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CIZE
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ate Sarufn
Och: 26/20 --- Page 5 ---
CO 1d P I E
DE LA LETT. R E
DE MESSIEURS
DE L'ASSEMBLÉE PROVINCIALE DU NORD
DE SAINT-DOMINGUE;
DATÉE du Cap le 2 Novembre 1790,
A M ESSIEURS
LES COMMISSAIRES EXTRAORDINAIRES
AUPRES DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
-TAIX SUEA
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
L'ÉVÉNEMENT que nous éprouvons dans CC moment
nous fait une loi de vous en inftruire de fuite, afin de
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(2 )
vous raffutrer 8c de difiper les nouvelles alarmantes que
des lettrcs particulidres pourroiont vous rendre.
Les craintes. que nous infpiroient depuis long- tomps
les ennemis de. la Colonic, 80 les prérentions des gens
de couleur., viénnent de fo réalifer par une infurrection
qu'ils ont formde, fous les aufpices du feur Ogé jeune,
Quarroron libre, que vous avez Vu en France, 3 & qui,
maigré nos précautions, a trouvé le moyen de palfer
dans la Colonie, 80 de débarquer au Cap le 17 Oétobre
dernier, parlavoie de la nouvelle Anglererre, oùt ils'dtoit
rendu en s'embarquant à Londres,
Son arrivée n'a pas tardé à être fuivie de l'exécution
de fes prétentions & de fes vues; il a formé un attroupement dont la facilicé a en leu, fans doure, par les
difpofitions qu'il avoir eufoin d'entretenir, & par lesagens
qu'ii avoit eu celui dc cultiver.
Dans la nuit du 28 OBtobre dernier; ce malheurcux,
à la têro d'environ cent cinquante à deux cents hommes,
a fondu far le quartier de la Grande-Rivitres il Y.
commis des rapines, en a défarmé les Habitans, & fair
foit fcs difpolitions pour s'approcher de notre Capitale:
prévenus de fon incurfion, nous avons pris fur-le-champ
le parci qui devoit garantir la Colonie 8 raffurer les
Citoyens fur les fuires que cet exemple pouvoit donner.
Nous avons formé de fuire une armée de fept à huit
cents hommes, moitié troupes patriotiques, &c moitié
troupes de ligne; Monfeur de Vincent en a été nommé
Général, 8c a marché au-devant de cetre horde, qu'il a
arrêtéc, &c qui, prévenue de fon arrivée, s'étoit placée
dans un pofte avantageux, L'ardeur des troupes a donné
lieu a une efcarmouche dans laquelle elles n'ont pu avoir
l'avantage qu'elles defiroient, parce que le Morne, fur
iques, &c moitié
troupes de ligne; Monfeur de Vincent en a été nommé
Général, 8c a marché au-devant de cetre horde, qu'il a
arrêtéc, &c qui, prévenue de fon arrivée, s'étoit placée
dans un pofte avantageux, L'ardeur des troupes a donné
lieu a une efcarmouche dans laquelle elles n'ont pu avoir
l'avantage qu'elles defiroient, parce que le Morne, fur --- Page 7 ---
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lequel CCS brigands s'étolent retirés, les favorifoit fingulierement, & que le Généraline voulant frapper qu'à coup
siir, a cru devoir éviter unc action meurtrière.
L'actaque alors a été fuffendue jufqu'a l'arrivée de
T'artilleric, que des circonfances & les mauvais chemins
avoient empéché de faivre l'armée 3 P'arrivée de CC renfort avoit rout déterminé pour une attaque vigourcufe,
lorfgae ces brigands cut abandonné le polte avantageu:
qu'ils occupoient, *& ont gagné les mentagnes. Tour eft
difpofe pour les pourfaivre vigoureufement, & nous clperons, quelque parti qu'ils prennent, 9 que nous parviendrons à les relancer jufques dans leur dernière retraite
& que nous extirperons ie vice dont les racines s'accroltroient bien vite, fi pous n'y mettions tous nos foins8c
l'adtivité nécéffaire; & yous devcz croire, Mefieurs &c
chers Compatriotes, que rien n'égale notre vigilance pour
Y parvenir.
