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NATIONALE
CONVENTION
RENDU
COMPTE
actuelle de SAINTSux la ftuation
DoMINGUE.
Député de la partie du Nord.
PAR DUFEY,
Ler6 Pluiëfe, P'an fecond de la République Françaife.
11 IMPRIMÉ PAR e ORDRE DE LA CONVEXTION XATIONALEI
Leosstazeens DE LA FRANCE,
devons compte de la fituation de Saint-:
Nous vous
Doningue:
1n
des Français a coulé; la torche de la guerre
1-Le fang été allumée 2 Saint-Domingue Fat ies contreciyile a
A --- Page 4 ---
révolutionnaires, ayant à leur tête Galbaud, le fecond
& l'ami du perfide Dumouriez. Galbaud, à l'inftar de
fon chef, voulutaufi faire arrêter VOS délégués, & opérer une contre-révolution en faveur de fon parti; & Ces
deux complots, parcils, ic formoient à la même époque,
Dumouriez faifoit arrêter vos commiffaires dans les premiers jours d'avrii, 6 Galbaud eft parti de France le
9 du mére mois. (Vous obferverez qu'à la même époque aufli divers départemens éprouverent des commotions de guerre civile.) C'étoit l'ambition & peut-être
l'ordre de T'Autriche ou de la Pruffe qui dirigeoit Dumouriez. A Saint-Domingue, c'eft fans doute l'or des
Bourbons d'Efpagne & des Anglais qui a payé l'auteur
de Pincendie du Cap & du maflacre de plus de trois
mille individus. On peut même affurer ce fait fans craindre de fc
puifqu'l eft certain aujourd'hui que
Galbaud SAFR a pris
luite du continent de l'Amérique,
pour. e réfugier en Canada, chez les Anglais, gui Yont
accueilli comme un de leurs amis.
Nous voudrions, citoyens repréfentans, n'avoir pas a
mettre fous vOs yeux les événemens défaftreux de ces
journées liberticides qui ont détruit la premicre ville d'un
de vos plus riches départemens; mais notre devoir nous
commande de vous dire la vérité, de vous dévoiler tous
les forfaits commis par le traître Galbaud. Il feroit trop
long de vous en faire le détail en ce moment, car nous
ferions embarraffés de vous dire. quel-. eft le crime qu'il
n'ait pas commis; nous ne voulons point vous faire Thic
toire de tous les troubles qui ont eu lieu à Saint-Domingue;. nous ne voulons point fatiguer yotre attention
une longue narration des événemens préfens, nous
par
devons ménager des momens précieux qui appartiennent
a la félicité générale : nous nous propofons de publier
ces jours-ci la relation des malheurs arrivés-à Saint-Do-
raffés de vous dire. quel-. eft le crime qu'il
n'ait pas commis; nous ne voulons point vous faire Thic
toire de tous les troubles qui ont eu lieu à Saint-Domingue;. nous ne voulons point fatiguer yotre attention
une longue narration des événemens préfens, nous
par
devons ménager des momens précieux qui appartiennent
a la félicité générale : nous nous propofons de publier
ces jours-ci la relation des malheurs arrivés-à Saint-Do- --- Page 5 ---
fuccinctement, mingue; aujourd'hui nous ne vous en parlerons que trèsNous allons vous découvrir la
atroce des trahifons, la
infâme plus noire, la plus
ferez touchés des
plus
des coalitions; vous
même
maux que nous avous éprouvés, & en
temps étonnés que le refte de Dos concitoyens ait
échappé à tant de dangers, Je réclame votre atiention.
Galbaud a voulu fervir l'orgueil des
taires comme eux, la plupart perdus de blancs, deties propriéde Topulence, ou dont les engagemens égaloient avec l'air
pitaux. Il a rallié à fon parti tous ces faftueux les Caqui, trop connus des commerçans de France & indigens
vant plus abufer de leur crédulité, vouloient ne poulong-temps amener leur indépendance de la depuis fi
ou au moins être indépendans de leurs créanciers. France, OL
affocié tout le parti de la ci devant affemblée
Ils'eft
qui avoit toujours été le foyer de toutes les coloniale,
tions; 5 de cette affembléc toujours rivale, mais confpiranemie décidée des comtearéeroltiomnaires,
non enles combattant pour difputer l'autorité & s'en c'eft-a-dire,
mais fe réuniffant toujours à eux quand il s'agiffoit emparer, de s
s'oppofer aux lois de la France 5 de cette affemblée enfin
compofée des mêmes membres ou des partifans de
facticufe affemblée de Saint-Mare,
vouloit
cette
le joug de la France, qui fut long-temmps qui à la fuite fecouer de
r'Affemblée conftittante, que celle-ci n'auroit
laiffer retourner à Saint-Domingne
jamais dû
volution eût été complétement
jufqu'a ce que. la réfation coloniale
confoumée & l'organide
parfaitement érablie. Mais. par la
Barnave, on renvova les membres de cette perfidie
pour le malheur & la deftrugtion de la colonie, affembléc,
a rallié aufi à fon parti ces nézocians
Galbaud
qui fe. regardoient comme propriétaires commifionnaires, des fommes
leur étoie-t confiées par le commerce de
qui
France, qui
A 2
. la réfation coloniale
confoumée & l'organide
parfaitement érablie. Mais. par la
Barnave, on renvova les membres de cette perfidie
pour le malheur & la deftrugtion de la colonie, affembléc,
a rallié aufi à fon parti ces nézocians
Galbaud
qui fe. regardoient comme propriétaires commifionnaires, des fommes
leur étoie-t confiées par le commerce de
qui
France, qui
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vouloient fe difpenfer d'en rendre compte, & defiroient
confommer les banqueroutes qu'ils avoient préparécs au
moment même de la formation de leurs mailons commerciales. Il a fortifié Ce parti de tous Ces gens oilifs
rebut de
TEurope 2 qui abondent dans les colenies,
font aux gages du premier qui veut les payer, fouvent qui
flétris par les lois, & qui font avides de
& cher-"
chent
pillage
leur profit dans la licence. Il eut anfi pour fes
principaux partifans &c agens tous les contre-révolutionnaires arrivés en grand nombre de- France & de Co-,
blentz, & qui à Saint-Domingue fe trouvoient au centre
des ennemis les plus jurés de la France. Il a
cette
cohorte d'ennemis
ajouté à
prefque tous: les officiers de la
marine , la plupart refte impur de l'ancienne marine
royale, dont l'orgueil fe trouvoit abaiffé d'abéir à des
commiflaires civils, & qui, inftruits du complot général
contre la République & contre la Convention, vouloient, d'accord avec lui, livrer Saint-Domingue aux
Anglais, comme leurs camarades en Fraiice vouloient
livrer Breft & omt livré Toulon.
