--- Page 1 ---
%
-
-
&
2 a
--- Page 2 ---
1TDI
Habir Carter romn
Lihraru
Anmnt Huitersitr
-
& --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(134)
Sera le présent décret envoyé incessamment
à la sanction, du roi ; et vu lurgence de son
exécution, sera ledit décret avec celui qui
prononce Turgence, notifié au gouverneur général, pour par luile promulguer et faire exécuter,
ou remettre Ses observations à l'assemblée dans
le délai de dix jours, , prescrit par le décret du
28 mai dernier; sera en outre le présent décret
envoyé à toutes les paroisses, et imprimé au
nombre de quinze cens exemplaires.
Fait en assemblée générale les jour P mois
et an que dessus.
Signés, BERAULT, président.
VALLENTIN DE CULLION, vice-présid.
LE GRAND,
DEAUBONNEAU, Secrétaires.
DENIX,
Collationné pour copie conforme, et délivré
à Paris le trente octobre mil sept cens quatrevingt-dix.
DEAUBONNEAE, --- Page 5 ---
POLITIQUES, 8c.
0 SSS4
IO Mars 1791.
COLO NIE S.
Infances infrudueufes de
SAINTPAfimbla-Gestrale de
DOMINGUE 5 pour obtenir d'étre
entendue A LA BARRE de PAlfemblée Nationale. Lettre de M. LINGUET à M. BARNAFE
à ce fiujet.
Au nombre des évènemens inconcevables, des
inconféquences, fe
ou accablantes ou honteufes,
muliplient journellement, fur-tout dans le
finage d'un certain
aet
certaine
grand Palais, au milieu d'une
pire de grande Capitale, d'un certain grand Emdécrete Europe, s il faut comprendre tout ce
s'y
& ne sy décrete pas, concernant qui
Colonies
les
Américaines 3 lefquelles
une des plus précieufes
de cependant font
Dans tout ce qui a rapport poffeions à cette matière, cet Empire.
de la déraifon fe combine avec celui de lexcès
T'injuftice,
Quand il y auroit, dans P'Affemblée
un parti formé, ou pour détruire ces Colonies Nationale,
elles-mêmes, en les livrant à la
par
troubles intérieurs & fanglans qui difcorde, aux
déja à s'y développer; ou pour les commencent forcer à
féparer de la France, d'après les
fe
dit-on l'argent de PAngleterre, à infinuations, la
&
laquelle cette fciflion convient très-fort politique de
pour en faire le patrimoine exclufif de ; ou enfin
ambitieux de LAfemblée Nationale, quife quelques flattent
ANN. POL., Bc. T. XVIIL. No, 158. K
fanglans qui difcorde, aux
déja à s'y développer; ou pour les commencent forcer à
féparer de la France, d'après les
fe
dit-on l'argent de PAngleterre, à infinuations, la
&
laquelle cette fciflion convient très-fort politique de
pour en faire le patrimoine exclufif de ; ou enfin
ambitieux de LAfemblée Nationale, quife quelques flattent
ANN. POL., Bc. T. XVIIL. No, 158. K --- Page 6 ---
I18
ANNALES
d'en étre nommés les Direéteurs
quand
elles formeront un Miniftère féperé; fuprémes, dans Pun ou
l'autre de ces trois Cas 5 on ne pourroit faire
ce que l'on fait.
que
C'eft d'un Comité qu'émanent toutes ces manceuvres. Je l'ai déja obfervé pluffeurs fois, & je
ne fuis pas le feul des bons Ciroyens, des bons
Patriotes, 9 des vrais Révolutionnaires, qui-aie fait
cette obfervation. Cette Bureaucratie, qui caractérifoit l'ancien régime, & qu'on n'auroit pas dà
s'attendre à retrouver fans intervalle, naturalifée
dans le nouveau, y eft cent fois plus tyrannique.
Les défunts premiers Commis, & leurs SousOrdres, étoient infolens; ils étoient prévaricateurs:
ils violoient fans beaucoup de fcrupule toutes les
loix quicontrarioienrleurs paflions, ou leursintéréts;"
mais enfin ils n'étoient pas légalement inviolables:
on avoit aufli contre euxl la reflource des paflions,
& de l'intérét.
Il y avoit beaucoup de vexations inconnues
que P'on ne réprimoit pas; mais celles auxquelles
le hafard, ou le bonheur des opprimés donnoient
de léclat, étoient réparées, On tâchoir d'écarter
les plaintes ; mais quand elles parvenoient à pénétrer dans quelques boudoirs, à fe gliffer dans le
tourbillon de plaifirs, d'ennui 2 d'intrigues, de
fraude, de luxe, de bafleffe, de grandeur, qu'on
appelloit la Cour, 1 elles étoient entendues, 5 quelquefois accueillies, 3 & fouvent amenoient une
réforme.
Mais avec les Comités, il n'y a aucune reffource;
d'écarter
les plaintes ; mais quand elles parvenoient à pénétrer dans quelques boudoirs, à fe gliffer dans le
tourbillon de plaifirs, d'ennui 2 d'intrigues, de
fraude, de luxe, de bafleffe, de grandeur, qu'on
appelloit la Cour, 1 elles étoient entendues, 5 quelquefois accueillies, 3 & fouvent amenoient une
réforme.
Mais avec les Comités, il n'y a aucune reffource; --- Page 7 ---
POLITIQUES, &c.
Ces malheureufes
#I9
morgue, toute la affociations ont déja toute la
toute la cupidité des dureté, anciens toute Tinfouciance,
joignent Telprit de corps des Bureaux, anciennes & elles y
gnies, facré cette coalition infernale
Compaà tous les Membres, le qui rend commun,
des paflions de chacun
réiultat des intérêts,
pour être fervis à leur d'eux; ils ferventle confrere
obtenir des ceflions tour; ils abandonnent
qui fe
5 ils ont des
pour
payent par des facilités, complaifances
Et TAffemblée Nationale, d'après
impullion
ne
une première
en quelque Elc
à trop déplorer, s'étant
a
Gunlci
attribué fur elle-méme Fafcendant qu'elle leur
tude, ne peut plus s'y fouftraire 2 foit pareffe, foit habiblement dominée
: elle eft
elle - même
irréfiftiqu'elle a élevés au-deffis
par ces defpotes
elle qui gouverne la France, d'elle; ; & comme c'eft
trop vrai, que nous n'avons > il eft vrai, il n'eft
8 defpotifme,
fait que changer
O Brutus, 6 dernier des Romains
phéme que le défefpoir
! le blaf
ne devient pour nous qu'une r'arrachoit contre la vertu,
trop vraie de notre liberté ; définition trop julte >
nom.
hélas! elle n'eft gu'un
Et ce qui la détruit ainfi, ce
chimère, non-feulement nulle qui en fait une
font les Comités ! Or, de tous , mais funelle, ce
TAlfembléeNationals:
ceux qui ifubjuguent
gereuz de plus coupable iln'y en at point de plus danis
celui des Colonies : il eft ficheux 2 de plus ignorant
d'avoir à Peadee
Ka
notre liberté ; définition trop julte >
nom.
hélas! elle n'eft gu'un
Et ce qui la détruit ainfi, ce
chimère, non-feulement nulle qui en fait une
font les Comités ! Or, de tous , mais funelle, ce
TAlfembléeNationals:
ceux qui ifubjuguent
gereuz de plus coupable iln'y en at point de plus danis
celui des Colonies : il eft ficheux 2 de plus ignorant
d'avoir à Peadee
Ka --- Page 8 ---
ANNALES
cer d'auffi triftes vérités : mais je ne
preuve en main (1).
parle que fa
Ce n'eft pas ici le lieu de
la turpitude des
développer toute
accelfbires, et du fonds des
rapports qui en font déja émanés :
en prendre une idée dans le Mémoire on peut
je viens de publier pour l'Affemblée Générale que
de
(I) Veut-on un petit exemple de
noiflances de quelques-uns de ces Meflieurs létendue les des concomitiaux? A larrivéc des repréfentans. de St. Coloniaur, 9
So-dipofetenninemeas obtenir
quelques unso de ces Domingue 9
au moins des audienccs privées, juges.pour en
fufoit. Eh ! mor Jeur dit un jour un qu'on de leur refieurs importuné, votre ifle nous donne autant ces meftion que la CORSE.
d'occupala Leéteurs qui avez quelque idée de la
topographic, & du commerce,
géographie, de
cependant les affociés de M. Barave, apprécicz darts ce mot. Voilà
privé, où fe digèrent defpotiquement les le petit fenat
colonianx, qui paffent enfuite pour être des décrets antide Vaffemblée nationale: voilà les hommes émanations
fans appel, & fans avoir entendu
qui prononcent
tinées d'une colonie qui entretient perfonne à la France 9 fur les defvaiffeaux, qui eft pour la France un
de
MIIIE
de circulation annuelle; ; qui confomme objet 200 millions
de produétions territoriales françoifes, pour 150 millions
le: fein de la France fix millions de fes qui nourrit dans
de fes plus induflrieux habirans; & des plus laborieux,
peuple frangois trouvent qu'eile ne mérite repréfentans du
tant d'attention que la Corfe !
pas d'eux auLa lifte du comité colonial
noms qui excluent lidée de cette préfente cependant des
portent ces noms 9 tels que MM. fturidité; mais ceur
2e ont bien autre chofe a faire Thouret, de Chapelier,
bévues 3 ou les prévarications de CC que comité, redrefler Voyez les
fujer ma lettre ci-après, à M.
â ce
permanent, & de fait,
Barnavequi cn eft le chef
que la Corfe !
pas d'eux auLa lifte du comité colonial
noms qui excluent lidée de cette préfente cependant des
portent ces noms 9 tels que MM. fturidité; mais ceur
2e ont bien autre chofe a faire Thouret, de Chapelier,
bévues 3 ou les prévarications de CC que comité, redrefler Voyez les
fujer ma lettre ci-après, à M.
â ce
permanent, & de fait,
Barnavequi cn eft le chef --- Page 9 ---
POFITIQUES, &c. T2Y
St-Domingue faits
(i). On verra là des faitsatroces, des
mocrates incroyables. On y verra un des prétendus De
aunom du dEurope, Peuple, un des limiers toujours aboyant
lié, abattu
contrele pouvoire
coalifé
s exécuté en Europe exteutif, humiavec les fatellites de ce
s fervilement
triomphant, aflafinant en
pouvoir, régnant,
par quelles manceuvres Amérique ; on y verra
LAfemble Nationale 3 par quelles impoftures
comme une démonftration a été induite à repouffer
beau pacifique avec lequel les incendiaire le flamportion confidérable du
Repréfentans d'une
huit cens lieues,
peuple, venoient de dixconfacrer comme 2 l'éclairer, un
pour careffer 9 pour
poignard encore fanglant monument qui
patriotique le
leurs calomniateurs. On
fouilloit la main de
lecture à concevoir au moins commencera par cette
cette étrange affaire, quin'eft quelques doutes fur
qui en parlent s ni de ceux connue, ni de ceux
jugéc.
qui croyent l'avoir:
L'intention de ces Citoyens
François FIDÈLES, étoit de
vertueux, de ces
Mémoire à Affemblée Nationale. foumettre d'abord ce,
qu'il étoit fait ; ce n'eft
C'eft pour elle
devoit devenir public. En qu'avec fon aveu qu'it
vrier, ils ont écrit à M, conféquence le 24 Fé
la Lettre que voici,
Duport, alors Préfident,
MoNsrEUR LE
cc Quels
PRÉSIDENT,
que"foient les motifs de la
rigueur avec
chez (I) Tous mes
moi ce Mémoire Souferipseurs peuvent envoyer
tement,
2 qui leur fera remis prendre gratuiK3
toit fait ; ce n'eft
C'eft pour elle
devoit devenir public. En qu'avec fon aveu qu'it
vrier, ils ont écrit à M, conféquence le 24 Fé
la Lettre que voici,
Duport, alors Préfident,
MoNsrEUR LE
cc Quels
PRÉSIDENT,
que"foient les motifs de la
rigueur avec
chez (I) Tous mes
moi ce Mémoire Souferipseurs peuvent envoyer
tement,
2 qui leur fera remis prendre gratuiK3 --- Page 10 ---
ANNALES
laquelle PAlemblée Nationale nous a traités le 12
Oétobre dernier, nous n'avons
dû croire
le jugement de ce jour fur aOL.lit ni qu'il du:
en réfulter un exil perpétuel pour quatre - vingt
cinq citoyens que les intentions les plus pures
avoient amenés ici, à dix-huit cens lieues de leurs
familles 2 de leurs propriétés; les cinq mois écoulés dans l'intervalle ont été bien fuffifans à nos
acculateurs pour préparer leur attaque contre
nous.
<c Puifqu'ils gardent le filence c'eft à nous à le
rompre. Nous avons les éclaiciffemens les plus
importans à foumettre à PAffemblée Nationale, &
nous en avons de la même nature à recevoir
d'elle.
c Nous vous prions, Monfieur le Préfident, de
vouloir bien la prévenir que nous nous préfenterons demain, à une heure, avec l'efpérance qu'elle
voudra bien nous admettre à fa barre. Cette
heure.e eft deftinée aux objets qui concernent la
confitution : c'eft une raifon de plus pour qu'clle
ne nous foit pas refufée.
