--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 ---
- faniemu lorrneur
COMPTE
DE
LEXAMEN PUBLIC
du Syeis 9tational,
RENDU
a 2 AS
PAR M. COLOMBEL,
Membre de la Commission d'Insirnction Publiqne et Sccrétaire Particulier de S. Ex. le PRESIDENT D'HAirI.
PORT-AU-PRINCE,
DE : LIMFRIMERIE DU COUVERNEMENT.
Janvier 1820. --- Page 4 --- --- Page 5 ---
URRU
COMPTE
DE
PUBLIC
LEXAMEN
du Syois 9lational,
Qui a eu lieu à la fin de l'année classique 1819.
46>
du Lycée national, suivi de la distri*
Loxawer public des
aux élèves, a eu lieu le 16
bution solennelle
prix de
daus une des
Décembre 1819, an de 16 la Findépendance à pied de S. Ex. le Présisalles de la caserne
garde de M. Inginac, Secrétaire
dent d'Haiti, sous la présidence
d'instruction publigénéral, Président de la Commission Colombel, Secrétaire
que., accompagné de Messieurs Granville, Substitut du chene
ticulier du Président d'Haiti, Chanlatte Directeur de FImmissaire du gouvernement, Interprête des 7, langues
primerie nationale et des guerres, et Rouanez,
R:
Frémont, Commissaire
Membres de cette Comet Interpréte de la langue anglaiso, concours nombreux de spectamission. A onze heures, autorités un civiles et militaires de la capicomposé des
de
Péducation
ESAST tale,
Directeurs ct Directrices pension pour du Port-aude la jeunesse 2 des Maitres des élèves d'écoles et de primaires beaucoup de personnes
Prince, s'élait des parents réuni dans la salle de distribution des prix, 7
invitées
et
d'une manière faqui était décorée avec gont
disposée Un théâtre était élevé
vorable à ces sortes de solennitds.
A onze heures, autorités un civiles et militaires de la capicomposé des
de
Péducation
ESAST tale,
Directeurs ct Directrices pension pour du Port-aude la jeunesse 2 des Maitres des élèves d'écoles et de primaires beaucoup de personnes
Prince, s'élait des parents réuni dans la salle de distribution des prix, 7
invitées
et
d'une manière faqui était décorée avec gont
disposée Un théâtre était élevé
vorable à ces sortes de solennitds. --- Page 6 ---
(2)
Pone des extrémitis de la salle, et les dleves, piaccs sur
plsieurs rangs, CI occupaient ie fond et les cotds.
La seance a été cuverte à midi par M. Inginac
dons
qni,
T1 discours simple ct précis, a retracd les avautages
de Pesirgetnous, consitérée dans ses mpporis avec les listlusions civiles ei poliliques ct son infinence sui la momle
puiliegne, doi découle le bonheur des penples. Co sujot
interessant Pa condnit à donuer de sages conseils sur Pempioi
du tenis, suF la nécessité de faire reposer sur des princijes relgieux Prastrnction élémentaire el Peuseignement de
toutes los brancbes des counmissances humaines, enfin sur
les sentimens de dévonement ct de Glélts que tont Citoyeu doit à Sa patrie. Ce dissours, prononee Fabondauce,
a etd éoontd avec boutcoup Pattontion et dintérêt.
MLaprée, Direoionr du Lyode, s'est onsnite lovd, et,
apres avoir mappelé snocintement Pordre de Fexamen, a
présoutd les eves de h.o Division qni ont été interro158 par MIAL Erainac et Frémout, sur les premiers principes
de la langre fancaise. Cos jeunes élèves Ont tres-bien rdponda atis quostions que 00s Messienrs lear ont fites, ct
Pingéunité avec lnquelle ils ont récité diverses fanlos en
prose Jenr a morite les applau-dssomens de tons ies anlitenrs. M. Pouont a adrousé à C05 intévessans dléves, ai2
nom de la Commission d'instrnc:ion pabliqne, un compia
ment pour les fhciter STE leur application et lens progres
et ios cucourogor C à persévérer dans leur bonne dispustions
il lour a ersute divolonpé, en pen de mots, mais avec de
tourinntes expressions, lenrs devois envers la patrie qui les
a edontos et les a foriement invités à redontlor daienr
a110
riter Pannde Cil annce de nouveaus snecis. Cos - 0i-
. 35 cuf IS allaiont être remplacés par lours coadise is
do 3n d.e Dividon, lorsque le bruit des tambonrs. battunt
: C chemp, a nnnoncé Parrivée dn Président dut LI Ausi
tons les Monbres de Le Conmission sont allés rocevoit
- R et Pont conduite jusq'an, siège qui lui avait diépeéparé dens la salle, et cimacun d'eux a repris Si pluce, u
maomeut otr le Pedsidont a par daus in salle, des neclertons généralos ol réitérdes de: Pive la Repabligne ! fire
to fris u oai! se cont d fait entendre, et Fair oipeat Oii dire
ésident dut LI Ausi
tons les Monbres de Le Conmission sont allés rocevoit
- R et Pont conduite jusq'an, siège qui lui avait diépeéparé dens la salle, et cimacun d'eux a repris Si pluce, u
maomeut otr le Pedsidont a par daus in salle, des neclertons généralos ol réitérdes de: Pive la Repabligne ! fire
to fris u oai! se cont d fait entendre, et Fair oipeat Oii dire --- Page 7 ---
(5)
miena, joud par li musiqne 1 est venu se méler à ces acclamations. Le silence ayant succddé aux cris d'enthousinsme
gn'avait excitéla piésence da dligue Chef qui fait de Pinstruction pubdieqne, comme de toutcs les iustitutions qqui tendeut ant porfoctionnement de notre civilisation et à assurer
le bonheur de sOs Concitoyens, Pobjet de sa plus ardeute
sollicitule, le Directeur du Lyoée est monté sur le théàtre
et a prononed d'une voix ferme le discours suivant :
PRESIDENT, HATTIENS,
La place honorable gue le Gonvernement m'a confiée me
fail un devoir de vOUs rendre compte, Cil ce jour, de P6tat acluel du Lycée national; de soumettre à votre sagesse
quelques réflexions sur Pinstruction publique - 3 ct de vous
proposer quelmes améliorations tendantes à en accélérerle
progris dans Haisi. Pourquoi une pareille tàche est-elle audessns de mes forces I Peu accontumé à parler devant une
assemblée nombrense et choisic, ma limidité naturelle, ou
plutôt nion incapncité, me forcerait à un silence absol, 2
si, davauce, jo n'étais persuade de trouver parmi vous 9
non des censeurs sévères, mais des juges indulgous, des
anditeurs favorables.
11 est dPasage, dans les Colléges,, de faire précéder la
distribution solennelle des prix, qui termine Pannde classique, par un examen pubtic augriel sont invitées les persoimes qui s'intéressent anx prog,es des aris et les scionces.
Nous allons vous donper le spectacle vraimeut mticuad de
jennes élèves, à poine initios aux premiors élenueats dles
sciences, brilant d'entrer en lice, nou par uue coupaile
ambition, mais par le désir louablo de lomoiguer lenr recounaissance aul chef échairé qui leur facilite les movens
de Sinstruire; pour vous prouver, hailiens, que vous n'aVOZ pas placé cevain votre espoir en enx, et, plus eucore,
par le noble orgueil de contribner à sapper dans ses autiques fondemens, lopinion absurde qui reluse auix africals et à leurs descoidaus, toute eptinde aux connaissances abstraites.
Vietimes daa préjuge) harbare' qui les assimnilait à la bête
de somme, 2. nos peres gémirout long-tomps dans les ténè-
ouver, hailiens, que vous n'aVOZ pas placé cevain votre espoir en enx, et, plus eucore,
par le noble orgueil de contribner à sapper dans ses autiques fondemens, lopinion absurde qui reluse auix africals et à leurs descoidaus, toute eptinde aux connaissances abstraites.
Vietimes daa préjuge) harbare' qui les assimnilait à la bête
de somme, 2. nos peres gémirout long-tomps dans les ténè- --- Page 8 ---
(4)
bres de Pignorance. Une politique infornale, en mêmetemps qu'elie s'efforçait d'abrntir leur intelligence, puiblinit
par-tont que nous n'étions pas des êtres pensans, mais des
Rutomates auxquels la force et la violence pouvaient senles
imprimer le mouvement. Cette fainsse opinion s'était tellement accréditée dans la vieille
des
ligienx ont cru,
Enrope, 2 que
gens rc5 et croient pent-être encore,
cC qu'enseignent les Saintes
PAfricain nouobstant est
d'un autre
kenitures,,
pairi
limon que celui dont Dyes forma Je
mier honume. En vain ielques âmes chrétiennes élevérent- preelles lens voix pour plaider notre canse: ; il y avait tant
de gens intéressés à repousser la
que tous les : ef
forts de la philanthropie furent vérilé,
ct il est à
nons
infinetuens;
présumer gue
eussions gémi long-temps sous la
da despotisme colonial, si Pune de ces sccousses morales verge.
qui développent le génic des peuples, n'avait hâté le
ment de notre résurrection politique.
moNous n'entrerons point dans los causes ni amenèrcnt la
révolution francaise ot par contro-coup ccile de Saint-Domingne. Mais s'il nous étail permis de fixer ici lépoque à
lnquelle commencèrent à s'accumuler dans cette
les
élemens de cette violente tempête des passions
ile,
nous ne
humnines,
craind:ions pas de citer celle de Pémancipation de
PAmérique Septentrionale.
