--- Page 1 --- --- Page 2 --- F 0.
3obn Carter Braton. --- Page 3 ---
- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
CONSIDEDÉRATIONS
SUR LÉTATPRESENT
DE LA COLONIE FRANÇAISE
DE SAINT-DOMINGUE, --- Page 8 --- --- Page 9 ---
CONSIDÉRATIONS
SUR DETAT PRÉGENT
DE LA COLONIE FRANÇAISE
DESAINT-DOMINGUE.
OUFRACE POLITIQUE ETLEGISLATIF,
Préfenté au Miniftre de la Mariné, 1
Par M. H. D."
E
V
A PARIS,
Chez GRANGÉ, Imprimeur - Libraire, rue de la
Parcheminerie; & au Cabinet-Litéraire,
Pont Notre - Damc.
M. DCC LXXVI
Avec Approbation G Privil'ge du Roi. --- Page 10 ---
enracinés : les Proteéteurs
c Des abus profondément
croiferont ces vues
de CCS abus énormes,
> intérefiés
dans les Colonies ; mais ils feront
), d'utilité publique
lc
de les attaquer
fi on a courage
3, bientôt diffipés,
Phil. e Pol. du
dans la Métropole 5). Hifl.
>> d'abord
dans les deux Indes, T.III;
commerce des Européenis
Liv. VIII, Chap.38. --- Page 11 ---
D
a +1444+ 3hle
P 4+ ** ye ope pde -
AA TiN TAINE 2
: - e - * 7 NF 7A1S # * c *
> VI %
I
*
2 4 *
AUX
COLO N S
DE S. DOMINGUE
/ 20 0 ,
A1 partagé vos peines G vos
craintes : ZL7Z Minifre protecleur me
permet de contribuer à vous rafurer.
Ildefire le bien des Colonies; joigner
vous à moi pour lui rendre graces, &
ne vous fouvenet, en lifant mon Ouvrage., des défordres qui vous ont
affligl, que pour mieux connaitre le
prix d'une adminifration bienfaia 11] --- Page 12 ---
vj
fante, que pour vous attacher à Ta
mérizer de plus en plisspartaccrod
fement de vos travaux,
En fouenant votre caufesjen'ai
atterdu aucune reconnaifance de
votre part,jelaifaity epourmoi-méme;
en vous facrifiant une partie de mon
tems,je n'aifaie qu'accomplir Un de
mes. premiers fermens.
Je ne vous tairai point qu'ilm'a
Fallu beaucoup de démarches G de
Joins, pour réuftr d faire entendre
vOS plaintes, a découvrir publiquement votre vérizable pofition. Le
menfonge, gui n'ofe plus fe rifquer
au grandjour, fê cache encore fous
des lambris, dans les antichambres
de Verfailles ; mais iZ efe toujours --- Page 13 ---
vij
aife de le faire taire dans des lieux
que le Souverain remplit de for
amour pour la vérité.
Ce Livre, offert au Miniftre de
la Marine RLL mozs d'Odobre 1775,
(à Fonzaineblent) a été examiné
par fes ordres : M. de la Cofte,
Chefdu Bureau des Colonies, chargé
d'abord de cet examen 2 eil ajuge
favorablement, G en a porté ZIE -
témoignage qui m'ef précieus. M.
de la Riviere, 2 ancien Intendant des
Ifles du Vent, vient d'en rendre
ZLIZ compte également avantageux :
le Jiefrage de ces deux Cenfeurs 5
dont le choix m'honorait, ef,Jans
doute, pour mon Ouvrage, U72 heues
reux préjugé
iv
des Colonies, chargé
d'abord de cet examen 2 eil ajuge
favorablement, G en a porté ZIE -
témoignage qui m'ef précieus. M.
de la Riviere, 2 ancien Intendant des
Ifles du Vent, vient d'en rendre
ZLIZ compte également avantageux :
le Jiefrage de ces deux Cenfeurs 5
dont le choix m'honorait, ef,Jans
doute, pour mon Ouvrage, U72 heues
reux préjugé
iv --- Page 14 ---
viij
Puife le tribut de mes veilles 1
vous devenir utile ! Je trouverai
s
une
grande ricompenfe dans le fruit
vous en retirere, Gjefrai
que
mon
conffer
bonheur à vous
combien .
prouver toujours
Je defire le vôcre.
H. D." --- Page 15 ---
ix
EXTRAIT du compte rendu
par M. de la Rivicre, 2 ancien
Inzendant des Ifles du Vent,
t
au Miniftre de la Marine.
M ONSIEUR,
46 POUR fatisfaire à votre
55 lettre du I. de ce mois, jai
2> l'honneur de vous envoyer un
5> extrait du manufcrit de Mr.
5) H. D. L. & dans cet extrait 1 2
5) mon avis fur la permiflion qu'il
5> demande pour faire imprimer CC
>> manufcrit.
5> Les - grand objet de fon Ouvrage
22 eft la réforme de tous les divers --- Page 16 ---
3 abus, qui, fuivant
luiyfabiftene
depuis long-tems
35 dans
àS.Domingue,
le Gouvernement
9x ment dit, dans Ia
propre5
dans
Légillation ,
Tadminiftration de.
laJuftice,
dans celle des Finances,
57 un mot, dans toutes les
écc.er
diférentes
3) branches de l'ordre
public.
95 Cet Écrivain ne fe borne
55 à faire connaitre
pas
les abus, > 2 il
55 propofe encore les
55 croit
moyens qu'il
propres à les réformer
55 Sans entrer dans la difcuffion
55 des faits,
3 difcuffion dont je ne
>) fuis pas chargé.. .. je crois
59 Monfieur
2 pouvoir confidérer
>> cet Ouvrage comme une dénon55 ciation très-importante
qui vous --- Page 17 ---
xj
-
5 eft faite ; &, d'après cela, 3 je
>> dirai qu'elle me parait mériter C ;
>> de votre part, la plus grande
55 attention ; demander que vous
2> preniez les mefures les plus ftires
9> pour en vérifier le contenu, &
5> dans tous fes détails, en fuppo-
>> fant, toutefois, J qu'ils ne vous
9> foient pas déjà parfaitement
25 connus 2 ou que vous n'ayez
55 pas des preuves évidentes du
5> contraire.
2> Sous ce point de vue &c dans
55 cette fuppofition, 2 je regarde le
5> manufcrit deM.H.D. comme un
9) Ouvrage précieux, pour une ame
5> telle que la vôtre: en même-tems
2> qu'ilvous découvre une multitude
po-
>> fant, toutefois, J qu'ils ne vous
9> foient pas déjà parfaitement
25 connus 2 ou que vous n'ayez
55 pas des preuves évidentes du
5> contraire.
2> Sous ce point de vue &c dans
55 cette fuppofition, 2 je regarde le
5> manufcrit deM.H.D. comme un
9) Ouvrage précieux, pour une ame
5> telle que la vôtre: en même-tems
2> qu'ilvous découvre une multitude --- Page 18 ---
xij
55 de défordres
que vous ne
55 manquer de
pouvez
5 un
condammersilrépund
grand Jour fur les moyens de
53 les déraciner.
59 En partant toujours du même
.5) point de vue & de la même
.29 fuppofition, je penferais donc
25 que vous pouvez, fans inconvé
55 niens, permettre
l'impreffion du
59 manufcrit. Il en réfultera même
55 pour vous 2 Monfieur
7 deux
avantages; le premier, d'annon5 cer, par cette conduite, à toute
159 Ia nation, que loin de vouloir
59 maintenir de tels abus,
vous êtes
52 dans le deffein d'en arrêter
le
59 cours; le fecond, de vous
>> curer de grandes lumieres fr proles --- Page 19 ---
xiij
>> moyens de rétablir le bon ordre
$ à S. Domingue, > en foumettant
2 ceux qui vous fent propofés, à
29 la critique du public > aux rém
55 flexions de tous les hommes
3) éclairés ou intéreffés à ce réta5) bliffement. A ces deux avantages
9) je pourrais en ajouter un troi9) fieme, celui de de pénétrer tous les
5) efprits de la néceffité de cette
> reforme; de la rendre ainfi plus
3) facile Scplus fure, enles difpofant
9) à la recevoir.
2) Teleft, Monfieur, le réfultat
3) de l'examen qu'il vous a plà de
32 me confer... o Au farplus, fije
>> vous propofe d'en permettre l'im33 preffion, c'eft qu'en fuppofant --- Page 20 ---
ixv
9) que le Gouvernement de Saint5> Domingue foit devenuarbitursire,
5 je dois croire que cela s'eft fait
52 contre l'intention du Roi, & à
22 l'infçu de fon Miniftre >.
Je fuis, &c.
Signé DE LA RIVIERE, --- Page 21 ---
M
T J d A
L
K
DES DISCOURS DE LA Ire PARTIE,
Formation & Exiftence de la Colonie.
Discours PRELIMINAIRE. 0
page I
LIVRE PRE IMI I E R
Tableau de la Colonie.
DISC.I Des engagemens des Colons envers
P'Etat.
DISC.II De la protedion que la Métropole
doit aux Cultivateurs.
DIsc. III Qui des Commergans OZZ des
Cultivateurs a le mieux répondu aux vues
de PEtat.
DISC. IV. Des forc:s de la Colonie en tant 39
qu'indufrieuf.
5E
LIVRE SECOND.
De 1 la propriété des Biens à S. Dominguc.
DISC. I.er Du droit de hache & des concef.
fions.
DISC, II. De quelques loix fiur la proprictt.
III
DISC. III. De l'efelavage des Negres. 130
des Commergans OZZ des
Cultivateurs a le mieux répondu aux vues
de PEtat.
DISC. IV. Des forc:s de la Colonie en tant 39
qu'indufrieuf.
5E
LIVRE SECOND.
De 1 la propriété des Biens à S. Dominguc.
DISC. I.er Du droit de hache & des concef.
fions.
DISC, II. De quelques loix fiur la proprictt.
III
DISC. III. De l'efelavage des Negres. 130 --- Page 22 ---
xvj
DISC. IV. Des prétentions
avoir a la fortune.
que Pon peut
LIVRE TROISIEME
De l'Agriculeure.
DISC. I.er De lexploitation des terres.
DISC. II Des moyens de
DISC. III Des infrumens fertilifer. 190
nécefraires a la'
préparation des derrées.
DISc.IV. De la valeur des denrées. LIVRE QUATRIEME
Du Commerce.
DISc.Ler Des Monnoies.
DISC.IL Des loix du Commerce.
25r
DISC. III Du Commerce
DISc. IV. Des
étranger. 276
moyens de procurer d la
Métropole tous les avantages qu'elle
en droit d'attendre de
eft
la Colonie.
Iétablifement de
FIN de la Table;
CONSIDÉRATIONS --- Page 23 ---
CONSIDÉRATIONS
SUR PÉTAT PRÉSENT
DE LA COLONIE
FRANÇOISE
DE SAINT-DOMINGUE
- pere
PREMIERE PARTIE,
Formation & Exifence de la Colonie:
DISCOURS PRELIMINAIRE,
ON agite depuis long-tems la queftion de
favoir, s'il peut exifter une légiflation
faite; c'ett la queftion la plus intéreffante parpour Thumanité.
Tome 1.
A --- Page 24 ---
Discou R S
Des hommes célébres
font
démontrer qu'il étoit
parvenus à
bonncs loix
poflible de faire de
fait voir
pour tous les peuples : tous ont
que le moyen de
de chacune de Ces
découvrir T'efpece
loix, étoit de confidércr
attentivement) le climat, lcs
merce, les liaifons,
mceurs, lc comles idécs des
que l'on aurait à
hommes
examen & de la gouverner, & que de cet
réfultats,
force de loi donné à fes
dépendait la félicité
Or, quel but plus
publique (1).
glorieux peut fe
pofer un Ecrivain,
proque celui de
meilleure la fituation des
rendre
connus?
peuples qu'il a
- Il cft de grand
peuples dont la
ne peut pas êtrc
légiflation
affez hardi
réforméc; ; Quel homme
pourrait entreprendre d'y
Quel hommé affez
toucher?
furer qu'il connaît préfomptueux pour afparfaitement tous les
lolx (I) Les hommes fe roidiffent toujours
injuftes, &la rigueur ne peut
contre les
perfuafion.
pas fuppléer à la
connus?
peuples qu'il a
- Il cft de grand
peuples dont la
ne peut pas êtrc
légiflation
affez hardi
réforméc; ; Quel homme
pourrait entreprendre d'y
Quel hommé affez
toucher?
furer qu'il connaît préfomptueux pour afparfaitement tous les
lolx (I) Les hommes fe roidiffent toujours
injuftes, &la rigueur ne peut
contre les
perfuafion.
pas fuppléer à la --- Page 25 ---
P K E L I M I N A I R E.
refforts de leur gouvernement? Quelle vie
affez longue pour prouver que cette préfomption n'eft pas fauffe, pour mettre à
découvert ces rcfforts trop compliqués, &
joindre à leur développement les moyens
de Ies rendre plus aétifs ou de les fimplifier?..
Mais chaque citoyen peut fairc connaître
les obfervations qu'il a faites fur quelques
parties de CCS grands gouvernemens. Ses
travaux feront eftimés à proportion de leur
utilité; on peut même affurer que s'il ne
font pas aufli utiles qu'il l'efpérait, du moins
ils ne font pas dangercux ; au contraire, ils
pourront enflammer le zele de quelqu'Ecrivain plus éclairé, & faire découvrir par le
choc de la contradidion des vérités effentielles.
En Angleterre, où tout ce qui intéreffe
la nation eft traité avec liberté dans les écrits
publics, l'étude & la méditation des particuliers ont quelquefois dirigé les mcilleures
opérations du gouvernement.
Jc fais bien qu'un Français doit
propofer
Aij --- Page 26 ---
+
DISCOU R S
fes réflexions avec plus de
j'ai même entendu dire, circonfpedion;
du
que lés principes
gouvernement Monarchique, n'admettaient pas l'extrême liberté de
d'écrire
penfer &
(1); mais tout Français eft
table à fa Patrie, de
comp-
& de fes
l'emploi de fon tems
lumieres. Celui qui ne veut être
utile qu'à lui-même:ou à fa famille,
n'eft
pas un vrai citoyen.
L'amour de la patric., c'eft-à-dirc,
du
pays que l'on habite, de la Société dont
on eft membrc, eft la premicre de
toutes les
vertus civiless & le defir de s'illuftrer
-des talens & des vertus
par
patriotiques, nc
peut jamais être nuiible ni criminel.
(1) Cette maxime eft fauffe:tout eft
un gouvernement
perdu dans
c'eft l'étude
quand on y défend de
& la méditation qui peuvent feules réféchir;
cafionner le développement des
OCtous genres : or, il n'eft que trois grands talens en
pour tous les hommes, Ta
objets la intéreffàns
gouvernement. il ne doit pas nature, être défendu religion & le
fer-& d'écrire fur ces objers.
de pen-
uiible ni criminel.
(1) Cette maxime eft fauffe:tout eft
un gouvernement
perdu dans
c'eft l'étude
quand on y défend de
& la méditation qui peuvent feules réféchir;
cafionner le développement des
OCtous genres : or, il n'eft que trois grands talens en
pour tous les hommes, Ta
objets la intéreffàns
gouvernement. il ne doit pas nature, être défendu religion & le
fer-& d'écrire fur ces objers.
de pen- --- Page 27 ---
P R E L-I M I N A I R E.
Tels font les motifs fur lcfquels je me
fuis déterminé à publier cet Ouvrage t
jufqu'au pied du Trône,.
Puiffe-t-il parvenir
yréclamerles droits de la Colonic de Sainty
être
comme un téDominguc, & y
reçu
moignage pur de mon zele pour le bonheur
dc la nation.-
La différence qui exifte entre le climat
lcs moeurs & les ende Saint-Domingue;
des Colons : & le climat de la:
treprifes
intéricure; les meurs & les entreFrance
réfident, avait fait voir
prifes de ccux qui y
long-tems que les loix de la Métrodepuis
elle
pole ne fuffifaient pas à cette Colonic;
avait occafionné une infinité d'ordonnances
de
de
&
réglemens, que Yaggrandiftement
& le défaut d'inftruation de
la populationles avaient établis, ont rendus -
ccux qui
régne.
inapplicables (1). La diffention qui
Ces réglemens ne font point exécutés; & ne:
(1)
préjudice de la Colonie-.
pourraient l'être qu'au
Aliij: --- Page 28 ---
prefque
DIsco U R S
toujours entre les
principaux Adminiftrateurs, les crreurs des Juges, l'inexpériencc des Jurifconfultes, m'ont
que par-tout où il n'y a point de prouvé
la juftice & la
régle fixe,
paix ne peuvent
ne faut rien laiffer à
habiter. Il
du bien
l'arbitrairc, ni l'amour
général, ni la droiture du
ne peuvent remplacer la
coeur
Les loix font
fageffe des loix.
en cffet, le dépôt des
res publiques, & il n'eft
lumiccapable d'y
point de génic
fuppléer.
Je n'ai point
entrepris de
code 5 mais fachant
rédiger un
que les
généraux de légiflation
ptincipes
font les
ccmens de la Juitice
commenconnaître
s j'ai voulu faire
ceux qui m'ont paru devoir
faire régner fur la côte
la
Domingue.
Françaife de SaintLes moeurs & les travaux des
hommes
la manierc dont cette
EETt
& le licn
colonic s'eft 'élevée
politique qui cxifle entr'elle & la
Métropole. J'ai cxaminé enfuite fcs
forces,
légiflation
ptincipes
font les
ccmens de la Juitice
commenconnaître
s j'ai voulu faire
ceux qui m'ont paru devoir
faire régner fur la côte
la
Domingue.
Françaife de SaintLes moeurs & les travaux des
hommes
la manierc dont cette
EETt
& le licn
colonic s'eft 'élevée
politique qui cxifle entr'elle & la
Métropole. J'ai cxaminé enfuite fcs
forces, --- Page 29 ---
R E L I M I N A I R E.
la nature des propriétés
l'on
que
y peut acquérir, fon agriculture, le commerce
auquel elle a donné licu, Taggrandiflement
dont CC commerce ferait
fufceptible. Dans
la feconde partie de mon Ouvrage,
faiapprofondi mes réflexions fur le climat, fur
les moeurs des Colons , & celles des honmes
qui travaillent ou commercentavee cux. J'ai
diftingué les moeurs des Créolcs, de celles
des Français tranfplantés dans la Colonic;
j'ai confidéré les influences de
fur les moeurs, la
l'efelavage
population, la diftribution du peuple en trois claffes, les
les affranchis, les elclaves, les
ingénus,
moyens d'empécher la confufion des rangs & le
des claffes, l'état du
mélange
gouvernement militaire
ou civil, & enfin les réfultats de ce grand
examen m'ont fourni quelques
de loix.
principes
Si quelques erreurs fe font.gliffées dans Commentonpcue
mes
juger de cecOuvraremarques, lc plan que je me fuis fait toutel'utilité ge, & en retirer
les rendra faciles à relever, &
ble, oirparrappore poflimon travail au Commerce, à la
A iv
Culture, Legillation, ou à la
pa
gouvernement militaire
ou civil, & enfin les réfultats de ce grand
examen m'ont fourni quelques
de loix.
principes
Si quelques erreurs fe font.gliffées dans Commentonpcue
mes
juger de cecOuvraremarques, lc plan que je me fuis fait toutel'utilité ge, & en retirer
les rendra faciles à relever, &
ble, oirparrappore poflimon travail au Commerce, à la
A iv
Culture, Legillation, ou à la
pa --- Page 30 ---
DIS.Co U. R $
fera toujours utile par la méthode
que j'ai cmployée, La diverfité
mêmo
des
parmi les hommes,
opinions
provient
ou de ce qu'ils ne s'entendent ordinairement
ce qu'ils n'ont
les
pas, ou de
pas
mêmcs objets
à leur fouvenir,
préfens
fcs
ou qu'indifférens aux choqui ne touchent en rien à leur intérêt
particulier, ils mettent peu
aux jugemens
d'importance
qu'ils en portent. C'eft
quoij'ai voulu, pour fixer leur
pourun intérêt
attention par
puiffant & commun,
leur mémoire
préfenter à
tous lcs objets qui
fe rappor:er à la Colonie de
peuvent
Saint-Domingue,& lcs leur faire généralement
tre 1 afin qu'cux & moi
connafentendre
puiflions nous
parfaitement. S'ils
entre Ccs. objets Ies même apperçoivent
moi, ils cn
rapports que
porteront lc même
que j'en ai porté, s'ils
jugement
ne les
pas, c'eft qu'ils n'auront
apperçoivent
tention à les
pas mis affez d'attrompé.
cxaminer, ou que je me ferai
Dans ce dernier cas, il leur fera
facile de reétifier mon
crteur; & fi, au
--- Page 31 ---
f L I M 1 N A I R E.
P R
fe trouve jufte,
contraire, mon jugement
ils en pourront profiter,
nonTel ett le but de ce Livre, que
il puiffe être utile par les vérités
feulement
qui en réfulqu'il contient & les maximes
mais encore par celles qu'il pourra
tent;
néceffairement,
faire découvrir. Il engagera
s'intéreffent à la Colonic de Saintceux qui
réflexions dont il réDomingue, dans des
toujours un grand bien pour le comfultera
il cxcitera des hom:
merce & Tagriculture; moi, à faire part
mes plus ingénicux que
& a la Colode leurs lumiercs au Miniftere
l'attention générale fur cC
nie, & fixcra
actuclétabliffement, duquel dépend
grand
dc France.
lément le falut du commerce.
richeffe d'une nation étant d'avoir
La
de produ@tions d'une nature probeaucoup
échange unc partic
pre à. lui procurer par
nations pofTédent 5 il
de ce que les autrcs
fes Coloeft effenticl à la France d'étendre
nicsà fucre, ou d'en augmenter les forces:
découvrir les moyens d'accroitre la
pour
actuclétabliffement, duquel dépend
grand
dc France.
lément le falut du commerce.
richeffe d'une nation étant d'avoir
La
de produ@tions d'une nature probeaucoup
échange unc partic
pre à. lui procurer par
nations pofTédent 5 il
de ce que les autrcs
fes Coloeft effenticl à la France d'étendre
nicsà fucre, ou d'en augmenter les forces:
découvrir les moyens d'accroitre la
pour --- Page 32 ---
1O
DIscoU R S
profpérité de celle de
eft néceffaire d'en
Saint-Domingue, il
confidérer la formation
&l'exiftence, comme je le fais dans la
miere partie de cct Ouvrage.
preIl eft une nouvelle
terre, le royaume
envoye une petite
y
l'État
portion de fon peuple,
contraéte avec les fujets
& Jeur promet de les
émigrans,
protéger & de les foutenir; ils s'obligent à travailler de
avec les habitans de la
concert
dition de
Métropole, à conparticiper aux avantages
doivent réfulter de cette union.
qui
Lcs Commerçans nationaux donnent des foins à
grandifemenrde cette nouvelle
T'agles cultivatcurs
Colonie, &
fors;
indufiricux en tirent des trés'il s'éléve
quelquescontefations fur le
partage, chacun veut s'attribucr la
groffe part; TÉrat réclame
plus
promcffès
l'éxécution des
que les Coloniftes lui ont
de fc rendre
faite
utiles, en conféquence de la
protcétion qu'il leur a donnée, &
habitant lui
chaque
fa
paye avec plaifir le tribut de
reconnoiflance; mais lcs
commerçans, --- Page 33 ---
- RÉ L M 1 N A I R E.
Ir
non contens des avantages qu'ils reçoivent
journellement, foutiennent qu'ayant fourni
toutes les chofes néceffaires, tous les bénéfices leur appartiennent. Les Colonics
difent ils, font faites pour nous. Ce principe D
vrai ou faux les autoriferait-ils à détruire
ou à s'approprier les érabliffemens
leur intérét primitif les a fait contribuer? auxquels
Les Colons demandent la faveur qui cft
dicà la grandeur de leurs travaux; ils font
cfpérer à P'État qu'ils lui rendront à l'avenir
de plus grands fervices, & aux Commerçans qu'ils leur donneront de jour en jour
de plus grands bénéfices à partager. L'utilité réciproque maintient leur fociété chancclante, mais l'ingratitude & la cupidité
annoneent une féparation
prochaine ou de
plus grandes conteftations à terminer. Le
premier Livre confidere
fiicceflivement CCS
objets; j'y établis, d'une maniere auffi fimple que vraic, les engagemens des Colons
envers l'État; je fixe enfuite le dégré de
teétion que TÉrat doit à la Colonic, proou f
ciproque maintient leur fociété chancclante, mais l'ingratitude & la cupidité
annoneent une féparation
prochaine ou de
plus grandes conteftations à terminer. Le
premier Livre confidere
fiicceflivement CCS
objets; j'y établis, d'une maniere auffi fimple que vraic, les engagemens des Colons
envers l'État; je fixe enfuite le dégré de
teétion que TÉrat doit à la Colonic, proou f --- Page 34 ---
12:
l'on
DIscor U R.S
veut les
cngagemens de
elle; je confidere
l'Etat envers
qui des Colons ou desNégocians, a montré lej plus
Pour latisfaire aux vues de d'empreffement
les forces actuelics
l'Etat, & enfin
de la
ment aux revenus
Colonic relativel'État, le
qu'elle produit, & que
doivent
commerce & les Coloniftcs
partager enfemble.
La Propriété des terrcs, & des
qui fervent à les
cfclaves:
du fecond
cxploiter, font l'objet dc
maticre Livre; on n'a pu donner à cette
importante toute
elle aurair été
l'étendue dont
lcs détails.
fufceptible ; il fallait éviter
On s'eft borné à établir les
cipcs d'une manicre diftinéc.
prinpourra fairé
Chacun en
fances.
lapplication felon fes connaifLebat que je me fuuis
CC Livre; n'eft
propofé dans
pas feulement
méme d'inftruire
d'amufer, ni
par des préceptes, mais
dexeitertémulation, de fairc raifonner &
facililer moyens
de
far lcs objets
d'acquérir de l'expérience
qui y font traités.
L'État préfent. dc
l'Agriculture à Saint- --- Page 35 ---
P RE I I M I N 'A I R E.
Domingue pourrait fournir la maticre f3
grand Ouvrage; il n'eft point ici
d'un
dans tous fes rapports avec le
confidété
l'induftrie des
commerce &
cultivateurs 5 il fuffit que lc
leéteur puiffe fe faire une jufte idée de T'exploitation des terres, des moyens
peut cmployer le plus fouvent
que l'on
tilifer, des infrumens
pour les fernéceflàires dans les
principaux genres de culture, & des
des denrées en elle-mêmes,
valeurs
fond qui fert à les
& en raifon du
produire.
Il faut au furplus obferver
les maximcs les
qu'en général
plus faines de
rurale de toute
l'économie
l'Europe, font abfolument
différentes de cellcs qui
conviennentàS.Dominguc. Par exemple, il faut quc la
du bled, dc la vigne & des
culture
buéc entre
grains foit diftriun grand nombre de cultivateurs,
queles métairies foient les plus
bles. Un petit
petites poffide
champ de bled ou un quarticr
vigne peuvent étre auffi bien cultivés
une pauvre famille, qu'un
par
an Agriculteur
grand Iterritoirepar
puiffant. Entrc lcs mains de
es de cellcs qui
conviennentàS.Dominguc. Par exemple, il faut quc la
du bled, dc la vigne & des
culture
buéc entre
grains foit diftriun grand nombre de cultivateurs,
queles métairies foient les plus
bles. Un petit
petites poffide
champ de bled ou un quarticr
vigne peuvent étre auffi bien cultivés
une pauvre famille, qu'un
par
an Agriculteur
grand Iterritoirepar
puiffant. Entrc lcs mains de --- Page 36 ---
-
DISCOURs
ce dernier, tout un canton n'eft
que par des mercenaires,
défriché
rein divifé en
au lieu qu'un tcrpetites métairics forme
population refpeétable de
une
peres de famille. Mais
citoyens & de
de la culture
il en cft autrement
du fucre, de
coton; ces cultures
l'indigo ou du
des
engagent dans de granentreprifes > & exigent l'avance
gros capital, il faut
d'un
y cmployer dcs
mens & des machines
bâtidonc
confidérables. Il faut
que Ies Habitations foient
Leur fubdivifion
grandes.
multiplicrait les frais d'exploitation fans multiplier les
Je n'ai pu
produits.
m'empêcher de faire voir
Ic quatricme
dans
d'un
Livre, quels font les effets
commerce mal dirigé:le
n'eft utile que quand il eft
commerce
rêts de la nation,
appliqué aux intéque quand fes opérations
maintiennent l'aifance & la circulation
la
dans
Métropole, en contribuant à
iment des Colonics, Je
T'aggrandifteme fuis éloigné de
beaucoup d'opinionsd depuis islong-tems
técs en France, il faut
adopqu'un Ecrivain fe --- Page 37 ---
"P R E L I M I N A I R E.
tienne en garde contre les préjugés fi anciens rS
qu'ils puiffent êtres le tems ne change
la vérité, il n'y a point de
point
prefeription contre l'utilité publique, & de vieux
ne
font fouvent que de vieux abus fyftêmes,
qu'il eft
dangereux de refpeéter.
J'aurais eu peut-être plus de partifans,
j'avais facrifié les intérêts de la
fi
de la Colonie à la
Nation, &
tyrannie & au
Mon ouvrage aurait été
monopole.
d'autant mieux
accucilli par les hommes
nemis du bien public,
naturellement endétruire les
quej'aurais cherché à
maximes précicufes
que la Philofophic a données de tous tems fur la
niere de gouverner les
mahommes; mais je n'ai
employé que le langage de
la juftice & de Ia vérité.
Phumanité, de
Jc me fuis long -1 tems confulté
publier ce Livre; ilaurait
avant de
paru moins
tement & fans doute moins
prompvues éclairécs
imparfait, fi les
qui, dans CCS dernieres
fc font
années
répanducs dans quelques
ouvrages
a données de tous tems fur la
niere de gouverner les
mahommes; mais je n'ai
employé que le langage de
la juftice & de Ia vérité.
Phumanité, de
Jc me fuis long -1 tems confulté
publier ce Livre; ilaurait
avant de
paru moins
tement & fans doute moins
prompvues éclairécs
imparfait, fi les
qui, dans CCS dernieres
fc font
années
répanducs dans quelques
ouvrages --- Page 38 ---
DISco U R S
fur ladminifration
femblé
publique 1), n'avaient
m'accufer de Jentcur (2).
Jc n'ai rejetté aucune des vérités
penfées que j'ai crues
ni des
utiles; jc me fuis
proprié fans ferupale toutes
apvaient fervir à mon
celles qui pouplan.
j'en ai confervé les
Quelquefois même
expreflions,
quand il s'agit du
parcc que
bonhegr des
ne faut pas craindre de
hommcs, il
répéter ce
tres on déja dit, il
que d'aun'y a pas deux
ni deux manieres de
vérités
penfer jufte fur le
fujet. Je n'ai
même
pas Cru devoir citer à
inflant Ics noms des Auteurs
chaque
dernes qui m'ont éclairé
anciens & moj'ai à traiter. Cc
dans le fujet que
détail aurait été trop
trop faftidicux, & m'aurait
long,
des commentaires
cntrainé dans
inutiles.
(1) Particuliérement dans
Hif. Fhil. & lol. du Commerce l'Ouvrage intits tak :
deux Irdes,
des Européens da. s les
(2) La premiere partie étoit
& il n'y a été fait d'autres
achevée en 1767,
qu'exigeait Taggrandilfement de changemens la Colonie. que ceux
Venu --- Page 39 ---
P R E L I M I N A I R E.
Venu jeune à Saint-Domingue & deftiné
par mon choix au foin de la Juftice; j'ai
travaillé d'abord pour ma propre inftruction, le tems, les réflexions & l'amour de
mon état ont achevé l'Ouvrage.
Sij j'ai hazardé quelques idécs nouvelles,
e'eft que leur vérité m'a paru ne pouvoir
pas étre conteftée de bonne foi. Au refte,
je ne m'en fuis fié que très-peu à mes foibles lumicres; j'ai voulu me convaincre
moi-même des avantages réels de ce
que je
propofais, avant de chercher à perfitader les
autres, & fachant que les principes des loix
nie font pas moins fufceptibles d'une démonftration rigourcufe que CCuX de la Géométrie; j'ai voulu autant qu'il m'a été pof.
fible ne donner aucun précepte, & ne tracer
aucun changement, aucun projet de réglement ou de loi, fans rendre raifon des
tifs qui pouvaient faire
moenvifager ces inno.
vations comme néceffaires au bonheur
national. Sous quel prétexte un Ectivain
politique pourrait-il rejetter cette méthode?
Tome I.
B
ibles d'une démonftration rigourcufe que CCuX de la Géométrie; j'ai voulu autant qu'il m'a été pof.
fible ne donner aucun précepte, & ne tracer
aucun changement, aucun projet de réglement ou de loi, fans rendre raifon des
tifs qui pouvaient faire
moenvifager ces inno.
vations comme néceffaires au bonheur
national. Sous quel prétexte un Ectivain
politique pourrait-il rejetter cette méthode?
Tome I.
B --- Page 40 ---
DIsco U R S
L'erreur toujours fe contredit,
cllc nous égarc, mais la
fans ccffe
vérité
Reburé par les difficultés
jamais.
des
& par le défaut
les encouragemens qu'il m'aurait fallu
vaincre, jai été tenté
pour
bandonner
pluficurs fois d'amon cntreprife. Ces
qui donnent le beau
hommes
timidité, &
nom de prudence à leur
dont la difcrétion cft
favorable à l'injuftice,
toujours
voulaient
moi le germe de l'émalation. étouffer en
faient
Ils mc faienvifager d'un côté les
la tranquillré
richeffes &
pour prix de mon
de l'autre une mer
filence, &
n'ont
d'infortunes ; mais ils
pu détruire mon clpoir, le defir
utile, l'amour de la
d'être
core plus
patrie, un intérêt cnpuiffant ont ranimé mes cfforts.
Les Difciples du
Machiavelifmne, &
qui n'auront pas
ccux
la perfcéion du apperçu CC qui manque à
Livre immortcl de Montef
quien, diront pent-être,
trop attaché à
que je me fuis
confidérer CC
le bonheur
qui peut faire
particulicr de chacun de
qui habitent la
ceux
Colonic, ou qui y ont --- Page 41 ---
P R E L I M I N A I R E..
Ig
des relations & que je ne facrifie pas affez
à l'intérêt de ceux qui gouvernent. Je ne
céderai point à leur opinion, l'art de
gouverner un pays, eft de faire enforte
qu'il y
ait peu de malheurcux; ce qui n'arrive
que
quand la puiffance n'ufurpe rien, & que la
loi régle tout. La félicité publiquenétan
autre chofe que l'affemblage & le réfultat
de la félicité particuliere de chacun des citoyens, proportionnée à l'ordre dans lequel
il vit, & à l'utilité dont il eft à tous les
autres. La loin'eft en conféquence
la
mefure de toutes CCS
que
félicités, & la confervation des proportions qui doivent exifter entr'elles. Lc fentiment du bonheur eft
le mobile de toutcs les aétions
publiques,
c'eft pour lui que l'on recherche la gloire,
c'cft pour en jouir que l'on s'adonne à des
aétions utiles; fans lui les hommes feraient
indifférens pour le bien comme pour lc
mal. Or, fi les aétions nuifibles ou inutiles
peuvent procurer les richeffes & la confidération, qui font les marques extérieures
de la félicité, les hommcs fcront
détourBij
toutcs les aétions
publiques,
c'eft pour lui que l'on recherche la gloire,
c'cft pour en jouir que l'on s'adonne à des
aétions utiles; fans lui les hommes feraient
indifférens pour le bien comme pour lc
mal. Or, fi les aétions nuifibles ou inutiles
peuvent procurer les richeffes & la confidération, qui font les marques extérieures
de la félicité, les hommcs fcront
détourBij --- Page 42 ---
DIScou R S
nés de l'amour de la vertu. La
de la loi ou du
perfedtion
gouvernement,
donc en ce que perfonne
confifte
fon intérêt dans
ne puiffe trouver
l'infortune des
ce que chaque
autres, en
rendre lc
citoyen foit à portée de fe
plus heureux qu'il foit
fa condition, fans
poffibledans
moyen que la
employer aucun autre
pratique des vertus fociales.
C'eft ainfi que je penfe fur le
ment en général, & tout
gouverneparaît ennemi du
autre fyféme mc
genre humain. Enfin,
nc peut trop le répéter, fi l'amour
on
manité eft dans l'homme
de l'hula feule vertu
ment fublime, feul il doit êtrc le
vraides loix.
fondement
SA OA --- Page 43 ---
CONSIDERATIONS
SUR PETAT PRÉSENT
DE LA COLONIE FRANÇAISE
DE SAINT-DOMINGUE
PREMIE R.
LIVRE
TABLEAU DE LA COLONIE.
DISCOURS PREMIER
des Colons envers PEtat.
Des engagemens
ToUTES les Nations ont été d'abord plus
qu'induftrieufes : la multiplicité des
guerrieres befoins fit naitre chez les Flibuftiers ce courage
infpirent. Le tems
ardent que les grandes paffions
B iv --- Page 44 ---
22 Co N S I - D E R A
TI - O N S
de leur établiffement à
hiftorique de cette Colonie; Saint-Domingue, eft l'ige
des iegards direêts fir
je ne pourrais porter
de
ce premier âge fans
mon fujet, & j'ai raifon de
m'écarter
chacun de ceux
fuppofer que
particuliere
pour qui j'écris, a fait une étude
de THifloire des différens
fervent à fon
pays qui
exiftence, on bien à fes
Je confidérerai donc la Colonic plaifirs.
Saint - Domingue
Françaife de
Français,
3 comme une émigration de
qui, étant nés après la
des terres, fituées dans
répartition totale
n'ont pas été colloqués à T'enceinte du royaume, >
trés de la portion
cette diftribution. Frufque la nature femblait leur
défigner en les faifant naître, ils
payer le droit d'exifter au fein de leurs ne pouvaient
ils ont été contraints de
familles (1),
s'expatrier.
Ces citoyens malheureux
lÉtat aux extrémités
ayant porté les bras de
fit
de la terre, la
avec eux beaucoup de conventions Métropole
rai toutes à celle-ci.
que je réduides Les Golons engagemens
T'Etat, font depar- envers 4 Voyez-vous ces
zager avec Jui le >> fommet
montagnes efcarpées dont le
produit de la cultuaffronte les
rc, & d'accroitre 33 de
orages; ces marais couverts
siatgnilcnpor
nitre, ces plaines d'où s'exhalent fans cefle
Aue.iereventns partager,
2> des vapeuts fiulphureufes; ces déferts arides
oûles
(1) C'ef-à-dire, foutenir les charges de l'Etat,
ager avec Jui le >> fommet
montagnes efcarpées dont le
produit de la cultuaffronte les
rc, & d'accroitre 33 de
orages; ces marais couverts
siatgnilcnpor
nitre, ces plaines d'où s'exhalent fans cefle
Aue.iereventns partager,
2> des vapeuts fiulphureufes; ces déferts arides
oûles
(1) C'ef-à-dire, foutenir les charges de l'Etat, --- Page 45 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 23
>) bitumes reftent defféchés fir le fable brilant; je
3) vous les donne, c'elt à vous de les fertilifer : je
37 vous fournirai des outils & des provifions, nous
7> partagerons enfemble le produit, & vous me
>) rembourferez ma mife. 9)
Cette fociété, toute à l'avantage de la Métropole;
devient chaque jour plus fruétueufe ; l'ambition
des Colons augmente leurs travaux , pique leur
induftrie & fait la richeffe de TÉtat.
Dans les plaines de la partie Françaife de SaintDomingue, on voit par-tout la nature pliée fous
la main du Cultivateur. Les fleuves & les rivieres
cculent tranquillement, où naguères, on ne
voyait que des forêts ; l'inégalité des terres eft
applanie parles loix du Nivellement, & ne s'oppofe
plusàleur paflage. Sortantdes canaux ou T'arta foin
de les refferrer, ils fe divifent en ruiffeaux, couvrent
li furface de la terre, & font filtrer dans les plantes
un Or liquide, qui, bientôt en eft exprimé par les
efforts de la méchanique.
Que l'oeil audacieux franchiffe la diftance qui
nous fépare des plus hautes montagnes, il verra
d'autres travaux! Lun, fait fauter desi rocherspour
fe frayer un chemin à des pays inhabités, & qu'on
croirait inhabitables (1); T'autre, pour fe faire une
(1) Autant les plaines de Saint-) Domingue font
B iv --- Page 46 ---
CONSID É R A T IO N
demeure au milieu de
S
pic fur la coupe d'un cent mille Cafiers, plantés à
& Taplanit.
morne (1), rapporte des terres
Aujourdhui que le Roi a
Ies terreins, & qu'ils font concédé prefque tous
le commerce fe
établis en grande
rembourfe de fa
partie,
mage du retard &
mife, fe dédompartage le
une forme & une valeur produit. Tout prend
induftrieufes du cultivateur. nouvelle dans les mains
Les bienfaits du
préfent à la fourniture commerce fe relfreignent à
confommation immenfe des marchandifes, dont la
Navires d'Europe
occupe annuellement 450
fucre,
qui s'en retournent chargés de
d'indigo, de café, de coton
aétuel des
; voilà l'effet
& des Colons. engagemens a
réciproques du commerce
Les bienfaits du Monarque
encouragement
confiftent dans un
confie la
perpétuel ; ainfi ceux à qui il
difpenfation de fes
de fon
graces & le maintient
pouvoir, ne doivent jamais
Tintérét des habitans
perdre de vue
On
qu'ils ont à
peut affurer que les
gouverner.
Colons, en réclamant
belles, autant les montagnes font
& pleines de
efcarpées,
roches de rachers; on y trouve des
inégalcs
mer &c des
coquilles, des
dans les terres,
pétrifications marines, fort, avant
(1) Morne,
Montagne, terme Créole,
pouvoir, ne doivent jamais
Tintérét des habitans
perdre de vue
On
qu'ils ont à
peut affurer que les
gouverner.
Colons, en réclamant
belles, autant les montagnes font
& pleines de
efcarpées,
roches de rachers; on y trouve des
inégalcs
mer &c des
coquilles, des
dans les terres,
pétrifications marines, fort, avant
(1) Morne,
Montagne, terme Créole, --- Page 47 ---
SUR LA COLONIE DE S., DOMINGUE.
la bonté du Souverain, fe font
réconnoiflnce
affijettis à une
auffi durable que fa protedtion.
Comment témoigneront-ils cette réconnoifance?
C'eft en contribuant autant qu'il eft en eux à la
gloire de la Métropole, & à la puiflànce des
peuples qui fait le bonheur des Rois. Si
réfufait aux Cultivateurs
on
l'encouragement
ils on droit de prétendre
auquel
9 on leur ôterait les
moyens de porter leur culture all plus haut
La fabrication &
degré.-
l'exportation des denrées dimimuersientfenfiblenent Les Artifans du
les Fourniffeurs, les Matelots
commerce,
les villes Maritimes
languiraient dans
2 fans fàvoir à qui redemander
l'occupation qu'ils ne retrouveraient plus. Un
abus d'autorité, l'inégale diftribution d'une
une contrainte rigoureufe à un
riviere,
rable,
paiement confidépeuvent arracher le pain des mains de cent
familles.
Les Colons doivent beaucoup, fans
bienfaits du
doute, aux
Monarque, &b
fi la main qui les
besucoupilounstraraux;
protège ne foutient plus leur
induftrie, fi la proteétion ceffe, ils font découragés. Dans cet état je ne chercherai point à
pénétrer leurs intentions ; quel ferait l'effet de la
fenfibilité impuiffante qu'ils pourraient conferver
intéricurement ? C'eft par leur utilité qu'ils tém
moignent leur réconnoiffance; s'ils ne font plus
utiles, ils ne font plus reconnoiffaus.
main qui les
besucoupilounstraraux;
protège ne foutient plus leur
induftrie, fi la proteétion ceffe, ils font découragés. Dans cet état je ne chercherai point à
pénétrer leurs intentions ; quel ferait l'effet de la
fenfibilité impuiffante qu'ils pourraient conferver
intéricurement ? C'eft par leur utilité qu'ils tém
moignent leur réconnoiffance; s'ils ne font plus
utiles, ils ne font plus reconnoiffaus. --- Page 48 ---
26 Cox S I D É R A T I O N S
Ils'enfuit que
dans la fociété l'État, 2 qui ne met aujourd'hui
qui exifte entre lui & la Colonie,
qu'une mafle inépuifable de juftice, de
d'encouragemens, de
protedion,
graces, de
queles Cultivateurs
faveurs, 9 tandis
de foins &
y mettent une fuite detravaux,
d'induftric, doit
fon tréfor, mai.
uferinés-ibéralemenede
Sujets, également toujours de maniere que tous les
utiles, puifenty
ment, & qu'il n'y ait de favenr participerégaleque pour celui qui doit faire
confidérable,
efpérer le plus de
reconnoifance, en la maniere
défigner.
que je viens de
Après avoir établi la fituation contraétuclle
Colons enverslÉtat,c
des
faites fous
confidéronsfi des conventions
où l'on un autre point de vue, & dans un tems
ne pouvait pas cfpérer des
fia vantageux,
établiffemens
produiraient
rent effet.
aujourdhui un diffé.
Les
Elibufliers; qui conquirent fur les EC
pagnols la partie Françaife de
n'eurent point de chef
Saint-Domingue,
mélange de
reconnu 5 (1) c'était un
Matelots, de Soldats,
de toutes les nations.
d'Aventuriers
Lorfque les hommes ne font
(I) Des Aveaturiers Français & Etrangers, avaient
conquis fur les Elpagnols la partie Françaife de SaintDomingue, qu'ils habitaient fans chef ni forme de
vernement..
Un particulier (le ficur
gouentreprit de mettre l'établiffement de Saint- Duparquer)
Domingue,
-Domingue,
mélange de
reconnu 5 (1) c'était un
Matelots, de Soldats,
de toutes les nations.
d'Aventuriers
Lorfque les hommes ne font
(I) Des Aveaturiers Français & Etrangers, avaient
conquis fur les Elpagnols la partie Françaife de SaintDomingue, qu'ils habitaient fans chef ni forme de
vernement..
Un particulier (le ficur
gouentreprit de mettre l'établiffement de Saint- Duparquer)
Domingue, --- Page 49 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 27
point infpirés par des paffions fortes, il faut néceffairement que le devoir & le pouvoir de
l'exemple excitent leur courage ; mais parmi des
hommes que de grandes paffions infpirent, $ le
Chef n'eft que le plus fanatique des foldats.
Comparons les Flibuftiers au petit nombre des
brigands qui fonderent le famenx Empire de
Rome; ; les premiers étaient guidés par les fureurs
de la rapacité, les autres par le defir de fe créer
une patrie ; l'avarice eft plus fort que le patriotifme : les premiers Romains eurent un Chef, les
Flibuftiers n'en eurent pas.
On peut pouffer plus loin le parallele : la
caufe des Romains étaient unc ; chacun des
Flibuftiers ne voyait dans T'univers que fon intérét
particulicr. Je ne doute pas qu'étant mieux éclairés
& perfuadés, une fois, que l'on ne peut trouver
fon avantage perfonnel que dans l'intérét général
de la fociété à laquelle on s'attache, ils n'euffent
fait de très-grands progrès dans l'Amérique.
Ne pouvant garder leur conquête, ni méme
la colorer aux yeux de T'univers, qui juge différemment les crimes de quelques hommes, &c
fous l'autorité du Roi& dela Compagnic,quile nomma
Gouverneur; il en obtint les provifions fur la fin de
1664, & fut reçu au commencement de 1665, avec
beaucoup de fatisfaétion de la part des Habitans, qui
reconnurent volontairement la domination du Roi, --- Page 50 ---
28 Co N S I D E R A
TI O N S
Tinjuftice d'une nation, les Flibufliers fe
rent au Roi de France, dont
donneétaient nés fujcts.
plufieurs d'entr'eux
Cette donnation fuppofe néceffairement
condition
une
politique, ne nous fera-t-il pas
d'examiner la nature de ce paéte ?
permis
Il fuffira pour établir les conventions
que l'on doit fuppofer, de confulter refpedives
TÉtat & celui des Flibuftiers.
l'intérêt de
Les vues du Monarque tendaient à
fement de fon domainel
T'aggrandifétait de fe
; l'intérêt des Flibuftiers
maintenir contre les Efpagnols leurs
irréconfiliables ennemis; il leur fallait un
teéteur; le Roi de France voulut bien pro-
& mit à leur conquête le fceau de fon T'être,
On peut déterminer ainfi les
autorité,
refpedives.
conventions
e Nous vous jurons fidélité, & vous
$> nos biens. - Je vous admets au nombre partagerez de
>> fijets,je vous
mes
les
protégerai, VOS ennemis feront
miens 7.
Le Roi devint donc
de
appellons la partie
propriétaire ce que nous
françaife de
mais cette propriété qui réfidait Saint-Domingue;
fur fa téte, n'était en
cfentiellement
il ne retenait
quelque forte que paflive ;
maintenir à
que pour conferver, que pour
chacun ce qui lui devait être attribué
partagerez de
>> fijets,je vous
mes
les
protégerai, VOS ennemis feront
miens 7.
Le Roi devint donc
de
appellons la partie
propriétaire ce que nous
françaife de
mais cette propriété qui réfidait Saint-Domingue;
fur fa téte, n'était en
cfentiellement
il ne retenait
quelque forte que paflive ;
maintenir à
que pour conferver, que pour
chacun ce qui lui devait être attribué --- Page 51 ---
DE S. DOMINGUE. 29
SUR LA COLONIE
raifon de la donation politique dont nous
en
venons de parler.
convaincus qu'ils ne peu.
Les Flibuftiers font
continuent a
vent fe foutenir, fi leurs intérêts
ils
être divifés ; ils veulent former une fociété,
choifir un chef: c'eft à-pens'affemblent pour de leurs Orateurs s'exprima,
près ainfi qu'un
fans doute. (1)
( Freres invincibles,
& la
9) La fortune a fécondé nos entreprifes,
publiera la grandeur de notre courage,
5 Renommée brife de TEC rafraichira la côte 27.
93 tant que la
à regret, que plufieurs
3) Cependaut,jenvilige font
de cas de l'avenir, que
3 d'entre nous
peu
intérêt
à
par un
particulier
9) d'autres aveuglés
s'éloigner & à
> chacun d'eux, ne fongent qu'a
immenfes,
leurs barques des richeffes
> remplir
de leur bras leur a fait trouver
> que la puiflance
>> au milieu des dangers 32.
glorieux de
9) Combien ne ferait-il pas plus
du
s) nous maintenir dans ces poffeffions arrofées Ne
fi
nombre de nos freres?
>5 fang d'un grand fruit fans planter le noyeau ;
3 mageons pas le
Les Hiftoriens font en poffefion de mettre des
(1) dans la bouche de leurs Héros; à plus forte
harangues doit-il m'être permis d'inférer une harangue hyraifon
de raifonnement.
pothétique dans un Ouvrage
9) Combien ne ferait-il pas plus
du
s) nous maintenir dans ces poffeffions arrofées Ne
fi
nombre de nos freres?
>5 fang d'un grand fruit fans planter le noyeau ;
3 mageons pas le
Les Hiftoriens font en poffefion de mettre des
(1) dans la bouche de leurs Héros; à plus forte
harangues doit-il m'être permis d'inférer une harangue hyraifon
de raifonnement.
pothétique dans un Ouvrage --- Page 52 ---
3o CONEID É R
>> T'age a bianchi
ATIO N S
nos tétes, 2 les
1 bli nos corps, nos ennemis blefires ont affai-
> de nos divifions & de
pourraient profiter
notre
> fe venger fur chacun de affiblifement, &c
> fermeté de nos
nous, de ce que la
coeurs
3) endurer 2).
intrepides leur a fait
> Voici l'avis de nos Freres les
>> mentés, qui m'ont accordé
plus expéri-
*s porter leurs
T'honneur de vous
paroles 37.
37 Nous fommes nés
3) nation
prefque tous fous la domiFrançaife. La bonté de
> auffi grande que fa gloire,
LoUis XIV eft
3, la rendra
notre bravoure nous
propice, J ayons recours à
> n'aurons plus rien à craindre de
lui. Nous
a terreur de fon nom glacera
nos enaemis, la
leurs
>> aurons l'avantage de refter fur courages, nous
$ de donner à la France
nos terres, &
2> de
une grande ércndue
pays 7.
Le murmure s'éleve, les avis font
enfin les plus confidérables donnent
partagés;
plus faibles : le Gouverneur de la l'exemple aux
poffeffion au nom du Roi, &: devient Tortue le prend
teur desterresqu'il vient d'annexer à fon diftribumais pouvait-il, fans
domaine :
judice des
injuftice, cn difpofer au prépremiers pofelfeurs, des anciens
Conquérans?
Ii réfulte de tout ce qui vient d'tre
que fous quelqu'afpeét
l'on
dit, I°,
que
puifife confidérer --- Page 53 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
l'établiffement de la Côte Françaife de SaintDomingue, on doit regarder les
Colons envers T'Erat,
engagemens des
la
comme auffi durables que
proteêion (r) du Souverain : 2°. que cette
tection n'eft dûe qu'à l'utilité de leurs
prodoit être mefurée fur elle.
travaux, &
Les Cultivateurs
des
promettent à la Métropole
avantages confidérables, elle leur affitre qu'ils
continucront de partager avec elle les
& la juftice du Roi; la fageffe des
bienfaits
dence des Chefs font les
loix, la prution. (2)
garants de la conven-
(1) Si Ia protedion ceffe la convention
que fa bafe cft Putilité
finit, puif-.
ne peut être utile réciproque, & que le Cultivateur
faut qu'un jour, dit qu'autant qu'il eft encouragé:il ne
duftrie, il faut cent ans Montefquieu, pour détruire l'inpour la faire renaitre.
(-) Nous n'avons pas
ment prudens; d'un
toujours eu des Chefs égaleIntendans font relevés autre côté, les Gouverneurs & les
tems de connaitre le trop vite, à peine ont-ils eu le
que d'autres leur fuccédent. pays qu'ils avaient à gouverner >
font infufantes
A l'égard des loix, elles
affez de réglemens pour la Colonic; ; & il n'y a poinr
particuliers pour y fapplécr.
.
(-) Nous n'avons pas
ment prudens; d'un
toujours eu des Chefs égaleIntendans font relevés autre côté, les Gouverneurs & les
tems de connaitre le trop vite, à peine ont-ils eu le
que d'autres leur fuccédent. pays qu'ils avaient à gouverner >
font infufantes
A l'égard des loix, elles
affez de réglemens pour la Colonic; ; & il n'y a poinr
particuliers pour y fapplécr. --- Page 54 ---
CONSID É R A T
I C N S
DISCOURSTE
De la protedion
que. la Maropole
aux Cultivateurs.
doit
&
Laspmena
vateurs font en
Tencourngenent
droit
que les Culife reduifent à
d'attendre de la
une bonne
Métropole
Des Chefs attentifs adminifiration.
Colonie, & à T'intérét à l'intérét général de la
mément
de TÉtat, qui font
liés, ne laifferaient rien
intiCultivateurs; ils
à defirer aux
difcipline, les retiendraient, dans la plus exaéte
& à la police troupes néceffaircs au bon
; ils
ordre
éclairés, deflinés
protégeraient les hommes
confeils, & les artifans par état à les aider de leurs
trumens néceffaires à la qui s'employent aux inf
paration des denrées.
cultare & à la préJamaisils n'accorderaient
incapables de toute
de graces particulieres;
les citoyens
confidération privative,
également utiles feraicnt
tous
yeux dans l'ordre
égaux à leurs
odieux en
politique. Les priviléges font
il eft de la euxe-mémes, ils font toujours nuifibles;
reftraindre toujours prudence du gouvernement de les
fans jamais les étendre.
La --- Page 55 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
- La proteétion du Monarque confifte donc prin- Quelie forte de
cipalement dans le choix des Adminiftrateurs. prote(tion eft dic
Le choix des Magiftrats dépofitaires des
aux Cultivateurs,
des Officiers
loix, &
prépofés pour les réclamer, ou pour
les exécuter, , n'eft pas moins important. Les autres
gracesfe rapportent immédiatemencàla Métropole,
puifqu'elles concourent à l'accroiffèment de la
peuplade & du commerce.
Cette Colonie, bien différente de tant d'autres
qui ont coûté inutilement des fommes immenfes
à IEtat; occuppe une trentieme partie des habitans du Royaume , & cette portion du
eft digne de l'attention du
peuple
c'eft la partie induftrieufe de gouvérnement, la
, puifque
nation. Les denrées
qu'on en retire peuvent ouvrir un grand commerce, avec les peuples du Nord; commerce
qui ferait également avantageux fur
tation 5 & fur les retours ou marchandifes T'expord'échange.
Ce commerce accroîtrait les forces de la Marine, & formerait un grand nombre de Matelots
il faut donc confidérer deux branchesde
;
la premiere, entre la France & les commerce :
les profits
Colons, dont
peuvent être grands pour chaque
Négociant en particulier : la feconde, entre la
France & les Etrangers, dont les
feraient peut-être plus faibles
profits qui
pour les
feraient grands pour le commerce en particuliers,
Tome 1,
général, &
T'expord'échange.
Ce commerce accroîtrait les forces de la Marine, & formerait un grand nombre de Matelots
il faut donc confidérer deux branchesde
;
la premiere, entre la France & les commerce :
les profits
Colons, dont
peuvent être grands pour chaque
Négociant en particulier : la feconde, entre la
France & les Etrangers, dont les
feraient peut-être plus faibles
profits qui
pour les
feraient grands pour le commerce en particuliers,
Tome 1,
général, & --- Page 56 ---
C 0 N S de ID E R'A TI 0 N S
lon aurait faits dans la
réaliferaient ceux que
premicre négociation.
des travaux de la
Il réfulte par conféquent
tant à caufe
Colonic, une circulation immenfe, elle réalifc les
de la Métropole, dont
du fiuperflu
à faire fur les denrées
valeurs, que des profits
l'oucette circulation eft principalement
d'échange;
qui fontaidés parla
vrage de troisi mille Cultivateurs, d'eux eft fans doute
malle des Coloniftes : chacun
intéreffant pour T'Etat.
un fujet
chez les Romains, une grande
On accordait
avait eu affez de bonheur
récompenfe à celui qui
fauver la vie à un citoyen
ou de vertu pour celle de cent familles, a de
celui qui foutient
droits à la confidération publique 2
plus juftes
rifqué de périr cent fois à
fur-tout après avoir
avoir confumé
lieues de fa patric, & y
car les richefles à Saintfes plus beaux jours,
le don d'une fortune
Domingue ne font point
le fruit de trente
aveugle ; c'eft ordinairement beau de fe facrifier foi
années de travaux. Il eft
devenant plus
méme au defir d'être utile en
heureux.
mefurent le dégré d'eftime
Quels font en : Si tous les hommes
particilier lcs enaccordent à chacun de leurs concitoyens,
couragemiens & les qu'ils
qu'ils en retirent;
nécompentes qui furlutilité plus ou moins grande
peuvent redoubler
l'émulation
des Cultivateurs. (1) La Couronne Civique.
facrifier foi
années de travaux. Il eft
devenant plus
méme au defir d'être utile en
heureux.
mefurent le dégré d'eftime
Quels font en : Si tous les hommes
particilier lcs enaccordent à chacun de leurs concitoyens,
couragemiens & les qu'ils
qu'ils en retirent;
nécompentes qui furlutilité plus ou moins grande
peuvent redoubler
l'émulation
des Cultivateurs. (1) La Couronne Civique. --- Page 57 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE.
on - doit fans doute cftimer celui dont
font utiles. la nation entiere ; il mérite les travaux
ration généralc. Non cet éronnemenit
l'admiles hommes faibles ont pour des
ftupide que
ils fe fentent incapables; mais
entreprifes dont
éclairé'
cet; applaudiffement
qui-engage les autres à les imiter.
Or L'intérét public doit : toujours
diftribution que font les
préfider à la
graces dont ils font dépofitaires. Adminifrateurs, dès
Sr Les; Hollandais, 2 en érigeant. une, flatue à
ecliqui leur.apprir la maniere de faler
ont accordé cet honneur à l'ucilité lesharengs,
retire de : ce fecret, dont. la
que la natiqn
découverte
L pas un mérite bien diftingué: Ce fut n'exigeait
Hollandais, habitant à: Surinam,
un autre
mier détourna le cours d'ane
qui. le: pretilifer fes plantations
rivicre 5 pour ferpar une irrigation
nonnée eà Jeur aridité, & l'exécution proportionméthode fuppolait quelques
de cette
connoilianes de
IAgriculture & de THidraulique; :
n'obtint pas de fes
cependant il
compatriotes, la méme
& penfe qu'ils-avaient donnée à Buckelft Récomen eft bien
; la raifon
fimple, c'eft que les fiucreries
Surinam occupaient moins de navires
la
de
des harengs; mais les
que pêche
même
Français qui ne font pas la
péche, & qui font
de fucre, doiyent penfer incomparablement plus
: Dans tous les pays, chez autrement. toutes les
nations
C ij
compatriotes, la méme
& penfe qu'ils-avaient donnée à Buckelft Récomen eft bien
; la raifon
fimple, c'eft que les fiucreries
Surinam occupaient moins de navires
la
de
des harengs; mais les
que pêche
même
Français qui ne font pas la
péche, & qui font
de fucre, doiyent penfer incomparablement plus
: Dans tous les pays, chez autrement. toutes les
nations
C ij --- Page 58 ---
36 C o NSID E R ATIO N $
policées, on a accordé de grands
a
ceux qui defrichent de nouvelles avantages
terres, ou qui
porteht au plus haut dégré de. produéion celles
qui font déjà cultivécs. (I)
On trouve aujourd'hui dans diffétens cantons
de la France, 9 des champs de bled au milieu des
landes fi long-t tems négligées. En recherchant
la caufe de cette adtivité, on trouve un Edit du
Roi, donné en 1764, qui exempte de toutes.
redevances pendant 20 ans, ceux qui defrichent
des terres, ou deffechent des marais. Si d'un
boutde l'Univers à Tautre,on femble être
de récompenfer lés
convenu
tion les Colons de Cultivateurs, qu'elle protecSaint-Domingue ne font-ils
pas en droit d'attendre!
Vous à qui le Roi a confié une partie de fes
pouvoirs, vous qu'il a chargé dans fa bonté
paternelle de conduire des Sujets éloignés de
lui; oubliez l'éclat du rang que fa faveur vous
donne, pour ne fonger qu'àa limportance du
dépôr.
La véritable gloire de ceux qui commandent
git dans la félicité publique.
;
(1) Les loix de la Chine accordent des
2 quiconque défrichera des terres incultes; récompenfes
arpens jufqu'à quatre-vingt. Celui qui en dupuisquinze défriche
tre-vingt, eft fait Mandarin du huitieme ordre. qua: --- Page 59 ---
SUR LÀ COLONIE DE S. DOMINGUE. 37
Arrêtez le bras de l'oppreffeur, veillez : it en
eft parmi nous qui ne peuvent être utiles, &
pourtant veulent agir; ; leurs motifs ne valent
rien, car ils font contraires à l'aifance publique
& àl'harmonie qui doit régner entre les citoyens.
On ne peut étre citoyen que par les Loix, &.
coupable fans les violer ; on ne. doit rien faire
fàns elles.
L'injuftice entraîne la ftérilité par-tout où elle
s'étend ; les plantes féchent fur pied. La Cayenne
n'eft pas infertile ; l'iniquité s'y eft propagée, &
la Colonie n'a point réuffi.
L'effet des richeffes d'un pays, c'eft de mettre
de l'ambition dans tous les coeurs ; l'effet de
l'oppreffion eft de faire naître la mifere & le
défefpoir.
La pauvreté n'eft point la mere de l'induftrie -
fi on l'a cru, c'eft une erreur ; l'émulation prend *
naiffance au fein de la médiocrité, , & Fambition
croît avec les richeffes ; mais la pauvreté produit
le découragement, elle eft la foeur de la parefle.
La richeffe ou la pauvreté de chaque contrée ;
dépend encore moins de la fertilité du fol, que de
la nature du gouvernement : la fomme du travail
eft la mefure du bonheur & de:l la puiffance, comme
celle de la population. La principale fcience du
gouvernement eft donc d'exciter les hommes aut
travail.
Cij
ît avec les richeffes ; mais la pauvreté produit
le découragement, elle eft la foeur de la parefle.
La richeffe ou la pauvreté de chaque contrée ;
dépend encore moins de la fertilité du fol, que de
la nature du gouvernement : la fomme du travail
eft la mefure du bonheur & de:l la puiffance, comme
celle de la population. La principale fcience du
gouvernement eft donc d'exciter les hommes aut
travail.
Cij --- Page 60 ---
Co N $ i D E R A T'IO'N S
les Colonies Anglaifes font riches ;
Toutes
Efpagnoles forit pauvres ; les
toutes les Coloniës
croiffent abonhommes, le bled & l'induftrie
damment dans les premieres ; l'ignorance 1 les
Moines, l'or & les Soldats ne fervent qu'à augmenter la mifere des autres.
formé des
Les Anglais ont fondé des Villes,
Cours
établi des Manufaétures, des
Provinces,
des Courfes
de Juftice 7 des Écoles publiques,
des Conceits & des Jeux.
de chevaux,
des Tribunaux de Confcience
Après avoir créé
ont fondé
& placé des garnifons, les Efpagnols
ils ont
des
des Hôpitaux ;
des Couvents,
Églifes,
baridesFors:lesuns ont couvertla terre d'hommes
déterrer un métal
& de moiffons ; les autres, pour femblent creudont T'abondance détruit la valeur 5
fer les tombeaux de Tunivers.
fe contenter
L'Anglais heureux & fage ,a voulu
de fruits & de grains,. qui, en favorifantlay popnfon commerce ; TEfpagnol
lation 9 augmentent
milieu de Tor Tanmalheureux, a cru trouver au
tidote du mal qui le confume, & c'eft un poifon
qui le tue. --- Page 61 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
DISCOURS III
Qui, des
Commerçans ou des Colons,
a le mieux répondu aux vues de PEtat.
Le but que la
Métropole a dà fe
dans l'établifiement de la Colonie, eft procurer
fement du commerce & de la 2
F'aggrandif
a voulu rctirer
navigation ; elle en
3 t°. <, l'emploi des
> & denrées qui excédaient la marchandifes
2) néceffaire dans l'intérieur du confommation
3)
devenaient
Royaume 2 &
fuperflucs ; 2°. de nouvelles
3) chandifes rares en Europe &
mar-
>> ouvrir à la nation
2.
qui pufent
Françaife, l'eatrée des
3, étrangers >).
ports
Les Habitans de
Saint-Domingue, ont acheté,
pour répondre à ces vues, beaucoup de
difes Françaifes, & ont fabriqué immenfement marchanficre, d'indigo, de
de
de
donné en
café, coton, qu'ils ont
échange.
Pour répondre aux vues de TÉrat, le commerce
de France devait, de fon côté, fournir aux
tous les inftrumens utiles à la culture ; les Colons,
feurs des terres devaient les
pofef
& par leurs travaux & leur mettre en ceuvre 2
culture à fon plus haut indufirie, porter cette
dégré de produdion,
C iv
ement marchanficre, d'indigo, de
de
de
donné en
café, coton, qu'ils ont
échange.
Pour répondre aux vues de TÉrat, le commerce
de France devait, de fon côté, fournir aux
tous les inftrumens utiles à la culture ; les Colons,
feurs des terres devaient les
pofef
& par leurs travaux & leur mettre en ceuvre 2
culture à fon plus haut indufirie, porter cette
dégré de produdion,
C iv --- Page 62 ---
40 Co N S I D E R A TIO
Les
N S
fournitures Commerçans ont fouvent manqué à leurs
; jamais les Culivateurs n'ont
repofer les inftrumens dont ils étaient
lailé
Lorfque la Compagnie de
pourvus.
concédait les terres de la bande Sains-Louis, du
(r)
Gouvernement l'avait
Sud, dont le
fournifait
rendue propriétaire - elle
aux conceffionnaires une
tité de provifions, & les forcait à certaine quandébiteurs des fommes
fe reconnaitre
Fadteurs d'arrêter
auxquelles il plaifait à fes
vaife
leur eftimation. La mauqualité des inftrumens & des
ne permettant pas au Cultivateur fournitures, >
T'ufage qu'il s'était
d'en retirer
propofé, il fallait de nouveau
recourirà la Compagnie, qui augmentait alors
difficultés & rehauflait le
les
dont le befoin inflant
prix de mille objets,
la récolte
faifait la feule valeur.
THabitant
Après
Compagnie
portait fes denrécs àJa
était à la fois qui en fixait encore le prix ; elle
celui du
maitreffe du taux, de l'achat & de
paiement ; enfin, déduétion faite de
que fes travaux avaient
ce
fe trouvait
produit, le Colon infortuné
toujours débiteur de la
La bande du Sud eft la partie la Compagnie.
& peut être la plus fertile des
plus étendue
çaifes à Saint -
poffeflions FranDomingue, c'eft la moins cultivée,& c'eft cépendant celle qui a le moins fouffert
(I) Etablie en 1668, détruite en 1720,
; enfin, déduétion faite de
que fes travaux avaient
ce
fe trouvait
produit, le Colon infortuné
toujours débiteur de la
La bande du Sud eft la partie la Compagnie.
& peut être la plus fertile des
plus étendue
çaifes à Saint -
poffeflions FranDomingue, c'eft la moins cultivée,& c'eft cépendant celle qui a le moins fouffert
(I) Etablie en 1668, détruite en 1720, --- Page 63 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 4*
pendant les guerres. Les Propsicaicayfarclurgés
de contrats ufuraires dansle fort principal, ufuraires
dans les intérêts exigés (1). Voila les fuites du
monopole, fes effets fe font encore reffentir longtems après qu'il a été détruit ; la Nature venge
P'humanité que l'on opprime, &les fources des richeffes tariffent enfin fous les efforts de la cupidité.
Le commerce des Particuliers, qui s'était étendu
dans les autres parties de la Colonie, n'a pas été
auffi deftruéteur ; cependant il a toujours voulu
fur les Colons, & a cherché à profiter
gagner des inftans du befoin, pour mettre fes fournitures
à des prix exceffifs ; les Loix qu'il a voulu
fur-tout dans les moimpofer aux Cultivateurs, 2
mens oû l'adverfité rendait leurs befoins plus preffans, font d'une dureté qui parait éloignée du
caraétère général de la nation Françaife.
Un Écrivain célébre (2) a raifon de dire, que
lés États Monarchiques foutiennent difficilement
les grandes entreprifes de commerce. Dans ces
Éuts, les Négocians ne forment point de corps ;
ils commencent par fe détacher du gros de la
Nation, , & ne refpeétent point fes intérêts ; ils
(1) Depuis 1766, plufieurs d'entr'eux fe font pouravoient été
vus en reftitution contre des contrats, qu'ils
forcés de paffer avec les Agens de la Compagnie.
(2) Montefquieu, dans fon Efp. d. L.
les grandes entreprifes de commerce. Dans ces
Éuts, les Négocians ne forment point de corps ;
ils commencent par fe détacher du gros de la
Nation, , & ne refpeétent point fes intérêts ; ils
(1) Depuis 1766, plufieurs d'entr'eux fe font pouravoient été
vus en reftitution contre des contrats, qu'ils
forcés de paffer avec les Agens de la Compagnie.
(2) Montefquieu, dans fon Efp. d. L. --- Page 64 ---
42 Co N S I D ÉR
font enfuite divifés
ATIO N $
jaloufie, bien diderent entr'eux par un principe de
devrait les animer
de l'efprit d'émulation
ils font
dans leurs
qui
détachés de leur
entreprifes ; enfin,
ne l'excicent que
profeffion clle-méme ; ils
prêts à la quitter paliagerement, & font toujours
pour s'adonner à
payent un plus grand tribut à
celles qui
tels hommes font
leur Vanité, De
du
peir jalcux d'acquétir la
commerce, & moins jaloux
fcience
& de fa profpérité.
encore de fa durée
Ils ont réduit le
des befoins
commerce à l'art de
refpedtifs des
profiter
niftes ; le nom de
Nationaux & des Coloavec lui la confidération commerçant 9 qui emporte
utile 9 femble n'être que l'on doit au Citoyen
contribution. Ils achetent pour eux qu'un titre de
difes dont fouvent
à crédit des marchananticipation
ils abfoibent la valeur
; les navires arrivent à
par
mingue, & les dépenfes
Saint-Doteurs font pour foutenir énormes que les Armafont
un train fallueux, ne
foutenues, 3
des retours ; de-là elles-mimes, les
que par T'efpoir
fans nombre qui
faillites & les malheurs
allarment la fireté
Cependant tout fe vend au
puiblique.
Saint-Domingne ; les denrées plus haut prix à
à des fommes infiniment
d'échange montenc
des marchandifes
fipérieures à la valeur
apportées dans la Colonic
Commerçant a donc pu gagner; mais fi les
; Ie
dcnrées
3
des retours ; de-là elles-mimes, les
que par T'efpoir
fans nombre qui
faillites & les malheurs
allarment la fireté
Cependant tout fe vend au
puiblique.
Saint-Domingne ; les denrées plus haut prix à
à des fommes infiniment
d'échange montenc
des marchandifes
fipérieures à la valeur
apportées dans la Colonic
Commerçant a donc pu gagner; mais fi les
; Ie
dcnrées --- Page 65 ---
SUR LA COLONIE DE S: DOMINGUE. 43
de retour font vendues en France aux Natioc'eft fur CCS derniers que fe réalifera le
nux,
gain fictif que l'on a fait à Saint-Domingue.