Plufieurs autres quartiers ont reçu des alerzes; mais
les Habitans prévenus fc ticnuent far leurs gard-s; &
cette raifon, jointe à leur bonne contenance, fera
avorter CC projet qui s'évanouira dès que le motcur fera
hors d'état d'agir: aufli nous avons mis fa tête à prix; &
ce moyen, très - sûrement, nous en débaraffera s'il ne
tombe pas fous nos coups : c'eft un arbre dont les branches périront dès que le tronc fera abattu,
Nous vous obfervons, Meflieurs & chérs Compatrio-"
tes, qu'il feroit eflentiel que nos différens Régimens
fuflent complets, & qu'ils le fuffent avec de bons Soldats, & non avec des recrues, & il nous manque des
hommes qui feroient précicux, fi le choix en étoit bien
fait.
Nous nous référons au premier paragraphe de la
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4 )
préfente, furles différentes gazettes que l'on ne manquera
pas de vousf faire pafler, & nous vous prions d'être affurés
que nous aurons le plus grand foin de vous inftruire
exadtement de notre polition, & nous efpérons, fous
peu, de vous annoncer les fuccès que nous devons
attendre de notre courage & de notrc aétivité à nous
débarraffer de cet cnnemi.
Nous avons lhonneur d'être avec un fraternel attachement,
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
Vos très-humbles & très-obéillans
ferviteurs,
Les Membres de PAfemblée Provinciale du Nord.
PONGIGNON, Piéfident de la feconde Section.
MAILLARD DE ROCHELAN: D.
Bourssou, Secrétaire.
ERER
ADRESSE de PAlemblée Provinciale permanente du Nord,
aux Citoyens de la Province, qui different de principes
avec eile.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
LA Colonic s'eft malheureufement diviféc fur les
queitions les plus effentielles à fon cxiftence politique.
res de PAfemblée Provinciale du Nord.
PONGIGNON, Piéfident de la feconde Section.
MAILLARD DE ROCHELAN: D.
Bourssou, Secrétaire.
ERER
ADRESSE de PAlemblée Provinciale permanente du Nord,
aux Citoyens de la Province, qui different de principes
avec eile.
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,
LA Colonic s'eft malheureufement diviféc fur les
queitions les plus effentielles à fon cxiftence politique. --- Page 9 ---
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Dans cette pofition périlleufe, il cût été fago d'attendre
Ja décifion d'un Tribunal compétent; FAfemblée Provinciale fe fûr contentée d'oppofer fes protefations aux
décrets inconftitutionnels de l'Afembiée générale, qui
menaçoient la liberté de la Colonie. Mais la prétention
de les faire cxécuter provifoirement contre le vou de
la Province du Nord, (prétention trop manifeltée par
le licenciement des Troupes du Roi, & leur enrôlement
fous les drapeaux de l'Affemblée coloniale), a obligé
l'Affemblée provinciale à prévenir cette viclence par une
réfiftance adtive. *
Ne revenons pas fur ces dérails
fâcheux. L'Affemblée générale a été fourenir clle même
fcs prétentions devant le Tribunal de la Nation; & PAffemblée provinciale différant de principes, les a foumis,
par fes Commiffaires, au même Tribunal.
Échappés aux dangers d'une guerre civile, tous nos foins
devoient fe réunir à un feul point : attendre avec refpeét
la décifion que nous follicitions tous, &, renonçantà toute
prétention, à tout efprit de parti, évitcr tout ce qui pouvoit empéeher le rétablifement de la paix.
