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CONVENTIGN
NATIONALE
CONSIDÉE
RATION S
Sor les causes
gni, en France et en Amd.
rigue 7 ont produit les divers
contre
mouvemens
- révolutionnaires dont les Colonies
onteté agitées 3;
scicmment
Cnadepbaliesanniois
oubliées, 7 et reproduitess
PAR B. GOULY,
repréfentant du peuple, dépuité de
"Isie-de-France.
IMPRIMEzS PAR ORDRE DS LA COxVENTION
MATIONALE,
E N FRANCE
De les mouvemens gni ont eu lieu
aux Colonies, il y a trois motcurs à en France ; par rappert
Le miniftère,
conidérer; faroir,
Les negucians,
Et les colons réfidens.
E Le minifiére préiente le miniftre & les
miniftre de la marine rarement
bureaux.
Jamais ii n'avoit de connoillances bien étoit propre à geuverner.
recevoit des bareaux & des perfonnes politives fur les celonies. Il
verfes impullions d'après lefquelles il fe qui T'onvironnoient, dijour, Tintérét national n'avoit point été conduifoit fon
5 & jufqu'a Ce
Les barcatix étoient formés de commis dominés objet.
ticulier, pour qui la chofe publique n'étoit
par l'intérêt parfoitune. Les commis n'avoient aucune
rien qu'un objet de
guc cclles qu'il tirolent des agrns du connoiffanre des colonies 7
onnréns.
gouverremcnt dans ces
Ler vnes di miniftre & des commis
foit en France, ioit dais les Colonites, étoient les toujours dirigées s
Par
intérets des négoA
is dominés objet.
ticulier, pour qui la chofe publique n'étoit
par l'intérêt parfoitune. Les commis n'avoient aucune
rien qu'un objet de
guc cclles qu'il tirolent des agrns du connoiffanre des colonies 7
onnréns.
gouverremcnt dans ces
Ler vnes di miniftre & des commis
foit en France, ioit dais les Colonites, étoient les toujours dirigées s
Par
intérets des négoA --- Page 4 ---
(:)
cians qui, jufqn'à ce jour : avoient été regardés comme faifant
feuls le commerce ; & le miniftère croyoit bonnement qu'en enrichiffant les négocians, c'étoit enrichir la Nation.
2°. Les négocians des parts de mer formoit une claffe particulière, fans ceffe en rapport avec lcs colons , avec les hommes
qui vont & viennent des Colonies 2 prenant fur ces contrécs des
notions vagues, d'aprés lefquelles ils formoient des fpéculations convenables à leurs intérêts, que le miniftère fecondoit prefque toujours. Placés entre les Colons & les Français, entre lcs Français
& les Colons > les négecians & le miniftère s'étayoient mutuellement dans leurs opérations qui avoient pour but, d'un côté, l'intérêt particulier > & de Pautre, le pouvoir abfolu.
3o: Les Colons réfidens en France étoient ifolés & livrés à leur
exiftence perfonneile ils abandonnoient aux négociars le foin
de leurs allaires, & a ne s'inquiétoient de rien, , pourvu qu'ils reçuilent le revenu de leurs habitations. La plupart n'avoit
été dans les Colonies & ne les connoiffoit pas ; ceux qui point les
avoient vues n'en confervoient que des idécs faufles. Tantôt ils
entroient dans les vues des négocians, s'ils avoient des intérêts à
ménager ; tantôt dans celles du miniftère 3 s'ils follicitoient des
emplois ou des faveurs. Très-peu ont eu le courage de fe rallier
pour l'intérêt public ; ils craignoient trop de déplaire aux
cians ou aux miniftres.
RégoE N A MÉRIQUE.
Dans les mouvemens des Colonies,
a également trois
teurs à confidérer ; favoir
ily
mo7
Les agens du miniftère,
Les commifiennaires,
Et les Colons.
1°. Les agens du miniftère recevoient du miniftre, fur tous les
points de l'adminidration, 2 des inftructions qu'ils fuivoient avec
ou moins d'exaétitude, 2 fuivant les
fuivant l'intérêt plus
& les paflions qui les dominoient. Rarement circonflances, ils étoient éclairés, &
prefque toujours ils fe livroient a des fubalternes qui fouvent abufoient de leur confiance. Jamais Ces agens ne rendoient de
de leur adminiftration qu'au miniftre ; iamais ils ne préfentoient compte
l'emploi des impôts levés fur les Colons & fur leurs denrées. La
moins d'exaétitude, 2 fuivant les
fuivant l'intérêt plus
& les paflions qui les dominoient. Rarement circonflances, ils étoient éclairés, &
prefque toujours ils fe livroient a des fubalternes qui fouvent abufoient de leur confiance. Jamais Ces agens ne rendoient de
de leur adminiftration qu'au miniftre ; iamais ils ne préfentoient compte
l'emploi des impôts levés fur les Colons & fur leurs denrées. La --- Page 5 ---
(3)
fortune de tous les agens du gouvermement éloit attachée au maintien de l'ancien régine.
20. Lercoamistio. inaires : hibitent'les villes des Colonies; ils reccvoient les comunitliuns des négociaus de France foit pour
loit poir acheter. fl; Faifoient aux Colons des crédits Plus ou vendre, moins
lengs fur les deurées quileur étoienta adrefTées : quelgucfois ils Icur
failsicnt des avances fur les fords qui leur reftoient. Les
ou
Colons,
plus
moins eloignes des villes, chargeoient aufli ces commifliounaies aevendre Jeuzs deurdes & d'acheier toutes celles dont
ils avoient befoin. Ainfi les negocians & les Colons étoient EA la
merci de ces commidionnaires, qui avoient feals tous les
de faire le mnonopole avec les érrangeri, é quilouvent le faifoient moyens
de concer: avec les adminifrateurs. La fortune de
tous
ces commifitoanaires étoit 2 ainh que celles des agens prelque du niniftère, attachée all maintien del f'ancien régimiet,
s5. Les Colons cultivateurs ctoient , ou fu leurs
-
ou
en France. Dans CC dernier cas, ua fondé de pouvoir habitations les rem- >
plaçoit. Parmi les Colons quihabitent les Colonies, il yen a beau
coup qui avoient des dettes confiderables qu'ils nc s'empreffoient
guéres d'acquiuter. Ces Colons très-adroits faifoient une cour afidee aux chefs 3 ils gagnoient leurs bonnes graces , alin de devenir
les conlidens & les compag:ons de leurs plaifirs : certains
ils réfifteroient avec fuccès aux pourfuites de leurs
qu'alors
obtiendroient
créanciers, ou
qu'ils
2 foit pour eux 9 foit pour leurs
des
emplois ou des faveurs de la cour. L'intérêt de CCS Colons enfans, étoit
audi tout entier, dans lc maintien de l'ancien régime.