Quel avantage la Métropole retirerait-elle d'un
femblable commerce 2 fi ce n'eft l'armement de
quelques navires & la formation de quelques
Erreur de Voltaire
navigateurs (1)?
au fujet des
Cette réflexion a fait dire à Voltaire 2 que Colonies Frangaif,
le commerce des Français dans les Antilles,
n'enrichit point le Royaume 2 qu'au contraire il
fait périr des hommes & caufe des naufrages.
fans
a-t-il dit, un vrai
66 Ce n'eft pas
doute,
bien mais les hommes s'étant fait des néccf-
>)
;
la France
5> fités nouvelles, il empêche que
55 n'achete cherement de l'étranger un fuperflu
9, devenu néceflaire 7).
les étrangers
Cet Écrivain ne fongeait pas que
n'ayant point de Colonie égale à celle de SaintDomingue, la France peut leur vendre à euxmême ce fuperflu (2) devenu néceffaire.
(1) Ce ferait toujours un grand bien; la circulation
intérieure & les forces du Royaume en feraient accrues, 2
& l'on ferait redevables à la Colonie de cet avantage
important.
le fucre, l'une des
(2) Si l'on peut appeller fuperflu
plus belles produdtions de la Nature que l'artait encore
perfeltionnée, qui eft falutaire, balfamique, dont enfin
Tufage modéré peut prolonger I'cxiftence de Phomme.
Ce ferait toujours un grand bien; la circulation
intérieure & les forces du Royaume en feraient accrues, 2
& l'on ferait redevables à la Colonie de cet avantage
important.
le fucre, l'une des
(2) Si l'on peut appeller fuperflu
plus belles produdtions de la Nature que l'artait encore
perfeltionnée, qui eft falutaire, balfamique, dont enfin
Tufage modéré peut prolonger I'cxiftence de Phomme. --- Page 66 ---
44 Co
NSI D E R ATro
Maisle défaut de
N S
communes
courage &
en France des
d'induftrie a rendu
tout ailleurs à un pluts haut denrées qui font parétant remplis,
prix. Les
tout le monde
magafins en
pour en faire ufage. II
s'eft cru affez riche
en couvrant la furface fallait vuider ces
vaifeaux
des mers
magafins
; il fallait aller
d'hommrs & de
teurs dans tous les
chercher des confommapas attendre
marchés de
que des marchands Tunivers, & ne
acheter parmi nous,
étrangers
ce
, dans le tems de
vinflent
que notre indolence
vil
nous
Tabondance,
prix.
forçait de donacr à
ec Le commerce eft
P par les fommcs qui lui
pauvre ; il eft ruiné
97 nies ; les armemens font dûes dans les Colo9, fice
font coûteux, & le bénéd'exportation du
>> rées dans les
fucre & des autres den3) ne doit
pays du Nord, eft fi
pas T'envier aux
petit, qu'on
En
étrangers. -
font les Angleterre Colons ce Tel eftà
duause onel le moins repon- qui Nantes
peu-près le langage des
vues delear
ou de
Négocians de
en Franee Alémmpoles pouvait étre Bordeux, comme fi le
les
ce font onéreux.
trop pauvre pour ne
commerce
Comporgan
A Tégard des
pas fe rendre
Sain-Domingue
dettes de la Colonie de
ne font
envers les
pas plus grandes
commerçans, 9 elles
fon revenu ; &
qu'une demi-année de
il eft fi grand quant au bénéfice
par
d'exportation,
ment qu'il denne à lui-méme, la
3 ou par Taccroiffecirculation publique,
que
deux, comme fi le
les
ce font onéreux.
trop pauvre pour ne
commerce
Comporgan
A Tégard des
pas fe rendre
Sain-Domingue
dettes de la Colonie de
ne font
envers les
pas plus grandes
commerçans, 9 elles
fon revenu ; &
qu'une demi-année de
il eft fi grand quant au bénéfice
par
d'exportation,
ment qu'il denne à lui-méme, la
3 ou par Taccroiffecirculation publique,
que --- Page 67 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
les étrangers font deux traverfées
fiter, tandis qu'une feule fuffirait pour en prode France.
aux armateurs
D'ailleurs le prix du fucre à la
la Grenade, dans toutes les Colonies Jamaique, à
eft toujours à
Anglaifes, s
deffus du
quinze ou vingt pour cent aucours de
le fol des Ifles Anglaifes Saint-Dominguie eft
> parce que
Anglais exigent moins de plus ingrar , que les
travail de leurs
& les nourrifènt à plus de frais,
Negres
Tufage de leur donner des
(ils font dans
vivres & des poiffons
falés,) qu'enfin its font moins induftrieux
genre de
&
dans ce
culeure,
que d'un autrei
grande valeur qu'ils donnent
cicôté, 3 la
rées de leurs Colonies,
en Europe aux denpar leur habileté dans le
commerce, 9 doir naturéllement les faire
un plus haut prix dans les lieux de la monter à
Les Négocians de France
fabrication.
dans tout P'univers les
pourraient donc offrir
mingue
denrées de Saint - Do-
(1), & particuliérement le fucre, à
pour cent au moins au-deffous du
) quinze
(2) ils obtiendraient donc la
prix Anglais 3 1
préférence.
(1) Les Caboteurs de
à la Jamaique du coton & Saint-Domingue, de
qui portent
rementà ce commerce dix T'indigo, gagnent ordinai
pour cent fur le poids, pour cent fur le prix, & douze
plus iéger de douze parce que le poids Anglais eft
(2) Ily a cependant pour cent que la mefure Françaife.
quelques oblacles, mais qui ne
obtiendraient donc la
prix Anglais 3 1
préférence.
(1) Les Caboteurs de
à la Jamaique du coton & Saint-Domingue, de
qui portent
rementà ce commerce dix T'indigo, gagnent ordinai
pour cent fur le poids, pour cent fur le prix, & douze
plus iéger de douze parce que le poids Anglais eft
(2) Ily a cependant pour cent que la mefure Françaife.
quelques oblacles, mais qui ne --- Page 68 ---
46 CONSID E R A T IQ N S
Voulez-vous favoir d'où vient cêt embarras
qui
empechelaggradiftment du commerce
litain? ? C'eft que l'état de Négociant
métropoà trois
ne pafle poinp
générations ; il n'eft entrepris que par des
hommes nouveaux j qui s'élevent fans
des projets mal
fonds,fur
faire.
conçus, & ne cherchent 3 qu'à
fupporter indifféremment les frais de leur
témérité, foit aux Français, foit à d'autres.
Ils ne commercent que pour s'enrichir
tement ; ils ne connaiffent point d'autre but promp- ils
;
I
font pas difficiles à levers le premier, eft le
du Fret, la cherté des
grand prix
dépenfe qu'il faut
Navires en France, & la grande
le baeuf
pour les armer : (il faut tirer d'Irlande
pour nourrir les Matelots, il faut
Capitaine & aux Officiers de Navire
procurer au
abondante & recherchée, &
une nourriture
Navire de provifions
par conféquent remplir le
très-colteufès; il faut un
grand-nombre deMarclots,
plus
conduit par douze Mariniers parce qu'un Navire qui feraje
Anglais, le ferait à
par trente Français, caufe de la différence du
peine
des cordages, & des hommes inutiles
les gréement,
teurs Français font obligés de prendre que. fous les Armade Chirurgien 5 de Maître d'Hôtel, de
noms
Pilotins, &c.). Le fecond obftacle
Cuifiniers, de
provient de la loi
impofée aux Navires Français de défarmer au lieu de
leur départ, des frais d'entrepôt en France, &
& impôrs qu'il faut
des droits
à
y payer avant de porter les denrées
T'étranger. Nous en parlerons ençore,
teurs Français font obligés de prendre que. fous les Armade Chirurgien 5 de Maître d'Hôtel, de
noms
Pilotins, &c.). Le fecond obftacle
Cuifiniers, de
provient de la loi
impofée aux Navires Français de défarmer au lieu de
leur départ, des frais d'entrepôt en France, &
& impôrs qu'il faut
des droits
à
y payer avant de porter les denrées
T'étranger. Nous en parlerons ençore, --- Page 69 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
féparent les priviléges du Négociant des devoirs
du Citoyen ; & quand ils fe croyent affez
ils enlevent leurs fonds à la circulation riches,
(:) & abandonnent le commerce fans générale 2
de ceix qui les remplaccront. >
s'inquiéter
Des hommes qui ne 1 confidérent
le
ment, c'eft-à-dire, que lintérêt
que mofortune inflantanée,
particulier d'une
,? ruinent le commeree & les
Colonies. A: quoi fervent les richeffes
ufurpent? les rendent-elles. plus heureux ? Non qu'ils
leur orgueil, ou. celui de leurs defcendans T :
précipite dans des embarras
, les
biens paffent
infolubles, & leurs
en d'autres mains. :
On fabrique dans la Colanie LE de Saint-Dol
mingue, ,, le.plus,beau. fincre du monde ; On
recueille une infinité d'autees denrées:;
y
fage parait utile à toutes. les. Nations dont lucommerce à vendre ces denrées
; c'eft au
& à léur ouvrir
un grand débouché, s'il- ne le fait
ito
remplit pas les vues de TÉtat, ilne pas', ne
à l'intérêt de la Métropole.
fatisfair pas
(r) L'argene.q qui faitte prix des dignités, , des
gneuries, des charges, des alliances
feiretraité de nos
qui illuftrent la
tiérement perdu Commercans, pouf la
peur - bien n'être pas enqu'il eft plus oififqu'il.ne circulation, mais on conviendra
du Négociant, dont la pourrair l'étre.entre-les mains
caler & produire,
profelion confifte à le faire cir-
érêt de la Métropole.
fatisfair pas
(r) L'argene.q qui faitte prix des dignités, , des
gneuries, des charges, des alliances
feiretraité de nos
qui illuftrent la
tiérement perdu Commercans, pouf la
peur - bien n'être pas enqu'il eft plus oififqu'il.ne circulation, mais on conviendra
du Négociant, dont la pourrair l'étre.entre-les mains
caler & produire,
profelion confifte à le faire cir- --- Page 70 ---
48 CON S ID E: RATIO
N S
Cependant il paraît indifférent à
Français, que le ficre vaille
un Armateur
fiancs, ponrvu qu'il rémette vingt ou foixante
ait eu du bénéfice fir la au pair, & qu'il y
cargaifon, Si les
vente de la premicre
vendent bien dans la marchandifes de France fe
perdent
fi le fret Colonie > fi les rétours ne
point,
ne fouffre point de
nution, ont dit à la Boirfe
dimibonnes, quoique le
que les affaires font
vingt francs
fucre ne fe vende
; on. devrait dire au
que
font tres-mauvaifes,
contraire qu'elles
haut
car fi le fucre était aui
prix, it en faudrait
plus
pour remplir le montant une moindre quantiré
des cargaifons vendues à
TAmérique ; les' cargaifons
augmentées en nombre
pourraient donc étre
aurait plus d'hommes & en valeur, & il y
rehaufer: le piix des employés. Le moyen de
de faire les bénéfices denrées de la Colonie, c'eft
que les étrangers feront
nous, tant qu'elles feront accumulées
firr
Sile fucre des
dans les poits.
dant il eft
Anglais eft inférieur; ; fi cepenJamaique toujours a un plus haut prix à la
qu'à
qu'en Angleterre Sain-Domingue., t
3 il en- réfulte
moins
, c'eft le Cultivateur qui a le
répondu aux vues de fa
France,
Métropole, &
> c'eft le
qu'en
Commierçant (1): cette vérité eft
(r) Les impôts établis dans la France fur les
denrées
fi
il eft
Anglais eft inférieur; ; fi cepenJamaique toujours a un plus haut prix à la
qu'à
qu'en Angleterre Sain-Domingue., t
3 il en- réfulte
moins
, c'eft le Cultivateur qui a le
répondu aux vues de fa
France,
Métropole, &
> c'eft le
qu'en
Commierçant (1): cette vérité eft
(r) Les impôts établis dans la France fur les
denrées
fi --- Page 71 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 49
fi inconte(lable, 3 que fi l'exportation des denrées
de Saint-Domingue était permife aux Anglis,
elles renchériraient, dans cette Colonie, 9 de plus
de vingt pour cent. II faut donc s'attacher à
les faire valoir &à détruire, 2 par les moyens les
plus prompts, une concurrence auffi dangereufe.
Il n'eft de Négociant véritablement eftimable,
que celui qui, ne perdant jamais de vue l'utilité
générale de fa Patrie dans les entreprifes particulieres qu'il fait, l'enrichit par fon induftrie ;
qui, dans toutes les occafions, remonte aux principes invariables du commerce > qui n'ont point
d'autre but que la profpérité nationale,
Si la direétion du commerce faifait en France
la premiere partie du Gouvernement public ; fi les
Adminiftratcurs portaient un regard plus afluuré fur
cette branche effenticlle, les vues que la Métropole a dû fe propofer feraient fans doute remplics. D'un côté, on chercherait moins à gagner
fur les Colons ; gagner fur eux, c'eft affaiblir les
moyens de cultiver ; d'un autre côté, on craindrait de fomenter dans l'intérieur du Royaume,
la confommation exceffive de leurs denrécs : il eft 2
de la Colonie, 3 étant un obflacie à l'exportation à
I'Etranger, & par conféquent au progrès du commerce,
le blâmc ne doit pas tomber entiérement fur les Commerçans, les Financiers doivent le partager.
Tome I.
D --- Page 72 ---
50 Co N SID E R
ATIO N S
dangereux d'impofer fur les Nationaux, lc
de Tinduftrie, & de faire dégénérer
tribut
qui doit être reftraint à la réalité en luxe, ce
des befoins
enfin, on encouragerait
;
de la
l'exportation des denrées
Colonic, dans les pays étrangers; &
de la géner par des
loin
impôts, on attacherait à fes
progrès des faveurs & des
merce de France deviendrait récompenfes. Le comniffeur &
en cette partie, fourporte-faix des autres Nations, & obtiendrait, à prix égal, la
1e
rivale, à
préférençe fir la Nation
9 caufe de la qualité fiupéricure du fucre
fabriqué dans les Colonies Françaifes.
Ainfi la queftion qui fait letitre de ce
& fur laquelle il parait d'abord aflez
difcours,
difficile de fe
déterminer, 3 feréfout d'elle-méme, après
momens d'examen.
quelques
M
aix des autres Nations, & obtiendrait, à prix égal, la
1e
rivale, à
préférençe fir la Nation
9 caufe de la qualité fiupéricure du fucre
fabriqué dans les Colonies Françaifes.
Ainfi la queftion qui fait letitre de ce
& fur laquelle il parait d'abord aflez
difcours,
difficile de fe
déterminer, 3 feréfout d'elle-méme, après
momens d'examen.
quelques
M --- Page 73 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE. 51
DISCOURS IV.
Des forces de la Colonie en tant
qu'induftrieufe.
d
Qvorove le commerce national n'ait
entiérement fuivi les vues de TEut, il n'en pas eft
pas moins vrai que, dans la fituation préfente de
ce commerce 3 les Colons ont ouvert à la France
une circulation profitable ; non-feulement la dépenfe des armemens eft compenfée mais on
retire des avantages réels. Les
>
en
fourniffeurs, les
ouvriers y gagnent ; l'activité redouble ; l'aifance
qu'elle procure, > fait croître le nombre des fujets
laborieux ; ils fe multiplient, pour ainfi dire, euxmêmes 3 & réparent, par l'augmentation de la force
& de T'induftrie les
malheurs de la
lation.
dépopu1 Les fonds employés dans la Colonie
propager CC commerce, ne font rien
1 pour
en
raifon des revenus qu'ils produifent ; c'eft compales
trop
eftimer, 9 que de les porter à huit fois plus que
le revenu annuel (r) ; il eft actuellement aflez
(1) Avant la révolution du Café en 1772, les revenus étaient au capital, ce que le fixieme eft au tout;
car. les revenus de Ia Colonie montaient à foixante-quinze
D ij --- Page 74 ---
Co N S I D E R: A TIO N S
eftimation bien jufte. Cedifficile d'en faire une
des rependant comme l'évaluation comparative
& du fonds dont ils font tirés, eft trèsvenus
connoitre T'état préfent de la
néceffaire pour
le Leéteur a portée de
Colonie , je vais mettre
s'en faire une idée aflez précife.
cela choifis trois Époques (1).
Et pour
je
c'eft T'année qui a
La premiere 1 en 1764 ;
c'eft celle où lc.
fuivi la publication de la Paix ;
commencé à recueillir le fruit des
Culivateur a
lui a fait entréprendre pentravaux , que T'efpoir
trouve une
dant la guerre, , & à cette. Époque,je Confeils
effimation générale faite par les deux
affemblés aul Cap, pour T'impofition
Supérieurs millions demandés par le Roi, pour
des quure
réglées dans la Colonic ;
Tentretien des troupes MM. des Confeils ont
mais je m'apperçois que de leur eftimation ; &
négligé de faire la preuve
à quatre cent quarante; mais
millions, & les capitaux des Négres & les bâtimens,
les plantations, le nombre
fans beaucoup de
fe font accrus dans les montagnes
fruit.
cette méthode à toute autre, parce
(1) J'ai préféré
forte à PHiftoire de TAgriculqu'eile conduit en quelquc de la Colonie, depuis la paix
ture, & du commerce
le Leéteur plus en
jufqu'à préfent, & met par conféquent fituation de la Colonie & de
état de juger de la véritable
fcs produits,
les bâtimens,
les plantations, le nombre
fans beaucoup de
fe font accrus dans les montagnes
fruit.
cette méthode à toute autre, parce
(1) J'ai préféré
forte à PHiftoire de TAgriculqu'eile conduit en quelquc de la Colonie, depuis la paix
ture, & du commerce
le Leéteur plus en
jufqu'à préfent, & met par conféquent fituation de la Colonie & de
état de juger de la véritable
fcs produits, --- Page 75 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 53
je m'arréte, 2 pour la redtifier, à une feconde
Époque, qui eft eil 17671. enfin, comme il n'y
a point eu de révolution depuis ce tems 3 fi CC
n'eft dans la culture du café &c dans la diminution
du prix de cette denrée, je pourfuis mon eftimation, fans répétition de calcul, jufqu'en 1775,
qui.eft le tems oùt je me fuis déterminé à publier
ce Livre.
ÉTAT COMPARATIF DE LA COLONIE,
EN 1764 & 1767.
Sucreries de la partie du Nord.
CETTE partic de la Colonie commencait à
être établie, fous ie gouvernement de Bertrand
d'Ogeron,. en : 1670 ; la culture n'y a été en
vigucur qu'cn 1737Sucreries en Blane,
en brut,
Haut du Cap .
- I .
3).
Quartier Morin & Ifle Saint-Louis . *. 23 -
2.
Limonade -
- 22 : - 14Grande Riviere & Dondon .
>)
I.
Plaine du Nord
12.
8.
Petite Anfe -
22.
7.
L'Acul..
7).
Limbé .
II -
6.
108 : : 38.
D 11] --- Page 76 ---
54 Co N S ID E R
ATIO N S
De Pautre part... 108 - . 38:
Port Margot. -
Quartier
I .
I.
Dauphin & partic de Maribaroux .
Autre partie de Maribaroux
14-
&
Ouanaminte, . .
Terriers Rouges &
13 : 8.
Le Trou &
Jacquezy
16.. 8.
Port de Paix dépendances.
22 . - . II.
3).
TOTAL
183. . 80.
Ily avait en 1767, dans le reffort du Confeil
Supérieur du Cap, cent quatre-vingt-trois Sucreries en blanc, &
cents foixante-trois quatre-vinge en brut ; deux
qu'en brut.
Sucreries, ) tant en blanc 3
Depuis 1763, jufqu'au commencement de
1767, il a étéintroduit dans la Colonie,
mille deux cents trénte-fept
cinquante
à la culture ; ce
Negres, tous occupés
qui, en raifon des Negres
y avoit en 1763, ferait croire
la
qu'il
ferait
que culture fe
accrue, dâns quatre ans, > de
cent ; mais en obfervant
le dix-fept pour
de Guinée
que
tiers des Negres
meurt ordinairement dans les trois
premieres années de la
&
vie laborieufe d'un
tran/plantition, que la
Negre fait au pays, ne
pas être évaluée à plus de quinze ans, il faudrait peut
Negres
y avoit en 1763, ferait croire
la
qu'il
ferait
que culture fe
accrue, dâns quatre ans, > de
cent ; mais en obfervant
le dix-fept pour
de Guinée
que
tiers des Negres
meurt ordinairement dans les trois
premieres années de la
&
vie laborieufe d'un
tran/plantition, que la
Negre fait au pays, ne
pas être évaluée à plus de quinze ans, il faudrait peut --- Page 77 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
diminuer, I°, le tiers des Negres nouveaux introduits depuis 1763; 2°. trois cinquiemes de
la maffe totale des Negres de la Colonie,
s'en fuivrait
la
3 & il
de
que culture ne fe ferait pas accrue
dix-fept pour cent. Mais la mortalité des-Negres
nouveaux, dont l'introduétion eft
publique, eft
compenfée en grande partie par ceux qui
viennent de la contrebande , & les renaiffances profuppléent en partie à l'extinétion des Negres faits
au pays ; cependant comme iln'eft venu, en
que trois cents quatre-vingt-quatre
1767,
ont emporté toutes les deurées de navires, 3 qui
& que trois cents
cette année-là,
quatre-vingt-quatre navires de
port ou tonnage ordinaire n'auraient
fuffi
à T'exportation, fila culture avait
point
dix-fept
augmenté de
pour cent, laugmentation doit être
pofée à quinze pour cent.
fuipPar les déclarations faites en 1764, fe fucre blanc
exporté du Cap, pefait... 35, II, 332 1.
augmentation a I5p.100, 5, 266, 699.
Et Ia mémeannéeleficre
40, 378, 031 1,
brut exporté , pefait. : e II, 239, 7001.
augmentationà1sp p.I00..I, 68;, 955.
12, 925, 6ss.
Sucre blanc & brut exporté en 1767, de
la dépendance du
Cap. .
$3,303, 6861.
-
Dis --- Page 78 ---
56 Cro N S I D E R A T I 0 N S
Les263 ficreries établies dans cette
ne donnent pas d'égales
dépendance,
font de grands
produétions, quelqu'unes
mais
revenus, , d'autres font très-faibles,
prefque toutes étaient à leur
dégré de culture en
plus haut
que point
1767, & il ne reftait pref
d'accroiflèmient à efpérer.
La quantité de
& brut
53,303,686 1. de ficre blanc
répartie en 260 fucreries donne
chacune 205,014 liv. ce qui n'eft
pour
mais il faut obferver
pas exceffif;
il y a trois fois
que dans cette quantité,
brut.
plus de fucre blanc que de
Sucreries de la partie de
Z212 grand nombre
POuef, dont
efisfeeptible d'augmentation.
La partie de l'Ile que'les
la premicre, c'eft la
Français ont culivée;
éloignée des
partie de T'Oueft, étant
établiffemensde la Colonie
dont alors on avait à craindre les
Elpagnole,
peu-près au milien de
forces, & àpar les
toutes les terres envahies
Français : clle devoit étre
le fiége du gouvernement.
néceffàirement
isfeeptible d'augmentation.
La partie de l'Ile que'les
la premicre, c'eft la
Français ont culivée;
éloignée des
partie de T'Oueft, étant
établiffemensde la Colonie
dont alors on avait à craindre les
Elpagnole,
peu-près au milien de
forces, & àpar les
toutes les terres envahies
Français : clle devoit étre
le fiége du gouvernement.
néceffàirement --- Page 79 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 57 :
Nomb. des Sucreries,
LEURS. PRODUITS.
blare,
bruti
I Sucrerie aux Gonaives,
affez mal montée, .
- Iso mi
19 Al'Artibonite, bien établies, dont 9 en blanc
à 250 milliers, .
2,250 m.
Io en brutà 300 mil. .
e 3,000.
18 Aux Vazes, Arcahayes
& Boucaffin, dont 3
enblang.deuxiycom.
& une à 400 milliers, I, 000,
15 en brut, à 300 m. . . -
4, 500:
80 Au Cul - de - fac, Les
Varreux, & dépendances du Port-auPrince, dont 39 en
blanc & 41 en brut,
évaluées
le détail
au produit ftodac de... 9,384.
17, 730,
I Au Grand-Goâve, :
200.
49 A Léogane, dont I en
blanc & les autres
en brut. . .
- 234. - 13, 939.
13 Au Petit-Goâve & Miragouanc, dont3 en bl. . 666...
2,7 784.
7 Au Fond des Negres &
au Fond des Blancs,
dont 3 en blanc .
. 700.
6s0.
7 A Nipes, Petit-Trou&
les Baradaires.
I, 500.
2 A la Grande Anfe, mal
établies & infertiles .
I5o.
197 Sucreries, dans la partie
de T'Oueft, ont fait
en 1767.
14, 234 m. . 44, 504 m.
Goâve & Miragouanc, dont3 en bl. . 666...
2,7 784.
7 Au Fond des Negres &
au Fond des Blancs,
dont 3 en blanc .
. 700.
6s0.
7 A Nipes, Petit-Trou&
les Baradaires.
I, 500.
2 A la Grande Anfe, mal
établies & infertiles .
I5o.
197 Sucreries, dans la partie
de T'Oueft, ont fait
en 1767.
14, 234 m. . 44, 504 m. --- Page 80 ---
58 Co NS ID É R A
TIO N S
Sucreries de la partie du
Sud, toutes
fufceptibles d'une grande
augmentation.
Cette partie s'étend
depuis le
jufqu'à la pointe de la
Cap-Tiburon,
licues de côtes
Béate, ce qui fait 50
plus- ou moins refferrées par les
montagnes, c'eft le plus beaur
& fi la culure
canton de T'Ie,
plus haut
n'y a pas encore été portée à fon
dégré, c'eft que la
Saint-Louis en a retardé les
Compagnie de
progrès. (r)
(I) On eft redevable aux
aux Hollandais de
Anglais de la Jamaique &c
Curaçao, de
mens de la Partie dus Sud ; la prefque tous les établiffe
avait portéla
Compagnie
Ie
défolation;
deSaint-Louizy
trouvait que des avances à faire commerce &
de France, quin'y
abandonnédepuis
rien à recueillir, l'avait
les
17zojufqu'en 1740; dans cet intervalle
Etrangers y' porterent les chofes
gue le commerce de France vit
néceffaires; mais fitôt
tirer, fes députés firent des qu'il y avait des revenus à
on les crut. La P. était alors repréfentations véhémentes;
des ordres, en vertu
Intendant, on lui fit paffer
fauteurs du commerce defquels on arrêta D. T., C.& P.
rement.que. s'ils-n'avaient étranger, & on les punit auffi duColonic & mêmc du
pas été les bienfaiteurs dela
n'aurait point trouvé commerce. de
national, qui, fans eux,
condamnés aux
revenus à exporter; ils furent
Prendre leur Galeres, mais enfuite on fe contenta de
fortune, & on leur fit grace. --- Page 81 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 59
I Sucrerie aux Anfes, Canton des Anglais, fur
laquelle il y a trois cents Negres, qui produit . .
.
. . 400 m.
70 Dans la plaine du fond de l'Ifleà Vache,
dont IO en rafinerie, roulant tantôt
en blanc, tantôt en brut, felon les
circonftances, 6; Sucreries en brut,
à 300 milliers. -
. 19,500
5 en blanc, à 300 m..1 I,5oo m,
IO A Cavaillon, dont 2
à Ia baie des Flamands.
. 3, 000
2 A Saint- -] Louis .
I A Acquin . 0
. 300
84 Sucreries dans la partie
du Sud, ont produit,
en 1767 . -
J,soom. - . 23, 800 m.
RÉCAPITULATIO N
Des Sucreries & de leur produit en 2767.
Sucre blanc.
Sucre brut.
263 Dans la partie du
Nord, font . - . 40, 378 m.. . . 12, 925 m.
197 Dans la partie de
l'Oueft, font. . . 14, 234
- 44, 503
84 Dans la partie. du
Sud, font . o
I, soo
23,300
544 Sucreries ont produit 56, II2 m. . : 80, 728 m.
qui répondent à I09, 931 milliers de Sucre
terré, ou 175, 896 milliers de Sucre brut, blanc ,
& brut 336, 840 milliers.
378 m.. . . 12, 925 m.
197 Dans la partie de
l'Oueft, font. . . 14, 234
- 44, 503
84 Dans la partie. du
Sud, font . o
I, soo
23,300
544 Sucreries ont produit 56, II2 m. . : 80, 728 m.
qui répondent à I09, 931 milliers de Sucre
terré, ou 175, 896 milliers de Sucre brut, blanc ,
& brut 336, 840 milliers. --- Page 82 ---
60 Co - N S I D F R A T I O N S
OBSERVATIO N.
En Mars 1764; l'affemblée des deux
ayant fait le: relevé des droits de fortie Confeils
en 1753, trouva: que
du
payés
ayant monté . cêtte Texportation
ficre brut,
année à 67657
créoles, pefant beaucoup
bariques
dans le plan deplus d'un millier ; &
répartition dreffé pour l'impofition des quatre millions , elle eftima
tation fiture' a. 85,600
l'expord'un millier chacune
millicrs, ou bariques
affemblée
; mais les membres de cette
ne firent pas attention que depuis
beaucoup de fucreries qui roulaient
1753,
avaient été établies en
en brut,
la quantité du fucre
blanc, ce qui diminuait
brut, & rendait f'eflimation
trop forte; ; comme il eft évident, puifque
Térabliffement d'environ
malgré
la publication de la quarante ficrerics depuis
eftimation
paix, jufqu'en 1767, notre
ne va qu'a 80,728 milliers de
brut. Ils fe tromperent de méme fur la fucre
du ficre blanc, gu'tl- ne.
quantité
haut; ; ils ne l'évaluerent porterent point affez
d'un
qu'a 35 mille barriques
millier'; mais à la fin. de
exporté du Cap feulement 1764, on avait
fucre terré, ,&c nous
35,111,332 liv. de
avons eftimé jufte en difant
qu'en 1767,i1 en eft forti 56,112 milliers. --- Page 83 ---
SUR LA COLONIE DE S.1 DOMINGUE. 6E
I N D IG.O.
La méme affemblée reconnut que la quantité de
1,690,545 liv. d'indigo déclaice en 1753, était
au-deffous de la quantité recueillie en 1763; elle
évalua la récolte annuelle à 1,880 milliers, fans
y comprendre l'indigo qui n'eft pas déclaré &
qui eft enlevé par les Anglais; mais cette culure A
a diminué à mefuré que les terrés' fc font ufées;
les manufactures ont été converties en fucreries,
cafeyeres & cotonneries; il s'en. eft établi fort
peu de nouvelles, & les anciennes qui ont été
confervées, n'ont pas augmenté leurs forces. Nous
eftimons qu'il s'eft fabriqué en 1767; 2,000
milliers d'indigo, dont environ 500 milliers ont
paffé dans les Colonies étrangeres.
. C 0 T 0 N:
Cette affemblée penfait, on ne fait trop pourquoi, que la culture du coton ne ferait jamais
confidérable dans la Colonie ; l'événcment a
montré fon erreur avant la guerre (en 1753),
on n'en avait déclaré que 1,393,646 livres, on
partit de-là pour cn évaluer l'exportation future
à 1500 milliers 5. mais en 1764, on commença
à planter beaucoup de cotonniers à P'Artibointe,
& cette culture s'eft toujours accrue depuis.
On a reçueilli. en 1767, dans la dépendance
érable dans la Colonie ; l'événcment a
montré fon erreur avant la guerre (en 1753),
on n'en avait déclaré que 1,393,646 livres, on
partit de-là pour cn évaluer l'exportation future
à 1500 milliers 5. mais en 1764, on commença
à planter beaucoup de cotonniers à P'Artibointe,
& cette culture s'eft toujours accrue depuis.
On a reçueilli. en 1767, dans la dépendance --- Page 84 ---
62 C O N S ID E R A T I O N S
en Coton.
I, 500 m.
de Saint-Marc,
Au Cul-de-fac.
Au Mirbalais.
Au Petit & Grand Goâve. .
A Léogane. Trou & à Nipes. .
: 1OO
Au Petit
les Abricots &
A la Grande Anfe,
IOO
la Seringue.
& dépendances. .
e 300
Jaqmel
les Anfes & Labacon . . 200
Cap Tiburon, de TIle à Vache & S. Louis. IOO
Montagne
IOO
Côtes de Fer & Acquin. .
2, 550 m.
de cotoneries dans la partie
Il n'y avait point
lon a
mais ceft all Cap que
du Nord en 1767;
partie des récoltes
toujours vendu la plus grande
& aux Gonaives. (:)
faites à r'Artibointe
C A C. A O.
malheureufes aient
Quoique des expériences
fe
le climat de Saint-Domingue
démontré que
les habitans
refufe à la culture des Cacoyers, les profits
de la grande Anfe, encouragés par
étoit forti 545 milliers par le Port
(*) En 1764, il en
eft forti 627, 288 liv.
du Ca2; & en 1767,1 il en --- Page 85 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 63
immenfes qu'on en peut retirer quand la culture
réuffit pleinement, ont planté des
a
milieu des bois. On eftime
cacoyers au
qu'ilsrecueillent tous les
ans I5O milliers de cacao, qui font vendus au Portau-Prince. Le refte du cacao que l'on
exporter , vient d'un petit commerce
peut
Marchands de la Colonie font
que les
avec quelques
Efpagnols de Carthagéne & de Sainte-Marthe
commerce qu'il ferait poffible d'aggrandir.
;
(:)
C A F É.
L'aflemblée de 1764 obfervant
il n'était forti de la Colonie
qu'en 1755
de café, eftima
que 6,941,258 liv.
que l'exportation de cette denrée
n'excéderait pas 7 millions ; mais dès la fin de
la même année, il était forti du
9,480 milliers de
Cap feulement
recueilli
café; en 1767 on en a
15600 milliers.
Efimation de la quantitéde
dans Za
Negres, gui étais
Cahsiesgeirlenunigoh
En 1759, tems de guerre, le total des Negres du reffort du Confeil du
était, par le recenfement
Port-au-Prince, . 2
général, de
Negres; ; il en a été introduit un
104,839
petit nombre,
(1) Tous les Cacoyers de la Colonie
1715, leur culture avait été introduite périrent en
d'Ogeron. En général le Pays eft à préfent en 1665 décou- par
vert pour cette forte de plantation, qui exige trop
de fraicheur & un grand abri,
beaucoup
ffort du Confeil du
était, par le recenfement
Port-au-Prince, . 2
général, de
Negres; ; il en a été introduit un
104,839
petit nombre,
(1) Tous les Cacoyers de la Colonie
1715, leur culture avait été introduite périrent en
d'Ogeron. En général le Pays eft à préfent en 1665 décou- par
vert pour cette forte de plantation, qui exige trop
de fraicheur & un grand abri,
beaucoup --- Page 86 ---
64 Co N S.I D É R A T I 0 N S
par les Armateurs & Corfaipendant la guerre 3
grand
& un nombre beaucoup plns
res Français,
interlope : non - feulement ce
par le commerce les
furvenues par la
commerce a réparé
pertes
mais
mortalité pendant la durée de la guerre,
encore il a produit une angmentation, puifque était
lej recenfement du même reffort, en 1763,
noirs
: 108,539
de. :
s'eft.
fi
La population ne
pas
bien foutenue dans la dépendance
du Cap, où le poifon a fait des
ravages ; le recenfement de cette
dépendance, en 1763,ne montait
- 98,000
qu'a.
Total des Negres portés fur les
recenfemens de la Colonie en
noirs
: 206,539
1763.
Ce calcul eft d'accord avec
celui fait par l'affembléc de 1764;
elle eftima à 200mille, le total des
Negres de la Colonie.
En 1764, 36 navires venant
côtes d'Afrique, ont apporté 10,945Negres
des
1O,153
En 1764, 34 autres .
En 1766, 47 autres :
13,860
En 1767, 50 autres :
15,279
256,776 Negres
La --- Page 87 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 6$
La paix avait donc procuré à la Colonie
en
1767, un accroiffement de 52237. Negres, fans
y comprendre ceux que la contrebande, qui était
beaucoup tolerée dans ces premiers tems avait
introduits, & qui avec les renaiffances, doivent s
avoir à-peu-près balancé la mortalité, dans le
court efpace de trois années.
RECAPITULATION
Des revenus de la Colonie en 2767 (I).
Sucreblanc outerré. . 56,712 m. a 48 liv. le quint.
Sucre brut .
80,728 à.24
26,933,7601:
Indigo.
I,500 à 6 la liv. 19,304,620
Coton :
2,550 a170 le quint. 9,000,000
Café.
15,600 à 95 16 C la 1. 4,335,000
Cacao :
150. à 2> I6
12;480,000
Cuirs en poil
14 bann. à
120,000
Cuirs tannés.
32 côtés, à 181.chaq. roliv.
252,000
Caret. - 4 àIo livres .
320,000
Syrop ou.Melaffe
50 bariques, à 3oliv.
40,000
Tafia.
IO bariques, à 7oliv. I,f0o,000
Bois d'Acajon, Campêche & Gayac, pour.
700;000
14,620
75,000,000 1,
(1) La maffe des produ@ions
fuivant les déclarations des
enregiftrées en 1767, 9
dre
dans
chargeurs, eft un peu moinde que
cette récapitulation; cette différence vient
l'excédent des poids déclarés, & des
faits
fous voile.
chargemens
Tome Z.
E
,f0o,000
Bois d'Acajon, Campêche & Gayac, pour.
700;000
14,620
75,000,000 1,
(1) La maffe des produ@ions
fuivant les déclarations des
enregiftrées en 1767, 9
dre
dans
chargeurs, eft un peu moinde que
cette récapitulation; cette différence vient
l'excédent des poids déclarés, & des
faits
fous voile.
chargemens
Tome Z.
E --- Page 88 ---
C O N S I D E R A TIO N S
de
V O L U M E des denrées exporiées
Preuve par
S.
en 2767.
F'exportaciou.
Domingue,
Tonnage,
ont fait $6,112 m. fucre terré, décharge ou
344Sucreries
80,728 fucre brut. encombrement:
&.
milliers ou . . 68,48oton;
Total, blanc & brut136,840
le millier eftimé pour
1,500 m. d'indigo,
1,500
un tonneau . -
milliers de café, le millier au
15,500
. 15,600
tonneau . e
milliers de coton, 700 livres au
2,550 tonneau. . - e
. 3,643
bannettes de cuirs en poil, à 5o12
14 m.
& 1000 au tonneau .
chaque, côtés de cuirs tannés, â Io 1. &
32 m. I00O au tonneau. e e e
o
Bois d'Acajou, Gayac, Campêche
& Caret. o
90,700 tons
-
tranfporter ce volume avec 400 navires
On peut
chacun; mais comme tous les
de 227 tonneaux de cette jauge, on peut fup
navires ne font pas
chacun, 1OO
1OO navires de 1SO tonneaux
pofer
de
1OO de 300 : 400 porde)? 200, 10O 258,
teront 90,700 tonneaux.
Medium, 227 tonneaux: --- Page 89 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
ÉTAT des Navires chargls dans la Colonie,
en 2767.
Dss MERS
Au Fort Dauphin,
d'Europe, d'Amérique;
Au Cap :
2,
Au Port de Paix,
26.
A Saint-Marc. -
2.
Au Port au Prince &
20,
Aux Cayes S. Louis & Léogane : - 116.
19.
Jacmel .
49.
23.
D'Europe 384. d'Am. 68.
Dans le nombre de 384 Navires
d'Europe, il y avoit 50 Négriers.
PROGRESSION de la Colonie,
ju/gu'en 1774.
TleflvenudGuinée,
274 navires négriers, qui ont
dasustrjuftear4
apporté 79 mille Negres, ce qui fait par chaque année 13 mille
ou environ. .
Negres
La mortalité fur les
79;000 Negres,
Negres
tranfplantés a été au tiers, parce
que les érrangers ayant eu conftamment lat préférence de lat traite,
on aintroduit beaucoupde Negres
de rebut ; la fraicheur des mon79,000 Negres,
L
4.
TleflvenudGuinée,
274 navires négriers, qui ont
dasustrjuftear4
apporté 79 mille Negres, ce qui fait par chaque année 13 mille
ou environ. .
Negres
La mortalité fur les
79;000 Negres,
Negres
tranfplantés a été au tiers, parce
que les érrangers ayant eu conftamment lat préférence de lat traite,
on aintroduit beaucoupde Negres
de rebut ; la fraicheur des mon79,000 Negres,
L --- Page 90 ---
88 C 0 N S I D ÉR A T 1 IO N S
De Pautre part. : . 79,000 Negres:
: d'ailleurs contribué à
tagnes a
& il eft à
leur deftrudion,
remarquer que trois cinquiemes
des Negres nouveaux, > depuis
ont été employés à. la
culture 1767, du café, I qui ne réuffit
dans.les mornes & dans les
que
les plus humides ; il faut
terreins
-
26,333 Negres.
donc déduire.
Refte.
$2,667 Negres.
quil faut ajouter à la quantité
de 256 mille, qui était dans la
Colonic en 1767, ci. e
. 256,000 Negres.
308,667 Negres.
La population des efclavesdans
la Colonie , a été jufqu'à préfent
très-faible , 8c les rénaiffances
été
doublées par les
ont
prefque
nouveaux,
mortalités:les Negres
font d'ailleurs fort peu d'enfans
années de leur
dans les premieres le
; il ne faut
arrivée dans pays
- fur
Snceneetg
annuelle d'un Negre
30,
508.667 Negres. --- Page 91 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 69
Ci-contre. . . . 308,667 Negres,
ce qui fait 10288. Rénaifances
pendant 6 ans.
61,728
La vie laborieufe des Negres 370,395 Negres.
n'étant que de 15 ans, il périt
tous les ans à-peu-près un quinzieme de la quantité générale; il
faut donc ôter de la maffe fix
fois le quinzieme de 256 mille
Negres qui exiftaient en 1767.. 102,396
267,999 Negres:
L'introdudtion des Negres de
contrebande, quoique toujours
obftaclée de la part du gouvernement, peut être juftement évaluée par chacune des fix années
quife fontécouléesdepuis SI767,
à 4000 têtes de Negres ; pour
fix ans.
24,000 Negres.
Total des Negres qui étaient
dans la Colonie à la fin de l'année
1773291,999 Negres.
Il y a donc eu une augmentation réelle de
près de, 40 mille Negres en fix ans; les trois
E iij
de
contrebande, quoique toujours
obftaclée de la part du gouvernement, peut être juftement évaluée par chacune des fix années
quife fontécouléesdepuis SI767,
à 4000 têtes de Negres ; pour
fix ans.
24,000 Negres.
Total des Negres qui étaient
dans la Colonie à la fin de l'année
1773291,999 Negres.
Il y a donc eu une augmentation réelle de
près de, 40 mille Negres en fix ans; les trois
E iij --- Page 92 ---
C O N S I D É R A T I 0 N S
ont été employés a
einquiemes de cette quantité
la culture du café, & l'on a établi depuis 1767,
infinité de cafeyeres; elles ont coûté la vie
une
de Negres nouvellement pris en
à beaucoup
été livrés
à de rudes
Guinée, qui ont
trop-tôt
brouiltravaux dans des montagnes couvertes de
Jards, où ils ne pouvaient trouver qu'un climat
ennemi, & fouvent point de vivres convenables.
C'eft ce qui a rendu l'accroiffement du nombre
biens moins fenfible, qu'il ne l'avait
des Negres
1767. On peut donc
été depuis la paix jufqu'en
récoltes de café
affurer que malgré les grandes
faites depuis 1767 jufqu'en 1772, les progrès
culture n'ont point été avantageux à la
de cette
Colonie.
les nouveaux établiffemens en café
Erat desre- A préfent
de
venus de la font nuls, quant à la progreffion des revenus
Colonic,
tous manquent de
gn 1774 la Colonie ; car, outre que
forces & commencent à être fort mal entretenus,
produififfent le double, pour
il faudrait qu'ils
retiré du café
égaler le prix que la Colonie a
à
: on eflime la récolte de 1774
en 1767
mais à peine pourrait - on
29,700 milliers, denrée à 8 fols la livre dans une
évaluer cette
eftimation générale.
nombre de Cafeyeres
On 'a converti nn grand
mais dans le
& en cotonneries ;
en indigoteries --- Page 93 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
principe de ce changement 2 on ne peut pas
encore apprécier les produits.
On eflime qu'il s'eft recueilli en 1774, deux
millions trois cents cinquante milliers
dont il faut déduire
d'indigo,
été enlevés
cinq cents milliers qui ont
par les étrangers.
La récolte du coton eft portée à
Ila été fait depuis 1767jufqu'en
3,500,000,
1774,466tablffemens en fucrerie, 2 dont 25 dans la bande du e
Sud, 14 dans la partie de l'Oueft, & 7 dans la
dépendance du Cap, dont deux au
Cette augmentation dans la fabrication Port-de-paix. du
s'eft faite en grande partie
le
fucre,
culture, & l'on
par changement de
y a employé affez peu de
nouveaux. Plufieurs des fucreries
Negres
qui étaient, en
1767, entre les mains d'un feul
ont éprouvé depuis des partages fictifs Propriétaire,
entre fes héritiers, &
ou réels
quoiqu'il n'en foit réfulté
aucun changement dans les
terons dans la Colonie produits, nous compeftime avoir
6s0 fucreries 3 qu'on
de fucre
produir 59 millions cent milliers
blanc, &c 88 millions 408 milliers de
fucre brut.
E iv
ucreries
Negres
qui étaient, en
1767, entre les mains d'un feul
ont éprouvé depuis des partages fictifs Propriétaire,
entre fes héritiers, &
ou réels
quoiqu'il n'en foit réfulté
aucun changement dans les
terons dans la Colonie produits, nous compeftime avoir
6s0 fucreries 3 qu'on
de fucre
produir 59 millions cent milliers
blanc, &c 88 millions 408 milliers de
fucre brut.
E iv --- Page 94 ---
72 Co NS I D E R A. T
I O N S
EAt
des revenus.
N
RECAPITULATIO:
Des revenus en 2774.
Sucre blancouterré..
Sucre brut.
59,100 m. à 48liv.le quint. 28,368,000 h
88,408 à
Indigo. e
1,850
24 le quints 21,217,320
Coton .
à 6 la liv. : . 11,100,000
Caté, e
3,500 à 170 le quint. 5,950,000
Cacao. a
29,700 à >2 81 f la 1. 11,880,000
Cuirs en
I5o à 59 I6
poil .
14 bann. à 18 f lal. 120,000
Cuirs tannés .
à chaq. 252,000
Caret - .
côtés, IO liyres. 320,000
Syrop ou Melafle.
S à IO livres. .
50,000
Tafia .
58 Bariques,; 33 liv.
IO bariques, à 72 liv. 1,914,000
720,000
.
Audogesnicoartin
pour.
19,680
TOTAL 82,000,000 L.
-
RÉCAPITUIATION
Des forces employées
pour faire ce revenu.
TERRES, BATIMENS ET
PLANTATIONS.
6go Sucreries, tant en fucre blanc
eftimées,
qu'en fucre brut,
terres; plantations &
mille livres chacune..
batimens, .180
Ifoo Cafeyeres, eftimées,
. 117,000 m,
terfes &
bàtimens,
livres
chaque . .
600 Indigoterics, eftimées
30,000
30000 liv. chaq.
400 Cotonneries, eftimées
18,000
30000 chaque. 12,000
Etabliffemens en cacao, Guildiveries,
Rafincries &
Entrepôts .
7,000
315o Habitations en grande culture, eftimées
178,000 m. --- Page 95 ---
I 1
MIMOA TUIAR
environ IOO bateaux qui iont cnarges pruneus
fois par an dans la Colonie, pour la Jamaique,
la Nouvelle Angleterre, la Cête d'Efpagne, &
Curaçao; & la Métropole a fouvent reffenti de
bons effets de ce commerce Amériquain, --- Page 96 ---
35 >
Tome I. page 73. uo
E.T A T
DES IMPÔTS DE LA COLONIE DE SAINT DOMINGUE,
DES REVENUS ET
en 2776. I M P 6 T. ENCONBREME: NT. P R I X. liv. P O I D S. liv. à sol.le quintal. 30,000,000 paye 361.par millier . . :,160,000. SUCRE BLANC. 60,000 milliers, allant pour :
3o,000tomneaux,"
: r81. millier.. 1,620,000. m.. . . pour. . 45,0003. 2; 1.le quintal. 11,500,000
parr
SUCRE BRUT.
T. ENCONBREME: NT. P R I X. liv. P O I D S. liv. à sol.le quintal. 30,000,000 paye 361.par millier . . :,160,000. SUCRE BLANC. 60,000 milliers, allant pour :
3o,000tomneaux,"
: r81. millier.. 1,620,000. m.. . . pour. . 45,0003. 2; 1.le quintal. 11,500,000
parr
SUCRE BRUT. 90,000
1,800à. 71. rof,la livre.t3,500,000
sof.parlivre. 900,000. INDIGO.. 1,800 m.. pour. 5,o00à. zool,le quintal : . 7,000,000 :
:f.6d. parl livre.. 411,500. COTON. 3,500 m. pour. .8 f.la livre. : 12,800,000 : 181.parr millier : . $76,000. CAFÉ. 31,000 m. pour :
32,000a. 16f.lalivre.. 120,000 n'eft point taxé . CACAO. Ijo m. pour. 15oà
210,000. :
28,000à. 661.lel boucaut. . 1,848,000
7f.1od. parbouct.. SYRO,18,09 boucauts, pt.. 16,000 m. pour. 4,000à. 72 l.lal barrique : : 720,000
61. par barrique . . . 60,000. Taria,16amsbarimes pt.. . 1,000 m.. pour :
181.lab bannette : . 252,000
1. par bannette . 28,000 :
a CUIRS EN roIL,lam.bam.p.. 750 m. pour . 75oà. côté,. . 11. par côté. : . 3:,000. : (O) A
a
320 m. :
3agà. 1ol.le
310,000
O) Coesrasafipe.dr
pour. à. Tol. la livre. 50,000 . ne payent rien -
CARET. 5 m.. pour . 40,000 ne payent rien
3 GAYAC, Acajou & Campèche . 1,500 m. pour. :
. 1,500 eftimés. 147,525 tonneaux. : PRIX. 89,150,000 IMPOT. 5.993,4001. PoIDS. * 246,525 milliers. ENCOMBREMENT
5,998,500
Valeur commune de toutes les denrées, à l'inftant de leur fortie :
95,148,5001. Confeils
Port-au-Prince en Avril
pour la répartition de T'Impôt, 7 n'ont eftimé le produit de cct Impôt,
LES Commiflaires des deux
affemblés au
1776, livres, fans comprendre lc cadaftre; ce
une différence de
qu'à 5,310 mille livres, y compris lc cadaftre, aut lieu que nous l'évaluons à 5,998,500
quifait
près du neuvieme 1 entre leur calcul & le nôtre. de calculer l'état aétuel de la Colonie & de fes produétions 3 fe font dirigés
La raifon de cette différence eft que Meffieurs les Commiffaires, all lieu
ans une telle fomme,
d'Oétrois
TIntendant Icur a fourni ; & ils ont dit, l'Impôt a produit en cinq
qui
fur un rclcvé dcs déclarations
faites depuis 1770, que
telles
l'Impôt
cette année & les fuivantes 3
donne par chaque annéc tant, donc en faifant tels changemens dans la répartition,
augmentations,
produira
5,310 mille livres; il eft très-évident que cettc maniere de calculer n'eft point bonne.
rois
TIntendant Icur a fourni ; & ils ont dit, l'Impôt a produit en cinq
qui
fur un rclcvé dcs déclarations
faites depuis 1770, que
telles
l'Impôt
cette année & les fuivantes 3
donne par chaque annéc tant, donc en faifant tels changemens dans la répartition,
augmentations,
produira
5,310 mille livres; il eft très-évident que cettc maniere de calculer n'eft point bonne. l'étaient
déclarations faites
des
infidéles 2°. les revenus de la Çolonic ) font plus confidérables qu'ils ne
e
1". Lcs
aux Receveurs des Odtrois, font guides
; en 1770; & commeily a licu d'efpérer qu'ils s'accroitront encorc , il y a une furcharge très-forte dans la répartition.
A A
( --- Page 97 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
Ci-contre .
e 178,000 m,
NEGRES ET ANIMAUX.
Il faut déduire furlaquantité de 292 mille
Negres, trente mille Negres ouvriers & do-
& meftiques, employés dans les Villes, Bourgs
Embarcadaires, Cabroueticrs > Cano-
& teurs, &c.1 Iircllea62 mille Negres, anciens
6000 nouvezux, Mules& , grands & petits, à Isool. . 375,000 m,
Mulets,a 500 1.l'un d.l'autre.
4000 Chevaux, a300 livres : -
3,000
9000 Bétes à cornes, employécs àl l'exploita- 1,200
tion, à 120 livres .
1,080,
Total des forces employées à la culture,
Dont le huitieme eft. : .
558,280 om,
69,785m,
Ainfi les revenus de la Colonie excedent de
plus de IO millions, le huitieme des fonds
ployés à Ies produire ; & la médiocrité des emque nous avons portés, affure que dans prix
les circonftances
toutes
(hors celle de la
la
Colonie ne fera
guerre),
pas un moindre revenu.
Voilà ce qui fournit à Texportation annuelle
de plus de 450 navires des villes Maritimes
de
France, & à un cabotage très-étendu;
jufqu'a IOO bâtimens réunis
on a vu
dans la rade. du Môle
pour le commerce du bois & du
quantité de bâtimens
fyrop ; une
Français & étrangers traitent fecretement le long des côtes; enfin il
environ IOO bateaux qui font
y a
chargés
fois par an dans la Colonie,
la plufieurs
la Nouvelle
pour Jamaique,
Angleterre, la Côte d'Empagne, &
"Curaçao; & la Métropole a fouvent reffenti de
bons effets de ce commerce Amériquain,
du Môle
pour le commerce du bois & du
quantité de bâtimens
fyrop ; une
Français & étrangers traitent fecretement le long des côtes; enfin il
environ IOO bateaux qui font
y a
chargés
fois par an dans la Colonie,
la plufieurs
la Nouvelle
pour Jamaique,
Angleterre, la Côte d'Empagne, &
"Curaçao; & la Métropole a fouvent reffenti de
bons effets de ce commerce Amériquain, --- Page 98 ---
Co N S I D 2 R AT IO N S
DESCRIPTIO N
Des Villes & Bourgs de la Colonie & de
leur fituation commergante.
PARTIE D U NOR D,
Qui comprend le reffort du Confeil Supérieut
du CapLa ville du Cap eft fituée au pied d' un morne:
ceft le lieu le plus à portée du mouillage, mais
on auroit pu bâtir la ville plus convenablement
demi-lieue plus loin, à T'Embarcadaire
à une
dans un terrein plus fpacieux
de la petite Anfe,
& plus commode ; la hauteur des montagnes
Pon ne puiffe reffentir au Cap, le
empêche que s'éleve dans la plaine ; la chaleur du
vent qui
la réverbération de ces
foleil y eft augmentée par
& l'air n'eft jamais rafraichi que par
montagnes, vient du côté de la mer. La richeffe
le vent qui
voifins, a porté cette
& la fertilité des quartiers
s'étoit
de
ne
point
ville à un degré
fplendeur qui
elle eft
encore vu dans les Colonies Françaifes; formés
divifée en 240 îlets de 12opieds chacun,
la plapart de maifons commodes & riantes;
pour
& en 1774, 893,
on en comptait en 1767, 840
en bois :
fans comprendre les cafes ou baraques
continue à bâtir ; le feul édifice public qui
on
deft la maifon du goufoit bâti réguliérement, --- Page 99 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
7$
vernement, autrefois des Jéfuites. Les Cafernes
fontgrandes, I mais
Paroifliale ne
Eapinemepapiensntane
faites
répond pas aux dépenfes qu'on a
pour l'élever : ily a deux places
celles de
publiques,
Notre-Dame, où fe trouve
&
celle de Clugny, oà fe tient le marché; l'Eglife, il
fontaine au milieu de chacune de
y a une
ces deux
on y trouve ordinairement de l'eau, mais elles places;
d'une architedture bizarre & ridicule, La
font
la Comédie eft une troifieme
place de
place nouvellement
faite; on y remarque une fontaine
cule encore que les deux
plus ridieft un bâtiment neuf &
autres. La prifon
confidérable. Les
de Providence, trop vantées dans
maifons
moderne ne font que des
un ouvrage
délité & de mauvaife
monumens d'infi.
être bien
adminiftration : elles devaient
utiles, mais leur inftitution était
belle pour être fuivie ; la main de
'trop
tout renverfé. Il ne refte
l'homme a
dans l'un on reçoit
que deux hôpitaux :
dians, & des Matelots gratuitement quelques menen payant; dans
un très-petit nombre d'orphelines
F'autre,
folles, dont on retire des
& des filles
attachés à ces deux
penfions. Les revenus
deux hofpices
maifons, devraient procurer
plus honorables & plus
Le Cap contient
fruétueux.
feul, autant d'habitans que toutes
(I)L'Hiftoire Politique &
du
des Européens, dans les deux Philofophique Indes.
Commerce
& des Matelots gratuitement quelques menen payant; dans
un très-petit nombre d'orphelines
F'autre,
folles, dont on retire des
& des filles
attachés à ces deux
penfions. Les revenus
deux hofpices
maifons, devraient procurer
plus honorables & plus
Le Cap contient
fruétueux.
feul, autant d'habitans que toutes
(I)L'Hiftoire Politique &
du
des Européens, dans les deux Philofophique Indes.
Commerce --- Page 100 ---
76 C 0 N S I D É R A TIO
N S
les autres villes de la Colonie : on
le nombre à IO mille
peut en porter
prendre les
perfonnes libres, fans comnavigateurs, les foldats,
fans aveu & trente mille efclaves. 3 les gens
Le Fort Dauphin', où
Royale, eft
ily. a une Jurifdiétion
de
une petite ville qui n'a
cent maifons, il y a
gueres plus
plaines
pourtant aux environs des
confidérables, mais tout le commerce fe
porte naturellement au Cap, qui eft le
des affaires.
centre
Le quartier du Port-de-paix eft
puis bien des années au
parvenu dedégré de culture & de
population, dont il était
efpéré dans
fufceptible ; on y avait
ces, derniers tems, un
.de valeur , par les
accroiffement
l'événement
plantations en café, mais
a détruit cet efpoir. La ville contient
environ 120 maifons.
La ville du Môle Saint-Nicolas,
Ja jurifdiction du
qui releve de
Port-de-Paix, eft riche &
-plée 5 le port eft très-fréquenté; Ies
peus'y raffemblent pour le commerce du bois étrangers & du
frop; on compte dans la ville 210 maifons
cafes, & OnI ne ceffe point de bâtir. La
ou
de ces maifons font de bois de
plupart
fadées de méme ; elles
pifpain, & palif
faites de la Nouvelle ont été apportées toutes
Angleterre. Les Allemands
établis à Bombardopolis, cultivent des
du coton, du café, & même un
vivres,
peu d'indigo 2
bois étrangers & du
frop; on compte dans la ville 210 maifons
cafes, & OnI ne ceffe point de bâtir. La
ou
de ces maifons font de bois de
plupart
fadées de méme ; elles
pifpain, & palif
faites de la Nouvelle ont été apportées toutes
Angleterre. Les Allemands
établis à Bombardopolis, cultivent des
du coton, du café, & même un
vivres,
peu d'indigo 2 --- Page 101 ---
SUR LA COLONIE DE : S. DOMINGUE.
qu'ils vendent au Môle ; ce nouvel établiffèment
qui dans les commencemens n'avait
ficcès, s'eft
point eu de
promptement accru.
Les autres Bourgs & Embarcadaires de la
partie du Nord, font de petite
peuvent comprendre trois
confidération; ils
cents cinquante feux.
PARTIE DE LOUEST
Le Port-au-Prince, ville capitale, établie
1750, n'a dû fon érabliffenient
en
avantageufe qu'on, avait
qu'à l'idée trop
Maritime
conçu: de fa fituation
; deuxp ports formésàl'entrée de la
du Culdefac, par une chaîne de petites
plaine
déterminé bientôt des hommes
ilcs, ont
dre, & peu capables de réflexion: jaloux d'entreprendeftiné
Le grand Port,
eft mal fain. principalement Les
pour les vaiféaux du Roi;
fur les ilots
inarais faumâtres qui fe forment
dont il eft enitouré , Tendent Tair
contagieux, & cette contagion fe
la ville ; les vaiffeaux y font
répand dans
à la' piquure des
plus fujets:o qu'ailleurs
infeét
vers. C'eft:c cependar ce
quia fixé fur fes bords le chefilien cloaque
plus belles Colonies du 'monde,
d'une des
fon
& le fiége de
gouvernement; le Port Marchand fe
tous les jours. Les.g gros vaiffeanx
comble
plus fansdanger, dans les
n'y entreraient
bâtie fur le tuf; les eaux baffes-marées'La ville-eft
montagnes y entretiennent qui deftendent des
beaucoup d'humidité,
C'eft:c cependar ce
quia fixé fur fes bords le chefilien cloaque
plus belles Colonies du 'monde,
d'une des
fon
& le fiége de
gouvernement; le Port Marchand fe
tous les jours. Les.g gros vaiffeanx
comble
plus fansdanger, dans les
n'y entreraient
bâtie fur le tuf; les eaux baffes-marées'La ville-eft
montagnes y entretiennent qui deftendent des
beaucoup d'humidité, --- Page 102 ---
78 Co N S I D E R A T I O N S
& quand les torrens, formés par les avalaffes i
libre dans tous les quartiers,
laiffent un paffage
fur le
rend la chaleur
la réflexion du foleil
tuf,
infupportable ; mais le plus grand de tous les
défagrémens, c'eft qu'on y trouve fort peu d'eau
boire, & qu'il faut l'aller chercher trèspour
en
550 maifons enloin. On y comptait 9
1767,
tourées de galeries, difperfécs dans vingt-neufrues
& bordées d'arbres, qui attiraient dans
très-larges
fortes d'infeétes. Le trembleles maifons toutes
des
ment de terre de 1770, a renverfé une partie
arbres plantés fi mal à propos ; les rues ont été
dans leur étonnante largeur, & les
continuées écroulées ont été remplacées par 650 cafes
maifons
affez commodément & trèsde bois, pour Ia plipart
foldement bâties.
fituée : les
Léogane eft une ville heureufement
font bien diftribuées, & n'ont ni la largeur
rues
ni la diexceffive de celles du Port-an-Prince,
refferrée de celles du Cap. On y
menfion trop.
elles étaient prefque toutes
trouve 350 maifons;
été renverfées
conftruites en pierre, mais ayant rebâties en
elles ont été auffi-tôt
en 1770, ville eft à une demi i- lieue de la
bois. Cette
à fon plus
mer, dans une plaine fertile, portée
un
d'établiffement, & arrofée par
haut degré
rivieres; comme le dé
grand nombre de petites
les pari
ftichement de cette plaine eft ancien,
étaient prefque toutes
trouve 350 maifons;
été renverfées
conftruites en pierre, mais ayant rebâties en
elles ont été auffi-tôt
en 1770, ville eft à une demi i- lieue de la
bois. Cette
à fon plus
mer, dans une plaine fertile, portée
un
d'établiffement, & arrofée par
haut degré
rivieres; comme le dé
grand nombre de petites
les pari
ftichement de cette plaine eft ancien, --- Page 103 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
tages de famille, en
en ont réduit
mulipliant les habitations,
Iifaudrait, pluficurs à une trop petire étendue,
pour faciliter le commercede
ouvrir un canal depuis la ville
Léogane,
Ce qui deviendrait facile
jufqu'à la mer.
la grande riviere de
en y portant le lit de
des habitations
ce quartier, & les égouts
La ville de qui en detournent les eaux.
plaine
Saint-Marc, qui eft à l'entrée de la
de,lArtibonite, confifte en
entre lefquelles on ne
250 maifons,
fice public, quel la falle remarque de la. aucun autre édibitans de ce quartier font Comédie. Les hagenre de fpeétacle ; mais les paflionnés pour ce
rivieres qui- furviennent
débordemens des
privent dans le
tons les hivers, les en
tems où ils
le plus agréablement. La
pourraient en jouir
riche &
ville, 3 quoique petite eft,
commerçante; c'eft-là
en grande partie les récoltes
que font portées
ribonire; ; ces récoltes,
de la plaine de l'Ar
déjà confidérables,
immenfes, fi on parvenait à
feraient
avec les eaux de la riviere arrofer la plaine
nom. Plufieus
dont elle prend le
Entrepreneurs fe
ont démontré la poffibilité
font propofés &
du
rement Monfieur
fuccès, particulie.
-approuvés
Courregeoles, dont les
par T'Académie des
plans
Tapplaudifement & : la
Sciences, méritent
vérnement & de lai Colonie réconnaiffance : du Gouencore des habitans qui
: cependant il y a
fuppofene que l'exécution
. Plufieus
dont elle prend le
Entrepreneurs fe
ont démontré la poffibilité
font propofés &
du
rement Monfieur
fuccès, particulie.
-approuvés
Courregeoles, dont les
par T'Académie des
plans
Tapplaudifement & : la
Sciences, méritent
vérnement & de lai Colonie réconnaiffance : du Gouencore des habitans qui
: cependant il y a
fuppofene que l'exécution --- Page 104 ---
80 CoN S I D E R A TION S
darigereux. L'Artibonite
de ce projet peut-être
pourrait, difenteft un fleuve impétueux, qui
fubils, malgré les digues les mieux établies,
au lieu de les rendre plus
merger les habitations,
elle-même
fécondes; cette entreprife exigeant par
de grandes avances & des dépenfes prodigieufes; fuccès.
fe
point affez affurés du
ils ne croyent
bourg mal
- Le petit Goàve n'eft plus qu'un
T'an
; On n'y voit' rien qui puiffe rappeller
peuplé
qu'il eut dans les premiers tems
cierine fplendeur
trouve qu'une centainé
de la Colonie : on n'y
de maifons affez mal entreténues. de Jérémic,
Anfe oul
: Le bourg de la grande T'air ett très-fain,
eft bâti fur un fol élevé, &
y recueillait
font bien cultivés ; on y
les environs
du cacao;
Haamtter d'indigo'; mais la
un peu de coton & fort peu lieu de croire que les
révolution du café donne bientôt de l'accroif :
autres cultures y prendront maifons dans ce bourg;
Temeit. On compte 120
comprennent
les autres bourgs & embarcadaires
environ 250 feux:
PARTIE t
DU: SUD.
de Jacmel eft fitué entre des monLe bourg
de grandes
tagnes qui ne font pas bien. fufceptibles & fa pofition
scultures; mais le Port eft bon,
très-propré à entretenir un commerce
de rend
avantageux --- Page 105 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE. 8r
avantageux avec les Hollandais de Curaçao : ce
commerce ferait principalement utile en cas de
guerre, parce qu'il fervirait à Taprovifionnement
de la partie de lOueft. La ville de Léogane,
eft éloignée que d'environ douze lieues, fervirait quin'en
d'entrepôr ; il ferait facile d'ouvrir un chemin de
communication entre Jacmel & cette ville,
toutes fortes de voitures; ; on ne compte à Jacmel ) pour
que 80 maifons.
La ville de Saint-Louis, fituée au fond de la
baye de ce nom, dans un terrein bas & envi
ronné de marais faumatres, couverts de mangliers,
eft un pofte très-important pour la guerre &
propre à l'armement des corfaires, mais une 3 ville
bien pauvre durant la paix; la Jurifdidion
eft établie y a fixé une centaine de blancs qui y
chands & ouvriers, & beaucoup de
marNegres &
Mulâtres libres. On y vit a peu de frais ; la
part des maifons font données pour rien à pit.
ceux
qui veulent bien les habiter & les entretenir, à la
charge de faire d'autres conditions avec les Propriétaires fi-tôt que la guerre furviendra. On
trouve encore foixante maifons, dont
y
tombent en ruine. Un territoire de
plufieurs
releve de la Jurifdiétion de
50 lieucs,
Saint-Louis; on a
propofé d'y créer un Confeil Supérieur, où l'on
porterait les appels des Jurifdidions de Jacmel &
de Jérémie, & de transférer la Jurifdiétion
Tome I.
aux
F
avec les Propriétaires fi-tôt que la guerre furviendra. On
trouve encore foixante maifons, dont
y
tombent en ruine. Un territoire de
plufieurs
releve de la Jurifdiétion de
50 lieucs,
Saint-Louis; on a
propofé d'y créer un Confeil Supérieur, où l'on
porterait les appels des Jurifdidions de Jacmel &
de Jérémie, & de transférer la Jurifdiétion
Tome I.
aux
F --- Page 106 ---
82 Co N S I D E R A T IO N 9
joindrait aux autres avanlCayes: cet établiffement cclui de conferver & d'agtages qu'il préfente 3
grandir la ville de Saint-Louis. bord de la mer;
Celle des Cayes seft fituée au
de la
du fond de PIfle à vache,
à T'iffue
plaine
la Colonie ; elle
la plus belle plaine de toute
forment
comprend quatre cents maifons, qui & des
féparés par des foffés
différens quartiers de la ville appellée la Savanne,
lagons ; la partie
rendra
renferme
que leur profondeur
en
plufieurs
des
difficiles à combler ; On y voit quelquefois fauCes amas d'eaux ftagnantes &
cayemans. (t)
ville mal-faine. Le Port des
matres rendent la
regnent les
Cayes n'eft point fûr pendant que
rade
pour ainfi dire, qu'une
grands vents ; cen'eft,
obligés de fe retirer
& les navires font
foraine, 2
dans la baye des Flamands,
à trois lieues de-la,
que fe
C'eft aux Cayes,
pendant les hivernages. récoltes de la partie du
portent prefque toutes les
foixante Commis ou Agents prinSud;onycompte
Faéteurs
de France; plufieurs
cipaux du commerce
réfident ordinairement,
du commerce étranger y
qui reffemble au Crocodile; fa
(1) Animal amphibie de huit à dix pieds, mais il
grandeur eft ordinairement il fe traîne fur la terre comme
y en a de prodigieux;
les chevaux, les chiens
le Lézard, il dévore les baufs,
& fuit devant les hommes,
foixante Commis ou Agents prinSud;onycompte
Faéteurs
de France; plufieurs
cipaux du commerce
réfident ordinairement,
du commerce étranger y
qui reffemble au Crocodile; fa
(1) Animal amphibie de huit à dix pieds, mais il
grandeur eft ordinairement il fe traîne fur la terre comme
y en a de prodigieux;
les chevaux, les chiens
le Lézard, il dévore les baufs,
& fuit devant les hommes, --- Page 107 ---
SURIA COLONIE DE S. DOMINGUE. 83
La plaine du fond, dont le voifinage fait la
profpérité de cette' ville, a fix lieues de long
fur cing de
large, ) le fol en eft très-uni & incliné
vers la mer; elle eft d'une grandefertilité, &
par-tout à la culture du fucre. Pour l'arrofer propre
a détourné le cours de la ravine du Sud, on &
on en a tiré des canaux particuliers à T'ufage de
chaque habitation; cette entreprife a pleinement
réuffi par les foins du fieur Davezac. Il ne
à cette plaine,
manque
3 pour furpaffer en richeffes celles
du Cap, que d'étre autant cultivée ; mais le
nombre des Efclaves n'y eft point aflez
grand :
on doits s'attacherà le multiplier, à proportion des
befoins de la culture; cependant fi on y tolérait
ouvertement l'introduction des Negres de traite
étrangere, le commerce de France ne
foutenir la concurrence
pouvant
s continucrait de
fes cargaifons dans les autres parties de porter l'Ife
d'un autre côté, fi l'on y profcrivait entiere- ;
ment cette introdudion furtive, CC ferait refufer
aux Colons des fecours précieux, & faire
le prix des Negres nouveaux à
monter
Il faut donc continuer
un taux exceffif.
à défendre, autant qu'il eft
poffible, l'introduétion des Negres
étrangers, afin
d'engager les Armateurs de France, à
préférablement leurs
2 y envoyer
point faire de recherches cargaifons, & pourtant ne
fur les acquifitions fura
tives que les habitans pourraient faire d'ailleurs.
F ij
des fecours précieux, & faire
le prix des Negres nouveaux à
monter
Il faut donc continuer
un taux exceffif.
à défendre, autant qu'il eft
poffible, l'introduétion des Negres
étrangers, afin
d'engager les Armateurs de France, à
préférablement leurs
2 y envoyer
point faire de recherches cargaifons, & pourtant ne
fur les acquifitions fura
tives que les habitans pourraient faire d'ailleurs.
F ij --- Page 108 ---
84 Co N S I D E R A TIO N S
& embarcadaires peuvent
Les autres bourgs
contenir 200 feux.
fe faifaient
Autrefois, dit -on, les fortunes
aifément à Saint-Domingue, le pays était
plus meilleur & plus riche : quelle erreur!
le
du Marquis de Fayet,
Sous
gouvernement fcule fucrerie qui fut portée
il n'y avait pas une
c'eft lui
à fon plus haut degré de produation ;
des terres,
le premier, a vu pratiquer T'arrofage
- qui,
auparavant dans la
qui était en ufage long-tems
Colonic de Surinam (1)-
Il eft vrai qu'il y avait en ce tems un plus
commerce avec les Efpagnols, il y avait
grand
mais la circulation alors établie dans
plus d'or;
à quelques particuliers >
le pays , avantageufe utile comme à préfent s
n'était pas généralement
2 avait ni talens, ni
à tous les Coloniftes; il n'y
entaffait l'or fur des tables pour
induftrie ; on
de hazard; on a été même,
le rifquer à des jeux
ériger en ferme
dans ces tems de ftupeur, jufqu'à
le privilége des jeux, & ennoblir en
royale
En 1735, les habitans de Léogane foufcrivirent,
(1)
pour détourner le cours de
au nombre de vingt-quatre, confidérable du quartier, & fe l'apJa riviere la plus
à T'ufage de leurs habitarionss
par des canaux
proprier voir au Port au Prince, , au greffo de TIntenon peur
Gondouin, Syndic de la
dance, le projet redigs par
foufcription.
