--- Page 1 ---
S
S --- Page 2 ---
L
Habu Carfer Bromi
Lilnary
Brmmi Initrersity
JOHN CARTER BROWN
LIBRARY
Purchased from the
Trust Fund of
Lathrop Colgate Harper
LITT. D. --- Page 3 ---
COMPTE
SOMMAIRE
DE LETAT ACTUEL
DE LA COLO NIE
DE SAINT-D O MINGUE,
RENDU A LASSEMBLEE NATIONALE
Le 26 mai 1792,
PAR M. DE MIRBECK,
Commissaire national civil, déleguéparle. roi aux
islesfrauçaises de LAmérique sous-le-vent 5
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
A PARIS,
DE LIMPRIMERIE NATIONALE.
179 2.
Colonies. No. 29. --- Page 4 --- --- Page 5 ---
N
TISSE M E N T.
FER
à Bordeaux le 10 de. ce mois : j'y
J'ard débarqué d'une manière distinguée, par
ai été accueilli, de tous les états.
les citoyens des amis de la constitution de cette
La société envoyé le même jour une députation,,
ville,m'a
dans son sein,
pour me prier de me transporter
et les
recevoir P'hommage de ses membres, savoir
d'y
de leur satisfaction, de me
témnoignages
j'avois courus en dééchappé aux intérêts dangers de France,, et particulièreles
RAE
fendant
contre les atteintes des
ment ceux du commerce, enncmis du bien public.
Léoparsins et des autres de la' Gironde, No. 134.).
(Foyez le courier
de la marine
Le 11 j'ai écrit an ministre
le
pour
lui annoncer mon retour, et pour choses prévenir de la
des
plira
j'avois à lui apprendre
grande importance. arrivéc à Paris, je lui ai écrit
Le 21, à mon
de l'informer des cirque j'étois très-empressé qui avoient hâté monreconstances impéricuses lui ai demandé un rendez-vous
tour en France : lendemain je
22, dans la matinée;
quil a fixé au
conférence sur les
jai eu avec lui une longue mission.
différens objets relatifs à écrit ma aussi à M. le présiLe même jour 21 j'ai nationale, pour lui expri
dent de l'Assemblée
de mettre sous les yeux
mer le desir que j'avois, tableau fidèle de la sitnatior
de l'Assemblée un
et
actuelle de la colonie de Saint-Domingue, et à
ses
au jour
ASca
je me rendrois à
ordres,
qu'elle me prescriroit. --- Page 6 ---
AFERTASSEMENS
Elle avoit décidé que je serois entendu le lendemain, àla séance du soir.
La discussion qui l'occupoit, ne le permit pas;
on me remit à la séance du jeudi soir : cette séance
n'ayant pas eu lieu, parce que celle du matin
avoit été prolongée, je me suis présenté le vendredi à midi : enfin j'ai été entendu le samedi
soir 2.6.
J'ai adressé, 7 le même jour, au roi, par le
canal du mninistre de larmarine, y une ampliation
de mon compte sommaire à l'assemblée nationale.
Jarprends , avec une extrêine surpiise, que
M. Bertrand, ex-ministre es m'accuse de l'avoir
dénoncé dans ce compte. Ses partisans m'en font
un crime et me calomnient.
J'ignore ce que M. Bertand,(dont je n'at pas
encore parlé, a Crul pouvoir s'appliquer. Si c'est
un crime de dire la vérité et de justifier sa conduite contre les insinuations perfides des prévaricateurs et des traltres,Javouc que je suis coupable: Quoiqu'il en. soit, je me soumets d'avance et
sans appel, au jugement éclairé des. personnes
justes qui prendront la peine de me lire.
crime et me calomnient.
J'ignore ce que M. Bertand,(dont je n'at pas
encore parlé, a Crul pouvoir s'appliquer. Si c'est
un crime de dire la vérité et de justifier sa conduite contre les insinuations perfides des prévaricateurs et des traltres,Javouc que je suis coupable: Quoiqu'il en. soit, je me soumets d'avance et
sans appel, au jugement éclairé des. personnes
justes qui prendront la peine de me lire. --- Page 7 ---
COMPTE SOMMAIRE
DE LETAT ACTUEL
DE
LA ICOLONIE
DE SAINT-DOMING IGUE,
RENDU A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
A1 OE
Le 26 mai 1792,
PAR M. DE MIRBECK,
Commissaire national-civil, dilguéparkeioinus
isles françaises de PAmérique sous-le-vent.
MESSIEURS,
Une grande calamité a bouleversé la colonie
de Saint-Doiningue; elle est dans une confusion
horrible.
Un parti séditieux l'opprime : c'est la faction
A --- Page 8 ---
CE :
2 (2)
.
au nom
des-85 (appetés Leopardins, parallasion en France en
du vaisseau qui ies a transportés de P'assemblée de
lors de-la dissolution criminelle des princi-
)La conduite
tout en
RaNSE
decettefaction mnet
combustion
BERREET agens partie) francaise) de cette malhenreuse
colonie. Nutre,deveir envere la patrie nous a, imposé
del vénir vois informer des abus
Tobligation forfaits dont nous avons éié les témoins.
et des
sicomplices si,ne pouNous, om.aurkins.énenhes. ncus en fussions restés plus
vant les empêcher,
long-temps spectatenrss de eI déguiser la vérité : 5
Nous ne devons pas yous vous éclairer ayeo, fiannous'devons aft contraire de la situation actuelle de
chise sur les dangers
et sur la canse de
la colonie de Satnt-Domingue,
a provo
ces
dangersy que Yasemhtoecolomiste dernier,
qués parmn. de.ses arrêtés du. 5novembre du du même mnois
et par son adresse incendiaire
7 libres, où elle
aux hommes de couleur et de nègres et des concordit, :en parlant des traités
couleur et les
entre les citoyens
t
dats passés
de la province
blancsréunis. des quatoraeiparoisses
de l'ouest: traités arrachés
la force etla perfidie
C Les
par succès
et le
> ne peuvent avoir qu'un
passager,
>> retour doit être terrible.
d'un
en-
> Craignez la juste vengcance ônt été cruelleS
dont tous les inférees"
MORL
tier,
>> ment outragés.
>> Craignez la terrible. 6 ctjnstexengence faite d'nne
si
en
de le,
> colonie tombéer -
Maansant,du
f
dans toute la
de linfor-i
>
profondeur
prospérité,
2 iinot aUU
$2 tune.: -
Alesoto : endagyol zuols
i
'un
en-
> Craignez la juste vengcance ônt été cruelleS
dont tous les inférees"
MORL
tier,
>> ment outragés.
>> Craignez la terrible. 6 ctjnstexengence faite d'nne
si
en
de le,
> colonie tombéer -
Maansant,du
f
dans toute la
de linfor-i
>
profondeur
prospérité,
2 iinot aUU
$2 tune.: -
Alesoto : endagyol zuols
i --- Page 9 ---
(3) 1
le ressentiment inévitable de toutes
S Craignez
et
ont
> les Puissances qui nous environnent,
qui
>> le même intérêt quo nous.
recon-
>> Tremblez sur-tout que vons ne soyez
comme les anteurs ou les complicés
> ns etjugés
et de forfaits >.
> de tant de malheurs
de cette infortunée
Cen étoit fait du reste
colonie, sans le sage décret que vous avez rendu
le 28 mars dernier, et sans les forces imnposantes
en
Texécution,
qui vont partir pour
protéger décret du 15mai
Silon eût pris ce parti
la colonie entière
sauvée.
Eates
1791, Nons en avons été convaincus par les connoissances rénérales que nous avons prises, à notre
arrivée dans D
l'isle ; d'ailleurs nous, en avons trouvé
la preuve écrite dans quatre arrêtés de l'assem- derblée.coloniale, des 5, 6, 14 et 20 septembre
nier. Dans la séance du 5, un orateur a dit: CC On
ne - s'est pas encore occupé du sort des gens de
couleur libres; à la vérité, ils n'ont encore adressé
aucune pétition anx assemblées générales, mais
leur défaut d'ensemble
on ne doitl'imputer qu'à devons
à
entre eux aussi nous ne
pas reprocher
toutes TEtA classes les démarches
quelquesuns d'entre eux ont faites, en
un tribunal
Pantdste
auquel il n'oppartient pas de prononcer(en par- &
lant de Ronaumatnomead
s'il existe,
gui Pafuit insufisamment peut-être,
du 15
en effet, un décret dont on parle, (celni
mai ) et qui n'est pas rendu officiellement >>. à leur
à nous
5 Dans ces circonstances, c'est
ils doivent
continuer la bienveillance à laquelle
dejà leur affranchissement et lours propriétés.
assez
les
de couleur
>> Cé n'est pas
que
gens
A 2
prononcer(en par- &
lant de Ronaumatnomead
s'il existe,
gui Pafuit insufisamment peut-être,
du 15
en effet, un décret dont on parle, (celni
mai ) et qui n'est pas rendu officiellement >>. à leur
à nous
5 Dans ces circonstances, c'est
ils doivent
continuer la bienveillance à laquelle
dejà leur affranchissement et lours propriétés.
assez
les
de couleur
>> Cé n'est pas
que
gens
A 2 --- Page 10 ---
(4)
ayent senti que leur intérêt étoit le même
le
nôtre; ; puisqu'il s'agit de s'opposer à la
tion de
uretoende
leurs propriétés comme des nôtres.
5> Ce n'est pas assez que, dans la partie du
nord, oû est le foyer de T'incendie et du massacre, ils ayent signalé ),
leur ccurage et leur zèle
infatigable : il fant encore qu'ils le fassent
avec la plns entière confiance : et c'est en assurant, des-l-présent, leur sort d'une manière
les satisfasse, etc. >.
qui
Sur cette motion, livrée à la discussion 9 il a
été arrêté, ct Tunanimité, 9 qu'il seroit établi une
Commission pour s'occuper du sort des
de
couleur libres.
gens
Le lendemain 6, l'assemblée coloniale
avoir entendu le rapport de la Commission, après a
autorisé les hoimes de couleur libres, sars Caception, à se réunir paisiblement dans leurs
roisses, et ày rédiger les petitions tendantes
fixer leur
I'T
état.
Par un autre arrêté du. 14, elle a autorisé
ceux qui étoient de service dans les
le salut commun 7 à délibéter par sections caips y
SCTE lcurs paroisses respectives, pour leur von
àinsi émi par sections, > être transmis et fondu
dans le voeu général )
de chacune des paroisses.
Enfin,, le 20 du mnême mnois de septembre 7 et
après avoir délibéré pendant quatre séances 3
l'assemblée coleniale a arrêcé, article
cc qu'ellone s'opposera point à Fexéchtion premier de la 3
loi'du 15 mai, concernant ies homes de COu1lenr libres 9 lersqu'elle sera connue officiellement >.
Article 2, déclare cc que voulant donner anx
hones de coulcurl libres, nés depèreutmere non
20 du mnême mnois de septembre 7 et
après avoir délibéré pendant quatre séances 3
l'assemblée coleniale a arrêcé, article
cc qu'ellone s'opposera point à Fexéchtion premier de la 3
loi'du 15 mai, concernant ies homes de COu1lenr libres 9 lersqu'elle sera connue officiellement >.
Article 2, déclare cc que voulant donner anx
hones de coulcurl libres, nés depèreutmere non --- Page 11 ---
(5)
libres, et qui ne participent pas au bénéfice de
ladite loi du15 mai, une preuve non équivoque
de la bienveillance, qu'ils ont méritée par léur
empressement à défendre la cause pablique, elle
se propose provisoirement, avec Tapprobation et
de M. le lieutenant au sntemnentifnemt: de l'Assemblée
defiunitivement, avec Fapprobation du roi, d'améliorer leur
nationale et la sanction
de ladite loi;
état, aussitôt après la promulgation
intention qu'ellea déjà manifestée, par ses arrêtés
des 5, 6 et 14 de ce mois, etc. >.
