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COUP-D'G IL
I M P ARTIAL
Sur les Decrets de PAemblée Nationale,
relativement aux Colonies,
PAR M. TAUSIA-BOUaNOs, Habitant
de Saint - Domingue. --- Page 4 ---
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COUP-D'GIL
I M P PARTIAL
Sur les Décrets de PAllemblec Nationale
relatiyement aux Colonies.
Dezurt à l'affembléc provinciale du
depuis le mois de novembre
Nord,
fa formation,
1789, 2 époque de
jufqu'an (mois de mars fuivant; devenu, par une fuite de la confiance de mes
concitoyens, membre de l'affemblée générale de la
partie françoife de Saint-Domingue ; attaché à
l'empire françois par le double lien du fang & de
F'amitié, j'étois loin de prévoir que Y'on calomnieroit un jour ma conduite & mon coeur, &
qu'on chercheroit, dans les actes même qui
fient notre attachement & notre foumiflion juftià la
métropole, la preuve > ou plutôt le prétexte d'une
accufation d'indépendance.
- mes compatriotes ! 6 vidimes infortunées
l'alliance formidable du defporifine & de
de
jufqu'à quand les produdions
Tintrigue!
partialité
* infpirées par la
Oil par l'aveugle fanatifme, auront-elles
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(4)
le droit exclutif de furprendre votre admiration,
& de captiver vos fuffrages ? Jufqu'a quand prenr
drez-vous l'ombre pour la réalité & le mafque
hypocrite des vertus. pour la- vertu- même ?
Eclairés par une tardive expérience, vous déplorez aujourd'hui & vous déplorez. en vain le
fatal avouglement qui vous a empêché de reconnoitre la dangereufe ambiguité de l'inftrudion de
M. Barnave. Eblouis par l'éclat de fa réputation, 2
vous avez accueilli fes dogmes comme un chefd'ceuvre de fagcfle, de prévoyance & de patriotifme.
'Si mon imagination fe repréfente l'affemblée
nationale comme la proteétrice des Colons de
Saint-Domingue, fi mon coeur aime a careffes
la chimère qu'il voudroit réalifer, bientôt le flambeau de la vérité me fait appercevoir la profondeur de l'abyme creufé, fous nos pas, par l'ambirion des miniftres, & par les manceuvres de
leurs infàmes fuppôts. On diroit quc les chambres
du commerce maritime (1),qui, jufqu'a préfent,
ont regardé les colonies comme leur patrimoine,
(r) Ces chambres de commcrce font compofées de
négocians & armatcurs dont les intérêts font oppofés
ceux des cultivateurs & manufagluricrs de France &.
des colonies, qui font la bafc du commerce national.
ambirion des miniftres, & par les manceuvres de
leurs infàmes fuppôts. On diroit quc les chambres
du commerce maritime (1),qui, jufqu'a préfent,
ont regardé les colonies comme leur patrimoine,
(r) Ces chambres de commcrce font compofées de
négocians & armatcurs dont les intérêts font oppofés
ceux des cultivateurs & manufagluricrs de France &.
des colonies, qui font la bafc du commerce national. --- Page 7 ---
(s)
& les Colons comme leurs tributaires, voudroient
enchaîner les oracles de Ia nation, & diéer des
loix aux légiflateurs même. On diroit que la main
du patriotifmne, qui a brifé les fers des François,
a marqué notre hémifphère du figne de la réprobation.
Il eft temps de foulever le voile qui a dérobé,
jufqu'à ce jour, les projets Fervers des ennemis
qui, pour mieux nous opprimer , ont furpris la
religion de M. Barnave, de celui feul dont T'erreur pouvoit nous devenir funefte, 2 & mettre en
problême nos droits facrés & impreferiptibles. Un
coup-d'oeil analytique fur les inftrudions de ce
député patriote, convaincra de cette vérité.
Décret du 8 mars.
Inftrudtion de M. Barnare ;
rapporteur du comité COlonial s: confirmle par le
décret du 28 mars.
Chaque colonie eff autoL'affemblée nationale,
rifle à faire connoitre fon ayant, par fon décret du
xeU furla confitution, la 8 de ce mois, invité toutes
Ligiflation & Padminifra- les colonies françoifes à lai
tion qui conviennent 2 fa tranfmettre, 8c.
profpérité & au bonheur de
fes habitans, à la charge
de fe conformer aux principes géntraux qui lient les
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16)
colonies 2 la métropole,
8 qui afurent la confirvation de. leurs intéréts refpectifs.
M. Barnave doit fe reprocher la diftradtion
qui I a placé le verbe invizer, au lieu de celui'autorifer, qui, à beaucoup près, n'eft pas fon
fynonyme.
Les colonies ne font pas fimplement invitées,
mais formellement autorifces, ce qui eft bien différent, L'invitation ne confère aucun droit, 3 aucun pouvoir, 9 pour procéder à un aôte quelconque,
Le mot autorifer exprime an contraire l'intention I
& la volonté fixe de tranfmettre un droit; d'oi
il réfuite que les colonies ont reçu de l'affemblée
nationale le droit de faire connoitre leur vocu fur
leur régime intérieur, & clle s'eft même engagée
à ratifier toutes les. difpofitions qui pourroient fe
concilier avec les principes généraux qni lient les
colonies à la métropole. Son décret eft fi clair 2
qu'iln'a befoin d'aucun comméntaire; mais, comme
la mhauvaife foi l'a interprété fuivant fes vues particulières, nous allons en afligner l'explication &
le fens grammatical.
La loi, a dit plufieurs fois l'affembléc nationale, 9
eft l'expreflion de la volonté générale, autrement
du voeu général. Le mot voeu eft le fynonyme de
à la métropole. Son décret eft fi clair 2
qu'iln'a befoin d'aucun comméntaire; mais, comme
la mhauvaife foi l'a interprété fuivant fes vues particulières, nous allons en afligner l'explication &
le fens grammatical.
