--- Page 1 --- --- Page 2 ---
378F4
(12)
cn, discussion contradictoire tes amis, tes protecteurs, 9
Polverel et Sonthonax. Malgré le soin qu'ilsapportent
à éterniser et embrouiller la discussion sur les tems
antérieurs à_leur arrivée à St-Domingue, nous établissons chaque jour les preuves de leurs nombreux
forfaits auxquels tu n'es pas étranger; nons le prouverons quand il en sera tems, et bientôt tu irasavee
tes amis les terroristes, les - hommes de sang, occuper
la place que la justice nationale vous marquera. Vous
auriez dû tous y figurer depuis long-tems, pour la
conservation de tant de malheureuses victimes, et
pour opérer la tranquilité et la postérité de la république française.
BRULLEY,
Commissaire de S-Domingue, --- Page 3 ---
CORRESPONDANCE
SECRETTE
'DES COLONSDÉPUTES --- Page 4 ---
EOXACXoseas38x00
STTISDI
TUSAGexO10S --- Page 5 ---
) 1
CORRESPONDANCE
SECRETTE
DES COLONS DÉPUTÉS
A
L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
SERVANT à faire connaitre l'esprit des
colons en général, sur la Révolution,
A PARIS,
De 1Imprimerie d'ANJUBAULT, Maison de
T'Assomption, Ruç Honoré, N. 20. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
AVERTISS E M EN-T.
Lesleures
qu'on va lircontété cxiraitcs
d'une partie de la
crète de la Députation. correspondance sesous l'Assemblée
deSt-Domingue,
Constituante, Cette
correspondance fut
mois de Mai 1 1790, imprimée vers le
les
pour faire connaitre
principes de ces marquis colons
notre révolution. Si ces lettres
sur
produites aujourdhui,
sont rec'est encore
mettre sous les yeux de la
pour
les Principes deces
Convention
Colons, 2 afin
puisse les juger. Car si, à
qu'elle
12 Août 1789, où
T'époque du
nous ne commencions
qu'à secouer nos chaines,
nous
2 les Colons
peignaient comme ivres
berté (4),
de licomment doivent-ils nous
twewcadpuntbaige@nts :
trace
cresteaucune
d'esclavage, 2 pas même dans les
lettre. (:) Voyez cette expression dans leur
premiere
A 2 --- Page 8 ---
Colonies, quin'enproduirontpasmoins
de sucre, de café et autres denrées,
quand les trahisons et les perfidics des
Colons cesseront d'égarer les hommes,
nouveaux citoyens de ces contrées.
Voulez - vous savoir pourquoi les
Colons, grands planteurs, se remuent
plus fortement aujourd'hui que jamais?
c'est qu'ils ne pardonneront jamais aux
Assemblées nationales les trois décrets, 2
qui font leur plus grand éloge.
La Loi du 4 Avril 1792, qui I appelle
les hommes de couleur à l'égalité des
droits.
La Loi en faveur des enfans bâtards,
qui les fait héritcr de leurs pères.
Enfin l'abolition totale de l'esclayage
dans les Colonies.
Ces Lois sont, pour les Colons, trois
sujels à aller se pendre.
'ils ne pardonneront jamais aux
Assemblées nationales les trois décrets, 2
qui font leur plus grand éloge.
La Loi du 4 Avril 1792, qui I appelle
les hommes de couleur à l'égalité des
droits.
La Loi en faveur des enfans bâtards,
qui les fait héritcr de leurs pères.
Enfin l'abolition totale de l'esclayage
dans les Colonies.
Ces Lois sont, pour les Colons, trois
sujels à aller se pendre. --- Page 9 ---
CORRESFONDANCE
SEGRETTE
DES COLONS DÉPUTÉS
A
L'ASSE 14EX9S-PATE
N. B. Cette première lettre a déjà paru dans
quelques papiers publics.
Copie de la lettre ecrite par Messieurs les
députés de Saint - Domingue, à leurs
constituans au Cap.
Versailles, le 12 août 178g.
Missmons ET CHERS COMPATRIOTES,
Nous nous empressons de vous faire
passer une copic dc l'avis alarmant
M. lc comte dc Magallon, l'un de que
nos --- Page 10 ---
(8)
collègues, nous a donné. Notre perplexité est affreuse, à la vue du péril
imminent dont notre mnalheureuse colonie : est menacée : nous n'avons apperçu
de ressource que dans la prompte couvocation
d'une assemiblée grovinciale dans chaque département (1) ; nous en avons fait la
demande au ministre. Nous pouvions
nous dispenser de lui faire cette demande', puisqu'il est jugé aujourd'hui
par l'assemblée nationale clle-même,
que toute société a droit de s'assemblerpour conférer librement des affaires
communes, ct qu'elle n'a pas besoin da
concours de l'autorité pour cela. Les
députés: de 1 Saint-. Domingue n'ont pas été
élus dans des assembiécs auirement convoqies, et ces députés ont élé admis par
lassemblée nationale. Nous ne nous sommes donc adressés au gouvernement
que pour mettre autant, que. possible
la forme de notre côté: le ministre nous
a refusés.
i :
(*) C'est, qa'avec cettc- assemblée 1 on voulait contrarier l'assemblée nationale 2. comme
elles ont toutes fait, et arriver à l'indépendance. --- Page 11 ---
(9)
Nota. Depuis notre lettre éerite, le
nous a Fait ofrir de se concerter. avec ministre,
l'assemblée ou les assemblées
nous pour.
il
que nous lui demandons; a également rejetté d'autres demandes
nous lui avons faites, et gne nous joignons ici que
sa réponse.
avee
La colonie,
double
Messieurs, est dans un
danger également pressant. Danger au dehors ; QUE VEULENT CES VAISSEAUX (1), que les papiers publics
apprennent être sortis de
nous
au
danger
fAngleterre?
lever
dedans; on cherche à sounos nègres. Nous
mesurons
voyons et nous
avec effroi l'un ct l'autre de
ces' dangers ; mais
dernier est vraiment d'une principalement le
nature à nous
causer les plus horribles
nous le
et
inquiétndes;
voyons >
nous sommes forcés de nous taire : ON EST IVRE DE
LIBERTÉ (2).
Messieurs, une société
dehors. (1) Il n'y, en avait aucun à cette époque
tels (2) Quel langage pour de chauds
que les Colons, qui sous ie
patriores
ont pris son masque, pour parzitre terrorisme
qui aujourd'hui crient plus haut patriotes et
contre les buveurs de sang, lorsqu'ils. que sont personne
mêmes gorgés du sang des Affticains! cux-
forcés de nous taire : ON EST IVRE DE
LIBERTÉ (2).
