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do
Jab darler Mirolon
Lilimry
Bmmt lhuirrersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
CO MP TE
R 2 E N.DU
DES S événemens survenus dans le
département dusud de St-Domingue,
lcs dix fructidor et jours suivans
de l'an IV. --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
AVERTISSEN E N T.
I est à propos d'observer qu'ayant
élé envoyés en France pour déguiser la vérité
des faits dans les événemens dont nous allonsfaire connoitre toute latrocité, fidèles à
nos principes, nous sacrifions famille, biens 2
intérêts, liaisons et perspectives dans la colonic, au devoir religieux de notre conscience qui
nous dit d'être vrais. Nous avouons que ce n'est
guacepsinegucnestous voyonsforcés d'accuser le général Rigaud, auquel nous étions attachés par les liens de l'amitié et de la reconnois*
sance ; et cela-même doit être une preuve de
notre sincérité dans le rapport que nous Jaisons. Qu'on se persuade que, ce sont deux
citoyens désintéressés, 2 dont lun de couleur
( le citoyen la Chapelle ) venant dénoncer les
crimes des chefs qui ont donné lieu à ces
événemens 2 lorsque, par une conduite opposée 2
ils devoient espérer d'eux des places 5 des
honneurs et des récompenses, qui auroient
fait leur forune, s'ils avoient été moins jalouz
de leur honneur, que doun bien-étre fondé sur
A 2 --- Page 8 ---
le mépris d'ena-mémes. Mais loin d'eux toute
idéc qui tendroit d deshonnorer la cause de
Tumanité qu'ils viennent plaider en Javeur
de leurs malheurerc concitoyens. Loin d'eux
cèS vues ambitieuses et criminelles qui pourroieni leurfaire trahir les obligations que leur
impose le titre de républicain français, dont
ils s'honorent. Ils ont foit serment de dire la
vérité, aux dépens même de leur vie, et aucune considération 72e pourra le leur faire
violer. --- Page 9 ---
CO MPTE
R E N DU
PAR Pierre la Chapelle et Jean-Antoine
Garrigon, Commissaires de la commune des Cayes 3 chef- lieu du
departement du sud de St-Domingue,
auprès du Corps Législatif et du
Directoire Execurif, des événemens
survenus dans ce département, lcs
dix fructidor et jours suiv ns Ge
l'an IV.
Paris, le 17 vendémiaire, ) l'an 6 de la
république française, une e indivisible.
au mois de
Aurinreeazxesr
prairial, époqne de l'arrivée de la commission du gouvernement français dans la colonie
de St.-Domingue, la partie du sud de cette
isle jouissoit d'une tranquillité apparente. Malgré les vices de son administration, le com
merce y fleurissoit par le grand nombre de
A 3
ns Ge
l'an IV.
Paris, le 17 vendémiaire, ) l'an 6 de la
république française, une e indivisible.
au mois de
Aurinreeazxesr
prairial, époqne de l'arrivée de la commission du gouvernement français dans la colonie
de St.-Domingue, la partie du sud de cette
isle jouissoit d'une tranquillité apparente. Malgré les vices de son administration, le com
merce y fleurissoit par le grand nombre de
A 3 --- Page 10 ---
(6),
conduisoient nos corsaires dans les
prises que
dans celui des
différens ports 7 et notamment
Cayes.La culture, assez et trop long-tems abandomnée, promettoit, dans quelques quartiers,
une récolte assez abondante en caffé; ; nous
disons dans quelques quartiers, car ceux du
Platon, de Marche-à-terre, du Palmisticsi,
de la Roche-à-butean, des Cottaux, des trois
Rivières, des Anglais et de Tiburon, étoient
absoiument en friche, 3 sans aucune culture *
et lesh habitations, pourla plupart incendiées,
étoient désertées des cultivateurs et des propriétaires. La haine et les vengeances partienlières n'étoient pas encore éteintes; le gouvernement de Ce département étoit entre les
mains d'un chef qui, par son influence, dirigeoit les actes de l'administration et des tribunaux civils et militaires ; ses volontés avoient
force de loi, et lcs citoyens, foibles et découragés, gémissoient en silence en attendant
un plus heureux temps.
La licence y étoit propagée par ceux même
devoir, auroient dû précher l'amour
qui, par
etle maintien du
du travail, le respect aux lois,
bon ordre; mais qui, au-contraire, perpétyoient --- Page 11 ---
(7)
le désordre et l'anarchie parmi les soldats
légionaires et les cultivateurssur-out, qu'un
chef sembloit détourner du travail pour
s'attirer leur confiance en flattant leur penchant à la paresse.
Toutes les places supérieures, dans le militaire, 2 étoient données par le Général Rigaud
qui les accumuloit sur la tête de ceux des
citoyens de couleur qui lui étoient entiérement
dévoués; il est vrai que quelques-uns s'en sont
rendus dignes par leur bonne conduite et leur
attachement aux lois de la république ( 1 ).
Les fonctions de l'administration municipale
se bornoient à T'enregistrement des nouveaux
nés et des morts ; l'ordonnateur civil ne pouvoit agir que d'après l'impulsion du chef qui
s'étoit arrogé le droit absolu d'approuver et
(1) Tels que Toureaux 2 adjudant-général; Doyon
ainé, chef de bataillon, ? commandant le camp des
Baradaires 5 Beauregard, chef d'escadron, commnandant la ville de Cavaillon ; Delaunai et Piverger 7
chefs de bataillon dans l'armée de Tiburon ; Beutier ;
chef d'cscadron commandant la ville d'Aquin,
Gayetan 9 commandant l'artillerie 7 aux Cayes, et
Ploys, commandant militaire à l'Ame-i-reau.
A 4
on
ainé, chef de bataillon, ? commandant le camp des
Baradaires 5 Beauregard, chef d'escadron, commnandant la ville de Cavaillon ; Delaunai et Piverger 7
chefs de bataillon dans l'armée de Tiburon ; Beutier ;
chef d'cscadron commandant la ville d'Aquin,
Gayetan 9 commandant l'artillerie 7 aux Cayes, et
Ploys, commandant militaire à l'Ame-i-reau.
A 4 --- Page 12 ---
(8)
d'impronvér ses opérations 2 ct qui en ordonnoit lui- même contre sa participation et sa
volonté.
Ce fut pendant ce règne arbitraire que l'on
apprit aux Cayes l'arrivée, du Cap, d'une
commission du gouvernement
français 2 envoyée par le Directoire Exécutif, pour faire
réguer et respecter les lois bienfaisantes de la
république, à St.-Domingue : cette commisSIOII composée des citoyens Sonthonax 9
Julien Reimond, Giraud, le Blanc et Rome.
Bienôt après une délégation de cette commission 2 composée des citoyens le Borgne 2
Rey et Kerversan, se rendit aux Cayes
3.
ayant à sa suite plusicurs officiers venus d'Europe, notamment le chef de bataillon Petit,
brave militaire, qni. avoit déjà combattu les
ennemis de la république dans ce quartier,
et qui étoit tombé dans leurs mains, couvert de blessures, dans l'attaque qu'il fit contre
le camp d'Avezac, pendant le séjour du commissaire civil Pauiveiel, aux Cayes ; ledit
Petit, , ayant été fair prisonnier dans cette affiire, fut conduit à la Jamaique et échangé
Four France, et retournant dans ce quartier
Pour y continuer SCS services en qualité de --- Page 13 ---
(9)
chef du deuxième bataillon du ci-devant régiment de Provence.
La délégation fut reçue, dans la ville des
Cayes, avec la démonstration la plus sincère
de satisfaction et de joie, de la part des citoyens vertueux et amis des lois; mais il n'en
fût pas de même du général André Rigaud
et de ses partisans , qui déjà avoient témoigué
leur mécontentement de voir le citoyen Rey
au nombre des délégués 2 le croyant leur
ennemi.
Le lendemain de son arrivée, la délégation
se transporta sur la place d'armes, accompagnée des corps populaires 2 des généraux
Rigaux et Beauvais ; le citoyen le Borgne y
prononça un discours patriotique au peuple
assemblé; annonça les vues de justice et d'équité de la commission; piêra, ainsi que ses
deux collégues, le serment de faire ekécuter
les lois de la république de tout leur pouvoir;
il reçut ensuite celui des corps populaires et
des chefs militaires de les faire exécuter et s'y
conformer.
Dès ce moment, la délégation s'occupa de
aux et Beauvais ; le citoyen le Borgne y
prononça un discours patriotique au peuple
assemblé; annonça les vues de justice et d'équité de la commission; piêra, ainsi que ses
deux collégues, le serment de faire ekécuter
les lois de la république de tout leur pouvoir;
il reçut ensuite celui des corps populaires et
des chefs militaires de les faire exécuter et s'y
conformer.
Dès ce moment, la délégation s'occupa de --- Page 14 ---
(io)
réformer les abus, de rétablir la parfaite harmonie dans chaque partie des fonctions civiles
et militaires, 2 employant à cet effetles mesures
de sagesse et de justice que les lois lui fournissoient; elles étoient propres à effectuer son
attente, mais elle ne tarda pas à se faire des
ennemis des chefs militaires et de leurs partisans, dont elle affoiblissoit l'autorité.
L'arrestation faite au Cap 2 par les ordres
de la commission, de la personne du citoyen
Villate, fournitaux ambitieux un aliment pour
propager leur coupable doctrine ; ils jettérent
d'abord de la défaveur sur les actes de la commission et de ses délégués ; leur attribuèrent
le dessein de vouloir retirer l'autorité des citoyens de couleur pour la faire passer dans les
mains des citoyens blancs, afin d'opprimer les
premiers ; ils cherchèrent ensuite à soulever
contre ces autorités les noirs cultivateurs
et les soldats légionnaires par ces mots :
66 La' commission veut rétablir l'esclavage;
clle va de nouveau river vOS fers, si vonsn'y
faciet pour y parvenir plus
29 prenez garde:
lement > elle veut nous détruire, nous qui
57 sommes vOs protecteurs, et à qui vous devez
--- Page 15 ---
(T)
5 la liberté, 99 Il'n'en falloit pas d'avantage
pour soulever ce peuple foible et ignorant 7
que les factieux et les ambitieux ont toujours
trompés, pour le faire servir d'instrument à
leurs indignes projets,
Néanmoins les amis des lois et de la
paix
espéroient voir la vertu triompher sur les
efforts des malveillans ; les corps populaires
étoient déjà investis de l'autorité qu'ils avoient
perduc 3 le peuple avoit des magistrats, et
chacun 7 encouragé, s'empressoit de rétablir
ses propriétés, et se promettoit un avenir plus
heureux sous la protection des lois sacrées de
la république.
Ce fut dans ce tems que le général Desfourneaux futenvoyé aux Cayes par la commission
du gouvernement 9 en qualité d'inspecteur divisionnaire, pour organiser les différens corps
qui composoient l'armée du sud ; cette mesure
étoit d'autant plus nécessaire, que l'indiscipline
et l'insubordiation étoient à leur comble dans
les diverses bataillons de la légion, tant artillerie, infanterie et cavalerie : les soldats légionaires erroient sans cesse dans les campagnes; 3
général Desfourneaux futenvoyé aux Cayes par la commission
du gouvernement 9 en qualité d'inspecteur divisionnaire, pour organiser les différens corps
qui composoient l'armée du sud ; cette mesure
étoit d'autant plus nécessaire, que l'indiscipline
et l'insubordiation étoient à leur comble dans
les diverses bataillons de la légion, tant artillerie, infanterie et cavalerie : les soldats légionaires erroient sans cesse dans les campagnes; 3 --- Page 16 ---
(12)
s'ylivroient ail hrigandage, sans appel, s3ns
tenue et sans ordre; c'est dans cet état que le
général Desfourneanx tronva cette troupe;
envain entreprit-il d'y établir la discipline et
l'obéiseasce, vertus principales du soldalfranguis? Envain employa-t-il tous ses soins pour y
parvenir: Malgré ses demandes réitérées, il ne
put 17: me obtenir aucun état, > situation, ni
contôle de cette troupe : les officiers, pourla
plupart eoucians des détails de leur service.,
ignoroientla force de leurs bataillons ct compagnics, et ne s'occupoient aucunement de leurs
devoirs inil. aires. Il est bon d'observer que
l'arrivée de ce général angmenta la défiance ct
la haine dcs R'gaud et de leur parti, quoiqne
la délégation cut fait - connoître qu'elle ne venoit
que pour organiser l'armée, etnon pourles déplacer, comme ils le pensoient.
Quclque tems après, un mandat d'arrêt fut
lancé, par la commission, contre lc citoyen
Pinchinnat qui, selon lui, n'avcit tien à se
reprocher, mais guiaeroir da,sir de sa conscienee,se rundre au Cap, ott il étoit mandé
pour y terrasser SCS cilomsiscun.ejmioe
sa conduite,sil étoit vrai qu'il ne fut pas cou- --- Page 17 ---
(13) )
pable ; cependant :1 prit la fnite, 2 et sortit nuitamment des Cayes, escorté par quelque dragons, ayant à leur tête Augustin Rigaud, chef
de brigade 2 commandant l'arrondissement
des Cayes, et Se rendit au camp des Baradaires, situé du côté du Petit-Trou, commandé
parle chef de bataillon Doyon.
