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CORRESPONDANCE
BE M. LE GENÉRAL
A EC
LASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DEI LA PARTIE FRANÇOIS E
DE SAINT-Do M INGUE
AU PORT-AU-PRINCE;
DE KIXPRIXERIE DE MOZARD) O. --- Page 4 ---
1 - --- Page 5 ---
GO
e
LETTRE de M. le Génèral, à M, le Préfident de
PAfemblie générale de la partie Frangoife de SaintDomingue.
A Saint-Marc, le 27 Avril 1790.
M 0 NSIEU R L E P R E $ I D E NT, JEme rends à linvitation de l'Affemblée del la partie Françoile
de Saint-Domingue, avec un empreflement égal au defir que
fai qu'elle m'accorde parmi les Membres qui la compofent, la
place qui peut m'honorer le plus, celle qui me mettra au
dés
bons Ciroyens.
rang
Il s'agit de la tranquillité, du bonheur de la Colonie ; pour y
contribuer detour ce qui eft en mon pouvoir, j'élude toute
tion de préléance, & je ne m'atrache qu'à ce qui
hâter quef.
l'oeuvre effentiel du bien général.
peut
Eh! qu'importe le lieu d'on je me fais entendre, quand morr
unique objet eft de convaincre
mes intentions font
la profpérité de la Colonie & E félicité de fes habitans, pures, eft
feule gloire oûi j'alpire ; & que foumis aux décrets de l'Affemblée
Nationale, à laquelle, commé François, jai promis fidélité,
fais me renfermér dans les bornes qu'elle me prefcrit elle-même. je
Je vous prie avec inftance, M. le Préfident, de
lAffemblée que jattendrai avec impatience le moment prévenir où elle
voudra me recevoir dans fon fein, comme un Citoyen de
& dans cette qualité, je lii offre , par votre organe,
plus ;
de mon refpect.
Thommage
Je fis avec la plus parfaite confidération.
Monfieur le Préfident,
Votre, &c. Signé,le Comte de PEINIER!
Pour copie conforme à Poriginal, Signé, le Comte de PEINIER
a --- Page 6 ---
Réponfe de M. le Préfident de PAlfembléc générale de la
partie Frangoife de Saint-Domingue, , a M. le Genéral.
A Saint-Marc, le 28 Avril 1790.
MONSIEURIE GOUVERNEURGI E N TÉRAL;
J'AI lu à l'Affemblée générale de la partie Françoife de SaintDomingue, la lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire hier.
Les fentimens qu'elle renferme font fi analogues à ce que doivent attendre d'un Citoyen vertueux, les dépofitaires de la confiance publique, que chacun des Membres qui compofent l'Affemblée a été pénétré de cette joie douce & pure qui fiit
les paroles de paix.
toujours
Vous trouverez au fein de l'Affemblée, M. le Comte, autant
d'amis que de Citroyens; elle ne formera jamais d'autre voeu,
que de trouver toujours en vous les difpolitions flatteufes que vous 2
lui témoignez aujourd'hui.
L'Affemblée eft en féance & prête à vous ouvrir fon fein.
J'ai l'honneur d'être avec refpect.
Monfieur le Général:
Votre, &c. Signe, BACON DE LA CHEVALERIE, Préfident.
Pour copie conforme à Toriginal. Signé, le Comte de PEINIER,
PE SEntS a
elle ne formera jamais d'autre voeu,
que de trouver toujours en vous les difpolitions flatteufes que vous 2
lui témoignez aujourd'hui.
L'Affemblée eft en féance & prête à vous ouvrir fon fein.
J'ai l'honneur d'être avec refpect.
Monfieur le Général:
Votre, &c. Signe, BACON DE LA CHEVALERIE, Préfident.
Pour copie conforme à Toriginal. Signé, le Comte de PEINIER,
PE SEntS a --- Page 7 ---
DISCOURS prononcé par M, le Gouverneur général
dans PAffemblée générale de la partic Frangoife ds
Saint-Domingue; 2 le 28 Avril 179c.
M ESSIEUR S,
LORSQUE le Roi m'a placé au Gouvernement de SaintDomingue, faveur infigne à laquelle jétois bien loin de
dre, je ne m'attendois pas au fpeftacle impofanit dont vous préten-" me
rendez témoin.