Ces quatre arrêtés successifs démontrent bien
évidemment quel étoit alors l'esprit général des
colons en faveur des gens de coulenr. dans la colonie
A cette
on trouvoit
assez.
que le décret ers du
mai n'accordoit
l'Assemle sein même
S
Et en France, dans
blée-mationale - constituante,. on soutenoit que
l'exécution de ce décret étoit impossible à Saint.
la colonie seroit perdue sans
Domingue ; que
le
2 si ce
ressouce 7 et par contre-coup
royaume,
décret fatal n'étoit pas révoqué. -
celui
Ces grandes considlérations ont déterminé
se trouvant en
da 24 septembre dernier,, celui qui du 15 mai, les acopposition directe avec
les citoyens blancs
cords et les traités passés avec
paroisses de
et les citoyensde conleurdes quatorze unefoule de difla province de T'ouest, a faitnaitre l'adresse de l'assemficultés et d'obstacles que
la
blée coloniale du7 novembre, et
juste frayeur
qu'elle avoit dû inspirer aux citoyens de conleur *
rendoient insurmnontables, ou au moins tràs-dif.
ficiles à vaincre.
nous
Tel étoit l'état des choses s lorsque
A 3
oisses de
et les citoyensde conleurdes quatorze unefoule de difla province de T'ouest, a faitnaitre l'adresse de l'assemficultés et d'obstacles que
la
blée coloniale du7 novembre, et
juste frayeur
qu'elle avoit dû inspirer aux citoyens de conleur *
rendoient insurmnontables, ou au moins tràs-dif.
ficiles à vaincre.
nous
Tel étoit l'état des choses s lorsque
A 3 --- Page 12 ---
(6)
sommes arrivés dans la rade du Cap français, le 1
28 novembre.
Nous ignorions 1 3 et on ignoroit encore en
France, lors de notre embarquement à Brest
l'état déplorable ou nous avons trouvé la colonie. 9
Avant d'y descendre 7 nous reçûmes à bord
de la Galathée, qui nous avoit amnenés, deux
dépatations :
L'une de l'assemblée générale coloniale
et
l'autre de l'assemblée provinciale du
3 les
membres de la première portoient des Nerd;
en
noires,
signe du deuil qui affligeoit écharpes toute la
colonie:
Ceux de la seconde portoient des
en
écharpes.
rouges, la
signe du sang qui fiunoit encore sur
vaste plaine di Nord; cette plaine, naguères
si-florissante par ses cultures, et si riche en
ductions précieuses, n'offire plus maintenant prodes ruines et le triste spectacle d'une dévastation que
entière : CI nous la fit appercevoir du
de notre navire.
Remadie
En débarquant, nous ffimes parfaitement bien
accucillis par le peuple, qui s'étoit porté, en
foule, sur le rivage,
Il nous crioit : inéfiez-vous des chefs; tenczvous bien sur VOS gardes, etc.
Sans nous arrêter, nous nous rendimes aux
deux assemblées générale et provinciale
leur témoigner la douleur profonde
3 pour
avoit causée.le récit touchant dcs
de nous la
colonie.
oesates
Nous fimes ensuite chez M. le Génétal, et nous
lui présentâmes nos commissions >
fit
clamcr le surlendemain de notre arrivée. qu'il
pro-
nous crioit : inéfiez-vous des chefs; tenczvous bien sur VOS gardes, etc.
Sans nous arrêter, nous nous rendimes aux
deux assemblées générale et provinciale
leur témoigner la douleur profonde
3 pour
avoit causée.le récit touchant dcs
de nous la
colonie.
oesates
Nous fimes ensuite chez M. le Génétal, et nous
lui présentâmes nos commissions >
fit
clamcr le surlendemain de notre arrivée. qu'il
pro- --- Page 13 ---
(7)
installation
fat fixée an, 3
: Notre
annoncée;
décembre; elle.se fitlavec benucoup-depompe:
Oncrut devoir nous investir alors de tout l'éclat
possible et de tonte la puissence morale, pour
suppléer à l'absence des forces physiques qui
nous manquoient et qui auroient dà nous accomcomme elles ont accompagné les compagner inissaires 2 envoyés dans les antres isles.
: Le jotr de notre instalintion, nous prononçà
mes des disconrs relatifs aux circonstances. de'
- J'annonçai, dans le mien, l'objet principal
notre mission, qni étoit de rétablir Pordre, la
paix ct la tranquillité prbline dans la colonie.
mes
-
J'assurai à Tassemblée coloniale que
collègues et moi, nous ne négligerions rien
remplir efficacement et dans toute SOIL
Tancalcer
nn ministère aussi anguste ; -
avions
Qrre c'étoit une dette sacrée que nous
contractée enyers la' Nation, et que nous l'acquitterions , malgré tous les obstacles qui nous
environnoient.
En m'adressant aux membres de l'assemblée
coloniale, je les exhortai a nous seconder de leur
influence, , à nous aider de leurs lumières, de
leurs connoissances locales, et à s'unir à nous
de coeur et d'affecticn.
Je leur fis sentir, 1°. qu'une communication
franche et ouverte de nos sentimens , de nos.
opinions et de nos travaux, nous conduiroit
infailliblement à d'heureux résultats;
20. Qu'ils avoient besoin du calme de la paix
donner à la formation du code des loisi
pour coloniales, toute l'attention qu'exigeoit un travail aussi important 5
A 4
, de
leurs connoissances locales, et à s'unir à nous
de coeur et d'affecticn.
Je leur fis sentir, 1°. qu'une communication
franche et ouverte de nos sentimens , de nos.
opinions et de nos travaux, nous conduiroit
infailliblement à d'heureux résultats;
20. Qu'ils avoient besoin du calme de la paix
donner à la formation du code des loisi
pour coloniales, toute l'attention qu'exigeoit un travail aussi important 5
A 4 --- Page 14 ---
(8))
C 3°. Qu'il falloit, avant tout s qu'ils
sent du travail relatif au sort des esclaves s'occupas- et' à
l'état politique des gens de couleur;
4°. Que C'étoit uIl puissant moy: T
les esprits et d'éteindre les flammes d'appaiser de la discorde ;
Qu'au surplus, c'étoit le voeu de la loi, d'accord avec celui des bons citoyens.
Je leur ajontai: ne craigncz pas, Messieurs,
que les enpenis de la constitution osent cenirarier un voou si naturel et si respectable; ii savent
ger le roi a juré d'exécuter l'acte constitutionqu'il-a accepté. Sa Majesté en a
les motifs dans une lettre qni ne laisse expliqué
aucun prétexte aux
plns
ditieux
mal-intentionnés ct aux s6P,.
Je leur donnai lecture de cette
à l'Assemblée nationale,
le lettre, portée
par
ministre de la
justice, le 13 septembre dernier.
Le 5. décsmbre, 3 - nous fimes publier une
mière proclemation, contenant amnistie
nérale 2
elIre
invitation à la paix et rappel des
émigrans.
Cette, proclamation fut adressée aux colons,
habitans 5 citoyens blancs, hommes de conleur
et negres Tibres de la partie française de lisle de >
Suint-Domigne.
Des rdisons
politines 2 fortement appuyées
par plusieurs membres de l'assemblée coloniale
déptités vers nons 2 ne permirent
prendre les' ésclaves err - révolte avant pas d'y l'arrivée comnet'le rassemblement des forces suffisantes
les conteniret les soumnettre.
pour
Dansle préaikbule de Ce premier acte de notre
autorité, 2 nous donnâmes aux' colons une idée
de lisle de >
Suint-Domigne.
Des rdisons
politines 2 fortement appuyées
par plusieurs membres de l'assemblée coloniale
déptités vers nons 2 ne permirent
prendre les' ésclaves err - révolte avant pas d'y l'arrivée comnet'le rassemblement des forces suffisantes
les conteniret les soumnettre.
pour
Dansle préaikbule de Ce premier acte de notre
autorité, 2 nous donnâmes aux' colons une idée --- Page 15 ---
(9)
du majestueux édifice de notre sublime constitution et de l'union étroite qui existe, depuis qu'elle
est acceptée,eutre le trône et la nation. le plus
Cette première proclamation produisit
grand cffet dans la colonie.
rétablir Pordre, nous avons
Envoyés pour y
la
humaine
fait, avec zele, tout ce que prudence
ininspirer à des hommes laborieux et bien
peut
tentionnés. En'y, arrivant, nous avons mmanifesté nos vues
à cC
à M. le Général et à
et nos intentions des sujet deux assemblées, en les
tous les membres
de tous leurs
nous
priant de
seconder
pouvoirs. tous
Dès cet instant, il s'établit, entre nous
$
des rapports d'intimité et de confiance, qui nous
promettoient des succès; nous n'avons rien négligé pour Tes obtenir.
la confiance et les
Pour mieux nons assurer
nous lui avons
secours de l'assemblée coloniale,
constamment coinmuniqué nos plans et nos opérations.
notre conduite
dans
Nous avons mis
publique des
la plus grande évidence, afin de prévenir facile de
sonpçons, même injustes, qu'il est si
faire naître quand on veut égarer le peuple.
Nous avons fait imprimer nos écrits et notre
correspondance, et nous les avons toujours distribués anx assemblées , avant de les rendre publics. Une pareille conduite ne pouvoit pas être suselle répondoit d'avance à tontes les impupecte tations ;
pouvoient nous être faites par les
ennemis qui du bien public; et elle nous justifioit
aux yeux de tous les bons citoyens, qu'uné confiance sans bornes avoit réunis autour de nous ;
garer le peuple.
Nous avons fait imprimer nos écrits et notre
correspondance, et nous les avons toujours distribués anx assemblées , avant de les rendre publics. Une pareille conduite ne pouvoit pas être suselle répondoit d'avance à tontes les impupecte tations ;
pouvoient nous être faites par les
ennemis qui du bien public; et elle nous justifioit
aux yeux de tous les bons citoyens, qu'uné confiance sans bornes avoit réunis autour de nous ; --- Page 16 ---
(1o)
Fotre impartialité et notre justice avoient :
miné et fixé cette confiance honorable.
déterL'arrivée des
la
-
Léopardins,
Bacon de la Chevalerie,
tétedesquels étoit
rôles
3 (famenx par les différens
qu'il a joués dans cette colonie) détruisit,
tout-à-coup,de charme qui nous soutenoit et
allégeoit le
qui
- Les
poids de nos travaux.
bons citoyens en furent vivement
la présence de cet homme audacieux affectés :
prenant sembloit devoir aggraver"
et entreC
Pinfortune des
hatlitans; ce présage funeste ne s'est
réalisé. Il est fâcheux pour nous d'être que trop
de dévoiler des faits graves; mais entraînés obligés
la force de la vérité, nous ne devons pas la
simuler; soumis
dr
à la loi de la
-
nous' ne" devons pas nous priver des responsabilité moyens de 9
constater légalement ct notre inaction forcée
etila nécessité impéricuse ou, nous nous sommes ,
trouvés de venir vous informer de Ce
s'est
passé, et" que vous devez avoir
qui
nous paroissions être totalement abandonnés ignoré, puisque de la
France.
