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Saht dartri Bwwn
fihmny
Enumt. Herersthy --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(201)
Vous savez ce queje Yous ai dit dans toutes mes lettres.
Cettelettre sera vraiaemblablement pré.
cédée par une autre de moi que Messieurs
les commissaires nommés pour aller rétablir l'ordre dans les colonics, 1 m'ont demandé de vous écrire. ,' avec promesse de
vous la faire remettre par la voie du général. Cesera une circulaire tendante à vous
engager de continuer de vous montrer, ce
que vous avez toujoursété, amis de lordre,de
la tranquillité et bons patriotes.
Je vous embrasse, ctc.
P. S. Un nouveau libelle des colons blanes vient de m'être remis. 2 il est
l'archevéque Thibant. Ce second libelle a été fabriqué et calquésurcelui de MM. signé T
et Brulley. En prouvant, comme je viens de le faire 1 la mauvaise foi et la Page
de ces dcux derniers , c'est prouver également celle du dernier.
perfidie
On vient de voir quels moyens ces MM. avoient employés pour m'inculper; EN
ALTÉRANT.TIONQHAMT-TEANIFOVANT-TEARIHOSAAT MÉCHAMMENT, des passagesd'une de mes lettres;ENA AJOUTANT) MÉME PLUSIEURSMOTS, quandils en ont eu besoin
dessein. Telle a toujours été la mauvaise foi des colons blancs pourl leur perfide
dans tout ce qui concerne les colonies. J'observe que dans les 1 deux mes adversaires,. volumineux
libelles de ces colons blancs, ils n'ont nullement répondu à tous les faits
dans tout ce que j'ai écrit sur l'origine des troubles de Saint-Demingue. consignés La
est simple 1 c'est que tout cC que j'ai avancé est prouvé par des pièces. originales. raisondéposécs au comité de marine.
Voyezmon dernier mémoire sur les causes des troubles de
à ce comité dans lcs premiers jours du mois de juin dernier, Saint-Dominguez et que les colons adressés. y régordetcahigoigerent, écrit.
ainsi qu'à tous les faits consignés dans tout ce que j'ai
'origine des troubles de Saint-Demingue. consignés La
est simple 1 c'est que tout cC que j'ai avancé est prouvé par des pièces. originales. raisondéposécs au comité de marine.
Voyezmon dernier mémoire sur les causes des troubles de
à ce comité dans lcs premiers jours du mois de juin dernier, Saint-Dominguez et que les colons adressés. y régordetcahigoigerent, écrit.
ainsi qu'à tous les faits consignés dans tout ce que j'ai --- Page 5 ---
A
CORRESPONDANCE
nt :
DE JULIEN RAIM ON-D,
AVEC SES FRÈRES,
DE SAINT-DOMIN G1 U E,
Et les pièces qui lui ont été adressées par
eus.
A PARIS,
De lImprimeric du CERCLE SOCIAL, rue du ThéâtreFrançais, no, 4.
(I'AN DEUXIÈME DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.) --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
D
AYERTISSEN E N T.
Diresw dans les prisons depuis cinq décades 2 par les
dénonciations les plus perfides et les plus calomnienses,
du peuple , à tous mes concije dois aux représentans
frères de .coutoyens 7 : et sur-tout à mes malheureux
conduite
leur de mettre dans le plus grand jour 9 ma
,
jours de la révolution qui nous a
depuis les premiers
rendus libres.
sers du seul moyen
Pour parvenir à ce but 2 je me
cclui de rendre publique ma
qui est en mon pouvoir 2
:
et toutes les pièces qui en dépendent
correspondance
fait imprimer, conensuite findiquerai tout ce que j'ai
les colonies et mes frères, les hommes de couleur.
cernant
est de prouver
En remplissant cette tâche, monintention
la dernière évidence aux représentans du peuple
jusqu'à
été perfidement
et à mes concitoyens 7 1°. que j'ai
2°. de faire connoître l'intention de mes
calomnié ;
anes lettres ; 3°. enfin de
calomniateurs, en défigurant
des
donnerl les lumières les plus étendues sur T'origine
et sur les causes qui les
troubles de Saint-Domingue
propagent.
la perfidie de mes ennemis 7 les
Je n'imiterai point
sont en ma posoriginales de ma correspondance
pièces
a --- Page 8 ---
(r)
session, et j'offre de les montrer à toutes les personnes
qui désireront se convaincre qu'elles sont fidèlement
dans l'imprimé et sans aucune altération. Au reste 7 le
peu de tems que j'ai eu pour mettre l'ordre nécessaire
à cet ouvrage, 7 la difficulté de communiquer avec mon
imprimeur que je n'ai vu qu'une fois, m'ont nécessité
de faire imprimer sur les originaux mêmes.
Je termine, en priant mes lecteurs de lire ma corres-.
pondance avec l'attention qu'elle exige, pour me juger
ensuite..
cre qu'elles sont fidèlement
dans l'imprimé et sans aucune altération. Au reste 7 le
peu de tems que j'ai eu pour mettre l'ordre nécessaire
à cet ouvrage, 7 la difficulté de communiquer avec mon
imprimeur que je n'ai vu qu'une fois, m'ont nécessité
de faire imprimer sur les originaux mêmes.
Je termine, en priant mes lecteurs de lire ma corres-.
pondance avec l'attention qu'elle exige, pour me juger
ensuite.. --- Page 9 ---
PI BTITION à
AUX REPRÉSENTANS DU PEUPLE,
COMPOSANT LE COMITÉ DE SURETÉ GÉNÉRALE.
Ja été calonnié auprès de vous s 'et dans un moment où
les tralisons se muitiplioient à l'infini, où les traltres sembloient apostés partout pour trahir les intérêts du pouple ;
il étoit de la prudence et du devoir même de ses représentans, entre les mains desquels repose le salut de la pattie, de
s'assurer de tous les individus , sur qui le moindre soupçon
s'établissoit.
Dans ces circonstances 7 le vrai patriote, qui devient
, doit au bien
et à la sûiune victime momentanée,
public
reté générale le sacrifice de ces légers désagrémens.
Mais ensuite son devoir est de montrer avec le calme
de la raison son innocence, et d'en convaincre ceux que leur
devoir et la sûreté générale nécessitoient à des mesures de
rigueur.
Telle est , citoyens représentans, 1 la marche que je me
suis tracée et celle que je vais suivre.
Les premieres questions qui se présentent dans la position
où je me trouve > sont celles-ci.
- Par qui ai-je été 'calomnié ? Par quels moyens l'ai-je été,
et à quelles intentions ?
Mes calomniateurs sont commissaires d'une assemblée coloniale, qui s'est opposée aux décrets-nationaux qui rétablissoient dans les droits sacrés de l'égalité, des citoyens victimes
des préjugés les plus absurdes et les plus désastreux (2).
(:) Pour se convaincre de ce fait, il ne faut que se rappeller les actes de
violence et les arrêtés incendiaires pris par l'assemblée du cap, 1 contre le
décret du 15 mai en faveur des citoyens de couleur.
a ij
semblée coloniale, qui s'est opposée aux décrets-nationaux qui rétablissoient dans les droits sacrés de l'égalité, des citoyens victimes
des préjugés les plus absurdes et les plus désastreux (2).
(:) Pour se convaincre de ce fait, il ne faut que se rappeller les actes de
violence et les arrêtés incendiaires pris par l'assemblée du cap, 1 contre le
décret du 15 mai en faveur des citoyens de couleur.
a ij --- Page 10 ---
(I)
J'ai été calomnié par des hommes d'une classe privilégiée
dans les colonies, et quiont tout entrepris depuis la révolution pour conserver ces mêmes priviliges.
J'ai été calomnié par des cominissaires d'une assemblée
coloniale qui n'a cessé depuis son origine de lutter contre le
pouvoir national et de faire des actes d'indépendance (1).J'ai
été calomnié par les commissaires de cette même assemblée
coloniale QUI A MIIS EN DÉLIBIRATION DE FAIRE ÉCORGER tous
les citoyens de couleur de la colonie (2) et qui dans tous ses
actes a montré la haine la plus implacable contre les hommes
de couleur.
J'ai été calomnié par des membres d'une assemblée qui a
fait condamner le malheureux Ogé à la roue, ainsi que quelques-uns de ses frères, pour avoir réclamé l'exécution d'un
décret de l'assemblée constituante (3).
Par quels moyens ai-je été calomnié P Citoyens représentans, je les ai déjà mis sous VOS yeux : c'est par une mauvaise foi bien réfléchie de mnes ennemis qui ont tronqué,
altéré, falsifié et changé totalement le sens d'une de mes
lettres, écrite depuis deux ans et demi 7 pour avoir occa-,
sion de me présenter sous les couleurs les plus désavantageuses ; tout cela a été fait avec un art tellement
étoit
perfide 7
qu'il
impossible aux représentans du peuple
cevoir la trame de mes calomniateurs qni se présentoient d'appercomme les amis sincères de la révolution : et l'astuce avec
daquelle ils ont cherché à m'accoler à des hommnes réputés
coupables par l'opinion publique,étoit telle , que moi-même
je n'ai pu la prévoir, 2 ni parer à teins le coup qu'ils m'ont
porté au comité de sûreté
générale 3 comme je l'ai fait au
(1), Lisez les différens rapports faits à lassemblée
bles de Saint-Domingue, 2 avant et après lépoque des décrets législative des sur 15 les trou24.septembre 1791.
mai et
(2) Voyez la lettre du citoyen Suir 2 membre de cette assemblée
constate ce fait, et. dont l'original est dans mes mains.
3 qui
(3) Le décret du 24 mars 1790.
sûreté
générale 3 comme je l'ai fait au
(1), Lisez les différens rapports faits à lassemblée
bles de Saint-Domingue, 2 avant et après lépoque des décrets législative des sur 15 les trou24.septembre 1791.
mai et
(2) Voyez la lettre du citoyen Suir 2 membre de cette assemblée
constate ce fait, et. dont l'original est dans mes mains.
3 qui
(3) Le décret du 24 mars 1790. --- Page 11 ---
(v)
comité de marine, dontle témoignage suffira àmaj justification.
étrange dans la conduite de
Mais ce qu'il y a de plus
ils
c'est que cette même lettre sur laquelle
mes ennemis,
étoit entre leurs mains depuis
ont fabriqué leurs calomnies,
ordre de l'assemdenx ans , qu'elle avoit été imprinée par
à Saintblée coloniale au moment où elle fut interceptée
ces mêmes commissaires Page et Brulley >
Domingue (1) ; que
environ 15 ou 16 mois, se
à leur arrivée en France il y a
difirent conduire chez moi, y revinrent plusieurs fois , y
nèrent même, firent souvent devant des témoins qui existent, mon éloge sur la morale etles principes purs que j'avois
toujours prèchés à mes frères. Enfin ce ne fut qu'à l'époque
sur les troubles de Saintoù je fis paroitre mes réflexions
ma lettre aIt
Domingue, le projet de ma proclamation (2),
citayen D député à la con vention ; qne ces commissaires
à
à mon égard et à repandre souront commencé changer
dement quelques calomnies contre moi ; mnais ma correspondance enticre que je vous soumets, les pièces qui y sont
celles
j'ai déposées depuis plus de huit mois au
jointes,
que détruiront les inculpations vagues de
comité de marine >
mes ennemis. Vous verrez 2 citoyens représentans, > que
par-tout j'ai prêché à ines frères une soumission entière
de mettre toute Jeur confiance dans
aux décrets nationaux,
d'autre aula représentation nationale, de ne reconnoitre
torité qu'elle 3 vous verrez que dans tous les tems, j'ai recommandé l'indivisibilité des colonies avec la mère-patric.
n'ai cessé de répéter à mes frères
Vous Y verrez que je
(1) Ele ne fut imprimée et répandue les honimes avec de profusion conleur à ct Saint-Dowingur, les empécher de
que pour faire surveiller davantage dont il étoit question.
rewplir le don patriotique dans ces deux petits ouvrages des moyens pour faire cesser Ics
troubles (2)Jeproposois de la colonie et les conserver àla république; : ces moyens sans je les nuire, trou- 9
vois dans l'affranchisser enent graducl des esclaves sans sccousse ; mais un 1 plan ansst
ni au conrmerce national , ni aux fortuses aux parliculiéres colons biancs, et devoit neconforme à nos principes leur 1 ne baine ponvoit conire plaire moi.
cessairement angmenter
faire cesser Ics
troubles (2)Jeproposois de la colonie et les conserver àla république; : ces moyens sans je les nuire, trou- 9
vois dans l'affranchisser enent graducl des esclaves sans sccousse ; mais un 1 plan ansst
ni au conrmerce national , ni aux fortuses aux parliculiéres colons biancs, et devoit neconforme à nos principes leur 1 ne baine ponvoit conire plaire moi.
cessairement angmenter --- Page 12 ---
(vi)
l'union et la fraternité avec les colons blancs, d'oublier
toutes les injustices qu'ils en ont éprouvées pour ne s'occuper que dn salut de la patrie qui les régénéroit.
Vous verrez que, loin d'avoir pressuré mes frères pour
en obtenir des soimes considérables, je n'ai reçu d'enx en
tout et par tout qu'une somme de 1440 liv. (1) sur tous les
déboursés que j'ai faits depuis huit ans, et dout les frais
seuls d'impression s'élèvent à près de 40,000 liv. ; dont il
reste encoreà payer une solde assez considérable pour laquelle
Boisrond m'a annoncé des fonds dans le conyoi.
Vous verrez que toutes les dépenses où m'a entrainé la
défense de la cause de mnes frères, ont réduit ma fortune
a plus de moitié,
Vous y verrez que j'ai été contraint de vendre mes biens
au dessous del leurvaleur, pour être à méine de continuer
à défendre la cause de mes frères. Vous m'y verrez obligé
de vendre mes effets d'or ct d'argent pour parer à un
coup que l'assemblée de Saint-Marc m'avoit porté, en me
faisant refuser des fonds de mon correspondant pour arrêter les effets de mon zèle à servirles hommes de couleur (2).
Vous verrez que j'étois si éloigné de vonloir faire. des benéfices sur mes frères 7 que dans plusieurs de mes lettres s
() Mille livres de Labadie, 220 liv. de Casting ct 220 liv. de Boisrond.
Dans une leitre de ce dernier, en date da 17 mars dernier, et
comité de marine; il confirmece fait, et dans un supplément à cette déposée même au
lettre,ily me mande de Miearmsissediouins des dépenses
pour) la cause de mcs frères, afin de m'enfaire rembourser. Tout quej'aifaites cela
bien évidemment les faits que j'avance ide plus, je déclare et jare n'avoir prouve
regu demrs frères 2 ni de personné des colonies, aucune lettre, aucun
ni même aucune relation 3 depuis l'époque du mois de mars dernier > date-de fouds
leurs dernières Jettres.
(2) Je pcux prouver par lcs comptes de mon fondé de procuration à T'Amérique, que mon habitation ine produisoit 55,c00 liv. des colonies de
quejai ét6 obligi de vendre ces biens pour une sonme de 326,000 liv. revenu; et enfin
que cette derniere somme cst réduite anjourd"hni à celle de 260,000 liv. dont
jaiété obligé de placer 100,000 liv. à fonds perdus depuis deux
pouvoir étre cn état de servirla cause de mes frères. La déclaration ans,pour
dei fairodet eatumepwhopmadots estune) prmneisoegejosecid quej je viens
ai ét6 obligi de vendre ces biens pour une sonme de 326,000 liv. revenu; et enfin
que cette derniere somme cst réduite anjourd"hni à celle de 260,000 liv. dont
jaiété obligé de placer 100,000 liv. à fonds perdus depuis deux
pouvoir étre cn état de servirla cause de mes frères. La déclaration ans,pour
dei fairodet eatumepwhopmadots estune) prmneisoegejosecid quej je viens --- Page 13 ---
(vx)
leur demandois d'enyoyer ell France des dépntés des leurs,
je
leurs fortuncs les missent à même
et de faire en sorte que
mission.
de soutenir les frais qu'il y avoit à faire dans cette
Vous verrez surtout le soin que j'ai pris d'éclairer mes
les garantir des pièges que ne cessoient de
frères, leur tendre pour les ennemis de la liberté et de l'égalité, en paroissant vouloir leur bien.
Cest enfin dans ma correspondance, dans les pièces qui
dans celles qui sont déposées au comité dc
y sont jointes 9
marineetdes colonies, dans tout ce que j'ai fait imprimer,
les
de patriotisme et de réque vous verrez principes purs
de même
publicanisme que je n'ai cessé de professer,
que
l'obéissance sans restriction aux décrets de la Convention.
Si delà, vous passez à la conduite que j'ai tenue en
France, avant et depuis! la révolution , vous me verrezabandonner en 1784, mes propriétés et une partie de ma famille
venir en France réclamerà mes frais , contre l'arbitraire
etles pour vexations exercées sur ines frères dans les colonies (1).
Vous me verrez ensnite sacrifier mon repos 3 mes jouisle bonheurde mes frères. Vous me
sances et ma fortune pour
de la
verrez saisir avec empressement les premiers momens
révolution, abandounerà pure perte des objets majeurs dans.
le département de la Charente , oùt j'étois établi, pour voler
des représentaus du peuple, me livrer tout entier à la
auprès
frères
et dévorer les mortificationsdéfense de ines
3 essuyer
et les humiliations que me prodiguoient dans leurs écrits,
comme dans leurs discours,. les colons blancs, députés à l'assemblée constithante (2)..
(). J'ai fait plus : j'ai amend de ce pays une jeune de orpheline faire connoitre de six ans moi: 7
que j'ai fait élever à mes dépens 7 et ce qui achevera est née esclave ct
coeur et mes sentimens 1 c'est que cette Pabandounoit jeune personne dans
1. d'oi.
fille naturelle d'un blanc furt riche qui
l'esclavage, d'èire la filleule
Pai retirée 2 sans qu'elle ett d'autre titre pourcela, que
& mon épouse ct de moi.
offensans humilians contre lesi
(2) On 8c rappeller tous les écrits
ethommes E couleur..
mes dépens 7 et ce qui achevera est née esclave ct
coeur et mes sentimens 1 c'est que cette Pabandounoit jeune personne dans
1. d'oi.
fille naturelle d'un blanc furt riche qui
l'esclavage, d'èire la filleule
Pai retirée 2 sans qu'elle ett d'autre titre pourcela, que
& mon épouse ct de moi.
offensans humilians contre lesi
(2) On 8c rappeller tous les écrits
ethommes E couleur.. --- Page 14 ---
vi)"
Vous me verrez absolument, livré et borné à cette seule
affaire 1 ne parlant, n'agissant et n'écrivant uniquement que
pour cela ; et certes s cette tâche remplissoit assez mon
temps et mes moyens.
Vous nie verrez dans les sections des Gravilliers et des
Tlaileries, , oà j'ai habité ; dans les sociétés populaires; me
conduire en bon patriote offrant et donnant aux besoins de
la natien, tout ce que mes moyens me permettoient de faire.
Vons m'y verrez applandir avec transport à tous les avantages que le peuple obtenoit 1 parce que je sentois que les
droits de mes frérès ne tiendroient qu'autant que le peuple
auroit reconquis lui-même tous ses droits ; et c'est ce que
je leur ai développé dans plusieurs de mes lettres et dans mes
réflorions sur les troubles de Saint- Domingue : faisois
sentir la nécessité d'améliorer le sort des esclaves et A2. mener
insensiblement à la liberté, ce qui est le voeu des vrais
triotes qui ne veulent laisser aucune trace d'esclavage. EE
malheurensement, ce n'est pas là le voeu des colons blancs;
qu'ils fassent leur profession de' foi sur cet article ! on aura
la mesure de leur amour
les principes de notre révolution, et on verra à N.RerA distance ils en sont encore ;
on verra au contraire quie les hommes de couleur de SaintDomingue, ont demandé par un méinoire déposé au comité
de marine ,
la convention voulit bien s'occuper du sort
des esclaves. vee mémoire 7 signé par Pinchinat 3 Savari et
autres , leur a mérité d'être dénoncis au ministre de la marine, par les commissaires Page et Brulley, ,comme des contrerévolutionnaires qu'il falloit déporter en France.
Vous me verrez enfin dans les dernières assemblées primaires, convoquées pour acc cepter la constitution > être le
soixantième de ma section à l'accepter, en mon nom et en
celui de nes frères.
Voila, citoyens représentans, ce que j'aid opposer aux calomnies que les commissaires Fage ct Brulley ont répandues
contre noi , moius sans donte pour me nuire personnellement, que pour arrachera mes frères un défenseur, qui a sacrifié ses propres intérêts pour les leurs s et pouvoir par ce
moyen les égarer ctlesplonger dans les erreurs les plus funestes
pour eux.
a
LETTRES.
et en
celui de nes frères.
Voila, citoyens représentans, ce que j'aid opposer aux calomnies que les commissaires Fage ct Brulley ont répandues
contre noi , moius sans donte pour me nuire personnellement, que pour arrachera mes frères un défenseur, qui a sacrifié ses propres intérêts pour les leurs s et pouvoir par ce
moyen les égarer ctlesplonger dans les erreurs les plus funestes
pour eux.
a
LETTRES. --- Page 15 ---
0E
LETTR E S.
No. 1.
Lettre de mon frère, 9 François Raimond,
D'Aquin à Saint-Domingue, du ier octobre 178g.
Jaraté bien surpris, en voyant la lettre de M. Laluzerne, (1)
comment il a été général ici, et chargé par le ministre de
voir les choses. Nous lui avons adressé des mémoires > et il
veut s'en rapporter à d'autres, je ne conçois pas cela ; enfin,
poussez toujours > peut-être que la chance viendra. Labadie
a écrit à M. Necker; vous êtes à Paris, tâchez de lui parler 9
P'humanité et annoncent un homme
ses ouvrages respirent
d'un accès facile aux opprimés.
Aux mots d'opprimés et d'humanité 2 les troubles de la
France sont donc parvenus jusqu'ici, les blancs ont arboré
la cocarde 7 cela n'a pas été 9 comme vous imaginez 7 sans
quelques troubles et du sang répandu entr'eux (2), tout est dans
(1) J'avois en 1785 et 86 adressé plusieurs mémoires an ministre de la marine
réclamer contre les vexations et les injustices exercées envers les
hommes , pour de couleur. Ces mémoires avoient été adressés par le ministre au gouverneur de Ssint-Domingue, Laluzerne 9 pour avoir son avis : celui-ci ne décida rien, malgré les mémoires qu'il reçut des hommes de couleur, et de retour en France, parvenu au ministère, chargea le gouverneur quil le remplaça
à Saint-Douingue de lui donner son avis. Voilà de quoi il se plaint.
(2) Voilà une prenve de ce que j'ai dit dans tout ce que j'ai écrit sur les
les
troubles de la colonie ont commencé par les blancs,
colonies, 1 que premiers
qu'ils ont été les premiers à verser le sang entr'eux, et que leur impolitique
er leur de précaution avoient donné lieu à des mouvemens parmi lee
peu
esclaves.
A a
ça
à Saint-Douingue de lui donner son avis. Voilà de quoi il se plaint.
(2) Voilà une prenve de ce que j'ai dit dans tout ce que j'ai écrit sur les
les
troubles de la colonie ont commencé par les blancs,
colonies, 1 que premiers
qu'ils ont été les premiers à verser le sang entr'eux, et que leur impolitique
er leur de précaution avoient donné lieu à des mouvemens parmi lee
peu
esclaves.
A a --- Page 16 ---
(4)
l'ordre; ; mais le plus terrible sont les noirs ; qui entendant
que la cocarde est pour la liberté et l'égalité, ont voulu se
soulever. On en a conduit plusieurs à l'échafaut dans les
grands quartiers, , cela a tout appaisé, Grand Dieu ! fant-ilque
notreintérêt nous force de soutenirla mauvaise cause, ct d'applaudir aux actes d'inhumanité exercés envers ces malheureux ?
Nous avons adressé un mémoire à M, Necker ; outre la
lettre que nous avons écrite, nous vous recommandons dele
voir, et de tonner aux états-généraux, en disant que nous n'y
avons pas de députés, et que tout ce que pourroient demander
lés députés blancs, ne doit pas faire loi pour nous , attendu
qu'ilya a dans Saint-Domingue deux classes bien connues, les
blancs et les gens de.couleur; ; il faut leur rompre en visière,
puisqu'ils ont porté le mépris jusqu'à ce point.,
Dans une nouvelle constitution 1 chaque classe doit avoir
Ses représentans, sans quoi la classe qui n'a pas eu des représentans est censée n'avoir pas consenti à ces loix : nous
n'avons pas chargé MM: les députés blancs de nos pouvoirs 5
ils demhandent par un imprimé que nous avons eu ici, des
loixon nous restions dans Tavilisement.-Non, nous ne souffrirons pas cela. Nous voulons être traités comme tous les autres
citoyens, ou il fera beau jeudansla colonie (1); tous les esprits
sont montés à ce point; lorsque la cocarde est arrivéeici, les
blancs l'ont arborée et ontvoulu défendre aux gens de Cou
leur de la porter : ceux-ci au nombre de. 4000 ont été trouver'
le général, lui demander s'ils étoient regardés comme ennemis
ou amis des François ; le général leur a demandé, pourquoi
(() On voit par ce passngeicombien l'esprit des hommes de couleur étoit
monté ; et: qu'il n'y'a eu que la morale que je n'ai discontinué de leur prés
cher, qui les a contenus 7 sur-tout dans la partie du Sud oûj j'aile plus correspondu,
S dy
Cou
leur de la porter : ceux-ci au nombre de. 4000 ont été trouver'
le général, lui demander s'ils étoient regardés comme ennemis
ou amis des François ; le général leur a demandé, pourquoi
(() On voit par ce passngeicombien l'esprit des hommes de couleur étoit
monté ; et: qu'il n'y'a eu que la morale que je n'ai discontinué de leur prés
cher, qui les a contenus 7 sur-tout dans la partie du Sud oûj j'aile plus correspondu,
S dy --- Page 17 ---
-
(5).
cette demande P c'est parce que les blancs s'avisent de nous
défendre de porter la cocarde nationale. Tout de suite le genéral et l'intendant ont donné ordre que les gens de couleur
pourroient porterla cocarde. Tous les blancs craignent dans
ce inoment que les gens de couleur ne se mettent à la tête
des noirs 7. pour" les faire révolter ; ce n'est pas leur sentiinent, il s'en faut bien, mais les blancs'o cherchent cela en
voulant trop tenir cette classe dans l'avilissement et les rapprocher des noirs. Voyant les choses à ce point, le comité
blanc des Cayes, vient de nous appeller : j'ai été nommé
député pour m'y présenter et-parler au nom de mes compatriotes ; je vais leur dire , que nous voulons adresser nousmêmes nos doléances aur diats-générauz, et non sous leurs
auspices. Je vous diraileffet de tout dans' une autre lettre 5
les momens sont trop précieux ici.
No. 2.
Lettre du même.
Du Fonds > le 16 décembre 178g:
Voici, mon cher frère, une requête pour être présentée à
l'assembléer nationale relativement aux vexationsqu'on exerce
sur notre classe ; ci-jointe aussi une copie de la lettreque M.
Belin Duvergera écrite' à M. Gentilot, habitantdu' Fonds, membre du comité , qui fait le rapport de ce quis'est passé à notre
égard." Examninez bien cette' lettre, malgré l'animosité que les'
blancs portent aux gens de' couleur et qui cherchent' toujours
à les noircir, lorsque l'on yerra ladémande juste que nous faisions al'assemblée, consignée dans cette lettre, on aura peine à,
croire à leur méchanceté de nous. traiter de rebelles : leurs
à M. Gentilot, habitantdu' Fonds, membre du comité , qui fait le rapport de ce quis'est passé à notre
égard." Examninez bien cette' lettre, malgré l'animosité que les'
blancs portent aux gens de' couleur et qui cherchent' toujours
à les noircir, lorsque l'on yerra ladémande juste que nous faisions al'assemblée, consignée dans cette lettre, on aura peine à,
croire à leur méchanceté de nous. traiter de rebelles : leurs --- Page 18 ---
(6)
chambres de, comité se disent ici
assemblée.
correspondantes de Pauguste
de cette nationale(1), et elles coridamnent ce qui fait la base
assemblée. A-telle jamais dità ceux
contre les
quiréclamoient
préjugés 3 qu'ils étoient rebelles les
comme des pervers 3 violer les droits du
; poursuivre
nuit fusiller un homme dans
citoyen s en allant la
gui étoient absens,
sa demeure (2); ; et chez les autres, 2
leurs
insulter leurs épouses et se saisir de tous
papiers s les commenter à leur fantaisie
les
périr; enfin ma
pour faire
encore plus la lettre correspondance de M. de avec vous est un crime, et
parlons des noirs
Jarnac (3), en disant que nous
; couthe si j'avois.d'antre fortune
esclaves ; certainement, il n'est de
que des
philantropes. Je joins aussi la lettre pas notre intérêt d'être
Rey, vous verrez
que Labadie écrit à M,
par-tout, Tabomination. La lettre de M.
Duverger parle d'une révolte des personnes de
volte en quoi P on appelle réyolte la force couleur : ré.
contre une chose juste,
qu'ou emploie
bien différent,
approuvée par les loix; mais ceci est
'nous demandons une chose accordée l'aspar
(1) Voilà comment on cherchoit à tromper les hommes de
lant leur persuader que ce qu'on faisoit contr'eux étoit de couleur, en vouz
semblée nationale. Et cela pour les faire
le
concert avec l'asagirdans sens des colons blancs.
(2) Deuxième preuve que Ce sont les colons blancs
qui ont commencé les premiers troubles en allant chez 1 (comme je lai dit);
pour les égorger. On verra plus loin le récit de cette les citoyens de couleur
la part des blancs,
première aggression de
(3) Pour ne laisser aucun doute, il faut tout
dès qu'un pareil nom se trouve cité. J'ai habité expliquer aujourd'hui, sur-tout
révolution. La campagne quej'habitois étoit voisine Angouléme deux ans avant la
propriétaire eut envie de me voir,
de la terre de Jarnac. Le
moires que j'avois
parce qu'ilavoit entendu parler des mé+
demander mes mémoircs présentés au ministre, il vint donc me voir çhez moi 1 mne
avoir de nouveaux 7 m'offrit de les appuyer 7 et écrivit à mon frére pour
cette affaire. Au reste, renseignemens. M. Jarnac Comme voulant lui-méme s'employer dans
moirs dont j'ignorois l'existence n'étoit pas plus que moi de la société des
à cette époque.
'ilavoit entendu parler des mé+
demander mes mémoircs présentés au ministre, il vint donc me voir çhez moi 1 mne
avoir de nouveaux 7 m'offrit de les appuyer 7 et écrivit à mon frére pour
cette affaire. Au reste, renseignemens. M. Jarnac Comme voulant lui-méme s'employer dans
moirs dont j'ignorois l'existence n'étoit pas plus que moi de la société des
à cette époque. --- Page 19 ---
YINUA
(7)
nous sommes par cette raison traités
semblée nationale (1),et
des hommes quiveulent se
de révoltés (2). O pays 7 0 moeurs 9
voit les bommes dé couleur ne vouloient reconnoitre
(1)Par-tout on que
que lassemblér nationale.
donna lieu aux premiers troubles des colo-
(2) Voici la lettre des colons qui
Puisqu'un de ceux qui la signèrent,
nies, assurément elle y étoit bien propre.
en coavient dans le P. S. quil la suit:
Versailles, le 12 août 1789.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTIS,
de vous faire passer une copie de l'avis alNous nous empressons de
T'un de nos collègues,, nous a
larmant que M. le comte Magallon,
imminent
est affreuse 1 à la vue du péril
donné. Notre perplexité colonie est menacéci nous n'avons apperçu de
dont notre malhcureuse
d'une assemblée provinciale dans
Tessource que duns la prompte convocation avons fait la demande au ministre.
shaque département (a);. nous en
demande,
nous dispenser de lui faire cette
puisqu'il
Nous pouvions
T'assemblée nationale elle-mêmc 1 que toute
est jugé aujourd'hui par
conférer librement des affaires comsociété a droit de s'assembler pour du concours de l'autorité pour cela.
munes, et qu'elle n'a pas besoin
ité élus dans des assemblies auLes députés de Saint- Domingue n'ont pas
f'assemblée nationale.
trement convoquées 1 et ces députés ont été admis par
sommes donc adressés au gouvernement. que pour
Noas ne nous
la ferme de netre côté: le ministre nous
mettre autant que possible lettre écrite, le ministre nous a fait offrir de
arcfusés. Nota. Depuis notre
HGuS iui deavec nous pour l'assembléc ou les assemblées que
se concerter
rejelté d'autres demandes que nous lui avons faites
mandons; il a igalement
et que nous jeignons ici avec sa rébonse (b).
(a)C'est qu'avec cette assemblée on vouloit contrarier lassembléc nationale,
cemme elles ont toutes fut, et arriver à P'indépendance.
Laluzerne
(b) Voilà les hommes qui m'accusent d'avoir correspondu avec
$
deux fois,
les colons eux-mêmes le charlorsqueje ne Pai vu que
parce que
é d'autres demandes que nous lui avons faites
mandons; il a igalement
et que nous jeignons ici avec sa rébonse (b).
(a)C'est qu'avec cette assemblée on vouloit contrarier lassembléc nationale,
cemme elles ont toutes fut, et arriver à P'indépendance.
Laluzerne
(b) Voilà les hommes qui m'accusent d'avoir correspondu avec
$
deux fois,
les colons eux-mêmes le charlorsqueje ne Pai vu que
parce que --- Page 20 ---
- - a R a à
(8,)
révolter ne s'absentent pas de leurs quartiers, ni ne demandent pas ayec suppliqué l'élargissement de leurs compatriotes.
La colonie. Messieurs,,est dans un double danger. également, pressant. Danger au dehors ; QUE VEULENT CES VAISSEAUX. (a), que les
Papicrs publics nous PPPrennent être, sortis de TAngleterre ? danger
au dedanss;, on cherche.à. souleyer nos négres. Nous, voyons et nous
mesurons avec effroi lun et l'autre. de CCs dangers; mais principalement le dernier est vraiment d'une nature à nous causer les plus horribles inquiétudes ; nous le voyons, et nous sommes forcés de nous
taire : ON EST IVRE DE LIBERTÉ (6). Messieurs, une société d'enthousiastes, qui ont pris le titre- d'amis des noirs, écrit ouvertement contte nous ; elle épic le moment favorable de faire explosion contre
l'esclavage : il suffiroit peut-être que nous eussions lc malheur de prononcer le mot , pour qu'on saisit l'occasion de demauder l'affranchissement de nos nègres. La craiate que rous en avons nous, réduit
malgré nous au silence : le moment ne screit pas favorable pour engager, l'assemblée nationale à entrer dans, nos mesures pour nous garantir du' danger qui nous mcnace. C'està vous,. Messienrs, à voir le
parti qui convient dans une circonstance aussi critique : nous remplissons le seul devoir dont il nous étoit permis de nous acquiter;
nous vous avertissons le péril est grand, il est prochain. Veillons à
notre sareté : mais veillons-y avec prudence. C'est ici.qu'on a besein
de toute sa tête : 11e révcillons pas T'ennemi ; mais ne nous laissons pas
surprendre. Veillez, encore une fois, veillez; car l'assembléé nationale
est trop'occupée de l'intéricur du royaume pour pouvoir songer à nous.
Nous avertissos de tous côtés les. Américains de volerà la défense de
leur patrie : sans doute la plupart vont s'embarquer; : il y aura seulement quelques uns de nous qui les saivront, en attendant que tous
gerent de m'écrire pour des propositions.qu'ils.aroient- à mo faire.,-propositions 1 que je refusai et que j'expliquerai. Deux témoins existans 2 dontl'un
est à la Convention et chaud patriote, l'attesteront.
(a) Iln'y en avoit aucun. à cette époque dehors.
(0) Quel langage pour de chauds patriotes comme les signataires!
En
s'embarquer; : il y aura seulement quelques uns de nous qui les saivront, en attendant que tous
gerent de m'écrire pour des propositions.qu'ils.aroient- à mo faire.,-propositions 1 que je refusai et que j'expliquerai. Deux témoins existans 2 dontl'un
est à la Convention et chaud patriote, l'attesteront.
(a) Iln'y en avoit aucun. à cette époque dehors.
(0) Quel langage pour de chauds patriotes comme les signataires!
En --- Page 21 ---
NN
(9)
En outre, c'étoit dans une assemblée de paroisse que ceci se
passoit,ui avoit commence par un tumulte entre les blancs *
puissent se réunir. Prencz les mesures que votte sagesse vous dictera;
observez bien les personnes et les choses; Qu'ON ARRETE LES GENS
SUSPECTS, Qu'ON SAISISSE LES ECRITS OU LE MOT MÉME LIBERTÈ
ESTPRONONCÉ: redoublez la garde sur vos habitations, dans les villes, dans les bourgs; par-tout attachons les gens de couleur librer;MÉFIEZ-VOUS DE CEUX QUI VONT vous ARRIVER D'EUROPE (a). C'est un
de vos plus grands malheurs qu'on n'ait pas pu, dans une circonsdes
de couleur
tance aussi critique, 1 empêcher l'embarquement gens
qui étoient en France : nous l'avons demandé au minisire; resprit du
jour soppose sur- ce point à nos désirs : empécher, sur notre demaode
même, T'embarquement des esclaves seroit regardé comme un acte
de violence qu'on dénonceroit à la nation.
Courage, chers compatriotes, ne vous laissez point abattre : nous
continuerons de faire sentinelle pour vous : c'est tout ce que nous
pouvons dans le moment présent. Le tems viendra sûrement où nous
pourrons faire mieux. IL FAUT LAISSER REFROIDIR LES ESPRITS; CETTE
CRISE NE DURERA PAS: COMPTEZ SUR NOUS (b).
Nous avons l'honneur d'étre, avec les sentimens inaltérables de la
confraternité la plus intime, mcs chers compatriotes. 1 vos très-humbles, obéissans serviteurs, les députés de Saint Domingue. Signés à
Toriginal.Rarsatn. présidents; MAGALLON, L'ARCHEVÈQUE THISAULT(),
LE MARQUIS DE PÉRIGNY, DE THÉBAUDIERE, DoUGE LE GARDEUR,
(a) Voilà l'origine des premiers massacres ; voilà le nceud gordien. On
m'avoit fait des propositions 2 je les avois re] jettées ; donc il falloit se méfier
de crux qui auroient pu aller éclairer les hommes de couleur.
(b) Voilà le langage de ces homines quiveulent paroitre aujourd'hui siamis
de l'égalité.
(c) Cel Parcheveque Thibault est le mèe que celui que Sonthonax a frit
déporter, et celui qui vient de faire une diatribe contre moi. Qu'or juge
enfin lhomme qui a signd une pareille lettre. Qu'il essaie après cela d'exalter
6011 patriotismne simuls.
B
ier
de crux qui auroient pu aller éclairer les hommes de couleur.
(b) Voilà le langage de ces homines quiveulent paroitre aujourd'hui siamis
de l'égalité.
(c) Cel Parcheveque Thibault est le mèe que celui que Sonthonax a frit
déporter, et celui qui vient de faire une diatribe contre moi. Qu'or juge
enfin lhomme qui a signd une pareille lettre. Qu'il essaie après cela d'exalter
6011 patriotismne simuls.
B --- Page 22 ---
L
f
(10)
quisesc nt donnés le cartel tout haut; M, Lavezac et M. de
Marceillan. On nous a ôtd jusqu'i lafaculté de nous réunir
pourfaire nos cahiers de doléances et nommer nos députés.
DE TILLY, LE CHEVALIER DE MARMIÉ, GERARD, BODEKIN Als, GEKALD COURVEJODIF, LE MARQUIS DE Gouy-D'ARCY.
P. S. Il cst possible, et même probable, que les bruits allarmans
qui se sontrépandus, ct qui font la matière de cette lettre, ne soient
pas fondés ; et, dans ce cas, il seroit facheus que cela fit une sefsation trop forte dans la colonie - qui, independamment des craintes
qu'elle inspireroit, pourroit peut- étre donner lieu à des dangers plus
réels. C'est à vous, Messieurs, à agir avec la circonspection et la
prudence que votre Sagesse vous suggérera; mais nous pensons qu'une
sécurité dangereuse ne doit pas non plus vous empécher d'avoir les
yeux ouverts sur l'cifet que pourra produire dans les colonies ,ia fermentation qui règne dans le royaume, et que vous ne devez négliger aucunes précautions 1 aucuns soins, 1 pour maintenir l'ordre, 1 la
paix et ia subordination dans votre sein; ct il nous semble que le
meilleur moyen à employer pour assurer dans tous les tems le repos
et-l'existence dans la colonie, c'tst d'afectionner à votre causel la classe
des geus de couleur (a).Iis nc demandentsirement pas mieux que de confondre leurs intérêts avcc les vôtres, et de s'employer avec zèle pour
la sûreté commune.Iin'est donc question, de votre part, que d'ène
justes envers eux, et de les traiter toujours de mieux en mieux.
Nous regardons catte espèce comme le vrai boulevard de la sireté de la
rolonie. Vous pouvez les assurcr que vos députés, qui sont aussi les
Jeurs, s'emploient avec zèle auprès de l'assemblée nationale pour l'amélioration de leur sort, et pour leur procurer la juste considération qui
est due à tout citoyen qui se comporte honnèiement(B). Certifié conforme à l'original, signé, MILLET.
N. B. Ce post-scriptum est de M. Gerard.
a
(a) Loin d'aroirsuivice: sage conseil, les colons ont agi dans un sens toutà-fait contraire.
(4) Voilà comme ils trompoient ks hommes de couleur.
èle auprès de l'assemblée nationale pour l'amélioration de leur sort, et pour leur procurer la juste considération qui
est due à tout citoyen qui se comporte honnèiement(B). Certifié conforme à l'original, signé, MILLET.
N. B. Ce post-scriptum est de M. Gerard.
a
(a) Loin d'aroirsuivice: sage conseil, les colons ont agi dans un sens toutà-fait contraire.
(4) Voilà comme ils trompoient ks hommes de couleur. --- Page 23 ---
-
(1)
Les comités forcent les personnes de couleur, les unes après
les autres ; d'approuver les députés blancs 2 et souscrire
pour une somme de tant chacun > pour leur entretien (1).
Voilà où cn sont les choses dans ce beau pays. Tout va bien
chez vous, 3 au tems près qui est fort sec. Adicu , bonnesanté,
votre ami ct frère,
F. RAIMOND.
J'embrasse ma chère mèrc.
No. 3.
Instructions envoyées aux Citoyens de couleur de la
Colonie de Saint-Domingue 2. dans la partie du
Sud, après le décret du 24 mars 1790 , par J.
Raimond.
Dans le cas oi les colons blancs feroient quelques difficultés aux citoyens de couleur > sur le droit qui leur est accordé par l'article 4, des instructions données par l'assemblée nationaleaux colonies (2).
Que ces difficultés fussent ou pour exclure les citoyens de
couleur des assemblées primaires, s on y gêner leurs suffrages 3
ou enfin de rejetter les réclamations qu'ils auroieut à présenter
à l'assemblée nationale. Voici ce qu'ils auroient à: faire.
1o, Les citoyens de couleur ne devant dans aucur cas se départir du zèle, de la patience et de la douceur qui les carac-
(1) Ces cing lignes font suffisamment connoitre la conduite des blancs.
Comment les citoyens Page et Brulley penvent-ils m'imputer à crime d'avoir
demandé de P'argent à mes frères pour suivre leurs affaires ici, lorsque les
blancs les forçoient d'en donner pour travailler contr'eux?
(2) Article 4 C des instructions immédiatement après la proclamnation et
Pafiche du décret et de l'instruction dans chaque paroisse TOUTES LES
PERSONNES, âgées de 25 ans accomplis, propriétaires d'immeubles., ou a
défaut d'une telie propridté., domiciliées densla paroisse depuis deux ans 1
payant une contribution, 1 se. réuniront pour formerl'assembiée provinciale. >
Or, ici, on ne reut nous disputer que nous ne soyons des personnes 2
par conséquent devant assister et voter aux asscinblées primaires.
