inennemis de leur liberté; et ces montres
trouvent encore des pan@gyristes!
gratitude
ne sont
cres
: et quelles étoient les
pas des repréailles fumoit encore? Nous
victimes dont le sang
dit
hant, ceux même quiaprès
l'avons
donnéla plus liberté; avenglés par une
leur avoir
confiance, avoient eu limprumalheureuse
la révoludence de rester avec eux pendant
les
tion, et de faire cause commune contre d'inennemis de leur liberté; et ces montres
trouvent encore des pan@gyristes!
gratitude --- Page 119 ---
(III )
Ce dernier trait de leur férocité ne suffiroitil pas pour, sinon légitimer, au moins CXcuser le sentiment de ceux quiveulent
qu'on
replonge dans l'esclavage cette nation barbare, qui n'est point encore parvenue au
degré de civilisation nécessaire
de la liberté? La
pour jouir
punition ne scroit-elle pas
encoret trop douce, Ce seroit notre avis,si nous
n'étions pas conyaincus, que la totalité des
nègres ne fût point coupable des crimes
horribles que leurs scélérats chefs ont Ordonné à quelques-uns d'eux, et qu'ils les ont
forcés de commettre. Ne serions -nous
nous-mêmes taxés,avec raison, de l'ingrati- pas
tude la plus marquée, si nous ne publiions
pas hautement quela majeure partie de nous,
qui végétons encore sur cette terre de douleur, devons l'existence à
desnègres,qui ont
compromis leur vie pour sauver la nôtre?) Ils
ne haissoient donc pas autant leurs maîtres
que veulent le faire croire les négrophiles.
< L'érudition des colons est riche de cita-
< tions en faveur de la servitude,
K mieux qu'eux ne connoit la tactique personne du
< despotisme (chap. II, pag. 56). >>
Ne diroit-on pas, à entendre l'évèque Grégoire, que ce sont les colons qui ont institué --- Page 120 ---
(us) )
Peachatage7nlevistoial pas long-temps avant
découverte du nouveau monde ? n'auroit-il
la
origine,
point, comme le dit Firmin, pour fort, et
la loi Daturelle, qui est la loi du plus
exista de tout temps? Un vainqueur, un
qui
chez un peuple encore sauvage,
conquérant,
fera-t-il? S'il les
fait des prisonniers, qu'en la guerre à recomrenvoie,il aura toujours
il les tuc, quelquefois les mange ;
mencer;
de civilisation, une poun commencement nombreuse, amènent un autre
pulation plus
naturelles,
ordre de choses; les productions besoins de tous,
ne pouvant plus suffire aux
Au lieu de
que fera pour lors le vainqueur?
tratuer ses prisonniers. 2 il les condamneraà làl'ovailler pour lui. Nous croyons que c'est
rigine de l'esclavage, nous pouvons certaiuementnous tromper; maison ne peut tcontester
de temps immémorial;ce quiest
quilexiste,
concluant, pour en
à nos yeux un argument
au moins la
sinon la légitimité 2
prouver 2
ne pas dire la nécessité.
grande utilité, pour
M. Grégoire même, nous pourrions
D'après
sclon
dire que l'esclavage est juste, puisque,
lui,il n'y a dutile et de durabie que ce qui
Or, qu'il nous assigne une époque
est juste.
n'existoit pas ? Nous le regaroù l'esclavage
cluant, pour en
à nos yeux un argument
au moins la
sinon la légitimité 2
prouver 2
ne pas dire la nécessité.
grande utilité, pour
M. Grégoire même, nous pourrions
D'après
sclon
dire que l'esclavage est juste, puisque,
lui,il n'y a dutile et de durabie que ce qui
Or, qu'il nous assigne une époque
est juste.
n'existoit pas ? Nous le regaroù l'esclavage --- Page 121 ---
(113)
dons comme une fatalité attachéc à la malheureuse espèce humaine; ets'il y a quelque
probabilité de pouvoir l'y soustraire, CC ne
pourroit être que par la civilisation, générale;
or, est-il au pouvoir des hommes de civiliser
tous les peuples de l'univers? etl'histoire ne
nous apprend-elle pas, que ceux même qui
ont atteint le plus haut degré de perfection,
sous ce rapport, et qui en ont joui pendant
plusicurs siècles,à certaines époques, retombent dans la barbarie ? Si le règne de Robespierre avoit continué,-la France n'étoit-elle
pas sur le point d'en offiir elle-même un
exemple terrible ? Or, l'esclavage existoit
avant qu'ily eût des colons, car le vendeur
existe avant l'acheteur ; ce sont donc ces
mêmes François qui nous ont vendu les negres, pour en faire des esclaves, qui se sont
arrogés le droit étrange de les alfranchir,
sans ancuneindemnitésen, avoient-ils ledroit?
Nous ne pouvons mieux faire, que de
porter mot pour mot, ce qu'un de nous rap- a
écrit sur ce sujet, dans un ouvrage trop
connu (1).
peu
() Rellezions sur la liverté des nègres, dans les COlonies françoises, par Barnabé o'Schicll.
--- Page 122 ---
(114) )
le
n'a jamais pu ni dû être es,
< Si nègre
été fondé à me le vendre.
clave, on n'ajamais
Vous donc,
l'avez conrmerhninertmnce
vente , et yous, négociant, qui trompés,
sommée, vous nous avez également
l'autre, si ce n'est tous les deux,
et l'un et
indubitablement une inêt vous nous devez
rien n'a pu
demnité quelconque, parce que
la
le droit de garantie que
me faire perdre
m'a conféré. Si nous sommes coupables,
vente
odieuse
pournous être prêtés à uneacquisition l'êtesaux droits de Phomme,
et attentatoire
vous autres tous, qui en
vous donc moins,
paravez été les premiers moliles,quiy-avez) et en avez
ticipé en tout point et librement,
d'avance tous les profits ? Faudra-t-il
retiré
nous colons, nous seuls,
que nous supportions, toute la charge d'un marché
tout l'odieux et
peunous est commun ? Que plusieurs
qui
fussent concertées sur les
plades de nègres se
affranchir leurs
côtes d'Afrique, pour venir
ces derniers,
frères des iles, ou que parmi
se Fussent réunis en armes, pour
plusieurs
de leurs droits,.ces efforts
faire la conquête
et autorisés parla
eussent été bien légitimes, les avoit rendus
même loi de la nature, qui
sous
maisique la même nation qui,
esclaves;
Que plusieurs
qui
fussent concertées sur les
plades de nègres se
affranchir leurs
côtes d'Afrique, pour venir
ces derniers,
frères des iles, ou que parmi
se Fussent réunis en armes, pour
plusieurs
de leurs droits,.ces efforts
faire la conquête
et autorisés parla
eussent été bien légitimes, les avoit rendus
même loi de la nature, qui
sous
maisique la même nation qui,
esclaves; --- Page 123 ---
(115)
forme de
a antorisé 6l'esune
gouvernement, enrichie, clle ct une foule de
clavage, s'est
de trafic, veuille sous
citoyens, par Ce genre
tous
une autre forme le proserire, en privant déactuels d'esclaves de tout
les possesseurs
pas suivre
DIetertet
les lois de la nature, mais celle des tyrans qui
leurs décisions en lois,et leur
veulent ériger
que nous
force en droit. C'est un reproche
le droit de faire à P'assemblée constiavons
lui demanderons si l'intérêt
tuante, et nous
de Ja classe noire, qui a bien prouvé qu'elle
aux Antilles, 2 comme à la
étoit étrangère
exclusivement sur
France, devoit prévaloir
infiniment plus
l'intérêt de la classe blanche,
tous les rameaux qui vont
nombrense par
dans le sein de la métros'implanter jusque attaché
tous les liens
pole, ,et qui lui est
par
chers?
du sang, et par les intérêts les plus
Les droits des nègres étoient-ils tellement sadussent effacer et anéantir radicrés, qu'ils
des blancs ? Au moins
calement tous ceux
les uns et les
devoit-on chercher à concilier
autres ? >
Grégoire ne
Comme l'ouvrage de l'évèque
ressemble pas mal à un habit d'arlequin,
dont les pièces de toutes couleurs, ramassées --- Page 124 ---
(116 )
coins du monde sont, à la vét
dans les quatre
cousues; nous allons
rité, très - artistement
habillement de
aussi essayer à faire un petit
de
pièces. Mais qu'on n'exige pas
plusieurs
d'un maître comme M. Grénous la perfection
des petits garçons
goire; nous ne sommes que
de
aucun nousn'est
tailleurs sans prétentions: adire Corinthum.
patenté. Non licet omnibus
Comme
Nous srevenonsà à l'article esclavage. fait lédes reproches que
la majeure partie
colons leur a déjà été
vèque Grégoire aux les Valmont de Bomare
faite par les Raynal,
du siècle pasphilosophes
et autres prétendus
mieux faire que
sé, nous ne croyons pouvoir de nous leur a faite
de citer la réponse qu'un
qu'ila pu
d'un ouvrage
dans l'avant-propos titre de Flore des Antilles: comme
blié sousle
par son luxe typographique,
cet ouvrage, belle exécution des gravures, n'est
et par la
de toutle monde, par: son prix,
pasàla portée faire plaisir au public, en lui
nous croyous
fidèle del'esmettant sous les yeuxletablean
et les
clavage des nègres dans les Antilles,
del'antenrsurles différentes causes
réflexions
dont la princide la perte de S-Domingue, subit des espale a été laffranchissement
claves
le
par son luxe typographique,
cet ouvrage, belle exécution des gravures, n'est
et par la
de toutle monde, par: son prix,
pasàla portée faire plaisir au public, en lui
nous croyous
fidèle del'esmettant sous les yeuxletablean
et les
clavage des nègres dans les Antilles,
del'antenrsurles différentes causes
réflexions
dont la princide la perte de S-Domingue, subit des espale a été laffranchissement
claves --- Page 125 ---
(17)
de parler ( dit l'auteur) d'un suK Avant
souvenirs,
de si douloureux
K jetq quiréveille
à l'éle lecteur de se transporter
K je prie
s'imaou
en 1792. Qu'il
< poque
j'écrivois les bords de l'ArtiK gine être avec moi sur teintes du sang des
6 bonite, dont les eaux, entraînoient vers la
< malheureux colons,
fixe, s'il
< mer leurs cadavres mutilés: qu'il
a la force, ces tourbillons de flamme
< en
dévoroient Teurs ha-
< couleur de sang 2 qui
et
sache que les poignards
< bitations ; qu'il
assassins, avoient
< les torches de ces infâmes
mis entre leurs mains contreles colons, >
< été
oserai-je le dire ? Si, d'après ce
ec par..
affireux, le lecteur trouve trop
< spectacle le fiel dans lequel j'ai trempé ma
< amer
de la qualité d'homme,
e plume,ilesti indigne
son suf-
< ilr n'a point d'ame : peu m'importe des Antilles,
K frage ou son blâme! (Flore
page 18.). >
K discours préliminaire,
des colonies,
D'après les produits précieux
sont devenus en Europe
dont quelques-uns
des objets de première nécessité (véritéqu'on
raisonnablement contester ), comne peut
qu'on a
ment expliquer le peu d'importance
mis, pendant la révolution, à la conservation
de ces mêmes colonies ? < N'avons-nous pas --- Page 126 ---
(118 )
fournira du sucre (ont crié,
Orléans quinous Stentor, ces faux patriotes,
d'une voix de
Nos chimistes,
aussi ignorans qu'exaltés)? du
ne
éclairés par le flambcau
patriotisme,
que ce sel sucré, qui
nous ont-ils pas appris
exclusivefait nos délices, ne se trouve pas
dans la canne à sucre; ne possédonsment
territoire, des bettenous pas, dans notre
des raisins,
raves, des carottes, des poires, abondamdes bonleaux, qui nous fourniront
toute
cette substance qui doit perdre
ment
des bons patriotes, lorsque
sa douceur auprès a été arrosée de la sueur,
lon considérequ'elle
Africains
dis-je? du sang des malheurenx
?
que
la cruauté d'enlever à leur patrie
que l'on a
étre attachés,puis-
(à laquelle ils ne peuvent esclaves d'un despote
quils y naissent les le droit de mort, et qui
atroce qui a sur eux
son intérét le deen use quand son caprice OU arrache impitoyamande. ) d'enfans qu'on
et mères
blement des bras de leurs pères
ont
(qui les vendent eux-mêmes, lorsqu'ils les
des besoins et qu'ils sont assez forts l'on pour enlelivrer. ), des pères et mères que vendent aussi
ve à leurs cnfans ( qui les
sans
ils peuvent, ou les massacrent
quand
deviennenttrop vieux, cl qu'ils
pitié,lorsyut'ils
son intérét le deen use quand son caprice OU arrache impitoyamande. ) d'enfans qu'on
et mères
blement des bras de leurs pères
ont
(qui les vendent eux-mêmes, lorsqu'ils les
des besoins et qu'ils sont assez forts l'on pour enlelivrer. ), des pères et mères que vendent aussi
ve à leurs cnfans ( qui les
sans
ils peuvent, ou les massacrent
quand
deviennenttrop vieux, cl qu'ils
pitié,lorsyut'ils --- Page 127 ---
(119)
sonthors d'état de pourvoir euz-mémes àleur
subsistance particulière, el se soustrayent,
(ILL plus saint et au plus
par cette atrocité, nourrir dans leur vieildoux des devoirs, de
lesse ceux qui ont pourvu à leurs besoinspendes malheureux que
dant leur jeune dge.),
Pon enlève à leurs douces habitudes (quini'en
ont d'autres que de se. faire une guerre continuelle, ou pour se défendre cux-mêmes ou
dont ils sont esclaves, et dont
pour le despote
est
la chance, s'ils sont faits prisonniers,
si le vainqueur ne trouve
d'étre massacrés,
ignopas à les vendre ). Oh! philantropes
en
s'il vous étoit possible de mettre
rans,
africain avec celui de S.-
parallèle l'esclave
Domingue, dont le sort vous estabsolument
étranger, et, dont vous parlez en aveugles;
vous seriez forcés de convenir que, puisqu'il
de civiliser les Africains chez
est impossible
amélioration dans leur
eux, c'est une grande
d'un
de devenir les esclaves
peuple
sort que chez lequel ils sont, à la verité, ascivilisé,
mais qui,
servis à un travail journalier,
plus heureux que lesblancs curopéens sans
propriété, ont une subsistance assurée pour
toute leur vie; pendant leur enfance, pendant
leurs maladies: d'un
leur vieillesse, pendant --- Page 128 ---
120 )
vois l'esclave de nom, de l'autre,
côté, je
sice n'est Phumal'esclave de la nécessité:
adoucit le
nité, c'est aul moins Pintérêt qai
le
sort du premier; quelle ressource trouve ?
second dans votre prétendue philantropie
Thabillez-vous, le nourrissezle payez-vons,
la vieillesse oulesinvous, lorsque l'enfance, hors d'état de vous donfirmités, le mettent
péun travail beaucoup plus
ner en échange
? vous chargeznible que celui de nos nègres facheuses, de
vous, dans ces circonstances
besoins pressans de sa famille
pourvoir aux
non! Votre hypocrite
infortunée ? Non,
sauphilantropie a pour objet un peuple
à deux mille lieues, qui vous a prouvage
d'une manière qu'il dédaignoit
vé de plus
lorsque vous lui
votre fausse pitié, et qui,
connoimis les armes à la main et fait
avez force, les a tournées contre vous-mêmes,
tre sa
que celui qui
et vous a prouvé sans réplique
avant de
la témérité de démuseler un ours 2
a
la
l'avoir apprivoisé, en est presque toujours
victime : vous l'auriez été,oh monspremière n'ose nommer, de crainte de souiltres!queje
si vous n'aviez pris le parti
ler ma plume, Toussaint, qui voyoit en vous
de fuir devant
lui. Mais,
des hommes plus ambitieux que
sa
que celui qui
et vous a prouvé sans réplique
avant de
la témérité de démuseler un ours 2
a
la
l'avoir apprivoisé, en est presque toujours
victime : vous l'auriez été,oh monspremière n'ose nommer, de crainte de souiltres!queje
si vous n'aviez pris le parti
ler ma plume, Toussaint, qui voyoit en vous
de fuir devant
lui. Mais,
des hommes plus ambitieux que --- Page 129 ---
121 )
victimes infimes,
qu'enssent été quelques
le sang des milliers de victimes
pourexpier vous avez fait sacrifier, diraiinnocentes que
non ; ce sentije, par votre philantropie? entrer dans voS
ment étoit trop pur pour
? non ; vous
faux système
ames : dirai-je parun
la soifinexn'en fites jamais dupes: mais par
de lor des malheureux colons: :
tinguible
Anri sacra fames! qoid non mortalia pectora cogis?
Vous avez réduit ces infortunés, après
avoir fait languir dans les fers, à venir
les
jadis, ils pormendier dans un empire oi,
Toustèrent l'abondance et la prospérité. (1)
Toussaint, fut
saint, l'atroce et hypocrite
déchainé
moins coupable que vous : un tigre
obéit au penchant
par une main imprudente,
honte dela
irrésistible de la nature. Que j'ai
disoit un jour un de ces
couleur de ma peau!
dans une orgie patriofourbes philantropes
sur la couleur noire 9
tique, en s'extasiant
vilain nègre
de la peau visqueuse d'un gros
odeur si
exhaloit à la ronde une
Congo, qui
malgré
plusieurs des convives,
fétide, que
Pinsieurs de ceux qui ont été incarcérés par cux >
(1)
sont morts dans les prisons.
sont à Paris.. plusieurs --- Page 130 ---
(122 )
leur civisme, étoient sur le point de faire le
sacrifice de leur dinerà cet arome fraternel.
Non ! monstre infâme!ta peau ne devoit pas
,elle devoit être teinte du sang
être blanche,
fait immoler
des innombrables victimes qu'a
Vous êtes la race prita rage révolutionnaire.
vous êtes
mitive, disoit-il à tous les nègres,
le type du genre humain, les blancs ne sont
reconnoissez enfin,
qu'une race dégénérée;
la race coureprenez votre dignité, et que
pable qui vous a avilis jusqu'à cC jour, vous
cede enfin un pays dont vous êtes les indi-
(selon lui, les nègres et les hommes
gènes
étoient les indigènes de S. Dode couleur
victime de son
mingue ), ou que, périssant
opiniâtreté, elle serve d'un exemple frappant
N'étoit-ce pas mettre le poià la postérité.
contre les
gnard, dans les mains des nègres,
blancs ? Peu de jours après les massacres commencèrent, etles monstres qui avoient prèen sûreté
ché Pinsurrection 2 voyageoient
parmi les assassins.
Parmi toutes les causes qui ont produitl'insouciance des François pour les colonies, et
qui ont amené leur perte, qu'on ne ressent
qu'elle est consommée; il en est
que depuis
derappeler, depuis que
quiln'estp plus permis
rité.
contre les
gnard, dans les mains des nègres,
blancs ? Peu de jours après les massacres commencèrent, etles monstres qui avoient prèen sûreté
ché Pinsurrection 2 voyageoient
parmi les assassins.
Parmi toutes les causes qui ont produitl'insouciance des François pour les colonies, et
qui ont amené leur perte, qu'on ne ressent
qu'elle est consommée; il en est
que depuis
derappeler, depuis que
quiln'estp plus permis --- Page 131 ---
(123 )
lerègnedela raison a mncedéacelaideresal dangemais aussi il est des systemes
tation :
leur vétablissement
Hes.peivgprenoicatd
contre
indigenalbic,aiton ne prémunissoit
les
qui n'ont pasles connoissancux personnes
se défier desinnoceslocales nécessaires pour
desintentions
vations. Un auteur, à la pureté
mais
je rends justice, M. de Cossigni,
duquel
estdupe de son zèle patriotique,
quiluri-mened de cultiver les cannes à sucre cn
a proposé
même
en question si
France;i il ne met
pas le degré de
ces cannes pourront acquérir
le sel esmaturité nécessaire pour produire
les
l'on nomme sucre; et malgré
sentiel que
bien raisonnées du miobjections sages et
persisté
nistre de la marine (M. Forfait),ilap
de faire réussir ce projet
à proposerle moyen exécution, supposé qu'il
dangereux dans son
fat
Ila
Reraeemnepenetere
possible.
méridionales de
que même dans les contrées où l'on avoit introla Frauce, en Provénce,
été forcé d'en
duit la canne à sucre, on a
abandonnerla culture, parce que les produits
n'équivaloient pas aux dépenses de l'exploitamême, plusieurs capitation. En Espagne
leur fortune en établissant
listes ont dérangé
beaudes sucreries, le climat est cependant --- Page 132 ---
(124)
plus favorable que celui de la France,
coup mais la main d'oeuvre est trop chère. Il faut
partir d'un principe : une culture ne peut
qu'elle sera favoêtre avmtagenic,qu'autantg
risée parle climat et parle sol;etj'oserois prédire la ruine de la France, et en même temps
du
où lon adoptecelle de nos colonies,
jour
roit le faux système de planter des cannes.
à sucre en France, et du blé et des vignes
dans les colonies. Consultons la nature; ce
Nunguam aliud
guide ne nous égarerajamais.
le
aliud natura dicit. Elle a désigné
sapientia, où doivent habiter certains animaux,o
pays doivent croitre certains végétaux; changez
L/animallancet ordre, tout sera bouleversé.
il
la
à peine végète;
guit ou meurt; plante
faut, aux Antilles, des jardins couverts pour
afin de les soustraire
les plantes d'Europe, d'un soleil dévorant;
aux rayons trop directs
chaudes
il faut, en Europe, des serres
pour
les végétaux des Antilles, pour les garantir
des hivers. L'Européen, en cherde larigueur
chant l'ombre et la fraicheur, à S. Domingue,
a bien de la peine, malgré toutes ces précau- clià l'influence d'un
tions, à se soustraire
lui qu'en sa
mat, qui n'est dangereux pour
genirrampmatihmsest des Antilles,
ons trop directs
chaudes
il faut, en Europe, des serres
pour
les végétaux des Antilles, pour les garantir
des hivers. L'Européen, en cherde larigueur
chant l'ombre et la fraicheur, à S. Domingue,
a bien de la peine, malgré toutes ces précau- clià l'influence d'un
tions, à se soustraire
lui qu'en sa
mat, qui n'est dangereux pour
genirrampmatihmsest des Antilles, --- Page 133 ---
(125)
quelques moyens qu'il emploie pour lutter
contre les frimas de
des maladies
FEarope, est exposé à
qu'il n'eûtjamais
dans
son pays natal, et périt en sa éprouvées qualité d'Américain. Ilne faut cependant
strictementla
pas prendre trop
maxime, qu'il n'est pas avantageuxd
devoerentgdeiztimase ou desvégétaux,d'un climat dans un autre, etd'essayerà
lesynaturaliscr;il, est d'heureusese
Parmi les animaux, il en est
sexceptions.
dent de tous les climats,
quis'accommovenir
et qui peuvent detrès-utiles. - Il est égalementdes
y
constitués d'une manière,
végétaux
porter le soleil brûlant des qu'ils peuvent supqu'ils ne craignent
zones torrides, et
pas les glaces des zones
tempérées. Mais souvenons-nous d'être
ment entreprenans 7 et ne donnons sageaux étrangers, dans ces deux
hospice
tant que le nombre en sera genres, qu'aud'abord, et
peu considérable
étudierles que nous pouvons sans dangeren
bonnes ou
de leur donner des lettres mamaikeagmalitc@avant de
Parmilesy végétaux
naturalisation.
je crois pouvoir être exotiques, un deceux que
les
cultivé en France, dans
le coton parties méridionales, est le coton 3 mais
herbacé seulement, qui
cinq mois,
peut, en
produire son fruit; car, quant à --- Page 134 ---
( 126 )
,même dans la zone
toutes les autres espèces, huit à neuf mois.
torride, il leur faut
des causesles
On doit encore mettre au rang colonies, les ecrits
plus directes dela perte des entr'autres, de
philosoplies ;
des prétendus
de Bomare, etdes GréRaynal, de Valmont ! dont l'éloquence capgoire. Ah! Raynal
la vérité,
tieuse présente trop souvent , exaltée,je pour
vais
les rèves d'une imagination calomnies atroces
analyser de sange-froid les colons, et les rcque tu-as vomi contre les tu leur as faits ;
proches mal fondés que
malheudont les conséquences
reproches amené la révolution de ce pays
reuses ont
aussi funeste aux nèinfortuné; révolution
être Pobjet, et dont
gres, qui paroissoient en
la France,
anéanti la race, qu'à
elle a presque
dont elle a ruiné le commerce.
oser,avec
dira-t-on 1, pour
Qu'etesvous,med lutter contre Raynal? La coune foible plume,
fuir devant l'aigle? A
lombe ne doit-elle pas
beanté ne
répondrai, que la véritable
ecla,je
tire pas son
Tmtiteseniuat
ellemèmertelle est la veriné.dontlellanpar
servira toujours de guide. Ah!combeau me
qui, fascinant
bien est dangerenx un auteur, de sa diction, les
les charmes
nos sens 3 par
vous,med lutter contre Raynal? La coune foible plume,
fuir devant l'aigle? A
lombe ne doit-elle pas
beanté ne
répondrai, que la véritable
ecla,je
tire pas son
Tmtiteseniuat
ellemèmertelle est la veriné.dontlellanpar
servira toujours de guide. Ah!combeau me
qui, fascinant
bien est dangerenx un auteur, de sa diction, les
les charmes
nos sens 3 par --- Page 135 ---
(127 )
maîtrise et entraîne notre raison
rent de son éloquence.
par le tormêle au doux
Quel poison subtil se
Jissent le
parfum des fleurs qui embelvaste champ de son
Protée dangereux,
érudition!
homme?
est-ce bien le même
est-ce bien Raynal
le temple de Gnide,
qui entre dans
lette de
pour y dérober la pal'Amour, et les pinceaux de la Volupté, avec lesquels il peint le tableau
duisant des Bailladères de
sédescend dans l'antre de
Surate, qui delà
forger des lances, des Vulcain, poury faire
lumer des torches
poignards, pour y aldes esclaves,
qu'il met dans les mains
jeure
contre des maîtres, dont la mapartie cherchoit à adoucir leur
et qui les ont achetés de
sort,
ces mêmes négrophiles,quijouisent. de
sans remords du
ce trafic,"et qui osent encore produit
des colons ce qu'ils
réclamer
peuvent leur devoir
l'acquisition d'une propriété dont leur pour
tème les a privés.
sysJe les ai vus, ces
foi, savourer
négrophiles de mauvaise
quel ils avoient avec volupté du café dans lemis avec
qui, selon
profusion, ce sucre
heureux eux, est teint du sang des malAfricains ; soyez donc
si vous voulez me persuader, conséquens, --- Page 136 ---
( 128 )
Ah! Raynal! si les ames dégagécs de leur
mortelle, peuvent encore être afeuveloppe
fectées de quelque passion, et qu'elles puisdouner des signes dans la région
sent en habites, ne dois tu pas être obsédé
que tu
innombrable des ombres plainpar la foule malheureuses victimes que ta phitives des
losophie exaltée et ton système impolitique
dans Pabimedu tombeaut. Insont] précipitées
et détrompé à un âge
truit par l'expérience, l'erreur de ton sysplus mur, tu-as reconnu
déritème et les malbeurs qui pouvoient en
tu-as chanté la palinodie et fait amende
ver;
malheureux colons ; mais il
honorable aux
poison fatal avoit déjà
n'étoit plus temps,le
pénétré, le mal étoit sans remède.
Interprète et vengeur, sije le puis, de tous
frères les colons des Antilles,je vais enmes
non de les disculper, car le plus
treprendre,
mais
grand nombre ne fut jamais coupable;
de démontrer aux yeux delEarope,combien
fondés les reproches que leur ont
sont peu
négrophiles.Jec commenfaitalesphilosophes
cerai par Raynal. Vérité sainte, je t'invoque
et fais le serment, sur tes autels, de ne jamais marcher qu'à la lueur de ton flambeau.
< Il est des colons barbares qui regardent
mes
non de les disculper, car le plus
treprendre,
mais
grand nombre ne fut jamais coupable;
de démontrer aux yeux delEarope,combien
fondés les reproches que leur ont
sont peu
négrophiles.Jec commenfaitalesphilosophes
cerai par Raynal. Vérité sainte, je t'invoque
et fais le serment, sur tes autels, de ne jamais marcher qu'à la lueur de ton flambeau.
< Il est des colons barbares qui regardent --- Page 137 ---
(129 )
< la pitié comme une foiblesse, se plaisent à
< tenir la verge del la tyrannie, toujourslevée
< sur leurs esclaves (Histoire philosophigne,
1 < tom. III, pag. 175).>
Quel homme même, d'un sens ordinaire,
examinant de sang-froid et sans prévention,
cette inculpation ridicule, pourra se persuader qu'il se trouve dans le monde une contrée, où les hommes, ne connoissant ni les
sentimens d'humanité, ni cette passion impérieuse, l'intérêt, sacrifient leur bonheur
et leur fortune, au plaisir atroce de tourmenter des êtres, sans aucune utilité,que
de satisfaire leur caprice.
< Ils ne donnent; continue Raynal, que
< très-peu de nourriture à ces malheureux
< esclaves, encore est-elle de mauvaise qua-
< lité ( tom. III, pag. 177). >>
Vous n'avez sans doute jamais connu de
laboureur assez fou, assez ennemi de luimême, pour priver, par spéculation ou par
caprice, ses boeufs ou ses chevaux, de la
nourriture nécessaire, tant pour leur existence," que pour réparer les pertes qu'ils font
en travaillant,e et leur donner des forces nouvelles; et après les avoir fait jeûner, se repaitre du plaisir extraordinaire de les frapper
--- Page 138 ---
(130 )
qu'avec de
du matin au soir? pensez-vous, fussent long-temps
pareils moyens, les boeufs
sont-ils
de labourer? Les nègres
capables
bien différens des boeufs
pour le physique
Et si les colons des
dont je viens de parler?
très-peu de
Antilles ne leur donnoient que
nourriture, et encore de mauvaise qualité,la terme
un
nature outragée ne mettroitellepas bizarre d'agir, et
très-court à cette manière
au
vivement affecté, se joignant
le moral,
vivroient-ils bien
physique mutilé, les nègres
qu'ils
long-temps ? Et dans la supposition réitérés, et
résister à des châtimens
pussent diète austère, comment pourroient-ils
à une
travaux pénibles que Raynal exasuffire à des
trouve l'occasion ?
gère chaque fois qu'il en
pourroit avoir
Que tous ceux que Raynal nègre esclave,
persuadés sachent quechaque
lui fournit
outre la portion de vivres que suffisante
Thabitation, qui seroit plus que
possède encore un jardin
pour sa subsistance, où il cultive du tabac, du ris,
partieulier,
des pois de toute espèce,
des giraumonts, les dimanches au marché des
qu'il va vendre les villes ou dans les bourgs;
blancs, incontestable dans
qu'il n'en a pas besoin
preuve
aussi des cochons qu'il
pour vivre. Il possède
que
lui fournit
outre la portion de vivres que suffisante
Thabitation, qui seroit plus que
possède encore un jardin
pour sa subsistance, où il cultive du tabac, du ris,
partieulier,
des pois de toute espèce,
des giraumonts, les dimanches au marché des
qu'il va vendre les villes ou dans les bourgs;
blancs, incontestable dans
qu'il n'en a pas besoin
preuve
aussi des cochons qu'il
pour vivre. Il possède --- Page 139 ---
(131 )
engraisse ; il en tue de
fait fondre la
temps en temps, en
il
graisse qu'il vend aux
coupe la chair par morceaux
blancs;
dre dans les habitations
et va la venserve pourlui, dont
voisines, et il en réil fait du
serois avancer
petit-salé. J'oqu'il est
qu'ii n'ya pas de nègre, lorsriz, de laborieux, 2 qui, de son tabac, de son
ses cochons, de ses
fasse un revenu de plus de mille poules, ne se
les ans.
francs, tous
Silon enc
croyoitRaynal, un
nègres n'offriroit
atelierd'esclaves
dégoûtant
aux yeux qu'un troupeau
desquelettes
couverts de cicatrices, mutilés, poignardés,
sans
sans aucune
vigueur et sans courage. Eh
énergie,
ces mêmes
bien! suivez
planter nègres au jardin, lorsqu'ils sont à
le
unepièce de cannes, qui est le travail
plus pénible qu'ils aient
vous verrez des hommes
jamais à faire,
trine large, à muscles
vigoureux, à poifortement
faisant, à chaque coup de houe, prononcés,
loin la terre autour d'eux.
trembler au
quand ils sortent de ce travail Suivez-les encore, s
soir; ils se rendent à leurs le samedi au
avoir pris un bain de
cases, et, après
leuro calalou, leur
propreté, ils mangent
ou du
morue, ou leur petit-salé,
poisson frais qu'ils ont pêché dans les --- Page 140 ---
(132)
heures d'intervalle de leur travail; ils boivent du taffia, font leur toilette, ct vont au
calenda (c'est ce que nous appelons un bal),
la nuit à danser. Observez-les dans
passer leurs danses, examinez la souplesse de tous
leurs différentes attitudes,
leurs mouvemens,
dans leurs
la passion et la gaieté qui règnent
chants; ct, si vous êtes de bonne-foi, je vous
demanderai si des hommes excédés de fatide leurs forces,
gue par un travail au-dessus
exténués, par le défaut de nourriture, macérés par les coups de fouet d'un commandeur féroce, peuvent se livrer à un exercice
qui, outre qu'il exige des forces corporelles,
n'annonce certainement pas un moral viveaffecté d'une condition, peut-être malment
et compaheureuse SoUS quelques rapports
rativement, mais, sur laquelle ils ne réfléqu'ils sont nés dans cet
chissentj jamais, parce
ordre de choses..
suicide, dit Raynal, est très-commun
< Le
< parmi les nègres. (L.III P. 44). >
les
années
S'il cût habité pendant plusieurs
Antilles, il cût su que si quelques nègres se
donnent la mort, ce sont particulierement
de nation mina, et ils ne le font que
ceux
leur arrivée dans les
peu de jours après
Lu
quelle ils ne réfléqu'ils sont nés dans cet
chissentj jamais, parce
ordre de choses..
suicide, dit Raynal, est très-commun
< Le
< parmi les nègres. (L.III P. 44). >
les
années
S'il cût habité pendant plusieurs
Antilles, il cût su que si quelques nègres se
donnent la mort, ce sont particulierement
de nation mina, et ils ne le font que
ceux
leur arrivée dans les
peu de jours après
Lu --- Page 141 ---
( 133 )
eolonics, et lorsqu'ils sont encore incertains
leur
quelques-uns se
du sort qu'on
prépare;
persuadentquel les blancs les ont achetés pour
boire leur sang ; d'après cela , comme ils
croient à la résurrection, ils pensent, qu'en
donnant la mort, c'est un moyen de rese tourner dans leur pays. Ce ne sont donc pas,
comme le dit Raynal, , les mauvais traitemens
de leurs maîtres qui les portent à cela; car
un soin bien plus particulier des
on a encore
anciens
nègres nouvellement arrivés, quedes
eux-mêmes de
qui peuvent se pourvoir par
ont besoin. Le suicide, parmi
tout ce qu'ils
très-rare, et la seule
les nègres créoles,est
est la jalousie, passion
cause quiles y porte,
exaltée dans
beaucoup plus commune et plus
les zones torrides. Eh, ne voyons-nous pas,
parmi les blancs d'Europe, des exemples trop
fréquens du dégoût d'un pèlerinage dans ce
bas monde, dont les routes ne sont pas toujours semécs de fleurs ; et que seroit-ce, s'ils
étoient persuadés, comme les nègres, qu'ils
dussent ressuciter dans un nouveau monde,
où tous leurs goûts seroient flattés, et leurs
passions satisfaites.
< Les nègres, dite encore notre philantrope,
des mauvais traitemens de leur
K se vengent --- Page 142 ---
(134) )
leurs camarades,
< maître, en empoisonnant
l'enfance,
ou lui-mème. Ils sont, dit-il,dèst
<
dans l'art des empoisonnemens. >
< instruits
différentes entr'elles, porDes causes bien
de
:les mautent les nègres à se servir poison barbare, en sont
vais traitemens d'un maître
la
rare ; car l'expérience apla cause
plus
plus les esclaves ont
prend aux Antilles,que d'un maître sévère,
à craindre de la rigueur
Cela
moins ils se décident à lui manquer.
et
dans la nature. Tandis que les cOme semble
gate-nigres, parce qu'ils
lons, qu'on nomme
sont presque tousont foibles à leur égard,
mal entendues
la victime des bontés
jours
nègres fontune grande
uvitsontponrenxylesn
ils obéisdifférence entre le tyran auquel ferme et
crainte; T'homme humain,
sent par
ils obéissent sans peine 1 et
juste, auquel
qu'ils
îhomme pusillanime et sans caractère, lcs
et dont ils font tourner tous
méprisent,
foibles à leur profit.
ici une cause d'empoisonJe rapporterai croira sans doute inventée
nement, que l'on
moins vraie. Beauà plaisiryelle n'en est pas
quelque
depuis
coup de negres périssoient
et
le chirurgien
temps sur une habitation, l'autre dans les
médecin (car on est l'un et
e, auquel
qu'ils
îhomme pusillanime et sans caractère, lcs
et dont ils font tourner tous
méprisent,
foibles à leur profit.
ici une cause d'empoisonJe rapporterai croira sans doute inventée
nement, que l'on
moins vraie. Beauà plaisiryelle n'en est pas
quelque
depuis
coup de negres périssoient
et
le chirurgien
temps sur une habitation, l'autre dans les
médecin (car on est l'un et --- Page 143 ---
( 135 )
Antilles ) avertit le propriétaire, que le poison en étoit la seule cause; on faitdes perquisitions, enfin, on découvre le coupable, on
smaapoaakemrerint nomme
commandeur, le nègre qui dirige les travaux
de Phabitation, d'après les ordres qu'ilreçoit
du maitre )-J Le commandeur avoue tout ; on
lui demande la raison d'une conduite aussi
extraordinaire fut, qu'aiatroce; ; sa réponse
mant beaucoup son maitre, ,eten recevanttous
lesjoursde nouveaux bienfaits, il avoitappris
à
pour la France,
qu'il se préparoit partir
et qu'il avoit cherché à le rendre pauvre en
le mettre dans
empoisonnant ses nègres,pour
Vimpossibilité d'exécuter son projet. J'ai connegre domestique, fort atnoissance qu'un
crut lui en donner une
taché à son maître,
non équivoque, en empoisonnant son
preuve
lui en procurer l'héritage. En
frère, pour
général, les empoisonnemens ne sont point
veulent le persuader
aussi fréquens que
les négrophiles;et les nègres ne sont point,
comme le dit Raynal, instruits,dès leur enfance, dans l'art des empoisonnemens. Une
bien essentielle qui prouve le conremarque
Pouverture de plusieurs
traire,c'estque, par
individus empoisonnés, nègres ou blancs, on --- Page 144 ---
( 136 )
a découvert que le poison étoit de l'arsenic.
