--- Page 1 ---
t --- Page 2 ---
Alob
Jabr Carter Arolun
Libnru
Bnmm lhtiversity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
. Notre collègue Eschasseriaux ainé vous a fait, en
veniôse dernier,, au nom de l'ancienne commission des
colonies dont il étoit membre avec Marec, , GaranCoulon, Lecointe Puyraveaux, un rapport sur la division
constitutionnelle du territoire des colonies. be
de résolution qu'il vous a présenté 5 a déja été soumis projet
à la discussion après deux lectures. (C'est Bourdon
lOise i quil'a fa't ajourner. ) La division du territoire (de a
été concertée avec les députations des colonies et le
ministre de la marine; les plans ont été et sont encore
exposés dans Pavant-salle de VOS scances ; il ne reste
plus que la troisième leciure à faire. Je demiande que le
projet soit mis à la discussion après demain.
Je demande aussi l'adjonct:on d'Eschasseriaux à la
commission des Colonies, et que cette commission vous
présente incessamment un projet de résolution
mettre en activité la constitution dans nos colonies; pour
qu'elle y joigne tous les moyens de détail pour faciliter
son.exécution, qu'elle soit chargée de reviser toutes les
mesures et lois proposées par P'ancienne
et
commission,
qu'elle vous fasse un rapport sur les mesures proposces
par le Directoire exécutif dans son message du 3 Aloréal
dernier, où il présente les moyens qui lui paroissent les
plus propres à assurer le bonheur des Français dans les
colonies.
Comme ce message du 3 floréal n'a sârement
été distribué à nos collègues du nouveau tiers, je point propose qu'il en soit fait une distribution nouvelle, même
à tous, afin d'ajouter aux lumières de la discussion, et
que le Conseil soit plus à portée d'apprécier les mesures
qui lui seront proposées par sa commission.
Toutes ces propesitions ontété adoptées.
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
Vendémiaire an 6. --- Page 5 ---
CORPS LEGISLATIR
CONSEIL DES
CINQ - CENTS.
CO M PTE
RENDU
PAR LEBORONE,
Sur la fcuction attuelle de la colonie de
SaintDomingue.
Séance du 27 vendémisire, an 6.
Remsewras DU PEUPLE,
JE viens fatisfaire votre jufte
rendre un compte fidèle de la fituation impatichce ; je viens Vous
de cette intéreffante pofleflion
de
nier, époque à laquelle font partis au premier les
meflidor
pour fe rendre
de
ME
en France,
députés
l'an 5
A
,
Sur la fcuction attuelle de la colonie de
SaintDomingue.
Séance du 27 vendémisire, an 6.
Remsewras DU PEUPLE,
JE viens fatisfaire votre jufte
rendre un compte fidèle de la fituation impatichce ; je viens Vous
de cette intéreffante pofleflion
de
nier, époque à laquelle font partis au premier les
meflidor
pour fe rendre
de
ME
en France,
députés
l'an 5
A --- Page 6 ---
PJCE
En rempliffant ce devoir ,j'éprouve une fatisfadtion bien
douce de diffiper les alarmes & les inquiétudes
vous
avez
concevoir far le fort de la liberté à
- Dodtr
mingue pu ; vous verrez qu'elle y eft impériffable ; vous verrez
qu'ily exifte un autre ordre de choles que celui dont on
vous a fait G fouvent de fi effrayans tableaux; vous vetaufli malheureux
rez que tous les hommes n'y font
font foumis
comme on a voulu vous le faire
qu'ils
le
leur dévouement à la
eft fans
aux loix,& que
République tout
bornes. Vous ferez agréablement furpris d'apprendre
ce qui s'y eft fait d'utile malgré les entraves qu'oppofoient
fans ceffe les ennemis de la liberté : la malveillance. 2 l'intrigue & le royalifme fe font long- temps agités
vous
tromper > pour vous déguifer la vérité.
vous
ReeaEn
allez la connoitte enfin 2 & dans tous fes détails, far les
hommes & fur les chofes : la calomnie & le menfonge
ont été chaffés avec les traitres du fanétuaire des lois. Certes,
c'en étoit fait de la liberté des peuples , & de leur tranquillité furore,, G vous n'aviez faifi & arrêté les coupables au
moment où ils alloient renverfer la République.
Les traitres, partifans du trône, hommes profondément
hypocrites & féroces 3 s'étoient partagé le monde pour
l'alfervir. Les uns avoient la-direétion de'la contre-révolution
en Europe ; les autres celle qui devoit l'opérer en Amérique: de
Villaret -Joyeufe, Vaublanc & le fanguinaire Bourdon (
TOife ) étoient de cette dernière, fous le titre de commiffion
des colonies. Je fuivrai la marche & le plan de ces confpirateurs. diffimuloient
les difficultés & même PimpofliIls ne fe
pas les faulles idées
avoient des
lité de réullir; mais avec
qu'ils
hommes auxquels ils prétendoient donner de nouvelles
chaines, ils penfoient qu'un état continuel de guerre intérieure & extérieure devoit tellement les afloiblir à SaintDomingue, que c'étoit le moyen d'y faire périr & la liberté
& Tenchoufiafme qui doit fe propager au loin. Ils fuivoient
ici le fyftème & les vues de TAnglererre qui,n'en doutez
des
lité de réullir; mais avec
qu'ils
hommes auxquels ils prétendoient donner de nouvelles
chaines, ils penfoient qu'un état continuel de guerre intérieure & extérieure devoit tellement les afloiblir à SaintDomingue, que c'étoit le moyen d'y faire périr & la liberté
& Tenchoufiafme qui doit fe propager au loin. Ils fuivoient
ici le fyftème & les vues de TAnglererre qui,n'en doutez --- Page 7 ---
pirareus. pas, payoir très-cher lcs fervices que Iui rendoient les confNous recevionsi
les
les opinions & les Saint-Domingne, calomnics de
par papiers anglais,
leur impreflion & leur
Vaublanc & autres, avant
fur l'organifation
publication en France. Sen
intérieare de Saint-J
projet
rance y décèle la
Domingue, > où
nous
malvcillance,
elt
lignoavant la lecture qu'il en a faite à la tribune. parvenu long-temps
dance de cet homme aftucieux avec les
La correfponUnis, & qui y étoit tranfmife
émigrés aux Etafsfermestations, jetoit des femences avec de faciliré, caufoit des
fiance qui onr
nui
trouble & de débeaucoup
aux affaires.
la Saint.Domingue France,
éprouvoit les mêmes
avant le 18 fructidor, fur fes inquiétudes que
La République étoit feule & déchirée deflinées. dans
C'étoit quand elle a entrepris la guerre de la liberté
fon fein
alors qu'elle devenoit puiffante &
contre tous.
armées, Par les peuples dont ellea unile fort terrible par fes
devoit être attaquée dans fon fein
au fien, qu'elle
ceux mêmes gue les rois appelèrent par à tous les partis & par
à côté de vous pour vous trahir,
Thonnenr de fiéger
la République.
pour trahir le peuple &
grande furveillance. Long-temps encore vouS devez ufer d'une
Vous avez ébranlé les trônes
environnent, & les rois doivent en
qui nous
tenir en perdant la République.
defcendre ou s'y mainRelativement aux colonies, 9 les
avec foin tout ce qui pouvoit leur confpirateurs nuire
repouflbiene
en dérifion les dépeches officielles
; ils tournoient
faifoir parvenir dans fes mellages. Les que le Direékuire vous
fimples, fufcités par des factieux, par des événemens les
Ambitieux, éroient attribués au
intrigans ou
Mes
berté; ; on en faifoit un acte d'accufation ridicule fyfténe de la lieurs. Les nouvelles,
contre fes défenLu comité colonial à Londres, fabriquécs par les conjurés, Ou reçues
es feules auxguelles il falloir ajouter prélidé
Mallouet , étojent
Rr : s'ils ne paryenoien:
A2
ités par des factieux, par des événemens les
Ambitieux, éroient attribués au
intrigans ou
Mes
berté; ; on en faifoit un acte d'accufation ridicule fyfténe de la lieurs. Les nouvelles,
contre fes défenLu comité colonial à Londres, fabriquécs par les conjurés, Ou reçues
es feules auxguelles il falloir ajouter prélidé
Mallouet , étojent
Rr : s'ils ne paryenoien:
A2 --- Page 8 ---
à convaincre le Corps légillarif > ils laifoient au moins
E l'inquiétude parmi les citoyens.
Le triumvirat colonial s'étoit rendu maître de toutes les
difpolitions. Il alloit rapidement à fon but ; il étoit parvenu
à mettre les colonies hors de la conftitution ; il en faifoit
un état féparé, en leur enlevant le droit qui leur eft reconnu par la conftitution, de concourir à la formation de
la répréfentation nationale; il rompoit ce lien puiffant qui
unit tous les citoyens & toutes les parties du même territoire. Les confpirateurs remettoient à la paix,, qu'ils retardoient, la folution de la queftion, fi les colonies françaifes
appartenoient à la France, & dans ce cas ( & l'on penfoit
appartiendroient à l'Angleterre avant cette époque)
f elies pouvoient être régies par les mêmes lois ; fi une
conftitution qui alfure la liberté & le bonheur ne convient
à des hommes qui tiennent tout de la conftitution.
pas
L'audace des conjurés ne connoiffoit plus de bornes : ils
reproduifoient avec affurance l'ancien fyftême de T'efclavage.
Les émigrés étoient reportés fur leurs biens à Saint-Domingue, même aux frais du gouvernement.