Avant de partir, on nous avoit promis de nous
l'avions envoyer un aviso, tous les quinze jours; ; nous
annencéà la Colonie; ;et cep
Messieurs, , le Ministère n'a
pendant, à
nos lettres , et ne nous répondu a donné
aucune de (
de vie depuis notre départ de France. ancun signe
Il est bon de yons faire comoltre,
les manceuvres perfices
les
Messieurs,
leurs
que
Léopardins d 3 et
complices, ont mis cn
ser notre mission : elles avoient nsage été pour paralyen France par Bacon de la Clievalerie concertées et ses adhérens, , dès avant notre arrivée à Saint-Domingue, et nous'en avons la preuve.
nos lettres , et ne nous répondu a donné
aucune de (
de vie depuis notre départ de France. ancun signe
Il est bon de yons faire comoltre,
les manceuvres perfices
les
Messieurs,
leurs
que
Léopardins d 3 et
complices, ont mis cn
ser notre mission : elles avoient nsage été pour paralyen France par Bacon de la Clievalerie concertées et ses adhérens, , dès avant notre arrivée à Saint-Domingue, et nous'en avons la preuve. --- Page 17 ---
(ir)
de la société eorresponM. Cormicr, président
réunis à T'hôtel de
dante des colons franqais,
honnêtcté,
Massiac, à qui j'avois annoncé, par
m'écrima nomination et mon prochain départ, intérêts
vit, le 10 août 1791, ce qui suit : < Les
dans
la
vous le savez; M., sont
>> de
Colonie, la Colonie elle-mnême; elle déci-
>les mains de
est relatif,
> dera de la nature de tout ce quiy etc. >:.
>> à mesure qu'elle en aura connoissance,
Dans une séance tenue le 3 octobre suivant
à Phôtel de Massiac, le président de cette SOciété dit qu'il falloit absolument nous empêcher
; que la société
de partir pour Saint-Domingne; nne
au roi
avoit déjà arrêté de présenter
pétition
à cet effet; qu'il falloit y donner suite 7 etc. d'alPour qu'on ne puisse pas nous reprocher curieuse
térer l'esprit et le sens de cette pièce donner
vous en
Ieol
en l'analysant, nous allons
ture.
EXTRAIT des pidces déposdes aux archives de
PAssemblée coloniale de laz partie frangaise de
Saint-DomingueEXTRAIT des regiftres des délibérations de
la fociété correspondante des colons français, féante à Paris.
Siance d 3 ottobre 1791.
M. le priident a dit qne la proposition de
M.de ia Chevalerie avoit déterminé l'assemblée
sens de cette pièce donner
vous en
Ieol
en l'analysant, nous allons
ture.
EXTRAIT des pidces déposdes aux archives de
PAssemblée coloniale de laz partie frangaise de
Saint-DomingueEXTRAIT des regiftres des délibérations de
la fociété correspondante des colons français, féante à Paris.
Siance d 3 ottobre 1791.
M. le priident a dit qne la proposition de
M.de ia Chevalerie avoit déterminé l'assemblée --- Page 18 ---
(12)
générale de ce. jour; que le comité qui s'en €
étcit
Occupé, rêté à cet avoit Cru ne pas devoir prendre un arnie,
égard, sans consulter la société
et gn'if n'avoit pas été possible
renréunie plus promptement.
qu'elle flt
Avant d'ouvrir la discussion sur cette
sition, il a été fait'l lecture du décret rendu proposeptembre, qui défend toutes pétitions, motions, les9
députations; la
et enfin tout ce qui a été
part des clubs et sociétés.
public de
Lecture faite, M. le Président a
raison de ce décret, qui avoit été observé qu'en
le projet présenté par M. de la Chevalerie, rendn depuis
semblée ne se trouvoit
l'asle cas de pouvoir
plus en mesure, ni dans
La matière mise adopter cette proposition.
été discutée,
en délibérarion, etaprès avoir
le décret du tous les opinans ayant reconnn que
vement tontes 29 septembre interdisoit nominatiIla été décidlé pétitions, 2 adresses et députations,
sur la
qu'il n'y avoit lieu à délibérer
Un proposition de M. de la Chevalerie.
ciété, membre, qui avoit ayant la parole, a dit que la SOarrêté de
eu intention, et qui avoit même
de
présenter une pétition au roi à l'effet
suspendre le départ des commissaires., devoit
aujourd'hui à cet arrêté. s'occuper des moyens de donner suite
Un autre membre a observé
la Colonie
voir'les ayant manifesté plusieurs fois le que desir de rece- 2
commissaires qui lui avoient été annoncés, l'hôtel pourroit de
trouver mauvais que la société de
Massiac fit des démarches
poser à leur départ.
pour s'oppremier Un autre membre , en appuyant la motion du
préopinant, a représenté que les commis-
it
aujourd'hui à cet arrêté. s'occuper des moyens de donner suite
Un autre membre a observé
la Colonie
voir'les ayant manifesté plusieurs fois le que desir de rece- 2
commissaires qui lui avoient été annoncés, l'hôtel pourroit de
trouver mauvais que la société de
Massiac fit des démarches
poser à leur départ.
pour s'oppremier Un autre membre , en appuyant la motion du
préopinant, a représenté que les commis- --- Page 19 ---
(13)
I
saires n'avoient été nommés que ponr aller mais rapprocher et concilier les esprits divisés ;
du décret du 15 mai, la
retmniee
depuis l'arrivée
étant
la
étant générale, et T'opinion
dans aujourd'hui la Colonie
même, l'envoi des commissaires
devenoit inutile. membres ont
de ne former
Plusieurs
proposé
réclamation. sur le. départ dcs commisancune saires, et, de garder le silence à cet égard. 0
D'autres ont pensé que ces commissaires, rendus dans la Colonie, 7 n'ayant plus de mission
directe, puisque la rénnion étoit opérée, et
le 20
3e
l'assemblée est en activité depuis
juillet travaux
ils ne
nuire aux
nier 9
pourroient et qué
la liberté dont
de l'assemblée coloniale, 3
gêner
en influenelle doit jouir dans ses délibérations, et ont été
çant par leurs d'avis opinions de tenter particnlières, tous les moyens posau contraire
le départ des commissaires.
sibles d'empêcher inembres ont appuyé ce dernier
Plusieurs
avis. Un de Messieurs ayant la parole, a dit gn'il ne
voyoit d'autre inconvénient que celui qui en pourroit résulter pour les commissaires cur-mémes 3
falloit
chercher à
le voeu
qu'il ne
pas
à leur pressentir d'après
de la Colonie, qui agiroit
égard formerde leur
l'opinion nouvelle qu'elle aura pu avoir se des mesures
mission, et qui pourra mêie
d'eur directèment;
à
i prendre wis-à-vis
ne fût gn'il fait per: ausistoit en conséquence à ce qu'il
cune Un démarche. autre inembre a dit qu'il'y avoit un moyen
de concilier les choses; que si la société se déterminoit à ne faire ancure démarche pour empêcher le départ des commissaires, elle devoit,
it
égard formerde leur
l'opinion nouvelle qu'elle aura pu avoir se des mesures
mission, et qui pourra mêie
d'eur directèment;
à
i prendre wis-à-vis
ne fût gn'il fait per: ausistoit en conséquence à ce qu'il
cune Un démarche. autre inembre a dit qu'il'y avoit un moyen
de concilier les choses; que si la société se déterminoit à ne faire ancure démarche pour empêcher le départ des commissaires, elle devoit, --- Page 20 ---
(14)
par la même raison, faire connoitré à la
nie. les diverses opinions qui viennent d'être Colosentéess
son, avis étoit de ne faire
prédémarche, nuatie qu'il conclucit à Ce
aucune
verbal du jour lni fat adressé
quel le procèsCe dernier avis
sans délai.
f
ayant été appuyé après la dis:
enssion-fermées à la
a étémis aux voix, et a été adopté
majorité, etc. etc.
:;
Signé. CORMIER, ex-président.
ROBERJOT LARTIGLE, secrétaire.
Collationné, PortIviN, garde des archives.
Telles gont,
intentions
Messieurs, 2 les dispositions et les
qn'on avoit publiquement manisfestées
ànotre égard; elles n'étoient strement
bon augure pour le succès de notre mission pas : nous d'un
avions; sans doute, une
tâche à
et-. bien des obstacles à vaincre grande
remplir
Pharmonie, de bonnes
; mais, avec de
vues,'des
ne voulant marcher qne sous les enseignes principes purs; de la
loi,le compas de la prudence et, le
T
la justice à laz main, cette tâche.ne balancier de
pas,
nous effrayoit
Nous
C
a
lection de. déposerons au comité colonial une cold'abord
nos, a travanx, qui ont été couronnés
par des succès rapides et. constans.
Nons avons. eu.! le bonheur de terminer
foule d'affaires à Ja satisfaction, de toutes une lec
parties intéressées : tout sembloit aboutir à nous
comme à un point central; les habitans, les. matelois, les soldats., les capitaines de navires, les
armateurs, lesnégocians, les paroisses,, les
civils et militaires.
corps
une cold'abord
nos, a travanx, qui ont été couronnés
par des succès rapides et. constans.
Nons avons. eu.! le bonheur de terminer
foule d'affaires à Ja satisfaction, de toutes une lec
parties intéressées : tout sembloit aboutir à nous
comme à un point central; les habitans, les. matelois, les soldats., les capitaines de navires, les
armateurs, lesnégocians, les paroisses,, les
civils et militaires.
corps --- Page 21 ---
I 15)
de la plus,
faveur et de
S Nons jouissions considération grande ; on, nous regardoit
la plus grande
comme des dienx tutelaires. étoit si
La marche de nos succès
rapide, que
moment de voir reitrer dans
nous touchions:an
de la
du
les ateliers les esclayes,révoltés.
province
nord, avant l'arrivée des troupes. Les chefs de CCS esclaves révoltés , nommés
Jean François et. Biassou, se qmalifiant, le
et le
de
Hteae
mier, de généralissimne, a
.
seccnd; des émissaires
tenant
,nous avoient envoyé
entretien
nons néuorat, supplier de letic accorder un
pour le jour et au lieu que nous' jugerions' a propos : -
de Le fixer. jour fut fixé au 21 décembre ;: et le lieu
de la
situé près du
au 'camp
petite Anse,
Cap.