La France 7 en forcant la superbe Argleterre à reconnaitre Findépencuneo des Anglo-Americains, coupa, la
mière, 1 le nand magiqne gui liait à
li plus
comme
la
TEurope,
Rete
plus riche partie du monde, et signa tacitement
Pabandon cies Colonies qu'elic y possédait.
Cost durant la lutte
couduisit à ce gand érènerent, c'est dans les Ri de la Céorgie, c'est sous les
wurs de Savannah, que nOS pères, combattant, daus les
Tangs fançsis, coutre les fils dAllion, apprirent à unesurer lens propres forces et à se pénétrer du sentiment de
Jeur diguité. El! comment des hommes qsi avaient COlicon:u a terrasser Tilyhe de la tyranie, auraicnt-ils
remetire, SaIS nure:urc, Jeurs têtes couvertes de
pu
EUIS
le jong fotrissant de li servitnde ? Comment lauriers, des
konincs 9ni avaient aidé à conqudrir la liberté américaine,
dAllion, apprirent à unesurer lens propres forces et à se pénétrer du sentiment de
Jeur diguité. El! comment des hommes qsi avaient COlicon:u a terrasser Tilyhe de la tyranie, auraicnt-ils
remetire, SaIS nure:urc, Jeurs têtes couvertes de
pu
EUIS
le jong fotrissant de li servitnde ? Comment lauriers, des
konincs 9ni avaient aidé à conqudrir la liberté américaine, --- Page 9 ---
(5) idolàtres de cette divinité bienne seraient-ils pas devenus aime à parler des balailles oii il a
faisante ? Lc guorrier
Il
insensiblement
vaincu, dcs péils qu'il a courus.
valeureux prend
qu'il a viles moeurs ct les usages des peuples il narre avee feu. 11 exagère
sités. Comme le voyageur, 2 avec intérêt par ses amis, ses
souvent, mais il est écouté
le saint enthou.
proches; SCS enfans; il leur commnnique
dont son âme est saisie : il cst donc prohable
siasie
le retour de nos frères à Saint-Domingue, T
Ter après de la classe pensante de nos compatriotes, chacun durent
preudre une autre direction, et que, 2 heureux dés-lors, devait
commença à soupirer après le moment Pavilissait. qui
mnettre un terme au préjugé barbare enfin. qui Il n'entre point
Ce moment si désiré arriva ici les événemens mémorables
dans mon sujet de rappeler
Révolntion. La postérité ne
de Phistoire de notre gloricuse
magnanimes
daduirer ces guerriers
qui,
pourra se lasser
lcur courage, sans autre auxiliaire
sans autres armes que sans autre tactique que le mépris
que leur persévérance, successivement de la conquête de
de la mort, ont passé
à la conquête de notre Indé110S droits impreseriptibles elle
un
tribut d'éloges aux sages
pondance, et
paiera Pédifice juste de notre pacte social sur
législateurs qui ont posé de la Justice, de la Liberté et de
les bases indestructilles
FEgalité.
le
parmi tant
Parmi tant de sujets d'orgueil laisse qu'ollre entrevoir passé; Pavenit, nous ne
demotisdepéraucs que nous
nos premiers l6pvouvons nous empêcher cullivert de regretter autour aTa Parbre de la Liberté
gislaleurs n'aient arts et des sciences.
Si le jour même
vaste
ti
le le Palmier champ de Pindépendance fut planté en Haiti, villes on
que
et dans les principales
ent fondé, au Port-an-Prince, nationaux et des Ecoles préde la République, des aurait Colléges aujourdhui à sa disposition une
jaratoires. la patrie
brillante qui joindrait au courage indomptable qu'on
jetuesse lui refuser ct aux
aimables qui la disne saurait
ttiles 7
du qualités les principes inétinguent, les talens
(Catoyen,, moralcs de Phomme de
branlables du patriolc, les vertus
bicn.
é, au Port-an-Prince, nationaux et des Ecoles préde la République, des aurait Colléges aujourdhui à sa disposition une
jaratoires. la patrie
brillante qui joindrait au courage indomptable qu'on
jetuesse lui refuser ct aux
aimables qui la disne saurait
ttiles 7
du qualités les principes inétinguent, les talens
(Catoyen,, moralcs de Phomme de
branlables du patriolc, les vertus
bicn. --- Page 10 ---
(6)
Un de ces genies snpérionrs, un de ces csprits bienfaisans que, dans Sa sngeese infinie, un Dien de miséricorde
façonne de teris en tens pour nccomplir ses décrcis icihas, Alexnndre PETION sontit de bonne heure qne Pexistence de la fiépublique scrait compronisol Si une éducation libérale et patrioiique élevait à la hatiteur da siècle
la génération naissante entre les mains de lanello Haiti
doit un jour confier sa gloire - et SeS nouvellos destindes. En
ellet, Haltions, comment nos cnfus ponrront-ils défendre
nos droits, Si nous ne leur app:e cnoes à les connattre?
notre Indépendlesee, si nous ne les habituons à la chérir?
Commcnt repousseront-ils les sophistes de la politique,
si nous ne leur enseignons à les réfnter? Comment résisteront-ils aux atiraits du vice, si HOUS ne' gravons dans
leur cocur Pamour de la vertu ? Comment snpporteront-ils
les vicissitudles de ce monde, si la religion ne leur inspire
ce calmie de Pàme, qui ie sc laisse point éblonir par les
grandes prospérités; cette résignation picuse qui ne se laisse
jamais abattre par les revers : cetle élévation de sentimens
qui envisage, qui allronte, qui maitrise les obstacles? Commont enfin respecteront-ils lcs lois ct la coustitation de la
République, s'ils ne sont imlus de bonne heure de cetle
vérité,
dans les limites de la Répnblique et de la loi
StE cst Pordre, Pharmonic, le honhour, et
quau-diell de ccs mômes limitos, est la confusion, Panarchie, le despotisme?
L'immortel Pétion élait si fortoment péndtré qu'une bonne
éducation était le ciment qui devait consolider Podifice quo
son génie a créd,
nous, avons VI1 ce grand homme
donner, dans les endiers anées de sa vie gloriense, tous
les enconmagenens possilles altK établissenens d'instretion pabliqne.
En 1816, il posa les bases d'une école nationale pour
y. faire élever, 2 anx frais de PEtat, les enfans de militaires morts au champ dhomenr. La dircction cn fut colfiée a1l zile éprouvé dun de nos compatriotes, le citoren
Dalette, qui fut enlevé à Pdial.lisement-en Juillet 1617.
Le 25 Septembre de le même aunée, une autre perte
non moius grande, cclle de Victor Durive, professeur de --- Page 11 ---
(7)
languo latine, jeta de nouvean le Lycée dans le désespoir et la consternation. Victime de son zèle et de SO11
devoir, ce jeune homme, de la plus grande
fut
ravi à Pinstruction publique à Fage de viugt-six espérance, aus. Depuis cette époque, les longues maladies des
Jes fréqnentes absences des élèves, Finsonciance professenrs, de
parents à cet égard, linconstance de quelques autres quelques
empressés de jouir, 2 nous ont enlevé, avant leur
qui,
lcs fruits de notre labeur; d'autres causes qui n'existeront maturité,
plus désormais, 9 ont arrêté la marche progressive de Pélablissement.
lique à Fage de viugt-six espérance, aus. Depuis cette époque, les longues maladies des
Jes fréqnentes absences des élèves, Finsonciance professenrs, de
parents à cet égard, linconstance de quelques autres quelques
empressés de jouir, 2 nous ont enlevé, avant leur
qui,
lcs fruits de notre labeur; d'autres causes qui n'existeront maturité,
plus désormais, 9 ont arrêté la marche progressive de Pélablissement. Cependant, à mesure que les olstacles se sout
présentes, nous ne nous sommes pomutdécouages, nousavons
redoublé d'ardeur. Nous uous sonmes surtout: aitachés sàl Putile. Nous avons renvoyé T'agréable à un autre tems. La morale, la
leclure, Pécriture, la langue française, 2 la lugle latine,
Parithmétiqne raisonnée, et, pour quelques éléves plus avanois, Phistoire sainte, la mythologie, la
notions
sphère, queiques
préliminaires sur PAmcique et sur Phistoire des
Egyptiens, nous ont occupés exclusivement. Nous ne craiguons pas d'être desapprouvés enl cela, si Pon veut bien
se rappeler que la plapart des élèves, en entrant au
ne savaient pas lire ou qu'ils lisaient
Lycée,
parlaient point français, et que, quoique tres-mal; donés qu'ils ne
néralement d'une mémoire heureuse et d'une brillante assez g6gination, aucun n'avait Phabitude ni le goût du travail. imaPon se met un moment à notre place, si Pon se
Si
obstacles qu'il nous a fallu vaiucre, les dégonts figure les
a fallu surmonter; si Fon compare Je point d'oit nous quil nous
mes partis à celui où nous somnies arrivés, nons ne son- craignons pas d'aflirmer qu'on sera surpris de la distance
nous avons parcourue, et que Pon nous pardonnera que un
léger mouvement de satislaction que nous somnies
simples pour savoir réprimer. Nous aimons aussi à
trop
que nous avons été fortement secondés par le zèle publier et les
talens de messieurs les professours qui nous sont
Puisse cette justice que je ne plais à leur rendre, adjoints,
pour eux, un motif puissant de persévérer à mériter être, la
protection d'un Gonvernement ami des arts! La mauvaise distribution du local qu'occupe le Lycée
--- Page 12 ---
(8)
deruis sa création, a depnis long-tems fait sentir la nécessité d'un édifice national. Feu S. Ex. le Président Pélion
en aveit conen le plan. La mort prématurée de ce veriueux
fondatenr de nos libertés, la sitnation od s'est trouvée la
République lors de son décès, ont pu senles en arrêter
Pachévensent; mais les dangers qai menacaient la patrie ont
disparu devant la sagesse et Paclivité du nouveau Magistrat qu'elle a rendn dépositaire de sa gloire et de son hionyIeur. Tout marche sous sa prudente ct énergique admiisiretion vorS un avenir prospère. Le génie de Pimmortel Pétion n'a point abandonné Haiti. il brille dans
tonle sa force dans son illustre successeur. Si la gloire de
Tun fut de tout fondor, la gluire de lautre est de tont
améliorer; ct CC n'est pas un des moindres titres de Fauguste Alexandre à Ja roconnaissance nationale et à Padmiration de la postérité, ue celni d'avoir élevé dans ses
cipes ct duns Pintimité de Sa pensce le pilote habile à
PRe
YOUS aver, Huitiens, confié le timon du vaisseaut de TEtat!