Mais il étoit, il eftd'autres Colonsqui, fans ceffe occupés far leurs
habitations > vivoient éloignés des chefs du
re voyoient prefque jamais; les fondés de pouvoirs, gouvernement les
qu'ils
les ouvriers formoient avec eux une grande partic de la marchands,
libre des Colonies, prefapurindépendinte des adminifrateurs populition & des
commifionnaires. Cette clafle, la feule vraiment laborieufe,
ment utile, avoit tout à gagner dans un nouvei ordee de vrai-
& les autres tout a perdre :il eft donc conféquent de croire chofes,
l'aimoit.
qu'elle
Tels ctoient l'état & les intérêts des divers partis que nous Venons de conficérer > lorfque, par les décrets dis mars
tous
furent raffarés fur la confervation de lears
1790,
avantages & Ies pertes qui alloient être la fuice propriétés inévitable : alors de les la
régénération du gouvernement dans les Colonies > étant
bientôt les agens du miniftère, les comumiflionsaires & les oppelés,
fe partagérent en deux partis
Colons
moyens pollibles, Pun
oppofis > qui employérent tous les
pour retarder, lautre pour accélérer ies
progrés de la révolutic on.
Az
ars
1790,
avantages & Ies pertes qui alloient être la fuice propriétés inévitable : alors de les la
régénération du gouvernement dans les Colonies > étant
bientôt les agens du miniftère, les comumiflionsaires & les oppelés,
fe partagérent en deux partis
Colons
moyens pollibles, Pun
oppofis > qui employérent tous les
pour retarder, lautre pour accélérer ies
progrés de la révolutic on.
Az --- Page 6 ---
(4 )
Le minifère, fes
les commilioxnaires & les Colons, qui
proftrient des abus, PCTEA coalisèrent donc d'un cc.é;tous les autres
babitans quivoyoient dans les principes de l'AIfemblée conftituantc,
dans fes décrets du S mars, tous les avantages quc les Colonies rettrereient néceffirement d'une adminiftration nouve'le formerent
na jecond palti. A Y'oproition des intérets fe joignit celie des
ainouis prop:cs qui échavliérent tous les cfprits, eraltcrent tous
les fentimens, & mirent toutcs les palfions en délire.
Le miniftère, fes agens & tes fuppdis, après les décrets du 8
mais, qui les rafluroient fur leurs propriétés, crurent qu'ils pourroient maintenir l'ancien régie, &: que.bien maintenu ils pourroient le conferver an moins avec de ligères modifications ; & dans
erS vues, iis chercherent à dominer les allemblées coloniales, comme
ii eti arrivéàla. Martinique & ala Guadeloupe 5 ou à les dilloudre,
méie par forte > comme il et arrive i l'allemuiée de Saint-Dosuingue féante a Saint Marc.
Les Colons, qui éioient dans l'efprit de la révolation, animés
par Je delir,de voiz ufi noutclordre de chofes s'établir dansles Colonics, agjus par.ha.erainte & les inquiétudes que leur d.nnoient les
intrignes & les efforts du niniftère & de fes agens, agités encore, en
tous Tens 3 Parles.diverfes nenvelles qa'ils recevoient de Ja France ,
formérentala Mrtinique & a ia Gundcloupe un parti foible centre le
gouvenemcis & F.fftiblée coloniale réunis : à Saint-Domingue ils
cn formérent également un, pour l'allembiée de Saint-Marc, contre
les chefs du 2ouvernement.
Le garerh-mrat,lonns pàrla volonté édc maintenir l'ancien régime & parlriperance d'une : ontre-révolation, a excité des déiordress des divific as de toute efpèce, par tous les moyens pollibles,
afin de porfeader que la paix ne pourra't fe rétoblir
par l'appareil de la force, riqus, furecite perfuafion, le BeAtNe obtint des
troupes & des vailleaux pour enchainer, les Colons plus piflammenc
cue, janais.
ii di: Et6 très-Facile de prévenir les troubles qui ont agités qui.
agitent encore les Colonie 5 elles fercient eutières 2: pailisles depuis
Jnng-temps, fi PAffembléc confitante avoit chargé des députés nationaux de porter fes décreis du 8 mnars. Ces députés auroient été
les guides des bons Colons Rla terreur dcs méchuns.
Tagtre rfes décrets du8mars, TA feibléc confituante lailloit aux Colous (1) P'exercice de Jeurs droiis; mais en le leur laiflant, il fulloit
prévenir les efforts combinés de l'intérêt & de l'amour-propic, 2 il faljoit éclairer & diriger leur raifoa & Jeurs vues. Placés à 2000 lieues,
les Colons ignorcient ce qui fepaffoit en France, ou, Flutot ils CR
(lJecompreada duusce moi Colons tous lesheninics libr: s dcs Colonie
Colous (1) P'exercice de Jeurs droiis; mais en le leur laiflant, il fulloit
prévenir les efforts combinés de l'intérêt & de l'amour-propic, 2 il faljoit éclairer & diriger leur raifoa & Jeurs vues. Placés à 2000 lieues,
les Colons ignorcient ce qui fepaffoit en France, ou, Flutot ils CR
(lJecompreada duusce moi Colons tous lesheninics libr: s dcs Colonie --- Page 7 ---
étoient mal infruits. Agids (5)
par tours les
térêts, par toutes les crsintes, par tontes fentimens, les
: par tous lesinpollible qu'abandonnés à
cfpérances. il dtoitimlurprifes d'un miniitére eux-mémes, & livrés aux intrigues & aux
grandes fautes.
odieux, iis ne faflent pis entrainés à de
Les inftructions du 28 mars, décrétécs à la fuite des
pouvant eire interprétées dans le fens &c contre le fens décrets du 8,
infpirèrent desi inquiétudes, de la défance méme
de ces décrets,
conlituante. Les Colons crurent deroir
contre l'Affemblee
lesintentions qu'on lui prétoit ; le
prendre des mefures contre
ces difpofitions, trouvèrent dans miniftère & fes agens,proftant de
mnoyens pour costarierksaliemblies ces inftructions des prétertes e des
oude fe les gagner.
