--- Page 1 --- --- Page 2 ---
EA
e
-
-
-
E7
GAGA : 0:
Bohn Carter Broton. --- Page 3 ---
--- Page 4 ---
HTC.
D.23.
+1. --- Page 5 ---
Yxl towsullatoie de uu. Dillos erc pour
lor auercus Colous det 4. Ponr uuque. Pauis 1820
* 2. bauie albu: da Fay cttes ehe.
IL
*. 3. Reelanatow der Colour Fraucpis -UAu gour
vernemcut-eu.
de Prerre 1829
*4 Derition cles Yomemer cle Cou uleur de
la Mavtriaigueor
Paris 1829
- S.Jaeyreger ou 2 wugralzi : douhon.! 1829
* G.bel"Ojtrawclebnewerewr Der Moii Maon1erg
*7 Ou the Dinrurbancer vi boutto
Cmenei
(
soubon 1880
*8.Cowntitaliw cler Erat lus - Pars. - 1880
*qbujaw i De Labolitow 2h
: 1880 --- Page 6 ---
- - --- Page 7 ---
CONSULTATION
DE
CNN
CARTER
MM. DALLOZ,
BROWN)
DELAGRANGE, HENNEQUIN 2 DUPIN JEUNE
ET AUTRES JURISCONSULTES,
POUR
LES ANCIENS COLONS DE S-DOMINGUE,
PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE MADAME VEUVE AGASSE,
RUE DES POITEVINS, No 6.
1829. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
-
CONSULTATION
POUR
LES ANCIENS COLONS DE SAINT-DONINGUE.
L CONSEIL SOUSSIGNÉ, qui a vu le Mémoire
et les pétitions pour les anciens colons de
Saint - Domingne; ensemble l'ordonnance
d'émancipation de cette colonie, la loi destinée à régler la répartition de l'indemnité
stipulée du gouvernement haîtien, et divers
documens relatifs aux négociations intervenues entre ce gouvernement et celui de la
France;
CONSUITÉ sur le point de savoir si le
Gouvernement français est garant envers
les colons du paiement des 150 millions stipulés à leur profit dans l'ordonnance d'émancipation;
--- Page 10 ---
a Taur
(2)
Tobligation de cette garantic
EsT D'AVIS quc
lui, et qu'il est tenu
existe effectivement pour
envers les colons les engagemens
d'accomplir
remplis par le gouvernequi ne seraient pas
ment haitien.
le conseil soussigné se propose
C'est ce que
réclame
d'établir avec les développemens que
des
de la question et la gravité
l'importance rattachent. On va d'abord exintérêts quis'y
inutile
les faits, et il ne sera point
poser
d'un peu haut; car il y a,
de les reprendre
des
dans l'histoire même de la colonie,
argufaveur des Français que les événemens en
mens en ont bannis.
HISTORIQUE
ET DES NÉGOCIATIONS RELATIFS A
DES ÉVÉNEMENS
T'ÉMANCIPATION DE SAINT-DOSINGUE.
Christophe Colomb, cherchant
Lorsque monde, rencontra Saint-Doun nouveau décembre 1492, cette fle portait
minguc, lc 4
allait lui
le noml d'Haiti, que la conquête
faire perdre, ct que, plus tard, une révolution devait lui rendrc.
La beauté dc son ciel, la fertilité de son
-
ISTORIQUE
ET DES NÉGOCIATIONS RELATIFS A
DES ÉVÉNEMENS
T'ÉMANCIPATION DE SAINT-DOSINGUE.
Christophe Colomb, cherchant
Lorsque monde, rencontra Saint-Doun nouveau décembre 1492, cette fle portait
minguc, lc 4
allait lui
le noml d'Haiti, que la conquête
faire perdre, ct que, plus tard, une révolution devait lui rendrc.
La beauté dc son ciel, la fertilité de son
- --- Page 11 ---
(3)
territoire, les nombreuses rivières
sent, la nature précieuse des
quil'arrocroissent, tout s'y réunissait produits qui y
pour fournir
abondamment aux besoins d'une vie
et facile; et ses habitans
douce
d'admettre les
ne refusaient point
leur heureux nouveaux venus au partage de
séjour.
Mais les Espagnols cherchaient
non de la terre. Ils se
de l'or et
les vit bientôt le
montrèrent là tels que
continent
avidité insatiable et féroce américain; leur
poir un peuple dont le
poussa au désesaurait
naturel débonnaire
supporté, sans
moins
murmure, une tyrannie
oppressive. Les indigènes
d'opposer la force à la violence. essayèrent
d'entr'eux fut exterminée
Une partie
inégale; le reste
dans cette lutte
succomba
travaux et aux misères dont rapidement ils
aux
blés après leur soumission.
furent accaLeur race
disparut en moins d'un siècle, Ils
entière
million lors de la
étaient un
1586, il en restait découverte, deux
en 1492. En
qu'un peuple avait été là cents, pour attester
pagnols y fussent
avant que des Esvenus.
Le ciel gardait une
tructeurs. Lile,
punition à leurs desd'abord ravagéc
expédition anglaise, fut bientôt
par une
conquise par --- Page 12 ---
-A
A
(4)
aventuriers sortis des ports de la Grandedes
France. C'étaient CCS Fli-.
Brelagne et de la
hommes
bustiers, enfans perdus de lEurope,1
que n'effrayait auintrépides et farouches,
fatigue;
ne rebutait aucune
cun péril, que
de la gloire et sans crainte
qui, sans ambition
obscurément dede la mnort, accomplissaient
laissé à la
entreprises, et ont
gigantesques
de leurs exploits sans
postérité le souvenir
lui transmettre celui de leurs noms.
arrivées au même 1 instant
Les deux troupes,
chadenx côtés opposés, convinrent que
par
le terrain qu'elle avait
cune d'elles garderait
une
Elles firent en même temps
parcouru. offensive et défensive pour s'en
alliance
Mais
garentir mutuellement la possession.
sculs surent s'y mainnos compatriotes
bientôt chassés.
tenir; lcs Anglais en furent
des
Ainsi, sans le secours de leur patric,
Françaislui gagnaient un ricbhepays.Dantres
devaient un jour aussi le défendre
Français
de leurs bras et de
avec les seules ressources
leurs
leur courage 5 mais, moins heureux que
inntilement
devanciers, ils devaient répandre
Jeur sang pour sa conservation.
La France se mnontra pendant long-temps
indifférente à Pacquisition qui avait été faite
-
lais en furent
des
Ainsi, sans le secours de leur patric,
Françaislui gagnaient un ricbhepays.Dantres
devaient un jour aussi le défendre
Français
de leurs bras et de
avec les seules ressources
leurs
leur courage 5 mais, moins heureux que
inntilement
devanciers, ils devaient répandre
Jeur sang pour sa conservation.
La France se mnontra pendant long-temps
indifférente à Pacquisition qui avait été faite
- --- Page 13 ---
(5)
en son nom par ses hardis sujets. Mais enfin
elle entrevit les avantages
que pouvait offrir
Saint-Domingue duits
sous le rapport de ses
et de sa position. On
prodonner
songea donc à
une administration régulière à la
partie française de cette ile;
elle reçut son
et, en 1665,
premier gouverneur.
A partir de cette époque, la colonie
une assez longue suite de
subit
attaques
vicissitudes. Des
au-dehors, des révoltes à l'intérieur, l'incapacité de
quelques-uns de ses
administrateurs, des fléaux dans
périrent les arbres précieux
lesquels
richesse, des maladies
qui faisaient sa
partie de sa
qui emportèrent une
des deux
population, enfin, les revers
compagnies commerciales, à
son territoire fut successivement
qui
rent la désoier tour à
cédé, vintour, et empêcher le
développement des germes de
qu'elle portait dans son sein.
prospérité
Cependant elle résista à toutes ces calamités; au commencement du dix-huitième
siècle, elle offrait
déjà un aspect
et elle ne tarda pas à
florissant,
point de
parvenir au plus haut
splendeur.
On nc peut SC défendre d'un
regret amner --- Page 14 ---
(6)
quand on se rappelle le tableau
tait l'fle à ce brillant
que présenSituée
période de sa fortune.
entre deux mondes comme
termédiaire pour les relations
un inl'autre, centre d'un
de l'un et de
clle
commerce immense dont
prenait toutes les mnatières dans
sol, fréquentée
son
par toutes les nations de
l'Europe, elle s'étendait au milieu de
avec ses riches
l'Océan
cultures, ses villes bien
peuplées et ses ports remplis de
navires : vraimnent digne de
nombreux
des Antilles
ce titre de reine
que n'ont osé lui
aucune de ses soeurs de
disputer
terre
l'archipel! Sur cette
privilégiéc, le négoce semblait
perdu ses hasards funestes
avoir
que des chances
pour n'offiir
Saint
favorables; ayoir touché
Domingue, c'était pour ainsi
avoir abordé la fortune.
dire
réel, l'activité
Dans cet Eldorado
et l'industrie
mincs dont On n'avait
trouvaient des
point à craindre
Pépuisement. Elle
maritinnes la
épanchait sur nOS villes
source d'une
lence : et Ce n'était
intarissable opuplein de l'abondance pourtant que le trop
enfans. Riches
qu'elle prodiguait à ses
n'avaient
cntre les xichcs, les colons
rien à désirer de cC
acheté au prix de
qui peut être
lor; et ils avaient aussi
On n'avait
trouvaient des
point à craindre
Pépuisement. Elle
maritinnes la
épanchait sur nOS villes
source d'une
lence : et Ce n'était
intarissable opuplein de l'abondance pourtant que le trop
enfans. Riches
qu'elle prodiguait à ses
n'avaient
cntre les xichcs, les colons
rien à désirer de cC
acheté au prix de
qui peut être
lor; et ils avaient aussi --- Page 15 ---
(7)
des plaisirs que l'or ne donne
eux les jonissances d'une belle
pas. Pour
saient aux
nature s'unisjouissances du luxe. Le sol
portait le cotonnier et la canne à
qui
rissait aussi les arbustes
sucre nourcieux
odorans et les préaromates. Dans ces beaux lieux leurs
jours étaient une succession de
le climat éclatant
fêtes; et sous
s'écoulait
des tropiques, leur vie
enchantée comme la terre qui les
entourait, comme le ciel qui brillait
leurs têtes.
sur
Tels étaient
reux habitans, Saint-Domingne et ses heuaffreuse
quand une catastrophe aussi
qu'imprévue vint leur
revers plus grands
apporter des
que n'avait été leur
périté, Qu'on leur
prospardonne ici un
qu'il ne leur est pas donné d'oublier! souvenir
des bords de la
Ce fut
signal de leurs mnère-patrie que partit le
françaises
désastres; c'est par des voix
que furent déchaînés contre
ces Africains qui semblèrent
eux
leurs vengeances la férocité
trouver dans
leurs déserts. Les
des monstres de
derniers
infortunés qui subirent
représentans des
alors leurs
ne raconteront
fureurs,
horribles
pas combien elles furent
: les contemporains le savent
l'histoire le dira à la
et
postérité. Elle dira les --- Page 16 ---
-
(8)
incendics, lcs carnages,la mort
lentement sous ses formes les
prolongée
et tous ces raflinemens de l'art plus cruelles,
des supplices,
éponvantable industrie des tribus
Un mot fera juger cette
sauvages.
ct de
oeuvre de barbarie
rage. Quand les députés noirs
dirent à la Convention le récit des entendont
crimes
quelques- s-uns de ses membres avaient
désolé nos provinces à une funeste
l'un d'eux s'étonna du
époque,
manifestait
saisissement qui se
autour de lui, et dit
CC Moi en avoir bien fait
froidement :
d'autres à SaintDomingue >>,
Au milieu de ces horreurs,
une armée anglaise,
parut, en 1794,
de vains efforts
qui, jusqu'en 1798, fis
pour étendre la domination
britannique sur
de la colonie Saint-Domingue. où
Les parties
les Anglais avaient été
reçus reprirent bientôt leur ancienne
deur. Les propriétaires furent
splenla jouissance de Jeurs
rétablis dans
furent affermés
biens; ceux des absens
dans l'intérêt de ces anciens
possesseurs, et le gouvernement
achève en CC moment de leur
anglais
rembourser lcs
fermages qa'il a reçus pour cux.