Tous ces infenfés fe regardoient comme une race privilégiée, 8c prétendoient
les citoyens de couleur
étoient placés au-deffous ate par la nature, & ils ne
pouvoient pardonner à ces derniers la réintégration dans
leurs droits, qui avoit été prononcée par
tionale. Galbaud, miniftre des
TAilemblée.navoulut les faire
vengeances 0
de fa cafte,
tous. - égorger 5 &c pour
à fes
fins, d'accord avec,les officiers de la marine, parvenir il a COI- P
rompu, féduit, trompé les équipages des vailleaux de
guerre & de ceux du commerce, & les a fait fervir
d'inftrumens aveugles à fa rage & à fon ambition, Mais,
pour réuffir. dans fon projet, il falloit perdre en même
temps: VOS commiflaires civils, qui ne devoient pas fouffrir qu'unc partic du peuple fat opprimée par Tantres
fins, d'accord avec,les officiers de la marine, parvenir il a COI- P
rompu, féduit, trompé les équipages des vailleaux de
guerre & de ceux du commerce, & les a fait fervir
d'inftrumens aveugles à fa rage & à fon ambition, Mais,
pour réuffir. dans fon projet, il falloit perdre en même
temps: VOS commiflaires civils, qui ne devoient pas fouffrir qu'unc partic du peuple fat opprimée par Tantres --- Page 7 ---
S
auffi Galbaind-dirigeet-il d'abord fon
eux: il a conmencé par faire embofler attaque contre
frégates firr la ville, & après avoir réuni vos vaiffeaux &
pages en aries & une pantie des
tous les équiavoit aufli égarées, il s'cft mis à leur troupes tête de ligne qu'il
& a marché contre vos délégués.
avec fon fpcrea A
Les" citoyens de couleur ( qui font le
ritables fans-culottes des colonies)
peupls, les védevoient.obferver voslois.des
n'oublièrent pas qu'ils
8 novembre 1792 &
2I juin, II & 17 août,
militaire étoit foumis 5 mars 1793, &
le pouvoir
ils fe rallièrenit
impérieufeinent à Smtnd civile; ;
k réfolurent fur-le-champ autour de vOs commiffaites,
fi coupable d'oppofer la plus vigoureufe réfiftance à. une
le
aggreflion. Ils ont défendu vos délégués avee.
héros. plus grand courage, & fe font battus comme des
9 Galbaud avoit marché avec des canons,
la maifon qu'occupoient les
avoit entouré
tre des hauieurs'
commiffaires 3 il étoit maide toutes les
qui dominoient la ville, de Tarfenal;
miflaires étoit. munitions; battue
la maifon où logeoient les compar les.
& en bréche, tràverfée de toutes parts
botletsy prète à s'écrouler fiur leurs
citoyens. du 4 avril,leurs défanfeurs,
têtes. Les
blés par le nombres ils engagèrent alloient être accavils à fe mettre en fireté, 8c.a fe retirer les commiffaires ciVos délégués étoient au
hors de la ville.
mains de VOS ennemis: ils moment de tomber entré les
Ces qui leur furent faites de ne purent réfifter aux inftantorité nationale, S'ilsavoient été ne, faits point compromettre l'autombés viétimes de la fureur des prifonniers, OlI étoient
volntion, tant defirée dans
rehelles, la' contre-réCe pays, qui étoit un noutveau'Coblentz, étoit faile" fans aticun
raincté-de la nation
obitacle, . la fouve-'
tendoient
méconnue, & les Efpagnols,
qué le fignal, étoient les maitres. de laicolo-. quin'atA 3
re l'autombés viétimes de la fureur des prifonniers, OlI étoient
volntion, tant defirée dans
rehelles, la' contre-réCe pays, qui étoit un noutveau'Coblentz, étoit faile" fans aticun
raincté-de la nation
obitacle, . la fouve-'
tendoient
méconnue, & les Efpagnols,
qué le fignal, étoient les maitres. de laicolo-. quin'atA 3 --- Page 8 ---
nie. Vos commiffaires cédèrent aux prières des citoyens
de coulear, & firent leur retraite à une.licue du Cap.
En Ce moment un grand nombre de Nègres de la ville,
domeftiques ou ouvriers, indignés de voir VOS
chaflés de la ville, & forcés à fuir; & d'un autre délégués
de voir les citoyens du 4 avril, qu'ils regardoient comme côté,
leurs amis, près de romber fous les coups de Galbaud,
après avoir déjà perdu un grand nombre d'entre cux, vinrent leur offrir de fe joindre à eux pour repouffer leurs
ennemis.
Dans l'extrêmité où fc trouvoient les citoyens du 4
avril, furle point de fuceomber, ils ne purent refufer
un fecours qui pouvoit leur-fauverla vie à tous, ainfi
leurs femmes & à leurs enlans.
qu'à
Les Nègres de la plaine & des montagnes voifines
ayant été inftruits des événemens du Cap, & qu'on y 2
mallacroit les citoyens du 4 avxil, étoient accourus auffi
de toutes parts à leur fecours.
Avec ce renfort, les citoyens du 4 avril marchèrent
avec un nouveau courage contre Galbaud, le mirent en.
fuite le premier de tous, & le forcèrent de fe rembarquer avéc une partie de fa troupe ; mais ils ne purent
arréterlafureur de fesfatellites & de fesagens,
voyoient
la victoire & les commiffaires civils leur
qui
dans leur
échapper, &qui,
rage infermale, livrèrent la ville aux Aammes &
au pillage.
Les citoyens du 4 avril & leurs auxiliaires s'occupèrent
feulement à fauver un grand nombre de blancs de tout
âge & de tout fexe. Voili comme ils-usèrent de l'avantage qu'ils venoient de remporter fur leurs ennemis.
Les, efclaves qui étoient. en infirrredtion depuis detix.
ans, inftruits par les flammes & les coups de canon que
, &qui,
rage infermale, livrèrent la ville aux Aammes &
au pillage.
Les citoyens du 4 avril & leurs auxiliaires s'occupèrent
feulement à fauver un grand nombre de blancs de tout
âge & de tout fexe. Voili comme ils-usèrent de l'avantage qu'ils venoient de remporter fur leurs ennemis.
Les, efclaves qui étoient. en infirrredtion depuis detix.
ans, inftruits par les flammes & les coups de canon que --- Page 9 ---
le 'cap étoit attaqué, , crurent fans doure Cette occaffon
favorable frir leurs fervices. pour rentrer en grace, & vinrent en foule ofIls fe préfenrèrent en armes devant
délégués. K Nous fommies Nègres
vos
> nous allons combattre pour la français, dirent-ils,
> compenfe nous demandons la liberté France, mais pour r6même, les droits de P'homme,
N )). Ils ajoutèrent
Si on les avoit refufés, ils auroient
les
propofitions des E(pagnols quiles ctibs accepter
temps, & quiavoient déjà gagné
depuis longLes commiffaires ciyils
quelques pincipaux chefs.
la France,
préfércrent les ranger du parti de
efpérant les employer utilement
de la République, d'autant
pour le fervice
depuis deux ans aux exercices plus de la qu'ils étoient agguéris
mandoient la liberté
guerre. Les noirs deoffrir
pour prix du fecours qu'ils venoient
: nous étions dans la confufion; ils fentoient leurs
forces; ils auroient pu mêmc les tourner Contre
les avoit indifpofés. Il n'y avoit pas à balancer nous,fi on
fition ou fc trouvoient vOs déiégués; ils déciarèrent dans la;
que la liberté. fersit
gnc
riers qui combattroient aceordée, mais feulement aux guerpour la République contre lesEf
pagnols ou contre les ennemis intérieurs. Ils annoncèrent
aulli, pour ne point faire de mécontens dans une circonftance. fi critique, qu'ils s'occuperoient d'améliorer
fort des autres ciclaves.
le
Citoyens, vous connoîtrez par la relation lcs divers
événemens qui fe font ficcédés pendant ces
de
lamités. Vous y verrez tous les excès, tous les jours Ca--
de l'incendie & du pillage qu'ont à fe
défordres
baud & fes complices, les anteurs de cet reprocher Galtant contre l'autorité nationale. Vous verrez horrible le
attence monftre qui a enlevé tous vos vaiffeaux, encloué départ les de
canons, de tous vOs forts, brifé tous les
les vivres & toutes les munitionsà
affaits, jeté tous
la,mer, enfin, laiflé
A4
, tous les jours Ca--
de l'incendie & du pillage qu'ont à fe
défordres
baud & fes complices, les anteurs de cet reprocher Galtant contre l'autorité nationale. Vous verrez horrible le
attence monftre qui a enlevé tous vos vaiffeaux, encloué départ les de
canons, de tous vOs forts, brifé tous les
les vivres & toutes les munitionsà
affaits, jeté tous
la,mer, enfin, laiflé
A4 --- Page 10 ---
le-Cap fans reffources & fans défenfe. Vous verrez à la
firite de ces maux tous les noirs de la partie du Nord
livrés à cux-mêmes, fans frein, fans guides,ne connoiffastpiefque d'autre. loi que leur volonté; VOS commiffaire n'ayant aucune force pour les contenir, étant dans
lc rénuement le plus abfola de toutes reffources & d'approvifionnemens de tous genres, enfin, dansla plus grande
détrefle, & n'efpérant plus, pour conferver la colonic
à la France, que dans la forcc de ces citoyens nouveaux
qu'ti falloit attacher à la République. Vous ferez convaincus, j'efoère 2 quic c'eft la force dés événemens
a aniené enfitite, qui a entraîné la grande mefare qui de
liberté dans la partic du Nord, comme lc feul port de
Aalet pour conferver la population blanche, & même les
citoyens du 4 avril.