Cependant l'eprit de fcifion s'eft propagd plus que
jamais. Des Municipalités fe font élovécs, qui ne reconnoifent aucune autorité fupérieare, & qui-s'atrribuent
tous les pouvoirs. même celui de'créer des impôts. Ces
Municipalités fe font coalifées entre elles; elles ont provoqué des fédérations armées. Dans plufieurs Paroiffes,
pour foutenir Jeurs opérations, clles emploient ces fédérations pour fubjuguer l'opinion des Citoyens qui n'entrent pas dans leut fyfême; & ce faral exemple fera
fuivi à l'avenir par toutes les Municipalités qui voudront
tyrannifer les Citoyens. Ceux qui ne peuvent y porter
qu'un efprit de paix & dc bonnes vues. 2 font repouffés
des Affemblées; leur voix eft étoufféc, parce que leurs
foutenir Jeurs opérations, clles emploient ces fédérations pour fubjuguer l'opinion des Citoyens qui n'entrent pas dans leut fyfême; & ce faral exemple fera
fuivi à l'avenir par toutes les Municipalités qui voudront
tyrannifer les Citoyens. Ceux qui ne peuvent y porter
qu'un efprit de paix & dc bonnes vues. 2 font repouffés
des Affemblées; leur voix eft étoufféc, parce que leurs --- Page 10 ---
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perfounes ne font pas en sfreté; 8 prefque dans toutes
les Paroiflcs, le petic nombre, en s'appuyant de forces
étrangères, eft parvenu à fubftituer fa volonté à celle de
la majorité; & loriqu'il eft probable qu'il n'exifteroit qu'un
parti G cette majorité étoit entendue, ilen exifte encore
deux qui peuvent à touc inftant occafionner Uil nouveau
choc.
Dans cet état, la police particulibre eft abaadonnée,
la chofe publique eft encore plus en péril par le déchire.
ment du corps politique, la ceffation du concours de fos -
partics vers le même but,, & le défaut de leur fabordination à un point central de pouvoir & d'adminiftration;
ainfi les maux de l'anarchie font réunis à ccux de la divifion 8 de la difcorde.
Il efi impoflible, chers Compatriores, qu'un état anfi
funeflc fublifte long-temps; & TAfemblée provinciale 2
dû commencer par recourir à des voies pacifiques pour le
faire ceffer.
Nos repréfentations fraternelles porteron: furlopaffe,
far lavenir 8 le préfent.
Pour le pafle, à quei fervent CCS reproches injurieux
répandus dans des écrits, dont les les uns ne refpirent
que vengeance & animofitd, 8s dont les plus modérés fc
perdent dans des difcuffions fophiftiques, & déformais
inutiles!
Entre les partifans de T'Afemblée de Saint-Marc &
nous,la queftion eft quant à préfent ihterminable. Chacun
abonde dans fon fens, de bonne-foi, nous voulons le croire,
& nous n'avons point ici de Jugcs. Nous avons tous eu
recours à PAfemblée Nationale. Eh bien ! faifons, far
PAutel de la Parrie, le ferment de nous foumettre fans
réplique à fa décifion, quelle qu'elle foit ; que rous les
T'Afemblée de Saint-Marc &
nous,la queftion eft quant à préfent ihterminable. Chacun
abonde dans fon fens, de bonne-foi, nous voulons le croire,
& nous n'avons point ici de Jugcs. Nous avons tous eu
recours à PAfemblée Nationale. Eh bien ! faifons, far
PAutel de la Parrie, le ferment de nous foumettre fans
réplique à fa décifion, quelle qu'elle foit ; que rous les --- Page 11 ---
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Citoyens fo réuniffent pcur le même ferment; qulisPobfervent relgicufement; qu'iis prom.ttent de ropouffer de
Jeur fein les parjures qui ofcroient le violer; 8c la Colonic eft fauvéc.
Mais cn attendant cctte décifion, ouvrez les yeux.
chers Concitoyens, fr l'erreur oàt vous êtes. II nous faut
nn gouvernement, unc adminiftration quelconque, pour
toute la dépendance da Nord. Ieft impoflible que chaque
Parciffe falle unc potite république indépendaute, feparée de tout le relte, renfermée dans fes limites. Nos
relations, nos befoins aboutiffent A un centre commun;
il faut qu'il en foit de mêmc de notre organifation civile.
Iny a donc pas à balancer: il faut rentrer fous Pancien
régime, fouslancienne hiérarchie, OL reconncitre lafemblée provinciale; 8: comme, fans doute, nul Ciroyen ne
fc déterminera pcur lc premier parti, il S'ngied'examiner
le fecond fans partialicé.
D'abord, fans entrer dans aucun décail relatif! A PAL
fombiée générale, on doit avoucr que ce n'elt pas elle
qui peut gouverner la Colonie, puifqu'ellecft abfente.
Les Municipalicds, fafenr elies légales,. ne fauroient
exercer d'autorité au-delà des bornes degleur Paroille;
elles nc peuvent avoir que la fimple police intérieure,
& non pas tous les pouvoirs qui confizuent l'adminiftration générale de la Province.
