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DE LA LETTRE DE M. BLANCHELANDE,
GOUYENNEUR DE SAIXT-DOxinous,
A M. DE BERTRAND,
M I N I S T RE DELA M A RINE
CONTE N A N T
Lerécit des malheurs affreux arrivés au Cap. --- Page 4 ---
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DE LA LETTRE DE M. BLANCHELANDE;
A M. DE BERTRAND;
MINISTRE DE L A MARINE
Au Cap, le 2 septembre 17916
MoNsirun,
Jr profite d'un bâtiment partant pour la Jamaique, pour envoyer au gouverneur cette dépêche, avec prière de la faire passer en Angleterre, et de-là en France.
Je vous dois compte des malheurs affreux
que nous éprouvons.
Le 22 du mois d'août dernier, je fus invité
par l'Assemblée provinciale du Nord, d'être
présent à la déclaration de diverses personnes
blanches et de couleur, arrêtées la veille par des
gardes ou patrouilles militaires. Par les dépositions de Çes personnes, je fus convaincu qu'il
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y avoit un projet de conspiration formé, particulièrement contre la ville du Cap, sans pouvoir précisément imaginer s'il l'étoit par des
blancs, gens de couleurs ou nègres libres, ou
bien par les esclaves. Il étoit question, la nuit
de cd jour, de mettre le feu à des habitations
voisines du Cap, incendie qui devoit se repéter dans cêtte ville, et devoit servir de signal
pour assassiner les blancs.
La cornoissance de cet horrible projet ft
prendre des mesures pour prévenir ces malheurs.
Le 23 au matin, plusienrs habitans de la
campagne se a retirèrent au Cap, fuyant leurs
habitations 3 ils rapportoient que divers ateliers étoient en insurrection, et que nombre de
personnes blanches avoient été tuées ou blessées par les nègres.
A ces bruits j'ordonnai à la compagnic des
Grenadiers du régiment du Cap, et j'invitai les
Dragons patriotes, de se rendre sur lhabimtion
de Noë plaine du Nord, et au Capitaine de
cette compagnie, de faire les dispositions qu'il
jugeroit convenables pour faire rentrer les ateliers dans le devoir. L'Assemblée. provinciale
de son côté, envoya des troupes à cheval et des
Volontaires au haut du Cap, distant d'une petite
licue de la ville, pour les: mêmes fins. Je fis
du régiment du Cap, et j'invitai les
Dragons patriotes, de se rendre sur lhabimtion
de Noë plaine du Nord, et au Capitaine de
cette compagnie, de faire les dispositions qu'il
jugeroit convenables pour faire rentrer les ateliers dans le devoir. L'Assemblée. provinciale
de son côté, envoya des troupes à cheval et des
Volontaires au haut du Cap, distant d'une petite
licue de la ville, pour les: mêmes fins. Je fis --- Page 7 ---
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occuper ce poste par un fort détachement du
régiment du Cap.
Ces mesures remirent un peu de tranquillité
dans la ville, mais elle fut bientôt troubléeipar
la nouyelle que les nègres révoltés avoient mis
le feu dans les cases à bagasse, et les canes des
habitations de l'Acul, et qu'ils gagnoient la
plaine du nordet le quartier Morin 5 on ajouta
qu'un gros d'environ mille nègres étoit rassemblé, et qu'il augmentoit toujours. Je fis renforcer mon premier détachement qui.resta deux
jours à la baie de l'Acul 1; mais les nouvelles
m'apprenant successivement la jonction de divers ateliers avec les révoltés, et les Assemblées générale et provinciale me témoignant la
plus grande crainte pour la ville qui contient
huit ou dix mille nègres mâles, ces considérations me déterminérent à rappeler le poste
de la baie de l'Acul pour couvrir le Cap.Pendant cette expédition il a été tué environ cinquante nègres.
