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CONMIRSION-GIVILE,
AU NOM DE LA REPUBLIQUE,
WOUS, LRGER-FELRITÉSONTHONAS.
las
ConmifricCiufpe
Ropublique, 2dligue
aux) llec Sangaise 2e P'afmrinpue Jouc l
Vonts poury senablirt'oDee 88 la mangultils
pablgu
nous fommes fait
Nous
répréfenter par le commiffaire inftruéeur
de la cour martiale, feaion du Port-Républicain, & nous avons examiné foigneufement les pièces de P'affaire de la Petite-Rivière de
PAitibonite.
Les principales font : 1o. celle intitulée : Projet pour avoir la paix ;
Plan confinutionnel, Elle cst adreflée à Guyambois. 2". Une copie de
la lettre d'envoi & de propefition de Cc prcjer de la part de Guyambois
à Biassou, datée du camp Sber, le 5 août dernier.
3°. Un procés verbal de la délibération prife par les habitans de la
Petite-Rivière, le 6 acdt,fur la communication que Guyambois paroit
leur avoir donné de fa lettre à Biaffou & à Jean-François, & de leur
réponte.
4°, Une adreffe de Guyambois auX commiffaires cirils, datée du
de Cc prcjer de la part de Guyambois
à Biassou, datée du camp Sber, le 5 août dernier.
3°. Un procés verbal de la délibération prife par les habitans de la
Petite-Rivière, le 6 acdt,fur la communication que Guyambois paroit
leur avoir donné de fa lettre à Biaffou & à Jean-François, & de leur
réponte.
4°, Une adreffe de Guyambois auX commiffaires cirils, datée du --- Page 2 ---
RPJCB
(*)
août, portant envoi du plan, précédemment annencé, remile
7 Guyambois, à notre cellegue Polverel, laPetite-Rivière, le 7aoit.
pat Elles ont été paraphées, toutes les quatre, par notre collegue,
lors de l'interrogatoire qu'l a fait fubir à Guyambois à Saint-Marc, le
8 du même mois d'août.
Dans le prétcndu plan conftirationnel, nous avons trouvé des extrad'une imagination exaltée, des réves d'une tête en delire;
vagances mais fi ces folies n'annorcent pas chez leur auteur la moindre aptitude à traiter de pareilles matières, le fonds de fon travail fait'du
,moins l'éloge de fes principes & de fon coeur;
Il a en vuela ceffation des maux qui depuis long-temps affligeoint
nombre de quartiers de la colonie, & qui commençuient à fe faire fentir
dans le fien ; Ja liberté générale des efclaves ; Comme frangais, y lit-on,
nous ne pouvons avoir des efclaves : c'ef contre la confiutionfiangaifa
& répablicaune,la confervation de la colonic à la France, fon accroiflement méme, au profir de Ja république.
Son projet enfin eft mal conçu,mal digéré, infenfé , fi l'on veut;
mais il ne peut être regardé comme criminel.
Guyambois dit dans fa lettre à Biafloa que fon coeur cn eft fingulièremert flatté, difons plus, 1 la tête lui en a tourné. e
Il s'eft imaginé voir réalifer tout ce qu'on lui difoit là. Il n'avuen
Jean-François & Biaffou que des hommes combattant pour leur liberté,
i l'exemple de tous les français : il a négocié avec eux : il en 2 d'abord
obtenu la fufpenfion de leurs hoftilités ; enfuite, foit que ces deux chefs
ou ceux qui les font agir n'ayent pas cu, en fon influence & en fon
pouvoir, la confiance qu'il paroit avoir eue lui-même; foit qu'il ait cru
prudent & fage de s'étayer, pour fa propre fareté, de l'affentiment
de fes concitoyens, 1 il a fait affemblerla commune de la Petite-Rivière.
Le préfident a annoncé à cette aflemblée les démarches de Guyambois,
pour procurer une paix telle que des français, de vrais républicains,
font en droit de l'attendre, fans compromettre l'honneur de la mèrc-
oit avoir eue lui-même; foit qu'il ait cru
prudent & fage de s'étayer, pour fa propre fareté, de l'affentiment
de fes concitoyens, 1 il a fait affemblerla commune de la Petite-Rivière.