Appelé
vous, , Meflieurs, au milieu: des Repréfentans de la
plus riche Ea de la plus importante portion de Tempire François,
jy apporte franchife, loyauté, amour
le bien, defir ardent
pour le bonheur & pour la proipérité EE la Colonie.
Ceft ici le fanÉtuaire où je viens dépofer
& facré de coopérer avec
lengagement formel
doit ramener l'ordre
vous, Mellieurs, au grand ceuvre
leurs
en protégeant efficacement les Ciroyens E
propriétés; ; c'eft ici & devant vous, Meffieurs,
fère avec ferveur mon ferment de fidélité à la Nation que je pro-.
dont la Colonie eft partie intégrante, au Roi bienfaifant Françodfe,
protège, 2 à qui nous devons le tribut de notre,relpea,
nous
amour & de
notre
T
le
notre reconnoiflance, à la Loi fous laquelle je fléchis
premier, & dont je maintiendrai les décrets.
La régénération de la Monarchie doit s'étendre fur toutes les
parties qui la conftiruent, & pour que les Colonies
tous les" avantages réfervés aux provinces plus approchées participent de la à
Métropole, , l'Allemblée nationale, en les autorifant à faire
noître leur voeu fur la conflitution, la légiflation & Tadminiftra- contion qui leur conviennent, leur annonce une inftruction
fermera les bafes générales auxquelles les Affemblées qui rendevront fe conformer dans lès plans préfentés
coloniales
être enfiite examinés & décrétés par TAffemblée par elles, pour
préfentés à l'acceptation & à la fancion du Roi. nationale, &
&
en les autorifant à faire
noître leur voeu fur la conflitution, la légiflation & Tadminiftra- contion qui leur conviennent, leur annonce une inftruction
fermera les bafes générales auxquelles les Affemblées qui rendevront fe conformer dans lès plans préfentés
coloniales
être enfiite examinés & décrétés par TAffemblée par elles, pour
préfentés à l'acceptation & à la fancion du Roi. nationale, &
& --- Page 8 ---
[6]
Telles font, Meflieurs, les difpofitions du décret de l'Affemblée
nationale relatif aux Colonies, déjà connu dans celle-ci, &
ne peut tarder à y être direStement adreffé par le pouvoir exé- qui
cutif; en même temps qu'il vous impofe la tâche pénible, mais
gloricufe, qui va faire dépendre de vos lumières & de votre
prudence les fuccès de la Colonie & le bonheur de fes Habitans,
ce décret me prefcrit mes. devoirs.
Uniffons donc nos voeux & nos efforts: - dans l'exercice des
pouvoirs refpectifs qui nous font confiés; occupons-nous de concert, & fans relâche au bien général : pénétrés d'un zèle vraiment
patriotique, écartons de nos délibérations toutes prétentions perfonnelles, toutes vues particulières d'intérêt ; rempliffons-les enfin.
avec courage ces devoirs fi chers aux bons Citoyens, & confacrés par nos engagemens & par notre ferment de fidélité à la
Nation , au Roi &a la Loi.
Pour copie conforme à l'original, Signé, s le Comte DE PEINIER: --- Page 9 ---
17]
Letzie de M. lé Genéral 2 M. le Prefdent de PAlfemblis
genérale de la partic Frangoift dé Saine-Domingui
A Saint-Marc, le 29 Avril 1790.
MONSIEURLE! PRÉSIDENT
Les nouvelles affligeantes de ce qui s'eft paffé dans un quark
tier de la province de l'Oueft, néceffitent mon prompt de retour M;
au Port-au-Prince; ma jufte confiance dans la fagelle
Couftard prévient mon impatience, mais elle ne détruit pas mes
ordonné
inquiétudes : elles ne peuvent ceffer qu'après que Jaurai
toutes les précautions que me fuiggérera mon zèle, & font que confiées jaurai
difpofé le plus utilement poffible des' forces qui me
pour garantir la vie & les propriétées des Citoyens.
J'ole croire, M. le Préfident, que PAffemblée générale de la
partie Françoife de Saint-Domingue, eft parfaitement convaincue l'affurer
que je lui fuis uni d'efprit & de coeur; &cje vous prie de dang
de tout mon empreffement à coopérer à fes utiles travaux,
toute létèndue de mes pouvoirs.