La délégation, instruite de sa fuite, requiert
aussi-tôt Tadministration municipale de le faire
arrêter et conduire pardevant elle ; mais, asSurée de l'inutilité de ses recherches, F'administration municipale chargea lc général Rigaud de
l'exécution de cette réquisition qui resta sans
effet : cependant le citoyen Pinchinnat étoit
tranquille aux Baradaires, se riant des autorités,
et préparant sans doute ses moyens de vengeance, 2 tandis qu'il lauroit du se rendre anprés
dela commission au Cap; mais, dira-t-il ( car
il l'a déjà dit) qu'il craignoit d'y être assassiné:
tout autre que lui auroit-il pu supposer les délégués du gouvernement français capables d'assassinats P Ii dira peut-être ici, car il Pa dit
ailleurs, qu'ileraignoi, en passant les mers, de
tomber dans la puissance des anglais et des
émigrés ; certes, il n'avoit pas eu ces mêmes
it du se rendre anprés
dela commission au Cap; mais, dira-t-il ( car
il l'a déjà dit) qu'il craignoit d'y être assassiné:
tout autre que lui auroit-il pu supposer les délégués du gouvernement français capables d'assassinats P Ii dira peut-être ici, car il Pa dit
ailleurs, qu'ileraignoi, en passant les mers, de
tomber dans la puissance des anglais et des
émigrés ; certes, il n'avoit pas eu ces mêmes --- Page 18 ---
(14)
dela commission
craintes Porsqu'avantlaricte
il s'étoit rendu au Cap ; c'est qu'alors, sans aucun doute, il n'y alloit que pour servir ses vues,
trouver une auct qu'il ne craignoit pas d'y
torité qui Jui demandât compte de sa conduite. (2) Il s'est enfin étayé de sa qualité de
lui, le rendéputé au corps législatif qui,selon
doit inviolable. (3) Ce n'est pas à nous à
(2)1 La voix publique Paccusoit d'avoir été au Cap
préparer les événemens du 30 ventôse; la
peur
commission du gouvernement ne l'y appelloit que
rendre compte de sa conduite dans cette affaire.
pour la proclamation de la commission du gouverVoyez du
frimaire dernier,, inprimée à la
nement,
suite de notre mémoire.
Pinchinnat avoit été nommé députéan corps
(3)
les assemblées électorales tennes aux
législatif, par
Pan
avant Parrivée de la
Cayes, le 4 germinal,
4,
comnission du gonvernement ; et certes, il auroit pit,
dans ce temps s se rendre aussi bien en France, qu'il
avoir excité les csprits à la révolte
Pa fait après
dans Ja partie du
contre les agens du gonvernement 2
à Ieur mandat d'arret,
sud, tant par sa désobéissance
aux
ses menées secreles pendant son séjour
que par
il n'a réclamé ce titre que six
Baradaires ; cependant
dans l'espoir de tromper la représentation
mois après,
nationale, snr les érénemens des Cayes, --- Page 19 ---
(15)
juger de la validité ou non-validité de sa nomination, mais nous disons avec vérité que,
s'il eût obéi au mandat d'arrêt lancé contre
lui, il auroit évité au département du Sud,
et notamment à la ville des Cayes, son cheflieu, les scênes d'horreur et de carnage qui
ont eu lieu, et qui ne doivent être regardées
que comme le résultat de ses sourdes menées.
Enfin, le citoyen Pinchinnat, 2 malgré ses
craintes, 2 s'est décidé à s'embarquer le 4 brumaire, pour passer en France ; les dangers qu'il
craignoit auparavant ne l'ont plus retenu : c'est
qu'il espéroit sans doute se servir des actes
faux et liberticides qu'il avoit lui-même dictés
à la suite des malheureux événemens qui ont
désoléla commune des Cayes, dans le courant
du mois de fructidor, l'an 4, qu'on avoit soumis ensuite à la signature forcée des citoyens
tremblans et découragés 2 pour tromper la nation française et ses représentans sur la vérité
de ses événemens.
Mais heureusement, contre l'attente de Pinchinnat, des Rigaud, des Lefranc et co.isorts,
qu'il avoit lui-même dictés
à la suite des malheureux événemens qui ont
désoléla commune des Cayes, dans le courant
du mois de fructidor, l'an 4, qu'on avoit soumis ensuite à la signature forcée des citoyens
tremblans et découragés 2 pour tromper la nation française et ses représentans sur la vérité
de ses événemens.
Mais heureusement, contre l'attente de Pinchinnat, des Rigaud, des Lefranc et co.isorts, --- Page 20 ---
(16)
de la commune des Cayes qui,
les citoyèns
ont consenti et
par crainte ou par terrenr, choix sur trois
signé ces actes, ont fixé leur
animées des piincipes de justice
personnes
cette
qui in'ont accepté
mission,
et chumanité,
à la mort qui les meque pour se soustraire résolution de ne point
naçoit, et dans la ferme
trahir la vérité : nous vous l'avouons, 2 citoyens
le
Rigau X etses dangeReprésentans 2 général
suivant leurs
reux amis se sont imaginés que,
viendrions auprès de vous
instructions, nous
au mépris de la vérité 2 les
altérer et déguiser,
commis contre la vie et les propriétés
attentats
Nous nous croirions
de nos concitoyens.
osions
dignés de haine et de mépris, si nous
écarter du sentier de Phorneur et de la,
nous
foibles
vérité : nous vous avouons encore que,
à la vue des poignards sanglans
et découragés
têtes, nous avons été
et suspendus sur nos
forcés de déguiser notre ressentiment et toute
ces hommes
Thorreur que nous inspiroient
avides de sang, le voeul le plus ardent de nos
ulcérés étoit celui de nous rendre auprès
coeurs
entendre nos plaintes et
de vous et d'yfaire
Puissions-nons être assez
nos gémissemens.
défavorable
heureux pour détourner T'opinion
que --- Page 21 ---
(17) )
que pourroit avoir donnée de nos principes
notre conduite simulée dans ces jours de Calamité et de terreur? Puissions-nous Petre'assez
pour vous détromper sur l'idée désavantageuse
que pourroit avoir inspiré d'eux la conduite
apparente de nos malheureux concitoyens :
certes, nos coeurs désavouoient nos démarches;
mais 2 forcés à nous taire et à baiser le poignard
encore fumant qui, peu de.jours auparavant,
avoit immolé nos péres 2 nos frères et nos
amis, nous avions tout à craindre du moindre
geste qui auroit paru désaprouver les assassinats commis par. ces ennemis jurés de l'humanité : oui, citoyens Représentans, suivant
l'impulsion de nos coeurs qui ne nous porte
point à vous I déguiser la vérité 2 nous allons
vous la faire connoitre sans passion, comme
sans partialité; ; nous allons vous éclairer sur
des forfaits qui feront horreur à VUS ames
sensibles, mais qu'il importe que vous connoissiez.
Nous avons tout lieu de croire qne Pin*
chinnat, pendant son séjour aux Baradaires,
entretenoit une correspondance secrète avec
Augustin Rigaud. Le citoyen Lefranc, chef
B
nous porte
point à vous I déguiser la vérité 2 nous allons
vous la faire connoitre sans passion, comme
sans partialité; ; nous allons vous éclairer sur
des forfaits qui feront horreur à VUS ames
sensibles, mais qu'il importe que vous connoissiez.
Nous avons tout lieu de croire qne Pin*
chinnat, pendant son séjour aux Baradaires,
entretenoit une correspondance secrète avec
Augustin Rigaud. Le citoyen Lefranc, chef
B --- Page 22 ---
(18)
de brigade et commandant l'afrondissement
de St-Louis, se rendit aux Cayes dans cet
intervalle ; y répandit les propos les plus
séditieux contre la commission du gouvernement et SeS délégués. Augustin Rigaud %
qui prétextoit de maladie, 2 ordonnoit secrétement à ses affidés de se rendre 2 tous les
jours, en plaine, pour exciter les cultivateurs
à une révolte ouverte contre l'autorité nationale, et détruire les bons effets que produisoient les avis salutaires de la délégation, aux
inspecteurs et conducteurs des habitations ;
en effet, il parvint à rendre nuls les fruits
que les délégués croyoient avoir cueilli dans
une visite qu'ils avoient fait sur les habitations de la plaine du fonds, pour encourager
les cultivateurs au travail et au maintien du
bon. ordre dans leurs atteliers, en leur rappelant les obligations que leur imposoit le
titre de citoyen français.
Les inspecteurs et conducteurs des habitations promettoient aux délégués de contenir
les atteliers dans leur devoir; mais, que pouvoit une poignée d'hommes bien intentionnés
contre les préceptes et l'influence d'Augustin --- Page 23 ---
(19)
Rigand P Mais, comment la délégation auroitelle pu faire entendre la voix de lajustice et
le
de la raison à ce peuple ignorant, quand
citoyen Beaufils 2 capitaine des dragons, et
de Pemerle,
posté empmeuememturhabitanies
dans le centre de la plaine 2 lui inspiroit la
plus grande méfiance pour les délégués
du gouvernement français, et une haine implacable pour les propriétaires?
Dans cet état de crise 2 beaucoup de citoyens
à pcine vivre du fruit de leur inpouvoient
dustrie ; l'administration maniquoit de tout
subvenir à la nourriture et l'enmoyen pour
étoient
tretien de la force armée ; les magasins
sans denrée ; la culture étoit presque abandonnée; la caisse de la république étoit vuide;
ledépartement sans crédit étoit grévé de dettes;
les chefs militatresjinaultoient à
et cependant,
la' misère publique 2 en affectant un luxe
effréné; le générai Rigaud , quis s'est enrichi
du butin fait sur les villes de Léogane et de
Tiburon, 2 lors de la reddition de la première
et de la réduction de la seconde; lui, qui
affecte le désintéressement dans ses écrits 2
promenoit son orgueil insolent dans une SIlperbe voiture trainée par des chevaux de
B 2
aultoient à
et cependant,
la' misère publique 2 en affectant un luxe
effréné; le générai Rigaud , quis s'est enrichi
du butin fait sur les villes de Léogane et de
Tiburon, 2 lors de la reddition de la première
et de la réduction de la seconde; lui, qui
affecte le désintéressement dans ses écrits 2
promenoit son orgueil insolent dans une SIlperbe voiture trainée par des chevaux de
B 2 --- Page 24 ---
20 )
choix ; les dépouilles du culte
catholique servoient de livrée à ses jokeis, 2 et de parare à
seS chevaux ; sa table somptueuse étaloit le
luxe asiatique, couverte de vaisselles d'argent
de toute cspèce, qu'il n'avoit sans doute pas
fait manufacturer ; il faisoit aussi bâtir un superbe palais, s'emparant, à cet cffet, de tous les
matériaux que la flamme avoit respecté sur
diverses habitations séquestrées , qui pouvoient
lui être propres; et employant journellement
les voitures de l'administration
au transport
desdits matériaux; 1l faisoit enfin couper les
bois, dont il avoit
besoin, 2 sur les habitations
dont les propriétaires étoient absens (4).
(4) l1 tira, des habitations Custine et Giraudier,
à Cavaillon, les
planches, 2 madriers, poteaux d'aeajou et bois dur qhi lui étoient nécessaires
élever son palais ; i! envoya sur Phabitation Condé, pour
à la Rtoche-i-butean, plusieurs dôleurs y abattre des
acajoux et elL faire des essentes pour la couverture.
Quelques prisonmiers français s'échappèrent, dans ce
tems, de la Jamaique, et condnisirent aux Cayes un
bateau doublé en cuivre, que. Tadministration acheta,
Le général Rigaud s'en empara etl'employa i transporicr les roches nécessaires pour la construction de
Sit maison ; on employa aussi, au compte de l'admi- --- Page 25 ---
(21)
Cen'est donc pas sans raison que la délégation se souleva contre de tels abus, en cherchant à les reprimer; mais le général Rigaud,
craignant alors l'anéantissement de sort autorité sans bornes, fit caserner une compagnie
de légionaires auprès de l'arsenal; la garde
de la place qui, jusques-l., avoit été confiée à la garde nationale, fut remplacée par
les soldats légionaires ; plusieurs caisses de
cartouches à fusil furent secrètement distribuées; c'est pourquoi, 2. la délégation, instruite
de ces sourdes menées, fit défense au gardemagasin d'artillerie de ne délivrer aucunes mulnitions, 2 que sous un ordre émaré d'elle.
On construisoit, en ce tems, un fort dans
une des extrémités de la ville, 2 prés l'embouchure de la riviere de PIslet ; il étoit de
nistration 7 deux grands canots à charoyer dn gravois
pour combler la redoute du cimetière; la majcure
partie de ce gravois fut charoyée par les tombercanc
de T'administration, ete employée à comblerles fondations de cette belle maison : plusieurs cultivateurs,
même des travaux militaires 7 en furent détournés
pour tavailler à cet édilice. La Chapelle et Brebion,
chargés de ces travaux, pcuyent donner Ja plus forte
assertion à cCs faits.
B 3
ots à charoyer dn gravois
pour combler la redoute du cimetière; la majcure
partie de ce gravois fut charoyée par les tombercanc
de T'administration, ete employée à comblerles fondations de cette belle maison : plusieurs cultivateurs,
même des travaux militaires 7 en furent détournés
pour tavailler à cet édilice. La Chapelle et Brebion,
chargés de ces travaux, pcuyent donner Ja plus forte
assertion à cCs faits.