B 2
chaque paroisse TOUTES LES
PERSONNES, âgées de 25 ans accomplis, propriétaires d'immeubles., ou a
défaut d'une telie propridté., domiciliées densla paroisse depuis deux ans 1
payant une contribution, 1 se. réuniront pour formerl'assembiée provinciale. >
Or, ici, on ne reut nous disputer que nous ne soyons des personnes 2
par conséquent devant assister et voter aux asscinblées primaires.
B 2 --- Page 24 ---
(12)
térisent,pour maintenir sur-toutlat tranquillité et la police dans
la colonie, doivent donc tout sonffrir
cas ils daisseront faire.
pour y parvenir; en ce
aux blancs tout ce qu'ils voudront,
hors le cas seul qui ne pent se présumer, de livrerla colonieà
une puissance étrangère. Pour en
couleur doivent
empêcher 9 les citoyens de
sacr ifier leurs vies et leurs fortunes.
2°, Aussitôt que les chogensamperoevront, qu'ils sont lésés
de l'une des manières quelconques, ils se retireront
ment chacun cbez eux, et quatre des notables
paisibleront choisis dans chaque quartier
parmi eux se-
, pouraller chez tous en particulier, leur faire prêter le sermentci-après.
Cc Nous jurons, sur nos vies et sur nos biens à Dien, à la
>> nation et au roi, 1°, De ne troubler en rien ni d'aucune
>> mnanière la tranquillité publique ; de maintenir au contraire
> de toutes nos forces, la police intérieure des esclaves selon
>> les ordres qui nous en seront donnés. 20, De nous souinettre
> et d'adhérer d'avance à la constitution et aux loix que nous
>> donneront les représentans de la nation, constituée sous le
>>. titre d'assemblée nationale. 30. De continuerà souffrir toutes
>> les vexations personnelles qu'on pourroitnous
>> moment
fairejusqu'an
oùt les décrets de l'assemblée nationale nous
>> viendront, de sacrifier au contraire nos vies et nos fortu- par-
>> nes, pour conserver à la nation et au roi cette colonie.
cC, Qu'en faisant ce sernient et le déposant entre les mains
> des administrateurs des calonies, nous
reconnoissons et
>> nous soinmes persuadés que l'espritde justice et
>
d'équitéqui
dirigent l'assemblée nationale ne peut que nous faire obtenir
> d'elle une constitution absolument semblable à celle donnée
s en France.
c Que quant à nos esclaves , nous supplions l'assemblée
>> nationale de vouloir bien prendre en
>> sont notre propriété
considération, 2 qu'ils
acquise souS la.sauve-garde des loix;
>5 mais en même- tems que nous sommes
>>
faire des loix pour eux, et de
incompétens pour
prononcer: sar leur sort >>.
TT
ée nationale ne peut que nous faire obtenir
> d'elle une constitution absolument semblable à celle donnée
s en France.
c Que quant à nos esclaves , nous supplions l'assemblée
>> nationale de vouloir bien prendre en
>> sont notre propriété
considération, 2 qu'ils
acquise souS la.sauve-garde des loix;
>5 mais en même- tems que nous sommes
>>
faire des loix pour eux, et de
incompétens pour
prononcer: sar leur sort >>.
TT --- Page 25 ---
(13)
Ce serment qui sera fait ct signé dans chaque paroisse par
Jus les habitans de couleur citoyens actifs (1), avec le noin
e ceux quine sauroient signer, sera envoyéanx administraeurs dc la colonie, avec une supplique pour les prier de
ouloir l'adresser àl'assemblée nationale:
A ce serment sera jointe anssi une adresse alassembléenationale, , pour la supplipr de vouloir décréter, que puisque
les citoyens de couleur n'ont pu concourir an plar 2 de constitution qui lui sera présenté par l'assemblée coloniale, ii y
aura pour cette fois pour Saint-Domingne trois députés à
l'assemblée nationale des citoyens de couleur, pourylireconnoître les réclamations de cette partic des citoyens.
Voilà cc qu'il faudra fire dans Je Cas des diflicultés prévucs
plus haut, et ne peintfenéeanteraurtout pour cequiconcerne
la tranquillité publique.
Dansle cas contraire, coie nous avons lieu de l'espéreryque
les blancs suivront l'esprit et la lettre des instructions doiées
aux colonieset qu'ils ne feront pas de diificulté dl'admettre tous
les hommes comme citoyens actifs avec les qualités qui sont
nécessaires alors 7 il faut demander à prèier serment de fidélité. Après Ce serment prété, les plus expérimentés s'assembleront pour forinei les calièrs de doléance quidoivent être
peu chargés et doivent se réduire à ceci.
1°. Que vous demandiez que toutes les charges d'impôts de
la colonie soient également réparties sur tous les libres indistinctement.
(1) Dans le corps de l'instruction il est di : K Tout homme, propriétvire
> d'immeuble, on à défaut domicilié di puis deux aus ct payant uRe contri-
>> bution 1 sera citoyen actif. >
Onnep peutd'après cette dénomination, de tout homme * disputer que nous ne
soyons citoyens actifs, lorsqu'avec la qualité d'homme nous joindrons les
autres qualités de propriétaires d'immcubles ou domiciliés depuis deux ans 2 et
ayant une contribution.
il est di : K Tout homme, propriétvire
> d'immeuble, on à défaut domicilié di puis deux aus ct payant uRe contri-
>> bution 1 sera citoyen actif. >
Onnep peutd'après cette dénomination, de tout homme * disputer que nous ne
soyons citoyens actifs, lorsqu'avec la qualité d'homme nous joindrons les
autres qualités de propriétaires d'immcubles ou domiciliés depuis deux ans 2 et
ayant une contribution. --- Page 26 ---
(14)
20. Que tous les libres sans distinctions et sans exclusions
que Jeurs incapacités et le défaut de moeurs, puissent parvenir
à tous emplois quelconques, en un motl la même constitution
que celle déjà donnée à la France pour tous les libres de la
colonie.
Laissant à la sagesse de l'assemblée nationale de prononcer
sur le sort des esclaves, et sur le commerce prohibitif de manière à concilier les propriétés des'habitans etles avantages
de la métropole.
Ces cahiers faits, vous vous rendrez aux asseinblées primaires, ou il faudra sans fiel, sans chaleur même, mais avec
décence et honuêteté, donner vos voix pour celui d'entre vous
que vous croirez le plus propre et le plus capable de remplir
vOS voeux. Mais la prudence exige que vous nommiez toujours
un homme de couleur pour votre électeur, afin de pouvoir
balancer les voix des blancs et leur projet, s'ils en avoient de
contraire à VOS réclamations.
Je ne doute pas en suivant l'esprit et la lettre des instructions, que yous n'ayez au moins autant d'électeurs que les
blancs etmême plus. Mais il ne faut pas vous en prévaloir, au
contraire montrez toujours de bons procédés et del la générosité dans toutes VOS actions, qui forcent enfin les blancs à
vous rendre justice. On est bien fort quand on est toujours
juste.
Enfin je suppose que l'assemblée coloniale soit composée de
plus de citoyens de couleur que de blancs; déclarez-leur alors
avec générosité que vous ne voulez ni ne prétendez nuire aux
sages délibérations qu'elle pourroit prendre, mnais que VOs
voeux se bornant seuls aux articles de votre cahier de doléance
ct à avoir un senl ou deux de vous, députés à l'assemblée natiouale, afin d'être strs que Vos voeux et VOS justes réclamations lui soient présentées ; que la conduite. des députés actuels
à votre égard, vous nécessite à cette précaution : et qu'à
l'exception seule du respectable M. Gérard, tous ont cherché
qu'elle pourroit prendre, mnais que VOs
voeux se bornant seuls aux articles de votre cahier de doléance
ct à avoir un senl ou deux de vous, députés à l'assemblée natiouale, afin d'être strs que Vos voeux et VOS justes réclamations lui soient présentées ; que la conduite. des députés actuels
à votre égard, vous nécessite à cette précaution : et qu'à
l'exception seule du respectable M. Gérard, tous ont cherché --- Page 27 ---
(15)
à éloigner de l'assemblée nationale toutes vOs réclamations;e
que tandis qu'ils promettoient tout appui de leur part pour
vous, dans leurs lettres à leurs cominettans ; ils fiisoient an
contraire tout pour vous nuire ct perpéturr-lepréjngéinjnste
contre leqnel vousréclanez.
Telle est la marche aussi sage que prudenteque je votts
exhorte de suivre, mes chers compatriotes, et vous pronveres
aux blancs que vousn'avez jamais cu quel'envie de détruire
unl préjugé quianisoitamtantalashreté des blancs même, qu'il
étoitinjuste et tyranniqueavotre égard (e).
Paris , ce 10 avril 1790.
RAIMOND.
No. 4.
Lettre de Louis Boisrond.
Du 27 juillet 1790.
Nous sommes obligés de contenir (1) les homines de COuLleur, pour éviter ILTZ bouleversement peut-etre même incendiaire.
Mais j'ignore lequel des deur corps de citoyens jui COmEposent la colonie, doit etre, dans la circonstance, regardde
comme le plus sage, OIL de celui qui voulant envakir toute
autorité, faisant tous les jours des actes de soucerainelé
et de scission, > voulantfaire subir à la colonie L/L joug plus
insupportable que celui qu'on chercke à détruire, pur des
démarches marquées all coin de P'independance (2); nous don-
(a) Est-ce li le langage d'un homne qui veut faire insurger SES frères ? Si
les colons blancs eussent donné à leurs commnettans de pareilles instructions,
ils eussent évité tous les malheurs que j'ai cherchéa prévenir,
()Nouvelle preuve que la morale qque je préchois à mes fièses, rctenu
leur ressentiment.
(2) Qui peut donter d'après Cc la : et tout CC qu'on verra par la suite de ma
correspondance, de l'intention des colons blancs > pour Tindépendanee ?
insurger SES frères ? Si
les colons blancs eussent donné à leurs commnettans de pareilles instructions,
ils eussent évité tous les malheurs que j'ai cherchéa prévenir,
()Nouvelle preuve que la morale qque je préchois à mes fièses, rctenu
leur ressentiment.
(2) Qui peut donter d'après Cc la : et tout CC qu'on verra par la suite de ma
correspondance, de l'intention des colons blancs > pour Tindépendanee ? --- Page 28 ---
(16)
nant le nom d'ennemis du bien public 7 ne cherche que les
occasions de nous vexer 3 Ou de celui qui, par la pétition
que je vous ai renise,se déclarunt dans la ferme résolution
de sacrifer ses biens, si vie, pour conserver la monarchie
frangaise, gemit du trouble et de lanarchie.
Oui, dites (IIl roi et à Passemblec, qu'entièrement voués
az serment que nous lui avons prété d'être fidleles, nous ne
pouvons lui en douner une preuve plus authentique, que celle
de sacrifier notre ressentiment à la tranquillité nécessaire
pour attendre la régénération future ; et que , pénétrés du
même désir de leur être agréables 2 nous les supplions de
prendre notre résolution en considlération 9 en faveur du motif, el conme une marque intime et sacrée de notre entier
dévouement et de la ferveur de notre patriotisme.
Si quelques UIS des nôtres (1), dans différents quartiers ,
ont été réfiactaires à cetle résolution, c'est qu'il n'est pus
toujours possible de souffrir les verations impérieuses des
blancs, qui s'arrogent le droit de nouS régir par des voies
gui ne sont pas du tout légales.
Voyezle discours de M. BACOM DE LA CHEYALERTE, nommé
par une cabale premier président de l'assemblée de SaintMarc: il commence à peindre les habitants de Saint-Domingue ( ce ne sont que les blancs qu'on comprend sous CC
titre) conguérans libres et indépendans. Il vent, dit-il,
nous rerettre dans notre ligne de démarcation, pour que
nous en imposions att dérèglemient de nos idées , et qu'à
force de vertus, nous soyons à la fin des siècles,inscrits
sur la liste des bons citoyens, et, dès à présent, délivrés
des humiliations arbitraires.
Ce qu'on appelle ici déréglement de nos idées, c'est notre
(1) Nouvelle preuve que lrs hommes de couleur n'ont pas été les agresseurs
ct qu'ils avoi nt pris la résolution de rester tranquilles 7 d'après ce que je leur
ai soujours recommandé.
représentation
et qu'à
force de vertus, nous soyons à la fin des siècles,inscrits
sur la liste des bons citoyens, et, dès à présent, délivrés
des humiliations arbitraires.
Ce qu'on appelle ici déréglement de nos idées, c'est notre
(1) Nouvelle preuve que lrs hommes de couleur n'ont pas été les agresseurs
ct qu'ils avoi nt pris la résolution de rester tranquilles 7 d'après ce que je leur
ai soujours recommandé.
représentation --- Page 29 ---
OUn
(17)
représentation à Passemblde nationale 3 et notre entier dévouement CIL roi dont nous attendons tout (4). On nOuS refuse
tonjours ici le: nom de citoyen ou d'habitant: on ne veut nous
reconnoître que sous la dénomination de gens de couleur. , ou
celle iujurieunse d'ennemis du bien public ; et nous sommes les
plus tranquilles et les plus patiens de la colonie; mais, quant
aux humiliations arbitraires, 9 jainais encore on n'en a tant
éprouvées.
La formation de cette assemblée de Saint-Marc, et lc
génie qui la gouverne, ont entralné bien des abus.
La catastrophe ct l'incendieda Fond-Parisien (2), dont vous
devez être instruit du détail 1 par lequel vous aurez vu
qne la raison et le choc ont tous été en faveur des nôtres.
L'appel de M. le général qui, entouré de nos ennemis,
a protesté qu'une lettre circulaire, en date du 25 octobre
dernier, , adressée aux commandans des paroisses, et contenant des instructions favorables aux gens de couleur libres,
comportoit des maximes qui nc pouvoient être adoptées ;
et a déclaré à l'assemblée par la franchise, dit-on, d'un
chef patriote, qu'il n'avoit signé cette lettre que d'après sa
confiance en M. de Marbois (3).
La conséquence que vous en devez tirer, et celle réelle
qui existe ici, c'est, que ce qu'on appelle patriotisme à
Saint-Domingne, est la réunion des colons françois contre
çt pour la destruction des colons américains (4). La réunion
des premiers sc sert de l'anarchie oà nous sommes 7 pour
vexer les derniers, qui répètent avec franchise :
() Je prie le lecteur de ne pas perdre de vue qu'à cette époque un parcil
langage étoit coustitutionnel.
(2) On trouvera dans une note suivante le récit de cet événement.
(3) Qu'on se rappelle ce que j'ai dit dans mon dernier mémoire 1 relativement al la manière dont le gouvernement s'y prenoit pour endoctriner les
homines de couleur.
(4) C'est la qualification que s'étoient donnée les hommesde couleur depuis
la révolution.
ètent avec franchise :
() Je prie le lecteur de ne pas perdre de vue qu'à cette époque un parcil
langage étoit coustitutionnel.
(2) On trouvera dans une note suivante le récit de cet événement.
(3) Qu'on se rappelle ce que j'ai dit dans mon dernier mémoire 1 relativement al la manière dont le gouvernement s'y prenoit pour endoctriner les
homines de couleur.
(4) C'est la qualification que s'étoient donnée les hommesde couleur depuis
la révolution. --- Page 30 ---
(18)
Ojnste et bienfaisant Louis XVI : n'as-t tu donc provoqué la justice de la nation, que pour nous laisser en proie
à nos oppresseurs ?
Mais il semble que dans ce moment le pouvoir exécutif,
le représentant du roi; veut faire un dernier effort en faveur de la protection qu'il doit aux malheureux. Je vous
envoie ci-incluse la correspondance imprimée de M. le comte
de Peyniér avec l'assemblée de Saint-Marc.
Les quatre preinières lignes de sa lettre du 13 mai ont répandu sur toutes nos aines 7 une grande satisfaction ; et
l'attente du bonheur dont on croit appercevoir l'aurore dapuis que par l'approbation de l'assemblée provinciale du
nord, dans son imprimé du 17 mai,il semble naître une
espèce de conflit entre les différents pouvoirs qui, jusqu'ici,
s'étoient réunis pour nous vexer.
I'assembiée de Saint-Marc persuadée que, fidèles au roi, les
colons américains, déja trop vexés parelle, embrasseroient aisément le parti du général, a vu d'un oeil consterné la résolution qu'il a prise de inanifester Ses intentions par la correspondance qu'il vient de faire imprimer.
Aussi, parsa répousedu24 mai, l'assemblée des Saint-I Marc
cominenga-t-elle à s'étayer de pouvoirs illimités et de la
coufiance de tous les habilans de
Saint-Domingue; ce qui
est apocryphe et de la dernière fausseté, puisqu'il y a plus'
de 20 mille colons américains pi n'y'sont point représentés, qui n'y ont poiut parlé, gui n'ont rien signé. Hé!
commnent trouvez-vous la mnenée de cette assemblée qui veut
rendre M. le général persounellemient responsable de tous
les malleurs qui pourroient résulter pour les habitans, de
l'oubli de ses seriners et de la protection qu'il semb e voulcir donner au ennemis du bien public(1). La vraiesignifivu, (r) C'estla qualification que les blancs aristocrates dounoi-nt, comme on a
bonnefoi aux la citoyens de coule ur. J'exhorte la lect ur qui voudra chercher de
ct voir ensuite catisedestroubles ce
de la colonie, de lire avec attention cette lettre,
dans
quej'ai écrit sur lescauses de ces mémes troubles, notamment mon mémoire adressé aux comités de marine et des colonies.
oulcir donner au ennemis du bien public(1). La vraiesignifivu, (r) C'estla qualification que les blancs aristocrates dounoi-nt, comme on a
bonnefoi aux la citoyens de coule ur. J'exhorte la lect ur qui voudra chercher de
ct voir ensuite catisedestroubles ce
de la colonie, de lire avec attention cette lettre,
dans
quej'ai écrit sur lescauses de ces mémes troubles, notamment mon mémoire adressé aux comités de marine et des colonies. --- Page 31 ---
(19)
cation à Saint-Domingue, est de lire responsable de Lous les
malheurs qui peuvent arriver aux blancs, la protection qu'il
semble accorder aux mulitres.
D'ailleurs, mes chers compatriotes, il faut que vous sachicz que ceci cst de toute absurdité. Comment l'assemblée
de Saint-Marc, séditieuse dans toute l'étendue du terme 9
ainsi que toutes les assemblées qui se sont faites jusqu'ici
à Saint-Domingue dont le génie n'a jamais tendu qu'à opprimer la classe nombreuse des insulaires-nés ; pourquoi,
dis-je, cette assemblée de Saint-Marc veut-elle rendre le représentant du roi responsable de toutes les séditions qu'elle.
fomente elle-même avec tous les différents comités qui se
croient déja en partie indépendans de la métropole (1)?
Est-il rien de plus séditieux, de plus injurieux même
que leur décret du 28 avril, dont ils ont fait afficher le
placard que je vous envoie aussi ci-inclus ? Faites-vous une
idée de la fermentation que ce placard outrageant a causé
sur-tout d'après la réception de votre lettre.
Que dis je ? ce n'est encore rien : ils ne se sont pas contentés
de le faire lire au public. Le systême généralementreçu. à SaintDomingue est d'opposer au corps vexé, un poids d'oppression plus puissant que la force qu'on pourroit lui opposer.
Pénétrés de ce génie ardent, séditieux et oppressif, Passemblée de Saint - Marc et tous ses adhérens orit pris toutes
les mesures nécessaires pour parvenir à leurs fins, toutes
sortes d'entraves, de prohibitions mises aux différentes liaisons dans la colonie et sur notre correspondance avec vous.
Puis-je vous envoyer une pièce plus atroce, plus révoltante et plus injurieuse que Parrêté du comité provincial
du sud, en date du 9 mai, dont ci-joint ertrait (2) ?
(1) Tout cela annonce et pronve que ce sont les différentes assemblées des
blancs qui fomentoient les troubles dans la colonie.
(2) On trouvera à la fin de cette lettre l'arrêté dont il est question.
C 2
différentes liaisons dans la colonie et sur notre correspondance avec vous.
Puis-je vous envoyer une pièce plus atroce, plus révoltante et plus injurieuse que Parrêté du comité provincial
du sud, en date du 9 mai, dont ci-joint ertrait (2) ?
(1) Tout cela annonce et pronve que ce sont les différentes assemblées des
blancs qui fomentoient les troubles dans la colonie.
(2) On trouvera à la fin de cette lettre l'arrêté dont il est question.
C 2 --- Page 32 ---
20.)
Dignes représentans du peuple frangois, , c'est d vous d'en juger
d travers les prohibitions el les entraves d'oi nous réclamons votre éguité, 7
nous vous supplions d'évoquer notre cause et de vous en réserver seuls
toutes les attributions.
Nous fremissons d'horreur ail rapport de cette pidce infame 7 oit les
auteurs s'étaient du décret du 8 mars pour nous défendre de nous adresscr
alassemblée nationale : hd! dans quel tribunal nous faut-il donc porter
la cause de l'humaritd que tant d'kommes tralissent de concert?
On se prévaut ici du décret du 8 mars, 2 qui porte Pattribution de faire
connoitre les voeux de la colonie > déclarant que l'assemblée nationale n'a
point entendu l'assujétir à des loix qui ne seroient pas de convenance locale.
Mais comme le génie de la colonie appelle aussi loix de convenance locale
toutes celles qui doivent autcriser les blancs à vexer le sang mélé, les assem- 9
blées du pays ont inféré delà, qu'il nous étoit défendu de nous adresser à
aucun autre tribunalque l'assemblée de Saint-Marc dont nous devons attendre notre sort. (Est-elie babile à prononcer sur le sort des citoyens qui ne
luien ont point donné le pouvoir ?) D'ailleurs il n'est plus question ici de
convenance locale 7 mais de la préséance parmi les différens corps de
citoyens ; lé ! nous sommes bien éloignés de la disputer aux blancs 2 laissons-la leur. Dans tous les cas, nos demandés ne devroient tendrequ'a obtenir
las suppression des différentes ordonnances qui nous font grief 2 et tous nos
voeux adressés au ciel et à la nation, 2 n'ont pour but unique que de
sommes
savoir,
si nous
hommes et citoyens 7 dans ce cas d'impétrer de l'assem! blée
nationale la faculté de jouir des droits qu'elle leur reconnoit d'avance : nous.
renonçons à toutes les charges', mais il nous suffit de n'en être pas exclus
par la loi 7 et qu'elle soit juste à notre égard.
Rien. de plus insidicuz que la lettre de M. Dubreuil de Foureaux d
M. Millet, en date du 13 mai. Je passe aisément sur toutes les futi.
lités insidieuses qui précèdent le deruier article de cette. lettre; mais c'est
ce dernier article qui me donne un véhicule; c'est ce dernier article qui me
fournit l'occasion de faire connoitre au roi et à la nation les intentions insidieuses et politicques des blancs (1).
(1) L.ettre de Foureauz à M. Millet 2 secrétaire de P'assemblée genérale de
la partie française de Saint-Doningue, 3 du 13 mai 1790.
Je,vous ai écrit-, , mon cher Millet, ilya aujourd'hui huit jours me
réfèrc entièrement à tout Ge que je vous ai marqué ; j'ai pourtant, 7 à je vous
ajouter au sujet des mulatres, qu'ayaut reçu- ici et promulgué le décret provi177
L.ettre de Foureauz à M. Millet 2 secrétaire de P'assemblée genérale de
la partie française de Saint-Doningue, 3 du 13 mai 1790.
Je,vous ai écrit-, , mon cher Millet, ilya aujourd'hui huit jours me
réfèrc entièrement à tout Ge que je vous ai marqué ; j'ai pourtant, 7 à je vous
ajouter au sujet des mulatres, qu'ayaut reçu- ici et promulgué le décret provi177 --- Page 33 ---
a - LIMMK
(21) )
Oui, sans doute, et dites avec sireté et vérité au roi et à
la nation , que si en cC jour Saint-Domingwe est encore une
soire rendu l'assembléc générale 1 les 28 et 30 avril dernier 7 notre
par
devoir
elle les
et
assemblée provinciale a cru
mander pardevers
principaux
chefs, en quelque sortc, de cette.couleur > (ce qui a bien été mon avis dès le
jour même de l'arrivée du courier); sur cette proposition, il y eut plusieurs
débats 1 les uns assuroient qu'ils ne viendroient pas 1 les autres croyoient en
être certains 2 et d'autres en doutoient 5 enfin pour rassurer sur ce point,
comme je Tai toujours fait, je me vis obligé en pleine assemblée de demanderla parole et de renouvellér la mienne pour eux, personne n'osant, ce senible, 1 parler en leur faveur ; j'ai dit pen de chose mais fai parlé avec force,
et avec toute la vérité dont vous savez que je fais profession : jefinis mon
discours en disant, > je pars ce soir, (c'étoitjeudi) Messieurs 7 pour aller
les chercher; je vous réponds de les trouver bien disposés et vous les amener tous ici dimnanche , comme zous le désirez, je vous demande pour eur
votre protection et vos bontés ; vous pouvez compler sur cux 3 comme sur
moi-méme 5 Passemblée voulut bien s'cn ripporter d'moi, ct continua sa
séance sur d'autres abjets.
Je partis effectivement à neuf heures 'du soir 2 ct revins le samedi, après
avoir parcouru les deur paroisses par des chemins abominables , tovjours
la plaie sur le corps 3 mais bien satisfait de ma course $ carje les trouvai
tous , comme je Zes ai toujours trouvés et laissés ; c'est-d-dire, dans les
meilleures dispositions, les intentions les plus droites 3 une bonne volonté
décidée en notrefaveur, et à tout risquer tout cela fondé sur d'ezcellens
principes , desquels ils ne se départiront, j'espère, janais (a)-
Ils se rendirent tousici, a jour marque, etje montai d leur téte d
l'assemblée 7 oi je, fus leur iniroducteur, et continuai d'étrs leur avocat.
On leur lut les décrets de l'assemblée genérale, auzquels ils furent d'abord
sensibles aux larmes, n'ayant, dirent-ils, qvec svérisi.jamaisfalt LTL mauvais
usage de leurs armes , ils ne pouvoient deviner pourquoi on leur défendoit
(e) Ce sont des hommes de couleur dont parle M. Dubreuil de Fourcaux. Rien ne
prouve plus fortement combien ils ont toujours cté cloignes de fomenter des troubles,
comme ils en ont été accusés parleurs ennemis. Cependant c'est un colon blanc qui fait
ici tous ces aveux en leur faveur.
'ayant, dirent-ils, qvec svérisi.jamaisfalt LTL mauvais
usage de leurs armes , ils ne pouvoient deviner pourquoi on leur défendoit
(e) Ce sont des hommes de couleur dont parle M. Dubreuil de Fourcaux. Rien ne
prouve plus fortement combien ils ont toujours cté cloignes de fomenter des troubles,
comme ils en ont été accusés parleurs ennemis. Cependant c'est un colon blanc qui fait
ici tous ces aveux en leur faveur. --- Page 34 ---
(22)
possession française; que si les colons blancs, tous trop ens
dettés , oune possédant rien à Saint-Doningue, n'ont
zine
pasfuit
bangueroute universelle à la France, c'est qu'ils avoient
trop à craindre d'un ennemi intérieur auquel ils ont, donné
de les porter ; O7L leir lut ensuite un arrété de Passemblée provinciale, conséguent aur décrets' ci-dessus et en leur faveur; ils en furent satisfuits a
quelgues mots près qu'on auroit vraiment pu se dispenserd'y mettre, ct ils
offrirent de nouveau de préter le serment qu'ils avoient déja profondément
gravé dans leurs coeurs, ils en furent dispensés par l'assemblée, ct se retirèrent.
Nous allons nous occuper des moyens d'adoucir leur sort présent 2 je vondrois bien que l'assembléc générale en fit de mêrne.
Vous voyez. 2 mon cher Millet, 1 que je suis toujours le méme; jo vous dis
ma vraie façon de penser en aui de ma patrie en bon colon , en vrai patriote 7 et comme votre ami 3 persuadé que vous ne le trouverez pas mauvais,
ni mêne l'assemblée.
Adieu ! mon cher Millet, 9 donnez-moi vite de vos nouvelles, répondez
exactement à ma première lettre, et n'oubliez pas que la province du Sud
a toujours été sage, 1 prudente 7 et sans reproches 2 que nous devons vivre et
snourir de même ; dites cela de ma. part à tous les nôtres, en leur faisant
mille complimens et amitiés.
N'OUBLIEZ PAS NON PLUS LES 42 MILLIONS STERLING DU LORD PIrT;.
TENEZ-YOUS sun vOs GARDES A CE SUJET, AINSI QUE TOUTE L'ASSEMBLÉE
COLONIALE (a).
Adieu , encore une fois 2 mon cher Millet, 2 je vous embrasse et suis sincè.
rement votre ami, 2
Signe, DUBREVIL DE FOUREAUX,
(a) Ceci preuve, > sans replique 1 que Pitt avoit quelqu'agent dans la colonie, pour
corrompre T'asserablée générale. Qu'on rapproche cette phrase de ce qui s'est passé i
l'époque du décret du 15 mai, oà l'assemblée coloniale arréta d'appeler les Anglais dans
Ia colonie 1 sous prétexte de la révolte des noirs, et du discours que tint le président de
çctte assemblée à milord Édouard, envoyé de la Jamaique à Saint-Domingue. Depuis
long-tems nos yens,fxés UETS lhorison, attendent vos SECOuTS el v05 armees. Est-il rien de plus
expressif?
T77F
décret du 15 mai, oà l'assemblée coloniale arréta d'appeler les Anglais dans
Ia colonie 1 sous prétexte de la révolte des noirs, et du discours que tint le président de
çctte assemblée à milord Édouard, envoyé de la Jamaique à Saint-Domingue. Depuis
long-tems nos yens,fxés UETS lhorison, attendent vos SECOuTS el v05 armees. Est-il rien de plus
expressif?
T77F --- Page 35 ---
GAAA
(33)
d'ememi du bien public; c'est qua
la dénomination injuriouse à leur serment, n'ont pas youlu
les colons amdricnias,fidales
avoir connoitre deembrasser leur parti. Je crois vous
fait hélas ! la vérité
leurs intentions (1). Mais,
puis long - tems
faire distinguer; mais la voix
toute nue a trop de peine à se dans ce siècle de lunière
de Pinnocent scroit trop foible, si,
travers
la vérité seule ne se faisoit jourà
et de philosophie, ,
et de la dissimulation.
le voile ténébreux du mensonge chers
à ne plus
très-fort, mes
compatriotes,
Je vous engage
nous allons destitner, , nonplus qu'i
rien adresserà. Bleck,que des
gagnés par les COPabbé Aléogane, ce sont ignorans
mités.
icinosprofonds respects à M. Dejoly, etvous
Nous adressons
dans la dissimulation actuelle, notre
prions de Fassurer que,
dévouement pour Pintime serreconnoissance et notre entier
vice qu'il nous rend, nefait qu'augmenter (2).
Augé,
la réponse du compatriote
Nous avons vu avec] plaisir
ce dernier écrivit à
lue à M. Laborie , sur la lettre que
homme dans
ce nous a été donné par un
M. Dejoly , qui
en arracher d'autres,
la confiance du comitd ; nous espérons
pour de Pargent.
deur de vos lettres venant par le
On m'a assuré que
le décret du 8 mars,
navire du capitaine Denis qui a porté
de toutes
les 40 visiteurs des corps, 7 qui
ont été prises par
que celles qui ne sont pas
nos lettres ne laissent passer
vous ai indiqué
instructives (3) ; servez-vous du moyen que je
de Pattachem-nt des hommes de couleur, et qu'ils ont
() Nouvelle preuve
des colous blancs.
refusé de se préter aux vues pe rfides
de M. de Joly pour défen-
(2) On voit ici 9 'il n'étoit encore question il étoit que question des 6 millions d- don
seur de notre cause; et qu'alors offert. mème Tout cela démontre la perfdie de MM,
patriotique que nous relativement avions a ce qu'ils ont dit de moI à ce sujet.
Pag ct Brulley,
on cachoit tout aux hommes de çouleurg
(3) Cela prouve avec quel soin
ter aux vues pe rfides
de M. de Joly pour défen-
(2) On voit ici 9 'il n'étoit encore question il étoit que question des 6 millions d- don
seur de notre cause; et qu'alors offert. mème Tout cela démontre la perfdie de MM,
patriotique que nous relativement avions a ce qu'ils ont dit de moI à ce sujet.
Pag ct Brulley,
on cachoit tout aux hommes de çouleurg
(3) Cela prouve avec quel soin --- Page 36 ---
(24)
par la voie de mon commettant par legrielje fous ai adressé
trois gros paquets, en y comprenant la première de la
prisente.
11 m'est impossible de vous envayer ci-inclus les pouvoirs
que vous desirez pour nous représenter legalement. Patience
stLr ce point 2 nouS ILOuS en occupons, mulgré toutes defenses à ce contraires ; mais les choses en iroient bien mieur,
si d'après le contenu de nos lettres, vous pouviez obtenir
ZLTL décret quiannullant le placard de Saint-Marc, mouS autoriseroit 2 nous assenblerpour-faine connoitre notre veeu (1).
Nous persistons tonjours: et tous les colons Américains
sont di'avis de tenir i vOS ordres, nOS chers
representans, ,
LESSTXMIELIOXS QUE rOuS AYEZ OFFERTS EN NOTIE NOM; ASSUREZ L'ASSEMBLER NATIONALE ET LE ROI, DE NOTRE EMPRESSEMENT A REMPLIR CET ENGAGENENT PATRIOTIQUE. Envayeznous.lespièces qui doivent craserder-lacunurilation, vous verrez
l'ellet de notre patriotisme (2). Vous me dites que vous m'attendiez pourle courant du mois dernier, avec les pouvoirs des
constituans. Tous nos compatriotes pensent bien comme vous;
c'est depuis long-tems notre plus grand desir : mais comment
l'exécuter , lorsqu'on court les risques d'um assassinat dans
sa demeure même, et qu'il est impossible de faire un pas
sans danger (3) ?
(:) Ce placard étoit un arrêté de l'assemblée coloniale qui défendoit aux
liommes de couleur de s'assembler.
(2) Rien prouve-t-il plus évidemment la destination des 6 millions sur lesquels MM. Page ct Drulley ont tant brodé 1 et le patriotisme de mes frères ?
(3) On voit,, par ce passage, les. risques que les hommes de couleur ont
toujours couris dans les colonies d'y' éprouver; il prouve encore que si le' don
patriolique de 6: millions n'a été effectué, c'est par les' entraves que les colors blancsmettoient: à ce que Jia hommes de coulcur pussent s'assembler pour
l'effectuer; car ils n'ignoroient pas qu'il étoit question de ce don, puisqu'ils
avoient intercepté ma lettre du 4: mars et qu'elle fut à cette
imprimée
par ordre de l'assemnblée. coloniale, et répandue avec profusion époque dans la colonie,
afin d'engager tous les colons aristocrates à surveiller mes frères pour qu'ils ne
pussent l'elfectuer et lcs faire rougir de leur pcu de patriotisme.
Nous
l'effectuer; car ils n'ignoroient pas qu'il étoit question de ce don, puisqu'ils
avoient intercepté ma lettre du 4: mars et qu'elle fut à cette
imprimée
par ordre de l'assemnblée. coloniale, et répandue avec profusion époque dans la colonie,
afin d'engager tous les colons aristocrates à surveiller mes frères pour qu'ils ne
pussent l'elfectuer et lcs faire rougir de leur pcu de patriotisme.
Nous --- Page 37 ---
(25)
ci-joint autant qu'il est en notre
Nous VOILS envoyons
faire Pascontre tout ce que peut
pouvoir la protestation toutes autres dans CC qui nous
semblée de Saint-Marc et
adhésion, nul
à
donné nulle
pouvoir
concerne (1), n'ayant
lc non de représentans
aucun des citoyens qui se donnent
(:) De Saint-Domingue, 1 le 9 juillet 1790.
de Cavaillon ct dépendances 1 par le
I.es colons de couleur de la paroisse de nullité coutre toutcs les opéra.
ministère de leurs représentans 1 protestent
avoir rapport à eux,.
tions des assemblées de la colonie 2 comme ne pouvant au décretde l'asn'y ont point consenti; et se réferent sur ce point
puisqu'ils semblée nationale, 2 sur le droit de citoyen. couleur de la paroisse susdite 2
En conséquence, nous, tous citoyens de
et enticr
et donnons plein
par le ministère de nas représentans, , soussignons nationale, assisté de
pouvoir à M. Raimond 7 notre député à lassembiée de lanation franM. de Joly, président 2 de former envers les représentans généralement quelet empèchemens
goise toutes oppositions 1 protestations contre les décisions des arrêtés impéconques pour le bien de notre intérêt 1
comme étant
des colons françois réunis à Saint-Marc,
rieux de l'assemblée
de couleur;
illégales et non avouées par tous les colons
constitution.
Parce
s'est formée en autorité et sous sa propre
10,
qu'elle
partie de la colonie.
20. Parce qu'elle ne représente qu'une sur les citoyens qui n'y sont repré30. Parcequ'elle n'a pas le droit excessif
ils
dc bons Français actifs et propriétaires,
sentés 1 et qu'en qualité blancs ni être assujettis à des étrangers transne peuvent dépendre des colons
2 leurs droits insulaires 1 protestent en
plantés dans la colonie, au préjudicede du décret de l'assemblée nationale du
outre contre toutes innovations, en vertu
17 juin 1789 pour les colonies. dc Passemblée nationale des 8 et 28 mars
Et s'étayent de l'autorité du décret
le droit de manifester son vocu
n'attribuant à la colonie que
dernier 1 qui
lui convient et non de faire des lois 1 faisant toutes
sur la constitution qui
arrêts rendus par la susdite assemblie de
contre les décrets ou
ce
protestations"
à la nation pour la partic nous compétent, jusqu'à
Saint-Marc 2 et appel
finalement les susdits citoyens
que nous ayons été ouis et entendus ; protestent
au roi et à la loi qui
inviolablement toute fidélité à la nation 1
dc garder
sévir contre ceux qui pourroient s'en écarter à
sera décrétée par elle, et de
dans la colonie.
la réquisition des représentans de sa majesté
D
décrets ou
ce
protestations"
à la nation pour la partic nous compétent, jusqu'à
Saint-Marc 2 et appel
finalement les susdits citoyens
que nous ayons été ouis et entendus ; protestent
au roi et à la loi qui
inviolablement toute fidélité à la nation 1
dc garder
sévir contre ceux qui pourroient s'en écarter à
sera décrétée par elle, et de
dans la colonie.
la réquisition des représentans de sa majesté
D --- Page 38 ---
(26)
de tous les habitans de wa partie françoise de Saint-Domingue ; ce titre est fiaua dans son principe et abusif
dans ses effets, en ce que nul colon Américain (:) n'y est
représenté, et que par P'arrêté du 28 avril, manifesté aux
Cayes le 9 mai, qui nOuS enjoint de nous soumettre aux
décrets, dit-on, de P'assemblée de Saint-Marc; mais cette
Signés, B. Chaperon. C. Chaperon. G. Mesnard. J. Jouachin." R. Bastien.
A. Torchon. Carbouier. Beauregard. J. Bourgoly. G. Jouassin. J. Boursier.
J. Englade. Cassignol, T. Verdier. C. Verdier. Le Sudre. Griffe. Ligondes.
F. Pitre. Les suivans ne savent pas signer. M. Sudre. G. Sudre P. Sudre,
P. Sudre. J. Lope. M. Geifrard. J. Geifrard. C. Bonnefin. D. Lominy. J.
Labbé. C. Labbé. Cornit fils. G. Dantaux. C. Prou dit Guirbé, P. Sudre,
P. 1. Sudre. C. Sudre (a).
Mon cher Compatriote 9
Je vous envoie ci-joint les protestations que nos compatriotes de Cavaillon
ont faites , contre l'assemblée générale de Saint-Marc qui n'a point: les
voeux de ces citoyens. Je joins aussi leur lettre de remerciment à M. l'abbé
Grégoire, sous cachet volant à votre adresse 2 vous priant de la lui remettre.
Je suis si pressé 2 que je ne peux vons entretenir sur ce quise passe actuelJement ; je vous dirai que le paquet que M. de la Luzerne aroit envoyé à
M. de Peynier, gouverneur-général, a été arrêté à Aquin par les sieurs SaintAuroux et Mecaire 9 deux gargotiers aux Cayes ; ils ont apporté CB paquet
aux Cayes, au comité, et l'on en a fait l'ouverture lundi matin 7 je ne peux
vous dire ce qu'ildit (6).
Je finis en vous priant de ne point vousralentir ni nos autres compatriotes, ;
et croyez-nous avec l'attachement et, toute la vénération qui vous est due 1
cher défenseur. Je vous embrasse tous mille fois, J'ai Phonneur d'être trèssincérement 2
Mon cher compatriote ;
Votre très-humble et trèsobéissant serviteur 2
Le 27. juillet 1790.
BRAQUEHAIS,
(1) Ou homme'de couleur.
(4) L'on peutj juger, d'après cet arrété, de leur dévouement à T'assemblée nationale,
(3) Voili comme les colons blancs nc; gespectoient rien,
#17
défenseur. Je vous embrasse tous mille fois, J'ai Phonneur d'être trèssincérement 2
Mon cher compatriote ;
Votre très-humble et trèsobéissant serviteur 2
Le 27. juillet 1790.
BRAQUEHAIS,
(1) Ou homme'de couleur.
(4) L'on peutj juger, d'après cet arrété, de leur dévouement à T'assemblée nationale,
(3) Voili comme les colons blancs nc; gespectoient rien,
#17 --- Page 39 ---
(27)
assemblée qui s'est déclarde permanente 7. fait tous les jours
des actes de souveraineté : ce que vous aurez Vl clairement
par la correspondance du général.
Votre union à M. Gerard n'est du goit de personne; ;
nous le craignons , parce qu'il a toujours été notre ennemi ici(1).
Le comité du Cap a pris ZLIL arrêté par lequel il avertit
tous les autres comités de Saint-Domingue , qu'il J a au
Cap, à Sainte-Susanne et ailleurs, ILIL foyer de conspirazion, des ennemis du bien public (2), contre les citoyens,et
qu'ignorant jusqu'oit ce foyer peul étendre ses chainons,
iZ les engage de faire sur la moindre suspicion 3 arrêter,
emprisonner, questionner tous les gens de couleur suspects,
afins , disent-ils, de traverser cette conspiration. Mais pour
être suspects , ici il ne s'agit que d'avoir du bien ouL WIL
peu de bon sens. D'ailleurs cette suspicion sans nul fondement et cet arrêté est absolument incendiaire dans ses
effets. Cecin'a pas été publié, mais nous est parvenu par
une voye silre et bien cachée : jugez donc du nombre infini
de conventions prises à notre insçu dans le silence, tendantes
aur mêmes.fins.
On dit qu'il est arrivé aux Cayes, un homme qui nous
apportoit de France des pièces instructives, mais qu'il a été
corrompu pour de l'argent, ayant remis les pièces, il est
parti incognito.
Dans les différens papiers publics que je vous envoye ciinclus, vous trouverez que la paroisse du petit Goave se
félicite d'avoir tranché la tête à M. Ferand de Baudières qui
avoit écrit la pétition de nos concitoyens dans ce quartier
la, et s'attribue la tranquillité dont les autres quartiers
jouissent.
() On verra plus loin qu'ils ont jugé différemment ce même homme,
lorsqu'ils ont reconnu la purcté de ses principes.
(2) C'est ainsi qu'ils appelloient les hommes dç couleur.
D 2
ez que la paroisse du petit Goave se
félicite d'avoir tranché la tête à M. Ferand de Baudières qui
avoit écrit la pétition de nos concitoyens dans ce quartier
la, et s'attribue la tranquillité dont les autres quartiers
jouissent.
() On verra plus loin qu'ils ont jugé différemment ce même homme,
lorsqu'ils ont reconnu la purcté de ses principes.
(2) C'est ainsi qu'ils appelloient les hommes dç couleur.
D 2 --- Page 40 ---
(28)
Pour venir ici, j'ai été obligé de prendre un congé du,
comité d'Aquin; je vous remets ci-joint la correspondance
qui a précédé le congé; dont copie jointe.
Il me reste à vous faire part des applaudissemens. , de la
vénération et de Pentier dévouement que tous nos bons com-,
patriotes vous adressent et à tous nOs représentans.