La loi, a dit plufieurs fois l'affembléc nationale, 9
eft l'expreflion de la volonté générale, autrement
du voeu général. Le mot voeu eft le fynonyme de --- Page 9 ---
(7)
volonté : donc la nation ou le peuple de SaintDomingue, en obtenant de la nation françoife,
fa fouveraine, la permiflion de faire connoitre
fon voeu fur le régime intérieur qui lui parcitroit
le plus avantageux, a reçu effedivement le droit
d'organifer fa légiflation particulière 1e 7 fans antre
formalité que le concours des lumières & opinions
individuelles,
La reftriétion apportée à cette faculté, caractérife l'intention fpéciale de l'affemblée nationale.
C'eft une exception qui confirme la règle.
En effet, l'affemblée nationale, confidérant
la différence des ufages locaux & des convenances que
particulières s'oppofoit à ce que la conftitution
françoife fir jugée commune avec les colonies,
a cru devoir fe repofer fur leur fageffe & leur
expérience du foin de la furmation du régime
intérieur ; & elle a rendu un décret conforme à
ce but eflentiel. M. Barnave n'auroit
dû
pas
envier aux habitans du nouveau monde une prérogative qui ne pouvoit leur, être refufée fans
les inconvéniens les plus graves ; il a compromis
les intérêts refpedtifs des deux peuples S en fuppofant que celui de Saint-Domingue n'ait obtenu
qu'une fimple invitation à fairé connoître fon
voeu. C'eft ainfi que la dangereufe magic de fa
plume a métamorphofé un don réel en un comA4 --- Page 10 ---
(8)
pliment qui n'a pas même le ncrite d'une promefle. Quoi ! des colonies, féparées de la mère
patric par un intervalle immenfe, 2 n'auroient
d'autre privilège que celui de préfenter des voeux.
ou des apperçus fur leur légiflation? Certes, pour
exercer cette faculté illufoire. 2 elles n'avoient pas.
befoin d'une autorifation particulière. Ne tiennentelles pas Ce droit de la nature ? .
S'il-eft permis de s'ériger en interprête 2 en.
commeritateur des décrets de l'affemblée nationale,
on ne peut, fans crime, fapprimer les expreffions.
qui fixent invariablement le fens du texte.
En effet, fi l'affemblée nationale n'ett voulu
attribuer aux colonies qu'une faculté confultative,
elle fc fàt emprefice d'épargner, 3 & àM. Barnave,
& à M. de la Luzerne, lcs embarras d'un commentaire 1e 2 qui ne fait honneur nia la délicateffe, ni
aul jugement de fes auteurs : clle fe fût expliquée
fur ce point avec la netteté & la précifion cathdgoriques qui difinguent fes opérations.
M. Peynier, en fa qualité de gouverneur général de Saint-Domingue 2 eft évidemment incompétent pour expliquer le fens des décrets émands du
pouvoir légiflatif; & s'il étcit pollible qu'il fit invefti d'un parcil droit, il deviendroit plus puiffant.
que"loffemblée nationale elle-même. II feroit tout
a-la-fois le confeur; le réformateur & l'exécuteur
iques qui difinguent fes opérations.
M. Peynier, en fa qualité de gouverneur général de Saint-Domingue 2 eft évidemment incompétent pour expliquer le fens des décrets émands du
pouvoir légiflatif; & s'il étcit pollible qu'il fit invefti d'un parcil droit, il deviendroit plus puiffant.
que"loffemblée nationale elle-même. II feroit tout
a-la-fois le confeur; le réformateur & l'exécuteur --- Page 11 ---
(9)
de fes jugemens ; la colonie affervie à un defpote, 2
qui feroit juge & partie dans fa propre caufe,
chercheroit en vain, au fein de la France, 7 une
antorité prépondérante. Toutes les mefures du pouvoir central échoueroient contre linzerprétation
arbitraire du gouverneur.
Un décret anili claitement énoncé que celui dont
il s'agit, n'avoit befoin, pour être compris & exccuté, ni des lumières 1 ni de la fagacité des inter-.
prétes ; & quand M. Peynier s'elt chargé, de fon
propre mouvement, d'une interprétation qui ne
pouvoit que dénaturerle fens du texte, avez-vous
pu cfoire un inftant, o mcs concitoyens ! que ce
fuppôt du fyftêne de M. de la Luzerne ait cédé
à limpulfion du patriotilme ? Et vous, colons de
la partie du nord de Saint-Domingue ! qui avez
manifefté la même opinion que l'afiemblée du Cap,
croyez-vous que l'amour da bien public ait pu embrafer une feule fois, de fon feu facré, le coent
gangrené d'un vil inflrumest de l'ariftocratie mt
niférielle 2 qui naguères a préfenté contre vous
un mémoire atroce à l'aflemblée nationale ? Et fi
vous aviez à clioifir entre lui & vos reprcfentans
légitimes, pour obtenir l'explication la plus favorable aux cenvenances locales & à la profpérité
générale, balanceriez-vous un moment à voter la
préférence poar Paffemblde coloniale ? I! eft inoui
inflrumest de l'ariftocratie mt
niférielle 2 qui naguères a préfenté contre vous
un mémoire atroce à l'aflemblée nationale ? Et fi
vous aviez à clioifir entre lui & vos reprcfentans
légitimes, pour obtenir l'explication la plus favorable aux cenvenances locales & à la profpérité
générale, balanceriez-vous un moment à voter la
préférence poar Paffemblde coloniale ? I! eft inoui --- Page 12 ---
(1o.)
ait ,ofé s'arroger Un
qu'un fimple particulier
même af
aujourd'bui à cette
droit qu'on difpute
femblée.
L'interprétation de la loi eft certainemént un
aéte légiflatif; car 7 fuivant les principes du droit
la loi que celui qui
public, nul ne peut interpréter
&
en
un décret de l'affemblée
l'a faite; ; fi, France,
feroit
ce ne
nationale préfentoit quelqu'ambigaité,
firement pas le roi qui feroit chargé de T'interprécar, chef du pouvoir exécutif, il ne peut exerter ;
fans confondre les
cer aucunes fonaions légiflatives
pouvoirs, dont la divifion eft la pierre angulaire
de l'édifice conftitutionnel. Et, ce que le reftaurade la liberté françoile ne pourroit pas faire, le
teur
l'a fait. Ila intergouverneur de Saint-Domingue
à fon gré, les décrets des 8 & 28 mars.
prété,
Cette interprétation perfide a été imprimée, publiée, envoyée en France, dénoncécilalfanblée nationale. Onn'y a point trouvé de crime; que dis-je?