B 3 --- Page 26 ---
(22) )
circulaire 1 revêtu d'une muraille en
forme de 15 pieds d'épaisseur, et
pieds
gazon, hauteur; il devoit être armé de 8 pièces
de
du calibre de 24, et 2 de 12. Trois
de canon
dernières auroient
des prernières et les deux
sur la ville; c'étoit enfn une
- pu se diriger
destinée à contenir
nouvelle bastille, plutôt
a
dans une ohéissance servile, qu'à
les citoyens
Tapprothe de l'ennemi: sur le rapempêcher
des ingénieurs, la délégation suspendit
port
au grand méles travaux de cette forteresse,
contentement de Rigaud (5).
jours après, Beaufils, capitaine
Qnclques fut accusé, par un de ses voides dragons,
vieillard respectable, de s'être transsins,
habitation à la tête d'un
porté sur son
La délégation notifia son arrèté, pour Ja suspen-
(s)
du fort Lislet, au citoyen! la Chapelle,
sion des travaux
d'cxécuter
qui cn étoit chargé; ce citoyen s'empressa
Jes ordres de cette autoritéjle général Rigaull'envoya
chercher, ainsi que le citoyen Brebion 2 son adjoint,
Jes avoir accablés d'injures ct de menaces,il
et après
mais
leur dit: vous m'avez cru mort,
jedoumoiss.. Puisleux
jem'éveille, el mon r'veil sera funeste...
oricmma les arrêts foicés au fort delaTourterelle. --- Page 27 ---
( 6 23 )
détachement de sa troupe; ; de T'y avoir menacé de le faire fusiller 2 s'il ne lui cédoit
de son terrein qui lui conpas une portion
venoit; ; sur cette dénonciation, la délégation
du susdit Beanfils.
ordonna T'incarcération
Bientôt
une attaque combinée fut
après 9
disposée contre le quartier de la grande Anse;
avant d'attaquer 2 donner conon devoit,
réfugiés et aux hanoissance aux Français y
bitans, d'une proclamation de la commission
accordoit amnistie à
du gouvernement qui
exceptant toutefois
ceux qui se rendroieht,
de
avoient coopérés à la livraison
ceux qui
à moins
ce territoire aux armes d'Angleterre,
une action éclatante 7 ils n'en facique, par
armées de la république :
litâssent l'entrée aux
ne tendoit qn'à rapcette proclamation, qui
sur le territoire français 2 des malpeler 7
n'en avoient
la fuite 2 que
heureux qui
pris
SC soustraire à la mort, et qui, en
pour
auroit chassé les Anglais de Stméme-teins,
Domingue, fut très-mal accueillie du général
Rigaud, de Pinchinnat et de leurs amis qui
crurent qu'on ne vouloit faire rentrer ce
quartier sous les drapeaux de la république,
chercher à les asservir eux-mêmes
que pour
avec plus de facilité!
B 4
la fuite 2 que
heureux qui
pris
SC soustraire à la mort, et qui, en
pour
auroit chassé les Anglais de Stméme-teins,
Domingue, fut très-mal accueillie du général
Rigaud, de Pinchinnat et de leurs amis qui
crurent qu'on ne vouloit faire rentrer ce
quartier sous les drapeaux de la république,
chercher à les asservir eux-mêmes
que pour
avec plus de facilité!
B 4 --- Page 28 ---
(24)
Néanmoins, ce fnt le 19 thermidor, que deux
colonnes partirent de la ville des
sous les ordres du
Cayes;lune,
général de division Desfourneaux, (a la tête de laquelle les
ont marché, ) étoit destinée à
délégués
d'Avezac dans les hauteurs ataquerle camp
de Plimouth : ce
camp situé au-delà des montagnes
et trés-difficiles à
escarpées
gravir : T'autre, sous le commandemenr dug
peadnaldebnigadahigand, alloit
assiégerles Irois, petite ville située à trois lieues
de Tiburon, défendue par unfort etune redoute,e elledevoit ensnite
s'étendrejusqu'a: I
et s'en emparer; tandis
Jérémie,
qu'une troisième COlonne, sous les ordres du chef de bataillon
Doyon, devoit partir du camp des Baradaires,
et enlever le camp des Rivaux,
puis se, répandre dans le territoire de la Grande Ansc.
Ce int, à P'instant deson départ, quele
général
Rigand choisit pour demander la mise en
liberié du citoyen
Beatfils; sur le refus
lui en fut fit par la
qui
à des
délégation 2 il SC porta
injures et à dcs melaces contre cette
autorié qui, cédant aux prières du général de
brigade Beanvais 2 ct pour ne point
la marche de P'armée,
arrêter,
consentit
21) cnt dudit Beaufils
aléhargisses: que le général Rigaud --- Page 29 ---
(a5)
emmèna avec lui dans son
expédition : le
général Beauvais, relevant de maladic, et ne
pouvant soutenir les fatigues d'une
fut nommé commandant
guerre,
par interim du département, en l'absence des généraux Desfourneaux et Rigaud.
Les deux colonncs se mirent en marche
chacune pour sa destination; le général Des- 2
fourneaux, ayant essuyé un échec, sa troupe
étant exténuée de fatigues par les chemins
inaccessibles des montagnes par où elle avoit
été obligée de passer 2 prévoyant d'ailleurs
qu'ii ne pourroit parvenir à réunir sa colonne,
ses ordres ayant été négligés dans Ieur exécution, il rentra en ville au bout de quelqnes
jours, laissant cependant une partie de SeS
forces au camp Perrin, sous les ordres du
chef de bataillon Petit, et après avoir envoyé un fort détachement du côté de Plimouth, pour y harceler T'ennemi, en attendant qu'il fit une nouvelle tentative.
Nous citerons, ici, un motif de ressentiment plus puissant encore aux yenx de
l'ambitieux Rigaud et de l'astucieux Pinchinnat, qui ne contribua pas peti à les a'grir
bout de quelqnes
jours, laissant cependant une partie de SeS
forces au camp Perrin, sous les ordres du
chef de bataillon Petit, et après avoir envoyé un fort détachement du côté de Plimouth, pour y harceler T'ennemi, en attendant qu'il fit une nouvelle tentative.
Nous citerons, ici, un motif de ressentiment plus puissant encore aux yenx de
l'ambitieux Rigaud et de l'astucieux Pinchinnat, qui ne contribua pas peti à les a'grir --- Page 30 ---
(s6)
tont-i-fait contre la commission du gouvernement.
homme
Le commissaire Julien Reymond,
avoit mérité à juste
vertueux et éclairé, qui
titre la confiance et la reconnoissance de ses
frères, tant pour ses travaux, que pour les
avoit souffert,
peines et les persécutions qu'il
en défendant la cause de l'égalité; Reymond,
avoit été nommé député atl corps légisqui
assemblées électorales du mois
latif par les
de germinal de l'an dernier, à la grande sadont
tisfaction de tous les citoyens; Reymond,
sont connus à toute la nation
les principes
d'autorité du géfrançaise, indigné desabus
néral Rigaud, et de la coupable influence
Pinchinnat, ayant envain tâché
du citoyen
de les rappeler à leur devoir, 2 leur reprocha
un écrit, leur conduite nuipubliquement. , par
ces
sible à l'exécution deslois : ce qui déplutà
à être contrahommes entiers, peuaccoutumés
de les indisposer contre la
riés : et acheva
commission du gouvernement, et notamment
le
Julien Reymond, de qui,
contre
citoyen
les actions de la maalors, ils calomnioient
nière la plus outrageante.
Le 9 du mois de fructidor 2 Tex-ordomnateur --- Page 31 ---
(27)
Gavanon fut mit en état d'arrestation et COWduit à bord de la corvette, de la république,
l'Africaine, en station dans la rade des Cayes;
le 10 au matin, le citoyen Tuffet-la-Ravines,
dénoncé pour avoir tenu des propos séditieux contre un membre de la commission,
du gouvernement; ( Sonthonax ) fut également arrêté et mis à bord de ladite corvette.
Ces deux arrestations ne firent aucune impression, 2 et les deux personnes arrêtées se soumirent aux ordres qui leur avoit été exhibées.
Le même jour, 10 dé fructidor, dix heures
du matin, les trois délégués, Leborgne, Rey
et Kerversan, se transportérent sur la place
d'armes, accompagnés des corps populaires et
administratifs, des généraux Desfourneaux et
Beauvais; y proclamérent la constitution française, qui fut acceptée aux cris de vive la République : le délégué Kerversan monta sur
l'autel de la patrie, 9 y prononça, avec énergie,
un discours patriotique propre à rappeler les
espritsles plus égarés à l'entière soumission aux
lois, , et à l'exercice des principes républicains :
tous les corps civils et militaires 2 la force armée etles citoyens prêtérent ensuite le serment
; y proclamérent la constitution française, qui fut acceptée aux cris de vive la République : le délégué Kerversan monta sur
l'autel de la patrie, 9 y prononça, avec énergie,
un discours patriotique propre à rappeler les
espritsles plus égarés à l'entière soumission aux
lois, , et à l'exercice des principes républicains :
tous les corps civils et militaires 2 la force armée etles citoyens prêtérent ensuite le serment --- Page 32 ---
(48 )
solemnel de maintenir et défendre la constitution.
Qui l'auroit cru, que ce jonr devoit être
souillé par une déeobéissance formelle aux lois
et une révolte ouverte contre ceux chargés de
les faire exécuter?I L'après-midi du mêmejour,
le citoyen Lefranc, commandant l'arrondissement de Saint-Louis, se renditaux Cayes, ,auprès du général Desfuurneaux 2 qui Pavoit
mandé pour lui commiuniquer un ordre par
lequella commission l'appeloit au Cap pour y
rendre compte de sa conduite, et qui lui enjoignoit, eil conséquence, de se rendre à bord
de la susdite corvette l'Africaine, sous la conduite du chefde bataillon Menou, son aide decamp. Cechefaffectal la plus grande soumission
chez le général Desfourneaux; mais, encouragéparl'exemple de désobéissance du citoyen
Pinchinnat, il se sauva at fort de la Tourterelle, jetant le cri de la révolte. Le citoyen
Menou, qui le suivit jusques an fort, y fut
arrêté éet livréit toutes sortes de vexations. Les
cris de ce chef inenhordonné atirèrent après
lni plusieurs citoyens de toures les conleurs, 2
craintifs ou égarés. Augustin Rigaud ne tarda
pasàl'yjoindre, entrainant à sa suite tous les --- Page 33 ---
(29)
soldats légionaires qu'il rencontroit,
disposant à la révolte la
2 et se
deux chefs réunis
plus complète : ces
lévent l'étendart de Ia rébellion; la ville est aussitôt menacée de
totale ; l'autorité nationale
sa ruine
est avilie les
sont mécennues;
;
lois
; l'éponvante se
tous les
répand dans
cceurs, et les citoyens
dèles aux lois
paisibles et fitorités:
courent se ranger auprès des aula majeure partie des gardes
le détachement du bataillon du 88° nationales,
ci-devant Berwik les
régiment,
nistratifs
corps populaires, admiet judiciaires se rallient autour de la
délégation; ; mais les révoltés attirent les soldats
légionaires et une grande partie des africains
de la ville en état de domesticité,
Voulant éviter T'explosion qui ménace
ville; la délégation charge de suite les
la
raux
généDesfourneaux et Beauvais de
cet attronpement
dissiper
de la
par les, voies de doucenr et
modération ; plusieurs
dictées par la sagesse, restent proclamations,
démarches
sans effet; lcs
réitérées du général
Beauvais, sont
infructueuses; ; ces deux chefs décidés à eflectuer leurs projets destructeurs,
fort Lisict,
s'emparent du
y braquent deux piéces de donze
la
raux
généDesfourneaux et Beauvais de
cet attronpement
dissiper
de la
par les, voies de doucenr et
modération ; plusieurs
dictées par la sagesse, restent proclamations,
démarches
sans effet; lcs
réitérées du général
Beauvais, sont
infructueuses; ; ces deux chefs décidés à eflectuer leurs projets destructeurs,
fort Lisict,
s'emparent du
y braquent deux piéces de donze --- Page 34 ---
(30)
dans les avenues, et une pièce de quatre à
l'entrée; ils envoyent ensuite des émissaires
soulever les atteliers ; des patrouilles
en plaine,
sont par eux semées pour arrêter les citoyens
leurs
et les conduire,
paisibles, sur
habitations,
de force, à Lislet, par un chemin pratiqué
en dehors, sur l'habitation Massé.
Desfourneaux fait encore
Le11,1 Le général
nouvelle tentative; il envoye le chef de
une
hommes
brigade Nadan, à la tête de cinquante
de la garde nationale, pour les engager, par
voies de la représentation, à se retirer
Jes,
chacun dans leur domicile, mais en vain; ;
ils laissent avancer cette troupe à vingt - cinq
sur elle une pièce de 24
pas, et déchargent
Nachargée à mitraille; le chef de brigade
dan, blessé légèrement, voyant le mauvais
se retire en ville avec
succès de sa démarche,
sa. troupe.
La délégation tâche encore 2 néanmoins, 2 de
dissiper cet attroupement par des nouvelles
mais inutilement. Le général
proclamations,
Beauvais n'est pas plus heureux dans des nouvelles tentatives qu'il met en usage; ses jours
sont menacés; on lui fait un
au a contraire --- Page 35 ---
(31)
erime de rester fidèle aux lois; on couche
joue le citoyen
en
Fontaine, son aide-de-camp,
pour avoir osé blâmerla conduite des révoltés; le citoyen Fontaine est un noir, mais
homme très-méritant, plein
d'humanité, et
dont les principes sont bien opposés à ceux
de ces ennemis de tout ordre et de toute
o tice, La ville est de nouveau
jusmenacée de sa
ruine par l'invasion des deux chefs, à la tête
de leurs satellites.