Si les nègres , comme le prétend
étoient instruits dans la
Raynal,
plantes délétères,
connoissance des
ler de l'arsenic s'exposeroient-ils, ou à vodans une pharmacie
auroit imprudemment laissée
qu'on
chercheroient-ils à
ouyerte 2 ou
la
tenter, par de P'argent,
cupidité d'un pharmacien, qui, s'il ne Se
trouvoit pas malhonnète, pourroitles
Il est bien à désirer
le
perdre?
que
gouvernement
s'oppose à l'avenir à l'introduction
reuse de ce métal meurtrier dans dangenos colonies; ne vaut-il pas micux avoir des rats dc
plus, que des nègres de moins :
nous n'avons point dans les Antilles d'ailleurs,
nufacture qui ait besoin
de madrogue malfaisante.
d'employer cette
K Rien de plus affreux, dit notre
< phile Raynal, que la condition du noir négro-
< Amérique. >>
eiB
Si ce n'est celle du blanc
Européen, sans
propriétés et sans talens, lorsqu'il est vieux,
malade ou infirme. Et combien sont dans
cas là?
ce
< Une cabane étroite,
K modités, lui sert de demeure. malsaine, sans comDans la majeure
>>
partic des habitations, les
d'employer cette
K Rien de plus affreux, dit notre
< phile Raynal, que la condition du noir négro-
< Amérique. >>
eiB
Si ce n'est celle du blanc
Européen, sans
propriétés et sans talens, lorsqu'il est vieux,
malade ou infirme. Et combien sont dans
cas là?
ce
< Une cabane étroite,
K modités, lui sert de demeure. malsaine, sans comDans la majeure
>>
partic des habitations, les --- Page 145 ---
(r 137 )
cases des nègres sont plus grandes, plus pro- tiers
plus commodes que celles d'un
pres, habitans de TEurope; n'est-il pas du plus
des
intérêt de mettre à l'abri des intemgrand de l'air, des individus que la cupidité
pérics
européens nous fait acheter
des négocians
couvre les
au poids de l'or. La paille qui
les met dans l'été à Pabri
cases des nègres, bien mieux que ne fedes fortes chaleurs,
roient des tuiles qui, une fois pénétrées par
même
Jecalorique, le eomscryentlongiomps,
pendant la nuit; elle fait aussi une
jusque
bien plus impénétrable aux groscouverture d'orage, dont souvent on n'est pas
ses pluies les tuiles ou les ardoises ; la paille
garanti par bien mieux à limpétuosité du
résiste aussi
une fois qu'il a soulevé quelques
vent, qui,
vite enlevées toutes. Enfin,
tuiles; les a bien
la paille offre tant d'avantages, que presque
tous les anciens colons, préférant la salubrité
au luxe, avoient encore, à
et la commodité
l'époque del la révolution, la case particulière,
couverte en paille. Les feuiloù ilscouchoient,
cet
les de latanier remplissent parfaitement donner
de leur
objet, et on ne manque pas même de s'en
la préférence, lorsqu'on est à
procurer. --- Page 146 ---
(138 )
lits des
dit Raynal, sont des
e Les
nègres,
à briser le corps qu'à
K claies plus propres
< le reposer. >>
le fond deslitsdes
Dequoiestd donccomposé
blancs malheureux en Europe ? n'estil pas
aussi de bois?combienj'en ai vu qui n'étoient
chose
des sarmens de vigne. Vousautre
que
Raynal, de leur:
êtes voUs occupé,phrlantrope molle? Nos nègres
procurer une couche plus
de nattes épaisses qui les empèse servent
le bois, et tous ceux. qui
chent de ressentir
leurs aises, ont
ne sont pas insoucians pour de mais, même des
des paillasses de paille
couvertures; et ils ont de moins 2 que vosà se garantir de la riblancs malheureux,
gueur des hivers.
de bois, quelques pots:
< Quelques plats l'ameublement des ne-
< de terre forment
K gres. >
les
les
Quand cela seroit vrai,
paysans,
de France, enfin, les blancs sans
journaliers mangent-ilsdans de la porcelaine?
propriétés, chez eux aussi des écuelles de bois,
J'ai vu
ils cn ont, sont
et leurs pots à soupe, quand
les plats de
de terre. Mais je soutiendrai que
bois des nègres sont plus souvent remplis ; jamais un nègre ne se contente, même pour
ublement des ne-
< de terre forment
K gres. >
les
les
Quand cela seroit vrai,
paysans,
de France, enfin, les blancs sans
journaliers mangent-ilsdans de la porcelaine?
propriétés, chez eux aussi des écuelles de bois,
J'ai vu
ils cn ont, sont
et leurs pots à soupe, quand
les plats de
de terre. Mais je soutiendrai que
bois des nègres sont plus souvent remplis ; jamais un nègre ne se contente, même pour --- Page 147 ---
(139 )
délicieuses quilui serdéjedner, des patates
la salubrité et
vent de pain, quej je mets pour
au-dessus du mauvais pain
leg goût,beaucoup
il lui faut en
noir des paysans et journaliers;
bois,
outre, ou du calalou dans son écuellede frais;
ou de la morue, ou autre poisson 2 soit votre
soit salé, tandis que votre journalier, secà
mange lep plus souvent son pain
paysan,
Quant à leurs meudéjcâner. Eh!quel pain?
bles, tous les nègres aisés ( et il ne dépend de
d'eux de l'être tous) ont des coffres
que bois d'acajou, bien mieux garnis que ceux
européens sans prodes pauvres des paysans chaises, de la faience, une
priété.Ils ont
meuble
chandière de fer, qui est le premier
qu'on leur donne.
toile
qui cache une partie
( La
grossière
ni des cha-
< de leur nudité, ,ne les garantit ni des fraidu jour,
K leurs insupportables de la nuit ( tom. III,
K cheurs dangereuses
< Les pag. lois 177).9 du Code noir obligent Phabitant
d'habiller deux fois par an ses nègres. On
arrivant
donne à tous les nègres nouveaux,
d'Afrique (oir ils vont tous nus), un pantalon de grosse toile, une chenise assez longue dessus
pour lui couvrir tout le corps, et par --- Page 148 ---
140 )
surtout qu'on nomme vareuse T
une espècede
à allerdans lesfait de zinga. Ets'il est destiné
la
montagnes, où il fait froid, à la place de
vareuse de zinga, ,on lui donne une casaque
également de
de laine, et une couverture
de
Jaine; il a donc, quoi qu'en dise Raynal,
couvrir sa nudité toute entière, et de
quoi
ou des ardeurs du soleil,
quoi se garantir, de la nuit. Mais comme la
ou des fraicheurs
pudeur, quoi qu'en dise l'évèque Grégoire 9
est une vertu, en général, inconnue parmi
les negresd'Afrique, ceux quitravaillentdans
le
souvent de
les plaines se débarrassent plus
vêtemens qui les gênent, et auxquels ils ne
habitués. Un Européen qui iles versont pas
croiroit
c'est faute
roit dans ce moment,
que
de vêtemens,qu'ils sont ainsi nus; ce qu'ily
a encore de certain, c'est que les nègres
mettent si
adac
l'on achette d'Afrique,
peu
aux vêtemens qu'on leur donne, s
portance
les vendent aussitôt
que beaucoupd'entr'eux
qu'on les leur a donnés. Quant aux nègres
créoles, j'oserois avancer que Raynal et la
majeure partie des négrophiles, qui s'apisur le sort des nègres et sur leur nutoyent
de chemise d'une toile
dité, 1 n'ontjamais porté
celles
plus belle et d'un prix aussi élevé que
,
peu
aux vêtemens qu'on leur donne, s
portance
les vendent aussitôt
que beaucoupd'entr'eux
qu'on les leur a donnés. Quant aux nègres
créoles, j'oserois avancer que Raynal et la
majeure partie des négrophiles, qui s'apisur le sort des nègres et sur leur nutoyent
de chemise d'une toile
dité, 1 n'ontjamais porté
celles
plus belle et d'un prix aussi élevé que --- Page 149 ---
(141 )
ou négresses portent.
que ces mêmes nègres
vont au calanda
les jours de fète lorsqu'elles
d'entr'elles
(c'est-aedire au bal); beancoup
des chemiscs dont la toile a coûté dixont
francs l'aune; des mouchoirs de
huit à vingt
madras à leur tête, de cinquante à soixantesix livres, des bracelets de grenats, des jupes
de toile des Indes, d'un grand prix. Il n'est
rare de voir ces mêmes négresses venir
pas travailler le lendemain au jardin avec cette
qu'étant sorties du calenda,
toilette, parce elles n'ont pas eu le temps de se
trop tard,
envier
déshabiller. Que de choses pourroient
nombre
à ce peuple noir,
bon
d'Européens,
tant le sort, qu'on ne condont on plaint
noit pas! !
un siècle, des
retentit depuis
< L'Europe
sublimes maximes de
< plus saines, des plus de tous les hommes
< la morale : la fraternité
touchante,
établie de la manière la plus
< est d'immortels écrits ( t. III, p. 177) >
< dans
cette
Cela est vrai, mais malheurenusement,
morale sublime n'existe que dans vOs livres;
la preuve en est trop récente pour qu'il soit
besoin de la citer.
de
< Ce ne sont pas les nègres quirefusent
dans les chaînes de l'escla-
< se multiplier --- Page 150 ---
( 142 )
c'est la cruauté de leurs maitres qui
K vage,
inutile levoeu de la nature;ils
< a su rendre
des travaux si durs,
des négresses,
K exigent
leur
et
leur grossesse, 2 que
< avant
après
à terme, ou survit peu
< fruit oun'arrive pas
183.). >
(t. III, P:
< à l'accouchement
coûte rien à cet
Une calomnie de plus ne
célebre; ; si, au lieu de s'en rapauteur trop
faux ou cxagérés,
porter à des mémoires
il
Raynal eût fait un voyage aux Antilles, étoient
auroit vu que les négresses enceintes
à
qu'on ne leur donnoit jamais
ménagées,
fussent dans le cas de
faire des travaux qui
une
nuire à leur fruit; elles alloient au jardin
tard, et en sortoient une heure
heure plus
celles qui étoient déjà acplutôt, ainsi que
couchées depuis peu de temps, et quimême,
deux mois après
ne revenoient au travail que
: et pour les encourager
leur accouchement:
faisoient la
à avoir soin de leurs enfans (qui donnoit à
richesse du colon par la suite ), on
lorssoixante-six francs,
chaque négresse,
enfant avoit passé dix jours, époque.
que son
laquelle il périt une partie
critique pendant nonvellement nés, d'une
des enfans nègres
mal de michoire,
maladie que l'on nomme
outre
ou tétanos; c'est une espèce despasme:
ager
leur accouchement:
faisoient la
à avoir soin de leurs enfans (qui donnoit à
richesse du colon par la suite ), on
lorssoixante-six francs,
chaque négresse,
enfant avoit passé dix jours, époque.
que son
laquelle il périt une partie
critique pendant nonvellement nés, d'une
des enfans nègres
mal de michoire,
maladie que l'on nomme
outre
ou tétanos; c'est une espèce despasme: --- Page 151 ---
(143) )
ccla, quand une négresse avoit six enfans vivans, on Ini donnoit sa NbertésnrThabitation,
(ce qu'on appeloit liberté de savane), et une
exemption de tous autres travaux, que le
soin et la conduite de ses enfans. Dans beaucoupd'anciens ateliers, les naissances égalant
besoin d'acheter
les mortalités, on n'avoit pas
des nègres d'Afrique.
de colons atro-
< L'Amérique est peuplée
qui, usurpant insolemment le droit
ces, souverains, font expirer par le fer ou
< des
les infortunées victimes de
< par la flamme
4 l'avarice (t. III, p. 196). >
Voilà donc un peuple entier transformé en
autant de bourreaux! Ne semble-t-il pas qu'il
habitation, des échafauds
y ait, sur chaque
toujours dressés., des bâchers toujours prêts
à recevoir et à dévorer des victimes. innocentes ? Le maître scul est coupable Calomniateur exalté! Quedoit-on penserde celuiqui
toujours suppose le crime ? La loi défend aux
colons de faire justice capitale sur leurs habitations ; mais cette même loi a cru devoir
un abus
tolérer dans sa sagesse (ce qui paroit
à Raynal) que le châtiment fat infligé quelle lieu même du délit; afin de requefois,sur!
tenir les autres nègres par un exemple plus --- Page 152 ---
(144)
Quel est le magistrat du pays qui
frappant.
qu'il n'existe point
ne sache par expérience
faire périr un
de colon assez dénaturé pour
esclave pour un crime imaginaire.
,noir ou blanc, libre ou esclave,
Quiconque,
la
ne mérite-t-il pas
a tué ou empoisonné, la subisse sur Phamort? Que le coupable
ou sur une
bitation oùt il a commis le crime,
dans une ville, qu'importe?
place publique seuls crimes pour lesquels on fasse
Voilà les
subir la peine de mort, etce erime,quoiqu'en habité les codise Raynal, est très-rare. J'ai
ans,je n'ai eu connoissance
lonies pendant 17
de nègres empoisonde deux exemples
que
été exécutés sur des habitations.
neurs quiont
celui qui met le
Il n'est pas étonnant que des esclaves 3 , qui
dans les mains
poignard la révolte contre leurs maîtres $
leur prèche
de chercher dans leur
et qui leur conseille
il n'est pas,
sein pour y percer leur coeur; cet attentat
dis-je, étonnant, qu'il présume
Comment Raynal ne légitimetres-firéquent. la révolte de l'esclave contre son
roit-il pas
aux colons, < implorez
maitre 2 lorsquildit
à laquelle vous
de la métropole
< l'assistance
un reêtes soumis, et si yous en éprouvez
<
avec elle, c'est trop d'avoirà
< fus, rompez
*
n'est pas,
sein pour y percer leur coeur; cet attentat
dis-je, étonnant, qu'il présume
Comment Raynal ne légitimetres-firéquent. la révolte de l'esclave contre son
roit-il pas
aux colons, < implorez
maitre 2 lorsquildit
à laquelle vous
de la métropole
< l'assistance
un reêtes soumis, et si yous en éprouvez
<
avec elle, c'est trop d'avoirà
< fus, rompez
* --- Page 153 ---
(145 )
à la fois,et la misère ct l'indifa supporter
>
< férence (tom. III, pag. 438).
Oh!philosophe dangereux! il y avoitdans
lc temps que vous avez écrit, une bastille,
et vous étiez libre !
heureux
< Pourquoi les esclaves > plus
les colons) dans les Antilles que
< (disent
pour y re-
< dans leur patrie, soupirent-ils
< tourner ( tom. III, pag. 199)? >
fait.
Argument spécieux, qui tombe par le
arrivant d'Afrique à S. DoSur cent nègres,
mingue, iln'est pas douteux, que tant qu'ils
dans Vincertitude du sort qui les atseront ils désireront tous de retourner dans
tend,
consultez ces mêmes nègres deux
leur pays ;
veuille
ans après, il In'y én aura pas un qui
échanger l'esclavagé de S. Domingue, pour
en Afrique, à moins qu'il
sa condition passée
détromn'eàt pour maîtres des négrophiles
pés, qui passent toujours (quand leur intérêt
d'un sentiment qui tient autant
le demande), foiblesse
de la pitié, nous ne disons
de la
que mais à la cruauté et à Pinpas à la sévérité,
justice envers les esclaves. Lapreuvedeceque
deviendra bien évidente, lorsquel'on
j'avance
mécontens d'un esclave,
saura que les colons,
de le renvoyer dans son pays.
le menaçoient
IO --- Page 154 ---
(146) )
d 11 ne seroit pas même peutêtre coloniales, impossible d'obtenir les productions t.l 1II,p.2 201).9
mains libres(Raynal,
< pardes
des blancs euroRaynal entend-il dans parler les colonies , ou des
péens transportés ? Une malheureuse expénègres affranchis
les deux tiers au
rience nous a appris que
moissonnés par
moins des Européens étoient dans la prele climat brûlant des Antilles,
lorsqu'ils
mière année qu'ils y arrivoient,
forcés de s'adonner à des travaux qui.
étoient
s'exposassent aux ardeurs
exigeoient qu'ils ils sont robustes, et moins
du soleil; et plus demanderois à M. Raynal s'il
ils résistent. Je
devenus tous les blancs
existoit, ce que sont
sontdequel'on a fait passer à Cayenne? que
tous les Acadiens et les Allemands que
venus
Sur plusieurs
l'on af fait peneras.Domingne?
familles à
milliers, il reste à peine quelques fournissent la
Bombarde, près du Môle, qui les blancs ne
preuve! la plus convaincante que cultures dans
peuventsiadonner aux grandes
des AcadiensetAl
les Antilles. Les plantations
de café,
Jemands se bornent à quelques pieds
quelques ceps de vigne, quelques figuiers, dans les
légumes qu'ils vont vendre
quelques
Ils
à la vérité,
marchés du Môle.
peuvent,
-
iers, il reste à peine quelques fournissent la
Bombarde, près du Môle, qui les blancs ne
preuve! la plus convaincante que cultures dans
peuventsiadonner aux grandes
des AcadiensetAl
les Antilles. Les plantations
de café,
Jemands se bornent à quelques pieds
quelques ceps de vigne, quelques figuiers, dans les
légumes qu'ils vont vendre
quelques
Ils
à la vérité,
marchés du Môle.
peuvent,
- --- Page 155 ---
(147 )
avoir une existence assez douce par ce8 petits
moyens, mais ils sont condamnés à une éternelle médiocrité; s'ils vouloient augmenter
leurs cultures 2 il leur faudroit Jouer des
blancs, pour lors les frais surpasseroient de
beaucoup les revenus; ils donneroient alors
la solution du problème (ne pourroit-on
pas
obtenir les productions coloniales, par des
maius libres?).
Peut-être Raynal entendoit-il, par mains
libres, les nègres affranchis? Le problème
est encore résolu par l'expérience, Les negres, depuis leur affranchissement, depuis
même qu'ils sont momentanément maîtres de
S. Domingue, et qu'ils travaillent pour euxmêmes, ne font pas le quart des revenus
qu'ils faisoient lorsqu'ils étoient esclaves; et
ils cesseroient totalement de travailler à la
culture des denrées de commerce, si les deux
chefs, qui se disputent aujourd'hui Pempire
de ce pays infortuné, ne les forçoient à quelque culture, pour pouvoir faire des échanges
avecles Américains, quileur fournissent des
armes et des munitions de guerre.
< Craindroit-on, qu'en donnant la liberté
< aux uègres, la facilité de subsister, sans
* agirsur un sol naturellement fertile, de se --- Page 156 ---
(148)
de
sous un ciel brulant,
a passer
vêtemens, dans Poisiveté? >>
< plongeit les hommes
Oui, sans doute, On doit le craindre, et
l'a démontré. Quoi! les mêmes
Pexpérience n'étoient, dans l'Afrique - 2 leur
nègres qui
qu'un peuple vagabond, guerrier par
pays,
vivant de chasse et de pêche, et
occasion, fruits
la nature leur offre partout,
des
que
son
changera tout-à-coup ses habitudes,
caractère, et formera un peuple agricole
obéira aux besoins
et commerçant , qui d'un luxe qu'il n'a jafactices, fils naturels
mais connu ? Raynal peut-il comparer ces
Africains, aux habitans de l'Europe, qui,
dit-il, ne se bornent pas aux trayaux de première nécessité; mais existe-t-il des travaux
de seconde nécessité, pour celui qui n'en
même de première? Est-ce bien
connoît pas
établit cette
Raynal, homme de génie, qui
comparaison, et met sur la même ligne un
sauvage, qui habite la zone torride,
peuple
dans une zone froide ou
et un peuple civilisé,
T'Européen, s'il
tempérée? Que deviendroit
le sein de la
cessoit de déchirer péniblement
vêterre pour en retirer sa nourriture, etses
temens? où trouveroit-il, pendant quatre ou
cette mème terre est gelée ou
cinq mois,que
-
qui
comparaison, et met sur la même ligne un
sauvage, qui habite la zone torride,
peuple
dans une zone froide ou
et un peuple civilisé,
T'Européen, s'il
tempérée? Que deviendroit
le sein de la
cessoit de déchirer péniblement
vêterre pour en retirer sa nourriture, etses
temens? où trouveroit-il, pendant quatre ou
cette mème terre est gelée ou
cinq mois,que
- --- Page 157 ---
( 1 1 149) )
rouverte de neige, de quoi alimenter une
famille d'autant plus malheureusc, que le
besoin de manger n'est pas le seul tourment
Le froid, ce mal-être
dont elle est affectée?
ne force-tinsuportable, inconnnàl PAfricain,
il
T'Européen à élever des troupeaux,qui
lui pas fourniront de la laine, que la nécessité,
seule mère de l'industrie, luia appris à ourdir
s'en faire des vetemens? Qui pourra
pour VAfricain? La chaleur dévorante
contraindre climat le
le plus souvent à rede son
lui porte de minces vêtemens qui
jeter de dessus
Peut-il souffrir de
lui deviennent à charge.
la faim dans un pays où la nature, en porPhomme à Findolence, lui prodigue ses
tant
besoin de les dedons sans qu'il ait presque
bananiers, qui rapportent
mander; quelques
ainsi dire sans culen toute saison, et pour
foissemés,
ture;quelques cocotiers, qui, une
plans de man'exigent aucun soin; quelques dont les récoltes ne
nioc, du riz et du mais
de
presque jamais, et exigent peu
manquent
la
très-abondante.
travail; la chasse,
pêche
ne
Tout cela ne suffit-il pas à un peuple qui
les besoins naturels? Enfin, je
connût que
afridemanderai
ce peuple
vous
pourquoi tant d'intérêt, ne
eain, auquel vous. prenez --- Page 158 ---
(150 )
fait-il pas daus son pays, ce que vous avez
qu'il feroit dans les Antilles, après
prétendn
Avant que les Portuson affranchissement?
fussent allés
les Anglois, les François
gais,
acheter des esclaves - 1 quelles
en Afrique
des nègres ? leur lois,leur
étoient les moeurs
leur industrie, leur agricnltures
commerce,
S. Doenfin, qu'étoit leur pays ? ce qu'est
mingue, depuis qu'ils en sont maîtres.
N'est-il
avilissant pour T'humanité,
<
pas
des hommes, du
< des se servir pour puuir
les bètes
fouet dont on se sert pour
< même
< de somie ? >
rassemblent dans
Lorsque des circonstances
d'hommes
un même lieu, un grand nombre
incivilisés, qui ne doivent et ne peuvent consociales et morales, ne
noître les obligations
que le
faut-il pas employer des moyens pour
devienne
la victime du plus
plus foible ne
pas
fort, que le plus borné ne soit pas dépouillé
le plus rusé? Quels moyens employezpar
européens, pour réprivous, philantropes sociétés civilisées? Que
mer le crime dans voS
mouton
votre cheval, que votre boeuf, votre
abuvous soient ravis; que votre domestique,
sant de la confiance que vous avez mise en
lui, vous dérobe un couvert d'argent, une
la victime du plus
plus foible ne
pas
fort, que le plus borné ne soit pas dépouillé
le plus rusé? Quels moyens employezpar
européens, pour réprivous, philantropes sociétés civilisées? Que
mer le crime dans voS
mouton
votre cheval, que votre boeuf, votre
abuvous soient ravis; que votre domestique,
sant de la confiance que vous avez mise en
lui, vous dérobe un couvert d'argent, une --- Page 159 ---
(151 2e )
de monnoie d'une médiocre valeur; s'il
pièce de vous de connoître et de vous emdépend
faites-vous ? vous le
parer du compable,que
êtes for
livrez sans pitié à la justice, et vous
cés de le faire, pour le maintien de l'ordre
à ce malheureux ?
social: Qu'arrive-t-il
écrivoit, il étoit
Dans le temps que Raynal
condamné à mort: les lois d'aujourd'hui,
moins sévères, le condamnent â être marqué
d'un caractère ineffacable d'insur l'épaule,
la mort; à être fouetté en
famie pire que
public, et à passer plusieurs années, quelquefois le reste de sa vie dans les fers, suppliced'autant plusaffreux qw'ilestinlligédans
où
est comptée
u pays
Popinion publique
beaucoup. Dans ces mêmes cas, quand
pour des nègres ont volé à leur maître, un boeuf,
un cochon, des poules, de l'arun mouton 5
leur argent même, à leurs camarades, que
rive-t-il? on leur donne le fouet. De quel
côté est la rigueur. > la barbarie? le fouet du
commandeur nègre est-il plus avilissant que
le feretles verges du bourreau blanc? et celui qui ne se croit pas déshonoré en volant
son maître et ses camarades, se croira-t-il
Mais, me
avili par quelques coupsdefonet?
des
direz - vous, ce n'est pas toujours pour --- Page 160 ---
(152 )
des coups de
vols que les nègres recoivent
climat
mais, dans un
fouet. J'en conviens;
porté à l'indooù Phomme est naturellement bien, lorsque la
Jence, à la paresse, il faut
crainte
raison ne peut se! faire entendre,quela vautchâtiment soit un stimnlant; et, ne
du
servir du fouet que de la
il pas mieux se
de leur travail, et où ils
prison qui priveroit mieux que de rester,
ne demanderoient pas
Raynal ne vienne
pour s'y soustraire. Que droit un homme
me denrander de quel
pas
forcer un autre at travail : je vais
en peut
mot, ce qu'il dit à eet égard
copier, mot pour
pour les Européens: :
policés du globe
< Les pays prétendus
qui
couverts d'hommes paresseux,
< sont
doux de tendre la main dans
< trouvent plus
servir de leurs bras
< les rues, que de se
dessein n'est
< dans les ateliers; certes,notre
les cceurs, mais, nous proK pas d'endurcir balancer, que. ces miséra-
<K noncer rons, sans de voleurs du vrai pau-
< bles sont autant
secours
K
et que
ecluigqsileurdonnedes
vre,
La connoissance de
< se rend leur complice.
de leurs déleurs vices,
K leur hypocrisie,
nocturnes saturnales,
de leurs
K bauches,
qui est due à
K affoiblit la commisération
,notre
les cceurs, mais, nous proK pas d'endurcir balancer, que. ces miséra-
<K noncer rons, sans de voleurs du vrai pau-
< bles sont autant
secours
K
et que
ecluigqsileurdonnedes
vre,
La connoissance de
< se rend leur complice.
de leurs déleurs vices,
K leur hypocrisie,
nocturnes saturnales,
de leurs
K bauches,
qui est due à
K affoiblit la commisération --- Page 161 ---
(153 )
réelle. On souffre, sans doute,
< l'indigence
la seule
un citoyen de sa liberté,
< à priver
ct d'ajouter la prison
4 chose qu'il possède,
celui qui préfere
< à sa misère; cependant mendiant à un asile
K la condition abjecte de
et la nourri-
< où il trouveroit le vêtement
à côté du travail, est un vicieux qu'il
< ture conduire
la force. >>
< faut y
par
sans le vouloir,
(Raynal vient de faire,
du
le tableau le plus ressemblant possible
nègre, et il met, sans s'en douter,
peuple remede à côté du mal, à quelques modile
Voilà donc l'apôtre de la lifications près. )
en souberté pour les nigres.quiseernigeant du blanc euverain, prononce l'esclavage l'on force au traropéen, qu'il prétend que
lorsque,
vail ou que l'on traîne en prison, il tâche de
trop foible ou trop paresseux, douce, en
gagner sa vie d'une manière plus
cherchant à exciter la commisération publiD'après notre philosophe négrophile,
que.
seront moins vicieux que les
les nègres
d'eux-mêmes à trablancs, ils sC porteront
les vices
vailler sans y être contraints, 9
qu'il
attribue à PEuropéen leur seront étrangers,
d'hypocrisie, point de débauches, point
point
saturnales. Ab! Raynal! quen'ade nocturnes --- Page 162 ---
154 )
VCZ - vons passé quelques annces
frères si parfaits, vous
parmi C(5
même, qu'en fait de
eussiez vu par vousdébauches, de
vices, d'hypocrisie, de
ropéens
nocturnes saturnales, les Euque vous citez, quelque
vous les supposiez,
vicieux que
penvent venir prendre
desleçons, etse perfectionnerdans
parmi les
ce genre,
nègres, VOS protégés. Le
Toussaint, homme
nègre
caste, douéd'une
extraordinaire dans Sa
grande
profonde politique, ,etd'une
connoissance du caractère de ses
blables, . a bien senti,
s'ils
semque
ne les
gnoit au travail, par la voie de la contraiils se livreroient à tous leur
rigueur,
la
vices, surtout à
paresse, s qu'il s'ensuivroit une anarchie
affreuse, et une famine qui les
tous ; aussi fit-il des lois
détruiroient
travail;et ceux
très-sévères sur le
sés par les verges, quisyreftsoient étoient passupplice bien pire
fouet; car ces verges étoient
que le
nies d'épines
d'acacie, garblessures, longues et poignantes, dont les
dans un pays chaud, sont
que toujours suivies d'un
presféroce Dessalines,
spasme mortel. Le
teur
qui pour lors étoit
général des
inspecnoissance,
cultures, a fait, de ma confusiller plusieurs
pour n'être pas assez séyères commandeurs,
envers les ne-
upplice bien pire
fouet; car ces verges étoient
que le
nies d'épines
d'acacie, garblessures, longues et poignantes, dont les
dans un pays chaud, sont
que toujours suivies d'un
presféroce Dessalines,
spasme mortel. Le
teur
qui pour lors étoit
général des
inspecnoissance,
cultures, a fait, de ma confusiller plusieurs
pour n'être pas assez séyères commandeurs,
envers les ne- --- Page 163 ---
(155 )
n'avoir pas fait mettre en culgres, ct pour
le nombre des neture autant de terre, que
Pourtant CCS
travailletrs le comportoit.
gres
avoient le quart dans les remêmes nègres
faire. Ceux qui ne convenus qu'ils pouyoient
doivent
noissent pas le caractère du nègre,
de
naturellement penser, que cette portion
dans les sucreries, est conseroyenui, doustse
dû être un stimulant puissant
- auroit
travailler davantage. Je
pour les porter à
je
l'aurois certainement cru moi-mème,si
n'eusse été pendant plusieurs années témoin,
l'époque où ils ont commencé à
que depuis
dans les revenus, ils en ont
avoir une part
cette
fait les deux tiers de moins. D'après
connoissance fondée sur l'expérience, j'oseau lieu du quart des rerois avancer que,si
: vOs maîtres
venus,on eût dit aux nègres
vous êtes les propriétaires
sont habitations, dépossédés, tous les produits vous apdes
désormaissredoubles donc d'acpartiendront
la somme, et qu'on
tivité,afin d'en augmenter
les eûtlivrés à eux-mêmes; s;j'oserois avancer,
certitude morale, qu'au bout de six
avec une
mois, la culture des revenus en sucre, café,
seroit totalement abandoncoton et indigo,
'toutefois il eût
née, que chaque nègre (si --- Page 164 ---
156 )
Phabitation de son ancien maitre)
resté sur bornéà choisir un petit coin de terre,
se seroit sémeroit du riz, un peu de tabac, queloù il
pieds de mais, de manioc, planteroit
ques
touffes de bananiers; que CC jardin,
quelques
étendue, seroit infecté de
d'une très-petite
pas la
mauvaises herbes qu'il ne prendroit
peine de sarcler.
entr'depits
Bientôt la guerre s'allumeroit
l'empire 2 ils se batteroient
se disputeroient
le coin de terre qu'ils
pour une femme, pour
arrivé comme
auroientchoisi (cela n'est-il pas
) Voila le nègre livré à luije el'avois prévu? l'homme de la nature dans les
même; voilà
fruits
payschauds; quelques racines,quelques
sauvages: ; la chasse, la pêche, le nourrissent
de peine; le climat ni la pusans beaucomp
à'se vêtir; il se condeur ne le forcent point
de
tente d'une simple natte de jone, ou quelfeuilles de bananier desséchées, qu'il
ques
jouir d'un sommeil
étend lsur la terre, pour y
c'est dans
l'ambition ne troubla jamais;
que
le nègre fait consister la liberté
cet état que
et le bonheur.
Nous avons sous les yeux, à S.Domingue,
Phomme, même
un exemple de ce qu'est
des
blanc, lorsqu'il n'est pas stimulé par
tente d'une simple natte de jone, ou quelfeuilles de bananier desséchées, qu'il
ques
jouir d'un sommeil
étend lsur la terre, pour y
c'est dans
l'ambition ne troubla jamais;
que
le nègre fait consister la liberté
cet état que
et le bonheur.
Nous avons sous les yeux, à S.Domingue,
Phomme, même
un exemple de ce qu'est
des
blanc, lorsqu'il n'est pas stimulé par --- Page 165 ---
(157 )
renaissans et factices. La partie espabesoins
d'être cédée à la France,est
gnole, qui vient
mille
occupée par soixante ou quatre-vingt créoles, sans
habitans, tant Européens que libres.
les nègres esclaves ou
Que
compter
les journées entières, penfont-ils? Ils passent
balancer dans un
dant toute leur vie, à se
tabac. Leurs
à yfumerdn
hamac,àydormir, des cuirs de boeufs qui in'ont d'autre
lits sont
d'être desséchés au soleil.
préparation que
d'énergie, vont quelCeux qui ont le plus
meute de
dans les bois, avec une
quefois
chasser des cochons marrons,
chiens. , pour y dessécher la chair au soleil,
dont ils font
entraîneparce que toute autre préparation connoissent point
roit trop de soins. Ils ne
ces
l'usage du pain ni du vin; et pourtant étendue
hommes si indolens possèdent dont une le sein ne
immense d'une terre vierge,
demanderoit qu'à être légèrement caressé, 2
être d'une fécondité sans exemple.
pour
à Raynal. < Il existe donc, (seJe reviens
sur la terre, une race d'hommes
< lon lui),
ainsi) qui fait con-
* (si Pon peut la qualifier
continuelson bonheurà tourmenter
6 sister
à brûler des êtres
K lement, à poignarder, leur condition, qui
K déjà malheureux par, --- Page 166 ---
(158 )
à CC
sacrifie même son intérêt particulier
K
et qui pire que les tigres,
K plaisir barbare,
leurs victimes,
<< qui au moins épargnent
ne laisse
leur faim est assouvie,
< lorsque instant de relâche aux victimes de
< pas férocité un
: et cette race est celle des cO-
< sa
< lons des Antilles. > sensible qui ne reculera
Quel est Phomme
dhorreural'aspect d'un pareilletablean?
pas
achevé, Valmont de BoIln'est pourtant pas dernier coup de pinceau.
mare vaydonnerle
des maîtres impi-
< Quelquefois, 9 dit-il, visitant leurs hôet barbares, en
K toyables font un jeu atroce de poignarder,
e pitaux,se
les malades mutilés ou
< parmi leurs nègres, éviter les frais de leur
< trop vieux, pour de leur nourriture (Dict.
< traitement, ou
V,pag.267). >
< d'hist. nat., édit. in-4.,tom. mains, et je ne
La plume tombe de mes
calomsais si je dois répondre à une pareille
nie? Valmont de omatodnubteee.tvs d'intérêt;
à croire un pareil calcul
se refuse
innocent, d'avoir promulgué,
mais se croit-il
atrocité, sans
dans ses écrits, mne pareille
comment
pouvoir en donner des preuves ; funestes
n'a-t-il pas prévu les conséquences
d'une pareille inculpation ?
et je ne
La plume tombe de mes
calomsais si je dois répondre à une pareille
nie? Valmont de omatodnubteee.tvs d'intérêt;
à croire un pareil calcul
se refuse
innocent, d'avoir promulgué,
mais se croit-il
atrocité, sans
dans ses écrits, mne pareille
comment
pouvoir en donner des preuves ; funestes
n'a-t-il pas prévu les conséquences
d'une pareille inculpation ? --- Page 167 ---
(189 )
Quel charmant pays à habiter que celui
qui renferme des colons tels que les peignent
Raynal, Valmont de Bomare etl l'évèque GréAh! Messieurs les philosophes, si au
goire.
lieu d'avoir écrit dans voS cabinets, d'après
des mémoires ou faux, ou exagérés 2 vous
eussicz voyagé dans les Antilles, vous sauriez que la majeure partie de ces colons tant
décriés, tant calomniés, étoient plutôt les
pères de leurs nègres, que leurs maîtres !
vous eussiez trouvé chez eux une noble et
généreuse hospitalité ; dont on ne connoît
point d'exemple en Europe. Cen'étoitqu'aux
Antilles, oùt l'on trouvoit des hommes, qui
venoient au devant des Européens sans fortune,leur offrir et leur procurer les moyens
d'en commencer une, leur concéder la jouissance d'un morceau de terre, leur avancer
de l'argent, ou les cautionner pour l'achat
commencer leurs
de quelques nègres, pour
cultures. Combien citeroit - on d'exemples
semblabies en Europe ?
