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- --- Page 3 --- --- Page 4 ---
ekl. --- Page 5 ---
IS
CONSIDERATIONS
PRESENTÉES
AUX VRAIS AMIS DU REPOS
ET DU
BONHEUR DE LA FRANCE,
A Toccafion des nouveaux mouvemens de quelques
foi-difant Amis-des-Noirs.
PAR M. L. E. MOREAU DE SAINT 4 MÉRY, 2
Député de la Martinique à PAffemblée nationale.
PREMIER MARS MIL SEPT CENT QUATRE-VINGT-ONZE
A PARIS,
DE LIMPRIMERIE NATIONALE.
1791. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
CONSIDERATIONS
P R É S E N T E E S
AUX VRAIS AMIS DU REPOS
E T D U
BONHEUR DE LA FRANCE,
1 Poccafion des nouveaux mouvemens de quelques
foi-difant Amis-des-Nuirs.
Enis nous menacent donc encore ces déclamations
qui nous livrent depuis Iong - temps aux plus vives
alarmes, 2. & leurs auteurs femblent profiter des
maux qu'ils ont déja caufés pour nous en
de nouveaux ! Ainfi, le mot facré d'humanité préparen fert à
nous accabler, depuis près de deux ans, de cataftrophes & de fcènes enfanglantées; & loin de gémir de
nos malheurs 2 ceux dont ils font Touvrage,, les
comptent comme des fuccès qui doivent leur
affurer d'autres fuccès du même genre... Le moment
eft arrivé où l'homme qui aime fa patrie doit tout
dire, & je ne facrifierai pas ce devoir important.
:. L'univerfité de Cambridge, en Angleterre, 2 ayant
propofé un prix pour un ouvrage fur le commerce
A --- Page 8 ---
(2)
des noirs, un jeune homme encore
& Fefclavage ou Pon prend aifément les mouvemens de
dans Pâge
des guides infaillibles, voulut obtenir
fon coeur pour
vive,des faits préfentés
ce prix (1). Une imagination de la vérité 2 mais toujours
quelquelois aux dépens ame fenfible &c neuve, tout
avec art, le ton d'une du docteur Clarkfon, & Puniconcourut en faveur
verfité (2) couronna fon ouvrage la en fenfibilité, 1785. & qui
Cette vistoire remportée lui par parut un titre pour en
auroit dà le fatisfaire,
de lamême
efpérer une autre. Il crut qu'il fubjugueroit cette
à
manière P'opinion générale 5 & de
penfée eft bien
celle d'en tenter Texécution, l'intervalle voûlut donc
court pour P'amour - eiclaves propre. des Clarkfon colonies, & civilifer
rendre libres tous les
deffein
PAfrique entière, Ce fut dans ce
qu'il publia
T'ouvrage qui lui avoit mérité la palme. à lui; &
Les émules de Clarkfon fe réunirent
ils formèpour affurer leur triomphe commun,, fociété dite des amisrent à Londres, en, 1787, une
fournit bientôt
des-noirs, dont la ville de Manchefter
un fecond exemple. l'éloquent plaidover de Las-Cazas, qui crut fervir
(r) Après inieux la caufe des Indiens de l'ille Efpagnole, (aujourencore
en favorifant l'ufage introduit dès 1503,
d'hui Saint-Domingue Ces efclaves Afticains, il s'écoula un fiècle
de les remplacer par edt été critiqué.
, 1787, une
fournit bientôt
des-noirs, dont la ville de Manchefter
un fecond exemple. l'éloquent plaidover de Las-Cazas, qui crut fervir
(r) Après inieux la caufe des Indiens de l'ille Efpagnole, (aujourencore
en favorifant l'ufage introduit dès 1503,
d'hui Saint-Domingue Ces efclaves Afticains, il s'écoula un fiècle
de les remplacer par edt été critiqué. Morgan le blàma vers 1650;
fans que cet ufage fiécle fc
encore depuis fa cenfare jufqu'aux
mais un autre
paffa des Quakers, fur le même fujet. démarches bien caractérifées feétateurs en Angleterre, parmi lefquels
Ceux-ci eurent quelques Sharp & Ramfai, qui écrivirent vers 1780, 8,
il faut compter écriis infpirerent à Y'univerfité de Cambridge
dont les nombreux
fur la traite & Tefclavage, le
P'idée de deftiner à un. ouvrage;
prix qu'elle étoit diftribue élève de aniuellement. cette univerfité, & en eft devénu membre. (2) Il
--- Page 9 ---
(35
: la, Pefelavage & la traite des
l'objet que de
nègres
daen
de
méditations
Sone regrets plus ou ioins fentis par philolophiques, des hommes
l'apanage eft plutôt de defirer la
que de calculer les bornes de la
perfedion
méloit bien à cette réunion un fentiment perfedtibilité. Il fe
parce que l'on croit valoir mieux que ceux d'orgueil
accufe d'injuflice; mais il n'y avoit encore qu'on
danger pour l'ordre public dans ces
aucun
fon va chercher à plufieurs milliers de fpéculations lieues
où
alimentér la bienfaifance, en
de quoi
des objets plus prochains, & P qui abandonnant montrent fouvent
doureufement l'aipedt de l'infortune. plus douAu commencement de l'année
ce
plus la même chofe. Comme il fe 1788, ne fut
des noirs parmi les membres du trouvoit des"amis
terre, on vit arriver à ce corps légilatif parlement des d'Anglefe muliplièrent tout-i-coup, & qui avoient pétitions
l'abolition de la tràite. Ce
les amis
pour
du dehors
que
des noirs
-& appuyé MomtLaNceAgc.mnepas par les amis-des-noirs du didté, fut foutenu
matière devint capitale dès Pinflant dedans, où
&c cette
à une queftfion qui tenoit elle-mème elle fut unie
litique de TAngleterre,
au fyfême poLes colonies bricanniques conçurent de
en apprenant ce qui fe paffoit dans leur Finquiétude
Elles s'occupèrent du foin d'éclairer
métropole. la prévenir du
couroit celle - ci, 8c de
danger que
la fortune
-que. Quelques mouvemens de la part des publiajoutérent même auix alarmes des
efclaves
ceux de la Jamaique habitans de la colons, & Pon vit
pofleffion dès Anglois dans PArchipel plus dés imporiante
envoyer un agent particulier pour
Antilles, 2
craintes au pariément de la
exprimer leurs
Dans la même année 1788. GrandeDretagne.
prévenir du
couroit celle - ci, 8c de
danger que
la fortune
-que. Quelques mouvemens de la part des publiajoutérent même auix alarmes des
efclaves
ceux de la Jamaique habitans de la colons, & Pon vit
pofleffion dès Anglois dans PArchipel plus dés imporiante
envoyer un agent particulier pour
Antilles, 2
craintes au pariément de la
exprimer leurs
Dans la même année 1788. GrandeDretagne. : les journaliftes
françois
A 2 --- Page 10 ---
(4)
commencèrent à rendre compte de ce qui fe pafloit
dans les deux chambres du parlement, relativement
à la queftion de la traite, à laquelle on dans a la toujours difcufaffocié celle de T'efclavage, du moins
colofion. Ces écrits périodiques pafserent dans nos
nies; & je me rappelle parfaitement que des numéros davril
du Mercure, arrivés au
François aux mois
& de mai 1788, avec. Co détails & des réfexions
une grande fenfafur cette matière, y produifirent
tion.
ans auparavant
Elle rappela qu'enviton n'a rien voulu quinze négliger de ce qui
l'abbé Raynal, qui
avoit
pouvoit feconderfes élans d'éloquence,
exprimé
des opinions à-peu-près femblables ; mais on fe reffouvint auffi que, dans les parties raifonnées de.fon
ouvrage, il fe trouvoit une foule d'argumens tirades
qui la
avoient combattu avec fuccès des
faleur défend
3tc
vanité des auteurs
quelquefois
crifier. Cette confidération raffuroitjufqu'à un certain point
les colons françois, qui ne pouvoient colonies cependant confidérer fans émotionle fort dont les bien loin angloifes alors de
paroiffoient menacées. Nous étions
&
nous
foupçonner
le péril étoit pour nous, que
aurions EELSTS gémir juftement fur nous-mémes. fein
A la fin de l'année 1788,
en France, au
même de la
une
des amis-des-noirs,
EN
eut
capitale, fondateur un de ces hommes qui aiment
T'agitation, qui
pour dont la principale jouiffance eft de la produire autour d'eux de & qui ne font Nouvellement contens qu'auitant requ'ils occupent de leur exiftence.
où il avoit vu
venu de PAmérique feptentrionale,
des Quakers, il crut que leurs opinions pourroient
devenir pour lui une efpèce de patrimoine & un fujet
de célébrité.
-des-noirs,
EN
eut
capitale, fondateur un de ces hommes qui aiment
T'agitation, qui
pour dont la principale jouiffance eft de la produire autour d'eux de & qui ne font Nouvellement contens qu'auitant requ'ils occupent de leur exiftence.
où il avoit vu
venu de PAmérique feptentrionale,
des Quakers, il crut que leurs opinions pourroient
devenir pour lui une efpèce de patrimoine & un fujet
de célébrité. --- Page 11 ---
GS)
La fociété des amis des noirs de Paris, fut offerte à
celle de Londres, comme une fille qui pourroit feconder fa mère, même la furpaffer; & les Anglois talent qui
valoir dans le
favent tout ce que nous pouvons
OCd'imiter, ne laiflerent pas échapper cette précieufe
cafion : la fociété françoife fat affiljée.
Les états-généraux déja promis alloient être formés. Ce fut.à cette époque
les amis des nois
manifeftèrent leurs - projets. dea lettre imprimée 7
datée du 3 février 1789; & adreffée à tous les bailleur recommandoit l'abolition de la traite, &
liages, même en-avouant à regret qu'ils n'ofoient pas mon .
trer encore leur voeu fur la fervitude, les amis des
noirs, difoient affez jufqu'ou ils portoientleurs vues.
Cette réferve étoit un trait de reffemblance de plus
qui décéloitl'origine de la fociété.
Peu auparavant on avoit vu paroitre un écritportant des amis.
un nom fous lequel fe cachoit le préfident
des noirs qui fut reconnu malgré le mafque qu'il
avoit voulu emprunterau doacur Shewartz.
L'attente des. nouveaux dogtrinaires ne fut pas toujours trompée. Dans quelques bailliages oû ils eurent T
des fedlateurs &des émiflaires, lescayers parlerentdece
qu'ils avoient fi sinsaiemainnmamend éclorfqu'ils dans le
purent compter quelques-uns de leurs partifans
corps légillatif, ils ouvrirent leur coeur à Pefpérance.
Ainfi Pon vit deux eorps chargés de régler les
deflinées de deux grandes nations, dont lun devoit
même créer une conftitution, ) livrés en même temps.
à Pinfluence ou dumoins aux infinuations de fociétés
qui veulent que Punivers matériel fe modifie d'après le
leurs conceptions fantaftiques, & qui croient avoir
droit de troublerle bonheur de leur pays parce qu'elles
A 3
ils ouvrirent leur coeur à Pefpérance.
Ainfi Pon vit deux eorps chargés de régler les
deflinées de deux grandes nations, dont lun devoit
même créer une conftitution, ) livrés en même temps.
à Pinfluence ou dumoins aux infinuations de fociétés
qui veulent que Punivers matériel fe modifie d'après le
leurs conceptions fantaftiques, & qui croient avoir
droit de troublerle bonheur de leur pays parce qu'elles
A 3 --- Page 12 ---
(6)*
fe difent chargées de réalifer un prélendu plan de
bonheur qui doit embraffer tout le globe.
Ceft de cetinflant qu'il faut compter les troubles fut
des colonies, 2
que c'eft alors que foule le germe d'écrits en où
conçu. Il'a HeT naillance dans une
des
Ton a prèché, confeillé & defiré la révolte
efclaves ; oùt Fon a vomi les plus horribles impré- les
cations contre" les habitans de colonies, contre
commerçans, & cherché tous les moyens de
desmilliers d'hommes
SIREAE
unedodrine tend quiincite à 'dépeupler des ifles entières, & qui
qui avoir
terme que la ruine des empires.
ERREE ne
pour toujours
(lors même que nous
L'Angleterre
lage,
fes
lui fuppofons des vues inconfidérées, fentit
a danfecrets nous échappent ):
AEmoul
motifs dont elle étoit menacée. Effrayée du fuccès
ger fon exempic avoit fur nous, elle fut forcée de due
rêter au rifque de nous ralentir nous-mêmes. àl'ceil Après
avoir employé avec un art qui n'échappe rendre lente point fa déciobfervateur, tout ce
pouvoit
toujours un
fion fur la traite, CERE employât & dans les
grand apparcil dans les formes
recherchess contient
elle palla un Bal au mois de juin 1789 fur e tranfport
quelques difpolitions réglementaires Elle montra ainfi à ceux
des Africains' aux bien colonies. fes vrais
fur cette maconnoiffent
principes
SEL elle chercha fur-tout à raffurer fes colonies par
cet aête de prudence; mais elle ne prit qu'une réfolution provifoire, afin de laifler fuppoter le projet d'abo- des
lition dans Pavenir, & de nourrir ainfil'efpérance
amis des noirs qui mêloient aux mouvemens leffet qui devoit agitoient la Franice, les mouvemens dont
éclater dans nos colonies. n'a
été
La fociéCette double attente
point
déçue.
té de Paris n'avu dans ce délai de PAngleterre qu'un --- Page 13 ---
(7)
du fuccès, et fa
motifde fel haterspourhwiravirla gloire
lettre,du6juin 1789,4M.Neckere rencontientlap preuve: leurs
Ses membres ont redoublé de zèle & d'ardeur,
écrits fe font multipliés, & ont paffé aux colonies. Les réponfes même de quelques colons ens s'y répan- la ferdant pour arrêter les effets.de la conjuration. de 2 ceux
voient au'contraire, parce qu'ils étoient connus
que l'on vouloit exeiter.