Cet ufurpateur des droits de la fouveraincté a foufon
les moyens les plus infàmes ;
tenu
ouvrage par
fes mains dans le fang des citoyens 2
il a trempé
& il a été remercié! Combien l'erreur peut caufer de maux ! co.: bien un auffi immenfe intervalle
la Lalance du côté de celui dont le
fait pencher
à fe montrer fous les dehors de
crime eft intéreffé
la vertu ! --- Page 13 ---
E1,)
Décrèt du 8 mars.
Inftrudtions du 28 mars.
ART. XI.
ART. XI.
Dans les colonies oik il
S'il exifte une affembléc
exifte des affemblées colo- coloniale, elle pourra, en
niales, librement élucs par tout état, déclarer qu'elle
les citoyens, & par eux juge la formation d'une
avouées, CCS affembllesfe- nouvelle allemblée coloront admifes à exprimer le niale plus avantageufc à la
vau de la colonie.
colonie que ia continuation
de fa propre adtivité; &,
Nota. ER-il ricr de plus dans ce cas, il fera proclair que le fens de CCt ar- cédé immédiatement à de
ticle. L'afemblée nationale nouvelles éications.
pouvoit-elle confacrer plus
Enli@nteadifgeitions,
folemnellemen: Pexifence S on eft: aufli indigné que
le pouveir des. affer-biles furpris de V'idée,fingulière.
eoloniales?
ment partiale 2. d'admettre
uil nouveau concours, un
nouveau fcrutin pour une
éleétion irrévocablement
confommée, & de foumettre à la chance d'une nouvelle nomination une affemblée en activité, L'auteur de cette idée n'a pas
réfléchi qu'il fournifioit à
fes commettans des armes'
contre lui-même ; & cette
nouvelle lutte ne lui paroi-
de V'idée,fingulière.
eoloniales?
ment partiale 2. d'admettre
uil nouveau concours, un
nouveau fcrutin pour une
éleétion irrévocablement
confommée, & de foumettre à la chance d'une nouvelle nomination une affemblée en activité, L'auteur de cette idée n'a pas
réfléchi qu'il fournifioit à
fes commettans des armes'
contre lui-même ; & cette
nouvelle lutte ne lui paroi- --- Page 14 ---
(12)
troit ni jufte : ni raifonnable, quelque certitude
qu'il eût d'en fortir avec
les honneurs dont a joui
l'affemblée qu'i vouloit
anéantir.
On reconnoit, dans ce
plan d'attaque, l'influence
du parti miniftériel, qui
vouloit fe débarraffer d'une
aflemblée dont le civifme
&:l'énergie lui faifoient ombiage.
Cette manceuvre avoit encere pour but de dater
l'exiftence de cette affemblée, dujour où les décrets
des 8 & 28 lui auroient été communiqués, & d'annuller ainfi toutes fes opcrations antéricures. On admire la docilitéavec laquelle le gouverneur s'eft prévalu de cette difpofition rigoureufe contre l'affemblée qu'il avoit lui-même précédamment reconnue 4
Décret du 8 mars.
Inflructions de 3. Barnaye.
ART. V.
ART. III.
Les décrets de Pafimblée
Si,: au contraire, onj juge
nationale, fur l'organifa- fa continuation plus avan1 tion des municipalie's & tageufe, ellc pourra comdes afemblies adminifra- mencer à travailler fuivant
tives,firent cnvoyes aux- Ics indications de Paffem --- Page 15 ---
(13)
dites affemblées coloniales, blée nationale, mais fans
avec pouvoir de mettre 2 pouvoir ufer de la faculté
extcution la partie defdits accordée aux affemblées
dicrets, quipeut s'adapter coloniales de mettre à cxéaux convenances locales, cution certains décrets 9
fauf la décifion definitive jufqu'à CC que l'intention
de Pafemblle nationale & I de la colonie, relativement
du roi fur les modifica- à fa continuation, ait été
zions qui auroient pu y conftatée par les formes
étre apportées 8 la fanc- qui feront indiquées cizion provifoire du gouver- après.
neur pour Pezécution des
arrêtés qui feront pris par
M. Barnave rapporte,
les affembltes adminiftra- en entier, l'art. 5 du détives.
cret du 8, dans les infructions, à la fin dela page II.
Cette amplification, qui tend à détruire tous lès
avantages que le décret du 8 mars opère, au profit
de la colonie, n'établit pas néanmoins explicitement le point effentiel, ne réfout point la queftion Iprincipale ? fi impérieufement tranchée par
MM. de la Luzerne & Peynier. L'afemblée coloniale fera-t-elle purement confiltative 2 On peut
en conçclure 2 au contraire, 2 qu'eile a été autorifée
a mettre à exécution tout ce qui lui paroitroit
convenable aux localités. Autrement, il eût été fort
inutile d'éclairer, par des inftrudions & des commentaires 2 la confance des commettans & I
principale ? fi impérieufement tranchée par
MM. de la Luzerne & Peynier. L'afemblée coloniale fera-t-elle purement confiltative 2 On peut
en conçclure 2 au contraire, 2 qu'eile a été autorifée
a mettre à exécution tout ce qui lui paroitroit
convenable aux localités. Autrement, il eût été fort
inutile d'éclairer, par des inftrudions & des commentaires 2 la confance des commettans & I --- Page 16 ---
(14).
marche des mandataires. L'abus du pouvoir eft impraticable, quand on n'a d'autre droit que celui de
faire des plans 2 ou des mémoires à confulter.
Au refte, fiivant l'efprit littéral de l'art. 3 du
décret du 8, les inftrudions devoient fe
rapporter
aux bales générales que les affemblées coloniales ne
pouvoient jamais perdre de vue 2. L'art. Icr les a
autorifces à faire connoitre leur voeu, à la charge
de fe conformcr aux principes qui lient les colonies
à la métropole 2 & qui affurent la confervation de
leurs intérêts refpedifs. Voila quel étoit le terme
eùt s'arrétoient leurs travaux & leurs pouvoirs.