La délégation informée que les révoltés soulèventles ateliers en plaine, y envoyent desuite
les citoyens Armand, noir, inspecteur de Ia
culture ; Viladam, de couleur, soudcontrôleur
de la marine; et Edouard, noir
s sosacapitaine,
aide-de-camp du général Desfourneaux.
: pour
exhorter, sur chaque habitation, les cultivateurs à demeurer paisibles chez eux $ à ne
se livrer à la sédition, 2 et leur dire
pas
que ceux,
qui les excitoient à la révolte, étoient euxmêmes révoltés contre les lois et les autorités
constituées chargées de les faire exécuter. Eh
bien! ces trois malheureux furent arrêtés
pas
une patrouille des révoltés, et conduits à Angustin Rigaud qui les fit ses prisonniers au fort
er, sur chaque habitation, les cultivateurs à demeurer paisibles chez eux $ à ne
se livrer à la sédition, 2 et leur dire
pas
que ceux,
qui les excitoient à la révolte, étoient euxmêmes révoltés contre les lois et les autorités
constituées chargées de les faire exécuter. Eh
bien! ces trois malheureux furent arrêtés
pas
une patrouille des révoltés, et conduits à Angustin Rigaud qui les fit ses prisonniers au fort --- Page 36 ---
(3a)
Lislet. Le citoyen Petit, quiavoit été laissé au
en ville
lès ordres
camp Perrin, 2 rentrant
par
du général Desfourneaux, fut ariêté aux quatre
chemins par les troupes d'Augustin Rigaud, et
conduit également aul fort Lislet, ou il fut détenu prisonnier.
La délégation 2 désespérant alors de pouvoir rétablir la tranquillité et voulant éviter
Tes excès en tout geure auxquels pouvoient
se porter des hommes rébelles qui méconnoissoient les lois et les fouloient aux pieds,
expédie le même jour le citoyen Beaudouin,
quartier-maitre des Dragons de la légion de
Tégalité du Sud, auprès du général Rigaud,
pour Pinviter à se rendre desuite aux Cayes,
afin d'y faire rentrer les révoltés dans le devoir.
Le 13, Augustin Rigaud et Lefranc, chefs
des révoltés, 2 demandent la mise en liberté
des citoyens Gavanon et Tuffet-la-Ravines . 7
ainsi que le départ de cette ville du délégué
Rey et du général Desfourneaux; en outre, 2
six cents rations por jour peur nourir leur
troupc. La délégation fut obligée de céder à
tout pour éviter l'effusion du sang, attendant
avec --- Page 37 ---
(33) )
avec impatience le retour du général Rigand,
dans l'espoir que sa présence rameneroit
l'ordre et la paix ; mais 2 hélas ! qu'clle étoit
son erreur?
Dès le:8 fructidor au soir, le général Rigaud,
désespérant de prendre les Irois, 2 après avoir
fait diverses tentatives sur ce fort, sur celui de
Lislette à Pierre-Joseph, avoit résolu sa retraite
et fait partir le 9, dans le courant de l'aprésmidi, une partie de sa grossé artillerie pour
Tiburon. Le 11 au soir, il avoit reçu aux Carcasses une lettre deJuste Bigot, adjudant d'un
bataillon de l'infanterie de la légion du Sud;
laçuelle lettre, datée du 10 sur l'habitation Esmangard en plaine du fonds, lui donnoit des
détails faux et exagérés sur ce qui se passoit
dans la ville des Cayes; et après avoir exalté les
esprits contre la délégation, le général Rigaud
fit partir quatre cents légionaires sous le commandement du citoyen Romain, capitaine de
la légion de l'Egalité, pour se rendre sur l'habitation Béraut en plaine du fonds, et y rester
aux ordres de son frère Angustin Rigaud, ctil
partitlelendemain 1 2 avecle reste de sa troupe;
après avoir fait embarquerle restant deses munitions de guerre et de bouche, il se rendit *
C
esprits contre la délégation, le général Rigaud
fit partir quatre cents légionaires sous le commandement du citoyen Romain, capitaine de
la légion de l'Egalité, pour se rendre sur l'habitation Béraut en plaine du fonds, et y rester
aux ordres de son frère Angustin Rigaud, ctil
partitlelendemain 1 2 avecle reste de sa troupe;
après avoir fait embarquerle restant deses munitions de guerre et de bouche, il se rendit *
C --- Page 38 ---
(34)
Tiburon ,à 9 heures du matin, où le citoyen
des dragons, arriBaudouin, quartier-maitre
même tems lui remit les dépêches de
vant en
mis
la délégation, dont il prit lecture, 2 et s'étant
du même
en route pour les Cayes, l'après-midi
ils'étoit enfin rendu le 13, àg heures du
jour,
de la
soir, sur T'habitation Vernet, aux portes
ville des Cayes (6).
(6) Ce seroità tort que le ginéral Rigaud prétendroit faire entendre que les événemens > surv enus aux
luiauroient fait perdre la conquête des Irois ; il
Cayes, déjà vingt jours que nous canonnions et bomyavoit
sans le moindre succis, lorsque, lc 8
bardions ce fort,
celui de PIslette, à Pierrefructidor, nous attoquinnes
Joseph, d'oi nous nous retirâmes en désordre, après
huit hommes;et ce futle mème jour,au
avoir prdu
Rigand ordonna, à la Chapelle,
soir, quele général
dans
qui remplis oit les fone tions A'adiudant-gén-ral la
cette colonne, de faire lever le siége, et renvoyer
artillerie ctl les smnitions de guerre à Tiluron,
grosse
demanière quela pièce de scize 1
ce quif fat exécuté;
ier de douze, qui serune pièce de huit et le mer. rendus à Tiburon,
voient à nssiégerles Irois, 7 éloient
n'eût
dms la matinée du 9, et lallaire, aux Cayes,
IO. Nos snccis, daus cette expédition, se
lieu quele
d'une manvaise piice de camveduisirent à la prise
calibre de ipuatre. Le ginéral Rigand parpagne,da
après avoir envoyé
iitle 12, au matin, des Carcasses,
et le mer. rendus à Tiburon,
voient à nssiégerles Irois, 7 éloient
n'eût
dms la matinée du 9, et lallaire, aux Cayes,
IO. Nos snccis, daus cette expédition, se
lieu quele
d'une manvaise piice de camveduisirent à la prise
calibre de ipuatre. Le ginéral Rigand parpagne,da
après avoir envoyé
iitle 12, au matin, des Carcasses, --- Page 39 ---
(35) )
Deux heures après, il SC transporte 21l fort
PIslet par le chemin pratiqné sur Thabitation
Massé, ya une entrevue secrète avec son frère'
et Lefranc, 9 et sC retire ensuite sur lhabiration
Vernet, où it passa la nuit. Pourqnoi cette conduite de la part dn général Rigaud P Nous ne
fisons aucune réflexion à ce sujet; nons laissons à votre sagesse à calculer quels devoient
être les desseins de ces chefs, et dans quelle vue
le généra! eut cette entrevue secrète, et s'en
retourna ensuite surlhabitation Vernet: la snite
des événemens suffira pour éclaircir ce mystère.
Le 14 aui matin, on annonce l'entrée dn gé.
néral Rigaud en ville; la joie se répand dans
tous les coeurs descitoysnetimideret tremblans
auparavant 2 qui se rassurent à cette nouvelle:
les noms de libérateur, de pacificateur luisont
injustement prodigués ; le souvenir de ceite
fatale journée réveille nos douleurs : oui, citoyens Directeurs, cejour, qui devoit éclairer
400 hommes, ( sous les ordres de Rosmain, ) avcco chaCiu 40 coups à tirer. 2 pour se rendre Stir Thabitation
Besaut, en plaine,aux ordres de son frere Augustin 5
et certes, CC génézal éloit alors très-disposé à soutenir
Ih révolte de sou frère et Lefranc.
C 2 --- Page 40 ---
I I (36 )
le retour de l'ordre et de la paix; ce jour, qui
premmenheohu-4t couvre
au-contraire de honte et d'nfamie; son entrée
en ville est le signal de mort.
A huit heures du matin, le délégué Rey et
le général Desfourneaux, pour satisfaire à la
demande des chefs des révoltés, s'embarquent
dans un petit bateau pour se rendre atl Cap;
mais à peine le bateau met â la voile qu'on f.it
fen dessus du fort de la Tourterelle ; après plusieurs coups de canon, quijetent de nouveau
T'alarme dans la ville, Augustin Rigand envoie
commandant la
un ordre atl CT pitaine Foret,
corvette T'Atricaine, de courir sur lui; expédie
enmëme-tems un détachement pour s'emparer
du foit de Tronsse-Cotte, gardé par les gardes
nationales restées fidèles anx lois ; mais le chef
de la résistance,
de Ce dérachement éprouvant
retire au fort de TIslet, en menaçant le dése
alloit mettre tout à feu et à sang.
légué qu'on
de faire
Alors. Augustin Rigand, désespérant
un warick armé de
rentrer le bateau, expédie
SOUIS les ordres du citoyen
trente légionaires 2
Marc, noir, capitaine de la garde nationale, 9
donner chasse au susdit bateau : quel
pour
résistance,
de Ce dérachement éprouvant
retire au fort de TIslet, en menaçant le dése
alloit mettre tout à feu et à sang.
légué qu'on
de faire
Alors. Augustin Rigand, désespérant
un warick armé de
rentrer le bateau, expédie
SOUIS les ordres du citoyen
trente légionaires 2
Marc, noir, capitaine de la garde nationale, 9
donner chasse au susdit bateau : quel
pour --- Page 41 ---
(37)
contraste ! ils avoient demandé leur départ la
veille, mais aujourd'hut ils veulent les arrêter:
ch! Pourquoi? Pour les sacrifier sans doute à
leur vengeance. Certes, cette conduite annonce bien être la suite de l'entrevue secrète
au fort l'Islet la nuit auparavant,
C'est ici que le voile se déchire, que le
masque tombe, que les tyrans se montrent
à découvert ; c'est ici que les tigres altérés
du sang humain, commencent leur scène tragique. Les coups, de canons tirés sur le bateau
qui transportoit le délégué Rey et le général
Desfourneaux, précédent l'entrée du général
Rigand en ville, ayant à sa suite les quatre
cents légionaires, sous le commandement du
capitaine Romain 2 et une bande de cultivateurs armés de fusils et de manchettes. Le
général Rigaud se retire, en entrant, dans
sa nouvelle maison située aux portes de la
ville ; alors, Romain fait impitoyablement fusillerla garde du pont et celle de la prison civile, 7 composée de citoyens blancs, dont plusieurs restentsurle carrean ; ce monstre se livre
ensuite au plus affreux brigandage et au pillage
des maisons circonvoisinnes du pont, désertées
C 3 --- Page 42 ---
(38.)
parles propriétaires, qui, cherchant leur salut
dans la fuite 2 trouvent, à quatre pas plus loin;
la mort qu'ils tâchent d'éviter. Bientôt la troupe
de Romain est grossie par les révoltés que'
l'appas du pillage attire du fort Lislet; ils se
dispersent dans la ville; font feu de toute part;
massacrent tout ce qu'ils rencontrent; les portes
des niaisons sont enfoncées; l'argent et les
effets précieux en sont enlevés; la ville n'offre
plus qu'un spectacle horrible de terreur et
de sang; les rues sont remplics de cadavres
défgurés, parmi lesquels on reconnoît lcs citoyens Domergue 2 notaire public, résidant
depnis long-tems dans cctte ville; Paquet,
officier d'admninistration, venu de Jacmel, à
la suite du général Beauvais; Ménage, tapissier; Boulanger, maitre tailleur; Pron, Md.
parfumeur, et quantité d'anues qui ne sont
pas parvenus à notre comnoissance, ainsi que
plusicurs blessés : hommes, femmes ct enfans se sauvent à travers les couDs de fusils, et se retirent, partie dens l'ancienne
maison du général Rignud, pour implorer
son anterité, et partie dans celle de quelques
citoyens de coulcur. 2 vertneux, qui les reçoivent cavecatsnadrisnement : nous ne saurions
maitre tailleur; Pron, Md.
parfumeur, et quantité d'anues qui ne sont
pas parvenus à notre comnoissance, ainsi que
plusicurs blessés : hommes, femmes ct enfans se sauvent à travers les couDs de fusils, et se retirent, partie dens l'ancienne
maison du général Rignud, pour implorer
son anterité, et partie dans celle de quelques
citoyens de coulcur. 2 vertneux, qui les reçoivent cavecatsnadrisnement : nous ne saurions --- Page 43 ---
(39 - )
trop louer leur conduite généreuse, qui fait
honneur à Phumanité; sans eux, cn effet,
que seroient devenus les malheureux citoyens
blancs, opprimés et poursuivis de toute part
ar les assassins (7).