iravirla gloire
lettre,du6juin 1789,4M.Neckere rencontientlap preuve: leurs
Ses membres ont redoublé de zèle & d'ardeur,
écrits fe font multipliés, & ont paffé aux colonies. Les réponfes même de quelques colons ens s'y répan- la ferdant pour arrêter les effets.de la conjuration. de 2 ceux
voient au'contraire, parce qu'ils étoient connus
que l'on vouloit exeiter. Les planteurs, 7 livrés aux s'en. plus engrandes craintes, ne pouroiemtempeclerde
tretenir; ils crurent devoir employer une furveillance,
des foins inconnus auparavant, & ces précautions
elles-mêmes décélèrent leur caufe. à S. Enfin la révolte éclata à la Martinique, puis il fallut
Domingue, & à la Guadeloupe; par-tout &
employer la févérité 2 la rigueur des châtimens
nir des hommes que leurs foi-difant amis de France dee
fur-tout d'Angleterre envoyoient tau fupplice
mettant laliberté
du meurtre del leurs
cenestEE
Ces foulévemens pour TLEET par lai aforce, ne
les feuls défordres produits aux colonies. 1ERIE
qui exiftoit déja dans le royaume, n'étoit pas ctrangere dû fentir
à ces poffellions éloignées, où lon affuroit auroit le bonheur
cependant qu'une révolution qui
colodel'empire, étendroit fes heureux befoin effetsjufqu'aux de fe livrer à des
nies, fans qu'elles euffent
ceux de la France
mouvemens plutôt faits pour gèner
des homies
pourl les favorifer. Mais il eft par-tout
que
ambitieux , ayant des haines
remuans 2 paflionnés, à venger ou des intérêts privés à étayer;
perfonnelles ceux-là entretinrent la fermentation, & les armes
qu'on avoit prifes contre les nègres ne furent plus
quittées. Delà les maux dont chaque colonie fe trouve
le théâtre depuis plusde 18 mois, & qu'accroit conde
amis des noirs
tinucllement Topiniâtreté
quelques
-
à fuivre leur fyltème. A
--- Page 14 ---
(8) )
Tandis que les révoltes éclatoient aux
les amis des noirs imaginoient un. nouveau colonies, de
tourment pour elles. genre
A Pinftant où la révolution commença dans la
capitale, 2 il s'y trouvoit plufieurs hommes de
leur dont On fe flatta de tirer un
couM. de
grand parti
Jolly, 2
alors avocat aux conleils & à (1). greffier de la municipalité de Paris, fut chargé préfent de les
réunir. Ces individus, 9 dont on forma PAlembléc des
Colons-Aménicaits, 2 incapables de déméler'les deffeins
qu'ils avoient fait concevoir, prirent, comme on le e
croira aifément, M. de Jolly pour leur
Celui-ci. dreffa des réclamations, où l'on reconnoit préfident. toujours le
des ennemis des colons, & une grande
ignorance
ce
fe
fna
qui paffe aux colonies.. le
19 odobre1780.
individus, 9 dont on forma PAlembléc des
Colons-Aménicaits, 2 incapables de déméler'les deffeins
qu'ils avoient fait concevoir, prirent, comme on le e
croira aifément, M. de Jolly pour leur
Celui-ci. dreffa des réclamations, où l'on reconnoit préfident. toujours le
des ennemis des colons, & une grande
ignorance
ce
fe
fna
qui paffe aux colonies.. le
19 odobre1780. quelques-uns des réclamans Enhin, vinrent
efcorter M.. de Jolly dans PAflemblée nationale, où il
lut une adreffe en leur nom. Le but immédiat de cette adreffe, où
tenoit le langage le plus menfonger, & à Tingratitude on
avoit adroitement allocié une promeffe de laquelle fix millions
en don pattiolique . 2 étoit de faire admettre dans
PAflemblée nationale un député particulier
les
hommes de couleur des colonies, & ce député pour
nommé étoit M. de Jolly. déja
Le titre qui appuyoit cette nomination, étoit un
adte qui annonçoit que 8o individus, dont quatorze fe
difoient de la Martinique, quatre de la
un de la côte d'Afrique, un des iles de Guadeloupe, France & de
(), Il avoit paru un écrit de M. Briflot, qui attaquoit Ia
lAffemblée mination dcs députés de Saint - Domingue, , & leur admiffion no- à
affranchis & nationale, lcs noirs, parce felon qu'ils n'y repréfentoient pas les
blement défendus que Par qui, la fociété lui, de leurs ne pouvoient amis, Cette être valafut la bafe de celle qu'on fuggéra aux hommcs dc couleur, opinion
France & de
(), Il avoit paru un écrit de M. Briflot, qui attaquoit Ia
lAffemblée mination dcs députés de Saint - Domingue, , & leur admiffion no- à
affranchis & nationale, lcs noirs, parce felon qu'ils n'y repréfentoient pas les
blement défendus que Par qui, la fociété lui, de leurs ne pouvoient amis, Cette être valafut la bafe de celle qu'on fuggéra aux hommcs dc couleur, opinion --- Page 15 ---
(5)
Bourbon, & environ 6ode Saint-Domingue, s'étoient
préfentés chez un notaire. On voit que de quatorze
colonies françoifes, IO n'avoient perfonne parmi les
80 délibérans. Mais dans ceux-ci, il fe trouvoit une
femme, puis des hommes venus en France en bas
âge; d'autres qui n'avoient ni domicile, ni bien aux
colonies; des mineurs 2 des domefliques, des efclaves;
enfin des hommegillégitimes quin'ayant point de nom
de famille
celui de leurs pères putatifs, &
yajoutoient 2 prenoient des qualifications de nobleffe. ,pour réunir
le ridicule à l'impofture. Peut-on affez s'étonner que
ce foit l'aflemblée desrepréfentans d'une des premières
fàt flatté d'abufer avec
nations du monde 2 qu'on fe
de pareils moyens?
les
de couleur,
Les titres ainfi fabriqués , par
gens
furent remis au comité de vérification des pouvois
à PAffemblée nationale, qui ne les adopta
T'aide Mais
M. l'abbé Gregoire, membre de ce
à
ERAT
des.matériaux que Me Raymond mulâtre lui avoit communiqués 2 fit un mémoire en faveur de la prétention
des hommes de couleur, & fulmina contre les colons.
Je pris la plume alors:(1), & je démontrai, du moins
je le crois les inconvéniens majeurs de T'opinion que
manifeftoit M.labbé Gregoire.
Clarkfon, fans doute ivre de joie 5 en apprenant
tous les efforts'des amis des noirs en France, vint à
Paris en 1789, pour y échauffer encore leur zèle, &c
leur parler 1 de la gloire qui attendoit ceux qui fervoient auffi bien les intérêts communs de P'Angleterre
& de la France, déformais rivale sp. our le bonheurde
Phumanité feulement.:
() Au mois de décembre 1789.
Gregoire.
Clarkfon, fans doute ivre de joie 5 en apprenant
tous les efforts'des amis des noirs en France, vint à
Paris en 1789, pour y échauffer encore leur zèle, &c
leur parler 1 de la gloire qui attendoit ceux qui fervoient auffi bien les intérêts communs de P'Angleterre
& de la France, déformais rivale sp. our le bonheurde
Phumanité feulement.:
() Au mois de décembre 1789. --- Page 16 ---
('to) )
Mirabeau Ce fut à-peu-près dans le même temps
M. de
lition de la entreprit traite un ouvrage pour OCPELABE P'abode tout,
2 ouvrage ohlart oratoire fait ufage
réalité
pour réuffir, fans trop s'embarraffer
L
des faits, ni même de la folidité
de la
Le nom de P'auteur
des preuves.
ceuvre, elle eut de la ajoutant célébrité un grand poids à cette
connue. Le bruit de cctte célébrité avant même d'être
les villes maritimes &
portée jufque dans
commerçantes; n'y excita pas
d'applandifemens, des adreffès
alors on vit arriver tout-à-coup
crioient à la 2 deftruétion. qui d'un bout du royaume à l'autre 2
breux échos,&
Ces cris trouvèrent de nomvainement à les ceuxq faire qule.diconeto/ent,e ceffer.
cherchèrent
écrits & les
En vain on multiplia les
les pièces de déelamations, théâtre
en vain on employa même
elle avoit jugé ceux pour égarer l'opinion publique;
députation de
quip prétendoient la féduire. Une
fe
Parmée bordeloife vint
voeu d'une grande ville fur cet
exprimer &c
alors
étoit puillantsparce
objet, ce voeu'
bre de villes du quilétoitcommun. à ung grand nomqu'une;
royaume (1). La crife étoit' au
prompte edécifion
point
que des nouvelles: fàcheufes Prontsi@anteeatam arrivées de la
& de
Martinique
fervefcence Saint-Domingue. 9 vinrent encore ajouterà Tef:
générale, LAfembicenationale, convainBrillo: (r) Cette & de députation alla auffi à la commune de Paris,oi MM.
de crédit pour Joly, faire qui en étoient membres, croyoient avoir aflcz
T'Affemblée nationale recommander &' la
les hommes de couleur a
Briflot, quife croyoit 2 une influence municipalité énorme dans évita fon le
M.
encore étrangement
fut
ARt
roit la fienne, coinme forpris d'y trouver une opinion
cenfud'avec la métropole. Il propre y fut à mème préparer la fciflion Pdi cotonies
& fi le diftria ne le repouffa pas de fon perfonuellement fcin, c'eft
dénoncé;
le décrct du S mars le réduiroit au filence.
qu'il crut que
ife croyoit 2 une influence municipalité énorme dans évita fon le
M.
encore étrangement
fut
ARt
roit la fienne, coinme forpris d'y trouver une opinion
cenfud'avec la métropole. Il propre y fut à mème préparer la fciflion Pdi cotonies
& fi le diftria ne le repouffa pas de fon perfonuellement fcin, c'eft
dénoncé;
le décrct du S mars le réduiroit au filence.
qu'il crut que --- Page 17 ---
(1 II )
cue elle- même alors de Fimportance de la' demande que les députés coloniaux lui avoient faite, Coprès de trois mois auparavant, établit un comité
fut
des
venues
lonial, 4 auquel
renvoyéPexamen
pièces
des colonies, & de ela demande des villes de commerce
& Toutle de manufadures. monde fait que le rapport eut lieu le 8 mars
de lannée dernière." 'Il étoit à peine achevé, 2 que M. de
Mirabeau monta à la tribune ilfe -
fit une réclamation
univerfelle contre lui, & en lui refufant la parole, PAffemblée confola aflez lamour propre qui la lui avoit
faitdemander, puifqu'il auroit étéle premier rà déplorer
un fuccès quil n'a jamais compté obtenir.
Tout le monde fait encore quels applaudiffemens, &
quélles bénédiations univerfelles ont accompagné
fuivi dans les deux mondes le décret qui faifoit en
quelque forte la conquête des colonies au nom de
la nation (1).
& confervatrice fut fuivie
Cette loi bienfaifante décrétées le 28 du même mois. Lorfd'inftru@tions
qu'elles furent lues, M. Pabbé Grégoire demanda,
comme l'avoient fait les colons Américains de couleur,
par un imprimé du IO mars, qu'elles appellaffent affemblées expreffément les hommes de couleur aux
primaires.; mais PANfembiée s'y refufa. Nous verrons
que cette tentative infrustueufe a été renouvelée
(r) Il porte exprefTément
ces du poffefions lointaines & le droit auront de la
une conftitution' diftinéte de denc nationale
entendu rien innover
que l'Affembléc
EE
propofer; dans aucune des branches du commerce, foit dire&, foit indireét,-de. la France avec les colonies; il met les colons & leurs
propriclés fous la fauve-garde de la Nation, &c déclare criminel
envers elle quiconque travaillera à eaociter des foulivemens
contre eux,
poffefions lointaines & le droit auront de la
une conftitution' diftinéte de denc nationale
entendu rien innover
que l'Affembléc
EE
propofer; dans aucune des branches du commerce, foit dire&, foit indireét,-de. la France avec les colonies; il met les colons & leurs
propriclés fous la fauve-garde de la Nation, &c déclare criminel
envers elle quiconque travaillera à eaociter des foulivemens
contre eux, --- Page 18 ---
(12 )
d'une manière atroce, &
maux en fontréfultés. aufli
Iln'éft perfonne qui Eprea cru que des mefures
fages que celles employées par PAflemblée nationale feroient
ramèneroient le calme dans les colonies, &
ceffer les démarches des amis-des-noirs; mais le contraire eft'arrivé. Dès le mois de juin 1790, c'eft-à-dire
deux-mois après le décret, la fociété des amis-desnoirs fit imprimer une adrefle al'Aflemblée nationale
pour Pabolition de la traites prefque en même tems
ia fociété prit encore un arrêté portant qu'elle deffeins. avoit
fait le ferment de fuivre l'exécution de fes
Pendant que fous les yeux même de PAffemblée des
cette fociété Te
de publier
nationale
fe
permettoit à la Martinique des évéaétes aufli hardis, il paffoit
de couleur.
nemens défaftreux & rélatifs auix
occupée alors EE fa querelle avec
TElpagne, fe
bien de montrer pour la queftion
l'année
AASERL
de Tabolition de la traite, le zèle de
précédente. Se bornant à quelques articles de réglement à
fur les primes accordées aux chirurgiens. emplovés du tranf.
ce commerce & fur quelques laiffa circonftances tous les honneurs
poit des Africains, elle nous
de l'année 1790 en ce genre.
Les troubles bienconnus de Saint-Domingue, dè
France une
desmembres
aMd
ont conduit en
donnerent partie lieu à une adreffe
femblée de Saint-Marc, du Nord de la même colode l'affembiée provinciale
nie, qui exprimoitle voeu le plus pofitifd'obtenir que
Fétat des'perfonnes ne pat jamais être. coloniales. changé 2 e
furl la demande exprefle des celui aflemblées de la
du Nord,
voeu n'étoit pas ifolément
8c des partie autres iles. Il
mais celui de Saint-Domingue
savoient
étoit bien naturel,après ce qu'clles
nationale éprouvé, un
qu'clles cherchaflent dans la promelle bientôtlivrées
mouifde fécuritéfanslequel on les auroit
'perfonnes ne pat jamais être. coloniales. changé 2 e
furl la demande exprefle des celui aflemblées de la
du Nord,
voeu n'étoit pas ifolément
8c des partie autres iles. Il
mais celui de Saint-Domingue
savoient
étoit bien naturel,après ce qu'clles
nationale éprouvé, un
qu'clles cherchaflent dans la promelle bientôtlivrées
mouifde fécuritéfanslequel on les auroit --- Page 19 ---
(13 )
aux plus grandes horteurs. Cettenéceffité fut fentie
comité colonial, exprimée, dans le projet de décret au &
adoptée par PAflemblée nationale le.12
Ce nouveau bienfait n'a pas eu l'approbation octobre (1). de
quelques amis-des-noirs, quifavoient lans
ce décret condamnoit d'avance ce
doute que
porter.
que je vais rapLe dimanche 24 o@tobre,
homme de
leur, arriva de Charles-Town, Ogé, port de la nouvelle cougleterre au Cap François, où i fut
Anhuit heures du foir avec précaution débarqué vers les
auquel il avoit dit qu'ayant tué un par le capitainé
il venoit dans la colonie
ingénieur en chef,
lettres de grace. Le 28,Ogé pour étoità y faire entériner fes
à la tête dun nombre confidérable cinq lieues du Cap
leur révoltés; & le 29, on apprit d'hommes avoit de coucommis plufieurs crimes;à Pinfiant on qu'il
déja
repouffer, & il fe vit contraint de fuir s'occupa dans la de le
elpagnole de l'ile.