Cc Nous vous fupplions, Monfieur le Préfident,
d'obferver que c'eft une audience de l'Affemblée
Nationale que nous demandons, & non pas un
renvoi àfon Comité. Elle fentira la raifon de cette
difterence, quand elle nous aura fait Thonneur de
nous entendre. >>
Et en effet fe mémoire étant dirigé contre le
Comité, tendant à une prife à partie contre le
Comité, la lecture auroit fait fentir que ce n'étoit
pas au Comité qu'on pouvoit renvoyer Paffaire.
que c'eft une audience de l'Affemblée
Nationale que nous demandons, & non pas un
renvoi àfon Comité. Elle fentira la raifon de cette
difterence, quand elle nous aura fait Thonneur de
nous entendre. >>
Et en effet fe mémoire étant dirigé contre le
Comité, tendant à une prife à partie contre le
Comité, la lecture auroit fait fentir que ce n'étoit
pas au Comité qu'on pouvoit renvoyer Paffaire. --- Page 11 ---
POLITIQUE S,&c,
Un ajournement , c'eft-à-dire
nique réponfe,
un refus, à été l'udéterminée L'aflemblée générale de Saint -
à publicr fon Mémoire. Domingue s'eft
de LADemblée Nationale
Les Membres
exemplaires, la
en ont tous reçu des
on a dû fe flattér plâpart qu'ils méme le en ont eu plufieurs:
APPEL interjetté
liroient. I! eft intitulé
de Saint-Domingue, par L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE de
mieux inftruite,
àL'ASSENBLEE
s
tant du Rapport à NATIONALE elle
for bre COMITÉ des COLONIES, les II G 12 fait
dernier, que du
FoRe
& de tout ce qui s'en DÉCRET €ft
furpris fur ce rapport,
Juivre.
fuivi, ou pourroit s'enIl eft divifé en deux
Les
de la partie françoife de parties.
Repréfentans
dans la premiere que les Saine-Domingue prouvent
Frangoife en'ont pas DU les Repréfentans defituer, dans de la nation
ne l'ont pas PU : ils y établiffent la la feconde
de leur
ligalité,
Eeair
le Mémoire méme le caraétère. Il faut voir dans
ves; quoiquerélatifs à développement la partic
de ces preurique fpécialement, ces
françoife de PAméà la partie
détails ne font pas
Françoife de
étrangers
un point de jurifprudence T'Europe. Ils éclairciflent
en ce moment-ci. L'Ailemblée politique tresintéreffant
le. droit de caffer de toutes Nationale s'arroge
formalité s les Municipalites
parts lui 9 & fans
mais a-t-elle ce droit 2 Mais qui
déplailent:
général tous les officiers élus peut-elle l'avoir ? En
ils pas un caraétère commun, différencié par le peuple, n'ontxercice, : par lag graduation des
quant àlecable de fa nature par toute. autre pouvoirs,mais autorité irrévoque celle
K4
éreffant
le. droit de caffer de toutes Nationale s'arroge
formalité s les Municipalites
parts lui 9 & fans
mais a-t-elle ce droit 2 Mais qui
déplailent:
général tous les officiers élus peut-elle l'avoir ? En
ils pas un caraétère commun, différencié par le peuple, n'ontxercice, : par lag graduation des
quant àlecable de fa nature par toute. autre pouvoirs,mais autorité irrévoque celle
K4 --- Page 12 ---
A NNALES
quila inftitué, oui indeftruétible part touteautre voie
que celle d'un jugement rendu fur une forfaiture
légalement vérifiée, & prouvée?
Voilà le principe auquel "Aflemblée Nationale
déroge avec la plus étonnante légéreté: c'eft ce
gu'elle a fait à Auray, à St. h-Jeon-dAngdy, &c
ailleurs (1), macermrdPdatus
de Saint - Domingue. Sa premiere procédure en
pareil cas c'eft de caffer, toujours par
D'UN COMITÉ, des Repréfentans du Timpulfion
font pas même accufés
Peuple qui ne
legalement : & enfuite cette
ufurpation, cette vexation odieufe, deviennent, d'a.
prèsles ordres du Comité, un
ne
les
motfd@reminanrpour
pas entendre. Cet excès horrible d'injuftice
prématurée devient la juftification d'un déni de
juftice irrévocable,
Cet abus honteux, & douloureux, eft attaqué
dans le Mémoire de Saint-Domingue! Mais illeft
avec les ménagemens, les égards dûs à un Corps
tel que l'Affemblée Nationale 2 lors même
s'eft malheureufement laiffé entraîner à enfreindre qu'il
fes devoirs, à outre-paffer fes pouvoirs.
Après avoir laiflé à cet écrit le tems de
duire fon effet, quand les Repréfentans de E
Colonie ont pu fe flatter que leurs Juges l'auroient lu, médité, apprécié, ils ont adreffé le 3
Mars à M. Noailles 2 devenu Préfident de quinzaine, une feconde lettre que voici:
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
3> Ilr nous eft impoflible de concilier les principes
dejuffice, & de prudence,qui dirigent l'Aflemblée
(1) Et Paffaire d'Hlagueneau !
E
Colonie ont pu fe flatter que leurs Juges l'auroient lu, médité, apprécié, ils ont adreffé le 3
Mars à M. Noailles 2 devenu Préfident de quinzaine, une feconde lettre que voici:
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
3> Ilr nous eft impoflible de concilier les principes
dejuffice, & de prudence,qui dirigent l'Aflemblée
(1) Et Paffaire d'Hlagueneau ! --- Page 13 ---
POLITIQUES &c.
Nationaleavee le refus réitéré
12;
entendre, Il eft vrai
qu'Elle fait de nous
nés une premiere fois qu'Elle fur nous a déja condamavoir entendus: : du tems du un fauxexpolé, fans nous
de ce genre feroit devenue de(potifme une furprife
table de fe refufer à toute une raifon infurmonà tous moyens de retour. efpece Mais d'éclircifemens,
gime Miniftériel n'eft
fans doute ce récette Jurilprudence celle pas de celui de la Liberté, ni
fes
> Nous
Rellaurateurs.
nousfommesl perfiflons 2 au nom de la Colonie
à demander slesiigrinimero), les feuls
9 dont
d'être entendus,
Repréfentans,
mer fon vau aux termes du d'être admis à expridu 8 Mars 1790,
Décret conftitutionel
pas fans doute voulu auquellAlfemblée Nationale n'a
lui a furpris le 12 OGobre déroger parlejugementq qu'on
fuivant,
>3 Le motif, ou le
encore été furpris il y prétexte a huit du refus qui Jui a
judice > a été quej des
jours, à notre préinfrudlions
combinées, lonial & nous a-t-on dit, entre le concertées 2
nous , alloient paroitre, Comité Coautorifation, & ramener chez
recevoir votre
paix. Loin que cette
nous l'ordre avec la
nous écarter, c'en. eft réfolution foit un motif pour
nous admettre, &
un, M. le Préfident,
au plutôt.
pour
fident > Nous dépofons entre vOs
,1 notre réclamation
mains; 7 M.,le PréColonie, contre l'émiffion formelle, de
au ncm de la
que nous ayons été entendus. cesi inftructions avant.
expreffément l'affertion
Nous démentons
couru. Nous n'y avons que nous y ayions conpris, nous n'y
(I) On a lu les
Prenons 3
àM. Barnave ci-aprés, Lisiflateurs. Voyez à Ce fujet ma lettre
dépofons entre vOs
,1 notre réclamation
mains; 7 M.,le PréColonie, contre l'émiffion formelle, de
au ncm de la
que nous ayons été entendus. cesi inftructions avant.
expreffément l'affertion
Nous démentons
couru. Nous n'y avons que nous y ayions conpris, nous n'y
(I) On a lu les
Prenons 3
àM. Barnave ci-aprés, Lisiflateurs. Voyez à Ce fujet ma lettre --- Page 14 ---
ANNALES
nous n'y prendrons de part que pour cette réclamation.
> Notre Affemblée n'en a eu aucune connoiffance direété; fi quelques-uns de nous ont aflifté
aux Séances du Comité où elles ont été tracées.,
ce n'a pu être qu'individuellement, & fans aucune 9
miflion, ni autorifation de notre part. Nous
dons ces inftructions
regar3 quelles qu'elles foient s
comme contraires aux droits qui font acquis à la
Colonie même par votre Décret du 8 Mars. Nous
avons à craindre qu'elles n'y portent de nouveaux
troubles. Nos allarmes ne font que trop juftifices
par ceux que les inflructions du 28 Mars y ont
déja occafionnés.
3> Voilà, M. le Préfident, far quoi il eft important, urgent de nous entendre, & de nous.
entendre nous-mémes; de fupprimer touti intermédiaire. entre TAftembiecationale, nous. Elle ne
peut ignorer que nous venons de publier un Mémoire juftificatif. Nous ne l'avons publié que
parce que nous n'avons pu parvenir 2 lui en
mettre
foules motifs en détail. Ce Mémoire prouve
aflez clairement
le Comité Colonial ne peut
plus prétendre à Tue ni notre interprête, ni notre
médiateur, & bien moins encore notre Juge.
55 Si nous avions encore le malheur d'être Tea
pouffés dans la tentative que nous faifons aujourdhui par votre entremife, M. le Préfident,
être admis par PAffemblée Nationale à l'infruire, pour
nous ferons forcés, pour l'acquit de nos confciences 2 de rendre à nos Commettans, à la.
Nation entiere, le compte détaillé de nos démar-
prête, ni notre
médiateur, & bien moins encore notre Juge.
55 Si nous avions encore le malheur d'être Tea
pouffés dans la tentative que nous faifons aujourdhui par votre entremife, M. le Préfident,
être admis par PAffemblée Nationale à l'infruire, pour
nous ferons forcés, pour l'acquit de nos confciences 2 de rendre à nos Commettans, à la.
Nation entiere, le compte détaillé de nos démar- --- Page 15 ---
FOEITIQUESA
ches, de nos droits, des leurs,
Nationale n'aura pas voulu recevoir que l'Affemblée
nous demandons
de nous : &c
arrêts iniques dans dèsàpréfent la main-levée des
cinq. mois, fans pouvoir lelquels obtenir, nous gémiffons depuis
de nos prétendus délits,
même un examen
dépériflent 3> Nos familles nous rappellent. Nos fortunes
par notre abfence. La douleur,
gnation, 2 le défefpoir
l'indinous les principes de la. commencent vie.
à altérer en.
viennent d'y fuccomber; ils Cinq de nos collégues
beau le regret de n'avoir
érre ont emporté au tomprouver leur
pu la
admis, même à
iont menacés innocences du méme fort: nêtre. il eft Plufieursaures
Préfident, que cette étrange opprelfion tems finiffe. s M. le
2 Si
que comme TAffembléeNirtionale de fimples
ne nous regarde
pas nous retenir: fi, comme particuliers, la
elle ne Bz
comme dent, notre miflion , notre caraétere juftice le Texige,
de la elle confidere en nous les vrais
demanColonie, elle DOIT NOUS
Repréfentans
ENTENDAE, 3>
Dans les millions dadreffis
nellément
qui viennent jourpeut-étre jamais s'engloutir eu de plus au Manige, il n'y en a
driffante, de plus refpectueufe fondée, de plus attenénergie. Sans doute, cen'étoit même, malgré fon
blée Nationale que de l'implorer pas infulter FA.femobtenir ia réparation d'ane
elle-méme pour
elle : ce recours direét a iniquité commife
refus obftinés d'entendre fon-autorite, enfin fes
malgré T
la preuve Cune confiance
victimes, étoit
inépuifable dans la' Pe::
de plus refpectueufe fondée, de plus attenénergie. Sans doute, cen'étoit même, malgré fon
blée Nationale que de l'implorer pas infulter FA.femobtenir ia réparation d'ane
elle-méme pour
elle : ce recours direét a iniquité commife
refus obftinés d'entendre fon-autorite, enfin fes
malgré T
la preuve Cune confiance
victimes, étoit
inépuifable dans la' Pe:: --- Page 16 ---
ANN ALES a -
reté, la droiture de fes intentions. Les
de la Colonie s'y qualifient fes feuls 6 Députés legitimés
titre Repréfentans : mais outre que s'abftenir de ce
auroit été une efpèce d'adhéfion au Décret
jugeur, contre lequel précifément ils
dans toute la rigueur la plus abfolue du réclamoient, droit il eft
impoflible de fuppofer qu'ilsen foient encore privés.
Le Rapporteur que TAffemblée a fuivi
ment le 12 Oétobre 1790; a formellement aveugléles Perfonnes du jugement qu'il prefcrivoit excepté du haut
de la Tribune, G qui de fon aveu étoit déja rendu
dans les fecrets du Comité, un moisavant
fur quoi il porteroit. Ces Perfonnes
donc. fçut
reftées
Ren
ce qu'elles étoient, & c'étoient celles des
Repréfentans de la Colonie.