S'il eft prouvé, mes chers concitoyens
7 que
VOS députés fe foient clancés au-delà du cercle qui
leur étoit prefcrit, & que, 3 dans un criminel effor
ils aient entrepris de porter la plus légère atteinte 1
aux baies de la dépendance qui les flate & les honore, 2 ils ont trahi leurs devoirs, ils ont abufé de
votre confiance, ils font devenus criminels &
niffables. Mais s'ils ont refpeété les grands intérêts puqui les lient à la métropole s'ils ont concilié avec
ce refpedt la tâche facrée que leur impofoit leur
confcience & le befoin d'une régénération, ils ont
alors rempli votre attente & l'intention de l'aflemb'ée nationale. Emules intrépides des patrietes
françois, 9 ils ont combattu les abus deitrudteurs qui
les opprimoient; & quand le fuccès n'a pas con-
intérêts puqui les lient à la métropole s'ils ont concilié avec
ce refpedt la tâche facrée que leur impofoit leur
confcience & le befoin d'une régénération, ils ont
alors rempli votre attente & l'intention de l'aflemb'ée nationale. Emules intrépides des patrietes
françois, 9 ils ont combattu les abus deitrudteurs qui
les opprimoient; & quand le fuccès n'a pas con- --- Page 17 ---
(1s)
ronné leurs généreux efforts, devoient-ils
à être
s'attendre
abandonnés, j'ai prefque dit
leurs maitres & leurs modèles ?
immolés, par
En vain ces illuftres vidtimes du
ont demandé qu'il fit créé une commifion patriotifimne
culière
partipour examiner leurs opérations ; en vain
ont-ils offert les preuves les plus convaincantes
la droiture de leurs
de
intentions, ils ont été
ment privés du moyen que la loi
injuflepeut refufer à
accorde'", 2 & ne :
aucun individu 5 & cette
a afluré le triomphe fcandaleux de la
injuflice
à laffemblée nationale.
furprife faite
Cependant tout fe réuniffoit
leur faveur. Pouvoit-on
pour prévenir en
arréter des
des citoyens qui s'étoient
foupçons far
dans le fein de l'aflemblée jettés, avec conlianice,.
abandonné
nationale, qui avoient
leurs fermes 9 leurs enfans & leur,
fortune ? pour éviter les horreurs de la
civile, qui eût embrâfé la colonie
guerre;
folution fixe des bons
2 & que la ré-,
citoyens, de
voir
réfifterau
arbitraire,, avoit rendue inévitable ? (La Mar-, pous
tinique offre un exemple terrible de cette
En fe conformant fervilement
vérité, ).
M. Barnave
aux inftrudions de
7 laffemblée coloniale auroit eu la
douleur d'être témoin des abus les plus
fans pouvoir les réprimer
dangereux, *
s'aflembler
5 étoit-il néceffaire de
pour avoir fous les yeux un
ipedacle ?
pareil
arbitraire,, avoit rendue inévitable ? (La Mar-, pous
tinique offre un exemple terrible de cette
En fe conformant fervilement
vérité, ).
M. Barnave
aux inftrudions de
7 laffemblée coloniale auroit eu la
douleur d'être témoin des abus les plus
fans pouvoir les réprimer
dangereux, *
s'aflembler
5 étoit-il néceffaire de
pour avoir fous les yeux un
ipedacle ?
pareil --- Page 18 ---
(16).
Que les apologittes de M. Barnave s'efforcent
de concilier les articles II & III de linftrudion,
avec les articles II & V du décret du 8 mars:
après avoir fait une trifte méditation fur cet Ollvrage de la partialité, je crois entendre M. de
la Lnzerne tenir, aux colons de Saint-Domingue,,
le Jangage fuivant :
> Je permets a vos : repréfentans à l'affemblée
9> générale, 9 de fe diffoudre de leur propre mou-
>> vement, & fans vous confulter, mais s'ils n'ont
le
les"
> pas la prudence de prévenir
coup qui
font dépendans..
2) menace 9 prouvez-leur qu'ils
> Vous êtes néanmoins lcs maitres de prononcer
leur
mais
vis
dans le doux:
>> fur
fort;
je
toujours
>> efpoir que, fi la diffolution fpontanée , que j'ai
de
ne s'effeêtue
la
>
quelque fujet
prévoir,
pas,
des voix anéantira cette maudite affem-
> majorité
>) blée; & fi mon attente étoit doublement trompée,
3 je taillerai tant de befogne à VOS repréfentans,
avec linftrudion du 28 mars 2 que je feraidurér
>
affemblée aufli
que le concile-
> leur
long-tems
>> de Trente.
Décret du 8 mars.
Infradions de M1. Barnave..
-
ART. Ie.
ART. XVI.
Les fondions de PafemL'aflembléc coloniale, 7
bile nationale, font de faire formés, ou non, de la ma- --- Page 19 ---
(17)
connoitre le vau de la CO- nière énoncée ci-d deffus,
Ionie fur la confitution, s'organifera & procédera;
Za ligiflation, Bc.
ainfi qu'il lui paroîtra convenable, & remplira les
Nota: Elle ne doit fe fonctions indiquées par le,
conformer, dansfoncravail, décret du 8 de ce mois , en
aux maximes énoncées dans obfervant de fe conformer,
Zes anickany618.gas dans fon travail fur la conftant qu'elles feront Con- titution > aux maximes
formes aux principes gl- énoncées dans les" artiçles
néraur qui lient les colc- fuivans.
nies 2 la métropole, & qui
affurent. la confervation de.
Zeurs intéréts refpedtifs. IZ
faut qu'elles foient compatibles avec les conyerances
locales & particulières.
Puilqu'il étoit indifférent que l'affemblée coloniale fit formée ou non de la manière énoncée
dans linftrudion, à quoi bon y inférer tant d'articles inutiles ? Pourquoi?. C'eft qu'en s'appefantiffant fur les formes, on crut pouvoir cacher le
poifon qu'ils renferment.