Messieurs, une société
dehors. (1) Il n'y, en avait aucun à cette époque
tels (2) Quel langage pour de chauds
que les Colons, qui sous ie
patriores
ont pris son masque, pour parzitre terrorisme
qui aujourd'hui crient plus haut patriotes et
contre les buveurs de sang, lorsqu'ils. que sont personne
mêmes gorgés du sang des Affticains! cux- --- Page 12 ---
(10)
d'enthousiastes 1 qui ont pris le titre
d'amis des noirs, écrit ouvertement contre nous; elle épie le moment favorable
de faire explosion contre l'esclavage :
il suffirait peut-être que nous eussions
le malheur de prononcer) le mot, pour
qu'on saisit l'occasion de demander
T'affranchissement de nos nègres (1).
66 La crainte que nous en avons nous
99 réduit malgré nous au silence : le
95 moment ne serait pas favorable pour
99 engagerlassemblée nationale à entrer
99 dans nos mesures pour nous garantir
99 du danger qui nous menace. C'EST
99 A VOUS, MESSIEURS, A VOIR
59 LE PARTI QUI CONVIENT DANS UNE
92 CIRCONSTANCE AUSSI CRITIQUE:nous
99 remplissons le seul devoir dont ii
59 nous soit permis de nous acquitter ;
92 nous vous avertissons, le péril est
99 grand, il est prochain. Veillons à
99 notre sûreté ; mais veillons-y avec
(x) Comment croire à la sincérité des Colons,
d'après ce qu'on vient de lire, cela doit faire
sentir à la convention quelle précaution elle
doit prendre, pour faire exécuter la loi du 16Plueiose, en faveur des Noirs. --- Page 13 ---
(11)
93 prudence. C'est ici
29 de toute sa tête: qu'on a besoin
99 L'enneni, mais
mle réveillons pas
ne nous
99 prendre. Veillez, laissons pas sur99 veillez; CAR L'ASSEMBLÉE encore une fois,
29 EST TROP OCCUPÉE
NATIONALE
93 DU ROYAUME
DE L'INTÉRIEUR
97 GER A NOUS. POUR POUVOIR SONNous
95 tout côté les
avertissons de
99 à la défense de Américains de voler
leur
29 doute la plupart
patrie: sans
99 IL Y AURA
vont s'embarquer;
SUREMENT
99 UNS DE NOUS
QUELQUESQUI LES
29 en attendant
SUIVRONT (1),
99 réunir. Prenez que tous puissent sc
les
29 tre sagesse
mesures que VOvous
99 bien les
dictera; observez
99 QU'ON ARRÂTE personnes et les choses;
99 Qp'ON
LES GENS SUSPECTS,
SAISISSE LES
99 MOT MÉME DE LIBERTÉ ÉCEITS OU LE
99 NONCÉ; redoublez la
EST PROhabitations, dans les
garde sur VOS
bourgs;
villes, dans les
couleur -libres, par-tout atlachons a les gens de
MÉFIEZ VOUS DE
QUI VONT VOUS ARRIVER
CEUX
D'EUROPE.
(1) En effet. F'archevéque
l'assemblée constituante
Thibault quitta
pour y aller.
,
SAISISSE LES
99 MOT MÉME DE LIBERTÉ ÉCEITS OU LE
99 NONCÉ; redoublez la
EST PROhabitations, dans les
garde sur VOS
bourgs;
villes, dans les
couleur -libres, par-tout atlachons a les gens de
MÉFIEZ VOUS DE
QUI VONT VOUS ARRIVER
CEUX
D'EUROPE.
(1) En effet. F'archevéque
l'assemblée constituante
Thibault quitta
pour y aller. --- Page 14 ---
(18.)
(1) C'est un de vOS plus grands malheurs qu'on n'ait pas pu, dans une
circonstance aussi critique, cmpêcher
l'embarquement des gens de couleur
qui étaient en France; nous l'avons
demandé au ministre, lesprit dus jour
s'oppose SWT Ce point à nOs desirs: empécher, sur notre demande même,
T'embarquement des esciaves, serait
regardé comme un acte de violence
qu'on dénoncerait à la Nation.
Courage, chers compatriotes! NE VOUS
LAISSEZ FOINT ABATTRE; NOUS CONTINUERONS DE FAIRE SENTINELLE POUR
VOUS: C'EST TOUT CE QUE NOUS POUVONS DANS, LE MOMENT PRÉSENT; le
tems viendra sûrement où nous pourrons faire mieux. IL FAUT LAISSER
REFROIDIR LES ESPRITS; CETTE CRISE
NE DURERA PAS: COMPTEZ SUR NOUS.
Nous avons lhonneur d'être, avec
les sentimens inaltérables dc la confra-
(1) Voilà l'origine des premiers massacres, à
commencer par Ogé, et ensuite sur tous SCS
frères qui n'ont jamais reclamé que l'exécution
des décrets nationaux. --- Page 15 ---
(13)
ternité la plus intime, chers
triotcs, vOs très humbles, obdissans compaserviteurs, les députés de Saint-Domingue. Signés à T'original, RAYNAUD,
président; MAGALLON,
VÈQUE THIBAULT
L'ARCHE a
DE
(1), LE MARQUIS
PÉRICNY, DE THÉBAUDIÈRE, DouGÉ, LE GARDEUR, DE
CHEVALIER DE MARMÉ, TILLY, LE
BODEKIN fils, GERALD
GERARD,
LE MARQUIS DE GOUY-D'ARCY. COURVEJODLE,
P. S. Il est possible, et mêmc
bable, que les bruits alarmans prosont répandus, et qui font la matière qui se
de cette lettre, ne Soient pas fondés;
et, dans ce cas, il serait fâcheux
cela fit une sensation trop forte dans que
la colonie, qui, indépendamment des
craintes qu'elle inspirerait, pourrait
peut-être donner lieu à des
plus réels. 1 C'est à vous,
dangers
à agir avec la
Messieurs,
circonspection et la
celui (:) L'archevéque Santhonax Thibault, est le même
juge enfin que T'homme a fait déporter, et qu'on que
lettre. Quil essaye après qui a cela signé d'exalter une pareille
tiotisme simulé,
son pa-
colonie, qui, indépendamment des
craintes qu'elle inspirerait, pourrait
peut-être donner lieu à des
plus réels. 1 C'est à vous,
dangers
à agir avec la
Messieurs,
circonspection et la
celui (:) L'archevéque Santhonax Thibault, est le même
juge enfin que T'homme a fait déporter, et qu'on que
lettre. Quil essaye après qui a cela signé d'exalter une pareille
tiotisme simulé,
son pa- --- Page 16 ---
(14) )
prudence que votre sagesse vous suggérera: mais nous pensons qu'une sécurité dangereuse ne doit pas non
plus vous empêcher d'avoir les yeux
ouverts sur l'effet
pourra produire
dans les colonies eC fermentation qui
règne dans le royaumc, et que vous
ne devez négliger aucunes précautions, aucuns soins, pour maintenir Pordre, la
paix et la subordination dans votre sein $
et il nous semble quele meilleur moyen
à
employer pour assurer dans tous les
tems le repos et T'existence dans la COlonic, c'est d'affectionner à votre cause la
classe des gens de couleur. Ils ne demandent sirement pas mieux que de confondre
leurs intérêts avec les vôtres, et de s'employer avec zèle pour la sireté commune (1)-
Il n'est donc question, de votre part,
que d'être justés envers eux, et de les.
traiter toujours de mieux en' mieux.