Les dépenses
entraîner
qu'avait causées ct que cicyait
encore cette expédition ct le
peu
ientôt leur ancienne
deur. Les propriétaires furent
splenla jouissance de Jeurs
rétablis dans
furent affermés
biens; ceux des absens
dans l'intérêt de ces anciens
possesseurs, et le gouvernement
achève en CC moment de leur
anglais
rembourser lcs
fermages qa'il a reçus pour cux.
Les dépenses
entraîner
qu'avait causées ct que cicyait
encore cette expédition ct le
peu --- Page 17 ---
(9)
de succès qu'elle promettait
le
déterminérent
gouvernement anglais à retirer ses
au mois d'août 1798; mais
troupes
un traité
auparavant il fit
avec Toussaint, chef noir qui commandait dans les parties de la colonie dont
les Anglais n'avaient
pu s'emparer.
Par ce traité la vie et les biens des anciens
propriétaires leur furent
garantis; et Toussaint, fidèle à cet engagement,
propriétaires et rétablit l'ordre rappela ces
dans
et les cultures
toute la colonie.
En 1802, l'expédition du général
vint détruire
Leclerc
l'ouvrage de Tousaint-rOnvertwcO)-Cdluiciqmiseaine
fidèle à la
étéscrepaleusoment
France, se voyant l'objet de cette
expédition, se défendit par le massacre
l'incendie.
et
La retraite de l'armée
française, en
consomma la misère des colons
1803,
qui avaient
(1) Iln'est pas inutile de rappeler ici
la courteoccupation de la colonie
le que, pendant
un grand nombre d'habitations par général Leclerc,
absens, furent
appartemant à des colons
affermées au nom de la
çaise, comme elles l'avaient été
république frangouvernement anglais ; mais, à la précédemment par le
gleterre, la France n'a
différence de PAnpropriétaires des
pas tenu compte aux anciens
fermages qu'elle a pu percevoir, --- Page 18 ---
A A
(10)
Dénués de tout, à
échappé aux massacres.
T'insuffisante aupeine préservés à demi par
du
mône que leur faisait l'impuissante pitié de
Gouvernement, ils effrayaient de l'aspect
avaient éblouis du
leur détresse ceux qu'ils
de leur opulence; on les contemspectacle
émotion pénible, en compaplait avec une
destinée :
rant leur sort passé à leur présente
dérision de la fortune, ou leçon
amère
sur les vicissitudes
terrible de la Providence
humaines!
leur existence parmi les
Ainsi se traîna
sont
privations, les besoins ct les mnaux qui
le cortége de l'indigence, surtout quand clle
succède à la richesse : moins malheureux
ce qu'ils étaient, que par le souencore par
avaient été, ils n'avaient,
venir de ce qu'ils
le
opposer à tant de souffrances, que
pour sentiment de leurs droits et l'espérance,
éloiguée, de les voir cnfin
chaque jour plus
rétablis.
d'un avenir
Cette lointaine perspective
ancilleur, sembla pourtant sC rapprocher
d'eux. Quand Phomme, sous l'empire de qui
voiles étaient emprisonnées dans nos
110S
fut tombé
ports par Jcs flottes anglaises,
quand la France, réconciliée
de son trône;
- -
de souffrances, que
pour sentiment de leurs droits et l'espérance,
éloiguée, de les voir cnfin
chaque jour plus
rétablis.
d'un avenir
Cette lointaine perspective
ancilleur, sembla pourtant sC rapprocher
d'eux. Quand Phomme, sous l'empire de qui
voiles étaient emprisonnées dans nos
110S
fut tombé
ports par Jcs flottes anglaises,
quand la France, réconciliée
de son trône;
- - --- Page 19 ---
(11)
avec l'Europe par le retour de ses souverains
légitimes, put montrer son payillon
mners, les colons se
sur les
devait plus désormais réjouirent; car il ne
se trouver de
ennemis entre nous et
vaisseaux
Saint -
nous pouvions enfin
Domingue, et
rivages de l'ile infidèle. porter nos armes sur les
Ce droit, d'ailleurs
incontestable, nous avait été
reconnu par les souverains formellement
article du traité de
alliés, dans un
mai 1814.
paix conclu à Paris, le 30
Mais les événemens du
bèrent pendant
20 mars absordu
un temps toutes les pensées
Gouvernement
de tourner
royal, et
ses regards du côté l'empéchèrent de
cienne colonie. Ce ne fut
notre an1816,
qu'au mois d'août
que l'on songea à la faire rentrer
la domination du
sous
officiels
Roi, et que des envoyés
partis du port de Brest
tenter une négociation
allèrent
cas de non succès, devoir qu'on croyait, en
expédition
être suivie d'une
armée.
Ils trouvèrent la partie
divisée en deux états,
française de l'ile
nisation
ayant une sorte d'orgarégulière, dont l'un,
de république,
sous la formc
président Pétion recomnaissait pour chef le
5 ct dont l'autre, sous celle --- Page 20 ---
:
(12)
d'une monarchie, était
negre Christophe.
tyrannisée par Ie
Ce dernier, dont le nom odieux
servé de l'oubli par le souvenir
sera prétés, était si
de ses cruautôme de
stupidement jaloux de son fanroyanté qu'il repoussa toutes les
communications, par la seule raison
la suscription des lettres des
que
Jui donnait le
commissaires
cclui de
simple titre de général, et non
majesté.
Pétion était un autre homme. Il écouta
volontiers les ouvertures
faites ; mais i! ne les
qui lui furemt
voyés voulaient
accueillit pas. Les enlui faire reconnaître la souveraineté de la France; et Pétion
contraire, comme
exigeait au
de tout traité, la préliminaire indispensable
pendance absolue reconnaissance de l'indéde son pays.La:
fint donc rompuc.
négociation
avait
Toutefois, cette tentativé
disposé à un
fut donc
rapprochement; elle nc
pas sans résultat. Les colons
en outre faire
doivent
SCS circonstances remarquer ici, comme une de
pour le cas où la intéressantes, base
que Pétion,
admise, offrit
qu'il proposait serait
son
spontanément, au nom de
gouvernement, une indemnité
ancien planteurs
pour les
dépossédés. Tant il avait le
avait
Toutefois, cette tentativé
disposé à un
fut donc
rapprochement; elle nc
pas sans résultat. Les colons
en outre faire
doivent
SCS circonstances remarquer ici, comme une de
pour le cas où la intéressantes, base
que Pétion,
admise, offrit
qu'il proposait serait
son
spontanément, au nom de
gouvernement, une indemnité
ancien planteurs
pour les
dépossédés. Tant il avait le --- Page 21 ---
(13)
sentiment de l'injustice de leur
et de Tillégitimité de la
expropriation
teurs actuels !
possession des détenLes commnissaires revinrent
et bientôt s'opéra dans l'ile
en France;
volution. Pétion
une nouvelle rélui
était mort; le général
avait succédé dans la
Boyer
sujets de
présidence. Les
Christophe, las de son
et de sa barbarie, secouèrent
despotisme
Il se donna la mort.
enfin son joug.
des habitans du district Appelé par les voeux
qu'il nommait sOn
royaume, Boyer s'en empara et le
sa république, dontlui-mème
réunit à
étaitle
magistrat. Ce petit état
premier
de territoire autrefois
comprit alors tout
Bientôt même la
possédé par la France.
demeurée fidèle partie qui jusque Ia était
à la domination
s'y joignit aussi. L'ile tout entière espagnole
plus alors qu'une seule
ne forma
nom
de République d'Haîti. souveraineté, sous le
Ce nouvel état de choses favorisait
prise des négociations,
la replus à traiter
puisqu'on n'avait
qu'avec un
unique, Elles furent donc gouvernement
renouées.
iquoique la France consentit
Mais,
partir du principe de la
alors à se déconcession ne suffit
souveraincté, cette
pas pour amener une --- Page 22 ---
(14)
conclusion. Du reste, le
offrit une indemnité,
président d'Haiti
prédécesseur.
comme l'avait fait son
Ceci se passait en 1821.
Une autre tentative,
également inutile,
futengagée en 1823 par le général
en cette
Boyer, qui,
occasion, prit à son tour
Enfin, en 1824, de nouvelles l'initiative.
s'entamèrent. Dcs
négociations
rendirent à Paris. Un commissaires haîtiens se
être signé,
traité semblait prêt à
quand tout fut abandonné
une fois.
encore
Ce fut alors, ctjusqu'au mois de
que divers agens de maisons de mars 1825,
et de Londres firent à
Hamb ourg
proposition
plusieurs colons la
d'acquérir leurs biens. Ces
positions, qu'on peut présumer
proavoir été ordonnées
avec raison
par Boyer,
aucun résultat,
n'eurent
parce qu'on apprit que la
négociation, si souvent
été reprise et consommée. interrompue, avait
de juillet 1825, M. le
En effet, au mois
baron de
taine de vaisseau,
Mackau, capiaujourd'hui
porta à Haiti une ordonnance contre-amiral,
ainsi conçue :
d'émancipation
<C Voulant pourvoir à CC
> l'intérêt du
que réclament
commerce
les
> heurs des anciens
français,
malcolons de Saint-Do-
-
ation, si souvent
été reprise et consommée. interrompue, avait
de juillet 1825, M. le
En effet, au mois
baron de
taine de vaisseau,
Mackau, capiaujourd'hui
porta à Haiti une ordonnance contre-amiral,
ainsi conçue :
d'émancipation
<C Voulant pourvoir à CC
> l'intérêt du
que réclament
commerce
les
> heurs des anciens
français,
malcolons de Saint-Do-
- --- Page 23 ---
(15) )
>> mingue, et l'état précaire des
> actuels de cette ile;
habitans
> Nous avons ordonné et
>> qui suit: :
ordonnons ce
> ARTICLE ier, Les ports de la
> çaise de
partie franSaint-Domingue seront
>> au commerce de toutes les
ouverts
> droits
nations. Les
perçus dans ces ports, soit
>> navires, soit Sur les
sur les
>> l'entrée qu'à la
marchandises, tant à
sortie, seront
>> uniformes
égaux et
pour tous les
>> le pavillon
pavillons, excepté
français en faveur
>> droits seront réduits de
duquel ces
moitié,
>> ART. 2. Les habitans
> partie
actuels de la
française de
> seront à la caisse des Saint-Domingue ver-
> tions de France
dépôts et consignaen cinq termes
>> d'année en année, le
égaux,
>> au 31 décembre
premier échéant
1825, la
>> cinquante millions
somme de cent
de francs,
>> dédommager les anciens
destinés à
colons
> meront une indemnité.
qui récla-
> ART. 3. Nous
> tions, parla
concédons, à ces condiprésente
3> bitans actuels de la ordonnance, aux ha.
partie
>> de Saint-Domingue,
française de l'ile
2 et entière de leur
l'indépendance pleine
gouvernement. >> --- Page 24 ---
(16)
Tel était l'acte
donnait
par lequel le Roi abansa souveraineté sur une ancienne
dépendance de son
le démembrement royaume, et légitimait
ment effectué,
qui en avait été violemCet acte reçut bientôt
naturel. La loi du 30 avril son complément
guée. Elle
1826 fut promulrégla la répartition,
ayant-droit, de l'indemnité
entre les
ticle dernier de
exigée par l'arl'ordonnance.
Mais il paraît
qu'en se
cette indemnité, le
soumettant à payer
avait
gouvernement haîtien
accepté une obligation qui
ressources, ou du moins dont dépassait ses
ment lui était impossible
l'accomplissecourts qui lui avaient dans les délais trop
faire les fonds du
été fixés. Il n'a pu
l'aide d'un
premier cinquième qu'à
emprunt : il est
en retard des trois
mnaintenant
échus, et on n'entrevoit autres qui sont déjà
sibilité de s'en libérer pas pour lui la posà une
prochée.
époque rapCe qui est certain, c'est
attendent inntilement
que les colons
les trois
qu'ils devraient avoir
cinquièmes
leur fait prévoir
reçus, et que rien ne
T'approche du moment où
-
l'aide d'un
premier cinquième qu'à
emprunt : il est
en retard des trois
mnaintenant
échus, et on n'entrevoit autres qui sont déjà
sibilité de s'en libérer pas pour lui la posà une
prochée.