On reprochoit aux colons, de la hauteur;
un ton impérieux qu'on a raison de ne pas
ainier dans la société; mais, qui n'a pas ses
défauts? Le plus parfait, est celui quiena a le
moins ; heureux ceux qui les rachètent par --- Page 168 ---
(160) )
bonnes qualités ; les anges mêmc
quelques
défendre de ce péché mignon,
ont-ils pu se
? Si quelque motif
qu'on nomme orgueil au moins P'excuser
peut, sinon le légitimer, ,
la position où
dans lescolons , ne seroit-ce pas défendre d'un
Peut-on se
ils se trouvoient?
commandant
peu
se
asecrpmoimeleetie
centaines d'esclaves, on peut
à plusieurs
j'adoucis, autant qu'il est en
dire à soi-même,
Pordre social a
moi, le sort des sujets que les traite comme
mis sous mon pouvoir, et je
des amis malheureux.
justifierjusqu'à
J'avoue ingénôment,pour Vanimadversion de quelun certain point, contre les colons des Antilles,
ques François la lecture de l'Histoire philosoque d'après
à l'article qui concerne
phique de Raynal,
et la conduite supl'esclavage des nègres,
d'après les
des colons à leur égard ;
posée
de Bomare, des Grégoire
écrits de Valmont
etautres
les colonies 2 j'auXsctasnee
pas passé dix-sept ans dans colon blanc des
rois cru voir dans chaque
Antilles, le bourreau d'un nègre.
les
Combien donc doivent être circonspeets
historiens qui n'ont pas vu par eux-mêmes, fournis
écrivent d'après des mémoirés
et qui
gres,
d'après les
des colons à leur égard ;
posée
de Bomare, des Grégoire
écrits de Valmont
etautres
les colonies 2 j'auXsctasnee
pas passé dix-sept ans dans colon blanc des
rois cru voir dans chaque
Antilles, le bourreau d'un nègre.
les
Combien donc doivent être circonspeets
historiens qui n'ont pas vu par eux-mêmes, fournis
écrivent d'après des mémoirés
et qui --- Page 169 ---
(161) )
ou quiayant
ou par des personnes prévenues, Antilles, auront
resté peu de temps dans les châtiment, oû
pu être témoins de quelque
du maitre
elles ont cru ne voir que le caprice
lesraccorde même que
contre son esclave:jel
d'après un exemncela fàt ? Doit-on conclure,d conduite de tous
ple, du caractère et de la
faisoient inles colons ? Si quelques habitans
raien
fliger des châtimeps tropirigoureux
son du délit, la faute en étoit aux magistrats,
devoient sévir contre. le colon quine se
qui
ordonnances du
conformoit pas aux sagés
colon
Code noir. J'ai eu connoissance qu'un
sévère, peut-être. injuste et cruel envers
trop
avoit eu ordre de quitter la COses negres,
de régir
lonie, et avoit été déclaré incapable
habitation. Que l'on fasse exécuter poncson
les lois du Code.noir, et tout ira
tuellement
les intérêts de Phumanité, et
bien, et pour
pour ceux des colons.
des Rayne
Eatmsauntenarsent
Valmont et des Grégoire,à Dieu
nal,des
veuille m'ériger en apôtrede l'esplaisequeje Je voudrois la race humaine, noire,
clavage.;
assez raisonnable
blanche, jaune ou rouge,
depourvivre en société, ,en en rempiissant par
toutes
voirsparinstinet ou parraisonnement,
II --- Page 170 ---
- 0 162) )
morales, sans qu'il fût besoin
les obligations
contre
de lois contre l'injustice, de punitions
le crimne; mais ne fais-je pas une supposition
gratuite? Né avec une ame senpurement
attristé
d'une fois sur
sible,je me suis
plus hommes de
la condition malheureuse des
toutes les couleurs, de tous les pays, quisont
ou moins voués, les uns à l'esclatous plus
la loi
qui eut pour origine
vage physique, les
à l'esclavage modu plus fort; et
autres,
ral, qui commença avec la civilisation.
réunisantleplusder conQuele est celuiqui,
monde,
noissances dans P'histoire de ce bas
pays,oul l'homme
pourra citer une époque,ump
toujours
incivilisé, foible ou ignorant,n'a pas dans les
été, soit dans les zones torrides, soit
l'esclave du plus
tempérées ou glaciales,
contrée
fort ou du plus rusé; qu'il cite une
oùt l'homme civilisé, vivant en société, et voude tous les avantages attachés à cet
lantjouir
est le plus parfait,
ordre, qui en apparence
reconpuisse dire je suis libre. Quiconque
les
se soumet à toutes
noit un chef'suprème,
il cesse
lois qui émanent de cette puissance; à luidonc d'avoir une volonté, il renonce
le sacrifice des son sang,
même, puisqu'ildoit de l'intérêt de ce chef, ou de
lorsquils'agit
vivant en société, et voude tous les avantages attachés à cet
lantjouir
est le plus parfait,
ordre, qui en apparence
reconpuisse dire je suis libre. Quiconque
les
se soumet à toutes
noit un chef'suprème,
il cesse
lois qui émanent de cette puissance; à luidonc d'avoir une volonté, il renonce
le sacrifice des son sang,
même, puisqu'ildoit de l'intérêt de ce chef, ou de
lorsquils'agit --- Page 171 ---
(163)
social dont il est membre.
celui du corps
L'état de domesticité
Oà est donc sa liberté?
changer
n'est-il pas un esclavage temporaire; avoir ? L'esclade maître, est-ce ne plus en
donc tousoit moral, soit naturel, a
vage, existé; et ce qui a toujours existé, ne
jours
comme étant dans
doit-il pas être regardé
l'ordre naturel. Cette vérité est affligeante,
Constantin rendit une loi par
j'en conviens.
se feroient chrélaquelle tous les esclaves qui liberté. Cette
tiens, acquerroient par là leur
loi, dictée parl l'imprudence I
et le fanatisme, 2
doit pour jamais servir d'exemple, qu'une dangrande innovation est toujours un grand
les droits primitils de l'espèce
ger, et que
bien imaginaires, ,et qui ont
humaine (droits
et ne
fait couler bien du sang) ne peuvent
de
doivent pas toujours être les fondemens
l'administration. Cette loi de Constantin
ébranla l'état, en ôtant aux grands propriétaires les bras qui faisoient valoir leurs domaines, et qui par là se trouvoient réduits
àla plus affreuse indigence. Quellesimilitude de
Paffranchissement subit des nègres
avec
S. Domingue ? Cette loi irréfléchie, plutôt de
fille de l'exaltation et de la jalousie, que
n'a-t-elle pas entraîné les
la philantropie, --- Page 172 ---
(164)
malheurs? En ruinant les colons
plus grands
n'a-t-elle pas anéanti le
de S. Domingue, France? tari les sourcés de la
commerce de
malfortune, pour un tier's des Européens
heureux ?
que la perte de
Qu'on ne se persuade pas
Janfortunes nous fasse tenir un pareil
nos
l'évèque Grégoire paroit le
gage. Si,comme ila' voulu le persuader au
croire, et comme esclayes avoient été. des
public, les nègres
hommes comme les autres, c'est-à-dire, parvenus au degré de civilisation nécessaire pour
etijouir du bienfait de la liberté,
apprécier
trouvé dans ce nouvel
n'eussions-nous pas
ordre de choses, une somme de bonheur
sans diminuer celle de notre
plus grande,
eussions
d'un côté
fortune; car. nous
gagne d'achats
nous
de Vautre:) plus
ce que
perdions
de mortalités ruide nègres à faire, plus
eût fallu déneuses à craindre, et s'il nous'
culbourser de l'argent pour le salaire des
tivateurs; nous n'cussions eu à payer que
auroient travaillé; et si. cette méceux qui
que l'anthode eût été plus dispendieuse d'autant le
cienne, nous eussions augmenté faut né
des denrées coloniales; car il
prix cessairement qu'il s'établisse une balance
Ae
de mortalités ruide nègres à faire, plus
eût fallu déneuses à craindre, et s'il nous'
culbourser de l'argent pour le salaire des
tivateurs; nous n'cussions eu à payer que
auroient travaillé; et si. cette méceux qui
que l'anthode eût été plus dispendieuse d'autant le
cienne, nous eussions augmenté faut né
des denrées coloniales; car il
prix cessairement qu'il s'établisse une balance
Ae --- Page 173 ---
(1 165 )
entrc le prix de la denréc et cclui de lafaisancevaloir, sans cela plus de culture. Nots
n'avions donc qu'à gagner par l'affranchissement des nègres, , s'il eût été possible.
Mais que deviendroient les vieillards, les infirmes,les enfans?1 La loi, pour les colons des
Antilles, sera-t-elle différente que celle qui
existe en France, pour les ouvriers qui sont
avoient-ils
dans ce cas là?-Les négrophiles
d'avance fait bâtir des hospices pour les recevoir ? y avoient-ils attaché des revenus ?
Oh non ! trop de prudence entraîne trop de soin ;
lls ne prévoyoient pas les choses de si loin.
Les colons, ont-il dit, ne doivent-ils pas
reconnoissance nourrir, loger et vêtir
par
ont sacrifié leur temps ct leurs
ceux qui
leur fortune ? Nous le ferions
peines pour
sans doute; mais où seront nos moyens, lorsque les nègres, en état de travailler, voulant
jouir de la plénitude de leur liberté, ou quitteront Phabitation de leur maitre pour va-,
gabonder, ou s'ils y restent, ne feront pas
comme lexpérience l'a démontré) le quart
du revenu nécessaire pour: l'exploitation de
Phabitation', pour la subsistance du maitre,
et pourila leur. Forcerez-vous les nègtes à --- Page 174 ---
(166 )
rester sur les habitations?1 les
à la glebe? Leur liberté
attacherez-vous
dérision.
ne sera plus qu'une
Nous allons donner aux
idée du peu
Européens une
d'intelligence de la
partie des nègres, Lorsque la loi
majeure
ils devoient avoir le
par laquelle
quart des revenus, a été
promulguée, il n'a pas été possible de leur
faire concevoir en quoi consistoit le
d'une chose ; et chaque, fois
quart
bitation, il s'agissoit de
que sur une hafaire les partages du
revenu, on étoit obligé d'avoir un
de geudarmerie pour
piquet
empêcher le
et pour mettre hors de danger la vie tumulte, du
priétaire , qu'ils accusoient toujours de pro- les
tromper. Pourtant les partages étoient faits
par le juge de paix et par le commandant
du quartier, qui tous les deux étoient
Ce qui les mécontentoit le
nègres.
plus, c'est
voyoient donner une portion
qu'ils
uns qu'aux autres on
plus forte aux
;
ne pouvoit leur faire
entendre, que les nègres paresseux, les
lades, les infirmes,ne devoient
maau même taux
pas être payés
les
que ceux qui travailloient tous
jours. Beaucoup prétendoient
du revenu devoit être la
quelequart
vouloient
moitié; d'antres
qu'on partageât d'une autre niaA
voyoient donner une portion
qu'ils
uns qu'aux autres on
plus forte aux
;
ne pouvoit leur faire
entendre, que les nègres paresseux, les
lades, les infirmes,ne devoient
maau même taux
pas être payés
les
que ceux qui travailloient tous
jours. Beaucoup prétendoient
du revenu devoit être la
quelequart
vouloient
moitié; d'antres
qu'on partageât d'une autre niaA --- Page 175 ---
(167 )
niere. Sur neuf balots de coton, ils en vouJoientsept, ,et disoient c'estlàle quart, Voilà
Grégoire précoles hommes que l'évèque
10 ct
nise pour leurs facultés intellectuelles 3
qu'il place au premier rang dans le genre
homme.
La LittéraRevenons à l'évèque Grégoire.
des
d'après le titre de son outure
nègres,
vrage, sembloit en être le sujet principal;
rien moins que cela. Sur neufchapitres dont
deux seulement en disent
il est composé,
sont absoquelque chose; ; tous les autres y
Nous suivrons donc l'aulument étrangers.
de tâteur pas à pas, et nous continuerons
cher de réfuter les mille et une inculpations
dont il continue de nous gratifier.
< Les esclaves, dit-il, sont presque entielivrés à la discrétion des maitres.
< rement
ceux-ci, tout
K Les lois ont fait tout pour
de l'incapacité
*
contre ceux-là,qui, frappés
même être admis en
< légale,ne peuvent pas
chap. II,
contre les blancs (
< témoignage
< pag. 60 ). >
étranNous ignorons si dans les colonies
livrés à
gères, les nègres sont entièrement
la discrétion des maîtres; mais il est notoir,
un Code
que dans toutesles Antilles,ilexiste --- Page 176 ---
(168 )
noir très-sage, qui prescrit l'étendue
voirs des maîtres
des delimite celle de leurs envers leurs esclaves, et
pouvoirs
aux châtimens
relativement
fliger. Et
qu'ils ont droit de leur inquand les esclaves se sont rendus
coupables de crimes capitaux, les
seuls ontle droit d'en
magistrats
miner le genre de connoître, et de déterle
punition ; dans ces cas là
gouvernement payoit le nègre au
taire, Nous l'avons
propriédéja dit, et nous le
tons, parce que l'auteur nous
répéproche; il se plaint
répète le rene soient
encore que les esclaves
point admis en
les blancs. Mais en
témoignage contre
France, les
quoique réputés libres,
domestiques,
guer contre leurs
peuvent-ils témoimaîtres ? Si le bon
tainc vivoit
Lafonencore, nous lui
les rats pouvoient être
demanderions si
contre les chats,
appelés en témoignage
nards ? Il est
ou les poules contre les reesclaves
pourtant des cas où les
sont appelés à témoigner
nègres
blancs, même contre leurs
contre des
condamne pas, à la vérité, maîtres. On neles
ques
d'après leurs unidépositions; mais elles servent
tions qui peuvent conduire à
d'inducvérité.
découvrir la
K Si un nègre tente de fuir, le Code noir
en témoignage
nards ? Il est
ou les poules contre les reesclaves
pourtant des cas où les
sont appelés à témoigner
nègres
blancs, même contre leurs
contre des
condamne pas, à la vérité, maîtres. On neles
ques
d'après leurs unidépositions; mais elles servent
tions qui peuvent conduire à
d'inducvérité.
découvrir la
K Si un nègre tente de fuir, le Code noir --- Page 177 ---
- I 1 169 )
laisse au tribunal, la fa-
< de la Jamaique, condamner à mort ( chap. II,
< culté de le
< pag. 60). >
le tribunaln'a
Dans les colonies françoises, d'un colon 1, à moins
aucun droit sur P'esclave
il ne soit
coupable d'un crime capital,
que,
lui-même à sa justice. Il est sans
livré par
colon ait consenti à perdre
exemple qu'un
seulement tenté de fuir
son nègre pouravoir
dit
Grégoire ne pas, pouravoir
( car l'évèque
fuit,ce que l'on apfui). Quand un nègre
on tâche de
pelle dans le pays aller marron,
de luisouvent il revient
le faire reprendre,
à son maître par
même, ou se fait présenter
obtient sa
un des voisins, qui ordinairement arrivé
la presurtout si cela est
pour
grace, fois.Sile nègre, au lieu d'être rentré,
mière
lui fait donnerle fouet;
s'est fait prendre, on fois, on lui met un fer au
s'ilrécidive plusieurs
Ne punitpied qui l'empèche de retourner.
on en Europe les
sdemteursdeanesimnent
pas
n'avons entendu parler
Mais jamais nous
avoir
eût fait mourir un nègre pour
qu'on
Les bons Espagnols les punissent
été marron.
ils
sévèrement que les François, quand
plus
fois marrons, et qu'on a pu
ont été plusieurs
lc jarret.
les reprendre, ils leur font couper --- Page 178 ---
( 170 )
Cette punition cSt bien forte
d'une teinte différente.
pour des.frères
colons de la
La preuve que les
tribunal la faculté Jamaique ne laissent point au
esclaves
de condamner à mort les
avertir qui vont marrons, c'est qu'ils font
dans ces cas là les nègres de la Montagne Bleue, quise mettent à leur
et les ramènent à leur maître
poursuite,
somme de deux
moyennant une
est autant de
guinées ; et leur châtiment
le
coups de fouet que le Code noir
permet dans pareil cas. Si nous n'étions
trop près encore d'un temps de barbarie oùz
I'on condamnoit à mort des
intentions,
citoyens,surdes
que, disoit-on, ils devoient avoir,
pourroit-on se permettre d'imputer à un
ple civilisé,et dans des circonstances
peuoù la justice et la raison
calmes,
pire dans toute
exercent leur emtribunal,
son étendue, de livrer au
pour être condamné à mort, un
nègre qui n'auroit eu que l'intention de fuir?
L'évèque Grégoire convient pourtant que depuis quelques années, des
féroces ont été substitués règlemens moins
dans le Code de
cettele;maisilne tarde pas à
ne pas dire annuler,
atténuer,p pour
ajoutant
ces améliorations, en
que ces déterminations récentes
pourroient bien n'êtreautre
chosequ'une dé-
rer au
pour être condamné à mort, un
nègre qui n'auroit eu que l'intention de fuir?
L'évèque Grégoire convient pourtant que depuis quelques années, des
féroces ont été substitués règlemens moins
dans le Code de
cettele;maisilne tarde pas à
ne pas dire annuler,
atténuer,p pour
ajoutant
ces améliorations, en
que ces déterminations récentes
pourroient bien n'êtreautre
chosequ'une dé- --- Page 179 ---
( 171 )
fermer la bouche aux
rision législative, , pour
car , dit-il,
réclamations des philantropes;
conles blancs font toujours cause commune leur conleur.
tre tout ce qui n'est pas de doute se placer
L'évèque Grégoire peut sans
et on ne
au premier rang dans l'exception,
luiappliquera pas le proverbe trivial,sinilts
simili gaudet.
à Surinam, celui
< Aux Barbades, comme cruauté, tue un
et par
* qui volontairement
livres
en payant quinze
< esclave, s'acquitte
la Caroline
au trésor public; ; dans
K sterling l'amende est double; : mais un
4 du Sud,
que ce
américain nous apprend
4 journal
impuni, puisque
K crime y est absolument
( chap. II,
K l'amende n'est jamais payée
K pag.61).
allés ni aux BarbaNous ne sommes ni dans la Caroline,
des,i à Surinam, concevoir qu'il puisse
mais nous ne pouvons
où les législateurs
exister un gouvernement
un crime
aient déterminé une amende pour
ni ne devoit prévoir.
que l'on ne pouvoit
Américains à
C'est aux Hollandois et aux
qui
répondre à cette horrible inculpation, 3
absolument dénuée de vraisemblance
est
est
de tuer
ear si, dans ces pays là,il
permis --- Page 180 ---
( 1 172 )
quinze livres
son esclave, pourquoi payer
sterling au trésor public ? n'est-ce pas assez
de perdre sa valeur? Et si l'esclave n'appartient
à celui qui l'a tué, comment le COpas
d'un
lon à qui il appartient, se contente-t-il
prix aussi médiocre?
des esclaves est à peu près
te Si l'existence
sans
leur pudeur est livrée
< sans garantie,
de la brutale
K réserve à tous les attentats
John Newton,
après avoir
<
lubricité.
qui,
été
neuf ans à la traite, est deK
employé
fait frissonner les
< venu ministre anglican,
en déplorant les outrages
< ames honnêtes,
souvent on
< faits aux négresses, quoique
et
< admire en elles des traits de modestie
dont une Angloise vertueuse
< dedélicatesse,
s'honorer
II,
62). >
4 pourroit
(chap.
pag.
La pudeur des négresses! Risum teneatis
amici. Pour le coup il y a de quoi rire. L'évèque Grégoire entend-il parlerdes négresses
d'Afrique, ou de celles des Antilles? Ces dernièrcs , qui ne sont encore qu'au premier
échelon de la civilisation , peuvent-elles bien
connoître ce sentiment délicat, cette perfection morale qui, selon nous s ne peut exister
chez les peuples dont la civilisation est
que
cllen'est pas autant
au moins très-avaneée,sic
a
eneatis
amici. Pour le coup il y a de quoi rire. L'évèque Grégoire entend-il parlerdes négresses
d'Afrique, ou de celles des Antilles? Ces dernièrcs , qui ne sont encore qu'au premier
échelon de la civilisation , peuvent-elles bien
connoître ce sentiment délicat, cette perfection morale qui, selon nous s ne peut exister
chez les peuples dont la civilisation est
que
cllen'est pas autant
au moins très-avaneée,sic
a --- Page 181 ---
(173)
achevée qu'elle peut Pêtre; ce sentiment ne
tontà-fait au préjugé de l'éducatient-il pas
même peutêtre un ration? ne seroit-il pas
de la part des femfinement de coquetterie
Pardon, Mesdames, nous ne len regar*
mes?
moins comme une vertu récommandons pas
maintenons quc ce sentidable, mais nous dans la bature. Nous naisment n'est point habitions dans un climat
sons nus, et si nous
de
dont la témpérature ne nous força pas
vêtir, nous resterions nus, si les préjunous
pas qu'il yai plus de
gés ne nous apprenoient partiesdenotred corps,
malà montrercertaines)
première
que d'autres. Aquelleéjoquenetre
lorsmère a-t-elle commencé à se vêtir?C'est
eût acquis des connoissances nouvelqu'elle
du fruit de V'arbre de la
les, en. mangéant
science du bien etidu mal. )
possible de faire un tablean plus
Iln'est pas
celui qu'a fait
expressif de la pudeur, que
belles,ice
J.. J. Rousseau. La pudeur est aux
les feuilles sont aux arbres:, leur plus
queet leur plus. bel. apanage. Il
belle parure,
parler de la
n'entendoit certainement pas
elle n'est
pudeur des négresses des Antilles, affaire
autre chose qu'une imitation et une
de luxe; elles sont. naturellément un peu --- Page 182 ---
(174)
nous entendions par là les
singes (non que
nous youassimiler à ce genre d'animaux);
le
lons dire qu'elles sont imitatrices, comme
les enfans et les peuples qui sortent des
sont de la nature. A l'exemple des femmes
mains blanches, elles voilent leurs appas
créoles
mouchoirs de madras, trèsavec desuperbes arrangés; car 7 s'il est un art
artistement
les guimpes des religieuses 9
mênie pour
Gresset, il en est à
comme nous l'apprend
ces beaux
plus forte raison, pour arranger
vieux
nommoit dans notre
mouchoirs 9 qu'on
fichus, et comme ils servoient égaletemps,
indiscrets des appas
ment à déroberaux; yeux
n'en avoient que le nom, , et d'auquisouvent la bonne nature avoit modelé sur: le
tres que
on avoit donné diffétype le plus parfait,
de
rens noms à ces prétendus voiles
pudeur;
fichus menteurs ;
les premiers s'appeloient Nous demandons
les second ,fichus fichus.
lui
pardons à l'évèque Grégoire, d'oser
pardont il doit même
ler de parures profanes
ignorer le nom.
Nous revenons donc à notre sujet;et pour
négressescles. Antilles ne conprouverqueles
noissent ni pudeur, ni modestie ( ce qu'elles
bienséance
pommidi-e@krememebi
voiles
pudeur;
fichus menteurs ;
les premiers s'appeloient Nous demandons
les second ,fichus fichus.
lui
pardons à l'évèque Grégoire, d'oser
pardont il doit même
ler de parures profanes
ignorer le nom.
Nous revenons donc à notre sujet;et pour
négressescles. Antilles ne conprouverqueles
noissent ni pudeur, ni modestie ( ce qu'elles
bienséance
pommidi-e@krememebi --- Page 183 ---
(175) )
de faire connoître ; car nous
nous empêche de
nous dirons que
avons aussi un peu pudeur),
toutes les jeunes négresses vont nues
presque
elles
à la
jusqu'à l'âge de puberté;
portent, d'acmais
manière
vérité, une chemise,
par
fasse chaud,et qu'elles
quit, et pour peu qu'il
à faire,
aient quelque travail un peu pénible alors
elles la quittent, et elles se montrent
telles qu'elles sont venues au monde; elles
n'en sont pas moins innocentes pour cela,
ait plus
parce qu'elles ne pensent pas qu'ily
de mal à faire voir certaines parties de leurs
d'autres; elles sont donc sans mocorps que
A une certaine époque,
destie et sans pudeur.
dessus la chemise,
elles mettent une jupe par
mais moins par pudeur que par un autre mola
mais si
tif, elles ne quittent jamais jape; cheelles ont à travailler, elles quittent leur
mise, en rabattant la partie supérieure sur
leurjupe; elles ont pour lors le haut du corps
Nous n'avons pas vu chez elles, les
nu...
d'Afrique ; mais nous savons, 3 par
négresses
négriers, que presque toutes
les capitaines
d'une ceinture à lavont nues, à l'exception
quelle tient un petit tablier faitd'écorced'arvoiler les
bre, qui sert à garantir, plutôt qu'à
parties du corps que la modestie et la pudeur --- Page 184 ---
(176)
défendent de montrer. Chez les peuples civiou les coquettes,
lisés : les petites-maitresses. leur
(car, les négresses ont aussi
coquetterie)
ce tablier de plumes de perrogarnissent d'autres oiseaux. C'est avec cette
quets ou
nous les amène dans les
simple parure qu'on
dise John Newtoun,
Antilles. Et quoi qu'en plus d'une fois que
nous nous sommes aperçus
très-flats
Africaines paroissoient
ces pudiques
outragées par les
tées d'être ce qu'il appelle les matelots, et
blancs, ne fàt-ce que par
un honneur.
qu'elles regardoient cela comme venons de faire
D'après le portrait que nous des négresses,
de la modestie et de la pudeur
.
de l'assertion de John Newton,
que penser les dames angloises vertueuses,
qui dit, que s'honorer des traits de modestie
pourroient délicatesse des négresses? ? Mais n'avonsct de
lieu d'être surpris, que le capitaine
nous pas
devenu depuis ministre angliJohn Newton,
endéles sameshonnétes
canyquifaitfrisesnerk faits par les blancs aux
plorant les outrages
nenfans,d'en
négresses, ait continué, pendant Guinée,
les
aller chercher à la côte de
pour
vendre dans les colonies, et exposer
amener
modestie aux ontrages des
leur pudeuretleur
sont
blancs ? Ces sortes de contradictions
que le capitaine
nous pas
devenu depuis ministre angliJohn Newton,
endéles sameshonnétes
canyquifaitfrisesnerk faits par les blancs aux
plorant les outrages
nenfans,d'en
négresses, ait continué, pendant Guinée,
les
aller chercher à la côte de
pour
vendre dans les colonies, et exposer
amener
modestie aux ontrages des
leur pudeuretleur
sont
blancs ? Ces sortes de contradictions --- Page 185 ---
(177)
d'arfaciles à expliquer; on gagne beaucoup
quand on est riche,
gent à ce tralic, puis,
comme quand on est vieux, on se convertit.
dans ce
Nous connoissons plosienrsn@gocians
avoir I
fait fortune à la traite, ils
cas la;après Vaffranehissement des mêmes
ont voté pour
vendus l'année précénègres qu'ils avoient
occasion une
dente. Nous rapporterons: à cette
note de M. o'Schiell, dans son ouvrage, ayant
Reflexions sur la liberté des nègres,
pourtitre.
dans les colonties/fhangoises: > pag. 39.
PAstrée, croisant dans la par-
< La frégate
d'un
K lie du sud deS. Doningue,s'empara la Jamaidestiné pour
< bâtiment négrier
Ces
aux Cayes.
nègres
< que,etleconduisit.
par le com-
< furent vendus publiquement
dans le mois dejuin 1793,
< mismaireDelpech, partie à termes, et adju-
< partic comptant,
au
offrant et dernier enchérisseur.
K gés plus
de la liberté générale du
K La proclamation
en août dela
< fait des commissaires, parut
dont les
année, et les acquéreurs,
< même
au-delà de cette
< termes se prolongeoient obligés de payer
< époque, furent également liberté.
s'il n'existoit aucune
K comme
dit l'auK S'ily a une justice aux enfers, à celle
elle doit ressembler fort
< teur,
--- Page 186 ---
( 178)
< qui a été exercée par ces infâmes agens.
N.B. < Il est de fait,qu'ily avoit dans les
de cin-
< prisons du Port-au-Prince, plus
à soixante esclaves épaves ; Son-
< quante
au
< thonax les fit vendre au comptant,
produ
empocha l'argent,
< fit
gouvernement,
déclara libres peu de temps après.
K et les
Revenons à l'évèque Grégoire.
Tandis que dansles colonies françoises et
<
repoussoitles
< habwadotephatseafgpeses blancs qui
< mariages mixtes, au point queles
étoient réputés mésalliés,
< les contractoient,
comme tels,ne
plus prétenK et
pouvoient
sociaux dont jouissoient
( dre aux avantages
les Portugais et les Espagnols
< les blancs;
honorable, ,et, dans
< formoient une exception
afcolonies, le mariage catholique
< leurs
< franchit ( chap. II, pag. 62). >
Nous avons déjà parlé, dans notre chapitre
premier, page 27, de ces espèces d'affranchissemens, et de ces mariages mixtes, qui
étoient ordonnés par une loi religieuse, qui
avoit pour but de mettre un frein au libertinage, en forçant celui iquiavoit eu quelqu'intimité avec une négresse, à en devenir l'époux.
dit l'évèque
< Je laisse aux physiologistes,
franchit ( chap. II, pag. 62). >
Nous avons déjà parlé, dans notre chapitre
premier, page 27, de ces espèces d'affranchissemens, et de ces mariages mixtes, qui
étoient ordonnés par une loi religieuse, qui
avoit pour but de mettre un frein au libertinage, en forçant celui iquiavoit eu quelqu'intimité avec une négresse, à en devenir l'époux.
dit l'évèque
< Je laisse aux physiologistes, --- Page 187 ---
(19)
< Grégoire, 2 le soin de développer les avanK tages du croisement des races, tant pour
des facultés morales, que pour la
K l'énergie
SainteK constitution physique, commeàl'ile
une magnifique vaK Hélène, où ila produit
K riété de mulâtres (chap.II, P. 63). >
L'évèque Grégoire veut à toute force,que
fassent
les blancs, . s'il n'est pas possible qu'ils
des nègres, fassent au moins des mulâtres ;
c'est pour lui moitié gagné. Nous ne poudisconvenir
auroit peut-à être
vons
qu'il y
quelqw'avantage.qhant: à la constitutionphysique; car ( sans comparaison) ), le mulet est
plus fort que le cheval et l'âne; mais le mulet
réunit souvent tous les défauts de"son père
et de sa mère, sans avoir une seule de leurs
bonnes qualités. Tout est donc bien com e
pensé : ce que l'on gagne d'une part, on le
perd de l'autre.
K Je laisse aux moralistes et aux politiques
& qui devroient partir des mêmes principes,
K et qui souvent sont diamétralement oppoles résultats de l'opinion qui
R sés, peser
lédéshonorant d'avoir pour épouse
< croit
lorsqu'il ne l'est pas
( gitime une négresse,
Joël Barlow
K de lavoir pour concubine.
contraire, que ces mariagea
< voudroit,au --- Page 188 ---
( 1 180 )
fussent favorisés par des primes
< mixtes
>
< d'encouragement. de loi dans les colonies
Il n'existoit point
mixtes;
françoises qui défendit les mariages
étoit à un tel degré, qu'il
mais le préjugé loi. Et si quelques blancs le
avoit force de
commele dit
franchissoient, CC n'étoit point,
Grégoire, par libertinage e, parce
l'évèque
dans un pays ou
qu'il ne peut être impérieux de concubines
lon peut se procurer autant ce motif trop
que l'on veut; mais bien par à éluder et lois
puissant qui porte l'homme Il existoit des mulâl'intérêt.
et préjugés,
libres très - riches.
tresses et des négresses
avilisOn devoit s'attendre que ce préjugé hommes
devoit porter, tôt ou tard, les
sant,
àchercheràs'y soustraire par tous
deconleur,à
; ils en ont sans doute emles moyens possibles
mais ils ont prétendu,etce
SEEENSEES
redouterlessuites; ;
la mort étoit préfen'est pas sans raison, que où ils étoient réduits.
rableal'état d'abjection
existoit
Oni inel
dans la connerieenmtn
bien étrange
une contradiction
des hommes de couduite descolonsàl légard
leurs enfans. Pourquoi,s'ils
leur.quiétoient
la suite, dans l'état
vouloient les tenir, par
a
prétendu,etce
SEEENSEES
redouterlessuites; ;
la mort étoit préfen'est pas sans raison, que où ils étoient réduits.
rableal'état d'abjection
existoit
Oni inel
dans la connerieenmtn
bien étrange
une contradiction
des hommes de couduite descolonsàl légard
leurs enfans. Pourquoi,s'ils
leur.quiétoient
la suite, dans l'état
vouloient les tenir, par
a --- Page 189 ---
(18r )
sacrifioientils des sommes cond'humiliation.
sidérables pour les envoyer en France, pren- de
éducation qui les mettoit à même
dre une
ectd'absentirplus vivement l'état d'opprobre daus
jection, qui les attendoit à lenr retour
les colonies ? Leurs pères avoient eu souvent
eux, dans leurenfanee, plus d'affection,
pour
leurs enfans légiplus de foibles que pour
leur
ils étoient grands,ils .
ne
times, et quand
à leur table,
étoit pas permis de manger côté d'eux. Et cela
même de s'asseoir à
pas leur devoit être d'autant plus sensible,qu'ils
comme des blancs,
étoient élevés en Europe,
absolument le préjugé;
et qu'ils ignoroient
détruits à leur araussi plusieurs se sont-ils haine contre les
rivé à S. Domingue. Leur tard éclater, et
blancs devoit donc tôt ou
les funestes effets dont plusieurs
produire
existeroit sans
ont été victimes.S.Doningue
de coudoute encore sans cette aristocratie
à l'extrême (est modus in rebus).
leur portée
des blancs et des hommes de
La réunion
sinon opposer une digue
couleur pouvoit,
des
insurmontable aux projets dangereux
délégués de la république, et aux factions
moins maintenirles
des non propriéaires,aur affranclisement, et les.
nègres après leur --- Page 190 ---
182 )
empécher de céder aux
qu'ils recevoient des blancs coupablesimpulicions
de France, quileur
révolutionnaires
prêchoient
et la vengeance.
l'insurrection
L'histoire nous apprend
pays oùt ily y avoit des
que dans tous les
franchis
esclaves, les fils d'afjouissoient de toutes les
de la société, pourquoi
prérogatives
n'auroient-ils
cet avantage-dans
pas eu
nient
les.Antilles ? Quel inconvépouvoit-il en résulter?
augmentation de
aucun; et cette
population libre, unie par
lesmemexintérets. eût faitla sûreté de
nie. Cela estincontestable;
la colobien éloignés du
mais nous sommes
sentiment de Joël
qui veut que les mariages mixtes Barlow,
couragés par des primes; cela
soient enpeu à la récompense
ressemble un
république vouloit qu'un législateur de la
filles
que l'on eût accordé aux
publiques qui
Qu'on n'attache
produiroient un enfant.
point d'infamie aux
avec les femmes de couleur, la
alliances
reste.
nature fera le
Nouscroyons donc d'une très-mauvaise
politique d'encourager les blancs à faire
enfans jaunés > au lieu de
des
sommes persuadés
blancs, et nous
gnie edesjaunisseurs d'avance, que la compaque JoelBarlow veut instituer, ne fera pas fortunc, malgré la
prime
qui
Qu'on n'attache
produiroient un enfant.
point d'infamie aux
avec les femmes de couleur, la
alliances
reste.
nature fera le
Nouscroyons donc d'une très-mauvaise
politique d'encourager les blancs à faire
enfans jaunés > au lieu de
des
sommes persuadés
blancs, et nous
gnie edesjaunisseurs d'avance, que la compaque JoelBarlow veut instituer, ne fera pas fortunc, malgré la
prime --- Page 191 ---
(183 0e )
d'encouragement qu'il veut qu'on lui accorde. Si l'on vouloit consulter Knight, il
seroit d'avis de ramener la race blanche à Sa
qu'il dit être la noire, et
couleur primitive,
à
il accorderoit la prime d'encouragement les
de noircisseurs. Comment
une compagnie Hélas ! laissons le monde comme il
accorder?
La tentative
est, c'est le plus sage parti.
inutile et malheureuse que l'on a faite en
France, de ramener toutes les classes de la
n'a-t-elle
société, à une égalité chimérique,
hiéassez démontré la nécessité d'une
rarchie pas
dans la société? On a été forcé d'y
revenir; il est doncimpolitique que le maître
s'abaisse à épouser son esclave. Que pense-tde ceux qui, pour encenser
on aujourd'hui
la révolution, ont
l'idole du jour, pendant
leurservantesqwilat n'osent produire
épousé
le règne de la raison a
en société, depuis que
donc souvent néprévalu? Les préjugés sont
les
cessaires quand ils sont modifiés d'après
pays et les moeurs.
bien de l'avis de
Cependant, nous sommes
l'évèque Grégoire, qu'il est injuste et impolitique de prolonger jusqu'à plusieurs génél'exclusion des affranchis, des prérorations, sociales. Le nègre Toussaint, plus
gatives --- Page 192 ---
(184)
la majeure partie des COrusé politique que
la franche
Jons', ne craignoit rien tant que
afréunion des hommnes de couleur et des
franchis avec les blancs, qui n'auroit pas
d'être un obstacle insurmontable à
manqué audacieux; aussi ordonna-t-il au
ses projets
sicaire, d'exterminer
nègre Dessalines, son
libres.
la race entière des mulâtres et nègres
Ce tigre noir, pour lequel cet ordre sanguinaire étoit une vraie jouissance ne manqua
de le mettre à exécution, en les faisant
pas
centaines. Nous avons
fusiller et noyer par oculaires de ces horété forcés d'être témons théâtre étoit à PArdont le
ribles exécutions,
le
Sur Phabitation des sources , près
cahaye.
conduità S. Marc, la terre
grand chemin qui des ossemens de ces maly est encore couverte
barbare du
heureuses victimes de la politique
Toussaint. D'autres ont été noyés dans
nègre
sépare les terres de l'Arcahaye
le canal, qui
Si parmi ces hommes
de celles de Léogane.
de doute),
de couleur ( comme il n'y a pas
de coupables enil cn existoit quelques-uns avoit aussi beaucoup
vers les blancs, il y en
devoient la vie.
auxquels plusieurs colons
toutes ces
Nous nous attendions bien que
devoit
horreurs a étoientles préludes sde ce qui
'autres ont été noyés dans
nègre
sépare les terres de l'Arcahaye
le canal, qui
Si parmi ces hommes
de celles de Léogane.
de doute),
de couleur ( comme il n'y a pas
de coupables enil cn existoit quelques-uns avoit aussi beaucoup
vers les blancs, il y en
devoient la vie.
auxquels plusieurs colons
toutes ces
Nous nous attendions bien que
devoit
horreurs a étoientles préludes sde ce qui --- Page 193 ---
(185 )
mais, oùt fuir? On nous refusoit
nous arriver;
et dans la supà celte époque des passeports, nous en proposition que nous eussions pu
reoû aller avec ricn ? Pouvions-nons
curer,
France, notre ancienne patric ?
tourner cn
Nous étionsi
nous ;
Lomtiehnteirmio
nion étoit fortement prononcée contre de nos
nous n'ignorions pas que plusieurs des névictimes de Popinion
freres colons,
leur tête sur Péchaporté
chergropliles.awoicnty telle étoit notre position , qu'en
faud: :
nous ne pouvions
chant à éviter un écueil,
Le férocé
éviter de tomber dans un autre.