(:) C'est unc prcuve incontestabie que le
véritable intérêt des hommes de couleur, est
de rester attachés à la France, et si quelquesuns ont été égarés, ce n'est que parce que des
malveillans leur ont persuadé que les décrets
nationaux ne prévaudraient pas sur la' volonté
des colons. --- Page 17 ---
(15 )
Nous regardons cette espèce comme le UraR
boulevard de la sireté de la colonie. Vous
pouvez les assurer que vOs députés,
quisont aussi les leurs,
avec zèle auprès de l'Assemblée s'emploieront
tionale pour Tamélioration de leur nasort, et pour leur procurer la juste
considération qui est due à tout citoyen qui se comporte honnêtement.
N. B. Ce post-scriptum est de M. Gerard.
Letlre des mêmes aux chambres du
commerce.
Du 18 Septembre, 178g.
MESSIEURS,
Comme la sûreté de
exige
Saint-Domingue
que l'on. prenne en ce moment
toutes les précautions possibles
s'opposer au désordre dont cette pour isle
est menacée, nous vous prions instamment d'employer tous les moyens
qui sont en votre pouvoir
pêcher tous
pour emde
nègres et tous mulâtres
s'embarquer pour la colonie. Vos
intérêts qui sont inséparables des nô- --- Page 18 ---
(16) )
tres, vous feront, sans doute, approuver toutes les mesures qui seront
commandées par les circonstances, - et
nécessaires à : cet effet (1).
Extrait des leitres du Cap.
Des 20 et 30 Novembre.
LES nouvelles qui nous sont venues
de Paris, adressées à divers particuliers
du Cap, disent que la députation est
tombée dans le mépris, et par sa conduite d'une part, et par sa scission
entr'elle et les habitans résidans à Paris:
Que M. de Thébaudières sacrifie tout
à son" intérêt personnel, et que la perspective de lintendance de Saint-Domingue lui fait oublier lcs intérêts dont il
est chargé :
(x) Cette lettre fait connaître à quel excès
d'audace, lcs Colons députés s'étaient portés.
Il existe des preuves au comité des colonies
et aux bureaux de la marine, des réclamations
sur les embarquements 1 refusés aux hommes
de couleur à cette époque.
Que
M. de Thébaudières sacrifie tout
à son" intérêt personnel, et que la perspective de lintendance de Saint-Domingue lui fait oublier lcs intérêts dont il
est chargé :
(x) Cette lettre fait connaître à quel excès
d'audace, lcs Colons députés s'étaient portés.
Il existe des preuves au comité des colonies
et aux bureaux de la marine, des réclamations
sur les embarquements 1 refusés aux hommes
de couleur à cette époque.
Que --- Page 19 ---
(17 )
Que M. de Regnaud;
place de M. Tarchevèque député en la
être
Thibaut, veut
général lieutenant-général.er à
vise à revenir
Saint-Domingue ;
lui, ses sentimens
quc, malgré
Se manifestent :
Que M. de Cocherel veut la
de St.-Louis, à laquelle
croix
ses
grace il sacrifie
obligations et ses sermens :
Que M. le marquis de
lorsqu'il porte la parole, Gouy est hué
lc monde lui tourne le
et que tout
dos: :
Que M. de Perigny est une
à détruire mille Philistins
mâchoire
:
Quc M, de Gerard a de
ct sages; mais sourd
bonnes vues
comme un pot :
Que les caractères de MM, de
de Regnaud et de Cocherel,
Gouy,
concilians,
sont
2 s'opposant à tout le bien peu
qu'on voudrait opérer :
Que M. de Rouvray seuln'abandonne
parlesintérêts de la colonie
avec chaleur (1):
qu'il défend
chauds (r) C'est que ce Rouvray était un des
partissans de lindependance.
plus --- Page 20 ---
(18 )
Que l'assemblée coloniale, composée
à Paris de plus de deux cent cinquante
personnes 2 a cu une audience , par
un nombre de députés 7 chez M. le
chancelier, où se sont trouvés plusicurs
membres du conseil, lcs ministres et
M. l'archevèque de Vienne; 2 ct que. là
il a été question des intérêts de la colonie, et du mécontentement qu'on a des
députés (1).
On suppose que vous n'avez rien fait
pourla.colonie; quevous n'ètes occupés
que de votre intérêt ct de votre avancement particulier : voilà les belles
choses qu'on mande ici, et qui sont
lues dans une assemblée de quatre-vingtseize députés, et où ily a toujours beau.
coup de spectateurs.
Le 18 janvier 1790.
Les députés ont écrit au ministre de
la marine, pour] le prévenir qu'ils étaicnt
instruits qu'on le pressait de faire passer
des troupes à Saint-Domingue.
(1) Voilà ce quel'on appeliait le club Massiac,
qui a fait tant dc mal. --- Page 21 ---
(19)
Ils ont écrit dans la Colonie pour qu'en
s'oppose à la descente de tout navire porleur
de troupes.
Le 22 Janvieri7go.
Le ministre, a répondu qu'on n'enverrait que le-nombre nécessaire de
recrues, pourcompléter les régimens qui
sont dans les colonies.
Le 4 Févricr 1790.
Les députés ont écrit de nouveau
pour que ces recrues ne soicnt point
envoyées dans ce moment (1).
Extrait d'une lettre aux trois comités.
Du 5 Décembre 1789.
LES nègres, mulâtres libres, et gens
(2) Tous ces articles ont été trouvés inscrits
sur les registres de l'assemblée que les Colons
députés tenaient conjointement avec d'autres
Colons. Ils prouvent qu'ils craignaient
de troupes pour pouvoir se donner aux Anglais, l'envoy
pendant que Lassemblée nationale était nop
Le l'intérieur, pour songer à ex.
occupie
B
.
Du 5 Décembre 1789.