Mais ce même jour éclaire des forfaits d'un
autre genre. Pendant que les révoltés dévastent
la ville, Augustin Rigaud et Lefranc font massacrer 2 aux forts l'Islet et la Tourterelle, les
citoyens de toutes les couleurs qu'ils avoient
faits prisonniers, qui sontles citoyens Menou 2
chef de bataillon aide-de- camp du général
Desfourneaux 7 nouvellement arrivé dans la
(7) Plusieurs citoyens de couleur coururent la
ville, à travers les coups de fusils, et sauvèrent
un grand nombre de citoyens blanes, qu'ils conduisirent chez enx,les couvrant de leur corps, 1l0tamment les citoyens la Chapelle et Dejaye, qui
employèrent tout Cc qui étoit en leur pouvoir
pour donner un asile sûr à ces victimes poursuivies; nous disons même avec vérité, que tous les
citoyens dc couleur, excepté les chefs et quelquesuus qui partagecient leur scélératesse, 7 gomissoient
en secret de ces scènes d'horreur, qu'ils ne pouvoient
empôcher 3 ni nême blâmer onvertement, saus s'exposer cux-memes à la mort la plus cruelle.
C4 --- Page 44 ---
(40)
colonie; ; Lassegue, 2 commis de l'administration, natif des Cayes, père de famille ; Laforme, maître bottier, nouvellement établiaux
Cayes; Liladam, sous-contrôleur de la marine;
Edouart, capitaine aide-de- camp du général
Desfourneaux 7 nouvellement arrivé dans la
colonie; Ramonet, capitaine du bataillon de
l'Aube, nouvellement de retour d'Europe : où
il étoit passé, depuis dix-huit mois, pour cause
de maladie; ainsi que plusieurs autres dontles
noms sont échappés à notre mémoire : tous
ces malheureux, n'ayant pour crime que leur
attachement aux lois de la république, sont
victimes de la cruanté de ces hommes féroces
et sangiinaires. Parmi CCS assassins 2 on doit
distinguer les citoyens Matard et Martignac,
quiprésidoienr aux exécutions, et qui entretenoientle fen de la révolte par des discours infimes et séditieux. Dira-t-on que CC sont lcs
noirs culivateurs qui se sont portés à CCS meurtres P Non, certainement : des malheureusarrêrés ct prisonniers dans i11 fort, sousla sauvegarde d'une force arméc, ne pouvoient être
livrés à la mort sanls le consentement du chef
qui les détenoit arbitrairement.
Alors,la majeure partie des citoyens blancs,
qui entretenoientle fen de la révolte par des discours infimes et séditieux. Dira-t-on que CC sont lcs
noirs culivateurs qui se sont portés à CCS meurtres P Non, certainement : des malheureusarrêrés ct prisonniers dans i11 fort, sousla sauvegarde d'une force arméc, ne pouvoient être
livrés à la mort sanls le consentement du chef
qui les détenoit arbitrairement.
Alors,la majeure partie des citoyens blancs, --- Page 45 ---
(41) )
réunis dans l'ancienne maison du général Rigaud, lui font une adresse pour le supplier
d'arrêter ces massacres 2 le priant de se charger
des rênes du gouvernement, espérant, par ce
moyen, 7 lintéresserau: succès deleur demande;
les corps populaires joignent leurs prières à
cette adresse ; plusieurs citoyens de couleur 2
le coeur navré de douleur, font entendre leurs
plaintes et leurs gémissemens ; la délégation
elle-même investit le général Rigaud de tous
les pouvoirs > espérant qu'il les emploieroit
à faire cesser ces scènes d'horreur et de carnage. C'est alors que le général Rigaud, par un
raffinement de perfidie qui n'aj point d'exempie,
fait une proclamation, engageant chaque citoyen à se retirer chacun dans son domicile
respectif, où il sera en sûreté sous la protection des lois et de ceux chargés de leur exécution. O trahison insigne! Que d'horreursplus
terribles encore se préparent! des forfaits d'un
genre nouveau vont désoler la ville ! Des patrouilles supposées par Augustin Rigaud,pour
rétablir et maintenir le bon ordre, entrent dans
les maisons 2 en enlèvent les citoyens qui s'y
étoient retirés sur la foi de cette proclamation,
les arrachent du sein deleurs familles éperdues, --- Page 46 ---
(42)
les trainent au fort lIslet, où ils sont impitoya
au choix des
blement fusillés on massacrés
leur arracher la vie.
bourreaux postés pour
:
suivent les premières 2
D'autres patronilles
pillent tout
entrent dans ces mêmes maisons,,y
tombe sous leurs mains 7 arrachent les
ce qui
des doigts et des oreilles des
bijoux du cou,
demi-mortes. Parmi CeS malheureuses
épouses
victimes, on compte les citoyens Beauyami,
long-tems établi
négociant du Hâvre, depuis
créole de cC
dans cette ville ; Fredouillart 2 commissaire
marchand orfèvre ; Marin,
pays,
enlevé du sein de l'addu pouvoir exécutif,
décoré de ces marques
minbstraionmanicipale
de la
distinctives; ; Rimbert, adjudant - major
de navire
garde nationale 3 Cassely 2 capitaine de la maide Marseilie, enlevé
du commerce
la Chapelle, où il s'étoit refugié;
son du citoyen
cominandant de la garde
Esmenard, ancien
arrivé de
nonvellement
nationale; Chatons 2
ex-commissaire des guerres, 2
France; Morel,
de Saintdes prisons
sortant, tont récemment,
le séjour du
Louis, ou il étoit détenn dypuis
Laure,
commissaire civil Délpech, aux Cayes;
de la délégation ; Petit, chefde basecrétaire
d'infanterie, ci-devant
taillon du 45 régiment
la garde
Esmenard, ancien
arrivé de
nonvellement
nationale; Chatons 2
ex-commissaire des guerres, 2
France; Morel,
de Saintdes prisons
sortant, tont récemment,
le séjour du
Louis, ou il étoit détenn dypuis
Laure,
commissaire civil Délpech, aux Cayes;
de la délégation ; Petit, chefde basecrétaire
d'infanterie, ci-devant
taillon du 45 régiment --- Page 47 ---
(43)
Provence, 2 le même dont il est question plus
haut ; Baudouin, quartier-maitre-trésorier des
dragons de la légion; 3 Coste, marchand bijoutier et quincaillier; Armand Petri, chef de bataillon 2 arrivé récemment du Cap avec les dépêches de la commission du gouvernement,
dont le sceau a été brisé parle généralRigaud let
Pinchinnat; Vanzon, venu nouvellement du
Port-au-Prince pour en faciliter l'entrée à l'armée dela république, ayant un partinombreux
qui ilui en auroit préparé la conquête ; tous ces
malheureux, et d'autres dont les noms nous
ont échappés, furentsacrifiés à des vengeances
particulières.
Voilà, citoyens Directeurs, 2 l'emploi que. fit
le général Rigaud de l'autorité qui lui avoit été
confiée, etl le résultat, sans doate, de son entrevue secrête au fort l'Islet, avant d'entrer'en
ville.
Qu'ice tableau, qui fait frémir Phumanité,
on se représente des fernnies ép orées et gémissantes sur la fin tragique de leurs infortunés
époux; des enfans désolés cherchantles. restes
précieux des auteurs de leurs jours; des vicillards consternés etabattus, pleurantla mort du --- Page 48 ---
(M)
leur restoit pour soutien de leur
seul fils qui
les
vieillesse: qu'on se représente de toute part
cris dela donlenr et du désespoir, etl'on an'aura
affreux qu'offrit
qu'une foible idéeduspectable
de carla ville des Cayes à la suite de ces jours
nage et de sang.
combler la mesure de ses forfaits, AuPour
à
à la délégation,
gustin Rigaud se transporte
fumans
la tête de ses satellites, 2 leurs poignards
en
victimes;
encore du sang des malheureusés
chez lui;
enlève les archives, qu'ilfait porter deux déléaccable d'injures et de menaces les
à
restans : il éf oit même prêt à attenter
gués
le brave et généroux Beauleur vie, lorsque
s'offrant lui-même pour
vais l'en détourna, en
ce monstre
victime ; sa fermeté déconcerte alors de leur piller
sanguinaire, quise contente effets, et les fait
de leurs
la majeure partie
Fatin, quileur
conduire ensuite dans la maison
les
Il scroit difficile de décrire
sert de prison.
ils ont été
vexations en tout genre auxquelles
leur détention:i il n'appartient
exposés pendant
(S). Nous dirons
qu'à eux d'en rendre compte
Leborgne ct Rey, deux des
(8) Les citoyens
du gouremement, sont
ddlégués de la commission
sanguinaire, quise contente effets, et les fait
de leurs
la majeure partie
Fatin, quileur
conduire ensuite dans la maison
les
Il scroit difficile de décrire
sert de prison.
ils ont été
vexations en tout genre auxquelles
leur détention:i il n'appartient
exposés pendant
(S). Nous dirons
qu'à eux d'en rendre compte
Leborgne ct Rey, deux des
(8) Les citoyens
du gouremement, sont
ddlégués de la commission --- Page 49 ---
(45)
seulement que leur vie fut souvent menacée. 9
et qu'ils ne dûrent leur salut qu'à l'abandon
total de leur autorité : ils furent enfin renvoyés
au Cap, , un mois et quelques jours après 2 surla
demande qui en fut faite par le général Martial
Besse 2 venu, aux Cayes en qualité de commissaire pacificateur 7 chargé de les faire mettre
en liberté et de les renvoyer auprès de la commission, ainsi que tous les officiers civils et
militaires qui les avoient accompagnés. Cependant, on délibéroit encore si on ne les détruiroit pas. 2 et chaque jour le citoyen Duvalmonville, ancien contrôleur de la marine 3 excitoit
Augustin Rigaud et Lefranc à commettre cC
nouveau crime ; mais la contenance ferme et
le sang-froid du général Martial Besse 2 sûrent
maintenant à Paris ; le premier 7 député au conseil
des Cing-Cents ; nous esp-rons d'eux, qu'en faveur
de la cause que nous plaidons 3 et rendant témoignage à la vérité, ils appuiront les faits dont
ils ont été les témoins, et même les victimes, dans
ces événemens ; nons en fesons même la réquisition
au citoyen Leborgne, au nonr de nos concitoyens
de là partie du sud de St.-Domingne, si sa qualité de représentant portoit ta délicatesse à garder
le silence. --- Page 50 ---
(46)
ct il parvint à les embraver tous les.dangers,
barquer sans qu'on osat les attaquer.
notre détenNous avons appris 2 pendant
mole St.-Nicolas, que ce général avoit
tion au
dangers pour sa vie,
couru les plus grands
le cours de sa mission aux Cayes,
pendant
lorsqu'il eut l'ordre de la
et notamment
de prendre le
commission du gonvernement
de St.-
commandement de Parrondissement
Louis. Lefranc, qui commandoit cette partie,
fit embusquer six
sachant cette disposition,
hommes dans. la route 2 pour faire ascents
personnes de sa suite;
sassiner le généraletles
lui avoit
fut à l'occasion de l'ordre qui
et ce
du gouvernement,
été donnépar la commission
que le géde prendre ce commandenmient,
des Cayes , qui
néral Rigaud et la municipalité
par loi, frent prendre une
n'agissoient que
tremblans,
délibération aux citoyens encore
scission ouverte avec la commission
portant
Martial Besse,
du gouvernement. Le général
plus rester avec des rébelles,
alors, ne pouvant
son honneur et ses prinsans compromettre
prit le parti de se retirer par mer,
cipes,
lutter seulcontre une armée
ne ponvant pas
de brigands,
des Cayes , qui
néral Rigaud et la municipalité
par loi, frent prendre une
n'agissoient que
tremblans,
délibération aux citoyens encore
scission ouverte avec la commission
portant
Martial Besse,
du gouvernement. Le général
plus rester avec des rébelles,
alors, ne pouvant
son honneur et ses prinsans compromettre
prit le parti de se retirer par mer,
cipes,
lutter seulcontre une armée
ne ponvant pas
de brigands, --- Page 51 ---
(471 )
Nous avons dit plus haut que le délégué
Rey et le général Desfourneaux étoient partis
pour le Cap dans un bateau, , pour satisfaire
à la' demande des révoltés; ce bateau fitt atteint et ramené dans le port par le Warick
expédié à sa poursuite par Augustin Rigaud.
Nouvelles désolations ! Bientôt 2 les soldats
légionaires se portent en armes sur le rivage,
manifestent leur joye par plusienrs décharges
de coups de fusils, et se disposoient à tailler
en pièces ces deux autorités ; mais heureusement, ils s'étoient sauvés dans un canot 2
abandonnant à bord du bateau leurs effets s
qui devinrent la proie d'Augustin Rigand.
Enfin, après tant d'horreurs, le général Rigaud et les siens. 2 assez abreuvé de sang, se
laissent fléchir par les larmes et les prières
des malheureux citoyens restans, Alors, Rigand
ordoune qne la tranquillité renaisse, et la
tranquillité renait.
Ainsi donc finirent cCs scènes d'horreur et
de carnage'; nos coeurs cn sont encore et en
scront éternellement ulcérés: nous nous estimerons heureux, si nous parvenons à éclairer
la nation française sur tant de forfaits 2 si vous --- Page 52 ---
(48 )
daignez vous pénétrer 2 citoyens Directeurs. 5
que la vérité seule nous a guidé dans le récit que nous venons de vous faire ; nous
n'avons suivis que limpulsion de nos coeurs
qui nons_fait une loi d'être justes et sincères.