Décret du 8 mars.
Infrudions du 28 mars.
ART. XVII.
P'afemblte nationale ;
En organifant lc pouvoir
confidéran: ls colonies légiflatif, elles ( les colocomme une partie de Pem- nies ) repennoitrontique les
B
ftrudion, à quoi bon y inférer tant d'articles inutiles ? Pourquoi?. C'eft qu'en s'appefantiffant fur les formes, on crut pouvoir cacher le
poifon qu'ils renferment.
Décret du 8 mars.
Infrudions du 28 mars.
ART. XVII.
P'afemblte nationale ;
En organifant lc pouvoir
confidéran: ls colonies légiflatif, elles ( les colocomme une partie de Pem- nies ) repennoitrontique les
B --- Page 20 ---
( 18 )
françois, &, difrant loix deftinées à régir les
pire
des fruits de colonies, méditées & préles faire jouir
20 qui parées dans leur fein. ne
Pheureufe riglniération elle Rac c- fauroient avoir une exifs'y eft opèrde, entendu les tence entière &. définitive,
pendant jamais dans la confi-- avant d'avoir été décrétées
coihprendre
décrètle
l'affemblée nationale,
tution qu'elle a & les par & Tanctionnées par le Roi.
pour le royaume, 5
afujlir à des loix qui
pourroien: être incompatibles avec Teurs convenan
ces locales & particulières.
D'un côté, on voit l'affemblée nationale manil'intention de faire jouir les colories des
fefter
s'eft opérée en
bienfaits de la régénération qui
France ; de l'autre, 2 on voit M. Barnave - contrarier ces vues bienfaifantes, en foumettant la
deftinée des colonies a des formalités toujours inutiles & fouvent nuifibles. -
Pouvoit-on fe liyrer à l'idée que. l'affemblée
nationale eit voulu fe jouer de la crédulité des
folemnellement
colons, lors même' qu'elledéclaroit
n'entendoit point les comprendre dans la
qu'elle conflitution qu'elle a décrétée pour le royaume, 2
lors même qu'elle leur permettoit de faire connoître leur voeu 2 c'eft-a-dire la volonté générale
a la promulgation & obferdes parties intéreflées --- Page 21 ---
(19)
vation de la loi ? Certes, il n'eft
croire
pas na:urel de
qu'on ait voulu tendre un piége aux habi.
tans du nouveau monde, & leur montrer l'aurore
d'un beau jour pour les plonger enfuite dans le
dédale, dans le circuit éternel d'une
tion confultative, qui feroit aufli ridicule communicapraticable.
qu'imQuelle idée fe formeroit-on d'une convention.
de faifeurs de projets, qui, moins
puiffante
ne l'étoient les parlemens fous l'ancien
que
& les municipalités dans le
régime >
régime aduel, ne
pourroit exercer, même provifoirement, la police
générale dans l'étendue de fon territoire? Tel feroit
cere.dant le. rôle ignoble que joueroient les
fentans d'une vafte contrée, s'ils
reprédélibérer fur des
s'amufoient à
plans de conftitution, & à conftruire, avec une contention puérile, le
vaifleau d'une profpérité qui iroit fe brifer fragile
de-là des mers, contre le double écueil de
9 aul'amourpropre & de lintrigue,
Tel feroit donc l'abrégé & le réfultat du
que l'aflemblée nationale auroit bien voulu moyen
déployer pour fixer le bonheur au fcin des colonies.
Sa tendre follicitude leur auroit difpenfé
un droit
: qu'on ne pouvoit contefter aux habitans du
chétif hameau. Un prix
plus
doute, la
académique eàt été, fans
récompenfe des repréfeptans qni auroient
B 2
Tel feroit donc l'abrégé & le réfultat du
que l'aflemblée nationale auroit bien voulu moyen
déployer pour fixer le bonheur au fcin des colonies.
Sa tendre follicitude leur auroit difpenfé
un droit
: qu'on ne pouvoit contefter aux habitans du
chétif hameau. Un prix
plus
doute, la
académique eàt été, fans
récompenfe des repréfeptans qni auroient
B 2 --- Page 22 ---
( 20 )
fignalé leur génie inventif dans la vafte & fublime
carrière des projets contemplatifs. Alors les graves
& févères cenfeurs du fénat françois, armés d'un
cifeau rédoutable, euffent élagué, dans une féance,
les tendres rejetons d'une année de méditation.
Le refpeêt que les ennemis de la profpérité coloniale affichent aujourd'hui pour les convenances
locales de la colonie 2 feroit fans ceffe immolé
fur l'autel de lamour-propre 2 & il ne refteroit
aux malheureux Colons d'autre perfpedive que le
defpotifme, d'autre reflource que le défefpoir. Non,
la feule fappofition d'un pareil fyftême calomnieroit
le corps légiflatif.
Cependant la conftitution françoife tend à fa
fa fin, & nous n'avons encore obtenu d'autre
faveur que la permiffion de faire, tour à tour,
des projets & des remontrances qui ont déjà eu,
& qui auront conftamment le fort de celles des
défunts parlemens.
:
Vos yeux font enfin deflillés, mes chers concitoyens, & le jour, qui vous éclaire, marque
le terme de vos efpérances, & de l'enthoufiafime
prématuré que vous avoit infpiré le décret du 8
mars. Hélas! qui vous l'eût dit', dans CES momens d'ivreffe oùl l'affemblée dg Cap arrêta',
par acclamation, que ce prétendu monument de
la fageffe, unre à la bienfaifance, feroit la règle --- Page 23 ---
(21)
de votre conduite ? Des réjouiffances publiques
firent éclater nos tranfports : & pour quel bienfait, grands' dieux, mélions-nous des cantiques
au bruit de la moufqueterie & au fon des inftrumens ? Pour la bonté fpéciale qu'a eu T'affemblée
nationale de déclarer qu'elle nous permettoit de
faire, & de lui préfenter les meilleurs plans poffibles fur notre conftitution, & rien de plus. Il
faut convenir que nous avons fait beaucoup de
bruit pour peu. : de chofe.