LES nègres, mulâtres libres, et gens
(2) Tous ces articles ont été trouvés inscrits
sur les registres de l'assemblée que les Colons
députés tenaient conjointement avec d'autres
Colons. Ils prouvent qu'ils craignaient
de troupes pour pouvoir se donner aux Anglais, l'envoy
pendant que Lassemblée nationale était nop
Le l'intérieur, pour songer à ex.
occupie
B --- Page 22 ---
I 20 )
de couleur qui sont à Paris, se sont
réunis 2 à l'exemple des propriétaires
blancs, et ont la prétention, non-seulement de jouir de tous les droits de
ces derniers, mais encore ils osent demander que tout mulâtre né d'un esclave
soit déclaré libre. Ce serait le moyen
de mettre le désordre parmiles atteliers; :
car les négresses ne voudraient plus COhabiter quavec les blancs (1). Ceci est la suite
ele lexemple bien impolilique que les colons
de Paris leur ont donné en se réunissant en
corps. D'après les principes de l'assemblée nationale, les gens de couleur libres
obtiendront au moins 9 quant à leurs
propriétés, tous les droits de citoyen,
et par conséquent leur admission dans
() Ceci-est une preuve que T'espèce noire
en géneral aime beaucoup les blancs, et que
commel l'observe très bien Hiliard,ilsne haissent
que ceux qui leur font beaucoup de mal.
Considérations sur St.-Domingue, par H. B***
tome Il page 73.
Tout ceci fait sentir la nécessité que la convention prenne les mesures les plus sûres, pour
faire cxécuter la loi du 16 Pluviôse, par les
instructions qu'elle donnera à ses délégues dans
lcs colonies, --- Page 23 ---
(21 )
les assemblécs paroissiales et coloniales.
Nous pensons donc qu'ilyandrait mieux
qu'ils tinsseng de votre justice et bienveillance CC quevous croirez devoirleur
accorder, sans muire au respect du à
leur blanche, et qui doit être maintenu lacou
dans.un pays où il y a vingt esclaves
contre un blanc. Vous sentirez
bien que nous tout
aussitera dans ces circonstances Tavantage qui résulnous attacher de
critiques, de
plus en plus tous les
gens decouleur : ce seront nos meilleurs
défenseurs contre les esclaves. Nous
qu'il est juste d'autoriser tous croyons
sont majeurs et propriétaires, ceux qui
aux assemblées de
d'assister
raient une place a paroisses, où ils aupart, et un orateur blanc
pour exprimerleurs veeux, et qu' 'ils nomHeritemtpstisridicton à l'assemblée
un représentant
provinciale et coloniale,
qui y siègeraient dans un banc à
avec un orateur blanc
part
les assemblécs de
2 comme dans
paroisse (1).
(:) Voila les grands
fessés par ies pairiotes principes Colons, d'égalité proteurs.
1 grands planB 2
une place a paroisses, où ils aupart, et un orateur blanc
pour exprimerleurs veeux, et qu' 'ils nomHeritemtpstisridicton à l'assemblée
un représentant
provinciale et coloniale,
qui y siègeraient dans un banc à
avec un orateur blanc
part
les assemblécs de
2 comme dans
paroisse (1).
(:) Voila les grands
fessés par ies pairiotes principes Colons, d'égalité proteurs.
1 grands planB 2 --- Page 24 ---
(22)
Paris, le II janvier 1790
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
66 Une révolution s'cst faite au
99 s'il faut en croire les relations Cap;
$3 nous viennent, une assemblée qui
99 vinciale s'est forméc, et s'est
pro59
de T'administration
emparée
intérieure. Sans
99 doute cet exemple a été suivi dans
29 les autres parties de la
Nous aurions bien desiré colonie(1). 99
que les détails
de ces transactions
importantes nous
eussent été transmis
directement; et les
dernières lettres que nous avons du
comité du Sud, 2 sont fort anciennes :
celle du comité de l'Ouest sont du 11
octobre: et celles du comité du
du15 du même
Cap,
mois, ne nous parlent
absolument que de Tinculpation faite à
M. Moreau de Saint-Méry. Surles
miers bruits de ce qui s'est
prepassé, nous
(3) Ceci prouve jusqu'à l'évidence
les
Colons, en provoqnant la formation des que
biées coloniales et provinciales,
assemdu 12 août 178g
par deur lettre
avec l'assemblée 9 voulaient les faire rivaliser
gouvernement, constituante, et s'emparer du --- Page 25 ---
(a5)
nous étions hâtés de consigner la
fication qu'il nous a
justisentée, dans notre surle-champ prédéceiabre, et de la procès-verbal'du rendre
lavoic de l'impression;
publique
à Saint. -
puisse-t-elle ilee
Domingue l'effet
sur nous
qu'elle a fait
témoins du 2 zèle qui sommes tous les jours
colon !
patriotique de ce digue
Nous devons vous rendre
notre position, et soumettre compte de
duite et nos idées à la colonic, notre conblablement assemblée.
vraisemNous sommes arrivés ici avec
cahiers de
des
doléances, 2
un projet de formation qui contenaient
coloniales. Tout cela
d'assemblécs
à titre
nous était donné
d'instruction; etnos
étendant nos pouvoirs
constituans,
liberté et à la confiance jusqu'al'entière la
lue, nous avaient
plus absochanger,
autorisés à modifier,
réformer,
mander tout CC
ajouter, 2 enfin à devenable à la colonie. que nous croirions conNous avons été à T'Assemblée
nale s au nombre de six
natio.
raison de la
seulement, à
population de la colonie.
B 3
nous était donné
d'instruction; etnos
étendant nos pouvoirs
constituans,
liberté et à la confiance jusqu'al'entière la
lue, nous avaient
plus absochanger,
autorisés à modifier,
réformer,
mander tout CC
ajouter, 2 enfin à devenable à la colonie. que nous croirions conNous avons été à T'Assemblée
nale s au nombre de six
natio.
raison de la
seulement, à
population de la colonie.
B 3 --- Page 26 ---
24 )
Nous avons suppléé autant qu'il était
en nous à cette réduction, en arrêtant
que les dépués votans se concerteraient
sur tous les objets avec leurs collègues.
Mais bientôt l'assemblée nationale a
pris une forme nouvelle : au lieu de ces
Etts-Généraux, où les diverses Provinces venaient humblement mettre aux
pieds du Roi leurs griefs et leurs pétitions, PAssemblée est devéuue législatrice,
et a entrepris la grande tache de créer ane
Constilulion toute nowvelle ,, après avoir renversé tolalement Lancienne.