coloniales,-finde les' diffoudre
4 L'Ailemblee conftituante avoit
des Colonics; clle ne fe fentoit tres-fagement point cclairde diféré de s'occiper
con'tées; &eller ne le Fouvoit (& la
fur Ces importaut.s
le miniftére & fes agens, ni par les Conrention ne peut l'être), ni par
lons, ni par les négucians ; le
comarifionnaires, ni Par lesCode toutes parts : il en eft de meme menfonge & Pintiigue Penvifonnoient
Si l'Aflemblée confituante avoit aujourd'hui. bien
étoient dans. un autre monde, dans d'autres confidéré que les Colonics
fidéré que les hommes qui les
c'imats; li clle avoit confoins, Par les fscultés;
la habitent,dilfcrent conflitution,
cntre cux par les beviennentdeivent éirep
de le
> que les lois quiieur con-
& des
plerd
chofes, & que cette connoiffance connoiffance des hommier, des lieux
dans les Colonies elle eit alors déclaré ne peut être acquife
fentée dans les Colonics. Ses
que la France feroit repté- gre
Nation, auroient été dans ces députés, contrées chargés de la confince de la
pourcencourir avec les Colons a forner le apprendre à les connottre
ieur conviunt. Leur préfence edt infpiré de plan de la conititution qui
toyens S de la crainte aux méchans
la confiance anx bons cirêtés par le refpeét du au caraétère ; facré les agens des du gouvernement, Rrla frangais, liberté n'euflent pu tenier, pas même concevoir reprélenians du' Peuple
des Culons, contre la fouveraineté
des projets conite
L'éclat de cette déprtation dans le
nationale.
aux Colons l'importance que la Nation nouveau attachoit monde edt témoigné
députation y auroit porté les principes de
aux Colonies; cette
auroit éclairé les Colons furléendue de PAffemblée nationale, &
Voir nne conditution, ils ne fe feroient ces principes : certains d'a
la faire. Les intrigues des agens da miniltére pas preilés dans les moyens de
Tavengle cupidité des
auroient ceffé
vanitede
comimifionnaires ne fe feroit poine alimmamt;
de tous auroient qusiques été Colons n'ed: poin: égaré leur raifon, & les animée;la
difipées, & les Noirs
craintes
armies, tantôt pour, taniôt centre la révolution. n'euilent point pris slcs
A;
intrigues des agens da miniltére pas preilés dans les moyens de
Tavengle cupidité des
auroient ceffé
vanitede
comimifionnaires ne fe feroit poine alimmamt;
de tous auroient qusiques été Colons n'ed: poin: égaré leur raifon, & les animée;la
difipées, & les Noirs
craintes
armies, tantôt pour, taniôt centre la révolution. n'euilent point pris slcs
A; --- Page 8 ---
(6)
Lcs députés de la France auroient éclairé la Nation fur le vérikable étai des Colonies, fur les vrais intérêts qu'elles
à
'elles-mémes & a la mére-patrie : alors les inquictudcs des préfentent amis des.
noirs n'auroient plus eu de fondement; alors les intrigues des Colons.
réfidens, celles des négocians , les menées du miniftre de la marine
& des bureauz auroient été fans aucun effet.
Tandis que l'Aflembléc conftituinte pofoit les bafes de la conftitution françaife; tandis
organifbit tous les pouvoirs, les
de la France dans les 8er fc feroient infruits fur leur état députés actuel
& poffible, fur leurs rapporis prélens & futurs,enfin fur les véritables
intérêts de toutes les parties del l'empire, firlintérét 12 :tional; & la
confitution, décrétée par PAffemblee conventionnelle, auroitfervi de
bafe & d'inftruction pour celle qui convient aux Colonies.
Lcs députés > inftruits fur toute l'étendue de la confitutien & des
Jois françaifes ingruits , pendant un fejour de deux ans dans les Colonics, > far toat ce qui lcs concerne 2 fc feroient réunis avec des dépatés de chacune d'elles pour former dans une convention
la conftitution des Colons > leurs lois intérieures & le plan générale de leurs
leis commerciales avec la France 3 & cC plan, arrêté après une difcuffion approfondic fur tous lcs points, eut été apporté en France
par desdépatés nat tionanx & par des députés des Coleaies, pourêtre,
fur leurs motifs, difcuté & confenti par la Convention françaife.
Telle étoit, d'aprèsles principes conficrés dans la declaration des
droits, la marche que dans fa fageffe l'Affemblée cenftituante ett di
prendre, & qu'elle eit prifc fans douie, fi les amis des noirs, ides,
Colons réfiaens > fi des négocians, fi le miniftre & les bureaux
de la marine, dirigés ious par des yues particulières, n'avoient foulevé le peuple des po:ts de mer, & n'cuffent en guelque forie forcé
PAffemblée conftituanic à rompre le filence qu'elleavoit fi lagement
gardé.
Forcée de former un comité colonial, l'Aflemblée fe repofa entitrement far ce comité, du fort des Colonies : qu'il étoit facile
dc fixer dans une fimple déclaration des principes fondés fur les
caufes de leur exifence, fur les liens qui les attachent a la mérepatrie > far leurs rapports entre elles & avec elle, fur leurs intérêts communs. Mais pour faire cette déclaration, il falloit des connoillances tres-approfondies & des intentions droites, 2 le comité
colonial n'éloit pas dans ces heurenfes difpofitions. Formé & invefii
de négocians, de Colons, infrumens & frppôts du minifére 2 cC
comité envcloppa avec art, dans les décreis & les inftrudtions des
8 & 28 mars, le germe de toutes les divifions qui devoient engendrer le defpotifine le plus ablola : germe qu'a l'inftant les agens
da pouvoir exécutif firent éulo:c & developpérent avec ane aétivité
incroyablc 3 auli les troubles devinrent-ils plus grands,les divifions
& frppôts du minifére 2 cC
comité envcloppa avec art, dans les décreis & les inftrudtions des
8 & 28 mars, le germe de toutes les divifions qui devoient engendrer le defpotifine le plus ablola : germe qu'a l'inftant les agens
da pouvoir exécutif firent éulo:c & developpérent avec ane aétivité
incroyablc 3 auli les troubles devinrent-ils plus grands,les divifions --- Page 9 ---
=
plus ablolus. ardeates, , les agens du pouvoir (7) exécutif
plus audacicux & plus
ter Accufateurs leurs
les uns des autres, les Colons
plaintes a T'Affemblée.