Il eft vrai qu'on trouve enfuite dans le Décret
leur deftitution prononcée; maistout ce que
cette monftrueufe inconféquence, c'eft prouve
tout ce qui fe faifoit CE SOIR-LA, on ne voyoit que dans
plus qu'on n'entendoit. Le Rapporteur feul confer- pas
voit une fagacité 2 un fang-froid également
fides. Il avoit étalé fon exception en faveur per- des
perfonnes , pour affoupir les fcrupules de P'Affemblée, à laquelle il vouloit furprendre un jugement.
précipité: : il avoit minuté fon Décret pour.
pour s'affurer les fruits que des motifs
Iui rendoient précieux.
quelconques
L'inconféquence dans laquelle il entraînoit fes
Collégues ne l'inquiétoit pas beaucoup : il
toit fur l'efficacité de fes intrigues dans PAffem- compblée générale même, fur la défedion d'un grand
nombre de fes Membres qu'ilf fe flattoit d'effrayer,
un jugement.
précipité: : il avoit minuté fon Décret pour.
pour s'affurer les fruits que des motifs
Iui rendoient précieux.
quelconques
L'inconféquence dans laquelle il entraînoit fes
Collégues ne l'inquiétoit pas beaucoup : il
toit fur l'efficacité de fes intrigues dans PAffem- compblée générale même, fur la défedion d'un grand
nombre de fes Membres qu'ilf fe flattoit d'effrayer, --- Page 17 ---
de
POLITIQUES, &c,
laffer, de gagner: & pour réduire
12g
décifif pour leur fermer la bouche, il avoit les autres, 3
: il le leur avoit notifié à
un moyen
eux-mêmes.
auquel Se confidérant il
déja comme revêtu de
il leura avoit alpire, dit parlant en Miniftre des l'emploi
: nous J. enverrons des Colonies,
Certainement une deftitution
forces (1).
motivée, ne pouvoit, ne devoit sinliprononede,ainfi
rieufe aux Repréfentans d'une
pas paroitre féfante du Peuple
portion auffi intérefpropres yeux. François 2 ni les dégrader à leurs
Enfin, puifqu'elle avoit la forme d'un
puifque dans le rapport quil'a
Jugement,
en propres termes que c'eft provoquée, il eft. dit
pour avoir même T'apparence de un la Jugement (2),
droit qu'elle eut au moins celle. des. validité, ilfaudiciaires : il faudroit
décifions judécrétée
qu'elle eut été
d'après un, examen
réfolue, &c
monftration guelconque de quelconque, l'envie
s une déde Intérefés. Etici, iln'y en avoit eu d'entendre les
ne pas les entendre.
que du parti pris
eft Or; tout Jugement rendu fans ce
effentiellement, radicalement
preélininaire,
eft un des axiômes
nul. Ce principe
dence : il en eft fondamentaux de la Jurifprudit-on,e eft Procureur Palphabet. de
Le Rapporteur, qui,
pour l'avoir oublié; il doit race, être n'eft pas affez vieux
affez
nepasl'ignorer : lesRepréfentans de inftruit pour
St-Domingue
(I) Voyez le Mémoire page 39.
(2).Voyez ce Rapport page 90.
élininaire,
eft un des axiômes
nul. Ce principe
dence : il en eft fondamentaux de la Jurifprudit-on,e eft Procureur Palphabet. de
Le Rapporteur, qui,
pour l'avoir oublié; il doit race, être n'eft pas affez vieux
affez
nepasl'ignorer : lesRepréfentans de inftruit pour
St-Domingue
(I) Voyez le Mémoire page 39.
(2).Voyez ce Rapport page 90. --- Page 18 ---
- ANNALES
cette Loi antérieure à toutes les Confi
réclamant & bafe de toutes les Confitutions. s de
zutions,
plus forte raifon de n'exécuter
ne condamner r,à T'entendre, n'ont dû fe regarder $
perfonne fans exécutés, ni même comme condamnés.
ni comme
réclamation eft intitulée Appel; ; or d'après
Leur
non moins familier aux jurifun autre principe fur-tout en matières
confultes, T'appel,
du
do
nelles, fufpend T'effet premier rien jugement. à Yétat des
décifion combattue ne change de St.Domingue ont
Perfonnes. Les Repréfentans dû
leur qualité;
donc pu, ils ont donc leur prendre titre pour demanqui devenoit admis précifément à la Barre. Il femble qu'ils deder d'étre
d'obtenir, après cinq mois des
voient fer Aatrer
une faveur offerte
plus inftantes follicitations 2
& requile
prodiguée
e . jufqu'au ridicule échoué: 2 ils n'ont
eux comme jufice : lls ont
par
obtenu les honneurs de la ledure.
pas même
le VenLeur adrefle avoitété remife au Prefident
dredi Mars au matin : elle a été communigule intérefloit,
1 clandellinement, à ceux qu'elle
par
à l'Afemblée Nationale , jufqu'au
fans en pârler
un Membre ayant feint de
Samedi 5 : & ce jour-là
mots du fecondalinéa,
vouloirla lire, aux premiers coupable du tèxte (1),
d'après une falfification fe font élevées : une interdes clameurs apoftées
la leéture.
ruption infurmontable a coupé
fion la
Il'ya eu difcuflion non pas pour de Pécarter favoir : un des
reprendroit, maisfur la maniere
à celui de légitimes
(I) On a fubftitué le m t ligiflateurs
que portoit] l'adrefle.
,
vouloirla lire, aux premiers coupable du tèxte (1),
d'après une falfification fe font élevées : une interdes clameurs apoftées
la leéture.
ruption infurmontable a coupé
fion la
Il'ya eu difcuflion non pas pour de Pécarter favoir : un des
reprendroit, maisfur la maniere
à celui de légitimes
(I) On a fubftitué le m t ligiflateurs
que portoit] l'adrefle. --- Page 19 ---
POLITIQUE S, &c.
principaux
13E
interlocuteurs a été le
uc.lhaponemeged
principal intémellementrecufé
danslehiémoie, & forla marche oblique Ffatc quilui eft
s'interpofer pour obtenir familière 2 il a feint de
& fait tout ce qu'il falloit qu'elle fit lue: il a dit,
fupprimée; ; ce qui a eu lieu, pour Et obtenir qu'elle fût
mieux éclaircir
par fuplement,
qui avoient voulu Tafiire, la on a décreté que ceux pour
de forre
préfenter feroient
d'avoir edie déja pour toute réponfe à une blamés
a condamné même condamnés Jans étre entendus, plainte;
&par conféquent cêtte plainte, fans la
on
on en a puni
connotire,
Dansfat
lidée 2 Tintention.
du téms oà'il tournure qu'on auroit appellée
m'a
y avoit des
jeuitigue
inculpé
jefuites, , M. Barnave
quoique je ne perfonnellement paruffe
3 &
ai dans
pour rien
outrageutemene,
le Mémoire,
dans cette affaire
donc répondre directement que je n'ai pas figné, Il faut s
lui apprendre que le droit à M. Barnave : il faut
fouscrainett, que fe fontattribués d'imsiolabilié, celui de
matière de
fes
en
du moins, légiflation, celui
ne comprend collegues
de menfonge, d'infulte. pas, jufqu'ici
Suivant lui, TAflemblée
leétivement tous les
Nationale réunit colles exercer, jufqu'à ce pouvoirs, avec le droit de
il a
qu'elle les ait délégués:
mitial meaniégoriguement dans le rapport dont il énoncé cet axiôme cocalomnie
s'agit. (r) Mais 1o,1a
la révolution, jufqwlaujoundhul, n'eft
même dans le fens de
voirs; & 2°, fic'en eft pas regardée comme un
TAffemblée Nationale un, fic'eft un de ceux pouréunit & exerce, il que
-(1) Voyez le Rapport de I2
n'y a
OGobre page 90.
iégoriguement dans le rapport dont il énoncé cet axiôme cocalomnie
s'agit. (r) Mais 1o,1a
la révolution, jufqwlaujoundhul, n'eft
même dans le fens de
voirs; & 2°, fic'en eft pas regardée comme un
TAffemblée Nationale un, fic'eft un de ceux pouréunit & exerce, il que
-(1) Voyez le Rapport de I2
n'y a
OGobre page 90. --- Page 20 ---
ANNALES
encore aucun décret 2 à ce que je crois, même
parmi ceux du foir, qui le délègue formellement,
même à M. Barnave.
M. Barnaye en ufe habituellement, il eft vrai :
mais les habitudes de M, Barnaye ne font pas
encore légalement incorporées à la conflitution:
jecrois donc pouvoir fans fcrupule, & fans danger, répondreà M. Barnave, puifque M. Barnaye
ne s'eft point fait de fcrupule, & s'eft expofé volontairement au danger de me provoquer.
Je dis au danger: on va voir fi ce mot eft déplacé;
on va fe convaincre que quand on eft aufli foible
en raifon que l'eft M. Barnaye, on court des
rifques à fe montrer aufli fort en injures & en
MENSONGES, que Peft M. Barnave.
N.B. Cette affaire prend un caradlere de gravité gui femble inféparable de toutes celles auxquellés jinterviens ; ce qui eff au fond alfer nace
tout des infortunés,
turel, 2 parce que font furopprimés, 6a des caufes juftes que je deffens, éje
les defens comme je me defendrois moi- méme.
On demandera peut-étre pourquoi les Repréfentans de Saint-Domingue ont J longtems gardé le
filence : voici pourguoi. 4 leur arrivée ils s'étoient
& pour caufe, 2 des intriguans 2
fecréuaires adrelTts 2 des eloquens de Afemblec Nayonale :
on les a trainés 3 joués de trompés , e pour caufe.
Ce n'ef gu'2 la
janvier qu'ils fe Voila font
2 moi 2
caufe encore.
T
adrefés leur parlage actuel, 6 POu muétifme pafe, G.
peut-étre Péclat du 5' de ce mois également
motiyés.
& pour caufe, 2 des intriguans 2
fecréuaires adrelTts 2 des eloquens de Afemblec Nayonale :
on les a trainés 3 joués de trompés , e pour caufe.
Ce n'ef gu'2 la
janvier qu'ils fe Voila font
2 moi 2
caufe encore.
T
adrefés leur parlage actuel, 6 POu muétifme pafe, G.
peut-étre Péclat du 5' de ce mois également
motiyés. --- Page 21 ---
POLITIQUES, &c,
133,
M. LINGUET
Citoyen
M. BARNAVE,
François 2 2
Membre de la
ture
LegiflaFrançoife A CTUELLE.
Vous m'avez, Monfieur,
fans
provoqué, fans
ménagemens, en mon
droits;
mois de Mars, dans un lieu, aéfence, le cinq de ce
vous étiez bien sûr de ne
dans un moment où
didteurs. Les échos journaliers pas trouver de contrade ce qui.s'y dit de bien, & aufi de ce quis'y fait,
heureufement s'y dit, & s'y fait de de ce qui malrépété,
VoS dires de ce non-bien, ont
n'avez pas FTE compter fur
jour-là, Vous
ferois.inftruit.
mon filence quand j'en
Comme membre de
dois avec rous les bons PAfemblée Nationale 2 je
titre. Comme particulier, Frangois, refpeét à votre
calomniateur:
vais
je vous apprécie: : comme
,je
vous confondre.
Un Mémoire
l'une de vos imprimé a paru ces jours-ci, où
votre nom procucions, , imprimée
2 eft difcutée, une de vos aulli, avec
démafquée, une des furprifes faites manceuvres
PAfemblée Nationale, & peut-être
par vous à
neftes, mife en évidence; il eft
une des plus fia
ET QUINZE fignatures bien muni de SOIXANTE
mienne ne s'y,trouve
authentiques (I) : la
pas.
(I) Les derniers excmplaires
parce que dans le cours de
imprimés en Portent
imprimés, de nouvelles T'impreflion, & fier la ledture
tion
72:
qui n'eft pas à fignatures & font furvenues, 2 obfervala fuite.
négliger, qui trouvera fa place dans
ANN.POL., Gc.
TXVILN.158. L
QUINZE fignatures bien muni de SOIXANTE
mienne ne s'y,trouve
authentiques (I) : la
pas.
(I) Les derniers excmplaires
parce que dans le cours de
imprimés en Portent
imprimés, de nouvelles T'impreflion, & fier la ledture
tion
72:
qui n'eft pas à fignatures & font furvenues, 2 obfervala fuite.
négliger, qui trouvera fa place dans
ANN.POL., Gc.
TXVILN.158. L --- Page 22 ---
ANNALES
Cependant en pleine Afemblée Nationale vous
m'en avez déclaré l'Auteur : & c'eft en le dénonçant comme rempli de faits fauz, comme n'étant
redevable de cet appareil de cautions qu'au plus
infâme des manèges 2 comme défavoué par une
partie de ceux qui l'ont figné à des conditions
qu'on n'a pas terues, DITES-VOUS, que vous me
Pattribuez. Que feriez-vous, fije vous demandois
légalement la preuve légale de cette affertion qu'il
efi de moi?
Plusles inculpations dont vous chargiez cet écrit
étoient graves, plus il femble que vous auriez dû
être réfervéà y adapter un nom qui n'y paroiffoit
pas. Moins vous deviez vous permettre d'en écarter foizante & dix-neuf qui fe préfentoient comme
garans de tout ce qu'il contient 1 pour en aller
chercher un que vous ne deviez, 2 que vous ne
pouviez pas connoître. Eh que vous importe l'auteur ? C'étoit l'écrit, c'étoient les faits qu'il falloit
difcuter, réfuter, fi vous l'aviez pu.
Les gazettes varient dans le récit de votre
manège à cette occafion. Les unes difent que
vous m'avez nommé franchement 2 ou du
moins fans autre détour que le foin de faire
précéder vOS infultes 2 de l'obfervation que
j'étois étranger à L'affaire. (I). Les autres racontent que vous vous êtes contenté de lâcher dou-
(I) Voyez le Journal des débats - 9 & des décrets, no 638.
Il paffe pour un des plus fidèles; & il doit l'être puifqu'il elt,
dit - on, rédigé par un membre de PAffemblée Nationale
gu? ne déincnt pas cette opinion du public.
de faire
précéder vOS infultes 2 de l'obfervation que
j'étois étranger à L'affaire. (I). Les autres racontent que vous vous êtes contenté de lâcher dou-
(I) Voyez le Journal des débats - 9 & des décrets, no 638.
Il paffe pour un des plus fidèles; & il doit l'être puifqu'il elt,
dit - on, rédigé par un membre de PAffemblée Nationale
gu? ne déincnt pas cette opinion du public. --- Page 23 ---
POLITIQUES, &c.
cereufement
homime
que ce Mémoire étoir
connu
Pouvrage
e
tiftement,
par..