Nous avons senti d'abord, que ce
nouvel ordre de choses, 7072 prévu par
nos Constiluants, et dans lequel le sort
des Colonies tombait entre les mains
d'une foule de Députés des Provinces
intérieures qui 73e les comaisseut mullement,
et des Députés des villes de commerce
quiontquelques intérêts opposés, devait nous
inspirer la plus grande circonspection.
Cette circonspection a augmenté lorsque nous avons vu. proscrire tous les
cahiers impératifs, et les Représentans
leur qualité de mandataires pour s'ériger
en ligislalcurs absolus. --- Page 27 ---
(25 )
66 Enfin clle est devenue une espèce
66 de teireur, lorsque nous avons vu la
66 déclaration des droits de Thomme
66 poser, pour base de la Constitution,
46 T'égalité absolue, lidentité de droits,
66 etla liberté de touslesindividus 39. (1)
A proportion que nous avons conpu
TespritdclAsemblée.nousnoussoummcs
aisément convaincus que Timporiance
de Colonics était méconnuc : G6 qu'un
46 parti nombreux existait pour risquer,
66 s'il le fallait, lcur conservation L en
66 faveur des principes philosophiques
66 d'une secte trop répanduc; que l'af66 franchissement des esclaves était de66 siré par la pluraliié comme un acte
66 que l'humanité ct la religion prescri:
66 vaient et qui couvrirait dc gloire les
66 réformateurs 99.
C'est du temps, 2 qui dissipe los erreurs. 2
que nous avons altendu des circonstanccs
(x) Par-tout on voit T'éloignement des Colon
pour la liberté et l'égalité. Comment croire apré
cela à leur prétendu patriotisme, et à leu,
attachement sincère à la conttitution qui établi
ces principes, et à une nation qui veut ies
maintenir?
B 4
qui couvrirait dc gloire les
66 réformateurs 99.
C'est du temps, 2 qui dissipe los erreurs. 2
que nous avons altendu des circonstanccs
(x) Par-tout on voit T'éloignement des Colon
pour la liberté et l'égalité. Comment croire apré
cela à leur prétendu patriotisme, et à leu,
attachement sincère à la conttitution qui établi
ces principes, et à une nation qui veut ies
maintenir?
B 4 --- Page 28 ---
(s6)
moins périlleuses (1);et excepté T'objet de
Tapprovisionnement des Colonics, qui
nous a paru d'une nécessité xrgente 2
nous avons pris le parti, non seulement
denepresenteraucune demande relative
anx Colonies, mais de mettre tous nos
soinsa' dludertoutes cellesquipourraient
être présentécs ; et tel était notamment
l'objet du comité des Colonies, que
nous avions demandé en dernier lieu.
G6 D'ailleurs le ministre nous promet66 tait une Assemblée Coloniale: Notre
66 lettre du 8 Décembre dernier vous a
66 instruits de ce qui s'est passé à cet
66 égard pour: vous procurer proinpte66 ment dasueebiegriomnsemug (2)
Nous pensions qu'une fois réunis, les
Colons réformeraient aisément ce qui
leur paraîtrait vicieux ou suspect; nous
pensions aussiquinstruits delétatactuel
(x) Qu'on ne s'étonne donc plus des entraves
des oppositions des colons aux décrets nationaux.
(a) Ceci prouve qu'ils n'avaient deraandé ces
issemblées parleur lettre du 12 août 1;89,que
pour rivaliser avec l'assemblée nationale, et,
qu'ils étaicat d'accord avac le ministre pour cet
objei, --- Page 29 ---
(-27 )
de T'Assemblée ct des instructions
avions
que nots
y
portées 2 la colonie les
et qous C7L enverrait d'autres réformerait,
plus relaliucs
aux circonstances, et plus réfléchies comme
plus précises.
Il fallait cependant rectifier les idées
dominantes sur l'importance des Colonies, sur l'état des nègres, sur la nécessilé de maintenir Tesclavage et la
SaT lc degré de confiance
traite,
corder aux amis des noirs. quon pouvait acC'est à quoi nous nous sommcs attachés. Nous avons recherché les Députés
prépondérans, et dans les bureaux, et dans
les comités, et dans les sociétés
ct dans L'assembléc
parliculières ?
la vérité
méme; nous avons mis
sous les yeux, et nous en avons
ramené un grand nombre.
66 Nous avons répandu à
65 quelques écrits propres à rectifier profusion les
66 idécs, nous les avons fait circuler
66 dans les villes de commerce
64 avons excité leurs
2 et nous
Lcurs
réclamations 99.
DaeaTAweshiganis.
toujours 105 adversaires sur leur intérct
personnel, lc régime exclusifde commerce, (1)
(1) Ceci annonce bien clairement que ler
sous les yeux, et nous en avons
ramené un grand nombre.
66 Nous avons répandu à
65 quelques écrits propres à rectifier profusion les
66 idécs, nous les avons fait circuler
66 dans les villes de commerce
64 avons excité leurs
2 et nous
Lcurs
réclamations 99.
DaeaTAweshiganis.
toujours 105 adversaires sur leur intérct
personnel, lc régime exclusifde commerce, (1)
(1) Ceci annonce bien clairement que ler --- Page 30 ---
(28 1e )
ont senti que cet intérêt les forçait de
se réunir a nous sur tous les autres
points, et leur influence nous a servis heurersement.
Enfin les nouvelles de la révolution
de la Martinique, et les insurrections
des nègres, enstitelarévolution du Cap,
sont venues nous aider, et nous pouvons vous annoncer une position plus
heureuse. C'estici une.preuve de leurs
moyens employés pour faire rétrograder la révolution.
Ce nouvel esprit, nous l'avons déjà
dit dans notre lettre du 8 Décembre
dernier, et vous avez dà le voir par
les papiers publics. s'est manifesté à la
séance du 3 Décembre.
Depuis les
nouvellesalarmantes venuesdescolonies
n'ont fait que le confirmer et Tétendre,
et norS sommes certains d'abord qu'il n'y a
rien i craindre ster afranchisement; ; nous
avons tout aussi peu d'inquiétude sur la'
suppression de la traile (1).
colons vouloient être indépendans parle fait
et voulaien: commeicer iudistinctement avec
toutes les nations.