son illustre successeur. Si la gloire de
Tun fut de tout fondor, la gluire de lautre est de tont
améliorer; ct CC n'est pas un des moindres titres de Fauguste Alexandre à Ja roconnaissance nationale et à Padmiration de la postérité, ue celni d'avoir élevé dans ses
cipes ct duns Pintimité de Sa pensce le pilote habile à
PRe
YOUS aver, Huitiens, confié le timon du vaisseaut de TEtat! il était donc permis an Lyoée National d'entretenir Pespoir d'être encore Fobijet constant de la protection immédiatc du Gonvernement. Cet espoir n'a point été déçu. Un
nonvean local vaste et bien distribué se prépare pour recovoir nos clèves ail renonvellement de Pannée classique. T.os plns grands enconragemens sont ofleris à Finstruction
de la jounessc. DEjA le Président d'lfatti a créé une Commission d'instruction publiqna, composée de cin membres, et présiléo par lo Secretanre-Guuncral Déjà leur zèle
tout patrictique, lour énorgio toule nationale, 7 leur expérience éelairée ont donvé au Lycée national un réglement
intérieur qui a été rendu prblic, et à Pinstruction en gonéral un nouvel essor. icl, à son lerer, Pastre resplendissant du jour,. soumis à la rolonté du Créateir - réveille la
nature assonpic, et répand Pactivité ct Fémulation partout
oi ses rayous vivifians péaétrent. D'un atre côté, au milica dcs nombrenx ct utiles étaplissemens d'éducation qui se forment dans la République,
s'est élevé dans le silence un faille rameau de Parbre majestueux que le vénérable Lancaster a plauté le premier en
Angleterre.
issant du jour,. soumis à la rolonté du Créateir - réveille la
nature assonpic, et répand Pactivité ct Fémulation partout
oi ses rayous vivifians péaétrent. D'un atre côté, au milica dcs nombrenx ct utiles étaplissemens d'éducation qui se forment dans la République,
s'est élevé dans le silence un faille rameau de Parbre majestueux que le vénérable Lancaster a plauté le premier en
Angleterre. Espérons qu'arrosé par la main libérale du Gou- --- Page 13 ---
(9)
vornement, il étendra bientôt des branches toullues siir
Pheureuse Haiti, et que sous son ombrage bieuftisant, croftra pour la prospérité de la patrie, et pour le service do
la religion, une nouvelle génération, ane de Fordre, du
travail et de toutes les vertas.
Nous manquerions: sàla reconnaissance que nous devonsà une
illustresociété Ainglisc, (the brilish anelforeign
si, dans cette circonstance solennelle, nous schoo.snciely) ne jetions
quelqnes fleurs sur la tombe de Thomas Dosworth, au zele pas
de qui nous sommes redevables du bienfait de
ment mutnel. Ce martyr intéressant de la
Puseigne- chen
rigeait
Angleterre, YEcole Lancastérierne Philanthropie, de
le comté de Lincola, oit il avait concouru à Beston, former dans
vingtaine d'Ecoles sur le même plan. Désigné par l tue
de Londres, sur la demande du Président
société
être en Haili, le fondatcur du systême Pétion, pour
Thomas Bosworth y. fat reçu par le Gouvernement lancustérien, 2
toutes les marques d'une bieayeillance particulière.
avec
et désinteressé à T'excès, il fixa Jui-même la Modeste
nécessaire à ses Desoins et à l'entreticn de son école; somme alléguant qu'il n'ambitionnait que la gloire de
un
son
mériter,
jour, que
nom fut citd après ceux des Lancaster, dcs
Grégoire, des Wilberforce, et de ceux de tant d'antres
mortels générenx qui consacrent leur vie à delairer
nité par leurs talens, 2 ct à défendre les
Phumaécrits. Mais, hélas! par quelle fatalité des opprimés hommcs par leurs
fauls du tems devrait éparguer sont-ils
que la
moment
même
moissonnés au
être le phns utiles! Les
Bosworth, les AROL
Nontégre, n'ontfait
tre sur
FiSRieh
notre horison. Semblables à ces Motdores
paraila nuit, sillonnent
Rocul
qui,
quelquefois notre Atmosphère, ils nous
frappent d'une clarié d'autant plus vive que la
éclatante dont ils avaient ébloui nos yeux, est lumière aussitôt
remplacce par une obscurité profonde.
Pardomnez, 6 mes Compatriotes, cette
faveur de la vertu. Le philanthrope de tous les digression en
mêrnes droits à notre amour, à notre
pays a les
L'Ecole Lancastérienne prospère. Osons le reconnaissance: dire dans CC
discours consacré à la vérité; osons le dire devant Pélite
plus vive que la
éclatante dont ils avaient ébloui nos yeux, est lumière aussitôt
remplacce par une obscurité profonde.
Pardomnez, 6 mes Compatriotes, cette
faveur de la vertu. Le philanthrope de tous les digression en
mêrnes droits à notre amour, à notre
pays a les
L'Ecole Lancastérienne prospère. Osons le reconnaissance: dire dans CC
discours consacré à la vérité; osons le dire devant Pélite --- Page 14 ---
(10)
de la ration, nous en sommes redevables au zéle évangélique de CCS mênies missionnaires que Tignorance calonnia,
le fanatisme persécuta. Miuistre dun Dieu de paix
qno et de miscricorde, dans quelque lieu que vous ayez porté
vos pas, recevez Phommage que vons rend, par mon organe
la masse des Haitiens, croyez qu'elle rend justice à vos
prineipes, et qu'elle n'oubliera jumais le service inappréciable que vous avez rendu à la République!
Vous qui, comme nous, parcourez la carrière aride de
Piustruction pnblique et cqui consacrez VOS plns bellcs années
à la Jeunesse Haticuno, institntenrs et Institutrices respectalles, seconcz lo jong de Phabilude et du préjugé; imitez le
monde entior; quitlez la vieille rontine; adoptez, dans VOs
écoles,, le nouvean système d'éducation. Vos élèves y
puiseront Posprit de Pordre, Phabitude du travail; vous
lanr éparguerez des torrens de" Jarmes. Vous y trouverez
vous-mêmes votre intérêt dans la simplicité du mécanisme,
la vitesse da Tenseiguement, Péconomie du tems ct de
la dépenso, et vous acquerrez par là des titres réels à
la recompaissance nalionale.
Vous aussi 2 pères ct mères de famille, ne contrariez
nOS efforts. Secondez notre zile. Vous êtes les prépes mnicres sentinciles des morurs. Surveillez sans relàche vOS
Enfans. Nourissez-les, dès leur naissance, du lait de la
vérité; quc le poison mortel du mensonge ne soniile jamais
leurs lèvres innocentes. Inculquez-leur de bonne heure le respect pour la religion de lours pères. Donuez-lenr, sous le
toit paternel, Pexemple de la décence, de la donceur, de
l concorde. Concourez avec nous, concourons avec le
Gouvernement à la régénération complète de Ja Patrie.
Et vous enfin, brillante Jenncsse Haitienne, redoublez
d'émlation. Yous ne faites que dentrer dans le champ
des sciences, dans ce champ dont Pabord est hérissé de
ronces et d'épines. Ne vous rebutez point. Vous avez
déja cneilli quelques fleurs. Tressées en guirlandes, vous
Cn serez conronnée par une main bien chère, par la nain
protectrice d'Haiti. Rappelez-vons contimiellement que du
haut du Ciel, votre immortel fondateur a les yeux fixés
sur vous; qu'il sourira à vOS efforts. Souvenez-vons que
champ dont Pabord est hérissé de
ronces et d'épines. Ne vous rebutez point. Vous avez
déja cneilli quelques fleurs. Tressées en guirlandes, vous
Cn serez conronnée par une main bien chère, par la nain
protectrice d'Haiti. Rappelez-vons contimiellement que du
haut du Ciel, votre immortel fondateur a les yeux fixés
sur vous; qu'il sourira à vOS efforts. Souvenez-vons que --- Page 15 ---
(1)
la Patrie compte sur vous : que vous êtes son seul espoir.