Les faétieux, les traîtres, les rebelles, les affaffins des
républicains étoient traités avec une égale bienveillance
le (yftème qu'on vous propofoir d'adoprer. Un grand
Eomtis de ces hommes étoit enrôlé dans l'expédition
projetée pour Saint-Domingue;, expédition qu'on pouvoit
appeler, à jufte titre, une nouvelle croifade contre les amis
de la République dans ces contrées lointaines, où l'on alloit
la défolation, & renouveler encore des fcènes d'hor
porter
reur & de fang,
Nous n'ignorions à Saint - Domingue, ni l'influence
& les difpolitions des royaliftes, ni leur puiffance & leur
calomnies contre nous. L'éloignement de la députation de
l'an 4 nous étoit connu ; mais nous n'en avons pas été in
timidés: nous ne défefpérions pas du falut de notre patrie
intaines, où l'on alloit
la défolation, & renouveler encore des fcènes d'hor
porter
reur & de fang,
Nous n'ignorions à Saint - Domingue, ni l'influence
& les difpolitions des royaliftes, ni leur puiffance & leur
calomnies contre nous. L'éloignement de la députation de
l'an 4 nous étoit connu ; mais nous n'en avons pas été in
timidés: nous ne défefpérions pas du falut de notre patrie --- Page 9 ---
Si des confpirateurs s'étoient
toit, ainfi que dans le
introduits au fénar, ily exif
la République, des dépurés gouvemement, fidèles
des fondateurs de
l'objet de nos veux & de nos
du peuple. Ils étoient
Certes, file 18 fruétidor eft efpérances.
a fauvé la France, fcs alliés une époque mémorable
a fixé les deftinées de
& les peuples libres, ce
ble de la
TAmérique, & la
e
liberté fans anarchie
jouiffance
vous doivent
les
: que de
paifipas
reconnoiffances ne
vUS premicrs
colonies! Vous avez porté vers elles
regands; vous avez
&, par cet acte de jullice, de
accueilli leurs
avez
députés,
uni les deux
politique & de
vous
rière
fagelle,
que l'on avoit hémifphères établie ; vous avez renverfé la bard'Afrique & d'Amérique.
entre vous & vos
prouvé votre volonté
Vous leur avez encore poffelions une fois
En divifant le
prononcée en fareur de la liberté.
titution, vous lui territoire des colonies
avez douné la
d'après la confavez effacé de C€ fol toute les
forme républicaine ; vous
Vous n'avez
empreintes de Tefclavage.
au titre de citoyen pas regardé comme un titre de
donnée à l'une des deux français, la couleur que la profcription nature a
main. Et lorfqu'un dépuré plus de grandes familles du genre humis dans votre
ce
couleur africaine a été adtriomphe de l'humanité. fein; jour a marqué votre gloire & le
grandeur, traita-t-elle Rome, que vous avez
avec des
furpallée en
toyens d'Aftique, & les citoyens égards de différens, & les cit-elle pas eu aufli fes
Rome ? L'Afrique n'aquérans P
légilbteurs, fes héros & fes
deur dont L'Efpagne elle eft ne duc-elle pas T'aurore de la contrèrent ?
tant déchue, aux Africains
grandes fciences Laftique ne fut-elle pas le
qui y péné-
? N'ef-ce pas là
berceau des arts &
Caton ?
que repofent les ccndres de
Repréfentans da peuple, je dois vous le
Domingue étoit en mefure de
dire ici, Saintcette terre fortunée.
repouffer le royalifmne de
A3
fpagne elle eft ne duc-elle pas T'aurore de la contrèrent ?
tant déchue, aux Africains
grandes fciences Laftique ne fut-elle pas le
qui y péné-
? N'ef-ce pas là
berceau des arts &
Caton ?
que repofent les ccndres de
Repréfentans da peuple, je dois vous le
Domingue étoit en mefure de
dire ici, Saintcette terre fortunée.
repouffer le royalifmne de
A3 --- Page 10 ---
Les hommes les plus fages, ceux en qui l'on a une entière confiance, nous dirent , avant de partir : Annoncez
aux Frauçais qui nous ont admis dans cette grande famille,
fi la libetté étoit renverfée en France, , ici nous attenque dons les amis que la perfécution des rois y conduira. Ils
nous ort donne la liberté, & nous cultiverons les terres
pour eux. Nous nons frons un devoir de travailler pour
nos bienfaiteurs : mais l'efclayage jamais ne fera notre partage. Repréfentans du peuple, ce fentiment eft dans tous les
coeurs des noirs que l'on vous a peints comme des monftres,
des barbares, & G indignes de la liberté. Ce peuple a fait
un grand pas vers la civilifation depuis que vous avez brifé
fes pefantes chaines. La liberré en a fait des hommes. Il
aime les Français au deffus de tout. Les noirs font jaloux
des récompenfes de la République 5 ils fe parent avec honneur des diftinétions militaires, ils favent auffi les faire refpeéter; un traître à fes devoirs eft un objet d'exécration
parmi eux : aufli n'y et a-t-il point qui, honoré d'un grade
militaire ait tranligé avec les ennemis. C'eft fans exemple.
De grands moavemens ont eu lien à Saint- Domingue ;
ils étoient inféparables de ceux qui fe patleient en France.
On peut confidérer cette colonie, ainfi que les autres, comme
des chaloupes à la remorque d'un vaiflean dans une tempête.
Ellesdoiventfe reffentir de tots fes mouvemens & de Timpulmoins rélifter
fion de la mer agitée, à laquelle elles peuvent
en raifon de ce qu'elles préfentent une malfe moius pefante.
Dès la déclaration des droits de Thomme, les colonies
s'armèrent contre la France, dans la feule crainte qu'on
tentit d'y incroduire les mémes principes. L es proprietaires
d'efclaves n'éroient pas difpofés à rien céder de leurs
de leurs
& de Jeur cupidité. A
PRRME
tentions, Vaflemblée pedlupés de Saint-Marc, compofce de priviDomingue,
légiés, vouloit bien une révelution, mais nne révolution
pour clle, & qui garantit Failervillement du peuple i c'efk-
ule crainte qu'on
tentit d'y incroduire les mémes principes. L es proprietaires
d'efclaves n'éroient pas difpofés à rien céder de leurs
de leurs
& de Jeur cupidité. A
PRRME
tentions, Vaflemblée pedlupés de Saint-Marc, compofce de priviDomingue,
légiés, vouloit bien une révelution, mais nne révolution
pour clle, & qui garantit Failervillement du peuple i c'efk- --- Page 11 ---
à-dire, elle vonloit renverfer le gouvernement
tre à fa place 5 elle vouloit rendre les colons pour fe metde leurs créanciers, 3 du comnerce de
indépendans &c des affemblées nationales. La force des choles France, & des
tances en a décidé antrement.
circonfAuffitôr que la guerre fut déclar'e, Jes
avoient un incérêt majeur à défendre dans la caufe Anglais qui
lons propriétaires d'efclaves, failirent le
des COIls parurent leur offrir des fecours
conferver moment favorable.
priérés & l'efclavage ; les colonies pour les avoient leurs
cités. Les
déja
ERC
Anglais fe préfentèrent avec leurs
tout on leur tendit les bras : elles furent livrées vaidfeaux. Parmis: : cette trahifon décida la caufe de la liberté aux & enne- de
Phumanité, & punit les traztres. Saint -
réfifta : il 2 s'y trouva de véritables amis Domingue de la
feule
qui offrirent la liberté à cenx qui défendroient Republique fon
ritoire. Lsfranchilfement
fut
teracte honorable qui donne
prononcé, C'eft cet
tant
notre
aeoia
d'ennemis &
Sonthonax,
collègue >
,
qui lui mérite tant d'honorables calomnies, ainfi qu'à ceux qui agirent dans le même
pour le faluc de la patrie : il peut avoir aufli commis fens des
erreurs; elles "font communes aux hommes
avec zèle la liberté en France.
qui ont fervi
Les places fortes de Saint-Domingue fubirent
autres colonies. On ne fut
affez
le fort des
l'exécution du traité paffé à pas Londres le fort 13 pour février s'oppofer à
On ne pouvoit croire des Français aufli extravagans & 1793; allez
criminels pour implorer l'alliftance de leurs ennemis
turels, quclque opinion qu'ils profeffaffent.
naLa liberté arrêta les progrès des Anglais; ils furent depuis obligés de céder à la force ce
de la trahifon. C'elt par ia liberté qu'ils avoient obrenit
quis la Guadeloupe,
Hugues à reconlui a
quoiqu'il n'en
pas P'ami.
dcs
été infidtles il ne l'a employée
Hugues
que comme moyen:
A 4
ance de leurs ennemis
turels, quclque opinion qu'ils profeffaffent.
naLa liberté arrêta les progrès des Anglais; ils furent depuis obligés de céder à la force ce
de la trahifon. C'elt par ia liberté qu'ils avoient obrenit
quis la Guadeloupe,
Hugues à reconlui a
quoiqu'il n'en
pas P'ami.
dcs
été infidtles il ne l'a employée
Hugues
que comme moyen:
A 4 --- Page 12 ---
il a renoncé à la gloire de rendre à la liberté tout fon
luftre & Ja plénitude de fes droits.
Saint-Domingue fe trouva dans une pofition
difficile. Cette colonie eut à foutenir la guerre
& à
ate
réfifter à la fois aux Anglais - 9 réunis alors aux Efpagnols
&c aux partifans nombreux que le motif de la guerre fufcitoit.
La France avoit à cette époque à garantir fon indépendance, fa fûreté intérieure, & à repouffer les armées de
la coalition 5 elle ne pouvoit envoyer au dehors fes troupes
& fes Hottes. Saint-I Domingue fe conferva par fes
forces, par fes propres moyens & par la liberté. Si
FeSTce
Domingue efit été vaincue, les Français devoient renoncer
pour long ternps à pénétrer en Amérique. Les Efpagnols
autoient éprouvé les mêmes défaftres 2 & l'Angleterre s'y
feroit formé une puiffance d'autant plus redoutable, qu'elle
auroit envahi le commerce exclufif; c'eft aufli lui qui donne
& qui gouverne les empires : ce n'étoit pas le temps ni le
moment d'arrêter le mouvement révolutionnaire imprimé à
des hommes que les dangers preffans de la patrie & des événemens provoqués par la trahifon avoient appelés à une
nouvelle exiftence. Leurs fers brifés firent en tombant un
bruit épouvantable : les ennemis en furent frappés.