(4) Ile est- bien évident que c'était en cherchant --- Page 31 ---
(29 )
Lcs amis des noirs cux-mêmes
ramcnés surle premier objet. M. deCon- sont
dorcet Ta publiquement déclaré dans le
journal de Paris, et à cct égard, nous
vous annonçons ici avec plaisir,
66 l'excellent écrit de M. de
que
Rouvrai,
intitulé de l'Etat des Negres, a
66 dans T'opinion publique le
porté le
66 plus violent à cette société; coup
66 été même abandonnée
qu'eile a
66 de ses membres,
par plusieurs
quand ils se sont
66 vus dénoncés sàlexécration; enfin
66 cet écrit a excité la réclamation que
66 sante de plusicurs places de puisinerce 99.
comSurtous les points nous croyons
voir vous annoncer
pou-.
qu'il y. a toute
apparence que l'Assmblée Nationale est
résolue de ne toucher à rien de ce qui
intéresse les Colonies
attendre
2 qu'elle veut
qu'elles aient formé leur Constitution dans leur sein,
réserve
2 et qu'elle SC
seulement le droit de la conà effraye: l'assemblée constituante par des
tendues revoltes des noirs, queles
prélaient la mener aux fins, où ils
Colons vouà Tindépeadance.
dériraientarriver,
l'Assmblée Nationale est
résolue de ne toucher à rien de ce qui
intéresse les Colonies
attendre
2 qu'elle veut
qu'elles aient formé leur Constitution dans leur sein,
réserve
2 et qu'elle SC
seulement le droit de la conà effraye: l'assemblée constituante par des
tendues revoltes des noirs, queles
prélaient la mener aux fins, où ils
Colons vouà Tindépeadance.
dériraientarriver, --- Page 32 ---
( 30 )
firmer, ct de la présenter à la sanction
du Roi. (1)
Avant de nous expliquer sur cet objet
important, nous vous donnerons quelques détails particuliers.
L'hôtel de
Massiac, qui nous a si
violemmeut combattus, semble ébranlé
les mouvemens qui se sont passés par au
Cap; tous les détails annoncent quela
Colonie entend.conserverla
sauf à régler ses pouvoirs; députation,
de Massiac
, et l'hôtel
semble attendre ses décisions
avec la même impatience et le même
respect que nous.
Ces Messieurs ont paru desirer, et
quelques places de cominerce ont exprimé le même veeu, qu'on obtint du
pouvoir exécutif des forces pour prévenir les désordres qui pourraient se
passer dans les Colonics de la part des
esclaves.
colonies (1) Vous voyez toujours la prétention des
de faire leur constitution," et de là
T'apposition qu'ils ont mise à l'exécution des
décrets nationaux, et de là les troubles et les
désastres des cclonies. --- Page 33 ---
(31) )
Nous avons jugé ne pas devoir le
prendre sur nous: d'abord on ne
peut
et tne défection
Fetimntat
générale ou partielle pourrait
empoisonner la Colonie d'une foule de
infiniment plus dangereux gue les esclaves gens
ensuite, Si les troupes restaient
;
sousl'obéissance, , nous avons craint
les dirigeât plutôt
qu'on ne
contre les Colons
que contre les esclaves; et pleins de
confiance dans une Colonic,
qui cst
nous avons
défense,
Surieratrrrrest
éloigné cette demande
qu'à la réception de vos ordres. On jusperçoit ici que s'ils ne voulaient
pas
d2
troupes, c'était dans la crainte
ne les gênassent dans leurs
qu'clles
berticides.
projets li66 La prétention des mulâtres
66 core indécise.
est en2 et nous
66 nos efforts pourla faire réunirons tous
tombers. (1)}
Nous nous référons à ce
avons eu T'honneur de
que nous
égard
vous écrire à cet
par notre lettre du
(1) C'est de cette opposition et de ces
reproduits de mille manière,
efforts
lutie entre les aristocrates de qu'est la
resulté la
hommes de couleur,
peau avec les
droits par différens décrets. appellés ajouir des mêmes
66 core indécise.
est en2 et nous
66 nos efforts pourla faire réunirons tous
tombers. (1)}
Nous nous référons à ce
avons eu T'honneur de
que nous
égard
vous écrire à cet
par notre lettre du
(1) C'est de cette opposition et de ces
reproduits de mille manière,
efforts
lutie entre les aristocrates de qu'est la
resulté la
hommes de couleur,
peau avec les
droits par différens décrets. appellés ajouir des mêmes --- Page 34 ---
( 32 )
: Nous ferons valoir avec force ce que
nous apprenons que vous avez fait pour
eux , en les admettant aux Assemblécs
Primaires de la partie du Cap, 2 et les
marques de reconnaissance et d'attachement que cette justice leur a inspirées.
Nous devons vouspréveniràcctégard,
66 de veiller sur un sieur Ogé, jeune 2
66 que nous avons déjà dénoncé, pour
66 une lettre audacieuse écrite par lui
66 à un de nos collègues 99. Nous sommes
avertis qu'il passe dans la Colonie avec
six suppôts : qu'ils ont voulu être seuls
passagers dans lc bâtiment où ils
passent; que cet homme et ses adjoints
66 veulent soulever les gens de couleur,
36 et qu'il est important des'assurer non
66 seulement d'eux, mais de tous ceux
66 de cette espèce, et de tous les gens
66 suspcets qui pourratentarriver 3). (1)
On nous a annoncé le même projet
d'un mulâtre 2 Fleury, Créole de Saint-
(r) Voilà comment les Colons blancs ont
persécuté les hommes de couleur. ILest si
faux que le citoyen Fleuri ait été à Saint-Domingue, quelasection certificra qu'ilnapas quitté
Paris depuis vingt ans. --- Page 35 ---
33 )
Marc, ci-devant
sellier-carrossier, ruc
de Seine à Paris : cc'est un forcené,
66 quiparle de braver la corde, et
66 nous recommandons à votre que
66 lance 99.
vigiM. de la Fayette, membre de la Société des Amis des noirs, a proposé â
un député de la Martinique d'établir des
conférences entre quelques membres de
la Société, les Députés, des Colons de
l'hôtel de Massiac et quelques négocians
des ports 2 pour s'occuper du
ment
soulagedu sort des Nègres. D'abord une
semblable proposition annonce que les
amis des noirs tempèrent beaucoup;
ensuite il n'y a sûrement pas de Colon
qui ne desire Tamélioration de la condition des esclaves : mais nous n'avons
pas cru devoir nous prêter à un projet
auquel nous ne sommes nullement autorisés, el qui pourrait 220 pas convenir aux
Colons (1). La plus grande
tion sera
circonspecnotre règle dans les circonstances critiques où nous sommes,jusqu'a
(1) Jugez d'après Cet aveu des principes des
Colons, puisque l'amélioration du sort de leurs
esclayes ne pouvait leur convenir.
élioration de la condition des esclaves : mais nous n'avons
pas cru devoir nous prêter à un projet
auquel nous ne sommes nullement autorisés, el qui pourrait 220 pas convenir aux
Colons (1). La plus grande
tion sera
circonspecnotre règle dans les circonstances critiques où nous sommes,jusqu'a
(1) Jugez d'après Cet aveu des principes des
Colons, puisque l'amélioration du sort de leurs
esclayes ne pouvait leur convenir. --- Page 36 ---
54) )
CC que nous ayons des instructions bien
positives.