Un jour vous la défendrez par votre courage, vous la
ferez chérir par vOS vertus, vous Fenbellirez par VOS talens ; et, pour me servir des paroles proplétiques du
vertueux Evèqne de Blois, de Peloquent Abbé Grégoire:
C Vous parviendrez à dissiper les préjugés que lignorance
avait établis, et vous réfuterez les impostures de la inalveillance.
voulait contester aux Africains et à leurs
descendans, 2 qui des taleus et des vertus dont ils ont déjà
donné taut de preuves signalées.
Ce discours, que M. Laprée a prononcé de mémoire
d'un bout à Pantre, avec Leaucoup d'assurance et de
chaleur dànie, a fait une agréable impression sur l'assemblée, qui a donné des sigues d'approbation flatteurs pour
Pauteur.
Immédiatement après que M. Laprée a eu parlé, le jeune
David-Troy, Fuu des élèves de la 1.re Division, s'adressant
à S. Ex. le Présideut d'Haiti, a récité, avec un ton plein
de naturel et de vérité, les vers que voici :
Vers adressés à S. Ex. le Président BorER.
Généreux protecteur de notre faible enfance,
Daignez sourire à nos cfforts.
Votre aspect en ces lieux fait naitre l'espérance s
Et dans nos coeurs de doux transports.
Orphelins 9 sans appui, sur le sol que nos pères
Illustrerent par des hauts-faits,
L'immoirtel Pétion adoucit nos misères,
Et nous combla de ses bienfaits.
Loin du tracas du monde, en un séjour champêtre,
Aux vertus il formait nos cocurs;
Son exemple divin renouvelait notre étre,
Quc protégeaient ses bras vainqueurs.
Depuis linstant fatal que la Parque cruelle
Trancha le fil de ses beaux jours, 7
Nos pleurs et nos sanglots étouffaient notre zèle;
Vous en arrêtàtes le cours.
-faits,
L'immoirtel Pétion adoucit nos misères,
Et nous combla de ses bienfaits.
Loin du tracas du monde, en un séjour champêtre,
Aux vertus il formait nos cocurs;
Son exemple divin renouvelait notre étre,
Quc protégeaient ses bras vainqueurs.
Depuis linstant fatal que la Parque cruelle
Trancha le fil de ses beaux jours, 7
Nos pleurs et nos sanglots étouffaient notre zèle;
Vous en arrêtàtes le cours. --- Page 16 ---
(15)
Voyageurs incertains dans le champ des sciences, 5
Vous vintes dessiller nos yeux.
Tel Phoebus de la Nait détruit les influences, :
Quand ii apparsit radieux.
Du meillear des humains, successear magnanime,
Votre voix distilie le mict;
L'espoir vous suit partout, et son élan sublime
Elève notre esprit au ciel.
Un jour nous chanterons les vertus de nos pères;
Nous céléhrerons leurs travaux;
Nous peindrons d'Haiti les antiques Cerberes:"
Ses bienfaitears orneront nos tableaux.
Un jour nous vous suivrons -au sein de la victoire,
Nous y cucillerons des lanriers.
Pour Iaiti, pour vous, nous vivrons avec gloire,
Nous saurons mourir en guerricrs.
Cette pièce de vers, composée par le Directeur du Lycée,
A été écontée avec le sentiment qui Pavait dictée ct a été
vivement applandie. Les applancisemens n'ont été interrompus que par un air national, que la mnsique a joué
à diverses reprises. Après quoi les éteves de la 5.e Division
ont été présentés et interrogés par M. Colombel
sur les premmeres regles de la langue françuise. Il leur a
cnsnite dicté à chacun en particnlier une phrase qui'ils ont
écrite SITr le tableau et qu'ils ont anlysée gremninticalement avec beauconp de jnstesse ct de précision. Le Président d'Haiti satisthit des progrès rapides que CCS éièves
ont fait durant le cours de leur instmaction, leur en a témoigné son contentement avec wne bienveillance tonte poternelle, ainsi qu'à M. Laprée, jemne, lcur professeur.
Cette division 2 dté reinplacée par Ja 2.e Division, confice aux talens ei anl zile du professenr, M. Cluny. Lc jeune
Bonnct s'est détaché de ses carvarades ct, après s'être avancé
sur le devant du théitre, a prononcé CC petit discours:
PRESIDENT, MEssirUns,
Cest à la protection que le Convernement accorde à
Pinstruction publiqne, que nous devons Phonneur de vous
étrc préseutés.
.
Cette division 2 dté reinplacée par Ja 2.e Division, confice aux talens ei anl zile du professenr, M. Cluny. Lc jeune
Bonnct s'est détaché de ses carvarades ct, après s'être avancé
sur le devant du théitre, a prononcé CC petit discours:
PRESIDENT, MEssirUns,
Cest à la protection que le Convernement accorde à
Pinstruction publiqne, que nous devons Phonneur de vous
étrc préseutés. --- Page 17 ---
(15)
Jennes, nonveanx dans la carrière qui noûs est ouverle,
confiaas dans los conscils de nOS professeurs, nous Osons
vous offrir quelques essais, fruits des travaux de Paunée
qai vient de s'écouler.
Si le résultat que nous vous présentons ponvait
à nos ellorts, et que. votre opinion fovorable répondre nous
convaincre
pàt
que nons avons obtenu des succès, 2 combien
serions-nous glorienx dayoir témoigné au gouvernement notre
recounaissance pour TuI bien aussi grand que l'éducation.
Vous voyez, Président, et vous, Messieurs, que nous
sentons vivement le prix de ce bienfait. Cependant, dans
ce moment nous réclamons votre
parce
nous n'avors
indnlgence,
que
jamais paru en public, et Hous vous
si ncus avions le malhenr de ne pas réussir, de prions, vouloir
bien nous tenir compte de notre bonne volonté.
Et vous, auguste Clief, le premier de nos
recevez nOS remerciemens sincères pour les soins Concitoyens, palernels
que vous ne cessez de nous prodiguer.
Les élèves de cette division ont été examinés sur les
règles ol les difficnltés de la grammaire
sur les
premiers élémens de la langue latine, sur
sainte
et la
ils
trnona.
mythologie;
ont réponda d'une manière très-satisfrisante aux dillérentes questions qu'il a plu aux membres.
de la commission de leur faire. Is ont ensuite
beauconp de gont dilférens morceaux de poësie. 1ésité Le avec
jeune
Cojnière a termind Pexamen de celle 2.e Division
le
récit de linvocation à la paix générale qu'on va lire: par
Grand Dieu, dont la scule présence soutient la nature ct maintient
Pharmonie des lois de Punivers, vous qui du trône immobi'e de
T'empirée, voyez rouler sous vos pieds toutes les
saas choc et sans confusion, qui, du sein da repos sphères célestes
charne instant leurs moavemens immenses, et seul régissez, 2 reproduisez dans une à
paix profonde ce nombre infini de cieux et de mondes;
rendez enfin le calme à la terre agitée ! qu'elle soit dans le rendez,
qu'à votre voix la discorde et la guerre cessent de faire retentir silence! leurs
claneurs orgaeilleues! Dieu de bonté,. auleur de tous les étres, vOS
regards Thomme paternels cmbrassent tous les objets de la création; mais
de
est votre étre de choix; vous avez éclairé son âme du
votre lumière inmorteile; comblez YOS bienfaits en pénétrant rayon son
à la terre agitée ! qu'elle soit dans le rendez,
qu'à votre voix la discorde et la guerre cessent de faire retentir silence! leurs
claneurs orgaeilleues! Dieu de bonté,. auleur de tous les étres, vOS
regards Thomme paternels cmbrassent tous les objets de la création; mais
de
est votre étre de choix; vous avez éclairé son âme du
votre lumière inmorteile; comblez YOS bienfaits en pénétrant rayon son --- Page 18 ---
(14)
eoeur d'un trait de votre amour: le sentiment divin, se répandant
partout, réunira les nations ennemies ;lhomme ne craindra plus P'aspect
de Fhomme;" le fer homicide n'armera plus sa main : le feu dévorant
de la guerre ne fera plus tarir la source des générations; l'espèce
humaine, , maintenant affaiblie, mutilée, moissonnée dans sa tleur,
germera de nouveau et se multipliera sans nombre; la nature accablée sous le poids des fléaux, des malheurs, stérile, ahandonnée,
reprendra bientôt, avec une nouvelle vie, son ancienne fécondité;
et nous ; Dieu bienfaiteur, nous la seconderons - nous la enltiverons, instant
nous l'observerons sans cesse pour vous offrir à chaque
un
nouveau tribut de reconnaissance et d'admiration.
notre
Grand Dieu! verse tes hénédictions sur tes enfans, protège
République et son auguste chef!
Fipe la Républiquel!! Fipe son Président !!!