Ce fur dans cette circonftance que Polverel & Sonthonax
parvenoient à établir l'équilibre en organifant la liberté s
gu'ils furent appelés en France : 2 & mis en état d'accufation.Je dois obferver quecetaétef fut provoquépar les mêmes
hommes qui, fous le royalifime, & dirigeant fes projets,
obtinrent encore le même fuccès > avant le 18 fructidor >
contre Sonthonax.
Accufés & calomniés comme lui, nous l'avons devancé;
il avoit exigé notre parole d'honneur que nous demanderions fon rappel ; il fe feroit iendu, même mis hors la loi
pour fubir fon jugement 5 il l'a fait une première fois:
c'étoit dans un moment également critique.
mêmes
hommes qui, fous le royalifime, & dirigeant fes projets,
obtinrent encore le même fuccès > avant le 18 fructidor >
contre Sonthonax.
Accufés & calomniés comme lui, nous l'avons devancé;
il avoit exigé notre parole d'honneur que nous demanderions fon rappel ; il fe feroit iendu, même mis hors la loi
pour fubir fon jugement 5 il l'a fait une première fois:
c'étoit dans un moment également critique. --- Page 13 ---
On tiroit la conféquence de 9 l'érar
à Saint - Domingue
primitif de la liberté
noirs fous le règue des 2 qu'il feroit impolible d'amener les
On a fait
lois, & de les rattacher au travail.
fujet. Il beaucoup de comptes abfurdes & ridicnles
y a eu des individus aflez
à ce
aux noirs, dans des écrits pablics, les infenfés pour refufer
-
lesmèmcs fentimiensqu'aux
mêmes fenfations &
fin Vaublanc prérendoit intratbpniesNlesche) Enrel, il falloic dans les colonies que l'efclavage érant leur état natuberté, & les ramener
des lois pour limiter la liPar gradation à lancien fyfème,
raifonnemens Repréfentans du peuple, je ne vous préfenterai pas des
manité, mais des pour anéantir l'opinion des ennemis de l'huvous offriront Thenreufe faits; perfonne ne peut les contredire : ils
que vos lois ont procuré à trois jouiffance millions de partager le bonheur
d'hommes.
blique, Vous avez vu la liberté créer des défenfeurs à la
oppofer un rempart que n'ont franchir
Répus
pour s'établir les maitres de
pu
les Anglais
prendra fi ce n'eft pas cet ennemi FAmérique. des Le temps nous aples gouvernemens, qui doit en être chaffé, homines & de tous
s'avance à grands pas :
Cet événement
les mêmes chances lAnglererre doit éprouver au moins
pallé,
que celles par lefquelles nous avons
Mais on répète par-tout les maximes
fante. Les noirs ne travailleront
que la cupidité enn'ayant aucun befoin fous un aufli pas; vivant de peu, &
ront aucurie émulation
les heurenx climat, ils n'auintéreffés à Tefelavage pour
affujettir au travail. Les
hommes qui étoient leurs ajoutent qu'il faudra
paie des
tager les mêmes droits.
propriété, & les Sr à
fions qui ont bouleverfé L'orgucil &lintérét, voilà les
reufement, les liommesfasgifient Suine-Domingue, &
des chofes
rarement
LE
& des
à la
eline
circonfances.
force
Mais l'état aétuel de
Compte rendu
Saint-Domingue va peut-êrre, & je
par Leborgnes
A 5
ent qu'il faudra
paie des
tager les mêmes droits.
propriété, & les Sr à
fions qui ont bouleverfé L'orgucil &lintérét, voilà les
reufement, les liommesfasgifient Suine-Domingue, &
des chofes
rarement
LE
& des
à la
eline
circonfances.
force
Mais l'état aétuel de
Compte rendu
Saint-Domingue va peut-êrre, & je
par Leborgnes
A 5 --- Page 14 ---
IO
le defire, faire ouvtir les yeux & ramener les plus incrédules
à leurs véritabies intéréts.
Il y a à Saint-Domingue plus de dix mille blancs, propriétaires, ouvriers, matchands : il y en ade toates les nations; tous y vivent tranguilles &c heurcux, S: notamment
dans l'oueft & dans le nord. Isy elt fait des fortunes plus
rapides qu'autrefois : il en arrive tous les jours. On a retabli,
fur leurs propriétés ceux qui étoieat portés fur la lifte du minitre de la marine; ceux quin'ont fervi ni lesAnglis, ni les
émigrés; ceux quin'ontp point accepté de places des ennemis;
ceux qui n'ont lgné aucun traité avec eux. Eh bien! je le
déclare, tous ces citoyens qui ont pu être effrayés euxmêmes lors de la déclaration des droits, qui auroient defiré
qu'eile n'eût jamais été proclamée à Saint-Domaingue, feroient aujourd'hui les mémes eforts, les méies lacrifices
pourmaintenirla Niberté,qu'ils en auroienr faicaurrefois pour
Peronfer à fa miffance; leur fort & leurs forcunes en dépendent. Ileftdescolons néanmoins dontla philofophie avoit
devancé les événemens. J'inrerpelle ici mes coliègues, parmi
lefquels il te trouve de grands propriétaires, de die s'ils
voudroient à Saint Domingue la autre état de chofes que
celui de la liberzé : ils vous diront fi les noirs ne travaillent
pas, Norrecollègue) Petinianl, quoigu'slcigné de fa propriété,
a fait cette année quatre-vinges milliers de café avecla moitié moins de cultivateurs qu'autrefois. Je crois, & j'ai ell
lieu d'obferver en ma qualité d'ordonnateur
la culture peut encore être poullée pius loin, général, k rendre plus que
qu'en 1788.
Mais il faut anfi porter fes regards fur les circonfhances.
Les trois nations les plus puiffanres de l'Europe fe font
depuis cinq ans, une guerre meurtrière à
>
faveir à
Sainr-D-mmingue,
pour
qui reflera le fol.. Les Anglais ont bien renoncé
a la folie d'y réuflic; mais ils Sy"matntienn-ne par une depenfc de douze millions Hetlings par an, & par l'enzretien
de vingt-deux vaiffeaux fur ia côre. lis ie fupportent cette
confhances.
Les trois nations les plus puiffanres de l'Europe fe font
depuis cinq ans, une guerre meurtrière à
>
faveir à
Sainr-D-mmingue,
pour
qui reflera le fol.. Les Anglais ont bien renoncé
a la folie d'y réuflic; mais ils Sy"matntienn-ne par une depenfc de douze millions Hetlings par an, & par l'enzretien
de vingt-deux vaiffeaux fur ia côre. lis ie fupportent cette --- Page 15 ---
ZI
énorme dépenfe que pour troubler Tintécieurs potir y fuire
périr l'arbre de la liberté qui doir étendre fes racines
dans leurs colonies. Voili CC qu'ils redoutent avec tant julque de
raifon; voililes motifs des atmemens fi ruineny en
&
en hommes ; car s'ils s'obttinoient à y tenir encore argent
temps, Cette guerre fufficoit pour dépeupler
longquoiqu'its empicient beaucoup d'Allemands, TAngletenes
méme de noirs qu'ils contraignent par la force. d'émigrés Une
&
de ceux ci vient chaque jour rejoindre les drapeaux (
partie de la
liberté;l les utres fevengeront des oppreffeurs quiles
& les egarent.
trompent
Malgre la nécefité de faire la guerre, & d'enlever beaucoup de bras à l'agriculture, le genéral Lavaux avoit
de bonncs difpalinions à cet égard. Il avoit récabli beau- pris
d'habitations; il exhortoit à-la-fois à l'amour du tracouf & à l'enthoufiafime militaire pour combettreles ennemis.
Il fut entravé par la révolte contre lui du généralVillate fon
fubordonné. Le gorverneur Lavaux fur arraché de fa maiz
fon, meurtri de coups de bâton, & conduit en prifon. Le
général fouffaint arriva affez à temps ayec des forces
fauver Lavaux, & punir un attentat aufli grand contre pout le
repréfenrane du gouvernement frangais.