Ces massacres ne cessérent, aux Cayes 5
pour se répandre dans les autres qnartiers
que
du département : à Cavailion, trois ou quatre
citoyens furent massacrés au passage del Lefranc,
se rendit de-là à St.- Louis, où un plus
qui
grand nombre fut immolé à son ressentiment,
et même deux femmes, dont une,de soixantedix ans d'âge; ( la citoyenne Cherèt). Les
des
assassinés à Cavaillon sont
noms
citoyens
commissaire du pouvoir exécutif; la
Daury,
Biche, habitant, et deux autres : à St. - Louis,
Clément, président du tribunal civil; l'Escale
de Verone, commissaire du pouvoir exécutif;
Malval-Devert, habitant; Baudouin 2 conseiller au tribunal, et plusieurs autres dont nous
ignorons les noms. A T'Anse-à-veau, le citoyen
Garnier, habitant, a été parcillement massacré et deux autres avec lui : nous ne devons
omettre de dire que c'est à Phumanité
pas
et àla résistance des commandans des autres
quartiers
,
Clément, président du tribunal civil; l'Escale
de Verone, commissaire du pouvoir exécutif;
Malval-Devert, habitant; Baudouin 2 conseiller au tribunal, et plusieurs autres dont nous
ignorons les noms. A T'Anse-à-veau, le citoyen
Garnier, habitant, a été parcillement massacré et deux autres avec lui : nous ne devons
omettre de dire que c'est à Phumanité
pas
et àla résistance des commandans des autres
quartiers --- Page 53 ---
(49)
quartiers, que l'on a dû la tranquillité qni y
a régné,
On trouva, parmi les papiers de la délégation, plusieurs plaintes faites par divers citoyens, 9 sur les vexations qu'ils avoient éprenvées des chefs militaires;1 le citoyen Gonjeot,
capitaine commandant le bataillon de l'Aube,
futincarcéré, au petit Goave, pour une plainte
de cette nature : la municipalité de cette der-,
nière ville, ayant aussi donné connoissance
à la délégation des actes arbitraires du citoyen
Faubert, chefde baraillon, commandant cette
place, et des dilapidations et concussions dn
ciroyen Caston-Dnvivier., officier d'administration : le général,Rigand rendit, à la suite
de ces.événemens. 9 une décision qui condamnoit totrs les membres de cette municipalité
à êire destitnés et mis en jrigement, pour
avoir à prouver ce qu'ils avoient avancés; ce
qui a été exécuté, conformément à la décision.
Ce fut à lalsuite de ces massacres, que reparut aux Cayes le citoyen Pinchinnat; son
air de satisfaction, son visage riant, laissoient
voir le: contentement de son cceur. Le général
Rigaud et les siens songent alors à couvrir d'un
D --- Page 54 ---
(50)
leur criminelle conduite;
voile impénétrable
instans de la foiblesse
ils profitent des premiers
léthardes citoyens ensevelis dans un sommeil
oû la terreur les avoit jetés; ils Jes
gique,
de communes, et les
convoquent en assamblée
à signer des actes faux et liberticides,
portent fabriqués par le citoyen Pinchinnat,
la plupart
ils
oti arrachés à la crainte d'autres citoyens;
cherchent les moyens de pallier leurs forfaits,
de les faire tomber sur le compte de la déet
légation, tandis que cette autorité, au contraire,
les prévewir etles
avoit tout mis en usage pour
Plusieurs adresses et mémoires sont préarrêter.
trois commissaires,
parés pour être portés, 2 par
exécutif: la
et au Directoire
au Corps législatif
les plus
plus noire perfidie, les mensonges
détours les plus astucieux, ornent
avérés 2 les
la nation frances adresses, afin de tromper
Ces actes sont soumis
çaise et ses représentans.
timides et
à la signature forcée des citoyens
adresse de séduction est faite
tremblans; une
Pinses concitoyens ;
par le général Rigaud,à
de
chinnat en fait une aussi, en sa qualité
législatif, dans laquelle il se
député au Corps
du mandat d'arrêt, lancé contre lui, par
plaint
comme un attentat à la consla commission,
resses, afin de tromper
Ces actes sont soumis
çaise et ses représentans.
timides et
à la signature forcée des citoyens
adresse de séduction est faite
tremblans; une
Pinses concitoyens ;
par le général Rigaud,à
de
chinnat en fait une aussi, en sa qualité
législatif, dans laquelle il se
député au Corps
du mandat d'arrêt, lancé contre lui, par
plaint
comme un attentat à la consla commission, --- Page 55 ---
(51.)
titution, qui déclare sa personne inviolable.
Des protestations contre Ja nomination des
nouveaux députés, au Cap, sortent également
desa fabrique, et sont répandues dans toutes
les communes du département du Sud et
quelques-unes de l'Ouest, pour y être signées
par lés citoyens, qui n'ont osé s'y refuser 2
malgré que presque toutes Ces, 8 communes
eussent approuvé cette nouvelle assemblée
électorale au Cap, où ils avoient même envoyé
leurs électeurs.
Et nous sommes nommés, 9 par nos concitoyens, leurs commissaires, pour vous apporter
ces actes infâmes arrachés par la terreur et les
meurtres ! Refuser, c'étoit nous exposer à la
fureur des assassins 2 et leur faire connoitre
toute l'horreur qu'ils nous inspiroient. Or, le
seul parti qui nous restoit, dans cette.alternative, pour mettre nos jours à l'abri de leurs
coups 2 fut d'accepter ct de promettre au général Rigaud et à ses partisans 2 de suivre leurs
instructions au mépris de la vérité ; mais que
nous étions éluignés de pareilles dispositions !
Er combien, an-contraire, 5 étions-nons décidés
intérieurement de faire éclater cette vérité dans
D 2 --- Page 56 ---
(52)
et de servir Thumanité
son plns grend jonr,
ontragée: aussi n'avons-nous pas balancé d'accette nission, et de nous exposer aux
cepter
périls de la mer dans la saisoll la plus critique
de l'année; stirs de notre conscience, tranquilles sur notre conduite, qui a toujours été
les priscipes qni constituent Thonguidée par
nête homme et le bon citoyen, et assurés
le rémoignage de tous les gens de
enfin, par
bien gni nons ont connus dans l'un et l'autre
hémisphère (9).
()La Chapelle est un citoyen de conleur, ami des
de
doué de la noble ambition de
Tois et
Phumanité,
servir sa patrie; ce citoven est retourn", en 1791 ( v.st.),
de St-Domingue, lieu desa naisdans la partiedusud
( d'on il étoit sorti à Tige de 3 ans, ) après
sance; >
amées consécutives dans le ciun service de seize
il n'a cessé de se ranger
devant régiment Vienois;
des anterités constituies, s'éloignant de toute
auprès
de
il estalabri de la médifaction et esprit
parti;
et méprise la crlomnie ; il défie mnême le tems
sance,
d'honneur et à son
de porter attcinte à ses principes
-
malgré les instructions de eeux
patriotisme ; aussi 2
des
fait
le sang dans les événemens
qui ont
répandre
de vertu, en sonienant,
Cayes,il ne ternira pas 36ans
de la vérité et de Thumanité ontragée 7 ces
au mépris
ernemis de tout ordre et de toute
liommes ambitieux,
il défie mnême le tems
sance,
d'honneur et à son
de porter attcinte à ses principes
-
malgré les instructions de eeux
patriotisme ; aussi 2
des
fait
le sang dans les événemens
qui ont
répandre
de vertu, en sonienant,
Cayes,il ne ternira pas 36ans
de la vérité et de Thumanité ontragée 7 ces
au mépris
ernemis de tout ordre et de toute
liommes ambitieux, --- Page 57 ---
(53 1 )
: C'estaprès avoir préparé ces infâmes écrits,
que le général Rigaud fitache:er, aux frais des
communes du départemcnt, u1 brick américain, qu'il expédia, sous pav.lon parlenientaire, pour portersept prisonniers de gucrre alglais à Plimouth, où ils devoient être échangés,
etle bâtiment devoit ensuire se rendre au port
de la République le plus voisin de l'Augleterre. Nous reçumes ordre du général Rigaud,
de nous y embarquer sous des qualités feintes,
et le 4 brumaire dernier, 2 nous mimes àia
voile pour nous iendre à notre destination.
Nous espérions, à notre départ dus Cayes,
vous doner des plus grands rensciguemens,
au moyen des pièces dont nous nous étions
munis pour vous éclairer sur la fausseté des
actes que nous portions ; mais, malheureusement et contre notre attente, nous fû:nes rencontrés et visités, le 11 du mêmne mois, par
deux frégates anglaises (ia Magicienne ct le
Quebec), quincus déciarèrent de bonne prisc,
justice, qui out avili l'autorité nationale, et fouls
les lois aux pieds : il sacrifie, à la cause sainte qu'il'
est prét à dofendre au péril de sa vie,,et ses intérêts
et Sil famille.
D 3 --- Page 58 ---
(54)
par la découverte des papiers relatifs à notre
mission, et de ceux portés par les citoyens
Decout, Pinchinnat, Rey-Delmar, Fontaine
et Bonnet ; les deux premiers, députés du Sud
au Corps législatif;les deux suivans, également
députés de POuest; et le dernier aide-de-camp
du général Rigaud; lesquels s'étoient également embarqués sous des qualités supposées,
afin de masquer notre expédition.
Nous fûmes conduits au Môle Saint-Nicolas,
après une croisière de quarantej jours, 2 excepté
les citoyens Decout et Fontaine, qui furent de
suite envoyés à la Jamaique pour cause de maladie, et échangés de là, pour les Cayes. Nous
restâmes dans ce port environ deux mois,
toujours à bord des différens vaisseaux mouillés
en rade; enfin, nous reçûmes ordre de l'amiral
Sir Hide Parker, commaridant les forces navales de sa majesté britannique - 2 dans ces
mers, de nous embarquer à bord de la fréanglaise le Succès, 2 à l'exception des cigate
toyens Voizard, capitaine de notre brick, et
Rénéaume, notre; troisième collègue, qui furent, aIce que, nous croyons, 2 échanigés pour
lcsCayes, après notre départ.
fin, nous reçûmes ordre de l'amiral
Sir Hide Parker, commaridant les forces navales de sa majesté britannique - 2 dans ces
mers, de nous embarquer à bord de la fréanglaise le Succès, 2 à l'exception des cigate
toyens Voizard, capitaine de notre brick, et
Rénéaume, notre; troisième collègue, qui furent, aIce que, nous croyons, 2 échanigés pour
lcsCayes, après notre départ. --- Page 59 ---
(55 )
En conséquence, nous nous embarquâmes
avec les citoyens Pinchinnat, Rey-Delmas ct
Bonnet, le 27 pluviose, et mimes à la voile
le même jour pour Portsmonth, ott nous arrivâmes après une traversée de quarante-huit
jours, et mouillâmes en rade de Spithéadt le 15
germinal; nous avons resté constamment dans
ce port, toujours à bord de la susdite frégate le
Succes,jusqu'au 14 thermidor, qu'un commissaire des prisonniers vint nous faire débarquer,
et nous conduisit dans un village nommé Wazages, sur la rivière de Souptamton, oû, après
nous avoir fait signer une promesse d'envoyer un officier anglais de notre grade, en
notre remplacement, trois mois après notre
arrivée, il délivra à chacun de nous un passeport, et nous fit embarquer sur l'aviso de la
Républiqne le Talbot, expédié de Bayonne
pour échanger des prisonniers. Nous partimes
de la rivière de Souptamton, ct mouillâmes à
Cherbourg, le 23 thermidor; le lendemain 9
nous fûmes mis à terre; nous nous transportâmes à l'administration municipale, où nous
fimes une declaration relative aux circonstances
de notre prise ; elle nous' enjoignit alors de
séjourner cn cette ville,jusqu'à ce qu'clie eût
D 1 --- Page 60 ---
(56)
des ordres ultérieurs à notre sujet, conforreçu
mément à un arrêté du Directoire exécutif (10)
citoyens Directeurs, est arrivé ce jour
Enfin,
desiré; : le ciela comblé nos voeux,
silong-tems
de
en nous mettant à même de nous acquitter
et de vOUs éclairer sur les scènes
notre mission,
l'ambition des chefs qui comd'horreur que
du Sud, a fait
mandent dans le département
naitre. Nous oublions et les maux que nous
jurqu'à vous, et
avons soufferts pour parvenir
les miséres et vexations que nous avons essuyées
Les citoyens Pinclinnat et Rey-Delmar n'ont
(1o)
calomnier depuis notre retour en France;
cessé de nous
le citoyen Sonthos'appercevant, à Cherbourg, que
ils nous ont
nax étoit mal dans T'opinion pullique,
dénoncés pour être SeS partisans ct ses apologistes,
afin d'exciter contre nous une
vendus à sa faction,
qu'en
émeute populaire, 2 que nous n'avons prévenuc, ensnite la
déguisant notre opinion à son sujet. Voyant
il
faction de Vennblmnctéreasér, 7 faction daus laquelle
trompés, ils nous
est prouvé qu'ils ont enx-mémes
individus
accusent d'être ses partisans. Enlin, ces
les esprits en
s'agitent de toule manière pour prévenir
leur faveur, font nime des adresses dillamatoires
contre nous, au Conseil, dans l'espoir d'empéchor que
la vérité ne se fasse entendre.