L'Assemblée générale de la partie française
de Saint-Domingue qui tient ses séances au
Cap, voyant la province du Nord dans le plus
grand danger, et informée que les troupes patriotiques n'étoient pas suffisamment instruites
quel. étoit celui dont elles devoient recevoir les 6
ordres et diriger leurs mouvemens, considéA 3 --- Page 8 ---
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rant qu'une pareille disposition d'esprit tendroit
à laisser dans l'inertie les forces patriotiques ,
dans une circonstance où leur réunion aux troupes de ligne étoit le plus nécessaire ; l'Assemblée génerale, dis-je, me requit de pourvoir à
tout ce que demandoit la sûreté publique, et
de donner, pour cet objet, tous les ordres nécessaires, etc. Je m'en chargeai. DIE D
Les troupes de ligne et patriotiques àmes
ordres, j'établis un poste d'environ deux cents
cinquante hommes, tant d'infanterie que de cavalerie, au haut du Cap, que je confiai d'abord
à M. Toujard, lieutenant-colonel du régiment
du Cap. Sur le déclin du jour il y a eu quelque
fisillade, où à-peu-près une quarantaine de
nègres furent tués. J'établis un autre poste à la
petite anse , d'environ deux cents hommes ,
et je plaçai à ces deux postes l'artillerie convenable. Entre ces deux corps et le Cap j'établis
ainsi de petits corps-de-garde, dans les lieux où
je pouvois prévoir quelque danger, le long de
la rivière. Dansles autres extrémités de la ville,
et sur les routes qui y aboutissent, je pris de
même toutes les précautions pour arrêter toute
incursion.
a J'ordonnai à la corvette, la fauvette, de s'embosser au fond de la baie pour faire feu sur le
chemin de la petite anse, et à la frégate la pru-
'établis
ainsi de petits corps-de-garde, dans les lieux où
je pouvois prévoir quelque danger, le long de
la rivière. Dansles autres extrémités de la ville,
et sur les routes qui y aboutissent, je pris de
même toutes les précautions pour arrêter toute
incursion.
a J'ordonnai à la corvette, la fauvette, de s'embosser au fond de la baie pour faire feu sur le
chemin de la petite anse, et à la frégate la pru- --- Page 9 ---
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dente, près Picolet, pour battre sur le chemin
de ce fort. Je m'occupai ensuite de l'intérieur
de la ville, et je m'assurai que nous n'avions
rien à craindre pour.elle. A la demande de l'Assemblée générale, je mis embargo sur les bâtimens de long cours ; cette précaution qui subsiste toujours, a pour objet de garder tous les
gros bâtimens dans la rade, 2 afin d'avoir une
ressource pour embarquer les femmes et enfans,
en cas d'accident plus affreux. 2
Si mes moyens me l'eussent permis, 9 je ne
m'en serois pas ténu à cette simple défense; j'aurois fait chasser aussi-tôt ces negres et les aurois
réduits.
Mais la ville du Cap, 2. possède dans son seir
un nombre considérable d'ennemis dangéreux de
toutes les couleurs. On a découvert successivement dans la Aille ): et l'on découvre encore
journellement divers complots qui prouvent que
a révolte est combinée avec les nègres de la
ville et ceux de la plaine, de sorte que nous
soinmes dans une surveillance perpétuelle pour
empêcher un premier feu dans la ville,.qui entraîneroit bientôt un incendie général.
Tous les citoyens sont excessivement effrayés,
ayant au milieu d'eux le foyer de la révolte. Il
est certain que la position de la Colonie est afireuse et épouvantable; au moment que j'écris,
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le grand mal n'est encore que dans Iar plaine ,
depuis les paroisses de Plaisance et dui Borgne,
non compris jusqa celles du Trou et de Vallière aussi non compris , tout est bralé.
J'écrivis le 24 du mois dernier à MM. Nunez
et Pépin, Commandans espagnels, pour leur
demander des secours ; je - les invitai à faire
avancer sur les frontières les forces qu'ils pourroient avoir dans leurs commandemens s, et de
leur donner lbrdre de se réunir aux tronpes
françaises, lorsque celles-ciles en requerroient.