partie
la Celt pendant que la colonie de Saint -J
plus importanté de toutes, étoit dans Domingue
tion efirayante,que Meflieurs
cette fituamembres de PAflemblée
Grégoire & Péthion,
(à Pimprimerie de M. Briffot nationale, de faifoient imprimer
Jettre aux Philanthropes, l'autre le Varville)s difcours Pun une
préparé, dit-il, pour la tribune le 12" o@tobre. qu'il avoit
coloniès (t) On y lit que l'Affemblée nationale avoir promis
affiurer leur r'établiflement profpérité, prochain G
des loix les plis propres aus a
alarmes, tinnonce d'avance qu'elle la ferme avoit, pour calmer leurs
article conflitutionnel, dans leur volonié d'établir, comme
loix fur Pétar des perfonnes ne organifation, qu'aucunes
Lonies que fier la denande précife feront 6 décrérées
les Cobiées coloniales,
formalle de tear affom
blée nationale avoir promis
affiurer leur r'établiflement profpérité, prochain G
des loix les plis propres aus a
alarmes, tinnonce d'avance qu'elle la ferme avoit, pour calmer leurs
article conflitutionnel, dans leur volonié d'établir, comme
loix fur Pétar des perfonnes ne organifation, qu'aucunes
Lonies que fier la denande précife feront 6 décrérées
les Cobiées coloniales,
formalle de tear affom --- Page 20 ---
(145
on a vu paroitré auffi
- Le mois fuivant de (novembre) M. Briffot ' M. Barnave, oàlon
une longue entr'autres lettre chofes la répétition de plufieurs
trouve traits des écrits de Meflieurs Crégoire & Péthion,
& de ce
difent les Anglois depuis dix ans furl'efclavage 8 traite. Mais ils'y rencontre aufli des vues
plus dangereufes dans fon attaque contre le comité
colonial, & contre fon rapporteur principalement. d'être remarPar un hafard qui vaut bien- la peine de France & les
qué,ily a entre les amis des-no'rs
de
une concordance
amis - des noirs d'Angleterre
laiffer
mouvemens que je ne veux: oétobre pas agitoit échapper. les nôtres,
Tandis que le décret du" 12
fans doute conceux dela Grande-Bretagme, jugeant d'ardeur auquel
venable de nourrir ce redoublement
de
le décret du 8 - mars. ne leur démarches avoit pas à permis la feffion
s'attendre, reprenoieut leurs Wilbeforce, intime ami de
aduelle du parlement.
philofophe,
M. Pitt, & encore plus politique que
fes inftancest toujours vives en apparence,
y reproduit terminées
des comités, - par des aumais toujours de témoins
Ber examens de pièces, 2 enfin
ditions
confomme 7 par le tems fans faire faire un
par tout ce qui
mais c'eft aflez pour laiffer croire
pas à la qhellion ;
veutla décider &
les auaux freres de Paris qu'on
2T PAngletoriferà fe targuer de P'exemple prétendu
terre.
récemment entre Meffieurs de Gouy
Il s'eft engagé
où ce dernier a montré
e & Briffot une correlpondance il déclare qu'il a fait le ferfon ame toute entière;
ce que la loi Pait
ment de pourfuivre julon'à de Tefclavage & de la LtRer
noncée, la deftrudion la confirmation de celui de
& ce ferment n'eftique
la fociété des amis-des-noirs. homme de couleur, de'SaintEnfin M. Raymond,
récemment entre Meffieurs de Gouy
Il s'eft engagé
où ce dernier a montré
e & Briffot une correlpondance il déclare qu'il a fait le ferfon ame toute entière;
ce que la loi Pait
ment de pourfuivre julon'à de Tefclavage & de la LtRer
noncée, la deftrudion la confirmation de celui de
& ce ferment n'eftique
la fociété des amis-des-noirs. homme de couleur, de'SaintEnfin M. Raymond, --- Page 21 ---
(1#)
Domingue publié
M. 2 le même qui a donné lieu" au
fon par
l'abbé Grégoire en
mémoire
nom à un nouvel imprimé fous 1789, a aufliprété
tion fur l'origine & les progrès du
le titre d'oblervacontre les hommes de couleur. Cette préjug: des colons blanes
janvier 2 porte en tête une lettre diatribe datée duz6 .
M. Briflot de Varville.
approbative de
Telle eft la nouvelle conjuration de
vidus. contre la fortune
quelques indida grandeur de la France. publique Elle 7 contre le repos &
où Pon fait que lon
reparoît au moment
inftrudtions promifes rédige le
au comité colonial, les
29 novembre dernier
acecleren-Torgantations des
pour
'où elles feront difcutées dans colonies,c'eft au moment
jette de redoubler d'efforts. On PAflemblée qu'on proment fur l'audace qu'on met à compte principaleine fera jamais rétablie aux colonies foutenir que la paix
tionale ne fait pas des citoyens actifs fi PAffemblée nacouleur 5 fi ceux-ci
des gens de
claves enfuite ne forment dés-d-préfent & les Négres effeules règles de la liberté pas & de un Tégalité peuple régi par les
Celt, ditcon,pouravoir méprifé
primitive.
que la railon puiffe avouer
cesprincipes, 2 les feuls
péril ; c'eft de la foibleffe 2 de que les colonies font en
querles Colons tirent leurs nouveaux T'Allemblée droits natjonale
impunément bien,
defpotes, 2 & pour menacer, l'état. pour être
2. moi, j'ai pris,la plume
Hé
s'eft rien palfé aux colonies pour démontrer qu'il ne
Retlesamir-der-mois,
qui n'y ait été
lielle ne fait pas ceffer des & que la France eft en danger, Produit
un délire prétendu plilofophiques declamations produites par
les Colons tirent leurs nouveaux T'Allemblée droits natjonale
impunément bien,
defpotes, 2 & pour menacer, l'état. pour être
2. moi, j'ai pris,la plume
Hé
s'eft rien palfé aux colonies pour démontrer qu'il ne
Retlesamir-der-mois,
qui n'y ait été
lielle ne fait pas ceffer des & que la France eft en danger, Produit
un délire prétendu plilofophiques declamations produites par --- Page 22 ---
(#16)
S Ir,
Ines'eftrien palfe de défaftreux aux colonies depuis 17893
qui nefoiz l'efet des ouvrages & des démarches des amisdes-noirs.
Lorfque les premières marques d'agitation qui pré- en
fagerent la révolution aduelle fe firent appercevoir colonies
France au commencement de 1788 2 les
ttoutesà àfeplainétoient tranquilles, quoiqu'elleseulfentt
dre du pouvoir arbitraire (1)-
Ce fut lorique les feuilles périodiques apportèrent
la nouvelle des mouvemens des amis - des - noirs en
que les premières alarmes fe répanAngleterre dirent à caufe 7
d'une difcuffion dont lévénement
2 menacer la propriété & la vie des Colons.
pouvoit
s'occuperent même de
Des chambres dont d'agriculture le but étoit de conjurer cet orage
mémoires &
un afped encore plus finiftre,
menaçant, quiprit qu'il s'étoit formé une fociété des
loriqu'on amis-des-noirs apprit en France, 2 à Paris même.
étoient
On fut aux colonies quel les états-généraux des hommes
convoqués; il étoit bien naturel que
qui avoient aufli à fe plaindre de leur adminiftration,
Celle de Saint-Domingue étoit la feule oii il exiftoit réunion dans
la partie (t) du nord de vifs mécontentemens feule. produits Il Eaoit la des rédes deux cours fouveraines en une
s'y punir le confeil
clamations contre cette réunion > imaginée pour dangereux, &
du Cap de fa jufte réfiftance mieux à à un l'avenir enregifirement T'ekécution des volontés
pour aflurer d'autant franchifloient auffi les mers 3 mais la tranquillité
defpotiques, publique n'éroit qui point troubléca
mélaffent
nord de vifs mécontentemens feule. produits Il Eaoit la des rédes deux cours fouveraines en une
s'y punir le confeil
clamations contre cette réunion > imaginée pour dangereux, &
du Cap de fa jufte réfiftance mieux à à un l'avenir enregifirement T'ekécution des volontés
pour aflurer d'autant franchifloient auffi les mers 3 mais la tranquillité
defpotiques, publique n'éroit qui point troubléca
mélaffent --- Page 23 ---
(17)
lesagens mélaffent du leurs doléances à celles du royaume ; mais
gleslaqu'aileurs, pouvoir, aufi mal-adroits, ou aufli aveucolons, & au choix ,s'opposèrent de leurs à l'émiffion du voeu des,
fait quelles mefures il a fallu repréfentans, & chacun
à cette tyrannie.
prendre pour fe fouftraire
- I faut dire ici,] parce que P c'eft une
forma une oppolition d'un autre
vérité,qu'il fe
d'envoyer des députés coloniaux genre à P'Afembiée au projet
nationale, 2. & elle étoit fondée fur les
crédit des foi - difant amis-des S- noirs. craintes du
très - alarmés craignirent que le
Des hommes
inftruit, ne portât quelques difpofitions corps légiflatif mal
P'intérêt des Colons; mais le plus grand funefles pour
que cette raifon vouloit elle-même nombre des penfa
familiarifés avec les localités, vinflent que défendre
PAffemblée nationale la vérité
ATiE
France, liés au fort de fes colonies. & les intérêts de la
M. de Viomenil, nommé
intérim des iles du vent, pendant Rouverneur-général un
M. de Damas, arriva àla Martinique le congé donuler
La fermentation qu'on croyoit avoir juillet1789.
parmi les
adi
eclaves s'augmenta, lorfqu'il
apperçué,
tration. Les nègres difoient qu'il
prit ladminif
du roi pour les déclarer tous libres, apportoit & cet un ordre ordre
paroiflant point, ils ajoutèrent que leurs maîtres ne
chainoient la bonne volonté du général ;
enmois d'août, ils furent entendus
enfin, au
lèvement 1
le-jour de'la fête complottant du roi.
unfouM. de Veutil prévenu de ces
garnifon de Saint-Pierre. Le 28, le bruitsyr renforça la
cette villereçut unelettre anonyme &i commandant-de
au nomides efclaves.8cleag on enadreffà féditieule,écrite une
au gouverneur de la Colonie. Le 31 les
pareille
mèrent à la rivière des Pères, un
nègres forConfidérations préfentées aix amis, attroupement 6c.
B
que
Veutil prévenu de ces
garnifon de Saint-Pierre. Le 28, le bruitsyr renforça la
cette villereçut unelettre anonyme &i commandant-de
au nomides efclaves.8cleag on enadreffà féditieule,écrite une
au gouverneur de la Colonie. Le 31 les
pareille
mèrent à la rivière des Pères, un
nègres forConfidérations préfentées aix amis, attroupement 6c.
B
que --- Page 24 ---
(18 )
Pon difperfa; maisles attroupés - fe répandirent enarmet
fur les habitations pour précher la révolte. Dèsle lendemain premier feptembre, plufieurs atteliers. refuferent de travailler, & le commandeur de T'habitation,
Perrinelle, dit à M. Foulon, intendant, que lest nègres
étoient libres comme les blancs.
des
Il fallut ordonner le jour même lai pourfuite
révoltés par toute la force armée de Pile. On parvint
ainfi.à arrêterle foulèvement, dont les principaux auteurs furent condamnés par les tribunaux. Ils-déclarèrent qu'on leur avoit affuré qu'iln n'y auroit plusd'efclaves aux colonies, & que Pon avoit travaillé
cela en France. Voila les
viaimes des
CNE
premières
des-noirs. Le 18 du même mois de feptembre on reçut à
-
Saint-Pierre la nouvelle de ce
saoit paffé à
2 de
linflant la coloParis au mois
juillet précédent.
%i
nie entière fit éclaler des tranfports de joie, pour un
événement que des françois-, quelque part qu'ils fuffans
qu'il
ne
preffentir
fent, pouvoient leur pas apprendre, Mais combien il auroit
feroit la gloire de dans
Colonies, cette alégreffe fi
été defirable
erca
que,
natureile eût toujours eul la prudence pour compagne:
la ville de Saint-Pierre fut celle qui Poublia la pre -
mière. Ily eut auffi une fête patriotique.au fort-royal,
à Poccalion de laquelle on imputa à M. de Viomenil
démarche
diloit-on, à affimiler les
une
qui tendoit, & des traits d'infuborgens de couleur aux blancs, individus de cette clafdination reprochésà quelques
durefe,excitérent desplaintes, & devinrentle prétexte
fus de Saint-Pierre,de reconnohrelautorié du gouverneur. Celui-ci fe trouva forcé de convoquer une affemblée coloniale, dont 2 Jes mécontens luididèrent,
en quelque forte, le mode. Et cette affeniblée ne répondant pas enfuite aux vuesquil'avoient fait vouloir,
'infuborgens de couleur aux blancs, individus de cette clafdination reprochésà quelques
durefe,excitérent desplaintes, & devinrentle prétexte
fus de Saint-Pierre,de reconnohrelautorié du gouverneur. Celui-ci fe trouva forcé de convoquer une affemblée coloniale, dont 2 Jes mécontens luididèrent,
en quelque forte, le mode. Et cette affeniblée ne répondant pas enfuite aux vuesquil'avoient fait vouloir, --- Page 25 ---
elle déplut à fon tour. (19) Maisilf faut
les idées déja très-r
des convenir que fans
fur les nègres & les répandues affranchis
amis - des- noirs
poffible de faire foupçonner
2 il auroit été imavoit adoptées.
que M. de Viomenil les
Le 18 feptembre
tinique des faits paffés 1789, dans jour la quiinftruiloit la Marjuillet, fut auffi celui qui les fit métropole au mois de
& là, les aces de
connottre au Cap;
preffifs, ni moins inconfidérés, patriotifime ne furent, ni moins exceux quils avoient
témoins peut-être, à caufe de
doient le motif. Mais FREE calme fe & qui en entenle 8 oétobre il fe trouva dans des rétabliffoit lorfque
comité du Nord,par lac députation paquets envoyés au
imprimé fous le titre
desi-Domingue, un
la motion de M. Moreau d'obfervation de
de M. Charton à
paroiffoit répondre à une demaade Saint-Mery de
2 où l'on
franchiffement des efclaves. Je
moi, pour l'afde la fcélérateffe qui a
ne parlerai point ici
nation, à l'aide de
produit cette horrible machidouleurs & de chagrins, laquelle ma vie a été chargée de
mais le 18 otobre, des 2 hommes qui ne finiront qu'avec elle;
peut-être, voulurent donner la atrocés, & excités
beaux-freres, à un de mes
mort à un de mes
contraignirent avec ma belle-mère coufins-germains & les
à fuir la profeription, &à fe
&Pune de fes filles,
fix
cacher
femaines, 2 durant lefquelles je fus pendant plus de
colonie comme fon ennemi
dénoncé à la
comme mes. complices,
capital, & mes parens
adopté les maximes parce des que nous avions, difoitope
amis-des-noirs.
événement fi déchirant
talité de la colonie en armes. Le pour moi, mit la tobre, on annonça des mouvemens 21 du mois d'oéoauffitôt les
le
parmi les efelaves;
tout répandit tambours, tocfin, le canon
lépouvante. Ce trouble dura d'alame,
pluB 2
la
comme mes. complices,
capital, & mes parens
adopté les maximes parce des que nous avions, difoitope
amis-des-noirs.