Voyant
il
faction de Vennblmnctéreasér, 7 faction daus laquelle
trompés, ils nous
est prouvé qu'ils ont enx-mémes
individus
accusent d'être ses partisans. Enlin, ces
les esprits en
s'agitent de toule manière pour prévenir
leur faveur, font nime des adresses dillamatoires
contre nous, au Conseil, dans l'espoir d'empéchor que
la vérité ne se fasse entendre. --- Page 61 ---
(57 )
en Angléterre. Oni, citoyens Directeurs, nous
n'avons été soutenus que par un courage surnaturel qu'allumoit Cli nous le vif desir que
nous avions de vous instruire de la position critique et alarmante de nos malheureux concitoyens, et de servir une cause si sainte
celle de T'hnmanité..
Nous n'oublirons pas de vous dire que,
pendant notre détention en Angleterre, nous
avons écrit au ministre de la marine et des
Colonies, le 23 floréal dernier, pour lui faire
part des dispositions où nous étions relativement à notre mission, ct de nos'protestations
formelles contre tous les actes faits aux Cayes,
à la suite des événemens (11).
Oui, citoyens Directeurs 2 vous remplirez
l'attente des fidèles français qui gémissent à
deux mille licues de leur mère patrie ; vons
rendrez à l'humanité ses droits ; vous mettrez
un frein â la cupidité: vous briserez le sceptre
(11) Voyez la lettre, ci-après imprimée, que nous
avons écrit au Ministre de Ia marine, le 23 Aoréal
dernier, pendant notre détention au port de Portsmonth, en Angleterre. --- Page 62 ---
(55)
de la tyrannie ; l'autorité inébranlable des
lois prendra la place des volontés arbitraires
d'une petite horde de despotes ; les habitans
de cet infortuné pays jouiront de la protection nationale ; alors, les noms de vertu et
de patrie s'y feront entendre ; la prospérité
et le bonheur y renaîtront; ces habitans, enchainés par ce nouveau bienfait, 5 instruiront
leurs enfans à chérir, à admirer vos vertus,
et les générations successives se transmettront
les sentimens de leur félicité et de leur reconnoissance.
Salut, obéissance et respect.
LACHAPELLE, GARRIGOU. --- Page 63 ---
5g) )
L E S commissaires de la commune des
Cayes > du sud de St.-Domingue,
auprès du Corps Législatif et diz
Directoire Exicutif, au Ministre de
la marine et des colonies.
De Portsmouth, en Angleterre, lc 23
floréal, l'an S de la république
française, une et indivisible.
Crroxx MINISTRE,
LES événemens malheureux, quise sont
passés dans la ville des Cayes,, chef-lieu du
département du sud de St-Domingue, les 10
fructidor et jours suivans de l'an 4, ayant
donné lieu à la nomination de trois commissaires, pour en aller rendre compte au Corps
législatif et an Directoire exécutif., et les justifiér anprès d'eux, nous avons T'honneur de
vous annoncer que nous ferons partie de cette
commission ; et voulant nons prémunir contre
les atteintes, qui pourroient être portées à nos
chef-lieu du
département du sud de St-Domingue, les 10
fructidor et jours suivans de l'an 4, ayant
donné lieu à la nomination de trois commissaires, pour en aller rendre compte au Corps
législatif et an Directoire exécutif., et les justifiér anprès d'eux, nous avons T'honneur de
vous annoncer que nous ferons partie de cette
commission ; et voulant nons prémunir contre
les atteintes, qui pourroient être portées à nos --- Page 64 ---
(60)
et à nos intentions, dans une misprincipes n'avoit d'antre but que de tralir la
sion qui
le crime, nous
vérité et de faire triompher
des circonstances de
devons vous prevenir
de St-Domingue, et de celles
notre départ
rendre à
qui nous ont empêchés de nous
comme la première autonotre destination, 2
rité versl laquelle doit parvenir la connoissance
de tout ce qui est relatif aux colonies.
Nous n'entrerons pas en matière sur les
le
le
détails de ces événemens 2 que
liet,,
tems et les bornes d'une, lettre ne nons perde vous donner, mais qui feront
mettent pas
le sujet de notre mémoire aul Corps légisexécutif ; nous nous
latif et au Directoire
à vous dire : qu'après
bornerons seulement
l'ambition des principaux chefs militaires,
que
du Sud
hommes de couleur du département
- eût foulé aux pieds les
de St.-Domingue 2
T'antorité lélois de la république, renversé
fait conler le sang
gitime du gouvernement,
dans tous
imprimé la terreur
des citoyens 2
T'existence à mille crinies,
les esprits, et donné
ou les
il fut fait desassemblécs de commune,
virent forcés d'appiouver ces
citoyens se --- Page 65 ---
(61).
attontats, et de se plaindre du gouvernement.
Ils y procédérent ensuite àla nomination de
trois commiissaires pour être leur organe auprès du Corps législatif et da Directoire exécutif, où les plaintes étoient portées directement. Le motif louable de dévoiler la vérité,
le desir d'abandoaner CC théâtre d'horreurs,
et la crainte qu'an refus ne compromit leur
existence, détermina ces. commissaires à acceptur cette mission.
C'est aprés qu'on eût préparé un nombre
prodigieux de pieces prétendues justificatives
des faits, que le citoyen André Rigaud, général de brigade, qui reprit la direction du
département, après que. le gouvernement fut
renversé, prit sur lui de faire partir les trois
commissaires dans un bâtiment sous pavillon
parlementaire, expédié, par lui directement,
pour un des ports d'Angleterre, cn Europe,
afin d'y échanger des prisonniers 2 pour se
rendre eusnite en France, de-là étant: cette
expédition ayant été préférée à tout autre 2
pour éviter le danger d'être pris. Il fut décidé,
en outre, que les députés des départemens
de l'Ouest et du Sud de la culonie au Corpa
commissaires dans un bâtiment sous pavillon
parlementaire, expédié, par lui directement,
pour un des ports d'Angleterre, cn Europe,
afin d'y échanger des prisonniers 2 pour se
rendre eusnite en France, de-là étant: cette
expédition ayant été préférée à tout autre 2
pour éviter le danger d'être pris. Il fut décidé,
en outre, que les députés des départemens
de l'Ouest et du Sud de la culonie au Corpa --- Page 66 ---
I 62) )
législatif, nommés dans les assemblées électorales du mois de germinal, l'an 4 , profiteroient de l'occasion de ce bâtiment pour
se rendre en France. Fout fut. disposé en
conséquence; et après avoir donné à chacun
des partans des qualités simulées dans le bàtiment, pous couvrir le vice de Texpédition,
on les fit mettre à la voile le 4 brumaire
dernier, emportant avec eux sept boëtes de
ne pûrent être soigneusement
papiers 2 qui
cachées.
Les trois commissaires de la commune des
Cayes étoient les citoyens Renéaume, avoué;
lieutenant-colonel à l'adjudance
La Chapelle,
commissaire de la
générale ; et Garrigon, ,
marine.
Les députés du département de l'Ouest
étoient les citoyens Rey-Delmas, capitaine
quartier-maître de la légion de TOuest; et
Fontayne, lieutenant de cavalerie 2 aide-decamp du général Beauvais.
Les députés du département du Sud étoient
les citoyens Pinchinnat ct Decout, oflicicr
de santé. --- Page 67 ---
(63 )
Lc général Rigaud crut nécessaire d'ajouter
ati nombre des partans le citoyen Bonnet,
son aide-de-camp, 7 chargé de porter ses dépéches particulières au Corps législatif et au
Directoire exécutif.
Au bout de sept jours, notre bâtiment fut
rencontré à 60 lienes du port par deux frégates anglaises , 'qui nous firent de bonnes
prises 2 après avoir trouvé nos papiers. Les
passagers 2 l'état-major et l'équipage furent
transférés desuite à leur bord, et il ne resta
dans le bâtiment que les citoyens Decout et
Fontayne, que les Anglais jugérent à propos
d'y laisser pour cause de maladie de ce dernier, 2 et qui furent envoyés à la Jamaique
peu de tems après.
Ce ne fut qu'à la' fin d'une croisière de
40 jours, que les deux frégates cinglèrent,
lane vers la Jamaique, où elle porta l'équipage et les ofliciers de notre bâtiment 3 et
l'autre au Môle St.- Nicolas, où le reste des
passagers et le capitaine furent deposés à bord
d'un vaisseau. Li, les Anglais résolurent 9
après 68 jours de détention. 2 que cinq de
nous seroient envoyés en Angleterre 2 la
la' fin d'une croisière de
40 jours, que les deux frégates cinglèrent,
lane vers la Jamaique, où elle porta l'équipage et les ofliciers de notre bâtiment 3 et
l'autre au Môle St.- Nicolas, où le reste des
passagers et le capitaine furent deposés à bord
d'un vaisseau. Li, les Anglais résolurent 9
après 68 jours de détention. 2 que cinq de
nous seroient envoyés en Angleterre 2 la --- Page 68 ---
(6 61) )
Runéaume et du capit.ine
maladie du citoyen
fait excepter de cette disposition.
les ayant
Pinchinnat, BonLes citoyens Rey-Delmes,
fames embarqués le 27 pluviose;
net, et nous,
de traversée, nous
et au bout de 47 jours
touchâmes au port.
devoir entrer dans ces dé
Nous avons crU
d'eux-mêmes au
tails, en ce qu'ils répondent être fait de nous être
biâme qui pouroit nous
pareilie, et
em.barqués sous une expédition
être
incidens qui pourront
touchant quelques
développés en tems et lieu.
malgré T'obstacle
Nous ne doutons pas que,
la France
de nous rendre,
qui nous empêche instruite, si elle ne l'est
à être
ne parvienne
nous allions lui andéja, des événemens que
qu'elle
mais comme il est possible
noncer; ;
affreuse dans laquelle
ignore de la situation
malheureux concitoyens se sont trouvés,
nos
faire cause commune avec
quand ils ont paru
par cela même, qu'ils
les rébelles; et craignant,
de ricontondus dans les. mesures
ne soient
prendre à lenr égard,
gue ur qu'elle pourroit conscience et à notre
nous devons à notre
la vérité de déclarer :
amour pour
Que --- Page 69 ---
(65) )
"Que les citoyens de la commune des
9 Cayes, dans leurs assemblées des 18 au 25
99 fructidor de Pan 4,n'ont cédéqu'àia crainte,
99 en paroissant blâmer le gouvernement ct
29 justifier, dans leurs adresses au Corps légis39 latif et au Directoire exécutif, les attertats
99 commis contre les lois, contre l'autorité du
29 gouvernement, ct contre leurs personnes ct
99 leurs biens, dans lesjournées qui ont suivi
99 celle du 10 du même mois ; que tous les
29 actes qu'ils ont pu faire à ces époques, de
29 quelque nature qu'ils puissent être, soit col
99 lectifs, soit individuels, leur ont été arrachés
27 par la terreur que leur imprimoit la vue du
39 sort de leurs concitoyens impitoyablement
29 égorgés, et l'idée terrible d'un massacre gé9, néral dent ils étoient menacés. 25
Et qnant à l'opinion désavantageuse à nOS
principes, que pourroit nous attirer l'acceptation que nous avons faite de notre charge,
avant d'avoir pu les établir aux yeux des autorités vers lesquelles nous sommes envoyés,
non-seulement nous pensons que notre démaiche actuelle doit la déuuire, si nous n'avions cncore pour nous,
E
29 égorgés, et l'idée terrible d'un massacre gé9, néral dent ils étoient menacés. 25
Et qnant à l'opinion désavantageuse à nOS
principes, que pourroit nous attirer l'acceptation que nous avons faite de notre charge,
avant d'avoir pu les établir aux yeux des autorités vers lesquelles nous sommes envoyés,
non-seulement nous pensons que notre démaiche actuelle doit la déuuire, si nous n'avions cncore pour nous,
E --- Page 70 ---
(66)
D'une part:
c) Lesr motifsqui ont faitagirnos concitoyens
dans celle qu'ils ont faite en faveur des
59 rébelles. 29
D'une autre :
66 Notre attachement inaltérable à la répuet notre soumission à ses lois 2 sou59 blique,
tenus d'une conduite constante et régulière
29 dans l'exercice des devoirs de l'homme et
29 du citoyen. 99
Et, finalement:
4 Le voeu libre de nos sentimens , qui nous
aujourd'hui à protester à votre tribu99 porte
en nos noms personnels et en qualité
29 nal,
de citoyens de la commune des Cayes,
29 contre toutes les mesures prises par elle, par
99 des voies forcées, relatives à la justification
19 des événemens du 10 fructidor et jours sui29 vans, et de leurs coupables auteurs.,,
Nous vous prions de consigner cette lettre
dans vOs archives, et d'en donner connoissance au besoin, au Corps législatif et au
--- Page 71 ---
(67 )
Directoire exécutif, pour éclairer leur religion
dans cette affaire, 2 Si notre détention se
prof
longeoit trop long-tems 2 pour ne ponvoir
s
nous-mémes, leur offrir les détails qui la concernent.
Salut et respect,
Signé GARRIGOU et LACHAPELLE,
E Q --- Page 72 --- --- Page 73 ---
6 69')
BRE
PROCLAMATION,
I. est tems de déchirer le voile qui couvre
les événemens qui se sont passés dans le sud
de la colonie, au mois de frucuidor dernier;
il est tems d'éclairer le peuple sur les atiocités qui s'y sont commises.
La commission, avant de se décider, a
scruté soigneusement la cause des troubles;
elle a interrogé des hommes de toutes les couleurs et de tous les partis; elle a reçu les rapports de ces délégués; elle les a comparés aux
némoires faits par les chefs des rébelles; juste
eti impartiale dans ses recherches, sa lenteur à
instrnire les habitans de la colonie, est le gage
de son amour pour la vérité.