Les agens du Direétoire arrivètent quelque temps après
cérévénement. Ils ordonnérent le renvoi en Fratice de
autres
&
coupables poaryeirejugésil fonte dansce moment Villare détenusà Rochefort.Vilare a sogarupufambitiun perfounellé
dirigée par des conte-réolutioanmaies Villare, >
horme excelivenent emporré,ne fit pas coulerle quoique
cette
occalion. Hlavoit jufgtesalots bien ferviavec diination fing C dans
lors de l'attaque de la ville du Cap parles Efpagnols en
La révolte deVillate a CLI des fuites d'nucast plus dangersules, 1794:
gufiempentedacepie enaoccafionné
& notaninent celle
benucoupe'antres,
du général Rigaud dans le Sud, Si la
longue détention qaléprouve Villase pelc étic confiderée
comme une punition, le Corgslegiflarif &l gonv.mement
A 6
ors de l'attaque de la ville du Cap parles Efpagnols en
La révolte deVillate a CLI des fuites d'nucast plus dangersules, 1794:
gufiempentedacepie enaoccafionné
& notaninent celle
benucoupe'antres,
du général Rigaud dans le Sud, Si la
longue détention qaléprouve Villase pelc étic confiderée
comme une punition, le Corgslegiflarif &l gonv.mement
A 6 --- Page 16 ---
examineront s'il ne convient pas d'éloigner momentanément
de Saint-Domingue les homines dont la préfence pourroir
occafionner beancoup de troubles. Les révoltes contre l'autorité du gouvernement dans les colonies doivent être févèrement punics & répritnées ; car G l'on abfout, comme on
l'a fait, toutes celles qui ont eu lieu, il faut défefpérer
d'y jamais voir régner la paix. I y a dans les colonies, &
notamment 1 Saint-] Domingue 2 une claffe d'hommes dont
les meneurs ont des prétentions très-élevées ; ils font les
provocareurs de toutes les infurrections qui ont lieu. Ils ont
hérité de tout l'orgneil & de tous les vices de leurs anciens
oppreffeurs, la place defqueis ils ont voulu fe mettre. Je
veux parler de quelques citoyensde couleur, qui ont profité
des circonftances & du filence de la
ufurper & les richefles & la puiffance. Sonthonax République pour
lui-même, ,
qui les a comblés de bienfaits, qui a fait reconnoitre leurs
droits malgré l'oppofition qu'il rencontroit, a été obligé de
comprimer fouvent leur audace, & d'arrèter leurs complots
contre fa perlonne & celle des Européens. Cependant il
feroit injufte dimpaterdsous,les excèsd'un très-petit nombre
qui ne comprend que ceux qui fe font élevés aux premières
places. Je dois à la vérité de dire que la majorité eft bien intentionnée; qu'elle blâme en filence les autres, & que dans
elle on trouvera conftamment des amis de la France & des,
lois. C'eft aux homines qui ont fu défendre les droits de
tous, à qui il appartienr de dire la vérité fur le compte de
ceux qui s'égarent. Notre intention eft d'affurer à SaintDomingue la liberté & légalité, d'étonfler tous les reflentimens perfonnels, & de ramener les habitans des colonies,
fans diftinétion decouleurs, à Tunion, à la concorde, & à
des fentimens dejuftice auxquels ils n'autoient jamais dis'écarter.Mais nous ne taofoctonsfiamuinavec) 10S devoirs, avec
les ennemis prononcés & de la République & de la liberté,
Lorfqu'après le départ de Villate & des autres faétienx
le calme a été récabli, Cn s'eit occupd de la culture lans
des colonies,
fans diftinétion decouleurs, à Tunion, à la concorde, & à
des fentimens dejuftice auxquels ils n'autoient jamais dis'écarter.Mais nous ne taofoctonsfiamuinavec) 10S devoirs, avec
les ennemis prononcés & de la République & de la liberté,
Lorfqu'après le départ de Villate & des autres faétienx
le calme a été récabli, Cn s'eit occupd de la culture lans --- Page 17 ---
négliger le
la partie de la guerre. Les affaires ont
dans
déparrement du Nord où rélident les
repris,
tranquille, On a vu le même
agens, , une alliette
travail des terres,
empreffement à reprendre le
de T'opinion & de confiance pour courir aux armes. Tout dépend
qui gouvernent. Enfin la culture que eft l'on a dans ls hommes
que quarante habitations de fucreries parvenue â ce point,
ont éré affermées en l'an 5, ià différens dans la plaine du Cap
millions pefant de fucre par an. C'étoient particuliers, les dernières quatré
au propofitions qui ont été faires avant notre
Confeil la gazette
départ. Hercuter
à trois millions
pablique qui les portoit à cette
cing cents milliers.
époque
puille On fuivre a affermé en nature 5 c'eft le meilleur mode
fonds des
pour ftimuler l'adtivité & la mife dehors qu'on des
frais d'exploitation, capitaliftes. La République ne fupporte plus les
que les olliciets
qui étoient à
tres-colieeux én maifon de ce
probes.
prépofés cet objet n'étoient pas toujours
du Quarante-huit autres habitations à fucrcties
Cap ont été affermées en
dans la plains
Mais il faur dite gu'il y a eu à argent cet 545,050 liv. par an,
épouvantable pour favorifer
égard une dilapidation
au moins n'auroit pas dû
certains individus, & dont 13
de la place qu'il occupe. y Cct prendre abus part, en confidération
thonax, > fur mes
a fait prendre à Sonen nature.
repréfentations, le parti de les
5 & celui d'enlever à
affermer
marine la difpofition d'intérêts l'adminiftration civile de la
fonchions, & qu'elle s'étoit
qui ne peuvent concerner fes
chir. La rarerédes fujets fait attribuésavec l'intention des'entiSaint-Domingue, & des
eft obligé d'employer à
veillent
à
&
RRSLS
plus leurs intérêts
incapables,
ceux qui
de les choifir parmi les
qu'à ceux de la République ;
talens
hommes de commerce, & faus
adminiftrarifs, &c dont les
mercantiles ont fait dans tous les ptincipes dagiorage &
torts aux intérêts publics.
temps les pius grands
A 7
fait attribuésavec l'intention des'entiSaint-Domingue, & des
eft obligé d'employer à
veillent
à
&
RRSLS
plus leurs intérêts
incapables,
ceux qui
de les choifir parmi les
qu'à ceux de la République ;
talens
hommes de commerce, & faus
adminiftrarifs, &c dont les
mercantiles ont fait dans tous les ptincipes dagiorage &
torts aux intérêts publics.
temps les pius grands
A 7 --- Page 18 ---
Vorre commiffion vous propofera à cet égard des mefures fages & conflicetionnellec: elle remettra l'adminiftraton des biens dans le's niains de ceux à qui la loi les
tonre.
Les habitations en cafs & féqueftrées ont été ézalement
affermées en nature. Elles produiront, pour l'an 5, deux
millions pefant de café.
Ilen eft de même pour les habications cultivées en COton & ên indigo; ellcs produiront une quantité firpputée
de fix cents milliers de coton, & deux milliers d'indigo.
Cetre dernière culture eft négligée.
Les états qui conftatent ces opérations, n'ont pit m'être
fournis avaut mon départ; mais les notes que jai prifes
m'ont fervi de regle pour vous préfenter ces réfultats. Les
baux à ferme cnt été paffés pour trois ans.
Vous voyez denc, pepréfentins, que Gi quarante habitations donnent quatre millions pcfant de fucre de ferme à
la Répablique. its revenus doivent être proporiosnés,paifqu'il Euut que le fermier paie le quart du revenn aux cultivarcas, fur le prodnit net, après avoir prélevé les frais de
faifance valoir, & qu'il y trouve anfli un benéfce raifonnable: par conféquent les quarante hubitations doivent produire au mains fept millions pefant de fucre.
Cornifonuement s'applique aux autres opértions 5 certes,
les fermiors ne fe livrecoient pas à de telles fpécelarions,
s'ils n'étoient alfurés du travail des noirs. Il €I eft de
méme pour les habitatic:s. fer lefquelles les propridtaires
fon: pr.fons, & ilyen a benucoup: tous n'ont pas été entr.inés par leur aveugle haine contre la liberré.
Ces propriéraires paient I1l quart net de leur revent,
fous ie titre de fubvention pattiotique, approuvée par la
Convénrion natiouale. Mais cette centribuation eft trep lorres
ke projct étute atrété de ta fupprimer avane RNI dépatt.
:s. fer lefquelles les propridtaires
fon: pr.fons, & ilyen a benucoup: tous n'ont pas été entr.inés par leur aveugle haine contre la liberré.
Ces propriéraires paient I1l quart net de leur revent,
fous ie titre de fubvention pattiotique, approuvée par la
Convénrion natiouale. Mais cette centribuation eft trep lorres
ke projct étute atrété de ta fupprimer avane RNI dépatt. --- Page 19 ---
Les maifons des villes, féqueftrées pour la République;
Ont ete également affermécs: elles produifent une fomme
fixe d'un million,
Enfin le Cap eft forti de fes ruines & de fes cendres.
Ies deux tier: de cette ville font rebâtis, &c particulièrement lcs quartiers où fe portent le commerce.
Elle repréfente une cité neuve. Les murs n'avoient point
été endommagés; il a fufti de les couvrir.
On peur enccre mieux
le rétabliffemient de l'ordre
paraugtmencation des RegEL à fcrme, entre l'an 4 &
l'an 5.
Toures ces chofes fe font faites à peu près dans un an. Mais
obftacles i a fallu
remarquez 3 citoyens repréfentans, quels
vaincre, qnels moyens ila fallu employer, & par conféquent
quelles reffources préfente cette étonnante colonic de SaintDomingue abandonnée à elle-même. Il y avoit neuf mois à
notre départ, qu'une efcadre de fepr vaiffeaux de ligne &c
de plufieurs frégates anglaifes bloquoit la rade du Cap.
Nous n'v avons pas un feul bâciment de P'Etat. Nous V.
avons créé une marine : cent & quelques corfaires montés
par des flibufticrs y tiennent en échec les forces navalcs
anglaifes. Ils en détruifent le commerce ; ils n'épargnent
pàs les A'méricains qui trafiquent de leur pavillon & de famitié & de l'alliance de la République pour favorifer les en-.
mis. Ceci donne lieu à une queilion diplomiatique'que je
ne traiterai pas ici.
Nos cotfaires ont pronvé à Saint-Domingue que le courage dcs Français eft au deffis des forccs des Angiais. Dles
corfaires de dix canons de deux ont enkevé, à Fabordage,
des corvettes de 18 canous de fix. Sept barges, armées
chacune d'un pierrier, ont, également enlevé denx corvetteS.
de douze,
L.a culture, la ccufe & la guerre concourent à donnes
A 8,
ne traiterai pas ici.