J'ai Thonneur, &c. Signt, le Comte de PEINIER:
Pour copie conforme a Poriginal, Signé, le Comte de PEINIERS
ident, que PAffemblée générale de la
partie Françoife de Saint-Domingue, eft parfaitement convaincue l'affurer
que je lui fuis uni d'efprit & de coeur; &cje vous prie de dang
de tout mon empreffement à coopérer à fes utiles travaux,
toute létèndue de mes pouvoirs.
J'ai Thonneur, &c. Signt, le Comte de PEINIER:
Pour copie conforme a Poriginal, Signé, le Comte de PEINIERS --- Page 10 ---
[.8]
Réponfe de M, le Préfident de LAlfembléc générale de la
partic Frangoife de Saint-Domingue, à M. le Général.
A Saint-Marc, ,Je,29 Avril 1790.
MONSIEUREE GOUVERNEUR GÉNÉRAL,
J'AI lu à l'Affemblée générale la lettre que ST vous m'avez fait
Phonneur le de m'adreffer aujourd'hui; elle me charge de vous dire
que laffurance regret qu'elle éprouve. de votre éloignement eft. balancé
par an-Prince
que vous lui. donnez que votre retour au Portn'a pour but que la furveillance à la confervation. des
jours & des propriétées des Citoyens.
Il cftjufte, M. le Généra!, , que' vous fecondiez fès nobles &
conftans travaux pour l'amélioration du fort des habitans de cette
Isle, & c'eft un charme pour elle d'être à jamais convaincue
que. vous lui êtes uini: d'eiprit & de coeur.
Ser
J'ai T'honneur d'être avec un refpectueux attachement s
Votre &tc. Signé,BACON 13
DE LA CHEVALERIE, Préfident:
P. S. J'ai l'honneur de vous prévénir que M,
a été
élu pour me feconder dans les fonétions de Préfident. Jouette,
Pour copie conforme à Voriginal. Signé, le Comte de PEINIER.
S - e
cue
que. vous lui êtes uini: d'eiprit & de coeur.
Ser
J'ai T'honneur d'être avec un refpectueux attachement s
Votre &tc. Signé,BACON 13
DE LA CHEVALERIE, Préfident:
P. S. J'ai l'honneur de vous prévénir que M,
a été
élu pour me feconder dans les fonétions de Préfident. Jouette,
Pour copie conforme à Voriginal. Signé, le Comte de PEINIER.
S - e --- Page 11 ---
-
Copie de la Lettre écrite par M, le Comte de PEINIER à
MM, de PAllemblée générale de la partie Frangoife de
Saint-Doningue, en date du 3 Mai '790.
MESSIEURS,
JE fuis inftruit que l'autorité que l'Affemblée générale exerce
envers les Citoyens de différentes claffes, alarme une
de la colonie, & caufe une telle fermation dans les grande partie
pourroit en réfilter de très-grands malheurs, je me hâte efprits, de vous quil
en avertir, afin
votre fagefle vous fourniffe les moyens de
les prévenir. Lel EbCoe du 8 Mars, de l'Affemblée nationale, concernant les colonies;, vous indique, ainfi que j'ai ei Thonneur de
vous le faire obferver précédemment, la marche que vous devez tenir,
& qui feule me paroit pouvoir mettre la partie Françoife de Saint:
Domingue à l'abri des maux qui la menacent. D'après ce même
Décret, qui ne vous attribue, Meflieurs, ni le pouvoir légiflatif ni
lexécutif, je ne puis approuver que M. Ogé, Commandant
le Roi à Jacmel, fe rende à la barre de 1"Affemblée, comme pour le
porte votre arrêté du de ce mois. Que les accufateurs de cet
Officier fe montrent 2 m'articulent leurs plaintes, fi elles font fondées, vous pouvez compter que jele punirai. Je vous obferverai
d'ailleurs, Meflieurs, , que jufqu'à ce quil y ait de nouvelles Loix
décrétées par la Nation & fanctionnées par le Roi, c'eft au
fitaire feul du pouvoir exécutif, ou aux cours de Juftice, felon dépo- les
délits , qu'il appartient de prononcer, d'après les Loix connues, fur
les fautesou crimes des citoyens. Je manquerois à mes fermens
fidelle à là Nation, à la Loi & au Roi, fije perméttois
la liberté d'être
ou les propriétés d'un citoyen quelconque fuffent
que
des
voies' qui ne font pas reconnues légales.
attaquées par
Ce que que je viens de vous expofer, Meffieurs, me difpenfe
d'entrer dans la. difcution du décret par lequel vous appellez à SaintMarc M. FIntendant par intérim ; vous fentez que jene puis pareillement adhérer à un arrété qui détruiroit 2 à l'inftant , toute Admi
niftration & comptabilité dans la colonie.