Nos députés à l'affemblée nationale, divifés
entr'eux fur les points les plus eflentiels, fervent,
leur défunion, la caufe de nos ennemis. Le
par
comité des Douze ou colonial, s'eft déclaré contre
nous, & l'augufte affemblée ne nous dédommage
un amour de préférence. Le fifléme qu'on
pas par
lui a fait adopter 9 confifte à tenir les colonies
dépendance. Nous fommes
dans une rigoureufe
abandonnés par la claffe pufillanime de nos concitoyens, qui aiment mieux fe foumettre aveuglément
aux loix que leur diétera l'affemblée nationale, que
de reconnoitre le pouvoir légiflatif quant aui régime
intérieur dans Paffemblée coloniale.
L'union pouvoit feule faire notre force 7 &
fommes fcandaleufement défunis. L'arrêté de
nous
l'aflemblée du Cap, du 3 novembre, donneroit
B 2.
claffe pufillanime de nos concitoyens, qui aiment mieux fe foumettre aveuglément
aux loix que leur diétera l'affemblée nationale, que
de reconnoitre le pouvoir légiflatif quant aui régime
intérieur dans Paffemblée coloniale.
L'union pouvoit feule faire notre force 7 &
fommes fcandaleufement défunis. L'arrêté de
nous
l'aflemblée du Cap, du 3 novembre, donneroit
B 2. --- Page 24 ---
(22)
lieu de croire qu'elle redoute les éclairciffemens qui
pourroient faire ceffer une funefte méfintelligence,
& conforme a
&c nous rallier à un but commun,
nos vrais intérêts.
Cet arrêté défend, fous les peines les plus févères,
imprimeurs & autres, de faire,
à tous citoyens,
réflexions fur les
imprimer & diftribuer aucunes
décrets des 8 & 2.8 mars. Le tribunal de l'inquifition, en Elpagne, n'eft-il pas moins tyrannique
d'hommes, dont Perreur eft
que cet affembiage
le moindre défaut?
du 8
M.
a donné au décret
bi Puifque
Peynier
& la plus
la plus fauffe
mars linterprétation
redreflons les erreurs de fon efprit ou
fophiftique ,
nous-même ce décret.
de fon cceur, en interprétant
clairement
Le préambule n'annonce-t-il pas
l'intention de nous régénérer 2 'en nous accordant
compatible avec nos
tout ce qui nous paroitroit
convenances locales; & avec les principes généraux
nous lient à la métropole? Or, le pouvoir
légillatif qui
étant le moyen unique de régénération,
il eft inconteftable qu'il n'a pu nous être refufé,
&
l'on n'a mis, à ce don, d'autre reftriéion
que
la confonance, avec les principes généraux,
que
defquels nous veillons autant
à la confervation
par intérêt que par inclination. --- Page 25 ---
(3)
Décret du 8 mars.
Infrudicns du 28 mars.
"ART. VI.
ART. XVII. T
0o
1O00
STC
Les mémes affemblies
coloniales Énonceront leur
que fi les Pe loix,
veu"fer les modifications purement intérieures, peu2
qui pourroient étre appor- vent, dans les cas preffans, 2
tles. au: régime prohibitif être provifoirement exécudu commerceentre les colo- tesaveclafandlion dugounies 8la métropole, pour yerneur 2 & en réfervant
ÉtTe fur leur pétirion, & l'approbation définitive du
après avoir entendu les roi & de lalégiflature franrepréfntations du commerce çoife, les loix propolécs
frangois, fatul ainfi qu'il qui toucheroient aux rapappartiendra.
ports extérieurs * & qui
pourroient, en aucune manière, changer ou modifier
les relations entre la colonie & la métropole: nefauroient recevoir aucune:
exécution 3 même provi-.
foire 2 avant d'avoir été
- confacrées par Ja volonté
nationale.
3Aae o318a
Sufpendez un inftant, mes chers concitoyens s,
les mouvemens d'unej jufte.indignation, pour pefer
froidement, dans la balance de la réflexion, les
terribles inconvéniens qui 171 réfalteroient des articles
que je viens de remettre fous vos yeux. Les prinB4
:
exécution 3 même provi-.
foire 2 avant d'avoir été
- confacrées par Ja volonté
nationale.
3Aae o318a
Sufpendez un inftant, mes chers concitoyens s,
les mouvemens d'unej jufte.indignation, pour pefer
froidement, dans la balance de la réflexion, les
terribles inconvéniens qui 171 réfalteroient des articles
que je viens de remettre fous vos yeux. Les prinB4 --- Page 26 ---
(24)
cipes connus du miniftre dé la
écalés de la manière la
marine y font
ame s'y montre à
moins équivoque ; fon
ordonnance
découvert;, vous lirez, dans fon
concernant laffemblée
cette aflemblée fera
coloniale, que
qu'ilne fera rien innové purement confiltative, &
Vous lirez, dans le
en matière de commérce,
blée nationale,
mémoire préfenté à
par les miniftres du roi, T'affem1789, que la plénitude de: la
en octobre
militaire doit téfider dans'le puiffance civile &.
Vous lirez, dans la
fein de la colonie:
fur
déclaration de M:
Tinterprétation des décrets des 8 & 28 Peynier;
page 4, que l'aflemblee coloniale n'a
mars,
que celui de faire. les meilleurs
d'autre droit
fa: conflitution..
plans poflibles fur
Quoi! nous ne pourtions
mède, pas méme le plus léger apporter aucun reles plus terribles, 5 aux fléaux les palliatif, aux maux
les plus fufceptibles d'un
plus redoutables,
déletére ?
accroiffement rapide &
Quoi! rious n'aurions à
vexations muitipliées,
oppofer aux
du
aux entreprifes ufurpatoires
commerce, d'autres armes que des
douloureux, 2 fuivis de la
fanglots
nous plaindre à Faffemblée frolaffique menace de
de confier au perfide élément nationale, c'eft-a-dire ,
requête, qui auroit à Parcourir notre plaintive
hait cents'lieues?
un efpace de dixAvant que les oracles de da-nation --- Page 27 ---
(23)
euffent franchi une diftance égale pour
deftinées, 2 un gouverneur, un defpote régler nos
nous prouveroit, par les faits, qu'un provifoire,
& préfent, eft cent' fois plus redoutable protégé, r actif
protedteurs dans le lointain.
un
que des
gOp0 EIOnLORS
Infirudions du 28 mars.