événement fi déchirant
talité de la colonie en armes. Le pour moi, mit la tobre, on annonça des mouvemens 21 du mois d'oéoauffitôt les
le
parmi les efelaves;
tout répandit tambours, tocfin, le canon
lépouvante. Ce trouble dura d'alame,
pluB 2 --- Page 26 ---
(36) )
& différens ciloyens furent trainés dans
fieurs jours,.
fuppofés de la doatrine
les cachots comme apôtres Ce trouble s'accrut même à la
des amis - des-noirs. de leurs émiffaires devoient arriver
nouvelle dans la edte.des quatre : auffitôt on nomme des commiffaires les
aller à bord des navires qui arrivoient, mettre
fcellés pour furles malles des
& les conduire à un
comité où ils font
queltionnés. Saint-Do- De-là,
cremn
toutes les convulfions qui ont tourmenté les'
mingue, & quiy. ont produit toutes
corporations acquis le
rivales qu'on y a vues. Mais j'ai troublés cruellement de Saint-Dodroit de dire
de la premiers crainte des entreprifes des amis.
mingue
EXet
des-noirs.
reparurent à la
Avec le mois de novembre 1789, Le
heures
Martinique de nouvelles terreurs. de l'attelier 8,adeux de Madame
après mjdi, fept des nègres
blanc. Tout-à-coup
Duharoc, aatinbtemar@conomtel de lile entière fe mirent à murmurer haules nègres
vouloit encore les faire travailler
tement de ce qu'on les. avoit déclarés tous libres, 8cplule roi
menaces; il fallut pofter
En Sexnt jufgu'aux
des
armés.Les aflaffins
TTBELEE
tout détachemens Dubaroc dirent dans leurs dépolitions,
de Madame Pavoient tué que parce qu'il ne vouloit
qu'ils ne
faut
CEECIRREE
Sutilenimenianise ceft aux amis-des-noirs qu'il
au falut puiblic,& funefte nécefité,
attribuer mois cette de novembre ne fut: pas moins orageuxa
Le
L'aflemblée
du Pelit-
-
Saint Doiningue.
nommer paroifliale des clecteurs,
Goaves'étant forméelergpour, demandèrent leur parfaite afles gens de couleur blancs. y On leur fit fentir timpolnbibié
fimilation aux
maisle lendemain 16, ils les
d'accéder à leurs voeux: fort
de la
Le 18
renouvelérent d'un ton
éloigné
prière.
pas moins orageuxa
Le
L'aflemblée
du Pelit-
-
Saint Doiningue.
nommer paroifliale des clecteurs,
Goaves'étant forméelergpour, demandèrent leur parfaite afles gens de couleur blancs. y On leur fit fentir timpolnbibié
fimilation aux
maisle lendemain 16, ils les
d'accéder à leurs voeux: fort
de la
Le 18
renouvelérent d'un ton
éloigné
prière. --- Page 27 ---
21 )
onfe vit tforcé de s'affurer de 5
eut un fixième arrété,
d'entre eux, 2 &i ily en
pour lés hommcs de cctte portant un fignal de ralliement
fammiertous.Cenefi
claffe, ce qui força de lesdéapprit par les interrogataires TTTTESTAO
mémoire des hommes de couleur, du19, étoit que Pauteur du
fénéchal du leu, &c Pun des éledeurs
un ancien
comité provincial de Pouef. La furcur défignés pour le
lui, fur-toutlorfqueleses
éclata contre
vouloit immoler lui ireprochereni, cinghommes de couleur qu'on
blic, de les avoir perdus. On fe.laiffa en.préfence du
veur de ceuix-ci; mais le malheurenx toucher en mE
tête tranchée, & fa mort, accompegnée Baudière eut la
Aigeans, n'a été étrangére, ni par fa caufe, de ni traits saf fes
circonliances, aux terreurs répanducs
par
des amis-des-noirs.
par les projets
Cette fcène étoit encore récente
couleur se mirent en armes à
lorfque les gens de
imiter ceux du Petit - Goave. Jacmel, On cut & voulurent
force pour les réprimer, &lun'd'eux befoin de la
Le mois fuivant, le comité du
perdit la vie.
averti que les hommes de conleurarmés quartier d'Aquin fut
allemblées chez Labadie. Pun d'cux. On tenoient fut
des
habitation pour s'oppofer à ces
fur fon
fiflance codta la vie-à, un individu, conciliabules: & fans
fa réinfuencé de' plufieurs blancs
Pheureufe
de Raymond pourlequel des notables, Labadie, ami
montrent tant de
amis-des-rioirs deParis
Au mois de janvier prédilcdion, 2 auroit été facrifié,
de plâtre, tine au Port-an-Prince. 1790, un marchand de figures
tieux en excitantles efclaves à la révolte. des difcours fédide miffionnaire catéchifoit ainfi dans Cette elpèce
d'autant fion des plus dangereux que la nouvelle un de moment P'admifgens de couleur alabarre
delaffemblée naB 3
amis-des-rioirs deParis
Au mois de janvier prédilcdion, 2 auroit été facrifié,
de plâtre, tine au Port-an-Prince. 1790, un marchand de figures
tieux en excitantles efclaves à la révolte. des difcours fédide miffionnaire catéchifoit ainfi dans Cette elpèce
d'autant fion des plus dangereux que la nouvelle un de moment P'admifgens de couleur alabarre
delaffemblée naB 3 --- Page 28 ---
(22) )
tionale ayant M. de Joly à leur tête, produifoit
vivel ientauion.Hleuredfement pourle marchand,
laplus quilfutarrété & dénoncé. aux tribunaux, avant d'avoir
loin l'effervefcence, populaire, & ila été
porté banni à trop perpétuité de la colonie par arrêt du confeil
de Saint-Domingue. du démarches premier mars de M. 1790. de Joly, &c
Ce furent encore
cid
adhérens
déterminèrent les éleêteurs dela
de fes
2 qui
à demander au
partie de Poueft de Saint-Domingue.,
ingouverneur d'ajouter à un ferment qu'on croyoit la
difpenfable de prendre des hommes de couleur, formule
fidélité & le relpeê envers les blancs. Cette
fut adoptée partous ceux de Poueft Scdufud, excepté
dans les paroiffes des Vérettes & de la Petite-rivière.
Averti le 20 février qu'ils s'étoient réunis en armes fallut
dans la plaine de Plaffac, > près la Petite-rivière,il
à
faire marcher contre eux près de 700 hommes,
defquels ils fe difpersèrent. Sur la promeffe
P'approche d'oublier la faute de ceux qui s'étoient laiffé féduire,
1200 mulâtres prétèrent le. ferment, & déclarèrent
les avoit réunis pour établir leurs droits. ontde Or,
Reet fait qui cherche à leur perfuader qu'ils en
capables de produire la fubverfion des colonies: & de
Jufqu'ici je n'ai parlé que de la Martinique des
Saint-Domingues mais dans les autres colonies
bruits fourds, des mouvemens plus ou moins troubloient apparens, des propos plus ou moins inquiétans
le repos des Colons.
fe mirent
Les efclaves de Pifle de la Guadeloupe
déter-,
en infurrection à la fin du mois de mars 1790,, été obtenue
minés par F'opinion que la liberté avoit voifin de
en France pour eux. Au quartier révolte du manifefta de
ville de la Baile-Terre, la
ErEa
la la manière la plus ouverte. La mort du chef prononcée
les urbunaux,fembloit avoir étonné fes complices
parl
.
fe mirent
Les efclaves de Pifle de la Guadeloupe
déter-,
en infurrection à la fin du mois de mars 1790,, été obtenue
minés par F'opinion que la liberté avoit voifin de
en France pour eux. Au quartier révolte du manifefta de
ville de la Baile-Terre, la
ErEa
la la manière la plus ouverte. La mort du chef prononcée
les urbunaux,fembloit avoir étonné fes complices
parl --- Page 29 ---
(23)
un inftant; mais le mal fe propagea, il fallut prendre
les armies pai-tout & diftribuer les troupes réglées
dans les quartiers.
d'enL'inftrudion juridique dirigée contre plufieurs & de deftr'eux découvrit un complot de révolte
truéion contre les blancs, avec projet d'incendier
lesbourgs &cles habitations, erd'égorger ceux des efclaves
qui ne fe joindroient pas à eux; cinq confeil des chefs de reçurent la Guala mort en vertu d'un arrêt des du viéimes du
deloupe du 17 Mai. Encore
fyftème
des Au amis-des-Noirs, mois d'avril des hommes de couleur de Limonade, Sainte-Suzanne, &cc., dans la partie du nord de
Saint-I Domingue, manifeftérent encore des projets
finiftres. Auguflin Lacombe mulâtre, paya de fa vie
le titre de chef; le 24 avril, en vertu d'un arrêt du
confeil du Cap. dans ce mois d'avril qu'un mouveCe fut encore
ment de gens de couleur eut lieu au fond Parifien,
dans la partie de POueft, &c que le quartier du port
à Piment, au Nord, donna aufli quelques inquiétudes.
Me voilà parvenu à lépoque la plus douloureufe. 2
& qui a des fuites dont ma patrie confervera de longs
& Le pénibles juin fouvenirs. dernier, jour de la Fête-Dieu, il y eut
à Saint-Pierre 3
une procelfion que les milices blanches
accompagnèrent, Ii paroit que les hommes de couleur
avoient montré le vif defir de participer à cet honneur. Ce voeu qui n'auroit peut-être
été exprimé
dans d'autres momens, ou que l'on
peutêtre
lteor
repouffé dans d'autres circonflances que celles
delarrivée pas
desinftru@ions du 28 marsàl'article quatre
defquelles on voulut faire croire que cette demande
fe rapportoit, donna une difpofition fàcheufe aux
efprits. Une efpèce de rixe entre un blanc & un muB 4
er à cet honneur. Ce voeu qui n'auroit peut-être
été exprimé
dans d'autres momens, ou que l'on
peutêtre
lteor
repouffé dans d'autres circonflances que celles
delarrivée pas
desinftru@ions du 28 marsàl'article quatre
defquelles on voulut faire croire que cette demande
fe rapportoit, donna une difpofition fàcheufe aux
efprits. Une efpèce de rixe entre un blanc & un muB 4 --- Page 30 ---
(24)
lâtre qui étoit de garde, devint pour des
le prétexte d'une affaire générale.
malveillans
c'éioit une confpiration des hommes Quelqu'un de
dit que
auflitôt on la crut prouvée. Des hommes couleur, &
firent périr avec des cruautés
atroces
dix-huit mulâtres, & trois de Jeurs horribles, un nègre,
Il feroit trop déchirant de peindre tant ofliciers de
blancs.
on connoit la fureur populaire, elle alla barbaries;
journée jufqu'à réduire un enfant de 12 dans cette I
encore & que la nature avoit defliné à ans, qui vit
homme, à n'avoir plus de fexe. Tous les devenir un,
couleur cherchèrent leur falut dans la fuite, gens de
laquelle plus de quatre-vingts d'entr'eux
malgré
& jetés dans des cachots. On demandoit furent pris
un tribunal compofé d'après un
leur mort:
mêmes qui les dénonçcient plan propofé par ceux
étoit accufé de lenteur
comme des confpirateurs
éconler 24. heures; fansdoute parce ils qu'il avoit déja lailfé
trépas, lorique la colonie entière alloient recevoir le
gnée de tant de crtautés, s'arma profondément & fut les
indiaux fupplices. Ah! fans les incitations des amis arracher
noirs, les hommes firoces qui avoient ainfi
descontre les gens de couleur de la
foulevéils jamais pu réuffirà les montrer Martinigue, comme des auroient- rebelles!
dant Cet nul exemple tout effrayant qu'il étoit, fut
pour la colonie de Sainte-Lucie à cepenparée de la
peine fé-;
lieues. A la Martinique, fn du même par mois'de un canal de
couleur du quartier. de
juin, les gens
ETE
contre la délibération de FAnfe-lahaye leur
proteftérent
ne Jeur avoit pas accordé ies droits paroiffe, de parce qu'eile,
& il a fallu, que l'affemblée coloniale citoyen adify
le 8 juillet
les contenir.
prit un arrêté.
Encore hosre ce mois de juiliet, des
fieurs habitations du, quartier, du François Negres à AAAC la
un canal de
couleur du quartier. de
juin, les gens
ETE
contre la délibération de FAnfe-lahaye leur
proteftérent
ne Jeur avoit pas accordé ies droits paroiffe, de parce qu'eile,
& il a fallu, que l'affemblée coloniale citoyen adify
le 8 juillet
les contenir.
prit un arrêté.
Encore hosre ce mois de juiliet, des
fieurs habitations du, quartier, du François Negres à AAAC la --- Page 31 ---
(25)
tinique, . après avoir formé des projets
rent le feu aux habitations de leurs maîtres exécrables,mi. & fe
tendirentlibres. Les tribunaux ont encore
cette préfois comme toutes les autres, les
puni,&
févérité
Coions
tant de
affige, ont accuféles
Le croira-t-on
RCOCEASEES
? tandis
la
aux défordres 2 aux excès 325 la guerre Martinique en proie
combe fous le poids de fes maux, il s'y intelline, trouve fuc- des
hommes qui excitent les Nègres à la révolte.
à caufe des circonftances,
Ila fallu,
gateurs & contre les
employer de
contre les inftiprincipaux ceux
avoient
abufés. les peines martiales.
qu'ils
Mais ce qui concerne Ogé porte un caraétère
fixe
qui
> plus
jamais l'attention,
- Ogé ERdE en France à Pépoque de la révolution.