J'ai Thonneur, , &c. Signé, le comte de PEINIER.
Pour copie conforme à l'original, Signé, lc comte de PEINIER
ORA
ieurs, me difpenfe
d'entrer dans la. difcution du décret par lequel vous appellez à SaintMarc M. FIntendant par intérim ; vous fentez que jene puis pareillement adhérer à un arrété qui détruiroit 2 à l'inftant , toute Admi
niftration & comptabilité dans la colonie.
J'ai Thonneur, , &c. Signé, le comte de PEINIER.
Pour copie conforme à l'original, Signé, lc comte de PEINIER
ORA --- Page 12 ---
f1o]
Copie de la Lettre de PAlfemblic générale de la partie
Frangoife de Saint-Domingue, , du 14 Mai 1790, en
réponfe à celle de M. le comte de Peinier, du 12 du
méme mois.
M ONSIEUR LE COMTE;
L'Affemblée générale de la Partie Françoife de Saint-Domingue, :
tranquille, fur la foi des fermens que vous avez dépofès dans fon
fen,de concourir det tout votre pouvoir àl'exécurion de fes décrets,
n'avoit pas lieu de s'attendre à la lettre que vous, lui avez adreflée
hier.
Dépofitaire de la confiance de tous les habitans de la partic Françoifede cettel Ifle, dépofitaire du pouvoir qu'elle tient du peuple de la
nanure& del la Loi de travailler aux moyens les plus efficaces deprocu- bonheur
rerau Peuple de Saint-Domingue la plus grande fommede
,
fous tous les rapports poflibles, TAllemblée ne s'attendoit pas dénués que
Fon vous porteroit 9 fous des prétextes vains 2 frivoles & dans
de légalité 7 à troubler fes opèrations & à les attaquer jufque
leur fondement.
Mais, Monfieur le comte 2 PAfTemblée vous déclare qu'elle. perfifte dans tous fes décrets antérieurs , qu'elle s'occupe & s'occupera du
avec autant de conftance que de fermeté, de la perfeftion grand
ceuvre qui entrainera la deftrustion de tous les genres de pouvoirs de.la loi
arbitraires 2 qu'elle s'occupe & s'occupera 'de l'agriculture de l'établiffement & de celle de
conflitutive, de la régénération François d'Europe, nos frères,
Theureufe liberté dont jouiffent déjàl les
de tous les troubles s
qu'elle vous rend perfonnellement reponfable
réfiulter
de tous les malheurs & de tous les fléaux qui pourroient &
de
de vos fermens
E
catte Hle & pour fes Habitans vouloir Toubli donner aux ennemis du bien
protettion que vous femblez
public.
l'établiffement & de celle de
conflitutive, de la régénération François d'Europe, nos frères,
Theureufe liberté dont jouiffent déjàl les
de tous les troubles s
qu'elle vous rend perfonnellement reponfable
réfiulter
de tous les malheurs & de tous les fléaux qui pourroient &
de
de vos fermens
E
catte Hle & pour fes Habitans vouloir Toubli donner aux ennemis du bien
protettion que vous femblez
public. --- Page 13 ---
Iu ]
L'Affemblée vous déclare en outre qu'elle va tranfmettre en Eu:
rope votre correfpondance, la fienne & les divers décrets auxquelles
cette double correspondance a donné lieu.
Souvenez-vous que rien ne fauroit fufpendre le conftant & ferme
exercice des fonctions honorables dont elle eft dépofitaire, elle efpère
encore que fa conduite vous rappelleraàvotre vrai caraétère, &
à trouver en elle-même, les
det
iale
vous ne la forcerez pas
moyens
exécuter les décrets que lui diéteront la fagelle, la prudence &cTamour
du bonheur public.
Nous avons Thonneur d'êtré ;
M ONSIEUR LE COMTE;
Vos très-humbles & très-obéifTans ferviteurs s
Les Membres de de PAfemblée générale de la Partie
Françoife de Saint-Domingue.
Signé, JOUETTE, Préfident , V.NCINDON-DUTOUR,
Vice-Préfident MILLET, DE BOURÇEL, BRULLEY,
ainé & E. GUÈRIN > Secrétaires.