Dessalines, trop borné pour être politique,
une revue à Jérémie, entendit
en passant
dela paix entre
queiques blancs qui parloient
il leur dit,
la Répablique et l'Angleterre;
nègre ( car il ne savoit pas
dans son idiome blancs, zotes après palé la
d'autre langue), la vinipren gar COT à zotes.
pe, eben quand pe de la paix, et bien , quand
Blancs, yous parlez
garde à voS corps.
la paix viendra, prenez
accomplie.
Sa prédiction ne s'est que trop
de
des bourreanx fut toujours
K L'nsage
II,p. 67).
les victimes (chap.
< calomnier tandem abutere patientia nosQuo usque ctiam/uroriste tuus nos cludet?
tra? quandiu --- Page 194 ---
( 186 d )
Vous ne verrez donc
Jons que des
toujours dans les COque des victimes bourreaux, ?
et dans les nègres
de la vérité,
En vous citant au tribunal
nous vous
côté sout
demanderons de quel
aujourd'hui les
côté sont les bourreaux victimes, et de quel
?
< Les marchands
< ont dites-vous
négriers et les planteurs
nié ou atténué
R forfaits dont on les
le récit des
Depuis quel
accuse. >
repousser des temps n'est-il plus permis de
inculpations
Montesquieu,
calomnieuses ?
diculisé
que vous eitez pour avoir riP'infaillibilité des colons,
transmise aux négrophiles
9 l'auroit-il
voit transmettre
Hélas ! il ne pouce qu'iln'avoit
cujus vis hominis errare,
pasluimème,
aux négrophiles
Nous appliquerons
de Cicéron,
laseconde partie de
sed nullius nisi
laphrase
verare in errore. Ne
insipientis perseJeur faire ce
sommes nous pas fondés à
périence des reproche, lorsque la funeste exmalheurs incaleulables
dérivé de leur système
qui ont
changement dans
( n'a apporté aucun
leur
4 Les colons ont même opinion)?
K d'humanité,
voulu faire parade
en soutenant
e claves, tirés
que tous les es.
d'Afrique, étoient
K niers de
des prisonguerre, ou des criminels qui, des-
Ne
insipientis perseJeur faire ce
sommes nous pas fondés à
périence des reproche, lorsque la funeste exmalheurs incaleulables
dérivé de leur système
qui ont
changement dans
( n'a apporté aucun
leur
4 Les colons ont même opinion)?
K d'humanité,
voulu faire parade
en soutenant
e claves, tirés
que tous les es.
d'Afrique, étoient
K niers de
des prisonguerre, ou des criminels qui, des- --- Page 195 ---
( 187 )
devoient se féliciter d'a-
< tinés au supplice, d'aller cultiver le sol
e voir la vie sauve, et
foule de tédémentis par une
< des Antilles;
ils Pont été de nouveau,
< moins oculaires,
qui a résidé
< par ce bon John Newton,
K long-temps en Afirique. >
Nous demanderons à l'évèque Grégoires'il
existoit tdes guerres entre les nègres d'Afrique
del la traite?Il ne pourra
avant l'établissement faisoient alors les vainlc contester. Que
de leurs prisonniers ? Plusieurs voyaqueurs,
les tuoient, et
geurs nous ont appris qu'ils
des
souvent les mangeoient. Ont-ils encore
de doute.M.Grémemewienetneyled
goire nous dit, même d'après Barrow, que
se
des nègres,
les Européens, 9 pour procurer de
en
font naître et perpétuent l'état
guerre
Afrique. Que font aujourd'hui les conquéde leurs
? ils les vendent:
rans
prisonniers
feroient-ils, si la traite cessoit? peutqu'en
être, un peu moins barbareageisaehetieat
jadis, ils ne les tueroient, ni ne les mangeroient; mais il n'y a pas de doute qu'ils n'en
donc
fissent leurs esclaves : que gagneroient
les nègres à Pabolition dela traite?Nous avons
seul moyen de changerla condéjài indiquéle
dition yraiment malbeureuse de ces peuples; --- Page 196 ---
188 )
c'est la civilisation, mais comment y parvenir? Hoc opus, hiclabor est. Si l'on pouvoit
de missionnaires tels
former une compagnie
le bon curé Sibire, Pentreprise devienque
mais ! oùt en trouver
droit peut-être possible;
?
ullum invenient pade semblables? Quando
Grégoire
foule
rem? L'évèque
ajoute,qu'une
de témoins oculaires, affirment le contraire
les
et les marchands néde ce que
planteurs
mais de cette
griers avancent sur ce sujet;
foule de témoins,il ne cite qu'un individu,
pous sommes bien en droit de récuser
que
qui, tout en déclamant con-
(John Newton)
la traite et l'esclavage des nègres, , en a
tre
neuf années convendu et acheté pendant
dire de lui,
séeutives. Nous ne pourrions pas
Pline disoit, lorsqu'on lui reprochoit
ce que
d'écrire avec trop de licence :
Lasciva est nobis pagina, vita proba.
En transposant le premieretle derniermot
clle
s'appliquer à
de cette phrase,
pourra
John Newton.
Proba est nobis pagina, vita lasciva.
Rien de plus commun que la contradiction
la conduite et lcs écrits; mais si l'on
entre
d'exemple,
il faut prècher
veut persuader,
éeutives. Nous ne pourrions pas
Pline disoit, lorsqu'on lui reprochoit
ce que
d'écrire avec trop de licence :
Lasciva est nobis pagina, vita proba.
En transposant le premieretle derniermot
clle
s'appliquer à
de cette phrase,
pourra
John Newton.
Proba est nobis pagina, vita lasciva.
Rien de plus commun que la contradiction
la conduite et lcs écrits; mais si l'on
entre
d'exemple,
il faut prècher
veut persuader, --- Page 197 ---
(183 )
être marchand de nègres, quand on
et ne pas
ditetéerit,que ce commerce est abominable.
Ce que nous nc nions pas; mais
L'extrème sensibilitéde l'évèque Grégoire
seulenentsurTespice humaine
nes'étend pas
méchans ont voulu
noire, comme quelques
lui en faire le reproche. Dans son ouvrage
surla Littérature des nègres, il sollicite, de la
sévère, un règlepolice de Paris, 9 justement
ment qui déterminera une punition contre
etles brutaux cochers
les féroces charretiers,
tous les jours excèdent de fade fiacre, qui
tigue et de coups, le plus utile des animaux
domestiques, le cheval, que le célèbre Buffon
appelle la plus belle conquête de l'homme.
La tolérance de la police, à cet égard, dit
Grégoire, habitue le peuple à être
l'évèque insensible et cruel; aussi ce prélat cite avec
plaisir un règlementqu'il a lu à Londres, qui
décerne les amendes contre quelqu'un qui
maltraiteroit inutilement des animaux. Mais
est-ilbien facile de constater ce délit?les prévenus ne soutiendront-ils pas toujours que
leurs chevaux ne vouloient pas avancer sans
cela, et qu'ils sont bien les maîtres de les
frapper? Nous rapporterons à cette occasion,
qu'un prélat, dont nous avons oublié le nom, --- Page 198 ---
( 190 )
avoit, comme M. Grégoire, beaucoup de
qui
les animaux utiles, défendit
sensibilité pour
de
menoit sa voiture, frapà un postillon qui
de
contre
les chevaux, et surtout
jurer
per Un mauvais pas se présente. 9 les chevaux
eux.
le postillon, d'après les ordres
s'embourbent, leur parle avec douceur,
qu'il avoit reçus,
ils semblent
peut-être même avec politesse,
fouet
l'entendre; il leur montre son
ne pas
seulement;i iln'en fontaucun
en lés menacant
de
le prélat, pressé
cas, et ne bougent pas;
si cela dudemande au postillon
se rendre,
Autant de temps, rérera encore long-tempe?
sa grandeuryqu'elle ne me permetpondit-il,à servirde mon fouet,et de parler
tra pas de me
couchevaux dans les termes que jai
à mes
cas. Le prélat, fatume d'employer en pareil
d'attendre: : faites et dites tout ce que
tigué
que vous me sortiez
vous voudrez, pourvu
bourbier. Pour lors le postillon appliqua
du
quelques coups de fouet à ses
à sa manière
quelques gros mots
chevaux, en prononçant les chevaux sortid'un ton tresénergique, et
sile cheval
rent la voiture du bourbier. Mais,
belle conquête de Phomme, ne pour.
estlap plus
le boeuf estla plus
rions-nous pas avancer que
Cotacir-ntnnoam
vous me sortiez
vous voudrez, pourvu
bourbier. Pour lors le postillon appliqua
du
quelques coups de fouet à ses
à sa manière
quelques gros mots
chevaux, en prononçant les chevaux sortid'un ton tresénergique, et
sile cheval
rent la voiture du bourbier. Mais,
belle conquête de Phomme, ne pour.
estlap plus
le boeuf estla plus
rions-nous pas avancer que
Cotacir-ntnnoam --- Page 199 ---
( 191 )
liciteroit-il pas un règlement en leur
N'est-ce pas le comble de
faveur?
part des hommes, de se l'ingratitude de la
r'osé de leursueur.
pourrir d'un pain ardeces
Que disons-nous ? du sang
quadrupèdes
reurs percent
Hhalheurenvgnciabitss
guillons, et dont impitoyablement la vie
à coups d'ain'est qu'un
prolongé, et de les vendre
supplice
vieux, et hors d'état de
quand ils sont
bare boucher qui les travailler, à un barment, et en vend les assomme impitoyablelambeaux
mans au philosophe
encore fufaire
Grégoire , qui i'en fait
delasoupe,eta aux
en font faire des roast xsensiblesdAnglois, qui
maximes
beef: Cependant des
M. Grégoire, touchantes, à cet égard, nous dit,
sacrés
sont consignées dans les livres
que révèrent les Juifs et les
(Ep. B. Pauli ad
Chrétiens
Non
Thimotenm, ch. V,v.
alligabis OS bovi triturantii.
18).
Que dirons-nous de ces
téressans, dont la donceur quadrupèdes si innous dépouillous,
est T'apanage, que
pour en faire des touslesans, de leur toison,
tissent de la
vêtemens qui nous garanrigueur des saisons? Qu'en
on, quand ils sont vieux ? Ne
faitpas aussi une ame sensible
tronveront-ils
sur lingratitude des
qui s'appitoyera
hommes à leur égard? --- Page 200 ---
192 )
pas accuser l'évèque GréNe pourrions-nous
du chegoire d'un peu de partialité,1 lorsque,
val, il passe de suite aux oiseaux, qui, certes,
n'auront pas à SC plaindre ? L'Aréopage conavoir tué un
damna à mort un homme pour
oiseau qui, poursuivi ipar un épervier, s'étoit
dans son scin. Cette peinc, dit M.
réfugié
doute
CC mot:
Grégoire, étoit sans
exagérée;
sans doute, ne laisse point d'incertitude sur
relativement à ce juPopinion de ce prélat,
à la vérité,
gement; ; il trouvoit la punition,
mais, il
un peu forte pour la première fois; Notre mane la désapprouve pas tout-à-fait.
nière de voirest bien différente; carnous penles
qui ont eu la barbarie de
sons que
juges
condamnerà mortunhommer pouravoirtuéun
tousles autres hommes mangent,
oiseau, que
méritoient
après les avoir tués ou fait tuer,
de périr sur le même échafaud, et leurs cadavresauroient dû être ex] poséssurdes sarbres,
servir dep pâture aux corbeaux leurs propour Pourêtre conséquent dans ses principes,
tégés.
Grégoire ne mange ni
samdoulem-erevequea
pednpanoantentagment Votreobjection,
n'a
mérite de Pà-propos;
nous dira-t-on,
pasle
des
Monseigneur mange des perdrix,
quand
des alottettes, ce n'est pas lui qui
cailles ou
leurs cadavresauroient dû être ex] poséssurdes sarbres,
servir dep pâture aux corbeaux leurs propour Pourêtre conséquent dans ses principes,
tégés.
Grégoire ne mange ni
samdoulem-erevequea
pednpanoantentagment Votreobjection,
n'a
mérite de Pà-propos;
nous dira-t-on,
pasle
des
Monseigneur mange des perdrix,
quand
des alottettes, ce n'est pas lui qui
cailles ou --- Page 201 ---
(193 )
elles ont tombé toutes rôties sur sa
lesiatuées, savez-vous la différence que nous mettable:
?
tons entre l'ornithocide et l'ornithophage
Celle
l'on met entre le voleur et le receleur; que ils sont, à peu de chose près, aussi
l'un que l'autre. Si les hommes
n'achetoient coupables pas le gibier pour le manger,
trouveroit
de chasseurs ni d'oiil ne se
pas leur temps à tendre
seleurs qui passeroient
les tuer.
des filets pour les prendre et pour
tollitur effectus. On nous a
Sublatô causd,
aimoit les huitres et
assuré que M. Grégoire
beaucoup : mais ce senqu'il en mangeoit
bien qu'il dévore
sible philosophe songe-t-il
des animaux tout vivans?
impitoyablement la nature leur. a refusé la
Est-ce parce que
ressenfaculté d'exprimer la douleur qu'ils
lorsqu'on les mange? Faut-il donc être
tent
Pon est stupide. Il faut
dévoré parce que
dira-t-on. Hélas!
donc vivre de végétaux'nous
sil'on en croit Pythagore, nous ne serions pas
encore exempts de reproches; ce philosophe
point de fèves, dans la crainte
ne mangeoit
de manger ses cousines.
ans d'expérience m'ont appris 2
< Vingt
les mar-
< dit M. Grégoire, ce qu'opposent
--- Page 202 ---
( 194) )
chands de chair humaine : à les entendre,
< faut avoir vécu dans les colonies, pour
< il
sur la légitimité de
( avoir droit d'opiner
immuacommes si les principes
< Pesclavage, la liberté et de la morale, varioient
< bles de
selon les degrés de latitude. >
<
à
le droit
tsarie
vécu dans les colonies, pour avoir
, c'est
d'opiner sur la légitimité del'esclavage, seulement
à part : nous avons
une question
que les lois de notre
dit,et nous le répétons,
légitime à noPavoientrendu
gouvernement
l'avions
institué, etil
tre égard: ; nous ne
pas Pabolir. Nous
de
n'étoit pas en notre pouvoir
d'être prouvé
maintenonsde plus s(cequivient
Vexpérience), qu'il faut avoir une parpar
du climat, des colons et
faite connoissance
entreprendre une
des nègres, pour pouvoir
les plus conopération, que les législateurs
les hommes doués de la politique
sommés,et
regardée
la plus judicieuse , ont toujours
dangetrès-difficile', même comme
comme
des esclaves. Cons
reuse, Vaflranchisscment Grégoire, en offre
tantin, que cite l'évèque
; il
lui-même un argument sans réplique bases
latfranchissement subit.les
ébranla par
a
des nègres, pour pouvoir
les plus conopération, que les législateurs
les hommes doués de la politique
sommés,et
regardée
la plus judicieuse , ont toujours
dangetrès-difficile', même comme
comme
des esclaves. Cons
reuse, Vaflranchisscment Grégoire, en offre
tantin, que cite l'évèque
; il
lui-même un argument sans réplique bases
latfranchissement subit.les
ébranla par
a --- Page 203 ---
( 195 )
de son empire. Est-ilde plus zélédéfenseurde
la cause des nègres que Raynal? est-il de négrophile qui ait élevé sa voix au même ton
que lui, pour solliciter l'abolition de l'esclavage? Au moins du milieu du volcan embrasé de son imagination exaltée, sortent
intervalles des étincelles de raison.
par
faut
dit-il, faire tomber les
a < Il ne
pas,
nés dans la
K fers des malheureux qui sont
ont vieilli. Ces hommes
6 servitude, ou qui y
n'auroient
été
<
stupides, qui
pas
préparés
( à un changement d'état, seroient incapa-
< bles de se conduire eux-mêmes, leur vie
K< ne seroit qu'une indolence habituelle, ou
tissu de crimes. Le grand bienfait de la
K un liberté doit être réservé pour leur posté-
<
modifications.-
< ribetmbmeavergaclpen
dans
S'il existe dans le monde quelqu'un,
la sincérité
lequel on ne puisse soupçonner
d'une semblable assertion, ,c'est sanscontredit
Raynal ; il n'a pu y.avoir que la force de la
vérité et de l'évidence qui aient pu lui arracher un pareil aveu.
Revenons à l'évèque Grégoire.
< Quand on oppose aux colons l'accablante
ont habité ces cli-
< autorité d'hommes qui
et même fait la traite, ils les démenK mâts,
( tent ou les calomnient. > --- Page 204 ---
( 196) )
Nous ne sommes nullement accablés par
P'autorité des hommes que cite l'évèque Grénous ne nous mettrons même pas en
goire,
prêche la
frais de les démentir; quiconque
et pratique le vice, ne se donne-t-il
vertu, soi-même le démenti le plus formel?
pas à
avoir vendu
Tel est Jonh Newton, qui,après déclame contre
des nègres pendant neuf ans,
s'est fait
ce trafic abominable, depuis qu'il neufannées
ministre anglican. Falloit-il donc
s'aperçût qu'il étoit dans la maupour qu'il
vaise voie; et s'il s'en est aperçu plutôt, que
devons-nous penser de ce ministre?
auroient fini, dit l'évèque
< Les planteurs
dénigrer ce Page,qui après
< Grégoire, par
forcenés défenseurs
K avoir été un des plus
dans un
chante la palinodie
< de l'esclavage,
base de la res-
< ouvrage où il prend pour la liberté des
< tauration de S. Domingue,
e nègres. >
etlat funeste prévention
M.Page étoitcolon,
où ils'est réquiexistoit contr'eux, à l'époque
peut-être
tracté, a puled déterminerà prendre
le seul moyen de mettre son existence à couvert; au reste, il ne seroit pas impossible qu'il
eût pu croire qu'il falloit, pour la restauration la lide S. Domingue, prendre pour base
la res-
< ouvrage où il prend pour la liberté des
< tauration de S. Domingue,
e nègres. >
etlat funeste prévention
M.Page étoitcolon,
où ils'est réquiexistoit contr'eux, à l'époque
peut-être
tracté, a puled déterminerà prendre
le seul moyen de mettre son existence à couvert; au reste, il ne seroit pas impossible qu'il
eût pu croire qu'il falloit, pour la restauration la lide S. Domingue, prendre pour base --- Page 205 ---
( 197)
commebien d'autres colons,
berté des noirs; habitoient la France, il a
surtout ceux qui
dans un instant,
cru que ccs noirs ponvoient, civilisés. Quelle crreur
devenir des hommes
nullement, il
funeste! il ne les connoissoit
les
falloit, pour acquérir cette connoissance, leur affranavoir observés avant et depuis blanc ne se
chissement. L'homme noir ou
tcl
est dans la servitude;
montre jamais qu'il
nombre d'obetil n'est donné qu'à un petit
devenir
servateurs de prévoir ce qu'il pourra écriSi M. Page
après son aliranchisement.
voit sur le même sujet, dans ce moment-ci,
il chanteroit de nouveau la palinodie.
s'obstinent à soutenir que
< Les planteurs
sont des pays agriK dans les colonies qui
doit être flétri
le
des arts,
< coles, premier
que ce trasous prétexte
< parla servitude, forces de T'Européen, quoi
< vail excède les
ede la
leur allègue le fait irréfragable
< qu'on d'Allemands et d'Acadiens établie
< colonie
à Bombarde,
< par M. d'Estaing, en 1764, dont les descenK près le Môle S. Nicolas,
voient autour de leurs habitations,
K dans,
croître sous des
* des cultures prospères,
libres
II, pag. 7o).
K mains
(chap. fort contre la possibiL'argument le plus --- Page 206 ---
( 0 198 )
lité de cultiver les Antilles
àvec des Européens, est précisément la citation de l'évèque
Grégoire, de la petite colonie d'Ailemands
d'Acadiens, qui ont été sacrifiés à l'illusion et
malheureuse du ministère françois. De
Sieurs milliers qu'y conduisit M.
pluen 1764, il en reste à peine
d'Estaing,
quelques centaines, qui ne font autre chose
quelques légumes,
que cultiver
quelques figuiers, quelques ceps de vignes, dont ils vont vendre les
fruits aux habitans du Môle S.
aux capitaines des navires
Nicolas, ou
port. Ce genre de culture qui partent de ce
de deux heures de travail le n'exige pas plus
matin etlesoir;
l'arrosage est ce qu'il y a de plus
mais il n'est
essentiel,
pas pénible, parce qu'ils ont
disposé des rigoles de manière
duisent l'eau dans chacune des qu'elles conunés après les autres.
planches, les
'eri - petit nombre,
Quelques-uns, > mais
cultivent
de café,mais seulement
quelques pieds
il est très-rare
pour leur provision ;
yu'ils en vendent. Voilà ce
que lévèque Grégoire appelle des cultures
prospines-quieniacnt sous des mains libres.
Si-l'absence
dessus des del'ambition, quand on est aubesoins, est une fortune
cette petit colonie est riche
réelle,
sous ce rapport;
autres.
planches, les
'eri - petit nombre,
Quelques-uns, > mais
cultivent
de café,mais seulement
quelques pieds
il est très-rare
pour leur provision ;
yu'ils en vendent. Voilà ce
que lévèque Grégoire appelle des cultures
prospines-quieniacnt sous des mains libres.
Si-l'absence
dessus des del'ambition, quand on est aubesoins, est une fortune
cette petit colonie est riche
réelle,
sous ce rapport; --- Page 207 ---
( 199 )
les Antilles de semblamais si vous peuplez
Moscelitoateuneuczel Enropedeschamps
rétablissez vos sucreries d'Orde chicorée,
érables, des betteraves; ;
léans, plantez des
le
substituez la laine et la soie au coton, que
l'indigo, que vos flottes se
pastel remplace
bateaux qui transporréduisent à de petits
caterout sur vos rivières et sur vOS superbes
ricbesses territoriales. Vousen serez
naux vos
mais hélas! il est
sans doute plus heureux;
humaine,
attaché à la condition de l'espèce de n'emde rèver toujours le bonheur, et
réveil
chimère. La nation
brasser au
qu'une
un
s'isoler, en rompant
francoise peut-elle
de la grande chaîne politique,
des anneaux entr'elles toutes les puissances
qui doit unir
civilisées, le commerce? ?
dit l'évèque Grégoire, que
< Ignore-t-on, défrichemens du sol colonial
& les premiers des blancs, surtout par des
K ont été faits par
engagés de
appeloitdes
( manouvriers qu'on
< trente-six mois ? >
Cela est vrai, mais on ne dit pas qu'un
nombre a pu résister au climat;
tres-petit
connu un d'unage très-avancé,
nous en avons
plusieurs anqui nous a dit avoir, pendaut
marché pieds nus, 0 n'ayant sur le corps
nées, --- Page 208 ---
- 200 )
simple chemise de grosse toile, et un
qu'une de matelot, et qu'il n'avoit compantalon
seroit
mencé à sortir de cette misère, qui
insupportable à la majorité des Européens,
l'époque où il avoit pu se procurer des
qu'à
il nous a bien assuré que les neuf
nègres;
dixièmes avoient succombé. La comparaison
fait M. Grégoire, de la chaleur du climat
que des Antilles, avec celle des verreries et des
, qui,sclon lui, est bien plus
forges d'Europe,
pas, n'a
forte, ce que nous ne contesterons dernière
le mérite de la justesse; cette
pas chaleur n'est que momentanée, pendant la
nuit, et dans les intervalles des travaux, les
respirer un air ou frais, >
ouvriers peuvent
ou au moins tempéré, ce quirend au système
animal le ton qu'une chaleur immodérée lui
avoit fait perdre. Dans les Antilles, au conneuf mois de Pannée, la chatraire, pendant
des nuits
leurest constante, et la température
diffère
très-peu de celle des jours, ce
ne
que
lève souvent aussi fatigué
qui fait qu'on se
que l'on s'étoit couché.
< Fat-il vrai que ces contrées ne puissent
fleurir sans le secours des nègres, il fau-
<
conclusion très-différente
< droit en tirerune
sans
< de celle des colons; mais ils appellent
uf mois de Pannée, la chatraire, pendant
des nuits
leurest constante, et la température
diffère
très-peu de celle des jours, ce
ne
que
lève souvent aussi fatigué
qui fait qu'on se
que l'on s'étoit couché.
< Fat-il vrai que ces contrées ne puissent
fleurir sans le secours des nègres, il fau-
<
conclusion très-différente
< droit en tirerune
sans
< de celle des colons; mais ils appellent --- Page 209 ---
(: 201 )
le
à la
du présent
a
cesse passé
justification
>
K (chap. 11, pag. 71). irréfragable que nous
L'argument le plus
le présent à
puissions opposer. 2 est d'appeler fontl les nègres,
la justification du passé. Que
de
depuis leur liberté? Mais entreprendre
ne connoispersuader aux négrophiles,qui le climat des Ansent en aucune manière et non des Eurotilles, quilfaut des nègres
ne le
en cultiver le sol, et qu'ils
péens pour
c'est vouloir
feront pas sans y être contraints,
(ch.I,
isthumuomfodere. J Ilsvous diront pourtant les
18), qu'entre les tropiques 7 tous
pag.
sont noirs. Bonne nature, vous ne
hommes
vous faisiez, il falloit y
saviez donc ce que
cepenmettre des blancs. Nous ne pouvons dans les Andant disconvenir qu'on puisse,
tilles,employer des blancs à la culture,mais
à celle du café seulement, parce qu'elle où ne la
avoir lieu que dans les montagnes
peut
souvent] plusque fraiche, 2e donne
température,
beaucoup d'analogie
à l'air que l'on respire,
ou
celui
dans le printemps
avec
d'Europe,
dans l'automne.
Supposons donc que les blancs, transportés
dans les montagnes des Antilles, : y peuvent
leur
résider et travailler sans compromettre --- Page 210 ---
202 )
même leur santé. Voyons acexistence, pas
sous cC raptuellement si la chose, possible
les avantages nécessaires pourdéport,ollire les colons à se servir des blancs
terminer
pour la culture du café.
Pleins de sauté, de vigueur et d'espérance,
il faut se mettre au travail. La première
opération qui se présente et qui est très-urcst de se construire une case 7 pour se
gente , à P'abri des pluies qui sont presquemettre
dans les montagnes, ct pour se
continuelles
garantir du froid qui est très-poignant pen- de
dant les nuits. Comme on ne peut porter
des bois de construction, pour bâla plaine,
des arbres, les écarrir, les
tir, il faut couper
des Euroscier, travail très - pénible, 2 pour
il
péens qui ne sont pas encore acclimatés;
faut aussi abattre du bois pour défricher, car
sont couvertes
toutes les terresdes montagnes le monde, il s'y
de forêts aussi antiques que
seul homme
trouve des arbres si gros, qu'un
dans
à bout del le couperseul
ne viendroit pas
il faut débiter ensuite ces
huit ou dix jours ;
dans les Antilles,
arbres (c'est un terme usité
branchesd'unarbre,
poursignifier couperles
nécessaire
lorsqu'il est abattu ), opération
c'est la
mettre le feu, car
pour pouvoir y
resdes montagnes le monde, il s'y
de forêts aussi antiques que
seul homme
trouve des arbres si gros, qu'un
dans
à bout del le couperseul
ne viendroit pas
il faut débiter ensuite ces
huit ou dix jours ;
dans les Antilles,
arbres (c'est un terme usité
branchesd'unarbre,
poursignifier couperles
nécessaire
lorsqu'il est abattu ), opération
c'est la
mettre le feu, car
pour pouvoir y --- Page 211 ---
(203 )
manière dont Oll s'en débarrasse pouridécoule feu a coustmé
vrir la terrc. Aprèc que
végétaux,
ces énormes
une grande particade
des patates,
des vivres, des pois,
on plante
car il faut, pendant
des bananiers surtout,
avant
quatre ans, exister comme l'on peut, l'on
récolte du café, que
que la première
en même temps,
plante après les vivres, ou
mette dans le cas le planteur de se procurer
d'aisance,il ne fait donc que de dépenser
plus
outreles bâtimens
jusqu'à cette époque; car,
des cafés.
qu'il a fallu faire pourl'exploitationg très-péil faut encore faire des escarpemens des
nibles et très-coûteux pour y faire
glacis
éteudre le café au soleil,
ou terrasses, pour
Il faut aussi
quand on l'apporte des jardins.
le tourun moulin à piler,etdes mulets pour d'autres
Nous omettons encore bien
ner.
que ce n'est pas la
détails et dépenses, parce
d'après
difficulté. Il est évident,
plus grande
venons de dire, qu'il faut
tout ce que nous d'hommes blancs pour
un certain nombre
il faudra
la culture du café;
entreprendre
de Phabitation en
donc que le propriétaire
les
fasse venir d'Europe, paye leur passage 2
ans, sans rien retirer
salarie pendant quatre
l'avons dit,
de leur travail; : car', comme nous --- Page 212 ---
(2 204 )
à récolterle caféquela quaon ne commence
actueltrième année de sa plantation : voyons
lensent quelle est la quantité de café que
ramasser un blanc? Un nègre en rapourra
cents à deux milliers par an ;
massoit quinze
raisonnale blanc, moins paresseux et plus
cents livres
ble, pourra en ramasser quatre
de plus; voilà donc deux mille quatre cents
livres de café par chaque blanc, qui, évalué
sols(souventilse venà un prix moyen, quinze
somme
doit moins, rarement plus), fera une
cents francs. Quel sera le salaire
de dix-huit
de chaque blanc? Iln'est pas probable qu'ua
Européen consente à s'expatrier pour travailler à la terre dans les Antilles, s'il n'y
au sacrifice qu'sl
trouve pas une compensation
donc qu'il est impossible
fait; nous jugeons à moins de douze cents francs
d'avoir un blanc
fera
le
an et sa nourriture, ce qui
pour
par
somme de dix-huit cents francs;
moins une
le
du
nous demanderons où sera
profit
or,
l'habitation. Le
de faire culmaître de
projet
est
tiver même le café, par des Européens,
donc une pure chimère qui ne peut exister
dans le cerveau de ceux qui n'ont pas
que la moindre connoissance des colonies.
Voudra-t-on faire travailler ces Européens
a
le
an et sa nourriture, ce qui
pour
par
somme de dix-huit cents francs;
moins une
le
du
nous demanderons où sera
profit
or,
l'habitation. Le
de faire culmaître de
projet
est
tiver même le café, par des Européens,
donc une pure chimère qui ne peut exister
dans le cerveau de ceux qui n'ont pas
que la moindre connoissance des colonies.
Voudra-t-on faire travailler ces Européens --- Page 213 ---
I 205 )
dans les
plaines, 9 à la culture du
est beaucoup plus lucrative, Nous sucre, qui
un essaiqui
allons citer
la possibilité dépersuadera de le
les négrophiles de
grophile
faire, si toutefois un néde
peut être dépersuadé. Le régiment
Vermandois, étant en garnison à
en 1767, deux planteurs,
Léogane,
Siber, demanderent
MM, Merger et
mission
au gouvernement la perde leurs d'employer des soldats à la culture
Dans
habitations ; ce quileur fut accordé.
l'espace de trois mois, sur deux
soldats, ii en mourut cent
cents
pourtant ces hommes étoient quatre-vingts;er
une exacte
contenus par
discipline, et
leurs excès.
réprimés dans tous
Revenons à M. Grégoire,
n'est pas encore finie.
notre apologie
< Tant qu'il y aura, dit-il,
< frant en Europe,les
un être souf6 dent de
planteurs nous défenplaindre ceux
k Afrique et en Amérique, qu'on tourmente en
*. ce qu'on trouble la
ilss s'indignent de
K dévorant leur
jouissance des tigres,
proie. >
Dans quel temps et dans quel occasion
planteurs ont-ils reproché dej
les
heureux
plaindre les malnègres,cari il n'y a pas de
n'y en
doute qu'il
edtquelquesuns dans cette hypothèse; --- Page 214 ---
( 206 )
mais bon et sensible prélat, ne sar vez-vous
mieux que nous, que la pitié, vertu que
pas devez
plus particulièrement
vous
pratiquer
de
qu'un autre, cst un sentiment susceptible nèilfalloit donc, en plaignant les
se diviser, l'on tourmente,. dites - yous, en
gres ; que
,songer un peu aux
Afrique ct en Amérique,
blancs,
suites funestes pour les malheureux
pouvoit avoir votre pitié mal dirigée.
que
facere, et illa non omittere.
Hcec opportuit
des tigres
Mais quelle pitié peuventinspirer
dévorant leur proie? ? M. Grégoire avoit oublié jusqu'à présent ces belles qualifications,
n'avons rien perdu pour attendre; nous
nous
cependant préféré le mot négroeussions à celui de tigres, car enfin nous ne
phages marchons pas à quatre pattes. Tout en nous
donnant la douce épithète de tigres,l'évèque
Grégoire se plaint de ce que nous avons
tenté d'avilir la qualité de philantrope ou
K
dontrhomare/qicoege
e amidesh hommes,d
ses semblal'affection pour
K n'a pas abjuré
les épices colons ont créé,dit,il,
< bles,
et de blancophages,
( thètes denégrophiles
imprimeroient
qu'elles
< dans l'espérance
< une flétrissure." >
le
Comme le dit très-bien M: Grégoire,
plaint de ce que nous avons
tenté d'avilir la qualité de philantrope ou
K
dontrhomare/qicoege
e amidesh hommes,d
ses semblal'affection pour
K n'a pas abjuré
les épices colons ont créé,dit,il,
< bles,
et de blancophages,
( thètes denégrophiles
imprimeroient
qu'elles
< dans l'espérance
< une flétrissure." >
le
Comme le dit très-bien M: Grégoire, --- Page 215 ---
( 207 )
mot philantrope signifioit anciennement,en
Amérique comme en France, ami des hommes ; mais depuis que des monstres à figure
humaine, que le diable,dans sa colère, vomit
sur les côtes de S. Domingue, pourlemalheur
des blancs et des noirs, se sont qualifiés
du nom de philantropes et de républicains
,
nous avons Cru que lai révdlutiongetitoperée
dans la langue françoise comme en toutautre
chose, et que les mots signifioient actuellement tout le contraire d'autrefois.
< Nous avons, dit l'évèque Grégoire, créé
K les épithètes de négrophiles et-de blanco-
< phages, dans l'espérance qu'elles imprimeK roient une flétrissure. >
Al'égard ddequelques négrophiles que nous
avons connu, cela seroit impossible; car, où
placer une nouvélle flétrissure, sur des individus qui en sont tous couverts ?
< Ne demandez pas si VOS antagonistes
< n'ont pas encore employé d'autres armes
* que le sarcasme et ila calomnie (chap.11,
( pag.7 78).> >
Pourquoi n'emploierions - nous pas les
mêmes armes dont on se sert contre nous ?
n'est-ce pas dans l'arsenal des négrophiles
que nous les ayons dérobées? Qu'ils ne crai- --- Page 216 ---
I 208 )
d'en manquer, les auxiliaires leur
gnent pas
plusieurs d'entr'eux ont un
en fourniront;
forger et aiguiser ces
talent particulier pour
Grégoire nomme
sortes d'armes que l'évèque
sarcasmes et calomnies.
tous les
dit-il, supposé que
< Nous avons, étoient les ennemis des
< amis des noirs
et de la France. >
* blancs,
est-elle gratuite? Lorsque
La supposition des blancs de S. Domingue ont
les deux tiers
des amis
été victimes du système impolitique moins irdes noirs, et que cette opinion, directe au
de la
réfléchie, est la cause la plus
de France ; et n'ont-ils
ruine du commerce
d'avoir
sous ce rapport,
pas à se reprocher,
qu'ils en fussent soudoyés
servi l'Angleterre,
ou non.
colons répondent,
< Parle-t-on dejustice2les
de bade sucre, de café, d'indigo,
en parlant
Raisonne-t-on? ils disent
lance du commerce.
qu'on déclame. >
vertu, fraterLes grands mots, , justice,
cesse de la
nité, humanité, , sortoient sans
philantropes républibouche des préteudus
lettres sur
cains; ils étoient écrits en grosses
de tous leurs édifices publics,
le frontispice
ciet dans le même
senpafistres/ntrct.
sucre, de café, d'indigo,
en parlant
Raisonne-t-on? ils disent
lance du commerce.
qu'on déclame. >
vertu, fraterLes grands mots, , justice,
cesse de la
nité, humanité, , sortoient sans
philantropes républibouche des préteudus
lettres sur
cains; ils étoient écrits en grosses
de tous leurs édifices publics,
le frontispice
ciet dans le même
senpafistres/ntrct. --- Page 217 ---
(209 )
ves, cives trucidabant, tantum opinio potuit
suadere malorum. Dans quelles circonstances
les négrophiles ont-ils donc pratiqué à notre
égard cette justice dont ils sC targuent ?