vinrent en France pormité, prévenu & trompé, leur ft Renvoyés un crime au de comité celenial, ce cotructions ; & pour rétablir la paix dans les n'avoir pas fuivi fcs infployer contre elles des forces
Colonics, it propofa de déPu perfuader & éclairer l'intérét fedoutablesycomme &
fi ces forces euflent
plus aveugles qu'on les contrarie F'amourpropre, toujours d'autant
fubordonné Perfonne ne repréfentoit la Nation davantage. dans les
au pouvoir exécutif; les
Colonies; touty étoit
agens ; lcs troupes
leur étoit
commiflaires civils étoient fes
caufes & inftrumens E la guerre civile. confiées, pouvoient être & ost été
conduite ? Qui peurra éclairer la Nation Qui fur fera refponfable de leur
Comment la Convention ofera-t-elle
ces caufes & Ces effets ?
agens divers, des effets oppofés à 2000 juger des caufes cachées, des
On n'avoit Pas vu quc, fi dans les lieues de diftance :
contre l'efprit des décrets de PAffemblée Colonics le miniftre agiffoit
tables intérêts des Culonies & de la
natioxale, contre les vériles forces qu'oa lui confioit, il fuivroit France 3 devenu tout-puiffant par
delpotiques 3 que les Celons feroient avec plus d'inilance fes vues
qu'alors le fentiment de l'injuftice 12 opprimés plus que jamais, &
droits lcs foulereroient contre
conviction intime de leurs
fes maximes en pratique, bientôt PAffenublée la
nationile; que mettant
dreit pour eux le plus faine des devoirs réffance d Popprefion derienroient livrées aux défordres les plus
; qu'alors les Colonies feOnnavoitpar vu non plus
les afireux : c'eft ce qui eft arrivé.
les profondes combinaifons .
des que troublcs dcs Colonies couvroient
des commiffaires
ennemis de la profpérité de la
ignorans ou
France;
Roune ou à
perfides ) que des
grandes
tromper 2 fecondoient leurs vues troupes faciles a
confidérations
les
deftrucives. Les
ont été facrifiés à de petites politiques,
grands intérêis de la Nation
intérêts.
pafions, > i de petits préjugés, a de petits
des Les troubles inftrudions des du 28 mars 1790 avoient ét6 le prétexte & la
mité colonial, Colonies, des divifions des Colons : néanmeins le caufe
tions plus étenducs perfitant feroient dans fes erreurs, imagina que des inftruc- Coforma donc de nouvelles mieux comprifes & mieux fuivies. Il en
donnèrent lieu à de longues > qui & fcandaleufes lie farent point adoptécs, mais
les décrets des
difcuflions, d'oil
qui
Il falloit
&c15 mai 1791.
fortirent
fur les grands atndthe intérêts la Nation toute entière far l'état des
il falloit,
qu'olles préfentent à
Colonies,
par une conftitution,
des clles-mêmes &i la France;
leur profpérité, multiplier leurs par
lois bien éclairées, aflurer
rapports ayec la métropole, refA4
arent point adoptécs, mais
les décrets des
difcuflions, d'oil
qui
Il falloit
&c15 mai 1791.
fortirent
fur les grands atndthe intérêts la Nation toute entière far l'état des
il falloit,
qu'olles préfentent à
Colonies,
par une conftitution,
des clles-mêmes &i la France;
leur profpérité, multiplier leurs par
lois bien éclairées, aflurer
rapports ayec la métropole, refA4 --- Page 10 ---
(6)
ferrer'les lirns qui les attachent à Iz mére-patric. On re pouvoi,
Pour fe conform. r aux principes de la déclaration des droiis ,remplir ces vues & arriver a ce but, qu'en déclarant que la France fcIvitrepréfentée dans Ie mouveau-mondel
Ce parti,le feul qui convenoitàlaf fageffe de l'Afemblée conftituante &c aux intéiéts de la Nation, ne fui point propolé par le
conité colonial:1 le ceicle de fes vues éloit trop étroit.
Il ne fut point propofé par le miniftére, pufqu'il renver'oit
le defpotifme du miniftre & les menées desbureaux de la narine.
11 ne fut point propofs par les négociaus , qui craignoient plus
que jamais de voir la Nation s'éclairer fur lcs Colonies, fur fcs
véritables intérêts dans leurs rapports avec elle. Il nc fut point
propofé non plus par les colons 7. qui craiguoient d'etre vus de
troppres, & qui efpéroient d'obtenir de PAffemblée nationale, par
les dificultés dont là canfe des Colonies fe trouveroit ervironnée,
bearcoup plus que delintéret de la Nation éclairce parfes reprefenians. Touts'oppofoit donc à ceque PATfemblée confituante pri: la feule
mefure qui cenvenoit aux droits des colons, à limportance & a la
grandeur de la caufe des Colonies. L'intérêt général fut donc facriné
a des conidératious, a des vues parviculières.
Onpropofa à PAfTemblie confituante de décréter des infructions pour les Colonies. On aura peine aujourd'hui à concevoir
conment ilétoit entré dansla iéte de quclqucs hommes quin'avoient
pas la moindre idée des Colonies, de faire fur leur confitution &
& leurs lois, des infructions propres a ditigerles colons, à éclairer
TAITemblée nationale & à inftruire la Nation fur les divers interéis
que préfentent ces précieufes contrées.
loi?
Mais qu'entendoit-on par ce mot infructions ? projets de
LA flemblée conftituante pouroit elle donc fe permettre de décréler
des projets de loi, qui, décrétés, étoient ou n'étoient pas loi:
En bons principes, une loi peut-elle êire dicréiée, avant d'avoir
616 di'cuiée & confentie : Comment tITAffembiée confituante propofoit aux celons des loix qu'ils auroient li faculté d'arcepter ou
de refufer ! il devoit néceffaitement réfalter de cette faculté frèsinc onfiniionnelle > une divifion incalcalable dans les op:nions, une
oppofition infurmontable dans les intérêts, dans les amours-propres : alors PAITemblée nationale ctt donc impole linftructian
copme loi abfolue; alors le comité colunial cit fail la conflitution & les lois des Colonies; alors i feui honme peit-ege
eût Fait cette conftitution & ces lois. Quel de'potifme plus cffrayant!
guels effets ne pouvoieni-ils pas cu réfulter dans ies Colonies, dans
Fran Ct même!
urmontable dans les intérêts, dans les amours-propres : alors PAITemblée nationale ctt donc impole linftructian
copme loi abfolue; alors le comité colunial cit fail la conflitution & les lois des Colonies; alors i feui honme peit-ege
eût Fait cette conftitution & ces lois. Quel de'potifme plus cffrayant!
guels effets ne pouvoieni-ils pas cu réfulter dans ies Colonies, dans
Fran Ct même! --- Page 11 ---
(9)
II fe préfente deux intérêts dans la caufe des Colonies : l'intére
nationals: Pintérét des négucians.