époque rapCe qui est certain, c'est
attendent inntilement
que les colons
les trois
qu'ils devraient avoir
cinquièmes
leur fait prévoir
reçus, et que rien ne
T'approche du moment où
- --- Page 25 ---
-
(17)
ils les toucheront. Or, dans cette incertitude,
leur position, déjà si malheureuse, s'aggrave
tous les jours ; et comme le Gouvernement se montre peu empressé à venir audevant de leurs besoins, ils veulent savoir
s'ils ne sont pas fondés à voir en lui un
garant des obligations de la République
d'Haiti.
LE CONSEIL SOUSSIGNÉ va exposer les raisons
qui l'ont déterminé à résoudre affirmativement cette question.
DISCUSSION.
L'obligation de l'Etat envers les colons
dérive d'une double source.
Ilest leur débiteur, d'abord, parce qu'il a,
defait, aliéné la propriété de leurs biens,
et,
qu'à ce titre, 2 ils ont le droit de lui en demander le prix.
Il est leur débiteur, en second lieu,
qu'il était tenu de leur en faire
parce
recouvrer la
possession, et que sa renonciation solennelle
à l'accomplissement de ce devoir se résout
naturellement en une dette de dommagesintérêts.
Ces deux propositions seront successivement l'objet de deux paragraphes distincts.
--- Page 26 ---
(18)
S Ier,
Obligation de PEtat par suite de
tion des
Paliénahéritages des colons.
Quand une nation, usant du
lui appartient sur tous
pouvoir qui
à quelques
Ses membres,
uns d'entre eux le
impose
leurs propriétés
sacrifice de
indemniser de la particulières, elle doit les
Ce
perte qu'elle leur
principe du droit
inflige.
peuples, est
public de tous les
royaume parl'article spécialement érigé en loi du
l'article
545 du Code civil et
10 de la Charte
par
Il n'avait
constitutionnelle.
pas besoin de cette
expresse pour devenir
promulgation
naturelle dit assez
obligatoire, car la loi
dommage est tenu que de quiconque cause un
le
d'autant plus
réparer 5 règle
nations,
applicable aux devoirs des
qu'elles sont plus obligées de
l'exemple de la
donner
alors
justice, et que la réparation,
supportée par une multitude
vidus, est à peine sensible
d'indid'eux.
pour chacun
Si donc les anciens colons
mingue établissent
de Saint-Doque l'ordonnance
cipation, acceptée
d'émanpar Haiti, a formé entre
-
que cause un
le
d'autant plus
réparer 5 règle
nations,
applicable aux devoirs des
qu'elles sont plus obligées de
l'exemple de la
donner
alors
justice, et que la réparation,
supportée par une multitude
vidus, est à peine sensible
d'indid'eux.
pour chacun
Si donc les anciens colons
mingue établissent
de Saint-Doque l'ordonnance
cipation, acceptée
d'émanpar Haiti, a formé entre
- --- Page 27 ---
(19)
cette fle et la France un contrat dans
Jeurs héritages ont été nécessairement lequel
à la république
cédés
par notre
ils
auront
Gouvernement,
par là même prouvé que notre
est débitrice envers eux de la valeur de patrie leurs
propriétés, et qu'elle est obligée par conséquent de leur en payer le prix, à moins
le
gouvernement haîtien ne l'affranchisse que
cette obligation en
de
l'accomplissant à sa place,
Or, c'est là une vérité sensible
même, et qui paraît
en ellepouvoir être facilement
portée au dernier terme de démonstration.
Il est vrai que l'acte par lequel le Roi
cède aux Haïtiens
conl'indépendance de leur
gouvernement ne contient pas les mots de
vente ou de cession des propriétés
et ne semble pas ostensiblement
privées,
sort des biens qui étaient
s'occuper du
à
autrefois possédés
Saint-Domingue par des Français.
Mais, on le sait, en droit politique
en droit civil, les actes
comme
effets réels et non
s'apprécient par leurs
de leurs
pas seulement par la lettre
textes. La raison en est sensible:
c'estqu'en définitiveles transactions
à homme, ou de peuple à
d'homine
les intérêts des
peuple, affectent
parties par leurs
non parleurs formes.
résultats, et
L'ordonnance d'éman- --- Page 28 ---
-
( - 20)
n'y lise pâs la clause
éipation, bien qu'on
devra donc être
de transfert des propriétés, aliénation, si elle
néanmoins tenue pour une
les conséquences.
en a virtuellement
ses effets; il y a
Ainsi, il faut rechercher
c'est de juger
aisé de les connaitre:
un moyen
nécessairement dû vouloir lui
ceux qu'ont
contractantes
les deux parties
faire produire
respective au moment
d'après leur position d'abord celle d'Haiti.
du traité. Examinons
l'état où elle se
dans
Cette république,
des négociations
trouvait avant la conclusion
deux
elle et nous, avait à satisfaire
entre
la volonté seule de
grands besoins, auxquels
la France pouvait pourvoir.
comine état,
Il lui fallait d'abord acquérir,
de droit qui lui manquait
une indépendance
de fait
toujours, en dépit de l'indépendance Telle
événemens lui avaient procurée.
que les
alors, elle se trouvait hors de
qu'elle était
Arrivée a la vie politique
la loi des nations.
il lui fallait
par une naissance irrégulière, être admise aux droits
une légitimation pour dans la grande famille de
qui appartiennent,
d'hommes
T'humanité, à chaque agrégation
constituée en corps de peuple.
légalement
des empires civilisés
Tous les gouvernemens
de l'indépendance Telle
événemens lui avaient procurée.
que les
alors, elle se trouvait hors de
qu'elle était
Arrivée a la vie politique
la loi des nations.
il lui fallait
par une naissance irrégulière, être admise aux droits
une légitimation pour dans la grande famille de
qui appartiennent,
d'hommes
T'humanité, à chaque agrégation
constituée en corps de peuple.
légalement
des empires civilisés
Tous les gouvernemens --- Page 29 ---
(21 )
pouvaient et, disons mieux, devaient méconnaître le sien : car le droit public du monde
entier ne Jeur permettait de voir dans
gistrats que les dépositaires d'une
ses mausurpée. Ainsinul ne pouvait recevoir puissance
bassadeurs; nulle
ses ampart ellene pouvait envoyer
Saomadiplonatiguepeer
des ses nationanx chez
veillerauxintérêts
l'étranger. Sur les
son pavillon était sans force
mers,
sujets et couvrir
pour protéger ses
ses vaisseaux; et les pirates
pouvaient, comme il est arrivé plus
fois aux nouveaux états de
d'une
sud, de la part des
l'Amérique du
de ses
barbaresques, s'emparer
navires, en disant qu'ils ne
saient point parmi les nations celle connaisbâtimens portaient les
dont ces
couleurs. Enfin,
que différée que fût par les circonstances quelvengeance de la
la
métropole, dont
été violemment
lejoug avait
secoué, elle pouvait
dant éclater un jour, plus
cepenmême qu'elle aurait été terrible, par cela
rivages de leur ile les
plus lente; et des
Haîtiens
aux bords de l'Europe
apercevaient
France,
l'épée du Roi de
menaçante et redoutable
quoique lointaine.
encore,
Telle était la première nécessité
pressait, dans la
qui les
position douteuse où les --- Page 30 ---
(22 )
opéré par
avait mis leur affranchissement, du 117 avril 11825
une révolte: et l'ordonnance faisant sortir de cette
en les
de
y pourvoyait,
Libres alors, de l'aveu
condition ambigué. liberté était lavée de sa
leur souverain, leur
retranchés
Ils n'étaient plus
tache originelle.
chaque goude la communion des peuples; ouvrir avec
vernement pouvait légalement
relations officielles : leur drapeau
eux des
toutes les nations
devenait un signe auquel
honneur et respect, et sous lequel
devaient
et sûreté: Enfin, ils
ils trouvaient protection de la crainte de voir
étaient délivrés à jamais
descendre sur
un jour une armée française
leur rapportant une servitude
leurs bords,
appesantie par la vengeance.
inviolabilité
Mais ce n'était pas là la seule
la
besoin d'acquérir; chez eux
qu'ils eussent était entachée du même vice
propriété privée
Le domaine émique la propriété publique. le domaine utile
nent de tout le territoire et affectés de la
de chaque héritage étaient
avait été
même illégalité; car si le premier
le
ravi au Roi de France par la rébellion,
sccond avait été arraché à des Français par
la violence.
obteAu moment oùt leur gouvernement
A - C
la
besoin d'acquérir; chez eux
qu'ils eussent était entachée du même vice
propriété privée
Le domaine émique la propriété publique. le domaine utile
nent de tout le territoire et affectés de la
de chaque héritage étaient
avait été
même illégalité; car si le premier
le
ravi au Roi de France par la rébellion,
sccond avait été arraché à des Français par
la violence.
obteAu moment oùt leur gouvernement
A - C --- Page 31 ---
(23) )
la possession de
nait notre sanction pour
de la
l'un, il ne ponvait donc pas manquér et l'on
demander aussi pour celle de l'autre :
motifs qui lui comcomprend les impérieux accorder une même
mandaient de se faire
allait du repos
faveur pour tous les deux. Ily
et de la
du bonheur des individus,
public,
sûreté même de létat.
Haitiens détenSi la simple occupation des
teurs d'héritages appartenant précédemment le
n'était pas transformée par
aux planteurs
légititime, qu'arrivaittraité en une propriété devenue notre amie,
il? Que la république,
et forcée à ce titre, comme tout gouverne- de
d'écouter les réclamations
ment régulier,
allait
contre ses sujets,
nos compatriotes assaillis d'une multitude
voir ses tribunaux
Tous les Français qui par
de revendications.
auteurs avaient droit
eux-mêmes ou par leurs
ci-devant
du sol denotre
à quelque portion
en Haiti, et
colonic, allaient se transporter
redemander la jonissance de leurs patrimoines. En bonne justice, il n'y avait point
de raison solide à leur opposer, car, d'un côté,
nier qu'eux ou leurs prédéceson ne pouvait induement été expulsés; et
seurs n'eussent
dans une cession de
de l'autre, on sait que --- Page 32 ---
(24)
territoire effectuée d'état à
particulières sont
état, les propriétés
maitres, un pareil toujours réservées à leurs
acte
que l'abdication de la n'ayant d'autre objet
Quelle était donc alors souveraineté,
allait être offerte au
T'alternative qui
Ordonnait-il à ses gouvernement haîtien ?
les justes demandes tribunaux de repousser
violait les lois de
de nos compatriotes, il
ane sanction plus l'équité; et, ce qui était ici
gnage de la
sûre que celle du témoi-.
conscience, ils
roux de notre pays, à s'exposait tau courtés ne manqueraient qui les Français rebuleurs plaintes.
pas de venir rapporter
les Prescrivait-il à ses magistrats
réclamations dés anciens
d'accueillin
quels bouleversemens
colons, alors
dangers pour lui!
dans son sein, et quels
Quoi donc! il aurait voulu
ger entre plusieurs milliers
laisser s'engaAepinansestner de Français et un
lottejudicinire où le blancaumit snationaux, une
créancier, et l'homme de
figurécommne
comme
couleur ou le nègre
été donner débsiteurstOnvrire le
de tels débats, c'edt
aux animosités signal d'une guerre. Pense-t-on
le seul contact qui se seraient réveillées
des parties au moment par
où les
-
entre plusieurs milliers
laisser s'engaAepinansestner de Français et un
lottejudicinire où le blancaumit snationaux, une
créancier, et l'homme de
figurécommne
comme
couleur ou le nègre
été donner débsiteurstOnvrire le
de tels débats, c'edt
aux animosités signal d'une guerre. Pense-t-on
le seul contact qui se seraient réveillées
des parties au moment par
où les
- --- Page 33 ---
(25 )
représentans des anciens maîtres et ceux des
anciens esclaves se seraient trouvés en
sence P Voit-on arriver ensemble
prémême tribunal
au pied du
un vieux planteur et un vieux
nègre se rapportant mutuellement une haine
aigrie, dans l'an, par quarante ans de misère,
exaspérée dans l'autre par l'odieux
de la servitude ? 0
souvenir
Ce danger s'offrait trop naturellement à la
pensée du gouvernement
il
vait vouloir
haîtien; ne pouen courir les risques : il ne
vait être dans sa résolution d'affronter pouresponsabilité aussi
une
effrayante. Il savait
que la législature de son
trop
pays ne lui aurait
pas accordé, après un traité semblable, le
bill d'indemnité dont il avait besoin; il savait
trop que, dans les deux Chambres ainsi
dans le reste de la
il
que
volonté ni le
nation, n'y avait ni la
pouvoir de payer deux
nités à la
indemFrance, une première en
une seconde en détail. Il devait donc masse, et
qu'au prix des 150 millions
exiger
tout fit terminé
qu'il promettait
et
entre son pays et le
que l'ordonnance
nôtre,
remise
d'émancipation lui fit
comme titre de la propriété désormais
incommutable et libre de tous les anciens héritages français à Saint-Domingue. --- Page 34 ---
L
(26)
Maintenant, cette intention de sa
elle accueillie
part était
par une intention
la part de notre
semblable de
administration P Et
par la prestation
quand,
stipulée au dernier article de
l'ordonnance, 2 le président Boyer
acheter la libération du
entendait
gouvernés, le Roi de France patrimoine de ses
la lui vendreP C'est
entendait-il aussi
ce dont il n'est
permis de douter d'après toute la conduite pas
notre ministère dans cette
de
suffiraitmêmeap
affaire, et ce que
prouverce quivientd'être
Le
dit.