La piupartdes efclaves de la partie du Nord étoient foulevés depuis deux ans 2 & après avoir été d'abord ies inf
trumens des cocite-réroliationmaires, ils combattoient mour
deur liberté, & on ne pouvoit plus efpérer les faire jamais rentrer dans les devoir. Une partic des autres avoit
été apnclés à ia liberté pour récompente d'avoir défendi
les lois de la I'rance & les délégués de la
contre Gaiband
République
& fes compiices. Mais tous les hommés
fe difoient & vouloient être compris dans le nombre des
guerriers, & prétendoient par 1 obtenir leir liberté: il
ne reftoit donc. plus que les femmes & les enfans : c'étoit pour ceux-ci qu'ils réclamoient encore une nouvelle
faveunr; ils difoient: (( Ce n'ef pas la faute dc nos fem-
).1 mes, A clles n'ont pas pu s'armer pour la France. Peit-
> on les punir de la foibloffe de leur fexe? Pourquoi
>, les rendre plus malheureufes que nous 2 Elles
> nos fentimens. Pend ant que nous nous battrons partageng
> France, elles lès infpireront à nos enfans : elles
> leront
Eentp
pour nourrir les guerriers ). Ils ajoittoient : (C Si
n'ef pas la faute dc nos fem-
).1 mes, A clles n'ont pas pu s'armer pour la France. Peit-
> on les punir de la foibloffe de leur fexe? Pourquoi
>, les rendre plus malheureufes que nous 2 Elles
> nos fentimens. Pend ant que nous nous battrons partageng
> France, elles lès infpireront à nos enfans : elles
> leront
Eentp
pour nourrir les guerriers ). Ils ajoittoient : (C Si --- Page 11 ---
-
> plufieurs de nos femmes orit été
)) nous faire cadeau du prix de leurs acheféés, ori peut bien
)) penfe de nos fervices palfés & perfonnes en récom2
> fervons que la liberté
préièns. Nous vous ob-
>) nous l'avions déjà; celle quie vous nous avez accordée
>> aujour.l'hui, nous la' mériterons que nous vous demardons
)) & nous nous engageons à combattre par nos fervices futurs,
) blique tant qu'eile voudra. Pour les pour la Répu4) nées fur le territoire" français, elles"ne fenimes qui font
> être efclaves. Quant à nos enfans, c'eft notre devroient pas
> c'efl notre fang. On n'a jamais
propriéié,
> poRérité. Les garder dans
P" difpofer de notre
)) damier à un malheur éternel, Tefclavage, c'eft nous con-
) vie )).
c'eft nous arracher la
Les citoyens du 4 avril, en recennoiffance des
ces que leur avoient rendus les noirs. dans les fervides 40, 21 & 22 juin, ou on: vouloit les
journées
oh les noirs les avoient fi couragetfement aflafliner, &
eurent la générofité de fe joindre cux-mêmes fecourus,
pour implorer le commifiaire civil en faveur aux de noirs leurs
ddenfeurs, &furent les premiers à offirle facrifice de Jeurs
efclaves, à qui ils donnerent la liberté. Mes
collàgues, ont donné des, premiers
frères, mes
n
l'exemple,
fans Chtoyens légillateurs, 2 votre commiflaire e
civil, étoit,
dre doute, fort embarrafé de répondre. On pouvoit crainque ces guerriers, quoique pétitionnaires relpoctueux
Jungealeoss dans leur ardeur Oli dans leur
ne
de penfatlent a employer leurs armes pour affurer defeipoir la liberté
à leurs fenimes & de leurs enfans,. f On s'étoit obftiné
les'refnfer. Alors la colunie fc trouvoit
uin' nouveau chaos dont rien ne pouvoit replongée dans
Ta fouvernineté nationale étoit
plus la tirer, &
lpais phis prudent
Ajamais anéantie. N'étoit-
& les Anglais,
d'éviter ce danzer ? Les Efpagnols
auxquels s'étoient déjà réunis un grand
ipoir la liberté
à leurs fenimes & de leurs enfans,. f On s'étoit obftiné
les'refnfer. Alors la colunie fc trouvoit
uin' nouveau chaos dont rien ne pouvoit replongée dans
Ta fouvernineté nationale étoit
plus la tirer, &
lpais phis prudent
Ajamais anéantie. N'étoit-
& les Anglais,
d'éviter ce danzer ? Les Efpagnols
auxquels s'étoient déjà réunis un grand --- Page 12 ---
IO
nombre de contrerésrolitiohnaites, étoient là tout
qui les appeloient & leur tendoient les bras. Les prêts,
gnols leur offroient même de
Efpamême des
T'argent avec la liberté, &
grades fupétieurs. Il ne falloit pas laiffer
per l'inftant favorable, fans quoi tout éioit
échaptoit-il
perdu. N'é
pas d'une politique - fage & éclairée de créer de
nouveaux fujets à la Répuiblique pour les
à nos
ennemis ? Au refte, fi nous devions perdre oppofer nos coionies,
(ce que je fuis bien loin de croire ni de craindre
toit-il
), n'éde
pas plus glorieux d'être jufte, & plus raifonnable
faire tourner cette perte au profit de Thumanité?
Dans cette extrémité preffante , le commiffaire en réfidence au Cap, rendit la proclamation du 29
nous avons remife au comité de falut public. août, Les que
de là partic du Nord étoient déjà libres
le noirs
ils étoient les
par fait ,
maîtres; cependant la
les, déclarant
proclamation, en
libres 2 les affujétit à réfidence fur leurs habitations refpeétives, & les foumet à une dikcipline févère, en même temps qu'à un travail journalier,
nant un falaire déterminé; ils font, en
moyencomme attachés à la glebe.
quelque forte, 3
Sans cette mefitré prudente & falutaire, 2 dans la crife
nCus nous trouvions, c'en étoit fait de la colonnie
ot
de la fouveraineté nationale fur cette précieufe entière,
c'en étoit fait de la population
c'en poffeflion,
des citoyens du
blanche,
étoit fais
femblée nationale 4 avril, ces Frariçais nouveaux, 2 par l'af5 c'en étoit fait d'une multitude
brable d'hommes, qui dans le défarroi général fe innom- feroient
entr'egorgés les uns les autres, divifés en cent partis dif
férens, toujours en guerre, opprimans ou
une partie d'entr'eux ferviroit
les opprimés; &
peut-être,
uns les indépendans 2 les autres les royaliftes, d'autres les
ou les Anglais.
Efpagnols
ces Frariçais nouveaux, 2 par l'af5 c'en étoit fait d'une multitude
brable d'hommes, qui dans le défarroi général fe innom- feroient
entr'egorgés les uns les autres, divifés en cent partis dif
férens, toujours en guerre, opprimans ou
une partie d'entr'eux ferviroit
les opprimés; &
peut-être,
uns les indépendans 2 les autres les royaliftes, d'autres les
ou les Anglais.
Efpagnols --- Page 13 ---
II
Les colons accoutumés à fe débattre de toutes' leurs
forces, en préfence de la liberté, vont employer toutes
fortes de manceuvres pour vous tromper; ils vont chercher, à leur ordinaire, à vous alarmer par toutes fortes
de tableaux finiftres; ils vont vous peindre VOS villes
infurgées, 3 votre commerce ruiné, votre tréfor appauvri, votre influence politique dépériflante.