L'intérêt national cfl compofé de lintérêt de la France & de
cclui dc toutes les pariies de l'empire iituées au-dela des mcrs.
Pour bien juger de l'intérêt national, il faut le mettre en rapport
avec cclui des autres nations 1 dont il faut bien connoitre les
produfions & les befoins, ics diverfes relations dans les matières
& dans les moyens d'échange. C'eft après avoir embraflé toute
l'étendae de ces diverfes confidérations, 9 qu'cn Fourra jage: l'in.
térêt national dans tous fes points, dans toutes fes combinaifors.
Cet intérêt confifte principalement à produiic, avec les moyens
les plus limples &c dans Pétat le plus parfait, toit ce qu'il eft
poffitie dc produire. Il confilte à porter la préparation 1 la fubriçation des matières premières, au plus haut point de perfection
dans les moyens c dans les réfultats, afin que le produéteur & le
confommateur; qui font les feuls & rézitabies commerçans, 5 qui
forment la Mation, irouvent dans l'échange & la confommation des
denrées le plus grand avantage cormun.
Pour bien juger de l'intérêt national dans fon enfemble, dans
fes rapporis avec les Colonies, ilf fant bien connoitre Jes predufions
& les'befoins de touies ces contrées 5 il faut les avoir bien vues
dans ce qu'elles font , dans ce qu'elles peuvent être, dans lcs mcyens
qu'elles ont, dans ceux qu'elles peuvent avoir: enfin, c'eftapres les
avoir bicn étudiées, bien aprofondies, qu'on verra que l'intérêt dela
France 2 Pintérêt des Colonies doivent fc réunir, fe corfondre, pour
fo:mer l'intérêt nationa'.
Le miniftre avoit toujours confidéré l'intérêt de la France fous
un rapport particulier, 2 les Colonies comme des établiflemens
précaires, fans iniérêt pour clles-memes. Aujourd'hai les Colonies préfentent auffi un intérêt colonial; elles ont une exiftence
Folitique bien majecre. Ilimporte guc leur rintérêt fe lic,fe confon.le
avececlui dela Francex ne fulfe gu'un; & , pour que cela foit, il
fiut nécellirement que la Nation s'éclaire fur P'étendue &: la
fomme de fes piopres prodiétions, fir la mulitude de fes bofhins, fur les prodiétions des Colonies, fer l'eipèra 3x la aaitité des denrées qu elles confomment i il faut qu'elle s'éclire
encore fur tous les moyens d'échange, fur les négociuns : ces derniers que les Colons Américains & les François foni cbligés de.aployer, ont un intérêt bien particulier, qui a toujoers cherché a
fe placer entre la France & les Colonics; *tin cue ces denx
pariies de Pempire, divifées 2 la France vit l'intérêt national dans
Je feul intéret de la France, & qu'aio.s cette derniere mit le
nigociant de fon cdté pour preffarer les Colonies, & s'earichir
de leurs dépeuilles. Telles éicient les vues d'un ninifère odicux,
loyer, ont un intérêt bien particulier, qui a toujoers cherché a
fe placer entre la France & les Colonics; *tin cue ces denx
pariies de Pempire, divifées 2 la France vit l'intérêt national dans
Je feul intéret de la France, & qu'aio.s cette derniere mit le
nigociant de fon cdté pour preffarer les Colonies, & s'earichir
de leurs dépeuilles. Telles éicient les vues d'un ninifère odicux, --- Page 12 ---
(ro)
dont la puiffance abfolue cherchoit à s'établir far tous les
çois, a la faveur des divifions qu'il favoit exçiter fans
Franentretenir avec art.
ceffe ,, &
Les Colonies, placées dans un autre
aux lieux, quant aux chofes,
monde, demandent, quant
lières; ; comment cennoitre les quant aux hommes, des lois particufaut néccll.irenent voir & étudier moyens de les paffer : Pour cela, il.
les Colonies.
C'eft de la différence des
c'eft
dans Ies moyens de fatisfaire produétions,
de la différence
s'établifient les
leurs befoins, que naiflent &
connoitre
rapports entre la France & Ies Colonies.
ces rapports, il faut néceflairement
Pour
différences ; il faut donc lcs avoir vues dans connoitre les
Monde.
le NouveauIlexifte dans les Colonies deux claffes d'hommes.
deux claffes un ordre focial
I1 faut à'ccs
chacune. La Convention
qui affure les droits & lc bonheur de
elaffes : Non : la raifon peui-elle & la
former l'ordre focial de ces deux
les abandonner à
jufice le lui défendent. Doit-elle
elles-mêmes ? Non :
ne s'accorderoient jamais > & que les l'expérience hommes prouve qu'elles
egarés aujourd'hui fur leurs
qui les habitent
roient par fe détruire.
droits, comme fur leurs devoirs, fniLa France doit connoitre Ies hommes
habitent
fes intérêts lappellent à concourir à l'ordre qui de la les Colonies; 3
honmes, à tracer le cercle des
fociété de ces
erdrc. La Fraece doit connoitre pouvoirs lcs
propres à maintenir cct
elle & les Colonies; ; elle doit concourir rapports à de commerce entre
rapporis; & toutes Ces chofes ne
tracer le cercle de CCS
Nouveau-Monde. La France doit donc peuyent fe faire que dans le
députés. Alors lcs Colons feront
y. être repréfentée par des
fera point trompée dans l'intérêt tranquilles, alors la Nation ne
fur l'intérêt particulier des
national, alors ellc fera éclairée
térêts.