P.S. L'Affemblée ne doute pas M. de Proifi ne fe rende à
Saint-Marc dans le délai qui lui a Talrp prefcrit.
Pour copie conforme à l'original. Signé 2 le comte de PEINIER,
çoife de Saint-Domingue.
Signé, JOUETTE, Préfident , V.NCINDON-DUTOUR,
Vice-Préfident MILLET, DE BOURÇEL, BRULLEY,
ainé & E. GUÈRIN > Secrétaires.
P.S. L'Affemblée ne doute pas M. de Proifi ne fe rende à
Saint-Marc dans le délai qui lui a Talrp prefcrit.
Pour copie conforme à l'original. Signé 2 le comte de PEINIER, --- Page 14 ---
[]
Réponfe de M. le Gouverneur génèral à la Lettre de
PAlemblic générele de la partie Frangoife de SaintDomingue, en date de Saint-Marc 14 Mai
'790.
M ESSIE U R S,
J'AI reçu par la voie du Comité de T'Oueft la lettre
m'avez fait Phonneur de m'écrire le
de ce
que vous
tance du fijet qu'elle traite double mon 14.
mois, & Timporempreffement à y répondre.
Oui, Meflieurs, 2 fai promis dé coopérer de tout
au grand ceuvre du rétabliffement de
ce font mon pouvoir
de mon difcours dépofé dans vos archives, lordre; &-dont les expreflions
copie; je renouvelle dans ce, moment cette
je avec joins le ici une
zèle qui me Fa diStée au milieu de vous. promeffe
même
Mais, Mefieurs, avez-vous pu inférer de cet
trahirois les devoirs que m'impofent ma, place engagement &la confiance que
Roiz Avez-v vous
E
m'unir à vous ne feroit pu croire limité que. ce. pouvoir avec lequel je veux
pas
par ces devoirs.
Souffrez que je vons expofe dans daris toute: leur étendue les
principes qui dirigent ma: conduite, vous jugerez enfuite fi. Phomme
auquel Patrie vous adreffez des reproches a ceffé de bien mériter de la
en changeant de manière de la fervir.
La force aétivede la Nation deftinée à maintenir l'exécution
Lois que fes repréfentans ont décrétées eft confiée au Roi feul. des Ce
Cheff fiaprême du pouvoir exécutif a fans doute ainfi le droit
de faire exécuter les Lois par fes Agens, dans toutes les exclufif
la Monarchie.
parties de
Mais comme il ne peut employer la puiflance lui eft confiée
que pour l'activité des volonrés de la Nation, 2 &
ne
noître
telles
peut reconpour
que les décrets de l'Aflemblée
ni fes Agens ne peuvent jamais, fans abufer de leur nationale, lui
être coupables devant la Nation, faire exécuter d'autres pouvoir, volontés fans
celles de fes repréfentans,
que
toutes les exclufif
la Monarchie.
parties de
Mais comme il ne peut employer la puiflance lui eft confiée
que pour l'activité des volonrés de la Nation, 2 &
ne
noître
telles
peut reconpour
que les décrets de l'Aflemblée
ni fes Agens ne peuvent jamais, fans abufer de leur nationale, lui
être coupables devant la Nation, faire exécuter d'autres pouvoir, volontés fans
celles de fes repréfentans,
que --- Page 15 ---
[l
Celui du Prince à Saint-Domingue ne peut donc faire exécuter
que les décrets de T'Aflemblée nationale fanctionnés par le Roi; a
ne peut regarder comme Lois que ces mêmes décrets; &il ne
peut, d'après ce principe invariable, envifager vos arrêtés que comme
des projets fages & dignes de recevoir fans délai de lAfiemblée
nationale & du Roi le caraétère facré, qui peut autorifer le Gonverneur général à les mettre en vigueur:
J'ai renoncé à mes fonétions les plus importantes, & j'ai da
en faire le facrifice avec empreffement ; mais s'il exiftoit dans ce
moment à Saint-Domingue un pouvoir légiflatif, fi avant que la
portion de ce potivoir, qui eft ellentielle à la Colonie & que vous
devez obtenir lui ait été reconnue, ily. a une puiffance quiait le
droit de transformer en Lois les voeux de la partie Françoile
de Saint-Domingue ce n'eft que celle accordée aux Adminiftrateurs par l'ancienne & vicieufe conftitution que vous allez détruire,
car cette conftitution, toute vicieufe qu'elle eft, doit fublifter jufqu'a
ce que la nouvelle foit revêtue de Tacceptation de PAffemblée
nationale & de la fanétion du Roi; parcequun ordre de choie,
quelque mauvais qui'il foit, ne peut être détruit fans produire Tanarun
&
c'eft TAL
chie, 9 s'il n'eft remplacé à Tinftant par autre, que
femblée nationale feule réunie au Roi qui peut ordonner l'activité &
Texécution de la régénération indifpenfable que vous allez opérer;
que vous n'avez que le droit de la propofer & d'en prouver la
néceffité, tant que l'AfTemblée nationale fera jufte avec vous; &
que vous n'auriez le droit de vouloir fouverainemerit que Toriques
injufte avec vous 3 elle auroit eile-méme détruit tous fes droits.