L'assemblée coloniale et l'assembléd provinciale dupordayant parn concevoir des inquiémdes
sur nos principes relatifs aux esclaves et aux gens
de couleur; instruits d'ailleurs que des personnes des
à élever
mal - intentionnées commençoient et sur: labus
nons
doutes sur nos pouvoirs
des
que coloen pourrions faire, aun mépris
préjugés
nianx; nous leur écrivimes pour leur témoigner
le desir que nous avions d'être, accompagnés-de fat
huit membres I , pris dans leur sein; cei qui
effectué-àda satisfaction du peuple,. quisdemeura- .
bien convainca de notre loyauté, parlesoin que
nous prehions de rendre toutes nos démarches
publiques: in
13 -
si be fl 3
.2 A la vue du cortége nombreux qui nous accompagnoit 7 . et qui ayoit voulu nous Jean accompagner Francois
mnaigré nous 2 le. généralissime de s'avancer
fut saisi- de frayeurs et. au lieu
ilretournoit vers le. sien :
vers.le camp désignés 2
tup
bien convainca de notre loyauté, parlesoin que
nous prehions de rendre toutes nos démarches
publiques: in
13 -
si be fl 3
.2 A la vue du cortége nombreux qui nous accompagnoit 7 . et qui ayoit voulu nous Jean accompagner Francois
mnaigré nous 2 le. généralissime de s'avancer
fut saisi- de frayeurs et. au lieu
ilretournoit vers le. sien :
vers.le camp désignés 2
tup --- Page 22 ---
(16)
nous nous en apperçames : M. Saint-Léger, à qui se
étoit à cheval', cournt vers lui pour T'engager toises
rendre dans un chemin éloignéd'environ: 400 à condu camp de la petite Anse : il y consentit,
dition que notre cortége resteroit dans l'emplacement oû il s'étoit arrêté:
Nous ffmes très-satisfaits de cette entrevue ; le
Jean 2 Francois, par respect mit pour à
généralissime caractère, descendit de cheval, se
notre
mouvement, et nous degenoux d'étendre de son propre à lui, à son état-major et à tous
manda
l'amnistie déja accordée aux
les esclaves. révoltés,
libres.
gens de couleur et nègres
courte
Nous le fimes relever; et, après une
l'esnous Jui laissâmes mon-seulement réharanguc, pérance d'obtenir sa grace 7 mais encore nature une et
qui seroit proporionnée à la
compense
rendre
à l'importanee des services qu'il pouvoit. les
à la colonie, en employant tous
rentrer moyens dans qui.
faire
étoient en sa paissance pour ordres.
le devoir les esclaves sous ses
C rendre
Il nous le promit, et de plus de nous dans
les prisonniere et ptisonnieres bas les dispersés armes, et de
plusieurs camps, de mettre
tous les
et renscignemens
nous remettre
papiers : il nous observa qu'il
< qui seroient à sa disposition son humanité envers
s'étoitt tonjours distingué par
il avoit
les blancs; qu'entrainé par ce sentiment, assassinoit
coupé la tête au féroce Jannot, affreux qui
et qui faisoit périr dans les plns main. supplices
tous ceux qui tomboient sous, sa
la sincérité
LV Dès le lendemain, il nous pronva
prisonde ses promesses en nous renvoyant fit 17 annoncer
niers ; et le sur-lendemain 4, il.nous
qn'il
'étoitt tonjours distingué par
il avoit
les blancs; qu'entrainé par ce sentiment, assassinoit
coupé la tête au féroce Jannot, affreux qui
et qui faisoit périr dans les plns main. supplices
tous ceux qui tomboient sous, sa
la sincérité
LV Dès le lendemain, il nous pronva
prisonde ses promesses en nous renvoyant fit 17 annoncer
niers ; et le sur-lendemain 4, il.nous
qn'il --- Page 23 ---
(17.)
gu'il avoit donné des ordres précis pour rassembler tous les autres.
Le.licutensut-général Biassou, jaloux d'obtenir
la même faveur! que Jean François, nous fit demander aussinne' conférence. que nous lui accordâmes; il s'étoit offert de nous amener le reste
des prisonniers.
Mais desi hommes plus criminels et plus barbares
que les nègres révoltés, auxqueis ils ont mis Jes
armes à la main, 9 ont empêché les heureux effets
de notre négociction.
De perfides conseils sont venus fortifier chez
ces esclâves révoltés, la défiance qu'inspire na+
turellement le crime.
La perfidie la plats atroce a empoisonné nos
intentions bienfaisantes.
Ona persuadé à CC esclaves que, notre dessein
étoit de les désarnier, pour ies exterminer ensuite
avec plns de facilité ; que nous n'a avions pas le
droit de leur faire grace; qu'à l'assemblée
-
niale seule,
color
2 comme sonveraine en cette partie
appartenoit ce droit qui. lui avoit été délégué
par Coranasaoaad et que,
dailleurs, dans aucunes circonstances 7. ouiine
faisoit jamais grace aux chefs et aux
s'étoient rendus coupables des Crimes brigandsqui de lesehumaniié.
s
Tels sont les moyens affreux qu'ona
pour empécher les
emaleyce
ésclaves de se rendre: Nong en
avons des preuves juridiques dans lés
de ceux qui ont été arrêtés.
depositious
Atissi le Heutehanf-géndral Biassou a-t-il
sous
éluidé,
différens
Wentretien que nous devions
et qu'il avoit sollicité comme
coretNce
une grace.
J.
Compicfomm. 0 par. I1. de Mirbeck.
B
reux qu'ona
pour empécher les
emaleyce
ésclaves de se rendre: Nong en
avons des preuves juridiques dans lés
de ceux qui ont été arrêtés.
depositious
Atissi le Heutehanf-géndral Biassou a-t-il
sous
éluidé,
différens
Wentretien que nous devions
et qu'il avoit sollicité comme
coretNce
une grace.
J.
Compicfomm. 0 par. I1. de Mirbeck.
B --- Page 24 ---
(18)
d'antant
fâcheux que ce chef 7
Cela est
plus en action, cause souvent au
intrépide et toujours
n'exisCapdes alarmes etdevives inquiétales,quix avoit laissé faire.
teroient plus si l'on nous
ouverte
Ici, Messienrs, commence l'assemblée la guerre coloniale,
qui nous a été déclarée par des
qui la
C'est-àdire, par la faction
Léopardins et un
domine : car nous nous faisons un plaisir aux indevoir de rendre justice au patriotisme, du bien public qui
tentions pures, et à l'amour des autres mnemnous a parti animer la plupart
où il leur a
bres, dans toutes les circonstances
été permis de se montrer sans danger.
enviJalouse de la puissance morale qui nous devoit en
ronnoit et de la confiance faction générale des qui Léopardins
être la suite nécessaire 9 la notre autorité, et a fini
affoiblir
a commencé par
nos
et en
l'anéantir, en contestant
pouvoirs
capar
des principes anti-coloniaux,
nous supposant la'destruction entière de la colonie.
pables d'opérer de moyens et de preuves, il leur falloit
Fante
et apparens ; ils ont
au moins des motifs spécieux
incru en trouver dans notre correspondance
primée. détachant de leur ensemble plusieurs fragEn
ils en ont tiré des inductions
mens de nos lettres,
des intentions crifansses, pour nous supposer éloignées de nos pensées.,
minclles, également de nos devoirs et de toute vraide nos sentimnens,
semblance.
coalition entre l'assemIl-s'est établi alors une
blée coloniale, les trois assemblées leur provinciales, sont subcret tous les corps populaires gui
dennés; il a été convenu et arrêté que personne
primée. détachant de leur ensemble plusieurs fragEn
ils en ont tiré des inductions
mens de nos lettres,
des intentions crifansses, pour nous supposer éloignées de nos pensées.,
minclles, également de nos devoirs et de toute vraide nos sentimnens,
semblance.
coalition entre l'assemIl-s'est établi alors une
blée coloniale, les trois assemblées leur provinciales, sont subcret tous les corps populaires gui
dennés; il a été convenu et arrêté que personne --- Page 25 ---
(19) )
ne correspondroit plus avec nous, et notre missioni
a été paralysée.
Ce n'étoit pas assez ; il falloit encore exciter Ia
fureitr du peuple contre nous, se saisir de nos
nous renvoyer pieds et mains liés en
ou nous faire assassiner.
Ftr
Nous étions assaillis
de calomnies,
de
d'injures,
$
menaces, etc., en un mot, tous les
et tous les dangers possibles nous
obstacles
mais ils ne nous décourageoient environnoient,
tendions, d'un jour à l'autre,
; des nous attrouHatiNead
pes et des forces suflisantes, pour en requérir
l'emploi, au moment oùt le salut public en
une loi indispensable. Nous nous étions feroit
concertés avec M. le Général, sur la nature déja et
l'efficacité des mesures à prendre.
L'assemblée coloniale, quile
osé
dre sur elle de disposer en sonveraine savoit,a de prencours, en les divisant et subdivisant de manière ces se
à les rendre nuls.
Elle a forcé sur cela la main au
s'est trouvé, non-senlement
Général, qui
mais dans une infinité
en cette occurrence, s
cessité de céder à
d'autres, dans la dure nél'empire des circonstances.
L'assemblée coloniale
marche prudente de
7 déconcertée par la-i
nos
de se débarrasser de
opérations, prit le parti
nous d'une manière ou
tre. Pour arriver à ce buit, qu'elle méditoit d'au- des
long-temps, elle affecta de répandre dans
public des
Ei
fit
alarmes sur nos prétentions ; elle
publier, par ses émissaires, que nous étions
tecteurs déclarés des esclaves et des gens de coi- proleur, que nous voulions donner la liberté
uns et Tendre les antres éganx aux blancs. aux
B; 2 --- Page 26 ---
(32)
Chaque fois qu'on nous en parloit, nous réponidions que orf nous n'avions jainais prétendu prononcer sur le I sort des esclaves et sur l'état politique des
de couleur, que nous n'en avions
pas le NT
Thmaabe-Noppadlrgnmd
tuante lavoit Honajere à l'assemblée coloniale
actuellement existante, G à celles qui lui suCCederoient.s D3.
-
6u Nous' ajoutions que les décrets nationaux feroient constamment la regle de notre conduite: ;
qie les: pouvoirs qu'ils nous conferoientnous autorisoient à prendre toutes les mesures que nous
jugérions' necessaires
rétablir lordre et la
tranquillité publiqué Hons la colonie; que les
instructions particulières qui nous avoient été
données par le roi, laissoient à notre sagesse et à
notre prudence le choix des moyens constitutionnels queinous
dontons-employer,s qu'enfin
nous devionsijustice et protection aux colons de
toutes-les couleurs. .
dain
Ces obligations saintes ont dirigé notre conduite: MorS Ore riplr si dvo 1s
ilal
Cette conduite, nous IL osons le dire, nous a
mérité C
Vestimeet la yénération des gens de bien;
mais ellen ne nous a pas miis aFabri des horreurs
et des calomnies qu'on: s'est permiscs contre
N nous. :
,s qu'enfin
nous devionsijustice et protection aux colons de
toutes-les couleurs. .
dain
Ces obligations saintes ont dirigé notre conduite: MorS Ore riplr si dvo 1s
ilal
Cette conduite, nous IL osons le dire, nous a
mérité C
Vestimeet la yénération des gens de bien;
mais ellen ne nous a pas miis aFabri des horreurs
et des calomnies qu'on: s'est permiscs contre
N nous. : :. Ces calomnies AII nous ont poursuivis jusque dans
lé sdisi même del'assemblee, coloniale. Vons fiéd'indignation, Messienrs,, si vous connoismiries .
i1
siez l'excès ou elles ont été portécs.
Iru
Cil
a discuté
douze jours nos
On X
pendant 3
fait, et.notre pouvoirs, Pusnaemue nousienyavions l'assemblée coloniale
correspondance imprinée;
a souffert qw'on,
nous livrât à la fluctuation de --- Page 27 ---
(21 )
eette discussion, la plus affreuse qu'on Se soit
jamaispermise contre des commissaires nationaux,
dont on respecte par-tont le caractère.
Dans cette extrémité ficheuse, M.
mon
Roume,
collègne, crut pouvoir prendré sur lui de
se rendre, > sans mon aveu et ma participation,
dans le sein de cette assemblée, où comme simple
citoyen, comme créole, il fit un discours tendant à la ramener à la modération, à la paix et à
l'oubli du passé.
Il porta la condescendance jusqu'a s'excuser
de torts qu'il n'avoit pas ; il mit tout "en
pour caliner les esprits.
usege
Cette démarche, au lieu de désarmer les fnc.
tieux,. ne fit qu'accroitre leur audace; ; elle fit
portée à son comble ; plusieurs rapports 5
incendiaires encore que les discussions qui
avoient,
7le
précédés, aiguisoient les poignards /ct
animoient contre nous la furenr du peuple,
égaré par des faussetés et des insinnations déja
vantables.