Gouvernementfiangain ne
rer la position du
pouvait ignon'ignorait
gouvernement haitien; il
pas non plus la situation
de la république; il
financière
richesse
connaissait l'état de la
publiqueà Saint-Domingue; il savait
parfaitement que les habitans de cette ile
étaient dans
l'impuissance de subvenir au
paiement de deux indemnités. Cela est si vrai
qu'il doutait même de la
eux, de s'acquitter de celle possibilité, pour
posée
qui leur était impar T'ordonnance; et il cachait si
ses craintes à cet égard, que, dans la
peu
sion de la loi du 30 avril
discusdes
1826, à la Chambre
Pairs, M. de Villèle a dit ces
paroles : CC Peut-être même
propres
> puléc excède-t-elle les
l'indemnité stiressources de ceux
'il doutait même de la
eux, de s'acquitter de celle possibilité, pour
posée
qui leur était impar T'ordonnance; et il cachait si
ses craintes à cet égard, que, dans la
peu
sion de la loi du 30 avril
discusdes
1826, à la Chambre
Pairs, M. de Villèle a dit ces
paroles : CC Peut-être même
propres
> puléc excède-t-elle les
l'indemnité stiressources de ceux --- Page 35 ---
(27)
>> qui se sont engagés à la payer (1). >> Comment donc aurait-il voulu les chargerd'un fardeau qu'il les savait incapables de
Comment aurait-il voulu faire
porter?
contracter à
cet état des obligations qu'il le connaissait
impuissant à remplir?
Il n'en est pas d'un traité entre deux
vernemens comme d'un acte entre deux gon- individus. Dans une transaction entre
liers, chacun cherche à faire
particumeilleure
sa condition
sans se demander si les avantages
qu'il stipule n'écraseront pas celui qui les
consent, parce qu'après tout, ce qui
en pareil cas, arriver de
pourra,
pis au
sera de n'être
créancier,
Mais telle n'est qu'imparfaitement satisfait.
la seule
pas pour un gouvernement
conséquence de l'insolvabilité de
débiteur.
son
L'administration, qui a souscrit les conventions non exécutées, voit par leur inexécution sa responsabilité
du pays. Les deux
engagée vis-à-yis
Chambres demanderont
compte au ministère de la légéreté
quelle il a traité, sans s'être
avec laassuré quel l'obligé
(1) Yoy. le Moniteur, et le Code des
MM. Vanhuffel et
Colons de
Champion, pag. 205. --- Page 36 ---
I 28 )
pouvait tenir SeS promesses. Les
qui devaient profiter de
administrés
de l'acte éleveront des
Facomplisement
de faire valoir les
cris, et le presseront
tenus. Il faudra engagemens qu'il avait obprudence. Il
qu'il se disculpe de son imfaudra
son pays dans
peut-être qu'il précipite
une guerre. Voilà les
quences qu'une administration
consésuite de l'inexécution
aperçoit à la
ditions
d'un accord o des controp onéreuses ont été
nation débitrice. Le
imposées à la
secrétaire d'Etat
contre-signé
qui a
trop
T'ordonnance du 17 avril était
il était expérimenté pour ne pas les prévoir, et
trop prudent pour
Villèle et les membres
s'y exposer. M. de
savaient
de son administration
qu'Haiti ne pouvait
faire
que ce qui lui était
pas
plus
nance; ils ne
prescrit par l'ordondavantage.
pouvaient donic pas vouloir
Si, d'ailleurs, il eût été dans
de ce Ministère
l'intention
que les Français
conservassent une action
dépossédés
les détenteurs de leurs
individuelle contre
entendu avec le
biens, ne se fat-il pas
en
gouvernement haîtien
régulariser et en faciliter l'exercice? pour
serait-on pas accordé
Ne se
dans
sur les règles à suivre
l'instruction et lc jugement de
tant de
pas vouloir
Si, d'ailleurs, il eût été dans
de ce Ministère
l'intention
que les Français
conservassent une action
dépossédés
les détenteurs de leurs
individuelle contre
entendu avec le
biens, ne se fat-il pas
en
gouvernement haîtien
régulariser et en faciliter l'exercice? pour
serait-on pas accordé
Ne se
dans
sur les règles à suivre
l'instruction et lc jugement de
tant de --- Page 37 ---
(29 )
procès qui allaient naître? N'aurait-il
fallu se concerter
pas
pour l'adoption des bases
d'appréciation, et pourcelled'un; mode d'exécution des condamnations? Car toutes
mesures eussent été d'ane
ces
cessité.
indispensable néCependant rien de tout cela n'a eu
lieu. C'est donc évidemment
que, dans la
pensée des contractans, le cas qui eût
cette prévoyance ne devait
exigé
Dira-t-on
pas se présenter:
qu'il ne peut être question ici,
dans la double indemnité ou
de l'action
quoi.que ce soit,
privée des anciens colons contre
les détenteurs actuels de leurs biens,
la loi constitutive d'Haiti interdit puisque
de
le droit
propriété immobilière à d'autres
seuls Haitiens?
qu'auz
Ce raisonnement viendrait confirmer
notre
proposition au lieu de la combattre;
puisque chacun est légalement
car,
naître la capacité de celui présumé conavec qui il
contracte, comme, plus spécialement
un Etat ne peut ignorer la loi constitutive encore,
et politique de l'État avec lequel il fait
traité, il résulterait clairement de
un
tion, qu'en traitant
l'objecavec la
d'Haiti, le Gouvernement
république
connu la dépossession
français a relégale des anciens --- Page 38 ---
(30 a ):
bien la renonciation
colons; ce qui implique
volontaire à leurs propriétés.
raisonner ainsi par voie
Mais pourquoi
établir par inPourquoi
de conséquence?
volonté qui s'est officiellement
duction une
dans
manifestée? Le ministre des finances,
de
de la loi d'inson discours
présentation
énoncé
demnité coloniale, a formellement
du Gouvernement; et il l'a monl'intention
vient de faire voir qu'elle
trée telle qu'on
M. de
devait être. Voici comment parlait
les motifs de la loi à la
Villèle en exposant
Chambre des Députés:
l'on ett pu exiger des avanC Dira-t-on quel
commerciaux supérieurs à ceux qui
> tages
ont été
? Nous ne pensons pas que
>>
stipulés
élever une pareille préten-
>> personne puisse
de l'indemnité,
au montant
> tion; et, quant
lesquelles il nous
>> voici les bases d'après
de
>>
semble juste
T'apprécier.
Saint-Domingue fournissait
>> En 1789, enyiron 150 millions de pro-
>> annuellement elle avait fourni aux ex-
>> duits. En 1823,
fr.;
>> portations en France pour 8,500,000
8,400,000 fr.;
> à celles en Angleterre, pour
millions
>> à celles aux Etats-Unis, pour 13
> tion; et, quant
lesquelles il nous
>> voici les bases d'après
de
>>
semble juste
T'apprécier.
Saint-Domingue fournissait
>> En 1789, enyiron 150 millions de pro-
>> annuellement elle avait fourni aux ex-
>> duits. En 1823,
fr.;
>> portations en France pour 8,500,000
8,400,000 fr.;
> à celles en Angleterre, pour
millions
>> à celles aux Etats-Unis, pour 13 --- Page 39 ---
(31)
2: 100,000 fr. Elle ayait donc
>> viron 30,000,000 fr.
produit en-
> Lai moitié de ce produit a dû être absorbée
> par les frais de culture et autres
> la propriété. Reste donc,
charges de
pour la
>> propriétaires du
part des
sol, un revenu net de 15
>> millions.
> La valeur des biens dans les colonies
>> calcule sur dix années de
se
> millions
revenu : 150
nous ont donc paru la somme
>> pouvait être
qui
exigée comme le montant de
>, l'indemnité qui pouvait être due
> ciens colons
aux anauxquels la concession de l'in-
> dépendance du gouvernement d'Haiti
> levait la chance de recouvrer
enleurs
>> tés par suite du rétablissement proprié-
>> l'autorité du Roi à
possible de
Saint-Domingue. (r). >>
Lalectnre de ce passage apprend assez
effet notre Gouvernement
quel
la
entendait donner à
stipulation de l'indemnité des 150 millions.
Cette somme était considérée
lui
Ja
par
comme
représentation de la valeur des anciennes
possessions des colons ; elle en était donc le
prix à Ses yeux. Et,
par conséquent à ses
(1) Voy. le Moniteur et le Recueil de M.
déjà cité,
Vanhuffel, --- Page 40 ---
(32)
qui la payait
yeux aussi, le gouvemnement
de ces possessions.
devenait propriétaire marché à deniers déC'était un véritable
la chose, et où
battus, où Pun donnait
de son argent.
l'autre la recevait en retour ministre agissait
Et aussi, voyez comme le
>
à l'idée de la consommation,
conformément
des indemsans retour de l'exproptiation d'exécution qu'il
nisés Dans l'ordonnance dela loi du 30 avril,
fitrendre au Roi à la suite
titres
article 48 ainsi conçu : c Les
ilinséra un
ou par les comles parties
> produits par
ainsi que les pièces et
du Roi,
>> missaires
auront servi à la liquidation
>> documens qui
les
présentés
et
rapports
>> des indemnités, resteront déposés entre
>> à la' commission, secrétaire en chef. La liqui-
> les mains du
tous les dossiers qui
>>
dation consommée,
sur la réquisition
rattacheront seront,
> s'y
du Roi et à la diligence
>> du commissaire
transmis aux archives
>> du secrétaire en chef,
à Versailles. >
>> de la marine et des colonies, notre GouverQuelle meilleure preuve colons que comme ayant
nement considérait les
les dé-
? Pouvait-il
cessé d'être propriétaiross destitués de tout droit
clarer plus nettement
sur leurs ancicns domaines!
s
les dossiers qui
>>
dation consommée,
sur la réquisition
rattacheront seront,
> s'y
du Roi et à la diligence
>> du commissaire
transmis aux archives
>> du secrétaire en chef,
à Versailles. >
>> de la marine et des colonies, notre GouverQuelle meilleure preuve colons que comme ayant
nement considérait les
les dé-
? Pouvait-il
cessé d'être propriétaiross destitués de tout droit
clarer plus nettement
sur leurs ancicns domaines!
s --- Page 41 ---
(33 )
: Au surplus, il n'est sûrement
pour qui ceci soit un sujet
personne
la démonstration
d'incertitude; et
moins
qu'on vient de donner a
pour objet de dissiper les doutes,
probablement n'existaient dans
qui
prit, que. d'exposer d'une
aucun eset avec le développement manière régulière
réclamation des anciens
convenable, la
Pour
planteurs.
quiconque avait lu l'ordonnance
d'émancipation et la loi
tout pour quiconque avait d'indemnité, surcussion aux deux Chambres parcouru la disà
cette affaire, il ne pouvait
l'occasion de
difficulté, Il
exister la moindre
y a même, on peut le
notoriété acquise à tous en ce
dire,
en France, est convaincu
point. Chacun,
du 17 avril a valu aux Haîtiens que l'ordonnance
virtuelle de leur
ratification
possession
qu'il serait impossible de
indue; parce
ment le but des conventions comprendre autrenotre pays, et la situation où entre Haiti et
se seraient
les deux Ltats
Ici le domaine placés vis-à-vis l'un de l'autre.