Que les habitans de nos villes de commerce foient dés
trompés, que lescommergans fe raflurent, fe tranquillifent;
qu'ils fachent que les propriétés ne font & ne feront
bouleverlées à Saint-Domingue ;. qu'ils lifent la proclama- point
tion du 29 août; qu'ils apprennent que les noirs travailleront à les rembourfer, & d'autant plus volontiers
auront un falaire raifonnable à efpérer de leur qu'ils
de leurs fiteurs. Les négocians ne perderont, tout travail, aur
plus,
le commerce des
mais, fx cent
mille Sommer libres cultiveront-ils hommes; moins
fix cent
milleefclaves? Qu'ils croient bien que cès mêmes que hommes
librès fourniront plus de bras à la cilture que tous les
comptoirs de PAfrique. Leus femmes ne font point ftériles; les négociants verroht
le déficit apparent de
la répopulation n'eft que la
complète du
de
TEaer
fyftéme
fervitude de notre ancien gouvernement, &
ne fervoit qu'à augmenter, à leur détriment , les dettes
dés colons infideles ou malheureux, fans augmenter les
revenus. Les négocians s'applaudiront bientôt du nouvel
ordre des chofes qui va s'établir à Sain-Domingue, &
dorénavant lc commerce y repofant fur le refpeét des
engagemonsa accroitralap profpérité dela
nous vous le difons avec la conviction métropole.Cltoyens, de
iln'y a rien de f cher
la culture par l'expérience,
verrez que votre curadler de Saint - Domixge efclaves; fera vous bien,
plus floriffante cultivée par des mains
votre
tréfor n'éprouvera
libres, que
pas long-temps de déficit, que cette.
orénavant lc commerce y repofant fur le refpeét des
engagemonsa accroitralap profpérité dela
nous vous le difons avec la conviction métropole.Cltoyens, de
iln'y a rien de f cher
la culture par l'expérience,
verrez que votre curadler de Saint - Domixge efclaves; fera vous bien,
plus floriffante cultivée par des mains
votre
tréfor n'éprouvera
libres, que
pas long-temps de déficit, que cette. --- Page 14 ---
niouveile colonie piodaira plus à la métropole
cidevant, que votre influence politique eft affurée que à SaintDomingue, & que bientôt elle dominera fir toutl'archipel méxicain.
- n Si quelques uns de nos négocians français; habitués aux
anciens préjugés coloniaitx, regrettoient la révolution
vient de s'opérer à Saint - Domingue & la
qui
comme un malheur, comme un échec 2 à leur regardoient
qu'ils réfléchiffent fir les circonftances ou nous nous foxtune, trou- 2
vons, où chacun fait à fa patrie queiques facrifices.
de nous ne fe fait pas gloire d'avoir fait fon offrande Qui ?
Qu'ils confidèrent que la melare prife par les commif
faires civils, n'a pas été fpontanée, qu'ils ont été contraints de ladopter pour fauver da fouveraineté nationale
en un mot, que cc font les contre-rérufationantiret, les ;
agens dés puiflances étrangéres, que c'eft le traître Galbaund, lieutenant & complice de Dumouriez, qui l'ont
, qui l'ont forcéc; qu'on vouloit livrer à nos
EEEH: colonie de
Saint-Domingue 3 & alorsnous leur
demandierons. fi elle étoit tombée entre les mains des
Anglais ou des
de
Efpagnols 2 comment ils auroient été
payés
ce qui leur eft dà. Qu'ils n'oublient
quils doivent s'en
pas, aufli,
millionnaires à
prendre aux négocians 2e 2 leurs cemSaint-Domingue, 2 qui, coalifés avec Galbaid-, CIIL lieu de s'oppofer à fes
ont fecondé
&c favorifé les défordres, & pris les defeins, armes avec lui; &
fir- tout, que depuis ieur fuite avec leur chef,
qu'ils font parvenus à rendre leur compte
depuis
du
la
par lincendie
Cap', 2
plus part d'entr'eux vivent dans la
grande opulence au continent de T'Amérique, &
coup y ont
AElat
de
déjà acheté des terres, ou levé des magalins
de fe commerce, avec les fonds qu'ils ont eu la précaution
de
ménager," & de faire mettre à bord des bâtimens
la rade quelques jous avant l'incendie.
parvenus à rendre leur compte
depuis
du
la
par lincendie
Cap', 2
plus part d'entr'eux vivent dans la
grande opulence au continent de T'Amérique, &
coup y ont
AElat
de
déjà acheté des terres, ou levé des magalins
de fe commerce, avec les fonds qu'ils ont eu la précaution
de
ménager," & de faire mettre à bord des bâtimens
la rade quelques jous avant l'incendie. --- Page 15 ---
a
Nous plaignons fincèrement les négocians
qui ont été ainfi victimes de leur
de France
bonne foi; mais il ne s'agit pas ici confance, de leur
de regreter, mais de fonger au remédel pour Ils eux feulement
tôt voir cette révolution comme
doivent plur
de commerce qui vient de s'ouvrir une nouvelle branche
offre à leur induftric dés bénéfices plas pour eux, &
furés, 2 plis
clairs, pltis
#
Qu'importe mulipliés lc que ceux qu'iis faifoient autrefois.
il achette les pour dcprées négocint gu1l
la couleur de la main dont
fiennes ?
exporte, &c à qui ii vend'les
aflez confians Sur-tout, qu'iis ne foient ni aflez foibles, ni
volutionnaires pour fe Jaiffer tromper Par des contre-ré.
égarer. Qu'ils Colons, fachent Ou, autres, qui ont intérêt de les
trolationaire
que c'étoient lcs planteurs contréIa colonnie de Saint- guife difoient leurs amis, qui vendoienit
Ic traité Paffé par Ces Domingue Colons
aux Anclais. Qu'ils lifent
à Londres en février 1793, conteresolmiohnaines & arrêté a
figné
gue fans doute bien
Saint - Dominle temps aux porteurs long-temps de pouvoirs avant, d'arriver puifqu'il'a falliz
( Nous avons remis ce traité a votre comité en de Europe.
public.) Que nos négocians lifent, fur-tout, la faluit
qui exige des Anglais, comme une des
claufe
tions de la fervilité, un furfis de IO premières ans
condiles dettes. Qu'ils reconnoiffent la
del pour toutés
de
religion
Saint-Marc &c de Taflemblée coloniale Taffemblée I'a
Qu'ils apprécient le but de toutes les
qui
fuivie.
toutes les manceuvres qu'ils ont favorifécs intrigues & de
qu'ils fentent enfin que les traîtres n'ont ou méconntes;
les tomper, & ne cherchoient
jamais voule
lois de la France, &c celle de leurs que dettes. Tindépendance
Tandis que Galbaud étoit
du traité
féviers, qui livroit
à
paflé en
dis
vouloit
TAnglererte
Refgteeer
quil
s'emparer de fes commiffaires tancivils,
favorifécs intrigues & de
qu'ils fentent enfin que les traîtres n'ont ou méconntes;
les tomper, & ne cherchoient
jamais voule
lois de la France, &c celle de leurs que dettes. Tindépendance
Tandis que Galbaud étoit
du traité
féviers, qui livroit
à
paflé en
dis
vouloit
TAnglererte
Refgteeer
quil
s'emparer de fes commiffaires tancivils, --- Page 16 ---
les colons contre-révolutionnaires accufoient ces mé.
mes commiffaires devant la Convention nationale,
afin deconfommer ou delégitimer les crimesde Galbaud,
qu'eux & les contre-sévolaitionnaiter de France avoient
commandés de concert. Ils vouloient abfolument
cer VOS délégués, à quelque prix
ce fat, afin d'avoir déplaun champ libre, & 3riaiaAt de leurs complots,
Ils vous demandoient non pas de les faire
mais
de les mettre hors de la loi. Eb! pourquoi juger, enfevelir les
preuves de leurs crimes? S'ils font coupables, 3 il faut, au
contraire, les mettre au grand jour. Ces accufateurs
fe difent fi patriotes, pourquoi ne vous demandent-ils qui
pas plutôt un tribunal revolitionnaite, dont nous avons
tant befoin, & bien plus que de troupes? Nous, nousne
vous en demandons
de troupes, nous voulons ménager la vie de nos ande foldats citoyens, qui ne font
point faits aux climats brûlans, & qui font néceffaires
pours s'oppofer en Europe aux, armées combinées de rous
les defpotes. Nous avons des bras plus qu'il n'en
Nous
faut.
vous épargnerons les frais immenfes du tranfport.