Il sy étoit refugiéiaprès fon évafion de la colonie
où un arrêt du confeil dc Saint t-Domingue l'avoit
condamné au carcan pour des voies de fait commifes
contre un blanc. Ogé étoit un des chefs des affemblées tenues à Paris chez M. de Joly, lun de fes
acolytes, femblée le 19 ogtobre 1789 2 lorlqu'il vint à P'Afnationale, & Pun deshommes de
Pon-a famille préfentés quelques jours après au roi &
royale.
eft un
SRETT
Ogé
de ceux
comité de vérification des
qui follicitoientle
d'un repréfentant direét des pouvoirs hommes pour de P'admiffion couleur à
PAffemblée nationale - & un de ceux qui lors du
cret du 8 mars & des inflrudions du
vinrent défieurs fois. au comité colonial, foutenir 28,
plude couleur étoient au moins
que les
fouffroit même
égaux aux blancs. 5
mandât la modération très-impatiemment qu'on lui recomlaiffa aller'
pour l'intérêt de fa caufe, & fe
venir.
quelquefois jufqu'à la menace pour Pa2 lorfqu'on lui préfentoit des
étoit en relation avec M. Briffot de Varville. objedions. Ogéseft Ogé
du
vinrent défieurs fois. au comité colonial, foutenir 28,
plude couleur étoient au moins
que les
fouffroit même
égaux aux blancs. 5
mandât la modération très-impatiemment qu'on lui recomlaiffa aller'
pour l'intérêt de fa caufe, & fe
venir.
quelquefois jufqu'à la menace pour Pa2 lorfqu'on lui préfentoit des
étoit en relation avec M. Briffot de Varville. objedions. Ogéseft Ogé --- Page 32 ---
(26)
Angleterre oû M. Briflot a férendu à la nouvelle
à
journé, & c'eft de là qu'il a paffé Saint-Domingue il eff ded
où débarqué fecrétement le 24 o&tobre a
de
le 28 à la tête d'un parti confidérable
gens Y.
couleur, avec un uniforme & une croix. (1)
donc manifefté fon arrivée à St. Domingue
Ogéa finfurreation de fes femblables. Il arrêta deax
par
défarma &
par des
blancsle 29 oétobre 9 les
engagea s'attacher
promelfes Pefclave qui les accompagnoita deux lettres
à fon parti. Il renvoya ces blancs Paffemblée avec
le commandant & pour
provinciale natioECTK Nord, oà il dit avoir follicité à PAffemblée mélés.
nale & obtenu un décret en faveur des fangs du décret
Il y. ajoute que ceux-ci veulent Fexécution force s'ille faut,
du 28 mars, qu'ils y emuploierontla le fort des efclaves ne fait point
affurant toutefois que
partie de leurs réclamations. affaffinerent & pillèLe 29 Ogé & fes brigands Priou habitans, dont les têtes
rent Meffieurs Sicard &
en
de triomfurent portées au bout de piques fignes le bourgphe. Le même jour 29, ils attaquérent
(:) Ogé avoit pris ici la croix du prince avec de Limbourg. cette décora- Il
avoit fait graver fon portrait, oi on de le voit garde nationale, 8: ces
tion, un uniforme de commandant Vincent Ogé jeune > colon de
légendes : VIvIT ET Il aime ARDET. la liberté comme ilfair la défendre. M.
Saint-Domingue,
inutile
je dife qu'ayant trouvé
Il n'eft peut-être
du fceau de l'état, vers
chez M. du
Redenit
de Joly
derdee
d'Ogé, fur le compte duque!
Ia mi-décembre, & lui ayant des parlé
à caufc des dettes
on étoit venu me demander France renfciguemens M. de Joly me répondit
qu'il avoit contraétées en
CC que je iui en marquois
qu'Ogé étoit à Saint-Domingue, qu'il en étoit d'autant plus sûr qu'ilavoit
ma furprife, > ii ajouta
des lettres de lui.
de Joly
derdee
d'Ogé, fur le compte duque!
Ia mi-décembre, & lui ayant des parlé
à caufc des dettes
on étoit venu me demander France renfciguemens M. de Joly me répondit
qu'il avoit contraétées en
CC que je iui en marquois
qu'Ogé étoit à Saint-Domingue, qu'il en étoit d'autant plus sûr qu'ilavoit
ma furprife, > ii ajouta
des lettres de lui. --- Page 33 ---
(27) )
du-Dondon, y tuèrent
rent repouffés. Ogé quelques la réliflance perfonnes; ; mais futroupes & milices du
qui avoient ouverte auix
lui &
marché fans la défedion dun
contre
de couleur qui déclarèrent grand nombre de gens
pouvoit y avoir une grande efiufion qu'il les avoit forcés, il
Pendant qu'Ogé commettoit des horreurs de fang. dans
partie des du Nord,Pincendie dont il étoit Ia caufe failoit la
partie
rOueft, Des Mulâtres de la Petitc-rivière dans la
fe
EETO
che de'Saint-Marc réuniffoient en armes ; On marquand un détachement contre de eux 2 & ils, ne cèdent que
les blancs. Au Sud, mêmes troupes eft venu renforcer
fures: par-tout on trouve des entreprifes rebelles, 2 mênies mearrête 2 par-tout les prifons en font par-tout on en
verneur elpagnol a reftitué Ogé & pleines. les chefs Le de gou- fa
confpiration le
, & chaque infant doit nous
que glaive de la loi les a frappés.
apprendre
Je le demande maintenant, à
de faire accroire gu'Ogé eft parii qui de peut-on fe Aatter
plan &c fans l'avoir
France fans un
ceux qui lui avoient communiqué infpiré les funeftes à quelques - uns de
auront coûté la vie?
erreurs quilui
tions Comment du 28 Ogé qui étoit à Paris lors des infiruc-,
truéions étoient mars, a-til
fe perfiuader que ces inf
un aSRIRL follicité &
en faveur des fangs mélés? s'il le
obténu par lui
arrive t-il furtivement à
croyoit, pourquoi
les vols & les aflaffinats Saint-Demingue ? pourquoi
mation de fa part ? Comment y précédent-ils toute réclace que PANemblée nationale lorfqu'il ne veut
tions du 28
a voulu par les Enqe
Ience contre mars, des emploie-t-il de
la menace & la vioarmée ? dans gens couleur pour les réunirà fon
loriqu'un mulâtre quels du principes a -t-il cru néceffaire,
canton de Caracole, paroiffe de
pourquoi
les vols & les aflaffinats Saint-Demingue ? pourquoi
mation de fa part ? Comment y précédent-ils toute réclace que PANemblée nationale lorfqu'il ne veut
tions du 28
a voulu par les Enqe
Ience contre mars, des emploie-t-il de
la menace & la vioarmée ? dans gens couleur pour les réunirà fon
loriqu'un mulâtre quels du principes a -t-il cru néceffaire,
canton de Caracole, paroiffe de --- Page 34 ---
(28)
la Grande-rivière, refufoit de marcher avec
menacer de tuer fes enfans à fa vue & Jui, de le
ce forfait qu'il complète par la mort de ce exécute-t-il père
infortuné'Pourquor enfn lorfqu'il ditdans
trop
qu'il ne veut pas toucher au fort des efclaves, feslettres
ilfes brigands en prenant des efclaves & notammentle ,groffitmulâtre Hyacinthe appartenant à M.
habitant de la Grande-rivicre?
Bonamy,
Mais tous ces points n'offrent plus de difficultés
dès qu'on le refouvient qu'Ogé a été
Varville. préchié, promené par Mefficurs de Joly endodsine, & Briffot de
les
Lifez ce que ce dernier ne ceffe d'écrire fur
gens de couleur & que d'autres répètent, &
s'iy a des rapports entre la conduite de
jugez
qui va mettre en péril une grande colonie & Thomme ceuxqui
Fexcitent par leurs confeils perfonnels, ou par leurs
dangereufes opinions? ?
Qu'on rapproche maintenant de la dodrine des'
amis-des-notis, tout cequis'eft paffé aux colonies depuis plus'de 18 mois de la part des' affranchis & des
efclaves, & qu'on doute après f ce n'eft pas l'effet
néceffeire de leurs démarchés. de leurs écrits. Par-tout
cel font leurs mazimes qu'on invoque ; on
ce qu'ils difent ici; lcs infurredions
répète là
eCmme leurs attaques cn Europe; ; sy les reproduifent hommes de
couleur qui font on France propagent leur
par leur correfpindance, &
fyftême
un
retoignementn'ef
obftacle. Je le foutiens, cux feuis ont élevé point des
queflions qui devoient produire un mouvementdont
les fuites n'étoient pas calculables; eux. feuls ont ravi
le repos aux Colons fans avoir rien procuré que des
châtimens & des fiepplices à ceux qu'ils ont
à la révoite; eux feuls ont excité ces alarmes, portés
foupçons qui font toujours prêts à faire nattre des , me. ces,
fures violeites ; eux feuls en un mot menacent en- --- Page 35 ---
(29)
core les colonies & Pétat entier des
& en le prouvant j'aurai encore occalion plus grànds de maux;
ce font eux qui nous tiennent fous le montrer
rput 1789.
couteau
S: II
La France court les plus grands dangers f l'on ne fait
ceffer les nouvelles déclamations 6 les
pas
quelques amis-des-noirs.
mouvemens de
Je
de cesamis-des-noirs commenceraipar attaquerle peu de bonne foi
droits gu'ils n'ont
qui impriment dans certains enclavage; dans d'autres point en vue la deftruéion de Pefencore venu
ce
que le moment n'en eft pas
terme qu'ils prétendent qui fans fuppole doute qu'il viendra au
dant nous parlent ailleurs de leurs fixer,& fermens cepenprendre
ne
6 les
pas
quelques amis-des-noirs.
mouvemens de
Je
de cesamis-des-noirs commenceraipar attaquerle peu de bonne foi
droits gu'ils n'ont
qui impriment dans certains enclavage; dans d'autres point en vue la deftruéion de Pefencore venu
ce
que le moment n'en eft pas
terme qu'ils prétendent qui fans fuppole doute qu'il viendra au
dant nous parlent ailleurs de leurs fixer,& fermens cepenprendre
ne de repos, qu'une loi n'ait détruit la traite pas &c
Pelclavage. duire
Ils ont encore imaginé de tâcher de
en feignant de féparer la caufe des
fécouleur de celle des
hommes de
comptent
elclaves, & ce piége groflier ils
la totalité qu'on de leurs ne Tapperçoit pas ? Moi, j'embrafle
leurs démarches
vues fur lefquelles On verra que
2! Une vérité obliques ne m'ont pas trompé.
c'eft quele bonheur afligeante
tousles coeurs lenlibles,
terre
n'eft en nul endroit
Robaune
,le partage de Phomme. En vain,
de la
ficiens pour créer un tableau
à 2 les métaphyames purement contemplatives. propre fatisfaire les
état de nature où les befoins ne naiffent 2 Ont imaginé un
moyens de les fatisfaire, 2 où le defir eft qu'avec lés
aux facultés 2. - où les paflions
toujours égal
vertus ou des jouiflances
n'engendrent que des
pures : mais cette éxtafe du --- Page 36 ---
( 30-)
beau idéal s'évanouit bientôt, parce que notre foibleffenous avertit que nous avons été créés pourlétat
focial & par conféquent pour la dépendance. Qu'on lon
jette les yeux fur le globe entier 2 & par-tout Par-tout
trouvera la démonftration de cette vérité. définirla loi des
les conventions fociales,qu'on peut reffentent
forces naturelles mifes en commun ,fe
plus
ou moins de Pimperfedion de Phomme
pendant mêler
tourmente va
parce que notre foibleffenous avertit que nous avons été créés pourlétat
focial & par conféquent pour la dépendance. Qu'on lon
jette les yeux fur le globe entier 2 & par-tout Par-tout
trouvera la démonftration de cette vérité. définirla loi des
les conventions fociales,qu'on peut reffentent
forces naturelles mifes en commun ,fe
plus
ou moins de Pimperfedion de Phomme
pendant mêler
tourmente va cette vie tranfitoire s'agite. 2 des fe fiècles. Heureufes les
fa pouffière à la pouffière
inftitutionsqui difpenfent avec leplus d'égalité pollible dans le
la fomme de bien que le fort leur a accordé diverfes fopartage inégal quril en fait entre les
abfolu
ciétés ! Mais vouloir qu'ilyait un bonheur
qui
foit l'apanage de tous 2 foutenir que c'eft Punivers fe livrer entier à
peut avoir une félicité commune,
pour bafe.
une abftraaion qui n'a que Pimagination Pon
de réaVouloir enfuite à tout prix que
s'occupe
lifer ce plan, & tourmenter des hommes parce
de
c'eft fubfituer
Ea
leur eft impoffible
l'adopter; mille fois moins
defpotifme à un autre defpotifme la chimère des
dangereux. Telle eft cependant
amis-des-noirs. En remontant jufqu'au berceau du monde en quel- de
que- forte, 2 on y, trouve des traces de de toutes l'efclavage, & la
cette inégalité la plus frappante eft le réfultat de RT
facile à expliquer 2 parce qu'elle, connue. Il eft avéré
force qui eftla première les nations puiffance Pont connue. Moife,
que prefque toutes
& religieux, s'occupa de
ce légiflateur philofophe
les
célebres de
Padoucir 2 & les deux républiques plus
T'antiquité avoient des efclaves. le lis dans Clarkfon ) dans.
Ce que je dis ici, Ramfay je eux-mêmes, & ces fources
Benezet, Sharp &
ne font ni inconnues,nif fufpedtes aux amis-des-noirs.
qui eftla première les nations puiffance Pont connue. Moife,
que prefque toutes
& religieux, s'occupa de
ce légiflateur philofophe
les
célebres de
Padoucir 2 & les deux républiques plus
T'antiquité avoient des efclaves. le lis dans Clarkfon ) dans.
Ce que je dis ici, Ramfay je eux-mêmes, & ces fources
Benezet, Sharp &
ne font ni inconnues,nif fufpedtes aux amis-des-noirs. --- Page 37 ---
(31)
Tout le mondé fait encore & Clarkfon le
lirruption des nations du nord dans
répète, que
introduifit en Europe une nouvelle Pempire romain
dont les reftes fubfiftent encoré efpèce d'efclavage,
en Pologne. Il ne faut qu'ouvrir Phiftoire en Danemarck &
ver à chaque inftant, des preuves de
pour trouabfolu de certains hommes à
P'afferviflèment
falloit foumettre cette obfervation dautreshommesse à des calculs & s'il
goureux, le total des hommesjouillant d'une
riréelle, fe trouveroit renfermé dans des
liberté
étroites.
lignes bien
Pour me borner à l'objet aduel,je dis encore avec
Clarkfon, qu'avant que les
les premiers en Afrique, les Portugais de n'abordaffent
de la terre connoiffoient
peuples
cette partie
chez eux des caratères T'efclavage qui a toujours eu
nulle autre contrée.
encore plus hideux qu'en
Cet efclavage de FAfrique fubfiftoit donc
qu'il fàt queftion de la découverte de
avant
puifque ce fut vers 1503 feulement qu'on TAmérique, introduifit
quelques négres dans lile elpagnole.
bliffemens Je n'apprendrai farement à perfonne que les étafrançois aux iles de
ne
que de 1626,&
conféquent TAmérique. datent
gres ne nous a eDOeO connu
que de l'emploi des néles Efpagnols. J'ajouterai que les pluis
I20 ans après
mais été chercher des efclaves que
Colons n'ont ja-
:ce font les
en Afrique 5 mais que
Européens qui nous les ont
que ce commerce a toujours été favorilé apportés &
&
par Fadminiftration du
protégé
e Il réfulte de ces faits royaume. que nous
des
:claves fous la garantie du gouvernement poffédons & de la foi ef
-publique priété 3 depuis plus de 160 ans ; que cette
du eft, quant. au. titre ;la même que toutes-celles proroyaume, & qu'elle veut les
mêmes égards ?
que
Européens qui nous les ont
que ce commerce a toujours été favorilé apportés &
&
par Fadminiftration du
protégé
e Il réfulte de ces faits royaume. que nous
des
:claves fous la garantie du gouvernement poffédons & de la foi ef
-publique priété 3 depuis plus de 160 ans ; que cette
du eft, quant. au. titre ;la même que toutes-celles proroyaume, & qu'elle veut les
mêmes égards ? --- Page 38 ---
(32).