& qu'à ce par trainé d'un artoire, de fuivant les règles de la
groffes voix
déclamation oraleurs habitués,
apoftées, celles de VOS huravoient aboyé
par M. Linguer (1). Je ferois bien par M, Linguet 1
voir ce que vous auriez
curieux de faofficieux.
fublitué à ce fupplément
Que vous ayez
efcobarderie, déft employé ou non cette
qui eft
ce qui m'intérefle fort petite
sûr, & trop férieux, c'eft
peu : ce
ment vous. m'avez rendu
que dans ce mofléchie l'objet d'un babil avec une malignité réne devois pas encore étre vindicatif dans lequel je
frayante légéreté
mélé, Avec quelle eftions & vOS féances? rempliffez-vous donc vos foncpartie (I) du Voyez le Moniteur no 66: il eft
crétaire de moins, M. s puifqu'il eft rédigé, dit-on, croyabie, en cette
M. Barnave Barnave, & que tout ce
par un Seprofit de M. y eft toujours tourné i Phonneur, qui y concerne
pondre à M. Barnave, Barnave. au moins jufqu'à ce qu'on gloire , &
Scatue
De ce genre eft la
daigne rédécernée au Cap à M.
nouvelle de la
d'après la nouvelle da décrer du Barnave fauveur des
niteur a enflé fa trompette
12 Odobre 1790. Colonies, Le Moce monument : & il n'a
pour célébrer linauguration de
de la Colonie,
pas manqué de dire que c'étoit le voeu
Statue Cependant il eft encore très - douteux
du quelconque de
ga'il y ait eu une
tout la Colonie; qui décernéc, n'eft méme au Cap, qui n'eft
n'eft la France : mais en pas plus la Colonie Nantes point
réel c'eft au Roi des
fappofant Thommage e l'effigie
eft-ce M. Barnave qui Frangois eft le Roi des gu'il auroit été adreffé, Or
le queftion Moniteur. n'a pas encore été mife à l'ordre François ? Cette grande
dujour, méme dans
L 2
eu une
tout la Colonie; qui décernéc, n'eft méme au Cap, qui n'eft
n'eft la France : mais en pas plus la Colonie Nantes point
réel c'eft au Roi des
fappofant Thommage e l'effigie
eft-ce M. Barnave qui Frangois eft le Roi des gu'il auroit été adreffé, Or
le queftion Moniteur. n'a pas encore été mife à l'ordre François ? Cette grande
dujour, méme dans
L 2 --- Page 24 ---
ANNALES
J'ai bien été témoin," & j'ai gémi, avec tous
les bons citoyens, des tempêtes deshonorantes
qui troublent trop fouvent latmofphère de TAL
femblée Nationale; j'ai entendu, en fermant les
yeux, en regrettant de ne pouvoir m'ôter aufli
complettement la faculté de Pouie, ce fanétuaire
auguite 2 cet olympe d'oà ne devroient émaner que
des loix pacifiques, fo métamorphofer en une halle
où nos demi-dicux s'injurioient en préfence,, &c
en pérfonne,avec la plus monftrueufe indécence:
mais- jignorois que leurs délibérations puffent dégénérer à votre ordre, contre des citoyens abfens,
& non Ligifateurs, en un commérage tout-à-la=
fois aufli dangereux, & auffi indifcret.
Je ne favois pas qu'il fût permis à des inviolables, de violer avec la langue la retraite d'un
citoyen paifible, 2 deletraduire fubitement, à fon
infçu, dans leur arêne, fur leur amphicheâtre, pour
y-etre digegue, pour y devenir' feul refpontible
d'un délit vrai ou fuppofé dont il eft abtous par
foixante & dix-neuf preuves phyfiques, & oftenfibles. Qu'un faifeur- de libelles eut cette malignité 2 ou cette imprudence on n'en feroit pas
étonné: mais des Légiflateurs !
Cependant, Monfieur, vous n'avez fur ce point
que le tort d'une excefive indifcrétion,0u d'une
méchanceté tres-rafinéc. Le fait eft vrai. Oui: je
fuis l'Auteur du Mémoire quira fi vivement piqué
votre orgueil. Si je me fuis abftenu de le ligner,
ce n'eft pas quejen rougifle, ni que j'en craigne
les fuites : mais depuis que la preffe eft libre,
cette formalité me paroit inutile dans. les fervices
'avez fur ce point
que le tort d'une excefive indifcrétion,0u d'une
méchanceté tres-rafinéc. Le fait eft vrai. Oui: je
fuis l'Auteur du Mémoire quira fi vivement piqué
votre orgueil. Si je me fuis abftenu de le ligner,
ce n'eft pas quejen rougifle, ni que j'en craigne
les fuites : mais depuis que la preffe eft libre,
cette formalité me paroit inutile dans. les fervices --- Page 25 ---
POLITIQUES, &c.
dece genre' que je crois: encore
rendre à lar juftice, au bon,droit quelquefois devoir
démontré,
En général on faitaffez que je ne fuis
Tulage de. me cacher, Vous étes
pas dans
m'avoir vu dans ma carriere du trop barreau., jeune pour
éphémere M & précoce de la. Révolution Fruit
ignorez ce qui Pa précédée, Vous
> vous
encore quejavois déjà Thabitide de n'exifliez pas
que de bonnes Caufes ; de ne, jamais n'entreprendre
je les avois entamées, & de n'en reculer, quand
de celles où la difcufon étoit
perdre aucune
C
tice pouvoitr influer fur
admije, où la juf
les.jugemens.
La Révolution a changé bien des
nous : elle n'a pas faip varier mon chofes parmi
encore l'efpoir
caraétère. J'ai
bonheur en ce genre. qu'elle Les ne - fera pas varier mon
lonie de
Repréfentans de la Co
lomniés St-Domingue, , vexés, opprimés, capar vous,
: ils ont d'abord voulu trompés par des intrigans dont
venus'à moi. J'ai examiné employer leur le miniftere, font
vée jufte : je m'en fuis
caufe : je l'ai trouje me fuis trouvé bien chargé, De ce moment,
affaire que vous, Quelle.y moins étranger à leur
De vous en inftruire,
étoit votre million?
inftruire LApemblée d'abord, & enfuite d'en
Nationale
FIDELE, Comment veus: en étes-vous par un rapport
acquitté ?
La mienne étoit de juftifier U,
ceux
injufemencinculpes, d'éciaircir des que faits vousa aviez
aviez, malignement diffimulés ou
que. vous
rétablir des vérités que vous aviez dénaturées enveloppés, de
réflexion, & affurément je l'ai remplie,
avec
L 3
'abord, & enfuite d'en
Nationale
FIDELE, Comment veus: en étes-vous par un rapport
acquitté ?
La mienne étoit de juftifier U,
ceux
injufemencinculpes, d'éciaircir des que faits vousa aviez
aviez, malignement diffimulés ou
que. vous
rétablir des vérités que vous aviez dénaturées enveloppés, de
réflexion, & affurément je l'ai remplie,
avec
L 3 --- Page 26 ---
A NNALES
Quand il n'auroit été queflion ici que d'une
difcuflion politique, vous n'auriez pas pu m'y trouver étranger; mais c'eft une difcuflion judiciaire!
mon nom feul juftifioit mon intervention. Vous,
Avocat d'hier, au moment où vous venez d'exercer paflagérément les fonétions de Juge, où vous
êtes accufé d'en avoir violé les devoirs, vous
ofez appeller étranger à l'affaire le défenfeur des
parties que vous avez facrifiées! Appellez-le imporlun, 7 embarraffant, fur-tout quand vous avez
eu lieu de vous convaincre qu'il eft incorreptible;
qu'iljoint quelque énergie à une droiture brutale,
& fans compofition ; mais étranger !
Au refte, maintenant que m'y voilà doublement
initié ; maintenant quel"Auteur du Mémoire dontil
s'agit elt légalement connu, & en face, examinons
les reproches que vous avez faits à cet écrit. Il ne
renferme 9 avez vous dit, que desfaits faux; &vous
en citez un exemple qui doit être bien frappant,
bien viétorieux, bien effentiel fur-tout; duquel
doit principalement dépendre le fort de Paffaire
en elle-méme, puifque c'eft d'après celui-là que
vous commandez à vos Auditeurs d'apprécier la
véracité du Mémoire entier. Cc Vous en jugerez,
>> dites-vous, 1 par le fait que je vais vous citer.
3> ON Y DIT,( dans le Mémoire,) que MM. Thouret
9> & Chapelier n'étoient point au Comité colonial
39 lorfque le Décret que vous avez adopté y fut
3> délibéré (I).
Voilà ce que vous dites : vous le dites en vous
(1) Journal des Débats & Décrets, no 638.
apprécier la
véracité du Mémoire entier. Cc Vous en jugerez,
>> dites-vous, 1 par le fait que je vais vous citer.
3> ON Y DIT,( dans le Mémoire,) que MM. Thouret
9> & Chapelier n'étoient point au Comité colonial
39 lorfque le Décret que vous avez adopté y fut
3> délibéré (I).
Voilà ce que vous dites : vous le dites en vous
(1) Journal des Débats & Décrets, no 638. --- Page 27 ---
POLITIQU E S, &cc.
rendant le dénonciateur d'une fauffeté ; en donnant le fait comme la preuve convaincante de
la jufteffe de votre dénonciation : moije demande
à mon tour que l'on juge de votre véridicité,
de l'exaétitude de votre Rapport 2 & de TOUS
vos RAPPORTS, d'après un autre fait que
je vais citer : c'eft qu'il n'y a pas dans : le Mé- i
moire un feul mot de votre citation : Celt que
P'efpece d'avis, l'exception dont vous abufez avec
tant d'audaçe, & fi peu d'adrefle,
tromper
des Auditeurs
vous faviez
difpofés à
LEROS
que
dans le
vous en croire fur votre parole, n'ef pas.
tres-ditinctement
Mémoire. C'eft un hors-d'ceuvre
différens;
féparé, imprimé à la fin en caraCteres
& voici ce. qu'on y dit.
N.B. Dans le courant de ce Mémoire nous avons
toujours parlé DU RAPPORT des 2 1, 6 2 2 Odtobre, comme étant Pouvrage du Comité : nous avons
di parler ainfi, puifque-l'imprimé qui eff la feule
maniere dont nous ayons pu le, connoitre , efintitulé, Rapport fait à l'Aflemblée Nationale, AU
NOM du Comité des Colonies, & que ce Comité
n'a pas réclamé.
Cependant nous nous croyons obligés de publier
gue MM. Thouret G Chapelier ne peuvent etre
compris dans cet énoncé. Trop furchargés d'affaires, abforbés par d'autres Comités, dès avant notre
arrivée ils n'alloient jamais à celui des Colonies.
M. Thouret l'a noramément déclaré à nos Commiffaires, gui, dans les premiers jours d'Odobre
s'étoient retirés vers lui, parce quil en étoit Préfident Titulaire.
L 4
ant nous nous croyons obligés de publier
gue MM. Thouret G Chapelier ne peuvent etre
compris dans cet énoncé. Trop furchargés d'affaires, abforbés par d'autres Comités, dès avant notre
arrivée ils n'alloient jamais à celui des Colonies.
M. Thouret l'a noramément déclaré à nos Commiffaires, gui, dans les premiers jours d'Odobre
s'étoient retirés vers lui, parce quil en étoit Préfident Titulaire.
L 4 --- Page 28 ---
1o
ANNALES
Ce fera aux autres Collegues du Rapporteur à
induguer la part gu'ils ont pu prendre, olt celle
qu'ils veulent conferver dans la compofition, & la
rédaction DU RAPPORT. Nous ofons feulement nous
flatter que ceux qui avoueront ce RAPPORT, s'abf:
tiendront à Pavenir de fe porter pour JUGES de nos
plainites, 6 de tout ce qui nous concèrne. La juftice
leur en fait un devoir G la délicatefe une loi,
Voilà ce que dit l'addition faite au Mémoire ;
ce qui L eft imprimé , ce que fans doute vous avez
lu, dès que vous prétendiez le citer; ce que vous
avez donc fulfifié avec réflexion. Votre courte
phrafe, cette preuve accablante de ma duplicité
& de votre franchife, contient autant de menfonges que de paroles,
L'avis ne parle point du déeret: iln'y eft queftion
que du Rapport : on n'y dit point que MM. Thouret & Chapelier n'euflent point allifté aux délibérations , mais qu'ils n'avoient point concouru à la
COMPOSITION & RÉDACTION du Rapport : on
n'y dit pas que ces Meffieurs aient été abfens du
Comité un tel jour précifément : on y obferve
que dès avant l'arrivée de lAffemblée de SaintDomingue, ils n'y alloient jamais : ce qui n'eft
pas dire qu'ils n'y ont pas été depuis, quand vous
avez cru avoir befoin d'un moment de léur préfence, pour donner plus de poids à votre ouvrage; pour faciliter àl'abri de leurs noms en furprenant leur adhéfion particuliere, qu'ils ne pouvoient guere refufer puifqu'ils n'étoient inftruits
que par vous, le fuccès de celle que vous mé-
lAffemblée de SaintDomingue, ils n'y alloient jamais : ce qui n'eft
pas dire qu'ils n'y ont pas été depuis, quand vous
avez cru avoir befoin d'un moment de léur préfence, pour donner plus de poids à votre ouvrage; pour faciliter àl'abri de leurs noms en furprenant leur adhéfion particuliere, qu'ils ne pouvoient guere refufer puifqu'ils n'étoient inftruits
que par vous, le fuccès de celle que vous mé- --- Page 29 ---
POLITIO U E S; &c.
ditiez de furprendre à TAffemblée
entiere (1).