Nous vous demanderons un tribunal révolutionnaire pour
première localité; pour feconde, des patriotes
mais despatriotes à la façon de France, & voués choifis, invariablement à la Répubiique françeife; & enfuite de la
poudre pour combatre; elle ne fervira pas celle-là
tirer fur les citoyens de couleur ni fur les noirs, pour
bien furles Angiais & les E/pagnols.
mais
e Ce font ces mêmes contre-révolationnaires O1l foi-difant
patriotes, gui, depuis quatre ans, ont induit en erreur
prefque tous les négocians de vos principales villes de
commerce : Ce font eux qui-vouloient dles ranger -du
fédéralifte 2 parce que ce fyftême étoit parlaitement parti conferme à leurs yues. 2 puifquil.établit un gouvernement
ticulier à chaque départemient, c'elt-adire,e régime inte- par- .,
mêmes contre-révolationnaires O1l foi-difant
patriotes, gui, depuis quatre ans, ont induit en erreur
prefque tous les négocians de vos principales villes de
commerce : Ce font eux qui-vouloient dles ranger -du
fédéralifte 2 parce que ce fyftême étoit parlaitement parti conferme à leurs yues. 2 puifquil.établit un gouvernement
ticulier à chaque départemient, c'elt-adire,e régime inte- par- ., --- Page 17 ---
rieur (ou petit corps
follicité
les
légiflatif) , régime tant
dance de par fait. Enfin colons, 2 parce que c'eft une defiré, 9 tant
doutez
cè font encore
indépenpas, qui d'accord avec les cesm@merhommes, ,n'en
royaliftes ou
négocians ariftocrates
villes des mouvemens lederalites, ont provoqué dans toutes ces 2
tionale. Leur caufe étoit d'infitrrection contre l'autorité napétué Tinfâme trafic des commune ; les uns auroient perétemifé Tefclavage.
hommes, & les autres auroient
Ileft temps
le vil intérêt
tille fe taifent Sime Aéchiflent
&
lacupidité mercan,
Que les négocians gui font davant A5 juftice & la raifon,
enfn de leur aveuglement, & attachés à leur patrie fortent
que tout le peuple français, qu'ils jugent à préfent,
républicains, & les traitres entre nos eommettans vrais ainf
renégats de leur patrie,
Nous ne vous rappellerons
putés avoient été envoyés en pas gw'en 1790 des.dé
propolitions atl miniftre Pitt; Angibterre pour faire des
miers jours de
qué depuis, dans les
la cocarde. noire fintinzection, & foulé On a arboré à
prenale; que depuis, des
aux pieds notre cocarde Sr-Domingue natiocommiffaires
voyésdirectenents au tyran par cette aflemblée particuliers ont étéen:
piratrice : nous vous dirons feulément
coloniale conf
accrédités, les plusintrigans d'entreles que Ce font les
condés par les chels & les
du colons blanesqui, t
excité le premier foulèvement agens des noirs gouvernemenr, à
, ont
jufement à lépoque de la fète de
S-Dominguee
donné le nom du tyran pour cri de Louis, & leur ont
font eux qui depuis ont
rallienent; ; que ce
ont ralliés aux
prolongé T'erreur des noirs & les
& toutes les Elpagnols. 3 afin de foutenir les
prétentions des
rovaliftes
qui étoient à leur tête & ariftocrates: : que Ce font eux
mens,
disigeeient tous leurs mouve-
, ont
jufement à lépoque de la fète de
S-Dominguee
donné le nom du tyran pour cri de Louis, & leur ont
font eux qui depuis ont
rallienent; ; que ce
ont ralliés aux
prolongé T'erreur des noirs & les
& toutes les Elpagnols. 3 afin de foutenir les
prétentions des
rovaliftes
qui étoient à leur tête & ariftocrates: : que Ce font eux
mens,
disigeeient tous leurs mouve- --- Page 18 ---
71 Ne fontice- pas- eux aufi qui ont Iwré aux Efpagnols
lc fort de Quanaminthe avec tous fes canons, fes munitions 2. fes approvifionnemens, & fa garnifon de 4 ou
5o0 hommes, fans tirer un feul coup de fafil?
&: Ne font-ce pas'eux qui ont négocié avec les
& figné un traité pour leur livrer les quartiers Efpaenols de la
Marmelade & de la petite rivière :
Ne font-ce point eux qui ont fait paffer en un même
jour & fans aucune attaque ni combat, Ifoohommes
de nos troupes de ligne, chez les Efpagnols, avec armes
& bagages?
Ne font-ce point eux qui*étoient d'intelligence aveç
les Aaglais au Mole & à Jérémie 2 & qui leur ont livré
ces deux places, qui depujs ont été reprifes 2 ainfi
nous T'avons appris à la Nouvelle-Angleteire ?
que
Ne font-ce point eux encore qui, le 14 juiller dernier, aux Cares, animés du même efprit qu'aur
ont foulevé tous les équipages de la tade, ont
faire
Cli
égorger tous les citoyens da. 4 avril, & ont tiré
fur votre commifaire civil Delpech?
- Cc font encore ces mémeshommes, ces agitateurs turbulens, qui foudoient deux gazettes comhe-névolutionnsaires à
Philadelphie
injurier& calomnieilsoPiancais,
eier VOS Renteaie $ vous alidner l'efprit des
dépré-
& entraver la marche de votre
Américains,
miniftre dans ce pays.
Ce font encore eux qui, fous le mafque du patriotifme, fe font introduis dans les fociétés populaires les
plus difinguées, pour y. égarer l'opinion publique fur
les colonies 2 afin de perdre plus forement ce qu'ils ap2
pellent leurs ennemis,& fur-tout, ainfi qu' ils s'en vantent,
çes infâmes commiflaires civils, envoyes, difent-ils, par
ces mon/tres de jacobins. Cette découverte e&ces derniers
renfeignemens qui vous font adreflés par votre miniftre
auprès
les fociétés populaires les
plus difinguées, pour y. égarer l'opinion publique fur
les colonies 2 afin de perdre plus forement ce qu'ils ap2
pellent leurs ennemis,& fur-tout, ainfi qu' ils s'en vantent,
çes infâmes commiflaires civils, envoyes, difent-ils, par
ces mon/tres de jacobins. Cette découverte e&ces derniers
renfeignemens qui vous font adreflés par votre miniftre
auprès --- Page 19 ---
auprès des
la
Eats-Unis, nous ont été
correfpondance de
cemmuniqués
tom, qui eft
Maugoury, votre conful à
des
journellehent en
RSELLE
inftant émigrés français, & dont la butte vic à toutes les infultes
menacée par eux.
eft même à chaque
Ce font encore eux qui, d'accord
interceptent toutes les
avec les
qu'il arrive la moindre communications, Ils ne veulent Anglais 3
colonies, ni des colonies nouvelle , ni de France dans
en
E
papiers; ils fouillent
France. Ils arrêtent tous les
crets. Ceux qui font à jufques la tête dans de les endroits les
fc- J
continent
cette inquifision plus
ou Ifoo deTAmmérique 2 font Talon &
dansle
leurs
émigrés de France & de
Nosilles, & 14
agens.