négocians, & fur fes véritables inLes Américains, 9 il ne faut pas fe le diffimuler, font bien
cois: d'origine ; ils le font d'alledion, ils le font par les circonf- Frantances; mais ils ne le font point par Ic caradtére, ri
mceurs , ni par les ufges, ni par les befoins. La
Par les
Ies fépare de la Frasce, & la nature en font un grande peuple diflance
Ce
doit
parEde
pius
peuple
être lié aux Français par les rapports lcs
intimes, par les liens lcs plus puiflans. Mais ces
ne
peuvent être bien connus dans toute leur étendue, que rapports dans les
Colonies ; ces liens ne peuvent être bien formés que dans les
Colonies 5 & c'eft fur tout dans la manière de préfenter CCS
poris, de former ces liens, que l'on en affurera les avantages & rap- la
ance
Ce
doit
parEde
pius
peuple
être lié aux Français par les rapports lcs
intimes, par les liens lcs plus puiflans. Mais ces
ne
peuvent être bien connus dans toute leur étendue, que rapports dans les
Colonies ; ces liens ne peuvent être bien formés que dans les
Colonies 5 & c'eft fur tout dans la manière de préfenter CCS
poris, de former ces liens, que l'on en affurera les avantages & rap- la --- Page 13 ---
folidité, Erdans quel lieu
(n)
lc Nonvean-Monde:
peut-on e'pérer d'y réuffir,fi ce n'eft dans
la France, Les rapports, les liens des Colonies entr'elles, des
fous
, font une véritable alliance entre
Colonies avec
tous les points de vue
deux peuples différens
mére & fes enfans. Cette alliance poffibles, ou, l'on veut, entre une,
alliance pour affurerles fentimens de 3 pour être durable, cette
les Américains, pour afTarer la
fraternité entre les Français &
de la France, doit être faite dans paix & la profpéritédes Colonics êc.
bitansindigenes
le Nouvea:t-Monde avec fes ha-.
Mais ii n'eft pas feulement queftion
& les lois des
il faut
de foriner la Confitution
idécs qu'ont les Colonies; Français fur
encore détruire toutes les fauffes
caraétère & fur Pétat des hommes Ces contrées, les en les éclairant fur le
& la qualité de leurs produaions, qui fur habitent, & fur la nature
& de profpérité qu'cties
tous les moyens de bonheur
fur les mefares qu'il préfentent à ciles mémes & à la France,
de Ces moyens. Des convient de prendre pour affurer le faccès
tous lcs obltacles
dépatés nationaux Peuvent feuls furmonter
vent oppofer, fous que lignorance & les paflions des Colons
cians
ceux que l'intérêt & la cupidité des peuofitiront, tous cetix qu'un
négoRastre, Des députés nationaux gouvernement aveugle pcut faire
rances chimériques
des
peuvent feuls détruire les
tenir.
que
hommes coupables voudroient entre- cipéQu'on ne calcule point ici les frais de cctte députation
indipenfabe qu'importante. Eile ne coltera
, anfi
quatre expéditions d'hommes & de vaiffeaux pas le quart des
dées, expéditions qui n'ont eu,
qui ont été commande plus grands troubles, de plus jufqu'àce jour 3 d'autre eflet,
qu'on a propafées fans réfexion, & grandes divifions 3
ont
mth.dtE
calculer, & dirigées !11.
qui
été décrétées fans
11 faut connoire les Colonies, il faut y
inftruire 2 il faut en affurer le bonheur & porter la la paix, il faut les
éelairer la Nation toute entière fur tont CC
profpérité, il faut
cieufes conirées , & des députés feuls
qui concerne Ces prétous ces avantages.
procureront cn peu de temps
les Deux caufes uniques agitoient & divifoient les
décrets de T'Affemblée conftituante
Colonies, avant
propre.
: l'intérét & l'amourColonies L'intérêt réunit les négocians de France & les
contre les Colons.
commiffionnzires des
les Lamour-propre uns à
des divife les Colons entr'eux, & les rend
l'égard
autres. Démontrez dons aex négocians injuftes &
commiffonnaires, que leur intérét n'ef point dans l'intérêt aux
na-
de T'Affemblée conftituante
Colonies, avant
propre.
: l'intérét & l'amourColonies L'intérêt réunit les négocians de France & les
contre les Colons.
commiffionnzires des
les Lamour-propre uns à
des divife les Colons entr'eux, & les rend
l'égard
autres. Démontrez dons aex négocians injuftes &
commiffonnaires, que leur intérét n'ef point dans l'intérêt aux
na- --- Page 14 ---
(12)
tional. Demontrez aux Français,
l'intérêt des négocians 9
des comwiffornsires, cft ennemi 25 l'intérêt national. Démontrez que l'intérêt national eft compofé de l'intérêt de la France
& de l'intérêt des Colonies réunies ; & alors toute divifion cefle
entre les habitans indigénes & les négocians. Les députés nationaux peuvent feuls y réuffir.
Quantal'amour-p propre, VoMs HC pourrezlecomiattre
portant
des lun:ières & des connoillances dans les Colenies 5 ilne qu'en cédera jamais qu'à des hommes éciairés, probes, fermes, sévères & étrangers
aux Colens, qui fauront leur cn inpofer par leur caraétère, & les,
convaincrepar la force de laperfuafion & parla vérité des principes.
Desdéputisnationaus, peuvent feulsy réuffir. Autourd'cuxfe rallieront
les houmies ienfus $ & bientôt Ce tas d'hommes incohérens dans
leurs idées, intéreffés dans leurs vues > étourdis dans leurs actions,
extraragans dans leurs projets 1 cédcront à l'empire de la raifon &.
de lajuttic:; c'efi à la commiflion des colonies à présenter
tement
promples moyeus de faire triompher l'une & l'autre.
EXTRAIT des mémoires que MM. DUTRONE a présentés
à PAssemblée nationale al mois de janvier
1791 >
tiré du Journal des Colonies.
Après avoir démontré que l'exiftence politique des Colonies eft
eniquement fondée fur la culture de quelques plantes dont les
produits font l'objet d'un commerce immenfe; ; apres avoir démontré
toute limportance de CCS produits pour la profpérité de la France,
M. Dutrone offre les moyens d'clairer ies François fur ceite
importanice - 2 & les Colons eux mêmes fuz icut ce qui peutmaltiplier
& étendre les fources de leurs richefles.
Pour remplir CC dosbie but , il invite les Cclons Français à former
des fosiét,s d'agriceltrre dans les diverfes isles de TInde & de
lAmérique, recucillir tous les faits, tcutes les obfervations que
la nature leur préiente ans les objets qui les environnent, dans
l'économis rurale & domciiique des lieux qu'lis habitent; à entretenir : uc correfpondines généralede CCS fociétes entr'elics & entre
lcs compagnies farantes de France ; à établir,ur une pariie des
biens nationanx qui feront a la difpofition des allemblées coloajaies, des éenles-pratiques de culaures & de manufidurea; à fixer
enfin, dans ces écoies des perfonnes infruites qui puillent, en lcs
adminittrant, donner ati cultivatcur l'inftruction litcrale & pratique
propreà l'éclairer dans tous fes travau:.