Auman
Suite de l'ARTICLE XVII.
N'eritendons poine comprendré fous la dénomination des loix, 2 les exceptions momentanées
relatives à l'introdudion des fubffances
vent avoir lieu avec la Jandion du
gui peugouverneur.
E Marbois femble avoir rédigé cet articles &
peu qu'un gouverneur lui reffemblât,
pour
fans ceffe expolés,
le
5i nous 1 ferions
fa
par
retard ou If - le refus de
fandion, à mourir de faim, ou à payer le
triple: de leur valeur des fubliftances tardives. La
colonie n'a
que- trop. fouvent - éprouvé, dans des
temnps de difette, les effets homicides du
des adminiftrateurs cruellement
monopole
ambitieux.
Inflrudions du, 28. nigrs:
ART, XVIIL
En organifant. le pouyoir ezécutif, elles
noitront-que lé roi des Frangois, ef dans la recons
lonie, comme dans zout Lempire, le. chef CO
unique
valeur des fubliftances tardives. La
colonie n'a
que- trop. fouvent - éprouvé, dans des
temnps de difette, les effets homicides du
des adminiftrateurs cruellement
monopole
ambitieux.
Inflrudions du, 28. nigrs:
ART, XVIIL
En organifant. le pouyoir ezécutif, elles
noitront-que lé roi des Frangois, ef dans la recons
lonie, comme dans zout Lempire, le. chef CO
unique --- Page 28 ---
(26)
efuprene, de, cetie, partie de la puiffance Pilr
bl.quc. Lcs tribunaur, Ladminifration, J
les forees
milicaires, le reconnoitront pour leur chefs il
dans-la colonic, par un gouyer:
fera ropréjentés
dans les cas
neur qu'il aura nommés e qui,
fon autorite,
prefans 2 exercera proyifoirement
de
mais fous la referve, toujours obfervée, 7
for
approbation! f. définitives A A
dus décret du.28 mars.,. le. gou0 Saivant l'efprit
le roi-des
werneur fereit beaucoup.plust puillant que
créature feroit infiniment au-deffus
François, 2 &-la
du créateurs: : Lo SICS
-
le
En France, le monarque exeree
pouvoir
a
des légiflateurs : il a reexécutif fous 1es
rri
éclairés d'ane
mnp en
repréfentans
noncé 2 Carrte
e
Ta aime, une prérogative que les mination quil
importe la
fous fon nom 5 peu
nifires exerçoient 22 eft-il certaln arto que le ponvoir qui
forme; toujours
T'exécute.
fait la loi eft fupcriour au pouvoir qui
au contraire, un gouverneur
A Saine-Dontnpue,
& exécutif, ne verroit
armé du fceptre légiflatif même l'affemblée Coautour de lui', fans excépter
&.
des efclaves faits pour fe profterner
loniale 3 que
leur impofer. Cette
recevoir le
qu'il lui plairoit
joug :
fous la réferve
claule, dans les cas prefans ,8
de la Jandion di "Foi, n'apporte aucun change- abfolu
"ment, aucune" - modification au pouvoir
,
& exécutif, ne verroit
armé du fceptre légiflatif même l'affemblée Coautour de lui', fans excépter
&.
des efclaves faits pour fe profterner
loniale 3 que
leur impofer. Cette
recevoir le
qu'il lui plairoit
joug :
fous la réferve
claule, dans les cas prefans ,8
de la Jandion di "Foi, n'apporte aucun change- abfolu
"ment, aucune" - modification au pouvoir --- Page 29 ---
(27)
inveftit le gonvernéur. Les cas font
dont cetarticle
& la fanéion, (formalité
toujours réputés preflans, Pexécution), eft une approbabien furperflue après
d'nfage, qu'on
1 tion de cérémonial, 2 un compliment fort, parce que
fe garderoit bien de refufer au' plus
fa raifon eft toujours la meilleure. 20u2
les ariftocrates ; qui penfent qu'on' ne fau
# Que
à un fouverain,
roitjamais donner : trop de potivoir
trouver
setablità Saine-Domingte, ils y
viennent
fuivant leurs défirs. :
esinal
ront un roi
XVI, en s'écartant 5 pour
f Ceft ainfi que'Louis
n, des décrets
-la première fois & avec permillion
qui ont jugé:que
Pe
:émanés de l'affemblée nationale,
incomctoitiacellible's 2
le pouvoir exécutiffuprème exclufivement dans la permunicable, qu'il réfidoit
-
fonne du roi; c'eft ainfi, dis-je, que. ce monarque
de lêtre, conféreroit à fon
chéti, & bien 'digne
un pouvoir qu'il
mandataire 5 à Saint-Domingue, la loi & de la
n'a pas lui-mêmes cclui de rédiger
faire exécuter:
des travaux de M. BarPlus on examine la férie
plus on
relativement au fort des colonies,.
nave,
de concilier les prineft convaincu de Timpoflibilité décrets rendus fur fon
cipes qu'il établit. Les quatre
& pour
font la.cenfure les uns des autres,
rapport, il fuffit de lui oppoler fon propre onle réfuter,
vrage.
loi & de la
n'a pas lui-mêmes cclui de rédiger
faire exécuter:
des travaux de M. BarPlus on examine la férie
plus on
relativement au fort des colonies,.
nave,
de concilier les prineft convaincu de Timpoflibilité décrets rendus fur fon
cipes qu'il établit. Les quatre
& pour
font la.cenfure les uns des autres,
rapport, il fuffit de lui oppoler fon propre onle réfuter,
vrage. --- Page 30 ---
(281)
décretdu 8 mars eft un aveu formel de l'infufLe
la légiflation, compatible
ffance de l'affemblée pour
de M. Barles localités ; &x dans le rapport
avec
novembre; on lit l'affertion que les
nave, du 29
néceffaires pour
colons n'ont pas. les connoiffances
foient
leurs loix, & qu'il faut qu'elles
rédiger
dans le fein de l'affemblée nationale.
préparées
eft intervenu, le même jour, le
Sur ce rapport 7
& les autres cOdécrêt concernant la Martinique
lonies françoifes.