S-Domingue font
Si étoit permis de
ajouter :
parler de foi, nous
Pourrions
Co font eux encore
onb voulu nous faire allailiner qui.par une fuite de leur
Philadelphic
à notre
fyfamey
ville
9 par des
à
3 Ont
émigrés
débarquement
pèches
forcé nos malles, enlevé français refugiés en cette
tous pour la Convention, &
partie de nos déle nos papiers 5 notre argent, pour nos les miniftres, pillé
le poignard fur le fein de mom
effets 5 ont
Hforcer à quitter fa cocarde
collègue Belley appuyé
voulu faire)ont volé fa
nationale (ce gu'il 3 pour
eflas,jufaus les'
ceux de fon montre, enfant fon argent 9 tous' pas fes
plus mauvais traitemens.
; enfin luiont
gnard difoit à Belley,
Un de ces hommes latteflayee
tu ofes être officier mon collegue :
a poide vouloir commander dans un régiment comment, 2 tu as coquin,
leur répondit mon
des blancs? Eh!
linfolence
Compte
collegue, ( &c avec une pourquoi pas?
rendu par Dufay.
fierté énerB
ufaus les'
ceux de fon montre, enfant fon argent 9 tous' pas fes
plus mauvais traitemens.
; enfin luiont
gnard difoit à Belley,
Un de ces hommes latteflayee
tu ofes être officier mon collegue :
a poide vouloir commander dans un régiment comment, 2 tu as coquin,
leur répondit mon
des blancs? Eh!
linfolence
Compte
collegue, ( &c avec une pourquoi pas?
rendu par Dufay.
fierté énerB --- Page 20 ---
gique, T'expreffion de celui qui fent profondément fà dignité d'hommes) je fers depuis :5 ans: , fans reproche;
& quand on fait fauver des blancs & les défendre, on
peut bien les commander.
201 :
Con'eft que
une merveille quie nous avons échappé
aux pourfuites ter Ces brigands & fauvé le refte de nos
dépéches pour la Convention. Iis vouloient nous empècher
d'arriver jufqu'à vous, parce qu ils prévoyoient bien
nous allions vous découvrirla vérité, vous dénoncer tous' que
leurs crimes, & démafquer tous les traîtres. Ils nous ont
mêmc pourfuivis jufqu'ici, & à notre arrivée, ils nous ont
fait eftuyer une nouvelle perfécution. Nous ne nous plain-"
drohs pas de ce que nous avons fouffert. N'eft-on pas trop
heurcux, quand on fair quelques facrifices à fa. pattie? il
yaut' "micux qu'un innocent foit viétime
plutôt que de laifler échapper un coupable. quelques jours, 9
Aujourd'hni nous pouvons faire entendre notre voix,
nous pouvons dire la vérité, nous devons la
* la dirons:
dire, nous
Nous prions donc nos concitoyens de fixer toute leur
sttention fur la conduite des colons
trompent la I
France depuis quatre ans'; ils ont eu # fecret, ces
colons, de fe laire excepter de la litte des émigrés, &
d'échapper à la confifcation de leurs biens,
les. émigrés, montent à Saint-Domingue
qui, pour à un
ou
deux milliards; & aujourd'hui, tandis peut-être d'une
ils.tendent la main aux Efpaznols, & que l'autre part ils
fe vendent à l'Angleierre (ainfi qu'on "le verra par le
traité que nous apportons), & qu'au continent de l'Amérique ils réclament ouvertemenit à la fois la protedtion
d'Efpagne & d'Angleterre, en infultant & injuriant tout
, montent à Saint-Domingue
qui, pour à un
ou
deux milliards; & aujourd'hui, tandis peut-être d'une
ils.tendent la main aux Efpaznols, & que l'autre part ils
fe vendent à l'Angleierre (ainfi qu'on "le verra par le
traité que nous apportons), & qu'au continent de l'Amérique ils réclament ouvertemenit à la fois la protedtion
d'Efpagne & d'Angleterre, en infultant & injuriant tout --- Page 21 ---
ce qui tient à la
ils ont
une troifième main Franee, à cette
l'impudence de tendre
impofer à la Convention
même, France, 2 & d'en
étoit prête de leur accorder nationale, des
aul point qu'elle
ic fang du peuple français & fon fccours, de leur donner
batre, au nom de la France, les muméraire pour comDomingue reflés fidèles à la
Français de Saintfa caufe. Déja ils prefloient république & armés pour
redoutoient que le temps' ne vint Tepadition, à découvrir
qu'ils
criminelle; ils follicitoient
Tetur trame
eux-mêmes exécuter leur tous infâmc des pafleports pour aller
jouir du marché qu'ils ont concla. trahifon, pour- aller
Que tous les Français fc réveillent donc de leur
fides, thargie; fiur qu'ils ouvrent enfin les yeux fur Cçs
léces ferpens qu'ils réchauffent
colons perJamais les Anglais n'ont eu dans
dans leur fein!
des agens plus fideles hi plus
linterieur de la France
fait-on pas que tous les colons dangercus font
pour nous, Ne
hauts & puiflans feigneurs, liés avec nobles, tous très nobies,
émigrés & autres 5; qu'ils ont à Londres nOS einemis,.
dreuil, Lameth, & peut-être deux mille Malouet, Vaueux, des plus riches & des
colons comme
font leurs agens & leurs plugmanimés contre POUS, qui
tous émigrés, n'ont que le correfpondans, moyet de
& qai, étant,
rentrer, loin de vos yenx, fur le territoire vous tromper pour
voit-on pas cette chaîne de
français? Ne:
Et tandis qu'on vouloit livrér confpirations Toulon qui fe tient?
plus beaux ports, le dépôt de toutes
& Bref, nos
les
perfides du miniftere
Dos forces navales,.
Sunt's à Saint-Domingue la défestion britannique commannotre marine, pour livrer enmême
éntiére de toute
de nos colonies.
temps la plus belle
C
Le filence feul des colons fir Galbaud,
qui a reçu
B 2 --- Page 22 ---
20. des Anglais la torche allumée pour incendier lc Cap,la
plus belle ville de Saint-Domingue, la plus riche dè
toute l'Amérique 5 fur Ce Galbaud qui eft aujourd'hui
réfugié &caccueilli chez les Anglais en Ganada, ne fuffitil
pour démafquer ces coupables ? D'ailleurs on ne peut
que Galbaud ne fût
Eraute
le. complice des colons, leur
adjoint, leur ami, leur caéature; il étoit noble comme
eux, fils d'un ancien confeiller du
fils
de colon, colon lui-méme, envoyé par Por-au-Prince, Périgny, qui étoit
colon, fils & neveu de colon, & de plus , de Tancienne
marineroyalc.