La réunion des hommes accroit leurs forces morales comme
leurs forces phyfiques; ies facultes int:lleSuclles en deviennent
ofition des allemblées coloajaies, des éenles-pratiques de culaures & de manufidurea; à fixer
enfin, dans ces écoies des perfonnes infruites qui puillent, en lcs
adminittrant, donner ati cultivatcur l'inftruction litcrale & pratique
propreà l'éclairer dans tous fes travau:.
La réunion des hommes accroit leurs forces morales comme
leurs forces phyfiques; ies facultes int:lleSuclles en deviennent --- Page 15 ---
(13)
plus adtives, les affeaions plus grandes & les
étenducs ; ainfi, - la formation de
connoiffances plus
nies la
de
fouictes d'agriculure dans les Lolopagnies favantes correfpondance de France ces fociétés enir'elles & cnire lei comrecucillir & de répandire tous n'atroient lcs faits pas fenlement T'avantage dè
des habitans des diverles parties de
gui intérelTent Ie bonheur
de nonveaux liens enire les enfans l'empire d'une ; elles feroient encore
dirigeroient les vues, les fentimens de tous gtande famille, &
cominan.
vers un centre
La curioffté a conduit les François dans toutes les
glob:, la fortane lesa fixés dans certaines contrées, ou iis partics di
cpars & ifolés; l'amour de la patrie les réunit
vivoient
tous doivent donc trivaiiler de concert pour le tous bien aujourd'hui;
chacun dans les lieux qu'il habite doit
genéral, &
de fes bienfaits & les partager avec 3 fes frères, étudierla nature profiter
plus de luccès à Ce but, f'auteur propofe de Pour drriver, ayec
dc culture & de manufactures dans ics
former des écoles
ces éceles des hommes infruits, afin Colonies, & dé fixer dans
toutes les produdtions des diverfes contrées d'y réunir,.oa en France,
dillérens peuples de la terre.
& tous les arts utiles des
C'eft dass le progrès des connoiffances
-
trouveront le bonheur & la paix ; ils pourront pofitives que les hemmes
à tous- leurs befoins , quand ils connoitront bien facilement fatisfaire
la nature leur offre: ce n'eft donc plus
fur, tous les objets
tenter des conquétes, & maintenant que
elle qu'ils EIRAE
courage & des lumières des Français. ce font les féulcs dignes dx
L'auteur propofe d'établir d'abord deux écolés
une de culture a Hisle-de-France; T'autre, de manufidures principales ;
Domingue..
à StLa première feroit le Jardin de
M. Poivre ; il ferviroit de pépinière à PIsle-de-France, toutes les
forié par
côtes d'Afrique & desdiverles parties de IInde, plantes utiies des
les enlever.
d'oi l'on pourroit
Ce jardin fereit l'école oi l'on enverroit lcs
on voudroit confier le foin des écoles de culture botaniftes aurquels
à Caienne, à la Martinique, à la
qu'on peut établir
écoles qui feroient des pépinières Guadeloupe oi l'on
& a S.Domingue 5
plantee du jardin dc T'Isle-de-France. tranfplanteroit tontes les
botaniftes inflruits dans ce jardin. Les * pour etre cultivécs par les
les
POdLE
pépinières formées au milicux d'eux, les graines trouveroient, &
dans
plants des arbres & plantes dont les produits leur les jcunes
objct dc commerce 1 tcl que le gérofier, le
offriroient un
alinent, tel que l'arbre à pain, &c. Les botaniftes cancilier, leur &c., Qu un
aveclinfiruction pratique 2 un inftrudion
donneroient,
litterale,redigse en forme
les
POdLE
pépinières formées au milicux d'eux, les graines trouveroient, &
dans
plants des arbres & plantes dont les produits leur les jcunes
objct dc commerce 1 tcl que le gérofier, le
offriroient un
alinent, tel que l'arbre à pain, &c. Les botaniftes cancilier, leur &c., Qu un
aveclinfiruction pratique 2 un inftrudion
donneroient,
litterale,redigse en forme --- Page 16 ---
(14)
de journal, fur les fains perticuliers que demanderoit
plantc.
chague
La principale école de manufadtures, établie à
préfenteroit l'art d'extraire le iucre, l'art
St-Domingue, &
la féculc dc l'indigo, l'art de fire fermenter d'eatraire de preparer
difliler lc rhum, Kc., régénérés fur les vrais Ics melafics & de
chimie, & d'après les moyens indiqués
principes de la
éclairée.
par une experience
On feroit, dans cette école, s l'effai de toutes les
tous les moyens qu'on peut employer., avec
machines & de
aux diverfes opcrations qu'exige la
un fuccés démontré,
niales ; par exempie, P'effai d'une inachine préparation des denrées, colomoulins a canne 2 pour fuppléer lcs mulcts cui a fcu, applicuce aux
annéc aux colonies, cinq millions de numéraire, cortent 2 chaque
en cxportent Four prix de CCS animaux.
que les érangers
On y formeroit ln laboratoire de chimie oi l'on
l'infiruction des cultivateurs 2 l'aralyfe des fubftances feroit, pour
préfenter des produits & des découvertes
qui Peuvent
ce laboratoire, Ies productions naturelles uiles; du on réuntroit, dans
forte que les Colons trouveroient, dans cette Nouveau-Blonde : de
connoiflanccs natwrelles & phyfiques
école, toutes les
périté & à la gloire des Colorics.
prepresà. concourira la prsfL'école de manufactures de St-Domingue ferviroit
inftruire les perfonnes definces à porter dans les
fur - tout à
connoiffances qu'elles auroient acquifes jar leur
anires isles les
afin d'étre en etat d'en donncr un
propre expérience,
tations nationales dont Fadminiltration excniple pratique fer les habifous la furveillance des
pourroit lerr être confiée 2
culture.
corps adminitratiis & des locictés d'agriLes députés & Colons-des diverfes Colonies féans
réuni leurs vaeux & leurs obfervations fur Ics
à Paris ont
propofés par M, Dutrône, qu'ils ont réduits, fous vues & les moyens
tions, pour étre portées par deux commiffaires
forme d'infarucde cette miffion, dont lun iroit dans les Isles chargés usiqnement
celles du Neuveau-Mionde, afin de
orientales, l'astre dans
coloniales, dans tous leurs détails, les développer aux Affemblécs
& de diriger ces moyens vers le but moyens préfente d'exécuter Cc pian 3
Plufieurs compagnics lavartes & lcs
du
leur enfenble.