Ce beau morceau, dont le fond appartient à Pillustre
peintre de la nature, limmortel Bullou, a fait unc sensation de plaisir qui s'est manifestée par de vifs applandissemens de Fauditoire. Les marques brnyantos de satisfaction
éclataient de toutes parts dans la salle, ayant ccssé,
R Président d'Haiti s'cst avancé de quelquos pas vers les
élèves, et d'une voix qui annonçait la douce émotion que
son coeur éprouvait, a dit, en s'adressant au Directcur du
était tres-content de Pexamei des clèves du
Lycée, quil
Lycée National; qu'il remarquait avec un bien vif plaisir
que MM. les professeurs et lui n'avaient point négligé leurs
de la
était
ces
jeunes plantes espoir
patrie; qu'il
Aieas bicn aise de saisir cette occasion pour leur donner un témoignage public de sa satisfaction. Il a ensnite exhorté,
de bienveillance et d'intérêt,
avec des cxpressions pleines
les élèves à faire de nouveaux efforts pour obtenir de nouverux triomphes, et pour se rendre de plus en plns dignes
de Pattention du Gonvernement et de Testime de leurs concitoyens. I! a terminé son discours, qui respire d'un bout
à Pantre Pamour du patriotisme le plus pur, 2 par dire qu'à
P'exemuple de son préloresseur, le digue et vertueux Pétion,
de gloriense mémoire, Piustruction publique, comme la base
de toute institution lihérale, fixerait tonjours d'une manière
particuliere son attention et Sa sollicitude, et qu'il ne cesserait de favoriser tout ce qni peut tendre à son perfectionnement. Ce discours, improvisé, et dont nous regrettons
qui respire d'un bout
à Pantre Pamour du patriotisme le plus pur, 2 par dire qu'à
P'exemuple de son préloresseur, le digue et vertueux Pétion,
de gloriense mémoire, Piustruction publique, comme la base
de toute institution lihérale, fixerait tonjours d'une manière
particuliere son attention et Sa sollicitude, et qu'il ne cesserait de favoriser tout ce qni peut tendre à son perfectionnement. Ce discours, improvisé, et dont nous regrettons --- Page 19 ---
(15)
beauconp de ne ponvoir rapporter les propres expressinns,
a été dconlé dans le plrs profond recueillement, ct Pallegresse dont il avait rompli lous les coeurs, s'ost manifestée
par lcs cris répétés de Wive le Président d'Haiti! La 1.re Division, confiée aux soins de M. Louvet, Fan
des professeurs du Lycée, a ensuite parn sur le théatre. Ce profissenr, dont le public a été plus dune fois à mnême
d'apprécier le zèle et le dévouement à Finstruction, a domandé à la Conmission la permission de réciter des vers
de sa composition avant que ses élèves fussent entendus. La
Commissiou, de Pagrément de S. Ex. le PwesidentdTisti,
ayant déféré à sa demanile, il cst monté SIIP le théitre, et,
après une courte improvisation qui décclait Pémotion de SOI
cceur, il a déclamé, avcc beaucoup d'onction et de chaleur,
le morceau suivant :
Sur PExercice public du Lycée National du Port-au-Prinee. Aurea pax artes, post tempora longa, reducits
L'impitoyable Dieu qui préside à Ja guerre,
De sa foudre a cessé d'épouvanter la terre:
Lc herger dans les champs ramène son troupeair, 2
Et foit résonner l'air de son doux chalumeaa. Partout, partout aux arts la paix revient sourire :
L'élève d'Apolion reprend cn main sa lyre;
Et sa voix, libre eulin, dans ses rallons chéris,
Aine à chanter encor l'art dont il cst épris. Hélas ! il fut long-tens privé de ces délices! Qne pour les racheter il ft de sacrifices ! Lorsqu'arraché du sein de ses heureux fayers,
Et qu'an milieu des camps et parmi les guerriers,
En an pesant mousquet ii vit changer sa piame,
Qu'à SCS anciens beaux jours sC méla d'anertime! ! Que de fois, l'àme émuc et Foeil muouillé de pieurs,
JI gémit sur la guerre et maudit ses fureurs! Qu'il plaignit ces mortels, enivrés de carnage;
Dn sang de Pun de l'autre alimentaut leur rage;
Ces héros qu'ii a vus, près de lezrs étendards,
La tcte ensanglantée et les membres épars,
Moissonnés par le for de mille bras terribies
Cruelle. extrémité pour des coctrs nés sensiiles :
Mais au seia des combats, la nature est sans voix,
--- Page 20 ---
(-16)
Et des doux sentimens ne connait plus les lois:
Partout, la Nort, partont comande le carnage,
Et la fiannne et le sang présentent son inage:
Jevois Moscou qui brule... ctdune vierge eit pieurs,
Un faronche seliat arrachant les favoars;
'fandis qua'un anire monstre , encer plus sanguinaire,
De cctte infortanre a messacré la mere
Cest Fon; le fier Omar, d'un bras ensanglanté,
Par se donner un nom, mais un nom détesté,
Vicnt dans Alexandrie, aux fammes dévorantes,
Livrer cent mille écrits, sortis de mains savautes. Abl qu'il cst doux, apres cette calamité,
De jouir de la paix et de la liberté!
arrachant les favoars;
'fandis qua'un anire monstre , encer plus sanguinaire,
De cctte infortanre a messacré la mere
Cest Fon; le fier Omar, d'un bras ensanglanté,
Par se donner un nom, mais un nom détesté,
Vicnt dans Alexandrie, aux fammes dévorantes,
Livrer cent mille écrits, sortis de mains savautes. Abl qu'il cst doux, apres cette calamité,
De jouir de la paix et de la liberté! Quel plaisir pour Pam des arts et de l'étude
De sC livrer encore à sa douce haLitude! Quel plaisir de reveir ces auteurs exceliens,
Amis de SJil jeune age, espoir de ses vieux ans;
Qui de ses jours henreis embellissaient Paisance;
Qai surgat de ses maux edouzir la souffrance;
Ces amis, qui tonjous p'eins d'amabilité,
Constans dans le boabeur et dans Padversité,
T'ont si Gidelement suivi dans sCs voyages,
It souvent ont, pour lui, paré des lieax sauvoges. Ovons,spui,iola des camps et loia dies élendaris,
Couleztes jours heureax supres du Dieu des arts;
Tounes Haitiens! espoir de la patrie, 2
tissiez-vous de la guerre ignorer lu favie! DAgolon, de Mlinerve aimalles nourrissons,
Di Blesnospae aimaez les uti'es leçoas. Jrn de leur coureiller la guerre et la vengeance ;
1 peuche aux souverains la paix, la toléranee,
F montre qeel gaerye, Cn tout tens, aux voinquears,
Nasu, conmeax veineas, catiser que des mnibeurs. Vos pères ont jedis, caus lcs chmp de Belloune,
Cnngais l: Iberté.. Jumais, jomais personne
Ioscra Farracher de leurs valilantes mnins,
Des insins de CCS héros, dignes d'eire romains. Venes denc, avec nous, sais troaile, sans alarmes,
Apprentre de Palude à comnitre les charmes. Ainez, simez Virgiles au miliea des combats
Son champ lui fut ravi par d'avides soldats. (a) Her stulia adolescentiam alunt ; senectaten cblectant ; secnrdas foris res ornant ?
.. Jumais, jomais personne
Ioscra Farracher de leurs valilantes mnins,
Des insins de CCS héros, dignes d'eire romains. Venes denc, avec nous, sais troaile, sans alarmes,
Apprentre de Palude à comnitre les charmes. Ainez, simez Virgiles au miliea des combats
Son champ lui fut ravi par d'avides soldats. (a) Her stulia adolescentiam alunt ; senectaten cblectant ; secnrdas foris res ornant ? adrer sis perfugiun ac: solatim picbent; delcciant domi, non impediunt
5 pernocient tubiscun, peregauantur, rusuicantur. Cic, orat. pro Archià poetà, --- Page 21 ---
(17)
n sapplia César de rendre à so: vicux pere,
Ce champ, de ses ateux seui bien hérédilaire.
Cisar est aul milica de cent fiattouses voix,
Qui vanteut sa valeur et chantent ses expinits:
Mais chacun fit siience, en entendaat Virgie:
L'Empereur souriant, lui dit: Suyes tranguille;
Le chump de POs aleur ne pous est point 6té,
Yous rerres potre asils, en lous ten:s respecié ; (1)
Je peux qu'cutour de 1'OZLS la liberté respire.
Tant sur les coeurs bien nés les taleus ont d'empirel
Redcubiez donc de zele, et d'ardeur et dellort,
Vous qui, de la scieace, amassez les trésors.
Ainsi gat'on voit Pabeite, à son travail constante,
Aller, des le malin, d'une aite diligente,
Pour composer son miel, ravir le suc aux fleurs;
Sans relàche lisez, relisez vos auleurs.
Qui pent vous arrêter? quand tout YOUS encourege,
Quand le Dieu des beaux-aris favorise votre 9g03
Quand, voulant honorer le nem de ces béros,
Moitsau champ de Phonneur, cn vengeant Jeurydrapeatx.
Alexandre, à leurs fils, pour marquer sa tendresse,
Fit ouvrir cette éccie ou s'instruit leur jeanesse;
Qaand, enfin, vous voyez soit digne successeur,
Poar eimenter le plan de votre fondateur,
Dans ce jour solenael, venir, 2 cemme un ion père,
Vous assurer Tappui de sa main tuiclaire,
Sourire à VOS travaux, couronner YOS suecès,
Et sul vous de PEtat répondre les bicnfits.
Le récit de la pièce de M. Louvet a été suivi de murmures d'approlation, qui doivent le flatter et lui promer
que Passonai lée Ini a tenu compte de ses bonnes intentions
et des ellorts qu'il n'a cessé de fire pour se rendre ulilea
Pétablissement aumnel il est attaché.
I'st vein ensuite le tour de ses élèves. Ils ont dté interroges sur les réales de la langue latino, par AI. Crauville
et par M. Dumoulin, directeur d'ane pousign dans la enpitalo. Ces jeuses gens out traduit, avec fne précision remarqualle pour ieur age, dillérens jassages de PEpitome, dn
(b). Hic mhi responsum primus dedit ille petenti:
Pascie, ut ante, boves, pueri : suimittite tanres.