Nationale
Triomphant d'une preuve auffi
avez ajouté, cc il eft encore vrai decifive', vous
>> les Commiffaires de la
que len jour où
>> rale, ont été entendus ci-devant Alfemblée' egéné-
> confécutives au
pendant quatre heures Comité, il étoit prélidé
M.Thouret. > Lefait de cette
par
tanée eft vrai 5 mais il ne vous préfidence fera momenavantageux que le refte : c'eft
pas plus
a donné lieu à ces - Commi(faires précifément ce qui
& de LA BOUCHE de MM,
d'apprendre
n'étoit jufques-là
Thouret, lui-meme, qu'il
JAMAIS venu au Comité,
Ils y avoient été appellés, non
entendus, comme vous le dites pas pour y étre
tendre dire PAR
; mais pour s'enle I2 Oétobre à VoUs, ce que vous avez répété
PAfemblée
étoient déjà condamnés
Nationale, qu'ils
qu'ils étoient des rébelles depuis long-tems (1),
aflez mal
s &c. Ce Comité eft
fa
logé : M. Thouret, en entrant
furprife : mais ce local,
marqua
être familier, obferva
Monfieur, doit vous
un des Américains ; en
Débats (T)Taifuividans & des Déerets. cette réfitation la leçon du Journal des
> (toujours dans le Mémoire) Celle du Moniteur eft < On Y LIT
37 & Chapelier n'ont
par exemple queMM. Thouret
> qu'ils Pont toujours pas donné voulu donner leur avis, tandis
révéler au Public lequel des deux >2. C'eft à M, Barnave à
les propres exprefions; pcut-être narrateurs a le mieux faifi
fienne phrafes : certainement il y en a au a-t-il moins employé les deux
; & toutes deux font également
une qui eft la
contiennent également une citation infidele. fauffes, toutes deux
(2) Voyez leMémoire, 2 page 56.
. Thouret
> qu'ils Pont toujours pas donné voulu donner leur avis, tandis
révéler au Public lequel des deux >2. C'eft à M, Barnave à
les propres exprefions; pcut-être narrateurs a le mieux faifi
fienne phrafes : certainement il y en a au a-t-il moins employé les deux
; & toutes deux font également
une qui eft la
contiennent également une citation infidele. fauffes, toutes deux
(2) Voyez leMémoire, 2 page 56. --- Page 30 ---
ANNALES
vétité, Monfieur, répondit le fincere Prélident,
c'EST LA PREMIERE FOIS QUE J'x VIENS,
Voilà ce que j'articule, d'après la déclaration
écrite de mes cliens, pour parler en termes du
métier ; & j'interpelle-ici M. Thouret lui-méme,
qui eft du métier auffi. Je ne lui demande
une déclaration affirmative:je fens bien ce
pas
couteroit à la confreternité ; mais il s'expliquera qu'elle
par fon filence. S'il ne donpe pas à cette aflertion Coloniale un démenti formel, bien
le fait fera réputé confant 3 & il ne le donnera précis,
pas. Indépendamment de fon honnêteté perfonnelle, s il fe rappellera fans doute que fon aveu
naif a eu des témoins , &c des témoins croyables.
Or quelle eft , Monfieur, la conféquence de
cet aveu ? Dans votre rapport lu à T'Allemblée
Nationale, les II & 12 Octobre 9 mais déjà fabriqué dès les derniers jours de Septembre vous
déclarez que dès les PREMIERS jours de ce même
mois de Septembre , le Comité étoit déja DETERMINÉ, 2 rappellez-vous bien ce mot, qui d'ailleurs
eft imprimé (I 3 il étoit déterminé à CASSER
l'Affemblée généralede S.Domingue. Or M.THOURET eft venu pour la premiere fois à ce Comité
caffeur le 9 Octobre : donc il n'a pas aflifté à
la détermination de Septembre. J'aurois donc pu
dire qu'il a encore moins affifté aux Délibérations;
car enfin dans l'ordre des chofes, fi ce n'eft
dans P'ordre du jour, elles doivent être antérieures pas
aux réfolutions.
(I) Voyez le Rapport des II & I2 Oatobre page 2.
ue. Or M.THOURET eft venu pour la premiere fois à ce Comité
caffeur le 9 Octobre : donc il n'a pas aflifté à
la détermination de Septembre. J'aurois donc pu
dire qu'il a encore moins affifté aux Délibérations;
car enfin dans l'ordre des chofes, fi ce n'eft
dans P'ordre du jour, elles doivent être antérieures pas
aux réfolutions.
(I) Voyez le Rapport des II & I2 Oatobre page 2. --- Page 31 ---
POLITIQUES,
Je fais bien qu'à
c'eft vous qui la conduifez LAfemblée Nationale, quand
commencet tropfouvent par malheureufement, on
témoin notre affaire coloniale déterminer, par opérer >
après,oud ne pas délibérer du 1 faufa délibérer
core cette même affaire, Par tout ; témoin enmités peuvent bien fe
conféquent les Cocommode du cours ardinaire permettre cette interverfion
de cette jurifprudence
des chofes ; mais
fuivra pas que j'aie dit révolutionnaire un fait
il ne s'enqu'avant Parrivée de mes
faux en énonçant,
laquelle date du premier Oétobre Saunt-Domingos à Paris,
n'alloit jamais au Comité Colonial, 1790, M. Thouret
ilny a été pour la premiere
puifgu'en effet
mois.
fois que le 9. dè ce
baraflant, Avouez, mon cher Monfieur,
Vous
défolant avec ma chienne que fuisemne
E
gui fubfiftez
logique.
êtes ici mal adreffé que d'adrelles, vous vous
dient tout
; mais il vous refte un
c'eft de faire fimple rendre pour me confondre à yotre expé- tour:
aufli, moi, 2 la
un bon décret qui me mande
trop raifon.
barre, pour m'y blamer
fur-tout
Ily a long-tems
d'avoir
quand on m'attaque, que j'ai ce tort là,
jadis Phonneur d'être
C'eft ce qui m'a valu
l'ancien
les
régime: il edte REL ci-devans, 2 fous
rieux, d'être barré pour la même plailant, affez glo.
nouveau.
caufe fous le
Je n'ai attaché de
ment de ce fait
F'importance à léclairciffefait vous-méme 2 le que par ce que vous en avez
parce qu'il eft devenu. 5 dans Mars votre arme unique;
laquelle vous avez entraîné vos mains la leffe avec
le troupeau accou-
ancien
les
régime: il edte REL ci-devans, 2 fous
rieux, d'être barré pour la même plailant, affez glo.
nouveau.
caufe fous le
Je n'ai attaché de
ment de ce fait
F'importance à léclairciffefait vous-méme 2 le que par ce que vous en avez
parce qu'il eft devenu. 5 dans Mars votre arme unique;
laquelle vous avez entraîné vos mains la leffe avec
le troupeau accou- --- Page 32 ---
ANNALES
tumé à ne. penfer, ou.du moins à ne béler, à ne
beugler que d'après vous. Au fonds, rien, de plus
indifférent: : que MM. Thouret,& Chapelieraillent,
ou n'aillent, pas au Comité Colonial 5 ce point
n'eft pas plus eflentiel pour la validité. légale de
ce qui s'y, fait, que la connoillance de mon nom
pour la véracité du. Mémoire. Colonial.
La diflinéion confignée dans la
w
note qui les
concerne, étoit le fruit de mon fcrupule perfonnel.
Stupéfait, confondu, de l'abfurdité, de Textravagance du rapport des Il &. 12 Oétobre ; effrayé de
la corruption profonde qu'ildéccloit dansl'aureur,ou
les auteurs 3 ne pouvant concilier tout cela avec la
réputation del lumierès, detalens, d'intégrité,qui diftingue ces deux anciens avocats,Yavois reçu comme
un vrai foulagement pour moi la nouvelle du peu
de part qu'ils prenoient aux opérations de ce
Comité. J'avois faifi avec empreilement, pour ma
propre fatisfaction 9 l'oecafion de leur rendre : cet
hommage.
D'ailleurs, c'étoit en. méme-tems rendrè. un
fervice à mes cliens. L'effet néceffaire du Mémoire
étoitla RÉCUSATION du Comité, du moins de ceux
de fes membres qui en avoueroient les réfultais.
Il étoit dond eflentiel de. difinguer ceux qui n'y
avoient pris qu'une pàrt pallive. Il l'étoit de conferverau nombre des juges qui alloient prononcer
fur une caufe auffi intéreffante, fur le fort d'une
Colonie aufli précieufe 2 deux hommes tels que
MM. Thouret & Chapelier $ de leur offrir une
raifon de ne fe pas croire compris dans l'exclufion néceflitée par lés bévues, & les prévarications
dond eflentiel de. difinguer ceux qui n'y
avoient pris qu'une pàrt pallive. Il l'étoit de conferverau nombre des juges qui alloient prononcer
fur une caufe auffi intéreffante, fur le fort d'une
Colonie aufli précieufe 2 deux hommes tels que
MM. Thouret & Chapelier $ de leur offrir une
raifon de ne fe pas croire compris dans l'exclufion néceflitée par lés bévues, & les prévarications --- Page 33 ---
POLITIQUES, &c.
du
roient rapport, contre tous ceux du Comité qui aueu, le malheur d'y coopérer activement.
égards Par cette note je conciliois tout à la: fois les
dus à deux hommes célebres, les ména-
& gemens néceffaires pour l'intérêt de ma
ma propre. delicateffe : mais au fonds ce caufe,
pas de Valiftance journaliere de deux chanoines n'eft
plus dans cette petite
de
toujours le
Cathédrale, où vous êtes
Célérant, que jai fait
légalité ,. la fagefle del'office qui s'y dépendre fait.
la
Aufli je ne
prévaus point de votre défi. En
m'établiflantfur" - bafe
pourrois dire à VAfemblée polée par vous méme, je
à LAmérique, cc M.
Nationale, àlEurope,
>> moire étoit rempii Barnave de
a dit que mon méFaufctés
>> guil. citoit, Or cette faulleté PAREILLESà celle
>> effer devenue une dans fa
> qui en eft en
> mémoire, ou à la fuite du bouche, eft dans le
3> littérale, inconteftable; mémoire, une vérité
>> les allégations du
donc, de fonaveu,toures
mémoire
>> genre
qui font du méme
2 qui font pareilles 2 font aufli
>> tés. >> Je pourrois borner la
des vérirois livrer le refte de voS
ma réponfe.Je pourau mépris, & la totalité de inculpations dug Mars,
dignation des hommes
votre procédé à Pinqueje
honnêtes 3 & c'eft le parti
prends'quantà ce qui concerne les
tenus dans le Mémoire.
faits conMais vous en avez articulé un qui m'ef
fonnel : l'appareil que vous y avez
la per.
titude dè
mis, mulgarans 9 ou de complices- dont
vous étes appuyé pour le rendre plus
vous
impofant,
pris, & la totalité de inculpations dug Mars,
dignation des hommes
votre procédé à Pinqueje
honnêtes 3 & c'eft le parti
prends'quantà ce qui concerne les
tenus dans le Mémoire.
faits conMais vous en avez articulé un qui m'ef
fonnel : l'appareil que vous y avez
la per.
titude dè
mis, mulgarans 9 ou de complices- dont
vous étes appuyé pour le rendre plus
vous
impofant, --- Page 34 ---
ANNALES
m'oblige de léclaircir: Les fuites en feront aufli
férieufes qu'il eft ferieux en lui même,je vous en
préviens.
Après avoir donné léchantillon des faufetés
innombrables dont eft compofée la totalité de mon
pauvre Mémoire, vous avez ajouté >> ce. Mémoire
3> ayant été rapporté dans des conférences, les
32 individusqui compofoient la ci-devant affemblée
3> de St.-Marc, ont trouvé qu'il ne pouvoit étre
> figné par des gens honnetes; il n'a été figné
>> quiaprès avoir fiabi des corredtions & des chan-
> gemens confidérables ; mais on l'a
livréàl'impreftion/ans aucun changement & avecles fignatures,
>> qui n'y avoient été appolées que parce gu'il
>> avoit été corrigé ; BEAUCOUP DE SIGNATAIRES
> font venus au Comité exprimerleur refentiment
3> de Pinjure qui leur avoit enfaite. cc (r).