Quand ont-ils raisonné conséquemment? La
justice et la raison ont-elles jamais marché de
front avec l'exaltation ?
aux colons de répondre aux
< On reproche
en
d'ina objections qu'on leur fait,
parlant
< digo, de sucre, et de café. >
Tractant fabrilia fabri. Au moins parlentilsdece qu'ils connoissent. Si,à àl'exempledes
Bossuet, des Fénélon, des Fléchier, , l'évèque
Grégoire eût employé son érudition, ses talens littéraires, à étayer, pendant la révolution l'édifice de la religion qui écrouloit de
vraiment digne du caractère dont
toute part,
il est revêtu, nous n'aurions pas le droit de
rappeler à ce prélat, relativement à son négrophilisme mal dirigé, la fable de l'Ours et
de PAmateur des jardins.
Rien n'est si dangereux qn'un ignorant ami;
Mienx vaudroit un, suge enucmi,
K Fait-on un appel aux coeurs sensibles
< les planteurs ricannent. >
Ont-ils bien le droit de faire ce rappel,
--- Page 218 ---
210 )
des deux tiers des
ceux auxquels le massacre
la misère affreuse de ceux qui par
colons, et
faire
miracle out échappe, ne peuvent pas Jonissez
rétrograde vers la pitié?
faire un pas
négrophiles opiniâtres;
donc,jouissez encore,
quinze mille
nouvelle curée se présente,
une
victimes de votre erreur, demalheureuses
viencoupable par la persévérance,
venue
d'être chassés de l'ile
nent tout récemmeut
; ils ont été déde Cuba, par les Espagnols
vam-
; suivezles
portés à la Nouvelle-Orléans;
de nouveau
pires insatiables, précipitez-vous et sucez le reste
sur leurs corps décharnés, le dernier refuge de ces
de leursang. Sera-ce
n'ont plus
mallieurenx? Hélas ! les pauvres
des négrod'asile, et grace aux impostures, horreur
les infortunés colons sont en
oùt
philes, la nature. Où trouveront-ils donc
à toute
où terminerune vie dont
rpwaerleurtbe,et
par de nouvelles cachaque jour est marqué
encore, dans
lamités? Les négropliles verront d'accabler les planle dernier coup qui vient
de leurs crimes
méritée
teurs, une punition
n'est
suite
prétendus, tandis que CC
qu'une deleurs
funeste de leur système iréfléchi,et disoit qu'il ne
calomnies outrées. Voltaire
manquoit au peuple juil que d'être antropo-
vie dont
rpwaerleurtbe,et
par de nouvelles cachaque jour est marqué
encore, dans
lamités? Les négropliles verront d'accabler les planle dernier coup qui vient
de leurs crimes
méritée
teurs, une punition
n'est
suite
prétendus, tandis que CC
qu'une deleurs
funeste de leur système iréfléchi,et disoit qu'il ne
calomnies outrées. Voltaire
manquoit au peuple juil que d'être antropo- --- Page 219 ---
(211 )
phage pour être le peuple le plas abominable de la terre, en nous gratifiant de cette
épithete,1 l'évèque Grégoire nous met encore
au-dessons de cc peuple. Les planteurs, dit-il,
s'acharnent sur les cadavres des malbeureux
nègres, dont ils sucent le sang, pour en extraire de Por.
dit ce bon prélat, d'une
K Vengeons-nous,
est la seule avouée par la re-
< manière qui
de
saisissons toutes les occasions
( ligion,
bien aux perséeuteurs, comme aux
K fairedu
S perséentés. >>
chrétienne,
Sublime morale de la religion
n'êtes-vous que dans les livres et
pourquoi
sur les lèvrcs des hommes Négrophiles
de mauvaise foi, si vous voulez avoir des
droits à la reconnoissance des blancs que vous
qualifiez de l'épithète de persécuteurs, faites
leurdonc connoître le bien que vousleur avez
fait, ou celui que vous avez l'intention de
leur faire. Seroit-ce un autre ouvrage sur la
liberté des nègres, que l'évèque Grégoire
annonce avoir encore l'intention de publier?
Oh! pour le coup, notre reconnoissance sera
sans bornes, ainsi que celle des persécutés
noirs, si toutefois il en survit aux suites funestes du premier essai des négrophiles dont --- Page 220 ---
(212) )
il a causé la destruction des deux tiers,et le
malheur du reste.
A Dieu ne plaise cependant que nous ne
rendions pas justice à la pureté des intentions
de l'évèque Grégoire; ; mais en. politique, la
plus petite erreur peut avoir les suites les
plus fàcheuses.
abstinet armis.
Ludere qui nescit, campestribus
< Lesc sdéfenseurs del'esclavage sont presque
et les défenseurs des es-
< tous irréligieux,
( chap. II,
tous religieux
K claves, presque
K pag. 77). >
plus de charité que
Si nous n'avions pas
Grégoire, nous donnerions ici une
l'évèque liste des noms de plusieurs défenseurs
petite
laisserions le public maître
d'esclayes,etnons' sur leur moralité et leur relide prononcer
les négrophiles,
gion. Mais, 2 qu'entendent
Ce sont sans
défenseurs de l'esclavage?
par
qu'une certaine
doutc ceux qui prétendent
civilisation ainesiwnbslb-aemee
des esclaves, pour ne pas le rendre dangereux,etpourlcs maîtres, et pour eux-mèmes;
s'est passé à S. Domingue, à cette OCce qui n'est-il pas la preuve la plus convaincasion,
donner. Que les déquante qu'on en puisse
égrophiles,
gion. Mais, 2 qu'entendent
Ce sont sans
défenseurs de l'esclavage?
par
qu'une certaine
doutc ceux qui prétendent
civilisation ainesiwnbslb-aemee
des esclaves, pour ne pas le rendre dangereux,etpourlcs maîtres, et pour eux-mèmes;
s'est passé à S. Domingue, à cette OCce qui n'est-il pas la preuve la plus convaincasion,
donner. Que les déquante qu'on en puisse --- Page 221 ---
(213 )
fenseurs de l'esclavage soient religieux ou
iréligieux, la charité chrétienne demandoit
qu'on se tût à cct égard; car cela importe
il
de la solution d'un
fort peu quand s'agit
problème politique.
d'abord
< On a calomnié les nègres,
pour
< avoir le droit deles asservir, ensuite pour
de les avoir asservis ; et parce
< se justifier
envers cux ( chap. II,
K qu'on étoit coupable
K pag-7 74). >
ce ne sont
Encore une fois, Monseigneur,
les colons qui ont asserviles nègres, et les
pas
africains n'ont pas besoin d'avoirrepotentats
motiver le droit
cours à la calomnie, pour
qpilasarogentdetaines des esclaves;! la loidu
fort chercha-t-elle janais à se justifier?
plus
dites-vous, tenté de dénaturer
Nousavons,
de
les livres saints, pour y trouver l'apologie
l'esclavage colonial. Nous n'avons jamais
trouvé dans les livres saints d'apologie de
l'esclavage; maisilenelimprouvent pas, puisS. Paul, dans son épitre sixième, à Thique
ainsial'égard des esclaves:
mothée,s'exprime
Quicumgue sunt sub jugo servi, dominos SUOS
omni honore dignos arbitrentur. Et quelques
negrophiles.suipeartont; se diseut chrétiens,
leurontmis! le poignard à la main contre nous. --- Page 222 ---
(214)
dans
Grégoire se plaint, que
< L'évèque
colonies, on voit les noirs
< les temples des
distinctes
mèlés, dans des places
< et sang
les
ditil,
celles des blancs; ;
pasteurs,
< de
d'avoir toléré un usage si
< sont criminels
Cest à
à
de la religion.
< opposé l'esprit
le
relève
dit Paley > que pauvre
< l'église,
et que le riche le re-
< son front humilié, c'est là qu'au nom du
< garde avec respect;
tous ses
le ministre des autels rappelle
< ciel
devant un
à Pégalité primitive,
< anditeurs
faire
de perdéclare ne
acception
< Dieu qui
K. sonne. >
droit de citer, comme crimiPour avoirle
des temples des colonies,
nels, les pasteurs distinctions dans les places, 2
qui tolèrent des
il faudroit
les blancs et pour les noirs,
pour
les pasteurs des templesde France,n'eusque
à se faire sous ce
sent aucun reproche
vu dans leurs
même rapport. Or, nous avons
temples, les riches séparés du penple, par
balustrades dorées, fléchissantà peineles
des
carreaux de velours
genoux sur de superbes
combien de
ornés de glands d'or; et depuis
leur offire-t-on plus un encens qui
temps ne
la divinité.
ne dut jamais brûler que pour
doute,
riches sans
D'autres eitoyens,moins
à se faire sous ce
sent aucun reproche
vu dans leurs
même rapport. Or, nous avons
temples, les riches séparés du penple, par
balustrades dorées, fléchissantà peineles
des
carreaux de velours
genoux sur de superbes
combien de
ornés de glands d'or; et depuis
leur offire-t-on plus un encens qui
temps ne
la divinité.
ne dut jamais brûler que pour
doute,
riches sans
D'autres eitoyens,moins --- Page 223 ---
(215)
étoient munis
ou moins élevés en dignité,
de deux chaises, l'une)
pournesesesiroethatese
plusieurs,
pours se mettre à genons,tandisquep
nombre que ces premiers,
et en plus grand
tellement pressés lcs
se tenoient debout, et
mème
les
qu'ils n'avoient pas
uns par autres,
Cette inéla faculté de se mettre à genoux. dans le sanc
galité n'cxiste-t-elle pas jusque
tuaire ? le prélat n'y est-il pas distingué par
les chanoines n'y sont-ils
son siége épiscopal2
dans des stalles sicom modes, qu'ils pourpas
tandis que les prêtres du
roient y dormir, chantres sont sur de simsecond ordre et les
culbuter
tabourets, d'où ils pourroient
ples
s'ils s'oublioient un instant.
très-aisément,
vu le riche, même après sa
N'avons-nous pas
lit de parade,
mort, étendu sur un superbe
Est-ce
insulter encore à la misère du pauvre?
de la religion ? est-ce là cette
donc là l'esprit
devant un Dieu qui a déégalité primitive,
de personne ? Qu'on
claré ne faire acception
de la sorte,
qu'en parlant
ne se persuade pas, de blâmer une hiérarchie
notre intention soit
nécessaire dans
que nous croyons au contraire les
: mais
Pordre social, même dans
églises dans les
doit il exister une parfaite égalité maîtres et les
temples d'Amérique, entre les
A --- Page 224 ---
(216 )
esclaves, lorsqu'elle n'existe
les temples de
pas même dans
France, entre des
libres ?
hommes
L'évèque Grégoire, encouragé Sans doute
par les éloges pompenx que plusieurs
naux ont fait de son livre de la
jourdes nègres, promet de dorner Littérature
vrage,ot K l'on ne lira
un second ou-
<
pas.ditceprélat, ,sans
attendrissement, les décisions
< tre l'esclavage des
rendues connègres,
le
K des
par Collége
cardinaux, et par la Sorbonne, >
Ces décisions, bien conformes
cipes de la religion chréticnne, aux prindoute tres-louables.
, sont sans
Nous sommes bien éloignés (quoiqu'on puisse en penser)de les désapprouver ; mais nous maintenons,
de rendre des décisions
qu'avant
nègres, il falloit
contre l'esclavage des
au préalable avoir
un moyen certain de les niettre à
trouvé
sans danger pour les
exécution,
nègres. Nous l'avons blanes, comme pour les
déjà dit, et nous nc
vons trop répéter une vérité que les pouphiles ne veulent pas
négro.
éludent
éntendre, ou qu'ils
toujours.
L'auteurde la Littérature des nègres,
mettre le comble à la
de pour
perfection
sa race
chérie, ne se borne pas à chercher à démon-
les niettre à
trouvé
sans danger pour les
exécution,
nègres. Nous l'avons blanes, comme pour les
déjà dit, et nous nc
vons trop répéter une vérité que les pouphiles ne veulent pas
négro.
éludent
éntendre, ou qu'ils
toujours.
L'auteurde la Littérature des nègres,
mettre le comble à la
de pour
perfection
sa race
chérie, ne se borne pas à chercher à démon- --- Page 225 ---
(217)
sur les blanes 5 sOIS le
trer sa supériorité
des sciences et desarts,dans lesquels;
rapport
eile nous à devancés; il nous
dit ce prélat,
elle
annonce de plus, qu'en fait de religion,
ne nous cede en rien. Plusieurs nègres, nous le
saints dans
dit-il, ( ont été insérés comme
cite
calendrier de l'église catholique, et ilen
jusqu'à un (1), qui se nomme S. Elesbaan,et
ont
que les nègres des dominations espagnoles
adopté pour) patron ; ce que nous croyons sans
peine, bien persuadés que les nègres, dans
leur calendrier, n'ont point inséré de saints
le diable le
blancs, puisqu'ils représentent
plus blanc possible; nous, nous le peignons
noir, lesquels ont raison? Dite sub judice lis
erit. Cela n'est pas facile à décider, car dans
noir, comme le dit fort bien l'évèque
un corps
de Benoit de Palerme,
Grégoire, en parlant
il peut se rencontrer une ame très-blanche,
nigro quidem corpore, sed candere animipreclarissimus. Nous avons donc tort de peindre
notre diable en noir, surtout depuis que l'éKnight,
vèque Godgoeotopwsbsatanitdek
() Mais il en existera sous pen un second, si toutefois, comme l'annonçoient les gazettes de 1807, il est
vrai que Pon s'occupe de sa canonisation ; il se nomme
Benoit de Palerme. --- Page 226 ---
(218 )
nous a appris que la couleur noire étoit Pattribut de la race primitive dans Thomme,
comme danstouslesanimaux. C'est sans doute
d'après cette assertion que le gouvernement
Portugais a toujours insisté pourquele clergé
séculier et régulier 2 de ses possessions en
Asie, fit composé de noirs. --- Page 227 ---
(219) )
CHAPITRE IV.
morales des Nigres. Amour du traQualités
Bravoure. Tendresse patervail. Courage.
nelle et.filiale. Générosité, etc.
L'ÉVEQUE Grégoire auroit pu, nous dit-il,
la Littérature des nèaborder brusquement
quisemble être l'objet de son ouvrage;
gres,
a cru nécessaire 2 pour le commais ce prélat
de la race noire, de
plément de la perfection
Pénuméramettre sous les yeux des lecteurs
morales et de ses vertus.
tion de ses qualités
auroit dû préIl noussemble que ce chapitre
cathocéder celui où il nous dit que l'église
être honnête homme
Csmet
saints nègres, car ilfaut
avant que d'être saint;n n'importe,
et vertueux
leur canonis'ils acquièrent ces vertus après
sation, ils n'en seront pas moins reeommandables.
la première yertu dont
Commencons par
P'amourdu tralesgratific l'évèque Grégoire, de dire, à l'ocvail, Nous nous permettrons
si toute
easion de cette qualité morale, que
'église
être honnête homme
Csmet
saints nègres, car ilfaut
avant que d'être saint;n n'importe,
et vertueux
leur canonis'ils acquièrent ces vertus après
sation, ils n'en seront pas moins reeommandables.
la première yertu dont
Commencons par
P'amourdu tralesgratific l'évèque Grégoire, de dire, à l'ocvail, Nous nous permettrons
si toute
easion de cette qualité morale, que --- Page 228 ---
220 )
lcs autres vertus des nègres, sont chez cux
au même degré que celle-ci,nous craignons
l'église catholique n'ait introbeaucoup que
des saints un peu
duit, dans son calendrier,
tout le
suspects, car l'oisiveté qui, comme
monde le sait, est la mère de tous les vices,
selon les neuf diest le bonheur suprème, dans la seule faxièmes des negres, et c'est
culté de ne rien faire, qu'ils font consister
la libérté. L'évequeGrégoire convient cepenavoir quelque
dant que cette accusation peut
de suite la
chose de vrai; mais il en trouve
sticause. Les nègres, dit-il, ne sont point
mulés
de propriété, par l'utilité
par l'esprit
le
à c'est toujours de principes
ou par plaisirs
tirent des conséfaux que les négrophiles
chaque
quences; ils feignent d'ignorer, que
nègre esclave, possède en jouissance, pour
un morceau de terre, où il sème
tonte sa vie,
de toute esdu tabac, du riz, des légumes
et
des arbres fruitiers,
pèce, qu'il y plante
même tous
gu'il va tous les dimanches,et vendre le
les soirs, s'il est près d'une ville,
produit de ce jardin ; et que les vivres qu'il
recueillir ne lui sont point nécessaires
peuty
alimentaire, que doit lui
pour la subsistance
ont donc une
fournir Phabitation. Les nègres
où il sème
tonte sa vie,
de toute esdu tabac, du riz, des légumes
et
des arbres fruitiers,
pèce, qu'il y plante
même tous
gu'il va tous les dimanches,et vendre le
les soirs, s'il est près d'une ville,
produit de ce jardin ; et que les vivres qu'il
recueillir ne lui sont point nécessaires
peuty
alimentaire, que doit lui
pour la subsistance
ont donc une
fournir Phabitation. Les nègres --- Page 229 ---
(221)
propriété, ils peuvent donc travailler pour
leur atilité particulière, et pourleur plaisir;
laborieux
le grand
et ceux quisont
(cardans
nombre ils'en trouve quelqucs-es).retirent
deleurs jardins des profits considérables pour
tous autres que des nègres, qui dépensent
ordinairement l'argent tavec autant de facilité
qu'ils le gagnent; c'est un peu le caractère de
tous ceux quisont nés au-delà des tropiques.
Revenons à la paresse du plus grand
nombre des nègres; elle est telle, que si les
maîtres, ou les régisseurs ne les forçoient pas
la crainte des punitions, à travailler dans
par
et à nourrir le COleurs jardins particuliers,
chon qu'on leur a donné, ils le laisseroient
mourir de faim, et leur jardin seroit en friche; ceux qui ne veulent pas laisser mourir
leurs cochons, les laissent sortir pendant la
nuit pour aller à la picorée, au risque qu'ils
attrapent un coup de fusil, ou du gérant, ou €
des voisins ; car ils font beaucoup de tort dans
les patates, 3 ou même dans les pièces de cannes, , qu'ils mangent avec avidité. Que les
lecteurs impartiaux et sans exaltation jugent,
d'après ce que nous venons de dire, de l'effet
qu'a dà produire sur ces êtres indolens, un
afiranchissement subitetgénéral. Ils ontcessé
-
--- Page 230 ---
( 222 )
tout-à-coup et généralement de travailler;
qu'en est-il résulté? Cela n'est pas difficile à
deviner : peu s'en cst fallu qu'ils ne soient
tous morts de faim; et cela seroit arrivé s'il
n'y eût pas eu des cannes à sucre qui ayant
résisté à l'abandon des cultures, 3 leur ont
servi de nourriture,jnsqu'à àce que Toussaint
les eût forcés de rentrer sur les habitations, 9
y planter des vivres. Voilà la mesure de
pour
l'amour du travail chez les nègres. La preuve
irréfragable que l'esprit de propriété n'est
un stimulant suffisant pour eux et leur
pas
conduite actuelle. Depuis qu'ils ont S. Domingue en propriété, ,que font-ils?Ils ramassent quelques milliers de café, sur desarbres
qu'ils n'ont pas pu détruire, et dontils n'entretiennent qu'une très-petite quantité. S'ils
ne les avoient pas trouvés tous plantés, ils
rien...
au sucre et à l'inne feroient
Quant
digo! oh!iln'en faut pas parler, cela coûte
trop de peine ,il faudroit planter les cannes à
sucre,semer et sarcler l'indigo. Ce n'est donc
plus l'esprit de propriété qui leur manque ;
mais les besoins naturels pour Phomme incivilisé, se réduisent à peu de chose dans les
factices sontnuls,
zones torides,etlesbcsoins
inde mali labes.
au sucre et à l'inne feroient
Quant
digo! oh!iln'en faut pas parler, cela coûte
trop de peine ,il faudroit planter les cannes à
sucre,semer et sarcler l'indigo. Ce n'est donc
plus l'esprit de propriété qui leur manque ;
mais les besoins naturels pour Phomme incivilisé, se réduisent à peu de chose dans les
factices sontnuls,
zones torides,etlesbcsoins
inde mali labes. --- Page 231 ---
(223)
Toussaint qui savoit bien que les nègres,
rendit
une fois libres, ne travailleroient plus,
une ordonnance par laquelle il étoit cnjoint
à tous les nègres de rentrer dans les habitations dont ils avoient été esclaves; c'étoit le
seul moyen de les contenir, ct de les forcer
obéirent, mais beauau travail; quelques-uns
continuèrent à vagabonder. Il chargea
coup Dessalines de l'inspection des cultures qu'il
vouloit absolument rétablir au moins en partie, ce qui étoit absolument nécessaire pour
Fexécution du projet qu'il avoit déjà conçu
de se, rendre chef de S. Domingue. Dessalines, nègre féroce, ne pouvant par les menaces venir à bout de faire exécuter les ordres
de Toussaint, fit dire aux nègres les plus rebelles, qui habitoient une montagne quel'on
appelle les Chaos, de venir le dimanche à la
petite rivière (c'est un bourg qui est le cheflicu de l'endroit), pour y passer une revue,
et que personne ne pouvoit s'en éxempter;
comme tous les nègres étoient censés former
la milice du pays, et qu'ils étoient fiers de
cet emploi, ils se rendirent en très-grand
nombre, les uns armés, les autres sans armes,
dans Pintention d'en demander. Dessalines
les fit ranger sur deux rangs sur la placc --- Page 232 ---
(224) )
d'armes, et après avoir fait mettre leurs fusils en faisceaux, il les fit entourer par son
de Sans-Culottes, et leur dit : je
régiment ai ordonné trois fois de rentrer dans les
vous habitations dont vous étiez's sortis; vous n'avez
aucun
de mes ordres et de mes
tenu
compte
menaces, vous allez en être punis. Pourlors,
fit, toute la place d'armes
à un signal qu'il
futinvestie par une armée qu'ilavoit disposée
à l'effet qu'aucun nègre ne pût échapper.
Ensuite, avec une douzaine de sicaires, il
suivoit les rangs des malheureux nègres cultivateurs, et sans distinction de ceux qui
avoient obéi ou non à l'ordonnance de." Toussaint, il les comptoit, un, deux et trois,et le
étoit sabré; il en fit exécuter de
quatrième
cette manière vingt-cing ou trente. Le commissaire du pouvoir exécutif, qui étoit un
blanc, témoin de cette scène affreuse, crut
de son devoir de chercher à la faire cesser,
la grace des autres; mais le
en implorant
tigre noir , qui n'étoit pas encore gorgé
de sang, tira son sabre et fit le signe de vouloir l'en frapper : le malbeureux blanc s'esheurensement dans la foule, et la
quiva
des victimes le fit oublier. Mais
nultiplicité
avancé, la peur avoit
il n'en fut pas plos
scène affreuse, crut
de son devoir de chercher à la faire cesser,
la grace des autres; mais le
en implorant
tigre noir , qui n'étoit pas encore gorgé
de sang, tira son sabre et fit le signe de vouloir l'en frapper : le malbeureux blanc s'esheurensement dans la foule, et la
quiva
des victimes le fit oublier. Mais
nultiplicité
avancé, la peur avoit
il n'en fut pas plos --- Page 233 ---
(225 )
fait un tel effet sur lui, que la fièvre le prit.
et il mourut dans la journée.
Cequivenoit de se passer: àla petite rivière,
fità peu près l'effet qu'en attendoient Toustous les nègres
saint et Dessalines, 2 presque habitations, à
vagabouds rentrèrent dans les
l'exception de ceux qui avoient changé de
quartier, et que l'on ne pouvoit facilement
atteindre. Toussaint et Dessalines voulurent
encore remédier à un abus dont ils s'étoient
aperçus; toutes les négresses, mulâtresses et
quarteronnes, qui, avant l'affranchissement,
étoient domestiques sur les habitations, les
avoient quittés ; voulant jouir de la plénitude
de leur liberté, elles étoient venues s'établir
dans les villes, où elles vivoient, les unes, 3
des fruits de leurs débauches ; les autres 9
nombre, de leur industrie.
mais en plus petit
Toutes affichoient le luxe le plus effréné; ce
déplaisoit fort à Toussaint, qui leur en
qui
fois fait le reproche. Enfin,
avoit plusieurs
se lassa, il donna ordre à Dessasa patience de mettre un frein à ce luxe qui le
lines
faisant rentrer sur leurs habitachoquoit, en
toutes les mulâtresses et nétions respectives
de la ville. Tousgresses qui ne seroient pas
saint répétoit sans cesse aux nègres, vous êtes
--- Page 234 ---
(226 )
mais Phomme libre doit travailler,
libres ;
de bon gré,i il doit y être
s'il ne le fait pas
se mainteforcé; sans cela la société ne peut
Dessalines
nir. Voici le moyen qu'employa ordres de Tousfaire exécuter les
pour
saiut :
sensible. Si la
Ne vous effrayez pas,lecteur rivière a excité
scène tragique de la petite
d'horreur et
dans votre ame des sentimens
nous
tableau tragico-comique que
de pitié,le
fera naître
allons exposer sous VOS yeux, y
Dans unegrande
nomsumaitontswderee
nous croyons ne devoir pas
ville, que
par ménagement
tponreentainsindividen
mer,
en France, et qui ont été acqui se trouvent
nous allons faire conteurs dans la scène que
revuegénérale
noître, Dessalines ordonnaune tres-extraordile lendemain ; ct ce qui parut
c'est qu'il fit dire à toutes les femmes,
naire,
fussent, qu'elles
de quelque couleur qu'elles
un
à s'y trouver. Cet ordre inquiéta
cussent
de rien, nos belles
peu; ; enfin, ne se doutant beaux atours. La
dans leurs plus
se mettent
d'alors, étoit de porter des
mode régnante
brodée, avec des queues
robes de mousseline
extraordinaire ;
trainantes d'une longueur
et mulâtresses,deved'ailleurs, les négresses
naire,
fussent, qu'elles
de quelque couleur qu'elles
un
à s'y trouver. Cet ordre inquiéta
cussent
de rien, nos belles
peu; ; enfin, ne se doutant beaux atours. La
dans leurs plus
se mettent
d'alors, étoit de porter des
mode régnante
brodée, avec des queues
robes de mousseline
extraordinaire ;
trainantes d'une longueur
et mulâtresses,deved'ailleurs, les négresses --- Page 235 ---
( 227 )
libres,
qu'il étoit du bon ton
nues
croyoient la mode. Rendues sur la
d'outrer encore
place, Dessalines ordonna à un aide-de-camp
de les faire rangersur une ligne,en observant
de placer alternativement une mulâtresse et
les hommes furent également
une négresse; à
de distance derrière
placés en ligne peu
Dessales femmes. Tout étant ainsi disposé,
lines, suivi de, plusieurs conducteurs d'habitations, et de plusieurs nèegres munis de
ciseaux,s'approcha du rang des
très-grands
leur demanda
femmes, et en le parcourant,
de quelle habitation elles étoient sorties, et
elles n'avoicnt pas obéi aux ordres
pourquoi
du général Toussaint, qui leur avoit enjoint
d'y rentrer ? Comme elles ne purent donner
de très-mauvaises raisons, à un signal
que fit Dessalines, les nègres, munis degrands
que
et coupèrent nonciseaux s'approchèrent,
traînantes des
seulement les grandes queues
robes, mais encore les chemises au-dessus de
l'anagrame de luc. La perspective singulière
d'un long damier noir et jaune
et plaisante
étoit bien faite pour prêter à rire aux blancs
étoient derriere ; mais Pincertitude et
qui
leur arriver à
la crainte de ce qui pouvoit
eux-mèmes, comprimoit en eux tous autres --- Page 236 ---
(228 )
Il ne leur arriva cependant rien à
sentimens.
cette époque. à la revue qui n'est pas encore
Revenons
derobe
terminée.. Après que toutesles queues Dessalines
les chemises furent coupées s,
et
d'une femme à l'autre s
allant successivement
sur les fesses
leur donnoit des petits coups
en
cravache qu'il tenoit à la main,
avec une
sur vos habitations
leur disant, retournez
adressant la parole aux conductravailler; et
conduisez ces femteurs qui étoient présens, vous les recommes sur les habitations, je
Voilà comme ses bons et vertueux
mande.
entr'eux. Une seule nénègres se traitent cette occasion; un caracgresse montra, dans
Toussaint 5
déconcerta le général
tère qui
de quitter la ville,
elle refusa ouvertement Etant traduite devant
et d'obéir à ses ordres:
n'obéissezlui dit Toussaint,
lui : pourquoi,
en rentrant sur l'havous pas à mes ordres, esclave? - Parce que
bitation dont vous étiez
m'avez
ne le suis plus, et que vous-même
je
tous les autres nègres,que nous
dit, ainsiqu'à
libre doit travailler,
étions libres. - L'homme
forcé
ses
- Oui,s'il y est
par
dit Toussaint. de quoi vivre par mon inbesoins; mais j'ai
et nul
dustrie sans être à charge à personne,
en rentrant sur l'havous pas à mes ordres, esclave? - Parce que
bitation dont vous étiez
m'avez
ne le suis plus, et que vous-même
je
tous les autres nègres,que nous
dit, ainsiqu'à
libre doit travailler,
étions libres. - L'homme
forcé
ses
- Oui,s'il y est
par
dit Toussaint. de quoi vivre par mon inbesoins; mais j'ai
et nul
dustrie sans être à charge à personne, --- Page 237 ---
(229) )
n'a lc droit de me forcer att travail --Je vais
faire fusiller, lui dit le général. - Vous
vous
mais je mourrai libre. Toussaint
le pouvez,
la désobéssance de cette
ferma les yeux sur
la laissa dans la
négresse, et ordonna qu'on
fâché
ville. Le lecteur ne sera peut-être pas
de trouver ici une notice sur Dessalines.
contredit
bastentmsiomaeteiet
le nègre qui a joué le rôle le plus important
dans les scènes tragiques qui ont ensanglanté
Esclave d'un nègre libre du
S. Domingue.
même nom, , qu'un de nous a connu concierge
au Cap, il fut, dès sa plus
du gouvernement:
de tous les
tendre jeunesse, un complément
de
vices, il avoit les fesses toutes couturées
fouetqu'on luiavoitdonnés bien inucoupsde
Il disoit
tilement, carilne se corrigea jamais.
une fois en parlant de ses coutures, qu'il ne
pardonneroit, aux nègres comme aux blancs,
lors qu'elles seroient disparnes. Nous enque
à cette rétendons les négrophiles applaudir forfaits de
solution, ou aut moins excuser les
en disant ce sont des représailles.
ce monstre, devoit pas avoir ces coutures,
Ala vérité,ilne
le moindre des crimes
puisqu'un blanc, pour auroit été pendu: : mais il
qu'il avoit commis,
appartenoit à un nègre libre, qui préféroitle
- -
- --- Page 238 ---
( (230.)
faire fouetter et en tirer profit. Son caractère
froidement féroce le fit distinguer par Tousauquel il falloit en même temps un sisaint,
bouc émissaire, sur le compte
caire, et un
; il
duquel il put mettre toutes ses iniquités
le fit donc général, et ce titre fut confirmé
le gouvernement françois de ce temps là.
par On pouvoit, à juste titre, comparer Dessalines à une bête féroce, à laquelle toute esdecuréeestb bonne;sa férocité meurtrière
pèce
objet les nègres comme
avoit également pour
les blancs, il n'épargnoit pas plus les uns que
Le
Toussaint l'avoit fair
les autres.
général
commandant d'un régiment de nègres qu'il
les Sans-Culottes; ils l'étoientde nom
nomma etd'effet, car ils alloient tout nus; vraiment
dignes de leur chef, iln'y a point d'horreurs
et de crimes dont ils ne se soient rendus coupables.
Par une bizarrerie dont on voit quelques
exemples, Dessalines avoit pour épouse une
négresse dont le caractère étoit absolument
de celui deson mari. Pleine de sensil'opposé
ce monstre
bilité et de moralité,elnessiveite
dans l'intention de lui dérober quelques
que
sauvé la vieà
victimes; elle a, non-seulement
de
plusieurs blancs, mais elle leur a donné
dont ils ne se soient rendus coupables.
Par une bizarrerie dont on voit quelques
exemples, Dessalines avoit pour épouse une
négresse dont le caractère étoit absolument
de celui deson mari. Pleine de sensil'opposé
ce monstre
bilité et de moralité,elnessiveite
dans l'intention de lui dérober quelques
que
sauvé la vieà
victimes; elle a, non-seulement
de
plusieurs blancs, mais elle leur a donné --- Page 239 ---
(a3r) )
sortir de la colonie. L'usage
l'argent pour
esclaves, n'étoit
du pays, parmi les nègres
point de SC marier à l'église ; ils s'adoptoient
seulement, et il étoit très-rare qu'ils se quitle
tassent; mais après leur allranchissement, d'avoir de la
général Toussaint, qui affectoit
de tous ses généranx qu'ils
religion, 3 exigea
Deseussent à se marier sacramentellement. dans cette
salines se trouva un peu embarrassé un exoccasion, il falloit produire au curé, il fut
trait de baptême : il n'en avoit point : lui
ancien maître Dessalines, ,et
trouver son
red'une manière à ne pouvoirêtre
proposa, fusé, de lui vendre son extrait de baptême;
beaucoup à cela, mais
le maître répugnoit
n'en seroit
quelqu'un lui fit entendre qu'il
moins chrétien. L'un de nous tient cette
pas
libre Dessalines.
anecdote de ce nègre
noir. Quand SCS
Revenons à notre tigre
victimes
SansCulotteslui amenoientquelquce
blanches ou noires, il levoit sur eux la tête,
toujours baissée, leur
qu'il tenoit presque
nègre
faisant quelques questions en jargon
(car il ne savoit pas parler françois); pendant ses
faisoit ses questions, il rouloit entre
qu'il
et certaine manière de-la
doigts sa tabatière,
ses bourreaux
rouler et de l'ouvrir étoit pour --- Page 240 ---
(43)
le signal de mort, ou de la délivrance des
victimes,ce qui n'arrivoit que très-rarement.
Revenons à l'évèque Grégoire.
< De Pamourdu travail ( vertu que ce prélat
bien
aux nègres), il
accorde
gratuitement
à leur
passe à leur bravoure,à leur courage,
intrépidité, au milieu des supplices. >
Commelesuegres: ne calculent point le danaisément pour bravoure,
ger, on prendroit
témérité; cepenCC qui n'est chez eux que
ne puissent
dant on ne peut disconvenirqu'ils des chefs
faire d'excellens soldats , s'ils ont
quisachent dirigerce genre de bravoure.Soula témérité eut des succès, lorsque la
vent
auroit échoué. Quant au sangprudence
paroissent avoir au
froid que quelques-uns
tient
milieu des supplices, nous croyons qu'il
tout autre sentiment;
plus à la stupidité qu'à
le
souffre beaucoup moins quand
le physique
fait
noral est moins affecté; c'est ce qui
que
jusqu'au momentde moules brutes mangent)
rir. A moins que l'évèque Grégoire ne prélesnegres ajoutent encore à toutes
tende que
la philosophie de
leurs qualités éminentes,
la douleur pour
Zénon, et qu'ils comptent
rien.
n'avons jamais contesté à
Comme nous
ons qu'il
tout autre sentiment;
plus à la stupidité qu'à
le
souffre beaucoup moins quand
le physique
fait
noral est moins affecté; c'est ce qui
que
jusqu'au momentde moules brutes mangent)
rir. A moins que l'évèque Grégoire ne prélesnegres ajoutent encore à toutes
tende que
la philosophie de
leurs qualités éminentes,
la douleur pour
Zénon, et qu'ils comptent
rien.
n'avons jamais contesté à
Comme nous --- Page 241 ---
(233 )
que les nègres fussent suscepM. Grégoire, civilisation et par léducation,
tibles par la hommes comme lcs autres 3
de devenir des
nous
supposés dans les mêmes circonstances, plusieurs
lui accorderons avec plaisir, que dans son
qu'il nomme
nègres ou mulâtres,
nous ne connoischapitre troisième, et que
à la guerre,
sons pas, se soient distingués,soita carrière ; ce n'est pas
soit dans quelqu'autre s'agit de traiter. Quant
là la question qu'il
que nous avons
aux nègres et aux mulâtres, Grégoire, parce
mieux connus que l'évèque même de les observer
que nous avons été à
nous
la révolution de S. Domingue,
pendant
den'être pas du même avis,
nous permettrons la haute opinion que ce prélat
surtout quantà
fameux, qui est Tousveut donner du plus
même temps auqui fut en
saint Louverture,
tragédic dont
teur et acteur, de la sanglante Ce nègre, exS. Domingue a été le théâtre.
comme le
traordinaire dans sa caste,, avoit,
les
dit très-bien l'évèque Grégoire, porté réelchaînes de V'esclavage;et ce qui prouve sur les
lement la supériorité de son génie
c'est qu'il ne crut pas imposautres nègres,
immense qui se
sible de franchir l'espace
suentre l'esclavage ct le pouvoir
trouye --- Page 242 ---
( 00 234 )
prême, il y étoit en
mais,
quelque sorte parvenu;
Celui qui met un frein à Ia fureur des flots
Sait aussi des méchans arrêter les
,
complots.
Du faite de la
grandeur, où il étoit
par tous les crimes
monté
l'ambition la plus
qu'enfantèrent jamais
plus barbare,
démesurée, le fanatisme le
et la politique la plus machiavélique, Toussaint retomba dans la
dont il n'eût jamais dû sortir.
fange
Le seul
peut-être, où il ne fut pas défiant, fut jour
lui le dernier de son
pour
les mains du
règne, et il tomba entre
instruit à
général Brunet qui avoit été
temps par le général
du
dessein perfide de ce
Leclerc,
le
traître, de venir attaquer Cap, où sur la foi du traité fait
lui, tout le monde étoit
avec
reux hasard fit
tranquille; un heudécouvrir sa trahison.
Avant d'entrer dans les détails curieux
étonnans de la vie, et des actions de
et
fameux, nous allons
ce nègre
lui accorde bien
analyser les qualités que
goire.
gratuitement] l'évêque Gré-
< Tant de preuves (ditce
< en évidencé la bravoure prélat C ) ont mis
de
K personne ne la conteste, Toussaint, que
>>
tranquille; un heudécouvrir sa trahison.
