--- Page 1 --- --- Page 2 ---
&
-
-
-
in6
%
RAEDES
Bohn Carter Orotom. --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
AMUS SEMENS 1
CROGRAPKIQUES
ET WISTORIQVES --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 ---
Vayages intérefuans, &c,
que la population y foit proportionnée
étendue, , qui eft de 300 lieues de
a fon
il ne contient que 20,000 blancs longueur;
porter les armes
en état de
s & environ 15,000
métis & mulâtres. Cette
Indiens,
de la rivière de
contréc a pris fon nom
Chil; on a dit par
Chili,
corruption
Le Gouverneur de cette vafte
ce royàume a le titre de Préfident province ou de
pitaine général,
& de Camilitaire
parce qu'il a infpedion fur le
& fur la magiftrature. Il fait fa
dence à San-Iago. Les Officiers
réfià fous lui
fupérieurs qu'il
à
portent une longue baguette de fix
fept pieds, pour marque de leur
- ce
dignité: mais
Goureretr, quels que foient fes
relève du Vice-Roi du
pouvoirs,
d'ekécurer
Pérou, & il eft
fes ordres. Il eft vrai
obligé
ment fait qu'ils ne font
que Péloignepas toujours exadtement
remplis.
Les deux Evéques du Chili & les
guités eccléfiaftiques relèvent
autres dide Lima.
de PArchevèque
Le tribunal de Finquifition n'a
d'y établir fon pouvoir
pas manqué
tirannique &
a dans cette
odieux; il
région un Commiffaire
qui diftribue dans
général,
chaque ville & même dans
chaque village un grand nombre
fubalternes.
d'Oficiers --- Page 9 ---
M L M OIRE
SUR LES
MALADIES
DE SAINIDOMINGUE --- Page 10 --- --- Page 11 ---
AYERTISSENENE
Presavas motifs
bliercel
m'ont engagé à puMémoire, auquel il m'a fallu faire
beaucoup de
changemens. En premier
lieu, ilr m'a paru qu'ilentrait
utiles de la
dans les vues
Société Royale de
a
qui demandé des
Médecinc,
ladies
mémoires fur les mades différentes contrécs
:je fouhaite
que cette Compagnie illuftre
quelques bonnes
y trouve
obfervations. Il fera du
moins vu avec plaifir par un grand
bre de LeSteurs,
nomauquel il préfentera une
defcription curieufe dcs
de
plantesécarbufles
Saint-Domingue, ainii qu'un
intércflant firleimalatice
apperçu.
defes habitans,
é des
Médecinc,
ladies
mémoires fur les mades différentes contrécs
:je fouhaite
que cette Compagnie illuftre
quelques bonnes
y trouve
obfervations. Il fera du
moins vu avec plaifir par un grand
bre de LeSteurs,
nomauquel il préfentera une
defcription curieufe dcs
de
plantesécarbufles
Saint-Domingue, ainii qu'un
intércflant firleimalatice
apperçu.
defes habitans, --- Page 12 ---
AVERTISSEXENT:
les remèdes qui leur font propres, & le
genre de vie de la plupart, outre plufieurs
détails qui pourront amufer & inftruire. --- Page 13 ---
M É M
OIRE
Sur les maladies les
Saint-Domingue plus communes a
$ leurs
moyen de leséviterou remèdes ; le
moralement G
dtagaraatir
phijfguement.
Par feu M.
Chambre BOURGEOIS, 2 Secrétaire de la
d'Agriculoure du Cap.
Ir
efteffentiel de rechercher les
ladies d'un pays. C'eft
caufes des maportante à l'Etat. Les toujours une chofe imle nôtre, 2 veulent étre Souverains, qui, comme
les maitres de leurs encore plus les pères que
moyens imaginables à fujets, la
veillent par tous les
mes. Quels réglemens confervation des hompas enfanté, dans
ingénieux & utiles n'a
l'efpèce humaine! l'Europe, CC defir de conferver
de Phificiens du Combien de favans Médecins,
à la recherche de premier ordre, font
fecrets
employés
maux de Thumanité!
propres à adoucir les
Plus qu'ailleurs la fobriété eft
nous en avons des
ici néceflaire:
Elpagnols qui habitent exemples à notre porte; les
mingue 2 parviennent comme nous Sain-Dotres-avancé, , parce qu'il pour la plupart à un àge
n'y a pas de
gens au --- Page 14 ---
Maladies
monde plus fobres. Je fais que c'eft plus le fruit
de leur pareffe que de leur difcernement; mais,
fans les imiter en tout, prenons d'eux ce qui
eft falutaire à la confervation de notre étre.
De bonne nourriture, que l'on ne connaît guère
fous ce ciel, fuppléerait au corps ce qui lui
manque dans un pays oùr la tranfpiration eft
exceflive & continuelle.
Ce n'eft point à l'air de Saint-Domingue
qu'il faut imputer les mortalités fréquentes
qu'on y voit. Cet air eft falubre, il ne porte
avec Jui nulles malignes influences ; ce qui
eft fi véritable 2 que les pulmoniques, les
perfonnes attaquées de ces maladies
ailleurs conduifent à la
2 qui
mort, s'y rétabliffent
contretoute efpérance, lorfqu'ilsveulent obferver
un régime exact, mais moins génant encore
qu'en Europe. Les fantés délicates, s les tempéramens faibles & valétudinaires, y vivent bien
plus longuement qu'ils ne feraient dans des
climats réputés meilleurs. Les anciens colons
ont méme fait une remarque sûre ; c'eft que
les gens qui arrivent d'Europe avec la complexion la moins robufte, réfiftent ordinairement mieux au climat, que ceux qui y viennent
avec une conftitution forte & vigoureufe. Les
perfonnes d'un tempérament fec 9 peu chargées
d'embonpoint ou de graiffe 2 paraiffent aufli
plus propres à y vivre,
qu'ils ne feraient dans des
climats réputés meilleurs. Les anciens colons
ont méme fait une remarque sûre ; c'eft que
les gens qui arrivent d'Europe avec la complexion la moins robufte, réfiftent ordinairement mieux au climat, que ceux qui y viennent
avec une conftitution forte & vigoureufe. Les
perfonnes d'un tempérament fec 9 peu chargées
d'embonpoint ou de graiffe 2 paraiffent aufli
plus propres à y vivre, --- Page 15 ---
de
Ces
Saint-Datingun
obfervations fe font
je les ai vérifiées
tous les jours, &
ans de féjour. Les pendant près de vinge-quatre
les: porcs ne s'ouvrent nosesze-débarque, , dont
pour laiffer fortir les jamais, ou que rarement, 2
da Nature elle-méme humeurs hétérogènes que
poufle
fueurs, font également
au-dehors- a par les
dans cette ille: mais il moins propres à vivre
ces accidents,
y a du temède à tous'
Les hemmes comme je le dirai par la fuite,
empourprés fanguins 9 ceux dont le
dénote une abondance
vilage
inflammaroire, font encore
de fang trop
ce font ceux-ci,
dans le même cas :
nion
quiont donné coursà une
prefqu'entiérement
opila plus commune était fauffe, que la maladie
mal-de-Siam.
ici ce qu'on nomme
Quoique je ne fois rien moins
je vais cependant hafarder
que Médecin,
ces maladies & autres dont mes conjedures fur
incommodé
le
fe
> moins peut-étre Pays
trouve
parties de TUnivers,
que bien d'autres
cela pour mal-faines. qui ne paffent pas malgré
forte de détruire la Je détruirai, ou ferai en
a prife de ce climat. mauvaife opinion que l'on
y font extraordinaires, La plupart des maladies
fieurs perfonnes,
affectent de dire
fur-tout
plales connaître
celles qui devraient
alpedt
par état ; mais elles n'ont
que pour quiconque a négligé
cet
d'étudier --- Page 16 ---
Maladies
leursvariations: car elles fontpar-tout lesn
leurs
mémes;
fimptômcs ne different qu'aux yeux de
qui ne fait pas en découvrir. l'origine.
aime à tout ramener au principe le plus Moiqui
je ne craindrai point d'avancer
fimple,
différemment fur celles de
que qui raifonne
rien
ce pays-ci, n'yconnait
sje ne parle aufli affirmativement,
en avoir fait convenir
qu'après
tier,
beaucoup de gens du méMédecins & Chirurgiens.
Les maladies ordinaires à
y font fi
Saint-Domingue
fimples, 9 fi peu compliquées, fi faciles
à guérir, 2 quand le malade eft affez raifonnable
pour vouloir s'aider de luismême, que les
fonnes chargées du foin de
perla Nature,
guérir ou d'aider
qui ont acquis quelque expériences fo
contentent d'ordonner des remèdes
dont on ne fe douterait
fortfimplest,
prefque pas ; des rafraichiffans, des boiffons
légères 3 le tout compofé avec certains végétaux du
tems formé toute la médecine pays > ont Jongufage. Il mourait bien
dont on felaic
moins de monde. Je
plus mal, mais :
Sorramnnad
je le crains.
La preuve décifive que l'air de Saint-Domingue n'eft pas fi pernicieux qu'on le prétend
communément, c'eft qu'on n'y eft point
aux maladies épidémiques qui font ailleurs fujet de
f cruels ravages. La pefte, par exemple, eft
un
tems formé toute la médecine pays > ont Jongufage. Il mourait bien
dont on felaic
moins de monde. Je
plus mal, mais :
Sorramnnad
je le crains.
La preuve décifive que l'air de Saint-Domingue n'eft pas fi pernicieux qu'on le prétend
communément, c'eft qu'on n'y eft point
aux maladies épidémiques qui font ailleurs fujet de
f cruels ravages. La pefte, par exemple, eft
un --- Page 17 ---
de Saint-Domingue.
ne dis pas dans notre ifle,
un mal inconnu, je
méridionale, quoimais dans toute P'AT mérique
renferme des climats plus chauds que
qu'elle
On a voulu dire que la rage,
ceux de lEurepe.
inconnue dans cette quatrième partie
également
commencé à paraitre dans
du monde , avait
fait dont il eft permis
notre ile; mais c'eft un
de ces
de douter. L'ife eit heureulement privée
venimeux qui défoient les autres conréptiles
redoute ne font rien
trées 3 les infeétes qu'on y
vérole même
moins que mortels. Enfin, la petite
eft
à beaucoup près, fi dangereufe
n'y
pas, 9
dans le fond de P'amérique
qu'en Europe, ou
feptentrionale. De quelclimat d'Europe en pourdire autant ? Sa falubrité eft due à fa
rait-on
il eft affez
pofition entre les deux tropiques:
exciter d abondantes tranfpirations 2
chaud pour même tems affez tempére pour ne pas
mais en
efrets des climats trop
occafionner les mauvais
chauds. Les brifes ou vents périodiques-jour2 en rafraichiflant l'air,
naliers qui y règnent
très-fenfible; le vent
le raréfient d'une manière
frais,
qui s'élève la nuit eit extraordinaitement caufe du
& celui du jour, s'il l'eft moins a
foleil qui léchauffe vivement , a un autre avanqui eft de diffiper les vapeurs malignes que
tage
ont élevées de la terre.
les premiers rayons
longII eft donc impoiible que I'on refpire
D4
Parue II.
air,
naliers qui y règnent
très-fenfible; le vent
le raréfient d'une manière
frais,
qui s'élève la nuit eit extraordinaitement caufe du
& celui du jour, s'il l'eft moins a
foleil qui léchauffe vivement , a un autre avanqui eft de diffiper les vapeurs malignes que
tage
ont élevées de la terre.
les premiers rayons
longII eft donc impoiible que I'on refpire
D4
Parue II. --- Page 18 ---
Maladies
tems un mauvais air; il eft fans ceffe purifié
& parle vent 2 & par la chaleur : le foleil fond
& diffout des particules que le vent chafle à
la mer, dont cette terre eft environnée. D'ailleurs
l'ifle de Saint-Domingue eft fort haute, bien
différente en cela d'autres ifles plus baffes que
la mer qui les entoure , & qui ne font, pour
ainfi dire, que des fables bralans. Elle n'eft point
foit parfemée
trop montagneufe 3 quoiqu'elle
de montagnes de diverfes formes &s hauteurs :
fon étendue eft fi confidérable 2 que fes monlaiffent entre clles des terrains immenfes,
tagnes
endroits les
qui compofent en plufieurs
plus
belles & les plus fertiles plaines ; c'eft oùt règne
bien plus fenfible dans les
un printems éternel,
lieux où le Français n'a point encore porté fon
ardeur deftruêive, ou de tout mettre en rapport.
L'air de la plaine eft bon, mais il n'eft pas
le meilleur: ce qui dépend de la popar-tout
fition & de la nature du vent qui y règne
ordinairement , & du plus ou moins d'éloignement de la mer. Le vent du fud eft trop chaud,
il brûle & defsèche les corps comme les plantes:
heureufement il n'eft fréquent que dans la partie
fortement boifée, qu'elle en eft à
E(pagnole,fi
couvert de diftanee en diftance. Les montagnes
auffi de leur fituation le bon ou le
reçoivent
dans la feule partie
mauvais air qu'on y refpire:
ordinairement , & du plus ou moins d'éloignement de la mer. Le vent du fud eft trop chaud,
il brûle & defsèche les corps comme les plantes:
heureufement il n'eft fréquent que dans la partie
fortement boifée, qu'elle en eft à
E(pagnole,fi
couvert de diftanee en diftance. Les montagnes
auffi de leur fituation le bon ou le
reçoivent
dans la feule partie
mauvais air qu'on y refpire: --- Page 19 ---
de Saint-Domingue:
font agréables a caufe de
Françaife, la plupart demeure en eft fraîche ,
leuts cultures, & la
où il faut fc couvrir
fur-tout durant la nuit,
eft feulecomme dans les pays froids. L'air
un peu trop fubtil;
ment fur quelques-unes
font fi froides & fi vives, qu'elles
les eaux y
dégénèrent a la longue
caufent des tranchées qui
aigués. Pour les eaux de la plaine s
en maladies defcendent prefque toutes des moncomme elles
moins bonnes, felon
tagnes, elles font plus ou
qu'elles traverfent : les minéraux
les terrains
fommet des montagnes 2
n'allant point jufqu'au
bafes ce
eft
étant renfermés à leurs
2 qui
mais
& que les expériences de tous
T'opinion reçue
il arrive quelquefois
les pays ont confirmée 2
dans leur origine, elles contraétent
que, pures
qui engendre
dans leurs cours une malignité
des
effets. Elles paffent par
de très-mauvais
un
veines de mines qui leur communiquent
levainpernicieux; : ce quife remarque à ia longue
T'ufage qu'on en fait.
par
les habitans les plus foigneux de conJamais
leur fanté n'y font attention 3 parce qu'il
ferver
étant rare
leur ferait facile d'y remédier
qu'ils
d'une autre qualité à leur bienn'en aient pas
des obftruétions dont
féance. Les trois-quarts
de cette caufe 2
ils fe plaignent , proviennent
méme
le devinent, ou qu'on puiffe
fans qu'ils
Ddi i] --- Page 20 ---
Maladies
le leur perfuader. II y en a à Saint-Domingue
de toutes les efpèces, & elles font très-communes : obftruction au foie, à la rate, embarras
des vifcères, fluxions & autres accidents qui
naiffent du défaut de circulation du fang, ou
des humeurs; deux ou trois jours les diffipent
dans des fujets affez bien conftitués, & pourvu
qu'on y remédie dès le principe, finon elles
deviennent incurables ou prefque incurables :
les caux ferrugineufes, ou fimplement rouillées,
font un effet bien prompt dans ces fortes de
maladies.
Ceux qui ne boivent que des eaux des grandes
rivières, font moins fujets à ces inconvéniens
funeftes; elles font plus légères, ainfi. quej'en
ai fait lépreuve 2 comme étant plus battues :
fi elles font moins apéritives que celles de la
montagne, 2 elles ont aufli bien moins de crudité 5 le foleil tombant deffus à plomb, s leur
ôte cette fraicheur nuifible qu'elles ont dans
l'intérieur des montagnes. Ce que je ne puis
pardonner à nos habitans de Saint-Domingue,
c'eft de n'avoir point de fontaines domeftiques
dans leurs maifons, afin d'y mettre repofer &
fe refaire leur eau 2 qu'ils fe contentent de dédans des jares ou canaries, ainfi qu'ils
pofer
la boire fur-le-champ. II
les appellent , pour
arrive que cette eau, fouvent bourbeufe, mal-
nuifible qu'elles ont dans
l'intérieur des montagnes. Ce que je ne puis
pardonner à nos habitans de Saint-Domingue,
c'eft de n'avoir point de fontaines domeftiques
dans leurs maifons, afin d'y mettre repofer &
fe refaire leur eau 2 qu'ils fe contentent de dédans des jares ou canaries, ainfi qu'ils
pofer
la boire fur-le-champ. II
les appellent , pour
arrive que cette eau, fouvent bourbeufe, mal- --- Page 21 ---
de Saint-Domingue:
encore des fédimens qu'elle
propre, > imprégnée
occafionne des maux
ramaffe dans fon cours 2
& qui
jamais à la fource,
dont on ne remonte
devraient
différemment de ce qu'ils
font traités
fueurs fréquentes 2 on en verrait
être. Sans les
& de plus terribles
encore de plus prompts
effets.
revenir, je parlerai tout de
Pour n'y plus
fi
fuite de la falubrité de ces tranfpirations laps de
abondantes ici. Je crois,bien que par précipitent
fueurs nuifent, qu'elles
tems ces
la dhiarrée & les
dans la phthifie. 2
peu-à-peu
naiffent de laffaillement
autres maladics qui
moins certain qu'elles
des folides ; il n'eft pas
bien infini, qu'elles
font en maintes occafions un
prodigieule
du dedans une quantité
expalfent craffes, impures' s, qui attaqueraient
d'humeurs
Les fueurs font fi falutaires
les parties nobles.
ai vu des malades a
fous ce climat; 7 que jy à qui,par dernière
hors d'efpérance, ,
l'agonie,
un bain tiède,qui
reffource, on fefait prendre abondante tranfà T'inftant leur provoquait une fans autre repiration, dont ils étaient guéris
à Saintmaladie fi fréquente
mède. L'hidropifie,
j'ai déduites, en
Domingue par les raifons que
auffi fubit :
quelquefois
reçoit un foulagement
&c
fert communément
voila pourquoi on s'y traitement de toutes ces
dans le
avec fuccès,
Dii
tiède,qui
reffource, on fefait prendre abondante tranfà T'inftant leur provoquait une fans autre repiration, dont ils étaient guéris
à Saintmaladie fi fréquente
mède. L'hidropifie,
j'ai déduites, en
Domingue par les raifons que
auffi fubit :
quelquefois
reçoit un foulagement
&c
fert communément
voila pourquoi on s'y traitement de toutes ces
dans le
avec fuccès,
Dii --- Page 22 ---
Maladies
maladies, de fudorifiques &
jy ai vu
d'alexipharmaques;
méme guérir des
fans
employer qu'un
hidropiques, 9
régime bien fimpie : on ne les
nourriffait qu'avec du bifcuit & de la viande
grillée, & pour toute boiflon du taffia à difcrétion.
La faignée eft fous ce ciel le plus
de tous les remèdes, & c'eft celui dangereux
emploie le plus volontiers.
que l'on y
Je penfe, en foumettant toutefois mon fentiment aux gens de
Fart, que, fi on la fupprimait
il réchapperait
entièrement,
beaucoup plus denouveux-arrivés,
que par les nombreufes
faignées, avec lefquelles
on les affaiblit. J'en ai tant vu périr dans le moment méme de la faignée, que je ferais tenté
d'avancer qu'elle y devrait être défendue. J'en
ai fuivi plufieurs dans leurs maladies, & il m'a
femblé que la lancette feule les tuait; en
cherché la raifon fecrette
ayant
de la caufe
2 indépendamment
apparente, j'ai découvert qu'il n'en
eft prefque point que ne féduife en arrivant le
libertinage du pays. Les négreffes, autant
gagner de T'argent que par efprit de débauche, pour
les viennent trouver, & leur font toutes les
avances 5 ils s'y livrent avee d'autant plus d'ardeur, que la mer, qu'ils viennent de
échauffe
quitter, a
extraondinairement: : la fièvre les prend
là. - deffus, on les faigne, Ou
parce qu'on né-
que ne féduife en arrivant le
libertinage du pays. Les négreffes, autant
gagner de T'argent que par efprit de débauche, pour
les viennent trouver, & leur font toutes les
avances 5 ils s'y livrent avee d'autant plus d'ardeur, que la mer, qu'ils viennent de
échauffe
quitter, a
extraondinairement: : la fièvre les prend
là. - deffus, on les faigne, Ou
parce qu'on né- --- Page 23 ---
de San-Daniagite ont fait, ou
de leur demander ce qu'ils
ou parce
glige
honte de l'avouer,
qu'ils ont
ils font
parce tombés déjà dans Pafiaibliffement, en ce cas
que,
La mort
hors d'état de Sexpliquer. les eût fimplement purSi on
eft inévitable. nourris avec de bonsbouillons,
gés, rafratchis, à la vieon les eût rappelés de la faignée, il eft pasQuant au danger
toutes les maladies
tout le même, dans prefque
(ous ce climat :
les hommes font attaqués
dont
moins fi elle était totalemenr
il en mourrait
clle eft pernicieufe & mord'abord
maladie que
fuprimée:
les fcorbutiques, 2
telle pour tous
donner, mais qui vient
Fair du pays femble boiffons & des mauvais
des mauvaifes
Yon fait a
plutôr
moindre féjour que
alimens. Le
la fuite d'un voyage qui
Sant.Domingue, à
occafionne dans tout
s'y contribue pas moins, & la fermentation
le corps le déreloppement
fans ceffe,
affreux levain 2 qui y germe
de cet
dehors que long-tems après,
& ne fe déclare au
à comprendre - 9
accidens fi difficiles
par des
fouvent rien 9 & qu'on y apqu'on n'y connait
augmentent le mal. Le
des remèdes qui
jamais
plique
la Fable ne fe transforma
Prothée de
différentes., qu'en prend
en tant de manières
fe dérober aux refcruelle maladie pour
cette
fources de l'art.