Yous priant d'offrir nos très-lumbles respects à 11. de
Joly et d'être persuadés de l'entier dévouement dont nous,
sommes pénétrés et. de la sincérité avec laquelle
Nous avons l'honneur d'être,os chers compatriotes et
dignes représentans,
Vos très-humbles, sincères
serviteurs, amis et dévoués,
Signes, Jacqnes Boury, Remarais, Braquehais, Bourt, Massé, , Lamonge,
N. Rollin et Bois-Rond jeune.
Duplicata conforme à l'original,
Bois-Iond jeune.
D'Aquin, le mardi 27 juillet 1790.
Mrs CHERS CONPATRIOTES,
Je me réfère aux trois longues lettres que je vous ai
adressées par mon commettant, et aux différentes instructions
qu'elles vous comportent et que je vous conlirme,
Nous avons reçu votre lettre adressée à M. Gionnet qui
la remise à François, laquelle nous fuit part de la bonne
protection que vous vous étes procurée de M.Pabbé Grégoire,
et de la motion qu'il a faite en notre faveur, par laquelle
vous nous dites que l'assemblée nationale nous comprend
sous le titre de citoyen actif'; et vous nous engagez de
nous entendre avec les blancs pour le bien être commun (1):
ceuz- ci bien loin de l'entendre ainsi, ont fait et publié
frères ()On voit que dans toutes mes lettres, je ne cessois de recommander à ncs
Punion avec les blancs,
.Pabbé Grégoire,
et de la motion qu'il a faite en notre faveur, par laquelle
vous nous dites que l'assemblée nationale nous comprend
sous le titre de citoyen actif'; et vous nous engagez de
nous entendre avec les blancs pour le bien être commun (1):
ceuz- ci bien loin de l'entendre ainsi, ont fait et publié
frères ()On voit que dans toutes mes lettres, je ne cessois de recommander à ncs
Punion avec les blancs, * --- Page 41 ---
D KZUK
a
(99)
mille choses contraires, et se sont mémeservi d'unsulters
fuget pour, donner di ridicule a la : motion pastorale. Ce
que vous verrez clairement par. les papiers. publics que je
Yous envoye ci-inclus.
On répand dans, le monde que le compatriote Colon,
m'a écrit à; l'adresse de P'Abbé,,et.qme ma lettre a étél mise
dans l'ameublement qu'il a envoyé pour l'église de héogane;l'Abbe ou tout autre- a,apporté cetie leltre, au comité,
où elle a été lue et copiée, à linlini, et envoyée àitons les
comités comme un chef-d'ceuyre épistolaire 3 mais comme
elle ne, doit pas être flatteusc pour nos oppressears, ils ont
tenu assemblée par-tout tendante à, délibérer s'ilne seroit
pas nécessaire de me faire arrêter;! CC que des hommes
sages ont empêché.On dit quèn par. votre lettre: vous nous
errgagez à tenir bon, et de n'adhérer cn rien aux propositions
qui nous seront faites ici(1); et que vous m'annoncez deux
inspecteurs qui seront envoyés par. l'assenblée nationale pour
vérifier l'état de la colonie.
La France doit être instruite, que quant aux blanos,le
pays, est: composé de familles anciennes de créoles, qui sentant trop le terroir, ne se connoissent point en loix ; d'Européens anciennement arrivés ici,ui ont accuunnlé de grosses fortunes et doivent compte en France des gros fonds
retenus à leurs commettans. De ceux-ci, partie ont soldé,
d'antres, doivent encore très-gros et ne. payeront qu'après
leur mort; voilà donc nos présidens, 5. nos maires 'de ville;
d'autres sans nulle propriété foncière, ne payant nulle contribution, sortis de France à catise de leurs dettes, etc. etc.
avec un peu d'usage et la déaiangeaison de moutrer de
T'esprit : voilà less secrétaires des comités, les échevins, etc. etc.
D'ailleurs, 9 comme on a besoin de faire nombre, il suflit
d'être blanc ponr être citoyen actif et souvent éligible 7
(1) J'etois instruit qu'on devoit Jeur faire à Saint-Domingue, les nuemes la
propositions m'avoient été faites ici: celle de renoncer à vivre SOI:S
dépendance Ai la Frence, à la condition de leur accorder tout Ce qu'ile
réclamoient.
, les échevins, etc. etc.
D'ailleurs, 9 comme on a besoin de faire nombre, il suflit
d'être blanc ponr être citoyen actif et souvent éligible 7
(1) J'etois instruit qu'on devoit Jeur faire à Saint-Domingue, les nuemes la
propositions m'avoient été faites ici: celle de renoncer à vivre SOI:S
dépendance Ai la Frence, à la condition de leur accorder tout Ce qu'ile
réclamoient. --- Page 42 ---
(35)
eelui même à qui on reconnoît les plus grands défauits,
du talent et sachanit écrire, hé bien! ils sèra
ayant
besoin d'hommes de.tête.
élu; parce qu'on a
Ceux-ci se lient avec ceux
ne
savent ni écrire ni parler,
qui
acquièrent par ce nombre, la
pluralité des voix et menent le pays comme ils veulent
Aussi les' hommes sensés disent-ils
c'est
(1).
de
que
aujourd'hui le
règne la canaille.
. :
Que pense-t-on à l'assemblée' nationale de ce décret du 28
mai, concernant les droits de Saint-Domingue P On
ici que P'assemblé nationale appréhende la scission prétend de la
colonie et qu'elle craint de la forcer à se
c
décrets (2.). Dans ce cas,si. la constitution du conformer ses
lument abandonnée à
pays est absol'assemblée de Saint-Marc, quelle sera
la ressource des gens de couleur?. J'ai appris que dans tous
les quartiers, ils ont dit : que fidèles à leur serment, ils
mettent un frein à leur vengeance et qu'ils attendent avec
impatience la régénération future prononcée par l'assemblée
nationale, sanctionnée par le roi. Mais que si par malheur,
hélas! leurs espérances sont trompées, le désespoir doit
les porter à toutes sortes d'extrêmités 7 parce que quand la
vie est un opprobre, la mort est un devoir.
Dans ce moment on prétend que M. Mauduit, colonel
du régiment du Port-au-Prince, suit les ordres de M. de
Peynier, pour obliger l'assemblée de Saint-Marc à se conformer aux décrets du 8 et 28 mars, et que pour ce fait
tout le Port-au-Prince est en armes. M. Thomas Milet,
quivientde passerpourles Cayes, a ditavanthier, à Aquin, que
l'assemblée de Saint-Marc alloit se réunir au Port-au-Prince.
Mais il est certain qu'il est arrivé anx Flamands, vendredi
dernier, une corvette de France, expédiée, dit-on, pour le Portau-Prince, apportant des paquets pour M. de Peynier, contre-
(1) Voilà les intrigans qui ont si long-tems mené la colonie.
(2) Tel étoit le langage de ces hommes qui osoient dire dans les
que la France n'oseroit jamais heurter de front leur
crainte Colonies
scission,
volonté,
d'une
A
certain qu'il est arrivé anx Flamands, vendredi
dernier, une corvette de France, expédiée, dit-on, pour le Portau-Prince, apportant des paquets pour M. de Peynier, contre-
(1) Voilà les intrigans qui ont si long-tems mené la colonie.
(2) Tel étoit le langage de ces hommes qui osoient dire dans les
que la France n'oseroit jamais heurter de front leur
crainte Colonies
scission,
volonté,
d'une
A --- Page 43 ---
(L)
avec ordre de les faire parvenir de suite
signés Laluzerne ,
des Cayes,
à leurs adresses. Les paquets remis au commandant
de maréchaussée 7 qui, pour
ont été remis à un cavalier
celuid'Aquin
accélérer, devoit être changé à chaque quartier; arrêté à la Gransamedi matin 2 et il a été
est parti
hommes des Cayes, qui lui ont mis le
Ravinne par deux
retiré les
et les ont
pistolet à la gorge, lui ont
paquets tout le monde
tout cela de conniyence,
emportés aux Cayes": les colons Américains qui sont specen étoit d'accord, sauf
On prétend
malévoles de tout ce qui se pratique.
tateurs
Fordoninance des xt préparatifs de
que les paquets portent
de la colonie, , j'entends les
guerre. Déja quelques quartiers
ont- offert au
colons Américains pressés de leur vengeance 2
tenir à ses ordres et de prêter le serment progénéral de se
noncé par la compagnie des volontaires.
chers compatriotes, les papiers publics, que
Enfin, mes
d'autres vous enverront, vous
je vous enyoye et ceux que
instruiront du reste ; l'occasion ine presse.
des
n'ai le teins de vous supplier d'être pénétrés
Je que
et de l'entier dévouement avec
sentimens d'attacliement
lesquels je serai jusqu'au dernier de mes jours,
Mes chers Compatriotes,
Votre dévoué ami,
Bois-Rond jeune:
l'extrait de la lettre de M. Gerard.
Ci-joint
BRAQUERAIS (1):
des délibérations de Passemblée provinciale du
(1) Eztrait des registres
de la séance du 9 mai 1790, de relevée.
Sud de Sutc-Domingsey'e:
de couleur ont été avertis de se présenter 7 ils ont été introduits
Les gens
dit
se rendoient aux ordres de l'assemblée, eus
à la barre, et ont qu'ils
debout , M. le président a dit :
Passemblée
du Sud, dans
c Vous avez été mandés à la barre de
provinciale "et ne solon sont les mcmbrès, que vous ne demandez'
> la juste persuasion de ces arrêtés 2 ainsi que des décrets de l'asseme
> licitez qu'une explication
été avertis de se présenter 7 ils ont été introduits
Les gens
dit
se rendoient aux ordres de l'assemblée, eus
à la barre, et ont qu'ils
debout , M. le président a dit :
Passemblée
du Sud, dans
c Vous avez été mandés à la barre de
provinciale "et ne solon sont les mcmbrès, que vous ne demandez'
> la juste persuasion de ces arrêtés 2 ainsi que des décrets de l'asseme
> licitez qu'une explication --- Page 44 ---
(32)
No. 5.
1 MM. de Jolly, président, Raimond, député de la
partie du Sud de
les
Saint-Domingue 2 par
honmes de- couleur, à PAssemblée Nationale,
i Paris.
Du-27 juillet 1790.
MEs CHERS COXPATAIOTES,
Nous nous empressons de profiter d'une occasion, pour
vous rendre compte de la marche de nos affaires dans la
>> blée générole de Saint-Dominguo 1 pour pouvoir vous y conforiner entièrement et dans toute leur étendue; vous avez avant à vous prémunir contre
> les insinuations dangerenses que quelques-uns des vôtres cherchent à ré-
> pandre et à communiquer, lesquelles vous précipiteroient indubitablement,
>> dans tine foule de calamités aussi terribles, que justement méritées 7 si
vous vous abandonniez à de pareilles suggestions: ; et vous avez encore à vous
s pénétrer de cette grande et importante vérité, que rien ne peut détruire >
> ni même aliérer la ligne de démarcation que Ja nature et nos institutions
>> ont également et irrévocablement fixée, entre vous et vos bienfaiteurs (a).
< D'après les décrets de l'assemblée générale de
Saint-Doningue J qui
o obligene umpérativement el indistinctement lous les individus de celte CO-
> lonie 2 il' vOuS est enjoint sous la peine d'étre déclarés coupables du
> crime defese-nation et d'étre poursuivis comme tels, de ne plus sortir de
> chez vous armés, d moins que vous ne soyiez commandés pourquel-
> qu'objet de service, soil de la part de vOs afficiers, soit de celle des
> comitis paroissiauz ; et il vaus est également defendu de sortir de vos
> parcisses, : sans étre précautionnés an préalable d'un passe-port ducomité de
>> votre paroisse ; tous les gens de votre classe sont égalemenipar ce décret,
> mis d Pavenir sous la sauve-garde de la loi, ctsousl'autorinidelassenblie
>> genérale; l'assemblée gue vous voyez actuellement réunie 2 composée de
s députés de toutes les paroisses de çctte province, vous prend de même sous
>> sa protection 7 et vous assure 2 par mon organe 1 qu'aucune atteinte ne
(e) Comment peut-on croire au patrio:isme, à l'esprit de liberté ct d'égalité d'hommes
eei tiennent un pareil langage P
colonie 2
tsousl'autorinidelassenblie
>> genérale; l'assemblée gue vous voyez actuellement réunie 2 composée de
s députés de toutes les paroisses de çctte province, vous prend de même sous
>> sa protection 7 et vous assure 2 par mon organe 1 qu'aucune atteinte ne
(e) Comment peut-on croire au patrio:isme, à l'esprit de liberté ct d'égalité d'hommes
eei tiennent un pareil langage P
colonie 2 --- Page 45 ---
(33)
colonie, CC ct nous commençons pour vons assurer qne nous
A ignorons très-fort à quel pouvoir elle demeurera d'ici à deux
sera portéc i la siircté de VOs personnes, ni i la libre disposition de vos
>) propridtés, ct tant que vous vous maintiendrez dans les borncs du respect
> etde la soumission que vous dercz aux loix de Saint-D.mingue,
Cc L'assemblie nationale vers Liquelle guclques-uns des vdtres s'étoient
>> retirés , wient dc promulgaerpar son décrct du 8 mars, que la colonie
> de-Suint-Doningre demeure autorisée d fnire connoitreson vocu surle
> constitution , la ligislntion ct l'administration qui conviennent d Sa
>> prospérit ct au bonhcur de ses habitans , el qu'elle n'a jamais entendu
> les assnjettir d des loiz quipourroient étrè incompatibles avec leurs con-
>) venances locales ct particulitres. Yous devez donedisommais, vous adres-
>> scr à l'assemblie genirale de Saiat-Dominguc, ct rous n'auries jamais
>) di arcir recours d d'aulic tribanal,pour obienirlusclionutios dont votre
> sort et cotre situation vous rendent suscepiiblus, CTL vous soumettant
>> a tout ce qu'clle peut et pourra ordonner. Yous pouves dtrc cependant
> assurés , el nous vous le confirmons de la manière la plus solemnclle,
>> qu'elle COLLS maintiendra dans P'ezcrsice de tous vosdroits civils, ct
> qu'elle s'occupera sur-tout, par unc conibinaison plus heureuse dans ses
> loix, des moyens de vous mettre à l'abri de toute vexation particulière,
>> de manière que tout attentat en ce geure 3 s'il ne devient pas impossible,
> ne restcra du moins jamais inpuni 3 quel quc soit Pétat et la condition de
>> celui qui P'aura commise;mais; garde z-vonsdefaire. des demandes qui seroicnt
>> incompatiblesatce l'étatde subordiuation dans lequelvous devez restcr ct per-
>> sévérer envers les blancs, et deladof@rearemapectuetieqseiou.l leur devez,
>> ctn'ayezpaslorgueilnileddlirede croirequevous puissiez jan:ais MARCHER
>> L'ÉGALDEYOSPATROYS,DE vos BENFATTEURS,FOS ANCIEXS3LAITEES,XIDE
> PARTICIPER A TOUTES LES CIIARGES PUBLIQVES ET TOUS LES DROITS
>) PUBLICS(4).
C Retirez-vous donc en pleine sécurité ct allez annoncer aux votres que
> l'assemblée provinciale du Sud cst déterainée à vOuS maintenir dans la
> jouissance et l'exercice de tous vos droits civils 2 Ct que vous pourrez en
(4) Quelies rélexions, cc qu'on vien: de lire. ne doit-il pas faire faire à mRépu.
blicain véritabiement ami des priccipes de liberté ct d'égalité!
E
ITS
>) PUBLICS(4).
C Retirez-vous donc en pleine sécurité ct allez annoncer aux votres que
> l'assemblée provinciale du Sud cst déterainée à vOuS maintenir dans la
> jouissance et l'exercice de tous vos droits civils 2 Ct que vous pourrez en
(4) Quelies rélexions, cc qu'on vien: de lire. ne doit-il pas faire faire à mRépu.
blicain véritabiement ami des priccipes de liberté ct d'égalité!
E --- Page 46 ---
(34)
et tout ce les
> mois, , tant la cabale, les contradictions,
que
inventer
troubler T'harmonic, est em-
>> bommes purent
pour
le
violenté
l'assemblée
s'est réunie
> ployé; général
par
qui
>> à Saint-Marc, qui ne veut point se conformer aux deux
>> décrets pour les colonies, et: nous voyons bien que les en-
>> nemis de la nation vont soutenir son opiniâtreté et flatter
en soit, nos
son inclination pour. l'indépendance ; quoi qu'il
>> chers compatriotes > nous périrons françois 7 et nous nous
3 envelopperons dans le drapeau de la France , qui nous serfaire une déclaration auD> vira de suaire, nous venons d'en
> thentique au général, dont nous vous donnons copie (1).
tout teins et avec une pleine confiance vous jetter dans son sein et y trouver
> protection 2 sûreté et bonté.
Jacques Bourry 1 l'un d'eux, a promis pour tous > obéissance et fidélité 1
et ils se sont retirés.
Les gens de couleur retirés 1 il a été arrêté qu'extrait du présent procèsverball lleur sera remis, s'ilsle désiroient.
Arrèré pareillement. qu'expeditions dudit procès-verbal seroient envoyées
à tous les comités paroissianx de la province.
CAILLON, secrétaire.
Collationné au registre.
Signé,
Déclaration des citoyens de couleur de la partic du sud deSaint-Domin-
(1)
gue à M. lc général.
Nous soussignés habitans de la partie du sud, tous hommes de couleur >
lhonnenr de certifier à M. le gouverneur général, à qui nous déavons
clarons que sous tout ce que Phonneur françois et la fidélité que nous devons
à la nère patrie ct au roi pent nous suggérer > nous n'entendons nullement
écarter des
assurent les intérêts de la France dans la
nous
principes qui
colonie ni
autorités prévalent sur les ordres du roi pour l'exé2 qu'aucunes
de
cutian des décrets de l'assemblée nationale des 8 et 28 mars 2 promettant
concourir avec lui pour le maintien de sa personne et du bon ordrc à sa
premiere T quisition.
Signé de plusieurs citoyens et du consentement de tous en général; tous
les autres quartiers en ont fait. autant.
Pour copie conforme d l'original,
Signés, TAIMARAIS, électeur aux Cayes. BRAQUEHAMT7e
les ordres du roi pour l'exé2 qu'aucunes
de
cutian des décrets de l'assemblée nationale des 8 et 28 mars 2 promettant
concourir avec lui pour le maintien de sa personne et du bon ordrc à sa
premiere T quisition.
Signé de plusieurs citoyens et du consentement de tous en général; tous
les autres quartiers en ont fait. autant.
Pour copie conforme d l'original,
Signés, TAIMARAIS, électeur aux Cayes. BRAQUEHAMT7e --- Page 47 ---
e AA
35 )
votre lettre du 31 mars (1),ett tout ce
ec Nous avons reçu
bien goité votre morale(2),
> qui laccompagnoit; nousavons)
la colonie
dans l'injustice à notre égard,
>> mais
persistant
nous ne
bien
maltraités aujourd'hui que
>> nous sommes
plus
de
notre re-
>> l'étions il y a dix ans ; nous venons présenter
des
l'exécution plénière
> quête au général ponrleideinander n'avons
encore
> décrets , dontil est responsable, nous instruire point à fond de
>> sa réponse 1 nous aurons soin de vous
bien résolus
ce
aura décidé et fait à notre égard ,
>> tout qu'il
2 d'avoir justice.
des blancs ont écrit dans la colonie > qu'ils
CC Les députés
nationale,
étoient parvenus à vous expulser de l'asseniblée
>
hasarderont-ils d'essayer cette prélention dans la
> peut-être
une fête dont la lettre ci-jointe
>> colonie ; ils avoient projetté
dans toute la
Faites-la imprimer et verser
>> vous instraira.
pas CC
>> France. , et soyez assuré que noun'apréhendons
3 projet (3).
La lettre dont on parle ici est la même que celle que MM. Page et
(:)
Brulley ontaltérée et falsifiée.
modération.
voit
prèchois toujours à mes frères la
(2) Par-tout on que je
d'une lettre écrite de Saint-Marc , par TLTZ membre de P'assemblée
(3) Copie coloniale, et dont P'original est dans mes mains.
Saint-Marc 2 ce 30 avril1790.
Envoyés en cette ville, , comme les augustes membres de l'assemblée de Saintpour travailler à la régénération de la partie françoise
nationale, aussi incertains qu'eux de la qualité de nos fonctions et de
Domingue 7
démarches furent marquées du sceau de l'hénos pouvoirs : leurs premhères mais hélas ! les nôtres ne sont déterininées que
roisme et de la sagesse 3
de
personnelles 1
par des motifs particaliers de récriminations 1 vengeances la
Il semble que diputaqui se succèdent avec une rapidité incroyable.
entretion du Nord ne s'ocoupegeajuifirs ses supinganterperdas
E 2
Domingue 7
démarches furent marquées du sceau de l'hénos pouvoirs : leurs premhères mais hélas ! les nôtres ne sont déterininées que
roisme et de la sagesse 3
de
personnelles 1
par des motifs particaliers de récriminations 1 vengeances la
Il semble que diputaqui se succèdent avec une rapidité incroyable.
entretion du Nord ne s'ocoupegeajuifirs ses supinganterperdas
E 2 --- Page 48 ---
(36)
Nous allons incessamment nious résumer
pour vcus défrayer
de vos dépenses; ncus espérons gre votre zèle puurlotiqne
ne se ralentira sur rien, et que yous voudrez bicn faire
/
prises nowzeltes(). Il n'est presque pas de jour qui ne soit marqué par le
mandement de quelque
M.
personnage. Coustard 2 quoique justité d'ax ance
par Pavcu de M. de Seguier, 2 a paru à Ja barre et a détruit bien faciJement les inpuitations vagues sur lesquelles il avoit été mardé. Demaiu le
séréchal de Saint-Marc paroitra aussi à la barre pour déluire les raisons
qui lui ont fait prononcer illégalement 2 dit-on 2 PSlargissement de quelques
mulitres emprisonnés pour la grande affire de Plassac; ensuite nous
le greflier du conseil du Port-an-Prince,
aurons
auquel on demandera Communication
de divers réquisitoires; arrêts, ménioires, etc. de ce tribunal dénoncé
d'hui rar M. Daugy 1 procureur général du Cap. Nous avons aujourentendre à lai barre M. Thomin, secrétaire de la chanbre encore à
etjuis M. de Sainte-Croix. Nos mandemens deviendront d'agriculture,
comme ceux des
évèques ; on les lit sans s'inquiéter de ce qu'ils prescrivent.
L'affaire du fonds Parisien a rendu l'assemblée furieuse
les gens de couleur (3); on va voir
contre
ci-après le récit COI ncernant cette
(a) On démontre bien évidemment Fosprit qui regne dans ces deux provinces de
la Colonie, , esprit qui se manifeste sans cesse ct qui a accasionné tous les troubles
qui ont agitd ct qui agitent encore ces provinces.
()Récit de l'évènemext du Fonds parisien.
Un homme de couleur ct un blanc trés-voisins l'un de l'autre étoient dans T'usage
de sc vendre respectivement leurs animaux, lorsqu'ils s'échappoient de l'une des
habitations pour aller sur T'autre. Un jour il preud fantaisie à l'économe du
priétaise blanc de faire saisir quelques animaux de l'homme de couleur qui avoient proété' sur Thabiiation du blane, ct d'exiger de T'homme de coulcur un droit de prise.
1'homme de coulcur paye en observant qu'il peut aussi prendre sa revanche. Eu
eHfet, des animaux du blanc sont pris quelques jours après sur l'habitation de
Thomme de couleur qui en exige à son tour les frais de prise.-- L'économe blanc
se transporte chez Thomme de couleur, le traite de gucux, de mulâtre et lc menace
de lui douner des coups de bâton, s'il ne lui rend scs animaux.-- L'homme de
couicur tient ferme et répond de méme. Le blanc peu accontumé cette fermeté,
se retire ctva chercher plusieurs blancs économcs comme lui, pour venir forcer
l'homme de couleur à lui rendre scs animaux L'honme de couleur devine son
dessein , ct il cn envoic avertir deux de ses voisins qui viennent pour lui doune
cux, de mulâtre et lc menace
de lui douner des coups de bâton, s'il ne lui rend scs animaux.-- L'homme de
couicur tient ferme et répond de méme. Le blanc peu accontumé cette fermeté,
se retire ctva chercher plusieurs blancs économcs comme lui, pour venir forcer
l'homme de couleur à lui rendre scs animaux L'honme de couleur devine son
dessein , ct il cn envoic avertir deux de ses voisins qui viennent pour lui doune --- Page 49 ---
- ATPAK
(37)
Taloi n roits avec la nome chaleur que vous lcs avez
entirpris.
affaire. Dans le premicr moment, on parloit d'nne prorcription glnérale. M. de Caradeux ainéa proposé le décret çui e passa;on les astreints
àne plus sortir de leurs paroisses sans une permission des'comnités. Ce maiin
on avoit proposé uue addition à ce décret ; tont ie nord ct. unc partie dc
l'ouest s'y opposuieat avee fnreur(a). Pai ergage M. d3 Caradeax Tainé à la
proposer et elle a éte adoptée. Jeu'en réjouis infininacnit avec Ies anis de
Phumanité, L'ass-mblée a donc déclaré qu'elie prend sous sa sauwe-garde et
sa protection 1 tous les gens de couleur qati se comporteront bien d P'avenir.
Cesdeux derniersmotsrenfermentune, annistiede tout alsinconsepsences) passées 1 pour ceux quir n'ont point connis de"délit. Il est esscutiel qu'ils le sache nt et s'en persuader nt. Pour pcu qr'il réfléchissent 2 ila ne doivent plus
hésiter à rentrer en eux-mèmes ; sur-tout s'ils coasidèrent que le décret du
8 mars 1 remet à l'assembiée coloniale la formation dc notre constitution 7
dans laquelle ils sont nécessairement compris. Les amis de l'ordre nous attensecours. A peine sont-ils arrivés, qu'ils voient venir 1O à 12 blancs armés jusques
aux dents. Les hommes de couleur courent: se cacher dans lcs pieces de cafés voisines
de la maison, et ue laissent que deux cufans, l'ue de 10 ans, Fautre de buit. Les
blancs arrivent, font un tapage horrible dans la maison 1 cassent et brisent Ics
meubles, saisissent les enfans efrayés, leur demandent oà est leur père, ils répondent qu'ils ne le savent pas. L'un d'eux cst tué sur le champ 2 T'autre garrotté et
emmené par ces blancs. Les trois hommes de couleur témoins de ces atrocités sc
glissent dans les cafés, et vont attendre tous ces blancs daus un chemin étroit de
Thabitation, ou ils devoient passer; lailsen ajustent trois ct les étendent morts. 1
les autres eifrayés preunent la fuite; ; ils cont poursuivis ct plusicurs autres sont
encore tucs. Le reste s'échappe et va répandre l'alarme, en disant qu'il ya sur T'habitation de Thomme de couleur, une armée d'hommes de coulcur qui va veuir fondre
sur les blancs pour les égorger tous. Tous les blancs s'assemabient ct écrivent au
Cap., pour demander des forces; ct voilà cc qui doana licu à celte proscription.
(4) Il faut observer que les députations de ces deux parties de la Coloniectoient
celles qui avoient proposé la proscription générale des hommcs de couleur; et
qu'elles s'opposoient avec fureur à l'amendement dont il est iciaquestion. Tou.
cela ne fait que prouver de plus en plus T'esprit d'animosité qui regne dans ces
parties, contie les bommes de couleur, CC qui y entretient ct fomeute lcs troubles
dont nous avons connoissance.
4) Il faut observer que les députations de ces deux parties de la Coloniectoient
celles qui avoient proposé la proscription générale des hommcs de couleur; et
qu'elles s'opposoient avec fureur à l'amendement dont il est iciaquestion. Tou.
cela ne fait que prouver de plus en plus T'esprit d'animosité qui regne dans ces
parties, contie les bommes de couleur, CC qui y entretient ct fomeute lcs troubles
dont nous avons connoissance. --- Page 50 ---
(38 )
11 vicnt d'arriver, , il y a deux jours, une corvette du roi,
des paquets du ministre pour le général, dont
qui a apporté
voulu
nous ne pouvons
le comité des Cayes a
s'emparer;
si dans le trajet des Cayes au Port-au-Prince,
vous assurer ,
et si le cavalier qui les porte ne
il ne sera pas surpris,
cinq hommes pour
arrêté, car on lui a dépêché
sera pas
exécutifs, tous principes d'adl'arrêter ; enfin tous pouvoirs
ensevelis dans lecahosdu
ministrationss se trouventaujaurdthui
nous
Dieu nous fasse la grace de ne point
brigandage 5
aussi terrible et nous préserver dés
abandonner à un fléau
malheurs d'une guerre peut-être ruineuse.
nous
plaisir, cher concitoyen, que nous
C'est avecunvrai
des intérêts que vous avez dans la colonie. , et nous
chargeons
détailautorisons même d'en prendre une connoissance
nous afin de pouvoir vous la mettre sous les yeux.
1ée,
également de marquer notre reC Nous nous empresserons
monsieur r'Abbé
au très-sage et très-vertuenx
>> connoissance défenseur ; son nom sera Tmmortalisé dans
>> Grégoire, notre
et réellement je crois que sans la députation du Sud,
doient avec impatience 1 Barthelemi (a). II est des individus coupables dans
nous aurions vu une Saint
consolé d'une abomination de cette
cette classe ; mais je ne me serois jamais dont j'aurois eu le malbeur d'être
espéce, ordonnée par un tribunal de de sang, couleur, de continuer à nous donner
membre. Recommandez à noS gens
assez
auprès
dans leur benne conduite des motifs de considération
puissans point
que nos intentions en leur faveur, n'éprouvent
del l'assemblée 2 pour
d'obstacles insurmontables. Votre comité l'est beaucoup. Je vous recommande à tous 9
Vous êtes sage.
de ces malheureux 3 plus absurdes que méchans.
la protection et Vinstruction
Votre ami, B. SuinE.
des dépatations du Nord et de l'Ouest,
(4)Tel étoit, comme on voit, le projet Colonic.
d'égorger tous les hommes de couleur de la
que nos intentions en leur faveur, n'éprouvent
del l'assemblée 2 pour
d'obstacles insurmontables. Votre comité l'est beaucoup. Je vous recommande à tous 9
Vous êtes sage.
de ces malheureux 3 plus absurdes que méchans.
la protection et Vinstruction
Votre ami, B. SuinE.
des dépatations du Nord et de l'Ouest,
(4)Tel étoit, comme on voit, le projet Colonic.
d'égorger tous les hommes de couleur de la --- Page 51 ---
(39 )
>> nos coeurs , et nous le supplions an nom de ce Dieu ado-
>> rable dont il est le ministre 1 de nous accorder la continua-
>> tion desa protection ; qu'illai sera glorieux d'être le con-
>> solateur des affligés, et le Restaurateur des malheureux >>,
Baisez mille fois les mains de ce bienfaiteur de l'humanité.
cc Nous ne pouvons point laisser ignorer à mnonsieur Colon,
sa lettre à Boisrond qu'il avoit
>> notre cler compatriote, que
>> adressée à lAbbé Léogane, a été surprise par le comité du
dans les diverses chambres
> lieu 1 qui en a répandu copie
>> de la colonie , et ses fortes expressions ont allarmé au point
d'arrêter Boisrond ; mais cela n'étoit
>> qu'on avoit projetté
> pas si facile 7 nous désirons que ce bou citoyen n'en soit pas
>> réprimandé; nous le prions ainsi que tous YOS compagnons,
d'agréer nos sentimens de sincérité.
Boisrond est actuellements sur son habitation d'Aquin : Iorsqu'il sera à celle du Fond , nous vous écrirons en commun ;
nous savons que messieurs vOS frères se portent bien,
ainsi que Labadie que nous avons surnommé le vénérable;
nous ne savons pas qui est celui d'entre nous qui partagera la
gloire que vous avez acquise, mais il nous semble que nous
pourrions bien nous dispenser de si-tôt de vous donner 212
adjoint; la Colonie va mettre tunt de lenteur dans ses opérations, et qui sait encore ce qu'elle deviendra s que nous
croyons devoir lui laisser prendre une assiette avant de rien
statuer.
consiNous avons T'honneur d'être avec une très-parfaite
dération ,
Messieurs et chers compatriotes 9
Vos très-lunbles et trèsobéissants serviteurs.
Signés, Rémarai, électeur des Caycs. Braquehais. Bleck.
N. Morel. Et. Bouet. Narcisse Rollain. Massé. S. Glezit. Elie
Boury. A. Rigaud , secrétaire.
Au fond de lile Avache. Saint-Domingue 2 le 23 juillet 1790. --- Page 52 ---
(40)
P. S. Donnez votre attention à la Iettre de M. le Général,
à sa déclaration et à la lettre de M. Coustard, et les diverses
gazettes qui ont rapport à VOS travaux. Nous avons authentiquement fait nos protestations contre
l'assemblée coloniale dans notre requête et avons déclaré
au général vouloir yetreadmis, ou ne point connoitre de ses
décisions sous toutes protestations quelconques; mais il y a
apparence qu'elle Va être détruite, , nous vous enverrons le
tout avec la réponse du général ; opposez-vous toujours à
toutes ses demandes, , si nous n'y sommes compris, ne vous
laissez pas surprendre attendez toujours nos avis.
OS travaux. Nous avons authentiquement fait nos protestations contre
l'assemblée coloniale dans notre requête et avons déclaré
au général vouloir yetreadmis, ou ne point connoitre de ses
décisions sous toutes protestations quelconques; mais il y a
apparence qu'elle Va être détruite, , nous vous enverrons le
tout avec la réponse du général ; opposez-vous toujours à
toutes ses demandes, , si nous n'y sommes compris, ne vous
laissez pas surprendre attendez toujours nos avis. No. 6. Lettre de Labadie. Colline d'Aquin, le 17 Mai 1791. MoxsirUnEr AxI,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'amitié de m'écrire
le 19 décembre dernier; votre lettre de change pn'a é16 présentée de la part de M. Durand, officier municipal, à qui clle
a été adressée. Elle m'a été protestée, parce qu'il n'étoit pas
possible de pouvoir l'acquitter dans trois mois, nc m'étant
pas possible de me cotiser pour cette somme; ceux à quij'aurois pu m'adresser n'étant pas en situation de le faire, étant
persuadé que ceux qui ont des moyens se coaliseront avec
Boisrond ; peut-être auriez-vous mieux fait de tirer les dix
mille francs sur lui, petits et grands auroient contribué selon leurs moyens, et je n'aurois pas été le dernier. Ne m'étant pas possible d'accepter la lettre de change, je
vous en envoie une de mille livres sur M. de l'Horte, quoique
jen'aie pas lieu d'être content de lui, j'espère qu'ilne fera pas
difficulté
. --- Page 53 ---
- MTT
( 41 )
difficulté de la payerà dix jours de vue; sije me fusse rappellé serois
l'autre
de M. la Cour , je me
le nom de
correspondant
fait d'affaires ayec
adressé à lui : il est vrai que n'ayantjamais
lui, il m'auroit fallu une lettre de M. la Cour. leurs retous les saitgs môlés, en-raison de
Jesouhaite que fassent toucher autant que je desire. vous
le
venus,
vous nous annoncez, ne nous parviendront
Les paqjuets que
à nos lettres, on les ouvre
janais ; on ne fait aucun quartier
d'ennemis de la
on les supprime (1), on ne nous traite que
ennemis. colonie; nous quiy sommes nés nous en serionsles
de
ton letrs députés, sur-tout ceux du Cap 9
Vous savez quel
parlent à Fassemblée nationale. du
Leur conduite n'est que contradiction, , ils se plaignent
et Perercent sur nous plus cruellement qu'iln'est
despotisme 7
ils croient, et M. de Blanchelande
exercé en Asie. Ils disent,
étoient les affranchis
l'a écrit, que les hoinmes de couleur de M. Goui d'Arcy 3 à
de tous les blancs ; c'est le langage
les arl'assemblée nationale. Que ne leur avez-vous opposé
ticles 58 et 59 de l'édit de 1685. la tête à M. FerDepuis que les blancs ont fait sauter des hommes de
fait un mémoire eri faveur
rand, pouravoir
mucts ; J'AI ÉTÉ FUSILLE LE
couleur, nous sommes comme croyoit quej j'en avois une
26 NOVEMERE 1789(2), parce qu'on
de
que les blancs exerçoient sur
() C'est encore une preuve T'inquisition on doit s'apperceroir que
mes frères ; d'après tout ce qu'on a lu jusqu'ici, entre les mains de nos ennemis, et
presque toutes mes lettres ont dû tomber
contraire aux intérêts
coriséquent si j'y avois preché une doctrine
que par
m'en accusent MM.
croyoit quej j'en avois une
26 NOVEMERE 1789(2), parce qu'on
de
que les blancs exerçoient sur
() C'est encore une preuve T'inquisition on doit s'apperceroir que
mes frères ; d'après tout ce qu'on a lu jusqu'ici, entre les mains de nos ennemis, et
presque toutes mes lettres ont dû tomber
contraire aux intérêts
coriséquent si j'y avois preché une doctrine
que par
m'en accusent MM. Page 2 Brulley et Parchevèque
de la nation , comne
alors de dénoncer ces mêmes lettres. Thibault 2 on n'auroit pas mauqué c'est à la lettre écrite de Versailles, le12
(yCatidlel lieudeprowver que alasscmblée constituante, qa'on doit tous les
août, perindagandsedound Dans cette lettre ils disent : Qulox ARRETE LESGENS
troubles de la colonie. ÉCRITSOU LE MOT DELIBERTÉ EST ÉcnIT:
SUsPECTS,QU'ox KSAIBIBETOUSIESE
F
de dénoncer ces mêmes lettres. Thibault 2 on n'auroit pas mauqué c'est à la lettre écrite de Versailles, le12
(yCatidlel lieudeprowver que alasscmblée constituante, qa'on doit tous les
août, perindagandsedound Dans cette lettre ils disent : Qulox ARRETE LESGENS
troubles de la colonie. ÉCRITSOU LE MOT DELIBERTÉ EST ÉcnIT:
SUsPECTS,QU'ox KSAIBIBETOUSIESE
F --- Page 54 ---
(42)
copie; ils se sont emparés de mes
papiers, j'en
ques broclures qui
aiété pourquel.
étoientintérestantes.
PAR-TOUT ATTACHONS LES GENS DE
VONT VOUS A RBIVER D'EUROPE. Cette COULEUR 2 MÉPIEZ-YOUS DE CEUX QUI
aucun homme de conleur n'avoit lettre écrite le 12 aont, à P'époque où
mationale, arriva à
encore fait des réclamations à Fassemiblée
écrit dans tous les Saint-Domingue de vers la fin d'octobre 1789. Aussitôt 2 on
maires, etp
quartiers la colonic pour former des asseniblées
parsuite une assembléecolonisle,e eton
prisur tous les hommes de couleur
mekd-Biromanhime
même se présenter à ces assemblées. qui oseroient y réclamer leurs droits, et
vont trouver le jug du lieu,
An petit Goave 1 les hommes de couleur
lui demander s'ils deroient Ferrand de Beaudiere 2 pour le Co onsulter 2 et
espérer de participer à la
pare ; le' juge leur répond parl
régénération qui se prémémoire aux blancs
l'affirmative, et leur conseille de présenter un
les hommes
qui sont formés en assemblée primaire dans
de couleur le prient de vouloir bien lui-méme
la paroisse 7
afin qu'il soit fait de manière à ne
rédiger ce mémoire,
consent et le ménoire est rédigé. pas choquer ni déplaire aux blancs. Il y
présenter. A l'instant où
Cinq hommes de couleur seulement vont le
ce mémoire est lu dans
sans aveu, 9 et qu'on ne connoissoit
l'assemblée, plusieurs blancs
dentdans la
poixtp pour êtrer même de la paroisse, se
ville,yjettent l'alarme, 2 en disant qu'on venoit de
répandeppanceguisvenitnit tous les blancsde se méfer de
receroir une lettre
qu'ilen étoitarrivé de] France faire
tous les hommes de couleur,
blancs ; de suite on saisit les pour soulever ceux dn pays et égorger tous les
sent que leurs intentions étoient cing si pétitionnaires, on les questionne 1 ils disans consulter le juge du licu qui avoit pures qu'ils n'avoient rien voulu faire
eitôt on saisit le malheureux
lui-même rédigé leur pétition. Austête pour faire un exemple juge Ferrand de Beaudiere et on lui tranche la
terrible , et les hommes de couleur
que par une fuite prompte. Après cette expédition
n'échappèrent
qui avoient répandu l'alarme dans
atroce 2 les mêmes hommes
à
lieu de
cette ville, se portent 14 lieues
Aquin,
ma résidence ; là. ils répandent la même
plus loin 2
ce qui venoit de se passer au petit Goave
alarme, racontent
blancs alloient être égorgés. Les
2 et disent que sans cela tous les
bourg et quelques-uns de la
esprits s'échauffent 2 tous les blancs, du
Rt vont la nuit chez
campagne, s'arment au nombre de 30 ou 40 1
plusieurs citoyens de couleur 1 fusillent ceux
vent, dévastent tout chez les absens. Voyez leurs
qu'ils trouse propagent dans tous les quartiers de la colonie lettres. Enfn 2 ces scènes
de couleur sont par-tout
, et les malheureux hommcs
poursuivis comme des bêtes fauves. De-là tous les
uffent 2 tous les blancs, du
Rt vont la nuit chez
campagne, s'arment au nombre de 30 ou 40 1
plusieurs citoyens de couleur 1 fusillent ceux
vent, dévastent tout chez les absens. Voyez leurs
qu'ils trouse propagent dans tous les quartiers de la colonie lettres. Enfn 2 ces scènes
de couleur sont par-tout
, et les malheureux hommcs
poursuivis comme des bêtes fauves. De-là tous les --- Page 55 ---
ATM
(43)
d'accord entr'eux, la partie du
Les blancs ne sont pas
de
Nord est divisée aussi, l'assemblée du Cap est composée
membres de la ville seulement , les paroisses n'y ont point
de députés.
G. LABADIE.
No. 7.
Lettre de Boisrond.
Colline 2 le 17 niai 1791.
MoN CHER COXPATRIOTI,
J'ai
avec la plus grande satisfaction 7 et la vôtre du 21
reçu
octobre et votre dernière du mois de décembre dernier, portant l'avis des traites dont vous vous êtes prévalu sur nous 3
fait de tirer ces lettres de change, car
vous avez très-bien
c'est le meilleur moyen de vous procurer des fonds : j'aivu
avec peite que nos autres compatriotes ont laissé protester
votre signature; ; ne pouvant faire face à tout avec empressecelle que vous m'aveza adressée de 5,000 liment, j'aiaccepté
vres tournois, tout honneur sera de ma part fait à votresignature : vous voyez quejes suis toujours le même, votre plus ardent
et plus zélé correspondant.
C MM. Larivoire partent trop tôt, je ne puis vous enmalheurs de la colonie; il est si évident 7 que c'est cette lettre du 12 aort
qui a été la cause de tous les troables 7 que le digne citoyen Gorard 1 l'un
des députés colons blancs, 2 les avoit prévus dans lc post-scriptum qu'il ajouta
à cette-lettre funeste. J'engage le lecteur à relire cette lettre pour se 'convaincre, , d'après les dates mdme 2 que c'est elle qui a occasionné tous les malheurs
de Saiut-Domingue.
F 2
ent 7 que c'est cette lettre du 12 aort
qui a été la cause de tous les troables 7 que le digne citoyen Gorard 1 l'un
des députés colons blancs, 2 les avoit prévus dans lc post-scriptum qu'il ajouta
à cette-lettre funeste. J'engage le lecteur à relire cette lettre pour se 'convaincre, , d'après les dates mdme 2 que c'est elle qui a occasionné tous les malheurs
de Saiut-Domingue.
F 2 --- Page 56 ---
(44)
> voyer ce que vous demandez; d'ailleurs je vous ai
>> par ma dernière quelle difficulté il falloit
marqué
s combattre, et que nous prenions ici
surmonter ou
leparti de rester tran79 quilles. A cette occasion 2 je me conforme avec
au
texte de votre dernière (1), en attendant dans plaisir la
> grande sincérité les commissaires annoncés,
plus
> las ! qn'ils rétablissent la
, pouryu, hétranquillité, ce que la station n'a
S pu faire, parce qu'elle a été gagnée, trompée et induite er
>> erreur, par ceux qui se servent du nom sacré du
>> tisme pourp parvenir à leurs fins >.
patrioJe: ne vousenvoye pointde papiers publics, parce que je crois
bien que ces messieurs doivent en faire toute la provision.