J'adressaia chacnnde ces Comumandansuneletre
pour le gouverneur 9
général de San-Domingo,
à quije faisois part de nos malheurs, et le requérois aussi en même temps de nous envoyer
des secours en : hommes, d'après l'article 9, du
traité définitifde police entre les cours de France
et d'Espagne, et lc priois d'approuver les me-
-
sures qu'anroient pu prendre provisoirement
MM. Nunez et Pépin.
10 J'écrivis ce jour-la aussi aux Gouverneur de
la Jamaique, de la Havane, et du président
des Etats-Unis del'Amérigue, pourleur demander des secours en hommes. J'y fus engagé par
im arrêté de PAssemblée générale, qui, de son
côté, envoyoit des commissaires à la Jamaique et
aux -
Es-Unis,poury y faire les mêmes demandes;
lcs réponses ne sont pas encore parvénues. Ce-
pin.
10 J'écrivis ce jour-la aussi aux Gouverneur de
la Jamaique, de la Havane, et du président
des Etats-Unis del'Amérigue, pourleur demander des secours en hommes. J'y fus engagé par
im arrêté de PAssemblée générale, qui, de son
côté, envoyoit des commissaires à la Jamaique et
aux -
Es-Unis,poury y faire les mêmes demandes;
lcs réponses ne sont pas encore parvénues. Ce- --- Page 11 ---
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pendant, Don Pépin m'a accusé la réception de
la lettre que je lui ai écrite 3 il m'a mandé qu'il
alloit rassembler les troupes sur la frontière; et
qu'au reçu des ordres de son général, illes feroit entrer dans la partie française ; mais ce Secours sera bien mince ; déjà les Américains en
rade, de cette ville, m'avoient généreusement
offert 150 hommes que j'ai acceptés, et qui se
conduisent parfaitement bien.
L'Assemblée générale considérant que la Colonie étoit dans le plus grand danger, et particnlièrement la partie du Cap, , où les ateliers
étoient en révolte ouverte, et jugeant qu'il étoit
instant d'user de tous les moyens propres à arrêter les maux qui la dévastoient, et dont les
progrès se manifestoient de la marrière la plus
affreuse ; P'Assemblée générale, dis-je 7 sur
Toffre que firent les gens de couleur, de partaget les périls et les fatigues des troupes patriotiques ét de ligne, 2 a accepté leur secours 5 ils
ont laissé pour garant de leur fidélité, leurs
femmes, leurs enfans et leurs propriétés.
Cettè disposition , sage assurément dans les
circonstances où nous sommes, me donna l'espoir de réduire plutôt les rebelles, quand nous
pourrons marcher à eux. En effet ces hommes
de couleur sont craints des nègres, connoissent
leurs allures et sont capables de détourner,jeurs --- Page 12 ---
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projets, 2 ils sont aussi d'un grand soulagement
pour les troupes de ligne et patriotique.
J'en ai disposé aussi-tôt. J'en ai répandu dans
tous les postes et sur-tout dans le morne qui
touche au Cap. Je conserve en ville la majeure
partie de ces hommes pour les avoir au besoin.
La marine royale m'a proposé d'occuper un
poste sur le mont Saint-Michel : j'y ai consenti.
Elle sert avec le plus grand zèle, et elle est on
ne peut pas plus utile..
Quoique le Cap soit toujours l'objet principal
de mes sollicitudes, les paroisses voisines ne
laissent pas que de m'inquiéter vivement, et je
cherche à venir à leur secours, plus sen munitions
deguerre et de bouche, qu'en hommes - ; mais les
moyens me manquent. L'assemblée générale
m'ayant invité de nommer M. de Revouvrai
marechal-de-camp commandant des troupes patriotiques de la partie de l'est de la province
du nord,je lui en ai expedié la commission,
et en même temps je lui ai donné le commandement de 50 hommes de troupes de ligne quise
trouvent dans cette partie. Il doit avec ces forces
former un corps d'environ 500 hommes dont
l'emploi est d'empêcher quel'insurrectionser communique dansla partie du Fort-Dauphin, d'Ouar
naminthe, et dans le cas que les' circonstances
chal-de-camp commandant des troupes patriotiques de la partie de l'est de la province
du nord,je lui en ai expedié la commission,
et en même temps je lui ai donné le commandement de 50 hommes de troupes de ligne quise
trouvent dans cette partie. Il doit avec ces forces
former un corps d'environ 500 hommes dont
l'emploi est d'empêcher quel'insurrectionser communique dansla partie du Fort-Dauphin, d'Ouar
naminthe, et dans le cas que les' circonstances --- Page 13 ---
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lui permissent de faire quelque sortie offensive,
de ne pas négliger l'occasion.