Ddiv
de cet
dehors que long-tems après,
& ne fe déclare au
à comprendre - 9
accidens fi difficiles
par des
fouvent rien 9 & qu'on y apqu'on n'y connait
augmentent le mal. Le
des remèdes qui
jamais
plique
la Fable ne fe transforma
Prothée de
différentes., qu'en prend
en tant de manières
fe dérober aux refcruelle maladie pour
cette
fources de l'art.
Ddiv --- Page 24 ---
Maladies
J'ai parlé du voyage quiy
&
en eft comme
prépare, qui
Tavant-coureur. Il faut favoir
qu'il eft deuxefpèces de fcorbut, l'un de
& l'autre de mer, qu'il ferait à
terre,
tinguer,
propos de difparce qu'ils different entre eux
leurs effets, & par
dans
Le fcorbut de
conféquent dans leurs cures.
mer n'eft rien ou
on le difipe aifément
prefque rien;
de l'ofeille,
par Tufage du citron 2
2 du vinaigre, de la
de tous les acides, même
moutarde, &
avec les plus légers
anti-fcorbutiques 1 lorfqu'ils font
tems & dès le principe. Si
appliqués à
& qu'on le laiffe
on le néglige trop
invétérer, il devient alors plus
pernicieux que l'autre: car ceux qui s'en
vent attaqués à un certain
trouquefois aux
point, 2 meurent quelfaut
approches de la terre : & parce qu'il
paffer la mer pour venir ici, je
affez volontiers qu'il eft
préfumerais
l'origine & le
ment du fcorbut de
fondeterre, 2 qui n'eft qu'un dérangement des liqueurs, caufé par la
des humeurs, quiinfefte bientôt
corruption
fang. Ce défordre fe
toute la maffedu
aux autres des
communique des unes
laiffe
parties animales ; &, fi on le
parvenir au dernier période, il n'y a
d'efpérance de gucrifon. Le
plus
eft
progrès du fcorbut
plus ou moins lent, felon la différence
conftitutions. Ce n'eft que de celui de des
dont j'entends ici
terre
traiter; mais comme l'autre
efte bientôt
corruption
fang. Ce défordre fe
toute la maffedu
aux autres des
communique des unes
laiffe
parties animales ; &, fi on le
parvenir au dernier période, il n'y a
d'efpérance de gucrifon. Le
plus
eft
progrès du fcorbut
plus ou moins lent, felon la différence
conftitutions. Ce n'eft que de celui de des
dont j'entends ici
terre
traiter; mais comme l'autre --- Page 25 ---
de Saint-Domingis
dois
caufe , je
bien être la première
& que
en pourrait
refferre fi fort,
remarquer que la mer
dans les traverfées
tout ce que T'on mange
qui ne font
échanffe tellement, quel les perfonnes en font une
accoutumées à ces voyages fanté s'en refpoint
; il faut que leur s'eft amaffé
trifte expérience
Il
fente, lorfqu'elles font débarquées. de matières
abondance
en clles une fi grande la Nature? a être expullées
putrides, deftinées par fécrétions ordinaires,
au-dehors par la voie des
5 les
tarde pas a Vembarrafler
que la tête ne
eft néceffaire pour
dont Véquilibre
il
liqueurs, 2
dircalant plus librement,
fe bien porter, ne
la fèvre furvienne avec
elt immanquable que
aux embarras qui
des accidents proportionnés l'effet de ces accifont caufe. Pour prévenir
faire donner
en
il ne s'agit que de
dents funeftes 9
font ici très-falotaires , de
force lavemens, 3 qui d'ordonner desbouillons
recommanderl la diète,
ordinaire une
rafraichiflans, & pour boiffon P'orange fure ou
limonade légère faite avec
2 ceffe
qui n'eft qu'accidentelle.
aigre. La fievre,
prudens n'attendent
pour lors. Les Médecins
aux paffagers 3
même pas que la fièvre prenne ils les font traiter
aufli-tôt après leur arrivée, combien en eft-il
je viens de dire. Mais
?
comme
faute de ces utiles précautions?
qui périflent
de nouveaux-arrivés qui
Il eft auffi beaucoup
légère faite avec
2 ceffe
qui n'eft qu'accidentelle.
aigre. La fievre,
prudens n'attendent
pour lors. Les Médecins
aux paffagers 3
même pas que la fièvre prenne ils les font traiter
aufli-tôt après leur arrivée, combien en eft-il
je viens de dire. Mais
?
comme
faute de ces utiles précautions?
qui périflent
de nouveaux-arrivés qui
Il eft auffi beaucoup --- Page 26 ---
Maladies
meurent faute de fecours. Une foule de miférables, bercés par l'efpérance d'une fortune
rapide 3 beaucoup plus difficile à faifir ici
qu'ailleurs 2 parce que les reffources y font
bornées & les dépenfes énormes, arrivent fans
favoir oùr donner de la tête : ils font bientôt
diffuadés de cet elpoir trop flatteur, dont on
les avait imprudemment charmés en France.
Le chagrin s'empare d'eux, la misère qu'ils
voient prochaine, le manque de retraite où ils
puiffent trouver les befoins de la vie, dans un
pays cà les auberges font rares & d'une cherté
épouvantable; toute cette affreufe perfpedive
pour des nouveaux-arrivés en plonge
tombeau
la
plus au
que
prétendue inclémence de-l'air
& du climat. Il eft aifé d'obferver
que ceux
qui rencontrent un afile en débarquant, y foutiennent ordinairement mieux les affauts de la
maladie, & qu'il n'en meurt guère que de débauche ou d'intempéranice. Mais l'abord
pétuel & incroyable de tous ces chercheurs per- de
fortune, a fait depuis long-tems difparaître
une hofpitalité qui caraétérifait fingulièrement
nos anciens habitans de Saint-Domingue : à
peineyen voit-on aujourd'hui de légères traces.
Il ne ferait qu'un moyen de fauver un grand
nombre de malheureux qu'une extrême imprudence a portés à s'expatrier. Tous les hommes
de débauche ou d'intempéranice. Mais l'abord
pétuel & incroyable de tous ces chercheurs per- de
fortune, a fait depuis long-tems difparaître
une hofpitalité qui caraétérifait fingulièrement
nos anciens habitans de Saint-Domingue : à
peineyen voit-on aujourd'hui de légères traces.
Il ne ferait qu'un moyen de fauver un grand
nombre de malheureux qu'une extrême imprudence a portés à s'expatrier. Tous les hommes --- Page 27 ---
de Saint-Dominguc regards d'un
utiles à PEtat, 9 & les tendres
doivent
font
eft le père de fes peuples fur 9 les riches
Roi, qui tomber fur les pauvres que nombre. Ce
plutôt forment que le plus petit
endroits
qui ne
en différens
ferait d'établir des refuges
les paffagers fans
de manière que
n'ont
de la colonie; favent où aller 2 & qui
fortune 2 qui ne
fournir à leurs premières
les facultés de
tant en fanté
pas
fuffent reçus 8cfoignés
dépenfes ,y
ce qu'ils foient parvenus
qu'en maladie jufqu'a
elfentiels à un
Voila des hopitaux
bontés du
à fe placer. cclui-ci, dignes des
pays comme
à exciter la bienfaifance
Souverain, & propres
eft déjà quelques
aifées. Il en
deux de
des perfonnes ville du Cap en pofsède
La
être conaxemples.
dont Putilité ne peut
cette efpèce,
de Providence des homnies
teftée, fous le titre
fans lettres patentes,
ils fubliftent
enfin il en
8 denfemmes. bien des charités:
ce qui empèche
de la ville des Caies, qu'un
eft un autre proche
de pauvres
Irlandais naruralifé a fondé pour
qui fubmalades de la colonie ; établiflement depuis plus de
fifte auffi fans lettres patentes un nombre invingt ans, & qui a confervé Ces hofpices ne
fini de fujets à Sa Majefté.
ni trop profauraient être trop multipliés éviter qu'ils n'entégés. Il faudrait pourtant dans une colonie
tretinffent la fainéantife, qui,
autre proche
de pauvres
Irlandais naruralifé a fondé pour
qui fubmalades de la colonie ; établiflement depuis plus de
fifte auffi fans lettres patentes un nombre invingt ans, & qui a confervé Ces hofpices ne
fini de fujets à Sa Majefté.
ni trop profauraient être trop multipliés éviter qu'ils n'entégés. Il faudrait pourtant dans une colonie
tretinffent la fainéantife, qui, --- Page 28 ---
Maladies
ou tout doit être adif, ferait encore plus nuifible que dans le fein du royaume.
Je reviens aux deux différens fcorbuts auxquels
on eft quelquefois fujet à Saint-Domingue. La
faignée nuit fenfiblement à la cure de ces deux
efpèces de fcorbut : la maffe du fang en eft
affeétée, elle tombe dans une diffolution totale.
De-là je conclus, & tous les gens fenfés conclueront avec moi, qu'il vaut beaucoup mieux
ne point faigner, par Ia crainte de réveiller
un fi redoutable ennemi. C'eft une chofe évidente pour ceux qui font un peu anciens dans
la colonie : voyons s'ily a d'égales raifons
pour
ceux quiy font nouvellement débarqués,
On a ici plus befoin qu'ailleurs de tout fon
fang. Il eft fi effentiel de n'en point diminuer
le volume à Saint-Domingue, qu'il s'yrépare
dificilement, foit par la mauvaife nourriture,
ou parce qu'il faut abfolument qu'ilsy
vriffe. Jamais on ne croirait en Europe appaujufqu'a
quel point le fang s'appauvrit fous ce ciel:
jy ai vu des hommes paraiffant jouir de la
meilleure fanté, tomber tout-à-coup en confomption,. & ne rendre par la faignée qu'une
eau roufsâtre fans nulle confiftance. J'en ai vu
d'antres fe faire faigner pour une légère indifpofition, 9 à qui l'on tirait un fang vermeil &
de la meilleure qualité, mais le moment d'après --- Page 29 ---
de Saint-Domingue.
dans le délire & dans l'affaiblifils tombaient
de fang;
fement ; on voulait les refaigner, plus
fans qu'on pàt deviner la caufe
ils expiraient,
d'une mort fi fubite.
de tels
Je demande s'il eft permis 2 après
de ce baume
exemples, de priver quelqu'un
vie. Je
naturel qui eft le principe de notre
fort bien
Yon m'objedera les maladies
fens
que
d'après de très-hainflammatoires: je répondrai,
dans ce cas la faignée
biles Médecins 9 que
n'eft
plus utile ; j'en ai VIl des expériences
pas colonie. L'hiver de 1755 vit naître des
dans la
fievresviolentes & putrides, donrlaplapartésient
Les Difciples de Saint-Come,
même pourprées.
d'une vicille
ceux qui ne fauraient fe départir
&
employèrent les traitemens ordinaires
routine,
beaucoup, & frent mourir
généraux, faignèrent
L'inflammation au
une multitude de perfonnes.
les
bas-ventre finiffait toujours par emporter
Ons'avifa aenfin de changer de méthode,
malades. & de rafraichir fans cefle, & l'on
de purger
en eut qui furent traités
en fauva autant qu'il y
avec cette fimplicité.
qui arrivent dans le pays, 2
Les Européens
leur conferve le fang
font heureux quand on
Le chile par lequel ils pourqu'ils y apportent.
ne vaut rien ou prefque
raient le remplacer 2
bonne nourriture dont on
rien, de quelque
ifa aenfin de changer de méthode,
malades. & de rafraichir fans cefle, & l'on
de purger
en eut qui furent traités
en fauva autant qu'il y
avec cette fimplicité.
qui arrivent dans le pays, 2
Les Européens
leur conferve le fang
font heureux quand on
Le chile par lequel ils pourqu'ils y apportent.
ne vaut rien ou prefque
raient le remplacer 2
bonne nourriture dont on
rien, de quelque --- Page 30 ---
4j0
Maladies
ufeà Saint-Domingue
la meilleure
(1), parce qu'en général
y eft
alimens
tres-mauvaife; outre que les
par cux-mêmes n'ont guère de fubftance, il règne un défaut de
donnable. Lcs viandes de
police impar.
& l'on
boucherie n'y valent
rien,
ne veille feulement
les bouchers
pas à ce que.
réparent ce défordre réel
fanté, en tuant au moins des
pour la
je
bêtes faines. Si
n'appréhendais de faire bondir le
raconterais à ce fujet des
caenr, je
été témoin
horreurs dont j'ai
oculaire; à cela fe
les
viandes falées & le
joignent
dont il fe
poiffon apprété de même,
confomme une grande quantirté:
lufage trop fréquent de la chair de
eft auffi un obftacle à la bonne
cochon y
l'acidité des fruits du
fanté, Enfin, 2.
pays, 2 peut-étre encore
(1) Il m'a été impoffible de faire
difcours certaines contradiéions
difparaitre de ce
tent quelques-unes des aflertions de palpables, qui démendu climar & la rareté des
l'Auteur fur la bonté
Ce que l'on
inférer maladies de Saint- Domingue,
peut
des contradiétions dans lefquelles il eft quelquefois tombé, en difant dans
ou trois endroits que l'air de
deux
bon, & en foutenant dans d'autres Saint-Domingue eft trèsc'eft
qu'il eft
que cet air n'eft point aufli mal-fain très-mauvais,
dent plufieurs
gue le prétera
perfonnes 3 & que d'nn autre
féjour de Saint-Domingue exige du
côté, le
chiffemens, & fur-tout
régime, des rafraiune conduite régulière,
tombé, en difant dans
ou trois endroits que l'air de
deux
bon, & en foutenant dans d'autres Saint-Domingue eft trèsc'eft
qu'il eft
que cet air n'eft point aufli mal-fain très-mauvais,
dent plufieurs
gue le prétera
perfonnes 3 & que d'nn autre
féjour de Saint-Domingue exige du
côté, le
chiffemens, & fur-tout
régime, des rafraiune conduite régulière, --- Page 31 ---
de Saint-Domingut:
les boiffons fortes
plus corrofifs qu'acides >
bus fans
les vins de liqueur
& fpiritueules,
cela dérange la meilleure
ménagement 2 tout vins de Bordeaux chargés
conftitution. Les gros
frelate & dans lefde tartre 2 ceux que I'on y
reconnue pour
quels il entre de la litharge 1
mille autres
tous les Chimiftes;
un poifon par funeftes dont nous chargeons
ingrédiens auffi contribue ici à nous précipiter
nos tables, tout
au tombeau.
maladie de Siam, à laquelle
Cette prétendue
d'être fujets 1 eft ue
on accufe les étrangers
excufer des fautes
invention de Tignorance pour
qu'elle
fecrettes dans leur traitement, parce Ellen'a
toujours mortelle.
eft, dit-on, prefque
ayant javenir de Siam en droiture 2 n'y
qui
pu
à Saint-Domingue
mais eu de vaiffeaux
Ce fut à la Marrevinffent de ce long voyage.
porta nos
relâcha Tefcadre qui y
tinique que
du fiècle.
Ambafadeurs, au commencement défarmer à Rochealler
Elle en partit pour furent remplis de gens
fort, oût les hôpitaux
On lit le détail
attaqués du mal dont il s'agit,
fes accide cette maladie, tous
des fimptômes
d'un célèbre
dens & leur cure, dans Pouvrage à Siam, &c
Médecin que S. M. avait envoyé
conpoint que ce foit un mal
Ton n'apperçoit
qui puiffe fe répandre
tagieux comme la pefte,
chealler
Elle en partit pour furent remplis de gens
fort, oût les hôpitaux
On lit le détail
attaqués du mal dont il s'agit,
fes accide cette maladie, tous
des fimptômes
d'un célèbre
dens & leur cure, dans Pouvrage à Siam, &c
Médecin que S. M. avait envoyé
conpoint que ce foit un mal
Ton n'apperçoit
qui puiffe fe répandre
tagieux comme la pefte, --- Page 32 ---
Maladies
ni fe
communiquer au loin. On n'a
rien vu de femblable ici. Je tiens
encore
Chirurgiens
de l'un des
majors 2. qui a féjourné parmi nous
pendant plus de trente années
jamais foupçonné
2 qu'il n'avait
d'être
que deux ou trois malades
attaqués de ce prétendu mal de
On n'en parle même à
Siam.
depuis environ
Saint-Domingue 2 que
1731. Une efcadre
commandée
Elpagnole,
par Dom Pintado
dans la rade du
3 étant entrée
affez
Cap, fut obligée d'y faire un
long fejour, pour radouber fes vaiffeaux
maltraités par la tempête (t). La mortalité
mit dans cette efeadre, elle fe
fe
aux Français de la rade & à
communiqua
Il périt
cenx de la ville.
beaucoup de monde, C'était des fièvres
contagieufes ou peftilentielles, qui
en fort peu de tems. Le
emportaient
Siam vint à
nom de maladie de
l'efprit de quelqu'un, à caufe d'une
cfpèce de reffemblance dans la
tôt cela fe répandit; &
malignité; auffipropre eft demeurée
cette dénomination imaux fièvres malignes, trèscommunes dans ce pays-ci. Les plus mal-fefantes
s'attachent principalementaux
attendu
nouveaux-arrives,
qu'ils ont le fang plus vif & les humeurs échauffées &
-
déja obfervé,
épaiflies, 2 ainfi que je l'ai
On en a pris le prétexte de les
(1)Voyez Partie I, page 202-3, ce qui a été dir,
effrayer
ft demeurée
cette dénomination imaux fièvres malignes, trèscommunes dans ce pays-ci. Les plus mal-fefantes
s'attachent principalementaux
attendu
nouveaux-arrives,
qu'ils ont le fang plus vif & les humeurs échauffées &
-
déja obfervé,
épaiflies, 2 ainfi que je l'ai
On en a pris le prétexte de les
(1)Voyez Partie I, page 202-3, ce qui a été dir,
effrayer --- Page 33 ---
de Saint-Daningue.
efftayer par une maladie imaginaire, tout-àfait étrangère à la colonie. Les fievres, qu'on
prend pour ce mal,e foht peut-étré guèré
moins malignes 3 en voici les indications: : elles
non comme les autres fièvres $
commencent 2
graêtre d'abord faibles & augmenter paf
par dation, mais le premier accès eft d'une extrêmè
violence. Le vifage s'enflamme, puis devient
avec le refte du corps. de couleur citroh 3 le
au cerveau fuit de bien près 5, & le
tranfport fort
le nez, la bouche, les autres confang
par
même au travers des
duits naturels. , quelquefois
pores. On s'imagine, 2 a la vue de pareils fimnptômes, que le mai eft occafienné par une trop
abondance de fang; on en conclut quil
grande faut faigner & refaigner le malade. Ce traitement ne manque pas d'en emportér pluficurs 5
qui fe trouvent dépourvus de forces fufifantes
réfifter aux violens affauts du mal. Quelpour
iais c'eft le plus petit
ques-uns en réchappent,
nombre, & ils font fi long-tens à fe rétablif,
qu'il n'eft point de convalefcence plus lonigue.
Ils n'en reviendraient pas moins fi on nè les
&
bien plus tôt. Le
faignait pas 2 guériraient
Chirurgien-major déjà cité 5 fans s'arrêter àux
faux pronoflics du pays, traita avec beauconp
de fuccès un malade qui venait de débarquer:
II n'eut garde de le faigner; il fc contenta de
Partie II,
Ee
rétablif,
qu'il n'eft point de convalefcence plus lonigue.
Ils n'en reviendraient pas moins fi on nè les
&
bien plus tôt. Le
faignait pas 2 guériraient
Chirurgien-major déjà cité 5 fans s'arrêter àux
faux pronoflics du pays, traita avec beauconp
de fuccès un malade qui venait de débarquer:
II n'eut garde de le faigner; il fc contenta de
Partie II,
Ee --- Page 34 ---
Maladies
le médicamenter beancoup, pourarréterlegrand
feu, par des purgations douces & rafraichiffantes
de manne G de caile, les cliftères de la même
efpèce: par-là on parvint à le tirer d'affaire
de
fans qu'il lui reftàt nul
en très-peu
jours,
reflenciment d'un mal fi effrayant felon les
préjugés.