, & ennoblir en
royale
En 1735, les habitans de Léogane foufcrivirent,
(1)
pour détourner le cours de
au nombre de vingt-quatre, confidérable du quartier, & fe l'apJa riviere la plus
à T'ufage de leurs habitarionss
par des canaux
proprier voir au Port au Prince, , au greffo de TIntenon peur
Gondouin, Syndic de la
dance, le projet redigs par
foufcription. --- Page 109 ---
SUR IA COLONIE DE S.DOMINGUE.
quelque forte une chofe pernicieufe &
8s
par toutes lcs loix.
défendue
A préfent il y a cent fois plus de revenus
tirés du fein de la terre, il a
d'induftric; je dis
yi cent fois plus
que tout habitant de la
dans quelque pofition qu'il fe
Colonie,
fois plus riche,
trouve, > eft cenc
cent fois plus heureux
ne
l'aurait été autrefois dans
qu'il
Étre
une pofition rélative.
riche, c'eft jouir : or, nous jouiflons de
richeffes cent fois plus
grandes, en Negres, en
machines, en plantations, en navires, dont
fort dépend de nos
le
manufaétures, en
en artiftes attachésà la Colonie, enluxe ouvriers,
& nous pourrions jouir
méme(s),
duit rien en foi, & les d'avantage. L'or ne pro*
terres de Saint-Domingue produifent immenfèment (2);
mais au lieu
(I) Je ne fais fi on peut
jouiffent quelques habitans appellechuse,faifance de la
dont
nature n'eft Point déguifée, l'art Colonie; chez eux la
der; abondance ou commodité ne fert qu'à la fecon-
(2) L'Auteur d'un livre
n'eft point luxe,
bre1775, intitulé:
imprimé au mois de DécemDomingue, croit Effaifur PHifoire Naturelle de Sainta
font
que les produétions de la
élevées, en 1775,
Colonie fe
livres de fucre brut, quatre-vinge-douze millions de
blanc, deux millions foixante-cing millions de fucre
de café, quatre millions d'indigo, de
quarante-huit millions
de fyrop.
coton & dix-huit millions
Cette cftimation hazardée eft
trop forte: l'Auteur n
F Lij
emDomingue, croit Effaifur PHifoire Naturelle de Sainta
font
que les produétions de la
élevées, en 1775,
Colonie fe
livres de fucre brut, quatre-vinge-douze millions de
blanc, deux millions foixante-cing millions de fucre
de café, quatre millions d'indigo, de
quarante-huit millions
de fyrop.
coton & dix-huit millions
Cette cftimation hazardée eft
trop forte: l'Auteur n
F Lij --- Page 110 ---
86 C O N S ID E R ATIO N S
notre ambition nous
de diffiper nos richeffes, fans ceffe fur la même
porte à les remployer
il
les a
jufqu'à ce qu'enfin
terre qui
produites,
reffouvenu que, dans les pages précédentes, il
s'eft pas
cents Navires d'Europe enleavait annoncé que quatre les denrées de la Colonie, &
vaient à-peu-près toutes Marchands, de tonnage ordinaire,
que cing cents Navires
la moitié des produéions
ne pourraient pas exporter
fans
qu'il fuppofe; cette maffe S 'éleverait,
y comprendre le cacao
lefyrop, le tafia, les cuirs, les bois de teinture,
milletonneauxde charge
& le caret, à cent trente-quatre
au moins
ou encombrement, & xpoittopontesit@audalits
Navires de deux cents cinquante
cinq cents quarante
également chargés.
tonneaux chacun, &les fuppofertous
la Colonie que quatre cents cinquante
Or, il nevientdans dont la jauge moyenne n'eft que de
Navires deFrance, à deux cents trente tonneaux. Sa
deux cents vinge-cing eft fur la quantité du café, dont il
plus grande erreur
fuppofe la récolte triplée; il fe trompe:
la récolte du café, dans la Colonie,
1o, Parce que
des plantations &
ne s'eft pas accrue à proportion Pobtenir; on a coméabliffemens qu'on a faits pour terreins, & les fols
défricher les meilleurs
mencé par
depuis n'ont produit
plus ingrats que l'on a cultivé
que très-peu.
que la récolte du
2°, Quand même on fuppoferait
pas
ferait triplée depuis 1757, il ne s'enfuivrait de
café
- huit millions
qu'on eût recueilli en 1775 quarante il ne s'en eft recueilli en
café; puifque, flon lui-même, de livres, dont le tridouze millions
1767 qu'environ
ple eft trente-fix millions. --- Page 111 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 87
: n'y ait plus rien à ajouter à nos poffeffions > ce
fera le tems du repos & de la fécurité.
I1 s'eft trompé de même fur la quanciré du fyrop;
a-t-il pu croire que dix-huit mille milliers de fyrop 9
ou dix-huit mille barriques d'un millier chacune, puffent fuffire au commerce de la nouvelle Angleterre >
& à foixante guildives qui font dans Ia Colonie; que
cette quantité fut la proportion de quatre-vingte-douza
mille milliers ou barriques de fucre brut, & de foixante-cinq mille barriques de fucre terré?
Comment a-t-il pu commettre cette erreur, tandis
que dans I'Hiftoire Philofophique & Politique du commerce des Européens, que lui-même cite vingt fois,
il trouve l'expertation du fyrop eftimée dès 1767, à
vingt-un mille cent quatre barriques d'un millier , en
quoi n'eft point compris ce qui eft confommé fur les
lieux, ou employé en tafia?
B
F iv
de foixante-cinq mille barriques de fucre terré?
Comment a-t-il pu commettre cette erreur, tandis
que dans I'Hiftoire Philofophique & Politique du commerce des Européens, que lui-même cite vingt fois,
il trouve l'expertation du fyrop eftimée dès 1767, à
vingt-un mille cent quatre barriques d'un millier , en
quoi n'eft point compris ce qui eft confommé fur les
lieux, ou employé en tafia?
B
F iv --- Page 112 ---
88 Co N S I de D É R A T I 0 N S
LIVRE SECOND.
DES BIENS
DE LA PROPRIÉTÉ
A S. DOMINGUE.
DISCOURS P REMIE 0e R.
Du droit de Hache, 8 des Conceffions.
I) ANS le premier age de la Colonie, rien
n'était plus incertain & plus négligé que la propliété des terres ; clles appartenaient à quiconque
s'en emparait.
dans les forêts pour
Un homme s'enfonçait
chercher un terrein à fa convenance; quand il avait
fixé fon choix, il abattait quelques arbres auprès
d'une fource ou d'une ravine, & marquait l'étendue
d'autres arbres abattus à T'entour; c'était une
par
qu'on appellait droit de hache.
appropriation
nombre
Quand il n'y avait encore qu'un petit
la préfixion des limites n'était pas
de cultivateurs, à la fureté de leurs poffeffions ; il reftait
effentielle
vacantes entre les habitations, &
de grandes terres celles où il y avait des fources.
l'on ne cultivait que
mais
Le droit de hache n'était point alors abufif;
s'eft accrue, il eft devenu nuifiquand la Peuplade
il doit encore être
ble, on l'a aboli; cependant --- Page 113 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 89
refpeété quand il n'y a point de confufion dans les
établiffeniens. En cffet, c'eft la culture qui doir
mériter la propriété; mais on a raifon d'exiger
que celui qui veut acquérir cette propriété, foit
muni d'un titre dont la date foit certaine, &
par la juftefle des abornemens & la
qui,
fpécification
d'étendue, , affure la collocation de
C'eft le but que,par les
chaque terre.
conceffions,on fe
fans l'atteindre toujours ; il faudrait
propofe,
fervit
que ce titre
encore à conflater les travaux & les diligences du poffeffeur, au cas où la propriété viendrait à lui être conteftée.
L'Ile de
Saint-Domingue a cent foixante lieues
de long fur trente dans fa largeur commune ; elle
en a trois cents cinquante de circuit. La Colonie
Françaife occupe une côte de cent quatre-vinge
lieues, fur dix dans la moyenne Jargeur. Dans
efpace, il ne refte
de
cette
prefque plus terres à concéder ; on prétend méme que les conceffions
faites anticipent fur les terres
déja
n'eft pas avéré, Les limites de E/pagnoles;mais la Colonie
cela
font incertaines, & on ne fait pas bien Françaife où elles
doivent s'arréter. Suivant la tradition, elles s'étendaient, aul commencement du fiecle, de la riviere
d'Yaque jufqu'au Cap de la Béate. On a
depuis les reftraindre entre la riviere du prétendu Maflàcre
& les ances Apitre. Il y eût des conventions
en
1730 entre les deux Colonies; mais les
conven-
;mais la Colonie
cela
font incertaines, & on ne fait pas bien Françaife où elles
doivent s'arréter. Suivant la tradition, elles s'étendaient, aul commencement du fiecle, de la riviere
d'Yaque jufqu'au Cap de la Béate. On a
depuis les reftraindre entre la riviere du prétendu Maflàcre
& les ances Apitre. Il y eût des conventions
en
1730 entre les deux Colonies; mais les
conven- --- Page 114 ---
C 0 N S I 2 D E R A T I 0 N S
demeurerent fans exécution, & des Efpagnols
tions fur les frontieres, ont dans ces dernieres
établis
Françaifes, & les
années dévafté des plantations
propriétaires de ces plantations les ont repouffés
ouverte. Il n'eft donc pas facile de connaître
à force
les limites de la Colonic, & par rconféquentléendue
Ton
défricher (4). Cependant
des terres que
Y peut donné deux mille coIldanscing annéesde paix on a
ceffions; mais il n'yen aeu qu'un quart de remplies,
avaient
les autres font reftés fanseffet, parce qu'elles
été données pour des terreins qui n'exiflaient pas.
les nations
fe font attachées à la
Toutes
qui
des
fait des loix fur la propriété.
culture
terres,ont il réfulte un loi générale, 7
De tant de réglemens
n'eft accorpar laquelle la qualité de propriétaire
On
dée qu'à celui qui réunit les titresà la poffeffion.
s'écarter de cette premicre loi fans confonne peut
&
on T'a négligéedans
dre toutes les idées; pourtant
les
la Colonie, tant il eft vrai que les principes
plus fimples ne font pas toujours les mieux fuivis.
Pour partir d'un point fixe dans les remarques
ferons fur la maniere dont les Coloque nous
de terres nouvelles,
niftes deviennent propriétaires
() Au mois deMai1776, on a reçu dans les faite Bureaux entre
de Verfailles, le détail d'une opération de la Colonie
le Préfident Efpagnoi & le Gouverneur fixerles limitess on
Françaife, par laquelle on des a prétendu avantages de ce Traité, & des
ne peut pas encore juger en affurer l'exécution.
furetés quel'on a prifes pour
oque nous
de terres nouvelles,
niftes deviennent propriétaires
() Au mois deMai1776, on a reçu dans les faite Bureaux entre
de Verfailles, le détail d'une opération de la Colonie
le Préfident Efpagnoi & le Gouverneur fixerles limitess on
Françaife, par laquelle on des a prétendu avantages de ce Traité, & des
ne peut pas encore juger en affurer l'exécution.
furetés quel'on a prifes pour --- Page 115 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
il faut admettrequ'une conceffion fignée du Général
& de FIntendant, eft le titre effentiel de la
priété; & qu'il doit fe réunir au droit de Hache, proqui conflate la poffeffion de fait.
Beaucoup de particuliers obtiennent des conceffions, quelques-uns établiffent. Ces derniers
ayant réuni le titre à la poffeffion, devraient, fuivant les principes, être propriétaires; cependant ils
fe trouvent fouvent déchus de la propriété.
La poffeffion eft fouvent contraire à elle-méme,
& fouvent le titre fàns effet.
Si la poffeffion n'eft pas conforme au titre, on
n'a point rempli les conditions qui doivent obtenir
la propriété ; mais comme le titre n'eft pas certain, & que la poffeffion eft toujours certaine,
il femble qu'en toute conteftation, le poffeffeur
de bonne-foi devrait l'emporter fur le titulaire
on décide toujours autrement.
;
Tout le monde connaît la nature des conceffions, & le nom même
ce
l'exprime;
que nous
avons dit en confidérant les engagemens des Colons envers TÉrat, annonce égalcment ce qu'elles
doivent étrc; ici nous nous bornéronsà confidérer
ce qu'elles font.
Dans les anciennes conceffions, l'étendue des
terres n'étaient point défignée, il n'y avait point
d'abonnement préfix (1) : àa préfent on fixe des
(1) Un feul homme était poffeffeur d'une conceflion
exprime;
que nous
avons dit en confidérant les engagemens des Colons envers TÉrat, annonce égalcment ce qu'elles
doivent étrc; ici nous nous bornéronsà confidérer
ce qu'elles font.
Dans les anciennes conceffions, l'étendue des
terres n'étaient point défignée, il n'y avait point
d'abonnement préfix (1) : àa préfent on fixe des
(1) Un feul homme était poffeffeur d'une conceflion --- Page 116 ---
92 - C O N S I D E R A
TIO N S
bornes, on pécifie l'étendue des
mais on n'a pas prévu tous les
conceffions ;
Par les conceffions,
inconvéniens.
Roi, déclarent
ceux qui repréfentent le
abandonner à tel cultivateur,
quantité de terrein, fituée à tel
telle
de telle
endroit, bornée
manicre, & dans tels rhumbs de
Cela fuppofe un terrein
Vent.
& dans fcs
connu dans fon giffement,
défigné,
bornes; cependant le terrein ainfi
n'eft ordinairement connu de
Comment n'a-t-on
perfonne.
pas pris des
pour s'affiurer de l'étendue & du local précautions
à concéder? Comment,
des terres
t-on pu fe tromper dans d'après la
ces précautions, adiftribution?..
pris des
On'a
précautions, on les a
t-on pris celles
multipliées; mais aqu'il aurait fallu?
qui aurait compris douze habitations
Boucaflin; fes hériticrs
du quartier du
contre les Cultivateurs ont voulu faire valoir ce titre
pouvait-onles écouter? qui s'étaient élevés depuis, mais
ies terres fituées
On avait donné à un autre toutes
entre la Grande-Riviere &
Cuhde-b.Ceneinmente conceffion
T'étang du
terreins de I50o
a été réduite à deux
du Blond, & l'autre pas en quarrés, l'un dans les favannes
fur les bords de
Enfin, on avait concédé au célebre l'étang.
les quartiers du Dondon & de la André Minguet,
confidération des fervices
Marmclade, en
Colonie; ; il ne refte
qu'il avait rendus à la
immenfes,
aucune trace de ces concefflons
s'il n'en était auxquelles on pourrait ne pas ajouter foi,
Colonie,
pas fait mention dans les archives de la
Blond, & l'autre pas en quarrés, l'un dans les favannes
fur les bords de
Enfin, on avait concédé au célebre l'étang.
les quartiers du Dondon & de la André Minguet,
confidération des fervices
Marmclade, en
Colonie; ; il ne refte
qu'il avait rendus à la
immenfes,
aucune trace de ces concefflons
s'il n'en était auxquelles on pourrait ne pas ajouter foi,
Colonie,
pas fait mention dans les archives de la --- Page 117 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
Descihaffurspénérent jufqu'à des terresinconnues; les arbres y font grands, touffus,
de feuilles & de fruits, tout reverdit, le fol chargés
fertile, Ils donnent des noms à ce nouveâu paraît
toire : le Fond-rouge le
terriBoucan à
s
trou d'Enfer, ou le
Jofiph; la riviere ou les fources
rencontrent, reçoivent auffi des noms. Leur qu'ils
verte eft annoncée, & comme ils n'ont découdans le bois que par des: circuits
pénétré
manquent pas d'aflitrer
le
infinis, ils ne
chacun veut
que pays eft immenfe,
participer aux notivelles
faire,
conceffions à
DOx
Lorx
ACPUNEIES, S U R. IES
CoxerssroN S.
I°. Celui qui veut, obrenir.la.
terrein, doit prendre
conceffion d'un
du
un. certificat de
quartier dans la dépendance
TArpenreur
terrein à délivrer
duquel eft. fitué le
de l'étendue
; ce certificat doit faire mention
du terrein, & lui fixer des bornes.
Chaque, Arpenteur doir
mefire qu'il les donne. enregifrer les certificatsà
2°, Le certificat doit être publié
un Huiffier de
trois fois par
Meffe
Tlntendance, a Tiftie de la grande
paroiffiale.
-130. Le Commandant du
l'Officier de Milices
Qunitier, &: à défaut,
certificat
venant après lui, le vifent; le
quinaturait point été vifé ferait nul. --- Page 118 ---
94 Cox SI D E d - R A T
4°. La premicre
être faite dans un mois publication du
U
de nullité, à moins
jour de
qu'il n'ait été ra
s". Le porteur d'un certificat
concéder, doit fe pourvoir
Général & IIntendant
par T6
qui concéd
commun, & font Juges de tous
s'élevent au fujet des
font
conceffions:
expédiées fur ces requétes &
fication).
6°. Les conceffions pour cult
excéder la valeur de mille pas en q
pour hatte & corail quinze cents
obtenir la converfion du titre de h
culture ).
7. Elles doivént être enregiftré
l'Intendance, dans les quatre mois C
8°. Il faut que ceux qui les 0
préfentent dans fix mois à
le certificat,
l'arpent
pour qu'il faffe men
gifre; tant des
regiftrement.
conceffions, 3 9
9°. Le conceffionnaire doit
& faire
com
arpenter le terrein comp
ceffion, 2 dans l'an & jour, à peir
titre de h
culture ).
7. Elles doivént être enregiftré
l'Intendance, dans les quatre mois C
8°. Il faut que ceux qui les 0
préfentent dans fix mois à
le certificat,
l'arpent
pour qu'il faffe men
gifre; tant des
regiftrement.
conceffions, 3 9
9°. Le conceffionnaire doit
& faire
com
arpenter le terrein comp
ceffion, 2 dans l'an & jour, à peir --- Page 119 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
tiers, s'il n'en a obtenu la
& de lIntendant.
permiffion du Général
II°, Il ne peut abattre les bois
conftruction des
propres à la
fon
Vaiffeaux, 3 qui fe trouvent fur
terrein.
12°, Une conceffion ne
peut préjudicier à ceux
qui en auraient précédemment obtenu
ou femblable ; c'eft
une même
ce qu'on appelle
droit d'autrui.
réferver le
13°. Les conceffions font
cables (1); il eft
précaires & révoexprimé dans toutes
font à perpétuité ; mais le Général
7 qu'elles
n'ont que la diftribution
& lIntendant
ils ne
provifoire des terres; &
peuvent, fuivant leurs commiffions, les
céder, qu'à la charge par ceux qui les
con--
d'eux, de fe pourvoir
obtiennent
par-devant le
en obtenir la confirmation.
Roi, pour
Voila ce qui réfulte de beaucoup
& de Réglemens
d'Ordonnances
(2).
(r) Cela n'empêche pas que les terres
l'objet, n'entrent dans le
qui en font
& il ferait- bien difficile commerce de toutes chofes
de les faire
Domaine; mais la claufe de confirmation rentrer aua
inquiétante, & il ferait de la fageffe
eft toujours
du Gouvernement --- Page 120 ---
C O N S I D É R A T I O N S
connaiffances humaines font 7
Les progrès des
lents qu'on ne penfe :
en toute matiere, bien plus
croira-t-on qu'il a fallu cent ans pour rédiger
les Loix des conceffions ? Voyons quel eft
ainfi
leifet de la prévoyance qu'on y a apportée.
C'eft fur des exemples que nous devons appuyer
nos Obfervations.
de
On voulut, en 1769, établir une montagne avait
du Port-au-Prince, qu'on
la dépendance
; le fuccès de
négligée à caufe de Téloignement
du café excitaient à la mettre en valeur.
la culture
découvrir fi le fol
On envoya des chaffeurs pour
une ravine
fiffifamment arrofé; on trouva
était
fources. Un homme diliaflez forte & plufieurs
du
certificat a un arpenteur
gent demanda un
il voulut être borné ail
quartier de Mirbalais ;
chaffant all fud,
nord, d'une créte principale,
terres non
e long de la ravine , eff & ouep,
& I.er Avril 1773. Ce dernier
Novembre 1751,
dans chaque paroiffe,
Réglement établit des Arpenteurs de la paroiffe qui
& il faut que ce foit T'Arpenteur fon territoire, &c qu'après
délivre les certificats dans
mention foit faite dans
avoir enregiftré les certificats, leur date &: delenregiflrement
-la marge du regifire, de
ne peut arpenter aucua
des Conceffions. Un Arpenteur faite à PArpenteur
terrein, fans que la préfentation
la Conceflion;
délivréle certificat, ne foit répétéefur)
quia
infinie.
crfin, c'eft une complication
concédées.
délivre les certificats dans
mention foit faite dans
avoir enregiftré les certificats, leur date &: delenregiflrement
-la marge du regifire, de
ne peut arpenter aucua
des Conceffions. Un Arpenteur faite à PArpenteur
terrein, fans que la préfentation
la Conceflion;
délivréle certificat, ne foit répétéefur)
quia
infinie.
crfin, c'eft une complication
concédées. --- Page 121 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
concédées. Le certificat fut vifé, publié, la conceffion délivrée : un autre fe préfenta au même
arpenteur qui lui donna un certificat borné du
premier ; enfin il en donna cent trente tous bornés
l'un de l'autre. Il n'était pas le feul à délivrer des
certificats pour le même terrein, on vit paraître
deux cents conceffions. Cependant il n'y avait
d'efpace que pour placer quarante conceffions de
mille pas en quarré. Après plufieurs années de
procédures, 3 après cent procès-verbaux d'arpentage, dont la plôpart ne contenaient
des
que
commencemens d'opérations, & qui tous auraient
croifés les uns fur les autres, il a fallu réduire
les conceffions à trente-fept, le furplus annullé.
Ceux qui avaient commencé à établir,
avaient pratiqué des chemins ; enfin, qui avaient qui
fait les premiers efforts, ont
prefque tous été
dépoffédés par de plus anciens titulaires ou
les ceffionnaires de leurs droits
>
par
; car s'il n'eft pas
permis de vendre les conceffions, il eft permis
de les céder (1).
Un des arpenteurs dont les certificats avaient
(1) Chacun colore des noms de Cefion ou
les ventes qu'il fait de terreins non établis. S'il Donation fallait
défendre les ventes des Conceffions non établies, il
faudrait fans doute en défendre la ceflion : tout cela
ferait injufte & dangereux.
Tome I.
G --- Page 122 ---
C O N S I D f R ATIO N S
a été interdit pour plucaufé tant de défordres,
fur lui toute la
fieurs années, & on a rejetté
vice des rémais il fallait s'en prendre au
faute ;
à celui quis'en était prévalu;
glemens, & non pas
devait être arpenté
car le terrein à diftribuer être inconnu des arpend'avance, ou il devait
découvrent une noules chaffeurs
teurs. Quand
la parcourir dans tous
velle tetre, ils ne peuvent de fe frayer des chemins
les fens, étant obligés
à la main, ils
la manchette (1)
dans le bois, 9
très-incertaine de fon
n'ont qu'une connoiffance & les précipices qui fe renétendue. Les falaifes
les rivieres
contrent a la jonaion des montagnes,
les obligent de tourner prefque
& les rochers
fouvent de faire une lieuo
toujours ; il leur arrive
franchir une efpace de cent pas.
avec
pour
puffent certifier
Pour que les arpenteurs tel terrein vacant,
connoiffance de caufe qu'ilya ils ouvriffent des
il faudrait qu'avéc la bouffole
afin de
chemins, qu'ils fiffent des balifages, d'abord fur
l'étendue du terrein ; mais
calculer
les frais de cette opération
quoi prendrait-on
? (2) D'un autré côté 3
pénible & difpendieufe
efpece de fabre avec lequel on coupe
(1) Manchette,
arbres & les gaulis.
les jeunes
fe f.ifait aux frais du
(2) Si cette opération préclable
faudrait qu'avéc la bouffole
afin de
chemins, qu'ils fiffent des balifages, d'abord fur
l'étendue du terrein ; mais
calculer
les frais de cette opération
quoi prendrait-on
? (2) D'un autré côté 3
pénible & difpendieufe
efpece de fabre avec lequel on coupe
(1) Manchette,
arbres & les gaulis.
les jeunes
fe f.ifait aux frais du
(2) Si cette opération préclable --- Page 123 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
tout le terrein n'eft,
grands intervalles
pas cultivable, > il y a de
inaccefibles, & que l'on ne
peut pas arpenter : comment donc un
peut-il difpofer d'un terrein qu'il n'a arpenteur
& dont la diftribution eft difficile?
point vu
Un arpenteur, , obligé de fe conformer
conceffions aveugles,
- à des *
comme les certificats fur
lefquels Oil les a délivrées, tire des lifieres
pofe des bornes de tous les côtés
&
comme les
mefurables : &
lui
précipices ou l'efcarpement des rochers
paraiffent des barrieres
là, & figure fon
fufffanres, il s'arrête
plan, de même que fi tout
arpenté, fe contentant de dire dans fon
était
verbal, après avoir rendu
procèsdes premieres bornes
compte de la pofition
: <c Ce font
2> rations néceffaires à
toutes les opé-
>> concédéà S**,
larpentage du terrein
9 attendu
eft
2) borné par les rochers
qu'il
fufffamment
efcarpés
3, côté du nord, où il
qui Tavoifinent du
2) d'affeoir nos
nous ferait impoffible
opérations )).
Le terrein étant obflaclé du côté du
l'arpentage fait à la
nord dans
d'arpenter le
requéte de S**, il s'agit
terrein de B**, à qui il donne
Gouvernement, comme il femble
être, les conceffions ne
que cela devrait
ou plutôt il n'y aurait pourraient plus être gratuites,
des ventes.
plus de conceffons, ce ferait
Gij --- Page 124 ---
IOO C O N S ID E R A T
borne au fud. S**
communique 1
comme on ne peut en prendre borr
de l'autre côté des'
rochers 'ou : du
délivre donc à
B**, > la valeur de
en dehors des rochers &
tous 1
naires poftérieurs font reculés d'aut
conceffionnaire antéricur ou égal en
fente & dit tà B** : vous n'êtes poin
qui vous a été- : concédé ; il le rej
rochers. Alors B** 3 . qui a vu les
se manque pas de prétendre qu'il
non plus comme il le devrait étr
arpentage a été mal fait, ou qu'il
dans fa conceffion. S'il ne trouve
il préfente requête au Général & à
il expofe qu'il eft ancien conceffion
depuis long-tems il n'a pu trouver
conceffion, parce que d'autres s'en
malgré fes diligences ; qu'il eft im
arpentages des nouveaux conceffion
communiqués, devant être placé a
cette communication, > il fe trouve
qu'arpentage vicieux, 3 & on obtient
générale. Les arpenteurs chargés de
donnent à Simon la cafe de Pierre
Tec shifienesedeSiees norfon
il expofe qu'il eft ancien conceffion
depuis long-tems il n'a pu trouver
conceffion, parce que d'autres s'en
malgré fes diligences ; qu'il eft im
arpentages des nouveaux conceffion
communiqués, devant être placé a
cette communication, > il fe trouve
qu'arpentage vicieux, 3 & on obtient
générale. Les arpenteurs chargés de
donnent à Simon la cafe de Pierre
Tec shifienesedeSiees norfon --- Page 125 ---
SUR LA COLONIE DE S.
DOMINGUE. IOr
montagne du
a rendu
Port-de-Paix, 3 & le
en
Tribunal
1767, un jugement
terrier
définitif entre les Habitans de contradiétoire &
les procès durent
cette Partie ; mais
feulement des
encore 3 parce que ce n'eft pas
dent.
décifions gue les hommes attenLe nombre de ceux qui
bliffemens eft petit. Il eft commencent des étas'empreffèrà faire des
naturel de ne point
qui coûtent
bâtimens & des plantations
retirer le fruit beaucoup, de
quand on crainit de ne
fes travaux, ,
pas
certain du lieu gue l'on doit quand on eft inincertitude rend
cultiver ; & cette
injufte la peine de
contre ceux qui n'établiffent
réunion portée
conceffion.
pas dans l'année de la
Un arpenteur ne pouvait,
de T'année
avant le réglement
1773, délivrer des
du reffert de la Jurifdiéion
certificats au-delà
reçu. A préfent il ne
dans laquelle il a été
terrkoire de la Paroife peut s'étendre au-delà du
Le Mirbalais
dans laquelle il réfide,
il a été
dépendait autrefois de
compris depuis dans la
Saint-Marc;
Port-au-Prince. Les
Jurifdiéion du
riviere, de
commandans dé
T'Artibonite & de
la petite
en 1750, en préfence des
Mirbalais, fixerent
princinanx Hahitane
il ne
dans laquelle il a été
terrkoire de la Paroife peut s'étendre au-delà du
Le Mirbalais
dans laquelle il réfide,
il a été
dépendait autrefois de
compris depuis dans la
Saint-Marc;
Port-au-Prince. Les
Jurifdiéion du
riviere, de
commandans dé
T'Artibonite & de
la petite
en 1750, en préfence des
Mirbalais, fixerent
princinanx Hahitane --- Page 126 ---
N S I D É R A T I O N S
102 Co
fe rendre
traverfer de hautes montagnes pour
de
lait
qui eft à plus de douze lieues
en ce canton,
lieues du Port-auSaint-Marc & à trente-cinq encore des terres
d'ailleurs il y; avait
Prince ; que
on ne s'intérefla gueres
à concéder dans les plaines,
& de Mirbalais.
aux limites de T'Artibonite
délivra en 1752,
de Saint-Marc
Un arpenteur
trois différens particuliers,
trois certificats à
au-dela de la Riviere
pour des terres fituées
appellait Ie fond des
blanche, dans un lieu qu'il
des Capucins ; ils
Cahos, au bord de la riviere ne firent aucun
des conceffions, > dont ils
prirent
dix-huit ans.
ufage pendant
économe du quartier de MirEn 1766, un
nouvelles, réfolut
balais 7 chaffant dans ces terres
ell vivres &c
de les cultiver ; il fit des plantations le bord de la riviere
en café, & bâtit une cafe fur
des Capucins.
fons le
Ce canton était connu au Mirbalais, à caufe
des Negres marons 2
nom de Bananerie
naturellement le
des bananiers qui croiffaient
appellerons
long de la mxime-1Lkconomsascmemas certificat, dans lequel
Gaultier, fe fit donner un
qu'il avait
il fut fait mention des établiffemens & la conceffion
commencés ; mais ce certificat
Croyant
au Greffe de FIntendance.
difparurent
ifolée, dans un pays environné
que fa plantation
& fort éloignée des
des plus hautes montagnes
Bananerie
naturellement le
des bananiers qui croiffaient
appellerons
long de la mxime-1Lkconomsascmemas certificat, dans lequel
Gaultier, fe fit donner un
qu'il avait
il fut fait mention des établiffemens & la conceffion
commencés ; mais ce certificat
Croyant
au Greffe de FIntendance.
difparurent
ifolée, dans un pays environné
que fa plantation
& fort éloignée des
des plus hautes montagnes --- Page 127 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE.
Villes, ferait inacceflible
fe preffa point de
aux ufirpareurs, il ne
&
prendre une autre
ne fongea qu'à aggrandir fa
concellion,
chaffa de la maifon
culrure; mais on le
lirent les fruits qu'il avait bâtie, d'autres cueildes arbres qu'il avait
Les habitans de
plantés.
des conceffions Saine-Marc, qui avaient obtenu
firent
en 1752, parurent en 1769; ils fe
arpenter fuivant leurs titres, &
de Gaultier fut
T'habiration
comprife dans T'arpentage fait à
requéte de l'un d'eux.
la
Gaultier alarmé, vient au Port-au-Prince
plaintes font écontécs ; il obtient
; fes
avec effet rétroaétif
une conceffion
jufqu'en 1768; fes
mens étaient inconteftables,
abornegauche de la riviere des
c'était le bras de
longueur deux mille
Capucins, chaflànt pour
troifieme
pas fur huit cents,
faut de la même riviere.
jufqu'au
Les follicitations qu'il lui avait fallu
avaient emporté du tems, & il trouva à fon faire;
un des habitans de Saint-Marc
retour
Comme ce dernier était
en poffeffion réelle.
riche, & qu'il avait trouvé
beaucoupder plantations en vivres, il avait mis cent
Negres dans le bois. Une
connaître le fond des
enereprife fi rapide fit
bananerie des
cahos, 1 ou, fil'on veut, 2 la
Negres marons. Ce canton ne fe
trouvant qu'à fix lieues du bourg de la
viere, 2 les habitans de Saint-Marc
petite rivoifinage ; &, fans
profiterent du
s'inquiéter des prétentions de
G iv
'il avait trouvé
beaucoupder plantations en vivres, il avait mis cent
Negres dans le bois. Une
connaître le fond des
enereprife fi rapide fit
bananerie des
cahos, 1 ou, fil'on veut, 2 la
Negres marons. Ce canton ne fe
trouvant qu'à fix lieues du bourg de la
viere, 2 les habitans de Saint-Marc
petite rivoifinage ; &, fans
profiterent du
s'inquiéter des prétentions de
G iv --- Page 128 ---
104 C 0 N SI D E R A: - TI O N S
Gaultier, ils obtinrent des
reconnaître
des
conceffions, les firent
par
arpenteurs de leur quartier, &
planterent beaucoup de Cafiers ; enfin,
eût
peu de tems quarante habitations
ily en
la riviere des
aux environs de
Capucins.
Cependant Gaultier obtient une Ordonnance
qui l'autorife à fe faire arpenter fuivant fon
II choifit un arpenteur du
titre.
fait conftater
Port -
&
un
au-Prince,
par
procès-verbal, auquel affif
tent des habitans anciens, que la riviere
cins eft dans la Jurifdiction du
des Capuque la Jurifdiéion de Saint-Marc Port-au-Prince, &
loin par le lieu nommé la Roche. eft bornée plus
des balifages, &
L'arpentenr fait
commence à mefurer; mais les
nouveaux cultivateurs font arracher les
& s'affemblent pour rédiger entr'eux le piquets, 9
verbal de leurs oppofitions. Il
procèsy a trois cents Negres travaillans, & quatre cents mille Cafiers fir
l'ecfpace concédé à Gaultier. Dépofféderzton
qui ont formé des défrichemens auffi
ceux
D'un autre côté, Gaultier,
confidérables?
puiffant, mais plus
Calivateur moins
rieux, aura-t-il
diligent, & non moins labotravaillé fans fruit, &
tilement à toutes les conditions
fatisfaitinufaire obtenirla
qui pouvaient lui
le
propriété duterrein qu il réclame?Si
terrein concédé à Gaultier rentre dans la Jurif
didtion de Sainc.Marc,il auraa combattre
fions anciennes;
desconcef
ccpendant,que peut la priorité du
ables?
puiffant, mais plus
Calivateur moins
rieux, aura-t-il
diligent, & non moins labotravaillé fans fruit, &
tilement à toutes les conditions
fatisfaitinufaire obtenirla
qui pouvaient lui
le
propriété duterrein qu il réclame?Si
terrein concédé à Gaultier rentre dans la Jurif
didtion de Sainc.Marc,il auraa combattre
fions anciennes;
desconcef
ccpendant,que peut la priorité du --- Page 129 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
IOS
titre, quandiln'eft foutenu d'aucune
Mais en méme-tems le titre de Gaultier poffeffion (1)?
nul ; que peut la poffeffion fans titre ? deviendra
Enfin, dépoffédera-t-on quarante habitans pour le
&, fi on ne les dépoffede
placer; ;
point, ne lui fera-t-on
pas une injuflice.
En ne déplaçant que les détenteurs du terrein
de Gaultier, on ne ferait pas jufte envers
eux, puif
qu'ilspoffedent auffi légitimement, fans doute,
ceuxà qui ils ont donné bornes. Il faudrait que
les reculer tous ; mais ce mouvement eft-il donc
après qu'ils ont plantés des haies
poflible
des
vives, conftruit
maifons, & fait des plantations immenfes.
Ilya, comme on voit, un grand embarras dans
les nouveaux établiffemens (2); & il eft bien im-
(r) Il eft abfurde d'alléguer en principe la
n'eft pas de droit, & qu'il faut la faire que réunion
dès qu'on admet qu'une conceffion, dont prononcer, les claufes
n'ont point Été accomplies, doitêtre réunie au
une telle conceffion demeure nulle de foi : Domaine;
de la réunion eft comme celui de la l'événement
l'on ne peut oppofer au Poffeffeur prefeription, Si
par quelle bizarrerie
un ade Prefcrit, s
conceffion
Pourrait - on lui oppofer une
prefcrite à défaut d'établiffement ?
(2) Qu'on s'imagine ce qui y eft ajouté par des
Arpenteurs incapables, des Procureurs fans
des Avocats fans talent; par la haine, l'avarice expérience,
l'entêtement des Concellionnaires !
ou --- Page 130 ---
106 C O N S I D E R A
T
portant de le faire ceffer;
terres eft incertaine,
; car, s fi
ralentie; & le
l'ardeur de les
en pénétrer
peuple qui voit ces
les caufes, fe
donne à la
perfurad
feflion
faveur, & qu'il n'y a n
qui vaillent contre le
gouvernent,
capric
Les habitans des
aujourd'hui fur des plaines poffeder
qu'il n'y a plus de contrats régulie
nes, celles des
terres à concéde
faut pas
montagnes font à re
que ceux qui
cher fe confiument entreprennen
penfes des
dans les longu
étre ruinés procédures; & qu'enfi
par le mal jugé des
fimples.
que
Ily a des moyens de
des Juges, & de
fuppléer à
La marche
raffurer les Cold
Auteur,
de l'efprit humain,
> eft de paffer d'abord du fi
pofé, & enfuite de revenir
avaient le défaut de
au fimp
terreins donnés
ne pas défigne
(r). A préfent il
(nTeMamic de Sorelavain concéd
res; & qu'enfi
par le mal jugé des
fimples.
que
Ily a des moyens de
des Juges, & de
fuppléer à
La marche
raffurer les Cold
Auteur,
de l'efprit humain,
> eft de paffer d'abord du fi
pofé, & enfuite de revenir
avaient le défaut de
au fimp
terreins donnés
ne pas défigne
(r). A préfent il
(nTeMamic de Sorelavain concéd --- Page 131 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
doute fur l'étendue, mais
>
le local eft incertain.
Il y a plus de conceffions que de
reflemble à un raifonnement
terres, ce qui
des
fans objet. Il y a
défenfes, des ordres & des conditions à
des formalités à
fuivre,
remplir ; on a réglé la maniere de
pofféder, avant de conférer la poffeffion. Revenons donc à nos premiers titres,
. reétifier la
3 & tâchons d'en
fimplicité.
On veut acquérir la propriété d'un terrein
par une conceffion du Prince, par des
vacant,
par un
établiffemens,
arpentage, ne vaudrait-il pas mieux
mencer par un arpentage, établir enfuite & commander une conceffion.
deL'arpentage conftaterait l'exiftence du
fa qualité, fon
terrein,
étendue, Pétabliffement
rait la propriété ; la conceffion
méritepropriété, ferait la
en accordant cette
récompenfe des
vaux.
premiers traL'arpentage donnerait la poffefion précaire &
conditionnelle > létabliffement en ferait l'effet ; la
conceffion donnerait la perpétuelle
propriété.
L'arpentage mettrait les autres Colons
retard; létabliffement
en
préferverait de leurs in- --- Page 132 ---
108 C o N S I D E R A
quiétations ; la conceffion
TION 5
fance & la rendrait
confirmerait la jouifpaifible à jamais.
Iln'y aurait plus de réunions
certitude fur le local ; il
(1), plus d'inditions à
n'y aurait plus de conremplir, puifque la conceffion ferait
preuve de leur accomplifiement.
la
Il n'y aurait plus de procès fur les
puifqu'au lieu de les faire d'accord arpentages 3
avec les
ceffions, 2 il fuffirait qu'ils
coneux-mémes. Le
puffent s'accorder avcc
tribunal terrier ne ferait
chargé de
plus furprocédurcs, ce ne ferait qu'un tribunal
dinfpedion fort inutile.
Il fuffirait
délivrer
d'enjoindre aux arpenteurs de ne
ceffions aux particuliers que l'étendue des conordinaires, c'eft-à-dire, mille
cents pas, à peine de deftitution.
ou quinze
On conferverait les trois
a@uellement
arpenteurs généraux
pourvus.
Les fonétions des
de faire tous les arpenteurs généraux feraient
chacune
ans la révifion des lifieres de
des places commencécs à établir dans le
(r) Les réunions font abufives; elles
jamais prononcées
ne font prefque
abfens ; & dans l'état que contre des mineurs ou des
actuel des chofes,
puiffant ou protégé, peut garder
quiconque eft
incultes; ou, ce quieft encore impunément des terres
celles à réunir, contre des pire, obtient facilement
de crédit.
malheureux qui n'ont point
de
des places commencécs à établir dans le
(r) Les réunions font abufives; elles
jamais prononcées
ne font prefque
abfens ; & dans l'état que contre des mineurs ou des
actuel des chofes,
puiffant ou protégé, peut garder
quiconque eft
incultes; ou, ce quieft encore impunément des terres
celles à réunir, contre des pire, obtient facilement
de crédit.
malheureux qui n'ont point --- Page 133 ---
SUR LA COLONIE DE S.DOMINGUE.
cours de T'année, & les bornes de
1O9
ainfi révifées
chaque terrein,
2 feraient inamovibles.
Ils connaitraient des conteflations
s'élever au fiujet des
qui pourraient
& d'après l'inftruétion arpentages non encore révifés,
donnée
que chaque partie leur aurait
par un mémoire figné d'elle, & non
Avocat ou procureur (1), ils fe
d'aucun
fur les lieux, ils vérifieraient tranfporteraient
les corrigeraient
les arpentages &
quand ils ne feraient pas réguliers;
c'eft-à-dire, quand les lifieres ne feraient
leur direction naturelle, où
pas dans
dans les dimenfions.
,
qu'il y. aurait abus
Ileft encore un moyen falutaire ; le
ment Anglais vend à l'encan les
Gouvernede fes Colonies,
lots
nouvelles terrés
par
égaux,à un
cette maniere de diftribuer les
prix modéré;
onéreufé aux
terres n'eft point
les
particuliers, (2.) & ne permet nî
procès, ni l'injuftice. Elle eft
rable à la culture,
d'ailleurs favoterres à
2 parce que ceux qui mettent les
le defir un prix quelconque > Ont
de les exploiter le
néceffirement
plus avantageufement
(I) Comme il ne s'agirait ni de Droit
Droit coutumier, mais feulement
écrit, ni de
n'aurait pas befoin de leur
de Planimétrie, on
employé.
miniftere, déjà trop fouvent
(2) L'âcre de terre neuve, n'eft
de trente fchelins,
guere porté à plus
que ceux qui mettent les
le defir un prix quelconque > Ont
de les exploiter le
néceffirement
plus avantageufement
(I) Comme il ne s'agirait ni de Droit
Droit coutumier, mais feulement
écrit, ni de
n'aurait pas befoin de leur
de Planimétrie, on
employé.
miniftere, déjà trop fouvent
(2) L'âcre de terre neuve, n'eft
de trente fchelins,
guere porté à plus --- Page 134 ---
Co N S ID. É R A T I 0 N S
TIO
il n'en eft pas ainfi de ceux a qui elles
poffible ;
font données gratuitement. Gouvernement Français
Pourquoi donc le méthode d'un peuple inn'adopserait-il pas cette
génieux? ? L'état, en mettant les terrès àl'enchere
au lieu de les concéder, entretiendrait
publique,
des adjudications - 2 des arpenteurs
fr le produit fuffifant ; de forte qu'au moment de
en nombre T'adjudicataire ferait. tmis en poffeffion
Tacquifition, fon lot. Et comme tous les lots feraient
réelle de
carrée & défignés par des
égaux, de dimenfion
le feraient pour
numéros, lés bornes pofées.,. d'embarras fur le local
toujours: Il-n'y aurait plus
conceffions, fur la priorité ou prévention,
des
fir la poffeffion ou
fur les formes ou formalités, d'erreurs,ou de variations
Plus
fur les arpentages. d'oppofitions > plus de: prédans les lifieres, plus
de ces conteftentions doubles, & dès lors,. plus de la culture &
tations qui arrêtent les progrés
dévorent les moyens d'établir.
les moyens
Les abus font évidens & multipliés; m'arréterai point
remédier font faciles. Je ne
dy
Tefficacité de ceux que
à démontrer de plus en plus
Jenai dit affez pour ceux qui penfents fourds
je propofe. écrit pour les autres, ils font
je n'ai point
à la voix de la raifon.
GS --- Page 135 ---
SUR IA COLONIE DE S. DOMINGUE,
III
DISCOURS IL
De guelgues Loix touchant la
Propriété
des biens de la Colonie La
propriété des terres une fois
titres & polfeffion, n'eft
acquife par
de
pas fujette à beaucoup
conditions; nous n'en connoiffons
elles font abufives.
que deux ;
Les Habitans ont été aftreins les
qui leur ont été faites, à tel par conceffions
bliffement, fans leur
ou tel genre d'étalaiffer la liberté du
mais cette loi qui fait violence
choix ;
priété n'a
au droit de
jamais été exécutée ;
profubfifte & pourrait,
neanmoins elle
qu'Adminiftrateur
entre les mains de quelceux qui auraient fait inexpérimenté 2 s étre nuifible à
fur des terreins
des établiffemens en culture, *
La
donnés pour hatte ou corail,
coupe & vente des bois, ne doit
plus être interdité aux'
pas non
ne permet pas de confervér propriétaires; la culture
des arbres au milieu
(:) Ce Difcours n'a rien qui puiffe
Ledteurs frivoles; fatigués
plaire à des
Conceffions, s'ils redoutent par ce que j'ai dit fur les
au Difcours fuivant.
l'ennui, ils peuyent paffer
des établiffemens en culture, *
La
donnés pour hatte ou corail,
coupe & vente des bois, ne doit
plus être interdité aux'
pas non
ne permet pas de confervér propriétaires; la culture
des arbres au milieu
(:) Ce Difcours n'a rien qui puiffe
Ledteurs frivoles; fatigués
plaire à des
Conceffions, s'ils redoutent par ce que j'ai dit fur les
au Difcours fuivant.
l'ennui, ils peuyent paffer --- Page 136 ---
C 0 N SI D E R A T I O N S
II2
déffichemens (1). Les mêmes bois qui feraient
des
conftruétion des vaiffeaux &c aux
propres à la
utilepublics, peuvent être employés
ouvrages
ferait nuiment fur les lieux ; leur déplacement
mais encore plus fouvent
fible & difpendieux,
d'avantage,
impofible. On pourrait avec plus
& entretenir des forêts royales à la portée
planter
villes, & dans d'autres lieux convedes grandes
de la
nables ; cela ferait conforme aux intérêts
colonie, à fes befoins.
fur
C'eft tout ce que nous avonsà remarquer
conditions impofées aux Colons 3 devenus
les
mais il nous refte à confidérer toutes
propriétaires ;
fe rapporles ations civiles ou juridiques S, qui
direatement à la propriété ; le partage 2
tent
la faific-réelle.
Thypothéque, le déguerpiffement,
chauds rien ne croit au pied des
(1) Dans les pays
les fucs de la terre, ils
arbres; ; ils abforbent tous
leur ombre eft
attirent à eux toute la végétation ;
ce font les
d'ailleurs nuifible par-tout oà elle s'étend; forceà la feve, ils
du foleil qui donnent de la
rayons
tous : ils font à l'égard des plantes,
les interceptent le peuple des hommes trop puifans;
ce que font pour
qu'on a-fait
c'eft donc par un défaut d'expérience, années, que pour faire
imprimer depuis quelques bois dans la Colonie, on devrait
ceffer la difette de
de cannes, dans
planter des arbres autour des champs : aucun de nos
les haies & fur le bord des foflés méthode,
Cultivateurs prudens ne fuivra cette
I
rayons
tous : ils font à l'égard des plantes,
les interceptent le peuple des hommes trop puifans;
ce que font pour
qu'on a-fait
c'eft donc par un défaut d'expérience, années, que pour faire
imprimer depuis quelques bois dans la Colonie, on devrait
ceffer la difette de
de cannes, dans
planter des arbres autour des champs : aucun de nos
les haies & fur le bord des foflés méthode,
Cultivateurs prudens ne fuivra cette
I --- Page 137 ---
SURIA COLONIE DES. DOMINGUE.
Il faut s'arrêter à tous ces
noitre
objets, pour con
parfaitcment l'état de propriétaire dans la
Colonie.
Ayant traité dans le difcours précédént des
émanations du Domnaine, de l'origine des
priétés ; examinons d'abord les ficcelfions de propriété dans la Colonie. Réglécs
proailleurs par l'ordre naturel &
comme par-tout
généalogique 3 les
partages qu'elles entraînent nuifent aux grands
établifemens.
Qu'une habitation ch fucrerie
étendue de trois cents carreaux de comprénne tne
Carreaux feulement ; il faut
terre, ou cent
toujours les mêmes
bâtimens; ; un moulin à eau fuffit pour l'une &
pour l'autre ; il faut également des
barrieres, des gardiens
Negres aux
d'animaux, des tailleurs
de hayes.
Un habitant qui a deux cents carreaux de ter
en bon fol & trois cents Negres, peut faire
million de fucrebrut, avec cênt cinquante
us
fir cent carreaux de terre également
Negres
il n'en fera gue trois cents milliers. produétive,
Cette derniere habitation bien établie, coûtéra
fix cents mille livres ; l'autre qui rend trois fois
plus, ne coûte que douze cents mille francs. Il
eft donc tr's-important de ne point divifer le
grand fta'iliffment, & c'eft mal-à-propos
qu'on
: Tome I.
H --- Page 138 ---
C 0 N S I D E RATIO N S
comme on ferait
prétend le diftribuer en lots, Prévôté de Paris.
des prairies fituées dans la
d'acSi les héritiers pouvaient être toujours fociété;
de gérer en
cord, de il leur ferait avantageux reftàt dans le pays pour
il fuffirait qu'un d'eux
les autres
préfider à la culture, & les uns après
même en être chargés, fi on pouvait
pourraient
égale.
leur fuppofer une intelligence
toujours de
Mais les diffentions dérangent confier les biens
pareilles fociétés ; on finit par
s'enrichit &
qui le plus fouvent
à un étranger,
s'élevent entre
Iruine Thabitation ; les procès qui de leurs vies ;
vont au-delà
les proptiétaires,
pas plus que
les héritiers multipliés ne s'accordent achetera les pré-
; d'eft à qui
leurs prédécefleurs défunis entr'eux, les créantentions des autres ;
les contraintes
ciers les écrafent féparément par bien des années de
& par les frais. Enfin, après
s'éleve &c
trouble & de langueur 3 un poffeffeur
d'eux à lui vendre fa portion
réduit chacun
licitation, celui
Si on fait vendre les biens par
léfe, parce
acquérir eft toujours
qui ne peut pas
ne peut pas être
le fond des habitations
il
que
fa
valeur , & que d'ailleurs
apprécié à
jufte
revenus.
n'eit point comparable aux
des fléches brifées, s'applique
(1) L'apologue
nacurellement ici,
effeur
d'eux à lui vendre fa portion
réduit chacun
licitation, celui
Si on fait vendre les biens par
léfe, parce
acquérir eft toujours
qui ne peut pas
ne peut pas être
le fond des habitations
il
que
fa
valeur , & que d'ailleurs
apprécié à
jufte
revenus.
n'eit point comparable aux
des fléches brifées, s'applique
(1) L'apologue
nacurellement ici, --- Page 139 ---
SURLA COLONIE DES.DOMINGUE.
. Ileft rare de pouvoir vendre une fucrerie en
argent comptant 2 parce qu'il n'y a point affez de
capitaliftes, ni de numéraire. Celui des heritiers
qui a la plus grande portion, ou qui eft le plus
ziche, eff donc à peureprès le maitre du fort de
la vente.
Mais le pis eft d'en venir aux partages : on nc
peut pas dcnner la ficrerie à l'un & le moulin à
Tautre, il faut que l'un des deux 2it les établiffemens, la partie non établie tombe dans l'autre
iot, on y joint uire foulte.
Le prix des bâtimens ne peut pas être une
diminution de la quantité du terrein du premier
Iot, parce que la terre étant trop refferrée les
bâtimens deviendraient moins utiles & perdraient S
leur prix.
Cela eft fi vrai, 7 que quand les bâtimens font
trop confidérables, ou mal placés par rapport au
terrein fur lequei ils doivent fe trouver après la
divifion, on ne les eftime pas méme au prix des
matériaux, CC qui occafionne une perte confidérable fur la malle à partager, & eft ruineux à
la fois pour les Particuliers & pour la Colonie.
Les Negres fe partagent en lots égaux ; mais
un attelier de deux cents Negres, qui pouvait
exploirer. avantageufement une terre de deux cents
carreaux, diftribué en deux lots, devient infufH ij
doivent fe trouver après la
divifion, on ne les eftime pas méme au prix des
matériaux, CC qui occafionne une perte confidérable fur la malle à partager, & eft ruineux à
la fois pour les Particuliers & pour la Colonie.
Les Negres fe partagent en lots égaux ; mais
un attelier de deux cents Negres, qui pouvait
exploirer. avantageufement une terre de deux cents
carreaux, diftribué en deux lots, devient infufH ij --- Page 140 ---
ir6 C ON S I D E R ATIO
N. S
fifant pour exploiter le même terrein divifé
deux fitcreries (1).
en
(r) Dix carreaux de terre en favannes ou
fuffifent à centbaeufs,
pàturages,
chevaux ou
ne fufifear pas à cinquante bêtes mulets, deux cinq carreaux
en garder cent, il n'en faut
;
Negres peuvent
pas moins pour en
cinquante 5 il n'y a pas moins de poftes &c de garder
fur une petite que fur une grande habitation, barrieres
Un terrein de deux cents carreaux
&c.
de fix mille pas; fionlec
exige un entourage
coupe en deux
chemin commun ne fetrouvera
quarrés égaux, le
la ligne de féparation; it faudra convenablement quedans
par conféquent
cun faffe de fon côréun nouvel
que chail y aura donc huit mille
de entourage de mille pas 5
où il
pas haie vive à
n'y en avait que fix mille
entretenir,
obligé de coup-rle terrein
auparavant. Si on eft
diagonalement,
s'étend encore plus.
l'entourage
Celui qui a de grandes forces , & celui dont
eft faible, ne roulent l'un comme l'autre
T'attelier
de cannes à la fois; celui dont l'habitation gu'une piece
roule plus fouvent, & fait à proportion
eft grande,
qu'un autre n'en fait fur une petite plus de travaux
habitation
un attelier égal en raifon de fa petiteffe;
avec
grandeur du terrein, le travail de la roulaifon n'importe la
même. Celui qui a' beaucoup de
eft le
charoie, roule & p'ante en même Negres p coupe,
l'attelier eft faible, ne peut faire tems; celui dont
fois; il coupe fes cannes le
tant de chofes à la
jour, la nuit ellcs
au moulin : il eft obligé d'arrêter la roulaifon paffent
profiter du plant, il emploie donc à
pour
de forces pour produire un moindre effct. proportion plus
'importe la
même. Celui qui a' beaucoup de
eft le
charoie, roule & p'ante en même Negres p coupe,
l'attelier eft faible, ne peut faire tems; celui dont
fois; il coupe fes cannes le
tant de chofes à la
jour, la nuit ellcs
au moulin : il eft obligé d'arrêter la roulaifon paffent
profiter du plant, il emploie donc à
pour
de forces pour produire un moindre effct. proportion plus --- Page 141 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE,
Celui qui n'a pas les bâtimens, eft
II7
faire fur le
,
obligé de
champ une dépenfe de cent mille
fiancs, pour conftruire les plus
où prendra-t-il cette fomme
néceffires ; mais
Ce n'eft pas fur la foulte ?
partageant ne
2 parce quc fon COpeut pas étre contraint fir la chofe
partagée, mais feulement fur les revenus
produit.
qu'clle
La feule reffource eft de
ferme, à la charge de faire. provoquer un bail à
les
or le prix du bail fera très-borné, établiffèmens ;
qu'il dure longucs années
& il faudra
ne fe chargerait
> antrement le Fermier
point d'une pareille condition.
A l'égard du rembourfement de la
fera bien tardif. Celui
foulte, il
qui eft
tous les moyens de
débiteur, cherche
capital qui rend de perpétuer dans fes mains un
Ces revenus
gros revenus, & remploye
pour accroître les forces ; en
qu'il ne paye qu'après longues
forte
elt en pleine récolte.
années,. quand il
Il n'eft pas poffible de T'y contraindre
en vain on tenterait les
plutôt ;
féqueftration
faifies - cxécution, la
Qu faifie de fruits pendans
Sur quoi donc porteront les
par racines,
le créancier obtiendra ?
condammations que
Le fonds ne peut être faifi. Les
animaux, font les bras du
Negres, les
inhérens au fol, & infaififfables cultivatcur, ils font
; les autres objets
H iij
Il n'eft pas poffible de T'y contraindre
en vain on tenterait les
plutôt ;
féqueftration
faifies - cxécution, la
Qu faifie de fruits pendans
Sur quoi donc porteront les
par racines,
le créancier obtiendra ?
condammations que
Le fonds ne peut être faifi. Les
animaux, font les bras du
Negres, les
inhérens au fol, & infaififfables cultivatcur, ils font
; les autres objets
H iij --- Page 142 ---
T18 C O N S I D É R A T I O N S
rembourferaient à peine
que l'on pourrait faifir, >
avancé
les fommes que le créancier aurait
pour
les frais.
les fruits, il faut d'abord
En faifant fequeftrer
le gardien fera fidele. D'un autre
fuippofer que
côté, T'habitant rehauffera les frais d'exploitation;
confidérables; il lui eft
féra des améliorations
de
avantageux d'aggrandir fes plantations ,
plus confolider fa manufadure, que de s'acquitter enfon créancier ; n'y-a-t-il pas d'ailleurs mille
vers
de difpofer des revenus, 3 à l'infçu du
moyens de les faire évanouir à fes yeux.
gardien, créancier à force d'inquiétations, réQue le
il fera
duife le débiteur à vendre fon habitation;
vidtime de fa propre rigueur, & fon payement
fera reculé de dix ans.
obéré
L'acquéreur dans Tordre commun, eft plus
fon vendeur ; l'achat eft pour lui Taccumuque
lation des dettes.
inutilement de PhyLe créancier fe prévaudrait
fpéciale qui réfulterait du partage 5 cette
porhéque fe réduit à S. Domingue 7 à un prihypochéque
n'admet point les fuites par
vilége fimple ; on
Tordre des faifiesdécret, ce ferait rentrer dans
réelles. Enfin, fi le créancier veut fe prévaloir
déclaration du Roi, donnée pour la Colonie
de la
le créancier bailleur de
en 1734, qui autorife débiteur, il faut qu'it
fonds à déguerpir fon
cette
porhéque fe réduit à S. Domingue 7 à un prihypochéque
n'admet point les fuites par
vilége fimple ; on
Tordre des faifiesdécret, ce ferait rentrer dans
réelles. Enfin, fi le créancier veut fe prévaloir
déclaration du Roi, donnée pour la Colonie
de la
le créancier bailleur de
en 1734, qui autorife débiteur, il faut qu'it
fonds à déguerpir fon --- Page 143 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
IIg
rembourfe l'excédent du prix principal & des amé
Tiotations, qui montent toujours à des fommes
prodigicufes.
Dans cet état, tout homme fage confeillera
à celui des partageans à qui la terre non établie
fera tombée en lot, , de niettre ce lot à bail à
ferme ; s'il s'avifait de vendre, il ferait ruiné,
Au lieu de payer aux termes du contrat, l'ace
quéreur aurait une occafion de perpétuer fa
jouillance, en faifant pour cent mille écus de
bâtimens.
Ne pouvant rembourfer un
faire
figros capital fans
une feconde vente à celui qui en ferait le
préteur, il faudrait bien qu'il prit le parti de
laiffer jouir lacquéreur, qui, ayant augmenté le
bien affeété atr payement de la dette
failliblement
, payerait inun jour ; mais quand ce jour viens
drai-t-il?
Si par une autre convention qui - n'eft
on. rembourfait la foulte en
pasd'ufage,
tation
Negres de Phabipartagée, c'eft-à-dire, fi on faifait les lots
égaux , en donnant plus de Négres à celui
n'aurait pas de bâtimens, il arriverait
qui
CO - partageans feraient
que tous les
également ruinés ;
pour n'avoir pas des bâtimens
Tun,
n'avoir pas de Negres. Tous les ; l'autre, 7 pour
deux ils feraient
obligés de recourir aul crédit public
opérations font très-lentes
9 dont les
& finguliérement obfa
H iv
égaux , en donnant plus de Négres à celui
n'aurait pas de bâtimens, il arriverait
qui
CO - partageans feraient
que tous les
également ruinés ;
pour n'avoir pas des bâtimens
Tun,
n'avoir pas de Negres. Tous les ; l'autre, 7 pour
deux ils feraient
obligés de recourir aul crédit public
opérations font très-lentes
9 dont les
& finguliérement obfa
H iv --- Page 144 ---
120 Co N S I D 3 R A Tro
N $
"taclées, par limpatience des
les pourfuites qui en font l'effet. créanciers, & par
Des Negres nouveaux, qui ne pourraient
utiles qu'au bout de deux
être
plus de mille écus
ans 9 reviendraient à
les bâtimens ; à caufe chaque, pour celui qui aurair
al uraient été
des inzérêts & des frais qui
ajoutésà leur prix
de leur inadtion, & de la
principal, du tems
mortalité qui
toujours in tiers des Negres
emporte
Le prix des bâtimens
tranfplantés (z).
renchérirait
qui les ferait à crédit ; il
pour celui
Préteurs
n'y a ni Banquiers ni
publics à S. Domingue, & il y a
qu'ailleurs des moyens ruineux de fe
plus
l'argent.
procurer de
- Il vant mieux encore tirer au fort à
le plus riche, que de s'obérer
qui.fera
D'ailleurs en affermant
tous à la fois.
la charge d'y faire les la portion non établie > à
bâtimens & plantations
(r) Les Marchands Français vendent des
fix & douze mois, & ne font
Negres a
dans fix ans, Les Negres de Guinée fouvent payés que
& accoutumés au travail,
ne font acclimatés
on lcs vendait au terme de qu'au bout de dcux ans; fi
un taux exceffif l'intérét trois ans, fans exiger à
aurait fait au moins deux du retard, P'Habitant qui
nouveaux, ferait plus exaét récoltes à
avec fes Negres
qui deviendrait refpedable remplir un engagement
aurait paru le faciliter,
à fes yeux, çn ce qu'on
inée fouvent payés que
& accoutumés au travail,
ne font acclimatés
on lcs vendait au terme de qu'au bout de dcux ans; fi
un taux exceffif l'intérét trois ans, fans exiger à
aurait fait au moins deux du retard, P'Habitant qui
nouveaux, ferait plus exaét récoltes à
avec fes Negres
qui deviendrait refpedable remplir un engagement
aurait paru le faciliter,
à fes yeux, çn ce qu'on --- Page 145 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 12t
SUR LA
elle eft tombée en lot
convenables, celui à qui
neufans ;
fe trouve riche après un bail de fept ou veulent
mais ce bail eft bien long pour ceux qui
jouir & gagner en tems ce qu'ils peuvent le perdre tems
iicheffes, fur - tout dans un pays où
en
eft ce
a de plus précieux.
lui - même
qu'ily
eft nuifible ;il eft
Le partage des Habitations
& privativement dangereux ; pour
politiquement
fuffiait d'introduie le
l'éviter , on a imaginé qu'il
cadets
des
droit d'aineffe, & de ne donner aux
que mobides rentes, des fommes
encouragemens, 3
fatal à la Colonie,
liaires. Rien ne ferait plus
défordre
cette inégalité ; il en réfulterait un
que
celui qu'on voudrait arrêter.
bien plus grand que
celle
donne à tous
C'cft une très-bonne loi que
qui
de
égale dans T'héritage
les enfans une portion
foren réfulte que, quelque
leurs peres, puifquil
les enfanst toujours moins
tune que le pere ait faite,
utiles & à travailler
riches, font portés a fe rendre
lui.
avoir adopté l'inégalité des parcomme
Après
les ainés des familles
tages, verrait-on encore comme Jeurs peres?
créoles mourir en cultivant
cultivateur &
Le propriétaire ne ferait plus le
tout ferait bouleverfé.
de répartir les.
Il faut donc trouver un moyen
égale portion à tous ceux qui y
héritages par démembrement ni divifion réelle, &
ont droit, fans
& force de Loi. On
donner à ce. moyen Fufage
.
avoir adopté l'inégalité des parcomme
Après
les ainés des familles
tages, verrait-on encore comme Jeurs peres?
créoles mourir en cultivant
cultivateur &
Le propriétaire ne ferait plus le
tout ferait bouleverfé.
de répartir les.
Il faut donc trouver un moyen
égale portion à tous ceux qui y
héritages par démembrement ni divifion réelle, &
ont droit, fans
& force de Loi. On
donner à ce. moyen Fufage --- Page 146 ---
122 Co NSID E R
ATfo N S
verra dans la fuite celui
meilleur. Avec le defir que je crois être le
aifément l'objet d'nne
d'étre ntile, s on faifit
Loi nouvelle
en tracer toutes les
; mais pour
lement des lumieres, difpolitions, il faut nonfcutorité (z).
il faudrait encore de l'auConfidérons maintenant
Thypochéque, du décret quel ferait l'effet de
& de la
Par rapport aux propriétés de la
faifie-réelle,
L'Edit de
Colonic.
les
1685, > permet de faifir réellement
habitations. Cette loi n'a
été
& perfonne ne s'en eft
jamais
exécutée
prévalu, 7
zoujours en des débiteurs lents quoiqu'il y ait
créanciers ardens,
à payer, & des
inexorables. Ce n'eft
on, 3 un préjugé favorable
pas, ditrigueur ; mais ferait-elle
pour cette voie de
elle
fondée en juftice, feraitpratiquable ? On prétend
ni poffible : c'eft
qu'elle n'eft ni
ce dont il faut s'affirer jufte,
Le premier effet de la faifie-réelle (2).
ferair de
(I) On trouvera dans le dernier
Ouvrage, où je donne une idée de Difcours la
de cct
viendrait le plus à la Coionie, les
loi qui conrendraient la voie de licitation
modifications qui
au partage effcéif ufité jufqu'à infiniment préférable
préfent.
(2) La failie-réelle eft
que tout eft en fol, en immeubles; pratiquable en France parde
prifes cafuelles, & le fol ne vaut icitout eft en entreque par le mobilier. --- Page 147 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 123
fixer la culture 3 il n'y aurait plus de progrès à
efpérer. Les fonds de terre prendraient une valeur
réelle, proportionnée aux revenus qu'ils produiraient, ce qui ferait à peu près le méme effet que
fi-les revenus étaient réduits au tiers. Les frais
d'exploitation feraient toujours cafuels & confidérables ; mais la main d'ceuvre diminuerait,
que la célérité du payement engagerait les ouvriers parce
à fe propofer à l'envi les uns des autres. Or les
marchandifes diminucraientà proportion de la main
d'oeuvre, ou bien elles refteraient invendues;
de certitude dans la valeur des terres
plus
hardieffe dans les
; plus de
de
entreprifes ; plus de moyen
réparer les mauvais fuccès ; plus de révolutions dans les échanges ; plus de fortunes
à faire.
Six caufes principales s'oppofent à l'établiffement des faifies-réelles. La richeffe des productions, l'intérét du commerce, les cas fortuits,la
mortatité des Negres, la difficulté d'établir
& enfin, la nature des objets à faifir (réel- ;
lement.
Les dettes aétuellement contraétées
à
qu'on prétend, la dixieme
font, ce
ployés à la culture
partie des capitaux em-
; mais les revenus font firr le
pied du hnitieme, & par conféquent
fuffifans
plus que
pour acquitter toutes les dettes dans une
'intérét du commerce, les cas fortuits,la
mortatité des Negres, la difficulté d'établir
& enfin, la nature des objets à faifir (réel- ;
lement.
Les dettes aétuellement contraétées
à
qu'on prétend, la dixieme
font, ce
ployés à la culture
partie des capitaux em-
; mais les revenus font firr le
pied du hnitieme, & par conféquent
fuffifans
plus que
pour acquitter toutes les dettes dans une --- Page 148 ---
124 Co NSID E R
feule année
ATIO N S
; on ne doit pas
quand les revenus fiffifent
attaquer le fonds ;
(r).
L'habitant n'oferait plus étendre fes
parce qu'un cas fortuit
entreprifes,
terme, il ferait expofé à l'empéchant fe
de payer aia
voir ruiner
faifie-réelle, ou à vendre fon
par une
fes
attelier
créanciers, ce qui ferait fatal à pour payer
Dans Thipothefe de la
la Colonie.
ment de terre du Juin faifie-réelle, > le tremblemutation
1770 aurait caufé une
de l'oueft. générale dans les propriétés de la
Quel
partie
à la culture ! bouleverfement! ! quelles entraves
utile & induftrieux, que d'habitations enlevéesà Thomme
inexpérimentés! > par des hommes indolens &
Chaque habitant
celui qui aurait fait reftreindrait fa dépenfe :
n'achetterait
une heureufe récolte *
dont les
que ce qui-lui ferait néceflaire
plantations n'auraient
; celui
refterait dans la
pas étép produaives s
gager fur l'efpoir privation ; il craindrait de s'end'une récolte
pourrait encore s'évanouir. La prochaine > qui
diminuéc, les liens du
confommation ainfi
brifés ; que donnerait-on commerce national feraient
en échange des denrées
plus (:) On peut objedter que les Habitans
le plus, grands rcvenus, ne font Pas ceux qui qui doivent ont les --- Page 149 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
del la Colonie ? Serait-il auffi avantageux de donner
pour une barrique de facre, 2 un diamant ou de
Tor, qu'un tonneau de vin ou une balle de toile?
Les revenus feraient exportés pour lc compte du
cultivateur. Déja de riches propriétaires fe font
retirés en Europe ; la confommation en a fouffert,
Il eft venu dans la Colonie, des navires
poitefaix, qui, n'ayant point de cargaifons à vendre,
ne rempliffent que la moitié des vues que la
métropole fe propofe. Les habitans qui n'ont
befoin des avances du commerce de France, pas
> n'ont
avec lui que très-peu de relations ; il faut au contraire que les befoins réciproques établiflent entre
les commerçans &c les cultivateurs, une chaîne de
dépendance ; la faifie-réelle romprait cette chaine,
en liquidant la Colonie, 3 & les faites feraient
pernicieufes à la Métropole.
Les faifies-réclles n'artaqueraient que les habitations mal établies ; c'eft au contraire celles qu'il
faut aider ; elles diminueraient la facilité d'établir,
il faut l'augmenter : la Colonie ferait
après
liquidée,
quelques années de défordre ; mais elle fe
détruirait néceffairement dans la
celui quin'aurait
fuite, 2 parce que
pas de forces pour entreprendre,
n'oferait s'en procurer, 9 ni faire
; &
celui qui aurait des richefifes, d'engagrmens;
ne les employerait
pas à une culture dont le commerce
prétendraic
parrager les bénéfices fans participer aux
rifques,
la Colonie ferait
après
liquidée,
quelques années de défordre ; mais elle fe
détruirait néceffairement dans la
celui quin'aurait
fuite, 2 parce que
pas de forces pour entreprendre,
n'oferait s'en procurer, 9 ni faire
; &
celui qui aurait des richefifes, d'engagrmens;
ne les employerait
pas à une culture dont le commerce
prétendraic
parrager les bénéfices fans participer aux
rifques, --- Page 150 ---
126 C 0 N SID a R: ATIo
N S
qui s'étendent continuellement à des
capables d'abforber les plus hautes fortunes capitaux
quelles des particuliers puiflent afpirer.
auxSi vingt Negres périffent en peu de tems
une habitation endettée de
fur
eft-il
quarante mille
plus avantageux de
livres,
que de remplacer le déficit de payer T'attelier? cette fomme, $
férable,
Il eft prés
> fans doute, de remplacer les
&
de maintenir
Negres
T'exploitation; & cette
efl d'autant plus jufte, que le créancier préférence
le retard de fes fonds, eft dédommagé fouffrant
qu'onlui paye; faut-il
par l'intérét
que par cette conduite
le cultivateur expofe fes
fage,
réelle ? faut-il,
plantatiens à la faifiepar exemple > que les ravagcs de
I2 petite vérole qui fe met dans fon attelier,
le ruiner fans reffource ?
puiflent
En faififfant récllement une habitation,
ment fatisferait - on à l'article
2 com
premier de TÉdit
de1ssr, qui exige la defcription exaéte des
faifis réellement, à peine de nullité?
objets
connaiffent les fucrcries,
Ceux qui
exaéte
conviennent que cette
defcription ferait une chofe difficilc. L'in=
ventaire d'une fucrerie, 5 qui ne doit pas être def
criptif comme un procès-verbal de faifie, eft un
ouvrage de longue haleine, Les conditions du bail
à ferme de T'habitation faifie,
2 feraient de la
grande importance ; quelles précautions
plus
on pour maintenir l'état de valeur de prendrait- la
manu-
Ceux qui
exaéte
conviennent que cette
defcription ferait une chofe difficilc. L'in=
ventaire d'une fucrerie, 5 qui ne doit pas être def
criptif comme un procès-verbal de faifie, eft un
ouvrage de longue haleine, Les conditions du bail
à ferme de T'habitation faifie,
2 feraient de la
grande importance ; quelles précautions
plus
on pour maintenir l'état de valeur de prendrait- la
manu- --- Page 151 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE.
facure? Comment conferver l'intérét du propriétaire & des créanciers, empécher les Negres de
s'enfuir, > obvier à la perte de revenus confidérables, dans l'intervalle & jufqu'à la prife de pof
feflion du bail à pourfuivre par le commiflaire
à la faifie-réelie ? Que d'oppofitions
créances
de différentes nature ! quelles difcuflions pour firr les
priviléges! que de longueurs à effayer! mais qui
pourrait réunir affez d'argent monnoyé
rendre
3 pour fe
adjudicataire & dépofer au Greffe le
d'une fucrerie ? A plus forte raifon
prix
faifirait cent à la fois.
quand on en
: A l'égard des maifons fituées dans les villes
& bourgs, rien n'empéche de les faifir récllement. Mais qu'on raffire les Cultivateurs,qw'one
hâte de profcrire la loi qui foumet leurs habitations à la faific-réelle, elle ne peut être firppofée comforme aux intentions du Légiflateur.