1 Mais, dit-on, un homme ne fauroit-être la prôpriété d'un autre homme. J'ai déja répondu : contemplez Punivers & réfléchiffez. Fajoute pour les philanthropes, vrais ou faux, pour. les hommes fyfté- mafmatiques vous ne devez pas commander les
facres Tous le prétexte de réalifer des hypothèfes purement philofophiques, que ces maffacres eux-mêmes
feroient évanouir. Vous avez la faculté de déplorer
les misères de Phumanité, de gémir fur les hommes injufticess à la
vous pouvez 2 vous. devez engager les
conforpaix, à Punion, les rappeler à des principes calculé les
mes aux vôtres, mais après avoir
poffibilités : voilà le triomphe que vous devez. le réalifer chercher.
Ah ! s'il ine falloit plus qu'un voeu pour des amis de
1 On m'objede que c'eft un devoir pour habitent un emThumanits 2 d'appeler tous ceux qui
la liberté eft
pire à la jouiffance de la liberté, 2 lorfque les amis-desjabafe de fon gouvernement, & qu'ainfi
afin
noirs doivent infifter auprès du corps legillatif, ont
quil adopte leurs vues & qu'il effectue ce quils
penfé. Il eft indifpenfable qu'on me permette cette queftion.Le'corps légillatif voudra-t-il fubitement ce chanigement ou le préparera -t-il par des mefures qui me
puillent le rendre graduel ? Des amis e des-noirs accordée
-difent avec la franchife que je leur ai déja
fur ce point, que Pon fentla néceflité de n'employer tilsfe
des moyens fucceflifs, & qu'en ce moment
bornent que
même à folliciter que. les hommes de couleur foient traités comme les blancs dans , iles perfuadés coloque le rétablillement fruit de la de paix ce nouvel ordre de
niesi,fera le premier
elle-même dénou-
-choles, & que cétte paix préparéra deftinés aux efclaves. Moi
vélles-voles aux bienfaits
aux muje vais établir rquer leurs projets rapportés
lâtres
flifs, & qu'en ce moment
bornent que
même à folliciter que. les hommes de couleur foient traités comme les blancs dans , iles perfuadés coloque le rétablillement fruit de la de paix ce nouvel ordre de
niesi,fera le premier
elle-même dénou-
-choles, & que cétte paix préparéra deftinés aux efclaves. Moi
vélles-voles aux bienfaits
aux muje vais établir rquer leurs projets rapportés
lâtres --- Page 39 ---
(33 )
lâtres auroient les mêmes effets que leur
bolition de l'efclavage.
fyftème d'aAvant de me livrer à cette
me foit permis d'expofer ici des démonfiration, faits
qu'il
ce que nous & les homines de couleur qui feront voir
les uns à l'égard des autres.
nous fommes
Les premiers François qui s'établirent aux
nies, contens de peu, plus guerriers
colofongeoient pas aux richefles du fol; qu'agricoles,ne mais des
pagnies de commerce fpéculèrent fur les
comd'une terre fertile. Ce fut au fein du royaume produétions
conçut Pidée de charger les Africains de
qu'on
les champs de TAmériques ce fut en France, féconder
profit de la France, quel'pn concerta tout , pour le
fut. la Frapce quife réferva le
ce plan. Ce
commerce, c'éft la France ptivilége exclufif de ce
c'eft la France quia a voulu
en a eu le bénéfice, 2
a
que nous euffions des efclaves. qui tout réglé pour
Leur nombre a été long-tems
mais il en exiftoit. à peine
peu confidérables
gèrent
par-tout les colons fongré. C'eft donc
&c chacun
à
EROEETE
aux colons que cette heureufé Fexerça fon
appartient, Le
c'eft aux colonies qu'elle a été réalifée. penfée
gouvernement ne sinquiétoit pas de cet
important, 2 lorfqu'en 1682 les trois cours
objet
de Sain-Chilophe. la Martinique & la fouveraines
compofées de magiftratsGuadeloupe
offrir un projet de loi, fur colons,fe la police concertant des
pour
inférèrent des articles pour favorifer les efclaves, y
mens. C'eft ce projet qui a produit l'édit affranchilleconnu fous le nom de code noir.
de 1685,
Cette loi en donnant un caraétère légal à
chiflement, l'autorife par tous les aétes
l'affranteflamentaires 2 & lé permet aux
entre - vifs ou
de 20 ans. II feroit difficile de mineurs fuivre dès Fage
Confidérations préfentées aiu amis, Gc. C dans cha
pour favorifer les efclaves, y
mens. C'eft ce projet qui a produit l'édit affranchilleconnu fous le nom de code noir.
de 1685,
Cette loi en donnant un caraétère légal à
chiflement, l'autorife par tous les aétes
l'affranteflamentaires 2 & lé permet aux
entre - vifs ou
de 20 ans. II feroit difficile de mineurs fuivre dès Fage
Confidérations préfentées aiu amis, Gc. C dans cha --- Page 40 ---
(34)
que colonie les effets de cette loi; mais je les confidérerai dans celle de Saint-Domingue la plus confidérable de toutes, & celle où les hommes de couleur ont commis les excès les plus coupables.
Les affranchis ont été trop peu nombreux ou
pendant les dernières années du fiècle
LCE
épars, dent,
les dénombremens en faffent mention.
Mais celui pour rate 1703 fait voir qu'ils étoient environ I5o
recenfés à Saint-Domingue.
des
& intenEn 17II, une ordonnance
général
dant proferivit tout affranchiffement qui n'auroit pas
eu leur approbation. Le Roi canonifa cette difpolition
même la confifcation des efen 1713, & prononça de
de cette formalité.
claves en cas
négligence à la néceffité de
la
Pour échapper
prendre permiffion des adminiftrateurs avant d'affranchir, on fit baptifer des enfans comme nés d'une affranchie; & ce
fubterfuge avoit été long-temps heureux, lorfqu'une
ordonnance de 1736, en défendant de donner cette
qualification fans preuves, rendit ce moyen impoffi- faifoit
ble, & 'même dangereux par les peines qu'il
encourir. Ce fut à cette époque, où il fe trouvoit plus de
deux mille affranchis, que le gouvernement imagina fixée
d'exiger du maître une fomme arbitrairement de
pour chaque affranchiflement, fous le prétexte
faire ceffer ou de punir un commerce illégitime. Alors
on recourut à toutes les voies pour tromper cette
réfolution fifcale; & malgré les entraves & la rigueur
des taxes. 2 le nombre des affranchis fut porté à quatre
mille en 1750.,
n'étoient pas les moins
nombreufes. Les ibertér-tefamentaires En vain, des fcènes d'horreur, inventées
par la plus noire ingratitude, les avoient chacun fait prof- fait
crirc : rien n'a pu en détruire Teffet; &
ors
on recourut à toutes les voies pour tromper cette
réfolution fifcale; & malgré les entraves & la rigueur
des taxes. 2 le nombre des affranchis fut porté à quatre
mille en 1750.,
n'étoient pas les moins
nombreufes. Les ibertér-tefamentaires En vain, des fcènes d'horreur, inventées
par la plus noire ingratitude, les avoient chacun fait prof- fait
crirc : rien n'a pu en détruire Teffet; & --- Page 41 ---
(35)
que, jufqu'à ce moment, les colons
cette loi à refter muette, en
avoient forcé
forte par Popinion, les héritiers flétriffant, avides
en quelque
toient de T'invoquer.
qui fe permetEn 1764, fe forma ce
dans
on appeloit une affemblée gue, coloniale l'ancien à
régime,
gue. Elle s'éleva avec force contre la taxe Saint-Domin- des
chiffemens; mais les adminifrateurs,
affrantout,fe contentèrentdela: réduire de qui pouvoient
& en 1775 elle a été
deux cinquièmess
du Roi.
augmentée par une ordonnance
Les gouverneurs des illes
cordé des aftranchiffemens à des étrangères avoient acfoit paffer un inftant fur leur territoire; individus qu'on faichillemens furent déclarés nuls. e mais ces affranUne dernière reffource
ner en France les efclaves s'offroit; c'étoit celle d'amemais bientôt on a vu des qu'on vouloit rendre libres;
du royaume leur en interdire prépofés l'accès, dans tous les ports
damné à un célibat éternel ceux
& l'on a cond'Argus, en défendant de marier en qui trompoient tant
de couleur.
France les hommes
Ou je m'abufe
feul ne fauroit être étrangement, démenti, ou ces faits dont un
lons une volontéinvariable de prouvent dans les CO6
Et veut-on s'en convaincre multiplier les affranchis.
c'eft qu'en 1703, comme
Pai une preuve évidente?
Saint-Domingue
F" d't, ils n'étoient à
& que le recenfement que Igo de inferits fur'les recenfemens,
Dira-ton avec M. l'abbé 1790 les porte à'z 24,848.
Grégoire (1), que cette
gens (i), de Il prétend couleur 9er font de 1779 à 1787, c'eft-à-dire en huibans, les
7055à19,632,
alugmentés par leur feule population de -.
C 2
omingue
F" d't, ils n'étoient à
& que le recenfement que Igo de inferits fur'les recenfemens,
Dira-ton avec M. l'abbé 1790 les porte à'z 24,848.
Grégoire (1), que cette
gens (i), de Il prétend couleur 9er font de 1779 à 1787, c'eft-à-dire en huibans, les
7055à19,632,
alugmentés par leur feule population de -.
C 2 --- Page 42 ---
(36)
augmentation, qui furpafle toutes les poffibilités, n'eft
due qu'à la propagation des gens de couleur? Le
climat des Antilles interdit de pareils
fur-tout
celui des Saint-Domingue, qui eft progrès, favorable
aux enfans.
tres-peu
Et d'ailleurs, 2 pourquoi les feuls affranchis
veroient-ils des influences auffi bénignes?
parce qu'ils
de la
Redeoe
jouiffent
liberté? En 1681 ily avoit
4,000 blancs à Saint - Domingue, & en 1790 il ne
s'en trouve que 30,000.
En 1O9 années, les blancs, continuellement recrutés par des émigrans d'Europe ont pu arriver à
peine à un peu plus du feptuple a leur" nombre; &
les affranchis en 87 ans fuivent une progreflion de I
à 166, c'eft-à-dire près de 35 fois
celle des blancs. Aquila doivent-ils
rapide A
nous
Elty
colons.
nous,
ahs
Que Pon confulte les comptes rendus de
Padminiflration des finances de
les dernières années, & l'on verra Saint-Domingue, que nous pour
fons annuellement dans cette colonie un demi-million dépenpour faire des affranchis; & fans doute notre renoncement à la valeur des efclaves qu'on met dans cette
claffe fupérieure, équivaut bien à un autre demimillion (1).
(*) Ce je viens de dire de la multiplication des
prouve Ceticin eit fautive Parithmétique de M.
affranchis,
dans fà nouvelle brochure, foutient gu'iln'y a Raymond, à
mingue 200 hommes de couleur
pas
SRENL
nègres libres plus de 1OOO font nés nés efclavés, de mères & hors de I5oo
fervitude. Et
j'offre
de la
A1
moi,
de prouver à M. Raymond, par
authentiques, que depuis 178; feulement jniqu'en
pièces
fivement, on a affranchi 1765 individus à
1789 incluy gui ne veut pas gu'il s'en trouve 700 qui Saint-Domingue, aient été
lui
ment efclaves,
originaire-
plus de 1OOO font nés nés efclavés, de mères & hors de I5oo
fervitude. Et
j'offre
de la
A1
moi,
de prouver à M. Raymond, par
authentiques, que depuis 178; feulement jniqu'en
pièces
fivement, on a affranchi 1765 individus à
1789 incluy gui ne veut pas gu'il s'en trouve 700 qui Saint-Domingue, aient été
lui
ment efclaves,
originaire- --- Page 43 ---
(37)
J'ofe le démander maintenant; quelle défaveur une
pareille conduitepeut-elle attireraux colons?Sonimes.
nous donc coupables pour avoir fait des affranchis,
lorfque la France ne nous avoit donné que des efclaves? Et c'eft en France qu'on nous accufe? C'eft
en France que Pingratitude des hommes de couleur
a trouvé des panégyriftes? Qu'on me montre donc
dans l'étendue du royaume un lieu où le bien fe
fafle d'une manière auffi difficile & auffi coûteufe.
Après avoir démontré que c'eft hous qui avons fait
dés. affranchis, & qu'ils n'ont ànous reprocher
des bienfaits, revenons à ce que l'on prétend que
eux.
exiger
pour
Je m'attache d'abord là ce qu'on veut appeler leurs
droits.
Suivant MM. Grégoire. Péthion & Briffot,
font libres, ce titre exige leur aflimilation aux
Je réponds
ENCNRN
qu'ils font libres par une conceffion
tiennent de notre munificence. En vain imagine-t-on qu'ils
la diflinaion très-fingulière de ceux qui ont été
fonnellement affranchis & de ceux qui font nés ER
franchis; elle eft nulle quant à nouis,,
nous'
avons appofé à T'affranchillement des parce conditions que
s'étendent furladelcendaince, & qu'étantlès smattres gui de
ne pas faire d'affranchis, nous l'avons été auffi de
n'enfaire qu'avec des'conditions.
P Alrzrioskesyadasoocremkentoshilondilye
franchifement, & demandonsà ceux qui argumentent
de-la liberté des gens de couleur, pourquoi en France
où la conftitution a pour bafe la liberté & Tégalité,
touslesindividus ne font pas citoyens adtifs,
éligibles. Je fens bien qu'on me dira qu'ils cledeurs,,
le devenir. Sans doute ils en ontla poffibilité peuvent morale,
cependant fe difimule-t-on que jamais ils n'y
viendront tous. Mais les juifs pourquoi éprouvent Fit,
C 1 3
onsà ceux qui argumentent
de-la liberté des gens de couleur, pourquoi en France
où la conftitution a pour bafe la liberté & Tégalité,
touslesindividus ne font pas citoyens adtifs,
éligibles. Je fens bien qu'on me dira qu'ils cledeurs,,
le devenir. Sans doute ils en ontla poffibilité peuvent morale,
cependant fe difimule-t-on que jamais ils n'y
viendront tous. Mais les juifs pourquoi éprouvent Fit,
C 1 3 --- Page 44 ---
(38)
dans quelques lieux, une réfiftance prefque invincible
obtenir la jouiflance de ce qui leur eft accordé?