C Vous y verrez avec horreur l'affreuse destruction commise
>> par le conseil du Cap, qui vient encore de faire exécuter
> cinq personnes,il y a trois semaines.
C La colonie est actuellement divisée en trois factions (2);
savoir,10. celle qui, comme vous savez, soutient Saint-Marc,
99 et' dont M. Maupin, maire, est en tête,
pour Aquin , elle
S s'est cmparée. de la station et fait tout à l'Ouest et au Sud,
>> il n'y a pas de despotisme plus cruel; ; on se sert de tous
2 les gens sans aveu.
>> 2°. Le parti aristocrate, tott aussi bien nos ennemis que
> les premiers ; ils ne se coalisent que pour nous vexer ; de
>> ce nombre sont tous les habitais qui pensent Dien ou par-
>> lent raison , on parvient à Jes éloigner des assemblécs, en
> leur faisant faire mille sottises par les vagabonds.
() Rien prouve-t-il plirs authentiquement que j'ai tonjours recommandé
Ames frères d'êtret tranquilles ? Je: ne cesserai de répéter quesil lcs colons blancs
cussent fait la millième partie de ce que j'ai fait pour conserver la tranquillité
dans les colonics 1 jamais elle n'y elt été troublée..
(2) Lisez ce que j'ai dit à ce sujet, dans mes différens ouvrages sur la cause
des troubles de Saint-Domingue, et on verra, si tout ce quejaidit, n'est pas
puisé dans les relations que mes commettans m'ont fournies.
d
? Je: ne cesserai de répéter quesil lcs colons blancs
cussent fait la millième partie de ce que j'ai fait pour conserver la tranquillité
dans les colonics 1 jamais elle n'y elt été troublée..
(2) Lisez ce que j'ai dit à ce sujet, dans mes différens ouvrages sur la cause
des troubles de Saint-Domingue, et on verra, si tout ce quejaidit, n'est pas
puisé dans les relations que mes commettans m'ont fournies.
d --- Page 57 ---
- EATIIEA
L
(45)
ec Enfin les personnes dc couleur qui d'un bout dl'antre de
>> la colonie, sont outrées, mais attendent dans les horreurs
>> la justice de la nation, 7 et tout des vos soins.
c J'ai fait passer votre lettre par toute la colonie, tantpour
>p vous faire des fonds, que pour calmer ceux dont le ressenti-
> ment peut être porté au comble; j'attends le retour demon
> exprès du Nord, pour vous donner des nouvelles de la
> bonne réussite (2).
cc Au Cap on a fait un service à feu M. Mauduit, idem, à
> Saint-Marc, idem, au port de Paix, idem, à Aquin mardi
les Ni-
>> prochain. MM. Danglade, Saint-Ours, Marceillan,
> colas sont en tête ici. Lors de l'assassin de CC. militaire s
>> les municipaux ont dit par dérision qucles personnes de
>> Gouleur perdoient un père. Le joli père, qui après s'être
>> servide ScS enfans, les avoit conduits au gibet (2) au Port-au-
>> Prince ; nous n'avons pas été assez dupes ici de donner dans
>i les piéges du gouvernement, d'ailleurs M. Blanchelande
> est notre ennemi déclaré (3).
c Que diable est venu chercher Ogé dans ce pays-ci, pour
> mettre tout en feu et faire faire une boucherie d'hommes
>> au Cap , en dépit même du décret de pacification ?
>> Je trouve admirable l'apostrophe de M. Brissot à M. Bar-
> naye, que j'ai lue dans le compte rendu des quatre-vingt
(i)Ilne faut que Iire ce passage, pour détruire toutes les calomnies atroces
que: MM. Page et Brulley ct l'archevèque Thibault ont répandues dans leurs
brochures.
(2) Voilà la preuve que les hommes de couleur n'étoient pas dans lc sens
du gouvernemenk.
(3) Nouvelle preuve que les homines de couleur n'ont pas été les complices
de Blanchelande, comme ont asé le dire MM. Page et Brulley,
t
(i)Ilne faut que Iire ce passage, pour détruire toutes les calomnies atroces
que: MM. Page et Brulley ct l'archevèque Thibault ont répandues dans leurs
brochures.
(2) Voilà la preuve que les hommes de couleur n'étoient pas dans lc sens
du gouvernemenk.
(3) Nouvelle preuve que les homines de couleur n'ont pas été les complices
de Blanchelande, comme ont asé le dire MM. Page et Brulley, --- Page 58 ---
( 46)
>3 cing(s).Nullel brochure de
nez-vous bien de
de
omRaeupiemne
garde rien adresser
>> nous, tout est
à aucun blanc pour
2 respondant intercepté 3 jusqu'aux lettres de mon cor-
(2) >.
Voulez-vous me rendre le service de vous
de ma famille en
charger du soin
me suis
France, on a su corrompre celui anquel je
adressé; quantà faire revenir mes enfans
horreurs pour être mis à terre ici : je suis à cet nouvelles
dernière perplexité et votre
égard dans la
vous est loisible de donner réponse me sera très-agréable. S'il
ferai passer les fonds à
vOs soins à ma famille, je vous
ce nécessaires.
L'occasion presse. François veut partir dans le
pourJacmel, cc adieu , mon bon
moment,
fois ; nos amitiés et
à ami, je vous embrasse mille
respects
>> et mourons plutôt
Madame; suivons notre cause
que d'y renoncer : votre inviolable ami,
BOISROND jeune.
No. 8.
Lettre de Boisrond,
Mox CHER CONPATRIOTE,
Comme vous verrez par les détails que nous vous
nous sommes extraondinairement vexés
faisons 3
nulle
ici; inhabiles afaire
représentation, TOuS pouvons à peine sortir de
nous 1 sans courir les risques d'étre insultés
chez
: il n'y a de si-
(1) C'est ainsi que l'on nommoit les membres de l'assemblée de
(2) Par-tout on voit l'inquisition qui régnoit contre les
Saint-Marc. de
citoyens couleur. --- Page 59 ---
X TATAK
(47)
reté nulle part,pas mémé dans nos lits (). François Raimond
vient de faire une cruelle maladie 5 il est actuellement en
convalescence.
Pour nous faire parvenir votre réponse, il faudroit prier
mon commnettant, à qui vous l'adressercz, de l'acheminer
dans le inilieu d'un baril de farine, et qu'il mn'en envoie
a: moins deux 3 en disant que c'est pour mna provision. Il
ne sera pas besoin de noter colui où sera votre réponse, je
fouillerai les deux barils. N'oubliez pas. cette note qui est
de la dernière conséquence, sinon rien ne nous parviendra i
et votre réponse, tombant comme toutes lettres que vous
nous aurcz écrites, en d'autres mains, sont autant de pièces
qui nous font des ennemis, en servant à nous vexer davantage. Avez-vous vu Colon? avez-vous reçu mes deux lettres?
Adieu : je vous embrasse mille fois.
BOISROND jeune.
N". 9.
Lettre de mon Frère.
Baynet, le 25 mai 1792.
Mon cher frère 3 je profite de l'occasion des Larivoire
qui partent pour France , pour vous écrire ; je désire que ma
lettre vous trouve en bonne santé , ainsi que ma chère mère:
ma femme et moi ne respirons que le moment de vous en-
(1) Par-tout se trouve la preave des plus horribles vexations exercées
contre les hommes de couleur 1 par-tout on voit la résolution qu'ils ont toujours prise de les supporter patiemment 5 d'après cela n'est-il ras évident
que les colons blancs sont les auteurs de tous les désastres de la colonie,
par leur acharnement d provoguer les hommes de couleur?
2n
vous trouve en bonne santé , ainsi que ma chère mère:
ma femme et moi ne respirons que le moment de vous en-
(1) Par-tout se trouve la preave des plus horribles vexations exercées
contre les hommes de couleur 1 par-tout on voit la résolution qu'ils ont toujours prise de les supporter patiemment 5 d'après cela n'est-il ras évident
que les colons blancs sont les auteurs de tous les désastres de la colonie,
par leur acharnement d provoguer les hommes de couleur?
2n --- Page 60 ---
(48)
brasser, ce que nous aurions fait,sans les pertes et revers
malheureusement trop souvent attachés, aux fortunes de ce
maudit pays ; nous espérons que nous aurons quelque jour
cette satisfaction.
P'ai reçu votre lettre sous le couvert de M. Thomas, oit
VOuS me dites avoir vendu vOs biens à 1. de Lamain 5 ce
quejai VIL avecplaisit > carje craignois qu'on n'eit faitquelque motion pour vous enfrustrer, et les partager aur blancs,
conme on en murmuroit déjà, ainsi que de tous ceux des
gens de couleur. Ceci paroitra zn paradoze en France, mais
iln'estpass moins vrai qu'on se permet tout contre cette classe, -
avec la certitude de n'étre pas réprimé. Je n'ai pas répondu
à votre lettre 2 parce que l'inquisition qu'on ererce avec
zèle sur la correspondance des geus de couleur, n'en a empêché, et me prive de recevoir aucune de vOS nouvelles par
voie directe(s).
MI. Thomas a pris possession de Phabitation ; la jalousie,
qui aété de tous les siècles, Pa étourdi en lui disant que M.
de Lamain avoit payé ce bien beaucoup trop cher. Cette jalousie a dié accréditée encore par ceux quicroyoient partager
cetteproic, ct qui voyoient naintenant leur espoirdéchu (2);
(I) Nouvelle preuve des vexations odieuses exercées envers lcs hommes de
couleur, et des projets qu'on avoit conçus contr'eux.
(2) Voilà comment mes ennemis vouloient me traiter, par cela seul que jo
défendois ici la cause de mes freres; voici ce quidonnalieu: à la motion dont il
estquestion. Les colons blancs députés à l'assemblée constituante et leurs partisans, 7 voyant que j'étois lc seul honme de coulcur à Paris, dont le zèlc et
la fortune pouvoient le soutenir pour suivre la cause de ses frères, imaginerent
de me couper les rivres (ce fat la leurs expressions ). En conséquence ils écrivirent à mon correspondant, à Bordeaux, pour me re fuser des fonds. Ce q'il
exécuta en partie; ainsi 2 pour pouvoir ine soutenir, je fus obligé de vendre
les bijoux de ma femme 7 les micns et notre argenterie. Lrs colons voyant
par cette ressource, leur projet manqué, imaginèrent d'alier à la source, et
tout
L
de ses frères, imaginerent
de me couper les rivres (ce fat la leurs expressions ). En conséquence ils écrivirent à mon correspondant, à Bordeaux, pour me re fuser des fonds. Ce q'il
exécuta en partie; ainsi 2 pour pouvoir ine soutenir, je fus obligé de vendre
les bijoux de ma femme 7 les micns et notre argenterie. Lrs colons voyant
par cette ressource, leur projet manqué, imaginèrent d'alier à la source, et
tout
L --- Page 61 ---
M
(49)
tont ceci a engagé M. Thomasà faire tle revuc des travaillans
des arbitres qui ont trouvé dans le nombre des 80 que
par
neufinlirmnes. Je fis appellé pour
vous désignez travaillans,
acte;
à M. Thomas les cirme trouver à cet $ je répondis
que
constances m'empéchoient de m'y rendre: en effet, qu'aurois-jefait là? Toutes les observations que j'aurois pu faire
m'auroient attirésans doute des humiliations dans ces nomens
à M. Thomas
d'anarchie. Quelques jours après j'observai
étoit
qu'on ne reconnoissoit un negre infirme, que lorsqu'il
absolument hors d'état de faire aucun ouyrage ; inais que
prendre un moyen pour me ruiner tout d'un coup. Pour cela ils écrivirent à
Blanchelande que j'étois parti pour Saint-Doningue 1 dans le dessein d'y faire
soulever les homms de couleur. Celui-ci écrivit la leltre ci-jointe (a).
Copie d'une lettre écrite par M. Planchelande à la municipalité d'Aguin,
du 25 novembre 1790.
MM., le noumé Raimond ainé, sous le nom de S.
C Je suis informé, 2
qne
des
de
> Réal 2 est In des chefs désignés pour opérer l'insurrection gens
>> couleur dans la colonie ; que ce S. Réal est maintenant dans le quartier
engag' r ks mulàtres à arborer Pétendart de la révolte:
s d'Aquin 1 pour
afin vous
les mesures que vous
> je vous fais part de cet avis, que preniez
les convenables 1 pour vous assurer de cet honime de couleur
> croirez plus
> et prévenir par-là les effets de ses projets criminele.
J'ai Phonneur d'être 1 Messieurs,
Signé, DLANCHELANDE.
Cettel lettre 1 comme on voit, , étoit bien propre à produire l'effet qu'on en
attendoit. Comment croire après toutes ces perfidies des blancs, à leur prétendue bonne-foi, sur-tout encore après avoir vu le tour de gentillesse exercé
sur ma lettre du 4 mars 1791, par MM. Page 1 Brulley et l'archevèque
Thibault.
te) Pareil stratagéme fut employé à l'égard du citoyen Fleury homme de couleur,
afin de faire également dévaster ses possessions. Voyez le rapport qua M. Tarbé a (ait
Tassemblée ligislative sur l'affaire des Colonies.
G
blancs, à leur prétendue bonne-foi, sur-tout encore après avoir vu le tour de gentillesse exercé
sur ma lettre du 4 mars 1791, par MM. Page 1 Brulley et l'archevèque
Thibault.
te) Pareil stratagéme fut employé à l'égard du citoyen Fleury homme de couleur,
afin de faire également dévaster ses possessions. Voyez le rapport qua M. Tarbé a (ait
Tassemblée ligislative sur l'affaire des Colonies.
G --- Page 62 ---
(50)
pour peu qu'il pût être occupé,il étoit sensé travaillant. Enfn ce sont des hommes qui peuvent être employés à travailler
sur les corails et inême sur Thabitation , à tailler les haies
et les faucher. De pareils sujets ne peuvent être réputés infirmes.
De toutes vOs lettres de change, il n'y a que celle sur
Bois-Rond qui ait été acceptée 3 mais je crois bien que celles
qui ne l'ont pas été, les fonds seront rendus en France aussitôt que le protêt. Labadie vous écrit et vous en envoie une
à huit jours de vue sur M. Delorthe (4). Celle sur Boury n'a
pu être acceptée, parce qu'il n'est pas aux Fonds. En voici
la raison : Bourry , ainsi que tous les gens de couleur de
Saint-Domingue, croient pouvoir jouir des faseurs de la TOLvelle constitution 9 comme faisant partie de la nation frangaise, ne pouvant jamais imaginer que P'assemblée nationale
après avoir renversé Pordre de la noblesse, celui du clergé,
pour rendre tous. les hommes égaur devant la loi, entende
gue les blancs de Saint-Domingue fussent seuls la loi auz
gens de couleur quiforment, sans contredit, la moitié de
la population libre de Pisle ( Car il ne faut que jetter les
yeux sur le recensement général pour se convaincre de cette
vérité). < Non, cela ne s'accorderoit, pas avec la justice de
> ses décrets. Bourry, dis-je, aveit réclamé l'article IV des
5> insi ructions : on le poursuit; il se sauve sur les montagnes.
>> Bientôt six cents de ses camarades se joignent à lui; on va
>> après eux avec des canons pour les détruire. Sans doute
J ils se défendent et repoussent les blancs, et se tiennent
>> cantonnés. dans la montagne sans attaquer les blancs ni.
>> leurs possessions. Le gouvernement, sur la demande des
> blancs, envoie. des troupes de ligne contre eux; ils re-
(1), Ces cent pistoles sont les seuls fonds que j'aie jusqu'à
tonchés
sur plus de cinquante mille francs de déboursés pour la défense présent des droits de
ies frères, en frais d'impressions et autres indiqués dans mes lettres.
ssent les blancs, et se tiennent
>> cantonnés. dans la montagne sans attaquer les blancs ni.
>> leurs possessions. Le gouvernement, sur la demande des
> blancs, envoie. des troupes de ligne contre eux; ils re-
(1), Ces cent pistoles sont les seuls fonds que j'aie jusqu'à
tonchés
sur plus de cinquante mille francs de déboursés pour la défense présent des droits de
ies frères, en frais d'impressions et autres indiqués dans mes lettres. --- Page 63 ---
(51)
mettent, sans résistance, au commandant des troupes leurs
cu d'antre inteution que de se dé-
> armes, n'ayant jamais
est assez
vouloit les détruire, parce qu'il
>> fendre lorsqu'on cherche à détruire des hommes libres
>> malheureux qu'on
faveurs de la nouvelle
>> qui demandent à participer aux
de
en conLe
de la troupe ligue
>> constituition. comuandant
oi ils furent mis en prison
>> duisit six au Port-au-Prince,
subi le malheu-
>7 et aux fers; ct ils anroient, sans doute,
l'échas> reux sort d'Ogé et autres au Cap, qui ont péri sur
avoir réclamé ce mêine article IV, sans l'arri-
> faud pour
ont
station. Dans ce moment toutes les prisons
>> vée de la
ouvertes : les
se sont sauvés ; ils se sont
>> été
prisonniers l'intention n'étoit pas d'élar-
>> trouvés du nombre, quoique
dans
de couleur. Ils n'ont pas osé retourner
>> gir les gens
qui étoit du
>> leur quartier. Ainsi, d'après ceci, Eourry,
n'a
la traite tirée sur lui >>.
32 nombre,
pu accepter
l'arrivée des commissaiNous attendons avec inpatience
res qu'on nous annonce depuis long-tems.
Mais
a de bien vrai, c'est que les gens de coutce qu'il y
l'assemblée nationale
leur ne pourront jamais croire que
le pounvoir de leur faire
laisse aux blancs de Saint-Douingue
seroit contre toute justice. On dit que cette
la loi, ce qui
sait
classe est peu connue en France : l'assemblée nationale
individus
la forment, ont droit
qu'elle existe et que les
qui
sollicitude, comme nés Français. On les peint comme des
à sa
nationale peut se convaincre en voyant
monures.Tasomblée classe
sont dans la capitale ( car il n'en
ceux de cette
qui
avoir
elle peut, dis-je, en voyant ceux-là,
manque pas);
habitent Saint-Domingue. Ces
une parfaite idée de ceux qui
blancs
peignent cette classe sous les plus
mêmes
qui
les ont
c'est leur
noires couleurs, ce sont eux qui
faits;
coule dans leurs veines. Il valoit bien mieux
les sang laisser qui dans le néant, que de leur donner Têtre, pour
ces mêmes blancs disent que c'cst le fruit d'un
les humilier;
G 2
, en voyant ceux-là,
manque pas);
habitent Saint-Domingue. Ces
une parfaite idée de ceux qui
blancs
peignent cette classe sous les plus
mêmes
qui
les ont
c'est leur
noires couleurs, ce sont eux qui
faits;
coule dans leurs veines. Il valoit bien mieux
les sang laisser qui dans le néant, que de leur donner Têtre, pour
ces mêmes blancs disent que c'cst le fruit d'un
les humilier;
G 2 --- Page 64 ---
(52)
concubinage affreux. Tous ne sortent pas de cctte
:
en ontre, pourquoi les font-ils?
origine
d'entr'eux maltraitent
pourqnoi une grande partie
leurs femmes blanches , les quittent
pour vivre publiquement avec leurs esclaves ou avec des
fentmes de couleur libres P D'après cela ne les rendent.ils
pas leurs éganx? Devant quel tribunal pourroient ils
ver le contraire, et persuader que les enfans
prouissus ne doivent pas être leurs éganx P Les qui de en sont
ne peuvent donc
gens couleur
pas présenter leurs doléances à l'assemblée
nationale avec la même facilité que les blancs, parce qu'on
met trop d'entraves dans leurs correspondances;
- sait que leur cause est juste; car les blancs ; parce qu'on
ont fait périr
plusieurs de leurs semblables (1)attachés au pouvoir exécutif
ici, disant qu'ils s'opposoient à la révolntion 3 et ils font
périr les gens de couleur qui réclament les décrets de l'assemblée nationale. De quel ceil les législateurs
ront-ils une pareille contradiction P
français verLes blancs disent que les localités exigent une déférence
sans laquelle la colonie n'existeroit pas. A qui
le persuader P Les princes, les nubles, le pourront-ils
mis à cette égalité envers lcs hoinmes de la clergé sont soubasse 5 et les blancs de Saint -
naissance la plus
Domingue crient contre
cola., qui, la plupart,
Grand Dieu! je me tais.
Vous savez tout.
Quand un homme de couleur sera reconnu citoyen, et
la loi sera égale pour lui coime pour le blanc,
que
mieux
Ou, pour
dire, qu'il sera l'égal da blanc devant la loi, cela
empèchera-t-il ces mêmes blancs de cultiver leurs biens et
d'augmenter leurs fortunes P Non : ils ne le prouveront devant aucun juge. Ce n'est que leur orgueil qui se trouve
(1) Preuvede P'aristocratie des colons blancs, et que les
sacres commis dans les colonies 2 P'ont été par les colons blancs premiers envers leurs massemblables 1 et ensuite envers les hommes de couleur.
qu'il sera l'égal da blanc devant la loi, cela
empèchera-t-il ces mêmes blancs de cultiver leurs biens et
d'augmenter leurs fortunes P Non : ils ne le prouveront devant aucun juge. Ce n'est que leur orgueil qui se trouve
(1) Preuvede P'aristocratie des colons blancs, et que les
sacres commis dans les colonies 2 P'ont été par les colons blancs premiers envers leurs massemblables 1 et ensuite envers les hommes de couleur. --- Page 65 ---
(53)
anéanti de n'avoir plus Lavantage de les lumilier 3 les
maltraiter et quelquefvis s'cmparer d'une partie de leurs
biens, avec la certitude de n'étre pas réprimés ; voilu ce
qui les blesse, et non pas les localités ; car J Jettez ILIL
coup-d'ail sur leurs écrits cl sur les gazelles de ce pays,
vous verrez la vérile de ce queje dis.
Adieu : je vous cinbrasse.
Votre ami et frère,
F. RAIMOND.
On n'a pas reçn lcs paquets que vous annoncez dans vOS
lettres d'avis : il est vrai que rien ne passe pour nous..
No. 1Q:
Copie de la lettre de M. Gerard (4), ail comité des Cayes,
en date du 15 nars 1790.
Quant anx gens de conleur ct antres affranchis, je COILgois que les plus importantes considlérations 1C vous permet-
(1) Le citoyen Gerard étoit un dcs colons blancs $ député à P'assemble
constituante 2 mais uIn parnit loanête homme , qui ne parlageoit pas les
préjegés * ni les vues perfide s des antres colois. Aussi fnirent-ils par So
séparer dc lui et le meuacer de faire incerdier ses pousenions; parce qe'i
écrivoit à Saint-Domingue, come 03 va voir,dansuns ns bion duferentde
antres colons blancs 2 Helplat seil,gmibryoltras qte luiets moiqniy
enssions écrit 3 nous ne pleurcrions pas anjourd'hui Sur 1.s malleurs de ccite
colonic.
L'auteur dc cette lettre cst le même Gerard que celui qui a écrit lo postscriptun de la lettre des colons 2 cn date du 12 aoft 1789, el riiaprinie
ici; page 7 et suiv,
ue, come 03 va voir,dansuns ns bion duferentde
antres colons blancs 2 Helplat seil,gmibryoltras qte luiets moiqniy
enssions écrit 3 nous ne pleurcrions pas anjourd'hui Sur 1.s malleurs de ccite
colonic.
L'auteur dc cette lettre cst le même Gerard que celui qui a écrit lo postscriptun de la lettre des colons 2 cn date du 12 aoft 1789, el riiaprinie
ici; page 7 et suiv, --- Page 66 ---
(54)
tront jamais d'étrep
parfaitement justes à leur
vous examinerez par quels
égard (1); mais
le plus à la
moyens on peut les affectionner
prospérité et à la conservation de
vous savez que, des quon le voudra, ils
la colonic:
zélés défensenrs; et
en serout les plus
des ennemis
qu'il ne tiendroit gu'à eur d'en être
redoztables ; mais je suis stir
dent pas micuz que de montrer leur qu'ils ne demanmnent pour la chase
zèle et leur attachepublique (2). J'ai lieu de croire
recevront avec
qu'ils
dence vous porteront reconnoissance à leur ce que la justice et la pruaccorder. Je suis même
que, d'après les prétentions exagérées
persnadé
cessent ici de faire valoir auprès de que leurs agens ne
il vous sera aisé de les satisfaire l'assemblée nationale,
à peu de frais, et sans
Htmmmamt il
dansla colonie
me semble que vous ne devriez les écarter (3); mais
blées primaires ou paroissiales pas
des asseminconvénient de les
(4), et qu'il n'y auroit aucun
y admettre anx conditions
aura prescrites; ils seroient
que la loi
en plus petit nombre
blancs; en second lieu, , je pense
que les
et de reconnoissance
qu'un sentiment de pudeur
de
ne leur permettroit, dans aucun
prétendre à une place qu'une libre élection ouvrira cas,
les citoyens actifs, soit dans les assemblées
à tous
département, soit dans les
coloniales ou de
municipalités oir les tribunaux in-
(z) Cela est-il expressif? quipourra douter d'après cet
colons blancs seuls qui aient fait naitre et
aveu que ce soient les
colonie, EnS s'opposaut à la loidu 4
entretisnnent Par
les troubles dans la
tions (leur rorgueil) guinc leur avriliy9a?. les importantes considéraHOMMES DE COULEUR.
permettent pas D'ÉTRE JUSTES ENTERS LES
(2) combien de réliexions ce pcu delignes
voit tous les malheurs de la colonie prédits ? Mentalsenoellsepsst Quin'y
(3) On voit bien clairenent ici, qu'il n'est question de
faristocratie des colons blanés.
que l'orgueil et de
(Ii est doncvraig qu'ils en étoient écartés.
4 A - .
-
considéraHOMMES DE COULEUR.
permettent pas D'ÉTRE JUSTES ENTERS LES
(2) combien de réliexions ce pcu delignes
voit tous les malheurs de la colonie prédits ? Mentalsenoellsepsst Quin'y
(3) On voit bien clairenent ici, qu'il n'est question de
faristocratie des colons blanés.
que l'orgueil et de
(Ii est doncvraig qu'ils en étoient écartés.
4 A - .
- --- Page 67 ---
(55)
férieurs de justice. Je suis d'autant plus fondé à interpréter
ainsi leurs sentinens, qu'ils ont été pénétrés de reconnoissance pour la faveur que vous leur avez faite au mois de
novembre, d'adinettre deux de leurs députés à une séance
de votre comité. J'ai sur de plusieurs personnes, et notamment de M. Denis, que le sieur Raimond d'Aquin , leur
principal agent à Paris, partageoit tellement leur gratitude,
que malgré les hautes prétentions qu'avoient pu lui inspirer
les principes d'égalité politique, établis parla constitution,
il avoit formellement promis de ne faire aucune démarche
auprès de l'assemblée nationale, et de s'en rapporter entièrement à votre justice dans tous les arrangeiens que vous
jugerez à propos de prendre à leur égard. Telles étoient ses
dispositions et celles de ses commettans, lorsque les excès
que l'on s'cst permis au petit Goave, et ensuite à Aquin ont
porté les défenseurs de cette classe d'hoinmes à réclamer
avec plus de force qu'ils ne l'avoient encore fait (1). Ils se
sont présentés hier au comité des colonies; et, après avoir
parl'organe del M. Dijely,leuravocat,p plaidéleur cause avec
TROP D'ÉNERGIE ET DE succis, ils ont laissé sur le bureau un
mémoire tendant à demander leurs justes droits à la représentation coloniale ét la nécessité de les en faire jouir; ils
n'ont pas oublié les oppressions qu'ils éprouvoient, et qui,
suivant eux, ne manqueroient pas de se perpétuer, si l'as-
(1) Quc diront MM. Page 7 Brulley et larchevèque de Thibault, de cette ?
tirade? Est-ce moi à présent qui ai fomenté les troubles Saint-Lomingue les
de
Est-ce moi qui ai provoqué les hommes de couleur ? sont-ce homnes Ab :
couleur qui ont commencé les premiers massacres de Saint-Dumingue?
combien ces trois hommes perfides trompent les sociétés populaires et la représentation nationale, par tous le urs mensonges et toutes leurs colon perlidies 2
qu'ils cachent par un faux patriotieme ! Cetteletireécrite par tin
blanc, de
doit servir de phare pour faire remonter aux vraies causes des troubles
Saint-Domingue 2 et en faire connoltre les véritables auteurs. (Lisez la note
dans laqurile je rends compte de crs deux évènemens, pour ce qui concerne.
Tes assassinats des citoyens Ferrand de Beaudière, Labadie et autres. )
urs mensonges et toutes leurs colon perlidies 2
qu'ils cachent par un faux patriotieme ! Cetteletireécrite par tin
blanc, de
doit servir de phare pour faire remonter aux vraies causes des troubles
Saint-Domingue 2 et en faire connoltre les véritables auteurs. (Lisez la note
dans laqurile je rends compte de crs deux évènemens, pour ce qui concerne.
Tes assassinats des citoyens Ferrand de Beaudière, Labadie et autres. ) --- Page 68 ---
(56) )
semblée nationale ne s'expliquoit à leur égard dans l'instruction qui doit accompagner son décret du 8 de ce mois,
de lamanière la plus claire et la plus formelle(a);ils ont fini S
par déclarer que. , si on leur refusoit la justice qui leur est
due, le désespoir pourroit les porter à des extrémités fatales,
qui seroient dans ce cas , leur dernière ressource. J'ai vu 2
avec peine, que ce discours a fait une forte impression sur
l'esprit de M. Thouret, président de notre coinité, ainsi que
sur la' plus grande partie des autres membres; j'aurois bien
roulu, ainsi que MM.Payen deHoisneuf,Pdlerin de laBruxière,
Raynaud et Garesché, pouvoir faire sentir au comité, les inconvéniens qui, dans cette circonstance, peuvent résulter
de l'explication formelle qu'on nous demande. Nous avons
représenté que, dans un moment où tant d'autres inquiétudes tourmentent les colons, il D auroit Zn tel grand danger 2 leur donner un nouveau sujet de mécontentement (2),
qu'il étoit plus convenable et plus sage de leur laisser le mérite et la faculté d'exercer un acte de générosité très- propre
à inspirer aux gens de couleur des sentimens d'affection et
de reconnoissance, et à établir la plus parfaite harmonie
dans les différentes classes qui composent la population de
la colonie. Il n'a encore été rien décidé à cet égard par notre comité; mais, en supposant que son projet d'instruction
laisse les. choses dans le vague que je désirerois, il est à
craindre qu'il ne s'élève dans l'assemblée nationale des ré-
()On voit que les homtnes de couleur étoient en France n'avoient que
trop raison d'appréliender les persécutions guhs ils faisoient mention au conité
colonial.
(2)Tout se dévoile à la fin. On voit ici ce n'est que par des espèces
de menaces faites au comité colonial * qu'on F empèché de s'expiquer sur
l'article 4, des instructions du décret du 24 mars. On voit dominé bien clairement alors
aujourd'hui que c'est citte foiblesse du comité colonial 1
par
Barnave 2 qui a causé tous les maux de la colonie. Lisez mes réflezions ma lettre sur au
les causes des troubles et des désastres de Saiut-Domingue; si et
les
citoyen D*** député à la Convention 3 et vous verrez j'ai indiqué
véritables causes des troubles.
clamations
- TT 2
du décret du 24 mars. On voit dominé bien clairement alors
aujourd'hui que c'est citte foiblesse du comité colonial 1
par
Barnave 2 qui a causé tous les maux de la colonie. Lisez mes réflezions ma lettre sur au
les causes des troubles et des désastres de Saiut-Domingue; si et
les
citoyen D*** député à la Convention 3 et vous verrez j'ai indiqué
véritables causes des troubles.
clamations
- TT 2 --- Page 69 ---
CUY
(57)
clamations en fiveurdelesplication demandée, ct que tous nos
raisonnemens snes soientenchuinése devant les principes quinous
seront opposés. Au reste, vons fercz ell ce cas; 2 ce que la
pradence, la justice et le patriotisme vous imposeront pour
le bonheur et le repos de la colonic.
(Ici il passe i autre chose conceruent lis décrets , cte.)
A.de hayauddesinerule écarter ce qu'on appelie arL Cap
les petits blancs (); mais si, comme ily a lieude le croire,
les gens de coulcur sont aduis dans vOS assemblées primaires,
et
du danil y auroit u1l inconvénient choinant, pent-être
pravebadetmerinals, ssciablaes,lenomire des votans,
d'antant qu'il est aisé de voir que l'espèce des gens de couleur qui se multiplient de différentes manières, sera bientôt
plus nombreuse que l'espèce européenne; ; quelque parti que
vous preniez, il vous sera peut-être très-diflicile d'établir à
cet égard un état de choses qui ne soit sujet à quelques inconvéniens; mais je suis persnadé que, moins vous vous écarterez des principes de la raison et de la justice, moins yous
donnerez de prise aux événemens qui peuvent troubler le
repos de la colonie, et compromettre la sûrcté et le bonheur
de ses habitans, etc., etc.
Pour copie conforme à l'extrait qui nous a été fourni.
BOIS-ROND jeune.
Nous nous félicitons de votre liaison avec M. Gérard:
sa lettre nous fait penser bien différemment de Iui. Il seroit
à souhaiter. que ceux qui habitent la colonie eussent une
portion de son mérite et de ses vertus. Faites - lui bien
0S respects.
(1) N'est-ce pas la de l'aristocratie bien prononcéc ? hé bien, voilà des
hommes qui siégeoient pourtant au côté ganche de l'assemblée constituante 5
qu'on SC fie après cela au patriotisme que les colous blancs affichent aujourd'hui,
H
er bien différemment de Iui. Il seroit
à souhaiter. que ceux qui habitent la colonie eussent une
portion de son mérite et de ses vertus. Faites - lui bien
0S respects.
(1) N'est-ce pas la de l'aristocratie bien prononcéc ? hé bien, voilà des
hommes qui siégeoient pourtant au côté ganche de l'assemblée constituante 5
qu'on SC fie après cela au patriotisme que les colous blancs affichent aujourd'hui,
H --- Page 70 ---
(58) )
Ne nous oubliez pas auprès de M. l'abbé Grégoire : nous
prendrons la liberté de lui offrir un quart de café en cadeau.
BOIS. ROND.
No. 11.
Léogane , le 27 août 179T.
Mox CHER COHPATRIOTE ET TRÈS-HONORÉ: FRÈRE,
Je suis chargé par mes compatriotes de ce quartier, de vous
remettre le journal ci-inclus, aussi modeste qu'il a été possible, au moins partie des faits n'a pas été portée ; ily a eu
d'autres vexations inouics qui ne sont pas relatives. Vous
trouverez encore d'autres pièces qui ne scront pas inutiles ;
vous en ferez ce que vous dictera votre sagesse et votre prudence , vous observant que l'inquisition est toujours trèsforte, sur-tout contre moi. Si je suis à la campagne,je tiens
des assemblées nocturnes ; si je suis en ville, 9 tous mes pas
sont observés et toujours menacés malgré que le décret du
15mnainous soit connu, etqu'un chacun se; préparei à ajouir de ses
bienfaits().wM4deBlanchelande ne peut plus êtrenotre protec-
>> teurninotre appui. Depuis lareinise qu'ila fait faire, àl l'assem-
>> bléeprovincialeduNord, d'Ogé,Chavanne etnombre d'autres,
>> vous devez avoirappris qu'ils ont étéégorgés aunombred de 21
>> on 22 dans un jour, et 10 ou 12 autres infligés de la plus
>> horrible des peines , pour avoir demandé à jouir de la rés génération (2). Cette boucherie doit passer dans tous les
>> siècles, et doit être en horreur à tout le genre humain; ;
>> elle est sans exemple : nos cannibales les plus féroces n'ent
(:) Partont on voit les preuves des persécutions qu'on faisoit éprouver
aux hommes de couleur > surtout à ceux qui montroient le plus d'attachement à la patrie.
(2) On voit combien les hommes de couleur ont été vexés pour avoir
demandé l'exécution de la loi du 15 mai.
V
Cette boucherie doit passer dans tous les
>> siècles, et doit être en horreur à tout le genre humain; ;
>> elle est sans exemple : nos cannibales les plus féroces n'ent
(:) Partont on voit les preuves des persécutions qu'on faisoit éprouver
aux hommes de couleur > surtout à ceux qui montroient le plus d'attachement à la patrie.
(2) On voit combien les hommes de couleur ont été vexés pour avoir
demandé l'exécution de la loi du 15 mai.
V --- Page 71 ---
- CTXZ
(59)
fait autant. Cetexcmple que l'on croit un moyen
>> ont jamais
nons faire
>> de nous effrayer , n'est au contraire que pour
sagira de
de la liberté
>> vaincre ou monrir, lorsqu'il
jouir
lirestanrateurs de la
>> que nous offrent nos législateurs,
>> berté française (1),si on veut s'y oppeser; car, que peut-on
les
>> attendre de pareils ennemis, pires que antropophages?w.
Le conseil est cassé 1 les jurisdlictions du Port-au Prince,
Saint-Marc, Jéremie et le petit trou, parl'assemblée provinciale, séante au Port-an-Prince.
L'assembléc générale a été constitnée dans ce quartier, sous
la dénomination de celle de Saint-Marc; ensuite ils ont délibéré d'aller au Cap, tenir leurs séances : ce qui fut décidé
à la pluralité des voix. J'ai voulu en savoir les raisons ; les
uns disent, que c'est pour être plus en sûreté ; d'autres disent
que le Cap est plus fortifié, qu'on seroit à mêine de se mieux
defendre(a).J'ail beau me creuser la tête pour savoircontrequi,
je ne peux, ou je ne sais le savoir ; ce qu'ily y a de certain,
ct c'est qu'il n'y aura pas un seul hoinme de couleur quisera
>> de cette partie, contre un ennemni inconnu, , peut-être trop
> redoutable >f; enfin la suite nous éclairera mieux. c En at-
> tendant ce moment, tous les hommes de couleur se sont
> promis d'être tranquilles, de tout souffrir, horsla mort ou la
> prison qui peuvent nousy mener.
>> Je ne peux vous dissimuler, mon cher compatriote 1 que
> s'il arrivoit qu'on voulàt encore recommencer ces mêines
> vexations, de voir un carnage affreux qui sera peut êtrc
> lar ruine totale de la plus belle des colonies; car les nègres,
> dontnous sommes plus à portée de voirles mnouvemens, que
> ces MM., ne respirent que de voir une affaire bien déci-
>> dée des blancs contre nous 2 pour faire linsurrection gé-
>> nérale, car vous savez que nous leur, enl imposons ; mais
(1) Est-ce là le langage d'un modéré et d'un parlisan de l'ancien régime 2
(2) Contre qui 1 si ce n'est contre la volonté nationale ; car à cette époque
nous n'étions en guerre avec aucune puissance maritime.
H 2
> ces MM., ne respirent que de voir une affaire bien déci-
>> dée des blancs contre nous 2 pour faire linsurrection gé-
>> nérale, car vous savez que nous leur, enl imposons ; mais
(1) Est-ce là le langage d'un modéré et d'un parlisan de l'ancien régime 2
(2) Contre qui 1 si ce n'est contre la volonté nationale ; car à cette époque
nous n'étions en guerre avec aucune puissance maritime.
H 2 --- Page 72 ---
(60)
>> si une fois ils voient notre rupture, rien ne les retiendra,
>> et l'affaire sera affreuse >>.
Vons savesqu'ilyena une quantité prodigicuse retirée aux
Grand-Bois, c'est-à-dire, dans la partie sud-est de ce quartier
des
qui les facilitent en tout ; et
> limitrophe
Espagnols,
que, jusqu'à ce moment, l'on n'a pas pu souinettre. Eh bien !
j'ai appris qu'ils sont actuellement en correspondance avec
ceux du cul-de-sac, dont il y a grand nombre à l'écart,
depuis qu'ils ont fait une insurrection, et dont il y a.
eu 5 ou 6 exécutés au Port-au-Prince ; et toujours nous apprenons avec peine qu'ils se remuent et ne sout plus subordonnés comme ils l'étoient. Témoin l'affaire arrivée sur l'habitation Bourgogne, belle-mère de M. Coustard ; le commandeur en second, vouloit changer de procureur : les négres.
se sontsoulevés, ont refusé l'obéissance et n'ont pas voulu re-.
cevoir le nouveau procureur; 3 de sorte qu'on fut obligé de
leur accorder l'ancien. Je ne peux m'imaginer comment, et
après, tant d'exemples, ces MM. ne voient pas le malheur
quiarrivera, s'ilsne veulent pas nous satisfaire (1).
cJe vous observe aussi que les atrocités , les vexations
> inouies, faites dans presque tous les quartiers de la colonie,
s ont fait quitter le service à tous lcs hommes de couleur; je
J comprends les négres libres. Cette retraite ne peut que fa-
> ciliter la fuite des noirs esclaves, et assurément les traitepersonne d'aller ex-
>9 mens qu'on a pour nous,n'engageront
> peser leur vie, à moins que ce ne soit contre les nôtres.
>> J'cn possède 20 qui sont traités comme moi, et que je re-
>> garde comnme mes enfans ; mnais je tremble que le mauvais
>> exemple ou de mauvais conseils ne les engagent à faire
>> comme les autres. Mais je pourrois leur dire, si cela ar-
>> rivoit : ies enfans, faites-moi le mal que je vous ai fait.
(1) Tout cela prouve que les colons blancs vouloient plutôt perdre la colonic et tout sacrifier, qued'obeir i la lo1, ainsi qu'ils l'avoient dit et Favoient l'asfait dire à Blanchelande duns les lettres qu'il adressoit au ministre et à
semblée constituante.
SA TH -
vais conseils ne les engagent à faire
>> comme les autres. Mais je pourrois leur dire, si cela ar-
>> rivoit : ies enfans, faites-moi le mal que je vous ai fait.
(1) Tout cela prouve que les colons blancs vouloient plutôt perdre la colonic et tout sacrifier, qued'obeir i la lo1, ainsi qu'ils l'avoient dit et Favoient l'asfait dire à Blanchelande duns les lettres qu'il adressoit au ministre et à
semblée constituante.
SA TH - --- Page 73 ---
(6i)
> S'ils sontjustes, je: n'aurois rien à redouler, d'ailleurs partie
>> sont mes filleuls >.
Le qnartier fait l'effort qu'il doit; et sans un évènement
imprévn,ilauroit été exécutépar d'autres plus richesdansla COtisation pour payer les 25000 liv. tournois 2 tirés sur nous, 9
suivant que nous en a prévemn Pamil Boisrond jeunc, un de
ceux sur qni vous vous êtes prévalu.
C Nous n'attendons que la faveur de nous assembler ou-
> verteinent, pour nous occuper sans relâche du don patrio-
> tique que vous avez offert pour n1On1S aux représentans de
>> la nation. Cette offre flatte singulièrement l'orgucil de nos
>> frères de ce quartier ct detous ceuxque j'ai vns(1).Jei ne crois
>> pas qu'il peutexistor unsenl homme dela classerégénérée qui
> 11e soitporté du plus grand coeur à surpasser votre ordre, ou
> l'arrangeneut que vous avez prescrit (2). Des gonshonnètes
M. Jean Joly,1 habitant
> et vrais, qnej'aivns, mn'ontassureque
Pu des
offre 33000 liv., ar-
>> de Lartibonnite,
persécutés,
>> gent de la colonic, et une infinité d'autres, depuis 10000
>> liv. jusqu'à 50 , portugaises. Soyez sansinqniétude sur cette
> offre, nous ne nous donnerons du repos que lorsque vous
> sereztranquille etsatisfait,et vousn'aurezj jamsisàvonusrepen-
>> tird'êtrel'organe des hommes quiambitionment toutes sortes
>> de vertus(3), que cependantl'on présente comme unetroupe
>> de bandits, prèts à faire tout le mal possible. L'on ne nous a
>> jamais vu nous attrouper > aller arrêter le couricr pourle
>> dévaliser et piller les lettres pour connoitrel le secret dont on
> nous prive de toute manière, pour répandre des nouyelles
(r). Les colons blancs, priver les hommes de couleur des avantages de
l'égalité,, avoient répandu TELA bruit daus la colonic, que le don patriotique des
honmes de couleur le seroit pas reçu.