fuffitil
pour démafquer ces coupables ? D'ailleurs on ne peut
que Galbaud ne fût
Eraute
le. complice des colons, leur
adjoint, leur ami, leur caéature; il étoit noble comme
eux, fils d'un ancien confeiller du
fils
de colon, colon lui-méme, envoyé par Por-au-Prince, Périgny, qui étoit
colon, fils & neveu de colon, & de plus , de Tancienne
marineroyalc. Leur filence fur lesofficiers dela marine, dont
Ics chefs à Saint-Domingue étoient tous de l'ancienne
marine royale, ne prouve t-il pas d'une manière évidente. leur coalition & leur perfidie? - Depuisla guerre, il ne peut arriver aux colons aucune'
reffoarce, il ne vient point de bâtimens. Celui qui fait
le plus de revenus dans les quartiers intacts eft àfinftar. de celui qui n'en fait aucuns. Eh bien ! la plus grande
partie de ceux qui font en France, & far-tout les
meneurs 2 les agens, ne manquent de rien, 8c font dans
l'opulence. Leurs affociés, leurs complices, qui font dans le continent de TAmérique, Ssgui y perfécutent tout Ce qui
veut porter lc nom de Français & la cocarde
enrichiffent les traiteurs 5 y étalent un luxe feandaleux, nationale,
y jouent l'or à pleines mains y donnent enfin dans tous
les excès les plus fcandaleux. Ne voit-on pas la main de Pitt fourniflant a toutes Ces
dépenfès, dirigeant tous Ces Als de la plus horrible des
confpirations 2 & aiguifant tous les poiguards de Ces conjurés à fa folde? Qutel eft T'efprit affez endurci ou affez froid pour, fa,
patrie, qui pogiroit cn douteri S'il en eft,ch bien! qu'il
- L
--- Page 23 ---
examine avec réfexion, 21
tion que nous allons faire 2 qu'il life avee attentioh là relas
moire fur laGquation générale imprimer de d'abord, &c un méfuivra de près! Saine-Dominguc squila
Nous nous attendons bien
toyens de couleur &c dés noirs que les cnnemis des cidu peuple français; ils vont vont les les calomnier auprès
hommes des
méchans 2
peindre comme des
êtres cruels & féroces. indifeiplinables 2 enfn comme
les croyez pas; ceux qui
Citoyens français-, 2 ne
pas des colons fidèles, Ce font tiepnent ce langage ne font
lut onnaires qui font la
des colons contre-révomémes,
guerre à la liberté
d'accard avec des
6a vouspas; ils vous ont
émigrés français : ne les
vous peindra fi méchans, trompé tant de fois! Ces noirs croyez
liers de trois,
autrefois réunis dans
qu'on
duire
quatre ou cinq
des atepar un fcul blanc fans cents, fe laifloient conà tous fes capricesss'ils. euffent rien dire, & étoient dociles
menés fi facilement P Leur
été féroces les auroit-on
cceur de leurs
méchaticeté n'eft que dans
prennent
oppreffeurs : c'eft un prétexte
le
pour jultifier
que ceux-ci
auroient été méchans, Tefclvage 3 &, quand des
blement leur ch faire nous ne pourrions
noirs
"homme; 5. mais la
un crime, car la fervitude pas raifonnahaturelle.
étoient dociles
menés fi facilement P Leur
été féroces les auroit-on
cceur de leurs
méchaticeté n'eft que dans
prennent
oppreffeurs : c'eft un prétexte
le
pour jultifier
que ceux-ci
auroient été méchans, Tefclvage 3 &, quand des
blement leur ch faire nous ne pourrions
noirs
"homme; 5. mais la
un crime, car la fervitude pas raifonnahaturelle. méchanceté, beuteufement, n'eft déprave
pas
& Depuis fouvent trop torturés long-temps ils avoient été vexés,
ont-ils permis
2 martyrifés de toutes les opprimés,
raire, fauvé quelques vengeances : n'ont-ils manières; fe
Récs défaftreufes un- grand nombre
au condes 20 & 21 d'Européens RaEAe les
nilieu du combat refpeété
juin ? n'ont-ils jour-. au
ont-ils pas fauvé tous leersn tous ceux qui étoient fans pas armes? hêmes jufques dans le çamp maîtres, dcs qu'ils efcortoient euxCompte rendu par Dufay,
commifaires ? Depuis
B 3 --- Page 24 ---
la guerre civile, allumée par Galbaud, a ceffé par
2 fuite , s'eft-il commis un feul meuryre : Que lems ennemis parlent, qu'ils 'en citent un feul, nous les en défions. Non, l'elpèce africaine n'a pas à rourir d'un fcul
allaflinat. Je vous obferve que ce ne font point les noirs,
jadis efclaves, ni les ciroyens du 4 auril, qui ont ete
les aggrefleurs; iis n'ont fait que te defendie,que réfifter
à l'oppreilion, que protéger la sûreté des délégués de la
république françaife.
Si les noirs, depuis ce temps, ont mérité quelques
reproche: d'indifcipline, excufez-les, citoyens : ce iont
quelques mouvemens d'efferverfcences c'étoit l'effort d'un
peuple encore nouveau qui brifoit fes chaînes, & nc
pouvoit le faire fans quelque bruit 9 tant elles étoient
pefantes. 1ls ont été 2 au premier moment s agites dul
fanatifme de la liberté; ils ne faifoient que d'être émancipés, ils devoient naturellement avoir befoin de guides,
Le monde, les lumières, les fciences, ne fc font
fectionnés qne par degrés, & il eft pour les hommes
a
paffage néceffaire de la jeuneffe à la virilité.
Légiflateurs 2 on calomnie les noirs, on envenime
toutes leurs actions, parce qu'on ne
plus les oppri
mer. Ncus les mettons fous votre
; vous fau
penfe
rez démèler les caufes de toutes ces accufations.
II ne faut aturibuer les écarts de la liberté , qu'à ceux qui
voudroient la détruire.
Dans tous les points de la caufe que nous vous fous
mettons 2 ce font les criminels qui font les accufateurs,
Lorfque les détracteurs des noirs préfenteront le tableau
de quelques-unes de leurs erreurs ou même de leur
fautes, ils ne feront que l'énumération de leurs propre
; vous fau
penfe
rez démèler les caufes de toutes ces accufations.
II ne faut aturibuer les écarts de la liberté , qu'à ceux qui
voudroient la détruire.
Dans tous les points de la caufe que nous vous fous
mettons 2 ce font les criminels qui font les accufateurs,
Lorfque les détracteurs des noirs préfenteront le tableau
de quelques-unes de leurs erreurs ou même de leur
fautes, ils ne feront que l'énumération de leurs propre --- Page 25 ---
forfaits. Tls les
qu'ils courboient opprimoient la tête; quand ils étoient efclaves &
aujourd'hui ils les
parce qu'ils l'ofent relever un peu. Les fautes calonnient,
heureux noirs, le
des malque les crimes
répète, ne font, n'ont janais été
ceux
E
opprimés, Les noirs
qui les égarent apres les avoir.
lons blancs aiment à ne le font pas crucls, comme des COnemis
alfez
dire; & l'exiftence de leurs en-
&
Les noirs que les noirs font patiens, exorables
ont même
pabetrn
ces vertus leur
le Serme des vertus:
nent de nous. Ils appartiennent font
; leurs délants fenis vienholpitaliers, très-fenfibles naturellement à la
doux, chacitables,
juftice & ont le plas grand piété filiale; ils aiment la
vertus, Peuple français, les re(pedt rendent pour la vieillefle. Ces
de toi.
encore plus digues
Citoyens
fongez
bien eft fouvent repréfentans, la feule fource du
l'ignorance da
hommes
Tal Inftruifez
nouveaux; 5 qu'ils foient
en
ces
par des patriotes patiens & vertueux éclairés, votre nom,
crets, ils reçoivent des leçons de ; que, par VOS dérépublicaines; la nature, la
fageile & des vertus
mes,
loi, en ont fait des homde. vous l'infrudion leurs
en fera des thommes de bica. En tenant
deyoirs
droits, ils en feront
attachés
: le premier de tous fera de combattre plus
à leurs
patrie, qu'ils regardent comme la leur,
pour votre
toient pas obligés de défendre leurs Autreluis ils n'éjourd'hui, en reconnoiffance du
chaînes; mais auvous devront, ils confacrent
nom de Français qu'ils
vice, & ils font à
tous leur vie à votre fercent mille à votre Saint-Domingue difpofition, dont au nombre de quatré
de faire autant de foldats.
il ne tient qu'a vous
à la première nouvelle de Déja, en attendant vos ordres,
éommencé, dans
Finvafion des Anglais, ils ont
le nord, par jurer de périr tous juf-
, en reconnoiffance du
chaînes; mais auvous devront, ils confacrent
nom de Français qu'ils
vice, & ils font à
tous leur vie à votre fercent mille à votre Saint-Domingue difpofition, dont au nombre de quatré
de faire autant de foldats.
il ne tient qu'a vous
à la première nouvelle de Déja, en attendant vos ordres,
éommencé, dans
Finvafion des Anglais, ils ont
le nord, par jurer de périr tous juf- --- Page 26 ---
dernier, & de s'enfevelir fous les décombres de
- Domingue,
de
plurôt que
recevoir une domination étrangère. Dans une explofion de zèle & de dévouement général, ils difoient: Si nous fommes forcés
de nous replier faute de munitions 2 nous ne laiflerons
que des ruines & des cendres; Rous nous retirerons dans
les montagnes, nous y vivions de racines & d'eau, jufqu'à ce que la France nous envoie des fecours, & nous
vaincrons enfuite les ennemis avec des roches & des
fléches. Nous apportor's ce Jerment au peuple Français.