- La partic de l'ouest de la province du Nord
dont certains ateliers Se Sont aussi revoltés, 2
avoit besoin d'un Commandant capable de diriger les troupes patriotiques de cette partie. Sur
l'invitation qui m'a été faite par I'Assembléo
générale,Tai nommé M. Cazamajor, commandant pour le Roi au port de paix, à cette'place;
je lai engagdl composer un corps de citoyens
blanc et d'homes de couleur qui puisse former
avec succès une resistance contre les revoltés
du Borgne, petit St. Louis, Port de Paix, &c.
La Tortue, pouvant devenir au point de retraite pour les citoyens de ces quartiers, j'ai envoyé dans cetteâle les canons, armes et munitions
de guerre, dont j'ai pu disposer. J'ai établi des
'petits bateaux pour croiser , depnis Caracole
jusqu'au port Margot, et de ce dernier lieu dans
le canal de la Tortue ; je leur ai donné l'ordre
de couler généralement toutes les petites embarcations qui pourroient être suspectes, et surtout celles qui auroient à leur bord des nègres
révoltés.
J'ai donné des ordres pour faire venir de la
garnison du Port-au-Prince 300 hommes et 4
pièces d'artillerie qui débarquant aux Gonaives,
occuperont avec les citoyens et hommes de --- Page 14 ---
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couleur, les gorges et passages depuis la Marmelade 2 en occupant les paroisses de Plaisance et du Port-Margot jusqu'à la Mer; par
ce moyenlarevolte sera arrêtée à cette hauteur,
et ne communiquera pas dans les provinces de
lOuest et du Sud, 2 en supposant toute fois
qu'elle n'ait pas été combinée par des blancs
philantropes, quel'ons soupgonunebenucomp avoir
été envoyés de France pour occasionner cette
abominable et inhunaine révolution ; dans ce
dernier cas la Colonie est perdue sans ressource.
L'Assemblée générale s'occupantde son côté de
tout ce quipouvoit tendre au salut de la colonie,
et considérant que la formation detrois régimens
étoit nécessaire, non-seulement pour sa garde
ret sa sûreté, mais encore pour y retirer quantité d'individus que les malheurs du temps ont
plongés dans la misère, par la grande stagnation
quirègne dans presque toutes ses parties; et reconnoissant l'utilité de cette formation, dans
l'état critique où se trouve la Colonie, j'ai approuvé provisoirement l'arrêté de cette Assemblée, dont vous trouverez ci-joint un exemplaire.
M'étant apperçu, dans différentes circonstances, que les troupes patriotiques n'étoient pas
bien pénétrées que, de l'esprit d'ordre et de discipline, dépendoit la sûreté de la ville etla sûreté
individuelle 5 qu'il étoit important de prévenir
noissant l'utilité de cette formation, dans
l'état critique où se trouve la Colonie, j'ai approuvé provisoirement l'arrêté de cette Assemblée, dont vous trouverez ci-joint un exemplaire.
M'étant apperçu, dans différentes circonstances, que les troupes patriotiques n'étoient pas
bien pénétrées que, de l'esprit d'ordre et de discipline, dépendoit la sûreté de la ville etla sûreté
individuelle 5 qu'il étoit important de prévenir --- Page 15 ---
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les malheurs qui pourroient résulter de ces déa
fauts, je disposai un règlement provisoire dont
l'Assembiée générale a absolument adopté les
dispositions.
Désirant pareillement faire rentrer les ateliers
dans leur devoir, par lavoie de la douceur, voulant par-là épargner leur sang et la fortune des
particuliers, j'ai fait un projet de proclamation
que j'ai remis à l'Assemblée générale; ; elle l'a
trouvé impolitique; il est resté sans effet. Je crois
cependant qu'il auroit pu en produire un favorable : je l'ai fait à la portée des rebelles ; je le
joins lici.