Jamais cette crainte injurieufe pour P'Affemblée refpedtable des
repréfentans de la France n'entrera dans Tefprit d'un homme qui
elt aufli refpeftueufement fon admirateur que jele fuis.
Et au moment ohl'Affemblée nationale confirme à votre égard,
fon décret du 8 Mars 2 T'opinion de juflice & d'équité qui
Er le bonheur de la France, fi yous vouliez faire exécuter vos
volontés comme des Lois, fi vous le vouliez avant que Tinjuflice
de la mère-patrie ait brifé des liens qui doivent être facrés pour
vous. non-feulement vous feriez dès-lors un acte de fouveraineté
& a fciffion, mais auflitôt vous feriez irréfiftiblement entrainés
à en faire un autre bien plus éclatant : car ne pouvant faire exs-
heur de la France, fi yous vouliez faire exécuter vos
volontés comme des Lois, fi vous le vouliez avant que Tinjuflice
de la mère-patrie ait brifé des liens qui doivent être facrés pour
vous. non-feulement vous feriez dès-lors un acte de fouveraineté
& a fciffion, mais auflitôt vous feriez irréfiftiblement entrainés
à en faire un autre bien plus éclatant : car ne pouvant faire exs- --- Page 16 ---
t1J
cuter indiffingement tous vos décrets
lAgent du pouvoir exécutif de la Nation, puifque celui -ci Bes néceffairement refufer de
mettre en vigueur toute autre volonté que celle de l'Affemblée
nationale vous feriez obligés de créer un pouvoir exécutif à vos
ordres, & de dépouiller FAgent du Roi de France de l'autorité
quil en reçue, ,
en revétir le Citoyen auquel vous remettriez
la force aétive ET la partie Françoife de Saint-Domingue. Alors
vous feriez certainement un état libre; Légiflateurs, Souverains
vous-mêmes, les repréfentans de la France ne feroient plhs vos
Souverains & créateurs d'une force exécutive, celle de la Nation
confiée au Roi ne feroit plus le reffort de votre Gouve'nemeat.
Jufqu'à ce donc, jel le répête 9 que linjuftice impoffible de la
Nation vous ait conduit à cette fatale 3 dangereufe estréinité,
jufcuà ce que vous foyez un état féparé & libre, les repréfentans
de la France & les vôtres, réunis au Roi, font vos fels Sonverains, & le pouvoir exécutif de la Nation confié au Roi eft le feul
pouvoir qui peut donner Tactivité aux Lois.
Je me réfume, Meffieurs, 9 & je vais rapidement appliquer à
ma pofition ce que je viens de vous expofer.
Je fiuis le délégué du Roi de France; je n'ai d'autres pouvoirs
que ceux qu'il m'a tranfmis ces pouvoirs font donc la règle
invariable de ma conduite,, a ceft d'après ces pouvoirs que je
puis concourir aux fuccès de vos plus importans travaux.
Le Roi de France n'a me tranfmettre que les pouvoirs quil
a lui-méme ; or, quels om les pouvoirs du Roi de France relativement à l'exécution des Lois ? Les voici:
Le Roi a reçu de la Nation la force pour maintenir les volontés de cette. même Nation manifeftées
T'organe de fes repréfentans réunis en Affemblée nationale; Ca ia juré de n'employer
jamais fes pouvoirs & la force qui lui eft confiée pour faire exé
cuter des volontés autres que celles de l'Affemblée nationale.