Avant d'entrer dans les détails curieux
étonnans de la vie, et des actions de
et
fameux, nous allons
ce nègre
lui accorde bien
analyser les qualités que
goire.
gratuitement] l'évêque Gré-
< Tant de preuves (ditce
< en évidencé la bravoure prélat C ) ont mis
de
K personne ne la conteste, Toussaint, que
>> --- Page 243 ---
(a35 )
nous, ont fait la
Exceptéceux qui,commes oût, traître à
contre lui, à Pépoque
guerre
il étoit au service du roi d'Espason parti,
françoise ; ou à
gne, contre la république il combattoit en
celle, où traître à FEspagne, francoise contre
apparence ponelarépubliquet Jamais on ne le voyoit à la tête
les Anglois.
lorsqu'il I n'y avoit nul dande ses armées, que
les autres généraux
ger,et ce qui prouve quel
plus bravesque
negresa'ctoicaty pas beaucoup
des colons de S. Domingue,
Jui, c'est que
des troupes nègres, auxqui commandoient
bravoure;
tète,pouvoient;
Comaea
en combattant toujoursaleur hommes, et souvent
avec mille à douze cents
défaire huit à
beaucoup moins, attaquer et
d'autres
dix mille nègres s commandés par
nègres. Ce qui porte cette assertion jusqu'à de la
l'évidence,c'est qu'au commencement au moins
révolution il existoit à S. Domingue
mille nègres en état de porter
cent cinquante
actuellement
les armes, et qu'il n'y en a pas doivent jatrente mille. Aussi les colons ne
des
mais oublier les noms des Dessources, officiers
Depestre et autres colonels et braves
auroient conservé à la France une partie
qui --- Page 244 ---
( 236 )
del la
colonieintacte,ans la
saint.
trahison de Tous.
Nous ne contesterons
l'évêque Grégoire, la pas, par exemple,à
Toussaint d'avoir été qualité qu'il donne à
au-delà de toute
actif et infatigable
être d'aucune expression, nulhomme peutcouleur et d'aucun
posséda ces deux
pays, ne
Il mettoit si
de qualités au même degré.
d'un lieu à un autre peu
temps pour se rendre
être partout. Cequia itelutoneqwilsemblan lieu de
nouss
beaucoup, c'est l'éloge
surprendre
de ce nègre extraordinaire, pompeux que fait
goire, d'après M. de
l'évèque Grénie, qui certes devoit Vincent, officier du gemination
avoir une forte récricontre lui. Si cet officier lit notre
ouvrage, il saura bien ce
dire. Ce qui
que nous voulons
paroîtroit
que ce
vraisemblable, c'est
panégyrique, vrai sous
ports, exagéré ou faux, sous quelques rapêtre fait par M. de
d'autres, a da
Vincent, à une
postérieure à l'évènement
époque
nier voyage à S.
qui, dans son dernement fait chanter Domingue, lui eût certaiIa palinodie; à
qu'àl'imitation de Notre
moins,
pardonnez-lui, il
Seigneur, il ne dise,
ne sait ce qu'il fait. A-J'oc-
able, c'est
panégyrique, vrai sous
ports, exagéré ou faux, sous quelques rapêtre fait par M. de
d'autres, a da
Vincent, à une
postérieure à l'évènement
époque
nier voyage à S.
qui, dans son dernement fait chanter Domingue, lui eût certaiIa palinodie; à
qu'àl'imitation de Notre
moins,
pardonnez-lui, il
Seigneur, il ne dise,
ne sait ce qu'il fait. A-J'oc- --- Page 245 ---
(137)
arriva
l'ordre de Touscasion de ce qui
par
saint, à cet officier du génie, un malentendu,
fut sur le point d'occasionner le massacre de
tous les habitans de WArcahaye. Toussaint
avoit donné ordre à un colonel noir, quiétoit
de faire arrêter M. de Vincent
à l'Arcahaye,
à son passage sur la route du Port-au-Prince,
allant à S. Marc ; en donnant cet ordre, il
ne vouloit plus dans la
dit à ce colonel qu'il
colonie des blancs venant de France ; le COlonel entendit mal l'ordre,et crut que Toussaint lui disoitqu'il ne vouloit plus de blancs:
pendant la nuit qui précéen conséquence, de M. de Vincent, ce colonel
doit le passage
les habitations de l'Arnoir envoya sur toutes
cahaye, ordonner de s'armer pour Pextermination de tous les blancs. Vers minuit, une
domestique vint frapper à la porte
négresse
de la grande case où nous étions plusieurs
couchés : Blancs!blancs! levez-vous prompsauyez-vous. Nous nous levâmes à
tement;
donla hâte, et en ouvrant notre porte, qui
noit sur la savane, nous apercâmes et nous
entendimes les préludes de la scène sanglante
dont nous allions être les victimes, mais sans
doute notre heure n'étoit pas encore venue,
un hasard nous sauva; ce fut l'arrivée inat- --- Page 246 ---
( 238 )
rendue dn général Toussaint, . qui, s'apereed'un tumulte extraordinaire dans les havant
demanda la cauise au colonel
bitations, , en
noir, qui lui répondit que les nègres SC préà exécuter l'ordre qu'il lui avoit
paroient d'exterminer tous les blancs. Malheudonné
faire,si je n'éreux! lui dit-il, qu'alliez-vous
tois
artivé? Je ne vous ai point donné un
pas ordre, je vous ai dit d'arrêter à son
pareil P'ingénieur Vincent, parce que je ne
passage
de blancs de France. Le ciel m'a
voulois plus
fait la grace d'arriverà temps pour vous emde commettre un crime affreux, les
pècher
mes meilleurs amis.
blancs del'Areahayesont
Le.monstre réservoit cet ordre pourunea autre
Et il parloit encore du ciel !
époque.
de Toussaint, tou-
: Revenons au caractère
jours d'après M. de Vincent.
La
sobriétédu général Toussaint,
< grande
faculté donnée à lui seul de ne jamais
* etla
a de reprenet l'avantage qu'il
k se reposer,
de pénibles
G dre le travail du cabinet après
de répondre à cent lettres par
< voyages s lasser habituellement cinq. seK jour, ct de
homme tellement SuK crétaires, en font un
resà tout Çe qui T'entoure,quele
< périeur
pour lui, vont jusqu'au
K péct, la soumission
étédu général Toussaint,
< grande
faculté donnée à lui seul de ne jamais
* etla
a de reprenet l'avantage qu'il
k se reposer,
de pénibles
G dre le travail du cabinet après
de répondre à cent lettres par
< voyages s lasser habituellement cinq. seK jour, ct de
homme tellement SuK crétaires, en font un
resà tout Çe qui T'entoure,quele
< périeur
pour lui, vont jusqu'au
K péct, la soumission --- Page 247 ---
(: 239 )
dans le
grand nombre des
K fanatisme
plus
L'on
même assurer, qu'aucun
k têtes.
peut
eu sur une masse
N individu aujourd'huin'a
le pouvoir qu'a pris
x d'hommes ignorans
freres. >
6 le général Toussaint, sur ses
Nous n'avons rien à objecter à cet article,
dans toute son étendue. Il n'en
qui est vrai
ainsi del'assertion
: < Toussera
quisuit
pas est bon
ct bon
>>
<
saint
père
époux.
honoPeut-on bien gratifier de la qualité
rable de bon père, celui qui, pour couvrir
les desseins perfides qu'il avoit conçus depuis
d'enlever la colonie à la France,
long-temps de s'en rendre le chef, avoit fait le sacriet
deux enfans, en les envoyant en
fice de ses
françois ; sa révolte
otage au gouvernement avant le retour de ses encontre la France,
la
forte de
fans,n'est-elle pas la preuve plus
nous avançons ? Ajoutez encorela mace que
le général
nière dont il les reçut lorsque
Leclerc les lui envoya par leur instituteur.
Ce monstre leur fit un si mauvais accueil,
demandèrent à revenir auprès du géqu'ils
ne crut pas devoir le leur
néral Leclerc, qui
de
Ils retournèrent donc près
permettre. ct l'un d'eux ayant voulu lui
Toussaint ,
sur sa conduite
faire quelqite représentation --- Page 248 ---
I 240 )
lui tira
à l'égard de la France, ce bon pére Etoitil
de
mais le manqua.
un coup pistolet,
nous
;
meilleur époux? C'est ce que
ignorons
non. Un bon époux
mais nous présumons que
vice versd.
peut-il être mauvais père? et Toussaint avoit
M. de Vincent ajoute que
nous lui
(ce que
une mémoiré prodigieuse
sétoient
vie
étoit astunafTmee
aussi sûres que sa
politique bien éloicieuse et coupable. Nous Toussaint sommes eut des quagnés de convenir que
luisupposer,
lités eiviques,lesquelles peut-on
des
comprit dans le massacre général
lorsqu'il
ordonna à l'arrivée du général
blancs, qu'il
ceux même d'entre
Leclerc à S. Domingue, dévoués etqui ilui
eux qui lui étoient-les plus services. Ainsi,
avoient rendu les plus grands
de M. Volfroidement lassassinat
il ordonna
homme d'affaire et
lée, son confident, son
ainsi, il fit
son trésorier au Port-au-Prince ; réfugiés attmassacrer les blancs quis'étoient
éviter
tourdelui, et même chez lui, croyant
les
couteau des autres nègres 3 et viola
le
qu'il avoit eu
droits sacrés de l'hospitalité
victimes
Pair d'accorder à ces malheurenses
il fit fasiller,surlhade leurconfiance.Ajnsi,
Déricour, soixante à quatre-vingts
bitation
, il fit
son trésorier au Port-au-Prince ; réfugiés attmassacrer les blancs quis'étoient
éviter
tourdelui, et même chez lui, croyant
les
couteau des autres nègres 3 et viola
le
qu'il avoit eu
droits sacrés de l'hospitalité
victimes
Pair d'accorder à ces malheurenses
il fit fasiller,surlhade leurconfiance.Ajnsi,
Déricour, soixante à quatre-vingts
bitation --- Page 249 ---
(241)
nègres, dont les uns, charretiers, 9 avoient
charroyé l'argent des douanes et autres recettes du Cap ( somme qui se montoit à plusieurs millions), et les autres l'avoient transporté sur leurs têtes dans les montagnes; ou
pent-être il cst enfoui pourtoujours, puisqu'il
reste
un seul individu qui puisse en
ne
pas
indice. Les cadavres de
donner le moindre
la
malheureux nègres convroient encore
ces
Déricour, lors du débarsavanedelhabitation)
de l'armée françoise au Cap. Ainsi,
quement
milliersdhomilfit fusiller et noyerplusieurss
de couleur et nègres libres. Mais, n'en
mes
caractériser
n'avons-nous pas assez dit, pour
cet homme féroce, dans lequel on veut reconnoître des qualités civiques.
continue l'évêque Grégoire,
< Toussaint, le culte à S. Domingue, et son
< rétablit
zèle lui avoit mérité l'épithète de capucin,
<
la
de
à qui on pourroit en
k de
part
gens
donner une autre. Avec moi,dit ce prélat,
K
dopt le but
< il entretint une correspondance
d'obtenir douze ecclésiastiques vere étoit
sous la diréction
K tueux: Plusieurs partirent
évêque Mauviel, sacré pour
< del'estimable
se dévouoit généreuse4 S. Domingue, qui
4 ment à cette mission pénible. >
T6 --- Page 250 ---
242 )
à cet estimable prélat
Ce sera précisément
Quel Igenre
Mauvielque nous cn appellerons. rétabli ? Et si,
de culte Toussaint avoit-il
il eût
comme le suppose l'évèque Grégoire,
même l'intention de le faire., auroit-ilmal
eu
Mauviel, dont le zèle, les
accueilli l'évèque lumières eussent été le plus grand
vertus,les soit pour rétablir, soit pour maintemoyen,
de Toussaint,
nir leculte, La correspondlance n'eut jamais la reliavec l'évèque Grégoire,
de plus
gion pour: but, c'étoit un moyen
cet hypocrite politique, pour
qu'employoit
françois. Et
mieux tromper le gouvernement de l'évèque
comme à l'époque de l'arrivée
de chioses
Mauviel, Toussaint croyoit, à peu
être parvenu au butqu'il se proposoit,
près, il avoit levé le masque, au point.qu'on disoit
hautementqu'il: ne se. confessoit plus, ce qu'il
faisoit plusieurs fois par an, précédemment
On prétend même ( ce que
à cette époque. affirmer) qu'il communioit
nous n'osons confessé. pas Cet homme étoit parvénu
sans s'être d'élévation si étonnant, en calà un degré
croyoit sans
culant son point de départ, qu'il la Divinité.
doute traiter de pair à pair avec
nie
l'évèque Grégoire ne
pas
Au demeurant, ait été cruel, hypocrite et
que Toussaint
ment
On prétend même ( ce que
à cette époque. affirmer) qu'il communioit
nous n'osons confessé. pas Cet homme étoit parvénu
sans s'être d'élévation si étonnant, en calà un degré
croyoit sans
culant son point de départ, qu'il la Divinité.
doute traiter de pair à pair avec
nie
l'évèque Grégoire ne
pas
Au demeurant, ait été cruel, hypocrite et
que Toussaint --- Page 251 ---
(243) )
traitre, ainsi que les mulâtres et nègres associés à ses épérations. Mais les blancs,a joutet-il.
N'est-ce donc pas nier formellement les crimes de Toussaint, que de dire,
après cet aven :
les nègres écriront,
< Un jour peut-être
< imprimeront à leur tour, ou l'impartialité
la
de quelque blanc: les faits
< guidera plume domaine de l'adulation et de
K récens sont le
Tandis qve des gens peignent
< la satyre.
sans restriction, sous des cou-
< Toussaint, odieuses,
un autre excès; Whit-
< leurs
par.
dans son
d'Hispaniola ; en
< church,
poëme
Toussaint soit mort,
G fait un héros. Quoique
rectifie, casse ou confirme
< la postérité qui
des
n'est peut-
<
lesjugemens scontemporains,
K être pas encore arrivée pour lui. >>
En attendant qu'elle arrive, témoins oculaires, et victimes déplorables des forfaits du
héroadHaspaniole.sons nous croyons en droit
de prononcer et de dire, que si les François
lui eussent rendu la justice qu'il méritoit, il
devoit être enchaîné vivant à un poteau, exposé dans une voierie, pour que les corbeaux
et les vautours, chargés de la vengeance des
colons, vinssent dévorer chaque jour, non
pas le coeur, car il n'en eut jamais, mais
au --- Page 252 ---
(244)
ic foie renaissant de ce nouveau Prométhée.
Plusieurs François sont dans la fausse perToussaint étoit conduit, et agissuasion,que, les conseils des blancs; cette erreur
soit par
difficile à. détruire, qu'on
est d'autant plus
nègre, qui
aisément qu'un
ne se figure pas
qu'ume tres - mince éducation
n'avoit, reçu il savoit lire et écrire), et qui
(car à peine
fût assez versé dans
devoit tout à la nature,
suffisante
la politique, ,eteitune connoissance des mulâtres et des
du caraciere des blancs,
s'être servi avantageusement
nègres , pour
et. les détruire sucde tous pour les tromper
avoir
cessivement les uns par lès autres, pour: les
gourvenemens, et
paru. servir plusieurs
avoir tous joués. Cetl chommne,extraordisire trabir Son
dans cette caste, commença par
du service! chez les Espagnols
parti, et prit
françoise, et
combattre la république
pour
à la liberté des nègres, ses frères.!
s'opposer
qu'il n'avoit
Dans la suite il a bien' prouvé mais seujamais eu pour but leur bonheur,
lement sa propre élévation.
ainsi
Les Espagnols le firent général,
que
nommés Jean-François 7
deux autres nègres
avec
et Biassou. Ce furent ces trois généraux, mille nèune armée d'environ trojs à quatre
combattre la république
pour
à la liberté des nègres, ses frères.!
s'opposer
qu'il n'avoit
Dans la suite il a bien' prouvé mais seujamais eu pour but leur bonheur,
lement sa propre élévation.
ainsi
Les Espagnols le firent général,
que
nommés Jean-François 7
deux autres nègres
avec
et Biassou. Ce furent ces trois généraux, mille nèune armée d'environ trojs à quatre --- Page 253 ---
(245 - )
vinrent attaquer les Gonaives, la
gres , qui
les Vérettes; ils se firentpréPetite Rivière, et
laquelle ils dicéderd'une proclamation,1 par
soient venir avec la torche et le poignard,
forcer les colons à se ranger SOuS lcs
pour
ele roid'Esdrapeaux de Sa Majesté catholique
si l'on se rendoit volontairement,
pagne;que
sur une protection puison pouvoit compter tout seroitmis à feu et à sang.
sante,sans cela
Toussaint
étoit signée,
Cette proclamation
des armées de
Louverture, , généralisime
Sa Majesté catholique. trouvoientalorsdane
Le peu de forcesquise
la loi
obligea de recevoir
ces trois paroisses, l'armée de Biassou, comde ces brigands ; et
fit son
d'environ quinze cents nègres,
posée triomphale àla Petite Rivière.
entrée
de nous furent
cenuEer
tacle, dont plusieurs
tous
étoit aussi ridicule qu'afligeant;) presque
étoient couverts de haillons, aux
ces nègres
des croix
lambeaux dompielsdetentanucleed des blancs
de S. Louis, déplorables dépouilles férocité
avoient été les victimes de leur
qui
du nord ; ils avoient jusqu'à des
dans la partie
l'aristocratie la
cordons bleus, et affichoient
du roi
prononcée, faisant tout au nom
plus
et dévouant à la mort tous ceux;
d'Espagnc,
--- Page 254 ---
( 2 246 )
auroient osé même problancs ou noirs,qui
Cet état de
noncer le nom de république.
de
durée, Toussaint
choses ne fut pas longue
de
entendu parler du rapprochement
ayant
la république françoise avec PEspagnesayant
doute
le projet audacienx
sans
déjà prémédité
devenir
des'emparer de S. Domingue, et d'en
lechef,sut fasciner les yeux de la république,
toutes les garnisons blanen faisant égorger
sur le terchcs espagnoles qui se trouvoient
ets'empara de tous les postes
ritoire conquis,
il
nom de la France à laquelle paroissoit
au
des hostilités
vouloir les offrir, en expiation
contre elle. Cetrait, d'une
qu'ilavoitcommises
raffinée, ne manqua pas son effet;
politique
investit Toussaint du titre pomla république
chef de l'armée de S. Dopeux de général en
mingue, et ne vit plus en lui qu'un moyen
d'avoir dans les nègres,qui étoient à
puissant
une force redoutable à opposer
sa dévotion, 9
d'une
s'étant déjà emparés
aux Anglois qui,
d'envahir le restc.
partie de l'ile, menaçoient
favoToussaint, revêtu de ce caractère, qui
€es projets, nes s'occupa
risoit singulièremen
des cantons
plus que de chasser les Anglois
avoient conquis. Après avoir fait penqu'ils
de trois ans des tentatives infrucdant près
issant
une force redoutable à opposer
sa dévotion, 9
d'une
s'étant déjà emparés
aux Anglois qui,
d'envahir le restc.
partie de l'ile, menaçoient
favoToussaint, revêtu de ce caractère, qui
€es projets, nes s'occupa
risoit singulièremen
des cantons
plus que de chasser les Anglois
avoient conquis. Après avoir fait penqu'ils
de trois ans des tentatives infrucdant près --- Page 255 ---
( 247 )
tueuses contre eux, dans lesquelles il perdoit
denègres;d désespérant d'en
considérablement la voie de la force, il se
venir à ses fins, par
Il
aux
décida à employer la ruse.
proposa
d'évacuer l'ile, aux conditions qu'il
Anglois
exclusif avec
feroit un traité de commerce
de
déclareroit alors l'indépendance
eux, qu'il
leur laisseroit la possession
la colonie, qu'il
la
forte place de
du Môle S. Nicolas s
plus n'avoient eu
S. Domingue. Les Anglois, qui
d'autre but, en venant à S. Domingue, que la
la
de cette trop belle colonie, ou en
perte détruire par la guerre, ou en la porfaisant détacher de la métropole, acceptètant à se
de plaisir les proporent avec d'autant plus
des
sitions de Toussaint,q que la conservation
avoient conquis, leur coûtoit
cantons qu'ils énormes, et que leur but prindes sommes
étoit décipal étoit reomphatlindkejendanen
et
clarée. Ils traitèrent donc avec Toussaint,
laquelle les Anglois ne
c'est la raison pour
voulurent pas remettre ce qu'ils possédoient étoit
de la colonic, au général Hédonville,qui anglois,
alors aut Cap. Il paroit quelegénéral avoit
conclut le traité avec Toussaint,
qui blanche de la part de son gouvernecarte
efaire l'évacuation;
wembetgelpetuarhaider --- Page 256 ---
(248 )
la preuve en est, qu'il est arrivé des
de
troupes
l'Angleterre, 9 au Môle S. Nicolas,
après cette évacuation, et pendant
peu
faisoit, Cette opération n'a donc
qu'on la
donnée par la
point été ormétropole, ni forcée
armes des
par les
nègres 3 puisque Toussaint
peu de temps avant, avoit fait
qui,
Anglois, presque dans tous leurs attaquer les
même temps,avoit été
postes , en
grande perte des siens. repoussé partout avcc
plus de bonne foi
Toussaint ne fut pas
l'avoit été
avec les Anglois, qu'il ne
avec les Espagnols, et
ne
sera par la suite avec les
qu'il
le
glois voulurent,
François; les And'après un article du traité,
s'emparer de la ville du Môle, et
les reçut à coups de canons. Il
Toussaint
à Toussaint qu'à
ne resta plus
publique
s'occuper de tromper la réfrançoise; et certes, il étoit trop ofin
S. politique pour en faire part aux blancs de
Domingue; il répétoit souvent,
si
bras gauche
que son
faire
pouvoit se douter de ce
son bras droit, il le feroit
que peut
n'est pas qu'il ne consultât
couper. Ce
quelquefois,
certains blancs
il devoit
non pour suivre leursavis, dont
naturellement se défier, mais
counoître l'opinion publique, etla faire pour
ACT à son profit. I! parloit
tourpresque toujours
part aux blancs de
Domingue; il répétoit souvent,
si
bras gauche
que son
faire
pouvoit se douter de ce
son bras droit, il le feroit
que peut
n'est pas qu'il ne consultât
couper. Ce
quelquefois,
certains blancs
il devoit
non pour suivre leursavis, dont
naturellement se défier, mais
counoître l'opinion publique, etla faire pour
ACT à son profit. I! parloit
tourpresque toujours --- Page 257 ---
249 )
proverbes, comme Sancho Pancha, avec
par
d'ailleurs beaucoupde crapport.
lequelilavoit
confioit son
Il prétendoit qu'un nègre , qui
donnoit du beurreà garder
secret à un blanc,
parler
à un chat. Hbnaninngeagetaes d'un homme extraorde lui-mème, comme modestement au predinairesil se comparoit
à
mier consul Bonaparte, et il n'hésitoit pas
au-dessus de CC grand homme, par
se placer disoit-il, des avantages que la naisla raison,
avoient donnés sur lui,
sance et l'éducation
au premier consul.
sont encare dans la
Beaucoup de François l'on eût sauvé S. Dofausse persuasion que
à
mingue, en en laissant le commandement
Toussaint. C'est une grande erreur,1 la perte
decette colonie pour la France étoit évidente
depuis plusieurs années; et si la métropole
Toussaint s'étoit emne s'est pas aperçu que
été consparéde ce bel empire, c'est qu'ellea dans lestamment trompéc par les délégués dont les
quels elle avoit placé sa confiance,
uns de bonne foi, mais n'ayant point les connoissances locales, ont été dupes de leur zele
patriotique;e et les autres, bien instruits, ont
sacrifié à leur intérêt particulier, ou à leur
l'intérêt de la France. Nous avons
opinion, --- Page 258 ---
( : 250 )
connu tous les blancs qui ont approché Tousun n'étoit capable de lui donnerdes
saint; pas
ill les laissoit bien
leçons ; en fait de politique,
loin derrière lui. Depnis notre retour en
France, nous entendons continuellementraidéraisonner sur S. Dominsonner, ou plutôt tranchent, avec le ton le
gue ; et ceux qui
allés,u Ny
plus décisif, ou n'y sont jamais
un temps
ont resté que quelques mois,etdans
de
de guerre où l'on ne pouvoit plus juger
donc avoir aucune idée,
rien, ils ne peuvent
S.
ni de ce qu'il
ni de ce qu'étoit Domingue, Toussaint nc
peut être. Il est constant que
vouloit de blancs que dans les villes, et tous
des infortunés colons, qui se
les massacres
n'étoient
sont faits en différens quartiers,
exécutés que par ses ordres, ct ce monstre,
raffinéc, les mettoit surle
par une politique
compte de ceux des généraux negresquilor
fusquoient, afin d'avoir un prétexte pours'en
le massacre des blancs du
défaire; ainsi, après sait avoir été fait par ses orLimbé, que l'on
son
dres, il fit mitrailler le général Moyse,
neveu, qui paroissoit tenir pour la république
françoise, et qui prenoit trop d'ascendantsur
dela
du Nord. Parce moyen,
les nègres
partie
qu'il
Toussaint se défaisoit d'un concurrent
fusquoient, afin d'avoir un prétexte pours'en
le massacre des blancs du
défaire; ainsi, après sait avoir été fait par ses orLimbé, que l'on
son
dres, il fit mitrailler le général Moyse,
neveu, qui paroissoit tenir pour la république
françoise, et qui prenoit trop d'ascendantsur
dela
du Nord. Parce moyen,
les nègres
partie
qu'il
Toussaint se défaisoit d'un concurrent --- Page 259 ---
- : 251 )
le reste des blancs;
eraignoit, et trompoit
mesure, vouloir
dont il paroissoit, par cette
la conservation tit.liremeaeteitr François ont
et de scélératesse ! Quelques
deS. Doporté la calomnic contre les colons de connimingue, jusqu'à dire qu'ils étoient recevoir
vence avec Toussaint, pour ne L'atrocité pas
et la
les François de la métropole.
fausseté de celte calomnie ne sont-elles pas
que donna Toussaint,
démontrées parlordre
de maslors de l'arrivée de l'armée françoise, ordre
sacrer tous les blancs sans exception;
bien exécuté dans pluqui n'a été que trop
quicommandoit
sieurs quartiers. Christophe,
nègres, reau Cap, fut le seul des généraux cetordre.
belles àl la Francesquialeséeutal pas dans le sud
en fit autant
Le général Laplume
ce dernier
de l'ile, avec la différence. que
La couresta toujours fidele à la métropole. dévouée à
leur blanche n'étoit pas la seule
P'extermination
étoient
pttdemieeatis
hommes de couleur, qui, dans le fait,
les negres des ennemis plus redoutables
pour blancs, parla plus grande connoissance
queles
de leurs haqu'ils avoient de leur caractère,
bitudes,deleurs: retraites;sobres comme cux,
capables de supporter les fatigues les plus --- Page 260 ---
(252 )
fortes, de les suivre dans les
moins accessibles,
montagnes les
plus instruits
en général plus braves et
qu'eux. Toussaint,
Soit tout cela
qui connoisparfaitement,leur avoit
une guerre à mort; il en fit fusiller déclaré
plus de six mille dans la
ou noyer
l'ouest; et
partie du sud et de
par une suite de raffinement de sa
politique, il prenoit pour
hommes de couleur
prétexte, que ces
juration contre les avoient formé une conblanes; par cette fausse
inculpation, il se défaisoit de ses ennemis,
rassuroit les blancs.q qu'il
et
per et de garder
avoitintérêt de tromencore pendant
temps, et en même temps les aliénoit quelque
les hommes de couleur dont il
contre
jours la réunion sincèré
redoutoit toucrois qu'il voyoit
avec eux. En cela, je
doute
si
très-bien, car il n'y aj pas de
que les blancs et les hommes de
leur eussent été réunis de bonne
coumencement de la révolution,
foi, au comles
on eût maintenu
nègres dans l'ordre, malgré la manière
brusque et impolitique avec laquelle le commissaire Sonthonax leur donna une liberté
dontils étoient incapables de jouir, à
même la majeure partie des
laquelle
pas
nègres ne crut
7 puisqu'ils Se refusèrent à acheter des
billets de liberté,
que ce commissaire ayoit
été réunis de bonne
coumencement de la révolution,
foi, au comles
on eût maintenu
nègres dans l'ordre, malgré la manière
brusque et impolitique avec laquelle le commissaire Sonthonax leur donna une liberté
dontils étoient incapables de jouir, à
même la majeure partie des
laquelle
pas
nègres ne crut
7 puisqu'ils Se refusèrent à acheter des
billets de liberté,
que ce commissaire ayoit --- Page 261 ---
I 253 )
fait imprimer, et qu'il ne ieur vendoit que
deux gourdains, qui ne font de notre monnoie de France que cinquante-deux sols. Ce
prix, quoique très-modique, si chaque nègre
eût acheté un billet, ett rapporté à Sonthonax au moins deux millions : la spéculation
étoit bonne; mais il ne vendit pas pour cinlouis de ces billets. Tous les vieux
quante
dans cette liberté, donnée
nègres ne virent
avenir affreux. Il
parl'esprit de parti, qu'un
du train en France, disoient-ils, quand ce
ya
on viendra nous ôter cette
train sera passé,
liberté à coups de fusil. Et supposé qu'elle
existe long-temps, , que deviendrons - nous,
quand nous serons hors d'état de travailler?
qui aura pitié de nous > qui nous secourra
dans notre vieillesse, dans nos infirmités? de
exciter la commisération ?
qui Hélas pourrons-nous ! ils n'ont que trop bien prévu; on a vu, ,
la première fois, des nègres mendiersur
pour les grands chemins de S. Domingue ; Sonthonax et Toussaint peuvent donc, avec raison, être réputés les deux auteurs principaux
des malheurs de S. Domingue ; parmi les
causes secondaires qui se sont réunies, la plus
étrange sans doute, a été l'opinion du comdont les intérêts paroissoient devoir
merce, --- Page 262 ---
( I - 254 )
avec ceux des colons. Il s'est mons'identifier
décret
et dantré en faveur du
impolitique Seroit-il que
de la liberté des nègres.
gereux
fausse
il n'auroit pas connu
dupe de sa
pitié,
et
le caractère du negre, qu'il
suffisamment
qu'étant libres, et ayant
se seroit persnadé,
les nouveaux
dans les revenus,
une portion
davantage ? Je veux
affranchis en feroient
aient
négocians
bien croire que quelques
dans
ainsi. Mais quelques-uns ont vu,
pensé
de
cet ordre nouveau, un moyehplus rapide denrées
parvenir à la fortune, en achetant les
colonialesdes: mains des nouyeaux colonsnoirs
pas la valeur. Que
qui n'en connoîtroient d'acheterles denrées
Honusimporte,ont-ilise dit,
indif
des noirs ou des blancs ( cela n'étoit pas Héférent pour enx sous tous les rapports)? à
lasti ils sont réduits, ces mêmes négocians,
leurs larmes avec celles des 'colons
mêler
sur une erreur, qui leur a
blancs, et à gémir
sont-ils donc
porté un coup mortel. Nos maux
a
remède ? Non. L'être bienfaisant qui
sans
horreurs de la révolution en
mis fin aux
de pitié sur
France,daignera jeter un regard
infortunés des colons de S. Dominles restes
des
dont on
il leur rendra
propriétés
gue,
un système erroné, sans
les a déponillés par
sur une erreur, qui leur a
blancs, et à gémir
sont-ils donc
porté un coup mortel. Nos maux
a
remède ? Non. L'être bienfaisant qui
sans
horreurs de la révolution en
mis fin aux
de pitié sur
France,daignera jeter un regard
infortunés des colons de S. Dominles restes
des
dont on
il leur rendra
propriétés
gue,
un système erroné, sans
les a déponillés par --- Page 263 ---
(255 )
qu'ile en soit, ni qu'il puisse en résulter aucun
Il mettra par là le
avantnge pourthnumanité.
écrierons
comble à sa gloire , et nous nous
tous,le coeur plein d'amour et de reconnoissance : Deus nobis heec otia fecit (Napoléon
Bonaparte).
les.
Ayons confiance dans sa sagesse pour
emploiera pour la restauration
moyens qu'il
de la plus belle colonie du monde ; qu'il
des colons, quoique
daigne ne pas rejeter
locales sont
vieux, dont les connoissances
De notre côté, ne manencore précieuses.
d'adopter, dans les nouvelles planquons pas
espèces de cannes à sucre
tations, quelques
de Bourbon et d'Otahiti, dont l'avantage ne
peut plus être révoquéendoute: Servons-nous
de la charrue dans les terres qui la comporEmteront,car elle ne convient pas partout,
ployons des boeufs au lieu de mulets, dans
toutes les sucreries où il y aura des moulins
ait, dans les habitations oùt
à eau;et qu'iln'y
nécessaire
ili n'y en a point, que le nombre
de mulets pour tourner le moulin à bêtes.
Un de nous, fermier de l'habitation Pois-laGénéral, à l'Arcahaye, a prouvé. parl l'expéfaire six cent mil,
rience, que-lon pouvoit
liers de sucre avec cinquante boeufs, qui --- Page 264 ---
(256 )
coûtent les deux tiers de moins, que cent
cinquante mulets qu'il faut et plus, pour CXploiter cette même quantité de sucre. Il est
encore d'une grande considération, que c'est
une mise dehors à faire une fois seulement;
quand les boeufs sont vieux, 2 on les
car, échange à la boucherie pour de jeunes taureaux, qui, trois mois aprts,peuventêtre mis
au cabrouet. Les boeufs ne sont pas non plus
sujets comme les mulets aux maladies épizootiques; telle que la morve, qui enlève. quelquefois, en. peu de temps, la moitié du trouIl seroit peut-être très - avantageux
peau; d'introduire dans nos colonies le bison de
PAfrique, il'n'y a pas de doute qu'il ne remMhtmtahnseeys boeufd'Eudont nous nous servons , il supporrope
facilement' les ardeurs du soleil.
tera plus
aussi des chaPourquoi n'aurions-nous pas
meaux, doht un seul, avec un appareil convenable, transporteroit plus de cannes au
moulin,que quatre cabrouetsattelés de quatre boeufs. Nous savons que cet animal intéressant peut se reproduirea S. Domingue,en
ayant vu an Port-an-Prince un jetinequietoit
habitation du Cul-de-Sac, Le bufle
né surunel
dont
pourroit aussi réussir dans notre climat,
ardeurs du soleil.
tera plus
aussi des chaPourquoi n'aurions-nous pas
meaux, doht un seul, avec un appareil convenable, transporteroit plus de cannes au
moulin,que quatre cabrouetsattelés de quatre boeufs. Nous savons que cet animal intéressant peut se reproduirea S. Domingue,en
ayant vu an Port-an-Prince un jetinequietoit
habitation du Cul-de-Sac, Le bufle
né surunel
dont
pourroit aussi réussir dans notre climat, --- Page 265 ---
(2 257 )
la température n'cst pas éloignée de celle de
son pays.
s'il en est
Que le Code noir, perfectionné
besoin, soit mis rigoureusement à exécution;
le nègre soit maintentt dans le devoir
etle que respect qu'il doit au blanc; que le blanc
lhomme
n'oubliejamaise cequedbithommeal
malheureux, que sa condition a mis sous son
autorité; qu'il se garde d'en abuser, son coeur
et ses intérêts n'en souffriront pas.
y gagnera,
étouffant les
Et s'il se trouve uu colon, qui,
cris de la nature,et sourd à la voix de sa consle droit de
cience, outre - passe par caprice
châtiment que lui donne les lois du Code noir,
sur ses esclaves , qu'il soit déclaré incapable
lui nomme un
de régir son habitation; qu'on
substitut dont la moralité sera bien connue,
et qu'il soit embarqué pour la France. Qu'il
disparoisse d'un pays, où lui et quelques-uns
Sinembasninrereat ten plus petit
nombre que l'on ne pense, 2 ont attiré, par
leur conduite infâme, les calomnies qui ont
rejaillisur! la généralité des colons,et qui ont
contribué à la perte de ce beau pays. Qu'ily
ait dans chaque paroisse un inspecteur des
cultures, qui tous les trois mois fera sa visite
mrintibnismevemsesl par lui-même
--- Page 266 ---
(258 )
nécessaire de vivres plantés,
s'ilyala quantité nombre des nègres qui la
relativement au
cultivent. Qu'en outre de ces inspécteurs
il y ait un inspecteur général
particuliers, arrondissement, qui fera sa visite
dans chaque
ait dans chaque quartier
tous les ans. Qu'ilya
les
des
chargé de visiter hopitaux
un médecin
voir si les pharmacies sont
habitations, pour
nécessaires, et si les
pourvues des remèdes
Ce sera par
drogues sont de bonne qualité.
tous les moyens que nous venons d'indiquer, émaner de
d'autresspuidoiveat
et beaucoup
que nous poula sagesse du gouvernement, plaies meurde voir cicatriserles)
vons sespérer
ingrats ont faites au
trières que les François
PAmérique:
sein de leur mère nourricière,
de S. Domingue ne sera point
La conquête
se le persuade en France;
aussi difficilequ'on
déjà consile nombre des nègres guerriers, encore tous
dérablement diminué, s'affoiblit
dans la lutte continuelle quiexiste
les jours
du Sud,et les nègres du
entre les mulâtres
réelleNord. Les cultivateurs n'ont jamais
les
cessé d'être esclaves, les femmes,
ment
tousles nègres hors d'état de porter
enfans,et
ne le veulent pas, car nous
tes armes, ou qui
S, sont oblisavonsqu'il en existequelquessuns,
erriers, encore tous
dérablement diminué, s'affoiblit
dans la lutte continuelle quiexiste
les jours
du Sud,et les nègres du
entre les mulâtres
réelleNord. Les cultivateurs n'ont jamais
les
cessé d'être esclaves, les femmes,
ment
tousles nègres hors d'état de porter
enfans,et
ne le veulent pas, car nous
tes armes, ou qui
S, sont oblisavonsqu'il en existequelquessuns, --- Page 267 ---
(2 259 )
sacrifier à Pambition de leurs chefs,
gés de
du trale produit, à la vérité, très-médiocre, habitations
vail auquel on les force, sur les
dont ils étoient esclaves. Cette conmême
les frais de la guerre nécessite,
trainte que
deux
; en empèest heureuse sous
rapports totale des habitachant la désorganisation beaucoup la restautions, ellc en facilitera
ration ; sous un autre rapport, 1 en forçant de
elle les garantit
les nègres au travail-,
mourir de faim, ce qui ne manqueroit abso- pas
s'ilsjouissoient d'une liberté
d'arriver,
sont dans la fausse persualue. Les François
et
sion que tous les nègres sont dispersés
dans les bois et dans les montagnes ;
errans cela étoit ainsi, S. Domingue seroit perdu
si
toutes les habitations étant
sans ressource,
deyanten revenir au
affermécs, et le produit
gouvernement 2 ou aux chefs quelconque.
mettre le fermier à même de payer,i il
Pour
les nègres; à
étoit nécessaire de contraindre
rester sur la ferme ; il a fallu, pour cela, emdes voies de rigueur, dont nous avons
ployer
à l'article du nègre Dessalines,
déjà parlé
cultures à PArtibonite, et de
inspecteur des
à S. Louis;! l'un
Lefranc, mulâtre, inspecteur
sous les
et l'autre ont fait fusiller ou mourir,
- --- Page 268 ---
(260 )
conducteurs et cultivaverges , plusieurs
teur's, tout en leur disant vous êtes libres,
mais il faut travailler pour nous. Une autre
erreur encore très - accréditée en France,
c'est qu'il ne faudra pas laisser à S. Domingue un seul ancien nègre, de peur 3 diton, qu'il ne donne de mauvais conseils aux
negres nouveaux dont il faudra repeupler la
colonie. Mais avant la révointion,n'y a-t-il
eu des négrophiles qui ont donné aux
pas nègres le conseil de se soustraire au jong de
leurs maitres ? Tous les esclaves n'ont-ils pas
naturellement, et sans qu'on leur conseille,
le désir de s'affranchir? Qui donc les empèchoit de l'exécuter ? II falloit des armes , et
ily avoit peine de mort contre un blanc qui
leur' en auroit fourni; il falloit un point de
ralliement pres.jque impossible par la surveilJance des blancs. D'après cela, une insurrection générale, telle que l'avoit prédite Pabbé
Raynal, étoit moralement impossible. Sonthonax n'auroit jamais réussi à désorganiser
la colonie, même en prononçant l'affiranchisment général des nègres, et en leur disant
Pinsurrection étoit le plus saint des deque si la
françoise n'eût fait la
voirs,
république
d'avoir envoyé à S. Dofaute irréparable,
s. D'après cela, une insurrection générale, telle que l'avoit prédite Pabbé
Raynal, étoit moralement impossible. Sonthonax n'auroit jamais réussi à désorganiser
la colonie, même en prononçant l'affiranchisment général des nègres, et en leur disant
Pinsurrection étoit le plus saint des deque si la
françoise n'eût fait la
voirs,
république
d'avoir envoyé à S. Dofaute irréparable, --- Page 269 ---
(261 )
cent mille tusils pour armerles noirs
mingue
c'est-à-dire,
deToussaint; et si cliaque parti,
les blancs contre les mulâtres, les mulâtres
les blancs, les royalistes contre les récontre
etl les républicains contre les royapublicains,
tous armés des nègres. Il étoit
listes n'eussent
feroient tous ces nègres
aisé de prévoir ceque
avoir servi pendant quelque
armés, 2 après
temps les partis différens.