éminent de la couronne
pouvait être séparé du domnaine
ne
utile
citoyens : ordinairement
des
dans l'un de
distincts et. indépenl'autre, ils étaient
dans le cas tout particulier
indivisibles,
qui nous occupe,
--- Page 42 ---
-
A s
( 34 )
de la sotveraineté
ce sens
en
que l'abdication
des choses,
la force invincible
entraînait, par
privée.
aliénation de la propriété
la conséune fois posée,
Cette prémisse
Puisque notre Gouquence arrive facilement. la
des COde propriété
vernement a disposé leur en doit le prix ;
lons, il est clair qu'il lui-même, il faut qu'il
et, par autrui ou par
Jes en fasse jouir.
à
d'un
conclusion tient Tapplication
Cette
et elle en est déduite
principe si élémentaire, évidemment juste, qu'elle
d'une manière si
Cepende contestation.
est peu susceptible
qu'on doit réfuter
dant, il est deux objections
qu'elles ne manqueront
à l'avance, parce
d'être faites.
vraisemblablement consisterait pas
à dire que le GouLa première
vertud'un mandat
vernement français a agien
qui
tacite de la part des anciens propriétaires qu'il a été
pour eux-mêmes,
ne pouvaientagirg
gestorsque, d'ailleurs,
leurgérant, negotiorum, demande d'indemles colons en formant leur
ont
de la loi du 30 avril,
par
nité, en vertu
prise dans leur
Jà mnême ratifié la mesure
leur avait
le débiteur qui
intérêt ct accepté
dès-lors, se conont di,
été donné; qu'ils
c'est-à-dire du gouvertenter de CC débiteur,
été
pour eux-mêmes,
ne pouvaientagirg
gestorsque, d'ailleurs,
leurgérant, negotiorum, demande d'indemles colons en formant leur
ont
de la loi du 30 avril,
par
nité, en vertu
prise dans leur
Jà mnême ratifié la mesure
leur avait
le débiteur qui
intérêt ct accepté
dès-lors, se conont di,
été donné; qu'ils
c'est-à-dire du gouvertenter de CC débiteur, --- Page 43 ---
35 )
nement d'Haiti, et courir les chances de
insolvabilité, sans conserverde
son
celui qui avait été
recours contre
action.
l'intermédiaire de la transC'est là une argumentation dont il
pas difficile de découvrir la
n'est
faiblesse. Admettons, en effet, l'existence d'un
tacite, en vertu daquel le
mandat
français aurait
Gouvernement
anciens
disposé de la propriété des
colons, son obligation envers
n'en serait point affaiblie. Celui
eux
avoir reçu la mission,
qui, sans en
affaires
s'arroge la gestion des
d'autrui, s'impose
là des devoirs plus étendus naturellement par
que ceux du mandataire et plus sévères
loi positiven'est
ordinaire, et la
quel'écho de la raison et des
anciensprincipes quand delle dit du
gestor : cc Il contracte
negotiorum
continuer la
l'engagement tacite de
l'achever
gestion qu'il a commencée et de
jusqu'à ce que le
en état d'y pourvoir
propriétaire soit
charger
lui-même : il doit se
egalement de toutes les
de cette même affaire. Il
dependances
les obligations
se soumet à toutes
qui résulteraient d'un mandat
éxprès que lui auraient doniné le
taire. (Article 1373 du Code
propriéSi donc le Gouvernement civil.)
français avait --- Page 44 ---
TF L
-
36 )
gestordes colons, iltraité comme negotiorum
cette gesserait de son devoir de poursuivre c'est-à-dire
la conclusion finale,
tion jusqu'à
des
qu'il
l'exécution
engagemens
de procurer
d'Haiti, et, par
a stipulés du gouvernement
lui-même,
suite, d'accomplir ces obligations contraindre ce goudès qu'il renoncerait à y
sont en
vernement par tous les moyens qui
on
Ainsi le veulent, comme
son pouvoir.
élémentaires du
vient de le voir, les règles
et les
quasi-contrat de gestion d'affaires,
arriveraient, dans cette hypothèse,
colons
d'autant plus de cerau même résultat, avec donné un mandat extitude que, s'ils avaient
eux,
de pactiser pour
près au gouvernement
qu'ils n'eussent
il n'est pas permis de douter
à
sa garantie personnelle
voulu engager traité semblable à celui qui
l'exécution d'un
a été conclu.
de préMais, il n'est même pas possible
ici le Gouvernement comme le gérant
senter
des consultans; ; car le quasi-contrat
d'affaires
comme le contrat de
de gestion d'affaires, le mandataire traite
mandat, suppose que
mais au nom
non pas en son nom propre, la fortune. Or,
de celui dont il administre français ne dénulle part le Gonvernement
ie personnelle
voulu engager traité semblable à celui qui
l'exécution d'un
a été conclu.
de préMais, il n'est même pas possible
ici le Gouvernement comme le gérant
senter
des consultans; ; car le quasi-contrat
d'affaires
comme le contrat de
de gestion d'affaires, le mandataire traite
mandat, suppose que
mais au nom
non pas en son nom propre, la fortune. Or,
de celui dont il administre français ne dénulle part le Gonvernement --- Page 45 ---
(37) )
clare traiter au nom des anciens colons
au nom du Roi
; c'est
que se sont ouvertes les
négociations; c'est le Roi, comme chef de
l'Etat, qui rend l'ordonnance
de la colonie,
d'émancipation
> qui stipule une
dont la destination
indemnité
annoncée n'empêche
que le Gouvernement
pas
droit de la
français ait eu seul le
toucher et même celui d'en disposer en maître, avant la loi qui a
cette destination et l'a rendue
consacré
Ce qu'on vient de dire
obligatoire.
à la prétendue
répond d'avance
dans
ratification du traité contenu
l'ordonnance d'émancipation.
ratification les anciens colons de
Quelle
mingue pouvaient-ils donner à
Saint-Dotion qui n'avait
une convenpoint été conclue en leur
nom et dans laquelle ils n'étaient
parties? Sans doute ils ont réclamé point
portion afférente de l'indemnité
leur
inais, s'ils ont
promise ;
accepté ce faible dédommagement de ce qui leur fut ravi, c'est dans la
pensée que du moins ce léger débris de leur
opulence passée leur était assuré; c'est
la conviction intime
le
dans
que
Gouvernement
français, qui avait disposé de leurs
priétés, était non-seulement
prodébiteur direct de l'indemnité garant, mais
qui en repré- --- Page 46 ---
- A L vs
(38 )
point, il est
sentait le prix. Ils n'ignoraient lui qui devait en
vrai, que ce n'était pas très-bien qu'il se
faire les fonds. Ils savaient tiers : mais cette
les ferait fournir par un leurs droits en
circonstance ne modifiait
c'est
sorte. Tout ce qu'il en résultait,
aucune
devait en définitive les payer
que la France
prendrait dans la
avec de V'argent qu'elle
à eux, ils ne
bourse d'un étranger. Quant ils n'avaient
connaissaient pointcet étranger;i
en
traité avec lui. Le Gouvernement,
point
recevrait de lui la somme
laissant savoir qu'il
pas
faisait point et ne pouvait
promise, ne
la condition de
faire de cette circonstance Il n'y a rien dans
son propre engagement: dans la loi, ni dans
rien
les ordonnances,
faire supposer une
sa discussion, qui puisse verra même tout
condition semblable. On contraire a été
à Pheure que le principe à la Chambre des
solennellement proclamé
Députés.
n'ont donc pas cessé un instant
Les colons
débiteur immédiat
d'avoir notre pays pour
en la
direct; et s'il a lui-même un obligé
à
et
d'Haiti, c'est
du gouvernement
personne
comme il l'entendra.
lui de s'en faire payer échoue, cela est léQu'il réussisse ou qu'il
able. On contraire a été
à Pheure que le principe à la Chambre des
solennellement proclamé
Députés.
n'ont donc pas cessé un instant
Les colons
débiteur immédiat
d'avoir notre pays pour
en la
direct; et s'il a lui-même un obligé
à
et
d'Haiti, c'est
du gouvernement
personne
comme il l'entendra.
lui de s'en faire payer échoue, cela est léQu'il réussisse ou qu'il --- Page 47 ---
(39 )
galementindiltrenta, ses propres créanciers,
qui n'ont accepté aucune
délégation de débiteur, et qui, l'eussent-ils fait, en. auraient
seulement acquis un second sans perdre le
mier, suivant un principe élémentaire
prelement consacré
formelpar l'art. 1275 du Code civil.
Laissant donc de côté cette
ne serait qu'une argutie
objection, qui
vité de la
peu digne de la graquestion actuelle, il faut
à l'examen du seul
en venir
soit possible
argument spécieux qn'il
d'attendre de la part du Gouvernement français, dans le cas. où il serait
disposé à dénier son obligation.
bablement comment il
Voici proraisonnerait :
Jen'ai, dirait-il, rien changé à la
dés colons. Je n'y ai touché
position
méliorer; je n'ai point sacrifié que pour l'aleurs
tés, car leur dépossession,
propriéirrévocable, était
depuis long-temps
un faità jamais
Ce fait, Ce n'est pas
consommé,
moi, ce sont les
mens qui l'ont 2
événeaccompli; et loin de
ver, j'en ai au contraire atténué l'aggrales tristes
conséquences, en obtenant
avait
pour ceux
frappés un
qu'il
raient
détommagementgmalilsy n'aupas eu sans moi. En un.
rien ôté aux colons,
mot, je n'ai
tait rien. Je n'ai
parce qu'il ne leur resdonc engagé envers eux --- Page 48 ---
I B -
-
e
(40 )
Voilà sans doute quel
ancune responsabilité. voudrait faire tenir au
serait le langage qu'on
à l'action
mninistre des finances en réponse le Trésor
les consultans contre
dirigée par
public.
à ce langage, et
Mais il y a une réponse qu'elle sort invinon ne craint pas d'avancer
dans lesquels
ciblement des développemens
on est entré.
deux choses. L'une,
On croit avoir prouvé les Haîtiens n'ale traité
c'est qu'avant
toujours viciense,
vaient qu'une possession supposée inexpuquand même on l'aurait depuis le traité;
gnable; Tautre, c'est que,
fondés
devenus des maitres légitimes,
ils sont
avait été confirà soutenir que la propriété le ponvoir d'une
mée, entre leurs mains par Voilà sans doute ce
autorité compétente. saurait nier. Ainsi, il
que personne ne notre Gonvernement a
faut le reconnaitre, monde et de la justice lc
effacé aux yeux du
était empreint sur
stigmate d'illégalité qui
leurs
ravis :
possesseturs
la porte des héritages il a joint le droit.
n'ava'ent que le fait; il y Fa enlevé à ceux
Et pour les en investir, tout le patrimoine.
dont ce droit composait dire qu'en Tôtant
Maintenant il viendrait
ier. Ainsi, il
que personne ne notre Gonvernement a
faut le reconnaitre, monde et de la justice lc
effacé aux yeux du
était empreint sur
stigmate d'illégalité qui
leurs
ravis :
possesseturs
la porte des héritages il a joint le droit.
n'ava'ent que le fait; il y Fa enlevé à ceux
Et pour les en investir, tout le patrimoine.
dont ce droit composait dire qu'en Tôtant
Maintenant il viendrait --- Page 49 ---
(41) )
à ces derniers, il ne les a privés
chimère;
que d'uné
que ce domaine idéal était un pur
néant; qu'en le perdant, ils n'ont rien
que celui qui les en a
perdu;
rien,
dépouillés ne leur doit
parce qu'il ne leur a rien pris !
Mais quand il serait vrai que leur
devait être pour eux un droit à
propriété
jamais
que ces tristes paroles iraient mal stérile;
la bouche du conseiller
encore à
d'un Roi légitime!