Cette grande incommodité n'eft autre chofe
qu'un feu intérieur, occafionné par la fèvre
qui met toutes les humeurs en mouvement,
lefquelles.agitant le fang, le font bouillir avec
violence. Diminuer la quantité du fang, c'eft
recourir à l'effet fans. prévenir la caufe qui,
reilant toujours, redouble les mêmes déforcres, fans que le malade y puiie réfifter, parl'a
de fes forces. Toutes les
ce qu'on
privé
fièvres de Suint-Domingue font dans le même
Las : elles reffemblent en outre aux fièvres
d'Europe, quartes, tierces, doubles - tierces,
intermittentes, continues, avec redoublemens
ou fans redoublemens; les mémes remèdes les
guérifient, & divers autres çu'on ne connaît
encore point en Europe. L'ufage du quinquina,
Pon adminiftre en France quelquefois avec
que
s'iln'cit donné
tant de fuccès, efti ici pernicieux,s
en teinture, foit que T'eftomac y foit naturellement trop faible pour le fupporter, foit que
la qualité de CC bois, étant de fixer trop --- Page 35 ---
de Saint-Domingus.
les humeurs, devienne par-la nuipromptement
il ne faut ufer ici que de
fible. En) général,
évacuent s'il
fébrifuges doux & modérés, qui
eft poffible.
fur quel fondement on peut
Je ne vois pas
les fèvres de Saint-Dos'obftiner à régarder
decelles d'Eumingue, comme étant diférentes
de PUnivers; fi ce
rope & des autres parties
du
enn'eft pour tromper la crédulité
peuple
facile à furprendre à cet égard,
core plus
chofe. Tous les hommes font
qu'en toute autre
à tout ce
attachés à la vie, & par conféquent
qu'on dit la leur devoir conferver.
confeillerais à ceux
Voici le régime que je
viennent à Saint-Domingue. Il_faut prequi
qu'ils ne faflent aucune attention
mièrement
tendent
leur infpirer
à des difcours qui ne
qu'à
le.
terreur
tels que ceux-ci, que
une
panique;
ne pardonne
bon homme Saint-Domingue le monde lui
guère, qu'il faut que tout
paie
odieux, impofture grofle tribut : menfonge
n'ont
fière ! Combien y eft-il de gens qui
été malades? La frayeur qu'on infpire
jamais
la
à la plupart rend fouvent très-dangereufe
légère indifpofition qu'ils éprouvent 5 au
plus
mal de tête, à la migraine qui les
moindre
s'abandonnent
faifit, ils fe croient déjà morts,
& deviennent véritablement maau défefpoir
Eeij
ure grofle tribut : menfonge
n'ont
fière ! Combien y eft-il de gens qui
été malades? La frayeur qu'on infpire
jamais
la
à la plupart rend fouvent très-dangereufe
légère indifpofition qu'ils éprouvent 5 au
plus
mal de tête, à la migraine qui les
moindre
s'abandonnent
faifit, ils fe croient déjà morts,
& deviennent véritablement maau défefpoir
Eeij --- Page 36 ---
Maladies
lades; les remèdes n'agiffent prefque plus, parce
de toutes les maladies 2 la pire eft celle qui
que
attaque l'efprit. J'ai vu mourir des gens , (&c
ce font fur-tout les Provençaux) qui n'avaient
que l'imagination frappée.
Il faut, je le répère, fe rafraichir en arrivant, par des bains, des lavemens fimples, des
médecines légères, compofées de caffe & de
manne boire
s'il eft poffible de vaincre
D
méme,
là-deffus fa répugnance, de la caffe toute pure 5
c'eft peut-étre le plus exceilent ipécifique qu'il
y ait fous ce ciel, afin de tempérer l'effervefcence du fang. Mais il eft fingulier comme le
tempérament y change 3 au bout de quelanndes de réfidence, 2 la caffe ne vaut
ques
deviendrait
plus rien s fon fréquent ufage
même dangereux; 3 elle refroidit trop les eftomacs, qui ont alors befoin d'être réchauffés.
On ne faurait être trop circonfpedt fur le
traitement des maladies qui furviennent aux
perfonnes qui ont déjà fait quelque féjour dans
la colonie. Si leur eftomac a befoin d'être
nettoyé, il eft néceffaire, & même effentiel,
les remèdes réfrigérans,
de ne point employer
ni tout ce qui eft apéritif froid; mais d'ufer
de cordiaux & de diarétiques chauds, qui font
effet merveilleux. Un Médecin, dont la
ici un
perte ne faurait étreallez regrettée (M.Afforti),
déjà fait quelque féjour dans
la colonie. Si leur eftomac a befoin d'être
nettoyé, il eft néceffaire, & même effentiel,
les remèdes réfrigérans,
de ne point employer
ni tout ce qui eft apéritif froid; mais d'ufer
de cordiaux & de diarétiques chauds, qui font
effet merveilleux. Un Médecin, dont la
ici un
perte ne faurait étreallez regrettée (M.Afforti), --- Page 37 ---
de Saint-Domingue:
des fièvres très-malignes
a guéri fous mes. yeux
& du gros vin d'Aliavec un fort confommé
à d'autrés
fans fouffrir que lon faignat;
cante,
de la thériaque. Je
il ne fefait prendre que
I'ufage
une fois défendre a un "malade.
Vai vu
infulé dans. le vin blanc, prépadu quinquina
de Montpellier avait
ration qu'un Médecin
il ne conordonnée pour des fèvres quartessSans
de la thériaque, qui les em porta.
feilla que
qui arrive en nous
doute que ce changement dans. 2 le pays, & que:
après un peu de féjour
l'ondoit connaitre porsaminintesdaiemaies
des tranfpirations abonà propos 1 provient
à la longue, O11 de la
dantes qui affaibliffent
fainature dcs alimons qui ne renouvellent que
les forces d'oir nait à la fia le. relâcheblement
ment de toutes les fibres..
Jeconfeille, fur-tout aux nouveaux-dabarqués; -
de s'abftenir de tout ce qui peut les échauffer,.
l'excès davin, des femmes,. des liqueurs
comme
Ils ne
ici un
dont. on fait
trop grand wfaga
moins fuir les veilles, le jeu condoivent pas. du folcil & tout ce quieft catinuel, l'ardeur
d'exciter le principe de
pable 2 en. un mot 2
autant un exercice
chaleur qu'ils ont en eux. Mais
celui
cft
violent leur eft. contraire 2 anitant
qui.
ayant point de
modéré leur convient-il,'y fanefte de deau, monde ou. il foit plus
pays
Ec iy
trop grand wfaga
moins fuir les veilles, le jeu condoivent pas. du folcil & tout ce quieft catinuel, l'ardeur
d'exciter le principe de
pable 2 en. un mot 2
autant un exercice
chaleur qu'ils ont en eux. Mais
celui
cft
violent leur eft. contraire 2 anitant
qui.
ayant point de
modéré leur convient-il,'y fanefte de deau, monde ou. il foit plus
pays
Ec iy --- Page 38 ---
Maladies
meurer oifif. Tous ceux qui s'occupent d'un
travail réglé , s'y portent ordinairement bien;
au-lieu que qui s'y livre à une nonchalance
abfolue, accumule une quantité d'humeurs
fe jettent fur toutes les
qui
n'eft
parties du corps. Il
aucun climat où elles s'amaffent plus facilement & en plus grand nombre. Voila
tainement ce qui y devrait faire
cerles purgatifs
pencher pour
préférablement à la
ne remédie
faignée qui
jamais aux fièvres.
Les femmes font ici la preuve de la bonté
du climat :
ellesy atteignent un âge tres-avancé,
malgré leur afftujettiffement aux mémesmaladies
que les hommes. La raifon de cette longue
vie eft toute naturelle : elles ont, comme
tout ailleurs, des moyens de fe
parnous manquent, & à quoi la Nature purger, qui
fagement ; il eft vraiauffi
les
a pourvu
bien moins
que
occafions font
fréquentes pour elles de s'abandonner à tant d'excès honteux qui
dégradent
plufieurs habitans. La chaleur du climat fait
que lcurs acconchemens font rarement laborieux.
Ceflici véritablement leParadis des femmes: la
propreté, fi falutaire fous ce climat pour s'y bien
porter, ainfi que dans tous lespays chauds, y eft
Jeur vraia appanage ; elles portent méme ce foin
jufqu'aux minuties : les femmes Créoles,
deffus toutes, fe lavent continuellement, par &
--- Page 39 ---
de Satt.Domingne:
de linge. Ces attenchangent à tout momert
doivent
fanté. Les hommes
tions scontribuentala
veulent vivre. fains.
également s'en piquerssils
eft fi fort
La mal-propreté y
& très-vieux.
font prefque tous.
les Efpagnols y
nuifible 3 que malalies de la peau.
attaqués de
maladies de la peau foient:
Ce n'eft pas que les
font que de
chez nous ; mais elles n'y
rares
T'on fait pafer aifément
la moindre efpèce que médecine : une feule comfans le fecours de la
faurait s'empècher
laquelle on ne
veut
mune ici,à
fi l'on ne
fans ccffe garde,
de prendre
ce font des dartres 2s'expofer a l'attraper ;
fi tenaces, que:
deviennen:
dont quelques-unes fait
blanchir contre
toute la Pharmacie ne
que n'arrive qu'a ceux
elles. C'eft un malheur qui
On en
le fang vicié ou. corrompu.
qui ont
France pour être guéris,
voit fouvent aller en
fans s'êire fait:
débarraffés,
qui en reviennent
de climat
que le fcul changement
traiter, parce
font-ils de retout:
les leur a emportées : à peine
avec autant:
qu'elles reparaiflent
dans la colonie.
vénétien. .en eft
d'adivité. Lorfqu'un principe
(ans retour 2 en fupprila caufe, ellcs paffent
l'acreté du fang 9h
(ource du mal: quand
mantla
mès-ordinaire, 2 vicnt:
quicft ici 01l inconvénient fe donner de garde.
à sy juindre, il faut bien
remèdes: cette
de traiter le fujet par lesgrands Ee iv
lent
dans la colonie.
vénétien. .en eft
d'adivité. Lorfqu'un principe
(ans retour 2 en fupprila caufe, ellcs paffent
l'acreté du fang 9h
(ource du mal: quand
mantla
mès-ordinaire, 2 vicnt:
quicft ici 01l inconvénient fe donner de garde.
à sy juindre, il faut bien
remèdes: cette
de traiter le fujet par lesgrands Ee iv --- Page 40 ---
-
Matadies
opération'y eft fi oppofée, que fefant paffer les
dartres dans le fang, elle les rend incurables
ou. prefqu'incurables. Toutes les perfonacs s
attaquées de ce mal facheux & incommode,
doivent renoncer à tous les irritans, fe mettre
au lait 5 dont on remarque ici de fort bons
effets, fe purger de tems-en-tems 2 & fe fervir
d'un opiate fouvcrain pour la guérifon de ce
mal, dont voici la recette: Prene? ue guantité
fuffante d'huile de Copahu, lc jus exprimé
d'un citron 2 2 une poignée de fel marin, du
foufre vifou de lafleur; mélex le tout enfembles
Gen. oignez la partie afligéc 2 mais en frottant.
fortement avec guelgue chofe de rude qui excite
cette partie jufqu'à en faire fartir du fange
J'en ai vu des effets admirables. On ne fera
pasmalde commencer par prendre des bouillons
rafraichiffans 2 8 fe purger. avant & après.
Le fcorbut, dont je n'entreprends certainement pas de traiter a fonds, dérange ici prefque
toutes les fantés, & ne s'y méle que trop a,
toutes les maladies, pour que la prudencen'exige
point qu'on en écarte la fhignée. C'eft un vice
du fang, qui le diffout & le fait tomber en
corruption. Il eft bien peu de perfonnes qui
n'en foient attaquées à Saint-Domingue : plus
pu moins fatal, felon la manière de vivre ou
d'avoir vécu de cclui auquel il s'attache; dans
prefque
toutes les fantés, & ne s'y méle que trop a,
toutes les maladies, pour que la prudencen'exige
point qu'on en écarte la fhignée. C'eft un vice
du fang, qui le diffout & le fait tomber en
corruption. Il eft bien peu de perfonnes qui
n'en foient attaquées à Saint-Domingue : plus
pu moins fatal, felon la manière de vivre ou
d'avoir vécu de cclui auquel il s'attache; dans --- Page 41 ---
445.
de Saint-Domingue.
rapide; dans les autres.
les, uns il fait un progrès
fi,
lenteur. On le préviendrait,
iln n'agit qu'avec
ufait de remèdes qui pudès fon originc, on
& qu'on fe privàt de
rifient la mafle du fang,
faudrait
Il eft vrai qu'il
tout ce qui Taigrit. vivre à tontes les tables
prefque renoncer a
qui portent Tirrioù il ne fe fert que des miets la fanté eftecile
tation dans les vifcères: mais
précieufe qu'un plaifir afisinfpileillet
moins
de tout concilier à cct égard;
au refte un moyen
leur limites, au-dela
toutes les valuptés ont
la place des,
defquelles les regrets prennent d'étre fobre all
plaifirs. Il n'eft queflion que & fe fervir dans.
milieu même de Pabondance s
arrêter
de fpécifiques qui peuvent
du
le particulier
cffet des alimens
le méchant
le
ou fofpendre
ne faurais trop
pays 2 qui en général,je abfelument rien. Il n'eil
répéter ; ne vaicnt
contre ie
point de contrée ou les fpécifiques Tout le monde
fcorbut foient plus communs.
petfonne
chacun les connait, prefene
le fait,
ufage du thé:
n'en ufe. On y fait un fréquent de tems-end'oà vient ne pas le remplacer favanne (1)? C'eft une
tems par le creffon de
défagréable,
boiflon qui n'eft rien moins que manières
faire infufer de la même
que lon pent
(ADe piainc,
point de contrée ou les fpécifiques Tout le monde
fcorbut foient plus communs.
petfonne
chacun les connait, prefene
le fait,
ufage du thé:
n'en ufe. On y fait un fréquent de tems-end'oà vient ne pas le remplacer favanne (1)? C'eft une
tems par le creffon de
défagréable,
boiflon qui n'eft rien moins que manières
faire infufer de la même
que lon pent
(ADe piainc, --- Page 42 ---
Maladies
vert ou fec. Je puis affurer que c'eft le
table antidote du fcorbut. Il eft
vériq
d'autres
une infinité
fimples dans nos
font pas moins contraires à campagnes, qui ne
ce mal. Tous les.
vulnérairesy croiffent
méme des deux
abondamment, & le thé
meilleures efpèces.
A ces remèdes faciles &c
ajoûter I'ufage du lait
naturels,onp pourraie
de diftance
pris de tems à autre 5
en diflance des purgations douces
& légères 2 afin de précipiter les mauvaifes
humeurs que CES remèdes fimples mettent
mouvement, J'en ai déja fait
en
on ne faurait
l'obfervation, mais.
trop y revenir: les médecines
trop fortes , comme culles qui ifont
ne valent rien du
trop froides,
tout; l'émetique, par
remue & fecoue
exemple,
ici à étre
tiop P.flomac, qui demande
ménuge. Il re faut pas moins de
pruderce dans Tadminitration des
qui le refroidiffent & en relachent purgatifs
fibres, Il vaut mieux
trop les
fappléer le befoin d'un
remède violent par la poudre-des Chartreux
le kermès, l'un d.s bons remèdes
ou
qu'on puiffe
employer fous ce cicl; il y eft prefque sûr,
étant adminiftré à
crifes falutaires.
propos 9 qu'il procure des
La rhubarbe n'eft pas moins
excellente. En un mot, tous les légers fudorifiques devraient être employés.
Eufin, pour terminer, il faudrait fe priver ;
foin d'un
remède violent par la poudre-des Chartreux
le kermès, l'un d.s bons remèdes
ou
qu'on puiffe
employer fous ce cicl; il y eft prefque sûr,
étant adminiftré à
crifes falutaires.
propos 9 qu'il procure des
La rhubarbe n'eft pas moins
excellente. En un mot, tous les légers fudorifiques devraient être employés.
Eufin, pour terminer, il faudrait fe priver ; --- Page 43 ---
de Saint-Domingut: les plaifirs $
court efpace, de tous
Surant un
état de les goûter enfuites
pour être plus en
de Saint-DoJe prévois que mes compatriotes
: ils
peu mon épicurifine faumingue approuveront
de vie qu'ils ne
font habitués à un genre accidens qu'il leur
malgré les
raient quitter,
fais pas moins mon devoirs
occafionne. Je n'en
utile.
cherchant à leur être
en
combien la conduite que
Il eft inconcevable
occafionne de
Ton mène à Saint - Domingue de fobriété &
maladies 5 au-lieu qu'avec plus
d'une fanté
régime, on y jouirait
un certain
frappant, dans
inaltérable. On en a un exemple furent transférés
les hommes & les femmes qui de Saint-Chrifici des ifles de Sainte-Croix fiècle. & Il en exiftait
fur la fin du dernier
tophe, 3
vingt ans. J'entenencore il y a tout au plus confitution n'était
dais tant dire que leur climat oû ils avaient
meilleure , qu'a caufe du
ils avaient vécus ,
pris naiffance 2 ou fous lequel d'en confulter
cela m'infpira la curiofité
: Les
que
Voici ce qu'ils me répondirent
plufieurs.
à beaucoup prèss
Perires-Antilles ne font pas,
dans la
les Grandes-Antilles 5
f faines que
lafiévre.
plupart les animaux mémesysrembfent C'ef que,
f tongumen?
Pourguotsivous-maus,
à la pauvreté dont
accoutumés des Penfance
lors le centre 2 ainf
ces colonies étaient pour
a m'infpira la curiofité
: Les
que
Voici ce qu'ils me répondirent
plufieurs.
à beaucoup prèss
Perires-Antilles ne font pas,
dans la
les Grandes-Antilles 5
f faines que
lafiévre.
plupart les animaux mémesysrembfent C'ef que,
f tongumen?
Pourguotsivous-maus,
à la pauvreté dont
accoutumés des Penfance
lors le centre 2 ainf
ces colonies étaient pour --- Page 44 ---
Maladies
giau travail manucl pour y. pouvoir fubffers
tran/plantés par les Anglais e par notre-l Nation dans cette colonie oik il a fallu nousfaire
une nouvelle raifon de ce travail, l'habitude
que nous avions contradiée a plié notre tentperament à la fobriété; nous en Jommes récompenfes par l'heureufe vieillefe oit nous
parvenons 3 G par la bonne fanté dont nous
avons la fatisfadion de jouir. Je ne, penfé pas
qu'ily ait de réplique à la fageffe de ce difcours,
On obferve effedivement qu'il en eft encore
ainfi de tous ceux qui y vivent avec une égale
prudence.
Le climat, lair, 2 voilà l'excufe de tous nos
intempérans 2 que ceux qui les traitent dans
leurs maladies n'ont que trop l'art de flater.
Je n'ignore point que l'air & le climatinfluent
farlesindividus; maisje n'aurai-stirenent garde
& - de leur'attribuer tout Ce qui n'eft que l'effet
d'une vie licencieufe ou d'une intempérance
exceflive. II ferble qu'on ne travaille ici que
pour fe fatisfaire en tous genres d'excès; auffi
en nait-il des fuites fatalcs au phifique & au
moral. Les opérations manuelles de la chirurgie devicnnent fouvent par-là ficheufes:la plus
légère amputation y caufe fouvent la mort: un
doigt coupé, 2 par une opération à propos, 2 a fait
mourir des fuicts, vicics, tandis que Tamputatioa
ive. II ferble qu'on ne travaille ici que
pour fe fatisfaire en tous genres d'excès; auffi
en nait-il des fuites fatalcs au phifique & au
moral. Les opérations manuelles de la chirurgie devicnnent fouvent par-là ficheufes:la plus
légère amputation y caufe fouvent la mort: un
doigt coupé, 2 par une opération à propos, 2 a fait
mourir des fuicts, vicics, tandis que Tamputatioa --- Page 45 ---
'de Saist-Doningues
mauvaife fuite dans
d'une jambe n'a eu aucune
un meilleur fujet.
le plus dans toutes,
Ce que l'on appréhende le fpafme 9 qui s'appelle
c'eft
ces opérations,
: il eft conflant qu'il
ici vulgaitement pafme T'air que par la maueft moins occafionné par
Il ferait aifé de
confticution du fujet.
vaife
tous les jours ; mais Tignorance lui
s'en convaincre d'accréditer une opinion qui
eft bien aife
On fait que c'eft une
fert de retranchement.
des nerfs, &
maladie qui crifpe la contexture leur Alexibilité.
les roidiflant 2 empèche
qui
le fecret d'arrétér prompteSi Ton ne trouve
bientôt
ce mal, ilfe communique!
les
menclefcede
nerveufe: : les mufcles,
dans toute la partie
tout-à-coup le jeu
tendons fléchifleurs ceffent devient roide comme
deleurs Snefors;lenalade craint ici ce cruel acciune barre de fer. On
après une amputation
neuf jours 7
dent pendant périlleule; ce qui eft toujours
ou une bleffre
mal conftitué $
à craindre dans un fujet
plus
autre. J'en ai vu à qui un fimple
que dans tout
dans le pied, caufait
clou, entré par mégarde mouraient. Le froid dont
le fpafme, & qui en d'une violente tranfpion eft faifi à l'inftant
maladie; mais elle
auffi cette
ration, produit facile à guérir. Il ne faut
eft en ce cas plus
grailleux, ni froter
ni oindre d'aucun corps.