Nos cotfaires ont pronvé à Saint-Domingue que le courage dcs Français eft au deffis des forccs des Angiais. Dles
corfaires de dix canons de deux ont enkevé, à Fabordage,
des corvettes de 18 canous de fix. Sept barges, armées
chacune d'un pierrier, ont, également enlevé denx corvetteS.
de douze,
L.a culture, la ccufe & la guerre concourent à donnes
A 8, --- Page 20 ---
au commerce une adtivité que rien n'égale. J'en donne la
preuve : l'état du commerce d'importation & d'exportation
de la ville du Cap fulemcnt a donné une balance de
9:700,000 liv. pendant les deux derniecs m102S & vinge
jours de mon féjour au Cap: germinal, fordal & les vinge
premiers jours de pririal. Cet état eft ligné du direéteur
des douanes, & vifé par moi. Le nombre des barimens
arrivés au Cap &: des divérs ports étrangers pendant la
même époque eft de denx cent dix, Si les hommes
vous
qui
ont peint la colonie fous des couleurs fi diférentes,
étoientici, ilsr merépundroient par des négationsoa des raifonnemens. Mei,je ne me permettrois pas, repréfentans, de
vous donner ces téfultats fi je n'en étois Ie garant, & fi
je n'étois appuyé des pièces nécellaircs.
La recette faite aul Cap, provenante de divers cbjets
s'élève pour le fecond trime Are de l'an 5, à 3,773,000 fr., e
la dépenfe à 4.006,937 francs.
I'état de ce trimeftre fixe à peu près la dépenfe annuelle à faire au Cap & pour les communer 4u1 €1l dépendent. Elle y elt plus conlidérable que dans aucune
autre partie de ia colonie, parce que cieft 1 où tout
aboutit & cû tout fe règle, comme érant le chef-lieu par
la réfidence des agens.
Cependant on ne compte dans la dépenfa que la demi.
folde payéc aux troupes, ainfi qu'aux autres foréionnaires
publics. Sans cela la dépenfe feroit plus forte. Mais les
reffources permettent aujourd'hui de payer en entier, &
far-tout àt mefure qu'on avancera vorsia ttanguilliré. Avect une
fageadminitration.la) recette s'élèvera au dellusdes dépenfes.
On ne faura parfaitementd quoi s'en tenir fur CLt objet que
quand il y aura une loi fixe relative aux émigrés des
colonies, & qui trace la ligne de démarcation entre CEUX
qui le font & cenx qui ne le font pas.: Indépendamunene
de la jaftice qu'on pourra rendre à beaucoup de propriétaires, il Y anra pour la République tne malle de capi-
ageadminitration.la) recette s'élèvera au dellusdes dépenfes.
On ne faura parfaitementd quoi s'en tenir fur CLt objet que
quand il y aura une loi fixe relative aux émigrés des
colonies, & qui trace la ligne de démarcation entre CEUX
qui le font & cenx qui ne le font pas.: Indépendamunene
de la jaftice qu'on pourra rendre à beaucoup de propriétaires, il Y anra pour la République tne malle de capi- --- Page 21 ---
taux trésconfidérable dans les biens nationaux à
Domingue. Je tiens une lifte allez nombreufe
Saintémigrés employés au fervice des
de ceux des
Je penfe qu'i fégard de ceux-ci il Anglais dans les colonies.
dourc.
ne peur pas y avoir de
La culure de toutes les grandes
naives, Port-de Paix, Leborgne,
communcs des Goatièrement rérablie. Ces
Jean-Rabel & anties,eft
revenu de 4 à 5 millions communes font en nature un
par ail.
La partie'de TOuel dont dépendent
Goave, le Petit-Goases
Léogane, le Granddans l'érat le plas Roriflant. Cayes On 3 Jacmel & Bainet, eft
revenus.
y fair de très - grands
Les dépenfes X font confidérables
de Léogane, qui eft frontière du par rapport à la ville
laquelie il y a une garnifon de Fortan.Prince, dans
Cctte ville a été au ponvoir des quatre mille hommes.
toutes les campagnes. Depuis
Anglais. Ils ont ravagé
événemens de la
qu'elle a éré reprife, les
guerre ont empéché leur
Jacmel a
rérabliffement.
été incendiée au
lution ; elle eft entièrement commencement de la révoi
intaétes. On doit attribuer rétablie, Les autres vilies font
l'ordre
tie, au zèle du général
quirèane dans cette
bon, adminiftrateurs, Ils Beauvais, de Bonnard & de E
bien intentionnés. Lebon font hommes de couleur & trèsunis à la probité &
a de grands talens adminiftratifs
au républicanifme.
Jacmel On peur avoir une idée de la lituation de la
par les états de
culture à
ont été chargés pour les commerce. différens Quarante-hnit bâtimens
dant le fecond trimeftre de l'an ports étrangers,
cent vinge un mille cent foixante 5, d'un million Rat
mille deux cent cinquanté livres livres de café, de douze
huit livres d'indigo. Les
de coton, & de fix cent
colte étoit abondante. Les magafins étoient pleins : la rérevenus de la République
peuvent
culture à
ont été chargés pour les commerce. différens Quarante-hnit bâtimens
dant le fecond trimeftre de l'an ports étrangers,
cent vinge un mille cent foixante 5, d'un million Rat
mille deux cent cinquanté livres livres de café, de douze
huit livres d'indigo. Les
de coton, & de fix cent
colte étoit abondante. Les magafins étoient pleins : la rérevenus de la République
peuvent --- Page 22 ---
être de 12 millions par an. Il fe charge annuellement à
Jacmel deux à trois cents bâtimens.
Je ne rends pas 111h compte financier. 11 feroit trèsdific-le die donner des apptoxim.tions juftes, nais l'appergu général de la cultare K du commerce que je mets
fous les ycux du Confeil, Je dois démontrer que loin
de défefpérer du rérablufement de Saint - Domingue
en y maintenand la liberté 9 c'ef par elle au contraire
que tout s'organife. Je dois deinontrer que c'eft par le
travail qui fe fnit qu'on foucient les dépenfes de la
guerre : que dcux ans après la paix, par de bonnes mefures
& par de fages lois, Saint-Domingue touchera à fa première 'plendeur. Dans les dernières
ment
guerres,le gouvernedépenfoit pour la protection des colonies 65 à
70 millions. On n'a fair paller à Saint-Domingne depuis
guatre ans que 50,000 liv. On y a acheté la poudre à
canon à 16 liv. IO £ la livie.
La partie du Sud ett celle qui a: lc moins fouffert. Les'
revenus des biens nationaux féqueftrés font très-confidérables : ils fonc de IO à 12 millions par an. Quelquestnes de ces comnunes font depuis -u an fous l'oppreflion
& le joug du généial Rigand. Ilal levé l'étendard de la révolte contre le gouvernenent. Il a. fair égorger cent quatrevingus répablicains dans lesa aftenx événemens qui' ont eu
lieu:aux Cayes le 10 frudtidor an 4, jour oi a été proclamée la conftitution dans cette ville. II a répandu le
fang enropéen 5 il a méprifé les lois; il a foulé anx, pieds
les fentimens de reconnoitfance gu'il devoit à la Régublique. Il cxifte cinq ou fix autres coupabies de cette nat
fre: tous les Frauçuis delirent les voir éloigner d'an fol
qu'ils ont fouilié par leurs farfnics. De ce nombre elt le
nommé Pinckinat > venant d'Anglererre, mai.tenant a
Cherbonrg ou lé Directoire le tent configné.
Les agens du gouvernement Ont fignalé les coupables à
aFrance par une proclamation du 23 frimaire an 5. le
devoit à la Régublique. Il cxifte cinq ou fix autres coupabies de cette nat
fre: tous les Frauçuis delirent les voir éloigner d'an fol
qu'ils ont fouilié par leurs farfnics. De ce nombre elt le
nommé Pinckinat > venant d'Anglererre, mai.tenant a
Cherbonrg ou lé Directoire le tent configné.
Les agens du gouvernement Ont fignalé les coupables à
aFrance par une proclamation du 23 frimaire an 5. le --- Page 23 ---
-
Dircdtoiré a confirmé ces' 'dilpolitions. Fn les mettant à
cution, j'implore la clémence du
cxédu un grand nombre d'hommes Corps legifatif en faveur
crainte, & qui doivent; plucor étre qui ont été entrainés par la
eri France de Rigand & des
plaints que punis. Le raprel
tout appaifer. 11 fera diftcile prineipaux alors d'y coupables fue pute
tion. Il y a dans ce momnent à Faris cxcire- des
nne indurrecvoyés Par les commuses pour rendre
commiffaires ennemens. j'étois membte de la délégation compte de ces évégonrcniemment, contre laquelle a été
des agens du
ainli que, contre les militaires
dirigée la, revoke,
a reconnu le dévoiement des curopéens. nélegués Legouvetne ement
difiuile & périlleofs.
dans Cette miffion
nion, Vaublanc n'en Caelguhonorable a
que foit cette opiagens & fur les
pas moins jeré le biâme fur les
ment. Il
délegues, & ils les a accufés
T'adrefle n'y a tien qui prouve comme cetre perfonnelle-
& de des royalites à faifir les occalions de accufation
perdre les pairiozes.