Çuoi donc? le droit destitué de la
serait un néant à ses
puissance
rait la
yeux, et il ne coinptejustice pour quelque chose de réel
qu'autant qu'elle aurait l'appui de-la force?
Et ce. serait là la doctrine
du
trône du souverain
que,
pied du
le plus consciencienx de
l'Europe, son premier serviteur
à l'univers? Ah!
professerait
qu'il Se tourne vers son
maître, et il en recevra d'autres
mens. Lui aussi, ce noble
enseignefamille réduite à la
prince, il a vu sa
nécessité de fuir sa patrie;
pour elle. aussi la propriété n'était
abstraction de sa
qu'une
tive et mutilée elle consciencey et quand figiallait chercher dans les
palais étrangers une hospitalité
vait
que ne troupas toujours sa royale infortune, elle ne
savait guère si cette abstraction
se réaliserait
quelque jour en un fait, si le Louvré se
rou- --- Page 50 ---
(42)
recevoir les petits-fils
vrirait un jour pour bien! qui aurait osé lui
Eh
de Saint-Lonis.
de sa légitimité
dire alors que le sentiment inviolable; et qui
n'était pas un patrimoine
ne pressent
lui démontrer
ematratramin
well à celui qui eût essayé de dommage en
qu'on ne lui aurait causé aucun
ravissant le titre de Roi de France?
lui
Le droit aussi est une réalité,
Non, non.
: ainsi l'a
la justice aussi est une puissance àla voix
voulu celui qui a ouvert notre coeur
et qui ne nous a pas donné pour
de léquité,
code de la force. Et c'est ici
loi naturelle le
contienaperçoit la double erreur que
qu'on
qui est en ce moment com+
drait Yargument le domaine légal demeuré
battu : c'est que
seulement une proaux colons n'était pas
sacrée, c'était encore une propriété
priété
tard devait porter ses
utile, qui tôt ou
fruits.
un secret malaise
Qu'on ne s'y trompe pas,
usurpée; ct
s'attache toujours à la jouissance
au fond de l'ame, sent toujours
le ravisseur,
avec celui qu'il a
le besoin de faire sa paix voix de sa condéponillé. A défaut de la
n'entende
science, il est rare d'ailleurs qu'il
qui lui
cclle de quelque intérêt humain
pas
priété
tard devait porter ses
utile, qui tôt ou
fruits.
un secret malaise
Qu'on ne s'y trompe pas,
usurpée; ct
s'attache toujours à la jouissance
au fond de l'ame, sent toujours
le ravisseur,
avec celui qu'il a
le besoin de faire sa paix voix de sa condéponillé. A défaut de la
n'entende
science, il est rare d'ailleurs qu'il
qui lui
cclle de quelque intérêt humain
pas --- Page 51 ---
(43 )
parle le même langage. Avenglés
par les préoccupations de la vengeance et de la
il est possible sans doute
les
haine,
que
Africains de
Saint-Domingue se soient estimés
pables d'avoir pris le
peu couchamp du blanc
avaient tué. Mais ils savaient du
qu'ils
moins que
FEurope ne croyait pas comme eux à l'innocence d'une telle condaite, et
en avait
qu'elle ne leur
pas promis l'impunité. A la place de
l'agitation du remords, ils
au
moins
éprouvaient donc
l'inquiétude de la crainte. Pressé
de la même frayeur, leur
tait en outre le poids
gouvernement send'argumens d'un autre
ordre; car les hommes éclairés qui le
posent sont au-dessus des
compassions de la
masse, et ne cèdent pas à l'entralnement des
mêmes préventions. Chefs et
monde
sujets, tout le
en Haiti savait donc la nécessité d'un
sacrifice et se résignait à le faire. La
en est, pour
preuye
l'administration, dans le traité
qu'elle a souscrit; et pour les
dans une foule de négociations individns,
qu'ils avaient déjà entamées
particulières
avec les anciens
propriétaires, et que le traité seul a fait
rompre.
Qu'on ne dise donc
colons était
pas que le droit des
une vaine illusion ; il avait une --- Page 52 ---
A V a -
(44) )
puissant par la
existence réelle. Il vivait,
menaautorité du juste et de l'utile;
double
le violaient chaque jour
çant pour ceux qui
ct sans cesser de le
le détruire
sans pouvoir
ceux qui avaient
craindre; profitable pour
le possédaieut
cessé de l'exercer, mais qui moins promptetoujonrs, et devant plus ou mains en une,
dans leurs
inent se convertir
matérielle et productive. enlevé les
propriété
qui le leur a
Le gouvernement
certain et légia donc exclus d'un patrimoine l'indemnité réclamée
time;illeurdoit dès-lors assurée tout à la fois"
par l'équité naturelle, et
du
la loi civile ct par la loi fondamentale
par
f.
pays.
maintenant que cette inOn va montrer
à un autre titredemnité est due encore
S II.
suite de. Pinaccom
Obligation de PEtatpar devoir de protection
plissement de SOnL
envers les colons.
commutatif
Le pacte social est un contrat
la société et chacun de ses inembres.
entre
de sa liberté, il
L'individu aliène unc partie
par l'équité naturelle, et
du
la loi civile ct par la loi fondamentale
par
f.
pays.
maintenant que cette inOn va montrer
à un autre titredemnité est due encore
S II.
suite de. Pinaccom
Obligation de PEtatpar devoir de protection
plissement de SOnL
envers les colons.
commutatif
Le pacte social est un contrat
la société et chacun de ses inembres.
entre
de sa liberté, il
L'individu aliène unc partie --- Page 53 ---
(45)
promet le sacrifice d'une portion de
trimoine ; il s'engage même à faire son pasa vie, si un besoin
celui de
impérieux le réclame.
En retour, la société lui assure la
vation de son existence,' la
conserdisposition de
soi-même; la possession paisible de
de ses pères ou du fruit de ses labeurs. P'héritage
Telles sont les conditions de
tacite qui lie réciproquement l'engagement
ticulier,
l'Etàt et le parparce que tel est le but pour
les hommes vivent réunis
lequel
sous des lois communes; ; et c'est en ces termes en effet
les
publicistes nous
que
enscignent les devoirs mutuels des citoyens et de la cité, CC Dans
> d'association, dit
l'acte
Vattel, en vertu
>> une multitude d'hommes
daquel
forment
>> un état, une nation,
ensemble
2 chaque
>> s'est engagé envers tous à
particulier
>>
procurer le bien
commun, et tous se sont
>> chacun à lui faciliter les engagés envers
moyens de
>> voir à ses besoins, à le
pour-
>
protéger et à le
défendre (1). - >>
Ainsi, tout citoyen menacé dans sa
dans sa liberté, dans ses
vie,
biens, a le droit
d'appeler ses concitoyens à son aide; et sile
(1) Droits des gens, liv. I, chap. 2, pag. 23. --- Page 54 ---
-
(46) )
le
doit au
mal n'a pu être prévenu,
pays
moins faire tout ce qui est en son pouvoir
laréparation. Alors, quand
pour en procurer
il
le dominage a été causé par unl individu,
la force des lois, et quand le tort vient du
a
il a celle des armes.
fait d'une puissance,
Dans ce dernier cas 2 sans doute, une guerre
facheuse 3 sans doute il n'y
est une extrémité
tous les
faut recourir qu'après avoir épuisé
amiables, et le bruit du canon ne
moyens
entendre
que la voix des
doit se faire
qu'après
a vainement parlé : mais cette
négociateurs raison des États, ultima ratio regum,
dernière
des
doit être employée dans l'impuissance
pour une
autres. Il y a obligation rigoureuse
de la
nation de faire rendre justice au nom
ne peut l'obtenir au nom de
force lorsqu'on
le contrat social serait
l'équité; autrement
les charviolé, le citoyen en aurait supporté
ges sans en ressentir les avantages.
si bien
Cette obligation est si constante et
les gouvernemens, qu'elle a
reconnue dans par le code de leur droit public,
jmené
particulière de
l'établissement d'une espèce
savoir, celle qui a lieu par l'exercice
guerre, droit de représailles : on sait en quoi
du
consiste. Quand une nation ne sc
ce droit
serait
l'équité; autrement
les charviolé, le citoyen en aurait supporté
ges sans en ressentir les avantages.
si bien
Cette obligation est si constante et
les gouvernemens, qu'elle a
reconnue dans par le code de leur droit public,
jmené
particulière de
l'établissement d'une espèce
savoir, celle qui a lieu par l'exercice
guerre, droit de représailles : on sait en quoi
du
consiste. Quand une nation ne sc
ce droit --- Page 55 ---
(47 )
trouve pas en mesure d'armer à
la querelle du sujet
l'appui de
pouvoirs à
offensé, elle délègue ses
de faire
ce sujet lui-même ; elle lui
la
permet
guerre avec ses
de saisir, jusqu'à
propres moyens et
par lui ressenti, concurrence du dommage
des propriétés
aux sujets du gouvernement
appartenant
offenseur,
Tous les publicistes reconnaissent
lité d'une pareille
la légatives à
mesure 5 et les règles reladétail son application ont été tracées avec
par le titre 10, livre 3, de
nance de la marine, du mois
l'ordonqui,
d'août 1681,
n'ayantjamais été abrogée en
a encore aujourd'hui force de loi. ce point,
plus d'une fois usé du droit
Il a été
nance
que cette ordonconsacre ; et on peut voir dans les
recueils de
le Code des Jurisprudence, et notamment dans
Prises, de Lebeau, l'indication
chronologique des cas nombreux où
été mise à exécution.
elle a
Il en est un exemple récent,
d'autant
remarquable, que les représailles furent plus
torisées ' dans cette
aud'une
espèce, à l'occasion
perte mobilière et non
mer. Le décret qui les
éprouvée sur
février
permit, en date du 15
1793, est ainsi conçu :
Cc La Conyention nationale
ayant entendu --- Page 56 ---
- 2
(48) )
le
de son comité diplomatique,
>>
rapport
Joseph Cau-
> sur la pétition du capitaine
citoyen français, natif de Marseille;
>> dier,
ledit Caudier n'a cessé,
> considérant que
réclamer devant les
> depuis 28 ans, , de
génois
>2, tribunaux et près du gouvernement assurât la
délinitif qui lui
>> un jugement
sur Pozzo
de ses créances
>> recouvrement
de Gênes; que la
négocians
>> et Buggiano,
géau
>>
réclamation portée
gouvernement
le chargé d'affaires de France,
> nois par
de l'Assemblée lédu décret
>> en exécution
dernier, n'a pu faire
>> gislative du 24 juin
ramener ce
le déni de justice, et
> cesser
à Tobservation des prin-
> gouvernement
le droit des gens, et
>> cipes consacrés par
des intérêts des
> établis sur la réciprocité
à
qu'il sera expédié
>> nations; - DÉCRÈTE, le conseil exécutif
>> Joseph Caudier, par de
(1). >>
des lettres représailles
> provisoire,
laissent aucun doute sur
Ces monumens ne
due
chaque
l'étendue de la protection
par
d'exercer
Etat à ses sujets; et sur Tobligation
la néles armes, quand
cette protection par
cessité le veut ainsi.
Répertoire de MM. Guyot et Merlin, vo Repré-
(1)
sailles.
DÉCRÈTE, le conseil exécutif
>> Joseph Caudier, par de
(1). >>
des lettres représailles
> provisoire,
laissent aucun doute sur
Ces monumens ne
due
chaque
l'étendue de la protection
par
d'exercer
Etat à ses sujets; et sur Tobligation
la néles armes, quand
cette protection par
cessité le veut ainsi.
Répertoire de MM. Guyot et Merlin, vo Repré-
(1)
sailles. --- Page 57 ---
(49 )
Toutefois il faut reconnaître que cette
obligation n'est pas absolue, et qu'elle se
modifie suivant les circonstances: Comme le
salut général est la loi suprême, et que l'intérêt d'un seul ou de quelques uns doit fléchir
devant celui de tous, la nation dont un
membre a été lésé par une puissance étrangère, a le droit d'examiner si la
guerre
qu'elle entreprendrait ou les représailles
qu'elle autoriserait afin de le venger. n'auraient pas pour elle-même des conséquences
trop graves; et il lui est permis de s'en abstenir, s'il lui semble que la prudence lui en
fasse une loi. On ajoutera même que'le
vernement est alors seul juge de la question, gousauf la responsabilité encourue par l'administration qui la décide, et que le particulier
n'a aucune action pour attaquer la résolution
adoptée.