Messieurs de la Martinique ont demandé au Ministre que M. de Damas
fût renvoyé dans cette Colonie. Nous
avons demandé M. du Chilleau, et
nous allons nous occuper de renouveller
cette demande, malgrélopposition présumable du commerce.
Après vous avoir instruits de ces faits
particuliers, nous hasarderons de vous
présenter nos idées sur CC quel'Asseniblée Nationale semble attendre de vous.
D'abord, nous pensons que T'Assemblée coloniale, ou les Assemblées
provinciales peuvent hardiment appeller les
Américains à leur secours dans lous les ports
d'amirauté,s'il 2 a lien. (1)
Il est à desirer qu'il se forme, au
Port-au-Prince et aux Cayes, des Assemblées provinciales comme au Cap.
Iiparaitconstanto qu'uneseule Assemblée
(:) Ce conseil hardi donné sans aucune autorisation, annonce, que les Colons pensoient
qu'ils pouvaient tout entreprendre. --- Page 37 ---
F ( 35.)
générale adrait de grands
par la distance,la difficulté inconvéniens de
se réunir,
et ses affaires
12t
pour de longs voyages,
térêt Cependant il y a des choses d'un incommun, et c'est peut-être le
grand nombre; et il faut
plus
des assemblées
nécessairement
temps, et
générales de temps en
que les assemblées
ciales se
provin.
dans les communiquent intervalles.
tet se concertent
L'objet le plus urgent est
et de nous
d'arrêter
mation de enyoyer un modd de forces assemblées
semble que cela devrait 2 ct il nous
ane assemblée
être fait dans
générale.
de Les Comités ont reçu tous les Décrets
l'Assemblée
ce qui concerne nationale, les
et notamment
Elections. <e Sans doute Municipalités lc
ct'les
66 convenable et le plus
parti le plus
66 adopter ici les
propre à faire
slonie, serait de résolutions de la Co66 Décrets tout ce prendre dans ces
66 venir 9). (1)
qui pourrait lui con-
(2) N'est-ce pas là dire et nous
rejetterons
C
être fait dans
générale.
de Les Comités ont reçu tous les Décrets
l'Assemblée
ce qui concerne nationale, les
et notamment
Elections. <e Sans doute Municipalités lc
ct'les
66 convenable et le plus
parti le plus
66 adopter ici les
propre à faire
slonie, serait de résolutions de la Co66 Décrets tout ce prendre dans ces
66 venir 9). (1)
qui pourrait lui con-
(2) N'est-ce pas là dire et nous
rejetterons
C --- Page 38 ---
(36 )
L'Assomblée Nationale a sagement
balancé le degré d'égalité possible entre
tous les Citoyens 2 avec le respeet dû à
la propriété, et l'intérêt présumable
qu'elle inspire pour la chose publique.
Les dispositions qui cxigent T'age de
majorité , un certain temps de séjour,
une contribution directe alimpôt rd'une
certaine somme, et plusieurs autres, s
nous paraissent d'une application trèsimportante à des établissemens comme
les colonies. Unc considérationique nous
ne croyons pas qu'on doive oublier,
clest que la culture est le fondement de
cescrablissemens, queles villes et toutes
les classes qui les habitent ne sont que
des accessoires.
Pour avoir négligé ces principes fondamentaux à la Martinique,sls'est élevé
une division très-dangereure entre la
tout ce qui ne nous cenviendra pas. En effet
telle a été la marche des assemblées coloniales
temoin les objections sur le décret du huit
m2rs-1790, le refus d'obéirà celui du 15
et
enfin toutes les oppositions des Colons aux mai; décrets rationaux, cn fayeur de la liberté et de
Tégalité. --- Page 39 ---
( ( 37 ) t
campagne et la ville de
elle embarrassa
Saint-Pierre;
à
beaucoup M. de Damas
l'instant de son départ. Elle force la
Députation à sollieiter de FAssemblée
Nationale un mode provisoire de formaticn de T'Assemblée
Coloniale,
pourra
qui
et dans la
ttnturmsentsi
colonic, et dans la décision
que les mulâtres sollicitent ici,
66 Il: est toujours
95 la force ct
malheureux que
93 - les principes linjustice d'un
empoisonnent
99 choses
nouvel ordre de
99.
G6 C'est. aussi un grand
99 que de s'arroger des inconvénient
99 étendus, et d'embrasser pouvoirs trop.
29 générale dès les premiers une réforme
pas.. (1)
Nous pensons que les assemblées COlodiales doivent laisser le pouvoir véritablemenl législatif à l'assemôlés nationale
que dans les colonies, plus
;
il faut que le pouvoir exécutif qu'ailleurs,
entre les mains des administrateurs soit
P
(:) Ceci s'adresse à Tassemblée nationale.
C 2
99 que de s'arroger des inconvénient
99 étendus, et d'embrasser pouvoirs trop.
29 générale dès les premiers une réforme
pas.. (1)
Nous pensons que les assemblées COlodiales doivent laisser le pouvoir véritablemenl législatif à l'assemôlés nationale
que dans les colonies, plus
;
il faut que le pouvoir exécutif qu'ailleurs,
entre les mains des administrateurs soit
P
(:) Ceci s'adresse à Tassemblée nationale.
C 2 --- Page 40 ---
( 38 )
pour avoir le degré d'activité nécessaire,
et que des assemblées nombreuses, qui
ne s'auraient être permanentes, 2 ne peuvent pas avoir.
Les assemblées coloniales doivent
s'en tenir au pouvoir de demander,
dans les loix et Tadministration, les réformes, les suppressions et les innovations qui leur paraitront convenables.
Que les projets soient présentés à la
sanction das administrateurs; et que s'ils
la refusent, l'assemblée nationale en
soit le juge.
Pour le reste, c'est au temps et
aux circonstances à amener lexamen et
la réflexion. Les assemblées seront étal
blies pour toujours. Les abus se présenteront et seront discutés successive- 2e
ment,'ct. on les corrigera avecle temps.
Nous devons considérer que nous
sommes entiéremenst neufs à la- législation
et d l'adminisiration, et qu'il faut laisser
mirir nos idées avant d'embrasser beaucoup
d'objets. 1
amuce
Les gens de, couleur pourraient-ils
suppléer aux milices? Nous comptons SWY
--- Page 41 ---
( 39 )
cetle classe: 2:0115 avons, daprés les circonstances, fortemont plaidé leur cause; (1) ct
nous supplions la. colonic de prendre
en considération, à cet égard, notre
lettre du 8 dééembre dernier: Mais nous
ne crOyons pas prudent de confier toule la
force, de metlre toutes les armes de la COlonie entre lesmains d'uneseule classe. Toutes
doivent faire corps, et tout corps doit
veiller â sa propre sûreté.