calomnier
Tous ceux qui opt fiivi la révolution des
noitient l'acharnement
mis
colonies, conaux lois relatives aux hommes qu'a
de Vanblanc pour s'oppofct
aufli le zèle qui nous a animés
couleur. ils connoiffent
écrits de Vaublanc accuioiene pour lés faire executer: Les
crimes, Leurs défenfeurs
ces hommes de tous les
legirime qui les avoit armés, lesjoflifioient Et dans en raifon du metif
guelques-uns d'eux fc font armés contre cette circonitance'od
ont foulé aux pieds la
le gouvernement,
Frangais, des miliraires conftirution, pillé ou égorgé des
dela liberté, Vaublanc couverts de bleffures pour la cauie
la défenfe de ces rebelles, prend donr pabliquement à cetté tribune
fance de le rapprocher,
le crime feula eu la PULET
Mais les coufpirateurs
fnats des républicains en napplsadificiens-ils pas auxaffa6
pas ? Ils en ont ufe de méme Irnce? ne les provoqtoient-iis
euc-il PHs cnvoyé dus sagens pour Saine Domingue. Ny
gul,, en anuonçant leurs favof
pour la cauie
la défenfe de ces rebelles, prend donr pabliquement à cetté tribune
fance de le rapprocher,
le crime feula eu la PULET
Mais les coufpirateurs
fnats des républicains en napplsadificiens-ils pas auxaffa6
pas ? Ils en ont ufe de méme Irnce? ne les provoqtoient-iis
euc-il PHs cnvoyé dus sagens pour Saine Domingue. Ny
gul,, en anuonçant leurs favof --- Page 24 ---
rables difpofitions pour les rebelles > le
nieux de Sonthonax, la loi qui rejetoit du rappel ignomi- legiflatif
les
Corps
députés de Saine-Domingue pour l'an 4, & la prompte
arrivée d'une expédition dans laquelle étoient employés
des hommes que vous avez condamnés à la déportation >
devoient faire preffentir aux citoyens des colonies
leur
état politique étoit menacé & devoit être changé ?
ils
vlintert
pas parvenus à éloigner du miniftère de la marine &
des colonies les patriotes qui contratioient leurs
qui ont lutté avec courage contre la faction confpiratrice, projets , 2
dont les cfforts avoient déja renverfé toutes les colonnes de
l'édifice républicain dans les colonies ? La contre-révolution y étoit faite ; il ne s'agilfoit que de l'exécution.
Repréfentans du peuple 9 que de maux 2 que de malheurs fans nombre vous avez épargnés à Saint Domingue
en arrétant les projcts des confpirateurs! Les Anglais attendoient ce moment avec impatience. Ils doivent aujourd'hui redouter les réfultats de vOS nouveaux bienfaits pour
les colonies, K les tranfports de joie qui vont fuccéder aux
juftes inquiétudes que la faction Vaublanc étoit parvenue à
infpirer.
Je paffe à l'état de Ja force arméc, & des fuccès militaires obtenus à Saint-Domingue.
Le général Lavaux , pendant l'abfence de l'autorité civile
à Saint- Domingue 3 avoit reconquis plufieurs poftes cédés
pàr la trahifon aux Anglais: : c'eft leur feal moyen de conquêre. Depuis l'arrivde des agens 2 toute la partie de l'E(t
eft rentrée fous la bannière de la République. C'étoit tne
vendée qui fubliftoit depuis fept ans. Elle étoit formée des
débris des noirs infurgés. par l'affemblée coloniale du Cap,
& qui brulèrent les campaghos avant qu'aucun des cinployés du gouvernement fur arrivé à Saint-Domingne,. Durant la guerre avec les Eipagnols, ceux-ci avoient rallié
ces brigands fous le gnéralJean-Fraçois, décoré de tous
les ordres d'Elpagne, & vivanc honorablement aujourd hui
qui fubliftoit depuis fept ans. Elle étoit formée des
débris des noirs infurgés. par l'affemblée coloniale du Cap,
& qui brulèrent les campaghos avant qu'aucun des cinployés du gouvernement fur arrivé à Saint-Domingne,. Durant la guerre avec les Eipagnols, ceux-ci avoient rallié
ces brigands fous le gnéralJean-Fraçois, décoré de tous
les ordres d'Elpagne, & vivanc honorablement aujourd hui --- Page 25 ---
a Madrid, Après la paix avec
, un
des
T'Efpagne
grand nombre
infurgés palfa au fervice des
les antres
foient la guerre pour eux. Ccs
Anglaiss
faide terrein tres-confidérable, leur infurgés occupoient un efpace
polte principal étoit à la
Grande-Rivière, diftant de fept lieucs du
les commandoient, ils étoient
Cap; ; les émigrés
payés par les Anglais.
Une proclamation des agens & une force
a faic tout rentrer dans l'ordre on
confidérable
homme. Les
n'a pas tué un feul
font
infurgés ont repris la houe & le
ils
revenus far leurs anciennes habitations, & travail, aucun
tenté de reprendre la vie errante & miférable qu'il menoit. n'eft
Ce fuccès nous a conduits à en avoir de
Les Anglais ont cédé au général
plus grands.
Bannica, place fortifiée, Saint-Juan, Toulfaint, par la force $
qu'aujourd'hui depuis le Mirebalais > Henche ,de manière
en Parcourant cent &c
jofqu'à Santo - Yago,
plus grande
quelques lieues, tout el dans la
tranquillité, Les commandans militaires
ritent à cet égard' les plus grands éloges, ainfi
les ménicipalités & les juges-de-paix; ils y furveillent que
mutout ce qui peur aflurer la
avec zèle
les cultivateurs, & les
tranquilliré pablique, Ils viltent
>
encouragent au travail ; il
une feule plainte. Il eft à delirer
n'y apas
qu'on multipitc d SaintDoningue ces autorités bienfaifances, dont
rale elt plus grande fur les hommes du l'mfuence modes baionnettes.
pays que la force
Lequartier du Mirebalais, fortifis de douze Block
gardé par des troupes allemandes, anglaifes, & Houfes,.
a été le prix de la valeur des républicains.
émigrés,
verture a
Touflaint Loupénérré jufques fous les forts de la Croix desBonquets, à deux lieues du Port-au-Prince; l'ennemi
renfermé dans les murs de cette ville. La
des
eft
fcs du Mirebalais & du Grand-Bois a ouvert prife
paroif
nication entre le nord & l'oueft ; les
une commufar les flancs, & fur les derrières
Anglais (ix mille fonr cernés
ne les laillent pas un inftant dorain. Par Ces alarmes noirs qui
couti-
Croix desBonquets, à deux lieues du Port-au-Prince; l'ennemi
renfermé dans les murs de cette ville. La
des
eft
fcs du Mirebalais & du Grand-Bois a ouvert prife
paroif
nication entre le nord & l'oueft ; les
une commufar les flancs, & fur les derrières
Anglais (ix mille fonr cernés
ne les laillent pas un inftant dorain. Par Ces alarmes noirs qui
couti- --- Page 26 ---
nuclles font aufi deftrudtives pour' les ennemis que les
artaques régulières.
A notre départ, O1l attaquoit Saint - Marc. Le général
Touffaint éroit devant cette ville avec vinge - deux mille
hommes. Ila d'abord éprouvé un échec, mais F1 a repris
fcs politions, & nous olons penfer que le pavillon trico.
lor Hotte aujourd'hui à Saint-Marc. Ceite conquète nous
aliure cclie du Port-au Prince. Le môle Saint - Nicolas, >
quelque fortifié qu'il foic du côté de la mr, peut ccre attaque avec faccès du cô:é de la terre, parce qu'il préfente
un côté folble.
Ainti les polfellions à Saint- Doingue fe b ornent ait
Mole, à Saint-Marc, au Port-an Prince & à Jéremie; ces
polleflions font
principalement par leurs forces navales; la n'y a pas doute, d'après la tournure qu'ont prife
AE
les affaires, que ies Anglais regrertent d'y êcre delcendus, & qu'ils maudiffent, autant que noas, ies traitres qui
leur ont livré ces vilies.
L'armée de Sainc-Domingue eft compofie de quarantehuit mille hommes de troupes du pays; elles ne font pas
TOUtES également difciplinées; leur fuccès dépend des chefs
qui les commandent. Il y a dans le déparrement du Nord
des régimens qui font les exercices militaires avec les
rroupes d'Earope; calles - ci avouent qu'elles tronvent dans
les autres d:s difpofitions à les égaler. Mais ce qui ajoute
à la gloira que le font acquife les troupes européennes,
c'eft qu'eiles forment les foldats nouveaux; tous vivent enfemble comme des amis & des frères armés pour la même
caufe; ils font dans les mè.nes cafernes. C'ef de leur P Opre mouvement & par une déférence refpeclucafe, qu'au
combat les régimens du pays cèdent le pas aux bacaiitons
d'Europe.
L'armée europécnne qui eft à Saint-Domingue, au noibre de trois mille hommes difléminés fur toute la colonie,
mérite par f conduite lesplusgrands égards. Dans beaucoup
emble comme des amis & des frères armés pour la même
caufe; ils font dans les mè.nes cafernes. C'ef de leur P Opre mouvement & par une déférence refpeclucafe, qu'au
combat les régimens du pays cèdent le pas aux bacaiitons
d'Europe.
L'armée europécnne qui eft à Saint-Domingue, au noibre de trois mille hommes difléminés fur toute la colonie,
mérite par f conduite lesplusgrands égards. Dans beaucoup --- Page 27 ---
No
23..
de corps, le nombre des ofliciers furpaffe celui des
il en ett d'auttes où il n'y a que des ofliciers: lcs uns foldats; &
autres ont fupporté depuis quatre ans tontes les
les
toutes les fatigucs de la gucrre fous tdl climat bràlans privations, ; la
plupart defirent revenir en France rejuindre leurs families :
c'eit un fentiment bien naturel.
Dans les temps de mifere &: de difette > CCS troup:s
n'onr pu être poyées; CIl leur doit prefque toute leur folde,
il eft jufte d'y faefaire; un moyen a été propofé : c'sft celui d'afiecter le montant de leur décompe en paiement des
biens nationaux à Saint- Domingue ou eu France. I en eft
beaucoup qui refteront dans la colonic ; ce fera
elle
& pour la France une acqui@rion-precicnfe Le tiefor pour
blic fe libérera par un acte de jallice, & la
pus'actachera à Saine.
République
Domingae une malle de propriétaires
républicains & français.