Voilà quieft grave, M. Barnave, M.PInviolable:
Vous pouvez vous jouer des droits de la couronne, qni n'a que trop mérité fon humiliation,
mais à laquelle cependant pour le bien général,il
feroit bien tems de faire grâce ; de ceux du
Clergé dont la partie haute commence par fa maladreffe, > par fes fureurs, à juftifier rfon abaiffement;
mais dont vous ne ménagez guère plus la partie
inférieure fi digne de refpect & de fupport; ; de
ceux de la Nobleffe dont je croirai toujours que
la dégradation n'étoit ni néceffaire, ni utile, ni
même politique ; de ceux du peuple à qui,
(1) Voyez le Moniteur no 66. Le récit du Journal des
Débais eft abfolument conforme.
adreffe, > par fes fureurs, à juftifier rfon abaiffement;
mais dont vous ne ménagez guère plus la partie
inférieure fi digne de refpect & de fupport; ; de
ceux de la Nobleffe dont je croirai toujours que
la dégradation n'étoit ni néceffaire, ni utile, ni
même politique ; de ceux du peuple à qui,
(1) Voyez le Moniteur no 66. Le récit du Journal des
Débais eft abfolument conforme. --- Page 35 ---
POLITIQUESA
pour le monter > vous & VOS
avez mis un bât qui
bien aflociés, vous
les Ecuyers, à la premiere pourra ruade s'envoler avec
fougueux : mais morbleu vous
de cet animal
de Phonneur d'un Citoyen ne vous jouerez pas
les iniquités des défunts iréprehen@ible, à qui
plus encore que déplacés, Defpotes remplacés 2
difant ennemis, n'ont
par vous a autresleurs
que celle-là.
guère laiffé d'autre TEALOC
Harangueur téméraire
devancé les années
2 chez qui l'audace
tendue, toute la criminalité 2 avez-vous fenti toute l'é- a
vous m'accufez? Avez de la manceuvre dont
vous réfléchi
m'imputiez, ou que vous
que vous
digne de toute la rigueur desloix commettiez un délit
délation il y a ici un
? D'après vôtre
vous ou moi : Vous avez impofteur, > un
de LAfemblée
abufé de la faulhire, crédulité
de celle d'une Nationale, ou moi de la
partie de TAffemblée confiance
St-Domingue. &
Il faut que le
générale de
PUNI,
coupable foir connu
De trois chofes l'une,
de la notification de la ou dans les 24 heures
rez formellement toutes les préfente, vous démentivotre impofture; vous les Gazettes qui ontp publié
entrepôts, les canaux de la obligerez d'étre les
die!' ou vous me nommerez réparation qui m'eft
de PAffemblée
CES lâches
Tignominie de votre genérale qui ont été fe transfages vouer à
par. un rapport très-digne creconnoilfance, du
de vos éloges,
en ce qu'ii eft auffi fux vôtre & des vôtres,
moins fir de Fimpunité, 5 mais heureufement
nom d'un Comiré ; ou enfin' parce qu'iln'eft pas fait au
je rendrai
plainte ait
merez réparation qui m'eft
de PAffemblée
CES lâches
Tignominie de votre genérale qui ont été fe transfages vouer à
par. un rapport très-digne creconnoilfance, du
de vos éloges,
en ce qu'ii eft auffi fux vôtre & des vôtres,
moins fir de Fimpunité, 5 mais heureufement
nom d'un Comiré ; ou enfin' parce qu'iln'eft pas fait au
je rendrai
plainte ait --- Page 36 ---
ANNALES
Criminel, 2 contre vous, pour vous forcer à indiquer quels font les changemens CONSIDÉRA 3LES
qui ont été convenus; dont les fignatures ont été
le prix, & quin'ort pas eté faits. Et s'il fe trouve,
comme ilfe trouvera > que vous en avezindignement impofé fur ce point, comme fur le refte à
PAffemblée Nationale, àla Nation (1),je pourfuivrai contre vous une concamnation proportionnée
à la fainteté du caraétère que vous avez fouillé,
à l'énormité de linjure que vous m'avez faite.
Il eft tems d'éclaircir par un grand exemple,
une équivoque dont vous abulez avec trop de
licence. L'Affemblée Nationale a décrété en
faveur de fes Membres un' Privilège que les circonftances juftifioient peut-étre, celui de PInviolabilité, celui de n'avoir à répondre qu'à eux
mêmes,ou à relle, de ce qu'ils font, de ce qu'ils
difent dans fon enceinte: mais fans doute elle l'a
reftraintà ce qui concerne la légiflation,la confitution, 8cles matériaux néceffaires àla conftruction
de cei fi grand,fi long, fi lourd éaifice.
Sur tout le refte, elle n'a pas prétendu vous
difpenfer de la loi fondamentale de toute fociété,
qui rend tous les Citoyens indiftinétement refpon- 9
fables à la Loi de leurs actions,& de leurs paroles,
quand elles intéreffent des tiers, de fimples particuliers. Elle n'a pas prétendu encore une fois faire
de fon enceinte un théâtre privativement affecté à
la calomnie, ou il fut permis en fe couvrant d'un
mafque de légiflateur d'exercer publiquement la
plus infâme diffamation, contre DES ABSENS.
(1) Voycz CD, à la page 163 ci-après, la preuve par
anticipation.
Deshoriorez
actions,& de leurs paroles,
quand elles intéreffent des tiers, de fimples particuliers. Elle n'a pas prétendu encore une fois faire
de fon enceinte un théâtre privativement affecté à
la calomnie, ou il fut permis en fe couvrant d'un
mafque de légiflateur d'exercer publiquement la
plus infâme diffamation, contre DES ABSENS.
(1) Voycz CD, à la page 163 ci-après, la preuve par
anticipation.
Deshoriorez --- Page 37 ---
POLITIQUI E S, &c.
rateurs Desdonorez-vous, de
vous autres prétendus reftaudécochez-vous thonneurfrenpodst tant qu'il vous plaira:
tionnés lagloire reciproquement, bruyante
vous qui ambinans dans. cette arêne, d'être des les lutteurs domifont prefque toujours des vérités, injures 2- hélas ! qui
partie honnète,
dont
> filencieufe, mais
rougit la
trop timide de TAffemblée:
trop foible., 2
maitres.
vous en êtes les
Mais nous (pectateurs
être atteints, fans efpérance éloignés, de que nous puillions
què lançent ces bouches
remede, du venin
bleffures foient incurables, empoifonnées; que nos
parti d'une enceinte qui doit 2 parce être que le trait fera
ne crois, je ne défere
à
facrée! non je
J'aurai pourlfeconds dans point cet horrible axiome.
millions de François
mon incrédulité les 25
blée Nationale: ; Yaurai quine compofent paslAfem
la parcie honnéte, & pour foutien dans
par
monappel
breufe de cette Afiemblée. conféquent la plus nomVous l'avez induite à mander à fa
Commifaires dont tout le crime
barre, trois
par ordre de leur Corps, (1) lui eft d'avoir voulu
montrance refpectueufe, quie l'on préfenter une retendre, quoiqu'on fe foit
n'a pas voulu endont les premiers
permis de la
mots ont révolté, proferire 5
parce que le
(I) Par délibération unanime
à
de la blémerie prononcé:
du 6 Mars, du
TAffembléc générale de contre les trois
lendemain
porte < que l'adrefle préfentée St-Domingue à
a fait Commipsirens un arrêté
fon ticulier nom Ta2 dans la Séance d'hier, PAffembléc , n'eft Nationale , qui en
pas
mais bien Commifaires qui y ont appolé Jeurs Fouvrage paradopté après Pouvrage longue U N. AN IM E de
figaatures,
difcuffion.
LAjomblec qui l'a
ANN.POLIT, Gc. T.XVIII, N,
158. M
que l'adrefle préfentée St-Domingue à
a fait Commipsirens un arrêté
fon ticulier nom Ta2 dans la Séance d'hier, PAffembléc , n'eft Nationale , qui en
pas
mais bien Commifaires qui y ont appolé Jeurs Fouvrage paradopté après Pouvrage longue U N. AN IM E de
figaatures,
difcuffion.
LAjomblec qui l'a
ANN.POLIT, Gc. T.XVIII, N,
158. M --- Page 38 ---
ANNALES
leéeur, quieft de VOS affidés apparemment, s'eft
permis une falfification atroce, ii du moins on en
croit votre Gazette favorite, celle parlaquelle circulent, & les grands traits d'éloquenice qui ne vous
échappent pas, & les hommages brillansquine vous
font pas rendus.
Dans le Moniteur, No. 66,au récit de cette
fcene honteufe, on lit, ( & j'écris jufte,je COpie les mots. ) Cc M. le Secrétaire continue la
leêure de la lettre (de P'Affemblée générale de
Saint-Domingue ) nous perfiftons au nom de la
Colonie dont nous Jommes LES LÉGISLATEURS :
Il s'éleve de très-grands murmures, ajoute le Gazetier , ce qui devoit arriver 2 puifque fans doute
€e mot étoit le fignal donné à Vos aboyeurs.
Mais ce mot N'ÉTOIT PAS DANS LA LETTRE.
Ceft moi qui l'ai rédigée; elle porte : CS Dont
nous fommes les LEGITIMES, les feuls Reprefentans 93, Ileft aifé de fentir l'énorme différence des
deux leçons, fur - tout dans ce cas : ci, où le
prétendu crime des Repréfentans de.St-Domingus,
eft la calomnie. par laquelle vous les avez accufés
d'avoir voulu être les Légiflateurs fuprémes de la
Colonie.
C'eft le comble de T'art fans doute dans le moment où ils follicitoient la juftice d'être admis à
fe juftifier, d'avoir placé dans leur bouche l'aveu
formel de leur délit tuppofé; d'avoir fait jaillir de
la piece même qui contenoit leur motif d'admif
fion un morif déterminant pour les écarter;d'avoir
donné à ce motif une gravité affez impolante
pour entraîner meme les gens honnêtes qui au-
C'eft le comble de T'art fans doute dans le moment où ils follicitoient la juftice d'être admis à
fe juftifier, d'avoir placé dans leur bouche l'aveu
formel de leur délit tuppofé; d'avoir fait jaillir de
la piece même qui contenoit leur motif d'admif
fion un morif déterminant pour les écarter;d'avoir
donné à ce motif une gravité affez impolante
pour entraîner meme les gens honnêtes qui au- --- Page 39 ---
&cc,
POLITIQUES,
de roient pu étre tentés du defr
I5t
la piece ; mais auli
de connoitre le
le dernier
cet art,
refta
plus
degré de la plus
Monfilur,, c'eft
le dire épouvantable perverlité : imspudente 2 de la
en termes
cell,
& aufi une des propres, une des puifqu'il pluis faut
foit
plus paniffibiles
bales,
pollible de commettre.
friponneries qu'il
Et où en
des hommes fommes-nous qui fe font donc, grand Dicu! fi
prétexte de nous
confitués inviolables fous
abufent de leur fabriquer des loix
toutes les loix, nouveau privilege pour nouvelles, violer
de
non-feulement de la
fiance Thonneur, la
mais de la
jullice, mais
facrée ! je pudeur, , mais de la condanger Ree calomnié parlois tout à T'heure du
bien pis.
par eux ; mais ceci eft
inflant, Quoilune piece dont ils ne font
fant
que pour la lire,
dépofitaires de
qu'un
par leur bouche ! change nature eni paf
qui avalent un tuban Semblables à ces charlatans
c'eft l'aveu d'un crime bleu, & en rendent un
trouve formellement qu'ils tirent du papier rouge, où fe
fation ! & c'eft en pleine conligné le défaveu de Paceu-
-
s'operent ces
Alfemblée
deviennent la prefliges € & ces tours Nationale de
que
tionale
bafe des décrets de
palle-palle
(I)!
TAffemblée Na-
(I) Le Sccrétaite
Compatriore, & j'en inculpé ici eft M: de
in devoir : s'il a été fitis bien faché; mais je Siluery, mon
fauffe copie, ce qui ne ferait trompé, e'eft-a-dire s'il remnplis a
ici
nous en a impofe, &c lui a pas impofible, fi lc eu une.
pas eu lieu; il augoit déjà du prété une fFallification Gazeiticr gui n'a
réclamer ; il auroi dà reM2
ore, & j'en inculpé ici eft M: de
in devoir : s'il a été fitis bien faché; mais je Siluery, mon
fauffe copie, ce qui ne ferait trompé, e'eft-a-dire s'il remnplis a
ici
nous en a impofe, &c lui a pas impofible, fi lc eu une.
pas eu lieu; il augoit déjà du prété une fFallification Gazeiticr gui n'a
réclamer ; il auroi dà reM2 --- Page 40 ---
ANNALES
Et vous M. Barnase, à qui celui- là ne peut
étre étranger, puifque vous aviez lû tout bas,
pas
l'adrefle
ou dans votre Cabinet,
entiere, puifque
vous avez eu la forfanterie de dire que vous la
refuteriez en deux mots, c'eft vous qui m'accufez,
en mon abfence, de fauffeté, de duplicité! Nonfeulement vous n'avez pas reclamé contre cette
fallification, qui n'a puyous échapper, à fuppoler
que vous n'en foyez paslinventeur. , Partifte primitif; mais après avoir ainfi mis un obftacle infurmontable à la continuation de la ledure, vous en'
avez tiré Poccalion de feindre de la modération,
de la générolité, en paroiffant prier pour qu'on
T'entendit. Vous vous êtes ménagé tout à la fois
le moyen de dire à votre aife, tout ce qui vous
convenoit, & d'ôter à vos viétimes la faculté de
faire entendre même un de leurs foupirs.
Ah!ce font les machinateurs de ces honteufes
finefles, de ces redoutables artifices, qu'il faudroit
mander à la barre : c'eft ce triomphe dela corruption la plus profonde, coalifée avec la plus criminelle audace qu'il faudroit flétrir, & blamer.