Mais il faut dire aussi que, quand dans
son intérêt propre, l'état exerce vis-à-vis du
citoyen cette espèce de déni de justice, il lui
doit le dédommagement du préjudice
lui laisse
qu'il
éprouver; car sous une forme ou
sous une autre, il faut qu'il accomplisse son
obligation; et s'il ne l'exécute pas en nature,
elle se résout en dommnages-intéréts. Telle
--- Page 58 ---
Fs -
. -
(50 )
des contrats applicable aux
est la loi générale
comme à celles
transactions des peuples,
cas, pour
Il n'y a en pareil deux choses,
des individus.
reconnaître
établirla dette, qu'à
est fondé, c'est-àsavoir, 19 si le réclamant
injuste;
un dommage
dire, s'il a éprouvé riche pour l'indemniser,
20 si l'état est assez il en a les moyens.
quel point
et) jusqu'à
examine ces deux questions
Or, si lon
colons, on les voit
vis-à-vis des anciens résoudre à leur avantage;
immidintement se
s'élever la moindre
cet égard
etil ne sauroità
dilficulté.
aient
de Saint-Domingue
Que les Français héritages par la plus inété chassés de leurs
atroce de toutes les
juste comme par la plus
ce que perviolences, c'est apparemment et on ne sache pas que
sonne n'oserait nier; fait entendre pour jusjamais une voix se soit Qu'ils aient fait tout
tifier leur dépossession.
repousser cette
d'eux pour
ce qui dépendait n'y ait à leur reprocher
spoliation, et qu'il ni aucune faiblesse dans
aucune négligence
c'est aussi
la défense de leurs patrimoincs, voudrait contester; ;
sans doute CC que nul ne combats et de leurs
Phistoire de leurs
et
assez récente pour
souffrances est encore
fait entendre pour jusjamais une voix se soit Qu'ils aient fait tout
tifier leur dépossession.
repousser cette
d'eux pour
ce qui dépendait n'y ait à leur reprocher
spoliation, et qu'il ni aucune faiblesse dans
aucune négligence
c'est aussi
la défense de leurs patrimoincs, voudrait contester; ;
sans doute CC que nul ne combats et de leurs
Phistoire de leurs
et
assez récente pour
souffrances est encore --- Page 59 ---
(51)
être présente à tous les esprits. Ainsi,
réparation leur est due par notre
déclare ne pas vouloir se battre pays, la qui
faire
pour leur
avoir, et stipule des avantages commerciaux pour prix de sa
cela
Arenonciationalsguere:
n'est pas douteux.
A présent, la France, tenue de cette
dette, est-elle assez riche pour l'acquitter?
C'est là une question qui n'en est
et sûrement tout le monde
pas une 2
conviendra que
nous avons bien le moyen de payer 120 millions qui leur restent encore à recevoir. On
doit se dispenser d'entrer à ce sujet dans
aucune explication; car la notoriété Ge nos
ressources suffità la force de l'argument,
n'est
et ce
Thihatkdedjeteasnadhe,
à l'administration des
d'indiquer
expédiens financiers.
L'Etat doit et peut payer, il faut doncqu'il
paie : c'est ensuite l'oeuvre du Gouvernement
d'aviser aux combinaisons les plus utiles
effectucr sa libération.
pour
Mais on le répète, il est chargé d'une
obligation sacrée; d'une
son fondement dans
obligation qui a
les principes mêmes de
la constitution des
sociétés, et qui ne saurait
être méconnue sans y porter un ébranlement
funeste. --- Page 60 ---
A
(52)
sé
les plus puissantes
Les considérations du devoir pour en
joignent au sentiment
et il est facile
Tacomplisementy
accessoires
prescrire
la foule de raisons
d'apercevoir
deux raisons principales
qui se joignent aux
d'être faite.
dont T'exposition vient
besoin de mnainOn ne parlera point du
de la
du droit de propriété,
tenir Vintégrité
cette base sur laquelle
nécessité de consolider On ne dira point comPédifice social.
que
repose
à la prospérité publique
bien il importe
sûrs de ne pas voir le sol
les citoyens soient
dérober sous leurs
de leurs possessions se tiennent pour cerou du moins se
pieds,
qui Temporterait
tains que le cataclysme
ou sans répane passerait pas sans vengeance combien il est essenration. On ne dira point
à la puiscrédit du Gouvernement,
tiel au
action sur les administrés,
sance de son
cette opinion que
d'établir dans les esprits
prête à secourir
la force de tous sera toujours la main du Roi
faiblesse de chacun, et que
s'étendre
la
jamais de
de France ne manquera élevé vers lui le cri
sur le Français qui aura
de détresse.
sentir combien la majesté
On ne fera pas compromise si le traité
du monarque serait
rédit du Gouvernement,
tiel au
action sur les administrés,
sance de son
cette opinion que
d'établir dans les esprits
prête à secourir
la force de tous sera toujours la main du Roi
faiblesse de chacun, et que
s'étendre
la
jamais de
de France ne manquera élevé vers lui le cri
sur le Français qui aura
de détresse.
sentir combien la majesté
On ne fera pas compromise si le traité
du monarque serait --- Page 61 ---
(53 )
dans lequel il est
intervenu, qui a été stipulé en son nom, pouvait demeurer
sans
accomplisement, et qu'elle atteinte sa dignité recevrait à la face de l'Europe, si l'idée
seule de sa présence à la formation d'un
trat pouvait n'être pas une garantie de l'exé- concution des engagemens
réciproques. On ne
montrera pas combien il serait inconvenant
pour lui d'avoir paru vouloir porter remède
à la misère des colons, sans l'avoir
réellement
soulagée, et de n'avoir fait en leur faveur
que substituer une éventualité à une autre.
On ne rappellera pas que le pays est d'autant plus engagé envers ces Français malheureux, qu'il est la cause première de leurs
misères, et que Saint-Domingue serait
aujourd'huiune colonie paisible de la encore
si une exaltation insensée
France,
de
n'ett, du mnilieu
nous 3 jeté par-delà les mers ces paroles
incendiaires auxquelles les noirs répondirent
par'les cris de la révolte.
On ne retracera pas l'affligeant tableau de
la détresse de nos infortunés
On n'évoquera pas le souvenir compatriotes. de
années d'indigence,
quarante
pendant lesquelles ils
eurent à souffrir la faim, le froid ct les humiliations de la Pauvreté, plus cruelles
que --- Page 62 ---
- a
54)
besoins
On, ne. dira pas que
les
physiques.
trouvera encore
cette position affreuse se
n'en
le traité, si les conditions
aggravéc par
parce qu'il a été
doivent pas être remplies,
charges
eux l'occasion de nouvelles
pour
contractées s'ils n'eusqu'ils n'auraient point
sent compté sur son accomplisement; parce des
qu'ils ont engagé des procès, souscrit
fait des frais de toute espèce
transactions,
de réclamer, pour
pour se mettre en mesure
justifier
soutenir leurs réclamations, pour
obtenir des mainsde leurs qualités, pour
qui jusque
levées; parce que des créanciers,
laissés tranquilles, se réveillent
là les avaient
dela solvabilité
aujourd'hui à l'idée du retour
de leurs débiteurs, et n'attendent pas, pour
recommencer) leursp poursuites, que les moyens
de
aient été véritablement reconquis.
payer
le sort des
Enfin, on ne comparera pas
et
avec celui des émigrés,
anciens planteurs
les
il serait facile de montrer que
pourtant
moins de droit que les
premiers n'ont pas
de
naseconds à un grand acte
justice
rendant hommage à la
tionale; car tout en
l'inspira, on a
générosité du sentiment qui
être divisé sur lc mérite de la résolationqui
pu
à
leur patrie.
porta dcs Français s'éloignerde
, on ne comparera pas
et
avec celui des émigrés,
anciens planteurs
les
il serait facile de montrer que
pourtant
moins de droit que les
premiers n'ont pas
de
naseconds à un grand acte
justice
rendant hommage à la
tionale; car tout en
l'inspira, on a
générosité du sentiment qui
être divisé sur lc mérite de la résolationqui
pu
à
leur patrie.
porta dcs Français s'éloignerde --- Page 63 ---
(55 )
les colons, point de réMais, pour
de dissentiment
flexion semblable, point
leur
aucune loi ne prononça
spopossible,
ouvrage de la violiation; elle fut l'unique
la mèrelence, et d'une violence à laquelle
sans doute,
patrie,quoique involontairement: 1
l'exil
nefutpourtant pas étrangère: pour eux,
l'effet de leur libre choix, mais celni
ne fut pas
invincible; car il fallait
de la nécessité la plus
né
abandonnassent une terre qu'ils
bien qu'ils
défendre, et où il ne leur
pouvaient plus
la mort.
était plus permis d'attendre que
et
Toutes ces réflexions sont graves 2
avec force sur: l'esprit de
doivent peser
cherche à se faire une opinion
quiconque
cause. Mais il en est deux
dans cette grande
décisives encore, et
autres qui sont plus
les
auxquelles on ne comprendrait pas que inchefs de notre administration fussent
sensibles; car elles ont l'une, l'évidence
celle de Pinmême de la justice, et l'autre,
térêt politique de PEtat.
sort de cette circonstance que
La première
a
le traité entre nous et Saint-Domingue
fait autant au profit de la France qu'à
été
dans cet accord,
celui des colons; et qu'ainsi --- Page 64 ---
a L
(56) )
a sacrifié leurs
non - seulement notre pays l'a montré en comcomme on
propriétés,
a encore retiréde ce sacrimençant, mais qu'il
En effet, en néfice un avantage personnel.
seulement
avec Haiti on n'avait pas
Frangociant
indemnité aux
en vue d'obtenir une vonlait encore préserçais dépossédés; on
d'un
autres colonies de la contagion
ver nos
assurer à notre commerce
funeste exemple;
conditions plus favodans l'ile émancipée des
accordées aux
rables que celles qui y étaient
le chagrin
autres nations, et nous épargner
état naissant chercher une prode voir cet
aurait été presqu'une
tection étrangère, qui
hostilité contre nous.
motifs
avec
Tels étaient, de fait, les
qui,
aux nécessités des colons,
celui de pourvoir
l'ordonnance
déterminé le Roi à signer
ont
Aussi le préambule de cette
d'émancipation.
premier consiordonnance donne-t-il pour français ; >> et
dérant c lintérêt du commerce
disaitàla Chambre des Députés
le rapporteur la mesure : Cc L'état des choses
il en justifiant
les habitans de
existait depuis que
>5 tel qu'il
déclarés indépense sont
>> Saint-Douingue
qui, plus d'une fois,
>> dans avait des dangers
terminé le Roi à signer
ont
Aussi le préambule de cette
d'émancipation.
premier consiordonnance donne-t-il pour français ; >> et
dérant c lintérêt du commerce
disaitàla Chambre des Députés
le rapporteur la mesure : Cc L'état des choses
il en justifiant
les habitans de
existait depuis que
>5 tel qu'il
déclarés indépense sont
>> Saint-Douingue
qui, plus d'une fois,
>> dans avait des dangers --- Page 65 ---
(57 )
> ont donné de
l'inquiétude sur le sort
> autres colonies
denos
(1). >>
Et ce n'était point là une crainte
chimérique; car on sent qu'Haiti,
notre égard
la
tourmentée à
par
peur et par la haine tant
qu'elle n'avait pas obtenn notre pardon,
vait fort bien chercher à satisfaire
pousentiment à la
ce double
fois, en suscitant dans nos
possessions voisines des insurrections
l'effet eût été de nous les faire
dont
moins d'agrandir
perdre, ou du
pour nous la tache d'une
expédition d'ontre-mer. En traitant
elle, et en lui délaissant à cet effet les avec
de nos
biens
compatriotes, le
sait donc en partie
Gouvernement agispour le bénélice de
et par conséquent PEtat doit le
PEtat;
biens qui ont été aliénés à
prix de ces
Il faut d'ailleurs
son profit.