Virgile, égl. l.re
ont dté interroges sur les réales de la langue latino, par AI. Crauville
et par M. Dumoulin, directeur d'ane pousign dans la enpitalo. Ces jeuses gens out traduit, avec fne précision remarqualle pour ieur age, dillérens jassages de PEpitome, dn
(b). Hic mhi responsum primus dedit ille petenti:
Pascie, ut ante, boves, pueri : suimittite tanres.
Virgile, égl. l.re --- Page 22 ---
(18)
de Piris, 5 et quelques fubles de Phedra. M. Granville
leur a adressé le discours dont la teneur suit:
Jeuncs gens,
Le Président, la Commission ct celle nombrense assemHlée ont VIL avec plaisir la précision ct la frcilité avec lesqualles vous avez traduit los différeus morecaux que Pon
vons a demandés.
Si notre jenue Républiqne nent pas Rit de si rapiles
progres dans la civilisalion, ou aurit peut-etre penss que
féinde du latia ne nous est pas encore utile, maus à poine
sortis da bereeau pous avons cté foreds de deventr ies
gunts;, la commissance de celte langue ne peut done nous
être qu'avantagense.
Si jamais pays a mérité d'avoir de bons listoriens, d'est,
SRIS contredit, notre belie Haiti: Facite, en vous comnniquant son feu, VOuS doauera sa laconique dloquenes;
Cicéron, justentent sumnommé Porateur roumie, veus Ap
prendra à défondre Piunocence opprimée, et irop souvent
assimilée au crine; un de VOS coudisciples virat de vor
mettre, au nom de vous tous, que vous clrunterez un ioxt
Jes hants-faits de VOS peres: oui, vOS pères se sont allastyes
daus les champs poudrenx de Ballonc, dent à vOns de
célébrer leurs nobles clloris et leurs giorieuses victoires :
Virgile vous prétera Sii lyre enchassforesse.
Dans tous les pays, les vices et des défeuts de ia socicté
échappent presqque tonjours à la sévénilé des lois, en vous
familarisant avec le pirnant Hlorace et le piorlant Juvénal
vous corrigorez les bomnes en les faisant rire,, et vous Rllrez souvent la gloire de réformer, par Ja satire, ce que
Thémis ne pent détrnire quc par son glive.
Continnez donc, jeunes hoitious, contiinuez de vous livrer
avec ardeur à Pélude de celte belle langue; répondez aux
soins de VOS estimabies Professeurs, et vous HOUS tronverez
toujonrs la palme à la main prèts à couroner vOS succès
ou vos clioris.
Les élèves de celte division, formant aucsi l promiore
division de Mathématiques ; ont été examninds sur toute
Thémis ne pent détrnire quc par son glive.
Continnez donc, jeunes hoitious, contiinuez de vous livrer
avec ardeur à Pélude de celte belle langue; répondez aux
soins de VOS estimabies Professeurs, et vous HOUS tronverez
toujonrs la palme à la main prèts à couroner vOS succès
ou vos clioris.
Les élèves de celte division, formant aucsi l promiore
division de Mathématiques ; ont été examninds sur toute --- Page 23 ---
(19)
PArithunétique maisonnée. MI. Granville, qui les a questionnés, ayaut été satislit de la précision ct de Pexactitude de leurs répouses, leur a aussi adressé ces paroles:
Jeunes Elèves,
C'est avec une vive satisfaction que je vous ai interrogés
SIF les Mathématicmes, ct c'est avec mne satisfaction paus
vive encore que le publie a entencht vOs réponses ficiles
et précises : les Mathénatieqnes doivent former la priucipale
branche de votre éducation; à Taide de cctte science ihabile architecte fiit descendre du bant de nCS montagnes
escarpécs Pénorme acajon, le chône majestuenx et le pesant
gainc pour les metansorphioser dans TCS villes en superbes
édifices.
Guidé par Jes Mathématiques Partilleur, semblalle att
maitre dn tonnerre, ordonne à. in hombe fondroyante de
s'élancer de Pàme du vaste mortier pour aller à point
nommé porter SCS terribles éclats avec la destrnction et la
vengesuce.
A Paidedes Mathiématiques, le savant ingésicur fait passer
hardiment uue nombrense armée sur le torrent qui semble
vonloir engloutir tont ce qui s'on approche.
Instrnit daus les Mithémntiques, Fintrépide marin, placé
daps une ciladelle ambuiaute 2 et n'avant dautre spectacle
ue des montagnes Equides ct le dôme immense des cienx,
parconrt trasauillement des milliers de licnes; il interroge
le soleil, il questionnc lcs astres; et les globes du firmament lai disent oi il est ct oit it ira.
Clest par le moyen des Mathématiqnes que le pacifique
arpenteur indisne aut laboriens caltivateur quelles sont los
Tirnites de sou terrain : par l, il dissipe ct prévient les
désniious qui sout si souvent cxcitées par l'incertitude ct
Pantoret.
Eofinles Mathématicnes conduisent, tou;lejemnelomme
gis se livre à Pétude de ceite science est certain de sC rendre
E jour utile à sa patrie, et c'est à ce but, jeuses haitions,
qus dorvent tendre toutes vos pensces et toutes vos actions.
Comme il se faisait tard, on n'a pas jngé convenable
terrain : par l, il dissipe ct prévient les
désniious qui sout si souvent cxcitées par l'incertitude ct
Pantoret.
Eofinles Mathématicnes conduisent, tou;lejemnelomme
gis se livre à Pétude de ceite science est certain de sC rendre
E jour utile à sa patrie, et c'est à ce but, jeuses haitions,
qus dorvent tendre toutes vos pensces et toutes vos actions.
Comme il se faisait tard, on n'a pas jngé convenable --- Page 24 ---
(20)
d'interroger la densième et la troisième division d'Arithmétirqne. En conséquence, M. Chanlatle a fit à la divisiont
de M. Lonvet diverses questions sur Ja Spbère et la Giographic (1), et la maniere dont ils out répondu prouye
quils ont élé aussi soignés sur cetie partie que sur les autres sur lesqutelles ils avaient déja eié examinés.
Lexamen a été terminé par le récit de divers morceaux
de poisie dont Pun, composé par le Directeur du Lycée,
à l'occasion de la fête du Président (2); nous parait mériter ane place dans ce rapport. Le voici tel que Pa récité
le jeune Rinchère.
DAMIS ET MONDOR,
ou la Suint-Jean et Za Stint-Pierre.
D. Président Pai célébré la fite,
Disait Damis: grace à des vers heureux
Que Pai sortissans efiort de ma tete,
La Saint-Jean désornis sera le jour faneus.
Le jour de joie universelle
Pour toute la tribi4 des Jcans.
Jeunes, barbons, petits et grands
Verront récompenser leur zele;
Is seront les enfans chiris,
Ils auront pitis et perciris;
Sur Saint-Pierre, Sai.t-Jean aura la préséance.
Tout heau! mon cher Damis, lui répond aussi-tôt
Lc poete Noudor, tout plein de suflisance, 2
J'ai chanté la Saint-Pierre, et je ne suis pas sot.
(1) M. Rouanez, P'an des memhres de la Commission d'Instruction pablige, devait examiner les élèves sur la Sphère et la Geogsraplie, nsis s'étant trouvé indisposé, il a été furcé de se retirer
dans le conS de la séance.
(2) Voii l'anecdote qui a docné Jieu à la composition de cette
picee. M. Laprée étnt allé le jour de la Saint-Jean présenter SeS
honnuages au Président, à Pocersirn de rette fote. Le Président,
avec sOil aménité et sa gricté ordinaire lui dit," en riant 7. que la
Saint-sean u'était point si fete, neis rien la Saint-Pierre. Au sitplus, 7 ajoutu-i-il, je nea suis pus noins sensille à Pexpression des
soubaits que ycus fites pour noi Pil ce jour: j'aime également 1u0S
deux pations; : je uc stis pas plus pour Ticrre jue pour Jesn.
ersirn de rette fote. Le Président,
avec sOil aménité et sa gricté ordinaire lui dit," en riant 7. que la
Saint-sean u'était point si fete, neis rien la Saint-Pierre. Au sitplus, 7 ajoutu-i-il, je nea suis pus noins sensille à Pexpression des
soubaits que ycus fites pour noi Pil ce jour: j'aime également 1u0S
deux pations; : je uc stis pas plus pour Ticrre jue pour Jesn. --- Page 25 ---
(21)
Mes vers sout bien tournés; et fidelle à la rinie
Ma Muse a SiI passer du plaisant an sablime.
Elle a charmé Tilustre Mrgistrat,
Qai veille sans relache an salat de P'Etat.
Aussi sa reconnaissance
Accorde la préémiinence
Aux heurcus Pierres d'i:i-bas.
Sur les Jeans ils auront le pas.
Vive! viveà jamais Saint-Pierre!
Vive Saint-Jean! repart son adversaire;
Jean est beaucoup plus gracieux.
Pierre vaut, , II l fi, beanconp mieux.
Jenn, le plus profond dcs Apôtres,
Est divia jusqu'en ses écrits.
Pierre vant lai seul tous les autres;
Il tient les clefs du Paradis.
Jcan baptisa le naif Lafontaine,
Racine ct mille auteurs divins.
Corneille règue Sitr la scène :
Ce Picrré là vaut tous les écrivains.