épotLa partie saine dè l'assemblée coloniale ett tous
les bons citoyens en. gémissoient; mais L'absence
de la force pablique, la nullité du
exécutif, l'anarchie qui régnoit, le
du ministère à
Rulsercin
notre égard, ne, laissoient aucun
aux
bons ; les méchans triomphoient.
espoir
Telle étoit la situation des choses le.26.f6vrier.
Indigné des-attentats commis contre la nation,
de'l'audace des coupables ; des désordres qui se
mnltiplioient sous nos yeux, sans pouvoir les:réprimer par la force, j'écrivis le lendemain à l'assemblée coloniale la lettre suivante :
B 3
à
Rulsercin
notre égard, ne, laissoient aucun
aux
bons ; les méchans triomphoient.
espoir
Telle étoit la situation des choses le.26.f6vrier.
Indigné des-attentats commis contre la nation,
de'l'audace des coupables ; des désordres qui se
mnltiplioient sous nos yeux, sans pouvoir les:réprimer par la force, j'écrivis le lendemain à l'assemblée coloniale la lettre suivante :
B 3 --- Page 28 ---
(22)
L E T T R E
A LASSEMBLÉE COLONIALE
de la partie française de Saint-Domingue,
PAR M. DEMIRBECK,
Commissaire-natiosal-ciuil, délégué par le roi
aux islesfrançaifes del'Amérique SOuS le-vent.
WVKO
Au Cap-Français, le 27 février 1792.
MrSSIEURS,
Vous avez pris, le 19 de ce mois, un arrêté
contenant, cc qu'il sera nommé trois commissaires
de déterminer votre
sur nos
>
chargés
opinion
> ponvoirs, les cas dans lesquels nous nous en
a sommes écartés, et les dangers qui résultent
ces
le salut de la Colonie >>.
>> de
écarts, pour silence les débats scandaNous passerons sous cet arrêté, et tout ce
leux qui ont précédé
qui
nous est personnel : nous devons nous oublier 2
et porter toute notre attention sur la chose publique, que vous avez mise en danger par une
conpable indiscrétion,
donzei
En effet, vous avez souffert,pendant
jours, les
une discussion qui ne pouvoit tendre, dans
circonstances actuelles, qu'à égarar le peuple, à
perpétuer les divisions et les troubles qui déchi- --- Page 29 ---
(j23)
et à faire accroître les scènes
rent la Colonie,
d'horrenrs qui l'ont ensanglantie.
en ont
Les justes alarmes que les bons citoyens eux,
conçues, et que nous avons dû partageravec nécessaires,
nous obligent à prendre les mesures
la Nation
et à employer tous les moyens mains que
la faire
et le roi ont mis dans nos
pour
cesser.
Toujours fermes dans nos principes d'impartia- à vos
lité et de justice, nous vous rappellerons vous en écardevoirs toutes les fois que vous
terez. En sortant des bornes du respect
vous dedont la
et le roi
au caractère anguste C
REROE
vez
vous avez cherché à élever des
nous ont revêtus,
de notre.
doutes sur la nature et sur l'importance du peup'e à cet
mission 7 à égarer l'opinion
et à perégard, à compromettre notre antorité, n'avoient pas
suader au public que nos limaginoit. pouvoirs
Eh bien ! P
antant d'étendue qu'on
de les méconMessieurs, puisque vous feignez doutes
et
noître , il faut dissiper vOS
apparens
éclairer le pemple ; il n'aime
qu'on le trompe 2
et ne perdez jaet il a raison.
Rcpes
Apprenez la Nation etle roi nous ont commais de vue, que
dans cette Colonie, le plus
mis pour remplir 1
des ministères, celui
saint et le plus important Nos pensées et nos
de conciliation et de paix.
ce but saluactions doivent être dirigées vers
à emtaire ; et nos pouvoirs sur les moyens celles d'une
ployer, n'ont d'autres limites l'étendue que
des obliresponsabilité effrayante, par C'est une véritable
gations qu'elle nous impose.
dictature.
comme une suite des motifs
Le roi a régardé
B4
ans cette Colonie, le plus
mis pour remplir 1
des ministères, celui
saint et le plus important Nos pensées et nos
de conciliation et de paix.
ce but saluactions doivent être dirigées vers
à emtaire ; et nos pouvoirs sur les moyens celles d'une
ployer, n'ont d'autres limites l'étendue que
des obliresponsabilité effrayante, par C'est une véritable
gations qu'elle nous impose.
dictature.
comme une suite des motifs
Le roi a régardé
B4 --- Page 30 ---
(24)
déterminé son choix et sa confiance 9
qui de E remettre à notre sagesse sur l'exercice de
cette autorité: vous dit: sur quoi cst-elle fondée;
Mais, avez
est
cette autorié? Nous vous répondons décrets qu'elle vous
principalement fondée sur des
que
avez sous les yeux.
relatif à la situaCelui du 29 novembre 1790,
de rétablir
tion de la Martinique., et aux dans moyens les Colonies franet d'assurer la tranquillité entr'autres choses, ce
çaises des Antilios, porte,
qui suit:
envoyé des instrucC Qu'il sera incessamment Colonies tendantes à presset
> tions dans les
s,
moment de leur nouvelle organisation.
> le
dans lesdites
le roi sera prié d'envoyer,
Que
chargés, 1°. de
des commissaires
>, Colonies, des informations sur les troubles qui
>> prendre
leurs circonstances et leurs causes;
>> ont en lieu,
auroient pu être
5 tous décrets et jugemens troubles, qui
demeurant
>2 rendus à raison desdits
5 suspendus.
à son admi-
> 20. De pourvoir provisoirement
<.
intérienre, à
>
.omappogiiammement
nistration
la: tranquil
et au rerablisement-del
s a lar police, dei
ils. recévront tous pou-
>> lité; à l'effet
quoi, les troupes réglées , mi-
>5 voirs nécessaires, nationales, et
et toutes forces de
> lces, gardes
seront tenuès d'agir à leurs
> terre et de mer
>> réquisitions. commissaires pourront , si lés
3 >> Que lesdits l'exigent, se transporter. ensem-
>> circonstances
dans les autres isles-du-
> ble ou séparément, les mêmes fonctions ct
exercer
> Vent,
y
même suspendre, s'il est
> les
pouyoirs,
teltert
irs nécessaires, nationales, et
et toutes forces de
> lces, gardes
seront tenuès d'agir à leurs
> terre et de mer
>> réquisitions. commissaires pourront , si lés
3 >> Que lesdits l'exigent, se transporter. ensem-
>> circonstances
dans les autres isles-du-
> ble ou séparément, les mêmes fonctions ct
exercer
> Vent,
y
même suspendre, s'il est
> les
pouyoirs,
teltert --- Page 31 ---
(25)
Pactivité des assemblées coloniales
> nécessaire,
l'arrivée prochaine
> qui y sont établies, jusqu'a
annoncées.
>> des instructions ci-dessns
> Qu'à l'arrivée desdits commissaires, toutes
3> fonctions ct ponvoirs publios, awl'établisse-
>> ment desquels les circoustances auroient pu
>> donner lieu, et qui ne seroient pas fondés sur
et
lesdits
> les lois, ou confirmés
délégues par
cz
> commissairès , cesseront immédiniement 3
> peine pour ceu qui voudront en continuer.
>D Pexercice, dêtre traités comme perturbateurs
> de l'ordre public >>.
rela:if à l'enCelui du premier février 1791 ,
voi de trois commissaires civils dansl l'iste de SaintDomingue, et qui est une extension de celui du
Novembre
s'explique en ces termes :
1790,
avoir entendu
cc L'Assemblée nationale, après
des
voulant réunir tous
> son comité
Colonies,
>> les moyens propres à assurer lan tranquillité
et
nt des lois
> des Colonies,
presserl'établisemn
3> qui doivent les faire participer à la régénéra-
> tion de l'empire ;
à ce but s
> Considérant que pour parvenir
> elle a annoncé qu'il leur seroit incessainment
>> adressé des instructions S 2 et qu'en frisant pré
> céder cette mesure d'un développement de puis-
>> sance capable de faire ecesserles tronbles etrassu-
> rer les bons Citoyens, elleena confieles.lisposi-
>> tions, dans les isles-du-V Vent, à des commissaires
>> nationaur, pour qué l'influence delmpersuasion
de l'autorité;
>> pit toujours accompagnerlusnge
faire
> Qu'il entre également dans ses vues de
> concourir les mêmes mesures dans les autres
> Colonies, et notamment dans celle de Saint-
'un développement de puis-
>> sance capable de faire ecesserles tronbles etrassu-
> rer les bons Citoyens, elleena confieles.lisposi-
>> tions, dans les isles-du-V Vent, à des commissaires
>> nationaur, pour qué l'influence delmpersuasion
de l'autorité;
>> pit toujours accompagnerlusnge
faire
> Qu'il entre également dans ses vues de
> concourir les mêmes mesures dans les autres
> Colonies, et notamment dans celle de Saint- --- Page 32 ---
(26)
avoir anéanti des actes il-
>> Domingse, ot,après des moyens de sévérité
> léganx, et employé l'autorité des lois., il est con-
>> pour maintenir
de vouloir calmer les ess forme à ses principes
conduire
faise cesser les divisions,
pai-
>> prits,
un voeu commun tous ceux qui dé-
> siblenienta
décrète ce qui suit :
>> sirent le bien public,
A d R T I C L E P R E M I E R.
dans la Colonie
> Le roi sera prié d'envoyer
civils :
trois commissaires
A de Saint-Domingue maintenir l'ordre et la trangaila chargés d'y
il leur sera
de à
de quoi
>> lité publigue ,
Leffet
même
tous
à ce nécessaires,
> donné
pouvoirs slils l'estiment convenable,
>> celni de suspendre, des affaires criminelles qui au-
>> le jugement été intentées a raison des troubles qui
>> roient lieu dans cette Colonie, ainsi que l'exés ont eu
desdits
auroient
de cenx
jugemens qui
>> cution
>> pu être rendus.
A R T. II.
qui a du être formée
> L'assemblée du coloniale, décret du 12 octobre dernier 9
>> en exécution mettre à exécution ancun de ses
>> ne pourra
de la Colonie, avant
> arrêtés sur l'organisation
lui seront incesdes instructions qui
> l'arrivée
> samment adressées.
A R T. III.
également prié d'envoyer dans la
>> Leroi"sera
deux
colonie de Cayenne et la Guiane française,
>>
civils,
y exercer les fono-
>> commissaires
pour
coloniale, décret du 12 octobre dernier 9
>> en exécution mettre à exécution ancun de ses
>> ne pourra
de la Colonie, avant
> arrêtés sur l'organisation
lui seront incesdes instructions qui
> l'arrivée
> samment adressées.
A R T. III.
également prié d'envoyer dans la
>> Leroi"sera
deux
colonie de Cayenne et la Guiane française,
>>
civils,
y exercer les fono-
>> commissaires
pour --- Page 33 ---
(27)
le décret du
>> tions et les pouvoirs délégués coinmissuires par
desti-
>> 29 novembre dernier, aux
>> nés pour les isles-du-Vent >>.
Telles sont, Messieurs, les lois qui établissent
Des instructions
en dénos
pouvoirs.
particulières
términent l'usage, et nous prescrivent CC que nous
et devons faire dans les différentes cirpouvons constances où nous nous tronvons placés. Dans
les cas non prévns, elles nous autorisent à nous
rapprocher des lois faites pourle royaume,lorsque obsles localités coloniales n'élèveront aucun
tacle.
abusé de ces
c'est à la
Si nous avons
pouvoirs, lui
Nation à nous ell punir; vous pouvez
porter
si elles sont fondées, vous obtienvOS plaintes; éclatante
si elles ne le sont
drez une
justice;
pas,
nous la demanderons contre vous, et nous Y'obtiendrons de même.