Il pourroit en être ufé de même envers les
le gouvernement foroit paller à Saint Demingue, troupes que
Le Dircétoire exécatif vient,d'un autre côré, de
des mefures infiniment fages & faluraires pour les prendre tnilitaires à Saint-Poningne, cn réformant tous les corps de
toutes armes pour en former des
en attachant
à la gucrre ceux des officiers de ces régimens, corps qui fe trouvent
en France, Peur-être jugera-t-il néceffaire de ne
rendre
ces régimiens trop forts en hommes, afin de 1 $ faire pas mouvoir avec plus. de facilité, & de les changer plus fouvent de
garnifon.
J'ai mjs fous vOS yeux, ciroyens repréfuntans, le tableau
intéreffint des fuccès & des troupes qui font dans la parrie
françaife de Saint- Domingue. La partic eipaunu'e, cédée
par le traité de paix à la Republigsc, ne merite pas moins
votre attention.
La France devoit prendre la polfeflion de ce
territoire, un an après la ratification de la paix, Les précienx circonfances
garnifon.
J'ai mjs fous vOS yeux, ciroyens repréfuntans, le tableau
intéreffint des fuccès & des troupes qui font dans la parrie
françaife de Saint- Domingue. La partic eipaunu'e, cédée
par le traité de paix à la Republigsc, ne merite pas moins
votre attention.
La France devoit prendre la polfeflion de ce
territoire, un an après la ratification de la paix, Les précienx circonfances --- Page 28 ---
s'y font oppofées : néanmoins on s'eft avancé autant que les
forces difponibles ont pu le permcttre. Et depuis Laxavon
jufqu'à Santo-Yago,d quarante lieues dans les terres, &
depuis Monte-Chrifto jufqu'à Porto-Plato,lel long des côtes,
le pavillon de la Républiquey Aotte. Les Efpaunols, nouveaux citoyens français, peroiffent très - fatisfaits de cette
réunion, quoique les Anglais, 3 profitant de quelques préjugés, euffent tout employé pour sy oppofer. On a laifle aux
nouveaux citoyens tout ce qui pouvoit Hatter leurs opinions
religieufes. Ils ont dû former eux-mèmes leurs municipalités.
Par un accord entre les deax gouvernemens, les garnifons de
troupese cfpagnoles reftent employées dans les lieux qu'elles
occupoient; elles font, ainfi que les troupes qui ont été les
renforcer, commandées par des généraux français. Les agens
ont nommé un délégué choifi entre ceux des Efpagnols qui
jouillent de l'eflime & deia confance de leurs concitoyens.
Ces heureufes difpofitions s'exécutoicnt à l'époque de notre
départ. Nous avons également repris par la force la baie
d'Ailua & de Neybbe, dont les Anglais s'étoient emparés.
C'étoit li, ainfi qu'à Porto-Plato, dans le nord-eft, oû les
ennemis venoient s'approvifionner en beftiaux pour leurs efcadres.
Il nous refteà prendre poffeflion d'une plus grande étendue de terrein, cntre. Santo-Yago & Sinto-Doningo: ainfi,
fuivant la côte depuis Porto-Piato, Samana, del Eugano,
pour revenir à Santo-Domingo,
Le DireStoire exécutif, qui s'eft occupé, avec un intérêt
paternel, de Sains-Domingue, ne manquera pas de donner
à fcs agens les infrudtions néceffaires peur rendre françaife
route la colonie, & pour pourvoir aux moyens de confervation.
En revenant de ma miflion dans le Sud, j'ai traverfé
la partie cédée depuis Santo-] Domingo au Cap. C'eft, en
quelque forte > un pays inculte; mais la nature y eft partout de la plus grande beaaté, Cc font des plaines immenfes
ernel, de Sains-Domingue, ne manquera pas de donner
à fcs agens les infrudtions néceffaires peur rendre françaife
route la colonie, & pour pourvoir aux moyens de confervation.
En revenant de ma miflion dans le Sud, j'ai traverfé
la partie cédée depuis Santo-] Domingo au Cap. C'eft, en
quelque forte > un pays inculte; mais la nature y eft partout de la plus grande beaaté, Cc font des plaines immenfes --- Page 29 ---
traverfées bois
par des rivières. Les
de différentes
montagnes font couvertes de
abondance ceux dont efpèces les J parmi lefquelles fe trouvent en
plus eftimées en Europe, qualités & les couleurs font le
conftruction pourles vaiffeaux. &cnotamment Tacajou & les boisde
une grande quantiré de mines Lesr montaguesr renferment aulli
& en or; le citoyen Giroud, membre en fer, en cuivre, en argent
y a découvert un filon de
de l'inftitut national,
croyoient feuls pofféder. La plarine, rivière 9 métal que les Efpagnols
court foixante - dix lieues de
de de Santo-Yago, qui parroule égalementdes
pays
fa fource à la mer,
rent fe livrer à ramaller paillettes d'or; &c les Efpagnols préfe
terre riche & féconde leur quelques grains d'or, tandis que la
ces en culivant la canne & promer le
de plus grandes reffourtonnier. Tour ce terrein, de cafier, même lindigotier & le Conommée de la Vega, eft rempli de' que la plaine tant relets & de chevaux : c'eft en
bètes à cornes, de muprincipaux proptiétaires.
quoi confifte la richeffe des
dans cinq à fix arpens de L'Efpaynol, renfèrmé par des haies
fa cafe, y trouve tout ce qui terre, fuffit au à milieu la defquels eft élevée
confommation le coton, le café &Ja vie. Il plante pour fa
il la patace > le riz & le mais; il n'a befoin canne, le bannanier,
eft fûr que tout profpère dans cette que d'enfemencer,
plus beau climat. C'elt fans doute là terre féconde fous le
Combien de familles
que git le vrai bonhear.
Iny a pas à deffécher peuvent des marais, être placées far ce fol fortuné!
du climar. L'air y eft fain &
nid craindre l'infalubrité
L'édifice Santo-Domingo eft une ville pur. affez grande &
des monaftères & de la
bien bâtie.
beauté tous les autres.
de cathédrale furpaffe en
fe font déja retirés. Depuis Beaucoup la révolte religieux du
des deux fexes
Cayes, deux mille fanilles,
général Rigaud aux
du rebelle, ont apporté à
pour échapper aux poignards
& ont embelli cette cité : Santo-Domingo elle eft
leur induftie,
les agrémens de la vie s'y
devenue françaife. Tous
Français font parfaitement unis, trouvent, Les Efpagnols & les
cathédrale furpaffe en
fe font déja retirés. Depuis Beaucoup la révolte religieux du
des deux fexes
Cayes, deux mille fanilles,
général Rigaud aux
du rebelle, ont apporté à
pour échapper aux poignards
& ont embelli cette cité : Santo-Domingo elle eft
leur induftie,
les agrémens de la vie s'y
devenue françaife. Tous
Français font parfaitement unis, trouvent, Les Efpagnols & les --- Page 30 ---
On doit cet heureux accord à la figele, aut parriotifme
& à la prévoyance du citoyen Roume 3 agent du Direétoire
exécutif dans cette pariie. 11 jouit d'une egale contiance parmi les Lipagnols & les Français, Il a arrêté par fes fages
avis l'émigration deceux des Eipagnols quife retitoient vers
lile de Cuba pour fair la liberté & le bonheur que leur
garantic la République. Sans doute qu'elle affranchira ce
Fays réuni des contributions & des droits énormes qu'il
payoit au gouvernement efpagnol, Elle s'attachera par ce
moyen une popnlation nombreufe que l'on fait monter à
190 mille ames. Les Français établis dans cette partie y
p.opageront le génie de linduftrie & de l'aétivité, & les
nouveanx citoyens rivaliferont un jour de républicanifme
avec leurs frères ainés dont ils béniront les conquéres (1).
Tel eft l'état exact de la fituation politique & phylique de
Saint Domingue, fur laquelle On vous a fait tant de rapports
menfongers pour égarer votre opinion & celle de toute Ja
République.
Malgré l'erreur que l'on a roulu accré.liter, cette colonie
offre dans les circonitances mêmes des reflources très-grandes,
On peut évaluer les revenus tant aux faits pour la République > que ceux pour les propriétaires, à cinquante millions par an. Compararivement aux départemens continentaux, quels font ceux qui donnent les mêmes moyens ?
(1) En parlant de cette poffefion 1 je ne puis m'empécher de
préfenter une idée qui fera fans doute accueillie : c'ift de rendre
un hommage à la memoire de Colomb du plus hardi narin, en
donnant fon nom à la ville de Santo-Domingo , capitale du territoire cédé.
C'eft à la République françaif, dont les armdes triomghantes
ont furpafle en exploits tout Ce qne nous raconte lhioire la plus
reculée > qu'il appartient de reparer les injufticesdesrois, & de venger la mémoire d'un grand homme qui a farvécu a Poubli oti l'on
a vou'u l'enfevelir. Les ruines dc ton palais exifent CRCo1e à
Santo-Domingo,
capitale du territoire cédé.
C'eft à la République françaif, dont les armdes triomghantes
ont furpafle en exploits tout Ce qne nous raconte lhioire la plus
reculée > qu'il appartient de reparer les injufticesdesrois, & de venger la mémoire d'un grand homme qui a farvécu a Poubli oti l'on
a vou'u l'enfevelir. Les ruines dc ton palais exifent CRCo1e à
Santo-Domingo, --- Page 31 ---
Depuis cinq ans, il n'eft pas arrivé a
gue un feul bâtiment du
Saint- Domincommerce de France.
merce, qui a de fi grands inréréts à fe
Ce comlonies, craint de renouer des affaires
ménager aux CO.