&
novembre,
Ces deux décrets des 8 mars
ainfi
ceux des 18 mars & 12 ostobre, concerque
ont été projettés & propofés
nant Saint-Domingue,
colonial. Ils ont
M. Barnave,ant nom du comité
par
fans difcuffion. Que dis-je? Il n'a pas
été adoptés
fur cette intéreffante
même été permis de Touvrir
d'une vafte'
devoit régler la deftinée
matière qui
feaion de l'empire françois.
fur Tomiffion des
Je ne faurois trop m'appefantir
les plus facrées & les plus rigourenfement
formes
immuables de la juftice;
preferites par les règles
affenlibilité eft d'autant plus profondément
ma
des inftruéions énigmafedée, & de la contrariété
ce
8du mépris quel'on a témoigné pourtout
tiques,
éclairer cette matière, que japperçois,
qui auroit pu
effrayante, les malheurs qui
dans-one perfpedive
lorfque le pouvoir exécutif
fondront far la colonie, --- Page 31 ---
(29.)
voudra faire executer le décret de l'affemblée nationale, du 12 octobre 1790. Certes, les opérations
de l'augufte affemblée font faites pour infpirer un
refpedinvolontaires mais s'ileft quelquefois permis
de raifonner ce fentiment, c'eft dans une circonftance ou la difcuflion n'a été ni ouverte ni permife
& oû l'on a refufé d'entendre laflemblée générale
de Saint-Domingue; on a pouffé plus loin encore 2
l'attentat aux formes judiciaires, qui font la fauvegarde des citoyens. Les pièces dénonciatrices n'ont
été communiquées aux accufés, & ces accufcs,
pas accufateurs eux-mêmes, n'ont pu obtenir un délai
confondre la calomnie, démal-
-
deigi jours, pour
del'inno*
quer lintrigue,avec les armes viétorieufes
cence & de la vérité.
Infruttions du 28 mars.
ART. IV.
Immédiatement après la proclamation & laf
fiche du décret & de Pinftrudion dans chague
paroiffe, toutes les perfonnes agées de - 25 ans
propristaires d'immeubles, oul, à diaccomplis,
domicilices dans la
faut dune telle propriité,
paroife depuis deux ans, 6 payant une contribution, Je réuniront pour former Cafembiie
paroiiale.
Çet artiçle garde le filençe fur la quefion la
Immédiatement après la proclamation & laf
fiche du décret & de Pinftrudion dans chague
paroiffe, toutes les perfonnes agées de - 25 ans
propristaires d'immeubles, oul, à diaccomplis,
domicilices dans la
faut dune telle propriité,
paroife depuis deux ans, 6 payant une contribution, Je réuniront pour former Cafembiie
paroiiale.
Çet artiçle garde le filençe fur la quefion la --- Page 32 ---
(30))
décifive. La réticence relative aux affiranplus
donné: lieu à des difcuffions intermi-:
chis, a
T'affemblée
nables entre Paffemblée du - cap- &
de la colonie, quoique ces deux aflemblées:
générale
fur le fond. Mais la ders'accordaflent parfaitement
nière étoit dans la perfuafion que le corps-légiflarif
les : affranchis 3 &c
avoit entendu comprendre
les blancs dans la claffe des perfonnes cligibles.
L'affémblée du Cap foutenoit Topinion cons'accordant toutefois avec l'aflemblée
traire, en
innovationgénérale, 7 fur le danger d'une pareille
feule de
Les malheurs terribles que l'ambiguité
juftifient Ce fentiment.
cet article a occafionnés,
Les affranchis ont voulu tirer parti de l'équivoque
des inftrudions. Le péril n'eft pas encore évanoui:
confidération a fait preffentir à l'af
cette puiffante
cet
femblée générale de Saint - Domingue 9 que
avoit befoin d'interprétation; & tant que
article
la deftinée des cocette équivoque 2 qui compromet
qu'imjonies & leurs propriétés, tant mobiliaires(s)
mobiliaires, évaluées à cinq milliards, perpétuera
alarmes, il fera impoflible d'opérer avec
les juftes
prévoyance & avec fécurité.
Lés efclaves font confidérés comme la prin-
(1) richefle mobiliaire, fans laquelle lcs colonies
cipale
cefferoient d'exifter. --- Page 33 ---
(3:)
Voilà les vérités affligeantes que j'ai cru devoir
clles font l'effet de Tépanchement de
annoncer :
du fort que l'erreur prépare
mon ame. 2 qui gémit
dans Tadaux colonies. Je n'afpire a aucune place
miniftrationije ne fuis pas débiteur du commerce:
ambition eft de voir mes cultures coRma feule
dent
fervées & portées au degré de profpérité
elles font fufceptibles; & jufqu'à ce que l'on me
des cultures des colonies
prouve que la progreffion
hautement
eft nuifible à la France, je me dirai
&
le vrai ami de la nation, le vrai patriote 3
m'ais convaincu que le pouvoir
jufqu'à ce qu'on
& les vexaarbitraire n'amène pas aux vexations,
ferai des voeux pour que
tions au défefpoir 9 je
France,
les loix, dans les colonies comme en
&
aient fur-tout
foient fixes & invariables,
qu'elles
des convenances locales, fans lefquelles
Pempreinte
opérer le bonheur des
elles ne pourront jamais
de la métrocolons, qui eft inféparable de celui
attendu que le tiers des habitans du royaume
pole,
fon exiftence à fes liaifons & à
de France doit
fes rapports avec les colonies.
De TImprimerie de L. POTIER DE LILLE,
rue Favart, no, 5. 1791. --- Page 34 ---
3535.
E7AL
T228c --- Page 35 --- --- Page 36 ---
a