Les inondations 7 ies ouragans, les tremblemens
deterre,
doivent-ils donc
sAureaslnmieis
porter dans la Colonie un dé
fordre continuel & irréparables? Neft-il
trop avantageux aux créanciers de ne fouffir pas
qu'un retardement déjà compenfé par les intérêts
(r) Les chaines de T'efclavege n'augmertent pas la
durée de l'exiflence humaine, eilcs l'abrégent fi ellos
fonr trop pefantes,
agans, les tremblemens
deterre,
doivent-ils donc
sAureaslnmieis
porter dans la Colonie un dé
fordre continuel & irréparables? Neft-il
trop avantageux aux créanciers de ne fouffir pas
qu'un retardement déjà compenfé par les intérêts
(r) Les chaines de T'efclavege n'augmertent pas la
durée de l'exiflence humaine, eilcs l'abrégent fi ellos
fonr trop pefantes, --- Page 152 ---
128 C O NSID E R A TIO
N S
gu'on leur paye? Les
pole femblent
commerçans de la Métrotoujours être les plus
mais leur titre n'eft point favorable, impatiens 3
intérêts qu'ils exigent
puifque les
bénéfices de la
portent également fur les
des
vente, & fur le prix originaire
marchandifes; & fi le produit des revenus
de,la Colonie doit fe
entre les Cultivateurs partager continuellement
& les
quoi ceux -ci
Commerçahs, 2 pourcefferaient - ils de
frais de la culture & aux
contribuer aux
exige?
avances que la terre
En général, on ne doit
les dettes relatives
point s'étonner que
aux grandes entreprifès,
lentement payées, les malheurs
foient
vent en réfulter, font rachetés
privés qui peu-
& c'eft véritablement le
parl'utilité générale,
cas où l'on
que le bien public doit étre
peut dire
de quelques
préféré à l'aifance
convient
particuliers : cependant, comme il
que toutes les dettes foient
ou remifes après un certain
acquitrées,
ne doit demeurer
tems, & que rien
arbitraire, il refte à
un moyen de recouvrement plus efficace propofer
faifie-réelle ; ce ferait de faifir & baillerà que la
Il ne peut en réfulter
ferme.
Colonie, les terres
auçun préjudice pour la
feraient également
le commerce n'en fouffrirait
cultivécs,
feraient les
point les revenus
mêmes, ils pourraienc
encore par l'émulation du Fermicr,
s'acroître
qui ne peut
s'enrichir --- Page 153 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
s'enrichir dans l'entreprife d'un bail, qué par les
forces qu'il ajoure à celles qu'il reçoit du
bailleur.
On verra dans la fuite la maniere dont ce
moyen de recouvrement pourrait étre
il cauferait peu de frais, il pourrait employé; devenir
profitableen même tems pourle Fermier lescréanciers & le débiteur lui-même : bien différent de
la faifie-réelle, il ne donnerait aucune atteinte
au droit de propriété ; puifque le bail à ferme,
fous quelqu'afped qu'on veuille Tenvifager, n'eft
jamais qu'un aéte confervatoire.
e
Tome I.
I
ce
moyen de recouvrement pourrait étre
il cauferait peu de frais, il pourrait employé; devenir
profitableen même tems pourle Fermier lescréanciers & le débiteur lui-même : bien différent de
la faifie-réelle, il ne donnerait aucune atteinte
au droit de propriété ; puifque le bail à ferme,
fous quelqu'afped qu'on veuille Tenvifager, n'eft
jamais qu'un aéte confervatoire.
e
Tome I.
I --- Page 154 ---
130 Co N - SID E R
TIO
N S
DISCOURS IIL
De PEfelavage des Negres.
LIDÉE
que T'homme fauvage
le plus
puiffe concevoir
difficilement, eft celle de la
aul contraire, le fentiment le
fervitude;
nature, eft la
plus près de la
pitié : c'eft de ce fentiment
toutes les vertus Humaines tirent leur
que
en réfulte
origine; il
que l'homme naturel eft le plus difpofé à la vertu, & que l'homme le
du monde policé eft
plus vertueux
celui qui eft le
la bienfaifance eft
plus libre ;
l'appanage de la liberté,
Il ne faut donc pas s'étonner que les
en devenant nos efclaves, contra@tent Negres,
nité de vices qu'ils n'avaient
une infiils perdent
pas dansl l'état naturel ;
il cft
envers nous le fentiment de la pitié;
également certain que nous n'avons
ce fentimeut pour
point
eux, parce que nous fommes
éloignés de Ia nature, & que nous ne fommes
pas libres ; nous fommes réduits à foutenir
politique inhumaine, parune
une
nous fommes attachés à fuite-dadionseruciles
une fociété dont les
charges font immenfes, appellés à des
dans lefquels notre ambition
emplois
élever de
nous porte à nous
plus en plus, & entraînés
foule de paffions
par une
que nous voulons affouvir : ne --- Page 155 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE.
pouvant brifer tant de chaînes, nous voulons les
polir & les rendre brillantes, & nous
à cet ouvrage des milliers de
employons
nature avait faits
la
bras, que la
pour liberté.
Les Philofophes en murmurent, &c
ils participent à cette iniquité,
cependant
font point encore retirés" dans les puifqu'ils ne fe
ils le droit de nous
défèrts ; ontreprocher un mal
avons trouvé dans fa force? Si leurs
que nous
damnent la naiffance &
écrits en conles progrès, leur
lence les approuve. La fociété
indode tous tems, , & montrera humaine a montré
des hommes
toujours la violence
puiflans & la foumiffion des
Telle eft fon origine, telle eft fa
faibles.
T'homme robufte, qui le
conflitution;
premier fe fit
opprima bientôt lest bergers, & devenu chaffeur,
il les força à creufer les entrailles
gucrrier,
Nous nous
de la terre.
état violent retrouvons, pour ainfi dire, dans cet
de la premiere fociété, mais
cette différence que nous fommes foumis avec
influences
à des
elle-méme politiques, & que la race des
eft efclave.
tyrans
Nos terres ne font cultivées
des Negres,
que par le fecours
quand ils font employés à la culture, ils ne peuvent plus en être
le confentement du
détachés fans
ja terre, l'intérét maître, ils fiivent le fort de
qui ne veut pas
reur foit privé de fa charrue
que le labou-
& de fes
baeufs, nc
I ij
mis avec
influences
à des
elle-méme politiques, & que la race des
eft efclave.
tyrans
Nos terres ne font cultivées
des Negres,
que par le fecours
quand ils font employés à la culture, ils ne peuvent plus en être
le confentement du
détachés fans
ja terre, l'intérét maître, ils fiivent le fort de
qui ne veut pas
reur foit privé de fa charrue
que le labou-
& de fes
baeufs, nc
I ij --- Page 156 ---
132 Co N S I D E R A
fouffre point
TIO N$
dés efclaves, que nous foyons fruftrés du
qui deviennent entre
travail
inftrumens de la récolte. Je
nos mains les
Negres, comme attachés confidérerai donc les
que nous exerçons fur au fol, & la propriété
de la propriété des terres. eux, comme une fuite
à examinér fi
Je ne m'arrérerai
eft du moins cette Propriété eft
point
avantageufe ; &
légitime, 2 elle
avec humanité, leur
fi on les traitait
heureux. C'eft du fein efclavage ne ferait point malde
pareffe, qu'ils font tirés Tignorance & de la
des travaux utiles, & la pour étre appliqués à
ils font tranfplantés leur fertilité du pays où
doux.
promct un fort affez
Ceci pofé : fans m'arrétér à
inutiles, je vais confidérer
des diftintions
de cette Colonie dans
à la fois les Negres
l'état
légiflatif Je parlerai de politique, naturel &
mceurs, & de leurs
nos intéréts, de leurs
maniere dont ils font inclinations, enfin de la
nos injuftices.
gouvernés, c'cfia-dire, de
Les Negres font bons &
ils font laborieux
faciles à conduire;
quand ils ne font
ragés : aucune elpecc d'hommes
pas découligence; elle fe développe
n'a plus d'intelqu'ils foient civilifés,
méme chez eux avant
de cette bonne
2 parce qu'ils ont beaucoup
volonté,
tems la force de travailler qui donne en méme-
& les difpofitions
font inclinations, enfin de la
nos injuftices.
gouvernés, c'cfia-dire, de
Les Negres font bons &
ils font laborieux
faciles à conduire;
quand ils ne font
ragés : aucune elpecc d'hommes
pas découligence; elle fe développe
n'a plus d'intelqu'ils foient civilifés,
méme chez eux avant
de cette bonne
2 parce qu'ils ont beaucoup
volonté,
tems la force de travailler qui donne en méme-
& les difpofitions --- Page 157 ---
SUREACOLONIE DE S. DOMINGUE. 133
néceffaires
le travail. Si nous : voulons en
pour
il faut les traiter
exiger de grands ouvrages,
humainement &. les accoutumer gradativement a
ine difcipline exaéte & invariable.
Il ne faut rien leur retrancher fir le tems du
ni fur celui qui leur eft néceffaire pour
repos cultiver , des vivres (r);il faut en avoir un grand
foin dans leurs maladies, il faut les rendre heucela n'eft
difficile, - car ils fe conreux :
point
tentent de peu. :
Les Negres font en général fobres & patiens;
mais fi Pon ne leur donne pas le tems de cul-.
tiver pour
fil'on ordonne des travaux forcés
eux,, : de
fi l'on diftribue
la nuit, fous le nom veillécs,
ils volent
Teurs jardins dans un mauvais terrein.,
(:) Les Negres ont pour eux la journée du Dimanche ; dans le refte de Ia femaine iis n'ont que le foir
après le coucher du foleil, & depuis midij jufqu'à deux
heures; ; on leur donne des terres à cultiver pour fe
nourrir. Dans les fucreries où l'arrofage eft pratiqué,
ils font ordinairement dans l'abondance, on leur donne l'eau la nuit du famedi & toute la journée du Dimanche ; leurs plantations fuffifamment arrofées ne
manquent prefque jamais. Les Negres font moins heureux dans la plaine du Cap : on a été réduit plufieurs
fois àleur permettre d'ailer travailler chez ceux qui vou*
draient les nourrir. Dans les montagnes oû les pluics
font fréquentes & le climat plus frais 2 le manioc, les.
légumes &c Ics racines croiflent facilement.
Iij
donne l'eau la nuit du famedi & toute la journée du Dimanche ; leurs plantations fuffifamment arrofées ne
manquent prefque jamais. Les Negres font moins heureux dans la plaine du Cap : on a été réduit plufieurs
fois àleur permettre d'ailer travailler chez ceux qui vou*
draient les nourrir. Dans les montagnes oû les pluics
font fréquentes & le climat plus frais 2 le manioc, les.
légumes &c Ics racines croiflent facilement.
Iij --- Page 158 ---
134 Co N S ID É R A
les vivres réfervés
T.IO N S
tuent les animaux pour la maifon du
dans les
maitre,
des incurfions chez les favannes (t), & font,
envers eux, fi nous voulons voifins. Soyons juftes
envers nous. On doit veillér gu'ils foient dociles
aient toujours abondamment fur-tout à ce qu'ils
d'étre recueillis, & ne. leur de vivres en état
qu'ils ne peuvent
laiffer vendre que.ce
tations viennent à pas confommer. Si leurs plandoivent
manquer
pas en fouftir; ; le maitre fortuitement, ils ne
nourrir à fes dépens,
doit alors les
coûte. Quand la faifon quelques eft
fommes qu'il en
pour eux qu'un feul
bonne, ils n'exiftent
devons les nourrir
jour par femaine; nous
car alors ils ne vivent quand la faifon eft contraire,
Plus les
que pour nous.
ils font Negres font heureux & riches,
laborieux,
plns
terreins, afin qu'ils aient Donnons - leur de grands
& d'en retirer du
l'ambition de les cultiver
leur donner les
profit : qu'en coûtera-t-il a
fertiliferont fous meilleures terres? Les nôtres fe
n'ont
leurs mains. Les
point de lits, de femmes &
Negres qui
pareffeux, fiujets aul maronage
d'animaux, font
à T'habitation, ils
; rien ne les attache
des hommes
craignent les Blancs, comme
furieux; ; quand leur fort eft meilleur,
(1) Saranne, paturage, prairie, --- Page 159 ---
LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 135
SUR
leurs maîtres comme des dieux
iis chériffent
bienfaifans. (1)
laborieux eft
Sous un bon maitre, ile Negre
heureux que ne l'eft en France, le payfan
plus
fes enfans font élevés
qui travaille à la journée ;
dans lamaifon principale, avec un foin particulier;
fa femme, compagne de fes travaux, eft
dans fa groffeffe, & fecourue dans
ménagée fes befoins ; il eft à l'abri de toute inquiétous
d'hier eft pour lui comme celui
tude: Le jour
du lendemain : il dort fans crainte des Sergens,
& boit fans payer les maltotiers; perfonne ne.
la
qu'il a nourrie, le
partage avec lui,
poule femé, ni le prix du
produit du grain qu'il a
les
qu'il éleve. Sa voix fait retentir
poulin fertilifés, & donne à fes compagnons
champs
fa tâche eft modérée, & dès
Texemple de lajoie :
de fes
qu'elle eft finie, il n'eft occupé que
zele
plaifirs; les intervalles du repos rendent fon
plus actif. N'allez point chercher en France un
bonheur qui vous fuit, Créoles voluptueux! !
adouciffez le fort de vos efclaves, vous le trouverez dans voS demeures (2); vous n'y verrez.
des hommcs s'exprime tou-
(1) La reconnoiffance
jours ainfi :
Deus nobis hac otia fecit.
Les abus d'autorité ayant porté un coup fatal
(2)
I iv
plaifirs; les intervalles du repos rendent fon
plus actif. N'allez point chercher en France un
bonheur qui vous fuit, Créoles voluptueux! !
adouciffez le fort de vos efclaves, vous le trouverez dans voS demeures (2); vous n'y verrez.
des hommcs s'exprime tou-
(1) La reconnoiffance
jours ainfi :
Deus nobis hac otia fecit.
Les abus d'autorité ayant porté un coup fatal
(2)
I iv --- Page 160 ---
136 Co N SID E R
que des vifages
ATIO N S
rians : le travail n'aura
alpedt révoltant, il deviendra
plus un
agréable.
facile & même
Mais fous un maître cruel,
&
l'efclave tremblant
famélique, 3 gémit accablé fous le
travaux : pour punir fa faibleffe,
poids des
réparer, on fait ruiffeler
au lieu de la
redoublés d'un fouet
fon fang fous les coups
s'allier à fa
qui le déchire. Il craint de
enfans
compagne, & de donner l'être à des
malheureux comme lui, tantôt
tantôt affiégé par les maladics;
fugitif,
augmente à chaque
fon défefpoir
propres mains
inflant : il s'immole de fes
tombe
aul chagrin qui le
dans un dépériffement
dévore, OlE
celui qui le
également fatal àl
perfécute : les tyrans font
victimes de leur
toujours
propre furcur.
Le pays où regne
Phomme qui n'a
lefelavage, eft Pécueil de
Lhabitude
que les apparences de la vertu,
de fe faire obéir rend le maître
prompt, dur, colere, injufte,
fier,
fait infenfiblement
cruel, & lui
morales.
manquer à toutes les vertus
Cependant s'il les oublie, la crainte de
à la tranquillité publique,
leurs terres ; il faudrait pour fixer les habitans fur
prouver qu'un
d'abord les raffurer & leur
fans bornes pouvoir, quc jufqu'à préfent ils ont
faire le mal, 2 ne pourra s'étendre à l'avçnir jufqu'à cru
ufte,
fier,
fait infenfiblement
cruel, & lui
morales.
manquer à toutes les vertus
Cependant s'il les oublie, la crainte de
à la tranquillité publique,
leurs terres ; il faudrait pour fixer les habitans fur
prouver qu'un
d'abord les raffurer & leur
fans bornes pouvoir, quc jufqu'à préfent ils ont
faire le mal, 2 ne pourra s'étendre à l'avçnir jufqu'à cru --- Page 161 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 137
SUR LA
il
efclaves le tourmente fans ceffe s
fes propres milieu de fes ennemis.
eft feul au
le caraêtere atroce
Les Negres n'ont pas
; ils
& la crainte leur ont attribué
que lignorance
fur leurs maîtres une
n'ont prefque jamais' porté
ont
& ceft de nous qu'ils
main homicide,
Cependant la plôpare
appris Tufage du poifon (1).
depuis vingt ans a été fatal à tant
(2) Le poifon, qui
du Cap, n'eft point
d'hommes dans la dépendance
un forde végétaux ; ce n'eft pas un fecret,
le
compofé
comme le peuple de la Colonic
tilege (Ouanga)
qui avait chez lui >
croit imbécillement, Un Droguiflc fublimé corrofif, mourut
d'arfenic & de
une- quantité
& fon mobilier fut mis à l'encan 5
pendant la guerre, & le fublimé corrofif parmi d'auon vendit P'arfenic
libre en acheta & en fit
tres drogues ; un Negre avec un Negre chef de
acheter ; il était en liaifon
avait des intelligenNegres marons (Macanda) qui il fut le diftributeur
d'habitations,
ces dans beaucoup
qu'il voulàt emdu poifon. Il n'y a pas d'apparence eût une ligue, une
poifonner tous les Blancs, qu'il maitre de-la Colonie; car
confpiration pour fe rendre
il ne fit empoifonau lieu d'empoifonner des Blancs; de Blancs : ainfi on
ner que des Negres & très-peu fut entre fes mains que
affurer que le poifon ne
peut Vinfrument d'une vengeance particuliere.
les pro*
voir au Greffe du Confeil di Cap >
On peut
contre Macanda, Pompée 7 Ancédures criminelles- Laurent, & autres brâiés depuis 5
gélique, Brigite,
d'arfenic & de fublimé cortous ne fc font fervis que
au lieu d'empoifonner des Blancs; de Blancs : ainfi on
ner que des Negres & très-peu fut entre fes mains que
affurer que le poifon ne
peut Vinfrument d'une vengeance particuliere.
les pro*
voir au Greffe du Confeil di Cap >
On peut
contre Macanda, Pompée 7 Ancédures criminelles- Laurent, & autres brâiés depuis 5
gélique, Brigite,
d'arfenic & de fublimé cortous ne fc font fervis que --- Page 162 ---
138 C 0 N S I D E R A
des Blancs
TI O N S
ne vit que dans la crainte
prefque tous combien leurs
;ils fentent
efclaves font cn droit
rofif, Le malbeur des
uniquement que d'un défaut empoifonnemens de
ne vient donc
du Port-au-Prince, à la
police, Dans le reffort
Ifles, les
Jamaique & dans les autres
empaifonnemens font
gres faifaient en Guinée l'étude très-rarcs ; fi les Nepar-tout ufage de la funefle du poifon, ils feraien:
portée de leurs pays. Ils fcienice qu'ils auraient aplité dans le bas de la
auraient beaucoup de facirapprochées:
côte, où les babitations font moins
Les Negres du Cap
doute la diftribution du continueront long-tems fans
les moyens d'en faire des poifon 3 ils ont eu le tems &c
parce qu'on n'efpere
amas ; c'eft
fubfifter
plus arrêter ce
apparemment
cent boutiques de
fléau, qu'on laiffe
tous les
Droguifles, qu'on
Chirurgiens & leurs
fouffeque :
macie, Cepepdant on brûle fans Negres exercent la pharves, quelquefois même fans miféricorde, fans préucufé de poifon
indices, tout Negre
injufte.
; je ne conçois pas bien cette accupolitique
En 1774, un jeune
on trouva dans fa
Negre fut arrêté par hafard ;
le tenir d'un
poche un Paquet d'arfenic, il déclara
Sur cette déclaration Negre, efclave d'un Chirurgien du
cien ; il mourut
on emprifonna le Negre
Cap.
avant le jugement.
Pharmafans autre indice du crime
L'accufé fut brôlé
le Negre Apothicaire n'était que le poifon trouvé. Si.
occafion de donner
pas mort, il aurait fourni
freres de fon maître. un exemple néceffaire aux conpareil cas être punie L'imprudence du maitre doit en
plus féverement que le crime de
claration Negre, efclave d'un Chirurgien du
cien ; il mourut
on emprifonna le Negre
Cap.
avant le jugement.
Pharmafans autre indice du crime
L'accufé fut brôlé
le Negre Apothicaire n'était que le poifon trouvé. Si.
occafion de donner
pas mort, il aurait fourni
freres de fon maître. un exemple néceffaire aux conpareil cas être punie L'imprudence du maitre doit en
plus féverement que le crime de --- Page 163 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 139
SURLA
le maitre biende les hair , & fe rendent juflice; femblables terreurs; &
faifant n'éprouve point de
fes efclaves font fes amis.
méchans, un
Siles Negres étaient naturellement cent au milieu
feul homme n'en gouvernerait pas reculée, comme
des bois, dans une montagne Le Maitre vit en
cela fe voit depuis cent ans.
& de fes dofécurité au milieu de fon attelier des armes fans
meftiques, & peut leur donner contre lui.
craindre qu'elles foient tournées
empreffés
Combien les Negres ne font-ils pas maladies L
de leurs Maîtres dans leurs
amprès
travaille pour nourrir
Souvent une feule Négreffe
de rien, il
& ne le laife manquer
fon Maitre,
n'endure aucun des befoins phyfiques Negre à talens
Il eft paffé en ufage, (*) qu'un donnant tous les
peut difpofer de fon tems, fon en Maitre : il y en a
mois une certaine fomme à
feuleefpece de poifon,
l'efclave: Iin'y a dans IIflequ'une
mais cette plante
c'eft le jus de la canne de Madere, On cite encore
Parfenic cft comiun.
eft auffi rare que
Rofe, la graine de Lilas ;
le Mancanilier, le Laurier n'a ce prompt effet qu'on
mais aucuns de ces végétaux
n'empoifonne que les
leur attribue ; la fleur de Quebec
chevaux & les boeufs.
nous
eft funefte autant qu'il eft injufte 3
(3) Cet ufage
le ferons voir en traitant de la police générale.
On cite encore
Parfenic cft comiun.
eft auffi rare que
Rofe, la graine de Lilas ;
le Mancanilier, le Laurier n'a ce prompt effet qu'on
mais aucuns de ces végétaux
n'empoifonne que les
leur attribue ; la fleur de Quebec
chevaux & les boeufs.
nous
eft funefte autant qu'il eft injufte 3
(3) Cet ufage
le ferons voir en traitant de la police générale. --- Page 164 ---
CONSID É R A
au Cap, qui
TIa N S
payent un tribur
tres par mois : ils n'ofent
de quarante piafulage
rien détourner
perfonnel, ils fe
pour leur
completter la fomme
privent - de tour pour
On peut
exigée.
voyager nuit &
zoute la Colonie
jour, fans armes, dans
les Negres
; onn'y rercontre pas de
marons ne font de
voleurs;
Les
mala
Negres font fouvens les
perfonne (r).
faiblefles, les
confident de nos
eft fous leurs dépofitaires de notre
tout
mains dans nos
argene,
pectent notre
maifons; ils fefconfiace, ils font bienfaifans
les
(1) I1 s'efformé au-deffus
bois, dans des pays
de la montagne des grands
marons, qui offrent inaccellibles, une horde de
vent Ies aller
afyle à tous les efclaves Negres
bles furvenus joindre. On dit que
qui peuen. 1718, entre les pendant les trouEfpagnole s des Negres de lat nations Françaife &
réfugierent fur les terres
Golonie Françaife fe
troubles, la Cour d'Efpagne dEfpagne; qu'à la fin des
gitifs fuffent rendus aux vouint que-les Efciaves firrété un grand nombre, mais Français ; qu'on-en-avoit ar--
fe fouleva & les remit
que la populace
terent dans les
en liberté $ qu'enfin ils Elpagnole fe reti5 font demeurés. montagnes les plus hautes de
fable.
Mais il ne faut
Pile, &
de les Quoi qu'il en foit, on a inutilement pas: adopter cette
détruire, ils fubfiftent
entrepris
affez foris pour faire craindre toujours; ; ils ne font point
lonie ; on eftime que lcur
une invafion dans la Coou 800 de tout age & de nombre ne va pas au-delà dc 7
toutfexc.
pagnole fe reti5 font demeurés. montagnes les plus hautes de
fable.
Mais il ne faut
Pile, &
de les Quoi qu'il en foit, on a inutilement pas: adopter cette
détruire, ils fubfiftent
entrepris
affez foris pour faire craindre toujours; ; ils ne font point
lonie ; on eftime que lcur
une invafion dans la Coou 800 de tout age & de nombre ne va pas au-delà dc 7
toutfexc. --- Page 165 ---
SURIA COLONIE DE S. DOMINGUE. 141
ans envers les autres ; un Negre n'endure > pas
la faim quand fon camarade a des vivres.
On fouffre mal-h-propos qu'ils faffent le com
de Toiles
leurs Maîtres, ou fur le
merce.
mais pour ils font exaéts à rendre
crédit public ;
& regardent comme un dépôt le prix
compte,
ont achetées à crédit.
des marchandifes qu'ils
Ils font tendres & lafcifs, ils aiment la danfe
& les plaifirs, & ont béaucoup de difpofitions
à la mufique ; il n'y a rien de mélodieux dans
feurs chants, mais ils ont une jufteffe & une
précifion odmirables : 011 les entend chanter en
& fur différens refreins, en culcivant la
parties,
la difcordance dun for
zerre, fans que jamais
faux Ol trop hâté trouble leur harmonie.
& la mort méme;
Les plus grands dangers,
n'effrayent point les Negres : ils font plus coura*
qu'il n'appartient à des hommes foumis a
geux
ils paraiffent infenfibles au milieu des
Fefclavage ;
tourmens', & font enclins all fuicide.
Ils apprennent affez facilement toutes fortes
pas beaucoup de
de métiers : plufieurs n'ayant
ihéorie ne font pas en état d'entreprendre de
>
mais ce font de bons ouvriers
grands ouvrages 2
Ils réuffiffent
fous les principaux Entrepreneurs.
parfaitement 2ux ouvrages de Menuiferie ; il Y.
én a d'habiles dans I'Horlogerie & dans TOrféwrevie, mais ils font plus rares.
icide.
Ils apprennent affez facilement toutes fortes
pas beaucoup de
de métiers : plufieurs n'ayant
ihéorie ne font pas en état d'entreprendre de
>
mais ce font de bons ouvriers
grands ouvrages 2
Ils réuffiffent
fous les principaux Entrepreneurs.
parfaitement 2ux ouvrages de Menuiferie ; il Y.
én a d'habiles dans I'Horlogerie & dans TOrféwrevie, mais ils font plus rares. --- Page 166 ---
142 CONSID E RATIO
N S
Ils ne font pas, comme on voit,
d'intelligence, & les Ecrivains
dépouvus
pofé des facultés
qui leur ont fupbornées, les ont jugés
lépérement.Isfontaue contraire adroits &
trop
ils méritent l'attention du
fpirituels;
fage, car s'ils
pas toutes les vertus, ils font
n'ont
des vices. On
exempts de bien
peut juger, par la bonne conduite
qu'ils tiennent dans l'état de
ils feraient
liberté, de ce dont
capables étant bien dirigés. (z)
(1) En voici un exemple récent &
connu dans la dépendance du
généralement
Un habirant de la plaine du Cap Cap.
Cuifinier en France; la
emmena fon Negre
dit infolent, & fon maître fréquentation des Blancs le renJe vais te
n'en pouvait plus jouir.
es devenu mauvais renvoyer au Cap, lui dit-il un jour, tu
ferais
; je pourrais. te vendre, mais
pas plus riche en te rendant
je ne
te donne la
plus malheureux : je
homme.
liberté, va travailler & fois honnète
Louis fut touché de la bonté de fon
promit d'être fage & laborieux
maitre, &
cabaret, il leva enfuite
; il tint d'abord un
nier, il fut accrédité; une penfion; ; il était bon cuifiauberge du
& fit enfin il entreprit la principale
Cap
une grande fortune.
Il apprit pendant la derniere
était dans la mifare à
guerre que fon maitre
cès à foutenir dans fa Bordeaux, & qu'il avoit un prode fa fortunc. Il n'avait Colonic pour recouvrer le refte
jui devoit tout, il fut point oublié ce bon maitre; il
reconnoiffant.
fut accrédité; une penfion; ; il était bon cuifiauberge du
& fit enfin il entreprit la principale
Cap
une grande fortune.
Il apprit pendant la derniere
était dans la mifare à
guerre que fon maitre
cès à foutenir dans fa Bordeaux, & qu'il avoit un prode fa fortunc. Il n'avait Colonic pour recouvrer le refte
jui devoit tout, il fut point oublié ce bon maitre; il
reconnoiffant. --- Page 167 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
On a dit que les Efclaves
ne
contenus par les loix
pouvaient étre
font point dans la
civiles, parce qu'ils ne
être foumis
fociété, & qu'ils ne peuvent
qu'à une loi de famille,
à la loi du maitre. Je crois
c'ef-à-dire, >
eft néceffaire
au contraire qu'il
que les Efclaves de cette
foient foumis à une. loi
Colonie
changer, &
civile, qui ne
non pas à la loi du
peut
n'eft autre chofe que fà volonté; maître, qui
clave était foumis
; car fi l'EC
uniquement à la loi du
il en réfulterait que le maître
maitre,
Ie droit de vie & de
aurait fur lui
mort, ce qui
tous les principes ; il ferait à la fois répugne à
l'accufateur & le juge ! : Ce ferait Toffenfé, 3
toute idée de Juftice.
confondre
Les Negres des
Colonies-Francaifes font
au Code pénal, & jugés fuivant
foumis
l'Ordonnance criAyant fait paffer à Bordeaux une fomme
pour fubvenir aux premiers befoins de
confidérable
il le pria d'en recevoir autant
fon bienfaiteur 3
vit lui-même le Procès fon tous les ans. Il pourfuifurent
; argent & fes
ne
pas inutiles ; & fon ancien
diligences
mes de joie , en
maître verfa des larrevoyant un fi bon efclave.
Quel homme a montré plus de
&
civiles que le Capitaine Vincent, courage de vertus
plus de cent ans? Il commandait Negre, ,à préfant Agéde
la guerre de 1744. Il était encore un Corfaire dans
plein
peét pour les Biancs, & l'un des d'humanité, de reffamille que l'on puiffe trouver, meilleurs peres de
& fon ancien
diligences
mes de joie , en
maître verfa des larrevoyant un fi bon efclave.
Quel homme a montré plus de
&
civiles que le Capitaine Vincent, courage de vertus
plus de cent ans? Il commandait Negre, ,à préfant Agéde
la guerre de 1744. Il était encore un Corfaire dans
plein
peét pour les Biancs, & l'un des d'humanité, de reffamille que l'on puiffe trouver, meilleurs peres de --- Page 168 ---
*44. Co N $ I D E R ATIo N S
minelle ; l'Edit de 1685, regle les punitions
leurs maitres peuvent leur infliger, & établit que
forte de proportion entre les fautes & le châ- une
timent ; mais cela n'empéche pas que des
ne périffent journellement dans les
Negres
fous le fouet; qu'ils ne foient affommés, chaînes, ou
brûlés fans aucune formalité
étouffés,
refte
(=) : tant de cruautés
toujours inpunie & ceux qui l'exercent
font ordinairement des fcélérats
gens nés dans la fange des vilies réfiugiés, de
ou des
hommes les plus vils, fort auffi les l'Europe ; les
La bienfaifance
plus barbares.
qui gagne les coeurs, la févérité
qui eft une fuite de la'
font les
de contenir les
juftice, 3
moyens
Negres. Ils peuvent s'accoutumer
à la fervitude, mais il ne faut pas que le maitre
foit plus dur & plus cruel envers eux
la
fervitude elle - même. Les Efclaves n'ont que
troublé la République
point
était
d'Athénes, où l'humanité
refpedtée, jufque dans leurs perfonnes. Les
Ilotes ont troublé l'état à Lacédémone, ils l'ont
même ébranlé.
Non-feulement nous fommes injuftes envers nos
Efclaves, nous le fommes encore envers ceux
(1) Ces atrocités commencent à devenir
& l'intérêt a prefcrit aux habitans de la Colonie plus rares, $
modération que T'humanité feule aurait da leur inf- une
pirer.
des
ité
refpedtée, jufque dans leurs perfonnes. Les
Ilotes ont troublé l'état à Lacédémone, ils l'ont
même ébranlé.
Non-feulement nous fommes injuftes envers nos
Efclaves, nous le fommes encore envers ceux
(1) Ces atrocités commencent à devenir
& l'intérêt a prefcrit aux habitans de la Colonie plus rares, $
modération que T'humanité feule aurait da leur inf- une
pirer.
des --- Page 169 ---
PURIACOLONIE DE St
des
DOMINGUE-143
autres. Un Efclave doit étre. admis à-fe
plaindre lorfqu'il a été maltraité 05tE
que fon maître ; c'elt afléz; de luiroeer. iPBF la
naturelle
fans
C
(2),
lni interdire_Ja
:s
defenfe
A Saint - Domingue
civile.
maltraite
2.. quicongue eft Blanc
impunément les Noirs. Leur
eft
fituation
telle, > qu'ils font elclaves de leurs maîtres
'du public. Dans.le tort que l'on frità
&
les Juges font dans I'ufage de ne-confidéret untefelave,
diminution de fon prix. On devrait
que la
punir févérement celui
au contraire
qui a maltraité l'efclave
d'un autre : il eft horrible d'ajouter la
ia fireté à celle de la liberté,
perte dé
Cependant il ferait pent
une
loi trop favorable étrerlangeteux deporter
Romains ils
aux efclaves ; chez les
3 étaient livrés, fans
des fupplices dont les ingenus étaient adouciffement, , à
loia été plus fevere
exempts. La
les Nations,
pour eux dans prefque toutes
leur fang eft politiquement
comme moins précieux : mais nous
regardé
Jaiffons agir cette loi
particuliers ;
point à leurs malheurs rigoureufe, & n'ajoutons
la voix de T'humanité par notre dureté ; écoutons
mérite
; celui qui y eft fourd, ne
pas d'étre compté au rang des hommes.
(1) Les Negres efclaves, & même
la Colonie, font menacés de
les affranchis de
dre contre un Blanc, même mort s'ils ofent fe défenTome 1.
après en avoir été frappéss
K --- Page 170 ---
446 CONSID E
RATIO N
Venez avec moi fur les habitations
"Colois, qui favent
de quelques
joindre la - vigilance à la
douceur ; c'eft dans leurs familles
vous choifir des modeles
que vous devez
; rien n'eft fi fort
Téxemple, le précepte n'en
que
approche pas (r).
05 93
(r) Lungium efitèr per pracepta.. Tac,
Milius jubeur
ezemplo, PLIN, 33
Page 170 ---
446 CONSID E
RATIO N
Venez avec moi fur les habitations
"Colois, qui favent
de quelques
joindre la - vigilance à la
douceur ; c'eft dans leurs familles
vous choifir des modeles
que vous devez
; rien n'eft fi fort
Téxemple, le précepte n'en
que
approche pas (r).
05 93
(r) Lungium efitèr per pracepta.. Tac,
Milius jubeur
ezemplo, PLIN, 33 --- Page 171 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
DISCOURS IV.
Des prétentions que l'on
peut avoir
à la fortune.
Lrs fentiers qui conduifent
fortune, font aufli
ait temple de la
nombreux que les détours du
labyrinthe. La Déefle parait au bout de
allée ; on s'avance vers elle fur les ailes du chaque
mais fouvent elle échappe à celui
tems ;
Quelques
qui la pourfiit.
Français ont fu la fixer à SaintDomingue ; mais il faut avoir
dieffe & de conflance
beaucoup de har2 ou étre doué d'un rare
bonheur, pour y réuffir comme eux.
Si l'on prétend à la fortune dans
c'eft la culture des
cette Colonie,
la donner ; mais
terres en propriété qui doit
cette propriété eft devenue
difficile à acquérir. Pour
bien
entreprendre les
eultures, il faut avoir des
grandes
capitaux & du
ceux qui arrivent dans la Colonie,
crédit ;
rement éloignés de ce
5 étant ordinaid'autres
point-là; il n'y a pour eux
moyens que de fe rendre utiles à T'habitant, foit en l'aidant dans fa
véndant fes denrées, foit
culture, foit en
en réglant fes
La Colonie
intérêts.
ayant produit dans CCS
années un revenu de plus de quatre-vingt dernicres
& y fuppofant quarante mille domiciliés millions,
ingénus
K ij
éloignés de ce
5 étant ordinaid'autres
point-là; il n'y a pour eux
moyens que de fe rendre utiles à T'habitant, foit en l'aidant dans fa
véndant fes denrées, foit
culture, foit en
en réglant fes
La Colonie
intérêts.
ayant produit dans CCS
années un revenu de plus de quatre-vingt dernicres
& y fuppofant quarante mille domiciliés millions,
ingénus
K ij --- Page 172 ---
148 C O N S I D E R A T IO
NS
ou affranchis, non compris les gens
aveu, qui prennent ce qu'ils
errans & fans
tion des autres, chacun
peuvent fur la pord'eux
ment à ce revenu 3 aurait
participant égaledetix mille livres,
une fomme annuelle de
livres
égalesà treize cents
fix fols huit deniers
trente-trois
de pays dans l'univers
tournois. Iln'y a point
telle
qui ofliredesricheffes en une
proportion.
Mais comme dans l'état aétuel il
quatre mille foldatsà
y a environ
Guerre &c de Juftice éntretenir, des Officiers de
nie, des
aux appointemens de la Coloouvrages & dépenfes
trait à déduire, I°. le
publiques,il paraiproduit de la capitation des
Negres (1);2°. la portion de l'oétroi
fupporte (2) ; 3". il faudrait déduire que T'habitant
produit du
également le
cadaftre, > qui eft bien moins un
fur les
qu'une
impôt
maifons,
reprife en feconde
fur le revénu des terres. Mais
main
impôts n'eft
l'emploi de ces
ils
pas en pure perte pour la Colonic,
refluent fans ceffe dans les mains de
les ont payés, & fi ce ne font pas les ceux qui
qui fentent le plus cette refuence, les cultivateurs
les onvriers
3 marchands,
profitant de la dépenfe des deniers
& le (1) En1776, la capitation des Negres a été
montant en a été impofé fur la fortie des denrées. fupprimée,
(2) Les ventes des denrées fe font fouvent à demidroit,
prix
la moitié een-l-dire,que, de Fogroi, & le convenu, l'acheteur paye
cultivateur l'autre moitié,
cette refuence, les cultivateurs
les onvriers
3 marchands,
profitant de la dépenfe des deniers
& le (1) En1776, la capitation des Negres a été
montant en a été impofé fur la fortie des denrées. fupprimée,
(2) Les ventes des denrées fe font fouvent à demidroit,
prix
la moitié een-l-dire,que, de Fogroi, & le convenu, l'acheteur paye
cultivateur l'autre moitié, --- Page 173 ---
SUR EA COLONIE DE S. DOMINGUE.
publics, font d'autant moins
qu'ils rendent aux
payer les fervices
rétabli.
cultivateurs, &c Péquilibre eft
- Il faut néceffirement que. dans
rieux, ceux qui font les plus
un pays laboou qui font les plus utiles grandes entreprifes,
ayent la plus groffe
aux entrepreneurs, 3
donc des
part dans' les revenus : il y a
gens qui ont à keur part cent mille
d'autres mille, d'autres cent francs
écus,
ne peut dévorer
; mais aucunMétropole
tout ce qu'il reçoit, il paye à la
2 qui fournit en partie à fà
un prix plus ou moins
fubfiftance
à des
grand, 2 le refte eft employé
reproduétions. U y a donc dans la
un germe de fortune,
Colonie
terres feront fertiles 3 qui s'accroîtra tant que les
; mais de combien
C'eft ce que nous allons
eft-il?
On parle toujours de faire approfondir. fortune
mingue, fans
à Saint-Do-
>
favoir fur quoi fonder les
que l'on' a pour réuffir dans
prétentions
combien d'efpérances
ce projet ; de - là
démarches,
chimériques & de faufles
combien de Français
Provinces,
regrettent leurs
2 combien de malheureux
à-coup leur deftin changé d'une
voyent toutfemble miraculeufe.
maniere qui leur
On peut fuppofer annuellement la
trois cents trente cargaifons, de la
vente de
quante mille livres,
valeur de cinfice
argent de France. Le bénécommun ajouté au change de
Targent, n'a
K ig
de - là
démarches,
chimériques & de faufles
combien de Français
Provinces,
regrettent leurs
2 combien de malheureux
à-coup leur deftin changé d'une
voyent toutfemble miraculeufe.
maniere qui leur
On peut fuppofer annuellement la
trois cents trente cargaifons, de la
vente de
quante mille livres,
valeur de cinfice
argent de France. Le bénécommun ajouté au change de
Targent, n'a
K ig --- Page 174 ---
15O C O N S I. D É R A - T I O N S
guere été, 2 depais 1764, à plus de 80
nous avons donc à calculer fur
pour cent ;
mille livres pour chaque cargaifon quatre-vingt-dix
tropole
; ainfi la Méreçoit de nous, pour le tribut de la confommation, vingt-fept millions
quante mille livres
quatre cents cin-
; nous payons aux Colonies
Anglaifes pour de la farine, > du ris, du
des viandes & poiffons falés, des
beurre,
ferremens
planches & des
millions 3 quatre millions > dont près de deux
en fyrop. Il refte environ
lions ; vingt-deux millions
cinquante milfont
cinq cents mille livres
payés aux Commerçans de la
pour prix de quinze mille Negres
Métropole,
fent tous les ans, & fix millions qu'ils introduila Jamaique &
aux Anglais de
Navigateurs
de cinq mille Negres
interlopes, pour prix
; (r) il refte
deux millions pour faire valoir enfin, vingtartiftes, des ouvriers de la
l'induftrie des
teurs ou marchands
Colonie, & des facde la feconde main. Mais
comme cette maffe de richeffes ne
s'accumule au contraire
peut pétir, &
dans la
d'une année à l'autte
circulation ; nous eftimons
jours été depuis
qu'elle a tou1767, au prorata de trois annécs,
(*) Une partie de ces Negres fe
en
en indigo exporté
paye
coton &
point compris dans furtivement la
, & que nous n'avons
au de la Colonie,
récapitulation générale du reve-
main. Mais
comme cette maffe de richeffes ne
s'accumule au contraire
peut pétir, &
dans la
d'une année à l'autte
circulation ; nous eftimons
jours été depuis
qu'elle a tou1767, au prorata de trois annécs,
(*) Une partie de ces Negres fe
en
en indigo exporté
paye
coton &
point compris dans furtivement la
, & que nous n'avons
au de la Colonie,
récapitulation générale du reve- --- Page 175 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE:
I53
& que les. reproductions fe font
mefure que la maffe s'eft trouvée augmentées à
donc
excédente. H faut
ajouter
de la Colonie gamptespuatrernillions aux. revenus,
> on, trouvera que la circulation
totale, tant au dedans qu'au dehors de la
étant de cent vingt-cinq millions
Colonie,
homme libre, utile & bien
par an, chaque:
dans la Colonie
interitionné ; établi
9 pourrait prétendre à
annuel de trois mille cent vingt-cing livres l'erbploi
ajoute à cette fommece
la
; qu'ori
que
uns prête à l'émulation des
négligence des
naîtra les
autres, & l'on conprétentions que tous les Coloniftes en
général peuvent avoir à la fortune
Voila
prétentions générales
(z).
les
les
nous confidérerons ci-après:
prétentions de chacune des
des Coloniftes
principales claffes
(2) qui ne font point
de terreins.
propriétaires
(1) Mais les propriétaires. qui demeurent en
&y confommentles deniers de la reprodudion, France >
bcaucoup aux revenus & à Ia circulation de enlevent
nie
Je n'ai rien à répondre à cette
la Coloje penfe qu'un gouvernement fage & objection; mais
rait cC que la rigueur n'a pu jufqu'à protedtéur, pourJes propriétaires fur leurs habitations préfent. Il fixerait
terait un grand bien
3 & il en réfulColgnie.
pour la Métropole & pour la
(2) On entend par Colonifes, tous ceux
rent dans les Colonies, & par Colons, les qui demeufeulement.
cultivateurs
K iv
Je n'ai rien à répondre à cette
la Coloje penfe qu'un gouvernement fage & objection; mais
rait cC que la rigueur n'a pu jufqu'à protedtéur, pourJes propriétaires fur leurs habitations préfent. Il fixerait
terait un grand bien
3 & il en réfulColgnie.
pour la Métropole & pour la
(2) On entend par Colonifes, tous ceux
rent dans les Colonies, & par Colons, les qui demeufeulement.
cultivateurs
K iv --- Page 176 ---
152: CiON'S (
R A TIO
N S
J A l'égard des Ouvriers & des
la Métropole, ils
Commerçans de
ont, outre le bénéfice de la main
d'oeuvre, un profit certain de
cents
quatre millions cinq
foixante-quinze mille livres tournois,
marchandifes dont ils trouvent le
fur'les:
la Colonie, & un profit
débouché dans
des Noirs. Voila
prefque égal fur la traite
phis de neuf millions à
tous les ans entre les fournifeurs
partager
des villes maritimes
& les armateurs
de France.
L'exportation des denrées de la
duit encore cing millions. Refle Colonie, pro-.
la
vente fir les
commiffion de
chargemens faits par les
maires, le magafinage & le bénéfice de propriéfommation étrangere.
la con2 Quel enicoitragement
capitaux & de la
pour ceux qui, avec descommerce
probité, veulent s'adonner au
maritime ! ils peuvent dans l'ordre
commun, prétendre à proportion de
à un bénéfice annuel de
leur mife 2
tournois, qui,
plus de vingt millions
préçipités dans la circulation,
s'accumuler 9 fe reproduire à l'infini, & ouvrir peuvent
fource intariflable de tréfors. Le
unç
T'Angleterre
commerce de.toute.
zieme fiecle produifait moins de richeffes au feique n'en procure à préfent à la
une feule Colonic ; cependant
France
dans le
cette veine, faible
qu'elle commencement, > s'eft tellement accrie
permet maintenant aux Anglais de
>
dre aux richeffes de
prétenTUnivers;c'eft ce qui fera tou-
ouvrir peuvent
fource intariflable de tréfors. Le
unç
T'Angleterre
commerce de.toute.
zieme fiecle produifait moins de richeffes au feique n'en procure à préfent à la
une feule Colonic ; cependant
France
dans le
cette veine, faible
qu'elle commencement, > s'eft tellement accrie
permet maintenant aux Anglais de
>
dre aux richeffes de
prétenTUnivers;c'eft ce qui fera tou- --- Page 177 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 153
SURLA
la
des Nations dépend de
jours croire que puiffance
qu'elles reçoivent de leur GouverneFimpulfion
ment. Venant à confidérer les prétentions que peuvent
avoir à la fortune les Coloniftes qui ne font pas
de terres : nous mettons dans la prepropriétaires
ordre d'utilité, ceux
miere claffe, c'eft-à-dire, par
inftrumens du
qui font occupés à la culture & aux
les Economes & Régiffeurs, les InCultivateur,
hidrauliques, les Architeôtes, Entrepregénieurs
Maçons (r). Viennent enneurs, Charpentiers,
& Marchands de la fefuite les Commiffionnaires
conde main, les Artifans de toute efpece.
a
Enfin les prépofés à la diftribution de la Jullice 9
Avocats & Procureurs ; les
Juges & Magiftrats s
doivent fervir à réGreffiers & les Huiffiers, qui
gler les intérêts de tous les autres.
millions qui reftentà la Colonie
Des vingt-deux
préfur les revenus annuels que la culture produit,
tire de la Métrolevement fait des objets- qu'elle
& des
pole ou des étrangers pour fa confommation,
en acquifitions de Negres,
fommes qu'elle emploic
& à
il y en a fix qui font diftribués aux Artiftes
(r) Les Charpentiers &c Maçons qui ne travaillent
dans les Villes, rentrent dans la claffe des artifans,
que
comme aux autres le fond fur lequel
à qui Yindiquerai à la fortune peuvent fe réalifer,
leurs prétentions --- Page 178 ---
154 Co N SI D E R
ceux qui
ATIO N S
huit
s'emploient à la culture.
Entrepreneurs de
Savoir, à dix-
& aqueducs, connus monlinsà.fncre, dans les
prifes d'eau
de la Colonie, &
différentes parties
vriers
trente leurs
e
piqueurs & ouà 250 Charpentiers
.
500 me
timens,6 300 leurs entrepreneurs de bâa.150 Maçons
ouvriers' libres .. e 1500
leurs ouvriers libres: entrepreneurs, & 200
à 60Forgerons &
- 900
ouvriers libres Charrons, & rooleurs
à 200 Régifleurs établis . -
. 300
en T'abfence des
fir les Sucreries
tirés de la claffe propciéaires, des
la plapart
Economes &
e
neurs.
Rafià 6so Economes gagés firr
ries. (La plipart fontauffi 650 Sucreà 50 Rafineurs occupés Rafineurs.) - IOOO
la fabrication du fucre uniquement de
bitations.
fitrles grandes haà 300 Ecrivains Sous-Economes
. 130
brouetiers blancs
ou Cafortes habitations. employés fur les plus
à 200
.
Régiffeurs des
teries & cotonneries caféyeres 2 indigor- .
taircs
fous les
:
proprié500
60go nes
ries. (La plipart fontauffi 650 Sucreà 50 Rafineurs occupés Rafineurs.) - IOOO
la fabrication du fucre uniquement de
bitations.
fitrles grandes haà 300 Ecrivains Sous-Economes
. 130
brouetiers blancs
ou Cafortes habitations. employés fur les plus
à 200
.
Régiffeurs des
teries & cotonneries caféyeres 2 indigor- .
taircs
fous les
:
proprié500
60go nes --- Page 179 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. rSS
mi
Ci-contre .
à 500 Economes de caféyeres, indigoteries & cotonneries, fous les propriétaipropriétaires des
res ou régiffeurs. (Les
d'Ecomoindres habitations n'ont point
nomes.) .
6400 me
Deux millions font encore à répartir à
d'autres hommes utiles aux Cultivateurs.
Savoir, à cent Chirurgiens établis dans
les quartiers en nombre proportionné à
leur étendue & aux befoins de ceux qui
les cultivent, & cinquante leurs aides : e 500
A 15o'Magafiniers , Entrepofeurs &
Entrepreneurs du charroi des provifions
& des denrées .
-
e I500
établis dans les
Les Commiffionnaires
principales Villes & dans les Bourgs 3 pré
levent ordinairement un droit de deux &
demi pour cent fur tout ce qu'ils fcurniffent aux habitans, & fur toutce qu'ilsvene
dent pour leur compte : cependant dequelques années il s'en eft tant étapuis
à
blis, fur-tout au Cap, qu'on peut préfent, faire faire ces fortes de commiffions
8400 ms --- Page 180 ---
*g6 C O A S ID E R
ATI O N S
De l'autre
a un & demi pour.
Part. .
. 8400 m:
moindre
cent, & méme à unprix, en
s'abonnant par année. :
Quoiqu'il en foit, nous eftimons la
miflion de vente à un
commentfir.
pour cent feuletoutes les denrées de la Colonie, parce que les habitans en vendent
ou chargent eux-mêmes une
tie : . *
grande parOn peut- eftimer les fournitnres
. 8yo
fe font par eux, tant en outils, ferre- qui
mens & matériaux, qu'en
provifions &
marchandifes, à dix millions ; fir
il leuri revient une commiffion
quoi
porterons à trois
que nous
pour cent, > attendu
que plufieurs joignent à la qualité de
Commifionnaires, celle de.
de la feconde
Marchands
bénéfice
main, ce qui fuppofe un
fur les marchandifes tirées de
leur propre
magafin, >, & eft pour eux un
moyen de fortune qui fe prend diredtement fr les deniers de la culture
.
30a
* 9550
p * On voit par ce calcul,
tiers des revenus les frais
que ceux qui évaluent au
la Colonic, le
d'exploitation des habitans de
remplacement des Negres compris, por-
de.
de la feconde
Marchands
bénéfice
main, ce qui fuppofe un
fur les marchandifes tirées de
leur propre
magafin, >, & eft pour eux un
moyen de fortune qui fe prend diredtement fr les deniers de la culture
.
30a
* 9550
p * On voit par ce calcul,
tiers des revenus les frais
que ceux qui évaluent au
la Colonic, le
d'exploitation des habitans de
remplacement des Negres compris, por- --- Page 181 ---
SUR LA COLONIE DES.
C'eft donc
DOMINGUE. 157
LTn million cent
à
cinquante mille livres
répartir entre quatre cents
que Ton compte dans la
Commifionnaires
d'une foule
Colonic, fans, parler
dAgiotens qui ne peuvent ici faire
nombre, & fix cents cinquante
ou Commis.
leurs, Facteurs
Ils ont encore une commiffion fur la
recouvremens de la
vente & les
eflimons cette
cargaifon des Negres 5 nous
fervant néanmoins commiffion à trois. pour cent, obqu'il s'en fait à des
rens à caufe de la concurrence.
taux difféIl fe
ans dans la Colonie
vend tous les
pour vingt-deux
cents mille livres de
millions cing
Negres de traite
qui leur donne une rétribution
françaife, ce
répartir comme ci-deffus
de 787800 livres à
.
787800 L
Il faut ajoutér à cela les
fir ce qui peut être recouvré commiffionsà prendre
avant la guerre, & l'on
des.anciens fonds dûs
de fortune des
aura la totalité des moyens
Commis & Agens établis dans la
tent. leur eftimation trop haut. En
lions cinq cents cinquante mille effet, fur neufmilnomes, ouvriers,
livres donnés aux écodes nouveaux
voituriers & marchands, la dépenfe
établiffemens eft
Negres de traite Françife, comprife;& quinze mille
deux millions & demi, excedent quel'on peut évaluer à vingtplacemens &c
la néceflité des remrable,
conduifent à une augmentation confidé-
lis dans la
tent. leur eftimation trop haut. En
lions cinq cents cinquante mille effet, fur neufmilnomes, ouvriers,
livres donnés aux écodes nouveaux
voituriers & marchands, la dépenfe
établiffemens eft
Negres de traite Françife, comprife;& quinze mille
deux millions & demi, excedent quel'on peut évaluer à vingtplacemens &c
la néceflité des remrable,
conduifent à une augmentation confidé- --- Page 182 ---
158 Co N S ID E R A -
TIO N S
Colonie fous le titre de Négocians: Comme
point de métier plus facile, il n'en eft
il n'eft
que les jeunes gens embraffent
pas non plus
ceftce qui fait queles
plus volontiers ;
Ce genre de
profits en font très-modérés.
des
profeffion n'offre pas, comme on voit,
avantagcs proportionnés aux defirs de
qui s'en mélent. Il ne faut
tousceux
fur des hommes
pas beaucoup compter
pitaux, veulent qui,lexerçant tenir
prefque tous fans Cale luxe
un étatà l'égal des plus riches:
déplacé eft un vice en celui qui abforbe fes
propres deniers ; c'eft un vice en ceux
fir le crédit & la confiance
qui vivent
publique.
Ily a quelques Commiffionnaires
entreprifes de commerce;
qui font des
; mais elles font
ment bornées.
extrémeLes Agens du commerce étranger
plus grandes reffources; mais ilsfont auraient de
nombre & trop éloignés
en trop grand
de ce commerce, Leur pour la plopartdesprincipes
plus fouvent
mal-adreffe, leur avarice &
encore leur infidélité
également les étrangers & les Coloniftes, 2 indifpofent
Al Tégard des Marchands de la feconde
achetent & revendent pour leur
main,qui
ter direétément avec les
compte, fans trairances & leurs profits fe Cultivatcurs, 2 leurs cfpéde la circulation
prennent fur la maffe totale
3 tant au dedans qu'au dehors de la
Colonie, en des proportions égales à leurs
prifes: il en eft de même des Artiftes
entre-
& Artifans de
iftes, 2 indifpofent
Al Tégard des Marchands de la feconde
achetent & revendent pour leur
main,qui
ter direétément avec les
compte, fans trairances & leurs profits fe Cultivatcurs, 2 leurs cfpéde la circulation
prennent fur la maffe totale
3 tant au dedans qu'au dehors de la
Colonie, en des proportions égales à leurs
prifes: il en eft de même des Artiftes
entre-
& Artifans de --- Page 183 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
toute efpece qui traitent de leurs
Cultivateurs & les
falaires avec les
miciliés. Leurs Citadins 2 les Forains & les doCap, qui eft le plus grandes prétentions font an
imaginer; c'eft la pays le plus remuant que l'on puiffe
que les
teurs &
Spéculateurs, les Agioc'eft-là Revendeurs ont de grands coups à faire ;
qu'il y a des révolutions
toutes fortes d'objets de
précipitées fur
fait auffi toutes fortes commerce ; c'eft là qu'ilfe
de
& d'ufures, qui n'ont
négociations, de fraudes
fujet pour
pas affez de liaifons à notre
que nous en puiffions faire le détail.
Le foin de la Juftice
mes ; c'eft affurément Occupe près de mille homnombre des Jufticiables beaucoup fi l'on s'arrête au
qu'iln'en faut
; c'eft peut-étre auffi plus
vrai
pour l'expédition des affaires. Il eft
qu'il y a une infinité de
aurait fans doute
procès ; mais il y en
Juflice, & s'ils étaient moins, s'il y avait moins des gens de
plas expérimentés.
en général moins avides &
Les procès &leurs Jugemens coûtenttous
un; peuplus decinqmillionsàl la
les ans
faur
Colonie, en quoiil; ne
pas comprendre le préjudice dr
eft un malheur tacite &
mal-jugé 2 qui
juftement la répartition inappréciable. Voici affez
confidérable.
actuelle de cetté fomme
Savoir (s):
(:) Un nouyeau réglement du Général & de l'In- --- Page 184 ---
160 CONSID 2 E R ATION $:
JUSTICE
SOUVERAIN E.
Aux deux Confeils Supérieurs, compofés l'un
& l'autre d'un Préfident, de douze Confeillers
d'un Procureur-général, aux
&
Colonic.
appointémèns de la
.
e
. 400 m.
A vingt Avocats, & trente-cinq leurs
Clercs o .
. -
Aux deux Greffiers, & cinq Clercs ou
Greffiers-Commis . : :
Aux deux Audienciers.
Aux Huiffiers,quile font aufli des Ju25
rifdictions.
1045 m.
tendant, , du mois de Décembre 1775, portant tarif des
frais de Juftice, tend à changer entierement cette répartition ; les Greffiers, les Huifliers > les Geoliers, >
feraient excelflivement payés ; les Juges & leurs Lieuténans, les Procureurs du Roi & leurs Subftituts, pourraient à peine vivre du produit de leurs offices; les
Procureurs & les Avocats percevraient à-peu-prés les
mêmes droits qu'ils ont pris jufqu'à préfent. Mais ce
réglement, qui n'ef que provifoire, 9 ne parait pas devoir être confirmé par le Roi, & ne peut pas être longtemps exécuté, Le Miniftere a pu même agréé les repréfentations qui lui ont été faites 2 pour en arrêter
l'exécution.
Ci-contre
ine vivre du produit de leurs offices; les
Procureurs & les Avocats percevraient à-peu-prés les
mêmes droits qu'ils ont pris jufqu'à préfent. Mais ce
réglement, qui n'ef que provifoire, 9 ne parait pas devoir être confirmé par le Roi, & ne peut pas être longtemps exécuté, Le Miniftere a pu même agréé les repréfentations qui lui ont été faites 2 pour en arrêter
l'exécution.
Ci-contre --- Page 185 ---
BUR LA COLONIE DE S.DOMINGUE.
Ci-contre..
SIÉGES RoYAux 1045 m.
A neuf
Juges. 4
A neufLieutenans de Juges.
A neufProcureurs du Roi
A vingt-quatre Subftituts des e
reurs du
ProcuRoi e e
AneufGreffers, & vingt leurs Clercs. 1OO
A neuf
Audienciers .
A foixante-dixi
IOO
Procureurs, & cent cinquante leurs Clercs
Aquatre-vinge Notaires, & cinquante 1250:
Clercs. a .
A foixanteHluiffers, &
ou Records.
cinquanteClercs
.
A deux cents trente hommes
compagnies de
en deux
fix Officiers. Maréchauftc,donr trenteA trente-cinq hommès en deux
pagnies de Police au
&
comCap au Port-auPrince, dont quatre Officiers.
* 5ooom,
* Les prifons de la Colonie
revenus immenfes, dont ils produifent aux Géoliersdes
particàleurs protedeurs; la rendent ordinairement une
60000 liv. On efpcre que le géoledu Cap. rapporte jufqu'a
énorme perseption,
Miniftere va faire ceffer cette
Tome I.
L --- Page 186 ---
z62 CON S ID E R A TIO
N S
Ilyat encore des. intriguans qui font le rolle
gens d'affaires dans les villes & dans les
de
ce font les moteurs de
plaines ;
cès. Je ne parlerai
beaucoup de mauvais propoint de
tune, 3 parce gu'il me femble leurspritentionsilat for
fouffir
qu'on ne devrait pas
que pour y parvenir ils s'adonnaffent
femblable métier.
à un
C'efta tort que l'on dit qu'un dixieme
nus del la Colonie eft abforbé
des reven'en coûte
méme
en frais de Juftice. Il
pas
le vingtieme
frais de Juflice fe
> parce que les
prennent fur la maffe totale
richeffes qui font dans la
des
fur le produit annuel de la cireulation, culture
& non pas
il paraitra toujours étonnant
feulement;n mais
cureurs quifont dans la
que foixante-dix ProJurifdiction, coûtent beaucoup plus que toute la Juflice Souveraine.
Vr2i qu'ils entretiennent cent
Ileft
leurs
cinquante Clercs à
appointemens ; mais la portion de ces
fujets eft fi rétrécie,
jeunes
dixieme d'un
9 qu'elle. ne va pas audelà du
falaire annuel dedouze
mille livres que ces Meffieurs fe font centscinquante accorder.
Il nous refte quelques obfervations à faire.
Combien de fois n'a-t-on pas vu les places de la
Colonie remplies par les fitjets qui devaient le
moins y prétendre, les emplois les plus confidérables être le prix du crédit, de la faveur ou de
gent? Ces fortes de traités ont fouvent méme l'arune publicité fcandaleufe, Souvent les
acquis
autres em-
ze
mille livres que ces Meffieurs fe font centscinquante accorder.
Il nous refte quelques obfervations à faire.
Combien de fois n'a-t-on pas vu les places de la
Colonie remplies par les fitjets qui devaient le
moins y prétendre, les emplois les plus confidérables être le prix du crédit, de la faveur ou de
gent? Ces fortes de traités ont fouvent méme l'arune publicité fcandaleufe, Souvent les
acquis
autres em- --- Page 187 ---
DE S: DOMINGUE: 163
SUR L A COLONIE
font donnés dans la Colonie par des Adminifplois
le tems de corinaitre ceux
trateurs qui n'ont pas
en a eu' qui ont été médont ils font choix Ily.
chans & fans expérience ; & fous un gouverne- im-
& corrompu , il eft toujours
ment ryrannique mérite conduife à la fortine. Il depoflible que! le
vient au contraire un morifdexclifion.
les
être propres aux emplois
0 vous qui croyez tiennent le premier rang dans
les plus utiles, & qui
oùr vos talens puiffent
la fociété! cherchez un pays
à S. Domingue :
feront négligés
être accueillis;ils ouvert le chemin des richeffes ;
ils y ont rarement ceffe contre l'aveuglement & la
ilsy ont lutté fans
dont lexiftence dépend
méchanceté : mais vous
de l'effort de vos' bras, vous ne ferez:
uniquement réduits à demander la permiffion détreutiles,
pas
laiffera pas dans l'inaétion.
on ne vous
un Forgeron elt
Un Maçon > un Charpentier 3
de fal
perfonne ne lui contefte lufage:
heureux, de fa truelle ou de fon marteau ; il n'eit
hache,
l'on ne faiti
obligé à aucune de ces dépenfes que fatisfaire'
pour les autres , & qui ne penvent
que
folle vanité : il eft habilié proprement &
qu'une
avec une grande culotte & une
commodément,
ordinairement fur des protedtions
(1) Ils nomment
plus ou moins
particulieres, fur des recommandations
hazardées.
Li ij
lufage:
heureux, de fa truelle ou de fon marteau ; il n'eit
hache,
l'on ne faiti
obligé à aucune de ces dépenfes que fatisfaire'
pour les autres , & qui ne penvent
que
folle vanité : il eft habilié proprement &
qu'une
avec une grande culotte & une
commodément,
ordinairement fur des protedtions
(1) Ils nomment
plus ou moins
particulieres, fur des recommandations
hazardées.
Li ij --- Page 188 ---
364 C ON-S ID E R A
chemifedeg
TI O N S
& quand il a paffé la
avec. raifon de
revue, il
AAme
tant d'hommes peut fe moquer
leur tomprépondérant foumetàla moins fages, que
Qu'un Charpentier fe
dérifion publique.
Temploycront en arrivant préfentc > les CultivateursNegres : il fera bientôt s ils lui avanceront des
vriers: qui lui
entouré d'une foule d'oumoyens de
appartiendront, il
> & feront autant
opulent fortune;i ne tiendra qu'à
de
Tétre. qu'un homme de fon état luid'étre auffi!
puife afpirer à
Combien en a-t-on vu
mais fachant travailler, qui, ne fachant pas lire
St.
ont poffédé des
,
Domingue, & auraient été
millions à
s'ils n'avaient pas été forcés de bien plus riches
le tribut de leur groffiere
payér à des ftipons
On ne doit point être étonné ignorance !
lonie tant dhomnerdépliacs; de voir dans la Coprotégésvienty ytraiter durement fouvenle plusvil des
que la protcétion n'a pas careffé. Thonnchonnde,
des hommes, cette variation
Cette confufion
prépofés, doit feule retenir les continuelle dans les
ayant desreffourees chez
jeunes Français qui
fer en cette Colonic.
eux , Ont le defir de paf-,
On fouffie que cinq cents fujets
précicux à la France, viennent qui doivent étre
(2) Toile
tous les ans 3 fans
les Ifles. teinte, dont on fait beaucoup
d'ufage dans
ffé. Thonnchonnde,
des hommes, cette variation
Cette confufion
prépofés, doit feule retenir les continuelle dans les
ayant desreffourees chez
jeunes Français qui
fer en cette Colonic.
eux , Ont le defir de paf-,
On fouffie que cinq cents fujets
précicux à la France, viennent qui doivent étre
(2) Toile
tous les ans 3 fans
les Ifles. teinte, dont on fait beaucoup
d'ufage dans --- Page 189 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 164
SUR'LA
fouvent fans aptitude 5 ou avant
état, fans emploi )
des talens, languir ou
lâge qui développe le germe
à les
périr dans la Colonie ; on ne s'occupe démarche point inretirer de la mifere où les plonge une
deftien arrive, & tousfans
confidérée. Toujoursil
de fouffrir
nation, fans objet. Il femble qu'avant
courre les rifques d'un fi grand
qu'un homme
de favoir à quoi
déplacement ,. il ferait important
s'employer, & s'il y ferait propre.
ilyoudrait
laborieux qui vient à S. Domingue
Un homme
doit fe mettre au ferfans profeffion convenable,
bien, il
vice d'un cultivateur ; en fe comportant
il
fa confiance, & dans le cas où
pourra acquérir
de la régie de fes biens :
s'abfenterait, être chargé
lui-même, & s'il eft
il pourra devenir propriétaire fait fe ménager du crédit,
au fait de la culture,sil
entreprendre avec de faibles capitaux.
il pourra
d'une Sucrerie doit être debout
Mais T'Econome
matin le tour delhabitajour & nuit, faire chaque
fon étendue, afin de
tion à pied ou à cheval, felon
la maniere de les
connaître les travaux & d'étudier Souvent On eft
difpofer le plus avantageufement. fabricarion du fucre &
obligé de veiller la nuit à la
Pour meàla conduite des Negres qui y travaillent.
il faut être. d'un tempéner une vie fi laborieufe,
le repos : dans
rament robufte & n'aimer point conduite des trales caféyeres & indigotteries, la
le tems:
n'eft
fi fatiguante, on a toujours
vaux
pas
Li inj
ux & d'étudier Souvent On eft
difpofer le plus avantageufement. fabricarion du fucre &
obligé de veiller la nuit à la
Pour meàla conduite des Negres qui y travaillent.
il faut être. d'un tempéner une vie fi laborieufe,
le repos : dans
rament robufte & n'aimer point conduite des trales caféyeres & indigotteries, la
le tems:
n'eft
fi fatiguante, on a toujours
vaux
pas
Li inj --- Page 190 ---
CoNST D a R
de dormir ; mais
ATIO N S
FEconome
efpérances ne font pas femblables. gague moins, & fes
En général le métier
pourra Sappercevoir d'Econome eft
de
dans les Difcours elimableron
Tagriculture, qu'il eft ami
où je traite
leurs dans les
des arts, Il y a d'ailmens & une falubrité campagnes de S, Domingue des
dans les villes,
d'air que l'on ne peut agrétrouver
La Colonie
peut offrir des
gens que l'age des
reffources aux jeunes
du
plaifirs a entraînés dans
la dérangement : s'ils ne
l'excès
mifère Aétrifante leur quittaient pas la
ôterait
France,
poirderecouvrerl l'eftime
pour jamais T'efredevenir utiles dans publique ;1 maisi ils
connus, où
un pays oùx ils ne font pelvent
Texpérience du vice
point
pour eux une leçon de
peut d'ailleurs étre
fauvés du décri
fageffe. Il en eft auffi
général, &
qui,
par une injufte protedtion, placés dans la Colonie
droit d'y donner
croient avoir acquis le
les plus
impunémient T'exemple des
bles dangerenx, 2 & d'ajouter aux fautes vices
delajetnefit, des actions
excufanelles dans un âge plus
qui deviennent crimiterreur des faibles & avancé, Ils veulent étre la
gens vertueux,
ne font que Topprobre des
Si on, continuair d'infeéter
geant la
la Colonic cn
Métropole, le
purs
population,
deordrestecrokrait avec la
acquis le
les plus
impunémient T'exemple des
bles dangerenx, 2 & d'ajouter aux fautes vices
delajetnefit, des actions
excufanelles dans un âge plus
qui deviennent crimiterreur des faibles & avancé, Ils veulent étre la
gens vertueux,
ne font que Topprobre des
Si on, continuair d'infeéter
geant la
la Colonic cn
Métropole, le
purs
population,
deordrestecrokrait avec la --- Page 191 ---
COLONIE DE S. DOMINCUE. 167
SURLA
des hommes de cette
On voit encore arriver d'amour pour la paclaffe appellée noble, pleins honorent le pays, anquel
reffe, & perfnadés qu'ils
le fardean de leur
faire fupporter
ils voudraient
neraffafient queleur orgueil,
exiftence:leurs titres
fpectacle d'une vanité
& préfentent le déplorable
égale à leur mifere.
des
que plutIlfaut les occuper., & ily a
places preimrence:
d'entr'eux pourraient remplir par
fieurs
d'Officiers dans la Maréchanfice,
telles font celles
affez confidérés peutêtre 5
Ces emplois ne font pas
publique font
qui veillent a la tranquilité
les gardes
les plus utiles foldats:
vaudrait mieux;
Les autres , & même ce parti & prendre la pro*
peuvent s'occuper à Tagriculture point à la nofeflion d'Economes ; elle ne déroge un Gentilbleffe, & convient à tousles hommes: S'il parait O1l-"
homme peut la faire avec honneur. du foin d'être
blier fon rang pour ne s'occuper aura que fallu d'efforts
utile, on appréciera ce qrillni
de la naiffe mettre au-deffus des préjugés
pour
d'une fauffe grandeur.
fance & des vains preffiges quil ne fe prévauidra
Il fera d'autant plns eftimé, ,
être qu'une inpoint d'une diftinéion qui ne peut de la vertu (1)-
fulte générale fielle n'eft pas le prix
quelques gentils-
(s) Autrefois Toifiveté procuraità L iv --- Page 192 ---
168 C O N S I 0 E R
A T IO N S
Perfonne ne doit étre dans
minguefhommel bienfaifant Tinaétion : à S.Dodre de faire des
rend fervice fans crainfervice à un
ingrats ; mais qu'efi-ce
travailler. Colonifte ? C'eft le
que rendre
On ne fuppofe
mettre en état de
rien faire, dans un
pas qu'il foit venu
pays où tout le
pour ne
pé:s'il a fait voeu d'être à
monde eft occuTatandate, on T'exclut de charge la
aux autres, ,. on
chenille fous la main du
fociéré, comme 12
tachée de la
jardinier
plante qu'elle
vigilant , eft déqu'elle ett détruite.
satrachaità
ronger &
hommes venus dans la
que le' travail & Pinduftrie Colonic, les mémes
mes ; mais beaucoup de donnaienta aux autreg avantages
Sains-Domiogue le rôle de roturiers étant venus faire homparaiffait facile, Ies
gemnuis-lommes qui à
contre les faux nobles Tribunaux ont été
leur
affez bien
des reglemens obligés de faire
exécutés
qui ne font Pas
a e
ft déqu'elle ett détruite.
satrachaità
ronger &
hommes venus dans la
que le' travail & Pinduftrie Colonic, les mémes
mes ; mais beaucoup de donnaienta aux autreg avantages
Sains-Domiogue le rôle de roturiers étant venus faire homparaiffait facile, Ies
gemnuis-lommes qui à
contre les faux nobles Tribunaux ont été
leur
affez bien
des reglemens obligés de faire
exécutés
qui ne font Pas
a e --- Page 193 ---
DE S. DOMINGUE. 169
SUR LA COLONIE
TROISIEM E.
LIVRE
DE FAGRICUITURE
P RE MIE R.
DISCOURS
des Terres.