Il croit ne trouver ni fireté,,ni
avec Saine-Domingue.
voula feconder en rien le
bénéfices affez grands. Un'a
ces entreprifes hardies gouvereement. Au lieu de faire de
elt defcendu
qui honorent cette utile
au rôle hontenx d'agiorer fur les eflets profeflion, il
pouveitrécupérer fes pertes,& favorifer le
publics; il
des
circéts avecles colonies.Le retour del'ordre.par
a L0gpeue cueillir aux marchands
commerce au contraire
qui lui étoient réfervés, &
étrangers tous les avantages
d'eux les produits dn fol de nous fommes obligés d'acheter
nous Pouvions en alimenter les nos colonies fi recherchés, &
grande quantité des fucres marchés de FEurope, La
& des cafés
en France &
qui fe conEE
autres pays, viennent de même en Angleterre, & dans les
nies érrangères ou ennemies Saint-Domingnue, Les autres colotiers des revenus qui fe tont à ne produifent pas, réunies, un
Américains qui les achèrent fur Saint-Doiingne. les
Ce font les
France ; c'cft ce qui faic élever lieux les 9 & les apportent en
un prix exceflif; c'cft ce qui enlève denrées coloniales à
tandis que le commerce français tout notre noméraire,
éttangers, en leur vendan:
devroit attirer celui des
en plus grande quantité CES mémes denrées, qu'il pollede
véritables moyens d'érablit'la que les autres nations. Voila les
en notre pouvoir, & gn'il balance du commerce qui étoit
tégeant & en aidant les importe de reconquérir, en prochandifes ponr les colonies. armemens en courfe & en marLecommerce s'eft trompé far fes vérirables
pétience doir le ramener à des
intérérs. L'exutiles pour lui&e
vues plus fages &
pour laftépublique.
plas
En 1756, notre marine fe trouva réduite dans
pire que celui oi elle eft
un état
une noaveile vie en remeccant aujourd'hui; on peut jui donner
la direchion entre ies mains
ir, en prochandifes ponr les colonies. armemens en courfe & en marLecommerce s'eft trompé far fes vérirables
pétience doir le ramener à des
intérérs. L'exutiles pour lui&e
vues plus fages &
pour laftépublique.
plas
En 1756, notre marine fe trouva réduite dans
pire que celui oi elle eft
un état
une noaveile vie en remeccant aujourd'hui; on peut jui donner
la direchion entre ies mains --- Page 32 ---
d'hommes de mérire, adtifs & entreprenans car les
& la marine doivent marcher enfemble. ii faut colonies
ceux dont les connoiffances dans l'une & l'autre y attacher
donné des garans de leur dévouement,
partie ont
les colonies.
notamment pour
En 1756, le commerce avoit-il abandonné les
C'eft alors qu'il en retira de grands
colonies?
ne pas vendre? mais tous les hommes avantages. Craint-il
acheteurs & vendeurs. Autrefois il n'y aujourd'hui avoit
le y font
nombre qui achetoit à crédit. Aujourd'hui il que fe fait petit
commerce d'échauge, le feul utile.Le
le
un
le propriétaire porte fa denrée chez cultivateur, le négociant. fermier, Il la
donne en échange des objets dont il a befoin. Le
n'entaffe pas. Son premier defir eft de
fa femme noir
fes enfans. Ah! avec quel plaifir il achèteroit parer les toiles &
les marchandifes fabriquées en France !Tour fe
&
tant : c'eft bien ce qui convient au commerce. paie compLes Américains expédient pour Saintdouze
à quinze cents bâtimnens
an
Domingue
Mais ils n'y iroient
s'ils par
> bateaux ou goëlettes.
de
pas,
ne trouvoient un débouché
avantageux leurs marchandifes,8, dans les retours, s'ils
n'étoient affurés de grands bénéfices. Il eft des Améticains
qui ont fait en fubliftances des avances tres-confidérables
au gouvernement; mais ceux de ces négocians
n'ont
être payés à Saint-Domingue, l'ont été ou qui font fàrs
S l'étre en
France, parce que ce font des créances privilégiées.
Que le commerce. > & fur-tout que les
des
colonies abjurent les funeftes erreurs que leur propriétaires fuggère leur
éloignement pour la liberté;
eit
elle feule qui
elley impériffable: c'eft
peut aujourd'hui faire fruétifier leurs
fions, & avec plus
poffefdes efclaves dont ils d'avantages fc méfioient pour eux. Au lieu d'avoir
amis fur lefquels ils
fans celfe, ils auront des
comme le culcivateur feront pourront heureux. compter. Les Le propriétaire
députés de Saint-
étaires fuggère leur
éloignement pour la liberté;
eit
elle feule qui
elley impériffable: c'eft
peut aujourd'hui faire fruétifier leurs
fions, & avec plus
poffefdes efclaves dont ils d'avantages fc méfioient pour eux. Au lieu d'avoir
amis fur lefquels ils
fans celfe, ils auront des
comme le culcivateur feront pourront heureux. compter. Les Le propriétaire
députés de Saint- --- Page 33 ---
Domingue feront tout ce qui
& maintenir cette union.
dépendra d'eux pour affermir
Les colonies font deftinées à
le fyltème commercial-Sc
jouer an grand rôle dans
publique une prépondérance politique. Elles affurent à la Rédifputer.
qu'aucune nation ne peur lui
Mais Saintverne que par Domingne, les lois & l'opinion cette poffeflion vafte, ne fe gotPour confolider ce lien, c'eft de qui fon régic la Répmblique.
être décernées & les récompenfes & les fein que doivent
vernement feroit impolitique s'il abandonnoit punitions, Le goupuiffant à fes agens. Le Direétoire exécurif ce moyen
legilanfy jouillent de la confiance la
& le Corps
ou l'ordre du Diredtoire
plus étendue, La loi
peétés. C'eft d'ici
impofe filence à tous. Ils font refC'elt à ce point qu'on le peur alfeoir la tranquillité publique.
poar récompenfer d
Diredtoire envoyant des armures
plalienrs noirs, lorfque généraux, Sonthonax 2 parmilefquels il fe trouvoit
de la lettre du miniftre
fit en public la ledture
que la reconnoillance Truguet, faifoit
tous répandirent des pleurs
roient contre
couler. Des factieux murmudirent &c fe l'embarquement de Villate. Tous y
avoir confirmé turent quand on apptit que le
applauces mefuires.
Direchoire
Et fi Sonthonax lui-même a eut befoin
pour les chofes les plus
de cette fanétion.
utilité elle fera pour des fimples, onl doit en conclure de quelle
plus difficile fur le choix agens des moins connus: car la on y eft
mais on obferve:l la confiance, hommes qu'ici, Onparle
pas; mais elle ne fe doune une fois acquife, ne fe Ri
qu'avec réflexion.
C'eft pourquoi il faut à
ment compofé d'hommes dont Saine-Dorningue la
un gouvernede la liberté foient bien connus & répatation & l'amour
diftingués danscerte caule. On n'onbliera -
qui fe foient même
Domingue que la Convention nationale jamais à Saintmité Tafranchifement
a voré à l'unanigénéral, & qu'elle regarda ce jour
; mais elle ne fe doune une fois acquife, ne fe Ri
qu'avec réflexion.
C'eft pourquoi il faut à
ment compofé d'hommes dont Saine-Dorningue la
un gouvernede la liberté foient bien connus & répatation & l'amour
diftingués danscerte caule. On n'onbliera -
qui fe foient même
Domingue que la Convention nationale jamais à Saintmité Tafranchifement
a voré à l'unanigénéral, & qu'elle regarda ce jour --- Page 34 --- comme un jour de triomphe & de gloire Les
des amis de la liberté font les feuls livres
opinions
les noms de ces hommes y font en vénération. recherchés, &
Un gouvernemenr militaire ne convient point à SaintDomingue; il De peut même être confié à un feul: il rappelleroir l'ancien régime. Le pouvoir pourroit lui devenir
funelle, & peut- être dangereux à la
Il faur à
Saint- Domingue la conftitution & une République. autorité fupérieure,
compofée de plufieurs, comme elie l'a toujours été
la revolution ; il faut, de France à Saint-Domingue, depuis des
rapports fiéquens. C'eft un des moyens d'y érablir la paix.
Voire commifion des colenies, jaloufe de réparer les tanx
fyftémes qui vous ont été préfentés jofqu'à ce jour, &
gérés par les foins des
des fugrateurs,s'eft
onute-sebnedadonatres, confpioccupée des lois organiques; & notre
Efchaffériaux doit foumertre inceffmment
collègue
enfemble de légiflation propre à fixer la profpérité au Confeil & un la
tranquillité,
Alors, repréfentans, vous pourrez dire
les colonies
font fauvées. que la paix & le bonheur que
verrez alors fi les Anglais fe joueronr des y règnent. Vous
çais & de la liberté, Ceft par elle que doit principes s'écrouier fran- leur
puiffance dans cette partie du monde, & vous aurez l'honneur & la gloire d'avoir vengé l'humanité,
A PARIS, DE LIMPRIMERIE NATIONALE,
Brumaire an 6. --- Page 35 ---
CORPS LEGISLATIE
CONSEIL DES CINQ-CENTS.
DISCO U R S
PRONONCE
P. AR SO N TH O N A X,
Sur la firuation actuelle de
fiuer les principaux événemens Sam-Deniogue, 6
dans ceite ile depuis la fin de gui fe Jont palfès
qu'en melidor de l'an 5 de laz Roréal an 4, T4R
Ripubligic,
Séance du 16 plaviofe an 6.
Crori
RipisITANE;
Domingue, ENvoré au je Corps légillatif
la colonie de
bonbeur dont j'ai tangerai joui, au celui Ranitater des courts inflans Saint: de
où je viens au milieu des
A --- Page 36 --- --- Page 37 ---
E797
L133 --- Page 38 ---