Nous nous flattons que le lecteur nous pardonnera la digression que nous venons de
relativement à la restauration de S. Dofaire
illusion, elle est
mingue; ne fut-ce qu'une
le bonheur que l'on rêve
chère à nos coeurs,
chimère. Au reste,
n'est pas tout-à-fait une
au
est bien moins étrangère
cette digression traitons, que ne Te sont les
sujet que nous
des colots.poarprouveria
crimes prétendus
littérature des nègres.
Nous nous sommes oubliés un instant, déjà
l'évèque Grégoire nous faire
nous entendons
légèrement sur le
le reproche de passer trop
des héros de
chapitre des qualités morales
son roman. Enfin nous y voilà.
Toussaint, celuiqui ajoué le second
Après
révolutionnaire de S. Dorôle, ,sur le théâtre
mingue, est le mulâtre Rigaud;comme nous --- Page 270 ---
(262 )
de celui
étions dans un quartier très-éloigné
où il avoit établi la petite souveraineté que
lui enleva Toussaint, nous ne parlerons de
mulâtre que d'après M. o'Schiell. (1)-
ce
du Sud,dit cet auteur,
< Dansla province
ils
les mulâtres dominent en souverains ,
K
à faire travailler les nègres,
< sontintéressés
près,
seuls, à peu d'exception
< puisqu'eux tous les revenus et les parta-
< y prélèvent
ils n'ont
encore assujétir
K gent entr'eux: ;
pu malgré toutes
< les nègres à un travail suivi,
mesures de rigueur et de barbarie qu'ils
K les
Il estde notoriété publique
K ont employées.
de S. Louis,
( qu'un nommé Lefranc,mulatre faisant sa
des travaux,
c établi inspecteur habitations situées dans la
K tournée sur les
du
de ses algua-
< plaine
Fond, > accompagné
trouvé forcé de mener lui-même,
K sils,s'est
les nègres au travail,
< aidé de ses records,
de baton et de platdesabre,
< à grands coups
la
ont péri sur place, par
K et que plusieurs
Ces inspecde ses traitemens.
K la violence
d'exécutions, 2 ayant
K tions, accompagnées
et irrité les nègres, Rigaud,
& indisposé
Réflezions sar la lilerté des nègres, dans les
colonies (:) françoises : par B. o'Schiell, pag. 79.
les nègres au travail,
< aidé de ses records,
de baton et de platdesabre,
< à grands coups
la
ont péri sur place, par
K et que plusieurs
Ces inspecde ses traitemens.
K la violence
d'exécutions, 2 ayant
K tions, accompagnées
et irrité les nègres, Rigaud,
& indisposé
Réflezions sar la lilerté des nègres, dans les
colonies (:) françoises : par B. o'Schiell, pag. 79. --- Page 271 ---
(263 )
et le bourreau de toute
4 ihomme tigre, c,6'est vu forcé de les supK cette dépendance,
lui-même les nè-
< primer, et d'aller cajoler
révoltassent
nese
<
gres,dansla craintequ'ils
tous les
l'autorité sanguinaire que
< contre
dans cCs contrées dévas-
( siens exerçoient
Les derniers dé-
( tées et malheureuses.
P'arrivée des
ont eu lieu,à
( sastres qui y
le Borgne et
des commissaires,
( délégués
dans lesquels
< Rey, et de Desfourneaux, ont été mascents blancs françois
< quatre
chez eux, les autres dans
< sacrés, les uns
avec
les rues et dans les places publiques,
K
cette férocité brutale, que des
K cette joie et
mettent à déchiqueter
carnassiers
4 animaux
de leur sang. Ces
G leur proie, à s'abreuver
uniquement,
désastres provinrent
G affieux
avoient voulu étales délégués
( dece que
,et contraindre
de la république,
* blirleslois
et de ce que les mu-
(< les nègres au travail,
ont été
surtout leur chef Rigaud,
( lâtres,
irrités de voir une autorité suK choqués et
4 périeure à la leur. >
mains une lettre
II nous est tombé dans les
Rigaud et Bauvais,qui
adressée aux citoyens
donner une idée de la souverainetéque
peut
les mulâtres dans la partie
s'étoient arrogés
- --- Page 272 ---
(264 )
du sud. Cette lettre, écrite par les commissaires délégués par la Convention naticnale, 3
aux fles du Vent, est conçue en ces termes :
Basse-Terre , Guadeloupc, lc 7 prairialan 3
dc la république.
Aux citoyens Rigaud et Bauvais, commandans militaires dans les provinces de louest
et du sud de S. Domingue.
C'est avec une surprise extrême que nous
avons appris que vous avez mis en réquisition
Ja corvette le Scipion, c'est un droit que nous
encore au militaire, dans
ne connoissions pas
le gouvernement vépublicain.
Vous voudrez bien, sitôtla présente reçue,
avec sa cargaison aux iles du Vent,
la renvoyer
triomphe,
où l'égalité règne et la république
mulâtricomanie est éteinte, oà la vérioù la
où les seules vertus et le
table liberté règne,
et le crime et la
travail y sont récompensés,
paresse punis.
de battre V'ennemi, il
Ce n'est pas assez
aimer le
rétablir l'ordre et faire
faut encore
travail, c'est ce que nous n'avons pas vu par
nous avons recues par la
les dépèches que
Cornélie. Il faut avoir des vertus pour pou-
omanie est éteinte, oà la vérioù la
où les seules vertus et le
table liberté règne,
et le crime et la
travail y sont récompensés,
paresse punis.
de battre V'ennemi, il
Ce n'est pas assez
aimer le
rétablir l'ordre et faire
faut encore
travail, c'est ce que nous n'avons pas vu par
nous avons recues par la
les dépèches que
Cornélie. Il faut avoir des vertus pour pou- --- Page 273 ---
( 265 )
, il faut avoir la confiance des
voir en inspirer. commaude, ct être irréhonmes que Pon
Kenel
prochables. Les rapports du citoyen
affligés, et votre sysnous ont sensiblement rendre les maux de S. Dotème ne peut que C'est l'amour des vertus
mingue irréparables.
et du travail qu'il faut prècher aux nègres.
hommes de couleur, ci-devant
Quant aux
susceptibles ni de
libres,ils ne seront jamais
à S. Dol'un ni de l'autre; leur despotisme
mingue s'est acquis par des crimes, ne resoit détruit par des
doutez-vous pas qu'il leurinspirer de la concrimes? pouvez-vous
,avez
fiance, vous, leurs chefs, qui en 1792,
avoient soutenu vos droits
livré ceux qui
pourêtrejetéss sur une coreabandonnée,apris
avoir soustraits au fer assassin de vos
vous
en France,
ennemis. Ce crime encore ignoré
recevra un jour une juste punition : un jour
viendra où la France ouvrira les yeux sur tant
d'atrocités, où elle vengera tant de crimes et
d'innocentes victimes.
Signé, LEBAS et VICTOR HUGUES.
Ily paroit que, malgré toutes les dépositions
qui ont été faites en différens temps, contre
Rigaud, la république francoise étoit aussi --- Page 274 ---
(: 266 )
sur celui de
avengle sur son compte que
de cette
Toussaint; ce qui viendroit à l'appui
assertion, c'est que le général Hédouville,
du directoire exécutif, dans
agent particulier
des intentions
lequel nous n'avons connu que
de faire le bien à S. Domingue,
bien pures
de Toussaint, n'en
mais qui par les menées
envoyé
a eu ni le temps ni les moyens,avoit
géà ce mulâtre le brevet de commandant
néral de la partie du Sud (1), qu'il s'étoit ard'avance, et où il régnoit en despote;
rogé
malheureux jeunes gens qui furent
de cinq
intentions du général
chargés de lui porterles
les
furent assassinés par
Hédouville, quatre la ravine sèche, à une
ordres de Toussaint,à
on vit leurs
lieue de S. Marc : le lendemain
bourreaux vêtus de leurs habits, et cherchant
leurs armes et leurs bijoux. Un seul
à'vendre
échappé par miracle à
de ces jeunes gens,
dans un checent nègres qui les attaquérent
min creux, nous a rapporté avec quel sangd'être ane pomme
(1)Ce brevet ne ponvoit pas manquer ; aussi il en réde discorde entre Tonssaint et Rigaud
moins
dans laquelle ont périau
sulta une guerre sanglante
ce
facilitera
quatre-vingt mille nègres Ou mulâtres, qui
beaucoup la conqnéte de S. Domingue.
par miracle à
de ces jeunes gens,
dans un checent nègres qui les attaquérent
min creux, nous a rapporté avec quel sangd'être ane pomme
(1)Ce brevet ne ponvoit pas manquer ; aussi il en réde discorde entre Tonssaint et Rigaud
moins
dans laquelle ont périau
sulta une guerre sanglante
ce
facilitera
quatre-vingt mille nègres Ou mulâtres, qui
beaucoup la conqnéte de S. Domingue. --- Page 275 ---
(267 )
nommé Cyprès,
froid un de ses camarades, il étoit porteur,
avoit mangé un papier dont les mains des
pour qu'il ne tombât pas entre vendu sa vie trèsnègres, ct avoit ensuite
ne montrèrent
chèrement: ; ses compagnons
moins
mnaieilosucombérent
debravoure,
pas
au nombre des assassins.
seuRigaud ponvoit ètre (sous un rapport decomparé à Domitien ; son visage
lement)
dans l'instant où sa haine contre
venoit riant
autour de son coeur,
les blancs se concentroit
ordonnoit leur
moment étoit celui oû il
ce
lors Pair serein et sameurtre; il avoit pour
troutisfaitd'unhomme vertueux quivientde Tel
l'occasion de faire une bonne action.
ver
a-t-on dit, le caractère de sa figure,
étoit, nousa
blancs négocians
lorsqu'ilfit fusiller plusieurs dans la ville de Léoou colons, qu'il trouva
du nombre de
gane, lorsqu'il s'en empara ;
étoit le
fit sacrifier à sa haine,
ceux qu'il
reçut le coup funeste
curé de Léogane, qui
et en
chantant les louanges de l'Eternel,
en
de
à ses bourreaux.
le priant
pardonner France Pétat d'orfèvre,
Rigand avoitpris en
il avoit dit-on, de l'esprit, et avoit profité
soignée que son père lui avoit
de l'éducation
être éclaifait donner; maislesh homames,pour
- a --- Page 276 ---
(268 )
meilleurs ? Cette question
rés, en sont-ils
dans
souventagitée vient enfin d'ètrerésolue
la révolution. Rigaud est d'une figure agréable et douce (ah! Lawater, te voilà en défant);il portoit la dissimulation au point de
donner un déjeiner ou un diner splendide,
victimes qu'il avoit l'inà de malheureuses
tention de faire sacrifier après, et pour cet
eflet, il proposoit une promenade dans SOlL
et là se trouvoient les sijardin ou ailleurs,
ct il faisoit
caires exécuteurs de sa férocité;
succéder en un instant toute Phorreur d'un
inattendu, à l'espoir qu'ila avoit fait
supplice
Quel raffinement de
naitre d'y échapper.
barbarie!
à mort à
Rigaud avoit déclaré une guerre
détous les colons qui se trouvoient dans les
occupées par lés Anglois. Il avoit
pendances
dont les capitaines avoient
armé des barges
des bâtimens
l'ordre, lorsqu'ils prendroieut
des blancs, de massaoù ils se trouveroient
enfans, et d'acrer tous les mâles, jusqu'aux
à la
bandonnerles femmes sur des barques,
merci des flots.
de
AméC'est un fait que nous tenons sept
riesinerdes.Dymingue, quiont elles-mêmes
été victimes de cctte ordre barbare, Après
dont les capitaines avoient
armé des barges
des bâtimens
l'ordre, lorsqu'ils prendroieut
des blancs, de massaoù ils se trouveroient
enfans, et d'acrer tous les mâles, jusqu'aux
à la
bandonnerles femmes sur des barques,
merci des flots.
de
AméC'est un fait que nous tenons sept
riesinerdes.Dymingue, quiont elles-mêmes
été victimes de cctte ordre barbare, Après --- Page 277 ---
( - 269 )
avoirété témoins du massacre de leurs maris,
deleurs enfans et de leurs gérans, on les a dépouillées et on les a exposées dans cet état
à la merci des flots, dans une barque si frêle,
que la moindre vague pouvoit les engloutir;
mais leurheure n'étoit pas sans doute venue,
un vaisseau anglo-américain passa parhasard
dans les parages où elles se trouvoient, et
lcs recueillit à son bord; après les avoir vêtues comme il le put, il les conduisit à l'ile
de Cuba, à Baracou, oût deux de ces malheureuses moururent en peu de jours des suites
de cet événement. Cinq existent encore et
peuvent attester le fait.
S'il arrivoit à Rigaud de ne pas faire de
suite massacrer les blancs, que ses troupes
avoient faits prisonniers, ce n'étoit que par
un raffinement de barbarie, et pour les condamner à un supplice mille fois pire que la
mort. Il les faisoit enchaîner deux à deux,
les envoyoit aux travaux publics, et les obligeoit de porter des pierres dont le poids excédoit leurs forces, et quand ils paroissoient
fléchir sous ce fardeau, il les faisoit fouetter
par des nègres. C'est ainsi qu'il traita un capitaine blanc, nommé Sébire, qui trouva le
moyen d'en instruire son régiment. Nous --- Page 278 ---
(270)
tenons ce fait de ses camarades, et malheureusement ily avoit avec lui beaucoup d'autres blancs, même des femmes traitées de la
même manière.
Cequi prouve bien quel les François étoient
absolument dans l'erreur sur la conduite de
Rigaud, c'est que l'armée françoise, qui est
venue à S. Domingue, en 1802, le ramena
dans cette ile, au grand étonnement de tous
les blancs. Mais on ne fut pas long-temps à
être détrompéàs son égard. Il fut envoyédans
la partie du Sud, où bientôt ses vues ambitieuses se manifestérent; une lettre maladroite, qu'il écrivitau généralnoir Laplume,
laissoit
de doute qu'il ne cherchât à
ne
point l'ascendant qu'il avoit eu sur les
reprendre nègres de cette partie là, et à y rétablir son
empire; maisil fut pris et renvoyéen France.
Lors de l'arrivée de ce monstre à S.Dominil passa au Port-au-Prince pour se rengue, dre dans le sud de l'ile; on lui donna un billet
de logement, avec lequel il se présenta chez
blanc,
à son aspect recula d'effroi.
un
qui
lui dit ce blanc. : Je
Que me voulez-vous?
billet.
viens loger chez vous, et voilà mon
dit le
- -
Vous n'y logerez pas,
propriétaire
vous, lui
de la maison. : J'y logerai malgré
stre à S.Dominil passa au Port-au-Prince pour se rengue, dre dans le sud de l'ile; on lui donna un billet
de logement, avec lequel il se présenta chez
blanc,
à son aspect recula d'effroi.
un
qui
lui dit ce blanc. : Je
Que me voulez-vous?
billet.
viens loger chez vous, et voilà mon
dit le
- -
Vous n'y logerez pas,
propriétaire
vous, lui
de la maison. : J'y logerai malgré --- Page 279 ---
(271)
répartit Rigaud. - Eh bien, puisque vous
pouvez m'y forcer, donnez-moi le temps de
trouver un logement pour moi, je craindrois,
en logeant sous le même toît que vous, d'être
assassiné pendant la nuit.
S'il falloit ajouter un dernier coup de pinceau, au tableau de Rigaud, nous pourrions
indiquer un homme respectable qui est en
France, auquel on peut s'adresser; outré de
la barbarie de ce petit despote, ce courageux
citoyen tenta de purger la terre de ce monstre, il lui tira un coup de pistolet et le manqua;ile eut heureusementle temps dese soustraire à sa vengeance.
- --- Page 280 ---
272 )
CHAPITRE V.
Continuation du méme sujet
COMME l'évèque Grégoire pouvoit faire des
volumes sur les qualités morales des nègres
et des mulâtres, après avoir déjà parlé très
leur
aulong, dans son chapitre quatrième,del
le travail, de leur courage, de
amour pour
leur bravoure, de leur tendresse paternelle
filiale, deleur
etc., il passe au
et
générosité,
cinquième chapitre, et lui donne pour titre
Continuation dic méme sujet. Comme nous ne
sommes pas toujours en contradiction avec ce
lui donner une preuve de notre
prélat, pour et de notre justice, en reconimpartialité
noissant le mérite partout oùl il se trouve,
à la couleur des individus, nous
sans égard
d'une anecdote
allons augmenter: son chapitre
aux négrophiles que les esclaves
qui prouvera
leurs maîtres; c'est à
ne haissent pas toujours
lui-même
un de nous que le fait est arrivé,
en sera Phistorien.
qui commanLe général noir Christophe,
lors de l'arrivée de l'armée frandoit au Cap, --- Page 281 ---
(273)
çoise,en 1802, avoit reçu du général Tous
saint, ainsi que tous les autres chets noirs,
l'ordre exprès de faire tuer tous les blancs,
et de mettre le feu à la ville; ce général promit aux blancs qu'il ne mettroit point cet
ne leur arriordre à exécution (1),ct qu'il
veroit rien tant qu'il commanderoit au Cap.
Mais illes avertit qu'il feroit mettre le feu à
la ville, aussitôt que l'cscadre françoise paroîtroit vouloir entrer dans le port; qu'alors
il ne pouvoit plus répondre de ce quipourroit
eussent à sortir de la ville
leur arriver, qu'ils
et à se cacher pendant la crise. Peu d'heures
après, un vaisseau de Vescadre,s'étant approché du Fort Picolet, mille voix semblèrent
ensemble:1 le feu ! le feu!Ce ne fut que
partir
dans ce moment plein dhorreur.quejapergts
bords
toute la profondeurdu précipice,surles'
duquel se trouvoient tous les malheureux
blancs,et dans lequel ils pouvoient être précipités dans un instant. Pouvions-nous conter
sur la foi du général Christophe, qui avoit
promis qu'il ne mettroit point à exécution
l'ordre qu'il avoit reçu du général Toussaint,
(1) Il fit tuer un seul blanc, le frère du général Pajot.
Nous en ignorons la cause.
a
bords
toute la profondeurdu précipice,surles'
duquel se trouvoient tous les malheureux
blancs,et dans lequel ils pouvoient être précipités dans un instant. Pouvions-nous conter
sur la foi du général Christophe, qui avoit
promis qu'il ne mettroit point à exécution
l'ordre qu'il avoit reçu du général Toussaint,
(1) Il fit tuer un seul blanc, le frère du général Pajot.
Nous en ignorons la cause.
a --- Page 282 ---
(274 )
de faire tuer tous les blancs? Jene saisqu'elle
a été la conduite de ce général, depuis l'évacuation, envers les colonsqui ont eu l'imprudence de rester dans ce pays infortuné; mais
tous ceux qui étoient au Cap, à lr'époque de
l'arrivée de l'armée françoise, 2 lui doivent
la vie.
instant de crise dont le
Je reviens à cet
danger devenoit plus pressant, de minute en
minute; ; le tocsin de la mort sonnoit de toutes
Quel parti prendre, où se cacher ? Si
parts.
étoient sous les ordres de Chrisles nègres qui
n'avionstophe devoient nous épargner, que
de la part des nègresétrannous pas àcraindre
qui,après avoir assouvi leur rage sur
gers, les blancs de leurs cantons, ne manqueroient
de venir aux environs du Cap, chercher
pas de nouvelles victimes : dans cette cruelle
conjoncture, voyantlai mort presque certaine,
je me décidai à monter sur ma petite habitation du morne du Cap, me livrer à mes nem'avoienttoujours témoigné de l'atgres qui
dans V'alternative de me sauver
tachement,
pareux, ou d'être leur victime,s'ils n'étoient
de bonne foi. Un négociant du Port-aupas Prince, M. Morin, me demanda ade me suivre,
et de courir la même chance. Nous primes --- Page 283 ---
(275) )
donc ensemble la route de mon habitation; ;
en arrivant on nouseria : quiviveleequinous
étonna un peu; ; mais comme notre parti étoit
pris; nous avancâmes, je reconnus pour lors
chacun d'un fusil:
deux de mes negres,arés
je leur demandai ponrquoi ils étoien't en arc'étoit pour se
anes, ils mc répondirent que
ne mit le' feu à
garder, et empêcher qu'on
leurs cases ; ccs paroles nous donnèrent un
d'assurance; je dis à lun d'eux,que je
peu' désirerois parler au conducteur, qui étant
arrivé de suite, me dit qu'il nrattendoit,
savoir quel parti prendre; que l'intenpour tion de l'atelier étoit de me rester fidelé;
avoiént des risques à courir dé la
mais qu'ils
des autres nègres qui ne pensoient pas
part
eux.
avoit sur Phabitation une
comme
ny
formée par des rocaverne assez profonde,
entassés les uns suir lés
chers considérables
autres ; l'entrée en étoit cachée par un bosépais de bambous. Je proposti ati conquet
ducteur de faire transporter, pendant qu'il
faisoit nuit, tous les bagages de l'atelier, dans
cette vaste caverne, et de nous y réfugier
le moment de
tous ensemble, 9 pour y passer
crise pendant le débarquement de l'armée
françoise, etjusqu'ace queles nègres révoltés
D
chers considérables
autres ; l'entrée en étoit cachée par un bosépais de bambous. Je proposti ati conquet
ducteur de faire transporter, pendant qu'il
faisoit nuit, tous les bagages de l'atelier, dans
cette vaste caverne, et de nous y réfugier
le moment de
tous ensemble, 9 pour y passer
crise pendant le débarquement de l'armée
françoise, etjusqu'ace queles nègres révoltés
D --- Page 284 ---
(276 )
La majeure partie des nese fussent éloignés.
nous
qui s'étoit rassemblée pendant que
gres
acceptér avec plaisir cette
délibérions, parut dans moins de deux heures,
proposition, et rendus dans notre caverne.
nous fûmes tous
d'attachement que nous
Malgré les marques
et moi
donnèrent les nègres, mon camarade
étions obsédés par une foule d'idées plus
nous sinistres les unes que les autres, en voyant
au-dessous de nous ce superbe et horrible
de la plus belle et de la plus riche
spectacle,
par des tourbillons
ville des Antilles,dévorée
forme de
s'élevoient en
de flammes qui
sifflement
trombes, et faisoient entendre un
affreux, capable de déchirer l'ame la plusinsensible. Nos réflexions étoient d'autant plus
qu'elles étoient concentrées, et
poignantes,
milieu desnègres, nos
que enousn'osions pas,aur rien énoncer qui pât les
ennemis naturels,
nachoquer; mais, que dis-je, nos ennemis
turels ! Cette dénomination ne convient-elle
par le démon
pas plutôt à ceux qui, poussés mains les poide l'envie, ont mis dans leurs le rideau sur
gnards et les torches? Tirons
sains
cette scène d'horreurs. Nous sortimes
et moi,de notre caet saufs mon camarade
LAmn22hrer- --- Page 285 ---
(277)
où les nègres ne nous avoient laissé manquer
nous descendimes au
d'aucunes provisions,etr
embrasser nos frères d'Europe,
Cap pour y
heureux;
qui nous promirent un avenir plus
croire
nous en acceptâmes Paugure, sans y
Mes bons nègres porterent, au ge
beaucoup.
des
néral qui commandoit au Cap,
présens
de légumes et de fruits ; entr'autre un réprès de cent livres
gime de bananes quipesoit
seroit
(devois-je penser que cette grappe
celle des Israélites )- Le lendemain
comme
des légumes et des fruits au
ils portèrent
enhardirent par cette
marchés du Cap,et
à
démarche les autres nègres des mornes
leur
et le marché se résuivre
exemple,
tablit.
de citer ici un
Je ne puis m'empêcher atelier à mon
trait de bienfaisance de mon
crois devoir le faire, tant par reégard : je
convaincre le public,
connoissance, que pour
des scéléque s'il a existé parmi les nègres
sont
aux excès les plus conrats quise
portés
point
damnables, la vertu n'est cependant
étrangère à cette race d'hommes, que tourà-tour on a, ou calomnié, ,ou exalté à l'excès.
On doit diviser les nègres en trois classes :
les uns on fait le mal par instinct, par une
- 2
égard : je
convaincre le public,
connoissance, que pour
des scéléque s'il a existé parmi les nègres
sont
aux excès les plus conrats quise
portés
point
damnables, la vertu n'est cependant
étrangère à cette race d'hommes, que tourà-tour on a, ou calomnié, ,ou exalté à l'excès.
On doit diviser les nègres en trois classes :
les uns on fait le mal par instinct, par une
- 2 --- Page 286 ---
(278 )
naturelle, , j'allois dire à Phomme
férocité hélas! la triste expérience nous a
sauvage:
à quelques hommes
appris qu'il ne manquoit
surpasser le
civilisés que l'occasion pour
sans caen cruauté; les autres 2
sauvage
suivi
crainte ou par foiractère: ont
par recevoient des preblesse limpulsion qu'ils mal avec eux. Dans la
miers, et ont fait le
la moins
troisième classe, malheureusement detvertu
nombreuse, on peut citer des traits
aux
d'humanité qui feroient honneur
et
Plusicurs
hommes blancs les plus civilisés. cachant et les
leurs maîtres en les
ont sauvé
recherches des assassins, au
dérobant aux
eux-mêmes la vie si on les
risque de perdre favoriser un blanc; plueût soupçonnés de
hors de
sieurs leur ont envoyé de l'argent aux bel'ile de S. Domingue, pour subvenir fait évader des
soins les plus pressans. Ils ont
des
familles entières, en les conduisant par
jusqu'au bord de la mer,
sentiers inconnus,
trouver des navires.
pour y
trait
eveux et dois ciau
queje
a Maisrevenons:
franter.Deuxi
une
seemetsetre-enement
le général Leclerc envoya
coise au Cap,
complimenter
frégate à la Jamaique, pour y dans l'incenlegénéral anglois; ayant perdu, --- Page 287 ---
( 279 )
tous mes moyens
diedu Cap et del'Areahaye,
sur cette
pécuniaires, je sollicitai un passage M. de
frégate (la Cornélie ), commandée par
j'obtins cette faveur et m'emLavillemadrin;
de trouver à la Jamaibarquai dans Pespoir
de quelqu'un qui
que des ressources auprès
somme ; nous
m'étoit redevable d'une petit
fàmes
à une demi - lieue en mer que
ne
pas
nous vimes arriver
le calme nous surprit 5
nous primes
vers la frégate une pirogue, que
elle
d'abord pour des pêcheurs; ; mais quand
je distinguai trois des nègres
fut plus près,
Gabou
dont un nommé
de mon habitation, quoiqu'il fût agé de plus
étoit le conducteur,
demandai au capide quatre-vingts ans; je
bord
de laisser monterà
taine la permission
qui, aussitôt qu'il
vieillard,
CC respectable demanda aà me parler en parfut sur le pont,
bon
ticulier;quellel fut ma surprise, lorsquece
me fit, au nom de tout l'atelier,
patriarche
d'être parti sans leur rien dire;
des reproches
me dit-il, cette indiffénous ne méritons pas, En même temps il tira
rence de votre part.
et me le
d'un petit panier un sac d'argent,
au nom de tous les nègres , qui
présenta
de la part d'argent qui leur
s'étoient privés produits de Phabitation, pour
vevenoitsurles
ticulier;quellel fut ma surprise, lorsquece
me fit, au nom de tout l'atelier,
patriarche
d'être parti sans leur rien dire;
des reproches
me dit-il, cette indiffénous ne méritons pas, En même temps il tira
rence de votre part.
et me le
d'un petit panier un sac d'argent,
au nom de tous les nègres , qui
présenta
de la part d'argent qui leur
s'étoient privés produits de Phabitation, pour
vevenoitsurles --- Page 288 ---
( 03 280 )
savoient quejétois
me l'envoyer, , parce qu'ils
ne reparti sans argent. Peut-être, me dit-il,
viendrez-vous) plus parmi nous; s;acceptez donc
qui vous fera rappeler que
ce petit présent, restés fidèles. Les larmes
nous vous sommes
etj'appelai ilecapitaine pourle
me gagnèrent, d'une-a action qui feroit bonrendre témoin
de toutes les classes et de
neur aux hommes
frémis d'horreur
toutes les couleurs. Aussi je
quandi'entends dire à quelet d'indignation,
François, qui par leur faux système >
ques
exaltées, ont démoralisé
et leurs opinions
sà plaindre qu'à
cette caste malheureuse,plus:
exterminer jusqw'al'enfant
blâmer, qu'ilfaut
rétablir la colonie. Ce système
de six ans pour
aussi inhumain, a
me paroit aussi absurde, 2
qu'impraticable dans son exécution.
del l'ouvrage
Alat finduc chapitre quatrième, l'a
est la
de M. Grégoire, qui, comme on vu,
continuation du troisième, sur les qualités
morales des nègres et des mulâtres, ce prélat
commence à craindre que l'exagération ne
dit
nuise un peu à la cause qu'il plaide,etil
< Gardons-nous cependant d'une
(pag.127): insensée, qui, chez les noirs et
K exagération voudroit ne trouver que des
< les mulâtres,
mais nous autres
< qualités estimables ;
--- Page 289 ---
(281)
déle droitd'êtreleurs
K blancs, avons-nous
K nonciateurs ? >>
arrache à l'évèque
lci,la force de la vérité
mulâtres
Grégoire l'aveu que les nègres etles
pourroient bien ne pas valoir autant qu'ill'a
tout-à-fait
dit; mais pour ne pas paroître blancs, dit-il, ne
chanter la palinodic, les
ils n'ont pas
cela,
valent pas mieuxyetd'après. dénonciateurs. Cette véle droit d'être leurs
entière, n'arité afligeante pour P'humanité
de sortir
voit malheureusement pas besoin
la
de la bouehe d'un prélat pour acquérir
Aaredomnedenoearation) La révolution nous
tous les homines, noirs, jaunes,
a appris que
olivâtres, civilisés ou non 7
blancs , cuivrés,
les mèmes passavans ou ignorans,agités méchans par
les uns que
sions, sont partout aussi
de leur égale
les autres: ; mais en convenant les climats,
propension au vice, dans tous
conviendrons pas de leur aptitude
nous ne les sciences et pour les arts, que
égale pour
être les enfans naturels de
nous maintenons
mèrela nécessité;
Tindustrie, laquelle a pour
et cette mere malheureuse ne dépassajamais
les tropiques.
mèmes passavans ou ignorans,agités méchans par
les uns que
sions, sont partout aussi
de leur égale
les autres: ; mais en convenant les climats,
propension au vice, dans tous
conviendrons pas de leur aptitude
nous ne les sciences et pour les arts, que
égale pour
être les enfans naturels de
nous maintenons
mèrela nécessité;
Tindustrie, laquelle a pour
et cette mere malheureuse ne dépassajamais
les tropiques. --- Page 290 ---
(28a) C
)
CHAPITRE VI.
Notice biographique du nègre AngeloSolimann.
sixième de l'ouNous voici au chapitre
de l'évèque Grégoire, et tout ce que
vrage
lu
est absolument étrannous avons jusqu'ici
ce
à la Littérature des nègres; prélat
ger auroit-il oublié le sujet de son livre? Nous
serions tenté de le croire, si nous ne lisions
tête de chaque page, en très-gros caracen
de la Littérature des nègres. Au reste s
tères,
devoit être intitulé comme
ce chapitre qui Continuationduménes sujet,aplepréecdent, lecteur l'histoire tres-intéressante
prendra au
qui, s'il n'a pas publié de
du nègre Angelo,
chefs-d'ceuvres del littérature, - pouvoit cepensept langues,
dant en faire, puisqu'il parloit devoit être
sans compter celle de son pays qui
très-riche. D'après cela, il n'en mérite pas
moins, dit l'évèque Grégoire, une des preplaces K entre les nègres qui SC sont
mières
haut
de culture,
un
degré
< distingués par
étenducs, et plus
< par des connoissances --- Page 291 ---
(283 )
et l'excellence de
la moralité
& encore par
K son caractère. M
sachiez, lecteur imII faut donc que vous
à la Littérature
patient, avant d'arriver Solimann étoit fils
des nègres, , qu'Angelo
Magni Famori;
d'un prince africain, nommé
l'appeloit, quand il étoit petit,Mmadiqu'on
soeur dont on
Make ; qu'il avoit une petit
Famori,
ignore le nom ; que le papa, Magni
un
qui avoit déjà
régnoit sur une peuplade
commencement de civilisation 7 paisqu'elle
deux familles
adoroit les astres ; qu'ilyavoit dans le payst sans
de blancs qui demeuroient
assez de
doute elles n'y étoient pas depuis
être devenues noires), qu'une
temps pour
que la maison
guerre éclata inopinément, le petit Mmadidu papa fut investie, que
et prit la
Make, âgé de sept ans, eut peur,
sa
fuite avec la vitesse d'une flèche, 7 que lui dichère mère l'appela à grands cris, en
sant: où vas-tu,
Nrmstsmaeenneets
pas dà répondre,ois
où Dieu veut(n'auroit-il
leurs divime conduira mon étoile, puisque
un combat
nités étoient les astres). Qu'après
des
sanglant où l'on entendoit le cliquetis
et les hurlemens des blessés, le petit
arnies
qu'il se fût
Miadi-Make fut pris, malgré
7 que lui dichère mère l'appela à grands cris, en
sant: où vas-tu,
Nrmstsmaeenneets
pas dà répondre,ois
où Dieu veut(n'auroit-il
leurs divime conduira mon étoile, puisque
un combat
nités étoient les astres). Qu'après
des
sanglant où l'on entendoit le cliquetis
et les hurlemens des blessés, le petit
arnies
qu'il se fût
Miadi-Make fut pris, malgré --- Page 292 ---
(2 284 )
cachélesyeuxavees ses mains; qu'il fut vendu,
que son premier maître l'échangea pour un
cheval,que le second maître le vendit à un
troisième; que le troisième,après l'avoir mis
dans une maison flottante qui l'étonna beaucoup, et où il essuya une tempête, le conduisit chez lui, que son épouse le reçut avec
bonté, lui fit beaucoup de caresses ; que le
mari lui donna le nom d'André, et lui ordonna de conduire les chameaux aux pâturages et de les garder. Qu'on ignore de quelle
nation étoit cet homme là, ni combien de
temps resta chez lui Angelo, qui est mort
depuis douze ans 3 ce qui fait que cette Notice
a été rédigée par ses amis, lesquels nous ont
appris que ce troisième maître le mit encore
dans une maison flottante quile conduisit à
Messine, oùt il fut vendu à une marquise dont
on ne dit pas le nom, mais qui eut pour lui
les soins d'une mère; qu'il tomba dangereusement malade;que pendant sa maladie il ne
voulut pas être baptisé ; qu'il demanda luimême à l'être dans sa convalescence; qu'il
voulutavoir le nom d'Angelo, à cause d'une
négresse qu'il avoit distingué parmi les domestiques de la marquise, qui se nommoit
Angélina. Que la marquise, malgréla grande --- Page 293 ---
(285 )
aflection qu'elle avoit pour lui, le céda au
prince Lobkowitz; qu'étant au service de ce
prince, il devint sanvage et colère ; que le
vicux maître - d'hôtel du prince, connoissant
son bon coeur et ses excellentes dispositions,
malgré son étourderie, lui donna un instituteur sous lequel il apprit, dans l'espace de
dix-sept jours, à écrire l'allemand (race future, vous ne pourrez le croire)! qu'ensuite
il devint guerrier et combattoit auprès de
blessé sur ses
son maitre, qu'il l'emporta
épaules hors du champ de bataille; que malgré les grandes obligations que lui avoit ce
maitre, lorsqu'il mourut, il ne lui donna
point la liberté, mais qu'il le légua par son
testament au prince Winceslas de Lichtenstein. Qu'il suivit ce dernier maître dans ses
voyages à Francfort, lors du couronnement
comme roi des Rode l'empereur Joseph 3
mains; qu'il se maria clandestinement à la
veuve de Christiani, née Kellermann, Belge
d'origine; que le prince ayant appris son mariage, le bannit de sa maison ; qu'il raya son
nom de son testament. Qu'ensuite il se retira
avec son épouse, dans une petite maison : que
de temps après, le prince François le fit
peu
inspecteur de l'éducation de son fils, place
fort, lors du couronnement
comme roi des Rode l'empereur Joseph 3
mains; qu'il se maria clandestinement à la
veuve de Christiani, née Kellermann, Belge
d'origine; que le prince ayant appris son mariage, le bannit de sa maison ; qu'il raya son
nom de son testament. Qu'ensuite il se retira
avec son épouse, dans une petite maison : que
de temps après, le prince François le fit
peu
inspecteur de l'éducation de son fils, place --- Page 294 ---
(286 )
dontilremplissoit ponctudlementlesdevin;
qu'enfin, attaqué d'un coup d'apoplexie, il
mourut dans la rue, à l'age de soixantequinze ans.