ces
jardin
SEE
auxquels
inArucicns ont été
des.plantes,
plus" vif defir de concourir,par leur communiquées, ont témoigné le
Colons.
correfpondance, aux vacux des
Deux favans, chargés par le roi de cette
feroient fans doute bien accueillis dans les importante miffion 3
maintenant qu'elles fentent plus que jamnais Colonies, combien fur-tout il lear
artes & lcs
du
leur enfenble.
ces
jardin
SEE
auxquels
inArucicns ont été
des.plantes,
plus" vif defir de concourir,par leur communiquées, ont témoigné le
Colons.
correfpondance, aux vacux des
Deux favans, chargés par le roi de cette
feroient fans doute bien accueillis dans les importante miffion 3
maintenant qu'elles fentent plus que jamnais Colonies, combien fur-tout il lear --- Page 17 ---
(15)
importe de mulfiplier leurs
&
arts qu'elles pratiquent que denrées, fur l'ufage de de s'clairer tant dans les
renferment, & les Affemblées coloniales tors les objets qu'elles
plus heureux des biens
ne peuvent faire un cmploi
gu'alors elles deviendroient qu'elles la auront à leur difpolition, PuifIlnde, & affranchirosent bientôt la fource France de toutes les richefles de
aux autres Nations,
des tributs qu'elle paie
Si l'on obferve que le fruit des
&
grand nombre de voyageurs elk découvertes dcs travaux d'un
d'hui, pour Putilité
prelqu'entièrement perdu,
publique, , on fentira
aujourécoles- - pratiques coloniales 5 & dans ce alors tout le prix dcsnationale vient de donncr les
moment ou l'Ailemblée
térêt que la Nation doit
témoignages les plus éclatans de l'inces dépôts feront aufli indifpenfables prendre aux progrésd des fciences naturelies,
découvertes que feront les naturaliftes que précieur, pour recevoir les
de la Peyrouze.
qui vont à la recherche de M.
Si de pareilles écoles avoient exifté, MM. de
Comamerion, Oblet & divers autres
Juffieu, Dombay,
l'Inde & le Nouveau Monde, y auroient naturalifes quiont voyagé dans
animaux utiles des lieux qu'ils ont
envoye les plantes & les
envois de gérofiers, de canelliers parcourus; M. on y auroit reçu les
mingue > il y 2 vingt cinq ans, & que
Poivre ft, à Saint-Dofeul-dont le fuccès femble accufer qui ont tous péri, excepté un
l'ancien gouvernement.
anjourd'hui la négligence de
Terécution Les vues du plan que nous préfentons font
en eft facile, > & les
grandes &
"lables. Il nous fuffit de
avantages auffi certains qu'incalcu- fimples,
ment toute l'étendue & l'ezpofer tout le mérite pour que l'on en conçoive aiféfaveur de fon exécution, qu'elle
: nous dirons feulement, en
puifqu'iiya déjà à
elt, en quelque forts,
auffi un à Cayenne PIsle-de-France & à
un jardin tresprécieux; commencée; ilye ena
ches; mais dans Ces deux Saint-Domingue, Cilonies, ainfi qui ne font que des ébauGuadeloupe 2 la deftruétion des ordres gu'a la Martinique & à la
des biens dont une partie peut être
religieux y lailfe à la Nation
s'agit maintenant que d'éclairer les employéc à cette deftination. II ne
niales far CC plan, & de les attacher, intentions des aflemblées colopeut avoir, à l'enfemble de fon exécution, par les moyens que chacune
iixés, l'un à liale-de-France, l'autre à
doni les premiers
les mouvemens
agens
térêt
pour accorder l'intérêt Saint-Domingue, de
dirigeroient
général.
chaque Colonic avec l'inPour copie conforme. B. GoULY,
Ce 25 vendémiaire, - lan 3 de la
République tene G indivifble.
D E L'IMI P R I M ERIE N.
Brumaire, l'an 1II ATIONALE
iixés, l'un à liale-de-France, l'autre à
doni les premiers
les mouvemens
agens
térêt
pour accorder l'intérêt Saint-Domingue, de
dirigeroient
général.
chaque Colonic avec l'inPour copie conforme. B. GoULY,
Ce 25 vendémiaire, - lan 3 de la
République tene G indivifble.
D E L'IMI P R I M ERIE N.
Brumaire, l'an 1II ATIONALE --- Page 18 ---
--- Page 19 ---
B.
GOU ULY,
REPRESENTANT DU PEUPLE,
D É P UT E
DE - L'ISLE DE
FRANCE,
mle
A I
SES COLLEGUES
- :a
Ex. privatis, odiis res Publica crescit.
Crrovevs CoLitours,
II est Ténible autant quie désrgréable
desl légitarenrs
d'occuper de soi
erde
auxquels, 2 par la nature de leurs fonctions
sur Ce fehrsdevoirs,1 que f'on
ne reste pas mémele rems de méditer
public. Malges présente pour l'intéiêi généial et le salut
couereHlexion, et la
toojours eue a Ciiré gémir la presse pour repugnance ce qui que j'ai
sonnel, - je me determine, cependint à vous mieperan quart- d'heure d'attertion
connoitre demander
de la perficie des calomnies que i'on pour
et juger
afia de m'enlever voire es.ine
vépand souriement
fiance, et de se venger par Ce moyen, 5 d'atténuer dece votre conjamais voulu transiger avec Ics
'es que jen'ai
d'industrie et les hommes atroces fripons ,
chevaliers
et de sang dans les deux mondes ; quise de sont gorges dor
je les ai vivement poursu'vis, dans
Ce qiten contruire
du courage; du civisine et un très-grand un tenips od ily avwit
enfin parce que, dans ma' mission 3 en danger à lefaire;
pluviose an deux et depuis mon retour, irimaire, n'ai nivose cesse et
faire tous mes efforts pour les montrér a je la
denationale et aux bons
Convention
leur arracher le
citoyens', 9 tels qu ils sont , afin" de
Moaldrandaecient-hor masque hypocrite et datigereux dont ils
Ces calomnies dort la couverts. probabilité
e
vous. Citoyehs
, pour cenz"dentre
pas du CTLE , reposeut Collegues sur , ce quimie connuissent été
peu on
socicté des Jacobins ydepuis le que a6-octobre j'air
membre. de-la
1793,epogue
A --- Page 20 --- --- Page 21 ---
b286e
V.
fiope roe)
5E
Blabir Carler Broln
Lilmany
Bmmn Hnitersity --- Page 22 ---