à craindre dans un fujet
plus
autre. J'en ai vu à qui un fimple
que dans tout
dans le pied, caufait
clou, entré par mégarde mouraient. Le froid dont
le fpafme, & qui en d'une violente tranfpion eft faifi à l'inftant
maladie; mais elle
auffi cette
ration, produit facile à guérir. Il ne faut
eft en ce cas plus
grailleux, ni froter
ni oindre d'aucun corps. --- Page 46 ---
Maladies
fpiritueufe les perfonnes
avec aucune liqueur mais vivement les remuer ;
attaquées du fpafime,
les faire fuer 2 les expofer à P'adion
les agiter 2 leur faire boire force vinaigre,
d'un feu vif,
en mettre dans leurs bains chauds,
de Poximel,
& les
les fecouer violemment avec Pémétique
forts fudorifiques. Les nègres font beaucoup
plus
mal
les
& les
plus fujets à ce
que
blancs,
animaux encore plus que les nègres.
l'origine du bruit qui fe réRechercherai-je immédiatement après la
pandit en Europe
fur la maladie
découverte d'un nouveau-Monde,
inconnue ? L'on voudra
vénérienne 2 jufqu'alors
faudrait enbien m'en difpenfer 2 parce qu'il
une differtation qui ferait étrangère
treprendre
en France le nom
à mon fujet. Elle a porté
celui de mal
de mal de Naples, & en Italie
J'efpère le prouver quelque jour 2 ce
Français.
n'a
felon moi, pris fa
mal infâme
jamais 2
La raifon de ce qu'on
fource à Saint-Domingue.
l'a connu que dans le tems de la conquéte
ne Charles VIII ft du royaume de Naples 2
que
le retour de Colomb & de
c'eft-à-dire après
qu'il eft inoui
fes gens,a fi peu de fondement;
ait pu,sy arrèter. La licence des troupes,
qu'on dont IItalie était pour lors inondée, n'étaitfuffifante pour faire naitre
elle pas plus que
ce
? Ef-il bien çertain que
cette corruption --- Page 47 ---
447.
de Saint-Domingus:
inconnu avant cette époque 2 Et
mal avait été
comme un effet
pas envifager,
ne pourrait-on des fiecles barbares 2 ces malade Pignorance
obligeaient
dies fi incurables & 1i1 répandues qui
de la fociété ceux qui en étaient
de chafler
attaqués?
infulaires de Saint - Domingue
Les anciens
adonnés aux femmes:,
étaient fages. 5 retenus. 7 peu
de s'être
les foupçonner
doit-on raifonnablement) excès affez déréglés pour proabandonnés à des
a
maladie honteufe & funefte, qui
duire une
du fang & des
fa fource dans la corruption
les Indiens
remèdes que
humeurs ? Lesexcellens
fouverainement,
ont indiqués pour la détruire
étaient vicpas non-plus qu'ils en
ne prouvent
annoncer auffi bien qu'ils ont
times: ils peuvent
une terrible madécouvert un fpécifique pour le mal de Naples.
ladie, mais qui n'était point
comme
Silchtoriginaire de SaintDomingue,
il faut convenir qu'il
le prétend la tradition, car il faut y vivre
y a donc bien dégénéré 9
en être attadans le plus grand défordre & pour fes fuites font-ils
qué; encore fes fimptômes
Les fueurs conmoins affreux ici qu'en Europe.
naturelles all climat,
tinuelles & abondantes,
en diminuent Ia malignité. populaire adopté
Que fignifie donc le préjugé
dans
& qui s'eft répandu
à Saint-Domingue,
le prétend la tradition, car il faut y vivre
y a donc bien dégénéré 9
en être attadans le plus grand défordre & pour fes fuites font-ils
qué; encore fes fimptômes
Les fueurs conmoins affreux ici qu'en Europe.
naturelles all climat,
tinuelles & abondantes,
en diminuent Ia malignité. populaire adopté
Que fignifie donc le préjugé
dans
& qui s'eft répandu
à Saint-Domingue, --- Page 48 ---
Maladies
tout TUnivers, qu'il ne faut qu'y vénir pout
attraper cette cruelle maladie c?J'aimerais autant
que l'on publiàt qu'il ne s'agit que d'aller fous
les climats brûlans del l'Affique . 2 pour y devenit
noir comme un nègre, Sans prétendre excufet
le libertinage qui règne ici, fort capable d'y
introduire le mal immonde, quand il n'y ferait
pas ccmme naturalifé depuis long-tems 2 je
foutiens que l'on fe trompe très-fouvent en
France au fujet des habitans de cette colonie:
Il eft pafic en force de loi chez les Chirurgiens de Paris & de Montpellier - 9 appliqués à
la cure des maux vénériens, de vouloir que
toutesleurs maladiesprovienment de cette caufe;
& l'on m'a affuré que le fameux Petit, ce
Chirurgien fi habile, avait coutume 3 lorfqu'il
fc préfenrait à lui quelque malade, de le queftionner fur le lieu d'oi, il venait : dès qu'on
nommait l'Amérique 7 entr'autres Saint-Domingue, il décidait fans examen que les grands
remedes étaient abfolument néceffaires. Tant
de perfonnes 2 qui ont paffé par fcs mains d
mi'ont certifié cctte anecdote, que je ferais
fcrupule d'en douter, malgré le refpeét que
j'ai pour la mémoire d'un G favant homme.
Les Américains font riches, Oil du moins réa
putés tels, ils paient bien, fur-tont en France
oir l'oftentation les jette dans des dépenfes
prodigieufes:
remedes étaient abfolument néceffaires. Tant
de perfonnes 2 qui ont paffé par fcs mains d
mi'ont certifié cctte anecdote, que je ferais
fcrupule d'en douter, malgré le refpeét que
j'ai pour la mémoire d'un G favant homme.
Les Américains font riches, Oil du moins réa
putés tels, ils paient bien, fur-tont en France
oir l'oftentation les jette dans des dépenfes
prodigieufes: --- Page 49 ---
de Saint-Domingue.
prodigieufes : il faut donc leur faire accroire
le venin coule dans leurs veines, pour avoif
que
de les voler impunément.
un prétexte plaufible Petit, dont la réputation re
Mais le célebre
périra jamais, ignorait-il que, par un traitementinutile & dangereux,1lpowvaite occafionnetla mort à des gens que fon favoir aurait pu
faire vivre, s'il.ent voulu fe départir d'une opinion auffi fauffe, & confulter les règles de fon
art ? S'il part d'ici beaucoup de fphillitiques pour
s'aller faire guérir en Europe, fans fe déplacer $
les eût
mieux traités & avec bien
on
peut-être
du
moins d'accidens 2 vu la chaleur propice
climat ; ils'y en rend un grand nombre d'autres.
attaqués de maladies qui ne demandent rien
moins que les grands remèdes : tels font ceux
Phumeur fcorbutique s'eft déclarée au
en qui
les mêmes fimptômes qui caractédehors avec
rifent la fphillife invétérée. Les taches fcorbutiques & les taches vénériennes font à-peules mêmes : elles fe reffemblent d'autant
près
dans l'une & dans l'autre maladie
mieux, , que
c'eft toujours le fang qui eft vicié ou corrompu;
de la même manière, 2 ce qui doit faire
non. pas des remèdes différens. Dans les fcorappliquer le
eft defféché au point 2 que fes
butiques 7 fang
d'une dureté extrême $
globules deviennent
& que la chilification, qui le précède, ceffe
Partic II.
Ef --- Page 50 ---
Maladies
prefque entièrement. Dans les fphillitiques 9 le
fang eft à la vérité vicié & corrompu s mais
le venin, quil'infeée, eftlimpide, &n'empêche
point le chile de régénérer le fang , que ces
venin corrompt toujours de plus-en-plus, mais
fans le coaguler tout-à-fait. Or le traitement
n'en faurait être le même ; dans Tun, il faut
des fondans & des adouciflans, 3 enfn des remèdes
qui réparent & remettent dans fon état naturel
un fang altéré jufques dans/fa fubftance; aulieu que, dans l'autre cas, il n'eft queftion que
de dépouiller le fang du venin ou virus qui
le corrompt & l'infecte.
Il eft certain que les chairs tombent en mortification dans l'un & l'autre cas : maisla curation de l'une ou l'autre de. ces maladies doit
être bien différente. Les friéions mercurielles
valent rien pour le fcorbut; le mercure eft
ne
vimortel dans fon traitement , agitant trop
vement les parties nobles qui ne doivent étre
qu'adoucies.
Je ne craindrai pas de le dire 2 ln fphillife
en' comparaifon du
eft très-peu dângereufe
fcorbut que l'on laiffe invétérer. Beaucoup de
s'imaginent à Saint-Domingne, qu'il -
perfonnes mieux être attaqué de la maladie vénévaut
rienne que du fcorbut ; & elies ont raifon:lune
fegeiritourfimplamente depuis quelamédecine,
les qui ne doivent étre
qu'adoucies.
Je ne craindrai pas de le dire 2 ln fphillife
en' comparaifon du
eft très-peu dângereufe
fcorbut que l'on laiffe invétérer. Beaucoup de
s'imaginent à Saint-Domingne, qu'il -
perfonnes mieux être attaqué de la maladie vénévaut
rienne que du fcorbut ; & elies ont raifon:lune
fegeiritourfimplamente depuis quelamédecine, --- Page 51 ---
45*
'de Saint-Doitingus:
ont été pouflées fi loin; K
dont les connaiffances
; Pautre eft à
découvert le vrai fpécifique
en a
encore des recherches inpeine connu, il exige
à l'expulfer
finies pour que Pon parvienne n'a trouvé
totalement 5 car jufqu'à préfent on
le
: ii renait quand on y penfe
qu'à le pallier
moins. hafarder mon avis fur le traitement
Je vais
même tems de fcorbut
des malades attaqués en
lun étant pius
& de la fphillife. J'eftime que
Tautre, il faudrait sappliquer
dangereux que
les remèdes connus
à déraciner le premier par
à la cure de
avant de procéder
& pratiqués, fur-tout dans les fujets qui arricelle-ci: c'eft
doit
vent de l'Amérique. 7 que cette précaution
qu'ils font pour la plupart
être prife, parce
fcorbutiques.
de nos. habitans
Lufage où font beaucoup faire traiter de la
de paffer en France pour s'y
fi limne ferait pas pardonnable,
fphillife,
de nos Chirurgiens ne
péritie de quelques-uns
état
l'excufait. Pour un qui cft en
d'appliquer
remède, comme Tinimitable Afruc
le grand
l'adminiftrent fi
lui-méme, il en eft cent qui
les accileurs malades dans
mal, qu'ils jettent
Je dirai a cette occafion,
dens les plus funeftes.
Pexamen
rien n'eft fi léger que
en pafiant > que
des Chirurgiens 9
qui fe fait ici pour la réception
Ffij --- Page 52 ---
Maladies
dont
ne favent que faigner : il en eft
plufieurs
.
exercent à la: plaine (1), fans avoir jamais
-qui
Le grand nombre eft compofé de
été reçus.
défertent.
petits Chirurgiens de navires, qui en
Le Confeil du Cap a eu de bonnes intentions
la manière de les recevoir, le nombre
en réglant
Confeiller
de leurs examens 2 & ordonnant qu'un
avecle Médecin-du Roi. Celan'arrête
yaffifterait
le défordre: la faveur, la complaifance ,
point
des follicitations ne font pas moins en ufage
par-tout ailleurs : mais .les conféquences
que
Les Frères de
en - ceci font très-importantes.
la Charité donnent dcs ceptificats 9 le Médecin
du Roi & les Examinateurs felaiflent-quelquefois gagner, s le Magiftrat n'eft pas toujours
préfent, , & le Public, trompé par une fauffe
de réception 2 confie fes jours en
apparence
aveugle à un autre auveugle.
Les dhiarrées font très-fréquentes à Saintc'eft fouvent le fruit ou de la déDomingue:
bauche outrée 2 ou du fcorbut; elles durent
communément long-tems : ilyad des perfonnes
qui les gardent plus de dix années, quelques-.
unes toute leur vie. Les dhiarrées fcorbutiques
font celles qui durent le moins, parce que s
leur fource dans un eftomac vicié &
prenant
(1) A la campagne:
ugle.
Les dhiarrées font très-fréquentes à Saintc'eft fouvent le fruit ou de la déDomingue:
bauche outrée 2 ou du fcorbut; elles durent
communément long-tems : ilyad des perfonnes
qui les gardent plus de dix années, quelques-.
unes toute leur vie. Les dhiarrées fcorbutiques
font celles qui durent le moins, parce que s
leur fource dans un eftomac vicié &
prenant
(1) A la campagne: --- Page 53 ---
de Sain-Domingues
conduifent bientôt au tombeau:
perdu ; elles
rarement à y remédier:
Le mal eft. qu'on fonge
une maladans le principe, que lon néglige ceux.qui eny
devient incurable, &. que
die qui
avec une voracité qui
font attaqués, mangent embarras à leur état déjà fàajoûte. un.nouvel
même à s'enflammer
cheux. Ils contribuent dont ils ufent & lès
Fintérieur par lès ragoûts
Quelqueruns;
boiffons qu'ils fe permettent:
à tems pour la France ,6 éprouvent. fa
s'embarquant
de climnat leur-eft
combien le changement: d'aucun remède, ils
lutaire : fans faire ufage
J'aijtenté. d'en
dans la traverfée.
fe guériflene:
je n'ai jamais pu me
deviner. la. raifon, que
dans-le eulchanperfuader preadre fon origine de plus nuifible
gement d'air,n'y.en ayant pas
marin?
à la fanté que Vair falé & purement étit-manvais.
car 2 G celui de Saint-Domingue milieu d'une vafte
par-la, il s'enfuivrait qu'au bien davantage:
mer il. devrait T'être encore plus à même ds
Je penfe donc que, n'étant citron, des: fruits
faire ufage du piment; du- fournit, & dont
acides & corrofifs que le pays
d'ailleurs à
eft comme: affamé, forcés
on y
de régime volontaire ou
vivre d'une efpèce
n'eft pas encore
contraint 7 leur eftomac , qui
fes fondions
tout-à-fair gâté, reprend pen-à-pau de. cette. vétité fetire
& fe rétabiit. La preave
Ffij
des: fruits
faire ufage du piment; du- fournit, & dont
acides & corrofifs que le pays
d'ailleurs à
eft comme: affamé, forcés
on y
de régime volontaire ou
vivre d'une efpèce
n'eft pas encore
contraint 7 leur eftomac , qui
fes fondions
tout-à-fair gâté, reprend pen-à-pau de. cette. vétité fetire
& fe rétabiit. La preave
Ffij --- Page 54 ---
Maladies
revenus dans la
de ce qu'ils ne font pas plutôt
affaffins les
Iufage de ces mets
colonie 9 que dans le même état; au-lieu que
fait retomber
fur eux
ont affez de force d'efprit
ceux qui
fe garantiffent
pour fe difpenfer d'en manger,
ordinairement d'une rechute aufli trifte que
pernicieufe.
La faifon d'arriver à Saint-Domingue, pour
font
faits au climat 1 eft
ceux qui ne
point
froid
dans
Fhiver, qui n'eft pas même auffi
que
les plus méridionales de la France,
les parties
vétu à la l6ptifque Yon va prefque toujours
la
gere; mais qui eft un tems pendant lequel
chaleur du foleil eft ralentie. Ils ont le loifir
infenfiblement au retour d'une
de s'accoutumer
lorffaifon plus brûlante. Ce prétendu hiver,
qu'il eft pluvieux : 7 devient en révanche bien
anciens habitans, dont il occafionne
fatal aux
Le moindre rhume
la mort de quelques-uns.
chaleur
dégénère en fluxion de poitrine. La
de la journée oblige de ne fe vêtir que trèsmais 2 avant le lever ou après le coucher
peu 3
du foleil, il fe fait reffentir une fraicheur qui
la tranfpiration, quand on n'eft pas
fupprime
prévenir cet inconvénient.
affez foigneux pour
l'on
Les nuits fur-tout exigent alors que
fupmalgré foi une couverture 1 fans quoilon
porte à des maladies facheufes. La principale
s'expofe
de la journée oblige de ne fe vêtir que trèsmais 2 avant le lever ou après le coucher
peu 3
du foleil, il fe fait reffentir une fraicheur qui
la tranfpiration, quand on n'eft pas
fupprime
prévenir cet inconvénient.
affez foigneux pour
l'on
Les nuits fur-tout exigent alors que
fupmalgré foi une couverture 1 fans quoilon
porte à des maladies facheufes. La principale
s'expofe --- Page 55 ---
de Saint-Dominguc
l'on doit couvrir avec
partie du corps 2 que le fiège ici de tous les
foin, c'eft T'eftomac, la fanté.
dérangemens qu'éprouve hiver , il faut traiter
Pendant ce prétendu qu'en été. Les doules malades différemment les fèvres mèmes
leurs qu'on fent pour lors, 9
des
font caufées que par une fuppreflion
ne
toujours ouverts, 3
fueurs ; les pores 9 prefque & les humeurs qui
fe referment fubitement ,
ne trouvant
cette voie natarelle 3
fortaient par
dedans où elles infecplus d'ffue, refluent en
bien s'attachent a
tent la maffe du fang, 2 ou
faut
obftruent. Il ne
fouvent;
des parties qu'elles
reftituer leur cours ore
comme je Pai vu 2 que d'abord. Leur faire
dinaire ; la maladie finit
des médecines
prendre un nouveau cours 2 par faible portion, ce
qui n'en précipitent qu'une
auffi le malade
aller à la fource,
n'eft point
incommodé. Une prife de
n'en eft-il que plus
très-falutaire. Pour
bézoart eft ordinairement
&
elle eft dangerenfe
la faignée en cet état,
fuis guéri un
fort fouvent mortelle. Je me
infini de fois d'une fièvre très-violente,
nombre
de cette caufe, en ne prenant que
qui provenait
beaucoup plus que de
du thé & me couvrant
la tran(piration: fi
coutume. 7 afin de rétablir il m'aurait fnigné,
javais appelé un Chirurgien,
fait une longue
maldisolenatsosgers
&rj'eufle
Ffiv
fe
la faignée en cet état,
fuis guéri un
fort fouvent mortelle. Je me
infini de fois d'une fièvre très-violente,
nombre
de cette caufe, en ne prenant que
qui provenait
beaucoup plus que de
du thé & me couvrant
la tran(piration: fi
coutume. 7 afin de rétablir il m'aurait fnigné,
javais appelé un Chirurgien,
fait une longue
maldisolenatsosgers
&rj'eufle
Ffiv --- Page 56 ---
Maladies
été quitte pour un feul accès. Cette fièvre coma
mence par les fimptômes les plus effrayans; on
reffent un froid vif & des doulcurs aigués dans
toute Thabitude du corps, le mal de tête n'en
eft paint excepté 1 ; & voilà ce qui épouvante &c,
fait prendre le change. Ayant beaucoup couru
un après-midi 2 pour vaquer à mes
un
afiaires,
Capitaine Provençal, chez lequelje m'arrétai, m'offrit de me rafraichir avec da firop
d'orgeat; ; un unique gobelet que j'en pris me
fit trembler au méme inflant d'une manière qui
aurait épouvanté tout autre ; la fiévre furvint,
je n'en fis que rire, & fachant la caufe de cette
prompte attaque, dix à douze taffes de thé bien
fucré me tinrent lieu de foupé: après quoi me
mettant au lit à l'heure accoutumée, je me
fervis d'une couverture de laine qui acheva de
me guérir. Toute tranfpiration fupprimée ici
en fanté n'exige pas d'autre remède.
J'ai obfervé que l'on recherche ici le froid
avec une fenfualité qui nuit à beaucoup deperfonnes. Les rhumatifmes les
fluxions, , plus
communs qu'on ne fe l'imaginerait, eu égard
à la chaleur du climat, naiffent de la : ces maux
font bien plus difficiles à guéris qu'ailleurs;
ce qui paraitra fingulier. Les humeurs froides,
les gouttes fercincs; les pituites, y font des maux
familiers, qu'en ne guérit pas facilement.
avec une fenfualité qui nuit à beaucoup deperfonnes. Les rhumatifmes les
fluxions, , plus
communs qu'on ne fe l'imaginerait, eu égard
à la chaleur du climat, naiffent de la : ces maux
font bien plus difficiles à guéris qu'ailleurs;
ce qui paraitra fingulier. Les humeurs froides,
les gouttes fercincs; les pituites, y font des maux
familiers, qu'en ne guérit pas facilement. --- Page 57 ---
de Saint-Domingues
fiévreufes ne font pas longues
Les maladies
voient prcompsemene
fous ce ciel; les malades y
non-pairs font
décider de leur foré: les jours
l'on
eft rare que
eux les plus eritiquessil
pour
onzième. On voit peude goutteux dat
aille jufqu'au
la débanche
à Saint-Domingue, , quoique mais la tranfpiration y
les rendre cominuns 5 âcre & maligne sévaeft telle, que Phumeur fait que les perfonnes
ailément; ce qui
de la
pore
malheur d'étre attaquées
qui ont le
cemalde France,
apportent
goutte , foit qu'elles dans le pays, font beauleur vienne
vives
ou qu'il
atraques ne font nifi
coup foulagées : leurs
Les plaies
dans le Royaume.
ni fi longues que
à la tête, de même
font aufli peu dangereufes
au-travers du
les coups de feu ou d'épée de rien : les
que
fe guériflent en moins
corps 2 qui
font feulement en quelques
maux de jambes
; ce qui dépend encore
endroiradificiless à guérir conflitution du fujet.
de la bonne Otl mauvaife dela pureté de Vair.
Toutcela fait bien Téloge
fouvent, pour
Si Yon avait foin de sy purger humeurs qui fe jettene
diminuer l'abondance des
on fe porterait
fur toutes les partics du corps, contrée de YUnivers.
mieux que dans nulle autre
( & on ne fauraic
Malgré les fueurs continuelles s'amafient avec une
humeurs
trop le dire), ,ces elles deviennent Torigine
rapidité étonnante 3
pureté de Vair.