Nos poctes rivaux se piqnant de plus belle,
Ils en seraient venus aux coups 2
Tant était monté lear courroux.
Un tiers auteur appaisa lcur querelle.
Messienus, da-i, medérez ce transport.
Au Présidient vous faites tort.
Fétons-le tons : sa justice sévère
Est autant pour Jean que pour Pierre.
Le silence ayant succédé aux applan.lissemens que le récit
de cette pièce avait ext cités, M. luginac, Prr sident de la
Commission d'instruction publique, s'est levé, et s'adressant
au Directeur du Lycée mtional, a dit:
Ciloyen Directeur du Lycée national, ,
La Commission de Tinstruction publique est satisfaite
des progrès qu'ont faits VoS élèves daus le cours de leurs
études. Elle vous Cil felicite par mon organe; 5 et elle ne
doute point que vous ne redoubliez de zèle et d'ardenr,
afin de mettre VOs jeunes disciplos à même de pouvoir un
jour atteiudie à la comaissance parfaite des helles-iettres,
et vous, Citoyen, de mériter la gratitude de vOs compatriotes.
La Commission de Tinstruction publique est satisfaite
des progrès qu'ont faits VoS élèves daus le cours de leurs
études. Elle vous Cil felicite par mon organe; 5 et elle ne
doute point que vous ne redoubliez de zèle et d'ardenr,
afin de mettre VOs jeunes disciplos à même de pouvoir un
jour atteiudie à la comaissance parfaite des helles-iettres,
et vous, Citoyen, de mériter la gratitude de vOs compatriotes. --- Page 26 ---
(22)
Il est vrai, comme vons Pavez remarqué, qu'Haiti a
perdu un tems bien précienx, dopuis fépoque mémorable
qualla proclana son indépendascs > cn facc de Punivers,
jusqata cclui de Sa gloriense détermination de s'instituer
en République libre et indivisiblo. Heurensement, pour le
bonbeur de notre patric, ce tonis a été de courte durée,
el colui qui Fa suivi a réparé, en pen dannéos, les maux
incalculbles qui tendaient à la roplonger dans la barbarie,
dont, aprés tant de longs et courageux ellorts, elle s'6tait enfia retirée.
A des jonrs de calamités ont succédé des jours de félicilds. Semilables aux ouragans passagers, CCS jours désastreux n'avaient laissé après eux que dos ruines, que d'affroux dégits; mais la main réparatrice du Tont-Puissant en
a arrêté lcs déplorables suites, et nous ressentons actuellement les effets bienfesans dun gonvernement paternel qui
nous presage la prospérité future dHaiti.
Alcsandre Petion, de glorieuse ct immortelle mémoire,
avant de descendre dans la tombe, a posé les bases inébranJables Silr lesquelles sont établis et notre bonbeur et notre
sécurité. Premier Fère de la Patric, il en est anssi le
mier législateur. Il a tracd la route que nouS avions à PE
nir, afin de parvemr à mériter Postime des nations et à
couserver le rang que nous avous- pris parm elles.
Son Excellence lc Président dHiti, Jean - Pierre
Boyer, <puc ses vertas,- ses taleus ct soa patriolisme
ont eppele à Ini succdder à la premicre magistrature d'un
penple libre, s'est montré dignc de ce rang suprême. Ses
solles qualids hi ont acquis la cousidération des peuples
civiliscs ct Fimour de sOS compatriotes. Dans le cercle imtuense de SCS grandes occupations, il a douné ses soins à
Ilustreetiou pabiique, source principalo de l'élévation ct
do la conservation des Elals. Nagnéres, daus HOS villes, on
ne veyuit ne de fibles écoles oi l jouesse haîtienne
appresait iwpasfaitement les nreniers életnens de la lecture, de Téeriture ct de Parithmnéiqne: neiniesant, nous
vovons s'élevor de tonte part des maisons déducation bicn
temnes, ot Ics deux SeiCS sont initids dans les ivelles-lettres,
les benux aris el les mathéatiques.
als. Nagnéres, daus HOS villes, on
ne veyuit ne de fibles écoles oi l jouesse haîtienne
appresait iwpasfaitement les nreniers életnens de la lecture, de Téeriture ct de Parithmnéiqne: neiniesant, nous
vovons s'élevor de tonte part des maisons déducation bicn
temnes, ot Ics deux SeiCS sont initids dans les ivelles-lettres,
les benux aris el les mathéatiques. --- Page 27 ---
(25)
La Commission voit avec plaisir, Citoyen, que VOuS
ayez accordé un tribut d'éloges aux promotenrs de Ponseignoment mntel,qui, les premiers, Pont transplauté sur
notre sol: : ils ont droità la reconnaissance nationale. Puisce
cette plante exotique s'indigéniser dans notre terre natale,
et dans son accroissement, étendre ses rameaux salutaires
sur ces jeunes enfans, l'espoir de la patrie !
Le L.ycée national, tel qu'un foyer ardent dont dmanent
des rayons lumineus, fera sans doute sortir de son sein des
sujets rares qui deviendront les lumières du
les it
vus maitre ct les plus fermes soutiens de PEtat. pays Cest qi à
Citoyow, qu'est confié le dépôt le plus cher et lc vous,
sacré des familles: : c'est de vous, c'est de Messieurs plus lcs
Professeurs qui vous secondent si diguement, qu'on à lien
d'espérer que vOs disciples intéressans deviendront un
les émules de Jeurs parens et qu'ils ue ternirort jour
leur gloire, en fesant honte A la némoire des sauveurs point de
la patrie, des défenseurs de la Liberté, des fondateurs de
la République.
Vive la République d'Haiti! Vivele Président d'Haiti!
De nouveaux applaudissemens, 2 suivis des cris de Vive la
République, Vive le Président d'Haiti, auxquels se mélaient
les accords d'une musique guerrière ont tenu pendant un
quart-d'heure les nombrenx speclateurs dans Pivresse de la
joie la plus pure. Eufin, cette longne et agréable
gui presentait tous les caractères d'une fête
séance, ct
offrait tant de sujels d'espérance pour Favenir, nationale, 2 a été terminée, au milieu des baltenens de mains répétés de Pauditoire, par la distribution solennelle des
mier magistrat de la République a faite lui-même prix que aux
A mesure
les élus
are
que
étaient couronnés par le Président et
receyaient de ses mains protectrices la récompense u'ils
avaient méritéc, ils allaient, tout rayonnant de
se
former en carré autour de son siège. En posaut la couronne joic,
sur la tête de chacun de ces élèves S.E. leur adressait, avec
cette bonté qni la caractérise, les paroles les plus flatteuses.
Ceux-mémes des élèves qui n'ont pas eu le bonheur d'obtenir de prix ont reçu des marques de la bienveillance du
--- Page 28 ---
(2k)
chef éclairé qui préside à nos destinées : il lenr a dit à tous
les choses les plus encourageates: ct, en les invitant de faire
tous leurs efforts pour être plus heurenx au concours prochain, il leur a promis de récompenser leur zèle et leur application daus Pintervalle de cette époque. Alorslc Président
s'est levé, et accompagné par los mombres de la Commission d'Instruction pailique, et par son Etat-Major, ils'est retiré au milieu des acclamations générales des spectaleurs.
La séance a été ferméo 10 heurcs,
lomminie
encourageates: ct, en les invitant de faire
tous leurs efforts pour être plus heurenx au concours prochain, il leur a promis de récompenser leur zèle et leur application daus Pintervalle de cette époque. Alorslc Président
s'est levé, et accompagné par los mombres de la Commission d'Instruction pailique, et par son Etat-Major, ils'est retiré au milieu des acclamations générales des spectaleurs.
La séance a été ferméo 10 heurcs,
lomminie --- Page 29 ---
LIBERTÉ,
ÉCALITÉ.
RÉPUBLIQUE D'HAYTI.
Le 16 Décembre
1819.
An 16e. de PIndépendance.
LYCÉE NATIONAL.
Cistritatin aolonnellé des Gia
Liste des Elèves qui ont été couronnés.
PRIX DE SAGESSE.
Elèves internes.
M. DORET, de Miragoanc, l'a obtcnu à la
de ses camarades.
pluralité des suffrages
MM. RINCHERE, SIMON (André), SIMON
d'étre cités pour leur bonne conduite durant Pannée (Jean), méritent aussi
classique.
Elives externes.
Une applicntion constante et une conduite
rité à M. COVAIN le prix de sagesse.
irréprochable ont méMM. COQUIERE (Piorre), BONNET (Auguste), ont obteuu, durant Fanaée, de (Edmond), très-bones FRESNEL
notes.
PREMIERE DIVISION.
Traduction du Tatin ei Français.
Premier Prix.
BASQUIAT (Louis-René),
agé de 13 ans.
natifdes Conaives,
Deuxième Prix.
DAVID-TROY
Port-au-Prince, agé de 13 ans.
(Jepl-Augatins-Louh), du
Premier Aecessit. 1 BROUARD (Nicolas), du
âgé de 10 ans.
Port-au-Prince,
Deuxième Accessit. - RINCHERE
Mare, agé de 13 ans.
(Perre-Alexandre), de Sainta
ei Français.
Premier Prix.
BASQUIAT (Louis-René),
agé de 13 ans.
natifdes Conaives,
Deuxième Prix.
DAVID-TROY
Port-au-Prince, agé de 13 ans.
(Jepl-Augatins-Louh), du
Premier Aecessit. 1 BROUARD (Nicolas), du
âgé de 10 ans.