: Enfin, il faur l'avouer, clles ne font pas légales :
qu'elles le fuffent, aux termes des Décrets des 8 & RCuF
Mars, il faudroit que leur établiffement fit fanétionné
Par le Gouverneur - général, attendu qu'elles different
cffentiellement du mode décrété par PAlemblée Nationale, & que-les pouvoirs que T'Afemblée générale leur
donnoit, font exorbitans : or, leur établiffement n'a Pas
, il faur l'avouer, clles ne font pas légales :
qu'elles le fuffent, aux termes des Décrets des 8 & RCuF
Mars, il faudroit que leur établiffement fit fanétionné
Par le Gouverneur - général, attendu qu'elles different
cffentiellement du mode décrété par PAlemblée Nationale, & que-les pouvoirs que T'Afemblée générale leur
donnoit, font exorbitans : or, leur établiffement n'a Pas --- Page 12 ---
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même été propofé à la fanétion 5 & julqu'à la décifion
de TAffemblée Nationale, on ne peut reconnoitre d'autre
autorité que celle qui émane d'elle, ou qui eft avouée
par fcs Décrets.
Ainfi, ces Municipalités qui fc font arrogé tant de
pouvoirs, qui s'emparent des fonds des Fabriques & de
la caiffe municipale, qui, de leur autorité 2 établifent
des impolicions particulières, 2 dontles Paroilles n'auroient
beloin, fans le fyftême qui les ifole du refte dc la
Province: pas
; ces Municipalités font fans aucune confiftance 5
fans aucun pouvoir, & nul Citoyen ne peut être contraint
de leur obéir; & telle eft véritablement la pofition de
ces Parcifles, que le Citoyen pent ne reconnoitre aucune autorité, ni celle de la Municipalité, parce qu'elle
n'eft pas légale, ni aucune autre, fous le vain prétexte
de celle de la Municipalité.
Par toutes ces raifens, il faut revenir à cette règle
univerfelle à laquelle les Monicipalités de France font
foumifes, par le Déeret de leur organifation 1, du 14 Décembre dernier, qui eit de reconnoitre LLTZ pouvoir central.
Ce pouvoir central ne peur réfider que dans T'ATembléc
adminiftrative. La divition, Taigreur l'efprit de parti,
ne peuvent pastfaire tomber cette conféquence.
Les Municipalités paroifliales conteftent la légalité de
T'Affembiée.
Mais c'eft vainement : PAfemblée provinciale 2, été
conftituée par le concours unanime de toutes les Paroiffes.
Son cxiftence, fes premières opérations, affurément Natio. les
plus énergiques, ont été connues de PAfemblée
nale,
la au moins implicitement confacréc par le
Décret a 8 Mars, lorfque
favorablement des motifs
qui MOUS ont animés, elle dit ST riy a lieu à aucune inculpation.
Le
Mais c'eft vainement : PAfemblée provinciale 2, été
conftituée par le concours unanime de toutes les Paroiffes.
Son cxiftence, fes premières opérations, affurément Natio. les
plus énergiques, ont été connues de PAfemblée
nale,
la au moins implicitement confacréc par le
Décret a 8 Mars, lorfque
favorablement des motifs
qui MOUS ont animés, elle dit ST riy a lieu à aucune inculpation.
Le --- Page 13 ---
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Le premier article du Décret du 28 les autcrife encore
plus formellement, en prefcrivant que le Gouverneur DOtifiera les Décrets aux Aflemblées provinciales.
Cette Affemblée ainfi approuvée , le rappel & la retraite
des Députés de quelques Paroilles ne peuvent pas l'anéantir; c'eft la loi & le principe confacrés par PAffemblée
nationale même : d'ailleurs la majorité y cxifte encore.
Au furplus, G, comme il cft prouvé la nécefité doit
rallier les Paroiffes diflidentes à l'Affemblée, fa conduite
eft faite pour infpirer la confiance s puifque tous fes foins
& fes travaax ne tcndent qu'à maintenir la tranquillité
publique.