Mais mes cliens : mais quatre-vingt infortunés
peres de famille, qui languillent depuis cinq mois
à 1800 lieues de leurs foyers, fous la lettre de
quérir. une punition eclatante contre le nouvelliteinfidele, altérée.
ou contre le faullaire, auteur de la copie
Maintenant fi Thonneur lui eft cher, & qu'il foit intos
cent de ce mancge, il'n'a qu'un noyen de s'enlaver ouvert com- des
plettement : c'eft de fe déclarer le protedteur
inforrunés contre lefquels il a cu le malheur de devenirTinftrument d'une manceuvre auili criminelle.
une punition eclatante contre le nouvelliteinfidele, altérée.
ou contre le faullaire, auteur de la copie
Maintenant fi Thonneur lui eft cher, & qu'il foit intos
cent de ce mancge, il'n'a qu'un noyen de s'enlaver ouvert com- des
plettement : c'eft de fe déclarer le protedteur
inforrunés contre lefquels il a cu le malheur de devenirTinftrument d'une manceuvre auili criminelle. --- Page 41 ---
cachet la POLITIQ UES, &c.
odieufe plus tyrannique, la plus
en tous fens qui ait
injufte, la plus
les mander à cette barre,
jamais été furprife,,
délaprobation Aécriffante, pour les punir par une
pas défefpéré d'obtenir s de quoi ? de n'avoir
femblée Nationale
juftice de l'équité de P'AC
d'avoir voulu
: pour s'entendre faire un crime
réclamé l'exécution demander à être entendus ; pour avoir
un premier
de la promeffe conlignée dans
moitié, les jugement, laifle dans , qui en ne les jugeant qu'à
pour avoir fongé à folliciter une captivité complette ;
d'être punis s'ils font
comme une grace,
libres, s'ils ne le font coupables 2 ou déclarés
flattés d'obtenir au nom de pas la 3 enfin, pour s'être
offte, ce qu'on prodigue, à des jufice N ce qu'on
femmes
hiftions, à des
rations les Perdues plus 2 aux foi-difans agens des corpoles plus
ignobles, aux porteurs des adrefles
faltidicules, & quelque-fois les
vagantes !
plus extraCe n'eft plus à leur coupable
je m'adreffe maintenant 1 c'eft à détradteur, qne
Légillateurs fi cruellement
vous - mêmes,
cruelle affaire : eh bien Isil le trompés dans cêtte
la haine, la vengeance, la gloriole faut pour affouvir
cable ennemi
de leur
5 foit, mandez-les,
impladroyez-les : mais enfuite,
blamez-les, foule falut de la France pour votre
-
honneur,
Eotr Ces rébelles
Peut étre, écoutezfulpects, qu'en dénaturant qu'on ne parvient à vous rendre
on fallifie leurs
leurs actions, comme
font venus ici réclamer écrits, ce font vos décrets dont ils
8 Mars 1790, vous
l'exécution. Par ceiui du
renoncé à faire des avez-formellement, plans
la
& fagement
rieure des Colonies : rien pour n'étoit légiflation inté
plus prudent;
M3
votre
-
honneur,
Eotr Ces rébelles
Peut étre, écoutezfulpects, qu'en dénaturant qu'on ne parvient à vous rendre
on fallifie leurs
leurs actions, comme
font venus ici réclamer écrits, ce font vos décrets dont ils
8 Mars 1790, vous
l'exécution. Par ceiui du
renoncé à faire des avez-formellement, plans
la
& fagement
rieure des Colonies : rien pour n'étoit légiflation inté
plus prudent;
M3 --- Page 42 ---
ANNALES
vous ne les connoiffez pas ; l'objet dont paroiffent
s'occuper le moins ceux de vOS
en fi
petit nombre , qui font décorés collegues, du titre de Dé.
putés de ces Calonies, c'eft de vous les faire
connoitre (1).
D'ailleurs, par votre agtre décret antérieur s par
le principe degalité qui en eft la bafe, par cette
fameufe déclaration des droits de Phomme, vous
vous êtes mis dans une impoflibilité, légale, morole, phyfigue en quelgue forte, de flatuer fur le
régime intériour, domeftique, de ces contrées, où
ily a deux efpèces d'hommes ; où le genre humain, au moins quant à préfent, elt divifé en deux
claffes effentiellement féparées; avec une intermé
diaire qui, fans étre réduite à la nullité de l'une,
nejouit pas complettemantde l'exiflence de l'autre.
Jc n'entre pas dans la queftion philofophique G
(I)Cefe une chofe curieufe ,& vraiment remarquable 9
que les Députés qui ficgent à Alemblée Nationale 2 ati
nom de la Colonic de St.-Domingues n'ayent jamais ouvert la bouche quand il s'eft agi de
le fameux jour du Décret du 12 Oétcbre, St.-Domingue ils : n'aient ; que
même hafardé une tentative pour le fufpendre; qu'ils n'aient pas
pas donné une proteftation au moins pour réferver les droits
de leurs Commettans. La dénonciation infructueufe,
oubliée de M. de la Lugerne, eft le feul
de vic déja
leur foit échappé,
figne
qui
Mais cette dénonciation, 2 fruit du talent 2 du zele d'un feul
d'entr'eux, (M. de Gouy ) quelle fuite a-t-elle euc ?
bien a-t-elle fait à la Colonie? Dans la dénonciation Quel du
d'un Miniftre oppreffeur, M. de Gouy a montré le patriouifimne
bon Citoyen 2 & le talent d'un bon écrivain; mais nc fo
feroit. il pas honoré davantage en fe chargeant du miniftere
Quc je remplis bien, moi, éeranger!
'un feul
d'entr'eux, (M. de Gouy ) quelle fuite a-t-elle euc ?
bien a-t-elle fait à la Colonie? Dans la dénonciation Quel du
d'un Miniftre oppreffeur, M. de Gouy a montré le patriouifimne
bon Citoyen 2 & le talent d'un bon écrivain; mais nc fo
feroit. il pas honoré davantage en fe chargeant du miniftere
Quc je remplis bien, moi, éeranger! --- Page 43 ---
POLITIQUES S, &c.
indifcrétenient élevéc, quant aux
tuelles, de la
circonflances acjuftice, ou de Tiniquité politique de
Tafifranchifement des noirs,
de couleur à tous les droits deTadmiffon des
desgens
que je puis dire ici, ce qui eft
blancs ; mais ce
fellement avoué
démontré, univerqu'une révolution par tous les gens inftruits, c'eft
ruine, fubite aufli, des fubite en ce genre, feroit la
colonies.
Vous ne voulez pas
ne pouvez donc
opérer cette ruine : vous
cette queftion, aonci la prendre fur vous de traiter
cipes, feroit le fignal de folution, dans vos prinque vous ne
cette révolution; à moins
préféralliez la plus monftrueufe inconféquence : à moins que votre
tive ne fut fubordonnée à la théoric légifaderme des légisferés &
nuance de Pépides noirs, & des
qu'en traitant des droits
ralement dire noir, blancs, vous ne voulufliez litté,
après avoir dit blanc.
Dans la perplexité où vous
texte de la déclaration des met, d'une part le
Timporrance
droits , & de lautre
d'autre reffource politique des colonies, vous n'aviez
dans le decret du que 8 le parti configné, confacré
elles-mémes leur mars ; de leur abandonner à
police
domeftique, : en vous en réfervant, intérieure, leur régimé
jufte, la
comme il étoit
furveillance, avec le
non par votre epprobation, droit de les valider, *
rifation; ce qui, en
mais par votre autodictoire.
politique, n'eft pas contraLes colonies alors feroient de
qui, fans ceffer de faire
grandes familles
auroient (
partie du, même
pour un tems fi l'on veut), des empire,
ritsa
M 4
ique, : en vous en réfervant, intérieure, leur régimé
jufte, la
comme il étoit
furveillance, avec le
non par votre epprobation, droit de les valider, *
rifation; ce qui, en
mais par votre autodictoire.
politique, n'eft pas contraLes colonies alors feroient de
qui, fans ceffer de faire
grandes familles
auroient (
partie du, même
pour un tems fi l'on veut), des empire,
ritsa
M 4 --- Page 44 ---
ANNALES
des mceurs, des ufages intérieurs, différens; rits,
maeurs, ufages qui-ne produiroient ni le moindre
danger, ni même la moindre difformité dans
dont elles font une efpèce de
T'état,
ré par dix- huit cens lieues hors-d'ceuvre, de mer. On féparoit bien fans inconvénient
pourrance en faveur d'un
prolonger cette tolépays, qui n'aniles mêmes
productions, ni le même climat, ni pour ainfi
dire le même foleil.
On le devoit:car votre même décret du 8 mars,
après avoir invefti les Afembiées coloniales du
droit dont leslésilreumsPonpais fe
de célui de préparer des plans pour dépouilloient, les colonies, ajoute qu'il met les colons, & leurs
priétés, fous la fauve-garde fpéciale de la proor ces propriétés font précifément les droits-ancan- nation;
tis par la déclaration des droits : donc PAfemblée
nationale a fait une' exception formelle fur cet
article: donc y déroger d'après elle, n'eft ni un
crime, ni une rébellion.
C'eft dans cet efprit, c'eft d'après cette conviction, que T'Affemblée Générale de Saint-Domingue a opéré; c'eft d'après ces principes qu'eft
iedigé son décret du 28 mai, envoyé par elle le
juin à l'acceptation (I) de l'Assemblée Natiopour être décrété
RE
par clle, & devenu le
voeu exprès, irrévocable, de la Colonie
entière, 9
fication (I) Voyez de cet article dans le mémoire oà cft la
ce mot de Décret adacté à une réfolution juftiparatoire 2 & celle du mot d'acceptation dont
préa fait des crimes férieux.
M. Barnave
é par elle le
juin à l'acceptation (I) de l'Assemblée Natiopour être décrété
RE
par clle, & devenu le
voeu exprès, irrévocable, de la Colonie
entière, 9
fication (I) Voyez de cet article dans le mémoire oà cft la
ce mot de Décret adacté à une réfolution juftiparatoire 2 & celle du mot d'acceptation dont
préa fait des crimes férieux.
M. Barnave --- Page 45 ---
POLITIQUI E S, &c.
puifque c'eft depuis lémiflion de cet
ce. plan,
fes auteurs, les membres ouvrage, de
blée Gadenue dont il
de T'Affemdeux fois par la Colonie, s'agit, ont été confrmés
Etvoila,
que vous refufez LésilansumPrancois, obftinément voilà leshommes
avoir condamnés fans les avoir d'entendre, après les
les coopérateurs foumis,
entendus ! Voilà
vous repouffez avec un dédain fidèles, néceffairés, que
judice de qui vous vous laiffez injurieux; abufer au prénanceuvres doublement coupables
par des
carions, qui en vous les
5 par des falfefment criminels eux-mémes, présentant comme vraide légitimité à la furprise donnent une apparence
eux les plus révoltantes qui vous arrache contre
injoftices
Etr d'où vient ce.
De ce qu'il existe défordre, cet aveuglement?,
d'orgueil & de parmi vous. un individu (r) plein
Tambition, fi ce rancune, celui poffédé du démon de
pour fe frayer n'ellpas la voie
de la cupidité; qui
c'efta.dire de
de au pofte de miniftre >
veut fe donner defpote la
ces contrées
gloire d'en être le infortunées, Solon,
lydrguts, à en être le qui s'ellaye fous le nom de
3 le
très-tâché tyran, & qui Par conséquent légiflateur feroit
d'y voir annéantir la
potifme,
tyrannie, le defla réfolution Suivez fa marche; ; le 8 mars 1790 vous
digne de votre fageffe, de ne déeréter point
la (t) Séanee Voyez du dans le Moniteur 3 No.
5.
66, le récit de
,
lydrguts, à en être le qui s'ellaye fous le nom de
3 le
très-tâché tyran, & qui Par conséquent légiflateur feroit
d'y voir annéantir la
potifme,
tyrannie, le defla réfolution Suivez fa marche; ; le 8 mars 1790 vous
digne de votre fageffe, de ne déeréter point
la (t) Séanee Voyez du dans le Moniteur 3 No.
5.
66, le récit de --- Page 46 ---
ANNALES
faire de plans pour les Colonies, mais delesrecevoir
des Colons eux-mémes; et le 28 du même
cet individu vous en fait adopter de fa mois,
il vous'les fait décréter fous le nom
façon :
1l n'y a que vingt jours d'intervalle d'inftradions :
ceffion, & cette
entre cette
même mois
reprife, Dans les premiers - jours du -
vous nous autorifiez à VouS
& dans les derniers, c'eft vous
inftruire;
qui nous infruifer.
Ces documens arrivent; les gens
le filence, & ne vous accusent
de sages gardent
tradiction; mais les mal intentionnés pas
cette convoyez quel en eft le fruit. Voyez la s'en arment:
en cendre, & où l'effulion du fang n'a Martinigue
cher l'incendie, qui n'a
pu empepas d'autre caufe (1).
A Sain-Domingue, les meurtres ont été moins
nombreux, parce que les vrais Repréfentans de la
Colonie, ont été plus modérés 5
font flattés de trouver
parce qu'ils fe
digne de l'idée
auprès de vous un accueil
qu'ils fe formoient de
des sentimens de juftice
vous, digne
fer;
qu'ils ont dû vous
parce quils n'ont pu deviner
de
que
l'indevidu, 9
PRLISS
légiflateur novice & impitoyable de
(I) Il eft plaifant; non : il eft affreux
dans une des Séances oà il s'agifloit des que défordres M. Bamave,
Martlnique le 29 Novembre 1790; ait dit
de la
Ia preuve de P'incapacité des Colons pour la que c'étoit
de la néceflité de leur fabriquer des loix en légiflarion , &
pas les admettre 2 même à les
Europe 3 de ne.
malheurs caufés par les vues, ou préparer; ainfi, ce font les
par les confeils intéreffis de M. courtes Barnave, > où malfaifantes,
des raifons décifives pour adopter plus
qui deviennent
jamais les vues de M. Barnave & les inftructions exclufivement de que
Barnave.
M.
de la néceflité de leur fabriquer des loix en légiflarion , &
pas les admettre 2 même à les
Europe 3 de ne.
malheurs caufés par les vues, ou préparer; ainfi, ce font les
par les confeils intéreffis de M. courtes Barnave, > où malfaifantes,
des raifons décifives pour adopter plus
qui deviennent
jamais les vues de M. Barnave & les inftructions exclufivement de que
Barnave.