Toutcela fait bien Téloge
fouvent, pour
Si Yon avait foin de sy purger humeurs qui fe jettene
diminuer l'abondance des
on fe porterait
fur toutes les partics du corps, contrée de YUnivers.
mieux que dans nulle autre
( & on ne fauraic
Malgré les fueurs continuelles s'amafient avec une
humeurs
trop le dire), ,ces elles deviennent Torigine
rapidité étonnante 3 --- Page 58 ---
Maladies
de toutes les maladies, Les vaiffeaux
les couloirs qui fervent à les filtrer fanguins;
féparer le plus fubtil
& à en
vie, le foie où
pour le rendre utile à la
fe forme ce foufre
nomme bile, fi néceffaire à
que l'on
l'économic
tant d'autres parties
animale,
les nerfs, tout
effentielles, les inteftins s
en eft infedé; d'où naiffent
maux qui contradent la
des
par le
de
plus grande malignité
de
féjour
ce qu'elles ont de terreftre &
groffier, qu'on ne faurait trop
d'évacuer. C'eft de cette fource
s'empreffer
wfortent les
empeftée que
forme
malingres, efpèce de plaie qui fe
elle-méme d'une tumeur
par la pourriture des chairs. Ce ferophulenfe, mal
le plus communément
s'attache
de
aux jambes. Combien
nègres font par-là rendus infirmes &
tiles à leurs maitres ! Il n'eft guère
inuoù l'on ne voie de ces. jambes d'habitations
que l'on a la fotife de croire l'effet monftrueufes, 3
ou des
du poifon
fortilèges, tandis que la caufe en
toute naturelle, ne réfidant
eft
infeété par les humeurs
que dans un fang
viciées
& que l'on y laiffe féjourner. quis'y mélent,
Tout eft-médicinal fous ce climat
les trois règnes, animal,
fortuné:
y offrent les
végétal & minéral,
(pécifiques les plus
mais les nègres font
merveilleux;
favent tirer
prefque les feuls qui en
parti, L'amour du gain féduit trop
lle, ne réfidant
eft
infeété par les humeurs
que dans un fang
viciées
& que l'on y laiffe féjourner. quis'y mélent,
Tout eft-médicinal fous ce climat
les trois règnes, animal,
fortuné:
y offrent les
végétal & minéral,
(pécifiques les plus
mais les nègres font
merveilleux;
favent tirer
prefque les feuls qui en
parti, L'amour du gain féduit trop --- Page 59 ---
de Saiat-Doningue:
viennent ici pour exercer
les jeunes-gens qui
: ils pourraient s'ocla médecine & la chirurgie
des fimples
utilement à la connaiflance cette étude
cuper
abonde, fans nuire par
dont ce. pays
à leurs fortune.
qu'on emploie
Les remèdes pharmacopiques moins bien a
ailleurs ,ne réuffifTent pas
vicilli
par-tout:
quilsn'sientr pas
Saint-Domingue, 7 pourvu
ainfi
leur vertu 3
quilarive
au point de perdre
Pon conferve des tems
à la plupart de ceux que
de bons règleinfinis. Il ferait effentiel que
les fiflent
on tiendrait la main,
mens. , auxquels
Tous les végétaux
vifiter de tems à autre.
du terme d'une
n'agiffent plus guère au-delà
fort
& les Apothicaires
année. Les Chirurgiens
des Capileurs remèdes, ou en achètent
venir
qui ne manquent
taincs, fur-tout de Provence,
fonc
Quand ces remèdes
guère d'en apporter. de mal que de bien. La
vieux, ils font plus
s'exerce fi fcrupuleuPolice, qui à cet égard nulle la-deffus. 9 fans
ici
fement en France,eft
conféquences de
qu'on y ait encore fongé aux
importe tout
abus. En voici un autre qu'il
cet
Tout le nionde a la liberté
autant de détruire.
& l'on prétend
d'y ouvrir bontique de drogues, d'arfenic entre
que c'eft ce qui a répandu tant ont abufé à notre
les mains des nègres, qui en
détriment.
la-deffus. 9 fans
ici
fement en France,eft
conféquences de
qu'on y ait encore fongé aux
importe tout
abus. En voici un autre qu'il
cet
Tout le nionde a la liberté
autant de détruire.
& l'on prétend
d'y ouvrir bontique de drogues, d'arfenic entre
que c'eft ce qui a répandu tant ont abufé à notre
les mains des nègres, qui en
détriment. --- Page 60 ---
Maladies
Pourquoi recourir aux drogues étrangères; ;
),
pendant qu'il en croît ici de fi falutaires &
en abondance? Les natarelles font toujours les
meilleures : les remèdes fimples & les végétaux
font autrement bienfaifans que les compofés
ou factices. Or il en eft une foule de ces
micrs à Saint-Domingue,
pre.
qu'il ne s'agirait que
d'examiner & d'analifer. On. leur trouverait
plus de vertu qu'en beancoup. d'autres qui viennent à grands. frais. des pays cloignés. Quant aux
minéraux, on. les. y: découvrirait de méme; mais
ce font des remèdes fi
dangereux, 2 far-tont fous
ce ciel, où l'on n'a rien moins befoin que de
ce qui irrite des parties délicates , qu'en vérité
larechercheen devrait étre défendue pour Fufage
de da médecine.
Combien les colons ne font-ils point blâmables de négliger tant d'avantages? L'arbre
qui porte la cafle,appelé caffier ou canificier,
y croit en fort peu de tems & très-beau: chaque habitation poarrait avoir plufieurs de ces
arbres, fans que rien de ce qu'oa y cultive en
fouffrit. Les nègres, 2 qui- ont tant befoin d'être
purgés, en cueilleraient eux-mémes:la gommegute que leur prodiguent les Chirurgiens, purgatif plus. fait pour les. chevaux que pour des
hommes, n'envenimerait plus l'état d'un grand
sorindemumulbeeat.iarnsonoyvnbanmms,
itation poarrait avoir plufieurs de ces
arbres, fans que rien de ce qu'oa y cultive en
fouffrit. Les nègres, 2 qui- ont tant befoin d'être
purgés, en cueilleraient eux-mémes:la gommegute que leur prodiguent les Chirurgiens, purgatif plus. fait pour les. chevaux que pour des
hommes, n'envenimerait plus l'état d'un grand
sorindemumulbeeat.iarnsonoyvnbanmms, --- Page 61 ---
de Seint-Domingue
falutaire que prife par la bon:
n'eft pas moins
adouciffant; ; on en peut
che : c'eft un excellent
à chaud.
moins qw'infule
manger,i il dégoûte
froidé, on l'arrête
Si fa qualité eft d'être trop l'effet qu'on en
cordiaux après
par de légers
ou ceux qui en exerelpérait. Les Droguiftes,
que la caffe
cent ici la profefion 2 publient eft d'une exdu pays ne vaut rien, ou qu'elle
que
médiocrité: ce n'eft qu'un fubterfuge
trême
afin. de vendre quelquefois dix
l'intérêt fuggere, coûté
40 fous ou un écu.
piftoles ce qui n'a
que moins aufli bonne
Je fais qu'elle eft pour le
dont on ufe ici
celle de la Martinique 9
que
d'oi vient ferait-elle différente,
communément:
comme aux ifles
paifqu'elle y eft tran(plantée
eft pourvu
L'hôpital de la Charité, qui
du Vent?
achète d'ailleurs que lorfde cet arbre, n'en Il n'eft queftion que d'en
qu'elle lui manque. la pulpe; elle ne donne pas
ôter foignenfement celle des Indes s qui ne
plus de tranchée que
eft vicille. Le caniPemporte que parce qu'eile arbre fingulier a
ficier vient de graine ; c'eft un
de toutes
fon fruit long & étroit pend
voir;
& fait un cliquetis plaifant au
fes branches 2
moindre vent qui fouffle. moins bien dans ce
Le féné ne croît pas
Ton lui connait /
pays. Il a la même vertu que
Je l'ai
dans les lieux où il vient naturellement.. --- Page 62 ---
Maladies
vu cultiver dans des jardins avec une facilité
étonnante, qui montre combien on eft peu
excufable de n'y en point avoir par-tout. Sa
plante ligneufe & rampante court fur terre
d'ou elle ne s'élève pas beaucoup étant toujours
fi baffe & fi faible > qu'il faut la foutenir avec
des piquets, 7 pour éviter qu'elle ne contraéte
une odeur terreufe, ou qu'elle ne pourriffe. On
fe fert de fes feuilles 5 encore mieux de fes'
follicules, efpèce d'enveloppe plate & ronde qui
renferme fa graine. C'eft cette follicule qui fe
séme; elle n'eft pas long-tems à paraitre, &
l'on peut ufer pour femence de celles qu'on
envoie du Royaume, quand elles font fraiches.
Il croît ici jufqu'à de la rhubarbe, mais ce
n'eft que de celle qui fe nomme rapontic ou
rhubarbe des Moines. Cet arbriffeau, gros &
touffu, vient dans les mornes aux environs
du Cap, où je n'en ai pu voir qu'entre des
rochers du bord de la mer, légèrement couverts
de terre, & encore d'une terre qui n'était qu'une
forte de pouflière d'un reuge-pourri; ne feraitce point là la caufe de ce que la couleur naturelle à cette racine eft rougeâtre ou jaunâtre ?
On le peut vérifier fur les autres lieux ou il
en croît. Le corps de l'arbre eft fort branchu,
(1) Montagnes.
ons
du Cap, où je n'en ai pu voir qu'entre des
rochers du bord de la mer, légèrement couverts
de terre, & encore d'une terre qui n'était qu'une
forte de pouflière d'un reuge-pourri; ne feraitce point là la caufe de ce que la couleur naturelle à cette racine eft rougeâtre ou jaunâtre ?
On le peut vérifier fur les autres lieux ou il
en croît. Le corps de l'arbre eft fort branchu,
(1) Montagnes. --- Page 63 ---
'de Saint-Domingue:
font de moyenne grandeur 1 d'un
fes feuilles
& il eft couvert
verd foncé, , rudes au toucher, 2 dont la couleur
bouquets de Aleurs,
de petits
celle du fouci. Sa. racine purge
eft à-peu-près
affez bien.
qu'il ne
Il eft auffi plafieurs autres purgatifs d'affez
d'étudier, fi quelqu'un
ferait queflion que
la peine. Prefque
habile en voulait prendre
font de cette
les réfines & les gommes y
toutes
après leur analife, que
claffe. Il ne s'agirait,
les
les dofes ; car
nègres, quis'en
d'en fpécifier
font
gens à s'emfervent quelquefois 9 ne
point
n'occadu plus ou du moins : ce qui
barrafler
qu'ils
en eux d'accident 7 parce
fionne jamais
forte & robufte; au-lieu
font d'unc conftitution
dans l'admiqu'il faut un peu plus de fagefle
aux
qu'on fait prendre
niftration des drogues Cela eft fondé fur des
blancs, moins vigoureux.
expériences journalières
fe
à Saint-Domingue
Les fièvres
guériffent naturels au climat;
beaucoup de remèdes
ou
par
ufent de la racine de citroniers
les uns
font infufer dans l'eau froide
d'orangers, a qu'ils fefervent de différens amers,
ou chaude; d'autres la plupart des plantes y
dont le pays abonde s fur-tout les mangles. Ce
étant de cette nature,
de
s qui
arbres
quinquina
font de véritables
blanc de rivière,
Técorce d'un mangle
n'eit que
climat;
beaucoup de remèdes
ou
par
ufent de la racine de citroniers
les uns
font infufer dans l'eau froide
d'orangers, a qu'ils fefervent de différens amers,
ou chaude; d'autres la plupart des plantes y
dont le pays abonde s fur-tout les mangles. Ce
étant de cette nature,
de
s qui
arbres
quinquina
font de véritables
blanc de rivière,
Técorce d'un mangle
n'eit que --- Page 64 ---
Maladies
doht on ne chercherait pas en vain la méme
elpèce dans Pifle 2 fi l'on n'était fauffement
venu que le quinquina ne faurait croître
préqu'au Pérou. Voici un fait
ailleurs
mangles rouges du bord de certain; j'ai vu des
la
la fèvreaufi
mer-faire.pafter
promptement que lemeilleur
quina. Les
quinChirurgiens ont intérét que cette
connaiffance ne devienne
ils
pas trop
une
perdraient
très-grofle rétribution publiques
crédulité de leurs malades.
fur la
1 Un fpécifique peu connu en Europe
mériterait pourtant de l'être,
5 qui
mirable
comme étant adcontre toutes les fortes de
qui eft fi commun à
févres,6c
y voit des haies
Saint-Domingue, qu'on
qui ne font, pas d'autre
c'eft la poincillade, très-joli
chofe;
arbriffeau,
on a donné ce nom de celui de M. de auquel
Général des ifles du Vent vers le milieu Poinci,
dernier fiecle. Apparemment
du
qu'il en fit la découverte, Cet arbriffeau croût d'environ dix à
douze pieds de haur. Sa beauté le devrait
rechercher de nos
faire
Aleuriftes: car il porte une
jolie Aeur, prefque femblable au chèvre-feuille,
ou, du moins
à
très-approchanre, 7 la feule
rence que fa couleur eft d'un rouge vif & difféfurmontée ou: plutôt bordée de
foncé,
du milieu de fa
jaune : il fort
capfale, qui eft découpée &
veloutée, de longs filets d'un
rouge incarmar,
à-
devrait
rechercher de nos
faire
Aleuriftes: car il porte une
jolie Aeur, prefque femblable au chèvre-feuille,
ou, du moins
à
très-approchanre, 7 la feule
rence que fa couleur eft d'un rouge vif & difféfurmontée ou: plutôt bordée de
foncé,
du milieu de fa
jaune : il fort
capfale, qui eft découpée &
veloutée, de longs filets d'un
rouge incarmar,
à- --- Page 65 ---
de Saint-Doningut:
il s'en voit a la fleur du
a-peu-près comme
Les feuilles de la poincillade
chevre-feuille,
mais bien plus
font comme celles de l'indigo 5
reffemblent elles-mémes a
àl la feuille
grandes, qui
France luzerne. On
de l'herbe qu'on nomme en la Aeur ju de la rafe fert indifféremment de
le thé, & on
cine : on les met infufer comme oui diverfes
les prend de la même manière.Jai valait pour
foutenir que la racine
perfonnes
mieux que la fleur. Quoi qu'il
cela in@iniment
eft excela
il eft sûr que cette plante
en foit,
mériterait d'être
Jente pour fébrifuge, qu'elle
qu'elle
connue en Europe, oit je penfe
plus
aufli aifément que dans les Antilles;
viendrait
méridionales ou
entr'autres dans les parties
tempérées de la France. Elle y
fimplement
dont elle n'a
fuppléerait bientôt au quinquina,
ruine
les inconvéniens ; car on fait qu'il
point
les meilleurs eftomacs.
à la longue
dans
croit auffi communément
La falfepareille elle eft la même que celle du
nos montagnes :
à faire des tifanes pour
Levant 5 fert également
moias
les maux vénériens, & ne paraît pasavoir
fa boiffon par infufion, coupée avec
de vertu:
merveilleux pour fouetter
le lait, fait des effets
dévrait
épaifli; tout le monde en
un fang trop
dans un pays où le fang eft
ufer fréquemment. 5
inconvénient
fujet àralentir fouvent fon adtion';
Gg
Partic II.
pour
Levant 5 fert également
moias
les maux vénériens, & ne paraît pasavoir
fa boiffon par infufion, coupée avec
de vertu:
merveilleux pour fouetter
le lait, fait des effets
dévrait
épaifli; tout le monde en
un fang trop
dans un pays où le fang eft
ufer fréquemment. 5
inconvénient
fujet àralentir fouvent fon adtion';
Gg
Partic II. --- Page 66 ---
Maladies
qui rend le café d'un ufage tout-à-fait Talutairer
La falfepareille de Saint-Domingue eft comme
l'autre: : c'eft une forte de lianne, mais qui
porte un haut pied, & qui, à quelque chofe
près, reffemble aflez à la cigué: à l'extrémité
de chaque jet, qui tous partent du pied, il
nait delongues & larges feuilles d'un verd clair,
charnues, & qui ne paffent jamaisle nombre de
deux ou trois, en forme de Aeur-de-lis 9 mais
détachées-; celle du milien eft toujours la plus
grande; ; les deux autres ont a leur bafe une
exeroiffance qui pouffe de différens côtés, & fe
termine en ovale:le bas de la plante eft garni
ide longs filamens durs, qui courent fur Ia terre 2
& y prennent racine; c'eft ce que l'on emploie.
Si les petits habitans des marnes entreprenaient
d'en cultiver 2 ils y trouveraiént de la reffource, 3
en fefant bientôt tomber la falfepareille du
Levant.
On voit encore ici croitre naturellement une
autre plante farmenteufe, mais différemment
conformée 5 dont l'utilité pour la médecine
n'eft pas moins reconnue dans le traitement
'des maux vénériens ; elle eft propre aufli à purifierla maffe du fang: c'eftla fquine ou efquine,
fort commune en certaines de nos montagnesi
On pourrait en faire un commerce avantageux,
ainfi quie de l'autre. Cette plante rampe comme --- Page 67 ---
45t 2
de Sist-Dohingut
lavigne; & au-lieuque les feuilies de la fallepa:
reille (ont grandes, 2 qu'ellès ponffent fépaiémens
de la lianne 2 én celle-ci les feuilles iont adhefarmenteufe qui court & sétend
rentes àlap partie
fur la terre comme toutes les plantes ligneufes:
fes feuilles enp partent ; elles font petites 1 p2.
reillés à Celles du franiboifier ou plutôt de ia
ronce, à laquelle eiles reffemblent davantages
Il ferait aifé de provigner ces plantes utiles
dans tous les lieux de 1
& de les multiplier
encore : 1
colonie 7 ou elles ne fc forit point
montrées!
croifLe caralogue de tousles fpécifiques qui
fent ou pourraient croitre dans le pays, ferait
immenfe: il eft peu d'arbres, même fruitiers;
qui n'en puillent fournir; le gayac iénd une
gomme dont les propriétés font depuis long-
&
l'Europe eftine autant
tems connues, que.
la
que noûs 3 les tins font dés ipécifiques pour
ahiarrée , les aûtres pour Thidropifie; enfirioni
trouverait ici de quoi foulager toutes les maladics, fans le fecours dès autrés coritrées: Ori
extraire ; pour le foulagement des doiy peut
d'humeute
leurs oû autres maux qui proviehnent
froidés, des huiles & graifles de quelques ani- :
maux,propresà donner delélafticité our remettré
a èn mouvenient les parties qui en font ailligées.
T'huile de foldat, qui eft le poilloh d'une efpece
G g ij
ici de quoi foulager toutes les maladics, fans le fecours dès autrés coritrées: Ori
extraire ; pour le foulagement des doiy peut
d'humeute
leurs oû autres maux qui proviehnent
froidés, des huiles & graifles de quelques ani- :
maux,propresà donner delélafticité our remettré
a èn mouvenient les parties qui en font ailligées.
T'huile de foldat, qui eft le poilloh d'une efpece
G g ij --- Page 68 ---
Maladies
de coquillage emprunté s eft admirable pout
cela, Il n'y a pas jufqu'au ravêt 7 infeête qui
habite les maifons & où on le pourfuit pour
le détruire 9 qui ne foit un fudorifique bienfaifant ; on va mémejufqu'à ladminiftrer pour
les maladiés de poitrine. Le baume de fucrier,
qui eft un grand & gros arbre, découle abondamment de fon tronc & de fes branches : il
ferait à fouhaiter qu'il fàt mieux connu ; car
ceux qui l'ont expérimenté , le préferent au
baume du Pérou dont on fait tant de cas ; il
réunit les mêmes vertus & celles encore du
copahu de la Guyane ; en forte que, pris ou
appliqué,il eft également falutaire : je lui ai
vu rétablir des eftomacs délabrés qui ne pouvaient rien fupporter. Il guérit promptement
les coupures & autres bleffures faites avec un
fer tranchant.
Finiffons par dire que la noix du médeciarbrifleau nature! au pays s purge à la
nier,
mpais qu'il ne ferait pas
vérité violemment,
de corriger cet excès, & de rendre
impofible
doux & utile. Combien
ce végétal un purgatif
efl-il ailleurs dans ce cas, dont l'art a eu
en
utile à Thumanité?
le fecret de faire un préfent
dangereux poifons fe transforment en
Les plus
qu'une main habile
remèdes falubres, 2 aufli-tôt
les a préparés.
ais qu'il ne ferait pas
vérité violemment,
de corriger cet excès, & de rendre
impofible
doux & utile. Combien
ce végétal un purgatif
efl-il ailleurs dans ce cas, dont l'art a eu
en
utile à Thumanité?
le fecret de faire un préfent
dangereux poifons fe transforment en
Les plus
qu'une main habile
remèdes falubres, 2 aufli-tôt
les a préparés. --- Page 69 ---
de Saint-Domingue:
très-comNous avons ici une autre plante
étaient
dont les qualités médicinales
mune 2
: Pun de nos meilleurs
fues fans étre pratiquées
ancien
M. Fournier de la Chapelle
citoyens,
du Cap ,a depuis
Procureur-Génétal au Confeil
excellente,
une huile
tiré du Palma-Chrilli
peu
il
tous fes nègres. , jufques
avec laquelle purge
en diminuant otk
enfans à la mamelle,
aux
la dofe fuivant l'âge ou le tempéaugmentant
dans la clafTe.des purrament. On le rangeait efimable Magiftrat
gatifs les plus violens; cet
il en fera voir
le contraire, &
a démontré
quand il le jugera a
autant du médecinier,
fe plait à éprouver
propos. Son âme bienfailante Phumanité. Le Paimatout ce qui peut fervir
me difpenfer
Chrifti eit affez connu : pour
Ileft ard'entrer dans fon entière defcription.
une
bufte, & porte des graines qui contiennent à de la graiffe
humeur onaueufe 2 reffemblante bouillir ces graiou du beurre, quand on met fur la fuperficie
nes. On ramaffe cette graiffe fervaient
d'anciens habitans s'en
pour
de P'eau 5
befoin de l'être dansleurs.
oindre tout ce. qui a
avoir même
manufa8ures. On m'a affuré en
de la chandelle: ce qu'il y a de conf
fabriqué
fucreries qu'on en
tant,j'ai vu dans quelques Notre habile Proufait au-lieu d'huile à brâler.
exprimée à
cureur- Général a foupconné eati
affe cette graiffe fervaient
d'anciens habitans s'en
pour
de P'eau 5
befoin de l'être dansleurs.
oindre tout ce. qui a
avoir même
manufa8ures. On m'a affuré en
de la chandelle: ce qu'il y a de conf
fabriqué
fucreries qu'on en
tant,j'ai vu dans quelques Notre habile Proufait au-lieu d'huile à brâler.
exprimée à
cureur- Général a foupconné eati --- Page 70 ---
4T9
Mabadies.
froid, elle devait étre un € purgatif; il aréuff
d'abord à en purger fes nègres, très-bien &
(ans
& on cn a enfuite donné à des
15 tranchées,
blançe qui s'en font aufli bien trouvés,
TE Ic ferai voir tout-à-Pheure que les nègres
font plus ingénieux que nous dans Part de fe,
procurer .
la
en fait de guérifons fimples
:
fantés ::
& naturelles, ils ont . plus de connaiffances que.
ies blancs
toute leur vic.