Le préfident a annoncé à cette aflemblée les démarches de Guyambois,
pour procurer une paix telle que des français, de vrais républicains,
font en droit de l'attendre, fans compromettre l'honneur de la mèrc- --- Page 3 ---
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ont unanimement dit & crié:la paix, la paix!
patrie, & tous les citoyens
à Biaffou
On y a enfuite donné leêture de la lettre de Guyambois
& à Jean-François, & deleur réponfe; d, tous les citoyens ont applaudi
mefures
&
priles pour ramener la tranquillité & la
aux
fages pacifiques
fireté de toutes les parties, fans effulion de fang; ils ont cngagé
Guyambois à poursuivre ce qu'il a fi bien commencé.
Tel eft en fubftance le contenu de cette délibération.
Guyambois a eu tort, fans doute, de s'ériger de fon chef, en
& fes ennemis, fans y étre 2umédiatcur entre la république françaife
torife par les dilégués de la république. Biaflou & Jean-François
n'étzient que des inftrumens aveugles de la perfidie du gouvernement
efpagnol, non des hommes combattant pour leur liberté & pour celle
de leurs femblables; en traitant avec cux, il ne faifoit autre chofe que
favorifer l'invalion de l'ennemi fur le territoire français, & nuire a la
liberté générale au lieu de la fervir & de la propager.
de reconnoitre
a été la dupe de
ne
Msis on
peut s'empécher
qu'il fincèrement la deffon enthoufiafme& de fa bonne-foi; qu'il a défiré
trudtion de T'efclavage & la confervation de la colonie à la métropole.
Quant aux habitans de la Petite-Rivière, ils font auffi repréhenfibles
d'avoir donné leur approbation aux démarches dont nous venons de
le
mais ils étoient failis de frayeur : on leur
dire le tort & danger ;
& la
faifait elpirer une paix honorable, le retour de la tranquillité,
sûreté de tous, fans aucune cffufion de fang. C'étoit là l'objet fupréme
dc leurs defirs ; ils l'ont faili avec tranfport.
Laplaine, par exemple, qui n'ont
Il en eft parmi cux, Jean-Jacques
n'avoir été
foufcrit la délibération, du 6 août, & qui paroiflent
pas
avoir précédemment, & dans d'autres occafions,
emp-ifonnés que pour
adhéré à la négociation de Guyambois.
& d'ailleurs fuffifament punis de leur
Nous les croyons tous excufables,
faute par la longue détention qu'ils ont éprouvéc,
D'après ces conlidérations diverfes;
mi cux, Jean-Jacques
n'avoir été
foufcrit la délibération, du 6 août, & qui paroiflent
pas
avoir précédemment, & dans d'autres occafions,
emp-ifonnés que pour
adhéré à la négociation de Guyambois.
& d'ailleurs fuffifament punis de leur
Nous les croyons tous excufables,
faute par la longue détention qu'ils ont éprouvéc,
D'après ces conlidérations diverfes; --- Page 4 ---
LEB
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Exerçant les pouvoirs qui nous ont été délégpés par le décret du II
février 1791:
Nous DICLARONS fafpendre toutes les procidures qui pourroient avoir
été faites à raifon des faits précédemmen: expofés contre J.aGiyambois,
François Guyambois, Boulquer, Defcourbieres, Bruncau des Sables,
Charairon, Forlangere, Logné, Remondière, Ifidore, Bioqain, Morifleau
Poincy, Meriffeau Mondefir, Ssinte-Aignc.aler; Stinte-Aigne,
Cottes de Jumilly, Bourin, Tourteau, Lambert, Langevin,
jeune;
Matharam,
fignataires de la délibération de la coinmune de Ce licu, du 6 août
dernier.
Faifons défenfes à la cour martiale, & à tous autres rribunzux, de faire
aucunes pourfustes à cc fujet, julqu'a ce que,par la conventien
il en foit 2utrement ordonné.
nationale,
Ordonnons q'ie les fus-iommés feront mis hors des prifons del la
du Po-t-Régublicain où ils font détenus; ; & cC, a la diligence du geole commandant de la province.
Les mettons fous la fauve-garde de la loi, défendant à toutes
de leur méfaire a1 médite, peine d'etre pouriuivis faivant la perfonnes
des lois:
rigueur
Sera la préfente décifion enrégiftrée à la commiffion intermédiaire 1
2u confeil fupérieur de Poueft & du Sad, & dans les tribunaux & muni- 9
cipalités de l'ouef,
Réquérons la gouveineur général, par intérim, , des iles françaifes de
PAmérique fous le vent, de tenir la, main à fon exécution.
Au Port - Républicain, le 21 mars 1794. L'an troifième de la
République Françaife,
SONTH O N A X.
Par le Commissaire - Civil de la République.
GAULT, secrétaire adjoint de la Commission.
Au Port-Républicain, de l'imprimerie de la commifion-civile.