Les Paroiffes croient-clles l'Affemblée provinciale dans
l'erreur ? Eh bien 2 qu'elles viennent l'éclairer par leurs
Députés, chargés de leurs inftruétions.
Croient-elles la repréfentation de la ville du Cap ex-.
ceffive ? Lorfque les Députés des Campagnes y feront
cette repréfentation diminuera proportionncllement d'clle- 2
même, & enfuite pourra encore être difcutée & régléc,
Voilà l'inftant où les pouvoirs d'une partie des Députés
ceffent, où ils defirent & ont befoin de revenir à leurs
occupations domeftiques ; c'eft aufli celui our les Paroiffes
& les Diftriets doivent s'empreffer de la completter, &
de faire pour le bien commun une réunion générale.
Si
malheur l'Affemblée provinciale venoit à fe dif
fooaittr les foibles liens qui uniffent encore les diverfes
particsd de lac dépendance, acheveroientde ferompre L'anar.
chie & le défordre 9 n'en doutez pas feroient alors atz
comble, quelque fage que fic la police des Paroiffes,
parce qu'il n'y auroit plus de pouvoir central. Croit-on
B
ter, &
de faire pour le bien commun une réunion générale.
Si
malheur l'Affemblée provinciale venoit à fe dif
fooaittr les foibles liens qui uniffent encore les diverfes
particsd de lac dépendance, acheveroientde ferompre L'anar.
chie & le défordre 9 n'en doutez pas feroient alors atz
comble, quelque fage que fic la police des Paroiffes,
parce qu'il n'y auroit plus de pouvoir central. Croit-on
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quc le Gouvernement pourroit le fouffrir ? Il fcroit de
fon devoir de reprendre les rênes que nous aurions laife
tomber s par une violation coupable dc notre mandat, &
nos Commettans nous en rendroient refponfables.
C'eft alors, chers Concitoyens, que cette contre-révolution qui,jufqu'à préfent, a caufé tant de fauffes alarmes,
feroit malheureufement réalifée; & quels reproches n'auriez-vous pas à vous faire?
Ainfi n'en doutez pas, nous refterons à notre pofte; &
c'eft à vous de fentir que pour l'intérêt même de VOS opinions, il vous convient de venir le défendre avec nous.
Venez, nos Concitoyens, nos Frères, nos Amis. Nos
différends font fous les yeux d'un Tribunal compétent.
L'inftruétion de notre procès eft terminée; nous n'avons
plus qu'à attendre le jugement, & à nous y foumettre.
Pourquoi donc perpétucr ilos querelles & notre divifion?
Réuniffons-nous pourinous promettre d'accepter le jugement qui doit éclairer ceux qui étoient dans l'erreur, &
fur-tout pour maintenir, en attendant, cette liberté précieufe que nous avons conquife par notre union, & que
de plus longues diffentions peuvent nous faire perdre à
jamais.
COUGNACQ-MION, Préfident.
PIERRE GAUVAIN, Vice-Préfident.
BouYssov, Sccrésaire-perpéuei
BLANCHARD, Secrétaire-adjoint.
Collationné PAQUOT, Secrdaireperpétud.,
Garde des Archives.
ient dans l'erreur, &
fur-tout pour maintenir, en attendant, cette liberté précieufe que nous avons conquife par notre union, & que
de plus longues diffentions peuvent nous faire perdre à
jamais.
COUGNACQ-MION, Préfident.
PIERRE GAUVAIN, Vice-Préfident.
BouYssov, Sccrésaire-perpéuei
BLANCHARD, Secrétaire-adjoint.
Collationné PAQUOT, Secrdaireperpétud.,
Garde des Archives. --- Page 15 ---
I I
ar 20TE
CI TJTCCA17A
Extrait des regiftres des délilérations de PAlemblée provinciale permanente du Nord.