Cependant pour
rien d'extérieur ne s'oppofe à ce que des
juils foientmélés &confondusavec les autres citoyens, la
tandis que nous ne pouvons pas leur empècher que & ne
couleur des affranchis ne rappelle
origine,
réveille toujours dans ceux avec lefquels cette origine
eft commune 9 l'idée dela fervitude. hommes de couleur de
On fait aufli un titre aux M.
un tiers des
ce qu'ils poffedent, felon
Grégoire, 2
biens des colonies, & felon M. Pelion un quartfenlement.Je ferai, en paflant, cette réponfe fort courte:les
colonies font entref annuellement dans le royaume
millions de denrées; les gens de couleur
pour 240 la bouche d'or de M. de Joly, ont
parlant par rien donner) fix millions de don gratuit
offert (fans
commele quart deleurrevenu;
STAfembicenasonale,s
je laifle à faire de ces 24 millions (que j'attefte colonial. qu'ils .
n'ont pas) le tiers ou le quart du produit de moitié, offre un
Mais ce revenu réduit encore les hommes de couleur le
Et de qui
capitalimmenfe. tiennent-ils, eux
étoient à peine 200 au comdu
Eft-ce de leur induftrie e? Elle
mencement
aief
dife M. Petion, auffi bien que
eft connue. 2 quoi qu'én le
& le
de vie auquel
leur penchant
femmes repos de leur genre claffe. Cette fomme
fe confacrent
Erte
confidérable eft prefque toute entière le fruit de nos
foiblelfes, de nos bienfaits, & c'eft pour les payer
prétend nous diger des loix? de m'arrêter à ce
se crois qu'on me difpenfera
de couleur aiqu'affure M. Petion, & les les gens François, fans doute
ment beaucoup la
REatr
qu'on en induife, que les blancs ne leur font
lui demanderai feulement, fi,
ROTRE
Eor attachés.Je
les ennemis de Pétat nous attaquent, nous reftons
foiblelfes, de nos bienfaits, & c'eft pour les payer
prétend nous diger des loix? de m'arrêter à ce
se crois qu'on me difpenfera
de couleur aiqu'affure M. Petion, & les les gens François, fans doute
ment beaucoup la
REatr
qu'on en induife, que les blancs ne leur font
lui demanderai feulement, fi,
ROTRE
Eor attachés.Je
les ennemis de Pétat nous attaquent, nous reftons --- Page 45 ---
(-39 )
fpedateurs, en nous bornant à envoyer les gens de
couleur au combat.
&
Ies
Un argument plus fpécieux, en
hommes de' couleur, &c MM.
&
patearee NIRES
répétent aliernativement, c'eft que parl'édit de 1685
Louis XIV a fait les affranchis citoyens : examinons
ce fait.
fouveraines de
colonies
J'ai dit que les cours
3 dont la
avoient concouru au projet du code noir,
bafe a été prife dans les divers réglements des. gouverneurs & intendans ou des confeils fouverains de
mais il ne leur étoit jamais venu
ces mêmes colonies;
à l'idée de rendre les affranchis égaux aux blancs (1).
Cependantles hommes de couleur foutiennent, ou
plutôt leurs partifans difent
eux, que Louis XIV
un article de' cet édit
les a réputés citoyens
par
EC1ES
(i) MM. Patoulet &c Begon, intendans, envoyèrent, à l'appui de
des mémoires dont parle le préambulc de l'édit, & que
j'ai ce projet, fous les yeux. Celui dc M. Patoulet, du 20 mai 1682, ne
dit même
un mot des affranchis; mais celui de M. de Ecgon, 3
du I2 EL 1683 en propofant, comme lcs colons, Pauront permettre librement P'afitranchiflement, dit : Que ceux qui
des
obtenu feront réputés libres, ej jouiront DES PRIVILÉGES des leutres de
autres habitans , fans être obligés de prendre
nasuralité, encore qu'ils fiffent 1és dans les pays étrangers.
Or; par ces priviléges, 2 M. Patoulet n'entendoit furement
aux blancs, & en voici la
A
Taflimilation individuelle
preuve,
dans lc même mémoire, il propofe un autre article, en ces
que,
termes : les
libres
feront
volant des volailles
( Que nègres feront
qui de leur liberté, furpris, & adjugés à l'hôpital
> & légumes, 2
privés
>, du lieu oi lc vol aura été fait. >
Affurément la tête qui a conçu cet article ne logecit pas la penfée qu'un affranchi dût être confidéré comme un blanc.
(3) ART. $9. G Oaroyons aux affranchis les mêmcs droits,privilé-
> ges & immunités dmtmuiratupnfecnto libresjvoulons
G4:
, furpris, & adjugés à l'hôpital
> & légumes, 2
privés
>, du lieu oi lc vol aura été fait. >
Affurément la tête qui a conçu cet article ne logecit pas la penfée qu'un affranchi dût être confidéré comme un blanc.
(3) ART. $9. G Oaroyons aux affranchis les mêmcs droits,privilé-
> ges & immunités dmtmuiratupnfecnto libresjvoulons
G4: --- Page 46 ---
(40)
dans la pleine acception de
&
fible de leur en contefter les cemot, droits. qu'il eft impof
L'hiftoire d'aucune de nos colonies
T'exemple d'un feul homme de
ne nous offre
çant une charge
couleuraffranchi, exerpublique, avant Pédit
ayant par conféquent l'exercice des
de 1685, &
du citoyen (I).
droits politiques
Il ne s'offre point de trace qui
çonner que le préjugé ait été affoibli puiffe faire
affranchis forment
par lui.
Pitc
féparée, même dans toujours les
une claffe diftinae &
jugemens conftatent dans dénombremens, les
& plufieurs
regardoit conflamment
différentes iles, qu'on
comme une
pour un blanc le reproche d'être de
injure grave
fang-mélé, c'eft-
> qu'ils méritent une liberté
&,
> tant pour leurs perfonnes acquife, qu'clle produife en eux,
> effets gue le.bonheur de la qle liberté pour leurs biens, lcs mêmes
> fujets. >
saturelle caufe à nos autres
confeil (1). En voici du contraire. Lc 5 décembre
un
fouverain de la Guadeloupe
1667,
arrêt du
riage de Jacob Mlichel, blanc, natif 2 prononce de
la nullité du maLaccfti, négrefle libre, & défend à tous Flandres, & de Maric
blancs avec des noirs, & à tous notaires prètres de maricr des
fans un ordre cxprès du
d'en dreffer des contrats
de la honte que de parcils gouverneur ou commandant. Le motif
fai celui de ccta arrêt.
mariages répandoient fur les familles,
On MI. fongeoit fi peu à rendre poffible de femblables
quc
de Bans, gowverneur- général des
alliances,
nance du premier août 1669,
illes, par une ordonles négreffeconetbines de leurs confifque, au prefit des pauvres,
Laurent & Régon,
maîtres; ; &c que MM. de'Saintpar une ordonnance Mnigulraceun-pimdoane du 22 novembre
de ces mèmes ifles,
gue, frent la mème difpofition. Voilà 1684, pour Saint-Dominles principes à l'inflant ot Pédit de quels étoient les idées &
lonies,
1685 a été envoyé aux CG-
par une ordonles négreffeconetbines de leurs confifque, au prefit des pauvres,
Laurent & Régon,
maîtres; ; &c que MM. de'Saintpar une ordonnance Mnigulraceun-pimdoane du 22 novembre
de ces mèmes ifles,
gue, frent la mème difpofition. Voilà 1684, pour Saint-Dominles principes à l'inflant ot Pédit de quels étoient les idées &
lonies,
1685 a été envoyé aux CG- --- Page 47 ---
(41)
à-dire provenu d'un homme ou d'une femme de
couleur.
Le IO juin 1705 (20 ans après Tédit), une Ordonnance du roi veut que les hommes de couleur
qui recéleront des efclaves
foient vendus au
profit du fifc, & leur famille eti chez eux. Cette
loi qui eft auffi de Louis XIV, permetselle d'imaginer
aflranchifois devenu Regal d'un ingénu, d'un
? Ou exifte-t-il
RENE
des
une loi qui dife que le blanc
colonies fera vendu comme un efclave?
Lorfque le 4 juin 1720, les adminiftrateurs des
ifles du vent réglèrent un coflume aux affranchis,
étoit-ce
les confondre avec les blancs?
Un Cadirar de 1724; défend les mariages des blancs
avec les noirs, 8c déclare les affranchis incapables
de'recevoir aucune donation des blancs (1); & cependant cette loi fe termine par un article conforme à
celuique l'on trouvefi précieux danslédit de
Il eft donc conftant que le légiflateur a voulu 168; (2).
une barrière politique : barrière qu'on fuppofe élevée pofer
par notre préjugé au mépris de la loi.
tion de J'obferve
lcs colons fe font prêtés fans ccffc à Ia violacctte loi RC les donations.
(-) ART. 54. ( OStroyons aux affranchis les
> priviléges & immunités dont jouiffent les
mémes droits,
> voulons que le mérite d'une liberté
perfonnes nécs libres;
> tant pour lcurs perfonnies
acquifc leurs produife en cux,
)) effcts que Ic bonhenr de la
pour naturelle biens,, à les nes mêmes
>
Ticr
fujets, lc tout cependant aux exceptions caufe
autres
> 52 des préfentes. >
portées par l'article
Ileft évident que ics droits produits parj P'aflianchiffement n'ont
telter, rapport de qu'aux facultés civiles, comme celles de contra@ter, de
a aucune, fuccéder, &c. 2 par oppofition avec l'efclave qui n'en
henr de la
pour naturelle biens,, à les nes mêmes
>
Ticr
fujets, lc tout cependant aux exceptions caufe
autres
> 52 des préfentes. >
portées par l'article
Ileft évident que ics droits produits parj P'aflianchiffement n'ont
telter, rapport de qu'aux facultés civiles, comme celles de contra@ter, de
a aucune, fuccéder, &c. 2 par oppofition avec l'efclave qui n'en --- Page 48 ---
I 42)
Faut-il continuer à parcourir les époques depuis
1724, nous trouverons toujours les mêmes faits &
les mêmes circonftances.
En 1726 le confeil du Cap ordonne la fortie d'une
blanche de chez fon tuteur mulâtre.En I 1733 on affujétit les gens de couleur de Saint-Domingue à fervir
dans la maréchauffée, & le gouverneur de cette COlonie proclame que les fangs-mélés ou méfalliés ne
peuvent exercer aucune charge dans Ia magiftrature"
& dans les milices, & quilcaffera ceux qui auront contrevenu à cet ordre du roi. Par-tout les milices de
couleur font commandées par des blancs; & s'il fé
trouve quelques exceptions d Siu-Doningefelesay
elles y font purement in dividuelles. 5 comme le prouve
une ordonnance du roi du 2 août 1743, faite
toutes les colonies. .Le
le tems
Cabper
port-d'armes,hors
vice. ,lexercice de la médecine &Penfeignement public
leuriontinterdits. Par-tout, même, aux iles de France &
de Bourbon ,leurs manquemens envers les blancs font
févèrement réprimés, & dans la graduation des peines
ils font toujours diflingués des biancs & fouvent
des
eux. Telle eft
TLSTE
peines quine s'appliquent qu'à
que prononce un arrêt du confeil da Port-au-Prince
en déclarant efclave une affranchie qui àvoit caufé i
mort de fon efclave par de mauvais traitemens. faite le
Je ferois frappé cependant de la tentative
1sjanvier 1765 par un gouverneur de St. Domingue, de
qui prefcrit de confidérer comme blancs les gens
couleur à la troifième génération libre, avec dégra
dation de nuance,(ce
eft Ia preuve complétequils fon
n'étoient pas réputés ct fi je ne favois pas que
réglement n'a PU avoir aucune exécution,, d'autant
plus que dans une autre ordonnance 2 datée du
même
il dit que tous les gens de couleur qui
ne CeniEUEr pas dans la légion, perdront lcurliberié,
rit de confidérer comme blancs les gens
couleur à la troifième génération libre, avec dégra
dation de nuance,(ce
eft Ia preuve complétequils fon
n'étoient pas réputés ct fi je ne favois pas que
réglement n'a PU avoir aucune exécution,, d'autant
plus que dans une autre ordonnance 2 datée du
même
il dit que tous les gens de couleur qui
ne CeniEUEr pas dans la légion, perdront lcurliberié, --- Page 49 ---
(43) )
Enfin je ne tarirpis pas, fije voulois
dans 1-s archives de
allerrecueillir
tinuelles de l'intervalle chaque abfolu colonie, 2 les preuves con- 1
- & qui n'a jamais ceffé d'exifler qui a toujours exifté,
hommes de couleur.
entre les blancs & les
les réveries de M. Raymond Que deviennent donc aprèscela
quatre ages de la colonie de qui nous offre avec
gine & les progrès du préjugé Saint-Doningue, (1)?
Pori- I
Mais M. Raymond prétendant faire
gens de couleur à légal des blancs,
confidérerles
preffànt à dire 2 que ce ne feroit 2 avoit un intérêt
ple réintegration dans un état dont pour ils eux qu'une famlement, & dont on les a dépouillés. Mais Ont joui légafa chimère, en établiffant
jai détruit
veillante affiftance des qu'excepté depuis la biencouleur n'ont jamais amis-des-noirs, lés hommesde
les blancs.
prétendu à ne faire qu'un avec
Encore quelques mots fur cet T objet. Une
preuve
ches (1) Suivant lui, au premier age, le
portoit les colons à prendre
manqué de femmes blanleurs concubines 3 & Louis XIV pour époufes les négreffes déja
montrerai s'il veut des recenfemens ordonna bien CeS matiages. Je lui
follicitnde de Louis XIV,
antérieurs à la prétendue
Les Boucanicrs & les Flibufliers &ily verra avoient que fon affertion eft fauile.
l'union conjugale, & Louis XIV,
peu de penchant pour
bien de lcs y contraindre. Il les y gui pouvoit le favoir, fe garda
année des blanches
& invit, s'il en envoyant chaque
riage de I'honme libre eugopéennes; avec fon
permit en 1685 le inacette faculté n'avoit rien
efciave, il avoit fenti, des
3E renouvela-t-il alors la peine produit de la en faveur des bonnes meeurs: 1713,
& de leur progénituge.
confifcation des concubines
C'eft dans ce premier age
M.
terres de Saint-Domingue aux que gens de Raymond couleur, livre les plus belles
dépoffeffion par Tinjuftice des blancs. Mais
pour amener leur
qu'en 1703 iln'y avoit que I5o affranchis à Salut-Domingue, qu'on fe reffouvienné
ouvela-t-il alors la peine produit de la en faveur des bonnes meeurs: 1713,
& de leur progénituge.
confifcation des concubines
C'eft dans ce premier age
M.
terres de Saint-Domingue aux que gens de Raymond couleur, livre les plus belles
dépoffeffion par Tinjuftice des blancs. Mais
pour amener leur
qu'en 1703 iln'y avoit que I5o affranchis à Salut-Domingue, qu'on fe reffouvienné --- Page 50 ---
(44)
phyfique, parlante & aufli ancienne que nos établiffemens coloniaux eux-mèmes,
encore ce que
j'ai dit: c'eft que par-tout les ageE couleur affeétent Par"
dans Ers villes & bourgs.
un quartier particulier
première de toutes les
exemple, à Saint-Chaitophe,la;
avoit le can-.
coloniesà efclaves habitée par nous,ily de la Martiton nommé la Petite-Angole. Au fort-royal
connoit
nique, c'eftle Peri-Brefl.Au Cap François du hafard on ?
la Petite-Guinée. Eft-ce làlouvrage
Mais, &cje le demande à M. Raymond, pourquoi,f & fi tous les
le préjugé ne date que du 38 du 4age,
cette
gens de couleur n'en ont été viatime que depuis
époque, ya-t-il des diftinétions entre les gens de couleur eux-mêmes ?