(2) Voill unc nouvelle preuve des hommes de couleur, rélativement au
don patriotiqne: tout cela doit confondre la perfidie de nies ennemis Page 7
Bralley et Tarchevèque Thibault.
(3), Comnent peut-on imputer à des hommes qui parlent un les pareil langage, autous les crimnes et
de contre-révolution dont veulent accuser
jourd'hui les colons LhaCtA ?
, que le don patriotique des
honmes de couleur le seroit pas reçu.
(2) Voill unc nouvelle preuve des hommes de couleur, rélativement au
don patriotiqne: tout cela doit confondre la perfidie de nies ennemis Page 7
Bralley et Tarchevèque Thibault.
(3), Comnent peut-on imputer à des hommes qui parlent un les pareil langage, autous les crimnes et
de contre-révolution dont veulent accuser
jourd'hui les colons LhaCtA ? --- Page 74 ---
(62)
allarmer; nous n'avons jamais assassiné personne
>> à nous
l'idée, mnalgré que notre sang ruissèle sur
>> ni même conçu
cependant
de Saint-Domingue et ailleurs, pouvant
>> la terre
mais l'idée que les négres profiteront
>> user de représnilles ; belle colonie, nous a fait suspendre,
> ct dévasteront cette
à cela. L'on nous reproche
>> o: pour mieux dire, renoncer mais notre fierté cst fondée sur
>> d'être fiers : cela peut être ;
>> la vertu des hommes sans reproche. le décret du 15 mai ne
>> De tout coié,lon nous dit que
Pile. Quant
exécuté, qu'on aimeroit mieux perdre
>> sera pas
c'est une mutinerie d'écolier (),
>> à moi je m'iungine que inécontents de la révolution du
parce que, 1°, ily a tropde
d'hommes en place;
dernier; 20. toutes ces cassations
>> 4mars
ct le Cap ne se réuniront jamais, ils
>> 30. le Port-au-Frince avoir des raisons pour ccla; 4°. notre po-
>> me paruissent moins
à celle des blancs en général, si
P pnlation est au
égale
tous ceux ci-dessous: quan-
>> clle ne passe;i il en faut soustraire
ont
de riches qui ne se méleront de rien; beaucoupqui
>> tité
de notre classe qui attendent la promulgation
> des enfans
faire un sortàleurs enfans par
>> du décret du 15 mai, pour
sont
passagers
et d'autres enfin qui ne
que
>> le mariage;
venant faire fortune pour se
>> dans la colonie 2 c'est-à-dire,
>> retirer.
classe suffiroit pour faire exé-
> Je conclus donc que notre
un
tous les décrets nationaux en nous protégeant par
>> cuter
de
clles peuvent
Quant aux troupes ligne,
>> chef intègre. à moins que cC ne soient celles des districts
> être corrompues,
de même
Mais
la ville de Bordeaux 3 ou autres
(2)>.
> qu'offre
de jeunes gens s'offrent de
je reviens en: ore à nous. Beaucoup
de
des colons blancs au décret
(). Ceci est une nouvelle croire preuve après tout l'opposition cela à P'emmpressement que ccs mêmes
du 15 mai. Comment mettre à lexécution de la loi du 4 avril?
colons paroissent
lépoque du 15 mai, plusieurs villes maritimes
(2) On se rappelle qu'à à lassemblée nationale, d'envoyer dans les colonies
offrirent, par nationales des adresses pour y faire cxécuter le décret.
des gardes
à
colons blancs au décret
(). Ceci est une nouvelle croire preuve après tout l'opposition cela à P'emmpressement que ccs mêmes
du 15 mai. Comment mettre à lexécution de la loi du 4 avril?
colons paroissent
lépoque du 15 mai, plusieurs villes maritimes
(2) On se rappelle qu'à à lassemblée nationale, d'envoyer dans les colonies
offrirent, par nationales des adresses pour y faire cxécuter le décret.
des gardes
à --- Page 75 ---
(63)
s'engager; je ne crois pas qu'il soit difficile de faire trois
mille homines de troupes de ligne : tous ceux qui ont été à
Savanaht s'offrent encore (1), et j'ai l'orgucil de croire que ces
trois mille homines, ayant à leur tête un honme comme feu
M. Manduit, seroient un torrentà qui luciferne pourroit rien
opposer.
Jeserois charmé que vous voyiez M. le comte de Peynier,
ci-devant gouverneur de Ja partie française; communiquez-lui
ma lettre, si vous le jugez nécessaire. cc Il vous dira que c'est
>> parce que nous nous somues offerts au gouvernement, qui
> a empêché la ruine totale du Port-an-Prince, par l'armée
>> des blancs, campée à Léogane et à Saint-Marc, protégée
>> par le Léopard. Sans nous tout étoit perdu : M. Mauduit,
>> avec environ six cens lommes effectifs, 2 11C pouvoit cin-
>> pêcher ces deux aruées de se joindre au Port-an-Prince.
>> Il faut encore vous observer que le détacliement de M. de
>> Vincent,campé: au Gonaive, composéd'environ 1ooohomnes,
>> étoitune partie ou un tiers de couleur, qui, par leur ré-
>> solution , faisoient trembler ; joint à cela, on faisoit cou-
> rir le bruit ici que j'étois sorti avec 300 volontaires, et
>> quej je m'étois rendu auPort-au-Prince. Pour êtretranquille,
> après la retraite de cette arinée 3 il m'a fallu avoir le
>> certificat ci-inclus >>.
Excusez-moi, mon cher compatriote , de ce long détail
sans ordre ni arrangement, c'est l'empressement de profiter
de cette occasion qui me paroit bien favorable, et vous vous en
appercevrez sans doute : < l'inquisition est encore si forte, que
> nous n'osons nous fier à personne pour faire passer nos
>> lettres 1 pas même aux Bordelais qui sont ici (2) >>.
Cet évènement m'a arriéré de 50000 liv. au moins, pour la
(1) Dans Ies guerres de PAmérique 3 il fat formd un corps. d'hommes de
couleur à Saint-Domingue fut combattre en faveur de la libertoen Anérique. C'est de ces hommes 1 on parle ici.
(2) Toujours et partout des preuves des persécutions faites anx citoyens
de couleur.
a
1 pas même aux Bordelais qui sont ici (2) >>.
Cet évènement m'a arriéré de 50000 liv. au moins, pour la
(1) Dans Ies guerres de PAmérique 3 il fat formd un corps. d'hommes de
couleur à Saint-Domingue fut combattre en faveur de la libertoen Anérique. C'est de ces hommes 1 on parle ici.
(2) Toujours et partout des preuves des persécutions faites anx citoyens
de couleur.
a --- Page 76 ---
(64)
privation de mon commerce, de IOS reconyremons, T'abandon de mes négres, depuis l'époque du 221 novembre 1792,
et des frais imenses que n'ont fait nies perséeniteurs, dont
plusieurs étoient mes créanciers,qni se sonti réunis pour m'ccraser. Ci-inclus une lettre.
J'ai acquis de cet) hommed denx emplacemens pour zoocoliv.,
je Ini en ai compté 14000 ; j'ai fait des améliorations pour
60000 liv., et voyez les menaces qu'ils me font : jene donte
pas qu'ils ne les exécutent. Jugez de mna position : joint aux
peines infinies que j'ai éprouvées par la perte de joooliv.
de chevaux, ès prisons du Port-an-Prince, pour autant de
morts sur les habittions de cette plainc, la vente d'une superbe voiture, vendue à perte pour payer ce que m'ont volé
les' négres dans la muit du 24 an 25 novembre 1790, lorsqut'on étoit venu en attroupement chez moi, et qu'on a défoncé portes ct fendires. J'avois encore beaucompde marchandises, tout fut pillé, ctc. (1)-
Tous les frères ct compatriotes m'ont chargé de vous dire
de choses les plus agréables, comme de présennne leur infinité réspect à votre agréable famille auprès de vous.
ter
Dieu
vous ait en sa sainte garde,
cc Et moi je prie
qu'il
nos zélés défenscurs.Je dois vons dire aussi que
>> ainsi que de Blois, ci-devant curé d'Embermenil, a été
>> M. l'évèque à la porte du bureau de la poste du Cap.
> pendu en efligie
s'amusera
>> Connoissant sa grande philosoplic, je pense qu'il
>> bien de cette forfanterie. Je vous aurois envoyé cette gaest de M. Gatereau: >, mais elle parle de hotre décret
> du zettequi 151 mai : mes frères la voient avec trop de plaisir pour les
seule à notre connoissance. Et vous saurez que
en priver ,
avoir sans doute rendu pucet homme a cté embarqué pour
(1) On voit encore ici les plaintes des hommes de couleur sur les attroupeniens des blancs qui se portoiont chez les plus riches pour les piller.
blic
vous aurois envoyé cette gaest de M. Gatereau: >, mais elle parle de hotre décret
> du zettequi 151 mai : mes frères la voient avec trop de plaisir pour les
seule à notre connoissance. Et vous saurez que
en priver ,
avoir sans doute rendu pucet homme a cté embarqué pour
(1) On voit encore ici les plaintes des hommes de couleur sur les attroupeniens des blancs qui se portoiont chez les plus riches pour les piller.
blic --- Page 77 ---
A
(65)
blic ce décret, Car nous ne lui connoissons pas d'autre chose.
J'ai lhonneur d'être avec un sincère attachement,
Mon cher compatriote,
Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,
P. LABUISSONNIERE,
P. S.xJe vous prie de ne pas m'écrire, sinon par unc voie
à la
n'y a aucune sûreté:
* absoluent stre; quant poste,1r
toutes
et sans exception >.
>> mes lettres sont
ouvertes,
No. 12,
Saint-Marc, le 9 avril: 1792.
MONSIEUR ET CHER CONFATRIOTE,
Je n'ai que le tems de vous écrire quatre lignes. Une députation part à linstant de Saint-Marc,oh je suis arrivé hier 9
lui donner une lettre
vous ? M. l'abbé
et me prive de
pour
Ouvière (1), qui se joint à nos députés, vous rendra compte
(1) Ce M. Ouviore étoit un de ceux qui vouloient le plus établir le régime
militaire a Saint-Domiugue. Après le départ dc ses colleet le gouvernement cette colonie 7 ilft ici U51 journal le plus aristocratiqne 2 et ii écrigues voit à pour mcs concitoyens lcs lettres les plus incendiaires et les plus controrévolutionuaires. Un bon citoyen snisit la copic de ces lettreset me les renit.
Jc dénonçai cct Abbe, sCS lettres furent déposées à la mairie 2 ct TAbbS
poursuivi 2 mais il échappa, j'ail la prenve écrite de tout ceci. J'en écrivis a
Messicurs Chanlatte ct Viard ces collègues, qui étoient à bord du vaisscau qui les portoit dans la Colonie 1 ( voyez leur réponse ci-après )
etàr mes frères, à Saint-Domingue, qui prirent un arrêté, parlequel ils désavouoicnt tout ce qu'avoit-pu faire cet Abbé en leur nom. Voilà cepeudant ult
hominc avec leqael MM. Page et Brulley disent dans leur diatribe contre
moi, que je m'entendois, aiusi que mes autres frères de couleur à SaintDomingue. Voici larticle. de cet arrêté qui concerna cet abbi Ouriore, qua
j'ai démasqué moi-inème à mes frères.
I
, qui prirent un arrêté, parlequel ils désavouoicnt tout ce qu'avoit-pu faire cet Abbé en leur nom. Voilà cepeudant ult
hominc avec leqael MM. Page et Brulley disent dans leur diatribe contre
moi, que je m'entendois, aiusi que mes autres frères de couleur à SaintDomingue. Voici larticle. de cet arrêté qui concerna cet abbi Ouriore, qua
j'ai démasqué moi-inème à mes frères.
I --- Page 78 ---
(66).,
de l'état de la colonie. J'avois commencé
un mémoire auquel
je devois joindre toutes les pièces justificatives; mais le dé-
( Considérant (a) quie le sieur Ouviere n'a jamais eu pouvoir de se regarder comme membre de la députation, c'est-à-dire comme
voix dé-
>> libérative 7 mais seulement consuliative, , a arrêté et arrête : ayant
> Qu'elle révoque en tout leur content, les ponvoirs
qu'elle auroit accorder ; que mnortifiée de s'ètre laissée leurrer par la fausseté du sieur pu Ouviere, , dont elle reconnolt la duplicité de caractère et la
>>
perversinirdecocur,
par ses adresses à MM, Pinçhina et Savary 1 que lesdits sieurs ont com-
>> muniquées à l'assemblée, ainsi que par les siz premiers numéros d'un
>> journal, intitulé leScrutateur politique, dont il s'syouel'autenr, elle lui
5 défend de plus se méler àl'avenir en quoi que ce soirde sesaffaires; qu'elle
voue ce vil et méprisable libelliste , à l'ezécration de tous les bons
> françois 7 conme ennemi de la nation , dont il cherche dans ses écrits
>) publics et particuliers A DÉTACRER LES COLONS DE Sass-Douuscusd).
> Qu'elle nomme le sieur. Julien Raimond pour signifier la présente révoca-
> tion au sieur Ouvierc , suivant toutes voies de droit.
s Qu'elle vote des remercimens au même M. Raimond 7 pour les soins le
A zèlc et l'activité qu'il a apportés dans la défense des droits de ses frères. 2
s Qu'elle le prie et charge dc remiercier pour elle et en son nom > l'assemblée
D nationale et tous les bons françois qui ont pris part à la defense des
CO-
>) lons, autrefois dits de couleur , lui donae plein ponvoir D'ASFIRMER
QUE
> LA COLONIE SE TROUVERA ENTIÈREMENT ENSEVE ELIE ET SUEMERGÉE
(a)1.assembléc des trois paroisses de lonest.
(B)Est-ce lile langage d'un sontre-révolutionnsire ? Cependant MM. Page et Brulley
viennent de dénoncer au ministre de la marine , pour les faire arrêter et conduire cn
France 1 Pinchina et Savary qui ont fait prendre et signé cet arrété. Qui ne voit dans
cette marche des colons, et surtout dans les mêmcs dénouciations faites par ccs mémes
hommes centre tous les hommes de couleur les plus instruits et les plus patriotes de
Saint-Domingue, l'intention coupable d'égarer les autres ct les porter à des mesurcs
gu'ils auront eux. mêmes la perfdie de leur conseiller ? Mais cc dernier coup scra
encore déjoue, si mes frères pcuvens reecvoir ma leitre écrite lc kcr aoit de la
présente année et jointe ici,
-
surtout dans les mêmcs dénouciations faites par ccs mémes
hommes centre tous les hommes de couleur les plus instruits et les plus patriotes de
Saint-Domingue, l'intention coupable d'égarer les autres ct les porter à des mesurcs
gu'ils auront eux. mêmes la perfdie de leur conseiller ? Mais cc dernier coup scra
encore déjoue, si mes frères pcuvens reecvoir ma leitre écrite lc kcr aoit de la
présente année et jointe ici,
- --- Page 79 ---
C T2
(67)
part précipité de nos députés m'a forcé d'envoyer ce que j'avois
de prêt. Je finirai incessamment le mémoire, et l'enverrai
> AVANT DE VOIR LA PRÉSENTE ASSEMDLEE, SEPARÉE DE LAMÉTROPOLE;
J QU'ELLE OSE FAIRE CETTE PROFESSION AU NOM DE TOUS SES FRÈRES
> Qur HABITENT LE SURPLUS DE LA COLONIE, (1) ctc. L'an 1792, etlan
quatrième de la liberté , le 15 octobre. Signés, P. Pinchinat, Savary,président; Pinson fils, Edien, , Coquilleau, Corbe fils, Coquilleau Desplantes, 1
Lassier cadet, Corbe 1 Fournoir 2 Coquillenu Défossé , Guessine 1 Coquilleau
Formel ,, la Caze, , P. L. Barbier , F.Lebrun, Dattrin, , Charles Pario, Ducaze, Amy, Jean Gadere 1 Cocquiere Bellevue, Hugerville ainé, Cornillon, , Doublé, Baplaiplolin 2 Chopin, 9 Banct, J. B. Ybard, Pajot,, Sanazoly, 7 Morel 7 Sanvé, Vallonpiver, Villeniontier 1 P. Gibert, R. J. Guchau, G. Mathicu 2 J. Gilbert, , Galopin, Brabeau , Durieux, Coudelet,
Adrouval, Lapalne s Lachicct , L. Barclais, J. Gautier > Marion François
Boudin, Jean Rigolet, Jean. Jenty Delisle 1 Helaine 2 Jean Bordux, 2 Relou
père, F. Bouvier, Antoine Guchau, J. J. Tonnelier : Fouché,P. Goillout,
M. Guchau 2 Perodin de la Chouque 1 A. Gibert, Hugueville ainé, Viarde--
saune , J. P. Morin, 2 Auger Desbrosse 1 Darain Alby 2 Dulary 1 Louis
Baille , Louis Bouviere 1 Esnard Prudent Gabriel, Lafort, Louis Borduy,
F. Dupré , EtienneJanin, etc.
Copic d'une lettre à moi écrite, par les citoyens Chanlatte
et Viard, collègues de l'abbé Ouviere.
A bord du Penthièvre , en rade à l'isle d'Air, le agjuillet 1792.
Vous nousavez fait bien du plaisir 9 monsieur et cher compatriole, 2 de nous
donner dc VOS nouvelles dans ces circonstances 3 quoique nous ayons satis
cesse sOuS les yeux tous vos travaux, cependant nous ne laissons pas que de
ressentir beaucoup de joie et de satisfaction à la réception d'une lettre de
vous.
Nous vous remercions des avis que vous ous donnez sur les trames de M.
Ouvière et de ses partisans ; nous nous y étions bien attendus et n'avons pas
craint. ses coups ; notre zèie ct notre patriotisme nous en ineitent absolument
àl l'abri; nous vous prions donc d'employer tous les moyens qui soit en votre
pouvoir"pour démasquer un traitre d'aufant plus dangereux, qu'il possede
(t).J'ai remis dans lc temps cet arrété au comité colonial, ainsi qne toules les pièces
de ce genre qui n'ont été adressées.
I 2
; nous nous y étions bien attendus et n'avons pas
craint. ses coups ; notre zèie ct notre patriotisme nous en ineitent absolument
àl l'abri; nous vous prions donc d'employer tous les moyens qui soit en votre
pouvoir"pour démasquer un traitre d'aufant plus dangereux, qu'il possede
(t).J'ai remis dans lc temps cet arrété au comité colonial, ainsi qne toules les pièces
de ce genre qui n'ont été adressées.
I 2 --- Page 80 ---
(68)
de suite en France avec les pièces qui doivent y être jointes.
Jen'ai pas besoin de vous recommander d'appuyer de tout
votre crédit la députation que nous envoyons : il est essentiel qu'elle soit bien accucillic. J'aurois. fait avec plaisir le
voyage de France, mais ma présence est absolunent nécessaire ici. Je compte infiniment sur votre patriotisine et sur
votre zèle pour la défense de la cause commune, , et vous prie
de mne croire avec un fraternel attachement,
Monsieur et cher' compatriote,
Votre très-humble et
très-obéissant serviteur s
PINCHINAT.
M. Raimond, 2 à Paris..
l'art perfide et méprisable de se contrefaire au suprème dégré; c'est-à'Paris
ses menées subtiles 5 veillez-le et préservez
maintenant. 2 qu'il employera
a
notre patric de malheurs beaucoup plus grands encore que ccux qu'elle
éprouvés et dans lesquels il eêt voulu la plonger.
Nous remettrons à M. Piquod Sxinte-Honorine la lettre à son adresse 5
dans bien de
réconnu son patriotisme éminent, par les
nous avons
peu temps
il ne
pièces honorables qu'il a cu la bonto de nous communiquer 5
peut
avoir de meilleures recommandations auprès de nos frères.
Nous attendons avec impatience le convoi de Nantes pour mettre à la
voile; mais il y a bien de la lenteur, nous ne savons qu'en présumuer.
Adieu, cher compatriotc, croyez à la sincéritéetal la pureté des sentimens
vos vertus civiques et votre défense courageuse à la cause
que nous ont inspiré
de nos concitoyens. ainsi madame nous prions de recevoir ncs
Nous vous embrassons que
que
salutations respectueuses.
CHANLATTE et VIARD.
Des complimens à nOS amis.
TaP à €
à la
voile; mais il y a bien de la lenteur, nous ne savons qu'en présumuer.
Adieu, cher compatriotc, croyez à la sincéritéetal la pureté des sentimens
vos vertus civiques et votre défense courageuse à la cause
que nous ont inspiré
de nos concitoyens. ainsi madame nous prions de recevoir ncs
Nous vous embrassons que
que
salutations respectueuses.
CHANLATTE et VIARD.
Des complimens à nOS amis.
TaP à € --- Page 81 ---
(69)
No. 13.
Lettre de J. Raimond.
Labadie, Braquchais, 1 LaA Boisrond, Bourry,
buissonnière et autres.
Paris, le 15 avril 1792.
Mrs CHERS CONFATRIOTES,
vous donner. lassurance que le décret
Je crois pouvoir
de l'année dornière sera révodésastreux du 24 septembre
qué, et que nous en obtiendrons T1l plus avantagoux n'ac- que
celui du 15 mai 1791. Celui l, comme vous sa veZ,
homines nés de père
cordoit les droits de citoyen qu'anx
n'avoient
et mère libres; ; et tous nos autres frères qui
pas
restoient encore sOUS In dépendance des blancs;
ces qualités
public est si formé à Paris, les droits
mais aujourd'hni l'esprit
dans tous lcs
sacrés de l'homme sont si profondément du gravés 15 mai ait laissé
s'indigne que le décret
coeurs ) qu'on entre des honmes libres : il est vrai qu'une
une différence fait paroitre n'a pas peu contribué à faire
brochure que j'ai linjustice qu'il y avoit dans ce décret,
sentir non seulement
auroit de mettre aucune
mais même encore le danger qu'il y
de
différence, soit par le degré de liberté, de légitimité OIL
J'ai fait distribuer cette brochure à la société
la couleur.
nos droits ; ct d'après
des Jacobins qui soutient puissamment
cctte sociéte,
les principes purs des meinbres qui composent
devons tout
Nos défenseurs se multiplient aunous
espérer. c'est à (des hommes,qui marquent
jourd'hui à linfini ;
qui
écrira eil notre faveur.
le plus dans la révolution ) parlera et
l'autre écriTous les journalistes inême à l'envi l'un de
vent à notre avantage. Prudhomme, 3 sur-tout, met.dans ses le
Révolutions de Paris, les morceauxl les plus forts. J'ai été
lui
des
il m'a dit de les lui laisser,
voir et porter
notes;
espérer. c'est à (des hommes,qui marquent
jourd'hui à linfini ;
qui
écrira eil notre faveur.
le plus dans la révolution ) parlera et
l'autre écriTous les journalistes inême à l'envi l'un de
vent à notre avantage. Prudhomme, 3 sur-tout, met.dans ses le
Révolutions de Paris, les morceauxl les plus forts. J'ai été
lui
des
il m'a dit de les lui laisser,
voir et porter
notes; --- Page 82 ---
(70)
et qu'il les feroit rédiger; ce qu'il a fait avec une intelligence étonnante : vous en jngeréz par
méros que je vous envoie; vous verrez quelques-uns des nuqu'il ne. confond
comne il l'avoit fait, par erreur, notre cause avec celle plus des
esclaves, dont tout le monde convient qu'il seroit
que de s'occuper dans le Ioment présent. Plusieurs impoliti- -
ouvrages ont paru en faveur de notre cause;
autres
ayant pour titre, Pétition de Mina, décrit un, sur-tout,
cités commises
toutes les atropar les blancs à notre égard , et donnè
les plus grandes.lumicres sur tout ce quis'est passé à SaintDomingue; ; cet ouyrage est de M. Milcent Créole blanc et
témoin oculaire ; il a beaucoup travaillé pour notre cause
sous l'anonyme, parce qu'il craignoit que ses biens au
fussent ravagés par ses compatriotes les blancs; mais Cap,
d'hui il pense qu'il n'aura plus rien à craindre, et aujourdroits nous seront rendus. Un jeune homme
que nos
de
qui annonce
beaucoup talens, et à qui j'ai remis des
un excellent
inémoires, a fait
ouvrage que j'ai fait imprimer et distribuer à
mes dépens ; ce jeune homme a été à
i la Louisianne ; il s'appelle Bonnamin. Saint-Domingue Je
et
vous envoie un
exemplaire de son ouvrage. Oh, combien, nies chers compatriotes, vous devez être reconnoissans envers toutes les
personnes qui ont travaillé à notre cause! ils l'ont fait avec
1111 zèle pareil au mien,. que la cause regardoit directement. J'espère qu'un jour nous serons à mêine de leur témoigner toute notre reconnoissance d'une manière
d'eux.
digne
Mes occupations doublent dans Ce moment où nous
prochons de celui oi l'assemblée nationale va
apnotre sort. Je vois souvent beauconp.de prononcer sur
meibres de cêtte
assemblée; et tous mc disent que nous ne devons rien craindre, que les principes sont pour nous ; et que, si l'autre
assemblée a été injuste à notre égard, il n'en sera pas de
même de celle-ci. Tout cela inc. donne le plus grand
et je brile du désir de ponvoir vous annonçer bientôt espoir,
que
de celui oi l'assemblée nationale va
apnotre sort. Je vois souvent beauconp.de prononcer sur
meibres de cêtte
assemblée; et tous mc disent que nous ne devons rien craindre, que les principes sont pour nous ; et que, si l'autre
assemblée a été injuste à notre égard, il n'en sera pas de
même de celle-ci. Tout cela inc. donne le plus grand
et je brile du désir de ponvoir vous annonçer bientôt espoir,
que --- Page 83 ---
(71)
nons serons enfin comptés au rang des citoyens. Mais, nnes
chers compatriotes, je vons recommanderai sans cesse de
yous montrer toujours dignes de tont ce qu'on est disposé
à faire pour vous ; je me réfère là-dessus à tout ce que je
vous ai dit dans mes précédentes ; n'oubliez pas votre don
patriotique, 7 qu'il s'effectue enfin ; montrez-vous , par cc
moyen, dignes de la protection que la Trance vous accorde;
montrez toujours de la modération aux colons blancs; moitrez-leur toute votre générosité, en oubliant toutcer qu'ils nous
ont fait. Vous les forcerez à la fin d'être justes à votre égard :
ils seront assez honteux de vous avoir calomniés, 3 sans que
vous ayez besoin de les faire rougir par les reproches que
vous pourriez leur faire sur tous les torts qu'ils ont eu à votre égard (1).
Je vous embrasse, et suis, etc.
No. 14.
Lettre de J. Raimond, à ses commettans.
Paris 2 le 30 mai 1792.
Jamais évènement n'a dû paroitre plus étonnant et plus
heureux en même-tems que celui qui vous a fait recevoir officiellement le décret du 24 mars,et qui vous a annoncé des
commissaires et des forces pour le faire cxécuter. ; car le même
instant où vOs comnissaires (2) arrivoient àParisp pour solliciter
une révocation du décret désastrenx du 24 septembre, étoit précisémentle mêmeque celui oivous receviezà Saint-Domingue,
l'objet de vOS sollicitudes.
Si toutes les lettres que je vous ai adressées par différentes
voies, n'eussentpas évéinterceptées, vous auriez Val dans toutes,
ce que nous devions espérer de la justice et de la' pureté des
principes de la présente législature 7 etqu'iln'y avoit qu'une
(1)On.voitquelle morale je prechois dans toutes mes lettres, est-celà celle
d'un homme qui veut allumer lef feudela guerrec civile?
(2) MM. Viard, Chanlatte, Dubourg et Ouvierc.
adressées par différentes
voies, n'eussentpas évéinterceptées, vous auriez Val dans toutes,
ce que nous devions espérer de la justice et de la' pureté des
principes de la présente législature 7 etqu'iln'y avoit qu'une
(1)On.voitquelle morale je prechois dans toutes mes lettres, est-celà celle
d'un homme qui veut allumer lef feudela guerrec civile?
(2) MM. Viard, Chanlatte, Dubourg et Ouvierc. --- Page 84 ---
(72)
voix dans la capitale pour. reconnoitre les droits politiques.
des homines de couleur. En effet, de tous les orateurs qui
ont voulu. soutenir que le décret du 24 septembre étoit
constitutionnel, pas un d'eux n'a entrepris, comme vous le
leurs
de contester aux citoyens de couverrez par
discours,
leur les droits que la nature, les loix, la force des choses,
même la
donnoient ; aussi le décret du 24
et
politique,leur
réclamars a-t-ii été rendu à I'unanimité et sans ancune
mation, et rien ne prouve plus la' validité des droits que nous
réclamions ; enfin ces droitssont bien reconnus parle décret le
solenind.Maintemant c'est de. son exécution dont il faut
plus
ainsi que des moyens de rétablir l'ordre dans la
s'occuper,
colonie. Pour cet effet trois commissaires, MM. Polverel 3
Sonthonax et Aillaud, sont nommés; vous pouvea compter
de leurs principes et sur leur ferme résolution
sur la pureté
rétablicl'ordre et la paix C'est
de faire exécuter la loi, et
(1).
chers
et frères, à les aider de
donc à vous, mes
compatriotes
tous vos moyens et de toutes vOS forces; ils comptent sur
votre civisme et sur votre attachement à la constitution qui
nous régénère; ils comptent également sur votre amour pour
elle
la patrie. Ayez donc nne confiance réciproque : jamais
ni mieux méritée des deux parts.
ne fut plus nécessaire
Vos ennemis ont répandu ici que, comme quelqnes plantours ci-devantnobles, ou croyant l'être, comne les anciens
commandaus,les ci-devant états-majors, les conscillers, avocats, receveurs et tous les privilégiés de la colonie, vous vouliez rétablir l'ancien régime à Saint - Domingue 1 ou au
inoinsleg gouvernesnent militaire, et que vous ne vouliez pas
(t) Lorsque ces deux hommes furent nommés commissaires pour les colonies,
iis jotissoient de la meilleure réputation. Jc pouvois et devois donc en dire
tont ce'eejen dis dans ma lettre. Si depuis ils ont été accusés ct dénoneés
pravement, j'ai dit aussi - tôt qu'il falloit cnvoyer à Saint - Domingue éxaminer
deux autres commissaires, pris dans le scin de la convention de marine pour dans les
l-ureonduite. Voyezi mon mnémoire remis au coirité
premicrsjours'd de juin dernier,
Tétablissement
*
soient de la meilleure réputation. Jc pouvois et devois donc en dire
tont ce'eejen dis dans ma lettre. Si depuis ils ont été accusés ct dénoneés
pravement, j'ai dit aussi - tôt qu'il falloit cnvoyer à Saint - Domingue éxaminer
deux autres commissaires, pris dans le scin de la convention de marine pour dans les
l-ureonduite. Voyezi mon mnémoire remis au coirité
premicrsjours'd de juin dernier,
Tétablissement
* --- Page 85 ---
a n
(73)
l'établissement des corps administratifs et populaires,sous) prétexte que le gouvernement populaire ne ponvoit convenir
à un pays oi il y a des esclaves, et parce que vous aviez
du
poprlaire qne del'anplus à vous plaindre gouvernement
sur cet obcien. MM. Ies commissaires m'ayant questionné
jet, je leur ai pronvé que vous avicz trop d'intérêt à youloir la constitution qui vons.réintégroit dans vOS droits , pour
vouloir rejetter une forme de gouvernement qui peut seule
vous les conserver dans tonte leur plénitude.
En effet, si vous établissiez dans les colonies un gouvermilitaire, vous seriez forcés de les mettre
nemesti purement
maisle
absolument sous la dépendance du pouvoir exécutif;
toujours : car CC seroit attaquer
corps législatifs'y opposera
la constitution que de donner au pouvoir exéculif un grand
nuiroitencore d'autant -
moyen d'angmenters sa puissance, etcela
le
n'ayant plus les COplus à Vos droits, que corps législatif
lonies dans sa dépendance > comme les autres parties de l'empire, il ne pourroit plus faire surveiller au maintien des droits
des citoyens de cette partie; et avec! la tendance naturelle du
pouvoir exécutif vers le despotisme 3 nous retomberions bientôt dans l'état d'où nous sortons à peine (4).
Supposons pour un moment qu'un gouvereur-général, sous
telle responsabilité que vous voudriez l'établir, ne dépendit
que du roi, et qu'il ne nous contestât pas,comme on le suppose,1 les droits que nous donne l'édit de oBS,qw'ariveruitilf
Nous resterions toujours ce que nous avons été,sans influence
quelconque, 3 et privés de tous les emplois qui ne sercient
donnés qu'a des ci-devant nobles et à des blancs. Il est bien
évident que par une suite continuelle de cet abandon,nous
retomberions dans l'avilissement d'oi la révolation noust tire;
et cependant nous n'aurions point à nous plaindre decetabandoa , caril lc pouvoir exécutif gonvernant seul, répondroit
aux réclamations qu'on pourrait lui adresser,qu'il n'a donné
() On voit qu'a cct tie e époque,qui a précédé la République, je pc nsois cn
répaslicain.
K
-
vident que par une suite continuelle de cet abandon,nous
retomberions dans l'avilissement d'oi la révolation noust tire;
et cependant nous n'aurions point à nous plaindre decetabandoa , caril lc pouvoir exécutif gonvernant seul, répondroit
aux réclamations qu'on pourrait lui adresser,qu'il n'a donné
() On voit qu'a cct tie e époque,qui a précédé la République, je pc nsois cn
répaslicain.
K
- --- Page 86 ---
(74)
telle ou telle place à tel, que parce qu'il le croyoit le plus
capable de la remplir : et tous ces hommes privilégiés , placés par ce seul pouvoir qui existeroit dans les colonies, mineroient peu-à-peu vOS foibles droits, et gouverneroient despotiquement toutes les personnes sans place , et nous finirionspar
avoir un véritable gouvernement
le fait d'une classe
aristocratique , composé par
privilégiée,.qui nous feroit retomber peuà-peu dans les proscriptions d'on la réyolution nous tire.
Mais 3 vous dira-t-on,,le gouvernement parement populaire ne peut pas convenir à un pays oi ilya des ea clavcs?
Pourqnoi non P Athènes eut des esclaves, et jamneis gouvérnement ne fut plus populaire que le sien. Pour moi je crois
au contraire que le gouvernement populaire est plns propre
à surveiller les esclaves 5 car tous les citoyens libres , étant
obligés de se rassembler souvent et en grand noubre pour
l'intérêt commun, ce mouvement nécessite à surveiller davantage, parce qu'ilya plus d'action dans tous les individus intéressés à la conservation de leuirs propriétés; et l'esclave
qui voit sans cesse cette surveillance etses forces unies, n'ose
rien entreprendre. Et si on établissoit, coinme je l'indiqueraiplusbas, un corps de gendarmerie, composé do citoyens
du pays, uniquement occupés à surveiller les esclaves > on
n'auroit aucune appréhension à avoir de leur part.
Il ne reste plus d'oljection à détruire sur le gouvernement
populaire, que celle des malheurs que nous ont fait épronver les corps populaires établis dans la colonie depuis la révolution, et nous ont fait craindre que ces malheurs se propagent en maintenant Ces corps populaires.
II faut d'abord observer que si les soi-disants corps populaires établis jusqu'à ce jour, nous ont fait beaucoup de mal,
c'est précisément parce qu'ils n'étoient pas des corps popnlaires, mais bien aristocratiques > composés d'hommes qui
avoient usurpé le privilège de nous en écarter. Maisil en sera
bien autrement lorsqu'en vertu de la loi vous participerezaux
assemblées primaires, et que vous ferez ensuite partie de ces
se propagent en maintenant Ces corps populaires.
II faut d'abord observer que si les soi-disants corps populaires établis jusqu'à ce jour, nous ont fait beaucoup de mal,
c'est précisément parce qu'ils n'étoient pas des corps popnlaires, mais bien aristocratiques > composés d'hommes qui
avoient usurpé le privilège de nous en écarter. Maisil en sera
bien autrement lorsqu'en vertu de la loi vous participerezaux
assemblées primaires, et que vous ferez ensuite partie de ces --- Page 87 ---
(75)
corps populaires ; alors, ayant une égale représentation que
les blancs, puisque notre population est au moins égale à la
défendre vos droits. Et remarleur, vous pourrez également
de vue, c'est l'aquez ce que vous ne devez jamais perdre
vantage de l'accroissement rapide de notre population, qui
va nous faire acquérir tous les jours plus d'influence dans
n'être
toutes les assemblées et les premières dussent-elles
composées que de blancs, nos droits n'en seront pas moins évidens quand nous serons en nombre. Remarquez encore que
c'est la crainte bien apperçue et bien sentie par les blancs,
de notre influence future dans les assemblées primaires, qu'ils
voudroient nous faire adopter un gouvernement tel que nous
ne puissions parvenir à ce point d'influence.
A toutes ces raisons j'ajoute que vous pourrez d'autant plus
des
de la nation seule
compter sur la protection représentans
puissante, si vous vous attachez à elle par la inême forme
de gouvernement; et que nous serons toujours plus forts,
étant liés au faisceau de la nation (1).
D'un autre côté, la nation qui connoît ses intérêts, ne croira
jamais être,plus sûre de la propriété de ses colonics, que lorsqu'elle verra tous les citoyens libres qui les habitent jouir
de tous leurs droits, cultiver le sol sans chercher àl'extraire
en le forçaat dans ses produits 2 pour obtenir plutôt une fortune, et l'abandonner ensuite; la nation, dis-je 7 préférera
voir les terres se subdiviser entre de petits propriétaires,
ellesn'en seront que mieux soignées, et par conséquent donnerontunproduit plus durable (2); et lanation est enfin persuadée
que rien ne peut conduire à cet état de choses, que votre régénération ; et que votré reconnoissance vous attachera à la
(:) Dans toutes mes lettres on voit les principes d'unité et d'indivisibilité
prècliés, ainsi que lobéissance anx décrets de la convention,
(2) Est-ce là de laristocratie 2 Qu'on compare ces principes avec ceux des
colons blancs qui ne parloientjamais que de conserver et maintenir Jes grandes
possessions, ctc. ctc. parce que leur orgucil ne sauroit se plier à aucune
égalité.
K a
noissance vous attachera à la
(:) Dans toutes mes lettres on voit les principes d'unité et d'indivisibilité
prècliés, ainsi que lobéissance anx décrets de la convention,
(2) Est-ce là de laristocratie 2 Qu'on compare ces principes avec ceux des
colons blancs qui ne parloientjamais que de conserver et maintenir Jes grandes
possessions, ctc. ctc. parce que leur orgucil ne sauroit se plier à aucune
égalité.
K a --- Page 88 ---
(76)
patrie, ainsi que votre postérité, à qui vous retracerez
cn Age tous les bienfaits que vous en recevez.
d'âge
MM. les commissaires sorit pénétrés des principes de notre
révelution. Ils ont la volorté et les talens nécessaires
organiser la colonie de manière à rendre VOS droits imper- pour
turbables, et ay faire renaître l'ordre ct la tranquillité: rapportez-vons-enà eux.
Mais, pour parvenirà ce double but, ils ont besoin de toute
votre confiance et de l'établissement d'une
posée des naturels du
à
gendarmerie compays, qui on donnera la considération que doit avoir un corps qui fera la streté de la COlonie. Cet objet' est traité dans un mnémoire ci-joint, dont
vous pourrez faire usage, si vous le croyez digne.
La députation que vous avez envoyée ici s'est divisée
nion à mon sujet, et je vais vous retracer ce quis'est d'opi- passé,
Il est nécessaire , pour me faire. entendre, de vous dire qu'à
l'époque du décret du241 mars (1)tons les patriotes quiavoient
défendu notre cause, une grande partie des membres de la
convention nationale et tous les ministres 2 me désignoient
pourêtre un des trois commissaires qui devoient aller à SaintDomingna 5 mais les colons de Thôtel Massiac,
craignant sans
dontele bon effet de cette mesure , trouvèrent le moyen de
fairc:ubtiliser; un décretdu corps législatif, parleur ami aristocrate,M. Tarbé (2). < Alorsil fut convenu,
>>
entrelesministres,
q7e j'irois toujours, avec une lettre du ministre de la ma-
> rine, au nom du roi, pour contribner par ma
5 d rassurer mes frères les citoyens de couleur à présence les
s
>> àl'oubli de tous les maux qu'ils avoient éprouvés , des porter
>>
blancs,
à détraire tontes les haines, suités inévitables, des
>> civiles, en UN MOT, POUR Y REMPLIR L'HONORABLE guerres. FONC5 TION DE PACIFICATEUR >>.
(r). Devenu loi du 4 avril..
(2) Ce décret porte que. les personnes qni sont nécs dans
Y ont quelques proprietés 2 ne pourront, pour cette
la colonie, ou qui
être employées dans les colonies.
fois 2 étre nCI mmées pour
>>
blancs,
à détraire tontes les haines, suités inévitables, des
>> civiles, en UN MOT, POUR Y REMPLIR L'HONORABLE guerres. FONC5 TION DE PACIFICATEUR >>.
(r). Devenu loi du 4 avril..
(2) Ce décret porte que. les personnes qni sont nécs dans
Y ont quelques proprietés 2 ne pourront, pour cette
la colonie, ou qui
être employées dans les colonies.
fois 2 étre nCI mmées pour --- Page 89 ---
(77)
Les choses dans cet état, votre députation arrive à Paris;
anssitôt des personnes , que MM. Chanlatte et Viard pourront vous nommer, s'emparérent d'enx, et firent tous leurs
efforts pour les empêcher de me voir, , malgré votre recommnandation. Pour réussir à ce coup de partie pour eux, 3 ils
leur dirent que mes intentions étoient de donner la liberté à
tous les esclaves; que je n'étois enyoyé à Saiut-Lomingue,
par les ministres, tous amis des noirs, que pour cet objet.
Le piège étoit. grossier 1 comme vous voyez; car on ne pouvoit guère supposer que je voulnsse ruiner tout d'un coup,
toute nia famnille qui possède entr'elle sept à huit muillions
de biens aSaint-Domingne. il ne me fnt pas difficile, comme
vous pensez, dedétruire les effets de cette accusation atroce
et perliles mais , toujours astucienses , ces mêmes personnes
ina,inèrent de faire parler pour mieux persuader quelques personnes de "couleur qui s'étoient adjointes à moi,
je ne sais pas trop comment 7 ponr solliciter dans notre
canse,etl niquelgues-anes m'ont plus embarcasséque: servi,
étant absolment sns aucan talent,ni moyens pécuniaires
pour m'aider, et foibles de caractère, ils ont tombé dans
lep prmermnlomknliuiss se servant de lenrjalousie contre
moi, , UIl les cngagea à dire à vos coinmissaires que dans les
réclamations que j'uvois faites ici, mon projet avoit été d'écarter une partie de la classe des hoimes libres de conleur.
Aussitôt quej je fus averti de cette nouvelle perfidie, par MM.
Clranlatte et Viard,je me hâtai de fournir la preuve du contraire dans un petit ouvrage de moi, impriné sons le titre :
d'ubseriations sur Torigine et les progrès du préjugé des colons blancs contre les hommes de couleur.Jc prouve, comme
vous le verrez, sans replique dans c-touvrage, que toute espèce de distinction , isoit de couleur, soit de légitimité, seroit dangerense , et meneroit à des troubles et à des divisions. éternelles. 1 - DE
Après avoir détruit toutes ces inculpations, je réfléchis sur .
les causes qui avoient pu ydonner lieu, ct je ne fus pas long-
origine et les progrès du préjugé des colons blancs contre les hommes de couleur.Jc prouve, comme
vous le verrez, sans replique dans c-touvrage, que toute espèce de distinction , isoit de couleur, soit de légitimité, seroit dangerense , et meneroit à des troubles et à des divisions. éternelles. 1 - DE
Après avoir détruit toutes ces inculpations, je réfléchis sur .
les causes qui avoient pu ydonner lieu, ct je ne fus pas long- --- Page 90 ---
(78)
tems à
m'anpercevotirqne, par un desscin prémédité, on cherchoità me faire perdre la confiance de mes
frères, et m'éloigner d'aller à
Saint-Domingue > oi l'on prévoyoit bien que
je in'opposerois au Frojet d'y établir le gonvernément militaire que les aristocrates y desirent,'et dont j'ai montré tous
les dangers pour nous. Je vis aussi l'intention perfide
d'autres avoient de m'y faire trouverla mort les insinua- que
tions
par
perfides qu'on se proposoit de faire à mes frères contre
moi, CI persuadant à quelques foibles que je voulois leur
ruine dans la liberté des
l'on
voulois
esclaves, que
supposoit que je
prêcher(1).