M. --- Page 47 ---
POIITIQUES, &c.
leurs contrées, pôt vous
vous entraîner à exercer fubjuguer au point de
d'une colonie entière
contre les Repréfentans
vCel, & des lumières 2 qui vous apportoient fore
aveugle ; à décerner pour le juflitier, une rigueur
les entendre, une
contre fcs défenfeurs > fans
& à fes affallins, deflitution, au moins prématurée;
meurtriers
après Pavoir entendului feul, aux
toyens, des mercenaires 2 réfléchis de vos conciéloges > des remerciemens,
ronnes CIVIQUES !
des couVoilà ce qu'ils n'ont pu
ce qui eft arrivé : ne fecouerez-vous prévoir, &c cependant
ce joug honteux de
donc jamais
mal placée ? N'ouvrirez-vous confiance, 2 de crédulité, fi
des vérités que préfentent, pas les yeux à l'éclat
le 5: & T'Adrefle
&le Mémoire inculpé
la difcuffion
fulfifite en votre préfence, &
que contient cet Ecrit?
La même main qui a fabriqué les
tructions du 28
funeftes infnouvelles.
Mars, en compile maintenant de
motif dc fa L'importance fureur, de fes qu'elle y attache, eft le'
Alemblée qui demande à manceuvres, les
contre une
apprécier, pour-vous en faire connoître pour les
avant que les effets en foient fentir le danger,
demande aux termes de vos irréparables; quile
mande d'après la raifon
Décrets; qui le dedente, le droit évident. évidente, la juflice évique l'on met ài l'éloigner de L'inconcevable adivité
un motif déterminant
vous, - n'eft. elle- pas
pour l'appeller ?
Le moment actuel vous offre une circonflance
unique, que des fiècles entiers peut-être
pas amenée, & dont on ne peur, fans des n'auroient interi-
irréparables; quile
mande d'après la raifon
Décrets; qui le dedente, le droit évident. évidente, la juflice évique l'on met ài l'éloigner de L'inconcevable adivité
un motif déterminant
vous, - n'eft. elle- pas
pour l'appeller ?
Le moment actuel vous offre une circonflance
unique, que des fiècles entiers peut-être
pas amenée, & dont on ne peur, fans des n'auroient interi- --- Page 48 ---
ANNALES
tions bien coupables, s'obftiner a vous
de profiter. C'eft le fort de la Colonie empécher
occupe: en tout autre tems, foit
qui vous
lufliez attendre d'elle des
que vous vouéclaircillemens, foit
vous convint mieux de lui en envoyer, il
droit franchir
E
droit
près de 4000 lieues de mer; il fau- a
un intervalle de fix mois ! Mais
la Colonie eftici; eh que ne traitez-vousavec aujourd'hui elle?
Quelle conjonêture plus heureufe, plus favorable, pour étouffer tous les germes de
pour cimenter l'union ; pour donner aux troubles, droits
des Colons une ftabilité indeftrudtible ; pour affurer au commerce les fruits d'une liaifon qui ne fera
plus garantie par des loix odieufes, ni fouillée
un defpotifme meurtrier ; enfin pour réalifer par le'
projet que les mauvaifes intentions du Rédaéteur
n'avoient pu empécher les bonnes de l'Aflemblée
de faire fentir, dans les infrudions du 28
& dans la lettre du Préfident qui les
Mars,
gnoit. On y contraéte Pengagement de ne
miner tous
ACOReL
les rapports mutuels que d'après la
jauftice; de tranfiger fur ces rapports d'après les
intérêts communs; d'indemnifer les Colons
le partage des fruits de la liberté, des maux que par
leur ont faits les abus détruits par PAfemblée
Nationale.
Voilà ce que contiennent les infrudtions : eh
bien donc, parties mutuellement intereffées, tranfigex de bon accord,p puifque vous voilà réunies';
procédez une bonne fois à un contrat folide, qui
prévienne les difficultés, 2 les brouilleries, les embarras : donnez à ce département d'un autre mon-
le partage des fruits de la liberté, des maux que par
leur ont faits les abus détruits par PAfemblée
Nationale.
Voilà ce que contiennent les infrudtions : eh
bien donc, parties mutuellement intereffées, tranfigex de bon accord,p puifque vous voilà réunies';
procédez une bonne fois à un contrat folide, qui
prévienne les difficultés, 2 les brouilleries, les embarras : donnez à ce département d'un autre mon- --- Page 49 ---
POLITIQUI E S, &c.
16t
de une conftinution, qui fans altérer la
concilie avec la nature de fon fol,
vôtre, fe
fes produétions, avec l'état actuel des avec. celui de
vous ne pouvez changer fubitement choles.que
truire.
fans tout déMais PAffemblée générale de
n'a plus de caractère: nous l'avons Saint-Domingue diffoute...
légillatéurs de bonne foi, Citoyens
Eh!
parmi lefquels fe trouvent tant de honnétes,
éclairés, laillez ce langage, ou ce prétexte, Jurifconfultes
indifcret qui vous a fi malheureufement aujelne
femblée égarés julqu'ici de
dans toute cette affaire. Non, SESTRZ
fi vous ne l'avez Saint-Domingue point
n'eft point diffoute:
frappée de mort; & G vous jugée, l'avez vous ne l'avez pas
eft conflant que vous ne l'avez
jugée, puifqu'il
jugement eft nul. Iln'y a
de entendue, votre
diléme.
patutd
replique-àce
Le caraétère conféré par la Colonie à fes
fentans, qui font ici, fublifte donc dans toute. Repréintégrité : il ne faut aucune formalité
fon
rèvivre, puifqu'elles ont toutes été pourle faire
fon anéantiffement prétendu.
violées dans
intéreffé à les reconnoître, fans Votre honneur eft
res que de leur déclarer
autres préliminaiMandez les à la Barre, mais que vous êtes détrompés,
ler cetteheureufe réconciliation. que ce foit pour fcelMontrez à la France, a T'Europe, à
que fi des intrigans parviennent
lUnivers,
vous furprendre,
quelquefois :
& des hommes parceque vous êtes des hommes,
vos erreurs, tres-occupés, vous favez
bonne-foi.
parceque vous êtes' des hommes réparer de
vous avez Prouvez que f pour le falut du
cru devoircouvrir fes
peuple
Repréfentans du
êtes détrompés,
ler cetteheureufe réconciliation. que ce foit pour fcelMontrez à la France, a T'Europe, à
que fi des intrigans parviennent
lUnivers,
vous furprendre,
quelquefois :
& des hommes parceque vous êtes des hommes,
vos erreurs, tres-occupés, vous favez
bonne-foi.
parceque vous êtes' des hommes réparer de
vous avez Prouvez que f pour le falut du
cru devoircouvrir fes
peuple
Repréfentans du --- Page 50 ---
ANNALES
privilège utile de Tinviolabilite, vous n'avez pas
ie ridicule orgueil d'afpirer à celui de l'infaillibilité
qui feroit abfurde, même en théorie, qui devien- s
droit affreux, s'il fervoit une fois, une feule fois,
de prétexte à un déni deJuflice.
Paris, le 9 Mars 1791.
Signé, LINGUET.
En attendant la vérification juridique des impoftures de M. Barnave, & de fes complices, s'il
eft vrai comme il l'a annoncé,qu'il en ait BEAUCOUP dans PAfemblée générale de St. -
voici des pieces qui aideront le public Domingue, à s'en former une jufte idée.
EXTRAIT du regifre des délibérations de
PAllemblée des quatre-vingt-cing habitans
de
S.-Domingie, venus en France fier
le vaiffeau le Léopard.
L'an mil fept cent quatre-vingt-onze &: le fix Mars au
matin.
LAfotiedegeenig.ig Colons arrivés en France
fur Ic vaiffeau le Léopard , en qualité de Membres de PAf
femblée générale de la partie Françoife de St.-Domingue,
réunie au lieu ordinaire de fes Séances, M. le Préfident
a ouvert la Séance en annonçant l'improbation qu'avoit reçue
hier à l'Affemblée Nationale l'adreffe qui Jui a été préfentée
par PAffemblée pour obtenir l'admiflion qu'clle follicite.
Un des Membres a obfervé que tout ce qui s'étoit paffé
hier à P"Affemblée Nationale, relativement à cette Adreffe,
étoit rapporté avec le plus grand détail dans le Journal des
Debats 6 Décrets.
annonçant l'improbation qu'avoit reçue
hier à l'Affemblée Nationale l'adreffe qui Jui a été préfentée
par PAffemblée pour obtenir l'admiflion qu'clle follicite.
Un des Membres a obfervé que tout ce qui s'étoit paffé
hier à P"Affemblée Nationale, relativement à cette Adreffe,
étoit rapporté avec le plus grand détail dans le Journal des
Debats 6 Décrets. --- Page 51 ---
FPOLITIQUI E S,&c.
On a donné leéture de T'article
plefieure Mernbres ont fait
de ce Journal, fur
s'efl
des
la lequel
hornée à demander
obfervations; difcufion
- ardedraue affertions que M. que PAMemblée répondit par un
àia tribune de P'Affemblée Barnave avoit avancées à la
noncée dans le Mémoire Nationale, contre les faits anARRETÉ
juftificatif ;
tions de M. Barnave par TAffemblée far
que pour détruire les affermoire
LES FAITS contenus audit
jufificatif, on livrera de fuite à
ME.
gu'elle a pris dans la Séance du
Timpreffion l'arrête
par lequel, TOUS les Membres de dix-fept Février dernier,
NIMEMENT approivé le Mémoire LAlomblée ont UNAfond, SANS AUCUNE
juflificatif, quant au
Déclare en outre, RECEANATION.
téc à PAlemblée TAffemblée, que P'Adroffe
Séance
Nationale 2 en fon nom
préfend'hier, n'eft pas
2 dans la
faires qui y ont appofé leurs T'ouvrage particulier des Commif.
vrage unanime de P'Affemblée fignatires ; mais bien l'oudicuflion:
qui l'a adopté
€.
après longue
Arrêté auffi que la Préfente
Ia juftification de fes Commiflaires. déclaration fera imprimée pour
Signé, LA ROCHE TURGEAU,
E.
Préfident.
GUERIN, 2 DAIHERRE, Secrétaircs.
ARRETÉ mentionné cideffus.
I Séance du 27 Féyier,
2792.
Plufieurs membres ont fait diverfes
la redtification du mémoire
motions tendantes à
été Iu hier. L'objet mis jufifeatifde PAffemblée,
cn
&
gui a
difeuffion,il a été arrêté que deibéation, fix
après longue
four revifer ce mémoire avec Commiffaires feroient dlus
féroit BORNÉE SEULEMENT lauteur, & que leur miffion
à faire élaguer des Epi-
27 Féyier,
2792.
Plufieurs membres ont fait diverfes
la redtification du mémoire
motions tendantes à
été Iu hier. L'objet mis jufifeatifde PAffemblée,
cn
&
gui a
difeuffion,il a été arrêté que deibéation, fix
après longue
four revifer ce mémoire avec Commiffaires feroient dlus
féroit BORNÉE SEULEMENT lauteur, & que leur miffion
à faire élaguer des Epi- --- Page 52 ---
ANNALES
thetes mortifantes, & des perfonnalités qui s'y trouvent 9
sans rien toucher au fonds qui remplit PARFAITEMENT
LES VUES DE L'ASSEMELÉE, & qu'elle adopte.
On a enfuite procédé par fcrutin à la nomination des
fix Commiflaires, &c.
Signé, CARRE, Préfident.
La ROCHE TURGEAU, 2 GUERIN, Sccrétaires.
Les faits étoient donc exaêts : PERSONNE de
l'Affemblée n'a donc réclamé contre les faits
avant l'impreflion ;& après l'imprellion, &c la difribution, voici ce qui a été arrété dans la même
Aflemblée.
Stance du 2 6 Février, 1792.
Sur la motion tendante à voter des remerciemens à M.
LINGUET, & à le prier de continuer fes bons offices en faveur, de TAfTemblée.
ARRÈTÉ que MM. Larchevefque Thibaud, & Borel,
font nommés Commiffaires pour fe rendre à cet effet auprés
de M. Linguet.
Signé LA ROCHE TURGEAU ainé, Préfident.
LEGRAND, GUERIN, Secrétaires.
Maintenant, queM.-BARNAVE nommeleshonndes
gens de l'Afferblée de Saint-Domingue qui ont
été tout bas lui dire que d'honnétes gens N'AVOIENT
PU SIGNER LE MÉMOIRE, qu'ils n'avoient donné
leurs fignatures que fous la condition des-changemens CONSIDÉRAELES qui n'avoient pas été faits;
& qu'on leur avoit fait injure en les comprenant
parmi les fignataires:
FRANÇOIS, commencez doncà apprécier M. Bar.
naye 2 8les manceuvres de M. Barnave. --- Page 53 ---
0 YLo 10
TITRE VIII,
De la force publique,
ARTICL L E P R E M I K R.
S La force publique eft la réunion des forces individuelles 2 organifée par la conftitution
tenir les droirs de tous & affurer
> pour mainlonté générale.
l'exécution dc la VOII
: La force publique eft deftinée à défendre la
tution,à affurer l'exécution des lois & lc maintien conftil'ordre intéricur, fur la'réquifition des
de
ciers publics à qui la conftitution
magiftrats & offition, &à défendre
en a attribué la fonc-
& garantir l'Etat contre les
extéricures, fous la diredion & les ordres des artaques
militaires à qui le commandement
officier:
en eft confié.
IIL
La force armée eft effentiellement
corps armé ne peut exercer le droit de obdifinte; nul
délibérer.
I V.
La force publique eft divifée en trois
chacune a fon ufage, fon
parties, dont
fervice particulier.
organifation & fon mode de
V
Les trois parties de la force
Inftruëlion pour les colonies, Gc. publique font, la
E --- Page 54 --- --- Page 55 ---
A d i
Pse
L sld
-
a 2
MOAXAPUAT
Sas 544 y N % --- Page 56 ---
3a