s'il
qu'il acquitte cette
ne veut pas qu'un autre la
à dette,
et à son grand
paie sa place,
préjudice : et c'est ici la
conde réflexion annoncée, dont la
seêtre: en un moment sentie:
gravité Va
de
La possession
Saint-Domingue a toujours été un
d'envie pour toutes les grandes
objet
merçantes des deux
nations comhémisphères. A défaut de
(1) Recueil de MM. Vanhuffel et
Champion, P..100. --- Page 66 ---
a g
(58 )
exclusifs dans
des avantages
sa souveraineté,
sont singuliéremens
le trafic avec ses ports et les Etats-Unis
ambitionnés: l'Angleterre efforts pour s'astourà tour ont fait de grands
et l'immi:
au moins ce dernier partages
traité
surer
avantle
nence seule de notre vengeance
à ce but.
empéchés de parvenir
les a peut-être
eux un moyen
Or, maintenant il y a pour colons ne sont pas
facile d'y arriver, si nos
leurs droits.
désintéressés : c'est d'acheter lois à sa débitrice
Maître alors de dicter des
ceshors d'état de payer, le gouvernement tout ce qu'il en
sionnaire obtiendra d'elle
même du tervoudra exiger; on s'emparera
par là de
de se remplir
ritoire, sous prétexte
pas nous y
créance : nous ne pourrons
sa
dans le fait, le créancier
opposer, parce que,
ses droits, ou du
ne fera que poursuivre pouvoir puiser un
moins, si nous croyons dans la conservation
principe d'intervention
nous par Porconditions stipulées pour
des
toujours sera-t-il
donnance d'émancipation,
singulièreposition se tronvera
que notre
et que nous aurons deux
ment compliquée, lieu d'un scul. Haiti au pouadversaires au
étranger, ctla guerre
voir d'un gouvernenient la violation impunic des
avec son inaître ou
ou du
ne fera que poursuivre pouvoir puiser un
moins, si nous croyons dans la conservation
principe d'intervention
nous par Porconditions stipulées pour
des
toujours sera-t-il
donnance d'émancipation,
singulièreposition se tronvera
que notre
et que nous aurons deux
ment compliquée, lieu d'un scul. Haiti au pouadversaires au
étranger, ctla guerre
voir d'un gouvernenient la violation impunic des
avec son inaître ou --- Page 67 ---
(59 )
envers nous contractés; voilà
engagemens de nature à faire naître de sérieuses
des objets
réflexions dans l'esprit de nos ministres.
est-il donc besoin de tant d'arMais quoi?
à les convaincre ; et
gumens pour parvenir
dans leurs ames 2
n'existe-t-elle pas à l'avance
les colons s'efforcent d'y
cette conviction que
serAu milieu d'eux siége un loyal
porter?
qui fut proclamée
viteur de la couronne, par
vient
à la tribune des députés l'opinion qui
de
d'être soutenue ; et cette manifestation
place à la fin de notre
principe doit prendre
la plus
discussion, comme la confirmation
puissante qu'elle puisse recevoir.. débat à la
l'article 1er fut mis en
Lorsque
M. de Cambon proposa d'y
Chambre élective,
ainsi conçu : C La
ajouter un paragraphe
millions affectée
> somme de cent cinquante avril 1825, aux
lordonnance du 17
>> par
de Saint-Domingne, sera
> anciens colons
et sans,
entre eux intégralement
> répartie
3>
>> aucune garantie.
de
et il dit:
Alors seleva M. Hyde Neuville, de Camcomme le demande M.
CC Décider,
aucunement
PÉtat ne garantit
>> bon, que
colons, ce serait les mettre
>> l'indemnité aux hors la loi fondamentale,
3> hors la Charte, --- Page 68 ---
B N
(60)
TÉtat, ils ont droit à ce
>> Expropriés par
l'indemnitéappli-
>>
Motatleur garantisse
quel
3)
>> cable à cette expropriation.
de
la proposition
Sur cette observation,
M. Cambon fut rejetée (4)-
citation; elle
rien à cette
On n'ajoutera
haut que tout ce qu'on pourrait de
parle plus
de foi
dire; elle contient la profession
minisaujourd'hui
Thonorable représentant la volonté de la
tre ; elle contient surtout la loi alors délibérée.
Chambre sur l'effet de
aucun des
fut élevé d'objection par
Il ne
et les principaux
ministres de cette époque, à la séance oùt se
d'entr'eux étaient présens Cest donc la que se
passa le fait rapporté.
conT'explication des engagemens
la
trouve
envers les colons; et
tractés par le pays
réclamée par eux 2.
garantie en ce moment
de raisenlement la conséquence
n'est pas invincibles, elle a été formellesonneiens
le vote de la législature.
ment promise par
l'indemEt
d'Haiti repréheanierente
du gouvernement
nité stipulée
les anciens colons,
sente tout au plus, pour
de MM. Vanhuffel et Cham-
() Moniteur et Recueil
pion, pag 168.
ons; et
tractés par le pays
réclamée par eux 2.
garantie en ce moment
de raisenlement la conséquence
n'est pas invincibles, elle a été formellesonneiens
le vote de la législature.
ment promise par
l'indemEt
d'Haiti repréheanierente
du gouvernement
nité stipulée
les anciens colons,
sente tout au plus, pour
de MM. Vanhuffel et Cham-
() Moniteur et Recueil
pion, pag 168. --- Page 69 ---
(61)
le douzième de la valeur de leurs
et si l'on en distrait les frais
propriétés;
chacun d'eux a dà faire inévitables que
droits, on
pour justifier ses
peut affirmer qu'elle
pas à la quinzième partie de
n'équivant
perdu
ce qu'ils ont
depuis tant d'années. Ce n'est donc
qu'un léger dédommagement
cordait
qu'on leur. acpour prix de leur
sommée sans retour
expropriation concolonie; cen'est
par l'émancipation de la
réparation
qu'une insuflisante et minime
d'un grand désastre,
ingentis solatia luctis. Et
erigua
la pressante voix du
lorsque, cédant à
besoin, ils ont
avec confance et
accepté
soulagement
résignation ce trop foible
offert à leur misère; la
qui a légitimé leur
France,
lement renoncé
dépossession et solennelà en demander justice, la
France, qui, par cette abdication volontaire
d'un droit qui était un devoir
s'est à la fois exonérée du
pour elle,
fardean d'une
guerre, et enrichie d'un traité fructueux
pour son industrie et son commerce, la
France se serait réservée la liberté d'éluder
cette dette sacrée, sous prétexte des retards
ou dés refus du gouvernement d'Haiti dans
l'exécution des engagemens
vers elle !!
qu'il a pris en- --- Page 70 ---
- *
-
-
(6)
être, telle ne sera
Non, telle ne ponvait
natiola pensée de la représentation
jamais
naturelle de la propriété.
nale, protectrice
la volonté
saurait être non plus
Telle ne
de tant d'inforréparateur
du Monarque;
sans consolation
tunes, il ne laissera pas
et la
fut à la fois la plus grande
celle qui
plus imméritée.
le 15 avril 1829, par
DÉLIBÉnE à Paris
du Roi et à la Cour
les avocats aux conseils avocats de la Cour
et par les
de Cassation,
royale, soussignés.
DALLOZ.
HExNEQUIN, DUPIN JEUNE.
DELAGRANCE,
GUICHARD
adhéré MM. BILLEcOCQ,
Ont
Nicop.
PÈRE, DURANTON,
soussigné adhère à la consultation
L'ANCIEN AVOCAT établissant le droit que les anciens
ci-dessus, comme
ont d'être garantis par le
colons de Saint-Domingue du paiement de P'indemnitéque
Gouvernement français
en leur faveur par Pordonle gonvernement a stipulée de la colonie.
nance d'émancipation
Decacmon-Teasnue
MM. BILLEcOCQ,
Ont
Nicop.
PÈRE, DURANTON,
soussigné adhère à la consultation
L'ANCIEN AVOCAT établissant le droit que les anciens
ci-dessus, comme
ont d'être garantis par le
colons de Saint-Domingue du paiement de P'indemnitéque
Gouvernement français
en leur faveur par Pordonle gonvernement a stipulée de la colonie.
nance d'émancipation
Decacmon-Teasnue --- Page 71 ---
(63 )
Les soussignés adhèrent à la résolution de la consultation. Ils voient, dans le fait incontestable de la dépos
session des colons 9 par suite du traité consenti par la
France, le principe d'un droit à une indemnité.
OpiLox-BARROT, BARTHE.
Les colons étaient propriétaires; ils ont été dépossédés
de fait; le Gouvernement français a reconnu cette dépossession en droit; il a, stipulant dans P'intérêt des
colons, 2 accordé cette reconnaissance à titre onéreux, et
moyennant une indemnité de 150 millions destinée aux
anciens propriétaires. Il y a donc ici, de la part de
P'Etat, sacrifice du droit des colons, aveu que ce sacrifice appelle une indemnité, évaluation de cette indemnité. Si elle devenait illusoire, évidemment il y aurait
lieu à recours contre PEtat, qui ne peut avoir, dans
l'intérêt de ses propres convenances, aliéné les droits des
tiers, sans les récompenser ou les faire récompenser de
cette aliénation.
BERVILLE.
LEs CONSEILS SOUSSIGNES déclarent adopter, avec la plus
entière conviction, la solution donnée dans la consultation
ci-dessus à la grande et importante question de la responsabilité du Gouvernement envers les colons de SaintDomingue.
Les conseils adhèrent pleinement à ce résultat de la
discussion, que l'État est directement obligé envers les
colons par cette double raison fondamentale:
1° Que le Gouvernement, encore bien que la spolia- --- Page 72 ---
S 2 -
(64)
fut consommée
de Saint-Domingue
tion des propridtés
d'émancipation, était,
long-temps avant lordonnance
reconnus du
la nature des choses et les principes au besoin,
d'après
tenu de garantir aux colons, et,
de
droit public,
en leur qualité
de leur faire restituer ces propriétés, dont il est le chef
membres de cette association générale
et le protécteur nécessaire. est tenu, à plus forte raison,
2°, Que le Gonvernement restitution, puisque de son
de cette garantie et de cette
de droit de ces
Paliénation
propre fait il a consenti
non-seulement comme
mêmes propriétés, ce quirésulte,
de M. Dalloz, de
Pétablit avec tant de force la discussion événement et des
les circonstances de ce grand
les détoutes
des organes du trône dans
déclarations explicites
du texte même de Tordonbats législatifs, mais encore
article 2, que les 150
qui porte,
colons
nance d'émancipation,
les anciens
millions sont destinés à dédommager Il est évident par là,
réclameraient une indemnité.
le droit
qui
PÉtat reconnait officiellement
de
d'un côté, que
c'est-à-dire à ce priz
des colons à cette indemnité,
PÉtat encore, en
d'un autre côté, que
consenti
leurs propridtés;
a directement
stipulant le prix de Valiénation, dès-lors, et par une concette aliénation même; et que responsable de son fait
forcée, il est devenu
séquence
envers les colons.
Rennes, le 30 avril 1829.
BERNARD, TOUILIER.
DE Mme Ve AGASSE,
PARIS, DE LIMPRIMERIE
No 6.
RUE DES POITEVINS,
,
PÉtat encore, en
d'un autre côté, que
consenti
leurs propridtés;
a directement
stipulant le prix de Valiénation, dès-lors, et par une concette aliénation même; et que responsable de son fait
forcée, il est devenu
séquence
envers les colons.
Rennes, le 30 avril 1829.
BERNARD, TOUILIER.
DE Mme Ve AGASSE,
PARIS, DE LIMPRIMERIE
No 6.
RUE DES POITEVINS, --- Page 73 ---
2.
LA FAYETTE,
OU
LE VOYAGEUR AUX ÉTATS - UNIS
EN 1824
PAR
M. HORTENSIUS DE SAINT-ALBIN,
AVOCAT A LA COUR ROYALE DE PAKIS.
PARIS
IMPRIMERIE DE J. TASTU,.
PUE DE VAUGIRARD, N. 36.
--- Page 74 --- --- Page 75 ---
E763
L6513
v23 --- Page 76 --- --- Page 77 ---
:. --- Page 78 ---