Alors je devins circonspect avec ceux de qui j'avois lieu
de me mélier;etje m'ouvris à MM. Chanlatte et
Viard, qui
ne furent pas la dppe de tout ce complot, et je leur promis
(1) Je fus averti ici du projet le plus perfide et le atroce
contre moi. Lorsqu'il fut question, commeje viens de le plus dire
tramé
envoyé à Saint-Dominguc, pour y, remplir P'honorable fonction que de f serois
cateur, , je fus bien étonné de voir les colons blancs
pacificordialement détesté, être eux-mêmes les premiers à qui m'avoient le plus
cette mission et à me cajoler 1 pour m'y déterminer. Le m'engager projet étoit à accepter formé
quand j'y aurois été, d'égarer mes fréres, les hommes de
sur ,
compte., en leur débitant la calomnie usée sur le dessein conleur, ne mon
de vouloir subitement affranchir tous les esclaves et occasionner qu'on leur supposoit
totale par cette mesure prématurée. Les colons blancs espéroient par ruine cettc
mesure, lni trouver faire parmi niesfrères un homme assez crédule et assez fanatique
porter sur moi une main fratricide - dans ce cas, les colons
Titrcl qui, comme je l'ai dit plus haut, m'avoient cajolé et flatté, n'auroient
pas demander manqué de paroitre me regretter beaucoup et auroient été les premiers à
vengeance pour moi , en présentant tous mes frères 1 comme des
de antropophages leur frère 1 des monstres altérés de sang, puisqu'ils avoiert versé celui
delà
leur qui avoit faire lout sacrifié pour leur bonheur 9 etc. et partir
Dans 2, le ponr
retirer les droits qui venoient de leur être concédés.
leur cas que 7 pour désabuser mes frères sur les craintes qu'on pouvoit
d'affranchir donner, j'eusse les écrit pour leur prouver que mon intention n'étoit
pas
esclaves, alors c'edt été pire 1 et mes ennemis n'eussent
manqué de persuader aux esclaves dans cette circonstance, 2 que moi
EC dans jem'opposois à leur liberté puisque j'écrirois contre. On sentira
c'étoitle une voeu pareille de position ; je ne pouvois échapper à une mort certaine, que et
ditée et
nies ennemis ; en tems et lieu je proaveraillintention prémé.
conleur essayée plusieursfois de faire périr à Saint-Domingue les citoyens de
qui ont dirigé leurs frères et qui out montré le plus d'énergie.
ance, 2 que moi
EC dans jem'opposois à leur liberté puisque j'écrirois contre. On sentira
c'étoitle une voeu pareille de position ; je ne pouvois échapper à une mort certaine, que et
ditée et
nies ennemis ; en tems et lieu je proaveraillintention prémé.
conleur essayée plusieursfois de faire périr à Saint-Domingue les citoyens de
qui ont dirigé leurs frères et qui out montré le plus d'énergie. --- Page 91 ---
(79)
de vous écrire sur ce sujet, et d'entrer dans tous les détails,
afin de vous préserver des pièges qui pourroient vous être
tendus de tous côlés.
Dans les différentes conférences que nous avons enes ici
avec MM. vos.commissaires, il a été question d'un point
bien important;c'est le moyen à employer pour faire rentrer les csclaves en insurrection, et de ce qu'on pourroit
leur accorder pour améliorer leurs sort, sans tiop nuire aux
intérêts du propriétaire et à la société entière. Différents
avis furent ouverts à ce sujet, mais on sembla s'arrêter. sur
celui de leur accorder un jour de franc par semaine, outre
le dimanche. J'observai que cetto mesure pourroit devenir
dangereuse, , surtout an sortir de l'état d'insurrection où ils
étoient ; qu'il seroit possible, et pnêine vraisemblable, qu'ils
employassent ce jour à des rassemblemens particls pour complotter ensemble, , au lieu de l'employer à un travail qui
les eût menés par le fruit qu'ils en auroient tiré, à adoucir
leur sort; que d'ailleurs ils pourroient arguinenter sur cette
espèce de capitulation, et se dire: puisque nous avons obtenu ull jour tout entier tout de suite, tâchons. , en nous
soulevant encore, d'en obtenir un autre par le mnême moyen;
j'ajoutai encore que l'interruption de deux jours tout entiers de travail, en y comprenant le dimanche 7 pourroit
nuire à beaucoup de cultures , sans que cela tournât d'une
manière bien sûre au vrai bonheur de l'esclave. En conséquence, je proposai un moyen qui m'a paru remplir le
triple objet d'améliorer, d'une manière avantagense à tous,
le sort des esclaves, de ne pas nuire aux intérêts des mattres, et de faciliter l'esclave à arriyerà ane liberté entière,
en le nécessitant toujours au travail de la culture.
Pour atteindre à ce but, il ine semble qn'on pourroit se
servir du, moyen qu'employent les Espagnols et les Portugais, c'est de faciliter les esclaves à se racheter partiellement : par exeinple, on fixeroit le prix des esclaves mâles
avantagense à tous,
le sort des esclaves, de ne pas nuire aux intérêts des mattres, et de faciliter l'esclave à arriyerà ane liberté entière,
en le nécessitant toujours au travail de la culture.
Pour atteindre à ce but, il ine semble qn'on pourroit se
servir du, moyen qu'employent les Espagnols et les Portugais, c'est de faciliter les esclaves à se racheter partiellement : par exeinple, on fixeroit le prix des esclaves mâles --- Page 92 ---
(80)
ordinaires à 3000 (1); et celui d'nne femme, à 2400, et on
leur proposeroit de se rédimer d'un jour de travail en payant
une somme de 400 livres, qui fait le sixième de la valenr;
et pour les faciliter à se procurer cette somme, on leur diroit qu'en leur accorde une heure de plus par jour an moment du diner, et qu'à Vavénir les heures du travail ne seront plus que, depuis quatre heures et demie du ITa in, jusqu'à onze heures et demie, et depuis doux heurcs ct dumie
de l'après midi, jusqu'à six heures et demie da soir..
Mais il y auroit une clause conditionnelle à toutes ces espèces de rachat, c'est que l'esclave fat ohligé de coustater
au mnitre qu'il a gagné lei pécule avec lequel, il se rédine
par son travail et par son industrie. En suivant cette progression de rachat avec. les conditions.qui y sont attachées,
on accoutumeroit l'esclave au travail et à employer les jours
qu'il auroit rachetés, à un nouveau travail qui le meneroit
plus rapidement à s'acquitter en totalité; ct en arrivant à
cette époque heureuse pour lui, il seroit toujours disposé
au travail 3 et comme il seroit sans propriétés territoriales,
le maître pourroit lui donner à cens, une partie de sa terre
mnesurée surla faculté de l'esclave à la cultiver, soit au tiers,
soit à moitié, selon les conventions et comme il se pratique
en France.
L'esclave ainsi racheté pourroit racheter ses enfans en
âge de travailler , et à mesure que sa famille s'augmenteroit, il prendroit plus de terrein pour le cultiver aux mêmes
conditions.
On pourroit encore faire que le nègre s'étant racheté d'une
journée , seroit payé par le maître lorsqu'il emploieroit cette
même journée au travail du maître, et se rédimant toujours
(),Le prix des esclaves à talent seroit porté en raison de leurs talens, et
celui des fenmes pourroit être diminué en raison du nombre de leurs cnfans.
ainsi,
que sa famille s'augmenteroit, il prendroit plus de terrein pour le cultiver aux mêmes
conditions.
On pourroit encore faire que le nègre s'étant racheté d'une
journée , seroit payé par le maître lorsqu'il emploieroit cette
même journée au travail du maître, et se rédimant toujours
(),Le prix des esclaves à talent seroit porté en raison de leurs talens, et
celui des fenmes pourroit être diminué en raison du nombre de leurs cnfans.
ainsi, --- Page 93 ---
(81 )
ainsi, il resteroit attaché au sol duquel il partager. pit le prcduit avec le maître, quand il seroit totalement acquitté.
Jc n'étendrai pas plus loin ces déyeloppemens ; votre
sngacité le fera assez, si le moyen est trouvé bon.
Nous ayons pensé ici, qu'avant toutes ces inesures, et
les esclaves à l'ordre, il seroit
pour ramener sur-le-champ
nécessaire que MM. les commiissaires fissent une proclainale
et li liberté
tion par laquelle ils, promettroient pardon
aux chefs des révoltés, s'ils faisoient rentrer les esclaves; cette
proclamation promettroit l'amélioration du sort des esclaves dont on s'ocenperoit aussitôt leur rentrée ; leur parler
dans cette proclamation de la puissance de la nation qui les
puniroit, s'ils n'obéissoient, et qu'au contraire, elle s'occuperoit d'améliorer leur sort, s'ils obéissoient (1)-
Je crois qu'on pourroit tirer un grand avantage en leur
faisant entrevoir dans cette proclamation , des moyens qu'on
voudra employer pour améliorer et changer leur sort.
Voilà, mon cher et respectable ami, mes idées sur cet
objet. Je n'y tiens, qu'autant que la colonie y verroit son
avantage; et ce sera aux propriétaires raisonnables et sans
passions, à calculer jusqu'à quel point elles peuyent être
utiles (2).
Je vous embrasse, etc.
P. S. Voici le discours que j'ai prononcé à la barre de
l'assembléc nationale, pour la reinercier de son décret.
(1) N'est-ce pas là fairereconnoitre par-tout la puissance de la nation seule
souveraine ? Lisez la proclamation projettée pour les esclaves révoltés.
(2) Est-ce là la lettre d'un hoime qui veut faire opérer la contre-révolulion dans les colonies 1 qui veut les bouleverser, , ou les livrer aux puissances
ennemies 2 comme m'en accuse le triumvirat Page 1 Brulley et l'archevèque Thibault. Je ne cesserai dc le répéter 2 qu'ils mettent comme moi leurs
écrits secrets au grand jour.
L
souveraine ? Lisez la proclamation projettée pour les esclaves révoltés.
(2) Est-ce là la lettre d'un hoime qui veut faire opérer la contre-révolulion dans les colonies 1 qui veut les bouleverser, , ou les livrer aux puissances
ennemies 2 comme m'en accuse le triumvirat Page 1 Brulley et l'archevèque Thibault. Je ne cesserai dc le répéter 2 qu'ils mettent comme moi leurs
écrits secrets au grand jour.
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(82)
Extrait du procis-verbal de Passenblée nationale,
du
1792, Pan quatrième de la
Liberté.
Les liommes de couleur résidans en France sont admis à
la barre'; ils viennent remercier l'assembiée du décret qu'elle
a rendu dernièrement en faveur de leurs frères des colonies;
ils protestent de leur soumnission à laloi, et promettent d'employer tous leurs moyens pour rétablir l'ordre et la paix dans
nos isles. M. le président leur répond et les invite à assister
à la séance.
On demande l'insertion du discours au procès-verbal, avec
mention honorable, l'insertion aussi de la réponse de M. le
président; l'impression, la distribution et l'envoi de l'un et
de l'autre à toutes les colonies françaises. Toutes ces demandes sont adoptées.
Suit la teneur du discours.
Législateurs, après de longues et de cruelles persécutious s.
il nous est permis enfin d'espérer des jours plus heureux.
Déja votre présence et l'asile de la liberté nous font oublier
nos malheurs.
C'est à vous, Messieurs, qu'il étoit réservé de porter un
regard bienfaisant sur les colonies, pour ydétruire le dernier
et le plus désastreux des préjugés ; c'est à vous qu'il appartenoit de régénérer Ics colonies, par cette vérité, que le
bonleur de toute société dépend de l'égalité des droits.,
qu'elle seule peut établir la prospérité sur les bases éternelles. de la justice. Législateurs, recevez nos hommages,
recevez ceux de nos frères,. les hommes de couleur ct
nègres libres ; ils vous parlent par ma voix; ilsj jurent de
consacrer au service de la nation, au soutien de la loi et
de la constitution, le sang qui leur reste après les horri-
, par cette vérité, que le
bonleur de toute société dépend de l'égalité des droits.,
qu'elle seule peut établir la prospérité sur les bases éternelles. de la justice. Législateurs, recevez nos hommages,
recevez ceux de nos frères,. les hommes de couleur ct
nègres libres ; ils vous parlent par ma voix; ilsj jurent de
consacrer au service de la nation, au soutien de la loi et
de la constitution, le sang qui leur reste après les horri- --- Page 95 ---
(83)
bles combats qu'ils ont soutenus, tantôt pour sauver leurs
concitoyens 3 tantôt pour se soustraire à leur aveugle fureur.
Ils jurent solemnellement d'oublier toutes les persécutions
qu'ils out éprouvées, pour ne se souvenir que du jour heureux oit, par la plus sage des loix, vous rendez la paix
aux colonies, la prospérité au commerce et des citoyens à
l'état.
Pour nous, Messieurs, constamment dévoués à la constitution, à la défense des drois de nos frères, au rétablissemnent de l'ordre et de la paix dans les colonies, nous offrons nos services; aucun sacrifice ne nous coûtera pour
remplir ce devoir sacré; nous sommes fixés en France, nous
ya avons transporté nos propriétés et nos familles; et cependant nous sommes prêts à les abandonner, à renoncer à
une vie paisible, et à braver. . tous les périls, si nous pouvons être utiles dans les colonies, soit pour y éteindre des
haines que des circonstances malheureuses y ont faitnaître,
soit pour porter nos frères de couleur à aider, de tous leurs
moyens les blancs , réparer les pertes qu'ils ont pu faire,
et contribuer enfin au parfait accord qui doit régner entre
tous les citoyens.
Signés, Raimond, du Souchet, de Saint-Réal, Poizat,
Fleury, Saint-Albert, Lamothe,Perrier, Saint-Aude, Colon,
Réponse de M. le Président.
L'assemblée nationale n'a point exercé envers vous un
acte de bienfaisance ; mais elle a rempli l'un de ses preaniers devoirs, en proclamant Vos droits à l'égalité politique;
ces droits, Messieurs, vous les teniez de la nature ; et ce
n'étoit point dans le code d'un peuple qui a fondé sa liberté sur cès loix éternelles, qu'un odieux préjugé auroit
pu en restreindre ou modifier l'exercice.
Vous offrez de renoncer à la douceur d'une vie paisible,
I 2
acte de bienfaisance ; mais elle a rempli l'un de ses preaniers devoirs, en proclamant Vos droits à l'égalité politique;
ces droits, Messieurs, vous les teniez de la nature ; et ce
n'étoit point dans le code d'un peuple qui a fondé sa liberté sur cès loix éternelles, qu'un odieux préjugé auroit
pu en restreindre ou modifier l'exercice.
Vous offrez de renoncer à la douceur d'une vie paisible,
I 2 --- Page 96 ---
(84)
pour aller dans les colonies porter à vos concitoyens des
secours et des consolations ; vous voulez consacrer tous vos
efforts au soin d'y rapprocher tous les esprits, et d'y éteirrdre les haines; vous voulez profiter de Pheureuse influence
que VOs vertus et vos talens vous donneront sur l'esprit de
Vos frères de couleur pour les engager à aider les colons
blancs à réparer leurs pertes 2 et fonder ainsi sur les liens.
de la plus douce fraternité, les bases de leur prospérité commnune.
L'assemblée nationale applaudit à votre généreuse résolution ; cette mission purement volontaire, n'en deviendra
que plus honorable; et le civisme qui vous en a inspiré
l'idée, est un garant infaillible de votre succès.
L'assemblée reçoit VOS sermens, agrée votre hommage,
et vous accorde les honneurs de la séance.
Collationné à l'original par nous secrétaires de l'assemblée nationale. A Paris, ce 21 avril 1792,lan quatrième
de la liberté (1).
BREARD.
SARADRIC.
MAILHE, secrétaire.
DUMOLARD, secretaire.
colons blancs qui étoient à Paris à l'époque
(:) Si MM. Page 9 Brulleyetles
de la loi du 4 avril, l'eussent sincérement aimée et desirée 7 ainsi que le
P
rapprochement des blancs et des hommes de couleur 9 et qu'ils eussent voulu
faire unc.abnégation de tout ressentiment, en un mot qu'ils eussent été tous
aussi sincères que les hommes de couleur, ils seroient venus 2 ainsi que nous,
faire à l'assemblée nationale le serment qu'on vient de lire et qui étoit dans
nos coeurs; ils eussent plus fait, ils eussent écrit à leurs compatriotes blancs
dans le sens que nous avons écrit aux hommes de couleur. Avec cette démarche et ces mesures 2 les troubles de la colonie étoient éteints pour toujours ;
inais l'orgueil des colons blancsne pouvoit se plier à cette fraternité, qui seule
pouvoit faire renaitre l'ordre et la prospérité dans Ics colonies. --- Page 97 ---
(85)
N. 15. Colline d'Aquin, le 12 juillet 1792. MoN SINCÈRE AMI 2
J'ai reçu il y a huit jours, par le Cap , votre leltre du 15
janvier , qui me fait ul grand plaisir; nons nous Y sommes
conforinés sans en savoir la teneur, car, sauf le quartier de
Jérémie
nous avons été en armes jusqu'à l'arrivée
, par-tout
de la loi du 24 mars, 7 qui constate notre état politique
En mon particulier, je vous fais ici mes très-sinicères remercimens des peines que vous vous êtes données pour parvenir
à notre but; et, en attendant que la reconnoissance se manifeste d'une manière authentique de la part de mes Col1citoyens, envers tous, les vrais défenseurs de Phumanité, de
la vérité et de la liberté(à).
ous avons été en armes jusqu'à l'arrivée
, par-tout
de la loi du 24 mars, 7 qui constate notre état politique
En mon particulier, je vous fais ici mes très-sinicères remercimens des peines que vous vous êtes données pour parvenir
à notre but; et, en attendant que la reconnoissance se manifeste d'une manière authentique de la part de mes Col1citoyens, envers tous, les vrais défenseurs de Phumanité, de
la vérité et de la liberté(à). Souffrez,que je mc serve de votre
leur transmettre nos voeux, leur marquant lcs
organe pour
témoignages de notre cntière reconnoissance. icilemeilleur effet; vous verrez
cc La loi du 4avril produit
les
et bulletins ci-inclus, comment
>> par papiers-nouvelles
a été très-bien vue, les
>> elle a été reçue au Cap, qu'elle
>> citoyens blancs s'y sont soumis avec empresseinent ;
(t) Il étoit prudent. pour eux ct pour le salnt de la colonie qu'elle fit toute
en armes, à cause de la révolte des esclaves qui pouvoit se propager. (2) Après le décret du 24 mars, devenu loi du 4 avril, j'avois envoyé à
les discours furent prononcés à l'assemblée nationale, et
mes frères tous fut décrétée qui afin de leur faire connoitre leurs défenseurs
dont Pimpression
ct le grand nombre qu'ils en avoient eu. --- Page 98 ---
(86)"
>> M. Thibalier, commandant pour le roi dans ce
>>
l'a fait exécnter; maisilé éprouve quelque
dernierlieu,
résistance, à cause
>> del l'insurrection des noirs, que; a fort
on a
D
inal-i-propus,
mis en jeu dans bien des paroisses >. D'après toutes les horreurs qui se sont commises ici, en
dépit des bons citoyens, rien de plus vraique la lettre, no. 12.,
de MM. les commissaires civils; c'est le compendium précis
et véritable des évènemens, tracé par des mains pures : au
reste, si l'auteur de l'histoire de Saint. Domingue travaille
sur des mémoires, s'il recherche avec soin les particularités
de chaque paroisse, et quc, parunelogique exemptede
sions, il les enclaîne à lensemble des évènemens des pasgranres
villes, il doit tracer un tablean qui fera frémir Phumanité;
et les auteurs et les instrumens de nos maux doivent trembler d'avance > parce que l'exécration contemporaine et future doit accuser leurs cendres que la postérité foulera aux
pieds; mais tout annonce que , quant au momnent présent s
Saint - Domingue ne peut être gouverné que par la
de fer (1). verge
Les paroisses d'Aquin,du Fond-des- nègres, de Lance-à-veau
et du peti: Goave, , sont intactes (2); quanti la partie dusad,
toutes les autres ont été victimes desfureurs des différens pariis
qui les ont déchirées , celles des Cayes et de Torbeck, les
plus riches ont été dévastées: dix-sept sucreries en partie brilées 3 ainsi que trois cotonneries et quelques cafeteries, ct
le revenu en graines de ces dernières, engrande partiepillées. (1) Telle est l'idée que leur avoient suggérée les aristocrates qui se disoient
des patriotes et leurs amis , afin de ramener par ce noyen le gouvérnement
militaire et par suite, le despotisme. On a di voir dans ma précédente >
combien j'ai combattu ce projet ct dévoilé les hommes qui le proposoient. (2) C'est parce que dans ces paroisses les blancs étoient sincérement unis
avecles hoinmes de couleur. Voyezla lettre de mon frère ci-après, en date du
8 jaillet 1792.
ocrates qui se disoient
des patriotes et leurs amis , afin de ramener par ce noyen le gouvérnement
militaire et par suite, le despotisme. On a di voir dans ma précédente >
combien j'ai combattu ce projet ct dévoilé les hommes qui le proposoient. (2) C'est parce que dans ces paroisses les blancs étoient sincérement unis
avecles hoinmes de couleur. Voyezla lettre de mon frère ci-après, en date du
8 jaillet 1792. --- Page 99 ---
(87)
Ant reste par les seuls bons effets du décret, il y a encore
dans ce moment un très-gros reyenu à faire; et vous verrez
par les notes jointes où l'on en est, quant à la rentrée des
nègres dans le devoir. C M. Gatercau jouira du plaisir de
>> voir arriver le fameux MAL-PEIGNÉ >, sur le navire T'Alexandre : il doit avoir ses 36 poches et ses 72 raisons pour
les remplir. Les anciens abonnés de M. Gatercau parlent de
lui faire un envoi : j'ai reçu sa petition, que M. de SaintOurs n'a prise : ce dont je vous fais remnerciment.
c J'ai lu les discours de M. Brissot , mais je suis bien
>> surpris que, dansles notes que vous avez fournies, vous
> ayez aussi mal saisi la question sur la révolte des
S> noirs, dans le récit du 30 octobre 1791. Celui du premier
>> décembre approche un peu mieux du sujet 3 mais quand
5> vous viendrez ici, vons serez des plus étonné, de la cause,
> des progrès et des suites de l'insurrection (1)>.
Nos lettres de France, retenues au Cap, au Port-an-Prince
et aux Cayes, viennent d'être remises auxbureaux des diffsrentes postes : la circulation reprend et l'ordre sc rétablit à
grands pas.
C Mais nous avons tout à craindre ici des suites de la guerre
>> en France, c'est anjourd'hui notre seule inquiétude ; veuille
>> le ciel la terminer par le résultat le plus favorableànotre
>> bonne constitution >>.
Non-seulement j'ai accepté votre traite sur moi, je T'ai
payée, avec toutefois l'aide de mnes braves concitoyens qui
sont venus à mon secours ; la paroisse de Baynet m'a fourni
jusqu'à mille écus : la traite a été retirée huit jours après
(1) Il est bien évident que si je me suis trompé sur les causes de la révolte
des esclaves et que je dusse être étonné en l'apprenant, 1 je ne pouvois en etre
l'auteur.
, je T'ai
payée, avec toutefois l'aide de mnes braves concitoyens qui
sont venus à mon secours ; la paroisse de Baynet m'a fourni
jusqu'à mille écus : la traite a été retirée huit jours après
(1) Il est bien évident que si je me suis trompé sur les causes de la révolte
des esclaves et que je dusse être étonné en l'apprenant, 1 je ne pouvois en etre
l'auteur. --- Page 100 ---
(88)
son terme(1) échu. Au reste, je ne me suis point arrêté là:
J'ai promis à MM. Durand qui en sont porteurs 2 de les
retirer toutes, avec l'aide de nos bons compatriotes quej'en
ai prévenns ; inais le houleversement de toutes choses nous a
mis tous dans l'impossibilité de suffire aux dépenses journalières, ct d'imposition : comment passer au deli? Voilà d'ailleurs quatre mnauvaises années qui se succèdent. Comptez
qu'aussitôt l'ordre rétabli, je vais continuer mes démarchesà
l'effet de faire honneur à votre siguature.
cc Comme vous me faites l'amitié de nous promettre de re-
>> venir parmi nous 3 je vous attends avec la plus grande im-
>> patience pour vous seconder dans les démarches nécessaires
>> à la contribution patriotique; vatreprdsense.dvillears peut
>> déterminer bien des gens (2).
c Pour moi, je ne cesscrai d'en vouloir à ceux de mes
>> concitoyens qui ont fait tout lenr possible pour atténuer la
>> confiance de nos constitnans et la tourner à leur gré. Dans
>> le tems, qu'avee vous ct Pinchinat, je préchois la modé-
> ration ctl la patience, j'ai vu avec peine que d'un autre côté,
>> lon tenoit les propos les plus incendiaires. Je vous envoie
> deux expéditions de l'ariêté que j'ai fait prendre à Aquin,
D> contre les voeux de bien du monde( (3
(1) Qnoique cetie traite de 5000 liv. ait été payée à un blanc, je suis.
encore à en toucher le premier sol.
(2) Partout on voit le désir d'effectuer le don patriotique offert par nous.
(3) On voit encore ici que j'ai toujours préché ln inodération à mes frères,
et que ceux avec quij je corresponduis, préchoient la même doctrine ; mais
quily avoit des ennemis du bicn public, à quicette doctrine ne convenoit pas
pour leurs vucs perfides. Dans Farrêté dont il est ici question, ils jurent sur
l'antel de la patrie d'être fdeles à la nation 2 d'être soumis à la loi 2 dc soutenir la constitution, qu'ils oublient toutes les injures et tous les maux qu'ils
ont souff rts des blancs 7 qu'iis sont prêts à se joindre à eux pour rej-ousser
les ennenis de la nation > ct ils invitent tous lcs colons blancs qui ont quitté
Ja colonie à cause des troubles qui y reguoient 7 ày revenir pour vivre fraternellenci nt avec eux.
Le
- - -
les à la nation 2 d'être soumis à la loi 2 dc soutenir la constitution, qu'ils oublient toutes les injures et tous les maux qu'ils
ont souff rts des blancs 7 qu'iis sont prêts à se joindre à eux pour rej-ousser
les ennenis de la nation > ct ils invitent tous lcs colons blancs qui ont quitté
Ja colonie à cause des troubles qui y reguoient 7 ày revenir pour vivre fraternellenci nt avec eux.
Le
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(89)
Le pauyre M. Mahon est mortaux Cayes, où tous les blancs
étoient armés, dès le mois de janvier, avant linsurrection
totale ; il est venu une dernière fois en recouvrementà Aquin;
j'ai fait tout le possible pour l'y faire rester, mais sacriliant
son repos à ses intérêts, il a retourné malgré nous aux Cayes
où il est mort avec plus de 1800 autres blancs, par l'effet
du mauvais air, de la nourriture mal-saine, de la fatigue,
des gardes, etc, etc. II a chargé de ses affaires MM. de
Malyal, Champele et Bouffart qui doivent en avoir donné
avis à Madame Mahon (1). Je vous rappelle le souvenir de
ce bon concitoyen que nous devons tous regretter ; nous
avons versé sursa tombe des larmes qu'il mérite à tous égards,
et son intrépidité nous a prouvé son bon coeur : il nous étoit
vraiment attaché.
Je vous avois adressé par lui deux paquets qui, je pense,
auront été pris et gardés aux Cayes; en tout cas, il n'a jamais osé m'en accuser réception : l'un desquels, à l'adresse
du frère Montbrun, devoit vous passer par le Sac du navire,
capitaine Beaubras, par lequel ce bon frère traversa dans
ce pays.
Mille remercimens de, vos bonnes intentions en faveur de
mes enfans; revenant au-pays, Madame Raymond me rendroit bien service , si, passant par Nantes, elle pouvoit me
ramener ma chère Ébé, fille de Mathurin, que vous avez
amenée en France avec vous. A Madame Raymond seule je
confierai ce précieux dépêt; elle est à Chiteau-du-Loir, , dans
la maison aux Ursulines sous la direction de Madame
Moincrye. Il faudroit la demander de ma part à M. Vallot,
()' Si Mahon eit été coupable d'avoir porté des fusils pour faire soulever
les hommes de couleur 1 comme ont voulu le faire entendre MM. Page et
Brulley dans leur diatribe contre moi, 1 assurément ces trois exécuteurs, tous
blancs, eussent trouvé quelques traces de son crime et ne l'eussent pas caché.
M
ir, , dans
la maison aux Ursulines sous la direction de Madame
Moincrye. Il faudroit la demander de ma part à M. Vallot,
()' Si Mahon eit été coupable d'avoir porté des fusils pour faire soulever
les hommes de couleur 1 comme ont voulu le faire entendre MM. Page et
Brulley dans leur diatribe contre moi, 1 assurément ces trois exécuteurs, tous
blancs, eussent trouvé quelques traces de son crime et ne l'eussent pas caché.
M --- Page 102 ---
(90)
mon ccrrespondant à Nantes, à qni j'écrirai sur, ce ron
Jei demandemiaussi tous mes autres enfans, pour les faire
élever sous mes yenx. c Ainsi je m'en rapporte à vous
>> le choix de trois ou quatre bons instituteurs
pour
>> la tentative d'un college à Aquin; je sacrifierai pour former
>> pour parvenir à ce but heurenx.. Aidez-moi. dans la mon reste
>> tunce, nons acqnitterons une autre dette envers la circons-
> et nous ferons faire des prosélytes dans l'esprit national, postérité,
>> en y forinant les enfans de tous nos frères (1) >.
La présente doit Vouts parvenirparla voie de M. Montbrun,.
à qui ellé doit être remise parM. Melinetqui passe à Bordeaux
pour catse de maladie ; il s'embarque demain par Miragoane:
Notre curé, le père Debrun passe avec lui.
M. François doit vous avoir marqué le malheureux assassinat de feu M. Larivoire père, pour le pillage fait dans
sa maison... L'un de ces MM. feroit très-bien de revenir
voir leurs intérêts. Lé quartiér de Baynet a été abandonné dé
tous les citoyens propriétaires et antres; tout y est encore en
désordre, C par dès mal-entendus, des suspicions, fruits delà
>> méchanceté des mal-intentionnés qui y ont commis dés
> horreurs >>.
> Guillaume se porte très-bien ; il'est sur sa caféyère ASaint-
> Louis, où il est aimé et respecté comme citoyen distingué
>> par son mérite et sa bonne morale (2).
Mesdames Dumissi et Bois-Rond font leurs sincèrcs amitiés.
à Madame Raymond, que j'assure de mnon respect. Bonne
(1) On voit par ce passage quelles étoient nos intentions, et si un pareil
Jangageest celui d'un contreséelutionnuire.
(2) C'ist encore un de mes frères dont on parlcen ces ternics : assurément
tout cela n'annonce pas les crines quc mes ennemis cherchent à m'imputcr.
(2).
Mesdames Dumissi et Bois-Rond font leurs sincèrcs amitiés.
à Madame Raymond, que j'assure de mnon respect. Bonne
(1) On voit par ce passage quelles étoient nos intentions, et si un pareil
Jangageest celui d'un contreséelutionnuire.
(2) C'ist encore un de mes frères dont on parlcen ces ternics : assurément
tout cela n'annonce pas les crines quc mes ennemis cherchent à m'imputcr. --- Page 103 ---
691)
santé ; soyez pénétré des sentimens d'attachement par lesquels je'serai toujours,
Votre dévoué ami et frère,
BOIS-ROND jeune.
Vous recevrez le journal politique 'du 13au 19 mai,le monitenr colonialdui3 au 26 juin, ct plusieurs autres numéros
dudit; deux muméros de la croix des bouquets, nos deux expéditions et cinj bulletins.
Nos sincères amitiésau voisin Lalanne; Madame son épousc
est CIl bonie santé chez elle.
C Il n'y a plus de 'distinction parmi les citoyens de couleur:
> nous sommes tous bien unis 3 ct bien plus d'accord que les
> blancs,quant aux distinctions (1) >.
No, 16.
Leltre de Laluissonnière.
Liogane, Gjuillet 1792,
MoN CHER COMPATRIOTE,
J'airequ, lc 16 du mois dernier, 9 la lettre dontvons m'avea
konoré, datée du 8 avril présente année, ensemble les deux
décrets que vous eûtcs la bonté de m'envoyer.
Je vois, avec un: sensible plaisir, que vous ne vous êtes
jamais ralenti ide l'ardeur que vous vous êtes imposée d'être
utile à notre malheureuse patrie, soit par vOS sages conseils,
soit par vOS peines,'soit enfin par des déboursés continuels(2).
S On voit que c'est toujours parmi les colons blancs ques'dlèvent les
micrs troubles.
pre-
(2) On voit par cet aveu que loin d'avoir tiré de l'argent de mes
comme Pont méchamment dit MM. Page et Brulley 7 pour tromper fréres
pablique sur mon compte 3 j'aiau contraire toujours sacritié ma foriune T'opinion
defendre nos droile communs.
pour
M 2
par des déboursés continuels(2).
S On voit que c'est toujours parmi les colons blancs ques'dlèvent les
micrs troubles.
pre-
(2) On voit par cet aveu que loin d'avoir tiré de l'argent de mes
comme Pont méchamment dit MM. Page et Brulley 7 pour tromper fréres
pablique sur mon compte 3 j'aiau contraire toujours sacritié ma foriune T'opinion
defendre nos droile communs.
pour
M 2 --- Page 104 ---
(92)
Oui, mon cher compatriote, tous ceux qui sentent comme
moi, vOs bontés, votre attachement pour nous," savent aussi
mesurer leur reconnoissance pour tout ce que nous vous devons, etc. ; ces géuéreux citoyens qui vous ont aidé de leurs
peines et lumières : les vôtres et les leurs sont enfin couronnés du succès. Cette loi si désirée est enfin parvenue officiellement peu de jours avant votre lettre; elle a été promulguée dans toute la partie du nord, avec. autant de tranquillité qu'il ya en d'effervescence à la reconnoissance de
celle du 15 mai; elle l'a été pareillement au Port-an-Prince. 7
qui est. aujourd'hui reconquis par l'expulsion des scélérats
qui lhabitoient.
La prociamation ci-incluse a eu son effet, étant étayée des
vaisseaux le Jupiter, le Borée, le Brick, l'expédition et la
corvette la Marie-Antoinette, pendant que 1500 hommes de
couleur, campés à la grande. rivière du Cul-de-sac, et à
Volant à une lieue du Porc-au-Prince, sur la roûte de Léogane, leur out ôté toute communication quelconque ; cette
dure nécessité les a amenés à jubé. Il nous reste à soumettre
Jérémie et Jacmel que nous regardons comme très-peu de
chose. J'ai mêne lieu de croire qu'ils n'attendront pas d'être
pareillement bloqués. Dans ce cas, la paix et la pacification
dcs Sain-Doningseetuns paix universelle se répandront partout, si elles n'étoient troublées par la guerre que l'on dit
être déclarée en France contre les amis de la constitution.
Dieu veuille nous éloigner de ce fléau, en répandant l'union
et la concorde dans l'Europe entière, ou, pour mieux dire,
parmi tous les hommes.
Je désirerois bien vous voir à Saint-Domingue, l'ami Colon
et d'autres de nos frères qui vous ressemblent: ; venez donc
nous éclairer et coopérer avec nons pour sauver par une
bonne constitution, ce reste fumant de notre patrie
(:) Des hommes qui parlent ainsi, ne sont pas ceux qui veuleut perdre la
colonie.
de ce fléau, en répandant l'union
et la concorde dans l'Europe entière, ou, pour mieux dire,
parmi tous les hommes.
Je désirerois bien vous voir à Saint-Domingue, l'ami Colon
et d'autres de nos frères qui vous ressemblent: ; venez donc
nous éclairer et coopérer avec nons pour sauver par une
bonne constitution, ce reste fumant de notre patrie
(:) Des hommes qui parlent ainsi, ne sont pas ceux qui veuleut perdre la
colonie. --- Page 105 ---
(93)
et de
estimables
Aidés de nos vertueur frères
quelgues
ce
c'est-à-dire de Pinblancs, nous avons conservé quartier,
cendie. Quant al'insurrection, nous avons éprousé de grandes
secousses ; les journées des 12 et 13 mars ont été très-meurtrières ; mais notre constance, * netre. fermeté ont triomphé.
Nous n'avons perdu qu'une rangée de maisons 2 à compter celle de la veuve Martin, jusques vis-à-vis Laroche : eny compris cinq qui ont été
viron trente-cinq personnes,
blessées et mortes depuis ; environ quatre à cinq cents nègres
tués dans les huit jours, à compter celle de linsurrection
et la destruction de l'infernal trou-coffy, réceptacle des
scélérats.
ainsi
Je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde,
que
estimables frères à qui je vous prie d'assurer de mon
nos
respectneux attachement.
J'ai Phonneur d'être avec un sincère attachement,
Mon cher compatriote,
Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,
LABUISSONKIERE.
No. 17Lettre de. Labadie.
Colline 1 le 9 juillet 1792.
CaER AMI,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'amitié de m'écrire
Ie 8 avril. Il y a environ un mois, revenant de Léogane s
j'étois à Saint-Louis, oit il y avoit une députation de blancs
et d'hommes dc couleur, des Cayes, des paroisses de Torbeck, Coteaux, Port-Salut, Cavaillon et: Fetit-Trou: : Ics
d
.
Colline 1 le 9 juillet 1792.
CaER AMI,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'amitié de m'écrire
Ie 8 avril. Il y a environ un mois, revenant de Léogane s
j'étois à Saint-Louis, oit il y avoit une députation de blancs
et d'hommes dc couleur, des Cayes, des paroisses de Torbeck, Coteaux, Port-Salut, Cavaillon et: Fetit-Trou: : Ics
d --- Page 106 ---
(94)
blancs de ces paroisses étoient des émigrés (1)
Cayes depuis plusieurs mois
réfugiés aux
moyens de faire
; c'étoit pour concerter les
rentrer les nègres insurgés de ces
on cst convenu: que les habitans planteurs
paroisses 3
droît pour conférer avec les hones de choisiront un enral avoit fait
couleur. Le génédécret
promulguer deux proclamations concernant le
qui n'a été publié ici, aux Cayes et à
que du 21 au 23 juin, parce que le décret ne Saint-Louis, lui étoit
encore. arrivé d8i-ialiedca.tiawemblie,
pas
provincialed quil'avoit
reçu par ses députés à l'assembléc nationale, avoit arrêté le
27 mai, qu'elle s'y conformoit ct prioit le général de la faire'
exécuter.
Le' général est au Port-an-Prince depuis le 26 juin; c'està-dire, en rade: il écrit à bord du Jupiter à toutes les
roisses de Léogane, grand et petit Goave, Saint-Michef pacirconvoisins, d'envoyer des hommes de couleur à Bizoton, et
pour empêcher que personne ne se sauve. Cependant le bruit
court que Praloto s'est sauvé, et que le général est descendu
à terre le 4 de ce mois. Le détachement
d'Aquin,
le
derniér, ne s'est rendu qu'à Léogane et arrive
parti
Etant sur mon habitation, je ne puis rien vous aujourd'hui.
ces sujet; et le navire de M.
marquer à
Quétant, 3 qui est à
et sur son départ, m'empêche d'attendre
Miragoane 3
plus
vous écrire. Comme on parle de
long-tems pour
loniale a arrêté
guerre , l'assemblée COqu'il ne partiroit pas de navire, qu'en convoi.
Je fis part de votre lettre du 8 avril à MM. les
qui 6 étoient à Saint-Louis le 20 juin : M. Berret, mnaire émigrés de
Cavaillon, l'a vue ayec plaisir, ainsi que tous; ; il m'en de-
() Les émigrés dont narle ici Labadie, ne sont autre chose des habitans du quartier 2 qui avoient été se réfugier aux Cayes, ville que de SaintDomingue 2 dans la partie française oùt ils se croyoicnt en streté,
la révolte des esclayes.
, contre
-
6 étoient à Saint-Louis le 20 juin : M. Berret, mnaire émigrés de
Cavaillon, l'a vue ayec plaisir, ainsi que tous; ; il m'en de-
() Les émigrés dont narle ici Labadie, ne sont autre chose des habitans du quartier 2 qui avoient été se réfugier aux Cayes, ville que de SaintDomingue 2 dans la partie française oùt ils se croyoicnt en streté,
la révolte des esclayes.
, contre
- --- Page 107 ---
(95)
nanda copie ct me promit de la faire insérer dans la gazette des Cayes. J'ai toujours préché votre doctrine ; et,
quoique j'aie dtd assassiné, emnené à pied, quoique blessé
et perdant beancoup de sang, jusques sur. l'habitation Tayau
où ma chaise cst veme me joindre 7 nuis à la barre
j'ai toujours recommandé à nos gens d'être honnêtes et de >
porter respect aux blancs qui ne pouvoient en abuser depuis
qu'ils avoient accepté le concordat ().
Au mois de décembre, l'assemblée coloniale a. cassé le
concordat et le traité de paix. Les habitans des Cayes ont
été assez bons de lui obéir; ils ont été assez bons de sacrifier leurs propriétés pour conserver le préjngé, plutôt que
de sacrifier le préjngé pour conserver leurs propriétés ; ils ensont fâchés etau repentir; mais ce repentir ne peut les indemniser des dépenses et des pertes qu'ils ont faites.
Notre paroisse, , Saint-Michel, l'Anse-Aveau, Saint-Louis,
ont été, Dieu merci : préservés de la révolte: : les révoltés
du Petit-trou sont venus chez M. Playdau, au Morne, aux
Cros et chez Mesdames Daudin : après y avoir fait quelques
dégâts, ils s'en sont retournés, avec promesse de respecter
la paroisse ( c'étoit un samedi); ils ont manqué à leur
role; et le nardi, on leura donné la chasse sur les habi- patations de MM.Anglade et Tournade, et tout est assez tranquille.. M. Berret m'a. écrit des Cayes le 28 juin, qu'il espéroit que dans quinze jours, tous les nègres seroient rentrés
dans l'ordre, ce que je désire : cependant ils ne le sont
pas encore tous. Les habitans de Cavaillon sont rentrés chez
(1) Commeon voit, dâns toutes les lettres de mes commettans,je: n'aij
discontinué de précher la plix ; ntce que l'on vient delire ici et tout jamais ce
que contient ma correspondance 1 prouvent avcc quelle mauvaise foi j'ai été
calomnié 1 afin de tromper lerp patriotes sur mon compte 7 et suite
celui de mes fréres les honimes de couleur.
par
sar
encore tous. Les habitans de Cavaillon sont rentrés chez
(1) Commeon voit, dâns toutes les lettres de mes commettans,je: n'aij
discontinué de précher la plix ; ntce que l'on vient delire ici et tout jamais ce
que contient ma correspondance 1 prouvent avcc quelle mauvaise foi j'ai été
calomnié 1 afin de tromper lerp patriotes sur mon compte 7 et suite
celui de mes fréres les honimes de couleur.
par
sar --- Page 108 ---
(96)
eux ; ceux du Petit-trou, dont beaucoup étoient réfugiés à
Jérémie 7 devoient se rendre chez eux, suivant une lettre
que M. Roume écrivoit aux gens de couleur de cette paroisse, et qu'un détachement de 300 hommes de Bervick qui
éloit àJérémie devoit les y conduire.
J'ai vu dans le moniteur du Cap, que le 24 juin, les députés de Jérémie disoient à l'assemblée coloniale, qu'ils ne
pouvoient faire passer le décret, ni relâcher 120 homines de
couleur qu'ils tiennent prisonniers dans leur rade, que
lorsque les gens de couleur des autres paroisses auront mis
bas les armes. Il est bon de vous dire que, dans toutes les
paroisses coalisées 9 il n'y a que celle-ci qui n'a pas voulu
les blancs fissent le service avec eux. Votre frère est
que ici capitaine général, et a eu bien du tracas. M. de SaintLeger vous en aura sans doute parlé, quoiqu'il ne l'ait pas
vu ; il étoit parti pour l'aller trouver à Léogane, et s'est
pris trop tard.