Votre délégué l'a reçu en notre
& moi en
mon
préfeuce;
particulier, moi qui aime la France, ma patrie 5
par-deffes tout, jen ai été pénétié de joie & d'admi
ration, & ai été d'autant plus atté de repréfenter des
hommes qui étoient fi fincérement dévoués à la République, Je leur avois fouvent parlé de vous; ils ont vir
dans mes difcours la franchife & la vérité, qui font l'attribut d'un vrai patriote. Le récit de tout ce que vous
avez fait
la liberté, les éclairoit, échauffoit, enflammoit Rear ceurs; le récit de VOS viétoires élevoit
leurs ames & développoit en eux des fentimens de
tiotifne
jufqu'alors leur étoient inconnus; votre nom pa-.
les
les confoloit de tous leurs maux
S
paflés.
C'et ainfi, en leur parlant de vous, & par ma conduite
qui a toujours été d'accord avec mes difcours, que j'ai
commencé à mériter leur confiance. J'avois toujours
porté dans mon coeur les germes de la liberté & de
iégalité; je m'étois inftruit a Paris par VOS exemples,
& je m'étois aimanté dans la première des fociétés
pulaires, dès fa création. Je n'ai vu dans la
s'eft
seotulion
qui
opérée à Saint-Domingte,
Taccompliffement de mes vaeux pour le bonheur 3 genre humain,
& qu'un de ces événemens ordonnés par la providence,
porté dans mon coeur les germes de la liberté & de
iégalité; je m'étois inftruit a Paris par VOS exemples,
& je m'étois aimanté dans la première des fociétés
pulaires, dès fa création. Je n'ai vu dans la
s'eft
seotulion
qui
opérée à Saint-Domingte,
Taccompliffement de mes vaeux pour le bonheur 3 genre humain,
& qu'un de ces événemens ordonnés par la providence, --- Page 27 ---
aurquels, dans fcs décrets, elle attache
haute importance. Quoique j'euffe
peut-être la
toutes mes efpéranices, tous mes toute ma
Thibe
moyens d'exiftence à
Saint-Domingue, vos principes m'avoient
préfervé de la corruption: jai bientôt
heureufement
la liberté & de Tégalité devoit l'être fenti qu'un ami de
& les facrifices
aufli de Thumanité,
des larmes de fenfibilité que j'avois à faire ne m'ont coûté
& de
que
vu difparoître à
joie. Je fuis flatté d'avoir
des ealtes, d'y voir Saint-Domingue la honteufe diftinétion
embraffer cn fréres. tous les hommes égaux & de les
lité, Quand j'ai vu
je pouvois compter fur leur
ayant été ahedir par Taffemblée des
fidélement formée, aux termes du décret du électeurs légad'aprés la tenue des affemblées
22 août1792;
comme un devoir, la miflion primaires, j'ai accepté, 3
confier; & je n'ai point héfité qu'ils à braver ont bien voulu me
gers pour venir vous
tous les dannom de tous les hommes préfenter, 2 avec mes colligues, au
Nord, T'hommage de leur qui habitent le département du
cais & de leur dévouement attachement à la
au Peuple frandivifible. Européens, Créoles,
République une & inplus aujourd'hui d'autre.c .couleur, Africains, ne connoiffent
de Français.
d'autre nom que ceux
leur Ciroyens ferment repréfentans, de fidélité daignez accueillir avec bonté
réponds d'eux fur ma éternelle au Peuple français. Je
êtic leurs guides & leurs tête, tant que vous voudrez bien
protecteurs.
Vous pouvez, citoyens
fouvenizs
lécifareurs, vous préparer des
fant un grand confolateumse acte de en honoraneThumannie & en faide juftice qu'elle attend de vouss; :
p4 --- Page 28 ---
Créez une feconde fois un nouveau monde,
moins qu'il foit renouvelé
ou au
faiteurs!
par vous ! Soyez-en ies bienvOs noms y feront bénis comine ceux
nités
des divividence. tutélaires; vous ferez pour Ce pays une autre pros
PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE --- Page 29 ---
A
DUFAY,
QUIS SE DIT
CALOMNIÉ,
COMME S'IL POUVAIT L'ÉTRE,
--- Page 30 --- --- Page 31 ---
D28be
V.I
Ciop mna)
2A7D
Jabir Carter rolun
Lilmny
Binmpntneraity --- Page 32 ---
confiance. J'avois toujours porté dans mon coeur les germes de la liberté & de iégalité; je m'étois inftruit a Paris par VOS exemples,
& je m'étois aimanté dans la première des fociétés pulaires, dès fa création. Je n'ai vu dans la s'eft seotulion qui opérée à Saint-Domingte,
Taccompliffement de mes vaeux pour le bonheur 3 genre humain,
& qu'un de ces événemens ordonnés par la providence, — Page 27 — aurquels, dans fcs décrets, elle attache haute importance. Quoique j'euffe peut-être la toutes mes efpéranices, tous mes toute ma
Thibe moyens d'exiftence à
Saint-Domingue, vos principes m'avoient préfervé de la corruption: jai bientôt heureufement la liberté & de Tégalité devoit l'être fenti qu'un ami de
& les facrifices aufli de Thumanité, des larmes de fenfibilité que j'avois à faire ne m'ont coûté
& de que vu difparoître à joie. Je fuis flatté d'avoir des ealtes, d'y voir Saint-Domingue la honteufe diftinétion embraffer cn fréres. tous les hommes égaux & de les lité, Quand j'ai vu je pouvois compter fur leur ayant été ahedir par Taffemblée des fidélement formée, aux termes du décret du électeurs légad'aprés la tenue des affemblées
22 août1792; comme un devoir, la miflion primaires, j'ai accepté, 3 confier; & je n'ai point héfité qu'ils à braver ont bien voulu me
gers pour venir vous tous les dannom de tous les hommes préfenter, 2 avec mes colligues, au
Nord, T'hommage de leur qui habitent le département du cais & de leur dévouement attachement à la au Peuple frandivifible. Européens, Créoles,
République une & inplus aujourd'hui d'autre.c .couleur, Africains, ne connoiffent
de Français. d'autre nom que ceux leur Ciroyens ferment repréfentans, de fidélité daignez accueillir avec bonté
réponds d'eux fur ma éternelle au Peuple français. Je êtic leurs guides & leurs tête, tant que vous voudrez bien protecteurs.
Vous pouvez, citoyens fouvenizs lécifareurs, vous préparer des fant un grand confolateumse acte de en honoraneThumannie & en faide juftice qu'elle attend de vouss; :
p4 — Page 28 —
Créez une feconde fois un nouveau monde, moins qu'il foit renouvelé ou au faiteurs! par vous ! Soyez-en ies bienvOs noms y feront bénis comine ceux nités des divividence. tutélaires; vous ferez pour Ce pays une autre pros
PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE — Page 29 —
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QUIS SE DIT
CALOMNIÉ,
COMME S'IL POUVAIT L'ÉTRE, — Page 30 — — Page 31 —
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