*
qui's'y appliquent
Notre colonie pofsede une infinité de nègres
& même de negreffes qui'erercent la médecine,
auxquels on voit beaucoup. de blancs fe confier.
P'aivu 4 deleurse çures qui m'ont beaucoup furpris.
Quand ils font livrés à eux-mémes, les nègresne : connaiffent ni la faignée ni leslavemens:
les
& les tifanes font leurs feuls ré1. purgatifs :
gimes 5 à quoi ils.joigeens les bajns, fouvent
froids, fans en refientir nulle incommodité.
ta plupart ont apporté les traitemens qu'ils fe
fonis de leur pays, ou quelques-uns étaient en
fondion de les exercer : auffi voir-on parmi
ces : derniers de grands empoifonneurs; cC : qui
ett f
fe donnerait de
commun, quel'on
garde,
d'en faire chois,l'on appreneit à i bord des
nsgriers *,
qu'ils étaient Médecins chez eux. Il
en a cofté cher à M. le Normand de Mézi,
&à lacolonie s pour n'avoir pasfo qu'un nommé
Macandal, nègre de Mezurade; lavait été dans
ondion de les exercer : auffi voir-on parmi
ces : derniers de grands empoifonneurs; cC : qui
ett f
fe donnerait de
commun, quel'on
garde,
d'en faire chois,l'on appreneit à i bord des
nsgriers *,
qu'ils étaient Médecins chez eux. Il
en a cofté cher à M. le Normand de Mézi,
&à lacolonie s pour n'avoir pasfo qu'un nommé
Macandal, nègre de Mezurade; lavait été dans --- Page 71 ---
I ae Salnt-Doningus d'eft. a la: prife de
2on pays:.d d'un autre côté , lon doit la déchef-de. parti, que.
ce nègre,
horrible fléau, d'empoifonnecouverte. de çet
défolé notre colonie, &
ment, qui.a f fort, tont-à-fait éteint.
qui n'y eft. encore pas
foient fujets dang
Il eft rare. que les nègres maladies que nous. Les
çette ifle aux. mêmes
Créoles font:
nègres de la cête & les nègres. différentes; car;
prefque en ce genre deux efpèces forte &cvigous
complexion Créoles blancs.
Kesciaepoigedonec point nos
xeufe dontnlapprochentt
la fès
ont
les.
riegememgeninsment
panrtantplus
auxquelles
vre &les diverfes fortesdemaladiesa Lesnagres.
blancs UngALeEuenn amène d'Afrique, font:
nouveaux, qu'on nous dur; ce qui proviene
d'un tempérament plus. manière dont ils,ont étafans doute de, la
mangeant peu. de viane
élevés dans leur enfance,
du, tout. Jamaiss
des, & peut-étreméme point arrivant dans
les nègres nouveaux ne paient,en le tribut..
la colonie, ce qu'on.y y appelle fur-tont lorfqu'ils ont
Les nègrés. de la côte ,
un feorbuts
fouffertdans la traverfée, font fujersà enlève la
( celui- de. mer),. qai en
leux:
dangereux
prefque anfli-tôt après
plus. grande partie Il,eft. arrivé ene des cargaifous
débarquement.
noirs 9. onE:
entières de. trois ou quatre-cents Les précausiona
en moins. de fix mois...
Réti
GER.
'ils ont
Les nègrés. de la côte ,
un feorbuts
fouffertdans la traverfée, font fujersà enlève la
( celui- de. mer),. qai en
leux:
dangereux
prefque anfli-tôt après
plus. grande partie Il,eft. arrivé ene des cargaifous
débarquement.
noirs 9. onE:
entières de. trois ou quatre-cents Les précausiona
en moins. de fix mois...
Réti
GER. --- Page 72 ---
472,
Maladies
qu'on y apporte préfentement, empéchent qu'il
n'en meure autant, quoiqu'il foit quelquefois
difficile à un habitant d'en fauver le tiers fur
trente. On a foin de s'informer, fi une cargaifon eft bien faine; mais la méme raifon
d'intérêt, qui oblige à avoir cette attention 2
porte les Capitaines à cacher ce qu'il ferait
effentiel de favoir ; ils ont même l'art de farder
pour ainfi dire leurs nègres: le plus fin de nos
habitans y eft fouvent trompé, On les lave,
on huile tout leur corps, on leur rafe la téte,
ainfi que la barbe ; enfin on s'y prend de manière que les barbons paraiffent de jeunes-gens,
Un Capiraine négrier, 3 dont je felais la vente 5
avait ce fecret à un tel
point 2 que je vis un
vieux habitant, qui fe donnait pour bien rufé,
acheter 2 malgré les fignes que je lui felais,
un nègre de plus de cinquante ans pour un
jeune-homme. On eft fort étonné, 9 quand la
barbe eft revenue, de l'appercevoir blanche fur
le vifage d'un nègre à qui l'on ne croyait que
du poil folet.
La petite-vérole, qui fait de fi grands ravages dans le monde 3 n'en fait pas de moindres
dans les vaiffeaux négriers. On a fagement réglé
que. 2 lorfqu'une çargaifon en eft attaquée, on
lui fera faire la quarantaine dans une ifle voifine,ou dans un lieu éçarté. Ce règlement,
appercevoir blanche fur
le vifage d'un nègre à qui l'on ne croyait que
du poil folet.
La petite-vérole, qui fait de fi grands ravages dans le monde 3 n'en fait pas de moindres
dans les vaiffeaux négriers. On a fagement réglé
que. 2 lorfqu'une çargaifon en eft attaquée, on
lui fera faire la quarantaine dans une ifle voifine,ou dans un lieu éçarté. Ce règlement, --- Page 73 ---
de Saint-Doninigus
eft, n'eft pas plus obfervé que
tout utile qu'il
Médecin & les deux
beaucoup d'autres. Le
a bord du
du Roi fe tranfportent
Chirurgiens
aufli-tot après qu'il a monillé.
vaiffean négrier, Foccafion s'en préfente, qu'il
Je dirai, puifque ville de la colonie, ou groffe
y-a dans chaque
ou un feul revétu
bourgade, deux Chirurgiens
: Pun eft le Chicurgien-majon
des deux places
de
l'autre le Chirorgien-major
de la place,
de PAmiral;
tient fes provifions
à vie
TAmirautésqui deftiné à veiller fur la rade 9
celui-ci eft
fort mal compofes
Siter les coffres de chirurgie 2 & à donner des
dans les navires marchands 2 navires Provencertificats' de fanté, dont les cherchent le plus
gaux,ce qui eft fingulier , de fanté ont prefCes Officiers
à fe difpenfer.
aveugle pour
que toujours une condefcendance ou les prières du
les intérêts de YArmateur 2 auffi les trompe 9
quelquefois
Capitaine , qui
aient été infeatés
leur taifant que fes captifs
de
en
vérole. Quand ils sapperçoivent eft
de la petite
il leur dit que la maladie
quelque chofe,
voient n'eft que le refe
paflée, que ce qu'ils en
en dérobe
tandis qu'illeur
des derniers gaéris, Il eft vrai qu'une carqui font très-malades. fouffre une grande peri e
gaifon eft perdue ou
contre
dès qu'on lui fait effuyer ce préfervarif le
ou on
dont eft menacé pays
la contagion
apperçoivent eft
de la petite
il leur dit que la maladie
quelque chofe,
voient n'eft que le refe
paflée, que ce qu'ils en
en dérobe
tandis qu'illeur
des derniers gaéris, Il eft vrai qu'une carqui font très-malades. fouffre une grande peri e
gaifon eft perdue ou
contre
dès qu'on lui fait effuyer ce préfervarif le
ou on
dont eft menacé pays
la contagion --- Page 74 ---
k4
Maladiés
lintroduit. Mais devrait-on balancer; en pareit
ças, entre le bien général & le particulier?
Les habitans foigneux, 3 entendus , dont le.
nombre n'eft pas le plus grand , n'achètent
jamais de nègres nouveanx, quelque fains qu'ils
leur paraiffent, fans les traiter comme s'ils
étaient atteints de maladie. La faignée, hors
d'ufage en ce ças par la crainte du fcorbut. 2
eft fuppléée par des purgatifs & de bons alimens; on les rafraichit, on leurprocuredel'eser,
cice, fans les fatiguers & peu-à-peu ils s'accous
tument au travail, funefte pour ceux que l'on
y met d'abord., fans ufer d'auçune précaution,
Lorfqueles nègres nouveaux fefontacclimatés,
ils deviennent fujets à beauçoup plus d'infirmités
que dans leurs, pays; ce qui n'eft pas furprenant : la fatigue, les veilles, 9 un travail affidu,
& continuel, à quoi ils ne font rien moins
qu'accoutumés, 2 le changement de nourriture,
peut-étre la différence de Tair, toutes ces chofes
occafionnent des révolutions qui dérangent leur,
tempérament naturel, que T'ufage trop fréquent
de la boiffon forte, connue fous le nom d'eau-de
vie de cannes, 2 achève de miner infenfiblement;
auffi eft-il rare que les Africains vivent vieuxa
lorfqu'ils font tranfplantés dans, PAmérique.
Les Nations chez qui ils font méme le plus"
ménagés, expérimente cette vérité comme
çolons.
nos
occafionnent des révolutions qui dérangent leur,
tempérament naturel, que T'ufage trop fréquent
de la boiffon forte, connue fous le nom d'eau-de
vie de cannes, 2 achève de miner infenfiblement;
auffi eft-il rare que les Africains vivent vieuxa
lorfqu'ils font tranfplantés dans, PAmérique.
Les Nations chez qui ils font méme le plus"
ménagés, expérimente cette vérité comme
çolons.
nos --- Page 75 ---
de Saint-Doningus de la côte.
viennent en droiture
Eeux qui
en eux le germe de dif
de Guinée 2 apportent inconnus parmi nous i des vers
férens maux
particulitres
d'unee efpèce unique, desindicationsp d'autres maladies
de maux vénériens & bien
depnis leur
qui ne fe. font découvertes que
que trop.
& ne fe communiquens
fréquentation, I
d'une furprife
: Ia débauche. On a dà étre affedtésde maux,,
par
desblanes
extrème > en voyant n'avait encore eu aucune nodont la médecine
idée, afin que.
tion: J'en donnerai une. : légère Europe 2, &. que.
T'on n'y foit plus trompé de notre en climat a on ape
dans des fujets venus
eft l'effet d'une fanefte.
prenne à difinguer ce qui
des fimptômes,
communicarion avec lcs noirs,
ordinaires, à nos maladies. font fjets a toutes,
Comme nous 9 les nègres doit point étonner
fortes de, vers 3 ce qui crudités ne.
dont ilsfe nours.
vu les vilenies & les mais ils font particuliè-,
riffent par préference:
efpèce de vers dont
rçment infedés d'une autre des traces chez les,
à apperceroir
on commence
mieux, C'ef le vere,
blancs qui ne vivent pas démefurée & d'une.
de Guinits d'une longuent entre cuir & chaits.
fingulière Il fe tient
figure fe
dans toutcs, les, partjss intérieures,
ou il glifte
des élevires, 2 l'eafitre,
de la peau, V excirant aboutir bientôt à la
qui
la plus dangereale,
-
és d'une autre des traces chez les,
à apperceroir
on commence
mieux, C'ef le vere,
blancs qui ne vivent pas démefurée & d'une.
de Guinits d'une longuent entre cuir & chaits.
fingulière Il fe tient
figure fe
dans toutcs, les, partjss intérieures,
ou il glifte
des élevires, 2 l'eafitre,
de la peau, V excirant aboutir bientôt à la
qui
la plus dangereale,
- --- Page 76 ---
Maladics
purréfadion, ,& qui intercepte le cours
& des fluides deflinésà
du fang
C'eft
Pentretien de ces
en quoi il eft aifé de
parties,
l'épiderme eft Ja caufe
remarquer que
unique de la couleur des
nègres; parce que linterruption de la
qui y coule fans ceffe, leur fait
liqueur
d'un blanc fade. On tâche
devenir la peau
dehors, & il fe
d'attirer ce vers au
Dès
montre fouvent de lui-méme.
qu'il parait, on le ronle fur
& on le tire tout doucement quelque chofe,
précautions
avec de grandes
: car, fion venaità le
ce qui en refte fe
rompre, , tout
pourriffant,
un état affreux au fujet malade. Les occafionnerait
abcès, les
fomeers,hamortifertiond des chairs où cette
riture féjourne la
pour2 maffe même du fang qui fe
corrompt , tout indique en ce cas des maux
fucceffifs & périlleux. Il faut donc étre doué
d'une grande
patience, 9 pour enlever
ce fatal infedte. Comme il
peu-a-peu
des endroits
ne réfide point en
que puiffent parcourir les remèdes
évacuans, les purgatifs, alors il
frarifications,
n'y a que les
2 le bouton de feu, les plus violens
cauftiques , les cataplafmes
émolliens, & tout ce
qu'on a inventé de plas fort pour être
far la peau s qui foient
appliqué
bout
capables de venir à
d'extirper un corps étranger fi nuifible,
Quand, 7 en le tirant en vie, on fent la moindre
rcfiflance, il n'y a point a, balancer
pour lors;
il
frarifications,
n'y a que les
2 le bouton de feu, les plus violens
cauftiques , les cataplafmes
émolliens, & tout ce
qu'on a inventé de plas fort pour être
far la peau s qui foient
appliqué
bout
capables de venir à
d'extirper un corps étranger fi nuifible,
Quand, 7 en le tirant en vie, on fent la moindre
rcfiflance, il n'y a point a, balancer
pour lors; --- Page 77 ---
de Snint-Domingne:
d'abandonner l'opération 2. juf
S1 eft néceffaire
le moment oû le vers fe
ga'a ce qu'on trouve lie & on attache forpréte de lui-même: on
attendant un
en eft dehors,
tement ce qui
J'ai vu de ces vers qui
favorable.
inftant plus
braffes. Ils font plats,
avaient plus de vingt
d'autrerblancs.
de couleur cendrée,
font enquelquesuns
répandue eft qu'ils
L'opinion la plus
dont boivent la
la mauvaife eau,
gendrés par Africains. Les Capitaines négriers
plupart des
dans divers compm'ont en effet confirmé que, eft déteftable ;je ne
toirs de la Guinée, elle y foit la feule origine
faurais me figurer que ce tcommune en d'autres
de cette maladie, quiferaito la raifor. Le plus grand
fi c'en était
lieux, s
en devrait être d'ailleurs
nombre des nègres
la plus petite partie.
attaqué, & ce n'eft que des blancs qui n'avaient
De plus, on en a vu a bralant de l'Afriques
voyagé fous le ciel
depoint
eft rare que ceux qui y
au contraite,il atteints. Comme il arrive
meurent en foient
de Guinée eft feul,
du vers-folitaire, 9 le vers
avoir vu davanperfonne n'a pu me dire en
tage dans un même fujet.
en Europe;
eft ici comme
Le vers-folitaire
qu'il foit particulier aux
ainfi je ne penfe point d'eux. Sa forme eft encore
nègres, ni quilvienned celle du vers de Guinée:
plus extraordinaire que
rare que ceux qui y
au contraite,il atteints. Comme il arrive
meurent en foient
de Guinée eft feul,
du vers-folitaire, 9 le vers
avoir vu davanperfonne n'a pu me dire en
tage dans un même fujet.
en Europe;
eft ici comme
Le vers-folitaire
qu'il foit particulier aux
ainfi je ne penfe point d'eux. Sa forme eft encore
nègres, ni quilvienned celle du vers de Guinée:
plus extraordinaire que --- Page 78 ---
Maladies
il eft fort long comme lui, fans lêtre pour
tant autant ; fa tête eft groffe a-peu-près fairé
comme celle du poiffon nommé tétard: pour
fon corps 2 il eft compofé d'une infinité de petits
anneaux femblables à une chaine; & il â beaui
fe rompre, ce redontable infedte réprend bientôt ce qu'il avait perdu ; qui renaît avec affez
de promptitude pour que l'ânimal ne perde
rien de fa voracité. Il dévore la fubftance de
tous les alimetis; fe.tenant àl'orifice de l'eftomac. 7 par ou il reçoit tout cé qui forme le
thile. 2 empéchant par-Ià que le fang ne ferépare, ainfi que cette partie fubtile & volatile
des alimens y eft confacrée. Voila ce qui fait
que les perfonnes attaquées du vers-folitaire .
font fi maigres qu'elles dépériffent à vue d'aeil; 9
quoiqu'elles mangènt continuelléement. L'extraction par la bouche en eft difficile,
même
délicate;
périlleufe , quoiqu'on ait vii quelquefois
réuflit d'habiles Opérateufs à Pextirper de la
forte. Voici un remede bien fimple, pratiqué
devant inoi par tine nègreffe fur une dame
mourante ; qui avait en vain épuifé toutes les
reffources de la médecine : elle ne lui fit avaler
qu'un verre de jus de cition, dans lequel ellé
avait délayé ane ou déux pincées de cendre -
n'importe de quoi. Apparemment que - cette. 2
droguc l'empâte & l'etouffe : quoi qu'ilen foit *
. Voici un remede bien fimple, pratiqué
devant inoi par tine nègreffe fur une dame
mourante ; qui avait en vain épuifé toutes les
reffources de la médecine : elle ne lui fit avaler
qu'un verre de jus de cition, dans lequel ellé
avait délayé ane ou déux pincées de cendre -
n'importe de quoi. Apparemment que - cette. 2
droguc l'empâte & l'etouffe : quoi qu'ilen foit * --- Page 79 ---
de Saint-Doningit:
& cètte dame vit encore avec
te vers mourut 9
ne connaiflait pas auqu'elle
nn embompoint enfuite beancoup
faut
purger,afia
paravant. Il
dont la corruption
d'expulfer ce corps étranger,
certainement des maladies qu'ils'agit
cauferait
f
de prévenir. font une autre maladie originatLes pians
mais dont on
aux nègres,
rement particulière blancs
être indes
crapuleux
voit aujourd'hui
vénérien, qui
fcStés. C'eft un nouveau fimptôme
eft moins
prouve, ; à mon avis 7 que la fphillife
qu'on ne penfe , puifque
naturelle a TAmérique
de fes plus cruellés indications 2 qui
voilà une
inconrue ; avant qu'on y
3 était entièrement
d'Afrique. Ce qui
eût introduit dès peuples
c'eft que la pludoit achever d'en convaincre 3
l'ori
& des négrites que
part des négrillons
y. viennent tâchés
apporte à Saint-Domingue,
que les Capitaines, qui
de ces vilains piâns trouvé le fecret de fairé
nous les vendent, ont
de fimples
difparaitre pour quelque tems par
palliatifs : on ne les a pas plutôr achetés, qu'ils
les faire traiter à fondss
separaifient & quilfaut
du lieu d'oà ils
Donc ce imal tire fon origine
donc il
donc il vient de naiffance i
arrivent ;
la fréquentation
ne nous eft connti quie par
donc il ne
nous avons avec les Africains ;
que
aller chercher autre part la fource
faut point --- Page 80 ---
Maladies
de ce vice horrible qui eft venu corrompre
TUnivers, ou du moins linfeder encore plus
qu'il ne l'était.
Ces pians font des boutons purulens, qui
croiffent fur' toutes les parties de la peau 2 &
qui, pleins de virus, indiquent le mal le plus
enraciné : ils font pourtant d'une nature différente de tout ce que l'on a pu obferver jufqu'a
préfent dans les effets de cette infame maladie.
Le mercure , en en déracinant la caufe, ne
fuffit pas pour guérir tout-à-fait les pians ; il
eftauffi néceffaire de lestraiter féparément, d'appliquer deffus des onguents qui les defsèchent,
fans quoi, malgré la cure de ce qui en eft le
principe, il fe formerait des puftules qui dégénéreraient en ulcères malins & plus facheux
que le fonds du mal en lui-méme. Quelques
Chirurgiens fe contentent de faire paffer ces
pians, &, n'allant point à la fource, fe ménagent l'occafion de recommencer fouvent ce
manège, qui épuife la bourfe des colons, en
enrichiffant lEfculape. Auffi les habitans qui
ne font point dupes, ont-ils adopté des traitemens où le mercure. 2 fi difficile à manier
pour qui ne le connaît pas,eft employé d'une
façon peu dangereufe, &c que l'on peut adminiftrer fous leurs yeux. La tifane de la Martinique ou de la Guadeloupe ( car elle porte l'an
&
ion de recommencer fouvent ce
manège, qui épuife la bourfe des colons, en
enrichiffant lEfculape. Auffi les habitans qui
ne font point dupes, ont-ils adopté des traitemens où le mercure. 2 fi difficile à manier
pour qui ne le connaît pas,eft employé d'une
façon peu dangereufe, &c que l'on peut adminiftrer fous leurs yeux. La tifane de la Martinique ou de la Guadeloupe ( car elle porte l'an
& --- Page 81 ---
48:
de Sain-Doningu:
), fert
& Fautre de ces noms indifféremment vénérienss
maintenant à traiter tous lés miaux
-
faille avoir une furte conftitution
Quoiqu'il
remède qui ne convient point
pour foutenir un
blancs s'en
à tous les tempéramens., 4 quelques les nègres.
avec autant de fuccès que
fervent
:
mettre
En voici la recette, telle que jelaivue fendue &
< Prenez falfepareille
en pratique:
d'un pouce, deux onces 3
coupée de la longueur
& féchée, deux onces 3 gayac,
efquine coupée
& féché 9 deux onces 2
ou fon écorce, coupé
de terre vermettez ces drogues dans un pot
deux bouteilles d'eau: : prenez avec
niffe,avec mefure de la hauteur de ce qui
un bâton la
autres bouteilles
eft dans le pot 5 ajoûtez quatre
qui fera
d'eau & deux onces d'antimoine cru,
& enfermé dans un linge 3 vous fufpendrez
pilé
Faites bouillir enfuite
ce nouet dans le pot.
refte
ce qu'il ne
plus
à petit feu égal jufqu'à
&
deux bouteilles : tirez-les 7
rempliffez
que cela le même pot de nouvelle eau qu'on
après bouillir fur le marc. Il faut prendre une
fera
en trois
bouteille de la première eau par jour, foir. Le
a midi & le
fois, de grand matin 7
du bifcuit & de
régime eft de ne manger que
boifon
la viande grillée, 5 de n'ufer pour toute
on laveauff
que de la feconde eau, aveclaquelle
Hh
Partic II,
pliffez
que cela le même pot de nouvelle eau qu'on
après bouillir fur le marc. Il faut prendre une
fera
en trois
bouteille de la première eau par jour, foir. Le
a midi & le
fois, de grand matin 7
du bifcuit & de
régime eft de ne manger que
boifon
la viande grillée, 5 de n'ufer pour toute
on laveauff
que de la feconde eau, aveclaquelle
Hh
Partic II, --- Page 82 ---
Maladies
Ies malingres (1) que pourrait avoir le malade.