A l'arrivée de MM. Mirbeck 3 Roume et Saint-Leger,ils
ont écrit en France pour demander des troupes contre les
de couleur; ils étoient guidés par le général ( qui
geus
n'avoit pas voulu accepter le concordat, et qui auroit garanti les parties de l'ouest et du sud, et épargné bien du
qui a été répandu) (1) et les assemblées du Cap ; ils ont
sang
bien clangé de religion. Nous ne saurions donner trop
d'éloges à MM. de Saint-Leger et Roume; nous avons vu
leurs lettres avec bien du plaisir; pour M. de Mirbeck, je
n'ai vu que son premier discours ; il est vrai qu'il étoit arrivant et qu'il devoit se sentir du Cap (2).
(1) Ceci prouve, comme je l'ai toujours dit, que la rupture des concordats
passés entre les hommes de couleur et les blancs 1 avoit causé les plus grands
malheurs. Et c'est à lassemblée coloniale qui les a fait rompre.
(2) On voit parl là l'esprit qui régnoit au Cap.
Vous
bien du plaisir; pour M. de Mirbeck, je
n'ai vu que son premier discours ; il est vrai qu'il étoit arrivant et qu'il devoit se sentir du Cap (2).
(1) Ceci prouve, comme je l'ai toujours dit, que la rupture des concordats
passés entre les hommes de couleur et les blancs 1 avoit causé les plus grands
malheurs. Et c'est à lassemblée coloniale qui les a fait rompre.
(2) On voit parl là l'esprit qui régnoit au Cap.
Vous --- Page 109 ---
K TANRA
(97 )
la sensation qu'a di faire ce
Vous devez vous imaginer
quoique ceux
décret bienfaisant parmi les blancs ; et,
certain
exécutoient le concordat, il est
qui étoient coalisés
Le décret du 24 septembre ayant
qu'ils n'y croyoient guère.
coloniale, ils
mis notre sort entre les inains de l'assemblée n'auroit pas
comptoient, avec raison, que cette assemblée dû avoir
notre faveur Le général qui a
prononcé en
le décret du 7 décembre, et qui, tereçu dans son tems, l'assemblée à prononcer sur notre
nant le secret, sollicitoit
elle disoit qu'elle
sort, avant la connoissance de Çe décret, couleur auroient
les hommes de
ne prononceroit que lorsque
qui auroit dà être
mis bas les armes. M. de Blanchelande,
et dans
de nousavilir';
juste,ne cessoit par ses proclamations
s'empècelle qu'il a faite à l'occasion du décret , iln'a pu
devions toujours regarder les blancs.
cher d'ajouter que nous
; nous avons vu cela
comme nos pères et nos bienfaiteurs
fadans la lettre de M. Roume; et c'est notre
avec plaisir
M. de Blanchelande nous avons
çon de penser ; mais dans
avec les
cru voir un ordre : s'il s'étoit bien comporté
avoir gens été
de couleur, c'étoit.l'avis d'un père; mais, après
funeste d'Ogé 7 de Chavanne, etc. ; le sang
cause de la mort
à MM. de Saintmêlé lui doit obéissance 1 et reconnoissance
Leger et Roume.
dernière, votre lettre du 15 février;
J'ai reçu, la semaine
je n'en ai point reçu d'auelle a resté au Cap fort long-temns; d'en recevoir, et on avoit
tres de vous : c'étoit un crime
soin de les garder (2).
Lisez 3r , 32 , 37 et 38 1 de mon mémoire adressé au comité de
(1)
pages
ce
dit à ce sujet. On voit encore par ce pasmiarine et des colonies , que j'ai les
amis de la loi du 4 avril,
j'avois raison de dire que prétendus
sage > que
n'étuient pas de bonne-foi. de Pinquisition exercée contre nous 2 et que
(a)Par-tout on voit la preuré
toutcs mes lettres ont été interceptées.
N
E
32 , 37 et 38 1 de mon mémoire adressé au comité de
(1)
pages
ce
dit à ce sujet. On voit encore par ce pasmiarine et des colonies , que j'ai les
amis de la loi du 4 avril,
j'avois raison de dire que prétendus
sage > que
n'étuient pas de bonne-foi. de Pinquisition exercée contre nous 2 et que
(a)Par-tout on voit la preuré
toutcs mes lettres ont été interceptées.
N
E --- Page 110 ---
(58)
effct a produit Ia lettre que
Dites-nons, je vous prie, quel
de
Tassemblée a écrite aux 83 départemens et aux chambres
demander vingt mnille homnes à l'assemblée
commerce, pour
nous exterminer (1) ? Vingt mille
nationale et au roi, pour
nourris fils
Dieu ! Avecquoi les auroient-ils
hommes , grand
et aux fles espagnoles,
auroient porté la famine au continent
de toute
où ils auroient pu tirer des animaux 3 car ceux Lorsne les auroient pas nourris quinze jours.
lile espagnole
la Jamalique, il n'y avoir pas
que lon projettoit de prendre
et avec
hommes. Enfin, le décret a été reçu par-tout
comme un terme à leurs maux, comme
beaucoup de plaisir,
me l'a écrit M. Berret.
des secs. affrenx:
Depuis et compris 88, nous éprouvons Actuellement mes
le mois de mai nous amène le colleux.
me faudroit beansont tellement amarrés 7 qu'il
jardins
les larguer. Je vous. désire une santé
coup de pluie pour à Madame ( dont vous ne me dites
des plus parfaites et
à votre frère età sa femme et
rien dans votre dernière ),
à la gazette de M. Gaà la Lanne. J'étois un des abonnés
MM. Le:
faites-lui,.je vous prie, nOS complimens.
terau ;
ont vu avec plaisir la pétition que vous
Lievre et Hubert
Faran est bien sensible à votre
avez envoyée à Boisrond (2). choses. Vous m'avez fait enil vous dit bien des
souvenir;
viendrez bientôt; cela me feroit un plaisir
tendre que vous
embrasser. Ma femme vous fait les
infini de pouvoir vous
commère. Vous croirez,
mêmes souliaits que moi et à ma
cette lettre n'est pas de mon écriture, parce
peut-être, que
été
envoyée avec profusion aux 83 dépar-
(a) Cette adresse a effectivement
temens, sous lassemblée constitnante. S. Hubert sout deux hiabitans blancsdu quar-
(2) Les citoyens Lelièvre et commandans des milices. Leur adhésion à
tier d'Aquin, et anciennement étoit propre à. ramener. les ésprits.
ma pétition 2 prouve qu'elle
ma
cette lettre n'est pas de mon écriture, parce
peut-être, que
été
envoyée avec profusion aux 83 dépar-
(a) Cette adresse a effectivement
temens, sous lassemblée constitnante. S. Hubert sout deux hiabitans blancsdu quar-
(2) Les citoyens Lelièvre et commandans des milices. Leur adhésion à
tier d'Aquin, et anciennement étoit propre à. ramener. les ésprits.
ma pétition 2 prouve qu'elle --- Page 111 ---
ON
(99)
qu'elle étoit tremblante; mais, depuis que j'ai été fusillé,
je nc tremble plus. Faites des remercimens à tous ces Messieurs qui se sont employés pour nous, et me croyez tout
à vOus, votre ami,
P. LABADIE.
No. 18.
Lettre de F. Raimond.
A Aquin, le 18 juillet 1792.
Mon cher frère, , je commence comme le déserteur : Ah,je
respire !
Je reçois votre lettre > datée du 16 janvier dernier ; je vois
avec bien de la satisfaction que vous jouissez d'unel bonne santé,
ainsi que ma chère mère. Le bonhomme Dasmard est bien porsant ; Challe est mort il y a environ six mois.
Voilà donc le décret du 24 mars dernier, lu, publié et affiché , qui fixe notre état politique, si long-tems disputé
par l'abominable préjugé. Grand Dieu, comme ce pays est
déchiré! Quel désordre occasionné par ce préjugé à l'orgueil
trop enraciné dans le coeur de la plus grande partie des
Himadahumtbumisg-eilkomidentemdesrdaripaorl-abs voir
leur ouvrage, de voir un si riche pays ruiné, et qui jamais
n'aura la même splendeur. IL y a encore des quartiers qué
ont espoir de faire retirer ce décret comme celui du 15 mai;
mais ilfaut obéir à la loi (1).
J'ai été nommé chefdes citoyens de couleur d'ici; j'ai su,
par ma conduite et na prudence, conserver cette paroisse ;
et notre activité, au moindre mouvement desa ateliers, envoyoit
(1) Ceci explique les derniers troubles de la colonie.
N 2
qui jamais
n'aura la même splendeur. IL y a encore des quartiers qué
ont espoir de faire retirer ce décret comme celui du 15 mai;
mais ilfaut obéir à la loi (1).
J'ai été nommé chefdes citoyens de couleur d'ici; j'ai su,
par ma conduite et na prudence, conserver cette paroisse ;
et notre activité, au moindre mouvement desa ateliers, envoyoit
(1) Ceci explique les derniers troubles de la colonie.
N 2 --- Page 112 ---
(100 )
leur imposer silence et les tenir dans
des détachemens pour
étions coalisés avec les blancs,
le devoir; il cst vrai que nous
été, ont été conservés, etpréservés
ct tous les quartieraquil'ont
les mal-intentionnés
de l'insurrection des noirs, malgré que
aient cherché tous les moyens de renverser tout
Vous verrez" MM. de Saint-Leger et Mirebek, commissairés des
en France pour faire le portrait
civils > qui repassent
de Saint Domingue qui ont
assemblées et corps populaires
des hommes 3 mais
niéconnn leurs pouvoirs. Ce ne sont pas
et si la
bien trois dieux que la nation nous avoitenvoyés ;
à ces trois
colonie n'a pas été anéantie, on en a obligation Plut à Dieu
dignes hommes, et sur-tout M. de Saint-Leger.
même!
que ceux que le. décret annonce , soientde
qu'il
J'ai reçu une lettre de M. de Saint-Leger, pendant ronte
très-satisfaisante. Je m'étois mis en
étoit à Léogane,
et l'assurer de notre
pour aller lui présenter mon. respect ordonneroit; mais
soumission à la loi et à tout ce qu'il nous
je suis arrivé trop tard, il étoit parti.
bién de l'obligation à M. Pinchinat. Quél bomme
Nous. avons
écrire et faire des traités ril est unique.
pour
enchan'és que M. Gatterau soit à Paris ;
Nous sommes tous
aimons bien : c'est le senl écrivain
c'est un homme que nous
déchirés ; ses écrits sont
de Saint-Domingue quinenousait pas
lui eût fait
vrais et fermes. Nous avons bien craint qu'on
subir le même sort qu'à bien d'autres honnêtes personnes.
doit bien vous instruire de toutes les trames qui
C'est lui qui
ont été ourdies dans la colonie.
dont vous
Parlons à présent desaffaires d'intérêt. Les nègres
sont morts dans le tems que M.. Thomas prenoit
me parlez, n'osoisrien dire, ,nous étions si bien menés que
possession ; je
où les blancs ont été sincèrement liés avec les
(:) On voit que par-tout la paix y a été maintenue. 1
hommes de couleur:
de toutes les trames qui
C'est lui qui
ont été ourdies dans la colonie.
dont vous
Parlons à présent desaffaires d'intérêt. Les nègres
sont morts dans le tems que M.. Thomas prenoit
me parlez, n'osoisrien dire, ,nous étions si bien menés que
possession ; je
où les blancs ont été sincèrement liés avec les
(:) On voit que par-tout la paix y a été maintenue. 1
hommes de couleur: --- Page 113 ---
- 101 )
nous n'osions paroitre. Je suis pressé par celui qui veut bien
se charger de ma lettre : je vous écrirai plus amplement,et
vous rendrai compte de tout.
Embrassez votre frère Jean, sa femme et son enfant. Une
partie de ses noirs sont en insurrection; Guillaume est sur sa
caféyère, à Saint-Louis, faisant 150 milliers de café cette annéc. Nous sommes toujours ici dans les fers. M. Mahon est
mort aux CayesNos frères vous embrassent, ainsi que: ma chère mère.M.
et Madame Guionnet se portent bien ; c'est lui qui est héritier de Challe. Votre ami,
F. RAIMOND.
Votre lettre à Labadie nous denne l'espoir de vous voir
icil bientôt;m'yvenez, pas avec aucune charge, venez en simple
particulier (a).
Tous lcs citoyens de couleur vous font mille complimens.
No. 19.
Paris,le 9 novembre 1792.
Mes CHERS CONCITOYENS ET FRÈRES,
J'aurois manqué à la confiance dont vous m'avez honoré,
si je ne vous avois pas adressé ayec la plus grande exactitude tous les décrets de l'assemblée législative, depuis le 9
août dernier, ainsi que la collection de toutes les pièces
qu'elle a fait imprimer pour éclairer le peuple français sur
les horribles trahisons qu'on méditoit contre lui, et le mettrc
en état de prononcer sur les grands évènemens qui viennent
(1) Ceci prouve combien mifamille est éloignée de toute ambition. Quant
àmwi, j delie toute personne de prouver que jamais j'aie sollicité aucune
place, > ni pour ici, ni pour l'Amérique,
dernier, ainsi que la collection de toutes les pièces
qu'elle a fait imprimer pour éclairer le peuple français sur
les horribles trahisons qu'on méditoit contre lui, et le mettrc
en état de prononcer sur les grands évènemens qui viennent
(1) Ceci prouve combien mifamille est éloignée de toute ambition. Quant
àmwi, j delie toute personne de prouver que jamais j'aie sollicité aucune
place, > ni pour ici, ni pour l'Amérique, --- Page 114 ---
102 )
de se passer , ainsi que sur les inesures qu'alloit nécessairemnent prendre la convention nationale.
Maintenant, , pour continuer de remplir ma tâche, je vais
vous rendre compte des décrets rendus par la convention nationale: le premier est l'abolition de la royauté en France >
et il a été rendu à l'unanimité, ainsi que celui qui déclare
que la France est une république.
Comme il peut y avoir encore dans notre colonie des malintentionnés qui chercheroient à la replonger dans les horreurs de l'anarchie, et qu'ils pourroient, pour y réussir, travestir les faits, ou les présenter sous des points de vue trompemrs, je" vous prie de lire la collection dont je vous ai parlé,
et vous serez convaincus da droit qu'a eu la nation d'abolir
la royauté et de se donner un gouvernement républicain ;
ensuite nous examinerons ensemble si le gonvernement républicain ne convient pas mieux aux colonies (a).
Pour se convaincre du droit qu'a eu la nation de se faire
une nouvelle constitution , ilsuffira de lire l'article III de
Ia déclaration des droits, que voici :
< Le principe de toute souveraineté réside essentiellement
> dans la nation. Nul corps 7 nul individu ne peut exercer
> d'autorité, qui n'en émane expressément >>.
Si vous parcourez ensuite la constitution elle-même, , vous
trouverez, au titre III des pouvoirs publics, que <, la souve-
>> raineté est une, indivisible, inaliénable et
>>
imprescriptible,
elle appartient à la nation. Aucune section du peuple,ni
>> aucun individa.ne peut s'en attribuer l'exercice >>.
Enfin si vous xilez- au titre VII de la révision des décrets
consitationels,)ous y lirez,. article I":
c L'assemblée nationale constituante déclare que la nation
> a" le droit-imprescriptible de changer sa constitution >>.
nrci
IIL.
s: 2
(1) Ces maximes ne sont-clles pas celles d'un vrai. républicain 2
ient à la nation. Aucune section du peuple,ni
>> aucun individa.ne peut s'en attribuer l'exercice >>.
Enfin si vous xilez- au titre VII de la révision des décrets
consitationels,)ous y lirez,. article I":
c L'assemblée nationale constituante déclare que la nation
> a" le droit-imprescriptible de changer sa constitution >>.
nrci
IIL.
s: 2
(1) Ces maximes ne sont-clles pas celles d'un vrai. républicain 2 --- Page 115 ---
(103)
vous voyez qu'il est bien évident
D'après ces trois articles,
a le droit de se donner
que la nation seule, seule souveraine, croira mieux lui
la constitution et le gouvornement qu'elle la nation a-t-clle
convenir. Mais, pourra-t-on vous dire,
l'aet a-t-elle manifesté SOn voen pour
vouln effectivement,
déclarer
?
bolition de la royanté, et pour se
république
L'affirmative est évidente, car le corps legtlatif,apmislacte
le roi, ayant invité le peuple français
par lequel il a suspendu
nommer ses reà se former en assemblées primaires 3 pour le peuple s'est formé
présentans à la Convention Nationale,
voeu pour
et elles n'ont eu qu'un
cn assemblées primnaires, et, depuis que ses représentans à
l'abolition de la royauté ;
zcuple y a donné son
la convention nationale Pont décrétée,le des adresses de toutes
adhésion , comme vous le verrez Les par colonies seules , à cause
les parties de la république.
manifester leur voeu 9
de leur éloignement 2 n'ont encorepu nationale. Mais indéni coopérer à cet acte de souveraineté
contrarier- niarpendamment de ce qu'elles ne pouvoient pas
réexaminons si le gonvernement
rêter la volonté générale , mieux sous tous les rapports que
publicain ne leur.convientpas: tendant toujours au: despole gouvernement monarchique, d'abord à tous les colons en général, je
tisme. En m'adressant
réclamations les vives
leur dirai : danstons les tems, vOs
plus du
sété-faites contre les vexations des agens gouont toujours.
ceite foule de commandans, de majors,
vernement, > et contre
indispensables dans un gouverd'officiers de tons les grades,
cessé de vons.vexer,
Ils n'ont jainais
nement monarchique. de toutes les manières, et plus d'une fois
de vous tyranniser fait désirer un
qui pit
vous ont
gouvernement
ces tyrannies
est legouvernetent qui poutmieux
vous en délivrer; or quel
salarié, si ce n'est le gouse passer de tant de subalternes
vérnement républicain ?
colors, s'il est un gouJe. demanderai encore à tous les
ressoient plus
vernement où les personnes et-los-proptietés
a
ont jainais
nement monarchique. de toutes les manières, et plus d'une fois
de vous tyranniser fait désirer un
qui pit
vous ont
gouvernement
ces tyrannies
est legouvernetent qui poutmieux
vous en délivrer; or quel
salarié, si ce n'est le gouse passer de tant de subalternes
vérnement républicain ?
colors, s'il est un gouJe. demanderai encore à tous les
ressoient plus
vernement où les personnes et-los-proptietés
a --- Page 116 ---
(104).
pectéos que dans un gemesemidinaioda.el chaque individu garde toujours sa portion de souveraineté, oà il peut
dans tous léstems discuter et faire valoirt tous ses droits P
Je ferai appercevoir ensuite à tous les colons 3 aimant la
liberté et l'égalité, que dans une monarchie, le prince donne.
les places qui sont à vie ; que ces places , toujours accompagnécs de marques distinctives et de décorations 3 accoutument nécessairement les hommes qui les possèdent, à se
croire au-dessus des autres. Dans une république au contraire,
dont l'égalité fait la première base 3 les hommes sont nommés aux places et. aux grades par leursconcitoyensqui peuvent'
ils manquent à leurs devoirs et ne
les en dépouiller quand
remplissent pas le voeu général. Eh! n'en doutons pas, cette
dépendance immédiate tient toujours l'homme à sa place, et
le force à faire le bien.
Jc dirai à mes frères les citoyens de couleur, ce que je
leur ai déja dit dans une de mes précédentes, que le gouet
étoit le seul où ils
vernement populaire représentatif
pouvoient maintenir la jouissance de leurs droits (1) et parvenir, avec les talens nécessaires, aux places de la république concurremment avec les autres membres de la société.
Je leur observerai, pour appuyer par des faits ce que j'ai
avancé , que, dans une république, il y a toujours moins
de ces distinctions humiliantes, que dans tout autre gouvernemeut; je leur observerai qu'ils en ont un exemple dans
etautres
à la rél'ile de Curaçao
possessions appartenantes
publique d'Hollande; ils savent quela;lep préjugécontrel la couleur étoit presque nul par l'esprit d'égalité qui règne dans
ces colonies; ils savent aussi que ces iles n'étoient pas remplies, comme nos colonies françaises, d'avantariers décorés-
(1) On voit encore ici que j'avois dévcloppé mes principes dans une de mes
et que toujours ils furent profondément gravés dans mon coeur.
précédentes 1
qui
appartenantes
publique d'Hollande; ils savent quela;lep préjugécontrel la couleur étoit presque nul par l'esprit d'égalité qui règne dans
ces colonies; ils savent aussi que ces iles n'étoient pas remplies, comme nos colonies françaises, d'avantariers décorés-
(1) On voit encore ici que j'avois dévcloppé mes principes dans une de mes
et que toujours ils furent profondément gravés dans mon coeur.
précédentes 1
qui --- Page 117 ---
(105)
qui ne briguoient les places du
gouvernement, que pour
vexer et persécuter de toutes lcs manières,le paisible et honnête cultivateur.
C'est en observant ces différences avantageuses, que vous
pourrez, mes chers concitoyens, juger combien le gouvernement républicain qui a pour base l'égalité,st préférable
à tout autre.
Si, de ces ayantages 1 je passe à ceux qui doivent résultér du gouvernement républicain pour la fortune et l'aisance
particulière 2 je n'en trouverai pas moins encore 3 et je les
appuyeraisur des faits;car si l'on considère dans l'Inde comme
en Amérique les colonies enropéennes, on y verra les colonies hollandaises beaucoup plus florissantes que les autres.
Là, chaque individu y étant moins gêné par, le gouvernement, donne plus d'essor à ses combinaisons en tout
plus d'activité à ses travaux; ; par conséquent, les fruits genre et >
les bénéfices qu'ils en retirent, sont plus considérables.
Ajoutez encore qu'une république est toujours infiniment
moins grevée d'impôts ; car il faut à une monarchie une cour
brillante et fastueuse, des édifices somptueux; et tout cela
aux dépens des peuples. Et tels étoient pour la France les
frais du trône, qui s'élevoient à plus de quarante millions
pour les seuls plaisirs et l'entretien du prince et de sa famille.
Si à toutes ces considérations, mes chers concitoyens
vous ajoutez les sentimens de reconnoissance
,
à la nation
que vous deves
qui vous a rendu vOS droits, et qui a fait des sacrifices immenses dans les armemens considérables qu'elle
a faits pour vous en faire jouir; vous ne balancerez pas à
vous attacher encore plus étroitement à cette grande et niagnanime nation 3 par des liens à jamais indissolubles.
Nappréhendez rien pour YOS propriétés, elles seront respectées, quoi que puissent dire des hommcs qui voudroient vous
donner des craintes sur cet objet, et cela dans l'espoir de
qui vous a rendu vOS droits, et qui a fait des sacrifices immenses dans les armemens considérables qu'elle
a faits pour vous en faire jouir; vous ne balancerez pas à
vous attacher encore plus étroitement à cette grande et niagnanime nation 3 par des liens à jamais indissolubles.
Nappréhendez rien pour YOS propriétés, elles seront respectées, quoi que puissent dire des hommcs qui voudroient vous
donner des craintes sur cet objet, et cela dans l'espoir de --- Page 118 ---
( 106) )
des troubles trop tôt appaisés pour leurs couvoir commencer
pables desseins ().
Les vertus qui naissent naturellement sur an sol républicain, font espérer à la nation que vous serez vous-mêmes les
premiers à demander des loix sages qui, en maintenant vos
améliorent sensiblement lo sort de vos esclaves,
propriétés,
et sans diminuer vOS fortunes,
et ies. mènent insensiblement,
Eh! n'en douà un état qui ne fasse plus gémir Phumanité.
insotez pas, mes chers concitoyens, ce problème n'est pas
luble. Vous avez vu dans une de mes lettres un apperçu de
j'avois soumis à vOS lumières par mes dernières
ce plan, que
dépêchesJe dois vous rappeler ici que Ia Convention nationale a
la
de la nation les personnes et les
pris sous sanve-garde
propriétés.
des:
Par les lettres de nos frères du sud, ils me témoignent
craintes surle sort dela France dans la guerrequelest tyrans nous
déclarée. Que
craindre de la coalitjon de quelques tyont
nation toutearmée peut
et composée de 27 millions d'inrans, une Rien sans doute. Eh bien ! telle est aujourd'hui
dividus ?
elle-servira à vous faire connoitre le voeu
notre position, et entière pour labolition de la royauté;
général de la nation
c'est
tous les hommes, depuis l'âge viril, jusqu'au plus
que
armés
défendre la liberté , l'égaavancé 7 sont tous
pour
lité "et leur patrie : on les voit à l'envi se précipiter pour
: les femmes même, oublient la foiblesse
courir aux combats
la
de terrasser
de leur sexe , et disputent aux hommes gloire
les ennemis de notre liberté. Une nation qui se prononce: ainsi,
comme vous le sentez.) de loix, que celles de sa
ne recevra (
Les ennemis de la république aroient répandu le bruit dans In colonic,
(1) Pintention de la Convention étoit de déclarer tous les noirs libres.
que
CA --- Page 119 ---
L 107 )
propre volonté. Les papiers publics que je vous envoie, vous
Gonyaincront de ce que je vous dis
J. RAIMOND. No. 20. Circulaire à mes frères les hommes de couleur (2). Paris,le21 mars 1793. FRIRESETAMIS,
Des ennemis de Ja nation, des forcenés viennent de tramer un complot abominable, O11 pour enlever à la nation
nos colonies, ou pour achever de les détruire par le fer et
par le fen.
L 107 )
propre volonté. Les papiers publics que je vous envoie, vous
Gonyaincront de ce que je vous dis
J. RAIMOND. No. 20. Circulaire à mes frères les hommes de couleur (2). Paris,le21 mars 1793. FRIRESETAMIS,
Des ennemis de Ja nation, des forcenés viennent de tramer un complot abominable, O11 pour enlever à la nation
nos colonies, ou pour achever de les détruire par le fer et
par le fen. C'est à vous 3 frères et amis,u'il est réservé
de faire échouer des projets dans lesquels la perfidie le dispute avec l'atrocité des moyens d'exécution. Oui, frères et amis, c'est sur vous que. la nation se repese du soin de ses intérêts dans la partie de la République que vous habitez. Ses bienftits, le serment que vous lui
avez souvent répété, de mourir pour défendre et couserver
les propriétés nationales, sont pour la nation une garantie
suflisante.Que votre énergies'sctroisse, 2 que VOS moyens se
multiplient en raison des événemens dont vous allez être to-
()Les principes quisont développés dans la lettrequ'on vient de lire, peuvent-ils laisser du doute sur mon civisme 2 Non sans doute 1 puisqu'ils sont
les mêmes que ceux que la Convention Nationale professe elle-mémc. (2) J'ai toujours pensé qu'il étoit du devoir d'un bon citoyen de recommander à ses frères la confance dans lcs délégués de la nation ; en conséquence, 2 Fai dit du général Galbeau ce qu'on va lire, 1 et ce qui étoit alors
P'opinion publique, que je ne ferois que répéter. --- Page 120 ---
(108) )
moins. Etonnez par votre courage et par vOS vertus
les nations qui essayeront de vous combattre. Ah! frères civiques: et
amis, si les blancs des. colonies ont eu long-tems l'injustice
de vous présenter à la France comnme un objet de
oubliez cette injustice; et, pour toute vengeance, mépris; forcezles, en déployant les qualités les plus éminentes, > à s'énorgueillir d'avoir été Vos pères; attachez-vous sincérement à
tous ceux qui, comme vous, reconnoissent la souveraineté
nationale: vous et eux, n'avez qu'un même intérêt, celui
de faire prévaloir cette souveraineté sur celle que les despotes. et les tyrans eurent l'adresse de ravir aux peuples
songez à ce que vous. étiez sous ces despotes, et
;
que vous êtes aujourd'hni : vous êtes cepèndant les voyez mêmes ce
hommes ? Oui : mais c'est que l'intérêt des despotes est dans
l'avilissement des peuples; et qu'au contraire, celui des nations, est dans l'énergie et dans leurélévation. Celle que viennent de montrer, les Français, devoit donc nécessairement
leurattirer la haine de tous les despotes; ils la manifestent
aujourd'hui, en nous déclaranttous une guerre avec laquelle
ils pensent nous effrayer par les moyens atroces qu'ils veulent y enployer.. Eh bien, frères et amis, soyons toujours
fermes et unis, et leur rage viendra se briser à nos pieds,
comme les. vagues de l'océan aux pieds des rochers de l'isle
que vous labitez.. Je vous le répète > Ia nation compte sur votre'
sur votre reconnoissance et sur votre
elle énergie, s
fidélité;
vous fournira tous les moyens de déployer ces qualités, et elle n'épargnera rien pourles seconder : des compagnies franches vont
être formées et organisées.
soyons toujours
fermes et unis, et leur rage viendra se briser à nos pieds,
comme les. vagues de l'océan aux pieds des rochers de l'isle
que vous labitez.. Je vous le répète > Ia nation compte sur votre'
sur votre reconnoissance et sur votre
elle énergie, s
fidélité;
vous fournira tous les moyens de déployer ces qualités, et elle n'épargnera rien pourles seconder : des compagnies franches vont
être formées et organisées. dans les colonies, et vous y nommerez vos officiers.. Un général, votre compatriote, et qui'
s'est couvert de gloire vous est envoyé 5 comptez sur son
attachement à la patrie et sur son civisme dont il a donné
des preuves multipliées. Etranger à tous
colon
préjugés 2 quoique
; il donnera son exemple à suivre à tous ceux
TV --- Page 121 ---
(109)
qui, jusqu'à ce jour, n'ont pas eu la force de les fouler
aux pieds : comptez donc sur le mnaréchal de camp Galbeau,
que la nation vous envoie ; il soutiendra vos droits et vous
conduira à la gloire.
J. RAIMOND.
No. 21.
Au citoyen commissaire national, Sonthonaz.
Paris, cour de l'orangerie , le: 241 mars 1793, Pan deuxième de la république.
Mon cher et digne ami, si vous avez à lutter contre les
chefs des contre-révolutionnaires et les chefs desi indépendans,
nous n'avons pas moins à faire ici contre eux. , et ici comne
à Saint-Domingne, ils veulent prendre le masque du patriotisme. C'est sous cet égide qu'ils se présentent 3 mais comme
il est facile de les démasquer et de faire dissiper le prestige,
ils n'ont pas. beau jeu.
Je vous énvoie ci-inclus. deax brochures que je viens de
faire paroître coup sur coup pour déjouer ces faux patriotes (1).
J'y joins aussi une pétition manuscrite que j'ai faite à la
convention, pour en déjouer une des leurs, qui demandoit
le rapport d'un dernier décret de la convention , dont Pexécution rendra la paix et la prospérité à la colonie, en mêmetems qu'il y fera triompher les principes et la vertu de ceux
qui, comme vous, les professent sincèrement,
ner tous les individus.,
pour Y ame-
(1) Mes réflexions sur les troubles et les désastres de
auxquelles sont jointes ma proclamation projetée pour les Saint-Domingue $
ma lettre au citoyen D* X : député à la Contention. esclaverrevoltés,ct
dont Pexécution rendra la paix et la prospérité à la colonie, en mêmetems qu'il y fera triompher les principes et la vertu de ceux
qui, comme vous, les professent sincèrement,
ner tous les individus.,
pour Y ame-
(1) Mes réflexions sur les troubles et les désastres de
auxquelles sont jointes ma proclamation projetée pour les Saint-Domingue $
ma lettre au citoyen D* X : député à la Contention. esclaverrevoltés,ct --- Page 122 ---
(no)
Je n'entrerai pointici dans des détails ; cn lisant mes brochures et les papisrononvellarque je joins à ma lettre, vous
serez suffisamment an courant.
Je vous adresse et vous recommande comme un excellent
patriotelejeune citoyen St. Victoux, que vous avez connu ainsi
que son digne père, aux jacobins. Ce jeune citoyen vient
d'obtenir un brevet d'officier dans un des régimens qui sont
à Saint-Domiugue: 5 mais comme it est dans l'intention de se
fixer auprès d'un oncle qu'il a dans cette colonie, pour y
réparer les] pertesque la révolation a fait éprouverà son digne
père, etqu'il craint que le régiment, dans lequel il vient d'entrer, ne soit rappiellé, il désire être employé dans la gendarmerie nationale de Saint- Domingne. En conséquence, mon
d'employer ce brave et loyal citoyen;
digne aui,jevousprie vous ferez a la colonie,et il seroit bien
c'est nn cadeau que
d'hommes nouveaux comme ce
à désirer gn'elle se peuplât né et nourri dans la révojeune citoyen qui cst presque
des vices de l'anlution, et dont le cceur n'a pas été gangrené
cien régimo du vieux ct nouveau monde. Une considération
puissante doit vous déterminer, mon ami; c'est que nous prouverons cet acte de justice, qite ni vous ni moi n'avons
par désiré exclure, comme on nous en accuse, tous les
jamuis blancs,des placcs. Hélas! platà Dieu qu'ils les ayent toutes,
les remplissent avec l'énergie et la vertu qui vous
et qu'ils
de réclamations de la
caractérisent, et jamais on n'entendra
partdeshommesded couleur ; carla meilleure place,selon moi 3
est celle ou un lonnête homme puisse vivre tranquille sOUS
l'égide de bonnes et sdges loix.
Après vous avoir demandé; pour ZEP bon blanc, ce que je
viens de vous demander pourle jeune St. Victonx,je vais vous ,
demander le contraire pour un mauvais homme de conleur 3
qui vient de passer à Saint-Douningue,, et dont j'apprends que
lej projet est de diviser entre euxlescitoyens de conleur.Faites,
mou ami, surveiller cet homme, que je ne venx pas quali-.
se vivre tranquille sOUS
l'égide de bonnes et sdges loix.
Après vous avoir demandé; pour ZEP bon blanc, ce que je
viens de vous demander pourle jeune St. Victonx,je vais vous ,
demander le contraire pour un mauvais homme de conleur 3
qui vient de passer à Saint-Douningue,, et dont j'apprends que
lej projet est de diviser entre euxlescitoyens de conleur.Faites,
mou ami, surveiller cet homme, que je ne venx pas quali-. --- Page 123 ---
(u)
-
fier ict. Mais je vous exhorte an nom de la justice et de Piorpartialité que vons professez, de sévir contre cet honme,s'il
sc conduit inal à Saint.-Doningne, et de ne pas plus le ménager que ceux que yous avez fait déporter pour avoir voulu
mettre le trouble dans la cclonie. L'hoime blanc et de couleur,
doivent être également traités par la loi qui
pervers,
punit, coinme par celle qui protège. Voilk l'égalité parfaite.
Je suis avec les sentimens de vénération, d'estime et d'amitié que vous méritez si bien.
Faitesagréerà vos collègues Polverel et Delpeche mesmêines
sentimensàlenr égardsquoique) je ne connoissepas le dernier,sa
dernière dépêche m'a donnéla plus] hauteidée de lui; et comme
étantbien propre à seconderles bonnes intentions que vous avez
notre malheureuse colonie; sauvez-nous-la 7 digne cipour et conservez- la a la France qui vous en sera recontoyen,
noissante un jour, ainsi que ses vrais habitans ().
Votre ami et concitoyen 1
J. RAIMOND.
(1) Cette lettreprouve ques si, contre toute attente, Sonthonax et Polverelont
pu devenir coupables, je n'aipu partager , y entrer pour rien. Quandjudressai
cette lettre au premier, la Convention venoit de rendre un décret en safavear,
sursesd dernières dépéches du mois de novembredernier 2 et Acetteépoqueils. n'étoient dénoncés par personne ; ce ne fut que dans la discussion (sur le décret
dont je parle ) au comité de marine et des colonies 3 que les citoyens Page et
Brulley commeneèrent à jeter des soupçons surces deux commissaires. C'est à
parlé d'eux dans le inémoire sur les troubles de Saint-Do-
'ce sujet quojfai avoient demandé le coiité de marine et des colonies 5
mingue que nous demandé que la Convention prononçit sur ces commison y verra que les j'ai pièces qui lui seroient fournics 1 et que j'y propose dans
saires, d'après
à SaintDomingue deux commissaires, pris dans le
mes moyens d'envoyer
eux-mêmes. Cette consein de la Convention, 9 pour qu'ils pussent juger par
duite fraache de ma part > n'a jamais été démentie $ voyez les pièces que
jai déposées au comité de marine..
que nous demandé que la Convention prononçit sur ces commison y verra que les j'ai pièces qui lui seroient fournics 1 et que j'y propose dans
saires, d'après
à SaintDomingue deux commissaires, pris dans le
mes moyens d'envoyer
eux-mêmes. Cette consein de la Convention, 9 pour qu'ils pussent juger par
duite fraache de ma part > n'a jamais été démentie $ voyez les pièces que
jai déposées au comité de marine.. --- Page 124 ---
( tr2)
No. 22.
Pinchinat, membre de la commission
Au citoyen
intermédiaire.
Paris, le 10 féorier 1792, l'an deuxiëme de la République.
avec la plus vive satisfaction, mon cher et digne
J'aireçu,
m'avez fait lhonneur de m'écrire,
ami, la lettre que vous,
en
les noudate du 12 décembre. Je savois déja partie
en
contient ; mais les détails que vous me donvelles qu'elle.
les ai fait mettre dans
nez , n'ont parus si essentiels 9 que je
publics, comine vous le verrez par quelquesles papiers
adresse. En
cette mesure,
uns de ceux que je vous
nationale, prenant qui est, que
je n'ai fait que consolider l'opinion sauver. et conserver.
les citoyens de couleur seuls peuvent Continuez donc,
restes de notre colonie.
les malhenreux à éclairer nos frères sur leurs vrais inmon digne ami,
de ceux du nouveau gouvertérêts, qui sont inséparables
donner. C'est sur- tout
nement que nous venons de nous
heureuse révodans la guerre que nous occasionne notre
la
nos frères doivent montrer toute l'énergie,
lution, que
dont ils sont susceptibles, et
fidélité et la reconnoissance
Nos frères
leurs ennemis mênie ne leur contestent pas.
que
aujourd'hui des bonnes intendoivent être bien convaincus
tions de la nation à leur égard. Le choix des commissaires
le général qu'on vous envoie pour les' seque yous avez,
la nation va prendre pour
conder, toutes les précautions que
entre les libres,
faire triompher les droits sacrés de l'égalité
de ces
sur la jouissance
doivent les rassurer pour toujours
eux,
mêmes droits. Ainsi, ils ne seront assurés pour
qu'audans les colonies, les' principes
tant qu'ils feront prévaloir
de
tions de la nation à leur égard. Le choix des commissaires
le général qu'on vous envoie pour les' seque yous avez,
la nation va prendre pour
conder, toutes les précautions que
entre les libres,
faire triompher les droits sacrés de l'égalité
de ces
sur la jouissance
doivent les rassurer pour toujours
eux,
mêmes droits. Ainsi, ils ne seront assurés pour
qu'audans les colonies, les' principes
tant qu'ils feront prévaloir
de --- Page 125 ---
(m3)
de notre nouyeau gouvernenient: c'est donc à euxàles déà toufendres qu'ils ne se méprennent pas, comme j'ai dit,
tes les belles promesses des grands ; ils ont un intérêt si contraire à celui des peuples, qu'il faut toujours que ces derniers soient. lésés , quand les grands règnent.
Le général Galbeau, créole de Léogane, va relever M. Rochambeau; c'est un excellent patriote, et bon général ; il ne
partage du tout point les préjugés des colons, ou, pour
mieux dire, leurs vues perfides; car, nc nous y trompons
pas; mon ami, dans tout ceci le préjugé n'est que le prétexte, conune la religion l'étoit lors des guerres de la ligue.
Il est impossible qu'un préjugé soit si tenace, ce n'est pas
dans la nature du coeur humain ; mais ce qui y est bien enraciné, et ce qui est indestructible, ce sont les passions; 3
et ces préjugés n'en sont pas ; cest l'ambition démesurée des
grands qui font tout servir, et qui sacrifient tout pour la satisfaire. Revenons au général Galbeau : je dis douc qu'il est
absolunent dans le sens de la révolution ; je l'ai vu souvent ici lorsqu'il fut nommé pour la Martinique (1); j'ai
diné chez lui, ila a diné chez moi, et je n'ai vu en lui qu'un
ami de Phumanité, de l'ordre et de la justice; ; je lui ai donné
pour secrétaire un homme de couleur de l'Inde, jeune homme
plein de talens, et qui, sans doute, le suivra à Saint-Domingue, puisqu'il le menoit à la Martinique (2).
J. RAIMOND.
(1) Sa destination n'a changé qu'à cause des circonstances de la guerre.
(2) On verra par une lettre que le général Galbeau m'a adressée avant
de partir 1 que déjà des mal-intentionnés avoient cherché à ne calomnier
auprès de lui.
P
sA
de couleur de l'Inde, jeune homme
plein de talens, et qui, sans doute, le suivra à Saint-Domingue, puisqu'il le menoit à la Martinique (2).
J. RAIMOND.
(1) Sa destination n'a changé qu'à cause des circonstances de la guerre.
(2) On verra par une lettre que le général Galbeau m'a adressée avant
de partir 1 que déjà des mal-intentionnés avoient cherché à ne calomnier
auprès de lui.
P
sA --- Page 126 ---
(114)
No, 23.
Eatrait du procès-verbal de PAssemblée nationale,
du 7 septembre 1792, Pan quatrième de la
Liberté,
Pétition de plusieurs hommes de couleur, satisfaits d'habiter la terre de la liberté, et jaloux de jouir des droits que
leur donne la loi du 24 mars dernier; ils se disposent à se
former en compagaie-francle, et à se rendre aux frontières
pour y combattre les ennemis de la patrie. L'assemblée applaudit à leur zèle et à leur patriotisme, les renvoie au
conseil proviscire exécutif; ordonne la mention honorable
etl l'insertion de leur adresse au procès-verbal, l'impression
et l'envoi aux départemens et aux armées avec la réponse
du président. Ils sont admis à la séance.
Suit la teneur de Padresse:
LÉGISLATEURS,
Lorsqué votre loi bienfaisante du 2f mars, nous rappcla à
110S droits, nous fimes le serment de verser notre sang pour
le service de la patrie.
Ce serment sacré, nous venons le tenir : ainsi que tous
les Français, nons-bràlons de voler aux frontières.
Législateurs, nous sommes encorc en petit nombre ; mais
si vous daignez seconder notre zèle s. bientôt ils'augmentera,
et nous forineronslin corps nombreux. En conséquence, nous
vous supplions d'autoriser le ministre de la guerre à nous
organiser lc plus promptement possible en légion franche,
sous le nom qu'il vons plaira lui donner.
Si la nature, inépuisable dans ses combinaisons, nous a
Français, nons-bràlons de voler aux frontières.
Législateurs, nous sommes encorc en petit nombre ; mais
si vous daignez seconder notre zèle s. bientôt ils'augmentera,
et nous forineronslin corps nombreux. En conséquence, nous
vous supplions d'autoriser le ministre de la guerre à nous
organiser lc plus promptement possible en légion franche,
sous le nom qu'il vons plaira lui donner.
Si la nature, inépuisable dans ses combinaisons, nous a --- Page 127 ---
(15)
différencies des Français par des signes extéricurs ; d'un autre côté ellc nous a rendus parfaitement semblables, en nous
donnant, comme à eux, un" coeur brûlant de' combattre les
ennemis de Pétat.
Pour moi, Messienrs 7 choisi par mcs frères pour être
l'interprète de leurs sentimens 7 je suis privé par mon Age
de les suivre dans la caret par une mission particulière,
rière de T'honneur; mais je contribuerai d'une somme de
cinq cents livres par chaque année ( dont voici le premicr
trimestre), aux frais de l'équipement de cette troupe ; ct
j'ajonterai un prix de pareille sonme pour celui d'entre eux
gui fera une action digne de votre éloge.
Signé, RAIMOND.
-
Réponse de M. le Président.