J'avois proposé à l'Assemblée générale de me
mettre en plaine avec le régiment du Cap, composé seulement, à cause de ses détachemens au
Mole et autres lieux, de cinq à six cents hommes
au plus ; d'y joindre environ quatre cents mulâtres et tout ce .que j'aurois pu rassembler de
dragons de troupes patriotiques, 3 de laisser le
reste des patriotes pour surveiiler la ville ; mais
la crainte peut-être fondée, pour ne pas dire
la terreur que l'on a au Cap" des mauvaises intentions des esclaves qui y sont renfermés, a
mis obstacle au désir que j'avois de tenir la
campagne 3 seul moyen de reduire et d'écraser
les révoltés 7 qui continuent à sacager la
plaine, parce qu'ils n'y trouvent aucun empê- --- Page 16 ---
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chement. S'ils gaguent les mnornes, ce pent
être une guerre à ne plus finir. Ma propositiori a été unanimement rejetée ; l'on ma
donné généralement de si bonies raisons, que
malgré ma manière de voir, je n'ai pu me
dispenser de me rendre. J'ai peut-être autant
de caractère qu'un autre ; mais je suis homme
public, et dans les circonstances qui intéressént tous les citoyens, j'ai cru devoir étant
aussi à portée des représentans de la Colonie,
leur transmettre mes projets, afin de mettre
à couvert ma responsabilité, et concourir avec
cux 271 micux, et c'est ce que j'ai fait. Je dois
vous prévenir, Monsieur, que j'ai fait une de-.
mande à la Jamaique, de 6020 fusils et 1000.
paires de pistolets, et de 1000 sabres. Notre arsenal est vide , dans toute l'étendue du terme,
excepté en poudre et balles 3 dont nous avons
encore quelque provision. Je vous demande donc
de vouloir bien y pourvoir. Je ne puis vous envoyer aujonrd'hui un état de nos besoins ; mais
ils sont immensés en tout genre. Nous n'avons,
à l'arsenal, aucin, fusil, pas un pistolet ni
sabres; ce sont des demandes qui me sont faites
vingt fois par jour. J'ai la douleur de ne pouvoir satisfaire unchacun. Nous avons, de la
poudre et des bailes ; mais nous en consommons vingt fois plus avec les soldats patriotes
qu'avec les troupes de ligne.
envoyer aujonrd'hui un état de nos besoins ; mais
ils sont immensés en tout genre. Nous n'avons,
à l'arsenal, aucin, fusil, pas un pistolet ni
sabres; ce sont des demandes qui me sont faites
vingt fois par jour. J'ai la douleur de ne pouvoir satisfaire unchacun. Nous avons, de la
poudre et des bailes ; mais nous en consommons vingt fois plus avec les soldats patriotes
qu'avec les troupes de ligne. --- Page 17 ---
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Je demanderois pQur le moment;
15000 fusils garnis de leurs bayonnettes ;
6000 paires de pistolets
6000 sabres;
6000 hommes de troupes-reglées;
2 vaisseaux deligne, des frégates et corvettes;
6000 selles pour la cavalerie patriotique dont
l'emploi est du plus grand avantage; ;
6000 brides.
Voilà un apperçu bien nécesaire si la revolte
s'étend dans les trois provinces.
Signé BLANCHEL A N D B.
P. S. Je viens monsieur de lire ma dépêche,
le stile en est détestable; mais étant nuit et jour
distrait par des courses, et chez moi par mille
et une personnes qui ont ou qui-croyent avoir
affaire à moi, mon recit s'en ressent, 2 il m'est
impossible d'être plus éloquent,je vous demande
de l'indulgence en faveur des circonstances. Je
vous engage à venir promptement à notre
secours.
APARIS
DE L'IMPRIMERIE DES AFFICHES,
Hotel de Ia Correspondance, Rue Neuve St. Augustin. --- Page 18 ---
63-134
E791
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WORMCER
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