Ce ne font donc que les volontés de l'Affemblée nationale que
le Roi
regarder comme Lois & décrets qu'il doit maintenir & ESe exécuter. Toute autre voloné, les fiennes propres,
ane de fes repréfentans réunis en Affemblée nationale; Ca ia juré de n'employer
jamais fes pouvoirs & la force qui lui eft confiée pour faire exé
cuter des volontés autres que celles de l'Affemblée nationale.
Ce ne font donc que les volontés de l'Affemblée nationale que
le Roi
regarder comme Lois & décrets qu'il doit maintenir & ESe exécuter. Toute autre voloné, les fiennes propres, --- Page 17 ---
[n5 1
celle d'un autre individu ou d'une portion pariculière de
ou
ainfi êe des Décrets ou des Lois.
FEmpire, ne peuvent
Or fi je n'ai d'autres pouvoirs
ceux qui peuvent émaner de forfai- de
ceux accordés au Roi, pulisje, Rate me rendre Roi, coupable fans violer cekii
ture , fans violer le ferment que jai à prêté la Loi au & au Roi, fans porque fai renouvellé (icià la Nation, le Roi a
à la Nation ;
ter atteinte au ferment
& Décrets prêté de la Nation les volontés puis-je
exécuter comme
Lom
faire
de Saint-Domingue P Le Roi lui-même
de FAffemblée: générale fans attenter à la conftitution, & moi
ne le pourroit le pas,
! Non, Meflieurs, vous ne le croyez
fon délégué, je pourrois de ma
de travailler de concert
pas, vous ne ferez pas
promelle
qui me. couvrirozt
avec vons un ferment que je ne lèfe-Nation. puis prêter, &
du plus grand des crimes de
Demandez, Meflieurs, à TAffemblée nationale quelle recone
noiffe à la Colonie, commejepenle que. cela doit être,le demandez pouvoir
légiflatif exigé par fa compolition faire particulière, exécuter les décrets de voue q'en
conféquence elle autorife le Roi à
même
le Roi
corps légillatif comme les décrets de la Nation
priez de
de fanctonner cette attribution de pouvoir qui vous a due, &
me donner cette- addition d'autorité qui me manque, dans ce
moment & vous verrez alors s Melieurs, avec quel empreflement jej prêterai le ferment que vous paroiflez defirer le premier : vous verrez & an
fi on celle d'être Chtoyen cequi'on repréfente
des plus vertueux Citoyens a TÉtat.
le
convenable, je
En attendant 9 Meflieurs 2. fi vous du croyez légiflatif me
continuerai de m'abftenir de Texercice pouvoir
que conferdonnoit la conflitution que vous allez détruire, m'autorifer & je n'en à mettre
verai qne ce que vous de jugerez décrets néceffaire pour croirai en mon ame &
à exécution ceux vos
que mais je laiffez-moi mon
confcience pouvoir faire exécuter :
jugement
fur cela, jutquà ce
l'ordre de faire exécuter tous vos décrets,
fans exception, me E envoyé par le Roi.
devant la Nation & devant le Roi des
Je ne puis Tétat répondre actuel des chofes pourroit entrainer. Vousfavez
défordres réprimer avec fevérité je ne ferai agir les forces qui
pour
E
que
e &
à exécution ceux vos
que mais je laiffez-moi mon
confcience pouvoir faire exécuter :
jugement
fur cela, jutquà ce
l'ordre de faire exécuter tous vos décrets,
fans exception, me E envoyé par le Roi.
devant la Nation & devant le Roi des
Je ne puis Tétat répondre actuel des chofes pourroit entrainer. Vousfavez
défordres réprimer avec fevérité je ne ferai agir les forces qui
pour
E
que --- Page 18 ---
tasnont 116]
me font confiées que fr la réquifition des Comités ou Municipas
lités, car, j'en ai prêté le ferment 2 & jy ferai fidelle; mais je n'en E790
mettrai que plus de zèle à les prévenir , foit par mes efforts, foit
par les avis que je vous en donnerai.
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Je dois comme vous 2 Meffieurs, rendre compte de ma conduite au Roi & à l'Affembléc nationale ; mais je dois auffi ce
compte à tous les Citoyens de la partie Françoife de SaintDomingue, & juferai pour y parvenir du droit qu'a aujourd'hui
tout François de faire imprimer ce qui intéreffe fon "honneur & le
bien Public.
J'ai Thonneur, &c. Signé, le Comte DE PEINIER:
Port a au - Prince ; le 16 Mai 1790:
Pour copie conforme à l'original, Signi 3 le Comte DE PEINIER;
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