MESSIECRS,
La vertu dans Phomme est indépendante de la coulenr et
du climat. L'offre que vous faites à la patrie de vos bras et
de votre force pour la destruction de ses ennemis, en honode l'espèce humaine; est un service
rant une grande partie
rendu à la cause du geure hunain tont cutier. L'assemblée
nationale apprécie votre dévouement et votre conrage. Vos
efforts seront d'autant plus précieux, que lanour de la liberté et de l'égalité doit être une passion terrible et invincible
dans les enfans de ceux qni souS un ciel bralant, ont gémi
dans les fers de la servitude. Avec la réunion de tant d'hommesqufvontso presser antour desdespotes ct de leurs esclaves,
l est impossible que la France ncdevienne bientôt la capita'é
du monde libre et le tombcau de tous les trônes de l'univers.
Collationné et trouvé conforme à la minute du procès-verbal
déposée aux archives de la République françoise ; en foi de
quoi i'ais sigué ct fait apposer le sceau desdites archives.
P 2
NA --- Page 128 ---
(116)
A Paris, le. 3 septembre 1793, l'an deuxième de la République une eti indivisible( (1). L'un des députés-commisaincs aux archives, en l'absence
de Parchiviste,
P. C.L. BAUDIN. No. 24. A. N. de Lasalle > gouverneur général par intérim des isles souS le cent, à la citoyenne de Lasalle SOmZ épouse. Ce 23 mars 1793, lan diusièmedé la
République frangojse, de Saint-Marc.
septembre 1793, l'an deuxième de la République une eti indivisible( (1). L'un des députés-commisaincs aux archives, en l'absence
de Parchiviste,
P. C.L. BAUDIN. No. 24. A. N. de Lasalle > gouverneur général par intérim des isles souS le cent, à la citoyenne de Lasalle SOmZ épouse. Ce 23 mars 1793, lan diusièmedé la
République frangojse, de Saint-Marc. La guerre contre les esclaves révoltés diminue d'activité;
ils sont réduits en grande partie: ils continuent cependant
d'incendier pendant les nuits; mais nos ennemis les plus à
craindre sont Jes blancs contre-réroladionnaires et I section
des Léopardins, qui, sous le voile d'un patriotismie faux,
soulèvent les petits blancs 2 l'écume de TEurope 1 séluisent
les
et cherchent tous les moyens de se souscorps l'obéissance populaires
doivent à la République; ils chertraire à
qu'ils
()Au mois de septembre 1792, lorsque lesennemis de Ja liberté fouloient
notre territoire et que tous les françois se précipitoient pour les en chasser ;
quelques-uns de mes frères 3 hommes de couleur, et noirs 7 vinrent me comguniquer le projet qu'ils avoient cauçu de former.entr'eux un corps armé 1
voler à la défense de la patric qui venoit. de les régénérer. Je les encourageai pour à suivre ce projet qui nc pouvoit qu'être accueilli par les représentans
du peuple ; en cffet plusieurs s'étant réunis 1 ils voulurent bien ne choisir
pour être l'organe de leurs sentimens. Pénétré de reconnaissance, je tàchai
d'exprimer leurs sentinens par ce que je sentois moi-même. --- Page 129 ---
(117)
chent à se coaliser avec les contre.perolationnaires qui se
voyent sans ressource, complottent avec cux la destruction
des gens de couleur et l'anéantissement des autorités constituécs. Je suis parti du Port-an-Prince le 12 pour venir conférer
de ceS objets avec le commissaire national civil Sonthonax
qui est à Saint-Marc avecl'América, vaisseau de 74 canons. Mon départ les a allarmés, et ils ont envoyé pour m'arrêter ei mer comme suspect ; j'ai été obligé de mouiller, et
d'envoyer mnon aile-de-camp au commandant de la rade
(Daboville), qai a fait de suite cesser cette insurrection,
et je suis arrivé à Saint-Marc, où j'airété reçu comme un
Dieu, , et porté par lepeuple, depuis le rivage, jusqu'an logement du commiissaire civil, embrassé et félicité par tous,
de ce que je n'étois plus au pouvoir des bandits du Portau-Prince. Il est vrai que le scélérat Borel, chofdes factieux,
et cominandant la garde nationale du Port-au-Prince, tout
en m'accablant de respects apparents, faisoit observer tous
mes pas, ct que j'étois de fait prisonnier avec l'extérieur de
la puissance et de l'autorité. J'y retourne ces jours-ci à la
tête de près de trois mille patriotes, la majeure partic gens
de couleur, ct appuyé par le vaisseau l'América, les frégates,.
que le scélérat Borel, chofdes factieux,
et cominandant la garde nationale du Port-au-Prince, tout
en m'accablant de respects apparents, faisoit observer tous
mes pas, ct que j'étois de fait prisonnier avec l'extérieur de
la puissance et de l'autorité. J'y retourne ces jours-ci à la
tête de près de trois mille patriotes, la majeure partic gens
de couleur, ct appuyé par le vaisseau l'América, les frégates,. la Fine, , la Précieuse, la Gabarre et la Normande;je
ferai embarquer les chefs des factieux et les gens sans aveu
gn'ils agitent; et j'ai lieu de penser qne cette expédition ré-. tablira le calue dans la colonie et rendra l'influence due aux
autorités constituées; de la, je me rendrai au Cap pour y
mettre tout cn défense contre l'enniemi du dehors, et je me
porterai ensuite au Mole Saint-Nicolas, séjour, dit-on, fort
triste, mais salubre, ct si bien fortifié par la nature, que
je le regarde comme le rempart de la colonie, et j'y tiendrai jusqu'à ce que la paix soit faite, ou que je sois écrasé
sous ses ruines. Je pense que c'est à Amsterdam, o1 à la
Haye que la paix sc fera, ct*que les protestans hollandois
a
N --- Page 130 ---
(118)
voudroient bien payer les frais de la guerre, comme le clergé
de France a payé les dettes de l'état.
Comme ma lettre n'a pas pu partir encore, je la rouvre
pour f'annoncer que la lenteur des rassemblemens m'a retenu jusqn'à présent, et que c'est enfin demain que je pars
avec mon arméc. Je t'envoie un exemplaire des deux lettres
que j'ai écrites à la municipalité du Fort-an-Prince, le 29
mars.
No. 25.
A. N. DELASALLE, manichal-da-camp > gouverneur
général par intérim des Isles de PAmérique SOILS
le went, au citoyens maire et officiers municis
paus du Fort-au-Prince.
Saint-Marc, ce 29 mars 1793,
Tan dcux de la Ropuorigwej-exgeine.
CITOYENS,
Toutes les antorités constituées parla Répabliqne française
pour la colonic de Saint-Domingue 31 sont actucllement ronnies i Saint-Marc. La comnission nationale ct leg gonverneur
général vont s'occuper efficacenent dn rétablissement de l'ordre dans vOS murs et la réduction des insurgés dansla plaine.
Voici le moment où le citoyen Borel peut déployer son civisme 3 en nons faisant passer la liste de cent cinquante
agitatenrs, qu'il m'a offert d'envoyer à la commission nationale, lorsqu'il me prioit, par sa lettre du 3mars, d'appuyer
auprès du citoyen Polverel, sa demande d'un congé pour
la nouvelle Anglaterre, ct d'an sursis. poar le payement de
SCS dettes:il me dit alors que la majeurep partie de ces êtres
citoyen Borel peut déployer son civisme 3 en nons faisant passer la liste de cent cinquante
agitatenrs, qu'il m'a offert d'envoyer à la commission nationale, lorsqu'il me prioit, par sa lettre du 3mars, d'appuyer
auprès du citoyen Polverel, sa demande d'un congé pour
la nouvelle Anglaterre, ct d'an sursis. poar le payement de
SCS dettes:il me dit alors que la majeurep partie de ces êtres --- Page 131 ---
Lat M
(19)
dangereux, qui ne manifestoient leur patriotisme que par
l'amonr de l'anarchic ct Jeur haine pour le pouvoir exécutif, conscrvateur. des loix, étoit alors au camp de Bangé;
ccirx-l sont reutrés, ct il peut prendre tous lcs renseiguemens nécessaires pour la dénonciation civique qu'il méditoit
alors. Je vous prie de lc sommer, de ma part, de tenir sa
parole, puisque, de son ayeu, le salut du Porban-Prince
cn dépend.
Je vous prévicns aussi, , qu'au moment d'une guerre étrangére, Cn ne peut trop ménager lcs munitions de- guerre, 2
et Ilons vous dispensons des saluts d'usage quand les citoyens
commissaires civils et moi nous rendrons au Port-an-Prince:
nous ne voulons que la soumission à lar loi, ct nous défendons qu'aucune troupe s'arme pour nous recevoir.
Signé, A. N. DELASALLE,
No. 26.
A. N. DELASALLE, maridhal-de-cmp, gouverneur
général par intérim des Isles de PAmerique sous
le vent, aux citoyens maire. et officicrs municipaux du Port-au-Irince.
Du Camp
Ce 29 mAr51793,
l'an deuxiime de la Republigsefrancaiu
CITOYENS,
D'après la connoissance que vous m'avez donnée de vos
justes sollicitudes, et du besoin que vous avez d'une force
armée pour rétablir l'ordre dans votre ville ct le calme dans
la plaine;j j'aifait un rassemblement, tant de troupes de ligne --- Page 132 ---
(120 )
que de voS frères des paroisses de l'ouest, pour vous portcr
les secotirs nécessaires; je vous les amène se reposer tin instant daus votre_s sein, et de là, marcher contre les insurgés;
j'ai su aue quelques agiatcurs, qui ne trouvent leur salut
que'dans le trouble, avoient tâché d'allarmer le peuple sur
cette démarche fraternelle; c'est à vous de dissiper ces injustes terreurs ; et je vous requiers, au nom de la loi, de
venirau-dévant de uous, aux portcs de la ville; c'est au inilieu des réprésentans da peuiple qué je veux y rentrer; de
là nous irons ensemble, soit a la municipalité, soit au gouvernement, concertei les mnoyens les plus propres à dissiper
toutes les factions et à ramener la paix et la confiance entre
des citoyens que je chéris, et les autoritss que la Répablique
a investis de SOIL pouvoir.
Vous donnerez vos ordres pour que je ne.t trouve SOUS les
armes que les seules troupes de garde ordinaire aux différens
postes.
Signe, A. N. DELASALLE.
No, 27.
Au citoyen Casting et autres citoyens de couleur ,
membres de la commission intermédiaire du Cap.
Ecrite huit) jours après le décret contre les commissaires
de Saint-Dgmingue , et remise dans les premiers
jours d'aotit, aux bureauz dela marine 7 pourêtre
envoyée.
FRins ET AMI,
Privé, depuis plusieursinois, de vOS nouvelles, je suis dans
les plus vives inquiétudes sur l'état de notre malhenreux pays
D'après
, 27.
Au citoyen Casting et autres citoyens de couleur ,
membres de la commission intermédiaire du Cap.
Ecrite huit) jours après le décret contre les commissaires
de Saint-Dgmingue , et remise dans les premiers
jours d'aotit, aux bureauz dela marine 7 pourêtre
envoyée.
FRins ET AMI,
Privé, depuis plusieursinois, de vOS nouvelles, je suis dans
les plus vives inquiétudes sur l'état de notre malhenreux pays
D'après --- Page 133 ---
(121)
D'après lesdernières leitres que j'aireçues denosjieres,Tavois
toutlien d'espéren la fin des tronbles qui déchirent la colonie;
cependant o11 répandici des nouvelles (dont, à la vérité,on
ne connolt pas la source ) qui nous annoncent que malleurensemnent ces troubles ne font que s'accraître et les dévastations se propager. Qui peut donc entretenir cet état de
choses,si contraire à l'intérêt général et particulier ?
Jes sais bien qu'a Saint-Domingue comme ici, des scélérats
travaillent sans cesse pour entraver notre heureuse révolution 1
en en dégoûtant ses pluis, chauds amis. Mais sans doute, frères
et amis, ces moyens ne triompheront peadevobcandentamour
pour une révolution qni nous tire de l'état le plus avili,
pour nous, porter à celui dhommos vraiment libres, n'ayant
de supérieur que la loi. Sans doute vous ne vous laisserez
point entrainer à des sujétions qni contrarieroient cette loi,
sous laquelle tout individu doit plier. Vous vous empresserez
au contraire de la faire exécuter, fat-elle mêe contraire à
vos plus chères affections. Vous connoissez là-dessus mes principen,etvonslesavezvous-màmes: approuvés, lorsqu'a al'époque
de la loi désastreuse du 24 septembre 1791, 7 je sollicitai ines
frères d'y obéir et de donner cet exemple de sonmission aux
colons blancs. En effet tel doit être le premicn devoir d'un
homme libre; s'il en étoit autrement, et que chacun se crût
en droit de résister à une loi, sous prétéxte qu'elle le foulât,
nous finirions par nous plongerdans la plus détestable anarchie.
La loi est la volonté du peuple entiér; ses représentans en
sont l'organe. Ainsi donc quand un décret est émané de ces
représentans, il faut s'y souinettre : ce principe doitvous servir de base dans toutes vos actions. On ne peut donc s'en
écarter qu'avec l'intention coupable de vouloir tout dissoulre.
Les commissaires civils, Polverel et Sonthonax, viennent
d'être dénoncésà la convention, par les commissaires de l'assembléc coloniale, Page et Brulley 5 et la convencon a rendu
L
ane. Ainsi donc quand un décret est émané de ces
représentans, il faut s'y souinettre : ce principe doitvous servir de base dans toutes vos actions. On ne peut donc s'en
écarter qu'avec l'intention coupable de vouloir tout dissoulre.
Les commissaires civils, Polverel et Sonthonax, viennent
d'être dénoncésà la convention, par les commissaires de l'assembléc coloniale, Page et Brulley 5 et la convencon a rendu
L --- Page 134 ---
(T22)
lescommissaires civils, dénoncés;
nn dérendaconationcomir
ce décret a été envoyé à Saint-Domingue, pour y être exécuté.
Vos ennemis disent ici que vous étiez les agens aveugles.
la contre-révolution
de ces deux commissaires, pour opérer
dans la colonic. Dans ces circonstances voûs devez prouver
à la convention nationale, par votre conduite 1 que vos ennemis vous ont calomniés, et que vous n'êtes les agens d'ancUnI individu, ni d'aucun parti ; que vos voeux les plus ardens sont de demeurer inviolablement attachés à la république
française une et indivisible de ne reconnoître d'autre autorité que celle de la convention nationale, et de faire exécuter tous ses décrets, lorsque vous en serezrequis ; et ne manvotre soumission, de lui envoyer votre
quez pas; 2 pour prouver
adhésion à tous ses décrets. Des contre - révolutionnaires,
feignant d'être vOs amis, essayeront peut-être de vous égarer
dans ces circonstances, en vous conseillant des mesures contraires aux décrets de la convention. Regardez ces hommes
perfides comme les plus cruels enneinis de la république, et
les vôtres; n'en soyez que plus fermes dans vos principes ;
ralliez-vous plus que jamais à la convention nationale, et
obéissez plus ponctuellement a ses décrets.
La convention vous a comptés jusqu'à ce jour, avec justeraison., au nombre des plus ardens amis de notre révolution;
puisque vous y gagnez tout, vous ne la tromperez point dans.
son attente, en soutenant de tous vOS moyens cette réyolution. Voilà, frères et amis, votre seul parti, et. celui dont
les
Obéissance à la loi et aux. décrets
vous pouvezêtre agens.
frande la convention ; attachement inviolable à la république
çaise une etindivisible 7 et adhésion entière à la constitution
vient de nous être donnée et acceptée par le peuple franqui
çais.
envers la nation et
Combien ne seriez-vous pas coupables
de
Yous vcus
ses représentans, si, par perfides ssuggestions,
uT
, frères et amis, votre seul parti, et. celui dont
les
Obéissance à la loi et aux. décrets
vous pouvezêtre agens.
frande la convention ; attachement inviolable à la république
çaise une etindivisible 7 et adhésion entière à la constitution
vient de nous être donnée et acceptée par le peuple franqui
çais.
envers la nation et
Combien ne seriez-vous pas coupables
de
Yous vcus
ses représentans, si, par perfides ssuggestions,
uT --- Page 135 ---
(r3)
et que
laissiez entrainer à des considérations particulières;
lcs
développés plus hautf ?Croyezvous méconnussiez principes celui a sacrifié sa fortune
moi, chers compatriotes , croyez
qui
votre bonheur ; ne vous laissez entrainer à auet sa santé pour
de la convention natiocune mesure contraire aux décrets
nale. Voulez-vous déjouer les projets perfides de VOS ennemis?
Ne vous départez jamais de ces principes : Obdissance entière et sans rastriction auz loir et aut décrets de la COnvention nationale ; attachement inviolable à la république une
etindivisible. En suivant rigoureusement ces principes,votre
En effet quel autre
patriotisme ne se laissera jamais égarer.
des
être
vous
intérêt pouvez-vous avoir- 1 et que peuvent. pour
isolées, ainsi que leurs opinions et leurs actions ?
personnes n'est
à vous de les juger; ; à la convention seule apce
point
, la nation
partient ce droit. Si ces personnes sont coupables
fera
si elles sont innocentes, leur innocence sera
en
justice;
les
ne seront pas
plus facilement reconnue 3 lorsque passions
des mouvemens toujours nuisibles au bien public.
agitées par
Considérez d'ailleurs que ce ne sont pas tels ou tels individus qui ont fait reconnoître vos droits, mais bien la majorité des représentans du peuple. Par conséquent ce n'est qu'à
toujours dans la convention actuelle,
cette majorinéquisubsiste
vous êtes. Gardez-vous donc 9
à qui vous devez tout ce que
criminelles de
frères et amis, de tomber dans les crreurs
queldépartemens qui n'ont pas été long tems à les reconques noître et en) revenir, , ou être punis. Vos ennemis ne désireroient
mieux que de vous voir tomber dans les mnêmes erreurs,
pas avoir occasion ensuite de vous présenter à la convenpour
des
et en rébelljon contre
tion comme contre-révodationnaires
ses décrets.
à la convention actuelle; ; soyez
Restez donc toujoursattachés
donc assurés qu'elle ne veut que le bonhenr des Français 2
fondé sur la liberté et l'égalité, ainsi que la République une
Réunissez-vons donc tous pour ramener le
et indivisible.
Q 2
que de vous voir tomber dans les mnêmes erreurs,
pas avoir occasion ensuite de vous présenter à la convenpour
des
et en rébelljon contre
tion comme contre-révodationnaires
ses décrets.
à la convention actuelle; ; soyez
Restez donc toujoursattachés
donc assurés qu'elle ne veut que le bonhenr des Français 2
fondé sur la liberté et l'égalité, ainsi que la République une
Réunissez-vons donc tous pour ramener le
et indivisible.
Q 2 --- Page 136 ---
(124)
calme et la paix dans la colonie; oubliez toutes vos haines
pour ne. vous occuper-que du salnt de la patrie; tehez le
serment que vous avez souvent fait de vous ensevelirs sons les
ruines de la colonie, plutôt que de la voirau pouvoir des
ennemis.
Je dois, avant de finir, vous rassurer sur les craintes que
des nalveillans pourroient vous donnerà l'occasion du rappel
des commissaires civils Polverel et Sonthonax. Cela ne changera rien à la loi du 4 avril, car, phus que jamais , l'intention de la convention nationale est qu'elle soit ponctuellement
exécutée et qu'elle ait tout son effet ,je vous le garantis sur
ma tête.
Je ne dois pas non plus vous laisser ignorer un nouveau
bienfaitdela convention : c'est uneloien: faveurdesenfans: naturels, qui les fait hériter de leurs pères et mères ; vous
sentez que c'est un nouveau lien qui doitnous. attacher encore plus fortement à la convention ().
Envoyez votre adhésion à tous les décrets de la convention nationale: ; rendez ma lettre publique par la voie de
l'impression 7 que chacun de nos frères en ait un exeinplaire, s'ilest possible, alin de les garantir des pièges qu'on
cherchera indubitablement à, lear tendre..
Je vous embrasse bien Sraternellement,et suis votre concitoyen et ami,
RAIMOND.
Paris, cour de POrangerie, le premier août 1793, l'an deuxième de la
République.
() En effet, cette loi est toute à l'avintage des hommes de couleur dont
une grande partié sont des enfans naturels des blancs, 2 que le préjugé éloignoit du mariage. Cette loi bienfaisante produira encore un nourelavantage,
ceiui de subdliviser les forlunes. D'après ces deux effets je doutequ'clle plaise
aux colons blancs; un grand nonibre ont des enfans naturels à qui,
la loi, le bien doit revenir, et les, collatéraux et même des, étrangers
a
veillent toujours ces successions, nel les verront pas s'échapper sans faire beaucoup de bruit. La preuve quej j'en apporte., c'est qu'en
on ft une loi
à Saint:Douingue qui défendoit aux enfans de couleur 2, porter des noms
Européens 2 afin que jamais (portoit la loi) ils ne pussr nt par la ressem- le
blance des noms 1. avoir aucune succession venant des blaucs. Voyez recueildes loix, ordonnances, etc. etc. des colonics 2 par Moreau deS.Mery,
WT
apper sans faire beaucoup de bruit. La preuve quej j'en apporte., c'est qu'en
on ft une loi
à Saint:Douingue qui défendoit aux enfans de couleur 2, porter des noms
Européens 2 afin que jamais (portoit la loi) ils ne pussr nt par la ressem- le
blance des noms 1. avoir aucune succession venant des blaucs. Voyez recueildes loix, ordonnances, etc. etc. des colonics 2 par Moreau deS.Mery,
WT --- Page 137 ---
(135)
No. 28.
Lettre de Decout.
A Aquin, isle Saint-Domingue, le 14 novembre 1792.
MONSIEUR,
Permettez queje me rappele à votre souveriir: vous ne m'aurez peut-être pas oublié , comne ayant eu quelque tems I
direction de votre santé et de celle de Madame, qui s'est raf
fermie, m'a-t-on dit, depuis qu'elle est en France; ce qu
me fait grand plaisir.
Ilya un an que je remis à M. François Raymond votre
frère,un petit roman, ayant pour intitulé, Adélaide ;. il
gotta ce morceau, etil: me pria de le luilivrer tout brut pour
vousle faire passer, persuadé qu'il seroit utile à la cause que
vous plailiez en France, attendu que le fond de cette listoriette est très-vrai. Je voulus le polir avant que de le lui
reinetire; mais il ne m'en donna pas le tems ; en sorte,
que c'est un enfant in naturalibus; nuis, quoique crasseux,
je l'aine, parce que je suis bon père, et, si vous pouviez
me rendre le service de le faire peigner et habiller a la française, et ensuite me l'envoyer imprimé, , je vons en aurois la
plus grande obligation,et je ne VOUs tairai point que je crois
ce petit ouvrage utile pour finir de limer les derniers chat
nons du préjugé qui pourroient résister aux dents acérées
de la loi.
Si vous voulez m'envoyer tous les exemplaires de l'onvrage
que vous pourriez faire imprimer an nombre de 500 , jer
vous rembourterai le coût de l'impression 7 et je vendrai
à mon profit; si, au coniraire, l'imprimeur veut en courir
les risques.et garder l'ouyrage pour son compte, je lui der
a
X
finir de limer les derniers chat
nons du préjugé qui pourroient résister aux dents acérées
de la loi.
Si vous voulez m'envoyer tous les exemplaires de l'onvrage
que vous pourriez faire imprimer an nombre de 500 , jer
vous rembourterai le coût de l'impression 7 et je vendrai
à mon profit; si, au coniraire, l'imprimeur veut en courir
les risques.et garder l'ouyrage pour son compte, je lui der
a
X --- Page 138 ---
( 126)
manderai, pour la peine de l'avoir composé, une douzaine
de volunes, que yous pourriez adresser à M. François > ou
à moi.
Mais, si c'est pour mon compte que l'ouvrage s'imprime,
veuillez m'en marquer le coût, ct j'en compterai le montant
à M. votre frère ou à tout autre que vous m'indiquerez. En
vous
d'en débiter pour moi le plusque vous
ce cas, je
prierai
de m'en conserver au moins
pourrez, en observant cependant
200 yolumes pour la colonie.
Comme mes autres enfans portent mon nom > je desire que
celui-ci le porte aussi ; et, si vous voulez y ajouter des qualités, quoique le tems ne soit guère propice à cela, vous
faire inscrire au bas de mon nom : membre de la
pourriez société royale des sciences et arts du Cap-Français, maitre
en chirurgie et officier municipal d'Aquin.
donPardon, Monsieur, de toute la peine que cela yous
du
nera ; mais soyez, aussi sûr de ma reconnoissance que
sincère attachement ayec lequel j'ai Phonneur d'être,
Monsieur,
Votre très-humble
et obéissant serviteur,
DECOUT (1).
No. 29.
du
Casting, membre de la commission.
Lettre citoyen
intermédiaire du Cap, à Raimond, à Paris.
Cap 2 le 6 mars.
félicite cher frère, de l'occasion que.vous m'avez
Je me
si
offerte de vous écrire 3 je l'eusse fait depuis long-tems,
l'on
une lettre d'un blanc 2 habitant de mon
(:) Voici, comme voit, tel MM. Page 2 Brulley et, l'archevéquartier. Si j'eusse été un homme que l'edt-il écrite ?
que Thibault ont voulu me présenter, me
ond, à Paris.
Cap 2 le 6 mars.
félicite cher frère, de l'occasion que.vous m'avez
Je me
si
offerte de vous écrire 3 je l'eusse fait depuis long-tems,
l'on
une lettre d'un blanc 2 habitant de mon
(:) Voici, comme voit, tel MM. Page 2 Brulley et, l'archevéquartier. Si j'eusse été un homme que l'edt-il écrite ?
que Thibault ont voulu me présenter, me --- Page 139 ---
(127.)
j'avois cédé à l'attrait qui m'y invitoit. J'aurois par-là acquitté plutôt denx obligations 7 l'une imposée par cette reconnoissance générale que vons avez acquise sur tous vos .
frères 5 l'autre par des rapports de principes existans entre
nous, dontj'ai eu la conviction dans vOS écrits etsu:"out dans
votre lettre ; vous m'y parlez d'après mon coeur 7 c'est le
le plus sûr d'être écouté. J'aime en vous cette logimoyen de la raison embellie des traits de la modération et de la
que sensibilité ! Pourquoi tous, les hommes ne sont-ils pas ainsi ?
Tenez-moi tonjours ce langage si conforme au républicain,
qui sent la dignité de son être, ce langagequi m'est cher, et
selon moi, est de tous les mondes et de tous les tems.
qui,
Je vous envoie une modique lettre-de-change de 220.
Nous ne sommnes pas encore tranquilles. L'entêtement , Ia
perfidie et l'égoisme des colons blancs sont inimaginables,
sera
la
dépuration qui en sera faite
ce ne
que par grande
il faut mécessairement
qu'on parviendra à calmer le pays ;
qu'on embarque les agitateurs et les factieux >- et qu'ils aillent
ailleurs prêcher le dogme de Pindépendance 7 porter le poison redoutable et contagieux qui les dévore (1).
Recevez l'assurance de mes sentimens d'estime.
Signe, CASTING.
(1) Cette lettre confirme qnelle morale j'ai préchée à mes frères 1 et s'ils
sont républicains. Depuis cette lettre reçue et celle de Boisrond, à la même
époque, je n'ai eu de mes frères 2 ni de qui que ce soit de Saint-Domingue 1
aucunes nouvelies directes de ce qui s'y est passé depuis. J'attested de plos, que
depuis les dernières lettres de moi qu'on vient de lire, à Pinchinat, à Sonthonax et ma lettre circulaire * je n'ai pas écrit une scuic lettre dans ce pays,
hors celle en date du premier août dernier.
or
uis cette lettre reçue et celle de Boisrond, à la même
époque, je n'ai eu de mes frères 2 ni de qui que ce soit de Saint-Domingue 1
aucunes nouvelies directes de ce qui s'y est passé depuis. J'attested de plos, que
depuis les dernières lettres de moi qu'on vient de lire, à Pinchinat, à Sonthonax et ma lettre circulaire * je n'ai pas écrit une scuic lettre dans ce pays,
hors celle en date du premier août dernier.
or --- Page 140 ---
(128)
No, 30.
ExTRAIT des registres de Lassemblée générale de SaintDomingue, du 28 mai 1790 (1).
(J'engnge le lecteur à lire cetle piice avec attention.)
L/'assemblée générale considérant , que lcs droits de-1 la
partie françoise de Saint-Douingue, , pour avoir été longtemps méconaus et oubliés, n'en sont pas moins demeurés
dans toute leurintégrité;
10, Cousidérant que l'époque d'une régénération générale
dans l'empire françeis est la seule où Pon prisse déterminer
d'une manière juste et invariable tous cCS droits, 2 dont les
uns sont particnliers ct les autres relatifs; ;
20. Considérant que le droit de statuer sur son régine
intéricer, aypartient essentiellement ot.nécessairomont à la
partie fraugoise de Saint-Domingne trop peu connuc de la
France dout elle est séparée par un intervaile immense;
30. Considérantque les représentans de SsintDomiagne,ne
ponveut renoncer à cc droit imprescriptible, sans manquer
à leur devoir le plus sacré, qui cst de procurer à leurs constituans des loix sages et bienfaisantes;
4°. Considérant que de telles loix ne peuvent être faites
qu'au sein même de cette isle, d'abord en raison de la différence du climat, de la population, des moeurs et des habitudes, et ensuite, parce que ceux-là: seulement qui ont intérêt à la loi, penvent la délibérer et la consentir 5
(1) Voici une pièce qui pronve bien évidemment l'esprit d'indépendanco
des colons. Lc gme. considérant, ne laisse aucun doute là dessus : l'article
".ctdr.daforété confirmc encore cette vérité.
de cette isle, d'abord en raison de la différence du climat, de la population, des moeurs et des habitudes, et ensuite, parce que ceux-là: seulement qui ont intérêt à la loi, penvent la délibérer et la consentir 5
(1) Voici une pièce qui pronve bien évidemment l'esprit d'indépendanco
des colons. Lc gme. considérant, ne laisse aucun doute là dessus : l'article
".ctdr.daforété confirmc encore cette vérité. 5o, --- Page 141 ---
(129) )
5. Considérant que T'assemblée mationale ne pourroit déx
créter les loix concernant le régime intéricur de Saint- Domingue, sans renverser les principes qu'elle a consacrés par
ses premiers décrets, et notamment, par sa déclaration des
droits de Phomme; les décrets émanés de l'assemblée des
6°. Considérant que
ne
représentaus de la partie françoise de Saint-Domingne
être soumis à d'autre sanction qu'à cclle du roi 2
peuvent qa'a Tui seulappartient cette prérogative inhérente au
parce trône, et que mulacte; ; suivant la constitution françoise, nc
pent en être dépositaire;
le droit de sanctionner
7°. Considérant que comsiquemment,
à cette.
ne peut être accordé au gouverneur général, 2 étranger
contréc ct n'y jouissant que d'une autorité précaire et su;
bordonnée: ;
les
commer8. Consilérant que ce qui concerne rapports
cianx et les autres rapports communs entre Saint.Domingue
etl la France, d'après le voeu, les besoins et le consentement
des deux partics contractantes: 5
être
9". Considérant que tons décrets qui auroient pu
nationaleetqui contraricroicatles; prinrendus parl'assemblée
lier Saintcipes qui viennent d'être exposés , ne sauroient
Domingue qri n'a point été consulté et n'a point consentia
ces mêmes décrets (1);
10°. Considérant enfin qe l'assemblée nationale,.si constamment attachée aux principes de justice, et qui vient de
manifester le désir d'assurer la prospérité des isies françoises
de
n'hésitera pas à reconnoltre les droits de
l'Amérique > un décret soleninel et anthentiqne;
Saint-Domingue par
après avoir nàrement délibéré
11°. L'assemblée géuérale,
(r) Peut-on douter de l'esprit d'indépendance des assemblées coloniales
d'après cet article 2
R
es de justice, et qui vient de
manifester le désir d'assurer la prospérité des isies françoises
de
n'hésitera pas à reconnoltre les droits de
l'Amérique > un décret soleninel et anthentiqne;
Saint-Domingue par
après avoir nàrement délibéré
11°. L'assemblée géuérale,
(r) Peut-on douter de l'esprit d'indépendance des assemblées coloniales
d'après cet article 2
R --- Page 142 ---
(130 )
dans ses séances des 22, 26, 27 et de ce jour, a décrété et
décrète cC qui suit, à l'unanimité des membres.
AXTICLE I.
Le pouvoir législatif en ce quiconcerne le régime intérieur
de Saint-Domingue, réside dans l'assemblée de ses représenlans, constituée en assemblée générale de la partie de SaintDoningue.
II.
Aucun acte législatif, en ce qui concerne le régime intérieur, ne pourra être considéré comme loi définitive, s'il
n'est fait par les représentans de la partie françoise de SaintDomingue librement et légalement élus J et s'il n'est sanctionné par le roi (1).
III.
Tout acte législatif, fait par l'assemblée générale dans
les cas de nécessité urgente, 1 en ce qui concerne le régime
intérieur, sera considéré comme loi provisoire ; et dans ce
cas, le décret sera notifié au gouverneur général , qui dans
les dix jours de la notification 3 le fera promulguer et tiendra
(1) En fant-il davantage pour prouver les vues des colons blancs et de
Passemblée coloniale de Saint-Domingue ? mais ce que l'on ignore encore 9
c'est que le plan qu'on vient de lire dans cet article n'a jamais été abandonné
lassemblée coloniale, qui a succédé à celle de Saint-Marc ; car l'aspar semblée du cap 2 après le décret du 24 septembre 1792, s'empressa de faire
une constitution clandestine pour les colonies 2 Iaquelle constitution fut remise à deux membres de cette assemblée pour être portée a la sanction du roi;
mais à leur arrivée à Paris 1 ils trouvèrent le moment peu propice 7 car
déjà tous les esprits étoient convaincus des trahisons de la cour 1 et les évé
nemens qui ont suivi, ont fait rentrer cette constitution coloniale dans le
néant. Voilà pourtant ces hommes qui paroissent vouloir tant la constitution
républicaine.
--- Page 143 ---
(131)
la main à 8011 exécution, 3 ou remettra àl l'assemblée générale ses
observations sur le contenu audit décret.
I V.
L'urgence qui déterminera l'exécution provisoire, sera décidée par un décret séparé, qui ne pourra être rendu qu'à
la majorité des deux tiers des voix prises par l'appel nominal.
V.
Si le gouverneur général remet dcs observations, s elles
seront aussitôt inscrites sur le registre de l'assemblée générale : il sera alors procédé à la révision du décret d'après
ces observations. Le décret et les observations seront livrés
à la discussion dans trois séances différentes. Les voix seront
données par oui ou par non , pour maintenir ou annuller
le décret. Le procès-verbal de la délibération sera signé par
tous les membres présens, et désignera la quantité de voix
qui auront été pour l'une ou pour l'autre opinion. Si les
deux tiers des voix maintiennent le décret, il sera promul
gué par le gouverneur général et exécuté sur-le-champ.
V I.
La loi devant être le résultat du consentement de tous
ceux pour qui elle est faite, la partie françoise de SaintDomingue proposera ses plans, concernant ses rapports commerciaux et autres: rapports communs $ et les décrets qui seront
rendus à cet égard par l'assemblée nationale ne seront exécutésdans la partie françoise de Saint-Domingue, quelorsqu'ils
auront été consentis par l'assemblée générale de ses représentans
(:) Cet article décèle T'indépendance 9 oà les colons rouloient arriver 2 en
subordonnant les loix de la Convention aux leurs.
R 2
ue proposera ses plans, concernant ses rapports commerciaux et autres: rapports communs $ et les décrets qui seront
rendus à cet égard par l'assemblée nationale ne seront exécutésdans la partie françoise de Saint-Domingue, quelorsqu'ils
auront été consentis par l'assemblée générale de ses représentans
(:) Cet article décèle T'indépendance 9 oà les colons rouloient arriver 2 en
subordonnant les loix de la Convention aux leurs.
R 2 --- Page 144 ---
(13a)
VI II.
Nc sont pas compris dans la classe des rapports communs
avec la France 2 les objets de subsistance que la nécessité
forcera d'introduire ; mais les décrets rendus à cet égard par
l'assemblée générale seront aussi soumis à sa revision , si
le gouverneur général présente des observations sur le contenu andit décret dans le délai fixé par l'article trois 5 et
seront au surplus observées les formalités prescrites par l'article cinq.
VIIL
Tout acte législatif fait par l'assemblée générale et exécuté
provisoirement dans le cas de nécessité urgente, n'en sera pas
moins envoyé sur-le-champ à la sanction. royale , et si le
roi refuse son consentement audit acte, l'exécution en sera
suspendue aussitôt que ce refus sera légalement manifesté à
l'assemblée générale.
I X.
Chaque législature de l'assemblée généralé sera de deux
ans, et le renouvellement des membres à chaque législature
sera fait en totalité.
X.
L'assemblée généralc décrète que les articles ci-dessus 5
comme faisant partie de la constitution de la partie françoise de Saint-Domingue 9 seront incessamment envoyés en
France, pour être présentés à l'acceptation de l'assemblée
nationale et du roi. Seront en outre envoyés aux paroisses
de la partic françoise de Saint-Domingue et notifiés au gouyerneur général.
--- Page 145 ---
(133)
Certifié conforme à Voriginal,signe, de Grandchamp.
Oonda,Desoymadiaesy président; le marquis de Cadusch,
Millet et Hubert.
vice-président; ; Bralley, > Legrand,
Extrait mot-à-mot et pour copie conforme à Poriginal gui
nous a été remis.
BRAQUEHAIS.
En mettant au jour ia correspondance.jai, promis, Io. que
dans tous mes écrits privés et publics , loin d'avoir provoqué
les citoyens de coulcur à prendre les armes contre lcs colons
blancs (comme m'en ont accusé MM. Page et Brulley) je
n'ai cessé au contraire de les exhorter, à la paix, à la patience ct à l'obéissance anx décrets nationaux; ; qu'en effet
les hommes de couleur ont tout souffert et ont toujours SUL
contenir leur ressentiment 2 pour 11C pas entraîner la COlonie à sa perte.
20. Que les premiers germes des troubles de Saint-Dominy ont été portés par une lettre des, colons députés à
l'assemblée gue
constituante, lettre écrite de Versailles en août
1789; que ces premiers troubles n'ont commencé que par
les différends qui se sont élevés entre les blancs eux-mêmes
et
leur
de politique et de précaution à l'égard de
par
peu
cette époque les citoyens de conleur
leurs esclaves; qu'à
demandoient avec soumission aux différentes assemblées de
paroisses, de participer àl la régénération des François; qu'ils
furent indignement traités pour y avoir prétendu.
30. Que les colons blancs et les différentes assemblées coloniales , depuis la révolution 7 n'ont cessé de vexer et tyranniser les citoyens de couleur. Que. ces mêmes assemblées coloniales se sont toujours opposées par les moyens les plus violens à l'exécution des décrets nationaux qui accordoient aux
citoyens de couleur la jouissance des droits que la nature
d'accord avec les loix leur donnoient.
Que les députations des parties du nord ct de l'ouest à l'assemblée coloniale > vouloient lui faire prendre un arrêté pour
iales , depuis la révolution 7 n'ont cessé de vexer et tyranniser les citoyens de couleur. Que. ces mêmes assemblées coloniales se sont toujours opposées par les moyens les plus violens à l'exécution des décrets nationaux qui accordoient aux
citoyens de couleur la jouissance des droits que la nature
d'accord avec les loix leur donnoient.
Que les députations des parties du nord ct de l'ouest à l'assemblée coloniale > vouloient lui faire prendre un arrêté pour --- Page 146 ---
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faire égorger tous les citoyens de couleur. Qne cette motion
violemment appuyée par ces deux députations, n'a étéadoucic
que par les craintes qu'a fait naître la députation du sud
de pousser ces hommes à bout, étant en bien plus grand
nombre que les blancs.
4o. Que les preiiers assassinats commis à Saint-Domingue,
l'ont été par les blancs sur leurs semblables et ensuite sur
les hommes de couleur ; que le général Blanchelande d'accord avcc l'assemblée coloniale du Cap, faisoit sans cesse les
proclamations les plus incendiaires et les plus virulentcs
contre les citoyens de couleur ; que Blanchelande et cette
même assemblée coloniale du Cap se sont opposés à la loi du 15
mai ; qu'ils ont osé faire des menaces de sacrifier la colonie, s'
plutot que de s'y soumettre; que Blanchelande et l'assemblée du Cap par les mensonges et les intrigues les plus noires,
ont cherché à faire dévaster les propriétés des gens de
couleur qui défendoieut en France Ia cause de leurs frères.
5°. Que cC n'est que la mauvaise foi, l'orgueil et les vues
criminelles d'indépendance des colons blancs endettés, ruinés
et contre-révolutionnaires 2 leur refus d'obéir aux décrets
nationaux, en se permettant enfin de vouloir interpréter les
décrets du 24 mars 1790 3 qu'ils ont conduit la colonie à
l'état malheureux où elle se trouve.
6°, Que l'assemblée coloniale du cap a appellé les Anglois
dans la colonie ; qu'elle s'est parée des couleurs de cette
nation à l'époque du refus qu'clle faisoit d'obéir à la loi
du 15 mai
Que les hommes de couleur au contraire n'ont cessé de
manifester leurs voeux pour rester inviolablement attachés à
Ja France, de se soumettre avec résignation à tous les décrets
(:) Voyez les différens rapports faits à l'assemblée et méme celui du citoyen
Tarbé.
dans la colonie ; qu'elle s'est parée des couleurs de cette
nation à l'époque du refus qu'clle faisoit d'obéir à la loi
du 15 mai
Que les hommes de couleur au contraire n'ont cessé de
manifester leurs voeux pour rester inviolablement attachés à
Ja France, de se soumettre avec résignation à tous les décrets
(:) Voyez les différens rapports faits à l'assemblée et méme celui du citoyen
Tarbé. --- Page 147 ---
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d'autre autorité que celle de
nâtionaux, de ne reconnoître
entier au salut de
l'assemblée nationale et de se dévouer en
les
; qu'ils ont donné plusieurs
la patrie qui régénéroit
notamment après la
fois des preuves de ce dévouement, avoir été attaqués et
journée du 22 décembre 1792, après blancs. Le lendenain
fusillés au cap à l'improviste par les
marchoient sur
volé
combattre les révoltés qui
ils ont
pour
refusé marcher(1).
le Cap, ct que les blancs ont
d'y
de faire observer que Ies citoyens de couleur *
Finalement,
plusicurs fois de venir
toujours de bonne foi, se sont empressés
onblioient toute
du peuple, qu'ils
jurer aux représentans contre les colons blancs, pour ne
haine et. tout ressentiment
que tous mes
du salut de la chose publique 5
s'occuper que
cette morale ; que lés hommes
écrits ne leur prèchoient que
d'eux-mêmes une infide couleur dans les colonies ont pris
tous tendant à prouver leurs intentions à Ge
nité d'arrêtés les colons blancs n'ont jamais fait.
sujet, ce que
les citoyens de couleur, quoique moins riches que
Que blancs oubliant leurs pertes et leurs malheurs, 5
les colons
,
se fat effectué
ont offert à la nation un don patriotique qui
les
longtems, sans toutesles entraves qu'ont apportées
depuis
toute espèce de communication entre Ies
blancs en empêchant
citoyens de couleur.
de couleur enfin ont formé entr'eux en
Que les hommes
voler au secours de nos
France un corps de troupes pour
leur
frontières dans un moment pressé ; que ceux que
âge
de suivre un si beau mouvement, ont contribué
empêchoit
à la formation de ce corps qui sert
par des dons patriotiques
dans la Vendée ; que les colons
avec distinction en ce moment
n'ont cherché sous différens prétextes 2
blancs au contraire
la relation de ce fait déposé au comité de marines
(:) Voyez --- Page 148 ---
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qu'a,tirer des sommes immenses de la nation (i) sans jamais
venir à SOIL secours, ni.en' hommes, ni' en argent. Ils ont
même refusé de faire le sacrifice de leur orgueil-qui eût
sauvé les colonies:
3D
(I) On peutise rappeller combien dc fois les colons blancs sont venus faire
dies demandes d'argent aux assembiées nationales.
A PARIS, de TImpiimerie du Cercle Social, rue du ThéâtreFrançois, n°. 4. --- Page 149 --- --- Page 150 --- --- Page 151 ---
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