Port-au-Prince,
Deuxième Accessit. - RINCHERE
Mare, agé de 13 ans.
(Perre-Alexandre), de Sainta --- Page 30 ---
(26)
Tradluction du Français en Latin.
Premier Prix.
BASQUIAT (Louis-René), natif des Conaires,
Ay de 13 ans.
Deuxième Prix.
EROUARD (Nicolas), du Tort-au-Prince, igé
de 10 ans.
Premizr Accessit. - - RINCHERE (Pierre-Alexandre), de SaintMare, Agd de 13 ans.
Duxieme Accessit.
DAVID-TROI; du Port-au-Prince, âgé
de 13 ais.
OBSERYATIONS.
MM, BAUDE (Lonis-Mnie). du Port-ar.Ivince, igéde 12ans, DELAUNAY
(Jemn-Bapsiste), du Vort-au-Farcn.aye. de 14 ans: Eid3PDOJen) natfde l'Anseà-Veau, agé de13 ans, érant montés de la 26. 4 la ire. Division. et n'ayant pu conccuriravec ies anciens Elèves de cedeciasse, méritent cependant ane mentic. honorable,
MEMOIRE.
Premier Prix. - BROUARD (Nicolas), du Port-su-Prince, âgé
de 10 ans.
Dausième Prix. - BASQUIAT (Louis-René), natif des Conaives,
age de 13 ans.
Premier Accessit.
DAVID-TROY (Inephe-Auguate), du Portau-Prince, agé de 13 ans.
Deurieme decessit.
DELAUNAL (Jean-Bepliste), du Port-auP.ince, àgi de 14 aus.
DILIGENCE.
Prix unique. - M. BROUARD (Nicolas), du Port-au-Prince, age
de 10 aus.
m a iilflite
SECONDE DIVISION,
LANGLE FRANCAISE.
Application des Regles grammaticales auL Discours.
Premier Prix.
Partagé entre MM. SIMON (4 Andns), agé
de 13 ans, du Grand-Goave, et FRANSEUL (Aalaine-Kenc), igé
de 12 ans, de Siint-Yago de Caba.
Dusieme Prix.
SIMON (Jear), age de 13 ais, de Léogine.
Premier dtcessit.
BUNNET (Aicaandic), agd de 11 aus; du
Pat-ou-Prince.
CAISE.
Application des Regles grammaticales auL Discours.
Premier Prix.
Partagé entre MM. SIMON (4 Andns), agé
de 13 ans, du Grand-Goave, et FRANSEUL (Aalaine-Kenc), igé
de 12 ans, de Siint-Yago de Caba.
Dusieme Prix.
SIMON (Jear), age de 13 ais, de Léogine.
Premier dtcessit.
BUNNET (Aicaandic), agd de 11 aus; du
Pat-ou-Prince. --- Page 31 ---
(27.) )
Deuxième Aceessit. - FRESNEL (Auguste-Ignace), âgé de 14
ans, du Port-au-Prince.
LANGUE LATINE.
Premiers élémens.
Premier Prix. - SIMON ( André) agé de 13 ans, du GrandGoave.
D:ucième Prix. - - FRANGEUL (Antoine-René), âgé de 12 ans,
de Suint-Yago de Cuba.
Pramiar-Accessity,
BONNET (Alexandre), igé de 14 aus, du
Port-aa-Prince.
Deuxiène Accessit.
FRESNEL (Anguste-Ignace) ), àgé de 13
ans, du Port-au-Prince.
MEMOIRE.
Cc Prix a été partagé entre MM. BONNET (Alexandre), agé de
14 ans, du Port-au-Prince; BOIS-BLANC (Dausins), àgé de 11 ans,
du Port-au-Prince: ; FRANGEUL (Antoiie-ltexc), age ce 12 ans, de
Saint-Yago de Cuba, FRESNEL (Augute-Ignnte), àgé de 13 ans,
du Port-an-Prince; SIMON (Jean-Audire) agd de 13 ans, du GrandGoure, et SIMON (Jeau), igé de 13 115, de Léogane.
Premier decessit.
BOIS-BLANG (Valmont).
Deuxiëme Accessit. - THÉZAN (Eximond).
DILICENCE.
Prmier Prix. 1 COQUIÈRE Jean-Pierre) ) agé de 11 ans, du
Pori-n-Prince.
Dexième Prix. - TITÉZAN (Edmond).
Tamoryes-MM BONS-BLAXC(V-wwe), DELPICHE (Elienne),
LALANNE, ct INGINAC (Duton), méritent d'être cités d'une mauiere honorable : les trois premiers ont épronvé des maladies qui ont
rolurdé leurs études; le troisième n'a suivi lcs cours du Lycéc que
depir doux mois.
TROISIEME DIVISION,
LANGUE FRANÇAISE.
Classe élémentaire.
Premier Prix. 1 PLAISANCE (Victorin), àgé de 12 ans, du Portr
au-Prince.
lienne),
LALANNE, ct INGINAC (Duton), méritent d'être cités d'une mauiere honorable : les trois premiers ont épronvé des maladies qui ont
rolurdé leurs études; le troisième n'a suivi lcs cours du Lycéc que
depir doux mois.
TROISIEME DIVISION,
LANGUE FRANÇAISE.
Classe élémentaire.
Premier Prix. 1 PLAISANCE (Victorin), àgé de 12 ans, du Portr
au-Prince. --- Page 32 ---
a 0 28) )
Deuxième Prix.
Partagé entre MM. ELJE (Pierre), dge de 12
ans, du Port-au-Prince, et NAU (Anguste), agé de 10 ans, du
Port-au-Prince.
Premier Accessit. - a CULLEN (William), âgé de 7 ans, du Portau-Prince.
D uxième Accessit.
LALANNE (St. Hille), âgé de 10 ans.
Remargue.
M. DESIR (Sanon), mérite d'étre cité pour son ap
plication. Le Prix de Diligence lui a été accordé.
eOlDlees..
QUATRIEME DIVISION,
LANGUE FRANÇAISE.
Classe primaire.
Premier Prix. Partngé entre MM. LAROCHE
de 10 ans, et POMPONEAU (Jean-Charles), agé de (Delcey), 10 ans. âgé
Deuxieme Prix.
CORVIN (Jean-Frangois), agé de 10 ans, du
Port-au-Prince.
Premier Accessit.
GAUDIN (Louis), àgé de 9 ans; > du PetitGoave.
Deuxième Accessit.
NONEZ (St. Fal), agé de 12 ans 3 du Portau-Prince.
DILIGENCE.
Prix unique. - SENAC (Pierre-Nicolas), agé de 12 ans, du PetitGoave.
Iemarque. - MM. FREMONT (Plilippe), igé 2cg ans, DELVA
(Fénéles), agé de 7 ans, COQUIERE (Aiexeudre),
de 6
NONEZ (Ina), NAU (Auguste), ct BLANCHET, mériteat agit d'etre ans, cités avantageusenent pour leur zèle.
MATHE M. ATIQUES.
PREMIERE DIVISION.
Aritlmétique.
Premier Prix.
BROUARD (Nicolas), àgé de 10 ans, du Portau-Prince. --- Page 33 ---
( 29 )
Deusième Prix.
DAVID-TROY (omph-Augute-laui),
de 13 ans > du Port-au-Prince.
dgé
Premier Aecessit. BAUDE (Jean), agé de 12 ans, et RINCIÈRE,
Alexandre.
Deuxieme Accessit.
BROUARD (Jean), agé de 13 ans, 2 et
BASQUIAT (Louis-René).
DEUXIEME DIVISION.
Ldritlmétique jusqu'aux carrés exclusivement.
Premier Prix.
DELAUNAY (Jean-Boptiste).
Deuxiëme Prix.
LALANNE (Antoine).
Premier Accessit.
MM. THEZAN (Edmond), COQUIERE
(Jean-Pierre).
Deuziéme Accessit. - BOIS-BLANC (Alexandre).
TROISIEME DIVISICN.
L-drithmétique jusquid la Division exrlusinerrent.
Premiar Prix.
Partagé entre MM. SIMON (André ), et
PLAISANCE (Victorin).
Deuxième Prix.
SIMON (Jean).
Accessit. - SANON (Jean-Jacques), 3 âgé de 13 ans, de Miragoane.
ECRITUR E.
PREMIERE SECTION.
Premier Prix.
Partagé entre MM. BROUARD
et
BOIS-BLANC (Valnont).
(Nicolas)
Accessit.
LALANNÉ (Antoine).
DEUXIEME SECTION.
Premier Prix.
PLAISANCE (Victorin).
Accessit.
KENSCOFF.
TROISIEME SECTION.
Premier Prix.
CORVIN.
dccessit, - - DAVID (Fortuné).
FIN.
-Jacques), 3 âgé de 13 ans, de Miragoane.
ECRITUR E.
PREMIERE SECTION.
Premier Prix.
Partagé entre MM. BROUARD
et
BOIS-BLANC (Valnont).
(Nicolas)
Accessit.
LALANNÉ (Antoine).
DEUXIEME SECTION.
Premier Prix.
PLAISANCE (Victorin).
Accessit.
KENSCOFF.
TROISIEME SECTION.
Premier Prix.
CORVIN.
dccessit, - - DAVID (Fortuné).
FIN. --- Page 34 ---
07-138 3223 Ce
E820
f 2ec uoy
C718c
Ssbct 14552 --- Page 35 --- --- Page 36 ---