Vous nous reprochez, en premier lien, de correspondre et de traiter immédliatement avec les
corps intermédiaires qui vous sont subordonnés.
Nous vous répondons que nous en avons le.
droit, et que ce droit est aussi établi sur un décret de l'Assemblée nationale, du 11 février 1791,
sanctionné le 13.
Voici dans quelles circonstances il a été rendu.
Les administrateurs des départemens du Hant
et du Bas-Rhin , avoient prétendu, comme vous
le faites aujourd'hui, que les commissaires du
Roi envoyés dans ce département, pour y maintenir etrétablir au besoin la tranquillité puiblique,
avoient excédé les limites de leurs pouvoirs 9 en
traitant imnmédiatement avec tous les corps admi
du 11 février 1791,
sanctionné le 13.
Voici dans quelles circonstances il a été rendu.
Les administrateurs des départemens du Hant
et du Bas-Rhin , avoient prétendu, comme vous
le faites aujourd'hui, que les commissaires du
Roi envoyés dans ce département, pour y maintenir etrétablir au besoin la tranquillité puiblique,
avoient excédé les limites de leurs pouvoirs 9 en
traitant imnmédiatement avec tous les corps admi --- Page 34 ---
(28)
nistratifs et judiciaires ; en
ils
avoient dénorcés à l'Assembléc conséquence
les
nationale.
II est bon de vous dire que ces commissaires
avoient été précédés ( comme M. de
notre collégue, l'a été au
St-Léger,
calomaies atroces, publiées Port-an-prince dans le
par des
pêcher le succès
d'emneahir
de leur mission.
L'Asemblée, après avoir ouiles comités
mnatique et militaire, et ceux de constitution, diplo- des
rapports et des recherches réunis, sur les
mens qui avoient eu lieu dans les
événedu Haut et du Bas-Rhin, sur la conduite départemens des ad:
mninistrateurs de ce dernier département t, et la
dénonciation faite par ces administrateurs
les commissaires du Roi, envoyés ensuite du contre
cret du 20 janvier de la même année
dédéclaré CC être sasisfaite du zèle et de la 1791, a
des commissaires du IRoi; qu'ils ont conduite
pour Pnconplissomens de leur mission pu et di,
ponlre, sans intermédiaire
, corres3 avec les corps administratifs 2 et tous autres officiers 3
leurs fonctions dans les départemens du exerçant
dn Bas-Hhin, et prendre généralément Haut et
mesures qu'ont exigés le maintien de l'ordre toutes les
blic et' l'exécution des
punationale.
décrets de l'Assemblée
En conséquence, elle a décrété
GC les administrateurs composant le
du
tement du
emreci.lntr
Bas-Rhin, à l'exception du sieur déparseroient 3 ainsi que le procurenr-général Kuln,
de ce département, suspendus provisoirement syndic
Jeurs fonctions
de
3 pour, ensuite des informations
qui seroient
et du compte qui en seroit
réndu, être Esae par l'Assemblée nationale
qu'elle jugeroit convenable >>,
ce
semblée
En conséquence, elle a décrété
GC les administrateurs composant le
du
tement du
emreci.lntr
Bas-Rhin, à l'exception du sieur déparseroient 3 ainsi que le procurenr-général Kuln,
de ce département, suspendus provisoirement syndic
Jeurs fonctions
de
3 pour, ensuite des informations
qui seroient
et du compte qui en seroit
réndu, être Esae par l'Assemblée nationale
qu'elle jugeroit convenable >>,
ce --- Page 35 ---
(29)
Elle a décrété, en outre, que, < pour
à l'administration de ce
les pourvoir
missaires
département,
comenvoyés par le Roi seroicrit autorisés à
nommer un nombre suffisant de
exerceroient provisoirement les fonctious personnes, des qui administratenrs du directoire et du procureur-général-syndic, dont la suspension étoit ordonnée >>.
même L'Assemblée nationale a approuvé de 2 par le
décret, ( la conduite des municipalités de
Strasbourg et de Colmar; a déclaré que le sieur
Stokmeyer, ceux des gardes nationales, et ceux
des citoyens de Colmar,
avoient
maintenir lordre public ET le
agi did pour
commissaires du
respect
aur
Roi 7 avoient honorablement
rempli leur devoir : D ils ont reçu, cesnjet, une
lettre qui leur a exprimé la satisfaction de FAssemblée nationale.
Chacun a reçu la récompense méritée; les administrateurs ont été interdits : les caiomniateurs
punis : les braves militaires qui ont fait
la loi et ses organes , ont reçu une distinction respecter
d'autant plus flattense qu'elle est
les fastes de l'empire.
consignée dans
De pareilles récompenses sont dignes des soldats
français et des bons citoyens ; elles sont le
des vertus, 3 et tout l'or du monde ne les vaut. prix
pas.
Vous nous reprochez, en second lieu, de
mêler de ce qui a rapport aux esclaves et nous aux
gens de couleur;. vous nous dites
vous
sculs le "droit de faire des lois sur que le sort avez
uns et sur l'état politique des autres
dès
Ros les règlemens relatifs à l'exécution des 3 mêmes ainsi
Nous vous répondons que nous n'avons fait,
oyens ; elles sont le
des vertus, 3 et tout l'or du monde ne les vaut. prix
pas.
Vous nous reprochez, en second lieu, de
mêler de ce qui a rapport aux esclaves et nous aux
gens de couleur;. vous nous dites
vous
sculs le "droit de faire des lois sur que le sort avez
uns et sur l'état politique des autres
dès
Ros les règlemens relatifs à l'exécution des 3 mêmes ainsi
Nous vous répondons que nous n'avons fait, --- Page 36 ---
(30 )
aucunes lois., aucuns
esclaves et les hommes de règlemens conleur concertant les
parce que ce n'est paslà
de et nègies libres,
mais nous avons fait tout Tobjet
notre mission;
pour les engager à la
ce que nous avons dû
cesser lenr's
paix, à la soumission, à
recourir à hostilités, al neitre bas les
votre clémence et à votre
armes, à
enfm, à vous supplier de
générosité, 3
Nous leur avons
Prononcer sur leur sort.
distion auprès de constamment offert notre méà
vous : la colonie entière
hiommnage ces vérités, que vous avez
rend
vons-ménies en plusieurs occasions. reconnues
Anjourd'huivons
gré de l'excès de notre paroissez zèle nous savoirmauvais
continuelles
et de ITOS sollicitndes
pour le rétablissement
pour la conscrvation de
de l'ordre,
personnes : et
vOS propriétés et de vOS
nous
lorsque nous avons le
de
exposer pour arracher des mains courage
gands les torches et les
des brironnent, vous nous en poignards qui vous enviDieux, Où
faies un crime. Grands
sommes-nous !
Vous nous reprochez, en
nous n'avonspasle droitde faire troisième des
lieu, que
Nous vous
proclamations.
répondons , toujours les lois à
main, que nous en avons le droit.
la
Vous connoissez l'article IV du décret
semblée nationale du 28
de l'Astionné le même jour;
septembre dernier, sancque. pour faire cesser ; relisez-le, dans
et vous y verrez
des troubles et dissentions
les colonies l'effet
opérer entre leurs habitans quiy ont eu lieu, et
générale, le décret du 140 de ce une réconciliation
le 15, portant abolition de
mois, sanctionné
procédures sur les faits relatifs toutes à la poursuites et
et ampistie générale en fareur des révolution, hommes
de
l'Astionné le même jour;
septembre dernier, sancque. pour faire cesser ; relisez-le, dans
et vous y verrez
des troubles et dissentions
les colonies l'effet
opérer entre leurs habitans quiy ont eu lieu, et
générale, le décret du 140 de ce une réconciliation
le 15, portant abolition de
mois, sanctionné
procédures sur les faits relatifs toutes à la poursuites et
et ampistie générale en fareur des révolution, hommes
de --- Page 37 ---
(31)
guerre , sera étendu auxdites colonies ; en conséquence, les commissaires civils qui
ont éts
envoyés, cesseront toutes informations y sur
gine et les auteurs des troubles, et
l'ori.
dans chague coloriie, une proclamation publieront,
rappeler dans leurs foyers les citoyens domiciliés , pour
qui s'en sont éloigués, et inviter tons les
bitans à l'union, à la concorde,
à
hapassé >.:
> et e
l'oubli du
Ce n'est pas tout; ; nos instructions
nous nous empr esserons de faire aussi portent que
la loi du 15 du même mois de
exécuter
faisant proclamer dans cette colonie septembre - 2 en
qu'elle renferme.
l'amnistie
Nous avons donc le droit de faire des
mations; personne ne peut plas en douter.. procla-,
Pouvez-vous avoir oublié,
l'avez reconnu vous-mémes, Messieurs, que vous
avez invités d'en faire une
puisque vous nous
putés absens de votre
poar ergager les déont point encore
assemblée, de
et ceux qui n'y
pérer à vOs travanx. paru,
s'y rendre pour COCCette proclamation a été
dernier.
J
pabliée le 21 janvier
Non-seulement nous avons le droit de faire
de proclamnations; ; mais nous avons encorel le
des
faire tout ce qui nous paroitra utile pouyoir
saire pour caliner les esprits
et nécosles désordres, dissiper les
égarés, faire cesser
cette colonie, et y mamener'la factions qui déchirent
Elle y régneroit déja cette paix, paix. si
désirée par les bons
et
ardemment
obtenne par le seul effct citoyens, de la
nous l'aurions
et de la confiance publique
puissance morale
si on n'eit pas entrave nos qui nous environnent,
opérations.
iner les esprits
et nécosles désordres, dissiper les
égarés, faire cesser
cette colonie, et y mamener'la factions qui déchirent
Elle y régneroit déja cette paix, paix. si
désirée par les bons
et
ardemment
obtenne par le seul effct citoyens, de la
nous l'aurions
et de la confiance publique
puissance morale
si on n'eit pas entrave nos qui nous environnent,
opérations. --- Page 38 ---
(3a)
Représentans de la colonie de Saint-Domingue
et du peupls infortné gui Phabite, 2 songez que
la patrie aitentive a les yeux ouverts sur vous 2
et qu'elle vous demandera compte du temps précieux que vous avez perdu en vain débats,, en
vaines discussions. Hâtez-vous de le réparer, en
vous occupant, sans retard, de la rédaction des
lois convenables à votre régime 0
intérieur ; des
considérations impérieuses, attachées au salut public, vous en imposent le devoir.
Mais ? comme l'un des principaux objets de
notre mission est d'en presser ansiTotablissementy
nous vous invitons et nous vous conjurons, au
nom de l'humanité et du salut de la colonie, d'y
travailler sans relâche : songez aux maux effroyables qui ont résultéjusqu'a présent, et qui penvent
résulter encore de votre insouciance à cet égard:
les cris perçans des malheuréux, qui en soufirent,
retentissent déja jusqu'aux voûtes du ciel.
Signe, DE MIRBECK.
Confondue à la lecture de cette lettre, et dans
l'impuissance d'y répondre, l'assemblée coloniale,
se couvrant en apparence du voile de la modération, supprima les trois rapports incendiaires
concernant nos pouvoirs 1 et. labus qu'elle avoit
supposé que nous en faisions; elle substitua à la
place de ces trois rapports celui concernant notre
correspondance imprimée.
Ce rapport du 1er mars fut suivi d'une déclaration datée du même jour.
Cette déclaration,sans objet réel, n'est qu'une
paraphrase de la loi du 28 septembre demnicr, absolament
se couvrant en apparence du voile de la modération, supprima les trois rapports incendiaires
concernant nos pouvoirs 1 et. labus qu'elle avoit
supposé que nous en faisions; elle substitua à la
place de ces trois rapports celui concernant notre
correspondance imprimée.