De PEsploitation
cultivent une terre fertile ont un
Crux qui
défrichée : il faut
grand avantage fur ceux quil'ont
défriche.
faciliter les travaux de celui qui
donc
terreins à défricher dans
Ily a encore de grands du fud de la Colonie 3 &
les parties de l'oueft &
attendent impatiemceux qui en font propriétaires en tirer des proment les forces néceflaires pour de terres qui ne produations. Ily a auffi beaucoup
de leur fertilité 2 parce
duifent pas à proportion
les
font mal cultivées, & que propriétaires
qu'elles
qu'il faudrait pour les mettre
n'ont pas les moyens
en valeur.
faute de quelques ouLes eaux font mal dirigées,
: les travaux font multipliés,
vrages de maçonnerie font infuffifantes : les planparce que les machines
& les habitans fans
tations font mal entretenues
avides, qui s'enceffe pourfuivis par des créanciers
fe fervir de
richiraient en les facilitant, ne peuvent leurs forces ; enleurs revenus pour augmenter --- Page 194 ---
170 C 0
forte
NSI D
R A P I N S
quilnlyaqume
reufès qui
longue fiite de
puiffe les tirer de
récoltes heuleurs établifemens.
Topreflion & pouffer
C'eft au milieu des
vateurs fe fonr
entraves que tous les Cultife font
élevés, & que
formées; la
lité de
patience des
loimandoptcatens
la terre ont vaincu
habizans, la fertivigne quelguefois croît
tous les obflacles. La
elle languit
au milieu des ronces
pendant
; mais
tardifs.
long-tems & fes fruits fone
Le commerce
producions de la national, qui s'affure de toutes les
fes prétentions fur Colonie, les
voudrait encore étendre
aflocié bien dur (1). fonds de la culture ; c'eft
un
Les-habitans en
mens que pour général ne retardent leurs paies
aggrandir
Timpbanadoerieion
(z) Un Marchand avait
rien; il fit focié:é
un jardin qui ne
de lui fournir des avec un Jardinier, 8c produifait
s'emparer des fruits graines & des outils; mais il convint .
ce rendez-mei ma encore verds; il criait fans voulut
Le Jardinier était graine, ou
ceffe:
homme de
au défepoirs donnez-moi le
des fruits >
tête &
Curé de la
d'accord : C Mes d'érudition, parvint à les paroiffe,
>. recommandé enfans, leur dit-il,
mettre
> bled
dans
après boire, il eff
en herbe, & TEerkture, les
de ne point
S maturités. Nous
fruits avant la faifon manger le
ne veulent point fommes les Jardiniers, les
de la
laiffer mûrir: qui fera Ic Curé? Marchands
le
des fruits >
tête &
Curé de la
d'accord : C Mes d'érudition, parvint à les paroiffe,
>. recommandé enfans, leur dit-il,
mettre
> bled
dans
après boire, il eff
en herbe, & TEerkture, les
de ne point
S maturités. Nous
fruits avant la faifon manger le
ne veulent point fommes les Jardiniers, les
de la
laiffer mûrir: qui fera Ic Curé? Marchands --- Page 195 ---
DE S. DOMINGUE. 17I
SUR LA COLONIE
profiteraient comme eux de cet aggrandic.
merçans
étrange, ils s'opfement, & par une contradiéion
pofent à leurs travaux.
font de quatre
Les plantations de S. Domingue
le cafier &
efpeces : la canne à fucre, 2 T'indigotier,
la
le cotonnier : il n'y a prefque plus de cacaotiers, fortie du
culture du roucou eft abandonnée, & la
tabac n'eft pas permife, à fucre eft la plus confiLa culture de: la canne
Celle du café aurait
dérable & la plus avantageufe.
la France & les
utile entre
pu ouvrir un commerce
des Hollannations étrangeres; ; mais les plantations Colonies Frandais ont fi bien réuffi, celles des
Gouverneçaifes ont été fi multipliées 3 plufieurs contraires à la
mens ont pris tant de précautions
cette denconfommation. du café, que
trop grande tombée dans un aviliffement dont il
rée de luxe eft
puiffe fe relever
n'eft pas vraifemblable qu'elle
recherL'indigo eft ordinairement
promptement.
l'avantage précieux
ché ; il offre au Cultivateur n'a point encore
les fujets d'une nation qui
pour de la mer, de faire paffer en tems de guerre
T'empire
nombre devaiffeaux;
de grandesvaleurs fur un petit
la
mais'c'eft une culture fi fragile ! les vents > pluie,
les infectes lui font également conla féchereffe,
T'adreffe du
traires. La prudence du Cultivateur,
ni fur la
Fabriquant, ne peuvent jamais fe repofer
qualité de la plante, ni fur leur propre expérience.
n'a point encore
les fujets d'une nation qui
pour de la mer, de faire paffer en tems de guerre
T'empire
nombre devaiffeaux;
de grandesvaleurs fur un petit
la
mais'c'eft une culture fi fragile ! les vents > pluie,
les infectes lui font également conla féchereffe,
T'adreffe du
traires. La prudence du Cultivateur,
ni fur la
Fabriquant, ne peuvent jamais fe repofer
qualité de la plante, ni fur leur propre expérience. --- Page 196 ---
172 Co N S ID E
La nature des
R A T I O N S
eaux influc encore
findigo, & toutes les terres
fur la couleur de
cette culture, Toutes les
ne font pas propres à
pourtant quelquefois, circonflances fe
abondantes
21 &
réunifent
&
: on peut avec procurent des récoltes
fabriguer vingt milliers cent Negres recueillic
bien de fois a-t-on
d'indigo mais
fans retirer les
travaillé à cette
comfrais?
ingrate culture
Le coton vient dans la
fechereffe ne lui fait
plus mauvaife terre, &
pêche pas de
aucun tort : la
la
mbrir; mais
pluie ne l'emrougit & le gâte.
quand il eft mûr elle
fe fait le plus Lesvents nuifent à la
le
&
ordnairement dans les récolte: : elle
Avil, & il eft rare
mois de Mars
dangereux
n que les vents foient alors
La canne à fucre eft
noeuds qui font
un rofeair renforcé
plus
tes-rapprochés vers
par des
font éloignés au milieu del la
la racine &
que fir l'écorce & laiffent canne. Ces noeuds ne
circulation : la hauteur
à la féve une entiere
dans les terreins
des cannes eft de dix
ailleurs. Leur
humides : elles font
pieds
ou de Thumidité groffeur dépend auffi de la plus petites
du fol: elles
féchereffe
renferment
beauconp
(r) Vingt milliers
naire depuis la paix, font d'indigo à 8 livres,
cent Negres &c d'une 160000 livres, , &c prix le affez ordiFindigo, n'eft
terre de IOO
capital de
que de 300 Il,
carreaux Propres à
ailleurs. Leur
humides : elles font
pieds
ou de Thumidité groffeur dépend auffi de la plus petites
du fol: elles
féchereffe
renferment
beauconp
(r) Vingt milliers
naire depuis la paix, font d'indigo à 8 livres,
cent Negres &c d'une 160000 livres, , &c prix le affez ordiFindigo, n'eft
terre de IOO
capital de
que de 300 Il,
carreaux Propres à --- Page 197 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 173
de filets entourés d'une matiere fpongieufe qui reabondance de fucs. Les cannes
tient une grande
& leurs feuilles font couvertes d'un poilimperceptible qui fe détache au frottement le plus léger (1);
font
d'un fuc léger & clair, qui eft
elles
pleines
confiftant
limpide dans les vaiffeaux & devient plus
le defféche;'eft une efpece de vin
à mefure qu'on
agréable & doux, quis'aigrit & fe gâte ent très-pen
de tems, & dont la quantité pourrait enivrer. En
faire fortir l'eau & les parties hétérogenes, ,en conceftà
fe réduit l'art de faire le
ferver les fels,
quoi
fucre. La racine des cannes eft un tiffu de filamens &
très-minces ; c'eft une efpece de
de ramifications
à la
de la
chevelure : elle eft attachée
fuperficie
qu'à la profondeur de
terre & ne pénetre gueres
fept à huit pouces. arbufte dont le bois eft dur : il
Le cafier eft un
n'avait
croût & s'éléverait jufgr'à vingt pieds, fi on
foin de le réduire en buiffon : fa feuille eft
pas
& d'un verd fombre : elle jaunit
allongée, > pointue
& toutes les parties de
dans les terres argilleufes,
T'arbufte dépériffent alors. Sa racine pénetre à plufieurs pieds de profondeur dansla terre > & fe gliffe
dans les fentes des rochers; mais dès qu'elle trouve
(1) Ce font autant de petites lames d'une matiere
aifément dans la peau
dure, mais friable, qui pénetrent
& caufent un chatouillement très-incommode.
jaunit
allongée, > pointue
& toutes les parties de
dans les terres argilleufes,
T'arbufte dépériffent alors. Sa racine pénetre à plufieurs pieds de profondeur dansla terre > & fe gliffe
dans les fentes des rochers; mais dès qu'elle trouve
(1) Ce font autant de petites lames d'une matiere
aifément dans la peau
dure, mais friable, qui pénetrent
& caufent un chatouillement très-incommode. --- Page 198 ---
174 Co N S I D E R
une réfflance
AT Io N $
Tarbre
qui ne lui permer
meurt.
plus de
Il
sétendre,
produit une fleur blanche
transforme bientôe
dont le
quand elle
en une cerife,
piftil fe
Cette
a pris une couleur 9 qui eft mite
cerife renferme deux
rouge très-foncée.
vertes d'une pellicule
graines également
ration.
qui fe dérache à la couL'abondance
prépapalement du des récolres en café
terrein où le
dépend
une terre
cafier eft
princigralle, un fol
planté : il
dans les montagnes profond, & réuffit exige
qu'ilne
que dans le
mieux
arrofé peut étre entretenu
plat pays, parce
que par des pluies que par la fraicheur &
Il y a des terreins où fréquentes.
nées ; dans
le cafier périt en
ans
d'autres il dure
peu d'an-
: on peut prolonger fon pendant quinze ou
tronc au raz de la
cxiftence en
vinge
tige qui dure
terre : il produit une coupant le
fuite & laiffe encore huit ou dix ans : il nouvelle
convenirà
une terre flérile,
meurt enaucune des
qui ne
à celle du
grandes
peut plus
coton,
cultures, 9 fi ce n'eft
Les Commercans
veau & le plins préferent le caféle plus
rond & le plus verd, celui quia le
noupetic :
grain le plus
produit le plus
cependant le
plus le fruit gros café ; plas Tarbufte meilleur fol
doit avoir de
a de
en vieilliflant & n'eft perfedion : il fe deflèche féve;
plus fujet à perdre de fon
à celle du
grandes
peut plus
coton,
cultures, 9 fi ce n'eft
Les Commercans
veau & le plins préferent le caféle plus
rond & le plus verd, celui quia le
noupetic :
grain le plus
produit le plus
cependant le
plus le fruit gros café ; plas Tarbufte meilleur fol
doit avoir de
a de
en vieilliflant & n'eft perfedion : il fe deflèche féve;
plus fujet à perdre de fon --- Page 199 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 17$
SUR IA
d'une partie des acipoids : il fe dégage en féchant
défagréable, &
des qui lui donnaient une âpreté
voudront la
prouvera à tous ceux qui
T'expérience
le
fec 5 - cll
confulter, que le café le plus gros 2 plus clair
flatteur au goût, le plus fort & le plus
le plus
après Tinfufion (1).
dont la tige ne
L'indigo eft! une plante faible, > elle eft droite &
s'éleve pas à plus de deux pieds:
de la racifans moëlle; fon écorce eft grife auprès
milieu & rouge dans le haut de latige:
ne, verte au
& en grand nombre ;
les feuilles font accouplées
elles font liffes, tendres, & atachéespardesqueucs
très-courtes : elles font plits ou moins allongées, 1
de l'indigo, franc, bâtard Otl maronl.
felon l'efpece
contribue
Ily a furles feuilles unc farine légere qui
la beauté de la teinture que lon tire de cette
à
L'indigo bâtard ou maron leve plusfacileplante.
rondes, plus épaiffes &
ment : il a les feuilles plus
la
d'un verd plits foncé que l'indigo franc : qualité
eftinférieure; mais elle
de la teinture qu'il produit On eft affez dans T'ufage de
a plus de péfanteur.
Deux mois après
méler les deux efpeces en femant.
l'indigo eft planté, il fe forme au haut de la tige
que
de
fleurs, dont le piftil fe
des épis chargés petites
chacune huit
change en des coffes qui renferment
On préfere le café dont le grain eft petit; à caufe
(1)
avec celui qu'on tire de PAfie.
de la reffemblance
ft affez dans T'ufage de
a plus de péfanteur.
Deux mois après
méler les deux efpeces en femant.
l'indigo eft planté, il fe forme au haut de la tige
que
de
fleurs, dont le piftil fe
des épis chargés petites
chacune huit
change en des coffes qui renferment
On préfere le café dont le grain eft petit; à caufe
(1)
avec celui qu'on tire de PAfie.
de la reffemblance --- Page 200 ---
176 Co N. S I D E R A
ou dix graines
T IO N S
de
très-petites &
navet.
femblables aux graines
Lecotonnier eft un arbufte dont
& fragile ; fa feuille eft
le bois efto creux
fleur eft couleur de foufre grande & découpée ; fa
un piftil qui fe
: elle a des étamines &
groffe qu'un ceuf change de en une bogue un peu moins
le coton eft formé pigeon & plus pointue.
fait
3 il s'enfle dans la
Quand
crever : elle fe
bogue & la
on peut
partage en trois. Le
commencer la récolte,
lendemain
qui tache & rougit le
pour éviter la
que les coffes
coton ; mais il faut pluie,
foient
obferver
du coton blanc, du coton entierement ouvertes : ily a
& dont
rouge, qui eft plus rare,
Texportation n'eft
fin une troifieme
point permife (1);& endont le fil eft
efpece appelléc coton de foie,
ployéà
fidélié, 3 qu'il ne
>
aucun des ouvrages d'utilité pourrait étre emD'après cette idée
commune.
plantations qui font la générale des quatre fortes de
faut
richeffe de la
approfondir la maniere de les
Colonic, il
Dans les
cultiver.
quartiers où l'on
de planter les cannes à
arrofe 3 il faut, avant
de connaître
fucre, niveler le
l'endroit le plus
terrein,afin
l'eau pour l'en faire découler élevé, & d'y conduire
du champ.
dans toute l'étendue
stassminima
(I)Le coton de cette efpece
mingue, fur-tout dans la viendrairtrès-bienz de
à S. Dobon ufage,
partie l'Oueft, &il eft d'un
pieces
planter les cannes à
arrofe 3 il faut, avant
de connaître
fucre, niveler le
l'endroit le plus
terrein,afin
l'eau pour l'en faire découler élevé, & d'y conduire
du champ.
dans toute l'étendue
stassminima
(I)Le coton de cette efpece
mingue, fur-tout dans la viendrairtrès-bienz de
à S. Dobon ufage,
partie l'Oueft, &il eft d'un
pieces --- Page 201 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 177
de trente-cinq pieds de
piece de cannes en planches
Entre les planlargeur fur la longueur de cent pas.
laifle
ches on ouvre des canaux ou rigoles, & on
de la piece de cannes une allée de vingt
autour
planche abouou vingt - quatre pieds. Chaque
ceux
tit à un canal plus large & plus profond que
dont elle eftbordéc dans fa longueurgainfi on arrofe
les
en bouchant fucceffivement ce
toutes planches,
canal d'une rigole à l'autre.
Cette méthode exige des travaux & de lintellidans celui qui les conduit. La formation des
gence & des rigoles, qui fe font avec la houe (1),
canaux
demande des Negres adroits.
Les divifions méthodiques dans les plantations
font avantageufes au Culivateur,
en cannesàfucre,
rien.
les intervalles mêmes qui ne produifent
par Dans" les champs qui ne font point divifés en planles cannes des bordures font celles qui
ches (2),
viennent le mieux ; l'air ne pouvant agir que par
au milieu des champs, y laiffe ies planfa pefanteur
tations dans un état de lângueur.
des
ont une adreffe furprenante à
:
()Iya Negres il n'eft qui
de defirer plus de
manier la houe, &
pas pollible
célérité dans ce genre de travaux que l'on en trouve
parmi les Negres de la plaine du Cul-de-fac.
(2) Tels font la plapart de ceux de la partie du nord
o les canaux d'arrofage fopt rares.
Tore I.
M
efanteur
tations dans un état de lângueur.
des
ont une adreffe furprenante à
:
()Iya Negres il n'eft qui
de defirer plus de
manier la houe, &
pas pollible
célérité dans ce genre de travaux que l'on en trouve
parmi les Negres de la plaine du Cul-de-fac.
(2) Tels font la plapart de ceux de la partie du nord
o les canaux d'arrofage fopt rares.
Tore I.
M --- Page 202 ---
178 C.o N.SI D E R A T 1o
N_S
: On plante les cannes de boutures
decellesqu'on vient de
tirées du hauc
troisboutures dans des couper. On couche deux ou
fofles de
pouces ou environ fir dix-huit laprofondeur defix
de
de long & douze
large, 2 & on laiffe d'une foffe à
pieds & demi ou trois pieds de
l'autre deux
tures étant légérement
diftance. Les bou-.
fort autant de tiges
couvertes de terre, 3 il en
fofle eft ordinairement qu'elles ont de noeuds : chaque
Toutesles foffes doivent garnie de dix ou douze jets.
parfaitement droitcs.
étre rangées fur des lignes
foat arrofés &
Les habitans dont les champs
diftribués par
ordinairement dix rangs dans les planches 2 mettent
quefois douze, Dans
planches, & quelordinairement
ces habitations, on entend
par piece de cannes un
par des allées du refte de
champ féparé
Thabitation,
500 pas de long fur IOO de large,
contenant
carreaux; enforte
c'eftadire, cinq
être diftribuée que chaque piece de cannes
en cinquante planches. On
peut
trouver partout Jaméme régularité,
defirerait
Dans les quartiers où l'on ne
plante fans niveler, fans ôter méme pent arrofer, on:
fe trouvent dans les
les pierres qui
que les.
champs; on obferve feulement
farclaifon. rayons La foient droits pour la facilité de la
n'ont
grandeur des champs & leur
pour regles que la fantaifie :
largeur
fubdivifions, &
iln'y a point de
les.cannes viennent comme cllos
Jaméme régularité,
defirerait
Dans les quartiers où l'on ne
plante fans niveler, fans ôter méme pent arrofer, on:
fe trouvent dans les
les pierres qui
que les.
champs; on obferve feulement
farclaifon. rayons La foient droits pour la facilité de la
n'ont
grandeur des champs & leur
pour regles que la fantaifie :
largeur
fubdivifions, &
iln'y a point de
les.cannes viennent comme cllos --- Page 203 ---
SURLA COLONIE DE S: DOMINGUN. V79.
peuvent Heureux ceux qui n'ont pas befoin.
d'arroler leurs terres ! plus héureux ceux qui ont
befoin de canaux d'arrolage, & qui peuvent les.
pratiquer !
La canne, une fois planrée, ,n'cxige d'autres foins.
:. la farclaifon dans les fix premiers mois. Il faut,
que
à fa maturité:
dix-huit mois pour qu'elle parvienne
on la coupe, & la fouche donne de nouveaux jets:
bons à couper au bout de quinze mois. Dans les
terreins neufs & humides, les rejettons donnent aul-:
tant de fitcre &c deplus belle qualité que lesgrandes
cannes. Dans les terreins arides & fablonneux * olt,
il eft principalemene néceffaire d'arrofer, les cannes:
donnent de très-beau fucre ; mais les rejettons,
rendent peu: Les premiers rejettons fonrniflent a:
(3) Dansla plaine du Caplac culture eft tout-à-fait défordonnée; on ne s'attache qu'àla préparation du fucre, ,
fans s'inquiéter. de la perfedion des cannes : on laifle a:
peine dés allées, parce qu'on s'imagine qu'en multi-,
pliant les plantations, on multiplie les produéions à re-,
cueillir;le fol haut & bas n'eft point capplani dansles endroits od il pourrait T'être, ni faigné dans les endroits
marécageux : auflil'avis des Colons les plus anciens &
eft qu'un tiers des Sucreries de la'
les plus expérimentés donne douze pour cent de revenu, tous:
plaine du Cap & toutes les autres huit pour cent. Let
frais déduits,
plus confidérable dans la par-.
produit eft à proportion
tie de l'oueft.
M 1J
fol haut & bas n'eft point capplani dansles endroits od il pourrait T'être, ni faigné dans les endroits
marécageux : auflil'avis des Colons les plus anciens &
eft qu'un tiers des Sucreries de la'
les plus expérimentés donne douze pour cent de revenu, tous:
plaine du Cap & toutes les autres huit pour cent. Let
frais déduits,
plus confidérable dans la par-.
produit eft à proportion
tie de l'oueft.
M 1J --- Page 204 ---
180 Co N S I D E
A T
IO N S
peu prèsles deux tiers de ce quel
ont donné. Les feconds
les grandes cannes
moins : il faut alors faire rejettons produifent encore
replanter.
arracher les fouches &
Ily a des terres où une
de
peut durer
picce cannes-
.
huitans. Quelques
avec faccès les fixiemés
habitans ont attendu
Voila à
rejettons.
favoir fir peu près tout ce qu'il eft
la culture des
néceffaire de
toute l'année,
cannes. La récolte s'en fait
s & dans une grande habitation il
toujour's y avoir une piece de cannes
doit
ler. On ne s'apperçoit
bonnes à rougue, qu'il y ait
pas, du moinsà S. Dominune faifon
maturité: cependant
particuliere pour leur
eft de
l'ufage des Colonies
planter les cannes de maniere
Anglifes
la plus grande récolte fe
que le tems de
Mars &
trouve dans les mois de
toutes les d'Avil, & cet ulage eft naturel.
habitations où on n'arrofe
pour.
des pluies 2 qui
point, à caufe
commençant à
ment dans les mois de Septembre tomber fréquemquent le têms de la
& Odobre, marceffairement celui de plantation, la
& conduifent né,
d'Avril.
récolte au mois de Mars &c
L'entretien des canaux & des chemins,
prefque continuelle de
larécolte
préparation,
cannes, & les travaux de la
faut
demandent des atteliers
en tirer les Cabrouetiers
nombreux : il
Gardeurs des beftiaux &
> les Sucriers, 3 les
leurs de
des barrieres, les Tailhaies, les Charrons,
Forgerons, Char-
plantation, la
& conduifent né,
d'Avril.
récolte au mois de Mars &c
L'entretien des canaux & des chemins,
prefque continuelle de
larécolte
préparation,
cannes, & les travaux de la
faut
demandent des atteliers
en tirer les Cabrouetiers
nombreux : il
Gardeurs des beftiaux &
> les Sucriers, 3 les
leurs de
des barrieres, les Tailhaies, les Charrons,
Forgerons, Char- --- Page 205 ---
COLONIE DE.S. DOMINGUE: 18r
SUR) LA
Doleurs, les Hofpentiers, Maçons, 9 Tonneliers, néceflaires à la maifon
pitalieres, les domeftiques font toujours un fur
du maître & les malades, qui
dont le
quinze ; enforte qu'un habitant Sucrier,
eft de quatre cents mille livres,
capital en Negres
plus de foixantene peut pas mettre ordinairement
les femmes
dix Negres au jardin (1), comprenant au-deffits de
enceintes., les nourrices & les enfans
Mais Phabitant qui peut, dans le temps
douze ans.
foixante- - dix" Negres à
de la roulaifon, > employer
fournir desNegres
couper ou planter des cannes, &
retirer
à tous les poftes & dans les bâtimens, peut
cinq cents milliers de fucre
d'un bon terreinjufqu'à
terré.
fallait arracher les fouches avant
J'ai dit. qu'il
le plus fuivi eft
de replanter; cependant l'ufage
Trente Negres aux cabroûiets & dans les :
(1)
9om:
bâtimens . e
-
15.
Aux Poftes, dix Negres .
A THôpital ou Marons, quinze Negres : . . 30
Enfans & Domeftiques . e .
140 40
Soixante-dix au Jardin - e
315m:
Tel pourrait être un attelier choifi par un habile cultivatcur & bien adminiftré; mais prefque tous les atte-
& font embarliers de la Colonie ont coûté plus d'enfans cher, & de vieillards,
raffé de Negres languifans, leur nombre.
qu'il ne faut point compter par
M ij --- Page 206 ---
sCowSTnE
RATIONS
de mettre le feu aux. pieces de cannes
veut replanter. Cette méthode eft
que Fon
brile la
de
vicieufe, elle
fuperficie
la d terre 3 & le feu des
fouches eft fi violent, que les pierres :
fe
rencontrent font fouvene
qui
en trouve de vitreifiées. changées en chaux; onl
les
Il vaut mienx arraches
fouchés, quoiqu'il en coûte des travaux
parce que la terre fe trouve 4 plus facile à
parer pour la plantation fuivante, & les fouches préa
mifes en tas, deviennent en féchant, le.meilleuir
chauffage que l'on puiffe employer pour la fas
brication du fucre; mais les. habitans
pas. de grandes
qui n'ont
forces; ne peuvent pas fuivre
cette méthode.
Les cânnes, dans leur maturité, font affez
fortes; pour qu'aucun homme - ne puiffe les
rompre fans efort; on. fe fert, pour
de ferpes ; ce font des couperets forts les-couper, dans leur
énmanchure, & très-épais par le dos, de 13
largeur de qiatre à cinq pouces en arrondiffant
vers le bout, & de trois & demi feulement,
auprès du, manche, fur dix à onze ponces : de.
-lame. Les Negres, rangés en ligne, coupent les
cannes & les dégagent de leurs feuilles, & destêtes
qu'ils laiffent éparfes fur le champ ; elles font
chargées par paquets fur les cabrotiets, qui les
portent au. monlin. Nous parlerons dans la firite
de la maniere dont le fucre en eft extrair. -
arrondiffant
vers le bout, & de trois & demi feulement,
auprès du, manche, fur dix à onze ponces : de.
-lame. Les Negres, rangés en ligne, coupent les
cannes & les dégagent de leurs feuilles, & destêtes
qu'ils laiffent éparfes fur le champ ; elles font
chargées par paquets fur les cabrotiets, qui les
portent au. monlin. Nous parlerons dans la firite
de la maniere dont le fucre en eft extrair. - --- Page 207 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 183
SUR LA
dans les années
L'indigo, une fois réufli, peut Il demande
être coupé cinq fois.
pluvieufes,
une terre broyée & légere.
ouvrent
reculant fur une ligne,
Les Negres,
de l'autre,
la hoie des trous à un pied-Tun
avec
de deux pouces & démi. Lès
de la profondeur
mettent dans chaque
Negrillons qui les fuivent 5:
à cinq graines , & les Négrefles
trou quatre
s'éleve fur le bord
avec la terre qui
les couvrent
plancer 3 cette
des trous , c'eft ce qu'on appelle
fe fait dans l'auitomne, , oll aul piintems.
plantation
ne leve pas, fuivant le tems;
L'indigo leve, ou fait léver en quatre ou cinq
le
une pluie légere
quelquefois toute Panjours; mais on plante
S'il réuffit, on
néc, fans faire une feule coupe.
eft une
à farcler fans ceffe ; car l'indigo
s'occupe
la moindre herbe l'empeplante fi faible, que il vient un vent de Sud,
che de croître; enfuite
bién la chenille ne
brûle tout le jardin, out
qui
dépouillées de leurs feuilles,
laiffe que des tigés
racine & T'herbe meurt.
ou les vers piquent la
fe préferver
deux mois on a fçu
Si pendant
il faut bien épier le tems
-de tous ces accidens,
fortifier, où les bouroit la tige commence a fe
fe forment fous
d'ou fortiront les Aeurs,
de
geons les feuilles ; car fi on laiffe paffer Tindigo
feulement, la récolte eft infruaueufe.
fix jours
eft
à fleurir, Oii le couipc
*, Lorfque l'indigo prét
M iv
ent la
fe préferver
deux mois on a fçu
Si pendant
il faut bien épier le tems
-de tous ces accidens,
fortifier, où les bouroit la tige commence a fe
fe forment fous
d'ou fortiront les Aeurs,
de
geons les feuilles ; car fi on laiffe paffer Tindigo
feulement, la récolte eft infruaueufe.
fix jours
eft
à fleurir, Oii le couipc
*, Lorfque l'indigo prét
M iv --- Page 208 ---
x84 Co NS I D E R
ATI o N 3
avecdes couteaux courbés, Ou plutôt des
tes; & les coupes pourraient fe
ferpetfix en fix femaines,
renouveller de
premieres racines >- pendant deux ans, , que les
peuvent fournir des
le
concours des accidens, n'arrétait
tiges,fi
colte fuivie. Après deux
pas cette réil faut Ja renouveller. ans la plante dégénere;
Le fol qui produit de lindigo,
ou huit ans, & il faut avoir
s'épuife en fept
des terreins
que l'on puiffe
neufs,
culciver, en attendant
terre ufée ait repris des fels,
que la
de
par des plantations
patates, dont les cultivateurs font dans
fage de la couvrir; les
luliennes chargées de feuilles patates pouffent des
épaifes, qui forment
rondes 3 larges &
la fraicheur
un tapis, & entretiennent
Ja
de la terre : brilées d'abord
chaleur du foleil, & pourries
par
T'humidité, ces feuilles
enfuite par
engraiffent la
mettent bientôt en état de
terre, & la
récoltes. On
donner de nouvelles
peut renouveller ainfi
jufqu'à trois fois, mais enfin elles lesindigoteries
ftériles.
deviennent
Le cafier fe plante
en fortant des
quarrément, 3 ou en quiconce,
l'on
pépinieres. Ilfaut que les
emploie pour former ces pépinicres grainesque foient
ches , & encore dans la cerife,
fraine leveraient
autrement elles
pas. Les plans fe mettent
rement à douze ou guinze
ordinajpouces de profon-
ouveller ainfi
jufqu'à trois fois, mais enfin elles lesindigoteries
ftériles.
deviennent
Le cafier fe plante
en fortant des
quarrément, 3 ou en quiconce,
l'on
pépinieres. Ilfaut que les
emploie pour former ces pépinicres grainesque foient
ches , & encore dans la cerife,
fraine leveraient
autrement elles
pas. Les plans fe mettent
rement à douze ou guinze
ordinajpouces de profon- --- Page 209 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 185
SUR LA
ou huit pieds de
-deur dans la terre, & à fept fur les collines &
diftance. Le cafier réuffit bien
&
oùt les pluies font fréquentes,
les montagnes,
facilement: il ferait inutile de
les eaux s'écoulent les feuilles & les branches
/
l'arrofer, parce que
la tige. L'expofition
ont plus befoin d'eau que
eft l'afla plus favorable pour cette plantation, faut le farcler avec
pedt du foleil couchant; il
doit l'arrêter à
.foin, tant qu'il eft faible : on difent a quatie
certaine hauteur ; les uns
une
cinq, mais je crois qu'il faut
-pieds, d'autres à
la nature du fol : dans
confidérer
4- uniquement
le cafier n'excéderait jamais la
quelques terreins,
dans d'autres, il s'élehauteur de dix pieds ;
qu'il en foit, il.
verait jufqu'à vingt pieds ; quoi
qu'on en
T'arrêter, de maniere
faut toujours aifément le fruit; il ne faut pas
puilfe. cueillir
abfolument à ce que nous
non plus s'en-t tenir
l'on doit laiffer
avons dit, fur la. diftance que
fertiles
les arbres. Dans les terres les plus
entre
fes rameaux font longs & mulil'arbre eft gros,
cerifes, dont on
pliés, ils fourniffent de groffes dans d'autres,
livres de graines ;
tire plufieurs
ainfi dire, fa tige eft faiT'arbufte rampe pour
de feuillage, 9 les
ble, fes rameaux dépouillés
terre
&
Il faut une grande
fruits rares
petits.
à un arbre touffit;
donner de la fubftance
pour
arbriffeau:
il en faut moins pour
il'arbre eft gros,
cerifes, dont on
pliés, ils fourniffent de groffes dans d'autres,
livres de graines ;
tire plufieurs
ainfi dire, fa tige eft faiT'arbufte rampe pour
de feuillage, 9 les
ble, fes rameaux dépouillés
terre
&
Il faut une grande
fruits rares
petits.
à un arbre touffit;
donner de la fubftance
pour
arbriffeau:
il en faut moins pour --- Page 210 ---
1861 C O N S I D E R A T I O N
Le cafier commence à produire la troifienie
année, mais la récolté n'efl abondante
cinquieme : il eft quelquefois
que la
qui le détruifent
attaqué des vêrs
par la racine ; une
féchereffe le brite; il ne dure
longue
Celui qui- fait des
que vingt ans.
peut donc
plantations en caft, ne
pas efpérer une longue fuite de
récoltes ; malgré cela, cette culture deftructrice avait féduit une grande partie des habitans. Elle convenait fur-tout à ces
qui ne feront jamais
Européens,
qu'étrangers dans la CoIonie) à des hommès que le défir de
ner dans leur patrie, rend avides de retourpeu jaloux de conferver : il
jouir, &
éblouis
ont tous été
par des récoltes prodigicufes, qui fe
vendaient à un prix exceffif. Ils y ont
depuis la paix, d'excellentes
employé,
terres, & plus de
quarante mille Negres, dont' il eft mort une
grande partic ; ils ne prévoyaient
denrée de luxe, étant
pas que cette
mieux connue & multipliée, tomberait en difcrédit. Les
de la Guyanne hollandaife,
plantations
dudtives
qui fort aufli proque celles de Saint - Domingue &
s'exploitent à moindre
leurs
frais, ont renverfé toutés
efpérances (z).
(1) La Colonie & le commerce de France fouffrirent
delesavoir adoptécs. La traité des Noirs commencea dè-
denrée de luxe, étant
pas que cette
mieux connue & multipliée, tomberait en difcrédit. Les
de la Guyanne hollandaife,
plantations
dudtives
qui fort aufli proque celles de Saint - Domingue &
s'exploitent à moindre
leurs
frais, ont renverfé toutés
efpérances (z).
(1) La Colonie & le commerce de France fouffrirent
delesavoir adoptécs. La traité des Noirs commencea dè- --- Page 211 ---
DE S. DOMINGUE. 187
SUR LA COLONIE
fe plaît dans ;un fol ufe, fec 2
tLe cotonnier s'il réuffit dans un térrein
ou pierrenx ; &
plus de bois, il
neuf & fertile, en pouflant culture du coton
donne moins de fruits: La
précieufe.
cela même une reffource
devient par
ordinairement
C'eft 'aul printems qu'on plante
dans des
le cotonnier : on jette fept à huit graines
les uns des autres de fept pieds
trous éloignés environ. Il fort peu de jours
& demi, ou
qui
de chaque trou, une petité pépinieré
après,
on ne laiffe croître que
forme un bouquet ;
fortes; les autres
deux ou trois tiges des plus
le cotonnier
font arrachées. Au mois d'Août,
le
&c alors on a foin de couper
eft grand,
On lui donne une nouvelle
haut de la tige.
forte
fe
bout d'un mois, eni
qu'il
taille au
hauteur de 4 pieds; le bois
trouve arrêté à la
après cette
fruit, eft celui qui pouffe
qui porte
faut
cet arbuftc foit
derniere taille. Il
que embarraflé par
farclé de maniere a n'être pas
les Français. Dans de telles
venir difficile, fur-tout pour
de quarante mille Necirconflances, le mauvais emploi Les Negres fe font vengres porte un grand préjudice. la culture même du ficre,
dus à un prix trop cher pour d'autres reffources que Tef
des habitans qui n'avaient
étant détruit,l'apoir des récoltes en café; & cet efpoir
vidité du Marchand eft trompée,
raflé par
farclé de maniere a n'être pas
les Français. Dans de telles
venir difficile, fur-tout pour
de quarante mille Necirconflances, le mauvais emploi Les Negres fe font vengres porte un grand préjudice. la culture même du ficre,
dus à un prix trop cher pour d'autres reffources que Tef
des habitans qui n'avaient
étant détruit,l'apoir des récoltes en café; & cet efpoir
vidité du Marchand eft trompée, --- Page 212 ---
x88 C O N SI D É R A T I
demauvaifes
O N S
herbes. Larecolte fe
lz plantation, & plutôt
fairdix mois après
dans
Telle eft la culture quelques terreins.
Colonie; les
des plantations de la
exigent plus de préparations qui fuivent la récolte
foins.
Il eft malheureufement
rarement de
des pays où l'on
grandes richeffès, fans de
acquiere
tices: il en eft autrement à
grandesinjuf
te travail, la probité, la Saine-Domingue; ; c'eft
donner. Demandez
juftice qui peuvent les
dez-les
des fruits à la terre
avec un foin
* demand'exemple qu'elle
perfevérant ; il n'y a point
en jouir
en ait réfufé ; vous n'aurez
aucune, mauvaife asion à vous
pour
La culture des terres à
reprocher.
fi fruduenfe,
Saint-Domingue, eft
qu'on doit s'étonner
encore des terreins à défricher.
qu'il refte
commerçans
La a dureté des
dans la traite nationnaux & leur peu d'habileté
les
des noirs, ont beaucoup rétardé
les établiffemens ; cependant il ne faut
agriculteurs en foient
pas que
le travail & la
découragés : la frugalité,
mens de la modération, font les commencefageffe; ; fi les richeffes
enfuite, celui qui les reçoit tn'en
viennent
bon ufage ; fes befoins
peut faire qu'un
bienfaifance n'en
ont des bornes & fa
a pas
(*) Ces maximes font excellentes; mais
gueres fuivies par les habitans de la
elles ne font
Colonie, le défor-- --- Page 213 ---
SURLA COLONIE DE S. DOMINGUE. 189
ce bon vieillard, qui ft
:. N'oublions jamais
dans
croire à fes enfans, qu'il Y avait un tréfor
leur champ; il les rendit modérés & laborieux;
ils remuerent tout leur héritage, & l'abfence des
cherchaient leur en fit trouver de
richeffes qu'ils
actifs
plus grandes. Livrés à la même recherche,
& modérés comme eux 9 remuons toutes Ros
laiffons
le moindre efpace inurile,
zerres, ne
pas
tréfors.
& nous découvrirons de nouveaux
le
dre, la témérité des engagemens & 2 Tinexpérience, la cruauté fe mêtumulte des paffions, la débauche
lent trop fouvent aux principes de leurs' établidements.
-
en fit trouver de
richeffes qu'ils
actifs
plus grandes. Livrés à la même recherche,
& modérés comme eux 9 remuons toutes Ros
laiffons
le moindre efpace inurile,
zerres, ne
pas
tréfors.
& nous découvrirons de nouveaux
le
dre, la témérité des engagemens & 2 Tinexpérience, la cruauté fe mêtumulte des paffions, la débauche
lent trop fouvent aux principes de leurs' établidements.
- --- Page 214 ---
*go C O N S I 0
R. A
TrO N. S
DISCOURS IL
Des moyens de fertilifer.
Las fécondité
qui nous étonne
une fécondité créée: des bras eft prefque Partout
fent la nature ; file fol
induftrienx enrichif
faut
préfente des
lesapplanir &a ne laiffer de
inégalités, if
eft néceflaire pour la facilité pente que celle quî
tous les pays un des plus
d'arrofer : c'eft dans.
lité.
grands moyens de fertiII ne faut pas que T'homme
treprend de cultiver les terres de ambitieux, S.
qui enperfuade que ces terres heureufes Domingue, fe
voeux, 2 fans exiger de lui les
répondront à fes
ques, les foins multipliés travaux, les remarprincipale du
qui font ailleurs l'étude
il faut le Caultivateur: : s'il eft dans cette erreur,
fur
détromper & lui faire connaîtré
lequel il peut fonder de
fe champ
Le fol de la côte de S. légitimes efpérances.
une couche plusou moins Dominguc eft en général
ou de fable. firr
profonde detuf,
un fond de rOc
d'argile
friable, & qui n'eft pas
vif; une argile
les feuilles & les débris trop humide, fe mélant avec
plufieurs quartiers
des plantes, a formé dans
dans d'autres
une couche de terre
endroits une argile
épaiffe;
tres-graffefe méle
ôte de S. légitimes efpérances.
une couche plusou moins Dominguc eft en général
ou de fable. firr
profonde detuf,
un fond de rOc
d'argile
friable, & qui n'eft pas
vif; une argile
les feuilles & les débris trop humide, fe mélant avec
plufieurs quartiers
des plantes, a formé dans
dans d'autres
une couche de terre
endroits une argile
épaiffe;
tres-graffefe méle --- Page 215 ---
DE S. DOMINGUE. 19E
SUR LA COLONIE
le fable de la mer : le tuf a Ini-mème de la fé-.
avec
beancoup de modifications de
condité , il reçoit
Thumidité qui le brife & le divife en petites parou du fable & des végétaux ; mais par-tout
ties 3
de modiod le suf &c T'argile ne comportent point
fications, les plantes croiffent difficilement.
Le fol de S. Domingue eft extrêmement variéau
Por-mn-Prince:il.p :
produit des légumes,q quilrefile
des environs. du Cap; du rocou a
aux jardiniers
vient.
all Cul-de-Sac ; du
Léogane, il n'en
point
ailleurs ; du
aux Gonaives, & prefque point
coton
dans la
de T'oueft, & peu dansles
fucre brut
partie
parties du nord & du fud (1),
J'ai dit précédemment que la canne n'a pour
efpece de chevelure, 2 qui ne pénetre
racine qu'une
dans
ordinairement à plus de fix Ol fept pouces
pas:
Le fol eft moins varié dans les montagnes : clles
(:)
de bois durs eutrelaffés de liennes': quand
font couvertes à les défricher., la décompofition des
feuilles on commence & des branches que le tems a pourri, procure
prodigieufe, Les plaines produifent plus
une végération des bois mous; il y en 'a qui ne préfenordinairement des herbes rares & de grands végétaux moelrent que fucculents, tels que les torches & les raquettes.
leux & les terreins des plaines de St. Domingue offrent
Comme
plus riches, plus utiles que celles des
des produdions
fommes attaché principalement à
montagnes, nous nous
confidérer les moys çns de les fertilifer.
Les plaines produifent plus
une végération des bois mous; il y en 'a qui ne préfenordinairement des herbes rares & de grands végétaux moelrent que fucculents, tels que les torches & les raquettes.
leux & les terreins des plaines de St. Domingue offrent
Comme
plus riches, plus utiles que celles des
des produdions
fommes attaché principalement à
montagnes, nous nous
confidérer les moys çns de les fertilifer. --- Page 216 ---
192 C 0 N S I D E R A T IO
la
N g
terre: c'eft donc des fels
cie de la terre
répandus fur la fuperfi-:
miere des
que dépend la réuffite de cette preeft
plantations: : l'art de fertilifer en ce
d'entretenir
genre
une humidité fuperficiellement une fraicheur &
tation.
conyenables pour foutenir la vég6
Ilya aà S. Domingue des plaines où l'on
que du fable : des herbes faibles
ne voit
courbées fans ceffe
& defléchées, ,
torches & des
par un vent fort & brolant, des:
ofent
raquettes font les feules
s'éleverà quelque diftance du fol. plantes Ces qui
qui paraiffent ftériles, feraient
terres'
propres à former des
au contraire trèsétabliffemens en
Tony conduifait des eaux.
fuercrie,
Les terres
bes
falineufes, > quoique couvertes d'herfucculentes, ne font pas auffi
canne, au lieu de végéter dans les précieufes : la
y eft fujette à moueller &
tems pluvieux, 9
féjourne au-deffous de fa jaunir, parce que l'eau
elle
racine : dans la féchereffe
languit & ne mûrit pas ; la canne fe
la fuperficie, & étrangle,
refferre à
en fc refferrant. En
pour ainfi dire, la canne:
durciffent & fe
général toutes les terres qui fe
viennent
fendent dans le tems fec, ne conpoint à la culture du fucre.
Les terres graffes & neuves,
fentilesy font d'une
quoique d'ailleurs:
dant les premicres exploitation défagréable penhauteur & d'une années, les cannes font d'une
groffeur prodigieufe ; elles ne
rendent
trangle,
refferre à
en fc refferrant. En
pour ainfi dire, la canne:
durciffent & fe
général toutes les terres qui fe
viennent
fendent dans le tems fec, ne conpoint à la culture du fucre.
Les terres graffes & neuves,
fentilesy font d'une
quoique d'ailleurs:
dant les premicres exploitation défagréable penhauteur & d'une années, les cannes font d'une
groffeur prodigieufe ; elles ne
rendent --- Page 217 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 193
de fucre : il eft noir, gras 3 fans
rendent que peu de
: il eft difficile à fafaveur ; il n'a point qualité dans les chaudieres.
briquer & même fujet à brôler
Dans de femblables terreins; il eft plus avantageux
deroulerlesprenieres cannes en fyrop, que des'obf
tiner à vouloir en tirer de bon fucre. Des fourmis
d'une efpece particuliere s'attachent prefque toujoursà dévorer les premieres plantations qu'on-y
à les détruire en mettant Te
fait ; mais on parvient
raifon de
feu dans les champs; ce qui, en
l'efpece
d u fol, ne peut que le rendre meilleur.
font les
Les terres grifes, mèlées d' un fable fin,
recherchées: : les cannes y viennent très-bien
plus
les
& les arrofemens y produifans qu'on
arrofe, effets >
le fucre eft beau &
fent encore de bons
;
y
facile à fabriquer ; les grains font autant de cryfLes
en vivres n'y réuffiflent que
taux.
plantations
ellest sfont fréquemment arrofées par les pluies
quand
ou par les mains des Cultivateurs.
On
fertilifer les terres compaêtes & argilpeut
difficilement celui
leufes ; mais elles enrichiraient
qui lès cultiverait. Les terres rouges valent mieux;
cependant elles ne font jamais bien produétives. Le
tuf ne produit rien.
la culture
On pourrait fans témérité entreprendre
de cette favanne immenfe qui fépare le quartier
des Gouâves de celui de S. Marc (1), fi quelque
(:) La favanne défolée.
N
Tome I.
fertilifer les terres compaêtes & argilpeut
difficilement celui
leufes ; mais elles enrichiraient
qui lès cultiverait. Les terres rouges valent mieux;
cependant elles ne font jamais bien produétives. Le
tuf ne produit rien.
la culture
On pourrait fans témérité entreprendre
de cette favanne immenfe qui fépare le quartier
des Gouâves de celui de S. Marc (1), fi quelque
(:) La favanne défolée.
N
Tome I. --- Page 218 ---
194 Co N S I D É R A T -
riviere pouvait
I ( O N S
terrein fablonneux T'arrofer ; la ftérilité apparente d'un
ne. doit pas
y planter des cannes,
décourager, on peut
foient noyées : l'eau ne: pourvu que fans cefle elles
cines,
s'amaffera point fous
3 l'eau fe perdra dans un fable
les raL'eau ne fertilife les terres
profond.
remplie de parties ignées.
que parce qu'elle eft
caché dans le fable: il eft Ily a également un - feu
netre dans tous les fens poreux, & l'eau le
: les fels &
pégétation qu'il renferme fortent
Telprit de védance & rempliffent toutes
alors avec abondont il environne les
les parties de la plante
racines.
Ce que nous venons de dire
dans les terreins
de-la végétation
périence comme fablonneux, eft démontré par l'expar le raifonnement. L'herbe
principalement dans les terreins
vient
pas ainfi de la canne à fucre. froids : il n'en eft
dures dansles plaines de
In'y a point de verya des plantes
Galler & de fable ; mais il
Les torches qui tirent mille fois plus de
2 les raquettes, font
fucs.
abondant &
pleines d'un jus
doux & pleins vifqueux de
: elles produifent des fruits
de tous les Colons faveur; & c'eft une vérité connue
viest la raquerte, la expérimentés, que par-tout où
faut cependant
canne à fucre vient auffi. Il
beaucoup d'eau obferver que la raquette
: elle vient très-vite & n'exige pas
moindre pluic. Les cannes
croft à la
même terre, fi on les
prendraient bien dans la
plantait dans le tems de la
de
: elles produifent des fruits
de tous les Colons faveur; & c'eft une vérité connue
viest la raquerte, la expérimentés, que par-tout où
faut cependant
canne à fucre vient auffi. Il
beaucoup d'eau obferver que la raquette
: elle vient très-vite & n'exige pas
moindre pluic. Les cannes
croft à la
même terre, fi on les
prendraient bien dans la
plantait dans le tems de la --- Page 219 ---
SUR LA COLONIE DE S: DOMINGUE. ICs
mais élles périraient bientôt,f, Four les
pluie ;
n'avait
ie foin de les arofer, 2
conferver, , on
pas
leur croiffance eft moins prompte.
parce que des Sucreries au milieu des favanes du
Il Y a
auprès des
Blond 2 au quartier du Cul-de-fac;
& fleuries dont elles font enhaies verdoyantes
tourées, on ne voit que du fable; tout annonà quelques pas le fol eft
ce l'aridité : cependant
chargé des plus riches produéions 3 on replante
les cannes à toutes les roulaifons ; on les arrofe
fans ceffe & on recueille tous les ans des millions de fuere.
fait de beau
Dans de femblables terreins on
fucre dès la premiere année ; il n'eft point chargé d'eau ni de parties étrangeres, & pour conduire
les cannes à leur maturité ,il fuffit delaiffer paffer
quelque tems fans les arrofer.
Il faut bien fe garder de mettre le feu dans les
champs après que les cannes ont été coupées ; car
de la
du charbon &
il ne refterait que
cendre,
ftérile:
dela chaux, & l'eau n'en ferait qu'une pâte
mais il faut arracher les fouches & laiffer les feuilles éparfes dans les'champs ,Y épancher enfuite les
eaux qui, en les pourriffant, fourniront le meilleur
engrais.
années d'un établiffement en
Dans les premieres
fucrerie formé au milieu des fables, il faut replanter de nouvelles caunes à chaque récolte, 7 parce
Nij
que
cendre,
ftérile:
dela chaux, & l'eau n'en ferait qu'une pâte
mais il faut arracher les fouches & laiffer les feuilles éparfes dans les'champs ,Y épancher enfuite les
eaux qui, en les pourriffant, fourniront le meilleur
engrais.
années d'un établiffement en
Dans les premieres
fucrerie formé au milieu des fables, il faut replanter de nouvelles caunes à chaque récolte, 7 parce
Nij --- Page 220 ---
196 C o N s I D E R A r
que les rejettons
I 9 N S
maisaprès quelques uferaient inutilement la terre :
années, quand la
végétaux a donné confiflance
pourriture des
deur de fix pouces fur
de terre à la profondemander
toute la
on
aux mêmes plantations fuperficie, peut
coltes.
jufqu'a trois ré-
"Les Sucreries perdent
entre les mains d'un
rarement de leur fertilité
plantes qui exigent habile Cultivateur. Ce font les
laiffent le fol à beaucoup de farchaifons, & qui
plante qui exige découvert, le
qui ufent la terre. La
tretient les fels moins d'étre farclée & quienfeuilles,
végéraux, en les couvrant de fes
perpétue la fécondité, Il faut
tinir que la
fur-tout reaprès la récolte, décompofition de ces mêmes
> eft nécefaire à la
feuilles,
cannes à fucre (r): ; & ne les brûler réproduction des
fe trouvent fur ces terreins
que quand elles
divifer & brifer les
humides, dont il faut
d'infeôes.
parties, ou qui font attaqués
(1) Quelques Colonies ont
des terres ufées,
entrepris de renouveller
récoltes qu'elles avaient plutot par de faux travaux, que, par les
rech; ; cette méthode ne vaut produit, rien. , en employant le vale fol, & ne lui donne
Le, varech corrompe
d'ailleurs, il
qu'une chaleur momentanée :
ôte toute fa valeur, communique On au fucre une âcreté, qui lui
ne s'eft jamais fervi de
Saint-Domingue : les patates, les cannes
varech à
en pourrit les feuilles, voilà les
& l'eau qui
meilleurs engrais,
faux travaux, que, par les
rech; ; cette méthode ne vaut produit, rien. , en employant le vale fol, & ne lui donne
Le, varech corrompe
d'ailleurs, il
qu'une chaleur momentanée :
ôte toute fa valeur, communique On au fucre une âcreté, qui lui
ne s'eft jamais fervi de
Saint-Domingue : les patates, les cannes
varech à
en pourrit les feuilles, voilà les
& l'eau qui
meilleurs engrais, --- Page 221 ---
DE S. DOMINGUE: 197
SUR LA COLONIE
d'une eau épaiffie 1 & qui ne
Ces terres remplies
tôt ou tard ;
fe refroidiffent
circule que très-peu, recouvre du fable & des
mais un terreau léger qui
de dix toifes', ne fe
roches brifées à la profondeur
refroidit jamais; ; l'eau s'y introduit de toutes parts,
toujours une fermentation égale, fans
& y produit
Celui qui a pu en tirer deux réjamais s'y repofer.
y trouvera
coltes avec ha facilité des arrofemens, conferver
des richeffes nouvelles s'il peut
toujours
la même quantité d'eau.
des arbres
Mais on a dépouillé les montagnes
faifaient F'ornement: on a tari
fourcillenx qui en fources ; Tifle la plus arrofée
les rivieres à leurs
Amériquain, - 9 ne le fera bientôt plus
de TArchipel
& les tréfors de la
affez fur les côtes Françaifes,
Colonie diminueront fenfiblement.
funefte préfent de l'Arabie ! com0 Cafier,
les Colons de ce que
ment dédommagerez-vons les beftiaux que T'on
vous leur avez fait perdre?
&
entretenait dans les bois 2 les animaux fauvages
féroces dont ils étaient remplis 2 les matériaux
peu devaient fournir pendant une infinité de fiequ'ils
recueillaient dans l'étendue de
cles, ,les rofées qu'ils
s'enflaient fous
leurs feuillages 9 les ruiffeaux qui
leur abri, les hommes qui devaieut être employés
les
utiles, vous avez tout dévoré
aux travaux plus
tout détruit (1).
Le cafier eft le feul arbre, le feul des végétaux a
(s)
Niij
2 les matériaux
peu devaient fournir pendant une infinité de fiequ'ils
recueillaient dans l'étendue de
cles, ,les rofées qu'ils
s'enflaient fous
leurs feuillages 9 les ruiffeaux qui
leur abri, les hommes qui devaieut être employés
les
utiles, vous avez tout dévoré
aux travaux plus
tout détruit (1).
Le cafier eft le feul arbre, le feul des végétaux a
(s)
Niij --- Page 222 ---
198. C O NSIDE E R
Dans les terres falées
ATIO.N S
verdit dans les
& compages, T'herbe retombé:
pâturages auffi-tôr que la
cependant les cannes à
plui: a
vue d'oeil: on les
fucre dépériffent à
arrofe, & leur
eft pas moins
dépérifiement n'en
propre à cette prompt ; c'eft que le fol n'eft point
Si on fait des culture, & on ne peut Taméliorer.
& tâcher, de la. faignées , pour noyer enfiite la terre
corriger en
que délayer dela boue ; fitôt Tégoutamt, on ne fait
ché l'eau, elle ne s'en
que cette terre a tollréduit à planter dans fépare plus: : on fera donç
un lac?, & rien
T'ony, met le fcu, cette
n'y viendra. Si
pour ainfi dire:
terre fe durcit & fe
fer. Si le, terrein on. ne peut ni, la brûler ni la cuit, diviétait
matre, on parviendrait marécageux fans être fàufirait de Tentourer
plutôr à faméiorer;il fuf
pour faire croitre des par des foffés profonds : mais
argilleux & falé,
cannes à ficre dans un
on ne peut employer
terrein
foureguecelledy
d'autre rcfpaffer la charrue : il rapporter des fables & d'y faire
ne faudrait jamais
y mettre ni
S.Demingue, dontla
Le bois de fer, l'acoma ocineptaerciguedee
pas des racines
qui fe pétrific dans la profandeur:
diametre,
profondes; 3 ils les étendent fur terre, n'ont
mais le cafier qui leur fert, Pour ainfi dire, de un grand,
abforber tous enfonee les fucs profondément les Gennes, piédefial ;
de la feve qu'il retient, dela végéation; la moindre pour
la fureur de cette
fuffirait aux plus grands arbres: partie
plantation a caufé de grands
ravages.
des racines
qui fe pétrific dans la profandeur:
diametre,
profondes; 3 ils les étendent fur terre, n'ont
mais le cafier qui leur fert, Pour ainfi dire, de un grand,
abforber tous enfonee les fucs profondément les Gennes, piédefial ;
de la feve qu'il retient, dela végéation; la moindre pour
la fureur de cette
fuffirait aux plus grands arbres: partie
plantation a caufé de grands
ravages. --- Page 223 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 199
SURLA
le feu ni l'eau ; les récoltes n'y feraient jamais
viendraicnt mal : cependant
égales; les rejettons y
travauix O1 pourrait y
avec le tems & de grands
former d'utiles établiflemens.
heureux, nous
En cherchant un terrein plus
avotrabbati
rencontrons un fol gras & noyé. Après
pluficurs hommes ne pourraient
des mangliers que
des égouts; des
embraffer, 1 nous y pratiqucrons
aux marérerres relevées ôteront la communication
voifins. Le feu embrafera toutes les branches
cages
abbatus, & la terre prendra la couleur
des arbres
croîtront : mais en les
de la fuie. Les cannes y
connaîtra facilegroffir avant le tems, on
voyant le fol eft trop humide: en faifant des fofment que
de fix pieds dans.le milieu des
fés à la profondeur
l'eau.
champs de cannes, on y trouvera peut-être
Il faut en creufer dans toutes les allées qui entoule champ à huit pieds de profondeur, les prerent
dans ceux-ci, & enfin les rigomiers s'égoutteront
leurs
les tirées le long des planches y porteront
Alors ouvrant toutes les éclufes, on defléeaux. chera la terre à force de la noyer, & on lui donnera
n'avait pas. C'eft ainfi
méme une légéreté qu'elle fait couler lesrivicque le Cultivateur induftrieux
ges oùt étaient les lacs & les marais.
maréd'un terrein
En commençant T'exploitation arbres ,il y a de graricageux & couvert de grands
confervation des
des précautions à prendre pour la
N iv
ant toutes les éclufes, on defléeaux. chera la terre à force de la noyer, & on lui donnera
n'avait pas. C'eft ainfi
méme une légéreté qu'elle fait couler lesrivicque le Cultivateur induftrieux
ges oùt étaient les lacs & les marais.
maréd'un terrein
En commençant T'exploitation arbres ,il y a de graricageux & couvert de grands
confervation des
des précautions à prendre pour la
N iv --- Page 224 ---
200 Cox s I D E R A TIO
N S
Negres qu'on y emploie : il ne faut
qu'ils demeurent fur le fol
pas fouffrir
au contraire leur
quel'on dégrade ; il faut
faire conftruire des ajoupas dans
un endroit éloigné & fir un tetrein
tems découvert ; ils ne doivent
depuis longvailler qu'après le lever du foleil commencer à trades
: il fort toujours
vapeurs épaiffes d'un fol humide, qui eft expofé
pour la premiere fois à la chaleur des
ces vapeurs font diffipées
rayons ; mais
tombent que dans la nuit où pendant la bife le jour, & ne reeft moins forte,
c'eft-à-dire, où le vent qui regne du fud-eft 3
nord-eft fe fait moins reffentir.
au
On peut employer la charrue dans les terres
mides & fortes ; mais il ne faut
hunetre à plus de fix
pas que le foc pépouces. Les premieres cannes
quelon y reçueille ne peuvent être roulées
frop, & ce n'eft qu'à la quatrieme oula
qu'en
récolte que l'on en peut tirer du fucre marchand. cinquieme
n'eft pas néceffaire de replanter fouvent,
I1
ordinairement attendre les
3 & on peut
eft bon d'y faire paffer le feu quatriemes rejettons. Il
eft obligé de
toutes les fois qu'on
replanter, parce que cela en divife les
parties : quand elles font defléchées &
de cannes, ,il ne fauty employer l'eau
couvertes
coup de ménagémens. On
qu'avec beaune peut les
purger des eaux croupifantes
égoutter, les
torrens : en les arrofant
qu'en y verfant des
comme on fait d'autres
terres, 3 elles retiennent prefque toujours
une trop
Il
eft obligé de
toutes les fois qu'on
replanter, parce que cela en divife les
parties : quand elles font defléchées &
de cannes, ,il ne fauty employer l'eau
couvertes
coup de ménagémens. On
qu'avec beaune peut les
purger des eaux croupifantes
égoutter, les
torrens : en les arrofant
qu'en y verfant des
comme on fait d'autres
terres, 3 elles retiennent prefque toujours
une trop --- Page 225 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 201
SUR LA
T'on faffe,
quantité d'eau. Enfin, quoi que
àla
grande
bien convenables
ces terres ne feront jamais
culture des cannesà fucre.
voilà la fource
Une terre grife, légere, friable, dans la plaine du
des tréfors. Heureux celui, qui la
à Jacob 2
dans plaine
Cul-de-fac , au Boucaffin, de fucre d'une piece
retirer foixante milliers
peut
carreaux' ! fa terre ne sépuifera
de cannes de cinq
: qu'il ne porte point
qu'avec l'eau qui la fertilife
le féjour des
envie aux habitans de laplaine du Cap,
les
de leurs champs 7 pendant
eautx dans rinégaliré
refroidira toujours
mois de Décembre & Janvier, mois de Juin & Juilleurs terres : la féchereffe des leurs Negres ne felet les découragera toujours ; des alimens dans
ront jamais certains de trouver
craint
les faifons. Celui qui arrofe ne
point il
toutes
fon terrein quand lui
la fécherefle, & il égoutte
dans l'abondance :
plait. Ses Negres font toujours & d'ouvrir des
il eft obligé de niveler 2 de tracer
trad'applanir des terres ; mais ces grands
canaux,
beaucoup de fruits.
vaux produifent
: les unes
Il y a deux efpeces de terres rouges font mélées
& faumâtres; d'autres
font argilleufes
; les autres fede fable. Celles-ci font produdtives Ces fortes de terres
ront toujours des terres à pot.
d'eau : la
à recevoir beaucoup
ne font pas propres les rend aflez fertiles ; mais
charrue les divife &
trad'applanir des terres ; mais ces grands
canaux,
beaucoup de fruits.
vaux produifent
: les unes
Il y a deux efpeces de terres rouges font mélées
& faumâtres; d'autres
font argilleufes
; les autres fede fable. Celles-ci font produdtives Ces fortes de terres
ront toujours des terres à pot.
d'eau : la
à recevoir beaucoup
ne font pas propres les rend aflez fertiles ; mais
charrue les divife & --- Page 226 ---
202 C O N SID E R A T.
elles conviennent
I.O N S
bien mieux a la
tates & du manioc,
culture des
2 qu'à celle du ficre.
PaLes canaux d'arrolage font les
mens de la culture
principaux inftruen ficrerie
d'accroître fans ceffe
> puifqu'il s'agit
mide,
une plante naturellement
un véritable rofeau dont la
hula terre que
racine ne ticntà
cette terre ait furperficiellement ; mais il faut que
beaticoup de
goutte facilement,
chaleur, qu'elle s'é-
, & que l'eau ne faffe
gmenter la fermentation.
qu'en auLes terres de Ja Côte
réuniffent
Françaife de
en général toutes les
S,Domingue
pour la culture; mais le fot eft qualités néceffaires
faurait dire, il
varié plus qu'on ne
dont il
y a. une infinité de
n'eft pas facile de
modifications
d'oeil. On doit feulement juger au premier coup
propre à la culture du retenir qu'un terrein n'cft
une chaleur
fucre, que quand il renferme
continuelle, une forte
intérieur; que quand l'eau en accroît d'embrafement la
tion, & quand elle s'égoute
fermentaobfervations
en peu, d'heures. Les
gu'on peut faire fur ces
diqueront facilement les
principes, indonner aux terres les moyens de fertilifer & de
qualités dont elles
manquer (t),
pourraient
(1) Nous ne dirons rien de
niere de fertilifer dans les
particulier fur la m2nous avons déjai indiqué Ia manierc autres genres de culture :
de réparer les terres
rafement la
tion, & quand elle s'égoute
fermentaobfervations
en peu, d'heures. Les
gu'on peut faire fur ces
diqueront facilement les
principes, indonner aux terres les moyens de fertilifer & de
qualités dont elles
manquer (t),
pourraient
(1) Nous ne dirons rien de
niere de fertilifer dans les
particulier fur la m2nous avons déjai indiqué Ia manierc autres genres de culture :
de réparer les terres --- Page 227 ---
DE S. DOMINGUE 203
SUR LA COLONIE
que T'eau, qui devient à S.
Il eft bienimportant reffort de la culture, foit
Domingue le plus grand
en
diftribués a tous ceux qui peuvent
également
également avantageux en proporfaire un ufage
dont ils font poffelieurs:
tion des terres arrofables
affurer des.
Le droit de détourner une riviere pour
Cultiappartient plutôt à la terre qu'au
plantarions Ini-mème: il faut donc que la diftribution
vateur
c'eft ce qui n'a
en foit générale & proportionnelle;
-
été. La cupidité des uns, la néglipas toujours
lautorité,la protestion, la
gence des aurres,
dirigé les
force, la faibleffe, ont jufqu'à préfent
partages (1);
terrein
Un habitant placé dans un
aride,projette
détourner le cours. d'une rivierc & de la conde
ufées
la culture de Pindigo: celles que T'on emploie
par du coton n'exige pas de préparations ; le
à la culture bien
dans des terres profondes, &
cafier ne vient
que
l'art du cultivateur n'y peut rien.
du
abus! difaient les habitans
(1) < Quel étrange
priver del'eaude
> quartier de Léogane, quel'onvoulait une fociété de
> la riviere commune à leur quartiers 8z ces conaurait fait des conventions,
> particuliers deviendraien: des loix contre nous ! ils
> ventions
ont eux-mè-
> nous jugeraient avec ces titres, qu'ils l'efpoir du naviga-
> mes fabriqués 5 ils tromperaient
qui atrendu marchand, du confommateir
5 teur.,
1 L'efprit de faveur & d'exclufion
>> dent nos récoltes
toujeurs Tutilité générale?
D combattra-t-il,
iers 8z ces conaurait fait des conventions,
> particuliers deviendraien: des loix contre nous ! ils
> ventions
ont eux-mè-
> nous jugeraient avec ces titres, qu'ils l'efpoir du naviga-
> mes fabriqués 5 ils tromperaient
qui atrendu marchand, du confommateir
5 teur.,
1 L'efprit de faveur & d'exclufion
>> dent nos récoltes
toujeurs Tutilité générale?
D combattra-t-il, --- Page 228 ---
204 C O'N'si I n E R A
TI O N S$
dairevers fes plantations ; les travaux font
& difpendieux : feul il ne
difficiles
pourrait réuffir dans
entreprife, 3 & fa fortune entiere
for
s'adreffe à fes voifins
ne fuffirait pas : il
; plufieurs
projet:ils offirent d'en
approuvent fon
d'autre;, rébutés
partager les frais & l'utilité;
par les difficultés
foufcrire.
2 refufent de
étant
Cependant le nombre des
affez grands pour fatisfaire
fouferipteurs
rédige le projet : les
aux dépenfès, on
& en permettent Adminiftrateurs l'approuvent
pour fouferire & l'exécution. On affigne un délai
faire les fonds de
après lequel délai ceux qui fe trouvent T'entreprife, 3
déclarés déchus du bénéfice de la
refufans font
Ce comminatoire tend
répartition à faire..
des habitans
à éclairer fur leurs intérêts
trop timides, & à diminuer
chaque particulier les frais
pour
tant le nombre des
del'lentreprife, en augmenla riviere fe
fouferipteurs. Bientôt le lit de
trouve refferré ; on en détourne
cours ; on établit un baffin
le
on fixe des éclufes; la
général de diftribution ;
prife d'ean. eft
naux particuliers font tracés
faite;les CaL'un établit
; l'ouvrage eft achevé.
une Sucrerie: l'autre fait conftruire
moulin à eau, & augmente fes forces
un
nuant le nombre des animaux
en dimigrands frais. La hardieffe d'un qu'il entretenait à
Cultirateur fait ainfi
trouver, 2 au milieu des fables
bles richeffes, &
brilans, d'innombraen faifant le bonheur augmente les revenus de l'Etat >
d'une multitude de citoyens.
l'ouvrage eft achevé.
une Sucrerie: l'autre fait conftruire
moulin à eau, & augmente fes forces
un
nuant le nombre des animaux
en dimigrands frais. La hardieffe d'un qu'il entretenait à
Cultirateur fait ainfi
trouver, 2 au milieu des fables
bles richeffes, &
brilans, d'innombraen faifant le bonheur augmente les revenus de l'Etat >
d'une multitude de citoyens. --- Page 229 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 205
SUR LA
avait
Ceux à qui le fuccès de cette entreprife
voudraient: alors lepartager : l'exemparu douteux,
excite leur émulation, il faut
ple de leurs voifins
les encourager. s'adreffent aux Chefs de la Colonie, & proS'ils
foufcripteurs
pofent de rembourfer aux premiers été collolefquelles ils auraient
les fommes pour
des frais, leur demande
qués lors de la répartition écoutée; & cette faveur,
doit être favorablement
ficen eft une, eft jufte en elle-même, parce quela
d'une eau fi néceffaire, pendant quelques
privation doit être regardée comme une punition
années, ,
à leur timidité ; fi on ne voulait pas
proportionée
à un bien qu'ils auraient euxles faire participer enleverait au commerce la quanmêmes refufé, on
habitans fabriqueraient. La
tité de denrées que ces
&la Colonie en fouffriraient également;
Métropole la Nation qui fouffrirait la peine de privace ferait
; mais en étendant les
tion fi elle était prolongée
en
bienfaits du Souverain à tous ceux qui peuvent
enrichit tout à la fois T'Etat & les
faire ufage > on
Cultivateurs.
h --- Page 230 ---
R
Coxsib
r I
S
DISCOURS
IIL
Des Infrumens
nécefaires à
des Denréts. alaprigaration
E belles
entreprifes,
tile, ne font pas dignes deftinées à un fafte inuqui mettent en mouvement dadmiration : les machines
gner de
les eaux qui vont baidu
faperhesjandins,
fage, que la roire qu'un plaifent moins aux yenx
pour foulager les
petit ruiffeau
travaux de
faitourrier
Inya dans 1Univers
Thomme indultrienx.
des infitrumens
aucune mamufadure qui
les bâtimens plus difpendieux que celle
exige
& les machinés
du fucte;
lavantage de joindre la beauté qu'on y emploie Ont
Les moulins font les
à l'utilité.
Sucreries : ily en a de deux principaix inftruments dcs
bétes & les moulins à
fortes, les moulins à
Un moulina
eau.
néceffaire
bétès produit
pour exprimer Cordisinemearliforce
cannes : mais fon effet eft enticrement le fic des
à un équipage de
lent, à peine fournit-il
linà eat ferre mieux chaudieres bien montées. Le moufournir à deux
& plus égalenent, il
lins à bétes
équipages ; ainfi il faut deux peut
pour produire
moueau.
l'effet d'un moulin à
Le moulin à vent ferait moins
dilpendieux ; mais
bétès produit
pour exprimer Cordisinemearliforce
cannes : mais fon effet eft enticrement le fic des
à un équipage de
lent, à peine fournit-il
linà eat ferre mieux chaudieres bien montées. Le moufournir à deux
& plus égalenent, il
lins à bétes
équipages ; ainfi il faut deux peut
pour produire
moueau.
l'effet d'un moulin à
Le moulin à vent ferait moins
dilpendieux ; mais --- Page 231 ---
SURIA COLONIE DE S. DOMINGUE. 207
cette efpece de moulin ne vaut rien, parce quéla
puiflance eft rarement fuffifante, & que cetté puiffance ne peut agir dans tous les tems. Ilya un troifieme défaut, & il eft irrémédiable, c'eft que le
mouvement n'eft jamais égal.
Le moulin à bêtes eft compofe d'un grand fût
oupivot, appellé grand rolle, on le revêt d'un tambour de fer poli, au-deffus duquel font pofces, à
diftances égales, trente-deux dents d'un bois franc
& dur, qui s'enchaînent de chaque côté du grand
rolle aux dents dés deux autres fits plus courts 3
également revètus, qu'on appelle petits rolles : les
fur des cherolles tournent perpendiculairenicnt
villes de fer appellées culs-d'oeufs , qui portent fur
des platines d'acier pofées fur l'entablement de la
machine.
Le grand rolle eft faifi par le haut & adapté à
chevrons qui forment le toit du moulin ;
quatre
chevrons débordent à la longueur de
deux de ces
douze ou quinze pieds > plus ou moins, au-delà du
toit, & prennent le nom de queues : on attelle
trois chevaux ou mulets fur chacune de ces queues,
ils font tourner le grand rolle , qui répete la puiffance qu'il en a reçue fur les deux petits rolles. Ces
rolles font arrêtés par des jumelles & des clefs qui
tiennent au cadre du moulin ; les jumelles inférieures fej joignent de maniere qu'en les creufant horifontalement à la profondeur d'un pouce ou envi-
toit, & prennent le nom de queues : on attelle
trois chevaux ou mulets fur chacune de ces queues,
ils font tourner le grand rolle , qui répete la puiffance qu'il en a reçue fur les deux petits rolles. Ces
rolles font arrêtés par des jumelles & des clefs qui
tiennent au cadre du moulin ; les jumelles inférieures fej joignent de maniere qu'en les creufant horifontalement à la profondeur d'un pouce ou envi- --- Page 232 ---
208 C 0 N S I D E R A T I O N S
ron, on y forme la table du moulin où s'épanche le
jus des cannes, en coulant le long des tambours
l'ont exprimé.
qui
Ce moulin eft affis fur une élévation ou butte de
la largeur plane de cinquante pieds,
&
plus ou moins,
proportionnellement accrue vers fa bafe.
les animaux ne tirent que par facade, le moulin Quand
s'embarraffe & fe brife quelquefois; ainfiil eft intéreffànt d'avoir de bons mouliniers.