Nous espérons, Messicurs
colonie
, que la
recevra nos observations avec
indulgence, et qu'clle nous rendra
tice sur T'esprit qui les a dictées jussommes ses
; nous
députés, et nous sommes,
colons. Si hous étions sur les
nous aurions partagé scs
lieusa
et nous aurions fait enteudre délibétationss
nos
nions dans ses assemblécs: nous opis
cru-l lui "devoir le même tribut, et avons
les lui soumettons comme colons; nous.
me députés, nous la supplious de croire com-*
que nous recevrons Ses. décisions avec:
respect, el. quc nous les ferons valoir
avec zèle.
() On va voir, par le post-scriptum
comment ils en prenaient la défence, suivant,: --- Page 42 ---
(40 )
Nous avons T'honneur d'être
les scntimens de la plus intime avec
ternité,
fraMESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
Vos très humble et trèsobéissans serviteurs,
-Les membres de la
députation de
Saint-Domingue.
P. S. DANS un mémoire remis
comité des çolonics de l'assemblée au
tionale, il at été dit que les
na-,
couleurjonisient
gens de,
du droit de
déjà dans la colonic:
citoyen actif,
avaient déjà éié adris aux assemblées puisqu'ils
primaires.
Sur les représentations d'un de
que CC fait était
il lui
MM.,
faux,
a été répondu 66 qerl-étairnécesaire de
95 per à ce sujet le comité,
trom99 ne fasse- pas mention des pour qu'il"
99 couleur; et plusieurs de MM. gens de
39 pas voula-le
n'ont
signer 97.
gens de,
du droit de
déjà dans la colonic:
citoyen actif,
avaient déjà éié adris aux assemblées puisqu'ils
primaires.
Sur les représentations d'un de
que CC fait était
il lui
MM.,
faux,
a été répondu 66 qerl-étairnécesaire de
95 per à ce sujet le comité,
trom99 ne fasse- pas mention des pour qu'il"
99 couleur; et plusieurs de MM. gens de
39 pas voula-le
n'ont
signer 97. --- Page 43 ---
(41)
Ci joint un extraie du mémoire
préscuté aM
comilé des colonics.
Nous devons dire ici que nos commettans, qui d'abord nous avaient chargés expressement de proposer une constitution coloniale
66 nous
alauembléenarionale
ont expressément défendu
92 accepter aucune,
d'en
99 vu la déclaration 2 depuis qu'ils ont
des droitts 99.
Ce n'est pas que la colonie veuille
repousser la liberté et T'égalité de
les citoyens ; elle existe
tous
déjà a SaintDomingue: mais clle voit la
des aroits sous le rapport des déclaration esclaves
seuls.
Nous devons vous prévenir aussi
les noirs libres et les gens de couleur que
citoyens actifs ont déjà été admis aux
assemblées qui ont nommé les
à l'assemblée
députés
provinciale du nord.
Pour être citoyen actif, il faudra être
agé de 25 ans, avoir un an de domicile
dans la paroisse, et payer la
tion équivalente à trois journées capita- de
travail dans la colonie, --- Page 44 ---
(42)
Letire à M.
MONSIEUR,
Vous nous demandez, par la lettre
qué vous nous aAez fait Fhonnour de
nous' écrire le premier dc ce mois, s'il
vous serait possible de, faire repasser
un nègre dans les colonies.
Malgré le décret rendu que vous
nous citez, qui doit ramener le calme
dans les colonies, nous vous disons
que nous n'avons rien changé encore
au régime qui a été adopté, de ne laisser passeraucune personne de couleur,
d'après la réclamation qui nous en a
été faite par MM. les députés de SaintDomingue, résidans à Paris, qui nous
ont invités de continuer à y tenir la
main.
La chambre du commerce du Cap
nous a également fait par que l'assembiée provinciale a arrêté qu'aucune.
personnc de couleur ne serait- reçue
dans la colonie, et que s'il en arrivait, --- Page 45 ---
(43)
elles seraicnt mises dans un dépôt, pour
être renvoyées par le premier navire
pour France.
Ainsi, monsieur 2 votre demande
dépend absolument de MM. les députés
de Saint-Domingue, que vous pouvez
voir à cet effet.
Nous avons Thonneur d'être, ctc.
Les représentans du commcrce
du Havre.
Signé, Louis PAPILLON, DEBOULOGNUE, BELOT.
Au Havre, le 9 avril 1790. --- Page 46 ---
U u
43)
elles seraicnt mises dans un dépôt, pour
être renvoyées par le premier navire
pour France.
Ainsi, monsieur 2 votre demande
dépend absolument de MM. les députés
de Saint-Domingue, que vous pouvez
voir à cet effet.
Nous avons Thonneur d'être, ctc.
Les représentans du commcrce
du Havre.
Signé, Louis PAPILLON, DEBOULOGNUE, BELOT.
Au Havre, le 9 avril 1790. --- Page 46 ---
U u --- Page 47 ---
CONVENTION NATIONALE
L ETT'R E
Lcrite dé New - Yorck par les députés de
Saint - Domingue,
A LEURS COMMETTANS.
IMPRIMÉE PAR ORDRE DE LA CONVENTION NATIONALE,
feulement Nota. Comme nous vonlons toujours être jugés, non
par nos difcours Tnais par nos aétions, nous
pas
qu'elles foient publiques. Nous avons jugé à
voulons
cennoître la lettre fuirante,
propos de faire
Français
quoiqu'écrite il y a trois mois. Les
perfidie dr verront colons nos fentimens, &c ils pourront juger de la
nobles, planteurs, de leur
s
France par les perfécutions qu'ils nous ont fait haine pour Ja
leurs elforts*pour nous empècher d'arriver & effuyer, &
rité. Qu'on voie par notre lettre G nous fommes d'apporter bien vindicatifs. la RXI
New-Yerck, 14 décembre 1793 > l'an
fecond de la République.
Fainss KT AMIS, CHERS
CONCITOYENS,
Nous vous avons promis de vous écrire & de vous
informer exactement de tout ce qui pourroit avoir
port à notre miflion. Nous nous emprefons de
rarce devoir, Nous voudrions n'aveir
des remplir chofes
gue
A --- Page 48 --- --- Page 49 ---
E795
D286e
V.I
leop ras)
FES
Jabir Carter Brolon
Lilmry
Eumt Inibersihy --- Page 50 ---