Cette tifane eft bonne, mais il faut des tempéramens de nègres pour la pouvoir fupporter.
J'ai vu des blancs la prendre, & être radicalement guéris de P'état le plus facheux. Je
rapporterai ci-aprés la compofition d'une autre
l'on dit avoir
tifane moins compliquée 3 que
été inventée par les nègres, & qui n'efl guère
plus fimple & qu'elle
moins violente, quoique
ait les mêmes bons effets.
Les nègres font encore fajets'à plufieurs autres
guère les blancs, & qui
maux 9 qui n'attaquent
leur fource dans un fang trop épailli,
prennent dans des humeurs différentes des nôtres, qui
filtrent
peine , & dans l'altération
ne
qu'avec
Je ne fais fi je me
naturelle des liqueurs.
des
mais j'ai remarqué que le fang
trompe,,
naturellement & fubftantiellenègres diffère
ment du nôtre, étant beaucoup plus épais,plus
moins vifqueux & bien moins Anide:
noir 1
de à l'examiner de près
on dirait effeéivement, >
dénué
& avec attention, qu'il ferait prefque
blanche, qui conftitue aufli effende la partie
Je
tiellement notre fang que la partie rouge.
fouhaite
ceci ferve à faire étudier ce fang
que
découvriraplus attentivement ; peur-étre y
(1) Plaies,puftules. --- Page 83 ---
de Saint-Domingue
des fingularités que je n'ai pu qu'entrevois?
t-on
les nègres fon fafcepQuoi qu'il en foit,
maladies
fous ce climat,
tibles de
particulières
cela
exempts, foit que
dont nous paraiffons
ou d'une
vienne de la différence des alimens,
fingulièrement afiedtée à ces maux.
conflitution
de
iis ne font
Nous y avons des maux
jambes, nul blanc %
même rares : mais on n'a vu
pas
qu'il mène," quelque liaiquelque vie miférable
avoir de femfon qu'il ait avec les noirs, en
leurs. Un Peintre, M. Dupont, en
blables aux
avait deffiné une fi monftruenfe, , que , fijeuffe
Pobtenir pour la faire graver 2 on convienpu
rien de pareil n'avait frappé
drait que jamais
monftruèufes
les régards en Europe. Cesjambes
effet
font communes ici. Ce n'eft point aucun
de fcorbut - il eft en nous plus apparent que
dans les nègres. Enfin , la caufe en citfi peu
l'on a mieux' aimé croire que
connue > que
d'en rechercher
c'était une fuite de poifon, que
l'origine dans le nègre même.
Les chairs fongucufes leur font fi particulières, fi analogues à la moindre iMifpoficion
qu'ils ont , & fi fufceptibles d'étre attaquées
dérangement de leur fanté, que
au plus petit
faurais me
que ce ne foit pas
je ne
perfuader différente de la nôtre.
P'effet d'une conftitution
limon ? J'ai
Seraient- ils pétris d'un autre Hhi ij
que
l'origine dans le nègre même.
Les chairs fongucufes leur font fi particulières, fi analogues à la moindre iMifpoficion
qu'ils ont , & fi fufceptibles d'étre attaquées
dérangement de leur fanté, que
au plus petit
faurais me
que ce ne foit pas
je ne
perfuader différente de la nôtre.
P'effet d'une conftitution
limon ? J'ai
Seraient- ils pétris d'un autre Hhi ij --- Page 84 ---
Maladies
quelquefois pris plaifir à les confidérer dans
toute leur effence morale & phifiquesjavouerai
qu'il a fallu me rappeler les points fondamentaux de ma religion, pour impofer filence
là-deffus à une raifon trop impérieufe,
Ils ont donc des maux de jambes & de pieds,
qui leur font particuliers : les plus forts cauftiqués n'y font rien. Il en eft quelques-uns de
légers qu'on guérit avec le vitriol, le vert-degris, & les autres remèdes que la chirurgie
emploie
détruire ces. chairs pourries &
gangrenées pour : il y en a dont le vice eft tel ,
qu'il réfifte à tout, & qu'il met en défaut Thabileté du plus expert Opérateur 2 après avoir
même purgé le fang de tout ce. que l'on y
croyait d'impur. Les maux de la moindre efpèce en ce genre, font les crabes & les guignes,
qui naiffent aux nègres fous la plante des pieds.
Il y faut remédier dans lorigine, parce qu'ils
acquièrent 7 en vieillifant 1 une malignité qui
rend
difficile: ce font des chairs
en
Pextirpation
durés, calleufes, qui s'élèvent au deffus de la
fuperficie rdinaire de la peau, qui ont des
ramifications ou racines qui les font végéter
& croitre fonfiblement : de forte que le malade
ne peut bientôt plus marcher.
Il eft à préfumer de ces accidens extérieurs,
les" partics intérieures du corps des nègres,
que --- Page 85 ---
de Saint-Domingue.
48;
ainfi attaqués, 9 ne (ont rien moins que faines:
cependant on en voit vivre avec ces maux, fans
paraiffe rien au dehors qui dénote le vice
qu'il
parait bonne 9
conftitutif quieft en eux;leurfanté
ils n'en travaillent pas moins : ainfi cette efpèce
d'hommes eft faitepour dérouter toute la fcience
humaine. Leur eftomac, bien meilleur, bien
mieux conftitué que le nôtre, fupporte les vivres
fans en être incommodé.
les plus indigeftes Phabitude eft une feconde naIl eft vrai que
s'étonner qu'ils ne foient
ture. On ne peut que
ferait-il
plus fujets au fcorbut. Leur fang
pas moins difpofé à le recevoir, 3 en raifon de fon
épaifliffement naturel ?
Le travail, auquel on occupe perpétuelleles
contribue beaucoup, à mon
ment
nègres,
la voie de la tranfavis, à les débarraffer, par
doivent
piration n, de ces fucs grofliers que
amaffer en eux les alimens dont ils ufent. Ils
font avéc cela des diètes forcées, qui ne nuifent point à leur fanté : car ce font tous les
repas que nous accumulons inconfidérément
les uns fur les autres. 2 qui nous rendent fi vanos eftomacs. Le
létudinaires, en dérangeant
du foir eft fur tout celui qui nuit davanrepas & mine infenfiblement notre tempérament.
rage
foupé, on va fe
Après avoir copieufement donner le loifir a
coucher fur-le-champ , fans
Hhiij
forcées, qui ne nuifent point à leur fanté : car ce font tous les
repas que nous accumulons inconfidérément
les uns fur les autres. 2 qui nous rendent fi vanos eftomacs. Le
létudinaires, en dérangeant
du foir eft fur tout celui qui nuit davanrepas & mine infenfiblement notre tempérament.
rage
foupé, on va fe
Après avoir copieufement donner le loifir a
coucher fur-le-champ , fans
Hhiij --- Page 86 ---
Maladtes
la digeftion de fe faire ( car c'eft l'ufage du
pays); les fueurs du jour font interceptées par
la fraicheur, des nuits, durant lefquelles on né
fe couvre prefque jamais : l'eftomac furchargé
perd de fon reffort pau-à-peu 1. > & à la longue
il devient d'un relâchement d 9 d'une pareffe dont
il eft aifé de s'appercevoir, pour peu qu'on y
faffe attention. Loin de devenir fage par tous
ces avertiffemens, on continue à vivre de la
même manière ; la fièvre furvient, un mal-habile Chirurgien faigne, & l'on meurt. C'eft la
deftinée de la plupart des habitans de cette COlonie, qu'on fauverait par la diète & l'eau
chaude. Or les nègres ne foupent point s ou
très-rarement; 8c ce qu'ils mangent le foir eft
filéger, qu'en vétitéccla n'eft pas capable de leur
caufer d'indigellion: ajoitez qu'ils ne s'endorment que tard, aimant a caufer entr'eux; qu'ils
retournent 2u travail au point du jour, exercice qui ranime toutes les facultés arrêtées par
la fraicheur de la nuit, bien moins dângerenfe
pour eux par le feu qu'ils allument fans ceffe
& qui échauffe leurs cafes, & parce que jamais
on ne les faigne auffi légèrement que l'on fait
les blancs. Ils font heureux que la chirurgie
les néglige!
La preuve que cet exercice d'un travail journalier leur eit (alutaire 2 c'eft que les nègres
u travail au point du jour, exercice qui ranime toutes les facultés arrêtées par
la fraicheur de la nuit, bien moins dângerenfe
pour eux par le feu qu'ils allument fans ceffe
& qui échauffe leurs cafes, & parce que jamais
on ne les faigne auffi légèrement que l'on fait
les blancs. Ils font heureux que la chirurgie
les néglige!
La preuve que cet exercice d'un travail journalier leur eit (alutaire 2 c'eft que les nègres --- Page 87 ---
437.
de Saiat-Doningit. les autres.
font bien plus maladifs que
pareffeux
fur toutes les habitations.
On peut Tobferver
mal-fains 2 fujets
lls deviennent hidropiques, fièvres & à tous les maux
à la colique, aux
fous un climat qui exige
qui défolent les blancs
sy bien porter.
4 exercice continuel pour
ils feraient
un
du travail,
les éloignant
veillait a les en
Leur parelle d'hopital, fi lon ne
des piliers
habitans qui veulent réprimer
faire fortir. Les
qu'abon elcient,
lesyadmatent
ce défordre,ne
qu'ils font veritablement affez
après avoir reconnu traitent eux-mémes
malades. Les nègres
nombre de leurs
keureufement le plus grand
maladies.
découvrir de leurs reVoici ce que jai d'entr'eux, pu
fur- tout les plus
mèdes, la plupart
fecret inviolable fur la
habiles , gardant un de la vertu de quantitéconnaiffance qu'ils ont
pas, à beauque nous ne connai(fons offert de Pargent
de, fimples fi bien qu'eux. J'ai
détail de
coup près,
être inftruit en
à plaficurs 9 pour favaientije n'y ai pas mieux
tout ce qu'ils de leurs prétendus iorciers,
réufli quauprès bien les nôtres.
des
qui valent des nègres qui veulent guérir froide,
L'habitude
dans P'eau la plus
fèvres, eft de fe jeter mettre fur la tête des
de s'y baigner T & de fe arrachent au fond des
herbes fraiches qu'ils
Hh iv
près,
être inftruit en
à plaficurs 9 pour favaientije n'y ai pas mieux
tout ce qu'ils de leurs prétendus iorciers,
réufli quauprès bien les nôtres.
des
qui valent des nègres qui veulent guérir froide,
L'habitude
dans P'eau la plus
fèvres, eft de fe jeter mettre fur la tête des
de s'y baigner T & de fe arrachent au fond des
herbes fraiches qu'ils
Hh iv --- Page 88 ---
Maladies
des rivières. J'en ai vu T'effai fur
ravines ou
cela leur ôtait
des blancs , qui convenaient que
l'ardeur de la fèvre, que le mal de tête ceffait
aufli-tôt, & qu'ils fe fentaient foulagés.
prefque Plufieurs m'ont même dit en avoir été guéris.
Ces herbes fe changent d'inftant en inftant s
& fe retirent toujours aufli chaudes que fi on
les eût fait bouillir: elles procurent de fortes
& débarraffent fur-tout la tête.
tranfpirations,
Mais
J'ai éprouvé ce remède fur moi-même.
douterait-on de fon efficacité? ? qu'on
pourquoi
Chardin, de la mafe rappelle ce que rapporte
lieux
nière dont la fièvre fe guérit en quelques
de TOrient, où l'on ne connait d'autre cure 9
de fe faire jeter fur le corps des feaux
que
de l'eau la plus fraiche.
Deux fortes d'herbes fervent aux nègres pour
ci-deffus marqué : la première eft une
T'ufage
à qui ils donnent en effet
efpèce de pourpier,
diffère
le nom de pourpier fauvage, mais qui
de celui dont les campagnes font remplies : il
lui reffemble, de mème qu'au pourpier franc
ne
par la forme 8 V'entrelacement
d'Europe 1 que
de fes fibres rampantes, leur couleur 3 groffeur 9
fade
au pourpier : quant
& ce golt
particulier
étant
aux feuilles, elles n'ont rien d'approchant,
terminées en pointe. Le
minces, 9 longuettes 9
ainfi
le
pourpier - Javage- aquatigue 9
que je
reffemble, de mème qu'au pourpier franc
ne
par la forme 8 V'entrelacement
d'Europe 1 que
de fes fibres rampantes, leur couleur 3 groffeur 9
fade
au pourpier : quant
& ce golt
particulier
étant
aux feuilles, elles n'ont rien d'approchant,
terminées en pointe. Le
minces, 9 longuettes 9
ainfi
le
pourpier - Javage- aquatigue 9
que je --- Page 89 ---
de Saiat-Doningui
un bouton extrémement
nommerai, pouffe
fa graine, &
dans lequel eft contenue
Aeur
Jong,
une petite
qui s'ouvrant laifle appercevoir reffemblante aflez a la marjaune, mais fimple. ,
guerite des champs.
à la fièvre eft
L'autre efpèce de fimple propre
nom qui
appelée par les nègres 2 herbe-d-piment," fort piment
defong agoit;leplast
laiconviencacauled
Cette herbe ne rampe
davantage.
ne pique pas
; elle vient droite,
point comme la précédente;
de diflance en
chargée de branches, garnie &
peu
feuilles, 9 étroites pointues;
diftancede longues branche, il parait un long
au bout de chaque
& : arrangés
cordon de petits boutons prelfés & fleuriffent
fimétrie, qui font blancs
les
avec
n'eft que dans
enfemble. Ce goût piquant
boutons & dans la feuiile. certainement ne ferUne claffe de pois, qui ainfi qu'on en peut
vent point à la nourriture,
leur eft
de leur nom de pois-puans, 3 qui
eft
juger
eutraordinaire,
bien dà pour leur puanteur les nègres : mais
dans les fièvres par
émployée
vertu eft d'être un vermifage
leur plus grande
infufion comme le
excellent. On le prend par
boiffon
ce foit la plus défagréable
thé , quoique
de
d'une efpece:
: qu'il y ait. Il y en a
plus eit un arbufle
la véritable & la plus commune la feuille eit petite,
extrémement branchu, dont
,
bien dà pour leur puanteur les nègres : mais
dans les fièvres par
émployée
vertu eft d'être un vermifage
leur plus grande
infufion comme le
excellent. On le prend par
boiffon
ce foit la plus défagréable
thé , quoique
de
d'une efpece:
: qu'il y ait. Il y en a
plus eit un arbufle
la véritable & la plus commune la feuille eit petite,
extrémement branchu, dont --- Page 90 ---
Maladies
ronde, quoique terminée en pointe, d'un affez
beau vert 7 mais d'une puanteur infupportable.
La fleur de cctte plante eft jaune, elle donne
un pois dont la gouffe reffemble beaucoup à
celle de la plante qu'on nomme en France Ja
veffe: fa racine eft ligneufe, elle a les mêmes
qualités. que le refte de la plante. Les nègres
la font entrer dans la plupart de leurs décosions
ou tifanes, 5 ainfi ils lui reconnaiflent d'autres
vertus que nous. Quelques-uns font brûler ce
pois comme du- café; ils en expriment une
Jigueur qu'on dit fouveraine contre les fièvres.
La verveine eft ici fort commune & de plufieurs fortes : la puante eft ici encore plus abondante que celle qui comniunique un fi mauvais
goût au lait & à la viande des beftiaux qui
en mangént dans les campagnes du Royaume :
à Saint Domingue on leur trouve fréquemment
cette odeur dégoûtante , les champs y étant
parfemés d'une herbe fi peu Aatteufe au goût.
Mais, comme il n'eft point de piante fi malà
la Nature n'ait attaché quelque
failante, 9 qui
propricté utile à Phomme, la verveine-puante
fert aux nègres à faire des cataplafmes falutaires
toutes fortes de coliques ; ils' en compopour fent aufli des tifanes fouveraines, foit pour la
colique, les pertesblanchesdes femmes,pourles
fiiles mal - réglées 2 ou pour d'autres. maux
Mais, comme il n'eft point de piante fi malà
la Nature n'ait attaché quelque
failante, 9 qui
propricté utile à Phomme, la verveine-puante
fert aux nègres à faire des cataplafmes falutaires
toutes fortes de coliques ; ils' en compopour fent aufli des tifanes fouveraines, foit pour la
colique, les pertesblanchesdes femmes,pourles
fiiles mal - réglées 2 ou pour d'autres. maux --- Page 91 ---
49T
de Saint-Domingte. de la racine
communs: aux deux fexes. C'eftalors froid ou à chaud.
infufce a
dont ils nfent,
je viens de décrire,
de verveine que
autre nommée
L'efpèce
avec une
de fes
fe mêle ordinairement caufe de la couleur
verveine-bleut 7 à
rien moins que piante
n'eft
feurs 2 laquelle
fes feuilles font grandes,
comme la première : comme celles du fraidécoupées fur les bords
le long d'une
fier; elles viennent par bouquets
& cette
de diftance en diftance,
Tafhaute tige,
comme cft terminée
tige finit a-peu-près
de la violette,
des fleurs qui approchent fon extrémité;
perge;
bout de la tige vers
croiffent au
fept à huit enfemble,
elles font ordinairemenr
Les nègres difent
détachées les unes des autres. délabrée que la
n'y a point de poitrine
ni d'cftoqu'il
ne guérifle,
décodion de ces plantes Jai vu beaucoup de
mac qu'elle ne rétabliffe.
s'en trouver bien.
gens
1 connue avjourdbni
auffiagréblo
un
Thededh-chapeionrs fait firop
8c dont on
en Europe,
les poitrines déramgées,
que bienfaifant pour
ou on lavoi:
vient encore à Saint-Domingse, ena de deux efpèces,
niturellement. Il) y
difficile de
croitre
la bâtarde. Il ferait
la franche &
& la véritable ayant
Sy tromper : la première au-lieu que la fcconde en
une odeur flateufe,
Cependant elles
tout-à-fait défagréable,
a une --- Page 92 ---
Maladies
font également utiles toutes les deux. Les né
gres les mélent enfemble, pour en compofer
des caraplafmes qui réfolvent les abcès les plus
durs; ils y ajoûtent quelquefois de la verveinepuante 7 de la bleue, de la feuille de pruniermonbin 9 du bourgeon de patate 2 & autres
émolliens. Ils fe fervent auffi de Therbe-à-charpentier pour toutes les douleurs internes , mal
de côté, maux de gorge, gonflement d'amigdales, glandes, &c. Cette herbe eft
court
rampante,
fur la terre, & femble très-aifée à tranfplanter dans quelque pays que ce foit. La bâtarde pouffe à l'extrémité de fes branches de
longs cordons de petites fleurs
purpurines, qui
naiffent d'un bouton d'abord vert 3 mais qui
prend enfuite une couleur rouge ; fes feuilles
font bien plus grandes que cclles de la franche -
liffes, d'un vert de mer affez femblable au
fer d'une lance,
Les nègres font encore un grand ufage de
deux autres plantes connues en Europe, mais
qui diffèrent ici des mêmes que l'on y voit.
La/fiagedeibiodnponas une longue feuille,
épaiffe, gluante, picine d'une infinité de petites
fibres qui ia partagent & reffemblent à des
rameaux de veines; les unes font groffes, les
autres auffi petites que des vaiffeaux capillaires.
L'odeur approche de la fauge de France, mais
font encore un grand ufage de
deux autres plantes connues en Europe, mais
qui diffèrent ici des mêmes que l'on y voit.
La/fiagedeibiodnponas une longue feuille,
épaiffe, gluante, picine d'une infinité de petites
fibres qui ia partagent & reffemblent à des
rameaux de veines; les unes font groffes, les
autres auffi petites que des vaiffeaux capillaires.