Un moulin à fucre bien compofé eft de
les machines celle qui produit la plus grande toutes
relativement à la
force,
puiffance qui la met en mouvement. Chaque canne eft paffée deux fois au moulin : dès qu'elle a paffé de gauche à
Negre la reprend de l'autre côté, & la droite, fait 3 un
de droite à gauche ; les deux petits rolles, repaffer
çoivent leur mouvement du
qui remilieu,
grand rolle qui eft au
tournent en fens contraire. La bagaffe,
c'efl-à-dire, la canne qui a déja paffé une fois au
moulin, force plus fur les rolles que ne le ferait
une barre de fer d'Efpagne de la méme
les noeuds qui font à la diftance de
groffeur ;
ces retiennent le tambour il
cinqà fept pouforces foient
: faut donc que les
exadtement combinées pour que la
machine produife l'effet néceffaire.
L'ufage des moulinsà bétes eft
il exige une grande étendue de très-difpendicux,
que les animaux foient bien
pàturages, pour
entretenus : il ne faut
pas
re de fer d'Efpagne de la méme
les noeuds qui font à la diftance de
groffeur ;
ces retiennent le tambour il
cinqà fept pouforces foient
: faut donc que les
exadtement combinées pour que la
machine produife l'effet néceffaire.
L'ufage des moulinsà bétes eft
il exige une grande étendue de très-difpendicux,
que les animaux foient bien
pàturages, pour
entretenus : il ne faut
pas --- Page 233 ---
LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 209
SUR
dans l même favanne, il faut
pas toujours les tenir
donner le tems à Therbe
en avoir plufieurs, afin de
de
de fe reproduire. Il eft également indifpenfable de
femer dans d'autres terres du millet ou mahis,
leur fervir de fourrages :
Therbe de guinée pour
foient toules chevaux de S. Domingue
quoique
meilleurs &
jours au verd, ils font généralement
mulets
vigoureux que ceux d'Europe. Les
plus
mais ils font très-forts : ceux
créoles font petits ;
leur font infél'on tire de la côte d'Efpagne
que
qu'il faut fouvent
rieurs. Le prix de ces animaux,
abforbe un gros capital; ; mais un
renouveller ,
coûte
douze ou quinze mille
moulin à bêtes ne
que
conftruire
livres: cette fomme fuffirait à peine pour
la cave d'un moulin à eau
moulins
On tentérait inutilement d'apprécier les
feul a quielquefois quinze cents
à eau. L'aqueduc
coûteux de le faire en terre
pas : il eft un peu plus
il eft
durable
qu'en maçonnetie ; mais en terre
plus
de faire des moulins à bêtes tont
(E) On a imaginé vendait douze mille francs argent de
de fer; on les
Ils ont
& on les garaniiffait.
prefque
la Colonie,
les rôles qui étaient coulés fur une
tous manqué fer & par vuides en dedans : Tair comprimé par
croix de
du tambour cherchait à faire éruption, 3
le mouvement
foutenus crevaient fans
& les tambours n'étant d'ailleurs point lc fer coulé eft toujours
beaucoup d'effort,
aigre & n'eft jamais fans défaut.
Tome I.
; on les
Ils ont
& on les garaniiffait.
prefque
la Colonie,
les rôles qui étaient coulés fur une
tous manqué fer & par vuides en dedans : Tair comprimé par
croix de
du tambour cherchait à faire éruption, 3
le mouvement
foutenus crevaient fans
& les tambours n'étant d'ailleurs point lc fer coulé eft toujours
beaucoup d'effort,
aigre & n'eft jamais fans défaut.
Tome I. --- Page 234 ---
2r0 C'o N 's i D E R A
TIO N S
& moins' fujét à réparation : enfin un moulin à
entraine au moins une dépenfe de foixante eau
francs (1);
eft
milie
rive-t-il fotvenr quelquefoiselle double: : encore arà l'attente" du que cêtte machine ne répond point
Ciltivareur, à catife de Tincapacité
delAttifte.
Lés moulinsa ficre tourticnt toujours horifontalement; mais' dansles' moulins à eaulat roue horifontale'r reçoit fon mouvément d'ine roue
diculaire, > dont a circonférence eft
perpencourant deleau; & quitourne de droite préfentée à
au
fi l'ean frappe fe fommet dela roue, & de gauche,
droite fi elle éft tangente xla partic inférieure, gaucheà
Pour parvenir à la conflruction d'un moulin à
eau, il faut avoir la libre difpofition d'une
d'eau confiderable (2),
quantité
pouces courans
que j'eflime à quarante
, adntiniftrée fur le fommet de.la
rOuc, & a foixante quand on ne peut la mettre
par-deffous.
que
Au furplus la difpofition de
* a1
l'aquedac & les pro-
(I) Y compris les journéss des Negres
que T'habitant fournit.
nancuyres
(2) Je dis :
ou cinq pieds confidérable, d'eau,
non que trois pieds &demi
volume, mais confidérable plans ou courans-falient un grand
habirans. qui O:t befoin d'en eu égardau'r nombre des
quantité, & aux rivieres d'oi avoird-peu-près ces:
la méme
tirées.
eaux Peuvent être
les pro-
(I) Y compris les journéss des Negres
que T'habitant fournit.
nancuyres
(2) Je dis :
ou cinq pieds confidérable, d'eau,
non que trois pieds &demi
volume, mais confidérable plans ou courans-falient un grand
habirans. qui O:t befoin d'en eu égardau'r nombre des
quantité, & aux rivieres d'oi avoird-peu-près ces:
la méme
tirées.
eaux Peuvent être --- Page 235 ---
SURLA ÇOLONIE DE S.DOMINGUE. 211
portions. du levier peuvent exiger une moindre oH
plus grande portion d'eau.
Plus le moulina eau eft chargé , c'eft-a-dire,
plus. on y met de cannes à la fois , plus il fait de
force, parce, que l'eau tombant toujours également,
la puifianee Saccroit par la réfiflance ,& la roue
employant plusde tems à faire fa révolution, reçoit une plus grande quantité d'eau; mais les moulins abétes S'arrétent quand ils font trop chargés,
parce. que les animaux ne reçoivent pas des forccs
à proportion de la réfiftance : il ne peuvent la vainelle vient à s'accroitre. Il eft toujours
cre quand de. trop charger un moulin, &c le moindangereux dre inconvénient eft que tout le jus des cannes ne
foitpoint extrait.
Autrelois on croyait ne, pouvoirjamais employer
d'eau; des. expérienune trop grande quantité
ces plus juftes & des proportions mieux combinécs, ont démontré. quil.nie faut pas trop charger
le levier,dont le mouvement répété opérerait trop. -
violemment fur le balancier, ferait tourner lès
tambours avec trop de rapidité ; ce qui, loin d'augmenter. la preffion,. diminuerait la force & n'exprimerait quimparfaitement le jus d'une quantité
prodigieufe de cannes, plutôt brifées qu'étroitement ferrécs par une action trop vive &ctrop peu
durable. La chûte de l'eau, fa rapidité, fa pefanteur, &
0 i1
mouvement répété opérerait trop. -
violemment fur le balancier, ferait tourner lès
tambours avec trop de rapidité ; ce qui, loin d'augmenter. la preffion,. diminuerait la force & n'exprimerait quimparfaitement le jus d'une quantité
prodigieufe de cannes, plutôt brifées qu'étroitement ferrécs par une action trop vive &ctrop peu
durable. La chûte de l'eau, fa rapidité, fa pefanteur, &
0 i1 --- Page 236 ---
212 CON S I D E R A TIO
la pulfion
N S
qui en réfilte, 9 étant
feétion de cette machine, il faut efentiellesi la perplus élevé de Thabitation où
chercher le fol le
s'affire enfuite,
l'eau puiffe monter: on
de la fituation la par l'exaétitude du nivellement, >
river un aqueduc, plus convenable pour en faire détineà Tétabliffement jufqu'à l'éndroit que l'on defde douze
du moulin, où le fol doit étré
ou quinze pieds plus bas que le fond
l'aqueduc à fa brifiure, fi l'eau eft à
de
deffis la roue.
mettre parclinaifon
L'aqueduc ne doit avoir
de neuf ou dix lignes
qu'une infon
par toife dans tout
prolongement , il doit être le plus droit
ble, parce qu'en ferpentant, le
poffinéccfairement
3 cours de l'eau ferait
géné dans quelques endroits &
précipité dans d'autres, ce qui contreviendrait >
premieres loix de
aux
le cours de l'ea foit Thydroflatique ; car il faut que
reproduife fans ceffe toujours égal, pour qu'elle fe
de
en égale quantité à la brifure
l'aqueduc où l'on adapte le courfier. Si
duc était trop incliné > 1 le coufs de l'eau ferait Taquepide à la brifure : il faut au contraire
rapour ainfi dire
qu'elle foit,
>" dormante, & qu'elle n'agiffe
par fa pefanteur: : elle en prendra plus de
que
de pulfion dans le courfier
rapidité &
pieds de
9 qui eft une dalle de dix
l'iffue longueur fort inclinée, & plus étroite à
d'où l'eau tombe fur la roue qu'à fon commencement > qui doit embraffer la Jargeur de l'aqueduc.
la brifure : il faut au contraire
rapour ainfi dire
qu'elle foit,
>" dormante, & qu'elle n'agiffe
par fa pefanteur: : elle en prendra plus de
que
de pulfion dans le courfier
rapidité &
pieds de
9 qui eft une dalle de dix
l'iffue longueur fort inclinée, & plus étroite à
d'où l'eau tombe fur la roue qu'à fon commencement > qui doit embraffer la Jargeur de l'aqueduc. --- Page 237 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 213
SUR LA
extrêmité
L'inclinaifon du courfier doit êtreà fon
au-deffous du fond de l'aqueduc 3
de trente pouces courfier doit fe trouver à trente pou-
& le bout du
ces au-deffus du fommet de la roue.
L'eau tombera en quart de cercle à quatre pieds
demi de châte immédiate jufqu'à la premicre
&
doit fe trouver a deux pieds auaube choquée , qui
deffous du fommet de laroue. fortant de la tareIl faut obferver que T'eau, en
foixante
fe retrouver fur terre après
vanne, puiffe
afin d'arrofer les pieces de
ou cent pas de canal,
du moulin, on a moins
cannes qui font au-deffous
oùt l'on n'arde mefures à prendre dans les quartiers
rofe pas, & il fuffit de pratiquer un égout.
tarevanne l'efpace où la grande roue
On appelle
de deux pieds & demi
fait fa révolution : deux murs
fix
d'épaiffeur font placés à cinq pieds & demi ou
&
a la brifure del'apieds de diftance, fejoignent
arbre de la
queduc ; une des extrémités de l'axe ou
roue eft pofée fur le mur extérieur ; l'autre paffe
dans la cave du moulin : il faut que la tarevanne
foit conftruite en telle forte, que rien ne puiffe
des eaux qui tombent de la
obftacler Téchappement
roue ;à plus forte raifon doit-on prendre garde
qu'elle ne puiffe être gênée dans fa révolution. L'iffue de la tarevanne eft le commencement du canal
où s'épanchent les égouts du moulin.
fes eaux de
Quand On ne peut pas di(pofer
0 iij
du moulin : il faut que la tarevanne
foit conftruite en telle forte, que rien ne puiffe
des eaux qui tombent de la
obftacler Téchappement
roue ;à plus forte raifon doit-on prendre garde
qu'elle ne puiffe être gênée dans fa révolution. L'iffue de la tarevanne eft le commencement du canal
où s'épanchent les égouts du moulin.
fes eaux de
Quand On ne peut pas di(pofer
0 iij --- Page 238 ---
214 C O N S ID É R ATIO
N S
maniere à leur donner une chûte fubite de
cinq pieds, c'eft-à-dire à élever
vingtvingt - cinq pieds aut moins au-deffus Taqueduc de
de la tarevanne ; il ne faut pas fonger à mettre Feau
par-deffisla roue, it vaut mieux l'adminiftrer
deffotis. Il y a eu néanmoins des
parfefont autrefois conterités
habitans qui
d'une roué de
ou feize pieds de digmétre mhais
quinzé
court ne
;
un levier auffi
pent jamais donner affez de force, &
exige une trop grande quantité d'eau; il faut
avoir tine roue de dix-htit à vingt
en a plufienis de
pieds : il y
24 picds.
En mettant l'éau par-deffous la roue, il fuffit
que le fond de l'aqueduc foit élevé de
à
vingt-deux pieds feulement,
vingt
tarevanne de
au-deffous de la
foit placée 3
maniére que toujours la roue
fix pouces au-deffis du fond de la
taretamne, il
ainfi pour une roue de vingts
faut que l'aqueduc foit élevé de
pieds,
& demi at-deffus du forid de la
vingt pieds
à-dire, qu'en
tarévanne, 2 c'eft-
& la
fuppofant la roue de vingt pieds,
pofant fix pouces plus haut que la
de la tarevanme; on aura le fommet de' fouçure la
dans l'arrafement du fond de
roue
cette difpofition, Oh doit
l'aqueduc. Dans
l'aqueduc
pratiquer une brifure à
5 pour que l'eau puiffe être
fous la
conduite
roue, par uti plan
une circonférence
incliné, tangente à
qui paffe par le centre des
de vingt pieds,
pofant fix pouces plus haut que la
de la tarevanme; on aura le fommet de' fouçure la
dans l'arrafement du fond de
roue
cette difpofition, Oh doit
l'aqueduc. Dans
l'aqueduc
pratiquer une brifure à
5 pour que l'eau puiffe être
fous la
conduite
roue, par uti plan
une circonférence
incliné, tangente à
qui paffe par le centre des --- Page 239 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE: 215
SURLA
c'eft-à-dire, direét à la Paaubes ou palettes; trois pieds au l deffous de
lette, qui fe trouve
l'eau, tombera
l'axe de la roue, par ce moyen, verticale fur la prede treize pieds de hauteur,
miere aube choquéc.
les bras de la. roue en
Dans. ce cas, on, place
circudedans des jantes ; on établit une auge.
exafement concentrique à la roue (1), qui
laire,
Cette auge doit prendre depiis
y fait fa révolution. au-deffous de T'arbre de la
le point d'aplomb, 3
plus haut que la
roue, jufqu'à dix-huit pouçes
premiere aube choquée.
T'eau, n'eft pas la
Cette maniere d'adminiftrer
avantageufe, quoiqu'on, l'ait autrefois pré-.
plus
s'en fervir que quand il eft
tenidu. Or ne doit
de la roue,
impolfible de donner l'eau au fommet
où clle eft capable dune plus grande adion, ce
ferait facile à démontrer, fi les bornes que
qui
de le faire.
nous. nous preferivons permettaient
avoir donné une idée de la puiffance
Après
moulins à fucre, &
qui fait agir les principaux
de la manicre dont elle doit étre adminiftrée 2
lieu de croire qu'on fera bien aife de
nous avons ici le détail des machines, dont chaque
trouver
que tous Ics points de la circonfé-
(r) Caft-h-dire, doivent toujours être à la même dif- -
rence de la roue,
tance du fond de l'auge.
0 iv --- Page 240 ---
216 C O NSI D E R
ATIO N S
moulin à eau doit étre compofé, dans
leures dimenfions que l'on ait
les meilployées, & même
jufqu'à préfent emque l'on puiffe imaginer.
DIMENSIONS
à
parfaites du Moulin
eau, la grande Roue
vingt pieds,
fppofie de
Elle doit avoir trente huie aubes
de dix pouces de haut, fur
ou palettes
large, c'eft-à-dire,
dix-huit pouces de
d'intervalle
quily aura dix-huit
entre les faces internes des pouces
la.rouc. Les palettes feront
jantes de
que l'eau tombant fur
adaptées, de façon
fon milieu
chacune, la fiappe dans.
perpendieusirenent,
La Lanterne ou Fugeliere.
La lanterne eft attaché à la
de
de la roue qui paffe dans la partie
l'arbre
Prefque tous les artiftcs
cave du moulin.
d'une maniere différente. ont exécuté cette piece
les fufeaux qui la
La plipart ont aflujeti
de même
compofent fur deux tourteaux
méthode, diametre, mais ce n'eft pas la meilleure
parce qu'il en réfulte un
rude, qui ne peut être
frottement
juger d'autant mieux
que nuifible; on en peue
obligé de
que l'on eft plus fouvene
renouveller les
au
en lui donnant une forme finfeaux; contraire,
des dents du balancier conique, léchappemene
fur lequet la lanterne
de même
compofent fur deux tourteaux
méthode, diametre, mais ce n'eft pas la meilleure
parce qu'il en réfulte un
rude, qui ne peut être
frottement
juger d'autant mieux
que nuifible; on en peue
obligé de
que l'on eft plus fouvene
renouveller les
au
en lui donnant une forme finfeaux; contraire,
des dents du balancier conique, léchappemene
fur lequet la lanterne --- Page 241 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 217
la force du levier, devient plus facile,
répete
devient plus égal & plus doux.
& le mouvement
de cône tronNotre lanterne fera donc portion
c'eft-a-dire, compofée de deux tourteaux
qué, dans leur diametre, & elle aura vingtinégaux
trois fufeaux.
d'un fufeau au centre de
La diftance du' centre
l'autre fera de cing pouces, 9 cing lignes, onge
points & demi fur le grand tourteau.
elle fera de quatre pouDans cette proportion,
lignes deux points fur le petit.
ces fix
la circonférence qui paffera
Confequemment fufeaux, donnera fur le grand
par les centres des
poutourteau un diamettre de trois pieds quatre
quatre points 45 celle qui pafces quatre lignes des fufeaux fur le petit tourfera par les centres diametre de deux pieds neuf
reau, donnera un
pouces O lignes onge points : exaétement tracées
Les circonférences feront
auxquels on
fur les faces internes des tourteaux,
à
tel diametre extérieur que l'on jugera
donnera
la folidité; mais il faudra prendre
propos pour
feulement.
les mefures fur ces circonférences
L'intervalle entre les deux tourteaux, ou plutôt
interne des fufeaux fera de douze poula longueur
fufeaux feront touinés fur
ces, les vingt-trois
fix lignes cinq
une longueur de douze pouces
à caufe de l'inclinaifon.
points 2 --- Page 242 ---
218 C 0 NSID É R A T I
Ils
0 N. S
auront par le gros bout à
grand tosrtcau, trois
Tafleurement da
de
pouces O lignes fx
dameure, & par l'autre bout à
points
du pctit tourteau, deuz
Tafleurement
points G demi.
pouces cing. lignes onge
En fe conformant à ces dimenfions
trois lignes Len quart de
il y aura
Rouct & les fufeaux
jeu entre les dents du
pcu qu'il
; ce qui fera fufffant
y ait de juftefle dans T'exécution. pour
Le Balancier ou Rouet.
Le diametre extérieur du balancier
pieds neuf pouces, fon
fera de diz
de neuf pieds
diametre intérieur fera
balancier
cing pouces 3 ainfi les jantes du
auront huit pouces de
de leur donner
large, il fuffira
cing pouces e demi
Dans le milieu de la
d'épaiffeur.
couronne ou du
jantes, Oll tracera un cercle de diz
plan des
de diametre. On divifera
pieds un pouce
feige
ce cercle en
parties, olI arcs égaux; la corde foizantede ces arcs fera de cing
de chacun
de ces divifions feront pouces juftes, les points
il
les centres des
y en aura
dents; ainfi
fvizante-ftige, & du
at centre de T'autre, il
centre de l'une
diftançe. Les dents
y aura cing pouces de
& les faces feront auront quatre pouces de face,
balancier ; à cet effet toutes dirigées aul centre du
elles auront vingt-guatre
la corde foizantede ces arcs fera de cing
de chacun
de ces divifions feront pouces juftes, les points
il
les centres des
y en aura
dents; ainfi
fvizante-ftige, & du
at centre de T'autre, il
centre de l'une
diftançe. Les dents
y aura cing pouces de
& les faces feront auront quatre pouces de face,
balancier ; à cet effet toutes dirigées aul centre du
elles auront vingt-guatre --- Page 243 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 219
SUR LA
d'épaiffeur au-dehors, & vingtlignes trois points
dedans.
deur lignes huit points en
augmenElles feront coupées obliquement pour
de
& de Téchappement
ter la facilité
Tengrenage du plan inférieur
fr la fufeliere & leur largeur
huit lignes
du balancier, fera de quatre pouces
une
en dehors, & de cing pouces
Fepe points
dedans.
ligne huit points en
voudraient exécuter un
Les entrepreneurs qui
feront obligés de les
moulin fur ces dimenfions, ,
Nous n'entrevérifier exaêtement fur leur épur.
détail fur le refte de la machine,
rons dans ancun
d'accord fur Tajuftement des,
on eft généralement
rôles.
quelquefois que les
Il arrive malheureufement
fe laifNegres en mettant les cannes au moulin, dans les
les doigts ; cela eft rare
fent prendre
table eft élevée à trois pieds &
moulins, dont la
cependant il eft à
demi au-deffius du plancher ;
Textrémité du
de former une éclufe à
propos
T'on puiffe arrêter l'eau en cas
courfier, afin quc
d'efforts pour cond'accident alors il faudra peu
qui lui
tenir la roue & fufpendre le mouvement
reftera
Voltaire (Efai fur I'Hiftoire Générale, tome
(1)
dir;. >) on fait travailler les Negres
IV, page 153-)
on Ics nourrit plus mal ;
32 comme des bttes de fomme,
mité du
de former une éclufe à
propos
T'on puiffe arrêter l'eau en cas
courfier, afin quc
d'efforts pour cond'accident alors il faudra peu
qui lui
tenir la roue & fufpendre le mouvement
reftera
Voltaire (Efai fur I'Hiftoire Générale, tome
(1)
dir;. >) on fait travailler les Negres
IV, page 153-)
on Ics nourrit plus mal ;
32 comme des bttes de fomme, --- Page 244 ---
220 Co N S I D É R A T
I'O N S
Le moulin
communique à la fucrerie
canal où s'épanche le vin des
par un
eft exprimé, La fiicrerie
cannes auffi-tôt qu'il
eft une cafe de
vingtà cent pieds, fur une largeur
quatreon y établit un ou deux
proportionnée;
de la mantifaéture.
équipages fclon l'étendue
de
Chaque équipage eft compofé
quatre chaudieres inégales, enfouies dans des
cavesde maçonnerie qui s'épanchent
lune dans l'autre. Il
gradativement
fourneaux
regne fous les chaudieres, des
que l'on chauffe avec le bois des
dont le fic a été
cannes,
exprimé: ce bois
Le vin des cannes eft
s'appelle bagafe.
chaudiere, où
reçu dans la premiere
*
la chaleur en fait
les
parties aqueufès, il s'épanche dans évaporer
chaudiere où il fe
une feconde
premiere écume change en fyrop, & jette la
éciumer
(z). Un feu plus violent le fait
d'avantage, dans la troifieme
il commence à prendre
chaudiere, où
acheve de le cuire dans confiftance de fucre ; on
la quatrieme, où : il re5 S'ils veulent s'enfuir on leur
> on leur fait tourner à bras, coupe une jambe, &
22 fucre >. On a bien abufé de f'arbre des moulins à
Ecrivain ! Comment
la crédulité de cet
cannes à fucre, a-t-il Voltaire, ayant fans doute vu dcs
primé avec des moulins pu croire que le jus en était exà bras ?
(1) On prétend dans les Colonies
iles du Vent, que pour bien faire le Anglaifes, des
être fous la grande
fucre, le feu doir
comme fous la batterie.
jambe, &
22 fucre >. On a bien abufé de f'arbre des moulins à
Ecrivain ! Comment
la crédulité de cet
cannes à fucre, a-t-il Voltaire, ayant fans doute vu dcs
primé avec des moulins pu croire que le jus en était exà bras ?
(1) On prétend dans les Colonies
iles du Vent, que pour bien faire le Anglaifes, des
être fous la grande
fucre, le feu doir
comme fous la batterie. --- Page 245 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 221
SUR LA
eft nécefpréparations 3 felon qu'il
çoit quelques
de certaines huiles plus ou
faire de le décharger
difficiles à fe détacher : ces préparations
moins
ordinairement à y verfer des leffives,
confiftent
felon les remarques du Sudans lefquelles il entre,
l'on roule, de la
crier & l'efpece des cannes que du fuif, & autres
cendre, de la foude; de la chaux,
dégraiffer le fucre & à en former
matieres propres à étant fait on le met dans des
le grain. Le fucre
de cône percé par le bout,
pots de terre en forme
& enfin de
des huiles étrangeres,
il s'y dégage
transformer en fucre,
tout ce que lon n'a pu donnele nom de fyropceftà ces matieres quel'on
lui donner
Le fucre brut étant fait, on peut
des
& le dépouiller
de nouvelles préparations
s'en détacher all
étrangeres qui n'ont pu
parties
La premiere opération
feu, ni dans la purgerie.
une feconde
à faire pour cela eft de la mettre Touverture de
fois dans les formes, & de couvrir
Feau
de terre . calcaire ou de marne ;
la forme
filtre avec les portions
dont on arrofe cette terre, dans tous les grains
calcaires dont elle fe charge
entraîne toutes les matieres graffes
de fucre 3 &
Cette eau qui ségoutte
dont ils étaient chargés.
& chanles trous des formes, eft alors épaiffie
La
par
inférieur & plein d'âcreté.
gée en un fyrop
de vuider les formes,, &
feconde opération eft
étuve, où une chaleur
de mettre le ficre dans une
filtre avec les portions
dont on arrofe cette terre, dans tous les grains
calcaires dont elle fe charge
entraîne toutes les matieres graffes
de fucre 3 &
Cette eau qui ségoutte
dont ils étaient chargés.
& chanles trous des formes, eft alors épaiffie
La
par
inférieur & plein d'âcreté.
gée en un fyrop
de vuider les formes,, &
feconde opération eft
étuve, où une chaleur
de mettre le ficre dans une --- Page 246 ---
222 CONS I D E R A TIO
N S
douce & foutenue fait évaporer
avait reçue dans le
T'humidité qu'il
on le met dans des terrage , on le pile enfuite, 7
les Rafineurs de futailles, dont il eft tiré par
nier degré ide
TEurope quil lui donnent le derperfeétion (1). Les fucreries
nent de grandes
entraidépenfes en bâtimens
tenfiles; c outre les
& en ufmoulins, la fucrerie,
gerie, il faut un nombre de -cafes
la-purcommodément une mulitude de
pour loger
piral pour les traiter dans
Negres, un H6charronnerie
leurs maladies, une
pour réparer les cabrouets
res & les renouveller,
& voituge,une cafe à
une tonnellerie, unc'forbagaffes pour conferver le chauf
fage, un apentis pour tenir les chariots à
ceux qui roulent en blanc ont befoin
l'abri;
d'avoir une
rafinerie, > une étuve & des magafins
bles & difpendieux.
confidéra-
(1)On. aifouvent. agité la queftion de favoir.
plus avantegeux de terrer, le fucre que de le -s'il érait
Mais tout. le.monde.e eft demeuré
vendre brut.
mieux terrer le fucre en temps de d'accord qu'il valait
la diminution du'y
& le guerre, à caufe de
'la paix. Cette-règle volume;
"laiffer brut pendant
à des caufes ffecondes généraleeft cependant fubordonnée
comme le défaut de
par. conféquent; de beftiaux pour les
paturages,
des terreins:É des
charrois, la qualicé
cannes.qu'ils.
on n'eft plus occupé de mille produifent. détails Mais quand
terrage du fucre, on s'occupe plus
gu'entraine le
l'Agriculture.
particulièremene de
-règle volume;
"laiffer brut pendant
à des caufes ffecondes généraleeft cependant fubordonnée
comme le défaut de
par. conféquent; de beftiaux pour les
paturages,
des terreins:É des
charrois, la qualicé
cannes.qu'ils.
on n'eft plus occupé de mille produifent. détails Mais quand
terrage du fucre, on s'occupe plus
gu'entraine le
l'Agriculture.
particulièremene de --- Page 247 ---
SURLA COLONIE DE S.DOMINGUE. 223
Tous les inftruments connuis, comme:chevres,
palans, virvaux, cabeflans, &c. y trougrucs,P
ceux
encore pu fe
vent-leur emploi, ,
quiln'ont
ÇeS finftrumens, y fuppléent par les
procurer
8ccomme jamais ils n'en
bras de Jeurs Negres.;
ont affezi, leurs travaix fouffrent un-retardement
ruineux.
du-café exige-moins side bâtimens &
La-culture
d'uftenfiles gil ne faut que ides magafins ou greà
de:la quantitédu café
niers fpacieux proportion faire fécher la graià recueillir, des glacis pour
un-moulin pour déponiller le café de Ha-ce-
-ne,,
moulini
etleverle.parchemin quand
-rife, un
pour
Le
de
il eft fec & un-moulin à vanner.
premier
cesmoulins eft le plus confidérable, il varie dans
fa forme felon le caprice desi habitans., &ilya
d'efpeces demoulins à café que de
prefqu'autant
le même
cafeyeres, tous rproduifent àspeu-près
effet. .Celai dont Lufage feft le plus général-eft
de deux rouleaux nde sbois garnis de lacompolé
de vingt: pouces Hur douze de
mes de fer.,-longs
diametre.; rils" s'approchentidans' leur"mouventent
immobile appeilée mâchoire , ,8-ke
id'une piéce
café tombant T entre les ronleaux 2 &c la machoire,
eftd dépouillé dez la cerife; on le paffe au 'crible,
le féparerodes premieres peaux , P &renfuite
-pour le met và tremper idans :des vaiffeaux pleins
on
douze ou quinze heures; on len
ed'eau, pendant
rils" s'approchentidans' leur"mouventent
immobile appeilée mâchoire , ,8-ke
id'une piéce
café tombant T entre les ronleaux 2 &c la machoire,
eftd dépouillé dez la cerife; on le paffe au 'crible,
le féparerodes premieres peaux , P &renfuite
-pour le met và tremper idans :des vaiffeaux pleins
on
douze ou quinze heures; on len
ed'eau, pendant --- Page 248 ---
224 Co N S ID E R A T I
rétire après l'avoir
O N S
quand il eft bien lavé, on le met enfin à fécher,
fec on le fait
à piler, ce moulin n'eft
Paffer au moulin
de bois, qui, en paffant fir compofé que d'une meule
entierement la pellicule
les grains en détache
Le moulin-à-van
ou le parchemin.
de bois, fur
n'eft autre chofe qu'un effiett
blanc,
lequel on pofe quatre feuilles de fer
qui, par le vent qu'clles font
font tournées avec
quand elles
rapidité,
pellicules qui fe trouvent emportent toutes les
triage eft la feule
mélées à la graine. Lc
mettre le café opération qui refte à faire
en état d'être vendu.
pour
L'indigo demande plus de foin il
une indigoterie,
: faut avoir
lefquelles Therbe, d'eltadire, plufieurs cuves dans
les
après avoir été coupée,
préparations néceffaires à la
reçoit
teintare que l'on recherche,
perfedtion de la
Dans la prémiere cuve , la
dans une grande a quantité
plante eft noyée
menter & en détache la d'eau qui la fait feren
fécule Ou teinture
vingt ou vingt-quatre heures
bleue,
vre alors le robinet, & l'eau
au plus; on outure s'épanche. dans
chargée de la teinbattue,
une feconde cuve où elle
> jufqu'à ce que les fels de la
eft
font furnager les grains de
plante, qui
exa@tement féparés, &
teinture, > en foient
au fondde
que ces grains fe
T'eau; on vuide encore
précipitent
fant écouler l'eau
cette cive, en faipar des robinets placés les uns fur
les
l'eau
au plus; on outure s'épanche. dans
chargée de la teinbattue,
une feconde cuve où elle
> jufqu'à ce que les fels de la
eft
font furnager les grains de
plante, qui
exa@tement féparés, &
teinture, > en foient
au fondde
que ces grains fe
T'eau; on vuide encore
précipitent
fant écouler l'eau
cette cive, en faipar des robinets placés les uns fur
les --- Page 249 ---
SUR LA COLONIE DE S: DOMINGUE. 225
les autres, & que l'on ouvre fiucceffivement, Pinalors acquis la confiftance d'une boue
digo ayant
eft mis dans un
I de couleur bleue très-foncée,
il
réfervoir, où après s'être repofé quelque tems
beaucoup d'eau qu'on a foin
laiffe encore furnager
dans des facs
de faire écouler ; on le met enfuite.
où il s'égoutte entiérement. Sa pâtc plus réfiftante
eft enfin mife dans des caiffes de bois d'acajou (1), de
deux pieds & demi en quarré fur deux pouces &
demi fculement de profondeur ; on expofe ces
cailles à lombre, & l'indigo y devient affez fec
être mis en carreaux ; on le fépare donc par
pour
de deux pouces, & on le laiffe reffuer,
quarrés
fe renfler à T'humidité & fe purger
c'eft-à-dire,
tout-à-fait de l'eau qu'il aurait pu conen féchant
durent
ferver intérieurement. Ces préparations
mois, & l'indigo ne peut pas être vendu
trois
plutôt. Le poids & le volume de l'indigo diminue penfi on le tient toujours dans des endant un an,
renfle &
fi-tôt qu'il
droits fecs; il fe
s'appefantit
dans
humide ; ainfi tout juf
eft mis
quelqu'endroit la
de la denrée, eft
qu'à la pelanteur & quantité
dcajou, ccdre Américain. Il y en a de plufieurs
(1)
Pon diftingue ordinairemeat par les noms
efpèces que
ondé, moucheté, marbré, uni, &c.
de mâle, femelle,
de mcnuiferis.
On en fait les plus beaux ouvrages
P
Tome l.
; ainfi tout juf
eft mis
quelqu'endroit la
de la denrée, eft
qu'à la pelanteur & quantité
dcajou, ccdre Américain. Il y en a de plufieurs
(1)
Pon diftingue ordinairemeat par les noms
efpèces que
ondé, moucheté, marbré, uni, &c.
de mâle, femelle,
de mcnuiferis.
On en fait les plus beaux ouvrages
P
Tome l. --- Page 250 ---
226- CON S I D E R A T I O N S
inceitain pour les cultivateurs, & le prix eft
à de grandes révolutions.
fujet
Il y a des rifques dans la fabrication de l'indigo, quelquefois la plante fermente
peu de tems, quelquefois la fermentation beaucoup eft dif- en
ficile ; fi on la laiffe trop
la
fermenter, cuve ne
produit rien, parce qu'il lfe détache une
de quantité de fels
trop granpour qu'on puiffe les
de la fécule qui furnage alors,
féparer.
du
malgré les efforts
manufaéturier (1). Si la cuve eft trop bâttue
il y a moins de reffource encore
grains de teinture,
3 parce que les
après avoir été divifés des fels
étrangers, ne peuvent plus fe réunir fi on les
& reftent difperfés dans l'eau. Quand le brife,
n'a pas été interrompu à propos, le grain battage
moitié détruit,
qui eft à
parait n'avoir point encore été formé, & les remarqnes du maître ne fervent fouvent
en ce cas, qu'à l'affermir dans l'erreur : on n'a fur le
degré de fermentation, que de vaines conjeêtures
les pluyes qui ont changé l'efpece des eaux la ;
difpofition des feuilles plus ou moins tendres ;
différence des
; la
jours plus ou moins chauds, plus ou
moins orageux ; celle de la plante nouvelle, oul des
rejettons, tout fe réunit pour rendre, par
au même terrein, les obfervations frivoles rapport & l'ex.
périence inutile ; la vigilance peut encore moins
(1) On fe fert d'huile pour l'épreuve des cuves.
les pluyes qui ont changé l'efpece des eaux la ;
difpofition des feuilles plus ou moins tendres ;
différence des
; la
jours plus ou moins chauds, plus ou
moins orageux ; celle de la plante nouvelle, oul des
rejettons, tout fe réunit pour rendre, par
au même terrein, les obfervations frivoles rapport & l'ex.
périence inutile ; la vigilance peut encore moins
(1) On fe fert d'huile pour l'épreuve des cuves. --- Page 251 ---
SUR LA COLONIE DE S.I DOMINGUE. 227
ferepofer, quand il s'agit de procéder fucceflivemént fur différens terreins. Cependant tous les?
économes qui changent de place, fe difent habiles'
les croire ?
à-préparer l'indigo 5 peut-on
roues
faciliter le battage de*
: On a fait des
pour
la méthode de le battre avec des buc-?
T'nidigo ;
fuivie &: para't auffi bonne. Ces for)
quets eft plus
être bien utiles qu'a
tes de moulins ne pourraient
voudraient faire agir deux indigoteries,
ceux qui
& battre en méme-temps plufieurs cuves.
Le coton entoure uner ergraine noire de la forme
d'un pois long, à laquelle il eft fortement attaché. Pour l'en féparer, on emploie une machine
compofée de deux baguèttes de bois dur, 9 tournées
de quinze à dix-huit lignes
fur une circonférence
demie;
& cannelées ala profondeur d'une ligne,& 4
les deux bouts à une diftance
on les affujettit par
s'y arrêaffez refferrée pour que la graine piiffe
ter : ces deux baguettes tournent en fens contraire,
& on les met en mouvement, foit avec des roues
celles dont fe fervent les Couteliers, foit
comme des manivelles, ou par le mouvement du
avec
les meules des émouleurs.
pied, comme
vingt livres de coton
Chaque moulin peut paffer
entre les mains de Negres laborieux.
par jour, fouvent il n'en paffe que dix livres : ainfi il
Mais
de moulins & de Negres pour
faut avoir beaucoup
quarante milliers de coton.
nettoyer
P ij
foit avec des roues
celles dont fe fervent les Couteliers, foit
comme des manivelles, ou par le mouvement du
avec
les meules des émouleurs.
pied, comme
vingt livres de coton
Chaque moulin peut paffer
entre les mains de Negres laborieux.
par jour, fouvent il n'en paffe que dix livres : ainfi il
Mais
de moulins & de Negres pour
faut avoir beaucoup
quarante milliers de coton.
nettoyer
P ij --- Page 252 ---
228 C O N S I D E R A
Nous confidererons dans le difc
avantages que procurent ces quati
cipalcs , tant à la Colonie & au
en particulier . 2 qu'à toute la Nation
fes de quelques hommes & leur
plus qu'on ne croit fur la richeffe
tier.
Hoaul --- Page 253 ---
DE S. DOMINGUE. 229
SUR LA COLONIE
N
DISCOURS IV.
valeur des Denrées.
De la
tient à préfent au
Le commerce de Tunivers
celui de la France, par
commerce des Antilles;
des étoffes
des huiles, des vins,
la fabrique
des toiles & des draps - ; de-ta
d'or & d'argent,
blanches & peintes en
Flandre, par les toiles
de la Suède &
coton &c en fil; de T'Allemagne,
de
le fer & les pécheries;
du Danemarck, par chairs falécs, les pécheries
T'Angleterre, par les
par le chanvre,
de la Hollande,
&c la clincaillerie;
& les navires porteles pécheries
les mâtures,
la confommation
faix; de TEurope, entiere par café & du coton ;
de Tindigo, du
du fucre,
par les bois à
feptentrionale,
de TAmérique
le bled, le ris, les navires,
bâtir, Ics troupeaux,
du rhum & du
& la confommation du fyrop,
les.
celui de l'Amérique méridionale 2 par
tafia;
des marchandifes Eurointroduétions interlopes
des chevaux & des
péennes, par Textraction
qui n'ont de
l'or & l'argent 2
mulcts 3 par
des objets dont ils font la
valeur qu'en raifon
ionale,
de TAmérique
le bled, le ris, les navires,
bâtir, Ics troupeaux,
du rhum & du
& la confommation du fyrop,
les.
celui de l'Amérique méridionale 2 par
tafia;
des marchandifes Eurointroduétions interlopes
des chevaux & des
péennes, par Textraction
qui n'ont de
l'or & l'argent 2
mulcts 3 par
des objets dont ils font la
valeur qu'en raifon --- Page 254 ---
230 C O. N. SI D É
RATIO N S
fecs, & la. confommation du
de la Chine & du
café; ; de TIndouflan,
Japon, par les toiles unies
brodécs, 9 blanches ou peintes, les cauris
ou
marchandifes
& autres
de
propres au commerce de Guinée ;
terje TARique, par la traite des noirs, par la
même. Ainfi. les Colonics
piraétablies dans les
Européennes,
Antilles, en donnant le
ment le plus rapide à la circulation,
mouvepérité du monde.
font la profMais elles dévorent,
des peuples!
dit-on, des multitudes,
merce
ceux qui périffent dans le commourir d'Afique, une partie de ceux
aux extrémités de
qui vont
emportés dans les
T'Afie, 5 ceux qui font
Tabime des
tempêtes, 2 & précipités dans
de la Zône mers, ceux dont le climat brôlant
Ces
torride aigrit & boit le fang!
malheurs font rachetés
peuples, par la force
par T'aifance des
tivité générale eft la que donne le travail : l'accaufe premiere d'une
population : des hommes
grande
perftitieux, indolens, fe pauvres, timides, fujours la génération fe reproduifent peu, touperes. Les
reffent de la langueur des
peuples Cultivateurs,
Commerçans, font
Navigateurs &
la Hollande
toujours les plus
était bornée dans fes
nombreux;
cette poflellion
cultures ; mais
précaire, dérobée à la
reçu un
&
mer, a
&
grand.peuple, ce peuple
répandu dans tous les
commerçant
clinats, ne fe détrui-
ides, fujours la génération fe reproduifent peu, touperes. Les
reffent de la langueur des
peuples Cultivateurs,
Commerçans, font
Navigateurs &
la Hollande
toujours les plus
était bornée dans fes
nombreux;
cette poflellion
cultures ; mais
précaire, dérobée à la
reçu un
&
mer, a
&
grand.peuple, ce peuple
répandu dans tous les
commerçant
clinats, ne fe détrui- --- Page 255 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 231
SUR LA
de
fe multiplier. La population
fait que pour
confidérable au qutinzieme
l'Angleterre n'était pas
Fadivité
fiecle; elle s'eft tellement accrue par
font
des millions d'hommes en
nationale, que
le nouveau monde ; au
fortis pour peupler
maritime
contraire, la Suède, où le commerce
été reftreint par une faufle prudence
a toujours
n'a jamais pu réparer les
du gouvernement,
avait faites à
bréches que la fureur des guerres
étaient
Les Efpagnols, les Portugais
fa population.
ils étaient aétifs. On a cru
nombreux quand
commerçantes ne fe
long-tems que les nations
agriculqu'aux dépens des peupies
multipliaient
& que pour réunir un grand
teurs & fédentaires,
les villes maritimes, il
nombre d'hommes dans
craindre de changer les campagnes
fallait ne pas
le commerce
en déferts ; mais au contraire, cultivation 2
: on ne
donne des accroiffemens à la
lé
de déferts, que dans les Empires
voit plus
s'eft évanouie, le commerce
thargiques; , T'erreur
de toutes
& la navigation ont été encouragés
parts.
donnent le plus de
Entre les Colonies qui
la Colonic Franreffort à Tastivité des nations,
Les
eft la premiere.
çaife de Saint - Domingue
être livrés
revenus qu'elle produit ne paraiffent d'environ
les cultivateurs, que fur le pied
par
millions tournois ; mais la maffe
cinquante-cing
P iv
voit plus
s'eft évanouie, le commerce
thargiques; , T'erreur
de toutes
& la navigation ont été encouragés
parts.
donnent le plus de
Entre les Colonies qui
la Colonic Franreffort à Tastivité des nations,
Les
eft la premiere.
çaife de Saint - Domingue
être livrés
revenus qu'elle produit ne paraiffent d'environ
les cultivateurs, que fur le pied
par
millions tournois ; mais la maffe
cinquante-cing
P iv --- Page 256 ---
232 Co N S I D E R ATIO N S
des denrées, portée à l'inftant de la confommation, monte à plus de cent millions; ; & cette
maffe caufe tous les ans dans l'univers
de cinq cents millions
pour plus
d'entreprifes, qui toutes
procurent, ou des bénéfices réels,
des reprifes d'une nation fur
c'cfk-à-dire,
fictifs),
Taurre, Oil des gains
c'eft-à-dire, des changemens de
entre les
valeurs,
nationaux; ces changemens
les' travaux, & par conféquent le bonheur. augmentent
L'homme n'eft pas heureux dans l'inaction,
eft né pour-agir; l'inquiétude
il
tere
qui fait fon caracptincipal, le porte à multiplier fes mouvement (1): or, il n'y a point de différence
le plaifir d'agir & le travail libre, & il entre
point de travail plus libre
celui
n'y a
à la fois T'ambition
que
qui fatisfait
& l'induftrie, qui
les jouiffances :
muliplie
ainfi, on peut affitrer que les
hommcs font heureux par le commerce &
les arts, 3 auxquels il donne de la
c'cft par
effet le commerce qui excite les vie;
en
arts, & T'hiftoire
n'aurait pas fournil'exemple d'un feul
dont
le commerce eût été inférieur à peuple,
Tinduftie, fi
(1) Si quiesus moriar. C'eft parcc que les hommes
n'aiment pointle repos, qu'ils appellent plaifirs, la
les exercices de la
&
danfe,
gimnaftique >
ce qui peur mettre en mouvement leur généralement efprit & tout leur
corps. Le plus cruel ennemi de l'homme, c'efl l'ennui. --- Page 257 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 233
SUR LA
ne l'avaient pas fait trouver
des erreurs. politiques
en France. obfervations générales, nous volD'après ces traiter dans ce Difcours, tant
drions pouvoir
les denrées de la Colonie
de la valeur que
de celle qu'elles
prennent dans le commerce, que
de leur nature & de leurs propriétés;
tiennent
écarter de notre fujet. Nous
mais fe ferait nous
examiner la valeur de CeS
nous bornerons donc à
actuels & aux fordenrées, par rapport aux cours
confidérer
de la culture. On pourrait encore
ces
aul cours qu'il ferait pof
leur valeur 2 par rapport fuivant les nouvelles branfible de leur donner,
procureraient & les
ches de commerce qu'elles elles
OCmanufaétures dont
pourraient
différentes
mais fc ferait la matiere
cafionner Tétabliffement,
nous dirons fera
d'un grand ouvrage : ce que
court.
denrées dont la culture eft la
Quelles font les
d'abord a celle
avantageufe ? Arrétons-nous
plus
du fucre.
prifé dans Yunivers;
Le fucre eft généralement n'eft point nuifible
il eit utile à la Médecine, &
s'allie avec
àl la fanté ; il fe transforme en liqueurs, infiniment les
les vins & les fruits, & augmente
volume à
de la table. Offrant un grand
plaifirs
il procure aux Navigaproportion des valeurs,
immenfe; il reçoit
teurs une branchedexporation
antageufe ? Arrétons-nous
plus
du fucre.
prifé dans Yunivers;
Le fucre eft généralement n'eft point nuifible
il eit utile à la Médecine, &
s'allie avec
àl la fanté ; il fe transforme en liqueurs, infiniment les
les vins & les fruits, & augmente
volume à
de la table. Offrant un grand
plaifirs
il procure aux Navigaproportion des valeurs,
immenfe; il reçoit
teurs une branchedexporation --- Page 258 ---
234 C 0 N S I D É R A TIO N $
de l'induftrie, des
des
des
changemens,
mélanges,
préparations fans nombre; il n'y en a jamais
trop, il eft toujours recherché il
grands élans à l'adtivité des
$
donne de
tion eft irritée
Colons. Leur ambipar la néceffité d'avoir de grands
capitaux, 2 pour en entreprendre la culture ; il
occupe dans la Colonie beaucoup
d'ouvriers, &
procure au commerce la vente de beaucoup d'inftrumens & de matériaux ; c'eft fans contredit la
culture la plus avantageufe, c'eft celle qui fait
la richeffe de la côte Françaife de
& mettra toujours la nation qui Saint-Domingue,
poffédera cette
Colonie, en état de maintenir l'équilibre du
merce avec toutes les autres Nations ; c'eft com- celle
enfin qui contribue le plus à foutenir le
des métaux, en les faifant employer à plus prix d'échanges, en leur donnant plus de valeurs à
fenter.
repréQuittons ce point de vue 2 que nous ne
rions fixer fans
pourparcourir ou oublier trop d'objets
pour confidérer la valeur du fucre par
particuliers
rapport aux
qui en entreprennent la culture.
Une Sucrerie établie en blanc, de l'étendue de
trois cents carreaux de terre arrofable, dont la moitié plantée cn cannes, avec les Negres & bâtimens néceffaires, vaut dix-huit cents mille livres.
Savoir :
300 carreaux de terrre arrofable en bon fol, --- Page 259 ---
PES.DOMINGUE 235
SUR LA COLONIE e
m.
. 500
à 1700 livres le carreau
Moulin à eau, fucieric, purgerie 9
&
- cafes à Negres
étuve & rafinerie >
autres bâtimens. .
Cafe principale .
Outils & voitures.
500 Negres.
5o
Animânx.
mn.
Argent de la Colonie. -
- 1800
ainfi dix-huit cents mille
Celui qui emploiera
huit années de paix,
livres, regagnera fa mife en
tiers de fon terfans faire travailler plus des deux
à fucre,
en plantant de cannes
rein, c'eft-à-dire 7
envivres,
carreaux, & 50 pour les plantations
bi150
à Negres & emplacemens des
favannes, jardins
timens.
avec cinq cents mille livres,
Mais celui qui,
emploiera
commencera une pareille entreprife, y
à caufe des frais de pourdeux millions & plus,
& de la
fuite, des intérêts des capitaux empruntés, crédit.
fera forcé d'acheterà
cherté de tout ce qu'il
commencer des
Cependant on a vu des habitans
mille
établiffemens en Sucrerie avec cent cinquante
avant leur mort, malgré dix anlivres, fe liquider
en état de
& laiffer des habitations
nées de guerre 5
de fucre (1).
produire mille bariques
freres, nés dans la paroiffe de Baugé,
(1)-Trois
dans la Colonie fans aucune efpece
CR Anjou 3 venus
Fautre à différentes épode fortune, & attirés Tun par
habitans
mille
établiffemens en Sucrerie avec cent cinquante
avant leur mort, malgré dix anlivres, fe liquider
en état de
& laiffer des habitations
nées de guerre 5
de fucre (1).
produire mille bariques
freres, nés dans la paroiffe de Baugé,
(1)-Trois
dans la Colonie fans aucune efpece
CR Anjou 3 venus
Fautre à différentes épode fortune, & attirés Tun par --- Page 260 ---
236 C 0 N S I D É R A T I O N S
Ilyad des habitations où chaque carreau de
planté en cannes produit
terre
brut
quinze milliers de fucre
: en fappofant que celle
pour exemple donne huit
que nous prenons
milliers de fucre brut au
carreau ,le revenu ferait de 1200 milliers, qui fe
réduiraient à huit cents milliers de fucre
qui,à 5o'livres le cent, donnent
terré, 2
duifant lé tiers
400m.1.: : en dépour les frais d'exploitation, il refte
266 m. 1. pour le produit net de trente
cannes cultivées
pieces de
par 500 Negres. Il faut
à
cette fomme celle de
ajouter
40000 livres pour le prix des
fyrops, qui efta-peu-près le dixieme
ficres : & on
du prix des
>
trouvera que la culture rendra année
commune 612 livres par téte de Negre,
de
tous frais.
quitte
On dit affez fouvent dans la Colonie
Negre employé à la culture du fucre doit que chaque
rapporques > commencerent en 1748un établiflement en
rie dans la grande plaine du Cul-de-fac; ils furent fucre.
borieux. Le dernier, mort. en 1770, âgé de
lacinq ans, 3 a laiffé quatre cents carreaux de terre cinquante- érablie,
dont les deux tiers plantés en cannes, fix cents Negres de
choix, I5oo m. liv. tournois rendus cn France,
que autant dans la Colonie en créances fur
prefmenbles & en monnoie; & enfin la
divers, en
de Baugé en Anjou, lieu de fa naiflance, terre Seigneuriale
acquife, & dont il portait de nom. II avait qu'il avaic
fait don aux enfants naturels
lui
en outre
avaient eu de leurs
que
ou fes freres
à
efclaves, d'une grande habitation
indigo, avec beaucoup de Negres,
is rendus cn France,
que autant dans la Colonie en créances fur
prefmenbles & en monnoie; & enfin la
divers, en
de Baugé en Anjou, lieu de fa naiflance, terre Seigneuriale
acquife, & dont il portait de nom. II avait qu'il avaic
fait don aux enfants naturels
lui
en outre
avaient eu de leurs
que
ou fes freres
à
efclaves, d'une grande habitation
indigo, avec beaucoup de Negres, --- Page 261 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE: 237
SUR LA
livres ; mais il faut alors fuppofer àla,
ter 1OOO
(1)
il faut calculer fur des reterre une fertilité rare , heureufes il faut fupcoltes toujours également
le prix du fyrop paie une grande partie
pofer que
il faut ne compter que fur
des frais d'exploitation, Negres, )
& ne prévoir ni le
lc travail des meilleurs
; il faut enfin porter le
marronage ni les infirmités brut, de 26 à 30 livres, &
prix du quintal de fucre
nous ne
-
celui du fucre terré 2 que
fupà proportion
pofons qu'a 50 livres. fur les dépenfes d'exploi-.
On pourrait ménager
que nous
d'entreticn & de renouvellement,
tation,
ferait danfuppofons au tiers ; mais ce ménagement les forces s-de
gereux , il faut entretenir exaêtement T'humanité &
la culture & réparer les bâtimens : foient bien
l'intérêt même veulent que. les Negres fouvent utile de
dans leurs maladies, & il eft
traités
leur faire quelque libéralité.
à exploiter fr
Cent carreaux de terre quireftent
coûnous donnons en exemple, ne
Thabitation que
de Negres. En fuppoteront qu'une: augmentation le propriétaire aura
fant que fur trois millions' que
trois
retiré en dix récoltes ; il ne remploic que
(1) 11 y a: dans, la Colonie un peu plus la culture; de deux les
cents foixante mille Negres, employés al
il en faut
revenus deia Colonie font de 85 millions, dire que toutes' les
déduite les frais, & on ne peut pas les autres, donnent
cultures confondues les unes avec
plus de 300 liv. par tête de Negre,
que fur trois millions' que
trois
retiré en dix récoltes ; il ne remploic que
(1) 11 y a: dans, la Colonie un peu plus la culture; de deux les
cents foixante mille Negres, employés al
il en faut
revenus deia Colonie font de 85 millions, dire que toutes' les
déduite les frais, & on ne peut pas les autres, donnent
cultures confondues les unes avec
plus de 300 liv. par tête de Negre, --- Page 262 ---
238 C'o' N S I D É R A T I O N
S
cents mille livres, il pourra
par des plantations faites augmenter fa culure
pace de dix ans', fur
fuccellivement, dans l'ef
fuppofant
, foixante carreaux de terre ; &
encore que ces plantations ne produifent
que quatrerécolesavant la' dixieme année, elles fuffi.
raient du moins pour rendre au propriétairele
tant du aremploiqullauraitifit,
mondiffementneluic
parce que ceraggran-
- Il
icolterairqué la mife de
faut obferver que" nous avons I5oNegres.
timens bien étendus
fuppofé des bâ-
; que nous leur avons donné -
un prix quiles fait fuppofer être fuffifans
ploitation des trois cents
pour lexcarreaux de terre
nous n'avons calculé
fur
; que
que
un fol
fértile ; que nous avons évalué au' plus médiocrement haut
renouvellement des forces &. les frais
prix le
tion, & le fucre à fon
d'exploita-
- On
moindreprix en tems de paix.
peut juger fur cet exemple de la
des fortunes,
progreffion
9 quand la terre a moins coûté,
le: propriétaire attentifà la culture eft en état de quand
rer fes biens
géperfonnellement, quand il a des Negres ouvriers qui lui permettent de grandes
gnes furla conftruction & l'entretien des
éparquand par prudence & par humanité il traite bâtimens, affez 0
bien fes efclaves pourles rendre
ter de grands
capables de fuportravaux, par fes foins dans léuis maladies, il prolonge leur exiftence, quand il
exaétement 9 dans des forces nouvelles : le remploie
annuel de fes revenus
produit
, & que fon ambition eft de
porter fa culture aul plus haut degré.
conftruction & l'entretien des
éparquand par prudence & par humanité il traite bâtimens, affez 0
bien fes efclaves pourles rendre
ter de grands
capables de fuportravaux, par fes foins dans léuis maladies, il prolonge leur exiftence, quand il
exaétement 9 dans des forces nouvelles : le remploie
annuel de fes revenus
produit
, & que fon ambition eft de
porter fa culture aul plus haut degré. --- Page 263 ---
SUR LA COLONIE DES. DOMINGUE. 239
néanmoins quelques habitations en SucreIly a
du Cap, qui ne rapportent :
rie dans la dépendance
que huit pour cent de leur capital.
aux propriétaires
des habitations,
On fent bien que pour peu que
foient endettées, elles ne
bornées à ce revenu,
fi:
pourront payer. Mais pourquoi produifent-elles
? C'eft qu'elles appartiennent à des gens qui
peu
&
ont envoyé, pour les
demeurent en France, qui
d'autres Français inexpérimentés comme eux )
régit,
n'ont
dans le gouvernement des habirations, qui
plus léger defir de rétablir celle qui leur eft
pasle
la piller. Leur gefconfiée, & ne s'occupent qu'à
tion finit ordinairement par un procès, où leurs
manvaifes aétions leur font reprochées inutile-:
ils vont enfuite diffiper à Paris le fruit de
ment :
leurs rapines; ceux-là, pour l'ordinaire, ne parlent
avantageufement d'un pays où leur nom eft mépas prifé, où tout dépofe contre leur conduite.
Le café, dans un fol profond 7 pourrait, au prix
de quinze fols la livre, donner environ huit cents
livres par tété de Negre, tous frais déduits, hors:
ceux du tranfport, qui font confidérables & qu'on
évaluer
qu'ils augmentent ou dimine peut
2 parce
nuent à proportion de T'éloignement. Les terres'
plantées de cafiers, font des. mines
profondes mais 2
s'épuifent en peu d'années. Celles
riches,
qui
qui font infertiles joignent au malheur de dévorer
les hommes qui les cultivent, celui de ne produire
prefque rien : nouvellement défrichées, elles font
ux du tranfport, qui font confidérables & qu'on
évaluer
qu'ils augmentent ou dimine peut
2 parce
nuent à proportion de T'éloignement. Les terres'
plantées de cafiers, font des. mines
profondes mais 2
s'épuifent en peu d'années. Celles
riches,
qui
qui font infertiles joignent au malheur de dévorer
les hommes qui les cultivent, celui de ne produire
prefque rien : nouvellement défrichées, elles font --- Page 264 ---
240- C O N-S I D' É R A
TI0 N S
chargées d'exhalaifons meurtrieres, & les
périflent facilement. Les jeunes cafiers Negres y
verts de rofée jufqu'au milieu du
font coufarcler fouvent
jour : il faut les
: les Negres qui commencene à travailler dès l'aurore font mouillés ; ils font fenfibles
au froid & ne peuvent y réfifter
A
long-tems:
Lccafé de S. Domingue
eftà-peu-près auffi bon
que celui de la Guyanne
cclui
Hollandaife, 9 inférieur à
que produit l'Afie. Son effet eft de
la circulation du fang. On prétend
précipfter
d'égayer & de chaffer les fombres qu'il a la vertu
réchauffe l'eftomac
vapeurs ; qu'il
, facilite ou précipite la
tion ; qu'il diflipe fu-tout cet abbatement digefgourdifement des nerfs trop ordinaire dans & enchauds ; qu'enfin c'eft un
les pays
anti-feorbutique trèspuiffant, & qui purifie le fang par. de douces
tations. Tant de propriétés devraient faire agichérir
cette produéion, & en étendre la confommation
chez tous les peuples : mais d'un autre côté
que le café eft une denrée de
on dit
ceffaire ni méme
luxe, qui n'eft ninéutile;que c'eft une drogue
cieufe,
perni3 qui ne fait jouir un moment qu'en
chant la vieilleffe. On'dit qu'il
rappropays froids l'âcreté & la fermentation augmente dans les
que; plus funefte encore dans-les
du fang ;
attaque les nerfs & caufe des pays chauds, il
tremblemens dans
tous les membres ; qu'enfin,s'il eft anti-fcorbutique, c'eft un poifon pour ceux qui ne font
pas
abfolument
ile;que c'eft une drogue
cieufe,
perni3 qui ne fait jouir un moment qu'en
chant la vieilleffe. On'dit qu'il
rappropays froids l'âcreté & la fermentation augmente dans les
que; plus funefte encore dans-les
du fang ;
attaque les nerfs & caufe des pays chauds, il
tremblemens dans
tous les membres ; qu'enfin,s'il eft anti-fcorbutique, c'eft un poifon pour ceux qui ne font
pas
abfolument --- Page 265 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 241
abfolument exempts de toutes affeétions vénérienétait
de donner un avis fur une
nes. S'il nous
permis
pareille matiere, nous croirions pouvoir avancer
café
être falutaire dans les climats temquele
peut
fobrément dans les
pérés ; mais qu'il faut en ufer
chauds & dans les pays froids. L'ufage en eft
pays général au Levant , on en prend à touté heure &
fans mefure, & on n'en a point éprouvé de mauvais effets. Mais faudrait-il s'étonner qu'une graine
être recueillie que dans certains cliqui ne peut
de
mats, ne convint pas également aux hommes
routes les régions ?
Quoi qu'il en foit, la confommation du café 2
conftamment diminué depuis 1770, & les plantations fe font muktipliées. D'autres caufes, réunies
à ces deux premicres, ont occafionné une grande
révolution dans le prix de cette denrée : elle avait,
en huit années de paix, créé à S. Domingue des.
fortunes incroyables (r).
(:) Deux freres, charpentiers de métier, obtinrent les
concnTlions de plufieurs terreins au Mont-Rouis, dspendance de Saint-Marc : fans forces, fans reffources,
ils entreprirent de les défricher ; ils devinrent bicntéten
état d'acheter quelques Negres; ; ils travaillerent à leur
tête, & ont fni par achever des cargaifons encieres,
Pierte, menuifier paffa à Saint-Domingue après le
fiége de.! la Martinique, avec une Mulâtreffe quiluiétait
attachée; ; la facilité qu'ily y avait à fe procurer des terTome I,
Q
dspendance de Saint-Marc : fans forces, fans reffources,
ils entreprirent de les défricher ; ils devinrent bicntéten
état d'acheter quelques Negres; ; ils travaillerent à leur
tête, & ont fni par achever des cargaifons encieres,
Pierte, menuifier paffa à Saint-Domingue après le
fiége de.! la Martinique, avec une Mulâtreffe quiluiétait
attachée; ; la facilité qu'ily y avait à fe procurer des terTome I,
Q --- Page 266 ---
242 Co N S I D E R A T I O N
S
L'indigo eft la teinture la plus
ployée. Quoique l'indigo de Guatimala généralement émrement fupérieur à celni de S.
foit ordinainier n'eft point
Domingue 5 ce derdégénéré, & on en recueille dans le
quartier des Ances, 3 aux environs du
Cotteaux, qui eft de la premiere
bourg des
çais n'en
qualité. Les Franexportent pas la plus grande partie : les
Anglais de la Jamaique, qui
furcette
naviguenit fans ceffè
côte, 2 en enlevent beaucoup. Ils font
qu'auffi jaloux des-mannfaclures
pref
font des fucceflions de la
d'indigo qu'ils le
Le fol de'leurs
Colonie de S, Domingue,
ces-deux
iles ne conviert point auffi-bien à
fortes de culture. L'idigo de la premiere
res dans un temps oti les malheurs de la
négliger la culture, lui en fit obtenir guarrefaifaient
tagne des Grands-Bois; il
une à la monla Mulâtreffe était laborieufe; n'avaitpoint de Negres, mais
ils
vailler tous les deux, Pierré éft commencerent à tralaiffé un grand attelier; ; il avait voulu mort én 1768, & a
bienà fa fidelle Mulâtreffe, mais
donner tout fon
eu d'effet. Privée
cette volonté n'a point
lequel fes travaux par une loi févere d'un bien fur
auraient dû lui donner des
a demandé qu'on lui laifit gérer
droits, elle
était encore le principal
Thabitation: : elle en
grande femme bien faite. éconcme en 1772 ; c'était une
Ses doigts chargés de
lons, 2 annonçaicnt affez qu'eile ne
duriltravaux: elle était efliméc des habitans craignait point les
ritait de l'être,
voilins, &: mé
es travaux par une loi févere d'un bien fur
auraient dû lui donner des
a demandé qu'on lui laifit gérer
droits, elle
était encore le principal
Thabitation: : elle en
grande femme bien faite. éconcme en 1772 ; c'était une
Ses doigts chargés de
lons, 2 annonçaicnt affez qu'eile ne
duriltravaux: elle était efliméc des habitans craignait point les
ritait de l'être,
voilins, &: mé --- Page 267 ---
SUR ÉA COLONIE DE S. BOMINGUE. 243
vàlu fouvent dix franesla livre, & on én
qualité a
miliers avec tent Negres. Si
pèut recueillir quinze étaient ordinaires, ce Terait ,
de pareilles récoltes
plus àu
celle qui produiraicle
de roureslesdennées,
compter fur un
propriétairé ; mais on né peut pas On aurait tort de
révenu certain, ceft uné loterié. héureux , ont
blamer ceux qui, ayant été d'abord s'adonner à
renoncé a la culture de l'indigo pour
Ces
plus folidement avantageufes.
des entreprifes
marchandife utile & pfefpendant lindigo eft une : elle eft commode penque toujours récherchée
offire,
dantla paix pour le commerccistediegeiedle de faireà la Métroen téms de guerre, , le moyen de volume, & on'
pole de grands retours en peu habitans aient abanpéut regretter que plufieurs éelle du cafc, qui
donné la culture de l'indigo pour
annéès de
laiffe moins de reffources après quelques confommation de
revenu, & éntraine une grande
Negres.
eft la matiere principale des plus bellès.
Le côtoni celui de S: Domingue n'eft pas de la
mannfaures :
fans les plantations desPorpremiére qnatiésmais
de
que cclui
il n'aurait fupérieur
tugais att Brefl, dans les Indes orientales, & peuitqui eft récueilli dans la futite, fi on avait plus
être il Tégalerait
5 en femant 5 des
d'attention à ne pas employer on voulait choigraines altérées ou imparfaites,i les plus belles, les plusSr fur les arbres les goulfes
Q ij
faures :
fans les plantations desPorpremiére qnatiésmais
de
que cclui
il n'aurait fupérieur
tugais att Brefl, dans les Indes orientales, & peuitqui eft récueilli dans la futite, fi on avait plus
être il Tégalerait
5 en femant 5 des
d'attention à ne pas employer on voulait choigraines altérées ou imparfaites,i les plus belles, les plusSr fur les arbres les goulfes
Q ij --- Page 268 ---
244 C O N S I D E: R A T IO N S
mures, les mieux ouvertes, dont le fil eft le plus
Iong , pour emballer féparément, & trier égalemenr
Ies graines qui doivent fervir à la réproduction.
3 Le coton ne donne, année commune, que
cents cinquante livrès par tête de Negre: ila quatre valu,
depuis la paix, de IIO livres à 140 liv. le
tal (1); c'eft un revenu. affez fixe : il faut quin- de
grands événemens pour faire manqucr la récolte.
Cette culture ferait même avantageufe fi la vie des
Negres était plus longue, ou fi leur travail pouvait
étre moins cher ; car le coton fe vend prefqu'auffi
facilement durant la guerre que dans la paix.
Cent cinquante carreaux de terre propre à cette
culture 7 les bâtimens néceffaires & des plantations
capables de donner annuellement trente-cinq milliers de coton à recueillir par cinquante Negres,
peuvent coûter dcux cents mille francs. Ce capital
produira environ trente-cinq mille livres:i il en faudra déduire huit mille francs
pour économat, dépenfès & explojiations, & fept mille livres pour le
remplacement des Negres : ilreftera net vingt mille
fianes, ce qui ne fait que le dixieme du capital.
Si un homme commençait cette culture fur fon
crédit dans le commerce & la confiance de fon vendeur, a les intérêts des fommes qu'il devrait, abfor-
(1) Il a été à 220 liv. en 1776, mais fe fouticndrat-il kceprir? ?
at, dépenfès & explojiations, & fept mille livres pour le
remplacement des Negres : ilreftera net vingt mille
fianes, ce qui ne fait que le dixieme du capital.
Si un homme commençait cette culture fur fon
crédit dans le commerce & la confiance de fon vendeur, a les intérêts des fommes qu'il devrait, abfor-
(1) Il a été à 220 liv. en 1776, mais fe fouticndrat-il kceprir? ? --- Page 269 ---
DE S. DOMINGUE. 243
SUR LA COLONIE
la moitié de fon revenu : les frais & fa déberaient
abforberaient le refte. Cette càlpenfe perfonnelle
dont la
ture ne peut donc convenir qu'a un homme
ne doit rien,& qui ne
fortune eft bornée, qui
dans
avoir d'embarras, ou quin'eft plus
veut point
entreprifes, & qui ne cherche
l'age des grandes
En ce cas il
qu'à retirer la rente de fon capital.
avantageux; c'eft de n'avoir
s'offre un parti plus
bailà ferme aux
des Negres & de les donnerà
que
de la culture du fucre. Ces Negres
entrepreneurs
deux cents ciquante ou trois
ne feront affermés que
mais il aura d'autant
cents livres dans l'état aétuel ;
n'aura poitit de terres:iln n'aura
plus de Negres qu'il
& des cautions à fon
point à craindre de la cafualité,
conferlui répondront de la rente & de la
choix,
fera inextinguible (1):
vation de fon capital, qui
(I)Ceft ainfi qu'on affermel les Negres des mincurs.
De vieux Colons dont la foriune eft bornée, profitent fans le
d'un ufage fi commode qui procure la richeffe
travail, & l'on n'en doit pas être furpris; mais comavoir des preneurs ? Dans le cas d'un
ment peut-il y
des
qui ont furvécu,
bail de fept ans, le prix
Negres le Fermier eft
fe trouve payé par les rentes, & fouvent d'un
obligé de payer pendan: fept ans la ferme
Negre
&c encore le prix principal fans en avoir retiré
le mort, moindre fervice: qu'un maitre perde fon Negre
un
Rpes
c'eft une perte de 2000 liv. au plus; quand
mier en voit mourir un, il perd le double.
Qij
qui ont furvécu,
bail de fept ans, le prix
Negres le Fermier eft
fe trouve payé par les rentes, & fouvent d'un
obligé de payer pendan: fept ans la ferme
Negre
&c encore le prix principal fans en avoir retiré
le mort, moindre fervice: qu'un maitre perde fon Negre
un
Rpes
c'eft une perte de 2000 liv. au plus; quand
mier en voit mourir un, il perd le double.
Qij --- Page 270 ---
246 C O N S. IDÉ K AT I
O N $
mais f tous ceux qui'eultivent des
médiocre
habitations dua
le
revenu,p prenaient ee parti
Prix des baux à ferme
extraordinaire,
Ceci parait fondé
ne fe foutiendrait plus.
en principe: néanmoins il
verait toujours des hommes
fetrouqui affermeraient non-
& I'n'ef fi des point de moyens plus prompt de fe ruiner
cuitivateurs fe font enrichis fur des fermes de ;
Negres, l'exemple en eft rare &
des revenus de la Colonie
difficile à citer, l'état
200 mille Negres
Fannonce; on y emploie
veny de 8s
pour obtenir en toute culture un res
millions, en déduifant Piptérêt
terres, des bâtimens &c des
du Prix
& les frais
animaux,d dix pour cent,
200 liv, par denpleiation, tête de
il ne refte pas plus de
rien déduit
Negres, & nous n'avons encore
quiafferme pourle remplacement. Commc nt donc celui
chaque Negre 250 liv. & fouvent davantage, qui répond en outre de la mortalité & du
ronage 2 pourrait-il donc s'enrichir ? Il
marculture du fucre qui Puilfe faire
n'y a que la
bail à ferme de
fupporter le coût d'un
Negres : encore
tune à y faire; ; mais calui
n'y a-c-it point de forhabitation qui manque de forces, qui, prenant à ferme une
à y mettre des Negres fait
employe fes capiraux
fortune, Foutes les
immanquablement une grande
tions
réparations, toutes les augmentadifpendieufes font à la
du
en déducion du prix du bail, charge le
Proprictaire &
fite, & comme il en eft le
Fermier feul en propeut- encore y gagner.
principal entrepreneur, il
Les bâtimens périffent pour le
Negres meurent pour le Fermier, & propriétaire, il faur
& les
mier paie les fermages du Negre
que le Fera
mort 3 cette loi n'eft
tions
réparations, toutes les augmentadifpendieufes font à la
du
en déducion du prix du bail, charge le
Proprictaire &
fite, & comme il en eft le
Fermier feul en propeut- encore y gagner.
principal entrepreneur, il
Les bâtimens périffent pour le
Negres meurent pour le Fermier, & propriétaire, il faur
& les
mier paie les fermages du Negre
que le Fera
mort 3 cette loi n'eft --- Page 271 ---
COLONIE DÉ S. DOMINGUE. 247
SUR LA
:
encore les plus maufeulement les Negres 9 mais
eft Teffet natuvaifes terres, à un prix exceffif. Tel
e,ou de foutenir des enrel du defir d'entreprendre,
l'ambition tromtreprifes mal combinées, toujours
c'eft
l'avarice. Ce qui eft fans doute étonnant,.
pera
ce ne peut-être une loi, & quoipas égale, ou plutôr murmure, il faudrait y changer.
que l'intérêt particulier
excédé de travaux, &
On dit que. le Negre peur-étre mais un moulin peut
mourir par la faute du Fermicr ;
trop
affaiffé par une charge
être foncé, un plancher
grande.
de terre., ruinent le
Un ouragan, un tremblement fouffre
vingt Nele Fermier n'en
point;
le
propriétaire, de la petite vérole ou de la fevre 2
gres meurent
rien, &1 le Fermier. eft au défefpoir;
propriétaire ne perd alternative? C'eft que les premiers.
pourquoi cette injufte
à ferme, étaient dcs hom-.
qui ont donné des Negres
étaient des cultiva-.
ceux qui les ont pris
mes riches 2
point affez de forces pour exploitér:
teurs qui n'avaient
mis leurs habitations à ferme,.
leurs terres. Ceux qui ont
ceux qui lès ont priéraient des habitans fans forces, pouvaient y mettre des.
fes étaicnt des hommes aifés qui
comme dans.