Maltis ille bonis flebilis occidit 5
Nalli Alebilior quam tibi, --- Page 295 ---
( 1e 287 )
CHAPITRE VII.
Talens des Nègres pourles arts et métiers. Sociétéspolitiques organiséesparles Nègres.
P'évèque GréDANS le chapitre septième,
goire cherche à prouver , que les nègres
joignent aux qualités morales, de grandes
connoissances dans les arts mécaniques et
libéraux. Il cite ( Bosman, Brue, Barbot,
James-Lyn, Kiernan, d'AlrymK Holben,
Towne, Wadstrom 2 Falcondridge,
K ple,
Stedmann,.
< Wilson , Klarkson , Durand,
Lucas, Honython,
K MungolPank.taslyand, connoissoientles: noirs
< Horoemann,quitouse
tous en étoient marchands), qui
< (et qui
à leurs talens indus-
< rendent témoignage Moreau de Si Méry les croit caK triels. Et
de réussir dans les arts mécaniques
< pables
* et libéraux. >
un certain point >
Nous pouvons, jusqu'à
les
juger de Vaptitude de tous les nègres pour
et libéraux, par ceux qu'on
arts mécaniques
de
nous apportoit à S. Domingue
presque. --- Page 296 ---
(488 )
les nations d'Afrique, et que notis
toutes
d'envoyer en France 9
étions dans l'usage
métier
leur faire apprendre un
quelpour
quelques-uns y rénssissoient jusqu'à
conque;
mais jamais aucun n'atteiun certain point,
nécessaire pour
gnoit le degré de perfection
rà
d'un blanc pourle guider
pouvoir se passer
dans quelque méson retour à S.Domingue,
la manière
tier que ce fàt. Nous ignorons
les
ils tannent et teignent
dont en Afrique
entendu dire qu'ils
cuirs,nous n'avonsjamais dans leur pays; il nous
portassent des souliers
d'une fois des fils
arrivé plus
est cependant
comme les autres,
de souverains, ils étoient,
à aller
nu -pieds ; et il y a tant d'avantage doutons
ainsi dans les pays chauds, que nous disent
fort de l'assertion des voyageurs, , qui
si bien les cuirs. Pourquoi,
qu'ils préparent oùt il existoit des tanneries 9
à S. Domingue, inanifesté ce talent, ils n'ignorent
n'ont-ils pas
un métiermême
pas quelesclave, , quiposiede d'avantages sur
beaucoup
imparitement.al son sort en est amélioré.
les autres,.et que
qu'ils savent
Grégoire cite l'indigo
L'évèque
la manière dont ils le font est
préparer; mais
Ils broyent entre deux
la
du contraire.
preuve feuilles de T'indigotier - et en font
pierres les
, ils n'ignorent
n'ont-ils pas
un métiermême
pas quelesclave, , quiposiede d'avantages sur
beaucoup
imparitement.al son sort en est amélioré.
les autres,.et que
qu'ils savent
Grégoire cite l'indigo
L'évèque
la manière dont ils le font est
préparer; mais
Ils broyent entre deux
la
du contraire.
preuve feuilles de T'indigotier - et en font
pierres les --- Page 297 ---
(289) )
,avec un peu de made petites boulettesqui,
et
blene, contiennent les trois-quarts
tière
avec ses bouplas de fécule des feuilles;c'est toiles qu'ils
lettes qu'ils teiguent les grosses
ne connoissent point
fabriquent, et commeils
couleur bleue,
fixer cette
de mordant pour
qu'on les lave.
ces toiles se deteiguentanssinote
à celle
a bien loin de cette préparation
ly blancs connoissent parla fermentation
que les
de
solide qu'ils
et le battage, et Papplication
de
font sur les étoffes, par la dissolution
en
Leurs beaux
l'indigo dans l'acide sulfurique. consistent
tiesus, que cite l'évèque Grégoire, d'une bandans de petits tapis composés bleue. Ces bandedelette blanche et l'autre
à
larges de trois pouces, sont cousues
lettes,
des autres. Quant à leur belle
côté les unes
de forme la plus élépoterie, et aux vases
nos
nous prions
gante et la plus recherchée, connoissance dans les
lecteurs d'en prendre
doute en sont
cabinets des curieux, qui sans
ainsi que des fétiches et des magots
munis,
donneront une juste idée du
en terre 3 qui
des nègres dans ce genre. Ceque
goût exquis
seroit trop au-dessous
nous pourrions en dire,
de la vérité.
animor demissa per aures 2
Segnius irritant
--- Page 298 ---
( 2g0 )
quac sunt oculis subjecta fidelibus, ct
quam
quce tradit ipse sibi spectator.
HaNous regrettons aussi que M. le comte
n'aient
dans sa belle collecmilton
pasinsérés
du
tion de vases antiques, ces chels-d'aeuvres
bon goût des Africains, et nous engageons les
éditeurs d'un nouvel ouvrage en ce genre de
n'en pas négliger la publication.
L'évèque Grégoire vente encore les bijoux
et les armes que
exquis en or, argentetacier, semble
cette asfont les nègres. Il nous
que
sertion est détruite par les objets que les capitaines, qui alloient à la traite, portoient en
acheter des esclaves. Tout ce
Afrique pour
qu'ilyavoit de rebut en armes, en instrumens
aratoires, en mauvais couteaux, en petits miverroterie, constituoit la pacotille
roirs,en
y traiter des
quel'on portoit en Afrique pour l'orfèvrerie,
negres,o'1ls: avoient excellé dans
Phorlogeric, dans l'art de fabriquer les
dans auroient-ils acheté ces objets de peu
armes,
de valeur?
qu'à Juida il a
< Un voyageur rapporte d'ivoire longues
< vu de très-belles cannes
d'une seule
< de deux metres (six pieds),et
K pièce. >
fondés à nier la posNe somines-nous pas
'on portoit en Afrique pour l'orfèvrerie,
negres,o'1ls: avoient excellé dans
Phorlogeric, dans l'art de fabriquer les
dans auroient-ils acheté ces objets de peu
armes,
de valeur?
qu'à Juida il a
< Un voyageur rapporte d'ivoire longues
< vu de très-belles cannes
d'une seule
< de deux metres (six pieds),et
K pièce. >
fondés à nier la posNe somines-nous pas --- Page 299 ---
(s9t)
sibilitédu fait;les dents deléphaus,pachqe
soient, sont courbes, et
longues qu'elles
Nous connoisl'ivoire ne peut se redresser. avoir vu, les
sons parfaitement , pour en
elles
cannes dont parle l'évèque Grégoire;
faites avec la corne d'un poisson qu'on
sont
le narval ; cette corne est droite 2
nomme
longue de dix à douze pieds
quelquelois
Cette belle matière n'a pas la
(trois mètres).
mais elle a une
blancheur matte de livoire,
qui plaît davantage, et
deni-transparence,
ellen'est pas, comme Tooireastjettesijaunite
Nous allons, pour terminer ce chapitre,
dire encore un mot de deux chefs-d'auvres la
cite l'évèque Grégoire, pour prouver
que
aptitude des nègres, pour les arts mégrande
caniques et libéraux.
avec. admiK Dikson, dit ce prélat, parle
ration des serrures de bois exécutées par
<
et des
sur lesquelles
<
les nègres,
guitares,
une douce
ils
des airs qui respirent
K
jouent
< mélancolic. >
forte
Rien selon nous n'est une preuve plus
du
d'étendue du génie des nègres, > que
peu
chefs-d'auvres. Tous les
ces deux prétendus
savent fabriviennent d'Afrique
nègres qui
de bois, mais, quand on n
quer des serrures
a
Tn --- Page 300 ---
- 292 )
a vu une, on les a toutes vues ; c'est comme
les nids d'hirondelles, qui sont partout les
mêmes. La même clé peut ouvrir toutes ces
serrures, et quand ils la perdent, le premier
morceau de bois qu'ils rencontrent leur
petit
en sert.
les nègres nomQuant aux guitares, que
banza. voici en quoi elles consistent :
ment
dans sa longueur, et par le miIls coupent
franche (c'est le fruit
lieu, une callebasse
Ce
d'un arbre que l'on nomme callebassier).
huit pouces et plus de
fruit a quelquefois
de
diamètre. Ils étendent dessus une peau
assujettissent autour des bords
cabrit, qu'ils
des
cloux ; ils font deux petits
avec
petits
trous sur cette surface, ensuite une espèce
de latte ou morccau de bois grossièrement
constitue le manche de la guittarre ;
aplati, tendent dessus trois cordes de pitre ( esils
de filasse tirée de Vagave, vulgairement
pèce
l'instrument construit. Ils jouent
pitre ) ;
de trois
sur cet instrument des airs composés
sans cesse ;
ou quatre notes, qu'ils répètent
Grégoire appelle une
voici ce que l'évèque
ce
sentimentale, mélancolique; 2 et
musique
une musique de sauvages.
que nous appelons
qui leur est le plus faJ'autreinstrument,
trois cordes de pitre ( esils
de filasse tirée de Vagave, vulgairement
pèce
l'instrument construit. Ils jouent
pitre ) ;
de trois
sur cet instrument des airs composés
sans cesse ;
ou quatre notes, qu'ils répètent
Grégoire appelle une
voici ce que l'évèque
ce
sentimentale, mélancolique; 2 et
musique
une musique de sauvages.
que nous appelons
qui leur est le plus faJ'autreinstrument, --- Page 301 ---
(293 )
milier, parce que c'est celui au son duquel
ils dansent, esll le tamboursil est aussi simple
que la guitare. Ils coupent un arbre crcux,
ils prennent une certaine longueur du tronc,
ils étendent sur chaque bout une peau de
mouton, en mettant le poil en dedans; cette
peau est serrée autour du bois par un cercle
de lianne, voici le tambour fait. Ils ne se servent point de baguettcs pour le battre, mais
de leurs mains. On peut aisément juger que
cet instrument est peu sonore, 2 il est d'une
monotonie insupportable pour les blancs.
Dans une dissertation sur les briques flottantes des anciens , par Fabroni, l'évèque
Grégoire trouve ce passage: < Comment con-
< cevoir la manière dont les anciens habitans
< de PIrlande etdes Orcades pouvoient constours de terre, et les cuire sur
< truire des
ce que quelques neK place?Cest cependant
< gres de la côte d'Afrique pratiquent enK core. >
chef-d'ceuvre inVoici à quoi se réduit ce
concevable. Dans les cantons de P'Afrique,ot
la pierre et le bois sont rares, les nègres construisent grossièrement, non pas des tours,
mais de petites huttes carrées, avec de la
ils ont fini cette esterre argileuse; quand --- Page 302 ---
294 )
pèce de pisé,ils remplissent l'intérieur de la
case d'herbes sèches, et en garnissent aussi
le dehors, ensuite ils y mettent le feu; les
murailles se durcissent jusqu'à un certain
point, mais ne cuisent point. Nous avons vu
deces petites maisons de terreas.Doningue,
qui avoient été construites par des nègres
d'Afrique. Il y a bien loin de là,à des tours
cuites sur place.
< Un problème non résolu, jusqu'à présent,
< mais non pas insolubie, est, selon M. Gré
< goire, la manière de concilier le dévelop-
< pement detoutes les fenltésintellectelles,
< de tous les talens, sans laisser germer cette
< corruptionquelesarts d'agrément traînent,
< je ne dis pas inévitablement, mais cons-
< tamment à leur suite. >
M.Grégoirear Ardondedinegeepolite
n'est pas insoluble, puisqu'il se trouve résolu
par toutes les qualités morales que les nègres
joignent aux grands talens qu'il leur suppose.
Ce prélat, craignant d'être contredit parle
grand nombre de capitaines qui iont fréquenté
lescotésd'Afique, - affirme,surle témoignage
de quelques voyageurs, entr'autre de l'abbé
Prévot, que les nègres de l'intérieur de PAfrique - sont bien plus civilisés ct plus moraux..
'est pas insoluble, puisqu'il se trouve résolu
par toutes les qualités morales que les nègres
joignent aux grands talens qu'il leur suppose.
Ce prélat, craignant d'être contredit parle
grand nombre de capitaines qui iont fréquenté
lescotésd'Afique, - affirme,surle témoignage
de quelques voyageurs, entr'autre de l'abbé
Prévot, que les nègres de l'intérieur de PAfrique - sont bien plus civilisés ct plus moraux.. --- Page 303 ---
195) )
En nous bornant, e dit-il, à l'acception que
Pidée de sociabilité, d'aptitude à
< présente les hommes, en rapport de ser-
< vivre avec
l'idée d'un état
quia
<
vices mutuels,
policé
forme constituée de
et
< une
gouvernement
des
< de religion, un pacte conservateur
perdis-
< sonnes, 2 des propriétés : qui pourroit
à
noirs la qualité
( puter plusieurs peuples
? Seroit-ce à ceux dont parle
< de civilisés
PAfricain,
dans les montagnes,
< Léon
qui,
ont
chose de sauvage, mais qui,
<
quelque
ont bâti des villes où ils
< dans les plaines,
4 cultivent les sciences et les arts. >
Ne sommes-nous pas en droit de demander
sont les villes dont nous parle Léon ?
ee que
quelles sont les sciences et les arts quiy fleurissent, pourquoi les voyageurs ne nous aple moindre produit de tant de
portent pas
talens (1)? quelle est enfin la religion quel'on
y professe ? C'est par elle particulierement
(1)*) La France, dit un voyageur, est pleine des étoffes
faites par des nègres. > Ccla est vrai; ; mais ces étoffes
viennent de T'Inde, oi elles sont faites par des Indiens
ont beanconp plus d'intellinoirs à cheveux longs, > qui
qui ont de la laine, au
gence que les nègres d'Aftique,
lieu de cheveux.
- - A --- Page 304 ---
296 )
que nous Pourrions juger du degréde
sation des peuples. Ne
civiliplusieurs de ces castes noires savons-nous pas que
tres,
adorent les asfétiches. d'autres, des serpens 2 les autres, des
Ilexiste, parmi les peuples de l'intérieurde
PAfrique (à ce que nous assure l'évêque Gré.
goire), un pacte conservateur des
Et le plus grand nombre des personnes,
traitentles capitaines
esclaves que
plus de deux
négriers, est amené de
cents lieues de l'intéricur des
terres. Ce prélat, pour nous prouver la
fection d'un des
perde Juida,
gouvernemens de la contrée
nous cite la négresse Zingha, reine
d'Angola, dont l'astuce
cédoit en rien à celle des diplomatique ne le
souverains
qui ont le plus
d'Europe
la
perfectionné cet art funeste;
preuve en est, dit-il, dans la conduite
cette reine, morte à
de
à qui un esprit éminent quatre-vingtdeux ans,
féroce
et une intrépidité
assurent une place dans l'histoire.
fit périr,à la vérité, une grande
Elle
ses sujets;
dans
quantité de
des
mais,
sa vieillesse, elle eut
remords, qui, comme le dit fort
M.
bien
Grégoire, 2 ne rendoient pas la vie aux
malheureux qu'elle avoit fait sacrifier. Que!
exemple ede civilisation à citer! Ne
pourrions-
-vingtdeux ans,
féroce
et une intrépidité
assurent une place dans l'histoire.
fit périr,à la vérité, une grande
Elle
ses sujets;
dans
quantité de
des
mais,
sa vieillesse, elle eut
remords, qui, comme le dit fort
M.
bien
Grégoire, 2 ne rendoient pas la vie aux
malheureux qu'elle avoit fait sacrifier. Que!
exemple ede civilisation à citer! Ne
pourrions- --- Page 305 ---
I 297 )
nous pas, par la même raison , préconiser la
civilisation du feroce Dessalines, qui peutêtre auroit aussi expié ses forfaits par des
remords, si les mulâtres et les nègres n'avoient purgé la terre de ce monstre noir,
qui, peu à peu, les auroit tous dévorés?
< En parlant des idées reçues parmi nous,
on croit
n'est
A
communémente
qu'un peuple
,s'iln'a des historiens et des anK pas civilisé,
mettre les
< nales. Nous ne prétendons pas
niveau de ceux
héritiers des
K nègres au
qui,
de tous les
ajoutent les
< découvertes
âges,y
inférer de là, que les
< leurs; mais, peut-on
< nègres sont incapables d'entrer en partage
des connoissances humaines (chaK du dépôt
K pitre VI, page 153)?>
Ce seroit sans doute un acte d'ingratitude
la plus marquée de la part des blancs : quand
les pères ont perdu leur fortune, c'est un
devoir de la part des enfans de partager avec
eux le peu qu'ils ont. L'évèque Grégoire ne
nous a-t-il pas dit, d'après Volney et Grégory,
les nègres ont été nos pères dans les
sciences que
et dans les arts, et qu'ils nous ont.
appris jusqu'à l'art de parler.
L'évèque Grégoire ne peut pourtant s'empbrbremergmetnoeeer est pres-
- - - --- Page 306 ---
(298 )
que nulle dans plusieurs de ces états négres:
Par exemple, dans celui où l'on parle au roitelet, à travers une sarbacanne; ; ou quand il
a diné, un héraut annonce qu'alors tous les
autres potentats du monde peuyent dîner à
leur tour. Ce prélat traite encore de barbare
le roi de Kakongo, qui, réunissant tous les
pouvoirs , juge toutes les causes, avale une
coupe de vin de palmier à chaque sentence
qu'il prononce, et termine quelquefois cinquante procès dans une séance. Quelle barbarie!Tandis que cheznous,oà la civilisation
est montée au dernier échelon, il faut souvent cinquante séances et plus, pour terminer un procès.
du monde peuyent dîner à
leur tour. Ce prélat traite encore de barbare
le roi de Kakongo, qui, réunissant tous les
pouvoirs , juge toutes les causes, avale une
coupe de vin de palmier à chaque sentence
qu'il prononce, et termine quelquefois cinquante procès dans une séance. Quelle barbarie!Tandis que cheznous,oà la civilisation
est montée au dernier échelon, il faut souvent cinquante séances et plus, pour terminer un procès. --- Page 307 ---
299 )
CHAPITRE VIIL.
De la Littérature des Nègres.
Tandem, tandem, tandem, tandem, denique tandem.
chapitres, qui ne sont
Enfin, après sept
hors de
qu'un avant-propos, ou plutôt un
propos, du sujet de l'ouvrage annoncé par
l'évèque Grégoire 3 ce prélat se décide à
aborder la Littérature des nègres,d dont,selon
notre manière de voir, il ne donne que des
négatives. Que doit-on entendre par
preuves la Littérature d'un peuple? C'est l'ensemble
des productions littéraires de cette nation.
En partant de cette définition, nous allons
donner
examiner les preuves que prétend
Grégoire, de lexistence dela Littél'évèque
rature des negres.
de concertavecl les mem-
* Willeberforce,
de l'éduK bres de la société, qui s'occupe
K cation des Africains, a fondé pour eux un
de collége à Clapham, distant de
K espèce
ditM.Gré-
< Londres d'environ six mille,j'ai,
K goire, visité moi-mème cet établissement
- - 2 E --- Page 308 ---
300 )
< en 1802, pour m'assurer du progrès des
K élèves,etj j'ai vu, qu'entr'eux et les Eurot péens, il n'existoit d'autre différence
<
que
lacouleur. La même observation a été faite
< à Paris, au collége de Lamarche
2 par
< M. Coesnon, professeur de l'Université,
< oùt il y avoit un certain nombre d'enfans
K nègres. La même observation a été faite
< à Philadelphie, à Boston; et le bon Wads-
< trome prétendoit s à cet égard , que les
K noirs avoient la supériorité sur les blancs.
< L'ancien consul américain, Skipwith, est
c du même avis (chap. VII, pag. 176). >
En accordant à l'évèque Grégoire une
égalité 2 même une supériorité d'aptitude
pour les sciences, à quelques nègres, sur les
blancs, qu'en peut-on conclure en faveur de
la Littérature de leur nation ? L'aptitude à
acquérir dans quelques individus, suppose-telle la science de la nation dont ils sont sortis?
Le nègre don Juan Latino, enseignoit à Sé-.
vilela langue latine:Pavoit-ilapprie en Afrique ? où existoient leurs Universités, leurs
Colléges?d dansquellelangue leurslittérateurs
ont-ils écrit ? Si Clénard,après avoir dit
les nègres étoient des brutes, reconnut dans que
un autre temps leur aptitude, et qu'il leur
'aptitude à
acquérir dans quelques individus, suppose-telle la science de la nation dont ils sont sortis?
Le nègre don Juan Latino, enseignoit à Sé-.
vilela langue latine:Pavoit-ilapprie en Afrique ? où existoient leurs Universités, leurs
Colléges?d dansquellelangue leurslittérateurs
ont-ils écrit ? Si Clénard,après avoir dit
les nègres étoient des brutes, reconnut dans que
un autre temps leur aptitude, et qu'il leur --- Page 309 ---
30r) )
dans la supposition
enseigna la litérature, formé des savans
qu'il ait réussi, n'a-t-il pas et non en littéraen littérature portugaise;
pour cette litture africaine ? Que prouvent brillantes des nègres,
térature, les réparties
Grégoire cite un exemple.
dont l'évèque
dormoit. Son maître,
dela côte,
< Unnègre
lui dit, ,n'entends-tu pas
< en le réveillant, ? Le nègre ouvre les
< maître qui appelle aussitôt, en disant SOK yeux et les ferme
de maître. >> Cette répartie
< meil n'a pas
la littérature franne sent-elle pas un peu
coise ?
à donner de la littérature
Quelles preuves
pour les
leur intelligence
des nègres, , que
citer
quelques
affaires, dont on ne peut mémoire que prodiexemples très-rares, et leur
Leur
dont on ne peut en citer qu'un.
gieuse
, pour lequel
talent pour servir d'interprètes de savoir un peu de
ils n'ont besoin que très-borné de quelques
françois, et l'idiome
leur vendent des
peuplades africaines, qui
esclaves. demanderons à M. Grégoire, pourNous
une Littérature;
quoi, s'il y avoit en Afrique du roi de Nimbana;
le fils
des Universités,
pour y apprendre
est-il venu en Angleterre --- Page 310 ---
- I 302 )
Phébreu ? Pourquoi Stedman, qui accorde
aux Africains le génie poétique et musical,
ne nous a-t-il pas apporté quelques-uns de
Jeurschefb-doruvres en ces genres ? Un opera
de leur façon nous eût fait connoître leur
poésie ct leur musique, bien mieux que des
relations de voyageur dont on doit toujours
se défier.
Enfin, des preuves irréfragables de laLittérature des nègres,selon l'évèque Grégoire,
cesontles Chevillesdu Père Adam, menuisier
de Nevers ; les ouyrages de Louise, l'abbé de
Lion, surnommée la Belle Cordière; les. CEuvres d'Hubert Pott, simple journalieren Hollande, proclamé par le voyageur Pratt, le
père de la poésie élégiaque; ; lcs Poésies de
Béronicius, ramoneur de cheminées; les Romans d'un domestique de Glatz en Silésic; ; les
Poésies de Bloomfield, valet de charrue; les
Poésies de Greensted, servante , et d'Anne
Gearley, laitière à Bristol. Or, il est évident,
d'après ces exemples, que si les blancs, dans
les dernières classes de la société, sont
parvenus à un degré de mérite aussi éminent,
à fortiori, les negres peuvent en faireautant
et plus; donc ils ont une Littérature. D'ailleurs, comme l'observe fort bien l'évêque
ies de Bloomfield, valet de charrue; les
Poésies de Greensted, servante , et d'Anne
Gearley, laitière à Bristol. Or, il est évident,
d'après ces exemples, que si les blancs, dans
les dernières classes de la société, sont
parvenus à un degré de mérite aussi éminent,
à fortiori, les negres peuvent en faireautant
et plus; donc ils ont une Littérature. D'ailleurs, comme l'observe fort bien l'évêque --- Page 311 ---
(3 303 )
Grégoire, le génie estl'étincelle recelée dans
le sein du caillou ; dès qu'elle est frappée par
Pacier, elle s'empresse de jaillir. Nous pensons sans doute sur ce point comme M. Grégoire; mais nous avons observé que dans les
cailloux noirs, l'étincelle étoit tsi bien encroûtée, que l'acier le mieux trempé pouvoit à
peine l'en faire jaillir.
L. --- Page 312 ---
304 )
CHAPITRE IX.
Notice des Nègres et des Mulitres distingués
parleur talent et leurs ourrages. Annibal,
Amo, Lacruz-Bagay, Illet-Geofroy, Derham, Fuller, Banaxe, Othello, Cugoano,
Capitein, Pilliams, Vassa,Sancho, Phillis-Ieathley.
DANS ce neuvième chapitre, nous allons
examiner si les ouyrages faits par les negres,
ou pour les nègres, sont bien une preuve de
la littérature de leur caste.
< Annibal ou Hannibal,qui eut l'honneur
4 d'être connu du Czar Pierre, par son édu-
< cation et soni instruction, fut élevé en Rus-
< sie,au grade de lieutenant-général, et de
< directeur du génie. >>
Avoit-ilreçu en Afrique l'éducation et l'instruction qui l'avoient portéà ces grades?
Amo (Antoine-Gnillaume), néen Guinée,
fut amené très-jeune à Amsterdam; un deses
maîtres l'envoya faire ses études aux Universités de Halle en Saxe, et de Wittemberg; il
soutint une thèse, et publia une dissertation --- Page 313 ---
305 )
Jure Maurorum ; il parloit le latin, le
De
françois, le hollandois etlallemand.
Olavoitilapprisap parler toutes sceslangues,
étoit-ce dans les Universités d'Afrique?
Lacruz - Bagay, étoit ou nègre ou sang
mélé; l'évèque Grégoire dénonce lui-même il
à cet égard. Sclon nous,
son incertitude
étoit Indien
n'étoit ni Pun ni lautre, puisqu'il Africains
Tagal,nation qeiliferebesucandes
nègres; il grava une carte des Philippines,
le Père Murello Vélande, jécomposée par
suite.
est-il un littérateur?
Un graveur
fit aussi
L'Ilet Orodhtg.seakeweatttimed nullementla littédes cartes qui ne prouvent
rature des Afficains.
à Philadelphie,
Derham (Jaeques),eiclavel
son maître à un médecin, qui
fut vendu par
le vendit au
le vendit à un chirurgien, qui
docteur Robert Dove, de la Nouvelle-Orléans ; à l'âge de vingt-six ans, il est devenu
le médecin le plus distingué de la NeuvelleOrléans ; nous en sommes bien persuadés.
de commun la sciènce de la médeMais qu'a
avéc la
cine acquise à la Nouvelle-Orléans,
Littérature des nègres d'Afrique ?
voyageant en Suisse,avu,
< Blumenbach,
int
A - - :
un chirurgien, qui
docteur Robert Dove, de la Nouvelle-Orléans ; à l'âge de vingt-six ans, il est devenu
le médecin le plus distingué de la NeuvelleOrléans ; nous en sommes bien persuadés.
de commun la sciènce de la médeMais qu'a
avéc la
cine acquise à la Nouvelle-Orléans,
Littérature des nègres d'Afrique ?
voyageant en Suisse,avu,
< Blumenbach,
int
A - - : --- Page 314 ---
/ 306 )
< à Yverdun, une négresse citée comme la
G personne la plus habile du pays, dans l'art
< des accouchemens. >
Qui pourra, d'après cela, douter de la Littérature des nègres ?
Fuller (Thomas), - né en Afrique, ,et residant à quatre milles d'Alexandrie, ne savoit,
à la vérité, ni lire ni écrire, mais il n'en étoit
pas moins littérateur, par sa prodigieuse facilité à calculer de mémoire. Un jour, on lui
demanda combien de secondes avoit vécu un
homme âgé de soixante-dix ans, * tant de
< mois et tant de jours?, Il répondit dans une
< minute et demie, L'un des interrogateurs
e prend, la plume, et après avoir longuement
< chiffré, prétend que Fuller s'est trompé
K en, plus; non, lui dit le nègre, l'erreur est
K de' votre côté, car vous avez oublié, les
< bissextiles, ; le calcul se. trouva juste. >
Les nègres des Antilles,qui pourtant viennent d'Afrique, sont encore bien éloignés de
ce degré de perfection de littérature arithmétique, ils sont obligés, 7 pour compter jusqu'à
douze senlement,d'ayoir. recours; n'allez:
croire quecesoit. à la plume, maisà des grains Pas
de mais, ou à de petits cailloux. Pour savoir
leur âge, ils mettent, à chaque renouyelle- --- Page 315 ---
( I 307 )
ment de lune, un petit caillou dans une callebasse, destinée pour cela, ct quand on leur
demande quel age ils ont, ils répondent, autant de lunes qu'ily a de petits cailloux dans
cette callebasse: mais il n'entre pas dans leur
littérature de savoirde combien de lunes est
composéc une année; encore moins de connoîtrele - calendrier de César, et le calendrier
Grégorien ; connoissance que le nègre calculateur,cité parM. Grégoire, ,n'avoit pas certainement acquise dans son pays s qui, par
conséquent, ne prouve rien en faveur de la
littérature africaine.
Nous pourrions encore donner iciles noms
de quelques autres nègres oumalâtres, dont
l'évèque Grégoire cite les ouvrages comme
des preuves de l'existence de la Littérature
d'abuser de la
africaine; mais nous craignons
patience du lecteur, et nous l'engageons à en
connoissance dans lP'ouvrage même
prendre
cela, il conviendra
de M. Grégoire. D'après
avec nous qu'il étoit bien inutile que ce prélat
frais de
une foule de cise mit en
produire
tations, 2 dont plusieurs, 1 très-insignifiantes,
ne tendent qu'à prouver ce que jamais nous
neluiavons contesté,qu'ilse trouve (quoique
rarement) parmi les nègres d'Afrique, quelun
connoissance dans lP'ouvrage même
prendre
cela, il conviendra
de M. Grégoire. D'après
avec nous qu'il étoit bien inutile que ce prélat
frais de
une foule de cise mit en
produire
tations, 2 dont plusieurs, 1 très-insignifiantes,
ne tendent qu'à prouver ce que jamais nous
neluiavons contesté,qu'ilse trouve (quoique
rarement) parmi les nègres d'Afrique, quelun -5 --- Page 316 ---
( 308 )
qui ont un certain degré d'apquesindividus
somme de
titude à acquérir une certaine
le
connoissance. Mais nous maintenons, et
lecteurimpartial, conviendra avec nous, que
l'évèque Grégoire attribue
les ouvrages que
bien au-dessous
aux nègres et aux mulâtres, efforcé d'en donde l'idée que ce prélat s'est
littérature
nullement la
ner, ne prouvent
sont
des nègres d'Afrique : 1°, parce qu'ils
totalement étrantous écrits en langues
africaines;
geres aux différentes populations
leurs
20. parce que leurs auteurs ont puisé
connoissances, soit en Angleterre, soit en
France, soit en Hollande, soit en Portugal,
soit en Espagne, et que pas un n'a composé
dans son pays, nous maintenons
SCS ouvrages
sont la preuve la plus
donc que ces ouvrages
n'ont point de
irréfragable, que les Africains
littérature; et que les preuves que donne
M. Grégoire,qu'ils en ont eu une autrefois,
ne sont rien moins que certaines.
Ilesteependant possible,qu'en: notrequalité
comme le ditlévede François, nous soyons, étrangers à tout Çe
que Grégoire 1 tellement
nous
quis'appelle littérature étrangère, que
deviner celle edes nègres. Aurestes
n'ayons pu
son but,
Vintention de l'auteur est évidentes --- Page 317 ---
( 309 )
n'a pas plus été de
en faisant son ouvrage, des nègres, que nous
prouyer. la littérature ,de la réfuter; on ne sc bat
en faisant le nôtre,
pas contre une chimère.
Grégoire notre
Pour prouver à lévèque maximésublime
reconnoissance, en suivantla
de ceux
de l'Evangile, qui cst de se venger faisant du bien,
qui nous font du mal, enleur
ne
donnerons à CC prélat un avis, qui
nous
tres-profitable à ses intérêts ;
peut qu'être
une pacotille
c'est celui de ne pas envoyer
(surtout
considérable de ses ouvrages
trop
la Martinila Guadeloupe,à
du dernier),à
enfin, dans toutes
que, aux iles Espagnoles,
les Antilles, oùt la peste négrophiliquen'apas
ce seroit une très-mauexercé ses ravages;
beauet nous craindrions
yaise spéculation,
ne fàt tres-mal accoup que le colporteur
cueilli.
avant de terminer
Qu'il nous soit permis,
fleurs sur la
cet ouvrage, de jeter quelques brave militombe du général Ferrand; ; ce connut le
taire, vraiment ami de son pays, des colons :
des colonies, et fut l'ami
prix
l'avoit fait revenir de la malheul'expérience
les négrophiles ont
reuse prévention que majeure partie des Frandonnéccontr'eux: àlar
ulation,
ne fàt tres-mal accoup que le colporteur
cueilli.
avant de terminer
Qu'il nous soit permis,
fleurs sur la
cet ouvrage, de jeter quelques brave militombe du général Ferrand; ; ce connut le
taire, vraiment ami de son pays, des colons :
des colonies, et fut l'ami
prix
l'avoit fait revenir de la malheul'expérience
les négrophiles ont
reuse prévention que majeure partie des Frandonnéccontr'eux: àlar --- Page 318 ---
310 )
cois. La perte de CC général est donc une nouvelle calamité qui atténue encore le peu d'espoiequi leur restoit, Dans le nombre des militalres qui ont partagé avec ce général les
mêmes sentimens, nous nous plaisons à citer
ich un de ses aides-de-camp, M. Castel Labeutbene, chefd'escadron, et commandant à
Samana, qui réunit aux talens militaires les
plus distingués, les qualités sociales les plus
aimables.
Nous croirions encore manquer. à la reconnoissance,si nous ne citions pas ici le général
Morgan, qui, dans le peu de temps qu'il a
resté dans la colonie, a témoigné aux colons
l'affection la plus marquée, et leur a rendu,
dans les circonstances critiques oùt ils se sont
trouvés, tous les services quiont dépendu de
lui. Ce brave général, à ses talens militaires,
réunissoit la connoissance des colonies, et il
ne faut que les connoître pour en sentir l'importance.
L'évêque Grégoire termine son ouvrage
de la Littérature des
nègres, par une péroraison que nous allons copier.
K Puissent les nations européennes
K
expier
enfn leurs crimes envers les Africains !
K Puissentles Africains, relevant leurs fronts --- Page 319 ---
( 311 )
( humiliés, donner Pessor à toutes leurs fa-
< cultés, ne rivaliser avec les blancs qu'en
< talens ct en vertus, oublier lesforfaits de
6 leurs persécuteurs, ne s'en venger que par
G des bienfaits (ils les ont égorgés). Dût-on
K ici bas n'avoir que rêvé ces avantages, il
< est du moins consolant d'emporterau tom-
< beau la certitude,qu'on a travailléde toutes
K ses forces à la procurer aux autres. >
N'eût-il pas été beau à l'évèque Grégoire
d'emporter aussi dans le tombeau le repentir
dés maux réels que son rêve a occasionnés,
aux blancs, aux nègres même, et à la France.
FIN, --- Page 320 ---
(51)
ERRATA.
Paox 58 lig. 4 lombi; lisez, lambi
68 1 22 si nous maintenons ; lisez, nous maintenons.
78 - - 17 des malheurs, > lisez, da malheuri
96 1 22 vovis; lisez, veris.
114 - 5 et l'un aatrohieshaatsene
176 - - I,2 défendent de montrer. Chez les penplés civilisés ; lisez, défendent de
montrer chez les peuples civilisés.
191 - 19 tritnrantii; lisez trituranti. --- Page 321 --- --- Page 322 --- --- Page 323 ---
E80
T9650 --- Page 324 ---
e