Un libre de naiffance fe croit fupérieurà un fimple
affranchi. L'affranchi mulâtre méprife l'afiranchi negre,
quoiqu'à Paris ils aient Pair de faire caufe commune,
& de fe coalifer. Is fé féparent dansleurs compagnies notamde milices, dans leurs fêtes. Je demanderai trouvé tant de
ment comment il eft arrivé que Texclufion j'ai
du fpectacle
peine à faire lever en' 1775
libres
les mula
du Cap, donnée aux négrelles
elle,-la
treffes
&
en cédant,
laiure
libres, pourquoi
moins on la
claffe arifocratique a exigé qu'au de forte
la mère féparat 8c
de Pautre par des cloifons,
que cela-arla fille fi elles font de deux nuances bout 2 comme de leurs lorive fréquemment 2 fe féparent au
ges qui font fur des côtés différens ?
les
Peu importe, 9 s'écrieront les amis - des - noits, la
hommes de couleur font la force des colonies,
eft inévitable avec eux, tout eftperdu fi Pon
à leurs demandes, 8c d'ailleurs les CORELEER pas
les
de couleur de la
lons feroient des ingrats,
gens
Martinique ont fauvé cette colonie.
il
Comme la feule idée d'ingratituide me fait mal,
parent au
ges qui font fur des côtés différens ?
les
Peu importe, 9 s'écrieront les amis - des - noits, la
hommes de couleur font la force des colonies,
eft inévitable avec eux, tout eftperdu fi Pon
à leurs demandes, 8c d'ailleurs les CORELEER pas
les
de couleur de la
lons feroient des ingrats,
gens
Martinique ont fauvé cette colonie.
il
Comme la feule idée d'ingratituide me fait mal, --- Page 51 ---
(45)
faut
je commence par la repouffèr, moi
fuis
né gER
moi qui repréfente cette colonie. qui
Il'eft faux que
planteurs de la
foient
Reeeter
les obligés des mulâtres; ce fontles Martinique mulâtres qui font
leurs obligés, Pourquoi cette colonie eft-elle auffi
cruellement déchirée ? parce que les planteurs, ont
Et marché en armes contre St. Pierre le 3 juin dernier.
qu'y alloient-ils faire ? fauver des tourmens
cent-vingt & quelques mulâtres, 2 chercher les bourreaux d'un grand nombre de mulâtres pour les faire
punir légalement. Quelle caufe a produit linfurrection aéuelle ? la volonté ade fauver du fupplice les
aflaflins des malâtres; & n'eft-ce pas pour avoir
le partide ces mulâtres fi horriblement traités,
planteurs
RE:
éprouvent la guerre civile depuis que mois?
Oà eft maintenant le bienfait ? où doit être 5
noiffance ?
làreconOn menace les colons de la révolte des
de
couleur? Nulle part, pas même à
gens
ils ne font en état de foumettre leurs Saint-Domingue, &
leurs crimes ne feroient ni heureux, bienfaiteurs,
au contraire
des
2 ni impunis. C'eft
égarés,
parce que
amis - des- noirs les ont
parce qu'iis les ont pouffés à la
plufieurs d'entre eux ont fouffert la mort révolte, en
trant leur
risndue
impuiffance. Mais c'eft trop
tems
s'occuper de ce qui n'exifte pas. Nonles long- de
leur n'ont pas les intentions que les gens cou-
& quelques mulâtres faétieux cherchent amis-des-noirs à leur faire
fuppofer. Par-tout où ils ont cédé à desinfinuations
perfides, ils ont été démentis par des hommes" de
leur claffe même. Par-tout où ily a eu des féditieux
on a trouvé auffi des Cafaing J des Bonnaud, des
Rouamet 2 des Noël Maurice - Erc.
ble Cependant, felon des amis-des-noirs. , il efti impoffique PAffemblée nationale ne flatue pas fur le fort
amis-des-noirs à leur faire
fuppofer. Par-tout où ils ont cédé à desinfinuations
perfides, ils ont été démentis par des hommes" de
leur claffe même. Par-tout où ily a eu des féditieux
on a trouvé auffi des Cafaing J des Bonnaud, des
Rouamet 2 des Noël Maurice - Erc.
ble Cependant, felon des amis-des-noirs. , il efti impoffique PAffemblée nationale ne flatue pas fur le fort --- Page 52 ---
(46)
des gens de couleur. Voilà le piége 2 &cje le découvrirai, parcé qu'encore un coup 2 ce n'eft pas autre
chofe que Ia demande de la deftruétion de l'efclavage.
Je commence par déclarer qu'ily a long-tems que
ma plume a tracé plus de vérités en faveur des gens
de couleur, que les amis-des-noirs n'ont écrit & débité d'erreurs, & que j'aime à penfer que leur condition recevra de véritables amendemens. J'en aipour
garant ce qu'a déja fait mon pays en les délivrant des
entraves qui genoient leurs divertiflemens; en voulant
leur fervice comme troupes fàt foldé, ,& qu'ils ne
c viflent plus enlever par le fifc la fucceffion de leurs
mères à caufe de leur illégitimité; en annonçant qu'on
verroit naître avec fatisfaation un tems affez propice
pour les décharger d'une capitation qui les humilies
enfin ce
je fens comme tous mes compatriotes, fort
en faveur Pac ces braves mulâtres qui ont uni leur
à celui des planteurs qui avoient empéché qu'on ne
les Mais égorgeit. - eft-ce à PAffemblée nationale à rien prefcrire
à cet égard, fans avoir préalablement un voeu partides
colonies ? Je réponds affirmativement que non, &elle
l'a reconnu elle-mème, par fes déc ets des 8 mars &
12 oétobre derniers, qui montrent la profondeur de
fes vues & fon defir invariable d'aflurer le bonheur
de Une l'empire. foule de confidérations veulent que cette
mefure de prudence ne foit pas violée, car elle ferviroit de prétexte à la défiancé la plus défaftreufe,
puillqu'elle fe rapporteroit au corps conftituant. l'Affemblée
Mais fuppolons pour un moment que
les afnationale voulàt s'occuper de ce qui concerne
franchis; où prendroit-elle les données de fa détermiles
des blancs
nation?elle ne pourroit que &c dans rapprocher lun comme dans
ou les confondre avec eux,
de prudence ne foit pas violée, car elle ferviroit de prétexte à la défiancé la plus défaftreufe,
puillqu'elle fe rapporteroit au corps conftituant. l'Affemblée
Mais fuppolons pour un moment que
les afnationale voulàt s'occuper de ce qui concerne
franchis; où prendroit-elle les données de fa détermiles
des blancs
nation?elle ne pourroit que &c dans rapprocher lun comme dans
ou les confondre avec eux, --- Page 53 ---
f'autre
(47)
cas, elle 23 au danger de fe tromper fur le choix
moyens,
réuniroit un autre
des
core; celui de produire les plus. danger plus grand enfeul qu'elle auroit ftatué.
grands maux par cela
La liberté & légalité, s'écrient
& Briflot, font hors de la conflitution Meflieurs Grégoire
nationale qui n'a pas de pouvoir
; les & PAffémblée
peut par conféquent
pour
régler, ne
comme
elle déléguer ce pouvoir, même
clarer des initiative's, droits nés ne peut, tout au plus,
déCe
avant tout corps conftituant. que
On que j'ai avancé eft donc manifeftement
pourfuit donc cette maxime
yrai?
& elclaves, tout doit devenir égal qu'affranchis &c le devenir blancs
l'Affemblée loir. Tel eft nationale spuifqu'elle fera forcée de levou- malgré
de prétendus l'abyme amis de où nous conduifent les principes
ne veulent pas unir la TPhumanité, caufe des qui en difant quille
celle des elclâves, aiguifent le gens de couleur à
pénètre plus avant.
poignard, afin qu'il
Oui, & je l'ai bien fenti, fi
le malheur de s'arrêter fur le fort PAffemblée des
nationale a
tout eft perdu. Ne fit elle que ce gens les de couleur,
propoferont elles-mémes, fit-elle que
colonies lui
de coup fera porté, Les colons fe moins, fitelle mieux,
s'il eft affreux d'écrire ces mots
croiront trahis; &
plus de fentir qu'ils
odieux, ill'eft encore
affranichis perfuadés expriment une vérité terrible. Les
obtent, parce
par leurs patrons qu'ils auront
parce que les infurredions qu'on ne pouvoit pas leur refufer, 2
avec les mémes appuis & les ont mêmes éclaté parmi eux, iront
dernier terme 3 les efclaves
moyensjufqu'au
amis font communs, & alors, auxquels les mèmes
exiftent, prétendront pour qui les mêmes
aux
moyens
ne feront plus qu'un vafte mêmes fuccès; les colonies
Non, ceforti ne fera
cimetière, & Ia France..
parceluidelempire;r non, quel-
avec les mémes appuis & les ont mêmes éclaté parmi eux, iront
dernier terme 3 les efclaves
moyensjufqu'au
amis font communs, & alors, auxquels les mèmes
exiftent, prétendront pour qui les mêmes
aux
moyens
ne feront plus qu'un vafte mêmes fuccès; les colonies
Non, ceforti ne fera
cimetière, & Ia France..
parceluidelempire;r non, quel- --- Page 54 ---
(48)
hommes que je ne fais comment appeler, ne fe
rendront ques
maitres de fa deftinée; &- puifqu'ils ont
laiffé voir Resr projet, il faudra qu'ii avorte.
font
Oui, les hommes de couleur eux-mèmes faire ne mouici que desinftrumens machine. qu'on emploie Que fais-je pour fi on n'a
voir une plus grande folie
compter fur eux pour faire
poulle la
jufqu'à leur difant, après
en aufervitude, en
qu'on
ERolas
ne rien accorder
roit fait des blancs: (( elclaves pouvez-vous lorfque vous avez tant
> à ces malheureux
fe feroit ainfi un titre
>> obtenu vous-mèmes > 2 &lon
de
de leur prétendue gratitude. Je ne me lafferai
eft
nos
peuvent foupçonner
E
le redire:fi
efclaves il
de ftatuer fur
une puiffance à laquelle appartienne de la volonté de leurs
leur fort, indépendamment
la
les.
maîtres ; fi fur-tout ils acquièrent preuve que s'ils
mulâtres ont recouru utilement à cette puilfances dans
font convaincus qu'ils ne font pusàt notre enfin égard fans
abfolue ; s'ils voient
que
une dépendance les mulâtres font devenus ou doinotre participation,
n'eft plus d'efpoir pour la
vent devenir nos egaux.il fes colonies.
Françe de conferver
effroi, Meflieurs Briffot 8c
Pour faire ceffer notre
& porPéthion nous citent les colonies efpagnoles n'eft citoyen,
tugaifes. Mais dans deslieux ouperfonne &c le defpotifme renou la fuperftition la misère,, êtres nuls 2 on a beau rapprodent preique tous les nullité refte encore le partage
cher les clafles, la
de toutes.
d'Angleterre dit M. Briffot, ne
Le parlement
fur l'état des perà fes colonies
Viatcalids
donne pas
Pargument, en difant : le
fonnes. Je rétorque flatue
fur létat des
ne
JE
point
ment d'Angleterre
Toutes, fans excepohis &c des efclaves aux colonies.
tion,
uls 2 on a beau rapprodent preique tous les nullité refte encore le partage
cher les clafles, la
de toutes.
d'Angleterre dit M. Briffot, ne
Le parlement
fur l'état des perà fes colonies
Viatcalids
donne pas
Pargument, en difant : le
fonnes. Je rétorque flatue
fur létat des
ne
JE
point
ment d'Angleterre
Toutes, fans excepohis &c des efclaves aux colonies.
tion, --- Page 55 ---
(73 )
Il eft prefque douloureux au milieu d'intérêts aufff
grands, d'être forcé de parler de foi. J'abandonne
volontiers vite
les injures purement perfonnelles &
feulement ceux qui me les
examiner ginma vie privée & les principes adreffent,à
maisjefuis attaqué comme citoyen,cce que jy profeffe (1);
queje le défende. On me
titre vaut bien
me vante afex ridiculement reproche,àmoiq qui,dit-on,
tion, comme
d'avoir eu part à la révolupréfident des éleéteurs de
un apôtre de la tyrannie coloniale.
Paris,d'ét:c
Voici ma réponfe : Lorfque la France entière s'erorgueillit de la révolution, lorfque le
eff devenu l'époque d'où
14 juillet 1709
nouvelle pourl la France, pourquoi commence moi à qui une le gloir
(fl'on veut) a diftrituc le rôle le plus extraord hafard
épeut-étrele plus heureux pour la
I que
cette immortelle journée,
chofeput!". le
ne sût pasfentir qu'il aime la liberté? ferois-je Je me fuis feulq:i
vers elle, je Pai failie avec
élanes
étoit cntre elie &
tranfport,lorque l'échaferd
prouvent autant. moi; que mes dépréciateurs Cil
Et fuis-je donc en défcaion dans ma cenduite actuelle? Au mois de juillet
voyoisla France
menacée de deftruaion par 1780,je de abus fans nombre,par
(1) Que ceux qui ont
faifois
France, un trafic d'efclaves,
exemple, à
queje
Ci
fortie de chez moi
Marton, ma
Shrblores
Elle
lc 14 avril 1789, fije l'aivendse à mulàtreff:,
loge rue de Cléri, No, 59. Qn'on aille à la feétion quelqu'sr.
dôme, on y trouvera, à la date du 16 novembre, une deVenprouve, Ia France & fije fuisun maitre hai, & files gens de culeur déclaration
aux
ReEN
Colonies.
p:6
Confidérations préfentées aux amis, éc.
F --- Page 56 ---
(74)
une dette énorme spar tout ce qui peut diffoudre un
empire; alors jai expofé ma tête pour concourir à
fauver P'état. Et aujourd'hui en mars 1791 2 quelques
hommes, aveuglésparje ne fais quels motifs, confpifent contre la profperité nationale 2. veulent Jafciffion
des colonies d'avec la métsopole, la ruine du commerce, de l'agriculture 2. la révolte contre la conftitution, &cje ne me montrerois pas.! Y:eàt-il, comme
alors, mille dangers pour ma vie, elle eft à la patrie, &
je la lui dévoue encore !
MOREAU DE SAINT-MÉRY,
Député de la Martinique à l'Aflembléc nationale. --- Page 57 ---
16.
OPIN TION
DE
M. MALOUET,
SUR la Législation des Colonies 0 3 relativement à l'état des personnes et ak
régime intérieur. --- Page 58 --- --- Page 59 ---
de
Lo5ld
Y2 A - *Y --- Page 60 ---
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