Negres ; & la richeffe a dans cette accafion, En. recherchant.
goures les autres, tyrannifé la pauvreté. on remonterait.
caufe de Vinégalité des baux à ferme,
la
conceflions. Si au lieu de donner pour rien.
à la loi des
on les avait vendues, les
les terres de la Colonic,
plus riches que les con-.
acheteurs étant néceffairement les baux à ferme de Ne-.
celionnaires à titre graruit, recherchez, & les baux à ferm.
gres auraient été moins
cherse.
des terreias auraient été plus
Qiv
é la pauvreté. on remonterait.
caufe de Vinégalité des baux à ferme,
la
conceflions. Si au lieu de donner pour rien.
à la loi des
on les avait vendues, les
les terres de la Colonic,
plus riches que les con-.
acheteurs étant néceffairement les baux à ferme de Ne-.
celionnaires à titre graruit, recherchez, & les baux à ferm.
gres auraient été moins
cherse.
des terreias auraient été plus
Qiv --- Page 272 ---
248: C 0 N S I D É R A T I.0
N S
qu'ily ait de riches habitans, affez
rendre victimes de la témérité
faciles pour fe
plipart infolvables,
des fermiers, pour la
& leur
- Le ficre, le café,
fervir de cautions.
prodactions les
l'indigo & le coton font les
plus précieufes de la Colonie.
cacao, dont la culture fut introduite
Le
Bertrand Dogeron, , avait donné
en 1665 par
ces; mais la confommation
quelqucs cfpéranchez les
n'en eft pas affczétendue
nations, pour offrir pendant
perfpedtive
long-tems une
nie. Le chocolateft avantageufe au commerce & à Ja Colomais il échauffe & nourriflant & agréable au gott;
dufage. Les
affoupit ceux qui en font le plus
Eipagnols en confomment
& en effet cette boiflon
beaucoup,
vie : mais leurs
convient à leur genre de
au-celà de ce qu'il faudrait Colonies produifent du Cacao
nemens. Les
pour leursa approvifionplantations des habitans de
anfe prouvent
h grande
à la côte de S. que cette culture pourrait réuffir
Domingue, en
au milieu des bois,
plantant les arbres
Le tabac aurait cela
homme en pourrait cultiver d'avantageux, qu'un feut
du produit de fa
affez pour fe procurer,
& des
récolte, une nourriture abondante
moyens d'augmenter fa plantation
depuis qu'il a été mis en
; mais
totalement
ferme, 9 la Colonie a
cette branche
perdu
Le rocon eft une des d'agriculture,
de S.
plus anciennes
Domingue : l'arbre qui le produit ell plantations
un peu
cela
homme en pourrait cultiver d'avantageux, qu'un feut
du produit de fa
affez pour fe procurer,
& des
récolte, une nourriture abondante
moyens d'augmenter fa plantation
depuis qu'il a été mis en
; mais
totalement
ferme, 9 la Colonie a
cette branche
perdu
Le rocon eft une des d'agriculture,
de S.
plus anciennes
Domingue : l'arbre qui le produit ell plantations
un peu --- Page 273 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 249
SUR LA
l'écorce
plus grand & plus touffu que le cerifier & ; dures : il
en eft rouffàtre, les feuilles grandes
deux fois l'année; fon fruit eft une goufle
fleurit
couverte
piquante, qui renferme une petite graine
On tire de cette pellicule
d'une pellicule rouge. principalement a teindre
une teinture quis'emploie
dans la Colonie
les laines. Le rocou a été négligé fournir de plus riches
depuis qu'elle a commencé à vient fans être planté
produdtions. Cet arbre, qui
tous les quartiers 1 ne fe trouve point
dans prefque
& T'expérience a dédans la plaine du Cul-de-fac, faire croitre. Nous
montré qu'il ferait difficile de ly
ignorons la caufe de cette fingularité. eft facile & n'eft point
La culture du gingembre
un homme feul peut T'entreprendre.
difpendicule,
les rejettons à un
Ala fin des pluies on plante dans la terre : ils
pouce & demi de profondeur
& produifent
pouffent au bout de quelques jours qu'à deux pieds ;
une herbe qui ne s'eleve jamais
eft mûr:
quand les feuilles jaunifent,le gingembre racine
T'arrache & l'air le defleche ; c'eft une
on
compaête, qui prend toutes fortes
platte 2 large,
dans la
: elle ne pourrit point
de configurations
années. Cette
terre, & peut s'y conferver plufieurs
après
racine ufe le fol au point qu'il ne produit plus
la quatrieme récolte.
dans les CoOnconfomme un peu de gingembre
lonies & fur-tout dans TAmérique Septentrionale 9 --- Page 274 ---
250 C 0 N S I D E R A
& U0
1 - a N S
Nord. peu plus en Angleterre & dans
On en plante rarement
les pays du
maique, & il ne vaut jamais ailleurs qu'à la Jafrancs le quintal. C'eft
gueres plus de dixhuit
une épicerie
FEuropel l'a rejertée depuis
inferieure, &
comman ; On
que le poivre eft devenu
peut en faire une
en le faifant bouillir,
boiflon rechauffante
feches;n mais
ou le mettre en confitures
rait à la fanté, Fufage n'en fera jamais général, il nuitabac Quoi qu'il en foit, le cacao ni le
ni le
rocou, le
gingembre, ne feront
pour beaucoup dans les richefles jamais comptés
Nous ne croyons
de S. Dominguc,
doive
pas que dans l'état
tenter de nouvelles cultures, préfent on y
ajouter au commerce national
* ni qu'on puiffe
portation, il faut s'attacher aucune branche d'exter celles qui font
feulement à angmenprofpérer ce commerce,
jamais général, il nuitabac Quoi qu'il en foit, le cacao ni le
ni le
rocou, le
gingembre, ne feront
pour beaucoup dans les richefles jamais comptés
Nous ne croyons
de S. Dominguc,
doive
pas que dans l'état
tenter de nouvelles cultures, préfent on y
ajouter au commerce national
* ni qu'on puiffe
portation, il faut s'attacher aucune branche d'exter celles qui font
feulement à angmenprofpérer ce commerce, --- Page 275 ---
DE S. DOMINGUI. 25t
SUR. LA COLONIE
a
LIVRE
QUATRIEME
Du Com M E R C E.
PREMIER
DISCOURS
Des Monnoies.
commerce eft de rapprocher les
LA fcience du.
les fatisfaire ; mais avant
befoins des moyens de
il faut
d'entreprendre aucun genre de commerce, fur-tout des
rendre les échanges faciles 9 avoir
de
fervir de mefures aux prix
fignes qui priffent
de leur utiles marchandifes, à proportion
toutes
lité.
entre les fignes des
Siln'y a plus de proportion
les échanges.
valeurs, il n'y a plus d'équilibre entre
on
étant incertain par lui-même 2
Le commerce
d'en diminuer les hadoit chercher les moyens redouble quand il furzards (r); mais Fincertitude dans les monnoies, & il
vient quelque changement le titre des efpeces n'eft
n'y a plus de fareté quand
plusle gage de leur prix.
lui-mème eftt tres-incertain, &
(:) e Le Négoce par
une nouvelle incertitude
s. c'eft un grand mal d'ajouter éviter. > MONTESQUIEU; 2
D à celle qu'on ne peut
Chap.4
Efprit des Loix, Liy. XXYIII, --- Page 276 ---
CONSID E R ATIO
N S
L'argent & l'or fontl les fignes
Facheteur donne a celui
repréfenratifs que
Domingue beaucoup
qui vend: mais il eft às.
numéraires
moins de fignes ou de valeurs
que de valeur à
drai point T'hiftoire des ànuméerJerentepmene
les Colonies, ni celles des monnoies introduites dans
fur cet
erreurs du
objet, ,je me borne à confidérer,d Gouvernement
rapports, 3 l'état préfent de la
dans tous fes
puiffe prendre des mefires Colonie, afin qu'on
meilleure la fituation à venir. certaines pour rendre
Il fc fait annuellement
d'échanges dans la Colonie pour trois cents millions
fiftent dans la vente des : ces échanges condans l'achat des
denrées de fon cri,
dans T'aliénation marchandifes de la
des
Méropole,
Une grande
Negres, des immeubles, &c.
partie des négociations ne
qu'en denrées & à termes,
peut fe faire
paix, iln n'y a
, parce que, depuis la
lions
jamais eu à la' fois
de numéraire. Avec
pour trente milcette fomme puiffe être
quelque rapidité que
différentes, elle ne
reproduite en des mains
peut jamais être
fuc3
ceflivement, dans le cours d'une appliquée
nité d'échanges dont elle
année, à une. infin'eft que le dixieme,
Il y a dans la Colonie
feches quel l'on n'en
plus de marchandifes
& les Coloniftes pourrait confommer en dix ans,
s'en fervent en bien des Cas
fisppléer rau numéraire. Si les cfpeces
pour
pliécs à proportion des
étaicnt multiéchanges, le prix de ces
ut jamais être
fuc3
ceflivement, dans le cours d'une appliquée
nité d'échanges dont elle
année, à une. infin'eft que le dixieme,
Il y a dans la Colonie
feches quel l'on n'en
plus de marchandifes
& les Coloniftes pourrait confommer en dix ans,
s'en fervent en bien des Cas
fisppléer rau numéraire. Si les cfpeces
pour
pliécs à proportion des
étaicnt multiéchanges, le prix de ces --- Page 277 ---
DE S. DOMINGUE. 253
SUR LA COLONIE
les
ferait
déterminé que par
marchandifes ne
plus
l'on éviterait bien
&
progrès de la confommation,
des abus.
les
ruineux que procurent
Ce font les expédiens facilesà conferver, qui
marchandifes portatives ou
ufuraire du prix du
ont donné lieu à la diftinétion
cours au prix d'argent
Cela s'entend en deux manieres.
(1)
un fac d'argent dans le maUn homme entre avec
beaucoup de marchand'un marchand quiréunit
galin
choifit & demande le prix : informez-vous,
difes; il
cela vaut chez les capitaines ;
lui dit-on, dc ce que donnerai à dix pour cent aufuivant le cOuTS, je le
fe ruine, ils'enrideffous. On croirait que ce Marchand frais.
mais d'autres en ont fait les
chit;
& je paye au cours, a
Je dois une fomme en denrées, les créanciers ont reçu de
c'eft-à-dire, au prix que tous
la vente à
débiteurs: : j'ai du fucre & j'en propofe
du
leurs
m'offre dix pour cent au-deffous
prix d'argent : on
en paiement: : tel eftle cours
prix auquel il aurait été reçu monnoies, il eft difficile de
des achats. Ayant fi peu de
a raffemblé des efpeccs
maintenir l'équilitre, & celui qui
bénéfice.
défaifit
dans l'efpoir d'un gros
ne s'en
que
fe tire des Efpagnols
Le numéraire de la Colonie interlope qu'on fait avec
& des Portugais: : le commerce les ans 7 en fait fortir enles Colonies Efpagnoles tous
: mais Jes Colonies
viron quatre millions dc piaftres au vent ou fous le
Françaifes des iles de T'Amérique du dixieme : elles en
yent, n'y entrent pas pour plus
bénéfice.
défaifit
dans l'efpoir d'un gros
ne s'en
que
fe tire des Efpagnols
Le numéraire de la Colonie interlope qu'on fait avec
& des Portugais: : le commerce les ans 7 en fait fortir enles Colonies Efpagnoles tous
: mais Jes Colonies
viron quatre millions dc piaftres au vent ou fous le
Françaifes des iles de T'Amérique du dixieme : elles en
yent, n'y entrent pas pour plus --- Page 278 ---
254 CONSID - ÉR
ATIo N S
RETOURS EN XONNOIES.
Les Commerçans de France ou leurs
viennent traiter dans nos
Agens, qui
grande partie numéraire ports, réuniffent tne
& chargent léurs
; fouvent ils
navires à fret. Le prix l'emportent de
tementrenchérit. alors
l'affretEn attirant à elle néceffirement.
Efpagnols,
toitt l'or qui nous viént
3 la Métropole tarit la
des
rieure. L'enlevement des
circulation inté
fois ducun
éfpecès ne caufait âutremoins
préjudice : elles étaient
de bourfes,
diftribuées en
Coloniftes. L'or & parcé qu'il y avait moins de
chez les
l'argent étaient plus communs
était plus Efpagnols, éténdu. & notre commerce avéc eux
d'hui, de
A peine peut-on retirer
ce commerce, affez
aujourvenir aux dépenfès
d'elpeces pour fubfant d'en arrêter journalieres. Il eft donc intéref
T'enlevement.
C'eft ainfi que raifonne le
mais il eft impoflible
plus grand nombre ;
monnoies.
d'empécher Texportation des
Défendre cet enlevement fous des
res, c'eft réprimer un abus
peines féveplus dangereufe : ce refte de par une injuftice encore
barbarie ne pourrait
Peuvent retirér encore un
avec les Anglais. Ce que lés vingtieme parleur commerce
ont emporté jafqu'a préfent, Négocians de la Méttopole
plus Wan tiers en-fizs.
par chaque année, monteà
nombre ;
monnoies.
d'empécher Texportation des
Défendre cet enlevement fous des
res, c'eft réprimer un abus
peines féveplus dangereufe : ce refte de par une injuftice encore
barbarie ne pourrait
Peuvent retirér encore un
avec les Anglais. Ce que lés vingtieme parleur commerce
ont emporté jafqu'a préfent, Négocians de la Méttopole
plus Wan tiers en-fizs.
par chaque année, monteà --- Page 279 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 255
de mauvais effets (z). C'eft d'ailleurs un
avoir que
de défendre la fortie des maaéte d'indigence que
T'argent & Tor font
tieres d'or & d'argent, , puifque
font
des objets de commerce, en même tems qu'ils
le gage de toutes les négociations.
Augmenter le taux des efpeces pour en empéc'eft fubftituer une monnoie fauffe à
cher la fortie,
cela ferait d'autant plus dandes valeurs réelles, &
dans la Colonie , que nous tirons les mongereux d'une nation étrangere, & que nous donnenoies
avoir une
rions alors plus de marchandifes 7 pour
quantité de monnoies qui procurait auparavant plus
de chofes. La valeur des denrées fuit toujours la
de la valeur des fignes : on ne peut auprogreffion fun fans l'autre. D'un autre côté, le but
gmenter
cette angmentation ne
que l'on fe ferait propofé par
ferait point rempli. En voici la preuve:
(i) En vain on voudrait oppofer à cette maxime de ce
qui fe paffe chez un peuple du Nord, oè l'entrée
toutes les monnoies eft permife, mais non pasla fortie :
je m'en tiéns à la regle générale, fans m'arrêter à ce gouquir reffembleà la caverne du lion.
vernement particulier, nations l'imitaient, le crédit d'une nation à
Si toutes les
fans
le cours des changes del'autre ferait un prêt
gages, conféquent ufuraire : il ne
viendrait arbitraire. 9 & par du commerce : d'ailleurs
férait plus réglépar la néceffité
à l'égard
ce qui pourcait convénir à un gouvernément
des autres 5 ne peuts'appliquer à une Colonie à l'égardde
faMérropole.
particulier, nations l'imitaient, le crédit d'une nation à
Si toutes les
fans
le cours des changes del'autre ferait un prêt
gages, conféquent ufuraire : il ne
viendrait arbitraire. 9 & par du commerce : d'ailleurs
férait plus réglépar la néceffité
à l'égard
ce qui pourcait convénir à un gouvernément
des autres 5 ne peuts'appliquer à une Colonie à l'égardde
faMérropole. --- Page 280 ---
256 Co NSI 2 D E R A T I O N S
Si huit piaftres gourdes, évaluées 60
étaient portées à 66
elles
livres,
livres,
ne donneraient
également en France que 42 livres ; c'eftle prix de
leurvaleur intrinfeque en argent du Royaume.Huit
piaftres gourdes, à 60 livres, donnent un bénéfice
de 40 fols fur le retour. A 66 livres elles donnent
40 fols de perte.
Mais fi une quantité de fucre,
fe, qui coûterait à S.
d'indigo ou de ca-:
Domingue 66 livres, ne
duifait en France, déduétion faite de tous proqu'une fommc de 40 francs, le marchand
frais,
quine confidere pas l'intérêt général, & commerce Français,
le plus fouvent comme s'il ne devait faire qu'un
voyage > emportcrait la monnoie & laifferait la
denrée.
Ilyaplus: : fi66 livres, argent de
ou
la quantité de denrées qui
T'Amérique,
repréfente cette
fomme, produifaient en France
44 livres, > le marchandFrançais préférerait encore emporter les efpeces qui ne remettraient que 42 livres, parce
qu'alors il deviendrait le voiturier & le commiffionnaire de T'habitant 2 qui ferait obligé lui-méme
de charger fa denrée : le fret prendrait plus de valeuren raifon des chargemens qu'il y aurait à faire,
& le Commerçant gagnerait, fir Paugmentation du
fret, plus qu'il ne perdrait fur la remife. L'habitant
ferait obligé de payer.une commiffion fur la vente
de fa denrée en France, & le Commiffionnaire
pourrait
il deviendrait le voiturier & le commiffionnaire de T'habitant 2 qui ferait obligé lui-méme
de charger fa denrée : le fret prendrait plus de valeuren raifon des chargemens qu'il y aurait à faire,
& le Commerçant gagnerait, fir Paugmentation du
fret, plus qu'il ne perdrait fur la remife. L'habitant
ferait obligé de payer.une commiffion fur la vente
de fa denrée en France, & le Commiffionnaire
pourrait --- Page 281 ---
SURLA.COLONIE DE S. DOMINGUE. 257
pourrait la garder pour fon compte s'il lui était
avantageux( (1).
de France, il
Dans l'état préfent du commerce
ferait donc nuifible & abufifd'augmenter la valeur
des efpeces qui ont cours dans la Colonie : pour eri
Tenlevement, il faudrait changer l'efprit
empêcher du commerce ; & comme ces efpeces nous viennent
ils en apporteraient, plus l'augdesEfpagnols, plus
-
mentation cauferait de perte effeétive fur les marchandifes qu'ils prendraient en échange.
Variations & incertitudes dans le cours des
monnoies.
Le grand nombre des hommesn'eftpas le nombre
(1)Si dix Capitaines des navires marchands empordes efpeces au lieu de la quantité de fucre qui detent
leurs cargaifons, il y aura 3000 bariques
vait remplacer
de fucre à charger à fret. Que la concurrence des chargemens faffe renchérir le fret de trois deniers 9 ils auront
gagné à faire leurs retours en cfpeces, quoique les efn'aient pas remis au pair. Le calcul eft aifé: fi trois
peces de fucre brut, acheté à 22 livres, remettent en
quintaux France 44 liv. tournois, & que huit piaftres gourdes à
8 liv. 5 fcls ne remettent que 42 livres, il y a 40 fols
de bénéfice à charger en denrées : mais fi, en ne le faifant pas, le fret a renchéri de trois deniers, trois quindonneront 3 livres I5 fois de furgaiu, & l'Armataux
aura
récllement trente - cinq en paraifan:
teur
gagné
perdre quarante.
R
Tome I.
huit piaftres gourdes à
8 liv. 5 fcls ne remettent que 42 livres, il y a 40 fols
de bénéfice à charger en denrées : mais fi, en ne le faifant pas, le fret a renchéri de trois deniers, trois quindonneront 3 livres I5 fois de furgaiu, & l'Armataux
aura
récllement trente - cinq en paraifan:
teur
gagné
perdre quarante.
R
Tome I. --- Page 282 ---
258 C 0 NS I D E R A T I O N
S
des fages: plus les monnoies étaient
en faifait
rares, plus on
d'ealeremens,plus les
difficiles. Les Coloniftes
échangesdevenaicne
moins ils avaient
crurent alors, qu'autant
vaient valoir.
d'efpeccs 3 autant plus elles deQuelques gens qui avaient fait
amas de piaftres gourdes, ne voulurent
des
défaifir, à moins de onze efcalins.
point s'en
changer les piloles favorifa
La difficulté de
leurs defleins
on s'habitua à recevoir & à donner
: enfin
pour une piaftre gourde,
onze efcalins
plus grande
c'ell-à-dire, une valeur
pour une plus petite, fans
fuites de cette
fonger aux
augmentation. Les cfcalins
très-rares & les piaftres gourdes
devinrent
Les Adiminifrateurs
trds-communes.
parurent
cette variation que le
approuver en 1770,
mois de
peuple avait imaginée. Au
Septembre 1772, les piaftres
été remifesà 7 liv. IO fols. Ilya
gourdes ont
rédudion,
avait, lors de cette
pour vingt millions de
dans la feule ville du
piaftres gourdes
Cap. Le onzieme de cette
fommeaétéperdu. On en avait déjap perdu le
lors
dixieme
del'augmentation, en donnant,
les
un dixieme de marchandifes
pour avoir,
donnait
au-delà de ce que l'on
auparavant.Les
de
faifi lc moment du rabais Commerçans France ont
numéraire a manqué.
pour les emporter, & le
Quelques Français mgl intentionnés, &: des
glais quis'étaient
de
Anapperçus nos befoins, ontintroduit, en pen de tems, une quantité
d'cfpeces
ieme
del'augmentation, en donnant,
les
un dixieme de marchandifes
pour avoir,
donnait
au-delà de ce que l'on
auparavant.Les
de
faifi lc moment du rabais Commerçans France ont
numéraire a manqué.
pour les emporter, & le
Quelques Français mgl intentionnés, &: des
glais quis'étaient
de
Anapperçus nos befoins, ontintroduit, en pen de tems, une quantité
d'cfpeces --- Page 283 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 259
ces monnoies infiqui ont été reçues avidement;
confiançe a
deles ayant circulé prompsement > la
ceffé de toures parts.
les dettes
Les négociations ont été troublées,
les
ont été interrompus : on
accrues,
payements légérement quelques diftribus'eft borné a punir
n'a
même
reurs de Tor prétendu anglais ; on
pas
recherché ceux qui avaient fait, ou fomenté l'entreprife de fon introduction, & tout eft reité dans
état,
dans Tincertitude &
le même
2 c'eft-a-dire,
dans la confufion.
de Tor
étant arrêté, il
C
Le cours public
anglais
s'eft trouvé dans la Colonie très-peu de numéraires dans cette difette, les piaftres gourdes ont, recours fur le pied de onze efcalins.
ptis un nouyeau
on faffe, attention
Que d'après ces événemens
à la multiplicité des engagemens anciens & actuels, à la rigueur des Métropolizains, aux reffources que chaque Colonifte a été forcé de rechercher dans cette ufure cruelle qu'on appelle
virement de parties 2 pour éviter des pourfutites
plus ruineufes encore que l'ufure elle-méme; enfin
cours des denrées intercepté par la difficulté
all
& Pon verra combien l'incertitude
des échanges, dû renverfer de fortunes, com"
des monnoies a
malheureufes, & ces fuités
bien elle a eu de fnites
été moins reffenties dans les premicrs tems,
ont qu'elles Re le feront a l'avenir.
R ij
de parties 2 pour éviter des pourfutites
plus ruineufes encore que l'ufure elle-méme; enfin
cours des denrées intercepté par la difficulté
all
& Pon verra combien l'incertitude
des échanges, dû renverfer de fortunes, com"
des monnoies a
malheureufes, & ces fuités
bien elle a eu de fnites
été moins reffenties dans les premicrs tems,
ont qu'elles Re le feront a l'avenir.
R ij --- Page 284 ---
260 C O N S 1 D É R A: T I O N.S
Comie on n'a point prononcé la fuppreffion
des pieces anglaifes, comme, on n'a porté aucune
peine contre ceux qui les
garderaient, on ne s'eft
point hâté de les foumettre au creufet
(x).
II faut arréter les progrès de la
s'eft emparée dune des principales gangrené qui
branches del'adminiftration publique ; mais il eft bien difficile de
faire une fciffion précipitée fans qu'il en réfulte de
l'ébranlement. Quelque parti que l'on puiffe
dre il fera murmurer. ; la voix du peuple eft pren- dans
ces circonllances, comme la vibration d'un inftrument qui-réfonne encore quand on a ceffé de
le toucher.
4 Que'toute efpece frappée à une marque étran5; gere devienne marchandife, & n'ait de valeur
3, que par fon titre & par fon
poids 77,
Cetteloi, toute juflequ'elleeft, excitérabien des
plaintes, elle ne fera applaudie
la caiffe fera vuide
que par ceux dont
lorfqu'on la publiera; mais peuton différer le moment de la promulguer,
> quand
(1) Au mois. de Juin 1774 les monnoies
été réduites au poids, mais fur le pied de Io8olivres coupées ont
marc. Ce reglement préfente les mêmes
le
inconvéniens
que l'augmentation des piaftres gourdes, parce
l'or
à travailler ne peut pas valoir plus de 9401 livres que le marc
dans toute TAmérique; enforte qu'il a
a
y 140 livres
marc entre l'or monnoie coupée & l'or en lingot, par
monnoies
été réduites au poids, mais fur le pied de Io8olivres coupées ont
marc. Ce reglement préfente les mêmes
le
inconvéniens
que l'augmentation des piaftres gourdes, parce
l'or
à travailler ne peut pas valoir plus de 9401 livres que le marc
dans toute TAmérique; enforte qu'il a
a
y 140 livres
marc entre l'or monnoie coupée & l'or en lingot, par --- Page 285 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 261
eft certain
on Téloignera plus. elle
on
que plus
paraitra févere
PROJET T.
Il faut prendre des mefures pour procurer à la
Colonie une quantité de numérairé proportionnée
à fes befoins. Cent millions égaux à 663333331.
6f 4 d. tournois fuffiraient & au-delà.
a
Que les cfpeces foient à l'cffigie du Prince &
l'écuffon Français.
(1) Un Magifrat de S, Domingue a dit en 1776 >
dans uh Difcours public & imprimé : L'Etat eft trop Jage
faire le fonds du numéraire de la Colonie, quand
pour P'Etranger s'en charge . . . . Avant de dire qu'il eft
fage dans un Etat de ne point faire le fonds du numéraire
qui doit y circuler, il aurait dû nous montrer ce qu'il
coûter à unEtat pour faire lefonds du numéraire,
en peut
réfultent de la plus Otl
& quels font les avantages qui
il aurait
moins grande circulation de ce numéraire ;
fallu nous dire encore, fi ce numéraire, quand an
l'attend de l'Etranger, circule plus rapidement que
quand il appartient au Gouvernement : alors on aurait
étéà portée de juger.
fuite l'affertion qu'1
Au contraire, il détruit tout de
l'article du
venait de hazarder 9 en avouant que fur
numéraire, Ia Colonie eft toujours dans une exifence
précaire. Il n'y a fûrement point de fageffe à laiffer un
grand pays dans une exiftence précaire, fur les moyens
d'acheter, de vendre & d'échangér
de commercer, confomme & tous ceux qu'il produit.
les objets qu'il
R iij
'affertion qu'1
Au contraire, il détruit tout de
l'article du
venait de hazarder 9 en avouant que fur
numéraire, Ia Colonie eft toujours dans une exifence
précaire. Il n'y a fûrement point de fageffe à laiffer un
grand pays dans une exiftence précaire, fur les moyens
d'acheter, de vendre & d'échangér
de commercer, confomme & tous ceux qu'il produit.
les objets qu'il
R iij --- Page 286 ---
262 CON $ ID E R A T
to N $
Qu'elles foient réclles, c'efl-à-dire,
tiere foit le gage de fa valeur.
que la mas
Qu'il foit flatué par une loi immuable
ne fera point dopération
que l'ort
qui puifle les rendre
idéales; rien ne doit être plus exempt de variations
que ce qui eft la mefiure de toutes chofes.
Qué la valéuf des elpccès foit d'une
différente de cellé des monnoies
proportior
dâns le
qui ont cours
Royanime, & que le coin foit auffi différent; ; qu'elles ne puiffent avoir cours
Colonie.
que dans la
Qu'elles foient battues en France; Car
un bénéfice à faire & une
s'il y a
augmentation
c'eft la Métropole qui doit
d'ouvriers,
Le bénéfiée de la'
en profitèr:
dix
fabrication pourrait étre de
pour cent faps aucun inconvénient ; il ne faudrait pas qu'il excédât.
Ces monnoies n'ayant point de cours dans l'intérieur du Royaume & donnant de la
fet, il ferait indifférent
perte au creu
qu'on voulût les
parce que celui quis'en
emporter,
les échanger dans les chargerair ne pourrait que
feraicnt
Vilies maritimes, d'où elles
lonie. rapportées néceffairement dans la CoIl ferait nuifible d'établir dès mionnoies
deffous de 7 f 6 d. Otl de cinq fols
atlen baiffant la valeur des
tourpois ;
petites monnoies les
fet, il ferait indifférent
perte au creu
qu'on voulût les
parce que celui quis'en
emporter,
les échanger dans les chargerair ne pourrait que
feraicnt
Vilies maritimes, d'où elles
lonie. rapportées néceffairement dans la CoIl ferait nuifible d'établir dès mionnoies
deffous de 7 f 6 d. Otl de cinq fols
atlen baiffant la valeur des
tourpois ;
petites monnoies les --- Page 287 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 263
feraient plus miférables, & ce ferait llil
Negres
malheur (r).
(1) II faut infiniment moins de pieces d'argent de7
fols 6 deniers pour payer une aune de toile, qu'il ne
faudrait de pieces de cuivre ou de billon. Si on enintroduifait, la valeur des fruits, des légumes &c autres
journalieres diminuerait à proportion ; les
provifions fernient réduitsàune nudité prefque continuelle,
Negres
confommation, puifqu'il n'y
ce qui nuirait beaucoupàla
fe
de Negre dans la Colonie qui ne puiffe proa point habillement de bonne toile. S'ilyavait de plus
curer un
les travaux de chaqae Negre lui depetites monnoics, moins utiles : ccla n'enrichirait pas les marviendraient
font obligés
chands & ouvriers; car les dépenfes qu'ils
de faire venant à diminuer, le paiement de leur indufà proportion. Mais les toiles delin, de
trie diminuerait
diminuer auchanvre & de coton ne pourraient pas
le
deffous du prix de leur premier achat, fans ruiner
commerce : or fi le Negre vendait fes légumes & fes
le maître ferait obligé de le
ceufs pour un fol marqué,
des monnoies de
vêtir à fes frais ; ainfi l'introduéion
cuivre ne ferait utile à perfonne.
Le fort des efclaves ferait à plaindre, parce qu'ilya
des maitres imbécilles & avares. Les Negres n'ont que
le Dimanche pour fe nourrir, après avoir travaillé toute
la femaine au profit de leur maitre : le tems néceffaire à
la culture de leurs vivres ne leur laiffe quele tiers d'une
journée, qui devrait être pour eux celle du repos. L'employeraieng-ils à des plantations furabondantes pour un
retiré?
moiudre prix que celui qu'ils ont jufqu'à prefent
Auraient-ils le moyen d'acheter des cochons, des che-,
R jv
'ont que
le Dimanche pour fe nourrir, après avoir travaillé toute
la femaine au profit de leur maitre : le tems néceffaire à
la culture de leurs vivres ne leur laiffe quele tiers d'une
journée, qui devrait être pour eux celle du repos. L'employeraieng-ils à des plantations furabondantes pour un
retiré?
moiudre prix que celui qu'ils ont jufqu'à prefent
Auraient-ils le moyen d'acheter des cochons, des che-,
R jv --- Page 288 ---
264 C O N S I D É R ATIO
N S
Mais pour fabriquer cent millions
d'or & d'argent à T'ufage de la
en efpeces
que la Colonie fournit
Colonie, il faudrait
impoffible.
cent millions ; cela paraît
M 0 YENS
Eclairez les hommes fur lcurs
refiferont pas à
intérêts, ils ne fe
T'efpérance ; ils
me à feconder ceux
s'emprefferont méqui leur feraient
plus grand bien.
envifager un
Le verfement de cent millions
monnoyé
d'argent ou or
1 peut fe faire en quinze
tation des monaoies
ans, & T'exportiere, fans
Efpagnoles en fournira la maqu'à cet égard il foit befoin de
aucune précaution.
prendre
La diftribution des nouvelles
ceffive, fe
efpeces, étant fic9
ferait fans aucune feconfie, elle
porterait point de iévolution fenfible dans
n'apdes denrées.
la valeur
Pour parvenir à ce verfement, il fuffirait
faire, outre lc prélevement des droits
de
fubfides & impôts de la
ordinaires,
Colonic, un emprunt au
vaux ? Ce ferait leur enlever à la fois toutes
dont la Proprié:é les attache au fol
les chofes
faire des efclaves rebelles & les réduire qu'ils cultivent, en
La richeiie n'eft point dans l'or & au défefpoir.
dans l'induftric & le travail,
l'argent, elle eft
det toutes les chofes utiles : qui procurent l'abondance
de ces deux puillans refforts. craignons de diminuer l'effet --- Page 289 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 265
SUR LA
du Roi fur tous les habitans, par répartition,
nom
taxe réelle de leurs biens, remou, fil'onveut, par
fur les deniers royaux.
bourfable en quinze ans
de fix millions,
Cet emprunt fcrait de la fomme
dans les Villes principales de la Coà employer denrées choifies au prix du cours.
lonie, en
feraient chargées pour le compte
Ces denrées
le produit
du Roi & envoyées en France, 2 pour,
a
d'or & d'argent
net, être converti en monnoies
& renvoyé à St. Domingue
T'ufage de la Colonie,
intéricures, au paiefubvenir aux dépenfes
pour
des différents Officiers employés
ment des gages
dans la Colonic.
ferait chargée
La recette générale des impôts fur des navires
tous les ans de la même maniere
convermarchands, & envoyée en France pourêtre diftribuées
& ces monnoies
tie en monnoies,
nous venons de propofer, 9
par la même voie que
millions.
jufqu'à la concurrence de cent
fe trouSur le produit de la derniere année, qui mildouble au moyen de l'avance de fix
verait
les habitans auraient faite, on pourrait
lions que le Roi les pertes qu'il y aurait eu fur
retenir pour
fi toutefois il y avait
les chargemens en denrées, ferait à répartir entre les
eu des pertes, le furplus
feraient rapcontribuables fur les quittances qui
portées par eux ou leurs héritiers.
Ce projet réunit plufieurs avantages.
cent
fe trouSur le produit de la derniere année, qui mildouble au moyen de l'avance de fix
verait
les habitans auraient faite, on pourrait
lions que le Roi les pertes qu'il y aurait eu fur
retenir pour
fi toutefois il y avait
les chargemens en denrées, ferait à répartir entre les
eu des pertes, le furplus
feraient rapcontribuables fur les quittances qui
portées par eux ou leurs héritiers.
Ce projet réunit plufieurs avantages. --- Page 290 ---
266 C O N S I D E R A T I O N S
L'établiffement d'une monnoie invariable, fans
caufer de révolutions dans les fortunes des Coions
& dans leurs propriétés, & la diftribution des ef
peces, fans changer la valeur des denrées & fans
donner aucune entrave au commerce.
Il en réfulterait d'ailleurs beaucoup d'encouragement, beaucoup d'activité dans la circulation
générale, beancoup de fabilité dans les poffeffions;
enfin le commerce des efpeces étrangeres, confidérées comme métal 3 deviendrait avantageux aux
habitans de la Colonie & à la Métropole. Dans
l'état préfent, les Efpagnols ont befoin de nos
marchandifes, mais nous avons encore plus befoin de leurs
fi
clpeces, 3
nous avions des monnoies établies, leurs befoins feraient Ics
& nous ne prendrions leur monnoie
mémes,
qu'elle vaudrait
que pour Ce
intrinfequement.
el
O --- Page 291 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 267
SUR LA
la
NUAGESAT
acertNesesmAtInen
DISCOURS II
Des Loix du Commerce. 1
les
qu'on puiffe employer
E tous
moyens le commerce eft fans
pour acquérir des richelfes, mais il faut qu'il foit fait
doute le plus honnére ;
quoiquil foit libre,
avéc regle, c'elt-à-dire, que
; ceft ce qu'il
il foit dirigé felon Tutilité phblique
fant expliquer.
avants-
: Il n'y a point en France de reglemens ait affeété
fur le commerce; il femble qu'on
geux
la liberté du commerce eft la faculté
de croire que
national de faire ce qu'il
donnée au commerçant politique ; car celui qui
veut : c'eft une mauvaife
à conficherche-à s'enrichir; 5 ne s'arrête jamais
intérêts relatifs de PEtat & du comdérer les
prefque toujours pour fuimerce, il y contrevient
liberté indéterminée
vre fon intérêt perfonnel. La
tentent la forde cinq ou fix cents Négocians qui liberté defeft donc une
tune en même-tems 3
en génétruérice ; elle eft à l'égard du commerce une loi
à l'égard de tous les hommes
ral ce qu'eft
volonté fans motifs; ce que
fans principes, une
une liberté fans
ferait à légard d'une République
s'entendre,
loix. Le mot liberté ne doit donc pas
dond'unc faculté privative
en fait de commerce >
ent la forde cinq ou fix cents Négocians qui liberté defeft donc une
tune en même-tems 3
en génétruérice ; elle eft à l'égard du commerce une loi
à l'égard de tous les hommes
ral ce qu'eft
volonté fans motifs; ce que
fans principes, une
une liberté fans
ferait à légard d'une République
s'entendre,
loix. Le mot liberté ne doit donc pas
dond'unc faculté privative
en fait de commerce > --- Page 292 ---
268 : C 0 N S-ID É R
née
ATIO N S
aux Marchands nationaux de faire
veulent dans les flades
ce qu'ils
mais de la faculté de
qu'ils fe font données,
chands
s'unir à tous les autres
7 pour concourir en raifon de
Martaux à
leurs capiTaggrandiliement du
blement d'adtivité, à la
commerce, au douNations ; c'eft
richeffe, à la force des
ce que les Hollandais ont
premiers à
été les
puiflance, & remarquer : cette remarque fit leur
n'étre nulle porta leur numéraire au point de
part ailleurs en égale
Anglais les prirent
proportion. Les
les imirant
pour modeles, & ce n'eft qu'en
qu'on peut les égaler. Les véritables
principes en tout
la nature des
genre, 3 font invariables comme
chofès.
La liberté du
n'eft
commerce 3 a dit
pas une faculté accordée
Montefquicu 9
faire ce qu'ils veulent;
aux Négocians de
ne géne
ce qui géne ele
pas pour cela le commerce. Commerçant
En effet, que des peuples
fortir de leurs ports des navires commerçans voyent
dre chez les Nations
deftinés à répanreculées le
raità la patric,
fuperflu qui nuipetit intérêt de peuvent-ils s'arréter à calculer le
confidérer
le quelques Armateurs ? Ils n'ont à
que nombre des
durée da commerce, Ils fe expéditions, & la
moderé, & fe confolent contentent d'un gain
tes, parce que les valeurs facilement de leurs perdance fe font réalifécs
des objets de furabonen grande
partie, > quc les --- Page 293 ---
DE S. DONINGUE. 269
SUR LA COLONIE
fourniffeurs & les ouvriers ont gagné, & que le
crédit & la force de la Nation fe font nécellairement accrus. :
font dans toute enLe crédit & la foi publique
de commerce, ce que font les machines
treprife
ils doublent les moyens ;
dans les manufagtures,
levent des fardeaux
66 ce font des cabeftans qui
bras (1) 27.
23 que les hommes n'auraient puleverà donc avoir des
Les
induftrieux doivent
-
peuples nationales & des papiers de crédit ; mais
banques
reffemil ne faut pas que. ceux qui gouvernent
blent à ces Méchaniciens ignorans qui employent
les leviers les plus compliqués pour produire une
force ordinaire ; il faut qu'ils fachent combiner.
l'effet du crédit public, 3 & en proportionner les
aux befoins de leurs entreprifes (2);
mouvemens une
circulation il y auratouquandi il y aura
grande
laboureur,
jours un affez grand bénéfice; puifquele
que des outils,
la fileufe &l cletiltrannondemploye
ils font
des travaux & des graines, & que quand
le commerce eft néceffairement affez
récompenfés
Voltaire; Dialogue entre un Philofophe & un
(r)
Contrôleur général des finances.
(:) C'eft cette proportion qui aurait rendu utile le
fyftême de Law 5 elle n'a point été obfervée, & tout a
été bouelverfé. 31 n'y a rien de fi pernicieux que des
échanges & des crédits fans objets
cletiltrannondemploye
ils font
des travaux & des graines, & que quand
le commerce eft néceffairement affez
récompenfés
Voltaire; Dialogue entre un Philofophe & un
(r)
Contrôleur général des finances.
(:) C'eft cette proportion qui aurait rendu utile le
fyftême de Law 5 elle n'a point été obfervée, & tout a
été bouelverfé. 31 n'y a rien de fi pernicieux que des
échanges & des crédits fans objets --- Page 294 ---
270 C o N SI D E R A T I O N S
riche : Car d'un côté ces hommes
jouiflances,
augmentent leurs
c'eftadire, la confommation intérieure
deschofscomneigalies, enraifon de leurs
d'un autre côté ils font d'autant
profts;
la terre ou à leurs
plus d'avances à
du
métiers, que plus ils ont
produit des travaux paflés
Tous
reçu
fone
(1).
ces gens
peres -ou fils de famille, c'eft la meilleure
partie des citoyens; la moindre
perte qu'ils
vent eft fenfible au corps de l'Etat
Le éproutable but du
(2).
véricommerce eft de les faire
ou du moins de les entreténir dans
gagner 9
ce but doit
l'émulation 1 ;
augmenter le bonheur du plus grand
nombre, & il eft évident
que plus on employe
d'hommes, plus l'Etat eft puiffànt & riche,
eft
plus il
refpeétable aux yeux de Funivers $ car fi les
peuples deftruéteurs font des maux qui durent
après eux, il en eft de méme du bien que font &
reçoivent les peuples dirigés à une heurenfe induftrie ; elle maintient la balance entre les différentes claffes des hommes laborieux, & rend-heureufe jufqu'à la derniere claffe.
L'obligation du Caltivateur eft d'entretenir, de
reçueillir les produétions de la terre
de
2 & la feC
(I) Ils donnent par conféquent au Commerce plus
d'objets à exporter.
(2) Voilà ce qu'on ne
-
peut pas fe perfuader
en Efpagne & en Portugal.
enFrance;
fe induftrie ; elle maintient la balance entre les différentes claffes des hommes laborieux, & rend-heureufe jufqu'à la derniere claffe.
L'obligation du Caltivateur eft d'entretenir, de
reçueillir les produétions de la terre
de
2 & la feC
(I) Ils donnent par conféquent au Commerce plus
d'objets à exporter.
(2) Voilà ce qu'on ne
-
peut pas fe perfuader
en Efpagne & en Portugal.
enFrance; --- Page 295 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 271
conder autant qu'il eft poffible ; T'obligation de
Pouvrier eft d'augmenter les valeurs des productions en les façonnant au befoin, 9 à Tutilité 2 au
caprice des hommes; celle du Négociant eft, comme nous Y'avons déja dit, de rapprocher les befoins des moyens de les fatisfaire, c'eft-à-dire,
de porter aul confommateur éloigné les chofes que
que l'ouvrier a préparées &
la terre a produites,
d'en effeétuer les valeurs.
Si le Négociant ne remplit pas cette obligation, s'il cherche à sapproprier le bien du Cultivateur & à profiter de fes befoins; s'il veut
forcer une partie de la Nation à acheter de lui
ne
fournir à jufte prix; s'il la force
ce qu'il peut
à lui vendre ce qu'il ne peut acheter affez cher,
fa profeflion devient plus dangereufe qu'utile. Il
faut que ce que l'on appelle bénéfice ou profit, 9 ne
foit que li récompenfe de l'homme qui fatisfait
aux befoins prévus, & fe rend habile à prévoir.
Si on abufe de ces befoins, c'eft une ufure; fi on
empêche ceux avec qui le négoce fe fait de fe procurer ce qui leur eft néceflàire à meilleur marché,
ou de tirer un plus grand prix des objets qu'ils
peuvent donner en échange, c'eft une tyrannie ;
&c fi des loix confacraient ces abus, il faudrait les
réformer.
Faut-il rappeller les vexztions que les commernationaux ont tant de fois commifes dans la
çans --- Page 296 ---
272 CON S I D E R A TIO N $
Colonie pendant la guerre 3 & dans la paix ilsfemblaient defirer la ruine des établiffemens qui devaient fonder l'efpoir du commerce.
C'eft dans de telles circonfiances que l'art des
Adminiftratcurs confifte à trouver les moyens d'arréter la cupidité des Marchands, fans nuire à la
libeité & à la fireté dont le commerce doit effentiellement jouir.
En abufant des befoins des Cultivateurs, les
Commerçans, au lieu d'être les bienfaiteurs de la
Nation, en deviennent les ennemis ; il faut donc
que de fages reglemens les ramenent à l'utilité générale : le commerce qui n'eft conduit
l'intérét des particuliers,
que par
c'eflà-dire, par l'avarice e
& le monopole, n'eft autre chofe que la conjuration de quelques individus contre la fociété entiere. Pour éviter les progrès de cette conjuration, non-feulement le commerce doit étre dirigé
par des loix générales, mais il faut encore
ait
quily
des loix particulieres qui reglent la maniere de
le faire.
Iln'yarien de ftable fur le commerce de S.Domingue : il avait été feulement enjoint au Général
& à l'Intendant, par l'art. 31 de T'Ordonnance du
premier Février 1766, 46 de veiller à tout ce qui
3) pourra augmenter le commerce, & de donner
29 avis fur le champ (aux Miniftres des Colonies)
22 de tout ce qu'ils jugeront devoir y être réformé
ou
qui reglent la maniere de
le faire.
Iln'yarien de ftable fur le commerce de S.Domingue : il avait été feulement enjoint au Général
& à l'Intendant, par l'art. 31 de T'Ordonnance du
premier Février 1766, 46 de veiller à tout ce qui
3) pourra augmenter le commerce, & de donner
29 avis fur le champ (aux Miniftres des Colonies)
22 de tout ce qu'ils jugeront devoir y être réformé
ou --- Page 297 ---
SURLA COLONIE DE $. DOMINGUE. 273
fait
le bien &c l'avantage de la Colonie,
3) ou
pour
ont fouvent té23 alefet d'y Etre pourvil. >> Ils
moigné le défir de répondreà cette confiance, mais
comment auraient - ils pu connaitre en trois ans
être vraiment utile à la Colonic ?
ce qui pouvait
aux
Le commerce national doit prendre part
cas fortuits dont les Colons ont fupporté la perte,
les bénéfices de la culture. Le
puifqu'il partage enrichit le négociant , & le négoconfommateur
ciant eftà la fois l'inftrument de la confommation
& l'affocié de celui qui cultive.
Pour que la Colonie continuât de fleurir, 2 en
laiffant fubfifter le commerce fans loix, & chaque
négociant tendre à la fortune, fans s'embarraffer,
ni des opérations des autres, ni de l'état ou le
le commerce fe trouvera quand il fera devenu ri
che, il faudrait que les revenus de l'année puffent
égaler les capitaux. Et comme les marchands de
France commercent principalement avec leur nation elle-méme, leurs ventes feraient destaxespour
tous les citoyens ; cependant les négocians retirés verraient bientôt leur fortune détruite par
la rage de jouir immodérément ; & l'hydre toujours renaiffant de ce commerce fatal, fei joignant
à Thydre, non moins cruel d'une adminiftration
forcée dévorerait à la fois la Métropole &
(I) La Théorie des Fermes.
Tome I.
S --- Page 298 ---
274 Co 1 N S I D É R A T Io
les
N S
Colonics, & l'on verrait ce
l'on
le
que
a vû dans
Portugal, une nation entiérement
de pauvres & de riches, &
compofée
fés ; plus de forces,
point de citoyens aitivité, plus de marine plus de puidance, plus d'acperdu.
peutétre, & tout ferait
Partout où il n'y a point de
tout où les
médiocrité, pardes
capitaux ne font pas difpenfés dans
privileges mainsimombratles, par-tout oh.j il y a des
exclufifs, regne le
vaife conduite du
monopole. La maudu
marchand & le
cultivateur
découragement
concourent au
l'induftrie: Les négocians
dépériffément de
par leur
font ruinés tour à tour
ils
propre infidélité, fans que ceux
ont commercé s'enrichiffent
avec qui
Dans
de leurs
un pays où tout roule fur le pertes.
& T'induftrie, il
commerce
7 faut des loix précifes & multipliées felon les progrès de l'activité
en faut mcins dans un
populaire ; il
fonde point fur le
pays dont la valeur ne fe
il y a de cas, plus commerce il faut de maritime (z) : plus
cipe général dont
loix; c'eft un printardive à l'égard du Tapplication ne devrait pas être
commerce de la Colonie de
SaingDomingue.
(1) Voyez nE Platon, Traité des Loix, Livre
Plusily a de cas, plus ilfaut de Loiz,
VIII;
de l'activité
en faut mcins dans un
populaire ; il
fonde point fur le
pays dont la valeur ne fe
il y a de cas, plus commerce il faut de maritime (z) : plus
cipe général dont
loix; c'eft un printardive à l'égard du Tapplication ne devrait pas être
commerce de la Colonie de
SaingDomingue.
(1) Voyez nE Platon, Traité des Loix, Livre
Plusily a de cas, plus ilfaut de Loiz,
VIII; --- Page 299 ---
LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 275
SUR
légiflation du commerce de Fran
Dans la pauvre
affez, & l'on n'a pas feulece, on a cru prévoir
de faveur
ment obvié à cet efprit de privilege, ,
ordinaire dans les Gouverne-
& d'exclufion, trop
fi dangereux, à
& toujours
mens monarchiques deftruéteur qui en réfulte > à ces
ce monopole
qui fe croifent & divifent
intérêts particuliers On a mis dans les mains des
les nerfs de T'Etat.
ils
marchands nationaux le fiphon avec lequel
la fubftance de la nation elle-même. Colbert
tirent voulu leur en donner un autre pour les étranavait mais ceux-ci ont bientôt trouvé les moyens
gers,
ce dangereux tuyau,
de boucher prefqu'entiérement
n'ont
toujours avec ufure ce qu'ils
& de reprendre
des Colonies à fucre
pu retenir; Taggrandiflement années un objet d'ennous fournit depuis quelques
confervons
chere pour tous les marchés d'Europe;
qui peut, avec le
chérement cet avantage précieux
& la
nous redonner la préférence
tems
prudence,
du commerce que nous avons perdue.
générale
S --- Page 300 ---
276 C'o N S ID E R A T I O N
S
DIS COURSIIL
De Putilité du Commerce
avec les
Etrangers.
Lons de la défeétion des
Compagnies, le
commerce des Colonies n'a pas recouvré fans refuidtion fon indépendance
naturelle; ; la
a défendu fous des pcines féveres
Métropole
fes Colonies tout
aux habitans de
commerce avec les étrangers :
cependant c'eft la concurrence
qui met un prix
julte aux marchandifes, qui établit entre elles
los véritables rapports.
5 Le commerce étranger peut fe faire en deux
manieres : la premiere, en ouvrant aux Armateurs
étrangers les ports de la Colonie ; la feconde,
allant chercher chez eux les chofes dont
9 en
foin : la
on a bepremiere 2 des inconvéniens,
2 l'autre ne
peut produire que de grands avantages.
II femble que les Colons de Saint-Domingue
ayent eux-mémes fermé leurs
ports aux navires
étrangers, par un traité que Dogeron, leur Gouverneur, fit avec eux en 1671. Après
rent chaffé la Compagnic, ils
qu'ils eunavire
convinrent que tout
Français ferait reçu à trafiquer avec
mais que les étrangers en feraicnt exclus. La eux, né
,
2 l'autre ne
peut produire que de grands avantages.
II femble que les Colons de Saint-Domingue
ayent eux-mémes fermé leurs
ports aux navires
étrangers, par un traité que Dogeron, leur Gouverneur, fit avec eux en 1671. Après
rent chaffé la Compagnic, ils
qu'ils eunavire
convinrent que tout
Français ferait reçu à trafiquer avec
mais que les étrangers en feraicnt exclus. La eux, né --- Page 301 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 277
donné de fortes atteintes à ce. paste.
ceffité a déja
& des loix.
Elle eft au-deffus des conventions,
Sila Colonie ne trafiquait qu'avec le commerce
national, il n'y aurait jamais d'équilibre, la Colonie gagnerait & le commerce. perdrait infailliblement, ou bien ce fcraient les Négociants qui
fur les Cultivateuys;! Fun & l'autre eft
gagneraient
également dangereux. -
Armateurs de FratLe privilege exclufif que les
cC s'attribuent , en alléguant le faux principe que
les Colonies font faites pour eux, fe réduit dans
le droit, comme dans le fait, à une fimple préfcn'auront
à fe plaindre
rence, , & tant qu'ils
point
ou
leurs cargaifons feront reftées invendues,
que
étrangeres les auront fait
que les introduaions
tomber à vil prix, il fera de l'intérêt de-la Nytion, & de celui des Armateurs eux-mêmes, de
laiffer fabfifter des introdudions qui ne peuvent
étre jamais Aériles. font confacrées à Putilité de
Car files Colonies
la Métropole, fi elles font deftinées à lui procurer Temploi des objets qu'clle ne peut confommer
ellc-même ; & à lui fournir cil échange des mafon commerce avec
tieres qui puiffent aggraudir
n'ont
les
les peuples quilenvironnenr, & qui
pas
mêmes reffources en égale portion; ; fi c'cft le prix
ces matieres reçoivent chez les peuples voique fins qui réalife le fuperflu qu'clle nous envoye, on
S 11] --- Page 302 ---
278 C O N SI D E R A T I O N S
doit en tirer cette
ne doit nous fournir confequence > que la Métropole
jets que leur abondance cxclafirenent, que des oblui rendrait
dont le fimplc emploi eft
fuperflus, &
un bénéfice pour elle;
que par la méme raifon elle ne doit
de ce qui peut augmenter la
empêcher rien
tions de fes Colonies.
quotité des producLes regiftres de celle de
pleins de loix contre le
Saint-Domingue font
donnance de
commerce étranger; lOrraient d'une 1727 menaçait ceux qui s'en mélepunition terrible, d'un
que la mort cette loi s'anéantiffait efclavage pire
pre rigueur ; il eft toujours
par fa protrement
injufte de punir auque par T'argent, un délit
les hommes ne craignent
pécuniaire, 3 &
ont reconnu
jamais les loix dont ils
T'injuftice:
Affujettis à vendre le produit de nos
aux Armateirs de France
fe
récoltes
jours de les revendre à
2 qui plaignent touchands étrangers
perte, 2 tandis que les Marviennent dans nos ports mettre
un plus haut prix ; leur
y
qu'exciter l'émulation concurrence ne pourrait
des Nationaux, dont le
privilege exclufif caufe la léthargic, & fi l'on
à leur murmure, du moins faut-il
céde
rien ne favorife plus le
confidérer que
commerce avec les étrangers, que leur négligence à prévenir les befoins
(1) La peine des Galeres,
aignent touchands étrangers
perte, 2 tandis que les Marviennent dans nos ports mettre
un plus haut prix ; leur
y
qu'exciter l'émulation concurrence ne pourrait
des Nationaux, dont le
privilege exclufif caufe la léthargic, & fi l'on
à leur murmure, du moins faut-il
céde
rien ne favorife plus le
confidérer que
commerce avec les étrangers, que leur négligence à prévenir les befoins
(1) La peine des Galeres, --- Page 303 ---
DE - S. DOMINGUE. 279
SUR LA COLONIE
de la Colonie, que la dureté avec laquelle ils abuauflitôt
des événemens
fent de ces befoins
que
l'amalheureux ont pû les rendre urgens 7 que
bandon auquel ils livrent cruellement les quartiers les moins riches Ol1 les plus reculés.
Ce n'eft que depuis 1740 que les Négocians
de la Métropole ont établi un commerce direét
la
du Sud. On fait que cette fertile
avec
partie établiffement aux Anglais de la
contrée doit fon
deJamaique & aux Hollandais de Curaçao , qui,
puis 1720 qu'a ceffé le privilege de la Compagnic
de S. Louis jufqu'a la fin de 1729,Y ont apporté
des Négres, & en ont retiré prefque toutes les
produétions.
tous les Sujets de la Colonie
Le commerce que
au lieu d'exfont dans les Colonies étrangeres,
pofer à des peines, devrait être encouragé 2 parce
avoir
de très-bons effets. Il y
qu'il ne peut
que
de faa des circonftances cû la Colonie manque
de
de mulets. Un Cojine, de chevaux, Negres,
des lanlonifte induftrieux, qui pofiede la plapart
des correfpons
gues vivantes, qui a des capitaux, 3 fecretes chicza
dances étendues, & des intelligences
chez les
oà il et difficile
les Anglais 7
Efpagnols,
frais, &
d'en entretenir, arme des naviresà grands
chercher de la farine & des grains à SE la nouvelle
va
des Negres à la Jamaique ou des muAngleterre,
Ics Anglais, it
lets à la côte d'Efpagne : pr's.par-I
iv
correfpons
gues vivantes, qui a des capitaux, 3 fecretes chicza
dances étendues, & des intelligences
chez les
oà il et difficile
les Anglais 7
Efpagnols,
frais, &
d'en entretenir, arme des naviresà grands
chercher de la farine & des grains à SE la nouvelle
va
des Negres à la Jamaique ou des muAngleterre,
Ics Anglais, it
lets à la côte d'Efpagne : pr's.par-I
iv --- Page 304 ---
280 C o N. S I D É R A
T I O N S
perd une partie de fes bicns, par les
perd fes biens & fa liberté.
Efpagnols il
dangers, il a droit à la
Vainqueur de ces
citoyens ; mais on
reconnaiflance de fes confacrifie la plus
Tarréte, on le menace ; & s'il
gain légitime grande partie de fon capiral & du
qu'il devair en retirer
fe
traire aux peines qu'on lui fait
pour fouf
rats qui le
craindre, les fceledépouillent lui font encore
fervice qu'ils Tai rendent,
valoir le
écbapper à la
difent-ils, en lc faifant
méritée,
publicité d'une punition févere &x
qui abforberait fa
fon crédit.
fortune, & ruinerait
Unfeulhommet bas & méchant, fiffit
ner l'adtivité du Négociant
pour enchafde réglemens
laborienx ; une foule
à fon
qui ne font que des pieges tendus
émulation, à fon zéle &à fà bonne
fondent les actions utiles
foi, cortrouve coupable fans
avec les crimes ; il fe
le vouloir & fans l'avoir
prévu, il eft emprifonné,
défenfes données
fpolié, ruiné, & les
dans des
ment oppoféesà celles où
occurrences toraledes Souverains
nous nous trouvons, par
que le tems a rendus à la
re, le condamnent, tandis que les
pouffictent fes bienfaits. L'ouvrier
Colons rcffeneft perfécuté
des richeffes de l'Etat
par les Délégués du Prince.
moins, fi
Du
pouvait racheter quelqu'apparence de droit ou de raifon.
tant d'horreurs! mais
que l'utilicé du commerce
non, > tant
étranger fubfificra, les
que le tems a rendus à la
re, le condamnent, tandis que les
pouffictent fes bienfaits. L'ouvrier
Colons rcffeneft perfécuté
des richeffes de l'Etat
par les Délégués du Prince.
moins, fi
Du
pouvait racheter quelqu'apparence de droit ou de raifon.
tant d'horreurs! mais
que l'utilicé du commerce
non, > tant
étranger fubfificra, les --- Page 305 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE.
SUR LA
le fuccès,
Contrebandiers feront encouragés par le
d'empécher ce commerce proles gens chargés
vouloir arrêter fes progrès.
tégeront en paraiflant faudrait le rendre inutile. Tant,
Pour le détruire il
de France ne fera pas
que le commerce maritime cclui de la Nation rivale par
en état de balancer
& par fon emprefiement
l'économic des armemens, les plus avantageux aux
à
les débouchés
en
procurer des Colonies R > on entreprendroit
produ@ions les liens du commerce interlope,
vain de rompre
Cultiyateurs G des ConPintérét réciprogue des
yaincra tous les obfacles.
trebandiers
les ans à la Jamaique pour cent
Il entre tous
provenant de Saintmille livres fterling d'indigo,
de Tiburon,
Domingue. Les quartiers des Ances, de Jérémie en
du Cap Dame-Marie &
des Irois,
le refle eft pris dans les
fourniffent les deux tiers,
Cet indigo eft ende la Colonic.
autres quartiers
: il y a 20 pour
levé à un taux fort avantageux favoir, 12. pour
cent au-deffus du cours ordinaire; anglais, & 8 pour
cent fur la différence du poids de la Jamaique
cent fur le prix. Les Négocians
de *
encore, & retirent la gratification
y gagnent
le Gouvernement accorde
6 den. par livre, que culture de l'indigo. L'imporpour encourager la
permife
tation du coton étranger eft généralement droits
il a été affranchi de tous
en Angletenre,
cnviron de celui qu'on
en 1766; le fixieme ou
; anglais, & 8 pour
cent fur la différence du poids de la Jamaique
cent fur le prix. Les Négocians
de *
encore, & retirent la gratification
y gagnent
le Gouvernement accorde
6 den. par livre, que culture de l'indigo. L'imporpour encourager la
permife
tation du coton étranger eft généralement droits
il a été affranchi de tous
en Angletenre,
cnviron de celui qu'on
en 1766; le fixieme ou --- Page 306 ---
282. Coxs Ip É R ATIO
N S
recueille à Saint-Domingue paffe à la
On prend en échange de ces
Jamaique.
dont lintroduétion à
denrées, des Negres
Saine-Domingue eft bien défendue, mais fur lefquels il y a ordinairement à
gagner 300 liv. par téte.
Quelquefois le commerce étranger eft ouvertement toléré, & les prifes que l'on fait de tems
à autres, ne peuyent, attendu l'impunité d'un
nombre de refractaires, étre
grand
regardées
me des vols folemnifés
les
que comarmés
par
Juges. Des bateaux
par le Gouvernement;
frais de la Colonie
c'eft-à-dire, aux
de faveur
9 commandés par des hommes
qui deftinés fecretement à ce commerce
défendu qu'ils paraiffent
min
intercepter, arrétent chefaifant, tout ce qui ne porte pas le
de la force, & conduifent leurs.
fignal
ports où l'on étale
prifes dans des
fes de
publiquement des marchandicontrebande ; & les Juges, à la Ineur des
bougies de blanc de baleine
les fruits de la
3 digérant la farine &
nouvelle Angleterre 5
fans pitié des confifcations & des amendes: prononcent
ceux qui les nourriffent & les éclairent.
contres
En autorifant le commerce
peut avoir
étranger en ce quil
d'avantagcux
la Colonie, on.ne ferait pourfaggrandicment de
fe
que détruire les abus qui
rencontrent dans la maniere de le faire (1),
(1) Il a ét6 verféà à Bordeaux, depuis
1772, beaucoup
nouvelle Angleterre 5
fans pitié des confifcations & des amendes: prononcent
ceux qui les nourriffent & les éclairent.
contres
En autorifant le commerce
peut avoir
étranger en ce quil
d'avantagcux
la Colonie, on.ne ferait pourfaggrandicment de
fe
que détruire les abus qui
rencontrent dans la maniere de le faire (1),
(1) Il a ét6 verféà à Bordeaux, depuis
1772, beaucoup --- Page 307 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE.
SUR LA
baiffont maintenant de contrebande
les objets qui
lc nombre des Traiferaient de prix, parce que de ce qu'il y aurait
s'accroitrait à proportion
teurs
moins de rifques.
& la politique de rés
Il ferait contre la juflice
tous les objets de
ferver aux Marchands Français foit qu'ils puiffent
commerce dans les Colonies,
les befoins de
fatisfaire à tous
ou ne poiffent pas
, ce ferait bienla culture & de la confommation, Tabondance 2 &
la défolation où regne
tôt porter
le fruit d'un fiecle de traperdre en peu d'années doit être défendue quand
vaux. Toute recherche
dans le commeril S'agit d'objets qui n'entrent pas tels font les bois
de la France avec la Colonie,
ce
les fruits, les
bâtir, les beftiaux, les grains, dans 7 tous les cas
pour & les poiffons falés ; enfin
viandes
doit être fubordéfenfe de tirer de Tétranger, )
la
de la Colonie (r).
donnée à Tutilité
Cettefarine,
&z de New-Yorck.
de farine dePhiladelphie
2 a éiéenvoyéel Sainttranfvafée dans des barilefrancais Ifles du Vent par lcs armateurs
Domingne & dans les
fortement à la vente
quis s'oppofent le plus
de Bordeaux,
tirent direêtement de la Nouvelle
de celle queles Colons de leurs navires, imitant cette
Angleterre. Les Capitaines
dans les ports de la Cofecretement
fraudc, en achetent
de leurs carlonie, & la revendent comme provenant
gaifons.
dans un difcours
(1) Un Magiftrat de St Domingue;
les du Vent par lcs armateurs
Domingne & dans les
fortement à la vente
quis s'oppofent le plus
de Bordeaux,
tirent direêtement de la Nouvelle
de celle queles Colons de leurs navires, imitant cette
Angleterre. Les Capitaines
dans les ports de la Cofecretement
fraudc, en achetent
de leurs carlonie, & la revendent comme provenant
gaifons.
dans un difcours
(1) Un Magiftrat de St Domingue; --- Page 308 ---
284 C O N S I D É R A T IO N S
Ce principe eft confacré par des exemples. La
France ne pouvant fournir le boeuf falé en concurrence avec les Anglais, le Roi l'exempta,
un Réglement de I710, de tout droits d'entrée par
pour les Colonies. Il doit en être de méme à préfent pour la morue féche, dont la confommation
eft grande dans les Colonies, &
vons plus fournir
que nous ne pouen concurrence avec les Anglais
depnis la chute de 1I0S pécheries,
Ifolés dans leur Ifle, tant que les Colons
voudront pas fe contenter des vivres
ne
qu'elle
produit, leur exiftence fera précaire elle ne fera
fondée que fur leur induftrie; : la
Métropole ne
peut pas leur fournir toujours ni affez abondamputlic, & imprimé en 1776, dit que la concurrence des
étrangers ferait un bénéfice certain pour les
mais
que ce bénéfice, quileur échappe en tournant Colons; au
commerce de la France, acquitte la Colonie profit du
Métropole, aur depens de qui, dit-il, elle eff envers Ia
prenant la peine de raifonner fur la confitution formée, En
de la
Colonie, comment n'a-t-il pas vu que le bénéfice que la
concurrence produirait, étant perdu pour les
ne
tourne point au profit da commerce de Colons,
qu'au contraire cette perte que les Colons France, mais
affure le détriment du commerce de France? éprouvent,
Peu conftant dans fes principes, après avoir vanté le
privilége exclulif du commerce métropolitain, il avoue
que la maffe du revenu des Colonies ne peut
être
le prix de la gêne & des entraves.
pas
le bénéfice que la
concurrence produirait, étant perdu pour les
ne
tourne point au profit da commerce de Colons,
qu'au contraire cette perte que les Colons France, mais
affure le détriment du commerce de France? éprouvent,
Peu conftant dans fes principes, après avoir vanté le
privilége exclulif du commerce métropolitain, il avoue
que la maffe du revenu des Colonies ne peut
être
le prix de la gêne & des entraves.
pas --- Page 309 ---
LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 284
SUR
dont ils ont befoin : ils doivent donc tirer
ment cC
P'univers. Si le commerce
leur fubfiftance de tout
jamais eu lieu, letiersdela
avec les étrangersn'avait dix mille hommes auraient
Colonie ferait inhabité,
derniere
; c'eft
manqué de pain pendant la
guerre Hollandes farines apportées par les navires
avec
Anglais, que les Soldats
dais & les Parlementaires
une autre tiers
ont été nourris tant qu'elle a duré;
de la Colonie aurait été ruiné pour long-tems par
de terre du 3 Juin 1770; & filon
le tremblement
contre ce comprorogeait les anciens Réglemens
la feule reffource de la Colonie ferait qu'ils
merce,
fuffent toujours violés.
ont déterminé à établir, par
Ces confidérations
du premier Juillet - 1767 & Lettres paRéglement
Mai 1768, deux ports francs
tentes du premier
pour les
Tun à Sainte-Lucie
dans les Colonics 3
Saint-Nicolas pour
Ifles du Vent, l'autre au Môle
environs de
Les
la Colonie de Saint-Domingue. fol pierreux &
ces deex ports n'offrent qu'un débarraffés de tourempli de tuf; mais les Colons,
reffources ;
tes entraves, y trouvent de grandes donner à
vend les marchandifes qu'il peut
chacun y
charge les denrées auxmeilleur marché 3 chacun y
Ce font
quelles il peut mettre le plus haut prix.
établiffemens précieux à la Nation, quoiquils
des
Timpuifance du comprouvent inconteftablement'
merce national.
ue. fol pierreux &
ces deex ports n'offrent qu'un débarraffés de tourempli de tuf; mais les Colons,
reffources ;
tes entraves, y trouvent de grandes donner à
vend les marchandifes qu'il peut
chacun y
charge les denrées auxmeilleur marché 3 chacun y
Ce font
quelles il peut mettre le plus haut prix.
établiffemens précieux à la Nation, quoiquils
des
Timpuifance du comprouvent inconteftablement'
merce national. --- Page 310 ---
286 C ON S I D E R A T IO
N S
Le premier Août 1769, il a été
glais
permis aux And'apporter au méle Saint-Nicolas,
refte de l'année
pendant le
de la
1769. & jufqu'à la fin de
farine & d'autres
1770,
ment de terre du
comeftibles ; le tremble3 Juin 1770, a prolongé cette
permiffion, qui ne devrait pas étre fujette à révocation.
Mais un feul entrepot pour la Colonie de SaintDomingue ne peut pas entiérement
vues que l'on a dû fe propofer.
remplir les
les deux extrémités de la
Lat diftance oùt.
Colonie font de cet entrepôt, lc rend infuiffifant ; on n'en
voir des fecours affez
peut pas rèceprompts, & l'on en a fait.
T'expérience en 1770; enfin les dépenfes & les
retards que cette diflance
tes onéreufès
occafionne, ont des fuipar rapport au commerce du
& du fyrop, qui ayant plus de volume
bois
leur, ne devraient
que de Vapas fupporter de gros frais (1).
L'introdudion des Negres de traite
étrangere
(I) Au mois de Janvier
gers de faire dans tous les 1776, on a permis aux étrandes bois à bâtir, & de ports de la Colonie, la vente
& du tafia. Ce
prendre en payement du fyrop
du môle
réglement, en faifant tomber l'entrepôt
Saint-Nicolas, , détruit le
le protéger, il fallait exciter les cabotage, au lieu de
a aller oftrir des melaffes & du caboteurs dela Colonie
Angleterre, & en
rhum à la Nouvelle
ticre utile, à
rapporter des bois ou toutc autre maproportion des befoins des Colons,
, la vente
& du tafia. Ce
prendre en payement du fyrop
du môle
réglement, en faifant tomber l'entrepôt
Saint-Nicolas, , détruit le
le protéger, il fallait exciter les cabotage, au lieu de
a aller oftrir des melaffes & du caboteurs dela Colonie
Angleterre, & en
rhum à la Nouvelle
ticre utile, à
rapporter des bois ou toutc autre maproportion des befoins des Colons, --- Page 311 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 287
eft défendue aul môle Saint-Nicolas, comme dans
le reite de la Colonie. Cependant la traite
tout des Noirs eft devenue fi difficile pour les Armails font forcés de les vendre à un
teurs Français,
ils favent
prix fi cher dans les Colonies, quand
certaine
de navires à la côte
qu'il ya une
quantité
de Guinée, ils fe gardent fi bien . d'en expédier
d'autres, de peur de ne pas gagner affez. . -
D'ailleurs ily a des quartiers où les habitans ne
font point en état de payer les Negres aux prix
la
& leurs navires
qu'ils ont exigé depuis paix,
de Jéarrêtent
Tels font les quartiers
ne s'y
pas.