De la Scance estraordinaire du vingt-deux Otlobre mil fipe cent
quatre-vingt-dis au matin, a été extrait Ce. qui fuit:
L'Affemblée provinciale permanente de la partie du
Nord de Saint-Demingue. > dans fa féance extraordinairé
de ce jour au matin, ci étoient MM. les Commandant
en fecond pour le Roi, les Chefsde bataillon patriotiques
& militaires, Officiers d'adminiftration, Commandant de
la fation des forces navales, Capitaine de port, accompagnés chacun des Officiers, bas-Officiers & Soldats des
Troupes patriotiques & réglées, du Commandant de la
Marine marchande, & des Capiraines des navires des
divers ports de la Métropole, aéuellement en rade, tous
invités en vertu de la délibération du jour d'hier:
Après avoir entendu le difcours de fon Préfident fur
la fubverfion dont la Province du Nord cft menaçée, &
fur la ccrtitude d'une guerre civile prête à l'embrâfer:
La matière mife en délibération, mârement difcutée, &
après avoir pris l'avis des Membres de l'Affemblée & des
Corps Convoqués, auxquels il a été donnévoix délibérative.
L'Affembiée a arrêté, & arrête afunanimité,quetous les
Citoyens compofant les Troupes patriotiques de la Ville &
Banlicue du Capr ceuxdes Corps civils, ,&1 les Gens de couleur & Negres libres, feront fous les armes, fur la place
du Champ-de-Mars, demain Dimance 24,quatre héures
de l'après-midi.
B 2
Corps Convoqués, auxquels il a été donnévoix délibérative.
L'Affembiée a arrêté, & arrête afunanimité,quetous les
Citoyens compofant les Troupes patriotiques de la Ville &
Banlicue du Capr ceuxdes Corps civils, ,&1 les Gens de couleur & Negres libres, feront fous les armes, fur la place
du Champ-de-Mars, demain Dimance 24,quatre héures
de l'après-midi.
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P
Invite pareillement M. le Commandant pour le Roi
de requérir tous les différens Corps militaires, d'être également fous les armes, au même jour, lieu & heure,
Arrête que les Citoyens non-incorporés dans quelqu'un
des Corps patrioriques de la Ville & Banlieue, aurontà
fe préfenter par-devantlun defdirs Corps avant leur raffemblement, 3 ou tout au moins fur la place mêmc, 3 auprès du Corps dont ils feront agréés, & qui prendra leur
nom, même dans le cas oùt ils feroient fans armes ou
fans uniforme, à peine contre les délinquans d'être répurés ennemis de la tranquillité de la Province, &c punis
comme il fera dit ci-après.
Les infitmes, 2 les vieillards & les abfens feront tenus
de fe préfenter devant le Préfident de leur Diftrict, de
lui déduire les motifs de leur exemption, & de fignerla
formule du ferment ci-après ; de tout quoi il fera rédigé
procès-verbal par le Préfident, & rapport d'icelui remis
a l'Affemblée dans la huitaine de ce jour.
L'Afemblée fe rendra en corps au Champ-de-Mars,
& fon Préfident y jurera, au milien de tous les Citoyens
réunis, d'attendre en paix, & de recevoir avec foumiffion &c refpect, la décifion de l'Afemblée Nationale,
acceptée par le Roi, fur la conteltation qui divife les
Citoyens de la Colonie.
Ce ferment prononcé, tous les Membres de l'Afemblée
diront, la main levée & à haute & intelligible voix: Je
lejure.
Cette cérémonie achevée, l'Affemblée interpellera tous
lcs Chefs des Corps patriotiques & foldés, de prêter le
ferment en ces termes :
*
c refpect, la décifion de l'Afemblée Nationale,
acceptée par le Roi, fur la conteltation qui divife les
Citoyens de la Colonie.
Ce ferment prononcé, tous les Membres de l'Afemblée
diront, la main levée & à haute & intelligible voix: Je
lejure.
Cette cérémonie achevée, l'Affemblée interpellera tous
lcs Chefs des Corps patriotiques & foldés, de prêter le
ferment en ces termes :
* --- Page 17 ---
c Nous jurons d'attendre en paix, & de recevoir avec
5 foumiflion & refpeét la-décifion de T'Affemblée Natio-
> nale, acceptée par'le Roi, fur la conteflation qai divile
92 les Citoyens de la Colonic: jurons de maintenir de
99 toutes nos forces la tranquillité pablique & la sureté
>> individuelle : déclarons traitres à la Patrie & au falut
9> de la Colonie, tous lcs Citoyens de la Ville & Banlieue
29 qui ne prêteront pas ce ferment civique, & prions TAL
32 femblée provinciale de les embarquer fur-le-champ pour
99 France. 9>
Les Commandans & Officiers des Corps refpectifs, retournés vers eux, leur répéteront ce ferment;rêc chaque
bas-Oficier, Soldat, gens de couleur & Nègres libres répondront : Jc le jure.