L'odeur approche de la fauge de France, mais --- Page 93 ---
de Saint-Domingue.
vient du
plus forte. La meilleure
beaucoup
céphalique. Cette
Port-de- Paix : c'eft la plus
comme Yane
plante eft regardée par les nègres , l'ifle auffi
falutaires qu'il y air dans
des plus
tous leurs remèdes
entre-t-clle dans prefque
internes ou externes.
eft pour eux auffi
La pimprenelle-faunvage ils s'en fervent dans les
d'une extréme utilité:
& vont
,
jufqu'à
maladies les plus défefpérées chaffer tous les vents
lui attribuer la faculté de
deffus.
uniquement
de Teftomac , en T'appliquant à la
reffemble en rien
pimprenelle
Elle ne
forme d'arbufte haut
de France, croiffant en
mais londroit fes feuilles font grandes 2
&
;
non plus que le pied,
guertes, > fans amertume
fade. Il nait au
d'un goût
étant au contraire
bouton, dans
bout de chaque tige un long
fa graine 2. qui vient parmi
lequel eft contenue
filets, comme on en
un nombre de petits
Le pied de cette
voit au coeur de Partichaut. renferme une moëlle
devient fort gros,il
plante
le fureau.
fpongieule, 2 ainfi que
nous de toutes
Enfin, les nègres ufent comme
indifde creffons > qu'ils emploient
les efpèces
ou en boiffons froides
féremment en cataplafmes
de même que
& chaudes. Ils reconnaiffent, 2 eft le creffon de
la meilleure efpèce
nous > que
c'eft le plus excellent
fayane ; effeétivement
ient fort gros,il
plante
le fureau.
fpongieule, 2 ainfi que
nous de toutes
Enfin, les nègres ufent comme
indifde creffons > qu'ils emploient
les efpèces
ou en boiffons froides
féremment en cataplafmes
de même que
& chaudes. Ils reconnaiffent, 2 eft le creffon de
la meilleure efpèce
nous > que
c'eft le plus excellent
fayane ; effeétivement --- Page 94 ---
Maladies
anti-fcorbutique qu'il y ait au monde. Le cref
fon de fontaine 3 très-commun dans le pays 5
n'en approche point ; celui-ci eft, à peu de
chofe près, comme le creffon de France; mais
cclai de favane en diffère extraordinairement :
il vient en touffes rondes dans les endroits nn
peu humides 3 les feuilles, toutes découpées,
croiffent en dehors, & forment un pied écrafé
qui a du rapport avec celui de la chicorée
naiffante. Du centre de ce pied, quand lecreffon
monte, , il fort de longs filamens, qui portent
la graine à-peu-près comme dans F'ofeille. Cette
forte de creflon.n'eft pas la feule qui ait tant de
propriétés : il en efl'une autre efpèce nommée
crefon-doux , qui croit en arbufte, & dont
on fait des balais, à qui l'on reconnait les
mêmes vertus : le précédent a un goût piquant.,
celui-cil'a fucrin & agréable; quant à fa feuille,
elle eft plus petite que celle de Pautre, découpée
comme elle, naiffant tout le long de la tige
remplie de branches. Cette plante eft chargée
d'un nombre de petits boutons ronds, qui s'ouvrent & laiffent fortir une petite fleur blanche,
accompagnée d'une quantité de petits filets. Il à
n'eft point de gencives endommagées, même
pourries, que ces deux creffons ne rétabliffent:
ils raffermiflent les dents les plus ébranlées,
en les frottant feulement avec leurs feuilles,
iffant tout le long de la tige
remplie de branches. Cette plante eft chargée
d'un nombre de petits boutons ronds, qui s'ouvrent & laiffent fortir une petite fleur blanche,
accompagnée d'une quantité de petits filets. Il à
n'eft point de gencives endommagées, même
pourries, que ces deux creffons ne rétabliffent:
ils raffermiflent les dents les plus ébranlées,
en les frottant feulement avec leurs feuilles, --- Page 95 ---
de Suint-Domingus
jufqu'a desabcès
& en les mâchant silgaérillnti la
: leur infufion
dans la bouche ou dans gorge avec le lait,
du thé & coupée
prife comme
lui donne de l'adtivité,
ôte l'acrimonie du fang 2
& diffipe
les taches fcorbutiques 2
fait paller
fcorbut le plus invétéré. Bien
radicalement le
connaiffent Putilité de ces
des perfonnes > qui
très-fréquent. On en
creffons, en font un nfage dans les bouillons,
mange en falades, on en met
on boit
d'écrevifles ; on s'en gargarife 7
même
également bien: mais
deffus, & Tons'en trouve
de temsfaut avoir l'attention de fe purger
il
de remède qui échauffe
en-tems,nlya ayant point
adroit Chimifte
davantage: Je préfiame qu'un
contre
extrairait de ces plantes un fpécifique merveilleux, &c
le fcorbut, auffi prompt que au-delà des mers.
que Yon pourrait tranfporter encore d'un grand ufage
Lherbe-quarrée eft s'en fervent en tifanes
les nègrefles: elles
pour
occafionnées par la matrice,
dans les maladies
nomment, comme
hiftériques qu'elles
vapeurs
blanches, mal - de- mére:
la plupart de nos
femmes
maladie eft familière aux
noires,
cette
difent, & leur fert foudu moins à ce qu'elles
rien faire. Mais fi
vent de prétexte pour ne
femmes fe trouvent bien de Pherbs-quarrée,
les
échaufés n'en ufent pas avec
les hommes trop
de fuccès. Cette herbe porte unegrande
moins
, comme
hiftériques qu'elles
vapeurs
blanches, mal - de- mére:
la plupart de nos
femmes
maladie eft familière aux
noires,
cette
difent, & leur fert foudu moins à ce qu'elles
rien faire. Mais fi
vent de prétexte pour ne
femmes fe trouvent bien de Pherbs-quarrée,
les
échaufés n'en ufent pas avec
les hommes trop
de fuccès. Cette herbe porte unegrande
moins --- Page 96 ---
Maladies
feuille sèche, qui croît ordinairement trois a
trois chacune découpée par fes bords, feule2
le
ment dans une allez longue diftance; pied
eft une efpèce de lianne compade qui durcit
comme du bois ; il eft quarré, ce qui a fait
nommer ainfi la plante. Elle a encore de particulier, qu'il règne tout autour de fes branches & d'un noeud à l'autre, une feuille extrémement étroite, au bout de laquelle naiflent
fes trois grandes feuilles, fimétrie exaétement
obfervée le long de la branche. Ily a une autre
herbe-quarrée, différente de la première, dont
on fe fert pour les yeux; elle eft fort odorante.
Toutes les fortes d'aromates fontici très-communes.
Les nègres favent tirer parti de toutes les
plantes que la Nature a femées libéralement
fous ce riche climat. Heureux 2 quand ils ne
s'en fervent que pour procurer du foulagement
aux infirmités ! Mais malheureufement ils en
abufent quelquefois. Il n'eft pas jufqu'aux herbes
les plus fimples; en qui ils ne reconnaiflent
quelque propriété.
Lherbe- à-1 bled, dont les campagnes font
pleines &c les champs empoifonnés 2 guérit,
felon eux, les contufions 2 les meurtriffures, les
abcès, les plaics de cette efpèce les plus inçurables pour notre) pharmacie : ils la font bouillir
à --- Page 97 ---
de Saint-Domingut
forment une forte d'onguent
a petit feu, 2 ils en
après l'avoir lavée
appliquent fur la plaie,
qu'ils
taffia. Je dirai à cette occafion que
avec. du
T'ean-de-vie de cannes eft incomparablemene
nôtre, c'efl-a-dire T'eau-de-viede
meilleure quela
France, &
ErrAr
Cette herbe reffemble parfaitement
balfamiques.
porte le même nom, $
à celle d'Europe 9 qui y
quelque
crois
y avoir apperçu
mais je
pourtant
obfervé que le tuyau
différence , en ce que j'ai
& le dedans eft
de cclle-la eft velu en. dehors,
eft vide
d'une moëlle, au-lieu qu'il
rempli
la même conforma:
en celle-ci. Du refte,c'elt donne aux mêmes
tion. La diverfité des climats
bien différentes.
plantes des qualités nombre infini de cauftiIls fe fervent d'un
faire aboutir
mordre fur les chairs,
ques, , pour
dures, de Ja plupart defles tumeurs les plus
avifer. La feuille
quels nous n'oferions nous
les moindres
de, tabac & fon fuc ne font pas
effiquelques-uns d'eux emploient
remèdes que
fait
dans les maux
cacement. C'eft ce qui
que
ils réufliffent beaucoup mieux que
vénériens, le fecours du mercure dont ils ignonous, fans
& Pufage. J'ai vu des Chirent la préparation
eux-mêmes 3 après avoir
rurgiens en être atteints
les reffources
inutilement mis en ceuvre toutes
livrer à
être contraints de fe
de la médecine,
Ii
Partie II.
ient
remèdes que
fait
dans les maux
cacement. C'eft ce qui
que
ils réufliffent beaucoup mieux que
vénériens, le fecours du mercure dont ils ignonous, fans
& Pufage. J'ai vu des Chirent la préparation
eux-mêmes 3 après avoir
rurgiens en être atteints
les reffources
inutilement mis en ceuvre toutes
livrer à
être contraints de fe
de la médecine,
Ii
Partie II. --- Page 98 ---
Maladies
des nègres ou nègreffes, qui réparaient ce que
Jeur art n'avait pu faire.
On commence cependant a faire ufage d'une
tifane fudorifique, que l'on dit étre de leut
invention, & que l'on prétend guérir la fphillife invétérée 9 & même les pianifles. Rien
n'eft fi fimple ni moins compofé. En voici
la recette. On met infufer & fermenter, dans
un grand vafe de terre verniffé, de la falfepareille & du fucre brut, à la dofe de deux onces
de chaque drogue fur une bouteille d'eau. On
expofe cette infufion au plus fort foleil,pendant dix-huit jours : au bout de ce tems on
én remplit des bouteilles, & l'on remet de
nouvelle eau furle méme marc, quieft encore expofé au foleil durant fix ou fept jours. Le
malade boit trois fois par jour de la première,
& de la feconde à fa foif, Il ne vit que d'alimens fecs 3 comme bifcuit Ou caffave,-& de
viande de boucherie grillée ou rôtie, Quarante
jours fuffifent pour parfaite guérifon. S'il a des
ulcères , on les lave avec la feconde infufion.
Il faut commencer par le baigner cinq ou fix
jours de fuite. Il doit travailler, 2 parce qu'il
faut fuer, & fe purget avec des bols mercuriels;
addition faite, dit-on Ne 2 par les Chirurgiens.
On veut que celui qui pratique ce remède 2
engraiffe a vue d'oeil,
rôtie, Quarante
jours fuffifent pour parfaite guérifon. S'il a des
ulcères , on les lave avec la feconde infufion.
Il faut commencer par le baigner cinq ou fix
jours de fuite. Il doit travailler, 2 parce qu'il
faut fuer, & fe purget avec des bols mercuriels;
addition faite, dit-on Ne 2 par les Chirurgiens.
On veut que celui qui pratique ce remède 2
engraiffe a vue d'oeil, --- Page 99 ---
de Saint-Domingut:
herbes & les fimples . 9 les. nègres
Oitre les
ou par
mettent tout. en ufage * féparément les racines 3.
les feuilles des arbres.,
mélange ;
; les liannes.
tout entre dans leurs. compofitions
fourniffent le plus de remèdes.
leur
nommée de la forte:
La lianne-à-Minguet, *
un rôle dans:
d'un homme- fingulier qui joue.
colonie de Saint-Domingue,
Phiftoire de notre
excellentes. Cet ancierts
eft de toutes la plus
était. un Empirique 2 guérifait
habitant 5 quir
elle
de maux,
guérir avec
quantité
ou prétendait
colons m'ont dit avoir vus
que quelques vieux infinité de fois., &. ne plus re*
difparaitre une
fervent fréquemment +
venir. Les nègres s'en.
ils Tappliquent:
mais. pour- moins dé maladies.; inflammation, en exfur les plaies oi iky-a.
enfuite le
le fuc deffus., & couvrent
primant
entière qu'ils ont fait paffer:
mal-d'ane feuille Ceft. un fort bon fuppuau. feu légèrement.
de rapport avec.
ratif, Cette plante a. beaucoup
& s'entres.
comme elle-, monte
la vigne, rampe
- des arbres : fa:
lace dans les haies ou. autour d'un très-beaus
feuille, qui eft large & épaiffe,.
avec
vient au bout d'une longue queue 2.
verd,
& bleuâtre. Quand la plaieune. Aeur fimple
fuppuré, 2 ils ufent. 9.
parait avoir fuffifamment. feuille d'une autre efpècc:
la deffécher, de la
pour
court à. terre, & qu'ils ont: apde lianne qui
Li i),
: fa:
lace dans les haies ou. autour d'un très-beaus
feuille, qui eft large & épaiffe,.
avec
vient au bout d'une longue queue 2.
verd,
& bleuâtre. Quand la plaieune. Aeur fimple
fuppuré, 2 ils ufent. 9.
parait avoir fuffifamment. feuille d'une autre efpècc:
la deffécher, de la
pour
court à. terre, & qu'ils ont: apde lianne qui
Li i), --- Page 100 ---
soo
Maladies
pelée bois de patate batard; celle-ci eft mince;
quoique large, faite en forme de cceur. C'eft
un fort bon defficatif. Ils attribuent - encore à
la lianne-à-Minguer la vertu d'arrêter les plus
violens maux de tête, en l'appliquant deflus.
Elle fait auffi partie de prefque tous leurs
cataplafmes.
Ils:ont une multitude d'autres liannes, dont
ilsine font pas moins d'nfage, & auxquelles
ilst trouvent diverfes proprictés : camme la
tiumne-d-médecine, qui eft réellement un purgatif fort & vigourenx 5 on fe fert du bois, 9
dont ôn prend, une braffée en iongueur, depuis
une mainjufqual'autre, 2: les bras étendus : c'cft
la mefure, que l'an coupe par petits morceaux.
On les met enfuité infaler le foir dans de l'eau,
jafqu'au lendemain matin, que l'on avale cette
€au après l'avoir paifée au travers. d'un linge
ou d'une ferviette. On ne tarde point à en
reffentir l'efet. Si l'on eft trop mené, une
sôtie au vin &au fcre arrête fur-le-champ
la (apespurgation. Comme ce bois eft extraordinairement réfineix, jetant du foir au matin
une gomme blanchàtre; mais d'un blanc. cfale,
partoateslesincifons qu'onlui a faites,quelquespns n'ufent que de cette gomme, 9 dont ils font
de petites boulettes qu'ils avalent ; il en faut
hien peu, D'y ayant guère de purgatif aufli
sôtie au vin &au fcre arrête fur-le-champ
la (apespurgation. Comme ce bois eft extraordinairement réfineix, jetant du foir au matin
une gomme blanchàtre; mais d'un blanc. cfale,
partoateslesincifons qu'onlui a faites,quelquespns n'ufent que de cette gomme, 9 dont ils font
de petites boulettes qu'ils avalent ; il en faut
hien peu, D'y ayant guère de purgatif aufli --- Page 101 ---
sor
de Saint-Domingue:
affez,
J'ai oui dire, & je le croirais faut
violent.
affaiffe Teftomac, & qu'il
que ce remède
fort pour que {on ufage
Tavoir fain & bien
Nos habiles
Taffaibliffe pas de plus-en-plus.
ne
corrigersient aifément
difciples dHippocrate
le fecret d'en comce défaut, & trouveraient Cette plante. - 7 comme
remède.
poler un très-bon
pouffe de fort longs
toutes les autres liannes,
mais qui durd'abord verts & aflez gros 7
&c
jets,
deviennent un - bois pliant
ciflent, & qui
minces. 2 naiffent
grisitre: les feuilles, grandes,
pointues par
extrémement
en forme de coeur, eft violette 7 ne parait
le bout : la Aeur,qui environs du carême. La
ordinairement qu'aux lianne, eft plus liquide
gomme que répand cette
de la confiftance a
qwépailile, mais elle prend
Fair, encore plus au foleil.
fe fervent
dont les. nègres
: La tianne-d-vers,
les maladies que les
aufi beaucoup pour toutes enfans, eft petite 2 verte 7
vers. caufent à leurs
faite
fa feuille eft longue 5 prefque
menue :
chien-dent, quant à la figure.
comme celle du
Aleurs blanches, d'une
Elle porte un bouquet de
& veloutées,
odeur douce &. fuave-, 2 épaifles petits sboudefquelles ily a cinq
dans le centre
de la neige. C'eft encore
tons blancs comme laiteux. On le fait bouillic
une forte de bois
& fimplement
les enfans déjà grands,
pour
leurs
faite
fa feuille eft longue 5 prefque
menue :
chien-dent, quant à la figure.
comme celle du
Aleurs blanches, d'une
Elle porte un bouquet de
& veloutées,
odeur douce &. fuave-, 2 épaifles petits sboudefquelles ily a cinq
dans le centre
de la neige. C'eft encore
tons blancs comme laiteux. On le fait bouillic
une forte de bois
& fimplement
les enfans déjà grands,
pour --- Page 102 ---
Maladies
goz
dans de l'eau pour ceux' qui font trop
tremper Il femble, à leur dire 2 que ce foit Pun
jeunes.
des meilleurs carminatifs.
Ure autre lianne, qu'ils appellent langue-àchat, eft une plante ligneufe qui ne croit point
comme lés lianries 7 mais en forme d'arbuftes
eile eft affez baffe; n'ayant guère que deux OLL
trois pieds de hauteur : on peut dire qu'elle
n'a point de tronc 2. fes.branches fortant prefque
de
& naiflant de fes racines qui
toutes
terre,
chevelues. & fans nullefont en, grand nombre,
du.moins connue. Quant aux feuilles s
propriésé,
un,
elles ne font rieni moins que petites. pour
arbufte fi nain, étant de la longuaur de quatre
découpées fur leurs. bords.à une
à cinq pouces,
bas, & diminuant:
grande diftance, 9. larges parle
Leuf
jufqu'à ce qu'elles fe terminent en pointe.
eft
ce qui a fait
rudeffe au toucher
apparemment
donner à cette plante le nom qu'elle porte $
qu'on éprouve, en paffant deffus le doigt
parce
s'obferve fur la langue des.
à rcbours, ce qui
E'extrémité de
chats extraordinairement rude.
branche principale ou collatérale eft furchaque
fort garni de Aleurs, de
montée d'un bouquet
ellés,
Ia nature des clochettes, d'oi fortent après
& du fond de leur calice des filets déliés s.
taflemblés & unis comme fi c'était un petie
pinçeau. La graine qui Y eft inférée doit étre-
ve fur la langue des.
à rcbours, ce qui
E'extrémité de
chats extraordinairement rude.
branche principale ou collatérale eft furchaque
fort garni de Aleurs, de
montée d'un bouquet
ellés,
Ia nature des clochettes, d'oi fortent après
& du fond de leur calice des filets déliés s.
taflemblés & unis comme fi c'était un petie
pinçeau. La graine qui Y eft inférée doit étre- --- Page 103 ---
de Saint-Domingut.
carileftimpofibles del l'appercevoir.
bien menue,
odeur très-forte, mais
Cette plante exhale une
celle des
n'a rien de défagréable, , rappelant
qui
lorfque les prés commencent
foins de France,
Ce doit être certaineà y être bons à faucher.
n'y attachent
vulnéraire. Les nègres
ment un
n'ufant que de fa feuille
point cette qualité, ,
ou
fur les contufions 2 meurtriffures
appliquée
& ils prétendent qu'elle a de
plaies entamées,
font aufli ufage dans leurs
grandes vertus. Ils en
bains & cataplafmes. recueillir de plus précis
Voila ce que j'ai pu
mais je fuis bien
fur les remèdes des nègres foit : la oii fe bornent
éloigné de penfer que ce
médecine. Je leur
toutes leurs connaiffances en
dont il m'a
d'autres remèdes 2
ai vu pratiquer leur arracher le fecret. Quelété impoflible de
heureux que moi. Il
qu'un fera peut-étre plus
fait
leur confiance 7 comme jelai
faut gagner
mais n'ayant point dep principes
de quelques-unss
d'une routine apcertains 2 & ne partant que
différens
il n'eft guère poflible
portée de
pays,
qui font éparfes
de réunir les connaiffances
habile Bcentr'eux. Il faudrait pour cela un
doué d'une extrême patience, & qui
tanifte,
fe rendre familier tout ce
eût commencé par
produit de végéque lifle de Saint-Domingue
maitres;
Les Anglais font en cela nos
taux. --- Page 104 ---
o4
Maladies de Saint-Domingue:
car on fait qu'un de leurs Savans a publid une
hifloire naturelle des plantes que produit la
Jamaique. Notre ifle en mériterait une femblable. On fe convaincrait bientôt que ce n'eft
pas fimple curiofité, & que l'art de guérir nos
maladies y gagnerait de nouveaux fecours.
F I N. --- Page 105 ---
3os
TABLE
Morceaux hiftoriques $
Dcs différens
raffemblés
anecdotiques & deferiptifs
dans cet ouvrage:
fur Curagao, Ifte appartenante
Mexons
page *
aux Hollandais,-
rendue aux Anglais
De Pifle de la Grenade, de
le dernier Traité
paix, Martinis
par"
fur in. Gouvernicur de la
Anscdotes
ques
fur un Avanturier qui
dnecdores Fingulilres
fous le nom de
fut connu à la Martinique,.
33.
Prince de Modène., Efpagnole de PuoftoDe l'ifle 8 Colonic
Antilles, SE
des quatre grandes
- Rico,Tune
Saint-1 Domingue,
dans l'ifle de SaintEfpagnoles
Des pofeions
Domingue, Comte de *** à Saint-Domingte s
Voyage, du
traits curicux far les mours
vers 1730,
tems-l2,
des habitans decè
d'une Sociéré
Anecdotes fur les Religieuz
établie au Cap,
abolie, quifut révolte de 1723+ au CapMémoire fiar la
18$
a Frangais,
K k
- Rico,Tune
Saint-1 Domingue,
dans l'ifle de SaintEfpagnoles
Des pofeions
Domingue, Comte de *** à Saint-Domingte s
Voyage, du
traits curicux far les mours
vers 1730,
tems-l2,
des habitans decè
d'une Sociéré
Anecdotes fur les Religieuz
établie au Cap,
abolie, quifut révolte de 1723+ au CapMémoire fiar la
18$
a Frangais,
K k --- Page 106 ---
35116- --- Page 107 --- --- Page 108 --- --- Page 109 ---
E738
C697d
V.10 --- Page 110 ---