Ce rapport du 1er mars fut suivi d'une déclaration datée du même jour.
Cette déclaration,sans objet réel, n'est qu'une
paraphrase de la loi du 28 septembre demnicr, absolament --- Page 39 ---
(33 )
solument étrangère aux discussions qui, s'étoicnt'
élevéesi notre sujet.
Nons avons analysé et combattu cctte déclaration dans une adresse aux colons
bliéc à Saint-Domingne le IO mars, français, puL'assemblée coloniale a continué de nous
snivre.
pourPlusieurs de'ses membres ont faiti imprier,
blicr, colporter dans les, cafés, cabarets, tripotsde puStir les quais et dans les placés
kni libelles affrenx contre rous ; ils" publiqjuests vonloient
nous livrerà la
:
Turetripopulaire.
Le 9'dn même mois, D
Tavocat a
avcit
la motion de nous embarquer. Cette d'Angy motion fait?
appuyée par trois autres 33
Lcopardins un fit
trieme, Bacon de la Chevalerie,
les
d'un décret
Tati ieos
de prise-de-corps depuis le 6
bre 1790,) se leva, êt demanda, d'être
nous conduire en
chargé
Srt
France. Dans les
des
sans
galeries,
gens
ayen, désonds à la faction, discient: il
seroit bien phis sinple de les noyer.,
Cctte mnotion fut ajournée au, 11..
D'autres-motions extravagantes se
I et furent amenées sous' différens prétestes. snccédérent,
Le dimanche 25 du même mois
au monient d'être assassiné avec' denners, le"
je fus
M. de Cambefort, coloncrdu régiment "général du
'et'
signal étoit donné: nous dêmes notre salut Cap.Le à la
présence d'esprit
à Ia contenance
Aenaile-de-ctsmp,et
ferme dcs braves militaires
se
rent devant T'hôtel dui général. 1 - qui T rangdLcs assassins, dléscspérés d'avoir manqué leur
conp, crièrent : aux armes, 9 aux armes' ta nous
citoyens! il faut nous délivrer de ces' 'enemis'de à la
Compte Jomm. par M. de Mirbeck.
e
.Le à la
présence d'esprit
à Ia contenance
Aenaile-de-ctsmp,et
ferme dcs braves militaires
se
rent devant T'hôtel dui général. 1 - qui T rangdLcs assassins, dléscspérés d'avoir manqué leur
conp, crièrent : aux armes, 9 aux armes' ta nous
citoyens! il faut nous délivrer de ces' 'enemis'de à la
Compte Jomm. par M. de Mirbeck.
e --- Page 40 ---
(34)
colonie : s'ils étoient au Port-an-pince, ccla se-,
roit déja fait, etc. etc. etc.
Le lendemain lundi, à la suite d'une orgie préparée à dessein au Petit - carénage 7 la même
troupe, renforcée de plusieurs soldats, se porta,
vers six heures du soir, chez le Général, et le
força de se rendre, avec elle, ala municipalité,
pour y répondre aux accusations intentées contre
lni. Se voyant abandonné des gens préposés à sa
garde, de ceux qui, par état et par devoir, aban 9 devoient courir à son secours ; se yoyant aussi
Jonné des corps populaires,
ne prenoient
aucune mesure
le sauver,
se transporta,
T"
le
pour
et au milieu des huées
avec. cortége assassin,
non
à la,
dès groupes postés sur son passage.,
pas
municipalité oà l'on vouloit le conduire d'abord,
maia'l l'assemblée coloniale; ily a subi, jusqn'a
deux heures du matin, toutes les humilintions,
lés horreurs et les angoisses qu'il est possible
n'osoit élever la voix en sa
d'imaginer ; personne étoit manifeste sa
faveur: la conjuration
;
perte
parvissoit Enfin il certaine. fut arrêté qu'il seroit embarqué sur le
mêine batiment qui devoit porter en France les.
PTSIS nouveaux commissaires de l'assemblée coloniale, et, qu'en attendant le départ de ce batiment, il seroit
à yue dans la maison comn-
-
gardé
mune. Instruits de cet II arrêté affreux contre le chefdu
pouvoir exécutif, le représentant du roi dans la
colonie ; épouvantés d'un attentat si horrible,
les citoyens.se disoient : après ce qui vient de se
dans cette infernale assemblée, il ne nous
passer reste plus qu'à nous égorger les uns les autres. étoit
La nuit fut très-orageuse : la guerre civile
seroit
à yue dans la maison comn-
-
gardé
mune. Instruits de cet II arrêté affreux contre le chefdu
pouvoir exécutif, le représentant du roi dans la
colonie ; épouvantés d'un attentat si horrible,
les citoyens.se disoient : après ce qui vient de se
dans cette infernale assemblée, il ne nous
passer reste plus qu'à nous égorger les uns les autres. étoit
La nuit fut très-orageuse : la guerre civile --- Page 41 ---
(35)
allumée ; tous les esprits étoient dans la
grande fermentation ; le désordre
plus
son comble. /
paroissoit à
Dans cet état des choses, considérant
avoit plus de force publique à
qu'il n'y
vu l'absence prochnine et la mullité onin-Dontingues actuelle du
la exécutif, la suspension générale de la
dilapidation
fentetr
tion des
des finances, l'insurreccontestés, troupes ; voyant d'ailleurs nos pouvoirs
notre caractère
rité méprisée, toutes les lois méconnu, violées; notre autoplus agir, ne sachant que penser de loubli ne pouvant
France à notre
nous
de la
Roume et moi, egria venir rendre avens délibéré, M.
semblée
compte à l'Asde'nos nationale et au roi de notre conduite et
tableau opérations affreux dela 2 et de mettre sous vOS yeux le
res dans la mallieureuse situation actuelle des affaimingue.
colonie de Saint-DoNous avons
tion à l'assemblée Motifieficiellement coloniale
cette délibéranopulaires, aiusi qu'au général. et aux autres corps
danger L'assemblée qu'elle coloniale, alloit
qui n'avoitpes prévu le
effrayée de voir l'abyme courir elle-même, fut trèssous sCs pas, et où élle étoit qu'elle près venoitde de
Creuser_
Néanmoins: ne vonlant
tomber, -
revenir
pas, par
clle-même sur son arrêté orgueil,parotro elle
plusieurs membres de l'assemblée >
engagea
nord et de la municipalité du provinciale à
edu
d'embarras.
Cap
la. tirer
On se rendit chez le général ; on lui
que l'assemblée coloniale étoit décidée annonça à
querl'arrété cruel-qui'elle venoit de prendre révocontre
C2
user_
Néanmoins: ne vonlant
tomber, -
revenir
pas, par
clle-même sur son arrêté orgueil,parotro elle
plusieurs membres de l'assemblée >
engagea
nord et de la municipalité du provinciale à
edu
d'embarras.
Cap
la. tirer
On se rendit chez le général ; on lui
que l'assemblée coloniale étoit décidée annonça à
querl'arrété cruel-qui'elle venoit de prendre révocontre
C2 --- Page 42 ---
(-36)
lui; on l'invita à faire rassémbler, aussitôt que.
le jour paroitroit 9 toutes les troupes de ligne
et patriotiques au champ de Mars, pour y entendre les discours qui seroient prononcés à la
tête des bataillons, et y prêter le serinent d'obéir
às ses ordres ; on lui annonça,en outre, qu'il seroit
supplié de reprendre ses fonctions.
On fit imprimer et publier le même jour, à ce
sujet, une adresse aux citoyens, et une] proclanation, dont il est essentiel que vous entendiez
la lecturel
ADRESSE
Cap, ce 27 mars 1792.,
Citoyens infortunés, qui vous êtes portés hier
avec affluence à la mumnicipalité, et dans la salle
des séances de l'assemblée coloniale,
vous
qu'avezfait P
Aigris par l'excès de VOS maux , vous. avez
annoncé que M. le lieutenant au gouvernement
général avoit perdir votre confiance, vous avez
exigé qu'il partit pour France. En-vous portant
kr cette extrémité, vous avez cru ; vous avez
voulu faire le bien de la colonie. Craignez, ah!
craignez de consommer .sa perte.
On vous a fait pressentir hier cette vérité
cruelle : on vous en a présenté beancoup d'auHodisuioyeens Vous n'éticz pas en
état de les entendre : plus calmes aujourd'hui,
écoutez VOS amis.
Est-ce dans le moment oit des secours puissans
arrivent de Francc, dansle inoment où Sccondés
, vous avez cru ; vous avez
voulu faire le bien de la colonie. Craignez, ah!
craignez de consommer .sa perte.
On vous a fait pressentir hier cette vérité
cruelle : on vous en a présenté beancoup d'auHodisuioyeens Vous n'éticz pas en
état de les entendre : plus calmes aujourd'hui,
écoutez VOS amis.
Est-ce dans le moment oit des secours puissans
arrivent de Francc, dansle inoment où Sccondés --- Page 43 ---
37 - )
par de nouveaux frères armes s VOTIS allez
faire de nonveaux efforts. pous rentrer sur voS
biens ; dans le moment enfin oi vons allcz
ter le coup décisif pour essayer de retablir pordre
Por
et l paix, que vous devez allumer une guerre
intestine, 7 vous priver de la présence dn
sentant actnel da roi, et courir los
noureau
risgites
iea
genéral? Est-ce dansle moment nu vous
huttez en France avec des ennemis déjà trop puissans, et oi, porr les terrassér, vous avez besoin
de vous concilicr-in bionvéillance de l'essemblée
nationale et' du roi, que viTIS devez fhire une
action d'éclat, qui pout être mal vue 9 mal
interprétée, qui peut fonmir de nonveiles
à vOs calomnintenrs PFrères et amis, réiléchisseze arucs
y bict n.
yto :
Pasez d'aillenrs,de
sang-froid,le D
principal motif
qui vOUS a déterninés à réclaier contre M. de
Blanchelande, et à voter son départ,
4 Ila commis une grarde faute, gans, donte,
nc remettant pas à vos représentans
2 de en
la pétition incendinire qnilniavoit été Poriginal
mais cette fante même renferme un acte,de présentée;
nérosité elle renferme 1111 sacrifice que voTS étes; ge
dignes d'apprécior 5 olie vous andonce
vous pouvez attendre de l'homne qui cemia l'a fait.
Qu'on Pertoure de bons conseils, et c'est celui
.cui convient à la colonie.
Revenez dorc, je voTS en conjure an nom dn
patrictisine qui vous anime, revanez Sur le parti
quevons avez pris. La conduite pleine de sagesse
gue les dcux assemblées et la municipalité Cit
tenne, en ne prenant aucune part active ii vos
détrmimtions, en s'abstenant de délibérer, en
l'homne qui cemia l'a fait.
Qu'on Pertoure de bons conseils, et c'est celui
.cui convient à la colonie.