Des attentats inouis ont été commis aux
Cayes, à St-Louis, et dans plusieurs autres
communes de la partie du sud. La délégation
du gouvernement y a été avilie, les délégués
E 3
rapports de ces délégués; elle les a comparés aux
némoires faits par les chefs des rébelles; juste
eti impartiale dans ses recherches, sa lenteur à
instrnire les habitans de la colonie, est le gage
de son amour pour la vérité.
Des attentats inouis ont été commis aux
Cayes, à St-Louis, et dans plusieurs autres
communes de la partie du sud. La délégation
du gouvernement y a été avilie, les délégués
E 3 --- Page 74 ---
(70)
méconnue, ses paincarcérés, la commission
interceptés, ses courriers massacrés.
quets
Les lois de la nature et le droit des gens
été foulés aux pieds; les propriétés ont
ont
et les personnes au fer
été livrées au pillage,
femmes ont
des hommes et des
des assassins;
Deux cents citoyens
été hachés en morceaux.
coude tout âge, de tout sexe, et de toute
leur, ont été immolés de sang froid.
été le
de tant de fureurs?
Quel a
prétexte
en a été
L'arrestation d'un seul homme. Quel
L'ambition démesurée de quelle vrai motif?
chefs, la cupidité de leurs complices,
ques
leurs
dévoilées,
la crainte de voir
rapines
abattue, la source de leurs proleur tyrannie
ont- ils employés?
fusions tarie. Quels moyens
le
ordinaires de tous les facuieux,
Les armes
mensonge et la calomnie.
les noirs par la crainte du
lls ont séduits
jls ont dit, aux citoyens
retour de Pesclavage:
étoit formée
conspiration
de conleur, 2 qu'une
et à
livrer leur caste à la proscription
pour
du
mort; que les commissaires
gouverneIa
étoit les chefs; leurs délégués les
ment en --- Page 75 ---
(71)
principaux agens ; tous les Français 2 venus
d'Europe, les complices,
La commission se respecte trop elle-même,
elle honore trop les lumières et le bon sens
de ses concitoyens 2 pour répondre à de si
grossières impostures, autrement que par le
défie formel de citer un seul de ces actes qui
porte la plus légère empreinte des odieux
projets qu'on ose lui imputer.
Prenons pour exemple l'affaire de Villatte;
c'est contre son embarquement que lés factieux du Sud se sont le plus élevés. Ce général est arrêté, et avec Iui un grand nombre
de citoyens de couleur. Le fait étoit constant,
et les dispositions du code pénal précises. Eh
bien ! la commission, 2 par son indulgence,
n'a-t-elle pas arrêté le sang prêt à couler?
Nes'est-elle pas.bornée à éloigner des hommes,
qui ne pouvoient plus. demeurer dans la colonie, sans danger pour la tranquillité publique,
à envoyer en France des coupables dont elle
auroit pu ordonner le supplice P A-t-elle fait,
parmiles co-accusés, acceptioni de personnes P
Les instigateurs blancs, les complices noirs 2
E 1
commission, 2 par son indulgence,
n'a-t-elle pas arrêté le sang prêt à couler?
Nes'est-elle pas.bornée à éloigner des hommes,
qui ne pouvoient plus. demeurer dans la colonie, sans danger pour la tranquillité publique,
à envoyer en France des coupables dont elle
auroit pu ordonner le supplice P A-t-elle fait,
parmiles co-accusés, acceptioni de personnes P
Les instigateurs blancs, les complices noirs 2
E 1 --- Page 76 ---
(76)
n'ont-ils pas été également cmbarqués? Une
foule de citoyens de couleur, ? plus malheudans la rébellion du 30
reux que coupables,
ventôse, n'ont-ils pas été rendus à la liberté?
Quels sont les hon:mes qu'elle a revêtus de
aller dans le Sud y présa confance, pour
cher l'évangile de la paix ?Ne sont-ce pas les
Chanlatte et Martial Besse, tous
généraux deux citoyens de couleur, P N'a-t-elle pas fait
partager les faveurs du gouvernement à plusieurs hommes de couleur connus par leur
attachiement à la France? Oû est la passion
dans cetté conduite constante et uniforme ?
Oû est la haîne? Oà est la défiance? Où est
la partialité?
Aux Cayes, un chef militaire 2 prévenu
d'un projet d'assassinat, est arrêté par ordre
de la cummission, pour être conduit au Cap;
il s'échappe des mains de SeS gardiens; il
cherche dans les forts un, asi'e contre la lci.
Un traitre les lui livre; ; tous les instigateurs
de la sédition l'y suivent; ils tirent le cancn
d'alarme S des émissaires se iépandent dans
la pleie ct soulèvent les ateliers; trois jours
dans les plus mortelics ala'mes;
se passent --- Page 77 ---
(73.),
mais le sang des citoyens n'a pas conlé,. et,
leurs propriétés sont respectées. Le quatrième
jour, André Rigaud paroit; il se rend de
suite aul fort T'Islet,. et ne se concerte qu'avec les rébelles. Le lendemain', les barrières
lui sont-ouvertes; il entre en ville, à la tête
de ses troupes 2 environné d'une foule de
brigands, et avec lui le pillage et la mort; ;
il demande une ampliation de pouvoirs; elle
lui est accordée; la vie des citoyens est mise
sous sa sauve-garde, et ses satellites dépouillent,
égorgent les amis de la France, et les dépositaires de l'autorité du gouvernement sont
entourés des cadavres ensanglantés de leurs
plus fidéles défenseurs.
Le brave Edouard, citoyen no'r arrivé de
France, T'honnenr des Africains 2e 2 l'apôtre et
le martyr de la liberté, a succombé sous le
fer des assassins soudoyés par Rigaud. Ses
vertus, sa contenance héroique ont forcé à
Padmiration, jusqu'à ses bourreaux.
Liladarn, jeune citoyen du 4 avril, également arrivé d'Enrope, et élevé dans les
principes du.plus pur républicanisme, a été
, citoyen no'r arrivé de
France, T'honnenr des Africains 2e 2 l'apôtre et
le martyr de la liberté, a succombé sous le
fer des assassins soudoyés par Rigaud. Ses
vertus, sa contenance héroique ont forcé à
Padmiration, jusqu'à ses bourreaux.
Liladarn, jeune citoyen du 4 avril, également arrivé d'Enrope, et élevé dans les
principes du.plus pur républicanisme, a été --- Page 78 ---
(74)
L'antropopliage Lefranc l'a
leur victime. lambeaux de sespropres mains.
déchiré, mis en
la commission du gonvernement
Citoyens, loin de voir dans cet enchainefrançais est
crime des hommes-de coument d'attentats le
scélératesse des
leur. Non, malgré l'astucieuse
qu'ils ont
ordonnateurs de la révolte, le sang
des
retombera pas sur la tête
répandu ne
Si l'ambition ou la cupicitoyens du 4 avril.
c'est un
dité en ont avenglé quelques-uns 2 les blancs,
malheur qui leur est commun avec
nomles noirs, avec toutes les sociétés
avec
mais dont on ne peut accuser ceux
breuses,
qui sont restés fidèles.
de toutes les couleurs se
Des hommes
chefs de la révolte;
trouvent au nombre des
couleurs en ont
des hommes de toutes les
Les preou les victimes.
été les instrumens
nombre,
en petit
miers ssentinbrhetretiemente
à la colodoit les signaler
et la commission
les bons citoyens
nie entière, pour prémunir
contre leurs artifices.
Duvalmonville, Salomon,
Les deux Rigaud,
voilà les chefs de la
Lefranc et Pinclinnat, --- Page 79 ---
(75 d )
révolte des Cayes; ce Pinchiznat qui, en
1791, a sacrifié trois cents noirs à la rage
des factieux du Port-au-Prince, en stipulant
leur déportation à la baye de Honduras, pour
prix de leur fidélité aux hommes de couleur,
et du sang qu'ils avoient versé pour leurs
droits; ce Pinchinnat qui, après avoir secoué
dans le' nord de la colonie 9 les flambeaux
de la discorde, est revenu exercer ses fureurs
dans le Sud, pour couvrir ce malleureux
département de sang et de crimés.
La commission, fidèle à ses principes, se
bornera , quant à présent, â rendre justice
à ses agens calomniés. 2 à payer le tribut de
la reconnoissance publique à ceux qui, dans
ces scènes douloureuses, ont bien mérité de
la patrie et de T'humanité. Elle mettra le
comble à la modération dont elle a déjà
donné tant de preuves 2 en renvoyant au
Corps législatif et au Directoire exécutif la
punition des coupables , et en implorant la
clémence nationale pour cette multitude
d'hommes égarés 2 épouvantés oll séduits 9
dont les délirs purement matériels ne penvent être attribués qu'à ceux qui, par T'abus
de
la patrie et de T'humanité. Elle mettra le
comble à la modération dont elle a déjà
donné tant de preuves 2 en renvoyant au
Corps législatif et au Directoire exécutif la
punition des coupables , et en implorant la
clémence nationale pour cette multitude
d'hommes égarés 2 épouvantés oll séduits 9
dont les délirs purement matériels ne penvent être attribués qu'à ceux qui, par T'abus --- Page 80 ---
(76)
de leur influence ou de Ja force, les ont cond
traints à les commettre,
Dans CCS circonstances, 2 la commission a
ariêté et arrête ce qui suit:
ART. Ier, La commission du gonvernement
déclare que les ex-délégués Rey 1 2 Leborgne
et Kerverseau sont à l'abri de tout reproche;
elle est satisfaite de la condnite sage et courageuse qu'ils ont tenue dàns la mission qui
leur a été confiée,
II. Les arrêtés pris par lesdits délégnés 2
Jusqu'aa 14 fructidor; époque à laquelle ils
n'ont pu agir en liberté, sont et demenrent
approuvés; ils.seront exécutés selon leur forme
et teneur,
III. Déclarons fausses et calommicuses les
accusations portées contre le géréral Desfourneanx, relarivement à la mission qu'il a remplie dans le Sud.
IV. Le jugement des conpables dans les
événemens des Cayes, ainsi que l'examen
défiuisif de cette allaire, sont renvoyés au --- Page 81 ---
(77)
Directoire exécutif de France, et en tant que
de besoin, au Corps législatif.
V. Copic des rapports et des pièces y relatives sera adressée au Directoire exécutif et
atl Corps législatif.
VI. En attendant la décision de l'un ou de
l'autre des. deux pouvoirs, la commission ne
correspondra qu'avec Tadministration, les mu.
nicipalités et les tribunaux de la partie du
Sud,
VII. La commission autorise tous les habitans de cette partie à se retirer, soit dans la
partie cspagnole de l'isle, soit dans les pays
neutres ou alliés de la République 2 sans avoir
besoin d'autres passe-ports, que ceux de leurs
municipalités respecuves.
VIIL, Les sommes dues, tant par l'ancienne
administration du Sud, que par la nouvelle,
ne pourront être acquittées que dans le cas
où les ordonnances auront été visées par Tagent central de la comptabilité, en résidence
au Cap.
I
IX. Le général Chanlatte prendra le commandement de Tarrondissement de Jacmel. --- Page 82 ---
SS
(78)
Beauvais commandera à Léogane,
Le général
du
et aura sous ses ordres les commandans
Petit Goave, de PAnse-à-Veau et
Grand et
Le
Besse aura le
du Fond des Negres.
général
commandement de Saint-Lonis.
X. Ces divers généraux seront indépendans
entr'eux; en cas de marche contre l'ennemi,
sous les ordres du plus ancien
ils se réuniront
en grade,
La présente proclamation sera imprimée 2
publiée et affichée par-tout où besoin sera,
transcrite dans les registres des corps administratifs et judiciaires 2 et envoyée. aux généraux etaux commandans des camps et postes.
Fait au Cap, le à3 frimaire, l'an cinquième
de la République française 2 une et indivisible.
Signé au registre des procès -verbaux 2
LEBLANC, président ; SONTHONAX, RAIMOND 2
commissaires; PASCAL, secrétaure-général.
Pour copie conforme, le secrétaire - général,
PASCAL
De lImprimcrie de J. F. SOBRY, rue du Bac 1°. 149.
ans des camps et postes.
Fait au Cap, le à3 frimaire, l'an cinquième
de la République française 2 une et indivisible.
Signé au registre des procès -verbaux 2
LEBLANC, président ; SONTHONAX, RAIMOND 2
commissaires; PASCAL, secrétaure-général.
Pour copie conforme, le secrétaire - général,
PASCAL
De lImprimcrie de J. F. SOBRY, rue du Bac 1°. 149. --- Page 83 ---
COKPS LEGISLATIF,
CAEE
CONSEIL DES CINQ-CENTS:
R AP PO R T
PAR C. A. A. BLAD
Surl'affaire du citoyen Hngues Montbrun.
Séance du 19 Vendémiaire, anl V.
REPRESENTANS DU PEUPLE,
Hucurs MONTBR UN > colondh-adjudant-general des armées
de la République à Saint- Domingue, gouverneur général par
interim du département de T'Oueft, fufpendu de fes fonctions,
détenu pendant plus de vingt mois dans les prifons de SaintA --- Page 84 --- --- Page 85 ---
E797
L13 3 --- Page 86 ---