L'introduéion des
rémie, Saint-Louis & Jacqmel.
les étrangers eft du moins avantageufe
Negres par
où l'état aétuel des culpar rapport aux quartiers
de la
n'annonce pas aux Marchands
tivateurs, 9
ni des recouMétropole des -ventes avantageufes,
vremens prochains (1).
a
(1) On a propofé des gratifications pour encourales armateurs de France à fournir des Negres au--
ger deflous du prix ordinaire. (Voyez un livre intitulé:
Droit Public ou Gouvernement des Colonies Françaifes,
M. Petit, Tome II, tit.vj, fed.11,page 422).
.par Cette méthode ne vaudrait rien. I.o Ne faudrait-il pas
au-deffus du bénéfice auquel les
élever ces gratifications renonceraient? ? 2,0 Les plus grands efforts de
Marchands
dans l'état préfent du comPinduftrie ne pourraient pas
aufi
merce de France, procurer les Négres a un prix
itulé:
Droit Public ou Gouvernement des Colonies Françaifes,
M. Petit, Tome II, tit.vj, fed.11,page 422).
.par Cette méthode ne vaudrait rien. I.o Ne faudrait-il pas
au-deffus du bénéfice auquel les
élever ces gratifications renonceraient? ? 2,0 Les plus grands efforts de
Marchands
dans l'état préfent du comPinduftrie ne pourraient pas
aufi
merce de France, procurer les Négres a un prix --- Page 312 ---
288 C O N S ID E R A T I O
N $
La dureté révoltante des
Commerçatits Fran--
çais, & encore plus la néceffité
vent déterminé les
preffante, ont fouAdminiftrateurs à ouviir aux
étrangers les différens ports de la Colonie
(1)..
modéré que celui auquel les Anglais
dre; enfin ces gratifications,
peuvent les venColonie, feraient
prifes dans Ia caiffe de la
toujours à la charge de
ce qu'elle néceffiteraient
l'habitant, en
l'augmentation des
tant vaut-il payer à titre de
impôts, auprix, que de gratification,
(I) Le Port au Prince était renverfé, le
chefs errans fur les décombres dans
peuple & fes
des
fiere & de foufre, jettaient les
nuages de poufnuit ne difparut
cris du défefpoir, La
que pour leur rendre
fenfible
l'horreur de leur fituation, ils fe
plus
la place du Gouvernement. Un
raffemblerent fur
fonniers, & fur-tout de
grand nombre de primoit des rebelles,
ceux qu'en ce tems-là on nomliberté,
échappés à la mort, &c rendus à la
profternés aux pieds du Général & de l'Intendant , les efclaves entourant leurs maîtres
& l'expreflion de la douleur,
avec les fignes
tendrifant; mais
offraient un fpedlacle atqui prouvait bien mieux la
uns que l'humanité des autres. Les
fidélité des
été depuis mieux traités
efclaves n'ont pas
faftre, & les
qu'ils ne l'étaient avant ce déprifonniers ont été remis en
rendus à des fupplices que la nature ébranlée captivité, ou
vouloir leur
femblait
épargner, en renverfant les murs de
cachots.
leurs
On craignait la famine & non pas Ja révolte, Un
toyen, dont le zèle mérite d'être
cibarquer pour la
loué, propofa de s'emJamaique, & d'employer fa fortune &
Après
'ils ne l'étaient avant ce déprifonniers ont été remis en
rendus à des fupplices que la nature ébranlée captivité, ou
vouloir leur
femblait
épargner, en renverfant les murs de
cachots.
leurs
On craignait la famine & non pas Ja révolte, Un
toyen, dont le zèle mérite d'être
cibarquer pour la
loué, propofa de s'emJamaique, & d'employer fa fortune &
Après --- Page 313 ---
COLONIE DE S. DOMINCUE. 289
SURLA
de terre. de 1770,les
Après le tremblement de nos malheurs; ; mais
Anglais pouvaient s'enrichir
& de
loin de fuivre Texemple des nationaux,
proétaient confidérables, pour obtenir des
fon crédit qui
des navires qui étaient a
fccours; mais les Capitaines
avaient à bord pour
la rade s'y oppoferent, difant qu'ils
il
jours de vivres, & que pendant ce tems-là,
quinze arriver des navires de France, au préjudice defpourrait
autorifer le commerce avecles Ans
quels il ne fallait pas
relever des
& les
glais, Il fallait du tems pour
fours,
cenétat de recevoirle chauffage;les Capitainesfirent
mettre
& diftribuerent du pain au
boulanger dans leurs navires 2
fur des promeffes de payer. On ne regardaitni
peuple, ni au prix; mais on peut dire que la qualité
à la qualité & le prix exceffif. Auffi-tôt qu'il y eut des
était mauvaife
faire du pain dans la ville, les Cafours, & qu'on put le
de la farine, & il fallut empitaines haufferent prix
en obtenir à un taux
ployerl la force & les menaces pour
dans la ville. Un
raifonnable; il y avait bien des pauvres
tems d'une
défaftre eft toujours fuivi pour quelque
grand
& les Agens du commerce de France
mifere déplorable, ufure,à des familles infortunées,le
redemandaient avec leur avait fait prendre; ils employepain que le befoin
fortes de voiess- c'était, difaientrent contre elles toutes
avait été nourri
ils, des dettes facréess & parce fc qu'on priver fans gémir des
la veille, il fallait, feion eux, Le Gouvernement, en
de fubfifter le lendemain.
moyens
leur conduite, en feconidait la rigueur, 9
defapprouvant mais il fallait pâyer 7 & l'on apprit a
on murmurait;
avoit déjà des prifons, tandis
des malheureux qu'il encore y. fous des tentes.
quils demeuraient
T
Tome 1.
réess & parce fc qu'on priver fans gémir des
la veille, il fallait, feion eux, Le Gouvernement, en
de fubfifter le lendemain.
moyens
leur conduite, en feconidait la rigueur, 9
defapprouvant mais il fallait pâyer 7 & l'on apprit a
on murmurait;
avoit déjà des prifons, tandis
des malheureux qu'il encore y. fous des tentes.
quils demeuraient
T
Tome 1. --- Page 314 ---
2;0 C.o N SID É R A T I O N S
fiter de nos befoins pour achever notre ruine, ils
n'ont propofé que des conditions
les pays fertiles de Léogane & du avantageufes, &
Port-au-Prince
ont été rétablis dans fix mois.
Leurs fecours ont relevé les courages abattus
de nos Cultivateurs, & une récolte abondante
bientôt fait oublier l'événement
a
bord avait jetté dans
terrible, qui d'atous les coeurs
& le chagrin, à peine s'efl-il trouvé dans lépouvante les
affez de navires Européens
ports
pour emporter les denrées, & les Capitaines n'ont pas laiflé
cette occafion de renchérir le prix de l'afficttc- échapper
ment.
Cependant les Députés de la Bourfe de Nantes
& de Bordeaux, ofaient encore fe
plaindre du
commerce étranger, aveugles fur leurs
intérêts ils ne voulaient pas
propres
fccours extraordinaite
voir, que fans ce
leurs navires feraient revenusà vuide, que la récolte aurait été
les Colons auraient employés
perdue, que
vingt ans à
leurs pertes. Ccs plaintes indifcrettes,
réparer
des Miniftres féduits, retentirent
adreffées à
dans la Colonie,
il fallut recourir aux prieres pour qu'il fot
aux Anglais de recouvrer le prix des matériaux permis &
des batimens, & le falaire méme des ouvriers
dont ils avaient généreufement fait
la néceffité fit bientôt voir
Tavance; mais
qu'on devait les autorifer à accomplir les marchés qu'ils avaient
con-
indifcrettes,
réparer
des Miniftres féduits, retentirent
adreffées à
dans la Colonie,
il fallut recourir aux prieres pour qu'il fot
aux Anglais de recouvrer le prix des matériaux permis &
des batimens, & le falaire méme des ouvriers
dont ils avaient généreufement fait
la néceffité fit bientôt voir
Tavance; mais
qu'on devait les autorifer à accomplir les marchés qu'ils avaient
con- --- Page 315 ---
SURLAC COLONIE DE S. DOMINGUE. 291
nombre d'habitans, avant les
trasté avec un grand
le
ordres de ia Cour, & à en recevoir paiement
fuivant les conditions énoncées dans ces marchés.
Armateurs fe plaignent fouvent de la trop
Lcs
les Colonies
grande quantité d'expéditions pour
fur
de T'Amérique, & difent que la concurrence,
tout celle des étrangers, a rendule commerce mauvais. Il faudrait avant tout qu'ils puffent expli-,
entendent par ces mots. En généquer ce qu'ils
affez fur
1al ils veulent dire que l'on ne gagne pas
le retour des marchandifes ; mais ce
la vente ou
des Armateurs nationaux,
n'eft pasla concurrence
diminuent
ni même l'admiffion des étrangers qui
bénéfices à faire. C'eft l'incertitude qui réles
particuliere des Colonies;
fulte de l'adminiftration
ce font ces bras intéreffés qui tantôt repouffent,
excitent le commerce étranger : voilà les.
tantôt
détruifent toutes les fpéculations, &
caufes qui
confidérables.
donnent fouvent des peites
l'on ferme aux étrangers les radesde nos
Que la vente des marchandifes françaifes y prenIfles, le niveau de la confommation & ne le paffera
dra
Si le commerce interlope avec les Colojamais.
n'ouvrait pas un grand débouché
nics Étrangeres,
il feiait impoffible d'en venà ces marchandifes,
Colonifles une aliez giande quantité
dre a nos
à leurs deniées. On vend
pour fervir d'échanges
quatic cents cargaifons, parce,
a Saint-Domingue
T 1) --- Page 316 ---
292 Co NSID É R ATIO N S
que l'on boit des vins de France à la
& dans les Colonies
Jamaique
Efpagnoles, 3 parce que l'on
y porte des foieries, des galons de Paris & de
Lyon, des gravures & des toiles
: Que nos ports foient toujours françaifes.
ouverts, & nous
ajouterons au calcul de la confommation intérieure
de nos Colonies; celui de la concurrence étrangere celui des confommations
cette concurrence
particulieres que
pourrait faire naitre, & les
riouveaux débouchés qu'elle pourrait ouvrir
la prohibition & la tolérance,
; mais
qui fe fuccedent a
proportion de l'intérét que les prépofés
avoir à fe rendre plus faciles ou plus croyent
redoublent les hafards du commerce ; le féveres,
teur éclairé ne peut jamais l'être affez fpéculavenir ou écarter toutes les entraves dont pour précable; le Marchand moins inflruit
on l'acreffources
n'apperçoit de
que dans une prohibition durable, &
fait retentir fes clameurs jufqu'au Trône du Souverain.
. Il eft un principe certain : tirer des
lés objets que la Métropole ne
étrangers
difficilement & à un prix
peut fournir qhe
exceffif, c'eft
ter dans la Colonie une profpérité
la augmeuque Métropole partage 2 puifqu'elle en retire plus de denrées, & y trouve un plus grand débouché de fes
marchandifes.
: On objeâte que la liberté du commerce étran-
ne du Souverain.
. Il eft un principe certain : tirer des
lés objets que la Métropole ne
étrangers
difficilement & à un prix
peut fournir qhe
exceffif, c'eft
ter dans la Colonie une profpérité
la augmeuque Métropole partage 2 puifqu'elle en retire plus de denrées, & y trouve un plus grand débouché de fes
marchandifes.
: On objeâte que la liberté du commerce étran- --- Page 317 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 293.
SUR LA
& la prof
la population
ger ne peut qu'augmenter
mais dépend-i1 de
périté des Colonies Anglaifes;
notre
d'arrêter cettc profpérité, après .que
nous
le Canada, abandonné la
gouvernement a perdu
de la
&c renoncé à T'érabliffement
Louifianne, 1
trouver dans CCS CoGuyanne ; nous aurions pu
qui nous manlonies une partie des produéions
la nouvelle
fournit abondamment
quent, 4 & que
Angleterre.
les Iles Françaifes
En confervant le Canada, befoin de commercer
n'auraient pas eu le même
leur
& leur attachement pour
avec les étrangers,
fur
contre T'aciMétropole aurait été un
garant
de la nouvelle Angleterre.
vité des Négocians rendre les Canadiens moins
Mais il aurait fallu
il aurait fallu enamis de la pareffe & du- plaifir,
acplus de laboureurs que de guerriers,
tretenir
militaires, de
corder moins de récompenfes
décorations frivoles, & plus d'encouragemens
aurait offert avec autant d'avanréels. Le Canada
de la nouvelle Angleterre,
tages que les Provinces
& les Ifles
les chofes utiles qu'elles produifent, du fyrop
auraient trouvé le débouché
Françaifes y
de fucre ; la perte de cette
& des eaux-de-vie
& dans la guerre
Colonic a mis toutes les autres, Nation rivale.
la
fous le joug de la
& dans paix,
qu'un écrivain* * 2 qu'on
C'eft donc mal-a-propos
* Voltaire,
T iij
nouvelle Angleterre,
tages que les Provinces
& les Ifles
les chofes utiles qu'elles produifent, du fyrop
auraient trouvé le débouché
Françaifes y
de fucre ; la perte de cette
& des eaux-de-vie
& dans la guerre
Colonic a mis toutes les autres, Nation rivale.
la
fous le joug de la
& dans paix,
qu'un écrivain* * 2 qu'on
C'eft donc mal-a-propos
* Voltaire,
T iij --- Page 318 ---
294 Co NSID É R A
doit
TIO N 5
encore admirer en blâmant fes
préfenté le Canada comme
erreurs, a
qui ne méritait
un monceau de glaces
pas d'allumer des
fa poffeffion
guerres. C'eita
peut-être que tenait T'Empire de l'Amérique & le commerce du monde
l'intérét patriotique
entier, & fi
ponvait rendre légitimes des
combatsqui feraient verferdes torrens de
a point d'efforts
fang,iln n'y
La Colonie qu'on ne dût faire pour y rentrer.
de la Louifiane n'était
affez floriffante en
pas encore
1769, pour balancer par la
concurrence, le commerce des
fes avec les
Colonies AnglaiFrançais de Saint -
n'y trouvait point le débouché Domingue ; Onl
offirait de grandes
du fyrop, mais elle
daigné les
reffources : la France n'a pas
conferver.
Une grande partie de la Guyanne refte
à détacher du Domaine
encore
point établie. Les
Français, mais elle n'eft
maiheureux Colons
difperfés, ne font point
qui y font
travaux ne
encouragés; d'ailleurs leurs
pourraient être utiles qu'aux Illes du
Vent, & il n'y a point d'apparence
s'élever de long-tems à des
qu'ils puifent
res & de commerce
entreprifès de cultucurrence des
capables de foutenir la condans
Anglais; mais on y pourrait trouver
quelques années des hommes, des
& avec cela que ne peut-on
vaiffeaux,
I! ne faut pas en attendant pas entreprendrez..
commercc
rejetter lcs fecours du
étranger.
urs leurs
pourraient être utiles qu'aux Illes du
Vent, & il n'y a point d'apparence
s'élever de long-tems à des
qu'ils puifent
res & de commerce
entreprifès de cultucurrence des
capables de foutenir la condans
Anglais; mais on y pourrait trouver
quelques années des hommes, des
& avec cela que ne peut-on
vaiffeaux,
I! ne faut pas en attendant pas entreprendrez..
commercc
rejetter lcs fecours du
étranger. --- Page 319 ---
DE S.DOxINCUE.
SUR LA COLONIE
de
dit-on, de facrifier 11 frireté
Prenez garde,
accefioires d'un comla Colonie aux avantages oljets peu importans.
merce libre pour quelques habitans de la nouvelle AngleMais que 200
au lieu de cent
terre vicnnent dans nos ports, permiffion dans
qui y font atuellement, Oul par
& fans
la rade du Méle, cu fur des prétéxtes la Colonic
permiffion dans d'autres atterrages, Elle fera plus riche
ferait-elle moins en fureté?
fi la Fiance
pendant la paix; &: pendant la gucrre
avoir à
Tempire de la mer, que peut-on
ne
partage
contraire la Marine Françaife
craindre? Si au
réffcrait en vain; &
fe montre pas en force, on la guerre, le meilfi nous avons lieu de redonter eft d'unir avec nous la
leur moyen de la retarder chaines du commerce,
Nation belliqueufe par les
les Naeft ami de la paix, & qui rapproche fureur
qui ennemics.; on eft revenu de cette
tions
aux ag
cruelle, ridicule & toujours pernicicufe qu'il eft
d'attaquer un Empire, parce
grefleurs
puiffant.
côté, les objets que nous fournit
D'un autre
ne font pas des
le commerce avec les Anglais, font des bois pour
cbjets peu importans ; CC
du ris,
du merrain,
charpente, des planches, & des fuits de toute
des farines, des graines de la bougie de blanc
efpece ; de Thuile à brûler, & du fuif; des ferde baleine, de la chandelle
T iv
d'attaquer un Empire, parce
grefleurs
puiffant.
côté, les objets que nous fournit
D'un autre
ne font pas des
le commerce avec les Anglais, font des bois pour
cbjets peu importans ; CC
du ris,
du merrain,
charpente, des planches, & des fuits de toute
des farines, des graines de la bougie de blanc
efpece ; de Thuile à brûler, & du fuif; des ferde baleine, de la chandelle
T iv --- Page 320 ---
296 C o N S I D E R A T I,O
N S
remens, de la clincaillerie, du
des falées, des
beurre, des vianles chofes
poiffons fecs & falés; enfin toutes
les plus néceffaires à la
à la confervation des
fubfiflance &
Colonic
hommes. Il n'y a dans la
que des bois durs, dont le travail
tres-cher : d'ailleurs il ne refle de bois
ferait
des quartiers
que dans
très-Cloignés. Le commerce de
ce n'en peut pas fournir; la Louifianne
Franà préfent aux Efpagnols ; tout le refte n'eft appartient
par les Français qu'à des prix exceffifs.
fourni
de la farine, fi la France
A l'égard
en fourniffait
vement à la confommation de la
exclufiqu'elle renchériroit dans les
Colonie, outre
marchés du
me, (& quoiqu'on en puiffe dire, c'eft Royanun grand mal) il fe trouverait
roujours
fonderaient leurs
que les Armateurs
eft de la
cargaifons fur une denrée qui
premiere néceffité dans l'intérieur du
Royaume, ce qui commenccrait à devenir
reux. A préfent que la Colonie eft
dangepléc, Q11 y confomme en pain & bifcuit grande & peuvingt-dix mille barils de farine
quatrepar an Les
(I) Le tiers de cette quantité fe
la feule ville du Cap; il faudrait confomme dans
gu'il ferait poffible, cette confommation reftraindre, autant
denrée qu'il eft fouvent difficile de fe exagérée d'une
les Européens ne peuvent s'en
& procurer. Mais
de la farine à S. Domingue
paffer, tel eft le fort
la confommation
que plus elle eft chere, ples
en cft prompte.
ine
quatrepar an Les
(I) Le tiers de cette quantité fe
la feule ville du Cap; il faudrait confomme dans
gu'il ferait poffible, cette confommation reftraindre, autant
denrée qu'il eft fouvent difficile de fe exagérée d'une
les Européens ne peuvent s'en
& procurer. Mais
de la farine à S. Domingue
paffer, tel eft le fort
la confommation
que plus elle eft chere, ples
en cft prompte. --- Page 321 ---
DE S.DOMINGUE.
SUR LA COLONIE
de France n'en fourniffent pas quaCommerçans & il eft à defirer pour le Peuple
rante mille,
de la Colonie, que
Français, pour les habitans
jamais ils n'en fourniffent d'avantage. plus les objets
Nous obferverons néanmoins que
on doit
font importans, 7 plus
de confommation des étrangers ; c'eft en quelcraindre de les tirer
une Coloforte mettre dans leur dépendance retenir dans
que
Vintérêt de la Métropole doit
nie que
les Navigateurs & les Marla fienne; mais comme Provinces de la nouvelle
chands des différentes point un corps politique *
Angletetre ne forment d'une Province à Tautre, il
leurs intérêts varient craindre de tomber dans leur
n'y a donc point à
jamais an-delà des
dépendance, elle ne s'étendra
chez d'autres
Le bled, qui
befoins du commerce. objet & le mobile de tout,
"Nations eftle principal
moins préeft pour eux une forte de fuperflu,
& s'il
les melaffes & les caux-de-vics, fera
cieux que
entr'eux & nous, ce
y a quelque dépendance fortunée, toute à l'avantoujours une dépendance & fondée fur fa richeffe.
tage de notre Colonie,
établir un commerce
Nous aurions pu nous-mémes Provinces ou regne le
foriffant dans ces heureufes
foufIl ne fallait point
travail & la modération!
vinffent dans nos
frir que les navires étrangers habitans de la Coports ; il fallait permettre aux Anglaifes des nalonie d'armer pour les Colonies
ce
y a quelque dépendance fortunée, toute à l'avantoujours une dépendance & fondée fur fa richeffe.
tage de notre Colonie,
établir un commerce
Nous aurions pu nous-mémes Provinces ou regne le
foriffant dans ces heureufes
foufIl ne fallait point
travail & la modération!
vinffent dans nos
frir que les navires étrangers habitans de la Coports ; il fallait permettre aux Anglaifes des nalonie d'armer pour les Colonies --- Page 322 ---
298 C ON S I D E R A
vires qui n'auraient
TIO N S
des Français, &
pu étre commandés que par
ce qui ferait
d'y porter & en rapporter tont
tables intérêts, avantagcux : éclairés fur leurs véliils nous oOnt
ce que nous aurions dû
devancé & ont fait
aux navires étrangers faire. Il n'eft pas permis
nies des
d'aborder dans leurs ColoAntilles, fi ce n'eft à la
Dominique, qui font des
Jamaique & à la
il eft permis à tous les ports de franchife ; mais
Colonies
Anglais de naviguer aux
Françaifes &
merce eft tellement
E/pagnoles, & ce comvernement a
tencourp6,ewenszé6 le Goufupprimé les droits
les denrées, & en a
impofés fur toutes
duétions des Colonies excepté de même les proles fiennes. C'eft ainfi étrangeres introduites dans
ils nous ont fait
que par une fage politique 3
perdre une branche effentielle
commerce maritime, à laquelle
du
vieux réglemens nous défendait l'injuflice de nos
faudrait-il
d'alpirer ;du moins
de
aujourd'hui permettre aux
Saint - Domingue de chercher
navigateurs
Mais l'avarice infenfée
à la partager ?
per toute communication desMétropolitains veut couoù nous pourrions
entge nous & les ports
fes. La
changer nos befoins en richefprohibition du commerce avec les
gers, eft, felon eux, un principe
étranun paflage de
fondamental; &
Montefquieu, à qui la
fon génic n'a pas toujours montré grandeur de
vient à leurs
la vérité, 3 deyeux aveuglés un jugement
gable.
irréfra-
à la partager ?
per toute communication desMétropolitains veut couoù nous pourrions
entge nous & les ports
fes. La
changer nos befoins en richefprohibition du commerce avec les
gers, eft, felon eux, un principe
étranun paflage de
fondamental; &
Montefquieu, à qui la
fon génic n'a pas toujours montré grandeur de
vient à leurs
la vérité, 3 deyeux aveuglés un jugement
gable.
irréfra- --- Page 323 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 299
SUR LA
dit cet Ecrivain cédes Colonies (a
( L'objet
Loiz, livre XXI, chapitre
des
3) lébre, Efprit faire le commerce à de meilétant de
>) XXI.)
qu'on ne le fait avec lespeu
conditions,
2) leures
tous les avantages
voifins, avec Jefquels
s ples
deft avec grande raifon qu'ona
9> font réciproques,
pourrait Feule négocier
la Métropole
>> établi que
que le but a étéP'ezla Colonic, parce
>> dans
6 non pas la fondation
9) tention du commérce Province 9).: Ce peu de mots
>> d'une nouvelle
renferme bien des erreurs.
de faire le
des Colonies n'eft point
ne le
I°. L'objet
conditions qu'on
commerce à de meilleures
mais de faire avec
fait avec les peuples voifins, de fes Colonies, un
les peuples voifins, au moyen de meillcures condiplus grand commèrce, & à de les avoir. Ce n'eft
tions qu'on ne faifait avant
parce que gade gagner fur les Coloniftes,
de la Copas
c'eft diminuer les forces
gner fur eux,
de la réproduation; ; mais
lonie, altérer les moyens
lon fait à des
ceft de gagner fur la vente que la Colonie provoifins, des denrées que
peuples
duit.
ne font plus réciproques
2°. Tous les avantages
Pun a des Colonies
entre deux peuples, quand des objets de comfloriffantes, & par conféquent
merce que Pautre n'a pas.
avec les étranEn autorifant le commerce
3".
uer les forces
gner fur eux,
de la réproduation; ; mais
lonie, altérer les moyens
lon fait à des
ceft de gagner fur la vente que la Colonie provoifins, des denrées que
peuples
duit.
ne font plus réciproques
2°. Tous les avantages
Pun a des Colonies
entre deux peuples, quand des objets de comfloriffantes, & par conféquent
merce que Pautre n'a pas.
avec les étranEn autorifant le commerce
3". --- Page 324 ---
300 C O N S I D É
ATIO N S
gers, cela n'empécherait
feule négocidt dans
pas que la Méropole
feulement
la Colonie, il en réfulterait
que la Colonie
tres ; ce qui ferait une commercerait dans d'au-
&
extenfion du
par conféquent une
commerce,
de richcfles.
fource, une augmentation
4°. L'objet que l'on fc propofe en formant
Colonie, eft nonfeulement
une
ce, mais encore la fondation Teztenfion du commerce; car affirément les Colonies d'unenouvelle Provindu
font des Provinces
Royaume, & lon peut dire,
de toutes les Provinces de
par exemple, que
France, 7 la Colonie de
Saint-Domingue eft la plus utile & la plus riche.
5°. Pour que le but foit rempli,
pour que le commerce de la
c'el-à-dire,
zoute l'eztenfion
Métropole reçoive
produife
pefible, il faut que la Colonie
tout le revenu
qu'elle reçoive
poflible, & pour cela
tous les objets néceffaires à fes
dabifemens, au meilleur marché
n'eft point la vente des
poffible. Ce
à bâtir, des
planches, merrains, bois
ferremens, des falaifons, celle de
farine, & même des Negres
la
au commerce de France bruts, qui peut donner
Les
une extenfion
planches ni le bois ne
profitable.
ter les frais qu'il en
pourraient pas fupporde France à Saint-I coûterait pour les apporter
tirer lcs ferremens Domingue ; on eft obligé de
& la clincaillerie
& d'Alicmagne
d'Angleterre
pour nous les apporter; il ne peut
ferremens, des falaifons, celle de
farine, & même des Negres
la
au commerce de France bruts, qui peut donner
Les
une extenfion
planches ni le bois ne
profitable.
ter les frais qu'il en
pourraient pas fupporde France à Saint-I coûterait pour les apporter
tirer lcs ferremens Domingue ; on eft obligé de
& la clincaillerie
& d'Alicmagne
d'Angleterre
pour nous les apporter; il ne peut --- Page 325 ---
COLONIE DE S. DOMIRGUE. 30r
SUR'LA
de profit à cela, & il vaut
pas y avoir beaucoup
direêtement de la Noumieux que nous les tirions
de
Les pécheries ne donnent que
velle Angleterre. dépuis la prife de TIleRoyale.
laperte aux Français de bled ni de farine én Fran
IH n'y a point trop
d'hommes y meurent de
ce, puifque des milliers
faim : & malgré les opinions de quelques être prétene à uti
cetté denrée ne fattroit
duis Politiques, D'ailleurs On ne fera jamais em
trop bas prix:
La dépenfe des
barraflé de la véndre én Europe:
la
Français pour la côte de Guinée,
armemens Tincertitude de la traite, la préfé
langueur &
les Anglais & les Portugais ont
rence décidée que
des bénéfices rares &
-gagné, ne permettent que
Au furplus, il
légers fur la vente des cargaifons. des
de
d'exemples que la vente
Negres
n'y a point
celle d'aucune cartraite étrangere ait empéché
jaloux de degaifon Françaife : les cultivateurs
achemander à la terré beaucoup de productions,
autant d'efclaves qu'on leur en pré
teront toujours ils aiment mieux y mettre un prix
fentera, &
de différer lèurs emplettes, parce
exagéré que
l'emploi du tems ce qu'ils paqu'ils regagnent par
trop cher. Le comraiffent perdre en achetant
donc point
merce de la Métropole ne fouffrirait
celui
la Colonie ferait avec les étrangers;
de
que le réfultat de ce dernier commerce, 3
au contraire, anéantir avec le tems le commerce
qui pourrait --- Page 326 ---
302 C O-NS I.D E R:AT I O N S
par Titranger, augmenterait la maffe des producs
tions, &c fourniflant à la
grande quantité d'objets
Métropole. une plus
d'exportation, il lui don
nerait les moyens de réalifer dans la
plus grande partie de fon fuperflu, Colonie, une
d'entretenir de
plus grandes mannfaétures & en. plus grand nombre, & de pratiquer de plus grands débouchés
parmi les Nations de l'Europe & de l'Afie.
ce commerce. ferait d'autant plus
Enfin,
la plipart des échanges
avantageux, que
continuerait de fe
avec des matieres dont les Armateurs
faire
ne fauraient tirer
de France.
aucun parti, mi
7:
ifer dans la
plus grande partie de fon fuperflu, Colonie, une
d'entretenir de
plus grandes mannfaétures & en. plus grand nombre, & de pratiquer de plus grands débouchés
parmi les Nations de l'Europe & de l'Afie.
ce commerce. ferait d'autant plus
Enfin,
la plipart des échanges
avantageux, que
continuerait de fe
avec des matieres dont les Armateurs
faire
ne fauraient tirer
de France.
aucun parti, mi
7: --- Page 327 ---
COLONIE DES. DOMINGUE. 303
SUR LA
DISCOURS IV.
de procurer à la Métropole
Des moyens
droit d'attendre
tout ce qu'elle eft en
de cette Colonie.
de Tétablifement
LiwrexssT de la Fiance eft de s'occuper
férieufement d'une Colonie, qui, étant bien peubien cultivée & bien adminiftrée, lui proplée, dans toutes les circonftances des avantages
curera fois plus grands que tous ceux qu'elle a pu
cent
fe propofer d'en retirer jufqu'à préfent.
Le premier moyen d'obtenir Ges avantages eft
de la culture. Les
fans doute Taggrandiffement
font
terreins de prefque toutes les Ifles Anglaifes
inférieures en produétions à ceux de la côte FranLes Européens & les
çaife, de Saint-Domingue.
Amériquains les recherchent cependant beaucoup
& les achetent à un plus haut prix. Iy
plus; deux raifons, T'une eft la perfuafion où l'on
en a
n'ont
à craindre les orages
eft que ces Ifles
point
de la guerre. La féconde eft que les Cultivateurs
font affurés de trouver par leur Métropole un
y débouché plus grand & une valeur plus haute pour
toutes leurs denrées.
Le fecond moyen eft la perfeation du commerce. --- Page 328 ---
504 C ONS I
E R A Tio N S
Ilfaut que tous les
bres de l'Etat
Citoyens, que tous les mem=
puiffent fe faire une idée jufte des
rapports & des liaifons qui exiftent entre tous les
objets de commerce 5 entre les hommes & les
chofes, qu'ils fachent refpeéter le Cultivateur &
le Négociant, qui fondent la profpérité
& qué tous fé réuniffent
nationale,
pour réprimer les hommes audacieux qui ne peuvent que la détruire.
On ne peut parvenir à ces moyens connus, &
généralement recommandés depuis l'établiflement
de la Colonie, que par d'atitres moyens jufqu'à
fent négligés.
pré.
I° Il faut s'attacher à fixer les
fur leurs habitations ; on ne peut atténdre Propriétaires dé
mauvais effets d'une régie mercenaire. Il eft dc que l'intérét de la Métropole de ne pas l'autorifer. La confommation dés Ifles Anglaifes ne Va pasau-delà du
dixieme de leurs produétions, parce qu'on a fouffert
que toites les habitations appartinffent à de riches
Métropolitains, & que les Cultivateurs ne fuffent
plus les Propriétaires ; la confommation de la Colonie de Saint-Domingue s'éleve au quart de fes
revenus, on peut l'aggrandir, & l'on doit s'y
pliquer d'autant pliis que la régic des habitations' appar écohomat, & la réfidence des
France mettraient
propriétaires en
entré les mains d'un petit nombre d'agens ladminiftration de tous les biens de
la
Colonie, 3
que les Cultivateurs ne fuffent
plus les Propriétaires ; la confommation de la Colonie de Saint-Domingue s'éleve au quart de fes
revenus, on peut l'aggrandir, & l'on doit s'y
pliquer d'autant pliis que la régic des habitations' appar écohomat, & la réfidence des
France mettraient
propriétaires en
entré les mains d'un petit nombre d'agens ladminiftration de tous les biens de
la
Colonie, 3 --- Page 329 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 305
SURIA
& réduiraient le commerce des villes
la Colonie, 2
maritimes à de fimples commiffions.
2°. On doit apporter beaucoup de foin's à emde venir commercer dans la
pécher les étrangers
les
fages
Colonie, & prendre les précautions plus
lc commerce avec ou par les étrangers,
pour que
national. Mais on doit
ne nuife point au commerce de la Colonie avec les
encourager le commerce
les Armemens
Colonies étrangeres, ceft-à-dire,
des Colonies Françaifes pour le pays étranger.
La Colonie fournit au commerce de France
3".
dont les Nationaux
une quantité de produations,
le
la moindre partie,
e ne doivent confommer que
devons
refte doit paffer à Tétranger, fur qui nous
lever le tribut de notre induftrie.
principalement de France doit fournir d'un autre côté
Le commerce
bénéfice, le fuperflu
aux Coloniftes, avec un grand
de fes denrées & de fes manufaétures. Pour que
fruit qu'on attend de Tétabliffement de
ce double
doit l'étre, il faut
la Colonie foit auffi grand qu'il
trouve un débouché avantageux de toutes
qu'elle
; il ne faut donc pas que les navires
fes produétions
foientaffitde France qui exportent cesprodu@tions, dont ils font
jettisà faire leurs retoursdans les ports
qu'il eft de l'intérêt commun de la
partis, parce & dc la Colonie, d'éviter les dépenfes
Métropole
lequel ces
& les frais d'un entrepôt 9 pendant
denrées ne peuvent que dépérir.
V
Tome I.
avantageux de toutes
qu'elle
; il ne faut donc pas que les navires
fes produétions
foientaffitde France qui exportent cesprodu@tions, dont ils font
jettisà faire leurs retoursdans les ports
qu'il eft de l'intérêt commun de la
partis, parce & dc la Colonie, d'éviter les dépenfes
Métropole
lequel ces
& les frais d'un entrepôt 9 pendant
denrées ne peuvent que dépérir.
V
Tome I. --- Page 330 ---
306 Co N S I D E R ATIO
N S
On auraic tort de croire que c'eft le
mateur qui fuipporte ces frais & ce
confomfi on veut-les lui faire
il dépérifiement;
tant moins,
payer, achetera d'auparce que fes facultés
pas en raifon de la cherté
n'augmenterone
cafionée ; alors la
que ces frais auront OCquantité des denrées à
ne diminuera pas, & leur abondance
vendre
celairement ie rabais. Le
amenera nécultivatear
denc feul toutes les pertes & tous les fupportera
employera
frais ; il
culure, par conféquent moins de forces à la
3 & les predu@tions ne
multiplier.
pourront fe
: On objedterait vainement
France par les denrées
que les frais faits en
de TAmcrique,
tre portées fur le licu de leur
avant d'é
entichiffènt le
confommation,
peuple ; parce qite
évite ces frais inutilcs, il fera
fle'Cultivarene
employer plus de
plus riche, 2 il poura
moyens pour réuflir dans fa
culture, les prodndtions feront plus
quoique fijetres à moins de
grandes, &
porteront, en raifon deleurmafe dépenfes , elles
um plus grand profit.
plus confidérable,
Il faadrait, s'il était poffible, doubler le
bre des armemens ; cet accroiflement
nom-.
la progreffion des revens de la
dépend de
avoir été tirés du fein de la
Colonie : après
terre, ils
core de grandes avances
exigent enpour leur donner les pré.
parations & la confiftance néceffaures a legr
con-
ont, en raifon deleurmafe dépenfes , elles
um plus grand profit.
plus confidérable,
Il faadrait, s'il était poffible, doubler le
bre des armemens ; cet accroiflement
nom-.
la progreffion des revens de la
dépend de
avoir été tirés du fein de la
Colonie : après
terre, ils
core de grandes avances
exigent enpour leur donner les pré.
parations & la confiftance néceffaures a legr
con- --- Page 331 ---
COLONIE DES. DOMINGUE. 307
SURLA
fervation. Il faut donc faifir tous les moyens d'enrichir les Culivateurs.
des denrées de
4". La liberté de T'exportation les navires de
la Colonie chez les étrangers par
joint à tous fes autres avantages
la Métropole,
la confommation trop grancelui de diminuer font des denrées de la Colode que les Français
cette confommanie : il eft facile de prouver que
coltant à
tion eit ruiacufe. Un tonneaul de vin,
Bordeaux 300 liv. tous frais compris, vendu
a porté un bénéfice de 253
liv. à SaintDominguey mais ce bénéfice n'exifte
liv. 6 C8 d. tournois ;
aux chofes
dans T'égale valeur que l'on fuppole
que
Si ce payement eft
qui font données en payement.
ic
ne
deux bariques de facre, payement
fait avec
la vente du fitcre qu'elles
peut fe réalifer que par
à des confommateurs
contiennent; en le vendant
le bénéfice eft réalifé pour le vendeur, a
Français, mais il eft rul pour la Nation.
les
La liberté de l'exportation empécherait
5°.
métaux, ces retours qui difcréditent les
retours en ruinent la Colonie; ; dans l'état préfent ily
denrées 8
entre la valeur relative des
a peu de proportion & dansles Villes maritimes
denréesà S.1 Domingue, recherche eft momentanée ; les
de France, oû leur
ce qui
ainfi dire, qu'mnjeus
retours ne font, pour
dans les fortunes de
caufe des crifes pétiodiques
& redouble linla Métropole & de la Colonie, V ij
éditent les
retours en ruinent la Colonie; ; dans l'état préfent ily
denrées 8
entre la valeur relative des
a peu de proportion & dansles Villes maritimes
denréesà S.1 Domingue, recherche eft momentanée ; les
de France, oû leur
ce qui
ainfi dire, qu'mnjeus
retours ne font, pour
dans les fortunes de
caufe des crifes pétiodiques
& redouble linla Métropole & de la Colonie, V ij --- Page 332 ---
308 Co N S I D É R
ATIO N S
certicude du négoce, dont on doit au contraire diminuer les hazards autant qu'il eft poffible.
Si la vente des denrées de la Colonie
gers eft profitable à la Métropole,
aux étrandonner la plus grande partie de
pourquoi abandes Nations
ce profit à l'aétivité
voifines, & ne pas prévenir leurs befoins?
Si une partie des produdtions de la Colonie eft
confommée dans le fein de la France, &
tres Nations s'emparent du
que d'au.
de ces produétions & viennent commerce les
exportatif
ports, il en réfultera
le
acheter dans les
les confommateurs que commerce gagnera fir
Français ou fur les
ou qu'il fe ruinera. Dans cet
Coloniftes,
rait de plus à defirer ferait
état, ce quilyauni gagner ni
que le commerce ne pût
perdre, il refterait au moins le
de la circulation ; mais cette balance bénéfice
étre fuppofée.
ne peut pas
On prétend qu'il n'eft point étonnant
Français aient négligé
que les
des denrées du crû de la l'exportation, à Tétranger,
la partie la plus effentielle Colonie, quoique ce foit
frais des
de leur commerce : les
armemens font, dit-on, fi
nombre des matelots eft devenu fi difpendieux, le
liftes font fi timides,
petit, les CapitaJe monde
laFrance a fi peude crédit dans
commerçant, les Anglais font fi
les Hollandais ont tant
les
puiffans,
d'adreffe, uns & les
tres ont tant d'économie &c de facilités. Un ailcom-
partie la plus effentielle Colonie, quoique ce foit
frais des
de leur commerce : les
armemens font, dit-on, fi
nombre des matelots eft devenu fi difpendieux, le
liftes font fi timides,
petit, les CapitaJe monde
laFrance a fi peude crédit dans
commerçant, les Anglais font fi
les Hollandais ont tant
les
puiffans,
d'adreffe, uns & les
tres ont tant d'économie &c de facilités. Un ailcom- --- Page 333 ---
DE S. DOMINGUE. 309
SUR LA COLONIE
dont les profits font petits, ne peut pas
merce
oû les objets de premiere
convenir dans les pays
haut degré;
néceffité font chers & le luxe au plus
furchargeroit-on de fi grands droits
& peut-étre
l'on ferait forcé de
d'entrées les marchandifes que
du fucre vendu à Tétranger,
prendre en paiement
tous-les Enqu'il y aurait une perte évidenre pour
trepreneurs.
ridicules terreurs, qu'enfante
Vains prétextes,
de fabriquer
l'inertie : dèsqu'unpeuple a l'avantage denrée comdans la plus grande perfeétion une
Nations
recherchée de toutes. les
*-
merçable,
n'a autant de facilité pour en
aucun autre peuple
eft des capitaux &
faire la vente. Pour ce qui le cercle des endes forces maritimes : étendez
des
& vous aurez de plus en plus
treprifes,
richefles & des hommes.
des droits à payer fur les retours pris
A T'égard
ni les impôts, ni
à Tétranger, on ne doit craindre
d'un
ni les entraves fous le regne
les furcharges, dont toutes les aétions prouvent
jeune Monarque,
des richeffes de fes peuples 9
qu'il n'eft avare que
&
même
&jaloux que de faire leur bonheur; quand létrandes denrées de la Colonie à
Texportation
beaucoup de bénéfices ap-:
ger ne donnerait pas
affuré de réalifer fur
parens, , on ferait du moins
des cargaifons
des confommateurs étrangers le prix
&
vendues à PAmérique ; le peuple s'enrichirait,
V ilj
Monarque,
des richeffes de fes peuples 9
qu'il n'eft avare que
&
même
&jaloux que de faire leur bonheur; quand létrandes denrées de la Colonie à
Texportation
beaucoup de bénéfices ap-:
ger ne donnerait pas
affuré de réalifer fur
parens, , on ferait du moins
des cargaifons
des confommateurs étrangers le prix
&
vendues à PAmérique ; le peuple s'enrichirait,
V ilj --- Page 334 ---
310 Co NSID E a A T I O N:
le commerce National
pourrait alors
fans inconvénient, fur
regaguer
cC peuple plus riche, ce
qu'il paraitrait avoir perdu (z).
6% Les mémes raifons qui doivent rendre
le commerce
libre
exportatif des denrées des Colonies,
doivent faire permettre
T'embarquement du fucre.
en pain. En pilant le ficre pour le réduire
caffonade, il perd de fa valeur, &
en
à un grand déchet(2);
devient fujet
iln'en réfulte, pourainfi dire,
(I) Les Hollandais ne s'enrichiffent
de la baleine, ils y
pas au commerce
perdent même
cette pêche foutient le
quelqucfois ; mais
Fourniffeurs, les mariniers commerce & la navigation : les
&d'une
travaillent & s'enrichillent,
pertea apparente, il réfulte un bénéfice
(2) En pilant le fucre on écrafe fon
pourl'Etar.
peut pas éviter la diflipation d'un
grain, & l'on ne
ties effenticlles à fa bonne
grand nombre de parla caffonade convient
qualité ; c'eft ce qui fait que
brut, En perdant fon moins aux rafineries que le fucre
coup de fa blancheur; grain, le fucre terré perd beanmême une efpece de ; l'opération du pilage lui donne
acheve de le rendre fermentation dans les futailles, qui
premier état. En rafinant inférieur à ce qu'il éeait dans fon
bileté de l'ouvrier de
le fucre, il dépendrait de l'harecourir au pilage, Le l'obtenir en grain ou en pain, fans
mode pour
fucre en grain ferait plus comfous cette forme l'exportation, & il vaudrait mieux
: la difficulté
l'obtenir
fans brifage,
d'exporter le fucre en pain
mauvaife méthode pourrait mêmc contribuer à maintenir la
de le piler, fi l'on
un moyen plus fimple,
ne propofait par
l'ouvrier de
le fucre, il dépendrait de l'harecourir au pilage, Le l'obtenir en grain ou en pain, fans
mode pour
fucre en grain ferait plus comfous cette forme l'exportation, & il vaudrait mieux
: la difficulté
l'obtenir
fans brifage,
d'exporter le fucre en pain
mauvaife méthode pourrait mêmc contribuer à maintenir la
de le piler, fi l'on
un moyen plus fimple,
ne propofait par --- Page 335 ---
DES. DOMINGUE. 31I
SUR LA COLONIE
les rafinerics établies dans
aucun bénéfice pour
que le fucre que
Tintérieur du Royaume, 9 parce dans la forme
le peuple achete, 3 eft confommé
fans
où il fe trouve, c'eft-à-dire, en caffonade,
être rafiné ; cette caflonade n'eft pas même propre
;à légard du ficre qui eft vendu aux
à être rafinée;
il eft indifférent pour la Mépcuples étrangers, foit vendu en bariques ou en pains,
tropole qu'il
Tefpoir
puifqu'en le vendant les Français perdent
des
donner une autre façon ; enfin le travail
dy
eft fort coûteux en France, & n'elt pas
rafineries lieu
ne coûte que très-peu dans
lucratif, au
qu'il
facile, &
Colonies; il eft infiniment plus
les
beaucoup moins de pertes 1 & de déil entraîne
du fucre en pain pouvait être
chet. La prohibition
de
raifonnable quand la Colonie nc fabriquait
qu'autant qu'il en fallait pour la confomfucre intérieure du Royaume ; mais à préfent
mation
doit
confommer plus du
que la Nation ne
pas
le furplus doit
tiers de cette produétion, & que
lEtat eftintéreffé a ce qu'elle
paffer aux livrée étrangers, fous la forme qui pcus y donner
leur foit
fujette à moins de
le plus haut prix, & quiett doivent
furdépérifiement. Les reglemens ne
pas
vivre à leur utilité (1).
Un Rafineur de Bordeaux prétend avoir trouvé
(1) de rafiner le fucre, fanslui faire fupporter plus
le fecret
V iv
iers de cette produétion, & que
lEtat eftintéreffé a ce qu'elle
paffer aux livrée étrangers, fous la forme qui pcus y donner
leur foit
fujette à moins de
le plus haut prix, & quiett doivent
furdépérifiement. Les reglemens ne
pas
vivre à leur utilité (1).
Un Rafineur de Bordeaux prétend avoir trouvé
(1) de rafiner le fucre, fanslui faire fupporter plus
le fecret
V iv --- Page 336 ---
312 C O N's I D É R A TIO
Si l'on
N S
veut abfolument maintenir les
établies en France,
rafineries
Colonic,
par préférence à celles de la
on peut défendre l'entrée du
terré & rafiné, foit en
fucre
dans les Villes
poudre Ou en pain,
intérieures du
il en faut permettre
Royaume ; mais
T'exportation à
7°. II eft intéreflant
létranger.
pour le bien
commerce de France,
général du
PAmérique
que les cargaifons portées à
foientbien
afforties, il arrive
compofées ; fi elles font mal
qu'on
que quelques objets abondent, &
manque abfolument des
une perter réellepour
autres; de-là vient
pour les
l'Armateur, & une plus grande
Colons, parce que I'Armateur cherche
de douze livres de déchet
fa méthode,
par quintal brut. Il évite,
l'ufage des pots & formes
par
enforte qu'il n'y aurait point de fucre pour le terrage ;
dans le commerce fucre de tête, & fort inférieur, appellé
melaffe; ; il avance que la grande
peu de fyrop ou
fe trouve toujours par les
quantité de melafle qui
vice de la
procédés aâuels, n'eft
main-d'euvre, Il propofe de rcndre fon qu'un
public, fi on lui accorde le
fecret
pendant vingt ans dans
privilége de s'en fervir feul
Ja faculté de le céder à l'intérieur bon du Royaume, avec
fervant la rétribution qui
lui femblera, enferénies
qu'il voudra arbitrer. Les Colopourront en faire ufage fans lui rien
méhode, après avoir été
paycr.Si fa
qu'il T'annonce, le
vérifice, eft auffi avantageufe
de la reconnaifance 2 tribut qu'il exige ne le privera pas
découverte.
qui ef dûe à l'utilité d'une pareille
céder à l'intérieur bon du Royaume, avec
fervant la rétribution qui
lui femblera, enferénies
qu'il voudra arbitrer. Les Colopourront en faire ufage fans lui rien
méhode, après avoir été
paycr.Si fa
qu'il T'annonce, le
vérifice, eft auffi avantageufe
de la reconnaifance 2 tribut qu'il exige ne le privera pas
découverte.
qui ef dûe à l'utilité d'une pareille --- Page 337 ---
DE S. DOMINGUE, 313
SUR LA COLONIE
de laviliffement
naturellement à fe dédommager
celles
qui abondent, en portant
des marchandifes
exceffif. Il n'y aura
qui font rares à un prix
tant que les
de cargaifons bien compofées 3
jamais
regle qu'un intérêt féparé
Négocians n'auront pour
Ifolés &c fans
de l'intérêt général du commerce. fur-tout à fe
communication entr'eux, s'attachant
ils feront
leurs opérations,
cacher réciproquement
leurs combide proportionner
dans Timpofibilité ou la difettede chaque efpece
nalifonsfiurtabondance
dansla Colonie.
tant en Europe que
der marchandifes,
de vues genérales(s), conLeurs agens, incapables
l'efpece
tinueront à demander, tous en mémetems, croiront qu'il y
fur laquelle ils
de marchandifes
ils la feront par conféquent
aura le plus à gagner; baiffer à SaineDomingue,
renchérir en France & deviendront rares a leur
où d'autres marchandifes
qui leur feront detour; & de même les denrées
renchémandées unanimement par les Armateurs, retour
dans la Colonie, & donneront en
riront
confidérable ; au lieu de concourir
une perte
du commerce 7 ils en augmenà la profpérité
& la Nation & la Colonie
teront les rifques,
Le moyen fàr d'éviter
en foufffiront des pertes.
ont fait en
(1) Cette incapacité eft au point qu'ils à 135 livres
beaucoup de retours en or, coupé
1774, Y'once, argent des Ifles.
ateurs, retour
dans la Colonie, & donneront en
riront
confidérable ; au lieu de concourir
une perte
du commerce 7 ils en augmenà la profpérité
& la Nation & la Colonie
teront les rifques,
Le moyen fàr d'éviter
en foufffiront des pertes.
ont fait en
(1) Cette incapacité eft au point qu'ils à 135 livres
beaucoup de retours en or, coupé
1774, Y'once, argent des Ifles. --- Page 338 ---
314 Co: N S I D E R A
TI O N S
ces pertes, eft d'aflortir continuellement
fons, relativement à la
les cargaide la Colonie & à fes befoins confommation annuelle
rien changer ; de mettre à
généraux, fâns y
tervalle dans
peu près le même intention
l'expédition des navires, & une atparticuliere à les difperfer
ment dans différens ports de la Colonie. propottionnelle
Négocians ne
Aucuns
reconnaîtraient manqueraient à ces regles, & ils en
linfaillibilité, s'ils
térêt général du
confiltaient l'inen tout l'intérêt commerce, 2 qui peut feul affiner
8°, Il
particulier de chacun d'eux (r).
conviendrait qu'il y eût à
gue des Négocians qui achetaffent Saint-Dominrées de la Colonie
d'avance les denpour les livrer aux navires
rope, & qui,
d'Eurecevant en payement des marchan-
(1) Ceci ne peut pas donner lieu
du Rci, & ne doit être
à des reglemens
regle de conduite
confidéré que comme une
propofée aux
quelle leur incérêt doit affez Négocians, & fur lamerce s'enrichira
les éclairer. Le comles Négocians toujours Gi l'on diminue fes hazards
doivent fe réunir
;
ches de commerce qu'un d'en:r'cux pour toutes les brane'ella néceffité de cette union
ne peut faire fcul;
bres & les Affemblécs de
quia fait érablirles ChamAffemblées, les Négocians commerce, Au moyen de ces
opérations la même
peuvent mettre dans leurs
dont fe vanteat les concordance & la méme célérité
Compagnies
abus, les ruines, les vexations exclufives, 2 & éviterles
trai..nt,
que CCS Compagnies en-
:r'cux pour toutes les brane'ella néceffité de cette union
ne peut faire fcul;
bres & les Affemblécs de
quia fait érablirles ChamAffemblées, les Négocians commerce, Au moyen de ces
opérations la même
peuvent mettre dans leurs
dont fe vanteat les concordance & la méme célérité
Compagnies
abus, les ruines, les vexations exclufives, 2 & éviterles
trai..nt,
que CCS Compagnies en- --- Page 339 ---
COLONIE DE S. DOMINGUE. 315
SUR LA
à la Colonie : c'eft
difes dEurope, les revendifient préfent le défaut
naturel; mais jufqu'a
le procédé
crédit a donné lieu à un procédé
de fonds & de
trouve à Saint 1 Domingue
contraire. On ne
fans rien acheter ni vendre,
que des Faleurs, 7 qui,
qu'ils peuvent Yéchanfe bornent à faciliter autant
& des denrées de
des marchandifes d'Europe
que
ge
ont f peude reffources,
être venRicdlesiricataemse qui ne peuvent
les objets de cargaifon
reftent dépofés
dus avant le départ des navires, des Armateurs,
dans des magafins pour le compte la défaite. Cenx
jufqu'à ce qu'on en puiffe trouver dans cette efpece de
qui ont amaffé quelques biens France ; & au lieu de
repafent en
courtage 2
leur fortune par les moyens
chercher a augmenter leur font offerts à Sainthonnétes & faciles qui
a rechercher dans les
Domingue, ils sempreffent occafions de la renVilles de la Métropole des
verfer.
foufcrites par les ha9. Toutes les obligarions
de France 1 qui
bitans envers les commerçans effeaif 6 non
font énoncées payables en argent
parce que
autrement (S), doivent être annullécs,
d'aulintérêt delEtatne permet spnduslaCobeic
les Armateurs exizent
(I) C'eft en ceS termes fouferites que toutes les ventes de
maintenant que foient toutes les autres obligations.
Negres, & prefque --- Page 340 ---
316 C 0 NS I D É R ATI O N S
tre commerce qu'un commerce d'échange :
les
lorfque
Commerçans ne veulent traiter qu'en argent,
lc gouvernement doit venir au fecours du Cultivateur. Rien n'eft plus injufte que de le forcer à
payer avec des cfpeces qu'il n'eft pas le maître de
fc procurer, & dele forcer à charger à fes
des denrées, fur lefquelles il avait compté rifques
fatisfaire à fon engagement ; denrées qui feules pour
pouvaient lui procurer de
l'argent, 5 & qui ne font
rejettées par l'Armateur trop avide, que parce qu'il
voudrait les obtenir à vil prix,
Si cet Armateur peut fe faire payer en argent de
çe qu'ila vendu, & obtenir, fans dépenfer cet argent, le chargement de fon navire, ce commerce
devient contraire à l'inftitution de la Colonie : fi
T'habitant eft forcé de charger fes denrées & de les
envoyer lui-même dans les ports de la Métropole
pour y être vendues pour fon compte, c'eft lui qui
devient le Négociant, feul il court tous les rifques
fans pouvoir les éviter, parce qu'il eft obligé de
s'en rapporter à des Commiffionnaires, dont l'empreflement n'eft jamais relatif qu'à leur intérét.
IO°, On pourrait rétablir la culture du tabaç
dans la Colonie ; cette culture réunit de
grands avantages pour être négligée : d'ailleurs trop
les Fermiers achetent tous les ans pour fept ou
huit millions de tabac de la Virginie,
pas les forcer à donner la
à pourquoi ne
préférence ane Colonie
parce qu'il eft obligé de
s'en rapporter à des Commiffionnaires, dont l'empreflement n'eft jamais relatif qu'à leur intérét.
IO°, On pourrait rétablir la culture du tabaç
dans la Colonie ; cette culture réunit de
grands avantages pour être négligée : d'ailleurs trop
les Fermiers achetent tous les ans pour fept ou
huit millions de tabac de la Virginie,
pas les forcer à donner la
à pourquoi ne
préférence ane Colonie --- Page 341 ---
LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 317
SUR
détruire dans une Ife floriflante
Françaife? pourquoi
un nouveau germe de profpérité?
I1". Il a été fait dans la Colonie, depuis 1772,
mille bariques de fyrop tous les ans 9
foixante-dix le
a été converti en tafia > tandis
dont environ quart
autant de facilité
qu'on pourrait faire du rum avec
dans les Ifles Anglaifes : une barique de fyrop
que
de rum 2 comme elle proproduit une barrique
faut
plus de
duit une barique de tafia, il ne
pas
faire
main-d'oeuvre; il n'y a donc point de profit à
Silon changeait en rum
une liqueurinferieure
le métier de faire
(1) Beaucoup de gens regardent du moins, comme
le Rum, comme un fecret, d'en,faire ou,
dans pluficurs
un art difficile. On a effayé fans fuccès. Il eft vrai que
guildiveries, 2 & toujours apprentifage : mais cet
ce métier exige quelque ni difficile. Le fuccès dépend
apprentiflage n'eft ni long
de faire
de la maniere de faire les Repes,cef-a-dire, de l'eau.
aigrir & fermenter le fyrop en le mêlant avec
dans la plaine des Cayes, un Français qui
J'ai connu
& qui faifait du Rum de
avait appris à la Barbade,
la
de toutrès-bonne preuve. (Le rum eft plus légere il eft de
les
inventées jufqu'à, préfent :
tes liqueurs
d'huile qu'on y jette ne furpreuve quand une goutte
du
pas, & fe précipite au fond
verre).
nage
meilleur que celui
Le rum de S. Domingue-fersit
mélerait des
de la Nouvale-Angleere, parce qu'on méthode qui donne
écumes dans les rapes;d'eft cette & de la Jamaique
la fupériorité au rum de la Barbade
plus légere il eft de
les
inventées jufqu'à, préfent :
tes liqueurs
d'huile qu'on y jette ne furpreuve quand une goutte
du
pas, & fe précipite au fond
verre).
nage
meilleur que celui
Le rum de S. Domingue-fersit
mélerait des
de la Nouvale-Angleere, parce qu'on méthode qui donne
écumes dans les rapes;d'eft cette & de la Jamaique
la fupériorité au rum de la Barbade --- Page 342 ---
318 C 0 N 5 I D E R A TIO N S
fe fait dans la Colonie, on pourtout le fyrop qui
tirer
les écumes, en
quatre-vingt
rait, en yjoignantl
au
mille bariques de rum , qai ne reviendraient,
aêtuel da fyrop, qu'a cent dix livres la barique,
prix
comprifes, avec un bénéfice de
toutes dépenfes francs. II ne faudrait pas qu'il fit permis
quinze
fans précautions , cette liqueur dans
dintroduire, autrement cette introduction ferait
la Métropole ;
on a prétendu le
tomber les eaux - de etie:
les
mais il n'eft pbint vrai que
contraire ;
fucre foient inférieures à. celles
éaux x-de-vie de
de force., elles font plus
de raifins;.elles ont plus
balfaamies de T'eftomac à caufe de.leur qualité
elles font, bien faites elles font plus
mique; quand
fervir à beauagréables au goût, elles peuvent
de n'en
d'ufages: 1 ferait doncà propos
coupplus la diftribution en France, fans y atpas fouffrif
capables d'en faire hauffer
racher des impofitions des canx-de-vie du Royaule prix au-delà de celui
débouchés
de
pour la
Lrasaecnmated
au-dehors, &1 les employer préférence donnerait la
traite des Noirs. Par ces moyens, on
de la
grande valeur à toutes les produdions
plus
une forte de tribut
Colonie ; & l'on impoferait
On en retirersit
fur celui de la Nonvelle-Anglietere donner de la valeur aux écumes
encore Pavantage de
beftiaux.
que Ton jette maintenant aux
aule prix au-delà de celui
débouchés
de
pour la
Lrasaecnmated
au-dehors, &1 les employer préférence donnerait la
traite des Noirs. Par ces moyens, on
de la
grande valeur à toutes les produdions
plus
une forte de tribut
Colonie ; & l'on impoferait
On en retirersit
fur celui de la Nonvelle-Anglietere donner de la valeur aux écumes
encore Pavantage de
beftiaux.
que Ton jette maintenant aux --- Page 343 ---
COLONIE DES. DOMINGUE. 31n
SUR LA
viennent acheter les
Amériquains qui
aux Anglais melaffes dans les ports de Saint-Dofyrops ou
regagnerait fur eux le bénéfice
mingue, puifqu'on
notre indolence leur a
de la main-doeuvre, que mettraient d'ailleurs
laiffé jufqu'à préfent; ils y
n'auraient point
d'antant plus haut, qu'ils
un prix
leur occafionne mainà fupporter les pertes que fermentation du fyrop.
tenant le conlage & la
point enTous ces avantages ne rempliraient zélé pour le bien
core T'ambition d'un fpéculateur fi les Français
de l'Etat & de la Colonie 2 dans la traite
n'obrenaient pas la concurrence Nation rivale T'emdes Noirs. L'afcendant de la
jnfqu'à préfent dans les principaux compporte
côte de Guinée, il en férait autrenient
toirs dela
été auffi éclairée
fi la France avait toujours aurait dû Têtre.
fur fes véritables intérêts qu'elle
dans
La culture du tabac n'étant pas permife côte
Colonies, célui que nous portons à la
nos
elt apporté d'abérd de T'Amérique fepde Guinée
en France,
tentiionale en Angleterre, enfin d'Angleterre de France à la côte
oû il paye des droits,
firement plus à Ty
de Guinée les Anglais gagnent
leur
nous. L'opprefion dans laquelle
porter que tient celui des Portugais, leur procure
-commerce du tabac du Brefil, que nous fommes
en outre d'échanger à un taux éxceffif. Les eauxcontraints
urèscher en France, & payent de
de-vie coûtent
tentiionale en Angleterre, enfin d'Angleterre de France à la côte
oû il paye des droits,
firement plus à Ty
de Guinée les Anglais gagnent
leur
nous. L'opprefion dans laquelle
porter que tient celui des Portugais, leur procure
-commerce du tabac du Brefil, que nous fommes
en outre d'échanger à un taux éxceffif. Les eauxcontraints
urèscher en France, & payent de
de-vie coûtent --- Page 344 ---
320 C 0 N S I D É R ATIO N S
grands droits. Les Anglais employent le rum qui
vaut mieux & coûte moins. Ils fabriquent des
toiles de coton; à l'imitation des
moindres
Indes, à
frais, & mieux que les Français;
on connaît la bonté de leur clincaillerie : leurs
vaifleaux armés
économiquement préfenteat une
chaine de foréts. Les
le
les.
falaifons, 7 bled, le riz,
hommes leur coûtent peu, 3 leur gouvernement les protege. Leurs navires font
tits., ils font la traite en peu de jours, & les tra- pejets font courts pour eux. Comment ne téuffiraientils pas?
La pofition des Français eft bien différente, ils
ont été forcés d'abandonner le
Sénégal aux Anglais; il ne leur refte à la côte de Guinée,
que les Comptoirs de Gorée & de Juda,
propres au commerce ; ils foit réduits peu à
traiter dans la riviere de Galbar. & fur d'autres
côtes diffeilesy que les Anglais & les Portugais ont négligées. Si les marchandifes orientales
qui fervent à la traite des Négres ont doublé de
prix, c'eft principalement pour les Français ; les
autres objets réviennent à un prix fort cher, &
ils font obligés de les tirer prefque tous des étrangers; ; leurs armemens font exceflivement
dieux , parce que les
difpenapprovifiontiemens font
chers; &. que depuis le Capitaine jufqu'au Mattclot, tous ceux qui font employés véulent nonfeulement
ées. Si les marchandifes orientales
qui fervent à la traite des Négres ont doublé de
prix, c'eft principalement pour les Français ; les
autres objets réviennent à un prix fort cher, &
ils font obligés de les tirer prefque tous des étrangers; ; leurs armemens font exceflivement
dieux , parce que les
difpenapprovifiontiemens font
chers; &. que depuis le Capitaine jufqu'au Mattclot, tous ceux qui font employés véulent nonfeulement --- Page 345 ---
DE S. DOMINCUE. 321
SUR LA COLONIE
mais encore
feulement être nourris délicatement, Il faut donner en
faire fortune dans un voyage.
chaque
Afrique le double des marchandifes que le
des
tête de Negre ccâtait autrefois 3 & prix les
quadruplé depuis vingt ans :
efclaves a prefque
dans Tintérieur des ter
courtiers vont les prendre
à pré-
& le vendeur cloigné ne reçoit pas
res,
grande que. cellc qu'on done
fent une valeur plus vendeur voifin du bord de
nait il y a vingt ans au
les droits des
la mer ; mais le prix eft doublé par Ces frais augRois & les falaires des courtiers.
de
toujours de plus en plus à proportion
mentent
où fon cft forcé d'aller chercher des
Téloignement
efclaves.
étant difficile, il eft néceflaire de la
La traite
un
terfaire avec de petits navires ; quand
petit former
ritoire fourniflait en peu de jours de qaoi
de
cargaifon, on pouvait esployer
une grande
faut, dans les
gros vaifleaux ; mais à préfent qu'il
où les Français abordent, un mois pour
parages
ou foixante Noirs, on ne doit pas
traiter cinquante
grands qu'il ne faut pour
fe fervir de navires plus
Amenés des pays
traiter cent cinquante Negres.
d'une marche
reculés, épuifés par plufieurs jours
différent,
pénible, parlant prefque tous un langage
de
incertains de leur fort, effrayés par le préjugé de
barbarie, s'ils languiffent dansles rades
notre
tombent malades, & font en mouGuinée, ils
X
Tome I.
quante
grands qu'il ne faut pour
fe fervir de navires plus
Amenés des pays
traiter cent cinquante Negres.
d'une marche
reculés, épuifés par plufieurs jours
différent,
pénible, parlant prefque tous un langage
de
incertains de leur fort, effrayés par le préjugé de
barbarie, s'ils languiffent dansles rades
notre
tombent malades, & font en mouGuinée, ils
X
Tome I. --- Page 346 ---
322 C O N SID É R A1o
N S
rant refpirer aux compagnons de leur malheur
air contagicux : ces accidens ne font
à un
dre
point crainquand on traite' avec un navire de cent
cent cinquante Noirs; il fait peu de
ou
côte, & P'Armateur
féjour à la
de
en dépenfanr moins, a moins
pertes à redouter.
C'eff ce que les Anglais ont bientôt reconnu
& mis à profit : mais l'intérét des
Officiers que les Français
Capitaines &
l'adoption d'une
employent, s'oppofe à
parcille méthode : de
navires leur procurent de gros
grands
de
gages, de grands
privileges, 3
grandes commiffions (r), ils
teulent point renoncer, & nos Marchands n'y
clairs- + voyans, & par conféquent toujonrs peu
féverans dans les ufages qui leur font les pers
funeftes, n'ont point voulu changer de
plus
femblent vouloir s'attacher à rendre le rontiné; ils
le plus ruineux qu'il foit poffible
commercé
les Colons.
pour eux & pour
(*) L'Armateur a le même intérêt que le
comme ilr n'arme point avec fes fonds, il a Capitaine;
à répéter vis-à-vis fes intéreffés,
plus de droits
confidérable; l'événement de la traite quand lui eft l'armement eft
joursindiffrent. L'Agent
prefque toumingue eft auffi conduit eul-Camni@ionaimdes par les mêmes
Doa donc d'aveugles que les
vues. Il n'y
d'ailleurs, qui fourniffent des capitaliftes fonds
de Paris, &
entreprifes.
pour de pareillos
itaine;
à répéter vis-à-vis fes intéreffés,
plus de droits
confidérable; l'événement de la traite quand lui eft l'armement eft
joursindiffrent. L'Agent
prefque toumingue eft auffi conduit eul-Camni@ionaimdes par les mêmes
Doa donc d'aveugles que les
vues. Il n'y
d'ailleurs, qui fourniffent des capitaliftes fonds
de Paris, &
entreprifes.
pour de pareillos --- Page 347 ---
DE S.DOXINGUE 323
SUR EA COLONIE
les
à perfuader que
En vain chercheraiene-ils dans les Colonies à
Negres ne font pas. vendus qu'ils ne P'étaient atlun prix beaucoup plus hapt payés à peu prés avec
trefois 2 parce qu'ils font
Sile prix
la méme quantité de. produtions
priver
3 doit t-onfe
des producions a augmenté,
; d'ailleurs
de cette augmentation
en pure perte
la même quantité de denrécs
il n'eft pas vrai que
d'un Negre, fuffife à
-qui faifait autrefois le prix
cet équilibie
préfent pour en acheter un femblable; dans le cas où les
être fuppofé que
ne pourrait
une quantité de der-.
Negres feraient vendus pour numéraire. Mais
récs, fans fixer aucune valeur Cafeyer, qui, après
T'habitant
dans cette fuppofition
aul prix de deux mille
avoir acheté des Negres
dix-huit cents
danslefpoir de les payer avec
livres,
eft obligé d'en livrer quatre milliers,
livres de café,
la différence qui fetrouve entre
peut-il fe diffimuler
nouvcaux, & le prix
le prix aétuel des Negres la.guerre en 1753: Le
qu'on en donnait avant ceffe varié depuis la paix
de Tindigo a fans
: prix
12 francs la livre;le coton, depuis
degliv. jufqu'à
liv. le quintal ; le fucre eft
IIO liv. jufqu'à 220 la. valeur fe foit foutenue ;
la feule denrée dont
en 1753, &, dans
mais il valait à peu près autant
eft échapé à un Auteur, moderne
(1) Ce fophifme
de T'immortalité.
dars un ouvrage digne
X ij
de Tindigo a fans
: prix
12 francs la livre;le coton, depuis
degliv. jufqu'à
liv. le quintal ; le fucre eft
IIO liv. jufqu'à 220 la. valeur fe foit foutenue ;
la feule denrée dont
en 1753, &, dans
mais il valait à peu près autant
eft échapé à un Auteur, moderne
(1) Ce fophifme
de T'immortalité.
dars un ouvrage digne
X ij --- Page 348 ---
324 Co N S I D É R A TIO
ce tems les plus beaux
N S
Negres de traite
ne fe vendaient que 12à 1400 liv. La Françaife
du prix des denrées de la Colonie révolution
donc en aucune maniere
ne compenfe
des
l'augmentation du
Negres, & fi le prix des
prix
il faut faire enforte
prodnétions varie,
que le prix des inftrumens
employés à les tirer du fein de la
moindre poffible.
terre, foit le
S'il était permis d'armer dans les Colonies
la traite des Noirs,
pour
peut-étre
balancer les avantages
les parviendrait-on à
Jufqu'à préfent ; les que étrangers ont réunis
rarement à la
Negres nouveaux fe vendent
Jamaique au-deffis de
nous pourrions les avoir à
1000 Jiv.
tant nousmême,
1200 liv. en les trai-
& la culture
tiers au-delà de la
s'aggrandirait d'un
produstion aStuelle,
Ayant Ic rum & le tabac en abondance,
commerce avec les Anglais & les Hollandais, notre
fournirait les autres
nous
de nos denrées
objets en échange de celles
qui ne conviennent point à la Métropole, L'ufage où feraient les Colons de tirer
les Negres direétement de
ferait pas craindre la
l'Afrique ne leur laifdité des
lenteur 3 l'ignorance & l'aviNégocians Français; leurs vaifféaux
raient le double avantage dc n'étre
auretenus dans leur
pas long-tems
traite, & de n'avoir à entre
prendre, en allant & en revenant,
de
waverfécs dans des mers
que courtes
prefque toujours paifibles.
Colons de tirer
les Negres direétement de
ferait pas craindre la
l'Afrique ne leur laifdité des
lenteur 3 l'ignorance & l'aviNégocians Français; leurs vaifféaux
raient le double avantage dc n'étre
auretenus dans leur
pas long-tems
traite, & de n'avoir à entre
prendre, en allant & en revenant,
de
waverfécs dans des mers
que courtes
prefque toujours paifibles. --- Page 349 ---
DE S.DOMINGUE. 325
SUR LA COLONIE
ferait plus grand,
Le bénéfice du Cultivateur
lui coûteles forces qu'il employerait
parce que
Les droits du Roi augmenteraient
raient moins.
d'objets fur quoi les imparce qu'ily aurait plus furla fortie des navires
pofer; ce qui ferait perdu
ferait amplement
armés pour la côte de Guinée, lon retirerait de la
compenfé par les tributs que Colonic. Les Négoricheffe induftrieufe de la
les Colons mancians de la Métropole en laiflant cher ce qu'ils
de forces, en vendant trop
réel
quer
fe privent d'un avantage
leur en procurent,
ombre. Les Prépofés du
pour courir après une
publique 3 fem-.
commerce & de l'adminiftration
caufe
vouloir fe racheter dés pertes que
blent
Pavarice & les prohibitions ;
leur indolence, par
tel eft Teffet de
mais on ne peut trop le répéter, même les vues
Tinjuflice, qu'elle ne remplit pas
de ceux qui T'exercent:
des moyens que nous
En ne négligeant aucun
moins par
de
T'Etat gagnerait
venons
propofer, entretiendrait à Saint - Domingue
les Sujets qu'il
la population qo'il fe
fans aucuns frais, que par
Le furcroit
au-dedans du Royaume.
procurerair
faudrait pour entrede culture & de travaux qu'il
Amétenir cette Reine des Colonies de TArchipel natioaugmenterait la force & la richeffe
riquain,
d'Europe &c d'Afie trouvenale; les manufa&tures
gagnerait
venons
propofer, entretiendrait à Saint - Domingue
les Sujets qu'il
la population qo'il fe
fans aucuns frais, que par
Le furcroit
au-dedans du Royaume.
procurerair
faudrait pour entrede culture & de travaux qu'il
Amétenir cette Reine des Colonies de TArchipel natioaugmenterait la force & la richeffe
riquain,
d'Europe &c d'Afie trouvenale; les manufa&tures --- Page 350 ---
326 CONSIDE -R A-T Io
raient dans
N S
cette Colonie un débouché dont
France profiterait feule; les Empires
la
de polfeffions en Amérique, lui
quin'ont poins
tribut; ; enfin on verrait redoubler paicraient un grand
les habitans du
l'activité de tous
Royaume, 3 &.] le
de la circulation
mouvement rapide
augmenterait à mefure
ture des côtes de
que la culSaint -
pas encore à fon
Domingue > qui n'eft
terme, en
-en plus.
approcherait de plus
Mais tous ces moyens qui ne fe
qu'au commerce extérieur de la Colonie, rapportent
valeur de fon produit
& à la
deviendraient
fi dans fon
impuiflans,
intérieur, on ne voyait regner qu'une
légiflation deftradtive, qu'une.anarchie
que le defpotifme
plus cruelle
fordre
même, en un mot, qu'un
affreux. Plus une plante chérie
déforts pour étendre fes
a fait d'efporte de fruits,
rameaux, , & plus elle
3 plus elle eft
detruite quand un ver ennemi la promptement
cine.
pique dans fa raLa perfectibilité du gouvernement intérieur eft
le plus effenticl de tous les
affurer à la
moyens qui doivent
Métropole les avantages que peut lui
procurer la Colonie de Saint-Domingue.
culture & le commerce ne
L'agripeuvent réuffir
par une adminiftration moderée,
que
la
s qui maintienne
tranquillité au l dedans de la Colonie &
--- Page 351 ---
SUR LA COLONIE DE S. DOMINGUE. 327
porte les combats au-dehors pour les détourner
loin d'elle : la feconde Partie de cet ouvrage fera
voir que le Gouvernement aétuel eft éloigné de
ce but ; elle eft deftinée à tracer les voies qui
doivent l'y faire atteindre.
FIN du premier Volume. --- Page 352 ---
--- Page 353 --- --- Page 354 --- --- Page 355 ---
E776
HGs4c
V.l --- Page 356 ---
à --- Page 357 --- --- Page 358 ---