Revenez dorc, je voTS en conjure an nom dn
patrictisine qui vous anime, revanez Sur le parti
quevons avez pris. La conduite pleine de sagesse
gue les dcux assemblées et la municipalité Cit
tenne, en ne prenant aucune part active ii vos
détrmimtions, en s'abstenant de délibérer, en --- Page 44 ---
(38 )
bornantà constaterles faits, vous en facilite les
seb
moyens. vous-mémes les juges de votre pétition ;
Soyez
n'est
l'effet d'un inoment
convenez qu'elle
que
la
d'effervescence, et soyez assez grands à cet pour acte de
rétracter. Vos amis applandiront frémiront, en voyant que
justice, et vOS ennemis
Thomme bon, quils
YOS reconnoissez tonjours de séduire,
le digne res'efforcent en vain
chéri pour s'est ouverteprésentant du monarque
qui
ment déclaré notre protecteur. mon avis ne doit pasFrères et concitoyens 9
est connue : j'aine
vous être suspect; ma religion
je crois de
la révolution française e, parce que de ma patrie;
bonne foi qu'elle fera le honheur
modifiée
je crois que la nouvelle constitution, locales, pent s'adapter
suivant nos convenances
de Saint-Doninntilement à la partie française déteste l'ancien
ghe. Je hais l'aristocratie de ; voir, je mes
régime; 0
; mais ma façon. rendent ni injuste ni
ne me
rEE
mes principes,
de
ne m'avengle
sonnable. 7 et l'esprit
parti
dans la JE
mais. 1 Je vois un très-grand danger
à la'
marche que vous avez faite : mon la dévonement loi de vous le
chose publique m'impose
direr
S A L U T:
JOUBERT, député à fanemblteaproinciuls
du Nord.
de lassembléeproImprimé avec Papprobation
vinciale du Nord.
DUFAULEROY, président. --- Page 45 ---
(39 )
PROCLA M A TIO N.
Ectrait des registres des délibérations
de
PAssemblie provinciale
Nord,
permanente du
Séance du 27 mars 1792.
L'assemblée provinciale du
sement affectée des scènes
Nord, donlcurennées par les personnes
qui ont été eccasianafilnence dans la salle 3et se sont portées avec
cipalité du Cap, et dans les séances de la muniblée coloniale déclare
galeries de l'assemnelle, attentatoire 7,
mille, inconstitutionrégissent la colonie, aux autorités légitimes qui
des citoyens de la et contraire au voeut général
informe que queiques province du Nord, la pétition
à l'assemblée coloniale, citoyens ont fait parvenir
au gouvernement
> contre M. le lientenant
fervescence
général, dans un moinent d'ef:
faire
que Pexcès du malheur
senl
:
pardonner une première fois.
peut A
Invite,an nom de la; province du Nord
qu'elie représente
entière,
requiert, au immédiatement, nom de la
et si besoin
a et
roi, mondit sieur le
nation, de la loi
nement . général, de
lieutenant au gouverpétition et à ce
continuer, sans égarl a ladité
les importantes fonctions qui s'en est ensuivi, d'exercer
éminente qu'il
attachécs à la
ter, et d'user de occupe et qu'il ne peut
place
tiennent,
tous les droits qui lui pas quit
comme représentant du roi, poer CAPT
, au immédiatement, nom de la
et si besoin
a et
roi, mondit sieur le
nation, de la loi
nement . général, de
lieutenant au gouverpétition et à ce
continuer, sans égarl a ladité
les importantes fonctions qui s'en est ensuivi, d'exercer
éminente qu'il
attachécs à la
ter, et d'user de occupe et qu'il ne peut
place
tiennent,
tous les droits qui lui pas quit
comme représentant du roi, poer CAPT --- Page 46 ---
(40)
conservation de la colonie et le rétablissement
de la paix.
Invite pareillement, au nom de lal loi ct du danger. commun 2 tous lcs bons citoyens des troupes
patrintiqnes etde ligne, à SC tenir en garde contre
les impulsions
étransères, 2 cui tendroient à les
portur à troubler l'ordre et la tranquillité pubiimmos, et à regarder comme perturbatenrs et
indiigues du nom français tcus cenx qui, au
lien de s'unir ingimement avec leurs frères malhetreux 3
sauver les restes de la colenie, 2
narslerolints à répandre parmi le peuple des
de division 1;et de discorde, et à joindre
frdens horreurs de la guerre civile aux autres maux
qui T'affligent.
Sera la. présente remise par quatre commnis-,
saires de Passemblée, à M. le lieutenant au gouvernement générai, ct on outre imprimée, 9. lne >
publiée et nffichée 2 tant dans cette ville que
dans toutes les autres paroisses de la province du
Nord.
DUFAULEROY, président.
GUILLENAT, vice-président.
A 32.
POULET ET Niceur, sccrétaires.
Comme on avoit besoin d'un sanctionneur pro:
visoire, et qu'on ile vouloit pas courir les risques
d'un nouvear general, on a invité M. de Blanchelande à rester.
Quant à nons, on nons a souhaité un bon
voyage, en nous réscrvant in pelto une avanie
que nous avons SIL prévenir par lcs précautions
sages que nous avons priscs de 1lC pas partir en-
ésident.
A 32.
POULET ET Niceur, sccrétaires.
Comme on avoit besoin d'un sanctionneur pro:
visoire, et qu'on ile vouloit pas courir les risques
d'un nouvear general, on a invité M. de Blanchelande à rester.
Quant à nons, on nons a souhaité un bon
voyage, en nous réscrvant in pelto une avanie
que nous avons SIL prévenir par lcs précautions
sages que nous avons priscs de 1lC pas partir en- --- Page 47 ---
(41 )
semble, et de ne pas afficher le moment de notre
départ.
M. le Général nous écrivit le 30 mars :
< Je stis; Messicurs, cn le peut pas plus af
fligé de la résolution que vous avez prise. Ma
corfiance en vous me soutencit, et mcs sollicitudes étoient moins accablantes par l'espoir
me restoit d'avoir recours à vOS lninidres. Vous qui
partez : je reste scul ici cn pruie aux ennemis du
bien et à mes chagrins.
>> Les motifs ui vous font prendre ce parti sont
bienforndés ; mais venillez considérer qu'il
résulter de votre départles suiteslespins
> La crainte
Vhnedcut
de votre arrivée (72 France
porter les coupables LZL désospoir, et
peut
tout
lenrjuire
oser; JE NE YAIS PAS PLUS LOIN : mais souffrez qu'avant de donner Pordre de disposer la
frégate que vous me demandez,j'aye un entretien
avec vous. >
Vous pénétrez sans doute, Messieurs, ce
M. le Géréralavoit à nous dire ; j'en étois que
instruit. J'ai dejoné l'affreux complot; jeme deja suis
rendu, pendant la mit, 2 sur un navire inarchnnd(1).
Les détails partiels que nous avons vous
donner sur la sitnation actuelle des
de la colonie de
troisprominces
ils scront P'objet Suint-Domingue d'un mémoire sont itmenses 2
travailler;, ils sera
auquel je vais
appayé sur des
tives bien importantes.
pièces justificaIMI. Saint-Loger, notre collègue 2 qui a été
chargé d'une commission particnlière dans la
(I) LEclataat, Capitaine Guillot.
nnd(1).
Les détails partiels que nous avons vous
donner sur la sitnation actuelle des
de la colonie de
troisprominces
ils scront P'objet Suint-Domingue d'un mémoire sont itmenses 2
travailler;, ils sera
auquel je vais
appayé sur des
tives bien importantes.
pièces justificaIMI. Saint-Loger, notre collègue 2 qui a été
chargé d'une commission particnlière dans la
(I) LEclataat, Capitaine Guillot. --- Page 48 ---
(4)
province de l'ouest, vons insti uira de ce qu'il a
fnit, 1 et de ce qui s'eut passé sous ses yeux.
Comme 011 se propose. de vous faire inçessamment uii rapport sur les secours à accorder rà
Saint-Dontinguc, je crois devoir vous dire un
môt des abus que P'assemblée coloniale se pérmet
dans la partie des finances, comme dans toutes
les autres. Par un de ses arrêtés du 27 février >
elle a décidé qu'elle peut non-seulement disposer
des fouds de la colonie, et en ordonner lemploi,
mais qu'elle pent encore faire, à sa volonté 9 des
enaprunts indirects, et mnême disposer du trésor
national.
D'après cette décision,elle a fait tirer, parles
commissaires des 85 membres de l'assemblée de
Saint-Marc (appelés Léupardins). des lettres-decliange sur le trésorier pour. environ un deinimillion tournois, destinées à des objets de dépense sui lesquels la colonie n'a pas même
encore exprime SOIN voen.
les
Ce trésorier n'ayant pas voulu accepter
lettres- de- change, l'assemblée coloniale s'est
aciressée-h loruomnatenr, faisant les fonctions
d'intendant dans la colonie 5 pour lui enjoindre
de les faire accepter. Cetorionnatenr arépondu,
le 7na:s, qu'il Ie le' pouvoic et qu'il ne le deVOE pas.
cette.
Dans une séance du 26j janvier précédent,
mèine assembiée coloniale avoit arrêté
Passemblée
se
à
des
Dloeci
provinciaie
transporteroit
navires qui étoient sous voileetde ceux quientreroient dans la rade, pour y prendre des arines.
En T111 mct 2 elle prétend pouvoir disposer de
non-séulement de nos finances, 9 mais encore
nos forces navales et de nos troupes de ligne.
Peut-on concevoir, Messieurs 7 de pareils
janvier précédent,
mèine assembiée coloniale avoit arrêté
Passemblée
se
à
des
Dloeci
provinciaie
transporteroit
navires qui étoient sous voileetde ceux quientreroient dans la rade, pour y prendre des arines.
En T111 mct 2 elle prétend pouvoir disposer de
non-séulement de nos finances, 9 mais encore
nos forces navales et de nos troupes de ligne.
Peut-on concevoir, Messieurs 7 de pareils --- Page 49 ---
(43)
abus fIls sont
à les croire, si invraisemblables, nous n'en
et on auroit peine
matérielles.
avions pas'des preuves
de Cette assemblée a porté le
ses séances du 12 iévrier délire, dans une
la proclamation du roi
dernier, lui
concernant
son ministre de la marine qui
a été adressée
Der
au mois de
dernier, au sujet des esclaves
novemqu'i dire et faire imprimer
la révoltés, jusde sa majesté n'étant
que
proclamation
Toi faite par elle ( assemblée pas intervenue sur une
trouve contraire au décret du coloniale), 24s
ellese
que, sous ce point de vue, elle septembre, et
rejettée : que sa majésté l'a
pourroit être
par la lettre de son ministre reconnu elle-même
Bonvernenr-général de se
, qui ordonne au
tant pour la faire publier, concerter s'il
avec elle,
pour régler les conditions de y a lieu , que
accorde.
pardon. qu'glle
Il est bon que vous
nous en avons aussi la sachiez, Messieurs, et
après notre arrivée. à preuve, que peu de jours
avions rédigé un projet de Saint-Domingue 3 nous
mêmne objet, que nous l'avons proclamation pour le
l'assemblée coloniale, et
comnuniqué à
ticles que nous avons dressés qu'elle a adopté les arditions du pardon.
alors_s sur ito
la Etonnée moindre de ce que le ministre ne faisoit
ficielle
mention de nous dans sa
pas
sur cet objet, elle a pensé dépêche of
vionspas'le droit de faire des
que nous n'ten a tiré d'autres conséquences proclamations; ; elle
sautes,suriftendace eetl'efficacité pour motiver scS
Représentans du Peuple
denosponvoirs.
Messieurs, qui portez sans cesse firançais > vous 9
YOs' regards sur --- Page 50 ---
(44)
R6732 cikesivaine
tont ce, qui peut concourir au bonheur
Oar t6
venir promptement au secours de public, la CO- s
fPE de Saint-Domingne, ne souffrez
cette importante section delEmpire français, pas que si
digne à tous égards du puissant intérêt qu'elle
inspire reste plus long-temps accablée sous le
joug des inffimes tyrans qui ont causé et qui perpétuent ses désastres.
Signe, DE MIRBECK.
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE, --- Page 51 ---
E792
MUR3C --- Page 52 ---
a
à