Ce ferment reçu par l'Afemblée; il fera chanté furladite place, ou il fera dreffé un- autel, un Te Deum folemnel en actions de graces de cette indiffoluble & fraternelle réunion, pour la propagation de la paix entre tous
les Membres de la Cité; & les folemnités d'ufage dans
les Fêtes publiques y feront obfervées.
Arrête que toutes Affemblées clandeftincs & non autorifées par l'Aflemblée provinciale 5. feront à l'avenir réputées féditieufes ; que les propriétaires & locataires des
maifons oùt elles fe tiendroient, & les perfonnes reconnues pour y avcir aflifté ; feront déclarés perturbateurs
du repos public, & comme tels dénoncés au pouvoir judiciaire, pour leur procès être fait & parfait, & être punis
conformément aux lois exiftantes.
* Déclare prendre de nouveau & à
jamais, 3 fous fa
teétion fpéciale, les Gens de couleur & Nègres libres
n'auront été &
iqua
pas
quine feront pas réfractaires aux lois.
, & les perfonnes reconnues pour y avcir aflifté ; feront déclarés perturbateurs
du repos public, & comme tels dénoncés au pouvoir judiciaire, pour leur procès être fait & parfait, & être punis
conformément aux lois exiftantes.
* Déclare prendre de nouveau & à
jamais, 3 fous fa
teétion fpéciale, les Gens de couleur & Nègres libres
n'auront été &
iqua
pas
quine feront pas réfractaires aux lois. --- Page 18 ---
5-83 invite les Citoyens des Paroifles de la Province à s'afs
fembier ali plus tôt pour donner une adhéfion folemnelle
à'la réunion patriotique dont leurs Frères du Cap vont
leur donner l'exemple.
Ordonne que le préfent fera adreff au Buréau provifoire de police de la Ville & Banlieue; & au Procureurgénérai de la Cour, pour être par- eux'e exécuté, chacun
en ce qui les concerne.
Sera ie préfent imprimé, lu 9 publié & affiché par-tout
oh befoin fera; &c copies d'icelui en forme envoyées, xant
dans les Paroiffes de la Colonic, qu'au Préfident de PAC
femblée Nationale,u Roi, aux Députés & Commiffaires
de PAffemblée provinciale auprès du Corps légiflatif fuprême de la Nation, ainfi qu'aux Villes maritimes du
Royaume.
COUGNACQ-MION, Préfident.
PIERRE GAUVAIN, Vice-Préfident.
Bourssov, Secrétaire - perpétuel.
BIKNCSIAP, Secrétaireadjoint.
Coletionnip. . . QUOr Secrétaire perpétuel,
Garde des Archives.
MA A
A PARIS, chez BAUDO. > Imprimeur de L'ASSEMBLÉE NATIONALE, rue du Foin-Saint-Jacgues, No. 31. --- Page 19 ---
A
PP E L
Interjetté par l'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE de la partie
Françoife de Saint-Domingue,
A PASSEMBLEE NATIONAI L E,
MIEUX INSTRUITE,
Tant du Rapport , à elle fait par Jon COMITÉ des
COLONIES, les II & I2 Odobre dernier, que
du DÉCRET furpris fier ce Rapport, G de tout ce qui
S'en eft fuivi, ou pourroit s'enfuivre.
Les
Repréfentans d'un Peuple libre, > les régénérateurs
d'une grande Nation, ne fe croiront pas fans doute outragés par un Appel que n'ofa éluder autrefois un defpote
aveuglé par la double ivreffe du pouvoir arbitraire, & du
vin. Philippe de Macedoine avoit dans cet état rendu une
fentence injufte > fans vouloir écouter le plaideur qu'il
condamnoit; celui - ci s'écria qu'il en appelloir à Philippe- - . : d jeun. Revenu à lui-même par l'excès de fa
furprife, le Monarque fe contint > il écouta, il comprit:
il réforma fa fentence.
stont
A --- Page 20 ---
E798
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